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Full text of "Oeuvres complètes de Buffon"

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j ŒUVRES 

I COMPLÈTES 

DEBUFFON. 



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DE L'rMF&IMERIE PE DOUBLET. 



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ŒUVRES 

COMPLÈTES 

DE BUFFON, 



HisM en ordre, précédées d'une Notice snr k vis de l'Auteur, et 

sniviei d'un Discoars intitulé : Vcz oénébaIiE du nooRÈs um 

K,DBIEaiU BRANCHES SES aCŒNCEa NATUREI4JU tOtVU 1<B «lOEO 
IID DEBNIEB BIÈCLB ; 



Par m. X.E Comte se LACEPÈDE. 



NOUVELLE EDITION, 

l>KKBE DE nODVELLES ET SUPERBES nfinnES. 



TOME ONZIÈME. 
PARIS, 

HAFET et C", hue aAINT-ANDRÛ-DES-ABCa, V'. i%* 

i8iS. 

DiailizodbvGoOgle 



AYIS IMPORTANT. 



PopH completter cet înléreuant Ouvrage , noui ne pouvions 
rien offrir qui fut plus capable de aatisraire k juste attente de 
nos Souscripteurs, que les volumes publiés par M. )e Comte 
DE LAfîEprâE sUr l'Histoire Naturelle. Cet Ouvrage, que nous 
allons réunir dans cinq volumes, imprimés sur te même pa- 
pier, même caractère, et du même format que ceux de cette 
Edition des Œuvres de Buiton, sera mis en vente de la ma- 
nière suivante : 

Le premier volume, qui paroîtra vers la fin de Janvier pro- 
chain, contiendra les Tortues, Crocodilles. Lézards, Grenouille», 
Crapauds, Couleuvres, Serpens, etc., etc., avec sa planches, 
le portrait de l'Auteur, et le titre pour la collection des gravures. 

Le deuxième volume contiendra le Discours sur la Mature 
des Poissons, les Raies, Squales, Lopies, Batistes^ le Discours 
sur la durée des espèces, avec 92 à 24 planches. 

I* troisième volume contiendra les Gardes, Blennies , Gobies, 
Scombres ; les Effets de l'art de IHomrae sur la nature des Pois- 
sons, les Trigles, Mulles, Labres, Squarres, Spares, etc., etc., 
avec aa à 34 planches. ' 

Le quatrième volume contiendra les Lutjans, Centropomes, 
Bodianes, Holocentres, Persèqnes, Petromisons, Esoces, Clu-' 
pées, Cypriens,etc., etc., avec 93 à ai planches. 

Le cinquième et dernier volume contiendra le Discours sur 
la Pèche des Poissons, nne Vue générale sur les Cétacées, l'His- 
toire des Baleines, Baleint^tères , Cachalots, Phrysalcs, Dau- 
phins, etc. , etc. , avec la Table générale, et ifià 20 planches. 

Pour être Souscripteur à ces cinq volumes, il suffit de se faire 
inscrire avant la mise au jour de la première livraison. 

Il se sera rien payé d'avance, et la distribution des gravures 
■uivra,autant que possible, l'ordre d'inscription que nous allons 
observer pour ces Supplémeas. 

On souscrit, à Paris, chez KAPET et Compagnie, Éditeurs 
d^ CEyvBEs DE BuFTON , publiées psr M. le Comte de LACEpios, 
«t du Tehpls de La Glouie, rue Saint-André-des-Arcs, n*. 4i. 



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HISTOIRE 

NATURELLE. 

LES FIGOIERS. 



JL/EBOÙesax que l'on ûpfeOefiguùn lont d'an gmre voûin d« 
celui (*■« beo-£gues, etibleurrcMemblentparlescanctèreiprin- 
cip«(U.:îkoat le 1>ecdroit,déliéettrè«-pointu, avec deux petites 
échuicruret vers l'extrémité de la nwndibule aupérieurej arao- 
tère qui leur e»t comman arec lea tanganu, mais dont le bec ett 
beaucoup plu* épais et pliu raccourci que celui des figuiers : 
ceux-ci ont l'ouTertuPC des narines découverte, ce qui les dis-- 
lingue des mésanges; ils ont l'ongle du doigt poslérieur arqué , 
ce qui lea sépare des alouettes. Ainsi l'on ne peut se dispenser d'en 
lâire un genre particuliei'. 

Nous en connoiuoiu cinq espèces dan» lea climals trés-chauds 
de Fancien continent , et vîngt-neuf espèces dans ceux de l'Amé- 
rique. Elles diSèrent des cinq premières par la forme de la queue: 
celle des âguiers de Tancien continent est régulièrement étagée, 
au lien que celle des Eguiers d'Amérique est échancrée À l'extré- 
mité, et comme fourchue , les deux pennes du milieu étant plua 
courtes que les autre* ; et ce caractère suffit pour reoonncritre da 
qud continent sont ces oiseaux. Nous commencerons par les e»- 
pècea qui se trouvent dans l'ancien. 



LE FIGDIER VERT ET JAUNE. 

l'nmière tipèc». 

Get oiseaii a quatre pouces huit lignes de longueur, le bec sept 
lignes, la qnene vingt lignes, et les pieds sept lignes et demie; 
il a la léte et tout le dessus du corps d'un vert d'olive , le dessous 
du corps jaunâtre; les couvertures snpérieures des ailes sont d'un 
brun foncé, avec deux bandes transversales blanches; les pennes 
Buff-on. II. 1 



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2 HiSTOIRK NATURELLE 

de« aile* aont noiràtres, et cellea de la queue sont du m^mevert 

que le dos; le bec , le« pieds et lei ongles «ont noirAtrea. 

Cet oiaeau , donné par Edwarda , est Tenu de Bengale ; mais 
cet auteur l'a appelé moitcheroUe , quoiqu'il ne soit pas du genre ' 
des gobe-mouches ni des mouchei'olics, qui ont le bec tout diffé- 
rent. Linneeus s'est aussi trompé en le prenant pour un iTiotociY/a, 
hoche-queue, lavandière ou bergeronnette ; car les figuiers, qu'il 
a tous mis avec te« boche-queues , ne sont point de leur genre ; 
ils ont la quene beaucoup plus courte ; ce qui seul est plus que 
suiBsanI pour faire distinguer ces oiseaux. 



LE CHERIC. 

Seconde etpèce. 

MJhtn llle de Madagascar, cet oiseau est connu aous le nom de 
Icherie. H a été transporté à l'île de France, où on l'appelle ait 
hlanc , parce qu'il a une petite membrane blanche autour des 
yeux. Il est plus petit que le précédent , n'ayant que trois pouces 
huit lignea de longueur, et les autres dimensions proportionnelles; 
il a ta tète, le dessus du cou,ledoa,et les couvertures supérieures 
des ailes, d'un vert d'olive ; la gorge et les couvertures inférieures 
de la queue jaunes; le dessous de corps blanchâtre; les pennes 
des ailes sont d'un brun dair, et bordées de vert d'olive sur Leur 
côté extérieur; les deux pennes du milieu de ia queue sont du 
même vert d'olive que le dessus du corpa; les autres pennes de la 
queue sont brunes, et bordées de vert d'olive ; le bec est d'un 
gris brun; les pieds et les ongles sont cendrés. M. le vicomte de 
Querhoent, qui a observé cet oiseau aille de Franœ, âit-qn'il est 
peu craintif, et que néanmoins il ne s'approche pas souvent de* 
lieux habités, qu'il vola en troupe et se nourrit d'insectes. 

LE PETIT SIMON. 

Troùième ty>éce. 

O N appelle , k Hle de Bourbon , cet oiseau feli^, timon ; mais il 
n'est pu originaire de cette Ile, et il fiiut qu'il y ttit été trana- 



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DU FIGUIER BLEU. S 

porlé d'ailleurs; car noua Mmines inrorméii par 1e« ïtt'inoirea 
de gens très-dïgnes de foi, et pnrltculièremenl par «iux <Ie 
M. Commenon, qu'il nVxigloit aucune csjk-cc d'anïmauic riim- 
drupédes ni d'oiaeaux dana Tile de Bourbon et dana celle de 
France lorsque lea Porlugaia en firent la découverte. Ces deux 
liMparoijsentètre le* pointes d'un continent englouti, et presque 
toute leur aurhce est couverte de malièrea ▼<^Bia^, en aorte 
qu'ellea ne sont aujourd'hui peuf^éea que dea animaux qu'on y 
a Irsnsportés. 

Cet oiseau', n*. 7oâ,fig. a, sonaU dénomination Avjiguier d* 
Madagascar, est précisément de la même grandeur que le pr^ 
cèdent; il a le desaua du corps d'une couleur d'ardoise claire, k 
desaous gris Uanc,]> gorge blanche, les fcrandea plumesdela 
queue d'un brun foncé, bordées d'un cdtë d'un peu de couleur 
d'ardoise; le bec brun, pointu et effilé; les pieds gris, et les yeux 
noir». Les femelles, et même les petits , ont i peu pria le même 
plumage que les mêles. On le trouve partout wi grand nombre 
dans lïle de Bourbon , où H. le vicomte de Querhoent l'a ob- 
servé. Ces oiseaux commencent k nicher su mois de septembre. 
On trouve communément troia oeuEs dans leur nid , et îl y a ap- 
parence qu'ils Tout .plusieun pontes par an. Us nichent sur les 
arbres isolé8,etmêniedans lea vergers. Lenideat compote d'herbes 
aèclies et de crin k l'intérieur. Les ceu& nnt bleui. Cet oiseau se 
laisse approcher de trèa-près. Il vole toujours en troupe , vit d'in- 
sectes et de petits fruits moui. Loraqu'ilaperçoit dans la campagne 
une perdrix couririterre, un lièvre, un chat, etc., il voltige 
alentour en disant un cri particulier; auaâ sert-il d'indioe au 
chasaeur pour InmTvr le gibier. 



LE FIGUIER BLEU '. 

Quatriimt espèce. 

XjBTti espèce n'a été indtqnée par aucun naturaliile; elle 
est probablement originaire de Madagascar. Le mâle ne parolt 
difl^rer de la femelle qoe par la queue, qui est un tant aoit peu 
plus longue, et par une teinte de bleuâtre sur le dessous du corps, 



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$ HISTOIRE NATURELLE 

que Ift femeDe a blanchâtre sani mélange de bleu. Au reste, ili 
ont U t6te et tout le dernUB du corpa d'un cendré bleuâtre; le* 
pennes des aile* et de la queue noirâtre», bordées de blanc; le 
bec et les pieds bleuâtres. 



Lt FIGUIER DU SÉNÉGAL '. 

Cinqmimé etpice. 

JN OU8 présumons que les trois oiseaux représentés dans la plan- 
cbe enluminée , •a". â8a , ne font qu'une seule et même espèce, 
dont le fiifuler tacheté seroit le mâle, et les deux autres desTa- 
rîéléa de sexe ou d'âge. Ils sont tous trois fort petits , et celui de 
la figure première est le plus petit de tous. 

Le figuier tacheté, n°. a, n'a guère que quatre ponces de lon- 
gueur, sur quoi sa queue en prend deux; elle est étagée, et le* 
deux plumes du milieu sont les pins longues. Toutes ces plume» 
de 1b queue sont brunes, frangées de blanc roussâtre; il en est 
de même des grandes pennes de l'aile ; Tes autres plumes de l'aile, 
ainsi que cellâ du deuu* du doi et de la tète, sont noires, boiv 
dées d'un roux clair : le croupion cet d'un roux plus foncé, et le 
devant du corps est blanc. 

Les deux autres dîfièrent de celni-d, mais se ressemblent beau- 
coup entre eux. Le figuier, figure 3 , n'a pas la queue étagée ; elle 
est d'un brun clair, et plus courte à proportion du corps; le haut 
de la télé et du corps est brun ; l'aile est d'un brun noirâtre , fran- 
gée sur les pennes, et ondée sur les courertures d'un brun rous- 
sâtre; le devant du corps est d'un jaune clair, et il y a un peu do 
blanc sous les yeux. 

Le figuier, figure i, est plus petit que les deux autres; tout 
son plumage est à peu près le même que celui de la figure 3 , 4 
l'exception du devant du corps, qui n'est pas d'un jaune clair, 
mais d'un rouge aurore. 

On voit déjà que , dans quelques espèces du genre des figuiers , 
il y S des individus dont les couleurs varient sensiblement. 
n en est de même de trois autres oiseaux indiqués dans la plan- 
No, S8i,Eg. i.whIi d^nominitloD dcjfguierdtt Sénégal; % i, *oul» 
dJn^iiDiDitioD at^guier tacheté du Sinigal; at £|. 3 , idiu b dla(Miii>*tio& il* 
Jlfutcr À vtnlre/aunt du SèaégaJ. 



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DU FIGUIER TACHETÉ. 5 

die enluminée, n*. 584 ' : noua présumona que totu trois ne 
font Huni qn 'une aeule et même npice , dnni kqueUe le premier 
nous porott 6tre le mUe, et les deux antres des vsriétés de sexe 
on d'âge ; le troiuème surtout semble être la femelle : tons trois 
ont U lète et le dessus du corps bruns , le dessous gris, >veo une 
teinte pins ou moins légère et plus ou moins étendue de blond ; 
lebeecst brun, et les pieds srait jaunes. 

Hkinlenant nous allons faire l'énamératioa des espèces de fi- 
guiers <|uî se trouvant en Amérique. Ils sont en général plua 
grands que ceux de l'andeo continent; il n'y a que la prenùèro 
espèce de ceux-ci qui soit de ra^e taille. Nous avons donné d- 
deranl les caractères par lesquels on peut les distinguer, et noua 
pouTon* y ajouter quelqnea petits bits aa sujet de leurs habitudes 
naturelle*. Cea figuiers d'Amérique sont des oiseaux erratiques, 
qui passent en été dans la Caroline et jusqu'en Canada, et qui 
reviennent ensuite dans les dimata plus chauds pour y nicher et 
âerer leurs petita. Ils habitent lea lieux découverts et les terre* 
cultivées ; ils se perchent sur les petits arbrisseaux , se nourrissent 
d'insectea et de fruits mûrs et tendres , tels que les bananes , les 
goyaves et les figues , qui ne sont pas naturelles à ce climat, 
mais qu'on y a Iraniportées d'Europe; ils entrent dans les jur- 
dins pour les becqueter, et c'est de U qu'est venu leur nom : c^ 
pendant, i tout prendre, ils mangent plus d'insecte* que de iruits, 
parce que pour peu que ces fruita soient durs. Os ne peaventlea 



LE FIGUIER TACHETÉ. 

premier» «tpèc», 

(_(ET oiseau, n*. 58, fig. a, se voit en Canada pendant l'été; 
wiMt» 3 n'y fitit qu'un court aéjoar, n'y niche pas, et il habite 
ordinairement le* terres de la Guiane et des autres contréea 
de l'Amérique méridionale. Son ramage est agréable , et assez 
aemblaUe & celui de la linotte. 
n a la t£te et tout le dessous du eorps d'un beau jaune , avec 

■ N*. 584,S|, i,tmtUèiaam\aUvmi*figttl*rbr>mduSin4gal;6^t»t, 
HW* la dJaoaÎDMiea À» Jlguitr Mond 4a Sinigti; M lt|iin 3. nm U Ma«- 
wàa^ou AtJlguUr Avntr* grb iitSinigaL 



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« HISTOIRE NATURELLE 

des tache* rougeâtrec sur !■ partie inrérieure du cou et snr la 
poitrine et let Sancs ; le deuu» du corpa et les couvertures supé- 
rieures des ailes sont d'un vert d'olire ; les pennes des ailes sont 
brupes , et bordées extériea rement du même vert ; les pennes 
de la queue «ont brunes et bordées de jaune ; le bec, les pieds et 
les ongle* sont wniàlroi. 

Une variété de cette espèce, oq peul-étrs h fêmelk de cet 

oiseau, est celui qui est représenté dans la même planche, n*. âS, 
ûg. I ; car il ne diffère de l'autre qa'en ce qu'il n'a point de U- 
ches rougejtres sur la poitrine , et que le dessus de la tête est, 

comme le corps, d'un vert d'olive : mais ces petites diflërences 
ne nous paroissent pas suffisantes pour en faire une espèce par- 
ticulière. 



LE FIGUIER A TÊTE ROUGE. 

Stconde espict, 

K^iT oisou ■ le (ommet de la tète d'un beau rouge ; tout le des- 
sus du corps, vert d'olive; le dessous d'un beau jaune, avec des 
taches rouges sur la poitrine et le ventre ; les ailes et la queuo 
sont brunes ; le' bec est noir, et les pïeds sont rougeâlres. Là fe- 
melle ne diffère du mâle qu'en ce que ses couleurs sont moins 
vives. C'est un oiseau solitaii'e et erratique : il arrive en Pensil- 
vanie au mois de mars ; mais il n'y niche pas : il fréquente les 
broussailles, se perche rarement sur les grands arbres , et se nour- 
rit de* insectes qu'il trouve sur les arbrisseaux. 

LE FIGUIER A GORGE BLANCHE. 

Troiëiime e^èct. 

CjBt oiseau se trouve à Saint-Domingue. Le mâle a latÂte, tout 
le dessus du oorp* et les petites couvertures supérieure* des ailes , 
d'un vert olive ; les cdtés de la tête et la gorge blanchâtre ; la 
partie inférieure du cou et la poitrine jaunitres, avec de petites 
taches rouges; le reste du dessous du corps est jaune ; lei grandes 
couvertures supérieures des ailes, les pennes des ailes et c&'.laa 



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DU FIGUIER VERT ET BLANC. ^ 

de U queue »nt brunes et bordée* ide jaune otÎTâtré ; le bec , 
les pieda et les ong^ sont d'un jtù bran. 

L s fêmelte ne tÛffire du mflle qu'en ce que le vert de la partie 
•upérimre du cou est mHé de omidré. 



LE FIGOIEa A GORGE JAUNE. 

Quatrième atpèce. 

(jet oiseau se trouve & la Louisiane et k Saint-Domingne. Le 
màle a la télé et tout le dnaus da corps d'un beau vert d'olive, 
qui prend une légère teinte de jaunâtre sur le dos ; les oôl^ de 
la tête sont d'un cendré léger ; la gorge, la partie inférieure du 
cou et la poitrine sont d'un beau jaune , avec de petites taches 
rougeâtres dessui la poitrine ; ta reste du dessous du corps est 
d'un blanc jaunâtre ; les couvertures supérieures des siles sont 
faleafltres et terminées de blanc , ce qui forme sur chaque aile 
deux bandes tnnsvertales blant^es ; les pennes des ailes sont d'un 
bran noirâlrej et bordées extérieuiement de cendré bleuâtre et 
de bUnc sur leurs cAtés extérieurs ; les trois preiniières pennes de 
diaqne câtà ont de plus une tache blanche sur l'extrémité de leur 
c6lé inlérienr; h mandibule supérieure du bec est brune, l'in- 
ËÉrienre est grisa ; les pieds et les ongles sont cendrés. 

Ia femelle ne diffère du mâle qu'en ce qu'elle n'a pas de taches 
rouges snr la poitrine. 

Noiu ne pouvons nous dispenser de remarquer que M. Brisson 
a confondu cet oiseau avec le grimpereaa de sapin , donné psr 
Edwards, qui est en eHêt un figuier, mais qui n'est pas celui-ci. 
Nous en donnerons la desciiplioti dans les articles suivans. 



LE FIGUIER VERT ET BLANC. 

Cinquîima espèce. 

Cette espèce se trouve encore à Sainl-Domiague. Le mâle a la 
léte et le dessous du cou d'un cendré jaunâtre ; les petites cou- 
vertures supérieures des ailes et tout le dessus du corps, d'un 
vtri d'olive; la gorge et tout le dessous du corps, d'un blanc 



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8 HISTOIRE NATURELLE 

jaunâtre ; les grandes txMivertures supérieures des aile» et tes 
peirneR des ailes sont brunes et bordées de rert faunilre; les 
pâmes de la queue xmt d'un vert d'olire très-foncé ; les latérales 
ont, sur leur côté intérieur, une tacbe jaune qui s'étend d'au- 
tant plus que les pennes deviennent plus extérieures ; le bec , les 
pieds et les ongles sont d'un gris brun. 

La femelle ne difftre du mâle qu'en ce que les teintes des cou- 
leurs sont plus foibles. 

LE nCUIER A GORGE ORANGÉE. 

Sixième etpèe»^ 

Si- Brisson a donné cet oiseau sous le nom de figtà" du Ca- 
nada ; mais il est probable qu'il n'est que de passage dans ce cli- 
mat, comme tons les antres figuiers. Celui-ci a la tête , le dessus 
du cou, le dos et les petites couvertures supérieures des ailes, 
d'un vert d'olive ; le croupion et les grandes couvertures supé- 
rieures des ailes, cendrés; la goige, la partie infërieuK du cou 
et la poitrine , orsngëea -, le ventre d'un jaune pile ; le bas-ventra 
et les jambes blanchâtres ; les pennes des ailes sont brunes et bor- 
dées extérieurement de cendré ; les deux pennes du milieu de 
la queue lont cendrées ; tontes les autres sont Uanches sur leur 
côté intérietyjet noirâtres sur leur câté extérieur et à l'extrémité. 
I^ femelle ne diffère du maie qu'en ce que les couleurs scott 
moins vives. 

LE nOUIER A TÊTE CENDRÉE. 

Stptiimt wpiea. 

VJST oiseau a M envoyé de PensQvanie en Angleterre, et 
Edwards l'a donné sons le nom de mouchnvUe au croupion 
jaune, et il a mal à propos appelé moueJurolUt tous les figuiers 
qu'il a décrits et dessinés. Celui-ci a le sommet et les côtés de h 
tête cendrés ; le dessus du cou et le dos, vert d'olive tacheté da 
noir ; la gorge , la poilrine et le croupion , d'un beau jaune , avec 
des taches noires sur la poitrine ; les oauTertures aupériiiorea de« 



DiailizodbvGoOgle 



DtF FIGUIER kVX 30VES NOIRES. 9 

lila aont d'un cendii Ibncé et termina de blanc, ce qui forme 
mi chaque aile deux bandes tranarertalea blanches ; les penne* 
des ailes sont d'un cendre fbnoj, bordées de blanc ; las deux 
pennes du milieu de la queue sont noirea ; les autres sont noîrA- 
trei, avec une grande tache blanche sur leur càté intérieur; la 
bec, les pieds et les ongles sont tonuu. 



LE FIGUIER BRUN. 

I1ansSloaj« ait le premier qui ait indiqué cet oîaeiii^qo'il dit 
se trourer à la Jamaïque dans les terrains cultÎTés, et qu'il ap- 
pelle ommui Titan^ur <£s vêr; Ilala tËte, la gorge, tont le dessus 
du corps, les ailes et ta qneue, d'un brun clair; le dessous dit 
corps, varié des mêmes couleurs que le plumage des alouettes. 
ToiU toute la notice que cet auteur nous donne de ce figuier. 

LE nCDIER AUX JOUES NOIRES. 

Hftiwièiae étpèc». 

t_«'E«r k Edwards que l'on doit la connoissance de cet oisean , 
qn^ dit se trouver en Pensilvanie, où il fréquente les petits bois 
UToaés de ruisseaux, au bord desquels on le trouve communé- 
ment U ne passe que l'été dans ce dimat, et s'en éloigne pen- 
dant l'hiver; ce qui indique que ce figuier n'est , comme les au- 
tres dont nous avons parlé, qu'un oiseau de passage dans ces 
provinces de l'Amérique septentrionale. 

D s les o6tés de la tête d'un beau noir, et le sommet d'un brun 
roogeàtre; le dessus du cou, le dos, le croupion et les ailes, d'un 
vert d'olive foncé ; h gorge et la poitrine d'un beau jaune ; lu 
reste du dessous du corps , d'un jaune pâle ; le bec et les pietU 
uDt bruns. 



DiailizodbvGoO^Ie 



HISTOIBE NATURELLE 



LE FIGUIER TACHETÉ DE JAUNE. 

Dixième espèce. 

Xj 'est encore à M. Edwards que non* dévots k connoiasant» 
de cet oiseau. Le mâle et la femelle qu'il décrit avoîent tous deux 
été pris en mer sur un vaisseau qui étoit à huit ou dix lieuea des 
rates de Saint-Domingue ; c'ëtoit au mois de novembre, et c'est 
sur ce vaisseau qu'ils sont arrivés en Angleterre. L'auteur remar- 
que avec nison que ce sont àe» oiseaux de passage, qniétoient 
alors dans leur traversée de l'Amérique septentrionale à Itle d» 
Sain t-Domingue . 

Ce figuier a la tête et tout le dessus du corps d'un vert d'o- 
live; une bandiB jaune au-dessus des i^eux ; la gorge, la partie 
inférieure do cou , la poitrine et les couvertures infêrienres des 
ailes, d'un beau jaune , avec de petites taches noires ; le ventre 
et les jambes d'un jaune pâle sans taches ; les ailes et la queue 
d'un vert d'olive obscur ; l'on voit une longue tacJie Uandie anr 
les couvertures supérieures des ailes, et les pennes latérales de la 
queue sont bkndies snr la moitié de leur longueur. 

La femelle ne diffère du mile qu'en ce qu'eDe a U poitrine 
blanchâtre, avec des taches brunes, et que le vert d'olive du 
dessus du corps est moins luisant. Cest cette femelle que M. Bris- 
son a donnée comme une espèce, sons le nom de figuier brun 
de Saint- Domingn». 

LE FIGUIER BRUN ET JAUNE. 

Onziènte tapie». 

(>JET oiseau se trouve k la Jamaïque. Sloane et Brovme en ont 
loua deux donné la description , et Edwards a donné la figure co- 
loriée BOUS le nom de roitelet jaune ; ce qui est une méprise. Ca- 
lesby et Klein en ont fait une autre, en prenant cet oisBau pottr 
une mésange. O fait ses petits à la Caroline ; mais il n'y reste pas 
pendant l'hiver. Il a la tête, tout le dessus du corps , les ailes et 
la queue, .d'un brun verdàtre; deux petites bandes bnmes de 



DiailizodbvGoOgle 



DU FIGUIER DES SAPINS. n 

eliaque c6té de la têts; tout le dessoiu du corps, d'un bttta jaune] 
lea couvertures supërieurcB des ailes sont terminas de vert d'tdtra 
clair, ce qui forme lur chaque aile deux bandes obliques; les 
pennes des ailes sont bordées extérieurement de jaune ; le bec et 
les pieds sont noirs. 

LE FIGUIER DES SAPINS. 

Douiiime 0tpè«0. 

\j 'est odui qu'Edwards a appelé grimperéau dt tapin ; mais 3 
n'est pas du genre des grimpereaux, quoiqu'il ait l'habitude de 
grimper sur les sapins à la Caroline et en PeHsilvuiie. Le bec dea 
grimpereaux est, comme l'on Mit, courbé en forme de faucille, 
au lieu que celui de cet oiseau est droit ; el il ressemble par tout 
le reste si par&itemeDt aux figuiers, qa'on ne doit pas le séparer 
de oe genre. Gatesby s'est aussi trompé lorsqu'il l'a mis an nombre 
des mésanges, vraisemblablement parce qu'elles grimpent aussi 
contre lea arbres : mais les mésange* ont le bec ^uscourt et moins 
aiga que les figuiers; et d'ailleurs iU n'ont pas, comme elles, lea 
narines couverte* de plumes, M. BrÏMoa a aussi &il une m^mse 
en prenant pour une mésange le grimpereau de sapin de Cateabf , 
qui est notre figuier , et il est tombé dans une petite erreur en sé- 
parant le grimpereau d'Edwards de celui de Calesby. 

Cet oiseau a la léle , la gorge et tout le dessous du corps , d'un 
très-beau')aune; une petite bande noire de cbaque c6té de la 
tète ; la partie supérieure du oou el tout le dessus du corps, d'un 
vert jaune ou couleur d'olive brillant, et plus vif encore sur lo 
croupion; les ailes et la queue sont grii~de-ferbleuAtre; les cou- 
vertures supérieures sont terminées de blanc, ce qui forme sur 
chaque aile deux bandes transvennlea blanches; le bec est noir, et 
les jnedssont d'un brun jaunAtre. 

XÂ ftmelle est entièrement brune. 

Ce fignier passe l'hiver dans la Caroline , où Calesby dit qn'on 
le voit snr des arbirs sans feuilles chercher des insectes; on en 
voitanui, pendant l'été, dans les provinces plus septentrionales. 
M. Ihrtrvm a écrit à M, Edwards qu'ils arrivent an mois d'avril 
en Pensîlvanîe, et qu'ils y demeurent tout l'été ; cejiendant il con- 
vient n'avoir jamais vu leur nid. Ils se nourrissent d'insectes qu'ils 
tronvent sur les feuilks et les bourge«is des arfarei. 



DiailizodbvGoOgle 



HISTOIRE NATDRELLE 



LE FIGUIER A CRAVATE NOIRE. 

T^ixiime espèc». 

V'E figuier a été envoyé de Pennlvanie par H. Bartram à M. Ed- 
wards. Cest un oiseau de passage dans ce climat; il y arrire au 
mois d'avril pour aller plus au nord , et repasse au mois de sep- 
tembre pour retourner au sud. lise nourritd'insectes comme tous 
les autres oiseaux de ce genre. 

Il a le sommet de la tête , tout le dessus du corps et les petites 
couverturesiupérîenresdes ailes, d'un vert d'olive; les côtés de la 
tèteetdu cou, d'un beaujaune; la gorge et le dessous du cou notrs, 
ce qui lui forme une espèce de cravate de cette couleur; la poi- 
trineest jaunâtre; le restedu dessous du corps est blanc, avec quel' 
ques taches noirâlrea sur les flancs; les grandes couvertures snpé- 
rienres des ailes sont d'un brun foncé et terminées de blanc, ce 
qui forme sur chaque aile deux bandes transrerstiles blanches; 
ka pennes des ailes et de la qnene sont d'un cendré foncé ; les 
trois pennes extérieures de chaque cdté de la queue ont des ladies 
blanches sur leur oôté intérieur ; le bec est noir, et les pieds sont 
bnuia. 



LE FIGUIER A TÊTE JAUNE. 

Quatonièma eapèe: 

lYX. BrissoD a donné le premier la description de cet oiseau, et il 
dit qu'il sa trouve au Canada; maisilya apparence qu'il n'est que 
de passage dans ce climat septentrional, comme quelque* antres 
espèces de figuier. Celui-ci a le sommet de la tête jaune, une 
grande tache noire de chaque côté de la tête au-dessus des yeux , 
et une autre tache blanchâtre an-dessous des yeux; le derrière de 
la tète,le dessus du cou et tout le dessus du oorpssontcouvertsde 
plumes noires , bordées de vert jaunâtre ; la gorge et tout le des- 
■ous du corps sont blanchâtres ; les couvertures supérieures des 
ailes sont noires et terminées de jaunâtre , ce qui forme sur cha- 
que aile deux bandes transversales jaunâtres ; les pennes des ailes 



DiailizodbvGoOgle 



DU FIGUIER CENDRE A COLLIER. ,S 

et de U quena «ont noir&trea et bord^ extirieureiuCTit de vert 
d'oUre et de blanchâtre; les câtés intérieurs des trois pennes laté- 
rales de chaque cAté de la queue sont d'un blanc jaunâtre, depuis 
U moitié de leur longueur iosqu'a l'extrémité; le bec, les pieds et 
ks (Riglea sont noirâtres. 

n paroît qne l'oiseau représenté dans la planche enluminée, 
n*. 73i,fig. a, sous la dénomination de .^uMr (& MuiUiipi, n'est 
qu'une variété de sexe ou d'âge decdui-ci; cari) n'en difTèrequ'en 
œ qu'il n'a point de taches aux calés de la tète, et qneaes couleur» 
sont moins itnrtes. 

LE FLGUIEa CENDRÉ A GORGE JAUNE. 

Quinsiinu «tpice. 

JN ODS devons au docteur Sloane la connoissanoe de cet oiseau , 
qui se trouve à la Jamaïque et & Saint-Domingue. Il a la tète, 
tout le dessus du corps et les petites couvertures supérieures des 
ailes, de couleur cendrée ; de chaque côté de la tête, une bando 
longitudinale jaune; au-dessous des yeuxj une grande lacJie 
noire; à côté de cliaque ceil à l'extérieur, une lâche blanche; la 
gor^ , le dessous du cou , U poitrine et le ventre , sont jaunes , 
avec quelques petites taches noires de chaque cdlé de la poitrine ; 
les grandes couvertures supérieures des ailes sont brunes , bordées 
extérieurement de cendré , et terminées de blanc, ce qui forme 
sur chaque aile deux bandes transversales blanches ; les pennes des 
ailée et de la queue sMit d'un cendré brun , et bordiées extérieure- 
ment de gris ; les deux pennes extérieures de chaque câté de la 
qneue ont une tache blanche vers l'extrémité de leur cAté inté- 
rieur; le bec, les pieds et les ongles sont bruns. 

LE FIGUlEa CENDRÉ A COLLIER '. 

i^ouB devons à Getesby la omnoissance de cet oiseau , qu'il a 
tuMBiaé mitangt-pimon, nuis qui n'est ni de l'un ni de l'autre 

* N". j3i, Gg. I, MU !■ lUDonÎBitian it^guitr emdri dt la Camti»*. 



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l4 HISTOIRE NATURELLE 

de ces genres, et qui sppai-tîenl à cetu! Aea Ëguiera. Il ae Iroutv 
dins l'Amériqne upteatrioiuile , à la Caroline, et même en Ca- 
nada. 

lia latète>ledesMuda cx)u, le croupion et les couverlura su- 
périeures des ailes , d'une couleur cendrée ; le dos vert d'olive ; la 
gorge et la poitrine jaunes , arec un demi-collier cendré sur la 
partie inférieure du cou ; le reste du denous du corps est blanc , 
avec quelques petites taches rougea sur les flancs; les grandes 
couvertures supérieures des ailes sont terminées de blanc , ce 
qui forme sur chaque aile deux bandes transvemiles blanches ; 
les pennes des aiks et de U queue amit noiritre» ; les deux pennf s 
extérieures de chaque côté de la queue ont une tache blanche à 
lutrémilé de leur côté intérieur; la mandibulfi supérieure du 
bec est brune ; U mandibule inférieure et les pieds sont jau- 
nfllres. 

Ces oiseaux grimpent sur le tronc des gros arbres, et se nour- 
rissent des insectes qu'ils tirent d'entre le* fentes de leurs écorccs. 
Ils demeurent pendant tout l'hiver à U Caroline. 

LE FIGCIER A CEINTURE. 

Dix-teptième egpice. 

Ju . Briston a donné cet oiseau sous le nom àejîgtuer cendré du 
Canada. Il a une tacbe jaune sur le sommet de la téle, et une 
bande Uam^e de chaque oftté ; le reste de h tête , te dessus du 
corps, les couvertures supérieures des ailes, sont d'un cendré 
foncé presque noir ; mais son caractère le plus af^rent est une 
ceinture jaune, qu'il porte entre la poitrineet le ventre, qui sont 
tous deux d'un Uanc varié de queues petites taches brunes. 
Les grandes couvertoret supérieures des ailes sont terminées de 
blanc, ce qui forme sur chaque aile deux bandes transversales 
blanches ; les couvertures supérieures de la queue sont jaunes ; les 
pennes des ailes et de la queue scmt brunes; les deux pennes ex- 
térieures de chaque côlé de la queue ont une tache blanche vers 
Textrànité de leur coté intérieur; le bec est noir; les pieds et les 
ongles sont bmns. 

La femelle ne diffère du mile qu'en ce qu'elle cit brune sur le 
dessus du corps, et que les oonvcrtores supérieures de k qneue 
ne août pas jaunes. 



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DU FIGUIER VARIE. 



LE FIGUIER BLEU * 

J>ix-Amltimt espèce. 



1>ET oiteaa e*t le msucharolle bleu d'Edwards; il avoit été prïi 
■ur mer à huit ou dix Heuet des c6tea du sud de Saint-Domin- 
gue : mais il parolt , par le t^oignage de cet auteur, qu'il a reçu 
de PeDsilvRnie un de ces même* oiaeaux; ils y arrivent au mois 
d'avril pour y séjourner pendant ï'elé : ainsi c'est un oiseau da 
IMMago dans rAméri(|ue septentrionale, comme presque tous lea 
autre* fi^iers, dont le pays natal est l'Amérique méridionale^ 
Celai-ciala t6le, toat le dessus du oorp* i et les couvertureasu- 
périenies des aSes , d'un bleu d'ardoise ; la goi^e et les côtés de U 
lèteet du cou, d'un beau noir; le reste du dessous du corps blan- 
châtre; les pennes des ailes et de la queue noirâtres, avec uns 
tacbe blanche sur les grandes pennes des ailes; le bec et les pieda 
ttmt noirs , ils sont jaunes d^-.ns la planche enluminée : c'est peut- 
être une variété ou. un changement de couleur qui est ardn^ par 
accidenldanscetindividu, qui n'a pas été deasmé virant, et dont 
In petites écailles des piedii étoient enlevées. 

LE FIGUIER TARIE 

Dix-neuviènu eepie*. 

ifil. Sloane a trouvé cet «aeaaà U JanuVqae, et M. Edwards 
l'a reçu de PensilTania , aà il arriva au noia d'avril, se nourrit 
d'insectes, et passe l'été pour retourner, aux approches de l'hiver, 
dans les paj^ méridionaux du continent de l'Amérique. H alB 
sommet de la tête blanc; les côtés noirs, avec deux petite^ bandea 
Uaachea ; le dos et le ciouptoa d'un blanc varié de grandes ta- 
chra noires; la gorge noire aussi ; U 'poitrine et le rentre blancs, 
avec quelques taches noires sur la poitrine et les flancs; les grandes 
couverture» supérieures des ailes sont noires , terminées de blanc, 
ce qui ferme sur chaque aile deux bandes transversales blanches; 

■ n*. 685 j ^. 1 , mal ta d^aoninitioD At/guier nadri Ju CaiiMd». 



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if HISTOIRE NATTTREÏ,LE 

lea pennes des ailes «mt grises, et bordées de blanc aar leur c6té 
intérieur ; les pennes de la queue sont noires, et bordées de gris- 
de-fer ; les latérales ont des taches blanches sur leur côté intérieur ; 
les bec et les pieds sont noirs. 



LE FIGUIER A TETE ROUSSE. 

Vingtième egpict. 

f_iET oiseau a été envoyé de la Martini()ne à M. Aubry , car^ de 
Saint-Louis. H a la tête rousse; la partie supérieure du cou et 
tout le dessus du corps, d'un vert d'olive; la gorge et la poitrino 
d'un jaune varié de taches longitudinales rounes; le reste du des- 
sous du corps d'un jaune clair sans taches; les couvertures supé- 
rieures des ailes, et les pennes des ailes et de la queue, sont 
brunes et bordées de vert d'olive ; les deux pennes extérieures de 
chaque côté de la queue ont leur câté intérieur d'un jaune clair ; 
le bec est brun, et les pieds sont gris. 

n nous parott que l'oiseau indiqué par le P. Feuilles sous la 
dénomination de chloris erythrackhridea est le même que ce- 
lui-ci. u 11 a, selon cet auteur, le bec noir et pointu, avec un 
a tant soit peu de bleu À la racine de la mandibule inférieure ; 
a «(m œil est d'un beau noir luisant, elson oouronnement, jus- 

■ qu'à son parement, est couleur de feuille morte ou roux jaune; 
a tout son parement est jaune moucheté , a la façon de nos grives 
a de l'Europe , par de petites taches da même couleur que le 
u couronnement ; tout son dos est verditre : mais son vol est 
« noir, de même que son manteau ; les jJumes qui les composent 

■ ont une bordure verte : les jambes et le dessus de ses pieds sont 
a gris; mais te dessous est tout-à-&it blanc, mêlé d'un peu de 
n jaune , et ses doigts sont armés de petits ongles noirs et fort 

a Cet oiseau vtJdge incessamment , et il ne se repose que lorsqu'il 
a mange; ton chant est fort petit, mais mâodieux. » 



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m; FIGUIER GRIS-DE-FER. 



LE FIGUIER A POrmiNE ROUGE. 

F'ingt-uniinu vpèet. 

£<DWAJUM a donné le mâle et )■ femelle de cette espèce , qu'il dit 
avoir reçoi de Penfilvanie , où ils ne font que passer an com- 
mencement du printemps , pour aller séjourner plus au nord 
pendant l'été. Us vivent d'insectes et d'araignées. 

Cet oiseaua le sommet de k tête jaune, du blanc de chaque cdté, 
et une petite bande noire au-dessous des yeux: le dessus du cxiu 
eties couvertures supérieures des ailes sont noirâtres; les plumes 
da dessus du corps et les pennes des ailes sont noires et bordée* 
de vert d'olive; le haut de la poitrine et les càtés du corps sont 
d'un roDge foncé ; la gorge et le ventre sont blanchttres ; les 
grandes couvertures supérieures des ailes sont terminëes de blanc, 
ce qui forme sur chaque aile deux bandes transversales blanches; 
le bec et les pieds sont noirs. 

La femelle difière du mâle en ce qu'elle n'a point de noir sur 
le derrière de la léte, ni de rou^ sur la poitrine. 

LE FIGUIER GRIS-DE-FER. 

Fingt-dtuxiim» ttpie*. 

Li'est encore k M. Kdwards qu'on doit la connoissanœ de cet 
oiseau. 11 a donné les figures du mnle , de la femelle et du nid. 
On les troDve en Pensilvanic, où ils arrivent au mois de mars 
ponr y passer l'été ; ils retournent ensuite dans les pays plus mé- 
ridionaux. 

Ce figuier a la tète et tout le dessus du corps grli-de-fer ; une 
bande noire de chaque cdté de In téteau-dessusdes yeux : tout 
le dessous du corps est blanc; les ailes sont brunes; les deux 
pennes extérieures de chaque calé de la queue sont blanches ; 
la troisième de chaque côté a une tache blanche vers son extré- 
mité; elle est, dans le reste de sa longueur, ainsi que les autres 
pennes de la queue, de la même couleur que le dessus du corps;le 
bec et les pieds sont noirs. 

Buffoa. II. * 



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i8 HISTOIRE NATURELLE 

ÏM lèmelte ne diJIêre du mâle qu'es oe qu'elle »'■ point £e 
1»ndes noirea aur les côtéi de la tète. 

Ces oiseaux commencent en avril k conatmlre leur ntd avec 
la petite bourre qui enveloppe lea boutons des arbr«t et avec le 
duvet des plantes; le dehors du nid est composé d'une mousse 
plate et grisâtre ^ &;A«n ), qu'ils ramassent sur les rochers; entre 
Is couche intérieure de davet et la couche extérieure de mousse, 
se trouve une couche intermédiaire de crin de cheval. La forme 
de ce nid est à peu près celle d'un c/lindre court, fermé par- 
dessous, et l'oiseau y entre par le dessus. 

II nous parott qu'on doit rapporter à cette espèce l'oiseau de la 
planche enluminée, n". 704, Sgare i , que l'on a indiqué sous 
la dénomination de figuier à tiu noire de Cayenne : car il ne 
difiêre de l'oiseau mâle , donné par Edfvards, qu'en ce qu'il a la 
tête, les pennes des ailes et celles du milieu delà quene, d'un 
beau noir ; ce qui ne bous paroit pas fîdre une différence asses 
gi-ande pour ne pas les regarder comme deux variétés de la m(m« 
espèce. 



LE FIGUIER AUX AILES DORÉES. 

fïngt-tniêiimê etpice. 

CjscoRB un figuier de passage en Pensilvanie, donné par 
Edvrards. H ne s'arrSte que quelques jours dans cette contrée , où 
il arrive au mois d'avril ; il va plus au nord , et revient passer 
l'hiver dans les dimats méridionaux. 

Il a la tête d'un beau jaune , et une grande tache de cette cou- 
leur d'or sur les couvertures supérieures des ailes; les câtés de 
la tête sont Uancs, avec une large bande noire qui entoure les 
yeux; tout le dessus du corps, les ailes et la queue, sont d'un 
cendré foQcé; la gorge et la partie infërieure da cou sont noires; 
le reste du deuus du corps est blanc ; le bec et les pieds sont 
noirs. 



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DU FIGUIER ORANGÉ. 



LE FIGUIER COURONNÉ D'OR. 

Fîngl-gualrième tspicê. 

PioUB Kctoptona cptle dénominatioti, oouron/i/tfor, qui a été 
donnée par Edwards à cet oiseau dam ta description qu'il a 
&ile du mâle et de ]a femelle. Ce sont des oiseaux de passage en 
Pennlranie , oà ils arrivent au printemps pour n'y séjourner que 
quelques jours, et paner de lA plus au nord, où ils demeurent 
pendant l'été, et d'où ils reviennent avant iliiver pour regagner 
Jes pays chauds. 

Ce figuier a sur le aommet de la télé une tache ronde d'uno 
belle couleur d'or; let odtés de la tête, les ailes et la queue sont 
noir* , la partie supérieni« du cou , le dos et la poitrine sont d'un 
bleu d'ardoise, tacheté de noir; le croupion et les côtés du corpa 
sont jaunes, avec quelques taches noires; tout le dessous du curpa 
<*( blanohiire ; les grandes cou'vertares supérieures de» ailes sont 
terminées de blanc, ce qui forme sur chaque aile deux bandé* 
transversales blanches; le bec et le* pieds sont noirâtres. 

Ia femelle ne diffère du mftle qu'en ce qu'elle est brune sur le 
deasua du corps , et qu'elle n'a point de noir sur les côtés de la tète 
ni sur la pcùtrine. 

LE FIGUIER ORANGÉ '. 

f^ingt-einquiim* etpiee. 

Vjbtte espèce est nouvelle et se trouve à la Gniane, d'où il nous 
a été envoyé pour le Cabinet L'oiseau a le •oaunet et les cdtés de la 
léte, la gorge, les côtés et le dessous du cou , d'une belle couleur 
orangée , avec deux petites bandes brunes de chaque côté de la 
télé; tout le dessus du corps et les pennes des ailes sont d'un brun 
rougeâtre; les couvertures supérieures des ailes sont variées de 
ndr et de blanc; la poitrine est jaunâtre aussi- bien que le ventre; 
le* pennes de la queue sont noires et bordées de jaunâtre; le bec 
est noir , et les pieds sont jaunes. 



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to HISTOIRE NATURELLE 

LE FIGUIER HUPPÉ. 

Wingtsixième espèce. 

.CiHTTE espèce »e trouTe i la Guiane , et n'a été indiquée pat aa- 
cnn tuturoliste. Il paroit qu'elle e*t sédentaire dana cette contrée; 
car on y voit cet oiseau dans toutes les «aisons. Il habite les lieux 
découverts , se nourrit d'insectea, et a les mêmes habitudes natu- 
relles que les autres figuiers. Le dessous du corps, dans cette es- 
pèce, est d'un gria mêlé de blanchâtre; et le dessus, d'un brun 
tracé de vert H se distingue des autres figuiers par sa huppei qui 
est composée de petites plumes arrondies , à demi relevées , fran- 
gées de blanc, sur un fond brun noirâtre, et hérissées jusque sur 
l'oeil et sur U racine du bec II a quatre pouces de longueur, en 
y comprenant celle de la queue. Son bec et ses pieds sont d'un 
brun jaunâtre : n°. 591 , fig. i. 

LE FIGUIEa NOIR -. 

Ftngt-aeptiéme eipic». 

(J NX autre espèce qni se trouve également à Cayenne, mais qui 
y est plus rare, est le figuier noir, ainsi désigné parce que la tête 
et la gorge sont enveloppées d'un noir qui se prolonge sur le haut 
et les côtés du cou, et sur les ailes et le dos jusqu'à l'origine de 
la queue ; oe mime noir reporoit en large baude à la pointe des 
pennes, qui sont d'un roux bai dans leur première moitié; un 
trait assen court de cette même couleur est tracé sur les six ou 
sept premières pennes de l'aile vers leur origine, et les cAtés du 
cou et de la poitrine; le devant du corps est gris blanchâtre; le 
bec et les pieds sont d'un brun jaunâtre. Au reste , ce figuier est 
un des plus grands; car il a pris de cinq pouces de longueur. 

I N'. 3gt,Sf. a, ëùiit\tâiD.màaÈ.iiiaiii/iguiêr noir eij'aune daCajtiw*- 



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DU FIGUIER PROTONOTAIRE. 



LE FIGUIER OUVE. 

fîagt-huiliime tspéc». 

Encoes nn antre figuier , n*. 6«5 , fig. 1 , qui «tronv© à CayeiiBO 
UÉM commnnénient , et qui y ert «édenuire. Noua l'avoiiB nommé 
jiguitr olive, parce que tout le deuu* du eorpa et de la tite est 
de Terl d'olive , sur un fond brun; celte même couleur olive perta 
encore dans le brun noirâtre des pennes des ailes et de la queue ; 
h partie de la gorge el de la poitrine jusqu'au ventre est d'un 
jaune clair. C'est aussi un des plus grands figuiera; eu il a près 
de dnq pouoes de longueur. 



LE FIGUIER PROTONOTAIRE '. 

fmgt-tuuviim* eapien. 

\Js appelle ce figuier, à la Louitiane, jjrotonoAu'rw, ettKnuTui 
conservons oe nom pour !e distinguer des autres. Il a b tête , la 
gorge, lecou,lapoitriiieetle ventre, d'un beau jaune jonquille; 
le dos olivâtre; le croupion cendré; les couvertures intérieures 
de la queue blanches ; les pennes des ailes et de la queue noirdtrea 
et cendrées; le bec et les pieds noirs. 

Indépendamment de ces vingt-neuf espèce* de figuiers, qui 
sont toutes du nouveau continent, il paroït qu'il y en a encore 
cinq espèces ou variétés dans la seule contre de U Ixmisianei 
dont on peut voir les individus dans le cabinet de M. Mandait, 
qui lui ont été apportés par M. le Beau, médedn du roi à la 
Louisiane. 

N*- 704, Gg. a, wul* AiBmùaMti<iaitfiguitrèttiiirttlit'*Jwan. 



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HISTOIRE NATURELLE 



LE FIGUIER A DEMI-COLLIER. 

TrantièiriM upict, 

\jx pelit oiaean eat d'un cendré trèf-chir aoxu U gorge et tont 
le dessous du corp* , avec un demi-collier jaunâtre sur U partie 
infërieure du cou. I[ a le devus de la tête olivâtre tirant sur le 
jaune, une bande cendrée derrière les yeux ; les couvertures su- 
périeures des ailes sont brunes, bordées de jaune; les grandes 
pennes des ailes sont brunes, bordées de bUncbitre, et les pennes 
moyennes «ont également brunes, mais bordées d'olÎTitre, et ler> 
minées de blanc; le ventre a une teinte de jaunitre; les pennes 
de la queue sont cendrées, les deux intermédiaires sans aucun 
blanc, lesquatre latérales de chaque càté bordéesde blanc sur leur 
côté inlérieur; toutes dix sont pointues par le bout; le bec est 
noirâtre en dessus, et blanchâtre en dessous. L'oiseau a quatre 
pouces et demi de lonjjueur; U queue, vingt-nne lignes; elledé^ 
pflsseles ailes pliées d'environ dix lignes. Les pieds sont noirâtres. 



LE FIGUIER A GORGE JAUNE. 

Trente -urtiime eapic». 

l.jBrrE trente-unième espèce est na figuier dont la gor^ , le 
roujle haut de la poitrine, sont jaunes; seulement le haut delà 
]X}itrine est un peu pins rembruni , et le reste du deuons du corps 
«rt roussâlre, tinnt su jaune sur les couvertures inTérieures de 
la queue. Ha la tète et le desAusdii corps d'un <ilivâtre brun; tes 
petites couvertures înTérieures des sites sont d'un jaune varié de 
l)run, ce qui forme une bordure jaune assfïap|>ari'nte; les pennes 
(les aile* sont brunes; les moyennes «ont biiriléis d'olivâtre, et le» 
f^rand» d'un gris clair, qui, s'pclaircisïsnt de plusen i)!us,devienl 
blanc «nr la prcmlire pennr; celle» delà qurue sont brunes, bor- 
dées d'olivàlrc ; le bec est brun en dessus et d'un brun plus clair 
en dessous; les pieds sont d'un brun ) aunâtre. 



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DU FIGCtER GRASSET. 



LE FIGUIER BRUN OLIVE. 

TmHê-deuxièmê ttpèc*. 

CfB fignierale deuusdela tête, du conet duoorpi, d'un brun 
tinat À l'oLivitie; lu couvertum aupérieurai de U qneoe, cou- 
leur d'olive ; la gorge , le devant du cou , U poitrine et In fianct 
•ont blancb&tres et Tarié« de trait* gria; le ventre est blanc jau- 
nâtre; lea couver tureainférieurea de Iaqueueaontlout-À-&itjauneii; 
lei couvertures supérieuret de* aile* et ïeura pennes moyennes «ont 
brunea , bordées d'un brun plua clair, et terminëea de blanchâtre ; 
le* grandes pennes deaailea sont brunea, bordéea de gria clair; 
les pennes de la queue sont auasi brunes , bordées de gris clair , 
avec une teinte de jaune sur les intermédiairw} les deux latérales, 
de chaque oAté, ont une lacboblandie à l'extrànilé de leur càié 
intérieur, et U première de chaque oâté est bord^ de blanc ; le 
bec est bnin en dessus, et d'un brun plua clair en deasons ) les pieds 



LE FIGUIER GRASSET. 

Trente-troUïiTo» 4^ic*. 

C< XT oiaMu « le dMsas de la tête et du corps d'un gris IcHioé ver- 
dAlre , on d'un gros vert d'olive , avec une tache jaune sur la tète , 
et des traits noirs sur le corps; le croupion est jaune ; la gorge et 
le doaaoaa da oou août d'une couleur ronssStre, su travers de 
laquelle perce le cendré Sand du taad des plumes; le reste du 
desBoua du corpa est UaQchAtre ; les grandes pennes des ailes 
•ont brunes , bordées extérieurement de gris, et intérieurement 
de blandiâtie ; tes pennes moyennes sont noir&tren , bordées extc- 
rienrement et terminées de gris; les pennes de la queue sont 
noires, bordées de gris-, les quatre pennes latérales oot une lâche 
blanche vers t'extiénuLé de leur c6té intérieur j le bec et les pieds 



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ni HISTOIRE NATURELLE 

LE FIGUIER CENDRÉ A GORGE CENDRÉE. 

l_iE figuier a la tèteet ledesaus du corpa cendrés ; In gorge et tout lo 
dewouaducorpt, d'un cendré plus ckir; les pennes det ailes sont 
cendrées, bordées de blanchâtre; les pennes de k queue sont 
noires : la première de chaque côté est presque toute blanche i la 
seconde penne est moitié blanche du côté de l'extrémité ; la troi" 
sième est seulement terminée do blanc : le bec est noir en dessus^ 
et gris en dessous. 

Ces figuiers s'appellent grastatt à la Louisiane, parce qu'ila 
sont en effet fort gra*. Ils te perchent sur les tulipiers, et parti- 
culièrement sur le magnolia , qui est une espèce de tulipier tou- 



LE GRAND FIGUIER DE LA JAMAÏQUE. 

Trente-cinquième espèce. 

JVl . Edwards est le premier qui ait décrit cet oiseau sous le nom 
de Tossignol d^ Amérique i mais ce n'est point un rosaignol, et il 
a loua lea caractères des figuiers, avec lesquels M. Rrisson a en 
raison de le ranger. La partie supérieure du bec est noirâtre ; l'in- 
férieure, couleur de chair; te dessus du dos, de la tête et des 
ailea, est d'un brun obscurément teint de verdâtre ; les bords des 
pennes sont jaune verdâtre plus clair; une couleur orangée règne 
au-dessus du corps, de la gorge à la queue ; les couvertures infé- 
rieures de l'aile et toutes celles de la queue, ainsi que les barbes 
intérieures de ses pennea , aont de la même couleur; de l'angle 
du bec un trait noir passe par l'oBil ; un autre s'étend dessous ; en- 
tre-deuic et au-dessous , l'orangé forme deux bandes ; les pieds et 
les doigts sont noirâtres. L'oiaeau est à peu près grand comme le 
rouge-goi^, et un peu moins gros. M. Edwards remarque qu'il 
B beaucoup de rapportarec celui que Sloaue, dans son Hittoir» 
nalurelie delà Jamaïque, tome II, p. 39g , appelle icteriu minor 
aidum luspeitdens. 



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DES DEMI-FINS. aS 

Noaa ne poaTons noua dispenser de pitrler ici de trois oîseaur 
que nos nomencUtears ont confondus avec les figuiers, et qui 
certainement ne Mot pas de ce genre. 

Ces oiaeaux sont : i". le grajidjîgiii«r dé la Jamaïque, donnf 
par M. Brinon dans son supplément, page loi. H diflère absolu- 
ment des figuiers par le bec. 

a*. Im figuier d» Penaiivanié ( ibid. p. aoa ) , qni difi^re aussi 
dea figuiers par le bec , et parott être du même genre que le prê- 
chent. 

3*. la grand figuitr d« Madagatear ( Omitkologis du même 
aatenr, tome in , p. 48a ), qui a plut&t le bec d'un merle que ce- 
lui d'un figuier* 



LES DEMI-FINS. 

11. ne &at que comparer les oiseaux des deux oontinens pour 
s'apercevoir que lea espèces qui ont le bec fort et vivent de grains 
>ont aaasi nombreuses dans l'ancien qu'elles le sont peu dana la 
nouveau, et qu'an contraire le» espèces qui ont le bec foiUe et vi- 
vent d'inaectes sont beaucoup plua nombreuaes dans le nouveau 
continent que dana l'ancien ; en quoi l'on ne peut a'empécber de re- 
connoître l'inSnence de l'homme sur la Nature ; car e'est l'homme 
qni a créé le blé et les autres grains qni font sa nourriture, et co 
Bcmt ces mAmes grains qui ont visiblement multiplié les espèces 
d'oiaeanx granivores , puisque ces espèces ne «e trouvent en nom- 
bre que dans les pays cultivés , tandis que, dana les vastes dé.ierta 
de l'Amérique , dans ses grandes fbr^ts , dans aes savanes im- 
menses, où la Nature, brute par cela même qu'elle est indépen- 
dante de l'homme, ne produit rien qui ressemble à nos gtaina, 
mais seutement des fruits, de petites semences, et une énorme 
quantité d'insectes , les espèces d'oiaeanx insectivores et a bec foi- 
ble se aont multipliéea en raison de l'abondance de la nourriture 
qui leur ccnvenoit : mais , dans le passage des oiseaux k bec fert 
aux oiseaux a beclbiblfl,la Nntur« , comme dana tous aes autres 
(Hivrages, procède par gradations insensibles ; elle tend à rappro- 
cher les extrêmes par l'artifice admirable de ses nuances, de sea 
demi-teintes, qui déroutent si souvent lea divisjona tranchées de 
nos méthodes. La classe des demi-fins est une de ces nuances ; c'ait 
la classe intermàliaire entre les oiseaux à bec fort et ceux à bec 



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s6 HISTOIRE NATURELLE 

fin. Cette daue existe de temps inmiémorial dans la Naturey 
quoiqu'elle n'ait point encore été admise par aucun tnétliodisie ' : 
die comprend parmi lea oiseaux du nouveau monde ceux qui 
ont le bec plus fort que les pitpits , mais moins que les tangaraa; 
et parmiletoiaeaux de l'ancien continent, ceux qui on! le bec plus, 
fort que les fauvettes, mais moins que la linotte. On pournut 
donc y rapporter non-aeulement la calandre et quelques alouettes, 
mais plusieurs espèces qui n'ont été rangées dans d'autres daaaea 
que parce que celle-ci n'exiiloit pas encore. Enfin les mésange* ft* 
TODt la nuance entre ces denù-fins et les becs fi>iUe»,'parce qne^ 
bien qu'elles aient le bec fin , et par conséquent foible en appa- 
rence, cependant on jugera qu'elles t'ont assez gros si on le com- 
pare à sa très-petite longueur , et parce qu'elles l'ont en effet asaes 
fort pour casser des noyaux et percer le crSne d'un oiseau plus 
groi qu'elles, comme on le verra dana leur faistoire. 



LE DEMI-FIN MAWGEUR DE VERS. 

V.ET oiseau est tout différent d'un antre mangeur de vers dont 
perle M. Soane, et qui est non-seulement d'un autre climat, mais 
encore d'une nature difTâ^nte. Celui-ci a le bec aasea pointa , 
brun deasufl , oouleur de ahair d easons ; U tête orangée , et , de 
chaque côté, deux bandes noires , dont l'une passe sur l'oeil mime, 
Fautie an-deasuB, et qui «ont séparées pHr une bande jaunfttre , 
au-delà de laquelle ellea vont se réunir près de l'ocdput ; la gorge 
et la poitrine aussi d'une oouleur orangée , mais qui s'affoîbtit en 
s'^ignant des parties antérieures, et n'est plus que blanchâtre 
aur le* couvertures inSrienrea de la queue; le dessus du cou , le 



• Lon^* PoD conançoit d'impHam ttt articli , ]• m» ini* ijurt» ^a 
M. EJwardi, diDi («n ciulofu d'oiiMin, *Cc. , qui eit ï I> fio dn uptitna *«- 
Inni, > nagi puaii coni ipii «M itt hett d'oai ipiiiKBr Bojtaiie, 1h ou*>b) 

1*. 6oD oiuni Géniale, ipii ai doit* ictrlKt; 

'*. Son aù«n ronge d'été, qni at sotn pnnnrdt BOiickn tosI^; 

3>. 5«n iBiukiB an tinp Uaac , qû «M utta deni-fia ii hnppt <t ("g* 

/^'. Son nolncni dg bninon il'Amériqa* , ^i «tnotra kiliitnni ; 
S". 8oBroDg*-qn««d(iInd*i, qoi al notre p«lil noir nnrart; 
6>. SiBeHhcralUaUn,^iatnotrt gobc-aoatbeoliT»; 
]°. 600 nangtar d« nn , ib^dcI noni itwu conicrW c> non. 



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Dr DEMI-FIF NOIR ET BLEU. ^7 

dos , 1m ailes el la qneue , d'un v«t olivâtre foncé; les oouTerlures 
inlërieure* dei ailes d'un bUnc jaunâtre ; les pied* couleur de 

Cet oisean m trouve dans la Pensïlvanie ; il 7 est connu pour 
«iseao de pasMge, ainsi que toutes les eipèces à bec fin et quel- 
ques espèces A beo fort U arrive dans cette province au mois de 
juillet, et prend sa route vers le nord; mais on nelfr^oit point 
reparoilrerautoinneenPensi]vanie,non plus que tous les autres 
oiseaux qui pasirat au printemps dam la même contrée. U Tsut, 
dit M. Edwards, qu'ils repassent vers le sud par un autre chemin 
derrière les montagnes. Sans doute que , dans cet antre chemin, 
il* trouvent en abondance les vers et les insectes qui leur servent 
de nourriture. 

Le mangeur de vers est un pen plus gros qne k &uvette à l£te 



LE DEMI-FIN NOIR ET BLEU. 

OX. Koelreuter, qui a le premier décrit cet oiseau, le 'donne 
comme une espèce ibrt rare venant des Indes. Il nous apprend 
qu'il a le bec plus long et plus menu que les pinsons ', et par con- 
séquent il doit se rapporter à la classe des demi-fins. 

A Texoeption du bec qui est brun , et des pieds qui sont bruns 
aussi , mais d'une teinte moins foncée, cet oiseau n'a que du noir 
et du bleu dans «on plumage ; le noir règne sur la gorge, la base 
de l'aile et la partie antérieure du dos , où il forme un demi-cer- 
cle, dont la convexité est tournée du cAté de la queue; ii y a 
outre cela un trait noir qui va de cbaque narine à l'ceil du même 
câté ; les pennes des ailes wnt noîiâlre* , bordées de bleu , et ce 
bord est pliu large dans les moyennes ; tout le reste du plumage 
est bien changeant, avec des reflets de couleur cuivreuse. 

Isi grosseur de ce demi-fin est jk peu près cdle de la grande li- 
notte; son bec a cinq lignes et demie de long, et sa qoeue est 
composée de doaw pennes égales. 

■ Longiui tt teaului, dil M. KoelmUr. Oa at pwil q«'llr« nrprii »pr*t 
nU ^*'il Um^ lit en ei»uii no pioua. 



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HISTOIRE NATURELLE 



LE DEMI-FIN NOIR ET ROUX. 

JyI . Gimmerson a vu cet obeau à Buenot-Ayre*. H a tout le des- 
aucdek tête et ducorpa, depuis la base du bec jusqu'au bout da 
la queue, d'un noir décidé; la gorge, le derant du cou et les 
jlanca , d'une couleur de rouille ; on voit du blanc entre le front 
et les yeux , à la naissance de la gorge , au milieu du ventre, a la 
1»ise des ailea et à l'extrémité des pennes extérieures de la queue; 
le bec est noirâtre; lei narines sont, trèa-près de sa base, à demi 
recouvertes par les petites plumes ; l'iris marron , la pupille d'un 
bleu noirâtre ; la langue triangulaire , non divisée par le bout i 
enfin l'ongle postérieur le plus fort de loua, 

M. Commerson, déterminé sans doute par la forme du bec >. 
qui est un peu effilé , marque la place de cet cnseau entre lea 
pinsons et les oiteaax à bec fin ' ; et c'est par cette raison que j» 
l'ai rangé avec les demi-fins, le nom de ptruon ne pouvant lui 
convenir, auivanl M. Commerson lui-même, qui cependant la 
lui a donné &ule d'autre. Il est & peu près à» la grosseur de Is 
linotte. 

Longueur totale, cinq pouces deax tien; bec, cinq lignes;^ 
queue, vingt-six lignes : elle est composée de douie pennea, et 
dépasse les ailes de vingt lignes; les ailea ont seize 1 dix-aept 
pennes. 

LE BIMBELÉ, OCJ LA FAUSSE LINOTTE. 

J E dois la connoissance de cet oiseau de Saint-Domingue à M. I» 
chevalier Lefïvre Deshayes, qui a non-seulement un goût éclairé, 
mais un zèle très-vif pour l'histoire naturelle, et qui fointà l'art 
d'observer le talent de dessiner et même de peindre les objets. 
M. le chevalier Deshayes m'a envoyé , entre autres dessina ool»^ 

> Motacillii tt fringillii ^uaii ialtrmrJia , dit M. Comninon. I.'od Mit 
ipe II mot de motacilla , qni , joiqii'ï M. Linnieni, «lalt éli le nom propre de* 
AocAe-fuiuei, m .leianii, de» U mitbade de » niUnliite, nn non géné- 
riqiie qui cmbruie lt> peilit aiuiiii ■ bec Sa ; et il pirolt que M. CaP»uno& 
luitoit,! biep dtt égardi,!* n^Uoda de H. Liancni. 



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DU BIMMXE, OU DE LA. FAUSSE LINOTTE, aj 
ri», œlui du bimbelé, ainsi nommé par les nègrea, qui, lui 
trouvant quelques rapports arec un oiseau de leur paya , lui en 
ont donné le nom. Mais il est probable que ce nom n'est pas 
mieux appliqué k l'oiseau dont il est ici question, que celui do 
fauate linoUe; il ne ressemble en eflet à noire linotte ni par le 
chant , ni par le plumage , ni par la forme du bec. Je lui conserre 
cependant et l'un et l'autre nom , parce que ce sont les seuls aou* 
lesquels il soil connu dans son paya. 

Son chant n'est ni varié ni brillant ; il ne roule que aur quatre 
ou cinq notes : malgré cela, on ae plaît à l'entendre, parce que 
les tons en sont pleins , doux et moelleux. 

n vit de fruits et de petites graine* ; il «e tient aMW volontiers 
inr les palmistes, et fait son nid dans l'espèce de ruche que les 
oiseaux palmistes et autres forment sur ces arbres , à l'endroit 
d'où sort le pédicule qui soutient la grappe. 1» femelle ne pond 
que deux ou trais oeuià, et c'est peut-être une dea causes pour- 
quoi les bimbeléa sont si rares. 

I«nr plumage est encore moins brillant qne leur chant : ils 
ont la gorge , le devant du cou , la poitrine et le haut du ventre, 
d'an blanc sale teinté de jaune ; les jambes , le bas-ventre et les 
couvertures inférieures de la queue , d'un jaune foible ; les flancs 
d'un gris Ibncé ; toute la partie supérieure d'un brun plus foncé 
sur la tête , plus clair sur le dos ; le croupion et les couvertures 
supérieures de la queue , d'un vert olivâtre ; les pennes et cou- 
vertures supérieures des ailes et les pennes de la queue , brunes , 
bordéesexiérieurement d'une couleur plus claire; les deux paires 
les plus extérieures dea pennes de la queue bardées intérieure- 
ment d'une large bande de blanc pur vers leur extrémité ; la &ce 
intérieure de toutes ces pennes d'un gris ardoise; l'iris d'un brun 

Le bimbelé p^ un peu moins de deux gros et demi. 

Longueur totale, cinq pouces; bec, sept lignes, très-pointu; 
narines fort oblongues, surmontées d'une protubérance; vol, 
sept pouces; dix-huit pennes à chaque aile; queue, environ dix- 
huit lignes, composée de douso pennes A pen près ^bIm; dé- 
passe le* ailes d'environ un pouce. 



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HISTOIRE MATURELLE 



LE BANANISTE. 



Pi oxm avoiiB vn parmi lea piiuons un oiieaa de la Jamaïque ap- 
pelé bonana , qu'il ne &ut pat confondre avec celui-ci. Le bana- 
niste est beaucoup plu» petit ; son plumaf;e est diflerent ; et quoi- 
Cju'il se plaise sur le même arbre appelé bonana ou bananier, 
il a probablement auui des mœurs difTérpntes : c'eat ce qu'on 
pourrait décider , si celles du bonana de M. Sloane étoient aussi 
bien connu» que celles de l'oiseau dont il est question dans cet 
artl cle , et dont M. le chevaUer Lefëvre Desfaeyes Dâus a envoyé 
la description , la figure coloriée, et lout ce que nous en dirons. 
Il ae trouve k Saint-Domingue ; les nègres assurent qu'il sus- 
pend son nid i des lianes. On le voit souvent sur les bananiers ; 
mais la banane n'est point sa seule nourriture , et plusieurs an- 
tres oiseaux s'en nourrissent comme lui , en sorte que le nom de 
bananUië, il but l'avouer, ne le caractérise pas suffisamment; 
mats j'ai cru devoir lui conserver ce nom, sous lequel îl est 
connu généralement à Saint-Domingue. 

Le bananiste a le bec un peu courbé, fort pointu et d'une 
grosseur moyenne , comme sont les becs des demi-fins. Outre le> 
bananes, il se nourrit d'oranges, de drouelles , d'avocats et mëma 
de papayes; on n'est pas bien sûr s'il mange aussi des graines 
ou des insectes ; tout ce qu'on sait, c^est qu'il ne s'est trouvé nul 
vestige d'insectes ni de graines dans l'estomac de celui qu'on a 
ouvert n se tient dans les bananiers , dans les terrains en friche 
et couverts de balliers ; il vole par sauts et par bonds ; scm t(^ 
est rapide, et accompagné d'un pelit bruit : son ramage est peu 
varié; c'est, pour ainsi dire, une continuité de cadences plus ou 
moins appuyées sur le même ton. 

Quoique le bananiste vole bien , H. le cbevalier Deshayes 
le trouve trt^ délicat et trop foible pour soutenir les grands 
voyages, et pour supporter la température des pays septentrio- 
naux ; d'ofL il conclut que c'est un oiseau indigène du nouveau 
continent II a le dessus dn corps d'un gris foncé presque noi- 
râtre, qui approche du brun sur la queue et les couvertures des 
ailes ; las pennes de la queue moins foncées que celles des ailes, 
et terminées de blanc ; les ailes marquées dans leur milieu d'un» 
tadie blanche ; des espèces de sourcils blancs ; les yeux sur une 



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DU DEMÏ-Fm A HUPPE ET GOBGE BLANCEtES. 5i 

bande noire qui part du becet vaaeperdredftos Ucouleuriombra 
de l'occiput ; la gorge grù cendré ; 1b poitrine, le ventre et le crou- 
{non , d'un ]aiinc tendre ; lea flanc* , le* cuiues et le* couvertUM 
iniërieurei de la queue . varié* de jaune dair et de gria ; quelques* 
unes des couverture* blanche* et *e relevant sur la queue ; la 
prtie antérieure de* épaule* d'an beau jaune ; le bec noir; U* 
fkâa gris ardoisé. 

Longueur totale, trois pouces huit ligne* ; bec, quatre ligne*; 
Darines large* de la forme d'un crois*ant renversé, aunnontée* 
d'une protubérance de même ferme, mai* en lens contraire} 
lingue pointue ; tarse, sept lignes; vol, six pouce* ; aitetcompo- 
Kta de dix -sept penne* ; queue, quatorse à quioie lignes ; dé- 
fUM le* aile* d'environ aept à huit lignes. 



LE DEMI-FIN 

A HUPPE ET GORGE BLANCHES. 



mn ce qne M. Edwards nous apprend de cet oiseau qu'il a 
deuiné et fait connoEtre le premier, c'est qu'il est originaire de 
rAjuérique méridionale et dea Iles adjacentes, telle que celle de 
Cajenne. Sa huppe est composée de plumes bbncbes, longues, 
droites et pointues , qni sont coucha sur la tdte dan» l'état de 
repos , et que l'oiseau relève loraqull e*t agité de quelque pa»- 
lion. U a la gorge blancbe , bordée d'une aone noire qui va d'un 
œil à l'antre ; le dernère de la tète , le dorant du oou , la poitrine , 
le ventre , le croupion , les pennes de la queue , leur* couvertures 
tant inférieure* que supérieure*, et les couvertures inférieuns 
des ailes, d'un orangé plua ou moins éclatant; le haut du do*, 
le bas du cou joignant les pennes des aile*, leurs couvertures 
*u|iérienree et les jambes , d'un cendré fonce tirant au bleu plos 
ou moins; le bec noir, droit, assez pointu, et d'une grosseuc 
moyenne; les pieds d'un jaune orangé. 

Langueur totale , cinq ponces et un quart ; bec, buît k neuf 
lignes; larae, dix lignes; le doigt extérieur adhérent dans pre»- 
que toute sa longueur au doigt du milieu ; la queue, composée 
àe dou» pennes, dépasse le* ailes de huit à dix lignes. 



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Sa HISTOIRE NATURELLE 

L'HABIT UNI. 

lu. Edwards se plaint en quelque aorte de ce qae le plumage 
de cet oiseau est trop ùmple, trop monotone, et n'a aucun acci- 
dent par lequel on puisse le caractériser : je le caractérise ici par 
cette simplicité même. Il a une espèce de capuchon cendré tirant 
un peu sur le vert , lequel couvre la tête et le cou ; tout le dessus 
du corps, compris les ailes et la queue, d'un brun roussâtre; les 
pennes cendi-ées en dessous ; le bec noir, et les pieds bruns. 

Cet oiseau est de la grosseur de la fauvette de haù : mais il n'est 
pas de la même espèce , quoique M. Edwards lui en ait donné le 
nom ; car il avoue expressément qu'il a le bec plus épais et plus 
fort que cette Ikuvelte. On le trouve à la Jamaïque. 

LES PITPITS. 

i^QoiQUE cet oiseaux ressemblent beaucoup aux figuiers, et 
qu'ils se trouvent ensemble dans le nouveau continent , ils diflV' 
rent néanmoins assee les uns des autres pour qu'on puisse en for- 
mer deux genres distincts et séparés. La plupart des figuiers sont 
voyageurs; tous les pitpits sont sédentaires dans les climats les 
plus chauds de l'Améi-ique. Ils demeurent dans les bois et se per- 
chent sur les grands arbres, au lieu que les figuiers ne fréquen- 
tent guère que les lieux découverts, et se tiennent sur les buis- 
sons ou sur les arbres de moyenne hauteur. Les pitpits ont aussi 
les moeurs plus sociales que les figuiers -, ils vont par grandes 
troupes, et ils se mêlent plus familièrement avec de petits oi- 
seaux d'espèces étrangères ; ils sont aussi plus gais et plus vifs, et 
toujours sautillans : mais , indépendamment de cette diversité 
dans les habitudes naturelles , il y a aussi des diflërences dans la 
conformation ; les pitpits ont le bec plus gros et moins effilé que 
. lesfiguiers, et c'est par cette raison que nous avons placé les oi- 
seaux à bec demi-fin entre eux et les figuiers , desquels ib difi'è- 
rent encore en ce qu'ils ont la qneae coupée carrément, tan- 
dis que tous ks figuiers l'ont un peu fourchue. Ces deux canc- 
lèrea du bec et de la queue sont asseï marqués pour qu'on doive 
séparer ces deux genres. 



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VARIÉTÉS DU PITPIT BLEU. S3 

TVous «mnotHons cinq etpices dans celui dea pitpiu, et toutes 
cinq se trouvent à UGuiane et auBréiQ, et sont à peu prèadelft 
mJine grandeur. 

LE PITPIT VERT. 

Prtmiir* npie*. 

1^^ pitpiti >ont vn généntl à peu prèade la grandeur de« figuiers, 
mais un peu pins gros : ils ont quatre pouces et demi ou cinq 
pouCes de longueur. Gelui-ci,que nou* appelons le /)i(pi< vert, 
n'a que la (été et les petites touTerlures supfrieures des ailea 
d'un beau bleu , et la gorge d'un gris bleu&tre ; mais tout le reals 
dnoorpset les grandes couvertures supérieures des ailes sont d'un 
vert brillant ; les pennes de* ailei sont brunes et bord^ esté- 
lienrement de vert ; celles de la queue sont d'un vert plus obs' 
cor; le bec est brun, et les pieds sont gris. On la trouva asses 
communément à Cayenne. 

LE PITPIT BLE a. 

Stcond» upica. 

LiBpitpit bleu, n". 669, fig. a, est aniaî commun k la Guiaiw 
que le pitpit vert. H est à peu prta de la même grosseur ; cepen- 
dant â forme une espèce séparée, qui a même des variétés. D a 
k front , les cAtéa delà télé, la partie antérieure du dos, les ailes 
et la queue, d'un beau noir; le reste du plumage est d'un beau 
Ueu ; le bec est noïrfttre, et les pieds sont gris. 

VARIÉTÉS DU PITPIT BLEU. 

Uns première variété du pitpit Meu est l'oiseau qu*Edvrards a 
âonnésouslenomde'ta'iAit'iA&uycaril nediB%reda pitpit bleu 
qu'en ce qu'il a la gorge noire , et que le liront , ainsi que les cdtés 
de la tête, sont Ueus comme le reste du corps. 
Buffon. 11. 3 



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34 HISTOIRE NATURELLE 

Une Mconde variété de cette même espèce est l'oÎKaa qn! ert 
représenté dan« les planches enluminées, n*. 669 , fig. 1 , sous 
la dénominatiou de p'upil bleu de Cajrenna, qai ne difière du 
pitpit bien qu'en ce qu'il n'a pas de noir sur le front ni sur les 
côtés de U tête. 

Nous «cnnmes obligés de remarquer que M. Brîsson a regardé 
l'oiseau du Mexique, donné par Fernandès sous le nom d'«lo- 
totoU , comme un pitpit bleu : mais nous ne vojrons pas sur quoi 
il a pu fonder cette opinion'; car Ferztandès est le seul qui ait 
TU cet oiseau, et voici tout ce qu'il en dit : u Jj'eiolototl est à 
« peine de la grandeur du chardonneret; il est blanc ou bleui- 
«. Ire, et sa queue est noire ; il habite les montagnes de Tetz- 
« Gocano ; sa chair n'est pas mauvaise k manger ; il n'a point de 
« chant, et c'est par cette raison qu'on ne l'élève pas dans le* 
« maisons, o On voit bien que, par une pareille indication, tl 
n'y a pas plus de raijon de dire que cet oiseau du Mexique eat un 
pitpit qu'un oiseau d'un autre genre. 



LE PITPIT VARIÉ '. 

noitiim^ eepèee. 

Cbt oiseau se trouve à Surinam et à Gayenne. Il a le fnmt de 
Goukur d'aigoe-marine; le dessus de la tête et du cou et le dos, 
d'un beau noir; le croupion vertdoré; la goi^ d'ua bleu violet; 
la partie inférieure du cou et la poitrine variées de vic4et et de 
brun; le reste du dessous du corps est roux; les couvertures su- 
périeures de la queue, et les petites couverturee du dessus de* 
•ilea, sont bleues; les grandes couvertures et les pennes des ailes, 
«t celles de la queue , sont noires , bordées de bleu ; la mandibule 
•npérieure du bec est bnme ; l'inférieure est blanchâtre ; lea pkds 
■mt cendrés. 

• n*. 060, fi|. 3 , MO» u Bon da fitpitiltM de Surinam. 



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DU GUIRA-BERABA. 35 

LE PITPIT A COIFFE BLEUE. 

Qualrièm» é$pie». 

Cette espèce est nouvelle, et se iroure comme Un nntrea ih 
Cayenne. Nous l'appelons pitpit à coiffe bleue, parce qu'il a une 
«tpèce de coHTe ou de cape d'un beau bleu brillant et foncé , qui 
prend au front, passe sur les feux et s'étend jusqu'au milieu du 
dos; il a seulement sur le sommet de la tête une tache bleue lon- 
gitudinale: il est remarquable par une raie blanche, qui com- 
menoe au milieu de la poitrine , et va en l'élargisnnt jusque des- 
•ousla queue; le reste du dessous du corjMest bleu; le bec et les 
pieds sont noirs. 



LE GUIRA-BERABA. 

Cinquiime etpice. 

\,Kr otaeau , donné par Marcgrave , me parolt être du gmra 
des pitpils, quoique sa description ne soit pas aaaei complète 
pour que nous puianons assurer que ce n'est pas un figuier. Il 
est grand comme le chardonneret ; co qui excède la taille ordi- 
naire des figuiers, et même un peu celle des [ritpita,qni commu- 
nément sont plus gros qne les figuier». H a le dessus de la tète, U 
coa,ledos, lesaileset laqueue, d'un vert dair; la gorge noire; le 
restedu deeaons du corps et le croupion d'un jaune doré ; quelques 
pennea dea ailes sont brunes à leurs extrémités ; le bec est droit , 
aigu et }aane , avec un peu de noir sur la mandibnle aupérieure ; 
les pieds sont bruna. 

Noua obaerreroni que H. Brisaon a confondu rat oiseau avec 
celai que Piaon a donné sous le nom de guiraperea, quoique c» 
soient oertainement deux oiseaux diflïrens ; car \aguiraperta de 
Piaon a la plnniage entièrement de couleur d'or, à l'excepbon de* 
ailea et de la queue , qui sont d'un vert clair; et il est de plus ta- 
cheté, comme l'étoumeau, sur la poitrine et le venlre. 11 'n'y a 
qu'à comparer ces deux descriptions pourvoir évidemment qus 
le guira ptrta de P!son n'est pas le même oitna que le pdra b*- 



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SB HISTOIRE NATURELLE 

rofra de Marcgrave , et ([u'ibont seulement le même nom guî'ttf 
taaissvec dea épilhètes dif^rentefijc* qui prouve encore qu'ilsn* 
■ont pas de la même espice. 

LE PODILLOT, OC LE CHANTRE ■. 

^os trois plus pe[!ta oUeaux d'Europe lont le roitelet, le tro- 
glodyte et le pouillot, n". 65i , ûg. i. Ce dernier, sans&Toirle 
corps plui groa que les deux autres , l'a seulement un peu plus 
allongé ;'c'est la tournure, la taille et la figure d'un petit figuier: 
car le pouillot paroit appartenir k ce genre déjà si nombreux ; et 
■"il ne valoit pas infiniment mieux donner k chaque espèce son 
nom 'propre, dès qu'elle e«t bien connue, que de la confondre 
dans les appellations génériques ,Jon pourrait nommer le pouillot, 
petit figuier d'Europe, et je suis surpris que qudque nomencîa- 
teur ne s'en aoit point avisé. Â.u resta, lanam As pouillot, tmmme 
celui de ^ou/ donné au roitelet, paraît venir de ^u^iu«,^u«i/^, 
et désigne également un oiseau très-petit 

I« pouillot vit de mouches et d'autrvs petits insectes; il a !• 
Itecgr^le, effilé, d'un brun luisant en dehors, jauueen dedans et 
sur les bords. Son plumage n'a d'autres couleurs que deux teintea 
fbible* de gris verdAtre et de blanc jannAtre : la première s'étend 
mir le dos et la tâte; une ligne jaunilre , prise de l'angle du bec, 
passe près de l'oeil et s'étend sur la tempe; les pennes de l'aile, 
d'un gris asses sombre , ont , comme cdles de la queue , leur bord 
extérieur fnngé de jaune verditre ; la gorge est jaunilre, et il y 
a une tache de la même couleur sur chaque càté de la poitrine, 
au pli de l'aile ; le ventre et l'estomac ont du blanc plus ou nuiins 
lavé de jaune foible, suivant que l'oiseau est plus ou moins Igé, 
ou selon la dîSihvnoe du ae^; car la femelle a toutes les couleurs 
plus pâles que le mile. 'En général , le plumage du poaiiktt r«a- 
aemble à celni du roitelet, qui seulement a de plus une tache 
blandie dans l'aile, et une huppe jaune. 

Le pouillot habile les bois pendant l'été. U &it son nid dans 
le fort des buissons ou dans une touffe d'herbes épaisses; il le 
construit avecautaBldeaoin,qu'il le cache; il emploie de la moossa 
en dehors, et de la laine et du crin en dedans : le tout est bien 

> 'M»\Hia,êiitmt;«,,àa^ti»,grMinrnnwtmaUfMnrHrd, 



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HISTOIRE NATURELLE 



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DU POUILLQT, or CHANTRE. 57 

bwii, 1)i«i recouvert, et ce nid a U ferme d'une boule comme 
ceux du troglodyte, du roitelet et de U petite voémng/i à longue 
queue. H (emble que cette slructuie de nid ait été «uggéiée par 
h voix, de la Nature à cet quatre e*pèce« de trè*-petita oiieanx, 
dontb chalearnesDffiroitpaaMeUen'étoitreteBueet concentrée 
pour le succès de rincUbation; et ceci prouve encore que tons 
les animaux ont peut-être pliu de génie pour b propagation de 
leur espèce que d'inatinct pour leur propre conservation. 1^ 
femelle du pouillot pond ordmairement quatre ou cinq oeu& 
d'an blanc terne , piqueté de i-ougefttre , et quelquefois six on sept. 
I«s petits restent dans le nid jusqu'à ce qu'ili puissent YtAat 
aisément. 

En automne, le pouillot quitte les bois et vient cdanteir dans 
nos jardins et nos vergers. Sa voix, dansoette saison, s'exprima 
far tuit, luit, tt cesonpretquearticuléestle nomqu'tmluîdonna. 
dans quelques provinces * , comme en Lorraine, où ikhu ne rt- 
[roav(»u pas U trace du nom chofti ' qu'on j donnmt 4 œt oiseau 
du temps de Belon , et qui , kIod lui , signifie tAanUur ou o/um~ 
^j antre dénomination de cet oiseau, relative 1 la diveniléet 
à la conlinnité de son ramage, qui dure tout le printemps et tout 
Fêté. Ce cbant a trois ou quatre variatiotis, la plupart modulées : 
c'est d'abord an petit gloussement ou grognement entrecoupé, 
puis one suite de sons argentins détachés, semblablesau tintement 
réitéré d'écus qui tomberoient successivement l'un sur l'autre ; 
et c'est apparemment ce son que,WiUugIibr et Albin campaient 
à la siriJtur des sautereltes. Après ces deux efforts de voix très- 
difiËrens l'un de l'autre , l'oiseau bit entendre un chant plein ; 
c'est on ramage fort doux, fort agréable et bien soutenu, qui 
dure pendant le printemps et l'été : mais en automne , dès le 
mois d'août, le petit sifflement iuit, tait, succède à ce ramage, 
et cette dernière vai-iation de U voix se fait à peu près de même 
dans le rouge-queue et dans le rossignol. 

Dans le pouillot , le mouvement est encore plus continu que la 
voix ; cai- il ne cesse de voltiger vivement de branche en branche ; 
il part de celle où il se trouve pour attraper une mouche , revient, 
repart en furetant sans cesse dessus et dessous lea feuilles pour 

j Eo TtMua* , luii et il prcmoiut u ptliL nom dSuH toSi pliibtiTc, AlOliBi» 
•■u iTAir d'iutn chut. Geci MmliUnit indiqui r^ l< pouillot bb pBiM point 
riUcoIuli*, d'aniuitpliBifD'Oliokdit nuaitsqn'oarjToiloliWer. 

4 0BUD»niiMtDc<)r«ÙDiiJ«DiUEa(tid'OTlÙD«,«iT«nllI. SdeioR 



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38 HISTOIRE NATURELLE 

cberclifltdea iiuectes; ce qui lui a fait donner, dans quelque»- 
' nnes de dm provinces , les noms de JratilUt , ftiUrotet. 11 a 
an pelit balancement de queue de haut en bat , nuis lent et 



Ces oiaeauz arrirent en avril , souvent avant le développement 
des feuilles, lis sont en troupes de quinae ou vingt pendant le 
voyage ; mais au moment de leur arrivée , ils se léparent et s'ap- 
parient; et lorsque malheureusement il survient des frimas dans 
oea premiers temps de leur retour, ils sont saisis du froid et tom- 
bent morts sur les chemins. 

Cette petite et feible espèce ne laisse pas d'être trfes-répandne ; 
elle s'est portée jusqu'en Suède , où Linnœus dit qu'elle habile 
dans les saussaies. On ta connoit dans toutes nos provinoes : en 
Bourgogne , sous le nom definéroiel ; en Champagne , sous celui 
de_/>e<ii&f,-enProvence, sous celui de^. On le trouve en Italie, 
et les Grecs semblent l'avoir ocHinu sous le nom de Jnr^H, (MÏ- 
ius; il y a même quelque apparenceque le petit roitelet v«rt tton 
- htq^i de Bengale , donné par Edwards , n'est qu'une variété de 
n olre pouillot d'Europe. 



LE GRAND POUILLOT. 

pi OUI connoissons un autre poniltot, moins petit d'un quart que 
celui dont nous venons de donner la description , et qui en dif- 

' lïre aussi par les couleun. Il a la gorge blanche et le trait blan- 
châtre sur l'cdl; une teinte roHssdtre sur un fond blanchâtre 

' couvre la poitrine et le ventre; la même teinte forme une large 
frange sur les couvertures elles pennes de l'aile, dont le ibndest 
de couleur noirftire ; un mélange de ces deux couleun se montre 
sur le dos et la tête. Du reste, ce pouillot est de la même forme 
que le petit pouillot commun. On le trouve en Lorraine, d'où il 
nous a été envoyé; mais, comme nous ne savms rim de ses ha- 
bitndes naturelles, nous ne pouvons prononcer sur l'identité de 

' c«s deux eaptces. 

A l'^rd du grand pouillot queM. Brisson , d'après Willughby, 
donne comme une variété de l'espèce du pouillot commun , et 
qui a le double de grandeur, il est difficile, si cela n'est pa» exa- 
géré, d'imaginer qu'un oiseau qui a le douUe de grandeur stàt de 
la même espèce. Mous croyons plutôt c|ue Willughby aura pria 



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DU TROGLODYTE. 59 

poar un ponîllot la fituvelle de rowau qui lui reaKmUe anei 

et qui ett effictiremeot une SoU plu* grone que le poaillot 



commun. 



LE TROGLODYTE ', 

-^ULOAnUEMBITT ET OfFROFREMXNT LE ROITELET. 

XJvra le choix des dénomination*, celle qui peint ou qui ca- 
ractérice l'objet doit toajoun être préférée : tel eit le nom de 
iTogiodjrte, qui signifie habitant de» antra* et de» caverne», que 
les aticîena avoient donné à ce petit oiaeaa, et que nout lui ren- 
dona ■ujourd'hai; car c'est par erreur que le* modernes l'ont 
appelé roileltt. Cette mépriie rient de ce que le véritable roitelet , 
que noua appelona tout HUtti improprement ^kmi/ ou »ouci huppé, 
est «uni petit que le troglodyte, n". 65i , fig. s. Gelui-d parOlt 
en fairer autour de noa habitations ; on le voit sortir du fort dea 
tniîoaonfl ou des branchages épais pour entrer dans les petites 
carernea que lui ferment les troiis des murs. C'eat par cette habi- 
tude naturelle qu'Ariatote le désigne, donnant ailleun «ou* des 
traita qu'on ne peut méoonnoître et aous toa propre nom, le 
▼éritable loilelet , auquel la bnppe ou couronne d'or et sa petite 
taille ont, par analogie , fiait donner le nom de petit roi ou roitelet. 
Or, notre troglodyte en est si différent par la figure autant que 
par les moeurs, qu'on n'auroit jamais dû lui appliquer ce même 
nom. Néanmoins l'erreur est ancienne, et peut-dtre du temps 
même d'Artstote. Gesner l'a reconnue; mais, malgré son auto- 
rité, «onlenue de œlle d'Aldrovande et de Willughby, qui, 
comme lui , distinguent clairement ces orsesnx , la confusion a 
duré parmi les autres naturalistes , et l'on a indistinctement ap- 
pelé do nom de roitelet ces deux espcces , quoique trts-didërentes 
et très-éloignées', 

' Ed laiin , tn>cA(/ui, trogladytet ; m iuVna , nauiao , nt di tiep»; «n 
■Itouod, ichtnea iouiig, iriiuar kotaig , xaua àotaig, thitm koiaig i n*lu» 
toeittg, xaun tchlopfiia ; en ■ogUii, wrea, canunaa wrtn. 

> Olina, BctoD, AUiin eE Briuan , la DoiBmntro/taJgf; FrûcL et Schireack- 
feld , ■(>rti l'iToir DODst trogtodyf , l'ippillcnt nui roittllt .- mi'u Guotr, 
ÂUrsoDile, JooiLon, WiUugbbr tt Sibbald , tfi' •", njiUtat «tta darnicH 
JcBoannatioa , at l'en liannaDl à «lia A* iroglodjit. Far vu DoaveUa cDsfiuiaPi 
Uaîa, Bu^jtra, Friitli at Cusu lui-véïn*, (ppliquat di ntniTMa sa roiulit 



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4o HISTOIRE NATUREtLE 

Le trogli>dyte est donc c« (ris-petit oiseau qu'on voit porolfre 
dans les village* et prè« <je8 villes à l'arrivée de l'hiver, et jusque 
dans la saison la plus rigoureuse, exprimant d'une voix dairQ 
un petit ramage gai, porticnilièremeat vers le soir, se montrant 
un instant sur le haut des piles de bois , sur les tas de &gots , où 
il rentre le moment d'aprà , on bien sur l'avanoe d'un toit, où 
il ne reste qu'un instant , et se dérobe vite sous la couverture on 
dans un trou de muraille. Quand il ai sort , il sautille sur les 
branchages entassés, sa petite queue toujours relevée *. Il n'a 
qu'no vol court et tonmoyaut, et ses ailes battent d'un mouve- 
ment n vif, que les vibrations en échappent à l'oeil. C'est d» 
cette habitudenature lie que les Greus le nommoiEint aussi ryt^tAw f 
tabot , toupU ; et cette dénomination est non-seulement ana- 
logue à son vol, mais aussi à la forme de son corps acoounà et 
ramassé. 

Le troglodyte n'a que trois pouces neuf lignes deloDgoenr, et 
dnq pouces et demi de vol; son bec a six lignes, et les pieds sont 
hauts de huit ; tout son phimage est coupé transversalement par 
petites lones ondées de brun foncé et de noirâtre, sur le corps ot 
lea ailes , sur la têfe et même sur la queue; le dessous du corps 
est mêlé de blanchâtre et de gris. C'est en raccourci , et , pour 
ainsi dire, en miniature, le plumage de la bécasse *. 11 pbse à 
pcàne le quart d'une once. 

Ce très-petit oiseau est presque le seul qui reste dans nos con- 
ti«es j usqu'au fort de l'hiver ; il est le seul qui conserve sa gaieté 
dans oelte triste saison : on le voit toujours vif et yoyeax, et, 
comme dit Belon avec une expresnou dont notre langue a perdu 
l'énergie, aliigre et vioge. Son chant, haut et dair , est composé 
de notes brèves et rapides, aidiriti, tidiriti; il est coupé par re- 
prises de cinq ou six secondes. C'est la seule voix légère et gra- 
cieuse qui se bsse entendre dans cette saison , ou le silence des 
habitans de l'air n'est interrompu que par le croassement dés»- 

tjrannui , le non dt rftxtfi*!^ 1"' > ''"*' AriitoLt, ippaitiant hidmnaiBit la 
Iroglodjlï. M. BriiPOQ copie leur trreiir. 

•' n lui doBiw en chinlint no petit noartmnit rif At ilroiti ï ginehi. EHa ■ 
dcDia piDIiet ■•Hi iÏDgmliWnent jligju^ 1* plu «itfriearc Ht <)« buaeonp 
pin* ïcnrie qat b laÎTaDl* , celte-tl qa« U troifitiM : nait In ilfmi d* nilîen la 
■ont 11 Inr tooT an p«B pial que Imn niainei il* cklqu cMj diipofitioD facila 
Il reconnottia dîna cella qnm« , qna l'oiaHU i contnin* nori'UalaiiKDt d* ninet 
mil d'épanouie m volant , tl qni la (ait parolua k dftu paiotn. 

» Anui ai-i«TB dn eoCini k qui la btcaua «toit conuBc, dnpreminBiOBifnl 
fn'an lent nontroit U uoglodfla , l'appeler fttitt M<atw. 



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DU TROGLODYTE. 4i 

gr^ble des oorbekax. Le traglodyta m &>t nirtont entendro 
quand il est tombé de la oeîge; ou oar le loir, lorsque le froid 
doit redoubler k nnh. D vit ainsi dans les buses-cours, dans les 
chantiers, chercliant dans tes branchages , sur les éoorces, sous la 
toits, dans les trous des murs , et joique dans les puits, les chry- 
salides et les cadavres des insectes. Il fHquenle aussi les bords des 
sources chaudes et des ruisseaux qui us gèlent pas, se retinnt 
dans quelques saules creux , où qndqaelbis ces oiseaux se ras- 
semblent en nombre ' : ils vont souvent boire, et retournent 
prompiement à leur domicile commun. Quoique bmiliers, peu 
d^ans et &cilea à se laisser approcher , ils sont néannKHns iit- 
jSciles it prendre ; leur petitesse , ainsi que leur prestesse, les bit 
presque tanjonrs édiapper à l'oeil et à la serre de leurs ennemis. 
Au printemps, le tn^Iodjrte demeure dans les bois, oà il bit 
son nid près de terre sur qadqnes branchages épais, ou même 
sur bj^H», quelquefois sons un tronc on contre une roche, on 
bien BOUS l'avance de la rive d'un ruisseau , quelquefois aussi sous 
le tCMt de chaume d'une cabane isolée dans un lieu sauvage, et 
j osqoe sur la loge des charbonniers et des Mbotier» qui travaillent 
dans les bob. Il amasse pour cda beaucoup de mousse, et le nid &i 
est à l'extérieur entièrement composé,* mais en dedans est pro- 
prement garni de plumes. Ce nid est presque tout rond, fort gros, 
et si informe en dehors, qu'il échappe k la recherche des déni- 
cheurs ; car il ne paroît être qu'un las de mousse jetée an hasard. 
D n'a qu'une petite entrée fort étroite , pratiquée au c6té. L'oi- 
seau y pond neuf a dix petits ceufi blanc tem^, aveo une zone 
pointillée de rongeitre au gros bout. Il les abandonne s'il aperçoit 
qu'on les ait découverts. I«s petits se hâtent de quitter le nid 
avant de pouvoir voler, et on les voit courir comme de petits 
rats dans les buivons. Quelquefois les mulots s'emparent du nid , 
■oit que Foisean l'ait abandonné, soit que cet nouveaux hâtes 
suent des ennemis qui l'en aient chassé en détruisant sa couvée. 
Nous n'avons pas observé qu'il en &sse une seconde au mois 
d'aoât dans nos contrées, eommeie dît Albert dans Aldrovande, 
et comme OUna l'assare de riulie, en ajoutant qu'on en voit nne 
grande quantité à Rome et aux environs. Ce même auteur donne 
la manière de l'élever, pris dans le nidj ce qui pourtant réussît 
peu, comme l'observe Belon : cet oiseau est trt^ délicat. Noaa 

' Cd cliaucBt pais wmnc ca noir Uvutt plot d« v<ii|t i^u!* du* 1< mtm» 



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43 HlSTeiRE NATURELLE 

avons remarqué qu'il se plaît dans la compagnie des rauges-gor- 
ges ; du moins on le voit venir avec ces oiseaux & la pipée. Il ap- 
proche en fiiisant un petit cri, tirit, tirit, d'un son plus grave 
que son chant, mais également sonore de timbre. Il est si peu 
défiant et si curieux, qu'il pénètre à travers la feuillée jusque dans 
la loge du pïpeur. Il voltige et chante dans les bois jusqu'à la nuit 
serrée , et c'est un des derniers oiseaux , avec le rouge-gorge et le 
merle , qu'on y enteude après le coucher du soleil ; il est aussi un 
des premiers éveillés le matin : cependant ce n'est pas pour le 
plaisir de la société; car il aime à se tenir seul , hors le tempsdea 
amours; et les miles en été sa poursuivent et se chassent avec 
vivacité. 

L'espèce en est asses répandue en Europe ; Selon dit qu'il est 
connu partout. Cependant s'il résiste à nos hivers, ceux du Nord 
sont trop rigoureux pour son tempérament Linneus témoigne 
q u'il est peu commun en Suède. Au reste, les noms qu'on I ui donne 
en diSërens psys suffiraient pour le Jàire reconnoitre. Friadi 
l'appelle raUaUl da hait» £hiw; Schwencktêld, roilaUt de riMga. 
Dans quelquee-unes de nos pravinoes , on le nomme rot defroi- 
dan. Un de ses noms allemands signifie qu'il se glisse dans les 
branchages ; c'est aussi ce que désigne le nom de dittimouigr qa'on 
lui donne en Angleterre , suivant Geaner , et celui de pertJùacha- 
gia qu'il porte en Sicile. Dans l'Orléanais , on l'appelle ratgrsau 
ou ratiîlon, parce qu'il pénètre et court comme un petit rat 
dans les buissons. EnSn le nom de bauf qu'il porte dans pluaîean 
provinces lui est donné par antiphrase à cause de son extrême 
petitesse. 

Cet oiseau de notre continent parait avoir deux représéntans 
dans l'autre : le roiuUt on troglo^le d« Buenot'Aym , donné 
dans les planches enluminées, n*. 73o, fig. 3; et le irogîodfU 
de la Louisiane, même planche, figure i. Le premier, avec U 
même grandeur et les mêmes couleurs , seulement un peu |daa 
tranchées et |Jub distinctes, pourroit être regardé comme une 
variété de celui d'Europe. M. Commerson , qui l'a vu à Buenoa- 
Ayres, ne dît rïen autre chose de ses habitudes naturelles, si- 
non qu'on le voit sur l'une et l'autre rive du Seuve de la Plala, 
et qu'il entre de lui-même dans les vaisseaux pour y chasser aux 
mouches. 

Le second est d'un tiers fias grand que le premier; il a h 
poitrine et le ventre d'un buve jauoitra, une petite nùe blanche 
derrii»« l'œil ; le reste du plumage sur la tète , le dos , les ailes et 



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Dr ROITELET. 45 

I» queue, d« la même couleur, et madré de métne rjne celui (le 
noire troglodyte. I« P. Charlevoix loue le chant du troglodyte ou 
raitelel du Canada, qui probablement eat le même que celui da 
la Louiaiaiie. 



LE ROITELET '. 

\^ 'est ici le vrai roitelet , comme noua l'avons trè»-bien prouvé. 
On auroit loujoura àù l'appeler ainsi, et c'eat par une espèce 
d'iuurpalion, fort ancienne à la vérité, que le troglodyte «'éloit 
•ppropriéœnom; maîi enfin noua le rétabliuona aujourd'hui 
dans aes droiu. Son titre ert évident; il eat roi, puisque la Naturs 
loi a donné une couronne , et le diminutif ne convient a aucun 
autre de noa oiseaux d'Europe autant qu'à cclui-^ , puisqu'il eat 
le plua petit de tous. Le roitelet est si petit, qu'il passe k travers 
les maille* des filets ordinaires, qu'il s'échappe fiiàlement de 
toutes les cages , et que lorsqu'on le 1 iche dans une chambre que 
l'un croit bien fermée , il disparoit au bout d'un certain temps , et 
se fondes quelquesorte, sans qu'on en puisse trouver la moindre 
trace; il nefiiut, pour le laisser passer, qu'une iasue presque in- 
visible. Lorsqu'il vient àtui nos jardins, il se glisse subtilement 
dans les charmillea : et comment ne le perdroit-on pas bientôt 
de vue 7 la plus petite lêuille suffit pour le cacher. Si l'on veut se 
donner le plaisir de le tirer, le plomb le plus menu «eroit trop 
fort; onnedoityemployerque dusibitf très-fin, sur toutaU'oose 
propose d'avoir sa dépouille bien conservée. Lorsqu'on eat par- 
venu k le prendre, soit aux giuaux, soit avec le trébuchet des 
mésanges, ou bien avec un filet assez fin , on craint de trop pie^ 
■er dans ses doigts un oiseau ai délicat; mais comme il n'est pas 
moins vif, il est déjà loin qu'on croit le tenir encore. Son cri 
aigu et perçant est celui de b sauterelle, qu'il ne surpasse pas de 
beaucoup en grosseur *. Ariatote dit qu'il chante agréablement ; 
mais il y a toute apparence que ceux qui lui avoienl fbumi ce Eut 
avoient c«iibndu notre roitelet avec le troglodyte; d'autant plus 
que, de son aveu , il y avoil d^Iors confusion de noms entre ce% 

' No. fi5i,fig, 3, aà Gtt oùfau <it npifHKU »iu k* oohi d* iouci <l d* 
pci.1. 

imi , it Genir l's bicB rateBdii it Litn it>- 



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44 HISTOIRE NATURELLE 

deux npèees. Ia femelle pond six OD lept aeu& , qui ne Kmt gnir» 
plus gros que des pois, dans un petit nid làit en boule creuse, tissu 
aolidement de mousse et de toile d'araignée , garni en dedans du 
duvet le plus doux , et dont l'ouverture est dans le Sanc ; elle 
l'établit le plus souT^it dans les lorêts , et quelquefois danslesiiÀ 
et les charmilles de nos jardins, ou sur des pins â portée de nott 



Les plus petits insectes font la nonrritnre ordinaire de ces très* 
petits oiseaux : l'été, il* les attrapent lestement en volant ; llû- 
ver,î]sl«s cherchent dans leurs retraites, oà ils sont engourdis; 
demi>morts, et quelquefois morts tout-&-&it. Ils s'accommodent 
aussi de leur larve et de tontes sortes de Termisseaux. Us sont ai 
habiles à trouver et à saisir cette proie, et ils en sont si friands, 
qu'ils s'en gorgent quelqueibis jusqu'à étouffer. Us mangent pen- 
dant l'été de petites baies, de petites grainee , telles que celles du 
fenouil. Enfin on les voit aussi fouiller le terreau qui se trouve dans 
les vieux saules , et d'où ils savent apparemment tirer quelque 
parcelle de nourriture. Je n'ai jamais trouvé de petites pierrea 
dans leur géaier. 

Les piiteletase plaisent sur les chênes, les ormes, les pins éle- 
vés, les sapins, les genévriers, etc. On les voit en Silésie Vétb 
comme lliiver, et toujours dans les bois, dît Schwenckfeld ; en 
Angleterre , dons les bois qui couvrent les montagnes; en Bavière, 
en Autriche, ils vieiment l'hiver aux environs des villes, où ila 
trouvent des reasouroes contre la rigueur de la saison. On ajouta 
qulls volent par petites troupes, composées non-seulement d'oi- 
seaux de leur espèce , mais d'autres petits oiseaux qui ont le même 
genrede vie, tdsque grimpereaux, torche-pots, mésanges, etc. 
D'un autre côté, H. Salemo nous dit que , dans l'Orléanais, ils 
vont ordinairement deux i deux pendant l'hiver, et qu'ils se 
rappellent lorsqu'ils ont été séparés. H but donc qu'ils aient des 
hahitudes difiTérnites en diflerens pays , et cela ne me parott pas 
absolument impoMible, parce que les habitudes sont relatives aux 
circonstances; mais il est encore moins impossible que tes auteurs 
soient tombés dan* quelque méprise. En Suisse, on n'est pa* bien 
sûr qu'ils restent tout l'hiver : du moins on sait que, dans ce pays 
• et en Angleterre , ils «ont des derniers à disparottre. Il est certain 
qu'en France nous les voyons beaucoup plus l'automne et l'hiver 
que l'été , et qu'il y a |dusteurs de nos provinces ob ils ne nidient 
jamais ou presque jamais. 
Ces petiti uaeaax ont beanoonp d'actfrité «t d'agilité} ili «mt 



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DÎJ ROITELET. 45 

diM an noaTemmt prMqne «ontînuel , ToItigMDt nps ceue d« 
brudie en Immche, grimpant rar la arbres, se tenant indillï- 
KDUnent dans tontes les sitnatùms, et souvent le* pieds en haut 
eomme les m^nnges , faretant dans tontes les gerçures de l'«corc«, 
Nt tirant le petit gibi« qui leur convieDt , ou le gnettxDt i la sor- 
tie. Fendant les froids , ils se tiennent volontiers mr les arbres 
tODJonn verts , dont ils mangent la graine ; souvent mtoe îh sa 
perchent mr la cime de ces arbres ' : mais il ne parolt pas que ce 
)oil pour éviter l'homme ; car, en beaucoup d'autres occasions, ils 
M kistent approcher de très-près. L'automne ils sont gras , et leur 
chair est un fort bon manger, autant qa'un ai petit morceau peut 
être bon. C'est alors qu'on en prend communément & la pipée, 
et il &ut qu'on en prenne beauconp aux environs de Nuremberg, 
paiique les marchés publics de cette ville en sont garnis. 

Les rmtfdels «ont répandus ntm-seulement en Europe, depuis 
hStiède jusqu'en Italie, et prohablemetit jusqu'en Espagne; mais 
«Kxaven Asie, jusqu'au Bengale, et même en Amériqoe, depuis 
)a AaUllea jusqu'au nord de 1» Nouvelle- Angleterre , suivant 
H. Edwards , pi. CCLIV '■ ; d'où il suit que ces oiseaux , qui , à 
h vérité , fréquentent les centrée* septentrionales, mais qui d'ail- 
Imn ont la vol tris-court , ont passé d'un continent i l'autre ; et 
ce wal bit bien avéré seroit un indice de la grande proximité 
<lei deux ofmtinens du cfité du nord. Ihns cette supposition, il 
^convenir que le roitelet, si petit, ai fbiUeen apparence, el 
^oi, dans la construction de son nid, prend tant de précautions 
wntre le froid, est cependant tris-^Ht nfmTseuIement contre le 
'nid, maia contre toutes les températures excessives, puisqu'il 
K Mutient dans des clinuits si diffëreiv. 

Ce qu'il y a de plus remarquefale dans son plumage, c'est sa 
bdle cooriMine aurore, bordée de noir de diaque côté, laquelle 
ilisit bire disparaître et cacher sons les autres plumes par le jeu 
lia muscles de la tête ; il a sne raie blanche qui , passant au- 
dosns de* yeux, entra la hordnre noire de la couronne et un 
intre Irait noir sur lequel l'oeil est posé , doqne plus de caracttra 

' Ob n Toit llim nt lu pic^n « nMa vfcrw tonioar* larU <lm Iirdis 
iKllol;BiniliB'7 Mt iiaitUnicU. 

■ 81 «nitn Mnil ncon bien plu Jundat , (Il iloit mi qa'sa ïf troailt 
l>ulatOTTaH>|<lUDiqii«,caiiiiii(il*>t Ht ito» in Ifav^atùiiu aux terrtt 
•iiifraVM, loni II , p*g< 38 : Birii od n'«*t pu toBiU k uimrtr qai l'nptce ela 
nitdtt doBt il «M ^nntMa dam «• puW|< Mit U ■<■• fM cill* i* «t *r~ 



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46 HISTOIRE NATURELLE. 

À ]a pliysîonoiiiiÊ ; il a le reste du deuus dn corps, compris les 
petites couvertures des ailes , d'un brun olivâtre ; tout le dessous , 
depuis la base du bec , d'un roux clair , tirant k l'olivâtre sur les 
flancs; le tour du bec blanchâtre, donnant naissance à quelques 
moustaches noirea; les pennes des ailes brunes, bordées exté- 
rieurement de jaune oUràtre ; cette bordure interrompue vers 
le tien de la penne par une tache noire dans la sixième, ainsi 
que dans les suivantes, jusqu'à la quiniième, plus on moins; les 
couvertures moyennes et les grandes les plus voisines du corps, 
pareillement brunes, bordées de jaune olivâtre, et terminées de 
blanc ule, d'où résultent deux taches de cette dernière couleur 
sur chaque aile ; les pennes de la queue gris brun , bordées d'olî' 
Tâtrej le fond des plumes noirâtre, excepté sur la tête, à la nais- 
sance de la gorge et au bas des jambes i l'iris noisette, et les piedn 
jaunâtres. La femelle a la couronne d'un jaune pnle, et toutes 
les couleurs du plumage plus faibles , comme c'est l'ordinaire. 

Le roitelet de Pensilvanie, dont M. Edwards nous a donné la 
figure et la description , pi. CCLl V, ne diffère de celui-ci que par 
delégèresnuanDefl,et trop peu pour constituer, je ne dis pas une 
espèce, mais une simple variété, Ia ptua grande différence est 
dans la couleut des pieds , qu'il a noirâtres. 

M. Brisson dit que dan* notre roitelet la première plume da 
chaque aile est extrêmement courte : mais oe n'est point une 
penne, elle n'en a pas la forme; elle n'est point implantée de 
même, et n'a pas le même usage : elle nait de l'exlrémîté d'une 
espèce de doigt. qui termine l'os de l'aile, comme il nail une 
autre plume semblable A celle-ci d'une autre espèce de doigt qui 
se trouve à l'articuIatioD suivante '. 

Le roitelet pèse de quatre-vingt seîxe i cent vingt grains. 

Longueur totale, trois pouces et demi; bec, cinq lignes, noir, 
ayant les bords de la pièce supérieure échancfés près de la pointe, 
et la pièce inférieure un peu plus courte; chaque narine située 
près de la base du bec, et recouverte par une seule plume à barbes 
longues et roides, qui s'appliquent dessus; tarse, sept ligne* et 
demie; doigt extérieur adhérent à eelui du milieu par ses deux 
premières pbalanges; ongle postérieur, presque double desautres; 
vol , six pouces ; queue , dis-huit lignes , compoaéede douze pennes, 
dont les deux intermédiaires et les deux extérieures sont plus 

I On pmt «ppliijiMr c<U> rantrqiu ï btincoiap cl'aalrt* «ptca d'oUnni , 
dont Dn R dit ^'iU nounl U pmBiln penn* d* l'ail* ntrfatvMt coartt. 



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VARIÉTÉS DU ROITELET. 47 

eonrtea que le* antres, en lorle qae là qneue ae partaj;» en deux 
parties effile», l'une et l'autre ^lagéea -, dépaate lea ailes de six 
lignes : le corps plamé n'a pas an pouce de long. 

langue cartilagineuse, lerminée par de petits filets; oesophage, 
quïme lignes, se dilatant et fonnant une petite poche glanduleuse 
avaDt BOn insertion dans le gésier; celni-ci musculeur, doublé 
d'une membrane sans adhérence , et recouvert par le fine ; tube 
intestinal, cinq pouces ; une vésicule du fiel ^ point de MBcutn. 

VARIÉTÉS DU ROITELET. 

I. JLe rmUbt ruhU. Je ne puis m'empécher de r^rder cet oi- 
nau dePensiIvaniecomnie une variélé de grandeur dans l'espèce 
de noire roitelet. A la vérité, sa couronne est un peu différente, 
et dans sa forme, et dans sa couleur; elle est plus arrondie, d'un 
ronge plus franc , plus décidé , et dont l'éclat le dispute au rubis; 
de T^ni, elle n'est point bordée par une sone noire. Le roitelet 
rubis a en outre le dessous du corps d'un olivfttre pins foncé sur 
les parties antérieures, {dus clair sur le croupion, sans aucun 
mâange de jaune; une leinte de celte dernière couleur sur la 
partie inférieure du corps , plus foncée sur la poitrine. Mais sa 
plus grande diffêrence est celle de la taille, étant plus gros , plus 
pesant dans la raison de onae à boit- Quant au reste , ces deux 
ràseaux se ressemblent k quelques nuances près, je veux dire 
dans ce que laissent voir des oiseaux morts et desséchés : car les 
mœurs, les sllarps, les habitudes naturelles du roitelet rubis, 
nous sont inconnues; et si jamais on découvre qu'elles sont les 
mêmes que celles de notre roitelet , c'est alors qu'il sera bien dé- 
cidé que ces deux oiseaux sont de la même espèce. 

Dans la race du roitelet rubis, la couronne appartient aux 
miles exdnsivnnent, et l'on en chercheront en vain quelque vestige 
snr la tto de la femelle : mais elle a d'ailleurs A peu pris le même 
plumage que son mâle; et de plus elle est exactement de mbne 
poids. 

Longueur totale, quatre pouces un quart; bec, cinq lignes et 
demie; vol, six pouoes et demi; tarse, huit lignes; doigt du mi- 
lien, six; qoeue, dix-huit, composée de doaie pennes; dépasse 
les ailes d'environ un demï-pouce. 

On peut rapporter à cette variété l'indiridu que M. Lebeau a 



=d_bïGoogIe 



<S HISTOIRE NATURELLE. 

trouvé à la Louisiane , et qui a ]e derrière de la tête ceint d'uns 
espèce de couronne cramoiaie. A la vérité, aea dimenNons i-ela- 
tives «ont un peu difiérenlet, mais point assez, ce me semble, 
pour constituer une nouvelle variété , et d'autant moins que, 
dans tout le reste , ces deux oiseaux se ressemblent beaucoup , et 
que tous deux appartiemirat au même dimnt. 

Longueur totale, quatre pouces un quart; boc, six lignes; 
queue, vingt-une lignes , dépassant les ailes de huit k neuf lignes. 

11. Le roitelet à tite rougê. C'est celui que le voyageur Kolbe 
a vu au cap de Bonne-Espérance ; et quoique ce voyageur ne l'ait 
pas décrit «ssex complètement, néanmoins il en a assez dit pour 
qu'on puisse le regarder, i*. comme nue variété de climat, puis- 
qu'il appartient à l'extrémité méridionale de l'Afrique; 9°. comme 
use variété de grandeur, puisque, suivant Kolbe, ilsarpssM en 
grosseur notre mésange bleue, qui surpasse elle-même notre 
roitelet; 3*. comme une variété de plumage, puisqu'il n les ailes 
noires et les pieds rongeitres , en quoi il difiêre sensiblement de 
notre roitelet. 

in. G'eat ici, oe me sonble, la place de cet oiseau envoyé de 
Groenland a M. Huiler, loas le nom de méêange ffUa ceuronné* 
d'icarlaU, et dont il ne dit qua denx mots. 

LE ROITELET-MÉSANGE '. 

(jBTie espèce, qnî est de Cayenne, feit la nuance par son bec 
court entre le roitelet et les mésanges. Elle est encore plus petite 
que notre roitelet : elle se trouve dans l'Amérique cliaude ; en 
quoi elle difiêre de notre roitelet, qui se plaît dans des climals 
plus tempéi-és, et qui même n'y paroît qu'en hiver. Le roitelet- 
mésange se tie^t sur les arbrisseaux, dans les savanes non noyées, 
et par conséquent aisex près des habitations. Il a une couronne 
jonquille-Mlr la tête, mais placée plus en arrière que dans le roi- 
telet d'Europe; ht reste de la této d'un brun verdâtre; le dewus 
du corps et les deux pennes intermédiaires de la queue, ver- 
dàtres ; les pennM latérales , les couvertures supérieures des ailes 
et leurs pennes moyennee, brunes, bordées de verdâtre, et les 

' N°. 708 . lig. »,;oA t«t oiiss» «st wp rf isaU sow b aon A» méumf huppit 
dt Cajrtnat. 



DiailizodbvGoOgle 



DES MÉSANGES. 49 

grtinilea bmnM rai» aucune bordure; U gorge et le devînt du 
rou cendré clair ; la poitrine et le ventre verdàtr«s ; le lxu-Tentr«, 
k» rourertures inférieure* de U queue et lea flanci, d'un jaune 
Ibible. 

Longueur totale , troia pouces un quart; bec, quatre lignes 
(il paroit à l'oeil beaucoup plus court que celui de notre roila- 
kt];1arae, six lignes, noir; ongle poatérieur le plus fort de taui; 
queue quatorze ligne*, compoïée de douse poinea égaiea ; dépaue 
lei tilea de dix lignei. 

LES MÉSANGES '. 



yucniiUE Aldrovande ait appliqué particnlièrement aa roitelet 
le nom de parra , je croii que Pline «'en eat servi pour désigner 
*n général nos raésangea , et qu'il regarcloit ce genre comme une 
bnnclie de la famille dea pica, famille beaucoup plus étendue, 
■dim lai , qu'elle ne l'eat selon lea naturaliatea modernea. Voici 
met preuve»: 

1*. Pline dit que les pics sont lea wala oiseaux qui &nent leur 
nid dani des trous d'arbre, et l'on sait que pluaîeun espèoea d« 
n^suiges ont aussi cette babitude. 

a'. Tout ce qu'il dit de certatna pics qui grimpent sur les arbrea 
ttimme les chats, qui s'accrochait la lËte en bas, qui chen^ent 
Knr nourriture sous l'écorce, qui la frappent à coups de bec, etc., 
convient aux mésanges comme aux pic*. 

3*- Ce qu'il dit de certains autres pics qui suapeadoieQt leur 
nidi l'extrémité des jeunes branches, en sorte qu'aucun quadru- 
pède n'en pouvoit approcher, ne peut convenir qu'i certaines 
npèce* de mésanges, telles que le remis et la penduline, et point 
du tout aux pics proprement dits. 

4*. Il est difficile de supposer que Pline n'eût jamab entendu 
parler du remïz et de la penduline qui suspendent leur nid , 
puisque l'undesdeuxannioinsnichoit en Italie, comme nous le 

' Parut, para, numngaj dnt qnclqaci ustou d1u)i< , parula; tu 
fnlTi», pari fia , païaicio , pamtta, liatiit, erttiiaa, tparuoctolo ; ga 
l^immA, mmju , Mayie , wityilleili\m •■'t^m, tilmoua ( pcut-ttre, dit BaJ, 
rweipKcaouuiRiiidcDt dinid» trou damonill* «omiB* In »urii)j vut- 
(•ircDEst tn Bosrgagaa, juinfittaim, pi^ué-mouthui «nPnnMca, I4iru 
fint. 

Bufon. II. 4 



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fio HISTOIRE NATURELLE 

verrons dans la Buite, et il n'est pai moins difficile de supposer 
que, connoissant ce nid singulier, il n'en Hit poiot parié dans son 
JUstoire naturelU. Or le passage ci - dessus est le seul de son 
BUtoire TMturtUe qui puisse s'y appliquer; donc ce passage ne 
peut l'entendra que des mésanges, considérées comme étant de la 
famille des pio. 

De plus, cette branche de la bmlUe dea pics avott la dénomi- 
nation particulière de parra : car, dans le genre de» parrm, dit 
Pline , il y en a qui construisent leur nîd en boule , et fermé avec 
tant de soin, qu'à peine on en peut découvrir l'entrée; ce qui 
convient au troglodyte, oiseau qu'on a confondu quelquefois avec 
leruitf^let et les mésanges} et il y en aune autre espèce qui le fait 
de même en y employant le chanvre ou le lin, ce qui convient 
à la mésange à longne queue. Fuis donc que ce nom deparrœ 
étoitle nom d'un genre qui embrassoitplusieurseBpi-ccs, et quece 
qui est ccmnu de plusieurs de ces espèces, convient à nos luésangea, il 
s'ensuit que ce genre ne peut èlrequecelui de* mésanges jet cela est 
d'autant plusvraisemblable, que le nom d'or^uff/ùdonnépar Pline 
il'une de ces espèces, a tant de rapport avec le nom grec «ytAtXJr, 
donnéparAristote aux mésanges, qu'on ne peut «'empêcher delà 
regarder comme le même mot, un peu dé6guré par les copiste*; 
d'autant plus que Pline ne parle point ailleurs de I'iÛtiJUlm, 
quoiqu'il connût très-bien les ouvrages d'AristoLe , et quoiqu'il lei 
«ùt consultés expressément en composant son dixième livre, qui 
TOule sur les oiseaux. Ajoutez à cela que le nom d'argatiiis n'a 
été appliqué par tes auteurs i aucun oiseau , que je sache, autre 
que celui dont il est ici question, et qui, par toutes les misons 
ci-dessus, semble ne pouvoir être qu'une mésange. 

Quelques-uns ont confondu les mésanges avec les guêpîen, 
parce que, comme les guêpiers, elles sont apivorei, c'est-à-dire, 
qu'elles mangent les abeilles. On les a conibndues encore avec 
les te lle-cl lèvres , à cause de la ressemblance de* noms grecs «jy*- 
«WAk iîiyti)iX»r ; mais Gesner soupçonne à ces deux noms ai res- 
semblans une étymoIoRie toute différente : d'ailleurs les mésange» 
n'ont jamais élé ni pu être accusées de ieter les chèvre*. 

Tous le* oiseaux de cette famille sont foibles en apparence, 
pat'ce qu'ils sont ti-ès-petils ; mais ils sont en même temps nb, 
agissans el courageux r on les voit sans cesse en mouvement; 
•ans cesse ils voltigent d'arbre en arbre ; ils sautent de bronche 
«n branche; ils grimpent sur l'écorœ; ils gravissent contre W 



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I>ES MESANGES. il 

murailles; tlss'accrochent,seiuspendeiitde toutetlu manières, 
•oureni même la tète en bas , afin de pouvoir ibuiUer dani toute* 
les petites fentes, et y chercher les vers, les insectes ou leurs œufs. 
Ils vivent aussi de graines : miisau lieu de les caaaer dans leur bec, 
ixxnme font les linottes et les chardonnerets, presque toutes les 
mésanges les tiennent assujetties sous leurs petites serres , et les 
percent à coups de bec; elles percent de même les noisettes, les 
■mandes ' , etc. Si on leur suspend une noix au bout d'un fil, 
elles s'accrocheront i cette noix et en suivront les oscillations ou 
balancemens, sans lâcher prise, sans cesser delà becqueter. On 
a remarqué qu'elles ont les muscles du cou très-robustes, et 
le crâne très-épais; ce qui explique une partie de leurs manœu- 
vres : mais, pour les expliquer toutes, il ikut supposer qu'elles 
ont aussi beaucoup de force dans les muscles des pieds et de» 
doigts. 

t« plupart des mésanges d'Europe se trouvent dansnos climats 
«n tonte aaîson, mats jamais en aussi grand nombre que sur la 
fin de l'automne , temps où celles qui se tiennent l'été dans les 
bois ou sur les montagnes *, en sont chassées par le froid, les 
neiges , et sont forcées de venir chercher leur subsistance dans les 
plaines cnllivées et è portée des lieux habités '. Durant la mau- 
vaise saison , et même au commencement du p-intemps, elles 
rivent de quelques graines sèches , de quelques dépouilles d'in- 
sectes qu'elles trouvent en furetant sur les arbres; elles pim:ent 
aussi les boutons naissans , et s'accommodent des oeufs de che- 
nilles, notamment de ceux qne l'on voit autour des petites bran- 
ches , rangés comme une suite d'anneaux ou de tours de spirale : 
enfin' elles cherchent dans la campagne de petits oiseaux morts; 
et si elles en trouvent de vivans afibiblis par la maladie , embar- 
rassés dans les pièges, en un mot sur qui elle» aient de l'avantage, 
fussent-ilsdeleurespèce, elles leur percent le cràneetse nourrissent 
de leur cervelle : et cette cruauté n'est pas toujours justiBée par 



' CaaiH cet «crcîcc al un peu nils , et qu'à li longna il le* rtsi tnngln , 
kIooM. FrUcli.anHciiniMridaa'JcreHr leiaoiHLle),la ciitnaiil , >u un nut 
(□■l c< qsi *tt dur, aiint île 1* lear donocr. 

' Lt H^iigeii longue ijneiic, uloa AriitoU, la duiboBDitrt , Upelila bien*, 
le Qoin (t U biipp^e > hIoo lea nixItniM. 

1 La uu priMnJnit qn'dlo h retireat ilon dam 1*1 Mpinitm; d'antm 
auqrcDl ^Q^ellei aa foat qae peiaer dalla lu pija où ellaa trob^atit de la neî^, al 
^'alla* a* p«iuat inn la HidL Ci danùar avis n* |>ai«lt II plai pvbalitt. 



DiailizodbvGoOgle 



59 HISTOIRE NATURELLE 

le besoin, puisqu'elles se Is permettent lors même qu'elle leur est 
inutile; par exemple, dans une volière oii elles ont en abondanœ 
la nouTTÎlure qui leur coriTient. Pendant l'été, elles mangent , 
outi'e le» amandes , les noix , ]es insectes , etc. , toutes sortes do 
noyaux , des châtaignes, delafàîne, des figues, du chènevis, 
du panis et autres menues graines '. On a remarqué que celles 
que l'on tient en cage sont avides de sang, de viande gàl^, de 
|!raisse rance et de suif fondu, ou plutôt brûlé par la flamme 
de la chandeUe; il semble que leur goût se|déprave dans l'état de 
dont est ici Lé. 

En général, toutes lesmésanges,quo>qi)'un peu féroces, aiment 
la société de leurs semblables, et vont par troupes plus ou moins 
nombreuses. Lorsqu'elles ont été séparées par quelque accident, 
elles se rappellent mutuellement et sont bientôt réunies ; cepen- 
dant elles semblent craindre de s'approcher de trop près : sans 
floute que, jugeant des dispositions de leurs semblables par les 
leurs propres , elles sentent qu'elfes ne doivent pas s'y fier; telle 
est la société desméchans. Elles se livrent avec moins de défiance 
à des unions plus intimes qui se renouvellent chaque année au 
printemps, et dont le produit est considérable; car c'est le propre 
des niésan(;cs d'être plus fécondes qu'aucun autre genre d'oi- 
seaux *, et plus qu'en raison de leur petite taille. On seroit porté 
 croire qu'il entre dans leur organisation une plus grande quan- 
tité de matière vivante, et que l'on doit attribuera cette sura- 
liondance de vie leur grande fécondité, commeaussi leur activité, 
leur force et leurcourage. Aucunautre oiseau n'attaque la chouette 
plus hardiment; elles s'élancent toujours les premières, et cher- 
chent à lui crever les yeux. Leur action est accompagnée d'un 
renflement de plumes, d'une succession rapide d'attitudes vic^ 
lentes et de mouvemens précipités, qui expriment avec énwgie 
leur acharnement et leur petite fureur. Lorsqu'elles se sentent 
prises, ellts mordent vivement les doigts de l'oiseleur, les frappent 
à coups de bec redoublés, et rappellent à grands cris les oiseaux 
de leur espèce , qui accourent en foule , se prennent à leur tour, 
«t en font venir d'autres qui se prendront de même. Aussi M. Lot- 



■ Cel. ot li cobbh im Anglctcrr* , qn'li ■ ptMJ m uiga de itamti U Bwn d« 
mélange i tout* Imib» qui n( ï U Coit tci*.prt>u «( trto-ficoDits. 



DiailizodbvGoOgle 



DES MÉSANGES; 53 

tinger asmire-t-il que, aur les monlagnes da Lormïne, lorsqiio 
le temps ut favorable, c'esl-à-dire , juir le brouillard, il oefkut 
qu'unappeau,unepetite1ogeetun bâton Fendu, pouren prendre 
quarante ou cinquante douzaines dans une matinée '. On les 
prend encore en grand nombre , soit su trébuchet ', soit au pf tit 
filet d'alouettes, aoit au lacet, ou au collet, au aux gluaux, o» 
avec la i^nglelte, ou mfme en lei enivrant, comme faisoient 
le* anciens, arec de la farine déUyée dans du vin '. Voilà bien 
des moyens de destruction employés contre de petits oiseaux , et 
presque tous employés avec succès. La rnisoa est qtie ceux qui 
élèvent des abeilles ont grand intérêt i détruire les mésanges , 
parce qu'elle» font une grande oonsommation de ci.'s insectes 
utiles, surtout quand elles ont des petits * ; et d'ailleurs elles ont 
trop de vivacité pour ne pas donner dans tous les pièges , surtout 
au tempa de leur arrivée ; car elles sont alors très-peu sauvages. 
Elles se tiennent dans les buissons, voltigent autour des grands 
chemins et se laissent approcher ; mais bientôt elles acquièrent de 
l'expérience et deviennent un peu plus défiantes. 

Elle* pondent j usqu'à dix-huit ou vingt oeufs, plus ou moins: 
les unes dans des trous d'arbre , se servant de leur bec pour ar- 
rondir, lisser, ^ponner ces trous â l'intérieur, et leur donner une 
forme convenable à leur destination; lesaulres dans des nids en 
boule, et d'un volume très-disproportionné à la taille d'iin si 
petit oiseau. 11 semble qu'elles aient compté leurs ceufs avant de 
les pondre ; il semble aussi qu'elles aient une tendresse anticipée 



' StlonM. Fritcli,oa s'en prnid^'ancuBtainadaBiBD jour, kana 
daue qu'on appillc , sut (DTiraai ia Kanaiheig, la graitJt cbaia a 
buthat. Ella M hii pir ta noy^ii d'imE loge tri>n|H]airi , tubli* aur tnii 
Mpini <|Bi aartcnl da coloniiai : chaqaa face de cetia toge eit pareéa d'un 
d* fendrp, inr laqnelLe on poae na tnbncketi abaque fendra ■ la aien , 



rappelabt lui-m 

<la»a>l,d.t. 1 

Ctt autenr aj 


liée a». 


ousappeampiiaEiiti 


inlandia de loin. ( Frlich, Maie I . 


*". ) 


rroiiupnpdfu^di 


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igF* Inpp^a et di BJupgei 


lloop„q«« 


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allja.ta. . 


fébucha 


uannge.et ceaitai 




: la iweaa <t lea deai lailes 


•ppnjjeiriuiei 


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.olre.anipientrade,. 


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tombent encore, et an 






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iieDietJaleun*tl.tiid 






4 Dautmdi 


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■- c'eU ITii.er qu'elle! ei 


» iitr 


■iient le pin, pire* que Ka 


,b<ill« étaol a 


Ion mo, 


«YiTei.elluiedoaln. 




itleuTaisuillon.etleiaUia- 


peut plut ricileiunt «n 


T«d«t. 







DiailizodbvGoOgle 



54 . HISTOIRE NATURELLE 

pour les petits qui en doivent éclore : cela paraît aux précautions 
afFectioitnéei qu'elles prennent dans la comtructioii du nid, à 
l'attention prévoyante qu'on! certaines espèces de le suspendre au 
bout d'une bi-anche, au choix recherché dea matériaux qu'elles 
y emploieut, tels qu'herbes menues , petites racines, mousse, El, 
crin, laine, coton, plumes, duvet, etc. Elles viennent à bout de 
procurer la aubsistanoe à leur nombreuse famille; ce qui supposa 
non-seulement un sèle, une activité iaCâtigables, mais beaucoup 
d'adresse et d'habileté dans leur chasse : souvent on les voit re- 
venir an nid ayant des chenilles dans le bec. Si d'autres oiseaux 
attaquent leur géniture , elles la défendent avec intrépidité , 
fondent sur l'ennemi, et, k force de courage, font respecter la 
foihlesse. 

Toutes les mésanges du pays ont des marques blanches autour 
des yeux ; le doigt extérieur uni par sa base au doigt du milieu, 
et celui-ci de très-peu plus long que le doigt postérieur ; k langue 
comme tronquée et terminée par des fileta : presque toutes sont 
trÈs-foumtes de plumes sous le croupion; toutes, excepté la 
bleue, ont la tête noire ou marquée de noir ; toutes, excepté celle 
à longue queue, ont les pieds de couleur plombée. Mais ce qui 
caractérise plus particulièrement les oiseaux de cette bmille, c'est 
leur bec, qui n'est point en alëne, comme l'ont dit quelques mé-> 
thodîsles, mais en cône oourt, un peu aplati parles côtés; en 
lin mol , plus fort et plus court que celui des buvettes, et sou- 
vent ombragé par lesplumes du front, qui se relèvent et revien- 
nent en avant : ce sont leurs narines recouvertes par d'autres 
plumes plus petites et immobiles : enfin ce sont surtout leurs 
moeurs et leurs habitudes naturelles. Il n'est pas inutile de re- 
marquer que les mésanges ont quelques traits de conformité avec 
les corbeaux, les pics et même les pies-grièches , dans la force re- 
lative de leur bec et de leurs petites serres , dans les moustaches 
qu'elles ont autour du bec, dans leur appétit pour la chair, dans 
leur manière de déchirer leurs alimens en morceaux pour les 
manger, et même, dit-on , dans leurs cris et dans leur manière 
de voler : mais on ne doit point pour cela les rapporter au même 
genre, comme a fait M. Kramer; il ne faut qu'un coup d'oeil de 
comparaison sur ces oiseaux , il ne &ut que les voir grimper sur 
les arbres, examiner leur forme extérieure, leurs proportions, 
et réfléchir sur leur prodigieuse fécondité, pour se convaincra 
qu'une mésange n'est rien raoïns qu'un corbeau. D'ailleurs, quoi- 
que les mésanges se battent et s'entre-dévorent quelquefois, sur- 



D,a,l,zt!dbvG00glc 



DES MÉSANGES. 5J 

toal certaines espècM ijui ont l'une pour l'aulre une antipalhis 
marquée ' , elles vivent auui quelquefois en bonne întelligenca 
entre elles et même avec des oiseaux d'une «ulre espèce ; et l'on 
paiit dire qu'elles ne sont pas eMenliellement cruelles , comme lea 
pies^grièclies, mais seulement par accès et dans certaine* circon»- 
tances , qui ne sont pas toutes bien connues. J'en si vu qui, bien 
loin d'abuser de leur force, le pouvant faire sans aucun risque , 
ae aont montrées capables de la sensibilité et de l'intérêt que U 
foiblesse devroit toujours inspirer au plus fort. Ayant mis dans 
la cage où éloit une ménnge bleue deux petites mÀanget noina» 
prises d«ns le nid , la bleue les adopta pour ses en&ns , leur tint 
lieu d'une mère tendre , et partagea avec eux sa nourriture ordi- 
naire , avec grand soin de leur casser elle-même les graine* trop 
dures qui s'y trou voient mêlées : je doute fort qu'une pie-griècba 
eût £iit cette bonne action. 

Ce* oiteaux sont répandus dans tout l'ancien continent , de- 
puis le Danemarck et la Suède, jusqu'au tap de Bonne-Espé- 
rance, oii Kolbem a tu, dit-il, six espèces entre autres, savoiF, 
k charbonnière, la nonnetle cendrée, la bleue, celle à tète noire, 
«lie à longue queue, et le roitelet qu'il a pris pour une mé- 
singe, « tous oiseaux chantant joliment, selon ce voyageur, et, 
c comme les serins de Canarie, se mêlant avec ces oiseaux, 
a et formant avec eux de magnifiques concerts sauvages *. » 
Nos conooisseurs prétendent qu'elles chantent aussi très-bien en 
Europe ; ce qu'il faut entendre de leur chant de printemps, je 
veux dire de leur chant d'amour, et non de ce cri désagréable et 
rauque qu'elles conservent toute l'année , et qui leur a fait don- 
ner, à ce que l'on prétend, le nom de serrurier '. Les mËmes con- 



• Tt\U% Mnt U cliirbciDnitn et la notiDCtM anirit. Yojt, loum-tl Je phj- 
tiqtu , aaâl t-j-fi. Od j dit «carc qne , li l'an net mccgiiivcnient ptuiitun i-iJi 
■•n|« ilia* une mtm» cigi,U premiin doniciliia H jiU* nr lei nooTEllM 
mim, Inr (nit l> lai , ce ù cll« p«nt «■ Ttnir ■ bout, 1m tua et luir luuigi. la 

> Taj« Il Deicrîpt/àn du cap Je Ootne-Stpèraitce , psrt. III, cl»p. 19, 
pic* 16S. JTaioB* qi€ j'ai p«n it conEiDcc k caMa obHmtioo , aàKalba, an llca 
dedinca qu'il a th, icmbla copier ce qu'il a lu dani lanitiintiitei , te pMmettiu 

nnt la* ■ntcan, «Ile* cbantaut plutôt comme 1» pincoDi. 

S J« ne mil point de l'aiii dei aatenta nr ce point; car U bob de itrruritr 

dé (npper la* erfam da lenr bec , il me paroit teiioonabU de croire qne e'e« paie» 
fBt !■■ BètaDici Mt U otiM hibitade qu'on l«w a aiMi doanl la néaie noia. 



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56 HISTOIRE MATURELLE 

noÎMeurs BJoutent qu'elles sont capables d'apprendre k sifller 
des airs ; que lei jeunes, prises un peu grandes, réussissent beau- 
coup mieux que celles qu'on élève à la brochette *, qu'elles s& 
familiarisent promptement , et qu'elles commencent à chanter 'au 
bout de dix ou douze jours : enfin ils disent que ces oiseaux sont 
fort sujets à la goutte, et ils recommandent de les tenir chau- 
dement pendant l'hiver. 

Prévue toutes les mésanges font des amas et des provisions , 
soit dans fétat de liberté, soit dans la roUère. M. le vicomte de 
Qiierhoent en a va souvent plusieurs de celles à qui il avoit coupé 
es ailes, prendre dans leur bec trois ou quatre grains de panis 
avec un grain de chènevis ' , et grimper d'une vitesse singulier» 
au haut de la tapisserie oii elles «voient établi leur magasin : mais 
il est clair que cet instinct d'amasser, d'entasser les provisions, 
est un instinct d'avarice et non de prévoyance, du moins pour 
celles qui ont coutume de passer l'élésurles montagnes, et l'hi- 
ver dan* les plaines. On a aussi remarqué qu'elles cherchent 
toujours des endroits obscurs pour se coucher ; elles semblent 
TOuloir percer les planches ou la muraille pour s'y pratiquer des . 
retraites , touterois à une certaine hauteur ; car elles ne se po- 
sent gutre à terre, et ne s'arrêtent jamais long-temps au bas de 
la cage. M, Hébert a obeer\-é quelques espèces qui passent la nuit 
dans des arbres creux : il les a vues plusieurs fois s'y jeter brus- 
quement, après avoir regardé de tous cAtés, et, pour ainsi 
dife , reconnu le terrain ; et il a essayé inutilement de les &ire 
sortir en introduisant un bâton dans les mêmes trous où il le» 
avoit vues entrer : il pense qu'elles reviennent chaque jour aa 
même gile ; et cela est d'autant plus vraisemblable, que ce gite 
est aussi le magasin où elles resserrent leurs petites provisions. 
Au reste, tous ces oiseaux dorment assez profondément, et la 
tête sous l'aile, comme les autres. Leur chair est en général maigre, 
amère et sèche , et par conséquent un fort mauvais manger; ce- 
pendant il paroît quil y a quelques exceptions k faire '. 

Les plus grandes de toutes les mésanges sont , parmi les espèces 
d'Europe, la charbonnière et la moustache; et parmi les étran- 



■ Toai 1. mood. .-.«Did. k diR qu le. petil 
»'*!«.« dIfGcll«n«it. 


EU m^DBn , prùe* dan* le nid » 


» Friich dit k ptu prt> Il utlmt cioM do U 


loanetle cmjiét. 


ï Gnnti dit cju'oL es mtngc en Suiu« ; miii 


il iTDue que ce n'eit rien noink 


qu'un bon morce.n : 1« .e„l Schwtnckfcld ni d'. 


Tii que c'..i uoe lis de qi" d'cii 


■i de mtanit soQt ni d« nimiisiuc, es «Mon 


Mtlttihna 



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\-U Oi.rWnn,»p» P.g, i- \ 

l.\.A p<Lt( Charbonairrf 6oJ 



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-L. .I,„b.,n„„ fr'T 1.,,. «.u.,.,1... 

i.La priitc f barbviaiFrf 6aJ 



DiailizodbvGoOgle 



DE LA CHARBOTraiÈRE, ou GROSSE MÉSANGE. 67 
gbfs, la mésange bleue de* Indes, et la happée de la Caroline: 
chacune d'elles pè»e eaviron une once. Les plus petitei de toutes 
■ont ta mésange à tète noire, celle k longue qaeue, la nonnette 
cendrée ] la pendulïne et ta mésange k gorge jaune , lesquellu* ns 
pèsent chacune que deux à trois gros. 

Nous commencerons l'histoire particulière des différentes es- 
paces par celles qui se trouvent en Europe, ayant soin d'indiquer 
les propriétés caractéristiques de chacune; après quoi nous pas- 
aerons aux espèces élrangères; nous tâcherons de démêler, parmi 
les espèces européennes , celles avec qui chacune de ces étrangèrt^ 
aura plus de rapports ; nous renverrons les busses mésanges (j'ap- 
pelle ainsi les oiseaux qu'on a mal-à-propos raiiportés à cette classe), 
nous les renverrons, di»-}e, dans les classes auxquelles il nous ont 
psru tenir de plus près; par exemple, la quinzième mésange da 
M. Brisaon aux figuiers, la dix-septième aux roitelets , etc ; enfin 
nous lâcherons de rapporter à leur véritable espèce de simples va- 
riétés dont on a fait mal-à-propos autant d'espèces séparées. 

LA CHARBONNIÈRE, OU GROSSE MÉSANGE '. 

s Je ne sais pourquoi Belon s'est persuadé que cette espèce ne 
■ se pendoit pas tant eux branches que les autres > ; car j'ai eu 
occasion d'observer un individu qui se pendoit sans cesse aux bâ- 
tons de la partie supérieure de sa cage, et qui, étant devenu ma- 
lade, s'accrocha k ces mêmes bâtons , la tête en bas, et resta dans 
cette situation pendant toute sa maladie , jusqu'à sa mort inclu- 
sivement , et même après sa mort. 

Je me suis aussi coaraincu par moi-même que la charbon- 
nière en cage percé quelquefois le crâne aux jeunes oiseaux qu'on 
lui présente, et qu'elle se repait avidement de leur cervelle. 



• »lnange,mitang, 


s , mtienga . miiztoge , martngt, miungie4 , 


,»«<««- 


girt , kIoii CatgriY* ; en Protnice , teiii 


igt.ierntritr, 


; «1 Picirdic, 




SB mtiangit; m SiYali 


,majtiicht,n^\t 


eiHat larden 


.«Solot-..,. 


srdenlU, 


aTdtrolIt , ardtielUi . 


• iltcun, lardtH€> 


1. iardirella. 


(t «Dcore patron det 




p.r 1. ioSr,. cil 




IDi >ui pici 1> 


aaa da 


«™r.>r,-«PoHon,S 




. cendrillt ; en 






aitiltt,; .illeuri, cha< 


rbonniir, piiuona 


\i , piaionaièr. 


i.néiaagt.n 


onncttt. 



Il ac {lut pii conlàBilrc « chirbonnicrci ikc celui Jd Bugty, qui, i 
«B !'■ dit pliu bDoL, ïii BD rguigDol d« nnrtall*. 



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58 HISTOIRE SATURKLLE 

M. Hébert s'est «muré du mime fait à pea prl^a, en metlanl en 
expérience dans une atge un rouge-gorge avec huit ou dis chur- 
bonniËres : lexpérience commenta h neuf heures du matin; à 
midi le rouge-gorge avoit Je crâne percé , el les mésanges en 
«voient mangé toute la cen-^IIe. D'un autre côté , j'ai vu un aua 
f rand nombre de mélangea- cl larbonntères et autres , toutes prises 
s la pipée, lesquelles avoient vécu plus d'un an dans la même 
volière sans aucun acte d'iiostililé; et, dans le moment où j'écris, 
il esiatc une charbonnière vivant depuis six mois en bonne in- 
telligence avec des cbardonuerels et de» tarins, (]uoi4ue l'un (Ips 
tarins ailét^ malade dans cet intervalle, et que, |)ar son état d'af 
faiblisscment, il lui ait oQert jilus d'une occasion Facile de satis* 
faire sa voracité. 

Les charbonnières se tiennent sur les montagnes et dans Ki 
plaines , sur les buissons, dans les taillis, dans les vergers et dans 
les grands bois; cependant M. Lotlinger m'assure qu'elles se plai- 
sent davantage sur les montagnes. Le chant ordinaire du niàle, 
celui qu'il conserve toute l'année, et qu'il fait entendre surtout 
la reille des jours de pluie , ressemble au grincement d'une lime 
ou d'uD verrou , et lui a valu, dit-on, le nom de serrurier; mai» 
au printemps il prend une autre modulation, et devient si agréa- 
ble et si varié, qu'on ne rroiroit pas qu'il v!nt du même oiwau. 
Frisch , M. Guys et plusieurs autrps , le comparent à celui du 
pinson *, et cest peut-être U véritable élymologie du nom de 
mésange-pinson , donné k cette espèce. D'ailleurs Olina accorde 
la prérérence à la charbonnière sur toutes les autres pour le talent 
de chanter et pour servir d'appeau : elle s'apprivoise aisément et 
et si complètement , qu'elle vient manger (laos la main , qu'elle 
•'accoutume, comme le chardonneret, au pelit exercice de ta 
galère, et, pour tout dire en un mot, qu'elle pond même en 
captivité. 

Lorsque ce« oiaeaux sont dans leur état naturel , c'est-à-dire ' 
libres, ils commencent de s'apparier dès les premiers jours de 



■OnnoBrrii™, 


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DiailizodbvGoOgle 



DE LA CHARBONNIERE , OV CROSSE MESATSGE. 5j 
(ëvrier : iU élablLisBenl leur nid dans un trou d'arbre ou de mu- 
nille '; mais ils sont long-leinps appariés avant de travailler it 
le construire , et ils le composent de tout oe *]u'ils peuve nt li'ou- 
rer de plus doux et de plu* mollet. La ponte est ordinairement 
de huit, dix et jiuqu'à douze oeu& blancs a V4.-C des lâches rouans, 
principalement vers le gros bout. L'incubation ne passe pas douKs 
jours: les petits nouvellement éclos restent plusieurs jours li:* 
yeux fermés; bientôt ils se couvrent d'un duvet l'are et fin , qui 
tient ftu bout des plumes, et tombe à mesui-e i]ue les plumes 
croissent; ils prennent leur volée au bout de quinze jours; ft 
Ton « observé que leur accroissement étolt plus rapide quand la 
nison étoit pluvieuse; une fois sortis du nid, ils n'y rentrent 
pina , mais se tiennent perchés sur les arbres voisins , se rappelant 
Boa cesse entre eux *; et ils restent ainsi attroupés jusqu'à U 
nouvelle saison , temps oiî ils se séparent deux à deux pour for- 
mer de nouvelles tàmilles. On trouve des petits dans les nids jus- 
qu'à la fin du mois de juin; ce qui indique que les charbonnier ."s 
font plusieurs pontes ; quelques-uns disent qu'elles en font trois; 
mail ne seroit-ce pas lorsqu'elles ont été troublées dans la pri>- 
mière qu'elles en entreprennent une seconde, etc.? Avant la 
première mue on distingue le mâle, parce qu'il est plus grost^ 
plus colérique. Un moins de six mois tous ont pris leur entier 
accroissement , et quatre mois après la premiËre mue ils sonten 
état de se reproduire. Suivant Olina, ces oiseaux ne vivent qnn 
cinq ans, et, selon d'autres, cet âge est celui où commencent In 
fluxions sur les yeux, la goutte, etc. ; mais ils perdent leur acù^ 
vite sans perdre leur caractère dur qu'aigrissent encore les souf- 
frances. M. Linnteus dit qu'en Suède ils se tiennent sur le» aunes, 
et que Télé ils sont fort communs en Espagne. 

La cliarbonnière , n*. 3, fig. i , a sur la tète une es|>ècede o- 
puclion d'un noir brillant et lustré, qui, devant et derrière, 
desCFtid à moitié du cou , et a de chaque côté une grande tache 
blanche presque triangulaire; du bas de ce capuchon, pnr-dt:- 
vant, sort une bande noire, longue et étroite, qui parcourl la 
milieu de la poitrine et du ventre, et s'étend jusqu'à l'exlrémiti! 
des couvertures inférieures de ]a queue; celles-ci sont blanche» , 

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fo HISTOIRE NATURELLE 1 

«inti que le ba«-ventre ; le reate du dessous du corps, jusqu'an 
noir de la gorge, est d'un jaune tendre; un vert d'olive règne 
sur le dessus du corps, mai* cette couleur devient jaune et mémo 
blanche en s'approchant du bord inférieur du capuchon : elle 
s'obscurcit au contraire du cdté opposé, et se change en un cendré 
bleu sur le croupion et les couvertures supérieures de U queue ; 
les deux premières pennes de l'aile sont d'un cendré brun sans 
bordures; le reste des grandes pennes sont bordées de cendré 
bleu, et les moyennes d'un vert d'olive, qui prend une teinte 
jaune sur tes quatre dernières ; les ailes ont une raie transversale 
d'un blanc jaunâtre : tout ce qui paroit des pennes de la queue 
est d'un cendré bleuâtre, excepté la plus extérieure , qui est bor- 
dée de blanc , et la suivante, qui est terminée de ta même couleur^ 
le fond des plumes noires est noir, celui des blanches estblanct 
celui des jaunes est noirâtre, et celui des olivâtres est cendré. Cet 
oiseau pèse environ une once. 

Longueur totale, six pouces; bec,siz lignes et demie, les deux 
pièces égales, la supérieure sans aucune échancrure ; tarse, neur 
lignes; ongle postérieur le plus fort de tous; vol, huit pouces et 
demi;queue, deux pouces et demi, un peu fourchue, composé» 
de douze pennes ; dépasse les ailes de dix-huit lignes. 

La langue n'est point fixe et immobile , comme quelques-uns 
l'ont cru; l'oiseau lapousseenavant et l'élève paraQèlemen ta elle- 
même avec une déclinaison suffisante â dlt>ite et à gauche, et 
par conséquent elle est capaUs de tous les mouremens oom- 
posés de ces trois principaux : elle est comme tronquée par le 
bout, etse termine par trois ou quatre filets. M. [Frisch croit que la 
charbonnière s'en sert pour tster les aliraens avant de les manger. 

CEsophage, deux pouces et demi, formant une petite |>ocbe 
glanduleuse avant de sinsérer dans le gésier, qui est ntuscuteux 
et doublé d'une membrane ridée, sans adhérence; j'y ai trouvé 
de petites graines noires, mais pas une seule petite pierre, intes- 
tins, six poucesquatrelignes; deqx vestiges de oœcum; une vé- 
ncule du fiel. 

LA PETITE CHARBONNlÉaE. 

JLk nom de tète noire ( aMcapilla, metancoryphoi ) a été donné 
â plusieurs oiseaux , tels que la fiiuvette ^ tite noire, le bou- 
vreuil, etc. : mais il paroit que la léte noire d'Arislote est une 



DiailizodbvGoOgle 



DE LA PETITE CHARBONNIÈRE. 61 

mésange: car, suivant ce philosophe , elle pond un grand nombra 
d'oeub, jutqu'Ji dix-«epl, et même jusqu'à Tingt-ua; et de plus 
elle a toules legautmproprîélés desménngea, comme de nicher 
sur les arbres , Je ae nourrir d'ÎDsecte* , d'avoir la langue tron- 
quée, etc. Ce que le même auteur ajoute d'aprta un ouï-dire 
usez TBgue , et ce (|ue PUne répète avec tropde confiance, savoir, 
que tes œuû de cet oueau sont toujours en nombre impair, 
tient un peu du roman et de cette superstition philosophique qui 
de tout temps supposa une certaine vertu dans les nombres , 
surtout dans les nombn-s impairs, et qui leur attribua je ne sais 
quplle influence sur les phénomènes de la Nature. ' 

La petite charbonnière difl'ère de la grande, non-seulement 
par la taille et par son poids , qui est Oxus ou quatre fois moin- 
dre , mais encore parles couleurs du plumage, comme on pourra 
s'en «murer en comparent les descriptions. M. Frisch dit qu'en 
Allemaf^e elle se tient dans les forêts de sapins; mais en Suède 
c'est sur les aunes qu'elle se plait, suivant M. Linnœus. Elle est 
k moins défiante de toutes les mésanges ; car non-seulement les 
jeunes accourent à la voix d'uneautre mésange, non-seulement 
elle* se laissent Iramper par l'appeau , mais les vieilles même qui 
ont été prises plusieurs fois, et qui ont eu le bonheur d'échapper, 
se reprennent encore et tout aussi £icilement dans les mêmea 
ni^es et par les mêmes ruses. Cependant ces oiseaux montrent 
autant ou plus d'intelligence que les autres dans plusieurs actions 
qui ont rapport à leur propre conservation oui celle de la couvée; 
el oomme d'ailleurs ils sont fort courageux, il semble que c'est le 
«ouragequi détruit en eux le sentiment de la défiance comme celui 
de la crainte. S'ils se souviennent de s'être pris dans le filet , au 
gluau , ils se souviennent aussi qu'ils se «ont échappés, al ils «e 
«entrait la force ou du moins l'espérance d'échapper encore. 

Cette mésange habite les bois, surtout ceux où il y a des sapins 
et autres arbres toujours verls, les vergers , les jardins ; elle 
grimpe et court sur les arbres comme les autres mésanges, et 
c'est, après oelleà longue queue, la plus petite do toutes; elle ne 
pèse que deux gros : dn reste , mêmes allures , même genre de 
vie. Elle a une espèce de coqueluchon noir, (ermiaé de biancsur 
le derrière de la tête , et marqué sous les yeux de la même cou- 
leur; le dessus du corps cendré, le dessons blanc sale ; deux taches 
Uancbes transvenales sur les ailes ; les pennes de la queue et des 
xilesoendré brun, bwdées de gris; le bec noir, et les piedi de cou* 
feur plombée. 



DiailizodbvGoOgle 



«9 HISTOIRE NATURELLE. 

Longueurtotale, qiintre pouces uiKjiiart; bec, quatre lignes 
d<-ux tiers; Une, sept lignp*; ongle postérieur le plus fort (te 
fous, les latéraux plus longs à proporliou i|ue dans la grasse 
charbonnière ; vol, six pou<:es trois quarls; queue, vingt lignes, 
un peu fourchue, comixMée de douze pennes; dépasse les ailesde 
dii ligne.. 

M. Moehring a observé que, dans cette espèce, le bout de la 
langue n'est tronqué que sur les bords, de chacun desquels part 
un filet, et que la partie intermédiaire est entière et se relève 
pi'esque verlicaleraenL 

VARIÉTÉS DE LA PETITE CHARBONNIÈRE. 

I. LiA nonnelle cendrée , n'. S , fig. 3. Je nia que plusieuri na- 
turalistes ont regardé cette espèce comme séparée de la précé-* 
dente par un assez grand nombre de dilTérences. Willughby dît 
qu'elle est plus grosse, qu'elle a la queue plus longue, moins de 
noir sons la gorge, le blanc du dessou» du corps plus pur, et 
joint du tout de cette dernière couleur sur l'occiput ni sur les 
ailes. Mais si l'on considère que la plupart de ces différences ne 
■ont rien moins que constantes, notamment la tache blanche de 
l'occiput *,quoJqu'elle soit comptée pak-oii les caractcresspécifiqUes 
de la petite charbonnière ; ai l'on considère que l'on a donné k 
loules deux ce même nom de charbonnière, qui en effet lenr con- 
vient également, et que celui de mésange de maraii , donné fuaea 
généialement h la nonnetle cendrée , peut aussi convenir à l'ea- 
|ièce précédente, puisqu'elle se plait, dit M. Linnsus, sur les 
aunes, et que les aunes sont, comme on sait, des arbres aquati- 
ques , croissant dans les endroits humides et marécageux ; enfin , 
•i l'on considère les traits nombreux de conformité qui m trou- 
vent entre ces deux espèces, même séjour, même taille, même 
envergure , mêmes couleurs distribuées à peu près de même , on 
aéra porté k regarder la nonnelte cendrée comme une variété 
dans l'espèce de la petite charbonnière. C'est le parti qu'ont pris 
avec raison les auteur* de la Zoologie britannique, et c'est celui 

■ Cn<pctiUcliarIioDnitrr,obKrv^eptr1» antcni^ilc la Zoologie BTitanniquti 
ti'Moit point celte Ijciic j et M. Lottinger nt-ait qn« li \m uaniKtU esndi** iioit 
crile tacbede l'occiput, «Ile ne diflircioit pu di U aiMB(t k la UU Doirt , qni 



DiailizodbvGoOgle 



VAÎIIETES DE LA PETITE CHARBONNIERE. 6S 
«nquel noua croyons devoir nous arrêter, toutefois en conser- 
vnnt les non» Anciens, et nous contentnnt d avertir que cette 
diversité de noms n'indique pas ici une différence d'eapf^ces. 

La noonetle cendrée se tient dans les bois plus que dans les ver- 
gers et les jardins, vivant de menues graines, faisant la guerre 
aux guêpes, aux abeilles et aux cheDÏlIes , formant des provi- 
sions de chènevis lorsqu'elle trouve l'occasion, en prenant à la 
fois plusieurs grains dans aon bec pour les porter au magasin , et 
les ntangennl ensuite à loiair. Cest sans doute sa manière de man- 
j^"r qui t'oblige d'élre prévoyante: il lui faut du temps, il lui faut 
un lieu commode et sûr poar percer chaque grain k coupa de 
bec; et si elle n'a voit pas de provisions, elle seroit souvent expo- 
•rà à souffrir la faim. Celle mésange se trouve en Suède et m£me 
cnI4or«v^e,dsaale9forèlsqui bordent le Danube , en Lorraine^ 
en Italie, etc. M. Salerne dit qu'on ne la connoJt point dans 
rOrléanais, niaux environs de Paris, ni dans la Normandie. Elle 
w plait sur les aunes, sur les saules, et par conséquent dans les 
lieux aquatiques, d'où lui est venu son nom de mésange de ma- 
rais. C'est un oiseau solitaire qui reste toute l'année , et que l'on 
nourrit difficilement en cage, On m'a apporté son nid ; trouvé au 
milieu d'un petit boia en coleau , dans un pommier creux , aasec 
près d'une rivière : ce nid oonsistoit en un peu de mousse déposéa 
sn fond du trou. Les petits, qui voloient déji, étoient un peu 
plus bruns que le père; mais ils avoient les pieds d'un plombé 
plus clair : nulle écliancrure sur les bords du I>ec,dont les deux 
pièces étoient bien égales. Ce qu'il y avoit de remarquable, c'est 
que le gésier des petits étoit plus gros que celui des vieux , dans la 
raison de cinq à trois ; le tube intestinal élait aussi p)ua long à 
proportion : mais les una ni les aulrea n'avoient ni vésicule de 
fiel, ni le moindre vestige de caecum. J'ai trouvé dans le géùer 
du père quelques débris d'insectes et un grain de terre sèclie, et 
dans le gésier des jeunes pluaieurs petites pierres. 

La nonnette cendrée est un peu plus grosse que la petite char- 
bonnière ; car elle pèse environ trois ^roa. Je ne donnerai point 
la description de son plumage ; il suffît d'avoir indiqué ci- des- 
■u9 les différences principales qui se trouvent entre ces deux oi- 
seaux. 

f.ongneur totale, quatre pouces un tiers; bec, quatre lignes; 
tarse, sept lignes; vol, sept pouces; queue, deux pouces, com- 
posée de douze pennes ; dépasse les ailes de douze lignes. 

M. Lebeau a rapiwrté de la Louisiane une mésange qui «voit 



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64 HISTOIRE NATURELLE 

bmnroup de rapport avec celle de cet article; il ne manque à la 
parfaite reMembUnce que la tache blanche de l'occiput et tca 
deux traiu de même couleur sur lea ailes : ajoutes que U pla- 
que noire de la gorge était plus grande, et en général les cou- 
leurs du plumage un peu plus foncées, excepté que, dan) ta fe- 
melle, n*. âo9, figure i , la tète étoit d'un gris rousràtre , à 
peu près comme le dessus du corps, mais cependant plus rem- 
bruni. 

Longueur totale , quatre ponces et demi ; tarse, sept à huit li- 
gnes; ongle postérieur le plus fort de tous; queue, vingt-une li- 
gnes, un peu étagée ( ce qui forme un nouveau trait de disparité ); 
dépasse les ailes d'environ neuflignes. 

II. Une autre mésange d'Amérique qui se rapproche beaucoup 
de la petite charbonnière , c'est la mésange à tète noire du Ca- 
nada ; elle est de la grosseur de la nonnette cendrée ; eUe a A peu 
près les mêmes proportions et la même plumage; la tête et la 
gorge noires ; le dessous du corps blanc ; le dessus cendré foncé ^ 
couleur qui va B'afToiblissant du cÂté du croupion, et qui, sur 
les couvertures supérieures de la queue, n'est plus qu'un blanc 
sale ; les deux pennes intermédiaires de cette même qnene, cen- 
drées comme le dos ; les latérales cendrées aussi , mais bordées da 
gris blanc; celles des aile» brunes, bordées de ce même gris 
blanc ; leurs grandes couvertures supérieures brunes , bordées de 
gris; le bec noir, et les pieds noirâtres. 

Longueur totale, quatre pouces et demi; bec, cinq lignes; 
tarse , sept lignes et demie ; vol , sept pouces et demi ; queue , vingt- 
sis lignes, composée de douie pennes égales; dépasse lu ailéa 
d'un pouce. 

Comme les mésanges fréquentent les pays du Nord, il n'est pas 
Burprenanlque l'on trouve en Amérique dea variétés appartenant 
à des espèces européennes. 

III, Si la gorge-blanche de Willughby est, non pas une &u-> 
vette, comme le croyoit cet auteur, mais une mésange, comme 
le pense M. Brisson , on serait tenté de la rapporter à la nonnetta 
cendrée , et conséquemment à U petite charbonniÈre. Elle a la 
t^te d'un ïsndré foncé; tout le dessus du corps d'un cendré rou»- 
B&tre ; le dessous blanc , teinté de rouge dans le mâle , excepté tou- 
leibis la naissance de la gorge, qui est , dans quelques in^vidus, 
d'un blanc pur, et qui, dans d'autres, a une teinte de cendré, 
ainsi que le devant du cou et de U poitrine ; la première penn« 



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VARIÉTÉS DE LA PETITE CHARBONNIÈRE. 6S 

•fc l'aile bordée de Uanc , fca dernière» de roux ; les penne» de k 
quene noires, bordée* d'une couleur plus claire, exceplé la plu» 
•xlérieuro, qui l'est de blanc, mai» non p«a dans tous Jea indivi- 
dus ; le bec noir, jaune à l'intérieur ; la pièce inférieure blanchâtre 
dnm quelque» «ujeta; le» pieds tanlot d'un brun jaunâln», unWt 
de couleur plombée. 

I* gorge-blanche «e tHMiTe l'été en Angleterre; elle vient dans 
le» jardin», vit d'inseclea, &it son nid dans le» buissons près do 
terre ( et non dans de» trou» d'arbre comme no» méunges ) , le 
garnit de crin en dedans, y pond cinq uauGi de forme ordinaire, 
pointiUéa de noir sur un fond brun clair verdâtre. Elle est à pou 
près de la grosseur de la nonnetle cendrée. 

Longueur loule, de cinq pouces troi» quart» à six pouce»; doigt 
liostérieur le plu» fort de tou» ; les deux latéraux égaux entre eux, 
fort petits , et adhércn» â celui du milieu , l'extérieur par sa pre- 
mière phalange, l'inlérieur par une membrane, ce qui est fort 
rare dan» le» oiseaux de ce genre; vol, environ huit pouce»; 
queue , deux pouces et demi , composée de douze pennes un peu 
étagéw, dépasse lesailesdeseiie 4 dix sept lignes ■. 

IV. J'ai actuellement sous [es yeux un individu envoyé de Sa- 
voie par M. le niarqui» de Piolenc, sous le nom degrimpereau, 
et qui doit se rapporter à la ménie espèce. Il a la léle variée de 
noir et de gris cendré : tout le reste de la partie supérieure, com- 
pris le» deux intermédiaires de la queue, de ce même gris; la 
penne extérieure noirâtre à sa base, grise au bout, traversée 
dans sa partie moyenne par une tache blanche; la penne suivante 
marquée de la même couleur, sur son côté inlérieur seulement; 
la troisième aussi, mais plu» près du bout et de manière que le 
blanc »e resserra toujours , et que le noir s'étend d'autant plus; il 
gagne encore davantage sur la quatrième et la cinquième penne, 
qui n'ont plu» du tout de blanc, mai» qui sont terminées de gris 
cendré comme les précédentes ; les penne» des ailes sont noirâtre», 
les m oy «mes bordées de gris cendré, les grandes de gris sale; 
chaque aile a une tache longitudinale, ou plutôt un trait blanc 
jaunâtre; la gorge est blanche, ainsi que le bord antérieur de 



■ J'ai TB <I*i» In cibiDfU no aitUD doDt la plumii|<i : 

gutut toUla iteit d> cinq poncn et demi; ur», ilii ligi 
ligan, it^llUBDtlu (ilx d'un ponc* iinlinieiit : miii 1c I 
diuciabUncc , c'ctoit MB li*« long dt itft ligna , igù* di 
Blifon. 11. 



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66 HISTOIRE NATURELLE 

l'aile ; le devant du cou et toute la partie inférieure «ont d'un roux 
clair; lea couvertures inférieures des ailes lea plus voisioe» du 
corps tontrouBsàtres, les suivantes noires, et les plus longues dh 
toutes, blanches; le bec supérieur est noir, excepté l'ai'éte, qui est 
Uanchàtre , aiusi que le bec inférieur ; enfin les pieda sont d'un 
brun jaunâtre. 

Longueur totale, cinq pouces un tiers; bec, six lignes et demie; 
tarse, huit lignes ; doigt postérieur aussi long et plus gros que 
celui du milieu , et son ongle le plus fort de tous ; vcd , sept pou- 
ces tnns quarts; queue, dix -huit lignes, composée de douce 
pennes un peu inégales et plus courtes dans le milieu, dépasse les 
ailes de dix lignes. 

LA MÉSANGE BLEUE. 

Il est peu de petits oiseaux aussi connus que celni-d, n*. S, 
fig. a , parce qu'il en est peu qui soient aussi communs , aussi ia- 
ciles à prendre, et aussi remarquables par les couleurs de leur 
plumage; le bleu domine sur la partie supérieure, le jaune sur 
yinfërieure ; le noir et le blanc paroissent distribués avec art pour 
séparer et relever ces couleurs, qui se multiplient encore en paa^ 
sant par différentes nuances. Une autre circonstance qui a pu 
contribuer à &îre connoîlre la mésange bleue, mais en mauvaise 
part, c'est le dommage qu'elle cause dans nos jardins en pinçant 
les boulons des arbres fruitiers; elle se sert même avec une sin- 
gulière adresse de ses petites griffes pour détacher de sa branche 
le fruit tout formé, qu'elle porte ensuite à son msgasin. Ce n'est 
pas toutefois son unique nourriture; car elle a les mêmes goût» 
que les autres mésanges , la même inclination pour la chair, et 
elle ronge si exactement celle des petits oiseaux dont elle peut 
venirà bout, que M. Klein propose de lui donner leur squelette 
k préparer '. £Ue se distingue entre toutes les autres par son 
acharnement contre la chouette *. M. le vicomte de Querfaoent a 
remarqué qu'elle ne perce pas toujours les grains de chènevi» 

' Il ceUKillali pr^cavtiOB d'cnlcfcr anpraiiiitli p1n> gru de partit d«t chairs 
■t it U cfntllt d» l'oiiUB dodl on Tcnl iToirlc «pielElIc h\n iiniipit. 
a Gtiner prétend qn*4li[kt pliu petile^ «Ile t%i, apui pliu douce et ntoîni mé- 

Irtt-fiaLif , ■■ lien qui ce <p,t je dit e>t huit nr l'aliKrT'tiaB. 



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DE LA MÉSANGE BLËUË. 6; 

comme les aatres mésanges, mais qu'elle lea cine qnelqu^iù 
dans aon bec comme lea aerîiu et lea linotte*. Il ajoute qu'elle pc- 
rolt plus avisée que le» autrea , en oe qa'ellesedioîsit pour l'hiver 
un gite plus chaud et de [dus difficile accès. Ce gll« n'est ordinai- 
rement qu'un arbre creux ou un trou de muraille ; mais oa sait 
bi(^ qu'il y a du choix à tout. 

Le femdie fait son nid dans ces mêmes trous, et n'y épai^ne 
pas les plumes : elle y pond au mois d'avril un grand nombre de 
petits OBuls blancs; j'en ai compté depuis huit jusqu'à dix-sept 
dans un même nid, d'autres en ont trouvé jusqu'à Tingt-deux; 
aussi passe-t-elle pour la plus féconde. On m'assure qu'elle n« 
fait qu'une seule couvée , à moins qu'on ne la trouve et qu'on ne 
l'oblige à rmoncer ses oeuls avant qu'elle les ait fait éclore; et ditt 
les renonce assez fiuHlement, pour peu qu'on en casse un seul, le 
petit fàt'il tout formé , et même pour peu qu'on y touche : mats 
lorsqu'une fois ils sont éclos , elle s'y attache davantage et les dé- 
fend courageusement ; elle se défend elle-mAme, et souffle d'un 
air menaçant lorsqu'on l'inquiète dans ta prison. Le mâle parvA 
se reposer plus à son aise étant accroché au plafond de sa cage, 
que dans toute autre situation. Outre son grincement désagrca- 
Ue , elle a un petit gaaouillement foifale , mais varié, et auquel 
on a bien voulu trouver quelque rapport avec celui du pinson. 

M. Frisch |vétend qu'elle meurt dès qu'elle est en cage, et que, 
par cette raison , l'on ne peut l'employer comme appelant; j'en 
ai vu cependant qui ont vécu plusieurs mois en captivité, et qui 
ne sont mortes que de gras-fondure. 

Schwenckfeld nous apprend qu'en Silésîe on voit celte mé« 
sange en toute saison dans les montagnes ; cbea nous , ce sont te* 
boisoù elle se plaît, surtout pendant l'été» et ensuite dana les ver« 
gers,lesjardins,etc. M. Loltinger dit qu'elle voyageavec la char* 
bonntère, mais que cette société est telle qu'elle peut être entra 
des animaux pétulanset cruels, c'est-à-dire, ni paisiUe, ni du~ 
Table. Ou dit cependant que la femelle reste |du8 Itmg-temps réu- 
nie que dans les autres espèces. 

La mésange bleue est fbrt petite, puisqu'elle ne ptse que trois 
gros; maisBelon, Klein et le voyageur Kolbe, ne dévoient pas 
la donner pour la plus petite des mésanges. I^ femelle l'est un peu 
pins que le mâle; elle a moins de bleu sur la lèle, et ce bleu, 
ainsi que le jaune du dessous du corps , est moins vif: ce qui est 
blanc dans l'un et l'autre , est jaunâtre dans les petits qui com- 
mencent à voler} ce qui eit Ueu dan* ceta-là, est bran cendt4 



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68 HISTOIRE NATURELLE 

dan* ceux-ci , et lea penne* des afle» de ce* derniers ont les même* 

dimension* relatives que dans le* vieux. 

Longueur totale, quatre pouces et demi; bec, quatre ligneset 
demie , les deux pièces égale* et sant aucune échancrure ; langue 
tronquée, terminée par plusieurs filets, dont quelquea-uns »ont 
cassé* pour l'ordinaire ; tarse, six ligne» et demie ; pied* gros et 
trapus , dît Belon ; ongle postérieur le plus fort de fou*; vol, sept 
pouces; queue, vingt-cinq ligne*, dépasse les ailes dedouze; cha- 
cune de ses moitiés, composée de sis penne*, est étagée. Les feu- 
neB,en auez grand nombre^ que i'ai diaséqués sur la fin de mai, 
avoient tousie gésier un peup!uspe(ilqueleurnière,maiale tube 
intestinal aussi long. Deux léger* vestiges de caecum , point de vé- 
sicule du fiel. 



LA MOUSTACHE. 

\2 vxupjEs naturalistes ont donné à cet oisean le nom de barbue ; 
mats, comme ce nom a été consacré spécialement à une autre fa- 
mille d'oiseaux *, j'ai cru devoir ne le point laissera celle-ci, afin 
de prévenir toute confusion. 

Je ne sais si cette mésange existe réellement aux Indes , comm» 
le suppose la dénomination adoptée par M. Fn'sch ; mais il paroU 
qu'eue est fort commune en Danemark, et qu'elle ocmtmmce k 
M &ire voir en Angleterre. M. Edwards parle de plusieurs de cet 
oiseaux, miles et femelles, qui avoient été tués aux environs d* 
Londres, mai* qui y éloient encore trop peu connus, dit cet au- 
teur , pour avoir un nom dan* le pay*. G>mme madame la com- 
tesse d'AlI>emarle en avoit rapporté du Danemarck ' une grande 
cage pleine , ce *ont sans doute quelques-uns de ces prisouniers 
échappés qui se seront multipliés en Angleterre , et qui y auront 
fondé une colonie nouvelle: mai* d'oii venoient ceux qu'Albin 
avoit ouï dire qu'on trouvoit dans les provinces d*£s*ex et de Lin- 
coln, et toujours dans les endroit* marécageux? ' 

U seroit à dénrer que l'on connût plus exactement les mœurs 

■ Cotligtando blrbuda H. Bnuon { ton» IT, pigi gi), ouMiucpi obi, 
ceiBiM DOti* ïMcH , diai doigU «I avint et dm en trTitre. 

■ J* mil lorpri* ^h cet oûeim 4u>t soMi eoeniDiu en Diitaisrck , wn aaa n* 
ft Vnn* fwA d*a« U Z99hgtm Dmicm FnJra»uu à» H. HolUr. 



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DE LA MOUSTACHE. «9 

àe cea oisenux; lear hiiloir« pourrait être curieiue, du moins k 
juger par le peu qu'on en «ait. On dit que, lonqu'il* reposent, le 
mâle a aoin de couvrir sa compagne de «es ailea; et cette aeole 
attention , ai elle étoit bien constatée , en Buppoaeroît beaucoup 
d'autres , et beaucoup de délaili întéressana dam toute la snita 
des opérations qui ont ra pport k la ponte. 

Le trait le plus caractérisé de la physionomie du mâle, c'est 
une plaque noire à peu près triangulaire qu'il a de chaque càté 
de la léte ; la base de ce triangle renversé s'élfeve un peu au-dessus 
àea yeux, et son sommet dirigé en en-bas tombe sur le cou Jt 
neuf ou dix lignes de la base. On a trouvé à ces deux plaques 
noires, dont les plumes «ontasscE longues , quelque rapport arec 
une moustache ; et de la les nornsquiontétédonnésdanitoosle* 
pays & cet oiseau. M. Frisch croitqu'îladel'analogieavecleaenn, 
et que les individus de ce* deux espèces pourroient s'apparier 
avec succès; mais, ajoute-1-il, l'espèce moustache est trop rare 
pour que l'on puisse multiplier suffisamment les expériences qui 
■eroient nécessaires pour décider la question. Cette opinion de 
M. Frisch ne peut subsister arec celle de MM. Edwards et Lin- 
nœuB, qui trouvent à la moustache beaucoup d'affinité avec la 
pïe-grièche: toutefoiaces deux opinions, quoique contradicloim, 
ont un résultat commun ; c'est que les troia observateurs ont vu 
le bec de la moustache plus gros que ne l'est ordinairement celui 
des mésanges, et que par conséquent cet oiseau pourroit £tre 
renvoyé aux demi-fins. D'un autre cdté, M. Lottinger m'assure 
qu'il niche dana des trous d'arbre, et qu'il va souvent de com- 
pagnie avec la mésange à longue queue; ce qui, joint à l'air de 
famille et k d'autres rapporta dans la taille , la forme extérieure, 
la contenance , les habitudes , noua autorise ii le laisser parmi les 
mésanges. 

Le mâle, n°. 618, fig. i,ala t*;te d'un gris de perle; U gor;ge 
et le devant du cou d'un blanc argenté; la poitrine d'un blanc 
moins pur, teinté de gris dans quelques individus, de couleur 
de rose dans les autres; le reste dti dessous du corps, roussâlre; 
le» couvertures inférieure» de la queue , noires ; celles de» ailes , 
d'un blanc jaunâtre ; le dessus du corps , roux clair ; le b»rd an- 
térieur des ailes, blanc; les petites couvertures supérienrea noi- 
râtres, les grandes bordées de roux; les pennes moyennes de 
même, bordées intérieurement d'un roux plus clair; les grandes 
pennes liordées de bknc en dehors; celles de la queue entière- 
ment rousses, excepté la plus extérieure, qui est noirâtre i sa 



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70 HISTOIRE NATURELLE 

"baM, «t à'an cendré roiix vers son «xtréniité; l'iris orangé ; le 
hee jaunâlre , et lea pieds bruns. 

Duu la femelle, même planche, fig. a, il n'y a aucune tetnle 
ronge sot» le corps, ni plaqaes noires aux oôléa de latête; cello- 
C3 est brune, ainsi que les couvertures inTérieures de la queue> 
dont les pennes latérales aont noirfttres, terminées de blanc. La 
ièmelle esL aussi un pan plus petite que te mâle. 

Longueur totale de ce dernier, six pouces un quart ; bec, moins 
de six lignes ; le supérieur un peu crochu , mais sans aucune 
écfaancrure , dit M. Edwards lui'même , ce qui ne ressembla 
guère à une pte-grièche; tarse, huit lignes et demie; vol, six 
pouœs et demi; queue, trente-six lignes , composée de douce 
pennes élagées, en sorte que le* deux extérieures n'ont que la 
moitié de la longueur des deux intermédiaires, dépasse les ailes 
de TÎogt-sept lignes. 



LE REMTZ. 

Sx. Edwards soupçonne, page et pi. 55, qne cette mésange, re- 
présentée dans l'oanage d'Afbin,lome III,]dancfaeLyiI,estla 
mAme que la mésange barbue , représentée lonie I" , pi. XI..Vni j 
mais ce soupçon me parott démenti, i°. par les figures mêmes 
citées, lesquelles sont différentes, et représentent chacune assez 
fidèlement l'oiseau dont le nom est en bas; a*, par la taille, puis- 
que, suivant Albin, la mésange barbue pèse plus de neuf gros, 
et qu'il &it le remis égal à la mésange bleue, qui pèse trois gros 
seulement ; 3°. par le plumage, et notamment par la bande noire 
qu'out ces deux oiseaux de chaque côté de la tête, mais posée tout 
autrement dans l'un et dans l'autre; %'. enfin par la différence du 
clima t, Albin assignant pour son séjour ordinaire , k la mésange 
barbue, quelques provinces d'Angleterre, et au remis, a°- 618, 
fig. a, l'Allemagne et l'Italie. D'aprta tout cela, MM. Kramer et 
Linnnus ne me semblent pas mieux fimdés k soupçonner que ces 
deux mésanges nediflërent enire elles que parle sexe; et j'avoue 
que je n'aperçois pas non plus ta grande afivnité que M. Edward» 
et le mfime M. Ltnna>us ont cru voir entre ces deux oiseaux 
d'une part, et les pies-grièchea de l'autre. A la vérité, ils ont , 
comme les pies-gfièches, un bandesu noir sur les yeux, et le 
remis sait ourdir, comme elles, les matériaux dont il compose 



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DU EEMIZ. ri 

■oh nid: DiaiacesmatcriauxneMnt pat le* mimes, ni la manier» 
d'attacher le nid, non pituqae le bec, Jea «erre*, U nourriture, 
b taille , le» proportiona, la force, le» allarea, etc. Suivant toute 
apparence, M. Edwards n'aroit point tu le remît, non plus 
une les autres Daturalûtes qui ont adopté son ans : un seul coup 
d'oetl sur le d' . 6 1 S de nos planches enluminée* eût suffi pour les 
dàabuser. 

Ce qu'il y a de plu» curieux dans l'histoire des remis, c'est 
l'art recherché qu'ils apportent à la construction de leur nid ; ils 
y emploient ce duvet léger qui se trouve aux aigrettes des fleurs 
du uule, du peuplier, du tremble, du juncago, des chardons, 
deBpiasenIits,derherbeauxmouchM7onB, de la masse d'eau *,etc. 
Ha savent entrelacer avec leur bec cette matière filamenteuse, et 
en former un tissu épais et serré , presque semblable k du drap ; 
ils Ibrtifient le dehors aveo des fibrea et de petites racines qui 
pénètrent dans la textui-e, et font en quelque sorte ta charpente 
(la nid ; ils garnissent le dedans du même duvet non ouvré*, 
pour que leurs petits y soient mollement : ils le ferment par en 
haut, afin qu'ils y soient chaudement, et ils le suspendent avec 
du chanvre, de l'ortie, etc. ,àU bifurcation d'une petite branche 
mobile, donnant sur une eau courante, pour qu'ils soient ber- 
cés plus doucement par la liante élasticité de la branche; pour 
qu'ils »e trouvent dans l'abondance, les insectes aquatique» étant 
leur principal nourriture"; «fin, pour qu'ils soient en sûreté 
contre le» rats, les lésards, le» couleuvres et autres ennemis 
rnmpans, qui scHit toujours les plus dangereux : et ce qui semble 
prouver que ces intentions ne sont pas ici prêtées gratuitement 
à ces oiseaux, c'est qu'ils sont rusés de leur naturel, et si rnaé», 
que, suivant MH. Monti et Titius, l'on n'en prend jamais dans 
les pièges *, de même qu'on l'a remarqué dea carouges,desca»- 

' Coma» la Mnt« et la pmpllcn OcBriumit iiaiit la mtmi dV*» , l« rtmim 
tnploinit le dintt du fleur* d« eu d«<n eiptca d'iibr» diu Ii tonitmctioD du 
nid oâib raatl«nrpR>Ditn|ioDle; et leiaicU t»»«ilH« «vie M dmel •orinioio» 
ftmn, niii ptni blinu i|H «<ra où le duiat de tu miHc d'un ■ iti enplojj : 

Kconde at d'nna troiiltna. On travit aoul d> ret nida faite da gnmtn dn ma" 

■ Qnalquefuia ca d»*I , ealta natibra colannanae ei> peloIaBoée eD petit! glo- 
lalea, ^i ne rendent paa l'Intirianr dn nid maîna nollet ni moini doni. 

) H. Monti a Iraui< dam l'eatoDac de cea oiicam d« itnectei eititoenieiil 
brojja, et n'j ■ tramé qne cela. 

4 Onlopnnd ijnelffaeloia dapi la nid, ajonte Titina, au conchei dnaoltil, 
onlsn^ucle tfBpi ntiûbDleu tt cbiti^ de bronilliidi. 



DiailizodbvGoOgle 



73 HISTOIRE NATURELLE 

ftlquM du nouveau monde, des gros-beca d'Abîssirtie el aufrw 
oiseaux qui suspendent aussi leur* nids au bout d'une branclie. 
Celui du remiz ressemble tentât à un sac, tantôt à une bourse 
ferm^ , tnnlôt il une cornemuse aplatie, etc. ' : il a son entrée 
dans le flanc, presque toujours tournée du côté de l'eau , et si- 
tuée tantôt plus baut, tantôt plus bns ; c'est une petits ouverture 
À peu près ronde, d'un pouce et demi de diamètre et au-dessous, 
dont te contour se relève extérieuremenl en un rebord plus au 
moins saillant * , et quel()uefbis elle est sans aucun rebord. La fe- 
melle n'y pond (jue quatre ou cinq oeu&', ce qui déroge nota- 
blement à la fécondité ordinaire des mésanges, dont les remiz 
ont d'ailleurs le port, le bec, le cri et les principaux attributs. 
Ces œufs sont blancs comme la neige : la coque en est extrême- 
ment mince; aussi sont^ils presque Lransparens. Les remiz font 
ordinairement ^eax pontes chaque année, la première en avril 
ou mai, et la seconile au mois d'août; il est plus que douteux 
qu'ils en fassent une troisième. 

' CijdiB Menti' «n ■ fiît dcuiptr un , ti DidmI TiLiu ilcai : cet troU nid* 
diflircnt non'ifuIcmeDt cnUe (ui, mail de celui qu'a fail dritincr Bonaimi, et 
pour U grmnài>u rt pour ]• forme. I* pin. gr.nd dï Inni ( Titini, pi. II) .«it 

fcurchi d'une petite bnache avec du chanire et du lin : U phi petit (pi. 1} itoit 
long de cinq poaceiet dami, largl i* mtmi i la partie lup^iinn, me teimisoit 

Msnti itoït poÎDtn en tiiDt tt «o liai. Titini (oapj anne qu lei rnsii ne font qn'^ 
bmther Icnri nidi à la premiïre pomle , el qu'alon le> paroii m loni ninceg , et 
le tiiiu tmt-i'tait Itthe , naii qu'a ckiqae Boaiella ponte ili lei pRftctioDBOt 
et lei foniGenl , «1 qu'rn lu difailaDt on rcconnolt cea cniches idditionnellti 
tonjonn pliu fermei en debon , plaj n>ollett« en deaini j et de là on déduit lii^' 

troiiTiS , nr 11 En de décemhri- 1691 , prb Ar Breiliw, nne femelle torin itBà m 



cela praiiie que let nidi 
qu'on ne doit |.ii (tre i< 
lei Ua-cnitH font de 

longue qneiie, qooiqii'i 
Ju/iao Toyei ton On, 
■ ctolù enienble : cela 
Houbl, tntrie que l'on t 
■nteur anonyme, dont 1 


-^2t 

même. - 

i le figure d. 
1 lût lri.-Li 

iihoiogit. t 

rappelle ce 
.route dam 
le Mémoire > 
. qu'AIdrov. 

IpTuitone 
ge diairtt^t. 


ibiiilent d'une innie k 
r nu tarin coûtant l'hi' 

tcenld.qn^l.crufh 
au que l'oilean qui I'.t 
omell.pigejiaioo j 
que dit Ruciyntki d 
I.Pokutie.lur lei rix 
4t dan* le Journal d< , 
nde.el, iprâi aicir < 
.uc(.upd'.«.l06ie«nlr. 

1 i proportion , la qnen 


l'autre. Titini 
ler.puiiqu'on 

e calui de 11 m. 
oit f.lt l'appel 
■ >nit dru. de 
e ». uid. de 
Cl deli B;ttH. 
ph^iique , lOÛ 
lampirj le ran 


encore j 
.ail qn. 
iiangek 

oil IJCB. 

Cil nid. 

cki. Un 
,11776, 
ii> «t l> 


iniMUge à longue qneu. 
pendant, en iniTint™ 
remi. . le bec et le. pi, 
B .i. et le ri— 


u,ilrbttrony< 
„I,1.. courte. 


>ni. Ce- 
(qnele 



DiailizodbvGoOgle 



Dr REMtZ. 7Î 

On voit dn nids dn remis dana lea mtraîa dea environs de 
Bolo^e, dans ceux de 1r Toacane, sar le lacThrasymène, et ila 
•ont faits précisément comme ceux de U Lithnanie, de la Vol- 
}iinie , de la Pologne et de l'Allemagne. Les gens simples ont pour 
eux une vénération superstitieuse : rhaque cabane h un de ces 
nids aaajwndu près de la porte; les propriétaires le regardent 
comme un véritable paratonnerre, et le petit architecte qui le 
construit , comme un oiseau sacré. On serait tenté de iàire un 
reproche à la Nature de ce qu'elle n'est point assez' avare de mer- 
veilles, puisque chaque merveille est une source de noavelles 



Ces mésanges se trouvent aussi dans la Bohème, la Silésie, 
ITJLraîne, la Russie, U Sibérie, partout en un mot où croissent 
les plantes qui fournissent cette matière cotonneuse dont elles se 
servent pour construire leur nid '; mais elles «ont rares en Si- 
bérie , selon M. Gmelin ' , et elles ne doivent pas non plus être 
fort communes aux environs de Bologne , puisque , comme nous 
l'avons dit plus haut, Âldrovandene les connoissoît pas. Cepen- 
dant M. Daniel Titius regarde lllalie comme le vrai pays de leur 
origine ' , d'où elles ont passé par l'Etat de Venise, la Carinthie 
et l'Autriche, dans le royau me de Bohème , la Hongrie, la Po- 
logne et les contrées encore plus septentrionales. Partout, ou 
presque partout, elles se tiennent dans les terrains aquatiques, 
et savent Tort bien se cacher parmi les joncs et les feuillages des 
arbres qui croissent dans ces sortes de terrains. On assure qu'elles 
ne changent point de climat aux approches de l'hiver* : cela 
eat facile à comprendre pour les paya tempérés oi^ les insectes 
paroissent toute l'année; main dans les pays plus au nord, je 
croiroia que les remis changent au moins de position pendant 
les grands froids, comme font les autres mésanges, et qu'ils se 
rapprochent alors des lieux habités. M, Kramer nous apprend en 
ellèt qu'on en voit beaucoup plus l'hiver qu'en toute autre saison 



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n ie r«iilùch, i'acaalliiJti ronurtisi 



D,a,l,zt!dbvG00glc 



74 HISTOIRE NATURELLE 

aux environs àf. la ville de Prork , située sur les confina àe l'Au- 
triche et de la Hongrie, et qu'ils se tienhent toujours de préfé- 
rence parmi les joncs et les roseaux. 

On dit qu'ils ont im ramage : mais ce ramage n est pas bien 
connu, et cependant on a élevé pendant quelques années de 
jeunes remtz pris dans le nid , leur donnant des oeu& de iburmis 
pour toute nourriture ' : il (kut donc qu'ils ne chantent pas dans 
la cage. 

Le plumage de cet oiseau est fort vulgaire : il a le sommet de 
la tête blanchâtre; l'occiput et le dessus du cou, cendrés* ; tout 
Je dessus du corps gris, mais teinté de roussitre dans la partie 
antérieure ; la gorge et tout le dessous du corps blsno, teinté de 
gris cendré sur l'avant, et de roussàtresur l'arrière; un bandeau 
n<Hr sur le front, qui s'étend horizontalement de part et d'autre 
aur les yeux et fort au-delà des ^eux ; les couvertures supérieure» 
des ailes, brunes, bordées d'un roux qui va se dégradant vers 
leur extrémité ; les pennes de la queue et des ailes, brunes aussi, 
mais bordées de blandiàtre ; le bec cendré ; les pieds cendre rou- 
gefttra. 

Il porott, d'après la description de M. Cajetan Monti, qu'en 
Italie ces oiseaux ont plus de roux dans leur plumage, et une 
légëi'e teinte de vert sur les couvertures supérieures des ailes, etc. ; 
et d'après celle de M. Gmelin , qu'en Sibérie ils ont le dos brun , 
k t6te blanche et la poitrine teintée de roux : mai* ce ne sont 
que dés variétés de climat, ou peut-être de simples variétés de 
description ; car il suffit de regarder de plus près , ou dans ua 
autre jour, pour voir un peu difieremment. 

La fêmdie, suivant M. Krsmer, n'a pas le bandeau noir 
comme le mile ; suivant M. Gmelin , elle a ce bandeau , et en 
outre la tête plus grise que le niâle, et le dot moins brun : lou» 
deux ont l'iris jaune et la pupille noire , et ils ne sont guère plu» 
gros que le troglodyte, c'est-à-dire , qu'ils sont & peu près de U 
taille de notre mésange bleue. 

Longueur totale , quatre pouces et demi ; bec , cinq lignes ; le 
Bupérieurun peu recourbé, l'inrérieur plus long dans les jeunes; 
tarse , six lignes et demie ; ongles très-aigus , le postérieur le plus 

■ Duiel Titiiu, pign ^4 «t ^f. D dit ■ill«nn qs'il* c^anLnt nien qi* !■ 
BJUBge il toDp» quioe, liqulle chmu fan bira , laiiint Beloo. 

■ Oioiit Titiu ■ TUBUi Mcbt noirtcn tuiniTiroai delà praniirt «cttïbn d« 



DiailizodbvGoOgle 



DE LA PENDULINE. 75 

fort de Ions; vol, lept pouces un tiers; queue, deux [xmoe*, 
aunpoMe de douze peanes un peuétagées; dépame leauleada 
tteiae ligne». 

LA PENDULINE '. 

Jil. Monti croyoit que le remii étoït le wal parmi les o!«eauK 
d'Europe qui auapendît «on nid A une branche : mais mn« parler 
du loriot , qui atlacfae quelquefois le sien à des rameaux foibtea 
et mobiles , et à qui H. Friach a attribué relui de la mésange li 
longue queue*, voici une esptoe bien connue en I^nguedoc, 
quoique loalnl-fàît ignorée des naturalistes, laquelle fait «on nid 
arec autant d'art que le remis de Pologne , qui semble même y 
employer une industrie plus raîsonnée , et qui mérite d'autant 
plus notre attention , qu'avec le* mêmes tsiens , die n'a paa 1 
beaucoup près la même célébrité ; on peut la regarder comme 
étant analogue au remis, mais non comme une simple variété 
dans cette espèce , lea traits de disparité que l'on peut observer 
dans la taille, dans les proportions des parties , dans les couletin 
du plumage, dans la forme du nid, etc., étant plus que suffi Mm 
pour constituer une différence spécifique. 

2e lui ai donné le nom de penduiiae , qui présente à l'esprit la 
singulière construction de son nid. Ce nid est trés-giand , rela- 
lirement k la taille de l'oiseau ; il est fermé par-dessus , presque 
de la groawnr et de la forme d'un oeuf d'aulniche : son grand 
axe a aiz ponces, le pedt axe trois et demi. Elle le suspend à la 
bifurcation d'une branche flexible de peuplier, que, pour plus 
grande solidité, elle entoure de laine sur une longueur de plus 
de sept k huit poucea; outre la laine, elle emploie la bourre de 
peuplier, de saule, etc. , comme le remiz. Ce nid a son entrée 
par le càté, près du dessus, et cette entrée est recouverte par 
une espèce d'avance ou d'auvent continu avec le nid, et qui dé- 

' Od rippetU Yslpimml n> I^Dgiudsc , canari tauvag» ; at plu valgii- 
trmaittitcon, JièoMair». L'oiKin il le nid ont M tuiajit pir H. dali BnMM, 
■lin il'AriiaaDt , iltpiiU dn iUU ris Lingawlac. 

• Cette nfpTiKJtail d>iiit>Btpluf»iIekiTiUr,qii« laeidduloriot «M fiit 

vr;iul ijDe fonniBCBi I« Bean ti 1« Inillïi de ctiliin» plintH, lai* wttaix 
qu'il T «n ■ n ibonduic* »t*iir tl* !■■■ 



DiailizodbvGoOgle 



76 HISTOIRE NATUHELLE 

borde de plus de dix-huit lignes. Moyennant ces précautions, 
ses petits sont encore plus à l'abri des intempérie» de la taison, 
mieux cachés, et par conséquent plus en sâreté qu» ceux du re- 
miz dfl Pologne. 

Cet oiseau , n*. 708 , Ëg. i , a la gorge et tout le desaous du 
corpa blanc roussâlre ; le dessus gris rousaâlre , plus foncé que le 
dessous ; le dessus de la tête gris ; les couvertures supérieures dea 
ailes noirâtres, bordéet de roux, ainsi que les pennes moyennes, 
mais te roux s'éclaircit vers leur extrémité ; les grandes pennes 
noirâtres, bordées de blanchâtre ; Itw pennes de la queue noirâ- 
tres, bordées de roux clair ; le bec noir ; l'arête supérieure jaune 
brun ; les pieds de couleur plombée. 

Longueur totale, un peu moins de quatre pouces; bec de mé- 
lange, quatre lignes et plus ; tarse, six lignes; ongle postérieur 
le plua fort de tous , peu arqué ; queue, onze à douze lignes , 
seroit exactement cairée si les deux pennes extérieures n'éloient 
pas un peu plus courtes que ies autres , dépasse las ailes d'envi-- 
mn six lignes. 

LA MÉSANGE A LONGUE QUEUE '. 

On ne pouvoit mieux caractériser ce très-petit oisean,n°.5o2, 
lîg. 3, que par sa trËs-longue queue ; elle est plus longue en eSét 
que tout le reste de la personne , et fiiit elle seule beaucoup plua 
de la moitié de la longueur totale; et comme d'ailleurs cette mé- 
sange a le corps effilé et le toI rapide , on la prendroit , lorsqu'elle 
vole, pour une flèche qui fend t'air. C'est sans doute à cause de 
ce trait remarquable de disparité par lequel cet oiseau s'éloigne 
des mésanges, que Ray a cru devoir le séparer tout-à-fàit de cette 
famille '; mais comme il s'en rapproche par beaucoup d'autres 



' Moinietoa m 




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•ndroita, .»• dcoteh 


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DiailizodbvGoOgle 



DE lA MÊSASGE A LONGUE QUEUE. tf 

preprïétéa plus csseulielles, )e le laisserai , avec k plus grand 
nombre âenwturalbtea, dans la poneaaion paùible de wa BDcien 
nom. HéiqnelButrenoEapanrroitconTeniràuiipelitoiaeau k bec 
court et cependant aases fort , qui tait la principale résidence dan* 
k* bois; qui est d'an naturel très-remuant et très-vif, et n'est 
pas an moment en repos; qui voltige aans cesK de buisson en 
b[)ÎMon,d'Brbaste en arbusta, court sur les branches, w pend pur 
les pieds , vit en société , accourt promptement au cri de sm oem- 
bUblea,se nourrit de chenilles, de moucjierans et autres insectes, 
quelquefois de graines, pince les bourgeons des arbreaqu'ildécoupe 
adroitement, pond ungrand nom bi'ed'aeiifsienânqui, suivant les 
observations les plus exactes , a les principaux ounctères extérieur s 
des mésanges, et, ce qui est bien plus décisif, leurs moeurs et 
leurs allures? Il ne s'éloigne pas même absolument de toates les 
mésanges par sa longue queue étagée, puisque la moustache et le 
Kmix , comme nous l'avons vu , en ont une de cette niËms fi>rme, 
qui ne diffère que du plus au moins. 

Quant à la manière de faire le nid , il tient le milieu entre les 
charbonnières et le remis : il ne le cache point dans un trou 
d'arbre, où il serait mal à son aise avec sa longue queue; il ne le 
uspend pas non plus , ou du mwns très-raiement, à un cordon 
délié : mais il l'attache solidement sur tes branche» du arbris- 
Kaux, à trois ou quatre pieds de terre; il lui donne une forme 
ovale et presque cytindtique , le ferme par-^easaa, laisse une 
entrée d'un pouce de diamètre dans le côté, et se ménage quel- 
quefois deux issues r]ui«erépundent,aâo d'éviter l'embarras de se 
retourner; précaution d'autant plus utile, que les {tennes de sa 
queue se délacbent avec facilité et tombent au plus léger froisse- 
ment '.Son nid diffère encore deceluidu remis, en ce qu'il est 
plus grand ', d'une forme plus approchante de h cylindrique; 
que le tissu n'en est pas aussi serré ; que le contour de sa petite 
entrée ne forme pas communément au dehors un rebord saillant '; 

qa* ifiiclqae niilliadiM* n'iit pu ring^ celM deniiiri itic la maiieillo , pci-mi 
Inqnalla il)> lurait til*-bitu figura , ijunt iliu u loagn* quioa ua ifoaitduul 
bnvqiic «t touicnt li^li it« bit ca liaiil. 

' C'nt « qui lai n fiii donnar \tBoia<\t perd-ia-gutu». 

■ Twi nanri de cet niJi, qai iToicot coTiruu hnit pOBC» d* htattnt m 
^■tre de lir|;(UT. 

> CijcUa Ùonti prJund ijBi ccli a'i iiu4uli«i. 0<«ia m (u&iiAiin^rateniu ^ 
dit an caairiin Daniil Titini. 

Cas obtenatiani «ppotjtt pranal ttn ^gilnncDt Tnioi , pourrn qu'on Ici tts- 
tr<ieiu ■■! licDi it lui tciipi où «Un oot M fttXm, et qn'on ut vtuitls iiai Ici 



DiailizodbvGoOgle 



'8 HISTOIRE NATURELLE 

que «on enveloppe extérieure e»t composée do briiu d'herbe, de 
monne, de lichen , en un mot de matériaux plus grouien, et 
que le dedana est garni d'une grande quantité de plumes, el non 
de matière cotonneuse que feurnissent les sautes et les aulrea 
plantes dont il a été parlé à l'article du remiz. 

Les mésanges n longue queue pondent de dix à quatorze œuâ, 
même jusqu'à vingt, tous cachés presque entièrement dans lea 
plumes qu'eUes ont amassées au fond du nid. Ces œufa sont 
de la grosseur d'une noisette , leur plus grand diamètre étant de 
six lignes ; ils sont environnés d'une zone rougeâtre sur un fond 
gris , lequel devient plus clair vers le gros bout. 

Les jeunes vont avec les père et mère pendant tout l'hiver, et 
c'est ce qui forme ces troupes de douze ou quinze qu'on voitvoler 
ensemble dans cette saison, jetant une petite voix claire, seule- 
ment pour se rappeler; mais au printemps leur ramage prend 
«ine nouvelle modulation , de nouveaux accens ', et il devient 
beaucoup plus agréable. 

Arîstote assure que ces oiseaux sont attachés aux montagnes. 
BeloD nous dit qu'il les a voit observés en toutes contrées, et 
Belon avoit voyagé; il ajoute qu'ils quittent rarement les bois 
pour venir dans les jardins. AViUughby nous apprend qu'en. 
Angleterre ils fréquentent plus les jardins que les montagnes. 
M. Hébert est du même avis que Willughby, en restreignant 
toutefois sou assertion à l'hiver seulement. Selon Gesner, ilz ne 
paroissent qu'au temps des froids , et ib se tiennent dans lea en- 
droits marécageux et parmi les roseaux, d'oii ils ont tiré leur nom 
de miaaages de roseaux. M. Daubenton le jeune en a vu dea vo- 
lées au Jardin du Roi sur la fin de décembre, et m'a appris qu'on 

donocrpoDr de* c^uluti g^D^rini. Il wtprobibl* qna ca nid lUpcmdn h ana 
brineba dcuule nani^iiar l'ou, fait en (omt da uc, conpou de nsliira co- 
toDDnua al de plumn , trouva en t^^S tm eniirani de Pientilow diDa ta Marcba 



celui d'ni 



nppoaer qat 



le remia «mplaie dei plume* dîna le coniirnction de aon oid , ce qsi eat c< 

à UDtea lai Dbacrratiena ; au lien qne U métauge ■ limgii* ijaaiie lei esplaie Uut 

«a dedeiia qu^au dekoia, nail beamcoup plui au deitaus- 

■ e 11 chaut» «> plaiaaoaineal au prinUmpi , dit Belon , ^''il d^ ■ gnïre autra 

Ceneiditqae, dao* cette ntma laiinn , laméua^e i lanpe cgaane dit juieJia;, 
guick^, Sel«ii toute apparence , ce n'eit pu U le chant pliUi»iU iaat Belon ■ 
Tonln parler. D'antre* dÙKBt que cette DiéHnge • la fuis faible et un [Htit cri 
mt% clair, li. H, ti, ti ; naia ce petit cri n'ait pu aau douta la ramage qu'ail* 
lait entendre au priutciniii. 



DiailizodbvGoOgle 



DE LA MÉSANGE A LONGUE QUEUE. ^,y 

«n voyoit auez oomniunéinent dana le boû d« Boulogne. En&a 
les uns dùent qu'tia restent pendant l'hiver; les autres, qu'il» 
voyagent; d'autres enfin, qu'ils arrivent plus tard que les auli«a 
loi-sanges , d'oi!) ils ont été nommés miâaagw d« tuigv. Tous ces 
bila , tous ces avis contraires, jieuveDt être et sont, k mon sens , 
égaloment vraû : il ne but pour cela que supposer, ce qui est 
très-vraîsemUable, que ces oiseaux varient leur conduite t^a 
les circonstances des lieux et des temps ; qu'ils restent oA ils sont 
bien; qu'ils voyagent pour être mieux; qu'il» se tiennent sur la 
montagne ou dans la plaine', dons les terrains secs ou humi- 
des, dans les ftMvls ou dans les ver;gers, partout en un mot où 
ils rencontrent leur subsistance et leurs commodités. Quoi qu'il 
en soit , ils se prennent rarement dans les trëbuchels , et leur chair 
n'est point un bon manger. 

Leurs plume* sont presque décomposées, et ressemblent À un 
duvet £3rt long; ils ont des espèces de sourcils noirs; les paupières 
supérieures d'un jaune orangé , mais cette couleur ne paroit 
f>uère dans les sujets desséchés; le dessus de la tète, la gorge et 
tout le dessous du corps , blanc , ombré de noirâtre sur la poi- 
trine, et quelquefois teinté de rouge sur le rentre , sur les lianes 
et sons la queue; le derrière du cou noir, d'où part une bande de 
Blême couleur qui parcourt toute la partie supérieure du corps, 
entre deux larges bandes d'un rouge &ux ; la queue noire , bor- 
dée de fabnc ; la partie antérieure de l'aite noire et blanche; lea 
grandes pennes noirâtres ; les moyennes aussi , mais bordées de 
blanc, excepté les plus proches du corps qui le sont du même 
roux que ,1e dos; le fond des plumes cendré foncé; l'iris gris; le 
bec noir, mais gris à ta pointe ; et les pieds noirâtres. 

La bande blanche du sommet de la tète s'élargit plus ou moins, 
et qudquefois gagne tellement sur les bandes noires latérales , qua 
la léte paroît toute blanche dans quelques individus; le dessous 
du corps est tout blanc : tels étoient ceux qu'a rus fielon , et quel- 
ques-uns que j'ai observés moi-même. Dans les femelles , lea 
bandes btérales de la télé ne sont que noirAtres ou même variées 
de blanc et de noir, et le* couleurs du plumage ne sont ni bien 
décidées ni bien tranchées. Cet oiseau ne anrpasseguère le roitelet 
en grosseur; il pèse environ cent qualorse grains. Comme il tient 
■es plumes presque toujours hérissées, il paroit un peu plu* gros 
qu'il n'est réellement. 

Longueur totale, cinq pouce* deux tiers; bec, trois lignes et 
demie , plus épais que c^ui de la mésunge bleue, le supérieur un 



DiailizodbvGoOgle 



8o HISTOIRE NATURELLE 

jpeii cracha; la langue un peu plus large que celle de cette mèma 
méwnge bleue, terminée par des fileta; tarse, ^ept lignes et de- 
mie; ongle postérieur le plus fort de tous; vol, aix pouces et demi; 
queue , trois pouces et demi , composée de douse pennes inégales , 
irrégulièrement étagées, et toujoursaugraentant de longueur depuis 
la'plua extérieure, quia dix-liuit lignes, jusqu'à la cinquième, qui 
en a quarante-deux, plus ou moins; la paire intermédiaire n'en a 
que trente-neuf au plus ,etest à peîneégaleàla quatrième'; la queue 
dépasse les ailea d'environ deux pouces et demi; tube istestinal , 
quatre pouces. Jen'aiaperçuqu'un léger veBtigedecoecum;le gésier 
muaculeuxcontenoit des débris dematières végétales etd'insectej, 
il de noyau , point de petites pierres. 



LE PETIT DEUIL. 

J 'apteixe ainsi une petite mésangeque M. Sonnerat a rapportée 
du cap de Banne-Espérance , et dont il a &it paraître la descrip- 
tion dans le Journal de phytique. Les couleurs de son plumage 
sont en effet cellesquicomtituent le petit deuil :^du noir, du gris, 
du blanc. Elle a la tête , le cou , le dessus et le dessous du corps , 
d'ungriscendréclair; les pennes des aîles noires, bordées deblanc; 
la queue noii-e dessus, blancbe dessous; l'iris, le bec et las pieda 
noirs. 

Cette mésange se rapproche des précédentes , surtout de la 
mésange à longue queue, par la manière de fiiire son nid. Elle 
l'établit dans les buissons les plus épais , mais non à l'exlréniitû 
des branches, comme l'ont supposé quelques naturalistes :1e mâle 
y travaille de concert arec sa femelle; c'est lui qui, frappant de 
ses ailes avec force sur les câtés du nid, en rapproche les bords, 
qui se lient ensemble et s'arrondissent en forme de boule allon- 
gée. L'entrée est dans le flanc ; les œufs sont au centre , dana 1q 

• J« l'ii ifaifif inriionbnd'indi*idiu; mi*, cumin* cc> pcuDeiH djuclmfr 
{■cilaïuDtfOn pouiTOit, li l'an n'y pnuait giidg , Xamhtt iIidi qDdi|iiM mfpHtEt. 
Selon dit que ceLU miungc ■ la^cug tonrclmc comme l'hironilallf, >t il dît m 
tn#ma ctnps que ccUo qneue eit ittgit : il fani donc qil«j daat rinilivîdn qu^« 
Tn Belan, lu pennn d« ta queue K riiMent iJpar^f parqnelque cam* accîdcn-. 
tellfl, ca dcDTparlics, au lieu que, dant Itqr »t«atioa naturelle, elloaaont »|>cr- 
pméetlunneiaiii aulrai, au point que ta qneneparukfort étroite. Daniel TiLius 
s'ait aniti trompa , » diunt que Ja paire intermédiaire ^toil la plui longue A» 
toutes 1 c'eitla cinquimt paire qui aorpaat toaUs la sotrwea loB|u(ui. 



DiailizodbvGoOgle 



»E LA MÉSANGE HTJPPÉE. «i 

lieu ?e pin» «ûr et le plu» clisud. Tout ceU m trouve dam )e nid 
de U ménnge à longuequeue; man ce qui ne t'y trouve pas , 
c'est un petit logement séparé où le mâie le tient tandis que la 
femelle couve. 



LA MÉSANGE A CEINTURE BLAiSTCHE. 

Pi ou« ne lavoui pomt l^ôtoirede cette >néran^,n*. 7oD,Ëg. S, 
que noua avons vue dans le cabinet de M. Maudnit. M. HuUee 
n'en a point parlé. H pourrait m bire qu'elle ne ae trouvât pas 
en Dvnemarck, quoîqa'dle ait été envoyée de Sibérie. Silea sur 
la goi^ et le deVant da coa une plaque noire qui descend sur U 
poitrine, accompagnée de part et d'autre d'une bande blanche 
qui naft dea coins de la bouchb, paase lous l'oeil, descend en 
s'élargÎBMinl jusqu'aux ailes, et s'étend de cbaque cAté vat la poi^ 
bine , où elle prend une teinte de cendré , et ferme une lar^ 
onntnre; tout le reste du deauui du oorpa est gris roussètre, ta 
deMos aussi, mais plus foncé; la partie supérieure de la tête et 
du oou gris bran ( les converturei supérieures dn a3e«, leurs 
pemwa et celles de la queue , brun cend^ , les pennes des ailea et 
b penne extérieure de la queue j bordées de gris rouX; le bec et 
kl pieds noirâtres. 

LongHenr totale , cinq ponces t bec , aiz lignes ; tarse, sept ; 
queue, vingt-deux, dépasse le* ailes de quinse; elle est un peu 
élagée; en quoi t»tte espèce a plus de rapport avecla mouslachet 
le remis et la mésange à longuequeue, qu'avec les autres espèces , 
qui tontes ont la queue un peu fourbue. 

LA MÉSANGE HCPPÉE \ 

hjtxx a en el&t une jolie huppe noire et Uancbe qnî s'élève sur 
sa tête de huit ou dix lignes, et dont les plumes sont étagéee aveo 
une â^nte r^ularité. Hcm-seultanent eUe a reçu cette parure 
distinguée , elle est encore parfumée naturellement ; elle exhale 

■ Hiniigs caiCj«, à Looaiut, k puuch* j Blua|a crfUi, knppje, ckifc 
Buffet. II. 6 



DiailizodbvGoOgle 



8a HISTOIRE NATURELLE. 

une odeur «gréable qu'elle contracte sur les genévriers et antrea 
(trbres ou arbrisseaux résineux sur lesquels elle se tient presque 
toujours : et ces avantages , qui semblent appartenir exclusive- 
ment au luxe de la société , et dont il parott si difficile de jouir 
sans témoins, elle sait en jouir individuellement et dans la soli- 
tude la plus sauvage , moins pleinement peut-être, mais, à coup 
Bijr, plus tranquillement. Les forêts et les bruyères , surtout cell^ 
où il 7 a des genévriers et des sapins, sont le séjour qui luiplait; 
elle y vit seule et fuit la compagnie des autres oiseaux, même de 
»n espèce ' : celle de l'homme, comme on peut le croire, n'a 
pas plus d'attrait pour elle, et il &ut avouer qu'elle en est plus 
.heureuse. Sa retraite , sa défiance , la sauvent des pirges de l'oise- 
leur ; on la prend rarement dans les Irébuchets; et lorsqu'on en 
prend quelqu'une , on ne gagne qu'un cadavre inutile, elle refuse 
constamment la nourriture ; et quelque art que l'on ait mis à 
adoucir son esclavage , à tromper son goût pour la liberté, or 
n'a pu mcore la déterminer À vivre dans la prison. Tout cela 
explique pourquoi elle n'est pas bien connue; on sait aeulemeot 
qu'elle se nourrit, dans sa i^ère solitude, des insectes qu'elle 
trouve sur les arbres ou qu'elle attrape en volant, et qu'elle « le 
principal caractère des méanges, la grande fécondité. 

De toutes les provinces de France , la Normandie eat celle où 
elle est la plus commune; on ne la connoit, dit M. Saleme , DÎ 
dans l'Oméanaîs ni aux environs de Paris. Selon n'en a point 
.parlé, non plus qu'Olina, et il paroil qu'ÂIdrovande nel'avoit 
jamais vue; en sorte que la Suède d'une part, et de l'autre le 
nord de la France , semMent être les dernières limites de ses 



Elle a la gorge noire, le front blanc, ainsi que les jones, etce 
blanc des joues est encadré dans un collier noir assez délié , qui 
part des deux calés de la plaque noire de la gorge, et remonte en 
se courbant vers l'occiput ; une bande noire verticale derrière 
l'oeil; le dessous du corps blanchâtre; les flancs d'un roux clair; 
le dessus du corps d'un gris roux; le Ibnd des plumes noir; les 
pennes de la queue grises , et celles des ailes brunes , toutes bor- 
dées de gris roux , excepté les grandes des ailes , qui le sont en 



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SUITE DES MÉSANGES. 85 

j»TÛe de blanc wle ; le bec noirâtre , et les peds de couleur 
plombée. 

Willughby > vu one teinte de verdAtre sur le dos et sur le 
tnrd extérieur des pennes de le queue et des ailes. Gbarleton a 
vanneleintesemblablesurlea plumes qui composent la huppe; 
ipparemment que ces plumes ont des reflets, ou bien ce sera une 
petite Tsriété d'flge ou de sexe, etc. 

Cet oiseau, n*. 5o3, fig. s, pèse environ le tiers d'une once, 
et n'est guère plus gros que ia mésange k longue queue. 

Longueur totale, quatre pouces deux tiers ; bec, cinq L'gnes et 
iaùe; langue terminée par quatre filet»; tarse , huit lignes ; ongle 
poatérieur le plus fort de tous ; vol , sept pouces et demi ; aile coni< 
yie de dix-huit pennes; queue, vingt-deux lignes et plus, un 
pni iburchue, composée de douxe pennes, dépasse les ailes de 
dix lignes. 

OISEAUX ÉTRANGERS 

QUI ONT RAPPORT AUX MÉSANGES. 

I. LA MÉSANGE HUPPÉE DE LA CAROLINE. 

Li huppe de cette mésange étrangère n'est point permanente, 
«t n'ïst véritablement une huppe que lorsque l'oiseau , agile de 
qoelque passion , relève les longues plumes qui la composent, et 
tlon die se termine en pointe ; mais la situation la plus ordinaire 
deoes {dames est d'être couchées sur la tête. 

Cet oiseau habite, niche et passe toute l'année à la Caroline, k 

Is Virginie i et probablement il se trouve au Groenland , puïs- 

i|aeM. Huiler lui a donné place dans sa Zoologie danoise. Il se 

'Hatdans les forêts, et vit d'insectes comme tontes les mésanges. 

Uest plus gros que l'espèce précédente, et proportiounédififêrem- 

I iiieut; car il a le bec plus court et la queue plus longue. Il pè» 

I oiTiroD quatre gros. Son plumage est assez uniforme: il a le front 

I '»Dt d'une espèce de bandeau noir; le reste du dessus de la tête 

et du corpa , et même les pennes de la queue et des ailes , gril 

Kxicé; le dessous du corps blanc, mêlé d'une légère teinte de 

muge, qui devient plus sensible sur les couvertures inférieures 

ie» ailes ; le bec noir, et les pieds de couleur pl<Habée. 

. U femelle ressemble paÀitement au mAk, 



DiailizodbvGoOgle 



«4 HISTOIRE NATURELLE. 

Ix>ngnenr totale, environ lixpoucw; bec, cinq lignes et dv 
mie; Une, huit ligne* et demiej doigt du milieu, sept ligaet; 
'ongle poatérieur le plus fort de tous \ queue, deux pouces etdemi ; 
composée de douce pennes, dépasse les ailes d'environ seiae 
lignes. 

n. LA MESANGE A COLUER. 

Il semble qa'oa ait coîfEè cette mésange d'un capuchon noir 
na pen en arrière sur une tête jaune, dont toute la partie anté- 
rieure est A découvert; la gorge a aussi une plaque jaune, au-des- 
sous de loqudle est un collier noir; tout le reste du deasons du 
corps est encore jaune , et tout le dessus olivAtre ; le bec noir, et 
les pieds bruns. L'oiseau est k peu près de la taille du chardon- 
neret ; il se trouve à la Caroline. 

Longueur totale, dnq pouces; bec, six lignes; tarse, neuf 
ligne»; qaeue, vingt-une lignes, un peu fourchue, dépasse les 
«îles de dix lignes. 

m. LA MÉSANGE A CROUPION JAUSR 

Elle grimpe sur les arbres comme les pics, dit Cateaby,et^ 
comme eux, fait sa nourriture ordinaire des insectes. Elle a l«i 
bec nokltre et les pieds bruns ; la gorge et tout le desMoa du 
corps gris; la t£te et teut le dessus du corps jusqu'au bout de In 
queue, compris les ailes et leurs couvertures, d'un brun ver- 
dâtre,A l'exception toutefois du croupion, qui est jaune; ce 
croupion jaune est la seule beauté de l'oiseau, le seul trait remar- 
quable qui interrompe l'ins^ide monotonie de son plumage , et 
c'est l'attribut le plus saillant qu'on pût bire entrer dans sa déno* 
nination pow caractériser l'espèce. La femelle ressemble au 
mâle : tous deux sont un peu moins gros que te chardonneret, 
et ont été observés dans la Virginie par Cateabf . 

Longueur totale, environ dnq pouces; bec, dnq lignes, tarse, 
huit lignes; queue,vingt-unelignes, un peu fourchue, composée 
dedouxe pennes', dont lesintermédiaires sont un peu plus courte* 
. que les latérales, dépasse les ailes d'environ dix lignes. 

IV. LA MÉSANGE GRISE A GORGE JAUNE. 

Non-seulfflDent la goi^ , mais tout le devant dn con , est d'un 
beau jaune , et l'on voit encore de chaque cAlé de la t£le, ou plu.< 
lât de la base du bec supérieur ,, une petite échappée de cetttt 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE DES MÉSANGES. 85 

eoulenrt Iv rote du detaoua du corps est blanc avec quelques 
moudieturefl nmrea sur les flancs; tout le dessus est d'un joli 
gris; un bandeau noir aoum ta front, s'^nd sur les yeux et 
descend des deux c6té» sur le cou , accompagnant la plaqua 
jauDe dont j'ai parlé ; les ailes sont d'un gris brun etmarquées 
de deux taches Uaaches; la queue noinet blanche; le bec soir, 
et les pieds bruns. 

Ia femelle n'a ni ce beau jaune qui reltre le plumage du màlei 
ni ces taches noires qui Font sortir les autres couleora. 

Cet oiseaa est commun k la Caroline ; il ne pèse que deux gros 
et demi, et cependant H. Brisson le croit aussi gros que notre 
charbonnière , qui en pèse sept ou huit. 

longueur totale, cinq pouces un tien; bec, six lignes; tarse, 
huit lignea fit demie; ongles tris-longg , le postfoieur le plus fort 
de tous; queue, vingt-six lignes , un peu fourchue, composée de 
doue pennes, dépasse les ailes de quatorze lignes. 

V. LA. G&OSSE MÉSANGE BLEUE. 

I« figure de cet oiseau a été communiquée par le marquis 
Fachînelto i Aldrorande , qui ne l'a vue qu'en peinture; elle 
&iK>tt partie des dessins coloriéa d'oiseaux que certains voyageurs 
jiponais offrirent au pape Benoît XtV, et qui n'en furent pas 
moiiia suspects à Willughby : cet habile naturaliste les rc^rdoit 
comme des peinturrs de fantaisie , représentant des oiseaux ima- 
ginaires ou du moins très-défigurés ; maïs par exactitude nous 
sUuna rapporter la description d'Aldrovande. 

Le bleu clair régnoit sur toute la partie supérieure de cet 
(Hseau , le blaoo sur l'inlërieure i un bleu très-foncé sor les pennes 
de la queue et des ailes : il avait l'iris de couleur jaune; une 
tache noire derrière les yeux ; la queueauasi longue que le corps ^ 
et les pieds noirs et petits. Ces petits pieds ne sont pas des pieds 
de mésange; d'ailleurs toute cette description retire une certaine 
uniformité qui ne ressemble gutrei la Nature, et qui justifie les 
soupçons de "Willugbby. 

VI. LA MÉSANGE AMOUREUSE'. 

Ia Chine a aussi ses mésanges : en voici une dc»it nous devons 
h oonnoissance h M. l'abbé Gallois, qui l'aroit apportée de l'ex- 

> QD*1uiu*.wluidoaa«iilsasM ds «ftaa0Ûi«M«j ■ uuH il(u loba soirs 



DiailizodbvGoOgle 



86 HISTOIRE NATURELLE 

trénùté ^ l'Asie, et qui la fit voir à M. Commerson en 1769- 
Ceat aor U foi de celui-ci que je place cet oiaeftu à la auite des 
mésanges, dont il a'élatgne visibleinent par U longueur et k forme 
de son bec. 

Le surnom d'amoureuse donné à cette espèce indique aiwex la 
qualité dominante deaoo tempérament : en effet, le mile et la fe- 
melle ne cessent de se caresser; au moins, dans la cage, c'est leur 
uniqne occupation. Ib s'y livrent, dit-on, jusqu'à l'épuisement, 
et de cette manière non-seulement ils charment les ennuis de la 
pvison,inBiailR les abrègent; car on Knt bien qu'avec un pareil 
régime ils ne doivent pas vivre fort long-temps , par cette règle 
générale que l'intensité de l'existence en diminue la durée. Si tel 
est leur but , s'ils ne cherchent en effet qu'à ikire finir prompte- 
ment leur captivité, il but avouer que, dans leur désespoir, ib 
savent choisir des moyens asses doux. M. Commerson ne noua 
dit pas si ces oiseaux remplissent avec la m^me ardeur toutes les 
autres fonctions relatives à la perpétuité de l'espèce , telles que la 
construction du nid, l'incubation, l'éducation, enfin sib pondent 
comme nos mésanges un grand nombre d'ceuK. D'après la marche 
ordinaire delà natnre,quiest toujours conséquente, l'affirmative 
est assez probable, avec toutes les modifications néanmoins que 
doivent y apporter la différence de climat et les blsarreries do 
l'instinct particulier , qui n'est pas toujours aussi consé<[uent que 
Is Naturel 

Leur plumage est en entier d'un noir d'ardoise, qui règne éga- 
lement sur le dessus et le dessous du corps, et dont l'uDirormilé 
n'est interrompue que par une bande mi-partie de jaune et de 
roux posée longitudinal ement sur l'aile , et formée par la bordure 
extérieure de quelques-unes des pennes moyennes : cette bande 
a trois dentelures à son origine , vers le milieu de l'aile , qui est 
composée de quinae ou aeize pennes asseï peu ditfôrentea en lon- 
queur. 

La mésange amoureuse pèse trois gros : elle est de la forme de* 
autres mésanges, et d'une taille moyenne ' ; mais elle a b queue 
courte , et par cette raison sa longueur totale est d'autant moindre, 
et de cinq pouces un qnart seulement; bec, huit lignes, noir à la 

(t At m pititw niBcIiFttH, cnmine an ■ àouai U nom de «AanaÛM ><■ boa— 

> H. CcnninerKin , dini nu nota écriu it i* intïn , sprls noir 3it qn'rllir a» 
pHoiti|ng iraii f^ot , ajoniii igu'rllc ul Ar U taille de noin gnut charbonnibiv ^ 
qii cipcodant fit» un* roii iIaTUiti|t, «D notni. 



D,a,l,zt!dbvG00gIe_ 



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L.U SiUvllf . 



■''S' »'■ 3,U0r.mp«-«. d,mu.«J1.. 



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DE LA SITTELI.E, 87 

Imm, d'an orangé vif i l'extrémité opposée , la pièce supérieure 
excédant tin peu l'iniérieure, et ayant set bords légèrement échan- 
crésTera la pointe; langue comme tronquée par le bout,«iasi qne 
dans les autres mésanges; tarw, huit lignes; doigt du milieu le 
plus long de tous, adhérent par sa première phalange au doigt 
extérieur ; les ongles fermant un demi-rorcle par leur courbure , 
le postérieur le plus fort de tmis; Tol,sept pouces et demi; queue 
près de deux pouces, un peu fourchue, composée dedouoe pennes' 
dépasse les ailes d'un pouoe et plus. 

La mitaaga noire ou cela de M. Linnseus a des rapports frap- 
jpans avec cette espèce, puisqu'elle n'en diflère, quant aux cou- 
leurs, que par son beo blanc, et par une tache jaune qu'elle a 
sur les couvertures supérieures de la queue. M. Linmeus dit 
qu'elle M trouve aux Indes; mais il fant que ee soit aux Indes oo- 
ddentales, car H. le Page Duprats l'a vue k la Guiane. Malgré 
eetle grande difTérence de climats , on ne peut guère s'empêcher 
de ia regarder comme une nmple variété dans l'espèce de la mé- 
ssnge amoureuse de la Chine : pour s'expliquer plus positivement, 
il faudroit oonnoitre la ta^te , les dimensions et surtout les habi- 
tudes naturelles de cet oiseau. 



LA SITTELLE ', 

VUIAAlItBMENT LE TORCHE-POT. 

La plupart des noms qne les modernes ont imposés k cet oiseau 
ne présentent que des idées fausses ou incomplètes , et tendent à 
le confondre avec des oiseaux d'une toute autre espèce : tels sont 
les aonu de pic cendré, pic de mai, pic bleu, pic-maçon , pico- 
uUe , tape-bois, casa» -noix, casse - noisette , grimpard, grand 
gritnpereau, hoche-queue, cendriiU. Ce n'est pas que les propriétés 
diverses indiquées par ces diSérens noms ne conviennent à l'es-: 
pèce dont il s'agit dans cet article; mais, ou elles ne lui convien- 
nent qu'en partie , ou elles ne lui conviennent point exclusive- 
ment. Cet oiseau frappe de son bec l'écorce des arbres, et même 

' En L«i>>Be , nof on , pic-mafo» ( LoUlog" ) j •» Nonii.i.ai. , ftrct-pet. 
aatoofaii chaïute-pot, kIob GolgriTe ; n Piiirdia , grimpard on grimpant ; 
h JwnuliiD, ctnJrilIt; aillnn, doi bitu, pic-bUu, capa-toit, hi^ut-holê 
ttnJri, etuf-aolM, Me.; m OsoplÙDi, flanot. 



DiailizodbvGoOgle 



88 HISTOIRE NATURELLE 

RCec plaa d'effort et de bruit que les pici et les ménngea '. Do 
plus , il a beaucoup de l'air et de la contenance de cea dernières ; 
mais il en diffère par la forme du bec, et des premiers par U 
forme delà queue ' , des pieds et de la langue. Il grimpe sur les 
troncs et les branches comme les oiseaux auxquels l'usage a con^ 
sacré le nom de grintpereaux ; mais il en diffère par son bec et 
par l'habitude de casser des noix, et d'autre part il diffère du 
casse-noix par l'habitude de grimper sur les arbres. Enfin il a 
dans la queue un mouvement alternatif de haut en bas , comme 
les lavandières; mais il a des moeurs et des allures entièrement 
différentes. Pour éviter toute confusion, et conserver, autant 
qu'il est possible, les luxus anciens, j'ai donné à notre oiseau ce- 
lui de êittelU, d'après les noms grec et latin rn%, tiUa , et 
comme il a plus de choses communes avec les mésanges d'un» 
part , et de l'autre avec les grimpereaux et les pics , qu'avec au- 
cune autre famiUe d'oiseau , je lui conserverai ici la place que 
ht Nature semble lui avoir marquée dans, l'ordre de ses produc- 
tions. 

1m sittelle, n*. 633 , 6g i, ne passe guère d'un pays à fautre;. 
elle se tient, l'hiver comme l'été, dans celui qui l'a vue naître i 
seulement en hiver elle cherche les bonnes expositions, s'appro- 
che des lieux habités, et vient quelquefois jusque dans les vergers. 
et les jardins. D'ailleurs elle peut se mettre i l'abri dans les mê^ 
nies trous o& elle fait sa ponle et son petit magasin , et où proba- 
blement elle passe toutes les nuits; car dans l'état de captivité,, 
quoiqu'elle se perdie quelquefois sur les bâtons de sa cage , elle 
cherche des trous pour dormir , et, fkute de trous , elle s'arrange 
dans l'auget où l'on met sa mangeaille. On a aussi remarqué que, 
dans la cage, lorsqu'elle s'accroche , c'est rarement dans la situa-, 
tion qui semble la phu naturelle, c'est-à-dire, la léte en haut,, 
mais presque toujours en travers et même la tête en bas : c'est de 
cette iàçon qu'elle perce les noiselies,, après les avoir fix^ soli- 
dement dans une fente. On la voit courir sur les arbres dan» 

■ II canum cttu bibitod* m ug. 
tron poor rïch^pcr ; il en fnpp« k ti 

^•pnit d«ii an Inù joi^'k knlt on ogitf jil um (ioû dn cvreni d* Titra •» 
I«> gUci ia miroir. 

■ H. H(Mhriiigdilqu1UI«praB(«a«hqnniaM>anjï*p>Bd>nta«lan»o;t 
naili^ ta eontraire IcmgHtciipt inpiiinnt , et c'st nSno une àm trou diff^- 
n-Dca* prineipiUe cpim iTsit oUan^n entre U littella et lei piu. Pour Bai , \'»i, 
Tii eonacBit^nj j, Hnip;m«« ^ K- Moebrii>s d'& m qa« pu Ici j<i» a*!».- 



DiailizodbvGoOgle 



DE LA SITTELLE. 89 

touta les directïoni pour donner la ctuMe aux inaectei. Aristote 
dit qu'elle ■ l'halntude de cauer les oeu& de l'aî|ile , et il eat paMi- 
ble en efiet qu'à fbroe de grimper elle «e loit élevée quelqueibia 
iuaqu'Â l'airede ce rot dcsoîieaux; il eat pouible qu'elle ait percé 
et mangé aea oeu6, qui aont moina durs que les lUHseltes : mais 
oo ajoute trop légèrement que c'est une des causes de la guerre 
que les aigles font aux aittelles ' ; comme si un oîae*u de proie 
■voit besoin d'un motif de Tengeanoe pour être l'ennemi des oi- 
seaux plus foibles et les dévorer. 

Quoique la aîtlelle passe une bonne partie de son temps à 
grimper, ou, si l'on veut, A ramper sur les arbres, elle a néan- 
moins les mouvemens très-leates et beaucoup plu* prompts que 
le moineau : elle les a aussi plut lians et plus doux ; car elle bit 
moins de bniit en volant. Elle se tient ordinairement dans lea 
bois, o& elle mène la vie la phu solitairei et cependant, lors- 
qu'elle se trouve renfermée dans une volièreavec d'autres oiseaux 
comme moineaux, pinsons, etc. , elle vit avec eux en ibrt bonne 
intelligence. 

An printemps, le mâle a un chant ou cri à'unout , guirie, 
gitiric, qu'il répète souvent ; ^est ainsi qu'il rappelle sa femdle. 
Celle-ci se fait rappeler, dit-on, fort long-tetups avant de venir; 
mais enfin elle se rend aux empressemens du mâle , et tous deux 
travaillent i l'arrangement du nid : ils l'établissent dans un trou 
d'arl»e ' ; et s'ils n'en trouvent pas qui leur ctmviennent , ils en 
font un à coups de bec, pourvu que le bois soit vermoulu : si 
l'ouverture extérieure de oe trou est trop brge , ils la rétrécissent 
avec de la terre gnuse, quelquefois même avec des ordures qu'ils 
gAchent et bçonnent, dit-on, comme féroit un potier, fortifiant 
l'ouvrage avec de petites pierres , d'od leur est venu le nom de 
pic-maçQn et celui de torchn-pot, nom qui , pour le dïn en pas- 
sant, ne présente pu nne idée bien claire de son origine '. 



■ Quidam clamatorùui 


Jlcumt 


, L^ttù prohiUtoriam 


,Map 


uJ Nigidium 




oi-ù fua 


a^ulla, 


rum ena frangat. (Ph 


a.Sat. 


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9» HISTOIRE NATURELLE 

Lenid étant ainai arrangé, wtuc i]ui le regai-dent par dehori 
n'imagineroient pas qu'il recelai dea oûeaux. Ia femelle j pond 
cinq, six et jusqu'à sept œufi de forme ordinaire, fond blanc 
sale , pointillé de rouuâtre ; elle lea dépose sur de la poussière ds 
bois, delà mousse, etc. ; elle le* couve avec beaucoup d'asaiduité, 
et elle y est tellement attachée, qu'elle se laisse arracher lea plu- 
mes plutôt que de les abandonner. Si l'on fourre une baguette 
dans son trou , elle s'enflera , elle sifflera comme un serpent, ou 
jilutdt comme feroit une mésange en pai-eil cas i elle ne quitte pas 
même ses aeu& pour aller à la pâture, elle attend que «on mâle 
lui apporte k manger, et ce mâle parolt remplir ce devoir avec 
afiéction. L'un et l'autre ne vivent pas seulement de fourmia, 
comme les pics, mais de chenillea, de scarabées, de cerb-volans 
et de toutes aorte* d'insectes, indépendamment dea noix , noi- 
aettes ', etc. Aussi la chair de leura petits, lonqu'ils sont gras, est- 
elle un boa manger , et ne «ent point la sauvagine comme celle 
despica. 

Les petits éctoient au mois de mai * : lorsque l'éducation est fi- 
nie, il est rare que lea pfere et mère recommencent une seconde 
ponle ; mais ils se séparent pour vivre seuls pendant l'hiver, cha- 
cun de son c6té. 

« Les peysana ont observé, dit Belon, que le mftie bat sa lè- 
« melie quand il la trouve lorsqu'elle s'eat départie de lui , dont 
« ils ont ait un proverbe pour un qui se conduit' sagement en 
« ménage, qu'il ressemble au torche-pot. u 

BIaia,quoiqu'ilenaoit de la sagesse des maris, je ne crois point 
que, dans ce cas particulier, celui-ci ait la moindre intention d« 
battre ta femme : je croiroia bien plutSt que cette femelle, qui ae 
&it désirer si long-temps avant la ponte , est la première à se re- 
tirer après l'éducation de la famille , et que, lorsque le mâle U ren- 
contre après une absence un peu longue , il l'accueille par de* ca" 
resses d'aulant plus vives, même un peu brusques , et que des 
gens qui n'y regardent pas de si prèa auront prises pour de mau- 
vais Iraitemens. 



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DiailizodbvGoOgle 



DE LA SITTELLE. gi 

Ia oittelle te tsit la plus grande partie de l'aimée : son cri or- 
âinaire eat ti,ti,ti, li, tt, ti, li, qu'elle répète en grimpant au- 
tour des arbres, et dont elle précipite la mesure de plus en plus. 
M. Linnteus nous apprend, d'après M. Strom, qu'elle chante 
aussi pendant la nuit 

Outre ses différens cris et le bruit qu'elle &ît en battant l'h- 
corce, lanttelIesBÎt encore, en mettant son bec dsns une fente , 
produire un antre son trèe^ngulier , comme si eUe fàiicnt éclater 
l'arbre en deux, et si fort qu'il te &it entendre A plus de cent 
toises '. 

On « observé qu'elle marchoit en sautillant , qu'elle dormoït le 
tite sons l'aile , et qu'elle passait la nuit sur le plancher de «a ca{Ee, 
quoiqu'il y eât deux juchoirs où elle pouvoit se percher. On dit 
qu'elle ne va point boire aux fontaines , et par conséquent on ne 
la prend point i l'abreuToir. Schwenckfeld rapporte qu'il en a 
pris nuTent en employnnt le suif pour tout appât ; ce qui est un 
nouveau trait de conformité avec les mésanges, qui, comme on 
Tivu, aiment toutes les graisses. 

I« mâle pèse près d'une once , et la femelle cinq à six gros seu- 
lement '. Le premier a toute la partie supérieure de la tête et du 
corps, et même les deux pennesintermédiaires de U queue, d'un 
cendré bleuAtre ; la gorge et les joues blanchâtres ; la poitrine et 
le ventre orangés; les flancs , les jambes et les environs de l'anus, 
d'une teinte plus rembrunie tirant au marron; les couvertures 
inférieures de la queue, blanchStres , bordées de roux, s'étendant 
à cinq lignes du bout de la queue ; un bandeau noir qui part des 
narines,paiiesurles yeux et s'étend en arrière au-delà des oreil- 
les; les grandes couvertures supérieures et les pennes des ailes, 
brunes, bordées de gris plus ou moins foncé; les pennes latéralea 
dels queue, noires, terminées de cendré; la |d us extérieure bor- 
dée de blanc sur la moitié de sa longueur , et traversée vers le 
bout par une tache de m6me couleur; les trois suivantes mar- 
quées d'une tache blanche sur le côté intérieur; le bec cendré 
dessus, plus clair dessous; les pieds gris ; le fond des plumes cen- 
dré noiritre. 

ÎM bmelle a les couleurs plus bibles : j'en ai observé une, le 

' Oui» Inr /DfiM, rofu<, (oyur, contre I* bail, eu oUumIraUCnt Unr 
hrc contre de* bnnchn ttclia et cniu«, u Cont na hruii grrrrrm i^n'aii eatcnil 
de irh-loin , rf (pi'oB ia.ginmit venir d'im oUeaa lingl roii plu groa. 

' Cn indi*ida deuichJ k It cbeaint* dapaii hd «n , «t fort bien coatmi, n* 
p«*oil que ileai (tei *t dmi. 



DiailizodbvGoOgle 



9» 



HISTOIRE NATURELLE. 



3inû,qmaToittoutkdeBsoiu du corps, depuiaTaniia jusqu'ils 
base du cou, sana aucune plume, comme c'eit l'ordinaire dans 
les femelles des oiseaux. 

Longueur totale, six pouces; bec, dix lignes, droit, no peu 
renflé dessus et dessous, les deux pièces à peu près égales, la ]^èce 
supérieure «ans échancrure ; narines presque rondes, à demi re- 
couTertea par de petites plumes qui naissent de la base du bec, et 
dmit l'alignement est parallèle à son oorerture; b lai^oeplater 
plus large à sa base. 

VARIÉTÉS BE LA SITTELLE. 

Lb type de ce genre d'oiseau parolt tris-ferme et n'avoir été quo^ 
foiblement modifié par les influences des climats dî«rs : c'est pai> 
tout les mêmes allures, les mêmes balntudes naturelles; toujours 
du gris cendré sur la partie supérieure, du roux plus ou moins 
clair, et tirant quelquefois au blancbâtre sur la partie inférieure. 
Tjib prindpale diiférenoe est dans la grandeur et les proportions ; 
et cette différence ne dépend pu toujours du dimat ! d'ailleurs 
elle D'»t [as sulËsiinte poiu- constituer des espèces diverses; et, 
après avmr comparé avec grande attention nos sittefles euro- 
péennes avec les étrangères, je ne puis ni'empécher de rapporter 
celles-d aux premières comme des variétés qui appartiennent à la 

Je n'en excepte qu'une seule qui en diffère à plusieurs ^rds, 
et qui d'ailleurs , par son beo un peu courbé, me semble £iire la 
nuance entre les sittelles et les grimpereaux. 

I. io^wïtrtsùAtfs. On ne peut parierdeoeHevariété de gran- 
deur que d'après Belon : elle est , selon lui , beaucoup plus petite 
que la sitlelle ordinaire; du reste, même plumage, même bec, 
mêmes pjeds , etc. Elle »e tient aux bois comme la grande , n'est 
pas taoini solitaire; mais, pour me servir des expressions do Be- 
lon , « elle est plus criarde , allègre et vioge. On ne voit jamais le 
« mâle en compagnie antre que de sa femelle ; et s'il rencontre 
« qudque autre individu de son espèce { sans doute quelque 
« mile ), il ne cesse de l'aitaquer , de le harceler , de lui &ira une 
» guerre opiniâtre, jusqu'à ce que ce rival lui cède la place; et 
u alors il se met à crier de toutes sesforoes et d'une voir en faus- 
« set , comme pour rappeler sa teraelle el lui denwnder le prix 



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TARIÉTÉS DE LA SITTELLE. <,5 

« cle sa Ticloîre. » C'ett apporetnment dam cette circonstance 
que Belon lui a tronvé la Tobc pliu haataine que ne Ta la sîttello 
ordinaire. 

Il LaaitUlUdu Canada: n*. GaS, fig, a. EUe grimpe, dit 
M. BriMon , et court aur les arbres comme la nôtre, et n'en diflère 
que par la couleur du bandeau, qui eat blanchâtre cbev elle j en* 
cône s'en rapproche-t-elle par une tacbe noiiitre qu'elle a der< 
rièi*e l'oeil : en y regardant de bien prËs , on trouve encore quelque 
diversité dam les nuances et les propordoni; mais tout cela se 
■aîaira mieiix et plus facilement par la compandaon dea figures 
que par celle des descriptions. Cette sittelle est à peu près de la 
taille de la variété précédents. 

Longueur totale, quatre pouces dix lignes; bec, sept lignes et 
demie; tarse, sept lignes; doigt du milieu, six et demie; ongle 
postérieur le plus fort de tous; vol, sept pouces un quart; queue, 
diz-bnit ligne*, ciHnposée de douna penne* égale*, dépasse le* 
ailea de huit lignes. 

m. La aituUe à hupjM noir*. Cette huppe noire, et une es- 
pioe de rayure noire et blanche vers le bout des pennes de la 
queue , sont les principales différences qui distinguent cette sit- 
(cUb de la n6tre. On ne lui voit point de bandeau noir; mais il 
est censé se perdre dans les bords de la calotte de même couleur 
qui couvre h t^. Son pays natal est la Jamaïqne , où H. Sloane 
l'a observée. Elle se nourrit d'insectes comme le coq de roche, 
dit oe voyageur philosophe ; on la trouve dans les buissons des 
havanes. Elle est si peu sauvage et se laisse approcher de si près , 
qu'on la tue souvent k coups de bâton; c'est ce qui lui a {ait don" 
Der le nom d'oUaauJhu. E^e est & peu prbs de la taille de notre 
' aîlteUe ordinaire. M. Sloane remarque qa'elle a la tête grosse. 

Ijongueur totale, dnq pouces cinq bgnes; bëc, onze lignes, 
triangulaire , comprimé , environné à sa base de petits poils noin ; 
narines rondes; tarse et doigt du milieu, dix-sept lignée; ongle 
postérieur le plus fort de tous; vol, dix poucee; queue, deux 
ponces deux tiers. 

IV. ta petite sittelle à kappa noirs. Tout ce que M. Browae 
nous apprend de cet oiseau, <^e>t qu'il habite le mente paya que 
le précédent, qu'il est plus petit, mais qu'il lui ressemble k tous 
autres ^rds. U pourrait se fiiire que ce fût un jeune qui n'eût 
pas encore pris tout son accroissement , et le nom que lui a donné 
M. Browne conduit k le penser ainsi. 



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gi HISTOIRE NATURELLE 

V. LasUlelUà tiu noire. Elle a letmème* allures que la nAlre, 
]ft même habitude de grimper , aoit en rooatant , soit en deiceii- 
dant; elle re*te aussi toute l'année dans son pnyS) qui est la Caro- 
Une. Son poids est de quatre gros un tiers ; elle a le dessus de la 
tète et du cou recouvert d'une espèce de capuchon noir, et les 
pennes kténi es de la queue variées de noir et de blanc ; du reste, 
c'est le mSme plumage de la siltelle d'Europe, cependant un peu 
plus blanchâtre sous le corps. 

Longueur totale , cinq pouces un quart ; bec , neuf lignes ; 
tarse, huit et demie; doigt du milieu , neuf ^ ongle postérieur le 
^usfbrt de tous ; queue, dix-neuf lignes, ne dépasse point les ailes. 

TI. La petite tittelU à tite brun*. Joignez a cette marque dis- 
tinctive que j'ai bit entrer dans la dénomination de cet oiseau , 
une teche blanchâtre qu'il a derrière la tête, la couleur brune 
des couvertures supérieures des ailes, et la couleur noire uni- 
ferme des pennes latérales de la queue, et vous aures les princi- 
pales diSërences qui sont propres k cette variété. Elle est aussi 
beaucoup plus petite que les précédentes; ce qui, joint aux difii^ 
rences marquées dans le plumage, ne permet pas de confondre 
cet oiseau, comme M. Brisson semble avoir été t^ité de le fiùre, 
avec U seconde espice de sittelle de M. Sloane dont nous allon» 
parler dans l'article suivant. Celle dont il s'agit dans cet article 
ne pèse que deux gros; die reste toute l'année à la Caroline, où 
elle vit d'insectes comme la tittelle à tête noire. 

Longueur totale, quatre pouces un tiers ; bec, six b'gnea ; queue, 
qoatone lignes, composée de douze pennes égales, ne dépasse 
presque point les ailes. 

OISEAUX ÉTRANGERS 
QUI ONT RAPPORT A LA SITTELLE. 



LA GRANDE SITTELLE A BEC CROCHU. 

VI "ut en eSèt la plu* grande des sittelles connues. Son beo, 
quoique assez droit, est renflé dans son milieu et un peu crochu 
par le bout. Ajoutez que les narines sont rondes, les pennes de 
la queue et des ailes bordées d'orangé sur un fond brun , la goige 
blanche, la tête elle dosgris, ledestouidu corps Idanchâtre, et 



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DEiS GRIMPEREAUX. *,$ 

vous anreE lea principaux attributs de cette espèce , qne H. Soane 
■ observée à la Jamaïque. 

Longueur totale, enriron sept pouces et demi ; bec , huit 
lignes un tien; la pièce supérieure un peu renflée dans sa partie 
moyenne ; doigt du milieu, huit lignes un tiers; vol , onae pouces 
uo quart; queue , enriroD trente-4roi* lignes. 

H. LA SITTELLE GHIVELÉE. 

Toici encore une espèce de sittelle d'Amérique, au bec un peu 
crochu, mais qui diffère de la précédente par la laille, le plumage 
et le climat. Son pays natal est la Guiane hdlandaise. 

Elle a le dessus de la t^te et du corps d'un cendré obscur; les 
couvertures supérieures des ailes de la même couleur , mais ter- 
minées de blanc; la gorge blanche; la poitrine et tout le dessous 
du corps d'un cendré moins foncé que le dessus, avec des traits 
tdancs semés sur la poitrine et les câtés.ce qui y forme une espèts 
de grivelure ; le bec et les pieds bruns. 

Longueur totale, environ six pouces; bec, un pouce; tarse, 
sept lignes et demie; doigt du milieu, huit 4 neuf lignes, plus 
long que le doigt postérieur; l'ongle de celui-ci le plus fort de 
tons; queue, environ dix-huit lignes, composée de douze pennes 
à pea près é^lea, dépasse les ailes de Ireiie à quatorze lignes. 



LES GRIMPEREAUX. 

pi oua avons déjà vn plusieurs oiseaux grimpans, les siltelles et 
les mésanges ; nous en verrons d'autres encore dans la suite, tels 
que lea pics ; et cependant ceux qui composent le genre dont 
nous allons parler sont les seuls auxquels ou donne générale- 
ment le nom de grimpereaux. Ils grimpent en effet très-légère- 
ment sur les arbres , soit en montant , soit en descendant , soit 
sur les branches , soit dessous ; ils courent aossi fort vite le long 
des poutres , dont ils embrassent la came avec leurs petits pieds : 
mais ils différent des pics par le bec et la langue, et des sittelles 
et mésanges, seulement par la forme de leur bec, plus long que 
celui des mésanges, et plus grêle, plus arqué que celui des sit- 
telles; aussines'enservent-ils pas pour frapper l'écorce, c 
ïont ces autres oiseaux. 



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^6 HISTOIRE NATURELLE 

Pluiienrs etpèoes étrangères qui appartiennent au genre des 
grimpereaux, ont beaucoup de rapport avec ]e« co]ibrii,et leur 
ressemblent par la petiteaee deleurUille, parlesbeUea couleura 
de leur plumage, par leur bec menu et recourbé, mai* plas ef- 
filé, plos tiré en pointe , et formant un an^ plua aigu , au lieu 
que celui dea colibris e«t à peu près d'une groueur é^le dana 
toute aa longueur, et a même un petit renflement rera «on ex- 
trémité : de plui] lea grimpereaux ont en général lea pieds plua 
Goui-ts , les niles plus longues , et douxe penne» k ta queue ', tan- 
dis que les colibris n'en ont que dix. Enfin les grimpereaux n'ont 
pas, comme les colibris, U langue oompoaée de deux demi- 
tu^ux cjrlindriques, qui, s'appliquant l'un k l'autre, forment 
un tuyau entier, un vérilable organe d'aspiration , plus anah^us 
■ la trompe des insectes qu'à la langue des oiseaux. 

Il n'en est pas non plus du genre des grimpereaux comme 
de relui des colibris, par rapport à l'espace qu'il occupe sur ]a 
globe. Les colibris paroîssent appartenir exclusivement au con- 
tinent de l'Amérique ; on n'eu a guère trouvé au-delà des con- 
trées méridionales du Canada, et à cette baateur l'espace de mer 
k franchir est trop vaste pour un si petit oiseau, plus petit que 
plusieurs insectes : mais le grimpereau d'Europe ayant pénétré 
jusqu'en Danemarcfc , peut-être plus loin , il est probable qu« 
ceux de l'Asie et de l'Amérique se seront avancés tout autant yen 
le nord , et qu'ils auront par conséquent trouvé de* conunani' 
cations plus ^dles d'un continent à l'autre. 

Comme lea grimpereaux vivent des mêmes insectes qae la 
pics , les si tteUes , les mésanges , et qu'ils n'ont pas , ainù que noaa 
favons remarqué plus haut , la ressource de faire sortir leur proie 
de dessous l'éoorce en frappant celle-ci de leur bec , ils ont l'ins^ 
linct de se mettre à la suite des béque-bois , d'en &ire, pour ainsi 
dire , leurs chiens de chassOf et de se saisir adroitement du petit 
gibier que ces béque-bois croient ne dire lever qae pour eux- 
mêmes. Far la raisonque les grimpereaux vivent uniquement dln- 
sectes , on sent bien que les espèces en doivent être plus fécondes 
et plus variées dans les climats chauds, ait cetta noutritarv 
abonde, que dans des climats tempérés ou froids, et par cons^ 
quent moins favorables à la multiplication des insectes. Cette re- 
marque est de H. Sonnent , et elle est conforme aux observations. 



> Jt uisquqodqna iiUDri n'en ont doniil ipM ^ k BStr* piapcma d'E»- 



DiailizodbvGoOgle 



DU GRIMPEREAr. j. 

On rait qu'en génénl le* jeunea oiseaux onl lea couleun du 
plumage moin« vivea et moiai décidées que le« adultes ; mais t«U 
est plus sensible dans les familles briibntes des grim|)ereauz, 
colibris et autres oismux qui habitent les grands bois de l'Ame» 
riqae. M. Bajon nous apprend que le plumage de ces jolis petKa 
oiseaux américains ne ae forme que lentement , et qu'il ne com-* 
menoeih briller de tout son éclat qu'après un certain nombre d« 
mues. Il ajoute que les femelles sont auMi moins belles et via» 
petilea que leurs mâle*. 

Au reste, quelque analogie que l'on veuille voir ou supposer 
■entre les grimpereaux amàioains et ceux de l'ancien continent, 
■1 &ut convenir aussi qne l'on connoît entre ces deux branches 
d'une même Emilie dea dillêrences suSisantes pour qu'on doive 
dès à présent les distinguer ^t les séparer, et je ne doute paa 
qu'arec le temps on n'en découvre encore de plus considérables , 
•oit dans lea qualités extérieures, soit dans lea habitudes natu- 
relles. 



LE GRIMPEREAU '. 

Ij'eXTRÂMB mobilité est l'apanage ordînaire de l'extrême peli- 
leaae. Le grimpereau , n'. 68i,fig i, est presque auni petit que 
le roitelet, et, comme lui, presque toujours en mouvement; mais 
tout aon mouvement , toute son action ports, peur ainsi dire, 
sur le même point. Il reste toute l'année dans le pajn qui l'a vu 
naître ; un trou d'arbre est son habitation ordinaire : c'est de là 
qu'il va à la chasse des insectes de l'écorce et de la mousse ' ; c'est 
aussi le lieu oà la femelle bit sa ponte et couve ses œufs. Selon a 
dit, et presque tous les omithologistea ont répété, qu'elle pon- 
doit jusqu'à vingt œufs, plus ou moins. D iàut que Belon ail 
confondu cet oiseau avec quelque autre petit oiseau grimpant . 
tel que lea mésanges. Pour moi, je me crois en droit d'assurer, 

' GrartUt, «n Poitoa; petit pic on pUauon , *n ^ta.Vatft;rat-btntard , 
n Betry, tt hau/fn .otipfcme; rettiro, en PreTene»; lillean, grimptur, 
gn'mptMx, grinptt, grimpent, grimpeltl, grimpard on grimpant, pour !• 
diitingnar d* U nutlU , piochtt , gruviton aa gratitton , gravillon , gra\/ii- 
atur, grariiiet, petit graraudeur, fourmilloa , «te. 

' Friich aici{m'a l'j dilind fort Un conti* la litMlla, lori^'alla ilait l'j p>i- 

Sufon. II. 7 



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^ HISTOIRE NATURELLE, 

d'iprb me» propre» obterration» et celles de fduaîenA iwtBra- 
lùtei que U femelle grimperean pond ordinairement cinq om&t 
et presque januù pliu de Mpt. Ce* ceuf* «ont cendrés, iDan{né« 
de point* et de IraiU d'une couleur plua foncée, et la coquille en 
ert un peu dure- On a remarqué que cette femelle commençait 
n ponte de fort bonne heure au printemps i et cda est ftcile à 
croire, puisqu'elle n'a point de nid i construire ni de yojtge k 
&ii«. 

H. Fris(^ prétend que ces oiseaux cherchent aussi les insectes 
■nr les munilles; mais comme il parolt n'avoir pas connu le 
véritable grirapermu de muraille, et que même il ne Ta point 
reconnu dans la description de Gesner, quoique assea caracté- 
risée , il est vraisemblable qu'il confond ici ces deux espèces, d'au- 
tant plus que le grimpereau est asseï sanvsge et lait sa |»inci- 
pole demeure dans les bois. On m'en apporl% un, en 1773, au 
mois de janvier , lequel avcnt été tué d'un coup de fusil sur un 
nckcia du Jardin du Roi ; mais on me l'apporta comme cniio- 
«té et ceux qui travaillent toute l'année à ce jardin m'assurè- 
rent qu'ik ne vo^oient de ces sortes d'oiseaux que très-rarement 
Ha ne sont point communs non plus en Bourgogne ni en Italie, 
mais bien en Angleterre. II s'en trouve en Allemagne et jusqu'en 
Danemarck , comme je l'ai dit plus haut Ils n'ont qu'un petit cd 
fort aigu et fort commun. 

Leur poids ordinaire est de cinq drachmes * ; ib partnssent un 
peu phia gros qu'ils ne sont en eSêt , parce que leurs i^umea, au 
lieu d'fttn coudiées r^pilièrement les unes sur les autres , sont le 
plus souvent hérissées et en désordre , et que d'ailleurs ces plumes 
■ont fort longues. 

Le grimpereau a la gorge d'un blanc pur, mais qui prend 00m- 
mun^oent une teinte roussAtre, toujours plus foncée sur les flancs 
et In partiel qui s'éloignent de la goi^ ( qudquefbis tout le des- 
■OUB du ou-ps est blanc ) ; le dessus varié de roux , de blanc et de 
noinklre-, ces difi&rentes couleurs plus ou moins pures, pluaoa 
moins foncées ; la tête d'une teinte'plns rembrunie ; le tour des 
yeux et les sourcils blancs ; le croupion roux ; les pennes des 
ailes brunes ; les trois premières bordées de gris; les quatorzo 
suivantes marquées d'une tache blanchâtre , d'où résulte sur 
l'aile "j n* bande transversale de cette couleur ; les trois dernières 
marquées vers le bout d'une tache noirâtre entre deux blan^ 

' l^ discbB* tB|UiH mtréupoU n'nt fat U uitièH* pwtis dt l'raMs 



DiailizodbvGoOgle 



YXllIÉtÉ DU ORIMPEREAU. ^^ 

die* { le bec brun deuua , blanchâtre dessoui j les piedi grii ; la 
fend des f^utnea cendié foncé. 

Longueur totale, cinq poaoea; bec, huit lignes, grêle, arqui^ 
diminuant uniformément de grouenr et EniMant en pointe i 
nuia grande ouverture de goi;ge , dit Belon , narinei fort oblon- 
gues, à demi recoureties par une membrane convexe, aana 
aucuue petite plume ; langue poiRtne et cartilagineute par le 
bout, plui oourleqnele bec; tBne,«ept lignes; doigt du milieu > 
lept ligne* et demie; doigt* latéraux adhérena i celui du nlilîea 
psF leur première phalange; ongle postérieur fe plui ibrt de loua, 
et plua kûag méOie que son doigt ; tous les ooglea en général très- 
longa, tria-crochiu et très-propre* pour gritnper ; vol, environ 
lept pouces; queue, Vingl-quaire lignes selon BrÎMon, vingt- 
huit sdon WiUughbj , vingt-six selon moi ', composée de dousa 
pennes éttgées ', les plus longues superposée* ault plus courtes, 
ce qui lait pandtre la quelle étroite ; toutes ces ptaines poin^ 
tues par le bout, a^ant l'extrémité de la càte usée comme dans 
les pics, mais éUnt moin* roide* que dsns ce» oi*eaux; dépassa 
les ailes de douie lignes. Les ailes ont dix-sept pennes ; celle que 
l'on regarde ordinairement comme U première , et qui «»t très- 
c»arle, ne doit point être comptée parmi les pennes. 

Œsophage , deux pouces ; intestins , six ; gésier musculeux ^ 
doabté d'une membrane qui ne se détache pas facilement, txm- 
traioil des débris d'insecte* , mais pas une seule petite pierre ni 
favgment de pierre; léger» vestiges de coecum; poi»t de vési- 
cule du fiel. 



VARIÉTÉ DU GRIMPEREAU. 

La grand gnmp*rtau. C'est nue simple variété de gnindenr; 
qui a les même» (iliures , le même plumage et la même confot- 
nuticn que le grimpereau : seulement il parott moins défiant , 
mmna attentif à sa propre conservation ; car, d'un côté, Belon 
donne le griœpereau ordinaire pour un oiseau difficile i pren- 



a , WillB^j « lAuum, M 1" donnent qui dii {mhdm ; MB* 

«i^t d«i i c« 1'*» li te"Pl* d«"« . ««» T" >*". Piuuusï 



DiailizodbvGoOgle 



TOo HISTOIBE NATURELLE 

are, et, de l'autre, Klein raconte qu'il a pris un jour à la n 

un de ces grands grimpereaux qui coiiroit sur un arbre. 



LE GRIMPEREAU DE MURAILLE '. 

TocTce que le grimpereau de l'article précédent tait anrles arbre» 
celui-ci, n", 373, fig. i, le mâle et fig. 3,l« femelle, le fait sur les 
muifaiUes; il y loge, il y grimpe, il y chasse, il y pond *. Je 
QOiUprenda sous ce nom de muraille» non-seulement celles des 
hommes, mais encore celles de la Nature, c'est-à-dire, les grands 
rochen coupés A pic '. M. Kramer a remarqué de ces oiseaux qui 
■e tenoient dans les cimetières par préférence, et qui pondoïent 
l^urs oeufs dans des crânes humains. Ils volent en ballant des 
ailes H la manière des huppes ; et quoiqu'ils soient plus gros que 
le précédent , ils sont aussi remuans et aussi viTs. Les mouches, les 
iburmiB,et surtout les araignées, sont leur n ou rritu 1*6 ordinaire. 
Belon croyoit que c'éloit une espèce particulière à la province 
d'Auvergne ; cependant elle existe en Autriche, en Silésie, en Suisse, 
en Pologne, en Lorraine, surtout dans la Lorraine allemande, et 
même, selon quelques-uns , en Angleterre; selon d'autres, elle y 
est au moins fort rare * : elle est au contraire assez commune en 
Italie, aux environs de Bologne et de Florence, mais beaucoup 
moins dans le Piémont. 

C'est surtout Ihiver que ces oiseaux paroissent dans les lieux 
habités; et,ai l'on en croit Belon, on les entend voler en l'air de 
bien loin , venant des montagnes pour s'établir contre lea toun 
des villes. Ils vont seuls ou tout au plus deux 4 deux, commo 
fisnt la plupart des oiseaux qui se nourrissent d'insectes ; et, quoi- 
que solitaires, ils ne sont ni ennuyés ni tristes * r tant il est vrai 
que là gaieté dépend moins des rcMonrces de la société que de 
l'organisation intérieure ! 

»clicr qoe di cfu de Dinnille ; el d'iillann Schwtuckfclil dLt qu'on U Yoit cm- 
Biin^iii«Tit dam lcicilid«Jlci qui laiilmlUi^ mr Iri moatigueit 

> On AU .oui qu'il pond diiii du timii d'.rbn. 

> H. Ed-wiidi se la croit ni nitiTi ni da pMUga «n Aog;lcl*rN; il n> Vj > }•• 
mail *in, noo plu qnr Hij «i -Willnglibr, 

* lia MUt giù M fioget , dit BdoD. 



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DU CRIMPEREAU DE MURAILLE. loi 

Le mâle a «ou* la gorge une plaque noire qui »e prolonge lur 
le devant au cou , et c'est le trait caractéristique qui distingue oo 
Binle de sa Temelle ; le dessus de la tèle et du corps , d'un joli cen- 
dré; le dessous du corps, d'un cendré beaucoup plus foncé; les 
petites couvertures supérieures des ailes, couleur de rose; les 
grandes noirâtres , bordées de couleur de rote ; les pennes termi- 
nées de blanc, et bordées, depuis leur base jusqu'à la moitié de 
leur longueur, de couleur de rose qui va s'affoiblissant, et qui 
s'éteint presque sur les pennes les plus proches du corps ; les cinq 
premières marquées, sur le coté intérieur^ de deux taches d'un 
blanc plus ou moins pur, et les neuf suivantes d'une seule tacha 
&uve; les petites couvertures inférieures, les plus voisines du 
bord , couleur de rose, les autres noirâtres ; les pennes de ]b queue 
noirâtres, terminées , savoir, les quatre paires intermédiaires de 
gris sale , et les deux paires extérieures de blanc ; le bec et les 

La femelle a la gorge blancbâtre. Un individu que j'ai observé 
avoit soii.H la gorge une grande plaque d'un gris clair, qui descen- 
doit sur le cou, et envoyoît une branche sur cbai}ue côté de la 
tèle. La femelle , que M. Edward» a décrite , éloit plu» grande 
que le mâle décrit par M. Brissen. En général, cet oiseau est 
d'une taille moyenne , entre celle du merle et celle du moineau. 

Longueur totale, six pouces deux tiers; bec, quatorze lignes, 
et quelquefois jusqu'à vingt, selon M. Briason; langue fort poin- 
tue, plus large i «a base, terminée par deux appendices; tarse , 
dix à onze lignes; doigts disposé» trois en avant et un seul en 
arrière, celui du milieu neuf à dix lignes, le postérieur on», et 
ia corde de l'arc formé par l'ongle seul , six ; en général tous les 
ongles longs, fins et crochus i vol , dix pouces ; ailes oomposées du 
vingt pennes selon Edwards, de dix-neuf selon Brisson , et tous 
deux comptent parmi ces pennes la première , qui est trèt-oourltr 
et n'est point une penne^. queue, vingt-une lignes , composée 
de douse pennes h peu près égales,. dépasse k* ailes de six à sept 
li^es. 

Belon dit positivement qne cet oisean a deux doigt» devant et 
deux derrière; mais il «voit dit aussi que le grimpereau précè- 
dent avoit la queue courle. La cause de cette double en-enr est 
la nième ; Belon regardoil ces deux oiseaux comme aroisinant U 
£imilledespica',etil leuren a donné Iè»atlribut» sans y regar- 

■ Bilgn nDaiDii triui-ci pic de muraille, tt ia iifpacti du griniE«K«>Lp»- 



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103. HISTOIRE NATTJIlELLE. 

der de bJMi prèe; c'eat qu'il Tayoil quelquefois par les yeux d» 
l'analogie : or l'on sait quela lumière de l'analogie, qui éclaire si 
souvent l'espit et le mène aux grandes découvertes, éblouit 
quelquefois les yeux dans te détait des obserrations. 

OISEAUX ÉTRANGERS 

DE I.*AIKXBN CONTINENT 

QUI ONT RAPPORT AUX GHIMPEREAUX. 



Je doUDenii k ces oiseanx k nom de teui-mangaa, que perte' 
i Madagascar une assez belle espèce , par laqaelle je vais com- 
mencer llufltaire d&cette tribu. Je ferai ensuite nn article séparé 
des oisMUX étranger* du nouveau continent qui ont quelque 
rapport à nos grimpereaux , mais auxquels ce nom de grimpt- 
reaitx ne peut convenir, puisqu'on sait que la phipart ne grim- 
pent point sur lea arbres , et qu'ils ont des moeurs, de» allures et 
un r^mo fbrt difiTérens^ Je ks distinguerai donc, et de nos 
grimpereaux d'Eure^, et des soui->mangas d'Afrique et d'Asie, 
par le nom de giàt-gutt», nom que les sauvages, nos maîtres en 
Bomendatare, ont imposé à une trËs-belle espèce de ce genre qui 
•e trouve an Brédl. J'appelle les sauvages nos maîtres en nomenclg- 
Wre, et j'en pouirois dire autant des enâns, parce que les uns e^ 
les antre* détignent les êtres par des noms d'aprfes nature, qui ont 
rapport à leurs qoaïités sensiblea , souvent même à la plus fnp- 
pante, et qui par conséquent les représentent Jt Hmaginalion et 
les rappellent à Fesprit beaucoup mieux que nos noms abstraits , 
adoucis, polis, défigura, et qui la plupart ne ressemUent à rien. 
En général , les grimpereaux et les soui-mangai ont le bec 
plus long à proportion que les guit-^its, et leur plumage est 
pour le moins aussi beau , aussi beau même que cc^i des brillans 
colibris : ce sont les couleurs len plus riches, les plus édalantes^ 
les plus moeDcnses; toutes les nuances de vert , de bleu , d'orangé, 
de rouge, de pourpre , relevées encore par l'opposition de» diffé- 
rentes teintes de brun et de noir velouté , qui leur servent d'om- 
bre. On ne peut s'empêcbar d'admirer l'écjat de ces couleurs, 
|eur jeu pétillant, leur inépuijabte variété , même dans les peaux; 
desséchées dejce» oiseaux, qui ornent nos cabinets : on cruiroît 
^iie la Nature a employé la matière des pierres précieuses, teUea 



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SUITE DES GKIHPEREAUX. io5 

^uelerubta, l'émvnade, rRniétIiyiie,raigue-inariDe,Ia topase, 
pour en compowr 1m barbes de leun plome*. Que aeroit-ce dono 
■i noua pouTioni contempler dau toute leur beauté cea oÏManz 
eax-méme*, et non leurs cadarrea ou leurs manequina; ai noiu 
poDTKHU TOJr l'émail de leur plumage dam toute sa (ralcbeur, 
animé ]Mr le touffie de vie , embelli par tout oe que la magie da 
pritmeadepIuaébloaiuantjTarianl Kl refléta à chaque mouve- 
ment de l'oiaeau qui le meut sana ceaae , et btaant jaillir lan* «aie 
de nouTdka conleura , ou plut&l de nouveaux feux ! 

Daaa le petit comme duu le grand, il &ut, pour bien coaJuA- 
in, la Nature, l'étudier cfaes elle-même; il &ut la voir agir en 
pleine liberté, ou du moins il fiiut ticfaer d'observer les rbuluta 
de son action dana toute leur pureté, et avant que rbomme j ait 
mia la main. 

n y a beaucoup de aani-manga» vivana ohei les oiieleurs hol- 
landais du cap de Bonne-Espérances «s oiseleurs ne knr don- 
nait , pour toute nourriture , que de l'eau sucrée ; les mouches, 
qui abondent dans ce climat, et qui sont le fiéau de la propreté 
hollandaîse, suppléent au reste. Lesaoui-mangos sont fort adroita 
k celte chasse, ils attrapent toutes celles qui entrent dana la ti>- 
lière ou qui en approchent ; et ce qui prouve que oe supplé- 
ment de subaiatance leiir eat très-nécessaire, c'est qu'ils meurent 
peu de temps après «voir été transportés sur les vaisseaux, où il 
y a beaucoup moins dinseotes. H. le vicomte de Querboeot, à 
qui nous devons ces renunjues, n'ena jamais pn oonierver an- 
delà de trois semaines. 

I. LE SOUI-HANGA. 

Cni, suivant M. Commerson , le nom qne Ton donne à œ hd 
oiseau dan* Itle de Madagascar, où il l'a vn vivant. 

Le aoui-manga a la tête , la gorge et toute U partie antérieure , 
d'un beau vert , brillant , et de plus un double collier, l'on violet 
«t Faut» moïdorf : mais ces couleurs ne sont ni simples ni pei> 
Bianentw; la lumièns qui se joue dans les barbes des plumes 
comme dans autant de petits prismes, en varie incessamment les 
nuances depuis le vert doré jusqu'au bleu foncé. Il y » de chaque 
c6té, au-dessous de l'épaule, une tache d'un beau jaune; la poi- 
trine «t brune; le reste du dessous du corps jaune clair, le resta 
du dessus du oori« olivâtre obsour; les grandes couvertures et 
les pennes des ailes brunes, bordées d'olivâtre; ceUea de la qneat 



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lo* HISTOIRE NATURELLE. 

noires, bordéeade vert, excepléla plus extérinare, qni l'est «n 
partie de gria brun; la suivante est termina de cette même cou- 
leur; le bec et les pieds sont neira. 

La femelle est un peu plus petiteet beaucoup moins belle; brun 
olivâtre dessus, olivâtre tirant au jaune dessous; du reste ressem- 
blant au mk\e dans tout ce qui n'a point d'éclat. Cet oiseau e«t à 
peu prfes de la grosseur de notre tro^odyte. 

Longueur totale , environ quatre pouoes; bec, neoT lignes; 
tarse, six lignes et plus; doigt du milieu, cinq lignes et demie» 
plus grand que le postérieur ; vol , six pouces ; queue , quinse 
lignes , composée de douce pennes égales, dépasse les ailes de sept 
à huit lignes. 

On doit ntpporter à cette espace , comme variété très-pro- 
chaine, lesoui-manga de 111 e deLuçon,que j'ai vu danslebeau 
cabinet de M. Mauduit, et qui a la gorgei le cou et la poitrine ^ 
couleur d'acier poli, avec des reflets verts, Ueus, violets, etc. , et 
plusieurs colliers que le jeu brillant de ces reQets paroit multi- 
plier ensore : il semble cependant que l'on en distingue quatre 
plus constant , l'inférieur violet noiritre , le suivant marron ^ 
puis un brun, et enfin un jaune; il y a deux taches de cette cou- 
leur au-dessous des épaules; ]e reste du dessous du corps, grisi 
olivâtre; le dessun du corps, vert fbnoé avec des reflets bleus, 
violets, etc.; les pennes des ailes, les pennes et couvertures s up^ 
rieurea de la queue, d'un brun plus ou moins foncé, avec un 
œil verdâtre. 

Longueur totale, un peu moins de quatre pouces; bec, dix li- 
gnes; tarse, sept; ongle postérieur le plus fort; queue, quinze li- 
gues , carrée, dépasse les aitea de sept lignes. 

n. LE SOUI-MÂNGA MARRON POURPRE A POITRINR 
ROUGE ' . 

Seba dit que le chant de cet oiseau dés îles Philippines est sem- 
blable à celui du rossignol : il a la téle, la goi^e et le devant da 
cou, variés de Fauve et de noir lusti-é, changeant en bleu violet; 
le dessus du cou et le dessus du corps dans ta partie antérieure, 
marron ponrpré, dans sa partie postérieure violet changeant en 
vert doré ; les petites couvertures des ailes de même , les moj^ennes 

■ N°. 146, fig. I , I* mtle, où CM oiuiB «t Mpr4t<Bt« mu U tioai de gri»- 



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Suite des grimpereaux. ïos 

Ironei, lerniinées de marron pourpré; la poitrine et le haut du 
vmtre d'un rouge vif; le reite dn deswuA du corpt, d'un jaune 
olivâtre; lea pennet et grande* couvertures de* ailes brunes, bor- 
dées de ronz ; les pennes de la queue noirâtres avec des reflets d'a- 
cier poli, bordées de violet changeant en vert doré; bec noir des- 
sus (jaune, selon Seba), blanchâtre dessous; pieds bruns(jau- 
Bilres , selon Seba ) , et les ongles longs. 

Im femelle difEère du mâle , en ce qu'elle est vert d'olive dessus, 
jaune olivâtre dessous ; qne les pennes de sa queue sont noirâtres, 
et les quatre paires latérales terminées de gris : ces oiseaux sont 
un peu plus petits que nos grimpereaux. 

Longueur totale, quatre pouces; bec , huit lignes ; tarse, nx; 
doigt du milieu, cinq', le postérieur un peu plus court ; vol, six 
pouces; queue, un pouce, composée de douze pennes, dépaaiA 
les ailes de trois lignes. 

Variété* du ecui-manga marron pourpré à poitritu roug*. 

I. Le petit grimptreaii , ou ioui~manga brun *t blanc d'Ed- 
\nti» , a tant de rapport avec celui-ci , que je ne puis m'empèr 
cher de le regai-der comme une variété d'âge dont le plumage 
n'est point encore formé , et commence seulement à prendre dea 
reflets : en efietj il est blanc dessous, brun dessus, avec quel- 
ques reflets de couleur de cuivre ; il a un trait brun entre le bec 
et l'œil ; des espaces de sourcils blancs; les pennes des ailes d'un 
brun plus foncé que le dos, et bordées d'une coultur plus claire, 
les pennes de la queue noirâtres , la plus extérieure terminée de 
blanc; le bec elles pieds bruns. M. Edwards dit qu'il est une ibis 
plus petit que notre grimpereau d'Europe. 

Longueur totale, trois pouces et demi; bec, huit à neuf lignes; 
larse, cinq à six; doigt du milieu, cinq, un peu plus long que la 
postérieur; queue, treizeltgnes, composée de douze pennes éga- 
les , dépasse les ailes de trois à quatre lignes. 

II. ije grimpertaa , ou toui-manga à gorge viohtt» et poitri?»» 
rougede M. Sonnerai, doit être aussi rapporté comme variété à 
la même espèce; car , outre qu'il a la gorge violeLte et la poitrine 
rouge, il a de plus le dos et les petites plumes des ailes mordoré, 
le croupion et la queue couleur d'acier poli tirant sur le ver- 
dâtre, et les couvertures inférieures de la queue d'un vert terne: 
d'ailleurs ces deux oiseaux sont indigènes des mêmes Iles Philip- 
pines. 



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ïoS HISTOIRE NATURELLE. 

m. LE SOUI-MANGA VIOLET A POITRnΠROUGE. 

Le violet est U couleur dominante de «on plamage-, et tur ce 
fond obscur paroiuent avec avantage lei couleura plua vives des 
parties antérieures ; sur la gorge et le dessus de la tète , un vert 
doré brillant , enrichi de reflets cuivreux ; sur la poitrine et le 
devant du cou , un beau rouge éclalant , seule couleur qui panntse 
sur ces |iarties lorsque les plumes sont bien rangées, bien cou- 
chées les unes sur les autres : chacune de ces plumes est cependant 
de trois couleurs différentes , noire i son origine , vert doré dans 
m partie moyenne, et rouge à son extrémité ; preuve décisive, 
entre mille autres , qu'il ne suffit pas d'indiquer les couleurs de* 
plumes pour donner une idée juste des couleurs du plumage. 
Toutes les pennes de la queue et des ailes, les gramles couver- 
tures supérieures de ces dernières, et leurs couvertures inférieu- 
res, sont brunes : les jambes sont d'une teinte composée, oli le 
brun semble fendu avec le violM; le bec est noir, et les pieds noi- 
râtres. Cet oiseau est à peu près de la taille du roitelet : il se Iroure 
au Sénégal. 

Longueur totale, cinq pouces ; bec, dix lignes; tarse, sept li- 
gnes; doigt du milieu , cinq lignes et demie, un peu plus long 
que le doigt postérieur; vol , sept pouces un tiers; queue, vingt- 
deux lignes, composée de doun pennes é^les, dépasse les ailes de 
dix lignes. 

IV. LE SOUI-BIANGA POURPRÉE ■. 

Sicetoiseauavoit du vert doré changeant sur la télé et sous bt 
gorge, et du rouge au lieu de vert et de jaune sur la poitrine, il 
seroit presque tout à-fàit semblable au précédent, ou du moins il 
lui rewembleroit beaucoup plus qu'au soui-manga à collier, qui 
n'a pas une nuance de pourpre dans son plumage, et je ne vois 
pas pourquoi M. Brisson regarde ce dernier et le gnmpereau pour- 
pre d'Edwards comme éUnt exactement k même oiseau sous 
deux noms difiérens. 



• Th» yurple ludion crteptr. ( EJwirili, pi CCLXT, ) C«l ■olnw dit ipt 
siKiu donl il l'igit ici ■ U Lanpit du colibri, c'ut-i-dira, dÎTiil* p« )• Imt 
n pluiitnn GUmens. On israit fondi k croire , d'iprii «U , qu M. Edward» 
l'i pu )>i«D conDn li irai* caoranutiaD d* !■ Ungna da colibn. 



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SVITE DES GHIHPfiREAUX. 107 

y. LE SOUI-HASGA A GOLLIEft >. 

Cette Mptee, qui vient du «p de Bonne-Eapénnœ, » ds Vt- 
Halo^ aveo oolle du Mmi-mang» yinkt ; die « , ooinme oelle-ci , 
davert doré, changeant en couleur de cuinv de roiette, êtes 
Tert doié l'élend lur la gorge, la tète et tout le de«u« du corp*} 
il imrde auasi lea dix penne* intennédiairea de la quene , qui wnt 
d'un noir luatré; Mulemeot il n'eit point clungtaot sur mi oou> 
verlarea aupérieurea : la poitrine a du rouge comme dan* le tmùr 
man^ TÎoWt ; mai« ce rouge occupe moini d'etpace , mcmte moini 
baut, et forme uneeaptcede ceinture oontigue, par aon bord su- 
périeur, A un coltier d'up Ueu d'acier poli changeant en verti 
hi^ d'une ligne : le reate du detfouaducorpaeitgris, areoquel' 
quea moucheturei jaunea lur le haut du ventre et lur lea Sanca ; 
U» penne» dea ailea aont d'un gria brun ; le beo «at nairitre, et lea 
pieda 1out-à-&it noirs. Cet oÎKau eit à peu prèa de la taille du 
Mui-manga violet, iqaia proportionné difTéremment 

longneurlotale, quatre poaceaet demi; bec, dixlrgnea; tancv 
luit ligue* et demie; doigt du milieu, tix lignea.àpeu gréa égat 
au doigt poatérieur; vc4, aix pouoea et demi ; quene , dix-huit li' 
gnea, compoaée de dooae pennea égaka , dépaaie lea ailea de neuf 
(ignea. 

Im femelle, HiivantH. BriaM>n,difl%redumà]e,ea raque le 
detaoua du corps eat de la mftme couleur que le desaus, seulement 
il y a dea mouchetures jaune* sur les flanca. 

Selon d'autres, elle a ausai une rainture rouge, mais qui tombe 
plus bas que dans le mftle, et toutea sea autre* couleurs sonl mcûna 
vive*, auquel cas on doit reconnaîtra cette femelle dans le soui- 
manga obaervé au cap de Bonne-'Espérance par H. le vicomte de 
Querhoent, «u mois de janvier 1774. Cet oiseau avoil la gOT^ 
gris brun , varié de vert et de bleu ; la poitrine ornée d'une cein- 
ture couleur de feu; le reste du dessous du corps gria blanc; la 
t^te et tout le dessus du oorpa gris brun , varié de vert sur le dos , 
et de bleu sur ta naissance de h queue ; le* ailes brun clair, dou- 
Méesde jaune dor^; les pennes de la queue noiritres; le bec et 
les pieds noin. H. le vicomU^ de Querhoent ajoute que cet oiseau 
dante joliment, qu'il vit d'insectes et du suc des fienrs, nuia 



' W. ■46, £g. 3, oA nt eiiuD Ml npiteaU wu l»aam4»pim 
*0f d» Bonnu-Etfirmntt. 



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io8 HISTOIRE NATURELLE: 

<|u'il a le gosier si étroit, qu'il ne «auroit avaler les mouches or- 
dinairea un peu groBBes. Ne pourroit-il pas se &ire que cette der- 
nière variété ne fût qu'une variété d'igp, observée avant que son 
plumage fât entiëremeot formé, et que la véritable femelle da 
soai-manga à collier fQt le grimpereau dn «tp de Bonne-Espé- 
rance de M. BriMon , qui ert partout d'un gris brun, plus foncé- 
dessus, plus clair dessous, couleur qui borde le» pennes de la 
qneue et des ailes ? Cela est d'autant plus probable , que les taille» 
ee rapportent, ainsi que les dimensions relatives des parties, et 
que ces oiseaux sont ton* deux du cap de Bonne-Espérance : mais^ 
c'est au temps et à l'observation à fixer tous ces doutas. 

Enfin on pourroit encore regarder comme une &me11e du 
soui-manga à collier on de quelqu'une de ses varif^tés , le grimpe- 
i^au des Iles Philippines , n*. 576 , fig. 1, de M. Brisson ' , dont 
le plumage monotone el sans éclat annonce maez une femelle, et 
<| ni d'ailleurs a les pennes intermédiaires de la queue bordées d'un 
noir lustré , changeant en vert doré , comme sont les pennes do 
la queue du soui-manga à collier; mais, danx cette femelle, les 
reSets sont beau coup moins vi&. Elle est d'un brun venliitre des- 
sus, d'un blanc teinté de soufre dessous; elle a les penni» des ailes, 
bmnes, bordées d'une couleur plus claire, et les latérales de la 
qneue noirâtres, terminées de blanc sale. 

Si les grimpereaux des Indes orientales sont, comme ceux 
d'&mériiiue, plusieurs années à former )eiir [dumage , et s'ils 
n'ont leun belles couleurs qu'aprts un certain nombre de mues, 
on ne doit pas être surpris de trouver tant de variétés dans ces 
espèces. 

Longueur totale, quatre pouces neuf lignes; bec, un pouce; 
tarse , six lignes et demie ; doigt du milieu , cinq lignes et demie 
le postérieur presque aussi long; vol , six pouces un quart ^queue» 
quinze lignes, composée de douse pennes ï^les, dépasse les aile* 
de cinq lignes. 

VI. LE SOUI-MAKGA OLIVE A GORGE POtmPRE •. 

La couleur k plus distinguée de son plunu^a , c'est un vîidet 

inDCDS donne ¥telts «iptce Jc».langBM 

on nna fcnHlIs ; mil il «t dontiai ipi» 
M. LinDBiu tïi TU cet Diieauj pAw^^l lu U décrit pginkt et i^u'il n^AJoate ika 

• ti". Sj6,Be- 4>aàc<toUMaiiit nptiieatiiOBi !•>«■• dtjnin^ariaa a/iMv- 
4e3 Philippintt, 



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SUITE DES GRIMPEBEAUX 109 

Kmcé tr^ éclatant qui règne sous U gorge, devant le con et sur 
la poitrine; il s le reste du deaaouï du corps jaune; loutledeHus, 
compris les petites coQTerturea supérieures des ailes , d'une cou- 
leur d'olive obscure ; cette couleur borde les pennes de la queue 
«t des ailes, ainsi que les grandes couvertures de oellcs-ct, dont 
le brun est la couleur dominante; lebeoestnoir, et les pieds sont 
d'un cendré foncé. 

Cest M. Poivre qui a apporté cet oiseau des Philippines. Il est 
à peu près de la laille de noire troglodyte. 

Lougueur totale, quatre pouces; bec, neuFàdïx lignes; tarse, 
aix lignes; doigt du milieu , cinq lignes; le doigt poitérieur un 
peu ptus court; vol, six pouces ; queue, quatorse lignes, coin~ 
posée de dou« pennes égales, dépasw les ailes de aix lignes. 

Si le grimpereau de Madagascar, n*. Sji , tig. i , île H. Bris- 
son, n'avoit gna le bec plus court et U queue plus longue, je le 
regarderois comme la iémelle du soui-manga de cet article; mais 
du uoios on ne peut s'empêcher de le reconnoltre pour une va- 
riété imparfaite on d^énérée. Il a tout le dessus du corpa, com- 
pris les couvertures des ailes, d'un vert d'olive obscur, mais plus 
obscur sur le sommet de la tête que partout ailleurs, et qui borde 
les pennes des ailes et de la queue; toutes ces pennes MHit bru-* 
at» ; le tour des yeux est blancfaétre; la gorge et le desMus du 
vorps gris brun; les pieds tout-à-fàit bruns; il a le bec noirâtre. 
Si taille est su-dessous de celle de notre grimpereau. 

Longueur totale, qnatre pouces; bec, six i sept lignes; tarse, 
sept lignes; doigt du milieu, cinq et demie; le doigt poslérieur 
un peu ptus court; vol, six pouces et demi ; queue, dix-neuflt- 
gnes, composée de douze pennes égales, dépasse les ailes de huit 
lignes. 

Il y a aux Philippines un oiseau, n'. 576, fig. a, fort ressem- 
blant à celui de cet article, et qu'on peut regarder comme un* 
variété dans cette espèce ; c'est le soui-manga ou grimpereau gria 
des Philippines de M. Brisson. 11 a le dessus du corps d'une jolie 
teinte de gris brun ; la gorge et le dessous du corps jaunâtres; la 
poitrine plus rembrunie; une bande violet foncé qui part de la 
gorge et descend le long du cou ; les couvertures des ailes d'une 
couleur d'acier poli, couleur qui borde les pennes de la queue, 
dont le reste est noirâtre ; les latérales terminées de blanc aale ; 
les pennes des ailes brunes; le bec plus fort que les autres grim- 
pereaux, et la langue terminée par deux fileU, aeloil M. Liii- 



DiailizodbvGoOgle 



liD HISTOIRE NATURELLE. 

nntu ; le bec et la piedi noin. Il est plua petit que nôtre g^inl-' 
peraau. 

Longueur totale, quatre pouce* deux lier»; bec, neuf lignnf 
tane, six lignes et demie ) doigt du milieu, cinq et demie; le 
doigt poitérieur un peu plus court| vol , six ponce* un quart] U 
queue, quinse lignes , oompoide de douxe pennes égales, dépasse 
les ailea d'environ cinq lignes. 

Enfin je trouve eUcore i oette Variété méhie une variété secon- 
daire dans le petit grimpereaa des Philippines de M. BriiMn, 
que nou» avons &it représenter dans lea planciies enluminées, 
ji-*.'$7£ , fig- 3 1 c'est toujour* du gris brun dessus , du jaune des- 
sous; une cravate violette; les pennes des ailes sont gris brun 
comme le dessus du corps; celles de la queue d'un brun plus 
foncé; les deux paires les plus extérieures terminées de blanc sale ; 
le bec et les pieds sont noirâtres. Cet oiseau est beaucoup plus 
petit que celui auquel il ressemble si fort par le plumage, et peut 
être le plus petit des soui-mongas connus de l'ancieii ctmtiaenlj 
ce qui me porte â croire que c'est une variété d'âge. 

Longueur totale, trois pouces deux tien; bec, neuf lignes) 
tarse, six lignes; doigt du milieu , quatre ligneset demie; le doigt 
poatérieuruD peu plusoourt; vol, cinq pouces deux tiers; queue, 
qninn lignes , composée de douie pennes ^les , dépasse les ailes 
d'environ dnq lignes. 

VIL L'AHGALA DIAN ■. 

Cet oiseau a auan un collier d'une ligne et demie de large et d'un 
violet éclatant; les petites couvertures supérieures des ailes de 
même; la gorge, la tête, le cou, tout le dessus du corps et les 
cDUvertura moyennes des ailes , d'un vert doré brillant; un trait 
d'un noir velouté entre la narine et l'oeil j la poitrine , le venrre 
et tout le dessous du corps, du même noir, sinsi que les penne* 
de la queue et des ailes; mais ces grande* couvertures et les petlne« 
de la queue sont bordées de vert doré ; le bec est noir , et les pied» 
aussi. 

M. Adanaon soupçonne que l'oiseau que M. Brisson a regardé 
comme la femelle de l'angala pourroit bien n'être qu'un jeune 
de la même espèce avant sa preniière mue. « Gela semble indiqué, 

■ N>. 575, fi|. I) où la ntl* Mt r«pr<nnU Km U nom i» grimp«n<ut ivrC 
d« Mtdagaicarf it £g. 3, U fcnclk. 



DiailizodbvGoOgle 



SriTE DES GRIMPERËAU3C. ttt 

■ ajonte-t-il, par nombre d'eapècea d'oùeaux de ce genre, tort 
« approcham de l'angaU , qui m trouvent au Sénégal , dont It-a 
<c femellei «ont parfaitement semblablei aux mâle* ' , maïa dont 

■ les jennei ont dans leur* couleun beaucoup de grù, qu'ils ne 
« quittent qu'i leur première mue. » 

L'angala ut pretque auau gr» que noire bec-£gue. Il bit ion 
nid en forme deooupe,commele serin et le pinson, et n'y em- 
ploie guère d'autres toslériaux que le duTet des plantes ; la femelle 
j pond communément cinq ou six ceufi; mais il lui arrive sou- 
vent d'en être chassée par une araignée aussi grosse qu'elle , et trèa- 
vorace, qui s'empare de la couvée et suce le sang des petits. 

L'oiseau que M. Brisson regarde comme la femelle, et M. Adan' 
son comme an jeune qui n'a point encore subi sa première mue, 
difi^re du mâle adulte en ce que la poitrine et le reste du denotis 
dn corps, au lieu d'être d'un noir velouté uniforme, est d'un 
blanc sale, semé de taches noires, et en ce que les ailes et U queue 
sont d'un noir moins brillant. 

Longueur totale, cinq pouces un quart; bec, quatorae lignes , 
laïae, huit lignes; doigt du milieu, six lignes et demie, et plus 
grand que le postérieur; vol, huit ponces; queue, dix-neuf 
lignes, composée de douK pennes égales, dépasse las ailée de six 
à sept lignes. 

TIII. LE SOUI-MAHGA DE TOUTES COULEURS. 

Tout ce que l'on sait de cet oiseau , c'est qu'il vient de Ceylan , 
et qne son plumage est d'un vert nuancé de toutes sortes de belles 
couleurs , parmi lesquelles U couleur d'or semble dominer. Seba 
dit que les petits de cet oiseau sont exposés aussi i devenir lu 
proie des grosses araignées ; et sans doute c'est un malheur qui 
leur est commun non-seulement avec l'angala, mais avec toutes 
les autres espèces de petits oiseaux qui nichent dans les pays ha- 
tHtés par ces redoutables insectes, et qui ne savent pas, k l'aide 
d'une construction industrieuse, leur interdire l'entrée du nid. 

A juger par U figure que donne Seba , le soui-manga de toutes 
couleurs a sept ou huit pouces de longueur totale; son bec, envi- 

« Je M donU pu 1» M. W.n»n o\it to h «n<B.l noml» J. hm.tiM p.r- 
bitmcnt umblibln k Imri lella , puiiqu'il l'iHDn : mil oQ m anit point ca 
tnre bd. loi gtatnU pour tau Ici oikhh d« l'Aftiqn» rt da l'A»« j i< hma 
dort de II Cbinc, U |i>«i, pluiann uptc» de tDarirnlIa, da pi»- gtitcba, 
ie yiraAtt, «U., ilUlit^aa, an Mot da boDUM praatu. 



bï.GoogIe 



]i9 HISTOIRE NATURELLE. 

roa dix-huit ligoes; ta queue, deux poucea un quart, et dépasse 
leaailea deseiaeà dix-huit lignes : en un motion peut croire quo 
c'eat la plus grone eapÈce dei soui-niangas. 

IX. LE SOUI-MANGA VERT A GORGE ROUOE. 

M. Sonnerat, qui a rapporté cet oiaeau du cap de Bonn^-Es- 
pérance, noua apprend qu'il chante auuî bien que noirs roasi- 
gnol , et même que ta voix est plui douce. Il a la gorge d'un beau 
rouge carmin ; le ventre blanc ; la tête et le cou , et la partie anté- 
rieure dea ailes, d'un beau vert doré et argenté; le croupion bleu 
céleste; les ailea et la queue d'un brun mordoré ; le bec et le* 
pieds noirs. 

Longueur totale, quatrepouoes deux tiers Ji peu pris; bec, un 
pouce ; queue, dix-huit à vingt lignes, dépaase les ailes d'environ 
Ireûe lignes. 

X. LE SOUI-MANGA ROUGE, HOIR ET BLAVC. 

C'est ainsi que H. Edwards désigne cet oiseau du Bengale, qui 
cet à peu près de la taille de notre roitdet. Mais ce n'est pas assex- 
d'indiquer les couleurade son plumage; il &ut donner, d'après la 
même M. Edwards, une idée de leur distribution. Le blanc régna 
sur la gorge et toute la partie inférieure sans exception ; le noir 
sur la partie aupérieure : mais sur ce fond sombre, un peu égayé 
par des reflets bleus , sont répandues quatre belles marques d'un 
rouge vif; la première sur le sommet de la tête, la seconde der- 
rière le cou, la troisième sur le dos, et la quatrième sur les cou- 
vertures supérieures de la queue : les pennes de la queue et d«a 
filles , le bec et les pieds , sont noir*. 

Longueur totale, trois pouces un quart; bec, cinq à six lignes;, 
tarse , cinq lignes ; doigt du milieu , quatre à cinq ligues ; le doigt 
postérieur un peu plus court ; queue, environ un pouce , com- 
posée de douze pennes égales , dépasse les ailes de cinq à six lignes. 

SX LE SOUI-MANGA DE L'ILE DE BOURBOH '. 

le ne donne point de nom particulier à cet oiseaa, parce qna 
je soupçonne que c'est une femelle ou un jeune mile dont le 



DiailizodbvGoOgle 



DES SOUI-MANGAS A LONGUE QUEUE. n3 

jilumage est encore imparfait. Celte variété d'âge uu de sexe ma 
parott avoir pliu de rapport avec le soui-manga proprement dit, 
le marrOQ pourpré et le violet, qu'avec aucune sutre. Elle a le 
dessus de la têts et du corps brun verdàtre; le croupion jaune 
«divâtre ; la gorge et tont le deastia du corps d'un gris brouillé, 
qui prend une teinte jaunâtre près de la queue; les flancs roux i 
les pennes de la queue noirâtres; celles des ailes noirâti-es, bor- 
dées d'une couleur plus claire; le becet les pieds noirs. 

Les dimensions sont & peu près les mêmes que celles du soni- 
man^ violet. 



LES SOUI-MANGAS A LONGUE QUEUE. 

Plous ne connoissons que trois oiseaux dans l'ancien continent 
è qui ce nom soit applicable. Scba parle auisi d'une femelle de 
celle espèce qui n'a point de longue queue ; d'où il auivroit que, du 
moins dans quelques espèces, celte longue queue est un altribut 
propre au mâle. El qui sait si, parmi les espèces que nous venons 
de voir , il n'y en a pas plusieurs où les mSles jouissent de la même 
{ràxtgative lorsqu'ils ont l'âge requis et lorsqu'ils ne sont point 
ea mne? qui sait si plusieurs des individus qu'on a décrits, gra- 
vés, colonés, B« sont pas des femelles, ou de jeunes mâles, ou 
de vieux mftlesen mue, et privés, seulement pour un tetnpa,de 
txtie décoration ? Je le croirois d'autant plus , que je ne vois au- 
cune autre différence de conRirmatioa entre les soui^mangas à, 
longue queue et wux k queue courte , et que leur plumage brilla ' 
■iea mêm^a couleurs et jette les mêmes reflets. 

I. LE SOUI-MANGA A LONGUE QUEUE ET A CAPUCHON 

TlOtET '. 

Jlgnore pourquoi on a donné à cet oiseau le nom de petit 
grimpereau, si ce n'est parc? qu'il ■ les deux pennes intermé- 
diaires de la queue moins longues que les deux autres ; mais il 
est certain qu'en retrancliant A tous de la longueur totale cellu 
de la queue, celui-ci ne semit pas le plus petit des trois. 

Je remarque en second lieu qu'en le comparant au soui-manga 

■ N'.K7o, Gg.a, « est «i»au. ni nfiti*m\i tmt \t noa At pttit griiapt- 
Twaa à longut qu4ua du cap Jt Bvaat'Eipinaet, 

Buffbn. 11. 8 



■D,a,l,zt!dbvG00gIe 



ii4 HISTOIRE NATURELLE 

marron pourpré, on trouve entre les deux des rapports si fnip- 
pans et ai multipliés, que s'il n'éloit pts plus gros, et qu'on ne 
lui sût pas la queue autrement bile, onseroit tenlé de les pren- 
dre pour deux individus de la même espèce, dont l'un auroit 
perdu u qiieue dans la mue. M. le vicomte de Querhoent l'a vu 
dans son pays nalal , aux environs du cap de Bonne-Espérance. 
H nous apprend qu'il construit son nid avec art, et qu'il y em- 
ploie pour tous matériaux une bourre soyeuse. 

Il a la tète, le haut du dos et la gorge d'un violet brillant chan- 
géant en vert ; le devant du cou d'un violet tout aussi brillant , 
mais changeant en bleu ; le reste du dessus du corps d'un brun 
olivâtre, et cette couleur borde les grandes couvertures des aile», 
leurs pennes et celles de la queue, qui toutes sont d'un brun plus - 
ou moins foncé; le reste dudessous du corps, d'un orangé plusvir 
sur les parties antérieures, et qui va s'alToib lissa ut sur les parties 
éloignées. La taille de cet oiseau n'est que trts-peu au-dessua de 
celle de notre grimpereau. 

longueur totale, mx pouces et plus ; bec, onze lignes et demie ; 
pieds, sept lignes et demie ; doigt du milieu , six lignes , de très* 
pen plus long que le postérieur; vol , six pouces un tiers ; queue, 
trois pouces, composée de dix pennes latérales étagées , et de 
deux intermédiaires qui excèdent les latérales de douze ou qaa- 
toree lignes, et les ailes de vingt-sept lignes. Ces deux interm^ 
diaires sont plus étroites que lee latérales, et cependant |dus 
larges que dans les espèces suivantes. 

IL LE SOUI-MANGA VERT DORÉ CHANGEANT 
A LONGUE QUEUE'. 

n a la poitrine rouge ; tout le reste d'un vert doré asseX foncé, 
oéanmoins éclatant et changeant en cuivre de rosette; les pennei 
des ailes noirÂtres, bordées de ce même vert ; celles de laqueu« 
et leurs grandes couvertures brunes ; le bas-ventre mêlé d'an 
peu de blanc; le bec noir; les pieds noirâtres. 

Cette espèce est du Sénégal. La femelle a le dessus bran ver^ 
dâtre ; le dessous jaunâtre, varié de brun -, les couverturea in- 
fêrieures de la queue blanches, semées de brun et de bleu ; la 
reste comme dans le mâle, à quelques teintes près. Cet oiseaux 
•ont & peu près de la taille de notre troglodyte. 

< ^"-^o.Bf.t. où CM <iiM»f*ltftiimUmtmiUaimiagrilHpin»ii A 



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■ui-n^g. ï«-i do»,.,.r.£rui L, j^^^^^^^^ y^^^ ^ ^^^^ ^ 



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DES SOUI-MANGAS A LONGUE QUEUE. u5 

Longueur loUte, sept pouces deux ligne» ; bec, huit lignes et 
demie ; tarae , sept lignes ; doigt du milieu , cinq lignes et demie, 
plus long que le poslérieur ; vol , six pouoes un quart ; quene, 
quatre pouov trois lignet) composée de dix pennes latérale* à 
peu près égHles entre elles, et de deux ïnlermédiaires fort lon- 
gues et fort étroiles, qui débordent ces lalénles de deux poucea 
huit lignes , et les ailes de trois pouces quatre lignes. 

III. LE GRAND SOUI-MANGA VERT A LONGUE 
QUEUE'. 

Cet oiseau se trouve au cap de Bonne-EspéraRce, où il a ét£ 
observé et nourri quelques semaines par M. le vicomte de Quer» 
hoent, qui l'a décrit de la manière suivante : ■ Il est de la Uille 
« de Ib linotte; son bec, qui est un peu recourbé, a quatonra 
« lignes de long ; il est noir , ainsi que les pieds , qui sont gamia 

■ d'ongles longs , surtout celui du milieu et celui de l'arrière ; il 
a a les yeux noirs , le dessus et le dessousdu corpsd'un très-befta 
« vert brillant ( changeant en cuivre de rosette, ajoute M. Bris- 
« son ) , avec quelques plumes d'un jaune doré sous les ailée ; 

■ les grandes plumes des ailes et de la queue d'un beau noir rio- 
« let changeant ; le filet de la queue , qui a un peu plus de trois 
« pouces, est bordé de vert n M. BHsson ajoute qu'il a de cha- 
que c6té, entre le bec et l'oeil, un trait d'un noir velouté. 

Dana cette esi>èce, la femelle a aussi une longue queue, ou 
plutAt un long âlet à la queue , mais cependant plus court que 
dans le mâle ; car il ne dépasse les pennes Uléralea que de deux 
poucea et quelques lignes. Cette femelle a le deoua d u coqis et de 
k tôle d'un brun verdâtre , mêlé de quelques plumes d'un beau 
vert ; le croupion vert ; les grandes plumes des ailes et de Is 
queue d'un brun presque noir, ainsi que le filet ou les deux 
pennes intermédiaires ; le dessous du corps est jaunâtre , aveo 
quelques plumes vertes à la poitrine. 

IV. L'OISEAU ROUGE A BEC DE GRIMPEREAU. 

Quoique cet oiseau et les trois snivans aient été donnés pourdet 
oiseaux américains, et qu'en cette qualité ils dussent appartenir 
i la Inbu des guit-guits , cependant il nous a paru , d'après leur 

• n>.'83, où cet oÎHiu ut nprittBti, Bg. i,igaiI*siH> iê grimpertau À 
Soitf»t f iM«« du c»f tU Bonnt-Bipiraiu; 



DiailizodbvGoOgle 



jifi HISTOIRE NATURELLE 

couibrmation , et surtout d'après la longueur de leur bec, qu'ils 
avoient plus de rapport avec les soui-mangiia ; et en conséquence 
nous avons cru devoir les placer entre ces deux tribus, et, pour 
«iiisi dire, sur le passage de l'une a l'autre. 

Nous nous y sommes détermina d'autant plus volontiers, qus 
l'indication du pays natal de cea oiseaux , ou n'a point de garant 
connu, ou n'est fend^ que sur l'autorité de Seba, dont les natu- 
ralistes connoissent la valeur, et qui ne doit balancer en aucun 
cas celle de l'analogie. Nous aurons néanmoins cet égard pour les 
préjugés reçus, de ne point encore donner aux espèces dont il 
s'agit te nom de aoui-mangeu; nous nous contentons d'avertir 
que c'est celui qui leur convient le mieux i ce sera au temps et à 
Tobservation à le leur confirmer. 

Le rouge est la couleur dominante dans le plumage de l'oiseau 
dont il est ici question : mais il y a quelque différence dans les 
nuances ; car le rouge du sommet de la lëte est plus clair et plus 
brillant, celui du reste du corps est plus foncé. Il y a aussi quel- 
ques exceptions ; car la gorge et le devant du cou sont de cou- 
leur verte ; les pennes de la queue et des ailes terminées de 
bleuâtre ; les jambes , le bec et les pieds, d'un jaune clair. 

Sa voix est , dit-on , fort agréable , et sa taille est un peu au- 
dessus de celle de notre grimpereau. 

Longueur totale , environ quatre pouces et demi; bec, dix 
lignes ; doigt du milieu, cinq lignes , un peu plus long que le 
doigt postérieur; queue, quatorze lignes, composée de douxe 
pennes égales , dépasse les ailes d'environ sept lignes. 

Te regarde comme une variété dans cette espèce l'oiseau rouge 
i tête noire, que Seba, et quelques autres d'après lui, placent 
dans la Nouvelle-Espagne. Cet oiseau est si exactement propor- 
tionné comme le précédent , que le tableau des dimensions re- 
latives de l'un peut servir pour les deux : la seule différence 
apparente est dans la longueur du bec, que l'on fixe à dix lignes 
dans l'oiseau précédent, et à sept dans celui-ci , différence qui 
en produit nécessairement une autre dans la longueur totale : 
mais ces mesures ont été prises sur la figure, et par conséquent 
sont sujettes i erreur; elles sont ici d'autant plus suspectes, 
que l'observateur original, Seba, pnroît avoir été plus frappé 
du lon|{ bec de cet oiseau-ci que de celui de l'oiseau précédent. 
n est donc très-probable que le dessinateur ou le graveur au- 
ront raccourci le bec de celui dont il est ici question ; et pour 
peu que l'on suppose qu'ils l'aient seulement nccourci à eux deux 



DiailizodbvGoOgle 



DES SOtn-MANGAS A LONGtJE QTIEUE. 117 
io troia oa quttre lignes, toutes les proportïoiu de ces deiiz oi~ 
seaux se trouvent parbilement semblables et presque identiques : 
mais II y a quelijues différences dans le plumage, et c'est Is «eule 
raison qui me détermine à distinguer celui-d du précédent, 
comme simple Tariété. 

Il a la lôle d'un beau noir, et les couyertam nip^rieum des 
aîlea d'un jaune doré ; tout le reste est d'un rouge clair , excepté 
les pennes de la queue et des ailes, qui MUt d'une teinte plus 
ibncée. 

A l'égard des dimensions relatives d«s parties, royes celles de 
foiseau précédent , lesquelles , comme nous l'avons dit , sont ou 
doivent être ezaclement les mêmes. 

V. L'OISEAU BRUN A BEC DE GRIMPEREAU '. 

Le bec de cet oiseau fait lui seul en longueur les deux septièmes 
de tout le reste du corps. Il a la gorge et le front d'un b«u vert 
doré; le devant du cou d'un rouge vif; les petites couvertures des 
■ilesd'un violetbrillant; les grandes couvertures et lespennesdes 
siles et de la queue, d'un brun teinté de roux ; les moyennes cou- 
vertures des ailes, tout le reste du dessus et du dessous du corps, 
d'un brun noinitre ; le bec et les pieda noirs. 
Cet oÏKau n'est pas plui gros que notre bec-figue. 
Longueur totale, cinq pouces un tiers; bec, un ponce; tarse, 
lept lignes et demie ; doigt du milieu, six pouces, pi us grand que 
le poalérieur; vol, huit pouces; queue, vingt-une lignes, com- 
posée de doiue pennes égales, dépasse les ailes d'environ sept 
lignes. 

VI. L'OISEAU POURPRÉ A BEC DE GRIMÏ^lEAU. 

Tout son jJumage , sans exception , est d'une belle couleur de 
pourpre uniforme. Seba lui a donné arbitrairement le nom d'ato- 
totl, qui, en mexicain, signifie oiseau aqaatiçut ; cependant l'ot- 
seau dont nous nous occupons ici n'est rien moins qu'un oiseau 
■quatique. Seba assure aussi , je ne sais sur quels mémoires , qu'il 
chaule agréablement. Sa taille est un jjeu au-dessus do celle du 
beC'fï^iie. 

Lon^ueurlolale, quatre pouces et demi; bec, un pouce e( plus;- 

' K', 7^8, fig. 3, où »t oUhd ttt nprjitntg soult non d< jriMfVJM 
krua du BrctiL. 



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ïi8 HISTOIRE HATURELLE 

tai-se, six ligne* et demie; doigt du milieu, cinq ligaes et demie, 
un peu plus long que te doigt poctérieur; queue, quatorzelignes, 
dépasse les ailes de sept ligne*. 



LES GOIT-GUITS D'AMÉaiQDE. 

utTir-otriT est un nom américain qui a été donné à nn ou deux 
oiseaux de cette tribu , composée des grimpereaux du nouveau 
continent, et que j'ai cru devoir appliquer comme nom géné- 
riqac à la tribu entière de ces mêmes oiseaux. J'ai indiqué ci- 
dessus, à l'articledes grimpereaux, quelques-unes des différences 
qui se trouvent entre ceaguit-guils etlescolibris; onpeuty a;ou- 
1er encore qu'ils n'ont ni le vol des colibris, ni l'habitude de sucer 
les fleurs; mais, malgré ces difîërences, qui sont aasex nombreuses 
et assez constantes, les créoles de Ciyenne confondent ces deux 
dénominations , et étendent asses généralement le nom de coli- 
bris ausguit-guits; c'est à quoi il faut prendre garde en lisant les 
relations de la plupart de nos voyageurs. 

On m'assure que les guit-guits de Cayenne ne grimpent point 
sur les arbres, qu'ils vivent en troupes, et aveclea oiseaux de 
leur tribu, et avec d'autres oiseaux, tels que petits tangaras, sit- 
telles , picuculles , etc. , et qu'ils ne se nourrissent pas seulemenl 
d'insectes , mais de fruits et mâme de bourgeons. 

I. LE GUIT-GUIT HOIR ET BLEU '. 

Ce bel oiseau a le front d'une couleur d'aîgue- marine; un 
bandeau sur les yeux d'un noir velouté; le ^-este de la tête , la 
gorge et tout le dessous du corps ( sans exception, suivant Ed- 
'wards), le bas du dos et les couvertures supérieures de ta queue, 
d'un bleu d'outremer, seule couleur qui paroisse lorsque les 
plumes sont bien couchées les unes sur les autres, quoique cha- 
cune de ces plumes soit de trois couleurs, selon la remarque de 
M, Brisson, brune à sa base, verte dans sa partie moyenne, el 
bleue à son extrémité; le haut du dos, U partie du cou qui est 
contiguëau dos, et ta queue, sont d'un noir velouté; ce qui pa- 

■ rf>, S3, Cg.i, oà «t oiMBuett [cpréunUioiu ic nondsfrim^rcau Ai 



D,a,l,zt!dbvG00glc 



DÈS GTJIT-GUITS D'AMÉRIQrE. iig 

roîl des sileslonqu'elle* sont pli^,e«tdu méinenoirjà l'exoep- 
tion d'une bande bleue qui traverae obliquement leurs couver- 
lures ; le câté intérieur des penne* des ailes et leurs couverture* 
inférieures sont d'un beau jaune; en sorte que ces ailea , qui lem- 
Uent toutes noires dans leur repos, paroissent variées de noir et 
de )aune lorsqu'elles sont déployées et en mouvement : les cou- 
vertures inférieures de la queue sont d'un noir sans éclat (et 
non pas bleues, suivant M. Brisson); le bec est noir, les pieds 
tantôt rouges, tantôt orangés, tantAtJKunes, et quel^ariois blaa- 
châtK». 

On voit, parcettedescriptïon, que les couleurs du plumage sont 
sujettes à varier dans les difierens individus : dana quelques-uns , 
la gorge est mêlée de brun; dans d'autrea, elle est noire. En gé- 
Mérnl , ce qui semble le plus soumis aux varialions dans le plu- 
mage de ce guit-guit , c'est la distribution du noir ; il arrive aussi 
quelquefois que le bleu prend une teinte de violet. 

Uarcgrave a observé que cet oiseau avoit les yeux noîra , hi 
langue terminée par plusieurs fileta, les plumes du dos soyeuses , 
et qu'il étoità peu près de la grosseur du pinson : il l'a vu au Brésil ; 
mais on le trouve aussi dans la Guiane et à Cayenne. La femelle 
a les ailes doublées de gris ;auntltre. 

Longueur totale, quatre pouces un quart; bec, buit à neuf 
Kgnes; Urse, six i sept; doigt du milieu, six, de trbs peu plus 
long que le doigt postérieur; vol, six pouces trob qitarla; queue, 
quinze lignes, oompoeéede douse penne* é^les, dépasse lesaile» 
de trois ou quatre lignes. 

Variiti du giùt-guit noir *t bUu^ 
Cette variété se trouve à Cayenne ; elle ne diffère de l'oîseaii 
précédent que par des nuances : elle a la léle d'un beau bleu ; un 
bandeau sur les yeux d'un noir velonlé ; la gorge , les ailes et la 
queue, du même noir; tout le reste, d'un bleu éclatant tirant sur 
le violet; le bec noir et le» pieds jaunes; les plumes bleuei qui 
couvrent le corps sont de trois couleurs, et des mêmes couleurs 
que dans le précédent. 

A l'égard de la taille, elle est un peu plus petite, et la queue 
surtout paroît plus courte ;0B qui supposeroit que c'est un Jeune 
oiseau , ou un vieux qui n'avoit pas encore réparé ce que la mua 
lui avoit 6it perdre : mais il a une iJus grande étendue de vol , 
sans quoi je l'euase regardé aimplement comme une variété a ag» 
on de sexe. 



=dbï Google 



\x> HISTOIRE NATURELLE 

Cetoiseaa bit son nid avec beaucoup d'art ; en dehors de gros«e 
paille et de brins d'herbe un peu fermes , en dedans de matériaux 
plus mollets et plus doux : il lui donne i peu pris la Ibrme d'une 
cornue ; il le suspend par sa base k i'extr^ité d'une branche 
foible et mobile; l'ouverture est tournée du càté de la terre : par 
cette ouverture , l'oiseau entre dans le col de la cornue , qui est 
presque droit et de la longueur d'un pied , et il grimpe jusqu'au 
▼entre de cette même C(M^ue, qui est le vrai nid; la couvée et la 
couveuse y sont à l'abri des araignées, des lézards et de tous leurs- 
ennemis. Partout où l'on voit subsister des espèce» foibles, non 
protégés par l'homme, il y a à parier que ce sont des espèces in- 
dustrieuses. 

L'auteur de l'^ifai sur rhtstoire naturelh de la Guian» fait 
mention d'un oiseau fort ressemblant à la variété précédente, si 
ce n'est qu'il a la queue d'une longueur extraordinaire. Cette 
longue queue est-elle la prérogative du mâle lorsqu'il est dans son 
état de perfection , ou bien caroctérise-t-elle une autre variélâ 
dans la même espèce ? 

IL LE GUir-GUrr VTîRT et MiEU A TÊTE NOIRE. 

Le plumage de cet oiseau d'Amérique est de trois ou quatre 
couleurs , et n'en a guère plus de variété pour cela , chacune de 
ces couleurs étant raiisemblée en une seule masse , sans presque 
se croiser, se mêler ni se fondre avec les trois autres; le noir ve- 
louté sur la gorge et la tête exclusivement ; le bleu foncé sous le 
corps; le vert éclatant sur toute la partie supérieure, compris 1» 
queue et les ailes , mais la queue est d'une teinte plus foncée : le» 
courertnres inférieures des ailes sont d'un brun cendré, bordée» 
de vert, et le bec est blanchâtre. 

longueur totide, cinq pouces un quart; bec, neuf lignes ;tarae^ 
même longueur ; doigt du milieu , sept lignes , un peu pluslongque 
le doigt postérieur ; queue , dix-huit lignes , composée de douze 
pennes égales , dépasse les aûea de huit k dix Ugnes : l'étendue du 
Toi est inconnue. 

Ce guit-guit est à peu près de la taille du pinson : cm ne dit pa» 
dans quelle pirtio de l'Amérique il selrouve; mais, suivant toute 
apparence, il habite le» mêmes contrées que les deux individu» 
dont je vais parier, et qui lui ressemblent trop pour u'élre point 
regardés comme des variole» dans oette espèce. 



DiailizodbvGoOgle 



DES GUIT-GUITS D'AMERIQUE. isi 

^ariitéa du gutt-guit vert et bleu à tête noire. 

I. Legiùt-guit à télé noire '. Celuî-cï a la tête nmre comme le 
précédent, maia non la gorge; elle e«t verte et d'un beau vert, 
ainsi qu« tout le de«eus et le dewoui du corps, ccnaprù lea cou- 
vertarea supérieurefl des ailes : leun pennes sont noirâtres , ainsi 
que celles de la queue; mais toutes sont Bordées de vert, seuls 
couleur qui paroisse , les parties étant dans leur repos : leiii cou- 
vertures inférieures des ailes sont d'un cendré brun , bordées 
aussi de vert ; le bec est jaun&lre À sa base , noirâtre dessus, blan- 
châtre dessous , et les pieds sont d'une couleur de plomb foncée : 
les dimensions relatives des parties sont à peu pris les marnes 
que dans l'oiseau précédent ; seulement la queue est un peu plus 
Vmgue , et dépasse les ailes de onze lignes : le vol est de sept pouces 
et demi. 

n. Z,e guit-fruit vert et hléu à gorge biancTie. Le bleu est sur 
la tête et les petites couvertures supérieures des ailes; la gorge est 
lilanche ; tout le reste du plumage est comme dans la variété 
précédente , excepté qu'en général le vert est plus clair partout , 
et, que, sur la poitrine, il est semé de quelques taches d'un vert 
plus foncé; le bec est noirâtre dessus, blanc dessous, suivant 
M. Brisaou, et, au oontrrire, blanchâire dessus et cendré foacé 
dessous, suivant M. Edwards; les pieds sont jaunâtres. 

A l'égard des dimensions, elles sont précisément les mêmes que 
dans l'oiseau précédent. Cette conformité de proportions et de 
plumage a &it soupçonner k M. Edwards que ces deux oiseaux 
appartenoient à la même espèce : c'est aux observateurs vojra- 
geurs à nous apprendre si ce sont variétés d'âge, de sexe, de 
climat , etc. 

m. Leguit'gait tout vert V Tout le dessus du corps est d'un 
vert foncé teinté de bleuâtre , excepté le croupion , qui , de même 
que la gorge et le dessous du corps, est d'un vert plus clair teinté 
de jaunâtre : le brun des ailes est noir, le bec et les pieds noirâ- 
tres ; mais on aperçoit un peu de couleur de chair près de la base 
du bec inférieur. 

On trouve cet oiseau à Cayenne et dans l'Amériqueespagnole: 

■ h». 5^8, Bff. 3, ai ctt aÎKiB ot TqinKnU loui le bdb de grimpereau A 
If te noire du Briiil. 

' IS'°. $83, Gg. I, oà cetoiMncatMprticntiwuIïDMnilt jr/fl^wniu vert 
de Cajcaaai 



:,,G00glf 



I3> ■ HISTOFRF. NATURF.r.r.F. 

jl est de la grosseur des précétlen*,et proportionné à peu prèsd» 
inf me , ai ce n'est qu'il a le bec un peu plua court et [Jua appro* 
chant de celui des sucriers. 

n, LE GUIT-GUIT VERT TACHETÉ '. 

Celui-ci est plus petit que les f(uit-gaits verts dont nous venona 
de parler, et îl est au&si proportionné différemment. Il a le dessus 
de la. tèle et duoorps d'un beau vert, quoiqu'un peu brun (rarié 
de bleu dans quelques individus); sur ta gorge, une plaque d'un 
roux clair, encadrée des deuz calés par deux bandes bleues fort 
étroites qui accompagnent les branches de la mâchoire inTérieure; 
les joues variées de vert et de blanchâtre, la poitrine et te dessous 
du corps de petits traits de trois couleurs différentes, les una 
bleus *, les autres verts , et les autres blancs ; les couvertures infé- 
rieurei de la queue jaunâtres; les pennes intermédiaires vertes; 
in latérales noiritres, bordées et terminées de jvtrl ; lea pennes 
des ailes de même; te bec noir; entre le bec et l'oeil une tache d'un 
roux clair, et les pieds gris. 

La femelle a le* couleurs moins décidées, et le vert dn dessu» 
du corps plu* clair; elle n'a point de roussâtre ni sur la gurge-ni 
entre le bec et l'oeil , et pas une seule nuance de bleu dans tout 
son plumage : j'en ai observé une en qui les deux bande* qui ac- 
Txtmpagnent les deux bninches de la mâchoire inférieure étoient 
verte». 

Longueur totale, quatre pouces deux lignes; bec, neuf lignes; 
tarse, six lignes; doigt du milieu de même longueur, un peu plua 
long qne le doigt postérieur; vol, six pouoes trois quarts; queue, 
quinse lignes, composée de douse pennes égales, ^pasae les ailea 
de cinq lignes. 

m. LE GUIT-GUIT VARIE. 

Ia lïature semble avoir pris plaisir à rendre agréable le plu- 
mage de cet oiseau , par la variété et le choix des couleurs qu'elle 
y a répandues : du rouge vif sur le sommet de la tête, du beau 
bleu sur l'occiput ; du bleu et du blanc sur les joues ; du jaune de 



■ N>. fiiS, Gg. s, où C)t eiicntnnpiiamUteiuiaiioaitgri/iipenau^ 
lochtti dt Cayenn». 

> Dam l'inditidu dicrit par M. Kailnuitr, il a'j iToit paiol de h\ea ; oh!* 
(Or(« jlnit jiBBt , lintL tpig l'apice ntr* U btcct l'aiL 3e croiiou fai c'JlDit 
j<HUC lutle, et uou us feo,EUe idultt. 



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DES CtlIT-GOITS DAMÉRIQUE. 12S 

deux niunoei Bur la f{0'^>''>p(>'trineet toutledeMOUBducorju; 
du jaune, du bleu, du blanc et dunoirAtresur ledessuidu corpit 
compris les ailes , la queue et leurs couvertures supérwum. On 
dit qu'il est d'Amérique; mais on ne désigne point la partie de 01 
continent qu'il habite de préSénnce. Il est 1 peu prÈs de la taille 
du pînsOn. 

Longueur totale, cinq pouces; bec, neuf lignes; tarse, six li- 
gnes; doigt du milieu, sept, un peu plus long que 1r doigt pos- 
térieur ; ongles assez longs; queue, dix-sept lignes, dépasse les ailes 
de cinq à six lignes. 

IV. LE GUrr-GUIT SOIR ET VIOLET. 

U a la gorge et le devant du cou d'un violet éclatant; le basdn 
doa, les couvertures supérieures de la queue et les petites des 
ailea , d'un violet tirant sur la couleur d'acier poli ; U parti» su- 
périeure du dos et du cou, d'un beau noir velouté; le ventre, tes 
couvertures inférieures de la queue et des ailes, et les grandes 
couvertures supérieures des ailes, d'an noir mat ; le sommet de 
U tête d'un beau vert doré; la poitrine marron pourpré, le bco 
QoirAtre, et les pieds bruns. Cet oiseau se trouve au Brésil ; il est 
de U (aille de notre roitelet. 

Liongueur totale, trois pouces cinq lignes; bec, sept lignes; 
tarse , cinq lignes et demie; doigt du milieu, cinq, un peu plus 
long que le doigt postérieur; vol , quatre pouces on quart; queue, 
trei2e lignes et demie, composée dedouae pennes é^detjdépuso 
les ailes de cinq à six lignes. 

V. LE SUCRIER. 
Le nom de cet oiseau annont» i'esptce de nourriture qui lui 
plait le plus : c'est le suc doux et visqueux qui abonde dans les 
cannes à sucre ; et , selon toute apparence , cette plante n'est pas 
la seule où il trouve un suc qui lui convienne : il enfonce son bec 
dans les gerçures de la lige , et il suce la liqueur sucrée ; c'est eu 
que m'assura un voyageur qui a passé plusieurs annéesl Cayenne. 
A cet^ard, les sucriersserapprochent des colibris; ils s'en np- 
procheot encore par leur petitesse , et celui de Cayenne nommé- 
ment par la longueur relative de ses ailes, tandis que, d'un au- 
tre côté, ils s'en éloignent par la longueur de leurs pieds, et la 
briévelti de leur bec. Se soupçonne que les sucriers mangent aussi 
des insectes, quoique les observateurs et les vojngeurs n'en di- 
sent rien. 



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is4 HISTOIRE NATURELLE 

Un sucrier mâle de k Jamaïque avoit la gorge , le cou et te de»> 
sus de la tête et du corpa , d'un beau noir , icMitefoù avec qnel- 
ques exceptions; savoir, des espèces de sourcils blancs, dublane 
sur les grandes pennes des ailes, depuis leur oriffine jusque passé 
la moitié de leur longueur , et encore sur les extrémités de toutes- 
les pennes latérales de la queue ; le bord dei ailes, le croupion , 
les flancs et le ventre d'un beau jaune qui alltùt s'afibiblissant sur 
le bas ventre, et qui n'étoit plus que blanchâtre sur les couver- 
tui'es iniérieures de ta queue. 

L'espèce est répandue à la Martinique, à Cayenne, à Saint-Do- 
mingue, etc-; mais le plumage varie un peu dans ces dllTérentes 
fies, quoique situées à peu près sous le même climat. Le sucrier 
deCayenne ', a la tête noirâtre, deux sourcils blancs ,qui, se pro- 
longeant, vont se rejoindre derrirre te cou ; la gorge gris cendré 
clair; te dos et tes convertures supérieures des ailes gris œndré 
plus foncé; tes pennes des ailes et d« ta queue gris cendré, bordé- 
de cendré; la partie antérieure des aîtes bordée de jaune citron; 
le croupion jaune; la poitrine et te dessous du corps jaune aussi, 
mais cette couleur est mêlée de gris sur le bas-ventre ; le bec noir, 
et les pieds bleuâtres; ta queue dépasse de fcK't peu l'extrémité des- 

Cet oiseau a le cri très-fin , li, *i, comme le colibri , et , comme 
lui et tes autres sucriers, il suce la sève des plantes. Quoiqu'on 
m'ait fort assuré que le sucrier de Cayenne que je viens de décrire 
étoit un mAle, cependant je ne puis disûmuler quit a beaucoup 
de rarports avec la femelle du sucrier de ta Jamaïque : seulement 
celle-ci a la gorge bbnchâtre , une teinte de cendré sur tout ce qui 
est noirâtre ; les sourcib blanc jaunâtre ; la partie antérieure dea 
aiSea bordée de blanc; et le croupion do la même couleur que le 
dos ; tes cinq paires des pennes latérales de ta queue terminées de 
blanc, selon Edwards ( la seule paire extérieure, suivant Bris- 
son ]; enfin les plus grandes pennes des ailes blanches, depui» 
leur origine jusqu'au-delà de la mdlié de teurio^ueur, c(»nmc 
dans te mâle. 

M. Sloane dit que cet oiseau a un petit ramage fort court et fort 
agréable ; mais si tel étoit te ramage de l'oiseau observé par 
M. Sloane , tequd étoit probabtemeut une femelle , on peut croire 
que te chant du mâle est encore plus agréable. 

Le même observateur, qui a disséqué un de ces oiseaux , nous. 

■ L«i criola el le» ot^rc. it C.jtnne l'ippelldit «"coi«-«. 



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DES GUIT-GUITS D'AMERIQUE. i25 

•pprend qu'il avoit le cceur et le gésier pedu, celui-ci peu mua- 
culeux, doublé cependant d'une membrane «ans Adhérence , le 
fi>ie d'un rouge vif, et lea intettinB rouléi en un grand nombre 
de circonTolutiona. 

J'ai TU un sucrier de Saint - Domingue qui avoit le bec et la 
queue un peu plus courts, lea •ourcils blanca, et aur la gorge une 
espèce de plaque grise, plus étendue que ne l'est la plaque blan- 
châtre dans la femelle ci-dcMua; il lui rcMembloit par&itement 
dans tout le reste. 

Enfin M. Linnœus ivgarde comme le même oiseau le grimpe- 
rena de Bahama de M. Brisson , et ses nucriers de la Martinique 
et de la Jamaïque. Ilaeneffot leplumaf;e à peu près semblable A 
celui des autres sucriers ; tout le deuua brun , compris même lea 
pennes des BÎlea et de la queue, celles-ci blnncbâtrea par-dessous; 
la gorge d'un jaune clair ; le bord antérieur des ailes, leurs cou- 
rerturea inférieures et le reste du dessous du corps, d'un jaune 
plus foncé jusqu'au bas du rentre, lequel est du même brun que 
le dos. Au reste, cet oiseau est plus gros que lea autres sucriers, 
et il a la queue plus longue; en sorte qu'on doit le regarder nu 
moins comme une variété de grandeur et même de climat. Voici 
lei dimensions comparées de ce sucrier de Bahama et de celui de 
la Jamaïque. 

StTClin» SOCIIEK 

ia Baluau. di li J«niîi]Qi. 

p«. lip paa. Kf, 

LodgBCar tolils 4 ^ 3 7 

tdtm, DOB coMpri* U qmnw o 3s o 17 

Bec o 6 a S 

T*n« o 6'/> o 7 

Doigt do milic 5>/> o 6 

Daigt p«UTi«ir. o S «t plu. o \k S 



D^UM 1m *iUi de. o iJ li 16 o 5 k 6 

Le nom de lutcinia, que M. Klein donne à oet oiseau, suppose 
qu'il le regarde comme un oiseau chanteur; ce qui aeroit un rap* 
port de plus avec le sucrier d« la Jamaïque. 



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laS HISTOIRE NATURELLE 

L'OISEAU-MOOCHE '. 

X)s tous les êtres animés, voici le plus élégant pour k forme, 
et le plus brillant pour les couleurs. Les jiierres eL lea inélaux po' 
lis par notre art ne sont pas comparables à ce bijou de la Nature ; 
elle l'a placé, dans l'ordre des oiseaux, au dernier degré de l'é- 
chelle de grandeur : maxime miranda in minimis. Son chef- 
d'oeuvre esl le petit oiseau -mouche; elle l'a comblé de tous les 
dons qu'elle n'a fait que parlager aux autres oiseaux : légèreté, 
rapidité, prestesse, grâce et riche parure, tout appartient à ce pe- 
tit fiivori. L'émeraude, le rubis, la topaze, briitent sur ses \a.- 
bits; il ne lea souille jamais de la pouuière de la terre, et, dans 
sa vie toul aérienne, on le voit à peine toucher le gazon par ins- 
tana: il est toujours en l'air, volant de Beurs en fleurs; il a leur 
fraîcheur comme il a leur éclat ; il vil de leur necUr , et nlwbils 
que les climats oh sans cesse elles se i-enou relient. 

Cest dans les contrées les plus chandes du nouveau monde qae 
se trouvent toutes les espèces d'oiseaux- mouches. Elles sont asses 
nombreuses et paroissent confinées entre les deux tropiques; car 
ceuxquis'avancentenétédansleszonestempérées n'y font qu'ua 
court séjour : ils semblent suivre le soleil , s'avancer, se retirer 
avec lui , et voler sur l'aile des zéphyrs à la suite d'un printemps 
étemel. 

Les Indiens, frappés de l'éclat et du iêu qu« rendent le* rou- 
leors de ces brillans oiseaux, leur avoient <lonoé les noms de 
r<^oni,ou cheveux du soleil. Les Espagnols les ont appelés tonù- 
. news, mot relatif à leur excessive petitesse: letomineest un poids 
de douze grains. J'ai vu. , dit Nieremberg , peser au tréhuchet un 
de ces oiseaux, lequel, ai^ec son nid, nepesoit que deux tominee. 



■ Let Eipipialt ta naniBinit tomSntioi; l«P^ni*i«M, ^uiiui, mIod Oaici' 
lnuoj mW d'tBlrea, futndi, Et de mtoii in Pinçai j tu Mnicaini, hutt^ 
liizU, KiTint XimcDti; boiiziuU dîna Benundï.; oun'ui'a ( njao du aa- 
■cil J, iDÏTint Nicrembtrg j Ici Brciilinu, guaimuTibi [cenoni est générique, it 
«oraprcnd dui> Mircgriva I» colibiii hee In oiKiui-inoiiElm; c'nt ■ppaf«i>< 
ment ce atae nom corroafa qut Lirj ti Tkrtit miitot ftt gomnHbouch , et 
qTie l« tilalioDi portagauei écrivent guanimibi^ue) ; guachichil i la noB' 
Tille-Eip.^,, cW-k-diR, lucc'/leuri, auLaot Cnoelli Camrii «• iDglaii. 
huntming bird ( oiican bonrdonaiiiC ) ; <n lalia modans di nomcDclitim , mctf 
iUufa ( Bniwii ) , trochilut ( Lima. ). 



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DE L'OISE AU-MOUCHE. la; 

Et pour le valume , les pelilm ««pècei de cea oiseaux «mt au-de»' 
M)ui delà grande n)ouclieaMle(/e taon} pour 1» grandeur, et dn 
bourdon pour In grosaeur. Leur bec est une aiguille fine, et leur 
langue un fil délié j leurs petits yeux noirs ne paroissent qua 
deux points brillans ; les plumes de leurs ailea sont si délicates , 
qu'elles en paroissent transparentes. A. peine aperçoit-on leurs 
pieda, tant iLt sont courts et menus: ils en font peu d'usage; ils 
ne se posent que pour passer la nuit, et se laissent, pendant le 
jour, emporter dans les birs. Leur vol est continu , bourdonnant 
et rapide. Marrgrave compare le bruit de leurs ailes i celui d'un 
rouet , et l'exprime par les syllabes Aour, hour, hour. Leur bat- 
tement est si vif, que l'oiseau, s'arrètant dans les airs, paroitnon- 
■ealemetit immobile , mais tout-à-fait sans action. On le voit s'ar- 
rêter ainsi quelques instana devant une fleur, et partir comme 
un trait pour aller A une autre. Il les visite toutes, plongeant sa 
petite langue dans leor sein , les flattant de ses ailes ,- sans jamais 
l'y fixer, mais aussi sans les quitter jamais; it ne presse ses incons- 
tances que pour mieux suivre ses amours et multiplier ses jouis- 
aances innocentes : car cet amant léger des fleurs vit à leurs dé- 
pens sans les flétrir; il ne fait que pomper leur miel, et c'est à cet 
usage que sa langue parolt uniquement destinée. Elle est com~ 
posée de deux fibres creuses , formant un petit canal , divisé au 
bout en deux filets; elle a la fiirme d'une trompe, dont elle fait 
les fonctions : l'oiseau la darde hors de son bec, apparemment 
par un mécanisme de l'os hyoide , semblable à celui de la langue 
despics;il la plonge jusqu'au fond du calice des fleurs pour en ti- 
rer les sucs. Telle est sa manière de vivre, d'après tous lesauteurs 
qui en ont écrit. Ils n'ont eu qu'un contradicteur, c'est M. Ba- 
dier,qui, pour avoir trouvé dans l'oesophage d'un oiseau~mouc))e 
quelques débris de petits insectes, en conclut qu'il vit de ces ani- 
maux, et non du suc dea fleurs. Mais nous ne croyons pas devoir 
&ire céder une multitude de témoignages authentiques à une seule 
sssertjon, qui même parolt prématurée. En eflet, que l'oiseau- 
mouche avale quelques insectes , s'enauit-il qu'il en vive et s'en 
nourrisse toujours? et ne semble-t-il pas inévitable qu'en pom- 
pant le miel des fleurs, ou recneillant leurs poussitres, il en- 
traîne en niême temps quelques-uns des petits insectes qui s'y 
trouvent engagés? Au reste, la nourriture la plus substantielle 
est nécessaire pour suffire & la prodigieuse vivacité de l'oiseau- 
moudie, comparée avec son extrême petitesse; il faut bien des 
raolécules organiques pour souteuîr tant de force dana de si foi* 



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138 HISTOIRE NATURELLE 

blea organea, et fournir à U dépense d'eaprib que &it un mon- 
Tcment perpétua et rapide : ud aliment d'aussi peu de substance 
que quelques menus insectes y paraît bien peu proportionné ; et 
Sloane, dont les obcervations sont ici du plus grand poids, dit 
expressément qu'il a trouvé l'estomac de l'oiseau- mouche tout 
rempli des poussières et du miellat des Seurs. 

Rien n'^fdeen eSêtla vivacité de ces petits oiseanx, si ce n'est 
leur courage , ou plutdt leur audace : on les voit poursuivre avec 
furie des oiseaux vingt fois {Jus gros qu'eux, s'attacher à leur 
corps , et , se laissant emporter par leur vol , les becqueter à coups 
redoublés, jusqu'à ce qu'ib aient assouvi leur petite colèr«; quel- 
quefois même ils se livrent entre eux de très-vi& combats. L'impa- 
tience paraît être leur àme;s'ila approchent d'une fleur et qu'ils la 
trouvent &née, ils lui arrachent les pétales avec une précipitation 
qui nian}Ue leur dépit. Ils n'ont point d'autre voix qu'un petit 
cri, acrep, tcrep, fréquent et répété; ils le font entendre dans les 
bois dès l'aurore, jusqu'à ce qu'aux premiers rayons du soleil, 
tous prennent l'euor et se dispersent dans les campagnes. 

Ils sont solitaires, et il seroit difficile qu'étant sans cesse em- 
portés dans les airs, ils pussent se reconnoitre et se joindre: néan- 
moins l'amour, dont la puissance s'étend au-delà de celle de* 
élémens , sait npprorlier et réunir tous les êtres diiipersês ; on voit 
tes oiseaux-mouches deux à deux dans le temps des nichées. Le 
nid qu'ils construisent répond à U délicatesse de leur corps \ if est 
&it d'un colon fin ou d'une bourre soyeuse recqeillie sur des 
fieurs: ce nid est fortement tissu et de la consistance d'une peau 
douce et épaisse. Ia femelle se charge de l'ouvrage, et laisse au 
mAle le soin d'apporter les matériaux : on la voit, empressée à ce 
travail chéri, chercher, choisir, employer brin à brin les fibres 
propres à former le tissu de ce doux berceau de sa progéniture; 
elle en polit les bords avec sa gorge , le dedans avec sa queue ; elle 
Je revêt à l'extérieur de petits morceaux d'écorce de gommiers 
qu'elle colle alentour pour le défendre des injures de l'air, autant 
que pour le rendre plus solide ; le tout est attaché à deux feuilles 
ou à un seul brin d'oranger, de citronnier, ou quelquefois à un 
fétu qui pend de la couverture de quelque cane. Ce nid n'est pas 
plus gros que la moitié d'un abricot, et fait de même en demi- 
coupe : on y trouve deux oeufs tout blancs, et jias plus gros que 
de petits pois ; le mSle et la femelle les couvent tour-à-tour pen- 
dant douxe jours ; les petits éclosent au treizième jour, et ne sont 
alors pas plus gros que des mouches, a Je n'ai faisais pu remar- 



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DE L'OISEAU-MOUCHË. tag 

« quer, ditleF. du Tertre, quelle Mrtedebecqoéeh mère leur 
« apporte, nnon, qu'elle leur donneâaucer u langue encore tout 
« emisiellée du suc tiré des fleurs. » 

On conçoit aiaément qu'il eit comme impossible d'élever cea 
petits volatilea ; ceux qu'on a esssyé de nourrir avec des sirop* 
ont dépû"! dans quelques semaines. Ces alimeni , quoique légers, 
•ont enrore bien différens du nectar délicat qu'ils recueillent en 
liberté sur les fieurs , et peut-^tre auroit-on mieujc réussi en leur 
offrant du miel. 

Id manière de Ie« abattre est de les tirer avec da saille ou à la 
sarbacane. Ils sont si peu défians, qu'ils se laissent approcher jus- 
qu'à cinq ou six pas '. On peut encore les prendre en se plaçant 
dans un buisson fieuri , une verge enduite d'une gomme gluante 
H la main-, on en touche aisément le petit oisean lorsqu'il bour- 
donne devant une ileur. 11 meurt aussitôt qu'il est pris , et sert 
après m mort 4 parer lea jeunes indiennes , qui portent en pen- 
dans d'oreilles deux de ces charmans mseaux. Les Péruviens 
avoient l'art de composer avec leurs plumes des tableaux dont les. 
anciennes relations ne cessent de vanter la beauté. Marcgrave , 
qui avoit vu de ces ouvrages , en admire l'éclat et la délicatesse. 

Avec le lustre et le velouté des fleurs, on a voulu encore en 
trouver le parfum k ces jolis oiscwux; plusieurs auteurs ont écrit 
qu'ils sentoient le musc. C'est une erreur dont l'origine est appa- 
remment dans le nom que leur donne Ovjedo, de passer mot- 
quitus , aiaément changé ea celai Ae passer mo$catu». Ce n'est pas 
la seule petite merveilleque l'imagination ait voulu ajouter à leur 
histoire : on a dit qu'ils étaient moitié oiseaux et moitié mouches , 
qu'ils se produisoient d'une mouche -, et un provincial des Jé- 
suites affirme gravement, dans Clusius, avoir été témoin de la mé- 
tamorphose. On a dit qu'ils mouroient avec les fleurs, pour 
renaître avec elles; qu'ils passoient dans un sommeil et un en- 
gourdissement total toute la mauvaise saison, suspendus par le 
bec À l'écorce d'un arbre. Mais ces fictions ont été rejelées par les 
naturalistes sensés, et Catesby assure avoir vu , durant toute 
Tannée, cea oiseaux k Saint-Domingue el au Mexique, où il n'y 
a pas de saison entièrement dépouillée de fleurs. Sloane dit la 
même chose de la Jamaïque, en observant seulement qu'ils j 
paroîasent en plus grand nombre après la saison des pluies, et 



Buffon, 11. 



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i5o HISTOIRE NATURELLE 

Abregrave avoit déjà écrit q u'on les trouve toute l'um^ en grand 
nombre dans les bois du Brénl. 

Nous connoissona vingt-quatre eiptos dans la genre dn oi- 
seaux-mouches , et il est plus que probable que nous ne les con- 
Boissons pas toutes. Nous les désignerons chacune par des déno- 
minations difiërentes , tirées de leurs caractères les plus apparens, 
et qui sont suffisans pour ne les pas confondre. 

LE PLUS PETIT OISEAU-MOUCHE. 

Prtmiir» tfpht. 

Cj'est par la ptu* petite des espèces qu'il convient de Gon1met^- 
cer t'énumération du plus petit des genres. Ce très-petit oiseau- 
mouche, d". 376, fig. t , est A peine long de quinae lignes, de 
la pointe du bec au bout de la qneue. Le bec a trois lignes et 
demie, la queue quatre , de sorte qu'il ne reste qu'un peu plus 
(le sept lignes pour la tête , le oou et le corps de l'oiseau ; dimen- 
sions plus petitea que celles de nos grosses mouches. Tout le dessus 
de la tâte et du corps est vert doré bran changeant et à reflets 
rougeàlres ; tout le dessous est gris blanc, he» plumes de l'aile sont 
d'un brun tirant sur le violet ; et cette couleur est presque géné- 
^emeut celle des ailes dans tous les oiseaux-mouches, aussi-bien 
que dans les colibris. Ils ont aussi assea communément le bec et 
les pieds noirs ; les jambes sont recouvertes assex bas de petits du- 
vets effilés , et les doigts sont garnis de petits ongle* aigus et oonr- 
bés. Tous ont dix plumes à k qneue , et l'on eat étonné que Marc- 
grave n'en compte quequatre ; c'est vraisemblablement une erreur 
de copiste. La couleur de ces plumes de la queue est , dans la plu- 
part des esptces, d'un noir bleuâtre, avec l'éclat de l'ader bruni- 
La femelle a généralement les couleurs moins vives; on la recon- 
noît aussi , suivant les meilleurs observateurs, à oe qu'elle est un 
peu plus petite que le mâle. Le caractère du bec de l'oiseau-mouche 
est d'âtre égal daossBlongneur,iuipeurenflé vers le bout, cchu- 
primé horiaontalement, et droit. Ce dernier trait distingue le* 
oiseaux-moucJieB deacoKbrîs, que plusieurs naturalistes ont con- 
fondus, et que Margrave lui-même n'a pas séparés. 

Au reste, cette première et très-petite espèce se trouve au Brésil 

et aux Antilles. L'oiseau nous a été envoyé de la Martinique >ni 
■on nid, et M. Edwards l'a reçu de la Jamaïque. 



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LE RUBIS. 

Stconde tspic4, 

JliN observaDt l'ordre de grandeur, ou plutiït de pedteate , ptu' 
ôeun espicea pourroîent tenir ici la aeconde place. Nous la don- 
noiia à l'oisaut-mouche de la Caroline, en le déaignant par la 
nom de rubù. Catesby n'exprime que foiblement L'éckt et la 
])eauté de la couleur de *a gorge, en l'appelant un iniail cra~ 
«aoMt.-c'eatkbrillanlet lefeud'un rubis; rudeoAtf ,il s'y mêla 
une couleur d'or; et en deiMMu, oe n'est plus qu'un gi-enat loni" 
We. On peut remarquer que ces {idumes de la gorge sont taîUéea 
et placées en écailla, arrondie*, déUohées; disposition favorable 
pour augmenter les reflets, et qui se trouve , soit au cou , aoit sur 
la tels dea oiaeaiCE-mouohe* , dans toutes leurs plmnea éclatantea. 
Celui-ci a tout le desaua du oorpi d'un vert doré changeant tXk 
couleur de cuivre rouge ; la poitrine et le devant du cor}» sont 
m£léade gris blancetjde noirâtre; les deuxplumea du milieu de la 
queue sont de la couleur du dos, et les |dume« laléralessont d'un 
bron pourpré, Catesby dit couleur dtcuivref l'aile est d'un bruti 
teint de violet, qui est, comme nous l'avona déjà observé, la 
couleur commune des ailes de tous ces oiseaux : ainsi nous n'en 
ferons plus mention dans leurs descriptions. [Ia coupe de leurs ailes 
est «ases remarqnaUe ; Catesby l'a comparée ji celle de la iams 
Jun cUnatnrt turc. Les quatre ou cinq premières pennes exté- 
rienrei sont très- Ion gués ; les suivantes le sont beaucoup moins, 
et les plus près du corps sont ettïémement courtes ; ce qui , joint 
i oe que les grandes ont une courbure en arritre, fait ressembler 
les deux ailâ ouvertes i un arc tendu : le petit corps de l'oiseau 
est au milieu comme la flèche de l'arc. 

L« rubis se trouve en été à la Caroline, et jusqu'à la Nouvelle- 
Angleterre , et c'est la seule espèce d'ois eau-mouche qui s'avance 
dans ces terres septentrionales. Quelques relations portent cet 
«iseau-mouche jusqu'en Gasj>ésie, et le P. Charievoiz prétend 
qu'on le voit au Canada : mais il paroit l'avoir assea mal connu , 
qnand il dit que le ibnd de son nid est tistu de petits brina d» 
boit, et qiiilpotui jusqu'à cinq oeufs ; et ailleurs, qu'iVa les pieds, 
comme le bec, fbrt longs. L'on ne peut rien établir sur de pareils 
témoignages. On donne la Floride pour retraite en hiver aux 



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l3a HISTOIRE HATURELLE 

oueaux-mouchet de la Caroline ; en é lé, ils y font leurs petiU, et 
partent quand lea fleurs commencent à. se flétrir en automne. Ce 
tint que des fiturê qu'il tin ta nourriture, et je n'ai Jamait ob- 
§ervi, dît Cateaby, qi^il s« nourrit d'aucun intecle, ni d'autr* 
chose que du ructar des fleurs. 

L'AMÉTHYSTE. 

Tyoisiime espèce, 

\mm petit oiaean-mouche a tonte la gorge et le devant du cou de 
couleur améthyste brillante. On n'a pu donner cet éclat a b figure 
«ilaminée,n°. 67a, fig. i ; c'est même la difficulté de rendre le 
lustre et l'effet des couleurs des oiseaux-mouches et des colibrit, 
qui en a fait borner le nombre dans les planches enluminées, et 
discontinuer un travail que tous les auteurs reconnoiaent égale- 
aient être l'écueil du pinceau. L'oiseau améthyste est un des pins 
petits oÎMa ux-mouches i sa taille et sa figure sont celles des rubis; 
il a de même la queue fourchue; le devant du corps est marbré 
de gris blanc et de brun; le dessus est vert doré; la couleur 
améthyste de la gorge se change eu brun pourpré, quandroeilse 
place un peu plus bas que l'objet ; les ailes semblent un peu plus 
courtes que dans les autres oiseaux-mouches j et ne s'étendent pas 
jusqu'aux deux plumes du milieu de la queue, qui sont cepen- 
dant les plus courtes , et i-endent sa coupe fourchue. 

L'ORVERT. 

Quatrième espèce. 

Ijc vert et le jaune doré brilletit plus ou moins dans tous lef 
oiseaux -mouches; mais ces belles couleurs couvrenl le plumag» 
entier de celui-ci avec un éclat et des reflets que l'oeil ne peut se 
lasser d'admirer: sons cerlains aspects, c'est un or brillant et pur; 
BOUS d'autres, un vert glacé qui n'a pas moins de lustre que le 
métal poli. Ces couleurs s'étendent jusque sur les ailes; laqueue 
est d'on noir d'acier bruni; le venti-e blanc. Cet oiseau-mouche 
ast encore très-petit , et n'a pas deux pouces de longueur. C'est à 



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DU HUPPE-COL. ,35 

cette «ipèce qœ noiu croyons dcToir rapporter la petit oiseau- 
mouche entièrement vert ( ail grten humming bird ) de k troi- 
•ième partie des Glanun» d'Edwarda, pUnctio CCCXTI , pa- 
ge 36o, que le traducteur donne n»l k propos pour nn colibri : 
mais k méprise est eicusabfe, et vient de k langue angkise 
oUe-méme, qui n'a qu'uo nom commun, celui d'oiseau bour- 
donnant (ÀiwniiMn^ bird), pour déaigner ka oïdihris et 1m oiMauv 
mouches. 

Nou« rapporterons encore à cette espèce k seconde de Maro- 
grave; sa beauté singulière, son bec court, et l'éckt dW et de 
vert brillant,'et glacé { tranaplmderu ) du devant du corps, le dé. 
signent assez. M. BrÏMon , qui &it de cette seconde espèce de 
Harcgrave m seizième , sous k nom à^oiMou-mnuche à queus 
fourchue du BriêU, n'a pas pris g/ude que , dans Marcgrave, cet 
oiseau n'a k queue ni longue ni fourehue ( cauda similn priori , 
dit cel auteur ) : or k première espèce n'a point k queue fouir* 
chue , mais droite , longue seulement d'un doigt , et qui ne dé- 
passe pas l'aile. 



LE HUPPE-COL. 

CinquiAme têpic». 

XjK nom désigne un caractjire fort singulier, et qui suffit ponr 
&ire distinguer l'oiaeao , n*. 64o , fig. 5 , de tous les autres : ncm- 
seulementsa tète est ornée d'une huppe rousse assez longue, roaia 
de chaque côté du cou , au-dessous des oreilles , partent sept ou 
huit plume* inégales. Les deux plus longues, ayant six i sept 
lignea, sont de couleur rousse, et étroites dnns leur longueur; 
mais le bont un peu élargi est marqué d'un point vert ; l'oiseau 
ks r^ève en les dirigeant en arrière : dans l'éuit de repos, elles 
■ont couchées sur le cou, ainsi que sa belle huppe; tout cela se 
dreaae quand il vole, et alors l'oiseau paroit tout tond. Ua la 
gorge et le devant du cou d'un riche vert doré ( en tenant l'œil 
beaucoup plus bas que l'objet , ces plumes si brillantes paroisaent 
brunes); k tète et tout le dessus du corps est vert avec des refieta 
écktans d^r et de bronze, jusqu'à une bande blanche qui tra- 
verse le croupion; de là jusqu'au bout de k queue règne un or 
luisant sur un fond bruo aux barbes extérieure! des pennes, et 



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.54 HISTOIRE NATURELLE 

roux aax inléricurea ; le detsous du corps e«t vert doré bran ; la 
bas-ventre blanc. L& grosseur du huppe-col as surpaase pas celle 
de l'aniéthyste. Sa femelle lui resMoible , h ce n'est qu'elle n'a 
point de huppe ni d'oreilles, qu'ellç a b banda du croupion rous- 
■âtre, «inai que la gorge; le recte du dewou* du corps , roux» 
naanoé de venUtre ; son do* et le dessus de sa tête sont, conuno 
dans le mile , d'un vert à reflets d'or et de bronxe. 



LE aOBIS-TOPAZE. 

Sixième e»pèee, 

Dk feus tes oisesnx de ce genre , celui-ci , n°. 337, fig. 3, e&t le phift 
T>^u,ditMarcgnive,etleplusélé^Dt: il aies couleurs eljette le ièta 
des deux pierre* précieuses dont nous lui donnons le* nom» ; il a )e 
dttsua de la tète et du cou aussi éclatant qu'un rubis ; ta goi^ et tout 
le devant du cou , jusque sur la poitrine, TUS de &ce, brillent comme 
nne topaze aurore du Brésil ; ces mêmes parties vue* un peu eu des- 
sous paroissenl un ormat, et vue* de plus bas encore, se changent 
«n vert sombre; le haut du dos et le ventre sont d'un brun noir ve> 
louté; l'aile est d'un brun violet; le bas-ventre blanc; les couver- 
tures inlërieure» de la queue et ses pennes sont d'un beau rtmx 
doré et teint de pourpre; elle est bordée de brun au bout ; 1» 
croupion est d'un brun relevé de vert doré; l'aile pliée ne dé- 
passe pa« la queue , dont les pennes sont égaler Marcgrave re- 
marque qu'elle est lar^ , et que l'oiseau l'élale avec grâce en vo- 
lant. Il est assez grand dans son genre : sa longueur totale est de 
trois pouces quatre à six lignes; son bec est long de sept à huit, 
Marcgrave dit d'un demi-pouoe. Cette b^ espèce puoit nom- 
breuse , et elle est devenue commune dans \» cabinets des natu- 
ralistes. Seba témoigne avoir reçu de Curaçao phiaieura de ces. 
oiseaux. On peut leur remarquer un caractère que portent plu» 
ou moins tous les oiseaux-mouchea et colibris , c'est d'avoir le bec 
bien garni de plumes à sa base,qadque(bia jusqu'au quart ou au 
tiers de sa longueur. 

La femelle n'« qu'un trait d'or ou de topaie sur la gorge 
et le devant du cou : le reate du dessous de son ooips est gris. 

Nous croyons que l'cùseau-mouche représenté n*. 64o, fig. i. 



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DE L'OISEATT-MOtTCHE HUPPÉ. i55 

des planchea enluminéei, est d'ane etpèoe trè>-votaîn«, on peut- 
êlre de k même espèce que orfoi-ci ; car i] n'en difiîre que par 
la fanppe, qui n'est p«r fort relevée : du re«te , les reflaemblancea 
•ont frtppuitea; et de h companiaoa <iue nous artms feite des 
deux individua d'âpre lesquela ont été gravées ces figures, il ré- 
sulte que ce dernier , an peu |Jui petit dam ses dîmensicms , est 
moins foncé dans ses couleurs, dont tes teintes et la distribution 
•ont essentiellement les mêmes. Ainsi l'un poorroit ètn le jeun» , 
et l'autre l'adulte; ou bien c'est use variété produite par le cli- 
mat G}mme l'unest de Cayenne et l'autre du Brésil , cette difii^ 
rence peut se trouver dans l'espèce , de l'une i l'autre région. 
L'oiseau-^noucheàhuppede rubis (ru&^ cmtêd kummingbird) ^ 
donné planche CCCXLIV, p«ge Mo de la troisième partie des 
GianurtM d'Edveards , se rapporte parfaitement à notre figure 
enluminée , n". 64o, figure i. El c'est encore la tête de cet oi- 
jeau-mouche , queM. Frisch a donnée , table a4 , et sur laquelle 
H- Brisson fait sa seconde espèce , en prenant pour »a femelle l'au- 
tre figure donnée au même endroit de Friscb, et qui représente 
on petit oiseau-moucbe vert doré. Mais la femelle de t'oiseau- 
moucfae i gorge topaze , dont le corps est brun , n'a certainement 
pu le corps vert, aucune femelle en ce genre, comme dana tous 
]«• oiseaux , n'ayant jamais les couleurs plus éclatantes que le 
mâle. Ainii nous rapporterons beaucoup plus vraisemblablement 
à notre omtrl ce tecond oiseau-mouche tu corps tout vert , âo^é 
pu* M. Frisch. 

L'OISEAU-MOUCHE HUPPÉ. 

Stptiime mpèce. 

\jET oisean est celui que àa Tertre et Feaillée ont pris pour 
DD colibri : mais c'est un oiseau-mouche , et même l'un des 
plus petits ; car il n'est guère plus gros que le rubb. Sa huppe est 
comme une émetvude du plus grand brillant ; c'est ce qui le dis- 
tingue : le reste de son plumage est assez obscur; la dos a des 
reflets vert et or sur un fond brun ; l'idle est brune ; la queue 
noirâtre et luisante comme l'acier poli ; tout le devant du corps 
ert d'un brun velouté , mêlé d'un peu de vert doré vert la )>oi- 
trine et les épaules : l'aile pUée ne dépasse pa> la queue. Nous i«- 



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136 HISTOIRE NATURELLE 

marqaerona qae, dans la figure enluminée, n". 337, ûg. i , ]t 
teinte verte du dos e«t trop forte et trop claire, et U faup^ un 
peu exagérée etportée trop en arrière. Dani celte esp^ilede»- 
lua du bec est couvert de petites plumes vertes et brillantes pres- 
que jusqu'à la moitié de sa longueur. Edwards a dessiné son nid. 
Labat remarque que le mâle seul porte la huppe, et que les fe- 
melles n'en ont pas. 



l'OISEAU-MOUCHE A RAQUETTES. 

Euitiime etjAx, 

JJxcx brins nus , parlant des deux plumes du milieu de la 
queue de cet oiseau , prennent à la pointe une petite houppe ea 
éventail ; ce qui leur donne la forme de raquettes. Les tiges do 
toutes les pennes de la queue sont très-grosses, et d'un blanc 
roussâtre; eUe est, du reste, brune comme l'aile : le dessus du 
corps est de ce vert bronzé qui est la couleur commune parmi les 
oiseaux-mouches ; la gorge est d'un vert riche d'éméraude. Cet 
oiseau peut avoir trente lignes de la pointe du bec à l'extrémité 
de la vraie queae ; les deux brins l'excèdent de dix lignes. Cette 
espèce est encore peu conn ue, et parott très-rare. Nous l'avons dé- 
crite dans le cabinet de H. Hauduît : elle est une des plus petites^ 
et, non compris ht queue, l'oiseau n'est pas [dus gros que 1» 
happe-ool. 

L'OISEAU-MOUCHE POURPRÉ. 

X ODT le plumage de cet oiseau est un mélangé d'orangé , de pour- 
pre et de brun , et c'est peut-être, suivant la remarque d'Edwards, 
le seul de ce genre qui ne porte pas ou presque pas de ce vert 
doré qui brillante tous les autres oiseaux-mouches : sur qutn il 
&ut remarquer que H. Klein a donné k celui-ci un caractère in- 
suffisant, en l'appelant suce-fleurs à ailes brunes ( meliUuga aiU 
ftacU ) , puisque la couleur brune plus ou moins violette, oa 
pourprée j est généralement celle da aile» des oÎMaux-moucheh 



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D,a,i,;t!dbïGoogIe 



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'l-^tit Uu«.u Mourhr r>s>>3>i 3.1.t llufi- 

♦ Rulri. lîi-UU Rubii 



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2.\,-- ViTl ilori- 



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D,a,l,zt!dbvG00glc 



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DU SAPHIR. 1S7 

Celui-ci a le bec long de dix lignu ; ce qni iàit prei(|oe le tien 
de u longueur totale. 



LA CRAVATE DORÉE. 

Dùciimê tspèe». 

Xi'onXAO âonné sona cette dénomînation dam le* plancfaes enbi- 
minéea, n". 673, fig. 2, parolt être celui de la première eapècQ 
de Marcgrave, eo ce qu'il a eat la gorge un trait doré ; caiactèr» 
que cet auteur désigne par ott mo\x , U davant du corp» blanc, 
joéié aa-detaoïu du cou d4 quelque» plumaa de couleur ietaiante ^ 
et que M. Brision n'exprime pat dans <a huitième espèce, quoi~- 
qu'il en &sse la description lur cette première de Marcgrave. Sa 
langueur est de trois pouces cinq ou six lignes : tout ie dessous 
du corps, è l'exception du trait doré du devant du cou, est gris 
lilanc, et le dessous vert doré. Et de plus, nous regaiderons 
comme la ièmelle dana ceKe espèce, l'oiseau dont M. Brissoa fait 
sa neuvième espèce, n'ayant rien qui la distingue asses pour l'en 
séparer. 

LÉ SAPHIR. 

Onzième espèce. 

Cin oiseau-mouclie est, dans ce genre, un peu plus an-dessita 
de la taille moyenne ; il a le devant du cou et la poitrine d'un 
nche bleu de saphir , avec des reflets violets ; la gorge rousse ; le 
dessus et le dessous du corps vert doré sombre ; le bas-ventre 
blanc ; les couvertures inférieures de la queue rousses, les «upé- 
rieores d'un brun doré éclatant; les pennes de la queue d'un 
roux doré, bordé de brun ; celles de l'aile brunes ; le beo blaiic> 
excepté la pointe qui est noire. 



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i3« HISTOIRE NATURELLE 

LE SAPHIR-ÉMERAUDE. 

Douaièmt espèce. 

L/FJ deux riches coulenn qni parent cet oûeRu lui mérîtetit 
le nom des deux pierres précieuses dont il a le brilknt : un Uea 
de saphir éclstant couTre la tête et la gorfe, et se fond admira- 
lilement avec le vert d'énerandA gbcé, àrëfleta dorés, qui couvre- 
k poitriiie, l'estonutc, le binr da cou et le dos. Cet oiseau- 
noudie est de la moyenne taiUc ; il rient de la Guadeloupe , et 
Boas ne croyons pas qn'd ait encore été décrit. Nous en avons tu 
un BDtic venu de la Gaime , et de la mente gnndenr ; mais i[ 
n'avoit qae b gorge sapkir , et le reste du corps d'un vert glacé 
très-lwillaiit t tous deux sont conservés avec le premier dans le 
iKoa cabinet de M. Mauduit. Ce demter nous parott être nne 
variété , es da minns une espèce Irès-Tmsine de celle du pre- 
mier. Us ont également le bas-venlre blanc : l'aile est brune, et 
ne dépasse pas la qneue , qui est coupée Clément et arrondie ; 
elle est noire k refiels Meus. Leur bec est assea loi^ : M moitié' 
inférieure est blancbàtre, et la supérieure est noire. 

L'ÉMERADDE AMÉTHYSTE. 

TMiièiru atpice. 

\jm oiseau-mouche est de la taille moyenne approchant de fa 
grande : il a près de quatre, pouces et ton bec huit lignes, la 
gorge et le devant du cou sont d'un vert d'émeraude éclatant et 
doré ; la poitrine , l'estomac et le haut du dos, d'un améthyste 
bleu pourpré de la plus grande beauté ; le bas du dos est vert 
doré , sur fond brun ; le ventre blanc ; l'aile noirâtre. La quetie 
est d'un noir velouté luisant comme l'acier poli ; elle est Fourchu» 
et un peu plna Icmgue que l'aile. On peut raj^mrter à cette eq>èco 
celle qui est donnée dans Edwards , planche XXXV ( ih» grtn 
and blite humTTtir^ bird), et décrite .par M. Brisoon sous le nom 
â'oUeau-mQUfA» à poitrine bleue de Surinam, qui est le mtnte 
que représentent les planches enluminées , n". 33/ , figure 3. 



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DC VERT-DOUÉ. iSg 

La temte pourpre duu le bleu n'y ert point mt» wnlie, et la 
dcMÎti paroit tiré ror un petit individu : efièctivenMiit il e*t £guri 
un peu plus giand duu Edwards. Cei petim di&érencei ne nous 
empêchent pu do ncouudtra que on oiieaux ne fbment qu'une 
même cipèa». 



L'ESCARBOCCLE. 

Quatoniitn* »»pict. 

Un ronge d'esnrboocle ou d« nibia fbmcé eit k couleur de cet 
otteiu cur la gorge , le dermnt du cou et la poitrine ; le denua de 
la tète et du cou sont d'un rouge un peu plua sombre ; un noir 
▼douté enreloppe le reate du corp* ; l'aite eat brune, et la queue 
d'un roux doré foncé. L'o!a«au eat d'une grandeur un peu «u- 
deaaua de la moyenne dans ce genre : le bec, tant deama que 
deaaona , eat pmi de plumée presque juaqn'à moitié de aa lon- 
gueur. H noua a été envoyé de Cayenne, et parotl très-rare. 
M. Mauduit , qui le possède, seroit tenté de le rapporter k notre 
nhit-lopat* comme variété ; maia h différence du jaune topaae 
au rubia foncé aur la gorge de ces deux oiaeanx noua paroit trop 
grande pour lea rapprocher l'un de l'autre ; lea reasemblancea , 
k la vérité, aantassesj(randes dans tout le reste. Nous remarque- 
rons que les npècea précédentes, excepté la treinème , scmt nou- 
velles, et ne se trouvent déorites dans aucun naturaliste. 



tE TERT-DORÉ. 

^daaiimt ttpie». 

l^'wT la neuvifene eapice de Man^rave. Cet oiaetn , dit-il, a 
tout le corpa d'un vert brillant k refléta dorés ; ta moitié supé- 
rieure de son petit bec eat noire, l'iofërieure eat rouMe; l'aile est 
linine ; la queue , un peu élargie, a le luisant de l'ader poli. La 
longueur totale de cet oiaeau eat d'un peu plua de troia pouces : 
il est représenté, n*. 976, fig. 3, dans les pbncbee enluminées ; 
et l'on doit remarquer que le dessous du corps n'est pas pleine- 
ment vert oonme b dos, et qu'il n'a que des ta.<3te» ou des ondes 



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ife HISTOIRE NATURELLE 

de celte couleur. Noaa n'héuteronB pas â rapporter la figure * 
de b m^me planche à b femelle de cette espèce , presque toute 
la diOcrcnce consUtnnt dans la grandeur, qu'on sait êtrelgéné- 
ralement moindre dans lea femelles de cette £tmille d'oiseaux. 
M. Briason soupçonne aussi que sa cinquième espèœ pourroit 
bien n'être que la femelle de la sixième, qui est celle-ci; en quoi 
noua serons volontiers de son avis. Mais il nous paroit, au sujet 
de cette dernière, qu'il a cité mal à propos Sebt , qui ne donne, 
à l'endroit indiqué , aucune esp èce particulière d'oi seau-mouche , 
mais i) y parle de cet oisean en général , de sa manière de nicher 
et de vivre. Il dit , d'après Merlan , que que le» grosses araignées 
de la Guiane font souvent leur proie de ses oeufs et du petit oi- 
seau lui-mèiiiême, qu'elles enlacent dans leurs toiles et froissent 
dans leurs serres : niais ce fait ne nous a pas été conGmié ; et si 
quelquefois l'oiieau -mouche est surpris par l'araignée , sa grande 
vivacité et sa force doivent le &ire échapper aux embûches de 
l'insecte. 



L'OISEAC-MOUCHE A GORGE TACHETÉE 

Seiaièmé tspice. 

VfSTTB espèce a les plus grands rapports avec la précédente et 
lesfiguresset Sdela planche enluminée , n°. 276, exc^tté qu'elle 
est plus grande ; et sans cette difiérence , qui nous a paru trop 
forte, nous n'eussions pas hésité de l'y rapporter. Elle a, sui- 
vant M. Briason, près de quatre pouces de longueur, et le heo 
onze lignes. Du reste, les couleui-s du plumage paroissent entiè- 
rement les mêmes que celles de l'esiièce précédente. 

LE RUBIS ÉMERAUDE. 

Dix-huittime êspice. 

ViBT oiseau-mouche 1 n°. 276, fig. 4, beaucoup plus grand que 
le petit rubis de la Caroline, a quatre pouces quatre lignes ds 
longueur: il a la gorge d'uo rubis édatant ou couleur de rosette, 
•uirant les aspects; la tète , le cou , le devant et le dessus du corps> 



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DE L'OISEAU- MOrCHE A OREILLES. l4l 

vert d'émeniude k reflets doréa; la queue rouMe. On le trouva 
•u Brésil de même qu'A U Guiane. 



L'OISEAU-MOUCHE A OREILLES. 

UlxhuUiim4 mpèc». 

±i ous nommons sins! »t oiseau-mouche , tant à cause <!e I« cou- 
leur remarquable des deux pinceaux de plumes qui s'élendeat 
en arrière de ses oreilles , que de leur langueur , deux on trois 
Toîs plus grande que celle des petites plumes voisines dont le cou 
est garni : ces plumes paroiasent être le prolongement de celles 
qui recouvrent dans tous les oiseaux le méat sudilir; elles sont 
denoes , et leurs barbes duvetées ne se collent point les unes aux 
autres. Ces remarques sont de M. Mauduit, et rentrent bien dsns 
la belle observation que nous avons déjà employée d'après lui ; 
savoir, que toutes les plumes qui paroissent dana les oiseaux sura- 
bondantes, et, pour ainsi dire, parasites, nesont ^xiint des pro- 
ductions particulières, mais de simples prolongemens et des ac- 
croissemens développés de parties communes à tous les autres. 
L'oiseau -mouche à oreilles est de la première grandeur dans ce 
genre : il a quatre pouces et demi de longueur ; ce qui n'empêche 
pas que la dénomination de grand oUeau-maucht de Cayenae, 
que lui attribue M. Briason, ne paroisse mal appliquée, quand, 
quatre pages plus loin ( espèce 17 ),on trouve un autre oUeau- 
ntoueh* d» Cvfsnna aussi grand, et beaucoup plus, si on le veut 
mesurer jusqu'aux pointes de la queue. Des deux pinceaux qui 
garnissent i'oreille de celui-ci, et qui sont composés chacun de 
cinq ou six plumes, l'un est vert d'émeraude et l'autre violet 
unétbjsle : un trait de noir velouté passe sous l'oeil ; tout le de- 
vant de la tête et du corps est d'un vert doré éclatant , qui de- 
vient, sur les couvertures de la queue, un vert clair des plus vifs; 
la gorge et le dessous du corps sont d'un beau blanc ; des pennes 
de la queue, les six latérales sont du même blanc , les quatre du 
milieu d'un noir tirant au bleu foncé; l'aile est nointtre, et la 
queue la dépasse de près du tiers de sa langueur. La femelle de 
cet oiseau n'a ni ses pinceaux , ni le trait noir sous l'oeil aussi di^ 
tinct; dans le reste elle lui renemble. 



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i4s HISTOIRE HATURELLE 

L'OISEAU-MOUCHE A COLLIER, 

srr LA JACOBINE. 

Dix-nntvième aapica, 

|_fET oïaeaa-moucbe, n*. 64o, fig. 3 , eat de la première gran- 
deur ; M longueur est de qiuitre pouces huit lignes ; son bec a 
dix lignes. U « la tête , la gorge et le cou , d'un beau bleu sombre 
changeant en vert; sur le derritre du cou, près du dos, il porte 
nn demi-GoUier blaao ; le dos est rert doié ; la queue Uenche 4 
la pwnte, bordée de noir, avec les deux pennes du milieu et les 
couvertures vert doré; la poitrine et le âsnc sont de même; la 
ventre est blanc : c'est apparemment de cette distribution du 
blanc dans son plumage qu'est venue l'idée de l'appeler /ocoëÙM. 
lies deux plumes intermédiaires de la queue sont un peu plna 
courtes que les autres ; l'aile pliée ne la dépasse pas : cette espèce 
se trouve k Cayenne et à Surinam. Ia figure qu'en donne Ëd— 
vrards paroit un peu trop petite dans toutes ses dimensions, et 
il se trompe quand il conjecture que la seconde figure de la 
même planche XXXV est le msle ou la femelle dans la même es- 
pèce; les différences sont trop grandes : la tète dans os second 
oiseau-mouche n'est point bleue; il n'a point de collier, ni la 
queueblancbe, et nous l'avons rapporté, avec beaucoup plus da 

vraisemblance, à notre treizième espèce. 

L'OISEAU-MODCHE A LARGES TOYADX 

yingtiime espict. 

C ET oiseau et le précédent sont les deux plus grands qne non* 
connoîsdona dans le genre des olseaox>mouohes : celui-ci, n*. 67 9, 
fig. 9 , a qnatre pouces huit lignes de longueur. Tont le dessus 
du corpe est d'un vert doré foible, le dessous gris; lea plumes du 
milieudelaqueue sont comme le dos; les latérales, blanches à k 
pointe, ont le reste d'un brun d'acier poli. Il est aisé de le dis- 
tinguer des antres par l'élargissement des trois ou quatre grandes 
pennes de ses ailes , dont le tuyau paroit grossi et dilaté, courba 



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DE LOISE AU -MOUCHE VIOLET. i4S 

Tcrs «on milieu ; œ qui donne à l'aile la coupe d'un lai^ iabre. 
CeUe e^ièca Mt nouvelle , et paraît étra rare : elle n'a point encora 
^lé décrite: c'«ttdlnsle cabinet de M. Hauduit, qui l'a reçue de 
Cayenne, que noua l'aTona fkitdeNÎner. 

L'OISEAU-MOUCHE A LONGUE QUEUE, 

COULEUR D'ACIER BRUNL 

Vingt-uniimt tpice. 

J^B bean bleu violet qui couvre la tête, la goi^ et le cou de cet 
otaeMU-monche, aeniUeroit lai donner du rapport avec le saphir, 
si la loagoeur de la queue ne Gusoit une trop grande différence; 
lei deux penne* eztérieurea en lont plus longue* de deux pouces 
<]ueles deux du milieu; lealaléralea vont toujours en décroissant, 
ce qui rend la queue trèv-fourcbue; elle est d'un bleu noir lui- 
aant d'aciw polt; tout le corps, dessus et dessous, est d'un vert 
doré éclatant; il y aune tacfae blanche au bas-ventre: l'aile |diée 
n'atteint qne la moitié de la longueur de la queue , qui est da 
trois pouces trois lignes ; le bec en a onae. Ia longueur totale ds 
l'oiseau est de six pouces. I^ resMmblanoe entière de cette descrip- 
tion avec celle que Marcgnve donne de sa troisième espèce noua 
farce Ji la rapporter à celle-d, contre l'opiniondeM.Briason, qui 
en a &it sa vingtième ; mais parott ceriatu qu'il se trompe. En 
efiet, la troisième espèce de Morcgrave porte une queue longua 
de plus de trois pouces : celle du vingtième oiseau-mouche de 
M. Brisson n*a qu'un pouce six lignes ; différence trop considé- 
rable pour se trouver dans la même espèce. En établissant donc 
celle-ci pour la troisième de Marcgrave, nous donnom, d'aprèa 
M. Brisson, la suivante. 

t'OISEAU-MOUCHE VIOLET, 

A QUEUE FOURCHUE. 

FÏTigl-dêiacèime eiipèce. 

Otrmzla différence de grandeur, comme nous venons del'ob- 
aerver , il 7 a encore , entre cette espèce et la précédante , de U 



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l44 HISTOIRE NATURELLE 

différence dans les couleon. Le haut de la tète et le cou sont d'un 
brun changeant en vert doré, au lieu qne ces parties «ont chan- 
geante* en bleu dans le troist^e oiieau-mouche de Marcgrave : 
dan>cdui-ci, le doa et la poitrine aont d'un bleu violet éclatant; 
dans celui de Marcgrave, vert doré , ce qui nous force de nou- 
veau à remarquer l'inadvertance qui a &it rapporter ces deux ea- 
pècea l'une à l'autre. Dans celle-ci , U gorge et le bas du dos sont 
vert doré brillant ; les petites couvertures du dessus des ailes d'un 
beau violet, les grandes vert doré; leurs pennes noires; celles de 
la queue de même ; les deux extérieures «ont les plus longues, ce 
qui U rend fourchue. Elle n'a qu'un pouce et demi de longueur : 
l'oiseau entier en a quatre. 

L'OISEAU-MOUCHE A LONGUE QUEUE, 
OR, VERT ET BLEU. 

fin^troiséime. 

MJEa denx plume* extérieures de la queue de cet oisean-monclH» 
•ont pris de deux fois aussi longues que le corps, et portent plua 
de quatre pouces. Ces plumes , et toutes celles delà queue, dont 
les deux du milieu sont trè^-conrtea et n'ont que huit ligne*, aont 
d'une admirable beauté, mêlées de reflets vert et bleu doré, dit 
Edwards : le dessus de la tête est bleu ; le corps vert ; l'aile est 
d'un brun pourpré. Cette espèce se trouve à la Jamaïque. 

L'OISEAU MOUCHE A LONGUE QUEUK NOIRE. 

Fuigt -quatriittu. 

Cl ET oiseau-mouche a la queue plus longue qu'ancun des an- 
tre* ; le* deux grandes plumes en sont quatre fois aussi longues 
^ue le corps , qui à peine a deux pouces ; oe sont encore le* deux 
plus extérieure* ; elles ne sont barbée* que d'un duvet effilé et 
flottant; elles sont noires comme le sommet de la léte; le dos est 
vert bnm doré ; le devant du corps vert ; l'aile brun pourpré. Ia 
figure d'Albin est très-mauvaise, et fl a grand tort de donner cette 
espèce comme la plu* petite du genre. Quoi qu'il en aoit, il dit 



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DES COLIBRIS. ,45 

avoir trouvé cet oiMau-mouclie i la Jiunuiiue, dans aoa nid fîtit 
de colon. 

Noua trouvona dana YEtiai nir fhittoir» aalurelie de la 
Cuiaru l'indiotioR d'un p«tit oiieaiu -mouche à hupp« bUut 
( page 169 ]. 11 ne noua eat paa connu , el la notice qu'en donne 
l'auteur, ainai que de deux ou trois autres, ne peut auffire pour 
déterminer leurs eapècea , mais peut servir à nous oonvaiucre 
que le genre de cet jolis oiseaux, tout riche el tout nombreux 
que noua venions de le représenter , l'eat encore plus daoa la 
Nature. 



L£ COLIfiAI ■■ 

M-âk. Nature, en prodiguant tant de beautés à roiseau-moucJie, 
n'a pas oublié le colibri son votsia et son proche parent; elle l'a 
produit dana le uiéme climat, et formé sur Îb mfime modtle. Aussi 
brillant, aussi léger que l'oLteau- mouche, et vivant comme lui 
•urleaOeurs, le colibri eat paré de m^me de tout ce que les plus 
Hohes couleurs ont d'écUlant,de moelleux, de suavei et ce que 
nous avons dit de la beauté de l 'oiseau-mouche, de sa vivacité, 
de son vol bourdontiani et rapide, de aa constance à visiter les 
flpura , de sa manière de nicher et de vivre , doit a'appliquer éga- 
lement au colibri: un même instinct anime ceadeuxcbannanaoi- 
seaux; et commeila se ressemblent presque en lout, souvent on les 
■ Goiilbndua soua un même nom. Celui de eoiibritA prisdelalai^- 
^uedesCaribea.MarcgravenediBlingue pas les colibris des oiseaux- 
mouches, el les appelle tous indiUéremment du nom faraailien 
guainumbi '. Cependant ils diSërenl les uns des autres par un ca- 
raclire évident el constant : celle différence est dans le bec. Celui 
des ocdibris, égal et filé, l^rement renflé par le bout, n'est pas 
droit comme dans l'oiseau -mouclie, mais courbé dans toute sa 
longueur : il est aussi plus long k proportion. Oe plus , la taille 
avelle et légère des colibris parott plus allongée que celle des oi' 
aeaux-moucfae8;ilaaoiit aussi généralement plus gros: cependant 

' £d Util it mmntiumn, polyAmuii/aiciatllut , Iroehiliii , at matti- 
tug-. 

' Qnilqvu nomenelauiDii ( cnnfuian ijai Itmr «t noini pirdoDDlblc ) parlral 

•aui in JiiiincdmiBl d* IVuia-maBcI» itdn colibci ;H. Skltrac, pir «•■pli:' 

le colifiri on ceiuiri, dit-il, ^ui l'appitU » ' 

Buffon. II. 



=abï Google 



,4S HISTOIRE NATURELLE 

îl f a de petits colibris moindrea que les grands oiseaaz-moudieB< 
C'est au-dessous de la Emilie des grîmpereaux que doit êtro 
placée celle des colibris, quoiqu'ils diSêrent desgrimpereauxpar 
la forme <tt la longueur du beo, par le nombre des plumes de la 
queue , qui est de douée dans les grimpereaux, et de dix dans le« 
colibris, et enfin par la structure de la langue, simple dans lea 
grimpereanx, et divisée en deux tuyaux demi-cy^lindriques dans 
le colibri comme dans l'oiseaù-mouche. 

Tous les naturalistes attribuent avec raison aux colibris et aux 
ojjeaux-mouchet la même manière de vivre, et l'on a également 
contredit leur opinion sur ces deux points; mais les mêmes rai- 
■ODS que nous avons déjà déduites nous y font tenir, et la ressem- 
blance de ces deux oiseaux en tout ie reste garantit le témoignage' 
des auteurs qui leur attribuent le même genre de vie. 

Il n'est pas plus bcile d'élever les petits du colibri que ceux de 
l'oiseau-mouche; ausù délicats, ils périssent de même en captivité. 
On a vu le père et la mère , par audace de tendresse, venir jus- 
que dans les mains du ravisseur , porter de la nourriture k leura 
petits. Labat nous en fournit un exemple assez intéressant pour 
être rapporté. 

« Je montrai , dit-il , au P. Montdidier un nid de colibris qat 
éloit sur un appentis auprès de la maison; il l'emporta avec lea 
petits, lorsqu'ils eurent quinze ou vingt jours, et le mit dans une 
âge & la fenêtre de sa chambre, où le père et la mère ne man- 
quèrent pas de venir donner k manger à leurs enfàns , et s'appri- 
voisèrent tellement, qu'ils ne sortoient presque plus de la diam- 
bre, où, sans cage et sans contrainte, ils venoient manger et dor- 
mir avec leurs petits. Je les ai vus souvent tous quatre sur la 
doigt du P. Montdidier, chantant comme s'ib eussent été sar une 
branche d'arbre. Il les nourritsoit avec une pâtée très-fine et 
presque claire , &ite arec du biscuit, du vin d'Espagne et du 
■ucte. Ils passoient leur langue sur celte pâte , et quand ils étoient 

rassasiés, ils voltigeoientet chantoient 7e n'ai rien vu de plua 

aimable que ces quatre petits oiseaux , qui voltigeoient de tous cd- 
tés dedans et dehors de la maison , et qui revënoient dès qu'ila 
entendoient la voix de leur père nourricier. » 

Marcgrave , qui ne sépare pas les colibris des oiseanx-mouchei, 
ne donnée tous qu'un même petit cri, et nul des voyagearsn'al- 
tnbue de chant à ces oiseaux. Les seuls Thevet et Léry assurent 
de leur gonambouck, qu'il chante de manière à le disputer au 
rossignol ; car ce n'est que d'après eux que Corcal et quelque» 



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NI» 



l.l.r l'oHbri topur i'acr li- 

, K Kl £^ '*'-3-l.r Colibri ir™™tt,wrle.. 
2,I,i> Rnn blanc : lin I 



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D,a,l,zt!dbvG00glc 



DU COLIBftl-TOPAZJE. ,4, 

«litres ont répété la même chose : mats il y a toute apparence qiio 
c'est une méprise. Le ponambouch ou pttit oiataa de Léry à 
jtlumag* blancAàtr*»t luisant, el à voix claire »t nttte est le 
«iicrw- ou quelque autre, et non le colibri ;*car la voix de ce der- 
nier oiseau, dit Labat, n'est qu'une espèce de petit bourdonne- 
ment agréable. 

Il ne parcdt paa que les colibns s'avancent anni loin dans 
l'Amérique septentrionale que les oiseaux- mouche»; du moini 
Catesby n'a vu à k Caroline qu'une seule espèce de ce» derniers 
oiseaux ; et Charlevoix , qui prétend avoir trouvé un oiseau- 
mouche au Canada , déclare qu'il n'y a point vu de colibris. (V 
pendant ce n'est paa le froid de cette contrée qui les empêche d'y 
fréquenter en é[é ; car ils se portent assez haut dans les Andes 
pourytrouver une température déjà froide. M. de la Couda mine " 
u'a vu nulle part des colibris en plus grand nombre que dans les 
jardins de Quito, dont le climat n'est pas bien chaud. C'est donc à 
30 ou ai degrés de température qu'ils se plaisent; c'est U que, 
dans une suite non interrompue de jouissances et de délices , ils 
volent de la fleur épanouie à la fleur naissante, et que l'année, 
composée d'un cercle entier de beaux jours , ne tait pour eux 
qu'une seule saison constante d'amour et de fêcondité. 



LE COLIBRI-TOPAZE 

Première espèce, 

CtowfE la petitesse esl le oaracttre le plus ftsppanl des oiseaas- 
àionahea , nous avons commencé t'énnméiation de leurs espèces 
nombreuses par le pluspetit de tous; mais les colibris n'étant paa 
aussi petits , nous avons cru devoir rétablir ici l'ordre naturel da 
grandeur , et commencer par le colibri - topaae , n*. 599 , fig. 1 , 
qui paroU être , même indépendamment des deux longs brins de 
sa queue , le plus grand dans ce genre. Noos dirions qu'il est 
aussi le plus beau, si tous ces oiseaux brillans par leur beauté 
n'en disputoient le prix , et ne sembloient l'emporter tour à tour 
à mesure qu'on les admire. La taille du colibri-topaae, mince, 
svelle, élégante, est un peu au-dessous de celle de noire grimpe- 
leau. La longueur de l'oiseau, prise de la pointe du bec à celle 
delà vnîequeae,eatdeptéidesix ponces; les deux longs brina 



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i48 HISTOIRE NATURELLE 

l'excédent de deux pouces et demi. Sa gorge et le devaBI du cou 
■ont eBrîchû d'une pbqne topase du plus grand brillant; celle 
couleur,Tue de côté, se change en vert doré, et, vue en-detaons, 
«lie paroit d'un vert pur; une coiSe d'un noir velouté couvre la 
tète; un filet de ce même noir encadre la plaque tojnse ; la poi- 
trine, le tour du cuu el le haut du dos, sont du plus beau pour- 
pre foncé ; le ventre est d'un pourpre encore plus riche , et bril- 
lant de reflets rou]^ et dorés; les épaules et le bas du dos sont 
d'un roax aurore ; les grande* pennes de l'aile sont d'un brun vio- 
let; les petite* pennes sont rousses; ta couleur des couvertures 
supérieures et inférieures de la queue est d'un vert doré; ses 
pennes latérales sont rousses , et les deux intermédiaires sont d'un 
brun pourpré : elles portent les deux longs brins, qui sont gar- 
nis de petites barbes de pr^ d'une ligne de largn de chaque côté. 
La disposition naturelle de ces longs brins est de se croiser un 
peu au-deli de l'extrémité de la queue, et de s'écarter ensuite en 
divergeant Ces brins tombent dans la mue; et dans ce temps, 
le mftle, auquel seul ils appartiennent, ressembleroit i la fe- 
melle, s'il n'en diflëroit par d'autres cnrectères. La femelle n'a 
pas la gorge topaze, maïs seulement marquée d'une légère traça 
de rouge; de même, au lieu du beau pourpre et du roux de fea 
du plumage du mâle, presque toat cdui de la femelle n'est que 
d'un vert doré. Us ont tous deux les pieds blancs. Au reste , on 
peut remarquer dans ce qu'en ditH. Briason,qui n'avoitpas va 
ces oiseaux, combien sont défectueuses des descriptions fiiiles sans 
l'objet; il donne au mâle une gorge verte, parce que la planche 
d'Edwards la représente ainsi, n'ayant pu rendre l'or éclatant 
qui ta colore. 



Vie colibri a les joue* jusque sous l'œil, le* oftté* et le baidnoou 
et la gorge jusqu'à la poitrine, d'un beau grenat brillant; le dessus 
delà télé et du dos , et le dcasous du corps , sont d'un noir velouté; 
la queue et l'aile sont de celte même couleur, mais enrichies de 
vert doré. Cet oiseau a cinq ponces de longueur, et son bec dix 
ou douse lignM. 



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DU ZITZIT, DO COLIBRI PIQUETÉ. ,ig 

LE BRIN BLANC. 

IJx. toi» les colibris, celui-ci k 1« boc le pins long ; ce bec a ju»- 
qn'à vingt lignes. Il est bien représenta dins la pUnche enlumi- 
née, n*. 600, &g. 3; mais le corps d» l'oiseau y parait un peii 
tiop raccourci, i en juger du moins par l'tncliTidu que nuii» 
BTons sous les yeux. La queue ne nous pai-olt pas assex exactement 
exprimée; car les plumes les plus près des deux loag» brins sont 
aussi les plua longues: les latérales ront en décroissant jusqu'aux 
deux extérieures, qni sont les plus courtes; ce qui donne À la 
queue une coupe pyramidale. Ses pennes ont un reflet doré sur - 
fend gris et noiritre, avec un boi-d blanchàlreii la {jointe, et 
les deux brina «ont blancn dans toute )a longueur dont ils la dé- 
passent ; caractère d'après lequel nous avons dénommé cet oiseau. 
Il a tout le dessus du dos et de la tête couleur d'or, sur un fond 
gris qui Festonne le bord de chaque plume, et rend le dos comme 
onde de gris soiu or; l'aile est d'un brun violet , et le dessous du 
corps gris blanc 

LE ZITZIL, OU COLIBRI PIQUETÉ. 

Quatrième espèce^ 

£iiizii.estfiûtiMr contraction de Aoi^sifst/, qui est le nom mexi- 
cain d« cet oiseau : c'est un asses grand colibri , d'un vert doré, 
aox aites noirâtres , marquées de points blancs aux épaules et sur 
te dos; la queue est brune et blanche k la pointe. C'est tout ce 
qu'on peut recueillir de la description en mauvais style du ré- 
dacteur de Hernandès *. H ajoute teniv d'un ceiiain Fr. Aloaysa, 
que les Péruviens nommoieilt ceroSme oiaampUUo, et que, vi- 
vant dn suc des fleun, il marque de la préËrence pmir celle des 
végétaux épineux. 

■ Htmandti doone lillinn Ictaontâs plniimn aiMiox-moiicbci «t ulibris , 
Ami ildit iMMpïces dinnnin m griniltar at n canliar, •■!» ni unctfriMT 
aB»D( : cet aomi Nnt, fuMiaJ hoiuiitillia , tochio fioittittiUiit , xialltu 
koiKinitUn,lateacoz koitzittUliHj jatae haitu'ltillia, Unoe hoittitilUi», 



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HISTOIRE NATURELLE 



LE BRIN BLEU. 

Ciitquiima espèce. 

OuiTANT Seba, d'aprèi lequel MM. Klein et Brisson ont donné 
<ielte etpéce de colibri , le* deux longs brins de plumes qui lui 
ornent U queue sont d'un beau bleu; la même couleur, plus 
foncée, couvre l'estomac et le devant de la tète; le dessus du corps 
«I des ailes est vert clair; le ventre ccrtdrp. Quant  U taiHe, il est 
un des plus grands et presque aussi gros que noire bec-figue^ du 
reste , la figure de Seba représente ce colibri comme un grim^ie- 
Teau , et cet auteur parolt u'avoir jamais observé les trois nuances 
dans la forme du bec, qui fbnl le caractère des trois. famiUes des 
oiseaux-mouches, des colibris et des grimpereaux. Il n'est pas 
plus heureux dans l'emploi de son érudition , et rencontre Assez 
mal quand il prétend appliquer it ce colibri le nom mexicain 
A'yajauhqtàtolotl i car, dans l'ouvrage de Fernnndës, d'où il a 
tiré ce nom (chap. ai 6, page 55), l'yayauhquitototlest un oiseau 
de la grandeur de rétoiirneau , lequel par conséquent n'a rien de 
commun avec un colibri. Mats ces erreurs sont de peu d'impor- 
tance, en comparaison de celles où ces diseurs de collections , qui 
n'ont pour tout mérite que le feste des cabinets, entraînent le» 
naturalistes qui suivent ces mauvais guides. Nous n'avons pas. 
1>esoin de quitter noire sujet pour en trouver l'exemple; Seb» 
nous donne des colibris des Mohiquea, de Macaçar, de Bali , 
ignorant que cette famille d'oiseaux ne se trouve qu'au nouveau 
monde, et M. Brisson présente en conséquence trois espèces de 
colibris des Indes orientales. Ces prétendus colibris sout, k coup 
Biir,desgrîmpereaur, k qui le brillant des couleurs, les noms de 
uioei, de takopit, que S.:ba interprète peliu roU des Jleur> , au- 
ront suffi pour fiiire mal à propos »pplii{uer le nom de colibri». 
En effet, aucun des voyageurs naturalistes n'a trotivé de colibris 
dans l'ancien continent, et ce qu'en dit François Gauche est trop 
obscur pour mériter attention '. 



' D.I., u rcl>l 


ion .le Mi.lagnfcir, 


, loipniDUni II nan CI l« nujtnn dii colibri , 


il 1« ■iirilia, ; n 


>D prtil oiKiu de >:i 




.l.uld.non,,,u*(, 


nlroBKoIiiH'o» 


tau-mouche dam tci Tajrig« de t> cDiiipn- 


îïiii'r*.'. 


•>■< aiMtii d< Coran 


undtl , -k t> f JtiU lttl-p«lil , rt JwU U iut>» 



D,a,l,zt!dbvG00glc . 



DES COLIBRIS HUPPÉ. 



LE COLIBRI VERT ET NOIR. 

tUxiim» e^ècé. 

l^ETTB dénomination oraclériae mieux cet oiiean qao oell« de 
miibri du Mexique que lui a donné H. BriiacHi, puisqu'il y a au 
Mexique pliuieun autres colibris. Celui-ci a quatre pouces ou un 
peu plus de longueur; son bec a treise lignes: la tète, le cou, le 
dos, soBtd'unvertdaré et bronze j la poitrine, le vealre, les côtés 
du corps et les jambes, sont d'un noir luisant, avec un léger re- 
flet rougeâtre ; une petite bande blanche traverse le bas-ventre, 
et une autre de vert doré changeant ea un bleu vif coupe trans- 
versalement le haut de la poitrine ; la queue eal d'un noir veloulé, 
avec reOet changeant en bleu d'acier poli. On prétend distinguer 
h femelle dans cetleeapëce,encequ'elle n'a point de tache blanchs 
au bas-ventre : onla trouve également au Mexiqueet Jila Guiane. 
M.. Brisson rapporte à cette espèce ïm>it aaricoma Maxicana de 
Seba» qui est, à la vérité, un colibi'î, mais dont il ne dit que ce 
qui peut convenir à tous les oiseaux de cetle famille, et mieux 
même à plusieurs autres qu'à celui-ci; car il n'en parle qu'en 
général, en disant que la Nature, en les peignant des plus riches 
couleura, voulut bire un chef-d'ceuvre inimitable au plus brillant 
pinceau. 

LE COLIBRI HUPPÉ. 

C'est encore dan» le recueil de Seba que M. Brîsaon a trouvé co 
colibri : ce n'est jamais qu'avec quelque défiance que nous établis- 
sons des espèces snr les notices souvent &utivesdece premier au- 
teur; néanmoins celle-ci porte des caractères assez distincts pour 
que l'on puisse, ce semble, l'adopter. 

« Ce petit oiseau, dit Seba, dont le plumage est d'un beau 
■ rouge, a les ailes bleues; deux plumée Tort longues dépassent 
If sa queue ; et sa tête porte une huppe très-longue encore à pro- 
« portion de sa grosseur, et qui retombe sur le cou; son bec long 
et courbé renferme une petite langue Ufid», qui lui sert à sucer 



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iJ3 HISTOIRE NATURELLE 

M. BrÏMon , en mesurant la 6gure donnée pai-Seba , sur laqnalle, 
ilfàulpencbmpter, lui troureprisde cinq pouces lixiignea jus- 
qu'au bout de la queu«. 



LE COLIBRI A QUEUE VIOLETTE. 

BuUiima ttpiee. 

Xjk violet clair et par qui peint la quene de ee colibri , n*. 671, 
fig. 9 , le distingue anex des aulrct. La couleur violette fendue, 
■ous dei reflet» brillans d'un jaune doré, eat celle des quatre 
plumes du milieu de sa queue; les six extérieures vues en des- 
sous, avec la pointe blanche, offrent une tacheviolette qu'entoure 
un espace bleu noir d'acier bruni; tout le dessous du corps vu de 
Ace est richement doré, et de c6té parott vert ; l'aile est , comme 
dans lou« oes oiseaux, d'un brun tirant au violet', les côtés de la 
gorge sont blancs, au milieu est un trait longitudinal de brun 
itiélé de vert; les flancs sont colorés de même ; la poitrine et le 
ventre sont blan<~s. Cette esptce assez gnnde est une de celles qui 
portent le bec le plus long; il a seiae lignes; et la longueur totale 
de l'oiseau est de cinq pouces. 

LE COLIBRI A CRAVATE VERTE. 

Tromèm* •êpice. 

U N trait de vert d'émeraude très-vir trac^ sur la gorge de ce 
colibri, n*. 671, fig. 1 , tombe en Vélargissant sur le devant da 
cou : il « une tabfae tUMre sur la potlrioe ; les vAh de la gorge et 
du cou sont roux mêlé de blanc; le ventre est blanc pur; le dea- 
sus du corps et de la queue est d'un vert doré sombre; la quena 
porte ea dessous les mémea taches violettes, blanches et acter 
bruni , que le colibri à giuiu violette : ces deux espèces paroissent 
voisines; dles sont de même taille : mais dans celle-ci l'oiseau » 
le bec moins long. Nous avons vu dans le cabinet de M. Mauduit 
un colibri de même grandeur avec le dessus du corps foiblement 
vert et doré sur un fend gris noirâtre , et tout le devant du oorpa 
roux , qui nous parait être la fêmeUe de celui-ci. 



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DU COLIBKI TIOLET. 



LE COLIBRI A GORGE CARMIN. 

Dixième ttpiet. 

HiDWAiOM ■ donné oe colibri , que M. Brîtion , duu ion rappli- 
ment, rapporte mal k propoi au colibri violet, comme on peut 
en juger par In coraparaitoii de celle espràe «vec la Hiivaole. Li 
colibri à gorge carmin a quatre poucea et demi de longueur : ton 
bec, long de trrize lignes, a beaucoup de courbure, et par U ■• 
rapproche du bec du grimpereau, comme l'observe Edwards; 
il ■ Il gorge , le* joues et tout le devant du cou, d'un rouge d* 
carmin , avec le brillant du rubjs ; le dessus de la iSte , du corps 
et delà queue, d'un brun noirâtre velouté, avec une légt'r* 
frange de bleu au bord des plumes; un vert doré foncé lustre le* 
ailei; les couvertures inEerieures et ntpérieures de la queue sont 
d'un beau bleu. Cet oiseau est venu de Surinam en Anglelerro. 

LE COUBai VIOLET. 

Ltà. deacription que donne M. Brisson de oe colibri s'accorde 
entièrement avec la figure qui le représente dans la planche en- 
luminée , n". 600, fig. 3 ; il a quatre ponces et deux ou trois 
lignes de long; son bec, anse lignes; il a toute la tftle, le con , 
le doi, le ventre, enveloppés de violet pourpré, brillant & la 
gorge el au-devant du cou , fondu sur tout le reste du corps dans 
nn noir velouté; l'aile est vert doré; la queue de même,aveo 
reflet changeant en noir. On le trouve à Cay^enne. Ses couleurs le 
rapprochent fort du colibri grtnat : mais la diSèrence de gran- 
deur eal trop considérable poor n'en faire qn'une seule et mtoe 



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i54 HISTOIRE NATURELLE 

LE HAUSSE-COL VERT. 

Douziiaie espica. 

(>E colibri, de taille un peu plu« grande que le colibri h quenr 
Tiolette, n'a pa« le bec plus long : i) * tout le devant ef les câtés 
du cou , iTec le bas de 1k gorge, d'un vert d'ëmeraude; le haut 
de la gorge, c^eat-à-dirs, cette petite partie qui est sous le bec , 
bronsée; la poitrine est d'un noir velouté, teint de bleu obsnur;^ 
le Tert et le vert doré repsrott sur les fiança , et couvre tout le 
dearasdu corps;le ventre est blanc; la queue, d'un bleu pourpré 
i reSet d'acier bruni , ne dépasse point l'aile. Nous regardona 
comme sa femelle un colibri de même grandeur, avec même dis- 
tribution de couleurs , excepté que. Ve verl du devant du cou est 
coupé par deux traita blancs , et que le noir de la gorge est raoina 
largft et moins fort. Ces deux individus sont de la belle suite de 
colibris et d'oiseaiuc-moucliBB qui se trouva cbtns te cabinet db 
M. le docteur Mauduit. 

LE COLLIER ROUGE '■ 

Treiiiime e$pice. 

CiE colibri, n*. 600, fig. 4, de moyenne grandeur, est longde- 
quatre pouces cinq ou six lignes. Il porte au bas du cou , sur le 
devant, un joli demi-coUter rouge asses large; le dos, le cou, la 
tête, la gorge et la poitrine , sont d'un vert bronzé et doré; les 
deux plumes intermédiaires de la queue sont dé la même couleur, 
les huit autres sont blanclies;et c'eslpar ce caractère qu'Edwards 
a désigné cet oiseau. 

LE PLASTRON NOIR 

QuatoruUin» etpèc&. 

J jA goi^, le'devaot du cou , la pmtrine et le ventre de ce colibri , 
n". 680, fig. 3, sont de plus beau noir velouté^ un trait de bleu 



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DtT COLIBRI BLEU. i55 

IriHant part ât» coitB du bec, «t , descendant SDr lea côtëa du 
coufsépare le plastron iKMr du riche vert doré dont tout le dessus 
du corps est couvert ; la queue est d'un brun pourpré changeant 
en violet luisant, et chaque penne est bordée d'un bleu d'acier 
hruni. A ces couleurs on reconnott la cinquième espèce de Mar» 
■ grave ; seulement son oiseau est un peu plus petit que celui-d , 
qui a quatre pouces de longueur ; le bec a un pouce , et la queuo 
dis-huit lignes. On le trouve également au Brésil , à Saint-Do- 
mingue et ù la Jamaïque. L'oiseau représenté figure s de la 
planche enluminée, n*. 680, sous la dénomination de colibri du 
Mexique , ne nous paroit être que la lamelle de ce ooUtiri k plas- 
tron noir. 



LE PLASTRON BLANC. 

Quinnime »q>èc«. 

1 oiTT le dessous dn corps, de la gorge an bas-ventre , est d'un 
gris blanc de perle; le dessus du corps est d'un vert doré : la 
queue est blanche A la pointe; ensuite eDe est traversée par une 
bande de noir d'acier bruni, pats par une de brun pourpré, et 
elle est d'un noir Meu d'acier près de son origine. Cet oiseau , 
. 680 , fig. 1 , a quatre pouces de longueur, et son bec est long 



d'un pouce. 



LE COLIBRI BLEU. 

Seiiiime tspèce, 

Vfn est étonné que M. Brisson , qui n'a pas va ce colibri , n'aît 
pas suivi la description qu'en &it le P. du Tertre , d'après laquelle 
■eule il a pu le donner, k main» qu'il n'ait préfêré les traits équi- 
voques et infidèles dont Seba charge presque toutes ses notices. 
Ce colibri n'a donc pas les ailes et la quRue bleues, comme le dit 
M. Brisson, mais noires, selon le P. du Tertre , et selon l'analogie 
de tous les oiseaux de sa famille. Tout le dos est couvert d'nzur; 
la tète , la gorge , le devant du corps jusqu'à la moitié du ventre, 
•ont d'un cramoisi velouté, c|ui, tusous diSerens jours, s'enri- 



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\S6 HISTOIRE NATURELLE 

chit de mïQo beaux reÛeU. Ceit tout oe qu'en dit leP. du Tertre> 
en ajoutant qu'il est environ la moitii pva comm* U petit roitelet 
de Frajtce. Au re>te, b figure de Seba , que M. Brîuoa parott 
adopter ici , ne représents qu'un grimpereau. 



LE TERT-PERLÉ. 

Dùi-i^tiimê e^c9. 

C> colibri est un des plus petits, el n'est guère {Jus grand qae 
l'oiseau-moHche huppé : il a tout le dessus do la lète, du corps 
et delà queue, d'un rert tendre doré, qui semble, sur les côtés 
du cou , et de plus en plus sur la gorge , svec du gris blanc 
perié; l'aile est, comme dans les autres, brune, lavée de vio- 
let; la queue est blanche à ta pointe » et en-dessous couleur d'a- 
cier poli. 

LE COLIBRI A VENTRE ROUSSATRE. 

Dix~hiiiièmê aipiee. 

Simn donnons cette espèce sur la quatrième de Huvgravc; et 
ce doit être une des plus petites , puisqu'il la Sut uu peu moindre 
que SB troisième, qu'il dildé)à h plus petite {^quarla paulà miitotr 

terlià lerlia minor reliçuie vjitnibua, page 197). Tout le 

dessus du corps de cet oiseau est d'un vert doré , tout le dessooa 
d'un bleu roussntre; la queue est noire avec des reflets verts, et 
la pointe en est blanche ; le demi-bec infôrieur est jaune i l'ori- 
gine, et Boir jusqu'à l'extrémité; les pieds sont blanc iaunâtre. 
D'abord il nous parott, d'après ce que nous venons de transcrire 
de Marc^rave, que M.Brisson donne i cette espècede trop grandea 
dimensions en général; et de plus, il est sûr qu'il fait le bec d» 
ce colibri trop long , en le supponnt de dix-^uit hgpet {Britton^ 
fage 671 ) : Marcgnive ne dit qu'un demi-pouce. 



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DES PERROQUETS. 



LE PETIT COLIBRI. 

Dix~nmtfième etpic». 

Voici le dwnieretle ploa petit de tôt» les ocdibrii : il n'a qae 
deux pouce* dix Itgnei de longueur totkle; K>n bec m aamt ligne*, 
et n queue douse i treiae. 11 ert tout rert doré , i l'exceptiou de 
l'ule, qui ett violette ou brune. On remarque une petite tache 
blanche au bu- ventre , et un petit bord de cette même couleur 
aux plumea de la queue, plut large lur lei deux exl^-ieura , 
dont il couvre la moitié. Hart^rare réitère id «on admiration 
•nr la brillante parure dont b Kalara a revêtu cei channau 
oiMHux. Tout le tea et l'éclat de la lumitre, dit-il en particulier 
de celui, n*. 600, fig. 1 , wmblent ae réunir sur aon plunuge; i) 
rayonne comme un petit aoleil : In «itinma apUntUt ut toi. 



LE PERROQUET'. 

L<E9 an imaux que l'homme a le plua admirés sont ceux qui lui 
ont paru participer k m nature^ il s'eat émerveillé toutes les fois 
qu'il en a vu quelques-uns iâirc ou contrefiiire des actions hu- 
maines : le singe , par la ressemblance des formes extérieures, et 
le perroquet, par l'imitatioii de la parole, lui ont paru de* êtres 
privilégiés , intermédiaires entre l'homme et la brute ; faux juge- 
ment produit par la première apparence, mais bientât détruit 
par l'examen et la réflexion. I^s sauvages, très-insraisiblBa au 
gtand spectacle de la Nature, très-indifiérens pour toutes ses 
merveilles, n'ont été saisis d'étonnement qu'à la vue des perix)- 
quels et des singes ; ce sont les seuls animaux qui aient fixé leur 
stupide attention. Ils arrêtent leurs canots pendant des heures 
entières pour considérer les cabrioles des sapajous , et les perro- 
quets sont les seuls oiseaux qu'ils se fassent un plaisir de nourrir, 
d'élever, et qu'ils aient pris la peine de chercher k perfectionne^ 

' En blin , pillacu$ ; ta illaiiiiBi], tiaieh , tictiuil, pa^tHgey ( le Doa il* 
tittich Burqu prapTtDCBl In ptmicbM , ceIbi J< pappiHgfy l« graDili pcmi- 
^hUJ ; «I ingUii , popinjaj on popiKgt]r { la pcrrsqiuu ], maeeawt { lu iri»), 
perrockeati([tÈytmcii)iantpmgaal,popugi»i ta lulitu , papagollo ( IM 
pciToqatu] , ptroguttio (lupairBEhn). 



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13» HISTOIRE NATURELLE 

Cftr i)s onl trouvé le petit art, encore inconnu parmi nous, de 
vsrier et de rendre plus richea les belles couleurs qui parent le 
plumage de ««s otaeanx '. 

L'usage de la maio , la marclie à deux pieds, la ressemblance, 
quoique grossière, de la &ce, le manque de (]ueue, les fesses nues, 
la similitude des parties sexuelles , la situation des mamelles , l'é- 
coulement périodique dans les Femelles, l'amour passionné dea 
mâles pour nos femmes, tous les acte» qui peuvent résulter de 
cette conformité d'organisation, ont fuit donner au singe le nom 
A'homme tawagt par des hommes à la vérité qui l'étoient k demi , 
et qui ce savoient comparer que les rapports extérieurs. Que 
■eroit-ce si , par une combinaison de nature aussi possible que 
toute autre, le singe eût eu la voix du perroquet, el comme lui, 
la&cultédela parale! le singe parlant eftl rendu muette d'étonne- 
ment l'espèce bumaine entière, et l'auroit séduite au point que le 
philosophe aurait eu grande peine à démontrer qu'avec tous ces 
beaux attributs humains, le singe n'en étoit pas moins une bête. 
Il est donc heureux pour notre intelligence que la Nature ait 
•éparé et placé dans deux espèces trts-différentes l'imitation de 
la parole et celle de nos gestes, et qu'ayant doué tous les animaux 
des mêmes aeas, et quelques-uns d'entre eux de membres et 
d'organes semblables à ceux de l'homme, ellelui ait réservé la fk- 
cnlté de se perfectionner ; caractère unique et glorieux qui seul 
&it notre prééminence, et constitue l'empire de l'homme sur 
tous les autres êtres : tmril &ut distinguer deux genres deperfeo- 
tibililé; l'un stérile et qui se borne à l'éducation de l'individu; 
et l'autre fécond , qui se répand sur toute l'espèce, el qui s'étend 
autant qu'on le cultive par les instilutions de la société. A.ucun' 
des animaux n'est susceptible de cette perfectibilité d'espèce; ils 
ne sont aujourd'hui que ce qu'ils ont été, que ce qu'ils seront 
toujours, et jamais rien de plus, parce que leur éducation étant 
purement individuelle, ils ne peuvent transmettre à leurs petits 
que ce qu'ils ont eux-mêmes reçu de leurs père el mère , au lieu 
que l'homme reçoit l'éducation de tous les siècles , recueille toutes 
les institutions de» autres hommes, et peut, par un sage emploi 

■ On appelle per™çue(j tapirii moi iDxqntbli* «»ii*ig««cloonnmtee«ei>n- 
Inn (rtiGciellei ; c'mI , dit-on, iitsc dn ong d'an* grenouillï, qo'iU liiuait 
tomb.r eoottc i gonlU dtni 1« pctitu pliiei qu'ili font am jeunet perroqoIU en 
leur imchani An plumet -, cellei qui nDBiuent chingent de cooleur, et de irrtes 
onjaBnei «juMInltoient, derienneat aiUE^, Eaulenr dt loM on puicUM> 
telon ](■ dragon qn'ili enploitDt. 



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DES PERROQUETS. 159 

i3u .temp*, profiter de loua le* iiu(«u de k durit de *ofi etpèce 
pour U perlêotîoniier toujours de plus en plu*. A.uNi quel r^ret 
ne deToni-noiu poa avoir à ces âges funestes où la barbarie a 
non-seulement arrdté nos progrès , mais nous a ftit reculer au 
point d'imperfection d'où noua étions partis ? Sans ces malheu- 
reuses viciuitudei , l'e^vice humaine eût marché et ntarche- 
roil encore constamment vers sa perfection glorieuse, qui est l« 
plus beau titre de sa supôriorité, et qui seule peut £ùre sos 
bonheur. 

Mais l'homme pureoient sauvage qui te refuserait k toute so- 
ciété, ne recevant qu'une éducation individuelle, ne pourroit 
perfectionner son espèce, et ne seroit pas différent, même pour 
rinteUigence , de cas animaux auxquels on a donné son non; il 
n'auroit pas ïnême la parole , s'il fujoit sa &mille et abandonnoit 
ses en&ns peu de temps après leur naisMOce. C'est donc k la ten- 
<lressedesmères quesont dus les premiers germesde la sociélé;c'est 
slenr constante sglUcilude et aux soins assidus de leur tendreaSeo- 
lion qu'at dà le développement de ces germes précieux : la fai- 
blesse da l'en&nt exige des attentions continuelles , et produit la 
oécetBÎté de cette durée d'affection pendant laquelle les cris du 
besoin et les réponses de la tendresse commencent à former une 
langge dont les expressions deviennent constantesetl'intelligenca 
réciproque, psr la répétition de deux ou trois ans d'exercice mu- 
tuel; taudis que dans les animaux, dont l'aGcroissemeiit est bien 
plus prompt , les signes respectifs de besoin et de secours , ne se 
répétant que pendant six semaines on deux mois, ne peuvent 
feire que desimpressions légères, fugitives, et qui s'évanouissent 
au moment que le jeune animal se sépare de sa mère. Il ne peut 
donc jr avoir de langue, soit de paroles, soit par signes, que dans 
l'espèce humaine , par celle seule raison que nous venons d'expo- 
ser; car l'on jie doit pas attribuer k la structure particulière de 
nOs organes la fôrmalion de notre parole, dès que le perroquet 
peut la prononcer comme l'homme : mais jaser n'est pas jiarler, 
elles paroles ne font langue que quand elles expriment l'intelli- 
gence et qu'elles peuvent la communiquer. Or ces oiseaux , aux- 
quek rien ne manque pour la fiiciltté de la parole , manquent de 
celle expression de l'intelligence, qui seule bit la haule faculté 
dulan^ge; ils en sont privés comme tous les autres animaux, et 
par les mêmes causes , c'est-à-dire , par leur prompt accroisse- 
ment dans le premier âge, par la courte durée de leur société 
Mvec leurs parens, dont les soins se bornent à l'éducation cqrpo-. 



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tfi» HISTOIRE NATrRELLE 

nlle , et ne M répèlent ni ne se continuent asies de temps pour 
£iire des împreuîoDs dura U«s et réciproques, ni m^meaueB pour 
établir l'union d'une fsmilte constante, premier degré de toute 
société, et source unique de toute intelligence. 

Ia &cu]té de l'imitation de la parole ou de nos gestes ne donne 
ioDC aucune prééminence aux animaux qui sont doués de cetts 
apparence de talent naturel. Le singe qui gesticule, le perroquet 
qui répète noamots,n'en sont pas plus en état de croître en in- 
telligence et de perfectionner leur espèce ; oe talent se borne, 
dam le perroquet, i le rendre plus intéressant pour nous, mais 
ne suppose en lui aucune supériorité sur les autres oiseaux , 
sinon qu'ayant plus éminemment qu'aucun d'eux cette bcilité 
d'imiter la parole, il doit avoir le sens de l'ouïe et les organes de 
la voixfJuB analoguesà ceux de l'homme; et ce i-apport de confor- 
mité, qui dans le perroquet est au plus haut degré, se trouve, fc 
quelques nuances pris , dans plusieurs autres oiseaux dont la 
hngue est épaisse, arrondie, et de la même formel peu près 
que celle du perroquet : les sansonnets , les merles, les geais, les 
c^iouGC* , etc. , peuvent imiter la parole. Ceux qui ont la langue 
fourchue , et ce sont presque tons nos petits oiseaux , sifflent plua 
aisément qu'ils ne jasent. Enfin ceux dans lesquels cette organi- 
sation propre à siHler se trouve réunie avec la sensibilité de l'o- 
reille et la réminiscence des sensations reçues par cet organe , 
apprennent aisément è répéter des airs , c'est-à-dire, à siffler en 
musique :1e serin, la linotte, le tarin, lebouvreuil, semblent être 
naturellement musiciens, he perroquet , soit par imperfection 
d'organes ou délàut de mémoire, ne iait entendre que des cris ou 
des phrases très-courtes, et ne peut ni clianter ni répéter des 
airs modulés : néanmoins il imite tous les bruits qu'il entend, 
le miaulement du chat , l'aboiement du chien et les cris des oi- 
seaux, aussi facilement qu'il conlre&it la parole. Il peut donc 
exprimer et même articuler les sons, mais non les moduler ni 
les soutenir par des expressions cadencées ; oe qui prouve qu'il 
a moins de mémoire, moins de fiexibilité dans les organes, et le 
gosier aussi sec, aussi agreste , que les oiseaux chanteurs l'ont 
moelleux et tendre. 

D'ailleurs il but distinguer aussi deux sortes d'imitation : l'une 
ré&échieou sentie, et l'autre machinale et sans intention; la pre- 
mière acquise , et la seconde, pour ainsi dire, innée. L'une n'est 
que le résultat de l'instinct commun , répandu dans l'espèce en- 
titt« , et ne consiste que dans la similitude des mouvemens et 



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DES PERROQUETS. ,61 

de* opérations de chaque indiTidu , qui toui wmblent Aire induits 
ou Gonlratnla à faire lei mêmes choses ; plus ila sont stupidea 
jilus cette imiUtion tracée dans l'espèce est parfaite : un mouton 
lie &it et ne fera jamais que ce qu'tmt Ikit et font tous les autres 
moutons ; la première cellule d'une abeille ressemble à k der- 
nière. L'espèce entière n'a pas plus d'intelligence qu'un seul in- 
dividu , et c'est en cela que consiste la ditléi-ence de l'esprit & 
l'instinct : ainsi l'imilalion naturelle n'est dans chaque espèc« 
qu'un résutut de similitude, une nécessité d'autant moins intel- 
ligente et plus aveugle, qu'elle «st plus également répartie. L'au- 
tre imitation , qu'on doit regarder comme artificielle , ne peut ni 
se répartir ni ae communiquer à l'espèce; elle n'appartient qu'à 
l'indÎTidu qui la reçoit, qui la possède sans pouvoir la donner i 
le perroquet le mieux instruit ne transmettra pas le talent de U 
parole à ses petits. Toute imitation communiquéi; aux animaux 
par l'art et par les soins de l'homme reste dans l'individu qui ax 
a reçu l'empreinte j et quoique celte imitation soit , comme 1» 
première , entièrement dépendante de l'organisation , cependant 
elle suppose des & cultes particulières quisemblent teniràl'iulel- 
ligence, telles que la sensibilité, l'attention , la mônoire; en sorts 
que les animaux qui sont capables de cette imitation , et qui 
peuvent recevoir des impressions durables et quelques traits d'é- 
ducation de la part de l'homme, sont des espèces distinguées dana 
Tordre des êtres organisés; et si cette éducation est &cile , et qua 
l'btmi me puisse la donner aisément à tous les individus, l'espèce,' 
comme celle du chien, devient réellement supérieure aux au- 
tres espèces d'animaux, tant qu'elle conserve ses relations avad 
l'homme ; car le chien abandonné i sa seule nature retombe au 
niveau du renard ou du loup , et ne peut de lui-même s'élever, 

Nous pouvons donc anoblir tous les êtres en nous approchant 
d'eus; mais nous n'apprendrons jamais aux animaux a se perfeo- 
lionaer d'eux-mêmes. Chaque individu peut emprunter de nou» 
sans que l'espëce en profite, et c'est toujours fiiute d'intelligence 
entre eux ; aucun ne peut* communiquer aux autres ce qu'il a 
reçu de nous : mais tous sont i peu prés également susceptibles 
d'éducation individuelle; car, quoique les oiseaux, pat les pro- 
portions du corps et par la forme de leurs membres, soient très- 
dîBérens des animaux quadrupèdes , nous verrons néanmoins 
que, comme ils ont les mêmes sens, ils sontsusceptibles des mêmes 
degrés d'éducation. On apprend aux agamU à ùàïp à peu près 

Bufon. \i. Il 



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i59 HISTOIRE NATUREtLK 

tout ceqne foot dob chiens; un «erin bien élevé marque «ou affec- 
tion par des careMes aoin vivea, pliu innocentes et moku fausses 
qae celles du diat. Nous avons des exemples fnipptins * de ce 

' On m'apport* , éit H. roBUina, en 1763, anc box priic ib piige : Mm itoil 
d'abord ati4ia«ai«Dt braocha *t mtat crulle ; j'aotreprii da l'ippri*oi«r, «t j'en 
Yioak boat<BUl*iiHnt jatoacctl* EOOtnicnnt da vaiir pnndra u Dourrita» 
duiOM maùij j< parrlu pir ca nojgn k U icndra utt-fiiaititra j ti, ipite 
l'Hoir imna tatamie pandanC «Tiron m laïaain» , ja cODogncai m lui laîuar 
m pou da libarti , ■*« la prtcaation d« Ifli lier antcnbla 1« dani fanali da l'ail* : 
dam cat état alla « pramvoit daniBon lardin, at mansit ^aad j> l'appaloii 
BoDipTandra aa naniTitiira. As bout da ijBalqaa tanpi , loraqBeijc ma cnutiinrl 
da aa fidWU, ja lui 6ul ta licni , at ja lui illackai ua grelot d'un pouca et dcni 
da dianitta aD-dgaani d« U ttm, at ja lui appliquai une plaqua de niiit nt 
U jabot , où *Wil gnii Boa nom : aiac ealM pttcanlion ja lui donnai Mate li- 
bcrtij «t alla m fat pu loDg-tanpa uni ao abuar, car allt prit »n auor at mib 
vol j*Hna daula fiiill d> Balame. Ji la cnupaHae} «îi, quatre bnraa aprii, 
i< la TU fondra dani ma aalla qui éteit onTSrta, ponnairiB par cinqaotrei baau 

niil. Dapnia ca icaipa alla n'a tonjonn gardi fidllitt , lenant Inni Ici loin 

eaacbai aar Habnllra : aUadnint.ai bnilitra irac nMi , qu'alla paiouioit avoir 

ton bac , an JXant bu patil cri aigu, qn'cUe aaioti ponrlantqailqneCoii idoncir. 
n cttini qna j'avaia mbI «aprifil^a : alla na *BJTÎt bb joar, ^tiot k ckaral, 

k.plaa da dan basai da chaain an plaaant Ella D'ainoit ni laa chiana ni lei 

abat* i alla na lai redoBtoil incuiianant : clic a as anicat vit-k-iU da cm-ci 
d* mdo cambita à lontiDir, «lia ce aorlait lOBJoBn TiclorieMa. J'iioi* qutf* 
cbaU tr^forta qna jatâiaoia aaacBiblcr dani mon jardin an préicncc damabua j 
la laBT jatoi* bb DiorcacB da chair crBa j le cbat qui éloit la plBi prompt l'aB aai- 
aïaaoit, lai aslrt* csoroiant aprt* : iBBii l'alKia fandoit nr le corpi da ehat^ui 
avuit la morceau, et iTCC lOB bec loi pinjoit la* ortill», et aiec ici Km* lui pi- 
trÎHoii les raina de uUe force que la cbat jtait forcf de lIclieT aa proie. Souian* 
BD aulTB chat a'aa «aparoit dani la Bitma initant; miii il ^pranioit aauitAt la 
mfaia mn, jnaqn^ caqu'aBlÎBU baia, qui aïolt touiaunl'afiacige, t'auitiitt 
pour ne pai U cjdir; elle laTOit ai bien le dtfanilre, que q»nd alla aa Tojoit 
■iiaillia par lai quatre chat* à !■ foii , elle preaoit bob vol atee » proie daai aia 
aerm, at aanoBjoit par bob cri le gais da u lictoire. Enfin Ici cbati , dJgoAlja 
d'Are dBp**,OBt rafaaé da a* prttar an combat. 

Celte bB*«aT«itBn*BTaiion»iBgBlitr*; alla n'ajamiiairaBlBianBni de boBBct 
ronge aui U itia d'aucun pajrBan ; elle aïoii l'art da la Icai enleYcr ai adroîta- 
Bieat, qB'iUta tronToicatttte nae laii* iiTair qni laBT aTaiteDlerf Itnr boonec : 
aile anleioit *bm> In pcmqnti lani faire ibcuo mil , et partoit cai kpneti al ce* 
pacmqBia nr l'irbnla plu* Urrt d'sB parc Toiiin, qui ^talt le dép4l ardiniira 
d* toatm larciBi.. . .. £1Ub« aouffroit aucBO autre oiicau da proie d»ia la sa»- 
toBi allalaaattaqBOitncc beaucoup d* baidicue, at lai mettait an fuite. EUaaa 

la radovtoïant, a'accoBtumkmt inmiiblcaieat avec alla; lea poulaïi et lai pctiu 
«anerdau'oBtiBBiaii4pran*ida*apart la moindre innlte: elle la baignait BB Bli^ 
lieB da caa daroiar*. Mail ce qu'tl jr a de linguliar, c'eiL qu'allé n'avoit pei cetta 
mime nod^niioB chn leiioiiiaii je foi oblige de taira publier que je peieroialasi 
dommage* qu'alla pOBmil Itarcauicr: cependant alla fut tuillia biao deafntt. 



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Des perroquets. , ,6S 

que peut l'éducation nir les oûeaux de proie, qui de ton* paroi»- 
■eut être les plus £iroudieB et tes pliu difficiles à domter. On 
comudt en Asie le petit art d'instruire le pigeon à porter et rap- 
porter des billets k oent lieues de distance^ L'art plus grand et 
mieux coDDu de k fauconnerie nous démcnitre qu'en dirigeant 
rinstinct naturel des mseaux, on peut le perfectionner autant 
que celui des autrea animaux. Tout me sembla prouver que ai 
l'homme vouloit donner autant de temps et de soins à l'éducation 
d'un oiseau ou de tout autre animal qu'on en donne à celle d'un 
«n&nt.ilsferoientparimitationtoutce que celui-ci &it par intel- 
ligmoe; la seule différence serait dans le produit : l'intelligence, 
toujours tëoonde, se communique et t'étend a l'espèce endin, 
toujoura en augmentant, au lieu que l'imitatioa, néoeasairement 
itén)e,ne peut ni s'étendre ni même se transmettre par ceux qui 
l'ont reçue. 

Et cette éducation par laquelle nous rendons les animaux, les 
oiseaux, |dus utiles ou plus aioubles pour nous, semble les ren- 
dre odieux à tous les autrea, et surtout à ceux de leur espèce. Dès 
que l'oiseau privé prend son essor et va dans la forAt, les autres 
s'assemblent d'abord pour l'admirer, et bientôt ils le maltraitent 
et le poursuivent comme «'il étoit d'une espèce ennemie: on vient 
d'en voir un exemple dans la buse. Je l'ai vu de mémo sur la pie, 
sur le geai : lorsqu'on leur dcmoe la liberté, ka sauvages de leur 

IL ■ nçaplaide qniiitt conpi dt latil mb> Hoicsasndt frictan. Hiubu joaT il 
«rriva que, planmit, dt> le gnod Ntis , m borddi la (orlt, (UasHitOqur un 
nniril J U gilJ* de ce ko», la Tojant anr )ei IpaDiai du r*nBnl,l<ur tiru dtm 
lospi <T> fuit : UrtDaid (ut ut, et ma boa* «mt !• gnt de l'aile caial ; nalgri 
ïetU fracture, die a'^ekalppa dei jtax du chaaiear, et fat perdue ptndaut lept 
joun- Cet Loome, «*£taDt aper^, parle bruit du ^lot , que c''ëtoît monoiieau, 

ne put 1« trnuiar, et u ne fut ^'au bout de lept jeun qu'il M relnuTe. ]*aiD>« 
EOnlume de l'appeler tou In aoin par un eoap de ailflti , auquel elle t" ri['nndit 
^■a pendant (il JDun ; aiaii, le leptitne, î'tnteudLi un petit cri daui le lointain, 
qae je cnultrt celui dt ma bue : je la T^p^Iai alanuue Kconderoii, et j'eatendit 

bute qui evoit l'aile caaate, <t qui ifoit liic plut d'une demi-liene ï v'"à pour 
legagner len aaile, dont elle n'hait pour Ion éloignée que de cent Tingl pal. 
Quoiqu'elle fit eitrénement ntiouje , allé ne fit cependant beeBCOiqi .le el- 
reaaea ; elle fui prli de t'n lemainci k >e refaire et i ae guérir de Mi bleainrei , 

«eODea ■Iturei pendant tniirou un an j aprti quoi elle dltpatot pour toujoun. Je 
•nia Iriu-pernudé qu'elle fnt tu^ per népiie i elle ne m'auroit pas abendonnl 
par aa propre Tolonté. 

Xettre d» St. Fontaint. curé J» Saint-Piem d* Btlttint, à tt. le comt* 
de Buffoa , «a daU du 38/onvUr 1778. 



DiailizodbvGoOgle 



,S4 HISTOIRE NATURELLE 

wiijw « wuniwent pour le» assaillir et les chaïiier ; iU ne les aA- 
moilont dans leur compagnie <]ue quand ces oiseaux privés oqI 
prrdu tous les signes de leur affection pour nous , et tous les ca- 
l«ct(T«9 qui les rendoient différens de leurs frères sauvagen , 
«omme si ce* mêmes caractères rappeloient à ceux-ci le senti- 
ment de la crainte qu'ils ont de l'homme leur tyran, et la haine 
^ue méritent se» »upp6U ou ses esclaves. 

Au reste, les oiseaux sont de tous les êtres delà Nature le» 
plusindépendanietles plus fiers de leur liberté, parce qu'elle est 
plu» entière et plus étendue que celle de tous les autre» animaux. 
Comme il ne £iut qu'un instant à l'oiseau pour franchir tout 
obstacle et s'élever au-dessus de ses ennemis, qu'il leur est supé- 
rieur parla vitesse du mouvement et par l'avantage de sa posilioQ 
dans un élément où ils ne peuvent atteindre, il voit tous les 
animaux terrestres comme des êtres lourds et rampans, attachés 
& la terre ; il n'auroit même nulle crainte de l'homme, si la balle 
«tia Sèche ne leur avoient appris que, sans sortir de sa place, il 
peut attoHidre , Irapper e( porter la mort au loin, La Nature , en 
donnant des ailesaux oiseaux, leur a départi les attributs de l'in- 
dépendance et le» inslrumens de la haute liberté : nussi n'ont-ils 
de patrie que la ciel qui leur convient; ils en prévoient les vicis- 
utudes et changent de climat eu devançant les saisons^ ils ne s'y 
établissent qu'après en avoir pressenti la température ; la plupart 
n'arrivent que quand la douce haleine du printemps a tapissé les 
forêts de verdure, quand ^e bi téclore les germes qui doivent * 
Jes nourrir, quand ils peuvent s'établir, se gîter, se cacher sous 
l'ombrage , quand enfin , la Nature vivifiant les puissances de 
l'amour, le ciel et la terre semblent réunir leurs bien&its pour 
combler leur ,bonheur. Cependant cette saison de plaisir devient 
bientôt un temps d'inquiétude; tout à l'heure ils auront à crain- 
dre ces mêmes ennemis au-dessus desquels ils planaient avec 
mépris: le chat sauvage, la marte, la belette, chercheront à dé- 
vorer ce qu'il» ont de plus cher; la couleuvre rampante gravira 
pour avaler leur» oeufs et détruire leur progéniture : quelque 
élevé , quelque caché ^que puisse être leur nid, ils sauront le dé- 
couvrir, l'atteindre, le dévaster; et les en&ns, celte aimable por- 
tion du genre humain, mais toujours malËiisanle par désoeuvre- 
ment , violeront sans raison ces dépôts sacrés du produit de 
l'amour. Souvent U tendre mère ae sacrifie dans l'espérance d% 
sauver ses petits; elle ae laisse prendre plutôt que de les aban- 
donner; elle préfère de partager et de subir le malheur de leur 



DiailizodbvGoOgle 



DES PERROQUETS. i65 

«n à celui d'aller «eule l'annonwr par ses cris à «m amant , qoi 
néanmoins pourroit seul k cx«i»oIer en partageant sa douleur. 
Laffection raatemelle tat donc un sentiment plus fort que celui 
àe la cpainle , et plu» profond que celui de l'amour, pui»qu'ici 
œlle affection l'emporte sur les deux daïM To coeur d'une mère, 
•t lui 6it oublier son amour, sa liberté, m vie- 
Pourquoi le temps des grands plaisirs est-il auMÏ celui dea 
grandes soliictludes l pourquoi les joui^ances le» plu» délideiues 
"oni-elles toujour» «ccompagnées d'inquiétudes cruelle», même 
«lans le» être» les plus libres et les plu» innocens 7 n'eat-ce pas un 
reproclie qu'on peut &ire à la Nature , cette mère commune d« 
tous les êtres ? Sa bienbisance n'est jamais pure, ni do longue 
durée. Ce couine heurenx qui s'est réuni par choix, qui a éubli 
de concert et construit en commun son domicile d'amour, et pro- 
^g*ié lea soins les plus tendres à sa Emilie naissante, craintà 
nwque instant qu'on ne la iui ravisse; et s'il parvient i l'ëlever, 
e«t alors que des ennemis encore plu» redoutables viennent l'as- 
"illir avec plus d'avantage : l'oiseau de proie arrive comme la 
fcudre, et fond sur la Emilie entière; le père et la mère sont 
wuvent »es première» victimes, et les petits , dont les ailes ne «ont 
pas encore assez exercée», ne peuvent lui échapper. Ce» oiseaux 
àe carnage frappent tous leseulre» oiseaux d'une Frayeur tï vive, 
qu'on les voit li^mirà leur aspect; ceux même qui sont en sûreté 
"lans n«a bassea-cour» , quelque éloigné que soit l'ennemi, trem- 
blent a. u moment qu'ils l'aiierçoiTent; et ceux delà campagne, 
saisis dti même elTroi , le marquent par des cris et par leur fuite 
précipitée vers les lieux où ils peuvent se cacher. L'état le plus 
libre de la Nature a donc aussi se» tyrans, et malheureusement 
c'est à eux seuls qu'appartient cette suprême liberté dont ils abu- 
•eni, et cette indépendance absolue qui les rend le» plus fiers de 
ioas les animaux. L'aigle méprise le lion et lui enlève impuné- 
ment «n proie ; il tyrannise également les faabitans de l'airelceux 
de la terre, et il aurait peut-être envalii l'empire d'une grande- 
portion de la Nature , n le» arme» de l'homme ne l'eussent relégué 
*nr le sommet de» montagne», et repoussé jusqu'aux lieux inac- 
cessible», où il jouit encore unstrouble et sans rivalité de tous lef 
avantages de sa domination tyrannique. 

Le coup d'oeil que nous venons de jeter rapidement sur les &- 
niltés dea oiseaux »uSit pour nous démontrer que, dan» la chaîne 
du grand ordre des êtres, ils doivent être, après l'homme, placé» 
au preaùec rang. La Nature a rassemblé ^ concentra- dans le ^bt 



D,a,l,z.dbvG00glc 



,66 HISTOIRE NATURELLE 

Toiame de leur corpa plua de force qu'elle n'en a départi aux 
grandee manea des animaux lea plua puisaans ; elle leur a donné 
plaa de légèraté aana rien ôter à la solidité de leur organiaation ; 
elle leur a cédé un empire' plus étendu sur lea habitans de l'air, 
de la terre et dea eaux; elle leur a livré les pouvoira d'une domi- 
nation exclusive sur le genre entier dea imectes, qui ne aemUent 
tenir d'elle leur existence que pour maintenir et fortifier celle de 
leurs deatrucleu ta auxquela ils servent de pâture. Ils dominent de 
même aur lea reptiles,dontilspargent la terre aanaredouterleur 
venin ; aur lea poiaaona , qu'ils enlèvent hors de leur élément pour 
les dévorer ; et enfin aur les animaux quadrupidea , dont ils font 
également des victimes : on a vu la buae assaillir le renard, le 
faucon arrêter la gaielle, l'aigle enlever la brebis , attaquer le 
chien cximmele lièvre, les mettre àmort et les emporter dans son 
aire; et si nous ajoutons A toutes œe prééminences de force et de 
viteaae cellea qui rapprochent les oiseaux de la nature de l'homme , 
la marche à deux pieds , l'imitation de la parole , la mémoire 
musicale, nous lea verrons plua près de noua que leur forme ex- 
térieure ne parolt l'indiquer, en même tempa que, par la préro~ 
gativfl unique de l'attribut des ailes et par h préômineDce dn vol 
aur la course, nous reconnoltroas leur supériorité aur tous les 
animaux terrestres. 

Maia descendons de ces considération» générale! aur les oïaeaux 
i l'examen particulier du genre dea perroquets : ce genre, plus 
nombreux qu'aucun autre, ne laissera pas de nons fournir de 
grands exemples d'une vérité nouvelle; c'est que dans lea oiseaux 
comme dans les animaux quadrupèdes , il n'existe dans les terres 
méridionales du nouveau monde aucune des espèces des terre* 
mérîdumalea de l'ancien continent, et cette exclusion est réci- 
proque; ancnn des perroquets de f Afrique et dea grandes Indes 
ne ae trouve dana l'Amérique méridionale , et réciproquement 
anean de ceux de cette partie du nouveau monde ne ae trouve 
dans l'ancien continent. Cest sur ce bit général que j'ai établi le 
fondemeut de la nomenclature de ces oiseaux , dont lea espèces 
sont très-di versifiées et si multipliées , qu'indépendamment de 
celles qui noua aont inconnues , nous en pouvons compter plua 
de cent; et de ces cent espaces, il n'y en a pas une seule qui soit 
GOttunune aux deux continens. T a-t-il une preuve plua dé- 
monatrative de cette vérité générale que noua avona exposée dana 
iTitstoire des aaimaux quadrupèdes 7 Aucun de ceux qui ne peu— 
Tent supporter 1» rigueur dea clïnutt froids , n'a pu paner d'un 



DiailizodbvGoOgle 



DES PERROQUETS. (67 

•ontment ft l'kDtre, parce que oei contiaens n'ont j ■maïs jt£ réu- 
nis que dana lai^oa du Nord. Deneat de même des oïmbux 
qai , oomme les perroquet* , ne peuvent vivre et se multiplier qu» 
dîna lea dimata chauds ; ib wnt , malgré la pninanoe de leurs 
ailes, demauréa confinés , les uns daaa lea teirea méricïionalea du 
noDVMQ monde, et les autres dans celles dn l'ancien ; et ils n'oc- 
capent dans diacnn qu'une vaie de ringt-anq degrés de chaque 
càté de l'éqnaleur. 

Mais, dira-t-on , puisque les ^phans et lea «ntiea animaux 
quadrupèdes de l'Afrique et des grandes Indes cmt primitivanent 
occupé les terres du Nord dana lea deux oontinena, les perroquets 
kakatoès , les loris et les autrea oiseaux de œt mémea contrées 
' méridionales de notre ctmtinent, n'ont-ila pas dA se IrooTer auasî 
primitivement dana les parties Mplentrionates des deux mondes ? 
Comment eat-il donc arrivé que ceux qnihabitoieDt jadis l'Ame- 
mérique septentrionale n'aient pns gagné les terres chaudes de 
TAmérique méridionale 7 car ila n'auront pas été arrêtés , comme 
ks éléphant , par lea hautes montagnes ni par les terres étroites da 
Hathme; et la raison que vous avez tirée de ces obstaclea ne peut 
Rappliquer aux oiseaux , qui peuvent aîaément franchir ces mon- 
tagnes. Ainsi les diffêrences qui se trouvent constamment entra 
les oiseaux de l'Amérique m^dionale et ceux de l'Afrique sup- 
posent quelques autrea causes que celle de voire système sur le 
refiroidiasement delà terre et sur la migratitHi de tous lea animaux 
du Nord au Hidi. 

Cette objection , qui d'abord paroit fondée , n'est cependant 
qu'une nouvelle question, qui, de quelque manière qu'on cher- 
té k la faire valoir, ne peut ni i^opposer ni nuire à l'explication 
des &its généraux de U naissance primitive des animaux dans les 
terres du Nord, de leur migration vers oelletdu Midi, et de leur 
exdnsiondes terres de l'Amérique méridionale. Ces faits, quelque 
difficulté qu'ils puissent présenter, n'en sont pas moins conitans, 
et l'on peut, ce me semble, répondre à la question d'une ma- 
nière satis&isanle aans s'éloigner du système ; car lés espèces d'oi- 
seaux auxqudka il fiiut une grande chaleur pour subsister et se 
multiplier, n'auront, malgré leurs ailes, pas mieux franchi que 
les élépbans les aommets glacés des montagnes ; jamais les perro- 
quets et les autres oiseaux du Midi ne s'élèvent aw» haut dans 
la r^ion de l'air pour être saisi» d'un froid contraire à leur na- 
ture , et par conséquent ils n'auront pu pénétrer dam les terre» 
de l'Amérique méridionale, mais auront péri comme lea éléphaoa 



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i(!8 HISTOIRE NATURELLE 

d&ns lea contréet Bepleotrionales dece continent, imerorequ'elle* 
■e sont refroidiei. Ainsi cette objection , loin d'ébranler le sys- 
tème , ne Ikit que le confirmer et le rendre plus général , puisque 
non-seulemant les animaux quadrupèdes, niais même les oiseaux 
du Hidi de notre continent , n'ont pu pénétrer ni s'établir dans 
le continent isolé de l'Amérique méridionale. Nous conviendroaa 
néanmoins que cette exclusion n'est pas aussi générale pour les 
oiseaux que pour les quadrupède* , dans lesquels il n'y a aucune 
espèt» commune à l'Afrique et à l'Amérique , tandis que, dans les 
oiseaux, on en peut compter un petit nombre dont les espèces se 
trouvent Clément dans ces deux conlineuB; mais c'est par des 
raisons particulières, et seulement pour de certains genres d'oi- 
seaux qui, joignant k une grande puissance de vol la faculté de 
a'appuyer et de se r^koser sur l'eau , au moyen des larges mem- 
branes de leurs pieds , ont traversé et traversent encore la vast» 
étendue des mers qui séparent les deux continens vers le Midi. 
£t comme les perroquets n'ont ni les pieds palmés ni le vol élevé 
et long-temps soutenu, aucun de cas oiseaux n'a pu passer d'un 
continent à l'autre, à moins d'y avoir été transporté par les 
bommes : on en sera convaincu par l'exposition de leur nomen- 
clature, et par la comparaison des descriptions de chaque espèce, 
auxquelles nous renvoyons tous les détails de leurs ressembUnces 
et de leurs diSerencta, Uni génériques que ipéciBques; et cette 
nomenclature étoit peut-être aussi difficile à démJier que celle 
des singes, parce que tous les naturalistes avant moi avoient éga- 
lement confondu les espères et même les genres des nombreuses 
tribus de ces deux classes d'animaux, dont néanmoins aucune esr 
pcce n'appartient aux deux continens à la fois. 

Les Grecs ne connurent d'abord qu'une espèce de perroquet ,. 
ou plutât de perruche : c'est celle que nous nommons aujour- 
d'hui grande pvrucha à coilUr, qui se trouve dans le continent 
de l'Inde, Les premiers de ces oiseaux furent apportés de 111e 
Taprobane en Grèce par Onésicrite , commandant de la Ûolts 
d'Alexandre : ils y étoient si nouveaux et si rare», qu'Aristote lui- 
même ne paroit pas en avoir vu, et semble n'en parler que par 
relation. Mais la beauté de ces oiseaux et leur Ulenl d'imiter la 
parole en firent bientôt un objet de luxe chez les Romains; 1« 
sévère Galon leur en a tait un reproche. Ils logeoient cet oiseau 
dans des «ges d'argent , d'écaiUe et d'ivoire ; et le prix d'un pei^ 
roquet fuiquelquefoisiJus grand chez eux que celui d'un esclave. 
On ne connoissoil de perroqueU à Rome que ceux qui v*- 



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DES PERROQrETS. 169 

uoîent des Tndea, joiqu'an temps de Néron, o& des émissaires 
de ce prince en trouTèrent dans une Ho du Kil , entre Syène et 
Méroé ; ce qui revient à k limite de vingt-quatre k vingt-cinq 
degréa que nous avons posée pour oea oiseaux , et qu'ît ne paroit 
pas qu'ils aient passée. Au reste , Pline nous apprend que le nom 
ptittactu , donné par les latins an pern>quet , vient de son nom 
inàiea ptiitaca ou nttare. 

Les Portugais, qui les premiers ont doublé le cap de Bonne- 
Espérance et reconnu les oôtes de l'Afrique , trouvèrent les lerrra 
de Guinée et toutes le» tlea de l'Océan indien peuplées, comme le 
continent, de diverses espècea de perroquets, toutes inconnues à 
l'Europe, et en si grand nombre, qu'i Galicut, à Bengale et sur 
les càtea d'Afrique , les Indiens et les Nègres étoient obligés de se 
tenir dans leurs champs de maïs et de ris vers le temps de la ma- 
turité, pour en éloigner ces oiseaux qui viennent les dévaster. 

Cette grande multitude de perroquets, dans toutes les régions 
qu'ils habitent, semble prouverqu'ils réitérentleurs pontes, puis- 
que chacune est assez peu nombreuse: mais rien n'égale la variété 
d'espèces d'oiseaux de ce genre quis'oSHrent aux navigateurs sur 
■ toutes les plages méridionales du nouveau monde lorsqu'ils en 
firent la découverte ; plusieurs lies reçurent le nom à'tlea dei Per- 
roquet». Ce furent les seuls animaux que Colomb trouva dans la 
première o& il aborda , et ces oiseaux servirent d'objets d'échange 
dans le premier commerce qu'eurent les Européens avec les Amé- 
ricains. Enfin on apporta des perroquets d'Amérique et d'Afri- 
que en si grand nombre, que le perroquet des anciens fut ou- 
blié 1 on ne le connoissoil plus du temps de Belon que par la des- 
cription qu'ils en avoient laissée ; et cependant, dit Aldrovande, 
nous n'avons encore vu qu'une partie de ces espèces dont les !ks 
et tes terres du nouveau monde nourrissent une si grande multi- 
tude, que, pour exprimer leur incroyable variété, aussi-bien 
que le brillant de leurs couleurs et toute leur beauté, il budroit 
quitter la plume et prendre le pinceau. C'est aussi ce que nous 
avons &it en donnant le portrait de toutes les espèces remarqua- 
bles et nouvelles dans les planches coloriées. 

Maintenant, poursuivre, autant qu'il est possible, l'ordre que 
la Nature a mis dans cette multitude d'espèces, tant par la di^ 
tinction des formes que par la division des climats , nous partage- 
rons le genre entier de ces oiseaux d'abord en deux grandes 
classes , dont la première contiendra tous les perroquets de l'an- 
cien continent, et la seconde ton* ceux du nouvean monde : en- 



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I70 HISTOIRE NATURELLE 

faite nous aubdivûeroiia lâ première en ciilq grande* familles ; 
•avoir, les kakatoès , les perroquets proprement dîtsj les loris , les 
perruches à longue queue, et les perruches i queue courte : et 
de même noua subdiviaerona ceuxtiu nouveau oontinent en six 
autres familles; savoir, Issaras, les amazones, les cricks, les pe- 
pegaia , les perriches à queue longue , et enfin les perriches A q ueue 
courte. Chacune de ces onxe tribus ou fiimilles est désigna par 
des caractËres distinctiâ , ou du moins chacune porte qoelqu» 
livrée particulière qui lea rend reconnoisrables ; et nous allona 
présenter celles de IWicien continent les premières. 

PERROQUETS DE L'ANCIEN CONTINENT. 
LES KAKATOES. 

\jta pins grands perroquets de l'ancien continent sont les kaka- 
toès ; ils en sont tous originaires, et paroissent être naturels aux 
climats de l'Asie méridionale. Nous ne savons pas s'il y en a dans 
les terres de l'Afrique; mais il est sûr qu'il ne s'en trouve point en 
Amérique. Ils paroissent répandu* dans les régions des Indes mé- 
ridionales et dans toutes les tles de l'Océan indien , à Temate , à 
Sdnda, il Céram, aux Philippines, aux iles de la Sonde. Leur 
nom de tatatoea,catacua et cacatou, vient de la ressemblance 
de ce mot A. leur cri. On les diilingue aisément des autres perro- 
quets par leur plumage blanc et par leiir bec {dus crochu et plus 
arrondi, et particulièrement par une huppe de longnes'plumea 
dont leur tête est ornée , et qu'ils élèvent et abaissent à volonté '. 
Ce* perroquets kakatoès apprennent difficilement à parler; il 
y a même des espèces qui ne parlent jamais : mais on en est dé- 
d<RnmBgé par la facilité de leur éducation. On les apprivoise ton» 
aisément : ib semblent même Être devenu* domestiques en qnd- 
ques endroits de* Indes, car ils font leur* nids sur le toit des 
maison* ; et celle facilité d'éducation rient du degré de leur intel- 
ligence , qui paroit supérieure k celle des autres perroquets; ils 
écoutent, entendent et obéissent mieux: mais c'est vainement 
qu'ils font le* mêmes eSbrts pour répéter ce qu'on leur dit ; ils 
■emUent vouloir y suppléer par d'autres expressions de sentt' 



D,a,l,zt!dbvG00glc 



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DES KAKAT.OES. 17» 

ment et p^r des oarenei aSbctiwiues. Ils ont dam tons leon mou- 
vemeiu une doaceor et uns grioe qui ajoutent encore A leur 
beauté. On en a ru deux, l'un mâle et l'autre femelle , au raoû 
de man 1775, à la fbire Saint-Germain, k Paria, qui obéinoient 
avec beaucoup de docilité, loit pour étaler leur huppe , «oit pour 
saluer les personnes d'an signe de lâte, soit pour toucher les objets 
de leur bec ou de Imr langue, au pour répondre aux questions de 
leur maître, avec le signe d'assentiment qui exprimoit par&i- 
tement un oui muet. Us indiquoient aussi par dee signes réitéra 
le nombre des personnes qui étoieot dans la diambre , l'heure 
qu'il étoit , la couleur des habits , etc. Ils se baisoient en se pre- 
nant le bec réciproquement ; ils ae caressoîent ainsi d'eux-mêmes : 
«e pTclude marquoit l'envie de s'apparier } et le maître assura 
qu'en effet ils s'appariaient souvent, même dans notre dimat 
Quoique les kakatoès se serrent, comme les autres perroquets , de 
leur bec pour monter et descendre , ils n'ont pas leur démarche 
lourde et désagréable ; ils sont an contraire trè-agiles , et mar- 
chent de bonne grâce , en trottant et par petits sanla vifs. 

LE KAKATOES A HUPPE BLANCHE. 

Prtvùha espèce. 

Cb kakatoès, n°. 363, est à peu près de la grosseur d'une poule: 
ton plumage est entièrement blanc, à l'exception d'une teinte 
jaune sur le dessons des ailes et des pennes latérales de la queue ; 
il a le bec et les pieds noirs. Sa magnifique huppe est très-remar- 
quable, en ce qu'elle est composée de dix ou douze grandes plu- 
me*, non de l'espèce de* plumes molles, mais de la nature des 
penna , hautes et largement barbées ; elles sont implantée* du 
front en arrière sur deux lignes parallèles , et forment un double 
éventail. 



LE KAKATOES A HCPPE JAUNE. 

SêootuU e^>èc* 

J)anh cette espèce l'an distingue deux races qui ne diffèrent 
eitre elles que par la grandeur. I* planche enluminée, n*. i^, 



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17» HISTOIRE NATURELLE 

représente la petite : dans l'une et l'autre le plutnnge est Blanc 
avec une teinte janne mm les ailes et la queue , et des taches de la 
même couleur alenloar dea yeax. la huppe est d'un jaune ci- 
tron ; elle est composée de lonf^ea plumes nx^ies et effilées , que 
l'oiseau relèveet jette enavont :1e bec et les pieds sont noira. Cent im 
kakatoès de celte espèce, et rraiiemblablement le premier qui ait 
été TU en Italie, que décrit Aldrovande : il admire l'élégance et 
la beauté de cet oiseau, qui d'ailleurs est anssi intelligent, aussi 
doux et aussi docile que celui de la première espèce. 

Nous avons vu nous-tn^es ce beau kakatoès vivant ; la ma- 
nière dont il témoigne ta joie est de secouer vivement la tête plu- 
sieurs fois de haut en bas , &isant un peu craquer son bec et rele- 
vant sa belle huppe; il rend rareue pour caresse ;iltouchele visage 
de sa langue et semble vous lécher; il donne des baisers doux et 
savourés : mais une sensation particulière est celle qu'il paraSt 
éprouver lorsque l'on met la main à plat dessous son corps, et qua 
de l'autre main on le touche sur le dos , ou que simplement on 
approche la bouche pour le baiser; alors il s'appuie fortement sur 
la main qui le soutient, il bat des ailes, et, le bec à demi ouvert, 
il souffle en haletant , et semble jouir de la plus grande volupté : 
on lui bit répéter ce petit manège autant que l'on veut. Unau- 
tre de ses plaisirs est de se fuire gratter^ il montre sa tête avec 1a 
patte; il soulève l'aile pour qu'on ta lui frotte : il aiguise souvent 
son bec en rongeant et cassant le bois. Il ne peut supporter d'être- 
en cage ; mais il n'use de ta liberté que pour se mettre à portée 
de son maître, qu'il ne perd pas de vue : il rient lorsqu'on l'ap- 
)ieUe, et s'en va lorsqu'on le lui commande; il témoigne alors la 
peine que cet ordre lui (ait en se retournant souvent , et regar- 
dant si on ne lui bit pas signe de revenir. 11 est de la plus grande 
propreté : tous ses mouvemens sont pleins de grâce , de délica- 
tesse et de mignardise. Il mange des fruits, des l^nies, toutes 
les graines iàrineuses, de La pâtisserie , des œufs , du lait , et de 
tout ce qui est doux sans êtr« trop sucré. Du reste ce kakatoès 
evoit le plumage d'un plus beau blanc que celui de notre planche 
enluminée '. 



' C*t eiMia mi pt^itat WNinc;, tbti naidinsbcU* «tiiniblc, g 
MidJIÎMi. {Nctt cammuniqui» par Et, Soniat 4* Manoncomrt.y 



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DES KAKATOES. i?^ 



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DES KAKATOES. 



LE KAKATOES A HUPPE ROUGE 

Troitiimt espèc*. 

Kj'est un des plus grands de œ genre , ayant |)rès d'un pied et 
demi de lonf(ueur : le dessus de si huppe, qui se rejette en ri^ 
rière, est en plumet blanches, et couvre une gerbe de plumes 
rouges, n*. 498. 

LE P£T1T KAKATOES A BEC COULEUR 
DE CHAIR. 

Quatrième «ipitM. 

lovrle plumage de ce kakatoea, 0°. i9i,eatb]«nc, àl'exoeption 
de quelques teintes de rouge pile sur la tempe et aux plume* du 
dessous de la huppe ; cette teiiite de rouge est plus forte aux cou- 
vertures du dessus de la queue ; on voit un peu de jaune clair à 
Toriginedes plumes scapulaires, de celles de la huppe, et aucdlé ' 
inlérleurdesiienoes de l'aile et de la plupart de celles de laqueae. 
Le* pieds sont noirâtres : le bec est brun rougeâtre ; ce qui est 
particulier k cette espèce , les autres kakatoès ayant tous le bec 
noir. C'est aussi le plus petit que nous connoisatoos dans ce genre. 
H. Brisson le fitît de U grandeur du perroquet de Guinée : ce- 
pendant œlni-ci est beaucoup plus pet il; il est coifFé d'une huppe 
qui se couche en arrière, et qu'il relève à volonté. 

Nous devons observer que l'oiseau appelé par M. Brisson ia- 
ialoes à ailes et queue rtsugat ne paroit pas être un kakatoès, 
puisqu'il ne fait aucune mention de la huppe, qui est cependant 
le caractère distinctif de «s perroquets: d'ailleurs il ne jKirle de 
cet oiseau que d'après Aldrovande, qui s'exprime dans les termes 



« Ce perroquet doit £tre compté parmi les plus grands; il est 
s de la grosseur d'un chapon : tout son plumage est blanc cen- 
u dré; son bec est noir, et fortement recourbé; le bas du dos, 

■ le ci-oupion , toute la queua et le* peBnes de l'aile sont d'un 

■ rouge de vermillon. » 



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Ï74 HISTOIAE NATURELLE 

Toni ces caractères conviendroient asaes à un kakatoès, si l'on j 
ajou toit celui de la huppe ; et ce grand perroquet rouge et blnnc 
d'Aldrovuide , qui oe nous est pas connu , reroit dans ce cas une 
dnquième espèce de kakatoès, ou une variété de quelqu'une dea 
précédentes. 



LE KAKATOES NOIR. 

Cinquième espèce. 

ffl. Ed^rards, qui a donné ce kakatoea, dit qu'il «t aussi gros 
qu'un ara. Tout son plumage est d'un noir bleuâtre, {^us foncé 
sur le doa et les ailes que bous le corpn; la huppe est brune ou 
noirâtre rCt l'oiseau a , comme tous les autres kakatoès, la &cullé 
de la relerer très-baut, et de la coucher presque à plat sur u tète ; 
les joues aa-des*ous de l'oeil sont garnies d'une peau rouge , nue 
et ridée, qui enreloppe la mandibule inférieure du bec, dont la 
couleur, ainsi que celle des pieds, est d'un brun noirâtre; l'ceil 
e«t d'un beau noir, et Ton peut dire que cet oiseau est le nègre 
des kakatoès, dont les espèces sont généralement blanches. H a la 
queue assex longue et composée de plumes étagées. La figure, des- 
sinée d'après nature, en a été envoyée de Ceyian à M. Edwards , 
et ce naturaliste croit reconnoltre le même kakatoès dans une de 
ces figures publiées par Vander-Meulen À Amsterdam , en 1 707, 
et donnée par Pierrre Schenk sous le nom de corbeau de» Inde*. 



LES^PERROQUETS PROPREMENT DITS. 

JN ouB laissions le nom de perroquets proprement dits à ceux de 
ces oiseaux qui appartiennent à l'ancien continent , et qui ont la 
queue courte et composée de pennes à peu près d'égale longueur. 
On leur donnoit jadis le nom àopapegauta, et celui deperroquet 
s'appliquoit aux perruches : l'usage contraire a prévalu ; et comme 
le nom depapegaut ou papegai a été oublié, nous l'avons trans- 
porté à la bmille des perroquets de l'Amérique qui n'ont point 
de rouge dans les ailes , afin de les distinguer par oe nom géné- 
rique des perroquets amaiones, dont le caractère principal est 
(l'avoir du rouge sur les ailes. Nous connoissons huit espèces de 



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DU JACO, OU PERROQUET CENDRE. 175 
ces perroqueU proprement dib , toulea orignairea de l'Arrique et 
dm grandes Indes , et aucune de ces huit «spècei ne se trouve en. 
Amérique. 



LE JACO, OU PERROQUET CENDRÉ. 
Pnmièn eqpJc«. 

\j 'est l'espèce que l'on apporte le plos Gommunément en Eu- 
rope aujourd'hui, et qui s'y tait le plus aimer, tant par la don- 
ceurdeaesmoBonqueparsontaJentet sa docilité, en quoi il égale 
au moins le perroquet vert , sans aroir ses cris désagréables. Le 
mot de jaco qu'il pandt se plaire à prononcer est le nom qu'or- 
dinairement on lui donne. Tout son corps est d'un beau gris de 
perle et d'ardoise, plus foncé sur le manteau, plus clair an-des- 
sus du corps, et Uanchiwant au Tenire; nue queue d'un rouge 
de vermillon termine et relève ce plumage lustré , moiré, et 
comme poudré d'une blancheur qui le rend toujours frais; l'oeil 
e»l placé dans une peau blanche, nue et &rioeuse, qui couvre la 
joue ; le bec est noir; les pieds sont gris ; l'iris de l'œil est couleur 
(l'or. Ia longueur totale de l'oiseau est d'un pied. 

La plupart de «s perroquets nous sont apportés de la Guinée : 
ils viennent de l'intérieur des terres de cette partie de l'Afrique. 
On les trouve aussi à Congo et sur la côte d'Angole. On leur ap- 
prend fortaisément à parler, et ils semblent imiter de préiërenca la 
voix des en&ns , et recevoir d'eux plus facilement leur éducation 
à cet ^rd. Au i-este , les anciens ont remarqué que tous les oi- 
•eaux susceptibles de l'imitation des sons de la voix humaine 
écoutent plus volontiers et rendent plus aisément la parole des 
cufàns , comme moins fortement articulée , et plus analogue, par 
ses sons clairs, à la portée de leur organe vocal. Néanmoins ce 
perroquet imite ausai le ton grave d'une voix adulte; mais cette 
imitation semble pénible, et les paroles qu'il prononce de cette 
Toix sont moins distinctes. Un de ces perroquets de Guinée , 
endoctriné en roule par un vieux matelot, avoit pris sa voixrau-- 
que et sa toux , mais si parfaitement , qu'on pouvoit s'y mépren- 
dre. Quoiqu'il eût été donné enioite à une jeune personne, et 
qu'il n'eût plus entendu que sa voix, il n'oublia pas les leçons de 
■en premier maître, et rien n'éloit si plaisant que de l'entendre 



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ind HISTOIRE WATUREtLE 

pn&ser d'une voix douce et gracieuse à son vieux ^ironemen t et 

Tion-seulenient cet oiseau, ii°. 3ii, ala facilité d'imiter la voix 
de t'Iiorame, il semble encore en avoir le déair ; il le ntanifést» 
par son atlention k écouter , par l'effort qu'il &it pour répéter , 
cl cet effort se réitère i chaque instant ; car il gazouille sans cesse 
quelques-unes des syllabes qu'il vient d'entendre, et il cherche h 
])rendre le dessus de toutes les voix qui Frappent son oreille, en 
ffiisnnt éclater la sienne. Souvent on est étonné de lui entendre 
répéter des mots ou des sons que l'on n'avoit pns pris la peine de 
lui apprendre, et qu'on ne le soupçonnoit pas même d'avoir écou- 
tés *. Il semble se & ire des lâches et chercher à retenir sa leçon 
diaque jour * ; il en est occupé jusque dans le sommeil, et Marc- 
grave dit qu'il jase encore en rêvant '. C'est surtout dans ses pre- 
mières années qu'il montre cette facilité, qu'il a plus de mémoire, 
etqu'on le trouve plus intelligeot et plus docile. Quelquefois cette 
faculté de mémoire, cultivée de bonne heure, devient étonnante, 
commedans ce perroquet dont parle Rhodiginus, qu'un cardinal 
acheta c«ntécusd'or,paroequ'ilr«ci'toi2ci>nvctt>7»eni^s/(»&o& d»i 
apâtres* ;m&ia, plus âgé, il devient rebelle et n'apprendque diffi- 
cilement. Au reste , Olina conseille de choisir l'beuredu soir,aprèa 
le repas des perroquels, pour leur dona»' leçon, parce qu'étant 
alors plus satisfaits, ils deviennent plus dociles et plus attentifs. 

On a comparé l'éducation du perroquet h celle de l'en&nt : il 
y Buroit souvent plus de raison de comparer l'éducation de Ten- 
ant à celle du perroquet. A Rome, celui qui dressoit un perro- 
quet tenoit à la main nne petite verge, et l'eu frappoit sur la 
tèle. Pline dit que son crâne est très-dur, et qu'à moins de la 
frapper fortement lorsqu'on lui donne leçon, il ne sent rien des 
petits coups dont on veut le punir. Cependant celui dont nous 

< T^mom ce ptrriMliict ds Henri TIII , dont AMrOT*nd< fail lliiitain , qui , 
tomhi ilimi U Timiie, appela r« bttclie» b saa itoun , coma» il ■loil enlenJii 
la ptusgtn le> appeler du riï»g«. 

' Cardan va juaqu^ lui atlributr la mMiUtion et IVtnil* inUri»r« de ce qu'on 
lient de lui eoieigner; s et cela, dit-il, par éaïuUt^an elpar amanrdel* gloicCk.. ■ 
Il faut qae l'amaur du meneilleiii Hit bien puiiuDt aur 1« pliila»pke, pour lui 
faire avancer i» pareillei abiurdiUi. 

^ Marui'ave l'aïaureanaujet de la qucalîon qa'4ristr>te laiaie indêciae, aaroîr^ 

çutm Lauram t/ocabam, iju'od lœpiàt de nocle leipsun expergiiccnt , lemi- 

4 M. de la Barde nous dû eu avoir Tn un ijni lerroit d'unmônier dana un tiii- 
>ean ; il rtcituit U prihre ani miteloti, tniuiM le rouir*. 



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DU JOCO, PERROQUETS CENDRÉ. i;,^ 

pirlonacraignoil le fouet autant et plut qu'un enfant qui l'auroit 
aouvenl senti. Après avoir resté toute la journée sur sa perche 
llieure d'aller dans le jardin approchant , si par hasard il U de- 
vançoit et descendoit trop Idt ( ce qui lui arrivoit rarement ) la 
menace et la démonstration du fouet suffisoient pour Je faire re- 
monter à «on jochoir avec précipiution. Alors il ne descesdoit 
plus , nuis nurquoit son ennui et son impatience en battant de* 
ailes et en jetant des cris. 

K It est naturel de croire que le perroquet ne s'entend pas par- 
ler , mais qu'il croit cependant que quelqu'un lui parle : on l'a 
souvent entendu se demander à lui-même la patte, et i] neman- 
quoit jamais de répondre à sa propre question en tendant ëSêc- 
tivement la patte. Quoiqu'il aimât fort le son de la voix des en- 
funs , il montroit pour eux beaucoup de haine ; il les ponrsuivoit 
et, s'il pouvoit les attraper, les pinçoit jusqu'au sang. Comme it 
avoit des objets d'aversion, il en avait ausu de grand attachement: 
son goût, i la véri^, n'étoit pas tort délicat; mais il a tonjoura 
été soutenu. II aimoit, mais aimoit avec fureur, la fille de cui- 
srne;ilU suivoit partout, la cherchait dans les lienx où elle pou- 
voit ôlre , et presque jamais en vain. S'il y avoit quelque temps 
qu'il ne l'eût vue, ii grimpoit avec le bec et les pattes jusque sur 
ses épaules, lut &isoit mille caresses et ne la quittoit plus, quel- 
que eflbrt qu'elle fit pour s'en débarrasser ; l'instant d'après, «Ile 
le rétro uvoit sur ses pas. Son attachement avoit toutes les mar- 
ques de l'amitié la plus sentie. Cette filleeat un mal au doigt con- 
sidérable et Ma long , douloureux à lui arracher des cris : tout 
le temps qu'elle se plaignit , le perroquet ne sortit point de sa 
chambre ; ii avoit l'air de la plaindre en se plaignant lui-m^me 
mais aussi douloureusement que s'il avoit souffert en efiet. Cha- 
que jour, M première démarche étoit de lui aller rendre visite. 
Son tendre inlérât se soutint pour elle tant que dura son mal ; et 
dËs qn'dle en fut quitte , il devint tranquille avec la même af- 
fection, qui n'a jamais changé. Cependantsongoât excessif pour 
cette fille porotsscHt être inspiré par quelques circonstances rela- 
tives i son service à la cuisine plulAt que par sa personne ; car 
cette fille ayant été remplacée par une autre, Tafiection du perro- 
quet ne fit que changer d'ol^et , et parut être au même degré dts 
le premier jour pour celte nouvelle fille de cuisine , et par consé- 
quent avant que ses soins n'eussent pu inspirer et fonder cet at- 
tachement '. n 

^ Nott Komatuaitjuiw pir mtdaDiv NiiUolt nii nSPri k libelle ippirtiDoUcs 
ptTTOipiel. 

Buffon. 11.; la 



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tjti HISTOIRE NATURELLE 

Lm Ulens dea perroqueti de cette eipèœ ne «e bornent pas k llml- 
lation de la parole, ils apprennent auui à contreiàire cerlaina gesie* 
et ceitaÎQ* moUTemens. Scaliger en a vu un qui îmitoit la dante de* 
Savoyards en répétant leur chanson. Celui-ci aimoit à entendre 
chanter ; et lorsqu'il l'oyoit danser il sautoit auaii , mais de la plua 
mauvaise grâce du monde, parlant les pattes en dedans et re- 
tombant lourdement ; c'éloit là sa plus grande gaieté. On lui 
TOfoit Buui une joie folle et un babil intarissable dans l'ivresse; 
car tous les perroquet! aiment le vin, particulièrement le vin 
d'Espagne et le muscat , et l'on avoit déjà remarqué da temps d* 
Pline ka accès de gaieté que leur donnent le* fumées de cette 
liqueur. L'hiver il cherchoit le feu : ton grand plaisir, dans cetl« 
' saison , étoît d'être sur la cheminée ; et dès qu'il s'y étoit réchaufië, 
il marquoit son bien-être par plusieurs signe* de foie. Les pluies 
d'été lui tàisoient autant de plaisir j il s'y tenoit des heure* en- 
tières ; et pour que l'arrosement ^ténétrât mieux , il élendoit ses 
ailes et ne demandoit à rentrer que lorsqu'il étoit mouillé jus- 
qu'à la peau. De retour sur sa perche , il paasoit toutes ses plumes 
dans son bec les unes après les auti'es. Au début de la pluie, il se 
baignoitavec plaisir dans une cuvette d'eau, y rentroit plusieurs 
ibis de suite, mais avoit toujours grand soin que sa tète ne fil t pas 
mouillëe. Autant il aimoit à se baigner en été, autant >1 le crai- 
gnoit en hiver : en lui mraitrant dans cette saison un vase plein 
d'eau , on le feiaoit fuir et même crier. 

Quelquefois on le voyoit bâiller, et ce ligne étoit presque ton- 
jour* celui de l'ennui. Il siffloit avec plus de force et de net- 
teté qu'un homme; mais, qutnqu'il donnât plusieurs tcms, il n'a 
)amaÎB pu apprendre k siffler un air. U imitoit parlàitemenl les 
cnsdesanimauzoauvaget et domestiques, particulièrement celui 
de la corneille, qu'il contrefiiisoit à s'y méprendre. U ne jaioît 
presque jamais dans une chambre oh il y avoit du monde: mais 
seul dans la chambre voisine, il parloit et crioit d'autant {Jus 
qu'onfaisoitpluade bruit dans l'autre; il paroisioit même s'exci- 
ter et répéter de suite et précipitamment tout ce qu'il savoit, et il 
n'étoit jamais plus bruyant et plua animé. Le soir venu , il sa 
rendoit volontairement k aa cage , qu'il fuyolt le jour : alors, nne 
patte retirée dans les plumea ou accrochée aux barreaux de lit 
cage, et la tête sons l'aile, ildormoit jusqu'à ce qu'il revit le jour 
du lendemain. Cependant il veilloit souvrait aux lumièrea ; c'étoit 
le temps où il descendoit sur sa planche pour aiguiser sea pattes, 
an fiûsant le mém» mouTenent <[u'wie poule qui a gcatli Quel? 



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DU JACO, PERROQUETS CEND,RÉ. 179 
^uefoùîlluîarrivoitdesittlerou de parler lu nuit lorsqu'il royoit 
de la clarté; maûdaDsTobaciiritéiléloit tranquille et muet '. 

L'espèce de société que le perroquet contracte avec nous par Ib 
bagage eat plus étroite et plus douce que celle à laquelle le singe 
peut prétendre par son imitation capricieuse de nos nouvemens 
et de nos gestes. Si celles du chien, du cheval ow de l'éléphant, 
sont plus intéreasantea par le sentiment et par l'utilité, la société 
de l'oiseau parleur est quelqnefois plus attachante [jar l'agrément; 
il récrée, il distrait, il amuse: dans la solitude il est compagnie, dan» 
lacoRvenation il est interlocuteur ; il répond, il appelle, il accueille, 
il jette l'éclat des ris , il exprime l'accent de l'afiection , il joue la 
gravité de U sentence; ses petits mots tombés au hasard égaient 
par les disparates, ou quelquelbis surprennent par la justesse '. 
Ce jeu d'un lanfpge sans idée a je ne sais quoi de bicarré et de 
grotesque; et, sans être plus vide que tant d'autres propos, il est 
toujours plus atnunnt. Avec cette imitation de nos paroles, la 
perroquet semble prendre quelque chose de nos inclinations et de 
nos moeurs; il aime et il hait; il a des a ttachemens, des jalousies, 
des préférences , des caprices; il s'admire, s'applaudit, s'encou- 
rage ; il se réjouit et s'attrisie; il semble s'émouvoir et s'attendrir 
aux caresses; il donne des baisers aFTectueux; dans une maison 
de deuil ilapprend à gémir*, et souvent, accoutumé à répéter le 
nom chéri d'une personne regrettée , il rappelle à des coeurs sen- 
siUes et leurs plaisirs et leurs chagrins * . 

L'aptitude à rendre les accens de la voix articulée , portée dans 
le perroquet au plus haut degré, exige dans l'organe une struc- 
ture particulière et plus parraite. Lit sûreté de sa mémoire , 
qnoique étrangère k l'intelligence, suppose néanmoins un degi'é 

■ Gait* d* I* Bot* coamaniqu^ par mailimc Nidault. 

■ VVillogbj parla , d'aprti Cloiiu , d'an pirrcxgiiat qui , lonqn'on lui diwît , 
riéi, ptrro^att, riit, rîoit i.Ii!cliiem«i , et rinalaiii d'apita l'Jcrioil aTsc ma 
grand Jetât 1 OItgrondtot fuî mtfin't rire.' Nautn ■TODimwisiiiccqnirvmt 
yU<11j affc BOD maître, et partagaoit ith Ini laa iafirnitéa dn ^anil if* :bccuu- 
tmoié k ■* pluj fttèra anttadra «jiu «a mot», je tui» n^ade , iortqv'oB loi d^- 
■andoit , ^a'ai-nt , ptmqitett çuoi-tu t /« tuit malade , lipaadoit-il d'an 
ton doaloiDmiict an i'4l«Bdaiit aurla Ibjar,/a jum nutiada, 

* VojR, dana Im aBDalai da Cautaatm Mamuii, lliiatolra da jcuna prloca 
U«D,Gii de l'ampercBr Baiile, csndamiiik la mort par ca pire iispilojalile , q» 
lia |«iiiN«a>ani d« tant ca^i l'entironouit ut pooToieet toneber, tl Jontleaai- 
CCBB de l'oiacaB i|*i liait appria k daplonr U det;in4e dn ianne prince , Janirent 

* Tojti, dana Aldroiinde, nna pltc* gracieoae et louchant* , qu'un po*!* qui 
pICBxa M nittroM tdicHt h hb perm^iut, qoî ea tipttoit Hni cnia 1* doo. 



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■iSo HISTOIRE NATURELLE 

â'^Ltontion et une force de rvmÏDÎscenoe mécanique dont nul oî" 
■eau n'est autant doué : autai lea naturalistes ont tous remarqué 
la forme particulière du bec, de la langue et de la fête du per- 
roquet Son bec , arrondi en dehors, creusé et concave en dedans, 
oâre en quelque manière la capacité d'une bouche dans laquelle 
la langue se meut libremeDtj le son venant frapper contre le bord 
circulaire de la mandibule inférieure , s'y modifie comme il feroit 
contre une file de dénis, tandis que, de U concavité du bec su- 
périeur , il se réBécb it comme d'un palais : ainsi le son ne s'échappe 
ni ne iuit pas en sifflement, mais se remplit et s'arrondit en voix. 
Au reste , c'est la langue qui plie en (ons articulés les sons vagues 
oui ne seroient que des chants ou des cris. Celte langue est ronde 
et épaissc,iplus grosse même dans le perroquet à proporticm que 
dans l'homme ', elle seroit plus libre pour le mouvement , si elle 
n'étoit d'une substance plus dure que U chair, et recouverte 
d'une membrane forte et comme cornée. 

Mais cette organisation si ing^ieusemenl préparée le cède en- 
core à l'art qu'il a fallu à la Nature pour rendre le dnni-bec su- 
périeur du perroquet mobile, pour donner à ses mouvemens la 
force et k bcilité, sans nuire en même temps à son ouverture, 
et pour muscler puissamment un organe auquel on n'aper^tùl pas 
même oà elle a pu attacher des tendons. Ce n'est ni à la racine 
de cette pièce, où ils eussent été sans force, ni à ses côtés, où ils 
eussent fermé son ouverture , qu'ils pouvoient être placés :1a Na- 
ture a pris un autre moyen; elle a attaché au fend du bec deux 
os qui, des deux côtés et sous les deux jouet, forment, pour 
ainsi dire, des prolongemens de sa substance, semblables pour 
la forme aux os qu'on nomme ptéiygMdeê dans l'homme, excepté 
qu'ils ne sont point, par leur extrémité postérieure, implantés 
dans un autre os , mais libres de leurs mouvemens ; des faisceaux 
épais de muscbs parlant de l'occiput et attachés à ces os les meu- 
vent et le bec avec eux. Il faut voir avec plus de détail dons 
Aldrovande l'artifice et l'assortiment de toute cette mécanique 
admirable. 

Ce naturaliste &it remarquer, avec raison , depuis l'œil à la 
mâchoire inférieure, un espace qu'on peut ici plus proprement 
appeler une joue que dans tout autre oiseau, ofi il est occupé par 
la coupe du bec. Cet espace représente encore mieux dans le per- 
roquet une véritable joue par les &isoeaux des musdes qui le tra- 
versent et servent à fortiËer le mouvement du bec autant qu'A 
fiicilitn l'articulation. 



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DU JOCO, OU PERROQUET CENDRÉ. 181 

Ce bec est tria-fort ; le perroquet caue aisément les noyaux det 
fruits rougea; il ronge lo bais, et même il fâuHe avec son bec et 
écarte In barreaux de <a cage , pour peu qu'ils soient faibles et 
qu'ilstMt las dyStre renfermé. Il l'en sert [Jusque de sMpaltea,pour 
aesuapendreets'aiderenmontantjilss'appuie dessus en descendant 
comme sur un troisième pied qui affermit sa démarche lourde, et 
•e présente, lonqu'ila'abat,poursoutenir le premier choc de U 
chute. Celte partie est pour lui comme unaecond ot^aoedu toucher, 
et lui est aussi utile que ses doigls pour grimper on pour saisir. 

n doit k la mobilité du demi- bec supérieur U faculté que n'ont 
pas les autres oiseaux, de mâcher ses atimens. Tous I«b oiseaux 
granivores et camirorea n'ont dans leur bec, pour ainsi dire, 
qu'une main aveo laquelle ib prennent leur nourriture et la 
jettent dans le gosier, aa une arme dont ils la percent et la dé- 
chirent : le bec du perroquet est une bouche k Uquelle il porte 
les alimens avec les doigts ; il présente le morceau de c£té, ello 
ronge à l'aise '. La mâcfaoiro inférieure a peu demoavemens; te 
plus marqué est de droite à gauche: souvent l'oiseau se le donne 
sans avoir rien à manger, et semble micher Ji vide;- ce qui a fait 
imaginer qu'il raminoi t. U y a plus d'apparence qu'ilaiguisealora 
k tranche de cette moitié du bec qui lui sert à couper et A ronger. 

Le perroquet appèleà peu pris également toute espèce de nonr- 
riture. Dana son pays natal , il vil de presque tontes les sortes de- 
fruits et de graines. On a remarqué que la perroquet de Guinée 
t'engraisse de celle de carthame , qui néanmoins est pour l'homme 
un purgatif violent '. En domesticité , il mange presque de tous nos 
alimens :inaisla viande, qu'il préfèreroit, lui est extrêmement con- 
Iraii-e ; elle lui donne une maladie qui est une espèce de pica ou 
d'appétit contre nature , qui le force à sucer , à ronger ses plumes 
et à les arracher brin à brin partout où son beopeut atteindre. 
Ce perroquet cendré de Guinée est particulièrement sujet k 
cette maladie i il déchire ainsi les plumes de son corps, et même 
celles de sa belle queue; et lorsque celles-ci sont une fois tom- 





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i8a HISTOIRE NATURELLE 

béea, elles ne renaissent paa arec le rouge vif qu'elles avoient an- 
para vant 

Quelquefois on voit ce perroquet devenir, après une mue, 
jaspé de blanc et de couleur de rose, Mit que ce changement ait 
pour cause quelque maladie ou les progrès de l'âge. Ce sont ces 
■cciden» que M. Brisson indique comme variétés , sous les noms 
ie pemqael de GuirUe à ailes muges , et Ae perroquet de Guinée 
varié de rouge. Dans celui que représente Ed^vards ( tome IV, 
planche CLXIII ) , les plumes rouges soat mélangées avec les- 
grises au hasard et comme ai l'oiseau eût été tapiré. Le perro- 
quet cendré est, comme plusieurs autres espèces de ce genre, sujet 
' k l'épilepsie et à la goutte ; néanmoins il est très-vigoureux et vît 
long-temps *. M. Salerne assure en avoir vu un à Orléans, âgé 
de plus de soixante ans, et encore vif et gai '. 

Il est assex rare de voir des perroquets produire dans nos 
contrées tempérées; il ne l'est pas de leur voir pondre des oeufs 
clairs et sans germe. Cependant on a quelques exemples de per- 
roquets nés en France : M. de la Pigeoniére a eu un perroquet 
mâle et une femelle dans la ville deMarmande en Agénois,qui , 
pendant cinq ou six années , n'ont pas manqué chaque prinlerops 
de &îre une ponte qui a réussi et donné des petits , que le père et 
la mère ont élevés. Chaque ponte étoit de quatre ceufs, dont il 
j en avoit toujours trois de bons et un de clair. Li manière de 
les fiiîre couver à leur aise fut de les mettre dans une chambre où 
il n'f avoit autre chose qu'un baril débncé par un bout et rempli 
de sciure de bois; des bâtons étoient ajustés en dedans et ea de- 
hors du baril , afin que le mâle pût j monter également de tontes 
fagons, et coucher auprfes de sa compagne. Une attention nécea- 
stire étoit de n'entrer dans cette chambre qu'avec des bottines, 
pour garantir les jambes des coups de bec du perroquet jaloux, 
qui déchiroit tout ce qu'il voyoit approcher de sa femelle. Le 
P. Labat ikil aussi l'histoire de deux perroquets qm' eurent plu- 
sieurs fois des petits à Paris. 



s Cap, ■ Saint-DoniiDpit, qKÎ ilo\t t^ it i|minBU-(ii 
connuRif uei par U. de U Bordt. ] 
conflott Haaa aoe fiBiila nn pcirof^ueL ^î depuîi c«at «ii 
l(ii OIJD* . plni crojuliU st plu inllnit, n'itUiboc qtu 



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DU PERROQUETS ViRIE. 



LE PEaROQUET VERT. 

Secondé eapèce. 

Bl . Ed'wardt 8 donné cet oûeau comme venant de la Cliine : it 
ne s'en trouTe cependahl pas dans la plus grande partie des pro- 
vince* de ce vaile empire ; il n'y a guère que les plus méridionale*, 
comme Quanton et Quangai , qui approchent du tropique , limite 
ordinaire du climat des perroquet* , où l'on trouve de ces oi- 
seaux. Celui-ci nC apparemment un de ceux que de* vojrageurs. 
ae aont figuré voir le* même* en Chine et en Amérique; mais, 
celte idée, contraire à l'ordre réel de la Nature, est démentie par 
la comparai*on de chaque espèce en détail. Celle-ci en particulier 
n'est analogue à aucune de* perroquet* du nouveau monde. Ce 
perroquet vert est de la grosseur d'une poule moyenne : il a. tout 
le corps d'un vert vif et brillant ; les grandes pennes de l'aile et 
le* épaule* bleues; les flancs et le dessous du haut de l'aile d'un 
Tonge éclatant; le* pennes des ailes et de la queue sont doublées 
de brun. ( JVéchelle a été omise par oubli dan* la planche enlu- 
minée, n'.Sii^qoi le représente; il tàuty suppléer en lui figurant 
quinse pouces de longueur. } Edwards le dit un de* plus rare*. 
On le trouve sax MoIuquM et à la Nouvelle-Guinée , d'où il nous 
a été envoyé. 



LE PERROQUET VARIE. 

Tnilième espèce. 

{^K perroquet est le taème qao le psiUacus élégant de Clusiusr 
et hperroquetà lile de faucon d'EdwaixIs. Il est de la grosseur 
d'un pigeon. Les plumes du tour du cou , qu'il relbve dans la co- 
lère, mai* qui sont exagérées dan* la figure de Clusiu*, sont de 
couleur pourprée, bordée* de bleu ; la télé est couverte de plumes 
mêlée* par traits de brun et de blanc comme le plumage d'un, 
oiseau de proie , et c'est dans ce sens qu'Edwards l'a nommé per- 
roquet à tile de faucon. Il y a du bleu dans les grandes pennes 
de l'aile et 4 la pointe des ktéides de U queue, dont les deux 



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i84 HISTOIRE NATURELLE 

intermédiaire* «ont verle», ainsi que le reste des plumes ila 

manteau. 

Le perroquet maillé des planche* enluminées, n'. SaS, nous 
poroît être le même que le perroquet varié dont nom venons de 
donner la description, et nous présumons que le Irès-pelit nom- 
bre de ces oiseaux qui sont venu* d'Amérique en France, avoient 
auparavant été transportés de* grandes Indes en Amérique , et 
que ai on en trouve dans l'intérieur de* terres de la Guiane, c'est 
qu'il* s'y sont naturalisés comme le* serins, le cochon dinde, et 
quelques autres oiseauK et animaux des contrée* méridionales de 
l'ancien continent qui ont été transportés dans le nouveau par le* 
navigateurs ; et ce qui semble prouver que cette espèce n'est |x>int 
naturelle à l'Amérique, c'est qu'aucun des voyageurs dans ce 
continent n'en n fait mention , quoiqu'il soit connu de nos oise- 
leurs sous le nom de perroquet maillé, épithète qui indique la 
variété de son plumage : d'ailleurs il a la voix différente de tous 
les autre* perroquet* de l'Amérique; son cri est aigu et perçant. 
Tout semble prouver que celte espèce , dont il est venu quelque* 
individu* d'Amérique , n'e*t qu'accidentelle à ce continent , et y a 
été apportée de* grandes Indes. 



LE VAZA, OU PERROQUET NOIR. 

Quatriin» etpiea. 

LiA quatrième espèce des perroquets proprement dits est levaza 
ii°.5oo,nom que celui-ci porte à Madagascar, suivant Flaccourt, 
qui ajoute que ce perroquet imite la voix de l'homme. Rennefort 
en Ait aussi mention ; et c'est le même que François Cauche ap^ 
pelle uHiaret-meinle , ce qui veut dire oUeau noir, le nom de vou- 
rou en langue madécasse signifiant oiseau en général. AIdrovande 
place aussi des perroquets noirs dans l'Ethiopie. Le vaza est de 
la grosseur du perroquet cendré de Guinée; il est également noir 
dans tout son plumage, non d'un noir épais et profond, mais 
brun et comme obscurément teint de violet. La petitesse de son 
bec est remarquable; il a au contraire la queue aaeeK longue. 
M. Edwards, qui l'a vu vivant, dît que c'étoit un oiseau fort fa- 
milier et (brt aimable. 



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184 HISTOIRE NATURELLE 

intermédiaires sont vertes, uiiisi que le reste des plumes du 
manteau. 
Le perroquet maillé . ,. 

paroit être le même >• 

donner U descriptioi ... 

1)re de c«s oiseaux q' .1 ' :>t 

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DU PERROQUET A BEC COULEUR DE SAWG. i85 



LE MASCARIN. 

Ciitt/uUrne «tpèct. 

Il eit ainsi nommé , parce qu'il a autour da bec une aorte ee 
maaque noir qui engage le front , ta gorge et le tour d« la facv. 
Son bec est rouge; une coiSè grise couvre le derrière de la tète et 
clu cou ; tout le corps est brun ; les pennes de la queue, brunea 
aux deux tien de leur longueur , sont blanches i l'origine. La 
longueur totale de ce perroquet, n*. 35, est de treize pouces. 
M. le vicomte de Querhoent nous assure qu'on le trouve à file 
de Bourbon , où probablement il a été transporté de Madagascar. 
Nous avons au Cabinet du Boi un individu de même grandeur et 
de même couleur, excepté qu'il n'a pas le masque noir ni le blanc 
de la queue , et que tout le corps est également brun ; le bec est 
aiiiB plus petit, et par ce caractère il se rapproche plus du vau, 
dont il parolt être une variété , s'il ne forme pas une espèce 
intermédiaire entre celle-ci et celle du nutscarin. C'est à cette 
Qspèceou à celte variété que nous rapporterons le perroquet brun 
de M. Brisaon. 



LE PERROQUET A BEC œULEUR DE SANG. 

Sixième eapèee. 

\^z perroquet, n". 7i3, se trouve à la Nouvelle-Guinée ; il est 
remarquable par sa grandeur; ill'est encore par son bec couleur 
' de sang , plus ^paia et plus laige à proportion que celui de toua 
les autres perroquets, et même que celui des aras d'Amérique. 11 
a la tête et le cou d'un vert brillant i reflets dorés; la devant du 
corps est d'un jaune ombré de vert; la queue , doublée de jaune, 
est verte en dessus; le dos est bleu d'aigue-marine ; l'aile pa- 
rolt teinte d'un mélange de ce bleu d'azur et de vert, suivant 
difKrens aspects; les couvertures sont noires, bortlées et clia- 
marrées de Uaits jaune doré. Ce perroqu^ a quatorze pouces da 
longueur. 



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iSS (HISTOIRE NATURELLE 

LE GRAND PERROQUET VERT A TÊTE BLEUE. 

Septîimt eapèc: 

XjX perroquet, n*. 863, qui «e trouve b Ajnlxiine, e»t un dea 
pItiB grands; il a près de seize pouces de longueur, quoîc|ue sa 
queue soit asses courte. II a lefi-ont et Te dessus de la tête bleus; 
tout soo manteau est d'un vert de pré surchargé et mêlé de 
bleu sur les grandes pennes ; tout le dessous du corps est d'un 
Tei-t olivâtre ; la queue est verte en dessus et d'un jaune leme eo 
dessous. 

LE PERRpQUET A TÊTE GRISE. 

Cjet oiseau a été nommé dans lapbnclie enluminée, n*. aSS,. 
petite ptrrucha du Sénégal. Mais ce n'est point une perruche 
proprement dite, puisqu'il n'a pas la queue longue, et qu'au 
contraire il l'a très-courte ; il n'est pas non plus un moineau de 
Guinée ou una petite perruche & queue courte, étant deux ou 
trois fois plus gros qne cet oiseau : û doit donc âtre place parmi 
les perroquets, dont c'est véritablement une espèce , quoiqu'il n'ait 
que sept pouces et demi de longueur ; mais dans sa taille ramassée 
il est gros et épais. Il a U tête et la lace d'un gris lustré bleuâtre ; 
l'estomac et tout le dessous du corps d'un gros jaune souci , quel- 
quefois mêlé de rouge aurore; la poitrine et tout le manteau 
verts , excepté les pennes de l'aile, qui sont seulement bordées de 
cette couleur autour d'un fend gris brun. Ces perroquets sont 
assez communs au Sén^I ; ils volent par petites bandes de cinq 
ou six : ils se perchent sur le sommet des arbres épars dans les 
plaines brâlantes et sablonneuses de ces contrées, où ils font en- 
tendre un cri aigu et désagréable ; ils se tiennent serrés l'un 
contre Fautre, de manière que l'on en tue plusieurs à la fois; il 
arrive même assez souvent de tuer la petite bande enlitre d'un 
seul coup de fusil. Lemaire assure qu'ils ne parlent point; mais 
cette espèce peu connue n'a peut-être pas «ncore reçu de soins ni 
d'éducation. 



DiailizodbvGoOgle 



LES LORIS. 



vJx a donné ce nom dan> les Indes orienUles k une &miUede 
perroqueti , dont ]e cri exprima axes bien le mot lori. lU ne sont 
guëi-e dislinf;uésdea sutrea oiieaux de ce genre que par leur plu- 
mage; dont la couleur dominante est un rouge plus ou moins 
foncé. Oulre cette différence principale, on peut aussi remarquer 
que les loris ont en général le bec plus petit , moins courbé et 
plus aigu que le» autres perroquets. Ds ont de plus le regard vif, 
la voix perginte et les mouvemen!) prompts. Ils sont, dit Ed- 
wards, les pins agiles de tous les perroquets, et les seuls qui sau- 
tent sur leur bàlon jusqu'à un pied de hauteur. Ces qualités bien 
constatées démentent k tristesse silencieuse qu'un voyageur leur 
attribue. 

Ils apprennent trta-&cilement à sifBer et k articuler des pa- 
roles : on les appriroise anssi fort aisément, et, ce qui est assex 
rare dans fous les animaux, tlsconnerventde la gaieté dans la cap- 
tivité; mais ils sont en général très- délicats et très-difficilea à 
(ransporteret A nourrir dans nos climats tempérés, nù ilsnepeu- 
vent vivre long-temps. Ils sont sujets, même dans leur pays na- 
tal , à des accès épileptiqnes, comme les aras et autres perroquets; 
mais il est probable que les uns et les autres ne ressentent cette 
maladie que dans la captivité. 

« Cest improprement , dit H. Sonnerai , que les ornithologistes 
ont désigné les loris parles noms de loria dts Philippinei, daa 
Indeg orUntale» ,dela Chine , etc. Les oiseaux de cette espèce n» 
se trouvent qu'aux Moluques et i la Nouvelle-Guinée; ceux qu'on 
Veut ailleurs en ont tous été transportés. )> 

Mais c'est encore plus improprement, ou; pour mieux dire, 
très-mal à propos, que ces mêmes nomenclateurs d'oiseaux ont 
donné quelques espèces de loris comme originaires d'Amérique , 
puisqu'il n'y en existe aucune , et que sî quelques voyageurs y en 
ont vu , ce ne peuvent être que quelques individus qui avoient 
été transportés des lies wien taies de l'Asie. 

M. Sonnent ajoute qu'il a trouvé les espèces de Toris constam- 
ment différentes d'une lie à l'autre , quoiqu'à p«u de dislance. On 
a iàit une observation toute semblable dans nos iles de l'Améri- 



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i8« HISTOIRE NATURELLE 

que : chacune de ces ile< nourrit assez ordinairement de> eapccea 

difEërente» de perroquets. 



LE LORI NOIRA. 

Prtmiir» etpic». 

(jE lori est repr^nté , dans les planches enluminées , n*. xt 6, 
aous la dénomination de iori des Moluques ; main cette dénomi- 
nation est trop vague, puisque, comme nous Tenons de le voir,, 
presque toutes les espèces de loris viennent de ces île». Celui-ci 
se trouve à Temate, à Céram et à Java. Le otmi de noira est 
cdui que les Hollandais lui donnent , et sous lequel il est connu 
dans ces lies. 

Cette espèce est si rechercbée dans les Indes , qu'mi donne vo- 
lontiers jusqu'à dix i-éaax de huit ])our un noira. On lit dans les 
premiers voyages des Hollandais à Java , que pendant long-temps 
on avoit tenté inutilement de transporter quelques-uns de ces 
beaux oiseaux en Europe ; ils périssoient tous dans la traversée : 
cependant les Hollandais du second voyage en apportèrent un 
à Amsterdam. On eu a vu plus fréquemment depuis. Le noira 
marque à son maStre de l'attachement et même de la tendresse ; 
il le caresse avec son bec , lui passa les cheveux brin à brin avec 
une douceur et une âmiliarité surprenantes; et en même temps 
il oe peut souffinr les étrangers, et lea mord avec une sorte d» 
fureur. Les Indiens de Java nourrissent un grand nombre de ces 
(Hseaux. En général, il partit que la coutume de nourrir et d'é- 
kver des perroquets en domesticité est très-ancienoe chez les lu- 
diens,puisqueE]ien en làil mention. 

VARIÉTÉS DU NOIRA. 



I. Li'kst apparemment au noira que se rapporte ce que dit Al' 
drovande du perroquet de Java que les insulaires appellent norf 
c'est-à-dire , brillant. Il a tout le corps d'un rouge foncé , l'aile et 
la queue d'un vert aussi foncé , ime tache jaune sur le dos , rM un 
petit hord de cette même couleur à l'épaule. Entre les plumes de 



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DU LORI A COLLIER. 189 

l'aile, qui, éUnt pliée, poroit toute verte, les <»>aTertures seule- 
ment et lea petite* pennei sont de cette couleur jaune, et les 
grandes sont brunes. 

n. Le lori décrit par M. Brisson soui le nom de lori de Céram , 
et auquel il attribue tout ce que nous avons appliqué au noira > 
n'en est en effet qu'une variété, et il ne diilêre tie noire noir» 
iju'en ce qu'il a les plumes des jambes de couleur verte, et que 
le noira les a rouges comme le reste du corps. 



LE LORI A COLLIER. 

Seconde eepèce. 

Kj ETTE seconde espèce de litrî est représentée , dans les planches 
enluminées, n*. 119, sousladénoniiiiationde lori mdledea Indem 
orientales : noua n'adoplons pas cette dénomination , parce qu'elle 
est trop vague, et que d'ailleurs les loris ne sont pas réellement 
répandus dans les Grandea-Indes, mais plutôt confinés à la Nou- 
velle-Guinée et aux Moluques. Cehii-ci a tout le corps avec la 
queue de ce rouge foncé de sang qui est proprement la livrée de* 
loris; l'aile est verte; le haut de la tête est d'un noir terminé de 
violet sur la nuque; les jambes et le pli de l'aile sont d'un beau 
Ueu ; le bas du cou est garni d'un demi-collier jaune ; et c'est 
par ce dernier caractère que nous avons cru devoir désigner cette 

L'oiseau représenté dans les planches enluminées, n". 84 , sous 
la dénomination de lori des Inde» orientales, et que M. Brisson 
a donné sous le même nom, paroît être la femelle de celui dont 
il est ici question ; car il n'en dISÏre qu'en ce qu'il n'a pas le col- 
lier jaune , ni la tache bleue du sommet de l'aile si grande : il est 
aussi un peu plus petit ; apparemment le mâle seul dans cette espèce 
porte le colher. Ce lori est, comme tous les autres, très-doux et 
£imilier, mais aussi très-délicat et difficile à élever. Il n'y en a 
point qui apprenne plus facilonent à parler et qui parle aussi 
distinctement. J'en ai vu un, dit M. Aitbiet, yui répétait tout ce 
qu'il entendoit dire à la première foie. Tout étonnante que celte 
bcullé puisse paroitre , on ne peut guère en douter ; il semble 
même qu'elle appartienne à tous les loris. Celui-ci en particulier 
est trÈe-estimé : Albin dit qu'il l'a vu vendre [vingt guinéea. Au 



DiailizodbvGoOgle 



igo HISTOIRE NATURELLE 

resle, on doit regarder comme une rariélé de uetle espèce le /ora 

à collier des Indea donné par M. Brùson. 



LE LORI TRICOLOR. 

TroUième etpic». 

JjE beau rouge , l'anir et le vert, qui frappent le» ^renx dans le 
plumage de ce lori, et le coupent par grandes masses, noua ont 
déterminés k lui donner le nom de tricolor. Le devant et les 
câtéa du cou , les flancs avec le bas du dos , le croupion et la moi- 
tié de la queue sont rouges ; le dessous du corps, les jambes et le 
haut du dos sont bleus ; l'aile est verle , et la pointe de la queuo 
Ueae : une calotte noire couvre le sommet de la tSle. La lon- 
gueur de cet oiseau est de près de dix pouces. U en est peu d'aussi 
beaux par l'éclat, la netteté et la brillante opposition des cou- 
leurs : sa gentillesse égale sa beauté. Edwards, qui l'a vu vivant, 
et qui le aamme petit /ori, dit qu'il siffloit joliment, prononçoit 
distinctement diiférens mots, et, sautant gaiement sur son ju- 
cfaoir ou sur le doigt , crioit d'une voix douce el claire, /on, lort. 
Il jouoit avec la main qu'on lui présentoit, couroit après les per- 
sonnes en sautillant comme un moineau. Ce charmant oiseau 
vécut peu de mois en Angleterre. H est désigné, dans les plan- 
ches enluminées, n°. 168, sous le nom de lori dtt Philippines. 
M. Sonnent l'a trouvé n 111e d'Yolo, que les Espagnols préten- 
dent être une des Philippines, et les Hollandais une des Mo- 
luqnea. 



LE LORI CRAMOISI. 

Qualriém» eapio». 

Ce lori, n*. 5i8, a prb de oiue pouces de longueur. Nbtis )e 
nommons cramoisi, parce que son rouge, la &ce exceptée, est 
beaucoup moins éclatant que celui des autres loris , et paroit terni 
•t comme bruni sur l'aile. Le bleu du haut du cou et de l'esto- 
mac est foîbie et tirant au violet ; mais au pli de l'aile il est vif 
etaiuré,etaubord des grandes penses il se perd dans leur fond 



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•^•S' W 3.L.l«lr. 



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DU LORI ROUGE ET VIOLET. 19, 

noWtre. La queue est par-iltMoiu d'un rouge enfumé , et en des- 
«ua du même rouge tuUé que le dos. Celle espèce n'est pas U 
•eule qui aoit à Ajnboine , et il p«rolt par le témoignage de Ge- 
melli Camri que l> suivante «'y trouve ^ ' 



LE LORI ROUGE. 

Gnyuièmê aapiet. 



V^oiQOsdaBs tous le* loris le rouge soit la couleur dominante, 
celui-ci mérite, entre tous les autres , le nom que noua lui don- 
nons: il est entièrement ronge, à l'exception de la pointe de l'aile , 
qui est noirâtre, de deux tacha bleues sur le dos, et d'une do 
même couleur aux couvertures du dessous de la queue. Il a dix 
pouces de bngneur. Cest une espèce qui paroît nouvelle. Nous 
corrigeons la dénomination de UritU la Càineqai lui est donnée 
dans la planche enluminée , n'. Sig, parce qu'il ne parolt pas, 
d'après les voyageur», qu'il se trouve des loris à la Chine , et que 
l'un de nos meilleurs observateurs , M, Sonnerat, nous assure 
«u contraire qu'ils sont tons faabitans des Moluques et de la Nou- 
velle-Guinée ; et en effet le lori dt Giiolo , de cet observateur, 
noua paroît être absolument le même que celui-ci. 



LE LORI ROUGE ET VIOLET. 

Sùiima tspèc*. 

CiK lori ne s'est trouvé jusqu'à présent qu'A Gueby; et c'est par 
cette raison qu'on Va nommé iori d« Guéby dans les planches en- 
luminées, n*.6d4. lia toutle corps d'un rouga éclatant, r^ulière- 
ment écaillé de farun violet depuis l'oociput , en passant par les 
côtés du cou, jusqu'au ventre; l'aile est coupée de rouge et do 
noir, de façon que cette dernière couleur termine tontes les poin- 
tes des pennes , et tranche une partie de leurs barbes ; les petites 
pomas et leurs' couvertures les plus pris du corps sont d'un vio- 
let brun ; la queue est d'un rouge de cuivre. La hxigueur totale 
de ce Iori est de huit ponces. 



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HISTOIRE NATURELLE 



LE GRAND LORI. 

iSeptièmt espèce. 

CjB ]orî, n*. 683, est le plus grand de ceux de son espèce; il a 
treize pouces de longueur. La tète el le cou sont d'un beau ronge ; 
le bas du cou tombanl sur le dos est d'un bleu violet; la poitrine 
est richement nuée de rouge, de bleu, de violet et de vert; k 
mélange de vert et de beau rouge continue sur le ventre; la 
grandes pennes et le bord de l'aile depuis l'épaule sont d'un bleu 
d'azur; le reste du manteau eat rouge sombre ; la moitié de la 
queue est rouge, sa pointe est jaune. 

Il paroit que c'est cette espèce que M. Vosmaër a décrite sous 
le nom de lori de Ceylan. U avoit été apporté vraisemblablement 
de plus loin dans cette Ile, et de cette île en Hollande; mais il y 
vécut peu , et mourut au bout de quelques mois. 

LES LORIS PERRUCHES. 

J-iES espèces qui suivent sont des oiseaux presque entièrement 
rouges comme les loris; mais leur queue est plus longue, et w~ 
pendant plus courte que celle dei perruches, et l'on doit les consi- 
dérer comme faisant la nuance entre les loris et les perruches de 
l'ancien continent. Nous les appellerons, par cette raison , /une 
perruches. 

LE LORI PERRUCHE ROUGE. 

Première espèce. 

1.E {Jomage de cet oiseau est presque entièrement rouge, à 
l'exception de quelques couvertures et dea extrémités des pennes 
de l'aile et dea pennes de U queue, dont les unes sont veHes, et 
quelques autres sont bleues. La longueur totale de l'oiseau est 
de huit pouces et demi. Edwards dit qu'il est très- rare, et 



DiailizodbvGoOgle 



DES PEBMffiHES DE L'ANCIEN CONTINEST. 191 
qu'un voyageur le donne à M, Hana Sloane, comme venant de 



LE LORI PERfiDCHE YIOLET ET ROUGE. 
Steond» tapie*. 

La coolenr dominante do rat oiiaiii , nV i43, ert le rouge mêlé 
de bleu violeL S> longueur tolalc est de dit pouces ; k queue tait 
pris du tiers de cette longueur : elle est toute d'u.i gros bleu , de 
même que le« flancs , l'estornsc , le faaut da dos et de la tête; les 
grandes pennes de l'aile sont jaunes ; tout le reste du plumage est 
d'un beau rouge bord* de noir en festons sur les ailes. 

LE LORI PERRUCHE TftICOLOR. 

TroitiitiM aspèc*. 

yj^ peut nommer ainû cet oiseau , n*. sic, le ronge , le vert et 
le bleu turquin occupant par trois grandes^tses tout son plu- 
mage :1e rouge couvre la tÉte,Iecou ettouTle dessouaducorps, 
l'aile est d'un vert foncé; le dos et la queue sont d'un gros bleu' 
moelleux et velouté. La queue est longue de sept pouces, l'oiaeau 
entier de quinae et demi, et de la groaseor d'ime tourterelle. I4 
queue , dans ces trois dernières espèce» , quoique plus longue que 
ne l'est communément ceUe des loris et des perroquets propre- 
ment dits , n'est néanmoins pas éUgée comme celle des perruches 
à longue queue, mats compOKe de pennes égales et coupées à peu 
près carrément 

PERRUCHE DE L'ANCIEN CONTINENT. 



PERRUCHES A QUEUE LONGUE ET ÉGALEMENT. 
ÉTAGÉE. 

i'IoDs sépar«ro&s en deux familles les permcliet à longue queue : 
la première sera composée de celle» qui ont la queue paiement 
Buffot. 11. ]^ 

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,g4 HISTOIRE NATURELLE 

élagée; et la aeconde, de celles qui l'onl inégale, on plutôtiné- 
ealemeptélBgée, c'est-à-dire, qui ont les deux penoes du milieu 
de U queue beaucoup plu» longues que les «ulrea penne* , et qui 
paroiasent en même temps séparées l'une de l'autre. Toutes ce» 
perruches sont plus grosses que les perruches à queue courle, 
dont nous donnerons ci-après la description ; et celte longue 
queue k» distingue aussi de tous les perroquets à queue courte. 



LA GRANDE PERRUCHE A COLLIER 
DTJN ROUGE VIF. 

Première espèce à queue longue et égale. 

PLiNEetSolîn ont également décrit le perroquet verl à collier^ 
qui de leur temps éloit le seul connu, et qui venoit de l'Inde^ 
Apulée le dépeintavec l'élégance qu'il a coutume d'afiecter, et dit 
que son plumage est d'un vert naïf et brillant. Le seul trait qui 
tranche, dit Pline, dans le rert de ce plumage, est un demi- 
collier d'un rouge vif appliqué sur le haut du cou. Aldrovande, 
qui a recueilli tous 1|^ traits de ces descriptions, ne nous permet 
pas de douter que ce perroquet à collier et b longue queue des 
anciens ne aoit notre grande perruche à collier rouge. Pour la 
prouver, il suflSt de deux traits de la description d'Aldrovande: 
le premier est la largeur du collier, qui , dit-il , est , dans son mi- 
lieu, de l'épaisseur Ju petit doigt ;l'»\Hie est la tache rouge qui 
marquelehautde l'aiie. Or,de toutesles perruches qui pourroîent 
ressembler à ce perroquet des anciens, celle-ci , n°. 64a , seule 
porte ces deux caractères; les autres n'ont point de rouge k \'i^ 
jiaule, et leur collier n'est qu'un cordon sans largeur. Au reste, 
cette perruche rassemble tous les traits de beftnté des oiseaux de 
^R genre; plumage d'un vert clair et gai sur U tète, plus foncé 
eur les ailes et le dos; demi-collier couleur de rose, qui, entou- 
rant le derrière du cou , se rejoint sur les côtés k la bande noire 
qui enveloppe la gorge ; bec d'un rouge vermeil , et tache pour- 
prée au sommet de l'aile : ajoutes une beJle queue, plus longue 
que le corps, mêlée de vert et de bleu d'aigue-marine en dessus, 
et doublée de jaune tendre, vous aurez toute la figure simple k 
la fbb et parée de cette grande et belle perruche qui a été le pre- 
mier perroquet connu des anciens. Elle se trouve noa-teule- 



DiailizodbvGoOgle 



DE LA PERRUCHE À TÊTE ROUG.E. igS 

ment dans les terres du continent de l'Asie méridionale, mats 
aussi dansles îles voisines et à Ce^Ian; carilpsrott que c'est decelte 
dernière île que les n&vigaieurs de l'armée d'Alexandre la rappor- 
tbreol en Grèce , où l'on ne connotasoit encore aucune espèce de 
perroquets. '. 

LA PERRUCHE A DOUBLE COLLIER. 

seconde mpic* à queuâ longu* *t igaU. 

JJeux petits mlwns,ran rose «t l'autre bleu, entourent lecoa 
«n entier de cette perruche, n°. 3i5,qui est de la gi'OMeur d'uno 
tourterelle ; du reste , tout aon plumage est vert, plus foncé sur 
le dos, jaunissant sous le corps, et, dans plusieurs de ses parties, 
rembruni d'un trait sombre sur le milieu de chaque plume; sous 
la queue, un frangé jaunâtre borde le gris-brun (racé dans cha- 
que penne. Ia moitié supérieure du bec est d'un beau rouge ; 
riufërieure est brune. U tut probable que cette perruche , venue 
de nie de Bourbon, ae trouve aussi dans le continent correspon- 
dant ou de l'Afrique ou des Indes. 

LA PERRUCHE A TÈTE ROUGE. 

Trùlsiime Mpic» à queue longue tt égalt. 

VigTTE perruche, n*. 864, qui a onxe ponces de longueur to- 
tale , et dont la queue est plus longue que le corps, en a tout le 
dessus d'un vert sombre, avec une tache pourpre dans le haut 
de l'aile; la faceest d'un rouge pourpré, qui sur la tête se fond 
dans du bleu, et se coupe sur la nuque par Un trait prolongé du 
noirqut'couvre la gorge; le dessous du corps eat d'un jaune terne 
et sombre ; le bec est rouge. 

• To;n , nu 1* pnn^tt An anciiu, la fin dn dùceui qki prtcida lac pw 



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igG HISTOIRE NATURELLE 

LA PERRUCHE A TÈTE RLEUE. 

Quatrième espict à qiuue Itngue et égal*. 

1>ZTTZ perruche, n*. 193 , longue de dix pou<xs , a le bec blanc , 
la tËte bleue, le corps vert, le devant du cou jaune, et du jaune 
mêlé dans le vert bous ,1e ventre |et la queue, dont le* pennes 
inlemiédiaires sont en dessus teintes de bleu; les pieds sont 
bleui très. 

LA PERRUCHE LORL 

Cinquième eapiçë à queue longue et égale. 

pi 0V9 adoptons le nom qu'Edwards à donné h cette esptce , à 
causedu beau rouge qui temble la rapprocher des loris. Ce rouge, 
traversé de petites ondes brunes, teint la gorge, le devant du cou 
et les côtés de la face jusque sur l'occiput qu'il entourej le haut 
de la tête est pourpré , Edwards le marque bleu ; le dos, le dessus 
du cou, des ailes , et l'estomac, sont d'un vert d'émeraude ; da 
jaune orangé tache îrr^ulièrementles côtés du cou et les flancs; 
ks grandes peones de l'ailesont noirâtres, frangées au bout de 
jaune ; la queue , verte en dessus , psrolt doublée de rouge et de 
jaune à lapointej le bec et les pieds sont gris blanc. Cette perm- 
che, n". 55a , est de moyenne grosseur, et n'a que sept pouces et 
demi de longueur. C'est une des plus jolies par l'éclat et l'assorti- 
ment des couleurs. Ce n'est point Yaitit paradisiaea de Séb», 
comme le croit M. Brisson, puisque, sans compter d'autres diOé- 
rences , cet oiseau de Seba , très-difficile d'ailleun à rapporter à n 
véritable espèce , est à queue inégalement étagée. 

LA PERRUCHE JAUNE. 

Seixième etpèce à queue longue et égale. 

Jjx. Brisson donne cette espèce «ous la dénomination de/ienvcAf 
iattiM d'Angola, et la décrit d'après Fiisch. Tout aon plumage 



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DE LA PERRUCHES SOURIS. 197 

wt jaune, excepté le ventre et le lotir de l'œil qui sont rouges , et 
le* penoes dea ailes avec une partie de celles de U queue qui 
wnt bleues. Les premières sont traversées dans leur milieu d'une 
bande jaunâtre. Au reste, la queue est représentée clans Frisch 
d'une manière équivoque et peu distincte. Albin, qui décrit 
aussi cette 'perruche, assure qu'elle apprend à parler; et quoi- 
qu'il l'appelle perroquet ^Angola , il dit qu'elle vient des Inde> 
occidentales. 



LA PERRUCHE A TÊTE D'AZUR. 

S*ptiimê têpice à qu»M longtte et étage». 

LiETTX perrucbe, qui est de la grossear d'un pigeon , a louis 
la tète , la faou et la gorge , d'un beau bleu céleste ; un peu d« 
jaune sur les ailes ; la queue bleue , également êlagée et aussi 
longue qne le corps ; le reste du plumage est vert. Celte perruche 
vient des grandes Lides, suivant M. Edwards, qui nous l'a lait 
connoltre. 



LA PERRUCHE SOURIS. 

JBbàtiime etpiea à queue lonffie et itagie. 

Çjxm espèce pandt nouvelle, et nous ignorons son pays natal; 
peut-être poarrtnt-on lui rapporter l'indication suivante, tirée 
d'un voyage 4 File de France : n La perruche verte ii capuchon 
> gris, de ta grosaear d'un moineau, ne peut s'apprivoiser, v 
Quoique celle perruche, n', 76S, soit considérablement plus 
grosse que le moineau , nous lut avons donné le nom de louris, 
parce qu'une grande pièce gris-de- souris lui couvre la poilrme, 
la gorge , le front et toute la face ; le reste du corps est vert 
d'olive, excepté les grandes pennes de raite,qui «ont d'un vert 
plus fort ; la queue est longue de cinq pouces , le corps d'autant ; 
les pieds sont gris; le bec est gris blanc. Tout le plumage pflle et 
décoloréde celle perruche tuidonne un air triste , et c't^at la moina 
farillsnte de loutes celles de sa tamiUe. 



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HISTOIRE NATURELLE 



LA PERRUCHE A MOUSTACHE,S. 

neuvième espèce à qiteu» ég&lf. 

\j N tnit noir passe A'an œit i l'autre nir le front Ao cette per- 
ruche, n*. 5i7, et deux groa«et mouitaches de la même couleur 
partent du beC inférieur, et s'élargissent sur les côtés de la );orge ; 
le reste de la face est blanc et bleuâtre; la queue , verte en dessus, 
est jaune paille en dessous ; le dos est vert foncé ; il y a du jaune 
dam les couvertures de l'aile , dont les grandes pennes sont d'un 
Tert d'eau foncé ; l'estomac et la poitrine sont de couleur de lilas. 
Celte pemiche a près de onœ pouces ; sa queuQ &it la moitié de 
cette longueur. Cette espèce est encore nouvelle , ou du moins- 
n'est indiquée par aucuniutaralîste, 

LA PERRUCHE A FACE BLEUE. 

Dixième espèce à queue longue et égale, 

\jEiTF. belle perruche a le manteau vert, et la télé peinte de- 
trois couleurs , d'indigo sur la face et la gorge, de rerl brun k 
l'occiput, et de jaune en dessous; le bas du cou et la poitrine sont 
ft'un mordoré rouge, tracé de vert brun; le ventre est vert, 1^ 
bas-venlre mêlé de jaune et de vert , et la queue doublée de jaune. 
Edvrards a déjà donné cette espèce; mais elle paroU avoir été re- 
présentée d'après un oiseau mis dans l'esprit 'de-vin , elles cou- 
leurs en sont fléiriei. Celui que représente la planche enluminée ^ 
n*. 6i , éloit mieux conservé. Celte perruche se trouve à Ani- 
boine. Noua lui rapporterons comme 8im[:^ variété, ou du moin* 
comme esptce très-voisine, ]& perruche des Moluques , n*. 743. 
dont la grandeur et les principales couburs sont les mêmes, k 
rela pri's que la télé entière est indigo , et qu'il y a une tache de 
celle couleurau ventre. Le rouge aurore de la poitrine n'est point 
onde, mais mêlé de jaune. Ces difiërences sont trop lég^-res pour 
coiiBliluer deux esjièces distinctes. La queue de ces perruches est 
aussi longue que le corps : la longueur totale est de dix pouces, 
I«ur bec est Ûanc rougeàtre. 



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SE LA PEBRUCHE A COLLIER DE ROSE. 199 

LA PERRUCHE AUX AILES CHAMRABÉES. 

Ontièm* upice à queue longue et égale. 

Ijoise&u donné dans laplancheenluminéein", 387, «OUI le nom 
de perroquet de Luçon, doit plutôt être appelé /lerruc/i^, puis- 
qu'il a la queue longue et étagée. Il aies ailei chamari'éeB de bleu, 
de jaune et d'orangé; U première de ces couleurs occupant lo 
milieu des plumes, les deux «utrea s'étendent sur la frange; les 
grandes pennes sont d'un bru» olivâtre. Cette couleur est celle 
de tout le reste du corps, excepté une tache bleuâtre derrière la 
t^te. Cette perrudie a un peu plus de onze pouce* de longueur; 
la queue &il plua du tiers de cette longueur totale. Cependant 
l'aile eit aussi trè»-longue , et couvre près de la moitié de la queue > 
ce qui ne te trouve pasdans lesautres perruche*, qui ont généra- 
lement les ailes beaucoup plus courtes. 

Passons maintenant à l'énumération des perruches de l'ancien 
continent, qui ont de même la queue longue, mais inégalement 
élagée. 

PERRUCHES A LONGUE QUEUE ET INÉGALE 
DE L'ANCIEN CONTINENT. 



LA PERRUCHE A, COIilER COULEUR DE ROSE. 
Première eepice à queue longue et égale. 

i^oiN que cette perruche paroisse propre au nouveau continent , 
comme le dit M. Brisson, elle lui e«t absolument étrangère. On 
la trouve dans plusieurs parties de l'Afrique : on en voit arriver 
an Caire en grand nombre par les caravanes d'Ethiopie. Les vais- 
seaux qui partent du Sénégal ou de Guinée, où celte perruche 
«e trouve aussi communément, en portent en quantité avec Je» 
nègres dans nos ile» de l'Amérique. On ne rencontre point dij 
ces perruches dans tout le continent du nouveau moiuk' ; on na 



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MO HISTOIRE NATURELLE 

lea voit que dans les habitations de Saint-Damrngiie, de la Mar- 
tinique, de la Guadeloupe, etc , où les vaisseaux d'Afrique abor- 
dent continuellement, tandis qu'à Ciyenne, oà il ne vient que 
très-rarement des vaisseaux n^riers , l'on ne coDnoit pas ces per- 
ruches '. Tous ces tk'tis , qui nous sont assurés par un excellent 
olMerrateur, prouvent que celte perruche n'est pas du nouveau 
continent, comme le dit M. Brisson. 

Hais oe qu'il 7 n de plus singulier , c'est qu'en même temps 
qae cet auteur place cette perruche en Amérique, il la donne 
I>our le perroquet des anciens, \e ptittactu torquatue macnuraa 
anliquorum d'Aldrovande ; comme si les anciens , Grecs et Ro- 
mains, étoienl allés chercher leur perroquet au nouveau monde. 
De plus, il y a erreur de &it : cette perruche À collier n'est point 
le perroquet des anciens décrit par Aldrovmnde ; ce perroquet doit 
•e rapporter k notre f^rande perruche à collier, première espèce à 
queue longue et également étagéo, comme nous l'avons prouvé 
dansTarlide où il en est question. 

La perrucheà collier, n*. 55 1 , que nous décrivons ici , a qua- 
lorse|x>ucesdelong;maisdecettelongueur, ta queue et ses deux 
longs brin» font près des deux tiers : ces brins sont d'un bleu â'aî- 
gue-marine; tout le reste do plumage est d'an vert clair et doux, 
un peu plus vif sur les pennes de l'aile, et mêlé de jaune sur 
G^es de la queue ; un petit collier rose oeint le derrière du cou , 
et se rejoint an noir de la gorge; une teinte bleuâtre est jetée sur 
les plumes de la nuque, qui se rabattent sur le collier ; le bec est 
rouge brun*. 

LA PETITE PERRUCHE A TÊTE COULEUR 
DE ROSE A LONGS BRINS. 

Secomde espèce à queue longue et inégale. 

{.jBTTE petite perruche , n* . 888, dont tout le corps n'a pu pins 
de quatre pouces de longueur , en aura douae si on la mesure jua- 

' La grande rtSKOiblaBca eaLr 
q»i ot le icinc£alo, et eellc-ei , n 
et 't regarder cei déni eipccai c 
■'.utonté d'un DamraliUe tel <|i 
■ <t donne conme natnralla au BrJ 
«ouj force i regarder, n.iIgH le. 



DiailizodbvGoOgle 



a ta permcb. 


> n° 


. âSo dot plinchea eutum 


iwta. 


OUI eût porU 
em<~e trt.-» 


!>bI 


Ini appliquer laaotmeard 


;»(.' 


ae Marcgrer 
bil une Mi't 


caq 

:1ei 


Doiia permet pai de croire qmHl 

DJ ■> luroit iti qo'apportia , tt 
.c.y>c<a/ocon.niediSïrentd. U 


, et ca. eaptef. . 
HiteeiUpe/riic* 


omn,e Sparte.. 

,e à collier dctIaJei(_u 


«.m 



DE LA GRANDE PERRUCHE A LONGS BRINS, aoi 
qu'à la pointe des deux langïbriiu porleaquela s'efiilent les deux 
plumes du milieu de la queue : cea longues plumes sont bleues; 
le reste de la queue , qui n'est lon|; que de deux pouces et demi , 
est vert d'olive, et c'est aussi la couleur de tout le dessous du 
corps et même du dessus, où elle est seulement plus forte et plus 
chargée ; quelques petites plumes rouges percent sur le haut de 
l'aile. La tête est d'un rouge de rose mêlé de lilss , coupé et bordé 
par un cordon noir, qui, prenant à la gorge, &it tout le tour dn 
cou. Edvrards, qui parle avec admiration de la beauté de cette 
perruche, dit que le* Indiens du Bengale, où elle se trouve, l'ap- 
pellent yrùfj'^uteA. n relève avec raison les débuts de la figure 
qn'en donne Albin , et surtout la bévue de ne compter k cet oi- 
seau que quatre plumes A la q uene. 



LA GRANDE PERRUCHE A LONGS BRINS. 

Troisième «êpèce à qutu* longue et inégale. 

Lvs ressemblances dans les couleurs sont assea grandes entrecetle 
perruche , n°. 887, et la précédente , pour qu'on les pût regarder 
comme de la m&ne espèce, si la difiërence de grandeur n'étoit 
pas considéraUe ; en eSèt , celle-ci a seiae pouoes de longueur , y 
compris les deux brins de la queue , et les autres dimensions sont 
plus grandes k proportion. Les brins sont bleus comme dans l'es- 
pèce précédente,; la queue est de même vert d'olive, mais plus 
fencé et de la même teinte que celle des ailes ; il parolt un peu 
de bleu dans le miUeu de l'aile ; tout le vert du corps est fort d^ 
layé dans du jaunitre : toute la tête n'est pas couleur de rose, ce 
n'est que la région des yeux et l'occiput qui sont de cette couleur; 
leresteest vert,et il n'yapasnonpiusde cardon noir qui borde 
la coi&ê de la tête. 



pige 3i6 ] , •ppiRDBieBt pan* qnll l'tn tnnapi nrls pajt de la prciaitn, et 

■nr nmiimplBGfur* d'Albin, dont od peut emiR qna lu intuctitndeitaiit toBtn 
la dlSrcBCU. Nou ali^ittroM pu de nppvrttr cette upïae k la préttitat». 



Doi,z.dbvGopgIe 



HISTOIRE NATURELLE 



LA GRANDE PERRUCHE A AILES 
ROUGEATRES. 

Qaatriime tipica à qatine longue et igaU. 

(^ETTKpermche, n*. aSg, a vingt ponces de longueur depuis !■ 
pointe du bec jusqu'à l'extrémité des deux longs brins de la queue : 
tout le corpa est en-dessus d'un vert d'olive foncé , et en-dessous 
d'un vert pâle mêlé de jaunâtre ; il y a sur le Fouet de chaque aile 
un petit espace de couleur rouge , et du bleu foible dans le milieu 
des longues plumes de la queue ; le bec est rouge , ainsi que le* 
pieds et les ongles. 

LA PERRUCHE A GORGE ROUGE. 

Cinquième etpèea à queue longue et inégale. 

JlDWARiM,qui décrit cet oiseau, dit que c'est la plus petite de» 
perruches à longue queue qu'il ait vue. Elle n'est pas plus grosse- 
en effet qu'une mésange ; mais la longueur de la queue surpasse 
celle de son corps. Le dos et la queue sont d'un gros vert; les cou- 
vertures des aile» et la gorge sont rouges ; le dessous du corps est 
d'un vert jaunâtre ; l'iris de l'œil est si foncé, qu'il en paroit noir, 
au contraire de la plupart des perroquets, qui l'ont couleur d'or. 
On assura M. Edwards que cette perruche venoit des grandes 
Indes. 



LA RANDE PERRUCHE A BANDEAU NOIR. 

Sixième eapèce à queue longue et inégale. 

iJojSBJM queM. BrisBOn donne sous le nom d'imi dèsMoîuque» 
n'est bien certainement qu'une perruche : on sait qu'il n'y a 
point d'aras aux grandes Indes ni dans aucune partie de l'ancien 
continent. Seha de son càté nomme oe même oiseau hri. Ce n'est 



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DE Là PERRUCHE VERTE ET ROUGE. 2o5 

pas plus un lori qu'un ara ; et les longues plumes de m queue ne 
laÎMent aucun dbute qu'on ne doive le compter au nombre des 
perruches. La longueur totale de cet oiseau est de quatorze pou- 
ces, sur quoi la queue en a près de sept. Sa tête porte un ban- 
deau noir, et le cou un collier rouge et vert; la poitrine est 
d'un beau rouge clair; les ailes et le dos sont d'un riche bleu tur- 
quin; le ventre est Terl foncé, parsemé de plumes rouges; la 
queue, dont len pennes dn milieu sont les plus grandes, est colo- 
rée de vert et de rouge avec des bords noirs. Cet oiseau renoit, dît 
Seba , des iles Papoe; un Hollandais d'AmboineTavoit achelé d'un 
Iridien cinq cents florins. Ce prix n'étoit pas au-dessus de la beauté 
et de la gentillasse de l'oiseau ; il prononçoit distinctement plu- 
sieurs mots de diverses langues , saluoit au matin et cbantoit sa 
«junsm. Son atUchement ^aloit ses grâces : ayant perdu son 
tnaltie, il mourut de regret '. 



LA PERRUCHE TERTE ET ROUGE. 

Septiime etpiee à quea» iongu» tl itiigaU. 

I^ETTE espèce a été donn^ par M. Brisson sous la dAiomination 
Aeperruche du Japon : mais on ne trouve dans cette île, non 
plus que dans les provinces septentrionales de la Chine , que les 
perroquets qui y ont été apportés ; et vraiwmblablement celte 
perruche prétendue du Japon , dont Aldrovande n'a vu que 
la figure, venoit de quelque autre partie plus méridionale de 
l'Asie. "Willughby remarque même que cette figure et la des- 
cription qui y est jointe paroissent suspeclei. Quoi qu'il en 
soit , Aldrovande représente le plumage de cette perruche comme 
un mélange de vert, de rouge et d'un peu de bleu : la première 
de ces couleurs domine au-dessus du corps ; la seconde teint le 
dessous et la queue , excepté les deux longs bnns qui sont vert5 ; 
le bleu colore les épaules et les pennes de l'aile, et il y a deux ta- 
ches de cette même couleur de chaque cùté de l'œil. 



r lie Sabi lui donns sioq doigU, d« ^aj 
Fiente mil InpïiJs (fus* aaUi bjOD, an a 



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HISTOIRE NATURELLE 



LA PERRUCHE HUPPÉE. 

Huitième espèce à queue longue et inégale. 

|_jelle-ci eitle petit perroquet de Bontiu», duquel WiUaghb}^ 
vante le plumage pour l'éclat et la variété de« couleun , dont 1« 
pinceau, dit-il, reçdroit à peine le brillant et la beauté : c'est un 
composé de rouge vif, de couleur de rose, m61é de jaune et de 
vert sur les ailes, de vert et de bleu sur la queue, qui est trÈa-loo- 
gue,pauaDt l'aile pliée de dix pouces; ce qui est beaucoup pour 
un oiseau d« la grosseur d'une alouette. Cette perruche relève les 
plumes de sa tête en ferme de huppe, qtû doit être très-élé^uite, 
puisqu'elle est comparée à l'aigrette du paon dans U notice sui- 
vanlo, qui nous parott appartenir à cette belle espèce. 

a Cette perruche n'est que de la grosseur d'un tarin; elle porte 
« sor la tête une aigrette de trois ou quatre petites plumes, à 
a pea près comme l'aigrette du paon. Cal oiaeaa est d'une got- 
(I tiUesse charmante '.» 

Ces petites perruches se trouTent b Java , dans l'intérieur des 
terres : elles vtdent en troupes en fidsont grand bruit ; elles sont 
jaaeuaes; et quand elles sont privées, elles répètent aisé 
qu'on veut leur apprendre. 

LES PERRUCHES A COURTE QUEUE 
DE L'ANCIEN CONTINENT. 

J-L y a une ^nde quantité^de ces perruches dans l'Asie m^idi» 
nsle et en Afrique : elles sout toutes diflérentes des perruches de 
l'Amérique; et s'il s'en trouve quelques-unes dans ce nouveau 
continent qui ressemblent & celles de l'ancien , c'est que probable- 
ment elles y ont été transportées. Pour les distinguer par un nom 
générique , nous avons laissé celui de perruche» à celtes de l'an- 
cien continent, et nous appeUerons jwrricAM celles du. nouveau. 

1 TViUneU^, Onithoi. p. Si. 



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DES PERRUCltES. ïo5 

Au nate , lea espèces de permcliea à queue courte «ont bien plus 



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DES PERRUCllES. aoS 

la mte , le* espèce» de perruches à queue courte sont bien plus 
noQibreusn dana l'ancien continent que dans le nouveau : elles 
ont de même quelque* habitude* natnrell» auwi différentes que 
le sont les climats ; quelque»-une*, par exem^ , dorment la tête 
en baa et les pieds en haut , accrochées à une petite branche d'ar- 
bre, ce que no font pat les perricbes d'Amérique. 

En général , tous les perroquets du nouveau monde font leurs 
nids dans des creux d'arbre , et spécialement dans le* trous aban- 
donnés par les pia , nommé* aux iles charpentiers. Dans l'ancien 
continent , an ctmtiwre, pIoNenrs voyageurs nous assurent que 
différentes etptees de pehroquets mspendent leurs nids tissus de 
joncs et de racines , en !e* attachant à la pointe des rameaux 
fiexibles. Cette diversité dans la manière de nicher, «i elle est 
réelle pour un grand nombre d'espèces, pourrait Atre suggérée 
par la différente impression da climat ; en Amérique , uà la cha- 
leur n'est jamais excessive, elle doit itre recueillie dans un petit 
lien qui la concentre; et sous la aone torride d'Arrique , le nid 
suspendu reçoit, des vents qui le bercent, un rafraîchissement 
peut-être nécessaire. 

LA PERRUCHE A TÊTE BLEUE. 

Première espèce à qiuue courte. 

(jiBT oiseaa a le sommet de la tête d'un beau bleu, et porte un 
demi-coUier orangé sur le cou ; la poitrine et le croupion sont 
rouges, et le reste du plumage est vert. 

Edwards dit qu'on lui avoit envoyé cet oiseau de Samalra. 
H. Sonnerat l'a trouvé À Itle de Luçon , et c'est par erreur qu'on 
l'a étiqueté /iCTTUcAe du Pérou dans les planches enluminées, 
n*. 190, fig- a, car U y a toute raison de croire qu'elle ne se 
trouve point en Amérique. 

Cette espèce est de celles qui donnent la têla en bas. Elle so 
nourrit de callou, sorte de liqueur blanche que l'on tire, dans les 
Indes orientales, du cocotier, en ooupant les bourgeons' de la 
grappe à laquelle tient le fruit. Les Indiens attachent un bambou 
creux à l'extrémité de la branche, pour recevoir cette liqueur, 
qui est très-agréable lorsqu'elle n'a pas fermenté, et qui a à peu 
près le goilt de notre cidre nouveau. 



DiailizodbvGoOgle 



aoS HISTOIRE NATURELLE 

Il nous paraît qu'on peut rapportera cette espèce l'oîseai] indi- 
qué par Aldrovande, qui a le sommet de ]& télé d'un beau bleu, 
le craupion rouge , et le reste du plumRge vert Mais comme 
ce naturaliste ne &it mention ni du collier ni du rouge sur 
la poitrine, et que d'ailleurs il dit que ce perroquet venoit de 
Malaca, il ae pourroit que cet oiseau fût d'une au Ire etpèce, maia 
très voisine de celle-ci. 

LA PERRUCHE A TÊTE NOIRE, 
OU LE MOINEAU DE GUINÉE. 

Seconde espice à jueua court». 

l^KTTB perruchej v". 60, est connue par les oiseleurs mh» la 
nom de moineau de Guiné*. Elle est fort commune dans cette 
contrée, d'où on l'apporte souvent en Europe, à cause de la beauté 
de son plumage , de sa ^miliarité et de sa douceur; car elle n'ap- 
prend point à parler, et n'a qu'un cri assez désagréable. Cea oi- 
seaux périssent en grand nombre dans le trans[X)rt; à peine en 
■auve-t-on un sur dix dans le passage de Guinée en Europe, et 
néanmoins ils vivent asses long-temps dans noa climats en le* 
nourrissant de graine» de punis et d'alpiste, pourvu qu'on Ie« 
mette par paire dana leur cage: ils j- pondent mëmequelquefoii *; 
mais on a peu d'exemples que leurs oeufs aient éclos. Lorsque l'un 
des deux oiseaux appariés vient k mourir, l'autre a'altriste et ne 
lui survit guère. Ils se prodiguent réciproquement de tendre* 
•oins : le mâle se tient d'aSectîon à c6tê de sa femelle , lui dégoi^ 
de la graine dans le bec ; celle-ci marque son inquiétude ai eUa 
en est un moment séparée : ils charment ainsi leur captivité par 
l'amour et la douce habitude. Les voyageurs rapportent qu'en 
Guinée ces oiseaux, par leur grand nombre, causent beaucoup 
de dommages aux grains de la campagne. Il paraît que l'espèce en 
est répandue dana presque tous les climats méridionaux de l'aD- 

pliii comniDBJmnit CM ai» aoi en domHticitJ. Qatl^uafoii I* taiet di 1> Htiun 

B- A. S. de Banrban de Tcnaaiidoii , nbbuis de Baiarnoot-lti-Toun , dtiii per- 
rochnilt Gotée iiin fclors ilinipelitt ausuii dt jiniitif dsu lu» gbobniao* 
fan , ai It fnid Iti fit bicotft péiù. 



DiailizodbvGoOgle 



DE LA PER.RUCHE A TÉTE NOIRE. 307 
tien conlinenl ; car on lea trouve en Ethiopie, aux Indes orlen- 
lalea, dans l'île de Java, aussi-bien qu'en Guinée. 

Bien dea gens appellent mal à propos cet oiseau moineau du 
Britil, quoiqu'il ne sait pas naturel au climat du Brésil ; nuia 
comme les vaisseaux y en transportent de Guinée, et qu'ils ar- 
rivent du Brésil en Europe, on a pu croire qu'ils appartenoient 
à cette conlrée de l'Amérique. Cette petite perruche a le corpH 
tout vert , marqué par une tache d'un beau bleu sur le crou- 
pion, et par un masque rOuge de feu mêlé de rouge aurore qui 
couvre le &ont, engage l'oeil, descend sous la gorge, et au mi- 
lieu duquel perce un bec blanc rougeâtre; la queue est très- 
courte, et parolt toute verte étant ptiée : mais, quand elle s'étale, 
on la voit coupée transversalement de trois bandes, l'une rouge, 
l'autre noire, et la troisième verte, qui en borde et termine l'ex- 
Irémité ; le fouet de l'aile est bleu dans le mile , et jaune dans la 
femelle, qui difiêre du mâle en ce qu'elle a la tête d'un rouga 
moins vif. 

CluaîuB a parfaitement bien déci-it cet oiseau sous le nom de 
p*ittacus minimuê. MM. Edwards , Brisson et Linnœus l'ont con- 
fondu avec le petit perroquet d'Amérique peint de diverses cou- 
leurs, donné par Seba : mais il est sûr que ce n'est pas le mémo 
oiseau ; car ce dernier auteur dit que non-seulement son perro- 
quet a an collier d'un beau bleu céleste, et la queue magnifique' 
ment nuancée d'un mélange de cinq couleurs , de bleu , de 
jaune, de rouge, de brun et de vert foncé, mais encore qu'il est 
tout aimable par sa voix et la douceur de ion chant, et qu'en- 
fin il apprend très-aiaément à parler. Or il est évident que tous 
ces caractères ne conviennent point à notre moineau de Gui- 
née ; et cet oiseau de Seba qu'il a eu vivant , est peut-être une 
sixîËme espèce dans les perruches à queue courte du nouveau 
continent. 

Une variété, ou peut-être une espèce très-voisine de celle-ci, 
est l'oiseau donné par Edwards, sous la dénomination de très- 
jMit ptrroquet vert et rouge, qu'il dit venir des Indes orien- 
tales , et qui ne diffère de celui-ci qu'en ce qu'il a le croupion 
toiige. 



DiailizodbvGoOgle 



HISTOIRE NATURELLE 



LE C0ULACI8SI. 

TVoÙMMM Mpètm à qiou» courte. 

l^OMHS npiu adoptoi» toujours de préfêrence lea non» que les 
animaux portent daiuIeiirpay*nRUl,noiu oonwrrerooaiioet oi~ 
■eau,n°. San, fig.i ,1e mâle, et fig, a, la femelle, celui de couibctM» 
qu'on lui donne aux Philippine* et particulièrement dana 111e de 
Ltifon. DalefroQtjIagOTgeetlecroupioa rouges; un demi-collier 
orangé sur le dessus du cou ; le reste du corps et les couvertures 
supérieures des ailes sont vertes; les grandes pennes des ailes sont 
d'un vert foncé sur leur c6té extérieur , et noirâtres sur le côté inté- 
rieur; les pennes moyennes des ailes et celles de la queue sont vertes 
en dessus et bleues en dessous ; le bec , les pieds et les ongles sont 
rouges. 

Ia femelle diSère du màle en oe qu'dle a une tache Ueuàtre de 
chaque câté de la téCe, entre le bec et l'oeil ; qu'elle n'a point de 
demi-collier sur le oou , ni de rouge sur la gorge , et que la cou- 
leur roiige du front est plus foible et moins étendue. 

MM. Brisson et Linnieus ont confondu cet oiseau avec la per- 
ruche couronnée de saphir, donnée par Edwards , qui est notre 
perruche à léte bleue , première espèce k queae courte. 



LA PERRUCHE AUX AILES D'OR. 

Quatriim» «sp^cs à qunu courte. 

Cj'kst à M. Edwards que l'on doit la connoissance de cet oisean ; 
il dit que vraisemblablement il avoît été apporté des Indes orien- 
tales, mais qu'il n'a pu s'en assurer. Il a la tète , les petites cou- 
vertures supérieures des ailes et le corps entier , d'un vert seule- 
ment plus foncé sur le corps qu'en dessous; les grandes couver- 
tures supérieures des ailes sont orangées ; les quatre première* 
pennes des ailes sont d'un bleu foncé sur leur câté extérieur, et 
bmnea sur lenr c6lé intérieur et à l'extrémité; les quatre sui- 
vantes sont de couleur orangée; quelques-unes des suivantes sont 
de la même couleur que les premières, et enfin odks qui swt 



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DE LA. PERRUCHE AUX AILES VARIÉES. 309 
pris da corpa «ont eDlièrement rertea, ainai que Iw pâmes de la 
queue ; le bec est Uanchtlre; lei pieds et les oDgIes «ont de oon- 
leur de cliair pile. 



, LA PERRUCHE A TÊTE GRISE. 

Cinyuèinu eipèet à <fUMi« courU, 

Si. Brâaon a donné le premier cet oiieau, n*. j^i, fig. a, qu'U 
dit ae trouver à Madagaicar. H a la tête, la gorge et la partie infi^ 
rieure du cou , d'un grà tirant un peu sur le vert ; le corpa eit 
d'un vert plus clair en de««ons qu'en deuui; les couvertuiea su- 
périeures dea ailei et les penne* moyennes «ont vertea; lea grandes 
poines août brunes aur leur cAté intérieur, et vertes «ur leur calé 
extérieur et k l'extrémité ; les pomes de la queue «ont d'un vert 
clair, avec une large bande transversale noire vers leur extrémité; 
le bec , Ua pieds et lea ongles «ont blanchâtres. 



LA PERRUCHE AUX AOES TARIÉES. 

Sixiimt «q>èc9 à qutu» courlt^ 

\jtTTE perruche, n*. 791, fig- ij est un peu plus grande que lea 
précédentes. Elle se trouve k Batavia et à 111b de Luçon. iTous en 
devons la description à M. StHineret. 

« Cet oiseau , dit-il , a la tète, le cou et le ventre d'un vert clair 

■ et jaunâtre : il a une bande jaune sur les ailes; mais cbaquo 
« plume qui forme celte bande est bordée extérieurement da 

■ bleu : lea petilea plumea des ailes sont verdttres; lea grandes 
« sont d'un beau noir velonlé ( en sorte que lea ailes sont variées 
s de jaune, de bleu, de vert et de noîr) : la qnene est de couleur 
« de lilas clair; il j a prÈs de «on extrémité nne bande n(»retrts> 
« étroite : les pieda sont grisj le bec et l'iris de l'œil sont d'un 
ft jaune rougeâtre. » 



Bufon. it. 



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HISTOIRE SATCRELLE 



LA PEaRUCHE ADX AILES BLEUES. 

Septiim* e^ic» à gaeue courlt. 

CsiTB perruche, n'. 455, fig. I , est nouvelle , et noiM a été «nvoyi^ 
du opdeBoQDe-Eapérance,inaiiiaiuanci]ne notice surle climat 
ni flUT lea habitades naturelles de l'oiaeau. Il est vert partout, i 
l'exception de quelque* pennea de* ailes qui borI d'un beau bleu ; 
le bec et les pieds sont rooge&tres. Cette courte description suffit 
pour la &ire distinguer de toutes les autres perruches ji queue 

LA PERRUCHE A COLLIER. 

Huilièmt espèce à qiuue courte. 



C'est encore à M. Sonnerai qne nous devenu la t 
de cet oiseau , qu'il décrit dans les termes suivana : 

« Il se trouve aux Philippines, et particulièrement dans 111e 
de Lnçon. ^11 eat de la taille du moineau du Bràil ( de Guinée ) ; 
tout le corps est d'un vert gai et ^réable, plus foncé sur le dos, 
éclatrci sous le ventre et nuancé de jaune. Il a derrière le cou , au 
bas de la tdte , un large ocdiier ; ce collier est composé , dam la 
mâle, de plumes d'un bleu de ciel : mais dans l'un et l'autre sexe, 
les plumes du collier sont variées transversalement de noir. La 
queue est courte, delà longueur des ailes, et terminée en pointe; 
le bec, les pïeds, l'iris, sont d'un gris noirfttre. Cette espèce n'a 
pour elle que sa forme et son coloris; elle est d'ailleurs sans agré- 
ment , et n'apprend point à parler, u 

LA PERRUCHE A AILES NOIRES. 

Neuvième etpèee à queue courte. 

Aunta capfcoe qui se trouve à 111e de Luçon, et dont M. S<m- 

Itérât donne la descriptioii suivante. 



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De L'ARtMÀKON. au 

K Cet oîwau est un peu plus petit que le précédent ! il a k 
deisus da coa, I0 dos, les petilea plume* dea aile* et la queue, 
d'un vert foDcé; le ventre, d'un yeiL clair et jaunâtre. Le sommet 
de la tâte du mitle est d'uo rouge troa-vïT. Les plumes qui en- 
tourent le bec en dessus dans U femelle sont de ce même rouge 
vif; elle a de plus une tache jaune au milieu du cou , au-dâuus. 
Le mile a la gorge bleue ; la femelle l'a rouge. L'un et l'autre sexe 
a les grandes plumes des ailes noires; celles qui recouvrent lit 
queue en dessus sont rouges ; le bec , les pieds et J'iris sont jaune*. 
Je donne, dit H. Sonnerat , ces deux )>errui;hes comme mâle et 
femelle , parce qu'elles me semblent différer très-peu , se convenir 
par la taille , par la forme) par les couleurs , et pnrce qu'elle* 
habitent le même climat : je n'oserai cependant affirmer que ce 
ne soient pas deux espèces distinctes. L'une et l'autre ont encora 
de commun de dormir suspendues aux bmnches la télé en bas^ 
d'être friandes du suc qui coule du régim* dea oocx>tiers fraîche- 
ment coupés. » 



L'ARIMANON. 

Dixiitne tipèct à queue courte, 

Cst (MieeU, n°. 455,fig.;a, «e trouve à l'ite d'Ouhiti , et Km 
nom , dans la langue du pays , signifie ois«a« cb coco , parce qu'en 
effet il habite sur les cocotiers. Nous en devons U description k 
H. Commeraon. 

K01M le plaçons â la suite des perruches k courte queue, parcs 
qu'il semble appartenir à ce genre; cependant celte perruche a 
un caractère qui lui est particulier, et qui n'appartient ni aux 
perruche* Jk courte queue, ni aux perruches à queue longue : co 
caractËre est d'avoir la langue pointue et terminée par un pin- 
ceau de poils courts et blancs. 

Le plumage de cet oiseau est entièrement d'un beau bled, à 
l'exception de la gorge et de la partie inférieure du cou, qui sont 
blanches ; le bec et les pieds sont rouges* Il est très-commun dans 
rUed'Olahiti, où on le voit voltiger partout, et on l'entend sans 
cesse piailler; il vole de compagnie , se nourrit de bananes. Mai* 
ilest fort difficile à conserver en domesticité; il se laisse mourir 
d'ennui , surtout quand il est seul dan* la cage ; on ne peut loi 



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fliB HISTOIRE RATURELLE 

fiure prendre dVutre nourriture que des jus de fruits; il refuM 
consl&mment tous les alimena plus solides. 



PERROQUETS DU NOUVEAU CONTINENT. 

LES A.RAS. 

Jjz tous les perroquets , l'ara est le plus grand et le plus magni- 
fiquement paré ; le pourpre , l'or et l'azur brillent sur son plu- 
mage. Il a l'œilassuré, la contenance iêrme, la démarche grave, 
et même l'air désagréablement dédaigneux , comme s'il sentoit 
son prix et coimoissoit trop sa beauté; néanmoins son naturel 
paisible le rend aisément fiimilier et même susceptible de quelque 
attachement. On peut le rendre domestique sans en &ire un es- 
clave, il n'abuse pas de la liberté qu'on lui donne; la douce habi- 
tude le rappelle auprès de ceux qui le nourrissent, et il revient 
âtscK constamment au domicile qu'on lui fait adopter. 

Tous lea aras sont naturels aux climats du nouveau monde 
situés entre les deux tropiques, dans le continent comme dans 
les lies; et aucun ne se trouve en Afrique ni dans lea gnndes 
Indes. Christophe Ck>lomb, dans son second voyage, en toudiant 
lia Guadeloupe, y vit des aras auxquels il donna le nom deguO' 
camaya». On les rencontre jusque dans les tles désertes; et partout 
ils font le plus bd ornement de ces somhres fbiéts qui couvrent la 
teire abandonnée k la seule Nature. 

Dès que ces perroquets parurent en Europe, ils y furent re- 
gardés avec admiration. Aldrovande , qui pour la première fois 
vit un ara a Hantoue en 1 5 73 , remarque que cet oiseau étoit alors 
absolument nouveau et trés-recierché, et que les princes le don- 
noient et lerecevoîent comme un présent aussi beau que rare, 
n étoit rare en effet; cor Selon, cet observateur si curieux, a'»- 
voit point ru d'aras , puisqu'il dit que les poroquets gris sont lea 
plus grands de tous. 

Nous connoisBons quatre espèces d'aras ; savoir, le ronge, le 
bleu, le vert et le noir. Nos nomeoclateurs en ont indiqué six 
espèces, qui doivent se réduirepar moitié, c'est-à-dire, aux trois 
premières , comme nous allons le démontrer par leur énuméntion 
successive. 

Les caractères qui distinguent les ans des autres peiroqtieti 



DiailizodbvGoOgle 



aiiizodbvGoogle 



.P<i« ii3 1 LAin 



D,a,i,;t!dbïGoogIe 



D,a,i,;t!dbïGoogIe 



i^mm III iiM 



P.S. .>5.| 



P*» )i3. U.LAh 1>I« 



D,a,i,;t!dbïGoogIe 



pE L'ARA ROUCiE. aiS 

dunoTiTean inonde, aont,i''.U grandeur «tU groueaxàa corpa, 
^tant du douUe ma moini plus gitM que le* antres; 3*. la loa- 
{{ueur de k queue, qui est aussi beautxnip plus longue , même à 
proporlîon du corp* ; 3°. la peau nue et d'nn Uanc sale qui couvre 
ks deux o6léa de U t^, l'entoure par-deasous, et recouvre aasst 
la ban de U mandibule inférieure du bec; ara clère qui n'appar- 
tient â aucun autre perroquet. Cest cette mtme peau nue, au 
mitiett de laquelle sont situés les jeux , qui donne k ces oiseaux 
une physionomie désagréable : leur voix l'est aussi , et n'est qu'un 
cri qui semble articuler ara, d'un ton nuque, grasscfaot, et ri 
fort, qu'il ofiênse l'orrille. 



L'ARA ROUGE. 

Premiirê tapiee. 

On a représenté cet oiseau dans deux |diJIérentea planches en- 
. lumiuées, sous la dénomination d'ara raugo et depsit/ tira roug», 
n". 13 et 64i : mais ces deux raprésentationa ne nous paroissent 
pas déngner deux espèces réellement diSërentes ; ce sont plutôt 
deux rsoea distinctes, eu peut-être même desimples variétés delà 
même race. Cependant tous les nomenclataurs , d'après Gesneret 
AldroTsnde, en ont fait deux espèces, quoique Harc^rave et tous 
les voyageurs, c'eat-à-dire, tous ceux qui lesontvuset comparés, 
n'en aient iâit, avec raison , qu'un seul et même oiseau , qui se 
trouve dans tous les climats chauds de l'Amérique, aux Antilles, 
«u Mexique, aux terres de l'isthme, au Pérou , à U Guiane, au 
Brésil, etc. ; et cette espèce, très-nombreuse et très-répandue m 
Amérique , ne se trouve nulle part dans l'ancien continent. Il 
doit donc paroitre bieu singulier que quelques auteurs aient > 
d'après Albin, appelé cet oiseau perroquet deMacao , et qu'ils 
aient cru qu^l venoit du lapon. Il est possible qu'on y en ait 
transporté quelques-uns d'Amérique; mais il est certain qu'ib 
n'en sont pas originaires, et il ya apparence que ces auteurs ont 
confondu le grand lori rouge des Indes orienlales avec l'ara rougo 
des Indes occidentales 

Ce grand ara rouge a près de trente poaces.de longueur ; mai», 
celle de la queue en fait presque moitié. Tout le corps , excepter 
les ules;,est d'uQ rouge vermeil i le» quatre plus longues plumcjq| 



=dbï Google 



Bi4 HISTOIRE NATURELLE 

de la qaeue «ont du même ruugs; le» gnode* penneade l'aile 
•ont d'un bleu turquin en deaaua, et en deuous d'un rouge de 
cuivre Bur fond noir;dana les pennes moyennes, le bleu et le 
vert sont alliés et fondus d'une manière admirable ; les grand» 
couvertures sont d'un jaune doré, et terminées de vert ; le» 
épaules sont du mâme rouge que le dos ; les couveilures supé- 
rieures et infërieurea de la queue sont bleues; quatre des pennes 
latérales de chaque càté sont bleues en dessus, et toutes sont dou-: 
blées d'un rouge de cuivre plua clair et plus métallique sous lea 
quatre grandes pennes du milieu ; un toupet de plumes velou- 
tées, rouge mordoré, s'avance en bourrelet sur le front; ia gorge 
est d'un rouge brunj une peau membraneuse, blanche et nue, 
entoure l'oeil , couvre ia joue et enveloppe la mandibule ïnie- 
rieure du bec , lequel est noirâtre , ainsi que les pieds. Cette des- 
cription a été tàile sur un de ces oiseaux vivant, des plus granda 
et des plus benus. Au reste, les voyageurs remarquent des va- 
riétés dans lea coult^ura , comme dans la grandeur de ces oiseaux, 
selm les différentes contrées, et même d'une !Ie à une autre ■ 
nous en avons va qui avoient la queue toute bleue, d'antres 
rouge et terminée de bleu. Leur grandeur varie autant et plus 
que leurs couleura; mais lea petits aiss ronges sont plus rarea que 
les grands. 

En général, les aras étoîent autn-fbis trfes-communB k Saint- 
Domingue. Je vois , par une lettre de M. le chevalier Deshayes, 
que depuis que les élablissemens français ont été poussés jusque 
sur le sommet des montagnc.s , ces oiseaux y sont moins fréquens. 
Au reste , les ams rouges et les aras bleus , qui font notre seconde 
espèce , se trouvent dans les mêmes climats, et ont absolument 
les mêmes habitudes naturelles : ainsi ce que nous allons dire de 
celui-ci peut s'appliquer à l'antre. 

Les aras habitent les bois dans les terrains humides plantés de 
palmiers , et ils se nourrissent principalement des fruits du pal- 
mier-latanier, dont i) y a de grandes ibrêts dans 1m savanes 
noyées : ils vont ordinairement parpairea et rarementen troupes; 
quelquefois néanmoins ils se rassemblent le matin pour crier tous 
ensemble , et se font entendra de très-loin. Cs jettent les mêmes 
cris lorsque quelque objet les effraie ou les surprend. Us ne man- 
quent jamais aussi de crier en volant jet de tous les perroquets, 
ce sont ceux qui volent le mieux ; ils traversent les lieux décou~ 
verts, mais ne s'y arrêtent pasj ils se perchent toujours surU 
*«ime ou sur U branche la plus ékrrée des arbres. Ils vont le jour 



DiailizodbvGoOgle 



DE LARA ROUGE. «5 

ciberclieF leur nourriture au loin; mais tout lu aoin ils revien- 
nent au même endroit, dont Oa ne a'éloigDeDt qu'à la diatauce 
d'une lieue environ , pour chercher des fruits mûrs. Du Tertre 
dit que quand ils «ont presMsdela iiuni,îls mangent le fruit du 
nuncenillier, qui, oomme l'on sait, est un poison pour l'homme 
«t vraisemblablement pour la plupart des animaux. 11 ajoute que 
la chair de cea ai-as qui ont mangé des pomjnes de maocenillier, 
est mal saine et même vénéiiease : néanmoins on mange tous 
les jours des aras k la Guiane , au Brésil , etc. , uns qu'on s'en 
trouve incommodé, «oit qu'il n'y ait pas de mancenillier dans ces 
cmtrées, soit que les aras trouvant une nourriture plus abondante 
et qui leur convient mieux , ne mangent poiut les fruits de cet 
arbre de poison. 

Il partit que le* perroquets dans le nouveau monde étoient 
tels à peu près qu'on a trouvé tous les animaux dans les [terres 
désertes, c'est-^-dire, confians et familiers, et nullement inti- 
midés à J'aspect de l'homme, qui , mal armé et peu nombreux 
dans ces régions, n'y avoit point encore fiuit oonnc^tre son em- 
pire. C'est ce que Pierre d'Angletia assure des premiers temps de 
la découverte del' Amérique : les perroquets s'y laissoient prendre 
au lacet et presque à la main du chasseur ; le bruit des armes ne 
les eJTrayoit guère, et ils ne fuyoient pas en voyant leurs compa- 
gnons tomber morts. Ils pi-éféroient à la solitude des forêts lea 
arbres plantés près des maisons : c'est U que lea Indiens les pre- 
noient trois ou quatre fois l'année pour s'approprier leurs belles 
plumes, sans que cette espèce de violence parût leur £)iredéserter 
ce domicile de leur choix; et c'est do là qu'Aldrovande, sur la 
loi de toutes les premières relation» de l'Amérique, a dit que ces 
oiseaux s'y monLroient naturellement amis de l'homme, ou du 
moins ne donnoient pas. des signes de crainte: ils s'approcboient 
des cases en suivant lea Indiens lorsqu'ils lea y voyoient rentrer, 
et paroissoients'afrectionnerauxlieuxhahitésparceshommeapiii' 
sibles. Une partie de cette sécurité reste encore aux perroquets que 
nous avons relégués dana les bois. M. de la Borde nous le marque 
de ceux de la Guiane ; ils se laissent approcher de trèa-prfe» sans 
méSance et sans crainte; et Fison dit des oiseaux du Brésil, ce 
qu'on peut étendre à tout le nouveau monde , qu'ils ont peu d'as- 
tuoe et donnent dans tous les piégea. 

Les aras font leurs nids dans des trous de vieux arbre» pourris , 
qui ne sont pas rares dans leur paya natal , oi\ il y a plus d'arbrus 
tombant de vétusté que d'arbres jeunes et sains : ils agrandissent 



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»i6 HISTOIRE NÀTTTRELLE 

le tron Kvec leur bec lorap^Q est trop étroit ; ili en gamûient 
l'inlérieiir avec des plumes. La femelle fiiit deux pontes par an , 
comme tous les autres perroquets d'A.mMque, et chaque ponte 
est ordinairement de deux œufs, qui , selon du Tertre, sont gro« 
comme des aeu& de pigeon , el tachés comme ceux de perdrix. It 
ajoute que les jeunes ont deux petits vers dans les narines, et un 
troisième dans nn petit bubon qui leur vient au-dessus de la t£(e, 
et que ces petits ven meurent d'eux-mêmes lorsque ces oiseaux 
commencent i te couvrir de plumes. Ces vers dans les narines des 
oiseaux ne sont pas particuliers anx aras; les autres perroquets, 
les casBÎques et plusieurs autres oiseaux, en ont de même tant 
qu'ils sont dans leur nid. Il y a aussi plusieurs quadrupèdes, et 
notammentlee singes , qui ont des vers dans le nés et dans d'auti-es 
parties du corps. On connott am inseoles en Amérique sous la 
nom de vars macaqute; ils s'inunuent qudquefois dans la chair 
des hommes , et produisent des abcta difficiles à guérir. On a vu 
des chevaux mourir de ces aboès causés par les vers macaques ; ca 
qui peut provenir de la négligence avec laquelle en traite les che- 
.▼anx dans ce paya, où on ne les loge ni ne les panse. 

Le mileetlaremelle'aim couvent alternativenient leurs oeufi et 
soignent les petits ; ils leur apportent paiement à mmger : tant 
qu'ils (mt besoin d'éducation , le ptre et la mère, qui ne se quittent 
guère, ne les abandonnent point; on les v«t toujours ensemble 
perchés i portée de leur nid. 

Les jeunes aras s'apprivoisent aisément ; et dans {rfusteun con~ 
trées de l'Amérique on ne prend ces oiseaux que dans le nid , et 
oa ne tend point de pièges aux rieux, parce que leur éducaKon 
seroit trop difficile et peut-être inlructueuse ; cependant du Tertre 
raconte que tes sauvages des AndUei avoient une singulière ma- 
nière de prendre ces oiseaux vivans ; ils épioîent le moment oii ils 
mangent à terre des fruHs tombés ; ils tidioient de les environ- 
ner, et tout-à-conp ils jetoient des cris, FrappcMent des mains el 
Ikisoient nn si grand bruit , que ces oiseaux , subitement épouvan- 
tés, oublioient l'usage de leurs aîks, et se renversoirat sur le dos 
pour se défendre du bec et des oi^es ; les sauvages leur présen- 
toirnt alors nn bâton, qu'ik ne manquoient pas de saisir, et dans le 
moment on les attachoit avec une petite liane au bftlon. Il prétend 
de plus qu'on peut les apprivoiser, quoique adultes et pr» de «tte 
manière violente; mais ces faits me paroissent un peu suspects, 
d'auUnt que tous les araa s'enfuient actuellement à la vue de 
niomme, et qu'à plm forte raison ik s'enfuiroient au grand bruit. 



DiailizodbvGoOgle 



DE L'ARÀ ROrGE. s>7 

Wafiér dit qne ki Indiens i)e l'itthme de l'AtnMqne apprivoiaent 
les aras comme noua apprÎToisons les pies; qu'ils leur donnent Ut, 
liberté d'aller k promener le jour dant le« boîa, d'oà ili ne man- 
quent pa* de revenir le aoir ; que cei oiseaux imitent la voix, de 
leor maître et le chant d'un oîtenu qu'il appelle ehicaii. FemancUs 
rapporte qu'on peut leur apprendre à parler , mais qu'ils ne 1MX>- 
noncent que d'une manière f;rouièrn et désagr^ble ; que quand 
on les tient dans les maisons, ils y élferent leurs petits comme les 
autres oiseaux domestiques. Il est très-ràr en effet qu'ils ne parlent 
jamais aussi bien que les autres perroquets , et que quand ils sont 
apprivoises ils ne dierchent point à s'enfuir. 

Ln Indiens se «errent de leurs plumes pour faire des bonneU 
defStcs et d'autres parures; ils se passent quelques-unes de ces 
belles pitunes à travers les jouet, la cloison du bce et les oreilles. 
Ia duiirdea aras, quoique ordinairement dure et noire, n'est 
pu mauvaise k manger, elle fait de bon bouillon ; et les peri-o- 
queta en génénl sont le gibier le plus commun des terres de 
Caymne, et celui qu'on mange ordinairement. 

L'ara estpeut~6tre plus qu'aucun autre oiseau sujet au mal ca- 
duc, qui est plus violent et plus immédiatement mortel dans les 
climats diauds que dans les pays tempérés. J'en ai nourri un des 
plus grands et des jdus beaux de cette espèce , qui m'avoit élé 
donné par madame la marquise dePompadour en 1751 : il lom- . 
boit d'épîlepsie deux ou trois fois par mois, et cependant il n'a 
pas laissé de vivre plusieurs années dans ma campaf^e en Bouiv 
gane,et ilauroît vécu bien plus long-temps si on ne l'a voit pas 
toé. Mais dans l'Amérique méridionale ces oiseaux meurent or- 
dinairement dece mdme mal caduc, ainsi que tous les Rulres per- 
roquets, qui y sont également sujets dans l'état de domesticité. 
Cest probablement, ctnnme nous l'avons dit dans l'article des se- 
rins , la privatitn de leur femelle et la surabondance de nourri- 
ture qui leur causent ces accès épileptiques , auxquels les sauva- 
ges, qui les éltvent dans leurs carbets pour faire commerce de 
leurs plumes , ont trouvé nn remfede bien simple : c'est de leur 
entamer l'extrémité d'un doigt et d'en faire couler une goutte Ao 
sang ; l'oiseau parott guéri sur4eHAamp ; et ce même secours réus- 
sit également sur plusieurs autres oiseaux qui sont , en domesti- 
cité, sujets aux mêmes accidens. On doit rappi'ocher ceci de ce 
que j'ai dit à l'articledesserinsqui tombent du mal caduc, et qui 
meurent torsqu'ila ne jettent pas une goutte de »ng par le bec : 



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3iS HISTOIRE NATURELLE 

il semble que la Nature cherche k fidre le mftme rembde que le* 

Huragei ont trouvé. 

Ou appelle crampe, dans les colonies , cet accident ^ileptique, 
et on assure qu'il ne manque pas d'arriver k tous les {wrroquels 
en domesticité, lorsqu'ils se perchent sur un morceau de fer, 
comme sur un clou ou sur une tringle, etc.; en sorte qu'on a 
grand soin de ne leur permettre de se poser que sur du hoia. C» 
fait, qui, dit-on, est rmxinnu pour vrai , semUe indiquer que cet 
accident, qui n'est qu'une forte convulsion dans les nerfs, tient 
d'asseE près à l'électricité , dont l'action est, cmnme l'on sait, bien 
plus violente dans le fer que dans le bois. 



L'ARA BLEU. 

Seconde «tpic*. 

JLbs nmnendaleuTs ont encore &it ici deux eipëcea d'u ne seule ; 
ils ont nommé la première ofvs bUu et Jaune dt) la J<*mtuqu», el 
la seconde, ara hUa et Jaune du Brésil: mais cas deux oiseaux 
scmt non-seulement de la même espèce, mais encore des mêmes 
contrées dans les climats chauds de l'Amérique méridionale. L'er- 
reur de ces nomenclateurs vient vraisemblablement de la mé- 
prise qu'a &ite Albin , en prenant le premier de ixs aras bleus 
pour le femelle de l'ara rouge ; et comme on a reconnu qu'il n'é- 
toit pas de cette espèce, on a cru qu'il pouvoit être difiêntnt de 
l'ara bleu commun ; mais c'est certainement le même oiseau. Cet 
ara bleu , n". 36 , se trouve dans les mêmes endroits que l'ara 
rouge ; il a les mêmes habitudes naturelles , et il est au moins 
aussi commun. 

Sa description est aisée à (aire ; car il est entièrement blePi d'a- 
eur sur le dessus du corps, les ailes et la queue, et d'un beau 
jnuneioas tout le corps: ce jaune est viF et plein, elle bleu a des 
reflets et un lustre éblouissant. Les sauvages admirent ces aras el 
chantent leur beauté; le refrain ordinaire de leurs chansons est ; 
Oùeau Jaune, oiseau jaune, que tu es beau ! 

Les aras bleus ne se mêlent point avec les aras rouges , quoi- 
qu'ils fréquentent les mêmes lieux , sans chercher à se &ire la 
guerre. Ils ont quelque chose de diSërent dans la voix : les sau- 
vages reconnoissent les rouges et les bleus sens les voir, et par 



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j^vGooglf 



D,a,l,;t!dbïG00glc 



t»^; la peau UauGhe et nae qui euTironne les yeux est auBÙ par- 



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L'ARA VERT. 119 

knr Mul cri ; iU [vétendeot que oenx-ci ne prononcent pas li dia- 
linctenteotora. 



L'ARA TERT. 

Troitième eêpèc», 

Ij'aju ftriy n*. 383, est bien plus rare qae l'ai-a rouge el l'ara 
bleu ; il e«t auui bien |Jns petit , et l'on n'en doit compter qu'une 
espèce > quoique les nomenclateura en aient encore &it deux, 
parce qu'ils l'ont confondu avec une perruche verte qu'on a ap- 
pelée perruche ara, parce qu'elle prononce aiMc distinctement le 
mot ara, et qu'elle a la queue beaucoup plus longue que tes au- 
tre* perruches : mais ce n'en est pu moins uue vraie perruche, 
tiès-connueàCayenne et très-commune, au lieu que l'ara vert y 
estai rare, que lea habitans mêmes ne le connoissent p88> et que, 
lorsqu'on leur en parle, ils croient que c'est cette perruche, 
M. Sloane dit que le petit maoïo, ou petit ara vert, est fort com- - 
mun dans les bois de la Jamaïque : mais Edwards remarque, 
avec raison, qu'il s'est trompé, parce que, quelques recfaei'ches 
qu'il ait Elites, il n'a jamais pu s'en procurer qu'un seul par ses 
(x>rreapondans,au lieu qu Vil étoit commun à la Jamaïque, il en 
viendroit beaucoup en AngTeterre. Cette erreur de Sloane vient 
probaUeinent de ce qu'il a, comme nos nomenclateurs, con- 
fondu la perruche verte k longue queue avec l'ara vert. Au reste, 
nous avons cet ara vert vivant ; il nous a été donné par M. So- 
nini deMnnoncourt,quI]'a eu à Gayenne des sauvages de l'Oya- 
fo6k, où il avoil été pris dans le nid. 

Sn longueur, depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle de la queue, 
est d'environ seize pouces; son corps, tant en dessus qu'en des- 
sous, est d'un vert qui, sous les diBérens aspects, paraît ou éclatant 
et doré,ou olive foncé; les grandes et petites pennes de l'aile sont 
d'un bleu d'aiguë - marine sur fond brun doublé d'un rouge do 
cuivre; le dessous de la queue est de ce même rouge, el le dessus 
est peint de bleu d'aigue-marine fondu dans du veit d'olive; \n 
vert de le tels est plus vif et moins chargé d'olivâtre que le vert 
du reste du corps; à In base du bec supérieur, sur le front, est 
nne bordure noire de petites plumes effilées qui ressemblent à des 
poils ; la peau blanche et nue qui environne les yeux est aussi par- 



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Èio HISTOIRE NATURELLE 

•emée de petîU pinceaux rangés en lignes des in6niei poOs noin; 

l'iria de t'oeit est jaunAtre. 

Cet oiseau , aiusi beau qae rare , est encore aimable par ses 

nioenn sociales et par la douceur de son naturel : il est bientât 

familiarisé avec les personnes qu'il v(rit fréquemment ; il ainw 
leur accueil, lenn caresses, et semble chercher à les leur rendre : 
mais il repousse celles des étrangers , et surtout celles des en&ns , 
qu'il poursuit virement, et sur lesquels il se jelte ; il ne connolt 
quesesamis/ Gomme tous les perroquetsélevés en domesticité, il 
se met sur le doigt dès qu'on le lui présent» ; il se tient aussi sur 
le bois : mais en hii'er, et même en été , dans les temps frais et 
pluvieux, il préfère d'être sur le bras ou sur l'épaule, surtout « 
les habillemens sont de laine, car en générsl il «emble se plaira 
beaucoup sur le drap ou sur les autres étoBes de cette nature qui 
garantissent le mieux du froid; il se platt aussi sur les fourneaux 
de la cuisine, lorsqu'ils ne sont pas tout-A-Biit refroidis, et qu'ils 
conservent encore une chaleur douce- Par la même raison il sem- 
ble éviter de se poser sur les corps durs qui communiquent àm 
froid, tels que le fer, le marbre, le verra, etc. , et même, dans 
les temps froids et pluvieux de l'été , il frissonne et tremble ai 
on lui jette de l'eau sur le corps-, Cependant il se baigne volon- 
tiers pendant les grandes chaleurs , et trempe souvent aa tête dana 
l'eau. 

Ix>rsqu'on le gratte légèrement, il étend les ailes en s'accron- 
pisMnt, et il fait alors entendre un son désagréable, assec sem- 
blsble au cri du geai , en soulevant les ailes et hérissant ses plu~ 
mes , etoecri habituel parott être l'expression du plaisir comme 
celle de l'ennui : d'autres fois il fiiit un cri bref et aigu qui est 
moins équivoque que le premier, et qui exprime la joie ou lasa- 
lislàctian ; car il le &iit ordinairement entendre Im^u'on lui fait 
accueil , ou lorsqu'il voit venir à lui les personnes qu'il aime. Cest 
cependant par ce m^e dernier cri qu'il manîfesse ses petits m»- 
mens d'impatience et de mauvaise humeur. Au reste, il n'eat 
guère possible de rien statuer de positif sur les différens cris de cet 
oiseau et deseasemblaUes, parce qu'on sait que ces animaux, qui 
sont organisés de manière à pouvoir contrefaire les sifflemen», 
les cris, et même la parole , changent de voix presque toutes le» 
fois qu'ils ejitendent quelques sons qui leur plaisœt et qu'ib peu- 
vent imiter. 

Cdui-<i est jaloux ; il l'est surtout des petits eniàns qu'il voit 
avoir quelque part aux caresses ou aux bien&its da sa maitresse^ 



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DE L'ARA VERT. aai 

k^Il en voit nn aur elle , il clicrdie auuitàt à «'élanctar de aoii coié 
en éUndant le> ailes ; maiB comme il d'h qu'un vol court et ye~ 
unt, et qu'il KDil^e craindre de tomber en chemin, il se borna 
à lui témoigner son mécontentement par des geste* et dea mou- 
vemens inquieti, et par dei cria perçana et redoublés, et il con- 
tinue ce tapage jusqu'à ce qu'il plaise i sa maîtresse de quitter 
l'enfant et d'aller le reprendre sur «on doigt ; alors il lui en té- 
moigne M joie par un murmure de aatislaction, et quelquefois 
par une sorte d'éclat qui imite par&itement le rire grave d'une 
personne igée. U n'aime pas non plus la compagnie des autrea 
perroquets; et aï on en met un dans la chambre qu'il habite, il 
n'a point de bien qu'on ne l'en ait débarrassé. H semble donc qu« 
cet oiaeau ne veuille partager avec qui que ce aoit la moindre ca- 
resse ni le plus petit soin de ceux qu'il aime , et que cette espèce 
de jalousie ne lui est inspirée que par l'attachement : ce qui le fait 
croire, c'est que si un autre que sa mattresse caresse le même en- 
Ëint contra lequel il se met de si mauvaise humeur, il ne parolt 
pas s'en soucier, et n'en témoigne aucune inquiétude. 

Il mange à peu près de tout ce que noua mangeons : le pain , 
la viande de bœuf, le poisson frit, la p&tisaerie, et le sucre sur- 
tout, sont fort de son goût; néanmoins il semble leur préCërer les 
pcHnmes cuites, qu'il avale avidement, ainsi que les noisettes, 
qu'il casse avec son bec et épluche ensuite fi>rt adroitement entra 
ses doigO] b£>^ ^^ "'^^ prendra que ce qui est mangeable. 11 suce 
les fruits tendres an lieu de les mâcher, en les pressant avec sa 
langue contre la mandibule supérieure du bec; et pour les autres 
Dourriturea moins tendres, comme le pain, la pâtisserie, etc., il 
les broie ou les miche, en appu^Dtl'extrémit^ du demi-bec inS^ 
rienr contre l'endroit le plus concave du supérieur : mais, quels 
que soient ses alùnens, ses exci^mena ont bMijoura été d'un« 
couleur verte, et mêlée d'une espèce de craie blanche, comme 
ceux de la plupart des autres oiseaux , excepté les temps où il a 
été malade, qu'ils étoieut d'une couleur orangée, ou jaunfttre 
Ibncé. 

Au reste, cet ara, comme tons les autres perroquets, se sert 
lrè*-adroilement de ses pattes ; il ramène en avant le doigt po*té< 
rieur pour saisir et retenir les &nits et les autres morceaux qu'on 
lui d(HUie , et pour les porter ensuite i son bec. On peut donc 
dire que les perroquets se serrent de leurs doigts, i peu prèa 
comme les écureuil s ou les singes ; ils s'en servent aussi pour se 
iuspenJre et a'accrochsr. L'ara vert dont il est ici question d»r« 



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hti HISTOIRE NATURELLE 

moit presque ainsi accroché dans lei £!■ de fer de m cage, t^es per- 
roqueis ont une autre habitude commune que nous a vont re- 
mnrquée sur plusieurs espèces diBërentes ; ils ne marchent , ne 
{;rimpent n! ne descendent jamais sans commencer par s'accro- 
cher ou s'aider a^ec la pointe de leur bec ; ensuite ils portent Jeun 
jtattea en avant pour servir de second point d'appui. Ainsi ce n'est 
que quand ils marchent à plat qu'ib ne font point usage de leur 
bec pour changer de lieu. 

Les narines , dans cet ara , ne sont point visibles, comme celle* 
de la plupart des autres perroquets ; su lieu d'être sur la corne 
apparente du bec, elles sont cachées dans les premières petites 
plumes qui recouvrent la base de la mandibule supérieure , qui 
s'élève et forme une cavité à sa racine. Quand l'oiseau fait effort 
pour imiter quelques sons difficiles, on remarque aussi qne sa 
langue se replie alors vers l'extrémité ; et lorsqu'il manj^ , il la re- 
plie de même; fàcullé refusée aux oiseaux qui ont le bec droit et 
la langue pointue, et qui ne peuvent la faire mouvoir qu'en la 
retirant ou en l'avançant dans la direction du bec. Au l'esté, ce 
petit ara vert est aussi et peut être plus robuste que la plupart 
des autres perroquets; il apprend bien plus aisément a parler, et 
prononce bien plus distinclement que l'ara rouge et l'ara bleu i 
il écoute les aulres perroquets et s'instruit avec eux. Son cri est 
presque semblable à celui des autres aras; seulement il n'a pas la 
voix si forte k beaucoup près, et ne prononce pas si distinclement 

On prétend que les amandes ambres font mourir les perroquets; 
mais je ne m'en suis pas assuré : je sats seulement que le persil, 
pris même en petite quantité , et qu'ils semblent aimer beaucoup, 
leur &it grand mal; dès qu'ils en ont mangé, il coule de leur bec 
une liqueur épaisse et gluante, et ils meurent ensuite en moins 
d'une heure ou deux. 

Il paraît qu'il y a dans l'espèce de l'ara vert la même vaiiété de 
races ou d'individus que dans celle des aras rouges; du moins 
M. Edvrards a donné l'ara vert sur un individu de la première 
grandeur, puisqu'il trouve à l'aile pliée treize pouces de longueur, 
et quinze à la plume du milieu de la queue. Cet ara vertavoitle 
front rouge ) les pennes de l'aile étoient bleues, ainsi que le bas du 
dos et le croupion. M. Edwards appelb la couleur du dedans des 
ailes et du dessous de la queue un orangé obscur. C'est apparem- 
ment ce rouge bronxé sombre qu« nous avons vu i la doublure 



=dbï Google 



DES AMAZONES ET DES CRIRS. aai 

tW ailes de notre ara vert. Les plumes de 1& rjueue de celui dTd- 
n'ardi étoient rouges en-desg us et teritiinéea de bleu. 



Cirr ara a le plumage noir avec des re&ets d'un vert luisant, et 
ces couleurs mélangées sont asset semblables à celles du plumage 
de l'ani. Noua ue pouvons qu'indiquer l'espèce de cet ara, qui est 
connue des sauvages de la Guiane, maïs que nous n'avons pu 
nous procurer; nous savons seulement que cet oiseau diffère de» 
autres aras par quelques habitudes naturelles : il ne vient jamai» 
près des habitations, et ne se tient que sur les sommets secs et 
stériles des montagnes de roches et de pierres. Il parott que c'est 
de cet ara noir que de I^et a parlé sous le nom d'araruna ou 
machao, et dont il dit que le plumage est noir, mais si bien mêlé 
de vert , qu'aux rayons du soleil il brille admirablement. Il ajoute 
que cet oiseau a les pieds jaunes , )e bec et les yeux rougeAtres , et 
qu'il ne se tient que dans l'intérieur des terres. 

M. Brisson a &it encore un autre ara d'une perruche , et il l'a 
appelé ont varié des MoluqutB. Mais, comme nous l'avons dit , il 
n'y a point d'aras dans les Grandes-Indes, et nous avons parlé 
de cette perruche à l'article des perruches de l'ancien continent 

LKS AMAZONES ET LES CfilKS. 

JNovB appellerons /l'rro^uats tunaxones tous ceux qui ont du 
rouge sur le fouet de l'aile : ils sont connus en Amérique sous ce 
nom , parce qu'ils viennent originairement du pays des Ama- 
sone*. Nous donnerons le nom de criti k. ceux qui n'ont pas de 
roDge sur le fouet de l'aile , mais seulement sur l'aile : c'est 
aussi le nom que les sauvages de la Guiane ont donné à ces per- 
roquets, qui commencent même k être connus en France sous 
oe même nom. Us diffèrent encore des amazones : i*. en oe que 
le vert du plumage des amazones est brillant et même éblouie 
Mnt, landb que le verl des criks est mat et jaunitre ; 3°. en ce 
que le* amazones ont ta téta couverte d'un beau jaune très-vif/ 



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aai HISTOIRE NATURELLE 

au lieii que, dans les criks, œ jsune Mt obacur et m^lé d'antrcf 
couleurs ; 3°. en ce que les crika lont un peu plus peLîto que le* 
ainaiioaea,leaqueli «ont eux-mèmei beaucoup plus petits que bi 
ares ; 4°. les amaiones sont très-beaux et très-rarea , au b'eu que 
lescrikmnt les plu* communs des perroquets et les moins beaux; 
ils sont d^illeun répandus partout en grand nombre , au lieu 
que le* amuonea ne se trouTent guère qu'au Para et dans quel- 
ques autres contrée* voisines de la rivière de* Amasones. 

Mais le* criks, ayant du rouge dans les ailes, doivent être ici 
npprochés des amaKone* , dont ce rouge fcit le caractère priad- 
pal i ils ont aussi les ïakni& habitudes naturelles ; ils volent pa- 
iement en troupe* nombreuses, se perchent en grand nombre 
dans les mêmes endroits , et jettent tous ensemble des cri* qui so 
£>nt entendre fort loin ; ils vont aussi dans les bois, soit sur 
les hauteurs , soit dans les lieux bas , et jusque dans les savanea 
noyées, planta de palmiers co/nmon et d'tnvuora, dont Us aiment 
beaucoup les fruit* , ainsi que ceux des gommUrt ilagtiquês , des 
banamen, etc. Ds mangent donc de beaucoup plus d'espèces de 
fruits que le* aras, qui ne se nourrissent ordinairement que de 
ceux du palmier-latanier ; et néanmoins ces fruits du lalanier 
aont si durs,qu'on a peine à les couper au couteau : ils sont ronda 
et gros comme des pommes de rainette. 

. Quelques auteurs ont prétendu que la chair de loua les per- 
roquets d'Amérique contracte l'odeur et la couleur des fruit* et 
des grain* dont ib se nourrissent , qu'il* ont une odeur d'ail lor»- 
qu'ils ont mangé du fruit d'acajou , une saveur de muscade et d« 
girofle lonqu'ils se nourrissent du fruit de génipa, dont le atic, 
d'abord clair comme de l'eau , devient en quelque* heures ausû 
noir qoe de l'encre. Ils ajoutent que le* perroquet* deviennent 
très-gras dan* la nison de la maturité des goyaves, qui sont en 
effet fort bons i manger; enfin que la graine de coton les mivrc 
au point qu'on peut les prendre avec la main. 

Les amazones, les criks et tous le* autres perroquets d'Am^ 
TÎqae font , comme les aras, leur* nid* dans des trous de vieux 
arbres creusés par les pics ou charpentiers, et ne pondent égale- 
ment que deux oeufs deux fois par an , que le mAle et la femelle 
courent altwnatÎTemenL On assure qu'ils ne renoncent jamais 
leurs nids, et que, quoiqu'on ait touché et manié leurs œub, il* 
ne se dégoûtent pas de les couver, comme font la plupart des 
antres oiseaux. Us s'attroupent dans la saison de leurs amours, 
pondent ensemble dans le même quartier, «t vont de oompagoie 



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DES AMAZONES ET DES CRIKS. aa5 

chercher leurnourrituie. Lonqu'ils sont rassasiés, ils font uq ca- 
quelage continuel et bruyant , changeant de place uns ceme, allant 
et retenant d'un arbre à l'autre , jusqu'à te que l'obscurité de la 
nuit et la fatigue du mouvement lea forcent à se repoaer et à dor- 
niir. Le matin on les roit sur les branches dénuées de feuilles, 
dés que le soleil commence à paroitre ; ils y restent tranquilles 
jusqu'à ce que la rosée qui a humecté leurs plumes soit dissipée, 
et qu'ils soient réchauffés : alors ils partent tous ensemble avec 
un bruit semblable à celui des corneilles grises, mais plus fort. Le 
temps de leurs nichées est la saison des pluies. 

D'ordinaire lea «aurages prennent les perroquets dans le nid , 
parce qu'ils sont {dus aisés à élever et qu'ils s'apprivoisent mieux : 
cependant les Caraïbes, selon le P. Labat, les prennent aussi lors- 
qu'ils sont grands. Ils observent, dit-il, les arbres sur lesqueb ila 
seperchent en grand nombre le soir, et, quand la nuit est venue, 
ils portent aux environs de l'arbre des charbons allumés, sur 
lesquels ils mettent de la gomme avec du piment vett : cela bit 
une fumée épaisse qui étourdit ces oiseaux et les fait tomber à 
terre; ils les prennent alors, leur lient les pieds , et les font re- 
venir de leur étounlîssement en leur jelaut de l'eau sur la tête. 
Ib les abattent aussi, sans les blesser beaucoup, à coups de fièchea 
émoussées. 

Mais lorsqu'on les prend ainsi vieux, ils sont difficiles k pri- 
ver. Il n'y a qu'un seul moyen de le» rendre doux au point dft 
pouvoir les manier ; c'est de leur soufFIer de la fumée de lahac 
dana le bec : ils en respirent assez pour s'enivrer à demi , et ils 
sont doux tant qu'ils sont ivres ; après quoi on réitère le même 
camouflet s'ils deviennent méchans, et ordinairement ils cessent 
de l'être en peu de joii». Au reste, on n'a |ias l'idée de la mé- 
chanceté des perroquets sauvages ; ils mordent cruellement et ne 
démordent pas, et ct^Ia sans être provoqués. Ces perroquets pris 
vieux n'apprennent jamais que très-impartkitemrnt à parler. On 
lait la même opération de In fumée de tabac pour les empêcher 
de cancaner ( c'est le mol dont se servent les Français d'Amé- 
rique pour exprimer leur vilain cri), et îb cessent en eHêt de 
crier lorsqu'on leur a donné un grand nombre de camouflets. 

Quelques auteurs ont prétendu que les (êmelles de« perro* 
quels n'apprenoient point À parler ; mais c'est en même temps 
une erreur et une idée contre nature : on les instruit aussi aisé- 
ment que ka mâles , et même ellej sont plus dociles et plus douw*.' 



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aa6 HISTOIRE NATURELLE. 

Au reste, d« tous lei perroquets de l'Amérique, les amaKones et 
h» crïka sont ceux qui sont lea [dus susceptibles d'éducation et de 
l'imitation de la parole, surtout quand ils sont pris }eunes. 

Comme les wuvage> font commerce entre eux des plumes de 
perroquets, ilss'emparent d'un certain nombre d'arbres sur les- 
quels ces oiseaux tiennent bire leurs nids ; c'est une espèce de 
propriété dont ils tirent le revenu en vendant les perroquets uix 
étrangers, et commerçant d» plumes avec les autres sauvages. 
CesarbresauxperroqnetspusentdepèreenfiJsjet c'est souveat 
le meilleur immeuble de U succession. 



LES PERROQUETS AMAZONES. 

JNons en connoîsaons cinq espèces ,' indépendamment de plu- 
sieurs variétés: la première est l'amaione U l4te jaune; et la 
seconde, le tarabé, ou Funazoneàléte rouge ;U troiiieme, l'anu- 
Eone k tèle blanche; la quatrième , l'anusone iaune ; et la cin- 
quième , l'aourou-counou. 

L'AMAZONE A TÈTE JAUNE. 

Pnmiért e»pèc». 

\jXt msMB a le sommet de la léle d'un beau jaune vif; la goi^, 
le cou, le dessus du dos et les couvertures supérieures desai^, 
d'un vert brillanl^ la poitrine et le ventre, d'un vert un peu jau- 
nâtre ; le fouet des ailes est d'un rouge vif; les pennes des ailes 
sont variées de vert , de noir , de bleu violet et de rouge ; les deux 
pennes extérieures de chaque cAlé de la queue ont leurs barbes 
intérieures rouges à l'origine de la }dume , ensuite d'un vert foncé 
jusque vers l'extrémité, qui est d'un vert jsun&tre; les autres 
pennes sont d'un vert foncé, et temlinées d'un vert fannitre; le 
bec est rouge à la base , et cendré sur le reste de son étendue ; 
l'iris des feux est jaune; les pieds sont gris , et les ongles noirs. 

lïouB devons observer ici que H. Linmeos a fiut une erreur en 
disantque oes oiseaux ont tes joues nues (^ifAiew^nM nudu): 
ce qui confwid mal à propos les perroquets amaioaes avec les 



DiailizodbvGoOgle 



VARIÉTÉS DE L'AMAZOSE A TÉTE JAtlTVE. aa^ 
aras , qui teuls ont ce caractàn , les amMxoae» aysut au con- 
traire des plumessur lea joues, c'est-i-dire , entra le bec et les 
yeux , et n'ayant, comme tout lesautres pe rro^uets, qu'on ti^- 
petit cercle de peaa nue autour des yeux. 

VRIÉTÉS, 

OU ESPÈCES VOISINES DE LAMAZONE A TÈTE JAUNE. 

Il y a encora deux autres espboes Toùinet de celle que nous ve- 
nons de décrire , et qui peut-être n'en sont que des variétés. 

I. I* première , que nous avons Ait représenter dans \m 
planches enluminés, n*. 3i s, sous la dénomination èeptiroqutt 
verttt rouggda Caytnne, n'a été indiquée par aucun naturaliste, 
quoique cet oiseau soit connu i la Guiane sous le nom de bâtard 
amatontoa de ieini-amtuonë: l'on prétend qu'il vient du mâange 
d'un perroquet amaxone avec un autre perroquet. Il est en effet 
aUtardî si on veut le comparer i l'espèce dont nous vencnii de par- 
ler ; car il n'a point le beau jaune sur la t£te, mais seulement un 
peu de jauo&tre sur le &onl,prèsde laradaedu bec; le vert de 
•on plumage n'est pas aoosi brillant , il est d'un vert jaunSire, 
et il n'y a que le rouge des ailes qui soil semUable et placé de 
même ; il y a aoaù une nuance de jaunitre sous la queue ; aon beo 
est rougeâtre , et ses pieds sont gris ; sa grandeur est égale. Ainsi 
l'on ne peut ^aixa douter qu'il ne tienne de très-prÈs il l'espèce 
de l'anuunne. 

II. la seconde variété a été premièrement indiquée par A1- 
drovande, et, suivant sa description, elle ne parolt différer de 
notre premier perroquet amnzone que par les couleurs du beo, 
que cet auteur dit être d'un jaune couleur d'ocre sur lea côtésde 
la mandibule supérieure, dont le sommet est bleuâtrasursA lon- 
gaeUT, avec une petite bande blanche versTextrémité; la man- 
dibule infiérieure est aussi jaunAtre dans son milieu , et d'une 
couleur plombée dans le reste de son étendue : mais toutes lea 
couleurs du plumage , la grandeur et la forme du corps étant les 
mêmes que celles de notre perroquet amaaone à tête jaune, il ne 
nous parott pas douteux que ce ne soit une variété de oetle 
espèce - 



DiailizodbvGoOgle 



HISTOIHE KATURELLE 



LE TAtlABÉ, OU AMAZONE A TÊTE ROUGE. 

Seconde espèce, 

\jS perroquet , décrit par Marcgrave comme naturel an Brésil, 
ne se trouve point à la Guiane. Il a U tète , U poitrine , le fouet 
et le haut des ailes, rouges; et c'est par ce caractère qu'il doit être 
réuni avec les perroquets amasones. Tout le reste de son plumage 
est vert ; le bec et les pieds sont d'un cendré obscur. 

L'AMAZONE A TÊTE BLANCHE. 

TivitUrM eapict. 

Jt, seroït plus exact de nommer ce perroquet à front blanc , 
parce qu'il n'a guère que cette partie de la tête blanche ; quel- 
quefois le blanc engageanssi l'œil et s'étendsurle sommet de la tête, 
comme dans l'oiseau de U planche enluminée , n'. 5'i^; souvent 
il ne borde que le front, comme dans celui du n°. 355. Ces deux 
individus , qui semblent indiquer une variété dans l'espèce , 
aillèrent encore par le ton de couleur, qui est d'un vert plus 
foncé et plus dominant dans célui-d , et moins onde de noir, 
plus clair, mêlé de jaunfttre dans le premier, et coupé de festons 
noirs sur tout le corps; la gorgo et le devant du cou sont d'un 
beau rouge. Cette couleur a moins d'étendue et de brillant dans 
l'autre; mais il en porte encore une tache sous le ventre. Tous 
deux ont les grandes pennM de l'aile bleues; celles de la queue 
sont d'un vert jaunâtre, teintes de rouge dans leur première 
moitié. On remarque dans le fouet de l'aile la tache rouge qui 
est , pour ainsi dire, la livrée des amazones. Sloane dît qu'on 
apporte fréquemment de ces perroquets de Cuba à la Jamaïque, 
et qu'ils se trouvent aussi à Saint-Domingue. On en voit de 
même au Mexique ; mais on ne les rencontre pas à la Guiane. 
M. Brisson a &it de cet oiseau deux espfeces , et son erreur vient 
de qu'il a cru que le perroquet à tète blanche, donné par £d- 
-wards.étoit diBerent du sien. On s'assurera, en comparant la 
planche d'Edwards avec la nôtre , que c'est le même oisaau. De 



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Si9 HISTOIRE NATURELLE 



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l3.l;,Voiiroi>-ooiii. 



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DE L'AOUROU-COURAOU. 



339 



plue, le perroquet de la Martinique, indiqué par 1« P. labat 
qui a. le deMus de la tête couleur d'anloiae , avec quelr[ue peu d« 
rouge , est , comme l'on voit , difi^rent de notre perroquet ama- 
Eone&léle blanche, et c'eat nna fbndemuit que U. Briumadit 
que c'était le même que celui-ci. 



L'AMAZOUE JAUNE. 

Quatriime tapée». 

(jE perroquet amasone, n*. i3, est probablement du Brésil, 
parce que Salerne dît qu'il en a tu un qui prononçait des mota 
porlugnia. Nous ne tarona oepesdant pas positivement ai celui 
dont nous donnons la figure est venu du Brésil; mais il est sûr 
qu'il est du nouveau continent, et qu'il appartient à l'ordre des 
amazones par le rouge qu'il a sur le fouet des ailes. 

S a tout le corps et la tête d'un très-beau jaune, du rouge sur 
le fouet de l'aile, aîuai que sur les grandes pennes de l'aile et sur 
les pennes latérales de la queue; l'iria des yeux est rouge ; le beo 
et les pieds sont blancs. 



L'AOUROU-COURAOU. 

Cùtqtdèma e^tèct. 

Ij'Aovww-coouotr, n*. 547,deMarcgraveest nn bel oiieaa qui 
ae trouve à la Guiane et au Brésil. 11 a le front bleuâtre avec une 
banda de même couleur au-dessus des yeux; le reste de la tête 
est jaune; les plumas de la gorge sont jaunes et bordées de vert 
bleuâtre ; le reste du corps est d'un vert clair qui prend une teinte 
de jannâtresurledoset sur lèvent»; le fouet de l'aile est rouge ; 
les couvertures supérieures des ailrs «ont vertes; les pennes da 
l'aile sont variées de vert , de noir, de jaune , de bleu violet et da 
rouge ; la queue est verte ; mais lorsque les pennes en sont éten- 
dues , elles paroi«ent frangées de noir , de rouge et de bleu : 
l'Iris dea yeux est de couleur d'or; le bec est noitfttre , et le* pieds 
•ont cendrés. 



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HISTOIRE NATURELLE 



VARIÉTÉS DE L'AOUROU-COURAOU. 



Il y a pluaieun variétés qa'oD doit npforler à c*tte etpbc». 

I. L'oûeau indiqué par AMravand* Mitu la dénomination d« 

ptiitactu viridi» mttanorynchot , qui ne difière preaque en rien 
de celui-ci , comme on peat le voir en comparant la description 
d'Aldrovande avec la nAtre. 

II. Une seconde Tariété est eocore un perroquet indiqué par 
Aldrovande, qui a le (root d'un bleu d'aigue-marine , arec une 
iMnde de cette couleur au-deasug des feux ; ce qui , comme I'od 
voit, ne s'âoigne que d'une nuance de l'espèce que nous venons 
de décrire. Le sommet de la tète est auwi d'un jaune plus pile ; la 
mandibule supérieure du bec est rouge k sa base , bleuâtre dans 
son milieu, et noire à son extrémité; k mandibule infêrieure est 
Uanchâtre. Tout le reste de la description d'Aldrovande d<mne 
des couleurs absolument sonblables à celles de notre cinquième 
espbce, dont cet oiMau par (xxuéqoent n'est qu'une variété. On 
le trouve non-seulement à la Gniane, an Riiail, au Mexique^ 
mais «nosve k k ïamuque; eti( &at qaH soit bien commun an 
Mexique , puisque les Espagnols lui ont donné un nom partica- 
lier, cathêritui. îl se trouve aussi à k Guiane, d'où on l'a proba- 
Uement transporté à la Jamaïque; car les perroquets ne volent 
pas asses pour &ire un grand trajet de mer. Labatdit raèmequ'ik 
ne vont pas d'une lie à l'autre, et que l'on connoît les perroqaeta 
des diâérentet lies. Ainsi la perroquets du Brésil, de Cayeone 
et du rate da k terre-ferme d'Amérique , que l'on voit dans les 
lies du vent«t sous k vent, 7 ont été transportés, et l'on n'en 
voit point XM très-pen de œux des {les dans k terre-ferme , par 
k difficalté que les cowans de k mer opposent à oette traversée » 
qui peut se faîte en six ou sept jours depuis la terre-fenne aux 
Iles, et^uidcuaadesiKanQainesQu deux mois des lies à la terre- 
férme. 

Œ. Une Iroiiième variété est ceSe qae Marcgrave a îndiqBée 
sous le nom de aiuru-eumca. Cet oiseau a sur k tite une espèce 
de bonnet bleu mêlé d'un peu de noir, au milieu duquel il 7 a 
une tache jaune. Cette indication^comme l'on voit, ne diffère en 



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DU CRIS. A TÊTE ET A GORGE JAUNES. a3i 
rien de notre deac»îption. Lebec«slceniiréàBalM8e,et noiràaon 
extrémité : voilà U seule petitedifiëreouequ'îlyait entra cet deux 
perroquet*. Ainii l'on peut croire que celui de Marcgrare est une 
variété de notre cinquième etpèce. 

IV, Une quatrième Tariété indiquée de mémeparMarcgraTe, 
et qu'il dit être «emblable i la précédente, a néanmoins été pi-ïae, 
«iiui que les oiteanx que noua venons de citer et beaucoup d'au- 
tres, par nos nomenclateun, comme des espèces difierentes , 
qu'iU ont même doublées sans aucune raison. Mais en compa- 
rant les descriptions de Marcgmve, un n'y voit d'autres diSë- 
rences, sinon que le jaune s'étend un peu plus sur le cou; ce qui 
n'est pas, i beaucoup pr^ , suffisant pour en &ire une espèce 
diverse, et encore'teoins pour la doubler, comme l'a&itM. Bri»- 
son en donnant lo perroquet d'Atbin comme difiëreot de celui 
d'Edwards , tandis que ce dernier auteur dit que son perroquet 
est le même que celui d'Albin. 

T. Enfin une rinqnifeme variété est le perroquet donné par 
M. BrîsBon sous le nom de ptrroqiut amazone àfiont/aun», qui 
ne diSêre de oelui-ci que parce qu'il a le front blanohitre ou d'ua 
jaune pile, tandis que l'autra l'a bleuâtre ; ce qui est bien loin 
d'être suffisant pour en faire une eipcee distincte et sé^iarée. 

LES CRIKS. 

t^coiQu'n. y ait un très-grand nombre d'oise«ux auwjuds oo doit 
donner ce nom, on peut néanmoins les réduire à sept espèces, 
dont toutes les autres ne sont que des variétés. Ces sept espèces 
•ont, 1*. le crik kgjargojaana; a", le meunier ou le crik poudré; 
3*. le crik rouge et bleu ; 4°. le crik à &oe bleue ; 5'. le crik pro- 
prement dit ; 6*. le crik à tête bleue ; 7°- le crik à tète violette. 

LE CRIK A TÊTE ET A GOaOE JAUNES. 
PrtmiÀr* tspèce, 

Cs crik a la lâte entière, la gorge et le bas du oou d'un très-bnn 
iuine ; le deiioiu du corpe d'un Tert brillant, et k desKU d'un 



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553 HISTOIRE NATURELLE 

vert nn pen jaunâtre; le Fouet de l'aîleeit jaune, au lieu que dans 
les amazones le fouet de Taile esl rouge ; te premier rang des cou- 
verlurea'de l'aile est rouge et jaune; les autres rangs sont 'd'un 
beau vert; les pennes des ailes et de la queue sont variées de vert, 
de noir, de bleu violet, de jaunâtre et de rouge; l'iris des jreuzeat 
jaune; le bec et les pieds sont blanchàTre*. 

Ce crik à gorge jaune est actuellement vivant chez leR. P. Bou* 
gqt, qui nous a donué le détail suivant «ur son naturel et ae» 
moeura. 

■t II se montre, dît-il, trïs-capsble d'attachement pour son 
maître; il l'aime, mais à condition d'en être souvent caressé. Il 
semble être fSché si on le néglige, et vindicatiPsi on le chagrine; 
il a des accès de désobéissance; il mord dans ses caprices, et rit 
avec éclat après avoir mordu , comme pour s'applaudir de sa mé- 
chanceté. Les châtimensou la rigueur des trsilemens ne font que 
le révolter, l'endurcir et le rendre plus opiniâtre; on ne le ramène 
que par la douceur. 

L'envie de dépecer, le besoin de ronger, en Font nn oiseaa 
destructeur de tout ce qui l'environne; il coupe les étoffes des 
meubles, entame les bois des chaises, et déchire le papier et les 
plumes , etc. Si on l'ôte d'un endroit, l'instinct de contradiction, 
l'instant d'après, l'y ramène. U rachète ses mauvaises qualités par 
des Bgrémens; il retient aisément tout ce qu'on veut lui fit ire dire. 
Avant d'articuler, il bat des aibs, s'agite et se joue sur sa perche. 
Ia cage l'attriste et le rend muet ; il ne parle bien qu'en liberté ; 
du reste, il cause moins en hiver que, dans la belle saison, où, 
du matin au soir, U ne cesse de jaser, tellonent qu'il en oublie 
la nourriture. 

Dans ces jours de gaieté , il est aSêctueux ; il reçoit et rend les 
caresses, obéit et écoute r mais un caprice interrompt souvent et 
fait cesser cette belle humeur. H semble être affecté des change- 
mens de temps; il devient alors silencieux. Le moyen dt; le ram- 
roer est de chanter près de lui; il s'éveille alors et s'efforce de sur- 
passer par seséclats et par ses cris la voix qui l'excite. Il aime les 
enfans , et en cela il diflère du naturel des autres perroquets : il 
en affectionne quelques-uns de préférence; ceux-là ont droit de 
le prendre et de le transimrtcr impunément; il les caresse; et si 
quelque grande personne le touche dans ce moment , il la mord 
très-serré. Lorsque ses amis enfans le quittent, il s'afflige, les suit 
et les rappelle à haute vois. Dans le temps do la mue , il paroU 



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DU MEUNIER OU CRIR POUDRÉ. a33 

souffrant et abaltn , et cet état de forte mue dure eoriron truis 

Od lui donne pour nourriture oi-dinaireduchèneviaidesuoix, 
de« fruits de toute espèce, et du pain trempé dau du vin. Il pré- 
férerait la viandesi on vouloit lui en donner; mais on a éprouvé 
que cet aliment le rend lourd et triste , et lui fait tomber les 
plumes au bout de quelque temps. On a aussi remarqué qu'il 
conserve son manger dam des poches ou abajoues, d'où il le Elit 
sortir ensuite par une espèce de rumination '. » 

LE MEUNIER, OU LE CRIK POUDRÉ. 

Secortde espèce. 

Avcus naturaliste n'a indiqué ni décrit celle espèce 'd'une ma- 
nière distincte ; Q semble seulement que ce soitle grand perroquet 
vert poudré de gris , que Ban'ère a désigné sous le nom de per- 
roquet blanchâtre. Ceat le plus grand de tous les perroquets du 
nouveau monde, à l'exception des aras. Il a élé appelé meunier 
par les habitans de Cayenne, parce que son plumage, dont le 
fond est vert, parolt saupoudré^de farine. Il a une lâche jaunesur 
la tète; les plumes de la face supérieure du cou sont l^èrement 
bordées de brun ; le dessous du corjM est d'un vert moins foncé 
que le dessus, et il n'est pas saupoudré de blanc; les pennes ex- 
térieures des ailes sont noiit», à l'exception d'une partiedes barbes 
extérieures qui sont bleues; il a une grande tache rouge sur les 
ailes; les pennes de la queue «ont delà mémecouleur que ledesaus 
du corps, depuis leur origine jusqu'aux trob quarts de leur lon- 
gueur, et le reste est d'un vert jaunâtre. 

Ce perroquet, n*. 861, est un des plus estimés, tant par sa 
grandeuret la singularité de ses couleurs, que parla fecilité qu'il 
a d'apprendre à parler, et par (a douceur de son naturel. Il n'a 
"qu'an petit trait déplaisant; c'est son bec qui est de couleur do 
coi-ne blanchâtre. 



' Ndu eDoiainniqu^c pir la R. P. Bongot , ginlien du Capnciiii itc Semur, 1 
a bit pendiDt lang-tcmpi hb fWuii de l'iducilioD dM i>crru<]i>eu. 



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HISTOIRE NATURELLE 



LE CRIK aODGE ET BLEU. 

Troitiime »tpèc*. 

Ce perroquet a été indiqué par Aldrovand«, et teiu In intiM 
naturalùtetont copié ce qu'il en a dit ; cependant^iU ne a'acoonl«Dt 
pas dans la description qu'îb en donnent. Selon Lînnœiu il a la 
queue verte , et aeloii H. Brition il l'a couleur de rose. Ni l'un ai 
l'autre ne l'ont vu, et voicî tout oe qu'en dit Aldrovande. 

M Le nom de varié {OtauX») lui coQviendroit fort, eu égard 
il la diversité et la richeMe de aea couleurs. Le bleu et le rougs 
tendre ( roaeua ) y dominent; le bleu colore le cou , la poitrine 
et la tête , dont le aommet porte une tache jaune; le croupion est 
de même couleur; le ventre est vert; le haut du de* blrà clair; 
les penne* de l'aile et de la queue sont toute* «>uleur de roae ; I» 
couvertures des premières sont mélangées de vert, de jaune et de 
couleur de rose; celles de la queue sont vertes ; le bec eat noir&- 
Ire; les pieds sont gris rougeàtre. >■ 

Aldrovande ne dit pas de quel pays est venu cet oiseau; maii 
comme il a du rouge dans les ailes , et d'ailleurs une tache jaune 
sur la tête, nous avons cru devoir le mettre au nombre des criks 
d'Amérique. 

Il faut remarquer que M. Brisson l'a confondu avec le perro' 
quel violet indiqué par Barrère, qui est néanmoins Tort différent, 
et qui n'est pas de l'ordre des amazones ni do crïle, n'ayant 
point de rouge sur le* ailes. Dan* la suite , nous parlerons de ce 
perroquet violet. 



LECRIK A FACE BLEUE. 

Çuatriime espict. 



^x perroquet, n*. 36o, nous a été envoyé delà Havane, et pro- 
bablement il est commun au Mexique et aux terre* de l'isthme; 
mais il ne ae trouve pa« & h Gniane. Il est heanconp moiBa 



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DU CRIK.. a55 

grand que le meani» ou cril poudré, H longueur n'étant que de 
douze pouces. Entre 1m penne* de l'aile, qui tont bleu d'indigo, 
il en perce qnelques-unei de rougea. Il a U face bleue, la poitrine 
etTeelomac d'un petit rouge tendre ou liIa«,ODdé de vert; tout 
le reste du plunuge est vert, à l'exception d'une tache jaune an 
bas du venlre. 



LE CRIK. 

Cinquiimt tspict. 

Kj'xst ainsi qu'on appelle cet oiseau à Giyenne, où il est si com? 
mun, qu'on a donné aon nom à tous les autres criks. H est plus 
petil que les amazones : mais Déanmoim il ne but pas , comitw 
l'ont fait noanomendateun, le mettre BU nombre des perruches; 
ils ont pria ce trik pour la perruche de la Guadeloupe , parce 
qu'il est entièrement vert comme elle ; cependant il leur étoit aisé 
«l'éviter de tc«nber dans cette erreur, s'ils eussent coosullê Maro- 
grave, qui dît expressément que ce perroquet est gros comme un 
poulet. Ce seul caractère auroit suffi pour leur fiiire connoltre que 
ce n'étoît pas la perruche de la Guadeloupe, qui ert aussi petite 
que les autres perruches. 

On a aussi confond u ce perroquet ciilc avec le perroquet tahua 
qu'on prononce tavoua, et qui entendant en di&We par un grand 
nombre de caractères ; car le tavoua n'a point de rouge dans lea 
ailes , et s'est, par conséquent, ni de l'onlre des amaxones ni de 
celui des criks , mais plutôt de celui des papegais , dont noua par- 
lerotia dans l'article suivant 

Lecrik, n*. tiSg, que nous décrivons ici, a près d'un pied de lon- 
gueur , depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue , et 
■es ailes pUées s'étendent un peu au-delà de la moitié de la lon- 
gueur de la queue. Q est, tant en dessus qu'en dessous , d'un joli 
vert assez dair , et particulièrement sur le ventre et le cou , où le 
vert est très-brillant ; le front et le sommet de U tête sont aussi 
d'un aates beau vert ; lesjouessontd'un jaune verdntre; ily asnr 
tes ailea une laohe rouge ; les pennes en sont noires , terminées de 
bleu ; les deux pennes du milieu de la queue sont du même vert 
que le dos; et les pennes extérieures, ait nombre de cinq de cha- 
«lue coté , ont chacune une grande Lâche oblongue rouge sur les 



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a3(î HISTOIRE NATURELLE 

barbet intérieures, laquelle s'élargit de plua en plus de la penne 
intérieure à la penne extérieure ; l'iris des yeux est rouge; le bec 
et les pieds sont blanchâtres. 

Marcgrave a indiqué une variété dans cette espèce qui n'a de ' 
âifTérence que la grandeur, ce perroquet étant seulement nn peu 
plus petit que le précédent; il appelle le premier atunt-catinga , 
et le second aiuru-apara. 

LE CRIK A TÊTE BLEUE. 

Sùciime espèce, 

J^ sixième espèce de ces perroquets est celle du crik Ji tète bleue, 
donnée par Edivarda; il se trouveàlaGuîane, ainsi que les pré' 
cédena. H a tout le derant de la tète et la gorge bleus, et cette 
couleur est terminée sur la poitrine par une tache rouge: le reste 
du corps est d'un vert plus foncé sur le dos qu'en - desnous ; les 
couvertures supérieures des ailes sont vertes ; leurs grandes 
pennes sont bleues , celles qui cnirent sont rouges, et leur partie 
supérieure est bleue à l'extrémité ; les pennes qui sont près du 
corps sont vertes; les pennes de la queue sont en-dessus vertes 
jusqu'à la moitié de leur longueur, et d'un vert jaunâtre en- 
dessous ; les pennes latérales ont du rouge sur leurs barbes exté- 
rieures ; l'iris des yeux est de couleur orangée ; le bec est d'un 
cendré noirâtre , avec une tache rougeâtre sur les côtés de la man- 
dibule supérieure ; lea pieds sont de couleur de chair, et les <Migles 



VARIÉTÉS DU CRIK A TETE BLEUE. 

B devons rapporter à cette sixième espice les variétés sui- 



vantes. 



l- Le perroquet cof^Ao, indiqué par Femandba, qui neparott 
JifTéicr de celui-ci qu'en ce qu'il a la tète variée de rouge el de 
blanchâtre , au lieu de rouge et de bleuâtre ; mais du reste il est 
absolument semblable et de U même grandeur que le crik à tète 



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DU CRIK A TÊTE VIOLETTE. 3Ï9 

Unie, qui cat ua peu plus petit que les criks de la première et 
de la secande espèce. Les Espagnols l'appellent ctUhmrina , Dom 
qu'ila donnent aussi au perroquet de la seconde variété de l'es- 
pèce de l'aourou-oouraou ; et Fernandès dit qu'il parle très- 
bien. 

n. Le perroquet indiqué par Edvnrds, qui ne dilTère du crîk 
1 télé bleue qu'en ce qu'il a le front rouge et les joues orangées : 
mais Comme il lui ressemble par tout le reste des couleurs, ainsi 
que par la grandeur , on peut le regarder comme une variété dans 
cette espèce. 

in. Encore une variété donn^ par Edvrards, qui ne différa 
pas, par la grandeur, du crîk à tête bleue , mais seulement par la 
couleur du front et le haut de la goi^ qui est d'un assez bean 
rouge, tandis que l'antre a le front et le haut de la gorge bleuâ- 
tre* : mais comme il est semblable par tout le reste , nous avons 
jugé que ce n'étoit qu'une variété. Nous ne voyons pas la nison 
qui a pu déterminer M. Brisson h joindre à ce crik le perroquet 
de la Dominique, indiqué par le P. Labat; car cet auteur dit seu- 
lement qu'il a quelques plumes rouges aux ailes, à la queue et 
loua la gorge, et que tout le reste de son plumage est vert : or 
cette indication n'est pas suffisante pour le placer avec celui-ci, 
puisque ces caractères peuvent convenir paiement i plusieurs 
autres perroquets amaxonea ou criks. 



LE CRIK A TETE VIOLETTE. 

Stptiima espèc». 

C'est le P. du Tartre qui le premier a indiqué et décrit ce per- 
roquet qui se trouve à la Guadeloupe, n II est si beau, dit-il, et si 
nngulier dans les couleurs de ses plumes, qu'il mérîted'ètre choisi 
entre tous les autres pour le décrira. Il est presque gros comme 
ane poule; il a le bec et les yeux bordés d'incarnat; toutes les 
plumes de ta léle, du cou et du ventre, sont de couleur violette, 
un peu mêlée de vert et de noir , et changeantes comme la gorge 
d'un pigeon; tout le dessus du dosent d'un vert fort brun; les 
grandes pennes des ailes sont noires; toutes les autres sont jaune»! 



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ï» HISTOIRE Î5ATURELLE 

vertes et rouges, et il a sur les couvertures des ntles deux tacliei 
en forme de roMS des même* couleurs. Qnand il hérisse les plu- 
mes de son ooa,il s'en fait ure belle fraise «utour de la tête, dans 
laquelle il semble se mirer comme le peon fait dans «a queue; ita 
la voix forte, parle très-distinctement, et apprend promptement, 
pourvu qu'on le prenne jeune. » 

Noos n'avons pu vu ce perroquet, et il ne se trouve pas à 
Cayenne : il &ut même qu'il soit bien rare à la Guadeloupe au- 
jourd'hui ; car aucun des habitana de celte Ile ne nous eo a donné 
oonnoiannoe : mais cela n'est pas extraordinaire ; car depuis que 
les iles sont fort habitées , le nombre des perroquets j est fort di- 
minué; et le P. du Tertre remarque en particulier de celoi-d, 
que le» colons français lai fiiisoîent une terrible guerre dans la 
saison où les goyaves, les cachimans , etc. , lui donnent une gratsso 
extraordinaire et succulente. Il dit aussi qu'il est d'un naturel 
très-doux , et Greile A priver. « Noos en avions denx , ajonte-i-il , 
qui firent leur nid à cent pas de notre case , dam nn grand ar- 
bre. Le mAle ella femelle couvoient alternativement, et venoient 
l'un après l'autre chercher à manger à la case, où ils amenèrent 
leurs petits dès qu'ils fîirent en état de sortir du nid. ■• 

Nous devons observer que, comme les criks sont les perroquets 
les plus communs, et en même temps ceux qui parlent le mieux, 
les sauvages se sont amusés & les nourrir et à faire des expériences 
pour varier leur plumage : ils se servent, pour cette opération, 
du sang d'upe petite grenouille, dont l'espèce est bien dtflërente 
de celle de rit» grenouilles d'Europe; elle est de moitié plus pe- 
tite, et d'un bkau bleu d'asur, avec des bandes longitudinales de 
couleur d'or; c'est la plus jolie grenouille du monde ; elle se tient 
rerament dans les marécages , mais toujours dans les forets éloî- 
gnces des habitations. Les sauvages commencent par prendre un 
jeune crik au nid, et lui arrachent quelques-unes des plumes 
scapulaires et quelque* autres plumes du dos ; ensuite ils frottent 
du rang de cette grenouille le perroquet à demi plumé : les plu~ 
mes qui renaissent après cette opération, au lieu de vertes qu'elles 
étoient, deviennent d'un beau jaune ou d'un très-beau rouge; 
c'est ce qu'on appelle en France perroquets tapiréa. C'est un usa^ 
ancien chez les sau^'ages, car Marcgrave en parle. Ceux de la 
Gniane, comme ceux de l'Amaione, pratiquent cet art de lapî- 
rer le plumage des perroquets. Au reste, l'opération d'arracher 
les plumes tait beaucoup de mal à ces oiseaux; et même ib en 
meurent u souvent, que ces perroquets tapirés sont fort rares. 



D,a,l,zt!dbvG00glc 



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DU PAPEGAl DE PARADIS. aSg 

qiRMqne les Muvaget les vendent beaucoup plua cher que les 
«utrei. 

Nous avons dit représenter dans les plsnclie* enlaminë«s , 
n', lao , un âe ces perroquets tapirés ' ; et on doit lai rapporter 
le perroquet indiqué par Klein et par Frisch , que cet deux au- 
teurs ont prîi pour un perroquet naturel , duquel ils ont en con- 
séquence &il une description qu'il est inutile de citer id. 

LES PAPE6AIS. 



IjXs papegais sont , en général , plus petits que les amazones ; et 
ils en diffkent, ainsi que des cnlu, en ce qu'ils n'ont point de 
rouge dans les ailes : mais tons les papegais, aussi-bien que les 
amaaonea, les criks et les aras, appartiennent an nouveau con- 
tinent, et ne se trouvent point dans l'ancien. Nous connoissons 
onae espèces de papegais , auxquelles nous ajouterons ceux qui 
ne sont qu'indiqués par les aoteun , sans qu'ils aient désigné les 
couleurs des ailes ; ce qoi nous met Lors d'éta t de pouvoir pronon- 
cer si ces perroquets dont ils ont &it mention sont, ou non, du 
genre des amazones , des criks ou des pagegaîa. 



LE PAFEGAI DE PARADIS. 

PmaiiTÊ tapie*. 

\Ai.TssEY a appelé cet oiseau, Tt'.iZBjpermqutt dt paradi» : ^i 
est très-)oli, ayant le corps jaune, et toutes les plumes bordées de 
rouge mordoré; les grandes pennesdesnilessont blanches, et toutes 
les autres jaunes , comme les plumes du corps ; les deux pennes du 
milieu de la queue sont jaunes aussi ; et toutes les latéi'ales sont 
rouges depuis leurorigine jusque vers les deux tiers de leur lon- 
gueur, le reste est jaune; l'iris des yeux est rouge; le bec et les 
pieds sont blancs. 

Il semble qu'il y ait quelques variétés dans cetteespèce de pa- 

■ 11 } ut nateai ptrroguit «nuion* trarii Ja Briiil. 



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a4o HISTOIRE NATURELLE 

pegai ; car celui de Catesby a la gorge et le venlre entièmnent 
rouges, tandis qu'il y en a d'autres qui ne l'onl que jaune , et dont 
les plumes sont «eulement bordées de rouge ; ce qui peut prove- 
nir de ce que les bordures sont plue ou moins larges, suivant 
l'âge ou le sexe. 

On le trouve dans Itle de Cuba ; et c'est pRr cette raison qu'mi 
)'a étiqueté j^rrogue^ de Cuba dans la planche enluminée. 

LE PAPEGAI MAILLÉ. 

Seconde espèce. 

l_iE perroquet d'Amérique, n*. 596, parott étrele mémequele 
perroquet varié de l'ancien continent ; et nous présumons que 
quelques individus qui sont venus d'Amérique en France y 
avoient auparavant été transportés des grandes Indes, et que ai 
l'on en trouve dans l'inLérieur des terres de la Guiane, c'est qu'ils 
s'y sont naturalisés, comme les serins et quelques autres oiseaux 
et animaux des contrées méridionales de l'ancien continent, qui 
ont été transportés dans le nouveau par les navigateurs; et ce qui 
semble prouver que cette espèce n'est point naturelle à l'Améri- 
que, c'est qu'aucun naturaliste, ni aucun des voyageurs au nou- 
Teau continent, n'en ont &it mention, i]Uoiqu'il soit connu de 
nos oiseleurs sous le nom âe perroquet mailli, épithète qui in- 
dique la variété de son plumage. D'ailleurs il a la voix différente 
de tous tes autres perroquets de l'Amérique; son cri est aigu 
et perçant. Tout cela semble prouver que cette espèce n'appar- 
tient point à ce continent, mais vient originairement de l'ancien. 
Il a le haut de la tète et la bce entourés de plumes étroites et 
longues, blanches et rayéesdenoirâlre, qu'il relève quand ilest ir- 
rité, et qui lui forment alors une belle fraise comme une crinière; 
celles de la nuque et des côtés du cou sont d'un beau rouge brun, 
et bordées de bleu vif; les plumes de la poitrine el de l'eslomao 
sont nuées, mais plusfoiblement , des mêmes couleurs, dans les- 
quelles on voit un mélange de vert; un plus beau vert soyeox et 
luisant couvre le dessus du corps et de la queue , exceptéque quel- 
ques-unes de ses pennes latéiales de cliaque càté paroiasent en 
dehors d'un bleu violet, et que les grandes de l'aile sont brunes , 
ainsi qne le dessons de celles de la queue. 



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Du PAPEGAI a fiANDËAU ROUGE. !i4» 



LE TAVOUA. 

ThutiitM tapie*. 

\j't3T encore une espèce nouvelle, dont H. Buvsl a envoyé 
deux individus pour le Cabinet Ce perroquet, n*. S4o, est aaies 
rare à la Guiane ; cependanl û approche quelquefoii dei faabita- 
tioni. Nous lui conservons le nom de tanoua, qu'il porte dam U 
langue galibi, et nos oiseleun ont aussi adopté ce nom: ilsle t«- 
cherchent beaucoup , parce que c'est peut-être de tous les perro- 
quets celui qui parle lemieox, inéiDemieax que le perroquet gris 
de Guinée à queue rouge; et il est aingulier qu'il ne toit oonoil 
que depuis ti peu de temps : mais cette bonne qualité ou {dutAt 
ce talent est accompagné d'un <lé&ut bien euentiel; ce tavoua est 
traître et méchant au point de mordre cruellement lorsqu'il &ît 
semblant de caresser; il a même l'air de méditer ses méchancetés; 
■n physionomie, quoique vive, est équivoque. Du reste , c'est un 
trè»-bel oiseau , plus agile et plus ingambe qu'aucun autre per- 
roquet. 

D a le dos et le croupion d'un très-beau rouge ; il porte aiuâ 
du rouge au front, et le dessus de la télé est d'un bleu clair; le 
reste du dessus du oorp* est d'un beau vert plein, et le dessous 
d'un vert plus clair; tes pennes des ailes sont d'un beau noir avec 
des reflets d'un bleu foncé, en sorte qu'i de certains aspects elles 
paroissent en entier d'un très - beau Uen foncé ; les couvertures 
des ailes sont variées de bleu foncé et de vert. 

Nous avons remarqué que MH. Brisson et Browne ont con- 
fondu ce papegai tavoua avec le crik, cinquième espèce. 

LE PAPEGAI A BANDEAU R0CG2. 

Quatrième cMpèe», 

LjB perroquet se trouve à Saint-Domingue , et <^est par cette nd- 
Bon que.dans les planches enluminées, n*. 793, on l'a nommé 
perroqiut d* Saint-J}omingu«. Il porte sur le front, d'un oeil k 
l'autre, un petit bandeau louge -, c'est presque le seul trait, av«c 
Buffbn. 11. i( 



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a4a HISTOIRK NATURELLE 

le bleiideagranilea pennei del'aite, qui tranche dana son plmnaoB 
tout rert , assez sombre , et comme écaillé de noirâtre sur le coa 
et le dos, et derougeâtrssur l'estonuic. Ce papegai â neurpouces 
et demi de longueur. 



LE PAPEGAI A VENTRE POURPRE 

Cinquiime espèce. 

On trouve ce perroquet, n*. 548, à la Martinique; mais Q n'est 
pas si beau que les préc^ens. Il a le Iront Uanc; le sommet et les 
cAtés de la t?te d'un cendré bleu ; le ventre varié de pourpre et 
de vert, mais où le pourpre domine ; tout le reste du corps, tant 
en-dessus qu'en-dessoua, est vert; le fouet de l'aile est blanc; les 
pennes sont variéei de vert, de bleu et de noir; les deux pennes 
du miUeu de U queue sont vertes ; les sutrea sont variées de vert, 
de rouge et de jaune ; le bec est bUnc ; les pieds sont gris , et le* 
' ongles brans. 

LE PÂPEGÂI A TÊTE ET GOROE BLEUE& 

Sùeiime etpict. 

CspApegû) n". 384, ae trouve à laGniaoe, où cependant H est 
assez rare; d'ailleurs on le cherche peu, parce qu'il n'apprend 
pointa parler. Ha la tète, le coa, la got^e et la poitrine, d'un 
beau bleu , qui seulement prend une teinte de pourpre sur la poî- 
trine; les yeux sont entourés d'une membrane couleur de chair, 
au lieu que , dans tous les antres perroquets , cette membrane est 
Manche; de chaque oâté de la tète on voit une tachenoire; le dos, 
le ventre et lee pennes de l'aile sont d'un asses beau vert ; les 
couvertures supérieures des ailes sont d'un vert jaunÂtre; les 
couvertures inférieures de la queue sont d'un beau rouge; la 
pennes du milieu de la queue sont entièrement vertes; les latérales 
•ont delà même couleur verte, maiselles ont une tache bleue qui 
s'étend d'autant plut que les pennes deviennent plus extéiieui'es; 
le bec est noir avec une tache rouge des deux calé* de la mandi- 
bule supérieure; les pieds sont gris. 



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DU SASSKBÉ. sM 

Nous aroDB remarqué que M: Bi-jmod a conrondu ce perroquet 

avec criui cju'Edwnnls a nonimé h ptrroqutt vtrtfaci Ue bleu, 

tandi* que ce perroquet &cé de bleu d'Ed-f^rds est noire crîL à 

tête bleue. 



LEPAPEGAI VIOLET, 

Septième e»pèc; 

O N le Gonndt tant en Amérique qu'en France, sons la dénomi- 
nalion de perroquet violet : il e>t auei commim à la Guiane ; et, 
qrioiqu'il «oit joli , il n'est pa« ti-op ret'herchéj parce qu'il n'ap- 
prei-d point à parler. 

Nous avons déjà remarqué que M. Brîsaon l'avoit confondu 
avec le perroquet rouge et bleu d'AIdroi'ande , qui est une va- 
riété de notre crik. 11 a le« ailes et la queue d'un beau violet bleu; 
la tête et le tour de la face de la même couleur, ondée lur la 
gor^, et comme Fondue par nuances dans du blanc et du lilas; 
un petit Irait ron^e borde le front; tout le dessus du corps est 
d'un brun obscun'tnent teint de violet t toutes ces teinlea sont 
trop brunes et Irop peu wnlie» datti la planche enluminée n<*.4o8. 
lie dessous du rorps e«l richeroeni nué de violet b'eu et de violet 
pourpre ; les couvertures ii.fi'rieiires de la queue sont couleur de 
toae, el celle couleur teint en dedans leb bords des pennes ext^ 
rienreade la queue dans leur première moitié. 

LE SASSEBÉ. 

Huitiime eapice, 

(Itiido est le premier qui ait indiqué ce papegai tous le nom 

de xaxbé» ou iasuebé Sloane dit qu'il est naturel à la Jamaïque, 
n a la t^te , le de«u« et le desM>uii du corps verts ; la gorge et la 
partie inrérieuiv du <»u d'un beau rouge ; les pennes des ailea 
sont les unes vertes el les autres nointlre*. 11 seroit à désirer 
qu'Oviedoet Sln8ne,qur paroiiaenl avoir vu cet oiseau, en eus- 
sent donné une deioription plus détaillée. 



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m HISTOIRE NATURELLE 

' ' "" ' 

LE PAPEGAI BRUN. 

Ntuvièin* eapèet. 

\jrv oÙMU « été décrit, deumé et colorié par Edwards ; c'est 
un des plus rares et des moins boiax de tout le genre des perro- 
quets ; il ae troure â la Nouvelle-Espagne. Il est à peu près de la 
grosseur d'un pigeon commun ; ks jouea et le dessus du cou sont 
Terdftires ; le dos est d'un brun obscur; le croapion est verdàlre; 
la queue est verte en-deasus et bleue en-dessous ; h gorge ett 
d'un trèi-be«u bleu sur une laideur d'environ un pouce ; U pot- 
irine, le ventre et les jambes sont d'un brun un peu cendré ; lea 
uka smt vertes , mais les pennes les plus proches du corps aont 
Ixirdées de jaune; le* couvertures du dessous de la queue sont 
d'un beau rouge; le bec est nojr en-dessus , sa base est jaune, et 
les côtés des deux mandibules sont d'un beau rouge; l'iris de* 
yeux est d'un brun couleur de noisette. 

LE PAPEGAI A TÊTE AURORE. 

Dixième etpèe». 

jH. levage Dnpratz est le seul qui ait parlé de cet oiseau. 

« il n'est pas , dit-îl , nussi gros que les perroquets qu'on ap- 
porte ordinairement en France. Son plumage est d'un beau vert 
céladon ; mais sa téta est coiSëe de couleur aurore, qui rougît 
vers le bec, et se fond par nuances avec le vert du coté du corps, 
n apprend difficilement à parler; et quand il lo sait, il en bit 
rarement usage. Ces perroquets vont toujours en compagnie; 
et s'ib ne font pas grand bruit étant priv^, en revanche ils en 
font beaucoup en l'air, qui retentit an loin de leurs cris aigre* : 
ils vivent de pacanes, de pigems, de graine* dn laurier-tulipitr 
•t d'autre* petiu fruit*. » 



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DES PERBICHES. 



LE FARAGUA. 



CiST oïmu décrit per Marc^nve parait ae troarer au BrJait. Il 
est en partie noir et plus gnnd que l'amazoïie ; il a la poitrine 
et la partie anpérieure du ventre , ainri que le doc, d'un trè»- 
beau rouge ; l'irii des yeux est eu»i d'un beaa rouge; le bec, lea 
jambea et lea pieda août d'un cendré foncé. 

Far aea bellea couleun rougea , ce perroquet a du rapport avec 
lelori : maù comme celui-ci ne ae trouve qu'aux Grandea-Indes, 
et que le paragua eat probaUement du BréaQ , nous nous abstien- 
drons de prononcer aur l'identité ou la direraité de leurs espècea, 
d'autant qu'il n'y a que Marcgrave qui ait vu ce perroquet , et 
que peut-être il l'aura vu en Afrique, ou qu'on l'aura trans- 
porté au Bréail, parce qu'il ne lui donne que le nom timple da 
paragua, aanadire qu'il est du Brésil; en aorte qu'il est posaîUa 
que ce soit en effet un lori, comme l'a dit M. Brisson. Et ce qui 
pourroit fonder cette présomption, c'est que Marcgrave a aussi 
donné un perroquet gris comme étant du Brésil , et que noua 
soupçonnons être de Guinée , parce qu'il ne s'est point trouvé de 
ces perroquets gris en Amérique , et qu'au contraire ils sont très- 
communs en Guinée , d'où on les transporte souvent avec les 
nègres. La manière dont Marcgrave s'exprime prouve qu'il ne 
le regardoit pas comme un perroquet d'Amérique : ^viapnttaco 
plani timilit. 



LES PERRICHES. 

Avant de passer à la grande trîbu de* perriches , nous com- 
menceront par en séparer une petite &mille qui n'est ni de cette 
tribu , ni de celle des papegais , et qni parolt bire le nuance pour 
la grandeur entre les deux. Ce petit genre n'est composé que de 
deux espèces; savoir, le raaïpoori et le caica; et cette dersièrs 
n'estque très-nouvellement c< 



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HISTOIRE NATURFXLE 



LE MAIPOURI. 

Prenùèrm eipèct. 

\^t nom oonvient très- bipnàcetwmn, parce qu'il siffleconims 
le lapir , qu'on appelle à Gayenne maîpouri; et quoiqu'il y ait 
une énorme (lîSrreDce eclre ce fjrM quadrupède et ce petit oi- 
aeau , le coup de sifflet est ai wmblable , qu'on »j méprendroit. 
n se trouve A la Gu'ane, au Mexique et jusqu'aux Caraqnes ; il 
n'approche' ym% des linbtiationa et se tirnl ordinal rem eut dans les 
bois (■nlonré* dVan , et m^nie aur les arbres des savanes noyées ; 
il n'a pas d'autre voix que (ton sifflet aigu, qu'il répète souvent m 
volant , et it n'apprend point â parler. 

Kjh oiseaux vont ordinairement en petites troupes, mais son- 
vent sans affection les uns pour les autres, car ils se battent fré- 
quemment et rruellemeut lorsqu'on en prend quelques-uns à Ia 
diasse , il n'y a pas moyen de les conserver ; ils refusent la nonr- 
riture si constamment, qu'ils se laissent mourir; ils «ont de si 
mauvaise humeur, qu'on ne peut le* adoucir, même avec les 
camouflets de fumée de labac , dont on se sert pour rendre dour 
les perroipiets les plus rerécbes. Il faut , pour élever ceux-ci , les 
prendre jeunes, et ils ne vaadroit-nt paa la peine de leur éduoH 
tion , si leur plumage n'étott pas b?au el leur figure ■î^guli^^e ; 
car ils sont d'une forme fort difl'érente de celle des perroquets et 
nt^me de celle des perriches : ib ont le corps plus épais et plus 
court, la léle aussi beaucoup plus grosse, le cou et la queua 
ex I reniement courts, en sorte qu'ils ont l'air massif et lourd. 
Tdus leurs mouvemens répondent à leur figure. Leurs fdumea 
même sont toutes différentes de celles des autres perroquets on 
perruches : elles sont courles, trts<serrées et collées contre la 
corps, en sorte qu'il semble qu'on les ait eu effet comprimées et 
collées artificiellement sur la poitrine et sur toutes les parties inlë- 
rieurea du oorps. Au reste, le maîpouri esigivnd comme un [N-tiC 
papegai ; et c'est peut-être par cette raiton que MM. Edwards, 
BriMon et LInnteus l'ont mis avec les |)erroc|ueta : mais il en est 
ai difléienl, qu'il mérite un genre à part, dans lequel l'espèce d- 
■pi éa eat aussi comprise. 

Le maîpouri, n'. Sa?, a le dessus de la tête noir; une tache 
verte au-dessous des yeux ; les côtés de la téte^ la gorge et U 



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I>U CAICA. 247 

partie iofëricure da cou «ont d'un sskb beau jaune ; le de»u* 
du cou, le h)s-venlre et lea jambes, de couleur orangée ; le dos, 
le croupion, lea couvertures supérieurea des ailes et les pennes 
de la queue , d'un be«u rect ; la poitrine et le ventre bknchâ- 
trea quand l'oisnu est jeune, et jaunilres quand il est adulte; 
les grandea pennes des ailea sont Ueues à l'extérieur en-dessus, et 
noires à l'intérieur, et par-deauous elle* sont noirâtres ; les sui- 
vantes sont vertes et bordées extérieurement de jaunâtre ; l'iris- 
des yeux est d'une couleur de noisette foncée ; le bec est de cou- 
leur de chair; les pieds sont d'un brun cendré, et les ongles 
noiiAtres. 



LE CAICA. 

Second» espèce. 

rHovs avons adopté, pour cet oiseau, le mot eaÛM de la langue 
galilû , qui est le nom des plus grosses péniches , parce qu'il est 
en effet aussi gros que le précédent : il est aussi du même genre ; 
car il lui ressemble par toutes les singularités de la forme , et par 
la cslotte noire de sa tête. Cette espèce est non-seulement nofi- 
vdle en Europe ; mais elle l'est même k Cajenne. M. Soniai de 
Manoncourt nous a dit qu'il étoit le premier qui l'eût vue en 
1776; avant ce temps il n'éloit jamais venu de ces oiseaux i 
Cajenne, et l'on ne sait pas encore de quel pays ils viennent : 
mais depuis ce temps on en voit tous lea ans arriver par petite* 
troupes dans la belle saison des mois de septembre et d'octobre , 
et ne feire qu'un petit séjour ; en sorte que , pour le climat de la 
Guiane, ce ne sont que des oiseaux de pasnge. 

La coiffe noire qui enveloppe la tète du caïca, n*. 744, est 
comme percée d'une ouverture dans laquelle l'oeil est placé ; cette 
coiffe noire s'étend fort bas et s'élargit en deux mentonnières do 
mtbie couleur j le tour du cou est fiiuve et jaun&tre ; dans le beau 
vert qui couvre le reste du corps, trancbe le bleu d'asur qui- 
maxquelebord de l'aile presque depuis l'épaule, borde ses grandes 
pennes sur un fond plus sombre, et peint les pointes de celles 
de la queue, excepté les deux intermédiaires, qui sont tout» 
vnlet et paroiasent un peu plus courtes que les latérales 



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HISTOIRE NATURELLE 



LES PERRICHES DU NOUVEAU CONTINENT. 

Il y a dam le noaTMa continent , cmnine dans l'ancien , de< 

perrîcheaàlongueetàcQurteqa«ue;dauaIe* premières, lu nnea 
ont la qneue également étagi!e , et les autrei l'ont inégale ! nona 
Buivrona donc le m^me ordre dans leur distribution , en com- 
mençant par les perriches k qaeue longue et égale, que nous fe- 
rons suivre des perrichea à queue longue et inégale, et nous fini- 
rms par les perrichea k queue courte. 

PERRICHES. 

X QtTEUE LONOtJE ET ioALEHENT ÉTAOÉE. 

LA PERRICHE PAVOUANE. 
Premiire npiee à queue longue et égale. 

CtETTE perriche eit une des plus jolies ; elle est représentée 
jeune dana la planche 4o7, et tout-à-&it adulte, c'est-à-dire, 
dans M beauté, planche 167 : nous observerons seulement que 
•on bec n'est pas rouge, et que le vert de son plumage n'est paa 
Kussi foncé qu'on le voit dans oette dernière planche. La pa- 
vouane est aases oommune à Cajenne; on la trouve également 
aox Antilles, comme nous l'assure M. de la Borde, et c'est de 
toutes les perriches du nouveau continent celle qui apprend le 
plus ftdlemeot à parler r néanmoins elle n'est docile qu'à cet 
égard; car, quoique privée depuis long-temps, elle conserve 
toujours un naturel sauvage et ûrouche ; elle a même l'air mn- 
tm et de mauvaise humeur : mais comme elle a l'œil très- vif et 
qu'elle est leste et bien faite, elle plait par sa figura. Noa oise- 
leurs ont adopté le nom ^e pavouan» qu'elle porte à la Guiane. 
Cea perriches volent en troupes, toujours criant et piaillant; 
rflei parcourent les savane* et les bois, et se nourrissent, de pié- 
férence, du petit fruit d'un grand arbre qu'on nomme dana le 



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DELAPERÏIICHF: a gorge brune. sig 
psyi i'immvrleî, et que Tournefort k désigné mu U dénomina- 
tion de CQrallodendrQit '. 

Elle a un pied de longnear-, la quene a prèi de six pouces, et 
elle est régulièrement étagée ; la léte , le corps entier, le dessus 
des aile* et de la queue , sont d'un très-beau vert. A mesure que 
ces oiseaux prennent de l'âge, les calés de la tête et du cou se 
couvrent de petites taches d'un rouge vif, lesquelles deviennent 
de plus vm plus nombreuses, en sorte que , dans ceux qui sont 
Agés, ces parties sont presque entièrement garnies de belles taches 
rouges i on ne voit aucune de oes taches dans l'oiseau jeune, et 
elles ne commencent à paraître qu'à deux ou trois ans d'âge. Les 
petites couvertures infêrieures des ailes sont du même rouge vif, 
tant dans l'oiseau adulte que dans le jeune; seulement ce rouga 
est un peu moins éclatant dans le dernier. Les grandes couver- 
tures infërieares des ailes sont d'un beau jaune; les pennes des 
ailes et de la queue sont en-deuous d'un jaune obscur ; le bec est 
blanchâtre , et les pieds sont gris. 



JLA PERRICHE A GORGE BRUNE. 

Seconda espèce à quttu longue et égale. 

al- Edwards a donné le premier cette perriche qui se trouva 
dans le nouveau continent. M. Brisson dit qu'elle lui a été en- 
voyée de la Martinique. 

Elle a le front, les côtés de la t£te, la gorge et la partie infe- 
rienre du cou, d'un gris brun; le sommet de la tête d'un vert 
bleuâtre ; tout le dessus du corps d'un vert jaunâtre ; les grandes 
couvertures suiiérieures des ailesbleuee: toutes Us pennes des ailes 
sont noir&tre* en-dessous ; maû en-dessus les grandes jtennes sont 
bleues , avec une large bordure noirAtre titr leur côté inférieur; 
les moyennes sont d'un même vert que le dessus du corps i la 
queue est verte en-dessus , et )aunâtre en-dessous ; l'iris des yeux 
est de couleur de noiselte ; le bec et les pieds sont cendrés. 

■ On 1 icind^BJ tjBt In pirnuIiH ne (ont mnciint tacijté irec lu ptrro^neU , 
■lU tant toujonn enumlils pir grudn Iroupa. 



D,a,l,zt!db.,G00gIe 



a5o HISTOIHE NATURELLE 

LA FERRICHE A GORGE VARIÉE. 

yYoûiime espèce à quttte tortgut «t égal». 

L'£TTEperricbe,ii'. i44,e8t&rtnrefit fort jolie; ou ne k voit 
pu fréquemmeat à Cayenne , et l'on m «ait paj ai on peut l'ins- 
truire à parler; ellen'est pas si groueqa'un merle. Ia |âut grande 
partie de aon plumage est d'un beau vert : mais la fftr^ tA k 
devant du cou «ont d'un brun écaillé et maillé de gris roiuaâtre; 
lea grande* penne* de l'aile sont teinte» de bleu ; le front eat vert 
d'eau; on voit derrière le cou , au bas et {»ù du dos, une petite 
aone de cette même couleur; an pli de l'aile sont quelques pla- 
mes d'un rouge clair et vif; la queue , partie rerte en-d c Mus 
et partie rouge brun , arec des reflet* couleur de cuirre , est ei^ 
dessous toute de cette dernière couleur; la même teinte s e marque 
sous le venlie. 

LA FERRICHE A AILES VARIÉES. 

Quatrième espèce à queva longu* et igal&, 

\jt XTTB espèce , n*. 55g , est celle que l'on nomme à Cayenne I» 
perrueTiê commune; elle n'est pu si grande qu'un merle , n'ayant 
que huit ponces quatre lignes , y compris la queue , qui a trois 
pouce* et demi. Ces péniches vont en grandes troupes , fréquen- 
tent volontiers le* lieux déoiuTerts , et viennent même jusqu'au 
milieu de* h'eux habités. Elles aiment beaucoup les boutons des 
fruits de l'arbre immortel , et arrivent en nombre ,pour s'y per- 
cher Ak» que cet arbre est en fleurs : comme il y a un de |cea 
grands arbres planté dans la nouvelle ville de Cayenne, plusieurs 
personnes y ont .vu arriver ces perricfaes, qui se rasaembloient 
sur cet arbre tout voisin des maison*. On les fiùt fîiir en lea ti- 
rant; msis elles reviennent peu de temps après. Au raste, <Ue« 
ont assea de &cilité pour apprendre à parler. 

Cette perriche a la tète, le corps entier, la queue et les oouvor- 
luof iupéneores dea «Ses, d'un beau vert; i» penne* des ailes 



DiailizodbvGoOgle 



DU JENDATA. aSi 

■ont variées de jaone, de vert bleuâtre, de bhncet de rerl; les 
pennes de la queue sont bordées de jaunâtre tur leur c6té inté' 
rieur; le bec, ka pieds el les ongles sont gris. 

La femetle ne diffère du mâle qu'enjce qu'elle a les couleur* 
moins vives. 

Barrère a confondu cette perruche avec Vartaca de Marcgtave; 
mais ce sont deux oiseaux d'espèces dilTéreiiteSj quoique tous deux 
du .genre des perriches. 

L'ANACA. 

Ciftquiànu tapie» à queu« longue et igaU. 

JL'tNtCA eat une très-^olie péniche qui w trouve au Brésil : elle 
n'eel que de la grandeur d'une alouette. £^le a le sommet de la 
tète couleur de marron ; les oàtés de la tête bruns ; la gorge cen- 
drée; le dessus du cou et les finncs verts; le ventre d'un brun 
roussâtre ; le dos vert avec une tache brune; la queue d'un brun 
dair; les pennes des ailes vertes, termina de bleu , et une tache 
ou plulât une frange d'un rouge de sang sur le haut des ailea ; le 
bec est brun ; les pieds sont cendrés. 

M. Briason a placé cette perruche avec celles qui ont la queue 
courte : cependant Marc^p^ve ne le dit pas , et comme il ne man- 
que pas d'avertir dan» ses descriptions qu'elles ontia queuecourte, 
et qu'il a rais celle-ci entre deux autres qui ont la queue longue, 
nous présumons , avec fondement , qu'die eat en effet de l'ordre 
des perriches k queue longue. II en est de mime de l'espèce sui- 
vante, donnée par MHrcgrave aous le nom Aejendaya, et dont 
il ne dit pas que la queue soit courte. 

LE JENDATA. 

Sixième êtpict à queue lortgue et igaU. 

t^KT oiseau est de la grandeur d'un merle. Il a le dos , les ailes , 
la queue et le croupion d'un vert bleuâtre tirant sur l'aigne-ma- 
rioe; la tête, le cou et la poitrine scoit d'un jaune orangé ,rex- 



DiailizodbvGoOgle 



a52 HISTOIRE NATURELLE 

trémité des ailes noiràlro ; l'im des yeux d'une belle couleur 

d'or; le bec et les pieds noirs. On le trouve au Brésil; mais per- 

aonne ne l'a vu que MaK^rave, «t tous les autres auteurs l'ont 

copié. 

LA PERRICHE ÉMERAUDE. 

Septième espèce à queue longue et igaJe. 

JjE Tert plein et brillant qui couvre tout le corps de cette per- 
ruche, excepté la queue, qui est d'un brun marron , avec la 
pointe verte, nous «emble lui r^idre propre la dénominatkm de 
péniche émeraude : celle de perruche deê lerret Mageliamque» 
qu'elle porte dans les planches enluminées, n". 85, doit être re- 
jeté» , par la raison qu'aucun perroquet ni aucune perruchs 
n'habitent À de si hautes latitudes; il y a peu d'apparence que ces 
oiseaux franchissent le tropique du Capricorne pour aller trou- 
ver desrégions qui, comme l'on nit, sont plus froides, à latitudes 
éj^es, dans l'hémisphère austral que dans le ndtre. Est-il pro- 
bable d'ailleurs que des oiseaux qui ne vivent que de fruits ten- 
dres et succulens se transportent dans des terres glacées qui 
produisent à peine quelque chétïves baies '? telles sont les terres 
voisines du détroit, où l'on supjxise pourtant que quelques na- 
vigateurs ont vu des perroquets. Ce &it, consigné dans l'onvnge 
d'un auteur respectable , nous eàt paru étonnant, si , en remon- 
tant à la source, noui ne l'eussions trouvé fondé sur un témoi- 
gnage qui se détruit de lui-même : c'est le navigateur Spilberg 
qui place des perroquets au détroit de Magellan , près du même 
lien où un peu auparavant il te figure avoir vu des autnichea ; 
or, pour un homme qui voit des autruches à la pointe des («re» 
Maget lam'ques, il n'est point trop étrange d'y voir aussi des per- 
roquets, n en est peut-être de même des perroquets trouvés dans 
la Nouvelle-Zélande, et à la terre de Diémen, vers le 45' degré 
de latitude australe. 

Noos allons maintenant Sûre Ténumération et donner la des- 
cription des péniches du nouveau continent à queue ^longue et 
inégalement étagée. 



DiailizodbvGoOgle 



DïïS PERRICHES A QUEUE LONGUE, etc. aSJ 

PERRICHES A QUEUE LONGUE 
ET INÉGALEMENT ÉTAGÉE. 



LE SINCIALO. 

Primiire espèce à queue longue et inégale. 

I^'kst le nom que cet oiseau porte à Saint-Domiague. Il n'cat 
pa* pitu groa qu'im merle, mais il parolt uue fois plus long , 
ayant ane queue de sept pouces de longueur, et le corps n'étant 
que de dnq. Il est fort causeur; il apprend aisément i parler, à 
siffler et k contrebire la voix ou le cri de tous les animaux qu'il 
entend. Ces perricfaea volent en troupes et se perchent sur le* 
arbres les fia» touffus et les plus verts ; et comme elles sont verles 
ellee-mémea , on a beaucoup de peine à les apercevoir : elles font 
grand bruit sur les arbres, en criant , pinillant et cabotant plu- 
sieurs ensemble; et si elles entendent des voix d'hommes ou d'a- 
nimaux, ellea n'en crient que plus fort. Au reste, cette habitude 
ne leur est pas particulière ; car presque tous les perroquets 
que l'on garde dans les maisons crient d'autant plus fort que 
l'on parle plus haut. Elles se nourrissent comme les autres per- 
roquets; mais elles sont plus vives et plus gaies. On les apprivoise 
aisément : elles paroissent aimer qu'on s'occupe d'elles, et il est 
rare qu'elles gardent le silence; car, dès qu'on parle, elles ne man- 
quent pas de crier et de jaser aussi. Elles deviennent grasses et 
bonnes à manj^r dans |a saison des graines de bois d'Iiuie, dont 
elles fimt alors leur prindpale nourriture. 

Tout le plumage de celte perriche , n". 55o , est d'an vert jau- 
nilre; les couvertures inférieures des ailes et de la queue sont 
presque îaunes ; les deux pennes du milieu de la queue sont plus 
longues d'un pouce neuf lignes que celles qui les suivent immé- 
diatement de ^aque câté , et les autres pennes latérales vont éga- 
lement en diminuant de fongueur par degrés j usqu'à la plus ex- 
térieure , qui est ^us courte de cinq pouces que les deux du 
milieu; les yeux sont entourés d'une peau couleur de chaîr; l'iris 
de l'œil est d'un bel orangé ; le bec est noir avec un jpeu de rouge 



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a54 HISTOIRE NATURELLE 

à la base de U mandibule supérieure ; lea pieds et les ongles «mt 
routeur de chair. Cetle espèce est répandue dans presque loua le* 
climats cliBuds de l'Amérique. 

La perriche iodiquéeparleP. I^baten est une variété, qui n« 
dilèrequeparcequ'elle a quelques petites plumes rouges aur la lële, 
et le bec Uanc ; différences qui ne sont pas assez grandes pour en 
frire deux espèces séparées. Nous sommes obligés de remaïquer 
que M. Brissm a confondu ce dernier oiseau avec Vaiuru-catiaga 
ïe Harc^rave, qui est un de nos criis. 

LA P£RRICH£ A FRONT ROUGE. 

Second» espèc» à qMU« longue «t inégale. 

Kjet oiseau, n". 767, ae trouve, comme le précédent, dans 
presque tous les dîmats chauds de l'Amérique , et c'est M. Ed- 
vrards qui l'a décrit le premier. Le front est d'un rouge vif ^ le 
•ommet de la tète d'un beau bleu ; le derrière de la tête , le 
dessusdu cou, lea couvertures supérieures des ailea et celles de la 
queue, aont d'un vert foncé; U gorge et toutledeaiouaducorp», 
d'un vert un peu jaunâtre; quelques-unes des grandes couvei^ 
tures des ailes sont bleues; les grandes pennes sont d'un cendré 
obscur sur leur cAté intérieur, et bleues sur leur oAté extérieur et 
i l'extrémité; l'iris des yeux est de couleur orangée; le bec eat 
cendré ; les pieds sont rougeâtres. 

Noua devons observer qu'Ed'wards, et Linnieus qui l'a copié, 
ont confondu cette perriche avec le tuirapaté-JuAa de Marcgrave, 
qui néanmoins &it une autre espèce, de laquelle nous allons don- 
ner la description. 

L'APDTÉ-JUBA. 

T^isième espèct à queue longue et inégale. 

Cbttk perriche a le front, les côtés de la tête et le haut de I» 
gorge, d'un beau jaune; le sommet et le derrière de la tète, 
le leatus du oou et du oorpa* Ua ailes et la queue, aont d'un 



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DE LA PERIIICHE COURONKEE D'OR. a55 

Imn vert ; quelqnes-nnes de» grande* couvertorea aupérieures 
des ailei et le* grandes pennes sont bordée* extérieurement de 
"Mea; les deux pennes du milieu de la queue sont plus longues 
que les latérales, qui vont toutes en dlmÎDuaiit de longueur jus- 
qu'à la plus extérieure, quiest plus oourle d'un pouce neuflignes 
que les deux du milîea; le bu-ventre est jaune; l'iris des yeox 
cat orangé (bncé; le beo et les pieds sont cendrés. 

Par la seule description , on voit déjà que cette espèce n'est pu 
la même que U précédente; elle en est même fort différente; nuuf 
d'ailleurs mlle-ci est très-commune à la Guiane , tandis qoe U 
précédente ne s'y troare pas. On l'appelle Tulgaîrement à la 
Cuiane, perruche poux-de-boia , parce qu'elle bit ordinairement 
■on nid dans les ruches de ces insectes. Comme elle reste pendant 
lonte l'année dans les terres de la Guiane, où elle Fréquente les 
savanes et autres lieux découverts , il n'y a guère d'apparence que 
Tespèce s'étende ou voyage jusqu'au pays de* Illinois , comme l'a 
dit M. Brision , d'sprès lequel on a donné à cet oiseau le nom de 
parruche iUinoUe dans les planches enluminées , n*. 5a&. Ce que 
nous disons ici est d'autant mieux fondé , qu'on ne trouve aucune 
eapèoe de perroquet ni de perruche au-delà de la Caroline , et 
qu'îln'yen aqu'une seuleespëceila Louisiane, quenoos avons 
donnée ci-derant. 



LA FERRICHE COURONNÉE D'OR. 

Quatriiau upict à queti* iougu» et inégalé. 



G'xsT ainsi qu'Edwards a nommé cette perriche, et il l'a prise 
pour U femelle dans l'espèce précédente. C'étoit en eSet une fe- 
melle qu'il a décrite, puisqu'Û dit qu'elle a pondu cinq ou six 
oeub en Angleterre , asses petits et blancs , et qu'elle a véca qua- 
tone ans dan* ce climat. Néanmoins on peut être assuré que 
l'espèce est différente de la précédente ; car toute* deux sont 
communes à Cayenne, et elles ne vont jamais ensemble) mais 
diacune en grande* troupes de leur espèce; et le* miles ne pa- 
roissent pu diffîrer des femelles, ni dans l'une ni dans l'autre 
de oes deux espèces. Celle-à s'appelle à la Guiane perruche de* 
tavanet; elle parle supérieurement bien ; elle est très-caressante 



DiailizodbvGoOgle 



5ÙC, UISTOIRE NATURELLE 

et Irès-ipletligente , au Jieu (jue ta précédente n'est nuQeineiit re- 
cherchée et De parle que difficilement. 

Cette jolie perrichea une grande tache orangée êor le devant 
de la t£le;lereBledek télé, tout le deuua du oOrp*, les ailes et 
la queue, «ont d'un vert foncé; ta gorge et la partie inférieure 
du cou sont d'un vert jaunâtre, avec une légère teinte de rouse 
terne i le restedudeswuadu corps eat d'un vert pAle; qudques- 
unes des grandes couvertures supérieures des aîlu sont bordées 
extérieurement de bleu; le calé extérieur des pennes du milieu 
des ailes est aussi d'un beau Meu , ce qui forme sur chaque aile 
une large bande longitudinale de cette belle couleur ; l'iris de* 
yeux est orangé vif; le bec et les pieda sont noirâtres. 



LE GUAROUBA, OU PERRICHE JAUNE. 

Cinquième tapèet à queus hngua et iaigaU, 

JVI ARCORAVE et de laet lont les premiers qui aient parlé de cet 
oiseau, qui ae trouve su Brésil, et quelquefois au pays des Ama- 
eoneSfOÙ néanmoins il eat rare; et on ne le voit jamais aux en- 
virons de Cayenne. Cette perriche, n". 535, que les Brasiliens 
appellent ^"wwAfljc'e8t-à-dire,oM«ouya«B«, n'apprend point 
à parler ; elle est triste et solitaire : cependant les sauvages en font 
grand cas; mais il paroît que ce n'est qu'à cause de sa rareté, et 
parce que son plumage est trts- différent de celui des autres per- 
roquets, et qu'elle s'apprivoise aisément. Elle est presque toute 
jaune : il y a seulement quelques taches vertes sur l'aile , dont les 
petites pennes sont verles, frangées de jaune; les grandes sont 
violettes frangées de bleu, et l'on voit le même mélange de cou- 
leurs dans cetlesdelaqueue, dont la pointées! d'un violet bleu; 
le milieu, ainsi que le croupion, sont d'un vert bordé de jaune; 
tout le reste du corps est d'un jaune pur et vif de safran ou A'a- 
rangé. L) queue est aussi longue que le corps, et a dnq pouces; 
elle est fortement éUgée, en sorte que les dernières pennes laté- 
rales sont de moitié plus courte* que les deux du milieu. La per- 
ruche jaune du Mexique , donnée par M. Btiason, d'après Sebe, 
jiaroit én-e une variété de celle-ci, et un peu de rouge psle que 
Seba met A la tête de son' oiseau cocho, et qui n'étoit peut-être 



DiailizodbvGoOgle 



DELA PERRICIIE ATIiE JAUNE. 957 

qu'une teinte onngée , ae bit pM un caraclèi'e tuSuiit pour 
indiquer une espèce puticuliire. 

LA PERRICHE A TÈTE JAUNE- 

Sixième ttpèce à qiwiu longue tt inigaU. 

(.'ETTE perriche, n'. 4g9 , paroîi ^ire <lii nombre de celles qui 
Toyageot de la Guiioe i la Caroline, à la Louisiane, et jusqu'en 
Virginie. Elle a le fhml d'un bel orangé ; tout le reste de la télé, 
la gorge, k moitié d a cou et le fiiuct de l'aile, d'un beau jaune; 
le reate du corpa et les cotiyertures supérieure* des ailes, d'un 
Tert clair; les grandes penne* de* ailes «ont brune* sur leur càté 
intérieur; le côté extérieur est jaune sur le tiers de sa longueur, 
il est ensnile vert et bleu à l'extrémité; les pennes moyennes de* 
ailes et celles de la queue sont vertes : les deux pennes du milieu 
de la queue soqt plus loagues d'un pouce et demi que celles qui 
les suÏTent immédiatement de chaque côté ; l'iris des yeux eat 
jaune; le bec est d'an blanc jaunâtre, et les pieds scint gris. 

Cn oiseaux, dit Cateaby, se nourrissent de graines et de pé- 
pins de fruits, et surtout de graines de cyprès et de pépins de 
pommes. Il en vient en automne à la Caroline de grandes volées 
dans lea vergen, où ils font beaucoup de dégâts, déchirant les 
fruits pour trouver les pépins , la seule partie qu'ils mangent; ils 
«'avancent jusque dans la Virginie, qui est l'endroit le plus éloi- 
gné au nord,aiouteCatesby,où j'aie ouï dire qu'on ait vu de ces 
oiseaux. Cest , du reste, la seule espèce de perroquet que l'on voit 
à la Cqrolïne : quelques-ans y font leurs petits ; mais la plupart 
se retire^it plus au sud dans la saison des nicbées, et reviennent 
dans celle de* récoltes. Ce sont les arbres fruitiers et les cultures 
qui les attirent dans ces contrées. Les colonies du sud éprouvent 
de plus grandes invasions dea perroquets dans leurs plantations. 
Aux mois d'août et de septembre des années 1750 et i75i, dan* 
le temps de Ia récolte du cale, on vit airiver i Surinam une pro- 
digieuse quantité de perroquets de toutes sortes, qui fondoient 
en tronpe* sur le café , dont ils mangeoient l'enveloppe rouge 
sans toucher aux féves, qu'il* laissoient tomber i terre. En 1 760, 
ver* la mênie HaÎBoa , on vit de nouveaux essaim* dt ces oiseaux 
qui se répandirent tout le long de la câte et y firent beaucoup de 

»«/„«. il. i; 



DiailizodbvGoOgle 



b58 histoire naturelle 

dégât , «ans qu'on ait pu mtoù- d'où ib venoient eu ai grand notn- 
hn. En générai , la maturité des (î-uita , l'abondance ou la pénurie 
dea graines , dona les difiërens cantona , sont les motib des excur- 
«ons de certaines eapëcee de perroquets, qui ne sont pas propre- 
ment des oisecux voyageurs, mais de ceur qu'on peut nommer 



LA PEB RICHE- ARA. 

Septiim* espèce à çueue longue et inégale. 

ffl . Barrbre est le premier qui ait parlé de cet oiseau , n ". 864 ; 
on le voit néanmoilu fréquemment à Cayenne, où il dit qu'il est 
de passage. Il se tient dans le« savanes noyées comme les aras, et 
vit aussi comme eux des fruits du palmier-latanîer. On t'appelle 
jwirucAo-ara, parce que d'abord elle est plus grosse que les autres 
perriches ; qu'ensuite eUe a U queue très-longue, ayant neurpoucea 
de longueur , et le corps autant. Elle a aussi de commun avec les 
aras la peau nue depuis les angles du bec Jusqu'aux yeux , et elle 
prononce aussi distinctement le mot ara, mois d'une voix moins 
rauque, plua l^êre et plus aigaë. Les naturels de la Guianel'ap- 
pellent mata~youan7te. 

Elle a les pennes de la queue in^lement élagées ; tout le des- 
sus du corps j des ailes et delà queue, eat d'un vert foncé un peii 
rembruni, à l'exception des grandes pennes dea ailes, qui sont 
bleues, bordées de vert, et terminées de brun du côté extérieur; 
le dessus et les oàlés de la tête ont leur couleur verte, mtlée de 
bleu foncé, de &çon qu'à certains aapecls ces parties paroisKnt 
entièrement bleues; la gorge, U partie inférieure du cou et le 
haut de la poitrine , ont une forte teinte de roussAtre ; le r»te de 
la poitrine, le ventre et les cdtés du corps, «ont d'un vert plus 
pâle que celui du dos ; enfin il y a sur le bas-ventre du rouga brun 
qui s'étend sur quelques-unes des couvertures inférieures de U 
queue ; les pennes des ailes et de la queue sont en-dessoua d'un 
vert jaun&tre. 

U ne nous reste plus qu'à donner la description des perriches i 
queue courte du nouveau confinent, auxquelles on a donné le 
nom générique de touii: et c'est en effet celui qu'elles portent au 
BféaU. 1 t~ 



DiailizodbvGoOgle 



DU TOUI A GORGE JAUNE. aSg 



LES TOUIS, 
ou PERRICHES A QUEUE COURTE. 

Ijes touû sont le» plus petits de tous les perroquets et m^me des 
perriches du nouveau continent. Ils ont tous h queue courte, et 
ne sont pas plus gros que le moinenu; la plupart semblent aussi 
différer des perroquets et des perriches , en ce qu'ils n'apprennent 
point à parler- De cinq espèces que noua connaissons, il n'y en a 
que deux auxquelles on ait pu donner ce talent. Il parolt qu'il se 
trouTe des louis actuellement dans les deux continens, non pas 
absolument de la même espèce, mais en espèces analogues et 
Toisines probablement , parce qu'elles ont élé transportées d'un 
oonlinenl dans l'autre, par les raisons que j'ai exposées au com- 
mencement de cet article ; néanmoins je penclierois à les regarder 
toutes comme originaires du Brésil et des autres parties méridio- 
nales de VAmérique, d'où elle» auront ëlé transportées en Guinée 
et aux Philippines. 

LE TOUI A GORGE JAUNE. 

Premier» «tpèc» d« perriche à quaua court». 

KjfS petit oiseau, n*. 190, fig, i , a la tête et tout le deasus~du 
corps d'un beau vert; b gorge d'une belle couleur orangée j tout 
le dMsousducorpsd'uii vert jaunâtre; les couvertures supérieures 
des ailes sont variées de vert , de brun et de jaunâtre ; les couver- 
tnres inférieures sont d'un beau jaune ; les pennes des ailes sont 
variées de vert, de jaunâtre et de cendré Iq^cé; celles de la queue 
sont vertes et bordées à l'intérieur de jaunâtre; le bec, les pieds> 
les ongles, soDt gris. 



DiailizodbvGoOgle 



HISTOIRE NATURELLE 



LE SOSOVÉ. 

Seconde espèce dé tout ou péniche à queus court». 

SoiovÉ F*t le nom galibï de ce charmant petit oùmu , n". 456, 
fif>. 9 , dont U description eit bien aiaée; tar il est parloat d'un 
T«rt brillant, à l'exception d'une tache d'un jaune léger mr !<• 
peane* det ailes et tnr les oouTerturea anpérienret de k queue; il 
K le bec Uanc , et les pieds gris. 

L'eq^èoe en est commane À la Guiane, surtout vers l'Oyapok 
«t vers l'AmaEone. On peut les âever aisément, et ils apivannent 
trèa-bien à parler. Ba ont une voix fort sembla Ue i celle dn poli- 
chinel de* marionnettes ; et lorsqu'ils sont Justraits , ils ne cessent 
dej— r. 

LE TIRICA. 

Trouîhne eipice dt ioui o» pertich» à qutue eoufle. 

JVIarcorave est le premier qui ait indiqué cet oiseau. Son plu- 
mage est entièrement vertj il a le* yeux noirs, le bec inoirnatt 
et les pieds bleuâtres. H w prive très-aisément, et apprend de 
même à parler ; il est aussi très-donx et se Lusse manier &dle- 
mcnt. 

Nous croyons qu'on doit rapporter au tirica k permcbe repré- 
sentée, n". 8^7 des planches enluminées, sous le nom de petite 
jateuee ; elle est , comme le tirica , entièrement verte ; die a le 
bec couleur de chair, et toute la taille d'un toui. 

Nous remarquerons que le tnin de Jean de Lset ne désïjtne pat 
nneetpioe particulière, mais tonleales perriches en général : ainsi 
on ne doit pas mf^rler , comme l'a ftit H. Brisscm , le tuin de 
I^el an tni-tîrica de Marcgrave. 

M. Sonnerai bit mention d'un oiseau qnll a vu i l'île de Ln- 
çon , et qui ressemble beaucoup au tui-tirica de Marcgrave; il est 
de la mSme grosseur etporte le* mêmes couleurs, étant entièrement 
vert , plus tbnoé en-desnis et plus clair en-dessous : mais «n diT- 



DiailizodbvGoOgle 



DU TOUI A TÊTE D'OR. a6t 

fera par la couleur du bec qui est gris , bu lieu qu'il eat incarnat 
dam l'anlre, et par lei pieds qui lont grii, tandis qu'ils aont bleaà- 
tre* dans le premier. Ce» différences ne uroient pas aaaex grandes 
pour en &ire une e^ptoe, si les dUmats n'étoirat pas autant éloi- 
gnés; niais il est possible et même probable que cet oiaeau ait été 
transporté de l'Amérique aux Philippines, où ii. pourroit avoir 
subi ces petits changemena. 

L'ÉTÉ, 00 TOOl-ÉTÉ. 

Quatriim» atpèc» dé loui oupen-îch» A queiiâ courte. 



Ci'saT encore à Marcgrave qu'on doit la connoissance de eet oi- 
seau qui le trouva au Brésil. Son plumage est en généial d'un 
ver) chir : nuis le croupion et le haut des ailes sont d'un beau 
bleu ; toutes les peunes des ailes sont bordées de bleu sur leur 
càté extérieur, ce qui forme une longue bande bleue lorsque les 
ailes sont pliées ; le bec est incarnat , et les pieds «ont cendrés. 

On peut rapporter k cette espÈoe l'oiseau donné par Edwards 
sous la dénomination de tapîm petite J^ptiruche», qui n'endif- 
Tere que parce qu'elle n'a pas les pennes des ailes bordéu de bleu , 
mais de vert jannÂtre, et qu'elle a le bec et In pieds d'un beau 
jaune; oe qui ne fiiit pas dca difEërences uses grandes pour en 
&ire une espèce séparée. 

LE TOUI A TÈTE D'OR. 

Cinquième Mfèee tU perricha à qtteut courtt,, 

(>CT (Hseau se trouve encore au Brésil. a tout le plumage 
vert, i l'exception de la tête, qui est d'une belle couleur jaune; 
et comme il a la qoeue très-courte, il ne &ut pa* le confondre 
avec une autre perriche à longue queue^ qui a aussi la t&te d'un 
très-beau jaune. 

tJne variété ou du moins une espèce très-voisîne de celle-ci , est 
foiseau qu'on a représenté dans la planche enluminée , n*. 456 , 
£g. I, sau* Ir déDOatinatioo ixpttiUpTrueht Je l'Ue Saini^JTuif 



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26a HISTOIRE NATURELLE 

maK , parce que M. l'abbé Aubry , curé de Saint-Louia , dans le 
cabinet duquel on en a fait le dessin , a dit l'avoir reçu de celle 
ile : mais il ne diffère du toui à tête d'or qu'en ce que le jaune 
de la tête est beaucoup plus pâle: ce qui nous fait présumer^ avec 
beaucoup de fondement , qu'il est de la même espèce. 

Nous ne connoiwons que ces cinq espèces de touis dans le nou- 
veau continent, et nons ne savons pas si les deux petits perro- 
quets à queue courte, le premier donné par Aldrovande, et la 
second par Seba, doivent s'y rapporter, parce que leur» descrip- 
dons sont trop imparfaites. Celui d' Aldrovande seroit plutôt nn 
petit kakatoès, parce qu'il a une huppe sur U lête, et celui de 
Seba paraît être un lori, parce qu'il est presque tout rouge. Ce- 
pendant nous ne connoiasons aucun kakatoès ni aucun lori qui 
leur ressemblent aiaes pour pouvoir assurer qu'ils sont de ces 
genres. 

LES COUROUCOUS, OU COUROUCOAIS. 

Oxs oiseaux ,âans leur pays natal, an Brénl.Mnt nommés cu- 
raeuU, qu'on doit prononcer couroucouù ou couroueotdi; et ce 
mot représente leur voix d'une manière si sensible , que les na- 
tiirds de la Guiane n'en ont supprimé que la première lettre, et 
les appellent ounacoau. Leurs caractères sont d'avoir le bec court, 
crochu, dentelé, plus large en travers qu'épais en hauteur, et 
«■■ex semblable â celai des perroquets : ce bec est entouré à sa 
basedeplumeseffilées, couchées en avant, mais moins longue* 
que celles des oiseaux barbus dont nous parlerons dans la suite. 
Ils ont de plus les pieds fort courts et couverts de plumes à peu 
de distance de la naissance des doigta , qui sont disposées deux en 
arrière et deux en devant. Nous ne connoîsscms que trois espèces 
de ces oiseaux, qu'on pourroit peut-être même réduire à deux, 
quoique les nomenclateurs en aient indiqué six, dont tes unes 
ne sont que des variétés de celui-ci, et les autres des oiseaux 
d'un genre diâërent. 



DiailizodbvGoOgle 



DU COimoUCOU A VENTRE ROUGE. 



LE COUROUCOU A VENTRE ROUGE. 

Première eepice. 

\JXT oùeaa, n*. 459, a dix pouces et demi de longnear. la 
tête, le cou en entier, et lecoramenremeDtdQ la poitrine, le do*, 
le croupion et le« coaverlure* du deuaa de la queue , «ont d'un 
beau vert farillant , mail ciiangeant, et qui parott bleu À nn cer< 
tain aspect} les couyertures de« ailes aost d'un gris bleu, varié de 
petites lignes noires en sigrag ; et les grande* pennes des ailes 
•ont noîi'es, i l'exception de leur tige, qui est en partie blanche; 
les pennes de k queue sont d'un beau vei-t comme le dos, à l'ex- 
ception des deux extérieures, qui sont noirâtres et qui ont da 
petites lignes transversales grises ; une partie de la poitrine , le 
venlre et les couvertures du dessous de la queue, sont d'un beau 
rouge ; le bec est jaunâlr« , et les pieds sont bruns. 

Un autre individu , qui paroît être U femelle de celui-ci, n'en 
ditféroit qu'en ce que toutes les parties qui sont d'un beso vert 
brillant dans le premier , ne sont dans celui-ci que d'un gris noi- 
râtre et sans aucun reQet ; les petites lignes en zigsag sont aussi 
beaucoup moins apparentes, parce que le bruo noirâtre j do- 
tnine, et les trois pennes estérieures de 1m queue ont sur leurs 
barbes extérieures des bandes alternatives blanches et n<nr&tres ; 
la mandibule supérieure du bec est entièrement brune , et llofê- 
rieureest jaunâtre) enfin la couleur rouge s'étend beaucoup moins 
que dans le premier, et n'occupe que le bas-ventre et Isa couver- 
tures du dessous de la queue. 

Il y a un troisième individu, n". 737, sous la dénomination de 
couroucou grù à longue queue de Ci^erine,ikiiCàlùiietdut>ai, nui 
diâère principalement des deux précédens, en ce qu'il a la queue 
plus longue, et que les trois pennes extérieures de chaque cfité 
ont leurs barbes extérieures blanches, ainsi que leur extrémité ; 
les trois pennes extérieures de l'aile sont marquées de taches 
transversales alternativement blanches et noires sur le bord ex- 
térieur ; on aperçoit de plus une nuance de vert doré changeant 
sur le dos et sur les pennes du milieu de la queue , oe qui ne so 
troQTe pas nie le précédent ; mais la cpuleor rouge te trouve à% 



DiailizodbvGoOgle 



aivi HISTOIRE NATURELLE 

tuée de niéiue , et ne comamnce que sur le bu-ventre, et te bec 
eit aussi lemblabli^ par la ibrme et par k couleur. 

M. le chevalier LefebvreDethiiyeSiCurretpondaBt du Cabinet, 
que nous avona tléjà eu occaaioD de citer plusieun toit comme 
un excellent observateur, nom a earoyé un descin colorié de 
cet oiseau , avec de bonnes observations. II dît qu'on l'appelle à 
Saint-Domingue le caleçon rùuge , et que , dans plusieurs aulrea 
iles , on le noninie d*mott»U« ou dame anglaita, 

« C'est dans l'épaisseur des forêts , ajoute-t-il , que cet oiseaa 
se retire an temps des amours; son accent mélancolique et même 
triste semble être l'expression de la sensibilité profonde qui l'en- 
traîne dans le désert, pour y jouir de sa seule tendresse et de 
cette langueur de l'amour plus douce peut-être que ses trans- 
ports. Celte voix seule déc^e ss retraite , souvent inaocessible, et 
qu'il est dîfficile de reoonnoitre ou remarquer. 

Les amours commencent en avril. Ces oiseaux cbercbent un 
trou d'arbre et le garnissent de poussière ou de bois vermoulu ; 
oe lit n'est pas moins doux que le colon ou le duvet. S'fls ne trou- 
vent pas du bois vermoulu , ils brisent du bois sain avec leur 
bec et le réduisent en poudre ; te l>ec, dentelé vers la pointe , est 
aises fort pour cela : ils s'en servent aussi pour élargir l'ouver- 
ture du trou qu'ila choisissent lorsqu'elle n'est pas assex grande. 
Ils pondent trois ou quatre œuf* blancs et un peu moins gros 
que ceux de pigeon. 

Pendant que la femelle couve , l'occupalion du mâle est de lui 
porter à manger, de fitire la garde sur un nmeau vcnain et de 
chanter. Il est silencieux et même taciturne en tout autre temps ; 
mais tant que dure celui de l'incubation de sa (emelle, il fait 
retentir les échos de sons languïusans, qui, tout insipides qu'ils 
nous paraissent , charment sans doute les ennuis de sa compagne 

Les petits, au moment de leur exclusion, sont entièremait 
nus, sans aucun vestige de plumes, qui néanmoins paraissent 
pointer deux ou trois fours après. La tête et le bec des petits nou- 
vellement éclos semblent être d'une prodigieuse grosseur, relata 
vemeht au reste du corps; les jambes paraissent aussi excessive- 
meut longues , quoiqu'elles soient fort courtes quand l'oiseau est 
adulte. Le mâle cesse de cbanter au moment que les petits sont 
râlos ; msiB il reprend son chnnt en rcQoUTelant ses unouri 
«u.t mois d'août et de seplemhre. 



DiailizodbvGoOgle 



DU COUROUCOU A. VENTRE JAUNE. 265 
Ut noarriuCTit lean petits da Tn-muKaux , d« chentll«« , d'in- 
sectea ; ils ont pour eniteaiia 1m rata , lea coulenvres et les oiieaux 
de proie de jour et de nuit : HUisi l'espèce des oiiroucoaii n'est 
pas nombreuse ; car la plupart sont dévora par tous ces eimetnii. 
Lorsque les petits ont pris leur «saor, ils ne restent pas long- 
temps «nstmible ; ils s'abandonnent à leur instinct pour la soli- 
tude et «e dispersent. 

Danx quelques individus , lea pattFs sont de couleur rougeàtre; 
dans d'autres , d'un bleu ardoise. On n'a point observd s! celte 
diversité tient à l'âge, on appartient k la diflèrence du texe. > 

M. le chevalier Deshayet a essayé de nourrir (juelques-ims d« 
ces oiseaux de l'année précédente: mais ses soins ont ^-té inutiles; 
soit langueur ou lierté, ils ont obsliuémenl refusé du manger. 
« Peut-être, dit-il, eussé-je mieux réusai en prenant de petits 

■ nouveau-nés : mais un oiseau qui fuit si loin de nous , et pour 

■ qui la nature a mis le bonheur dans la liberté et le silence du 
■c désert, parott n'être pas né pour l'esclavag» , et devoir rester 
« étranger à tAutes les habitudes de la domesticité. » 

LE COUROUCOU A VENTRE JAUNE. 

Seconde atpèc». 

UKT oiseau a environ onae pouoes de longueur ; les ailes pliées 
ne s'étendent pas tout-i-bît jusqu'i la moitié de la longueur de 
la queue. La tète et le dessus du cou sont noirâtres , avec quel- 
ques reflets d'un asses beau vert en quelcjues endroits ; le dos , le 
croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d'un vert 
brillant, ainsi que les cuissea; les grandes couverturrs des ailes 
sont noirâtres , avec de petites taches blandies ; les grandes 
pennes des ailes sont noiiitres , et les quatre ou cinq i^us exté- 
rieures ont la tige blanche ; les pennes de la queue sont de même 
coulear que celles des ailea , excepté qu'elles ont quelques reflets 
de vert brillant ; les trois extérieures de chaque côté sont rayéea 
transversalement de noir et de blanc ; la gorge et le dessous du 
cou scml d'un brun noirntre ; la poitrine , le ventre et les cou- 
vertures du dessous de la queue sont d'un beau jaune ; le bco 
est dentelé et parolt d'un biun noirâtre, ainsi que les pieds ; les 
onglet sont noirs ; la queue est élagée , la plume de chaque câté 



DiailizodbvGoOgle 



366 HISTOIRE NATURELLE 

ayant deux pouces de maiiu que les deux du milieu qui sont Ie« 

j^a» longues. 

H se trouve entre le couroucou à ventre rouge et le courou- 
cou à ventre jaune, n*. igS, quelques variétis que nos nomen- 
clateurs ont prises pour des espèces différentes : par exemple, 
celui que l'on a représenté dans les planches enluminées , n*. 765, 
sous la dénomination de couroueou de la Giùane, n'est qu'un» 
variéLé d'Hge du couroucou à ventre jaune, duquel il ne dilfÈre 
que par la couleur du dessus du dos , qui , dans l'oiseau adulte , 
est d'un beau bleu d'azur, et, dans l'oiseau jeune, d'une couleur 
cendrée. 

De même, l'oiseau représenté dans les planches enluminées, 
n*. 736, sous la dénomination de couroucou à queue rousse de 
Cayenne,eti encore une variété provenantdela.mueiIeceméme 
couroucou à ventre -jau ne , puisqu'il n'en difiêre que par la cou- 
leur des plumes du dos et de la queue , qui sont ix>usses au lieu 
d'être bleues. 

On doit rapporter encore comme varîétéà ce même couroucou 
à ventre jaune, l'oiseau indiqué par M. Brisson sous la dénomi- 
nation i)e couroucou vert à ventre blanc de Cayenne, parce qu'if 
n'en diifÈre que par la couleur du ventre qui parott provenir de 
l'âge de l'oiseau ; car les plumes de cet oiseau , décrit jMr M. Bris- 
son, n'étoient pas entièrement formées. Ce pourroit être aussi 
une variété accidentelle qui ne se trouve que dans quelques in- 
dividus ; mais il paroît certain que ni l'une ni l'autre de ces trois 
variélés ne doivent être regardées comme des espèces distinctes 
et séparée*. 

Nous avons vu un autre indindu de cette même espèce , dont 
la poitrine et le ventre étoient blanchâtres avec une teinte de 
jaune citron en plusieurs endroits ; ce qui nous a fait soupçon- 
ner que le couroucou à ventre blanc, dont nous venons de par- 
ler, n'éloit qu'une variété du couroucou à ventre jaune. 



LE COUROUCOU A CHAPERON VIOLET. 

Troisième espèce. 

VjE couroucou a la gorge, le cou, la poitrine, d'un violet très- 
renibrunij la tète de même coulpiur, à l'exceptioii de celle du 



DiailizodbvGoOgle 



Dr cotmoucou a chaperon violet. aSr 

front , du toiir des yeux et dea oreilles , qui est notrili'e ; les [wii- 
pièrCB sont iaunea ; le dos et le croupion d'un vert foncé avec 
des reflets dorés ; les couvorlur» supérieures de ta queue sont 
d'un vert blsuàlre avec les mêmes reflets dorés ; les ailes sont 
Itrnnes , et leurs couvertures ainsi que les pennes mojrennes sont 
pointillées de blanc ; les deux pennes intermédiaires de la queue 
sont d'un vert tirant au bleuâtre, et termîmSes de noir ; les deux 
paires suivantes sont de la même couleur dans ce qui parolt, et 
noirâtres dans le reste; les trois paires latérales sont noires, rayées 
et terminées de blanc ; le bec est de couleur plombée à sa base, 
et blanchâtre vers la pointe ; la queue dépasse les ailes pliées de 
deox pouces neuf lignes , et la longueur totale de l'oiseau est d'en- 
viron neuf ponces et demi. 

M. Koelreuter a appelé cet oiseau laniu»; mais fl est bien dif- 
iërent, mdme pour le genre , de celui de k pie-grièche , du laniec 
et de tout autre oiseau de proie. Un bec large et court, des bar- 
bes autour du bec intérieur , voilà ce qui marque la place de cet 
oiseau parmi les conroucous; et tous les attributs qui lui sont 
communs avec les coucous , têts que les pieds trèsHSOUTls et cou- 
verts de plumes jusqu'aux doigts , qui sont fbiblea et disposés par 
paires, l'une en avant et l'autre en arrière, les ongles courts et peu 
cr0cbus,enfinle manque de membrane autour de la base du bec, 
sont tous des caractères qui l'éloiguent entièrement de la classe 
des oiseaux de proie. 

1*8 couroucous sont des oiseaux solitaires qui vivent dans l'é- 
paisseur des forêts humides, où ils se nourrissent d'insectes. On. 
ne les voit jamais aller en troupe ; ils se tiennent ordinairement 
sur les branches à une moyenne hauteur, le mâle séparé de la fe- 
melle qui est posée sur un arbre voisin. On les entend se rappeler 
alternativement en répétant leur aifilenient grave et monotone 
ouroucoais. Ils ne volent point au loin, mais seulement d'un ar- 
bre à un autre, et encore rarement; car ils demeurent tranquilles 
au même lieu pendant la plus grande partie de la journée, et sont 
cachés dans les rameaux les plus touffus, où l'on a beaucoup de 
peine à les découvrir, quoiqu'ils fessent entendre leur vois à tout 
moment : mais comme ils ne remuent pas, on ne les aperçoit [jas 
aisément. Ces oiseaux sont si garnis de plumes, qu'on les juge 
beaucoup plus gros qu'ils ne le sont réellement ; ils paroissent de 
la grosseur d'un pigerm , et n'ont pas plus de chair qu'une grive : 
mais ces plumes si nombreuses et si serrées sont en même temps 
ai .légèrement impknté«s, qu'elle* tom'bent au moindre frolte- 



DiailizodbvGoOgle 



368 HISTOIRE NATURELLE 

ment ; en sorte qu'il «st difficile de préparer la peau de oea oîteaax 
^ur le* conserver dans les cabineta. Ce wiit, an mte, les ph» 
beaux oiseaux de l'Aoïérique méridioiiale , et ib aont oMea com- 
muns dans l'intérieur d«« terres. Fcnundi* dit que c'est avec les 
belles plumes ^u oourouGOu h ventre rouge que les Mexicain^ 
faisoient des portiwts et des tableaux très -agréables, et d'autrca 
ornemem qu'ils portoieat les jours de fête on de combat 

Il y a deux au très oiseaux indiqués par Femindia , dont M. Bri^ 
son a cm devoir bire des espèces de ooaroucoui : mais il est en- 
taln que ni l'un ni l'autre n'appartiennent k ce genre. 

Le premier est celui que Femaitdès a dit être semblable i l'é- 
toumeau , et duquel nous avons &ît menlion i la suite des étoor- 
neaux ( tome X ). Je suis étonné que H. Briison ait voulu en 
fitire un couroucou , puisque Femandés dit lui-même qu'il est da 
genre de l'élourneau, et qu'ils sont semblables par la figare : or 
leaétoiimeauxnereseanblent en rien aux courouoous; le bec, k 
disposition des doigts , la forme da corps, tOQt est si éloigné, ai 
difTérent dans ces deux oiseaux, qu'il n'y a. nuUe raison de les 
i-éunirdans un même genre. 

Le second oiseau que H. Brisson a pris pour un couroflcou , est 
celui que Femandès dit être d'une grande beauté , gros comme 
un pigeon, se trouvant sur le bord de la mer, et qui a le bec 
long, large, noir, un peu crochu. Cette Corme du bec est, comme 
l'on voit, bien différente de celle du bec des couroucons, et oda 
seul devoit suffire pour le &ire exclure de ce genre. Femandis 
ajoute qu'il ne chante pas, et que sa chair n'est pas bonne! man- 
ger; qu'il a la tête Ueue, et le reste du plumage d'un bleu varié 
(le vert, de noir et de blanchâtre. Mais ces indications ne nons pa- 
roissrnt pas encore suffisantes pour pouvoir rapporter cet oisean 
du Mexique à quelque genre connu. 

LE COUROUCOUCOU. 

T^sTKE la grande làmîlle du coucou et celle du couroncoa, il pa- 
l'oit que l'on peut placer un oîsenu qui snuUe participer des deux* 
en supposant que son ijidication donnée par Seba soit moins Suf 
ti ve et plus exacte que la plupart de odies qu'on troave dans sim 
gi-os ouvrage : voici ce q^'il en dit. 

« U a In tête d'un iwge tendre, et surmontée d'une bell^ 



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■ DUTOrRACO. . a6a. 



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■ DU TOrRACO. . • 969 

bnppe d*aii reage pliia vif et varié de noir. Le bec est d'un rouga 
ptlë ; le demua du oorpi d'un rouge vif; In couverluret dea ailet 
et le dcMoiu da corp» aont d'an toufie tendre ; lei pemtM de* aila 
et oellM de la qneue aont d'un jaune ombré d'une teinte noi- 
râtre. » 

Cet oiwau eat moin ■ grot que la pie ; h longueur totale est d'en- 
TÎon dix poucei. 

D faut remanper que Seba ne parle point de la disposition dea 
doigta, et que,duula figure, iliparaiueatdiapoaés troî*etun,et 
non paa deux et deux; maïs ayant donné à cet oiseau le nom de 
coucou, c'^toit dire aises qu'il aroit les doigts dîipoaéa de cette der- 
nière manière. 



LE TOORACO. 



Cicr oîican , n*. 601, eal nn det plna beaux de l'Afeqne, parce 
qoladépendamment de un plumage brillant par le* oovleun , et 
de aea beaax ifcox ooojear de feu, il porte anr la tête une eapice 
de buppe , ou plutAt une couronne qui lui donne un air de di»- 
tinction. Je ne voia donc paa pourquoi noa nontenclateun l'ont 
mia dans le genre dea caucotu, qui , GOmme tout le monde sait, 
lont dfe oîaeaux trèa-laida, d'autant que le toursco en difïêre 
noD-seokment par la couronne de la tite, nais encore par la 
isnne du bec , doot la partie •opérieure est plus arquée que dana 
les concona^ avec lesquels il n'a de commun que d'avoir deux 
doigts en avantflt deux enamière; et comme ce caractère appar- 
tient à beaucoup d'cHseanx, c'est sans aucun fondepient qu'on a 
ronfimdn avec les coucous le touiaco, qui aoua paroit k\a d'un 
genre iaoM. 

Cet oiseau est de la groneorda geai t maisiB qneae large et 
longue semble agiandir aa taïDe, quoique ait les ailëa tnis-oourtes; 
car elles n'atteignent qu'à l'origlM de M longue queue. 11 a la 
tnandibule anpMenre «ntvexe, reoouTKie de plumes rabattues 
du front , et dans laaqndles les narûies sont cadb^ : son oeil vif 
et i^ein de feu est entouré d'une pan|Mère écarlate , surmonté» 
d'un grand nombre de papillea éminemtos da la mfcme couleur. 
Le belle hujipe ou pIutM la imtr» qui lui couronne la ito , eat 
un bîiceau de [:dnmes relevées, finea et aoyeusM, et atmiposées 



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376 HISTOIRE NATURELLE 

de brins *i âéliés , que toute la (ouffe en cet traniparente : le 
Lsau camail vert qui lui couvre tout le cou, h poitrine et les 
épaules , eat composé de brins de ht même nature , aussi déliéa et 

Nous connoissons deux espèces, oa plutôt deux variétés dans 
ce genre, dont l'une nom est venue sous le nom de touraco 
d'AbUsinie , et la seconde sous celui de touraco du cap de Bonne- 
^£spiraiK«. 

Elles ne diâèrent guère que par des teintes, la masse et le fond 
'des couleurs étant les mêmes. Le touraco d'Abiasinie porte une 
liuppe noirfttre, ramassée et rabattue en arrifere et en flocons : 
lesplumesdu front, delà goi^ge et du tour du cou, sont d'un vert 
de pré ; la poitrine et le liaut du dos «Mit de cette même couleur, 
mais avec une teinte olive qui vient se fondre dans un bmn ponr- 
pré, rehaussé d'un beau reflet vert; tout le dos, les couvertures 
des ailes et leurs pennes les plus près du corps, ainsi que toutes 
celles de la queue, sont colorées de même : toutes les grandes 
pennes de l'aile sont d'un beau rouge cramoisi avec une échan- 
crura de noir aux petites barbes vers la pointe; nous ne conce- 
vons pas comment M. Brisson n'a vu que quatre de ces plumes 
rouges : le dessous du corps est gris brun, foiblement nuancé de 
gris daîr. 

Le touraco du cap de Bonne - Espérance ne diflêre de celui 
d'Abtssinie que par ta huppe relevée en panadie, tel que noua 
venons de le décrire , et qui est d'un beau vei-t clair, qael<|ue- 
fois frangé de blanc : le cou est du même vert qui va se fondre 
et s'éteindre sur les épaules dans la teinte sombre, à reflet vert 

Nous avons eu vivant le touraco du Cap. On nous avoit asauré 
qu'U se nourrissoit de rie, et on ne lui offrit d'abord que cette 
nourriture : il n'y toucha pas , l'affuna , et, dans cette extrémité, 
il avoloit sa fiente; il ne subsista pendant deux ou trois jours, 
que d'eau et de sucre dont on avoit mis un morceau dans sa cage .- 
mats voyant apporter des raisins sur la table, il marqua l'appétit 
le plus vif; on lui en donna des grains, il les avala avidement; 
il s'empressa de même pour des pommes, puis pour des oranges; 
depuis ce temps on l'a nourri de fruits pendant plusieurs mois. 
H paroit que c'est sa nourriture naturelle , son bec courbé n'étant 
point du tout &it pour ramasser des graines : ce bec présente une 
largeonvertnt«,fMidue jusqu'au-dessous des yeux-. Cet oiseau 
saute et ne marche pas : il a les ongles aigus et forts, et la aerre 



DiailizodbvGoOgle 



DU TOURACO. njt 

bonne, les 4oigb robiutes et recouverts de fortes écailles. H «st 
vif et s'agite beaucoup. H &it entendre à tout moment un petit 
rri bas et raiique, creÛ, créa, du fond du gosier, et sans ouvrir 
le bec : mais de temps en temps il jette un autre cri éclatant et 
très-fort, co,co, co, eo,co, eo, ray les premiers accens grave», 
les autres plus hauts, précipités ettrès-bruyana, d'une voix per- 
mute et rude. Il fait entendre de lui-même ce cri quand il a fiitm ; 
mats il le répète à volonté quand on l'excite et qu'on l'anime en 
l'imitant. 

Ce bel oiseau m'a été donné par madame la princesse de Tîngri, 
et je dois lui en témoigner ma respectueuse reconnoissance : il est 
même devenu plus beau qu'il n'étoit d'abord ; car il étoit dans 
lin état de mue , lorsque j'en ai Ait la description qu'on vient da 
lire: aujourdliut, c'est-à-dire quatre mois après, U a refait son 
plumage et repris de nouvelles beautés; il porte deux traits blancs 
de petites plumes ou poib ras et soyeux, l'un assez court à l'angle 
intérieur de l'oeil, l'autre devant l'oeil et prolongé en arrière à 
l'angle extérieur; entre deux est un autre trait de ce même du- 
vet , mais d'un violet foncé : son manteau et sa queue brillent 
d'un riclie bleu pourpré, et sa huppe est vei-te et sans franges. 
Ces nouveaux caractères me font croira qu'il ne ressemble pas 
exactement au touraco du cap de Bonne-Espérance , comme je 
l'avois cru d'abord ; il me paroSt diSb«r aussi par ces mêmes ca- 
raclèresde celui d'Abissinie. Voilà donc trois variétés dans le genre 
du touraco ; mais nous ne pouvons encore décider si elles sont spé- 
cifiques ou individuelles, périodiques ou constantes, ou seule- 
ment sexuelles. 

Il ne paroit pas que cet oiseau se trouve an Amérique, qnoi- 
qu'Albin l'ait donné comme venant du Mexique. Kldwards as- 
sure qu'il est indigène en Guinée , d'oi^ il est possible que l'indi- 
vidu dont perle Albin ait été transporté en Amérique. Nous ne 
savons rien sur les habitudes naturelles de cet oiseau dans son 
état deliberté;maiscommeil est d'une grande beauté, il faut es- 
pérer que les voyageurs le remarqueront et nous feront paît da 
leurs observations. 



DiailizodbvGoOgle 



HISTOIRE NATURELLE 



LE COUCOU'. 



Uès le temps d'Ariatote , on dîtoit oommunément que iuna» 
personne n'avoit vu U couvée du coucou : on nvoit dès-lors que 
cet oiseau , n*. 811, l»nd comme les autrea, mais qu'il ne &ii 
point de nid ; on Mvoit qu'il dépose sea oeuls ou son oeuT ( car il 
est rare qu'il eo dépose deux au même endroit ) dans les nida des 
autres oiseaux, plus petits ou plus grands, tels que les burettn, 
les T«rdiers, les alouelteS) les rami«s, etc. ; qu'il mange souvent 
les oeufs qu'il y trouve; qu'il laisse à l'étrungère le sqïq de couver, 
nourrir, élever sa génîlure ; que cette étrangèi-e, et nommément 
la buvette,i'acquittefidélement de tous ces soins, et avec tant de 
Bucc^ , que ses élèves deviennent très-gras , et sont alors an mor- 
ceau succulent : on savoit que leur plumage change beaucoup 
lorsqu'ils arrivent à l'âge adulte ; on savoit enfin que les roucoua 
commencent k paroilre et i se bire entendre.dès les premiers 
jours du printemps, qu'ils ont l'aile foible «n arrivant , qu'ils se 
taisent pendant la canicule ; et l'on disoit que certaine espèc* 
bisoit sa ponte dans des trous de rochers escarpés. Voilà les 
principaux bits de l'histoire du coucou ; ils étoioit connus il 
y a deux mille ans, et les siècles postérieurs n'y ont rien ajouté; 
quelques-uns même de ces dits étaient tombés dans l'oubli , no- 
tamment leur ponte dans des trous de rochers. On n'a pas ajouté 
davantage aux bbles qui se débitent depuis le même temps à peu 
près sur cet oiseau singulier : le &ux a ses limites ainsi que le vrai; 
l'un et l'autre est bientôt épuisé sur tout sujet qui a une grande 
célébrité, et dont par conséquent on s'occupe beaucoup- 

Le peuple disoit donc il 7 a vingt siédea , comme il le dit en- 
core aujourd'hui , que le coucou n'est autre chose qu'un petit 
épervier métamorphosé ; que cette métamorphose se renouvelle 
tons les ans k une époque déterminée ; que lorsqu'il revient au 
printemps, c'est sur les épaules du milan, qui veut bien lui ser- 
vir de monture, afin de ménager la fiiiblesse de ses ailes (com— 



■ Eo iulitn, cmculo, cucco, eueo, cacha; n ttptgaol, cueliUo ; m 
fm^tii , miwoa , rof uu , «n MtamnA , gutktr , gtiggauch , lan^ak , gage— 
iutrr, « liBunil, 'oc'»* on koàuut, tociuiuU, ta logliû , ■ civMow, a 



DiailizodbvGoOgle 



DU conçût;. 373 

plaisance remarquable dans un oùeau de proie lel que le milan ) ; 
qu'il jette «ur lea ptanles une ulive qui leur est funeste par les 
insectes qu'elle engendre ; que b femelle coucou a l'atlenlion de 
poiidie dan» abaque nid qu'elle peut découvrir uu oerif de la 
couleur des oeu6 de ce nid ' pour mieux tromper U mère; que 
celleH.-i se lait la nourrice ou la gouvernante du jeune coucou; 
qu'elle lui sacrifie ses petits, qui lui ^laroluent moins jolis '; qu'en 
vraie marâtre elle les néglige, ou qu'elle lea tue et les lui &it 
mnnj^F'r. D'autres soupçonnent que la mère coucou revient au 
nid où elle a déposé son œuf, et qu'elle chasse ou mange les en- 
Ëins de la maison pour mettre le sien plus à son alae ; d'autres 
vouloient que ce soit cetul-cl qui en £iase sa proie , ou du moins 
qui les rende victimes de sa voracité, en s'appropriant exclusi- 
vement toutes les subsistances que peut Iburnir la pourvoyeuse 
commune. Élien raconte que le jeune coucou sentant bien en 
lui-même qu'il est bâtard ou plutôt qu'il est un intrus , et crai- 
gnant d'être traité comme tel sur le* seules couleui-s de son plu- 
mage, s'envole dis qu'il peut remuer lei ailes, et va rejoindre sa 
véritable mère'i d'autres prétendent que c'est la nourricequiaban- 
donne le nourrisson , lorsqu'elle s'aperçoit , aux couleurs de son 
plumage, qu'il est d'une autre espèce; enfin plusieurs tavient 
qu'avant de prendre son essor, le nourrisson dévore la nourrice 
qui tui avoit tout donné, jusqu'à son propre sang. Il sembla 
qu'on ait voulu bire du coucou un archétype d'ingratitude * ; 
mais il ne falloit pas lui prêter des crimei physiquement impos- 
sible*. N'est-il pas impossible en effet que le jeune coucou , à peine 
eu état de manger seul , ait assez de force pour dévorer un pi- 
geon ramier, une alouette , un bruant , une buvette? Il est vrai 
que l'on peut citer en preuve de cette possibilité un fait rapporté 
pir un auteur grave, M. Klein, qui l'avoitobservéâ l'Age de seize 



1 U ïirimhl* <™f d» «.■«B ett {dni gm qa* eelni dn roulfaol. d* fOniH 
«oinmllongi., d««)»l«iirgrU«p«K|ii.biiiiïli*l«, ucbïU tm U (m baut 
a* bruD TioUt iimqM «ffuci , et d» hruo loaci ploi XnutU ; «nfia Birqn^, d.n» 
■■ part» noyenne , d« ipielqiio lr«iU irrigulian conlfw de luirroti. 

» L« concoiu »«nt Udini ton^HU *iauiCDt d'étlors , « pi*» pl«i««» jour» 
■firk* Du'ili HBl iclg«. 

1 Od > dit «uui, w « ittHt dut l'ntt* opposi, «t nrfwoppait k t<mt«l** 
•bwmiiom, qu* U atén »b(dd, «aLluBt h* prspn* auf>, coBToit da aitSâ 

* Ingtit cona» un concoii, dimt I« Allmunds. lUIucIithan' ■ bit ont biU> 
hirineua canire l'iD|nlitnd« d* cM oilMB. 

Jiuffon. 11, »8 



DiailizodbvGoOgle 



974 HISTOIRE NATURELLE 

ans. A^nt découvert dan* le jardin de son père un nid de bu- 
vette , et dam ce nid un oeuf unique , qu'on soupçonna être un 
œuf de coucou, il donna au coucou le tem]w d'éclore et mémo 
deK rerêlir de plumes; après quoi il renferma le nid et l'oiseau 
dans une cage qu'il laissa sur place : quelques jours après, il 
trouva U mère &uvette prise entre les bâtons de k cage, ayant 
la t£te engagée dans le gosier du jeune coucou, qui l'avoit avalée, 
dil-on, par mégarde, croyant avaler seulement la chenille que 
sa nourrice loi présentoit apparemment de trop près. Ce sera 
quelque lâit semblable qui aura donné lieu à la mauvaise répu- 
tation de cet oiseau ; mais il n'est pas vrai qu'il ait l'habitude de 
dévorerni sa nourrice ni les petits de sa nourrice. Premiiiremenl, 
il alebec trop fbible, quoique Bsses gros ;le coucou lie M. Kleia 
en est la preuve , puisqu'il mourut étouffé par la tète de la fau- 
vette, dont U n'avoit pu briser les os. En second lieu , comme les 
preuves tirées de l'impossible sont souvent équivoques et presque 
tnujours suspectes aux bons esprits, j'ai voulu constater le bit 
par la voie de l'expérience. Le 37 juin, ayant mis un jeune cou- 
cou de l'année, qui avoit déjs neuf pouces de longueur totate, 
dans une cage ouverte , avec trois jeune* buvettes qui n'avoient 
pas le quart de leurs plumes, et ne mangeoient point encore 
seules, ce coucou, loin de les dévorer ou de les menacer, sem- 
bloit vouloir reconnaître les obligations qu'il Bvoit|à l'espèce; il 
louffroit avec cMn plaisance que vet petits oiseaux , qui ne parois- 
soient point du tout avoir peur de lui, cherchassent un asile 
sous ses aile», et s'y récbaufiàssent comme ils eussent làit sousk-s 
ailes de leur mère; tandis que dan» le même temps une jeune 
(Jiouette de l'année, et qui n'avmt encore vécu que de la becquée 
qu'on lui donnoît , apprit à manger seule en dévorant toute Tt* 
vante une quatrième buvette quel'on avoit attachée auprès d'elle, 
le sais que quelques-uns, pour dernier adoucissement, ont dit 
que le coucou ne mangeoît que les petits oiseaux qui venoient 
d'éclore et n'avoient pointencore de plumes. A la vérité, ces pe- 
tits embryons sont, pour atnft dire, des êtres intermédiaires entre 
l'oeuf et l'oiseau, et par conséquent peuvent absolument élra 
mangés par un animal qui a coutume de se nourrir d'ceu& cou- 
vés ou non couvés ; n»ia ce bit , quoique moins invraisemblable, 
ne doit passer pour vrai qne lorsqu'il aura été constaté par l'ob- 
servation. 

Quant à la salive du coucou , on tait que ce n'est autre clive 
que l'euudation écumeuse de la larve d'une carUiiw ci^le apt^ 



DiailizodbvGoOgle 



t)u coucou. 375 

lée la bedaud« ', Il est possible qu'on ait vu un coacon cherclier 
celte larve dans son écume, et qu'on ait cru l'y voir déposer aa la- 
live; eiuuita on aura remarquéqu'ilsortoit un insecte de pareille! 
écumes , et on se sera cru tbndé à dire qu'on avoit vu la salive du 
coucou engendrer la vermine. 

Je ne combattrai pas sérieusement la prétendue métamorphose 
annuelle du coucou en épervier ' ; c'est une absurdité qui n'a ja- 
mais été crue par les vrais naturalistes , et que quelquea-uns d'eux 
ontréfutée:jediraiseulcmentquei;equia pu y donuar occasion, 
c'est que ces deux oiseaux ne se trouvent guèi-e dsiu Do« climats 
en même temps et qu'ils se ressemblent par le plumage ' , 
par la couleur des yeux et des pieds, par la longue queue, 
par leur eslomac membraneux, par la taille, par le vol, par 
leur peu de fécondité, par leur vie solitaire, par les longues 
plumes qui. descendent des jambes sur le tane, etc. Ajoutcai 
cAa que les couleurs du plumage sont fort sujettes à varier 
dans l'une et l'autre espèce, au point qu'on a vu une femelle cou- 
cou , bien vérîËée femelle par la dissection , qu'on eàt prise pour 
le plus bel émerillon, quant aux couleurs, tant son plumage étoit 
joliment varié *. Mais ce n'est point tout cela qui constitue l'oi- 
seau de proie : c'est le bec et la serre ; c'est le courage et ta force, 
du moins la force relative, et à cet égard il s'en faut bien que le 
coucou soit un oiseau de proie *; il ne l'est pas un seul jour da 
M vie , si ce n'est en apparence et par des drconatancea singu- 
lières, comme le fut celui de M. Klein. M. Lotttnger a observé 
que les coucous de cinq ou six mois sont aussi niais que les jeu- 

' Oa ■ Jit ^m I« cigula ^i (orCaient da «it* lins doanaifiit I* non H 
concOB « Ig piqmat loiu l'ails. C'nt tout «a plu queli^i bit parlicnlier bmI 

' Je vient cl'«Lrc ipecMlinr d'une ictni uKi lingnliin. Un ipÉni«c »'i«*it7*ti 
diai une buH-CDBr itiei tien peupUe \ dit qu'il fut poté, 00 iinoe coq d« l'in- 

■Q Waialte entonr de Inl j qniad il fut nn pen riunrJ , il ■■ nlrra ^ et lUait 
VffM comme !■ prenitn , et le lint du l'nccup* luci loDg-temp* pour qu'an pftt 

> SnrtDBt ^lint t» pir<deiK>B>, Undii qu'ils loknt. Le conconl»t desùlu 
n partant , et file ennita unaiiie la liercalet. 

« H. Hiriuant ■ tu pluieun concaïuiiiii , par leu plun»f[e, naMmbloient k 
dlflïmteieiptceid'jmoucbeti on mtlee d'ipenien, (t on intce^i nuemliloit 
■■Mm 'a un pigeon biiet. 

> Ariitole dit, arec niun, que c'at nn BiM«n tlmidej miii je n tais 
ponrqnoi il cile en pr«nT*d* ■* timïditf ion luUtmd* dtpoadn Sa BidA'iBltui . 



DiailizodbvGoOgle 



376 HISTOIRE NATURELLE 

ne* pigeona ; qu'ils ont m peu de mourement , qu'ils reéleoi de* 
heum dans U même place, «t ai peu d'appétit, qu'il &ut les ai- 
der à avaler. Il e*t vnt qu'en vieillissant ils prennent un peu 
plus de hardiesse, et qu'ils en imposent quelquefois à de vérita- 
bles oiseaux de proie. M. le vicomte de Querhoent , dont le té- 
moignage mérite toute confiance , en ■ ru un qui , lorsqu'il 
croyoit avoir quelque chose k craindre d'un autre oiseau , héris- 
soit ses plumes, haussoit etbaissoit la tête lentement et à plusieura 
reprises, puis s'eUnçoit en criant, et, par ce manège, metloit 
aonvent en fuite une crécerelle qu'on noiirrissoit dans la m£ma 
BUÛBon'. 

Au reste, bien loin d'être ingrat, le coucou parott conserver 
le souvenir des bienfiutt et n'y £tre pas insensible. On prétend 
qu'en arrivant de son quartier d'hiver, il se rend avec empresse- 
ment au lieu de sa naissance, et que, lorsqu'il^ retrouve sa nour- 
rioe ou ses frères nourriciers , tous éprouvent une joie réciproque, 
qu'ils expriment chacun à leur manière; et sans doute ce sont 
ces expressions diSérentes, ce sont leurs cai-esses mutuelles , leur» 
cris d'al^iresse , leurs jeux, qu'on aura pris pour une guerre que 
les petits oiseaux fàisoient au coucou. U se peut néanmoins qu'on 
ait vu entre eux de véritables combats} par exemple, lorsqu'un 
coucou étranger, cédant k son instinct ', aura voulu détruire 
leurs œu& pour placer le sim dans leur nid , et qu'ils l'aunnit 
pris sur le bit. Cest cette habitude bien constatée qu'il a de pon- 
dre dans le nid d'autrui , qui est la principale aiugularité de son 
histoire , quoiqu'elle ne soit pas absolument sans exemple. Geaner 
parle d'un oertain oiseau de proie fort ressemblant à l'autour, 
qui pond dans le nid du choucas; et si l'on veut croire que cet 
oiseau inconnu, qui ressemble à l'autour, n'est autre chose qu'un 

I Ub eoncDB ■dnlli, iltr^ cha H. LoUingti, H îatnit «r umi la oiMaa, 
nu- t** plu toru coiBDia *u let plw foîblc* , ■ur «ai il* lou «*pua ceun* lai 
lu aDUa, alu^BUit U tSia et in jcni pir prJMccDu : il l'JUujoit ntatt tar la 
SUHU •npuU^ ; etijotlqu radcmntqaM ffit reponu^, il mcDoil tOBJotin W 
I* dui^ , lut M rabnto )(«■!■. Pour moi, fii rcconan, par ma propret sb- 
MrT(tieni,quI«eoncounaucantliB»m^i'i»D» poar lapRndn, qii''ili 
l'tihtDt M l'kliaiuat •Itatuiiinuaiit «i u Urioaut, at ulua iiu'ila mordaat 

■ Aiittota , Pliac , et cetii <]ni la* aat cepiéi ou qni ont nncUri inr «ai, t'ac' 

caUa panéiuiiDD visit d< « ija'il lawiablc k bd oùaia da pi«û. Vais dEl>iii* 
fuaa4 tn jiaUu aiataos poiuiuf «nt-il> la oisaint de gni* { 



DiailizodbvGoOgle 



BU COUCOU. 



177 



eoncon , d'nntant jdna que celui-ci a été louTent pris pour 
oÎK«u de proie , et que l'on no connolt point de rérilable oisean 
de proie qui ponde dans des nids étrangers , du moins on ne peut 
nier que les torcoas n'établissent quelquefois lenrnombrmiM cou- 
vée dans des nids de sitteUe, comme je m'en suit «Muré; que les 
moineaux ne s'emparent aussi des nids d'hiroodeliea , etc. : mais 
c« sont ie» cas asseï nres, surtout à l'^rd des esptces qtii oon»> 
truisent un nid, pour que l'habitude qu'a le ooaooa de pondre 
tous les Kfis dans des nids étrangers, doive 6tre regardée caaaae 
un phénomène singulier. 

Une autre ùngularité de son histoire , c'est qu'il ne pond qu'un 
œuf, du moins qu'un seul oeuf dans chnquenid ; car il est pos- 
sible qu'il en ponde deux , comme le dit Arislote, et comme on 
l'a reconnu possible par b dissection des femelles , dont l'ovaire 
présente ataez aouvent deux oeufs bien conformés et d'égale 
grosseur. 

Ces deux singularités semblent tenir à une troisième , et poa- 
Toir s'expliquer par elle ; c'est que leur mue est plus tardive et 
plus complète que celle de la plupart des oiseaux. On rencontre 
quelquefois, l'hiver, dans le creux des arbres, un ou deux cou- 
cous entièrement nua , nus au point qu'on les prendroïl, au 
premier cotip d'inil , pour de véritables crapauds. Le R. P. Boii- 
got, que noua avoQ* cité plusieurs fbia avec la confiance qui lui 
est due , nous a assuré en avoir vu un dans cet état , qui avoit 
été trouvé, sur la fin de décembre, dan* on trou d'arbre. De 
quatre autres coucous élevés , l'un chm M. Johnson , cité par 
Willnghby, k second chez M. le comte de Bufibn, le troisième 
chez M. Hébert , et le quatrièn^e chez moi , le premier devint 
languissant aux approches de l'hiver, ensuite galeux, et mourut; 
le second et le troisième se dépouillèrent totalement de leurs 
plumea dans le mois de novembre ; et le quatrième, qui mou- 
rut sur la fin d'octobre, en avoit perdu plus de la moitié : le se- 
cond et le troisième moururent auMÏ ; mai» avant de mourir ik 
tombèrent dans une espèce d'engourdissement et de torpeur. On 
cite plusieurs autres faits semblables; et si l'on, a eu tort d'en 
condure que tons les coucous qui paraissent l'été dans un pays 
y restent ITiiver dans des arbres creux ou dans des trous en 
terre, engourdis ', dépouillés de plumes, et, selon quelques-uns, 

■ Cm tjai parlent df «iconcou tronWi Itivfr dam du trau l'iecordcnt 
■t nu«ilil«iit ■ dn cra[iin^ CfU ow 



DiailizodbvGoOgle 



5-8 HISTOIRE NATURT-LLE 

avec ane ample proTÛion de blé ( dont toutefois cette espèce no 
mange iamaia ), on peut du moins , ce me semble , en conclure 
légitimement iV que ceux qui, au moment du départ, sont ma- 
lades ou blessés, ou trop jeune», en un mol trop fciMes, par 
quelque raison que ce soit, pour entreprendre une longue route, 
restent dans le pays où ils se trouvent, et y passent l'hiver , se 
mettant de leur mieux à l'abri du froid dans le premier trou 
qu'il» rencontrent à quelque bonne exposition , comme font les 
cailles, et comme avoit fait apparemment le coucou vu par le 
R. P. Bougot ; a*, qu'en général ce» sorte» d'oiseaux entrent en 
mue fort tard , que par conséquent ils refont leur» plumes ausn 
fort tard, et qu'à peine elle» sont re&ite» au temps où ils repa- 
roissent , c'est-à-dire, au commencement du printemps. Aussi 
ont-il» le» «île» foible» alors, et ne vont-il» que rarement »ur le» 
grands arbras ; mai» il» ae traînent, pour ainsi dire, de buisson 
en buisson , et se poseut même quelquefois à terre, où ik sautil- 
lent romme les grive». On peut donc dire que, dan» la saison de 
l'amour, le superflu de la nourriture étant presque entièrement 
absorbé par l'accroissement des plumes , ne peut fi)umir que très- 
peu à la reproduction de l'espèce! que c'est par cette raison que 
la femelle coucou ne pond ordinairement qu'un œuf ou tout 
au plus deux ; que oet oiseau ayant moins de ressources en lui- 
même pour l'acte principal de la génération, il a aussi moins 
d'ardeur pour tous les actes accessoires tendant à la conservation 
de l'espèce , tel» que la nidification , l'incubation , l'éducalion des 
petits, etc. , tous acte» qui partent d'un même principe et gar- 
dent «ntreeux une sorte de proportion. D'ailleurs, de cela seul que 
le» mile» de cette espèce ont l'instinct de manger les œu& de* 
oiseaux, la femelle doit cacher soigneusement le sien; elle ne 
doit pas retourner k l'endroit où elle l'a dépo»é, de peur de l'in- 
diquer à son mâle ; elle doit donc choisir le nid le mieux caché, 
le plus éloigné des endroits qu'il fréquente i elle doit même , ù 
elle a deux œufs, les distribuer en difieren» nids; elle doit les 
confier 1 des nourrices étrangères, et se reposer sur ce» nour- 
ricM de tous les soins nécessaire» à leur entier développem»! ; 
c'est aussi ce qu'elle bit, en prenant néanmoins toutes les pré- 

fnoît Hmlïfaiiiin qn^on t piif qttfllipiafoii ponr du cflncon» Ata fnBmo'itiH qnï 
pHUDtïjriuMiBedt l'hiTCrdiu dâ trou un* ■Mger, uni ponTaii mingcr, 
■jiDI l> boncb* fcrmèi et In dm nlehaim camuc ioudjei «aicnlilc. àb df 
nntrint , Aritiotc dit poûtiTNBïttt qs* Ici toucoiu ut piiaUmit point llùiw 
d*Da la Grèce. 



DiailizodbvGoOgle 



DU COUCOU. 



»79 



mitions qui lui sont inspiréci par la tendreue pour «a géni 
ture , et tachant réaister à cette tendrease même pour qu'elle ne m 
trahuse point par indÏBcrétion. Conaidérà aoiu ce point de vue , 
les procédés du coucou rentreroient dans la règle générale , et 
aupposeroient l'amour de k mère pour let petits, et même un 
■mour bien entendu, qui préfère l'intérêt de l'objet aimé ^ h 
doura «alifl&ction de lui prodiguer ses boîhs. D'ailleurs, la seule 
dispernondeses oeub en diflerena nids, quelle qu'en puisse être la 
cause, Kiit la nécewité de les dérober à la voracité du mâle, soit 
la petiteaae du nid ', auffiroit seule et trÈs-éridemment pour lui 
en rendre l'incubation impossible : or, cette dispersion des œufà 
du coucou est plus que probable, puisque, comme nous l'avons 
dit , on trouve assez souvent deux œufi bien formés dans t'ovaire 
des femelles, et trèft-rarement deux de ces oeu& dans le mëmenid. 
Au reste, le coucou n'est pas te seul parmi les oiseaux connus 
i^ui ne fasse point de nid ; plnneurs espèces de mésanges , les 
pies , les mar tins-pêcheurs, etc. , n'en font point non plus. II n'est 
pas le seul qui ponde dans des nids étrangers, comme nous ve- 
nons de le dire, 11 n'est pas non plus le seul qui ne couve point 
set œufs : nous avons vu que l'autruche , dans la sone torride , 
dépose les siens sur le aabte, oi^ la seule chaleur du sdeO suffit 
pour les fiiîre édore. Il est vrai qu'elle ne les perd guère de vue , 
et qu'elle veille assidûment \ leur conservation : mais elle n'a 
pas les mêmes motib que la femelle du coucou pour les cacher 
et pour dissimuler son attachement ; elle ne prend pas non plus, 
comme cette femelle , des précautions suffisantes pour la dispenser 
de tout autre soin. La oonduile du coucou n'est donc point une 
îrrégularilé absurde , une anomalie monstrueuse , une exception 
aux lois de la Nature , comme l'appelle Willughby; mais c'est un 
effet nécessaire de ces mêmes lois, une nuance qui appartient à 
l'ordre de leurs résultats , et qui ne pourroit y manquer sans 
laisser un vide dans le système général , sans causer une inter- 
mption dans la chaîne des phénomènes. 

Ce qui semble avoir le plus étonné certains naturalistes, t^eti 
la complaisance qu'ils appellent dénaturée de la nourrice du cou- 
cou, laquelle oublie si noilement ses propres œufà pour donner 

' Du [Mnonnu digou de foi m'oni d[t if air tv Jeu foi* dnn csncon* diu 
on ml nid , iniu toniu la dm foii dan* un eiil d* fpi* : or mn nid d* 
(ti** wt bMa««Bp plai griad qD'nn sid de faavatw, d< cIuDtn SR di roup* 



DiailizodbvGoOgle 



5fto niSTOITtE NATUnET,T,r: 

tous sea soins à celui tl'iiR o'tncttu étranger, et m^e d'un olsnan 
dnlructeur de sa propre ramille. Un de ces naturalistes, fort ha- 
bile d'ailleurs en ornithologie, frappé de cette atngularilé , a fiiit 
des obêcrvations suivies sur cette matière , en 6tant k plusieun 
}Klit« oiseaux lès œuFs qu'ils aroient pondus , et y substituant un 
oeuf unique de quelque oiseau autre que le coucou et que celui 
auquel apparlenoil le nid : il s'est cru en droit de conclure de 
ces observatious , qu'aucun des oiseaux qui se char^nt de cou- 
ver l'oeuf du coucou , mâme au préjudice de sa propre lâmille, 
ne se chargeroit de couver un oeuf unique de tout autre oiseau 
qui lui «d'oïl présenté dans les mêmes cirtonstanoes , c'est-à-dire, 
qui seroit subslilué à tous les siens, parce que cette complaisance 
est nécessaire au seul ooucou , et que lui seul en jouit en Tertu 
d'une loi spéciale du Créateur. 

Mais que cette conséquence paroitra précaire et hasardée, si 
l'on pèse les réftexiom suivantes ! i", H faut remarquer que la 
propositian dont il s'agit est générale, par cela même qu'elle est 
exclusive ; qu'à ce titre il ne feudroit qu'un seul &it cuitraire 
pour la réfuter ; et que infime en supposant qu'on n'auroit point 
connoissance des faits contraires , il fàudroit, pour l'élablir, un 
peu plus de quarante-six observations ou expériences faitee sur 
nne vingtaine d'espèces ; i*. qu'il en fàudroit beaucoup plus en- 
core et de plus rigoureusement vérifiées, pour établir la nécessité 
et l'existence d'une loi particulière, dérogeant aux lois générales 
de la Nature en faveur du coucou ; 3*. qu'en admettant que les 
expériences eussent été ikites en nombre suffisant et suffisam- 
ment vérifia, il eût &llu encore, pour lea rendre concluantes, 
en assimiler les procédés , autant qu'il étoit possible, dans toutes 
leurs circonstances, et n'y souffrir absolument d'autres difl^ 
rences qa« celles de l'œuf. Par exemple, il n'est pas égal , sans 
doute, que l'œuf soit déposé dans un nid étranger par un homme 
ou par un oiseau ; par un homme qui couve une hypothèse ché- 
rie, contraire à la réussite de l'incubation de l'œuf, ou par un 
oiseau qui paroit ne désirer rien tant que cette réussite : or, 
puisque l'on ne pouvoit pas se servir du coucou , du merie, de 
l'éoorcheur, de la fiiuvette ou du roitelet, pour substituer un 
oeuf unique de ces dilRrentes espèces aux œufs des chantres, 
r°"fS^{!°''g^ I lavandière, etc., il eût &llu que la même maiti 
qui avoit agi dans ces sortes d'expériences âites avec des œuls 
autres que celui du coucou , agit aussi dan* un pareil nombre 
d'expériences correspondantes biles ai-ec l'œuf même du ceu- 



DiailizodbvGoOgle 



DIT cor cor. n^i 

ron , «( comparer lei r^ullab ; or, c'eat ce qui n'n pas vie fait ; 
cela étott néonmoli» d'aulant plus néceatnire, que la ieule Rppa~ 
rilion de l'homme, plus ou moins fréquenle, auffit pour ftire re- 
noncer àea propres ixat» à la couveuse U p1t|a échauflëe, et 
même pour lui faire abnndonner l'étlucation déjii avancée du 
coucou ' , comme j'ai été à porlée de m'en assurer par moi- 
même. 4". Les auertions fondamentales de l'auteur ne aont pas 
toiiles exactes ; car Te coucou pond quelquefois, quoique très- 
rarement , deux oeufs dans le même nid , et cela était connu des 
anciens. De plus, l'auteur suppose que l'œuf du concou est tou- 
jours seul dans le nid de la nourrice, et que la mère coucou 
mange ceux qu'elle trouve dans ce nid , ou tes détruit de quel- 
que sntre manière. Mais on sent combien un pareil fait est diffi- 
cile à prouver, et combien il est peu vraisemblable. H faudrok 
donc que jamais cette mère coucou ne déposAt son oeuf ailleurs 
que dans le nid d'un oiaeaa qui auroit fait sa ponte entière , ou 
que jamais elle ne manquât de revenir k ce m^me nîd pour dé- 
Iruire les ceuË pondus snbséqueroment ; autrement ces oeufs 
pourroient êlre couvés et éclore avec celui du coucou, et il y 
auroit quelques cliangemens à faire, soit dans les conséquences 
tirées, soit dsns la loi particulière imaj^inée à plaisir ; et c'est pré- 
cisément le cas , puisqu'on m'a npporlê nombre de fois des nids 
où il y avoit plusieurs œufs de l'oiseau propriétaire*, avec ud 
oeuf de coucou, et même plusieurs de ce» oeuf» éclos ainsi que 



celui 


u COUCOU '. 5'. Mais ce qui n'est pas mo 


ins décisif, c'est 




> Oa 


■ m BDt T'nliirs an pjéi , dont le nid était '■ tnrB 


»» nne «rowe re- 


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I lu «iiitïi Tixliria de qnclcpiei cuHeui. 






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«eôoldi^mpeuhi»!!. 






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i 177fi,ciBq«ufideraiige-garge liée l'œuf da cane 








i 1777, qo.lrîŒuftileriMtipioli.Mroufdiiioneeii 






17 ■. 


i , deui sbIi de iiiiuii|a laiu un jenna eancau , n 


■il (pi ne «Hit pti 








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ee. Vojr. Caner, 


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ni» 177S, an jeun* coneaa daiunn aiil de rouipiel. 


.«cdn.ipMil.ra». 




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juia, Dii)«iiiie coocOBdmnn nid d*n>Bgi-goTge,a 


Tec «. petit roat>- 


S 


■S'I 


i «reiuoit plu iinci<ni»»ent «cloa. 






H. LoMin^er »\ n-Maii «a hit, coomUU ftt Ui-ntm* , 


diniMlMIredai? 



DiailizodbvGoOgle 



a!îa HISTOIRE KATURFLI.R 

qu'il y a àes falu inconteatablei , observés par des personnes aaasi 
femiliarisécs avec les oiseaux qu'étrangères k toute faypolhèse ' , 
lesquels &ib, tous dilTérens de ceux rappoktés par l'auteur, réfu- 
tent invinciblement ses inductions exclusives , et font tomber le 
petit statut particulier qu'il a bien voulu ajouter aux lois de la 

PREBOÈRE EXPÉRIENCE. 

Une serine qui couvott ses teu& et les fit éclore, couTa en 
même temps, et encore huit jours après, deux œufs de merlo 
pris dans les bots ; elle ne cessa de le* couver que parce qu'oa 
le* lui 6ta. 

SECONDE BZPiniBIfCE. 

Une autre serine ayant couvé pendant quatre jours, oans au- 
cune préférence msirquée, sept œufs, dont cinq a elle et deux de 
fauvette, les abandonna tous, ta volière ayantététnn^iortée dan» 
l'étage inférieur : msuite elle pondît deux œufa qu'elle ne couva 
point du tout 

TROISIÈME EXPÉRIENCE. 

Une autre serine dont le mâle avoit mangé ses sept premier» 
eeu& a couvé pandant treize jours ses deux demieii avec trois 
autres, dont l'on étoit d'une autre serine, le second de linotte, 
et le troisième de bouvreuU : mais tous ces oeab ae sont trouviv 
clairs. 



Une femelle troglodyte a couvé et &it éclore anceufdemerte; 
une femelle fiiquet a couvé et &it éclore un œuf de pie. 

CINQUIÈME EXPÉRIENCE. 

Une femelle friquet couvoit six oeuià qu'elle avoit pondus ; on 
«n ajouta cinq, elle continua de couver; on en. ajouta encore 

■ (•□TCUtô lita DOin ,»sc uneinmi ftuwttg ({ni TOloit dijk, et un mf citir.* 
3t ponmii citer plniitnii lattu fiiti Mmhliblt). 

' Ja doû !■ plu gnnds partis de cei fiiti k «ae de «ei panntn ( mailaBie Fe- 
(Dt de HoDtbeilUrd ), ^nî depoii plniinri i^aaitt l'iiDiua uUtnacnt da oiiUBi , 
*a platt ï ttndier lenn mann, k luiTra Icnri pracédéi, et qnclipiafau a UtB 
vddIu fiire du Dbunttioni et tenter dei c^rincei rcUtiTU »i ^ntionidoU 
i'itoit accapj. 



DiailizodbvGoOgle 



DU COUCOU. îSÎ 

dnq; elle trouva le nombre trop grand, en mangea sept, et 
couva le reste; on en 6ti deux, et on mit à la place un œuf ds 
pie , que la femelle firiquet couva et fit éclore avec les sept autres. 

SIXIÈME exféuence. 

Une manière connue de bire éclore san» embarras des oeuls de 
serin , c'est de les donner à une couveuse chardonneret , prcnanï 
garde qu'ilsaient àpeu pràsU même degré d'incubation que ceux 
de la couveuse qu'on a choisie. 

SErnèHE EXPÉRIENCE. 

Une serine ayant convé trois de ses ceuls et deux de Ikuvette k 
tète noire pendant neuf à dix jours, on retira un oeuf de fauvettn 
dont l'embryon étoit non-seulement formé, msis vivant : danse» 
même temps on lui donna à élever deux petits bruants à peine 
àJos, dont elle a pris soin comme des siens, sans cesser de couver 
les quatre œu&reatana, qui se trouvèrent clairs. 

HITITIÈUE EXPÉIIIENGE. 

Sur la fin d'avril 1776, une autre serine ayant pondu un oeuf, 
on le lui enleva; trois ou quatre jours après, cet oeuf lui ayant 
été rendu, elle le mangea; deux outrais jours après, elle pondit 
un autre œuf et le couva ; on lui en donna deux de pinson qu'elle 
couva, après avoir cassé les siens : au bout de dix jours on lui ôla 
ces œufs de pinson qui étoient gntés ; on lui donna à élever deux 
petits bruanls qui ne iâisoient que J'éclore , et qu'elle éleva très- 
bien; après quoi elle Ct un nouveau nid , pondit deux oeufs, en 
mangea un ; et quoiqu'on lui eût ôlé l'autre , elle couvoit toujours 
à vide, comme si elleeiït eudesœufs; pour profiter de ses bonnr^ 
dispositions, on lui donna un œuf unique de ronge-gorge qu'elle 
couva et fit éclore. 

NEUVIÈME EXPÉRIENCE. 

Une autre serine ayant pondu trois œufs, les cassa presque 
aussitâl ; on les remplaça par deux œufs de pinson et un de fau- 
vette à tête noire, qu'elle a couvés, ainsi que trois autres qu'elle 
a pondus successivement. Au bout de quatre ou cinq jours , la 
volière ayant été transportée dans une autre chambre de l'étape 
iofërieur, la serine abandonna: pende temps après, elle pondit 
un œuf auquel on en joignit un de sittelle ou torche-pot ; ensuit» 
elle en pondit deux autres auxquels on en ajouta un de linotte : 



DiailizodbvGoOgle 



a8S HISTOIRE NATURELLE 

elle ccmva le tout pendonl sept jour», maU par préierence Iw 
deuxélrangers; car elle éloigna coiuUmmeat les siena, et elle lea 
jeta BiicceaaiTeraenl les Iroia jours suivana : ronxième jour, elle 
jeta celui du torche-pot; en un mot, celui de linotte &t le aenl 
(ju'elle amena k bien. Si par hasard ce dernier œuf eât été un œuf 
de coucou, que de fausan conséquences n'eût-on pw vu éclor« 
avec lui ! 

DmrâlE EXPÉRIENCE. 

Le 5 juin , on « donné h la serine de la seplièni* expérienoe iiii 
œuf de courou , qu'elle a couvé avec trois dea siena ; le 7 , un d« 
se* trois oeufs aroit disparu; le 8, un autre; le 10, le troisième 
eldemi«*; enfin le 1 1 , quoiqu'elle ae trouvât précisément dana 
le cas de la loi pHrticulii:re , celui oix le coucou met ordinaire- 
ment les femelles des petila oiseaux, et qu'elle n'eût à couver que 
rœufpriviléffié , elle ne se soumît point à cette prétendue loi , et 
elle mangea l'oeuf unique du coucou comme dlo avoit mangé Lm 
aiens. 

Enfin on a TU une femelle ronge-goi^ qui était fort échanflée 
k couver, se réunir avec «on mâle devant leur nid pour en défen- 
dre l'entrée à une femelle coucou qui s'en étoit approchée de fort 
près, s'élancer en criant contre cet ennemi, l'attaquera coups Je 
t>ec redoublés, le mettre en fuite, et le poursuivre avec tapi d'ar- 
deur, qu'ils lui Atèrent toute envie de revenir. 

n résulte de cet expériences, i*. que lea femelles âe plusieurs 
espèces de petits oiseaux qui se char^nt de couver roeufdu con- 
cou, se chargent auaai de couver d'autres ceufs étrangers avec les 
leurs propres ; a°. qu'elles couvent quelquefois ces œufs étrangers 
par préférence aux leurs propres, et qu'elles détruisent quel- 
quefois ceux-ci sans en garder un seul; 3*. qu'elles couvent et font 
éclore un oeuf unique autre que celui du coucou ; 4*. qu'elles re- 
poussent «vec courage la femelle coucou lorsqu'elles la surprennent 
venant déposer son œuf dans leur nid ; 5°. enfin qu'elles mangent 
quelquefois cet œuf privilégié , même dans le cas où il est imi- 
que. Mots un résultai plus important et plus général , c'est que la 
passion de couver , qui pnrolt quelquefbis si forte dans les oiseaux, 
semble n'être point déterminée à tels ou tels oeufs, ni à des wuls 
féconds, puisque souvent ils les mangent ou le* csssent, et que 
plus souvent encore ils en couvent de clairs ; ni à des œufs réels, 
puisqu'ils ooovent de* œufi de craie , de bois, etc. ; ni même à on 



DiailizodbvGoOgle 



DU COUCOU. a85 

vains simulacr», puisqu'ils courent qtielquefoisi vide, que t»r 
conséquent une coureuse qui &it éclore , soit un ceuf de coucuu , 
■oit tout autre oeuf étranger substitué aux siens, ne fait en cela 
que suivre un instinct commun i tous les oiseaux, el par une der- 
uiÈre conséquence, qu'il est au moins inutile de recourir & un dé- 
cret particulier de l'auteur de la Nature, pour expliquer le pro- 
cédé de la tèmelle coucou. 

Je demande pardon au lecteur de m'Stre arrêté si long-temps 
sur un sujet dont peut-être l'importance ne lui sera pas bien dé- 
montrée ; mais l'oiseau dont il s'agit a donné lieu II tant d'erreurs, 
que j'ai cru devoir non-seulement m'attachera en purger l'his- 
toire naturelle , mais encore m'opposer a l'entreprise de ceux qui 
les Tonloienl faire passer dans la métaphysique. Rien n'est plus 
contraire à la saine métaph^que que d'avoir recours à autant 
de prétendues lois particulières qu'il y a de phénomènes dont 
nous ne voyons point les rapports avec les lois générales : un 
phénomène n'est isolé que parce qu'il n'est point asses connu ; 
il but donc tâcher de le bien conuoltre avant d'oser l'expli- 
quer; il &ut, au lieu de prêter nospetitcs idées à la Nature, nous 
e&rcerd'atleindreàsesgrandesvues, parla comparaison atteutive 
de ses ouvrages , et par l'étendue approfondie de leurs rspixtrts. 
Je connois plus de vingt espèces d'oiseaux dans le nid desquels 
le coucou dépose son ceuf; la &uvetleordinaire, celle à léle noire, 
la babillarde, Is lavandière, le rouge-gorge, le chantre, le tro- 
glodyte , la mésange , le rossignol , le rouge-queue , l'alouette , le 
cujelier, la &rlouse , la linotte, la verdière, le bouvreuil, la 
grive, le geai , le merle et la pie-griëche. On ne trouve jamais 
d'oBufi de coucou , ou du moins «es oeufi ne réussissent jamais 
dans les nids de cailles et de perdrix, dont les petits courent 
presque en naissant; il est même assez singulier qu'on en trouve 
qui viennent à bien dans les nids d'alouettes, qui, comme nous 
l'avons vu dans leur histoire , donnent moins de quinse jours à 
féducation de leurs petits, tandis que les jeunes coucous, du 
moins ceux qu'on élève en cage, sont plusieurs mois sans man- 
ger seuls : mais, dans l'état de nature, la nécessité, la liberté, la 
choix de la nourriture qui leur est propre, peuvent contribuer 
i accélérer le développement de leur instinct et le progrès de 
leur éducation ' ; ou bien eeroit-ce que les soins de la nourricH 
n'ont d'autre mesure que les besoins du nourrissos I 

' Jtn* iaù |iu diiUMBltt ct^iu ditU. S«l«ni*,^a* cet ai>na ufaituaBiiic 



DiailizodbvGoOgle 



aSfi HISTOIRE NATURELLE 

On sera peut-être surpriii de Iroiiver pIuBieurs oitoaux gra- 
nivores, tels que la linotte, la verdière et le bouvreuil, dan» la 
liate des nourrices du coucx>u; mais il &ut sa souvenir que plu- 
sieurs granivores nourrissent leurs petits avec des insectes, et 
que d'ailleurs les matibrcs v^étales, macérées dans le iabot da 
ces petits oiseaux , peuvent convenir au jeune csoucou à un cer- 
tain point, et )Usqu'A ce qu'il soit en état de trouver lui-même 
les chenilles, les araignées, les coléoptères et autres insectea dont 
il est friand, et qui le plus souvent tburmillent autour de son 
liabilation. 

Lorsque le nid est celui d'un petit oiseau, «t par conséquent 
construit sur une petite échelle, il se trouve ordinairement fort 
aplati et presque méconnoissable; effet naturel de la grosseur et 
du poids du jeune coucou. Un autre effet de cette cause, c'est que 
les oeufs ou les petits de la nourrice sont quelquefois poussés hors 
du nid : mais ces petits, chassés de la maison paternelle, ne pé- 
rissent pas toujours lorsqu'ils sont déjà un peu forts, quelenid 
est près de terre , le lieu bien exposé et la saison favorable ; ils se 
mettent à l'abri dans la mousse au le feuillage, et les pères et 
mères en ont soin, sans abandonner pour cela le nourrisson 
étranger. 

Tous les habitans des bois assurent que lorsqu'une fiits la mère 
coucou a déposé son oeuf dans le nid qu'elle a choisi , elle s'oi- 
gne , semble oublier sa géniture et la perdre entièrement de vue , 
et qu'à plus forte raiaon le mile ne s'en occupe point du tout. 
Cependant M. Lottinger a observé , non que les père et mère don* 
nent des soins à leurs petits , mats qu'ils s'en approchent à une 
certaine distance en chantant ; que de part et d'autre ils semblent 
s'écouter, se répondre et se prêter mutuellement attention. Il 
ajoute que le jeune coucou ne manque jamais de répondre à 
l'appeau , soit dans les bois, soit dans la volière , pourvu qu'il ne 
voie personne. Ce qu'il y a de sur, c'est qu'on fait approcher les 
vieux enimitant leur cri, et qu'on les entend quelquefois chanter 
aux environs du nid où est le jeune, comme partout aiUean; 
mais il n'y a aucune preuve que ce soient les père et mère du 
petit : ils n'ont pour lui aucune de ces attentions afiectuenae» qui 
décèlent la paternité; tout se borne de leur port k des cris sté- 

ûvt boUbd tien par w nArt idopliv*, tt qm^it la mît mataot ^11 p«il, critnt 



DiailizodbvGoOgle 



DO COUCOU. 287 

rilea, auxquels on a voulu prêter des intentioiu pen cooiéquentes 
à leui-s procédés conmu, elqui, dana le vrai, ne supposent auti-e 
c):ose, sinon la sympathie qui existe ordinai rament entre les oi' 
leaiix de radniB espèce. 

Tout le monde conno!t le chaut du coucou, du moins son 
chant le plus ordinaire ; il est si bien articulé et répété si loit- 
vent' ,quedflni presque toutes tes langues il a influéiur la déno- 
mination de l'oiseRu, comme on le peut voir.dans la nomenclature. 
Ce chant appartient exclusivement au mâle, et c'est au prin- 
tenipf , c'est-à-ilire , au temps de l'amour, que ce mâle le fait en- 
tendre, tantôt perché sur une branche sËche, et tantôt en volant ; 
il l'interrompt quelquefois par un rilement aourd, tel à peu pi-és 
que celui d'une personne qui crache , et comme s'il prononçoit 
croit, crou, d'une voix enrouée et eti grasseyant. Outre ces cri», 
on en entend quelquefois un autre assez sonore, quoiqu'un peu 
tremblé, composé de plusieurs notes, et semblable à celui du 
petit plongeon ; cela arrive lorsque les mâles et les fismeltes se 
cherchent et se poursuivent *. Quelques-uns soupçonnent que 
que c'est le cri de la femelle. CeUe-ci , lorsqu'elle est bien aimée , 
a encore un gloussement gtou, glou, qu'elle ré|>éte cinq ou six 
Ibis d'une voix forte et assez claire, en volant d'un arbre à un 
autre. U semble que ce soit son cri d'appel ou plutôt d'agacerie 
vis-i-vis son mâle; car, dès que ce mâle l'entend, il s'approche 
d'elle avec ardeur, en répétant son tou, cou, cou'. Malgré cette 
variété d'inflexion, le chant du coucou n'a jamais dit être com- 
paré avec celui du rossignol , sinon dans U fable *. Au reste , it 
est fort douteux que g«s tHaeaux- s'apparient ; ik éprouvent le* 



itaiinj lien h itux b^oat prorubiilu d« patlir : lonqna qDali[ii'uD répha WU' 
*cDt U mémt Actt , cala l'ippclla ca AilaaiagBa , chaïutr la cluiiuon du cou- 
cou. On U dilKOMÎ et caui qui, n'<Unt<p'ca patit aoialira, iciBtiUiit u nnlli- 
)iliet parla paroU, «t [ont croîr*, a canaant baancanp et toui Via fait, qn'ilator' 

■ Cau qui onL bian ODtaadu aa crî rtapriaaDt aiui, go . go ^ gu^t t gtut , 
gatl. 

3 Nota connBDi^BJa par M. I> comla dg nioDcl , qui h fait un loulill ana- 
Muant iToburrii et qna laat d'anlre* na faut ijaa raganlcr . 

4 Oa dit qna k raiaignill (t le cohcsb diipatant la prix du chaot dciant Xiat, 
cctiii-ci l'adjng aa an eoncoB , qiia la raaaignol an appala davaat l'homna , laqu«L 
prODonja an u famr, it qua dtpiiU ca tampa it rotaigaol ••mat à chaniar ana. 
■itSt ipi'îl loit l'boBUM, eoaimt ponr rnnarciat aon jap, on ponr jmiiGet u tu- 



bï Google 



»88 HISTOrRE NATURELLE 

faesoiiu physiques, mais rien qui ressemble A lalUcIiiinent ou 
■u senliment. Les mâles sont beaucoup plus nombreux que les 
léiuelles ', et se battent |>our elles assez souvent: mais c'est pour 
une femelle en général , sans aucun choix , sans nulle prédilec- 
tion ; et lorsqu'ils se sont satis&its , ils s'éloignent et cherchent do 
nouveaux objets pour se satisfaii« encore et les quitter de même, 
sans le8r^retter,saiuprévoir le produit de toute» ces unions fur- 
tives, sans rien &ire pour les pelib qui en doivent naître; ils ne 
s'en occupent pas même après qu'ils sont nés ; tant il est vrai que 
la tendresse mutuelle des père et mère est le fondement de letur 
aflection commune pour leur géniture, et par conséquent leprùi- 
dpe du bon ordre, puisque, sans l'afTectioD des père et mère, 
les petits et %tême les espèces courent risque de périr, et qu'il est 
du bon ordre que les espèces se conservent. 

Les petits nouvellement éclos ont aussi leur cri d'appel, et es 
cri n'est pas moins aigu que celui des làuvettes et des rouge- 
gorges leurs nourrices , dont ils [irennent le ton par la fort-e de 
l'instinct imitateur ' ; et comme s'ils sentoient la nécessité de sol' 
liciler, d'importuner une mère adojrtive , qui ne peut avoir les 
entrailles d'une véritable mère, ils répètent à chaque inslant ce 
cri d'appel, ou, si l'on veut, cette prière, sans cesse excitée par 
des besoins sans cesse renaissans , et dont le sens est très-clair, 
très-déterminé par un large bec qu'ils tiennent continuellement 
ouvert de toute sa largeur; ils en augmentent encore l'expression 
parle mouvement de leurs ailes qui aocompagnenl chaque cri. 
Dès que leurs ailes sont assea fortes, ils s'en servent pour pour- 
suivre leur noun-ice sur les branches voisines lorsqu'elle les 



■ On Dr tu«, on Da pmd praqu jinaii qaa du cunconi chintctin, et 
piT cDMé^iunt nlln. J'in li vu tuar troti an ijnatn iliu nna laula ckuif , 
rt pi* une faïucUg. Li Zoologit irilaitnique dit qui lUni la oitma ttà, uc 
la nilnie arlir» etdiDi la mti» piigc, on a prii ciin| conconi , tau linq mils. 

> 1m iinctDR lUignlitr* d« Icnn narina contnbaa |i>ut-«tra, dît H. Fiiicb, 
« ■ prudnin ca en *>\px. ■ 

Il «t irai ijua lu nirinsi dn concon Mut, qunlk l'aitariaur, d'noa tlruclnn 
■MCI tiogutiàra , coiniiiF nom la Tcrreni plut bal j mil js nia Hiii auun qu'rllt* 

i'auHc Tait bouc bar Hi narinaa atac à* litira. J'ai racanna, an i-âpêtant catw ex- 
]iirianca (ur d'autm oiiaiiti , et DDtimiutBt lur la IroiilDdjta , qui leur tii r»u 
■nui la mima, wittju'oB bunclia Icnn D»m«, »il ^on l«i UiiM ouTntat. On 

l<tH auilciuu dt u Lifurcatien. 



DiailizodbvGoOgle 



DU coucor. 



a 89 



quille , ou pour aller au-devant d'elle lorsqu'elle leur apporle la 
'becquée. Ce «ont des noumMons iniatiables ', et qui Je paroisaeut 
d'autant plu», que de petits oiwaux , tels que le rouge- soive la 
fauvette, le chantre et letroglody te , ont de la peine à fournir In 
Bubsistauce à un hôte de si grande dépense , surtout loi^u'iU ont 
en même temps une fiimille à nourrir, comme cela arrive quel- 
quefois. 1^8 jeunea coucous que l'on élève conservent ce cri d'ap- 
pel, selon M. Frisch , jusqu'au i5 ou ao de septembre, et en 
accueillent ceux qui leur portent à manger ; main alors ce cri 
commence k devenir plus grave par degrés, et bientôt après ils le 
perdent lout-à-fait. 

. La plupart des ornithologistes conviennent que les insectes 
■ont le fonds de la nourriture du coucou, et qu'il a un appétit 
de préfêrence pour les œu& d'oiseaux , comme je l'ai dit ci-dessus 
Baya trouvé des chenilles dans sou estomac; j'y ai trouvé, outre 
cela, des débris très-reconnoissables de matières végétale», de 
petiU coléoplÈres bronxés , vert doré, etc., et quelquefois de pe- 
tite» pierres. M. Frisch prétend qu'en toute saison Û faut donner 
à manger aux jeunes coucous aussi matin et aussi tai-d qu'on le 
Ait 01-dinai rement dans les grands jours d'été. Le même auteur 
A observé la manière dont ils mangent les insectes tout vivans : 
il» prennent les chenilles par la tête; puis les disant passer dans 
leur bec, ik en expriment et font sortirpar l'anus tout le suc; après 
quoi ils lea agitent encore et les secouent plusieurs foi» avant do 
les avaler. Ils prennent de même les papillons par la tête, et les 
pressant dans leur bec , ils les crèvent vers le corselet , et les ava- 
lent avccleursailes. Ils mangent aussi des vers; mais ils préfèrent 
ceux qui sont vivans. liorsque les imecles manquoieni, Frisch 
donnoit i un jeune qu'il élevoit du foie, et surtout du rognon 
de mouton, coupé en petites tranches longuettes de la forme des 
insectes qu'il aimoit. Lorsque ces tranches étoient trop sèches il 
làlknt les humecter un peu, afin qu'il pût le» avaler. Du reste 
il ne buvoit jamais que dans le cas oii ses alimen» étoient ainsi 
desséchés; encore s'y prenoit-tl de si mauvaise grdoe. que l'on 
voyoit bien qu'il buvoit avec répugnance, et, pour ainsi dire, à 
■on corps défendant : en toute autre circonstance, il reretoit, en 
secouant son bec, les gouttes d'eau qu'on y avoit introduites par 

Bufon. II. ,9 



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HISTOIRE NATURELLE 

^ o» T^T nàre^ '- e' l'hydrophobie proprement diteparoinoll 

Lfs iruit« coucous no chantent point la preauere année, et lei 
~ax crsffni de chanter, ou du moina de chanter assidûment, 
.fT!' h fin de juin : mais ce silence n'annonce point leur départ ; 
an eB tTonve même dans les plaines jusqu'à la fin de septembre, 
fi «ncure plus tard'. Ce sont sans doute les premiers froids et la 
jijietle d'insectes qui les déterminent à passer dans des climals 
|Ju4 chauds. lU vont la plupart en Afrique, puisque MH. In 
commandeurs de Godeheu et des Masys les mettent au nombre 
des oiseaux qu'on voit passer deux fois chaque année dans 1^ 
de Malte*. A leur arrirée dans notre paya, ils semblent moins 
fuir les lieux babi tés ; le reste du temps , ils voltigent dans les bois, 
les prés, etc., et partout où ils trouvent des nids pour y pondre 
et en manger les œufs, des insectes et des fruits ponrae nourrir. 
Sur l'arrière-saison, les adultes, surtout les femelles, sont bons 
Amanger , et aussi gras qu'ils étoient maigres au printemps *. Leur 
gnitve se réunit particulièrement sous le cou * , et c'est le meil- 
leur morceau de cette espèce de gibier. Ils sont ordinairement 
seuls, inquiets, changeant de place à tout moment, et parcou- 
rant chaque jour un terrain considérable, sans cependant dire 
jamais de longs vols. Les antnens observoient le temps de l'ap- 
parition et de la disparition du coucou en Italie. Les vignerons 
qui n'avoient point achevé de tailler leurs vignes avant son arri- 
vée étoient regardés comme des paresseux, et devenoienl l'objet 
de la risée publique; les passant qui les voyoïent en retard leur 
reprochoient leur paresse en répétant le cri de cet oiseau , qui lui- 
même étoît l'emblËme de la fainéantise, et avec très-grande isi- 
•on , puisqu'il se dispense des devoirs les plus sacrés de la Nature. 

■ J**) ^hêeni 1* mêoa ckou , aiml qua la c 

Sttoit-ca ■ caue de code bjiliapliobia natnralla «{h^ob il îmagiBà da canaâllir 

vin? 

> M. la comiaiiideiir de QmiticMDt et H. Hlhert ont iu plulnn Uit de iema 
cDncau Ttilar diDi la piji juiqu'iii maii da wplambni , <t ^slqnei-Bi» jna^'à I* 

' tf. Saleme dît, d*iprï« laurpjegean, qua la coiieav«ia potant q^alqaafois 
•o grand naubr* enr la* naiiTM. 

* C'ait dani catta iiiign lanlcnint qna U fijon da parlac proTai}>utc , m^gn 

* J'ii obKTvé lu Btiiia eboK duu u janna Bwria da roclia ^u jtùùoisAcTar, 
« fui m mort as auu d'ocMbr*. 



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DU COUCOU. 391 

On disoit aawi , fin comme un coucou ( car on peul élre k la fou 
Ënet pareueux) , toît parce que, ne voulant point couver sei 
oeufa, il Tient à boutdelea faire couvera d'autres oiseaux, soU 
par une autre raimn tirée de l'ancienne mythologie '. 

Quoique ruaét, quoique solitaires, les coucoui tout ca])ablc« 
d'une sorte d'éducation; plusieurs personnes de ma oonnois' 
«ince en ont élevé et apprivoisé. On les nourrit avec de la 
viande hachée , cuite ou crue, des insectes, des oeufs, du pain 
moaillé, des fruits , etc. Un deces coucous apprivoisés reconnoi»- 
aoit son maître, venoit à sa voix, le suivoit à la chaue, perché 
sur ton fusil; et lorsqu'il trouvoit en chemin un griotlier, il y 
Toloit , et ne reveooit qu'après s'être rassasié pleinement : quel- 
quefois il ne revenoit point à son maitre de toute la journée; mais 
le auivoit à vue, en voltigeant d'arbre en arbre. Dans la maison , 
il avoit toute litmlé de courir, etpassoit la nuitsur un juchoir. 
La fiente de cet oiseau est blanche et fort abondante; c'est un 
des inconvcniens de son éducatitui. Il faut avoir soin de le ga- 
rantir du froid dans le passage de l'automne à l'hiver : c'est pour 
ces oiseaux te temps critique; du moins c'est à cette époque que 
i'aiperdu tous ceux quej'ai voulu faire élever, et beaucoupd'aub'ea 
oiseaux de différentes espèces. 

Olina dit qu'on peut dresser le coucou pour la chaaae du vol 
comme les éperviers el les Siucons ; nuis il est le seul qui assure 
ce bit, et ce pourroit bien élre une erreur occaûonée, comme 
pludeun auti-es de l'histoire de cet oiseau, par la ressemblance 
de son plumage avec celui de l'épervier. 

Les coucous sont répandus assez généralement dana tout l'an- 
cien continent; et quoique ceux d'Amérique aient des habitudes 
différentes, on ne peut s'empêcher de reconnoître dans plusieurs 
un air de famille : celui dont il s'agit ici ne se voit que l'été dans 
les pays froids ou même tempérés, tels que l'Europe, et l'Iiiver 
seulement dans les climats plus chauds, tels que ceux de l'Afirique 
septentrionale; il semble fuir les températures excessives. 

Cet oiseau posé à terre ne marche qu'en sautillant, comme je 

■ JopiUi l'ilut aptr^ qoe M «lat Judob tuit mhI* inr la mont Diccicn , 
• ■treneot dit Thonu, «ciU dd liolcpL ongc. ri tIdI miuIi forme d'un codd 
■cou H po»r nn lu bidobi ia U dJcw , ilni , U iDjint iHiuiUé , tr.nil , bitU 
dcU lcaptt>,« «Ht [ûlii, et li itcliauira »uih rabcj 1c dieu reprit u fbriDc 
h profH» , (t dnint l'^pou de u kbut. De ut ioiUnl , le mont Diceien fnl ep- 
prli Coccjgitn, «1 mootaga* du coucou, et de U l'etisiu dn Jupittr eu- 



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hgï HISTOIRE NATURELLE 

lU remarqua : mais il t'y pose nrement ; et quapd œh ne seroît 
point prouvé par le fait, Ù seroit bcile de le juger ainsi d'après 
•es pieds très-courts et ses cuisse* encore plus courtes. Un jeune 
coucou du mois de juin , que j'ai eu occasion d'observer, ne hi- 
»oit aucun usage de ses pieds pour marcher : mais il se servoît 
de son bec pour »e traîner sur son ventre, & peu près comme le 
perroquet s'en sert pour grimper; et lorsqu'il grimpoit dans sa 
cage, j'ai pris garde que le plus groa des doigts postérieurs se 
dirigeoit en avant, mais qu'il servoit moins que les deux autres 
antérieurs ' : dans son mouvement progressif il agitoit ses aila 
comme pour s'en aider. 

J'ai déjà dit que le plumage du coucou ëtoit fort sujet à va- 
rier dans les divers individus ; il suit de U qu'en donnant la des- 
cription de cet oiseau, on ne peut prétendre à rien de jJus qu'à 
donner une idée des couleurs et de leur distribution, telles qu'on 
les observe le plus communément dans aoo plumage, la plupart 
des miles adultes qu'on m'a apportés ressemblaient fort à celui 
qui a été décrit par M. Brisson : tous avoient le dessus de la tète 
et du corps, compris les couvertures de la queue, lee petites 
couvertures des ailes , les grandes les plus voisines du dos et les 
trois pennes qu'elles recouvrent , d'un joli cendré ; les grandes 
couvertures du milieu de l'aile , brunes , tachetées de roux et ter- 
minées de blanc ; les plus éloignées du dos et les dix premières 
pennes de l'aile d'un cendré foncé, le côté intérieur de celle»«i 
tacheté de blanc roussâtre ; les six pennes suivantes brunea, mar- 
quées des deux cdtés de taches rousses , terminées de blanc ; U 
gorge et le devant du cou d'un cendré clair ; le reste du dessous 
du corps rayé transversalement de brun sur un fond blanc ssle ; 
les plumes des cuiases de même, tombant de chaque côté sur le 
tarse en fiicon de manchettes -, le tarse garni extérieurement de 
plumes cendrées jusqu'à la moitié de sa longueur ; les pennes de 
la queue noirâtres et terminées de blanc ; les huit intermédiaires 
tachetées deblanc pris de la cSte et sur le côté intérieur; les deux 
du milieu tachetées de même sur le bord extérieur, et la demiirs 
des latérales rayée transversalement de la même couleur; Tifis 

■ Gi cette liiliitadt «iL coiBDiiui« k lonu l'eifkct, que déviant l'i niimiiiii ^i- 
giti tcamorii , ipplilinfe pir ploiiivn natnnliitet bui doigti diipiu^ com— 
tlini U CDiiEoa, demen iiintet deni «n iLTTiin? D'tilleun ne uît-on pai <[■> 
In litUlla , Ih iséuDgei , et lu oiuini ippaléi grlmpirmaitx p» cxceUaice , 
griaipent Enpérienmncnt, qnoiqB'iti lient lei doigte diepot^ k Ii Bmitra iid- 
ffxn, c'(>t-h-din, troii ta tient <t un eeal an irriin ? 



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DU COUCOU. agî 

noîaette, quelquefois jaune; la paupière înteme fort transpa- 
rente; le bec noir au dehors, jaune à l'iatérieur; les angles do 
soQ ouverture orangés; lea pieds jaunes; un peu de cette couleuc 
à la base du bec inférieur. 

J'ai TU plusieurs femelles qui ressembloient beaucoup aux 
mâles; j'ai aperçu à quelque^-unes , sur lescâtésdu cou, des ves- 
tign de ces traits bruns dont parle LinncBus. 

Le docteur Derham dit que les femelles ont le cou varié de 
ronssâtre , et le dessus du corps d'un ton plus rembruni ' ; les 
ailes aussi , avec une teinte rouMâtre , et les yeux moins jaunes. 
Selon d'antres observateurs, c'est le mftle qui est [das noirâtre : 
il ny a rien de bien constant dans tout cela que la grande varia- 
lion du plumage.. 

Les jeunes ont le bec, les pîed«, U queue et le dessous dn cori» 
à peu près i^mme dans l'adulte , excepté que les pennes sont en- 
gagées plus ou moins dans le tuyau ; la gorge , le devant du cou 
et le dessous du corps , rayés de blanc et de noirâtre , de sorte ce- 
pendant que le noirâtre domine sur les parties antérieures plus 
que sur les parties postérieures (dons quelques individus il n'y a 
presque point de blanc sous la gorge ) ; le dessus de la tète et du 
corps joliment varié de noirâtre, de blanc et de roussâtre, dis- 
tribués de manière que te roussâtre paroît plus sur le milieu du 
corps , et le blanc sur les exirémités; une tache blanche derrièra 
la léte, et quelquefois au-dessus du front ; toutes les pennes des 
ailes , brunes , terminées de blanc, et tacbelées plus ou moins de 
i-oussâtreoudeblanc; l'iris gris verdâlre; le fond des plumes cen- 
dré très-clair, llyagrandeapparenccque cette femelle si joliment 
madrée, dont parle M. Saleme, étoit une jeune de l'année. Au 
reste , M. Frîsch nous avertit que les jeunes coucous élevéa dans 
les bois par leur nourrice sauvage ont le plumage moins varié, 
plus approchant du plumage des coucous adultes, que celui des 
jeunes coucous élevés à la maison. Si cela n'est pas, il semble au 
moins que cela devroit être ; car on sait qu'en général la doiuev- 
ticilé est une des causes qui fout varier les couleurs des animaux, 
et l'on pourroit croire que les espèces d'oiseaux qui participent 
plus ou moins \ cet élat doivent aussi participer plus ou moins 

> Ddc penoDDc ilîgD* di foi m'iuura qn'«ll* i n qatlqwu-BD) da cm indiTiJn» 
plu biimi, qui itoicBt iQui it plni gnndc uille. Si c'itoicpi <1« (eatWa , « 
«roit nn noDTMu triiL cjo cooformll^ entre l'aytc. dn concou et lu oiiHui da 
proie. D'uD lutra câl^iH-Friiclia rmucipij qne dedcui j«Dnc*COiicDW<lc ilit-; 
£rciu Mui ^'il noDctilMiti 1« mlU itait U plM lins. 



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jgi HISTOIRE NATURELLE 

i la Tariation an plumage : cependant ;e ne puis diasîmulei- qne 
les jeunet coucous MUTsges que j'ai tus, et j'en at vu beaucoup, 
n'avoient pas les couleurs moins Tariées que ceux que j'avoù Kiil 
nourrir jiiwfii'au lemp de la mue exclusivement. TI peut se fiiire 
que les jeunes coumus sauvages que M. Frisch a trouvés plus 
reswmlilans k leurs pèreet mère, fussent plus âges queles jeunea 
coucous domestiques auxquels il les contparoit. Le même auteur 
■joute que les jeunes mAIes ont le plumage plus rembruni que 
les femelles , le dedans de la bouche plus rouge, et le cou plus 

Le poids d'un coucou adulte pesé le la avril étoit de quatre 
onces deux gros et demi; le poids d'un autre pesé le i7aotltétoit 
d'environ cinq onces : ces oiseaux pèsent davantage en automne , 
parce qu'alors ils sont beaucoup plus gras , et la différence n'est 
pas petite ; j'en ai pesé un jeune le aa juillet , dont U longueur 
totale approchoit de neuf pouces, et dont le poids s'est trouvé de 
deux onces deux gros ; un aulre qui étoit presque aussi grand , 
nais beaucoup plus maigre, ne pesoit qu'une ont» quatre gros, 
c'esl-ih'dire , un tiers moins que le premier. 

Le mâle adulte a le tube intestinal d'environ vingt ponces ; 
deux cœcums d'inégale longueur, l'un de quatorze lignes ( quel- 
qnerois vingt-quatre), Vautre de dix (quelquefois jusqu'à dix- 
huit), tous deux dirigés en avant, et adhérant dans toute leUr 
longueur au gros intestin par une membrane mince et transpa- 
rente ; une vésicule du fiel ; les reins placés de part et d'autre de 
l'épine , divisés chacun en trois lobes principaux , sous-divisé» 
eux-mêmes en lobules plus petits par des étranglemens , faisant 
tous la sécrétion d'une bouillie blanchâtre ; deux testicules de 
fbrmeovoide,de grosseur inégale, attachés à U partie supérieure 
des reins, et séparés par une membrane. 

L'cesophage se dilate à sa partie inférieure en une espèce de 
poche glanduleuse, séparée do ventricule par un élranglemenL 
Le ventricule est un peu musculeux dans sa circonférence, mem- 
braneux dans sa partie moyenne , adhérant par des tissus fibreux 
aux muscles du bas-venlre et aux diSerentes parties qoi l'en- 
tourent ; du reste, beaucoup moins gros et plus proportionné 

' M. Friicb aoaiïçoiinr qi« U groueur du cou, qui est propre m mile, pourrait 
cepe-dint je u*bî point remarqDê, dini le grand pombre de rlisKcliau (}ae ) e^ 
Tolnm* iliu leiiuilei ^ne duii Ici ftaellif. 



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DU COUCOU. agS 

daiu roïseau navage nourri par le rouge-gorge ou la fauvette , 
que dans l'oiseau appriToiaé et élevé par l'homme : dant celui-ci, 
ce aac , ordinairement distendu par l'excÈs de la nourriture, égale 
le volume d'un moyen œuf de poule , occupe loule 1h partie an- 
térieure de la cavité du venlre depuis le sternum à l'anus, s'é- 
tend quelquefois soua le sternum do cinq ou six lignes , et d'au- 
tre* ibis ne laisse à découvert aucune partie de l'intestin j au 
lieu que, dans des coucous sauvage* que j'ai fait tuer au moment 
même où on me les apportait , ce viscère ne s'élendoit pas tout- 
à-iait jusqu'au sternum , et laissoit paroltre entre aa partie infé- 
rieure et l'anus deux circonvolutions d'intestins, et trois dans le 
càté droit de l'abdomen. Je dois ajouter que, dans la plupart des 
oiseaux dont j'ai observé l'intérieur , on voyoit, sans rien forcer 
n> déplacer, une ou deux circonvolutions d'intestins dans la 
cavité du ventre à droite de l'estonuic , et une entre le bas de 
l'estomac et l'anus. Cette diBérence de conformation n'est donc 
que du ptusau moins, puisque dans la plupart des oiseaux, non- 
aeulement U fiioe postérieure de l'estomac est séparée de l'é- 
pine du doa par une portion du tube intestinal qui se trouve in- 
terposée , mais que la partie gauche de ce viscère n'est jamais 
recouverte par aucune portion de ces mêmes intestins ; et il s'en 
làut %ien que je regarde cette seule différence comme une cause 
capable de rendre le coucou inhabile à couver, ainsi que l'a dit un 
ornithologiste. Ce n'est point apparemment parce que cet estomac 
est trop dur, puisque, ses parois étant membraneuses, il n'est 
dur en effet que par accident et lorsqu'il est plein de nourriture; 
ce qui n'a guère lieu dans une femelle qui couve. Ce s'est point 
non plus, comme d'autres l'ont dit, paroeque l'oisesu craindroil 
de refroidir son estomac , moins garanti que celui des autres oi~ 
■eaux ; car il est clair qu'il courrait bien moins ce risque en cou- 
vant qu'en voltigeant oa se perchant sur les arbres : le easae-noix 
est conformé de même, et cependant il couve. D'ailleurs ce n'est 
pas seulement sous l'estomac , mais sous toute la partie inférieure 
du corps , que les oeufs se couvent : autrement U plupart des 
oiseaux qui , comme les peixlrix , cmt le sternum fert prolongé , 
ne pourroient couver plus de trois ou quatre œufs à U fbis, etl'on 
sait que le plus grand nombre en couve davantage. 

J'ai trouvé dans l'estomac d'un jeune coucou que je faisois 
nourrir une masse de viande cuite presque desséchée, et qui 
n'avoit pu passer par le pylore ; elle était décomposée, ou plutdt 
divisée en fibrilles de la plus grande finesse. Dans un autre jeune 



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396 HISTOIRE NATLRELLi:. 

coucou , trouvé mort au milieu des bois rera le commencement 
d'août , b membrane interne du ventricule étoit velue ; le* poib 
longs d'environ uoe ligne, «embloient m diriger ver» l'orifice de 
l'cesophage. En général , on rencontre fort peu de petite* pierres 
dansl'eAtomac des jeunes coucous, et presque Jamais dans l'esto- 
mac de ceux où il n'y a point de débris de matières végétale». II 
est naturel que l'on en trouve dans l'estomac de ceux qui ont été 
élevés par des verdières , des alouettes et autres oiseaux qui ni- 
chent k terre : le sternum ferme un angle rentrant. 

Longueur totale , treiae k quatorte pouces ; bec , treize lignes 
et demie ; les bords de la pièce supérieure échancrés pr^ de Im 
pointe [ mais non dans les tout jeunes ) ; narines elliptiques , ayant 
leur ouverture enviromiée d'un bord saillant, et au centre un 
petit grain blanchâtre qui s'éltve presque jusqu'à la^hauteur de 
ce rebord ; langue mince à la pointe , et non fourchue ; tarse , dix 
lignes; cuisses, moins de douce; l'intérieur des (mglea posté- 
rieurs le moins fort et le plus crochu de tons ; les deux doigta 
antérieurs unis ensemble à leur base par une membrane ; le des- 
sous du pied, comme chagriné et d'un grain très-fin; vol, envi- 
ron deux pieds ; queue, sept pouces et demi , composée de dix 
pennes étagées ' ; dépasse le* ailes de deux pouoes. 

VAMÉTÉS DU COUCOU. 

On aura vu sans doute avec quelque surprise , en lisant l'his- 
toire du coucou , combien le type de cette espèce est inconstant 
et variable : ce qui en effet n'est point ordinaire chez les oiseaux 
qui vivent dans l'étal de nature , et surtout chea ceux qui s'ap- 
parient; car pour ceux au contraire qui ne s'apparient point et 
qui n'ontqu'une ardeur vague, indéterminée , pour une femelle 
en général, sans aucun attachement particulier, & force d'être 
étrangers à toute fidélité personnelle, ou , si l'on veut, indivi- 
duelle , ils sont plus exposés à manquer aux lois encore [dus 
sacrées de la fidâité due à l'espèce , et k contracter des alliances 
irrégulières , dont le produit varie plus ou moins, selon que les 
individus qui se sont unis par hasard étoient plus ou moins 

■ M. R>y n'a complf qu bnit pcBB» d*D> !■ qncH d> findilidn nu'i[ > oL- 
uri i en 1693 ; mtû uiurï ai«nt il M miaquait dciu. 



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VARIÉTÉS DU COUCOU. 997 

difiërena enlre aux : de là la diversité que l'on remarque enlre 
les individus, loit pour 1b grosseur, soit pour lei formes, soit 
jxnir le plumage ; diversité qui « domié lieu à plus d'une erreur, 
et qui a &ît prendre de véritables coacoiu pour des faucons , 
des émerillons , des autours , des éperviers , etc. Mais, sans entrer 
ici dans le détail de ces variétés inépuisables et qui peroistent 
n'être rien moins que constantes , je me bornerai à dire que l'on 
trouve quelquefois en différenspaysde notre Europe des coucous 
qui diSèrent beaucoup entre eux par la taille ' , et qu'à l'égard 
des couleurs , le gris cendré , le roux , le brun , le blancMtre , 
sont distribués diversement dans les divers individu;, en sorte 
que chacune de cet couleurs domine plus ou moins, et que, par 
b multiplicité de ses teintes , elle augmente encore les varia- 
tions de leur ]^amage. A l'égard des coucous étrangers, j'en 
trouve deux qui me semblent devoir se rapporter à l'espèce eu- 
ropéenne comme variétés de i^lîmat, et peut-être en ajoateroia- 
je plusieurs autres si j'avois été à portée de les observer de plus 
près. 

I. XiE coucou du cap de Bonne-Eapérance , représenté dans 
les planches enluminées , n° 5<)0, a beaucoup de rapport aveo 
cdui de notre pays, et par ses proportions, et par la rayure 
transversale du dessous du corps, et par sa taille , qui n'est pas 
beaucoup plus petite. 

Il a le dessus du corps d'un vert brun ; la gorge, les joues, le 
devant du cou et les couvertures supérieures des ailes, d'un roux 
foncé ; les pennea de La queue d'un roux un peu plus clair , ter- 
minées de bbnc; la poitrine et tout le reste du dessous du corps , 
rayés tiiiuversalement de noir sur un Ibnd blanc -, l'iris jaune ; 
le bec brun foncé ; et les pieds d'un brun rougeâtre. Il a de 
longueur totale un peu moins de douze pouces. 

Seroît-ce id l'oiseau connu au cap do Bonne-Espérance sous 
le nom d'édolio, et qui répète en effet ce mot d'un ton bas et 
mélancolique? Il n'a point d'autre chant , et plusieurs habitan:* 
du pays, non pas Hottentots , mais Européens , sont persuadés 
quel'àme d'un certain patronde barque qui prononçoit souvent 



4 U toruxn, nM ■« piedi n 


ngei dfi Pyiiaitt , it Birrtrc , cil tacmt hdc ds 


c» ilriét^a, et p«iit-ftra wn > 


:onuin cMdr4 d'An^riqne. Il tn eit d< mlnic d» 


€»cuU/ranc«cano A. CriDI, 


CI d* MD cuculi rugginaio. Uii* cci deui dir- 


Bitra »>t <1m t*tUU« d'tt«. 





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ag» HISTOIRE NATURELLE 

le même mot , est pauëe <Um le corp* de cet oueau ; car nos 
•lèclei moderne* ont aussi leurs métamorphoaea : celle-ci n'est 
pas moins vraie que celle du Jupiter cucalua , et nous lui devons 
probablement la connoissance du crîdece coucou. Oaseroit trop 
heureux ai chaque envur nous valoit une vérité. 

II. I,ESvoysf{eursparIentd'uncoucoudun>yaumede Loango 
en Afrique, lequel est un peu plusgros que le nôtre, mais peint 
des mêmes couleurs , et qui en dîfière principalement par sa 
chanson ; (x qui doit s'entendre de l'sir , et non des paroles ; car 
il dit coucou comme le nfttre, mais sur un ton différent. Le 
màle commence, dit-on, par entonner la game , et chante 
seul les trois premières notes ; ensuite la femelle l'accompagne à 
l'unisson pour le reste de l'octave, et diflêre en cela de la iê- 
melle de noli-e coucou qui ne chante point du tout comme son 
mâle, et qui chante beaucoup moins. Ceet une raison de plu* 
pour séparer ce coucou de Loango du nâtre, et pour le consi- 
dérer comme une variété dans l'espèce. 

LES CODCOUS ÉTRANGERS. 

.Les principaux altributsdu concoa d'Europe consistent , comme 
on vient de le voir , en ce qu'il a la tête un peu grosse , l'ou- 
verture du bec large; les doigts disposés , deux en avant et deux 
en arrière ; les tarses garnis de plumes ; les pieds courts , les 
cuisses encore plus courtes ', les ongles ibibtes et peu crochus ; 
la queue longue et composée de dix pennes étagées. II diUère 
des ixKiroucous , et par le nombre de ces mêmes pennes ( car les 
couroucous en ont douze à la queue] , et sur-tout par son bec , 
qui est plus allongé , et dont h partie supérieure est plus con- 
vexe. Il diSêre des barbus en ce qu'il n'a point de bar bes autour 
de la base du bec. Mais tout cela doit être entendu sainement , 
et il ne £iut pas s'imaginer qu'on ne doive admettre dans le 
genre dont le coucou d'Europe est le modèle , que des espèce» 
qui réunissent exactement tous ces attributs. Cest le cas de ré- 
péter qu'il n'y a rien d'absolu > dans la nature , que par consé- 
quent il ne doit j avoir rien de strict dans les méthodes faites 
pour la représenter , et qu'il aeroit moins difficile de réunir 
dans une vaste volière toutes les espaces d'oi seaux , léparÉea par 



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DES COUCOUS ÉTRANGERS. 999 

paires bien astorties, que de lei iéparer intellectuellement par dea 
caractères méthodiques qui ne se démentiaaent jamaÎB : aussi , 
parmi les espèces que nous rapporterons au genre du coucou, en 
trouvera-t-on plusieurs en qui les attributs propres i ce genre 
oeront diversement modifiés , d'autres qui ne les auront pas tous , 
et d'autres qui auront quelques-uns des attributs des genres voi- 
sins. Mais si l'on examine de près ces espèces diverses, on rccon- 
noitra qu'elles ont plus de rapport avec te genre du coucou 
qu'avec aucun autre; ce qui suffit, ce me semble, pour nous au- 
toriser à les rassembler sous une dénomination commune, et pour 
en composer un genre, non pas strict, rigoureux, et par cela 
même imaginaire, mais an genre réel et vrai, tendant au grand 
but de toute généralisation , celui de faciliter le progréa de nos 
connoissHQces , en réduisant au plus petit nombre tous les faits 
de détail sur lesquels elles sont nécessairement fondées. On ne 
sera donc point surpris de trouver ici parmi les coucousétiangers 
des espèces qui ont la queue carrée, comme le coucou tacheté 
de la Chine, celui de 1 Ile de Panay, le vourou-driou de Mada- 
gaacar, et une variété du coucou brun piqueté de roux des Indes; 
d'autres qui l'ont, pour ainsi dire, fourchue, comme le coucou 
qui a deux longs brins à la place des deux pennes exténeures; 
d'autres qui l'ont plus qu'étagée et semblable à celle des veuves , 
comme le san-hia de la Chine et le coucou huppé k ooUîer; d'au- 
tresqui l'ont étagée seulement en partie, comme le vieillard à ailes 
rousses de la Caroline, lequel n'a que deux paires de pennes éta- 
gées, et comme une variété du jacobin huppé de Goro mande! , 
qui n'a que la seule poire extérieure étagée, c'est-à-dire, plus 
courte que les quatre autres paires, lesquelles sont égales entre 
elles; d'autires qui ont douze pennes à la queue, conime le vou- 
rou-driou, cl le coucou indicateur du Cap; d'autres qui n'en ont 
que huit, comme le guira-cantara du Brésil, si touterois Marc- 
grave ne s'est point trompé en les comptant; d'autres qui ont 
l'habitude d'épanoair leur queue lors même qu'ils sont en repos, 
comme le coua de Madagascar, le coucou vert doré et blanc du 
cap de Bonne-Espérance et le second coukeel deHindanao; d'au- 
tres qui en tiennent toutes les pennes serrées et suj>erposées , les 
intermédiaires aux latérales; d'autres qui ont quelques barbes 
autour du bec, conime le san-hia, le coucou indicateur, et une 
variété du coucou verdàlre de Madogascar; d'autres qui ont le 
bec plus long et plus grêle à proportion , comme le tacco de 
Cayenne ; d'autres qui ont le doigt postérieur interne armé d'an 



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3oo HISTOIRE NATURELLE. 

long éperon, «emblaUe à celui de noa alouettes , o>mme te hou- 
hou d'Egypte, le coucou des Philippines, le coucou vert d'Aa- 
tigue, le toulou etlerufàlbin ; d'autresenfin qui ont les pieds plus 
ou moins courti, plus ou moini garnis de plumes, ou mêzneMus 
aucune plume ni duvet II n'est pu jusqu'au laractère réputé le 
plus 6ze etle plus constant, je veux dire U dîspoùtion des doigta 
tournés deux en avant et deux en arriére, qui ne participe à l'in- 
constance de ces v(.riations, puisque j'ai observé dans le coucou 
que l'un de ses doigts postérieurs se tournait quelquefois en 
avant, et que d'autres ontolaervé, dans les biboiis et les chat- 
hiuns , que l'un de leurs doigts antérieurs se touraoit quelqueTois 
en arrière ; mais ces Itères diffi^rences, bien loin de mettre du 
désordre dans le genre des coucous , annoncent au contraire le 
^-éritable ordre de U Nature, puisqu'elles représentent la fécon- 
dité de ses plans et l'aisance de son exécution, en représeolanl 
les nuances infiniment variéesda ses ouvrages, elles traits infini- 
ment diversifiés qui, dans chaque & mille d'animaux, distinguent 
les individus sans leur Ater l'air de famille. 

Une chose très-remarquable dans celle des coucous , c'est qu» 
la branche établie dans le nouveau monde est celle qui partit 
être U moins sujette aux variations dont je viens de parler , la 
moins d^nérée , celle qui semble avoir conservé plus de res- 
semblance avec l'espèce européenne considérée comme tronc 
commun , et s'en être séparée plus tard. AU vérité, l'espèce eu- 
ropéenne Tréquente les pays du Nord, pousse ses excursioDs jus- 
qu'en Danemarck et en Norw^ , et par conséquent aura pu 
aisément franchir les détroits peu spacieux qui , à cee hauteurs , 
séparent les deux contînens ; mais elle a pu franuliir avec encore 
plus de facilité l'isthme de Sues d'une part , ou quelques liras de 
mer fort étroits, pour se répandre en Afrique; et du c&té de 
l'Asie, elle n'avoit rien du tout à franchir; en sorte que les races 
qui se sont établies dans ces dernières contrées doivent s'être 
séparées beaucoup plus tôt de la souche primitive, et lui resaem- 
Mer beaucoup moins : aussi ne corapte-t-on guère en Amérique 
que deux ou trois exceptions ou anomalies extérieures surquinse 
espèces ou variétés, tandis que dans l'Afrique et l'Asie on en 
compte quinse ou vingt sur trente-quatre; et sans doute on eu 
découvrira davantage à mesure que tous ces oiseaux seront plua 
connus. Ils le sont si peu , que c'est encore un problème , si parmi 
tunt d'espèces étrangères il en est ime seule quipoode ses œuGi 
dans le nid dca autres oiseaux, comme fuit le coucou d'Europe-j 



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SUITE DU COUCOU. Soi 

OD nit Mulement que pluaieuis de ces espèces é Innghret pren- 
nent la peine de fiùra elles-mAmes leur nid et de couver elles- 
ntémea leun œufs : mais , quoique nous ne connoitston s que des 
diiTérence» roperfidelles entre toute* ces espèces , nous pouvons 
aupposer qu'il en existe de considérables et de générales, surtout 
entre les deux brandies fixées dans les deux contînens , lesquelles 
ne peuvent manquer de recevoir tàt ou tard l'empreinte du cli- 
mat; et ici tes climats sont trè»diffêrens. Par exemple, ;'ai observé 
qu'en général les espèces américaines son tplus petites que les espèces 
de l'ancien continent, et probablement par le concours des mêmes 
causes qui, dans cetle même Amérique , s'opposent au développe- 
ment plein et à l'entier accroissement, soit des quadrupèdes indi- 
gènes , soit de ceux qu'on y transporte d'ailleurs. Il y a tout au plus 
en Amérique deux espèces de coucous dont la taille approche de 
celle du nâtre , et le reste ne peut être comparé à cet égard qu'à nos 
merles et & nos grives; au lieu que nous connoissons dans l'an- 
cien continent plus d'une douzaine d'espèces aussi grosses ou plus 
grosses que l'européenne , et quelques-unes presque aussi grosses 
que nos poules. 

En voilà assez, ce me semble , pour justifier le parti que je 
prends de séparer ici les coucous d'Amérique de ceux de l'Afri- 
que et de l'Asie, en attendant que le temps et l'observation , ces 
deux grandes sources de lumière , nous ayant éclairés sur les 
mœurs et leshabitudes naturelles deces oiseaux, nous sacbionsi 
quoi nous en tenir sur leurs diâerpnces vraies, tant intérieures 
qu'extérieures, tant générales que particulières. 

OISEAUX DU VIEUX CONTINENT 
QUI ONT RAPPORT AU COUCOU. 

I. LE GRAND COUCOU TACHETÉ. 

Je commence par cet oiseau , qni n'est point absolument étran- 
ger à notre Europe , puisqu'on en a tué un sur les rochera de 
Gibraltar. Selon toute apparence, c'est un. oiseau de passage, qui 
se tient l'hiver en Asie ou en Afrique, et paroit quelquefois dûis 
la partie méridicmale de l'Europe. On peut regarder cette espèce 
et ûnÛTante comme intermédiaires, quantau climat, entre l'es- 



=dbï Google 



5oa HISTOIRE NATURELLE. 

pèce commune et les étrangèi'eA ; rlle difft're de la commune noD- 
«euleineiit par la (aille et le plumage, maû encore par tea di- 
mensions relatives. 

L'ornemcDt le plus distingué de ce coucou , c'est une huppe 
BO>r^sed'un gris bleuâtre , qu'il relève quand il veut, mais qui, 
dans son état de repos, reste couchée sur la tète. Ha sur les yeux 
UD bandeau noir qui donne du caractère à sa phpionomie : le 
brun domine sur toute la partie supérieure, compris les ailai et 
la queue ; mab les pennes moyennes et preKjue toutes les couver- 
tures des ailes, les quatre pennes latéralei) de la queue et leurs 
couvertures supérieures, sont terminées de Uanc, ce qui forme 
un émail fort agréable; tout le dessus du corps est d'un orangé 
brun , assez vif sur les parties antérieures , plus sombre sur les 
postérieures; le bec et les pieds sont noirs. 

11 a la taille d'une pie ; le bec de quinze à seize lignes ; les pieds 
courts ; les ailes moins longues que notre coucou ; la queue d'en- 
vii'ou huit pouces , composée de dix pennes étagées , dépassant les 
ailes de quatre pouces et demi. 

II. LE COUCOU HUPPÉ HOIR ET BLANC. 

Voici encore un coucou qui n'est qu'à demi étranger, puis- 
qu'il a été vu , une seule fois à la vérité , en Europe. Les auteurs 
de rOrnilhologie italienne nousapprenneniqu'en 1759 un milleet 
une femelle de cette espèce firent leur nid eux environs de Pise ; 
que la femelle pondit quatre oeufs, les couva, les fil éclore, elc '; 
d'o& l'on peut conclure que c'est une espèce fort différente de In 
nôtre, que certainement on ne vil jamais nicher ni couver dans 
nos contrées. 

Ces oiseaux ont la télé noire, ornée d'une huppe de aiéme 
couleur, qui le couche en arrière , tout le dessus du corps, com- 
pris les couvertures supérieures, noir et blanc; les gi'andes pennes 
des ailes rousses , terminées de blanc ; les pennes de la queue noi- 
râtres , terminées de roux clair ; la gorge et la poitrine rousses ; 
les couvertures inférieures de la queue roussâtres; le reste du 
dessous du corps blanc, même les plumes du bas de la jambe 
qui descendent sur le tarse ; le bec d'un brun verdâlre ; les pieds 
verts. 



11 ilaai lu (DTiraDi d» PUc, c 



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SUITE DU COUCOU. 5oS 

Ce coucou partit un peu plua gros que le iidtre,.et il a Is queue 

plua longue k proportion ; il ■ auMt lea ailea plus longues el U 

-qiieue plus étagée que le grand coucou tachée, avec lequel il a 

d'ailleurs assez de rapport. 

m. LE coucou VERDATRE DE MADAGASCAR. 

La grande taille de cet oiseau , n*. 8tS, est son attribut le plus 
remarquable. Il a tout le dessus du corpi olivAtre foncé, varié 
aourdement par des ondes d'un brun plus nmbre ; quelques-unes 
dea pennes latérales de la queue tenninées de blanc; la gorge 
d'un olirâtr? clair, nuancé de jaune; la poitrine et le haut du 
ventre Fauve; le bas-ventre brun, ainsi que les couvertures in- 
férieures de la queue; les jambes d'un gris vineux ; l'iris orangé; 
le bec noir ; les pieds d'un brun jaunitre ; le tarse non garni de 

Fl°~» ... 

Longueur totale, vingt-un ponces et demi; bec, vingt-une i 

vingt-deux lignes ; queue, dix pouces , composée de dix penues 
étagées; dépasse les ailes, qui ne sont pas fort longues, de huit 
pouces et plus. 

Je trouve une note de M. Commerson sur un coucou du même 
pays, très-resiieinbbnt à celui-ci, et dont je me contenterai d'in- 
diquer les différences. 

Il approche de la taille d'une poule , et pèse treize onces et de- 
mie. Il a sur la tête un espace nu , sillonné légèrement, p«nt en 
bleu, et environné d'un cercle déplumes d'un beau noir; celles 
de la tètB et du cou douces et soyeuses; quelques barbes autour 
de la base du bec, dont le dedans est noir, ainsi que la langue, 
celle-ci fourchue; l'iris rougeâtre; les cuisses et le côté intérieur 
des pennes de l'aile noirâtres ; les pieds noirs. 

Longueur totale, vingt-un pouces trois quarts; bec, dix -neuf 
lignes, set bords trancfaans; les narines semblables à celles des 
gallinacés; l'extérieur des deux doigts postérieurs pouvant se tour- 
ner en avant comme en arrière ( ce que j'ai déjà observé dans no- 
tre coucou d'Europe); vol, vingt-deux pouces; dix-huit pennes 
à chaque aile. 

Tout ce que nous apprend M. Commerson sur les mœurs de 
cet oiseau, c'eat qu'il va de compagnie a vecles autres coucous. 
D paraît que c'est une variété dans l'espèce du coucou verdâtre, 
et peut-être une variété de sexe : dans ce cas , je croirois que c'est 
le mile. 



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3o4 HISTOIRE NATURELLE. 

IV. LE COUA. 

Je coiuerre à ce coucou, 11°. 589, où cet oiaeau est représenté 
aous le nom de coucou huppé de Madagascar, le nom qui lui a 
élé impoeé par les habilana de Madagascar , sans doute d'après 
son cri , au d'après quelque autre propriété. U a une huppe quiae 
renverse en arrière, et dont les plumes , ainsi que celles du resta 
de la tête et de tout le dessus du corps , sont d'un cendré ver- 
dàtre; ta gorge et le devant du cou cendrés; la poitrine d'un 
jouge vineux ; le reste du dessous du corps blanchâtre; les jam- 
lies rayées presque imperceptiblranent de cendré ; ce qui poroit 
des pennes de la queue et des ailes , d'un vert clair , chan- 
geant en bleu et en violet éclatant, mais les pennes laténdes de 
la queue terminées de blanc; l'iris orangé; le bec et les pieds 
noirs. IL est un peu plus gros que notre coucou, et propm^nné 
différemment. 

Longueur totale, quatorse pouces; bec, treixe lignes; tarse, 
dix-neuf Ugnes; les doigts aussi plus longs que dans notre coooou; 
vol , dix-sept pouces ; queue , sept pouces , composée de pemies un 
peu étagées; dépasse les ailes de six pouces. 

M. Commerson a fait le description de ce coucou au mois de 
novembre , sur les lieux et d'après le vivant. Il ajoute qu'il ports 
aa queue divergente, ou plutôt épanouie; qu'il a le cou court, 
les ouvertures des narines obliques et à jour , la Lingue finUwnt 
en une pointe cartilagineuse, les joues nues, ridées et de couleur 
bleue. 

1m chair de cet oiseau est bonne à manger; on le troave dana 
les bois aux environs du Fort-Dauphin. 

V. LE HOUHOU D'ÉGTPTE ■. 

Ce coucou s'est nommé lui-même; car son cri est' Aou,Aou, ré- 
pété plusieurs fob de suite sur un ton grave. On le voit fréquen*- 
ment dans le Delta. I« mâle et la femelle le quîlteut rarement ; 
mais il est encore plus rare qu'on en trouve plusieurs paires réu- 
nies. Ils sont acridophages dans toute la force du mot; car il pa- 
roit que les sauterelles sont leur unique ou du moins leur prin- 
cipale nourriture. Ils ne se posent jamais sur les grands arbres , 
encore moins à terre , mais sur les buissons , k portée da 

< Cal U nom qaa la AisLm dwiMBt an coMon d'Es^ptc d'apili wa ni ; 
IlilVcriitmt-h«ut, htttt. 



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SUITE DU COUCOU. 3o3 

^udqu«eaucourante. Us oBtdeuzcaracUireaiiingHliers :1e premier, 
e'eal que toutes les plumea qui recouvrent la tète el le cou lont 
^issea et dures, tandis qu« celles du rentre el du croupion aont 
douces et effilées ; le «econd , c'ett que l'oagla du duist postérieur 
înleme est long et droit comme celui de notre alouette. 

La femelle (car je n'ai aucun renseigiieineDt certain sur le 
mâle) a la tête et le dessus du cou d'un vert obscur, avec dba re- 
flets d'acier poli ; les couverture» supérieures des ailes , d'un raus 
verdàtre; le* pennes des ailes rousses, terminées de vert luisant 
excepté les trois dernières qui «ont entièrement de celte couleur 
et les deux ou trais précédentes qui en sont mêlées; le dos brun 
avec des reOeb verdatres ; le croupioti brun , ainsi que les cou- 
vertures supérieures de la queue, dont les pennes sont d'un vert 
luisant, avec des reflets d'acier poli ; la ^orge et tout le dessous du 
corps d'un blanc roussàtre , plus clair aous le ventre que sur les 
partiesantérieuresetsur les ilaacs;l'irisd'un rouge tlT^^ bec noir 
et les pied* noirAtres. 

Longueur totale, de qoatorae ponces et demi à seise et demi; bec, 
seize à dix-sept lignes; narines, trois lignes, fort étroilËa; tarse, 
vingt-une lignes; ongle postérieur interne, neuf à dix lignes; 
ailea, six à sept pouces; queue, Iiuit pouces, composée de dix 
pennes élagées ; dépasse les ailes de cinq pouces. 

M. de Sonini , à qui je dois la counoissance de cet oiseau et tout 
ce que j'en ai dit , ajoute qu'il a la langue large , légùrement dé- 
coupée àsa pointe, l'estomac comme le coucou d'Europe; vingt 
ponces de tube intestinal, et deux ccecums, dont le plus court a 
un ponce. 

Après avoir comparé attentivement , et dans tous les détails, 
celte femella avec l'oiteau représenté dans tes planches enlumi- 
nées , n°. 834 , sous le nom de coucou de» Philippin*!, je crois 
qu'on peut regarder œlui-ci comme le mâle, ou du moins 
comme une variété dans l'espèce. Il a la même taille, les mêmes 
dimensions relatives, le même éperon d'alouette, la même rai- 
deur dans les plumes de la tète et du cou , la même queue étagéc : 
seulement ses couleurs sont plus sombres ; car , à l'exception de 
ses ailea, qui sont rousses comme dans le bouhon, tout le reste 
de son plumage est d'un uoir lustré. L'oiseau décrït et représenté 
par M. Sonnerat dans son Voyage à la Nouvelle-Ouinée , sous le 
nom de coucou vert iAntigue, ressemble tellement à celui dont 
je viens de parler que ce que j'ai dit de l'un s'applique naturelle- 
Buffon.ii. so 



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5o6 HISTOIRE NATURELLE, 

ment à l'antre. Il a la tête, le cou, lit poitrine et le ventre 3^aa 
Vert obscur tirant sur le noir; les ailes d'un rouge brun foncé; 
l'ongle du doigt interne plus délié et peat-étre un peu plus Ion;;; 
toutes ses plumes généralement >ont dures et roides; les barbesen 
•ont effilées, et chacune est un nouveau tuyau qui ported'autnu 
barbe» plus courtes. A la vérité, la queue ne parolt point étagée 
dans la figure ; mais ce peut être une inadrertaoce. Ce coucou 
n'est guère moins gros que celui d'Europe. 

Enfin l'oiseau deMadagnscar, appelé fou/ou, n*. agS.fig. 1,8, 
Kvec la femelle du boubou d'Egypte, les mêmes traits de ressem- 
blance que j'ai remarqués dans le coucou des Philippines; son 
plumage est moins sombre, surtout dans la partie antérieure, 
où le noir est égayé par des taches d'un roux clair. Dana qudquc* 
individus» l'olivâtre prend la place du noir sur le corps , et il est 
aemé de taches longitudinales l^anchfttres, qui se retrouvent en- 
core sur les ailes; ce qui me feroit croire que ce sont des jeuue* 
de l'année, d'autant plus que, dann ce genre d'oiseaux , les cou- 
leurs du plumage changent beaucoup , comme on sait, à la pr^ 
jnière mue. 

VI. LE RUTALBin. 

On verra fiidlement que le nom que nous avons imposé à ce 
coucou du Sénégal, n°. 332,Baua le nom de coucou du Sinigal, 
est relatif aux deux couleurs dominantes de son plumage , le roux 
et le Uanc. Lorsqu'il est perché , saqneae, qu'il épanouit comme 
le Goua en manière d'éventail , e«t presque toujours en mouve- 
ment Son cri n'est antre dioee qu'un bruit semUable à cpJui 
qu'on fiiit en rappelant de la kngue une ou deux fois. Il a, comme 
les deux précédens , l'ongle du doigt postérieur interne droit al- 
longé, faitcomme l'éperon des alouettes; le dessus de la tète el du 
cou noirâtre ; les côtes de chaque plume d'une couleur plua fon- 
cée, et néanmoins plus brillante; les ailes, pennes et couvertnru 
rousses, celles-là un peu rembrunies vers le bout ; le dos d'un 
roux tréa-hrun ; le croupion et les couvertures supérieures de k 
queue rayés transversalement de brun clair, sur un fond brun 
plus foncé ; la gorge, le devant du cou et tout le dessous du corps, 
d'un blanc sale , avec cette difierence que le* plumes de la gorge 
et du oou ont leur cAte plus brillante , et que le reste du deasous 
du corpsestrayétninsversalement et très-finement d'une cou- 
leur plus claire ; la queue noirâtre ; le bec noir , et les pieds gris 



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SUITE ÛU Coucou. J(,^ 

brun . Son corps n'e.t guère plu, gr« que «l^i d'un merk j nul 
il a ]« queue beaucoup plus longue. 

Longueur toUle, quinK à «;i« pouc«! b«, qui„„ ];„„, 
tar«, dix-neuf; ongle du doigt postérieur interne, duq Lg„ j 
etplusîToI unpiedseptà huit pouce.; queue, huit ^ou^ 
compo.ee de dix pennes élagées; dépw l„ .il« d'environ qu«ta 

VU. LE BOUTSALLlCK. 

M. Edward* voyait lant de traita de «wemblance etitre ce 
coucou de Bengale et celui d'Europe, qu'il a cru devoir indi- 
quer ipécialemeut lea trait, de disparité qui en font, i «„ ^yi, 
«ne e«pèce distincte. Voici ces diffiiences , indépendamment de 
celles du plumage, qui sautent aux yeux, et que l'on pourra 
loujours reconnoître par la comparaison des figures on des des- 
criptions. 

n est plus petit d'un hoa tiers , quoique de forme plus allongée 
et que son corps, mesuré entre le bec et la queue, ait un demi- 
pouce déplus que celui du coucou ordinairej avec cela il a la tête 
plus groMè, les ailes plus courtes et U queue plua longue à pro- 
por[i<m. 

Le brun est la couleur dominante du boutaalh'ck, plus foncée 
et tachetée d'nn brun plusclair sur la partie supérieure, moins fon- 
cée et Uchetée de blanc, d'orangé et de noir, sur la partie inié- 
rieure; les taches de brun clair ou roussâtre forment, pir leurs 
dispositions sur les pennes de la queue et des ailes, une rayura 
transversale un peu inclinée vers k pointe des pennes; le bec et 
les pieds sont jaunâtres. 

Longueur totale, treiae à qnstorae pouces j bec, douie k 
treiae lignes t tarse, onae k douse; queue, environ sept pouces 
com posée de dix pennes élBgées; dépasse les ailes de près de cinq' 
|H>uces. ^^ 

VIU. LE COUCOU VARIÉ DE MINDAIÏAO. 
Cet oiseau est en effet tellemeUt varié, qu'au premier coup 
d'ooa OQ pourrait prendre son portrait colorié fidèlement, oiait 
dessiné sur une échelle plus petite, pour celui d'un jeune cou- 
cou d'Europe. Ha la gorge, la tête, le cou et tout le dessus du 
corps, tachetés de hianc ou de roux plus ou moins clair, sur un 
fond brun, qui lui-même est variaWe, et (ire au vert doré plus 
«a moins brillant sur toute la partie supérienre dn corps, com- 



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3o8 HISTOIRE NATURELLE, 

pria le* ailes et la queue ; mais le» taches changent de disposition sur 
les pennes des ailes, où elles forment des raies transvenales d'ua 
blanc pur à l'eitérieur et teinté de roui à l'intérieur , et sur les 
pennes de la queue, où elles forment des raies transversales de 
couleur roussàlre ; la poitrine et tout le dessous du corps jusqu'il 
l'extrémité des couTertures inférieures de la queue, sont blancs, 
rayés transversalement de noirâtre ; le bec est aussi noirâtre des- 
sus, mais roussfttre dessous, et les pieds gris brun. 

Ce coucou , n". 27 7, se trouve aux Philippines ; il est beaucoup 
plus gros que celui de notre Europe. 

Longueur totale, quatoree pouces et demi ; bec, quînie lignes; 
tarse, quinze lignes; le plus long doigt, dix-sept lignes; te plus 
court, sept lignes; vol, dix-neuf pouces et demi; queue, aepl 
pouces , composée de dix peunes à peu près égales; dépasse les 
ailes de quatre pouces «t demi. 

IX, LE CUtL. 

Td est le nom que les habitai» de Malabar donnent à cet oi- 
seau , n*. 9^4 , et qui doit être adopté par toutes les autres na- 
tions, pour peu que l'on veuille s'entendit. C'est une esjièce 
nouvelle que l'on doit à M. Poivre, et qui diffère de la précé- 
dente , non-seulement par sa taille plus petite > mais par son bec 
plus court, et par sa queue, dont les pennes sont fort inégale* 
entre elles. 

n a la tète et tout le dessus du cor[» d'un cendré noirâtre , ta- 
cheté de blanc avec régularité; la gorge et tout le dessous du corp 
blancs, rayés transversalement de cendré; les pennes des aile*, 
noirâtres -, celles de la queue cendrées, rayées les unes et les au- 
tres de blanc ; l'iris (xvngé clair ; le bec et les pieds d'un cendri 
peu foncé. 

Le cuil est un peu moins gros que le coucou ordinaire : il est 
en vénération sur la cale de Malabar , sans doute parc« qu'il se 
nourrit d'insectes nuisibles. La superstition en général est toujoun 
une erreur : mais les superstitions particulières ont quelquefois 
nn fondement raisonnable. 

Longueur totale , on» pouces et demi ; bec , onze lignes ; tarse, 
dix; queue, cinq pouoes et demi , composée de dix penne* éta- 
gées , la paire extérieure n'étant guère que la moitié de la pair» 
intermédiaire; dépaase les ailes de trois pouces et demi. 



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SUITE DU COUCOU. Sog 

X. LE COUCOU BHUH VARIÉ DE lîOIR. 

Toul ce qu'on «ait Je ce coucou , au-delà de ce qu'annonce a 
dénomination , c'est qu'il a une longue queue , et qu'il se Irouve 
dans les Iles de la Société ' , où cet oisean est connu aous le nom 
d'ara Mvreroa. La relation du second voyage du ca[)ltaine Cook 
«st le seul ouvrage ait il en soit fait mention , et ceiit cWiiï d'nii 
nous avons lire cette courte notice, employée ici uniquement 
ponr engager les navigHteiirs qui aiment l'histoire naturelle a se 
procurer des connoissancea plus détaillée sur cette espèce nouvelle, 
et en général sur tous les animaux étrangers. 

XI. LE COUCOU BRUN PIQUETÉ DE ROUX. 

On le trouve aux Indes orientales et jusqu'aux Pliilip|iînea. Il 
a la tête et tout le dessus du corps piquetés de roux sur un fond 
brun ; mais les pennes des ailes et de la queue , et les couvertares 
au[jérieures de celle-ci, rayées transversalement, au lieu d'être 
piquetées ; toutes les pennes de la queue terminée* de roux clair; 
la gorge et tout le dessous du corps rayés transversalement de 
brun noirâtre sur un fond roux; une tache oblongued'un roux 
clair sous les yeux ; l'iris d'un roux jaunâtre ; le bec couleur do 
corne , et les pieds gris brun. 

La Temelle a le dessus de la lête et du cou moins piqueté, et le 
dessous du corps d'un roux plus clair. 

Ce coucou, n". 771, est beaucoup plus gros que celui de nos 
contrées, et presque égal à un pigeon romain. 

Longueur totale, aeixe à dix-sept pouces; bec, dix-sept lignes, 
tarse, de même; vol, vingt-trois pouces ; queue, buit pouces et 
demi, composée de dix pennes étagées; dépasse les ailes de «lualie 
pouces un tien. 

L'indivîdo décrit par M. Sonnerat n'avoît point la tache rousse 
août lea yeux; et, ce qui est un trait plus considérable de dispa- 
rité , les pennes de sa queue étoient égales entre elles , comme dam 
le coucou tacheté de la Chine ; en sorte que l'on doit peut-être ne 
rapporter cet individu k l'espèce dont il s'agît mi , que comme une 
variélé. 



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5io HISTOIRR NATURELLE. 

XIL LE COUCOD TACHETÉ DE LA CHINE '. 

Nous ne connoisMDs de cet oiaeau , n*. 764 , qae Ib ibrme erié- 
rieure et le plumage. Il est du petit nombre de* coucous dont la. 
queue n'eal point élajjée. Il a le desaua de la tête et du coq d'un 
noirâtre uniforme , k quelques lacbea blancbitre» près qui se trou- 
vent au-deasui des yeux et en avant; tout le deasui du corps, 
compris les pennes des ailes et leurs couvertures , d'un gris foncé 
verdâtre , varié de blanc et enriclii de refiels doré brun ; les pennes 
de Ift queue rayées des mêmes couleurs; la gorge et la poitrine va- 
riées assez régulièrement de brun et de blanc ; le reste du dessous 
du corps et les jambes rayés de ces mêmes couleurs, ainsi que les 
plumes qui tombent du bas de la ;ambt) sur le tane et iuaqu'à 
l'origine des doigts ; le bec notritre dessus , jaune dessous , et les 
pieds)aunâtres. 

Longueur totale, environ quatorze pouces; bec, dix-sept li- 
gnes; larae , un pouce; queue , six poucea et demi , composée de 
dix pennes à peu près égales entre elles ; dépasse les ailes de quatre 
pouces et demi. 

XIII. LE COUCOU BRUN ET JAUNE A VENTRE RATÉ. 

n a la gorge et les côtés de la tête couleur de lie de vin -, le des- 
sus de la tête gris noirAtre; le dos et les ailes, brun noir terne; le 
dessous des pennes des ailes voisines du corps, marqué de taches 
blanches ;k queue noire, rayée et terminée de blanc; la poitrine 
d'un jaune d'orpin terne; le ventre jaune clair; le ventre et Is 
poitrine rayés de noir; l'iris orangé pâle; le bec noir , et les pieds 
rougeâtres. 

Ce coucou se trouve à l'ile de Panay, l'une des Philippines ; il 
est presque de la grosseur du nôtre ; sa queue est composée de dis 
pennes ^ales. 

XrV. LE JACOBIN HUPPÉ DE COROMANDEfi V 

On comprend bien que ce coucou est ainsi appelé, parce qu'il est 





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SUITE DU COUCOU. 3,i 

noir deasus et blanc deMous. Sa huppe, compoaée de pluùeurs 
plume* longues et étroites, eat couchée sur le sommet de la tâte et 
déborde un peu en arrière : mais, A vrai dire, ces aortes dO' hup- 
pes , tant qu'elles restent couchées , ne sont que d«s huppes pos- 
sibles; pour qu'elles méritent leur nom, il iaat qu'elles se relè- 
vent, et il est Ji présumer que l'oiseau dont il s'agit ici relève la 
aioine lorsqu'il est remué par quelque passion. 

A. l'égard des couleurs de son plomage, on diroit qu'il a jeté 
une espèce de cape ninre sur une tonique blanche : le blanc de 
la partie inférieure est pur et sans aucun mélange ; mais le noir 
de la partie supérieure est interrompu sur le bord de l'aile par 
une tache blanche immédiatement au-dessous des couverture» 
supérieures, et par des taches de même couleur qui terminent 
les pennes de la queue ; le bec et les |Meds sont noirs. 

Cet oiseau , n*. 873 , se trouve sur la càte de Coromandel ; il a 
onze pouces de longueur totale ; sa queue est composée de dix 
pennesétagées, et dépasse les ailes de la moitié de sa longueur. 

Il y a au Cabinet du Roi un coucou venant du cap de Bonne- 
Espérance, assea ressemblant à celui-cî , et qui n'en diffère qu'en 
ce qu'il a un pouce de plus de longueur totale , qu'il est tout noir 
tant dessus que dessous, à l'exception de la tache blanche de l'aile, 
laquelle se trouve exactement à sa place, et que, des dix pennes 
intermédiaires de la queue, huit ne aont presque point étagées , 
la seule paire extérieure étant plus courte que lea aut)-es de dix- 
huit lignes. Cest probablement une variété de climat. 

XV. LE PExrr coucou a tête grise et ventre 

JAUTŒ. 

Celle espèce se trouve dans Hle de Pana;, et c'est M. Son- 
nerat qui l'a fait Gonnottre : elle a le dessus de ta tête et U gorge 
<)'ur> gris clair; le dessus du cou, du dos et dea ailes, couleur de 
Icrre d'ombre, c'est-à-dire, brun clair; le ventre, les jambes et 
les couvertures inférieures de la queue , d'un jaune pAle, teinté 
de roux ; la queue noire, rayée de blanc ; les pieds jaune pâle ; I» 
bec aussi , mais noirâtre 4 la pointe. 

Cet oiseau est de la grosseur d'un merle , moins corsé „mais 
beaucoup plus allongé : sa longueur totale est de huit ponces et 
quelques lignes; et sa queue, qui est élagée, &ilplus delà moi- 
tié de cette longueur. 



DiailizodbvGoOgle 



3ia HISTOIRE KATURELLE.' 

XVI. LES COUKEELS. 

Je trouve dana les omithologtes troii oiseaux de dilfêrenlea 
tailles , dont on a fait Irais esjièoes diSerenles , mais qui m'ont 
paru ai rexïemblaos entre eu;i par le plumage, que j'ai cru devoir 
les rapporter à la raèrne espèce comme THriétfe de grandeur, 
d'autant plua que tous trois appartiennent aux contrées orien- 
tales de l'Asie ; et par les mêmes raisons , j'ai cru pouvoir leur a|>- 
pliquer à tous le nom de couteel, nom bous lequel le plus petit 
des trois est connu au Bengale. H. FM'wards juge, d'après la rea- 
■emblance des noms , que le cri du coukeel de Bengale doit avoir 
du rapport avec celui du coucou d'Europe. 

Le premier et le plus grand de ces trois coukeels approche fort 
de la grosseur d'un piget»)- Son plumage est partout d'un noir 
brillant , changeant en vert , et aussi en violet , mab sons les 
pennes de la queue seulement ; le dessous et le cAté intérieur des 
pennes de l'aile est noir ; le bec et les pieds sont grU brun , et les 
ongles noirâtres. 

Le second vient de Mindanao, et n'est guère moins gros que 
notre coucou ; il tient le milieu, pour la taille, entre le précédent 
et le suivant. Tout son plumage est d'un noiritre tirant au bleu ; 
il a le bec noir k la base, jaunâtre à la pointe ; la première des 
pennes de l'aile presque une fois plus oqnrte que la troisième , 
qui est l'une des plus longues. Il porte ordimiirement aa queue 
épanouie. 

Le troisième et le plus petit de toua a à peu prèa la taille du 
merle. Il est noir partout comme les deux premiers, «ana mé- 
lange d'aucune autre couleur fixe ; mais , suivant les dîfférens 
degrés d'incidence de la lumtèro, son plumage réfléchit toutes les 
nuances mobiles et fugitives de l'arc-en-crel : c'est ainsi que l'a 
vu M. Edwards, qui est ici l'auteur original ; et je ne sais pour- 
quoi M. Brieson ne parle que du vert et du violet. Ce coucou s, 
comme le premier , le côlé intérieur et le dessous des pennes de 
l'aile noirs ; le bec d'un orangé vif, un peu plus court et plus gros 
qu'il n'est dans le coucou d'Europe ; le tarse gros et court, et d'un 
brun rougentre , ainsi que les doigts. 

11 feut remarquer que c'est à cet oiseau qu'appartient propre- 
ment le nom de coukeel qui lui a été donné au Bengale , et que 
les conséquences que l'on a tirées de la similitude des noms i 
h rtïS(.'mblanceâesvoix sont plus concluantes pour lui que pour 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE DU COUCOU. 3i3 

les deux autres; il « les borda du bec uipérieur non pa* droit» 
mai a ondéa. 

Voici les dîmenaions comparées do ces troia (HKaux , qui ont 
loua la qusae compoïée de dix pennes étagéea. 

Prtnitr couktll- Second- Troiiiima. 

pm. hf. pn. Nf. pM. U(. 



XVII. LE COUCOU VERT-DORÉ ET HLANC. 

Tout ce qu'on nous apprend de cet oiseau , c'est qu'il se Irouve 
au dp de Bonne-Espérance, et qu'il porte sa queue épanouie en 
manière d'éventail ; c'est une espèce nouvelle. 

11 a toute la partie Biipérienre , depuis k hase du bec jusqu'au 
bout de la queue , d'un vert doré changeant , trfes-riche , et dont 
runiformilé est égayée sur la lite par cinq bandes blanches , une 
au milieu du synciput , deux autres au-dessus des yeux en forme 
de sourcils qui se prolongent en arrière, enfin deux autres 
plus étroites et plus courtes au-dessous des yeux : il a en outre 
la plupart des couvertures supérieures et des pennes moyennes 
des ailes , toutes les pennes de la queue et ses deux plus grandes 
couvertures supérieures , terminées de blanc ; les deux paires les 
plus extérieures des pennes de la queue, et la plus extérieure 
des ailes, mouchetées de blanc sur leur côté extérieur ; ta gorgo 
blanche, ainsi que tout le dessous du corps , à l'exception de quel- 
ques raies vertes sur les flancs et les manchettes, qui, dn bas do 
la jambe, tombent sur le tarse,- le bec vert brun, et les pieds gris. 

Ce coucou, n°. 657, esta peu prfes de la grosseur d'une grive. 
Longueur totale, environ sept pouces ; bec, sept à huit lignes; 
tarie de même, garni de plumes blanches, jusque vers le milieu 
de sa longueur; queue, trois pouces quelques lignes, composée 
de dix pennes étagées, et qui, dans leur état naturel, sont divers 
gentet; dépasse de quinze Ûgneaseulement lesâiles, qui août fort 
longues à proportion. 



DiailizodbvGoOgle 



5i4 HISTOIRE NATURELLE. 

XVin. LE coucou A LONGS BRINS. 

Tout est Tert, et d'un vert obscur, dans oel oiseau , la télé, le 
corpt, lea aileiet la queue : cependant la Nature ne l'a point né- 
};Iigé ; elle «emble &u contraire avoir pris plaisir à le décorer 
])ar un luxe de plumes qui n'est point ordinaire : indépendam- 
ment d'une huppe dont elle a orné sa télé, elle lui a donné une 
«jueue d'une forme remarquable; la paire des pennes exlérieurts 
est plus longue que toutes les autres de pris de six pouces , et ces 
deux pennes, ou plutôt ces deux brins, n'ont de barbe que vers 
leur extrémité, sur une langueur d'environ trois pouces. Ce sont 
ces deux longs brins qui ont autorisé M. Linnseus à appliqua- k 
cet oiseau le nom de coucou de Parodia : par la même raison 
on Buroit pu lui appliquer et aux deux suivans la dénomination 
générique de coucou veuve. U a l'iris d'un beau bleu , le bec ooi- 
nilre, et les pieds gris. On le trouve à Siam , où M, Poivre l'a 
observé vivant ; sa taille est à peu près celle du geaï. 

Longueur totale, dix-sept pouces ; bec, quatorze lignes ; tarse, 
dix; queue, dix pouces neuf lignes , plutôt fourchue qu'étagée ; 
dépasse les ailes d'environ neuf pouces. 

XIX. LE COUCOU HUPPÉ A COLLIER. 

Voici encore un coucou décoré d'une huppe, et remarquable 
par la longueur des deux pennes de sa queue ; mais ici ce «ont 
les pennes intermédiaire* qui surpassent les latérales, comme 
cela a lieu dans la queue de quelques espèces de veuves. 

Il a toute la partie supérieure noirâtre , depuis et compris la 
lète jusqu'au bout de la queue, à l'exception d'un collier blanc 
qui embrasse le cou , et de deux taches rondes d'nn gris clair qu'il 
a derrière les yeux, une de chaque c6té , et qui représentent , 
en quelque manière, deux pendans d'oreille i il fcut encore ex- 
cepter tes ailes, dont les pennes et les couvertures moyennes sont 
variées de roux et de noirâtre , ainsi que les scapulaires , et dont 
les grandes pennes et les couvertures sont tout-i-fcit rousses ; la 
Rorge et les jambes sont noirâtres ; tout le reste du dessous du 
«■orp» bknc ; l'iris jaunâtre ; le bec cendré foncé ; le» pieds cen- 
drés aussi, mais plus clairs. On trouve ce coucou, n°. 374, fig. a, 
sur la côLe de Crâomandel : sa grosseur est à peu près celle du 
mnuvis. 

Longueur totale, douze pouces un quart ; beo, onze lignes i 



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SUITE DU COUCOU. SiS 

tarse, dix; ailes courtes ; queue, six pouces trois quarts, corn-- 
posée de dix penne* , les deux intermédiaires beaucoup plus lon- 
gues que les latérales, œlles-oi étagées ; dépasse les ailes de cinq 
pouces et demi. 

XX. LE SAN-HIA DE LA CHINE 

Ce coucou ressemble à l'espèce précédente , et ronséquemment 
■ux veuves par Ih lonffueiir des deux pennes intermédiaires de 
■a queue. Son plumage est très-distingué, quoiqu'il n'y entre que 
deux couleurs principales ; le hien plus ou moins éclatant règno 
en général sur la partie supérieure, et le blanc de neige sur la 
partie infêrieure : mai* il seroble que la Nature, toujours heu- 
reuse dans aes négligences, ait laissé tomber de sa palette quel- 
ques gouttes de ce blanc de neige sur le sommet delà tête, où il 
a fermé une plaque dans laquelle le bleu perce par une infinilè 
de points ; sur les joues un peu en arrière , ob il représente deux 
espèces de pendsns d'oreille, semblables À ceux de l'espèce pré- 
cédente ; sur les pennes et les couvertui^es de la queue , qu'il a 
marquées chacune d'un oeil blanc près de leur extrémité; de 
plus, il parolt s'être Tondu avec l'azur du croupion et tie la base 
des grandes pennes de l'aile , dont il a rendu la teinte beaucoup 
plus claire ; tout cela est relevé par la couleur sombre et noirâtre 
de la gorge et des câtés de la tite ; enfin la belle couleur rouge de 
l'iris , du bec et de» pied», ajoute le» derniers traits & la parure de 
l'oiseau. 

Longueur totale, treiise ponces; bec, onze lignes, quelques 
barbes autour de sa base supérieure ; tarse , dix lignes et demie ; 
queue,septpouceset demi, composée de dix pennes tort inégales; 
les deux intermédiaires dépeiisenl les deux latérales qui les sui- 
vent immédiatement, de tro's ponces un quart, les plus exté- 
rieures de cinq pouces trois lignes, et les ailes de presque loute 
leur longueur. 

XXL LE TAIT-SOU. 

Selon ma contame , je conserre à Cet oiseau son nom sauvage , 
qui est ordinairem^t le meillenr et le plus caractéristique. 

Le tait-sou , n°. agS.fig. a, ainsi appelé A Madagascar, son pays 
natal , a tout le plumage d'un beau bleu, et cette belle unifbnnité 
est encore relevée par des nuances très-éclatantes de violet et de 
Tert que réfléchissent les pennes des ailes , et par des nuances ds 



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5i6 HISTOIRE NATURELLE. 

violet pur, >aiu la plus légère teinte de vert, que réfléchÎMent 
les pennes de la queue ; enfin k couleur noire des pîeda et «lu. 
bec &ît une petite ombre il ce petit taUettu. 

Lot]f(ueur loiale, dix-sept pouces; bec, seise lignes; tnrse, 
cleuK pouces; vol, près de vingt pouces; queue, neuf pouces, 
composée de dix pennes, dont les deux intermédiaires sont un 
peu plus longues que les Intérales ; dépasse les ailes de six pou,ces. 

XXIL LE COUCOU INDICATEUR. 

C'esL dans l'intérieur de l'Afrique, à quelque distance du cap 
de Boiinti-na[)éraHce , que se trouve cet oiseau, ccmnu par son 
singulier instinct d'indiquer les nids des abeilles «auvagea. le 
matin et le soir sont les deux temps de la journée où il Ait en- 
tendre son cri , cAirs , chirt ', qui est fort aigu , et semble appeler 
les chasseurs et autres personnes qui cherchent le miel dans la 
désert; ceux-ci lui i-épondent d'un ton plus gra\-e, en s'appro- 
chant toujours : dès qu'il les apei-çoit, il va planer sur l'arbre 
creux où il connoit une ru(^ ; et si les chasseurs tardent à s'y 
rendre, il redouble ses cris, vient au-devant d'eux, retourne A son 
arbre, sur lequel il s'arrête et voltige , et qu'il leur indique d'une 
manière très-marquée ; il n'oublie rien pour le» exciter à pro- 
fiter du petit trésor qu'il a découvert, et dont il ne peut appa- 
remment jouir qu'avec l'aide de lliomme, soit parce que l'entrée 
de la ruche est trop étroite, soit par d'autres circonstances que 
le relateur ne nous apprend pas. Tandis qu'on travaille k se saisir 
du miel , il se tient dans quelque buisson peu éloigné , observant 
avec intérêt ce qui se passe, et attendant sa part du butin, qu'on 
ne manque jamais de lui laisser, mais point assez considérable, 
comme on pense bien, pour le rassasier, et par coORéquent ris- 
quer d'éteindre ou d'aflbiblir son ardeur pour cette espèce de 
chasse. 

Cen'est point ici un conte de voyageur, c'est Tobservation d'un 
homme éclairé qui a assisté à la destruction de plusieurs répu- 
bliques d'abeilles trahies par ce petit espion, et qui rend compte 
de ce qu'il a vu à la société royale de Londres. Voici la d 

* Selon il^feHtrei vojrAgnn, \t crï dï cel qwau nt witki ^ witki ; 
vitU ligDîBa ntitl diui U Imgut koltcnloti, Quslc|ii>eoii il «t nrri 
ctiiunu ilUnt k U Toii At a concon > ili Aiiori par la htut linct» 
pu lumini d« di» ^u rnituu ('antimcloit itm alto pour Itar li 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE DU COUCOU. 317 

tion qu'il a lâite <.1e la femelle , sur lea deux aeula indivii^Ds qu'il 
aputeprocurer, et qu'il nvoit tuéa,au grand KandaledesHottea- 
lota ; car dans loul pays l'eiistence d'un être utile wt une exis- 
tence précieuse. 

Il a le deasus de la tête gris ; U gorge , le devant du cou et h 
poitrine blanchâtres, avec une teinte de vert qui va s'affoibliNMit 
et n'est presque plus sensible sur la poitrine ; le ventre blanc ; 
les cuisses de même , marquée* d'une tache noire oblongue ; te 
dos et le crtiupion d'un gris roussfttre -, les couvertures sup^ 
rieures des ailes gris brun ; les plus voisines du corps marquées 
d'une tache jaune, qui, à cause de aa situation, se trouve sou- 
vent cachée sous les plumes ocapulaires ; les pennes des ailes 
brunes; le» deux pennes intermédiaires de la queue plus lon- 
gues, plus étroites que les autres, d'un brun tirant à la couleur 
dérouille; le»deux paire* suivantes noirâtres, ayant le c6lé inté- 
rieur blanc sale ; les suivantes blanches , terminées de brun , 
marquées d'une tache noire près de leur base , excepté la dernière 
paire, où cette tache se réduit presque à rien ; l'iris gris rous»â~ 
tre; les paupières noires^ le bec brun à n base, jaune au bout, 
et les pieds noirs. 

Longueur totale , six pouces et demi ; bec , environ six lignes,' 
quelques barbes autour de la base du bec inférieur ; narines 
Oblongues, ayant un rebord saillant, situées près de la base du 
bec supérieur, et séparées seulement par son arête ; tarses courts ; 
ongles foibles -, queue étagée, composée de douze pennes; dé- 
passe les ailes des trois quarts de ta longueur. 

XXIH. LE VOUROU-DRIOU. 

Cette espèce et la précédente diffèrent de toutes lea autres par 
le nombre des pennes de la queue; elles en ont douze, au lieu 
que les autres n'en ont que dix. Les difier^ ncea propres au vou- 
rou-driou consistent dans la forme de son bec plus long, plus droit 
et moins convexe en -dessus; dans la position de ses narines, 
qui sontoblongues,8ituées obliquement vers le milieu de la lon- 
gueur du bac; et dans un autre attribut qui lui est commun 
avec les oiseaux de proie , c'est que la femelle dn cette espèce est 
plus grande que son miile , et d'un plumage fort différent. Cet 
oiseau se trouve dans 111e de Madagascar, et sans doute dans la 
partie correapondante de l'Afrique. 

Ia mâle , n*. 58/ , a ta sommet de la tSte noirâtre avec des 



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5i8 HISTOIRE NATUREtLE. 

reQets rerb et coateiir de cuivre de roselte ; un trait noir aitaé 
obliquement entre le bec ttt l'œil ; le reste de la tête , la gor^e et le 
cou , cendrés ; la poitrine et tout le reste du dessous du corps, 
d'un joli gris blanc; le diMusdu cxirps, jusqu'au bout de la queue, 
d'un vert changeant en couleur de cuivre de rosette ; le* pennes 
moyennes de l'aile à peu près de même conteur; les grandes, 
noirâtre tirant sur le vert ; le bec brun foncé, et les pieds rou- 
geâtres. 

La femelle, n°. 5S8,est «i différente du mflle, qneles habilans 
de Madagascar lui ont donné un nom différent ; elle s'appelle 
cromb en langue du pays. Elle a la tète , la gorge et le de»us du 
cou, rayés transversalement de brun et de roux ; le dos, te cron- 
picoi et les couvertures supérieures de la queue, d'un brun uni- 
forme ; les petîtee couvertures supérieures des «îles brunes , ter- 
minées de roux ; les grandes vert obscur, bordées et terminée* 
de roux ; les pennes de l'aile comme dans le mâle , excepté que 
les nu^ennes sont bordées de roux ; le devant du cx>u et tout 
le reste du dessous du corps, roux clair, varié de noii-ili'e ; In 
pennes de la queue d'un brun lustré, terminées de roux -, le bec 
et lea pieds à peu près comme le mflle. 

Voici leurs dimensions comparées : 



OISEAUX D'AMÉRIQUE 
QUI ONT RAPPORT AU COUCOUl 



1. LE COUCOU DIT LE VIEILLARD, OU L'OISEAU 
DE PLUIE. 

\_} V donne k cet oiseau le nom de vitiUard, parce qu'il a taa» 
la gorge une espèce de duvet blanc , ou phitAt de barbe blancbe, 
«tiribut de la vieillesse. On lui donne encore le nom d'pÛHut dt 



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SUITE DU COUCOU. Sig 

pluie, pirce qu'il ne &it )amaii plus retentir les boù de ses cris 
que lorsqu'il doit pleuvoir. It se tient toute l'année à la Jamaïque , 
non-seulement dans les bois, mais partoal où il y ■ des bui»- 
aona, et il se laisse approcher de fort près par les cbasseurs avant 
de prendre son essor. Les graines et les vemusseaux sont sa nour- 
rilure ordinaire. 

II aie dessus delà tète couvertde plumes duvetées et soyeuses, 
d'un brun foncé; le reste du dessus du corps, compris les ailes 
et les deux intermédiaires de la queue , cendré olivâlre ; la gorge 
blanrhe, ainsi que le devant du cou; la poitrine et le reste du 
dessous du corps roux ; toutes les pennes latérales de la queue 
noires, terminées de blanc, et la plus extérieure bordée de même; 
le bec supérieur noir, l'inférieur presque blanc; ses pieds d'un 
noir bleuâtre. Sa taille est un peu au-dessus de celle du merle. 

L'estomac de celui qu'a disséqué M. Sloane étoit très-grand 
proportimnellement à la laille de l'oiseau , ce qui est un trait de 
conformité avec l'espèce européenne ; il étoit doublé d'une mem- 
brane fort épaisse; les intestins étoient roulés circulairement 
comme le câble d'un vaisseau , et recouverts par une quantité de 
graisse jaune. 

Longueur totale, de quinze pouces à seize trois quarts ; bec, 
un pouce; tarse, treise lignes; vol, comme la longueur totale; 
queue, de sept pouces et demi à huit et demi , composée de 
dix pennes étagées; dépasse les ailes de presque toute sa longueur. 

fariété» du viuUlard, ou oistau dé pluie. 

î. L» vieillard à ailet rou»aea. Il a les mêmes couleun sur les 
parties supérieures et sur la queue ; presque les mêmes sur le bec: 
mais le blanc du dessous du corps, qui, dans l'oiseau de pluie, 
ne s'étend que sur la gorge et la poitrine, s'étend ici sous toute la 
partie inférieure ; de plus, les ailes ont duroussàtre.et sontplus 
langues i proportion. Enfin la queue est plus courte et confor- 
mée différemment, comme on le verra plus bas à l'article dt» 
mesures. 

Ce coucou, n°. 8i6, est solitaire; il se tient dans les forêts les 
plus sombres ; et aux approches de l'hiver il quitte la Caroline 
pour aller chercher une température plus douce. 

Longueur totale, tL-eisepouc«s; bec, quatorze lignes et demie; 
tarse, treize lignes; queue, six pouces, composée de dix pennes, 
dont lea trois paires intermédiaires plus longues, mais à peu près 



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5ao HISTOIRE NATURELLE. 

é^Hlex entra elles , el les deux paires Uléralea courtes , et il autant 
plus courtes qu'elles sont plus extérieures; les pltas longues (IiHms- 
aetit les ailes Ae quatre pouces. 

n. Le petit vieillard, connu à Cajrenne «jus le nom cle cou- 
cou des palétuviers. Cet oiseau, n". 8i3, et surtout la femelle, a 
tant de ressemblance avec le vieillard ou oiseau de pluie de la 
Jamaïque, soit pour les couleurs .soit pour la oonfbrmalion gé- 
nérale, qu'en un besoin la description de l'un pourroît servir 
pour l'autre, toutefois a la grandeur près; car celui de Cayenne 
est plus petit, raison pourquoi je l'ai nommé petit vieillard. II 
paro!t aussi qu'il a la queue un peu moins longue à proportion : 
mais cela n'empêclie pas qu'on ne puisse le regarder comme une 
variété de climat. Il vit d'insectes, et spécialement de ces grosses 
cbenilles quirongent les feuilles des palétuviers; et c'est par cette 
raison qu'il se plaît sur ces arbres, où il nous sert en disant la 
guerre à nos ennemis. 

Longueur totale, un pied; bec, treize lignes; tarse, douze; 
queue, cinq pouces et demi, composée de dix pennes élagfk:»; 
dépasse les ailes de trois pouces un tiers. 

n. LE TACCO '. 

M. Sloane dit positivement qu'à [l'exception du bec, que cet 
oiseau a plus allongé, plus grêle el plus blanc, il ressemble de 
tout point & l'oiseau de pluie; il lui attribue les mêmes habiliides, 
et en conséquence il lui donne les mêmes noms. Mais M. Brisson , 
se fondant apparemment sur cette diflërence notable dans la 
longueur et la conformation du bec , a fait de l'oiseau dont il 
s'agit ici une espèce distincte ,Bvec d'autant plus de raison, qu'en 
j regardant de près on lui découvre aussi des diflërences de plu- 
mage, et qu'il n'a pas même cette gorge ou barbe blanche qui a 
&it donner le nom de vieillard k l'espèce précédente. D'ailleurs 
M. le chevalier Lefebvre-Deshayes , qui a observé le tacco arec 
attention, ne lui reconnoit pas les mêmes habitudes queM. Sloane 
a remarquées dans le vieillard. 

Toccoest le cri habituel,et néanmoins peu fréquent, de cecou- 



l'.pp.ji«>i 

D«ti.ja. ) 

Ob I< bodh coliyieou \ Saint4>aniDgat , tiiinnt H. Silcmi, 



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SUITE DU COUCOU. Sai 

couj; mais, pour le rendre comme il le prononce, il but articuler 
durement la première syllabe , et descendre d'une octave pleine 
aur la lecoode: il ne le fait jamais entendre qu'après avoir fait un 
mouvement de la queue , mouvement qu'il répète cliaque fois 
qu'il veut changer de place , qu'il se pose >ur une branche, ou 
qu'il voit quelqu'un s'approcher de lui. 11 a encore an autre crî, 
qua , qua , qua, qua , mais qu'il &i( entendre seulement lorsqu'il 
eat effrayé par la présence d'un chat ou de quelque autre ennemi 
auw dangereux. 

TA. Sloane dit de ce coucou, comme de celai qu'il a nomme 
oistau déploie, qu'il annonce la pluie prochaine par «es cris re- 
doublés \ maia M. le chevalier Deshayea '. n'a rien obsei-ré de 
semblable. 

Quoique le tacco, n*. 77a, se tienne communément dans les 
terrains cultivés, il fréquente aussi les bob, parce qu'il y trouve 
aussi la nourriture qui lui convient ; cette nourriture, ce sont lea 
chenilles , les coléoptères , le» vers et les vermisseaux , les raveta , 
lea poux de bota et autres insectes qui ne sont malheoreusement 
que trop communs aux Antilles , soit dans les lieux cultivés , soit 
dans ceux qui ne le sont pas; il donne aussi la chasse aux petits 
léxardsappelés ano/M, aux petites couleuvres, aux grenouilles, aux 
jeunes nts, et même quelquefois , dit-on , sax petits oiseaux ; il 
surprend les lézards dans le moment où, tout occupés sur les bran- 
che i épier les mouches , ils sont moins sur leurs gardes. A l'^rd 
des couleuvres , il les avale par la tête ; et à mesure que la partie 
avalée se digère , il aspire la partie qui reste pendante au dehors. 
C'est donc un animal utile , puisqu'il détruit les animaux nuisibles : 
il pourroit même devenir plus utile encore si an venoit à bout de 
le rendre domestique ; et c'est ce qui parott tréa-posiible, vu qu'il 
est d'un naturel si peu farouche et si peu défiant , que les petits 
nègres le prennent î la main , et qu'ayant un bec assez fort, il ne 
songe pas à s'en servir pour se défendre. 

Son vol n'est jamais élevé : il bat des ailes en partant ; pais, 
épanouissant sa queue , il file , et plane plutôt qu'il ne vole ; il va 
d'un buisson À un autre, il saute de branche en branche, lisante 
même sur les troncs des arbres, auxquels il s'accroche cmnme lea 
pica; queiquelbis il se pose à terre, où il sautille encore comme 

■ Cnt d* H. la chETtlicT Duhiju ({iH jt (icu toat ca ip» ja dii ici du Bonn 
et dai lubiLadadu Ucte. 

Buffoa. II. il 



=dbï'GoogIe 



3a« HISTOIRE NATURELLE, 

la pie, et toujours à la pounnite des ùtaectes ou dea reptOes. On 
sssure qu'il exhale uneodeur forte en tout temps, et que» chair 
eat anniauTBismaiiger;cequie«tfacileàci-oire, yuleimets dont 
il ae nourrît 

Cesoiaeaux ae retirent, au tempa de la ponte, dana la profiin- 
deur des forêts, et a'y cachent ai bien, que jamaia perscmnena 
TU leur nid; on aeroit tenté de croire qu'ils n'en font p»int, et 
qu'à Viostar du coucou d'Europe, ils pondent dana le nid des 
autres oiseaux : mais ils différeroient en cela de la plupart dea 
coucous d'Amérique, qui font un nid et couvent eux-mêmes leurs 
oeufà. 

Le tacco n'a point de couleura brillantes dans son plumage; 
mais en toutes circonstances il conserve un air de propreté e( 
d'arrangement qui Fait plaisir à voir. H a le dessus de la tète et 
du corps, compris les couvertures des ailes, gris ou peu foncé 
avec dea reQets verdàtres sur les grandes couvertures seulement; 
le devant du cou et de la poitrine gris cendré ; sur toutes cesnuanccs 
de gris une teinte légère de rougedtre; la gorge fauve clair; lo 
reste du dessousdu corps, lescuisseset les couvertures inférienres 
dea ailes comprises , d'un &uve plus ou moins animé ; les dix pre- 
mièrea pennes de l'aile d'un roux vif, terminées d'un brua rer- 
dâtre, qui dana les pennes suivantes va toujours gagnant sur la 
couleur rousse; les deux pennes întermédiaires de la qneue, de 
U couleur du dos avec des refiels verdàtres; les huit autres de 
même dans leur parlie moyenne, d'un brun noirâtre avec dea 
refiets bleus près de leur hue , et terminées de blanc ; l'iria d'un 
jauDe brgn; tea paupières rouges; le bec noirAlre desana, d'une 
couleur un peu plus daire dessous, et les pieds bleuâtres. Cecon- 
cou eat moins gros que le nAtre; son poids est d'un peu plus de 
trois onces : il se trouve i la Jamaïque , à Saint-Domingue, etc. 
Longueur totale, quinn ponces et demi (dix-sept on tiers, 
suivant M. Sloene); bec, dix-huit lignes, suivant H. SlfMne; 
vingt-une, selon M. le chevalier Deshayes; et vingt-cinq, sui- 
vant M. Brlaaoïi; langue cartilagînenae, terminée par des filets ; 
tarse , environ quinse lignes ; vol , comme U longueur totale ; 
queue, huit pouces, aelon M. Deshayes, et huit pouces trois 
quarts, suivant M. Brisson, composée de dix pennes étagées; les 
intermédiaires superposées aux latérales; dépoase les ulcs i'tot- 
viron cinq pouces et demi. 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE DU COUCOU. ôaS 

m. LE GUIRA-CANTABA. 

Ce coucou eal fort criard; il w tient dans lea fbixls du Brésil, 
qu'il fiut retentir de «a voix plu* forte qu'agi éable. Il a aur In tèie 
une cspèctt de huppe, dont tea plumes «ont brunea, bordées de 
jaunilre: celtes du cou etdts ailes au coniraire jaimûtres, bor- 
déea de brun ; le dcMua et le dessous du corps , d'un jaune pile ; 
les pennes des iHit brunes; celles de la queue brunes aussi, mais 
terminées de blanc ; l'iris brun ; le bec d'un jaune brun ; les pieds 
vert de mer. 

11 est de la taille de la pie d'Europe. 

Longueur totale, quatorise à quinae |H>uces; bec, environ un 
]X)uce, un peu crochu parle bout; tarse, un pouoe et demi, re- 
vêtu de plumes; queue, huit pouces, composée de huit pennes, 
selon Marcgrave ; mais n'en manquoit-il aucune? elles paraissent 
égales dans la figure. 

IV. LE QUAPACrOL, OU LE RIEUR. 

On a donné à ce concoa le nom d'oUeau rieur, parce qu'en 
eflèt son cri ressemble ânn éclat de rire; et par la même raison, 
dit FenMndès,il paaaoit au Mexique pour un oiseau de mauvais 
■ugure avant que le jour de la vraie religion eût lui dans ces 
contrées. A l'égard du nom mexicain quapaeklotoll , que j'ai cru 
devoir cmilnicter et adoucir, il a rapport A. la couleur fauve qui 
■*^ne sur toute la partie supérieure de son corps, et même sur 
lea pennes de «es ailée; celles de la queue sont &uves aussi, mais 
d'une teinte plus rembrunie ; la gorge est cendrée, ainsi que le 
devant du oou et la poitrine; le reste du dessous du corps est 
noir; l'iris blanc , et le bec d'un noir bleuâtre. 

Ia taille de ce coucou est à peu pi-ès celle de l'espèce euro- 
péenne; il a seise ponoea de longueur totale, et la queue seule 
isit la moitié de cette longueur. 

V. LE COUCOU CORHU, OU LATIHGACU DU BRÉSIL. 

La singularité de ce coucou du Bréail est d'avoir sur la tête de 
longues plumes qu'il peut relever quand il veut, et dont il tailse 
fiiire une double huppe ; de là le nom de coucou cornu que lut 
B donné M. Brisson. Il a la iSte grosse et le concourt, comme 
c'eat l'ordinaire dans oe genre d'oiseau ; tout le dessus de la tète 



DiailizodbvGoOgle 



5s4 HISTOIRE NATURELLE. 

et dn corps, de Couleur dfr auie ; le* ailes auul , et même la queuei 
msia celle-ci d'une temte plui sombre ; et tes penaes ont k leur 
extrémité une tache de blsnc rouaaâtre ombré de noir, qui finit 
par le blanc pur ; la gorge est cendrée, ainsi que tout le dessous 
du corps 1 l'iris est d'un rouge de sang , le bec d'un vert j aunâtre 
et les pieds candrés. 

Cet oiseau est encore remarquableparlalonguenrdesa queue; 
car, quoiqu'il ne soit pas plus gros qu'une litorne ou grosse 
grive, et que son corps n'ait que trois pouces de long, sa queue 
en a neuf; elle cet composée de dix pennes élagées , les intermé- 
diaires superposées aux latérales; le bec est un peu crochu par 
le bout ; les tarses sont no peu courts et couverts de plumes par- 
devant '. 

VI. LE COUCOU BRUN VARIÉ DE ROUX. 

Ce coucou de Cayenne , n°. 8i3 , a le dessus du corps variéde 
brun et de différentes nuances de roux; la gorge d'un roux clair 
varié de brun ; le reste du dessous du corps , d'un blanc roussfttre, 
qui prend une teinte de roux clair décidé sur les couTertures in- 
férieures de la queue ; les pennes de celle-ci et des ailes l»unee , 
bordées de roux clair , avec un oeil verdâtre , prindpalemrait sur 
les pennes latérales de la queue; le bec noir dessus , roux sur les 
cotés, roussAtre dessous, et les pieds cendrés. On remarque, 
comme une singularité, que quelques-unes des couvertures su- 
périeures de la queue s'étendent presque jusqu'aux deux tiers de 
sa longueur. Ou compare cet oiseau, pour la taille , an manvîs. 

Longueur totale, dix pouces deux tiers; bec, neuf lignes; 
tarse, quatorae lignes; vol, un pied et plus; queue, environ sii 
pouces , composée de dix pennes étagées ; dépasse les ailes de qua- 
tre pouces. 

Le coucou appelé à Cayenne oiseau des harriirea ' est i peu 
près de ta taille du précédent , et en approche beaucoup pour le 
plumage: en général, il a un peu moins de roux; c'est le gris qui 
eu tient la place, et les pennes latéralea de la queue sont terminées 
de blanc; la gorge est gris clair, et le dessous du corps blanc: 
BJoutex qu'il a la queue un peu plus longue. Mais, malgré ces pe- 



' HiTcgnte dit qiu la cloigU de cet alaeiii wnt dUpoiji d( U ainitn la pi» 
^DninjniiiUGgnmlapréKDtedeni en (Tant et deni en uriirc. 
* CsM BL 4*-SoaiBi qvi n'a dosai ctU( iwiM. 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE Dr coucou. 5a5 

tites différences , il aat difficile de ne pas le rapporter, comme va- 
riété, à l'espèce précédente; peut-être mËme eat-ce une Tariétéd» 
Mxe. Son nom d'oitaau dta barriiret vient de ce qu'on le vrat sou- 
vent perché sur les palissades des planUlions. Lorsqu'il est ainsi 
perché, il remue c«Mitinuellement la queue. 

Ces oiseaux , sans être fort sauvages , ne se réunissent point en 
troupes , quoiqu'il ifeo trouve plusieurs A la fois dans le même 
canton; ils ne fréquentent guère les grands bois. On assure qu'ils 
■ont plus communs que les coucous piayes, tant à Cayenne aa'à, 
la Guiane. 

ni. LE CENDRILLARD. 

Je l'appelle ainsi, parce que le gris cendré est k couleur do- 
minante de son plumage , plus foncée dessus , jusques et compris 
les quatre pennes intermédiaires de la queue, plus claire dessous 
etméléedeplusou moins de roux sur les pennes desaïlea; les trois 
paires des pennes latérales de la queue sont noirâtres, terminées 
de Uanc, et la paire la plus extérieuae est bordée de cette même 
couleur blanche; le bec et les pieds sont encore gris brun. Cet oi- 
seau se trouve à la Louisiane et à Saint-Domingue, sans doute en 
des saiscms dîBiérehtes. On le dit k peu près de In taille de la petite 
grive appelée mauvia. 

J'ai vu dans le cabinet de M. Handuit une variété , sous le nom 
de pBtU coucou grit, laqueflle ne diBëroit du cendrillard qu'en ce 
qu'elle avoît tout le dessous blanc, qu'elle étoit nn peu plus grosse, 
et qu'elle avoit le bec moins long. 

Longueur totale, de dix etdemiàonse pouces; bec, quatorze 
ou quinze lignes, les deux pièces recourbées en en-bas; tarse, un 
pouce; vol, quinae pouces et demi; queue, cinq pouces un tiers, 
cx>mposée de dix pennes étagées ; dépasse les pennes de deux pouces 
et demi à trois pouces. 

Vm. LE COUCOU PIATE. 

J'adopte le surnom de piayre que l'on donne â ce coucou dans 
l'ilede Cayenne; mais je n'adopte point la superstition qui le lui 
a Sut donner. Piay« signifie diable dans la langue du pays , et 
encore />rl*-e, c'est-à-dire, chea un peuple idolfttre, minitln ou 
iaUrprite da diable. Cela indique assea qu'on le regarde comme 
un oiseau de mauvais augure ; c'est , dit-on , par cette raison que 
ksiiatOFelS;,et même ks o^res, ont da la répugnance pour sa 



DiailizodbvGoOgle 



3»6 HISTOIRE NATURELLE 

chair : mais celte répugnance ne vtendroit-elle paa plutôt de ce 

que sa chair est maigre en tout temps ? 

Le piaye est peu (àrouclie ; Q se laiose approcher de Ibrt près , 
et ne part que lorsqu'on ett sur le point de le saisir. On compare 
son Tot à celui du martin-pécheur; il m lient communément au 
bord des rivières, sur les basset branches des arbres, où il est ap- 
paremment plus à portée de voir et de saisir les insectes dont il 
&it sa nourriture. Lorsqu'il est perché, il hoche la queue et 
change sans cesse de place. Dm personnes qui ont passé du temps 
à Cayenne, et qui ont vu plusieurs fois ce coucou dans la cam- 
pagne, n'ont jamais entendu son cri. Sa taille est k peu près celle 
du merle. II a le dessus de la tête et du corps d'un marron pour- 
pre , compris même les pennes de la queue, qui sont noires ven 
le bout, terminées de blanc, et les pennes des ailes, qui sont ter- 
minées de brun ; la gorge et le devant du <k>u aussi marron pour- 
pre, mais d'une teinte plus claire, et vanable dans les diffêrens 
individus; la poitrine et tout le dessous du corps cmdré»; le bec 
et les pied» gris brun. 

Longueur totale , quiose pouces neuflignes; bec, qualone li- 
gnes; tarse, qualorselignesetdemie;'Tot,qQinie pouces nntier»; 
queue , dix pouces , composée de dix pennes étagées et fort iné- 
gales; dépasse les ailes de huit pouces. L'individu qui est dans le 
cabinet de M. Mauduitest un peu plus gros. 

J'ai vu deux variétés dans cette espèce : l'une à peu pria de 
même taille, mais différenle pour les coulears; elle avoit le beo 
rouge, la tête cendrée, la gorge et la poitrine rousses, et le rest* 
du dessons du corpa cendré noirâtre. 

L'autre variété a à très-peu près les mêmes couleurs; seule- 
ment le cendré du dessous du corpt est tnnlé de brun. Elle a 
aussi les mêmes habitudes naturelles, et ne difiére réellementque 
par sa taille , qui est fort approchante de celle du mauvis. 

Longueur totale, dix pouces un quart ; bec, onze lignes; tarse 
onze lignes et plus; vol, onze pouces et demi; qneue,près de six 
pouces, composée de dix pennes étagées; dépasse lesailes de pré* 
de quatre i>ouces. 

IX. LE COUCOU NOIR DE CAYEME. 
Presque tout est noir dans cet oiseau, n*. 5i3, excepté lebes 
et l'iris, qui sont rouges, et les couvertures supérieures des aile», 
qui sont bordées de blanc; mais le noir liri-méme n'est pas uni- 
forme, car il est moins Ibncé sous le corps que dessus. 



DiailizodbvGoOgle 



DES ANIS. . * Sa; 

Longueur toUle, environ anse pouces; bec, dix-iept ligne*; 
Urw , huit lignes ; queue composée de dix penne* un peu élagéea; 
dépane le« ailea d'environ trois pouces. 

H. de Sonini m'a usure que cet oiaeau avoit un tubercule à la 
partie antérieure de l'aile. H vit aolitaîre et tranquille, ordinaire- 
ment perché sur le* arbres qui se trouvent au bord des eaux , et 
n'a pai k beaucoup prta autant de mouvement que la. plupart dea 
coucous; en sorte qu'il psroit bire U nuance entre ces oiseaux et 
le* barbus. 

X. LE PETIT COUCOU HOIR DE CATEHNE '. 

Ce coucou ressemble à l'espice précédente, non-seulement par 
la couleur dominante du plumage, mais encore par les mi»urs 
et les habitudes naturelles. Il ne fréquente pas les bois, mais il 
n'en est pas moins sauvage : il passe les journées pen:j)é sur une 
branche isolée, dan* un lien découvert, et sans prendre d'autre 
mouvement que celui qui est nécessaire pour saisir les insecte^ 
dont il se nourrit. Il niche dans de* trous d'arbre; quelquefois 
même dans des trous en terre, mais c'est lorsqu'il en trouve de 

Ce coucou , n*. 5o5 , est noir partout , excepté sur la partie po»- 
térieure du corps, qui est blanche, et ce blanc, qui s'étend sur les 
jambes, est séparé du noir de la partie antérieure par une espèce 
de ceinture orangée. Au reste, dans l'individu que j'ai vu ches 
M. Manduil , le blanc ne s'étendoit pas autant qu'il paraît s'éten- 
dre dans la planche enluminée. 

Longueur totale, huit pouces un quart; bec, neuf ligne*; tarse 
trb-court; la queue n'a pas trois pouces, die «al un peu.éla^ 
et ne dépasse pas de beaucoup le* ailes. 



LES ANIS. 

JVm est le nom que les naturels du Brésil donnent k cet oiseau , 
et nous le lui conserverons , quoique nos voyageur* fiançais et 
nos nomenclateurs modernes l'aient appelé bout depetun ou bout 
de tabac , nom ridicule, et qui n'a pu être imaginé que par la 

' Hou dcTMl la EOnnuiuiDci di cctli Mptcc «t de M* mccon ■ H. il SoBÎni. 



DiailizodbvGoOgle 



338 HISTOIRE HATURELLE 

reuemblaii» de «on plumage [ qui eat d'un ntùr bronâtre ) à Ia 
couleur d'une carotle de tabnc ; car ce que dit le P. du Tertre, 
que son minage prononce petit bout depelun, n'est ni Tni ni 
probable , d'autant que Ica créoles de Cayenne lui ont donné une 
dénominalion plu» appropriée à son ramage ordinaire, en l'ap- 
pelant bouilleur de canari, ce qui veut dire qu'il imite le l)ruïl 
que lait l'eau bouillante dans une ibarmite; et c'est en effet son 
vrai ramage ou gazouillis, trèi- différent, comme l'on voit, de 
l'expression de la parole que lui suppose le P. du Tertre, (hi lui a 
aussi donné le nom A'oiseau diable , et l'on a même appelé l'une 
des espèces diable de» aatianes , et l'autre diable des paUtmnertf 
parce qu'en effet les uns ae tiennent nonstamment dans les savanes, 
et let autres fréquentent les bords de la mer et des marais d'eau 
salée , où croissent les palétuviers. 

Leurs caractères générique sont d'avoir deux doigfs en avant 
et deux en arrière ; \« bec court , crochu plus épais que large 
dont la mandibule inférienre est droite, et la supérieure élevée 
en demi-cercle à son origine; et cette convexité remarquable 
s'étend sur toute la partie supérieure du bec, jusqu'à peudedî»- 
tance de son extrémité, qui est crochue: cette convexité est com- 
primée Bur les côtés, et forme une espèce d'arête presque tran- 
chante tout le long du sommet de la mandibule supérieure ; au- 
dessuset tout autour s'élèvent de petites plumes effilées, aussi roî~ 
des que des «oie» de cochon, longues d'un demi -pouce, et qui 
toutes se dirigent en avant. Cette conformation singulière du bec 
suffit pour qu'on puisse reconnoître ces oiseaux, et paroit exiger 
qu'on en &sse un genre particulier , qui néanmoins n'est compo- 
sée que de deux espèces. 

L'ANI DES SAVANES. 

Première eepèc». 

vjETsni, n*. 109, fig. a, est de la grosseur d'un merle; mais» 
grande queue lui donne une ferme allongée : elle a sept ponces ; 
cequi&it plus de la moitié de la longueur totale de l'oiseau , qui 
n'en a que treize et demi. Le bec, long de treize lignes, a neuf 
lignes et demie de hauteur; il est noir, ainsi que les pieds, qui 
ont dix-sepi lignes de hauteur. La description des couleurs sen 
courte : c'est un noir ii peine nuancé de quelques reBets violets 



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DE L'ANI DES PALÉTUVIERS. Sas 

■urtoutlecorpi, à l'exccplion d'une pelile lisiùre d'un vert fiiBcé 
et luÏMiit qui borde les plumes du d^ous du dos et des cou- 
vertures des ailes , et qu'on n'aperçoit pas à une certaine dis- 
tance, car ces oiseaux paroisseht toat noirs. La femelle ne dif- 
tèn pas du mâle. lU vont constamment par bandes, et sont 
d'un naturel si sociable , qu'ils demeurent et pondent plusieurs 
ensemble dans le mâme nid : ils construisent ce nid avec des bû- 
chettes sèches, sans le garnir; mais ils le (ont extrêmement large, 
souvent d'un pied do diamitre ; on prétend même qu'ils en pro- 
portionnent la capacité au nombre de camarades qu'ils veulent 
y admettre. Lea femelles couvent en société; on en a aouvent vu 
cinq ou six dans le même nid. Cet instinct , dont l'efTet seroit fort 
utile à ces oiseaux dans les climats froids , parolt au moins super- 
flu dans les pays méridionaux, où il n'est pas i craindre que ta 
chaleur du nid ne se conserve pas : cela vient donc uniquement 
de l'impulsion de leur naturel sociable ; car ils sont toujours en- 
semble, soit en volant, soit en se reposant, et ils se tiennent sur les 
branches des arbres tout le plus près qu'il^leur est possible les uns 
des autres. Us i-amagent aussi tous ensemble , presque a toutes les 
benresdu jour;etleursmoindres troupes sont de huit ou dix, et 
quelquefois de ringt-cinq ou trente. Ils ont le vol court et peti 
élevé : aussi se posent-ils plus souvent sur les buissons et dan» les 
halliers que sur les grands arbres. Ils ne sont ni craintifs ni fa- 
rouches', et ne fuient jamais bien ^3in. Le bruit des armes à feu 
ne les épouvante guère , il est aisé d'en tirer plusieurs de suite : 
mais on ne les recherche pas, parce que leur chair ne peut se 
manger , et qu'ils ont m^me une mauvaise odeur lorsqu'ils aont 
vivans. Es se nourrissent de graines et aussi de petits serpens , lé- 
^rds et autres reptiles ; ils se powint aussi sur les boeufs et sur les 
vaches pour manger les tiques, les ver^ et les insectes niches 
dans le poil de ces animaux. 

L'ANI DES PALÉTUVIERS '. 

Second* eapèct. 

V^EToismn,»'. io9,fig. i , est |dus grand que le précédent, et 
à peu pris de la gro««ur d'un geai ; il a dix-hu it pouces de lon- 



DiailizodbvGoOgle 



53o HISTOIRE NATURELLE 

gueureny comprenant celle de la queue, qui en bit plus de moi- 
tié. Son plumage est à peu près de la même couleur, ooir bru- 
nâlre, que celui du premier : aeulement il est an peu plus varié par 
la bordure de vert brillant qui termiae les plumes du dos et des 
couvertures des ailes ; eu sorte que, n l'on en jugeoit par ces diP- 
lërences de grandeurs et de couleurs, on pourroit regarder ees 
deux ojseaui comme des variétés de la même espèce. Hais la 
preuve qu'ils forment deux espèces distinctes , c'est qu% ne m 
mêlent jamais -, les uns habiteot constamment les savanes décou- 
vertes, et les autres ne se trouvent que dans les Palétuvier* : 
néanmoins ceux-d ont les mêmes hMjttudes naturelles que les 
autres ; ils vont de même en trompes ; ils se ticainent sur le bord 
des eaux salées ; ils pondent et couvent plusieurs dans le même 
nid , et semblent n'être qu'une race difiérente qui s'eat accoutu- 
mée à vivre et habiter dans un terrain plus humide, et où la 
nourriture est plus abondante par la grande quantité de petits 
reptiles et d'insectes que produitmt ces terrains humides. 

Gomme je venois d'écrire cet article , j'ai reçu une lettre de 
M. le chevalier Lefèbvre Deabayes, au sujet des oiseaux de Sainl- 
Domtngne, et void l'extrait de oe qu'il me marque sur celui-ci : 

a Cet oiseau , dit-il , est un des plus communs doiu l'Se de 
Saint-Domingue Les nègres lui donnent difierentea dénomi- 
nations, celles de bout da tabac, de boutdepetu», Xamangoua, 
deperroquêlTuiirretcSi on bit attention à la stmcturedes ailes de 
cet oiseau , au peu d'élendue de son vol , au peu de pesantear 
de son corps relativement à aon volume, on n'aura pu de peine 
à le reconnotlre pour un oiseau indigiine de ces climats du nou- 
veau monde. Comment, en eflèt, avec un vol si borné et des 
ailes si foibles , jxiurroit-it franchir le vaste intervalle qui sépare 

les deux continens? Son espèce est particulière à l'Amérique 

méridionale. Lorsqu'il vole , il étend et élargit sa queue ; mai» 

il vole moins vile et moins long-temps que les perroquets Il 

ne peut soutenir le vent, et les ouragans font périr beaucoup de 



H Ils habitent les endroits cultivé» , ou ceux qui l'ont été an- 
ciennement ; on n'en rencontre jamais dans les bois de haute fu- 

r<oiu ileroru obiencr que U nvut •utcur de c<t article paraît dostcr fi» la 
■ ni» pondent <-t convmt rnwnblt dam U mimt nid : upendant et tiil no» a M 
aunr^ fMr un li gntrd nembre Ae tÎDoini oculaini, <iu'il n'«t plut pMtibli if >• 



dtv Google 



DE L'AN! DES PALETUVIERS. 33r 

taie. IIi te nourriaMiit de diverwt t»flx6» de grainea et de fniils ; 
îU mangent de« grains du |Mys , tels que le petit mil , le maïs , le 
riz , etc. Dsiu la diwlte , il» font U guerre aux chenitlea et A quel- 
ques autres insecte*. Nous ne dirons pas qu'ils aient un chant ou 
un ramnge, c'est plutôt un sifflement ou un piaulement assez 
■impift. II y a pourtant des occasions où sa façon de s'exprimer 
est plus variée ', elle est toujours aigre et désagr^ble ; elle change 
suivant le* diverses passions qui agitent l'oiseau. Aperçmt-il 
quelqoe chat ou un autre anima! capable de nuire , il en avertit 
BUssildt tous ses semblables par un cri très-distinct, qui est pro- 
longé et répété tant que le péril dure. Son épouvante est sur- 
tout remarquable lorsqu'il a des petits , car iï ne cesse de s'agiter 

et de voler autour de son nid Ces oiseaux vivent en société, 

sans être en aussi grandes btindes que les étotimeaux ; ils ne s'é- 
loignent guère les uns des autres.... et même, dans le temjw qui 
précède la ponte , on voit plusieurs femelles et mâles travailler 
ensemble à la construction du nid , et ensuite plusieurs femelles 
couver ensemble, chacune leurs ceufs, et y élever leurs petits. 
Cette bonne intelligence est d'autant plus admirable, que l'amour 
rompt presque toujours dans les animaux les liens qui les ntta- 

choient ii d'autres individus de leur espèce Ils entrent en 

amour de bonne heure : dès le mois de février les miles cher- 
chent les femelles avec ardeur, et, dans le mois suivant , le couple 
amoureux s'occupe de concert i ramasser les matériaux pour la 

construction du nid Je dis amoureux , parce que ces oiseaux 

paroissent l'être autant que les moineaux ; et pendant toute la 
saison que dure leur ardeur, ils sont beaucoup plus vifs et plus 

gais que dans tout autre temps Ils nichent sur les arbrisseaux , 

dans les ufiers, dsnsles buissons et dans les Haies; ils posent leur 

nid sur l'endroit où la tige se divise en plusieurs branches 

Lorsque les femelles se mettent plusieurs ensemble dans le même ' 
nid, la plus pressée de pondre n'attend pas les autres, qui agran- 
dissent le nid pendant qu'elle couve ses ceuis. Ces femelles usent 
d'une précaution qui n'est point ordinaire aux oiseaux , c'est de 
couvrir leurs œufs avec des feuilles et des brins d'herbe h mesure 
qu'elles pondent Elles couvrent également leurs oeufs pen- 
dant l'incubation , lorsqu'elles sont obligées de les quitter pour 

aller chercher leur nourriture Les femelles qTiî couvent dans 

le même nid, ne se chicanent pas comme font les poules lors^ 
qu'on leur donne un panier commun ; elles s'arrangent les unes 
auprès des autres ; quelques-unes cependant, avant de pondre. 



DiailizodbvGoOgle 



35a HISTOIRE NATURELLE 
foui, avec des brins d'herbe , une séparation Aam le ntJ , aJin 
de oonlenûr en particulier leun oeub ; et «'il arrive que lea œuf* 
se trouvent mèléa ou réunis ensemble , une seule femelle fait 
éclore loua les ceuls dea autres arec les siens ; elle les rassemble > 
les entatse et les entoure de feuillea : par ce moyen , la chaleur 
se répartit dans toute la masse, et ne peut se dissiper Cepen- 
dant chaque femelle fait pluueurs oeufs par ponte Ces oiseaux 

construisent leur nid trta-solîdement , quoique grossièrement , 
avec de petites tiges de pbntes filamenteuses, des branches de 
citronnier ou d'autres arbrisseaux : le dedans est seutemeot ts- 
pissé et couvert de feuilles tendres at qui se fanent bientôt ; c'nt 
•ur ce lit de feuilles que sont déposés les œu&. Ces nids sont fort 
évasés et fort élevés des bords -, il y en a dont le diamètre a plut 
de dix-huit pouces : la grandeur du nid dépend du nombre dct 
fentelles qui doivent y pondre. Il seroit assez difficile de dire an 
juste si toutes les femelles qui pondent dans le même nid ont 
chacune leur mâle : il se peut fiùre qu'un seul mâle suffise à plu- 
sieurs femelles , et qu'ainsi elles soient en quelque bçon obligée 
de s'entendre lorsqu'il s'agit de construire les nids ; alors il ne 
faudrait plus attribuer leur union à l'amitié , mais au besoin 

qu'elles ont les unes des autres dans cet ouvrage. Cea oeufs 

sont delà grosseur de ceux de pigeon ; ils sont de couleur d'à igue- 
marine uniforme , et n'ont point de petites taches vers le* bouto, 
comme la plupart des oeufs des oiseaux sauvages..... n y a appa- 
rence que les femelles font deux ou trois pontes par an ; cela 
dépend de ce qui arrive à la première ; quand elle réussit , elles 
attendent l'arrière-saison avant d'en &ire une autre : sï la ponle 
manque, ou si les oeufs sont enlevés, mangés par les couleuvres 
ou les rats, elles en font une seconde peu de temps après la pre- 
mière ; vers la fin de juillet ou dans te courant d'août, ellrs com- 
mencent la troisième. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en mars, 

en mai et en ao&t , on trouve des nids de ces oiseaux An 

reste, ils «ont doux et faciles à apprivoiser, et on prétend qu'en 
les prenant jeunes, on peut, leur donner la même éducation 
qu'aux perroquets , et leur apprendre i parler, quoiqu'ils aient 
la langue aplatie et terminée en pointe, au lieu que celle du per- 
roquet est charnue, épaisse et arrondie 

■ La même amitié, le même accord qui ne s'est point démenti 
pendant le temps de l'incubation , continue après que les petits 
sont éclos : lorsque les mtres ont couvé ensemble, elle» donnent 
ïitccessivement à manger à toute la petite fiimille Les mâles 



ibïGoogle 



DU HOUTOU, OU MOMOT. 3SJ 

aident à fbamir les iilimeiia. Mai* lonque In femdles ont coavé 
séparément, elles élèvent leurs pelîta à part, cependant sans ja- 
lousie et sans colère ; elles leur portent la becquée i tour de râle, 
et les petits la prennent détentes les mères. La nourriture qu'elle» 
leur donnent dépend de la saison : tantôt ce sont das chenilles, 
des Ten , des insectes ; tantât des fruits ; Untât des grains, comma 

le mil, le mais, le riz, l'avoine sauvage, etc An boutdequd- 

ques semaines les petits ont acquis assez de force pour essayer 
leurs ailes ^ mais ils ne s'aventurent pas au loin : peu de temps 
après, ils vcmt se percher. auprès de leurs père et mère, sur les 
arbrisseaux, et c'est là que les oiseaux de proie les saisissent pour 

les emporter 

« L'ani n'est point un oiseau nuisible : il ne désole point les 
plantations de riz, comme le merle; il ne mange pas lea amandea 
(lu cocotier comme le diarpenlier ( le pic ) ; il ne détruit pas les 
pièces de mil comme les perroquets et les pen-uches. » 



LE HOUTOU, OU MOMOT ' 



ocsoonservons à cet oiseau, n". 370, le nom de ^u/au que lui 
ont donné les naturels de la Guiane , et qui lui convient parSii- 
tement , parce qu'il est l'expression même de sa voix : il ne man- 
quejamais d'articuler AoutoM brusquement et nettement , toutes les 
fois qu'il saute. Le tondecette parole est grave, et tout semblable 
à celui d'un homme qui la prononcerait ; et ce seul caractère 
snffiroil pour &ire reconnoitre cet oiseau lorsqu'il est virant, soit 
en liberté, loît en domesticité. 

Femandès , qui le premier a parlé du hontou , ne a'est pas 
aperçu qu'il l'indiquoit sous deux namsdifférens ; et cette méprise 
a été copiée par tous les nomenckleurs , qui ont égalemenl &it 
deux oiseaux d'un seul. Marcgcave est le seul des naturalistes qui 
ne se soit pas trompé. L'erreur de Femandès est venue de ce 
qu'il a vu un de ces oiseaux qui n'avoit qu'une seule penne ébar- 
bée; ilacruquec'étoit une conformatioD naturelle, tandisqu'elle 



■ Oa iBnit dfi dit* , molniat du Sltxi^ut 
va que Fnmatldèi ■ cité pour cet OÎMH , to 



DiailizodbvGoOgle 



S34 HISTOIRE NATOREI.LF 

ett conli*e nature; car tous les oiseaux ont tout aussi néceuaire- 
ment le« pennes par paires et «emblables, que les autres animaui 
ont lei deux jambes ou les deux braa pareils. 11 y a donc f;rande 
apparence que, dans l'individu qu'a vu Fenundëi, cette penne 
de nioini avoit été arrachée , ou qn'eile étott tombée par acci- 
dent; car tout le reste de ses indications ne pré^nte aucune dil- 
fêrence : ainsi l'on peut présumer, avec tout fondement , que ce 
second oiseau qui n'avoit qu'une penne ébarbée, n'étoit qu'un 
individu mutilé. 

Le houtou est de la grosseur d'une pie; il a dix-sept ponces 
trois ligne* de longneur jusqu'à l'extrémité des grandes pennn 
delà queue; il a les doigts dîaposéa comme les martin-pëcheuTs, 
lesmanAkins,etc. Hais ce qui le distingue de ces oiseaux «t même 
de tous les autres , c'est la forme de son bec , qui , sans être trop 
long pour la grandeur du corps, est défigure conique, courbé en 
bas et dentelé sur tes bords des deux mandibulea. Ce caiactère du 
bec conique, courbé en bas et dentelé, suSîroil encore pour le 
&ire reconnoitre; néanmoins il en a un autre plus singulier, et 
qui n'appartient qu'à lui : c'est d'avoir dans les deux longues 
pennes du milieu de la queue un intervalle d'environ un pouce 
de longueur, de peu de distance de leur extrémité, lequel inter- 
valle est absolument nu, c'est-à-dire, ébarbé; en sorie que la lif^ 
de la plume est nue dans cet endroit : ce qui néanmoins ne se 
Irout'e que dans l'oiseau adulte; car dans sa ieunesseces penne* 
sont revêtues de leurs barbes dans toute leur longueur, comme 
toutes les autres plume*. L'on a cru que cette nudité des pennes 
de la queue n'étoit pas produite par la Nature , et que ce pouvoit 
être un caprice de l'oiseau , qui arrachott lui-même lea barbes de 
ses pennes dan* l'intervalle où elles manquent : mais l'on a obaervé 
que dan* les jeunes ces barbes sont continues et toutentièrea; et 
qu'àmeiure que l'oiseau vieillit, ces mêmes barbe* diminuent de 
longuei^r et se raccourcissent, en sorte que dans les vieux elles 
disparoissent tout-n-fait. Au reste, nous ne donnons pas ici une 
deacHption plus détaillée de cet oiseau , dont les couleurs sont 
si mêlées, qu'il neseroit pas posûbledele* repré*en ter autrement 
que par le portrait que nous en avons donné dans notre planche 
enluminée , et encore mieux par la planche d'Edwards, qui est 
plus parfaitement coloriée que la nàlre. Néanmoins nous obser- 
verons que les couleurs en général varient suivant l'âge ou le 
•exe ; car on a vu de ces oiseaux beaucoup moins tacheté» les un» 
qne les autre*. 



DiailizodbvGoOgle 



DES HUPPES, PROMEROPS, ET GUÊPIERS. 335 
Oa De les élève que difficilement, quoique Pison dite le coa- 
Iraire- Comme ila vÎTcnt d'inaectei, il n'est paa aiaé de leur en 
choisir à leur gré. On ne peut nourrir ceux que l'on prend vieux; 
ils sont tristement craintifs, et refusent oonalamment de prendre 
la nourriture. C'est d'ailleurs un oiseau muvaj^trèa-solitaire, et 
qu'on ne trouve que dans la profondeur des ibrfits ; il ne va ni en 
troupes ni par paires : on k> voit presque toujours seul à terre, 
OH sur des branches peu élevée»; car il n'a , pour ainsi dire , point 
de Tol ; il ne fut que sauter vivement, et toujours prononçant 
brusquement houlou. II est éveille de grand malin, et fait en- 
tendre cette voix houlou, avant que les autres oiteaiv^ ne com- 
mencent leur ramage. Pîson a été mal informé lorsqu'il a dit que 
cet oiseau faisoit son nid au-dessus des grands arbres : non-seule- 
ment il n'y fait pas son nid , mais il n'y monte jamais ; il se con- 
tente de chercher à la surbce de la terre quelque trou de tatous , 
d'acouchis ou d'autres petits animaux quadrupèdes , dans lequel 
il porte quelques brins d'herbes sèdes pour y déposer ses œuiâ , 
qui sont ordinairement au nombrededeox. Au reste, ces oiseaux 
sont asseK communs dans l'intéiieur des terres de la Guianejmaîs 
ils fréquentent trÈ»-rarement tes environs des habitations. Leur 
chair est sèche , et n'est pas trop bonne à manger. Pison s'est en- 
core trompé en disant que ces oiseaux se nourrissent de fruits; 
et comme c'est la troisième médise qu'il a faite au sujet de leurs 
habitudes naturelles, il y a grande apparence qu'il a appliqué les 
faits historiques d'un autre oiaeauà cdui-ci, dont il n'adonné la 
description que d'aprèa Marcgrave, el que probablement il ne 
connoiasoit pas ; car il est certain que le houlou est le même oiseau 
queleguïra-guainumbideHarcgrave,qu'il ne s'apprivoise pasaisé- 
meQt,qu'il n'est paa bon imanger, et qu'enfin il ne se perche ni ne 
niche au-dessus des arbres , ni ne se nourrit de fruits , comme le 
ditPiion. 



f,ES HUPPES, 
LES PROMEROPS £T LES GUÊPIERS. 



d'iL eoï vrai que la oanqwaison toit le véritable instrument do 
itt OOnDoissoBoe, c'est principalement lonqu'U s'agit d'objets qui 
ont ^oflieurs q_iNilit& communes, et qui «q reMetublenl à beau- 



=dbï Google 



356 HISTOIRE NATURELLE 

coup d'^rds. On ne peut imp comparer ces aorte* d'objets; (m 
ne peut trop les rauembler «oui le mSme coup d'oeil : il résulte 
de ces rapprochemens, de ces comparaisons, une lumière qui 
fait souvent découvrir des difi^rerices réelles où l'on n'avoît d'à- 
lx>rd aperçu que de &usses aniJogiet, pour avoir trop isolé les 
objets el ne les avoir considérés que l'un après l'autre. Par |ces 
raisons , j'ai dû réunir dans un seul article ce que j'ai k dire de 
général sur les genres lrè»-voisiDS des huppes , des promerops et 
des guêpiers. 

Notre buppe est bien connue par sa belle aigrette double, qui 
est presque unique dans son espèce, puisqu'elle ne ressemUeà 
aucune autre , à ce n'est k celle des kakatoès , par son bec long, 
menuet|arqué,etpar set pieds courts. La huppe noire et blanche 
du Cap diffère de la ttàtre en plusieurs points , et notamment par 
son bec plus court et plus pointu, ctnnme od la verra dans k* 
descriptions : mais on a dû la rapporter i oe genre, dont elle ap- 
proche plus que de tout autre. 

Les promerops ont tant de rapporta avec le genre de la huppe, 
qu'on pourrait dire, en adoptant pour un moment les principes 
des méthodistes , que les promerops sont des huppes sans huppe : 
mais la vérité est qu'ils sont un peu plus haut montés, et qu'ils 
ont communément la queue beaucoup plus longue. 

Les guêpiers ressemblent, par leurs pieds courts', à h hnppe 
comme su martin-pêcheur, et plus particulièrement à ce dernier 
par la singulière disposition de leurs doigts , dont celui du milieu 
est adhérent au doigt extérieur jusqu'à la troisième phalange, 
et au doigt inférieur jusqu'à la première seulement. Le bec des 
guêpiers, qui est Bssex large à sa base el assez fort, tient le milieu 
entre les becs grêles des huppes et des promerops d'une part, etlea 
becs longs, droits et pointus des martin-pêcheuri, d'autre part; 
toutefois s'approchant un peu plus des premiers que des de- 
niers, puisque le guêpier vit d'insectes comme les huppes et les 
promerops , et non de petits poissons comme les raartin-pêcheun ; 
or l'on sait combien la force et la conformation du bec influent 
sur le choix des alimens. 

On trouve encore quelques vestiges d'analogie entre le genre 
des guêpiers et celui des martin-pëcheurs. Premièrement, la belle 
couleur d'aigue-marine qui n'est rien moins que commune dans 
les oiseaux d'Europe, embellit également le plumage de noire 
martin-pécheur et celui de notre guêpier. En second Ueu ; dans le 
plus grand nombre des espèces de guèpîecs, les deux peanetîntei^ 



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DES HUPPES, PRoMEROPS, ET GUÊPIERS. 33/ 
médiairea de h queue excédent de brâucoup lei latérales, et le 
genre du martin-pécheiir noa« présente quelques espèces dans lea- 
quellesces deux intermédiaires sont de même excédantes. Troi-; 
siémement , il nous présenta aussi des espèces qui ont le l>ec un peu 
courbé , el qui en cek se rapprochent des guêpiers. 

D'un autre côté, quelque voisins que «oient les deux j;enres dv 
guêpiers et des promerops, la lïature, toajours libre > toujours 
iëconde, a bien su les séjiarer, ou plutôt les fondre ensemble par 
d<:« nuances intermédiaires qui tiennent plus ou moins de l'un 
et de l'autre : ces nuances , ce sont des oiseaux qui «ont guépiera 
pov quelques parties , et promerops par d'autres parties, j'appli- 
que à ce petit genre intermédiaire , ou , si l'on veut , équivoque, 
le nom de merops. 

Tous ces différens oiseaux qui ont déjà tant de rapports entre 
eux, se ressemblent encore par la taille. Dans chacun de ces gen- 
res, les espèces les plus grosses ne le sont guère plusque les grives; 
et les plus petites ne sont guère plus petites que les moineaux et 
les beC'figuea : s'il j a quelques exceptions , elles sont peu nom~ 
breuses , et d'ailleurs elles ont également lieu dans ces diETérena 

A l'égard du climat, il n'est pas le même pour tons. Les prtv- 
merops se trouvent en Asie, en Afrique et en Amérique;on n'en 
voit iamais en Europe ; et s'ils sont aborigènes du vieux conti- 
nent, et que par conséquent ils aient passé plus lAt ou [Jus tard 
dans le nouveau , il faut que œ soit par le nord de l'Asie. 1a 
liuppe est attachée exclusivement à l'ancien monde; et j'en dis 
autant des guêpiers , quoique l'on trouve dans les planches en- 
luminées la figure d'un oiseau appelé guêpier da Cetytnnê. Mais 
on a de lôrLes raisons de douter qu'il soit en effet originaire do 
celte ile : des omitholt^stes qni j ont &it plusieurs voyages 
ne l'y ont jamais vu ; et l'individu d'après lequel la figure de ces 
planches a été dessinée et gravée est unique à Paris jusqu'à pré- 
sent, quoiqu'on général les oiseaux de Cayenne y soient très- 
communs. Quant aux deux guêpiers dozmés par Seba, comme 
étant l'un du Brésil et l'autre du Mexique , on sait combien l'an- 
torilé de Seba est suspecte sur cet article ; et ici elle l'est d'autant 
plus, que ce seroient les deux seules etptees do guêpiers qui fut- 
•ent origiiHÙres du nonvcea coDlioetit. 



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HISTOIRE NATURELLE 



U v auteur de réputation en oniithologie ( Belon ) a dît que cet 
oiaeau , n*. 59 , avoit prit «on nom de la grande et belle huppe 
qu'il porte *ur sa tête : il auroit dit tout le contraire s'il eût &it 
attention que lu nom lalin de ce même oiseau, upnpa, d'où n'est 
évidemment formé coa nom Français, est non -seulement plus 
ancien de quelques aitcles que le mot générique huppe, qui ai^ni' 
iie dans notre langue une touSe de plume» dont certaines eaj>èce« 
d'oiseaux ont la tètewrmontée, ma» encore plus ancien que no- 
tre langue elle-même , laquelle a adopté 'e nom propiv de res|)èce 
dont il s'agit ici, pour exprimer ea général son attribut le plua 
remarquable. 

La situation naturelle de celte toulTe de plumes est d'être cou- 
chée en arrière, soit loi-sque la huppe vote, soit lorsqu'elle prend 
aa nourriture, en un mot lorsqu'elle est exempte de loute agita- 
tion intérieure '. J'ai eu occasion de voir un de ces oiseaux qui 
«voit été pris au filet, étant déjà vieux ou du moins adulte, et 
qui, par conséquent, avoit les habitudes de la Nature : son atta- 
chement pour la personne qui le soignoit étoit devenu très-fort 
•t iiifme exclusif i il ne paroissoït content que lorsqu'il étoit seul 
avec elle. S'il survenoit deii étrangers , c'est alors que sa huppe w 
relevoit par un eSetde surprise ou d'inquiétude, et il alloit se ré- 
fugier sur le ciel d'un lit qui se trouvoit dans la même chambre; 
quelquefois il s'enhardissait jusqu'à descendre de son a^ile, maïs 
c'étoit pour voler droit à sa mattresse : il étoit occupé uniqu»< 
ment de cette maîtresse chérie, et sembloit ne voir qu'elle. II 
KToit deux voix fort difTéren les r l'une plus douce, plus intérieure 
qui sembloit ae former dans le siège même du sentiment, et qu'il 
adressoit à la personne aimée i l'autre plus aigre et plus pei-çante, 
qui exprimoit la colère ou l'effroi. Jamais on ne le tenoit en caga 
d! le jour ni la nuit, et il avoit toule licence de courir dans la 
maiaon; cependant, quoique les fenêtres fussent souvent ouver- 
tes, Q ne montra januis, étant dans son assiette ordinaire, îm. 

' On ajoDlf qn'dl» ibirclu la (tu, quVtt* lim* k u couclifr dcTini la che< 
■Ista, ■ l'r IpiDOBir. Cell« dsnt j* Tiiipirter ippattaioit k inailfnoi*dlc I.*^ 
Mliait BuUs dapais h M, Daarsntsl , B«(ti«-d*-cisip i» caïsteiie. 



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DE LA HUPPE. S'g 

moindre envie de s'échapper, et u passion pour la lib^^rlé fut 
toujours moins brte que «on attachement. A U fin (outefoia il s'é- 
chappa : mais ce fut un effet de la crainte ; passion d'autant plus 
imj>érieuae chez les animaux, qu'elle tient de plus près au désir 
inné de leur propre couservalion. Il s'envola donc un jour qu'il 
Hvoit été effarotiché par l'apparition de quelque objet nouveau: 
encore s'éloigna-t-il fort peu; et n'ayant pu'tegngner son gite, ïl 
se jeta dans la cellule d'une religieuse qui avoit laissé sa feQt^tie 
ouverte : tant la société de l'homme, ou ce qui y ressemble, lui 
étoit devenue nécessaire ! Il y trouva la mort, parce qu'on ne sut 
que lui donner à manger; il avoit cependant vécu trois ou qua- 
tre mois dans sa première condition avec un peu de pain et de 
fromage pour toute nourriture. Une autre huppe a été nourrie 
pendant dix-huit mois de viande crue ' : elle l'aimolt passionné- 
ment, et s'élançoit pour l'aller prendre dans la main; elle refu- 
soit, au contraire, celle qui étoit cuite. Cet appétit de préle- 
Tence pour la viaude crue indique une conformité de nature en- 
tre les oiseaux de proie et les insectivores , lesquels peuvent être 
regardés, en effet, comme des oiseaux de petite proie. 

La nourriture la plus ordinaire de la huppe dans l'élat de li- 
berté, ce sont les insectes en général, et surtout les izuectes lerres- 
Ires, parce qu'elle se tient beaucoup pins & terre que perchée sur 
les arbres*. J'appelle insectes terrestres ceux qui passent leur 
vie, on du moins quelques périodes de leur vie, soit dans la 
terre , sott à sa sur&ce ; tels sont les scarabées, les fourmis ' , les 
vers, les demoiselles, les abeilles sauvages, plusieurs espèces de 
chenilles, etc. * : c'est là le véritable appât qui, en tout pays, at- 

> GfiiBti a» ■ Boniri onc ticc du œufi ianj Olin* Ktc du Tn« et du cnut 
At basf on d« monton confia en petiui triachvi longuttn , ijinl h peu prèi la 

cngt. 

' L« ■rbm OD ella M pcrcliela pIntToIontien, ce lont lei uulu. lu oiiori, 
•t ippirennient loui ceni qni creiutnt diu lu teim humide». Lei huppu appii- 
*aitJn H tiïDaeat «nui bieu plu umicnt )i terre qae pircbéu. 

S M. Frlicb dit iiu'Elie fouille, avec auii long bes, dam 1» fcviuilltru pour 
j cbercber du <enti da fauraia. Celle qu'a nonrrie Gouer étoit tria-friinde eo 
effet de <ea «ab on njnphe* de [onrmii ; maia alla rejeloit Ici fourni* ellei' 

4H. SalRoe ajoute ^'ille purge la maiiondeBaurii ; oiîac'ut •■m doute eniti 
pounuivant et lu mettant eu Fuite ; car il Ht tÎTiilent qu'avec un bec anaai grêle, 
de. terru auui tbiblu . et un goaier auui étroit , elle ue peut ni l'en aaU.r, ni les 
dfiom, encore moine lia aTaler tout talitm. Ou tait qu'elle mange auui le> 
•alieUDCet vjgéul**, sutn autru im baies de Djrtt «t dei raUiii*. J'si trouij 



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540 HISTOIRE NATURELLE 

tire la huppe dam les terrains humidei ' , où son bec long et 
menu peut &cilement pénétrer, et celui qui, en Egypte, la dé- 
termine, ainsi que beaucoup d'autres oiseaux, à régler sa marcbo 
■ur la retraite des eaux du Nil , et à s'avancer constamment à la 
suite de ce fleuve ; car , à mesure qu'il rentre dans ses bords ' , il 
laisse successivement k découvert des plaines engraissées d'un li- 
mon que le soleil é^auffe , et qui fourmille bientôt d'une quan- 
tité innombrable d'in»ectes de toute espèce ^ : ausd les huppes de 
passage sont-elles alors très-grasses et très-bonnes à mangn. J« 
dis les huppes de passage ; car il y en a dans ce même pays de sé- 
dentaires que l'on voit souventsur les dattiers, aux environs de 
Rosette , et qu'on ne ntange jamais. Il en est de même de cellea 
qui se trouvent en très - grand nombre dans la ville du Caire * , 
où elles nichent en pleine sécurité sur les terrasses des maisons*. 
On peut, en effet, concevoir que des huppes vivant loin de 
l'homnie,et dans une campagne inhabitée, sont meilleures â man- 
ger que celles qui vivent à portée d'une ville considérable, ou des 
grands chemins qui y conduisent : les premières cherchent leur 
vie,c'est-4-direle8insectefl, dansla vase, le limon, les terres fan- 
piides, en un mot dans le sein delà Nature, au lieu que les autres 
les cherchent dans les immondices de tout genre qui aboudent 
jMrtout où il y a un grand nombre d'hommes réunis ; ce qui ii« 
peut manquer d'inspirer du dégoût pour les huppes des cités, et 
infime de donner un mauvais fumet à leur chair *. Il y en a uns 



dans U fiiiti 3a ull« qae j'*i diu&jn^et , ont» 1« inicctH <t la iin, taniôl 
de l^ho'bd, it fMtitoi gnîm, de* baur^nmi, untAt da |;Tviu rondi il*Bm« en- 
tière terreuc , (fnclipwfau àt prtila picrrei, ^nvlqiufau rien du tout. 

■ G*Ht pire* <ja*BLlB court liiui du» la tu* ^^du Ini IromvB pnxpM lov|oim 
Im pitdi cToltii. 

' On voit pir cal* ml ponnpui l'appaTition dt U huppe an Egypte aBBonç«jt 

du wniaillei; inui jonnit-alle an grmnd rAIa duu Ici bifngljplieit^ptieni. 

3 Entre lutrei , dVaa eipècd d^tltBcta pertïcnliftre k l^gjpta, et qui reatentlal* 
■uclapaite. L* Nil Uiua bhu! beincoup de petileignnonillBi, et mine du Trii 
de gnaanUle, dam lei endrsila qn'il a ioendéaj et toit cela ptnt, m eu de bc- 
•oin , nppUer am inieeiet. 

4 0n (□ manga k Bologns, k Cinet, *t dam qne^BU tntres csntrtetdelltalia 
et de U France tant ■n^dionale ipie teptentrionale. Qnrlifiiea-Biu le» prtftt«Bt 
■m caillée. Il eal nai qu tantra nM bupp» loat de pauige. 

ï Gea deo* deniiërei patei siVnt ili CDnmnDifpéeB par M. de Scmïni , duu 
âen lettre* ditjea du Ciire et deBoKtta, Isa 4 Mpteubra et S n»ctiibr« 1777. 

< C'ait donc Bi)ii|neTnrBti ceiliDppei deicitia, à en huppeai^dratiirea, ijne 
l'an doit rappraui aa ^u Balan dit, ptat-4trt trop (én^ltncDt, d* louUi las 



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DE LA HUPPE: S4t 

troiaiÈme cTbsm! qui tient 1« milieu entre les deux autres, et qui^ 
ae fixant dans nos jsrdins , trouve h t'y nourrir suffisamment de 
cheniUea et de vers de terre. Au reste, tout le monde convient 
que la chair de cet oiseau , qui passe pour être sî sale de aoD vi- 
vant, n'a d'autre défaut que de sentir un peu trop le musc, et 
c^estapparemment la raison pourquoi Im chats, d'ailleurs ii friands 
d'oiseaux, ne touchent jamais à ceux-ci *. 

En Egypte, les huppes »e nssemblent, dit-on, par petites 
troupee; et lorsqu'une d'entre elles est séparée des autres, elle 
rappelle «es compagnes par un cri fort aigu à deux temps li, n '. 
3Danak plupart des autres pays, elles vont seules, ou tout au plus 
par paires. Quelquefois, au temps du passage, il s'en trouve un 
assez grand nombre dans le même canton ; mais c'est une multitude 
d'individus isolés qui ne sont unis entre eux por aucun lîen social, 
et par t»n«équent ne peuvent former une véritable troupe : aussi 
partent-^lles les unes après les autres quand elles sont chassées. 
D'autre part , comme elles ont toutes la même organisation , 
toutes doivent être et sont mat» de la même manitre par les mê- 
mes causes; et c'est la raison pourquoi toutes en s'envolant se por- 
tent vers les mêmes climats , et suivent k peu près la même routf. 
Elles sont répandue* dans presque tout l'ancien continent, depuis 
la Suède, où elle* habitent les grandes forêts, et même dapuis les 
Orcadea et la Laponie jusqu'aux Canaries et au cap de Bonne- 
Espérance, d'une part, et de l'autre jusqu'aux îles de Ceylan et 
de Java. Dans toute lEurope elles sont oiseaux de passage et n'y 
restent point l'fiiver, pas même dans les beaux pays de la Grèce 
et de l'Italie. On en trouve quelquefois en mer, et de bons obser- 
vateurs * les mettent au nombre des oiseaux que l'on voit passer 
deux fois chaque année dans 111e de Malte. Mais il £tut avouei^ 
qu'elles ne suivent pas toujours la même route; car souvent il 
arrive qu'en un mémo pays on en voit beaucoup une année, 
et très peu ou point du tout l'année suivante. De plus, il y a des. 
contrées, comme l'Angleterre, où elles sont fort rares, et où elles. 



Irapp«>,< (pu Inr chair ni thi lita, al ^na n.^ ■ panoDDsa incnn piji qui tu. 
« 1«flill< Utn. ■ C'jtoit et c'au aocor* nns nonn'itiira iuDonda cIih lu Jniti. 

' Il ; k ploiinin Kojfiiu indiqué! potu- fkira puaar ce goât dfl miuc : le p1ii4 
StnénlnaMit ricoBnundt , c'ut il* couper 11 Ute k b hnppa an niaiBiot qa'ill* 
vient d'Itn tnb. Capaadaat la« partîu putiriamaa mut plu smiqnia ijat in 
^itiai ■Dtérianm. 

■ Tfata GonnunDÎqd^ par M. da Sooîîiî. 

' EbU «ativ* Kl la ESnassdaw da* Ifaaji, 



DiailizodbvGoOgle 



54a HISTOIRE NATURELLE 

ne nicbent iamais; d aulres, comme le Bugey, qu'elles •emUetit 
éviter absolument : toutefois le Bugey est un pays moalagneux ; 
il faut donc qu'elles ne soient pas attachées aux montagnes, du 
moins autant que le pcnsoit Aristote. Mais ce n'est pas le seul &it 
qui (nmbalte l'assertion de ce philosophe; car les huppes éu- 
blissent tous les jours leur domicile au milieu de nos plaines, et 
l'on en Toit fréquemment sur les arbres isolés qui croissent dans 
les lies snblonneuses , telles que celle de Camargue en Prorence '- 
Friscfa dit qu'elles ont , comme les pics, la Ëiculté de grimper anr 
Vécorce des arbres; et cela n'a rien que de conforme k l'analc^e, 
puisqu'elles font, comme les pics, leur ponte dans des trous d'ar- 
bre : elles y déposent le plus souvent leurs ceufs, ainsi que dans 
des trous de muraille, sur le terreau ou la poussière qui se trouve 
d'ordinaire au fond de ces sortes de cavités, sans lea garnir, dit 
Aristote, de paille ni d'aucune litière. Mais cek est encore aujet 
à quelques exceptions, du moins apparentes : de six couvées 
qu'on m'a apportées, quatre élotent en effet sans litière, et les 
deux autres avoient sous elles un matelas très-mollet, composé 
de feuilles, de mousse, de laine, de plumes, * etc. Or tout cria 
peut se concilier; car il est très-possible que la huppe ne ^misse 
jamais son nid de mousse ni d'autre chose, mais qu'elle fasse 
quelquefois sa ponte dans des trous qui auront été occupés Tan- 
née précédente par des pics, des torcols, des mésanges et autres 
oiseaux qui les auront matelassés, chacun suivant son instinct. 

On a dit, il y a long-temps, et l'on a beaucoup répété, que la 
huppe enduisoit son nid des matières les plus infectes, de )a 
liente de loup, de renard, de cheval, de vache, bref de taules 
sortes d'animaux , sans excepter l'homme * ; et cela , ajonte-t-on. 



n nidi plui)«dm Ulrnni dt i»Dut. decdc- 
tm ichtppit H» doiile da bec de lu uèn os 



chtBet et on poirier. Le pin* hu de 


cet Did> ^it k tr. 


>ii on qutr. pied, de 


t.rre;lc.plu.h.au,kdi.. 






3 IleeLufinguliers-'lM-ncI' 


m, qui regi n'oient 


1. l,=pp. con.», .„. 




lei<U»rU,Iniiie.j 


it in>pul« d'employer m 


wn nid In ncrtnie,.. de Vhmrat : c 


>»ten»»idnnd 


le c» [lin pirticnlien 




■r qn'une Imppe ci 


iniroK .il »»>»« S.U- 


dei inmoudicei <]iic1coiu[nei 1« inteet 


e* qoVIte dnrinoit 


i.«pe,iU(qn-elle « 


mit n\it tu l»r*ii»<»iit, et <,<>'e[le . 


>it hit Mi> nid : il 


n'en f.lloil p» d.-or.- 




■r conclnn qne cVl 




nDnï'iloatel'etpici. 







DiailizodbvGoOgle 



DE LA HUPPE. 343- 

jans l'intention de repousser par la mauTnise odeur les eiment)* 
(le sa couvée ': mais le bit n'ett pas plus vrai que llnlcnlion; Car 
la huppe n'a point llinlHlude d'enduire l'orifice de son nid, 
comme Fail la «itlelle. D'un antre côli^ , il est trè»-T«i qu'un nid 
de huppe e»t trèa-Mle et trèa-infect, inconvëment néceuairer et 
qui réaulle de la forme même du nid, lequel a souvent douxe^ 
quinze et jusqu'à dix-huit pouces de profondeur; lorsque les pe- 
tits Tiennent d'éclore et «ont encore fuibles, ils ne peuvent jeter 
leur fiente au dehors; ils renient donc fort long-temps dans leur 
ordure, et on ne peut guère le« manier sans s'infecler les doigta *. 
C'est de I& sans doute qu'est venu le proverbe, *ale comm» unt 
huppe. Mais ce proverbe induiroil en erreur, sr l'on vonloit en 
conclure que la huppe a le poOt ou l'habitude de la malpropreté : 
elle ne s'aperçoit point de la mauvaise odeur tant qu'il s'agit do 
donner à ses petits les soins qui leur sont nécessaires; J^ns loule 
autre circonstance, elle dément bien le proverbe; car celle dont 
j'ai pnrlé ri-dessus, non-seulemrnl ne fil jamais il'ordure sur m. 
niaitrrwe . ni »ur les fiiuleuils . ni même au milieu de la rhambi'e, 
nais elle se relimil toujours pour cela sur ce même ciel-de-iit où 
«Ile se réfiigioit lorsqu'elle étoil effarée; el l'on ne peut nier que 
l'endroit ne fût bien rboisi , puisqu'il éloh tout k la fois le plus 
éloigné, le plus caché et le moins accessible. 

> On ■ dit inni ^Bt c'était afin itt nnpre In ciiinart qui [>(»*oi«nt <irt jttJs 

connaiHoil tant» Ira bcrif > qui ilétniiint IVAcl il» fiicinitioni. i:Ftln qui no- 
drnl lu ma m iTnisIn , «lin qvi onirtol In porln tu oiicui Unaitt. L'on ■ 

maint ibtiiTdc. ElitD rtcanu uricnarnical qu'un hammr ayinc luHihl troii fois 
de mu le nid d'ooe hopp*, et ■fint bien ncanmi l'iifrb. dont dU tr >cnlt n- 
tant da (cil ponr l'onTrir, il emplaj* ••ce luccèi la intinii li*rli« poar cliinaer lai 
ttwmtt d« coffKbfarU. La uuil atmt ni fait qn'cialtar Mt Tïrtn (t l<ni doQ- 

tsinia loninlci njuiarimn , applirpiji, iDi)icn<lui iiir dilTJrfBtt* parti» da 
corpa, cenmmiqncnt le dan da pnph'Iic, guiriiHnl la nii;Faiaa , r^lablinant 
la tmitBoin, piocoRnl Iciammcil , donnent dea iongea afritliln nu urrilil« , ate. 
Aumtaii alla pataoil m Anglatim pour un oiHaa da mainaii angora; ancoTt 
oaianrd'hni la p«p1c de Snfcda regudc ma apparition canine un prjaag* da 

toreda la Tigae, Mt anDOnçoiI da bmnai Tcnilingei : en alTct, ce ckantpiina- 
inr* inppaaoil nn prinlemp» Hoai , at par conafqnent nue annie bitiTe, tonjoBni 
bvorable ■ la iii{ne el ■ la qnalili >\t ion fruit. 

■ C'ttt ce qn'jprouia Scliirentkfeld ^lant encore enfant , «t Tonlant lircr d'ia 
«Uut crraïuaa »Bià< d< Impf •• qii j.iuii[ ^taLti*. 



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544 HISTOIRE NATURELLE 

La femelle pond depuis deux jusqu'à sept œuu *, mais plus 
comm uniment quatre ou cinq : ces oeufs sont grisâtres , un peu 
moins gros que ceux de perdrix , et ils n'éclatent pas tous , à 
beaucoup près , au même terme ; car oD m'a apporta une couvée 
de trois jeunes buppes prises dans le même nid , qui di^Mient 
beaucoup entre elles par lalaille : dans la plus grande, les pennes 
de k queue sortoient de dix-huit Jignes hors du tuyau , et dans 
k plus petite de sept lignes seulement On a vn souvent In mère 
porter à manger i ses petils ; mais je n'ai jamsii entendu dire que 
le père en Ht autaol. Comme on ne voit guère ces oiseaux en 
troupes , il est naturel de penser que la làmille se disperse âà 
que les .jeunes sont en état de voler : cek devient encore plus 
probable, s'il est vrai, comme k disent les auteurs deTOrnilho- 
logie italienne , que chaque paire &a»e deux ou trois pontes par 
an. les petits de k première couvée sont en état de voler dès k 
fin de juin. Ceat à ce peu de &its et de conjectures que se bornent 
les connoisssnces que j'ai pu me procurersurk ponte delà huppe 
et sur l'éducation de ses petits. 

Le cri du màle est bou, bou, hou; c'est surtout au prin- 
temps qu'il le &it entendre, et on l'entend de très-loin *. Ceux 
qui ont écoulé ces oiseaux avec attention prétendent avtxr re- 
marqué dans leur cri différentes infiexions , diSérens accena ap- 
propriés aux différentes circonsknces , tantôt un gémissement 
sourd qui annonce k pluie prochaine, tantât un ai plus aigu 
qui avertit de l'apparition d'un renard, etc. Cek a quelque rap- 
port avec les deux voix de k huppe apprivoisée dont j'ai parlé 
plus haut. Celle-ci avoït un goût marqué pour le son des ins- 
trumens : toutes les ibis que sa maîtresse jouoit da clavecin ou 
de k mandoline , elle venoit se poser sur ces instrumens ou le 
plus près poBsibk , et s'y tenoit autant de temps que sa mallressa 
contittuoit de jouer. 

Oii prétend que cet oiseau ne va jamais aux fontaines pour y 

> H. LinncB* at Ici mteiir* it !• Zoolegia briauuti^iu i» parlant qna da 

aipt aii&. Il peut m fiira ^iia dau lia fjt plu Hpleatrianau, uU qH la 
Sntila, Ua Imppei loiaol BDiiu fécODilat. 

■ Aiiitophana mprina aioai la chant rla en elKam; epopet, popopo, popor, 
popot, io, io , ito, ito, ito, tto ;iiiiii il me inabla qu'il laa hitODptn parler 
gnc. Da loni lu noioa qui leur ont iiA doin^, cElniqui naA la min» leur rni 
cbant eai calui Am boutou , août lequel ili aant cDDoues Lamina et diaa quel- 
quai antre* pravinee* de Frauca. n»*-irBn" , en grte , ùgi\&t chaittur comma 
un» happ». 



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DE LA HUPPE. 343 

boire, et que par celte l'aison il se prend rareraent dans les pièges, 
surtout à l'abreuvoir. A la vérilë, b huppe qui fut tuée en An- 
gleterre, dansla forêt d'EppiDg,aroit évité les piégea mullijilîi's 
qu'on lui avoit tendus avant dek tirer, dans l'intention de l'avoir 
vivante ; mais il n'est pns moins vrai que b happe apprivoisée 
que j'ai déjà citée plusieurs fois avoit été prise au filet, et qu'elle 
buvoit de temps en temps en plongeant son bec dans l'eau d'un 
mouvement brusque, et sans le relever ensuite , comme font plu- 
sieurs oiseaux : apparemment que celui-ci a la faculté de Ëiire 
monter la boisson dans son gosier par une espèce de succion. Au 
reste, les huppes conservent ce mouvement brusque du bec lor»- 
qu'il ne s'agit ni de boire ni de manger : cette habitude vient , 
sans doute, de celle qu'elles ont dans l'état sauvage, de saisir lea 
insectes , <Ie piquer les bourgeons , d'enFoncer leur bec dans la 
vase et dans les fourmiliëres , pour y chercher les vers , les oeufs 
de fourmis, et peut-être la seule humidité de la terre. Autant 
elles sont difficiles à prendre dans les pièges, auLant dle« sont &- 
cites & tirer ; car elles se laissent approcher de fort près *, et leur 
vol, quoique sinueux et sautillaot, est peu rapide, et ne |Ȏ- 
sente aux chasseurs , ou , si l'on veut , aux tireurs , que très-peu 
de difficulté : elles battent des ailes en partant, comme le van- 
neau ' , et posées à terre, elles marchent d'un mouvement uni- 
forme comme les poules. 

Elles quittent nos pays septentrionaux sur la fin de l'été ou au 
commencement de l'automne, et n'attendent jamais les grands 
froids : mais quoiqu'en général elles soient des oiseaux de passage 
dans notre Europe , il est possible qu'en certaines circonstances 
il y en soit resté quelques-unes ; par exemple , celles qui se seront 
trouvées blessées au moment du dépsrt , ou malades, ou trop 
jeunes , en un mot trop foibles pour entreprendre un voyage de 
l<mg cours, ou celles qui auront été retenues par quelque obslacla 



.C«.^ioni™i 


Injugirde 


ee,«'iU>i 


.l.h»pp.p.r 


ce ipi'eirt 


der. 


gitfl 




n'ont pii n>nq>i de dira qu'elle «toit 


, U»*>win 


•B«, 


qu'el 






deifortU, 


, qu'elle on girioit U cime de» noi 


UgDB, etc. .^epoDi 


rhirlnti 




reita.daichui 


«un m'oii 




ireqi 


<«> «M.» M I..H0it 






doD 


psrctqo'ilsnpnpl 


nld'nplH. 


mce. 










> C'at uot dénie 1 


k cm» de < 


[«tu CODfu 


Ta\li Amoi 1. {> 


çon de TO 


ler,i 




1> belle lanff. .1. plnm 


«dontUlludm». 


letnett ornée, < 


au'on . de 


nnéi 


iccll 


ci, it<iii'°n1ni dcti. 


le encore ei 


. Angleter, 


,, l.non.d.fcu/,^e.«»,,i 


td'*i 


leu» dei «itHiii de n 


léw t.m*. 













DiailizodbvGoOgle 



5i6 HISTOIRE NATURELLE 

étranfier ; cet huppes restées en arrière se seront arrange dans 
les iiiènie* trous (jui leur aToienI servi de nid ; elles y auront 
pansé riiiver à demi engourdies, rivanlde peu et pouvant à peine 
refaire in plumes ifue la mue leur avoit fait perdre; quelques 
cliaueurs eo aui-onl trouvé dans cet état , et de là on aun prû 
on-Hsioii lie dii-p que toutes les huppes passpient l'hiver dans lea 
nrlires creux, engourdîtes et déjiouillées de leurs plume* ', tomme 
on l'a dit des coucous, et avec aussi peu de fondement 

St'Iou qitetques-uns, la huppe éloit, chez les Egyptiens, Tem- 
bl: nie de ta piété filiale : les jeunes prenoient soin, dit-on , de 
leurs pl'i-e et mère deveuus caducs ; ils les réchauffoient sooi 
leui-H niki); iU leur Hidoient, dans le cîts d'une mue laborieuae, 
à quitli-r leurs vicillex jiluiues ; iln aoiifOoient sur leurs yeux ma- 
lades et y appliquoieiit des herbes salutaires; en l'n mol, ils 
leur rcniloicnl loun les services qu'ils rn avoieni reçus dans leur 
bas ;ige. On a dit quelque chose de |nreil de la cigogne ; hé ! que 
n'eu |>eiil-on dire aiilflnt de loulea les esjKrrea d'animaux ! 

La )iLq>|>o ne vit que trui* an* , suiva-it Olina ; mais cela doit 
aVnti'ndrc dt h hupjte domcsl'que, dnnl nous al>n'geonfl la vie, 
fuule de pouvoir lui donner Ih nourriture la plus convenable, 
et dont il nous esl Tctrlle de coiupler les iours , puisque nous l'a- 
VOUH siins o'Me nous les yeux ; il ne seroit pas aussi aisé de déter- 
miner la vie moyenne de la Iiup(»e sauvage et libre, et d'autaut 
moins aisé, qu'elle est oiyau de passage. 

Comme elle a beaucoup de plumes, elle pnrott plus gro»e 
qu'i Ile n'est en effet ; sa taille approche de celte d'une grive, et 
son [loids esl de deux onces et demie à trois ou quatre onces, 
plus ou moins, suivant <|u'elle a plus ou moins dégraisse. 

Sa huppe est longitudinale, composée de deux rangsde plumes 
égaux et parnililes entre eux ; les plumes du milieu de chaque 
rang sont les plus longues , en sorte qu'elles forment, étant re- 
levées, tme hiipiie arrondie en demi-cercle, d'environ deux 
pouces et demi de hauteur', toutes ces plumes sont rousses, ter- 
minées de noir; celles du milieu et les suivantes en arrière ont 
du b'anc entre ces deux couleurs ; il y a outre cela six ou huit 
plumes encore plus en arrière, appartenant toujours à la happe,, 
lesquelles sont entièrement rousses et les plus courtes de toute*. 

I-e reste de la tête et toute b partie antérieure de l'oiseau sont 

' C'ttX pir t(Ue nÙDii , dit C. A^cul*, qn'on In toU iDfiinltaiiopmip* 



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DE LA HUPPE. 547 

d'un gris tinnt tantôt au vineux , tantât au rouisàlre ; le dos eat 
gril dans sa partie anlérieure , nyé tnuuverMletnent dans b> 
partie postérieure de blanc aale, sur un fond rembruni ; il 7 a 
une plaque blanche sur le croupion -, les cou^'ertures supérieures 
de la queue sont noirâtres ; le ventre et le reste du dessous du 
corps d'un blanc roux ; les ailes et U queue noires , rayées de 
blanc ; le fond des plumes ardoisé. 

De toutes ces différentes couleurs Rinsi répandues sur le plu- 
mage, il réaulle une espèce de dessin régulier, d'un fort b->n ef- 
fet lorsque l'oiseau redresse sa huppe , étend ses siles , relève et 
épanouit sa queue , ce qui lui arrive souvent ; la partie des ailes 
la plus voisine du dos présente alors de part et d'autre une rayure 
transversale noireetbianche, à peu prés perpendiculaire à l'axe du 
corps ; la plus haute de cet raies a une teinte rousaâtre , et t^onit 
à un fer-à-cheval de même couleur qui se dessine sur le dos , et 
dont la convexité s'approche de la plaque blanche du croupion ; 
la plus bene, qui borde l'aile dans U moitié de sa circonférence, 
va rejoindre une autre bande blanche plus large qui traverse 
cette même aile à deux doigts de sa pointe, et parallèlement à 
l'nxe du corps ; cette dernière raie blanche répond aussi à un 
croissant ' de même couleur qui traverse la queue k pareille dis- 
tance de son extrémité, et forme avec elle le cadre du tableau. 
Enfin, quon se rqirésenle l'ensemble de ce joli tableau couronné 
par une huppe élevée, de couleur d'or et bordée de noir, et l'on 
aura du plumage de cet oiseau une idée beaucoup plus daire et 
plus juste que celle qu'on voudroit en donner en décrivant sépa- 
rément chaque jtlume, et chaque barbe de chaque plume. 

Toutes les bandes blanches qui paroissent sur la &ce supé- 
rieure de l'aile paroissent aussi k la &ce inférieure , et présen- 
lent le même coup d'oeil lorsque l'oiseau vole et qu'on le voit 
par-dessous, excepté que le blanc est plus pur, moins terni, 
moins mêlé de roussâtre. 

J'ai vu une femelle , bien reconnue femelle par la dissection , 
qui avoit toutes ces mêmes couleura et toutes aussi décidées : 
peut-être étoit-elle un peu vieille ; ce qu'il y a de sûr, c'est qu'elle 
n'éloit pas plus grosse que le mâle, quoi qu'en disent les autenn 
de l'Ornithologie italienne. 

^■dHv roqU rlrailr, pircp que u ciMtvriirJ «flt t4timJ4i]n cité dacorpi, ft qii^k) 
m iiiujnun l'ouTnil ili plu m> pli» ■ naon qut lu pcnnu ds* iiwirnt plus di ■ 



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SiS HISTOIRE NATURELLE. 

Longueur totale, onze pouc«« environ ; bec, deux poucea un 
quart ( plus ou moins , selon que l'oiseau est plus ou moins 
Tieux), légèrement arqué; la pointe du bec supérieur dépasse 
un peu celle du bec inférieur, l'une et l'autre sont sssex mousses; 
narines oblongues et peu recoUTcrteaj langue tris-courte, pres- 
que perdue dans le gosier, et formant une espèce de trianglaéqui- 
latéral , dont les côtés n'ont pas trois lignes de longueur ; ouver- 
tures des oreilles, à cinq lignes de l'angle de l'ouverture du 1m« 
et dans le même alignement ; tarse , dis lignes ; doigt du milieu 
uni au doigt extérieur par sa première phalange; ongle poslé- 
rieur le plus long et le plus droit , surtout dans les vieux ; vol , 
dix-sept pouces et plus ; queue, près de quatre pouces , compo- 
sée de dix pennes é^es ( et non de douze, comme dit Selon ), 
dépasse de vingt lignes les ailes composées de dix-neuf pennes, 
dont la première est la plus courte, et la dix-neuvième Ut plus 
longue. 

Tube intestinal , dn gêner à l'anus , de douce à dix-huit pouces ; 
gésier muscoleux , doublé d'une membrane sans adhérence qui 
ravoyoit un prolongement en forme de douille dans le duodé- 
num ; grand axe du gésier, de neuf à quatorse lignes; petit axe, 
de sept à douse lignes -, ces parties ont plus de volume dans les 
ieunes que dans les vieux ; tous ont une vésicule du fiel, et seu- 
lement de très-légers vestiges de caecum ; i l'angle de la bifurca- 
tion de la trachée- artère, deux petits trous recouverts d'une 
membrane très-fine ; les deux branches de cette même trachée- 
artère , Formées par^errîère d'une membrane semblable , et par- 
devant d'anneanx cartilagineux de forme semi-drculaire. I« 
muscle releveur de la huppe est situé entre le sommet de la tête 
et la base du bec : lorsqu'il est tiré en arrière , sa buppe sa re- 
lève; et lorsqu'il est tiré du cAté du bec, elle s'abaisse. 

Dans une femelle que j'ai ouverte le 5 juin, il y avoît desceuQ 
de différentes grosseurs ; le plus gros avoit une ligne de diamètre. 

VARIÉTÉS DE LA HUPPE. 

ÂJES anciens disoient que cet oiseau étoit sujet k changer de ooo- 
leur d'une saison à l'autre : cela dépand , sans doute, de la mue; 
car des plumes nouvelles doirent être un peu diflSrentes dea 
Titilles qui sont prêles i se détacher, et la difiSnoce doU ètr» 



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SUITE DE LA HUPPE. 3*9 

plus wnsible dam cerUinea eapècea que dans d'autres. Au sur- 
plus, des personnes qui ont ^levé des huppes ne se sont pas 
aperçues de ce changement de couleur. 

Selon avance qu'il en « connu deux espèces , sans indiquer U9 
«llributs qui les distinguent, si ce n'est peut-être ce /noult beau 
collier mi-parti de noir et de tanni, dont il dit eu général que 
la happe a le cou entoumi , et qui manque à l'espèce que nous 
tionnoissons. 

MM. Commerson et Sonnerat ont rapporté une buppe du cap 
de Bonne-Eapérance fort ressemblante & la nôtre , et que le voya- 
geur Kolbe avoit reconnue long-temps auparavant dans les envi- 
rons de ce «p : elle a en gros le même plumage, la même forme, 
le même cri, les mêmes allures, et se nourrit des mêmes choses; 
mais en y regardant de plus près , on s'aperçoit qu'elle a la taille 
un peu plus petite, les pieds plus allongés , le bec plus cxiurt k pro- 
portion, l'aigrette plus basse; qu'il n'y a aucun vestige de blanc 
dans les plumes qui composent cette aigrette, et en général un 
peu moins de Tsriété dans le plumage. 

Un autre individu rapporté du même pays Rvoît le haut du 
dos d'un hninasses foncé, et le ventre varié de blanc et de brun- 
Cétoit sans doute un jeune; car il éloit plus petit que les autres, 
et il avoit le bec de cinq lignes plus court 

En6n M, le marquis Gerini a vu à Florence, et revu demie» 
Alpes , près de U ville de Ronta , une très-belle variété, dont l'ai- 
grette étoit bordée de bleu céleste. 

OISEAU ÉTRANGER 
QUI A RAPPORT A LA HUPPE. 

LA HUPPE NOIRE ET BLANCHE DU CAP DE BOHNE- 
ESPÉRANCE '. 

Cbt oiseau diffère de noire huppe et de ses variétés par sa gros- 
seur ; par son bec plus court et plus pointu ; par sa huppe , dont 
les plumes sont un peu moins hautes à proporlion , d'ailleurs 

■ L'oiMto ia Hadiguut <p» FUïConrt nonm» tlaouck p.rfltl ntia du 
npport ««! «lui-*! : M UW ul ocn*. d'Oïl. b«li« Impp» > •« «>" plum.fe n'ttt 
qiu d* dns eonUon , noii «t (lii. On ptnl «nppo«t f* «'«« d» C" *■»>'• 



DiailizodbvGoOglf 



35o HISTOIRE NATURELLE 

effilées à peu près comme celles dti coucou IiuppéJe Madsij.'LScni'; 
par \c nombre des pennes de aa rjueue, car elle en a douze; ]>ar 
k forme de sa langue, qui est aasez longue, et dont rextréniilé 
est divisée en plusieurs filets; enfin par les couleurs de son plu- 
mage. Il a ta huppe, la gorge et tout le dessous du corps, blancs 
sfiDs tache; le dessus du corps, depuis la huppe exclusivement 
jusqu'au bout de la queue , d'uQ brun dont les teintes varient et 
sont beaucoup moins foncées sur les parties antérieures; une 
tache blanche sur l'aile; l'iris d'un brun bleuâtre; le hec, les 
pieds, et même les ongles, jaunâtres. 

Cet oiseau , n°. 697 , se tient dans les grands bois de Madagas- 
car, de nie Bourbon et du cap de Bonne-Espérance. On a trouvé 
dans son estomac des graines , des baies de pseudobuxa«. Sun 
poids est de quatre onces; mab il doit varier beaucoup , et être 
plus considérable aux mois de juin et de juillet, temps 0(1 cet 
oiseau est fort gras. 

E.ongueur totale , seise pouces; bec, vingt lignes , très-pointu , 
le sn|>éi-ieur ayant les bords échancrés près de la .pointe eL l'arête 
fort obtuse ,pluB longque l'infërieur, celui-ci tout aussi larg«; dans 
le palais, qui est fort uni d'ailleurs, de petites tubérosités dont le 
nombre varie ; narines comme notre huppe ; les pieds aussi, 
ei^cepté que l'ongle postérieur, qui est le plus grand de tous, rA 
très-crochu; vol, dix-huit pouces; queue , quatre pouoea dix 
lignes, composée de pennes à peu près égales, cependant les 
deux intermédiaires un peu plus courtes ; dépasse d'environ 
deux pouces et demi les ailes, qui sont composées de dix-huit 
pennes. 



LE PROMERUPE. 

Liirrra espèce vient naturellement prendre sa place entre les 
huppes et les promerops, puisqu'elle porte sur la tète une touFfe 
de longues plumes couchées eu arrière, et qui paroissent capa- 
bles de (brmer,en se relevant, une aigrette peu différente de celle 
de notre huppe : or, en diSërât-elle un peu, toujours seroit-il 
vrai que , par ce seul caractère, cet oiseau se rapproche de notre 
huppe plus que tous les autres promerops; mais , d'un autre côté, 
il se rapproche de ceux-ci et s'éloigne de la huppe par l'excessive 
l(»igaeur de » queue. 



DiailizodbvGoOgle 



DtJ PROMEROPS BRUN A VENTRE TACHETÉ. 55t 
Seba nous asaui-e que cet oiseau vient de la partie oritnble de 
notre continent , et qu'il est li-èi-rare. Il a la gorge , le c^ii , la 
télé et la belle et grosse huppe dont m léleeat «iirmonlée, d'iia 
beau noir; les ailes et U queue d'un rouge bai clair; le ventro 
cendré clair; le bec et les piedit de couleur plombée. Sa grosseur 
est i peu près celle d'un étoumeau. 

Longueur totale, dix neuf pouces ; bec , treize lignes, un peu 
arqué , très-aigu ; tarse , environ neiiTlignes; ailes courtes; queue, 
quatorze pouces un quart, composée de pennes fort inégales; tes 
deux intermédiaires dépassent les latérales de plusde onze pouces, 
el les ailes de p\ai de treize. 



LE PROMEROPS A AILES BLEUES. 

Vjk promeropa se platt sur les hautes montagnes-, il se nourrit 
de chenilles , de mouches , de scarabées et autres insectes. La cou- 
leur dominante sur la partie lupérieute du corps est un gris 
obscur, changeant en aigue-marine et en rouj^ pourpré; la 
queue est de la même couleur, mais d'une teinte plus foncée , et 
jelle des reflets dorés d'un très-bel effet ; les pennes des ailes sont 
d'un bleu clair et brillant; le ventre jaune clair; les yeux sur- 
moDlés d'une tache de même couleur; le bec noirâtre, bordé do 
jaune. Cet oiseau est de la taille d'une grive. 

longueur totale , dix-huit pouces trois quarts ; b«c, vingt li- 
gnes, un peu arqué; tarse, huit lignes et demie; ailes courtes; 
queue, douze pouces un quart, composée de pennes fort inégales, 
les quatre intermédiaires beaucoup plus longues que les latérales; 
dépasse les ailes de onze pouces. 

I.E PROMEROPS BRUN A VENTRE TACHETÉ. 

CjET oiseau a en elfet le ventre tacheté de brun sur un fond 
blanchâtre , et la poitrine sur un fond orangé brun; la gorga 
blanc sale , accompagnée de chaque côté d'une ligne brune qui 
part de l'ouverture du bec, passe sous l'oeil et descend sur le 
cou; le aoramet de la tête brun, varié de gri« roussâtre ; le crou- 



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352 HISTOIRE SATURELtE 

)>ion et les couverture* tupérieurea de la queue vert d'olive; le 
reste du deatus du corpa , compris les pennes de la queue et de* 
■îles, brun; les flancs tacheté* de brun; le* jambe* bruDea;lei 
couvertures iorérieurefl de la queue, d'un beau jaune; le bec et 
les pieds noirs. 

L'individu dm planches enluminées , n*. 6^7 , paroît Stre le 
mule j parce qu'il est plus tachelé et que les couleurs sont plu* 
tranchée*; il a sur les ailes une raie grise très-élroile, formée par 
une suite de petite* taches de cettecouleur qui terminent le* cou- 
vertures lupérieures. L'individu décrit par M. Briaion n'a point 
cette raie ; ses couleurs sont plus foibles, et il est moins tacheté 
■ous le corps. Je crois que c'est la femelle ; elle est plus petite d'un 
dix-huitième que son mâle, et n'est guère plu* gro*se qu'une 
alouette. 

Longueur totale du mile, dix-huit pouces ; bec, seise lignes; 
tarse, dix ligne* deux liets ; aile* courte*; vol, treize pouces; 
queue , treise pouce*, composée de douxe peonea, dont les six 
intermédiaires sont beaucoup plus longues qne les six latérale*; 
celles-ci étagées ; dépasse les aile* de onze pouces. 



LE PaOMEROPS BRUN A VENTRE RAYÉ. 

C>ET oiaeau, n'. 638, se trouve k IaNouTel]e-Onînée,d'où il a 
^lé apporté par M. Sonnerai. Le mâle a la gorge, le cou et la tète, 
d'un beau noir, animé sur la tête par des reflets d'acier poli ; tout 
le dessus du corps brun, avecune teinte de vert fbnoé aurle oou, 
le dos et les ailes ; la queue d'un brun plus uniforme et plus clair, 
excepté la dernière des pennes latérales , qui a le càté int^eur 
noir; la poitrine et tout le dessous du corps rayés transversale- 
ment de noir et de blanc ; l'iris et le* pieds noirs. 

J'ai TU un individu qui avoit une teinte de roux sur la télei 
comme dans k figui-e enluminée. 

La femelle a la gorge, le cou et la tête, do même bmnqnele 
dessus du corps , et sans aucun reflet ; dans tout le reste, elle re>- 
semble à son mâle. 

longueur tolale, vingt-deux ponces ; bec , deux ponces et 
demi, étroit, arrondi , fort arqué; queue, treize pouoes, com- 
posée de douze peanei étagées, fort inégale* entre elks, ka plu* 



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DU GRAND PROMEROPS A PAREMENS FRISÉS. 553 
courtes ont quatre pouces; lea plus longues dépassent les ailes do 
neuf poucesi 



LE GRAND PROMEROPS 
A PAREMENS F1USÉS '. 

JjEs paremens frisés qui sont en même temps la parure et le 
caractère de' cette espèce* consistent en deux gros bouquets de 
plumes frisées , veloutées, peintes des plus belles couleurs qu'elle 
a de chaque oôtë du corps, et qui lu! donnent un oir lout-à-fiiït 
distingué. Ces bouquets de plumes sont composés des longuet 
couvertures des ailes, au nombre de neuf, lesquelles se relèvent 
en se courbant sur leur oôlé supérieur, dont les barbes sont fort 
courtes, et étalent avec d'autant plus d'avantage les longues 
barbes du côté opposé, qui devient alors le coté convexe. Les 
couvertures moyennes des ailes , au nombre de quinze, et mémo 
guelquea-unes des scapulaires, participent à cette singulière con- 
^uralion , se relËvent de même en éventail , et de plus sont or- 
r.les à leur extrémité d'une bordure d'un vert brillant, chan- 
géant eu bleu et violet , d'où il résulte sur les ailes une sorte da 
guirlande qui va s'éiargissant un peu en remontant vers le dos. 
Autre singularité : sous ces plumes frisées naissent de chaque 
câté douze ou quinze longues {^umcs , dont les plus voisines du 
dos sont décomposées , et qui toutes ont les mêmes reSets jouant 
entre le vert et le bleu. La tête et le ventre sont d'un beau vert 
changeant, mais d'un éclat moins vif que la guirlande du pa- 
rement. 

Dans tout le reste du plumage , la couleur dominaiile est un 
noir lustré , enrichi de reflets bleus et violets , et toutes les plu- 
mes , dit M. Sonnerai , ont te moelleux du velours , non-seule- 
ment à l'œil , mais au toucher. Il ajoute que le corps de cet oi- 
ceau, quoique d'une forme allongée, parolt court et excessive- 

I Le nom d* quatn-aUtt, qvi ■ ili ienai par da Tojagnn k un aimn d* 
proi* d'AfriqiH, poniroit trt>-l>ica conTcnir nu promcropi doDC il l'igit ici. 

> Le liGlcl iltiit ti-innl (tame X) • mui des «ptcei .le pinmeu j aiait ili 
n'ont point U mime {ocnM, ni se loot campent des mtmn plsmci, et ctm ^n 
■iBDMUHla noir, dit fa tu;'<ri(. Mat dirige CD M» coBlrai/t. 

B,ifon. 11. 93 



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354 HISTOIRE lîATTJRELLE 

ment jKltt, en romparaison de sa trèft-longue queue. Le bfv 
el les pieds sont noirs. M. Sonnerai a rapporté ce promerops, 
n*. 639, de !" Nouvelle-Guinée. 

Ixingiieur totale , trois pieds et demi (quatre, suiTanl M. Son- 
nerai ]; bec, près de trois pouces; ailea oourtea ; qneue , vîngl-six 
à vingt-aept pouces , composée de douse pennes étagéea , larges et 
pointues : tes plus courtes ont six à sept pouce» ; le» plus longuet 
dépassent les ailes d'enTiron vingt pouces. 



L£ FROM£ROPS ORANGÉ. 



Xja eouleiir orangéerègne sur le plumage de cet oiseau , et prend 
dilTérentes teintes en différens endroits : une leinte dorée sur U 
gorge, le cou, la t£te et le bec; uneteinterougeâlresurles pennes 
de la queue et les grandes pennes des ailes \ enfin une teinte 
fttnne sur tout le Teste. La base du bec est entourée de petite» 
plumes rouges. 

Tel est, à mon avis, le mâle de cette espèce , qui est à peu pri.* 
de la taille de l'élournean. Je regarde comme sa femelle le cocl 
tototldeFemandës, qui est delà même faille, du même conlinen^ 
et dont le plumage ne diffère ^uère de celui du promerops orangé 
que, comme dans beaucoup d'espèces, le plumage du màledif- 
ièredecelui delà femelle. Ce cochitolotl a la gorge, le cou, la tête 
et les ailes , variés, sans aucune régularité , de cendré et de noir : 
tout le reste de son plumage est jaune ; l'iris d'un jaune |)âle ; le 
bec-noir, grêle, arqué, très-pointu, et les pieds cendrés. II vit de 
graines et d'insectes, et se trouve dnna Tes contrées les plus chaudes 
du Mexique , où il n'est recherché ni pour la beauté de lo» chant, 
ni pour la bonté de sa chair. Le promerops orangé, que je regarde 
cimme le mâle de cette espèce, se trouve au nord de la Guiaoe, 
dxns les petites îlea que forme la rivière de Berbice à son embou- 
chure*, au "nord de la Guiane. 

liOngueur totale de ce mâle, environ neuf ponces et demi; 
bec, Ireise lignes; tarse, dix-, queue, près de quatre pouces, com- 
posée de pennes égales ; dépasK les ailes d'environ un pouce. 

• Srbji dit iit Intulii Bariicimihtu , qmi u Indait ■inii, « m* UBikItf 
|<ar U» 4» ta bettic, que j^r ileà Barbadu. 



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on POLOCHIOK. 855 



LE FOnRNIER. 

Vj'cSTKÎiuiqneM. Commenonanomméoetoûeaud'ÀiiiMqiie 
U*. 759 , qui &it la nuance de pauage entre la fiimîlle de* prome- 
ropaet celle desguépien. Il diffère des promerops en ce qu'il aie* 
doigta plus longs et U queue plus courte; il diffère des guépiera 
en ce qu'il n'a pai comme eux le doigt extérieur joint et comme 
•ond^ i celui du milieu duu presque lonle la longueur. On la 
trouve i BuenOft-Ayrea. 

Le roux est la couleur dominante de son plumage, plni foncé 
«urleapartieasupérieurea, beaucoup plus clairet tirant an jaune 
pâle sur les parties inférieures; les pennes de l'aile sont brunes, 
avec quelques teintes de roux plus ou moins fortes sur leur bocd 
extérieur. 

Langueur totale , huit ponces et demi ; bec , douse k treize li- 
gnes; tarse, seÎEe lignes; ongle postérieur le plus fort de tous} 
qneue, un peu moins de broia pouces; dépasse les ailes d'environ 
un iwace. 



LE POLOCHION '. 

J. KL est le nom et le cri liabitnel de cet oiseau des Holuques ; it 
le répèle sans cesse, étant percbé Hur les plus hautes branches dea 
arbres, et par le sens qu'a ce mot dans la langue moluquolse , il 
semble inviter tous les êtres sensibles k l'amour et à la volupté. J» 
le place encore entre les promerops et les guêpiers, parce que }9 
lui trouve le beo de ceux-ci et les pieds de ceux-là. 

Le polochion a tout le plumage gris , mais d'un gris plus foncé 
mir ka parties supérieures, et plus clair sur les inférieures ; les 
joues noires; le bec noirâtre; les yeux environnés d'une peau nue; 

* Ob Bot, «n UngBB dn Holnqna, lifOlG* AaiiOR^-noiui (t *n cooi^nmcé 
M. CoommoD pTOpiMt dg nommir cet oimaphiltmoa, mphiUihn, aaJtoê' 
KUlalor, c'ctt-li-din, iaùtur. U Bt pirstcplu cooTniibU da lui cotuinnU 
■««wmIi^wI u «slssaaa ■ulUsKslBgiuitA'ial'UU plu ^'il nprn**a> 



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}56 HISTOIRE NATURELLE 

te derrière cle la tète varié de blanc. Lt» plumes du toupet fotil 
■ur le front un angle rentrant, et Us plumes de la luÛMnoe de Ja 
gorge se terminent pu une espèce de soie. L'individu décrit par 
M.Commerson venoit de 111e de Bouid, l'une des Moluqueasou- 
miaet aux Hollandaia ; il pesoit cinq onces, et arott k peu près la- 
taille du coucou. 

Longueur totalo, quatorie pouces; bec, trts-pointu, long dç 
deux pouces, large à »a base de cinq lignes, à son milieu de deux 
lignes, épais à la base de sept lignes, au milieu de tr>Ha lignes et 
demie, ayant ses bords échancrés près de la pointe ; narines oTa* 
ies, k jour, recouvertes d'une membrane par-derrinv, située» 
plus pris du milieu du bec que de sa base; langue égale au bec, 
terminée par un |»nceau de poil ; le doigt du milieu uni par m 
lase avec le doigt extérieur; le postérieur le plus fort de tout^ 
Tol, dix-huit pouces; queue, cinq pouces deux tiers, composée 
de douce pennes égales , à cela près que la paire extérieure est ua 
peu plus courte que les autres ; dépasse de trois pouces les ailes , 
composées de dix-huit pennes; la plus extérieure une fois plus 
courte que les trois suivantes, qui sont les plus longues de 
toutes. 



L£ M£R(»^ ROUGE ET BLEU. 

Stena, k qni sons devons la ocHUoiasance de cet oiseao , parait 
avoir été ébloui de son plun^ge, et avec raison; car b couleur 
du rubis brille sur sa tète , sa gorge et tout le dessous du corps ; 
elle se remontre sur les couvertures supérieures des ailes, mai* 
sous une nuance plus foncée ; un bleu clair et brillant r^ne sur 
les pennes de ces mêmes ailes et sur cdles de la queue : l'édat de 
ces belles couleurs est relevé par te contraste des teintes plus som- 
bres et des espaces variés de noir et de blanc dÎHtrifiuéa à propos 
sur la partie supérieure. Le bec et les pieds sont jaunes, et les ailes 
sont doublées de la même couleur; les plumes rouges du desson»^ 
du corps ont quelque chose de soyeux, et sont aussi douces au 
foncher que brillantes à l'œil'. 

Cet oisean est do BrédI , si l'on en croit Seba , que faa ne dmt 
presque jamais croire sur cette matière. Il est à peu près de la 
faille de notre guêpier; il en a les pieds courts : mais je ne voi» 
tien dons- k dascription ni dans la figure qui indique k mém» 



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DU GUÊPIER. 357 

dispoaiitioB de doigte; d'ailleufa son bec ■ plu* de nipport Kree 
celui deêpronierops: c'est pourquoi je le range duu la clâne inter- 



médiaiiv. 



LE GUÊPIER ■. 

\ jBT oîteau , n*. gSS , mange non-MuIement les gu^iea , qui lui 
•ont donné ses nom français, et lea abeiUea, qui lui ont donni 
«on nom lalin, anglais, etc, mais il mange auMi les bouTdonfl,le« 
cigales , les cousins , tes mouche* et autres insectes qu'il attrape en 
volant, ainsi que font les hirondelles ; c'est la [Roie dont il est le 
plus friand, et les en&ns de l'île de Candie s'en servent comme 
d'appât pour le pécher i la ligne au milieu de l'air, de même 
qu'on pèche les poissons dans l'eau. Ils passent une épingle re- 
courbée au travers d'une cigale vivante ; ils attachent cette épin- 
gle à un long fil : la cigale n'en voltige pas moins, et le guêpier 
l'apercevant , fond dessus, l'avale ainn que l'hameçon, et se trouve 
pria. A défaut d'insectes, il se rabat sur les petites graines, même 
sur le froment * ; et il paraît qu'en iwnasBant a terre cette nour- 
riture, il ramasse en même temps de petites pierres, comme font 
tons les granivores , et sans y mettre plus d'intention. Ray soup- 
içonne , d'après les rapports multipliés , tant internes qu'externes , 
de cet oiseau arec le martin-pécheur, qu'il se nourrit aossi quel- 
quefois de poisson comme ce dernier. 

les guêpiers sont très-communs dans lUe de Candie , et si 
coDimuns , qu'il n'y a endroit dans cette lie , dit Belon , témoin 
oculaire , où on ne le voie voler. Il ajoute que les Greoi de terre- 
ferme ne les connaissent point, ce qu'il arott pu apprendre de 
bonne source en ro3rageanl dans le pays : mais il ai-ance trop lé- 
gèrement qu'on ne les a jamais vus voler en Italie; car Aldro- 
Tande, citoyen de Bologne, assure qu'ils sont asses communs 

■ Eo iulim, dardo , dardar», barhara, gaule, i**olo, lupo ditl' api ; tn 
fiicilt , pieeia ferro ( bec da frr ) j en «pagnol , avêiitruco ; an Allanund , in- 
itawelf, imtaii,frau,gt&*r-titumifoIf; n polootu, sofiu, ■otcaira. 

AHklta, il Ht connii hu 1« non d* c«r^iuj, qnaii|B'il s'ait dsroBgaqn* 
las j*ni at lai piadi ; an PnvaBca , tou ealni da leniu. 

■ L« Ksl r]» j'ai* an occaaion d'ouTrir lias H. la dgcUnr R^sand iToIt 

(•imrii dMfnlnO da Unpwu, ds caacalii, d< Hurat, Ja£ron«ùt, eu. 



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358 HISTOIRE NATURELLE 

aux environs de «(te ville, où on 1« prend aux fileta et anx 
gluaux. WiUughby en a vu pIoaieuFs foia à Rome, expoiéa dana 
les marché publics; et il est plus que probable qa'ila ne sont point 
étrangers au reste de lltalie, puisqu'ils se trouTent dans le midt 
de la France, o& même on ne les regarde point comme mseaiix 
de passage * : c'ett de là œpmdant qu'ils se répandent quelque- 
fois par petites troupes de dix ou douxe dans les pays septentrio- 
naux. Nous avons vu une de ces troupes qui arriva dans la vallév 
de Sainte-Reine en Bourgogne, le 8 mai 1776 : ils se tinrent 
toujours ensemble, et crioieiit sans cesse comme pour s'appder et 
se répondre. Leur cri éloit éclatant sans être agréable, el avott 
quelque rapport au bruit qui se Fait lorsqu'on sifiSe dana une noix 
perc^ * ; ils le faisoient entendre étant posés et en volant. Ils se 
tenoient par préférence sur les arbres fruitiers, qui ébuenl alots 
en fleun, et conséquemment fréquentés par les guipes et \et 
abeilles : on les voyoit souvent s'élancer de dessus leur brandie 
pour saisir cftte petile proie ailée. Ils parurent toujours déËans, 
et ne se laissoientguèi'eHpprocher; cependant on vint à bout d'eu 
tuer un qui se trourti séparé des autres et perché sur un picéa, 
tandis que le reste de la troupe éloit dans un verger voisin r 
ceux-ci, effrayés du coup de fusil, s'envolèrent en criant tous à 
la foia , et se réfugièrent sur des noyers qui éloient dans un co- 
teau de vigne peu éloigné; ils y restèrent conslarament sans re- 
paro^tre dans les vergers^ et au bout de quelques jours ils prirent 
leur volée pour ne plus revenir. 

On en a vu une autre troupe, au mois de juin 1777, dans les 
environs d'Anspach. M. Lollinger me mande que ces oiseaux le 
montrent rarement en Lorraine, qu'il n'en a jamais vu plus de 

' fitiDO 4«Ieit ^'iU TMUHcnt pnxl»! rhlicr diu Itlg daCanJia; ■■iiit 
B'iYoil iDCiui* obHnrilioa la-dt«u. Ciqii* )t dUicldc cm île ProYtnctr j< 1* 
iini d«M. 1b ninfiiiAdfl Piolînc. J* D« uupounjaoî U. Friidi A cm ^Bfl cet 
eltnui K pUiioIcnt dans I« diteru. 

a Bilan [c ean>p*ra ■ as ion tal^naferoitiiB li«Bn*<o>iibUal ■ jatit la boaclia 

D'inln* pr^lcnadit qiiM dit crvu, crou, cralt. L'auteur Ju pogme de Philo- 
mè!e le donne coam* ■p[iTackint beaHcsup da schii du raitalat clda lliiroadill* 
da dwmiuJa ; 

HcfDlu itqua nieropi «t rabro pactore Pragaa 
CoEUloiili uhkIdIo lÏBaiLultaTe tolcat. 

Mail on uit que le natoraliila doit praque tanjonn apporter ^nl^UM maSiSt^t 



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DU GtlépIEB. 355 

deirc tmaemVle, qu'il* te tenoïent sur les branches le« plus busses 
des arbres ou arbrisseaux, et qu'ils avoient un air d'embarras, 
(xmimfl a'ilt eussent lecti quils étaient dévoyés. Us paraissent 
encore plus rarement en Suède, où ils se tiennent près delà 
mer ; imàa ils ne se trouvent presque jamnis en Angleterre , quoi- 
que ce pays «oit moim septentrional que la SuÈde, et qu'ils aient 
l'aile assez forte pour francliir le pas de Calais. Du côté de l'Orient, 
ib sont répandue dans la eone tempérée, depuis la Judée jusqu'au 
Bengale , et sans doute bien au-delà ; mais on ne lea a pas suivis 
plus loin. 

Ces oiseaux nichent, comme l'hirondelle de rivage et le mnr- 
tin-péclieur, au fond des trous qu'ils savent se creuser avec leurs 
pied* courts et forts, et leur bec de fer, comme disent les Sici- 
liens, dans les coleaux dont le terraïa est le moins dur, et quel- 
quefois dans les rives escarpées et sablonneuses des grands fleuves. 
Ilsdonnentàces trous jusqu'à six pieds et plus, 'soit en longueur, 
aoiten profondeur; la têmelle7dépoae,sur un matelas de mousse, 
quatre ou cinq el même six ou sept œufs blancs, un peu plus 
petits que ceux de merle. Hais on ne peut observer ce qui se 
passe dans l'intérieur de ces obscurs souterrains; tout ce qu'on 
peut assurer, c'est que la jeune famille ne se disperse point : il 
est même nécessaire que plusieurs fiimilles se réunissent ensemble 
pour former ces troupes nombreuses que Belon a vues dans l'ile 
de Candie , suivant les rampes des montagnes où n'oit le ihyra , 
el oti elles trouvent en abondance les guêjies et les abeilles , atti- 
fées par les étamiues parfumées de cette plante. 

On compare le vol du guêpier k celui de l'hirondelle, avec qui 
il a plusieursautres rapports, comme on vient de le voir. Il res- 
semble aussi, à bien des égards, au marttn -pêcheur, surtout par 
les belles couleurs de son plumage et la singulière conformation 
de ses pieds. Enfin M. le docteur Lottinger, qui a le coup d'oeil 
juste et exercé , lui trouve quelques-unes des allures du tette- 
chèvre ou engoulevent. 

Une singularité qui distingueroit cet oiseau de tout autre, si 
elle étoit bien avérée, c'est l'habitude qu'on lui prêle de loler à 
rt- bours. Elien admire beaucoup cette singulière façon de voler : 
il eât mieux &it d'en douter ; c'est une erreur fondée , comme 
taai d'autres, sur quelque fait unique ou mal vu, qu'on peut se 
représenter aisément. Il en est de même de celte piété filiale dont 
on a fait honneur à plusieurs oiseaux , mais dont on sembleavoir 
accordé la palme à ceux-ci, puisque, si l'on en croit Aiistolc, 



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3Go HISTOIRE NATURELLE 

Pline, Elien, et ceux qui 1^ ont copiés, ib n'attendent pu qus 
leurs soin» deviennent néceanirea àleun père et mère pour les leur 
consacrer ; ils les wrvent dès qu'ils sont en état de voler, et pour 
le seul plaisir de lea servir; ils leur portent à manger dans leurs 
trous , et préviennent tous leurs Iteaoins. On voit bien que ce smc 
des fables; mais du moins la morale en est bonne. 

Le guêpier mâ]e a Us yeux petits, mais d'an rouge vif, aux- 
quels un bandeau noir donne encore plus d'éclat ; le front d'une 
belle couleur d'aigue-marine ; le dessus de la tête marron , teinté 
de vert ; le derrière de la tête et du oou marron sans mélange, 
mail qui prend une nuance toujours plus claire en s'approcbant 
du dos ; le dessus du corps d'un &uve pâle, avec des refléta de 
vert et de marron plus ou moins appareils , 'selon les difierentes 
incidences de la lumière; la gorge d'un jaune doré éclatant, ter- 
miné , dans quelques individus , par un collier noirâtre ; le de- 
vant du cou, la poitrine et le dessous du oorps, d'un bleu d'ai- 
gue-marine , qui va toujours s'éclaircissaut sur les parties posté- 
rieures : cette même couleur règne sur la qoeoe avec une l^re 
teinte de roux , et sur le bord extérieur de l'aile sans aucun mé- 
lange ; elle passe au vert et se trouve mélangée de roux sur la partie 
decea mêmes ailes la plus voisine du dos ; presque toutes leurs pen- 
nes sont terminées de noir; leurs petites couvertures sopërieures 
sont teintes d'un vert obscur, les mojrennesde roux, et les grandes 
nuancées de vert et de roux; lebecestnoir, et les ^edsbrunrou- 
geitre (noirs, selon Aldrovande); les câtes des pennes de la queue 
brunes dessus et blanches dessous. Au reste , toutes ces difTérenles 
couleurs sont très- varia blés , et dans leur teinte ,-flt dans leiur dis- 
tribution ; et de là la différence des descriptions. 

Cet oiseau est à très-peu près de la taille du mauvis,etds 
forme plus allongée. 11 a le dos un peu convexe. Belon dit que la 
Nature l'a fiiit bœsu; et après en avoir cherché la raison, il n'a 
pu en trouver d'autre, sinon que cet oiseau aime toujours à vo- 
ler. C'est une raison peu satis&isante ; mais on conviendra que la 
bonne n'étojtpes Sicile à trouver. 

Longueur totale , dix k onze pouces ; bec , vingt-deux lignes , 
large à sa base, un peu arqué; langue mince, terminée par de 
longs filets ; narines recouvertes d'une espèce de poUs rousaitres ; 
larse, cinq A six lignes, assea gros proporlionnellement à sa lon- 
gueur , le doigt extérieur adhérent à celui du milieu dans pres- 
que l'iiite sa longueur , et l'intérieur par sa première phalsnge 
seulement, comme dans le martin-pêchear ; l'ongle postérieur le 



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DU GUÊPIER A TÊTE GRISE. SSi 

plus court de tous et le plui crochu; vol, seise à dix-oept pouces ; 
queue , quatre pouces et demi , composée de nx paires de pennes, 
dont les cinq paires lalérates sont ^les entre elles ; la paire inter- 
médiaire les dépasse do neuf ou dix lignes, et d'enviroti dix- 
huit lignes les ailes, qui sont composées de vingt-quatre pennes 
selon les uns, et de vingt-deux selon les antres. L'individu que 
f'iii observé n'en avoit que vingt-deux. 

Œsophage, long de trois pouces, se dilate à sa base en une 
poche glanduleuse; ventricule plutôt membraneux que muacu- 
leux, de la grosseur d'une noix ordinaire; vésicule du fiel grande 
et d'un vert d'émeraude; foie d'un jaune pâle; deux cœcums, 
l'un de quinze hgnes, l'autre de seize et demie. On n'a pu mesurer 
le tube intealinal , parce qu'il avoit été trop maltraité par le coup 
de fusil. 



LE GUÊPIER A TÊTE JAUNE ET BLANCHE. 

Au>RoVANDE H VU cette espèce k Rome. Elle est remarquable 
par la longueur des deux pennes intermédiaires de sa queue, et 
par son bec plus court k proportion. Elle a la tête blanche, va- 
riée de jaune et de couleur d'or ; les yeux jaunes ; les paupières 
rouges ; la poitrine rougeàtre ; le cou , le ventre et le dessous des 
ailes, blanchâtres ; le dos jaune ; le croupion, la queue et les ' 
ailes , d'un roux très-vif; le bec d'un jaune verdâtre , un peu ar- 
qué, long de deux pouces; et la langue longue et pointue, 1 peu 
près comme celle des pics. 

Cet oiseau éloit beaucoup plus gros que noire guêpier, et avoit 
vingt ponces de vol ; les deux pennes intermédiaires dépassoient 
de huit pouces les pennes Uténiles. Le seigneur Cavalieri, qui 
en étoit possesseur, ignoroit dans quel pays il avoit coulum* 



LE GUÊPIER A TÊTE GRISE. 

ML pourroit se faire que cet oiseau n'eât d'américain que le nom 
presque mexicain quauhcilm, qu'il a phi à Seba de lui imposer. 



DiailizodbvGoOgle 



$ba HISTOIRE NATURELLE 

Il est de lu taille de notre moineau d'Europe, et apparliient an 
genr« dea guêpier* par la longueurttt la forme de «on bec, par 
k loRguear des deux pennei intermédiairea de sa queue, et {lar 
■es pieds gros et courts. Il &ut supposer qu^l s'y rapporte aussi 
par la disposition de sea doigts. 

D a la tête d'un joli gris; le dessus du corps, de même gris, 
varié de rouge et de jaune', les deux longues pennes intermé^ 
diaires de la queue, d'un rouge &«nc ; la poitrine et tout le des- 
•ousdu corp», d'un jaune orangé, et le bec d'un assez beaa vert. 

Longueur totale , nenf à dix ponces i le bec et la queue en font 
plus de la moitié. 



LE GUÊPIER GRIS D'ETHIOPIE. 

JH . linneua est le seul qui parle de cette espëce , et il n'en dit 
qu'un mot d'après un dessin ftit par M. Burmann. Ce mot , au- 
quel je ne pais rien ajouter, c'est que le plumage de l'cnseau est 
gris ; qu'il a une tadie jaune à l'endroit d« l'anua, et que sa queue 
est très-longue. 

LE GUÊPIER MARRON ET BLEU. 

Juu couleur marron régne sur l'es parties antérieures du dêssi» 
du corps, compris le haut du dos ; la couleur d'aigue-marine sur 
le reste du dessus du corps et sur toute la partie inférieure , mais 
beaucoup phis belle et plus décidée sur la gorge, le devant du 
cou et la poitrine que partout ailleurs ; les ailes sont vertes des- 
sus, ftnves dessous, terminées de noirâtre; la queue d'un bleu 
franc; le bec noir,et les pieds rougeâtres. 

Cet oiseau, n'. 35s,te trouve à L'île de France. Sa taille n'nl 
guère au-dessus de celle de l'alouette huppée , mais beaucoup 
plus allongée. 

Longueur totale , près de onae ponces ; bec , dix-neuf lignes ; 
tarse, cinq et demie; doigt postérieur le plus court de tous; vol, 
quatorse pouces ; queue , cinq pouces et demi , composée de 
douze pennes , dont les deux intermédiaires dépaucnt de deux 



DiailizodbvGoOgle 



DU PATIRICH. 36S 

mncea Avax lignes Ua ktéralea , et les ailM de trois pouom et 
demi ; cea aîlu cxnnposées de vingt-quatre pennea, doot k pr»- 
jcièra eat trèa-courte , et la troiùème la plus longue. 

VARIÉTÉ. 

Ltx guépiar nuaron et bleu du Sénégal, n*. 3i4. C'est une va- 
rîété de climat. On ne voit dans tout son plumage que les deux 
couleurs que j'ai indiquées dans sa dénomination ; mais elles sont 
distribuées un peu autrement que dans l'espÈce précédente : la cou- 
leur de marron s'étend ici sur les couvertures et les pennes de* 
ailes, excepté les pennes les plus voisines du dos, et sur les penne» 
de k queue, excepté la partie excédsnte des deux intermédiaires, 
laquelle est noirâtre. 

Ce guêpier se trouve au Sén^I, d'ou il a été apporté par 
M- Adanson. Sa longueur totale est d'environ un pied: il est, au 
reste, proportionné à peu près comme celui de l'île de France. 

LE PATIRICH. 

1.ES naturels de Madagascar donnent à cet oiseau le nom dejra- 
tirick lirich, qui a visiblement du rapport avec son cri, et que 
j'aicrudevoirluiconserveren l'abrégeant. La couleur dominante 
de son plumage est le vert obscur et changeant en un marron 
brillant sur la tâte, moins obscur sur le dessus du <»rps, s'éclair- 
cissanl par nuances sur les parties postérieures, plus clair encore 
sur les parties inférieures , et en&n se dégradant toujours du calé 
de la queue; les ailes sont terminées de noirâtre; la queue est 
d'un vert obscur; la gorge d'un blanc jaunàlreii sa naissance, et 
d'un beau marron à sa partie inférieure. Mais ce qui caractérise 
le plus cet oiseau, n°. aâg, et lui donne une physionomie singu- 
lière, o'est un Inrge bandeau noirâtre, bordé dans toute sa cir- 
conférence de blanc rerdâtre : cette bordure tourne autour de la 
base du bec et embrasse la naissance de la gorge , en prenant uns 
teinlejaunàtre, comme jel'ai dit plus haut. Le bec eut noir, et W 
pieds sont bruns. Cet oiseau se trouve à Madagascar; il est un peu 
plus gros que le guêpier marron et bleu. 



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SG4 HISTOIRE NATURELLE 

Longueur totale, onu pouces un tien; bec, vingt -une lignn: 
tane, cinq ligne* ; doigt putériear le plua court ,- Tol, qninse poif 
rva deux tien; queue, cinq pouces et demi , composée de dôiiKe 
]>ennes ; les deux intermédiaires dépassent de plus de deux pouces 
les latémles, et de deux pouces trois quarts lesailes, compoaée* 
<le vingt-quatre pennes, dont la première est très-courte, et I» 
deuxième la plus longue. 

J'ai TU un autre guêpier de Madagascar, fort ressemblante ce- 
lui-ci pour U taille , les couleurs du plumage et leur distribution ; 
mais elles étoient moins tranchées; le bec étoit moins fort, elle* 
fleux pennes intermédiaires de la queue n'excédoient point les 
latérales. Cétoit sans doule une variété (l'Age oo de sexe. Son 
huideau éloit bordé d'aigue-marine, et il avoit le croupion et l« 
«fueuede cette même couleur, ainsi qu'un individu rapporté par 
M. Sonnerat; mais ce dernier avoit les deux pennes intermé- 
diaires de la queue fort étroites et botucoup plus longues que les 
lalérales. 



LE GUÉPlBa VERT A GORGE BLEUE. 

Une petite avenlurearrivée à un individu de cette espèce long- 
temps après sa mort fournit un exemple des méprises qui peu- 
vent contribuer à l'importune multiplication des espèces no- 
minales. Cet individu, n*. 7^0, qui apparlenoit & M. Dandrige, 
ayant été décrit, déminé, gravé, colorié par deux Anglais, Ed- 
wards et Albin , un Français , fort habile d'ailleurs, et qui avoit 
son» les jeux un individu de cette même espèce , a cru que les 
«leux figures anglaises représentoient deux espèces distinctes , et 
en conséqumce il les a décrites séparément et sous deux dénomi- 
nations différentes. Pour nous, noua allons fondre ces descrip- 
tions diverses en une seule , et toujours dans le m£me esprit. Nous 
ropporterona encore à l'espèce décrite , comme simple variété, la 
petit guêpier des Philippines de M. Brisson. 

Ij'oiseao de M. Dandrige, observé par M. Edward», différoit 
de notre guêpier d'Europe en ce qu'il ctoit une fois plus petit, et 
que les deux pennes intermédiaires de sa queue étoient beaucoup 
plus longues et plus étroites. Il avoit le front bleu, une grande 
jiltique de même couleur sur la gorge , renfermée dans une espace 
de cadre noir formé dans le h^n jmt un demi-ct^ier en forme de 



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DU GUÉPÏER VERT A GORGE BLEUE. SGÎ 

rroissaat renveraé; dans le haut par an bandeau qui paiaoit mr 
les yeux et deacendrat des deux côté* du cou, comme pour alltr 
se joindre aux deux extrémités du demi-collier; le dmus de }» 
télé et du cou onngé ; le doa , lei petilea couvertures et les der- 
nières poines des ailes, d'un vert de perroquet; le» cDu^-erlun<» 
aupérieures de la queue, d'un bleu d'aigue-marine; la poitrine 
et le ventre d'un vert clair; le» jambes d'un brun rougeàbe; k> 
couvertures inférieures de U queue, d'un vert obscur; les ailes 
variéesdevert et d'onngé, terminées de noir; la queue d'un beau 
vert dessus, d'un vert rembruni dessous ; les deux pennes inter^ 
jitédiairea excédant les latérales de deux pouces et plus , et cette 
|>artie excédante d'un brun foncé et très-étroite; les câtes dea 
penne* de la queue brunes, les pieds aussi; le bec noir dessus, d 
blaucbâtre k sa buse dessous. 

Dans l'individu décrit parM. Briasdn , et qui esta peu près celiiï 
des planches enluminées, il n'y a voit point de bleu sur le front; 
le vert du dessous du CM-ps partidpoil de l'aigue-marine; le des- 
sus de la t^te et du cou étoit du mdme vert àoti que le dos; ex 
i;énértl , il y avoit une teinte de jaune doré jetée légèrement sur 
tout le plumage , excepté sur les pennes des ailes et les couver- 
tures supérieures de la queue ; le bandeau ne passoit point sur les 
yeux , mais au-denoos. M. BrissoB a remarqué de plus que les 
aiks étoisnt douUées de buve, et que la cAte des pennes de U 
queue, qui étut Invae dessus, comme dans l'oiseau de M. Ed- 
vrards, étoit blanchâtre par-dessous. Enfin l'individu des planche» 
enluminées avoit plusieurs pennes et couvertures des ailes el 
pluaieun pennes de la queue bordées près du bout et terminée* 
de jaune doi-é ; mais il est facile de voir que toutes ces petites 
diflërences, détaillées ici jusqu'au scrupule, ne passent point, 
à beaucoup près , les limites entre lesquelles se jouent les cou- 
leurs du plumage, non pas seulement dans les individus d'uno 
même espèce, mais dans le même individu k diETérens ftges, ni , 
comme on voit , les limites entre lesquelles se jouent les descrip- 
tions diverses &ites d'après un même objet. J'en disautantdi! 
l'in^Uté des dimensious; inégalité d'autant moins réelle, quu 
plostaurs do. ces dimensioDs ont été prises sur des figures. Celie;i 
de la figure d'Albin sont les plus fortes, et très-probaUemsnt les 
moins exactes. 

L'oîseau appelé par tlL.BrÙÈoa,p*til guêpier des P/ùiippine»', 

' h» phnM d* H. Brim ait b aâm» paar cet oimii (]b« pour loa fnfifiier k. 



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3B6 HISTOIRE NATURELLE 

est do même taille et âe mime pluraage que ma guêpier k collier 
de Madigascar. La principale différence qu'on remarque entre 
oe» oiwaux, c'est ijne, dana celui des Philippioei, les deax pennes 
intermédiaires de la quetie, au lieu d'être plus longues que les 
latérales, sont an contraire un peu plus courtes; mais H. Briason 
soupçonne lui-m^e que ces pennes intermédiaires n'avoîent pas 
encore pria tout leur accroissement , et que , dans les individu! oii 
elles ont acquis leur )uate longueur dles dépaasral de beancoup 
les pennea latérales. Cela Ht d'autant plus vraisemblable, qoe ces 
deux intermédiaires paroissent ici difierentea des latérales , et 
conformées à peu près de même que le sont, dans leur partis 
excédante, les intermédiaires du guêpier vert à gorge bleue. An- 
tres difiërences, car il ne &ut rien omettre : le bandeau, au lïea 
d'Slre noir, étoit d'un vert obscur, et les pieds d'un rauge brun. 
Mais tout cela n'empécbe pas que ce petit guêpier des Phili|^ines 
deH. Brissonnesoit,ainai que ses deux guêpiers à collier, l'an 
deHadagatcar, et l'autre de Bengale, ne toit, diB-je,de la même 
espèce que notre guêpier vert à goi^e bleue. Cet oiseau est ré' 
pandu, comme on voit, depuis leaoAle* d'Afrique jusqu'aux Iles 
les plus orientales de l'Asie. Sa grosseur est à peu près celle de 
notre moineau. 

Longueur totale, six ponces et demi (probablement eUeserott 
d'environ huit pouces trois quarts, onnine dans notre gn^ar 
vertàgorgeUeuoysilesdeux pennes intermédiaires de la quena 
«voient pris tout leur accroissement ) ; beo, quinse ligaea;tu«e, 
quatre lignes et demie j vol, dix pouoea; les dix p^inea latérales 
de la queue, deux pouce* et demi ; dépasseut les ailes de quatoiae 
lignes. 



LE GRAND GUÊPIER VERT ET BLEU 

A GORGE JAUNE. 

Cl 'est une espace nouvelle, dont on eet redevaUe A M. Sona*- 
rat Elle diâèrede l'espèce précédente par aon |dumage, (es piv 

colliar cl* MidiguciT, '■ l'occplifiD ds la conliar da budcu et dn ijocipat. d* 
la laDgiwnr daidm pwBH îotwaifdîaîni d* U ipun», «t da d«ni-««llMr p'U 



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DU PEHT GUÊPIER TFAT ET BLEU. 1>C.^ 

porrions.etsurloat par In longueur des pennes intermédiaires d« 
h t|ueue. Elle a U gor^ d'un beau )anRe qui s'étend sur le cou , 
«oiis lei yeux et par-delà , et qui est terminé de brun vera le baa; 
Ierrout,lei«ourcil8, tout le dessous du corps, de couleur d'aiguë- 
marine ; les pennes des ailes vertes , bordées d'aigue-marine de- 
puis le milieu de leur longueur i leurs petites couvertures supé- 
rieures d'un vert brun, quelques-unes mordorées; les |Jus 
longues proche du corps, d'un jaune clair; le dessus de la tète et 
du cou mordoré; tout le dessus du corps vert doré; les couver- 
tures supérieures de la queue vertes. 

Longueur totale, dix pouces; bec, vingt lignes; tam, nx 
lignes; ongle postérieur le plus court et le plus crochu ; queue, 
quatre pouces un quart, composée de douze pennes; les dix laté- 
rales à peu près égales entre elles; les deux inlermédiaires dépac 
aenl ces latérales de sept à huit lignes, et les ailes de dix-huit. 

LE PETIT GUÊPIER VERT ET BLEU 
A QUEUE ÉTÂGÉE ■. 

Lia petitetaedelataillen'estpnsleteul trait de disparité qui dis- 
tingue ce guêpier du précédent; il en difTfere encore par la cou- 
lourde la tête, par ses proportions , et surtout par la conformation 
de SB queue, qui est élagée, et dont les deux pennes intermé- 
diaires ne sont yeit fort excédantes. A l'^rd du plumage, du 
vert doré dessus, du bleu d'aiguë- marine dessous; la gorgs 
jaune ; le devant du com marro» ; une zone poîntîllée de noir en 
forme de bandeau sur les yeux ; les ailes et la queue du même 
vert que le dos ; l'iris rouge ; le bec noir et les pieds cendrés : 
voilà les couleurs principales de cet oiseau, qui est le plus petit 
des guêpiers. Il se trouve dans le royaume d'Angola en Afrique. 
C'est le seul oiseau de ce genre qui ait la queue étagée. 

Longueur totale , environ cinq pouces et demi ; bec , neuf 
Vtçflsa; tarse, quatre lignes et demie; doigt postérieur le plus 
court; queue, deux pouces et plus, composée de douce pennes 
étagées; dépasse les ailes d'environ un pouce. 



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HISTOIRE NATURELLE 



LE GUÊPIER VERT A QUEUE D'AZUR. 

Cet oûeau , n*. 5j, a tout le deuiu de U tête et du corp« d'un 
vert «ombre, changeant en cuivre de rosette ; les ailes de mêine 
couleur, terminées de noirâtre , doublées de fauve clair ; les pen- 
nes dix-neuvîime et vingtième marquées d'aîgne-marioe sur la 
c6ti extérieur, et les vingt-deuxième et vingt -troisième sur le 
càté intérieur; toutes les pennes et les couvertures de U queue 
d'un bleu d'aigue-marine , plus clair sur les couvertures infé- 
rieures; un bandeau noirAtrc sur les yeux ; la gorge jann&lre 
tirant au vert et au &uve; cette dernière teinle plus forte vers 
le bas; le dessous du corps et les jambes d'un vert jaunÂtre 
changeant en £iuve ; le bec noir, et les pieds bruns. Cet oiseau 
se trouve aux Philippines; sa taille est au-dessous de celle de 
notre guêpier. 

Longueur totale, huit pouces dix lignes; bec, vingt-cinq li- 
gnes ; l'angle de son ouverture bien au-delà de l'aùl ; tarse , cinq 
lignes et demie; doigt postérieur le plus court; vol, qualorxe 
pouces dix lignes; queue, trois pouces huit lignes, componée de 
4oux0 pennes à peu près égales; dépasae de onse lignes les ailes , 
qui ont vingt-quatre pennes : la première est très-courte, et la 
seconde est la plus longue de toutes. 



LE GUÊPIER ROUGE A TÈTE BLEUE. 

Une belle couleur d'aigae-nurine brille d'une part sur la tèle 
de cet oiseau, n*. S^g, et sur sa gorge, oii elle devient plus 
foncée, et d'autre part sur le croupion et toutes les couverturei 
de la queue ; il a le cou et tout le resle du dessous du corps , jus- 
qu'aux jambes , d'un rouge cramoisi , nuancé de roux ; le dos, la 
queue et les ailes, d'un rouge de brique, plus brun sur les cou- 
vertures des ailes; les trois ou quatre pennes des ailes les plu» 
proches du dos, d'un vert brun, avec des reDets bleuAtres; les 
grandes pennes terminées de gris bleuâtre, fondu avec le rouge, 
les moyennes terminées de bcun noiiâtre; le bec noir, et lea 



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DU GUÊPIER A t£tE ROUGE. Ï63 

pied» d'un cendré clair, C'rat une npëce nouvelle qui k trouve 
en Nubie, où elle a été dessinée par M, le chevalier Bruce. Ello 
n'est pas tout-à-foitsi grande que noire espèce d'Europe. 

Longueur tolale , environ dix pouoes; bec, vingt-une lignes; 
tarse, six lignes; ongle postérieur le plus court de tous; queue, 
environ quatre pouces, un peu Iburchue; dépave les ailes de 
vingt- une lignes. 



LE GUÊPIER ROUGE ET VERT 
DU SÉKÉGAL '. 



XJCT oiseau, n". 3i8,alederausdela télé et du corps, rompris 
les GODveTlnres supérieures des ailes et celles de la queue, d'uQ 
vert brun, plus brun sur la tète et le dos, plus clair sur le crou- 
pion et les couvertures supérieures de la queue; une tache encore 
plus foncée derrière l'oeil; les pennes de la queue et dea nilfi 
rongea, teminéea de noir; la gorge jaune; tout le dessous du 
corps blanc sale; le bec et les pieds noirs. 

Longueur totale, environ six pouces; bec, un pouce; tarse, 
irotsligneset demie; queue, deux pouces; dépuse les ailes d'en-> 
viron un pouce. 



ïiE GUÊPIER A TÊTE ROUGE. 

Ox te nom de eonf/no/ convient à quelque guêpier, c'est bertaî- 
nementàcelui-ci;Gar ila une espèce de grande calotte rouge qui 
lui couvre non-seulement la tête, mais encore une partie du cou : 
il a de plus un bandeau noir sur les yeux; le dessus du corps d'un 
beau vert; la gorge jaune; le dessous dn corps orangé clair; les 
couvertures infërieurea de la queue jaunâtres, bordées de vert 
clair; les ailes et leurs convertnrea nipérieures d'un vert foncé; 

' Non* ilaTiw* ccUa nfta k H. Adioion. La fignr* at U ilacription nnt août 
«laclci qa'illa* pcncot Vttn, ajaot éli bUtt nr la paan ât l'ôbnn , imUthit 
■t cBiiKn4< an Larbûr, c'«M-lt-4ira, «ntr* dcsx fiaUlat d* papiar. 

nitffbn. II. a4 



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5,0 HISTOIRE NATURELLE 

la queue verte <)«!^sus, cendrée dessous; l'îr» rouge; le bec noir, 

et les pieds cendréa. 

On trouve cet oiseau dans les Indes orientales. Sa taille est à 
peu près celle du guêpier vert à gorge bleue. 

Longueur totale, nx pouces; bec, seiee lignes; larae, cinq 
lignes; )e doigt postérieur le plus court ; queue, vingt-une lignes, 
composée de douze pennes égales; dépasse les ailes de dix lignes. 



LE GUÊPIER VERT 
A AILES ET QUEUE ROUSSES. 

f OUR compléter la description de cette espèce nouvelle, déjà 
tort ébauchée dans la dénomination, il faut ajouter seulement 
que le vert ett pins foncé sur h partie suiiérieunt du corps, et 
plus clair wus la gorge que partout ailleurs; que les pennes des 
ailes sont Uancbes à leur origine; que leur c6te , ainsi que celle 
des pennes de ta queue, est noirâtre; les fueds d'un brun jau- 
nâtre, un peu plus longs qu'ils ne le sont ordinairement dans les 
oiseaux de ce genre, et le bec noir. 

Ce guêpier, n°. 454, ressemble beaucoup, par la couleur de 
sa queue et de ses ailes , à notre guêpier & tête jaune et bland»; 
mais il en diffère dans tout le reste du plumage : d'ailleurs il est 
beaucoup plu* petit, et n'a pas les deux pennes inlertnédiaires 
delà queue excédantes. 

On m'a assuré qu'il ne se trouvMt pas à Cayenne. Je suis d'au- 
tant plus porté à le croire, que le genre des guêpiei-s me paroît 
appartenir à l'ancien continent , comme je l'ai dit plus haut. An 
reste , M. de la Borde , qui est actuellement à Cayenne, noos 
enverra bientôt la solution immédiate de ce petit problème. 

L'ICTÉROCÉPHALE, 
ou LE GUÊPIER A TÊTE JAUNE. 

J-OE jaune de la tête n'est interrompu que par an handenn noir, 
et s'élcnd lur la gorge et tout le dessous du corps ; le dos est d'un 



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DE L'ENGO€LEVENT. Sji 

beau marron ; le i-eale du dessus du corpa est varié de jaune et 
de verl; les petites couvertures lupérieurei desnilessont bleues 
les tnoyennea variées de jaune et de bleu; et les pltia f;randes 
enlièrement jaunes ; les pennes des ailes noires , termina de 
roupie ; b queue mi-parlie de deux couleurs , jaune i aa base et 
verte à bod exU'émité ; le bec noir et les pieds jaunes. 

Ce guêpier est un peu plus gros que noire guêpier ordinaire, 
et son bec efit plus arqué. 11 ne se montre que très-nrement dana 
a de Strasbourg, dit Gesner. 



L'ENGOULEVENT '. 

L.ORsqu'iT. a'agit de nommer un animal , ou , Oe qui revient 
presque au même, de lui chobir un nom parmi tous les noms 
qui ont été donnés, il faut, ce me semble , préférer celui qui pré- 
sente une idée plua juste de la Nature, des propriétés, des habi- 
tudes de cet animal , et surtout rejeter impitoyablement ceux 
i]ut tendent k accréditer de fausses idées et à perpétuer des er- 
reurs. C'est en partout de ce principe que j'ai rejeté lea noms ds 
ttlte-ckèvn , de crapaud volant , de grand merlt , de corbeau 
de nuit , et d'hirondelle à queut carrée, donnés par le peuple ou 
{Mr lea savans à l'oiseau dont il s'agit ici. Le premier de ces noms 
« ra|^rt à une tradition, fort ancienne n la vérité, mais en- 
core plua suspecte : car il est aussi difficile de supposer à un oîseaa 
l'inslincl de téter une chèvre, que de supposer k une chèvre la 
complaisance de se laisser téter par un oiseau ; et il n'est paa 
moins difficile de comprendre comment, en la tétant réellement, 
il pourroit lui &ire perdre son lait ; aussi Schwenckfeld , ayant 
pris des informations exactes dana un pays où il y avoit dea 



I Caprimulgiu; m Angl.li, At goal-Sucket, 


:d.„.I.p«. 


inee rf 


I.SWp- 




rck, 


the cAurn-oi 


ri, h 




Lniit qu'il hit ■■■ TolantJ en proreoçal , chau 


icAs 




T.ir 








iiu-chè/r». 


chai, 


,^auJ, 


f>ule-crapaud; en Sologn*, ehaucha-brttHcht 


; diBi rOHéi 








loBnl 


■.r liei ■ r«r< 


m d( 


,m™). 




h Ri 






>H*lt., 


tauehraie on baucrale i duu qMiqaci «odroi 


Udi 


'»Bo-rgogo. 


.,àche~trappe;' 


««t-i-din, itcht-ltnin*, «• ^ m nppnt k 




Utitodc prilnd» 


ed*Uut 


IcscUmi. 











DiailizodbvGoOgle 



Xth histoire naturelle 

tioupeaux nombreuxdechbvres parqués, assure n'avoir onï Jin) 
à personne que jamais chèvre se fût laiué téler par un oiseau 
quelconque '. Il &ut que ce soitle nom de crapaud volant , donné 
 cet oiseau, qui lui ait fait attribuer une babîtude dont on sou|>- 
tonne le* crapauds , et peut-être avec un peu jdus de fondement. 

J'ai parnllemeat rejeté lee autres noms , parce que l'oiseau 
^nt il est ici quertioa n'est ni un crapaud, ni un merle, ni un 
corbeau , ni une chouette , ni même une hirondelle , quoiqu'il ait 
flvec cette dernière espèce plusieurs traits de ressemblance, soit 
dans la conformation extérieure, sait dans les habitudes; par 
exemple, dans ses pieds courts, dans son petit bec suivi d'un 
large gosier , dans le choix de sa nourriture , dans la manière 
de la prendre : mais , à d'autres égards, il en di&ere autant qu'un 
fliseau de nuit peut dlEEérer d'un oiseau de jour, autant qu'un 
oiseau solitaire peut différer d'un oiseau sociaUe, et encore jtar 
son cri , par le nombre de ses oeuft , par rhabitude qu'il a de les 
déposer it cru sur la terre , par le temps de ses voyages ; et d'ail- 
leurs on verra dans la suite qu'il existe réellement des espèces 
d'hirondelles à queue carrée, avec lesquelles on ne doit pas le 
confondre. Enfin foi conservé à cet oiseau le nom d'engoàUitiU 
qu'on lui donne en plusieurs provinces, parce que ce nom, 
quoique un peu vulgaire, peint assec bien l'oiseau, lorsque, les 
«îles déployées, l'œil hagard et le gosier ouvert de toute «a lai^ 
geur, il vole, avec un bourdonnementsourd,ftla rencontra des 
insectes , dont il Sut «a prtMe , et qu'il semble trtgouier par aspi- 
ration. 

L'engoulevent , n". 1 9? , fig. s , se noorrit en effet d'inaectea , 
et surtout d'insectes denuif^caril ne prend son essor et ne 
commence sa chasse que lorsque le soleil est peu élevé sur l'ho- 

> H. LiBium iippli^a mal k prapo* ■ l'tDfmltMDt ce ion J'OtM*: 
Cwpin dicoaln linatia litm roilrli. 

[FMI, lib.Vl,r. .J,.) 

C< T«n doit «* nppotut SBsjilioncUci. liùtou njaDta fM ladtWni aioii thim 
dcvinoint MenglùL 

*Charlet>>nditqB'iliitdefa(pM,dcbonTdi>iu,pnacip*l«mtntJauanliëw, 
a< cintharidiB. Kl<in loi a trauii dam 1« *nitricDle dei mouche, i, diSïmtcs 
BpïcM,ilepctiUMir>U«,liig»Dd>*Urcon>r«Doti.iUbiii. L* Zoo/a^» 
/nMW»'4>ur liDDU I» taignei >t In contiu; « WillDghbï In jniaa. O» .oii 
,d« M, Héb*[* ■ irou.é <liDi le p-»'" d'un de cet oiieeiii da ea petit* liaiin<4<n( 
^« l'on TDit inr la fia rie ViU. On na peut guiie doBlar qo'il us ka^ipt «Bui te 
ybalèDM vu papill^Bi |U iiuit qui h V9U'*>>( Ui mu pMStp. 



DiailizodbvGoOgle 



DE L'ENGOULEVENT. 373 

rÎEon ' ; oa s'il la commence au milieu du four, c'est lorsque le 
temp est nébuleux : dana une belle joamét, il De part que 
lorsqu'il y est krd , et dam ce caa wn vol est Ins et peu sou- 
tenu : il a les jeux si sensiblei, que le grand jour l'éblouit plu* 
qu'il ne l'éclairé, et qu'il ne peut bien voir qu'arec une lumière 
aHoiblie ; mais encore lui en faut-il un peu , et l'on ae trompe- 
rait fort si l'en se persnadoit qu'il voit et qu'il vole lorsque l'obs- 
curité est totale. Il est dans le cas des autres oiseaux nocturnes : 
tous «ont, au fond , des oiseaux de crépuscule plutôt que des oi- 
seaux de nuit 

Celui-ci n'a pas besoin de fermer le bec pour arréler \e» insectes 
qui 7 sont entraînés ; l'intérieur de oe bec est enduit d'une ea- 
})èce de glu qui paroSl filer de la partie supérieure , et qui suffit 
pour retenir toutes les phalènes et même les scarabées dont les 
ailes s'y engagent 

I«s engoulevents sont très-répandus, et cependant ne sont 
communs nulle part ; ils se trouvent , ou du moins ils panent 
dans presque toutes les régions de noire continent , depuis la 
Suède et les pays encore plus septenlnonaux jusqu'en Grfec* 
et en Afrique d'une part, de l'autre jusqu'aux Grandes-Indes ^ 
td sans doute encore plus loin. M. Sonnerat en a envoyé ua 
au Cabinet du Roi, venant de la càto de Coromandel, qui 
est sans doute nne femelle ou un jeune , puisqu'il ne diflïre guère 
du nftlre qu'en ce qu'il n'a point sur la tAte et les ailes ces tachatf 
blanches dont M. Linnsus &ît un caractère propre au mâlq 
attulte. M. le commandeur de Godeheu nous apprend qu'au moitf 
d'avril le vent du sud-ouest amène oesoiseaux à Malte ; et U. le 
chevalier des Hazis, très-bon observateur, me mande qu'ils pas- 
sent en égale abondance en automne. Oa en rencontre dans 1er 
plaines et dans les pays de montagnes , dans la Brie et dans la 
Bugey,en Sicile 'etenHt^ande, presque toujours sousunbui»' 
son ou danade jeunes taillis, ou bien autout des vignes: ils sem- 
blent préférer les terrains secs et pierreux , les bruyères, elc. Ds 
arrivent plus tard dans les pays phu froids , et ils eu parlent plua 

' Ce»t UBi danla p>r c«H Mitra qn'ÀriiUI* 1« donna poni on oiiean piTas- 

* ITnTajigcBtiiiilrBiliii*iii'apport4qii*,mr iHBonUgaBdtSicilB, oaToroit 
ce* ouHn piToltn m» lunra mnt 1< caiwAcT dn wleil, et M npMutn pont chtr- 
«her leMrnanrriturf , d« GonipisDi* itis lai£u(pi«ii, M ^n'ili lUaicnt^iwlliufaû 



DiailizodbvGoOgle 



37* HISTOIRE NATURELLE 

tôt ■; ib nichent, chemin fcMani, dans le* lieux qui leur convien- 
nent ' ,tsiit6tplusau midi, tanlât plut au nord. Ils ne «e donnent 
paa lapeinedeconslruire un nid; un petit trou qui «e trouve en 
terre on dans des pierrailles, au pied d'un arbre ou d'un roi^her, 
etque te plus louvent ils laiiiaentcomnie ils l'ont trouvé, leur sur- 
fit *. Ia femelle y dé|KMe deux ou trois œufs plus gros que ceux 
du merle el plus renibrunii * ; el quoique l'aSêclion des père et 
niËre pour leur géniture se mesure ordinairement par les peines 
et les soiia qu'ils se sonL donnés pour elle, il ne faut pas croire 
que l'engoulevent ait peu d'altachement pour ses œuk : on m'as- 
sure, au contraire, que la mère les couve avec une grande solli- 
citude , et que lorsqu'elle s'est aperçue qu'ils étoient menacés ou 
seulement remarqués par quelque ennemi { ce qui revient au 
pième ) , elle sait Ibit bien lea changer de place en les pouasant 
adroitement , dit-on , avec ses ailes , et les disant rouler dans un 
autre trou qui n'est ni mieux Irevaillé ni mieux arrangé que le 
premier, mais où elle les juge apparemment mieux cachés. 

La saison où l'on voit plus souvent voler ces oiseaux , c'est 
l'automne. En (général , ils ont à peu près le vol de la bécasse el 
les allures de la chouette. Quelquefob ils inquiètent et dérangent 
beaucoup les chaaaeun qui sont à l'aSut. Mais ils ont une habi- 
tude asses singulière et qui leur est propre : ils feront cent Ibis 
de suite le tour de quelque gros arbre eSeuillé, d'un vol fort 
irregulier et fort rapide; on les voit de temps à autre s'abatlre 
brusquement et comme pour tomber sur leur proie, puis se re- 
lever tout aussi brusquement, lis donnent sans doute ainai la 
chaaae aux losecles qui voltigent autour de ces sortes d'arl»ea : 

• Eo Angletcin, iU irriinit utIi Gn <1« mi, <t ÏU •'<n tudi tci* I> nilira 
il'iallt, luiTint 11 Zoologie iritosnjf ue. En Fnnce, W. H^btit en ■ m dau 
le mois d« noicmbrc : un <:hau«iir a\ wnii « avoir m t'hiTar. 

■ Lea chiiKun qut j'ii cimiiiltfi pr^tïDdcnt ^'ili ot nUlinit p» d«iu la ciB' 
toD de U BoQT^rî^a qoa j*habita (t'Àoxoii), et qu^ili d^ paraùaenlqKC Jam la 
tampi dri Tflidiagu. 

i Telle Mt l'opinion la plsi gJniralnnaDt re^e ; naii j« a» doit pu dMÛaialcr 

H. Galarna dil aiuii tjat M. de Rtannnr a tb on nid da cnpaad -nilant on il 
J aToit troii <ni& . etc.; maii il dil an mCne endroit qiiele cnpavd lolnt ne fait 
paiat da sid. Il ■ donc lanln dire que H. de lUaniaui aToit n l'endroit oà ana 
Inelle de cette eaptce aTOit ponda aei vofi. 

4 Ile lont oUoDgi, blancUtretetticbetiidebnin, ditH. Saleme; mirbria 
de t>T<in et d* ponrpre Hr un fond blani: , dit le comte de Ginaoni dam l'Orni- 
thologie italienne : celui-ci ajoute qne la coqne eo 



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DE L'ENGOULEVENT. ijS 

mnis il est très-rare qu'on puiue , dans cette ctrconaUnce , le* 
approchera la portée du iusil ; lorHju'on d'avance, il» diiparoi»- 
sent fort promptement et saiu qu'on puiue décoavrir le lieu 
de leur retraite. 

Comme ces oiseaux volent le bec ouvert , ainsi que je l'ai re- 
marqué plus haut, et qu'ils volent asses rapidement, on com- 
prend bien que l'air, entrant et sortant continuellement, éprouve 
une collision contre les parois du gosier, et c'est ce qui produit 
lin bourdonnement semblable au bruit d'un rouet i filer. Ce 
bourdonnement ne manque jamais de se &ire entendre tandis 
4]u'il8 volent , parce qu'il est l'effet de leur vol , et il se varie sui- 
vant les diflërens degrés de vitesse respective avec lesquels l'air 
s'enj^oufTre dans leur large gosier. C'est de là que leur vient le 
nom de wh-el-bird, sous lequel ils sont connus dans quelques 
provinces d'Angleterre. Mais est-il bien vrai que ce cri ait passé 
fténéralement pour un cri de mauvais augure, comme le disent 
Belon, Klein, et ceux qni les ont copiés? ou plutôt n« seroit-c» 
pas. une erreur me d'une autre méprise, qui a &it confondi-e 
l'engoulevent avec l'elTraîe? Quoi qu'il en soit, loraqu'ila sont 
posés, ils Font entendre leur cri véritable, qui consiste dans un 
son plaintif répété trois ou quatre fois de suite; mais il n'est pas 
bien avéré qu'ils ne le fissent jamais entendre en volant. 

lisse perchent rarement; et lorsque cela leur arrive, on pré- 
tend qu'ils se posent, non en travers comme Its autres oiseaux , 
mais longitudinalement sur la branche qu'ils semblent chocher 
ou rocher comme le coq tùX la poule, et de là le nom de chauche- 
brandie. Souvent, lorsqu'un oiseau est connu dans un grand 
nombre de pays dilTérens, et qu'il a élé nommé dans chacun, il 
«uffit, pour faire coniioitre ses principales habitudes, de rendre 
raison de ses noms divers. Ceux-ci sont des oiseaux très-solitaires: 
la plupart du temps on les trouve seuls, et l'on n'en voit guère 
plus de deux ensemble ; encore sont-ils souvent à dix ou dointe 
pas l'uD de l'autre. 

J'ai dit que l'engoulevent avoit le vol de la bécasse, et l'on 
peut dire la même chose du plumage: car il a tout le dessus du 
cou , de ?a tète et du corps , et même le dessous, joliment variés 
de gris et de noirâtre, avec plus on moins de roussâtre sur le 
cou, les scapulaires, les joues, la gorge, le ventre, les couver- 
tures et les pennes de la queue et des ailes; tout cela distribué de 
iiiantiTeqiie Jeu teintes les plus foncées régnent sur le dessus du 
lu tclo, la -gt^rge, la poitrine, la partie antL-i'ioure du>^luii.et leur 



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Sf6 HISTOIRE NATURELLE. 

extrémité : mai* celle distribution est «î variée , In détails en aont 
ai tnultl[}ti«« et d'une » grande fineMe , que l'idée de la choae a» 
penlroit dans les particularités d'une description d'autant plus 
obscure qu'elle seroit plus minutieusement roni|>léle; un tetA 
coup d'ocit BUT l'oiseB», oti du moins sur son ix>rtrail, en ap- 
prendra plus que toutes les paroles. Je me contenleni donc d'a- 
jouter ici les attributs qui cantctérisent l'engoulevent. Il a la 
mâchoire infêrieure bordée d'une raie blanche qui se prolonge 
jusque derrièra h tête; une tâche delà même couleur sur le côté 
intérieur des trais premiferes pennes de l'aile et au bmit des deux 
ou trois pennes les plus extérieures de k queue , maïs ces tarbea 
blanches sont propres au mâle, suivant M. Linnenis'; la lêle 
grosse; les yeux trèfl-sailtans; l'ouverture des oreillea considé- 
rable; celle du gosier dix fois phis grande que ceUe du bec; la 
lec petit, plat, un peu crochu; la langue courte, pointue, non 
divisée par le bout; les narines rondes , leur bord saillant sur le 
bec; le ci^ne transparent; l'ongle du doigt du milieu dentelé dH 
cdté intérieur, comme dans le héron ; enfin les trois doigis an- 
térieurs unis par une membrane jusqu'à la première phalanga 
On prétend que la chair des jeunes est un ass» bon manger, 
quoiqu'elle ait un arrière-go&t de fourmi. 

longueur totale, dix pouces et demi; bec, qiiartone lignes; 
tai'se,Beptligne«, garni de plumes presque jusqu'au bas; doig;tdu 
milieu, neuf lignes; doigt postérieur le plus court de tons, n« 
devrott point s'appeler postérieur, w qu'il a beaucoup de dis- 
position à se tourner en avant, et que souvent il y est toarné 
tout-A-fkit; vol, vingt-un pouces et demi ; queue, cinq pouces, 
carrée , composée de dix pennes seulement; dépwae là ailes do 
quinze lignes. 



■ Willnghbr > ahftiyi an incbiidit CD qui cet Uchci ttoi«at â'no )i«n* plli ^ 
UioUci da noir et peu ininpién. r*i obterré U nlnia cboM wr dcoi indiiidni. 
C« •ont tppunmmnit le* frmiUci. L'un de c« iadiiïdu étoU ^ba petit ^a 1*> 
suint j <t i'iijiigsquc'iMttiiBC jcwM fuialk. 



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SUITE DE L'ENGOULEVENT, 



OISEAUX ÉTRANGERS 
QUI ONT RAPPORT A L'EHGOULEVEHT. 

Vi oHMB il n'y a qu'une seule eip^ de ce genre étaLlie dam le* 
trou partiel de l'ancien conllnent, et qu'il s'en trouve dix ou 
doEixe établie* dan* le nouveau, on pourroit dire, «vec quelque 
fondement, que l'Amérique e«t la principale rétidenee de cm 
oiseaux, le vrai lieu de leur origine, et par conséquent regarder 
notre race européenne comme une race étrangère, séparée de sa 
tige, exilée, transportée par quelque cas Jbrtuit dans un autr* 
univers , où elle a fondé une colonie qui sembleroit devoir élra 
toufours subordonnée i la race mère, et ne devoir jamais lui 
disputer le pas dans aucun genre. D'après cela, on pourroit in- 
férer que nous aurions dû commencer l'histoire de cette Jàniilla 
par les races américaines qui représentent ici la métropole; et 
nous aurions en effet suivi cet ordre, qui, sons ce point de vue, 
parott être celui de la Nature, si nous n'eussions été déterminés 
par des raisons encore plus fortes à suivre un ordre lout difle- 
rent, et cependant tout aossi naturel, du moins plus analofjne à 
la nature de notre enlendemeni; ordre qui consiste à procéder 
dn plus connu an moins connu, et nous prescrit à nous autres 
Européens de commencer l'bistoire d'une classe d'animaux quel- 
conque par les espèces européennes, comme étant les plus con- 
nues dans les pays où nous écrivons , et les plus propres à jeter 
de la lumière sur l'hislotre des espèces étrangères ' , sauf aux na- 
turalistes américains à commencer l'histoire qu'ib feront de la 
Nature (et plût eu ciel qu'ils en fissent une!) par les produc- 
tions de l'Amérique. 

■ dit p» «tt« ibIiu nUon qm* j'ii connmcj l'kutairc du coscOD p» ulla 
de l'fiptcs mop^eonf, et qug j'ii caniid^i4 cdis-ci contma Jtint le tmnc com- 

^ne j'*i dit déni eetlt inppotiliOD ne h IronTe p» nDin mi : ilM« IDUjonnmi 
de dira qne In recei praitaenl d'un trooc coamaii l'éloignersot d'iutaot phu 

ii<]UE qn'evec cellei d'Afriqne et d'Aiie, doit ttre cesice dériier oanteUeniiiiL et 
lanMialinent de U rice aD^tietine , laqagU* peut all»4atiii* lu* iuu, iiui4 
fini ■BtieiiDeneBl, de U ncc uietiqa*. 



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37» HISTOIRE NATURELLE. 

Le> principaux atEributa qui appartiennent aux engoulerenis, 
c'est un bec aplati à m baae, ayant la pointe l^ùrement ci-ochue, 
petiten apparence , mais suivi d'une large ouverture , plu* large 
que la tête, dia«it certains auteurs; de gros yeux saillans, vrais 
yeux d'oise«ux nocturnes, et île longue* mouitachesnoiresaulour 
du bec. Il résulte de tout cela une physionomie morne et stupidc, 
mais bien caractérisée ; un air de famille lourd et ignoble , tenant 
des martinets et des oiseaux de nuit, mais si bien marqué, que 
l'on dislingue au premier coup d'ceil un engotdevent de lo«il 
autre oiseau. Ils ont, outre cela, les aïles et la queue longues, 
«elle-ci rarement et très-peu fourchue, composée dedix pennes seu- 
lement; les pieds courts et leplus souvent paltus;les Irais doiglsan- 
têrieun liés ensemble par une membrane jusqu'âleur première ar* 
ttculatÏMi^leduigtposlérieiirmobileet se tournant quelquefiMS en 
nvant ; l'ongle du doigt du milieu dentelé ordinairement sur son 
Iiord intérieur; la langue pointue et non divisée par le bout ; les 
narines tubulées, c'est-à-dire, que leurs rebords saillans forment 
sur le bec la naissance d'an petit tube cylindrique-, l'ouverture des 
fireilles grande, et probablement l'ou'i'e très-fine: il semble au 
moins que cela doit être ainsi dans tout oiseau qui a la vue foi- 
ble, et le sens de l'odorat presque nul ; car le sens de l'ouie étant 
alors te seul qui puisse l'aviser de ce qui se passe au dehors à une 
certaine distance, il est comme forcé de donner une grande at- 
tention aux rapports que lui fait ce sens unique, et de le disposer 
-de la manière la plus avantageuse ; ce qui ne peut manquer, à la 
longue, de le modifier, de le perfectionner, du moins quant aux 
bruitsquisontrelaU&àsea besoins, et en même temps d 'in Suer 
sur la ctMiformation des pièces qui composent cet organe. Au 
reste , on ne doit pas se persuader que tous les attributs dont j'ai 
fait rénumération apportieanent sansexceplioa à chaqueespèce: 
4|uelques-unea n'ont point de moustaches; d'autres ont plus dv 
dix pennes à la queue ; d'autres n'ont pas l'ongle du milieu den- 
telé; quelques-unes l'ont dentelé, non sur le bord intérieur* 
mais sur l'extérieur; d'autres n'ont point les narines tubulées; 
dans d'autres enfin, le doigt postérieur ne paroSt avoir aucune 
diqiosition à se tourner en avau t. Mais une propriété commune 
;i toutes les espèces , c'est d'avoir \ea organes de la vue trop sen- 
nlbles pour pouvoir soutenir la clarté du jour; el de œlte seule 
propriété dérivent les principales différences qui séparent le 
^cnre des engoulevents de celui des hirondellea : de là l'habitude 
'{u'ont ces oiseaux de ne sortir de leur retraite que le soir tm 



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SUITE DE L'ENGOL'LEVEST. 379 

«iDcherduMlcil, et d'y rentrer le matin avnnt ou peu après sou 
lever : de là l'habitude de vivre uoiée et Iristemenl seuls; car 
l'eflèt naturel des ténèbres est de rendre les animaux qui y sont 
candamnés, tristes, inquiets, défians, et par conséquent sau- 
vages : de là U différence du cri -, car 00 sait combien, dans les 
animaux, le cri est modifié par les affections intérieures ; de li 
encore , selon moi , l'habitude de ne point faire de nid; car ilfàat 
voir pour cboisir les matériaux d'un nid , pour les employer, les 
«iitrelacer, les mettre chacun k leur place, donner la forme au 
tout, etc. Nul oiseau, que je sache, ne travaille à cet ouvrage pen- 
dant la nuit , et la nuit est longue pour les engoulevents , puisqua 
sur vingt-quatre heures ils n'ont que trois heures de crépuscule, 
pendant lesquelles ils puissent exercer avec avantage la tâculté de 
voir : or ces trois heures sont à peine suffisantes pour satisfaire 
au premier besoin, au besoin le plus pressant, le plus impérieux, 
devant lequel se taisent tous les autres besoins, en un mot, au 
besoin de manger. Ces trois heures sont à peine suffisantes, parce 
qu'ils sont obligés de poursuivre leur nourriture dans le vagua 
de l'air, que leur proie est ailée comme eux, fuit l^èrement, 
leur échappe, sinon par la vitesse, du moins par l'irrégularité 
de son voi, et qu'ils ne peuvent s'en saisir qu'à force d'allées «I 
de venues, de ruses , de patience , et surtout à force de temps ; il 
ne leur en reste donc pas assez pour construire un nid. Par la 
même raison , les oiseaux de nuit, qui sont organisés à peu prèa 
de même, quant au sens de la vue, et qui, pour la plupart, 
n'ont l'usage de ce sens que lorsque le soleil est sous l'hormonon. 
près d'y descendre , ne font guère plus de nids que les engou- 
levents , el , ce qui est plus décisif, ne s'en occupent qu'à propor- 
tion que leur vue, plus ou moins capable de soutenir une grande 
clarté, prolonge pour eux le temps du travail. De tous les hi- 
boux , le grand duc est le seul que l'on dise &ire un nid , et c'est 
aussi de tous celui qui est le moins oiseau de nuit, puisqu'il voit 
asseiB clair en plein jour pour voler et fuir à de grandes distances '■ 
La pelitechevêche, qui poursuit et prend les petits oiseaux avant 
le coucher el après le lever du soleil , amasse seulement quelques 
ièailles, quelques brins d'herbe, et dépose ainsi ses oeufs, point 
lout-à-&it à cru, dans des troua de rochers ou de vieilles murailles; 
enfin le moyen duc , l'effraie, hi hulotte et la grande chevêche, 
qui, détentes les espèces nocturnes, peuvent le moins supporter 

' Vojrtt lomc IX d« c*tu Eirtoin naturtlU. 



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S^î» HISTOIRE NATURELLE, 

h présence du soleil, pondent suMi dana de* troas KmUablF* 
•u dam des arbres creux , Biais sans y rien ajouter , ou dtma dt> 
nida étrangers qu'as trouvent lout bits; et j'oae assurer qu'il en 
est de même de tous les oiseaux qui , par le vice d'une trop grande 
sensibilité, ou, si r<Hi veut, d'une trop grande perfection des 
organes visuels, sont ofiusqués , aveuglés par la lumière du jour, 
au lieu d'en être édajréa. 

Un autre effet de cette nconunode perfectï(»i, c'est que les 
engoulevents , ainsi que les autres oiseaux de nuit, n'ont aucune 
routeur éclatante dans leur plumage, et sonlmême privés de ce* 
yeOeti ridies et dungeana qui bnU«it sur la robe, asaea mo- 
deste d'ailleurs , de nos hirondelle* r du Uanc et du noir, dn gris 
qui n'eat que le mélange de l'un et de l'autre, et du roux , font 
toute leur parure , et se broailleot de manière qu'il en résulte un 
longénésal de couleur sombre, conâis et terne: c'est qu'ils fuient 
la lumière, et que U lumière est , comme l'on sait , U source 
première de toutes les belles couleurs. Nous voyons les linotte* 
perdre sous nos yeux, dans les prisons où nous les tenons ren- 
fcrmées, le beau rouge qui fiiisoit l'ornement de leur plumage, 
lorsqu'à cbaque aurore cUes pouvoïeiU saluer en plein air la lu- 
Biière naissante, et toat le long du jour se pénétrer, s'knbibery 
pour ainsi dire, de se* brillantes influences. Ce n'est point dan* 
la froide Norwége , ni dans la ténébreuse Lâponie , que l'on troure 
les oiseaux de paradis, les cotingas, les fiamands, les perroquets, 
les colibris, les paons; cen'est pas mâmedanscesclimntsdiagracics 
que sefbrment les rubb, le saphir, la topeae; en&i lea fieuraqui 
croissent comme malgré elles , et végètent tristement sur une 
cheminée ou dans l'ombre d'une serre entretenue à grands Irais, 
n'ont pa* cet éclat vif et pur que le soleil du printemps répand 
avec tant de profusion sur les fleura de nos parterres et mèuie 
sur celles de nos prairies. A la vérité, les phalènes ou papillons 
de nuit ont quelquefois de Êirt belles couleurs : mais cette excep- 
tion apparente con&nne mon idée, ou du moins ne la cootredit 
pas; car d'habiles observateurs ont remarqué que ceux de ces 
papillons nocturnes qui voltigent quelquefois le jour, soit pour 
chercher leur nourriture , soit pour s'apparier, et qui ne sont par 
conséquent nocturnes qu'à demi, ont les ailes peintes de couleurs 
plus vives que les vérilables phalènes, les véritable* papillons de 
nuit, qui ne paraissent jamais tandis que le soleil est sur l'hori- 
zon. J'ai même observé que la plupart de ceux-ci ont des couleurs 
lusez semblables à oellos de* engoulevents ; et si dans le grand 



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SUITE DE L'EITGOULEVENT. 38i 

nombre îl s'en Ironve qui en aient de belles , c'eat parce que le* 
couleurs clu papillon ne peuvent manquer d'être d^à fort ébau- 
chées dans sa larve , et que les larve* ou les dienilles des phalènes 
n'éprouvent pas moins l'action de la lumière que les chenilles des 
papillons diurne*. Enfin les cfaryMlides de ceux-ci, qui sont tou- 
jours sans enveloppe, toujours exposa k l'air libre, ont pour U 
plupart des Txiuleurs éclatantes, et quelques-unes semblent ornées 
de paillettes d'or et d'argent que l'on chercheroit vainement sur 
les chrysalides des phalènes , la plus souvent renfermées dans des 
coques ou enfouies dans la terre. En voilà assez, oe me semble, 
pour m'autoriser à croire que lorsqu'on aura fait des observa- 
tions suivies et comparées sur la couleur des plumes des oiseaux, 
des ailes des papillons , et peut-éire du poil des quadrupèdes, on 
trouvera que, toutes choses épies d'aîUeurs, les espèces les plus 
brillantes, les plus riches en couleurs, seront presque toujours 
celles qui, dans Jm différens états, auront été le f^us à portée 
■d'éprouver l'action de U lumière. 

Si mes conjectures ont quelque fondement, les personnes qui 
Infléchissent verront sans beaucoup de surprise combien un 
sens de plus ou de moifis, ou seulement quelques degrés da 
sensibilité de plus ou de moins dans un seul organe, peuvent 
«ntrainer de différences considérables, et dans les habitudes 
nalurelles d'un anima), et dans ses propriétés tant intérieures 
qu'extérieures. 

I. L'ENGOULEVENT DE LA CAROLINE. 

S , comme îl y a toute apparence, fEnrope doit les engou- 
levents à l'Amérique, c'est ici l'espèce qui a franchi le passage du 
nord pour venir établir une colonie dans l'ancien continent Je 
le juge ainsi, parce que cette espèce habitant l'Amérique septen- 
trionale, s'est trouvée plus à portée des contrées encore plus 
septentrionales, d'où le passage en Europe étoit facile, et qus 
d'ailleurs elle ressemble fort à la nôtre, et pour la taille, et pour 
les couleurs: entre autres marques communes, elle a U mâchoire 
inférieure bordée de blanc, et une tache de même couleur sur 
le bord de l'aile. Son principal trait de dissemblance, c'est qu'au 
lieu d'être variée sous le corps par de petites lignes transver- 
sales, elle l'est par de petites lignes longitudinales, et qu'elle a 
le bec plus long. Mais une si grande difTérence de climat n'au- 
roit-clle pas pu produire des différences encore plus considé- 
cablcs dana la forme et le plumage de cet oiseau? 



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SSa HISTOIRE NATURELLE. 

Voici ce que Catesbjr nous apprend do ses habitudes natu- 
relles : il se montre le soir , mais jamais plus fréquemmeiil quo 
lortque le temps est couvert; et de U sans doule son nom d'a»- 
teaudepluU, qui lui est commun avec plusieurs autres otseaax; 
il poursuit, la gueule béante, les insectes ailés dont il fàil ta 
]>à(ur«, et ton vol est accompagné de bourdonnement; enfin il 
])ond à terre des œufs semblables A ceux de vanneau. On voit 
que chaque trait de cette petite histoire eat un trait de confor- 
inité avec l'histoire de notre espèce européenne. 

Longueur totale, onze poucei un quart; bec, dix-neuf lignes, 
environné de moustacbes noires; tarte, huit lignes; ongle du 
milieu doitelé k l'intérieur; les trois doigts antérieurs liés par 
lute membrane qui ne passe pas la première articulation ; queue, 
quatre pouces; dépasse les ailes de seise lignes. 

IL LE WHIP-POUR-WILL 

Je conserve le nom que les Virginiens ont donné à cette 
espèce, parce qu'ils le lui ont donné d'après son cri, et que pac 
cela seul il doit être adopté dans toutes les langues. 

Ces oiseaux arrivent en Virginie vers le milieu d'avril, sur- 
tout dans la partie occidentale , et dans les endroits montagneux: 
c'est là qu'on les entend chanter ou plutôt crier pendant la nuit 
d'une ^'oix si m'guë et si perçante, tellement répétée et multi- 
pliée par les échos des montagnes, qu'il est dîlbcile de dormir 
dans les environs. Ils commencent peu de minutes après ie 
coucher du soleil, et continuent jusqu'au poiut du jour. Ib 
descendent rarement sur les côtes ; plut rarement encore ils pa- 
roissent pendant le jour. Xieur ponte est de deux oeufs d'un vert 
obscur, varié de petites taches et de petits traits noirâtres; la 
femelle les dépose négligemment au milieu d'un sentier battu, 
sans construire aucun nid, sans mettre ensemble deux brins de 
mousse ou de paille, et même Hins gratter la terre. Lorsque ces 
oiseaux couvent, on peut les approcher d'assez près avant qu'ils 
s'envolent. 

Plusieurs les regardent comme des oiseaux de mauvais augure. 
Les sauvages de la Virginie sont persuadés que les Âmes de leun 
ancêtres, massacrés autrefois par les Anglais, ont passé dans le 
corps de ces oiseaux; et pour preuve, ils ajoutent qu'avant cette 
époque on ne les avoit jamais vus dans le pajs. Mais cela prouve 
feulement que de nouveaux habitaas appwlent de nouvelle* 



D,a,l,zt!dbvG00glC 



SUITE DE L'ENGOULEVENT. 58^ 

cnllni-es, et que de nouvelles culture* attirent des espèces nou- 
velle». 

Ces oiseaux ont le dessus de la tête et de tout le corps, jusqofs 
et compris ]es couvertures supérieures et les pennes de la queue, 
et même les pennes moyennes des ailes, d'un brun foncé, rayé 
Iransversalemenl de brun plus clair, et parsemé de petites tanhes 
«le cette même couleur, avec un mélange de cendré fort irré- 
gulier; les couvertures supérieures des ailes, de même, semées 
de quelques tacbes d'un brun clair ; les grandes pennes des ailes , 
noires: les ciuq pi'emîères marquées d'une tache blanche vers 
le milieu de leur loufiueur; et les deux paires extérieures de la 
rjiieue marquées de même vers le bout; le tour des yeux, d'un 
brun clair tirant au cendré; une suite de taches orangées qui 
jirend à la base du bec, passe au-dessus des yeux, et descend 
«ur les c£(és du cou ; la gorge couverte d'un large croissant ren- 
versé, blanc dans le haut, teint d'orangé dans le bas, et dont 
les cornes se dirigent de chaque côté vers les oreilles; tout le 
i-este de ht partie inférieure, blanc teinté d'orange, rayé trans- 
versalement de noirâtre; le bec noir, et les pieds couleur de 
cliair. Cet engoulevent est d'un tiers plus petit que le nâtre, et 
a les ailes plus longues à proportion. 

Longueur totale, huit pouces; bec, neuf lignes et demie, sa 
base entourée de moustaches noires; tarse, cinq lignes; l'ongle 
«lu doigt du milieu, dentelé sur son bord intérieur; queue, trois 
}K>uces un quart ; m dépasse point les ailes. 

m. LE GUIRA-QTJEREA. 

Quoique M. Brisson n'ait fait aucune distinction enlre le guira 
tiécrit par M. Sloane et aiaî décrit par Marcgrave, je me crois 
fondé à les distinguer ici, du moins comme variétés de climat 
J'en dirai les raisons en parlant du guira de Marcgi-ave. Celui 
de M. Sloane avoit la lële et le cou variés de couleur de tabac 
d'Espagne et de noir; le ventre et les couvertures supérieures de 
la queue et des ailes, variés de blanchâtre; les pennes de la queue 
et des aOes ,. variées de brun foncé et de blanc ; U mAchoire inté- 
rieure presque sans plumes; la tête, au contraire, en étoit char- 
gée; les yeux saillans hors de l'orbite d'environ trois lignes; la 
pupille bleuâtre , et l'iris orangé. 

Cet oiseau se trouve au Brésil; c'est un habitant des bois , qui 
vit d'insectes , et ne vole que U nuit 



DiailizodbvGoOgle 



384 HISTOIRE NATURELLE. 

Longiienr totale, «eise pouces; bec, deux poiioes, de ferme 
triangiiUire; w base, troia pouces; le aupérieur un peu crocbu, 
bardé de longuea mouatRchea ; narinea, dans une rainure asseï 
connidérable ; gosier à large ouverture; lane, trois lîgnet *; vol, 
trente poucei; queue, huit pouces; langue petite et triangu- 
laire; eatomac blanchitra, peu muaculeux, contenant dn tca- 
rabéea & demi digérés; foie rouge, divisé en deus lobes, l'un 
adroite, l'autre à gauche; les intestins roulés en pluneuracircoii- 

Le guira de Man;grav« avoit d«DX cantctères Irès-apparens 
qui ne se trouvent point dans la description de M. Slonne, et 
qui cependant n'auroient pu échapper à un tel observateur; js 
Tfiux dire un collier couleur d'or, et les deux pennes intermé- 
diaires de k queue beaucoup plus longues que les lalénlts. 
D'ailleurs il est plus petit, car Marcgrave ne le &it poa plus gnw 
qu'une alouette; et il est difficile de suppowr k une alouette ou 
H tout autre oiseau de cette taille une envergure de trente jiouoes, 
comme l'avoit le guira de M. Sloane. Tout cela , joint à qoel- 
ques autres diSërences de plumage, m'autorise à regarder celiù 
de Marcgrave comme une variété de climat. Il avoit la lèle 
large, comprimée, assez grosse; les yeux grands; un petit bec 
i large ouverture; le corps arrondi; le plumage d'un cendré 
brun, varié de jaune et de blanchâtre; un collier de couleur 
d'or teinté de brun; lea bords du bec près de la base, hérisKs 
de longues moustaches noires; les doigts antérieurs liés par un« 
membi-ane courte; l'ongle de celui du milieu dentelé; les ailes 
de six pouces; la queue de huit, compris les deux pennes inler- 
médiaires qui excèdent les latérales. 

IV. L'IBIJAU. 

On retrouve dans cet oiseau du Brésil tous lea Btlributado 
engoulevents; tète large et comprimée, gros yeux, petit bec, 
large gosier, pieds courts, ongle du doigt du milieu dentelé sur 
«on bord intérieur, etc. Mais une chose qui lui est propre, c'est 
l'habitude d'épanouir sa queue de temps en temps. Il a la tète et 
tout le dessus du corps noirâtres, semés de petites taches, la 



Il ilMpieildMplaicaDrt*, tcUlirtnent '«la laDgannlc KSu 
ilU Dan <l*a/><>Â pu nccUïnca. 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE DE LENGOULEVENT. 385 

plupart blanches, quelques-unes leintées de jaune; le dessous <lu 
corps, blanc, varié de noir comme dans l'éperrier, et les pieds 
Uancs. 

Sa taille est k peu près celle de l'hirondelle ; il a la langue 
tm-petîte; lesnarineidécourertes; tarse, six lignes; queue, deux 
pouce« ; ne dépasse point les ailes. 

yariêUa de Pibijau. 

I. Le pttit engoulevent tacheté de Cayenne , n.". jSi. Il a beau- 
Coup de rapiïorta avec l'ibijau , et par sa pelitesse, quoique moin- 
dre, et parla longueur relative de ses ailes , et par ses autres pro- 
portions, et par son plumage noirâtre tacheté d'une couleur plus 
ulaire : mais celte couleur plus claire est du roux on du gris dftns 
tout le plumage, excepté sur le cou, lequel porte en sn partie 
antérieure une espèce de collier blanc, dont Marc^rave n'a point 
parlé dans la description de l'ibijau, et qui fiiit la marque dis- 
tinclive de cette variété; die a aussi le dessous du corps plus rem- 
bruni. 

Longueur totale, huit pouces; bec, quinze lignes , noir, garni 
de petites moustaches; queue, deux pouces et demi. 

II. Le irranf^i&f/au.Cen'cst en elfet qu'une variété en grandeur, et 
la différence est considérable à cet égard. Celui-ci est de la taille 
d'une chouette , et il a l'ouverture du bec si grande, qu'on y met- 
Iroit le poing:du reste, ce sont les mêmes couleurs et les mêmes 
l-.roportions. Marcgrave ne dit pas qu'il ait l'habitude d'épanouir 
sa queue comme le petit ibijau ; il dit encore moins qu'il ait une 
corne sur la partie antérieure de la tËte, et derrière cette corne 
une petite huppe , comme on pourroit ae le persuader d'après la 
figure. Mais on sait combien les figures données par MarcgraTfl 
sont pe» exactes, et combien il est plus sûr de s'en rapporter 
nn texte : or le texte dit que le grand ibijau ne diftère abso- 
himent du petit que i>ar la taille; et comme d'ailleurs il ne 
donne au petit ibijau ni huppe ni corne, on peut, ce semble, 
conclure âvec tonte probabilité, que le grand n'en a point non 
plu.. 

On doit rapporter à cette espice le grand engoulevent de 
Cayenne, n°. 3a5, soit à cause de sa grande taille, soit i cause da 
son plumage lachelé,de noir, de&uve et de blanc , principalement 
aur le dos, les ailes et la queue. Le dessus de la tête et du cou. 
tt le dessous da corps, sont rayés transventtlement dediversea 

Buffbn. 11. 35 



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.■ÎS6 HISTOIRE satuhfxli:. 

teinte» de ce» mi'ines couleiirs : mats la teinte j^énérale de h poi- 
trine est plus brune, et forme une espèce de ceinture. M. de 
Sonini en a vu un dont le plumage éloit plus retnbninîj on l'a- 
\o\\. trouvé dans le creux d'un très-gros arbre : c'est la demeure 
ordinaire de cet engoulevent ; mais il préfère les arbres qui sont 
à [>orlée des eaux. Il est à la fois le plus grand des oiseaux de ce 
i;enre connus à Cnyenne et le plus solitaire. 

Longueur totale, vinf;t-un pouce»; bec , trois pouces de long 
et aillant de large ; le supérieur a une forte échsncrure des deux 
tôle» pr&s de sa pointe, l'inférieur s'emboîte entre deux échan- 
crures, et il a ses bords i-enversés en dehors; narines non sail- 
lantes et couvertes par le» plumes de la base du bec qui revien- 
nent en avant; tarse, onze lignes, garni de plumes presque 
jiisqu'anx doigis; ongles crochu», creusés par-dessous en gout> 
Itère, cette goutlitre divisée en deux par une arête longitudinale; 
l'ongle du doigt du milieu non dentelé; ce doigt est fort grand, 
et paroît plus Inrge qu'il n'est en effet, à caused'un rebord mem- 
Itraneux qu'il a de chaque côté; queue, neuf j^muces, un peu 
étagéc; les ailes la dépassent de quelques lignes. 

V. L'ENGOULEVENT A LUNETTES, OU LE HALEUR. 

On a cru voir quelque rapport entre les narines saïllanlea de 
cet oiseau el une paire de lunettes : de là son nom A' engoulevent 
à lunettes. Quant à celui de haleur, on juge bien qu'il doit avoir 
rap))Ort à sou cri. 

Cet engoulevent vit d'insectes comme tous les autres, et res- 
semble, )>ar la conformation des parties intérieures, au guira de 
M. Sioane , avec lequel il va de compagnie ; car il se trouve à ta 
Jamaïque comme le guira , el de plus à la Cuiane. Son plumage 
csl varié de gris, de noir et de feuille-morte ; mais les teintes 
sont plus chires sur la queue et les ailes : il a le bec noir , les 
pieds bruns, et bœucoup de plumes sur la (ête et aous U 
gorge. 

Longueur, suivant M. Sioane, sept pouces; bec petit à grande 
ouverture, le supérieur un peu crochu, long de trois ligne» (sans 
doute à compter depuis la naissance des plumes du front ), bordé 
d'* moustaches noires; tarse avec le pied, dix-huit ligues; vol, 
dix ponces : sur quoi il faut remarquer, i *. que ces mesures ont 
été prises avec le pied anglais, un peu plus court que le nôtre; 
W. q^ue 1^. BrissoQ îndiq,us d'autres mesures que M. Sloauc, 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE DE T/ENGOULETENT. 3S? 

mais que, selon loute ajijiaretice, illea a empruntées Je în fîgm-e 
doniiùe t»r M. Sloane lui-même, laquelle est bcaticoiip plus 
grande que ne le suppose le texte de cet auteur, pris à la lettre ; 
3". que dans cette hypothèse, qui n'est pas sans vraiseinblance, 
la longueur de l'oiseau , fixée à sept pouce* par M. Sloane, semble 
devoir se prendre de la base du bec à la base de la queue, ce qui 
concilieroit les dinaeiisions de la figure avec celles qui sont énon- 
cées dans le texte. Cependant je ne dois pas dissimuler que 
M. Roy , sans s'arrêter à la figure de l'oiseau donnée par M. Sloane, 
et sans prendre garde qu'il est fort rare que l'on donne de pa- 
reilles figures grosaien, s'en tient à la lettre du texte, et regarde 
«et ei^oulevent comme un très-petit oiseau. 

VI. L'ENGOULEVEMT VARIÉ DE CAYENNE. 

Tous les oiseaux de ce genre sont variés, mais celui-ci, n". 760, 
Test plus que les autres; c'est aussi l'espèce la plus commune dans 
l'ile de Cayenne. Cet engoulevent se tient dans les plantages, les 
chemins et autres endroits découverts : lorsqu'il est à terre, it 
fait entendre un cri faible, toujours accomjMgnè d'un mouve- 
ment de trépidation dans les ailes ; ce cri a du rapport avec celui 
du crapaud ; et si l'engoulevent d'Europe en avoit un semblable, 
un aurait été bien fondé à lui donner le nom de crapaud-volant. 
Celui de Cayenne, dont il s'agit ici, a encore un autre criqui 
n'est pas fort différent de l'aboiement d'un chien : il est peu fa- 
rouche , et ne part que lorsqu'on est Ibrt près ; encore ne va-t-il 
pas loin sans se poser. 

Il a la le te rayée finement de noir sur un fond gris, avec quel- 
ques nuanc'es de roux ; le dessus du cou rayé des mêmes cou- 
leurs , mais moins nettement; de chaque côté de la tête cinq 
liandes parallèles rayées de noir sur un Ibnd roux i la gorge blna- 
clie, ainsi que le devant du cou ; le dos rayé transversalement . 
de noirâtre sur un fond roux; la poitrine et le ventre rayés aussi, 
mais moins r^uUèrement, et semés de quelques taches blan- 
ches; le bas-ventre et les jambes blanchAlrcs, tachetés de noir; 
les petites et moyennes couvertures des ailes, variées de roux et 
de noir, de sorte que le roux domine sur les petites, et le noie 
aur les moyennes ; les grandes lerniinées de hknc, d'oi il i-ésiilte 
wne bande transversale de celte couleur; les pennes des ailes 
noires; les cinq premières marquées de blanc vers les deux tiers 
«>u les trois quarts de leur longueur ; les couvertures supérieui-es et 



DiailizodbvGoOgle 



Sft8 htstoirt: WATURELLE. 

le» deax pennes inlermédiaireB de la queue rayées Imnsrersale- 
ident de noirâtre sur un fond grû, brouillé de noir; les pennei 
latérales noirea, bordées de blanc, ce bord blanc d'autant plus 
lai^ que la penne est plus extérieure ; l'iris jnune ; le bec aoir; 
et les pieds brun jaunâtre. 

Longueur totale, environ sept poucea et deni^ ber, dix lignes, 
^rni de moustadies ; tarse , cinq lignes ; queue, trois ponces et 
demi ; d^aste le* ailes d'environ un pouce. 

VII. L'ENGOULEVEHT ACUTIPEHRE DE U GUIÀSFL 
Cet oiseau, b". 73s, difière de l'espèce précédente, plancbevfib, 
non-senlement par ses dininuions relatives, mais par la confor- 
mation des pennes de sa queue qu'il a pointues. H y a aussi quel- 
ques différences dans les couleurs du plumage. Celui-ci a le dessus 
de la tête et du cou rayés transversalement , mais pas bien nette- 
ment , de roux brun et de noir ; les cAtés de la tête variés des 
mêmes couleurs , en sorte néanmoins que le roux y domine; le 
dos rayé de noir sur un fond gris , et le dessous du corps sur un 
fond roux ; les ailes à peu près comme dans l'espèce précédente ; 
les pennes de la qneue rayées transversalement de brun sur un 
£>nd roux pile et brouilléj terminées de noir ; mais cette tacha 
noire qui termine est précédée d'un peu de blanc ; le bec et les 
pieds sont noirs. 

On dit que ces oiseaux se mêlent quelquefois avec les chauve- 
souris; ce qui n'est pas tort étonnant, vu qu'ils sortent de leur 
retraite aux mêmes heures, et qu'ils donnent la chasse au même 
gibier. Probablement c'est à ce même engoulevent que doit se 
rapporter ce que dit M. de la Borde d'une petite espèce de la 
Guiane , qu'elle fait sa ponte, ainsi que les ramiers, les tourte- 
relles, etc. , aux mois d'octobre et de novembre, c'est-à-dire , deux 
ou trois mois avant les pluies. On sait que la saison des pluies, 
(jui commence k la Guiane vers le t5 décembre, est ansM dans 
cette même contrée la saison de la ponte poar la plupart des oi- 
seaux. 

Longueurtotale,envîron sept pouces et demi; bec, sept lignes; 
queue, trois pouces , composée de dix pennes égales ; est dépassée 
par les ailes de quelques lignes. 

vm. L'ENGOULEVENT CRIS. 

J'ai vu dans le cabinet de M. Mauduit un engoulevent de 

Cayeone beaucoup pins gros que le précédent ; il avoil plua da 



DiailizodbvGoOgle 



SUITE DE L'ENGOULEVENT. 38g, 

gris duu «on plumage , étoit proportionné un peu difTéremment , 
et n'avoit pas les pennes de U queue pointues. Quant au détaiï 
des couleurs, il diâëroit de l'espèce précédenle, en co qu'il avoit 
les pennes des ailes moins noires , rayées trarnsversalement de gri» 
ckir ; celles de la queue rayées de brua sur un fond gris varié de 
brun, sans aucune taclie tranche ai sur les unes ai sur les au-- 
1res ; le bec brun dessus , et jaunâtre dessous. 

longueur totale, treize pouces; bec, vingt lignes; queue, 
cinq pouces UD quart; dépassoji un peu les ailes. 

ES. LE MONTVOYAU DE LA. GUIÀNE. 

Monlvoyau est le cri de cet engoulevent, n°. 733, qui en pror 
nonce distinctement les trois syllabes, et les répèle assez souvent 
le soir dans les buissons: onnedoitpasétresurpris que ce mot soit 
devenu son nqm. Il s'approche de notre engoulevent par U tache 
blanche qu'il a sur les cinij ou six premières pennes de l'aile, 
dont le fond est noir, et par une autre tache ou bande blanche 
qui part de l'angle de l'ouverture du bec, se prolange en arrière, 
et, cequi n'a pas lieu dans l'espèce européenne, s'étend jusque 
sous la gwge. 11 a aussi en général plus de buve et de roux dans 
son plumage, qui est varié presque partout de ces deux couleurs : 
mais elles prennent difl^rentes teintes et sont disposées diverse- 
ment sur les différentes parties , par raies transversales sur la par- 
tie infiirîeute du corps et les peines moyennes des ailes, par 
bandes longitudinales sur le dessus de la tète et du cou , par bandes 
obliques sur le haut du dos , enfin par taches irrégulières sur le 
reste du dessus du corps, où le fauve prend une nuance de 
«ris. 

Longueur totale, neuf pouces; bec, neufligneset demie, en- 
vironné de moustaches ; tarse nu ; ongle du milieu dentelé 
aur son cÂté extérieur ; queue, ^roispoucesi dépasse les ailes d'un 
ponce. 

X. L'ENGOULEVENT ROUX DE CATENNE. 

Du roux brouillé de noirâtre fait presque tout le fond du 
plumage de cet oiseau, n*. 735 ; un noir plus ou moins foncé en 
feit presque tout l'ornement Ce noir est jeté par baudes longi- 
tudinales , obliques, irrégulières, sur la tête et le dessus du 
çqrps : il forme une rayure transversale fine et régulière sur U 
gorge, un peu plus large sur le devint du cou, le dessous du 



DiailizodbvGoOgle 



Sgo HISTOIRE NATURELLE 

rorpsetlea jambes; encxjreunpeu plus large aur les convertares 
supérieures et sur le bord intérieur de l'aile près de l'extrémilc; 
enBnlapIiu large de toutes sur les pennes de la queue. Quelques 
taches blanches sont semées çà et là sur le corps, tant dessus cjite 
dessous. En général, te noirâtre dcnoine sur le haut du ventre, le 
roux sur le bas-ventre , et plus encore sur les couvertures infé- 
rieures de la queue. La partie moyenne àe% grandes pennes des 
ailes offre un compartiment de ]>etits carrés alternativement 
POUX et noirs , qui ont presque la régularité des cases d'un échi- 
quier ; l'irb est jaune ; le bec bnm clair, et les pieds couleur de 

Longueur totale, dix pouces et demi; bec, ring-une lignes; 
queue, quatre pouces deux tiers; dépasse les ailes de six lignes. 

J'ai TU diez M. Mauduit un engoulevent de la Louisiane, de 
la même taille que celui-ci , et lui ressemblant beaucoup ; seule- 
ment les raies transversales étoteni plus espacées sur le cou, et le 
roux y dtivenoit plus clair, ce qui formoit une sorte de collier; le 
reste du dessous du corps éloit rayé comme dans le précédent ; 
le bec éloitnoir k la pointe, et jaunâtre à la hase. 

fjongueur totale, onze pouces; bec , deux pouces, bordé de 
liuit ou dix moustaches Iréa-roides, revenant en avant; queue, 
cinq pou ce» , dépassant fort peu les ailes. 

LES HIRONDELLES '. 

Un a vu que les engoulevents n'étoient, pour ainsi dire, qI>«^ 
(les hirondelles de nuit, et qu'ils ne difFéroient essentiellenicnt 
des véritaljles hirondelles que par la trop grande sensibilité de 
leura yeux, qui en'Giit di-s oiseaux nocturnes, et par l'inQuencc 
que ce vice premier a pu avoir sur leurs habitudes et teur con- 
iôrmation. En eflet, les hirondelles ont beaucoup de traita de 



' En itditn , ronJiae , rondina , rundiao , rundUella. 
tila; CB «tpignol, goloadrina, anaorinka; en frimciii , 
fr.ni.il, htroadflU, haroidilU; dins It Brib.nt; kai 
tcb«mlb, Kkawalbe; ta iGion, wo/e, « ll>miiid, , 
uvailoy. un* asnl* k «dk dg laa kig* foéitt, mt 


, readeaa, eetila, zi- 
to siraiiow uemlii 


.;i^.«nûi..«i.nlfa/.aj'««l-ug.«s...iiH.M. 





DiailizodbvGoOgle 



DES HIRONDELLES. Sgi 

Tfasemblance avec les engouleTenls , comme je lai déjà dit; 
toutes ont le bec et le go»ter larges ; toutes ont les j>ïecls courli 
et de longues ailes, la lëlé aplatie, et presque point dfcoit; 
toutes vivent d'insectes qu'elles happent en voli^nt: matsellcs 
n'ont point de barbes autour du bec, ni l'ongle du doijjt i)u 
milieu dentelé; leur queue a deux pennes de plus, et elle est 
fourchue dans la plupart des espèces : je dis la plupart, vu 
que l'on connoJt des hirondelles à queue carrée; par esenipie, 
celles de la Martinique; et j'ai j>eiDe ù concevoir comment un 
omiEliologiste célèbre, ayant établi la queue fourchue pour la 
différence caractéi-Isée qui sépare le genre des hirondelles de celui 
des engoulevents, a pu manquer à rta méthode, au point de mj}- 
porter au genre des hirondelles cet oiseau à queue carrée de la 
Martinique, lequel éloit , selon cette méthode, un véritable en- 
goulevent. Quoi qu'il en soit , m'attachant ici principalement aux 
diflërences les plus apjjarentes qui se trouvent entre ces deux 
fiimilles d'oiseaux , je remarque d'abord qu'en générai les hiron- 
delles sont beaucoup moiux grosses que les engoulevents i la plus 
grande de celles-là n'est guère plus grande que le plus petit de 
ces derniers, et elle est deux ou trois fois moins grande que le 
plus grand. 

Je remarque, en second lien , Iqiie quoique les couleurs des 
hirondelles soient à peu près les mêmes que celles des engoul^' 
vents, et se réduisent h du noir, du brun, du gris, du blanc et 
du roux, cependant leur plumage est tout différent, non-seule- 
ment parce que ces couleurs sont distribuées par plus grandes 
nasses j moins brouillées, et qu'elles tranchent plus nettement 
l'une sur l'autre , mais encore parce qu'elles sont chatigcanics 
et se multiplient par le jeu des divers reOets que l'on y voit 
briller et disparoilre tour à tour à chaque mouvement de l'ceil 
ou de l'objet. 

3°. Quoique ces deux genres d'oiseaux se nourrissent d'insecte» 
ailés qu'ils attrapent nu vol, ils ont cependant chacun leur ma- 
nière de les altrdiier, et une manière assez différente. Les enjçou- 
l<;venU, comme je l'ai dit, vont à leur rencontre en ouvrtnt leur 
large gosier, et les phalones qui donnent dedans s'y trouvent 
prises à une espùce de glu, de salive visqueuse, dont l'inlérieur 
du bec est enduit;au lieu que nos hirondelles et nos martinets 
n'ouvrent le bec que pour saisir les insectes, et le Ferment d'un 
ellbrt « brusque , qu'il en résulte une espace de craquement. 
Nous verrons encore d'autres différences à cet égard eutie les lit- 



DiailizodbvGoOgle 



Sga HISTOIRE NATURELLE 

roaJelles et loa martiriela , lonque noua feroiu l'IiiitoiFe parUpu- 

lière de chacua de ces oùeaux. 

4*. Lea hirondelles ont les inoeura plus soda blés que les engoulo- 
rents: elles se réunissent souvent en troupes nombreuses, etpa- 
roissent même , en certaines circonstances , rem^ir les devoirs de 
lasodélé. et se prêter un secouirs mutuel; par exemple, lorsqu'il 
s'agit de construire le nid. 

5°. La plupart construisent ce nid avec grand soin j,et si quel- 
ques espèces pondent dans des trous de muraille ou dans ceux 
qu'elles savent se creuser en terre, elles font ou choisissent ces 
excavations assez profondes pour que leurs petits, venant à 
éclore, y soient en sûreté, et elles y portent tout ce qu'il &nt 
pour qu'ils s'y trouvent à la fois molleDwnt, chaudement et ^ 
leur aise. 

6*. Le vol de l'hirondelle diffère en deux points, principaux. 
4e celui de l'engoulevent. Il n'est pas accompagné de ce bourdon- 
nement sourd dont )'ai parlé dans l'histoire de ce dernier oiseau» 
et cela résulte de ce qu'elle ne vote point comme lui le bec ouvert. 
En second lieu, quoiqu'elleneparoiuepaa avoir les ailes beaoraup 
plus longues ou pluBtôrtes,ni par conséquent beauconpplua ha- 
biles au mouvement, son vol est néanmoins beaucoup plus hardi,, 
plus léger, plus soutenu, parce qu'elle a la vue bien meiUeure, 
et que cela lui donne un grand avantai;e pour employer tout» 
U force de ses ailes ' : aussi le vol est-il aon état naturel, jedîrois. 
presque ton état nécessaire ; elle mange en volant , elle boit en 
valant, se baigne en volant, et quelquefois donne à manger i 
ses petits en volant. Sa marche est peut-être moins rapide que 
celle du &ucon, mais elle est plus &cile et plus libre; l'un se pré- 
cipite avec effort, l'autre coule dans l'air avec aisance : elle sent 
que l'air est son domaine ; elle en pnrcouit toutes les dimen- 
sions et dans tous les sens, comme pour en jouir dans tous les 
détails, et le plaisir de cette jouissance se marque par de petits 
cris de ^eté. Tantêt elle donne la chasse aux insectes voltigenns, 
et suit avec une agilité souple leur trace oblique et tortueuse , ou 
bien quitte l'un pour courir k l'autre, et happe eu passant un 
troisième ; tantôt elle rase légèrement la surface de la (erre et des 
eaux pour saisir ceux que la pluie ou la fraicheury rassemble; 
tantôt elle échappe elle-même à l'impétuosité de l'oiseau de proie 

' Cft ncnpla tit nuia csnfirmiitiDii ajoiitjf i tiDt d'iuLrH da lao de H. im 
BtSn tu W *H)«t. TojtaU (OU l". Jt CBIU Hisuirt d» oùcaui. 



DiailizodbvGoOgle 



DES HIRONDELLES. St-S. 

par U fiaxibillLé preale de ses niouvemens : toujoun nwitresse dt» 
son vol dans M plu» grande Titesae,elleen change à tout instant 
la direction ;, elle semble décrire au milieu des airs on dédale mo- 
Itile et fugitif dont les routes u croiaent, s'entrelacent, se fuient, 
ae rapprochent, se heurtent, m roulent, montent, descendent, 
ae perdent et reparaissent pour se croiser, se rebrouiller encore 
en mille manières, et dont le plan , trop compliqué pour être re- 
présenté aux yeux par l'art du dessin , peut à peine être indiqué- 
a l'imagination par le pinceau de U parole, 

7*. Les hirondelles ne paroiasent point appartenir à l'un dei 
contîneus plus qu'à l'autre, et les espèces en sont répandues 4 
peu près eu nombre égal dans l'ancien et dans le nouveau. I«a 
nâtres se trouvent en Norwége et au Japon , sur les côtes de 
l'Egypte, celtes de Guinée, et au cap de Bonne-Eapérsnoe. Hé! 
quel pays seroit inaccessible à des oiseaux qui volent si bien et 
-voyagent avec tant de ftcililé? Maia il est rare qu'elles restent 
toute l'année dans le même climat. I«s nôtres ne demeurent avec 
nous que pendant la belle saison : elles commencent à paroîiro 
vers l'équinoxe du printemps, et disparoiasent peu après l'èqui- 
noxe d'automne. Aristote, qui écrivoit en Grèce, et Pline, qui le 
copioit en luilîe, disent que les hirondeUes vont passer l'hiver 
dans des climats d'une température plus douce, lorsque ces cli- 
mats ne sont pas fort éloignés ; mais que, lorsqu'elles se trouvent ^ 
une grande distance de ces régions tempérées, elles restent pen- 
dant l'hiver dans leur pays natal, et prennent seulement la pré- 
caution de ae cacher dans qudques gorges de montagne bien 
exposées. Aristote ajoute qu'on en a ti-ouvé beaucoup qui éloient 
ainsi recelées, et auxquelles il n'éloit pas resté une seule plume 
sur le corps. Cette opinion, accréditée par de grands noms, fon- 
dée sur des làits, étoit devenue une opinion populaire, au point 
que les poêles y puisoient des sujets de comparaison : quelques 
observations mod<!rnes sembloient même la confirmer ' j et si l'on 
a'en fût tenu U , il n'eût &llu que la restreindre pour la rame- 
ner BU vrai : mais un évéque d'Upsal , nommé Oiaiia Magnus^ 
et un Jésuite nommé Kircher, renchérissant sur ce qu'Aristole 
■voit avancé d^à trop généralement , ont prétendu que, dans lei 



■ AllMrt, Angulin Njplmi, Clipar HdjElia , et qnetijnH lutrel, OBt lilnri 
^'oo tioit tronj phnienn foi* pcndsiii lliiTCT, *D Àlltmigne, An liiroBilclIci 
■D|anrdici dani J« irbm mm , (t mtm» iva Inin aiili , cl qai n'cit pu ili- 
•olnaïut ioipouibUi 



DiailizodbvGoOgle 



59* HISTOIRE NATURELLE 

paya Beptentrionaux, les pêcheurs tirent souvent iJans lean filets ^ 
avec le poiMOQ, des groupes d'hirondelles pelotonnées, selanant 
accrochées les unes aux autres, be« contre bec, pieds contre 
pieds, ailes contre ailes; que ces oiseaux, transpocEés dans des 
poêles, ae raniment assecvite, mais pour mourir bientôt apr^ *, 
el qae celles-là seules conservent la vie après leur réveil, qui, 
éprourant dans son temps l'inSuence de la belle saison, se dé- 
gourdissent insensiblement , quittent peu à peu le fond des lacs, 
reviennent sur l'eau, et sont enfin rendues par la Nature même, 
et avec toutes les gradations, à leur véritable élément. Ce tait , 
ou plutât cette assertion, a été répétée, embellie, chargée de cir- 
coiisUnces plus ou moins extraordinaires; et eomme s'il y eût 
manqué du merveilleux, on a ajouté que, vers le commence.- 
ment de l'aulouine, ces oiseaux venoient en foule se jeter dans 
les puits et dans les citernes. Je ne dissimulerai pas qu'un grand 
nombre d'écrivains et d'autres personnes recommandables par 
leur caractère ou parleur rang ont cru à ce phénomène : M. Lïn- 
nseus lui-même a jugé à propos de lui donner une espèce d© 
sanction, en l'appuyant de toute l'autorité de son suffrage; seu- 
lement il l'a restreint à l'hirondelle de iènêtre el à celle de che- 
tniaée,au lieu de le restreindre, comme il eût été plus naturel^ 
à celle de rivage. D'autre part, le nombre des naturalistes qui 
n'y croient point est tout aussi considérable; et s'il ne s'agÎMoit 
que de compter ou de peser les opinions, ils balanceroient faci- 
lement le parti de l'affirmative : mais, par la Ibrce de leurs 
preuves, ib doivent , à mon avis, l'emporter de beaucoup. Je- 
tais qu'il est quelquefois imprudent de vouloir juger d'un fait 
particulier d'après ce que nous appelons bs lois généi-ales de la 
ft'nlure; que ces lois n'étant que des résultats défaits, ne méritent 
vmiment leur nom que lorsqu'elles n'accordent avec tous leb faits: 
mais il s'en &ut bien que je regnrde comme un lait le séjour des 
hirondelles sous l'eau. Voici mes raisons. 

Le plus grand nombre de ceux qui attestent ce prétendu £iîi ^ 
notamment Hevelius et Schoeffer , chargés de le vérifier par la 

' Vo]'» YHiiloin Jêi nalloni teptenirioaaics ; ouTrigc uni criliqne, où 
t'âolcur >'[it plu à «olaun pli» da nicrveillai» i|iie d* ittilù. Au mis, M. l'abU 
PrcTDt f.il liDnneiir At «Uo licllc dicoiiTFrlfl ds l'inmtnioa dei hiroiid>1l»ï bb 
cnirc é<«qiu! , auttur de 1* rU d^ Cardiruil Commtndon. Uiii CflU Vie A% 
CamaiFndon nr ptiit ■voir pnrn qu'aprti la mari de ce cardintt, ■rriWe « i5S4> 
»t Vlliitoin du natioai ifplentrionaUi , par Oliù, avoit pat» ■ Robc d^ 



DiailizodbvGoOgle 



DES HIIlO]!îDELL£S. 5^5 

société royale de Londres , ne titent que dea ouï-dîre vagues ' , 
ne parlent (]ue d'aprèa une tradition luspecle, à laquelle le récit 
d'OIflûs a pu donner lieu, ou qui peut-èlre avoit couii dès le 
temps de cet écrivain, et fut l'unique fondement de son opinion. 
Ceux même qui diaent avoir vu, opmme Etimuler, Walleriui 
et quelques autres * , ne font que répéter ks paroles d'Olaus, 
sans se rendre l'observation propre par aucune de ces remarque» 
de délai] qni-iiupiient la confiance et donnent de la probabilité 
au récit. 

S'il éloit vrai qve toutes les hirondelles d'un pays habile se 
plongeassent dans l'eau ou dans la rase régulièrement chaque 
année au mois d'octobre , et qu'elles en sortissent chaque année 
au mois d'avril , on auroit eu de fréquentes occasions de les ob- 
aei-ver, soit au moment do leur immersion, soit au moment 
beaucoup plu:< intéressant de leur étnersion, soit pendant leur 
long sommeil sous l'eau. Ce seroit nécessairement autant de fait* 
notoires qui auroient été vus et revus par un f;nind nombre de 
personnes de tout étal, pécheurs, chasseurs, cultivateurs, voya- 
^urs, bergers, matelots, etc., et dont on ne pourroit douter. 
On ne doute point que les marmottes, les loirs, les hérissons, ne 
donnent l'Iiiver engourdis dans leurs trous; on ne doute point 
q«K l'es chHuve-souris ne passent cette mauvaise saison dans ce 
même état de torpeur, accrochées au plafond des grottes souter- 
raines , et enveloppées de leurs ailes comme d'un manteau : mais 
on doute que les hirondelles vivent six mois sans respirer, ou 
qu'elles respirent sous l'eau pendant six mois; on en doute, non- 
seulement jurce que la chose tient du merveilleux , mais parce 
qu'il n'y a [mb une seule observation, vraie ou fiusse, sur la 
sortie des hirondelles hors de l'eau * , quoique celte sortie, si elle 





n>. lo, (t juga » on ■ ilt fondj ii 


Hiit ftut )■ Ktiixi rojole <iToU T^rifi^ U f.it. 




Tr«.ouï , l'.bb* Plnehe «l ijudijMtt >ntr«. 






loir TB ul» hirandellM tiria ilu 


]jc SiDKralh, iiDC Iniiuini! tircu dn grintl i 


iUDg rojil tn Ronneilm, a dcui 




rloitDt <]> IViq. 11 •jODtt qtl'.1l« 


«toieot humida <■ toihltt, tt qu'il ■ olucné 


en elTit que ta oi>e><« •«» ordi- 




1 piretlrc ; naii eeli eit conlnirc a 


l'ubxrvitLon puTnilicH. U'ailln» U datUui 


■ Col.! n'indiq«« ni la «pico dont 


il (,.. I« , «i 1. .I>|. de Kl oI>un.t<oDi , ni l« 




3 Je i.ii bita qu( H. Ucerke», <Uni ud 


poïme imitais BiranJo, ■ décrit 


en i^n Utint ulU éuiniui , n»it U n< 


•'•git v«i<>t ici de deuriptions 



DiailizodbvGoOgle 



SyS HISTOIRE NATURELLE 

«toit l'éelle , dùl avoir lieu et très-fréqueminent dam la saison où 
l'on l'occupe le pliu des élatigi et de leur pèche '; enfin l'on eu 
doute jiuque aur les bords de la mer Baltique. Le docteur Ual- 
mann,. Moscovite, et M. Browne, Norv^égien, se trou^'ant à 
Florence, ont assuré aux auteurs de l'Ornithologie italienne 
que, dans leurs pays respectifs, les hîrondellee paroîssoietit et dis- 
paroissoieut à peu près dans les mêmes temps qu'en Italie, cl 
<|ue leur prétendu séjour saui l'eau pendant l'faiver est une &Ue 
qui n'a cours que parmi le peuple. 

M. Tesdorf de Lubeck, homme qui joint beaucoup de philo- 
sophie à des connoissance* très-étendues et très- variées , a mando 
à H. le comte de BufTon que, malgré toute la peine qu'il s'éloit 
donnée pendant quarante ans, il n'avoit pu enoore parvenirà 
voir une seule hirondelle tirée de l'eau. 

M. Klein, qui a Fait tant d'efibrts pour donner crédit à l'im- 
mersion et k l'émersion des hirondelles, avoue lui-même qu'il 
n'a jamais été auex heureux pour les prendre sur le fait. 

M. Herman, habile professeur d'histoire naturelle à Slnu- 
bourg , et qui semble pencher pour l'opinion de M. Klein, mais 
qui aime la vérité par-dessus tout, me feit dans ses lettres la 
m^me aveu : il a voulu voir, et n'a rien vu. 

Deux autres observateurs dignes de toute confiance, M. Hé- 
bert et M. le vicomte de Querhoent, m'assurent qu'ils ne con- 
noissent la prétendue immersion des hirondelles que par ouï- 
dire, et que jamais ils n'ont rien aperçu par eux-mêmes qui 
tendit à la confirmer. 

M. le docteur Lotlinger, qui a beaucoup étudié les procédé^ 
des oiseaux , et qui n'est pas toujours de mon avis , re^rde celte 
immersion comme un paradoxe insoutenable. 

On sait qu'il a été ofiert publiquement en Allemagne à qui- 
conque apporteroit, pendant l'hiver, de ces hirondelles trouvées 
vous l'eau, de les payer en donnant autant d'argent poids pour 
poids, et qu'il ne s'en est point trouvé une seule à payer. 

Plusieurs personnes, gens de lettres, hommes en place, grands 
seigneurs *, qui croyoient à cet étrange phénomène et avoient 

' Dut le NiTCTDoii, 1* Uorrin , Il Lomiii* , et pltuienn ■nlrs pnTiBc« 
•i lu ituip ibeDdcDl, le peuple n'i pu méaie V'tiie de l'immanioa <lit hima'. 
dellei. 

■ Du grind-narteliil de Pologae et un inbuuileDr de Sardaigne en aïoïcnt 

praniUk BI. lie RieDmar; H- le gauTenuiic d* R et btuconf d'avtiw •« 

naiCDt rroinii à M. de BnlTan, 



DiailizodbvGoOglf 



Ï)ES tlïRÔNDELLES. Sgt 

^ cœur d'y faire croire, on( promis souvent d'envoyer dea grou- 
pes de ces liirondelles pèchéea pendant l'hiver , et n'ont rieft 
envoyé. 

M. Klein produit des certificats, inaïs presque fous signés pnt 
une seule personne qui parle d'un lait unique , lequel s'est passé 
long-temps auparavant, ou lorsqu'elle éroit encore enfiint, on 
d'un fiiit qu'elle ne sait que par ouï-dire ; certificats par lesquels 
même il est avoué que ces pèches il 'hirondelles sont des cas fort 
rares, tandis qu'au contraire ils devroient être fort communs; 
certificats dénués de ces circonstances instructives et caractéri- 
tiéea quî accompagnent ordinairement une relation originale ; 
viifin, certificats qui paroissent tous calqués sur le textad'Olaiis: 
ici l'incertitude natt des preuves elles-mêmes , et devient la réfu- 
Intion de l'erreur que je combats ; c'est le cas de dire : Le&itest 
încerlain , donc il est bux '. 

Mais ce n'est point assez d'avoir réduit à leur juste valeur les 
preuves dont on a voulu étayer ce paradoxe, il &ut encore faire 
-voir qu'il est contraire aux lois connues du mécanisme animal. 
En effet , lorsqu'une fois un quadrupède, un oiseau , a commencé 
de respirer, et que le trou ovale qui faisoit dans le foetus la com- 
munication des deux ventricules du cœur est ferrai, cet oiseau, 
ce quadrupède, ne peut cesser de respirer sans cesser de vivre ; 
et certainement il ne peut respirer sous l'eau. Que l'on tente, ou 
plutôt que l'on renouvelle l'expérience , car elle a déjà élé&ite*; 
que l'on essaye de tenir une hirondelle sous l'eau pendant quinso 
jours, avec toutes les précautions indiquées, comme de lui^ mettre 
la tèle sous l'nîle, ou quelques brins dlierbe dans le bec, etc.; 
que l'on essaye seulement de la tenir enfermée dans une gla- 
cière, comme a fait M. de BuSbn , elle ne s'engourdira pas, elle 
mourra et dans la glacière, comme s'en est assuré M. de Buffon, 
et bien plus sûrement encore étant plongée sous l'eau ; elle y 
a d'une mort réelle, à l'épreuve de tous ka moyens om- 



P' 

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,ur TDir combiiD tllt> ; 
, Toje. l'Orailbologii 

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.pln.i.ur.i.nr. 



DiailizodbvGoOgle 



sgs histoibt: naturelle 

ployés avec sticcèa contre la mort apparente des snimanx nny-f-t 
xécemment Comment donc oseroit-on se permettre de sup|x>»r 
que ces mêmes oiseaux puissent vivre sou» l'eau pendant ni 
mois tout d'une haleine 7 Je sais qu'on dit cela possible à certains 
animaux : main voudroit-on comparer, comme a fiiit M. Klein, 
les hirondelles, aux insectes ', aux grenouilles, aux poiatona, 
dont l'organisation inlérieure est si différente ? voudroit-on 
mâme s'autoriser de l'exemple des marmottes, des loirs, dts 
liérissons, des chauve-souris , dont nous parlions tout-â-l'heure , 
et de ce que ces animaux vivent pendant l'hiver engoArdis, con- 
clure que les hirondelles pourroient aussi passer cette saison dans 
un état de torpeur à peu près semblable 7 Mais sans parler du 
fond de nourriture que ces quadrupèdes trouvent en eux-mêmes 
dans la graisse surabondante dont ils sont pourvus sur la fin de 
l'ii'itomne , et qui manque k l'hirondelle; sans parler de lear 
peu de chaleur intérieure , observée par M. de Buflbn , en quoi 
ils diflêrent encore de l'hirondelle ' ; sans me prévaloir de œque 
souvent ils périssent dans leurs trous , et passent de l'élal de tor- 
peur à l'état de mort, quand les hivers sont un peu longi, ni do 
ce que les hérissons s'engourdissent aussi au Sén^l, où l'hiver 
est plus chaud que notre plus grand été , et où l'on sait que nos 
liirondelles ne s'engourdissent point ; je me contente d'observer 
que ces quadrupèdes sont dans l'air, et non pas sous l'eau; qu'ils 
ne laissent pas de respirer , quoiqu'ils soient engourdis ; que la 
circulation de leur sang et de leurs humeurs, quoique beaucoup 
ralentie, ne laisse pas de continuer; elle continue de même, sui- 
vant les observations de Vallisnieri , dans les grenouiUes qui pas- 
sent l'hiver au fond des roamis : mais la circulation s'exécute 
dans ces amphibies par une mécanique toute différente de celle 
qu'on observe dans les quadrupèdes ou les oiseaux'; et il est 



ODL lit* tracbfei. 

> Leilocttur Hirtine » Iroaiili dulinr dci oUruni , et nooinjnient cri 
IiironilcUet, plni fbrlc dcdcnx ou trait lUgrùque cetli ila ijuidrupcdu li 
ciiiniU. 

' Lt circnlltion du iing dani 1« quadrupirlo et la oiieaui n'nt aalri 
qne le mouicmcnt p«rpcluïl de ce tluids, clélanniné , par la ajstole du c< 

nir du pounioDi. par la veine puImonBirc, dim la Tcntricale gancbc; à pi' 

tuui le reite du corptj à « rendre par la briucliet dea leiuca dam Itur tn>D< 



aiiizod^Google 



IlES HIROiNDELLES. .'yr, 

Tonlraire à tonte eT|>érience, comme je l'ai dit, que des oiseaux 
plongés dans un liquide quelconque puistent y respirer, et que 
leur sang puisse y conservée son mouvement de circulation : or, 
ces deux mouvemena , la respiration et k circulntion, sont essen- 
tiels à la vie , sont la vie même. On sait que le docteur Hook , 
apnt étranglé un chien , et lui ayant coupé les côtes, le dia- 
phragme, le péricarde , le haut de la trachée^artére, fit ressua- 
citer et mourir cet animal autant de fois qu'il voulut, en souf- 
flant ou cessant de sou&ler de l'air dans ses poumons. Il n'est 
donc pas possible que les hirondelles ni les cigognes, car on les 
a mises aussi du nomhre des oiseaux plongeurs , vivent six mois 
sous l'eau sans aucune communication avec l'air extérieur; et 
d'autant moins possible, que cette comni uni cation est nécessaire, 
ni^me aux poi.^sons et aux grenouillea, du moins c'est oe qui ré* 
suite des expériences que je viens de &ire sur plusieurs de ces 



De dix grenouilles qui avoient été tronvées sous la glace le t 
iëvrier, j'en aî mis ti-ois des plus vives dans trois vaisseaux de 
verre pleins d'eau , de manière que , sans élre gênées d'ailleurs , 
elles ne ponvoient s'^ever à la surface, et qu'une parlie de celte 
m^me surface étoit en contact immédiat avec l'air extérieur; 
trois autres grenouilles ont été jetées en même temps chacun* 
danH un vase à demi plein d'eau , avec liberté entière de venir 
respirer à la surface; enfin les quatre restantes ont été mises loutea 
ensemble dans le fond d'un grand vaisseau ouvert, et vide de 
toute liqueur. 

J'avois auparavant observé leur respiration, soit dans l'air, 
soit' dans l'eau , et j'avoîs reconnu qu'elles l'avoient très-irrégu- 
liére; que lorsqu'on les laissoit libres dans l'eau, elles s'élevoient 



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DiailizodbvGoOgle 



4oô HISTOIRE NATrRÉLLE 

BDUvent au-desiua, en sorte que leurs narinea débordoieat et M 
troaTOient dam l'air. On voyoït alors dans leur gorge un mou-- 
vement otcillatoire qui correspondoit s peu prùs à un autre mdu' 
vement alternatif de dilatation et de contraction de* darines. 
Dès que les narines étoient sous l'eau, elles se Fermoient, eties 
deux mouTemens cessoient presque subitement; mnis ils recoin- 
mençoient aussitàt que les narines «e retrouvoient dans l'air. Si 
on conlraignoit brusquement ces grenouilles de plonger, elles 
donnoient des signes visibles d'incommodité, et Mchoïent une 
quantité de bulles d'air. Lorsque l'on remplissait le bocal jus- 
qu'aux bords , et qu'on le recouvroit d'un poids de douze onces, 
elles ezderoient ce poids et )e fiiisoient tomber pour avoir de l'air. 
A l'égard des trois grenouilles que l'on a tenues constammâit aotu 
l'eau , elles n'ont cessé de feire tous leurs efforts pour s'approcher 
le plus près possible de la surface ; et enfin elles sont mortes, I» 
unes au bout de vingt-quatre heures, les autres au bout de deux 
jours '. Mais il en a été autrement des trois qui avoient l'air et 
l'eau , et des qnatre qui avoient l'air et point d'eau : de ces sept 
grenouilles , les quatre dernières et une des premières se sont 
échappées au bout d'un mois, et les deux qui sont restées, l'une 
mâle et l'autre femelle , sont plus vives que famais dans ce mo- 
ment ( aa avt;il 1779 }, et dèi le 6 la femelle avoit pondu envi- 
ron i3oo œufs. 

Les mêmes expériences bites avec les mêmes précautions sur 
neufpetils poissons de sept espèces différentes , ont donné des ré- 
sultats semblables : ces sept espèces sont les goujons, les aUettes, 
les meuniers, les vérons,les chabots, les rousses, et une autre 
dont je ne connoii que le nom Vulgaire en usage dans le paj-s 
que j'habite, sRvoir la bousière. Huit individus des six premières 
espèces tenus sous l'eau sont morts en moins de vingt-quatre 
heures ', tandis que les individus qui étoîent dans des bouteilles 

' Ucitbon da iimiRpur ijae l«g»DaDill(t>i>ntli4(-Tiiicn,^VIlciiOBtwB- 
smt p«Jiiit du moi( la jafin* le pini ibtoln , at qu'ail» couanaDt pendant pln- 
■ienn linir» I* monyemanl et la tîb , aprti qna le ctcni et la antrai Tiictna Icar 
ont tu tir^ du corpi. 

* L'ablatU eit norte en Uvii benrci , lei d«» patiti miunjen ta lii hanra* et 
demie, l'un dei goujoii au boni de Kptbenret, l'autre au bout de doniabeum, 
la Târon an lept heiim et demie, le cbabot en quiaie benrea, U rouua an rin^- 

danl l'air tant moTEt; HToir, Ita ableueian bout de treatisïinq '■ qninnlt-qnaua 

quioteon cinquauie-deiii , lei mennieri au bont de ciDi{suite ■ aaiuute , l'on des 



DiailizodbvGoOgle 



DES HIRONDELLES. 4oi 

«eniblables , mais avec la liberté de s'élever à la >ar&ce de l'eau 
onl vécu et conservé toute leur vivacité. A la vérité, la bouzière 
renfetméeavécu plua long-temps que les six autres espèces , mais 
l'ai remarqué que l'individu libre de cette même espècene moa- 
toit que raraoent au-nJessus de l'eau ; et il est à présumer que ces 
poissons se tiennent plus habituellement que les autres au fond 
dev niisseanx , -oe qui suppoaeroit une ot^nisation un peu dif- 
férente ' : cependant je dois ajouter que l'individu renfermé a'é- 
levoit souvent jusqu'aux tuyaux de paille qui l'empéchoient d'ar- 
river «u-deasus de T'Oau; que, dés le second jour, il éloitsouârant 
■imI à son aise; que sa respiration commença dès-lors à devenir 
jiéiiible, «t sou écaille pâle et blanchâtre '. 

Mais ce qui paroitra plus surprenant , c'est qne de deux carpes 
égales, celle que j'ji tenue constamment sous l'eau a vécu un tiers 
de moins que «elle que j'ai tenue bors de l'eau ', quoique celle- 
'ci, eu se débattant, tùt tombée de dessus la tablette d'une che- 
minée qui avoit environ quatre pieds de hauteur : et dans deux 
autres e^tériences comparées, faites sur des meuniers beaucoup 
plus gpos que ceux dont il a été question ci-dessus, ceux qu'on a 
lenaa dans l'tùr ont vécu plus long-temps , et quelques-uns un* 
fois plus long-temps que ceux qu'on a tenus sous l'eau *. 



r*iqiMninM-kiiitni«i>Mi,l'nn«itni 


iihnins.l'iiiidciEoii- 




• ■nboiit dtmlinni 


. : la plu grrad ds tsni eu paUw-i n'. 


voitpiiTingtligDud* 



^ingt-dcai 

■ C> poinoD JloiE phu petit ^*aB« pttiU sUiRa ; il noit Mpl uifsoira camaia 
•lia, l« icHlln da d»iudu co^jiiattn*, boidJud* brnn, itcalla da dM'- 

* Cil* ■ lira CD gjnjril poar tau 1« poiuon* ip'cn IiîM» aosrir imii l'can ; 
BiaUïl J k loîn de Ik lui diaûgamena da cDnlvnrvai lÏQ^nlienrpi'^proiivaeti mou- 
t«nt l« poiaaDii e«Tin« astrafbîa dm laa Bomaîiu mua la nom da muHur, et dont 
le apeclacla tai>«it partia du la» at d«t plaiain da la laliUchai eau fo'sB appa- 
IsU alon procemgulM. 

3 La praoihv a t^cu dil-hnit haaraa aou Taaa , at la ascoade piia da Tiagt- 
aot daaa IVu-- 

4 Dea deux amniera qn^ia a laîW ncarir Lois da Vatn dani aoa chambra 
a^aa fa** tliaraioai^tn 7 daifrha aa'deaanl da mirot Vva aloit un piad da Iodj, 
paaitlrenle-trail oncaa , it a vtea huit liaarai { l'aatre aToitna pan plaidanauC 
pDacai eldami, peanit diï-aapl oncaa, ata Wcnqiutrg banrai dii-acpt ninntcif 

iKuraa cioqwnta-(ii mîaataa, al l'anii» qaa troii hentei (t na qaart, Uiïa il n'«n 
■ pa* JtJ de ai(n« dat roaue* ; car la plua gnnda, qai noit cinq poueu huit li- 
gga da long, a'a lisn qne troii Lrarea dana l'air; et l'antre, qui avait ipialra 
poucea acaf ligne*, ■ <J«a trois ba*nii mil qasns isw l'aan. Dana la eoivi da 

Hufon. u. aS 



DiailizodbvGoOgle 



4o9 HISTOIRE NATUREtlE 

J'ai dit que les grenouiDea sur lew]uellca j'ai fait mes obem- 
lion» Bvoient été trouvées sous U glaoe; et comme il seroit pos- 
sible que cette càreonstance donnât lieu de croire ■ quelque* 
peraonne* que le* grenouilles peUTmt virre long-leiniM «hu 
l'eau et Mns air, je croia devoir ijonter que celles qui sont mui 
k glaee De sont point sans air, puisqu'il est connu qae l'nu, 
tandis qu'elle se glace, lanse échapper une grande quantité d'air 
qui s'amasse nécessairement entre l'eau et la glace, et que lea gre- 
nouilles savent bien trouver. 

Si donc il est oonstaté, par les expériences ci-dessos, que ka 
grenouille* et les poissons ne psuvent se passer d'air; s'il estsc- 
quis par l'observation générale de tous le* pays et de looi ia 
temps qu'aucun amphibie, petit ou grand, ne peut lubrâter 
fans respirer l'air, au moins par intervalles, et chacun à m mi- 
aiière ' ; comment m persuader qa e des oiaeaux puissent en uip- 
|N>rter l'entière privation pendant nn temps considérable 7 com- 
mentsupposer que les hirondellea, ces filles de Tair, qui ptroiawiit 
organiaées pour être toujours suspendue* dans ce ânide étailiqne 
et léger, ou du moins pour le respirer toujours, puisseitt vivra 
pendant six mois sans air 7 

Je seroia sana doute plua an dioit que personne d'admettre ce 
paradoxe, ayant eu l'occasion de faire une expérience, peut*!"! 
unique jusqu'à présent,qui tend k le confirmer. Le 6 seplembre, 
à onae heures du malin, ^'avoia renfermé dans une cage une ni- 
chée entière d'hirondelles de fenêtre, compcuée du père , de U mère 
et de trois jeunes en éUl de voler. Etant .revenu quatre où dmi 
teures après dans la chambre oà éloit cette ca^, je m'aperçm 
que le père n'y étoit plus; et ce ne fut qu'après une demi-heur* 
de recherche que je te trouvai ; il étoit tombé dans un grand pol- 

«ttolwnitiinu, fri «« Mirijo. i'«g«Di« de «tiiiiiiB poiuon » nur^oHpirli 
•MMUoodun.ouT™«ilriBuli.rde.oijî«,elp.rnn«cen»iiiiioolrfr«*q«J"' 
« mtn arg*D., Ii^glla r.Tenaîi im on troii loi» en no an.rt dlmn ; 1( ru 



■•■gcciiKldD'raitK;ni»iIl»lcplu>frHdii<H>brt, 
-a t( ttfvlitn qui t'ai •Dntna l« fin beï" 







. Oa Mit <n>< 1« cutor. , 1„ ,„taM , 1« ,.l,„„drt., le l*,.rél, la ■ 


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toap..BiBBpilB««pi«fil. n.rfccBd.l'«i.:p«eï™pU |iMo.J.di.J 
T.,* 1. M*-,i„ d. M. flU, .„ „ .^u.i,^ "™f "' "^ "•• 


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DiailizodbvGoOgle 



DES HIRONDELLES. 4o3 

&-)'enuoùil8'étoit noyé; jelui reconnua tous leasymptâmes d'une 
mort apparente, les yeux ferméa, les ailes pendanLes, tout le corps 
roide. lime vint à respHtde le ressnscîler , comme j'avois autre- 
fois ressuscité des mouches noyée»; je l'enterrai donc k quatre 
heures et demie sous delà cendre chaude, ne laissant à découvert 
que l'ouverture du bec et des narines. 11 éloit couché sur son 
ventre : bientât il commença àavoir un mouvement sensible de 
respiration qui ftiisoit fendre la couche de rendresdontledosétoit 
couvert ; j'eus soin d'yen ajouter ce qu'il Talloit. A sept heures, la 
respiration étoit plus marquée ; l'oiseau ouvroit les yeux de lemps 
en temps, mais il éloit toujours couché sur son ventre : à neuf 
Iieuree, je le trouvai sur on pieds, à côté de son petit tas de 
cendres; le lendemain matin il éloit plein de vie : on lui présenta 
de la pâlée, des insectes; il reitiaa le tout, quoiqu'il n'eût rien 
niangé la veiUe. L'ayant posé sur une fenêtre ouverte, il y resta 
quelques momens à refprder de cdlé et d'autre; puis il prit son 
essor en jetant un petit cri de joie, et diri^rea son vol do côté de 
la rivière*. Cette espèoelde résurrection d'une hirondelle noyée 
depuisdeux ou trais heures ne m'a point disposé à croire possible 
la résurrection périodique et générale de toutes lea hirondelles, 
après avoir passé i^usiears mois sous l'eau. La première est un. 
phénomène auqudies prc^;ràsdela médecine moderne noua ont 
accoutumés , et qui se réalise tous les joun sous nos yeux dans k 
personne des noyés. La seconde n'eat, à mon avis, ni vraie ni 
vraisemblable : caf, indépendamment de ce que j'ai dit, n'est-il 
|Mu contre toute vraisemblance que lea mêmes causes produisent 
des effets ccmtraires ; que la température de l'automne dispose les 
oiseaux à l'engourdissement, et que celle du printemps les dis- 
pote à se ranimer, tandis que le degré moyen de cette dernière 
température, À compter du as mars an 99 avril , est moindre que 
le degré moyen decelle de l'automne, à compter du 3ii septembre 
au aooctobre' ? Par la même raison, n'est-il pas contre toutevrai- 
semblance que l'occulte énergie de celte température prinlanière, 
lors même qu'elle est plus froide et |duB long-temps froide que 
de coutume , comme elle le fut en 1 740 , ne laisse pas de réveiller 

' Uitapanoai» digncdc fai h'i aHwé n«r nhduM 4«U mfaiiiuirilnDQ 
«bit noji liitmatal. 

, J'ai GilcsM II mpintan nw^cnim il* cm dni p^iodM nr im jonml d'ali- 
•imtioi» BitJonloglqnti, f«it«* pndmt I» dii dcraiira aoui»; it j'ii trouva 
cp» t> cIul««r»OT«ma dt 11 p^iodB ds prietamp* tteiC k U tk*lMTBi7niiu J« 
û piried* d« r*iilo«H, dans U nis«B il* 3* ■ t^ 



DiailizodbvGoOgle 



4o4 HISTOIRE NATURELLE 

les hirondelles jusqu'au (bod des eaux, mds réveàller en m^nis 
temps les InBecles dont elles aenouriwent, et qui mot aéamaoms 
plus ejcpoaés et plus aéniiblea k bob action' ? d'où il arrire t]ue les 
ïiirondelles ne renutcitent fdora que pour mounr de faim' , au 
lieu de s'engourdir une seconde fei« et de se replonger d«ni l'eau 
comme dlea devroîent biresi les méuieaaiuKs doivent toujours 
produire les mémea effets. N'es(->1 pas contre toute TtaiKmUanca 
(]ueceaoiieaux9uppOkésengouTdn,Bans mouvement, mur^afÀ- 
ratioii , percent les glaces qui souvent couvrent et ferment lem 
lacs au temps delà première apparition des hirondelles; et qu'an 
contraire, lorsque la température des moisde fi^rier et de mara 
«st douce et même chaude, comme elle fut en 1774', elle n'a- 
vance pasd'un seul jour l'époque de cette apparilion7K'est-il pas 
contre la vraisemblance que, l'automne étant xfaaude, ces oiseaux 
ne laissent pas de s'engourdir au tompa marqué-, quoique l'on 
veuille regarder le froid oomme la cause de cet engoutdiasemuit? 
£nfin n'est-îl pas centre toute vraisemUance que les hirondelles 
<tu Nord, qui sont absolument de la même e^ëœ que oellei da 
Midi, aient des babiludea si diSëroMtes , et qui supposent une tout 
autre organisation 7 

En reclierdiantd'a[«és les laits connus ce qui peot avoir donné 
lieu i oette erreur populaire ou savante, j'ai pensé que, parmi le 
grand nombre d'hirouddles qui se rassemblent U nnit, dans les 
premiers et derniers ten^ de leur séjour, sur les joncs des 
«tangs, et qui voltigent si fréquemment sur Teau, U peut s'en 
noyer plusieurs par divers accidens bdlea à imaginer *; que des 
pêcheurs auront pu trouver dans leurs fileU qudques-uaM de on 
hirondelles dc^^ récemment; qu'ayant été portée* dans ua 

■ Onwit^H, iDmpalliWar 
^Dl In moi* di f jrrier el da j 
il» t'nigaudiunt d« nooTetn 

• Dini «Ils nuit ij4o. In hinuddln ilini ■rrlTJn mot qn'.nenn ÙMCcU 
■iU *»l ivhi H dtroiin «élminphoM , nurdia pu la* froiil», il en pint m 
«nad DDBbr. b.ti ia noiitritnn: ; dUi Knboint nort» « «nnotn d«. la 
nin,(Bniliai]daUciBpagDt. Calaprauiaqucn ainni n'ont pu le pnnca- 
limtDt da tcspiratani suib ifir t[iu da penuua fort iiutniu* d'iUlevi vn- 
icnt nom la fiira crain. 

^L.iaBip.tMiidoMktMHipo^a,qM,B««, dan. le. p.j. d« Korf , Us 
rt.»ta. .Toient cxnna»:! d'cntrei en TégiUlion. 

^ On en tronia qialqmafail Vili da nojindau In peliLeipftca d'ea», et mtmm 
4>ui lu maia ; ca qui ptaun ip'ella h noienL trto-bcilgment. MaU encan «m 
Sou, I. ({iifitiaii principcla n'ait pu de utoir li tll« [OBbwit duu i'MB; cWda 
Wf oir N slUi en Mitant , et naaimaal «Uu an Miiint. 



DiailizodbvGoOgle 



DES HIRONDELLES. 4o5 

poéle elles auront repris le mouvement bous leurs yeux ; que de U 
onnura conclu trop vite, et beaucoup trop généralement , qu'en 
certain pays toutes les hirondelles passoient leur quartier d'hiver 
sous l'eau,; enfin que des «avans se seront appuyés d'un passage 
d'Arislote, pour n'attribuer cette haliitude qu'aux hirondelles 
detcontr^ septentrionales, à cause delà distance des pays chauds 
où elles pourroient trouver la température et In nourriture qui 
leur conviennent : comme si une distance de quatre ou cinq 
cents lieue» de plus étoit un obstacle pour des oiseaux qui volent 
•lusi légèrement, et sont capables de pai-courir jusqu'à deux cents 
lieues dam un jour, et qui d'ailleurs, en s'avangant vers le Midi , 
trouvent une température toujours, plus douce , une nourriture 
toujours plus abondante. Arislote croyoit en eifet à l'occultation 
des hirondelles et de quelques autre» oiseaux, en quoi il ne se 
trompok que dans la trop grande générsIîEé de son assertion; caril 
est très-vrai que l'on voit quelquefois l'hiver parottredes hiron- 
delles de rivage, de cheminée, etc. , dans les temps doux: on en 
vit <teux de la dernière espèce voltiger tout le jour dans les cours 
du cbftteau de MayacenPérigord, le ^7 décembre 177.'), par un 
Tentdemidi accompagné d'une petite pluiff. J'ai sous les yeux un 
procès-verbal revêtu d'un grand nombre de signatures respecta- 
bles qui attestent ce &it; et ce fait, qui confirmée quetqueségards 
le sentiment d'Aristote sur l'occul tation des hirondelles , ne s'ac- 
corde point avec ce qu'ajoute ce philosophe, qu'elles sont alors sans 
plumes. On peut (»^re que les hirondelles rues le 37 décembre 
en Périgord étoient on des adultes dont la ponieavoit été retardi'o 
ou des jeunes qui , n'ayant pas eu l'aile assez forte pour voyager 
avec les autres, étoient restées en arrière, et, par une suite da 
hasards heui-eux , avoient rencontrtS une retraite, une exposition, 
une saison et des nourritures convenables. Ce sont apparemment 
quelques exemples jMreils , moins rares- dans la Grèce que dans 
notre Europe septentrionale, qui auront donné lieu, à l'hypothèso 
de l'occultation général» des hirondelles, non-seulement de celles 
de fenêtre et de cheminée, mais encore de celles de rivage; cac 
M. Klein prétend aussi que ces dernières restent l'hirer engour- 
dies dan» leur» trous ' ; et il faut avouer que ce sont celles qui 

» On jaioBtalnamrliDcU, Ici Til«,l<( louigiali, 1«« fiBï(tiB(.«t i! psiotl 
^ns U. KJ»ii Toudroit en ijoatcr bien d'.ulr». Si un ijittne u liiliioit, U 

Lcrre n'iutoil |.ai auci <le «.Ernct, la rochen D'mnrDicnt pm i de Iroiii. 

r>*a!ll»i>r3 rilu>.(ïlte ofcnlULioauciiDinKWéicùiiiriia, lilairlIailoiLttrtiui'po- 



Diailiz.dbvGoOgle 



4o6 HISTOIRE NATURELLE 

pautToientenélresoupçonnéMavec plua de vraiKmUaoce, puts- 
(]u'à Malte, et même en France, eHea parainent aaaee sauvent pen- 
dant l'biver. H. de BufTon n'avoit pas eu l'occaaion d'en voir pnr 
}ui-mènie dans cette MÛon ; mais il le* avoit vues de l'i»! de l'es- 
prit ; il BToil jugé, d'aprè* leur nature que s'il y avoit une espî;C« 
d'hirondelle sujette à l'engourdisaemeDt, ce devoit être celle-ci. 
En effet, lea hirondelles de rivage craignent moins le froid que les 
autres, puisqu'ellet se tiennent presque toujours sur les l'uineaux 
et les rivières. Selon toute apparence , elles ont aussi le sang moins 
chaud; les trous où elles pondent, où. elles hs.bilent, rcstemUent 
beaucoup au domicile des animaux que l'on sait qui s'^igour- 
dissent. DViilleurs elles trouvent dans la terre des insectes en toute 
saison; elles peuvent donc vivre au moins une partie de l'hiver 
dans un pays où les autres hironddles périroioit faute de nour- 
riture : encore but-il bien se garder de faire de cette oocultation 
une loi générale pour toute l'espèce, elle doit être restreinte àquel- 
ques individus seulement : c'est une conséquence qui résulte 
d'une observation faite en Angleterre au mois d'octolure 1757 , el 
dirigée i^ar M. CoUinson ; il ne se trouva pas une seule de oes hi- 
rondelles dans une berge criblée de leurs trous, et que l'on fouilla 
très-exactement. La principale source des nrreurs dans co cas et 
dans beaucoup d'autres, c'est la facilité avec laquelle on se per- 
met de tirer des conséquences générales de quelques faits particu- 
liers et souvent mal vus. 

Puis donc que les hirondelles ( je pourrois dire tous les oiseaux 
de passage) neclierchent point, ne peuvent trouver sous l'esu un 
asile analogue à leur nature contre les inconvéniensde la mau- 
vaise saison, il en faut revenir» l'opinion la plus ancienne, Is 
plus conforme à l'observation et à rexpérience; il faut dire que 
ces oiseaux, ne trouvant plus dans un pays les insecleaqui leur 
conviennent, passent dans des contrées moins froides, qui leur 
offrent en abondance cette proie sans laquelle ils ne peuvent sub- 
sister; et il est si vrai que c'est là la cause générale et détermi- 
nante des migrations des oiseaux , que ceux-U partent les pre- 
miers qui vivent d'insectes voUigeans, et, pour ainsi dire, 
aériens, parce que ces inaecles manquent les premiers; ceux qui 
vivent de larves de fourmis et autres insecte* terresti'ea en trou- 
vent plus long-temps et partent plus tard ; ceux qui vivent de 
baies, de petites graines et de fruits qui mûrissent en automne el 
restent sur les arbres tout l'hiver, n'arrivent aussi qu'en automne, 
et restent dans nos campagnes h plus grande partie de l'hiver; 



DiailizodbvGoOgle 



DES HIKONDELLES. te^ 

eeuxqui vivent dea mêmM cbotn que llionuiieet Jeson raper- 
flu re&teat toute l'année à porlée des lieux hftbités. Enfin de 
nouvelles culture* qui «'introduiaent daiu un paya donnent lien 
k la longue à de nouvetlai migrations : c'est ainsi qn'aprèt avoir 
établi à la Caroline la culture de l'orge, du riz et du firoment , 
les colons Y ont vu arriver régulièrement cbtiqae ann^ des 
volées d'oiseaux qu'on n'y connaistoit point, et k qui l'on a 
donné d'après U circonstance ks noms d'owsanj de Ht, à' oiataux 
dt bli, etc. D'aiUenrs il n'est pas rare de voir dans les mers 
d'Amérique des nuées d'oiseaux alUrés par des nu^ de papillons 
si considéraUes , que l'air en est obscurci. Dans tous les cas, il 
{»n>ît que ce n'est ni le climat, ni la saison , neîs l'article des 
.subsistances , la nécessité de vivre , cjui décide principalement de 
leur marcIie , ((ui (es fait errer de contre en contrée , passer et re- 
passer les mers, ou qui les fixe pour toujours dans un même pays. 
J'avoue qu'après cette première cause , il en est une autre qui 
ioOue aussi sur le* migrsUons des oiseaux , du moins sur leur 
retour dans le pays qui les a. vus naître. & un oiseau n'a point 
de climat, du moins il a une patrie; ccMnme tout autre animal, 
il reconnoit, il affectionne les lieux où il a commencé de voir la 
lumiËre, de )ouir de ses fiuniltés, où il a éprouvé les premières 
sensations , goûté les prémictw île l'existence ; U ne le quitle 
qu'a^-ec regret, et lorsqu'il y est forcé par la disette; un pen- 
chant irrésistible l'y rappelle ssns cesse, et ce pen<^nt, joint à 
la connoissanoe d'une route qu'il a déjà &ile , et à la feroe de ses 
«iles, le met en état da revenir dans le pays natal toutes les fois 
qu'il peut e^rer d'y trouver le bien-êti'e et U subsistance '. 
Mais, sans entrer ici dans la thèse gén^iledu ptusogedes oiseaux 
et de ses causes , il est de ftit que nos hirondelles se retirent au 
mois d'octobre dans les pays méridionaux, puisqu'on les voit 
quitter chaque année dans cette même saison les différentes 
contrées de l'Europe , et arrives- peu de jours après en différens 
pays de l'Afrique, et que même on les a trouvées plus d'unft 
fois en route au milieu des mers. Il est de ma conuoissaoce, di- 
soit Pierre Martyr, que les hirondelles, les milans, etc. , quittent 
l'Europe aux approches de l'hiver, et vont passer cette saison su i- 



< D*iu 11 partie ds In Libje où le Nil prend » lourca , le> hiniDdelle* et lei 
niiis* Bat ifdenuirel , et reiUDt tonte Vttmit. On ■ dît la mttnfi choia de qnf I- 
■jsee CBDIoni de VEtfaiopie. Au re*te , il peut j avoir dam le nïme pajt de* ki- 
■sodalles Je jiaMagect d'autre* ildentairM , coiBii* an cap da B«DBe-ElipJiMic«<. 



DiailizodbvGoOgle 



lot HISTOIRE NATURELLE 

les c&te» d'Egypte. Le P. Kircber, ce parlinn de l'immenion âtt 
hirondelles , iobù cjni b re«lreignoit aux pays du Nord, atteale, 
sur le rapport dea habitans de la Murée, qu'une grande multi- 
tude d'hîrondelleft paue tous lea ana aTec les cigogues de l'Egypte 
et de la Libye en Europe *. M. AdansoB nous apprend que le* 
hirondelles de cheminée arrivent au Sén^I ver* le 9 octobre, 
qu'elles en repartent BU prinlenip, et que le 6 de ce même moii 
d'octobre, étant à cinquante Heues de la c6te, entre IHe de Co- 
rée et le Sén^l , il en vint quatre se poaer sur son bâtimenr, 
qu'il reconnut pour de vraies hirondelles d'£urope : il a)oul« 
qu'elles se laissèrent prendre toutes quatre, tant elles étoient ià- 
tiguées. En i7fi5,R peu près dans Unième saison, le TaÏMeau ds 
]a compagnie, ie Ptnthiiitra , fut comme inondé, entre la côte 
d'Arrique et les Iks du cap Verd, d'une nuée d'hirondella à 
croupion blanc, qui probablement Tenoient d'Europe. L^ual 
»e trouvant dans le» mêmes mers, le la novembre, fit au» ren- 
contra de quatre hirondelle*, qui suivirent son bâtiment pendant 
sept jours jusqu'au cap Verd; et il est A remarquer qne c'est prf> 
cisément la saison où les rudbea d'abeilles donnait leurs estaiiiis 
au Sénégal en trèa-grande abondance, et celle où les cousins 
appelés maringouin* sont fort incommodes, par conséquent fbit 
nombreux; et cela doit être, car c'est le temps où finissent \(* 
pluies : or l'on sait qu'une température humide et chaude est I1 
plus ikvorable à la multiplication des insectes, surtout de ceux 
qui, ctnnme les maringouins, se plaisent dans les lieux aqua- 
tiques. Christophe Colomb en vit une à son seecnd voyage, la- 
queUe s*apptt>cha de ses vaisseaux , le a4 octobre, dix jours avniK 
qu'il découvrit la Dominique : d'autres navigateurs en ont rrn- 
conlré entre les Canaries et le cap de Bonne-Espérance. At 
royaume dissini, selon le missionnaire Loyer, on voit, dans le 
mois d'octobre et dans les mois suivans,ane multitude d'hiron- 
delles qui viennent des autres pays. M. Edvrards assure que In 
hirondelles quittent l'Angleterre en automne * , et que oella àt 



' Tsj« la Monda loaterraia A» es J^iaita. Ces disui ctcniTtii fiiti va con- 
firowat dani V'iéit ^ lu ntma dni )t* piji dnnd* il j ■ une Hlsoti jiour la géac- 
Illioa d«i inuatai, de eaux an moîiii cpù eaneot da pltnra ani hirsndeUn. 

> D'aoliai oWnatean , ijni ; ant regarda de pliu prit , murent ijaa In 1'>- 
randellea quittant l'Aagleurra vm la sg eapteiuLra; i{«e )e Iwa de rtsHnkl^ 
K^ntcale parult indiqua nr In cites d* la praiinca lia SuffolL, entra Oiford « 
larnmntlij qu'ellea sa posent sur les toiu dea ««lisei. des vieilles loors. aie; 
qn'ellai j laiLemt pluUun jeun lorsque le Teot n'ril point leiaiable pear 



:,,G00glf 



DES HIRONDELLES. «oj 

cheminée se trooTcnt au Bengale. On voit tonte l'année Sea hi- 
rondelléB au cap de Bonne-Esp^raDoe, dit Kolbe, mais en fort 
grand nombre pendant l'hiver : ce qui suppose qu'en cette con^ 
Irée il y en a quelques-unes de sédentaires et beaucoup de voya- 
geuses; car on ne prétendra pas apparemment qu'elles se cachent 
sous l'eau ou dans des trous pendant l'été. Les hirondelles du Ga-- 
nada , dit le F. Charievoix, sont des oiseaux de passage comme 
celles d'Europe; celles de la Jamaïque, dit le docteur Stubbes, 
quittent cette île dans les mois d'hiver, quelque chaud qu'il fasse. 
'Tout le monde connolt l'expérience heureuse et singulière de 
M. Frisch , qui , ayant attadié aux pieds de quelques-uns de ces 
oiseaux un iil teint en détrempe, revit l'année suivante ces 
mêmes oiseaux avec leur El qui n'était point décoloré; preuve 
assez IxHine que du moins ces individus n'avoient pas passé l'hi- 
ver sous l'eau , ni m£me dans un endroit humide , et présomp- 
tion très-ferte qu'il en est ainsi de toute l'e^>èee. On peut s'at- 
tendre que , lorsque l'Afrique et certaines parties de l'Asie seront 
plus fréquentées et mieux connues, on parviendra à découvrir 
les diverses stations, non-seulement des hirondelles, mais en- 
core de la plupart des oiseaux que les habitans des îles de la Mé- 
diterraoée voient passer el repasser chaque année à l'aide dea 
vents; car ces passages sont une sorte de navigation de long 
cours: les oiseaux, comme on a tu, ne les entreprennent guère 
que lorsqu'ils sont aidés par un vent iàvorable; mais lor»<|u'i!s 
sont surpris au milieu de leur course par les vents contraires, il 
peut arriver que, se trouvant exténués de fetigue, ils se posent 
sur le premier vaisseau qui se présente, comme l'ont éprouvé 
plusieurs navigateurs au temps du passage '. Il peut arriver qu'à 
déiâut de hâtimens ils tombent dans la mer et soient engloutis 
parles flots; c'est alors que l'on pourrmt, en jetant le filet i 



p.«CT )■ m» i ^€ 


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lient i cliii 


,g.rp«danll. nui., 


.n„ part™. 


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dirigé. Ttra le Nord 


, miu ]>iei 


i nne migriti 


on dirigée au aud en ai 


n au.l-ut de 


l'Anslftnre. 










> Le T.Iu«ii et 


l'iminl Wifer u tron' 




■ Te raaal de 


!■ Hlacki, va» mu 


iltitula ion 




ra.««iW« 


Ut cILlu ta étoienl 


l cODinti : 


ellti paroiuoicnt rMiBO'** , oflain* 


«ion.jeu.a 


■n«n* qii'«llu iUntu 


1 «ttrtin«D 


»t oaiint. 


S'étant repo<rfe> la n> 


lit , ellf^t rr- 




iD. M. Collio«.n non. 


epprend que 


I. Ben» choM srriTI *« U 1> 


■iuWD do « 


ipiuina Wright, rarnant de Ph.- 


bdclphis. 











DiailizodbvGoOgle 



Hio HISTOIRE NATURELLE 

propo), pécher vérilablement dea hirondallea noyée*, et, en «> 
prenant bien , lea rappeler à la vie : mais on aent que ces himn'i 
ne penvent avoir lien en terre ferme, ni «or des men d'une 
petite étendue. 

Dan* presque tous le* pay* connut , le* hirondelle* «ont re- 
gardée* comme amies de l'homme; et à très-juste litre, puis- 
qu'elles consomment une multitude d'insectes qui virroient snx 
dépens de l'homme '. Il &ut convenir que lf>* engoulevents m- 
roient les mêmes droits à sa reconnoissance puisqu'ils lui rrn- 
detil les mêmes services ; mais , pour le* lui rendre , ils se cachcnl 
dans les ombres du crépuscule, et l'on ne doit pas être surprit 
qu'ils restent ignoré* , euK et leurs bienfaits. 

Ma premiËre idée avoit été de séparer ici les martinets des 
hirondelles, et d'imiter en cela la Nature, qui semble les svox 
elle-même séparés, enleur inspirant un éloignement réciproque: 
ismais on n'a vu les oiseaux de ces deux familles voler de coin- 
pagnie; au lieu que l'on voit, du mcùns quelquefois, ncM trais 
espèces d'hirondelles se réunir en une seule troupe. D'aillenn lu 
famille des martinels se distingue de l'autre par des différent** 
assez considérable* dans la conformai ion , le* habitudes et le na- 
turel: I*. danglactmformalion ; car leurs pied* sont pluscourU, 
et absolument inutiles pour marcher ou pour prendre leur volée 
quand il* sont à plate terre; de plus, leurs quatre doigts »"> 
louméa en avant, et chacun de ce* doigts n'a que deux ph*~ 
langes, compris celle de l'ongle : 9°. dan* les habitudes; ils arri- 
vent plus Urd et partent plu* tôt, quoiqu'il* semblent craioârr 
davantage la chaleur; ils fout leur ponte dan* les creTuses d» 
vieUlea murailles, et le plus haut qu'ils peuvent; ils ne constnii- 
sent point de nid, mais il* gamiismt irâr trou d'une litière peo 
choisie et fort abondante, en quoi ils se rapprochent de* hircn- 
delWs de rivage; lorsqu'ils vont À la provision, il* remplissent 
leur large gosier d'insectes ailés de toute espèce , en sorte qu'ils ne 
]X)rtent h manger k leurs petit* que deux ou trois fois par jour : 
3". dan* le natureti il* *ont plus défians, plus sauvages que 1» 
fiirondelles; les inflexions de leur voix sont aussi moins varié», 
et leur instinct paroit plus borné. Voilà de grandes différence 



On l'Bt iperfii €a plmiciui cinatiMiiicu^D'ïllu dilivraiint u piT> ^* 
1 do coiuLdi. Duu U fttiu tIUb que jlubiii, eUft ont iUUti^ pluinn pc 
■ d'an mtrt, lU*a , j* Tcni dire d« eu pcciti 1«i qni [uniguit la hU , »■* 
M (Q djUniistit lu iasctUi tiUi JaDt cet vn* tant In larrei. 



DiailizodbvGoOgle 



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i.l'UirsiiddlT de rhcmûirT. . .fus* 4U| . |'|, _j ii, j r iirr 



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S.L'niroDd'Dc de ftn^lrp 



1 . ÏUirsoddtc de dinninri . . . fa^e iuJ . ,. 
2l« ^uidr Hirondtllr à venin rmi iml 

DiailizodbvGoOgle 



DE L'HIÎlONDELLE DOMESTIQUE. 411 

et âe Torlet raisons pour ne point mêler ensemble des oiscuiix 
qui , dans l'état de nature , ne se mêlent jamais les uns avec les 
autres : et ie suivrois ce plan sans hésiter , si nous coOnoÎMioiii 
assec le natunl et les hatutudes des espèces étiangères apparte- 
nant à ces deux races pour être «âra de rapporter chacune à sa 
véritable souche ; mab nous savons si peu de chose de ces espèces 
étrangères, que nous courrions risque de tomber à chaque pas 
dans quelque méprise; il est donc plus prudent, ne pouvant 
dernier sûrement les oiseaux de ces deux Familles, de les laisser 
ensemble, en attendant que de nouvdlea observations nous 
aient asaea instruits sur leur nature pour assigner à chacun ta 
véritable place. Nous nous contenterons seulement ici de rap- 
procher les espèces qui nous paroltront avoir le plus d« rapports 
entre elles quant k la conformation ext^eure. 

Nous ne séparerons point non plus en deux classes les hiron- 
delles de l'ancien et du nouveau monde, parce qu'elles se res- 
semblent toutes beaucoup, et que d'ailleurs ces deux monde* 
n'en font qu'un seul pour des oiseaux qui ont l'aile aussi bonne, 
et qui peuvent subsister également à toutes les latitudes. 



L'HIRONDELLE DE CHEMINÉE, 
OU L'HIRONDELLE DOMESTIQUE '. 

jl,i.i,E est en effet domestique par instinct; elle recherche la 
société de l'homme par choix; elle la préfère, malgré ses încon- 
véniens, à toute autre société. Ella niche dans nos cheminées , et 
jusque dans l'intérieur de nos maisons, surtout de celtes où il y 
a peu de mouvement et de bruit : la foule n'est point la société. 
Lorsque les maisons sont trop bien closes, et qne les cheminées 
sont fermées par le haut, comme elles le sont à Nantoa et dans 
les pays de montagnes , à cause de l'abondance des neiges et des 
pluies, elle chauge de logement sans changer d'inciûiation; elle 
se réfugie sous les avant-toits ot j ccwstruit son nid : mais ja- 



DiailizodbvGoOgle 



4ia HISTOIRE NATURELLE 

mois elle ne l'établit Ttdontairement loin derhomme; et toai^ 
les foia qu'un voyagisur égaré aperçoit dans l^ir quelijueft-una dt 
tes oneaox, il peut 1m r^xrder comme des oîieaux de bon au- 
gure, et qui lui annoncent in&illiblement quelque habilitioi 
prochame. Nous Terroua qu'il n'en est pas tout-à-fiiit de même 
de l'hirondelle de fenêtre. 

Celle de cheminéeeatlapremièFequiparoinedananoicliiiiati: 
c'est ordinairement peu ^rès l'équiuoxe du printemps. Elle ar- 
rive plus tôt dans les contrées plus méridimales , et plus Urd 
dan* les pays du Nord. Mail quelque douce que soit la lem|Xia- 
ture du mois de février et du ccttnmencement de mara, quelijtw 
froide que toit celle de la fin de mars et du commencement d'a- 
▼rit , elle ne partit gufere dans chaque paya qu'à L'époque onli' 
Bsire'.OaenTottquelquelôisvoleti travers les floconid'une neige 
très-éi>àisse. Elles souETriient beaucoiqi , conune ou 8aît,eni74o= 
.elles se réunissaient eq assez grand nombrosur une rivière qui 
bordoit une terrasse appartenant alors à M. Hébert *, et o<i elln 
tomboient mortes à chaque instant^ l'eau-étoit couverte de leun 
petits cadavres '.j Ce n'étolt point par l'excès du froid qu'elln 
périssoient; tout annonçoit quec'éloit faute de nourriture: («Un 
qu'où ramassoit étoîent de la plus grande maigreur, el l'on 
voyoit celles qui vivoient encore se fixer aux mues de la ler- 
vasse dont j'ai parlé; et, pour dernière ressource, saîmr avide- 
ment les moucherons desséchés qui pendaient à de vieilles toile» 
■l'flraignées. 

Il semUe que l'homme devrofL accueillir, bien traiter un oiieia 
qui lui annonce la belle saison, et qui d'ailleurs lui rend des ser- 
vices réels ; il semble au moins que ses services devroient Diire a^ 
sûreté personnelle , et cela s lieu À L'égard du plus grand nomltn 
des hommes, qui le prolégenl quelquefois jusqu'à la supenlî- 
tiun*:maisils'en trouve trop souvent qui se font un amusement 

■ Pline dit <iiu Owr bit atatiim. aiiiiondcllH >ui la 8 dta oalni.ltt J> 
nin. M*U c'cit DB hit Bniqnc, >t pcat-tt» ^toieat-u du hiraBdcllB lit 

• Cal «icincnt ebHmMor m'ii contnnniqaJ nr «lu IxaiiWe d'flJHiin ta 
grand BOKbn dt (ait! bien t», qni. cwL aouicat canfinué co qaa je uiftii f" 
Boi-Blau , et qni n'oat qoelquefoii apprii ca qna je d« bbtoj. point. 

' Cette flircoBiUaca eaL a remanjner, ne fAl-ea ipie pont i>téienir la fimi* 
Hit de cem qni ne Terroient dani tant aeci que dai himadelt» in|;ourdis JM 
la froid , et qui tont auendra •■ bnd de l'ean 1* véritable Mmpératare da pcie- 
Wnipa. 

* On a ditqne cet htrondtll» boitai tmu laprottctinn ipàtiile ileedieu f^ 



DiailizodbvGoOgle 



DE LTIIRONDFXLE DOMESTIQUE. 4i5 

Tiihiimaio de le tuer à coups de fusil , mim autre motif qae celui 
e!'<:xercei- ou de perfcclionner leur adresse aar un but très-în- 
conalant , très-mobile , par conséquent très-difiîdle « atteindre ; 
et ce qu'il y a de singulier, c'est que ces oiseaux innocens parois- 
sent plutôt attirés qa'eflnyés par les coups de fusil , et qu'ils ne 
peuvent «e résoudre i fuir l'homme , lors même qu'il leur fait 
une guerre si cruelle et si ridicule. Elle est plus que ridicule , cette 
guerre ; car elle est contraire aux intérêts de celui qui la fait , 
{Nir cela seul que les hirwidellM nous délivrent du Seau des cou- 
sins , des cbaransiMis et de plusieurs autres insectes destructeurs de 
nos potagers, de nos moissons, de nos forêts., et que ces insectes 
se multiplient dans un pays, et nos pertes avec eux , en même 
proportion que le nombre de* hirondelles ' et autres insectivores 
y diminue. 

I/expériencede Frisch , et quelqnes antres semblables *, prou- 
vent que les méoies hirondelle* reviennent aux mêmes endroits 
elles n'arrivent que pour filtre leur ponte , et se mettent tout di 
suite à l'ouvrage. Elles construisent chaque année un nouveau 
nid, et l'établissent au-dessus de celui de l'année précédente, 
le local le permet. J*^i ai trouvé dans un tuyau de cheminée qui 
étoient ainsi construits par étages ; j'en co mptai jusqu'à quatre les 
uns sur les autres, tous quatre égaux entre eux, maçonnés de 
terre gâchée arec de la paille et du crin. Il y en avoit de deux 
gi-andeurs et de deux formes différentes : la plus grands repré- 
aentoient un demi-cylindre creux ', ouvert par le dessus , d'en- 
TÎron un pied de hauteur ; ils occupoient le milieu des parois de 
la cheminée : les plus petits occupoient les angles , et ne formaient 
^ue le quart d'un cylindre ou m£me d'un cône renversé. Le pre- 
mier nid , qui étoit le plus bas, avoit son fond maçonné comme 
le reste; mais ceux des étages supérieurs n'étoient séparés des 



> Il fit irai qu'clln cDD»iDn<nl anBi if imttttt ntilc* ; p>r nenpl* > U* 
klicîUf* : n(it on jint Uia|inin 1«* tuiptcher de coniLnîre Itiinaiib ï portée dt* 
Tucha. 

, Dia* UD cUmsh pi>l d'Bpinil « Lamrna, on ilUcli*, il J ■ ^«Iijaci aa- 
tx'oi, au plrd d'uuï de ce* hirondcllei, un anae.u de Gl de lajtao, qn'ella rappoM* 
C.IËlemeut l'iauée (ititaDU. Heerkcni, d»» »° poïme intitnlt HiruitJo. cita m 

E rHtcb ditijDel'Diiean dimnti ton niitcdte tant* circalairt , o« pIstAt deoi- 

cirtulaiic, eu [iranant loa pi«d paiv «ulre. 



DiailizodbvGoOgle 



4i4 HISTOIRE NATURELLE 

inférieurs que par leur nutelu composé de paille , d'herbe scclie 
et de [dumei. Au reate, parmi les peliu nidi des angles, je n'en 
ai trouvé que deux qui fuMent par éUiges ; je crou que c'éloient 
les nids des jeunes : ils n'éloienl pas si bien faits que les grandi. 

Dana celte espèce, comme dans la plupart des antres, c'est le 
mâle qui chante l'amour : mais la femelle n'est pas afaaolamenl 
muette ; son gazouillement ordinaire semble même prendre slon 
de la Tolnbilité. Elle est encore moins insensible ; air non-seuk- 
ment elle reçoit tes caresses du mAle avec complaisance, nuit 
elle les lui rend avec ardeur, et l'excite qtfelqneftHs par ses tff.- 
ceries. Ils font deux poales par an : la première, d'environ cinq 
oeufs; la seconde, de trois. Ces oeufs sont blancs, selon Willughby, 
et tachetés, selon Klein et Aldrovande. Ceuxque j'ai vus éloteat 
blancs. Tandis que la femelle couve, le mâle passe la nuit larle 
bord du nid. Il dort peu ; car on l'entend babiller dès l'sube du 
jour, et il voltige presque jusqu'à la nuit close. Lorsque le* petiu 
■ont écloe, les père et mère leur portent sans ceue à msngcr, et 
ont gnnd soin d'entretenir la propreté dans la nid , juiqu'ï <x 
que lea petits, devenus plus forts , nchent s'arranger de manJère 
à leur épargner celte peine. Mais ce qui est plus întw'nMnl , c'eil 
de voir les vieux donner aax jeunes les premières leçons de >i>- 
1er, en les animant de la voix , leur présentant d'un peu loin k 
nourriture, et s'éloignanl encore à mesure qu'ils s'avancent poQ' 
la recevoir, les poussant doucement , et non sans qudquein' 
quiétude , hors du nid , jouant devant eux et avec eux dans !'■"'> 
comme pour leur oSrir un secours toujours présent, et accomps- 
gnant leur action d'un gazouillement si expressif, qu'on croiroiL 
en entendre le sens. Si l'on joint k cela ce que dit Boerhaave d'ua 
de ces oiseaux , qui , étant allé k la provision , et trouvant A •><> 
retour la maison oi!i étoit son nîd embrasée , ae jeta an traven 
des flammes pour porter nourriture et secours à ses petib,on 
jugera avec quelle passion les hirondelles aiment leur gèni- 
ture '. 

On a prétendu que lorsque leurs petits avoient les yeux cre- 
vés, même arrachés, elles les guérissoient et leur rendoient 1» 
Tue avec une certaine herbe qui a été appelée chèlidain*, c'est- i 
à-dire, herbe aux hirondelles; mais fcs expériences de Bedi f' 
de M. de la Hire nous apprennent qu'il n'est besoin d'aucinc 

' CoBMana'igiticid'DneoiMCtd'iinacoineian, on nepnt |«ti«iaFf°' 
^n'elt« (t Mit fti<\g\Ma dini In flamnin pir diftnt d'npiricacL 



DiailizodbvGoOgle 



DEL'HIRONDELLE DOMESTIQUE. 4i5 

Iiefbe pour <%!&, et que lorsque le» yeux d'un jeune oUeitii sont, 
je BedûpPaRrrachéslout-à-fiiit, mais seulement crevés oumâma 
SC-trit, ils se rétablissent trës-promptemeiit et sans aucun re- 
mède. Arislote le savoit bien, el l'a écrit; Celse Ta répété. Le» 
e.xpérienoes de Redi et de M. de la Hire, et de quelques autre«> 
sont suu réplique , et néanmoins l'erreur dure encore. 

Outre les difiéi-ectes inflexions de voix dont j'ai parlé jusqu'ici, 
]ps hirondelles de cheminée mit encore le cri d'assemblée, Le 
cri du plaisir , le cri d'effroi , le cri de colère, celui par lequel U 
tnère avertit sa couvée des dangers qui menacent , et beaucoup 
d'autres expreMiona composées de toutes celles-là; ce qui sup- 
pose une grande mobilité dans leur sens intérieur. 

J'ai dît ailleurs que ces oiseaux vivoient d'iot«ctes ailés qu'ils 
happent en volant ; mais comme ces insectes ont le vol plus ou 
moins élevé, selon qu'il fait plus ou moins chaud, il arrive que, 
lorsque le Troid ou la pluie les rabat près de terre, et les empêcha 
même de faire usage de leurs ailes , nos oiseaux rasent la terre et 
cherchent ces insectes sur les tiges des plantes , sur l'herbe des 
prairies , et jusque sur le pavé de nos rues ; ils rasent aussi les 
eaux et s'y plongent quelquefois à demi en poiirauivant les in- 
sectes aquatiques, et , dans les grandes disettes, ils vont disputer 
aux araignées leur proie jusqu'au milieu de leurs toiles, et fînis- 
aent par les dévorer elles-mêmes. Dans tous les cas, c'est la marche 
du gibier qui détermine celle du chasseur. On trouve dans leur 
estomac des débris de mouches, de cigales , de scarabées , de pa- 
pillons', et même de petites pierres'; ce qui prouve qu'elle* ne 
prennent pas toujours tes insectes en volant, et qu'elles les sai- 
sissent quelquefois étant posées. En effet, quoique les hirondelles 
lie cheminée passent la plus grande partie de leur vie dans l'air, 
elles se posent asses souvent sur les toits , les cheminées , les barres 
de fer, et même à terre et sur les arbres. Dans notre climat, elles 
passent souvent les nuits, vers la fin de l'été, perchées sur des 
aunes au bord des rivières , et c'est alors qu'on les prend en grand 

■ Ell«ii>aieïnntpmitDnioiirlig*1(iii«ntbicil. Dini t< gfsicr d'na iodiTidii 
(|iii »ait fiti dain joui •*«> manger, il h Iron» jicincoup de Atbwa d'iiuccLH 
culôoplïru, n diiDi SD autre iadlfida, qui a*oit maugl U veille cinq auaimon- 

> Tojea BeloB, WitlDgtibf . On > dit bien de) abiardiU* inru* piarm d'hi- 
rondelle et leun vertiu, aiuiijue lorlu pierru d'aigle, la pienet alectarienuei, 
et ■Btiea biioarda (pi MMbbotttMlnbijani fiTorit <t de la cbailutnerie «t c** 
la ciMoliti. 



DiailizodbvGoOgle 



4i6 HISTOIRE NATURELLE 

nombre et qu'on les mange en certains paya ' i elles choîaùvnl 
les branches le» plus buses qui se trouvent au-dessous de» berjjn 
et bien k l'abri du vent. On a remarqué que les faranclies qu'elle» 
adoptent pour y passer ainsi la nuit meurent et se dessichoiL 

C'est encore sur un arbre, mais sur un très-grand arbre, 
qu'elles oiit coutume de s'assembler pour le départ Cet atsem- 
Ûées ne sont que de trois ou quatre oaits ; car l'espèce nW pu 
si nombreuse, à beaucoup près, que celle des hiroadellei dete- 
nètre. Elles s'en vont de ce pays^â vers le comniencenieiit d'oc- 
tobre ; elles partent ordinairement la nuit comme pour dérober 
leur marche aux oiseaux de proie qui ne manquent guère de le) 
harceler dans leur route. M. Frisch en a tu quelquefois partie 
en plein jour, et M. Hébert en a vu plus d'une fois, au tempidii 
départ, des pelotons de quarante ou cinquante qui &isoie&trout« 
au h>:ut des airs ; et il a observé que dans celte circonstance leur 
vol étoit non -seulement plus élevé qu'à l'ordinaire , mais encora 
beaucoup plus uniforme et plus soutenu. Elles dirigent leur roule 
ducâtédu midi, en s'aidant d'un vent favoiable, autant qu'il et 
possible; et lorsqu'elles n'éprouvent point de conlre-tempi, elles 
arrivent en Afrique dans U première huitaine d'octobre. &, do- 
rant Ja traversée, il s'élève un vent de sud-est qui les repousse, elle* 
relâchent, de même que les autres oiseaux de pftssage, damiesilei 
qui se trouvent sur leur chemin. M, Adanson en avuarriver.déi 
le 6 octobre , à six heures et demie du soir , sur les câlee du Séné- 
gal, et les a bien reconnues pour être nos vraies hirondelles. Il s'eit 
assuré depuis qu'on ne les voyoit dans oes contrées que pendant 
l'automne et l'hiver. U nous apprend qu'elles y couchent tout» 
les nuits , seules ou deux à deux , dans le sable sur le bord de la 
mer', et quelquefois en grand nombre dans les cases, perchée* 
sur les dievTons de la couverture. Enfin , il ajoute une observa- 
tion importante, c'est que ces oiseaux ne nichent point au Sé- 
ncj<al *. Aussi M. Fi-isch observe-t-il qu'au printemps elle* ne 
Tsminent jamais avec elles des jeunes de l'année : d'où l'on peut 
inférer que les contrées plus septentrionales sont leur véritable 



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DE L'HIRONDELLE DOMESTIQUE. 417 

pallie ; car la patrie d'une espéra quelcooque est le pays où elle 
iâit l'amour et se perpétue. 

Quoiqu'en général ces hirondelles soient des oiseaux de pas- 
ange, même en Gi-èce et eu Asie, on peut bien s'imaginer qu'il 
en reste quelques-unes pendant l'hiver, surtout dons les pa^s 
tempérés où elles trouvent des insectes ; par exemple, dans les 
(les d'Hièrea et sur la côte de Gènes, où elles passent les nuits sur 
les orangers en pleine terre, et où elles causent beaucoup de dom- 
mage A ce» précieux arbrisseaux. D'un autre côté, on dit qu'elles 
ptroîssent rarement dans l'ile de Malte. 

On s'est quelquefois servi, et l'on pourrait encore se servir 
avec le même succès , de ces oiseaux pour faire savoir trèfr-promp- 
tement des nouvelles intéressantes ; il ne s'agit que d'avoir une 
couveuse prise sur ses œufs dans l'endroit même où l'on veut en- 
voyer l'avis , et de la lâcher avec un fil à la patte , noué d'un cer- 
tain nombre de noeuds, teint d'une certaine couleur, d'après ce 
qui aura été convenu; cette bonne mère prendra aussitôt son 
essor vers le pays où est sa couvée , et portera avec une célérité 
incroyable les avis qui lui auront été confiés. 

L'hirondelle de cheminée a la gorge , le front et deux espèces 
de sourcils d'une couleur aurore; tout le reste du dessous du 
corps blanchâtre avec une teinte de ce même aurore; tout le 
i-este de la partie supérieure de la tète et du corps , d'un noir 
bleuâtre éclatant, seule couleur qui paroisse, les plumes étant 
bien rangées, quoiqu'elles soient cendrées à la base et blanches 
dans leur partie moyenne ; les pennes des ailes suivant les diffé- 
rentes incidences de la lumière, tantôt d'un noir bleuâtre plus 
elaîrqueledcssusducorps, tantôt d'un brun verdàtre; les pennes 
de la queue noirâtres avec des reflets verts ; les cinq paires laté- 
rales marquées d'une tache blanche vers le bout; le bec noir au 
dehors, jaune au dedans ; lepalaiitet les coins de la bouche jaunes 
aussi, et les pieds noirâtres. Dans les mâles, la couleur aurore de 
la gorge, est plus vive, et le blanc: du dessous du corps a une lé- 
gère teinte de rougeâlre. 

Le poids moyen de toutes les hirondelles que j'ai pesées est 
d'environ troisgros;ellesparoisseiil plus grosses à l'oeil, et cepen- 
dant elles pi:sent moins que les hirondelles de fenêtre. 

Longueur totale, six pouces et demi; le bec représente un trian- 
gle isocèle curviligne, dont les côtés sont concaves, et ont sept 
ouhiiit lignes; tarse,cinq lignes, sans aucun duvet ;ongIesmince«, 
peu courbés, fortpoîntus, le postérieur le plus fort de tous; vol, 

Biiffon. 11, 37 



DiailizodbvGoOgle 



4i8 HISTOIRE NATURELLE. i 

unp!ed;queue,lroiapoucet un<]nsH, trèa-iburcline ( lieaucoiip | 
moins dans I«3ieunea), composée de douze pennes, dont la paire I 
la plu* extérieure dépene la paire Bumnle d'un pouce, lapaire |l 
inlermédiaire de quinze à vingt Kgnea, etlesaileade quatreàtix ' 
ligne*; elle eat ordinairement plus longue dans le tnile. 

Onm'a envoyé, pour rariéléa , des individus qui avoient tonlei 
]ps couleurs plnsfoibles et la queue peu fourchue : c'éloient proba* 
blementdeiimpies variétés d'âge; car la queue n'a sa vraie fonnCf I 
et le plumage ses vraies couleurs , que dans les adultes. 

Jemetsau nombre des variétés accidentelles, i*. leshirondellca 
blandies. Il n'y a gutre de pays en Europe où l'on n'en ait va , 
depuis l'Archipel jusqu'en Prusse. Aldrovande indique le moyen 
d'en avoir tant que l'on voudra; il nes'agit, selon lui, qued'éten- 
dre une couche d'huile d'olive sur l'oeuf. AHstote attribue cetls 
blancheur k une fbiblesse de tempérament , au défaut de nourri- 
ture, à l'action du froid. Un individu que j'ai obvervé a voit au- 
dessus des yeux et sous la gorge quelques teintes de roux, des 
traces de bi-un sur le cou et la poitrine , et la queue moins longue. 
11 pourrolt se &ire que cette blancheur ne fUt que passagère, et 
qu'elle ne i-epanîl point après la mue ; car, quoiqu'on voie asses 
souvent dans les couvées de l'année des individus blancs , il e»l 1 
rare qu'on en voie Vannée suivante parmi cdies qui reviennent 
du quartier d'hiver. Au reste , il se trouve quelquefois des indi- 
vidus qui ne sont blancs qu'en partie : tel éloit celui dont parle 
Aldi-ovande, lequel avoit le croupion de celte couleur, et pon- 
voît disputer à l'hirondelle de fenêtre la dénomination du cul- 

Jereganîe, en second lieu, comme variétéaocidentelle, riiïron- 
delle rousse, chez qui la coulruranrorede la'gorjfeetdes sourcib 
s'élendsur presque tout le plumage, mais en s'affijiblïasant et li- 
sant àrisabelle'. 

L'hirondelle de cheminée , n". 5't5 , fig. i , est répandue dans 
tout l'ancien continent, depuis la Norwége jusqu'au capdeBunne- 
^pérance, et du côté de l'Asie, jusqu'aux Indes et au lapon. 
H. Sonnerai a npporté un individu de la cote de Malabar, lequel 
pe diffère de notre hirondelle de cheminée que [Ktr «a taille un 
peupluspetite; encoreest-il probnbleque sa [>cau s'est retirée ea 
aedesséchant. Sept autres hiroodelles rapporléesduop de Bonne- 



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VARIÉTÉS DE LTnRONbElXE DOMESTIQlTE. 419 
I^péi-an» par le même M. ^nnent , ne diflèrent Don plu» des 
nôtres que comme les nôtres différent entre elle»; aeitleuieat on 
trouve, en y regardant de bien prêt, qu'elle» ont le dessoua'idu 
corpa d'un blanc plu» pur, et que i'^chaacrure qHÏ, dan» les dix 
pennes latérales de la queue, marque le passage de leur partie 
étroite, e«t plu» considérable. 

Voici d'autre» hironddlesqui , parleutressem'bUnCe, soitdan» 
les couleurs, sort dan» la confennation , peuvent 4tre regardées 
^comne da Tari^tés de cdimat. 



VARIÉTÉS 
©E L'HIRONDELLE DOMÊSTIQtJE. 

1. iJhirondetle ^jtntigue, à gorge couleur de rouille. Elle a là 
laîUe un peu plus petite que notre hiittndelle; le front ceint d'un 
bandeau d'un jauue rouillé ; sUr la goi^ une plaque de même 
couleur , terminéeau bas par nu collier ïioir foït étroit ; le devant 
du cou et le reste du destons du corpi blancs; la tête, le denus 
du cou et le do», d'un noir velouté; ICs petites couverture» »upé'' 
rieures des ailes, d'un noir violet changeant; les grandes, ainsi 
que les pennes de l'aîle et de la queue , d'un noir de charbon ) 1k 
queue est fourchue et ne dépaïae pat le» «ilea. 

II. ^hirondelle à ventre roux de Cayenni. Elle a la goi;ge 
rousse, et celle couleur s'étend mir tout le dessous du corps en se 
dégradant par nuances ; le front bhnchâtre; tout le retle du dessus 
du corps d'un beau noir luùuit : die est un peu plu» petite qu» 
la nôtre. 

Longueur totale^ environ cinq pouceset demi; bec, six lignes; 
tarse , quatre a cinq; doigt postérieur , cinq. 

Les hirondelles de cette espèce font leur nid dans les maisons, 
comme nos hirondelles de cheminée : elles le construisent en iôr- 
me de cylindre avec de petites tige», de la mousse, des plumet; 
ce cylindre est suspendu verticalement, et isolé de toutes para; 
elles l'allongent comme font les nôtres, i mesure qu'elles se mul- 
tiplient; l'entrée est au bas, sur l'un des côtés, et si bien ménagée 
qu'elle communique , dit-on , k tous les étages. La femelle y dé- 
pose quatre ou cinq œufs. 



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Aio HISTOIRE NATURELLE. 

n n'est point du tout contre U vraisemblance que nos hÎTon- 
dellea domestiques nient passées dans le nouveau continent, et y 
ineat Fondé une colonie qui aura conservé l'empreinte (In la rare 
primitive ; empreinte trës-reconnoiasaUe k tntvert ks influences 
du nouveau climat. 

III. Uhirondetle au capuchon roux, n*. 79$, fig. 3. Ce roux est 
fcHicé et varié de noir ; elle a aussi le croupion roux , terminé de 
blanc; le dos et les couvertures supérieur!» des ailes, d'un beau 
noir tirant au bleu , avec df s reflets d'acier poli ; les pennes des 
ailes brunes, bordées d'un brun plus clair; celtes de laqueue noi- 
râtres; toutes les latérales marquées, sur le côté intérieur, d'une 
tache blanche, laquelle ne parait que lorsque la queue est épa- 
nouie ; la gorfje variée de blancfaAtre et de brun ; enfin le dessous 
du corps semé de petites taches longitudinale* noirâtres sur un 
fond jaune pnle. 

M. le vicomte de Querhoent , qui a en occasion d'observer 
cette hirondelle au capde Bonne-Eapérance , nous apprend qu'elfe 
niche dans les maisons, comme les précédentes; qu'elle attache 
son nid au plafond des uppartemens; qu'elle le construit de terre 
à l'exlérieiir, de plumes à l'intérieur; qu'elle lui donne une for- 
me arrondie, et qu'elle y adapte une espèce de cylindre creux qui 
en est la seule entrée et la seule issue. On ajoute que la jêni^le 
y pond quatre ou cinq œufa pointillés. 



OISEAUX ÉTRANGERS 
QUI ONT RAPPORT A L'HIRONDELLE DOMESTIQUE. 



I. LA GRANDE HIRONDFXLE A VENTRE ROUX 

DU SÉNÉGAL '. 

llttAS a la queue conformée de même que nos hirondelles de 
cheminée; elle a aussi les mêmes couleurs dans son plumage , 
mais ces couleurs sont distribuées difléremment : d'ailleurs elle 
est beaucoup plus grande, et paroit modelée sur d'autres pro- 
portions; en sorte qn'on peut la regarder comme une espèce â 



D,a,l,zt!dbvG00glc 



SUITE DE L'HtROMDElLE DOMESTIQUT:. éai 
part. Elle a le desaus de la (éteetdu cou,leda« etiescouvevtures 
supérieures des ailes, d'un noir brillanl, arec do« reûets d'aciec 
poli; lea pennes des ailes et de la queue noires; le croupion roux, 
ainsique toule k partie inférieure ; maisk teinte de la gorge et dea 
couvertures infërieures des ailes eal beaucoup plus foible et pres- 
que blanc he. 

Langueur totale, huit pouces six lignes ; faeo , huit lignes; 
tane de même; doigt et ongle postérieurs les plus longs après, 
ceux du milieu; roi, quinze ponces trois lignes; queue, quatre 
pouces, fourchue de vingt -ùx lignes; dépasse les ailes d'un 
pouce. 

I!. L'HIRONDELLE A CEINTURE MANCHE. 

Ceile-ci, n". jai, fig. a, n'a point de roux dans son [dumaget 
loiil y est noir, excepté une ceinture blanche qu'elle a sur le 
vt-nlre, et qui Iranclie vivement sur ce fond obscur; il y a encore 
un peu de blanc sur les jambes; et les pennes de U queue, qui 
«ont noires dessus comme tout le reste, ne sont que brunes par- 
dessous. 

C'eat un oiseau rare; il setrouveàCayenneet àlaGuïane, dans 
rintérieurdes terres, sur le bord des rivières. Use plaît à voltiger- 
surl'eau comme font nos hirondflles; mais, ce qu'elles ne font pas 
toutes , il se pose volontiers sur les arbres déracinés qu'on y voit 
flotlflns. 

Longueur totale, six pouces; bec noir, six lignes ; tarse , six 
lif^nes; queue, deux pouces un quart, fourchue de près de dix- 
luiit lignes ; dépasse les ailes de quatre lignes. 

ni. L'HIRONDELLE AMBRÉE. 

Seba dit que ces hirondelles , de même que les nâtres de rivage » 
gagnent la cî^te lorsque la mer est agitée , qu'on lui en a apporté 
<|iielquerois de mortes etde vivantes, et qu'ellesexhalentuneodeur 
si forte d'ambre gris, qu'il n'en faut qu'une pour parfumer toute 
une chambre; cela lui Biit conjecturer qu'elles se nourrissent 
d'insectes et autres animalcules qui sont eux-mêmes parrumés , 
et peut-être d'ambre gris. Celle qu'a décrite M. Brisson venoit du 
Sénégal, et avoit été envoyée par M. Adanson-, mais, comme on 
voit, elle se trouve aussi quelquefois en Euro^tc. 

Tout «an plumage est d'une seule couleur, et cette couleur e«t 
un gris brun , plus foncé sur la liëte et sur les pennes des ailes qua 



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iM HISTOIRE NATURELLE 

jmrtont ailleurs; te bec est noir, et ha pieda bruns. L'oiaeati est 

tout au plus de la groiseuF d'un roitelet. 

J'di hésité si je ne npporterois pas cette espèce aux hirttndellei 
de rivage, dont elle parnt avoir quelques façons de &ire; mais 
comme le total de ses bRbitudes naturelles n'est poinlasaex connu, 
et qu'elle a la queue conformée de même que notre hirondelle 
domestique, j'ai eru devoir la lapporter immaoiiement à cette 
demièFe espèce. 

Longueur totale,, cinq pouces et demi; bec, six lignes; txme, 
trois; le dotgt ptMténeur le pluscoupt de tons; vol, once ponce* 
et plus ; queue , près de trois ponces , fôurcfaue de dix-huit li- 
gnes, conpoiée de dou4e pennes, dépassée pairlee*ilesdfl quali* 



L'HIRONDELLE AU CROUPION BLANC, 

ou LUmONDELLE DE FENÈÏBE ^ 

Ijz n'est pas sans raison que les anciens dtmnoimti cette hîroih-. 
délie, n°. 543, fig. 3, le nom de tauvagg. Elle peut k la vérilé- 
paroitre ftmilière et presque domestique, si on bi compare an 
grand martinet; mais elle paroftra sauvage ai on la contpare à no- 
tre hirondelle domestique. En efiet , nous avons vu que celle-ci , 
lorsqu'elle trouve les cheminées fermées, comme elles le son t dans U 
ville de Nantua, nichesous les avant-toits des maisons ,. plutôt que- 
«le s'éloigner de l'homme; an lieu que l'espèce i croupion blanc, 
qui abonde dans les environs de cette vîUe, et qui y trouve iènè- 
tres , pwtes , enlablemens , en un mot toutes 1» aisances pour y 
placer son nid , se l'y place cependant jamais ; elle aime mieux 
l'allée attacher tout au haut des rocs escarpés qui bordent le hic \ 

' Ed sllsaïail, kineh-ic\iral^itj mur-tckwaJttK, iergrtehtralbem, mutr- 
tpyreti, muuattT-wpjna , wyut-tpjrtA ; va logliu, roci-nvtiuHu, chureh- 
martiiutia ; ta iuliaa, rondoai. tartari, Dan«.çpii. w doDoint luii k l'hiren- 
ditlidaTingej lalgsirSBnt, cut-biaac d4 /wiUlrt , peiJt manûiat; wa Pio- 
Tflics, roUrolU, rtligitui», > uiu* da h» pluMgc bihc akbliiiic i «aLamine, 
ta imtltlot , la pttUt hùvitdetU, 

■ M. Gb}i (la Mincilla m'a asuî canCrB^ ca fait ; Biii il M fàst pai pniiârr 
• la lattri ca qn'oM dit la aBcini* d*an* digsa trèi-wlida , d'ott atada de lon- 
(Mni, lorBic «dMicbru da CCI aid* daa* la part d'Sénclte tn E^rptt, ci d'unr 



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DE L'HIRONDELLE AU CROUPION BLANC. 4a5 
Elle s'approche de Hiomaie lorsqu'elle ne trouve point ailleurs 
ses convenances; mais, toutes choses étant égales, elle préfère,, 
pour remplacement de son maooir, unn avance de rocher à la 
saillie d'une corniche , une caverne à un péris^le , en un mot 
la solitude aux lieux liabitét. 

Un de ces nkb, qne j'ai observé dans le mois de septembrff , 
et qui avoit été détaché d'une fenêtre, étoît composé de tem à 
l'extérieur, surtout de ceDe qui a été rendue par lèa vers , et que 
l'on trouve le matin çà et U sur les {hanches de jardin nou- 
vellement labourées ; il étoit fortifié dana le milieu de son épais- 
seur par de» brins de paille, etdans 1b couche la plus antérieure, 
(wr une grande quantité de plumes '. Ia poussière qui gamissott 
le fond du nid fourmiltok de petits vers très-^rèle* , hérissés de 
longs poilsi, se tortillant en tout sens , s'agitant avec vivacité, et 
s'aidant de leur bouche pour ramper ; ils abondoient surtout aux 
endroits où les plumas étoient implantées dans les parus inté- 
rieures. On 7 trouva aussi des puces plus grosses, plus allongées; 
moins brunes que les puces ordinaires, mais ocmformées de 
même, et sept ou Ituit punaises, quoiqu'il n'y en eût point et 
qu'il n'y en eût jamais eu dans Ja maison. Ces deux dernières e»- 
pèces d'insectes se trouvoient indifféremment, et dans lapons- 
NËre du nid, etd&ns les plumes des.oiseauxqui.l'habitoient au 
nombre de cinq , savoir, le père, la mère, et trois jeunes en état 
de voler. J'ai certitude que «v cinq oiseaux j passoient les nuits 
tous ensemble. Ce nid représentoit par. sa forma le quart d'un 
demi-sphéroide creux, allongé par ses pèles , d'environ quatro 
]muces et demi de rayon, adhérent par ses deux faces latérales au 
jambage et au chAssis de la croisée, et par son équateur à la plate- 
bande supérieure. Son entrée-étott près de cette plat&-bande, si- 
tuée verticalement, demi-circulaire et fort étroite. 

Les mêmes aids servent plusieurs années de suite, et probable- 
ment aux mêmes couples : oe qui doit s'entendre seulement des nids 
<(ueleshii'ondeUesattacfaentànoafênétres;caronm'8ssurequeceux 
qu'ellesappUquent contre les rodiers ne servent jamais qu'uneseuls 
saison , et qu'elles en font chaque année un nouveau. Quelquefois il 
se leur faut que dnq ou six jours pour le construire; d'autres foia 

aatmlign* Hmblilila, cMMtnol* pu Iw mliu* oîimvi dini vm tleconuerfa 



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424 HISTOIRE NATURELLE 

elle* ne peuvent en venir k bout qu'en dix ou douse jours. Elles 
portent le mortier avec leur petit bec et leurs petites pattes; elle* 
îe gâchent et le posent avec le bec seul. Souvent on voit un asses 
srand nombre de ces oiseaux qui travaillent au même nid ', soit 
qu'ils se plaisent à s'entr'atder les uns les autres, soit que dam 
cette espèce j rBccoiipIement ne pouvant avoir lieu que dans le 
nid, tous, les mâles qui recherchent b même femelle travaillent 
avec émulation à l'achèvement de ce nid, dans l'espérance d'en 
Aire un doux et prompt usage. On en a vu quelques-una qui 
iravailloient à détruire le nid avec encore plus d'ardeur que les 
autres n'en mettoient à le construire : étoit-ce un mâle absolu- 
ment rebuté, qui, n'espérant rien pour lui-même, cfaerchoit 
la triste consolation de troubler ou relarder les jouisnDces des 
autres? Quoi qu'il en soit, ces hirondelles arrivent plus lot ou 
plus tard, suivant le degré de latitude; à Upsal,le g mai, selon 
M. Linnœusjen France et en Angleterre, dans lesoommence- 
mens d'avril *, huit ou dix jours après les hirondelles domesti- 
ques, qui, selon M. Friscfa, ayant le vol plus bas, trouvent plus 
facilement et plus tdt à se nourrir. Souvent elles sont surprises 
par les derniers froids, et on en a tu voltiger au travers d'une 
neige fort épaisse *. Les premiers jours de kur arrivée, dies se 

> J'ca'ii compti jiuipi'k cinq poiéi dini no même niil , oa accracli^ aatoar, 
uni compin Im (Ikui et lenu» ; plu IniT oonibn eit (ranil plo* IVainga n 

' Celte »Bnit 177g, l^inra iti uni n*ig(, et la priolempi trit-bean ; BimB- 
Boiai c» hironilcllEi D< loat «rriv^o en Bonrgo^e que le 9 avril , et inT le lac de 
Ccaiie qaa le 14. On ■ dit qn'nn cordonniei de Btle , ajant mil ï noe lùroailetk 
un collier sw lequel liait jciit : 



Pourquoi t'en blormei-lq ? 

Cg qu'il y >d( plu* probable dauacetla ansedot*, c'ait que lei TCn ont ft< farli 
*D Snibke : quant an fhit, il «t plui que douteu, puiiqu^on lait par Bclon ei par 
Ariitote que Ici Lîrondftllet laat du oiieaui lemeiirieti dani la Grtcv comma 
dani le rtite de l'Europe, et ipi'ellai vont paner l'IiiTer en AJnqni. 

S Cela prouTe que ce qae dit la curt Hoegilroem, de Nordlande , lur le prt>- 
aantimentdei tesip^riturei , qu'il atiilliue lui himadellet, n'uipai ploi appli- 
cablià c(lli-ti qu'a celle ^ «kemiat* , et doit (Ueiegutli,*iui qoa ia l'ai dil. 



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DE L'HIRONDELLE AU CROLTION BLANC. 4îi5 
tiennent sur les eaux et dans les endroib marécageux. Je ne les 
BÎ guère vu» revenir aux nids qui «ont à mea fenêtr» avant 
le i5 avril; quelquefois elles n'y ont paru que dans les premiera 
jours de mai. Elles étab lissent leur nid à toute exposition , mais 
par préférenoe aux fenêtres qui regardent la campagne, surtout 
lorsqu'il y a dans cette campagne des rivières, des ruisseaux ou 
des étangs i elles le construisent parfois dans les maisons; maîi 
cela est rare et même fort difficile à obtenir. Leurs petits sont 
souvent écjos dès le i5de juin. On a vu le mâle et la femelle »e 
caresser sur le bord d'un nid qui n'étoit pas encore achevé, aa 
becqueter avec un petit gazouillement expressif ' : mais on ne 
les a point vus s'accoupler ; ce qui donne lieu de croire qu'ils 
s'accoufdent dans le nid , où on les entend gazouiller ainsi de 
très-grand matin, et quelquefois pendant Ih nuit entière. Leur 
première ponte est ordinairement de cinq oeub blancs , ayant un 
disque moins blano au gros bout ; la seconde ponte est de trois 
ou quatre; et la troisième, lorsqu'elle k lieu, de deux ou trois* 
Le mâle ne s'éloigne guère de la femelle tandis qu'elle couve; il 
veille sans cesse à sa sûreté , à celle des fruits de leur union, et il 
fond avec impétuosité sur les oiseaux qui s'en approchent de trop 
près. Lorsque les petits sont éclos, tous deux leur portent fré- 
quemment à manger, et paroïssent en prendre beaucoup de soin. 
Cependant il y a des cas où c«t amour paternel semble se démen- 
tir. Un de ces petits , déjà avancé et même en état de voler, étant 
tombé du nid sur Is tablette de la fenêtre , le père et la mère ne 
s'en occupèrent point, ne lui donnèrent aucun secours : mais celte 
dureté apparente eut des suites heureuses; carie petit , se vx^nt 
abandonné à lui-même , fît usage de ses ressources , s'agita, battit 
des ailes, et, au bout de trois quarts d'heure d'efforts, parvint à 
prendre sa volée. Ayant fait détacher du haut d'une autre fenêtre 
un nid contenant quatre petits nouvellement éclos, et l'ayant 

D LupoDH dn hinmdelln pirlir dii le 



coume 




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Tn,dii-a, 


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iafî HISTOIRE HATUBELtE 

iHÎué sur b tablette de la même fenêtre, les père- et mire, qtiî 
paMoIenl et repMMMent miu ccase ,.'raltîgeuit aulour de l'eodroit 
d'où l'on Kvoit ôté la nid , et qui oéceuairemeRt le voyoient et 
entendoient le cri d'appel de leun petits, ne (Mitirentpoint non 
pli» l'en «Gcnper, tandi* qu'une femeile moineau , dans le m^e 
lieu et lei mémea circonstance! , ne ceua d'apporter la becquée 
aux aiens pendant q^inse jours. Il semble que l'attachement de 
en lùrMidelles pour leurs petits dipMide du local ; cependant 
elles continuent de leur donner la nourriture encore long-temp> 
■pria qu'il) ont commence à Tolec, efcméme eSes la leur portent 
au mtUea des airs. Le fond de cette noairiture consiste en insecte*, 
ailés qu'elles attrapent au vol * , et cette manière de les attnper 
leur est te&ement propre, que, lonqu'eUes en votent nn posésur 
Hne maraiUe,eUealaidonn(nt un conpd'aileen passant pour le 
déterminer i roter, et pouvoir Mianite le prendre plus à leur aise. 
On dit que les moineaux s'emparent souvent des nids de ces 
hirondelles, et cela est vrai; mais on aJMite que les hirondelles, 
ainsi chanées de cbe« elles , reviennent quelquefois avec un gnnd 
nombre d'autres, ferment en un instant l'entrée du nid avec le 
même mortier dont elles l'mit construit , y dàqnenuirent les 
moineaux, et rendent ainsi l'usurpation funeste auxusurpa tenta. 
Je ne sais si oeWest ja