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1^-. 

^ 



COLLECTION 

DES OPUSCULES 

DE M. UABBt FLEURY, 

PouRfcrvir de Suiuifon Hijloirc EccUfiaJlifue. 



\ 



OPUSCULES 

D E M. VABBi 

FLE URY,^^ 

PRIEUR D'ARGENTEUIL, 

& Confiffcurdu Roi, LOUIS XV. 
TOME SECOND. 

COKTENATiT U Traiti du Chaix & dt la Mithode des 
i.tuH(s , ilnftttution au Droit Ecilijiofiique., le Mimoire 
jur Us jljfaires du CUrgi dc Irance , Cf Us DifcouTsfur 
Us Liheriis de 1'B.gltJe Gallicane ^fur tEcrituTe Sainttf 
fuT la Poifie des Hibreux , &fur la pTidieatioa. 




A NISMES^ 

Cbcz P[EnnE BEAUME, Libraire, & Iinprimeur da R<di 



M. D C C. L X X X. 
\A V E C P E RMIS S 1 N D. fl XQ^ 



/•/Cr. /9<? /9^ 




AVERTISSEMENT. 

LA proporcion que nous devons gar^ 
der dans la divifion de nos volumes^ 
pour ne lcs rendre pas rrop foibles^ nous 
a obligcs de changer l'ordre que nous nous 
^rions propofe pour la diflriburion des 
Pitces. II a fallu faire enrrer dans le pre- 
miervolume le Catcchifme Hiftorique que 
nous avions deilin^ pour celui-ci. 

Nous fommes donc obligcs de ddnner 
un autre ordre aux Fi^ces de ce fecond 
Volume. Nous le commen^ons , felon no- 
tre premier deffein j par le Traiti du Choix 
& de la Methode des 'Etudes : de-l^ c^eft 
une efp^ce d'introdu6lion gen^rale ^ tou- 
tes les Sciences ! elle nous conduit h Ylnf^ 
litution au Droit Ecclejiajlique qui eft une 
Introduclion particuli^rc ^ cette Science. 
Cet Ouvrage am^ne le Difcours fur les 
Libertes de F^glife Gallicane j & celui-ci 
attire avec foi les trois autres, c^eft-i-dire, 
]e Difcours fur Vticriture fainte , le Dif 
cours fur la Poejie des Hebreux , & le Dif- 
cours fur la Predication. 

Le Difcours fur les Libertes de P^glifc 
Callicane paroit ici , fuivant VEdition dc 
1763 y forc difi'i6reme de celle de 1714 ^ 



vj ^VERTISSEMENT. 

mais la feule qui aic paru fous la^ garantie 

d'une Approbation. Car ce Difcours ayant 

fouiFert pluHeurs difficult^s , ne parut en 

1714 que clandeftinement & avec des 

Notes qui le contredifoient fur plufieurs 

points. La plupart de ces Notes ont ete 

confervees dans TEdition de 17^3 ^ dans 

laquelle on a encore ajoute quelques No- 

tes nouvelles 9 & retouche des endroits 

qui ont paru foufFrir plus de difficultes , & 

qui avoient empdch6 jufques-lk la garan- 

tie de TApprobation d'un Cenfeur RoyaK 

Nous avons conferve toutes les Notes de 

cette Edition, en diftinguant celles de 1 7 14, 

& celles de 1763. Notre deflein etoit dc 

donner un fupplement contenant les diffe- 

rences des deux Editions ^ &: nous Tavions 

ainfi annonc^ : mais cela m^me eutencore 

foufFert des difficultes qui nous ont dcter- 

min^s k nous en abftenir. 

Le Difcours fur la Poifie des Hebreux 

eft ici donn^ d'abord felon r^dition de 

Dom Calmet qui eft la premi^re , & enfuire 

felon rEdition du Pire Defmolets qui eft la 

feconde ^ car ces deuK Editions font en- 

core fort difF^rentes Tune de I'autre , fans 

qu'on puifTe en d^couvrir d^autre caufe que 

le foin que M. Fleury prenoit de retoucher 

plufieurs fois fes Ouvrages. Du refte, ccs 

deux rldirions ont etd toutes deux egale- 

inent munies d'Approbation , fans que riea 

cut ^li capable d\ mettrc obftacle* 

TR^lTi: 




\ 



T R A I T E 

DU C HOIX 



E T 



DE LA MiTHODE 

DES ^TUDES 



iTfintlJi 



^ 



-r 






AV I S, 

Mis par l*Auteur k la tSte de la premiere Editioa 

en 1686. 

CEDifcours a ite retouchi plufieursfois ; &je n*aipu mpt» 
cherquil ne s*en repandit plufieurs copies , qui fe trouvc* 
ront en quelques endroits , dijferentes de celle-ci* llfut compo^ 
fe (Tabord en 1 675 , par Vordre * £une perfonnt i qui je de* 
vois obeir , pour fervir d feducation d*un jeune enfant qu^elU 
faifoit elever, Je le corrigeai en 1 6yj ^ & en laijfai prendri 
quelques copies :fy travaillai encore en 1 684 , &je U laijfois 
tmlrir, en attendant que feujfe eclairci quelques points d^hiftoi» 
re que fy traite, Mais comme fai appris que les copUs ma^ 
nufcritesfe multiplioient ^ fuivant VexemplakreU moins corred^ 
jemefmis enfin refolu d le donner^ &je Pai eneore retouchi en 
cette annee i696. /e prie ceux qui prendront la peine de U lire » 
de ne sarreter qud cet imprimi y & de ru compter pour rien Us 
autres copies que je difavoue ifai cru y devoir joindre quatrt 
Pieces trop petites pour etre imprimies d part. Les deux prC'» 
mieres font des Uttres en vers Latins ^ icrites ily a vingt ans» 
Dans fune , je montre qtu Us vrais favans font toujours efti^ 
mes ; & dans Vautre , je reprifente Us inconviniens des itU" 
des mal riglees. La troifieme Piece eft un Difcours fur Platon , 
que je fis en 1670, che^ M. le premier Prifident de Lamoi» 
gnon •* ,& que fadrejfai depuis d M. de BafviUe fon fils ^ dpri» 
fent ConfeiiUr £Etat & Intendant en Languedoc. *** La 
derniere eft une TraduRion du meme Auteur^ qui peut fervir 

* Ce pouvoic ^tre M. le Princc de Coati , chex qui M. TAbb^ 
Fleuri etoic ilori , & qui en lui confiant i*^ducatiou de fes dcux 
fils , pouvoit y ivoir joint un croifiime ^leve. S^te de PTditeur, 

** Guillaume de Lamoi^on , pourvu de TOffice de premier 
Pr^fident au Parlement de Parii en i6$8 , mort !• 10 D<cem« 
bre 1677 

*** Nicolas de Lamoignon de Bafville , nomm^ CoDfeitlcr 
d*ttat & Intendant de Languedoc cn i6t5 , mort le i-» Mai 
17x4. 11 ^toit fecoodfilt duPr^fidtaC • & iirirc de rAcad^jniciui. 



% A V I S, &c 

dtpreuvt au Dtfioun , & montrtr ur ichantlUon de fd do^ 
trint 6r di /onfiylt. EIU iioit faiti ctnq oufix ant auparovara. 
Ia Uliurt dt Plaltni ttCayant faurni unt bonne partit dti ri- 
fiexioru qui compofent ee Traiti dit itudis :j'ai eru en de» 
voir indiijutr la Jouret , nt dcutaiit pas <jui plufeurs n'en pro^ 
foeiu mieux qut moi. "*". 





T R A I T E 

D U C HO IX 



DE LA Mi. THODE 

DES fiTUDE^. 



-J^i ^^^^^ 1"^i'^ pritende ne traiter que des itu- D.(rBinde« 
r' **rfl des qui fc foi.t en particul tr, & ne donner des Traiti. 
It £ ilavisqu^aceuxquimllruirenilesenransdansles 
I^H |f*s| maifons, & font libres de fuivrc la methode 
tfe£^tJ-ftSI qui leur paroit 1a tneilleure : j'ai cru loutefois 
receHaire deconridererd'abordlecours d'^udesque nous 
trouvons etabii dans les ecoles publiques , afin de nous y 
conformer le plus qu'i) feri poOible. Nbis pour bien connoi- 
tre cet ordre de nos eiudes publiques , il eft bon , ce me fem- 
Ll^, deremonter jufquesi lafource: dc voir d'ou chaque 
panie nous eft venue , & comment k corps eniier s'eft for- 
ine dans la fuite deplufieurs fi^cles. 

LAGrjmmairt,hRJiiioriqBe8ihPhilofophiev\eanent ^CS Hiftoi^"» 
Grecs:Iesnomsmemesdeces etudes lefont voir. Dss EtuJei Et». 
GfecsellefontpafTe aux RomaJn$,&des Romains jufques ^** <''■ 
inous. OrlesGreo avoient grande raifoa de s'appliquer ^rM.*i,F«L 
aces uoU fortes d'etudes , de la maaiire qulls 1« prenoieai. 1. 1. 

Aiiji 



6 DU CHOIX ET DE LA M^THODe 

Tiat. 7.!eg, ParlaGriimmifire^ilsentendoientpremierementlacoanoiffiuH 
F* ^^* ce des lettres , c*eft-i-dire l'art de bien lire & de bien ^ri- 
re,& par confiquent de bien parler. II itoitforta propos 
dc (avoir lire , ^rire & parler corredement en leur buigue, 
& c*eft oii ils fe bornoient : car ib n'en apprenotent point 
d*£trangires. Sous le nom de Grammaire , Us comprenoienc 
encore la connoiflknce desPoetes, des Hiftoriens & des 
autresbons Auteurs , que leurs Grammairiens iaifoient pro* 
feffion d*expliquer : & il eft a\(i de voir combien cette etude 
leur itoit utile. Au commencement ils n'avoient point d*au- 
treslivres que leurs Poetes, & ils y trouvoient toutes for- 
tesd*inftrudions. Touteleur relipoa& toute leur hiftoire 
y itoit contenue ; car ils n'avoient point encore de tradi- 
tions plus certaines que ces fid)Ies qui nous paroiflent au- 
jourd*hui fi ridicules; & pour la religion ,les Poetes itoienc 
leurs Prophites : ils les regardoient comme les amis des 
Dieux & comme des hommes infpir^ , & a voient pour leurs 
ouvrages un refped approchant, fi j'ofe en faire ja compa- 
raifon , de ceiui que nous avons pour les faintes Ecritures. 
De plus , ils y trouvoient des rigles pour leur conduite ,& 
des peintures naives de la vie humaine: & ils avoient cec 
avantage , que ces livres fi pleins d*inftrudion itoient par« 
faitement bien ^rits; enforte qu'ils divertiffoientleledeur» 
& qu'outre le fond des chofes, il y apprenoit k bien parler 
fa langue, & k exprimer noblementfes penfees. Enfin tous 
leurs vers itoient fiiits pour 6tre chant&,& leur plus an- 
P'^'- '1 '^^V.cienne itude ^oit la mufique » afin d*avoir de quoi fe di- 
f,4, vertir & s'occuper honn^tement dans leur loifir , en chan« 

tant & en jouant des inftrumens. 

La Rhetoriquc & la Philofophie vinrent plus tard , & com- 
mencirent toutes deux k peu pris en meme temps : felon les 
difii^rentes applications des hommes d'efprit , dont les uns 
s'engagirent dans les a£ires, les autres s*en retirirents 
pour fe donner tout entiers k la recherche de la veriti. 
La maniire dont les r^ubliques Grecques fe gouvernoient 
par afiemblies dans Iesth^itres,ou tout le peuple d^i« 
doit ks aflaires, obligea ceux qui vouloient fe rendre puif« 
fans , ou par ambition ou par intirit, de chercher avec foin 
le moyen de perfuader au peuple ce qu'ils vouloient. Outre 
les harangues publiques , ils s'appliquirent aufli k plaider 
devant les Juges des caufes particuliires, pour fe fiure des 



DEStTUDES: ^ 

4imb , & pour s*exercer 4 parler. Ainfi rtipquence devint mi 
moyen plus fiir de s'avancer ,. que la valeur & la fdence 
de la gnerre ; parce qu'un grand Capitaine , s'il ne parloit 
bien , avoit peu de pouvoir dans les dilibtotions ; & un 
Orateur , fans toe brave, formoit ou rompoit les entre« 
prifes. Lss Rheteurs fiirent donc de ces gens attfs que les 
Grecs nommoient Politiques. 

Les fpeculatiis , que i*on nomma Saphiftes , & pub 
'PhUofophes , s'appliquirent d'abord k connoitre la na- 
ture , tant des chofes cileftes , que de celles que Ton vdt 
fur la terre ; c'efti-d]re qu'ils furent Aftronomes & Phy- 
£ciens. Mais Socrate s'itant avif6 de laiffer toutes ces Cic€r,x.Acm* 
vecherches de ce qui eft hors de nous , & de s'appli- ^*?* ^^^^ 
quer k ce qui peut rendre lliomme meilleur en luip 
m^me , fe renferma k fuldver principaiement fon ame , 
afin de raifonner le plus jufte qu'il lui feroit poffible , & 
rigler fa vie fuivant la plus droite raifon. Ainfi il ajouta k 
la Philofophie deux autres parties , la Logiqut & la Morale^ 
De fon temps & du temps de fes premiers difdples , la 
Philofophie , auffi-bien que la Rhitorique ^tent des 
occupations f^rieufes & continuelles d'hommes mArs & 
formd , & non pas des ^tudes pafiag^res de jeunes gens. 
Les plus nobles & les plus confidirables s'en faifoient hon- 
neur. Pythagore ^oit de race royale. Platon defcendoit du 
roi Codrus par fon pire , & de Solon par fa mire. Xtao^ 
phon fut un des plus grands Capitaines de fon fiide ; & 
depuis ce temps les lettres furent tellement honorto , & 
devinrent fi bien la marque des gens de qualiti , que le 
nom d*Idiot , qui ne fignifie en Grec qu'un particulier , (e 
prit pour un ignorant & un homme mal tlevt » comme 
font la plupart des gens du commun. Les cours des Rois 
d'Egypte , de Syrie& de Mac&loine , fuccefleurs d*AIexan* 
dre, ^toient pleines de Grammairiens , de Poetes, & de 
Philofophes. Auffi eft-il fort raifonnable en quelque pays 
que ce (bit » que ceux-li s'appliquent aux fdences , qui ont 
le plus d'efpnt & de polttefle ; que leur fortune delivre du 
foin des niceffitis de la vie , qui ont le plus de loifir , ou qui 
itantappel^ auxplus grandes afiires , ont plus d'occafion 
d'^tre uriles k tous les autres , & plus de befoin d'^endrt 
leur efprit & leurs connoiffiuces. 



« DU CHOIX ET DE LA MfrTHOPK 
nr. T EsRomainsfurent inftruitsparlesGrecs&tesimiti^ 

Bomaiiif* *' ^^ ^^^ '^ P^"^ ^"'^'^ purent , jufques i apprendre commu» 
siement leur langue , ce que nous ne voy ons pas qui edt etA 
encore pratiqu^ dans le monde. Ni les Hibreux , ni les 
Xgyptiens , ni les Grecs n'apprenoient point de langue 
itrangcre , pour etre comme Tinftrument de leurs etudes, 
U eft vrai que le Grec 6toit une langue vivante & la langue 
decommerce dela mer Mediterranee & de tout TOrient^ 
ce qui la rendoit neceflaire pour les voyages , pour le trafic 
&pourtouteslesafraires dudehors. II etoit m^me facile 
aux Romains de Tapprendre » par la quantite de Grecs li^ 
bres ou efclaves qui etoient repandus par tout , & par le 

y . «. voifinage des colonies Grecques d*Italie. Les Romains eu- 

hfirGramm, f^ntdonc cette itude de plus que les Grecs; & d'abord iis 

'^* y joignirent la Grammaire , qu'ils n'apprenoientque comme 

les Grecs Pavoient faite , c'eft-^dire par rapport i la lan* 
gue Grecque. Dcpuis ils s*appliquerent au Latin , qui alors 
fe purifia » fe fixa , & vint 4 fa perfedion. Mais quand les 
Romains commencirent a etudier , les ^udes des Grecs 
avoient de)^ fort change. L*autoriti des Poetes etoit fort 

^ dechue , parce que les Phy ficiens avoient detrompe le moi>- 

de des fables , & decredite parmi les gens d^efprit leur 
£iuire religion , qui n*avoit point d*autre fondement que 
;des traditions incertaines & des impofiures groffi^res. Les 
Grecs avoient commence d'ecrire des hiftoires veritables 
depuis les guerres des Perfes , & ils avoient acquis unc 
b' •** ^' 8*^**°^^ connoiffance de la geographie depuis les conqu^tes 

j^ ^'^ d*AIexandre.Enfin lesPhilofophes Socratiques enfeignotenc 

une morale bien plus pure que les Poetes. On ne laiffoix 
pas de les eftimer encore beaucoup » & de les regarder , 
iinon comme des hommes divins , au moins comme de 
grands hommes, & comme les premiers Philofophes. On y 
voyoit toujours des fentimens fort utiles , & de fort belles 
images de la nature. L's etoient toujours agreables a lire , k 
r^iter , a chanter : les cer^monies de la religion en con* 
fervoient Tufage; leur antiquite & la coutume de les vanter, 

Cte. dt Orat ^^ fervoient pas peu a les ioutenir. 

f . 5, * La Rhi'orlque meme& la Phllofophie , qui etoient alors les 

etudes les phi<i folides , avoient bien degen^e fous la do^ 
mination des Macedoniens, Les villes Grecques , meme ceU 
Ics qui etoientdemcurees Ubres , n'avoient plus de grandes 




DESfiTUDES. 9 

4Saires ^ mertre en d61iberation comme auparavant. Les 
Orateurs enployoient fouvent leur iloquence i flatter les 
Princes ,ou a fe faire admirer eux-m&mes. D'ailleurs » com- 
sne on avoit vula grande utilite de cet art , on avoit voulu 
]e faire apprendre aux jeunes gens : & il s'etoit forme pour 
Tenfeigner, ungenrede maitres , que Ton appela propre- 
ment Rhiuurs , qui n^ayant pas aiTez de genie pour la viri« 
table ^loquence , fe riduifoient i ce metier , dont ils fub« 
iiftoient. Ce font ceux qui ont forme cet art» que Ton ap» 
pelle encore Rhetorique , ou du moins qui Tont chargede 
ce d^tail infini de petits preceptes que nous voyons dans 
leurs livres. Ce font eux qui ont introduit les d^lamations 
fur des fujetsinventesi^ plaifir, & fouvent peuvrai-fembla- 
bies , exer^ant les jeunes gens i parler fans rien (avoir feu* 
Jement pour faire parotrre de Tefprit. Ce qui a produit en« 
£n ia faufle eloquence des fiecles fuivans, & ces difcours 
generauxfi pleins de paroles & fi vides de chofes. Ce mal 
s'^tenditprincipalementenAfie,ouiIesGrecsetoientmoins ^'^* ^^ ^f^* 
libres & plus ^loign^s de leur origine : & ce fut i Athines ^*"* ^^^* 
que le bon gout de Teloquence & des beauac arts fe confer- * 

.va le plus long-temps. 

La Philofophit etoit devenue un pfetexte de fainiantife; 
& une guerre continuelle de difputes inutiles. Ariftote ne 
s'etoit pas contente dece qui etoit d'ufage dans la dialedi* 
que« il en avoit poufle la fpeculation jufques a ia derni^re ^ 

exaditude. lIs'etoit aufli fort appliqu^ a la metaphyfique, 
& aux raifonnemens les plus generaux. Tant de gens par- 
loient de morale , que comme il y en avoit peu qui la pra« 
tiquaflent y ils ravoient rendue ridicule ; car plufieurs fai« 
foient fervir la profeflion de Philofophe k de petits interets » 
commede faire leur cour auxPrinces curieux , oude gagner 
Je Targent; & ceux qui cherchoient la fagefle le plus ferieu* 
fement , fe decrioient fort par la muhitude de leurs fedes ; 
car ils fe traitoiect tous d*infenfes les uns les autres. Les Ro« 
mainsvoyantlesGrecsen cetetat, mepriierentlong-temps 
les itudes , comme des jeux d*enfans , & des amufemens de 
gens oififs ; car pour eux ils s'appliquoient uniquement aux 
afiaires. Chacun travailloit a augmenter fon patrimoine par cato de ri 
Tagriculture, le trafic , & I epargne : 6l tous enfemble pro* f^^fl» init. 
curoient raccroiflement de ri!.tat, en s^appiiquant a la guer- 
xe&alapolitique. 



ia DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

fades, de Philofophes hableurs , d'Hiftoriens & de Poetesr 
luvM^Jau I. Vi fatiguoient le monde en recitant leurs ouvrages. U n'y 
eut que la jurifprudence qui fe conferva toujours , parce 
qu'elle ^toit toujours necefFaire , & quelle dependott moins 
de la forme du gouvernement , ou des moeurs des particu- 
liers. 11 y eut aufli quelques veritables Philofophes , quand 
on ne compteroit que i^Empereur Marc^Aurele , & plu- 
fieurs particuliers dont il e(l pari^ dans les Epitres de Pline. 
Mais ces Philofophes pafibient plus pour Grecs que pour 
Romains: la plupartmeme portoient Thabit Grec, enquel- 
que pays qu ils demeurafient , & de quelque nation qu'ils 
fuffent. 

Et ^ A ^^^pcn^^nt s'itabIiffoit une philofophie bien plus fubli* 
Chr^tiem. ^^ ^^ » i^ vtux dirie la Religion Chretienne , qui fit bien- 
tot evanouir cette phiiofophie purement humaine , & d£- 
CQttft. Apoft. cria encore plus les autres etudes moins ferieufes. La prin- 
cipaie etuJe des Chretiens , etoit la meditationde la Loi 
de Dieu , & de toutes les faintes Ecritures , fuivant la tra- 
dition des Pafleurs , qui avoient fidellement conferve la 
dodrine des Apotres. Its appeloient tout le refle , Etudes 
F. Tertutl ^^ran^eies ou exterieures , & les rejetoient , comme faifant 
id^U c. 10« partie des moeurs des payens. En effet , la plupart de leurs 
•^^* livres etoient inutiles ou dangereux. Les Poetes etoient les 

prophetes du diable , qui ne refpiroient que Tidoldtrie & 
la d^bauche , & faifoient des peintures agr^ables de toutes 
r. AuK. ep, ^^^^^^ ^^ paffions & de crimes. Plufieurs Philofophes me- 
m. ad me- prifoient toure religion en gcneral , & nioient qu*il put y 
mtorium, avoir des miracles & des propheties ; d'autres s*effor^oient 
d'appuyer Tidolatrie par des allegories fur des chofes natu- 
•" relles, & par les fecrets de la magie. De plus ,leur morale 

^toit remplie d'erreurs , & rouloit toute fur ce principe 
jp g ' d^orgueil , que Ihomme peut fe rendre bon lui- m^me. Les 
t^.o/€* Orateurs etoient pleins d'artifices, de menfonges» d*injures 

ou de flatteries ; & lesfujets les pius folides de leurs dif- 
cours etoient les aflaires dont les Chritiens necherchoient 
qu'i fe retirer : ils auroient cru perdre le temps qui leur 
itoit donne pouracquerir Teternite , s'ils reuffentemploye 
ii la leflure des hiftoires itrang^res , a des fpeculations de 
mathemarique , ou ^ d'autres curiofit^s : & tou}ours ils y 
yoyoienc le p^ril de la vanit^ , infeparabie des etudes les 



DES tTUDES. 1, 

t>ltHinnocente$. Ainfi la plupart desChretienss*appIiquoienc 
au travail des oiains & aux ceuvres de charite envers leurs 
frcres. Leurs ecoles etoient les eglifes oii les Evequesex- 
pliquoient affidument les faintes Ecritures. II y avoitaufli 
des Pr^es & des Diacres occupes particulieremeot a Tinf* 
truAiondescatechumeneSy&auxdifputescontrelespayens; 
& chaque Eveque prenoit un foin particulier de Tinftruc* 
tion de fon clerge , principalement des jeunes clercs qut 
etoient continuellement attaches a fa perfonne pour lui fer- 
vir de ledeurs & de fecretaires, le fuivre& porter fes let- 
tres & fes ordres. IIs apprenoientainfila dodrine & ladif- 
cipline de TEglife , plut6t par une inftrudtion domeftique 
& un long ufage, que par des le^ons r^glees. 

On ne peut nier toutefois qu*il n'y eut plufieurs Chretiens 
ir^-favans dans les livres des payens , & dans les fciences 
profanes : mais fi Ton veut bien Texaminer , on rrouvera » /-i ^ / 
que la plupart avoient fait ces etudes avant d'etre Chre- mttuuiub^ 
tiens. IIs favoient les employer utilement pour lareligion. 
Tout ce qu^ils y trouvoient de bon , ils le revendiquoient 
comme leur propre bien , parce que toute verite vient de 
Dieu. IIs fe fervoient des bonnes maximes de morale , qui 
fe trouvent r^pandues dans les Poetes & dans les Philofo- 
phes ; & des beaux exemples de Thiftoire , pour preparer 
la voie k lamorale Chretienne. Au contraire, ilsprenoienc 
avantage de Tabfurdite des fables , & de Timpict^ de la theo- . 

Jogie payenne , pour la combattre par fes propres armes : 
& employoient aufli la connoifiance de rhifloire pour les 
controverfes contre les payens. C*etoit dans cette vue 
qu*Africain avoit compofe cette celobre Chronologie dont 
Lufebea prts la fienne : ceft dans ce deflein , que le me#e 
Eufebe a fait fa Preparation cvan^ellque ;& S. Clement Ale- 
xandrin^fon Avis aux gentils Ik (es Stromates. Dcpuis, les 
Ariens & les autres heretiques , qui fe fervirent de la phi- 
lofophie pour combattrela foi« oblig^rent aufll les faints 
P^resde Temployer , pour renverfer leurs fophifmes. Ainfi 
ilsufoient des livres profanes avec une grande difcretipn , 
mais avecune fainte libene. D*oii vient qu'ils regarderent 
comme une nouvelle efpece de perfecution, la defenfe que c g fr - 
Julien TApoAat fit aux Chretiens d*enfeigner & d'etudier orat! ). ^\ 
les livresdes Grecs , c'eA-a-dire des payens. On voit qu'il 96. 6rr« 
]r avoitdes-lors des Chretiens qui faifoient profeilioa d^eiV: 



^4 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

feigner les lettres humaines, ce qui n'etoit pas permis danf 
HJ^^'* ^** les premiers temps , fi nous en croyons Tertullien. Mais les 
raifons qu*il allegue avoient ceflf^ depuis la converiiondes 
Empereurs & la liberti enti^re du Chriftianifme. Cet heu- 
reux changement fit tomber dans le mepris les Philofophes 
Kp.adDiofi. n,emes. S. Auguftin temoigne que de fon tempson ne les 
enrendoit plus difcourir dans les gymnafes , qui itoient 
leurs ecoles propres ; que dans celles des Rheteurs on ra- 
contoit encore quelles avoient et^ leurs opinions : mais fans 
les enfeigner & fans expliquer leurs livres y dont mSme les 
exemplaires etoient rares : que perfonne n*ofoit plus com- 
battre la verite fous le nom de Stoicien ou (TEpicunen ;& 
que pour etre ^cout6 > il falloit fe couvrir du nom de 
Chretien , & fe ranger fous quelque fede d*h^6tiques. Ce 
n*e(l pas que S. Auguftin meme n*eut tr^s-bien £tudi6 tous 
les Philofophes dans fa jeunefFe ; & on peut dire qu*il etoit 
un Philofophe parfait , puifque jamais il n'y a eu un Hom- 
me d'un efprit plus penetrant , d'une miditation plusWfO-; 
fonde y d*un raifonnement plus fuivL ba plupart au» des 
P^res Grecs ^oient grands Philofophes. Mais ce qu*il y a 
de remarquable , eft , qu'entre les Philofophes fameuxde 
Tantiquite , celui dont ils fe fervoient le moins , ^toit Arif* 
tot^. lls trouvoient qu*il ne parloit pas dignement de la 
Providence divine , ni de la nature de Tame ; que fa logi- 
€re§. 9r,%%, que etoittrop embarraffee , &fa morale trop humaine : car 
c*eft le jugementqirenfaitS. Gr^goirede Nazianze. Quoi- 
que Platon ait auffi fes ddfaurs , les P^res s*en accommo- 
doient mieux , parce qu*ils y trouvoient plus de traces de 
la v^rit6 , & de meilleurs moyens pour la perfuader. Au 
refte , il eft ^vident » que s*ils miprifoient Ariftote , ce 
ii*etoit pas qu*ils ne puflent le bien entendre : & mieux 
fans doute que ceux qui Tont tant elev6 depuis. 

Ce qui avoit le plus d^cri^ la philofophie profane , c*eft 
que Ton voyoit par-tout de vrais Philofophes ; c*6toit les 
bons Chr^tiens, particuliirement les Moines. Ce m^pris des 
honneurs, de Topinion des hommes , des richefles & des 
plaifirs; cette patience dans la pauvrete & dans le travail, 
que Socrate & Zenon avoient tanr cherch^e , & dont ils 
avoienttant difcouru : les folitaires la pratiquoient,& beau- 
coup plus excellemment, fans difputer & fans difcourir. IIs 
vivoient dans une tranquiUitiparfaite, vainqueurs deleurs 



D E S £ T U D E S. if 

, 8t conrinueUemeat unis i Dieu. IIs n'£toient 1 
dar^ i perionM ; &fans^rc,(ansprefqueparler,laiu 
fie montreTque rarement, ils inftnjiroient tout le inonde 
par leur exeinple & par Todeur de leurs venus. 11 ne (auc 
«lonc pas s'etonncr de la grande vinerarion qu'iis s'atriri- 
RDi, ni juger de ccs anciens Moines par ceui que roa 
voyoii avant les der ni^res riformes , doni le relacbement 
avoii rendu m^prilable ce nom fi honore des anciens. D 
&ut fonger que c'etoient de vrais difciples de S. Antoine , 
deb. BafiJe, de S. Marrin & des autresSaintSjdont ilspra- 
tiquoieni les r^Ies , & dont ils imitoient les vertus. Car let 
monafleres faoient de viritables <!:Coles , oii l'on apprenott, 
Doo pas les letires humaines , & les fciences curieuies , mais 
la morale & la perfedion Chreiienne : & on Tapprenoit 
moiiis par Ja ledure que par for^on & la pratique efieffl- 
ve, par les exemples vivans des fr^res, & par les correc^ 
rionsdes Tuperieurs. Cette perfedion dcs monaft^res y at- 
tiroii les hommes les plus fages & les plus raifonnables : Sc 
fiMivent on etoit oblige de les y aller chercher pour le ler> 
vicc & le gouvernement des Eglifes. Ceux que Ton tiroit 
ainfi des monafi&res gardoient ordinairement les exercices 
de la vic monaftique dans 1 etat du lacerdoce , & les enfei- 
gnoieni a leurs difciples; & de-la vint ralUance de la vie 
noaaftique avec la clericature, qui (ut fi ordinaire depuis 
lecinquimefi^cle. PlulieursEv^ques vlvoient en commun £/V. i. f.L 
avec leurs Pretres , ce qui leur donnoit plus de facilii^ ^'•'■io.n, 
les inlhuire dans la fdence ecclefiaftique : & pour les jeu- 
oes Clercs , ceux qui n'etoient pas aupr^ de l'£veque , vi- 
voicniavecquelqueiaint Preire, qui veilloii parriculi^re- 
ment <1 leur education. 11 y avoii encore des ecoles profa- 
oes oii Ton enfeignoit la grammaire, pour la necellii^ d'e- 
crire & de parler correSement : la thetorique, qui devenoit 
dejouren jourplui forcee & plus puerilc : rhiftoire, que 
Ton commen^oit i reduire toute en abrcge : la jurifpruden- 
Ce,qui detneuroil toujours ne dependani non plus de la 
religtoD que du refte : & les machemaTtques qui font les fon- 
demensdeplulieursartsneceflairesi la vie. 

Les etudes foufirireni une grande diminution par Iz 
nuaederempire d'Occident,& retabliflement des peuples 
duNord:&iln'enreft3pref(iueplusque chezles E.clefiaf- 
»<pt»SL ks Moiac*. £n cSct, ii n'^oit gu^re demeurtdo 



i6 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

Romains hors le clerge , que des payfans & des ztn(kni' 

ferfs pour la plupart : les Francs & les autres barbares n*e<- 

^ ^ tudioient point , & s'ils avoient quelques ufages des lettres 

Chr^tieni P^^^ ^^ commerce de la vie , ce n'etoit qu'en Latin ; car il9 

iiiim. 46. ne favoient point ecrire en leur langue. Les etudes profanes 

Cng. o. ev. c^^i"^ l^s humanites & Ihiftoire, furent les plus negligees. 

48. 11 n'etoit pas bienfcant a des ecclefiaftiques de s*y occuper ; 

& Ton fait avec quelle vigueur faint Gregoire reprit Didier 

Eveque de Vienne, de ce qu*il enfeignoit la grammatre. 

D'ailleurs ayant moins de livres & moins de commoditis 

pour etudier, qiie dans les fiecles precedens, ils s'appli-> 

quoient au plus necefTaire , c'efi-a-dire ^ ce qui regardoit 

immediatement la Religion. 

V. y^ Harlcmagne ver 1 tablemen t grand en toutes cho- 
Etodei dct \^ f^s ^ travailla de tout fon pouvoir au retablifiement des 
^tudes. 11 attiroit de tous c6tes les plus favans hommes par 
Fhonneur & par les r^compenfes. II etudioit lui-ineme. 11 
etablit des ecoles dans les principales villes de fon empire , 
& meme dans fon palais, qui etoit comme une ville ambu- 
latoire. On voit par plufieurs articles des Capitulaires » ce 
que Ton y enfeignoit: car il eil recommande aux Eveques , 
que rinftruflion de la jeuneflTe regarde par le devoir de leur 
€harge,d'avoir foin que les enfans apprennent la Grammaire^ 
U Chant & U Cakuly ou VArithmenque, Onyoit dans les CEu- 
vres de Bede , qui vivoit foixante ans auparavant , en quoi 
Fon faifoit confifter ces ^tudes & tous les arts libiraux. 

La Grammaire etoit alors n^cefiaire , parce que le Latin 
^toit d^ja tout a fait corrompu , & la langue Romaine , ruf- 
tique; c*eft ainfi que Ton nommoit la langue vulgaire dont 
eft venunotre Fran^ois;cette langue, dis je,n*itoit qu^unt 
jargon informe & incertain , que Ton avoit honte d*ecrire 
ou d'empIoyer en quelque aflfaire ferieufe. Pour la langue 
Tudefque, qui ^toitcelle du Prince& detous les Francs, 
on commen^oit a Ticrire , on Tavoit employte i quelques 
verfions de Tecriture fainte , & Charlemagne en faifoit lui- 
meme une grammaire. Le Chant que Ton enfeignoit ^oit ce^ 
lui de TofHce ecclefiaftlque , qui fiit reform^ dans ce temps 
fur Tufage de Rome, & Ton y joignoit quelques r^gles de 
mufique. Le CaUul ou Compute fervoit ^ trouver en quel 
jour oa devoit cel^brer la P^que , & Jl r^gler l*ann^e ; & 

comprenoit 




DES£TUDES- 17 

comprenoh aufG les rigln d'Arithmetique les plus aicef^ii- 
T«$.ToutceU fait voir que ccs hudes n'iioient que pour 
ceui que ron deftinoit i ia cl^ricature : auHi tous les l^iques 
^toient ou des aobles qui ne fe meloient que de la g;uerre, 
cNi des (erk occup^ i Tagriculture & aux metiers. Charle- 
magne avoit eu Toin de repandre par tous fes Etats le Code 
des Canons , qu'il avoit re^u du p:ipc Hadrien , la Loi Ro> 
iDune, & ies autres lois de tous Ics peupjes de fon obeif- 
lance , dom il avoit fait de nouvelles editions. On avoic 
beaucoup dliiftoires antiques ', & il avoit eu la curiorit^ de 
^ireecrire&recueillirles vers, quiconfervoientlcsbelles 
adioos des anciens Germatns. Ainfi , avec TEcriiure fainte 
&lesPiresde)'EgIife , qui jtoieni encore fort connus, il 
ne manquoit rien pour rinftruSion de fes fujets. Si 
Ton avoit continui d'^tudier fur ce plan , & fi les lalques 
avorcRt pris plus de part auz itudes, les Franqois auroient 
pu facilemcnt acqutrir & perfefHonner ies connoilTances 
lesplus utiles pourlareligion.pour la politique, & pour 
la conduiie particuliere de Iz vie, qui devroit,ce femble> 
etre le but des ^tudes. 

Mais la curioliti qui les a toujours gStees , s'y mel<MC 
des-lors. Hufieurs itudioient VAflronomit , & plufieurs 
croyoient aus pr^dions des Allrologues. II y en avoic 
qui pour bien icrire en laiin , s'attachoient fcrupuleufe* 
ment aux mois & aux phrafes des anciens Auieurs. Le plui 
grand mal fiit que' les Moines entr^rent dans cescurioG- 
tes , & commenc^rent a fe piquer de fcience, au preju- 
dice du travail des mains & du filence , qui leur avoicnt eii 
jufques li fi falutaires. La Cour de Louis-le-Debonnaire ea 
etoii pleine , & il n'y avoii point d'af&ires oti ils n^euffent 
parr. Cnfuite TEtat itant rombedansla plus grandeconfu- 
boo qui R^t jamais, par lachutefubiie de la maiibn de Char- 
lemagne , les ^des tomb^reni aufli tout A'un coup. Du 
temps de Charles-le-Chauve on voit des AAes publics , 
meae des Capitulaires , ^crits d'un Latin tout-ifait bar- 
bare, fansrigle & fan.conflrufHon : & les livres 6toienc 
firares, queLoup, abbe de Ferri^res, envoyoit jufques 
• Rome pour emprunter du Papc & faire copier des ouvra- 
ges de Ciceron , qui fontiprefent tr^-communs.Deforte 
que quand ies petiies guerres paniculi^res , & les ravasef 
des Normands etitcot 6ii U ]U>ene det voyages & rooipu 1< 
Tmt lU B 



iS DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 
c :T^mcrce, Ics eiudesdcvinrcnt tres-difGciles : je dit aux 
/ j Moincs m^^nies & £ux Clercs ; c^r les autres ii'y foogeoienc 
pas. Encore ceuit ci avoii;nt-ils des aHaires bien plus pref- 
ranics. II Tjlioit fouvent d^lioger en tumulie, & emporter 
I.-sreliqucs, pour les dcroLsr a lafureurde ces barbares, 
leuraLjiiJonnantles maifons&Ieseglifes , ou bienil fal- 
Icl:q.:;ksMoines&lesClcrcs prilTent eui-memes lesar- 
n^;- f.uw (lcfendre lcur vie,& empecherla profanation des 
V.citx i'^i:iis. Ende fi grandescxtremites,il^toitairedeper- 
(irc ki llvre», & diuicile dc les etudicr & d'en ecrire de 
nouvijaus. li s'en conferva loureiois, Si il y eut toujours 
(iiielque Evcque ou quclque Motne , qui fe diftingua par fa. 
r ^^ (!o6i;::c. Mdiscoiiinjcilsmanquoicnt&de Iivrcs& demai- 
tres, !;r.i;:i'.iiiolcntfans choix, & fans autrecoitduiteque 
re?:enip:i' de ll-us qul ks avoicnt precedes. Ainfi ron rc- 
tii^toiioojS. Abliun, AbbedcS. Benoit furLoire,du temps 
(IjH.l^i:.' Cn]>ei, qu'il avoiiccudie ladiateftique , rarich- 
nit,ii[j:jc tk ralUonomie; -jull fe mit enfulie a etudier l*Ecri! 
iiTc riii::!e & lcs c;i:ions , a rccueillir des paflages des Peres. 

tK';.uis cc itfni})';, a mcrure que rautorite royale fe re- 
iabii£'i'ii , & i;u^ Iqs Iiollilices diminuoient , les etudes fe re- 
vciiloicntauiTi: &dbs[ercgnedcPhilippel versTaD 1060, 
on vo^i d-.;s hommes renomm^ pour leur favoir en pluiieurs 
L^Iifts de France. On y voii memc quelqucs ecoles daos les 
cathedralcs; onen voit dans lcsmonafteres, oiiil y avoit 
desecolcsinierieures pour lesMoines, & des exterieures 
pour hb Stjculiers. On ^tudioit comme auparavant la theo- 
logie daiis lcs P^res de rEglife, les canons, la dialeftique , 
les maihcmatiques. Us cominuerent pendant lefiMe fui- 
vani , avan^am & fe perfe&ionnant toujours, comine nous 
vuyonspar les Ecrits dYves de Chartres, du Mattre des 
Scntsnccs , de Graiien , de S. Bernard , & des autres Au- 
uursdu memecemps, dontleAyle & Umethodeellfidif- 
fe:'>r:te Jes noiiveaux fcolailiqucs. 

C(.pen(i3nt lcs premiers de ccs li:oblliques les fuiventde 
i\ p:-.'. , qu'ii fiut que le changement foic arrive du temps 
ij'eme du ces grands hommcs , c'eA-i-dire vers la fin du 
<iotizicme fiecle ; & jc n'cn puis irouver d'auires caufes , 
<jiii; iaconnotfTancudes Arabes, & nmiiatlonde leurs etu- 
(IkS. Ce fiircnt les Juifs qui lcs imit«rent lcs premiers. Ils 
t.-;.duifirent leurs livres en Hebreu: & comme il y avoit 



DESfiTUDES. 19 

alon its Juifs cn France 5c par touie U Chretiemi, oa tra* 
duifiien Laur.ceslivres, qu'ilf avoienr iraduit de TArabe. 
On en re^t des Arabes meme , avec qui la communicatJon 
etoitfacile, parlc vui.liiagederErpagne, dontilscenoient 
cncore plus de lantoiiie, tkpar les voyages des Croilades. 

IL £)ut (e d^bufer de cetteopinlon vu1gaire,quetous 
les Mahometant fans diftinflion aient loujours fait pro- Tf. 
fcflion d'ignorance. tls oni eu un nombre incro^able de Etujti » 
gens renoTnm^ pour leur (avoir , patticuli^rement des Aia- ™'*"* 
be&& Hes Pciransj Scils ont ^critdequoiremplir degran* 
des biblioth^qucs. Dis le douzieme H^Ie doot je parle , il 
y avoirplusde quatrecents ans qulls ^iudioieot avec ap- 
plicaiiun, & jamaislesetudes n'oni^iefi forteschezeux, 
que foi'(;ii*elles cioient les plus foiblescliez nous, c'efl i- 
«lire dins le disieme & roiirieme fiecle. Ces ^"bes , je veux 
dire tous ceux qui fe nommoient Mufulm^ni ,A.z quelque na- 
fionSien tpielque pays qu'ils fufTcnt, avoient deux fonet 
d'eTudcs , tes uocs qui leur eioient propres , les autres qu*Us 
avoient empruniees des Grecs fujets des Ejnpereurs de 
Conflantinoplc. 

Leurs etudes psrticuUeres eioient prcmi^rement leur 
rcUgion , c'e(l-3-dire TAlcoran : les iraditions qu'i]>) atirl- 
buoient a Mahomec & ^ fes premiers dlfciples : les vies ds 
letirs pretendus faints & les f^blcs qii'i1s cn racomoieni : les 
cas de confdence fur leurs pratiqiies de religion j comme 
la priere, kspurifications, lejiiLine, le pelcrinage : &leur 
thcologie fcolailique qui contient tar.t de queftions fur les 
nrributsdeOieu, fur la predellination , le jugement, la 
fuccei!ion du prophite : d'ou vienneni entr'euK tant de 
f(.des qui fe iraitent mutuellemeni d'hereii(]ues. Dauirei 
ctudioient l^Altoran & fes commentaires , plut6i en Jurif- 
confultesqu'enTheologiena, pour y trouverlesr^glesdet 
aJialies , & la dicifton d^s diffiirents. Car ce livre ell leur 
cnitjue Loi.mdme pourle temporet. D'autres s'appliquoieni > 
c:'i:cre a Icurhiftoire , qui avuii etcecriieavec grand foia 
iis le commencemeiit de leur religion & de letir empire^ 
& qui a loujours ete contiiiuee depuis. M^is ils etoieni fort 
ignorans des hiftoires plus anciennes, meprirant tous lei 
bomiues qui avoicnt eti avant Mahoniet , & appelant tout 
ccteinpt, U tiatgilifaoraiutf parcc^ Fon avoii igoort 
Bi) 




M DU CHOIX ET DE LA METHODE 

leur rdigion. IIs Te contentoient des antiquites des Arabes i 
conienues dans les ouvrages de leurs anciens Poetes , qui 
lenr tenoient lieu d'hiftoire pour tous ces temps-Ia. £n quoi 
on ne peui defavouer qu'ils n'aient fuivi le meme principe 
que les anciens Grecs , de cultiver leurs propres traditions 
toutes fabuleufes qu'elles etoient. Mais il faut reconnoitre 
auHi , que leur poefie n'a jamais eu que des beautes fon fu- 
perficielles : comme le brillant des penfees& la hardiefle des 
expreflions. Ils ne fe font point appliqufs a ce genre de poe- 
fiequiconfifte en tmitation, &quieflle plusproprea^mou- 
voir lespalIions.'& cequiles cna^loign^s a peuc-^tre ete 
le m6prisdes arts, qui y ont du rapporc, comme la pein- 
ture & la fculpture, que la haine de ridolitrie leur faifoit 
abhorrer. Leurs Poetes eioient encore utiles pour T^tude 
de la langue Arabique ; c'etoit alors la langue des maitres 
& de la plupart des peuples dans tout ce grand empire ; & 
encore aujourd'hui c'e& la langue vulgaire de la plus grande 
partie , & par-toui la langue de la religion. IIs rerudioient 
principalementdansrAlcoran; & pour Tapprendre par Tu- 
fage vivant, les plus curieux altoicnt detoutesparts i la 
province d'Irac , & particuli^rement i la ville de BalTora , 
qui.etoit pour eux ce qu'^toit Ath^nes pour les anctens 
Grecs. Comme il y avoit des-Iors des Princes puilTans en 
Perfe , on 6erivoir aufli en leur langue , & elk a ete beau- 
coup p!us culiiv^edepuis. Voila les etudes qui etoientpro- 
pres aux Mufulmans, & qui etoient aufli anciennes que 
ieur religion. 

Celles qu'ils avoient empmmies des Grecs, etoient plus 
nouvellesde dcux cents ans ; car ce futvers Tan 820 que 
le calife Almamon deiuanda k rempereur de ConAanti- 
nople les meilleur^ livres Grecs , & les fit traduire en 
Arabe:on ne voit pas coutefois qu'ils fe foient jamais 
appltqu^s k la langue Grecque. 11 fufHfott pour la leur faire 
niiprifer,quecefiit labngue de leursennemis. D'ailleurs,' 
jls avoient en Syrie & en Egypte tanc de chreiicns qut 
fiivoient TArabe & le Grec, qu'ils ne manquoient pas 
d'inierpr^tes ; & ce furent tes chreiiens qui traduifirent 
Jes livres grecs en fyriaque & en arabe , pour eux & pour 
les Mufulmans. £ntre les livres des Grecs il yeneucgrand 
nombre qui ne furent pas a Tufage des Arabes. Ils ne pou- 
yoient connoitre la beaute des Poeies, dans une languQ 



D E S fe T U D E S. 11 

etrangere & d*un genie tout different. Joint que leur reli- 

g^on ies detoumoit de les lire, ils avoient une telle horreur 

de ridolatrie , qu*ils ne fe croyoient pas permis de pro- 

noncer feulement les noms des &UX dieux ; & entre tant 

demilHersde voiumes qulis ont ecrits ,4 peine en trouvera- 

t-on quelqu*un qui le» nomme : ils itoient donc bien i\o\» 

gnes d'etudier toutes ces £ibles dont nos Poetes modernes. 

ont ete (i curieux ; & la meme fuperftition les pouvoit 

detoumer de tire les hiftoriens , outre qu*i!s meprifent , 

comme j'ai dit , tout ce qui eft plus ancien que Mahomet. 

Pour Teioquence & la politique , qui font nees dans les 

republiques les plus libres , la forme du gouvernement 

des h^ulmans ne leur donnoit pas lieu d'en profiter : ils 

vivoient (ous un empire abfolument defpotique , oii il ne 

£iI2oit ouvrir la bouche que pour flatter fon prince & ap- 

plaudir a toutes fes penf(ies, & oii Ton n'etoit pas en peine 

de chercfaer ce qui etoit le plus avantageux k TEtat & les 

manieres de perfuader , mais les moyens d*obiir a la vo- 

lont^ du maitre. 

II n*y eut donc point d*autres livres des anciens qui 
fuffent i leur ufage que ceux des Mathematiciens , des M^- 
decins & des Philofophes; mais comme ils ne cherchoient 
ni politique ni eloquence, Platon ne leur convenoit pas; 
joint que pour Tentendre, la connoiffance des Poetes de la 
religion & de rhiftoire des Grecs eft neceffaire. Ariftote 
leur fut bien plus propre avec fa diale£lique & fa metaphy- 
fique ; auffi Tetudierent-ils d*une ardeur & d*une afliduite 
incroyable. Us s*appliquerent encore a fa phyfique , prin- 
cipalement aux huit livres qui ne contiennent que le gen^- 
ral ; car la phyfique particuliere, qui abefoin d^obferva- 
tions & d*experiences , ne les accommodoit pas tant. Ils ne 
laiffoient pas d*etudier fort la m^decine , mais ils la fon- 
doient principalement fur des raifonnemens geniraux des 
quatre qualites & du temp^ment des quatre humeurs, & 
fur les traditions des remides qu*ils n^examinoient point , 
& qu*ils mdoient d'une infinit^de fuperftitions ; au refte, 
ils n*ont point cultiv^ Tanatomie qu*ils avoient rc^ue des 
Grecs fort imparfaite : il eft vrai qu*on leur doir la chimie, 
& ils Tont pouffee fort loin , s*ils ne Tont meme inventce ; 
mais ils y ont mele tous les vices que Ton a tant de peine a 
en feparer encore i prefent la vaniti des promeffes , Tex- 

fiiij 



12 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

travagance des raifonnemens , la fuperflition des opera- 

ttons 9 & tout ce qui a produit les charlatans & les impof- 

teurs. De*Ia iis paflbient aifement a la magie & a toutes 

les fortes de divinations , oii les hommes donnent natu- 

rellement quand ils ignorent ta phyfique , rhidoire & la 

viritable religion , comme on a vu par Texemple des an- 

ciens Grecs. Ce qui les atda fort dans ces illufions, fuc 

Taftrologie, qui ^oit le bjt principal de leurs ^tudes de 

inathematique ; en efFet , on a tant cultive cette pretendue 

fcience fous Tempire des Mufulmans , que les Princes en 

£iifoient leurs delices , & regloient fur ce fondement leurs 

plus grandes entreprifes. Le calife Almamon calcula lui- 

meme les tables aftronomiques qui furent fort c^Iebres ; & 

il faut avouer qu*iis ont beaucolip fervi pour les obferva- 

tions & pour lesautres parties utiles des mathematiques, 

comme la geometrie & rarithmetiquc. On leur doit Tal- 

g^bre & le zero pour multiplier par dix, qui a rendu les 

operations d'arithmetique fi faciles. Pour raftronomie ils 

«voient les memes avantages qui avoient excit^ les anciens 

Egyptiens & les Chaldeens a s*y appliquer, puifquils ha- 

bitoient les memes pays , & ils avoient de plus toutes les 

obfervations de ces anciens, & toutes celles que les Grecs 

7 avoient ajoutees. 

Les Arabes qui s*appIiquoient k ^dier leur religion y 
flon-feulement n*etoient point philofophcs, mais ^toienc 
leurs ennemis declaris , les decrioient & les faifoient pafTer 
pour des impies. En effet, ii n'etoit pas difficile, pour 
peu que Ton raifonnit, de fapper par le fondement une 
religion qui n*e{l itablie ni fur la raifon , ni fur aucune 
marque de miffion divine. Les philofophes etant donc exclus 
des fondions de la religion & des autres emplois utiles, 
cfaerchoient plus la r^putation : ils la tiroient ou du nom 
des maitres fous qui ils avoient etudi^ , ou de leurs grands 
voyages, ou de la fingulanti de leurs opinions. Vn favant 
4*Efpagne etoit toujours bien plus favant en Perfe ou en 
Corafan , & il y avoit entr'euz une cmulation merveil- 
letife ; chacun s^eflbr^oit de fe diftinguer par quelque nou- 
velle fubcilite de logique ou de meraphyfique. Ce nieme 
efprit pafla a toutes leurs etudes & a tous leurs ouvrages; 
ils nc s*appliquoient qu'a ce qui ctoit ie plus merveil- 
jfiux s le plus rare , le plus diflkile , aux depeas de l*a* 



D ES fi T U D E S. 2$ 

grcmeiit » de la commoditi , & de rutilite memc. 
Les Frai^ois & les autres Chretiens Latins n*cmprun- 
terem des Arabes que ce que les Arabes avoient emprunte 
des GrecSy c*efta-dire la philofophie d^AriHote, la me- 
decine & les math^matiques ; mepnrantleurlangucjeurs 
pocfles , leurs Ufloires & leur religion, comme les Arabes 
avoient meprife celles des Crecs. Ce qui ed de plus eton- 
nant , c*eft que nos favans ne neglig^rent guere moins que 
les Arabes la langue grecque , (i utile pour Titude de la 
religion ; car ce n'a ete qu'au commencement du quator- 
zieme fiec1e,que Ton a reconnu que ies langues y pouvoienc 
beaucoup fervir, principalcmcnt pour travailler a la con- 
verlion des infidelles & dcs fchifmatiques ; & ce fut dans 
cettc vue que le Concile de Vienne , tenu en 131^9 or- 
donna que Ton itabliroit des profeflfeurs pour le Grcc , 
TArabe & THibreu ; ce qui n'a eu fon execution que long- 
teops apres. On n*a commence a etudier ie Grec que fur 
la fin du qiunzi6me fi^de , THebreu au commencement du 
feiziime, & TArabe dans notre fiecle, encore n*y a-t-il 
que qoeI<^ peu de curieux qui s*y foient appliques , & ils 
n*ont guere travailli fur les livres d*hiftoires qui feroienc 
les plus utiles. 

POuR revenir au douzieme fiecle , ceux qui etudioicnt v:i. 
alors n*avoient garde d'etre curieux de langues etran- £-*"-•' »^-' ' 
geres , puifquHs ne Titoient pas m^me du Latin , dont iis ^ ***'"* 
fe fervoient pour les etudes & pour toutes les aflaires fe- 
rieufes. Mais je ne puis en accufer que le malheur de leur 
temps : les courfes des Normands , ^ les guerres particu- 
lieres qui duroiem encore , avoicnt rendu ies livres fi ra- 
res & les itudes fi difEciles , qu*i)s trjvailloient a cc qui 
prefibit le plus : on n^imprimoit point encore , & il n*y 
avoit guire que des Moines qui ^criviiTent. lis etoient forr 
occup^ i toire des bibles, des ofeautiers & d'autres livrcs 
femfalables pour Tufage des Mglifes. IIs ecrivoient quelques 
ouvrages des Peres , felon q j'ils leur tomboient entre les 
jnains ; quelque recueil de canons , quelqucs formules dc^ 
AAes les plus ordinaires dans le commerce des atEiire<> ; car 
c*itoit i eux que Ton s^adrcfToit pour les faire icrire , ^: 
c'etoit d*entr*eux ou d*entre Ics Clercs , que ies Princcs li- 
roieot leurs Notaires & leurs Cbanceliers. II ne leur refloir 

B iv 




44 DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 
gucre de temps pour tranfcrire des HilloTiens profanes & 
des Poetes. 11 eft vrai que la connoilTance des langues &c 
6e rhlAoire ell nice&aire pour entendre bien les Peres 
& l'£cnture menie ; mais ils ne s'en apercevoient pas , ou 
bien li difficulc^ incroyable d'acqu£rir cesconnoifTances par 
le inanque de Diftionnaires, de GIolTaires , de Commen- 
taires , & par la rarete des Textes m^mes , leur en faifoic 
perdre l^efperance. 

De-Ia vient ([ue ceux qui voulurent afouter quelque 
chofe a la fimple ledure de TEcriture & des Peres , don- 
nerent dans le raifonnement & la dialedique , comme Jean 
le rophifle , premier auteur des Nominaus , qui vivoit des 
le lempsdu roi Henri premier : & fes feflaieurs, Arnoul 
de Laon , & Rofcelin de Compiegne , maitre d'Abailard. 
Cette mani^re de philofopher fur les mots & fur les pen- 
(ies , fans examiner les chofes en elles-memes , ^toit alTu- 
rement commode pour fe pafler de la connoilTance des 
£aits , qui ne s'3cquiert que par la leflure ; & c^ecoit un 
Oioyen facile d'ebloutr les laiques ignorans , par un lan- 
gage fmgulier & par de vaines fubtilit^s. Mais ces fubtilites 
^toiem dangereuf^s , comme il parut par les erreurs de Be- 
renger , d'Abaiiard , &t de Gilbert de la Poiree. CeA pour- 
quoiIespIusfages,commeS. Anfelme, Pierre deBlois,& 
S. Bernard,fe tinrent fermesi fuivre Texemple desP^res, 
rejetan t ces nouvelles curiofit^ ; & le Maitre desSentences, 
<quife donna plus de liberte , tit quelques fauffesd^marches. 

Cependaot lei livres d'Arillote vlnrent k £tre connus , 
comme )'ai dlt ; & foii pour les difputes contre les Juifs 
& conire les Arabes , foit par que!qu'autre raifon que )'i- 
gnore , les Theologiens crurent en avoir befoin , & Tac- 
commoderent a notre religion , dont ils expliqu^rent & 
les dogmes & la morale , fuivant les principes de ce Pbilo- 
fophe. C'e& ce qu'ont fait Albert le grand , Alexandre de 
Hal^s , faint Thomas & tant d'autres apr^s eus. Leur me- 
tbode de iheologie peut ^tre compiee pour la troifi^me ; 
car il y en a deux plus anciennes. La premiere , celle des 
P^resde TEglife, qui ^iudioient TEcriture fainteimm^dia- 
tement, y puifant principalemeni les connoilTances nicef- 
laires pour inAruire les fidelles, & pour refuter tes heretl- 
ques : cette iheoU>gie dura jufques vers le huiti^me fiecte, 
la fecoode 6a celle de Bede , de Raban Si des auues du 



D E S £ T U D E S. iif 

Wme temp*, qui ne pouvant rien ajouier ainc lumiires 
des Peres , (e contenierent de les copier, d'en faire des 
recueils & des extraiis , & d'en lirer des Glofes & des 
Coounennires fur rEcrimre : cette ih^ologie dura jufques 
au douzieme liecle. LatroiH^ine fut cclle des fcolafiiques, 
qui mitereni la dodrine de rEcriiure & des P^res par la 
foime & les orgaoes de la dialeOique & de la metaphyG* 
quc fiirees des iaia d'Arifiote ; c'eft aiafi que la definit 
le CardinaJ du Penon. _ Ferr.achari 

Dans Te m^me lemps , fe reoouvel^rent les ^des de ju- j, j, <, ,a. 
rifprudcnce & de m^cdne ; mais il ^toit impolTtble alors 
de bien ^dier la jurifpnidence , puifque Ton manquoit 
de lois. La loi Romaine & les lois barbares quiavoient itt 
obterv^ fous les deux premi^res races de nos Rois , 
ctoient abolies par des ufages contraires , ou par roubli y aifi. i» 
& Tignorance. On n'itoit pas en ^tat de faire de nouvelles iroit Fraat, 
lois, puirque Ton n'avoit pas encore retabU les fondemens 
de la focijti civile, la libeni des chemins , la furete du 
commerce & du labourage , Tunion des ciioyens. Les ro- 
niriers etoient ou ferfs , ou confondus avec les feris. Les 
nobles vivoient difperf^ & cantonnes chacun dans fon 
chiteau , toujours les armes a la main. II n'y avoit autre 
drtHt en Fiance , que des coutumes non ecrites, tr^in- 
certaincs & tr^s- difiitrentes par la prodigieufe quantiti des 
feigneurs qui iioient en poSefGon de rendre juAice. II eft 
vrai que Ton venoii de retrouver en Italie Ics livres du 
droit de Jultinien , & que Ton commen^Dit z renfeigner 
publiquement i Monipellier & k TouJoufe ; mais ces lois 
ii'etoient point des lots pour nous , puifque les Gaules 
ctoient affranchies du joug des Romains avani que Jufli- 
nien &t au monde. De plus , on ne pouvoit les bien enten- 
dre , dans Ilgnorance ou Ton ^oii des langues & de rhif- 
toire ; ne s'en eiant conferve chez nous aucune tradition , 
par la prattque des afiaires , depuis fis cenis aas qu'elles 
itoieni tcrites. On ne latfl*a pas de les itudier & de les ap- 
pltquer comme Ton put aux affaires pr^fentes , & elles ac- 
ijutrent beaucoup d'autorite par ce gtand nom de Droii 
Jtam^tin , &. par lc befoin extreme que Too ^voit de regles 
dans les iugerocns. 

Le droit eccl^fiaflique [v'^ioit pai en fi mauvais etat , la 
pcvique des canoos s'e(oit coaferv^e, quoique la difciplioe 



a6 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

COmmenfit k fe rellcher. On avoit plufieurs recueils des 
aAciens canons , entr'autres celui de Gratien , qui vivoit 
aa mUieu du douzi^me fidcle. II eft vrai qu*ils y etoient 
peu correds ,& qu^ils etoient m^l^ avec quantiti de paf- 
fages des P^res , qui ne devoienr point avoir force de lois , 
&avec ces Dicritales, attribu^es aux premiers Papes, que 
Ton a enfin reconnu dtre fuppofiies. Cet exemple fait bien 
▼oir de quelie importance il eft , pour conferyer la tradi- 
don dans fa purete , qu*il y ait toujours dans rEglife des 
perfonnes qui fachent les langues & rhiftoire , & qui 
ibient exerces dans la critique des auteurs. 

La medecine fut encore plus maltraitee que la jurifpru- 
dence. Jufques-I^ elle avoit ete entre les mains des Juifs » 
borsqu^Iquesfecrets de vieilles femmes & quelques tradi- 
tions de rem^des , qui fe confervoient dans les £imilles. Les 
premiers livres que Ton etudia furent ceux des Arabes , en- 
tre autres ceux de Mefue & d*Avicenne : on emprunta leur 
galimatias & leurs fuperftitions : on n^gligea comme eux 
Tanatomie , & on s'en rapportai eux pour ia connoiflance 
des plantes. Comme il n*y avoit que des Clercs & des Moi- 
nes qui itudiaflent, il n*y avoit qu'eux auffi qui fufTent Phy- 
ficiens , c*eft-i-dire Medecins. Fulbert ,£v^que de Chartres , 
& le Maitre des Sentences , iveque de Paris , etoient M^de- 
cins; Obizo , religieux de S. Vidor 6toit M^decin de Louis 
le Gros : Rigord , Moine de S. Denis , qui a ecrit la vie de 
Philippe Augufte , l*&toit auffi. Un conciie de Latran tenu 
fouslnnocentII.en 1 1 39 » marque comme un abus deja in- 
vitiri , que des Moines & des Chanoines reguliers , pour 
gagnerdeTargent , faifoient profeffiond*Avocats & de M6« 
decins. Ceconcile ne parie quedes Religieux profes, & la 
m&Iecine n*a pas Iditti de demeurer entre les mains des 
Qercs encore trois cents ans. Mais comme on n*a jamais 
permis aux Qercs de ripandre le fang, nide tenir l>outique 
de marchandife ; ce pourroit bien ^tre la caufe de la diftinc* 
tion des m6decins d*avec les chirurgiens ik les apothicaires; 
Cette diftinfiion a long-tempsentretenu les Medecins dans 
la fpeculation» (ans s*appliquer aux expiriences. 

/VIII. i^ Iksi toutes les etudes fe r6duifirent a quatre genres 
& Vtars^qaa- -"^^" facultes. II y en avoit trois principales,/^ Thiologie^ 
t(c ficultis. k Droit » UMidccine ; lapremi^re comprenoittoutes lesEui^ 



DESfiTUDES. »7 

AipriSMinaireSfHvtVoneKmoit nicellaires poiiT arriver 
i ccs hantes itudes , & que l'on appeloit d'un noni gen^ral , 
Iti aru. Le bofi rem vouloit afllireiiient que ron etudiai ce 
Suietlde plusutile; preaiiirementpourrame , & puispour 
lcoHps & pour lesbiera.Ce futfur ce planque te formel 
rcnt Jes univerfii^, prindpalcment celle de Pdris , qui ne 
peiit gu^re avoir commenc^ plus lard que vers Tan i aoo. 
Depuislong-tempsil yavoli aupr^s des ev^ques deuz for- 
tet d'^cotes ; Tune pour les jeunes Clercs, a qui Ton en- 
Ceignoii la grammaire, le chani & ['arirhmMque; & leur 
Biaitreetoit ouIeChanire de Ja caihedrale, ou rEcol^tre, 
aommiailleursCapircolfComme qui diroii C/ufJt 1'tcoU. L'au- 
tre icole ctoit pour les Preires & les Clercs plus avances , 
lquir^ve«}ue m£me,ouquelquepr£ire commisdefa pan, 
cxf^iquoit rEcriture fainte & ies cam.ns. Oii erigea depuis 
le TbMogal «pr^ pour cette fonrtioM, Pierre Lonibard , 
Eveque de Paris , plus connu fout le nom de Mjitrt Jtt 
SininKti , avoit rendu fon ecoie tres-c^lebre pour la ih^O- 
lc^eiAcily avoit ifaini Vi£tor des ReligicLixcn grande 
repuiaiion pour lei aris liberaux. Ainfi les ^iudes dc Paris 
devinreot illuflres. On y enfeigna auRi le D^cret , c'en.a- 
^re I2 coropilation de Graiicn , que Ton regardoit alors 
comme le corpsentier du droit canonique. On y enfeigna 
la mideciiie ; & joignant ces quarre eiudes pi iiiupales que 
Ton DOmmafWrii/fM : on appela le compofc, C/niver/iii J^j 
ttcJtii fit enfin limplement t/niyirfiti, pour marquer qu>n 
uoe feulevtlle on enfeignoit lout ce qu'il eioit uiile de fa- 
voir. Cetitabliflement parut fi beau, quc les Papes fii les 
Rois le favorisirent de grands privileses. On vint eiii- 
^ier i Paris de toutc la FiMnce, dhaiie , d'AIIemagne, 
<l'Angleterre , enun mot,dciouie!i Iccpariiesde TEuropj 
Laiine ;& les ^coles particuli^res des caih^drales ou des 
■lonaAires cc6%rent d'etre frequemecs. Voyons un pcu 
flot en d^ail ce que Ton entei^noii en chaque Faculte. 

SOns le nom des Arn, on comprenoii la tframmaire fic IX. 
les humanit^ , les mathemaii<iucs fi( la philofoph^e. ^*^"''*' ''*• 
Mats i proprement parler cc nom devoit comprendrc (euli:- 
Bcnt les leptarts liberaux, dont nous voyons dcs irgiifs 
dans Caffiodore & dans Bede ; fRvoir: la grjmm»ire, la 
rhctorique, ta dialeflique , rarii>iiiiu<<]ii<; , ij iiiun:<ue , la 



18 DU GHOIX ET DE LA MtTHODE 

g^ometrie , & raftronomie. Un maitre-is-aro deroit Itra 
un botnine capable de lesenreigner tous. Pourlagrammairs 
on lifoit Prifcien , Donat , ou que1qu'auire de ces anciens , 
qui oni iait fur la langue Latine , plutot pour eo faire coo- 
noiire les dernieres finelTes aux Romains de leur lemps y k 
qui elle etoit naturelle , que pour en appreadre les ilemensi 
i des etrangers. 

Dans le trei^emeriecle,]eIjtina*^toit plus dans rnTage 
commun du peuple , en aucun lieu du monde : & en France 
la langue vulgaire itoit celle quc nous voyons dans Ville- 
Hardoum , dans Joinville , & dans les Romanciers du m^roe 
temps. Cetoit, ce remble. a cette langue qu'il falloit ap- 
pliquer rart de la grammaire , choifir les mois les plus pro* 
pres.ficles phrafesles plus naturelles , fixer lesinflexions, 
& donner des regles de condruftion & d'orthograpbe. Les 
Italien$lefirent;& desla fin du mcme fiecle , il yeutdes 
FloreniiDs qui $'appliquerent i bien ecrire enleur langue 
vulgaire , cooime Brunetto Latini , Jean VilJanl , & le Poete 
Danie. Pour noire langue , elle ne s'efl epuree que par le 
temps i & ce n'3 ^i^ que plUs de quatre cents ansapres rinf- 
tiiution des univerlites , que l'on a commenc^ a y travail- 
ler par ordre public , dans VAcademie Ffan^oife. II eft vrai 
queleLatin ^ioitencore tr^-nece£airepourIa leduredes 
bons livres & pour rexercice de h religion ; & ceuK qui 
iiudioieni alors iioient tous Eccleftaftiques. Le Latin ^toit 
oiceflaire pour les a&ires &pour les ades publics ; il Te- 
toitpour les voyages , & on appeloit les inierpr^tes, £«- 
tinUrs. II etoii donc impoflible de fe pafler du Latin ; mais il 
^toit impoflible aufli d'en retablir Tancienne puret^.parla 
raretideslivre$,& parles auiresraifonsquej^aimarquees. 
U fallut fe contenter de le parler & de l'ecrire grofnerement. 
On ne fit point de difficulie d'y meler plufieurs mots barba- 
res , & de fuivre la phrafe des langues vulgaires : on fe con- 
lenta d'obferver les cas, les nombres , les genres, les con- 
jugaifons , & les principales r^gles de lafyntaxe. Cell a quoi 
Ton reduifii !'^Tudc de U grammaire , confiilerant le refle 
comme une curiofite inutile, puifqu^on ne parle que pour 
fe faire enieadre , & qu'un Latin plus elegant e6t et^ plus 
dilHcilement entendu. Ainfi fc forma ce Latin barbare qui a 
it& a long-temps en ufage tUns le palais , doiM on a peine i 
fe difaire dans les ecoles : & que Ton parle encore en Alle- 



D£S£TUDES: if 

Angne & en Pologne pour le commerce des voyages. De-li 
Vim U ncceffit^ des Glofes & des Commeniaires , pour ez- 
pliijuerles livresanciens.^rits purement. 

La poetique reriduifoit i favoir 1a mefure des vers La- 
rins, & i la quanttte des ryllabes ; car ils nalloient pas 
jaftjocs 2 dillinguer les carafteres des ouvrages & la diffe- 
r;nce des Hyles. On le voit par les poemes de Guntherus & 
ie Guitlaume le Breton , qui ne font que de fimples hilloi- 
res , d'un flyle aulH plat & d'un Latin aufli groffier , que 
cehii dont on ecrivoit en prore. A la contrainte ds la quan- 
the &de$cerures , iIsajoutoientcelledesrimes,quifirent 
les vers Ifonins ; fouvent mdme negligeant la quantit^ , ils 
fe conienioient de &irc en Latin de fimples rimes comme 
ct) firan^ois , & c'efi ce qu'on appela des Profft. Voila toute 
b poMe des homm • i ferieux. Pour la po^ie vulgaire , qut 
coflimen(oit i rigner iis le douzi^me fi^cle , comme on 
voit partant de Romans & tantde chanfons, elledevine 
bientdt le partage des d^bauchis & des libertins , lels qn'i- 
toient pour la plupan les Troubadours Provenfaux & les 
autm Poetcs de ce temps-la , qui couroient par les Cours 
des Princes. Cependant il faut avouer qu'ii fe trouvoit 
entre ein des gens d'erprit , & qui , pour le temps , avoient 
de la poIitcSe ; mais leurs ouvrages font pleins de fales 
anioun & de fifUom eztravagantes. Depuis ce temps.on 
anaiotqoursfepaiantdeplusen plus ragrimentdudifcours 
<}'avec le laifonnetneni & les ^tudes folides ; & c'ell ce qui 
fit D^gliger la Rb^orique dans les ^coles ; car on n'y cher- 
choit m i plaire , ni i imouvoir les paflions. 

On s'attacha principalement k la philofophie , & on 
crui qu'elle n'avoit befotn d'aucun ornement de langage , 
oi d'aucune figure de difcours. Ainft i force de vouloir Ii 
rendre folide & miihodique , on la rendit exir^meinent 
feche & ennuyeufe ; ne confiderant pas que le difcours na- 
turcl & figure ^argne beaucoup de paroles & foulage 
fori b mimoire , par les images vives qu'il imprime dans 
refprii. Ccpendant, comme il n'y a point d'6tudefans curio- 
liie& fans imulation , nosfavansfirent la meme chofe que 
les Arabes, foii a leur imitaiion , foit par le memc prin- 
cipe; & charg^rent leur pbilofophie d'une inAnitedequef- 
lions pfus fubtiles que folides , s'eIoignant extremement de 
lldie des aociens Grecs. 




;o DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

La logique de Socraie , que nous voyons dans Platon & 
dans X«nophon , eioic Tjrt de ctiercher rerieuremenE la 
vctiii , & il k nonimoit DiaUftique , parce que ceite re- 
ciierLhe ne fe peut bien fdire qu'en converfation panicu- 
llere entTd deux hommes aitentifs a bien raifonner. Cet art 
confi(toit donc a repondre ju<le fur chaque queAion , i 
Lire des divifions exafles , a bien d^tinir les mots &Ies 
thofes , & a pefer atiencivemeni chaque confequence avant 
dc raccorder ; fans fe prefler , fans craindre de revenir fur 
Ibs pas , & davouer l*es erreurs ; fans vouloir qu'une pro- 
policion fut vraie plutot que rautre. Ainfi dans cette logi- 
qae , il eniroit de la morale. II y eniroii audi del'eloqiience. 
Carcommelcshonmesfont d'ordinaire palTionnes oupri- 
venus de quelque erreur , il faut comniencer par calmer 
leurs palTiDns & lever leurs prejuges , avant de leur pro- 
pofer la veritc , qui (ans cetie preparation ne feroii que les 
choquer. Or cctte methode demande une difcr^tion & une 
adrefle merveilleufe , pour s'accommoder a la varieti in- 
finie des efprits & de ieurs maladies ; & c'eft ce que nous 
jtitfl. rhi. admirons dans Platon. Ceft fiir ce fondement qu'Ariftote 

""■• '• mei la dialcftique en paratlele avcc la rh^torique , & dit 

que Tune&rautre a lememebui, qw efl de perfuader par 
le difcours. La dialeflique emploie des raifons ptusfolides 
& plusconvaincanies,parce qu'en converfation particu- 
lierc , on connolt mJeux la dirpofition de cciui i qui fof^ 
parle , & Ton a le loifir de lui fairc faire toui le chemin qui 
eft neceflaire pour le conduire }u1<iu'b la connoifliuice de la 
verice. Au lieuque la rheiorique , qut eA rarcdesdifcours 
publics , efl obligee'de fe fervir des prijug^ de fes audi- 
teurs , & d'appuycr fes raifonnemens fur les prtndpes dont 
ils conviennent , parce qu'il ed imponiblc ttc leur en faire 
changer , en parlant peu de temps , & 4 une grande affem- 
I. Rhcicr. iji^e j c'e(l QQ qui g (^\i ^ij^ ^ Ariftoie , que la rhetorique 

''*' n'ufe que d'enthymiines , c'eft-a-dire de ratfonnemens , 

dont l'.i'icli:ci:r a dcj-t ime partic dans fon efpric , & qu'il 
n'cfl pas n.:cciraire dc devclopper. Telle etoit la dialefli- 
(jue cliei ies Grecs ; fart dccrouver la verite auiant qit'il 
cH poiTible naturcllcment. 

Nos philofophes fembient n'avoir confid^r^ tpie !es viri- 
tjsen clles-memes, &l'ordre qu'elIesont entre eilcsindi- 
pendammeat de nous. II e^ vrai qu'on en a (oujoucs ufi 



DES^TUDES. ;4 

un&daaslamatheinatiques, parceque leur ob jet n'eineiit 
point en oouf 6e paflions. Perfonne ne s'intereflea laire pa(- 
iierpourdroiteunelignecouibe;nia elargir un angie aigu.' 
Maisconiinelalogiqueeftrinftrunientde touteslesrciences, 
& principalement de la niorale, elle doit comprendre ce qui 
di necel&ire pour faire entrer dans les efprits toutes fortes 
de verites, &pluscelIesoiinospalIioTureriflent,quelesau- 
rres. Cependani il ne paroit pasque nosPhilofophes aieni eu 
aflez d'igard aux dirpofnions deleurs difciplcs. Ils ont appli- 
^ k touies fones de rujets la meihode {&clic des Geom^tres: 

6 comme les premiers avoient a&ire a des dirciples fort 
groflien ; (car on Tait quelle etoit la politefle en France il 

7 a 1 oe ans); ils prirent grand foin de feparer toutes leurs 
propoGtions , dc metire tous leurs argumens en forme , fic 
de diJHnguer toujours la conclufion, les preuves & les 
objeAoib : enforte qu'tl fut impoflible , meme aux plus 
ftupides de s'y meprendre. lis croyoient abreger beaucoup 
en retranchani tous tes ornemens du difcours, & toutes 
les figuies de rhetorique ; mais peui-eire ne con&d^roient- 
ilipas que ces figures qui rendent le difcours vif & anime, 
ne font que des &iites naturelles de 1'eflbrt que nous fai-, 
(oBs pour perfuader lesautres.D'aiIleur5, cesflgures abre-; 
pm fori le difcouTS : fouveat on icarte une objeflion 
d^itn feul mot : fouvent on prouve mieux par ua lour di- 
iai que parun argument enforme,& toujours on ivite 
ks rip^iiions ennuyeufes des tennes de Tan. Que Ton en 
&fle Texperience , une page de difcours fcolaflique fe re- 
ditira au quatt , fi on le change en un difcours ordinaire & 
lanirel ; &i touiefois ceux qui y font accoutumes , croient 
que les difcours 6gur^ ne contiennent que des paroles , & 
ne reconnoiflent plus les raifonnemens , s'ilsne font dif- 
linguis par articles & intitules. Je fais bien qu'il eft quel- 
^efois n^ceflaire d'ai^menter en forme , ou d'ufer des ter- 
nes de rart, & nommer la majeure ou la mineure; pour 
netirc en evidence une raifon impor[ante,ou pour dem^- 
ler un fophifme : mais il ne s'enfuit pas qu'il faille en ufet 
toujours ainfi. On ne s'exprime pas ordinairement pardes 
formutes , fous priicxte qu'elles font n^ceflaires dans les 
contrats & dans les ferniens : il faut laifier quelque chofe 1 
faire au difcipte , & ne lui pas faire Tinjure de croire qu'il 
orpuiffereconaeitreuaenifonitonnelaluiinonireaudoigt. 




'32 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

L'^udedelaphiIorophiecoiiMoit pHncipakineniiieni- 
dierAri{lote,que les Profefleurs liroient & interpritoient 
publiquement; roais cooime la plupart des Commentateurs 
fe donnent carri^re fur les commencemens des ouvrages , 
avec 1e temps on traita fort au long rous les preliminaires 
de la logique, Des catigories d'Arif1oie , qui ne font qu'une 
ezplication fuccinSe de tous les termes fimples qui peuvent 
entrer dans les propoficions , ils en ont faii un iraite fort 
itendu , & y ont m^I^ beaucoup de metaphyfique & mSme 
de theo!og;ie. Car a Toccafion de la rebtion, il y enaqui 
entrent bien avant dans le myft^re de 1a Trinit^. Ils ont en- 
core commenrc fort au long rintroduflion de Porphire,d'oii 
eft venu le fameux rraic^ dts univtrfels. On y a ajouce les 
queAions fur le nom&reflencedeIaiogiquememe,fi c'e{l 
un art ou une fcience ; & on s'eft fi fon etendu fur ces pri- 
faces, quc Ton a kih contrainr de traiter fuccinfiement les 
t^Ies des fyllogifmes, & tout le refte qui fait le princlpal 
corps de la logique d'Ariftote. 

On a fait a peu pres de meme dans la morale. On s'e({ 
itendu fur les queftions genirales de la fin , du fouverain 
bien , de la libert^ ; enforte que Ton a manque de lemps 
pour traiter les vertus en d^ail,& donner des r^gles par- 
ticulierespourla conduite de la vie.qui fembie toutefois 
4tre le but de la oiorale. Ceft en quoi Ariftote devoir etre 
de grand ufage, car il a parfaitement bien connu les moeurs 
destiommes;& s'il n'a pas toujourseu des vuesauflihau- 
tes que Platon , il a raifonn^ d^une mani^re plus conforme 
aucommercedelavie&ice quipeut humainementfepra- 
tiquer. Mais apr^s tout , c'eft peu pour des Chretiens , qui 
doivent avoir appris d^s I'en^nce une dodrine inAniment 
audeSiis de celle de Platon m£me. 

DE toutes les fciences, la phyfique ^toit la plus tmpar- 
faite, dans le temps oii les univerTit^ fe form^rent. 
On rempninia toute enti^re des Arabes ; & au lieu de la 
fonder fur Texperience & de commencer par fe bien alTu-. 
rer de ce que les chofes font eneifet, on la fonda^fur Tau- 
toriii d'Anftofe & de fes commentateurs , & furdes ratfon- 
nemensg^neraux.Et v6ritab!ement,iln'eioitpas facileaux 
iavans de ce lemps-I^ de faire des ezperiences. Ils icoieni 
tous Moines ou Clercs enferm^ dans les monaft^res & dans 

d» 




DESfeTUDES. ^f 

des coUeges, pauvres la pluparr ou par 'eur profefTion ou 
par leur forrune. La arts eloient fort dechiis ; on avoit pcr* 
duquinrite d'inventions, & onenavoit peu trouve ; li» 
anilaiu etoient encorc ferfs pour la plupart , & daas un ^r.md 
Kprit; il eiott diHicile d-i croire qu'il y ctir ri>:n i ap- 
|>rendre d'cuK. Quoi qu'il en Ibit, lescfpritsnctoicntpo^nc 
iMirn^ a s'<iflurcr det faits & a conlulter Texpcrien^e. On 
»'en rapportoi: a rautorite iles livres , & oti lenoii pour conf- 
tir.t tout ce qu^itsdi^bient des eSeis d^ la nature & Aa leurs 
caur*H. Bien loin de fe deficr de ce qiii eioit cxtraordlnairc , 
le plus mervcilleux fembloit toujours k plus beau. De-U 
viuilacroyanccd'unc inAnite defables, doni le mondeell 
encof c infeSe , quoique Ton iravaille lous les jouts a ren 
6enoniper: tanrdevcnus occulies, tant de l'ympathies& 
d^antipaifaies , lant de propri^ies imaginaires de plantes ou 
d'iifiijiuui:. Cell aulli ce qui augmenta le crcJit de la mspe 
& de raltroloijie, qui n'etoit di]a que trop grand. Oi liip- 
pofa la doArine des intluences des aAres, commc une ve- 
rite inkontedable ; & les gens de bien s'elliniereDt alTez ^. S. 
heureu< de prouver qu'elles ne pouvoient agir fur lcs '• *■ 
volonies libres, lcur abandonnani le tQi\i de la nature, ^ j,' * 
meme les organesdu corps humain. On crut qu'il pouvoit y 
avoir une magie naturellei&onatiribuaa U furnaiurellc, 
c'«ft-a-direaupouvoirdescfpni5(nalins,ioutcedontonne 
connciflbii pas la caur<;. Car etant ceruin p)r ta reh^Mti 
<]u'ilyade iel$efpriis,& queDIeutcur pcrmji qti.-lquefois 
deiromper lcs hommes ,rien n'cflpIiiscOnimLKlepo([r lou- 
vrirrignorance,quc de lcur aitr.buer co doit on ne pcuc 
rendre raifon. Ainfi les fiflions de« Poetes du ce icinps \k 
Ctoient beaucoup moins abfur-ies qu'<.-lles ne r.oui ie paroif- 
leni. L eioit vraiiemblable , meme aux S.jv<ins , qu'il y cut 
cu fouvent, & <\uV y tui cn..ore en d-vcrs endroin du 
monde de» dcvin^ ou des cnt.hantcurs, & quc la nature pro- 
duiuidcsilraiions vol3ns& des monllrcstle d:v^.'rresrories. 
CeitccTOyancedcs fablcs dansrhiftoirenjturcllcapporta 
quaniite de pratiqucs fupcrliitieufes , pariici.licrciULnt d^ns 
la medecine, oii I'on aime toujours mii^ut fjire quclqi.ie 
choli; d'inutile , quc d'omcttre ce qui pciii eirc utilc. Cc que 
ronappeioiidonc ituiicrlu Phyfijiie (& l'on y comprenoii 
la medccuic ) , c'eioii lire des iivrcs & rdifo>iner : commcs'il 
B'ycutpoint eu d'aminauK pour faite de»aRa:omics,nide 
Jaae II. C 



'54 DU CHOIX ET DE LA MtTHODE 

plantes ou de minerauxpour eo eprouver leseffets,comiii0, 
£i les hommes n'eufleat point eu rufage des fens pour re- 
connoitrela verlte de ceque les autres avoient dit. En un 
mot, comme fi la nature n'eut plus ete au monde pour la 
conTulter elie meme. Ce fut a peu pres ainfi que les arts Sc 
la medecine furent trait^ dans les Univeriites. 

XT« f^\^ ruivitla mSme methode pourledrcnt.Commerigno- 

^Moatw^ Vy rance du latin & & de rhifloire empechoit d'entendre 

les textes , on s'en rapporta aux Sommaires & aux Glofes 

de ceux qui palToient pour les mieux entendre , & qui 

ii*ayant pas eux memes le fecours des autres livres , ne fai- 

foii^t qu'expliquer un endroit du Digefte ou du Decret^ 

par un autre, les conferant le plus exadement qu*iIspou« 

. ^ . voient. Les fautes de ces mattres trompirent aifement les 

c.x.extrade difciples, & quelques-uns abu(^rent de leur cridulite^ea 

fimma irin. melant ii ieurs Glofes des etymologies ridicules & des &• 

verb. dtabo- y^g abfurdes; foit qu'iis ne compriiTent pas que Ton ne 

/•1. Uem tn i i • r i i /•• vi j r 

in/iit, de ju» P^ut pratiquer les lois ii on ne les entend, loit qu ils de- 
re nat. &c. (efperafient de les entendre mieux. Leur plus grande appli* 
9. 4. 5« tf» cation fut a les reduire en pratique , i traiter des quef- 
tions fur les confequences qu'ils tiroient des textes, i 
donner des confeils & des decifions. Mais quand on vou- 
lut appliquer a nos af&ires ce droit Romain ii /nal en- 
tendu & fi eloigne de nos moeurs, & conferver enm^me 
temps nos coutumes, qu'il etoit impoflTible de changer, les 
r^gles de la juftice devinrent beaucoup plus incertaines' 
que devant. Toute la jurifpnidence fe reduifit eu difputes 
d'ecoIe & en opinions de dodeurs , qui n'ayant pas aiTez 
creufe les principes de la morale & de Tequite natu- 
relie , cherchoient quelquefois leurs mtirits particuliers. 
Ceux memes qui cherchoient la juftice, ne favoient pas 
d'autres moyens de la procurer , que des rem^des particu« 
liers contre rinjuftice : ce qui leur fit inventer tant de nou- 
velles daufes pour les contrats , & tant de formalites pour 
les jugemens. Ils ne travailloient ,non plusque les medecins , 
qu'a guerir les maux prefens, fans fonger ^ les pr^venir & 
en arreter les fources , ou plutot ils ne le pouvoient pas. 
Car pour 6ter les caufes gen^rales des proces & de rinjuf- 
tice, il faut que la puiflance fouveraine s'en mele 9 qu'il y 
tit des lois certaines & connues de tout le monde , & des 



4. 



D E $ * T U D E S: j^ 

bfi^mfnli&cs bien autorifes. II faut 6ter aux particuriers 
plufieursiDOyefis de s*enrichir & de fe ruiner, & les redui- 
Te , auraot qu^il eft poffible , i la vie la plus fimple & la plus 
oaturclle : comine nous voyons dans cerre Loi que Dieu 
menie donna i fon peuple , & qui le rendit fi heureux tant 
qull Pobferva. Mais alors TEurope ^toit fl divKce , & les 
Princes fi peu puiflans ou fi peu iclairis , que Ton ne fon- 
geoit pas i £ure de telles lois. 

ON ^ Jioit la thiologie plus purement ; & nous voyons Xlt 
dans tous les temps une proteftion fenfible de Dieu Thiologie# J 
Ibr fon LgUfe , pour y conferver la faine doftrine. Mais 
quoique la dodrine fut la meme que dans les fiecles preci- 
dens , la maniere d*enfeigner etoit diiferente. Les P^res de 
FEglife etant la plupart des Evdques fort occupes , n'^cri- 
Toient gu^res que par neceflite pour defenJre la religion 
par des combats fineax contre les heretiques & contre les cklr^Hv"'' 
paiens , & ne traitoient queles queftions qui etoienteffcc- c. i. lo. * * 
tivemeat propofees. Une bonne partie de leurs Ouvrages 
ibnt les Sermons qu'ils faifoicnt au peuple , en expliquant 
rEcrirure fainte. Les Dodeurs des Univerfites , occupes k 
^dierfic a enfeigner, fepar^rent m^me toutes les parties 
des etudes ecclefiaftiques. Les uns s'atrach^rent a rexp!t« 
cation de TEcriture qu*ils appel^rent Thiologie pofitive : d'au- 
tres aux myfteres & aux v^rites fpdculatives , ce qui a con- 
fcT\i le nom general de Scolaftiqut : d*autres k la morale & 
i la decifion des cas de confcience. Ayant donc pour but 
d'enfeigner dans les ecoles , ils s*appliqu^rent a traiter le 
plusdequeftions qu'ils purent& a les ranger avec meihode. 
Ils crurent qje pour exercer Icurs difciples , & les pr^parer 
aux difputes fh^ieufes contre lesennemis de la foi , il falloit 
exaroiner toutes les fubtilites que la raifon humaine pou- 
voit foumir fur ces matieres , & prevenir toutes les ob- 
|e£tions des efprits curicux & inquiets. IIs en avoient !e 
loifir , & en trouvoient les moyens dans la dialedique & la 
met.Yphyfique d*Ariftote 9 avec lesCommentairesdes Ara- 
bes. Ainfi ilsfirent k peu-pr^s ce que Ton fiiit dans les falles 
d*e(crime & dans lesacademies de manege , oii pourdonner 
aux jeunes gensde la force & de radreile , on leur apprend 
bien des chofes qui font rarement d'ufage dans les vrais 
combats. En expliquant le Maitre des Sentences dont le livre 

Cij 



V5 DU CHOIX ET DE LA MitUODt 

etoit regarde comme le corps de la theologie fcolaftique i 
on formoit tous les jours de nouvelles queftions fur celles 
qu'il avoit propofees : & depuis on a fait de meme fur la 
Somme de faint Thomas. Mais il faut avouer que cette ap- 
plicatlon a former & a refoudre des queftions , & en ge- 
neral a exercer le pur raifonncment, a diminue pendant 
long-temps rapplication aux etudes pofitives , qui confif- 
tent pius en le6lure & en critique: comme le fens litteral de 
TEcriture , les fentimens des Pires & les faits de ITiiftoire 
ecclefiaftique. 11 eft vrai que ces etudcs etoient tres-diffi- 
ciles par la rarete des livres , & le peu de connoiflance des 
lar.gues antiques. II n'y avoit que les grandes biblioth^ques 
oii Ton put trouver une Bible avec la Glofe ordinaire cora- 
plete. Un partlculier etoit richequand ilavoitle Decretde 
Gratien , & la plupart ne connoiftbient les Peres que par c^ 
recueil. 



Xin. np Elles etoient a peu pres les 6tudes en France & dans 
ment des •"" * ^u^^ope , quand on recommen^a de s appliquer aux 
Humanites. Eumanius , je veux dire , principalement a la grammaire & 
a rhiftoire. On peut compter ce renouvellement depuis Vzn 
1450 9 & I^ prife de Conftantinople , qui fit que tant de 
favans Grecs fe retirerent en Italie avec leurs livres. Car 
bien que Petrarque & Bocace euflent releve ces fortes d'e« 
tudes des le fiecle precedent , ils n*avoient encore gu^res 
avance. Mais en Gr^ce , les etudes s'etoient aftez bien conr 
fervees. Le feul Commentaire d^Euftathe fur Homere , 
montre que jufques aux derniers fiecles , il y etoit refte une 
infinite de livres & des hommes d'une grande ^rudition. 
Ainfi depuis le milieu du quinzi^me fiecle, on vittout d'un 
coup paroitre une foule de Savans, premierement en Italie» 
puis en France , & dans le refte de TEurope k proportion» 
qui s*appliquerent avec une ardeur incroyable k lire tous 
les livres des Anciens qu*ils purent trouver , k ecrire en 
Latin le plus puremenc qu*il etoit pofllble , & a traduire les 
AuteursGrecs.L'artde rimprimerie qui fut trouv6 en meme 
temps , leur fut d'un tres-grand fecours pour avoir aife* 
ment des livres , & les avoir correfls. Aufli plufieurs s'ap«* 
pliquerent enfuite a faire d'excellentes editions de tous les 
bons Auteurs fur les meilleurs manufcrits , recherchant les 
plus anciens , & en comparant plufieurs enfemble. D/autre^ 



4^ 



l>MI 



D E S fi T U D E S. 57 

%nt Eait des Didionnaires & des Grammaires tr^s-exafles : 
d^iutres 6es commentaires fur les Auteurs difHciles : d*au- 
tres des Traites de tout ce qui peut fervir a les entendre : 
coaune leurs Cables , leur religion , Icur gouvernement , 
Jeur milice ; & jufques aux moindres particularit^s de Leurs 
jRCKirs 9 leurs habits , leurs repas , leurs divertifTemens* 
£aibrte quHIs ont fait tous les travaux neceffaires , pour 
flxnis£iireentendre,aurant qu'il eft pofiible ,apres un fi long 
iatervalle , tout ce qui rede de livres antiques grecs ou 
Utins. 

Mais quelques-uns fe font trop arretes a ces etudes , qui 
ne font que desinfirumens pour d*autres etudes plus f^^rieu- 
ies.Car il y a eu descurieux qui ont pafle leur vie a etudier 
le Latin & le Grec, & i lire tous les Auteurs feulement pour 
la bngue, ou meme a entendre les Auteurs & en expliquer 
les paflages difficiles , fans aller plus loin ni en (aire autua 
u/age. U y en a qui fe font arretes a la mythologic &i aux 
autres antiquitis que j*ai marquees ; qui ont recherch^ des 
iBfcriptions , des medailles & tout ce qui pouvoit cclaircir 
les Auteurs , fe bornant au plaifir que donnent ces curio- 
fites. Quelques-uns , pafiant plusavant, ont ctudi^ fur les 
Andens les reglesdes beaux arts , comme leloquence & la 
po^iie, fans toutefois les pratiquer : d'ou vient que nous 
avons tant de Traites modernes de poetique &l de rhetori- 
que , quoiqu*iI y ait eu (i peu de vMtables Poctes& de ve- 
ritables Orateurs : & tant de Traites de poHtique faits par 
des paniculiers qui n*ont jamais cu de part aux aiTaires. Enfin 
rapplicatiofl i lire les livres des Anciens , a produit en plu- 
fieurs un refped (i aveugle , qu ils ont fuivi ieurs erreurs 
plut6t que de fedonner la liberte d*en jugcr. Ainfi Pona cru 
que la nature etoic telle que Pline Ta decrice , & qu'ellc ne 
pouvoit agir que fuivant les principes d*Ari(lotc. Le pis el\ , 
^eplufieurs ont tropadmire Icur morale , & n'ont pas vu 
coml)ien elle ed au deiTous de la rcligion qu'ils avoient ap- 
prife dis lc berceau. D'autres , quoiqu^en petit nombre , 
ont donn^ dans Texces oppofe , & ont afle<^e de contredire 
les Anciens & de s'eloigner de leurs principes. Mais entre 
ceux qui les ont admircs , le defaut le plus ordinaire a ^te 
la mauvaife iuiitation. On a cru que pour ecrire comme 
<ux, il falloit ecrire en Icur langue , fans confiderer quc Ics 
toivoient en Latin & non pas en Grec ; ^que le» 



3» DU CHOIX ET DE LA M6TH0DE 

Grecs ecrivoieiit en Grec&non pasenEgyprien ou enSjr? 
riaque. On s^eft pique de faire de bons vers en Latin , & 
meme on en a fait en Grec ,au hafard de n*etre entendu de 
perfonne : & ceux qui , comme Ronfard & fes fe6^ateurs , 
ont conimence a en faire de Fran^ois, apres la leduredes 
Anciens , les ont remplis de leurs mots , de leurs phrafes 
poeriqucs , de leurs fables , de leur religion , fans fe mettre 
en pvine fi de telles poefies pourroient plaire a ceux qui 
n*auroient point dtudie : il fufHfoit qu'elles fiiTent admirer la 
profonde erudition des Auteurs. On a imite de meme les 
Orateurs : on a harangue en Latin , & ona farci des difcours 
Fran^ois de pafTages Latins. En un mot , on a cru que fe fer- 
vir des Anciens , c*etoit les favoir par coeur , parler des cho- 
fes dont iis ont parl6 « & redire leurs propres paroles : au 
lieu que pour les bien imiter , il falloit choifir les fujets qui 
nous conviennent , comme ils fe font appliques <t ceux qui 
leiir convenoient , les traiter comme eux d une maniere fo- 
liJe & agreable , & les expliquer aufli-bien en notre Iaa« 
gue , qu*ils les expliquoient en la leur. 

Cette nouveile efpece d'etude excita une maniere de 

guerre entre les Savans. Les Humaniftes charmes de la 

beaute des Aureurs antiques , & ent^t^s de leurs nouvel- 

les decouvertcs, meprifoient le commun des Dodeurs qui 

fuivoient la tradition des ecoles, n^gligeant le ftyle pour 

s'attacher aux chofes , & preferant Tutile a Tagreable. Les 

Do6leurs de leur cote , je dis les Theologiens & les Ca- 

noniftes , regardoient ces nouveaux Savans comme des 

Grammairiens & des Poeres , qui s^amufoient k des jeux 

d^enfans & a de vaines curiofites. Mais les Humaniftes fe 

r. Epiji^ failoient 6coutcr , parce quils ecrivoient poiiment , & qu'ils 

chfiur virur. avoieut appris par la lefture dcs Anciens , a railler de bon» 

ra/m. ^^ grace. L'herefie ds Luther , qui s'eleva peu de temps 

apres > e:haufFa ccs querelles, & les rendit plus firieufes. 

Luther vouloit reformer les etudes aufli bien que la reli- 

nobOetnt, ?*^"* ^' "^ falloit ni philofophie ni fciences profanes. II 

««. isio. falloit brCiLT Platon , Ariftotc , Ciceron, & tous les livres 

des Anc: ins , pour n^etulier que rEcriture ,& donner tout 

le ref^e »lu temps au travail des mains. Ceft ainfique , pouf- 

fant tout a Tcxcis , il rendolt odieufes les plus laintesma- 

ximes deTantiquite. Larefiftance qu^iltrouvadans lesDoc- 

teurs de theologie , & les cenlures de la Faculte de Paris 



\ -1 



DESfiTUDES. )9 

& Aes aotres Univerfires » le rendirenr leur ennemi irri* 
conciliable. II le$ trairaavec le dernier mepris » &Melaoc- 
con roQ fidelle difciple , employa tout fon efprit & toutes 
ies belles lettres pour les tourner en ridicule. Mais les 
pretendus reformateurs ne durcrent pas longtemps dans 
cene premiire feverite contre les etudes profanes. IIs fu- 
rent bientdt lesplus ardensa^tudicr les humanites,voyanc 
que rdoquence & Fopinion d*une ^rudition fmguliere leur 
attiroic grand nombrede fedateurs.Ils regarderent ces etu- 
4ss comme desmoyens neceflairesala reformation de TE- « 

gUfe, & voulurent faire pafferle renouvellement des let- dt Befe^ 
tres pour le premier figne que Dieu eut donne de fa vo- comm. c^. 
lont^fur ce point. Ilfembloitya lesentendre, que cette 
conootfiEuice deslangues & de rhiftoire » qu*ils acqu6roient 
par uo rravail affidu , fut une marque affuree d'une miilion 
exrraordioaire; & fe faifant admirer dcs ignorans , ils Icur 
perfuadoienc zidmtm que les Dodeurs Catholiques ne fa- 
voient non plus la religion que lcs belles lettres. Mais ils 
ii'eurentpas long-temps cefoible avantage.Les Catholiques 
les combattirent bientdt par leurs propres armes , & fe fer« 
virent tres-utilement contre eux de la connoiffance des lan- 
gues originales & des Auteurs anciens , fuivant leurs pro- 
pres editions. On a donc recommence k ^tudier les P^res 
Grecs& Latins , trop peu connus dans les fiecles prece- 
dens: on a etudielliiftoire Ecclefiafiique , les ConciIes>Ies 
anciens Canoos ; on a remonte iufques a Torigine de la 
Tradition , & on a puife la do£^rine dans les fources. Le 
fens lictend de TEcriture a ete recherchi par le fecours^es 
bngues & delacricique. Je fai bicn que pluficurs, mdme des 
Catholiques^ontpouffe ces recherches a de vaines curio* 
fit^s ; & que plufieurs aufli font demeuris trop attaches i 
Tancien flyle des ^coles : tant ii eft difficile aux hommet 
de fe cenir dans une jufte mediocrici. 

Le langage de la philofophie fcolaftique qui nous eft 
venuedes Arabes, n*eft digne par lui-m^me d*aucun ref- 
ped particulier. II en eft comme de rarchitedure de nos 
anciennes Lglifes. Cette architedure que nous nommons 
Gtuhi^jut y & qui eft efiedivement Arabefque , n*en eft ni 
plus v^crable ni plus fainte , pour avoir eti appliquee il 
des ufages (aints dans lestemps ouTon n*cn connoiffoit pai 
4t meiUcurc. Cc feroic une delicateffe ridicule de ne vou« 

Civ 



^ ."'.V c:io\:: E:r dela MtTHODF: 

.^■^ Ta^cMTcr -■in'i -■s 'ii.i^injii^nT iar.cf ie ^i-.orrar 
r^T-i <* '«Tf^.i- ^j-Tnii-i ■ ai.- i^rrnihe 'e ::iHercnLaiTr'i'iine 
»«i..tt;rt ;r<.l'i-,i-"r;;-e. >.\:ti sar :3Urd jue i:cs ; iees ift 
(ti'.-t. rr ■;*» ;u-:;-s .->>rFMn LEUeCne J rrti^oa : .3£ .italll 
ity^- ; ii -.v^^r -v ru ^iestre* Tiistrr* -jc ue ■'iMcrtiiion 
de« -.-i.r-— ^-;. ■■■*ecoi.-nw ;<scto:esio.it ■:!! .-iii»- ineiKes. 
■- :' --. ,.---1 i -i.-n.-.ivei:^jjf!t ■!« 3in:aiSfe9a. rcodii 
1»'« .^itfe< >"-;i o.;-:^so.- Tiiw :<rE3E:<;£in:.:snr3iTJ:t . li 
k» i rvtv..(i ■ :!,:ear^ aius -ijficiies. Cjt un a. piinoi ans;- 
«^■— ■ ^je .■"if^fii; . A .'-.1.1 ; ■.■ni:J.; rca: ;;n,-r.crvcr. -\inli 
<,•!.! :.«"■{: 3«! inai x zit izti .i.-.-^; -rr^inon.ce jours 

U gr.n"wr? :-v-K .i .ir.cM.lMins , :. 3«.-:i"-'£ ■ i;\at-a- 
rft." .11 I--1. ■"■!•.; !e* -."ers Liitnc. !a r.ii^jnnoua i nr oc- 
eri*^'^! .Siit.vr.' i .i •j.i^r3nnic , auii ;s irai-j!bp:i;e , 3l 
«n''!i'to .^ :h';.-»irt^,e . .c irjit in !a iieit^;ne, ;iuvani ies 
(tifffCife! pr.itl-ilirtit. J^ '.hiiVe i ■.•fius nu » 'W oaiC i 
jtHtor fi dsnw !« jcotei in n'j.nte:Bne t;i;,t ouc i'utie , i. !i 
On y e''Ti'?i>;iie '•vii ce <itii ^l neciiiLirc. Miin 'iiufitin. iiDin- 
me ("j" ^ir Hjljrn-i . ti ■Jit lue ie parer ■ius ■itiuies iumet'- 
fiiliw«.Cert jjrtificoi ;'ti cmqiii; (neierQunerniisacnier- 
f re A j^ai-r ;'awrtr;r--' -ie ia inur.intc pocr niii^nner libr^ineiit 
Air h •('•^ri .'rc ^e* a'ii>'i;« ; Ovnitf .•■. Pu.Jilia-ies -u ^tti iju- 
mn aiixlo" d( Un' f.iyt w ^:'^^" p-t-t •C^ -jifjnncr jur L* 
^y'niifiit. Si pnr>r<i "ie* <TJiit« en ^.iniin; , qiiJiqiiB aioa 
^incij)al rlelfein ;>.:r rte s-.e rwiiiri a cellesifii lijnt le pius 
ii I ii^rfKS^^^ieonet^sn^cpje !"ooiniirj:ren (larnauitU- ; ^ 
jA p^r.p^er^i tinnpl«iaent ae« reneiioos tjndeas lur i'c&.^ 
pirierKe. 

« ?"; , ■ t.wfemfcleffirildiitpremiersiTient^Dminercequec^eft 
Un 'hiT'* Af'* r#fii'te. & f[MeI tiiJt on 'foii fc projioter en eruiionc. 

4«f £tii((Mi AmdfTir fie-^ncnip rle coT>noil£tnc«, metne avec ungrzr.d 
Uai/iW , 8t fo ()iAinf(iMf du ^mmun en facfaant ce que W 
jiiitrfc nf f.tveni prrini : toui cela ne fufiit pas pour dire q^je 
IVin ^rii iie : Hiitrement ce furoir ^tit^ier que de cotopter 
Vniiro le« leitre* «riin livre , ou tiurcs 1« feuiiles d'ua ar- 
l're tiK.iirffue ce rernii une occupdtion fort penible qui fd 
lerittioeroil A tKio cnnn«ifraii(.u fort fin^iilii.Te. Mais pour- 
()iiiil cellf ii|i|tlic.iiion feroti • elle ridicule , Caon parcs 
<|U'b1I« nff farwit ol tuil« oi agrcable. U bm doac que tw 



X 



D E S £ T U D E S. 41 

t|iicToa doit aonnRCf Eiude, 2.11 pour bur au molns le plaifir 
de la connoilTiince. Encore le plaifir ne fufHt pas pour iuf- 
tifier les ctudes qui nuifenr a Ae tneilleures erudcs , ou k 
d'auim occupations p!us uiiles. On auroit pitie d'un ma- 
bde quinechercbeToii qu'3 s'habi]lerproprcnient& man- 
ger lout ce qui flaiteroii fon goiit , au lieu de 5'appliquer 
Jerieurcment a fe ^inr. On fe moqueroii d'un ;eune ar- 
tilan, qui , pendant fon apprentifTage S^amureroitadcfliner 
ou a (ouer des inHrumens , au lieu d'apprendre (bn m^- 
■ier. U auroit beau dire quil y prend piaifir , & que la 
peinture& lavufique TonE desartsplusnobles que la m^- 
nuilerie oula (isTrurene. Laiffez lout cela , lui diroit-on,aux 
MuGdcns & aux Peinires , le temps que vous donneriez 
ileur mitier votis einpecheroit dapprendrele v6ire. Tour 
ce quc Con peut vous permeitre , c'eft de vous y divertir 
les jours de Fetes , au lieu de faire la debauche. On pour- 
roii en dire de meme i ia plupart dcs jeunes gens. Voire 
cducaiion doil etre rappreniilTjge de voire vie : vous de- 
vea y apprendre i devenir bonnete-homme , & habiie 
homme felon la profeflion que vous embrafleTez : appli- 
quez-vous unitjueinem a ce qiiipeutvous rendre tel. Mais 
la grammaire , la poeiique , la logique me divertifTeni : je 
trouve un grand phifir i favoii plufieuts langues , a tirer 
des ctymologies , & fdire diffijrenies retleKions fur le lan- 
^age des homines : i'aime 3 juger des ftyles , 61 a exami- 
ner Ics regles de la Poefie : )'aime ces doi^es fpeculations 
fur la naiure du raifonnement , & ces enumerations exac- 
tesde tousceuxqui peuveni former une conclufion. Vous 
avez raifon : toutes ces connoifiances font agreables : elles 
ibot memeforthonneies, &. peuventvout fervir jufques 
iun certain point.Mais prcnczgarde quc le plaifir ne vous 
cmpone , & que vous n'y donniez irop de temps. La Phy- 
'fique a cncore de grands chatmes. Si vous vous abandon- 
jicz aux Maihcmatiques , vous en avez pour voire vie. U 
y a des gens qui la trouvent trop courie pour 1'eiude de 
rbilfoire : & il y en a qui la palTent a de pures curiofuis 
^e yoyages; iacquerir de rintelligence dans les beaux aris, 
comme la peiniure & la mufique , ou it recherchcr des 
<hofc« rares. Cepcndam quand apprendrez- vous a vivre» 
A quand vous inllruirez-vous des chofes panicuiicres a 
yotre ft<A^aoa i 11 im letiancher ces plailirs « H voiu 



41 DU CHOIX ETPE LA M£THODE 

M favez pas les modirer ; & fi votis pouvez y garder und 
mefure raifonnable , i la bonne heure : donnez-y le temps 
que les autres donnent a la bonne ch^re , au jeu , & c^ des 
vifites inutiles. Mais ayez foin toutefois de garder du temps 
pour exercer votre corps , & pour rel^cher enti^rement 
votre efprit ; car la fant6 & la liberte d'efprit eft prefera* 
ble a toute lacuriofiti. Outre leplaifir, il y a encore une 
grande tentation a eviter ; c'eft celle de la vanite. Com* 
bien y a-t-il d*^tudes que Ton ne fait que pour paroitre» 
pour fe diftinguer ,pour etonner les ignorans ? Le moyea 
de les reconnoitre , eft de penfer a ce que Ton itudieroit^ 
fi Ton devoit vivre en folitude , & ne parler jamais i per-r 
fonne. 

On ne doit donc nommer etude qne rappIiiatioH aiir 
connoiflances qui font utiles dans la vie : il y en a de deux 
fortes ; les unes font utiles pour agir & pour s*acquitter 
dignement des devoirs communs a tous les hommes, ou 
V. Arijf. po» de ceux qui font propres k chaque profeflion ; les autres 
Ut.tiv.t.ch.(Qj^^ utiles pour s'occuper honnetement dans le repos & 
*• profiter du loifir , evitant roifiveti & la d^bauche. Le 

premier but doit ^tre Ta^^ion de Thomme comme homme » 
dont la perfedion eft la vertu morale « enfuite on le regarde 
comme membre de la fociete civile. II eft encore tr^ 
important de bien employer les intervalles de Tadion. 
Toutes les adions des hommes ne tendent qu*au repos & 
au loifir , & cet 6tat eft le plus dangereux pour ceux qui 
ne favent en bien ufer ; mais ceux qui en profitent acqui^- 
rent les connoiflances qui peuvent fervir a conduire & 
leurs aflions & celles des autres , & goutent , eii les acqu6- 
rant, les plaifirs les plus purs de cette vierainfi, comme 
par le travail du corps on fe procure la nourriture que le 
corps re^oitavec plaifir, & qui lui redonne des forces 
pour travaiiler de nouveau , de meme , par les a&ires & 
par les adions de la vie, on fe procure le repos, oii Toa 
apprend a fe conduire dans les a£lions fuivantcs , & oti 
l*apprend avec plaifir. La providence a tellement difpofe 
le corps des enfans, que Iorfqu*ils ne font point encore 

• capables de travail , ils demandent une grande quantite de 
nourriture qui les fait croitre & les fortifie. II en eft de 
meme de Tame : il n'y a point d*age oii Fon apprenne fii 

• £icilement, & qu Ton defire tant d'apprendre , que la pr(^' 



D E S £ T U D E S. 4j 

mAiTt leunefle encore incapable d'agir , au lieu que la 
vieilkfle qui n'en eft plus capable , eft tres-capable d'inf- 
tniire, & y a grande incUnation ; enforte qu*il n*y a 
aucun etat de la vie qui ne foit fort utile , fi Ton (ait rt* 
pondre aux intentions du Createur. 

La jeunefle eft donc un temps fort pricieux , jamais la 
cunofite ni la docilite ne font fi grandes ; les enfans veu- 
knt tout favoir » touslesobjets leur font nouveaux , & ils 
les regardent avec attenrion & admiration ; ils font fans 
ceflTe des queftions, ils veulent eifayer de tout , & imiter 
tout ce qu^ils voient faire : d*ailleurs ils font credules & 
fimples ; ils preimeot les paroles pour ce qu*elles fignifient, 
]u(qu*ii ce quHs aient appris a fe d^fier , en eprouvant que 
ron ment & que Ton trompe : ils prennent telle impreflioa 
que ]*on veut, n*ayant encore ni exp^rience ni raifonne« 
mcttt qui y refifte : jamais la memoire n*eft plus facile ni 
pius (ure ; & felon qu*en cet ^ge on s*accoutume a penfer 
it cenaines cbofes plutdt qu*a d'aurres , on s*y applique 
dans tout le refte de fa vie avec plus de facilite & de plaifir* 
II eft evident que Dieu a donne toures ces qualir^s aux 
enfans, afin qu'ils puflent apprendre ce qui doit leur fervir 
dans le refte de la vie ; & il eft de la mere providencede 
ne leur avoir pas donn^ ces qualites en vain , mais de leur 
avoir donne en meme temps la capacite de retenir tout ce 
qui leur eft neceflaire« & les moyens exterieurs de Tap- 
prendre : c*eft la faute de ceux qui nous ont inftruir , & la 
notre enfuire , s*il nous manque quelqu*une de ces connoif- 
(ances neceflTaires : de-l^ vienr que Tignorance de nos de« 
voirs nous rend coupables. Or la capacite que nous avons 
de connoitre & de rerenir n*eft pas petife ; & il n*y a point 
il*}iomn*e fi peu inftruit, & d*un efprit fi grofller , pourvu 
qu*il ne ioit pas tout-a-fait ftupide, qui n*air une quantit6 
prodigiiufe de connoiHances. Prenez un payfan qui ne fait 
point lirc , & qui n*a point apprisde metier , il fait comment 
ie font les cho;es les plus necelfaires pour la vie , quel en 
cft !c prix , queis font les moyens de les avoir : il connoit 
lcs arbrcs & les plantes de fon terroir , la qualit j des terres, 
les ciiflcrenres fa^ons qu*cllcs dcmandent; & lcs faifons du 
travatl , lachafle oula peche fclon le pays, & une infinit6 
dechofcsfeniblables, utilcs & folidcs, ignorecs pour For* 
ire de ceux que Toa appelle Savans. Les ignorans ne 



"44 TiV CHOIX ET DE LA MfeTHODE 
rontdoncpasdcs^ensquinepenlent a rien, & qui n'aient 
Tten dans lu memoiri; ; ils y onttnoinsdechofes, & penfent 
rouvent auK memes, Ijos ordre & lans fuite, ou bien iis 
penlent a quar.iitti de choies , mals petiies , baffes , vul- 
gaircs & imitiles. Les premiers font plus groffiers, ceu\-ci 
pliis K-pers. Les Savans au contraire, & les habiles geos, 
nc foiit pas toujours dcs gens qui aient le cerveau mieux 
dirpDJe que ics autres , Us lexercent plus , ils penfcnt a plus 
d'obicts, plus grands, plus nobles, plus uiilcs. 

Mais qudque grande quc foit , mene dans les naturels 
les plus heureuT , cetie cnpaclte d'apprendre & de retenir , 
ileltclairqu'cllecltbornee, puifqu'elle depend , du molns 
enpartie, du corps& de la difpofition du cerveau, & que 
Tame mcmc elt une creature dont la veriu eft finie : d'aii- 
tcurslaviueilcourte, ta plusgrande parrie s'emploie aux 
befoins du corps , & lo relle nous ert plus donne pour agir 
quc pour apprendre ; cnlin , fans parlcr de ce qui eA aii 
livlVas de iiotre portee , il ne faut pas croire quaucun 
homme en particulier puilTe favoir rout ce qui ell de la 
portee de rclprit humain. Quicontjue aura la vanite 6'y 
pretendre , laillera quantite ue connoiflances utiles , pour 
fe chargcr de quantitc de fupertlues, & dans celles-la meme, 
U trouvera toujours iles pays qui Itii ferom inconnus : ii &ut 
donc niiinanor lc tcmps, & choifir avec un grand foin ce 
quenoustlcvonsapprendre, d'iiut3ntplusqueronn~oublie 
pascomine lon vcut, &uue I>» connoifiances ne font pas 
chez nous comme des tableaux ou des medailles que Toa 
met dans im cabinet pour ne les regarder que quand oti 
vc;it, &:s'endL'fairequjndonn'cnvemplus. Nous n'avons 
poini d'autre iieu 6ii mettre nos connoilTjnces tjue notre 
fflcmoirc & notre ame meme, elles y demeurcnt malgre 
nous , fouvcm toute notre vie ; & celles dont nous vou- 
drionslepltisnousdelivrar, font celles qui feprefement le 
plu« j nous ; de plus ,ce font no; penfees bonnes ou mauvatfes 
q-.ii forment nos mceurs ; de Ibrte qu'une erreur que nous 
avons cmbraficc cA commeun poifon que nous aurious ava- 
16,&dont il nefcroitpIuBennotrepouvoird'empecberref- 
fct; quefi noiisfommesoblig^sabienchoifirceque nous era- 
dions nous-memcs, nous dcvons y regarder de bien plus 
pris pour inflriiire les autrei , principalement les enfans : 
il y a plus d'injuAice i prodiguer le tHen d'autrui que 1« 



DESiTUDES. ■sa 

B&tre ; & c'eft une cfptce de cniaur^ de fairc egarer ceur 

(]uc \'oa nous donnc a conduirc. On ne croit pas d'ordl- 

Da>fC<]ueccc!i.jix foit d'aucuiic impQriance pour les pents 

eaijns Lorfque les premicrcs poinics dc lumicre coaimca- 

ceat a paroitre en cuk , on leur laifTc prendre quamite de 

Buuvailbs jmprcfiions qu'il faut detruire dans la fuite ; au 

fieu de lcs aider, on fonilie kursdefauts : ils font cicdules, 

on leur conte peaud'ane, & ccnt autres fables imperti- 

nentesqui occupcnt leur mcmoirc dans fa prcmicrc frai- 

chcur : i!s fonc timidcs , on lcur parle de loups garouK & 

dc bctes cornues ; on Ics cn mcnace a tous momens : on 

flaite toutes leurs petiies palTIons , la gourmandife , la 

colere , U vanite; & quand on les a faic tombcr dans lce 

p'i«:gcs, quand ils difent unc rnttife, iirant droii une con- 

fequencc dun principe impercineni qu'on leur a donne, oa 

^'eclace de rire, on triomphc dc lcs avoir trompcs, oa 

lci baife, & on les carciri: comme s'iU avoicnc bicn ren- 

concre ; il femble que les pauvres enfans ne foicni faits 

^e pour divertir les grandes perfonncs , comme de pctits 

chiens ou de petits finges , ccpcndanc cc foni dcs crcatures 

raifonnables que rtvangilc nous dcfend de mcprifer , par 

cettc hauie contideration qu'ils onr des Angcs bicnhi^urcux 

pour les garder. Combien Ics hommes , & fur-iout lcs jaatih.xfmi 

parcns , foni-ils donc ohligus d'en prendre foin pour cul- >°< 

ti%'er lcur efprit & former kurs mccurs?Mjis quoi,dira- 

t on, faui-il elever les enfans iciftcmcnt, ne leur parlant 

que de choles ferieufes & relcvees ^ Point du toui : il fauc 

feulemcnt fc donncr la peine de s'accommoder a leur por*ce 

pour les aidcr doucemeni. 

IL nc manque aux enfans que deus chofes pour bien rai- XV'; 
fonner;rattention, &rcxperience. Li mobiUic de leur pa^jo^jl*- 
cervcau , qui fait qu'ils s'agitent fans celfe . & ne peiivent je rntca- 
durcr en placc,faiiaufli qu'ilsncpcuventconfiderer long- uoik 
temps un meme objet , & encore moins remarquer Tordre 
& la liaifon de plulicurs chofcs. Le pcu dc connoilTances 
qu'ils ontdeschofes panicuUercs.fait qu'ils manqueni dcs 
prtncipes de railonnemer.s , qui fe tirent des faits , des lois 
de la natiirc, & de 1'inlliiution dcs hommes. Car pour le$ 
principes qui font purcmcnt de lumicrc natuiclle ; ils Ics 
«nt de»-lors , tels qu'il$ les auTont touie leur vie. Us peu-. 



'4<{ DU CHOIX ET DE LA M6TH0DE 

v^nt donc errer , quand ils mettent un principe pofitif , oU 
quand ils ne font pas afTez d*attention aux principes natu- 
rels ; mais ils tirent droit leurs conclufions , & s*ils n*a- 
voient d^s-Iors la notion des grands principes , & la no- 
tion des bonnes confequences , ils ne Tauroient jamais. 
Les hommes ne fe donnent point les uns aux autres ces lu- 
mi^res : elles ne viennent que du Createur , puifqu^elle» 
font le fond de la raifon meme. 

Le defaut d*experience eft le premier auquel on peut 
remedier, ripondant i toutes leurs queftions avec la meme 
fimplicit^ qu'ils les propofent , leur difant la veriti de tout 
ce qui ieur eft utiie de favoir y & s*expliquant tr^s-claire* 
inent. On ne fe contentera pas de fatisfaire leur curiofite 
fur tous les ob)ets fenfibles qui les font parler : on leur 
contera des hiftoires utiles , comme celles de la religion , 
& celles de leur pays : mais on aura foin de leur expliquer 
tout ce dont ils n*ont point encore d*experience , afin qu*ils 
ne difent rien , s*il eft poflible, dont ils n*aient une idee nette 
dans Tefprit. On peut aufli leur apprendre quelques fa- 
bles , comme celles des faux dieux de rantiquite & les fa- 
bles d'£fope , qui ferviront pour la morale. Ces badineries 
les divertifTent , & ne leur feront point de mal , quand on 
ne les leur donnera que pour ce qu*elles font. Mais il ne 
faut jamais les tromper. Pour Tattention , il faut la procu« 
rer aux enfans doucement & avec beaucoup de patience ; 
elle viendra avec le temps ; & quand ils commenceront k 
en etre plus capables , on pourra Texciter d*abord par le 
plaifir de quelque connoiflance qui les attache ; enfuite par 
la crainte , par les menaces , & meme par les chatimens ; 
mais il faut en venir i ces derniers moyens le plus tard 
qu*il eft poifible. 

Quant aux premi^res inftrudions , je voudrois qu*on les 
leur donn^t , fans qu'iis s^aper^uflent que Ton eut defTein 
de les inftruire. Que Ton profitsit des intervalles du jeu , 
& quand i*enfant feroit las de courir & de s*agiter , on lui 
cont^t tantdt Thiftoire du paradis terreftre , tantdt le fa« 
crifice d*Abraham , ou les aventures du patriarche Jofeph s 
une autrefois quelque fable comme j*ai marqu^ , fans To- 
bliger a redire ce qu*il auroit appris ; mais lui laifTant redire 
de Iui-m6me quand il feroit en belle humeur. II y a audi 
diverfes induftries pour exercer la curiofit^ des enfans ea 



z 



DESiTVDES: 991 

fce prencr ige. Det peiamm & det imagei , qne fon leur 
pccCente , afin qu'ils en denundenc rexpltcation. Des en- 
treticns que l'on fait devant eux , comme iani ronger i 
cux , & que ron continue , quand ils s'y appliquent , leur 
adrcflant meme la parole. Quand on en a plufieurs enfem- 
ble , I emulaiion peut beaucoup fervir : on peut conter i 
ruii devant rautre , ce que Ton veut que Tautre apprenne ; 
M pcut propofer pour r^ompenre ,i celui qui Tera le plui 
obeiflant dans ki autres choles , de lui conter une belle 
lufloire. 11 h.ut louer fouvent devant eux la fclence & Vi- 
tude , fans qu'il paroifle que ce Ibit pour eux. Enfln il fauc 
^dier le naiurcl & rinclination parilculi^re de chaque eo- 
^ni , pour ke iaire appliquer de lui meme , par le p!aifir ou 
par quelqu^aotre otodf qut le touche. CeA pour celaqu'il 
leur bat lendre des piigef de tous c6t^ , & les tromper 
autant que foa peut ; & non pas pour les rendre de6ana 
& maJicieux , qui efl ce que Ton appelle iei diniaiftr. Sur- 
rovt il fe faut bien garder dans les premi^res annees oii let 
impreflions qu'iU re^ivent font ires- fonef , de joindre teU 
lement ridee des verges a celle <l'un livre , qu'ils ne pen- 
katk r^de qu'avec frayeur. IIs ont peine a en revenir; 
& il y en a qui n'en revienneni jamats. 11 faut au contraire 
lci eniretenir dans la ioie , qui efl li naturelle a cet ige , 
rire & badiner quelquefois avec eux , pourvu que Tauio- 
riti n'en fou&e pas, & attendre plutdt quelques ann^ 
de plus i commcBcer les inilrudionf ferieufcs & Tetude 
reglee. 

Comme le cerveau des enfani eO fort tendre , 8r que tont 
leur cfl nouveau , iis font yivement frappis des objets fea- 
fiblesquilesenvironneni, &yfontcontinuellement atten- 
tt6. E>e.l3 vient qu'ils joignent fadlement ce qui les frappe 
cn m^me tcmps: un cenain fon avec une certaine figure & 
une ccrtaine odcur , qui n'ont aucune liaifon n^iturelle. Ceft 
parlaqullsapprennent fifiicitement^parler, & c'efl parli 
que les cfaatimcns font leur effet. Mais c'eA au(Ii ce qui catile 
leurs erreurs: car ils prcnnent pour bon tout ce qui eft 
agr^able aux&ns, ou qui eft joint i quelqueobjet agrea- 
ble, & pourmauvais tout cequieft contrdire. Ces premie- 
ret impreflions font (i fortes , qu'elles forment fouvent les 
mmirs pour tout le reAe de la vie; & c'ell apparemment 
luK dc* caiTcs des coutumesdifierentesdes tutioosenii^ee. 



DU CHQIX ET DE LA MfiTHODE 

Deforte que qui feroit aflez heureut pour joindre des (en^ 

fations agreables aux premieres inftrudions que Ton donne 

des chofes utiles , pour les moeurs , ou pour la conduite de 

la vie y en un mot , de joindre le bien vehcabie avec le plai- 

iir y auroit trouve le fecret de la meilleure education. Je (ai 

bien que par ce principe on donne aux enfans desfriandifes, 

des images , de Targent , ou de beaux habits , pour les re- 

compenfer & les exciter a bien faire : mais on leur nuit fou- 

vent par-l^ , plus qu*on ne leur fert. On fomente eneux des 

femences de gourmandife,d*avarice & de vanite.ll faudroic 

les toucher par des plaifirs plus innocens , que ceuxde man* 

ger, de pofleder quelque chofe , & de fe faire regarder : & 

jc n'en vois point qui y conviennent mieux que ceux de la 

vue : les beautes naturelles , les ouvrages de ia peinture & 

de i'archite£lure , la fymetrie , les figures & les couleurs. 

Comme la vue nous fait rapporter au dehors toutes Ces im- 

prefTions , fes plaifirs ne nous portent qu*a admirer & aimer 

les objcts , & non pas a nous efiimer nous-memes. Les fons 

agrcables & les bonnes odeurs font le meme efiet a propor- 

tion , & c'e{l peut etre la raifon pourquoi dans Toffice folen- 

nel de rEglife y on a juge a propos d*accorder quelque chofe 

a ces trois fens. Je voudrois donc que la premiere eglife oii 

Tonporte un enfant, futla plus belle, la plus claire , laplus 

magnifique : qu*on rinftruifit plus volontiers dansun i)eau 

jardin, ou a la vued*unebelle campagne , par unbeau temps, 

& quand ii feroit lui-meme danslaplusbelle humeur. Je vou* 

drois que les premiers iivres dont il fe ferviroitfufleru bien 

imprimes & bien relies : que le maitre lui meme , s'il etoic 

poffible , fut bien fait de fa perfonne , propre , parlant bien ,' 

d*un beau fon de voix, d'un vifage ouvert, -agreable en 

toutesfes manieres; & comme il eftdifficile de rencontrer. 

ces qualites jointes aux autres plus efrentielles , je voudrois 

du moins qu*il n*eut rien de choquant ni de degoutant. Le 

peu de foia qu*on a de s^accommoder en tout ceci a la foi- 

biefTe des enfans, fait qu'il refle a la plupart deTaverfion & 

du mepris pour toute leur vie , de ce qu^ils ont appris de 

gens trop vieux , chagrins ou mauffades ; & que le degout 

dcsecoles publiques, quand ce fontde vieux b^timens qui 

manquent de lumicre & dc bonair, pafTc jufques au Latin 

6: aux etudes. Mais quoique Ton faffe pour engager les en- 

£aiDs a s'appliquer » il ne faut pas cfp;i;rer qu'ils le fairem long^; 

teiDps > 




ft E s fi t u 6 E s; ^y 

Impif ni que l*oii puifle toujours les conduire par le plai- 
fir. On wn fouvent befoin de crdinte ; U }(>ie difTipe . & (6 
^giuniileur ligireti naturelle , elle les fait en lin moment 
pa&f d'ii'1 objeti fautre. IleAmdmeicraindre qullsnele 
fiailiarireat trop avec le Maitre , S'il ell tdujotirs en bells 
tauiAir, &qil'encherch3ntilesrejouir, il tie fe rende trop 
pbirant , & ne leur decouvre quelque foiblelii;. II faut donc 
qa'il reprcnne fouvent le carad^re qui lui crinvient le plus^ 
qui eft le (iirieuz , & qU'it montre quelquefdis de la colere , 
& par fef regards & par le lon de fa voix, |k)urarrdter 
rfcpancheoient de ces jeunes efpriti, & les faire retltrer ed 
eux m^mes. Que fi dcs tnenaces il faut pafler jufques auc 
diftriincns , oa pcut y mtoager plufieurs degres avant que 
d^en vcoiratizpuaiiionscorporelles, & dn dbii leur faire 
feotir queroo ne les punit que pour [emanqued'a[)pli<:a'tiooi 
0u pouf quelque autre faute qui appartient aux moeurs, & 
non pas pfMftment pour leur ignorance ou leur peu d'ef- 
prit , afin qu'ils ne regard^nt pas la punitiort comnie uil 
malbeur , inais comme Une juHice. Sur-tout il faut faire foii 
poffible pour n'avoir iamais contre eUK de v^ritable coUre, 
quelquc mine que ron en dSe. }e fai bien que cela n'e(1 pai 
atle ; la foodion d'enfeigner n'e(I pas agreable : fi Ic difciple 
>'ennuic , qiioiqu'i! voie fouvent quelque chofe de nou- 
veau, leMauredoit$'ennuyerencoreplus. Encetetat, le 
chagrin prcod aif^ment , & il ell <t tous niomens excit^ par 
la tudinerie contihuelle des enfans , fi oppofi^e a Thumeur 
d^in vieiUard oud'unhomme milT. D'ail]eurs, tesmeiiaceS 
& leschiiiiDcns font un chemin bien plus court [tour donner 
de rattcniion , que ccite inrintiaiion & ces anifices fi doux 
dooi i'ai parle. Mais il ne faut pas regarder ce qui efl pluc 
cominode auM^tre, & llelltoujoursplusutlleaiJdirciple 
d'etre conduit par la doiiceur & par la raifon. Au moinft 
£iui-il ^iter avec grand foin de Inaltraiter les enfaris iq- 
juftement , nc fufle que d'nne parole ou d'un regard. Quel- 
c|ueiufte quefoit laT^rimaiidc^elleefltoujoursdure.fuf- 
tout en unftge oii les paflions foni fi fones , & la ralfon 11 
foible. CeA une cfp^ce de bleflure , qui aiiire toute ralien- 
liende rame, &roccupcde la douIeur.qu'e]Ie refTeni, oU 
de i'iniufticc qu'elle t'imag;ine recevoir. De fone que fi i'irf- 
jufticecftefiedivc, firenfanis'apefqoii, oupar ceqUipri< 
C^oaparccquifuitj oaparle itigemeatdcs autreij 6d 




50 DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

par celiu de fon Maicre meme , Iorfqu'U lui arrive de fe ds- 
mentir tanr foit peu ; s'il s'aperqciit, dis je , que fon Maitte 
ibit paflionne , ou qu'il ne foit pas exa&ment raifonnable , 
il ne manquera point de lehair ou de lemeprifer , & des-lors 
ceMaitre ne pourraplus lui etre uii!e.Il ne faut pas $'ima- 
giner que lesenfansibient ailes atromperla-deffus:i]sren- 
lent bien s'ilsont tortouraifon, &ilsantledifcemement 
tres-fin pour connoitrelespaflionsau vifage&atoutrex- 
t^rieur, quoiqu'iIs nefachentpas encore rezprimer, & 
qu'ils ne faiTent pas meme reHexioa qu'il5 le remarqueat. 
Ils ont cela de bon , que leurs chagrins & leurs coleres ne 
durempaslong temps, & qu'ils reviennent bientotala 
joiequi leur eA plus na[ureIle.Gardons-Dousbiendeaotis 
y oppofer , de les attriAer en fiifant durer trop long-temps 
lacrainte, ou les decourager tout-a-faii ea lapouJlant 3 
Texc^s. II vaui mieux qu'ils foient un peu trop gais , que 
^itre abattus & triftes contre leur naturel. Au contraire , 
il ne faut les affliger quelques momens , que pour profiter 
ie r^at plus tranquille oii ils fe trouveront enfuite ; car il 
ne faut pas efperer que les reprimandes ou les inllru3ions 
hffmt grand effet , tant que la crainte ou la douleur les 
pofs^de. Us ne voient rien alors que le mal doat on les me- 
fiace ou qu'on leur faii fentir ; & fi lapunitioneftviolente, 
les fanglots les eiouffent , & ils font hors d'eux-memes. 
Mais fit6t que la [cmpeie eA paSee , & qu'ils font revenus 
i un ferieus raifonnable , ils s'appliquent tout de nouveau , 
& c'efl alors qu'il fait bon leur donner des inftrufiiocs, & 
qu'ils font ea etat de les eniendre ; non qu'il faille exiger 
toujours d'euz affez de raifon pour fe condamner cux-me- 
mes, inais dansle teinpsqu'il$difem leursmechaaiesexcu- 
fes , ils ne lailTent pas de voir qu'i]s ont tort , & fouveat ils 
fe corrigent enfuite. Quoique je me fois engage a parler de 
ceite m^thode de donner de racteniion , a loccafion des 
premi^res inftruflions que Ton donneauxen&ns, il eftaife 
de voir qu'elle s'^tend i tout le relle des ^tudes apropor- 
lion. Dans les commencemens , il faut les engager autant 
qu'i] efl poflible par le plaifir , & enfuite les retenir par la 
crainte ; i mefure que la raifon fe fonitiera, on auramoins 
befoin de ces artiiices. 



DES tTUDES. 



TC, 



Lpcu icani, pourparler Aes premicres innniflions& liHdci. 
itU m^hode generale tl'eii(eigner. L'etude eft rapprentir- 
fjge ie )a vte. Elle doit nous fournir les moyens de bien 
agir & d^ufer bonnjtement du repos. La vie etl courte , la 
capacite du cervcau eA born^e , la ieunefTe eA le temps le 
plus propre pour apprcndre. Je penle avoir ^abli tous ces 
principes, & avoir eu raiCon d'en conclure , que l'on doit 
chotlir avec grand fotn ce que Ton doii faire apprendre 
aux ieunes gens. Mais pour bien faire ce choix , il ne £iut 
pas lc borner i une certaine efpece de gens , ou a un cer- 
t»n gciire d'etudes ; il faut embrafler tout d'une vue, au- 
tam qull eft poffible , toutes les differences des hommes 
& des connoi&nces qui leur convieonent. Confiderons 
rout ce tjail y a de crtetures raifonnables de Tun & de 
J*mrrefeset de toutes condiitons , tant decelles que i'on 
aiiribue i la fortune , comme la richelTe , la pauvrete , la 
grandeur, & ta vie particuliere , que decelles qui viennent 
du choix , comme Tepee , la robe , le irafic , & les mitiers. 
£t quoiquenousnelesregardionsquedans unfcul age.qut 
eft U jeunci^ , ne bilTons pas d'en examiner tous les de- 
gres : depuis la pretniere enfance , jufques Ji Tlge mur & i 
rciat par^t de chacun. Quant aux connoiflances , il faut 
bien diftinpier celles qui font utiles , de celles qui ne don- 
aeni que du plaifir ; & divifer encore les prcmieres , fuivant 
lcs troif foncs de biens auxquels elles peuvent fervir ; Ut 
Htns it Camt , commc rcfpril & la vertu ; ceux da torft 
cocnnDe la fami & la force , ^ ceux que Ton appelle bUns 
dt forttutt , & qui font la matiere des affaires. tntre ces 
connoifianccs utites , on peut diftingucr celles qui 1e font 
ie plus , & conipier pour necelTaires cdles dont perfonne 
ne peut^trc privg fans ^tre fortmiferable. Cesdininflionf 
fuppofiies , il (cra facile de regler le choix doni il s'agii : 
car il cA ^tdent , pour peu que Ton veuille fuivre la rai- 
fon , qu'il fauE preferer ce qut nous fen imm^diaiernent 
pour nous- n^mes , entam que nous fommes compofe< de 
corps & d'ame , a toui ce qiA eA hors de nous ; & qu'entre 
les cbofci eKtcrieures, celles qui ferventi la fubfiftancc font 
prcferables i loutes celles qui nedonnent quedu plaifir. U 
€& t)itti cUii aufli que lci peifonaes qui ont moins de loifit 
Dij 



%% Dt7 CHOIX ETDE LA M£THOl>E 

co ^ capadte poor renMle coawke les pao vres , ks ardafs^ 
fcf gem de pttnt 6i wmalafk m m ts , lioivect etre redm- 
ics aux cooDOil&fKCs les pios gecer^eaiem otiles : car 3 
fl'ellpas fufie que cam de peribn p cs, qca om de la raifaa 
cotfMoeks aacres, demtreot £cis infinifiioiL Eofia,poar 
h diftio&ioo des ^ges ^ oo voit bieo 90*1! £«0 oienager lei 
eo£ms pour oe les pos accabler d*abord ; & oe pas aofi 
lailEn' pafierioonkxoeotle temps oii i!s (bot lesphis capaUes 
d'appreiidre,/eftnvraicesdiftio8ioi»dans toot le refiede 
cet ecrit; & fezaonoerai premiireoicnt les inftrudioiB les 
plusoeceflairesitootk oioode, enfoite celks qoi oe (boc 
i Vvhg/t qoe de ceux qui oot k plus de loifir , comaie ks ri- 
clies, & ksgeos de cooditioo ; (bit qu*dks kur (okeat fort 
imkSy f<Ht qu*elks lcMeot phis curieuies. Apres je loarqiie^ 
rai quel ordre cfaaque ctude pourroit aroir daos k com 
de la ieuoefle. Eofio je oiontrerai cello ou diaque hoauDC 
(t doix appGquer, dans tout k reftc de & via , fuivaot li 
proitflioo qu*il eodbrafle« 

XVlt 17 Ntr E ks ioftrudiofis oeceflaires i toot k moode, le 
l^l^l^" Xlifoin derame eft k plus preflant , & il importe plus do 
bien cooduire la voiome, que d'^eodre!es connoiflances» 
La premi^e etude doit donc Hrc celk de la vertu. Tous ko 
bommes ne (bnt pas obliges d*avoir de refprit, d*^re fiivans 
cu habilet dans ks afiaires , de reuflir dans quelque profe^ 
£on ; mais il n*y a perfonncy de quelque fexe & de quelqoe 
coodition que ce foit , qui ne foit oblige k bien vivre.Tous 
les autres biens fom itiutiks fans celui-ci , piufqu*il en rooif- 
tre ru(age:on n*ena jamais aflez, & la plupart des gens 
en ont fi peu, que l*<m voit bien la difficulri de racquerir. 
On ne peut donc y travailler de trop bonne heure , & il ne 
iaut pas croire qu*il failk difierer la morak )ufquesa la fiA 
des itudei $ & ne lui donner qo*un peu de temps ,pour paf- 
fer enfuite a une autre itude. II faut la commencer des le 
berceau, du moins di% queTon voos met un enfantentre 
les mains, & la conttnuer tant qu*il eft fous Votrecondoite. 
Encore n*avei-vous rien fait , s1I ne fort d'avec vous , r^ 
folu de %y appliqucr tome fa vic. Je fais bien que c*eft k TE- 
glife que les (idelks doivent apprendfe la morarle & la relw 
gion, & queles viritables profefleurs de cetce fcience fonc 
ks £viques & lcs Pr^tres. Mais on ne voit quc trop ^ coo^ 



D E S E T U D E S; 55^ 

licnle fruit des inftrudions publtques eft pedt , i moint 
«fTelks ne foieoc preparees & foutenues par lesinftrudions 
douieftiques. 

11 £nit y obferver diverfes methodes , fuivant les divert 
faadu difciple , hii en parler bea^coup moins dans le com<» 
«eocemeot , que quand la raifon commence a fe divelop* . 
per , & augmenter toujoursi merurequ^ellefe forti6e.D*a« 
bord il ne (aut que pofer des maximes fans en rendre rai-» 
foo, le temps vieodra de le faire ; & comme je fuppofe une 
iBorale chr^tienne, dont les pr^ceptes font fondes fur les 
dogmes de lafot, )e voudrois commencer par cesdogmes - 
toute rioftni^oQ d*ua enfant. Ten ai deji touche un mot^ 
cpnnd )Vi (Bt qu*il fiiut commencer par leur apprendre des 
fiMSS 9 & marqiie Jes premiers faits qui devroient avoir pla<* 
ce daosfeur mdBOire : car on doit leur donner les premi^ 
res ioftnidions de religion d^s le temps oii j*ai dit quM no 
iaudroit poiot eocore leur fiiire de le^on reglee, ayant foiii 
de leur dire a toutes occafions beaucoup de fatts & beau* 
coup de Maximes, afio qu*il$ eufleot des principespourraiir 
foooer,quaod la forcedes*appIiquer &rhabitudedepenv 
Ux de fuite leur feroit veoue. Ces difcours feroieot commo 
les (eoieoces que Too jette au hafard , & qui germent & pro* 
duifeot pfais ou moios feloo que la terre eft fertile , & que 
lc del dft favorable. 

Je oe ffl*eteadrai poiot id fur la mithode pafticuliire 
d*enfeigner la religion. On peut voir ce que j*en ai dit 
dans la Preface du Catechifme hiftoriqpe. Quand les enfans 
auront appris ce Cat&chifme ou quelque autre mdlleur » 
& qulls feront capables de lire TEcriture fainte , il faut 
preodre foio de leur en faire connoitre lesbeautes extirieu- 
res 9 je veux dire rexcellence des difierens ftyles. Qu*ils 
voient dans les hiftoires combieo les faits fpnt choifis & 
arrangis , combieo la oarration eft courte , vive & claire 
toot enlemble. Qu*il$ remarquent dans les poefies la no- 
bleffe de rtiocution ^ la variete des figures , la hauteur desi 
penfees : dans les livres de morale Telegance & la brieveti 
des feoteoces : daos les Prophites la v^himence des repro- 
€hes& des menaces , & I21 richefFe des expreflions. Qu*on 
leur Cifle connoitre tout cela » par la comparaifon des Au« 
teurs profanes , que les Savans eftiment tant ; & qu*on ne 
niao^p3|s4€ Us ^v^rfir » que les traduAions ne peuvem 

Piii 



54^ DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

atteindre i la beauti de la langue originale. Les memes Au- 
teurs profanes ferviront encore a leur apprendre les moeurs 
de cette premiere antiquite , & a faire qu'ils ne s'etonnent 
point de quantite de mani&res d*agir & de parler , qui fcan- 
dalifent les ignorans , quaod ils lifent rEcricure ; qui eft ce * 
que j'ai effaye de faire dans Us Maurs des Ifrailites, 

Je crois qu*il feroit bon de leur donner aufli quelque l^- 
g^re connoiffance des P^res & des autres Auteurs eccli- 
fiaftiques. Car il me femble flcheux que la plupart des 
Chreriens qui ont etudie , connoiffent mieux Vrgile & 
Ciceron , que S. Auguftin ou faint Chry foftome. Vous diriez 
qu'il n*y ai t eu de Tefprit & de la fcience que chez les pay ens , 
& que les Auteur^ chretiens ne foient bons que pour les 
Prfitres oupour les Divots. Leur titre de Saint leur nuit , & 
fait croire fans doute a la plupart des gens , que leurs Ou- 
vrages ne font pleins que d*exhortations ou de meditations 
eAnuyeufes. On va chercher la philofophie dans Ariftote , 
& on lui dopne la torture pour Tajufter au Chriftianifme 
malgre qu*il en ait ; & on a dans faint Auguftin une philo- 
fophie toute chretienne , du moins la morale, la metaphy- 
(ique , & le plus folide de la logique : car pour la phyfique 
il nes*y eftpas applique. Pourquoi n*y cherche-t-on pasde 
reloquence dans faint Chryfoftome , dans faint Gregoire 
de Nazianze , & dans faint Cyprien , auflibien que dans 
D£mofthene& dansCiciron? & pourquoi n'y cherche-t-on 
pas la morale , plut6t quejians Plutarque ou dans S^neque. 
Prudence eft veritablement ua Poete moindre qu*Horace ;. 
jnais il n*eft pas ^m^prifer , puifqu*ii a ecrit avec beaucoup 
d*efprit & d*elegance , fans emprunter les ornemens des 
Anciens qui ne convenoient pas a fon fujet. £n un mot , je 
voudrois qu*un jeune homme fut averti de bonne heure 
que plufieurs Saints , me.-ne des plus zel^s pour la religion , 
&des plus feveres dans leurs moeurs , comme faint Bafile , 
faint Gr^goire de Nazianze , faint Athanafe , ont ^te de 
tr^s-beaux efprits & des hommes trespotis ; & que s*ils onc 
neprife les lettres&Ies fciences humaines , 9*aet6avecune 
entiere tonnoiffance. 

De plus , pour faire le contrepoids des vertus humaines, 
que Ton voit dans les grands hommes de Tantiquice Grec« 
que ou Romaine, je ferois obferver k mon difciple des 
.vertus de m^e genre , encore plus grandes > & d*autre$ 



Mi A 



D E S E T U D E S. jj 

enn&rement inconnues aux payens ; ou dans rEcriture 
fainte « ou dans les hiftoires Eccleriafttques les plus approu- 
vees. Je leur ferois voir la fagefle & la fermete des Martyrs , 
par les Ades les plus authentiques qui nous reftent , comme 
ceux de faint Pionius pretre de Smyrne , de faint Euplius 
diacrede Catane enSicile , du pape faint Etienne^ & tant 
d*autres dont la ledure eft d^Iicieufe. Je leur ferois admirer 
la patience & la purete angelique des Solitaires, par les re? 
lations de faint Athanafe , de faint Jer6me , de Pallade , 
de Caffien & de tant d*autres graves Auteurs. Enfin je leur 
ferois connoitre ceux qui ont vecu chretiennement dans 
lesaffaires du monde & dans les plus grands emplois , com« 
me TEmpereur Thiodofe , fainte Pulcherie , Charlemagne , 
faint Louis. Quoiqu'iI foit niceflaire de connoitre qu*il n*y 
a point de fi^cle oii TEglife n*ait eu de grands Saints , & de 
remarquer leurs difFerenscaraderes,il importe toutefois, 
pour prendre une idee grande & fainte du Chriftianifme , 
de s'arr6ter principalement aux premiers fiecles oii les ver- 
tus ^toient plus friquentes , & la difcipline plus en vigueur 
U faut donc bien reprefenter les moeurs des Chr6tiens , foit 
du temps des perf6cutions , foit du commencement de la 
liberte de TEglife : leur mani^re de vivre dans leur domefti- 
que y la forme de leurs aflemblees , les prieres , les jeunes , 
radminiftration des Sacremens , particuliirement de la pe- 
nitence. Tout cela peut Stre fort agreablement raconte. Un 
jeune homme , qui auroit ces idees de la religion , autoit 
de grands principes de morale , ou plut6t il la fauroit deja. 
Car je voudrois pendant ce meme temps lui en apprendre 
les r^gles par la lefhire de TEcriturefainte , particuli^re- 
ment des Epitres & des Evangiles des Dimanches , des prin- 
cipales Fetes , & du Careme & de quelques petits Ouvra* 
gesdes Peres ; comme des Confeflions de faint Auguftin , 
desOffices de faint Ambroife , de la Confideration de faint 
Bernard. Et comme cette etude fe feroit petit apetitavec 
les autres itudes d*humanites & de philofophie , j*auroi$ 
foin en lui faifant lire les Auteurs profanes » de Tavertir dcr 
toutes les erreurs qui s'y rencontrent , & derimperfeflion 
de leu^ morale la plus pure , en comparaifon de la mo- 
rale Chritienne ; afin qu*il n*eftimat ces Auteurs que ce 
(qu*ils valent. 
II eft tr^s-utile d*accoutumer les enfans a juger de ce 

Div 



V§ DU CHOIX ET DE LA MiTHODI 

fl[u*ils li&nt , & de leur demander fouvent ce qu*il leui^ 
femble d*une telle maxime ou d*une telle adion , & ce 
qu*ils auroient fait en tell^ occafion. On voit par la leurs 
fentimens ; on les redrefle s*ils font mauvais ; & s'ils font 
droits , on les fortifie. 11 efl bpn auiTi de les exercer hor^ 
deslivres^f^r tous les fujets dont ilsentendent parler, fu^ 
les rencontres ordinaires de la vie , & principalement fur 
leurs petits diiTerents » $'ils fpnt plufieurs que ron el^ve en- 
iemble : plus la mati^re les touchera , & mieux ils retien« 
drontles maximes. Car il ne faut pas s*y tromper , Tetud^ 
ne confiAe pas feulement a lire des livres. Qn n*a pas ecrit 
touc ce qu*il e(l utile de favoir \ & il n'eft pas poffible de 
lire tout ce qui efi ^crit. Npus devons compter pour une 

f;rande partie de Tet^de , la r^flexion ^ la converfatioiu 
1 y a quantite de chofes qui ne s'apprennent que par tra« 
4ition & de vive voix , & il y en a aufli que chacun apprend 
cn obfervant ce que font les autres, ou en meditant en 
foi-meme ; mais c*e(l principalement la morale qui s*ap-r 
prend ainfi : chacun forme fes maipmes , bien moins fur ce 
qu*il lit, que (\xr ce qu*il ent^nd dire, principal^ment dan$ 
les entretiens familiers , qu*il crpit plus (inc^res que les 
^ifcours publics , & fur ce qu*il voit faire a ceux qu'il eftime 
les plus raifonnables; de-la vient qu^ Tei^emple & Tautorite 
font un fi grand effet pour les mq^urs , car comme il y a 

!>eude gensqui aient la force & la patience de raifpnner ^ 
urtout dans la jeuneife , & que toutefois perfonne ne 
veut dtre tromp^, on fuit ceuxque Tpn croit les plus fages ; 
& on s*arr$te bien moins a ce qu*ils difent , quk ce qu*il^ 
font , parce que les adions font d^s preuve^ plus (ures de 
leurs fentimens que les paroles. 

£t voila la plus grande difficult^ qui fp rencontre dans le^ 
inftrudionsde morale; je veux dire le mauvais exemple & 
la corruption des mosurs, non feulement dansle public^ 
tnais fouventauffi dans le domeftique : car yous avez beau 
dire i yni jeunehomme ce que yousfavez de meilleur & le 
Convaincre par yives raifons, il a toujours dans le fond 
de fon ame un prejuge yiolent qui lui rend tous yos raifon- 
|iemen$ fufpe£b; & c'eft Tppinion commune. II )ui femble- 
que le bon fens veur qull la pr^f^re k I? v6tre; & qu*il 
^'ft plus vraifemblable que c*eft vous qui vous trompez que 
{q^t le refte des bommes. Qm^ ^ P^ ^^Uieur le Maitrq 



DESfiTUDES; "5111 

Inflie ▼(nr quelque foibleOe ; & qui eft rhomme qui a'e^ 
ptontre poiat ? S*il eft Qclieux , s'il a desmaoi^res deragrear 
)>lcs ou rmguliires : en uo mot , sll vient par fa laute on 
autrement, i £ne bai ou m^rir^, b pr^omption devient 
^oe convifiion , & fes remontrances db font plus aucua 
tSxt , fi ce n'eft de nuire i la verit^ , & de rendre les bon- 
pes inasimes odieufes ou ridicules, pour tput le refie de la 
yie. On fuit bien pluidt les maximes de ceux que Ton eftime 
&que Ton aimei &commeronag^tparimagination,pria- 
cipalcmenidaasUieuncire,on eflimeouronaimcceuxqiu 
|bnt agriables ou qui paroilTent heureux ; les gens de quzr 
lite-, lesTichcs.ceuxtjuiontboruie mine,qui parlent bien, 
qui fopt adroia , qui font propres. Or ces qualit^s eclataOF 
■es Cc rencofltrcDt plus ordinairement dans ceux qui oni Ip 
iDOini dc vertu, & plus rarement dans ceux qui enreignent, 
qucdansles autres.D'ailleurs, il fe trouve quelquefois det 
gens que la prtfomption generale faii croire &ges & ver* 
tueuf , & qui ne )e font point en effet. Des peres , des viel^ 
brds , des tAap&na , & peut-etre meme des Eccl^ialU- 
f[ues& desReli^ux.E)ifoncqueles)eunes-gen5lesmieui 
inteotionnes ont bien de |a peine i demSler ceux qu'il5 dm- 
yent fuivre. Cependani les pa^ons s'elevent , fe fortifient, 
6l foiu d'inielligeqcc avec tani d'ennemis qui attaquent au 
dchors. 

11 ne &ut pas nous rebuter , pour touies ces difficuti^ 
Et quoiquc nous ne devions lien efperer que par le pou- 
voir de la grdce divine , il ne faut pas nous contenter d'im- 
plorer ce fecoun par des pri^res continuelks ; il faut en- 
core employer tous les moyens humains. Le fucc^s qui ne 
depend point de iious , ne nous lera ni compc^ ni reprochi; 
& quoiqu'U arrive du difciple , le Maitre fera puni de fa ni' 
g1igeocc,ou recompenf^ de fon travail. Averiiflezdonccc> 
liu que vouf inftruifez, que pour bien faire il faut fe tirer d^ 
|a foule , & ne pas fuivre le plus grand nombre ; prouvez- 
lui cela , & par rautorit^ de rEvangile , & par la raifon ; 
puifque quelque principe de morale que Ton fuppofe , toui 
ce quc Toa nommera BUn , fe trouvera fort rare dans le 
monde , en comparaifon du mal qui lui eft contrairc. II y i 
pcudericbes.une infinitidepauvres;peudegens dnn^ les 
plaifirt & dans les honncurs ; peu de Savans, peu de fa- 
gfs, uw tBfinui ^tfyu & d'ignor^, tris-peude vertu. 



55o DU CHOTX ET DE LA MiTHODE 

coup p^rrle iui-meme, qui ne s*eft pas encore avife , qu9 
^ q^*on appeile Pjffions , font ces emotions qu^il fenc H 
Tivement dans fon co^ur & dans fes entrailles, quand il 
Craint» quand il d^dre , quand il eft ^n col^re. li s*eft ac- 
^outume d*en parier comme du giel , des afires , & de tout 
ce qui eft hors 4^ npus. 11 faut donc monrrer ^ux jeunes 
gens » au doigt & a i'ceii , pour ainfi dire , ce que c*eft quo 
chaque vt:rtu , chaque vice , chaque paflion & en ceux qui 
I^ envirclnnent , 6i principaiement en eux-memes. Mais 
i) faur fur-tout , comme )*ai dit, leur faire pratiquer ce 
^*ii$ favent : En quoi i*on a befoin d*une grande patienca 
& d*une grande difcr^tion. Us font foibles & iegers ; 4 
tous momens iis tombent & retombent dans l^s meme^ 
^utes. I!s oublient aifi^ment toute leur moraie, a ia pre« 
fenc^ d*un nouvei objet d^ plaifir » quand meme ils s*ea 
fpuviennent , ils n*ont pas la force de r^fifter. Vouioir qu*il$ 
acquiirent en peu de jours cette f^rmet^ , c*eft vouloir 
qp^une jeune plant^ ait du jour au lendemain un trpnc fo^ 
Ijde & de profondes racines. 11 faut efperer beaucoup di| 
temps , & ne fe pas ennuyer de iabpurer fpuvent ^ d'ar* 
rofer tou^ ies jours. 

Cette i^gerete des enfans eft v^ritablement difficile i flip* 
porter ; mais ne la haifibns-nous point , pl^t6t parce qu*elle 
iious incommode , que parce qu*eil^ leur nuit i Rentron$. 
en npus*m£mes,fomm^snous i proportion beaucoup plus 
raUbnnables k i'age parfait oii nous fommes ? N^avons* 
i|Oi|s pas auffi bien qu*eusc nos paffions, ne fommQ^ nous pas 
attaches a notre plaifir ? & fi ce qui nous divertit , nou& 
paroit plus folide , peut-etre paroit-il encore plus ridicule 
a des hommes plus fages que nous. Faifons la comparaifon 
}ufie, remettons-nous a i*ag^ de notre difciple & repaflfons 
de bonne foi quelles etoient alor$ nos p^nfics ; nous trou*^ 
yerons que tous les enfans font a-peu-pr^s femblables. Je 
nedis pas pour cela que nous devions negliger dans les- 
^utres, ies defauts que nous avons , ni qu*ils doivent eit 
prendre avantage , s*iis viennent k ies reconnpitre ; mais 
je dis que cette confideratipn nous doit rendre fort doux 
& fort patients , de peur qu*en preiTant trop un jeune 
homme , de monter tout d*une haleine k la plus haute 
vertu , par des chemins trop difficiles , nous ne le pr^cipi- 
tpns dans le d^fefpoir. 11 £aut donc m^nager extrememei^t 



f> fe S i 1 17 D £ $. lit 

wi ififtfiiSionf dc monlc » & les proportioiiner a rouver- 
tiire dvrpnt dn difdple , & encore phis ft Ii force de (om 
ame. II fiiui fere couiours actentif pour ^ier les occafioitt 
<ie les faire utilement, fans s^arreter i Fordre que Ton s*eft 
propoTe dans les inides. Soiivent i Toccafion d*une fiiute 
que vorre difcipte aora £rite • ou d*une reflexion qui vieit* 
dra de iin-iii&ile, ou que vous lui ferex Eiire en lifant mie 
hiftoire ou on li Vre dliufflanit^ , vous rrou verez lieu de llof^ 
truire de quelque mazime importanie , ou de le tirer db 
quelqiie erreur. Ne perdetpascesconjondures fi pricieil- 
fes ,quittez toot poor h morale , les occafions de lui eil* 
feigoer Iliiftoire ou les humanitisreviendront aflez : mab 
il ne reviendra peut-^e pas dans une difpofiiion fi fiivo- 
rable; & ce qne Pofi dic ainfi comme hors d^ceuvre , fte 
coaune bm defirin i profite beaucoup plus , pour Tordl* 
liaire, que ce qoe Toa dit dans One le^on en forme; ou 
rfcolier eft fur fesgardes, parce qu*il voitque vous vou* 
lez parler de morale. D ne faut point craindre les digref* 
lions» qui vont i quelque chofe de plus utile que le fujec 
que roo s*^<ric propofiL 

LA dviEti &it partie de la morale ; il ne fuffit pas de . XfntL 
garder ies devoirs eflentiels de la probiti , qui font ^|j|^ ^ 
Hioauiie de bien ,il faut aufli garder ceuz de la fodete, qui 
font rhonnftte homme. La nidefle & Tinciviliti ne fe troiH- 
treront pmit dads un homme bien vertueux , parce qu*elies 
Viennent ou d*orgueil , ou de mipris des autres , ou de pa* 
refle a s*inftniire de ce qu*on leur doit, & i fe tenir propre* 
tnenti ou dd fiidlii6 i fe mettre en col^re. De forte qu*il eft 
Impoflible qu*un homme ne foit honndte & civil , sll eft 
humble » patient , charitable , modefte & foigneux. Mais 
afin que la vertu toute pure puiflfe faire cet eiflkt , il faut 
qu*elie foit arrivte i une haute perfedion ; comme cheSE 
Ces antietis Molnei d*Egypte & d^Orient, qui itotent doux 
& hoonites dans les foUtudes les plus aflreufes. Le com- 
inerce du monde eft un chemin bien plus court pour don« 
ner de la politefle , &Ia n^effite d*^tre continuellement let 
onsavec les «utres, Obrige i avoir au moinstoutes lesap* 
parencesdes vertos, qoi rendent b focietd commode. Oki 
fecontente poor rordinaire de ces apparences, & on fait 
^Mfifter b civiliti eo one habitude de cacher fes pafliont 



/1 DU CHOIX ET DE LA MSTHGDE 
&dedeguirer&sl«nrinieiu, pour iBnioigner aaxmtres le 
Tefpe^ ou rantiae que le plus fouveiir an □'a pas. De Tone 
^uelacivilkenuir are&nnd deUTenu, au liei qu'eile 
nedevroic en erre qu^uneluiie, SiamnoKcaaQearde 
beauie , que la lame produit nanireileineiit. Cependam ces 
complimens ilsitean dc cea grimacea de dviliFe . tbnt ks 
^■mieres inftru^ions que roa doone aux encuis, & cdks 
4onf doles&tigueiepluB. D femble qaeceiaicmuaredu- 
cadon. Cesexprcfiioia de Couaa&oa , d'dKine , d'a££ioit , 
feroient rana douic excellenm & cllcs eroienc vnies , puii- 
que nous terions tous par&iremeni humUes & ctariraliles. 
Mjis p(nt4}u'il tCe& pas ainii, ilvaudroit oiieux dirc plus 
Trai, ou piutdt direraoiaft&furepliis. U yabiende Izifif- 
ference entre lemoigne* du mepris & icarquer de Tedune , 
oudu rcfpefilAnsacceffiiei&ce^^tToirieric&culede 
noscompiimem.roniles rcnconcreslcneHfesd^aSiiieSiOU 
ronchangcenti^cinentde Iarig3ge,& ou roo dijpim ie 
■noindre pciit interet a ceus a <]Bi on BoaiciRauparamail 
tembloit i]ue Ton alloic toot dooner. Les cn&ns <pii a'oac 
pas cncote aflez de ingemeni poor diftinguer les &iyas 
tt les occafionft difTerenies , «'accouiument par ces pre- 
miere» inAiuSions , a meniir & a diflinuilef en toBtes 
rcncontrcf. 

Au rcAe , on faii cn cette mati^ uoe infinite de mea- 
fongei inuiilei. La civilite confHle plus k nous abAenir de 
cc qui peut incommoder les autre» , a etre doux , modefies 
&patiens, <{u'ji parIerbeaucoup&(e donner beaucoupde 
mouvcmcni. Un petit mot obligcam biea plac^ , (ait plus 
i'tffet que tous ccs grands complimeas ioat les gens de 
provincc nousaccablcnt; ceux qui honorent oucareffent 
igalcmeni lout le mondc, nobligent perfonne, & n'ont 
plu* dequoi marqucrlcurvcriiable amitie. Maisla pirede 
touccileierpccetdecivilite, eA celle qui donne des manii- 
rcs contratnies & afledces. Ceiic civiliie metbodique , qiii 
nc conril^c qu'cn des formules de complimens fades , & en 
ilcsc^fcmonicftincommodes, &quichoque bien plus qu'une 
rudicicu louic naturelle ; cette aSeflation de toui faire par 
riglc & par mcihodc , cftundcfiprincipaut carafUresde la 
peilcnteric ; c'e(l pourquoi les gens de lettres doivent fur- 
tout rcvitcr. Mati commc leur cpndition Ifi ^loigne pour 
la plupait de cc coonnercfl du grand n^da > qui demande 



DES£TUDES. €f 

«ne cttximt politefle, je crois que leurciviliti confifte 
principaleiiient i (avoir fe taire , fans aflfeder le filence ; k 
ne parler de ce qulls favent , qu*autant que ia charite le de- 
mande pour rinftrudion & la fatisfadion du prochain ; & 
du refte , agir & parler fimplement comme les autreshom* 
tnes. £t parce que les defauts font plus fenfibles dans les 
portraitschargesque dansle naturel , ii ne fera pas inutile 
<ie confid^er le carad^re que les Italiens ont donne a leur 
doAeur de com^die , qui veut toujours parier & toujours 
inftruire , & fe met a tous momens en coi^re contre ceux 
qui ofent lui contredire. 

PUisQUE la morale doit regner pendant toute l*iduca- XIX. 
tion , il faut travaiiler en meme temps aux autres etu- Logtqoe ft 
des ; mais comme loutes nos connoiflances dependent du ?i,^^ 
raifonnement ou de l*exp6rience , & que i*experience pro- 
firepeu, iielle n*efteclairee par la droite raifon, ii faut 
commencer par former l*efprit avant de venir au detaii des 
faits & des chofes pofitives. Cette application i cultiver la 
raifon , eft dans Tordre naturel ia premiere de toutes les 
etudes , puifque c*eft ]*inftrument de toutes ; car ce n*eft en 
ef&t autre chofe que la Logique , & les premiers objets ou 
Ton doit Tappiiquer » font les grands principes de ia iumiere 
natureUe, qui font les fondemens de tous les raifonnemens, 
& par confequent de toute l*etude. Or , cette etude des pre- 
miers principeseftia vraie metaphyfique : ainfiia Logique 
& la Metapfayfiqueferont les premi^res etudes, &eIiesfont 
tellement les premi^res, que la moraie m^me, en tant qu^elie 
depend de la mlon & non de la foi furnatureile , ne peut 
avoir d*autre fondement folide. Mais j*ai parle de ia morale 
auparavant , parce qu*ii eft plus n^ceflaire d*erre homme de 
bien, que d*etre homme de raifonnement. Outre que je ne 
puis dire en m£me temps, ce que je ferois en meme cemps, 
ii i*inftruifois un jeune homme , c*eft pourquoi je referve 
^ la fin de toutes les etudes des jeunes gens , de marquer k 
quel age \t voudrois les placer chacune en particulier. 

J*entends icicettelogique foiide & efl*e6^ive , queSocrate 
iaifoit profeflion d*enfeigner , quand ii difoit qu*il etoit 
j4ccoucktur {Ttfpnts-y qu*il ieur aidoit a produire ce qui etoit 
deja forme en eux ; qu*il ne leur apprenoit rien , mais qu*il 
ies faifoit reffouvenir de cequ*ilsfavoient. £n efiet, comme 




- ;. ; THODE 

, > ■■. ■..■.;•••■ :.\ erUrVis 

. - ..•.■■.--."^»oul«ir.r- 

.•i-i; .- '•.'.i.tii':! dii cor,- 

■:■ ■■- .-.-.■£;; .ir-i. i^ la 

. .»■.'<. bi. '.ii lijnnino.-.s , 

. , I,.. ,:rr, ■fi; ■toi.itjur . i^s 

i: -■ :*, Les ;'JZ'iiners q^J! 

.1; rj psrrs ; que riiT ne 

■ ir r;;ii::ipl:;r l^s .i-r^^i uns 
'■- ji; t-ji.j iij:s \i fc':-'-ejr. 

!.-ii>itsl,s aurres juM^ian» 
; nous fuiuntda.-itouceia 

>.-mtve de ces prtncipes, 
.■\>;is nioins cliires & moifiy 
• htitilvqijcnfes; c'ert certe 
;' ijiliyfirjLje. La Lo^ique eil 
\ (lautr^s fagemens , qui 
>»- vertiiu-le , & qui ne l'or:t 
.» i|iii rei-ariSent pluiot nos 
, iil iK'u q iii je Ic5 3ppei;e 

ik- vrji , dc r3ii<i, dailirmi- 

.\Mite, & lur-tout lideede 

■ -^ lenroiis qu'une rellc pro- 

; ItH pjs. Onncpeut don- 
I iic lc^ j pjs, & ij n'y a 

, : .1 ru(!ii;t;iloi.i n i ron ; car 
i.mliili.-. L:i Loeiquo & I3 
■i;i,^ li»]i troit (l'ordinairc, 
.-■lii.iiics, rclcvees & eloi- 
. .:i'iii>>r)s, qui ne convien- 
! I Lii.ir.c (I,; lout le mondc ,■ 
; . qiii ii; p.iire cn nous- 
■ il,>ii\ lcini^.ut, &: n'ont 

■ --1 .1 IIC M 



'.ikpoiiii preciprterenpor- 
- .-. < konlet^vnccs. tl reroit 



D E S £ T U D E S. 6f 

& fauhaiter que Von put en retrancber tout ce qui ne ferc 
pas etTcdivement a cetre fin. 

Sans entrer ici dans le detail de cette inftniftion, puifque 
ie n*ecris pas une logique, )cvoudroisque Ton accoutumac 
un enfant de ires-bonne heure a ne rien dire qu'il n'entendir, 
t: a n avoir que des idees les plusclairesquil leroit poinjle. 
Pour cela , il faudroit en tout ce quil apprendroit , Tcxer- 
cer continuellement a divifer & a definir, atin dediftinguef 
exactement chjque chofe des autres , & donner a cha<.uno 
ce qui luiappartient , non que je vouIufTe encore lui charger 
la memoire de detinitions , & des regles de la divifion & de 
la dctinitton, mais les lui faire pratiquer fur les fujets qui 
lui feroient les plus familiers. Quand il auroit afTez de force 
pour embrafTer plufieurs idees, ou meme plufieurs juge* 
mens tout i h fois , je lui ferois aperccvoir la difTerence 
du vrni , du tauT , de Tincertain , & je le convaincrois qu*il 
ne fjut ni tout atHrmer, ni douter de tout, mais qu'ii efl 
necefTaire dc fuivreennosjugemens des regles certaines; 
enfuite je lui ferois remarquer les verites qui ibnt les pre« 
mieres, dans l'ordre de la connoiflance ^ & de la certitude 
defquelies d^pend celles de toutes les autres, d*ou fuivroic 
la connoiffance de Tame & fa diflin£tion d*avec le corps ; la 
connoiflance de Dieu & les regles du vrai & du faux, defquel- 
les on tireroit enfuite aifement tout le refle de la logique : 
je voudrois qu'elle confiflat en fort peu de preceotos , au- 
tant ni plus ni moins qu'il s*en trouveroit qui aidaffent eflfec* 
tivement la raifon ; car fi Fon voyoit, apris i*avoir bien 
cxamine, que Pon raifonnat audi furement & aufli jufle 
fans toutcs ces obfer vations , je les condamnerois par cela 
feul qu'elles feroient inutiles, & je les renvoyerois au 
nombre des curiofites, quelque vraics & quclquc belles 
qu*elles fuffent ; mais on trouvera fans doute quelques 
rcglesde logique, a quelque petit nombre qu'on les reduife, 
qui feront fort utiles pour aider la raifon, & quelques 
axiomes de metaphyfique oii Ton oblijera de remonter 
f out homme qui raifonne , & qui par confequcnt feront !e 
fondement de tous fes raifonnemens. 

Tout le monde voit rutilite de raifonner jufle, je nedis 

pasfeulement dans les fciences, mais dans les aflF.iires & 

dans route la conduite de la vie , & de raifonner fur d^s 

principes folides; mais peut-^re plufieurs ne voicnt pa$ 

Tomc iL £ 



66 DU CHOIX ET DE LA MfeTHOD E 

la niceffit^ de remonter jufqu^aux premiers principes } 
parce qu*en efiet il y, en a peu qui le faflent. La plupart 
des hommes ne raifonnent que dans une certaine etendue » 
depuis une maxime que I*autorit^ des autres oii leur paffion 
a imprim^e dans leur efprit , jufqu*aux moyens n^ceflaires 
pour acquerir ce qu'ils defirent. U &ut s*enrichir : donc je 
prendrai un tel emploi , je ferai telle dimarche , je fouf* 
frirai ceci & cela , & ainfi du refte. Mais que ferai-je de 
mon bien quand i'en aurai acquis ? Mais eft-il avantageux 
d*etre riche ? C*eft ce que Ton ne cherche point. Ceux qui 
raifonnent ainfi n*ont jamais que des efprits vulgaires, de 
quelque profeffion qu*ils foient, fuflent-ils lettris & doc«! 
teurs, fuflent-ils miniftres d*6tat y fuflent-ils princes : j*ap-; 
pelle efprit vulgaire cet efprit born^ i certaines connoifr 
fances » qui ne s*occupe que du detail , & ne raifonne que 
fur Texperience , & je trouve qu'il eft toujours le mSme , 
quelque objet qu*il fe propofe : il ne devient pas plus grand 
pour s*appliquer aux afiaires publiques, & il n*en eft pas 
plus favant pour s*occuper des matieres de fcience; il ne 
fera jamais que raifonner probablement fur Texperience 
de ce qu'il a lu, & conjefhirer un fait d*un autre, mais il 
n*ira pas jufqu*^ juger de fes le£hires, & les rapporter a 
leur ufage. 

Le veritable favant & le viritable philofophe va plus 
loin & commence de plus haut; il nes*arrSte ni ^lautorite 
desautres, niiifespr^jug^s, il remonte toujours, jufqu*i 
ce qu*i! ait trouviun principe de lumiere naturelle » & une 
virite fi claire, qu*il ne la puifle rivoquer en doute; mais 
auffi quand il Ta une fois trouvee , il en tire hardimenc 
toutes les confi&quences , & ne s*en ecarte jamais , de-li 
vient qu*il eft ferme dans fa dodrine & dans fa conduite ; 
qu*il eft inflexible dans fes refolutions , patient dans Texe- 
cution y egal en fon humeur & conftant dans la vertu :or » 
ce favant & ce fage fe peut trouver en toutes conditions. 
On a dans les Patriarches des exemples de fages p^tres & 
laboureurs; dans lesanciens Moines de fages artifans ; & 
de quelque profeffion que foit un homme , il nefera jamais 
beureux , autant que Ton peut Tetre en cette vie , s*il n*agic 
ainfi fur des principes certains, ou fi une foi tr^- ferme ne 
fupplee audefaut du raifonnement; mais pour parler fui* 
'^iram nos mosurs, & par rapport i ceuz qui ont accoutumi 



D E S fi T U D E S. "Sf 

f toidier panni nous, ces ratfonnemens folides & ces prin- 
dpes certaiot , font principalement n^ceflaires i ceux qut 
doivent conduire les autres, comme les Ecclefiaftiques, 
les Magiftrats , & ceux qui gouvernent ou qui entrent en 
part des a^res publiques. Pour mieux dire, il ne faut point 
compter qu*il y ait de v^ricables etudes fans ce fondement ; 
car pour connoitre des chofes de fait , & acquerir de Texpe* 
ricnce , Tufage de la vie fuffit : ou fi Ton y ajoute quelque 
ieSure , on n*a pas befoin pour cela d*une grande inAruc- 
don , mais fe former Tefprit , voir clair i ce que Ton fait, 
fe conduire par des lumi^res affurees , & non par des opi- 
nions incertaines , c^eft ce qui merite d*etre recherchc , & 
c*eft cette recberche qui merite le nom d^ttude, 

La plupart des hommes font plus capables que Ton ne 
croit de cette philofophie : elle ne demande aucun talent 
extraordinaire de mimoire ou d*imagination & de brillanc 
d*efprit, mais feulement un bon fens commun , de ratten- 
doo & de la panence , ainfi il n*y a que les efprits fort legers 
qoi ne puiflent y arriver. Pour ies efprits pefans , s*ils ne 
font tout-i-fait ftupides , on pourra fouvent les mener plus 
loin que ceux qui brillent plus qu*eux, enfin il faut conduire 
chacun felon fon g^nie, & ne pas s*attacher fi fort a ceux 
dont rmftniSion donne du plaifir , parce qu'ils ont Tefprit 
plus ouvert ; que Ton neglige les autres , parce qu*ils font 
plus de peine , au contraire ce font ces derniers qui de- 
Biandentleplusdefoin, ie plus d^affeflion & le plus d'ha- 
biiete dans celui qui les inftruit; & c'eft un malheur deplo- 
rable , mais fans rem^de , que les gens les plus ignorans 
& les plus groffiers ont d*ordinaire les plus mechans 
Baitres. 

Puifque je fuis entri en mati^re ,' j'acheverai de m'expli- 
<pier touchant l»>phiIofophie. Je crois que Ton doit eflayer 
d*y conduire tous ceux que Ton inftruit , principalement ft 
Ton y voit un beau naturel ; mais il ne faut pas s*attendre 
qu*il y en ait grand nombre qui reuffiflent ; c*eft une 
grande entreprife que de former un veritable philofophe, 
c*eft-a-dire un homme qui raifonne droit, qui foit tou- 
)ours en garde contre toutes les caufes de Terreur , qui ne 
fuive dans la conduite de fa vie , que la raifon & la vertu , 
& qui cberche i connoitre en chaque chofe la vcrit^ , & k 
remonter jufqu*aux premi^res c^fes. H eft vrai que U 

Ei) 



«S DtJ CftOIX ET Dfi t A MfeTHOD^ 

plupart des hommes en feroient capables s*ils ufoient bieiT^ 

de leur raifon , & s'ils ne precipitoient point leurs juge- 

mens ; mais il eft bien rare d'en trouver qui aient une 

volonte aflfez droite , & une aflez grande force pour refif- 

ter a leurs paiTions , auffi faut-il demeurer d^accord que 

Ton peut exercer pafiablement bien la plupart des profeffions 

de la vie , fans arriver a c^tte perfe^ion. On peut etre boti 

medecin pourvu que Ton fache rhiAoire naturelle, & les 

experiences des remedes les plus afllires, car quand on 

iauroit tout ce qui a ete decouvert de phyfique jufqu*^ 

pr^fent , on ne connoitroit gueres mieux les premi^res 

caufes des maladies. La jurifprudence n*oblige point a re« 

monter plus haut , ni k chercher d*autres principes de rai^ 

fonnemens, que les lois etablies entre les hommes : le refte 

appartient au legiflateur. Les JurifconfultesRomains, dont 

nous admirons avec raifon les decifions , n*etoient poinc 

des philofophes ; &cette fcience etoit form^e a Romeavant 

que Ton y connut la philofophie ni la grammaire. Pour la 

guerre , il eft evident , par Texemple des Romains memes ^ 

& de la plupart des nations, qu*il n*eft nullement necefiaire 

de philofophie pour la bien faire. Jamais les Romains n'ont 

cte plus grands hommes de guerre, que lorfqu'iIs etoient 

encore ignorans. Mummius & Marius n*y etoient pas moins 

habiles que Pompee & Cefar ; & ces derniers , quoiqu^ils 

fiifient plus favans n*etoient pas plus philofophes. Quant 

aux autres profeffions moins confiderables , comme la mar- 

chandife» Tagriculture & les metiers , on ne demande poinc 

de philofophie a ceux qui s*y appliquent , quoique les arts 

les plus utiles n'aient point ete inventes fans^ pbiIofophie> 

je fais que Ton croit qu'elle fert i la theologie , & affure- 

mem il feroit a fouhaiter que tous les Ecclefiaftiques fuffent 

de vrais philofophes ; mais j'ai fait voir que dans les pre- 

miers fi^cles de TEglife , les chrdtiens faifoient peu de cas de 

tst philofophiehumaine, & toutefois on ne peut douter que 

les eveques & les pr^tres de ce temps-la ne rempliffent par- 

faitement tous lcurs devoirs, Je laiffe k ceux qui travaillent 

utilement dans TEglife, a juger fi ce qu'ils ont appris de 

philofophie Isur efl de grand ufage pour la conduite des 

ame». 

Au rtfte , comme il ne faut ni fe tromper ni tromper les 
auires, je nevoudrois donner le nom de philofopbie qu'^ 



i 
J 



D E S fe T U D E $. ?j 

ce qui le fnirite effedivement. Je ne voudroispointdonner 
a mon diTciple la vanite de fe croire philofophe , parce qu*il 
fauroitpar ceeur quelques diftinAions & quelques divifions, 
quoiqu^il n*en (ut ni pkis iage ni meilleur : & je ne voudrois 
point contribuer i rendre ce grand nom meprifable aux 
gens qui n'om point de lettres , car les femmes & ies hom- 
ines du monde jugent des philofophes anciens par les mo- 
clernes , & les meprifent tous egalement ; de-ia vient que 
Platon, le plus excellent de tous les auteurs profanes^ & 
Fun des plus agreables, eft peu lu , meme des favans , & 
n*eft polnt eiKore traduit en notre langue; de-I^ vient que 
ceux qui Vifeot les tradu6lions de Xenophon , d'Epi£lete ou 
des autres , s*etoanem que des philofophes raifonnent de (i 
bonfensrc^eftleoiemeabusquiadecrie le nomde Rhitorlquey 
de poeAe , & de la plupart des beaux arts , & qui en a donne 
les fauiTes idees , qui font que nous les pratiquons fi mal ; 
car il eft naturel de croire qu*une chofe t& efiefiivement 
ce que fon nom nous repr^fente. 

Donc , quoiqu*il fut k fouhaiter que tous les hommes,* 
du moins ceux qui etudient^devinfTent veritablement philo« 
fophes, il eft fi peu raifonnable de T^fperer , qu'il femble 
que la plupart ne doivent pas y pretendre , du moins it 
£iudroit la reduire ji une bonne logique, le refte de la 
philofophte n*eft point neceflaire pour acquerir les autres 
fciences,aucontraire, ce font toutes les fciences, jointesa 
la prarique de toutes les vertus , qui forment la vraie phi- 
lofophie, a laquelie par confequent on ne peut arriver 
humalnement que dans un age mur^ fi quelqu*un eft affez 
iieureuxpoury arriver; mais foit pourtoute la philofophie, 
ibit pour la logique , il eft encore plus certain que la gram* 
naire, la rhetorique & tout ce que Ton appelle Humanhes^ 
«'y fontaucunementnecefTaixes. Pour apprendre araifon- 
ner droit , ii n*eft point befoin de favoir le Latin ni aucune 
«uire langue , on peut Tapprendre a un muet, pourvu que 
Ton ait des fjgnes aflez diftinflspour lui expliquer des re- 
flexions fur les penfces. L'eIoquence fuppofe le raifonne- 
Bient deja forme , puifqu^clle y ajoutc le mouvement & 
i'cxprc(iion , car elle ne confifte pas, comme croient lcs 
ignorans, a dire de belles paroles, mais a faire valoir lcs 
l>onnes raifons*. 

Comtne nptrelogique neconfifterapas en certains mots 

E uj 



70 DU CHOIX ET DE LA MfTHODK 

& cemines regles dont on fe charge la memoire , pour ed 
pouvoir parler ou entendre ceuz qui en parlent , inais dans 
iin exerdce reel de bien raifbnner : il ne fiiut pas croire que 
Ton Tapprenne une fois comme une hiftoire, pour n*y plus 
revenir enfuite. II faut la prariquercontinuellementpendant 
tout le cours des etudes ; & je n'en parle en ce lieu , que pour 
marquer fon rang , & montrer qu*elle eft plus digne & plus 
oecefllaire que toutes les toides dont je vais parler ; au moins 
celles qui ne confifient qu*en connoiiiknces de faits ou de 
chofes pofitives , & en conjedures. 

Mais quoique le raifonnement foit n^ilaire, rezperien- 
ce & la connoiflance des chofes particulieres Teft encore plus. 
Onnepeutetre veritablement (avant ni fouverainement ha- 
bile fanscetteprofondeur de raifonnementque j*ai marquee : 
mais on peut etre aifez habile pour fatisfaire auz devoirs comr 
muns dela vie, (ans ce raifonnement, pourvu queFon con- 
noifle le detail des chofes d*ufage : au lieu que fansce detail » 
les meilleurs raifonnemenS generaux , tant qu*ils demeurent 
generaux,ne meneront jamais a rien. Ce font ces raifonne* 
mens generaux qui ont de tout temps decrie les PhiIofophes& 
les Savans, quand ils ontneglige d*y joindrelaconnoiflance 
des chofes particulieres , & principalement des inftitunons 
des hommes ; & c*eft le de&ut eflenriel de la m^hode de 
Raimond LuIIe , qui n*occupe fes difciples que de notions fi 
ginerales , qu*eUes ne font d*aucun ufage ; & ne les rend 
pas m^me plus favans daos la fp&:uIarion , puifqu*il n*ajOU- 
te k ce quetousleshommes connoiflentnaturelIement,que 
des noms & des diftindions arbitraires. J*aime mieux ua 
payfan qui fait de quel ble fe fait le meilleur pain , & com- 
menton fait venir ce blti , qu*un Philofophe qui ne raifon- 
iie que fur le bon » le parfait & rinfini, fans jamais def- 
cendre plus bas. Que votre difciple ait donc refprit droit 
& net, qu*il raifonae fur de grands principes, & qu*il ar- 
range bien fes connoiflances. Mais qu*il k contente de peu 
de principes « & qu*il ait de quoi arranger , je veux dire , 
des connoiflancesdiflindes&finguli^res. 

XX 

Qu*ii &ut T U^Q^ES ici je n*aiparle que des etudes qui fervent k pe^ 

•▼oirfoio du J fe^onner Tame, en formantrefprit&Iesmoeurs.Il faut 

***'?•• dire aufli quelque chofe de celles qui pourroient fervir au 

co^ps , puifqu'apr^s notre ame il n'y a rien qui nous doivt 



D E S fe T U D E S. 71 

Itre fi prfdeux cpie cette autre partie de nous-memes; & 
que runion^roite de Tune & de 1 autre , fait que Tame n*eft 
pointen totde bien agir, fi le corps n'eft bien difpofe. Je 
iai que cette forte d'enide n*eft point en ufage parmi noiis. 
On connoit aflez les biens du corpsy , la fante , la force , 
Tadrefle, labeaute : mais on croit qu'il (aut que la narure 
Dous les donne. L*an de les acquerir eft tellement oublie, 
que s^il n'etoit certain que les anciens Tavoient trouve , & 
Tavoient poufle a une grande perfedion , peut-etre ne croi- 
roit-on pas qu^il (ut pofTible. Ceft cet art que les Grecs nom- 
SQoient Gymnaftique, qui confiftoit principalement dans 
rexercice du corps , c'eft pourquoi il eft hors de mon fujet : 
car )e n*ai pas entrepris tout ce qui regarde Teducation de 
la ieunefie , mais feulement les ^tudes. Je laiflerai donc ce 
traiti des exerdces k quelqu*un qui en fera mieuz inftruit 
que moi , & je me contenterai de parler des connoiflance« 
qui fervent k entretenir la (znti. Je ne leur donne pas le 
nom de Midtctne^ parce que nousTappliquons k un artlong 
& difficile , qui occupe des hommes toute leur vie, & qui 
a pour objef de guerir les maladies , plutdt que de les 
prevenir ^au lieu que ce que j^entends ici par cette itude 
oeceflaire k tout le monde , font feulement certains precep- 
les (imples & faciles pour entretenir & augmenter la fante. 
Je voudrois donc que des la premi^re enfance on infpi- 
rdt la fobriete autant que cet Ige en eft capable; non pas 
cn £iifant jeuner les enfans , il n'en eft pas encore temps ; 
mais en ne Jes laiflant pas manger autant qu^ils veulent, 
ni tout ce qu*ils veulent ; ne leur ofirant point ce qui let 
peut tenter ;ne teur donnant jamais nipeines ni r^compen- 
(es qui dependent du manger. II faut encore meprifer ea 
leur prefence les gourmands & les friands, foit dans les 
railleries, foit dans les difcours ferieux ; marquer les ma- 
ladies & les autres maux qui viennent des exc^ de bou- 
cbe ;louer la fobriete « & montrer les biens qu'elle produit: 
faire tous ces difcours, autant que Ton pourra, fans qu'il 
(emble que Ton les veuille inftruire, & fans leur adrefler la pa- 
roie , afin qu'ils s'endefient moins ; mais fur-tout ne demeotir 
jamais ces difcours, nt par aucun difcours conrraire, ni par 
aucune aflion ; un mot les foutenir d'exemple. On voit par 
ks moeurs des nacions entieres, combien Topinion , la cou- 
OUDC & les imprefllions de Tenfance font puiflantes en cette 

E iv 




rJ Di; CHOIX ET DI LA KlTEODC 

gar.tyc- Ll»r«3ic-; , - ^sa^iEx; sbie Js law «a Ssc-f j 
csi U3 Dcenn es £;;a£je : j» Ld- jciis ^sdi±3E jfsr w zi ec 

^m,«CS ji^jr:!» L. -LM irsS, ~:rrc -r-i-n,— XE<3tsr ei 

fx&xi-f L. cst^^JK '-'>* iim j^riwinT ftr: . "c^ jl T M a s , 
irt i— jfjg ay-rr:j-£- Pcsc-cag cr;«r»-:-ici e3r>;»Mt 

tk ct!^-ci efi ;.:: botcs pKacc^er pocr h usac Or, os 
tnliruc^>>ntqu:(enea;z ^"■^•*-'n fist.ibst Jis &ueia 

Pour Cc tnea p^.ner, il fen eacore i^ice projxt & oet ^ 

dcrt;fj;ir;r Ln ur^iir, bo^redeboenes eam, £e:»3rnr<ie 
vund^i Uir.L.a; (t qL^c^cpe !a mmre e;:uieQe a^ez loijt 
celii.il ef: boa (fenascn^ i£s ciiiacs.&ieijrTtureu:»- 
veiH f^iirc re&xkxi, ar b cctmixe preza ui£se:^i !e cei- 
/uf. Toiu cc qui doDre dc U force , fm aj£ beaucoop a la 
£inte , que la force fuppofe neceBalfetnefU. Or, ce <pii ■<»- 
f ilje n'eii pu, comme croii It valpire , nunger beaucoup 
& boife beaucoup ie vin, ouis iravaiiler & s^ezercer ea 
fe nourrifiant & fe rcpofar.t 3 propordoD. Les exerdces le 
plus a l'ufage de (out le monde , foni ie marchcr !oog temps, 
fe rcnir long-icmps debout, poner des (ardeaux, lirer 3 
liespoulies, courir,faiiter,nager, inonier a cheval,fiire 
des armes, jouer a la psume, & ainfi du reile, felooles 
^ges , les condiiions & les profetlions auiquclles on fe def- 
(ine. J'en laille led^tail ^ceux qui voudrom bien, peuc- 
itrc un jour, donner quclquc traitc dcs excrcices; je me 
contcnicd'obferver qull e& tres-ioiportant d'en donner aux 
cnfansde bonne heure une grandc efiime , avec un grand 
mcpris dc la vie moIJc & efFemince. 

II faui leur faire comprendre qu'un homme efl capable 
de peu de chofe , iit ne peut , fans alterer fa fante , faire des 
cxces notablesdc travail, rompantaufaeroin toutes lesrer 
glus du fommeil & des repas. Entin , qu'il y a plufieurs 
Vertus qui nc fe pcuvcnt praiiquer qu'avec un bon corps. 
I Tlm, fY' s. Paul dit bien quc les exerciccs du corps foni ucilcs ^ peu 
' Aa i-Unf., . :. :i 1. .1:. 1 . «_.»4u. A^ 



de chorc ; maii il le dit cn lcs comparani aux ezercices de 
pi^i<i , & dans un temps oti r^muiaiion des athldtes Grec; 
les avoicpouflihi une fobriiti excellive. Car pluCeurs pafr 
JCoientleurvie daiu m rigime tr^i-fev^ie, & dans defon 



D E S fi T U O E S. ri 

'frands travauK , fam autrebut que de fe faire aclinirer dans _ 
k* fpe^laclci. S. Paul iuL-meme le feri ailleurs de cet cxcm- ,j| 
ple, pour montreraux Chrciiens avec quelle ardeur ils 
doivem cocnbattre pour la couronnc incorruptible. Les 
Chrctiens , a la veriic , ne s'cngageoient pas a ces exercices 
des ^ymnafes , quileur auroient (ropfaitperdrede temps, 
ti cncore moins aux combats des jeux publics , fondes fur 
ridolatrie ; mais ils ne iaifToiem pas de s'exercer lc corps 
pardestravMixpcnlbles. S.Clement Alcxandrinleconfeille "*"*• 
cxprcflementdansfonPedagogue, & laplupartdes anciens 
MoinesroiMpratique. AutTi S. Paul nc dit pas que lcsexer- 
ciccs du corps n^aient aucune utilite; & quoiquil la juge 
petite , cn comparaifon des verius Chretiennes , il Tauroit 
^ns doutc jugec grande , en comparaifon de ce que nous 
lui priferons communemcnt. Car ce qui faii tant mcprifer 
au;3urd'J]ui lesexercices, efl qu'ils ne fervcnt niaacqud- 
rir dc rhonncur , ni ^ gagncrderargcnT,& qu'il5 nes'ac- 
cordcnt pas avec la bonnc ch^rc , le fommeil & la parclTc, 
cn (}uoi la plupart dcs gens font confiHer Icur bonheur. 

£n effet , il n'y a parmi nous que ccux que Ton dciline 
a la guerre, i qui Ton apprcnnc quelques excrciccs par me- 
thodc : encore y a-til, ce mc femble, deux defauts con- 
£derables. L'un , que Ton ne prend aucun foin dc former 
les foldats qui compofent toui le corps dcs troupcs. On ar- 
tend quils foienc enrdles pour leur apprendre a manicr 
leurarmes &a faire reiercice ; Tauite defaut e(t que dans 
lesacadcmiciouoncxerccIesGentilshommes,onnccomp- 
te pourricn ce quicllle plus efTenricI pour donner de la 
£inte&reRdrelescorpsrobu<les. Car on n'accoutume point 
les ieuncs gens a vivre de viandes fimples & proflieres , a 
fouflrir quelquefois la faim , le chaud , le froid & Ics in- 
jures de rair.d palTcr lcsnuitsfans dormir, ^couchcr or- 
dinaircmeni fur la dure , a eire a cheval dcs journces en- 
tieresiea un moi, a s'endurcir atouies fortes de fjiipies. 
Cependant ces fatigues font d'un ufage bicn plus ordiiuire 
i la guerrc que la danfc & les dcrnicrcs finullcs di; 1'efcrime 
& du man^c. Cc foin que i'on prcnd de former le corps 
des Gentilshommes , ne lallTe pas , toui mcuiocrc qu'il clt, 
<l'etre une preuve bien fcnfible de Tutilite des cxcrciccs. I)e- 
b vicm fans doute , que Ics gens de qualiie , & Ics otIici>:r3 
^'•UjnfC oot d'ordii)aire U corps mieux tait , oat plusdc gta.- 



■r"'. iiutiTQUL : E-- JsrrEUT;-; o; 
i;>.' . . ii . e ij f:uuir-D:. naa 

j . ^ii.iif.-yri! u.- ci>i:i:t: iHf :aE 

i.mir A>-uu'J£il VtTil. -UIDit: 
i3!Ck;.v. , .t: iriir. ^71'- mnm ■T-r- 



: - 1, . !.■ vi.i-.-r.i ii i.;^;rr 11 nin n-jijrr; n 
■ /....... i -... ii.j. -.^■i.iiii. LKur-. r.u iji E-Jii-.sn' uir'- 

.. 1.1 ^v.i -.■jj-: ,.i ,.j- in..i!iffln;Tl- & lor uiii u; 
%|rf -.■-.■ij ,.:iiuic aii..-. (»1. -.liulic. liS WTii-^SnE. L ut 
.;-.-. .V.: _ . ■. ;,- ii,-.^ ,|.j 'j^.- u»,. h-.t— au" S-^FTiim!.- OSt 

. ■.■^.-^-.M./.K r.^ '.,i.:i i,...-!,. iiuLii-inr UK iDuassntuw 

1 . • .i-Kv; yj.,. ,.; ,.j;,; r.;,.ait.r. - L. W\r =213 

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II . I.., w.,,),,.;, t ,,i /■,, j. » ii,„vre'it jji-jUi* a:i bcjt 

..-: dr.,>.i:.n UilUiii|,i>ini(jire it'etcrc>ce,c;.'pjur 
.. i..y..il.-ti>i>ii>|-<iJ>ii<<»7'i.lM>iirent; iMcspiir^^nt 
^iii ii I ..I UiiiM luiJiriw , Hi lciir |ierluai]i-ni ribien naUs 



DES£TUDES. 7j 

Ibnt d'une complexion foible & delicate , que les pauvres 
cnfans le croient toute leur vie , & pretendent fe diHinguer 
par-la du cooiinun.coinmcparleur bien& leur condiiion. 
Car cotniue il n'y a que des riches & des gens de grand loifir 
qui puifleot f»re toutes ces fagons , ils fe perfuadent qu'il 
n*appartieiit qu'aux payfans & aux crocheteurs d'avoir de 
bons corps, & fe font bonneur de leur foiblefle, comme 
(TuiK iD3rque^'efprit. Cependant, a le bien prendre, on de- 
vroit avoir beaucoup plus de honte d'^ire foible & mal 
&in, que (l'^e pauvre , puifqu'ily aplus de moyens in< 
oocen* d^acquMr la fanie que les ricbeffes, & que ces 
noyensfont plusen notre pouvoir. 

11 faut encore guirir les jeunesgens dequamiie de fu- 
perftiiions , que rignorance des CMes pafles a introduits 
dansla nidecine , touchaot U qualit^ de plufieurs vian- 
des qye ronj eflime froides ou chaudes , fans raifon , & 
contre 1'exp^ricnce ; touchant plufieurs efiets^ue Ton at- 
tribue lans fondemeni k la June & aux autres allres. On 
pcut mettre eii cc rang une grande partie des preceptes de 
r&ole de Saleme. Au contraire , je voudrois que Ton eut 
foin de leur apprendre ce qu'il y a de plus conflamment 
^tabli entre les plus habiles Medecins pour le r^gime or- 
dinaire : les moyens de conferver la fante , les remides 
des malafes les plus frequentes,&fur-toutce quiregar- 
Ac les bleflbres. Car i) efl plus difficile de les cviter ,que 
lcs grandes maladies , & plus important de s'y pouvoir 
aider fot-meme. Pour touicela il feroitbon defavoirpaf- 
bbletnent ranatomie , joint les autres grands ufages que 
Ton en pein faire en morale pour connoiire les paflions, 
pour admirer la fagefli; de Dieu , & fentir combien nous 
dependoiudefapuiSance. II feroii bon de favoir aufli la 
qtnlite des nourritures les plus ordinaires , des plantes les 
plus cotnmunes , des remedes les plus faciles ^ trouver ; 
loui ccla fuivant les experiences les plus aflurees. On en 
pourroh ^udier plus ou moins felon la capacit^ du Mai- 
ire , & le loiCr & Tinclinution du difciple. II ne ferolt pas 
inuiilede faire obferver lesefietsdeceriaines maladiesles 
plus aflreufes, pour imprimer aux jeunes gens une grande 
borreur dc rintemp^rance & de la debauche ; Sn tl'un au- 
tre coii les faire quelquefois entrer dans une cuifine & 
iam un officci & voir tout au long avec cooibien d'3c- 



7« DU CftOIX ET DE LA MiTHODE 

tifice , dt peine , de temps , & de depenfe , fe preparent 
ces ragouts & ces confirures , qui ne foat que rorcement 
des repas. 



XKI/ 



Qu'iioe faos \r ^^^^ ^ io6TuSdoos qui regardem toutes fortes de 
poiac ^adkr ▼ perfoxmes , puifqull n^y en a point qui n*ait une axne 
par mUiti. & un corps. L^ inftrudions fuivantes regardent la con- 
iervatioa des biens , & par confequent ne font pas a Tuiage 
de ceux qui font tout a fait pauvres. AufS les avis que je 
donne ne font gueres praticabies qu*a Tegard des enians 
qui naifient de parens au molns mediocrement accommo- 
des. Les plus pauvres n*ont ni le talent ni le loiiir d^in^ 
truire leursenfans en particulier , & s*ils les font etudier, 
c*eft en les envo^rant a des ecoles publiqiies. Mais peul- 
toe avant de pafler outre , ne fera-t-il pas inutile de dire 
un'mot de ce qui doit attirer aux etudes , ou en detoumer 
ceux qui font tour-a-fak pauvres. 

R^gulierement Tetude n'eft pointunmoyen d*acquerir da 
bien , & ne convient qu*a ceux qui ont un honnete loifir. 
Le bon fens veut quc Ton commence par pourvoir a ti, 
fubfiAance avant de contenter fa curiofite , & ceux qui 
s^appliquent 4 letude n*ayant pas de quoi vivre , reflemblent 
ii de& voyageurs qui ^tant abordes a une ile deferte , s*amu- 
feroicnt k contempler les aftres ,o\xk difcourir fur le re- 
Hwx de la mer ^ au lieu de batir des cabanes & de chercher 
des vivres. On pourroit leur dire » fi vous eftimez les biens 
de fortunt i comme la plupart des hommes , a quoi vous 
«mufier A^ouR i Que nc prencz-vous les moyens ordinaires 
ti namnels pour en gagncr ? Vous etes ne a la campagtie , 
dettieum j^ > Idbouftt tc champde vosperes; ous'iI ne 
Xnoun lett nAW j5«§ l«i(fe » (ie rvGit un Miitre ; travaillez a la 
f oitt-tt^ i^ ^pj>re?ite* \«^ m^i^t i irafiqucz , fi vous en avex 
W moV-^i i 'c^\\yi\\f(^ m^^^^^f^n^Tion qui vous faffe fub- 
iiih^c hvMiJi^^^l ^ & k^rt«* \^ tfijtudcs 4 ceux qui ont 
t^W hyWv X ^\\ <^*>W^ v^^ ,, \f^\ s\\\i \\c fe foucient pas de 
r^H^. Mav^ V '^^^ ^»^.w\^^> Wx 4f^'Ac% cnemefi font une 
^t t^ ^^>MWy»>^y <^ ^k \i\^ X vk4 i^WAnxi^ elies minent a 
l*^^![i^H^ ^»A\^iiv:it^Vf^ mK^K,, ij^tiliiiv» W Hhx% » la Medecine: 
« h X V ^ ^ ^^ fc^Wi^ (hi^^^i^sk^ bkourer la terre , ou 
^^ hN»y j^mkv -^i ^'-*^ ^^i,i^^ \\>>Ia U Y^Utt^ etpirance qui faii 
i«»n \W )»^^i«v *v^ Vv^.v<^, 'S. itf ttvrcs Avout^, 



7e ne dis pas qu*i1 faille exclure des etudes tous ceux 

^ui ibnt pauvres. On ne trouveroit gueres de gensa leur 

alib qui vouIuiTent fe donner la peine d^enfeigner & de con- 

duirc desenfans : moins encorequi fe chargeaffent du fer-^ 

Tice dcs parotifes , principalement ^ la campagne. Je defl- 

rerois feulement que le nombre n'en fut pas fi grand ; que 

Ton put choifir fur ceux qui ORt le plus de talent ou de verni, 

& renvoyer ceux qui n'etudient que par des vues bafles 

& fordides. Car on ne pcut affez deplorer les exrremires 

oii fe iettent fouvent ces jouncs gens , qui fe font embar- 

ques tim^rairement dans les etudes , & fe trouvent hors 

d'etat d^apprendre un autre metier , ou croient tout le redc 

indigne d*eux. Piufieurs ne fachant que dcvenir , fe Jetrcnt 

ians vocatioR dans des communautes religieufes : ou s'ils 

craignent de s'enfermer & dc s'affujettir a une regle , ils 

cberchent queique emploi de pratique ou de finance ; ou 

ieionle genie, ils devlennent Muficicns, Poeres,Come- 

diens , Charlatans & tout ce que Ton peut imaginer. 

Les etudes memes fouffrent d'etre traitees par des gens^ 
8ial ileves, ouintereffes; tls fontoccupes du tbinpreffant 
de leur fubfiftance , ou du defir de gagner. Leur but n*efi pas 
b connoiffance de la verite & la perfcdion de laraifon, 
nais rinteret:ain(iiIsforcentIeurs penfeespourlesyajuAer; 
ils n*etudient point ce quieft de meilleuren foi , maisce qui eft 
demeilleur debit; ils necherchent point a devenir efled^ive- 
inent plus habiles « mais a paffer pour Tetre , & a plaire aux 
autres. En un mot, ils appellent Etudes utiUs , non pas celles 
qui vont a quelque utilit^ publique , comme d'avancer les 
arts & perfe£lionner les moeurs , mais celles qui vont a enri- 
chir ceux qui etudient. Mais revenons a norre fujet. 

Je pretends avoir expliqu6 jufques ici les erudes qui font 
jk Tufage de toutes fortes de perfonnes, tant des femmes 
quedes bommes, tant dcs richesque dcs pauvres. Ces itu- 
Ats fontcelles qui regardent la reli^ion, les ma?urs, la con- 
duite de Tefprit pour raifonner jufte , & la fanre. Je les ai 
traitees daiKtouteretendue que peut lour donncr celui qui 
inftruit un enfant de qualit<i , defline a de grands emplois, 
a qui le Maitre donne toute fon application , ayanr tous Ics 
&coursqu*tl defire. On doit juger a proporrion , cc qu'il en 
iauten faire apprendre a un homme de condirion medio- 
crCy i une feaime , k un ardfan. Ainfi pour les pauvres » il 







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tit ^MM^W: *# V/KlKt t/c^» flsr iKOKUM . & T»"rmn--r ^B- 

ft* ^<yw t-.^ f« «*<• 1« i^r -(i-iti iw , ts* mas nn; .' m i'as- 

f'H»'» ***'« f«<M. & '/« le* iJile^ radt<7.*3i , s:iE3; is oe 
V-uiMl^M (fftfffr/i^-Hf.Kvt^iw lejT '.Wt*. A;:rt TC»Jt, 
^fftmmi It^^fnni f/r^r,iunfM (juiini:li:i>nt d'aae caa- 
4m'iH imtni^fi , trt4 if« ivfom lAAti^kt Ac lire & ecrire toute 
|f*(r vl»'(,MlHf ((n<(H'JJ»rif(norenfquan<lil*(crontgrands, 
A/ kff f«»jhi(ll fsuUmfttf ()u) irrivent ji iitx ou douze ans 
liltlt 1« fMVWtr. (Jn (('sn voll pdnt , me din-t-on , parce qLi'il 



DES6TUDES- yf 

fCj en a poim que Ton ne contraigne de Tapprendre dis 
Tenfance. Mais, croir-on que remulation, la honte de n*d- 
cre pas cooime les autres, & la neceffite de lire & d*^rire 
dans tout le refte des etudes , n*y fafle pas auffi beaucoup ? 

Cependant la durete de ces premieres le^ons, les degoute 
pour long-temps de toute etude. II faut avoir beaucoup de 
patience, les £aire lirepeuala fois, augmentant infenfible- 
ment a meiure que la iacilite vient , & leur apprcndre ea 
meme temps des hiAoires , ou d^autres chofes qui les re- 
jouiflent. On fait lire d*abord en Latin , parce que nous le 
pronon^ons plus comme il eft ecrit , que le Fran^ois: mais 
je crois que le plaifir qu'auroit un enfant d*entendre ce qu*il 
liroit, & de voir rutilit^ de fon travail, Tavanceroit biea 
aittanc Ceftpourquoi je voudroislui donner bient6t quel- 
qoe livre Fran^is qu*il put entendre. II efi aife de voir que 
les m^flics dificult^ que Ton a pour apprendre a lire , on les 
a pour le Latin & pour les autres langues ; & qu*elles du- 
rent plus long-temps.On y a meme joint par Tufage des eco- 
les,une autre difficulti , qui eft celle des regies & de tout 
Tan de la graamiaire. Car quoique nous foyonsaccoutumes 
i n*apprefKlre le Latin qu*avec la grammaire , ni la gram- 
maire qu*en Latin , ou fur le fondement de la grammaire 
Latine , U eftclair toutefoisque ce font deux etudes fepa- 
rees, pijdfqu*il n*y a pointde languequi nes'apprenne, & 
qu*il n*y en a point auffi qui n*ait fa grammaire. J*ai fait voir 
que cetre oiethode a coramence du temps que le Latin etoic 
vulgaire, & que la grammaire Grecque, qui eft la premiere 
fue oous connoiflbns , a ete fiite aufC par les Grecs. 

Ainfi pour imiter ces Anciens , que nous eftimons avec 
taot de raiibn , il faudroit ^tudier la grammaire en notre 
iangue , avant de Tetudier dans une autre. Comme cecte 
tode ne confifteroit qu*a faire faire a un enfant des re- 
flexions fur la langue qu*il fauroit ddja , il y auroit fou- 
▼ent du plaifir , & lesdifficulces qu'il y rencontreroit fe- 
roient rooindres , que fi elles ecoient jointes a cclle d'ap- 
prendre une langue. Toujours on auroic cet avantage , que 
Ton pourroit lui faire enccndre parfaitement tous les pre- 
ceptes par des ezemples famiiiers. Mais )e ne voudrois 
pas le charger de beaucoup dc preccptcs , puifque le ^rand 
raffinement dans la grammaire confume ungrand temps, & 
poim d*u(iige. 



So DU CHaiX ET DE LA MfeTHODE 

Telle exception vous aura peine tout un jour a reteiur; 
dont Tous n'aurez pas a faire trois fois en Is vie. Je ne 
contenterois des prindpales definitions , & des regles les 
plus generales ; & je me bomerois i bien parler & biei 
lire , obferver en ecrivant une orthographe tres-correQe, 
entendre tout ce que Ton dit & tout ce que Ton lit , Wf 
tant que la connoiflance de la langue y peut fervir. 11 iiif- 
Aroit pour cela , de connoitre les divifions des lettres , les 
parties du difcours & leurs fubdivifions » & le refte que je 
ce puis mettre en detail , a moins que de faire une grain- 
maire. Or , afin que ces preceptes ne fuflent pas fecs & de- 
charnes , comme ils font dans les livres , je voudrois les 
rendre fenfibles & agreables par Tufage. Quand un enfant 
auroit lu quelque temps en fa langue des chofes qu'il en- 
tcndroit , & oii il prendrcMt plaiCr , s'il etoit poflible , on 
commenceroit a lui faire obferver que toute cette ecri- 
ture ne confifte quen vingt-deux lettres, & que tous ces 
grandj» difcours ne font compofes que de neuf genres de 
mots ; qu'il y a deux fortes d'articles ; qu'il y a des genres 
dans les noms ; des temps & des pcrfonnes dans le^verbes ; 
des nombres dans les uns & dans le&aucres , & ainfi du refie. < 
Lorfqu'il fauroit un peu ecrke , on lui feroit rediger les 
hidoires que Ton lui auroit contees , & on lui corrigeroie 
les mots bas ou impropres, les mauvaifes con(lru£Uons ,& 
les fautes d'orthographe. On pourroit lui dire les regles 
des ^}anoIogies , & lui en apprendre pluficurs aux occa- 
fions. Elles fervent fort pour entendre la force des mots 
& Tortographe ; &ellesfontdiverti(rantes. Ainfiavecpeu' 
de pr^eptes , & beaiicoup d'exercice , il apprendroit en 
deux ou trois ann^ , autant de grammaire qu'il en faut a 
un honnete homme , pour Tufage de la vie ; & plus que 
n'cn favent pour Tordinaire ceux qui ont pafle huit ou dir 
ans mi collegc. 

l^ ph>p,irt cn pourroient demcurer U , & n'apprendre 
point d*autrc Itnguc. Lcs gcns d*epec , lcs praticicns , les 
lin,\ncicrs , lc« nwrchundsi » & rout ce qui eft au deffous : 
«ntin h p!u|^rt iW% fcwmcs p<f\i\X!nt le paffer de Latin ;• 
lcxp^ricncc lc im \\>\t. \\m ^*ih tavoicnt autant de gram- 
n>auc Kj\ic j^it s\\\t,\\ Wwr tcrvMt bko plus aifi de fe fervir 
dc howt \\\\^% tVmN^^i^ & ^<* ttwitt^ons des Anciens ; & 
|KUt^(it^ tc i^^U^t^^^ib^) 4k fin iid« ta n^^te du Lar 

tln,' 



D E S fi T U D E S. 8i 

tin , pour n^^tre pas ignorant. II eft vrai que le Latin eft 
n^ceflaire aux Ecd^fiaftiques & aux gens de robe , & qu'il 
eft fort urile aux gens d*ep^ , quand ce ne feroit que pour 
les vOyages ; & entre les femmes , aux religieufes , pour 
entendre roffice qu'elles recitent. Mais je crois qu'il feroit 
beaucoup plus facile a apprendre , fi Ton ne ie meloit poinc 
tant avec les r^gles de 2a grammaire. Non que je croie > 
qu*il faille Tapprendre par le feul ufage : quoiquH y en ait 
quelques exemples , meme de notre temps, la m^thode n*en 
eft pas encore aflez itablie , pour la propofer a tout le 
monde. Joint que quelque habitude de parler qu*euflbnt 
des enfans , )*aurois bien de la peine a croire qu*elle de- 
meur^t ferme fans le fecours des r^gles , dans une langue 
qu*ils n*exercent pas continuellement. On a veritablement 
Texemple des Juifs, qui apprennent FH^breu i leurs enfans 
fans aucune r^gle , & les y rendent fort favans ; mais c*eft 
avec un grand temps. Servons-nous donc plutot des regles» 
pourvu qu*elles aident les enfans, & qu*elles ne les acca- 
blent pas. Or , s'ils les favent deji en leur langue , le refte 
fera bien aife. 11 n*y aura qu*a leur faire obferver , ce que 
la langue Latine a de diiferent. Le manque d*articles , les 
diclinaifons des noms, le paflif dans les verbes, la libertS 
d*arranger diftiremment les mots, & tout le refte. Ce ne fe- 
ront pour la plupart que des exceptions , des r^gles gene^ 
rales quHls auront apprifes. Au refte,il faudra les exercer 
continuellement par la ledure de quelque Auteur qu*ils 
puiifent entendre avec plaifir , s*il fe peut , & faire etat 
qu*ils apprendront bien mieux les r^gles par Tufage qu*on 
en fera remarquer , que par reffort de leur mimoire, quoi* 
qu*il ne faille pas laiffer de leur faire apprendre par coeur. 
Ce qui les leur imprimera le mieux, fera la compofition ; 
mais on ne peut ni la commencer fitdt ni la continuer fi 
long-temps que la ledure , qui doit ^tre leur principal 
exercice , & durer pendant tout le cours des ^tudes. Car 
il y a cette commodite ala grammaire& i Fitude des lan* 
gues , que comme ce font des inftrumens , celui qui les a 
une fois apprifes , s*y fortifie k mefure qu'il 8'en fert , parce 
que les livres oii il apprend les chofes , font compofes des 
paroles d*une certaine langue arrangie felon la grammaire. 



Tome 11. 



82 DU CHOIX £T I>E LA M£TH0DE 

XXIIl. T *^i{/7HJtf£r/Q£/Jviemen{uire;& je croisqQ*iIfai 
Arichm^ti- I j faut commencer plus tard , lorfque la raifon fe fonae 
^"^'. tout-a-fait , comme i dix ou douze ans. On mootr e r a dV 

bord au difciple la pratique des quatre grandes re^es; oa 
rezercera a calculcr aux jettons & a la plume , a fe 
de toutes fortes de chtfiBres , a reduire les poids & ks 
fures les plus d^ufage. Enfuite on paflera aux r^es phis 
difficiles , puis on lui montrera les raifons de toutes » &*oa 
lui enfeignera la fcience des proportions , felon le knfir & 
legenie. 



Economi- 



XXIV.^ /^ ^ s^etonnera fans doute , que je compte Viconamiqat 
V>/ entre les itudes, & m^me entre les plus necefiaires: 
fliais voici ce que je veux dire. L*etude de la jeunefie doic 
confifter 4 acquerir en ce premier age les connoiflances 
qui doivent fervir dans tout le refte de la vie , ou du moins 
]cs principes de ces connoifiances , comme je crois Tavoir 
montr^. Donc ce qui eft neceflaire aux a&ires les plus 
communes & les plus ordinaires , qui vont 4 Tentretien de 
la vie & au fondement de la fociete civile ; ces connoif- 
fanccs doivent tenir le premier rang apres celles qui regar« 
dent rhommeen lui-meme , & qui fervent diredement i 
perfcflionner Tame ou le corps. Aufli c'eft principalement 
1'ignorance de ces fortes de chofes , qui fait que pluiieurs 
m^prtfent les etudians & les itudes. Quelles font les pen^ 
t^ d\in enfant de famille qui fort du coll^ge ? de fe di- 
vet tir ^ & de faire des connoiflances ; & s'il a pris gout aux 
thudcs t de fuivre fa curiofit^. II ne fe met point en peine 
commt^ il fubfifte ^ d*ou lui vient de quoi fe nourrir , s'ha- 
\A\^f & tout le rcfte« 11 regarde feulement comment vivent 
W^ 4i^\tt% ieiinet gcns de fa condition , & ne veut pas fe 
^N^itWim^im^ n\ manquer d^argent pour jouer ou fatif- 
X<^\\^ ii ^mr^ pjflions. Cependant il fe remplit Pimagina- 
1^^^ ^ v\M^>^i«s % de romans, de mufique ; ou s*il n'a pas 
^V^;^ X A (s^ lH>ruc i des plaifirs plus grofliers. II faut qu'il 
fk^ity^ <^t<^H^ ^tdnd chingement dans fa fortune , la morc 
vlVu ^>4^ ^ vii^ ^unde fuccetnon k recueillir , un grand 
l^-v^c^ X V^^ V^UiM^c % une charge dont il fe trouve revetu , 
|HHU lui Uivs^ ^vrir U% ycux , & s*apercevoir qu'il y a 
dw^ «Ut^u^ sk^^ h «HM^slc » & qu*U y a det foins qui le 




D E S £ T U D E S. f 5 

regirdent aufii bten que lcs autres homnies. Je (ai qu'il y 

a cn cela beaucoup du naturel de la jeuneiTe , qui eH pouf- 

tee au plaifir par des paflions violentes , & n'a p3S aflez 

d'esp^cnce pour faire cas des chofes uriles. Mais c'efl 

pour cela mime qu'il faut aider la jeunelTe & la retenir, 

au lieu qu*il femble que Tdn veuille feconder fes debuts. 

l^ jeunes gens n'aiineront jamais le travail ni les aflaires, 

il eft vrai, mais du moins il faut tdcher en les ypreparant 

4t bonne heure, de faire qu'elles ne leur paroilTent point 

fi am^es ni fi pefantes , quand ils viendront i Tige de s'y 

appUquer toutde bon. Cefl pour cela que je compte entre 

let etudcs neceflaires a tout le monde , Y^tonomique & la 

yttriy^wJencc&voicien quoijefaisconfifler rEconomique. 

ComiDelesprcaiiersobjetsdont les enfans font frapp^, 

fiwn le dedaiH d'une maifon , fes diverfes panies , les do- 

meftiqueT & les fervices difi^erens , les meubles & les uflen- 

filcs du m^nage ; il n'y a qu'ji fuivre leur curiofit^ naturelle 

pour leur apprendre agriablement I'ufage de toutes ces 

chofes , & lcur fatre entendre , autant qu'i]s en font capa- 

bles , les raifons folides qui les ont fait inventer , leur fai- 

lant voir les incommodites dont elles font les remedes. On 

les accouiumerott ainfi k admirer la bonte de Dieu datis 

toutes les chofes (]u'il nous fournit pour nos befoins ; Tin- 

duftriequ'iladonn^eauxhoiiimes pours'enfervir;Ie bon- 

heur d'etre ne dans un pays bien cultiv^ , & dans une na- 

tion inftruite & polie ; i prendre des idees nobles de toutes 

ces chofes que la mauvaife education & la vanite de nos 

mCEUTS nous fait m^prifer , & nc poini tant dedaignerune 

cuifine , une baffe cour , un marche , comme font la plu- 

part des gens eleves honn^iement. Entin on les accoutume- 

roii i faire des reflexions fur tout ce qui fe ptefente , qui ell 

le principe de toutes les etudes. Car on fe trompe fort , 

quand on s'imagine qu'ii faut aller chercher bien Join de 

quoi inflruire les enfans. lls ne vivront ni en Tair ni parmi 

lesallres, motns encorc dans les efpaces imaginatres, au 

pays des etrcs de raifon , ou des fecondes tnientions ; tls 

vivroni fur la lerre , dans ce bas monde , tel qu'il eft au- 

iourd'hui , & dans ce fi^cle fi corrompu. 

11 faut donc qu'ils connolfleni )a terre qu'ils habttent , 
le pain qu'i1s mangeni,lcsanimauxqui lesferveni, &fur- 
loui les bommes avec qui ils doivent vivre & avoir i bii« 
Fij 



84^ DU CHOTX ET DE LA METHODE 

& qu*ils ne s'ia»fi;inent pu qize c'«^ s'abai£er , que de 
conlkterer rout cc qui les ennroiine. Dans une gnmde fa- 
miile , il y aura plus de inatiere pour ces inftmdions qoe 
dafM une moindre , & ii y en aara plus encore , fi les en» 
fans tbfit tantot a la ville & tamot a la canqsogne. Auffiles 
enfans de qualite, qui peuv^ntavoir toutesces commodli* 
tes , ont beibin dc iavoir plus de choies qne les amres^ A 
meiure que Tage avanceroit , on letur en dirtm dxvamage;. 
& on feroit enforte de les inftruire paf&bleaient des art» 
qui regardent la commodite de la vie , leur £ufaiit voir tra» 
vailler , & leur expliquant chaque chofe avec grand foin. 
On leur feroit donc voir ou dans la maifon ou aiileurs ^ 
eomment on fait le pain ,]a roile , les eto&s. IIs voroient 
rravailler des railleurs ,. des tapiifiers » des menuifiers , des 
eharpentiers , des ma^ons , & tous les ouvriers qui (ervent 
au!C h^mens. 11 faudroit fiiire enforte {^*\i% hifleiit afiez 
inihniits de rous ces arts , pour entendre le longage des 
ouvr^rs , & pour n'etre pas ai(es a tromper. Cep»xdaiit 
certe etude feroit un grand divertiflement paiu* eux ; & 
comme les enfans veuient tout imiter , ils ne manqueroient 
]>as de fe faire ^t% jeux de tous ces arts.. D ne&udroit txL 
^y oppofer durement, ni s'en moquer , mais les aiderdou» 
temenr , leur montrant ce qu'il j auroit de chiman(^ dans 
Jeurs entreprifes , & ce «pii feroit £uiable. Ce (israir une 
occafion de leur apprendre l>eaucoup de mechani^ue , & ils 
aRiroient le plaifir de rewlir en quelque choie , quieft tres* 
f(rand encet age. li icroit lK>a auffi de leur apprendre le prix 
commundesowragesqu1Ispofirromcommanderv&d»cho- 
fts <|u*ifs pourront acheter fuivant leur coodition ; & n^e 
decelles qulJs ferom acbeter par d^autres. Car encore que 
ces pf ix changem t r^s-ibuvent , celui qui les a fues une 
fois^ ne fcrapasfiincertain ; principalemem fi on Tahien 
averti des raifbns qui rendent certaines denrees fi cfaeres en 
comparaifon desaurres , & descaufes les plus ordinairesde 
ces changemens dc ptix. Je voudrois auffi qu'un jeune 
homme itit de bonne heure , ou par fon ezperience , 
otf par un ricit exafl , ce qui eft n^ceflaire pour les 
voyages. 

Voil^ ce (|uc )*appelle rEconomlque, On voit bien que je 
ne pr^tendd pas que Ton en f it une ^tude en forme , ni 
(|u*od l*apprit diins des livres. £lic s'apprendroit par la con« 



DESfeTUDES. «s 

verration & par la pratique , & reroit moins ie la fonSion 
^'un precepieur , que du foin cl'un bon pere ou d'un luteur 
afiiiAionni. Toutefois , les autres eiudes raideroient , & elle 
Ics aideroit. Pour eiercer les rcgles d'arlihmetique , on 
pourroii dreffer dcs compie» , & tenir un regiftre de recepte 
ti de depenie , qui ell une praiique fi neceflaire ^ tout hom- 
me qui a du bien i gouverner,qu'ellee(lm£[nerecoinm3n- 
deedansrEcriture. Dansles Auieurs d'humanites , comme £»'■ 41. 
Ciceron& Virgile,on pourroit leur fjire obferver com- 
bicn Ict Ronains eftimoieni alors I'agriculture, & Tappli- 
cation a leurs ailaires domelliques. On le verfoit mieux 
lians les Amcurs qui ont ecrii du m^nage de la campagne , 
commeCaioa &Coluinelle , & dans les livres de drolt. 
Au(E ^iloit-il que les jeunes Romains hineni de bonneheure 
«n etat d'3gir & de condiiire leuis aETaires , puifqu'i qua- 
torze ani ilseioient hors de tutelle, & qu'a dii-huit, ils 
paflbienipourhommes faits, venoient dans la place , & 
poftuloieai librement devanc les Magi^hats. Pour les Grecs, 
TEconomique de Xenophon , AriHophane , Theocrite , Hi- 
fiode& Homere feroieni voir qu'iIss'appIiquoienifort au- 
dedaiM de leur maifon , au menage & k tout ie travail des 
champs i & que les plus riches & les plus honnetes gens fai- 
fo.emalorsleuroccupation&leur d^lices dece qui eftau- 
iourd'hui regarde comme le partnge des miferables. L'auto- 
riti de ces grands noms , & ragrement de ces cxcellens ou- 
vragcf idonncroic^es idees nobles dc toutes les chofes les 
plus communes dans la vie. Ce qui meitroit le difcipte en 
^tatde profitcr beaucoup plus, m^e de rEcriturefatnie, 
voyant que lout ce qu'il y irouvoit de bas & ds groflier 
vient des mceurs fimples & folidus de ceite f^ge antiquite , oii 
.peifonne ne dedaignoii le travaii , non plus quc la nourriiu- 
re ; c'eft ce que ie penfe avoir montro dans tei Mauri dit 
1/rMliiti. Miisfoit quele difciple lut ces Auieurs, ou que 
le Miltre lui rapportit ce qu'i!s difent , je voudrois qu'il 
eiJT grand foin de rendre tout bien fcnfible , & de le rappor- 
Kr a notre ufage. LailTonsaux grammairiensdeprofeflion, 
la rechcrche curieufe de louies les planies que nomme Vir- 
gtk , & la defcription de lous les inftrumens d'agriculiure , 
dont parle Hefiode ; prenons feulement occafion de ce qn'il5 
difcnt, pour faite entendre a notre ^colier ce qui fe fait au- 
ioiirdliui du» notre pays; & confolnns-nous s'ils ont dit 
Fiij 



ce. 



86 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

quelque mot que nous n'entendions pas , pourvu que 
nous entendions auffi bien notre m^nage , qu*ils entenr 
doientleleur. 

XXV. I^ OuR la Jurifprudcnce , comme elle depend moins de Pi» 
Jurifprudcn- J| magination , & qu'elle a beaucoup plus de raifonne- 
ment » il faut attendre que Tefprit foit plusaccoutume a s*ap- 
pliquer»&que lejugementfoit plus formi, c^eft-a-direvers 
treize ou quatorze ans, & a la fin des etudes. II eft toutefois 
bien plus aifi^ de la rendre fenfible & agreable» que la phi- 
lofophie qui eft d*ordinaire Tetude de cet ige : fur - tout 
apr^s ce fondement d*6conomique dont j'ai parle , elle fe- 
roit bien plus facile.On peut juger que par la Jurifprudcnce 
je n'entends pas ici cette 6tude fi longue & fi difficile qui 
fait les Jurifconfultes de profeffion, & qui embrafie la con- 
noifiance , non-feulement detoutesleslois qui font enufa- 
ge dans un pays, fur quelque matiere que ce foit , mais de 
tout ce qui fert i ies interpreter , pour les appliquer aux af- 
faires particulieres. Je ne parle ici que des ^tudes neceffiii- 
res i tout le monde. Ainfi , a Tegard du droit , j*entendsfeu- 
IementcequechaqueparticuliereftobIiged*en favoir pour 
conferver fon bien , & ne rien faire contre les lois.Chacua 
y eft oblige par les lois mSmes , qui prefument que tous les 
citoyens en font inftruits , qui en imputent Tignorance com- 
me une faute , & la puniflent , ou par la perte des biens , fi 
Ton a manqui d*obferver les rigles, de les acquerir & de 
les conferver , ou par des peines plus fev^res , fi cette igno- 
rance a porti jufquesau crime. Cependant on n*a aucun foin 
d*en inftruire les jeunes gens , hormis ceux que Ton deftine 
a la robe : & on s*6tonne fans doute que je fouhaite qu*on 
leur en parle. Mais, a examiner leschofes fans prevention , 
cette etude eft bien auffi utile , pour le moins, que la phi- 
lofophieque Ton enfeigne , & n*eft pas plus difficile. La phi- 
lofophie , dit-on , exerce Tefprit des jeunes gens, & les 
rend fubtils. Auffi feront les fubtilit^ du droit , qui fervi- 
ronti^ faire mieuxentendrele principal.Oncraint deles fa- 
tiguer , fi on leur parloit d'ufufruit & de propriite ; dela dif- 
fiirence entre le droit d*hiredite , & les corps hereditaires, 
entre les parts par indivis & les parts divifees , quoique Ton 
puifiefaire voir lesefTets folides de toutes ces diftinfiions* 
Ne craint-on point auffi qu*ils s*ennuient des univerfels » 



D E S 6 T U D E S. 87 

9es cat^gories , de llnfini en ade ou en puiflance , & des 
£tres de raifon ? Enfin la connoiflance du droit, agrdable ou 
non , efi necefiaire k tous ceux qui vivent fous les mSmes 
lois. 

Cetteetudeferoit bien&cile fi nousavions des lois cer- 
taines , comme les Romains avoient celles des douze tables , 
les Atheniens ceiles d% Solon , les Hebreux celles de Moy fe , 
ou plutdt de Dieu.U n'y auroit qu*i lire ces lois , pour ap- 
prendre fon devoir. Mais il n*en eft pas ainfi. II faut un grand 
ufage pour diftinguer dans les gros volumes des Ordon- 
nances de nos Rois , celles qui s*obfervent, d^avec les au- 
tres. Les Coutumes ne parlent que de certaines mati^res. 
Nousfuivons quantiti der^gles dudroitRomain, donttou* 
tefois la plus grande partie n*efl point re^ue , au moins dans 
nos pays de coutumes. Notre droit etant donc fi mSIe & fi 
peu certain , nous avons beaucoup plus befoin d*etude 
pour le connoitre; jedis pouren avoir cette connoiflance 
tnediocre que Ton prefume danstous les particuliers. Car» 
pour le favoir exadement, c*eft Tetude de toute la vie. 

Voici en quoi je faisconfifter cette connoiflance medio« 
cre , niceflaire a tout le monde. Premi^rement » i entendre 
les termes dont on ufe ordinairement en parlant d*afiaires ^ 
& qui font employes Atns les Ordonnances, les coutumes j 
& les autres livres de droit , comme Fief, Cenftve , Proprts , 
Acquet, Digucrpiry Garantir , & tous les autres qui ne font 
point de Tufage ordinaire de la langue. Les enfanspeuVent 
apprendre de bonne heure tous. ces mots , principalement 
fi Ton a foin de leur en fiiire entendre le fens par des exem* 
ples fenfibles , & plutdt ilsles auront appris , moins ils leur 
paroitront barbares dans la fuite: toujours vaut-il bien au« 
tant en charger leur memoire , que des noms des figures de 
rhetorique & des termes de philofophie. Apris cette con- 
'noifl*ance du langage, qui emporte beaucoup de definitions, 
je voudrois que Ton apprit les maximes les plus generales 
du droit qui regardent les particuliers ; comme des tutelles, 
des fucceflions , des mariages, des contrats les plus ordinai* 
res , fans entrer dans les fubtilites du droit , ni afieder trop 
de methode , mais feulement y employant un peu d*ordre , 
pour eclairer Tefprit & fecourir la m^moire. Enfiiite il fau- 
droit traiter de la maniere de pourfuivre fon droit en jufti« 
ce ;& fans defcendre au detail de la procedure , en marquer. 

F iv 



S8 DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

rordreengros, & la neceflite qiril y a d*obferver exa3e-< 
menr dans les jugemens les formalites ^tablies. La difficulte 
feroir pour le Maitre , h choifir dans les livres cesconnoif- 
fances neceflaires, qui y font fi eparfes & fi melees ; car ii 
£iuc avouer que nous n*avons point encore d*ouvrage , oii 
tout ce que je viens de dire foit raflemble& fepar^ du refte. 
En attendant que quelqu*un £cifle ce travail , on pourroit fe 
fervir deslnftituts de Juftinien, de rinAitution coutumiere 
de Loifel, de celle de Coquille, de Tlndice de Ragueau » & 
des autres ouvrages femblables. De plus , il feroit bon de 
faire lire i Tecolier la Coutume de fon pays toute entiere , 
& lui faire voir quelques contrats des plus communs, pour 
en entendre les claufes principales. 

Mais , dlra quelqu^un , n*y a-t-il pas deja trop de cfaica- 
neurs en France, fans vouloir que tout le monde le devien« 
ne ? Voila le langage ordinaire dcs ignorans , de nommer 
Chicanturs tous ceux qui entendentlesaffaires, ou qui ea 
parlent en termes propres. Au contraire « une des plus gran- 
des fources de la chicane , eft cette ignorance du droit : de la 
vient que Ton fait des traites d^favantageux qu*enfuite Fon 
ne veut point exicuter , que Ton demande tanc de refcifions 
& de reftitutions contre des furprifes, que Ton entreprend 
tiimerairement des proces dont on ne voit pas les confe- 
quences ; qu*ayant raifon dans le fonds , on s*abandonne k 
h conduite d*un folliciteur , C|ui gate le bon droit par la mau- 
vaife proc^dure. Que fi (|uelque connoifFance des aflaires 
produit la chicane , c'eft la connoiffance confufe & incer- 
taine d'un petit d^tail de pratique fans ordre & fansfcience 
des principes , d'ou vient que les plus grands chicaneurs 
font toujours les praticiens du dernier ordre. Or, on ne 
peut avoir que ces notions obfcures & imparfaites , quand 
on ne s*inftruit que par Tufage , outre que c'eft un maitre 
bien lent, & qui n'inftruit gueres que par les fautes queron 
fait; encore apresunlong-iemps, ne faurez-vous que de 
certaines affaires particulieres, dont vousfaurezmemetrop 
de detail, & vous ignorerez enti^rement tout le refte. II me 
fembte qu'il vaut bien mieux ne fe pas attendre lout-a-fait k 
l*expirience , & s'y preparer par quelques connoiffances 
genirales ; car quoiqu'iI foit vrai que beaucoup de gens 
t*inftruifent fuffifamment des affaires par le feul ufage , il 
fikutavouer qu'ils s'ea inflruiroient encore mieux & plys 



DESiTUDES. 8» 

xir«ment , slls y joignoient quelque ^iude. Et puirqu'il y t 
uricertaifilgeou Ton veui que les jeunes gens ciuitient, 
quand ce ne reroil que pour hi occuper, pourquoi ne les 
fHcupera t-on pas plut6t i ce qul pourra leur (ervir duns la 
fuitc, qu'a ce qui n'e(l bonque pourT^cole, cVfl-i-dire 
pour rien , puirquel'ecoIe n'cA bonne qu'en lani qu'elle fert 
pourlcrefie dcIavie.AureAe, ilnefduipas craindre qu'il$ 
apprennent un peu plus de droit que ce qui leut fera necef- 
faire abfolument ; il eA diffictle de mefurer fi julle ce n^ 
ceflaire, & on ne redeni que le grus de tout ce que ron 
apprend, 

On pourrCHt aider k ^aycr cette etude , un peu fombre 
id'cl1c-in£anc , par La connoiflance de quantiie de faiis , qui 
dODDant i rto>lieT un peu d'experience avant Tdge , lui 
rendroiem plus fenfibles , & les raaxlmes & lcs raifonne- 
ciens du droit. Je voudiois donc que ron enireiint fouvent 
un jeune homme des difll-renies conditions dcs gens du 
mcme pays , de leurs occupaiions , de ce qui Ics faii fub- 
fiHer ; qu'il fut comraent vit un payfan , un anifan , ou ua 
bourgeois ; ce que c'eft qu'un Juge , ou un auire homme 
de robe ; jc dis ce qu'ils font , non pas ce qu'il5 doivent 
etre, de qucIIeii3ilIanceiIifont,commeni ils arrivent aux 
charges, commeniilsyfubfiHcntiqu'!! fut comment vivent 
lcs foldais & les OlSciers d'arraee ; qu'il connui aulTi les £c- 
clefuHiques & les Religieuz ; enunmot, tous les hommes 
avec qui il doii vivre. II faudroit aufli lui decrire les diffe- 
rcnies natures de biens ; quel eR lc revcnu depuis la moin- 
drc fcrcne jufques a la plus grande feigneurie , & commcrit 
on fait pour retirer ces revenus ; ce que c'ell que le tralic & 
tabanque, &commenion s'y enrichit ; les difierenies na- 
luresde renies; enfin.les diverfes manicresde vivre&de 
fubfifler felon la diverfiie des provinces. £t comme on ite 
pisui gueres apprendre tout cela que par la converfaiion , 
il fiMt mootrer aux jeunes gens a profiter de renireiien de 
toutes fones dc perfonnes , jufques aux payfans & aux va- 
leis. L^ moyen e& de faire parler chacun de fon meiier Bt 
deschofesde fa connoiflance ; cous lesdeux trouvent leur 
compte en mutuelle convcrfaiion ; celui qui parle a le plai- 
fir dinilruire & de fe ^ire ecouier ; celui qui ecouie a le 
pUifir d'entendre quelque chofe de nouveau, & Jeprofit 
lui ea demeure. 



90 DU CHOIX ET DE LA MtTHODi 

La ledure des Anciens peut auffi fervir i connoitre ces 

m^mes fai ts,coinine ] 'ai mar qu6 pour 1 *6conomique; les Orai« 

fons & les Lettres de Ciciron font pleines d'un merveilleux 

detail d*af&ire$ , que Ton peut iaire obferver k l*ecolier , 

felon fon befoin. S*il doit mener une vie priv6e , on lui ex- 

pliquera principalement les ai&ires particulieres ; s*il eft 

deftini par fa naifiance i de grands emplois « on rarrStera 

plus fur les aifaires publiques. Tite-Live & les autres Hifto- 

riens lui en apprendront aufli beaucoup ; ainfi une meme 

le£lure peut fervir i plufieurs ufages , pour la grammaire , 

pourlarhetorique, pour rhiftoire, la morale» r^conomi- 

que, la jurifprudence ; on appuyeroit tantdt fur un genre 

de reflexions , tantdtfurTautre, felon les occafions^ & il 

feroit difficile que quelqu une ne fit fon effet. Mais il faut 

eviter en toutes ces obfervations , la curiofiti qui tente 

continuellement , fi ce n'eft en tant qu*elle peut fervtr com- 

me d*un ragout pour r^veiller Tappitit de favoir ; car au 

refte,ceneferapasungrand malheur de ne pas entendre 

quelque mot de Plaute ou de Varron , qui marque la fonc- 

tion d*un efclave , ou d*ignorer quelque formalitd des Co- 

Duces, pourvu que Ton retienneque les Romains enten- 

doient fort bien leursaf&ires, & particuli^re$& publiques; 

qu*ils y etoient fort appliques , & que tous ces grands hom* 

mes , que nous admirons dans leur hiftoire, ne fe fonr ren- 

dus grands , chacun felon leur g^nie , que par cette appli- 

cation. Ainfi cette 6tude du droit ne ferviroit pas feulement 

«^ rendre les jeunesgens capables d*af&ires, elle contribue- 

roit plusqu'aucune autre » i leur rendre Tefprit folide , & k 

leur former le jugement, puifqu*elle ne confifteroit qu*i 

leur faire connoitre la veriti des chofes les plus propor- 

tionnees i la connoifTance des hommes. 

Or , il me femble que dans les etudes on devroit princi- 
palement chercher certe folidite & cette droiture de juge- 
ment ; il n*y a que trop de bel efprit dans le monde , mais 
il n*y aura jamais aflez de bon fens. Pourquoi tant vanter 
aux ecoliersce brillant & ce feu d*efprit, que Ton ne peut 
donncr i ceux qui ne Tont pas narurellement , & qui nuic 
plus d*ordinaire qu'il ne fert i ceux qui Tont } Cultivons le 
bon fens& le jugement ; tous ceux qui ne font pas nes ftu^- 
pides, peuvent arriver k la droiture d*efprit , pourvuqu*on 
les accoutume k s appliquer & 4 ne point pricipiter leurs 



D E S £ T U D E S. ^i 

jugeinens , & ce n*eft que parla que Ton reuflit dans les 
affaires & dans toute la conduite de la vie. La connoifiance 
des affaires contribueroit encore k d^tacher les jeunes geris 
de la bagatelle & a les rendre ferieux; car nous fommes tels 
que lespenfees qui nous occupent. Elle les accoutumeroit i 
s^appliquer, a etre foigneux , a aimer la regle & la juftice » 
que Ton ne peut manquer d*aimer , ii on la connoit , avanc 
d'avoir inter^t de s'y oppofer. Or » les jeunes gens ne fonc 
pas encore fenfibles k Tintir^t , Tavarice eft le moindre de 
leurs vices ; pour donner de Tapplication & du foin, il fe- 
roit fort k fouhaiter que Ton joignit ia pratique aux inftruc- 
tions, qu*un pire fit entrer fon fils dans les confeils de fes 
afiatres domefiiques , qu'il le f it parler fur celles qut fe pre- 
fentenr, qu'ii le chargeat de quelques-unes les motns difE- 
ciles , qu*il lui donndt a gouverner quelque partie de fon 
bien , dont ii lui fit rendre compte. Rien ne feroit plus fa« 
lutaireckungrand feigneur que d*avoir eti ainfi elevi, d*erre 
tellement capable d'a&ires, qu'il n*eut des intendans , des 
agens& des folliciteurs, que pour fe foulager & non pour 
fed^charger tout-i-fait, qu*il conduisit luimeme toutle 
gros de fes affaires , ne latffant a fes gens que Texecution & 
le d6tail ; en un mot , qu*il gouvernsit fes gens , aulieu d*en 
£tre gouvern^ , comme il n'arrive que trop fouvent ; car 
n'eft-il pas evident que cette dependance abfolue oii les 
gens d'affaires tiennent leurs maitres , & cette inappUca- 
tion , qui ruine tant de grandes maifons , vient principale- 
ment de Tignorance des gens de qualite & de leur mauvaife 
education ? Je fai bien qu'il y a beaucoup de pareffe & 
d'attachement au plaifir.Maisil arrive quelquefois que Fon 
fe d^gofitedu plaifir & que Ton fecoue la pareffe, au lieu 
que Ton ne s'inftruit point quand on a paffe un certain dge: 
d*abord on congoit de Taverfionpour lesaffaires^ parce que 
Ton n'entend point les termes & que Ton ne fait point les 
snaximes : on fe flatte que le bon fens fuflit pour les regler , 
& chacun croit en etre bien pourvu ; mais on ne confid^re 
pas que le droit eft meI6 d'une infinite de faits & de r^gles 
etablies par les hommes , qu'ii eft impofiible de deviner : 
quand on vient k reconnoitre la neceflire de s'en inftruire, 
on a honte d'avouer fon ignorance ; enfin , la longue habi- 
tude de ne s*appliquer a rien & de ne fe point contraindre , 
remporte fouvem fur les intirets les plus prefians. Voili^ 



92 DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

ce qiie femends par les noins de Grammaire , d^'Arithmitt^ 
fue , A^Economiqut & de Jurlfprudcnce ; & voila toutes ies 
^des que )*eftime les plus necefiaires. 

XXVI. y^ Eux qui par leur naiflance font deftines a de grands 
Micique» \^ emplois *, ont befoin de quelques inftruftions plus 
^tendues que les ftmples particuliers. Leur juriiprudence 
doit embrafler le droit public , leur morale doit s'dtendre 
jufques k la politique : car pour les gens du commun , ces 
etudes ne peuvcnt etre mifes qu*au rang des curiofites. II 
eft difficile d'empecher les hommes de difcourir : mais il eft 
difficile aufli que des Princes ou des Mintftres d*Etat s'em- 
pechent de rire , quand ils voient des bourgeois ou des ar- 
dfans difpurer fur les irK^rets des Potentats , & leur pre(^ 
crire des regles pour leur conduite. A Tegard des en^ns , 
dont on peut raifonnablement prevoir , qu'ils arriveront 
un jour a de grandes places , il eft important de leur donner 
de bonne heure des maximes droites , de peur qu*il$ n*en 
prennent de faufles , ou qu'ils n*agiflent au hafard. Je vou- 
drois doncleur faire connoitre premi^rement T^tat du gou* 
vernementprefentdeleur pays, les difTerentes parties dont 
ce corps eft compofe , les noms & les fondionsf des Officiers 
qui le gouvernent, la mani^re de rendre la juftice , d*ad- 
miniftrer les finances , d'exercer la police, & ainii du refte : 
la forme des confeils pour les af&ires publiques. Je vou- 
drois que chacun commen^at par Tetat de fon pays, comme 
le plus neceflliire & le plus facile a connoitre : enfuite qu'il 
s*etendit aux pays ^trangers les plus proches , & avec lef- 
quels il a le plus de ^lation. En lui montrant comment les 
chofes font en eflet , je lui montrerois comment elies de- 
vroient etre , non pas encore, fuivant les opinions des Phi- 
lofophes & le pur raifonnement , mais fuivant les lots de 
FEtat meme & fes anciens ufages. Voil^ ce que )*appelle 
Droit puhlic. Les r^les fuivant lefquelles chaque Etat eft 
gouverni , les droits du Souverain & des Officiers dont il 
fe fert , les droits des Etats & des Souverains a T^gard tes 
uns des autres ; cette 6tude eft plus de pofitive que de rai- 
ibnnement , & elle enferme beaucoup d*hiftoires qui p<u- 
vent la rendre agreable. 

La politique confifte plus en raifonnement, & doit re- 
snonter plus haut dans ia recherche des principes. Elle ae 



D E S fi T U D E S. 9f. 

regarde pas feulement commeni la France ou TAlIemagne 
doiventetre gouvernees , fuivant la forme particuli^re da 
teur Etat & les loii qui i'y trouvent etablies ; elle confidere 
cn general ce que c'e{l que la foci^te civile , quelle rorm« 
d'Eiai eA la meilleure , quelles font les meilleures lois & les 
mcilleurs iDOyens de maintcnir le repos & Tunion enire lei 
faommes. Ces confiderations generales font fort utiles pour 
donner a refprit de relevation & de r^tendue , pourvu qiie 
Ton cn falTs Tapplication fur les cxemples parriculters , & 
que Ton ne fe contenie pas det exemples anciens d'Ath^nes 
ou de Lacedemone , mais que Ton en prenne de modemes 
qui nous louchent & nous inilniifent mieux. L'avis qui me 
paroit le p)us important cn cette mati^re , eft de faire con- 
noitTe de bonne beure a un jcune Prince ou k quelque cn> 
€ini que ce foit , la difference de la vrate & de la faufle po- 
litique. Qu'il atthorreur de celle qui D'a pour but , que de 
rcndre puiflant le prince , ou lc corps qui gouverne aux 
depens dc toui le reAe du peuple ; qui met toutc la vcrtu du 
Souveraia k maintenir & a augmenter fa puillJnce , lailTant 
aux panicuUers laiuftice, lafidelite&rbumanii^ ; qu'ilne 
Cifire pas grand cas des aniftces par iefquels on aflbiblit fes 
voifins , cn lcur fufcitant des ennemis , ou en exciiani chez 
eux de la divijion , ni de radrefTe a iromper fes propres fu- 
ien , en leur fiifant croire TEtai plus puiflant qu'il n'efl. 
Pour ^viter tous ces inconviniens , il faut lailTer la plu- 
part des Politiques modemcs, & fur-ioui Machiavel & TAn- 
gloisHobbes. RcvenonsiPlaion&i Ariftote, donila po- 
litique cft fondee fur des principes folides de morale & de 
vertu. EJIe a pour bui , nonpasd'cleveruncertain homme, 
ou un ccrtain genre de perfonnes au defTus des autres , mais 
de fairc vivre les hommes en fociete le plus heureufement 
qu'il ell poffible ; de procurer i tous les particullers la fu- 
rcte , la poflellion paifible de leurs biens, la fante du 
corps , la libcrte d'efprii , la droiiure du coeur , b juflice. 
Pour donner de fi grands biens i toute une fociete , ccs Phi- 
lofopfaes ont cru qu'il ^ioit jufte que quelques-uns euftcni 
la peine dc veiller continuellement fur eile , de pourvoir ^ 
•ous fes bcfoins , de b defendre des aiiaqucs du dehors , de 
nuinienir la iranquilliie au dedans. Volla , fi je ne ric trom- 
pe,lcsprincipcsdcla veritablepolitique. Maispoiir levoir 
4aas la pureti , tl faut remontcr plus haut qite Piaton & 



94 DU CHOIX ET DE LA M£THODE 

Arifiote ; il faur Tapprendre de Moyfe , de David , de Sa^ 
lomon , des Prophetes & des Apotres , ou plut6t de Dieu 
ineine , dont ils n*ont ete que les interpretes. Ils nous di- 
ront que tous les hommes font freres ; que les premiers 
Erats n*ont ete que de grandes familles ; que chacun doit ai- 
mer la terre oii Dieu Ta fair naitre , & la fociete ou il Ta 
mis ; qu*il eft jufle qu*un particulier donne fa vie pour le 
falur public ; que c'eft Dieu qui a erabli des hommes pour 
gouverner les autres ; que la perfonne du Princeeft facree ; 
qu'il eft etabli pour defendre le peuple & lui rendre lajuf- 
tice ; X[u*il ne peut s'acquitrer de fon devoir , fi Dieu ne lut 
donne la fagefle , & une infinire d*aurres maximes fembla- 
bles donr on pourroir compofer un corps enrier de poliri- 
que rire de TEcrirure fainre. Je n*en ai peur-erre que trop 
dir fur une mariere donr peu de difciples ont befoin & que 
peu de Maitres font capables d'enfeigner. 

XXVTI. /^ U T R E les etudes necefTaires , il y en a de fort utiles k 
Langucs , V-^ tous ceux quifontd'uneconditionhonnete,maisdont 
actu , c ^^ p^^j f^ pafTer abfolument. Premierement le Latin. Car 
)e n'ai point fuppofe que les etudes dont j*ai parle en dipen- 
difTent : & ce que j'ai dit du fecours que Ton tire des Au- 
teurs anciens pour Teconomique & la jurifprudenceyfe doit 
entendre pour ceux qui apprendront d'ailleurs le Latin ou 
meme le Grec ,ou qui liront les tradudions. Or, quoique 
le Larin ne foir pas necefTaire , il eft rr^s-urile pour la reli- 
gion , pour lesafFaires & pour les ecudes. Puifque rEglife 
Romainen*a pas jugi^ propos de changer la langue de fes 
pri^res & defes ofHces , non plus querEgUfe Grecque & les 
aurres Orienrales ,il feroir k fouhairer que rous lesChreriens 
pufTont cntendre cerre langue ; & rous ceux qui onrla com- 
inodite de Tapprendre ne la doivent pas negliger , joint la 
fatisfaf^ion qu^il y a de pouvoir lire les ecrits de tant de 
P^rcs I^atins & dVntendre cette verfion de rEcrirure dont 
rF.glilb a autorifi^ Tufage. Pour lesafTaires, laplupartdes 
tcrincs quc Ton cmploic pour en parler font Latins , & em- 
}mint^% du Droit Komain, dontileft impoflible debien 
\mWr cn uttc «utrc t;ingue« comme on voit par les livres de 
l^^ioii ilc* tMW* iiu^dcrncs* Enfin , pour toutes ies etudes , 
Ohcll tcllcmciUrtvwuHimiik fcfcrvirdeccttelangue,qu'elle 
cil ilcvcuuc U IdU^uc i^mmune dcs ^*'**'*^ de lcttres par toute 



D E S t T U D E S. 9f 

rEurope , qoe la plupart des Auteurs inodernes ront em- 
ployee , & qu'elle fert i entendre tous les anciens. 

J'ai de]i parli de la mani^re de l'apprendre , & j'ai con- 
feille de compter bien pliis fur Tufage que fur les pr^ceptes. 
rajouterai qu'il faut etre fort foigneux de faire obferver au 
difciple le geaie de chaque langua , & raccoutumer a ne 
rendre jamats le Latin que par de bon Fran^ois, ni le Fran- 
qois que par de bon Latin. II faut lui monirer que Ton ne 
peut pas toujours rendre im mot par un mot de m^me ef- 
pece, verbe pour verbe, nom pour nom , ni meme tou- 
iours un mot parun mot,parcequefouvent un mot d'une 
bngiM exprime une phrafe entiere de Tautre. Les hommes 
oot bien plus de penfees , qu'ils n'ont invente de fons dif- 
fircas pour ies exprimer ; ainfi il n'y a point de langue ofi 
on ne demeurecoun a quelque endroit. Ce n'eR donc pas 
tnduire par^teinent , que de tourner feulemeni les mois , 
$'ilf ont une conAniSion barbare dans la langue oii on les 
rend. II e(l vrai que cette mitniere de traduire eH la plus lure 
pour la fidelite , & qu'elle donne au LeAeur le plalltr de 
voipjans latraduSion le g^nie de la langue originale.Telle 
eft la fameufe verfion des Scptante. Elle reprefente Tori- 
ginal mot pour mot , & rend toujours les niemcs mots H^ 
fareux parlesmimesmotsGrecs :on nepeut traduireavec 
p]i» d'exa£biude & de religion. Le refpefl du cexte facre 
£ufoit cnindre d'en alt^rer le fens par le moindre change- 
ment. Maisordinairement , pour bien traduire,ilfautren- 
drela mdme penf^e, &autant qu^ilfepeut.lameme figure 
& la meme force d'exprefnon , felon le nature! d'une autre 
langue:& quandRcoIiers^enecarre, il fautluifairefeniir 
le ditiiut de fa iradufHon. Diriez-vous , par exemple , en 
vous plaignantd'uningrat ;j'ai remporie peude graces de 
moD bienfait envers lui i Vous diriez p!ut6t : il a mal re- 
coanu robligaiion qu'il m'avoii. Le Latin a cela de purticu- 
fier pour nous , que comme notre langue en vient , nous 
croyons que les mois fignifieni ceux doni ils vienneni, quoi- 
que fouveni il ne foit pas ainfi. Tabli vient de uhula , qui 
iigntfie planche ; Chambre vieni rle cdmcr^ , qui fit;ni(ie une 
Vouie;yortMlignifie vaillani,& v^/<nifigni6efort. 

II taui encore fe guerir de Verreur , que Von puilTc ap- 
prendre parfaitemeni te Latin , ni aucune autre langue 
norte. Nous nepoiivoiis lavoir que ce qui eft ecrit ,& nous 



9« DU CHOIX ET DE LA M*THODE 

ne pouvons pas m^tne entendre tout cequi efticrit. Coni-^. 
bien y a-t-il de mots dans Caton & dans les autres Auteurs 
des chofes rufliques que perfoane n*entend plus ? Et com- 
bien y a-t-il de ces fortes de chofes vulgaires &triviales, 
qui n'ont jamais ete ^crites en latin ? Dans les difcours 
meme que nous croyons entendre le mieux , il y a des fi« 
^ ,, ... nefies que nous ne pouvons reconnoitre , comme celles 
7. D.r.iA. <iue remarque Aulu-gelle , en certains endroits de Ciceron 
& de Virgile. Que s'il efl prefque impoflible d*apprendre 
dans la derni^re perfefHon, memeles langues vivantesqut 
ne nous font pas naturelles , que peut on efperer de celles 
qui ne fubfiftent plus que dans les livres i Mais ce qui nous 
doit confoler, c*e{l qu*il feroit inutile de les favoir mieux. 
Nous n'avons befoin du Latin que pour entendre les livres « 
ou pour nous faire entendre aux ^trangers. A Tigard des 
livres nous ne pouvons entendre que ce qui eft ^crit ; & 
pour nous faire entendre aux etrangers , il faut parler le 
Latin a peu pres comme eux. Je ne voudrois pas toutefois 
imiter les Allemands & les Polonois qui emploient fans 
fcrupule le Latin le plus groflier, pourvu qu*ils le p^ent 
facilement. Mais j'eviterois encore avec plus de foin Taf- 
fedation de phifieurs Savans, qui k force de parler Latin 
V. CuL iih, jj.Qp finement, font difficiles k entendre : j'aimerois mieux 
parler plus mal & etre entendu. Je voudrois donc propor- 
tionner mon fly le a la portee du commun des gens de let- 
' tres, fans le n^gliger, enforte quUI fut barbare , ni le 
travailler tellement qu'il fiit obfcur. Je voudrois fur-tout 
obferver le caraSire des Ouvrages , & ne pas meler dans 
un ecrit de theologie , ou de quelque autre matiere fe- 
rieufe, des quolibets oudes proverbes quePIautefaitdire 
k fes efclaves , nt dans une lettre famili^re , des phrafes 
poetiques ou de grandes figures tirees des Philippiques de 
Xiceron. Ces avis font necefTaires , puifque la vanite des 
Savans modernes !es a fait donner dans tous ces inconvi- 
' niens. Souvent aufli il leur arrive de m^ler des mots Grecs 
dans leur Latin : en quoi il me femble qu'ils ne fe font gue- 
res d'honneur , puiCque c'efl avouer tacitement qu'ils ne 
favent pas expriraer en Latin ce qu'ils difent enGrec : car 
ce n'efl pas bien favoir une langue , que de ne favoir pas 
dire tout ce que Ton veut , du moins en prenant un peu de 
d^tour ; & c'eft infulter a ceux ^ui ne favent pas ie Grec, 

que 



D E S ^E T U D E S: ^f 

^ae de couper ainfi le difcours par des mots qui leur en 
font perdre la futte. Que fi j*ecois force de meier a un dif- 
cours Latin ou Fran^ois quelque mot Grec ou Hebreu ou 
d*une autre langue , je Tecrirois toujours en lettres Lat^i- 
nes y pour n^enibarrafler perfonne. 

LA feconde de ces ^tudes utiles eft THiftoire. Mais xxvIIIj 
comme il eft difficile qu*un feul homme life tout ce Hiftoire. 
que nous en avons de tous les temps & de tous lespays ; 
& qu*iin'eft pas^proposque beaucoup de gens s*occupent 
enti^rement k cette ledure : il faut du choix & de Pordre 
autant ou plusqu*en aucune autre ^tude. Celui qui fe con- 
tente « comme Ton fait fouvent , de lire au hafard le pre- 
mier Uvre d'Hiftoire qui lui tombe entre les mains , fe 
met en dinger de charger fa m^moire de beaucoup de fa- 
bles 9 ou de ne rien retenir faute d*entendre ce qu*il lit. 
On doit donc donner aux jeunes gens des principes pour 
difcerner les Hiftoires qut leur feront utiles , & pour les 
lire utilemenL Mais pour bien faire,il faut avoir pofe les 
fondemens de cette 6tude d^s Penfance. Car quoique la 
nouveauti foit un grand charme dans THiftoire , rien n*eft 
plus incommode que d*y trouver tout nouveau , & n*y 
rien v<nr de notreconnoiflfance ; pas un lieu , pas un hom- 
me. UHiftoirede laChineeftpIeine degrands evenemens 
& d*exemples de vertus rares. Cependant parce que nous 
ii*avons jamais oui parler d*lao , ni de Chimtamyou , & 
que la geographie meme la plus ricente de ce grand pays 
ne nous eft pas familiire, cette Hiftoire nous eft d*abord 
tres-defagreable. La memoire travaille continuellement ; 
^and nous trouvons un nom propre , nous ne favons fi 
nous ravons d^ji vu ou non : on fe fouvient de Tavoir 
vu , mais on a oublie qui il eft ; on prend un royaume 
pour un homme , un homme pour une femme ; on ne voic 
point rinter^t que Ton avoit d*aimer ou de hair Tautre. 
tsifin refprit eft tiri tout k la fois par tant de nouveaut^ 
difierentes , qu*il eft dans une peine continuelle. Au con- 
traire , quand un homme qui a quelque etude lit Herodo- 
te ou Tite- Live, il fe reconnoit par-tout ; les plus grands 
objets iui font tous familiers. Toute fa vie il a oui parler 
de Cyrus & de Crefus , de Romc & de Carthage. Mais 
il voit un grand detail qu*il ne favoit point ; & c*eft cette 
Twiu II, G 




q3 DU CHOIX ET DE LA M£TH0DI! 
nouveduie qut liu doane du pUiGr : parce qu'il fait oii rapi 
pomec toui ce quil apprend , & iju'il ne travaille potnt 
pouc enteoure cu pcuc reienir les principales chores. La 
peuie elJL i>ien pius ^<iade pour ceuz qui n'ont point de 
lenres : juiii le piuigTient-its Li ptupart de leur memoire. 
lls unvruicnc [.'iuioc le piaioure d« Icur roauvaife educa- 
Qoa , qui Euic quc l'Htdoice Grtcque ou la RoDaicie leur ett 
pieitjue duiE iiiouie , que celle des Chiiiois ou des MuAil- 
nMus, a ceux qui ont iaii les etudes ordinaires. Encore y 
a-c-ilune uidereiice bieo grande. H y apeu de genspamu 
a»wt qui n'aieac oui parler il'Alexandre , de Cefar , de 
CbacLemai^ ; mais qui connoit Almamoa oa Ginguifcan , 
lice n'eft quelque peu de curieux ^ 

Un ne peuc donc cotnmencer trop tot a donner aux eo- 
^a& les priocipes de THiilcire. En meme temps qu'on teur 
Gontera le» faits qui fervent de fondement aux inftrudioM 
dfi la religioo , il ^ut leur conter au9i ceux que Ton trou- 
v«rA dans rf^ftoire lesplus grands, les plus eclat3ns,le9 
pius agreables & ies plus faciles k retenir. 11 faut chtniir 
«tttre les autres ceux qut peuvent frapper I^imaginaiion. 
La louve de Romulus , la mort de Lucrece , la prife de 
Home par les Gaulois ; le trlomphe de Pompte , ou celi» 
<le PaulEmile ; la mori de Cefar. £c fi Ton peut leur faire 
«oir des m^ailles , des flatues ou des eAampes , les ima- 
ges en lerotit bien plus vives , & 9'imprimeront bien plia 
avanc daiB la m^moire. Cefl fans douce le plus grand u(a- 
^dGl3peinture&deIafculpture;& c^etoit ungrandavan- 
tageaux anciens Grecs de pouvoirapprendre leurHiftoire* 
mtJQ^efaRslavoir lire,en fe promenani dans leurs villes. 
Car , de quelque c6te qu'ils fe tournaflent , ils trouvoient 
Ott des bas reiiefs ou des peintures excellenies , dans les 
Tcvples & les Galeries publiques , qui reprefencoient deS 
^<M>^iU t)iita:il«3 & d'autres evenemens fjmeux ; ou des Aatues 
?**** ifhommcs illuftres , dont les vifages etoieni reiiembl3n&« 

«k ilonc rhabit & la poAure marquoient le fujet qui )e» 
AVtjit loit eriger. Dans la campagne mSme on voyoit des 
«vpliees > des combeaux , des pyramides , qui etoient aur 
>mn t)« inonumens hidoriques. 

ti. twiencore avoir grandfoinde dire aux enfans quan^ 
ffH ^ non» proprcs d'hommes & de lieux , afin qu'ils leur 
ttum iuaHim de bonns beure & qu'ilscxcitent]eurci^ 



tJESETUDES. 9^ 

riorite. fevoudrois rur-toiir leur nommer ceux qui font 
plus gntnde figure dani rHiftoire du monde. SefoHris , 
Ninus , Nrfbuchodonofor , Cyrus , Heriules , Achilles , Ho- 
niLTe , Lycurgue, & les Roniains i proportion. Mais je 
voudroii y joindre les noiti! de JHilioire moderne , dont 
touiefois on parle beaucoup moinsaut enfans. Guiilaumc 
le conquiranf . Godefroi de Bouillon , Sjnche le grand ; 
roi de Navarre , & tous les ajtres qui oni ete les ptus il- 
luHres depuis fii cents ans. Je ne voudrois pas meme 
omeitre lesUrienuux, & je voudrois qu'un enfant eOt 
oui patler des califes dc BagdadSc du Caire , de la plus 
grande puiffance des Turcs Seljouquides , & de celle des 
Mogots : leurs nodis ne lui paroi'roient point fi barbared 
dans la fuiie , s'it y ^toit accoutume de lioiine h^ ure. On 
fe ferviroit des cartes dc geographie pour tes noms dei 
lieux qu'il faudroit aulTi Icurapprendre ,reIon tous ics tempt 
& toutes leslangues,autant que['on pourroit. Jenevou- 
droisdatulc commencemcni de ces inflruflions , m'aita- 
ciier i ancun ordre de dates ni de chronotogie, mais fui- 
vre rocctlioa de b curiofit^ des enfans , pour leur dire 
tous ces noms & tous ces faits. 

La maiiere de rHilloire ^tant ainfi preparce, jecom- 
meiKerois i farrangcr lorfque mon difdple auroitdix oU 
douze ans. Je lui ferois obferver tes epoques dont on s'eft 
fcrvi pour comptet les temps. Les Otympiades & la fon- 
daiion de Rome , Alenandre , flncarnaiion , Thegire deti 
Mahomitans. Mais je ne voudrois point ['embarralTer d'une 
cfart^iologie exade , ni robtiger h retenir des dates toute^ 
iimptes qui demandent un grand effori dc mimoire. Je me 
garderois donc bien detui parler de ta Pcriode Julienne; 
& ie ne me fcrvirois pas meme des annees de la cr^ation 
du monde. Itefttr^S-difficile, pour ne pas dire impofnblc, 
de lei fizer : & etlcs ne font pas de grand ufage ^puifque 
jufques au temps de Rome&desOIympiades , (car c'ell 
i peu pr^ le meme ) , il n'y a gueres que fHilloire fainte. 
J« me contenterois quil en fui bicn la fuite , fclon tes epo- 
({ues ordinaires , du d^tuge , d'Abraham , de Moife , de Sa- 
lomon ; fans fe trop mettre en peine dc la fommc totale 
des zantcs , qui ne fe peut tlrer fans de grandes difliculies. 
ie lui ferois rapporfer a ces perfonnes & a ces evenc' 
fiem , tpa nons font plis connu) , )e peu tl'Hiftoire pro- 




: •" r- LA MfeTHCri 

-i ■..--:,: i_ ~roph«c£. t .= - 

;;i--:i^i .'..■.mii.T ^..a a fonc ^ iZZ^ 

-.'e'<,i> i.'u« -^^-t crtalnes oblervs;: c-s 

',! 'iit.v i-.; H :v.-..-sp:-js coune, p:.;» 

■ '-j; ivv. j.cir. !■,;• dirois-ie , qjc 

iiiti.ii*.". u; vi;s :» ie3tps,non p.m 

.i--y-^^ ,tii .■i;,T.r-.:,;lyenapeudor.t 
,>.F<. 'juiia- I» fLnoircsdesanciens 
, S':>> ji,»s>'-rii'w.j«ChiIdeens&deB 
II X a fitjMifcr.v^ei^tiinous refle, 
.■i '.11.11 . ;'t "rtiWwi^Herodote, qui 
1 >t'r- iii;ii.- *.■:« i;'K» le deluge , &: 
i.-.. ■isi.-j-t.". V-;i* ii'jvons , jufques 
»■»11.:'^ ihv \ci livres des Grecs tk 
* ii,m.»>n,-«cu;resd'Hiftoires certal- 
. '-.;i> un,''.'i'ii<:s que la fondation de 
,".iv .■" . i-sTn.lant pres de cinq cents 
V t,vik,- Hilloire a fuivre , qul eft 
, 1 ^ .1 !',!ine de rempire d'Occident, 
'!.> tc & rAnglcterre fom cliacune 
, . . i tjuoi il faut ajouter celles 
. > , jc Polof^ne , de Suude & ds Da- 
, i* kVinniencent. On peut iiean- 
.,,^s Mitloircs i cell^ de Francc , 
, ,, i.ii lciii.ij;nc cnibraiToit la plupart 
,. ..itcs, il utoU tellenient refpe^e, 
^ > ,t 'vnneiir d'imiter les mccurs de 
. .,1 c^levantinscomprenncnifous 

«. ..s Kjtinns que {'aimarquees, 

. . H.iloirci|ui nouscflhipluscon- 

» »aii!le ajouier rHifloire By- 

, . , , ...» iWx ficcks, Pour cclle dos 

,.„ :oiit ce qui s'ell palTe depuls 

, .. SMie ,laPerf«, TAfnque & 

., . <;i>n de Mahomet s'efl eten- 

,..'«, vuesit prefent.Cen'eft pas, 

...i.inii:s'-t^v:tt , qus Ics Mahometans 



DES fiTUDES. lof 

nVient point ^rit , ou que leurs livres roient perdus ; 
U y en 1 de leur Hiftoire feule de quoi faire une biblio- 
thequeenti^re;maisil$neront ni imprimis ni traduits,hors 
deux ou trois qui courent enire ies mains des curieux. Nous 
favons encore que les Chinois ont une tres-longue ruiie 
d'Hillore, dont on nousa donn^ un ^chanrillon en latin de- 
puis environ irente ans. Nous favons que les Indiens oni 
des traditions tr^-anciennes ecrites en une langue pani- 
culiire. On fait quelque chofe dti Mexique & des Incas , 
mais qui ne remonie pas lotn ; & on a depuis deuz cents 
ans une infinite de relations dedivers voyages. Ceft lout 
ce que je connois d'Hilloires. On voit combien c'eft peu 
en comparufon de touie Teiendue de la terre , & de touie 
la fuiiedesliecles;mais il y en aencoretrop pourun feul 
liomine,& c'efl particuli^rement en cette enide qu'il faui 
choiAr & fc borner. 

Premi^remeni , il faui favoir k quoi 5'en lenir dans les 
commencemens de chaque hiftotre , pour ne pasdonner dans 
la fable , en voulani remonter trop haui. La r^gle la plus 
fure , eft dc lenir ponr fufpeft tout ce qui prec^de le temps 
ou chaque naiion a re^u Tufage des lettres. De plus, il &ut 
obferver foigneufement la qu3lii6 & le lemps des Hiftoriens. 
On peui dire en geniral, qu'il n'y a d'hifloiresdignesde foi, 
que celles de& contcmporains , ou de ceux qui oni ^crit fur 
des coniemporains , doni les livres peuvcnt etre venus juf- 
ques a eui , par une tradirion fuivie. Mais quand il y a de 
rinierruption dans une hiftoire, & de grands vides obfcurs, 
touice qui lespr&edcdoit etre fufpefl. Je me contcnicrois 
decct ordre,& dc cesregles generales pour rhiftoire uni- 
verfellei& je renfermerois mon difciple, pourfuvoir quel- 
que detail dans rhiftoire pariiculi^rc de fon pays. Encore 
cette eiudedoit-clle^tre fort diverfement etendue ourclTer- 
lie felon la (|ualite des perfonnes. Un homme de condition 
mediocfe a befoin de fort peu d'hiftoire : celui qui peut avoir 
quelque part aux afTaires publiques en doii favoir beaucoup 
plu*, & un prince n'en peui trop favoir. Uhiftoire de fon 
pays lui faitvoir fes afTdires, & comme lestitresdefamai- 
fon, & celledes payseirangers les plus proches , lui ap- 
prcnd les aflaires dcs fes voifins , qui font toujouis melecs 
avec les fiennei. Touiefois, comme il a beaucoup d'autres 
choOetilavoir, & que }a capacitede Tefprit humain eft bor- 
G iij 



fioi DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

nee»il faut qu'il etudie principalement rhiftoiredefonpay^ 
& de fa mailbn , & quUl fache plus en detail ce qui eft le plus 
proche de fon temps. Je voudrois ^ proportion que chaque 
feigneur fut bien Thifloire de fa famille , & que chaque par* 
ticulier (ut mieux celle de fa province & de fa ville, que du 
ireAe. Le livre de la Gen^fe efi un parfait mod^Ie du choix 
que chacun doit faire dans Terude de THiAoire. Moyfe y a 
renferme tous les faits qu il etoit utile aux Ifraelites de fa« 
voir , s'etendant principalementfurlesplus importans:com« 
me la crearion , le peche du premier homme , le deluge &c 
rhifloire des parriarches , a qui Dieu avoit fait des promef- 
^in, X. fes qu*il alloit executer. II ne laiife pas d'y marquer rori- 
gine de routes les nations, & de s'etendre plus ou moins fur 
leur hi{loire, felon qu'ellesavoient plus ou moins de rapr 
port au peuple pour qui il ecrivoit. Que (i Ton veut un 
abrege qui ne ferve qu a rafraichir la memoire , on en ^ 
Texemple dans le premier chapirre des Paralipom^nes , ou 
les feuls noms mis de fuite , rappellent toute rhiftoire de U 
Genefe. II eft toutefois a fouhaiter , quoiqu'il ne foit pasne* 
f efiaire» quetousceux qui en ont le loifir» lifent les princir 

!>aux HiAoriens Grecs & Romains. U y a a profiter & pour 
a morale & pour T^loquence. Car en y apportant lecorreo- 
tif que j'ai marque^es exemples des plus grandes aSions & 
de la bonne conduite des Anciens peuventetre fort utiles; 
& la mani^re d'ecrire des Hiftoriens peut nous fervir beaur 
coup , & pour la methode & ppur le ftyle , (i nous favons Ie$ 
imiter. Ainfi il vaudra bien autant s-exercer a la langue Lati- 
ne, en lifant desHiftoriens, que d*autres Auteurs^ puifqu*oq 
ne ia peut apprendre fans lire beaucoup. 

y%\X. A P R i^ s 1 'hiftoire des moeurs & des adions de$ hommes ^ 
Hiftoirc na- jf\. Tetude la plus utile , ce me femble , eft Thiftoire na- 
^^^^ '/ turelle. Je comprends fous ce nom tbutes lesconnoiiTances 
pofitiyes & fondees fur Texperience , qui regardent la conf- 
truAion de Tunivers , & de toures fes parties , autant qu*en 
a befoin un homme qui ne doit Stre ni Aftronom^, ni Mi- 
decin , ni Phyficien de profeflion. Car encore ne faut-il pa^ 
ignorer tout-afait ce que c*eft qiie ce monde oii nous habi-* 
tons , ces plantes & ces animaux qui tious nQurriiTent ; ce que 
fiousfommes nous-memes. JefaisbienquelaconnoiiTancedq 
sous m^m^s ^St la plus necefiair^ de^outes.Mais c*eft I4 coa** 



1 

i 



D E S e T U D E S. . iO( 

<fK>lfiance it rame que je rappone ^ U logique & A la morale* 
Pour Iecorp5,coiiiinenou$legouvemonsbieninoinsparls 
connoidance que par une volonte aveugle , qui ed fuivie det 
mouveinens qui d^pendent de nous, fans que nous conncnf- 
fions les reflbrts & les machines qui en font les caufes pro- 
chaines.la connoiflanceparticuliereHefafltufiure ne nous 
iiert gueres que pour en admirer l'Auteur , qui n'ef^ pasmoins 
admirable dans les autres animaux & dans les autres partles 
ie la nature. II eA vrai que nous dcvons ^tre plus touch^ 
de ce que nous irouvons en nous-mcmes.D'3illeurs lacon- 
noiJrance de notre corps ell fort utile pour cntcndre les paf' 
fions, leurs caufes &. leurs remedes, qui ell unegrande par- 
lie de la morale ; & pour difcerner ce qui e& propre a con- 
ferver la fant^ de ce qui lui eA contraire , qui eft uae dei 
^des que j'ai oiarqu^es entre les plus neceflaires. 

Cetie hiiloire naturelle, ou phy&que pofitive, compren- 
droit donc la cofmographie & ranatomie. Par la Cofina- 
^jpiw,i'entendslefyftemedu monde, ladifpofiiiondesaf- 
trcsrleursdifLinces, leurs grandeurs, teurs mouvemens, 
fuivant lei dernieres obfervations des AAronomes les plus 
txaQi, s'en rapportant k eux comme k des experts dignes de 
foi, fans examiner leurs preuves. J'y comprends aufli les 
meieores , non pour en chercher les caufes , mais feulement 
pour connoitreIesfaii£:ladefcriptionde laierre.non pas 
tant de la furface , quiregardelageographie.&ferapporte 
a rhidoire morale , que de fa profondeur , & des diflorens 
corps qu'el]e contient. II fembled'abord que ces connoilTin- 
ces ne foient que de pure curiofitC' ; mais elles font en effet 
fort utilespour eleverrefprit & lui donner de retendue.four- 
iiir des idecs juJles dclaragefleinfinic&dela toutepulfTance 
deDieu.denoirefolblelTc&delapetiiciredotoutesleschorca 
bumaines.SousIenomd'^njfOfnff,)ecomprendsccIlcdesp1an- 
tes auffi-bien que celle desanimauK ; & fans fc repandre dans 
lacuriofite , qiii n'a point de borncs, }e voudrois quomon 
difciplc connijt bien les animaux de fon pays, les plus fa- 
meusdespays etrangers , & Jes piantes lcs plus d'u(af e : qu'il 
Jui diflinpuer Ics principalesparties d'uneplante& d'iin ani- 
m3l;qu'ilvitcomnienttouscescorpsvivan«renourrifrent & 
feconfer%'ent ;mais particuli^rement qu'il vit la firuflurcad- 
mirabIedesreirortsquifontmouvoirIesanimaux;jedisceque 
J'oa cn touche au doigt , c'eft a- dire les 05 & lei mufclcs. Ua 
G iv 




104 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 
pourroit, ruivantfonloiGr&rongenie,poufler ceneeiude 
juifjuesa la connoifllince <les arts, tfui emploient des machi- 
nestor(ingenieules,ouquiproduirentdeschangemenscon- 
(iderables dans le» corps nsturcls, comme la chimie, la fonte 
des nieiaux , la verrerk , la pelteterie , la leinture. 

J£ meis cntore la ^eometrie au nombre des etudes les 
plus utiles a tout le monde ; en eSet, etle ne coniient 
pas leulcLDcDt les principes de plufieurs arts rres-utiles, 
coutme lc^ mechaniqu^s , larpenijge, la tngonometrie * 
la t;iiomoiuque , Carchitefture touie eniiere , &. partici>- 
lierifinent la tortiticanon de li grand utage aujourd'hui , 
mais t^lle lorme lelprit en general, & foriifie exireme- 
meiit b raiioti ; ell« accounime a ne fe pas conienter des 
at>^jii;ut;cs , a chercber des preuves folides , a ne fe point 
arrcter taut que ron peut douter avec la moindre vraiiera- 
bluiike , Si a difcerner ainli les raifons convaincanies & 
uemoiulratives , d'avec les fimples probabilites : elle feroit 
lian^ereufe toutefois , fi elle n'etoit precedee de la logique, 
leile que je l'ai marquee entre les etudes necefliires , car 
c eA de cette logique qu'i[ faut prendre les grandes regles 
de Tevidence, dela certirude & de la demonflration , pour 
ne pos croire qu'il n'y ait que des chofes fenlibles & ima- 
ginables, comme font les objets de la geometrie que nous 
coniioiiSons clairement; qu'il n'j' aii des raifonnemens 
cei tains que touchant le rappori des angles & des lignes , 
ou les proporiions des nombres, & qu'il faille chercber 
en loutes matieres la meme efpece de certitude ; mais 
quand on aura fonde ces dillin^ions & ces regles gen6- 
rjles par une bonne logique, la geometrie fournira un 
gijiid eiiercicc de definir , de divifer & de raifonner. 

SU R la hn des enides , comme depuis Tage de quatorze 
_ uu quinze ans , ou plus lard encore , a proporiion de 
l\.;^nt & du loifir de recolier , on pourroit loi faire con- 
ni. iiie ks regies les plus folides de !a veritable eloquence ; 
k- ;ic propofe pas ceiie iiude comme neceffaire , parce quc 
!i>.i pcut, fans etre cloquent, etre homme.de bien & 
lu.-uii; C'tre habile iufqu'4 un certain point, & que Telo- 
qu>.-iice d^pend pour le moins autant du naturel que de 
l'«iude. U &ut wtuefois avouer qu'eUe eft d'uoe grande 



k 



D E S £ T U D E S. loi 

Qtiliie , & que c'efl e!Ie qui faii reullir , pour rordinarre , 
les affaires les plus grandes & les plus difEciles ; car j^ n'en- 
tends pas tci par £l^iuact ou Rhitoritfue ce que Ton eniend 
4'ordinaire , abufant d'un nom que les pedans & les decla- 
naieurs ont decrii, je n'entend£ pas , disje, ce qui fait 
&ife ces harangues de c^remonies , & ces autres difcours 
^dies qui chatouillent Toreille en pafTant, & ne font le 
plus fouvent (]u'ennuyer ; j'entends l'art de perfuader effec- 
tivemeni, foit que Ton parle en public ou en particulier ; 
i'enteiM]s ce qui faii qu'un Avocat gagne plus de caufes 
qu'uii autre ; qu'un PrMcateur, humainement parlant, 
b\t plus de converfions ; qu'un MagiHrat ell le plus fort 
dans les delibcrations de fa compagnie ; qu'un Negociateur 
£ut un traite avantageux pour fon Prince ; qu'un Miniilre 
domine dans les confeils ; en un inot , ce qui faii qu'un 
Aomme fe rend maitre des efprits par la parole : je fais bien 
que fouvent ceux qui reufTiCreni dans les plus grandes af- 
faires, ont plus de laleni naiurel & d'exp£rience que d'etude; 
maisje nedoutepointqu^eileneleurfijttr^s-utiie, i!sn'en 
auroienipasmoinscebeaunaiurel&cegrand ufage, & ils 
auroieat de plus quelques regies un peu p1us>fiires, & les 
exemples des plus grands hommes de rantiquite. Un Prince 
ou un Miniilre d'£iat, qui auroit eie alTez bien eleve pour fe 
familiarifer des fa jeunefle avec Ciceron , Demoflh^nes fic 
Thucydides, auroit un grand pUifir a les relire en ige 
inur , & en tireroit un grand profit ; mais ces auteurs de- 
meurent imitiles & meprif<;s pour l'ordinaire , faute de 
lefieurs proportionnes : on les faii lire a dcs enfansqui n'en- 
tendroient pas meme en Fran^ois des difcours femblables, 
faute d'experiencc des chofes de la vie, & d'aiceniion^ur 
aflaires ferieufes ; ou fi dcs hommes les lifeni , ce font det 
(avans de proftllion, dcs Regirns, des Pretres, dcs Reli- 
giein eloignes du commerce du monde , & remplis d'id^es 
toutes differcntes de celles qui occupoieni ces Aureurs. 
Ciceron & Demoflhenes^ioicnides hommes nourris dans 
Iemonde& djnslcsafEiires. IIss'i;levercni par leur merite 
bcaucoup au defTus de leur nailTjnce, qui lotiicfois eioit 
honnete, feion les mceurs dc leur nation, & ilsarriverenc 
a la plus grande puifTance que Ton piit avoir dans leurs re- 
publiques. Ciccron fut Conllil, c'cft a-dire quc pendant 
unc annee U ^ a la tcte d'un empiie aufli grand que douze 



ri©(5 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

loyaumes » comme ccux que nous voyons en Europe. D 
gouverna une province, il commanda des troupes, il etoi^ 
^l endignite a C^rar& ^ Pomp6e ; des rois lui faifoient la 
cour; cependant, parce qu*on a lu ces Auteurs dans les 
ctafles , il en reAe fouvent une id^e d^fagreable; parce que 
. Ton voit qu'ils plaidoient des caufes, on les prend pour 

SU ' ^^^ Avocats comme les notres , & on ne confidere pas que 

Cefarplaidoitaufli» & pouvoitdifputerdereloquenceaveQ 
• Ciceron : d*ailleurs on voic quantiti de gens qui les etudient 
toute leur vie fans en devenir plus propres au monde & aux 
affaires « & on ne prend pas garde qu*ils n*y cherchent que 
le iangage ou les figures de rhetorique, pour les copier fou- 
vent mal a propos , & qu'ils n*y cherchent rien moins que 
la maniere de traiter les grandes ai&ires. 

PIus l'ecoIier faura de chofes & aura le raifonnemene 
ibrme , plus il fera capable de cette etude d*eIoquence , car 
elle ne fait que donner la forme au difcours; il faut que 1q 
bon fens & Texperience en fourniiTent la matiere : )*atten- 
drois donc qu*un jeune homme ei^t des penfees & put diro 
quelque chofe de lui-meme, pour lui montrer la manierQ 
de ledire ; je ne laiiferois pasde jeter de loin les fondemens 
de cet art : premi^rement , j*en etablirois la morale , & je lui 
ferois entendre , auflitot qu*il en feroit capable , que rdo* 
quence eft une bonne qualiti, n*etant que la perfe6Uon de 
la parole; que comme la parole nous e(l donnee pour dire 
la verite , Teloquence nous eft donn6e pour faire valoir la 
v6rite & Tempecher d*etre etouffee par les mauvais artifices 
de ceux qui la combattent , ou par la mauvaife difpofitioa 
de ceux qui Tecoutent ; que c*eA abufer de Teloquence que 
de la faire fervir k fes interets & ^ fes paflions , quoiquo 
F. Ptai, Ciceron & la plupart des Orateurs en aient vSi de la forte \ 

^S* que fon ufage I^gitime eft de perfuader aux hommes ce qui 

Jtueufi' '^"^ ^^ veritablement bon, & principalement ce qui peut 

i>»HrXhri/!. les reudre meilleurs» leur peignant vivement Thorreur du 

'*^' 5« *• »• vice & la beaut^ de la verru , comme ont fait les Prophetes 
& les Pires de rEglife ; voila ce que j*appclle la Moralc 
dt reloquenci, 

L*art confifte a favoir bien parler & bien ecrire , en tou- 
tes les rencontres de la vie , non-feulement dans les adHons 
publiques , comme ces harangues qui ne fe font que pour 
latisfaure acertaincs formalites , mais dansles d^Ub/erations» 




DESiTUDES. lo^ 

jbni \es affiiires ordinaires , dani 1« runples converfationsi ■ 

Jiivoir faire une relacion , ecrire une lerrre ; rout cela eft 

mariure deloquence i proporiion du fujet. Pouren montrer 

le rccret , je voudrois principalement employcr lei exem- 

ple$& resercice. Lesexcmples fe prendroient dans Qc^ 

ron , ou mifoe dans Demo^henes , felon les langues que 

le difciple fauroir. Sllnefavoir poimdeLaiin, on pourroii 

ie fervir des rradudions de Ciceron , ou de quelque boa 

livre modeme , comme les lecires du Cardinal d'Ofiat , 

ifu font pleines d'e]oquence folide , par oii Ton riulBr dant 

Jes a&ires. Ces exemples ferviroieni a donner aux pr^* 

ceptes , du corps & de ragremeni. Car det preceptes tous 4. D»3. 

&uls,dono£scng^neraI , feront toujourt fecs &lleri]es ; Cluifi.t.%» 

& cooimc dic S. AuguHin , un beau naiurel acquerra plu- 

tdt reloquence, cnlilaniou enecourant des difcoursdo- 

quens , qu'en ^tudiant des pr^ceptes de Teloquence. On 

pourra proliter de toutes forres de le^ures , on trouvera 

par-tout des exemples de ce qu'il faut fuivre ou de ce qu'il 

£iui eviter; & cei exercice fervira encore pour fonner le 

jugement du difciple, Car il faut raccoutumer k juger de ce 

qutl lit , & a rendre raifon pourquoi il le trouve bon ou 

inauvais.Ces raifons font loui Tart de la rhitonque; il 

p'a 4ti forme que fur les exemples , en obfervant ce qui ^"fi\ \- <■*<• 

perfuadoit & ce qui nuifoit k la perfuafion , & s'en faifant ""' *" 

des r^cs , aiin de oe le pas faire feulcment par hafard ou 

par habirude. Non-feutement la ledure , mais lcs convcr- 

lattons & les difcours les plus communs de la vie font de 

bonnes lc^ons d'eloquence. Cesexemples vivans & fami- 

liers ferviront pluc ^ la rendre folide & efieflive , que les 

livres & toui ce qui fent Tecole. 11 eA donc important d'ap- 

prendre a un jeune homme a en profiier , & de lui hxxe 

etudier fur le naturel toui Tart du difcours. Faites-Iui re- 

marqucr les adrefTes que les gens les plus groHiers emploient 

pour faire valoir leurs inierets ; avec quelle force les paf- 

fiont font parler . & quelle varieie de figures elles four- 

oiflcnt ; eofin , comment la voii , le geAe , toui rextericur 

«ft proportionne au mouvement de celui qui parle. Ce$ 

rxemples font plu« forts dans les perfonnes exercees awc 

afiires , quc dans les auires ; a la ville , qu'a la campa- 

£iie ; i ia cour , qu'a la ville ; & les figures Ibnt plus vives k 

(Uns lesfeounei quedanslesfaoinmes. 



fio« DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

L*autre moyen pour apprendre cet art , qui eft rexercice;? 
doit confifter non-feulement i ecrire » mais k parler. Je 
voudrois que cet exercice fe fit toujours en Fran^ois » queK 
que bien que Tecolier (ut le Latin. CeA afTez qu*il foit oc- 
cupi a bien parler,fans Tappliquer encore a une langue 
qui ne lui eft pas naturelle. 11 eft ^ craindre qu'il ne force 
fes penfees , faute de les favoir exprimer afTez jufte , ou pour 
nepas perdre quelquebelle periode de Ciceron : s*il traite \m 
fujet antique , il tranfcrira peut etre, fans les entendre , des 
phrafes des Auteurs qu*il aura lus ; & (i le fujet eft moder* 
ne , il fera embarraffe d*en parler en Latin ; car ^tant accou- 
tumi k ne parler qu*a des Grecs ou a des Romains , il fera 
tout diconcert^ quand il faudra parler a des hommes 
portant des chapeaux & des perruques , & traiter des in- 
t^rets de la France & de TAUemagne , ou il n*y a ni tribune 
aux harangues , ni comices , ni Confuls. Qu*il ecrive donc 
en fa langue , premierement des narrations , des lettres , & 
d*autres pi^es faciles. Qu'il faffe enfuite quelque 61oge 
d*un grand homme , quelque lieucommun de morale , mais 
folide , fans galimatias , ni penfees fauiTes ; qu'il exprime 
f(6rieufement fes veritables fentimens. Enfin , quand il fera 
plus avance , qu'il ecrive des difcours entiers , comme des 
deliberations fur les hifloiresqu*iIauraIues , & fur les fu- 
jetsqu*il faura le mieux, afin qu*il tire autant qu*il pourra 
toutes fes preuves des circonflances de raffaire , ^vitant les 
difcours vagues & generaux. Ces compofitions ^crites , 
accoutument les jeunes gens k s*appliquer , k fixer leurs 
penfees , k choifir les meilleures & les arranger ; k faire des 
p6riodes , & y obferver le tour & la mefure qui contente 
Toreille; en un mot k parler exadement. L*exercice de par- 
ler les accoutumera k parler aifement de fuite , fans cher- 
cher , fans hefiter, ni fe reprendre ; a etre hardis & attenti£i. 
Or, par cet exercice de parler , je n^entends pas tant ce que 
Ton appelle Didamation , qui n*efl d'ufage tout au plus que 
pour ceux qui doivent un jour parler en public , que des 
difcours familiers , fuivis & foutenus , comme font ceux 
^QS gens qui parlent bien d*af}aires , ou qui content bien 
une hifloire en converfation. Voila ce que j*appelle 
Rhitoriqut, 



1 



D E S £ T U D E S. 10$ 

QUe (i votre difciple a un genie extraordinaire , vous XXXIt; 
pouvez le poufler jufques a la poefie , qui n*efi en Po^U^p^^ 
elfet qu*une eloquence plus fublime. Je ne crois pas que 
ron en doive enfeigner Tart i beaucoup de gens , puifqu'il 
eft bien plus important qu*il n*y ait point de mechans Poe- 
tes , qu*il n*efi n^ceflaire qu*il y ait des Poetes ; & il eft inu- 
cile de Tenfeigner a des enfans , puifque pour y reuifir , 
toute la force de Tefprit eft neceflaire. Car il ne faut pas 
prendre la verfification pour la poefie , ni croire que la 
po^iie ne foit qu*un jeu » nous r^glant fur les exemples 
modernes. Pour en voir le v^ritable carad^re , il faut re- 
monter )ufques i Sophocles & a Hom^re. On verra une 
poMe tris-ferieufe & tr^-agreable tout enfemble , propre 
a former le jugemem pour la conduite de la vie , & pleine 
des inftrudions les plus n^ceflaires i ceux pour qui elle itoit 
£ute ; c'e6ri'dire de leur religion & de rhiftoire de leur 
pays. On verra la meme chofe dans Pindare , & dans tous 
lesautres Poetes Grecs. Les Latins n*ont fait que lesimiter. 
U eft vrai qu^Homire & Pindare , qui ont fi bien entendu 
cet art, Tont employi a fomenter Tidol^trie , & ji fe faire 
pafler ,par une impofiure criminelle ,pour des hommesi nf- 
pires & desProph^tes, fans parler de TimperfeSion de leur 
norale : de forte quepour trouver une poefie pure , itablie 
fur unfondement foiide , oii Ton puiiTe gouter en furet^ le 
plaifir que pcutdonner le langage des hommes , il faut re- 
monterjufques aux cantiques de Moyfe , de David , & des 
imres vrais Prophetes. C*eft-Iik qu*il faut prendre la v^ri- 
table idee de la poefie.ElIe confifte , ce me femble , a rendre 
agreables & touchantes les verit^s les plus neceflaires pour 
fbnner ta conduite deshommes, & les rendre heureux , & 
i employer pour une fin fi noble tout ce que Tefprit hu- 
main a de plusfort , de pkis fublime , de pius brillant, tout 
ce que la parole a de plus exprefllf & de plus propre , touc 
ce que le fon de la voix a de plus harmonieux & de plus 
paffionne. Ce n*eft donc pas un jeu d^enfans , & c*eft abu- 
ier miferablement de ces beaux talens , quand Dieu nous 
ks donne, que de ne les employer qu*a des fujets mauvais 
ou inutiles. On devroit plutot travailler i r^concilier le bel 
efprit avec le bon fens , & avec la vertu. 

11 ne faudroit pas beaucoup de preceptes de poetique k 



^16 DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 

un homine qui faurolt ceux d^ T^loqjence : il n*y auroij 
gii^res que des exceptions i donner » en marquant jufqHes oii 
la poefie s'il^ve , & ce qu*elle retranche des difcours or- 
dinaires. Le plus neceiTaire feroit de montrer les diSerens 
cara£teres de fes ouvrages. Ce que c'eftqu*une Ode , qu*une' 
Hymnt y une £Ugie « une Eglogue , & ainft des autres ^ lesr 
r^glant fur les mod^les des Anciens , principalement de9 
Grecs, &faifant voir comment nou9 les pouvons imiter. 
Pour les r^gles de la verfification , c'eft une aftaire de peu 
de le^ons ; & rexercice feul en donne la facilite. Je neparle 
]K>int ici des vers Latins; fi Ton en (ait, ce fera comme un 
exercice de grammaire , pour apprendre la quantit^ , & 
pour avoir plus de mots a choifir en compofant ; & je ne' 
fai fi ce profit vaut la peine que donnent les vers larinsw 
Mais ceux qui veulent pretendre k la poefie , doivent sy 
exercer en leur langue , & ^crire pour leur nation. Au ref- 
te , )e ne voudrois pas d* re que la poetique (ut une connoif- 
fance inutile a tous ceux qui ne font pas nis Poetes , ou qui 
ne veulent pas exercer ce talent. II eft bon que la plupart 
des honn^tes gens fachent juger de la poifie par les virita- 
bles principes ; & pour cela qu*ils connoiifent les caradi* 
res des ouvrages, & les exemples des Anciens. Mais je ne^ 
puis me refoudre a mettre cette etude entre les itudes lesr 
plus utiles dont j*ai parl^ )ufqu'ici. Je la mets feulement au 
rang des curioiites louables , donc )e vais faire le denom* 
brement. 

XXXin. T E compterai donc pour la premi^re de ces curiofit^slsr 
Etudes cu- J poitique en thiorie, & lalefture des Poetes anciens. Ce 
•*' n'eft pas que quand on les entend bien il n*y ait a profiter^ 
particuli^rement des Grecs; maispour leslireavecplaifir^ 
il faut favoir fi bien leur langue , leur mythologie & leur? 
moeurs , que rutiliti ou le plaifir qui en revient , ne me 
femble pas digne de ce travail : vu le grand nombre de con- 
noiflances qui nousfont plus neceifaires. A la po^tique, j^ 
joints la mufique ; je ne dis pasfeulementrexercice de chan^ 
ter , & les regles pourconduire la voix, mais Tart & le^ 
principes de ces r^gles. J*y joints aufti la peinrure , le def* 
iein,& tousles arts qui en dependent. Je compte encor^ 
pour ^tudes curieufes toutes les mathematiques qui vont au^- 
del^des iieoieiis d*arithmetique & de geometrie. J'y com^ 



i? 



O E S fi T U D E S. m 

(mndsla perrpedive & roptique > raArononiie Sc la theo* 
rie des pUneies, la chronologie exafle, la recherche dei 
sniiquiieStCOniDiedes [nedailles& des infcnpiions , la lec- 
turc des voyages, T^ude des langues ; car hors le Latin* 
le rene (t peui metire au rang des curiofites. 

Ce n'eil pas que le Grec ne foit fort utile i tous ceux 
«pii veulent bien favoir les humanites, & principalcmeiU 
•ux Ecclenaftiques. L'Jtalien & rEfpagnol ont tant de rap* 
portau Fran^is,que pour peu que nous ayons de genie 
pour les langues , nousne devonspasles negliger. Pourles 
auires langues etrang^ies, comme TAnglois & rAilemand, 
il n'y a que ruitliic particuli^re qui puiffe en compenfer U 
difficulii. Mus la curiofite la plus dangereuCe en ce genre ^ 
«ft cclle des laognes orieniales. Elle daiie la vanitc , par la 
fingulariic & le prodige. Outre qu'e]Ie marque une profon- 
de ^rudition , parcc que Ton n'apprend d^ordinaire ces lan- 
gues,qu'apr^celles qui foni plus communes. Maisapr^ 
tout , rutilit^ n'ea eft pas alTez grande pour le temps & la 
peinequ'il en coute. Comme les peuples eniiers profitent du 
courage&dela curiolitidcquelquepeu de Voyageurs qia 
om decouvert les pays les plus eloigncs , & du iravail de» 
narchandsquiy iraliquenttousles jours: alnfiil fuffit qu^it 
y ait uo petii nombre de curieux qui , par leurs iraduSions 
& leun extraiis , oous faflent connoitre les tivresdes Ara< 
bes , des Pcrfans , & des autrcs Orientaux. La curiofii^ vi 
plus lotn que ritendue de la m^moire , ou meme de la vie ; 
& entre les curieux memes, il eft i fouhaiier que chacnn 
fe borne a une langue , pour la bien favoir , ou loui au plus 
i deuxou troisquiaiemgrandeh3ifonenfemble,pIu[6tqus 
4'en connoitre un grand nombre imparfaitement. 

J'excepte la langue hibraique, pour le refpeft de Ticri- 
turefainte , qu'il cfi difficile de bien entendre , fans en avoir 
quelqueteinture;& {'edimeuiile i reglire,qu'iIyaitt0U' 
jours pluficurs Eccleftafiiques qui la fachent , quand ce ne 
feroit que pour impofcr filcncc aux her^iiqucs qut veulcnt 
s'cn prevaloir ; & pour travailler i h converfiondesJuifs, 
daof les pays oii il y en a. Mais hors la necclliie dc ceiie 
cootroverfe , je ne voudrois pas m^aniufer a jire beaucoup 
ie Rabins.llyaplusi perdrequ'ag3gneracetie etude.Ne 
noiis laifloDS pas iromper par la vaniie dc favoir ce quo 
fout let autrcs ignorent : voyons a quoi il fert elTeflive: 



:iii DU CHOIX ET DE LA MfeTHODE 

menc. 9il y avoit quelque chofe d*utile dans les Rabins i 
ce feroit les faits & la tradition des anciennes coutumes de 
leur nation ; maisils fontla plupart fi modernes, qu*ileft 
bien difficile de croire qu'i!s aient conferv^ ces traditions. 
II n'y en a gu^res de plusanciens que de cinq cents ans ; ainfi 
quandil n*y auroit quemille ansque leTalmud feroit ecrit, 
il y a toujours plus de cinq cents ans, ou il faut que ces tra- 
ditions fe foientconferv^s , fans ecrire ce qui n'eft gu^res 
vraifemblable. Le temps & le ftyle de leurs livres femble 
montrer qu'ils n*ont ecrit que par emulation des Maho- 
xnetans.Cependant, fi queIqueparticulieravoitaflezd*incIi- 
nation 4 cette forte d'etude pour s'y donner tout entier , |e 
voudrois qu'il s*attachat au Talmud , oii Tontrouvera fans 
doute leurs traditions les plus anciennes & les plus utiles 
pour connoitre les moeurs des Juifs , principalement depuis 
le retour de la captivite , jufques a Tentiere difperAon fous 
les Romains. Mais ce travaii eft trop p^nible & trop ingrat 
pour y exciter beaucoup de gens. 

Une autre etude curieufe , qui peut a voir de*grandes uti- 
lites, eft la theorie des arts & des manufadures diflerentes* 
Je mets en ce meme rang la connoiflance des plantes , non- 
feulement de celles qui font d*ufage , mais de tout ce qui en 
a ete dit , & ainfi des animaux & de toute Thiftoire natu- 
relle a proportion; les experiences de chimie ou des autres 
arts, qui ont fait decouvrir de nouveaux fecrets ; les diSerens 
fyftemesquelesPhilofophes ontinvent^s pour expliquerles 
effetsde la nature ; c*eft-a-dire en un mot , toure Tetendue 
de la phyfique. J'appeIIe tout cela Curiofite : il vaut mieux 
s'y occuper que dedemeurer oifif, ou s*abandonnerau jeu ; 
mais il faut bienfegarder de fe livrer tellement aux curio- 
firis, queronquittelesdevoirseflentielsdelavie, quePon 
n^glige lesaf&ires & les ^tudesplus utiles, quoique moins 
agreables, & que Ton fe prive de Texercice du corps qui 
entretient la fanti , ou du divertiiTement neceifaire pour re- 
lacher Tefprif , & le mettre en etat de s'appliquer aux cho- 
fes utiles. Ceft cette pafTion de curiofite , qui nuit le plus 
aux gens de lettres , quoique d*ailleurs elle ferve fouvent 
pour mener bien loin cerraines connoiiTances. Mais il fuffit 
pour cela de quelquesparticuliersquis*y laiflentemporter. 



Je 




D E S fi T U D E S. tif 

JE faU grande diflerence entrcces curiofit^ louables & xxxiW 
ljonncid'ell« ra-imes, &li.>s etuJjs mauvaifes ou tout- Etuilei inn- 
a-fjit inuriks. J'ainie micujt que i'on (erepofe.quedi; cher- •''*•' 
cherla picrrephilo^bphalejj^aime mieui que Ton ne fache 
rien.quedefavoirle grand oule petit artJe RatmondLuU 
Icqui iiefait rtcnfavoiren effct , & fait queTon croittout 
favoir , parce que Ton fait des alphdbets &i iic% tjbles ou 
ron atrange, fouscertains muis & louscertaines figures, 
desnotions fi generales.que perfonne re les ignore , md- 
tne fans eiude , mais aulli qui ne conduifcnt a rien. Je mets 
i peu prts cn ce rang lout ce qui trompe fous le nom de Phi- 
iofophit \ la phyiique qui ne fait poinr connolire la nature, 
& la mitapliyfique qui ne fen poini ii eclairer refprit , & i 
fonderlet grandsprincipes desfciences. 

L'aftroIogie jurliciaire eft eneore plus meprlfable que U 
niauvaife philofophie , puifqu'elle a moins d'apparence de 
ratfon ; & clle eft bien plus dangereufe , puifqu'elle a pour 
but de coRtioitre ravenir , & qu'elle porte ceux qui y 
croient areglcrleur conduite fur fet lutnieres irompeufes: 
malgre les defenfes expreiTos de la Loi de Dleu qui condam- Dtau «vlii. 
re en general toure foric de divination , & en pariiculier "■ 
la crainte des fignes du ciel. Cependanr il n'y a que tropde * *' *' 
gens qui s'en (ailTent enchanicr ; & peut-etrc la defenfe y 
coniribue-t-ellc. Car ce ne font pas les efprits Ii;s mieux 
faits, ni les plus gens de bien qui s'y amufent. II eH vrai 
({u'elle n'cft pas criminelle quand on la ridutt a predira 
les changemens des faifons , & loui ce qui depend du moU- 
\ement de U maciere ; mais en ce!a mdme elle cft faulte & 
iropeninente,puifqu'clle raifonne furdes princrpes etablis 
d fantatCc, & qui n'ont aucun fondemcnt fur la raifon ou 
fur resperience, ni aucune liaifon avec les confijquenecs 
quc Ton cntire. Telle eft encore la chiromincie qui s'ar- 
rSteauxlignesdudedansdes mains; & jene fjispourquoi 
oiin'apasau(riraifonne fur celle despieds, fi ce n'eft par- 
ce qu'Ll n'eft pas fi commode d'y regarder. 

Ce font des reftes des ani:iennes fuperftitions : car toute 
la divination des payens 6ioii de cette naiurc. Ils obfer- .Topli (SW/ 
voient les dirers mouvemens de !a flamme allumej fur un 'J"'* 
autel , c« qu'ils nommoicnt PynKnjncU ; ils teg.irJoient la 
coflfonnaKon & rarrangtaiMt de> eotnillcs de leurs vidi- 
Tmm lU H 




71* DU CHOIX ET DE LA MfiTHODE 
mts, & c'etotif'an(lesanirptces: lesaugtiresobrerroieirf 
1« vol iles oilcauz, Icur chaor, leur maiiiere de manger : 
d'auiref devins oblervoient lei prodiges , foit quela namre 
en produisii etf^^vement , foit qu'lls ti&ni vatoir cetiui n'^ 
toit pai fort cxtrtiordinaire, carla luperffition faifoit preo- 
dregarHea toui; fil'onavoitrencontreuncbiennoir,lioo 
avoit irouveunferpent,!! i'ofl setoii chau£e detravers, 
& milleauires accitlens lendtlables, k quoi nous aucioi» 
Thtophr. ptine a croire que Ton fe lut arrete, 11 Les livres des Ai^ 
CharaH. /«- cfEn« ti'cr faifotent foi , & 11 nous n'en voyions encore de» 
^Terat ^^^^- " y *n avoit qui expliquoieni les fongcs ; cl'aiitre» 
ncrm. «fl, qui diHinguoient les jours heureur & maUieuroix. Une tn- 
^•fi- 4* finite de gens vivoient de ce metier dedeviner.il yenarott 
nne inlinite de livres ; c'etoit une etude tres-longue & tres* 
(fiflicile. Car comme elle n'etoit fondee que fur ropimoii 
des hommes, & fur de pretendues ezperiences, eUe nepou- 
voit avoir rien de cenain. Cet art de divination fe foute- 
nott, comme le refle de Tidol&irie , par le refpefl de 1'an.- 
tiquite,cariletoiiir^s-3ncien dans le moiide. Les Homatns 
& les Crecs ravoient appris des Egyptiens , des Chaldecns 
& desanrresOrientauT , & la religion rauiorifott. Le Ctuif- 
tiantfme i'avoit entierement decrie ; mais les Mahoineiaia 
& les /uifs ont recueilli avec grand foin ce qui ea refloitB 
& dans les livres, & daus la memoire des hammes: ilsy 
(oM fort adonnes encore aujourd^hui , 8i les Indlens idoIS- 
tres encore plus. Entre les naiions Chretiennes , celles qui 
ont le plus de croyance a ces impo&ires , font ceUes qui 
cultivent le moins les bonnes lertres, car rien a'edphis 
propre k en d^fabufer que Titude de la phyHque St de la 
▼raie aftronomie. 

II faot encore compter entrc le» etudes pemicieufes^ 
tout ce qui s'appe!le Magu , tneme naiurelle , 8e que Ton Ciit 
confilTer dans des fympathies & des rapports enire certains 
fiombres, certaines figures & cerrains corps nanirels ; encre 
les allrcs & les metaux ou les plantes, ou ks parties du 
eofpshiimain;enun mot, toutes lesreveriesde la Cabaie. 
Jenensau(7tqu'ileflindigne d'un honn^te homme d^appren- 
i jouer des gobelet*, ou a faire de ces rours d'adre(!e qul 
fomadmirerlescharlatans. Pouriesbienfaire, il fauiyetre 
fort eterce,& lc plaifir que Tonen tire,ne peui jamaisvalotr 
I» KiDps qtw roay owL i'eq (Urns volofltieri autam de tous 




t>ES fitUDES. »|y 

icst™xredentaires(]uidenian(lentuneidleappliC3tion,quV 
pris y avoir joue quelque lemps , la t^te en ed fjti(i;u^e ; 
carcefontd'«rangesdivertiffemensque ceuiaprcs lelquels 
on 3 befoin de fe divertir La gloire de bien jouer aux echecSj 
ne vaui pas, ce me femble, cette applitation, qui, itant 
bien employee, pourroii nous acquerir dcs connoiffances 
folides; SiSi ceus qulontdc rcfprit & dii loiftr donnoient 
a qtielquc efpece d'etude, felon leurgoiit, une pariie de 
cc grand temps qu'il faui donner aux jeiix pour les favoir 
en pcrfefiion , il leur en refleroit plus d'uiiliie & peut ^ire 
ne Uifferoient-iU pas d'avoir du phifir. Les ancierts Grecs 
& les anciens Romains ne laiffoient pas de vivre agreable- 
nent, iouani beaucoup moins & donnani beaucoup plus a 
la converfation & a la ledure. Mais la coutume rempone^ 
& ron jotie plus pat iuterSt que par plaifir. 

APRts avoif parcouru toutes les ciudes ou Ton peut XXXV, 
i'appliquerpendaatla jeuneire,avantd'etre determine Ordre det 
i une profcflion , jc crois neceflaire de marquer a quel 3ge . '" |" j' "" 
je voudrois les placcr , & coi.'^inen[ on pourroii menager 
liMii le tcmpsdepuis la plus lendre enfance , jufqu'au teinps 
d^entrCT dans le monde & dans les affai.-es. Premi^remeni, 
il d^i y avoir toujours plufieurs eiudet qui r^gnent cn 
n^nK teinps. /c Tai marqje en divers endroiis de ce dtf- 
coun, comme quand j'ai dit que la morale, la logique^ 
]*h:lloire, reconomique devoient commencer , fitut qu'uii 
enfjnt eflcapable d^entendre ce quon lui dir : quoiqu'it 
faille, felon lei iges, y gdrder de« meihodes liien diffe- 
fenies. J'ai parli de meme, a proportion, de la Grammaire^ 
de rArithineiique , de la Juriiprudcnce & Ae h Rhetoriquc,- 
& il faut rcniendre des auires eiude» & des eter^ices dii 
corpf qui doiventfe faireaudien memciemp!i. Quefiquel- 
<]u'iin s'eo cronne , je le prie de cor.fiJerer que !es enfdn* 
^iOent cn mime leraps par Tame & par le corps , & par les 
diverfcs &culiei dc Tame que Ton culiive par ces differen- 
(eseiudes. lls eiercent lout cnfemble la volome , la raifon ,- 
la mcDioire , rimaginaiion. Si on fepare les eiudes , il ell ii: 
craindre que les mceurs ne fe corrompeni, tandis que ron 
ne caltiveraque fa m^moirci & que pendant que Ton s'oc- 
cupe au langage , le raifonnemeni ne s'e^are. II fer.i tron lard 
tj nTCiRr quand las iMavaires babiiudi;s fi:ront fomMS* 




,-l::.,. p„ ;. r.,. 



DES feTUDES. 117 

II reroit temps 3 douze ans de travailler a former le juge- 
■nent, & aconduire larairon par la Iogique,accoutumant 
sj bicn divifer & a bien definir , & a faire des refl>:xions fur 
ibs pi^nii^es. Ced autn le tcmps d'apprendre les demonftra- 
tions dt la geomeirie , & dcs autres pyties dc maihemati- 
ques que lccolier doiifavoir. D'ailleurs, il faut le frfire 
bcaucoup lire, & 1'exercer k juger dcs Autcurs , & il faut 
commencer alors, ou plutdt, s'ilfe peut, a expliqucrles 
tcrmes&lei principales maximes de la juriCprudence. A 
quinze ans, fi vous n'etes prefTe, il fcra alTuz tflt d'enfei- 
gner la rhetorique , quoique vous puilliez dos auparavant 
^prouver le genie de votie difciple par diverfes petites com- 
pofitions , en rexcr^ant a la grammaire , & lui faifant redi- 
ger let hifl(»rcs i]u'il doit le mieux favoir ; ellcs lui forme- 
root toujours le ftyle. Cefl aulTi cbns ces dernieres annces. 
des etudes, qu'il doif apprendre pllis exaflemcnt ce qu'il 
n'aura fait encore qu'eb3ucher , comme la juiifprudcnce & 
la policique , sll eft de condition a s'en ri;rvir , & la morale 
qu'i[ luiflUtClireapprofondir, t'il cflpoflible , jurqiiesaux 
premiers principes. On peut encore referver 3 ceite fin dcs 
ctudes, celles qui tiennent plus de lacurioliic, comme I2 
poefie , la phyfique , TaHronomie , afin d'y donner plus ou 
inoiils felon le loifir & rinclinaiion. Voila Tordre de mena- 
ger les eiudes felon les ^ges , qui nie femble le plus commo- 
de : je lai bien qu'il cH impolTible d'en prefcrire un qul con- 
Vienitei tous les enfans , & quilpeut y avoir detrcs-gran- 
des differences par la diverfite des efpriis qui $'jvanccnt 
plusou moins; des condiiions qui donn-^nt pjus ou motn& 
deloifir, & demandent plusou moins d^ctudes; enfin,de 
b fame & des rencontrcs dc la vie : mais jai cru qu'il ne fe- 
Toit pas inutilc d'en tracer groiricrcmeni un pLn, fur le- 
quclonpijt prendre fes mefutcs z peu pres. 

IL eft encore n^eSaire de m'expliquer fur les etudes des jfvvyf 
filles.dont i'ai touche quelque chofc en divers endroiis. Ettdc* lUg 
Ce fera fans doute un grand paraJoxe, qu'eI1esdoiven( tcmiBctt 
apprendre autre chofe que leur caitchifme, lacouiure & 
divers pcrits ouvrages ; chanier, danfer , & s'hdbiller a la 
mode, fairc bien la rcverencc, & pariec civili^ment ; car 
voila cn quoi ron falt conGllcr, pour rordinaire, toute 
kur educatioa. 11 ell vroi qu'elle$ n'oni pas bdoin de la. 

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D ES fe T U D E S; ii^ 

flonc tT^tmpomnt qu'elles connoifTeiit de bonne heure 
la religion auffi folide , auffi grande , auffi ferieufe quVlle 
c(l : nuis Ti elles foni favanies , il ell i craindre qu'elles ne - 
veuillent dogmatifer , & qu'e]Ie$ ne donnent dans les nou- 
velles opinioDS , s^il s'en trouve de leur temps. II faut doac 
fe contentcr de leur apprendre les dogmes communs , fans 
cntrcr daos b thiologie , & travailler fur-tout i la moralct 
leurinfpirant les vemisquileurconviennentleplus, coni- 
me la douceur & la modellie , la foumiHion , ramour de Ii 
remite , rhumilit^ , & celles dont leur tempirament let 
^oigne le plus , comme la forcc , la fermet^ , la patienc& 
Pour 1'efpht, il faut les exercer de bonne heure i penfer 
de fuite , & i raifonner folidement fur les fujets ordinairei 
«{ui peuvent ^trc i leur ufage ; leur apprenant le plus eflen- 
tiel de la k^que , fans les charger de grands mois qui puif- 
fcnt donner mariire i la vaniti. Pour le corps , il n'y a 
gu^res d'esercices qui leur conviennent, que de mrircher ; 
maisiouslespreceptcsdefantique j'at marquis leurcon- 
viennent, & cefontellesqui enonileplusdebefoin.puif- 
({u'elles font les plus fujettes a fe flatter en cetie matiire & 
i fe 6urc honneur de leurs [naladies & de leurs foiblefles. Lx 
fanti & la vigueur des femmes ell imporianie i tout le 
Dionde , puifqu'elles font les m^res des gar^ns , aufli-bicn 
que des filles. U eft bon aufli qu'elles fachent les rem^des les 
plus fadles des maux ordinaires ; car elles foni ibrt pro- 
pres k les pr^arer dans les maifons , & i prendre foio dei 
malades. La grafninaire ne confiAera pour elles qu'a lire & 
ecrire, & compofer correflement en fran^ois une lettre , 
un m^oire, oa quelque autre pi^ce a leur ufage. L'ariih- 
mettque pratiquc leur fuffit , mais elle ne leur cA pas moins 
neceflaire qu'auKhommes, & ellesont encore plusbefoia 
dc reconomique , puifqu^elles font dcAin^es i s'y appliquer 
davantage, au inoins i entrer plus dans le ditail. Aufli a-t-oii 
aflez de foin de les inflruire du menage ; mais il feroita fou- 
haiter qu^il y cmr^ un peu plus de raifon & de r^flexion , 
pour reinedier i deux maux tr^-communs, la petiidfe d'ef- 
prit & Tavance dans lcs femmes mcnageres , & d'un autre 
coiela faineantife& le dedain, dans cellesqui pretendent 
aubeleipril.il ferviroit bcaucoupdc leur fjire comprcndre 
<le bonne heuTe, que laplusdigneoccupation d'unefem- 
ac e&k foia de tout le dedAos d'uae maifon, pourw 
Hiv 



^ 



XXXVIT, 



mo DU CHOIX ET DE LA MtTHODE 

qu^elle ne fafle pas trop de cas de ce qui ne va qu ^ rinte-^ 
ret, &qu'elle fachemettre chaque chofe en fon rang. 

Quoique lesafiaires du dehors regardent principalement 
les hommes , il eft impoflible que les femmes n'y aient fou* 
vcnt part , & quelquefois elles s'en trouvent entieremenc 
chargces, comme quand elles font veuves. II ed donc en-* 
core neceflaire de leur apprendre la jurifprudence, telle que 
je Tai marquee pour tout le monde , c*eA-a-dire qu'elles en- 
tendentles termes communs desafTciires, & qu elles fachent 
les grandes maximes; en un mot , qu'eiles foient capables 
de prendre confeil ; & cette in{lru6kion eft d'autant plusni- 
ce^ire en France , que lcs femmes ne font point en tutelle, 
& peuvent avoir de grands biens , dont elles foient les mai- 
treffes abfolucs. klles fe peuvent pafTer de tout le refle des 
etudes , du Latin & des autres langues , de rhiAoire, des 
mathematiques , de la poefie , & de toures les autres curio* 
fites. Elles ne font point deftinees aux emplois qui rendent 
ces etudes neceiTaires ou utiles, & plufieurs en tireroienc 
de la vanite ; il vaudroit mieux toutefois qu'elles y em« 
pIoyafTent les heures de leur loifir , qu'a lire des romans, 
a jouer ou parler de leurs juppes & de leurs rubans, 

JE penfe avoir fuffifamment expllque toutes les ^tudes 
que Ton doit faire en jeunefTe , & qui conviennent k 
toutes fortes de perfonnes de run& deTautre fexe; m^in- 
tenant il faur parler de celles qui font particulieres a ceux 
de diverfes profeiTions ; rapportant tout aux trois princi- 
pales , TEglife , Tepee & la robe. Un Ecclefiaftique eft def- 
tine a inftruire les autres de la religion , & a leur perfua- 
der la vertu. 11 doit donc favoir trois chofes , les myfteres 
de la foi , la morale , la maniere de les enfeigner. Sa prin- 
cipale eiude doit etre TEcriture fainte. Qu'il commence i 
la lire dcs renfjnce,& qu'il continue cette lefturefi af- 
fulument pendant toute fa vie , que tout le Texte facre 
lui foit extremement famiiier , & qu'iln*y ait aucun endroit 
quMl ne reconnoiife aulTitot. Quand il Tapprendroit tout 
par coeur , il ne feroit que ce qui etoit affez commun dans 
les premiers temps de rEglife rtieme entre les laiques. 

Cette leftifrcaffidue de i'Ecriture fervira d'un bon Com- 
mentaire , pourvu que vous n'y cherchiei; d^abord que le 
Um litteral , qui s^ofFrira naturellement a Tefprit , fans 



t) E S £ T U D E 5. txi 

Vous arriter aui difGcuItes. Voiu y irouverez toujours 
affez de verites claires pour votre edilication & pour 
cellc 6cs auires. AprcS avoir lu aiteiitivemcnt touie la rainte 
Ecriture de fuiie fans rien putler ; quand vous vienilrez a 
la reIire,unebonneparTiede vos<liificui(e>s'cvanouiront. 
Llles diminueronr encore a la troifi^me lt;fiure;& plus 
vous la lirez.plus vousy verrez cbir , pourvu que vousU 
lificz avec refpef) & foumiHion , confidcrant que ccA Dicu 
nemequivousparle. Le CMichifxTu Hifiariqut pourrafaciliier 
la lefhire de rEcriture fainte a ceux qui comnienccnt , pour 
dilcerner les endroiis ies plus imponan^ , & qui doivent le 
plusetrcme>liies.LeTraiiei/M Maursdci IfraeiiiescAcommi 
un Commentairc general, qui t^ve plufieurs difficuitcs Ut- 
terales.PourIes fens fpirituels de i'£criiure , il f.mi lesreche- 
cher fotirement : s'arretant premicremeni a ceux qui font 
marques dans rEcriture memc , & enfuite a ceux que nous 
apprenons par la tradition , je veux dirc par les temoigna-, 
ges des Peres les plus uniformes & les plus anciens. 

Un Eccleriafiique doit eviter les deux extremites ; d'e< 
tudier irop ou trop peu. II y en a plufieurs qui croient n'a- 
voir plus ricn a faire apres rOilice & la MdTe : fi ce n'eft 
qu'ils aient un benelice a ehargc d'aiiies , encore s'en 
croicnt-its quiites , en fatisfaifant aux devoirs les plus pref- 
fans. Mais nous ne devons point etre en repos , tant qu'tl 
y aura det ignorans i inlTruire , & des pectieurs a convcr- 
ttr. Ceux doncqui n'ont pas de grands laL-ns naturels , ni 
de grandes commodites pour t-iudier , qui nunqueni de Ii> 
vres & dc Maitres , commc a la campagiie & dans lcs pro< 
vinces eloignees , doivcnt s'appliqiier a bien favoir lcscho* 
les eir<:ntielles & communes. Fuiru lc caidchifme , qui n'eft 
pas une fo.nflion fi facile que plufiuurs penfent , & qui eft 
la plus importame de toutes , piiifquc ^'cll lc fundcment 
dc la religion , faire des proncs & dcs cxhortaiions fami- 
lieres , proporiionnues a la capacitc dcs juditeurs , ouir des 
COnfelGons &donner des avis faluiaircs. Vn prctre ver- 
tucux & zclc peut 5'acquiitcr dc tout ccla fdns auirc lec- 
lure que de rtlcriiurc faiute , du Catechifme du Concile de 
Trentc, des Inllruftions de fon Riiucl , dc quclqucs Ser- 
mons dc faint AuguOin , ou dc qu>:!quc autre ii^ rc moral 
dc* Pcrcs , qui lui lombcra cntrc lcs mains. Voila ce quc ron 
f cut appcler l^ nice^uire ,iin n)aiLcred't:iudcs uftlCliaftiquet. 



ti2 DU CHOIX ET DE LA M^THODE 

Ceux qui ont du loifir , & qui fe trouvenr au milieu d€9 
livres & des cofnmodit^ d*etudier , doivent etre en garde 
contre la curiofite. Le meilleur prefervatif, ce me femble» 
cft de confiderer de bonne heure toute T^tendue de notre 
profefTion , & toutes les connoifTances qu*elle demande« 
Vn Ecclefiaftique habile doit etre capable de prouver la 
religion aux libertins & aux infidelles , & par confequent 
il doit favoir tr^s-bien la logique & la metaphyfique , telles 
que je les ai reprefent^s, afin de montrer par des raifon- 
nemens folides comment tout homme de bon fens doit fe 
rendre a Tautorite de TEglife. II doit auffi pouvoir difen* 
dre la religion contre les her^tiques , & pour cet effet , fa-. 
voir les preuves pofitives de chaque article de notre 
creance , tirees de l*£criture , des Conciles, ou des P^res. 
11 faut qu*il fache Thiftoire ecclefiaftique ; qu'il fache le 
droit canonique ; je ne dis pas feulement la pratique b^- 
fieficiale , ni ce qu*il y a de curieux dans les anciens ca- 
nons 9 mais les veritables regles de la difcipline ecclefiaf* 
tique ; fur quoi eft fonde ce qui fe pratique , & comment 
ce qui ne fe pratique plus s*eft aboli. Qu*il connoifle la 
morale Chretienne dans toute fon etendue ; qu*il ne fe 
renferme pas a favoir les decifions des Cafuiftes modernes , 
fur ce qui eft peche , & fur ce qui ne Teft pas ; qu*il voie 
comment les anciens en ont juge ; & qu'il voie auffi la 
methode qu^ils ont enfeignee , pour avancer dans la vertu , 
& pour conduire les ames a ia perfeSion. Ceft ce qu'il 
trouvera dans Caflien & dans les r^gles monaftiques. On 
doit faire grand cas de ces Ouvrages , qui font le fruit des 
experiences de tant de Saints. Enfin il faut qu'il fache les 
cer^monies de TOfEce public , & de radminiftration des 
facremens ; & la pratique de toutes les fon6tions eccl^fiaf- 
tiques : mais cette ^tude confifte moins dans la Ie£hjre des 
livres que dans Tobfervation de la tradition vivante. 
Quand on a une fois les grands principes que donne la 
lefiure de TEcriture & des P^res , on s*inftruit beaucoup 
en voyant travailler les autres , & en travaillant avec eux. 

Comme un Ecclefiaftique eft deftine a inftruire les au- 
tres , ce n*eft pas aflez qu'il fache tout ce qiie j*ai dit : il 
doit favoir parler & perfuader. II a donc befoin de cette 
forte diale£lique & de cette eloquence folide dont j*ai 
parle. Car > il ne faut pas s*y tromper » un bomme fkns ta^ 



DES 6TUDEK 115 

lent n*eft pai propre pour le mtniflere de rEglife. Un bon 
Frerre n'ell pas reulemeni un honune qui prie Dieu ,& mene 
une vie innocenie ; ee rcroii tout au plus un bon Motne. 
II eii Preirc pour ainiler les autres ; & comme on ne nomme 
ton MiJrcin que celui <]ui gu^rii beaucoup des maladei, on 
ne devroii nommer Bon Priire que celui qui convenit beau> 
<oup de pecheurs. Je ne dis pas qu*il ne doive point y avoir 
des Pretres qui n'aient refprit brilbnt , la m^moire heu< 
reufe , la voix belle , & \es autres qualit^s qui font ordi- 
oairemeni paroiire les Predicaieurs , maisje rouhaitertHS 
qu^il n'y en eut point , qui n'eijt lc jugement roiide 8i le 
raifonnemetu droii; & qui ne fut inAruire & exhorter en 
public & en paniculiec , 3vec toute la douceur St toute U 
forcc que denunde la diverfite des fujets & des perfonnes: 
en tin inot,qui n'eiit quelque rayon deceiie iloquence 
apoHoIique , dont nous voyons danc S. Paul le parfait mo- 
delc. Un EccleTiaftique k qui tant de connoiflances font 
nicellaires , ne doii donc pas perdre le temps i Ae$ eiudes 
profanes , ou i des curiofii^ inutiles. II doic meme ufer 
d'un grand choix dans les etudes de fa profcHion. Qu'il n« 
«lonne pas trop de temps i ces grandt Commentaires fur 
rccriture , dont la vue feule ^pouvante par la grolleur & 
la muliitude des volumes, & faii deferpercr de jjmais en- 
tendre le te«e. Qu'i] ne s^amufe pas i des fpeculationt 
inuiiles, & a de vaines chicanes de fcolallique. Qu'il ne 
fe laifle pas cmponcr a b criiique des faiis & 3 la re- 
cherche irop curieufe des aniiquiies eccJefiaftiques : car il 
a tous ces ^cueih i ^viier , meme dans les etudes qui lui 
conviennent. II doii touiours fe fouvenir que la religion 
Chretienne n'e(l pas un ari ou une fcience humaine , oii 
il foit permis i chacun de chercher & d'invenicr : qu'il ne 
c'agit que de recueillir & de conferver fideJlement la ira- 
diiion dc rEglife. II doii mediter aitentivemeni les regles 
^uc (aint Paul donne a Timothec & i Tiie , conirc les i. T 
quellions curicufes ; pour ^viier les vaines difputes, & " -j 
fKKir tout rapponer a I3 charite. Ainli il s'attachera aux ,'^ ' 
^des les plus n^ceflaires & qui voni le plus i la pratique. r» . 
Car un ecclefiaftique nc doit pas eire un favant dc pro- *'■ 
fellion. qui patre fa vie dans fon cabinci a citidier ou ii ' * 
^ompofer des livres , il doit etre hommc d'a<^ion , & fur- 
tS>}tt i^f^iPS 4'Draift)n^ ce Ipnt Ips dc\ix paities de U vic 




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Ci\&zi. ^cuE 7icn:yr^^ii . ?:»:x£ ^ .; >;..fjr , rs p-.iajc 
q« ds* K>rr...T£-i b-L-rs-i. i: j.ss- ii:-':-jii_!^ ^ M.Te 

{eat ^epe£ £::=■£ Iffs, iL^jS; , ii Lkt;- . :■ jj i.-ic.:>7C ^xm 
ia coaatoi::^ ;;=* vrj-Ei:» q.ir pa.:: ii jrc:^r; . ;'d: jv»a^ 
qnoijsvoudrrii^-jle i;;iljn: pErljT . i:3o= t =jr;=:"nc.T;» 
4u iDO(tB numsr. Ott: fsiii: Isr^r-c pKi: ^on:..i:rc i.::^ 
loia le Norf , i t i r.: T:?:; :i f -Js^i aijrr;^. L e5 :ox£- 
fob tTd»-bra g;.1is ;'iu'nen 7.ti!=r.^i. ^ ii p*.:::Ji: r-' j 
l'appre3i-?=: ira ie r>£^r.=-- Quirii ^ij :'i;r-i-;5i b'c= ie 
Larin, ii ^:prrairc:;i l". sssr.: IlrLler. 6: IXriapna;, 
ai-i;, ea tjiji:^.!: pays i^^'.'s 'z.srz =;», i^ .prri.-iircr:! 
lct lacgua V3;ii.ie£ 'es f.i-i r,=;i;i.;res. l.< £^1;%-;::: uv^lr 
be^ucoup c-aiicires ; rzr.::q-.:e pou: v^ir '.of e«— .p!.^ de» 
graniic2piiai3e*CreciCjRc=:3:ns, & p^.T cc.~j;riTri ic 
plus endjnaii c^S.lipO'.irr:>r.-. czr.2 i'.'c.^7:ni m"::iireS;«t 
an de !a guerre ij-ji ies a\oi::^:s;': :"cnij s;;Tt:s '?i autriS 
bommcs. LTiifioire tnc^icme xmt :;.-a cc-.~oi:re i eizt pre- 
fem toa£ur«, & Itur orsre, 1; Qrc.::c.iP.-:-;e qS,',i 
rervent, S: les int^re» dLS «Jrres fc;:\erjir:s, Li fiViri- 
phie leur efl aufli fon neceiTJr; ; & p^JT hi p.iys oj ils 
font Upierret nsnepcuvcntlis cor.r.oitrc trcp on.icra:!, 
nidefcenJrcdansunetopoiirafhii; tropexafl;. Qiiir.tsu^ 
Bnihemaiiques , iiSontprincip..'e;r.er.: bifoin i: Vir.ihr.^-- 
tique, de la geotnetrie & dc !a irC-chiniqtJc; ic^ Ticlurit 
hien, ils apprendroni aift-tTiert >i prariqj,- Jcs UTJ.lica- 
tions , & icui ce que 1« livres & ies tr,:iiirescnt3CCOu:i;:ne 
iTenreigner do Tart de la gusrr; ; ir.jis il y 3 v.r.^ iiru.ic tjue 
ne foni gucres les g^ns d'i}pei , 5; qi.i! iou:i":'t>ii mi" ['irmble 
bicn neccflaire, du moiRia c;u\qui ont q.ieiquc comra.m- 
dement; ('ellla poiitique & la )iinf;^;u.U-;:cei'.;hpucrre, 
je veux dire qu'i!s devroiem fjvoir lo droli de l.i puorrc 
danstoutefon etendue.Quciie<cn!'or;ik'scjuL-.Ic^iiimes, 
quellcs formalites fc doiveni gardcr pr-iir la i.o.n:»L;iccr, 
avecquellemcrurerc doivem excrcer lcs a..^es dli^-ililitii, 
fliKls lieia & queiles perfoiutes en toat excmptcs, cn uA 




■«.1 1^- it:- ^\tmim' .'j.'. ^ tsTitc p[iti'.-Mi s vom: Xfnr 
■}.»"' ■•>,0«w -iiiii ■ '.■iiu*r.-tii : id< • ftt l.-nioniBcmti^i.oa' 

r««.il'i i,t ■ opc>citi^.M;l . i;:-r ;.;■ , L-:st. , tjl'!.» saa^XCST 

',..■ --.., ii; •:•.!:■-. iic "iEr,'!;, , niri]iT,-^(r;\hm=ni..j(r- 
n» .■>'-. h-: i.r- . ioi't;iA , imitti.' (■■' - < ne; ::t lexzfsiiu 
■:*...■ .... citj.c^ -i.i.-c. j.ii: :ct-ni'irri.i«E-,cj3--ra:: naa- 
^j ;■■•■*: ■■jti „■-;- pe.t T'-;-? i;*i'.-;imiecnnrnion»iii: 
'^j.^t •.-.;! ., . j:.-,i-, ^■■. - .. ■j:f - aprri.^anu-" :s--m«b»- 
.•*%..■ -,-;;. i-K.j- *i.--.»e -<ia«Ttrr«- ,-DOcnT; TOi^-S UcseC' 
*> >1«* .4'^ Aon^jpf V^oimw i ii-r'rmiaeiiet,etliTBeBn«: 

>..i»' -(«•■.: ?rt <ivTi- ■(— -;i. U. UTjlvtfS- f H f l T ^ ■ tl ff- -fUB- 

■-;i= 6 -ii^^-i 2»-. ^jrasr mccs^ :l ttr 




^ if-x \Kr.AaH'.ifi J.*-iiiii.. '3!<wni£,-TiLi -fc iiir inje .. 11111»- 

(l..il.^<HA,ir ni..*- >.>>^<4i<;.. «ati ypj ,<iii» 6 i -mil .321tt nn. 

(<iv.>-up j.i.'W v.'ft<iH.s i* •--ir.Biiio -'--nmiwnuEica Luiuit-nie 
y H <■•> «'.^n»..,^ -.«II' 'ft i-.!». '■ -jis ift ::uiuct, iue''afinie 

^M¥* y *• * «iwF 1««, <U»iv'm: y-vyRiiti ta Tsa-usmBi. 



CA11CHISMB 



INSTITUTION 

AU DROIT 

ECCLESIASTIQUE. 

Avec Us Notes de M. Boucher D^ARGiSy 

Avocat au Parlement. 



Tomi 11. 



I 




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4 

I 




P R E F A C E. 

X-i E dcffein de cet Oiivragc cft d aider ceiix qui 
vculcnt commcnccr A s'inftruirc du Droit Ecclefiafti- 
qiie ) en lcur expliquant lcs termes , leur propofant 
les principalcs reglcs , 8c rapportant les motifs fur 
le/quels elJcs fbnt appuyccs. Les perfonnes qui con- 
noitront lcs fondemens folides de ccs faintes Maximes, 
auront lans doute plus dc fecilite a lesretenir, 8c plus 
de zclc i\ les pratiquer ^ car les Canons ne font pas des 
inventions humaines , mais des Lois que les Apotrcs y 
inf[Mres de Dicu , 8c lcs Evcques , leurs fiiccefleurs , 
conduits par le meme efprit , ont etablics dcs la naif- 
(ance de rEglife , pour la confcrvation de la foi 8c de 
la moralc de Jefus-Chrift j 8c voila le vcritablc objet 
de cette cuide. 

Pour la bien faire , il faut remonter aux fourccs y 
8c lire attentivement 8c en cfprit de religion , pre- 
miercment rEcrirurc faintc , fur-tout Ic Xouvcau TeP 
lament , enfiiite les anciens Canons , quc j*indiquerai 
au commcnccment de cct Ouvrage , 8c enfin les 
Conftimtions plus moderncs , qui inftniiront de TU- 
lagc prcfcnt. On y vcrra dans Ic fond le mcme efprit 
dc rcligion , quoiqu altere dans Ics dcrniers tcmps 
par rignorancc , la cupiditc , 8c divcrs intercts hu- 
mains. Or , pour cntendre les ancicns 8c les nouveaux 
Caoons y il laut favoir la figniiication dcs tcrmes qui 



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P R £ f A C E. 15^ 

loutc TEglife a rc^us ^ Ics Conftirucions dcs Papcs y 
dans les Eijlifcs qui les ont rc^ucs , & lcs Reglcinens. 
de chaqu j Provincc ou de chaque Di occfc : cntjn , lcs 
Lois que les Princcs tcmporcls ont faitcs , pour ie- 
maintien de h Difcipline ecclcfiaftiquc 8c rexccutioa 
des Canons , quc TUfage a autorifces. Les Jugemcns 
ne font que des excmplcs particulicrs , qui n oWigent 
point a jugcr de mcme en pareil cas , fuppofe qu'il fe 
trouve des cas abfolument femblablcs , ce qui cft tres- 
lare v les Decilions dcs Doc^eurs font des confeils qu^ 
meritcnt d etrc refpcftes , k proportion de la rcputa- 
rion de ceux qui les ont donnes ^ mais ces Jugemens 
xii ce$ Decifioes ne font pas des Rcgles. Pour agir fu- 
retnent , il faut examiner quel motif a dcterminc les 
Jugcs & lcs Docleurs , & ric point s'arreter jufqu'a 
ce que Ton ait trouvc une autoritc expreire de TEcri- 
ture ou des Canons , ou unc confcqiiencc tiree dc ccs 
principcs , fuix^ant les reglcs de la Dialcftique la 
pius cxa£^e. 

On ne trouvera donc point ici ce que Fon appclle 
ordinairement Pratique bMficialt \ je vcux dire , 
ces inftru(Sions des Canoniftes modemes poiu* acque- 
rir ou confen-er des Bcncfices , qui la plupart ne tcn- 
dcnt qu a favorifer Tambition ou la cupiditc , en elu- 
dant par dcs chicanes les ancicns Canons 5c la fainc 
Difcipline. Je prctends au contraire inf^Mrcr le gout 
dc cctre ancicnne Difcipline , en moatrant combicn 
ellc eft contbrme a la droite Raifon 8c a rEvangilc. 
II eft impoftible de la connoitre fans Taimcr , 6c fans 
regrctter ces heureux tcmps ou cllc ctoit cn vigucur. 
EUc a blen plus dure que Ton ne croit comiiiunc* 




r I £ f^ c g. 

„ ., . S. fc*-- :lSis jonr bieo yias iKMn-eaux que rort 

-^.^ V ^ TaxKie dairement dans VHiJioiTe 

r.-'Vr^».<w. S 3 eft plus raifonnable ic prendre 

— «■ ■wt " ■?* rEglife a prefcrit 8c liiivi pendant 

jj-,..v «eces. quece qii'elle a tolerc depuis quarre 

,;^ jrt^ ceno ans , & qu'elle s'effbrce de corriger. 

¥"n»&i , la Jurifprudence feit panie de la Morale , 
•«Liiqup c'eft Tctude des regles dc la judtce , pour les 
pfatiquer nous-memes les premiers , Sc les faire obfcr- 
ver aux autrc; , par les conleils ou les jugemcns. La 
Juriipnidence canoniquc doit etre toutfe fondee (ur la 
Morale chr^ttennc ; clle enleigne A ne pas s'attacher 
a la rigueur du Droit , qui degenere fouvent en injuf- 
ticc f 8c nous infpirc Tequite , le denntereHement } 
i"humili:e, lacharite, 5c ramourde lapaix. 








INSTITUTION 

A U DROIT 

ECCLtSIASTIQUE. 



fSn^ 



PREMIERE PARTIE, 



Des Ferfonnes. 



m» 



CHAPITRE L 



Hlftoirt du Droit EccUJiaJlique, a 



r»S3 'E G Li SE n'avoit gueres d*autres Lois pen- Partie I« 
•^JI dant lestrois premiirs fi^des , que lesfainus ^**^'' • 
I» JLa 41 Ecritures de tancien & du nouveau Teflament, 
yi^ Q*^| La charit^ qui regnoit entre les Chretiens , 
£9 pr^venoit la plupart des diiFerents , & ceux 



qui naifibient , ctoieni appaifes par l*autorif e des Aporres » 
& des faints Pafteurs qui leur fucced^rent. Cette autorite 



a Oo entend par Droit Eccl^fiaftique ou Canonique, un corps dt 
preceptes tirdf de TEcriture fainte , des Conciles , des D^crets dc 
Con((itutions des Papes, des fentimens des Peres dc rLj^life, & dt 
rofa^e approuve & rc<;u par tradirion» qui ^t.->b*in<;nt le^ rc^iet de U 
Foi 6c de la difciplioe de rEgliie. On entcr.d par Pcrcs de ri:gl>(e les 
Auteurs Eccl^^fuftiques qui nous ont conlerv^ dans leurs ccrif» la tra« 
dition de rH|;life , mais on ne donne ce tirre qii'.i ceux qui ont %eca 
4uA let douzc ptt aiiers 6icles de rEgUrc. S« Bernard , ^Mi ea 

1 iv 



xj«. INSTITUTION 

' etoit toure fpirituelle, fonde^ fur la foi du pouvoir que Je- 

Chap. l fus-Chrift avoit donne a ceux a qui il avoit confie la con- 
dliitede fon troupeau, & foutenue par les miracles & par 
les vertus qui briUoient en la plupart des padeurs. Aufli 
cette autorite ne s'etendoit que fur les ames. Pour les cho- 
fes temporelles , les Chretiens obeiffoient aux Princes b 
& aux Magiflrats, & fuivoient exad^ement les Lois civiles. 
Les Apotres avoient donne queiques regles aux Eve- 
ques & aux Pretres , pour la condulte des ames & le gou- 
vern^ment general des Eglifes. Ces regles fe conferv^rent 
long-temps par tradition c, & furent enfin ecrites , fans 
que Ton fache par qui, ni en quel temps. De-la font venus 
les Canons des Apotres ^ , ( car, canon en Grec fignifie rc- 



ir5Ja'*A rcgActl^ commun^ment comme le dernicr Perc de l^Eglife i 
ceut qui ont ^crit depuis le douzieme fiecle font appeles Do^eurs 9c 
non pas Peres der£g!ire. On nppeile par excellenceles Saints Peres, 
Siincii Patres , les premiecs Do^leurs de TEglife Grecque ouLatioe qui 
ont ^crit fur les myftcres ou fur la Do^rine de la Religion , comme 5. 
Chryfoftomc , S. Auguftin , S. J^ome , S. AmbroKc , S. Gregoire, &c. 
Guillaume Cavc , favant Th^ologien Anglois , fort verf^ dans les anti- 
quit^s Ecclenaftiques, a fait une Hiftoire litt^raire des Auteurs Eccl^- 
ii^Aiques, depuis la naiifance de Jefus-Chrift pCqu^au quinzisme fiecle» 
Son Ouvrage, intitul^ Cartophilax EccUfiajUcus , imprim^ a Leipfick 
en 16S7 > /n-S^. » ^toit un edai de cette Hiftoire litt^raire, ou la notice 
des Peres Grecs & Latins» rang^e par ordre des temps. 

b Cette foumidion des fidelles aux Princes pour les chofei tempo- 

relles, n'e(l point une difcipline qui ait ^te particuliere aux premiers 

ftecles derEglifc. Dans tous les temps les peuples ont ^t^ oblig^s d*obeir 

^ a leur Prince, & k ceux qui font pr^pofes de lui , pour tout ce qui 

matth, 22. conccrne les chofes temporelles. Ceft un principe que Jefus-Chrift 

i^» *!• lui-m^mc a ^tabli : Rcdiitc quA funt Cctfaris Catfari ^ & qua funt Dci 

Dco. Eccl^ftaftiqucsou Laiques , tous doivent ^galement obeir aux puif- 

fances, car toute puiftl^ance , foit EccUfiaftique , foit temporelle, eft 

Kom» xj, ^tablie de Dieu : Omnis anima pottfiatibns fublimiorihus fubdita fit ; nott 

*•*•*• tft cnim pottftas , nifi a Dco : qua autem funt , a Deo ordinata funt : 

itague gui refiftit potcftati , Dci ordinationi tefiftit, Lcs Chr^tiens doi- 

I. Petr, 2. vent oWir a leur Princc , fQt-il Paicn , f&t-il H^r^tique : Suhditi eftote in 

fr, X 2, omni timore Dominis , non tantum bonis & modeftis , fed etiam difcolis» 

On trouve dans les faintes Ecritures une foule d'autres textes qui ^ta- 
blift^ent ces maximcs pr^cieufes. 

c Voyc\Qt qui eft drt ci-apres de la tradition, chap. 2 , 6c la note 
qui eft au commencement du meme chapitre. 

d Ccs Canons, que quelques-uns pr^tendent avoir et^ di^^s par 
S. Pierre k S. Cl^ment , font intitul^s ; Canoncs fanclorum Apoftolorum. 
per Clemcntem , a Pctro Apoftolo Roma ordinatum , in unum congefti» 
Baronius, Bellarmin , Turrien, 8t quelqu*autre$ croient qu*ils font 
v^ritablement des Apotret. L*Auteur des Conftitutions Apoftoliques 
cflLie premier qui ait avanc^ cette 'opinion. Hincmar, B^v^r^gius & 
M. de Marca croient qu^ils ont ^t^ dreft^ifs dans le fecond & le troiHeme 
6ides par des Ev^ques , itif^iples 4es Apotres : d'autres croient qu'ili 



.U 



AU DROIT ECCL6SIASTIQUE. 137 

g^) f 6i les Conflitunons j4poJloli^ues SLttribuccs au pape S* p -X 



Chap. U " 



} 



n*ont ^tc r(^pjndus dans rEgtife <|ae vers le cinquicme ficcle ; & Dail!6 
pe:iic ({uMs lurent fabriqucs par quclque H^renque. On convient au- 
|Our(.*huiparmi leslavans, que ies Ouvrages actribu^s a S. Clcment ; 
favoir, .'es Car.ons & les Conilicutions Apoftoiiques font luppofes, a 
l'ticep:ion de l'a premiere Lpitre aux Corinthiens , & pcut-crre de fa 
leconcc. Ce quM y a de ccrdiu . c'ell que (es Canons Apol^uiiques fonc 
£ort anctcns , & qu'tl cn a ^tc fait des collc6)ior.s en ditfcrcns ficcles i 
OD les a appcl^s Canons ancicns , Canons des Pcres , Canons Lcclifiof" 
ii^uts & Catjons ApojioUjucs t parcc quc pcut-ctre quclques-uns furenc 
fa:ts par des Evcqucs qui vivoicnt peu dc temps apr^s ics Apotres , & 
ue l'on appcluit Hummcs apujioUques, 11$ n'etoient pas connus du tcmps 
'Origene , car ceux qui coudamnerent fon ordinatioii auroient citd le 
irin^t-umeme dccekCunons, qui dcfend de recevoir dans le Clcrgd 
cclui qui s*c(l (ait lui*iTicme eunuque. iis contiennent des rcglemens qui 
convicnncDt a la ditcipbne des fccond 6c troificme fiecles. ils font cites 
dans les Conciles ce Nic^e , d'Antiocbe , dc Condantinopie. 

Cette coiieclion paroit avoir ^te faite en Orient, dans lc troifi^mo 
lieclc; 2c iic(l prob«blc qu*on a recueilli la plus grunde partie de ces 
Caoooi , Tur ce qui fe pr«tiquoit dans IV^Iilc Orccque queique temps 
avar.t i'empire de Cocnantin, & aprcs U difputc que S. Cyprien euC 
avec le pape Ltienne , au fujct du baptcme confer^ par les Her^tiques. 
S. Firmilien , eveque de C^farce, en C^ippadoce , & S. Denysd'Alexan- 
drie , avoicot fuuteau la meme cho(e queS. Cypricn, & cette do£lrine 
^toit rc<^iie par pUiiieurs i glifcs d'Oricnr;aiiiri les Canons ApoAoIiques» 
«|ue Ton cftimc y avoir ^te rccig^s.condamnent- ils le baptcmc des Hcrc- 
tiques . & traicenc-ils ceux qui ie croicnt v^iUble , de gens qui vculenc 
allier Jetus^Chriil avec B^Iul. Mais , RonobHant cc qui vicnt d'ctre dit » 
ii pcut lc fairc quc la colle^ion des Canons Apofloliques ne loit pas toute 
4ju mcmecemps. Les Grecsont quatre>vingt«cinq Canons qu*ils appel- 
lent Apoftoliqucs : ils n*aiiurent pas cependant qu'ils aient etc faits par 
les Aputrcs, ni recueillisde Icur bouche par S. Clcment. Les Latint 
D*cii ont quc «.inquante , dont mcme plulieurs ne fonc pas obierv^s. 
Les rrentc-cinq derniers des Grecs nc lont pjs vonformes a la difcipline 
de \'k^'/t(t L^itir.c. 

L'aniiquite deccs Canons les rend rcfpec>ab!es : outre Ics Conciles 
4cni on a pare » 4ui les citcnt , i!> onr etc adopt^s en diverfes occafions. 
Jcjn d'Antiache , qui vivoic du tcm^^s de Juftinien, lesa infercsdans fa 
colcAion de« C .nons ; JuUinien les citc dans t'a fixicme Novellc. lls fonc 
auifi approuv^s c^ns le concile in Trullo , & lou^s par Jean Damafccne 
& par Fliocius. On eut le menic reipect en Occirletkt pour les cinquance 
prcmicrs Canons. Denys le Pccit cn mi: unc cradu^ion Latine en tete 
Ce li coileftion des Canons quM puhlia pcn aijrcs i'.innce 500; 6c depuis 
ce ccmps tls ont toujours f^i: partie cii Dr\j'n Cjnvn. J<.an II Us compric 
arir.i ccux qu'i' donna cn ^;jl ou 5 ,«3 aux r.vcques de la province d'Ar- 
es , pour terminrr I . tTaire (^e Contumc^ulus , Evcque ue Kitz. CatHo* 
dorc «iTare queri'&;'iie de Rjrr<c en laifoi: hc.ucoup uf.ij^e dc fon temps. 
Lcs Kvc^u*! f^c Frunce s'en iccviront poiir U ptcmiccc tois en 577, 
^ns !'atfriirede Ffctextat. du temps <"e Chil,ieric. CrcUoJ.ius les mit 
dans lu cuiie^hon q>i'il publia vers Ij tin du tcpticmc Cci.ie. 

Cc qui paroit fiimitiucr I'autori:c de ccs Canons , tll qu*on prdtend 
u'i s fktrent rcietcs par !e pape D<tm.itc. I! y a aulfi un dccret puh.id 
oufe le r.um de Gctalc 1 , & prononcif en .f 94 , dans un C<>ncile com};ote 
c!e Tw i'ccl.iCs. Ce P^-pe y ccnfurc , & mcme anathcm.uife, svcc leurs 
^crit», plufieurs .Auteurs qui tunt ncanmoins morts enopinion dclain- 
tMxi. Lcs Caooos des Apducs y looc dccUr^s apocryphcs. iiidoie, cii^ 



f, 



?: 




INSTITUTION 



Clement. t Mais leur autorite n'efl pas fans atteinte i parce 
qu'on y a ajoute en divers temps. 

Les Eveques de plufieurs villes s^aflembloient quelque- 
fols pour decider les qui;ilions ks plus importanies; & 
leurs affcmblees s'appeloienr ConciUs en Latin /, & en 
Grec Synodes. Ils furent plus r^res pendani les trois pre- 
D. iers fiecles , a cauie des perfecutions ; mais nous ne laif- 
fons pas d'en connoicre plufieurs de ces premiets temps , g 



WCua. 1, 



qu'i1 prmd pour Ifidort Mcrcltor,* 



parGnlten.Di/Ii.fr.i. 

coinpofei ptr d«. (^«r^Mquci fuuilc num iti Ap6trti. II fiKoitque cet 
iri<Ju:e nc l'> eui p>i lui ; ^.u bi^n i' peut <t U»e qu> depL» l> colktlian 



'Ifidoreivuit 


liep 




ihJngi de fsntii 


menl, - 


ti quM mettoit 


. •u-delfiK d 






lcs, &qje]ep. 


>pe Adi 


ien 1 tei aTolt 


, en le% mli 




d^n 


. k r.xil<n. coi 




Tiiii le (eeoni 


i«narQr>Mc 




rftd' 


indoie MeiolD 


ir;&q. 


.ai)t>iiConcH« 


e. VeHleic 




IC. 


nnltinTr^lU. 


qu* lei 


Grec, >pp«l- 


M le »^Ums 


Cui 




. Anioine Aug, 


Jlin . Aichevtque de 


. t«ni .ju'il 1 




fuivi 


■eropimondeL. 


eonlX 




itedeceiCai 






oii:ii*'Liusd»i 


.il-Egli 


ifed'Ocdd*i.t, 


aufei o'y o. 














ibue 


fipar (juilnuei- 




X ApStrei , Bt 


!i 1. S. Clim 


lent, 


, tor 


„ LppiaJi. a, 


1 iuEem 


en< de loni le* 


aulli.bi«n qui 




Car 


,oni apolloliqut! 


1. Elles 


n'ort p.ru qiie 


t,.,.meCede 


ronl 


le.a 


m*me thang^e. 


&coir 


ompuc. depui. 



1. Ceflun. 



Rivif^ et 



nombre de piiceplei t. 



itChr^ 



clifcipl.nede rEglife. 
/ Cei »ircmbl*«s foni appclcei en Latio Concilwm , en Grec , Ajno- 
diii, cn t-rjn^oii , Coaeilt Le terme de Sf""''' "' l'ipplique plut 
prefeniement qu'd des aH^mhliei Eecl^rianiquei , infiii.uiei aux Con- 
ciles g^neraui , Nalionaux Sc Provinciaui , telles quc le Synede Dio- 
c^fain de l'Ev£que. L'011icia1 de Paris lient aurfi fon S}.node. oib it 



Lonvoquelou. leiCui^id. 
crei>iennentiuir.leurSyn 
Chanire de l'Eelife de Pji 
i1convoqueIoull.sMai.r. 
entin . Ton donne auir. le 
PioteHnniei. 

Apoties tinient a Jiiufali 


sl.VilSe&binlie 
odepourleiCuri 
isiienl.Mllitouil 
e. &LMaitie(fe. d 
nom de Synode 


ue de Parii ; les Archidii- 
idebcimpagne; 1e grind 
es.intrun S^node. auquel 
ei pelitei F.colej de Pari. : 
)ui.iirembl.feidei Eglife» 


nt pour 1e preiniei 
im, iprcs rAfec 


rConciieraflembWequelef 
nfion de Notre Seigneur, 



pour «11 n 



in Apoin 



! alfcml 



:edeJud 



nn«? fuivi 



lleaion 



VillB 



Uiatrei , linfi qu'on le voit dans le Li*rc ici JPts ; mai. on regaide 
plus communcment comme le plui incien de toui les Cancilec , celui 
qui fut ttnu j Jirufaleiti Tan 49 " u !□ , dans^lequel ori decida li fimeufe 

Kgalei, auiquelleionvouloitoWieeilei Geniil.. S. Pierre j p»i1i lo 
ptemier . & li lettie iciile i eeui d-Ant.oche fut eon.,ne en ces leime. : 
fifum ,fi SpiriiHi/ancla & noHi. On compte ploi dc folxante Conciiet 

1« ConEilc dc Nic^e , iiui fut le piemiei Cuscile cecum^nique. 



AU DROIT ECCLfeSTASTIQUE. 135 

comme Ics ConciUs touchant la Paque , tenus fous le Papc TJTiHpieI^* 
Vi^tor l*an 1 96 ; celui de Carrhage , fous TEveque Agrip- cha». #. 
pin , dont S. Cypnen fait menrion ; ceux de S. Cy|>rien ^'fi- ^^^'i 
meaie , & plufieurs aurres. Enfin , on les tenoit le plus ' '^* "* ^'* 
fouvent qu^il eroit polhbie. Mais ils devinrent plus fre- cyp, tp. 7X1 
C|uens &. fe tinrent pius regulicrement depuis que Conf* 
tantin eut donne la paix h a i Telife. Sous fon regne , 
ran 314, <e tinrent Us dcux ConciUs £ Ancyrc tn Ga* 
iatie , & dc Atoce/ar^c dans U Pont, Ce font les plus an» 
ciens dont il nous rcAe des canors. Sous lui fe tint auflfi U 
premier LonciU acumcmque^ c^efla-dire de toute la terre ha- 
bitabW , a NicU en Birhynie , Tan 3 2 5 . II y eut enfuire trois 
ConciUs particBliers , dont les canons furent de grande au- 
torite ; Pun, tenu i Antioche capitalc de rOrient , en 3 4 1 ; 
Tautre a Lacdkee en Phrygie , vers Pan 3 70 ; & le troifieme 
^ Gangrcs en Paphlagonie, vers fan 375. Ei-.fin , lan 381, 
ftnni Ufecond CorKiU univerjcla CovflantinopU. 

Les canonsde cesJcptconciUs , c*efl*a(iire des deux con- 
ciles univerfels, & des cinq conciles particuliers que j'ai 
nommes , ftirent recueillis en un corps , qu*on appela U Code 
d€s canQHs dc CEgUfe univerfelU i, Le concile de Calcjdoine 
•*ea fervit, &rapprouva en termes generaux , par le pre- 



■^ 



k On entend ici par ce termc la fin de$ pcrf^cuticns Hont rF.glife a voiC 
^ce afTlfgce jiifqu*alort fous les Empereurs Payens. Des Tan ^i i il avoic 
^t^ publid un iiditqui rendoit aux Chr^tiens l*excrcice dc leur religion : 
mais peuapres Maximinrecommenqalcs perf^cutionsdans ft^s Ftats, & 
•llcs ne ceflerenttotaleincnt que fous l*LmpercuT Conilantin 1'an 513. 
Apres la d^faite du t;^ran Maximin , la libcrt^ fut renduc a toute Vi ^life > 
ft les biens rcftiMes aux Chr^tiens par ordre de Conftantin. L*P.g!ife 
Romaine avoit commenc^ des le tcmps de S. Urhnin , Pape , a poileder 
dcs terres , prtfs & autres h^ritages qui devoient ctre communs , & Ics 
fmits (HAribu^s pour alimenter les Miniftres de rFglilc ; les p^iuv-es & 
let Protonotaires qui ecrivoicnt les a^es des martyrs : ccs hiens*fonds 
provcnoient , tant dc la lib^ralit^ des fidellcs , q^iie du rcrnncement de 
ceus q<ii ^toient admis dans le miniif^re Fccl^daniquc niocl^ticn 8c 
Ms»mio ordonnercnt en ^oi la confifcation de tous les immeub!es pof- 
iiiit par fEgUfc , ce qui ne fut cepcndant pas ex^cut^ par-tout ; mais 
m 311 Conftantin pcrmit de donner a rEgli(c toutcs fortcs dc bicns» 
luf. 7, Cod. ic Saco-baru^it EcfUftis. 

i On Tappeta auffi 1e Code des Grccs ou le C.-inonique de IT.glife 
Crecque. ou de TEijl-fe d'Orient. Selon Uifcrius , la premicre collec- 
tion des Canons dc rEglife Grecquc contenoit feulcmcnt ceux du prc- 
mier Conci*e orcum^mquc & dc cinq Conciles Provinci;uix. Cette prc- 
miere coltetlon fut f.iite avant Tan jSr», ^ avant le prcmier Corcile 
de Copilsntinop!e , lequel ne s*y trouvoit point. 11 n*y avoi: cn touc que 
MK roixaiitt>c|uaUe Canons. 



"140 INSTITUTION 

Partie I ^^^^ ^^ ^'^^ canons. On ajouta enfuite au Code des canons } 
/Cbap. 1, ceux du Concile dHEphefe^ qui fut ie troifieme acumenique , tentt 
Tan 430 ; 6* ceux du concile meme de Calcedoine , qui fut le 
quatrdmettnw en 45 i. On y ajouta auffi les Canons dcs Apo* 
tres au nombre de cinquante , & ceux du Concile de Sardique , 
qui avoit eietenu en 3 47 , & que Ton regardoit en plufieurs 
Eglifescomme unefuite du Concile de Nicee. 

Tous ces Canons avoient ete ecrits en Grec ;& il y en 
avoit, pour les Eglifes d'Occident , une ancienne Verfion La^ 
tine, dont on ne fait point TAuteur k, Le Code des Ca- 
nons.fuivantcetteancienneedition, etoitcelui donts*etoic 
fervi leConcile deCalcedoine. L'EgIife Romaines'en fervit 
jufqu^au fiecle fuivant , & les autres Eglifes , particulierc- 
ment de Gaule & de Germanie , n'en connurent point d'au- 
tre jufqu*au neuvieme fi^cle. L*Abbe Denys 1 le Petit , qui 
vivoit i Rome vers Tan 530, fit une autre Verfion des Ca^ 
nons plus fidtlle que Tancienne, & y ajouta tout ce qui 
^toit alors dans le Code Grec ; favoir , les cinquante Canons 
des Apvtres , ceux du C oncile de Calcedoine , du Concile de Sar- 
dique , A^un Concile de Carthage , & de quelques autres Conciles 
d*Afrique, 11 fit auffi une Colle^ion de pluficurs lettres Decri-' 
tales des Piipes depuis birice, qui mourut en 398, )ufqu'a 
Anaftafe 11, qui mourut en 498 m. On appeloit Lettres Di- 
cretales ^ ce\ks que les Papes avoient ecrites fur les conful* 
tations des Evcques , pour decider des points de difcipUne, 
& que Ton mettoitau rang des Canons, comme les Grecs 
y mettoient cellcs de S. Denys df Alexandrie , de S. Grigoir^ 
Thaumaturge ^& dc S. Bafile a Amphiloque. 

La Colleflion de Denysle Petit fut de fi grande autoriti, 
que Tegliie Romaines*en fervittoujours depuis n , & onTap-^ 



A: Le papeZofime, Grec d'origine, fittraduirc lesCanons d*Ancyre, 
de N^oc^iar^e Ck de Gangre : on fe fervit quelque temps dans l^tgliTe 
d'Occident de cettetradu^ion confufe de Tancien Code des Grecs. 

/ II s*appcIoit Dionifius , & fut furnomro^ Exiguus , a caufc de U 
petitciTe de fa taille ; il Ht fa colU^ion des Canons a la priere d'£ticnne , 
tvcque de Salone. 

m On y a depuis ajout^ cellcs d'Hilaire, deSimplicius, de Fclix, & 
dss autrcs Papes jufqu^a S. Gregoire. 

n L^Eglife Romaine ou d'Occident o'adopta pas d'abord les Canons 
de tous lcs Conciles d'Orient infcr^s dans le Code des Grecs ;.elle 
avoit fon Code particulier , appel4 Code de rEgliie Romaine , qui ^toit 
compofii dcs Canons de ('Eglife d'Occident ; mais depuis les frequcntes* 
reiations que raffaire des P^agieos occaiionaemre VEgViit de Romc & 



AU DROIT ECCLfiSIASTlOUE. 14^ 

)fch iimplement U Corps dcs Canons de VEgUft d*Afr'tque , com- ^^jTjrjJlT 

pofe principalement des Conciles tenus du temps de S. Au* chat. It 

gui^in. La difcipline en fut trouvee fi excellente , que les 

Grecs meme la traduifirent pour leur ufage o, Manin eve* 

quede Brjgue , qui vivoit vers Tan 5 70 , fit a peu presen Ef- 

pagnc ce queDenys lePetit avoit faitaRome, en publiant 

la LolUBion des Canons fuivant Us Orientaux : mais il y ajouta 

quelques Canons dcs ConciUs d* Efpagne, Cependanton fe fer- 

i^oic toujours dans les Gaules de Tancienne edition des Ca- 

nons ; & ce fut Charlcmagnc qui y apporta celle de Denys 

le Perit, Tayant re^ue a Rome du pape Adrien 1 , en 787. 

Les Orientaux ajoutcrent aufli des Canons a 1 ancien Code ; 

iavoir ,35 Canons des Apotres p , enforte qu'ils en comp* 

toient 85 ; /f Code de Ceglife d^Afrique traduiten Grec; Us 

eanons du ConciU de TrulU ^ faits en 692 , pour fuppleer au 

cinquieme & au fixieme Conciles r qui n'avoient poinc 

fair de canons ; ceux dufecond ConciU de Nicee , qui fut Ufep* 

iieme ctcumenique ^ tenu en 787. Tout cela compofa le Code 

des Canons de ttglife d^Orunt. Ce peu de lois fuffit pendanc 

800 ans a toute T^^gllfe catholique. Les Occidentaux en 

avoient moins que les Orientaux : encpre en avoient ils 

cmprunte d*eux Ja plus grande partie ; mais il n'y en avoic 

point qui euflent ete faits pour Teglife Romaine en particu- 

lier. Elle avoit jufques-Ia conferve fi conftamment la tradU; 



celle <f 'Afrique , rF.gUfe de Rome ayanc connu les Canons des Conciles 
d^Alrique , & en ayjnt admir^ la (a^ette, elle les adopta. Voyei Caf- 
(odore , c. s^ , Divin. Inflit, 

o Ils avoient tantde v^n^ration pour ce Code, que danstoutes les 
affemblt^esv foit unirerfelles , foit nationales , on mettoit fur deux 
yopitret rEvangile d*un co:^ dc le Code des Canons de Pautre. 

p C*eft-a-dire trente-cinq Canons du nombre de ceux qu^on a appel^s 
Apofloliquts, yoye^ la remarque que Ton a faice fur ces Canons des 
Apotres » ci-devant , pa^. 3. 

f II fut appel^ in Tmllo y parce qu'on le tint dans une Chapelle dii 
Palats (?e Conftanttnople qui s'appe'oit TrulU ^ & qui ^toit/crreMriuai 
Jseri Pmloiii : ce mot TrulU veut dire une voute ^lev^e en forme de 
dume , que les Italiens appellent Cuppoia. Le pere Petau pr^tend que 
ce Concile ne fut tenu qu'en 70^ ; il dir n^jnmoins que le pape Sergius 
condamna les Canons de ce Concile ; ce aui fuppofc qu'il ^toit p'us 
ascien, puifquc ce Hapc mourut en 701. r oyc^ Karonius , lome VIII ^ 
amee 691. Kiwh. Hiji, dts ConeiUs , &c. 11 y avoit eu un premier 
Concile m TruUo , tenu vers Tan 6S0. Ce fecond e(l celui que les Grecs 
regarcent comme le fixii-me Concile g^ncral. 

r Cet deux Conciles font le fecond & le troifieme Concilc giai" 
tal dc Cooflancioople. 




14T ■ iJfSTiTUTTorr 

' tion de la cKfcipiine apoHolique , qu'e)Ie navoit prefqLtA 
p3S eu betbin de faire aucun reglement pour fe reformer ; 
& ee que les Papes en avoient ecrii, eioit pour rinftruflion 
d^sautrestglires. On peut nommer le Droit qui eut cour» 

pendant ces 800 ans , l'An:iin Droit eccUfiafliijue. 

Le nouvtiiu conimen<;j bientot apres. Sur la fin du r^no 
ie Charlemagne /, on rep;indit en Occidcnt une CalUStort 
deeanons qui avoit ere apponee d'£{p3gne, & qiti portels 
nom d'un //Worr , quc quelques-uns furnommeni ItAUr-, 
ihand t. 

Elie coniient Us Canons Orientaux, d'une verrion plua 
ancienne que celle de Diinys le Pciit ; plufieun canom det 
Conciies de Gaule & d^Effagne : &, ce qu'il y a dc plus Cai* 



/ Ce Piince c 

Emptmir tn 8c 



enca i tcgner 
&mo.TrutenSt 



n Frsnce en 76S , il fui 



lombrc cl« 



— — < — , . ^Jinpoifet, pou[ .. 

ES 61 d'Abb£i , & ^ii fioient des efpecei(ta 

int que d'9lTjitti 

,.....,..,. , .., ...^,, „,.„., , u. ^i.,,. ^„:..,„,i,,toii dcL> recontle 

renfetment le droit qiii s'obfervoil bIo.-s, (lon - feulcmeni en 

....!, maii en Alicm.^ne & en liitie , & djni totis les Eliit ites 

lii de Ptanc; qw ont et^ en mime tempi hmperrtiTs. 

( II eft nommd IjUoras Piccazor. Ceite colkaion , qui fut faile en 
Ifpjgne, cH irtjngej pjr Concilei 3( par I pinei. Us Ciinoni dei 
Concilei, teni» en Grece , tn Afrique. en rrancc & en Efpagne , y 
ront pUcet spict k't'U..'Cie'.>'es (uppol^ei de plui 1 



EccUliallm 



FranCi 



lit 



JicretsS: lL;.i;res dc i ;i,itr*s , depiiii S. Sirice. iiiluu 
lourut en 71 ; : cc iji.i f»it croirc qi:e ccite colkfliu-i lu 
•e milieu du hiiitiemc fKcle. El!e fiil ippcttce d^Elpjg- 
Riciilpbe , Archevcque de M.iytnce, qui iloii, a ce 
F.fpagnol, & qui maurui veri 1'an S14. Un en l^i 
<iu'il ti,'pindit en Ftjnce veri I'an 790, 011, felon d' 



S. -Siti 



^ompofieTen 
, qiii fnl «Iil 



Ville. 
l'Aute, 
iufq. 



1 /1- Cequi donna Itcu dt 

plui grindt Ootl-utt de lon liec 



Jicreit & Epitte» 
, fiit qu'il ^toil un 






le de B4!i'ioi eo Efpafine . sppel^ if.ioru, 
... 11 :... t^. ...... j. hA..... I. h1:*A 



parloni, fot llld. 

fan de Jefut.ClKin 7!« Veytt Biioniu» j DouUt , de Marci , lc Mit*, 



AV DROIT ECCLtSIASTIQUE. t^j 

«^lier , ufi grand nombre tTEpUres dccritalts de tous les PAntit L 

Papes des quatre premiers fiecles, c'e{l-a-dire depuis 5. CU- Chap. U 

ment iufqua S. Sirict , oii Denys le Petit avoit commence; 

qiioique Denys , qui vivoit a Rome loo ans avant ce 

Compiiaieur Eipagnol, aflurc qu*il a recueilli avec un 

rres-grand fotn toutes les Conflitutions qu'il a pu trouver 

4es ancicns Papes. On trouve des extraits de ces Decre- /,^'"^1 ^^^ 

tales dlfidore , dans la ColUdion attribuee k Enguerran n, 

tvequt de Met\ , & datee de Tan 785. On en infera plufieurs 

articles dans lcs Capitulaires de nos rois ; on les allegua 

ibuvent; mais Hincmar, Archeveque de Reims , voyant 

que le papeNicolas 1. s'en iervoit pour etablir le droit de 

juger a Rome les Eveques, foutint que ces Lettres n'etanc 

point dans le corps des Canons, ne devoient point avoir 

plus de force qiie les Canons memes , & le Pape monrra 

fort bien qu*eiles devoient tirer leur autorite de leurs au- 

reurs , qu*il fuppoioit etre les Papes , & non pas du corps 

des Canons. 

On a reconmi dans le dernier fiecle ir, que ces Decre- 
tales depuis S. Clement jufqu a Sirice , ne font point de ceux 
dont elles porrent les noms. i:lles font toutes d'un meme r. ConcTU 
ilyle,& d'un ftyle fort eloigne de la noble fimplicite de ^^t^be.iom^ 
ces premiers fiecies , elles font compofees de grands paflages * 
des Peres qui ont ve^u long temps apres, comme de fainc 
Leon^de S.Gregoire & d^autres plus modernes : on y voic 



■ Let D^cr^cales dont il e(l parl^ en cet endroit, font celles qu'oa 
sppelle commun^ment au)ourd'hui Us faujjes DecretaUs , parce qu'el!es 
ne font potnt des Papes auxquels leur» titres les attribuent , & que le 
Ibnds m^me de ces pieces eft un ouvrage fuppoie : r.imbition & la 
po.itique 6rent fabriquer ces Difcretales; rignorancedc U cr(5du!ite 6m 
<es temps les accr^ditercnt. Gratien les a rapportess dans lon DccreC 
comme pieces authenti|ue$ ; ce qui e(l un grand defaut dont fa compi- 
lation o a jamais ct^ purg<5e. Les principaux objets dc ces Dcwretalet 
furent d^attribuer aux hccl^firfniques Tindependancc dc toute Juridic- 
tioo (ecuiivre, d*efendre beaucoup l*autoritd du Fape, & de fairc det 
piaintesfar rulurp.ttion dutemporel des Kglifes, ()n y luppofe d'ancient 
Ci.nont , port n' qu'on ne tiendra j.imais un feul CJoncile provinci il fans 
la permtiiion du P.<i>c , (k qtie toutes les caufes Eccl^fuAiques rclTor- 
fffonta lui. On y fii» p^rler lcs fucceiTcur» immediatsdcs ApotrC'. ; on 
lcur fuppofe r^ev ecrits. lout fe re(T«nr du mauvais Oylc du huitieme 
fiecie» tou' tCi p'«in rte fai.trs contre I'Hiftoire 6t la f>t'ographie, il a 
iy\M tou*e« les l.jtnieres 6c la critique du dix-fepticme ficcle pour en 
«Jcmeer U fanir-te ; 6( quand Terreur a ^t^ reconnue , plufienrs ui^ges 
au&qucls ces picccs ^«voieiit donn^ lieu , n'ont pas laifle de (ubfider daitf 
lane jMiut d« TEi^Uiet La loP]^ue poffeilioo a pr^valu. 



.- ..? .* :-sriun (.iiri;!ivrs : .;s ^noits -iont 

. .,■: :- . :"..;:::!;nt soir.t jii teirrs ■ -j ■»! ■■js 
.-: -s _:.^r , ,:t 'iiiiiws. Commu as Djcrerales 

,J". ■.' ..- .■.■,:rjS .lurant liiii.^.-tiri lijcles. e .x -int 

".■■■.;r.i.dmer;t jiCiir ios .iDi.^iiif.ons ,i'i Pipe.fiu'-^!- 
_-..;r--.-:t-.-.7::T!;.iy-.::t ^tij.-ir i;rMir2s H.iris es prem-.-rs 
i. i i.'ur ii; ;".:j-ni;r.r lies r.u-i^ies. ^sr ii!es:.;;:i,.Tit 
-.'-.:-; i:us.iii;i... s. &: li;il..r>' r.; c::;r:!r.u:tf p^s rnli 



\ ;-••'. in ■■-.-.. ^.,.i -: .":.-.■■.;-- dv .■■:!!; .'.c M"'?ri11S , raite 

:.::■ ?.r.^' G^j^ .-. rr::r.c Bc'j ic:in .i^/Boicz-:!; ca 
; 1 z. r.T .1 i'.;r.:.i; \ :rs iaT 1 1 -^. I, y c-niprcr:j iesrjul- 
lii r^i^ritjids , S; p''j:';!:'-r; pa;r.ui 'i^i P;ris . pjrti- 
i, i.-ir.i-'. rij !,;-: Jjr->n-.;. rij Ur.r .^ru-jliin. -ie 
;': '.: CtTCiC.re ti f.i U.r.t i:'.^i-..-ii a ?:;v:..i;, Toutis 
«,i -::•;«< lunt rjr.;;,;s i'.,;v;r.t u.-.j t^rrj:n,; .-,::!] -j.-le j. 





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( . i,.r... . I-. Ii(-.ti.i..^ . ,<■( |'.L|,ci & ks Sci.K..c« (lci 
. ; ,: .1 .!■. ,1,1 ..i-^ .!.■ |-..r.:riMU(.r. .*es C^crit & .-vi Lve- 
..'. i..ri.-ij..[...^ft.', .,.,ll,ii..,H.i,.,;,.;i.'i. ..,:ririi:;,.n. Ij 

■■ '■■' ■"■' • '■ l| <:<■•■' Iv- r^ "» l..rlic,.Vr'( . (ur l.i.p.ta 

.'.«.■ii.< ,|.!.n,>!... I :, <,..ri...ii!c r.>itiriii c'i«ir.^c<-ii cm^ 

, fil iiiiiii.Iie Ji tiinjiciji,„iic , |jdiit liuc l'Aut(iir y rj|>- 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUEL *4f 

& il y a plufieurs queflions traitees de part & d'autre par ^* ■■ ■ 

des auroriics qui remblent oppoiees , & que Grarien a vou- ^**T*f ^ 

lu conciiier : aulli a-t-il intirule fon Ouvrage , Concordt dcs 

Cdfions Ji/cjrJans ; mais ruiage Ta nomme U Corps dcs dc^ 

crcts , ou fimplement ic Dcc^et. Cet ouvrage, peu corred, 

par ie maiheur du temps, ou la critique etoir prefquj in- 

connue , ne laifla pas d*erre bien re^u par-rout ; & quoi« 

qu*il eur ete compole par un particulier fans aurorite , il 

ne laiila pas detre explique dans les Ecoles, allegue dans 

les Tribunaux , & regarde d'un confenrement unanimCt 

comme le Teul corps du Droit canonique. II eft vrai que 

l*on a toujours reconiTU qu*il ne donne aucune autorite 

aux piices qui y font contenues , & qu elles la tirent de leurt 

auteurs. 

Depuis ce temps, les ConAitutions desPapesdevinrent 
plus frequentes, par une fuite n6ceflaire de Tetat oii TE- 
glife fe rrouvoit alors. Les guerres continuelles des petits 
Seigneurs a qui s^etoient eleves depuis la chure de la 
fnaifon de Charlemagne, empecboient les Eveques de s^af- 
lembler ^ , & ies Metropolitains d*exercer leur autorite. 



porte tous let Canoos relatifs a la confdcration des Eglifes & dei Autels^ 
au facrenicat de l'Euchariftie , aux Fetes folennelies , aux facreniens 
de Baptime& de Confirmation , a la c^i^bration du fervice Divin » k 
robfervatioo dcs jeunes , 6c a la fainte Trinit^. 

Une dcs cho(es a reroirquer dans le D^cret, eft qu*on y trouve 
plufjeurs Can:ni avec ceite infcription , Falea. l! y a Givencs opiniont 
lur iM fii^ntlication de ce ticre. Les uns ont cru que cela indi^uoit que 
cet Canons meritent peu d'attention , & quMs doivent etre fcpares dii 
rcAe , comroela paille \'t(k du bon grain. D*autces croient que ce titre« 
FmIc^ , cft le nom d*aodifciple de Gratien , qui a f^it Hes additions aii 
D^crct. Kojrc^ Antoine Auguft'n, de Em<nJst. 0-atiani. 

a L'ufage det guerret priv^es ^toit vcnu du Nord , & avoit liea 
en Francc des le commencemenc de la Monarchie , aiiifi qu'un peuc 
1« voir dans Gnfgoire de Tours. Cet abus continua fous la feconde 
raceficmime fort avant fout la troifieme ; mais il devint pius commua 
depuis quc lct Ducs & let Comtes convertirent leurs Oflfices ea 
Seigneuries priv^es , en fe rendanc propri<ftaires a tirre de Fief , 8c k 
la chargc de rhommage des Provincet & Vilies donc i!s n'avoienc 
auparavant que lc Gouvernement ; ce qui arriva vert la fin de la 
feconde racc , avant lequel temps il y avoit d^).i dcs Sei^neuries & Juf- 
cicet priv^es qui nc porcoient pas , a ia verit^ , le nom de Fief, mait 
qu'on appctoit Alleu , & qui ^toient difffrentes des Kifn^tices civils 

2ue Ton nc poffddoit qu*a vie. Les Seigneurs qui avoienc quelqucr 
ij^^renc avcc lcurt voifms , convouuoient leurs VaiTjux bc arricre-* 
Vad^aux • qui ^toicnt oHIiges de les fervir a la guerre envers & concrtf 
fout • m^mc cofitre le Roi ; cc qui fut depuis peu ik peu aboli. 
k lls s^affembloicm nwiat f«uvfM |6 moint librement ; n^aoniMtf 

Tmt II. K 



"14« INSTITUTION 

Partie I ^^ ^y *^^*^ prcfque plus que celle des Papes c qui fftt ref-^ 
Chap. I. ' p^Stic 9 & elle reprit un nouveau luftre depuis qu'ils furenc 
d^Iivres de roppredion des petits tyrans du voifinage de 
Rome. Ainti, apr^sLeon IX, & Tan 1050 » il fe tintplu- 
iieurs Conciles pour la reformation des moeurs & de I2 
difcipline ; car tous les Chretiens , meme les Clercs , ^toienc 
tombes dans un grand rel^chement : la fimonie & rincon* 
tinence etoient frequentes. On reprima ces vices en plu* 
fieurs Conciles particuliers , auxquels les Papes pr^fiderenc 
en perfonne ou par leurs Legats. IIs en convoqu^rent aufG 
de generaux a Rome & ailleurs. On a donne i ceux dt 
Rome le nom de TEglife patriarchale de Latran i, oii ils ont 
ixQ tenus ; & le plus cel^bre eft celui quifut tenu Pan 1215, 
fous le Pape Innocent IIL II contient les principaux points 
de la difcipline qui eft encore en vigueur. 

Ce Pape ^toit Jurifconfulte , auflibien qu'Alexandre III, 
& plufieurs autres Papes du douzieme & du treizieme fi^ 
cles; c'eft a-dire qu'ils etoient inftruits non feulement des 
Canons , mais encore du Droit Romain que Ton recom- 
men^oit a etudier e. lls etoient confultes de toutes parts. 



dans les premiers temps de la troifieme race » qui furent les plus tu* 
multueux , on ne laiira pas de tenir pluCieurs Conciles Provhrciaux en 
diverfes villes de FraAce , comme i Reims , Narbonne , Senlis, Poi* 
tierSa Oildans , Auxerre , Dijon , Beaune* Lyon , Touloufe. Arras^ 
Limoges, Vannes, Sens , Rouen , Paris « Saint-Denjrs » Tours & 
autres lieux. 

c Lc concile de Nic^etenu en 315 , perroet a ceux qui fe pr^ten* 
dent excommuni^sinjuftement par leur^veque , de fe plaindreau con- 
cile de la province ; mais il veut que toute affaire , de telle ntture 
qu'elle foit , fe termine dans la province : enforte qu*il n'y avoit en- 
core d'appel que de T^v^ue au concile provincial , qui jugeoit fou- 
verainement. Le concile de Sardique , tenu en 347 , permit aux ^vd- 
ques vcx^s par leurs comprovinciaux de s'adreifer au pape , qui pour* 
roit faire examiner Tatf^aire de nouveau dans une aflfembl^e d'^v£ques 
plus nombreufe. L'£g]ife d^Afrique s'oppofa 4 ces appellations d'outrc- 
mer. L'^glife Gallicane foutint auflfi fortement Pancien ufage» Mait 
ilans la fuite on c^da au pape le droit de connoitre par appel des cau- 
fes des evSques , & des autres affaire^ les plus importantes. On ad- 
mit auift i Rome raffaire des particuliers , m^me pour les affaires I^- 
geres , i quoi les fauITes d^cr^tales ne contribuerent pas peu. 

^ II y a eu quatre conciles gt^n^raux de Latran. Le premier en iiz2^ 
lc fecond tn 1139 , le troiG^me en 1179 , le quatri^roe en 121 5. II y m 
cncore eu nombre d'autres conciles tenus dans I'£glife de faint Jean 
de Latran , mais qui n'ont pas ^t^ g^n^raux. Les conciles tenus a Rome 
Avant l'an 649, n'ont point ^t^ furnomm^s de Latran. 

< Lcs lois de Juflinien etoient tomb^es peui^ peu dans I'oubIi. Apr^s 
.£» mort on fuivoit Ics lois dcs cropcreurs Grccs* Lt corpi da dxoit do 



A 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 147 



tiitiiie pour Ics a(&ires temporelles. On appeloit continuel- Partib !• 
lement a Rome , & on y jugeoit Ics plus grands difTerents ^*^* *• 
non-feulement entre les Plveques, mais encore entre les 
Princes fouverains. Duns ces memes fiedes s*etdblirent les 
Ordres de Religieux Meiidians/"& les Univerfites g. Ces 
corps fe mirent (bus la prote^lion & la juiidi6lion imme* 
diate du faintfiege, & Ton en ttroit prelque tous les Pre- 
lats & les Miniftres de regliie. Ainfi, on n'y reconnut plus 
de loi ^enerale qui ne fut emanee du Pape ou prefiJent i 
un Concile, ou aHill^ de fon clerge, c'c(la-dire du Con- 
iiAoire des cardindux. 

11 y eut plufieurs ColUdions des dccrctaUs que les Papes 
avoieni faites depuis le decret de Gratien ; mais la (eule donc 
rautoriti a lubfide » eil celU dr Gre^oire JX^ compofee en 

1134, par S. Raimond di P^giufort» Dominijain Cata- 
lan. Elle contient lous Us DJcrets du ^rjnd tonciU de Latran^ 
de 1 2 1 5 , & /«i dicifions dcs Papes lur un grand nombre de 
proces, diftribuees en cinq Itvres par ordre des matieres A. 
C*eft ce que Ton appeile fimplement Us DecretaUs \ &: les 
Canoniftes appellent amiques touces cciles qui tbnt dans 
les Colleftions precedentes. 

£01298 Boniface ^111 fir publier unfixieme Uvre des decri* 
iaUs^ divifeen cinq livrcs, & (liilribue d.jns le meme ordre 
quc lc recueil de Gregoire IX. Ou Pappetie U ^exte : il con- 
ticnt les Dtcrets des diux conaics feneraux de Lvon , ou plutdt 
des Papes qui y prefivlere t , «avoir, Innoccnt I V^ au premier 
tenuen 1245, & G egoire Xi)u fecond en 1274. Le Sexte 
contient auffi piufieurs autres Conflitutior.s dcs Pjfi f , depuis 
Gregoire IXjufqua Boniface Vlli. Mais les «iitierents i de 



Juflinien fut perc^u en Italie lors des riv;ig?s qi)*y firent les Goths, & 
cnfuite lcs LombHrdv. Le Ui|^ci)e tjt re; o.ive d A^-.i.i h cii 1 1 3 , ; 8c 
fluelquc temps apret , l'emp<;rcur Lo.li .irv or -tu r.^ a tovtv lcs Ju^t.& d« 
lc conformer au druit Ro?naMi dans Itfu-v j ^v.MT.f ns. 
f Ktfjre^ci^aprek le chAp. 12, &I1 n.'V* uu . \.o p^rle d< ces ordrcs» 
g ycjt\ ce qui eft dit ci-aprc« -■•-s un vtf'i.rc>, ».l»ap. 10. 
h Le prenier traite dcs Ju^iev etc d» illtquc . , le tic j»d , iU^ i>>^t» 
fliens ; le troiiicme, de« ecclori..iii.|ii''s ; lc i|.. irun.-.». itcs maridg^t^ 
Sc Ic cinquieme. des ciimes : ce w| .1 t:l cx(.tim«f p r «.e ter^ : 



Judtx , Judiclum , Cicrus , SporjMia , Crtmcn, 

i Cc$ dilF^rents commcncfrcnt pir U mJco.iteiremont .jnc nonifjcc 
yUl tutdc c« quele roi avoic douac tcu^ice aiui v oiormcs lci cn* 

Kij 



14? INSTITUTION 

' ce Pape avec le roi Philippe le Bel, ont fon decrediti H 
en France les Decretales qui poftent fon nom. Le recueil 
qui ttit faii enfuiie s'appelle les CUmtntints l , parce qu'il ne 
contient que Ui Conjliiuiions dt CUmtntV, faites dans le 
ConciU pniral tJe Vitnnem ijii. Ce ftil Jean XXII qui les 
fit publier en 1317. 

Toutes les Conilitutions qui ont htk depuis ajouties au 
Corps de droii , font comprifes fous le nom general d'£x- 
travagantts , pour montrer qu'elles font demeurees comme 
errantes, hors les auires compilations. D^s auparavant, les 
Canonifies citoieni par ce moi exira,\es Decretales de 
Gr^goire IX pour marquer qu'elles ^toient hors le Decret 
deGratien, qui avoit patr^jufqueslapour lefeul Corpsde 
droit ; & on les cite encore ainfl. II y a Us Extravagarutt dc 
JtM XXII in, & /m txtravaganttt eommunes n qui contien- 

nemii.Lti (uietsdc plaintc duroi ^loicnc que le papc *ouloit parti|M 
■vec lui U( d^cimcs levjct fur Jeclerg^ de Frince, & de ce que le 
papc , pout fe venget de fon tefu) , ait» un nouvcl twWbt k Pimicrt , 
fins le concours dc riulotit^ du toi , quoiijuc ce concouri fQt abfolu- 
ment ncceflTaire. Boniface , pour biavei le roi , nomma pour Ugai eit 
France Bctnitd SiilTcti , qui s'^toit faic otdonnct jvique de Pimicis 
malgt^ lc loi ; & cc mjme Bernaid, en vcrlu de fctpouvoiri de l^ 
gat , □idonni au roi de paitit pout une nouvelle croifade , 8t de mct- 
tre le comte de Flindtc en libert^. Lc loi Sit aii£ter Bctoatd , Oc 1« 
tcmit i raichcvfiiue de Natbonnc fon m^ttopoliliiti. Le pipe ntit !• 

ron convciquerait un concilc , & quc l'on appelcioit au futur concil» 
de louc cc qui avoit iti fitl pai 1e pape. Nogaret pailil pout notifier 
cel appel. Sciata Colonne , fit lui , inveHiieni te pape dans Anaeni : 1« 
papc fe fauva , mats il mourui quel<[ucs jours april , lc IZ Ofiobi* 
130J. 

k II fuc difendu pai oidonnance du roi , cl'cnreignei tc Scx>e daa» 
les ^colei , ni de le cltci conimc loi ; & afluellemenl encoie on ne peut 
lecitet enjulliceque eorame une nKon iciite, & autantqu'il fettou- 
*c conforme i nos ufages. Vayi, Motn:>c , ad Ugem 8 di JlJIHu &■ 
Jnri. Biodeau fur Louct , Uiin N. n. 41. 

/ Le> Cli>mcnlincs fonl une cumpilalion , lant des d jctets du cDncil* 
giniiai de Vienne ou Cl^mcnt V avnit prefid j , quc de res jpiitcs oa 
ConfliiutiDni ; mais fa mottarcii^e le 10 Aviil i;i.f , rayani empfch^ 
de pnbliei cctle collcaion , elle ne parut que fous Jeia XXII, foa 
fuccefleui, qui l^adielTa aui univeilitjs. 

m Ce papefucc^da i Clcment VII. II a talfl'i! ic Connitullont. doat 
la detniere efl de i;i;. Ellei oni iii recueillici fous le nom i'Exira- . 
vagawm. L'auieuc dc cette CoUffiion cnincetciin , aulTi bicn que !• 
Kinpi ou elle a patu ; elle efl divif^c par ticici , ni;iit non par livcct , 
1 caufedu pcu de Lois qu'clle conticnt.'* 

n Cefl unc Coile^ion de divctres ConRltutlons qui o'<toient pa» 
comprifei ditn 1« pr^c^dcniet ColIefKoni. II 7 en a dc difT^tent Pa- 
fts , depuit Urbain IV , fiifqu'1 Siilc IV , c'ell-i-dire depuii \'tm 
1160 , iufqu'1 l'in nij : ellet foat ^tiiitt «a ciD4 Liviei > ceonw 1« 
«Dtict Collcttiei» itt Dicrittlu. 



A> 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 149 

ncnt lcs conftirutions , non-feulement des Papes fuivans , _ 
mais de quelquesuns des precedens , meme au-dela d*Inno- cuap. U 
ccnc III. Voila les livres qui compofent ie Corps du Droit 
Canonique , que Ton explique dans ies ecoles. Le Dccrct , 
les DecrctdUs , lc Scxtt , les Clcmcntincs , les Extravagantcs. 
II n*y pas 200 ansdepius Gratien jufqu'au pape Jean XXil ; 
& dans cz pcu cic temps furent faites tant de lois nouveilcs* 
Aufli fut-cc alors qu*arriva le grand changement de la difci- 
plinc. On ne connoiiToit plus d*anciens Canons , que ceux 
quietoicnt dans le recucil de Gratien; & la dialedique qui 
rcgnoit dans les ecoles , fourniflbit mille fubtilites pour les 
iluiler. AinG,lcs abus croifToicnt & les remedes diminuoient» 
I>*aiUeurs, lcs Papcs etoient dcvenusSouverains en Italie/y, 
& la plupart des Evcqucs Seigneurs temporels q. L^ignoran- 
cc des lalqucsr rcndoitlcs ClercsnecefTaircsdans toutcs les 



note qui 



• L'oo n^torcigne point le Sexte dans les Ecolei. yoyc^ la 
cfi ci-devant. ps^ 1^7 , 14S , au fujet de cette Col!e£lion. 

/ La puiffance teroporelle des Papes dans Rome & dans une partio 
fle ritalie fe fbrma peu i peu. Elle commen^a du temps de Chartet 
Marcel t qui prot^gea Or^goire Ul contre le roi des Lombards. Pepia 
£t dct donatiuns conGd^rables a rEglife de Rome ; mais il ne donoa 
pat an Pape la fouverainete , puifque CUatlemagne , contirmani Ics do- 
aaiiont faitet au faint (iege , fe r Jferva la fuzerainct^ , & que fuivant 
nnc lettrtdt L^oo III k ce meme Hmpereur , le pape rcndoit homma- 
^c detoutetfes pofTedions auroide France. La louverainet^ du i'ape 
dans Rome & dans fes autres poirelTioni sVtablit peu a peu , par fuccef- 
^on de teaps,comme toutes les autres fouverainet^s qui furent d^mcm- 
br^es de Tempire apres Textin^ion de la maifon de Ch^rlemngne. 

f Les grands biens que TEglife poflfede en FrAnce vinrcn: d'abord 
des donations & ventes qui lui furent faites du temps des croifades .* 
d*aiJleurs, c*^toit anciennement Tufjge, que chacan enmourantlaiitiit 
quel(|ue chofe a rEglife , autrcment fe ddiunc etoit r^putc Dcconf<\f 
&rkglife fuppl^oit 1e TeAament qu*il auroit du faire , en re^lant ce 
qu'ii devoit laiiler arEglife; les ecclcfudiques , & fur-tout lev Lv^- 
ques t donnoient leurs biens a leur hgliie. Ch.tr!cmagne voulut que 
les ^viques laifTaflfent 4 leur Eg>ife Ics biens quMs auroient acquisne* 
puis leur ordination. Enfln nos Rois • en concourant a lafond.ition det 
cvich^s, les dotcrexit de grandes terres & feii;neuries. Lcs Evcquet 
commenccrent a poffcder des fief» des Ics premier^ ten»,^s de lcur ori- 

f;tne; 8c avaot rinflituiion des iiefs , ilsavoientd^ja de grandes pof- 
eifions. 
r L'igoorance fut fort grande en gincrat depuis le comrrcnrement 
de la mon«rchie, & fur-tout dcpuis lefepiicmc liccle jjfqii^a Lliirle- 
jnaene , qiii fut le reftaurateur des Icttres. Ellc rccommcr.q,: vers U ftu Je 
la lecondc race , a caufedes ravages des Norm.mds , 6i dur.i cr.core 
plus de tso ans. Elle etoit fi grandc , qu'il n*y avoit ^i.cr.s i^i.e les 
«cclefi^Jl.ques ooi fufTent lire & ^crirc. On peut mcme rej^ardcr c.^m- 
me des temps d'ignorance, tout le tcmps qtii s^cHec^jiJ ji.!v;u'.i rran* 
f ois 1 j qui fut U Grcond tcAauraicur •dcs lcctres. La conaoiUance dci 

K iij 



t^o INSTITUTION 

PARTrE I. afFaircs publiqiies oii oarticulieres. II e?oiT JiifiLiIe querefprit 

Cb^p. 1. ecclefialtiquc 6i ia chdnre pdUor;ile cijnicrvat U purete au 

miaeu des proccs & dcs Rcgocjuncfiii dansi les Cours des 

Princes & ddns ies arniees, ou !es preiats, & meme les pius 

fciinfs Relteieux , eroient obliges Mc le troaver. 

D^un (.ore , on le relacha a tbufirir dcs Gercs ignorans , k 
les d<f poter rar^rmenr , roeme pour les pius g: ands cnmes , & 
^ les retabiirfadlemenr ; a remertre aux pecheurb ies peni- 
tencescanoniques, pour dcspeiei ir.at^esy &^ aumunes , &: 
a donner (ies induigences ^encraicii : on rendir les privikrges 
plus communs que le droit commun. On arut que les Pspes 
ne pouvoient mieux faire paroitre leur puiiTance , qu*eii 
etendant tlins bornes le droit de dirpenfer des Canons ; aa 
lieu que pendant milieans iis en avoient \:(i avec une extre- 
0ie circonfpedion. Dun aurre cote, la rigueur des ceniiires 
ccclefiailiques r etoir devenue tres-grande depuis ronzieme 
iiec;e , & on ies employoir frequemmenr, iceme pour des 
afTaires temporelles & legeres. Oa etablira le tribunal de 



lettres ^roir rell«menc proprc aiix Ecc!efia{Hc{ues , que le terme dc 
Clerc fuc iLti^-remps rynonime cl'hommelertre , & queles Liqucs m^ 
mes <]ui f.)itoicrnt la fonflion de Gre!?iers cu de Notaires & autrcs 
fembbbles , etoieot auiri appel^s CUrcs. 

f Des ie huitieme iiecleles .selerinages a Rome & a Jerufalem ^otcat 
^rrenus fortfrequens ea France & ai;ieurs. Les Moinei m^me & Ics 
Rellgieules quirtoient leurs cldtures , poir aller a Rome ou a /erufa- 
lem. On les ordonnoit quelquefois pour p^nitence aux pcchcurs : d*au- 
trcs les fiiiroient de ieur proprc mouvemenr. Celui qai, ayant fjit vacu 
d*a!ier en p^Ierinage , ne pouvoit y aUer en perfonnc , enyoycit qucl- 
qa*un pour accomplir fon voeu. On fe plaigmt haurement des lc com* 
iRcncement du neuviemc fieclc , au Concite de Chaloos teou cn 815 « 
dcs abus qui fe commeitoient dans ces p<$Ierinages. 

t Sous lc terme de cenfures ecc'^fiaAiques on comprend quelquefoiS 
t0utes les peines canoniques , comme U d^poiition ou la d^gradation 
^our lesClccs; mais !es cenfures proprcment dites, font , la fuf- 
penfe , rin*erdit 8c rtzcommunication. Voye\^ ce qui cn ed dit ci-apres , 
iom, II , chap. 19. 

V L'inquinrion td une juridiAion cccl^fi^nique ^tablie cn Efpagne» 
tn Portu^al & cn Italle , pour la rechcrche de ceux qui o*onc pas dc 
lions feririmen* fur !a Re!'^ion : c'cft ce que Ton appelle i Rome le 
tribunal du faint Officc. II y a des inquiiitions fubalternes qui y ref- 
^ortiffent p;ir appel. Quelques-uns regardent comme l'oric:ine de ce 
tribnnjl , une Confliturion que le Pape Lucius fir au Coociie de V^rone 
en 1 1^^ , 01*1 il ordonna aux ^v^ques dt s'irfoifrer psr eux ou par des 
comminaires, det perlcnnesfufpe^ef d'h^re(ic5 ; mais onregarde p'us 
commun^ment Innocent IIl « comire auteur de rinquifition. L^h^r^iie 
dei Vnudois qui commen^a des 1160, obligea ce Pape d*envoyer en 
1300 a Touloufe dcs Pr^cheurs « qui avoient faint Oominique a leur 
litt, pour exciter It fcrveurdcf ptincei 6c dci ^v^ques i rcxtirpa- 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 151 

nnquifition , & h procedure extraordinaire par emprifon- Partii U 
nement& informations fecretes, pour les crimes concer- Chaf. !• 
nant la Religion. On confondit la puiffance temporelle 
avec la fpirituelle» jufqu*a pretendre que le Pape avoit 
droit de depofer les fouverains , & de difpofer des cou< 
ronnes. 

La plus Fude atteUne que re^ut jamais la difcipline de 
FEglife, (iit pendantle grand fchifme d'Avignon, furlafin 
du quatorzieme fiecie x Chaque Pape donnoit a Tenvi 
toutesfortes de difpenfes & de graces , pour augmenter ou 
conferver fon obedience ; les crimes etoient diilimules ^ 
|>ourvu qu*on demeursit fidelle au parti ; & comme on 
s*excoinmunioit de part & d*autre , les cenfures tournoienc 
4 m^ris. Le ConciU dt Conflance tenu en 1 4 1 4 y , commen- 

tioa des h^r^tiques. Ils ne fdifoient d*abord que de nmples enqu^tet 

pour en faire leur rapport a Rome ; mais au commfncement du treizie- 

jn« fiecle l'£n)pereur Fr^deric II attribua ^ des Juges Clercs la con- 

fioiflance du crime d*h^r^(ie. Depuis ce temps on a apport^ divert 

tciBp^ramens a Texercice de cette juridiAion d^ns lespa^s ou elle eft 

tftablie. L'inqui(ition qui avoit iil ^tablie en France , a Touloufe « 

pour 1'extirparion de 1 h^r^fie des Aibigeois , tomba en d^cadence avec 

cette fe£^e • dont les reftes alle^rent fe cacher dansles vali^es duPie- 

inont. La trop grende ^pret<S des inquifiteurs leur iit perdre beaucoup 

ile lcur cr^dic. Le Pariement ne leur laiflfa prefque plus que le droit 

4'ezamiRcr les Livres de Do^rine. Malgr^ cettc efpece d^an^antiffe- 

mcntf les Dominicains de Touloufe ont conferv^ )ufqu'i ptdfent It 

titre fans (on^on d*inqui(iteurs de 1a foi. II y a toujours un d'cntre eux 

qaieftreritude cette charge imaginaire. L*archeveque de Touloufe 

leur j enlev^ le feul droit qui leur ^toit d^meur^, d*examiner relec* 

fion des Capitouls , pour s^aiTarer s*il n'y en avoic qui fulTent fufpe^t 

cfb^r^fic. Voyt\ les annales dt Touloufc par la Faille. II y auroit bien 

d*autres choics curieufesa dire fur rinquifitioo j mjis clles padcroient 

les bornes d'une fimple note. 

jr Ce que TAuteur nomme ici fchifme d'Avlgnon , e(l ce qu*on ap« 
pcUc commun^ment legrand fchifme d*Occident, ainfi appel^ , pour 
le diflingucr du grand Ubifme d*Orient ou desGrecs, ou diviJion de 
rEgtife Grccque d*avcc rEglife Latine ou Romaine , qui commen^aea 
S55 par rde^ion irr^guli^rede Photius pour Patriarche de Conft.inti* 
nople, en la place de faint Ignace. M. rleurv appelle le fchime d*Oc* 
cidcnC, fchifme d'Avignun, parce que ce lchifme arriva par rapporC 
aui Anti-papcs qui tinrent leur fiege a Avignon. Ce fchifme vint a Toc* 
cafionde la mort d« Gr^goire , mort 4 Romeen 378 ,ourannee d*att« 
paravant ilavoit r^ab i leiaintfi^^e qui avoit ^t^ transf^r^ i Avignon 
«eputft 70 ans. Les cardinaux Rumain> iui elurent pour fuccefTeur Ur- 
hain VI , qui demcura a Rome : les cardinaux Fran(;ois & quelques- 
uns Italiens ^!urent Cement V'I! , qui fe retira a Avignon , ou il de- 
mcurt & fekfuccelfeurs. Ce fchifme , qui part^t;ea toute In Chr^tien- 
t^,dura 51 ans , & ne finit quc fous Martin V. Clement VIII , Anti- 
papc , ayant alors abdiqu^ , iMartin demeura feul Pape 5c chef de taut« 
•EgJifc. 

7 Cc Coocile fut termin^ le 22 Avrll 141 8. 

K iv 



V 



il :. !..:■. V. 



.■I'Jt,k<..::.-.a.i,. Uix fct# 



AU DROIT ECCL^SIASTIQUE. 155 

& re)eter ce quiavoit ete introduit dans lesderniers tempst Partib U 
par ignorance ou autrement , contre les anciens Canons- Cuav* U 
11 ne taut pasnous flatter pourcelad^etredemeures dansla 
purete de Tanctenne difcipline ; mais il cd certain quenout 
nous fommes defendus de plufieurs nouveautes , qui ont 
cours en d'autres pays. 11 ne faut pas croire non plus,que 
Ton doive parlcr a prefent , comme Ton faifoic pendant le 
fchifme & lesautres temps ficheux ; les remedes des mala- 
dies dangereufcs deviennent pernicieux , fi on les applique 
hors de leurs cas. 

Le concile de Condance avoit cru que le meilleur moyen 
pour relever la difcipline , & corriger les abusqui avoient 
caufe le fchifme , etoit de tenir frequemmcnt c des Conciles 
generaux^ quoique TEglife s'enfoit paiTee pendant les trois 
premiers fiecles d , & n*y ait eu recours que comme a des 
rem^es extraordinaires. En execution de cette ordonnan- 
ce / , Je Pape Eugene IV convoqua un ConciU a BJle en 
143 I :maisil voulut leHiflbudre apresla premiere feilion , 
pour des caufes qui ne parurent pas fuffifantes / , & ii fut 



€ SuivantU Pragmatique-fan^ion l'on devoit |^s tcnir de dix ans en 
diz ans i ce qui nt^anmoins n'a pas ^t^ oblerve a caufc de la difficuh^ 
d« lci affcmbltr , & des autres circonAances qui e n ont empSch^. 

d Le premier Concilc occumcnique e(l cclui de Nicec , tcnu Tan ^sf. 

€ Martio V indiqua un Concilc a Pavie , ou Ton en (it rouverture 
au mois de Mars 1423. La contagion qui regnoit d^ns cctte Ville le fiC 
cransfercr a Sicnne, ie 22 Juin de la m^me annce. Les Prelats alTemblcs 
i Sienne, finircnt IcConcilc lc 21 Fevrier 14x4 , fic en indiquerent ua 
■utre a Baile. Ce ne fut donc pas Kugone IV, lucccRcar de .Vlartin V , 
qui indiqua lc premier Concile , mais Martin V , qui mourut avant la 

f»remiere reifion de ce Cuncile. Hugene IV ne fit qu'en con^rmer 
'indication. 

/La principalc caufe fut parce que Ic Concilc avoit d^clare que le 
Papc meme ttoit foumis aux Oecrcts des Conciles {;encraux. 11 n'y oat 
iam«is unc parf^ite intelligence cntrc ce Pape 6c les Pcres de ce Conci!e. 
tj^ent IV fut ccpendant oblig^ de le conhrmer ; mais aprcs la mort 
cic CF.mpcrcur Sigiimond , qui pouvoit feul maintcnir l'union cntrc le 
Pzpc 6l les Peres du Concile , ils fe brouiHcrent te-lerr.ent , qu'liugcne 
el^clara Ic Conciie diiruus , 6c en afTcmbla un a Fcrrare en 14^7. H 
«scommunia lcs Peres de BaHe, enlorte que le lchifme recomuicnqa 
Coui de nouveau : le Concile tk le Pape envoycrcnt chacun de lcur cv:6 
des Am^JtTadeurt dans les diflferens Royaumcs, pour Ics attircr djns 
leur p«rti. La France & rAI!em?^nc dcfaprouvcrent ^^..lement les 
Sentenccs du Pape contre le Concile , & celles du ('oncilc contre le 
l^apc : on ordonna qu'cn attendant la fin de ce ditf^rcnt, Ics Kfjiles 
/croient gouvernecs fclon le droit ordinaire; on 6t p!us en Fr.>nce, 
car a ccitc occa6on parut la fameulc Ordonnance appcLe Pr.i^iTr.itique- 
^Bciiun. Ccpcndant les Prdats de Bafle ayjnt p'iufu*iirs foi. forrtmi 

ijj^csc ly « iBau inutilcmcnt^ dcfc tcouvcr au Concilc > lc dJposccc^c 



IJ4 I N S T I T U T I O N 

'partie I- ^^^S^ d*adherer au Condle , & d'approuver ce qui y avoif 
iCBAP. I. ete ordonne. Deux ans apres , le Pape & le Concile fe 
divifirenc encore , & cette feconde divifion fut ians 
retour. 

Pendant qu*elle duroit , TEglife Gallicane s*aflembla k 
Bourges en 1438 , en prefence du roi Charles VII ; & la 
fiit faite une ordonnance que Ton appela la Pragmatique^ 
SanHiong , d*un nom deja donne a quelques Conftitutions 
des Empereurs , & a une Ordonnance de S. Louis h qui 
reprimoit les entreprifcs de la Cour de Rome. Par la 
Pragmatique de CharlesVil, TEglife Gallicane adh^re au 
concile de fiale , qu'elle reconnoit pour legitime , & regoic 
plufieurs de fes Decrets avec quelques modifications. L*Al- 
lemagne (e declara neutre dans ce different entre le Pape 
& leConcile, & demeura en cet etat jufquen 1447 , qu* 
fiit paiTe U Concordat Germanlque entre le Pape Nicolas V , 
qui venoit de fucceder a Eugl'ne IV, & TEmpereur Fredc- 
ric III , avec les Princes de Tiimpire. Ce concordat s*ob- 
ferveencore, & regleen Allemagnela difpofition des pr^ 
latures & des suires benefices. 

La Pragmatique de France n*etoit pas moins odieufe aux 



cn 1439, & ^lurent Am^d^e VIII, Duc de Savoie, fous le nom de 
Felix V. Alors Eugene transf^ra le Concile de Ferrare ou tfcoic la 
peAe , en la ville de Florence ; & en i^^i , ii le transf^ra de Florence 
k Roroe. II mouruc en 1447. 

g La Pragmatique-fanAion a ^C^ ainfi appel^e du mot Pragmaticum^ 
qui dant le Uroic ugnifie une Loi ou un Edic de TEmpereur. ( Pragma" 
iica , en Efpagne , (ignifie une Ordonnance ) & du moc fandio , qui 
d^Hene iingulicrement cecte parcie de la Loi qui d^fend de faire quelque 
chole fous cerCaines peines. 

h L*Ordonnance de S. Louis , appel^e commun^ment Pragmatiqut 
de S, Louis , e(l du mois de Mars 126S. Elie eft rapport^e dans le pre- 
tnier Volume det Ordonnances de la troifieme race. S. Louis n'a pour- 
tanc pas donn^ i cette Loi le nom de Fragmatique : il Ta qualin^e au 
commencement de hoe t^iSlo con/uitijpmo » 6c a la fin de prafcntcslit^ 
teras, Elle veuc que les Pr^Iats , Patrons & CoUaceurs des B^n^fices 
jouiflenc pleinemenc de leurs droits ; que les F.glifct Cath^drales & 
aucres aienc la liberc^ entiere de faire leurs ^le£tions ; que le crime de 
£monie foic banni du Royaume ; que les promutions, coUations de 
Pr^Iatures & aucres B^nefices foient faites fuivant le drott commun , les 
D^crets des Conciles & les d^cifions des Peres. £ile veut auHi que les 
cia^ons de la Cour de Rome, qui avoient appauvri le Royaume , 
»'aient plu^Iieu, fmon pour ureentt n^ceffit^ » du confentement du 
Roi & de TEglife Gallicane. Enffn , elle confirme les libertes , fran- 
chifes , immunit^Sj droits» priviUges accord^s par les Rois aux Egiifes 
fc Monafieres. 



A 



AU DROIT ECCL6SIASTIQUE. 155 

Papcs i que le concile dont elle ctoit tiree. Le roi LouisXI partic I» 
avoii \ou!u Tabolir $ mais le Cierge s'y etoit oppofetrop Chap. L 
fortemcnt , lUr-tout les Univerfitcs & les Parlemens. Ce 
fut un dcb f ujcts du diiTcrent enti e le Pape Ju!es II & le roi 
Louis XII. Jules avoit cite le Roi au Concile de Latran , 
pour dcfendre cette ConAitution , & etoit pret a la con- 
damner quand il mourut. Enfin le Pape Leon X terminacette 
a£kirc avec le Roi Fran^ois I , a leur entrevue de Bologne 



( Eugene vou*ut en faire r^former au moins certains artictf s , mais 
Charlci VII eo prcfcnvi* p!us ^'roitement l'wbfervation. Pie II , apres 
•voir (otcrmcnt c^cLm^ contre el!e dans i';.(r«rmbl^e de Mantuuc en 
I4f9, fit fcs U^cr^t^les , Exccrahilis & Inauditus ^ contre ceux qui 
ap}.c.lent du Papc au Concile iean D^uvet , Irocureur G^n<fral du 
Partcmenc, procefta au num du Roi contre la hdrangue 6c les Decr^- 
talcs , & eo jppcia au futur Cunciic en 1461. Louis XI voulant mettre 
lc Fape dan» (es iot^t^rs par rapport i la Sicile qu'il vouloit faire avoir 
A Rtfo^ dWnjou , r^voqua la Pragmatique p^r drs lettres du 17 Novem* 
brc i4<ii, iidrclf^cs au Fape Fie II; charm^ de cette nouveile , il 
^onna .lu Koi , en pr^lent, une ^pee gaiiiic de pierreries. II fit publicr 
lcs Leitres de r^vocation , & trainer dar.s les rues de Rome la pan- 
carte , contenant |.i Pragm;itique qu'on iui avoit envoy^c. Ces Lettrct 
Bcfurrr.tpoint regiAr^es au P;«rlement ; & !e Roi , m^contcntdu Papc» 
Cc mit pcu cn pe.ncde f^ire execuier cette r^vocation. Le Cardinal 
d*Arras, a qui e!!e avcit v.ilu !e chapenu r^e Cardinal , ^toit aulTi m^- 
conteiit, parcc que le Ptpc ne lui avoit pas permis detenir enfemble 
rAri.hevich^ dc Befan^on «( lEvech^ d^Alby. La mort de Pic 11 , fur- 
vcnue trots aot apres , & l*ctat d'incertitude ou I'on ^toit pour lcs 
B^it^Mces , donnerent lieu a des remontranc^s du Parlement pour le 
r^t.ibjlTeroenf dc la Pragmatiquc. Louis XI ^couta ces remontrances, 
& ta Pr^i^frjtique fut en qurlque maniere r^tjblic cn 146^, Paul II 
■yanr promis a TLv^que d*Evreui ('e le fjire Cardinal , fit cncorc varier 
Louis XI en 1467. Jean de Saint-Romain , Procureur G^n^ral , s'op« 

r>fa a rcn^^rincmenr des Lcttres du Roi. L*Univerfit^ fi^nifia au 
^^at 8e a TEv^quc d*Evreux , au retour du Parlement , une proteAa- 
tion & un aAe d'appel au futur Concile, qu*elle fit r^j^iftrcr au Ch^telet, 
•u let Lcttres dc r^vocation ^toient dqa pafTdes. La Pragmati^ue fut 
ebferv^cfousCharles Vll:. Jcandc Saint-Romain, Procureur Genc^ral, 
■ ppcla du L^g4t & de fa Ltfgation , du Papc m^mc au Papc mieuz 
ConfciM^, & dc tout cc qui avoit ^t^ fait contrela Pragmatique. EnHn , 
l^uis Xll ordonna qu*elle feroit inviolablcment obfervce. Julcs 11, 
■lors Papc • fufcita cuntre ie Roi toute 1'ltalie : la France & rAIiemagnc 
fommircnt cc Pape d^fiflTembler un Concile ; a fon refus , !e% Cardinaux 
rindiquercnt a Pife. fules Tindiqua i Rome k Saint-Jeande Latri^n ; il 

?citalc Roi , les Cours & le Clerg^ de Francc pour venir dcfendre la 
ragmatiquc , dans un d^Iai qu*il donna , finon qu'el!e feroit dccl^r^c 
fiulic , fchifmatiquc & abrogee. Le conciie de Pi(e avoit fjii heaucoup 
4t d^crct« qu'on avoit re^us en France, 6c Ton craignoit un fchifmc 
lorfque Julcs mourut lc 26 Fevrier ip3> Louis XII fut plus doux a 
IV^ard de L^on X ; il reccnnut le Concile de Latr.-^n , ^: ce Prir.ce 
tffanc mort le premier Janvieri^i^, Fran^ois I , fon fuccelTeur . 6t 
•irec L^o^ X le CiiMux Coocordat qui cbangea totalcment lei chofcs de 
fiCt. 



iT^ 7 K s T ] T r T : c y 

TT^^^ €1. I ri^.L- rren- ur iarzsari^: .var isriii- jt t.t^zz •»• ji 

auuii» . i. -^^.uaar asi aiitr» iirtnr L:»r.'fr-i fL '-^ ir-JLc^ai 

i. te A::.Li2r . i. qut JaE 5iLi.orcL: £.:: ?£-•* is cj-:»jr «Ty 
fC-^'ci' . ur iL numiTairjo:: c- Ri^L Cs Ci^i^c-ior fa 
ai:=rcuvi at Csirmiis; Cd La^rar: c-: t^noit e3c:»r£ : isej je 

Iicin:'nxt2j!ife?er £l it Orge s 'ptr[iri& plus c';^::: fecjs m 
itnnaRasr it resc^b&mtz^t ces eiefdocs ; tojrQcus ie 
^muoTcatii iirTf-7:c. 

^ .srf it uuinie ^tmjA , Luiher f: coamen^a s ps*D;"35 , 
^& tu: ui»»'. £!£ pl-fanirs aurres / , qui lous pretcrre £e -^ 
inmtsr ^'lciiks , la dechirerer.t mirerabiemenx. >LIs 
irzi. ^ JHSL cies riOuveiles herefies , que Ton pen.'£ ^7 
ismsxc £ i£ rcformation , non pas de la foi , qui t'l 
■Tgnig , £ads des mceurs & de la difciplioe. Gn s*appl»^ 




iE >tir;fn Luther, Rcli|;ieux Allemand , He TOrdre des £r-ri:es z,m 
S. .k:-{uirinf n^en 14S3 , aynnt ccrit en 1^17 contre let loco.l^cr.ces » 
T-tR^Cizea {jcu i )>eu (i.int des erreurs qu'il loatint avec cpir.utreie , 2c 
^u^. rtf^iudit ddn% rAlIcmaj^nc ou il le ht chcf cie parti. 11 itccua >]:.:{ 
4i£ Mi Rei;le (|uM iiyuit embrull^e , cpoufa publiquemeDt une Relifie-ie : 
il r-;,! exconimuiui^ par le l';ipe 



ipe en 1520 , & mourut en I54<^. Les Frsi 
c:^4!ef errcuisde Luther «^toient qu'il lejetoit plufieurs Livres Cafio- 
ai<fucs : II ii'a(lmcttoit que deux S^cremens , le Baptcme & i^EucharifiiCy 
«ncort pr^tencluit-il que le Buptcme n^cfface point 1e p^che i que cabs 
I *e.iichariflic le pain & le vin rcflent avec le Corps & le Sang de Jefus- 
Chrift , apris la conl^cration. Sclon lui , la Confirmation n*^toit <|d*isc« 
cerc:nonie. 11 combattoit la P^nitence, la ConfeiTion, la Mefle; re» 
7«coic!es Indul^cnces , le Purgatoire, lcs Images; nioit le libre arfedcre» 
likruteDant que tout Cc faifoit par n^ceHit^ , &c. 

/ En 1519 Zuingle , Cure a Zurich en Suifle , coromen^a i pr£chec 
concre !cs Indulgences , i I'cxcmple de Luther. U attaqua enfuxtc 
''-.Liforitcdu Pape, leSacremcnt dc Pcnitence, le m^rite de la Foi, lc 
ptivht^ Oc ieincl, I'ctfet dcs bonnes GLuvrcs , Tinvocation des Salnts, It 
^ccp-ice de la Mcife, les Lois EccI^fiaAiques , les Voeux, le c^libac 
ue» ^retres , & rabHinence des viandes. 

^a I s>o Mclanchton fut Autcur de la premiere profefTion de foi dct 
Ifrcceihns , appclcc la Confcliion d'Ausbourg , parce que cefuteo cetc« 
V-: « .jae ies Hrotcilans la prefcnterent a rEmpereur. 

'J«i.> '.a meme annde , Calvinqui n'avoit encore que vingtans.appron» 
vj. .tvvjv; Zuinglc , lc$ vues dc Henri VIII, roid'AngIeterre. En 1535 il 
|ji..uij :on Livre de rinditution Chr^tienne, qui conticnt toutes fes 

.i.ui>. li ne s'<.^carte pas de Luther, mais il ench^rit fur lui. 11 foutienc 

>.aiU4aib.;ittf dc U Juflicc , & le falut dcs enfans des <idctlcs qui 



.ftfci 



4..wit;4:L .ans Bapidmc : il nie la pr^fence r^eHc dans rEuchariflie. 
^.» .uieurs de Luthcr & de Calvin font cellcs qui jont fait le plus 



d# 



"•^^-i*"^ 



k.. ;ic li^ui fooi eocore les plus r^pandues dans i'£urope 



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T 



AU DROIT ECCL^SIASTIQUK. 157 

idc a i'ctude des Antiquitcs ccclcdailiqucs , & fur-tout m 

dcs anciens Canons oublies depuis (i long-temps. Dela Partib U 
vint la faintc & falutaire riformation du ConciU de Trenu m , ^"^'" • 
qui a condL:mni & corrige la plupart des abus dont on fe 
plaignoit depuis 300 ans ; qui a mis dcs bornes aux pri- 
vitcgcs & aux difpenfes , & releve la puiflance des ev£- 
qucs. Tout Tefprit deceConcile eft de ramener la purct6 
des anciens Canons. Scs Dccrcts de doBrine ont cte re^us en 
France » (ans difEcuIte , comme venant d'un Concile (ccu- 
ninique : pour les Decrcts de difcipline , quelque inftance 
(jue le Qergi de France en ait faite, il n'a pu jufqu'a pre- 
fenten obtenir la reception authentiquc. Ce n'efl pas que 
cette difcipUne n*ait paru bonne , puifqu*on en a infere la 
plus grande partie dans TOrdonnancc des etats de Blois n ; 
'mais on etoit alors oblige de garder dcs mefures avec les 
pritendus r^formes ; & plufieurs Catholiques , fur-tout 
entre les Magiftrats , trouvoient en cette difcipline plu- 
fieurs points contraires ^ nos libertes. Voili le progres du 
Droit Eccl^fiaftique, depuis le commencem^nt de TEglife 
jufqu^i priHent. 

CHAPITRE 11. 

Divifions du Droit EccUfiaflique. 

ON divife tout le droit ecclefiaftique , en droit divin & pM/^^ j » 
droit humain ; droit naturel & droit pofitif, Le droit na' can, 1. 6- 7« 
turel eft la lumiere de la raifon , fur ce que nous devons 
i Dieu & aux hommes : ce droit eft divin aufli , puifque Dieu 
cft Tauteur de la nature , & que la rcglc de la droite raifoa 



m Ce Coficilc fut ouvert par le pape Paul III , le i; Oc^cembre 1^45. 
Let «Itfficuh^s qui $'y rencontrercnt le firent durer fort iong-tenips : il 
f ut continu^ fous cinq Papes ditfdrens cn vingt-cinq felTions , dont la 
dernierefutcn 15^3. 

n L*Ordonnance dont parle ici M. Fleury , eft celle qui fut donn^e k 
Paris par Heori lll , au mois de Mai i 579. On rappclle n<Janmoinf 
commun^ment Ordonnanee de Blofs , parce qu'clle fut faite lur let 
plaintes des D^putesdes Ktats du Royaumc airemb;«5i .i Blois. 1! ne doit 
pat la confondrc ivec une autre Ordonnance du mois de Mars 1498 ^ 
^ui fut r^enement donn^c 4 Blois, & dont les huit prcmicrs nrticles 
€onccrncnt Ics matieres Eccl^fiadiqucs ; mais celle-ci n'eft ordinaire- 
i|^at diB§iUt <|ut ptr f« datt , & oon par It lieu gu elle fuc faite. 



w 



158 I N S T 1 T U T I O N 



PartieI. 

Chap. II. eft fa fagene eternelle. Le droit divin pofitif^ eft ce qu'il A 

plu a Dieu dordonner aux hommes , ioit qu*ii en ait d£- 
couvert la raiion, ou non. II eft compris ddiis les faintes 
Ecritures de Tancien & du nouveau Tellament , & eft ex- 
plique par la Tradition o de TEglile. La plus grande partie 
DiflinEl.it, jg ^g jj.QJj ^ g^ gp gg-gj i^j jj.^jj naturcl , qus D eu voulut 

Bafilio de ^^^" donner par ^crit a fon peuple du temps de Moyfe , 

Spir, S, c, parce qa'il ^toit prefque efface dans refprit des hommes. 

^Ch r h ^^ Dicalogue eft Tabrege de ce droit naturel , & tous 

«• in Matth, '^^ preceptes moraux de i'ancien Teftament , n en font que 

Texplication. 11 eft vrai que Dieu y avoit ajoute plufieurs 

lois ceremonielles ; les unes , pour eloigner fon peuple p 

des fuperftitions de fes voifms ; les autres , dont nous igno-. 



o La tradltion , en matiere fpirituelle , s'entend des Lois de Do^rin# 
6c de certains faits qui fe font tranfmis des Apotres aux premiers Ev^- 
ques j fic de ceux-la a leurs fucceffeurs , & aux autres pr£tres , jufqu'^ 
ceux qui enfeignent aujourd'hui. li Y a une tradition ^crite , favoir, cellft 

2ui fe trouve recueillie dans les aaes & ^pitres des Apotres , dans les 
crits des Saints Peres & Dofleurs. La tradition non ^crite eft celle 
qui ne fe trouve point dans aucun ^crit des Apotres ni des Saints Pires» 
L*^glife eft d^pohtaire de Vane & de Tautre tradition.On diftingue luffi 
la tradition en Apofloliquc & Eccl^fiadique ; la premiere eQ celle qui 
« conferv^ )ufqu'4 nous la parole de Dieu non ^crite recueillie ptr 
les Apotres ; c'c(l eiie qui nous a confetv^ l'£criture-faintc , quant 
au texte v^ritable de la parole de Dieu , & quant a fon efprit & a fon 
v^ritable fens. La tradition Ecclefiaftique confiftc dans certains (la- 
tuts & r^glemens qui regardent les moeurs & les rits qui ont ^t^ in* 
troduits apr^s le ttmps des Apotres par les Pontifes ou par les Con- 
ciles , & qui fontparvenus iulqu'a nous par la continuelle obfervatioii 
des fidelles. 

p Le peuple dont il eftparU en cet endroit , & qui dans rHifioirc 
fante eft appel^ fp^cialement le peuple de Dieu, efl >e peuplcUebrcu, 
dont la formation commenqa k la vocation d'Abraham , lorfque Dieu 
lui ordonna de fortir de M^fopotamie , & d*aller s'^tablir dans la terre 
de Chiinaan , iitu^e dans la Paleftine ; laqueUe terre Dieu promit 
de donner a la pod^rit^ de ce Patriarchc , d*ou elle fut nomm^e 1a terre 
promife. Abraham fut appel^ Hebreu du mot Hebraique Hahar qui 
iigniBe 6*au-d<la, parce qu*ii venoit d*au-dela du fleuve de 1'Euphra- 
te ; Ton donna k fa poA^rit^ le nom 6*Hcbrcux , lefquels furent appel^s 
le peuple de Dieu , par oppofition aux autres nations qui s*^toient la 
plupart ^cart^es du culte du vrat Dieu Les H^breux furent depuis ap« 
peli^s peuple^'Ifrael , ou Ifradlitcs , a caufe du nom d'Iirael , qui fut 
donnd a Jacob par l'Anee , quand il eut lutt^ contre lui au torrent de Ja- 
boc: Ce noin d*Ifrael (ignifie princc de Dieu. Les Ifraelires furentaufH 
appeUs Juifs , Judai , du nom de Juda , quatrieme fils de Jacob , lequel 
donna fon nom a la tribu de Juda • la plus confid^rable des douze tnbus 
d*Ifrael. £Ile fit depuisun royaume particulieri & le nom de Juifs de- 
vint celui de toute la nation. Apres la mort de Salomon , fous le regne 
defonfilsRoboam , les dix tribus qui fe feparcreot du royaume de 
luda « formirent le royaume d*lfra<ij. 



1^*1 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. iff 

rons les raifons parttculi^res. Mais nous (avons en gini- 

ral , qu'elles etoient neceflaires pour retenir dans le devoir r^^^*^ J* 

ce peuple indocile & attache aux chofes fenfibles ; & qu*el- 

les ctoient des figures de ce qui devoit etre pratique dans 

laloi nouvelle. Auili Jefus-Chrifl ctant venu nous enfei- 

gner la verite a decouvert , les figurcs fe font evanouies, *»^™« tj 

les ceremonies ont cefTe , & il a mis la Loi de Dieu i fa oifl, ^,inK 

perfeflion , reduifant tout au droit naturel , & a la pre- '<<> ^ ^- <• 

micre inftiiution. ^'^:^ ^^ 

De-la il paroit , que U droit divin naturel eft immuable ; uo, 
puifque ridee de la raifon ne change non plus que Dieu , en 
qui feul elle fubfifte eternellement. Mais/^ droit divin pofitif 
peui changer ; puifqu'il ne regarde que l'utilite des hom- 
mes dans un certain etat. Ainfi nous ne pouvons favoir fa 
duree, que par la revelation de Dieu , qui Ta ^tabli. II Urtm* xxxti 
avoit declare que Tancienne alliance feroit ef&cee par la S '• ^"B; ^^ 
nouvelle; mais Jefus-Chrift ne nous a point averti que ■^"'v^^ ' ^^* 
rien doive changer jufqu*<k fon dernier av^nement. 

Le droit que les hommes ont itabli , eft beaucoup plus 
variable. Non-feulement les befoins , auxquels ils ont voulu 
remedier,peuventchanger,maisils peuvent s*apercevoir 
avec le temps , qu*ils n*avoient pas employe les rem^des 
lcs plus convenables. Ce droit humain pofitif^ s'appelle Conf p.M ^ ^ . 
titution , s*il eft ecrit , & coutume , s*il ne Teft pas. Ainfi fous )• 4. (. 
le nom de Conflitutions font compris tous les Canons des ^i/'- S^ 
Conciles,les Decrets des Papes & des autres Eveques q , 
les Rcgles des Keligieux , & toutes les autres Lois eccle- 
liaftiques , tant gcnerales que particulieres. Le refte , qui 
t*obferve par un confentement tacite , & par un fimple 
Qfage , s*appelle coutume. On ne doit obfcrver que les cou- Difl.2.eani 
tumes loudbles ^ c'eft-adire qui n'ont rien de contraire au J-J* ^ ^*« 
droit divin & aux conftitutions univerfelles. * 

Le droit divin oblige egalement tous les fidclles. Le droit jyif, ^, /^ 
htmain eft pius ou moins general , felon Tautorite qui Ta fineif loimi^ 
itihW , & le confentement de ceux qui Pont re<;u. Les Ca- "^' 
nons des Concilcs cecumci:i(|ucs doivent s'obferver par- 
Tout r , fi ce n*eft dans Ics licux oii ies abus qu^ils rcfor- 

q On pf uc ajuurer les lcttre» ritfcrerulcs des Pjpes , les OrHon- 
aances , mjndcmcrs & lettrcs paQor«lcs (!cs Evequcs , les Qatutt 
ijrnoHauz. 

r Riencntendu que cesConciies foicr.t roconnn^ pour cccum^ni^ucs 
rfjoi lc6 pays ou on pr^ccnd quMs doivent ctre obierves 



AV DROIT ECCLfiSIASTIQUE. i«t 

flcr , n'a prefque pas un mot qui ne foit tire de rEcriture » . -_, ^ •" 
dtfs Canons» ou des Pcres. CUAr. ih 

C*eft donc principalement ITcriturefainte que tous les 
Chreciens doivent rcgarder comme leur Loi , & que iet 
Pafteurs doivent prendre pour regle de leur conduite. Si 
on Terudie bien , on y trouvera touces les maximes qui 
doivent (ervir de fondement a la decifion des cas particu- 
liers. U n'y a qu'i^ voir comme s'en fcrvoient S. Cyprien » 
S. AuguAin , S. Gregoire, & tous lcs Peres ; car c*e(l le 
principal u''age de leurs 6crits , de nous decouvrir ce qui eft 
dans rEcriiure fainre & que nous n*y verrions pas, faute 
de ravoir auflfi-bien meditee qu*eux t. 

Apres VEcriture , la plus grande autoriti eft celle des ^f^ Cdte. u 
Conciles geniraux , & des Conciles particuliers , dont la c'»^' '**"' 
difaplinc a ete reque par toute l Lglife. JeUis ChnAapro- Dtft. i^.ihUi^ 
fliis d*«itre au milieu de fcs difciples quanJ ils feroient af- ^* >• ^* ^'''g* 
lemb/es en fon nom , meme au nombre de deux ou de trois Igjl*/^' *|l*. 
fculcment. Si Tautorite de chaque P;^re ed confiderable , 20 
fiue doit-on penfer de celle de pluficurs P^»res affembles au ^^"^ ^^^^» 
som dc Dieu & avec rinvccation du Saint-Lfprit , pour 'f^ *r '^"* 
cxercer lc pouvoir qu*il leur a donne de condaire fon Kgli- Cmiefl epi 
fc ? Cettc autoriti eft certainement beaucoup plus grande ^* *"' ^*'»'^ 
que celle des memes Peres , quand ils n*onr parle que pour ^ ^*^ 
inftruire leur troupeau particulier dans leurs fermons ,oure- 
pondrc a des confulrations dans leurs lettres. Les Conftitu* 
tions u des Papes font aufli des Lois qui obligent tou:e TE* 



( Pour trouver p!ui aif^ment toutes les ▼^rit^t qai font r^panduei 
4anf U Bible , il faut avoir recours au D.i^ionn^iire HiHorique, Cri- 
tiquc • Chronologique , G<fceraphique & Litter.1l cle la Bible , par 
D. Aujuflin Cjlmet, imprimca Parit en 1730, en 4 Volumes in*foIio* 
II j a audi d'autres Oi«f(ionnaires abregds de U Bihle , entre auirei 
linifflpriraeeu 17; f , en un Vo!ume petit in-oAuvo. Mjis cel.ii de D* 
Caimeteft le depoai!lement le plus complet & le plus exa^ de toutei 
Hs matieref cui fonttrait^es dans ta Kible. 

« Les Conititutions d«s Papes font de trois fortes , favoir , tes D^* 
crett, les D^cr^tates & les Refcrits. Les Decrets font les Conflitu* 
tions ou reglemens que le Pape fait P^opr.o motu. Les D«$cr^t.-iles, oti 
Ipirres D^cr^tates* font les Conftitutions quM fjit a la priire ou fur 
la relation des Rv^ques, ou de quelques autres perfonnes qni fe font 
•drctifeei au Uint dif^t pour la d^icifion d'une atf-iire ccc^c^fi.tlique. 
Les Refcritt font des lettres apoftoViqucs * p<ir lerqwe.lcs lc l'j|je or« 
^nne de fatrc certainei chofcs en fareur d'une perfonne qui lui a 
demand^ quelque gr^ce. Let Refcrits font qualih^fs de bul'ef ou dc 
krefi • (eton la forme 8c le ftyle dans lcfquels ils font r^dig^s. Les biil« 
ItifoDt plut «mplct & «n parchcinia^ ^fccUccs «n plomb ouendM 



t64 INSTITUTION 

L Congr^gations { que les demiers Papes ont eiablies , ponr 

CuAP il lcur doiiner conreil lur diflerentes inarieres. 
I^fl. j. t. j. Les Privilegci ont ete encore une grande fource dc re- 
likchefnent. Car ce fonr des Lois particulieres faites pour 
une ceriaiiie perfonne , ou pour une certaine cominunauti, 
afin de l'exL-mprer du droit commun. Les Difpenfis font du 
-meinegenre :& quoiqu'il y en ait defalutaires , & des pri- 
vilegeb legiiimes , en g^neral ils ne s'accordem pas bien 
avec les maximes de rhvangile a. L'humilite ne demande 
point de diftindion , fi ce n'eft pour foufirir & s'abai{!er 
plus que les autres ; & la charite tend a Tegalite parfaite 
& 3 r^loignement de tout interet propre. Jefus-Chrift s'eft 
foumis enii^remenr a touies les ceremontes de la Religion , 
\ & a toutes les Lois de fon payi: ; aullt les privil^ges OI» 
^e ires - frequens dans les temps de relachement. On ea 
decouvre tous les jours qui n'ont aucun fondement foUde , 
& les mieux etabli« font propres pour caufer de )a jitou- 
fie , de 1a dwifion & du m^pris pour les Lois. Car elles 
ne foni plusrien ,fii6ique roncetTe delesregardercomme 
neceftaircs & inviolables ; & ceux qui fom les plus indigne» 



\ Ces Congr^giiioni fonl comnic lutant dc Burtaui particoliert in, 

Confeil du Vtf,. Elle^ (om compQf*« .1* Cird-mux i lutrcE PUUtt, 
Tcllei ront li Con£rJg..lmD du riinl Office ou de rinquifil! n i celle ie 
maxiliii divinn g-trU : celle ileta fignaiuie degtic* ; ceiledeririflion 
<]e( £gl'fe> ; celle du Concit'- , laquelle a te pouvoir d'inlerp[^r 1* 
Concile deTrente; ct^fedei Rits ou Coutumci. cir^moniei, priUta- 

toute» lei ijulei pie'i, dont iine r 'ttie efl iHc a la Fjhriq'u« de S. Pierte i 
cellr dci ciui . ponii & dis.iHci ; cclle des fontainti Sc dt* tuci i 
celle de riailix , i|ui )i^ge de t Livrti a imprimei ou i corriier i celle 
du iono ngtwBc , ou du bon ^ouireinemttit de l'El»t de l'Eglife ; eell« 
de l> monnoit ; cer.e Hct Ettques ou on cxjmiiie ccui qui doiTCDI 
Ctrc promui aui Evechti d'll.ilic ; cellt dti maiierci confiflorialet i 

■cifionncmeni niccffiirei nour U fubfifi .nee dt Roinc'8i di loul rEli» 
Eccleli.iaiq..c. &auiif(Longr^giticnsrernblablet.CesCongr<Eiiion* 
chan,;tnl felon ta volonij dei Kipei , qiii lei fiipprimtni quind m «eu- 
Itni, & tn ^iah'iir<-nt dt nouTell». fo><{ le Catdinal J.U. deLuca » 
an fa Rtlaiion J< U Ca<.r Romaint. 

fl II y .1 n^anmoini dei piiviKget qui fort moini dei grices pcrroD- 

obli^r <l'adrtircr fclon Iti rem^i . Iti lieui & lei luTrei cirtsnllaiice* 
eiuMjj j-nt rendu nic»(Tiiirei j Sc cei ptivil^ jei foot fani doutc lei plus 
IfgiliiT.tt S( let plu( ftvorjblci. fut-CDUt lotfque li cauft qui let a («ic 
sccori^-rell louinuri lubGfiantc , coinmc Ii dillance couGd^rable des 
lieui « lutrct cireonnaniei aui n* faot peiDt (ujetiu k siuji$,ttaka», 
Wqul D**B ont point <ptou*£. 



AU DROIT ECCLtSIASTIQUE. if? 

des difpeRtVs , tonx coujours les f^js pr«>ba:pvUiux & "ss . , 

plus iiuporr-i» a '.es aiz^iaiec. CuAr.Hk 



fStf 



C H A P I r R E III. 

TOuT dro:t ecc'er:iit.qiK fe peut cocnriKxietnent rap* 
porter, lu vi.it U mecbode rej^ieean^e !^ Jur.fcon- 

Benqons par ^i ft-^.i^vtes. 

Tousles Chr«r.ijns font cU'c s om W:^u:s. Les c.V*ji c 
Ibot ceuT qui foni dellines au fervice de rc<'itc, co v.rrtc 
fes olficiers puttiwS ; les U-qtus d loit rout .e rcite du 
peupJe fideile. Les cU^zs Te divitent en de*j\ cenres , lu: vant 
leurs fonaions, qui (cTA\tfac<rdo:e^ lcmiiy::'^. Le ,J*vr- 
doce appartient aui Evs^ues & aut P'iris\ ic .•?;.■■.. U-c ap- 
partientaux Jtjcres & ju\ moinJ^es C.Vv/ e. Aiiiu cans Tan* 
cienne Loi / les Lcvi:es g n'e:oicnt que les minitlres des 

k Le Clergf ei)!e Corpt cfes C.srcs oj Ecc euiAiq.iei. Le Cer^jLC » 
confuicre er. ^<*ccra^ , ccnpreoc les Kcc cUriVvjue . c - loutes l<i E^'t' es 
& de tojt les PajiS Ch:<*Tier.s : on c:.:.rguc «f.c .fu«t'«/:s le C.icr^c de 
chaque N«tion, ce!ai de ch^qae Prov rice ; 'e Ce^^^c «:*une Nj"jn oa 
<i*uae Hrutfincc ft'All{ai:>le ^oar un Cnciie ; nnjii ouire ces -IKti r.^et 
dont robjet li! purenei.t Ec<..eri. ih^uc , !e Cierj^e <*e f r.nce »* dcir.bi* 
^v.lti pjr 4re;-u:e> en ce'i.:in tcm{.-s , pjr rerminijn du Rvi . ^«.'i.r -r. irer 
dc les «rifiiircs rcrpporeiUs , & ^^^icurcrerr.vnt »ie ce ^ui 4:oiK-.--i.e !es 
«icci.Ties {X les Cors gratuits. ^'«'^c^ ci-jpre», T».-?! II , « !a tin de 
cetce lnl!i:ution , le .Memjire oos «n. irci <:w Clerh.e y*i rVi^nce. 

e Le nom «lc Ci'<'r vierit du Grec x\r$^(^ ijui J»j,.iifio .o'r , pj f Jje , 
hdritaf^e. Dar.i /ar.cicn TtiUment U tn^u (^e Levi ctt ai^pv^^e xn.-s^c, 
& cn Liiin C«<ri<« , c*eil-a-«:ire le pjrtu^c ou r/.Jrit* jit du Sfiii,:c.ifm 
Oa a rijnncau C!er^#, c*eftj-dire aux pcnor.nes coniiccts p ■•'•ki.- 
licrcmer.t .kU lervicc Divin , le nom de CUrus , ('crivc du (>r«c X"-:^;; 
& de CfbMvtx a f ii CUricus, Clerc. La diilina:on des C!en.s ti'jvvc 
lc rcrte des fii^Cilrs fe trOi.ire ic.bli;^ dcv lc commvMC^Ti nt de l*Lj!iie . p 
fu>iRi les pjroles <^< S- K»icrre : AV^«« i^or^:njtitcj tn Cier:s. " *' * '• 

d Lcj La s ou Lai .(ues , Ljrc: , onc c:^ dinri a^pelcs viu Grcc xi^c , 
qui u^nific Peiip*c. 

e Uii entend par-!i non-fcii!ement les hm| !es C!e'cs torfuris , qui 
fonKles derniers d^ns rordie i. c«:!ci'iuiM>|iie , ip.m^ . w !. tv.u.t .'cs ■u.iref 
Clcrcs inf^rieurs aux Diacres. Le no:n t3tfC!i.rc c^.«n.p e..ii ai.il- q.icl- 
qucfois luu» let Ecclclijfti^ues ; on le prenoit c.e\A en ce (ci.% dcv 1« 
quatriemc fieclc. 

/ De» lc temps d'Abraham , Melchlfedech , roi d« S.ilem tw'^' P. crre 
du Trci-Haut, Sacerdos Dci air.-JpTiii il donr.a la bcnc icti.n 4 
Abrahim qui vcnoit de vaincrc quatti: Hois Ab-aham loi p •) . '.i oixmQ 
dc la d^pouiKc dcs ennemis, ^ </e</;r ei </fC'miJ cx om/ir^uj (»i> efe H« 

f Dans Panciennc Helifc , lc tcrme Levita «itoit fynunimc ric / ia«,-o '*•<#• 
Vtjti AHiiqiutii di rarii » fdrSauyal^ Tomt II ^ auji Freu^tM , f • U 

L iij 



x;s. ?■ t 



igfi r N S T I T U T I O N 

' ricri6cateurs , qui eroient dela famille d'Aaron A , & don^ 
le chef eioitle fouverain poiitife. On appelle /« ordrtt , 
les (tifferens degres des tlercs ; & ripifcopat les conijent 
touseminemment. U en eftla fource, & renferme toute la 
pltniiude du facerdocc, c'eft i.dire loute la puiflanccfpiri- 
tuellequeJ.C a donneeafes Ap6irespour le gouvemement 
de fon Eglile. Les Prelrts , ks Diaats & les ausrei Miniprcs, 
noni qu'une panie de ceiie pu.lTance & de la gtace qui 
raccoinpagne ; \'Ev!qui U re^oii toute entieie. II faui donc 
coininencer par connoiire Vipifcopjt. 

VEviqut i eft un homme que Dleu a ^abli pour ^nc- 
tifier les auires , & les conduire a la vie ^ternelle. k II doit 
donc faire des Chreiiens par la preJication , VinftruSion & 
le bapieme ; les nourrir de la parole de Dieu & des facre- 
mens; les faire prier , & prier lui ir.Sme pour eux , en 
pariiculier & en public ; offrir pour eux & avcc eux le fa- 
crifice ; juger les pei.heurs,& !es reconctlier a Dien parla 
psnitence , ou les retrancher de rEgiife ; conferver runioo 



I Aaron jtoit it la mtmt tribu dc L^ri , m^ii Iti Souvenins Pontirei 
4(oienid'un ordre ptiii dillingue que lei fimplei Li»itei , c'efl pouiquoi 
Daiid, danironPleauinc loa. rlit . en pjtlant du Meflle , quVJ c/t /a 
friir, itcrnctfclon rerdn dt Mthh'ffltA. 

i Uveiitabledi^nitionderEveque. e()quec'e(I un Piftre jtibl! 

iwi-rni-rri, qui finidcfpccuUrar^ coirtne qui dicoit lr>r)jc{leiir , Suiveil- 
lanl. llefip.r:i.Unitldrji, l.t.i , <tes E.iques , dei Li.ite. i Jiru- 
fttem, Ejpit^pi. U.i,ar<,«t kn itr^fahm. G'rfioieni ce„. qui iioient 
pr^pol^s fur let L^vites. Lci G:ecs d^nnoieni >iiiri le lilre d'«v«qu« 
aux gouiferneursdeleuriColonie»,* l.^i RomMnsi ceruioi Mjftif- 
, (riti , comme on le peul voir d^ni Ciceron. S. Hierre quAlifie Jelui- 
^- Chrill eafi„rta 5- tfifci,f<im anmarum. Saint P»»! en prljni i C« diC- 
ciples , lei qualihe t^iui d'Eveqijei. Atitadin toHiS' iiRirirfagrigi , 
I- i« yuo »aj Jf,>,r«> /flm1«. pof«.. tpifiopo, rtgtrt tttl.jUm D.i. Oa 
voil piir-1.1 queietiiie d'tvcque ne (m pai d',iburd fpi.iilemeni af- 
UiMmt. Ap5ire> feiili H * kurt futctlTeuri, & que c'«tuii moint 
un titr* dedigmi^, qu'une qualii* qui difijnoii rinfpefl.on& 1» fur- 
Teillance. Lei Apotiei ne s'attachcienl d^abord i aucun lieu pariicu- 
licf. lU fc^pandiicni pii-ioui j>o„r piecher rEvsnttile, S. JacquM 
futnomsii! lc Ji.fle, qui fut nom.ni poiir gouvernerrt^ure de J^rufa- 
lem , peiii i''t regjrdi coiimele prr-nier qri .-ii eule larsflire d'E»t- 
que ; c'ell-j-dire i(ui iit liie *i ibli i d-menre pour le gouverneinenl 

•uifi l'tjlile d'Anriotlie (•ci-<l.iniieM"sni.& fi>» e.ifiiiie fon firffce « 
Bome. Lei «iiirei Eijlilei i'*nhliient de mcme peu i peu , & [* liiie d'£- 

II Lai l^vequciontcelddccofnmun jvec leiciii^i & tei aulreiPrd 

trei . maii iu qu uds (niffioD plui itendM , & daiu ua degi J ; lua 



AU DROIT ECCLfeSlASTIQUE. 16/ 

8c rEglife , en rem^diant aux divifions , & fa purete , en pre- partib i 

venant , autant qu*il fe peut , toutes fortes de p^ches ; pro- cha?. tlll 

curer aux pauvres les neceflites de la vie , & gen^ralcmenc 

i tous les mirerables, le foulagement neceifaire pour les mec- 

tre en etat de s'appliquer au foin dc leurs ames. Tels etoient 

les Apotres & les premiers £vequesqu'ilsetab!irent; tels 

cnt ete les Pcres de rEglife , & une inHnite de faints EvS- 

ques , dont les Martyrologes font pleins. Cctte defcription 

n*eft pas une idee en Pair , comme celle du Sage des Stoi- 

ciens , ou de TOrateur parfait : c*cft une image grofficre de 

ce quietoit commun pendant les cinq ou fix premiers fie- 

des de rEgUfe , & dont on a vu encore plufieurs exemples 

dans les derniers temps. 

Les fonAions du Sacerdoce chretien etant fi etendues ,' 
il a faMu de neceflite les communiquer a plufieurs perfonnes. 
Des la naiifance de TEglife , les fidelles fe multipliant a Je- 
rufalem , les Apotres jugerentci propos d^etablir feptDia- Acl, vi.4{ 
cres , pour fe decharger fur eux du foin temporel , qui etoit 
grand en cette Eglife , ou tous les biens / etoient en com- 
mun ; & iis fe refervcrent Tapplication a la priere & au 
miniftere de la parole. Enfuite ils multiplicrent les £v£- 
ques, en en ecabliirant un dans chaque ville oii il y avoit un 
nombre confiderable de fidelles. Outre les Diacres , les Tiu i. 5. 7; 
Ap6tresexecutant toujours les ordrcs de JeliisChrid , don- 
nerentaux Evequcs d^aufcs aides, pour les fonftions fpi- 
rituelles. On les nomma Pmr^j ,d'un nom qui dans lcscom- ^3. xx. if 
mencemens s*attribuoit fouvent aux Eveques m. IIs eurent iV« 
les memes fondions , excepte les deux qui font propres 
aux Evcques^ dc confirmer Ics Chreticns, en Icur donnanc 
le Sainc-Efprjt par Timpofition des mains /t ; & de faire des 



/ L^Egtife ne poflf^doit encore aucunbien fonds. Lei fidelles ven- 
doicnt leurs bicns , & enapportoient le prix aux Apotres , pour etr« 
cmpioy^aux bcfoini communs ; mais le nombre des hcfelles croitTant 
<!e )Our en jour , la vie communc ne put etre long-temps pratiqu^e 
cncre eux tous , & l'on ctent commun^ment ^uVile cefTa dcs Ic temps 
que les Apotres quitterent Jdrufalem & fe f^parerent pour aller pr^ 
cher rEvangilt par tout le roonde ; ce qui arriva Tan 5^ de Jefus- 
Chrift. 

n Les Prltres etoient ippel^s tantdt Majores natu ecclcfix , tant6c 
Scmores , quelquefois Cleri , & quelquefois , eo let conftd^rant col- 
kciivemcnt , Prtshyurium , qui ^toit le Clerg^ , le coDfeil de rHvcque* 

u L'impofition des mainsfurla t^te de celui pour lequel on prie* 
pouratcktr furluib b^o^di^on du cic) « cft uoe c^rcmoiuc foct aa^ 

L iv 



i69 INSTITUTION 

f ARTiE I Clercs ^c'efti-dirc dcs Diacres , dcs Pr^trcs & des Ev4que§{ 
Caap. 111. La multitude des fidellcs & Ic nombre des Eglifes croir^ 
fant toujours , il fallut encore partager les fondions du 
diaconat. On fit des LtBeurs , pour avoir la garde des livres 
facres , & les lire publiquement dans rEglife. On iit des 
Poniers , pour ne laifler entrer dans rEglife que les fidelles » 
la fermer & la tenir propre. On etablit des clercs pour exor- 
cifer les catichumenes o & tous ceux qui fe trouvoicnc 
poiredes des efprits malins p, On deftina d*autres clercs k 
fuivre toujours TEveque , pour etre fous fa main , prlts k 
porter fes lettres & ks ordres , & on les nomma acolytkts 
ou acolouthes , c efta-dire fuivans q. Enfin , on iit des Sous'» 
diacres , pour faire 4-peu-pr^s les memes fondions que les 
Diacres , & etre les premiers apres eux. Ainfi s*etabiirenc 
peu i-peu tous les ordres qui diftinguent aujourd'hui les 
Clercs ; en quoi il y a eu grande diverfite felon les temps 
& les lieux. Toutes les Eglifes n*ont pas eu les memes or- 
dres ; les unes n*ont eu que des Le£leurs & des Acoiythes ; 
d*autre$ des Ledeurs & des Portiers : plufieurs Orientaux 
n*ont point encore de Sous diacres ; il y a eu quelquefois 
des Chantres ou Pfalmiftes, Mais depuis Ic temps des Apd- 
tres 9 il y a tou jours eu par-tout des Eveques , des Pretrcs 
& des Diacres. 

Outre les ordres » on a encorc diftingu6 les Clercs par 



cienne ; cette c^r^monie fe pratiquoit chez les Juifs. Jefus*Cbrift a 
fuivi cette coutunie, foit pour b^nir des enfans , ou gu^rir des malades, 
£n jotgnant la pri^re a cette forme, les Apotres impofoient les mains 
i ceux auxquels ils conf^roient le Saint^Efpriti ils recevoient eui« 
mcmes IHmpodtion des mains « Iorfqu*iIs $'engageoient i quelque nou* 
yeau denfein ; les PrSrres en ufoient de mSme , lorf(^if*iIs inrrodui* 
foient quelqu*un dans leur corps & d^ns Tancienne Eglife : on donnoit 
aulli rimpontion des maias a ceux qui fe marioient. Mais I*impofmoa 
des mains a ^te reftreinte depuis par l'ufage pour conf^rer le facre* 
ment de Canfirmation , & P^^'' <Ionncr les ordres. 

Q On nommoit ainfi !es Gentilf & les Juifs qui d^firoient recevoir 
le Bapteme , & qui fe pr^paroient a le recevoir, en fe faifant tnftruire 
des myfteresde la foi, On les divifoit en deux clafTes; favoir » les Aa" 
ditcurs , ou ^coutans , qui etoient admis 4 ^couter Ie& inftruftions avec 
les fidelies*» & les comp^tcns, dont les noms ^tuient infcrits fur uoe 
lifleau commencement du Careme, comme ^tant fuffifamment inftruits* 
p On appeloit ceux qui ^toient poifed^s du d^mon » Eaergumenes, 
q On ne connoiffoit point alorsi'^tat de iireple Clerc lonfur^, qtU 
li'<(| pas un ordre ) la tonfure c'^ricale n*ayant ^t^ ^t«blte que Ione« 
fenips apr^ que les eccleiiaftlques eurent pris des habits dif!6rens Qd 



AU DROIT ECCL^SIASTIQUE. 169 

Aivers offices , qui fe font mulriplies , fuivant les befoins partik U 

deskglifes. Entre les Diacres& les Clercs inferieurs, il y chap.uk 

a eu des Aotaires ou Secritaires r , des Manfionaires f ^ des 

Sacrifiains , des Trefijriers , & un Archidiacre au-dcflus de 

tous. Entre les Pretres, il y a eu des Pretres Cardinaux t , 

depuis nommes Cures ou ReSleurs u , des DireHeurs d*h6pi» 

taux ou de monaficres , des Penitenciers , des Archipretres, 

Les Eveques metnes qui ont eu divers degres de dignite , 

fuivant les lieux ou leurs ficges fe font trouves etablis. On 

a nomme Metropolitains ou Archeveques , les Eveques des 

vires capitales de chaque province ; on a donne le titre 

A^Exarques x , A& Patriarches , ou de Primats, k ceux 

des villes qui commandoient k plufieurs provinces ; & le 

nom de Pape^ autrefois commun a tous les Eveques en Oc* 

cident, efl dcmeure k TEveque d^ Rome, qui a toujours 

ete reconnu pour le fuperieur de tous les Eveques , de 

droit divin , comme fuccefleur du Prince des Apotres , 

&chefvifiblederEgIife. Deces qualites qui diftinguentles 

Clercs de memeordre, il y en a qui font plutot des dignites 

que desoffices y ; d'autres ne font que des adminiftrations, 

ou des commiffions pour un temps; d'aurres font des offices, 

a vie, & on les a nommes henefices , depuis que Ton y a at- 

tache une certaine portion de biens de riigiife , donc le ti« 

culaire a la libreadminiftration. 

Ce n'eft pasToffice ecclefiaftique qui fait les Clercs , c eft 
Tordre {. II y a quelques offices ecclefiaftiques qui ont eti 



r Lcs Clercf Notaires , ou Secr^uires , ^toient ceux qui ^crivoient 
les a^es d'une Eglife. 

/ Lcs Clercs Manfionalres , Ma/tfionarii , ^coient ceux qui demeu- 
roient dans une maifon proche l'£g!i[e , a la difti^rence des Clercs 
forains qui ne reGdoient point dans le tieu. Fuyei le Glojfairc de du Can- 
|[e, au mot Manfionarii, 

t Ce titre a ^t^ auflfi donn^ k des diacres. 

u Dans quelques provinces , comme en Bretagne , on appelIe'Rec- 
teivs , ceux que nous appelons commun^ment cur^s , & roa donne le 
jiomdeCur^si ceux que nous appelons Vicaires. 

jK Voyei ce qui eft dit ci-aprfes dcs Exarques, chap. XIV. 

y Les Csnoniftes diftinguent ordinairement lcs perfonnatsdes digni« 
t^s & des Offices , cn ce que , felon eux , la di^nit^ donne tme pr^- 
f^ance fic une )uridi£^ion , au lieu que le perfonnat ne donne qu'une fim- 
ple pr^feance fans )uridt£lion. M^iis tes dt^crdcalc^ ne font point cett9 
didin^ion, & ellc n'eft point regue en Frjr-ce. On y appcMe dignit^ , 
tout b^nefice de Cath^drales on Coll^giale; nui donne queique pr^- 
f^ance dansle Choeur & H;?ns leChapitre. roye\ d'H^ricourt, Lois 
fCtUfiafl. chap i. de la definit, & divifi des benefiees , n. 17. 

\ CepencantlesClercs afimple toniure, quiVont encore re^ u au<^ 

ffuo 4es ordrei « (ont r^put^s £«€lelialliquei. 



^ ,- T ] T r T I O N 

^ ru-T^ - ai' •*-^'*i- «ssT>urre^ , de*. Prerres 61: des EvequesJ 
«*. :iui.:-:..;4fc. «sc^ r.«x^ee^ 6^ k nombre des Egiitcs croif* 
,ac •-!•. -■*•> . i^^ ca::oTe parrager les tbr.itions du 
*iau-vki. . -. • MtA- ^eaut^j , pour avoir !a sarae des livres 
«.-i ^ £> ..->. nniiiquemeQt dans rEgiiie. On tit des 
•* - -r /•sv •.•t ,4»i«r emrer dat)s rtgliie que ies tijeltes » 
.*. 1- .;%' ^ V «rr propre.On eiablit cies clercs pour exor- 
. -r "^ ^.xr,T?-tncnes & tous ceux qui fe trouvoient 
>.-^''--. .> .-.> cr>*-!is mblins p. On deilina d^autres ciercs k 
i^. '-. .•-*i:r.*tsr> Ttxeque , pour etre fous fa main, prets a 
V." xr ti> Kr::rcs fi: lcs or ires, 6: on les nomma acolythcs 
.*. .,-vw-..'...' , c eft a-dire fuivans q. Er.fi n , on fit desSouJ- 
. ..'.. . ^»^»:ir iu.re a-peupres ies memes fonfiions que les 
.V.-.--».> , & cire ies premiers apres eux. Ainfi s*etablirenr 
yc\, ^ ;k:u :ous les ordres qui diilinguent aujourd*hui ies 
C .^'v.> .• fcTi quui il y a eu grande diverfite felon les temps 
^ jr> .icux. Tuutcs les Eglifes n'ont pas eu ies memes or- 
co , ^fs unes n*ont eu que des Lefteurs & des Acolythes; 
< ...•.rvs dcs Lefteurs & dcs Poniers : plufieurs Orientaui 
•j v"! \fOiTi\ encore de Sous diacres ; il y a eu queiquefois 
C'.> in^rtrts ou PJulmfflcs. Mais depuis le temps des Apo- 
ces, li y a toujuurs eu par-tout debEveques, desPretres 
& d^s I>iacre$. 

Uutre !es ordres , on a encore diftingue les Qercs par 



i rr-fJT ; trttc certmonie fe pratiquoic chez les Juifs. Jefus-Chrift a 
i.. tfi vcfr cvMtun^-e, (oit pour benir des enfiins , ou guerir des malades. 
f 1« \j^t.4it\ 'rf tri«.rc « cetfr forme, les Apotres impofoicr.t !es tnaxns 
« ^<t ha 4'*. ;i)ri» lik conf^'oie:jt le Saint-Lfprit ; i!fi reccvoicnt eux* 
i<if.-Mv. ' ii*;/. ii'iuii ^K% m.ni\% , lor^uMs tVrgagcoient a quelquenou- 
vc.j i.Uifvi--; lr> l'r^*rcs rn uioicrt dc m^me , lorfoJMs ir.trodui- 
(vicii' { c ^j:*\ M (^jns ievir curpv & d^ns r^ncicKne £g!ife : on donnoit 
«.iili "i.ii;.'vU'i^>ii ('%» nw!ris j cci:x ^ui fe marioient. M^is KimpoGtica 
«rfi;» 'iij « 4 v'c 'cnrriiitr dcpui» p«r Tuf^ge pour conferer lc facre- 
ij,' 11 ■ ir C i.fiMiutiotk , & p >ur d\>'iii«r Irs ordres. 

•I v/ii II ^i.iii«'i' .Diifi ci ^»cMfifs dclcs Juifs qui defiroient receroir 
!i :i.i,fi<ri . ^i^ qui (e ; rO^jruiriit w Ir re<.evoir, en fe failant inllruire 
«.' V i./il i«\i!« i« loi. \.)u \\:ii\\\i\{j\x cn ccux clslfes; f^voir » ies Au'» 
*tii^,i,i , ij I Cs.^ .rrfi-.s , t|-ii cTuici.t admis a ^coutcr Ic» ir.l^.rL.c^ionsavec 
'*" 'I !< i II, 0( :«'» kw-n;)Ctctis, dwiU les noms ^toiert inicrits fur una 
li:'« . > .>>iiiii..|.^«inv-rit t'M (..jrcme, cwmme ccant fufnumment inAruits* 

/1 < >•! i,j(>t-li>ii <f iK 11111 ^toicnt polfcd^s du dcmon • Energumenes. 

l ' >!• i.v' -. ui.ii^xilKMt |ivint jlu'sl'ct4i de lirople Clerc tonfur^, qui 
u\'A ,<..kiia wiitii*. ^ U iMii'iirr c Cricaic n*ayant ^t^ et;iblie que lon£« 
cliii, « .pi »:» 1^11« ttft «^\U*(t«i)iqiicft eureiic pris des habits diff^rens 4d 



i 




AU DROIT ECCLfeSlASTIQUE. i«9 
divers ofScet , qui fc font muitiplies , fuivant 1« beioiRS p^,^, |," 
d« fcglifet. Enire les Diacres & les Cler;s interieurs , il y uiAr.UI. 
3 cu Aes i\\.iji'tj ou Sicitji-ts r , des MjHjhnji-es f , des 
Sji',i}jir.s , des l'tjb-it's , & un J-.-mJu.-rc au-<l.fll;s de 
loui. tntre les Preir^s , il y a eu d=s /"'//'.* ljrj'injt,x t , 
depu>$ nommis Cu-ii cu Rtilturs u , ies DheRturi d'hifi- 
Ijux OU de nL«i.-,'7.'<j , des Peni:cr.:'tc-s , diis Arihi^rirtt. 
Les E.vec]ue5 niemes t|ui ont eu di%'ers degres de il ^niie , 
iuivani les lieux oa leurs fi c>es fe ront trou\es eiiiblis.On 
a nomme Miri^foHuins cu Ari:ktviq::ts , lcs t.veques des 
viles capiiales de thjqu^' province ; on a donne !e titre 
i'Exjrnuts X , de Pjtriifches , ou de Primats, 3 ceux 
dcs villes qui comm:indoicnt a plufieurs provinces ; & le 
nooi de Pjft, autrL-fois commun a lous les Eveques en Oc- 
cident, cH djmeure a TEveq^.ic de Rome, qiii a loigours 
ete recnRnu pour le fupcrtcur de totis Ics Eveques , de 
droii divin , comme fuccuir.>ur du Prince di:s Apoircs , 
&chefvifitlederEi';life. Deces qualitcs qui dirtirgueniles 
Clercs (lemcmcordre,il y cn a qji fom pluiot dos digniies 
quedesofliccs y; d"autrcsnefontqu'.'dcsaJnin:tVaiions, 
ou des commiilions pour un tcmps;d'aUtrcsfoni dcs oifices . 
a vie, & on les a nommes beniji^ts , depuis qiie l*or y a at- 
tache une ceruine poriion de Licns de i't{;Il.e,doni le ti- 
tulaire a la libre adminiflraiinn. 

Ce n'eft pasroffice ccclefi^illiquc qui f.iit les Clcrcs , c'e!l 
Tordre {. II y a quelques otHcf» ectlefMfiiqiics qni ont eie 

r Lei Clerci Noliirci , ou $ci.r<tairci , cluitnt ctiii .lul e.;ii<ruicnt 
/Lct C!»ct Minlionairti , Mi»f^r.^'ii, cioicm cc>» <;»! <l«-nFti- 
ror4inKiuin,t>!-,^,i.ntpoiHtdiniI«l.«-. r_jt^le i;.'./..;/.-.!ci.uOn. 
t Ce n!-ei.-«..i.ir:.f..nn<i.i«rfl.Kf#.. 



(e '-.«'st un< 

Pl»fr.'(c,,.i< 



tattptfi t\"V "■ <!' U difinii. 6- .hv J. ics h«;^t:. , R i,. 

t Cc|ienK*nil»iCI>rci *rimn:c in.ilwte, qui i,'uiil CacviC (((uaiw 

•Mdtiocdiu. (aot lifMit £fcieltaili()uct. 




_^_ 17* INSTITUTION 

PaktieI. denieareren chaque degre certain temps, que l'on appell* 

CRAF.lV. J^f^ftg. 

LesClercs doivent eire choirisentre les plus faints des 

hiques ; c'e& pourquoi les Canons ont extlu du CIerg6 

I. Tioi. lU. tousceux qui (ont charges de (juelque reproche. Aufli TA- 

Tit '°'6. 7 P^"^ veui-il que rEveque & le Diacre ibient irreprehen- 

Can. Hiia. fiblcs, & eu bonne repuiation, menie chez les intidelles. 

*• "*-^'ft- Onrejeiie donc ceux qui Ibnt toinbL'S , apres le bapteme , 

dans quelque trime , comme l'herefie ou l'apoftafie , Tho- 

miL-ide, TiKiultere , quoiqu'iIs en aiem fait peniience , & 

qu'ilsaiemeietci:oncilitsarLgIire ; parceque la memoire 

en rel\e loujours , & que Ton a dioii de les croire plus foi- 

Di/T fa. t. btes que ceux dont la vie e(l enriere. En un mot , luivant 

l(.*r Cw. l'apcieiiiie diftipline, ceux qui avoieni eie mis une fois en 

i- CM. peniience pubhque , ne pouvoiem jamais etre ordonnes. 

Dj/I. (. t. On compic encore pour irregulUrs, c'cfta-dire txclui 

trManini. Jet orjrtj , ckvx qui ont tuequclqu'un par accident , meme 

involontairemeni : h ceux qui ont pori^ les armes , meme 

_ g II ne i'sgil pji ici dc rintcrllicc qui doit j'obf*fifer emre roblen- 
llon dci dil{i-r<'iii it^iit pour l( icinpi il'elu[lc, miii di rinltrHite qut 
iloii(t(eg.>i(IJcnitc ln ptuiiiDiiDn aux diff^^tCDi Ordrci, ifin (|u'ili n* 
foienl poini dunnei pttcipitamment, & . comme on <!1(, ptr faltim. 
II fiul n43nir,oint obrttver qu-un litnple Cierc , qui n'i que li lonfurc , 
& [n£me un L^.i^uc, pcul fairc In fon^ioai dei Oidrct mineuri , 
nime chiniet i'E[<ilre i uoe MelTe [olcnneUei mais i1 ne pcut poiler 
h maotpule. 
h Uiicfgulatit^ 1 licu quand mitDt 1'hom!c!de feroit tKht. Si ctlui 

Jii! acommit rhoniic de i,o\t cncorc Lai(|ue , il ne peut enlrcr dani )■ 
lerg^i i'il y fiDii d^ja rc^ .r lotfuucle crimei flj commii, ilncpcuC 
bire lucune lonaiou tccljruiliaue. 
Ciip, Qaaf~ Ceui(|ui muiilciil (|ueli[u'uii(le quelquc panie conrid^rable ducorpi, 
fmtti-nidi eomme d'une mjin, d'unbr.ii, (l'une|imbe, dun», ou qui fe muii- 
temporibut l*"' eux-memci , deviennent ^galement irt^SMUeri. II cn cfl de mimt 







battri 

milTio 


'XS 


^S 


ip.VfoL'', 


ui «loi 
!. quai 


c chai 
nil mi 


rgi d< ccti 
rme on lui 


:. ini^Be eom- 
autuit d^fendii 


cut , 


Hcnri- 
ibid. 


■ Un 
qu'un 


Ckrci 
pour f 


.ppel^.ndv 


i(l , qui icceptc 
<tp]icc, l.qucl 


letler.. ouquii 
a tui fon iilver 


a titmmi quel- 






Sij"'"-' '' 


.Lii qui fait 1 
"«'deter' 


(tonne Ii< 


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^..ifl'... 
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1 tillc, ou 
1CC d'un ei 
fcin de fj 1 


uul blefTe une 
mere, deyient 








lUI ndi 


imointobfeKCTquel 


"n 


m 


qui .n cR 


).r un e» for- 
i'Auteur ne flt 



pai occup^ i une chofe d^fcndue , it qu'il lii piii 

aii'un homme pruilent pourroit pt.ndre poui pr^Ttliu lci accidcDSi 

F«U«{ Itt cb«p. (« 'iiitru Qiiidam , Bc Frabjttnim, 



AU DROIT ECCLtSIASTlQUE. 17? 



en ttuerre jufte ; ccux qui om cauft U mort , mfime A'iin Partii L' 

Criminel, ioit comme parties publiques, foii comme ju- Crf.lV. 

ges , ou auires minillres dc juflice. Encore que ces aftions 

nc Taicnt pas criminclles , elles Tont contrAircs i la dou- 

ceur de rEt^lile, qui abhorre le fang. Les bigames font en- 

core irregulicrs. On nomme iigjmit en cette matiere , non D(|f, i(, 

pas le crine d'avoir deux femmcs a la fois , mais les fscondes 

noccs, ou !e mariage avec une veuve, & en uti mot,avec 

touie femmc , qui notoiremeni n'e(l pJS vierge. On a re- 

garde lous ces mariages , comme ayani quelquc tacbe d'in> 

conrinence & de foibtefTe. 

Une auire efpecc d'irr^gularite, t& d'avoir tte baplirS Cont.Neoem 
cn maUdie;cequieiait frequeni dans lespremiers ricbles,-^^),'* '^' 
ouplufieuri diflTeroient lcur bjpicme pourpci-hcTavecpIus 
de liberti. On les appt;loit Cliniijuts , comme qui diroit , 
Ckrititnt du lit: & on les regardoit comme foibles dans la 
foi , & djns la ver:u. Ceux qiii foni charges de grandes _.. 
dciies,& d'afljiresembarrairantes,roit pour avoir manie ^.tiVant, 
lesdeniers publics, ouaiitrcniont,foniencorcirri-gu!iers, Catthai.l, 
parce que ceut qui fervent Dieu, doivent, comme dii S. '' 
Paul.etredegagesdcs afrjiresdu monde. Lignorance auffi '* Xj^' "* 
cftunobllacleirordinaiion, maisdlfferemmcnt felon les ^ „.^,t y 
ordres. Pour entrer dans le clerg^ , il fuilit dc favoir lire ^»at erdm. 
& icrire : un Ledeur doit cnrendrc ce quil lit ; un Pretre j" ^ " '*'*'• 
doit etre capable dinftriiire. Voila les irreguUhiis qui ^j^ 
vienncnt de Camt & dts maart. 

II y en a qui vicnnent du coys & de U naiffjnct. Nous mfl_ jj, 
n^obfcrvons pas loutes cellesqiii font marquc^s d^ns Tan- 
cienne loi , & nous ies prenoris pour des ly-nboles ;les de- f^,-,_ jjki, 
fauts fpirituels. Nousnous3rretansfeule:ni.-nt aux d^liiviis it* 
qui rendent incapablesdos fonflions ; com ne •^in; fourd , 
oiuei, ou avcugle : & a ceux qui renieiu un homme fi dif- Tiifi %%■ «, 
forme, qu'au lieu d^atrircr le rcfpeft du pcuple, il caufe- '*• ^•"'^- 
roii du lcandjle, Pour let eunuqiies, ils pi;uvent entrer Cin, SU, ^ 
dansles ordrcs ,s'ils fanttels.lbnsqui! y air de lcur fjuie: 
inaiss'ilsfefont muiilcs,iIsrontirrct;uiiers. LezilTc deUpu- 
reie a ^ie auirefois fi grand , qiril portoit piu-'ieur'i Chre- 
tiensjufqu'i cetexces J. Generalemeni on comptc pourir- 

/ On lei ippcroit Ong4nl«n> rtu nomi<'Orlt;<nt, (|i>i fe m.iiiia pir 

r-intipe d* chidtit, prniinl i U leittc <• qiie JclUvChrill dii Aun 
'k.ttnfflt d>( Eunuqiiei Tolonfiirei , qui fe iff^t tafiiarirmi frafltr 
ttf/umtmUrtm.mm!a,io,f.i% ^^ 




»7« I N S T I T U T I O N 

pARTie 1 "*^*'f^' qiie<Ians I3 praiiqus on s'eft relache depuic ptai 

CH«r. IV". fisun liedes. Dans les temps midrMcs, le» Eveques ont 

iiA obliges de fe contenrcr des fujets lcs moicK indignes, 

plut6c que de biiTfr les tgiiies abandonnees : & la irultiiude 

des Ctercs indignes, a faii appiiyer fonement fur ceite 

Aitp. II. maxime , que la puitlance fpirituelie & h validite des fa- 

Caac. '•"■'"- cremens , ne re^oii aucunc atteintc de riodigniie du mi- 

ispi, 1. 1. '''^'■c- Maxime [res-veritab'e ; mais on ne doit pas con- 

clure, qu'il foit moins a dcfirer davoir des C'ercs les 

plus vcriueux qu'il eft poCTible. Quoique les Pretres ne 

perdentriende leurpouvoireffijnnei, pourn'eire pas ver- 

fueux , ils perdent beaucoup de leur autorite ; & a Texcep- 

tion des formules de prieres & des ceremonies exterieu- 

res , ils ne peuveni s'acquiiier de Jeurs fonflions, fans 

plufieurs venus , fur-tout , fans une grande chjrite. 

Cepend.ini il fauc avouer que, dans les derniers Ctk* 

cles, on s'eft fouveni conientc , pour les ordinations, 

qu'iln'y eiii pasd'irregu!aritesforme11es.Onamemecrouve 

le moyen de faire que les irregularites ne fulT.:.-!! pas des 

obAacIesinvin^ibles.On ena difpenfe,d'abordaprescoup, 

pouf ne pas declarer nulles des ordinmions douteufes ou 

vicieufes. Enfuite on a donne la difpenfe , pour parvenir i 

rordinaiion ^enfin, elles fe font rendues tres communes. 

La difpenfe la plus prejudiciable a I^Eglifc, a ete celle du 

crime j. Car dans les derniers temps, on a fouvent re^ 

dans Ic Clerge , ccux qul avoient comtnis des peches noia- 

bles & publics, fous pretexte quils en avoient fait p^ni- 

tence ; & fous le meme pretexte , on 3 retabli dans leurs 

Di/I. to. e. fonfiions des Clercs criminels. Nous voyons dans Gra- 

«4- 16. t8. lien le fondcment de ces difpenfes ; mais ce font irois auto 

^''«"ia''*" '"''*'' P*" folides. La premiere, eft une fauffe Decreiale 

*p. n.coHira •'u P-^pe Callifte I ; la feconde , un paffjge de la leitre de 

t-tp. 16. /. faint Gr^goirc a Secondin, ircsfufpefle aux favans , & 

tb*6e " contraire a cinq auues tevtres du meme faini Gregoirc, 

7. imiia. 1'. & i loute la difcipline de fon fiecle & du fuivant ; la troi- 

*p- »!• fi^me piece , cft une lecirc de fainc Ifidore de Sevilje, qul 

Dif,ifi"'i "'^i^ gueres plus certaine. Cependant certe difpenfe une 

*. 17- ". D. . C« ntii pui rendre ctt difpenfei nlui commiinet , fut rsbui ifai 
fart. 4. liv. r^tottlncroduitpirmiti plupiit dei Clcrci, de i^icciifer dc qu<1qu« 

CuMO du CoDcilt da ViUnc* , iCBa U in JuiUct jj^. 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 177 
fcis acmire , a ouven la porte , pour rece\ oir dans le „ ^ 

cierce. ou pour rerablir, meme ceui qui n'onc point fait Chap.IV» 
de « cnrabie penitence. Les benetices onc ere la principale 
occalion de ce relachemcnt. 

C H A P I T R E V. 

Dc la Tonfure. 

VEnons maintenant a chacun des ordres en particu* j^ j^f^^ag 
lier : voyons comment on les confere , & quelies en Difdpl^part. 
font le$ fon^ions. II faut parler d'abord de la tonfure. *• '"^» *• ^* 
Dans lcs premiers ficcles , il n'y avoit aucune diftinftion *** 
entre les Clercs & lcs Laiques , quant aux cheveux , i 
rhabit , & a tout Texterieur : q^eut ere s expofer fans be* 
foin a fa perfecution , qui etoit toujours pius cruelle con- 
fre les Clercs que contre les fimpies tidelles ; & tous 
avoienc un exterieur fi modefte , qu*ii etoic digne des 
Clercs. La liberte de TEgiife n^apporta point de change- 
mcnt a cet egard ; & pius de cent ans apres, c*eft-a-dire 
Tan 428 , le Pape faint Ceteftm temoigne que les £ve- CeUf, ty, >; 
ques memes n*avoient rien dans leur habit qui les diftin- 
guat du peuple. Tous les Chretiens Latins portoient donc 
]*habit orctinaire des Romains, qui ctoit long , avec les 
chcvcux fon courts , & la barbe rafee. Les Barbares , 
qui ruinerent TEmpire, etoient d*unc fii;ure toute diffe- 
rentc ; les habits courts & ibrrcs , les cheveux longs , Conc. Agathd 
quelques-uns fans barbe, quelques uns avec de grandes*^'*® ^^'f*^' 
barbes. Les Romains cnavoient horreur ; & comme dans iv. 6. 4*1. 
lc temps oii ces Barbaies sVtablirent , tous les Clercs 
etoieni Romains , ils conferverent foigneufcment leur ha ^^tf**'- Brai,;^ 
bit r , qui devinc Thabic cierical ; enforce que, quand les ^' -* 



r Ce qiii fait au)ourd'hui 1'habillement propro aux Eccl^fiaftiques» 
^toit rhabit ordinaire des Romjlns , que Ics Clcrcs conUrvcrcnt & que 
let Laiques qaittcrent pour prennrc cc!iii dcs Barb.irt s qi.i s*empjrcrent 
dc toui cot^s de l*Empire Rum^tn. M. Fleury remarq le ai.ivnrs que la 
charuhte ^toit un habtt vul^airc du temj^s de S. AuguUin ; quc la d^lma- 
tiqueitoicen ufjge des lc tcmp» cij i'cnipcreur V.i i-ncn. L*ctu!e e'oic 
on manreau commun » ro^me aux fcmmes, & quc Ton a confuiulu avcc 
tordnum qui ^toit une bandc de lin;;e dont te lervoivnt tous ccux qiii 
vou.'oient etre propres, pour ^rtctcr ia fueur autour du cou ou du 
jrifj^e. Lemanipulc, tnLnUamafuU , Q*ctoit <}U*une fervicte poU« 

Tomi IL M 



17» INSTITUTION 

Vaiitiei Francs & les autres Barbares furent devenus Chretienf; 

'CflAE. V. ceux qui entroient dans le Clerge faifoient couper leurs 

_. , cheveus , & prenoient des habits longs. Vers le meme 

ibid. c. 10. Kmps , plufieurs d'entre les £v«ques & les aucres Clercs 

>i^ prirent Thabit/que les moines portoient alors, conime 

plus conforme a la modeftie chretienne i 8c de-la vient, a 

ce que Ton croit, la couronac cUricaie t; cirily avoicdes 

Moines qui fe rafoient le devant de la tete , pour fe ren< 

dremeprifables. Quoi qu'il en foit , la couronne etoit deji 

. riffl PP, c. en ufage vers Tan 5 oo , comme temcMgne S. Gregoire 

*'■ (te Tours. 

La diftinftion d*habits etant etablie , on a juge i propos 



furlc braspour feivlia la fiintc Tablc. L'aubc TBimt ou robc blanche 
i* liinc 011 de lin , n'^oit pu au connnenceTticfir un habk paiticulter 
anx CIcici, puirijuc I'einpcreur Aurilicn fit au peuple Romaia dei 
larjcfTei de cct (aiiei dc lunitiues. Le pape S. Grcgoire nomint hiiic 
4( reltgion ['hibiUcmcnt reienu par 1» EccltG)ftii]uei , & qui com- 
nenfoii a leur dcvenii prapic. 

/L'habiUemcnl parliculier dei Oerci n'eut l!eu qu'cn Occidenf; 
•tui d'Orienl s'habilloicnt conime lei Laiquei. Sui la fornie ancienne 
4tt hibiii det Eccltfiafliquei , Sc (ui lci couleuri qui leui dtoicnl 
pcrsufei Ou d^lenduei : on pcut voir le Traiii dti figna du ptnfiti du 
pireCoaidau, TomelV, chtp.T. 

t L'ufjgedecouper 1« cheicmaux pcrfonnc» conficrici a Dien, 
icft roTl ancien dini ]'£glife. Quclquci-uni cicient que ccne coutume 
fut incroduite pour honoter ritfiont que ceux d'An[iochc loulurcnt 
fiiici S. Pieire en lei lui coupant. 11 piiDic i]ue ccite prilique ^loit 
«ne mirque cxiirieuie ijue Ton Ce vouolt i Dieu , puifque S. Paul 
^uittani Coiinlhc cu [4 , i'emhit(juiipict t'ctre coupc lcs chevcux , 
pour faiiifiiie a un vteu qu'i1 avoit fiit. Gi^goire de Tourt dit que 
S. Pierrc fut auteur de cette couronne, *n niemoire de U couronns 
d'<pinesde Nutrc-Scigncur. On pi^icnd cjue lc pipc S. Anaclct or- 
donni aux Clerci de portcr les cheveui couili. Au coitimencemenl ds 
U Moniichie Franfoirc , lei Franct poitoient lei chevcut couiK & 

«n (oime d'iigielie. Lcs Romaini f.,ifolcnl tondie & rafei ccu» qu'il» 
•voicni fubjuijuiii. Clodionlc chcvclu ful ainfi nomra^ paice qu'il poi- 
toii dci cheveux longs, 1t oidonna aui Fran^ois dc lesporter dc mcme 
en figne dc liberie. Lei Rois dc U premi^re rsce_, & les Princei da 
leur fang lcs portoicnten etfct de mcme. Lano'.ileirelci potloit un peu 

failTifes. Pcpin & Chailemsgne mipriiircntlcs chcvcux longi. Loui» 
le 0*bonnaire encorc plui. Cnsrlt* le Chjuve n'en avoii point. .Sous 
Huguei Cjpti on lct porta un peu p;us longi ; ee niii di?plut tclleTient 
•ux Eccliffijniuuet , qu'cn quelquci endrciit on excommunia ceux qui 
laillbienl croitie leuri chcvcui. Dani i;nConcilcde Bome . cn iici . 
«c difcnriii aux Laiquei meme de poilcr de» chcveui lon^i , i csufe 
dcl itebauehc! inramei dei jeiinei gcni , contre lefquelles on prDnon^a 
■nathime. Hicrre Lombird, Evique de Hiiii, fil fciupLile i Louii Vl( 
it ce qu'i! porioil dei chcvcux longi , Sc eo confequcnce cc Piincc !(• 

fitceuptt. f «j^ttlcGtBdn, niwttndnFniifoit, f<i;. ij^. 



AU DROIT ECCLtSlASTlQUE. t?^ 

ic reccvoir i'habit de clerc dcs niains de TEveque , avec p^itTlit. 
dcs pri^res & des ceremonies ecclefialliques. On a voulu cuAt. V> 
qiic cerrc prife d'habit, filt une preparaiion neceflaire 3 
tous lcs ordrcs, & 1'cntree dans le clcrge. Commetl eioit 
ordinoire de recevoir dans le clerge de jeunes enfanv, pour 
les formcr i la vie clcricalc ,on Jeseprouvoit ainfiqiielque 
temps, avant de Icur donner aucun ordre. De-la efl ar- 
rive, danslesiempsde relacliement,queceux quifomeii- 
tres dans TEglife , moins pour fon fervice que pour leur iO' 
teret pariiculier, fe font contentes de la fimple tonfure, 
fans recevoir aucun ordre. Tels ctoient auirefois ceux qui 
ne chercfaoient qu'a jouir des privileges de ia ciericanire* 
comme rcxempiion de la juridifHon feculierc ; & a prereni 
ceux qu) n'oat en vue que les benefices : car comme tl y 
en a , meme de grand revcnu , dont les fimples clercs font 
capables , ceux qui les cherchent , n'enirent dans le clerge 
qu*auiani precifemem qu'il ef) necefTaire pour ies obtenir. 

Ceux a qui on donne 1a lonfure doivent ctre confirmes ; ^<""- TriJt 
parce qu'avant d'eire Clerc , il faut itre Chretien parfait, />"■ ''" ^**" 
ilsdoivem etre inQruits, au moins des verites lesplus n6- 
Cellaircs au falut , puifque Ton ne dott conlirmer que ceuz 
qu) les lavem. Ils doivent dc plus favoir lirc & ecrire u. 
Tout cela fait voir , que la tonfure ne peut gueres eirs 
donneeavamfeptou huitans. Enpluficursdiocefcsbicnr^- 
glcs, il eft defcndu dc la reccvoir avanc quaiorze ans. Mais. 
a quc!qu'3ge que ce foii, il faui que Ton puide juger rai- 
fonnablement , qu'ils s^eni^agenidansce genre de vie , non 
pour jouir des avantages lemporcls qu'e1le pcut produire, 
mais pour fervir Dieu lidcilemeni. Touies ics c>;remonie9 
de la lonfure montrent quu Ton doit la recevoir dan-, cei 
efprit. 

D'abord TEv^que inviie les ailiftans a prier avec lui No- PonHpa» 
tre-Seigneur Jefus-Chrift pour fon ferviieur, qui s'em- '7'^,^!^ 
prelTea quittcrfeschevcuxpour Tamour de lui, afin qu'il ' 

lni donne fon Saint-Efprii, qui conferve toujours en lui 
rhabitdereligion; & qui defende fon cccur dcs cmbarras 
du monde , & des defirs du fiecle ; enfoitc que corame fon 



Mij 




t*9 iySTITrT!05 

'^tr7T<ft, *'-"l^ *^ fSsartt - ?;cif Ijqez aijcnHTTig Ji 13:01 - -ai^ k 

sl>«:.L1>^3ie cjsffiaiarx cccme ji ggffi i 

«5e, £* c,~-. '.'ss iszizA ^:j; « i>^s- L"t<«as VmiiraJic 

visns-tTf-:tiecx , OB Dit-i^ ctrriis caiis aacE «1« h tka- 
tets C£ cr.x q-J txaca £u:s li 9a:^'ca dt idpxsT. 

Vf.-i i^as lui att i^on 'is is3-^\ii , <L.'ig; o» psrous »• 
re«* <(! S. Pitii : Qj« -f Sii/-_T>- « •«;-/! i^ ««sft ^nsnc, 
Jjpft. IF. »4 yvi d «< cri: fiLm Dum , i^xi U t-^ j.h^ & L: t-j3£ fjsm- 
uU. Le i\a^"viy cn Taubc, c^J: cXxichix, enoci rhzbit 
qsi &M%T.zrM\i icfc^eru^dj rmptc:^ io;it l£ icocdfpor- 
toi! i'iutfii ><>n§ , c^cll-i-tlirf ii a'y a eu^cs q-je 100 aas ;- 
L^tvequs faii encore une pfi^r e , cu il ileaiacde a Dieu , 
dt Jiiivter U aouvcau eUn dt /4 ft-vitait & /t ficiifaut Jt 
rkahii fceuliir. II conclut la tereiRORie , en raTcniflam 
qu'il eft pefie fotn la jundiSicn de rtglife, & qnll 2 ac- 
^i< fet privileges. /*»«{ f^j''^ , ajoute-t-il , dentUt fjs 
fttitt far MOtrt fMiit ,0 ayt\foin dt flairc ^ Ditii, pjrLt m»- 
Jcfiic Jc voirc habit , par voi ionnis rruzurs 6* voi hntnci axvrrt. 
On voii par toutef ces prieres . quelle eft rinieniioa de 
r^ile, en donaani h loaruce: & qu'il ne doit pas etre 



» Ciloil inciennimeni U counime *n France ie coupet t*i pre< 

ioytioD '& i1'i)l'inc( l|iiniuel[c. Vo!chi» «tini irtnat de Verdun ( cs 
ful 1« II , dcpiiri 711 iufqu^en 719 ) Fu< chngi par ClurUi Martel, 
d* coniliiirc lc icune l'cpin fun fili 1 Luiipraad toi de Lombicdie. 
•fia <|u'il l>ii tinl 1* biniteiu At la Conlirmatian, & qu'il lui coupat tet 
premieii cheveui , luJTanl IWige tte ce ltinp> Ii ; ce qui etoit una 
tiyift d'iiluj>iion uu alliance rpitiluelle ^ui Ce priii<|uoii enire det 
PliiKd amit & atli^t, ^oyci rhiQbite dc Verdun , part. II , cJui^. 

M.r.ie.iio. 

y lufi|ii^ii irmpi dc Charlemigne , lei •ctljliafliqiiei , conime tec 
b'ii|iirt , purloient det habiii loii^t raitt de p(iu que ron appelcnt 
i't//i(iiim, a pinottupElon cn tr»n^oi» Ptlfcoa, d'ijii Tiube qua 
Fun rnettatl par-d<liu( fut «ppeU Suptr-ptUitium , futplii, 

f L>n ■ taprlt Bc qutit^ plulieuri foii rhabit long <n Francc. On 1« 
TUU Mcai* du U«p( dl f lUfei* 1, & «n d« I'* point Mpiii dipiut* 



AU DROIT ECCiesiASTlQUE. i8i ^^^ 
iiuliflerefii de quiner enruite Thabii ccdefudique St ie t'eii- ^,«»«.1^ 
gager dans dei proiVffions Tcculicres. CaAr. T> 

Le runple Clerc n'a proprenicnt aucuoe foodion , que 
d'^ilL;r enlLirplts aui ofGccs Ac rtgli.e ; mais il peut f<iire 
ceiles dei quatre ordref mineurs , au detaui de ceuv qui les 
ont ret^s ; commc de fer\ir les mcffcs . dilTirtir les Pri- 
tres dans laiminiflration des SacreniL-ns , davoir fola du 
luminaire , des ornemens , & de ii proprcte des EgUfes. U 
vaut toujours mieuz quTii fifleai ces fon^lions , que de les 
laiffer a des laiques. 

B g wa 

CHAPITRE VI. 

Dti qujiit Ordrei Mineuri. 

LEs Ponitn eioient plus neceflaircs du temps que les 
Chretiens vivoicnt au milieu des intidell.'^ . atin aem- 
pecher ceux-ci d'entrerdaDs rEgIife,de iroubkT lUiSce 
& profaner les myflilres. Us avoicnc foin dc ijirc lenir cha- 
cun en fon rang . ie peuple fil'pare du Clci^e, les hommes 
des femtnes j ; & de faire obferver le filcnce & la niodeliie. 
Les fonftiDtis marquees par rin^ruflion que lcur donne PBailfie. 4* 
TEv^que a rordination , & par les prieres q.ii Taccompa- <"''''"-■' Of- 
gnent , font de fonner les cioches , & diftinguer les heures '"'■"™'*' 
de la pri^re : garder fidellement I^Eglife jour & nuit, & 
avoir foin que ricn ne s'y perde : ouvrir & fermer a ccriai- 
ncs heures TEglifc & la facridie : ouvrir le livre a celui 
([ui preche. En leur donnantles clefs derEgtife, illeurdit: 
GMVtrnt^-voiii , cnmmc dcvunt rtndre tontfie j Dieu dei cho- 
fts ifui fani cuvenei ftir cet cUfi. Or ponr L'dire uncfoiSiCes 
formulcs des ordinations fom tres-venerables , puifqu'e!Ies 



«Ce.. 


e police i'ohf.rToit il n'y a pij tneort long-iempi djtii let 


pitoilUi 


ntfdeli 




tr»<c . 


n lciitci gailii^uci. Cctie fundjiion iiint poui (ournir du 




uiw ch.n^bre aui pridiijtcu.s . on J rrptdftnti iU-defTu» 


«ie rinfcr 


ipoon le l'r(.*icii.ur tn Chske , rjudituire cnmpof* de (em- 


WM >mi 




«ll(>. Ul: 


nii«p*ro.irci,!» cjitip»s»e, lcs femmis lo:i! or.i.ii.ircment 



Iti bommti eiini i U (uiic du Clirjt^ , »oni lei premiers i fulTiaDdt 
%■» li f (octHisn. Llt fcmm» y «enllci deiDieiei. 

Mit; 



«iTi ISSTITCTBOy 

ti^, II, «u 0= SKTw iii i A:'r:i£.-; - at ; :!.. Cii am ■ii:r-..i.-i 

a »*iOur iyn: 'Jt i* za^ii ic -^s. ;ii::.nricirrr u» Lriiii-r. 

& ^---'. i cciisijr, Ck ceiire i a^f^Ti^-c a oe* s^a c ui 
igc isSirz jHic . >:ec jC tocrir ecertsr, PrTrii::-^ y as- 

men^-Airr: '-'xx.t jOx rit -. <nii£-<^a-iB5 omrviijrs A:::^-t- 

ca^E i£ >_- 1:: l-t-Srr itt 1: :^ib ^-^^ /. 
Jrf « '^- '' y-t^*tiSrL.". i-J.'^-'^ :o.-^ kt:; ^21 i«C3« ^pe ]*sf cr6=r«i 

(aEi ',-:;';» sr: -'oa* n:«. On fjratcit siifi «=i c^ tECoe3 
pku pit j.-ei * rc-^fe , &: <p:l ^■y^tr.t^ ceri-uT Pria-M, li 

»ie, Leui icr^icn a :ou;cim «c cectr£iire, pjL^ae ron 

a ic«;c-n !u dii» rE^lfc, !» £cr:nL-£s ds !*3=dc3 & cu 

iKKive^j icft.a3-.tii, fcit a j MtSe, foit-us si;Tesc£css, 

pricci(»'cin£iit ie 's c-J.t. Or. ]i'J3it ^-Pi £cs Isirrcs «ies a-j- 

ir« E» tcue* , tJ« a3« ia Mam-rs , & en^iiite (Ses bocDe- 

ji^.^ iJm '■** "^^ Pcrit , co:rir.e cn iaii er.cof e. Le* Leaeura «o:ent 

Kdr«<«, tut. cbaigei de b gardc ccf !lvi« tcres, ce qui !cs eiporcit 

j-,;, n. I». fon pcr.(i3ni !cs perficLti^^ns. La fcriTiu:; de rorcJir.atJca 

nurtfue qu'i>« doivcnt !iie pcur ceiui qui preche , & chan- 

Poatifiiale ler Jes lc^ons , benir !c paiii & ies frui:s nouveaui- L"Evi- 

C«M, Carih. qyj lesexhortealirefidcllemenr.&aprariquercequlja- 

ftni ,& lc( met au rarg de ceux qui adminiflrenc la parole 

ie Dieu. La fonfiion de clianter les ie^ns, fe fait aujour- 

d^hui indifTcrcminent par toutcs fortes de Ciercs, meme par 

ilcf PrJiref, 

Itn'y3plu*que IcsPr^iresqui faflentcelled'£x0rrifIrf; 



i Cc( laiqiitin^ont qu([) ran^onminill^rirlle.&Don I'oriiTe,(]u« 
1*00 conrcre iD.ijoMt lui Cltrct tanCutii , loifqulli (t pr^fer.Ten poiic 
l«»vui( 1(1 qu:ltc Minruri ; de maniere que c« Eccl^naniques en 
onlttdCf*, Stleiliiqutilifon^ion, iiuoique:ciecc'idii^(liqi.»puiircn( 



t ['offici de portiu , ttt li premjet ilani rotdrc oif 



AV DROIT ECCLfiSIASTIQOE; i«j' 

«ncofc c« n*eft qoe par commifnofi pirticuliere de ITvo- p^MxmXi 

que. Cela vient de ce qu'it eft rare qu'il y ait des poil^es, Our. V^ 

& <]u'il fe commet quelquefois des impoftures, fbus preiez- 

te de poITefnon du demon : ainfi il eft n^ceflaire de les eu- 

mineravec beaucoup de prudence. Dans lespremierstempi, 

les poflellions eioient frequentes. (uf-tout entre lesPayens: 

& pour marquer un plus grand mepris dela puiflance des Mhf. t, u 

demons , on donnoit la charge de les chaHer i un des plui 

bas Miniftres de ITglife. Cetoii eus aufli qui eiorciroienc 

les Catechum^nes. Leurs fonftions,ruivam le pontitical, 

fontd'averiir lc peuple que ceux qui ne communient point 

faflimt place aux auires ; de verfer Teau pour le minift^re > _ , 

d'impoferlesmainsrurlespofledes; &il leur recommande 

d'apprendre les exorcifmes pir co^ur. U leur attribue mems 

la grace de guerir les maladies. 

Les jltolythtt ^ioient de ieunes hommes, entrevingt fic 
trente ans/', deftin^ a ruivre loujours l'EvSque , & etre 
Ibus Ta main. lls faifoient fes mcflages & portoient les Eulo- 
jfi», G^efta-dire lespainsbenis, queronenvoyoitenfigne 
de communion. Ils ponoient meme rEuchariftie dans les j^'^' 
premiers temps ; ils fcrvoient a Tautel (bus ies Diacres ; & ^ 

avant qu'il y eut des Sous-diacres , ils en fjifoient les fonc- 
tions. Le pontifical ne leur en donne pointd'autre, que de 
porterleschandcHers, allumcr les cierges & preparer le viii 
& rew pour le facrilice. Ils fervent aufli Tencens, & c'eft 
Tordre que les jeuncs Clercs eiercem le plus. 

Dans les premiers temps , ces motndres ofliciers etoient 
en plus grand nombre que Xei Clercs fuperieurs. Lorfque 1« 
Pape faint Corneiile fui elu , Tan a ; 4 , TEgliie Romaine EafA. &i 
avoit entoutcentcinquante-deux Oercs, quarante-qujire *'^*'' «• 
Preires ;, & ceot buit Miniilret ; favoir , fcpt Diacres , fept 

tccevoiclMquattaordcHMiaiurs, celui (!'«xorci!lc, qui c.tlctiot- 

/LcpipcS.Sidee, diniuRClctlcci^^nrJtalcpjt !ui i:t'at Ic 11 fi- 
*ricr jE) , i Hyoiciiui J<iqii<ileT.-'.[r--^''in: , qu! cll li ptcmicrc 1!^ 
erJlilc qui (ui( vcnuc jufqu'* noui , £;l-i -^[1 '.ivic OriidnDjiice ccciJ. 
liiIKqucoul'«tedeioidinindk, fi: !<!> i.-itE-l;i.:i !.i:i.l n.iri(ui.-i i\(- 
tiBAcacnl. diiqu'il fiHoii avoictrcnte ins pouret.i ai;ulylhc & (bui* 
•liicrc ; qu'iptts airoir palTi! cinq ant itant '.t dlaonjti oii pouvoit re- 
M*oic li ptitcife . S( dlx noi aprci IVuiri-uuiL Oo l'ell ticuuii bciu^ 
<Oup rcUcb^ fur Vif.t & (ur l<s intern.ccs. 

f 11 yaToit alorsbeiucuup plui d'i'Av.juct que de piftrri; S:Ur»t- 
ioot& )uai'eii0t<l«uwi[4UUiitd'Cvviiuci, queron cijMi£dita >'£;»- 

>Miv 




i84 INSTITUTION 

p ■" " Soi:»-diacre),quarance deux Acolyihes, cinquanie-deux tant 
CKAr. VI tiorcilles qae Le&evn & Porii^TS : ce font quaire-vingi- 
<|uatorze de ces moirdies Clens. Ceion dans ie fort des 
perlecuiions- Le nooibre cn aii^menia depiiis Conftantin ; 
& pendjni quarre ou cinq cents ans , les Eglifes conrinue- 
reni d'etre magniAqiiemeni fervits. Le pariage & la ditlipa- 
tiondes biensdtsEglifesa fait celTerce grand nombre d'of- 
ficiers. L'u<i<ge frequent des meffes haSns, afdit multiplier 
lcs Ptetres & les auiels, fansquilaii ete polTible de multi- 
plier a proportion les Clercs necelTdires pour les fervir. 
Ainfi on s'eA accoutume a voir le; Eglites mal fervies & a 
nc regarder prcfque pius la reception des quatre ordres mi- 
neurs , que comme une forinaliie necelTaire pour arriver 
aux Ordres facres. 

11 ne laui pds louicfois croire que les Saints qui ont gou* 
verne l'Eglife pendani les premiers fiecles , fe fuflem amufes 
ji dc petiies chofes, en reglani ^vec lant de foin tout fon 
exicrieur. Ils avoient compris rimportance de loui ce qui 
frappe nos fens , comme la beauie des lieui, rorilre dans 
les aflembjees , tc fikncc , le chdni , la majelle des ceremo- 
V. Ceae. Tr. nies. Tout cela aide meme les plus fpiritueis a s'elever a 
fiff. 11. e. (, J)ieu , & eft abfolument neceffairc jux gens grofliers pour 
leur donner une grande idec de la Religion, & lcur en 
faircatmer ri.-ierciLe. Quand nous voyons que lc lemple 
de Jcrufalcm eioit fervi tour a tour par tant de niilliers de 
Levires, & que lc fcrvice s'y faifoii avcc lam de pompe 
& de ma|ene , nous devons avoir une exiieme confu- 
fionde voirles Eglifcs oii repofe le corps de Jefus-Chrift, 
ii mal iervies , en comparaifon de ce temple oii n'eioii que 
]'Arche d'AIIiance, & meme du fccond tcmple, oii eile 
n'eioIi plus. 



f«.II 


n^ysyoiti'" 


intencorerteCiirii.&lcpetit 


Sr; 


i'objtl<.'n A 




,rt,s"..i.W*tr« 
donnoii poini alori 

d'teliitoiibifnt!i. 


Simt'ncni> PapE, divid f 
TTni|ilci , Cifniii^rd , Cir 

n.Dddai qut cbtciui (• ilnt 


oilf« 8c Dio«r« 

CBDICDt dcfeDfil 



AU DROIT ECCUSIASTIQUE. i«f 

Auifi le Condle Ae Trenie n"a paj voulu qae Toa regar- pjm— - 1* 
iiii \ct qiurre Ordret mineurs comine dcs liires rairu, ni caAT. VL 
leuTs t'or.Ai>>ns comiDe des amiquites hors <i'ui*jg€. II vn a Stff. t| Rt^ 
rccomr:isn(.c i'e r>;:ji.l!fleinent dans tcutes lcs Efiiirts, eu il '" "" 
y a trandc ^•nucoce ce pcupie don ies revcnus y pour- 
foicm fouri ir. II orconr.e mexe d y appliquer quelque 
piiiie des benctkes funplcs & du re%enu dcs tabriqucs, 
& de le fervir dc Clcrcs maries , s'il oe s'en trouve pai ai- 
fement d'autrcs. En cffei , :1 etoii ordinairc que ces moin- 
dres Clercs lufTcnt maries , du tcmps quc !eurs toncHons 
cioietn lc plus cn vif^ueur : comme dins TuU^c prefent , ces 
Ordres ne lom !c p.us roMveni que dcs dcerc» pour ironier 
au\Ordresrupeficurs,ie mcmeConcileveui quc ccux qui 
les re^ivem emcndent au moins le laiin , & qu'iis aient 
un temoigiu^e avaniagcui des maitres fous qui ils etudieni. 
11 recommande aufli au» eveques d'obfervcr les inierllices, 
pour les conferer, >tin de donner ausCIercs lc loifir d'excr- 
cer Icsfonfiionsdechaquc orJrc, & d'eprouver cependant 
le progres qu*iis foni dans Ics leiires & dans la venu. Mdis 
il bifle lux Evequcs la liberte de difpenlcr de ces reglcs, 
&ils en dirpenicnt rouveni. jurqi]*a confcrer tous ces or* 
dres le meme jour. li y a dcs Abbes qut preiendcnt aroir 
le priviie^e de donner ces moindres ordres a leurs reli- Csrw. Sic, 
gieux i & on voii des fondcmeas de cene pT^niion dans <>• '• '*• 
les Canons h. 



h On trou*» tn tffci dti «icnplci , qi<t di 
1« (iimiiroirc A% fjn tviqui L'jhb* At C^unj t 



liiiiW.it 



.lunjr, qiie 



fon territoiie appdc Ui Jjcrtt frj-;. ic Cli.t^ ; & d')r fjiif (>!ufi(ufl 
muicct funiliont ^i>i^opilei Mji> pic triit rinducrnii,i<liaoi(icn.nt :u 

*<l«niini^«nl«l'ibbcdcC:u.y Snle lon Aichidiitte , dunt Si M. jclla 
1m ■ Ccbuut^t. ayinit|>jrd lut reqiie:» & dc;n.>n(!csdc M. TtTiqiia 

cctiouie junc-idionfpiUopjlc cani li Vile & urtiioiie de Cliny, 

du royiume , i»cc defenCii i TibW it Cluny . i rAttliiditCtc de ladit« 
■bbi^e.&«iouituucitIal'y uoublct « r>vtaii. 









■.■ii',.iiiii^!i i.iicuii L-.-. iiumni^ Tr.j:i= -:i- 






: al iJt:arT-^ ;j::u 









, >i. ■,. ',i/^>,rir , Iti *.l»rt» «Jiu r'OtGient pai cr.ccr* 
1 l*t uliliit liii^:t puuvbicut iilKi-feultintaitcs-.Micci 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE j9f 

Autrefois , (i un Pr^tre , ou un autre des Clercs fup^ PiRmE 
ricurs (c marioit , il etoit reulement interdii pour toute fa Chaf. VUE 
vie des fonf^ons de fon ordre , & inis au rang des laiques. 
LTmpercur Jullinien ordonna de ptus que les enfans fe- L.4i.tod.J» 
roient reputes illegitimes , & incapabtes de toute fucceffioa *''■'*" **'*''• 
& donanon. Enfin ij a eie ordonni que ces mariages fe- 
roicnt calKs , & lcs parties mifes en peniience. Que li uit Cwm. Rm*. 
homme marie eft ordonne Sous-Diacre , il faut quc fa>i*>^""«* 
femme y coiifente , qu'ctle faffe en tneme lemps vceu de f^),j| J^t^ 
continencc , & s'cnfcrme dans un monallere. *. 16, 

Ces regles de ta coniinence des Clercs fuperieurs ont 
paru irop fcvcres, dans les temps de barbarie & d'igno- 
rance,comme]e dixieme & 1'onzieme fi^cle j principale- 
ment en Allemagne Si^cn Angtcterre: aulliont-itsconiribui 
i revolier les h<;reiiques des derniers temps. Mais il faut 
confidcrer , que l'on ne for^oit perfonne a cntrer dans le 
ClcTgi ; & fi on faifoit viotence i quelques-uns , on ^ioU 
bien aiTLire de leur vertu , & de leur foumiflion <l loutes 
Jcs r^gles de TEglife. Le mariage eR libre aux Clercs in(i- 
rieurs / , qui devroieni etre en plus grand nombre que les 
auires. L^Eglife ne defend le mariage a perfonne ; mais ^iant 
libre dans fon choix , etle ne choiru pour les fondions les 
plus faintcs , que ceux qui fe foni votontairemeni confa- Maiik- xixt 
cres a Dieu par ta continence , d recommandee dans TE- '. ""• *"■ 
criiure. Lcs Pretres & tcs Eveques ne doivent etre ordon- 
nes que dans un age mur : ils doivent eirc apptiques a VO' 
ratlon & a rinflruftion des peuptcs , & par confequent d^ 
gages de lous tcs foins temporets , fans fe panager entre . 

Dieu & !e monde. Les Sacrificateurs de 1'ancienne Loi fe ^^ <v }• * 
fcparoient de lcurs femmes pendant lc icmps dc lcur fcr- 



miii 


dc«tur(i 


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i dircipiix 


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. kKl..«. 


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Kei. 


tde. Dfpmict 


lemp» on 


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.r liil* 
, fe mi. 


;.r« 



»ec*»oir»i.eune ritiihulicntlerEglile. Fejet Van-Efpen, Tcmi I 

/4». 5lS, tol. I. 

/ f^jind on dii quc lc marijg* cA libre aui Clercl infifrieuti , 
leputci perfonnei £ccler.i(li({uei, & nc pcuvcal plui tccljniti le ) 




i88 I N S T I T U T I O N 



PAKTit L *'^^ ' '^ "*"" 'lcvons eire lous les jours en etat d'ofiHr le 

Cbap, ViL iacrifice , & d'aditiiniArer les facremens. Quoiqu'il foii per- 

lD>s aux moindres Clercs de fe marier , ils ne font plus re- 

gardes comme Clercs , apres leur marbge , quani au pou- 

^„ ^ voir de tenir des benetices : & s'ils ne fervent aSiiellemem 

dtr. tpaj, |. une Lglife , ils ne jouillent point des privileges de la cle- 

*iw ricaturc (r , & ne foni poioi obliges a poner rhabit ui la 

Jnd/iff.ii, Quant au liire de rordination , autrefots il n'y avoii 
•E> «. <7' point de diffjrence entrc les Clercs fuperieurs & les infe- 
rieurs. La regle eroit generalc , de ne faire des Clercs , qu'i 
mefure qu'ils eioient neceffaires a TEglife , foit pour U 
lervir par-ioui oii TEveque tcs appliquoii , foit pour eire 
atiaches a un liire o , c'e(l-a-dire a une certaine EgUfe. 
Ainft , TEveque ordonnant un Portier ou un Ledeur , le 
nietloit auHitot en poflellion de fa charge , lui en EufaDt 
Commencer rexercice , comme on fait encore pourla forme 
dans Tordinaiion. On le metioit fur le caialogue de rEgli- 
fe , & on lui donnoit par mois ou par jour , les diftribu- 
lions rcglees pour fon ordre ; de forte qu'il recevoii eit 



n II eft *iii quc ti poltce du Rayauinc n'a pai loujauit ^C^ Dnirorine 
fur lei jjtivil^gci dcs Cletc? marii:!; tn:iis dfpuii plut (l'un riccle, ili 
n*oiii cn Vtaiiit aucun ptiviltge de Octicaiiiie , (oii pai tippoit a U 

imporitiont (ut lct Ldiquei, qiiJnd mcmc ili ^ntaicnt lei qualii^t te- 
omiii pit lci D^cteii de Doinface VIII , & (<u Concilc it Ttente. 
Voytl cc qui cR dii 1 ce iLJet dans lei Mifmcites du Cletg^ , tom. VII. 

n lltncdaivcnimcme),luiportctmrniini rauttc. On nc ctoit pai 
qu« dci Cltrci dotit lc tnitiage efl public , o(ent encote continuci de 
pottct 1a ion(ute & rhibii £ccler»nique j maii oti voic dei Lai^iiei qui 
pottentriiabitKccl^fianiqiie, meRie (iniavoii tef u li ion(uiei cc qui 
•ftunabui. 

O Lei liitei dciEglirei & Bcncficei n't!toiciit paila Yocablc du Saint. 
foui I'inroc^tion diiqiiel fK^life ^ioii diiiec. Cci liitei rutcnt linli 
•ppci^i , pitce que le Kondateur (jiloit appcfer luM partei de riigli(e 

•Itct-infinci Jioiu-ni nom-nces liiuli, pii eicmple, liiulai Altini , 
pour dite iine KgUre rondve par AlHaus ; c*c dei 1e qualrieme fiecie. 
•llci porioleni ainfi lenom du Fonriaieiit. Vhi pottni aliqmi mriinrit 



Vn appcloil Milti liirti ( Rome dei Eglir» Patai/rialei aitribii^ci 
ctlicupt iunPiilteCardinat, (veG tin citltin quarlier qui en d^pen- 
^oii. C'e(l Mi i{u« lil Cudinius om lit^ l«i litiM pcui l«(queli ilt 
r«M otdonnf t. 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 18^ 

n^e tefDpt , Pordre . Toffice & le hiai6a. Cctte r^le ^^^^^ 
s'ob<en-e encore pour les L« eq-jes : on n'ea ordonoe que Our. VH. 
pour unc Egiife vacante p. Qiunt aux Prerres 8t aux «t- 
tres Clercs . on Ciilbit deja iles ordinacions vagues f ea 
Oriert , des ie cinqui^me fieclc. Ccfl pourquoi le Coocile f^^ Cftdbj 
de Chalctfdoine d^fcndii d'en ordonaer aucun , qae pour cm.<> 
quclijue EgUte de la vil!c ou de la ampagne , & dedan 
iiulles les ordinatior.s abfolues. 

Cettcdifdplines'dl confervee)ufqu'al3(iaderonzieine 17,^ ^^ 
ficcle , oii nous voyons , qu'il eft encore recommande d'or- fmc.cUmt^ 
rionner toujours un Clerc , pour le meme dtre oii il a ete '* *>^ 
aitache d'abord. Mais dans le douzieaie &ede , on fe relacha 
decetteregle,cn muItipliamexrremenientlesCIercs;parce 
que les particulters cfaerchoieot i jouir des priviliges de la 
clericature , & les Eveques a erendre leur juridiaioa. 
Commeua des plus grands defordres, qui venoientdc ces 
Ordinations vagues, etoit 1a ]>auvrcte des Clercs, qui les 
reduifoii 3 faire des meiiers fordides , ou a mcndier hon- 
teufemcni Icur vie : on crut y remedier au Concile de La- ctnt. t.tvri 
tran.tenu fous Alexandre III. Tan 1179 , cn chargeant Epifi.^m 
rLveque dc faire fubfifter le Clerc , qu'il auroit ordonni "* * fr^ 
ians titre, )ufqu'a ce qu^il 1'eijt pourvu de quelque place 
4ansrEglife , qui lui donnat un rc^enu affuri. 

Le Concile ajouteune excepiion :fi ce n'eftque celui Cbfittit«,ij 
qtii cft ordonne puiffe fubfiller de fon pairimoine ; ce qiu ^Sfv^J^ 
&fflbleetre venu d'une mauvaif^ cxplication du mot if fimU.^^' 
^0^r^i?,d3nsIeConciIedeCh3lcedoine. Quoiqu^ilenfoit, j^ t.tH 
il 3 piSt depuis pour maxime , qu'il n'eioit point R^cf- (tni di 
£iire qu'un Clerc eiit de revenu ecclefiaftique , ni de place ''''"* 
cert3ine dans aucune Eglife, pourvu qu'il eut un patrimwne 
fuffifant pour fa fubfillance. Ces remedes ont eu peu d^effet. 
Plus un Clerc cft pauvre , moins il eft en ecai decontraindre 
Ibn Ev^que i lui donner fa fubliftance ; & le titre patrimo» 
nial r a ete lixe a iine fomme tres-modique. Par les ordon- Ort, til 

P f<7t{ ccquicllditdtl Etiqu*t. ci.dci<al, ft. ] , & ci-ipri* . 

f NonpKpaur Upeironnc , iiiii >(1 louiouri ccruinc . mtit vMfnu 
f*t \t iiiiut it ilirc uu Uilitc Ecck-li.iaiquc , applicibte i cc lui uui «ft 

S/^«.' " ' "" "*"* "^"" ""' "' ' """" *' ' '"""** 
r C'«((c«<iue, dini rufag*, on ippclte fiirt C//rJM/, c*cfl-i-di(« 

ktiirastoMutpourrOtdiauuM j c« qiii h ('cnuod niiiMwiai qu 



'>»o INSTITUT t O K 

'partis l h^ukcs de France , il luffit cle i j o livres de rentes ; u Parlc 
CtAV. VU. & en plufieurs diocefes, od Ta fixe k cette {otnmef. 
Stff, II. A s. Le Concile de Trente a rappele l'ancienne dircipline i 
cn defendant de promouvoir aux ordres facr^s aucun Clerc 
ficulier , qui ne foit polTefleur paifible d'un b^nefice Aiffi- 
lant pour la lubfiftance bonn^ie ; & ne permettant les or-> 
dioations fur patrlmoine ou penfion , que quand TEveque 
le )ugeroit i propos , pour la neceHite ou commodite de 
rEglile. Ainfi il marque le benefice comme la r^gle, & le 
V(/.s|.IU/ patfimoine comme l'ezcep(ton. II defend ailleurs, en eze- 
* **• cution du Concile de Chakedoine , que perfonne foit or« 

doiuii, finon pour rutilite-bula n^ceffite de rE^tife, & 
i la charge d'e(re deflini k un lieu particulier , oii il exerce 
I2 fonflion , & qu*il ne pui^e quitter fans conge de foa 
iveque. Mais ea FraiKe , on fuit Tancien u(age > & le tl- 
tre pairimonial eft le plus fr^quent. Quant aux r^guliers, 
ils ont iti pendant plufieurs fi^cles foumis i h loi g^^ 
rale, de n'etre ordonnis que pour le titre d'une certaine 
Egiife. Mais dans les derniers ii^cles , on a jug^ que la 
profeffion faite dans un Ordre approuve , leurdevoiifer- 
vir de litre , parce que leurs monaft^res font obligis de 
les nourrir ; & pour les mendians , on les ordonne i a- 
tre de pauvreti. On ne demande point de titre pour le» 
quatre ordres mineurs, parce que ce n'eft p<Hnt lu eng»- 
gement irr^vocable t. 

Le Sous-diacre & les autres Clercs majeurs ^tant enga-' 
gis zu fervice de TEglife, ils doiveiu au moins la fervir 
par les priires qu'ils c^&ent k Dieu , s'ils n'ont poiai 
d'autre fon&on pardculiire. De-ti vieat robligaiion de 
riciter Toffice, doot U fen traiti dans la fecoude partie. 



i* U ptomoUon lus Ordrci {*citt on Bijiuri , cDinmi rt fcra dil cia 

/ Ce tltre Cl^ticil n'eft pii fallilTible, & nc peut ttre ili^n^. 

( Ccui qui font de la niiifon & [ociiti de Sorbonne , font lufll 
•rdonn ji Prtttes rans lltre pattimontal , & fut lc feul tilte ite paUTtet^r 
liialo panpBUuii Sorhoaic». On ptffumt qu'un Dofleur de Sotbonn* 

Ti p*i de Biui&c* f ou lutifl omploi sOBveiMblfl i ua Eccl4' 



AU DROIT ECCL4SIASTIQUE. ijf 

r— r .- wint PAXTtE L 

"*■■ - "^ Cur. VIU, 

CHAPITRE VIII. 

Det Soui-diacrti 6- dts Dtactti. 

LE Sons-diaert doii avoir et^ iprouve dans tous les f.^^^ Triii 
ordresinfcrieurs, & avoir au moinsaiteint fa vingt-/tjr. i).Kf/> 
deuvi^me annee. U doit ^tre affez inftruit , pour pouvoir '■ *• ^ *■ "4 
«ercer fes fonflions ;avoir des atteftations de mceurs de * 
ibn Cure 8f des maitres fous qui il etudte , & efperer, 
tnoyennant la grSce de Dieu , de garder la cominence. 
Son ordioation doit etre pr^cedee de trois publications , 
Bfin de cofiDoitre s'il vtA point engag^ par mariage ou 
pir voeu inconpatible , ou charge de dettes , ou irrigu-, 
lier de <]uelqu'autre maniere. 

Ces publications u fe font au prdne de fa paroilTe , par 
trois dimanches, comme pour un mariage. S'il doit ^re 
«rdonni fur le titre de fon patrimoine , il faut aulE que 
le titre x foii publie, pour ^viter , autant qu'il eA poffi- 
We , les fraudes & les collufions , & qu'il foit approuvi 
ile TEv^que , qui d^fetid au CJerc de 1'ali^ner , fous peine 
des cenfures ecclefialliques , jufqu'^ ce qu'i1 foil pourvu 
d'un bcneBce fufGrani. Les publicaiions au pr6iie Ct rei- 
tirent pour chacun des Ordrcs facres. 

Ourre lesinformations faites par le Curi, TEv^quc doit Cont. TriJl 
encore , le mercredi avant l'ordinaiion , examiner les or- "p. j- fi0i 
dinands, oulesfaireexaminer pardesPretresvenueux, & *'* 
&vans dans la loi de Dicu & les Canons. Depuis plus de 
foixante ans , Tufage i'eA introduii en pluficurs dioc^fes , 
ie faire faire aux ordinands un fqour confiderable dans les 
feminaires, ou dumoins, dcs reiraites de quelqucs jours; 
&ceIaeA commun ^ lous lesOrdres. 

Le jour de Tordination etant vcnu , & les Ordres mi- 
neursayanieie conferes,onappei!cceoK quidoivcnt etre Poii-fi^i^t 
ordonncs fous-Diacrcs, chacun par fon nom & par fon ti- cdinathni 
tre. Un lel, au titre d'une tdle £c:Iife, pour ccux qiii ont Sabdiattn. 
des ben^fices : ua tel , au titrc dc fon pa:i imoine ; frore 

■ On [ct quiliiic quelqucfaii dc ^ai , ^(im f^itci i rinHit in biat 
dl m»ti»gc. 
a OaiDicDdpulcticidiitiRflCl^tHU 



«91 nnTrrrTro!» 

I fet , fta&s it*jn :d Ontre: ir^x tc! , a nmiie pBnmeT 

y^jtnnBK Cyabiwi ['Eveque ^esaverrirde camiaerer atrennwenient j 

*•*'•*•*'* <|lielle cfiar^ iU le roumenenf. Iwmi".d , m- d . U -i^us ^l 
iHre de 'tiMirntr j r^jt ji^ic ; -njM ji ivau TCiTxr ^ Oi*- 
^e , vniuitc [taur~s^ pUL- 'eaiier; drjuJrj trnuiain ''cnrtr Dita^ 
dant Ufervice-oMi muuxanm ■vyjunu ; ^jsu^ ^ JtMlut jmc 
fo» fectmrf , & demearerat^j^ jjjaun ju. •KmileiJe^Epifi. 
S^^er-y Jonc wiJis aiiii al encari i-aitps ',^j ^ohx vobu^ 
ferf^-rer iMS ,v.vi /Jura; '.■luiuiiaa , jnuracat^ ju ^tvmJcDtm. 
Entuice on uic ^orocher ceux qui doi^venr enc ontoiK' 
ne* Sous-iiiacres , Diacm & PrairBS ; & ICU9 latlttaiUeefaaE 
prcliemei a rerre , on dunfe j» Litanies , & aa itivaqiie 
pcur eux lei tb&ases (ie roas les Satins~ Es K relieveitt i 
g;enouT, & i'£vi^i:e lAftruic les Scus-diacTesdeleuisninc-' 
riof». tJ:« fom , de fervir le Diacrc, pr^nrer reau pour 
lc mini^dTC tie rauiel, lOTer les oappes ii'aiiiel & lescor- 
foratn y i ie« corporam doivenc etre aTCs teparttiiMiic , fic 
on sn doic ferer Vtxa dans le bspndere. Le Suns-diacre 
Acnt aulH oftrir au Diacre le ca&ce & la pacene pour ie ta^ 
crifice ; & avoir (bin ie meRre hir rauieE autais de pams 
qu*il fuir pour lc peupte , ni plos , ni Rioiib ; , de peur qu'il 
ne (lemetfTe <lafM le lan^htaire quelqu^ chote lie oorrotcpa. 
C« Ibnt fe» fondions marqueef dans la tbrniule do Ponttd- 
cal. Ilfaut etreau moim Sous-diaire pour louchef- les n- 
hi facrn , & le* lingc» ijui louciieci igimertiaiesieai Ii 
(iiinte Euchariflie. 

L.'Bv^quc lui donne cnfiiiie le calice vide avec b pa- 
lene , &tousiesorfiemrniquiconvicDr.entaroaOTdre.Ej»- 
finiUuirfonnctelivrede* Epiires, avecle pouvoirdeics 
lirc diini rE^liJc. Ainfi, le miniliere des Soiu-ihacres eft 
prcfque rHuit au rcrvice de 1'auie] , & a afriDcr TEveque 
ou Ic* Pr£ire«dant lc* grandes ceremonies. Autrefois ils 
^ioicnt lcs Secr^aires des Eveques , qui les employotent 



y I,*cofpof»1flliinlingt ficrifort fin tt iottAiWi i]uc It Prftie, 
)<Kl(|ii'll ''li 11 MflTt, txtnA (oui If cillce (vint roflettoiit , poui rtcc- 
Voil fliullieuii Wilitpritni (fiii poiiiroitni tomber. CeH fui ce cct- 
puiilqu*)) HmilT* hmc la pitin» ln piriiculride l'honie , 5'i: y eni j 
poiit lei ■irtl» 6)M le tilice xiini rit confommer ce qui eH <lc<!int. 

{ C^eltl itRle , ile ne intltic fur rAiitrl qu'auiant rit paini (|ii'i1 en 
fiul puur t* peupl* , nt piul plui (fie obfeiT^e li Hii^tmcnt , > c«u(e 
du Kriiiri nuinlit* llti liritllii, K qii* le nombi* d« ccui qui (e pr^fcnlcM 

Lh«<)u« JBui peiir [oniiBuiilw «S iaHiuiiii 



AU OROIT ECCUSIASTIQUE. i^j- 

Sam les voyagc* & les negociations ccclefiaftiques : ils PARTii t. 
^oicnt charges dci aumdnes , & de radminiflraiion du tem- Ceap. Ylllj 
porel ; & hors de reglife , iis faifoicnt les memes fonftions 
^ue Ics diacrcs. 

Quant au DUconat, rinftitution cn cA marquee daiu AS. tt. 
rLcriiufe-fair.ie , & il y a loujours eu des Diacres par 
toute TEglife. lls font otdonnes comme les Pretres , par 
I'imporition des mc ins , & avec !e confentemeni du peuplCi 
D'abord , rAfLhidiacre prefente a TEveque celui qui doit 
*irc ordonrc ; diiant que rtglife le deinande pour la Pautlfie.Jt 
chargedudiaionat. Sjvt^ vous^udtn foiid:gne} dil TEvi- trd.diat^ 
ipit. J' U fau &■ le ((in0');ii« , dil rArchidiacre , aatant fut l» 
foibitffe huwuiut permti de U connoUre. fcvequc en reoiercie 
Dieu; puiis^adrefLnt au clerge&au peuple, il dit ■.Aout 
iUfont , avte Vaidt de Ditu , ctpriftnt Sout-diatrt , poar Cor' 
drt du diaeoitM -.fi qutl^uun a qutlqut chofi eonlrt lai , f«'i/ 
yavaaet hardinunt four 1'amatir de Dieu , & qu'iUt dift i mait 
qtiUl fi fouvitnnt di fa eondiiton, Puis il .«'arrete quelque 
flcmps. Cei aveitifTunient marque rancienne difcipline, de 
confulter leclerg^ & le peuple a pour les ordinations.Car 
cncore que Ttveque aii tour Ic pouvoir d'ordonner, & ^C*"'" ^"^* 
que le choix ou le conreniement dcs laiques , ne ["oit pw (2i. 7/'"^'* 
nicefTaire fous peine denullite; ilefl neannioinstres-utile, 
pour s^afTurcr du merire des ordinands. On y pourvoit au- 
iourd'hm par les publications qui fe foni au pr6ne , les in- 
Ibrmations & les examens qui precedeni 1'ordination ; mais 
il a ei^ fort fainiemcnt inftiiue de prefenter encore , dans 
Tadion meme.Iesordinandsa lafacede ioutereglife,pour 
i'airureT que perfonne ne peut leur faire aucun rcproche. 

L'Eveque adrefTani enfuite la parole arordinand, Itit 
dit : Vout deve^ ptnftr comhitn tfl graiid U degrt ou vout fflon^ 
tii dani fEglift. Un Diacrt doii ftrtir a raultl ^ bapliftr & 
priehtr. Ltt Dijcrttfoni a UpUct dii aneieni Levitit : ilt font 
/4 iriiu & Vbiritagt du Seigniur ; Hi doiviol gardir 6" porttr 
te lattrnacli , e'ifi-i-dire deftndri fEglift dt ftt tanimit iavt' 
fihUt , £■ Vomirpar Uari pridicationi 6f Uuri txtinplii, llt fant 



a It «loil n/ininoint MttiAa At lci hU% im 
t't^-i-i\itit ctui aui ilo.tM fculcmcnl -.imn 
t>icu, tcli qut lcl Ciicchuminci & Ici Pfni 
Cmm ly dm CmiUt it LaoiUie. V«A-£ff>«(i/ 

Tmt U, 




194 INSTITUTION 

^ «iliges a luu graiuU fureti ., conmt itaal Mimfires avic Us Pri^ 

CMAt. VUL "" • coofiratturt da eorpt & du fang dt noirt Se^neur, £r 
tkargit d^ajufattr FEvangik. L'Ev«qtie ayani fait <]ae!ques 
prtcres fur rordinaDd , dit enir^autres cbofes : Nttit mutns 
MemMti , nouf avvnt examuiifa vit , auum ^uil nous a ete pof- 
fiilt •fVout, Seigntur, ^voyi\ U ftcrii det ceeurt , vout pou- 
wf It pmrifier ,& lui dantur ce qui lui numjue. L'£veque met 
alon ta tnaiR fur U tete de rordinand , ea dllant : Reeevt^ U 
SdiiU-£/pril , pour avoir la force de rififier ait diahU Sr afts 
untations. II lui donne let orneinens, & enfia le Uvrc des 
Evuigilei. 

tl femble par c« formules , que les fondions du Diacre 

ae regardeni que le fervice de Tautel ; elles y hat au- 

]Ourd'hm reduicet : mais elles ont ^e atitrefois luea plu» 

tS. VI. 1. itendues. 11 eft dit «pie les premiers Diacres furent inftitu^ 

pour rervir aux tables. Or il y avoit deuz fortes At tables 

dans rbgtife de J^ufalem. La table facree , c^eft^i-ilire U 

confi^ration & la diftributioa de rkuchariAie , & la table 

commune , pour la nourtiture ordinaire. Tous les biens 

^ant en commun , chaque partioilier ne reccvoit que ce 

qui lui iioit diftribu6 par rordre dcs Ap6tres ; & ce fut 

prindpalement la necefEti des diftributions journaliires * 

^S. vr. 10. qui obligea Ics Ap6tres i &ire des Diacres. On voii toute- 

fois, par rexemple de S. Etienne & de S. Philippe, qu'ils 

pr^hoient & baptifoient des le commencement. Dans I» 

&iite ils exerc^reni ces fondions plus raremeat, & feule- 

ncnt au d^faut des Eveques & det Pretres. 

Cphc. Aityr, LeiDiacmavoientdoncdeux rartesd£foi>ffions.Dans 

*. 1. Conc. rEgtifcilsfervoicDtAr3titel,comiDeiIifoBtem:Dre,pow 

f-rt*ag. 1». ^^ rEv«que ou le Pritre i offiir le (acrifice, 6t a diftri- 

biier rEuchariftie ; pour arertir le peuplc quand il hxtt 

prier I fe mettre a geitoux ou fe lever , s'approchcr ou f« 

Niirer dc la cemiDunion , fe tenir chacun en fon rang avec 

le filence & )a modeftie requife , s'en aller aprcs que la 

Meffeeftfinie. Cctie fonSion d'avernr lepeuple, parolr 

hien plus dans les Liturgies Odentales ; & les Diacres eo 

(itrent depuiii foulages en parcie , par les Sous-diacres & lc» 

Portiers. Les Diacres al&ftoient TEv^e lorfquTI pr^chott^ 

tl dmt lei «utret fonAioaSipriitcipaleaieotavaiKqu^ily 

r. ^ Jtcitttltt AMt]rthn.SouvefKOflIenrdoimoitlachai^dntif- 

*i^!!^X ^"'^ ^ Cltkhu>teet. Ib bapaloieiit ea cas dc nto^ 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 195 



Cte , & prichoi«ot quud rEveque rordonnoit. Encoi* "paktXi. 
au)ourd'hui , il faut«ireDiacrepourprechcr,& pour lire CnAr. VIll. 
publiquemcni TEvangile. 

Hors de rEglile , les Diacres avoicni k roindu tempo- r. BorM; 
rel & de loures les cEUvres de charite. Usrecevoient les <"■"- J4« •* 
oblaiions dcs fidelles , & les dillribuoient , ruivant les or< **'* 
dres de TEvequc , pour toutes les depenfes communes de 
rEglire. Itt vciltoient fur les fidelles , pour avertir VEvt* 
^equandil y avoiides qucrelles, ou des pech^ fcanda- 
Ieuz.C'iiDiiau(rieuxqui ponoientles ordresde leurs Evd- 
ques aux pretres eloign^s ou aui autrcs evequcs , & qni 
les accompagnoient dans leurs voyages. Pour qu^ils puflent 
fuffire i laai de travaux , on lcs ordonnoii dans lage oii U 
plus giande force ell jointe a U maiuriie , i irenteou irente- 
cioq an$i au}0urd'hul il fuffit d'avoir atietot vingi-trois 
Mis, & d'avoiri!eua an Sous-diacre. On obferva long' 
temp^ de ne faire que fepi Diacret en chaque Eglife , k 
l'esemple de l'Eglil'e de Jerufatem , pour reprefemer ies T«b. int 
^t Efprits bienheureux qui font loujours devani le trdne '** 
de Dieu. Ce fiit fans douie ce qui obligea a mulaplier les 
Clcrcs inferieurs. Le premier des [Hacies s'appela depuis 
ArchidiMrt. Son autorits etoit fort grande , & il an lera 
parli dans la fuite. 

11 y avmi aufli des Diaconefles b : c'etoit des veuves que ch^, 19; 



t QuelquM-unt titnncnt quc lci DiieonclTei oit Dricanifl'» furcnt 
Inftnueei pour (mptchtr qut \t carpi det feaimci nc iat vu 1 nu ftr 
■« hammci , lari dc leur bipiemt , ((ui fe dannait alori pir immerfion. 
Cm DiiconeiTci rccevoieot l'impotition dei miint , K j(oi«nl coni' 
prifatdinileClerg^ipirca au'cllei eier^oient, 3 l't(iri riet femnict, 
■ae pmie dei foii»ian> det Diicrei. Dini IX^lire de CoDainiinupU , 
ii j »oil dct DiiconelTei dont lc miniOcie etoil dc i'imployer a 1 inf- 
lcuAion d(t petfoTiaci da lcur reic. Ellei diflribuoicnt let clii:ii^t d«> 
fidellei , enleianoieni let principi:i de li foi & lei cei jnoniei du bap- 
ttiDC. Lcur emplol n'<ioil pit un Ordre dini Ij Hi/rirchie , milt ua 
■linifltrc inciaB & trit-T^nJrablc. II te gliiTi deui ibut parini (llei. 
L'uii oue quelquei unct fc coupint lei chevcui , i'inlrudi.iluietii din» 
rEtliHi; cc qui caufuil du fcandale ou au muini du djnger; !'iutic, 
■u'eTTu dormoienr toui leurt bieni i l*Efllifc . lu or^iuflici- Af Leiir 



Zu'ene> dormoienl toui leurt bieni 1 l'Eglifc , au pr^judici 
imiltc. L'cinMrcur Th^odore dcfendit (ju'iucunc ve 
Diacmeffc qu ctlc D'tlit foiimce inl , & il leur djfendii c 



*4n<rilement ipproi 

rEeiifci eifu — 



» Eglifd. L» premierc nirlie de cette Loi fut 
lei miitlarccondefutbflmte pir let Pe'ei da 
rEilifCi etfurleiramoncrancei de 5. Ambroitc, Thtodofc, ctani * 
VftoBC , i*TO(iua cetle feconde p^rile de (1 loi. Clolilde , fcmmc d* 
Ctovit I , a<oil fiit Im (onOioni dc DiiconetTe dint 1'Eelire dc S. Mailn* 
4» Tmi*» 9i iU* ■mnK •pii' J *f9it fM kt ittMtta ian4«s d»!^ 



f^ I >' S T 3 T r T I O N 

^^^^^^ 1'an-chntfiflbfT , cntrc cell» mi. s^etBaemaaai^^srs i Dieir 
eS"Vvlii. Onpranoii leApiusi-croicaist. ra«ac souk ae ibiiamB 
I. iin. (. 9. an~ tlis^ ic7vnicnt si tau.\ii^a jsi Dacm ea toa; c£ qii 
<.Mc. £p. lazanloii i» teBntiefi , & gae les bcsBKs dc potnaeoi 
*"' *'^' £iirc ir\^ smant de lBai)esnc£. E yen a oi depuisleieinpB 
4ie£ Arunrcs , au mcniB jui^au fixidnc &ecie. 



CHAPITRE IX. 

X)m Pritres. 

LEPrnreJoiiavoireteDiacreiia an pour le motns , 8e 
a^oir aneint la vingr-cirquieme anoee de fon age c. 
Par let andem canons , il devoii avoir trenieans ; encore 
Cnr Ker~ Ti^iiw-on moins a Tage , q j'au temps <iu'il avoii paSe 
*«,...■ i.JT.» «Uns le Diacon» 6: dans les Ordres inferieurs. Enire ceux 
•*•*■*• fjui avoieni tie eprouves dans ces differens dcgres , on 
cboitifibii ceux doni la foi , la prudence & la fbrce etoient 
)e plus conni;i;«. Quoique l'epreuve ne folt pasli lon^e , 
on oLferve toujours mieux 1« inierfticcs dans les Ordres 
fuperkurs ; & lesEveques n'en doiveni dirpenferquepour 
fw. Trijf. caufe. L'tsamen pour Tordre de Prerrife doii eire plus ri- 
A/- »(. K«r- gourtfuxque pourles anires; il faut que celut quilere^oit 
foit trouve capai/le dinDruire le pcuple des chofes necef- 
fjires au Ijlui , & d'adm'niltrer les Sacremeos. Mais rien 
ne faii inicus voir les qualiies d'un Pretre , & fes priocipa- 
lcslbn^ions , que la ceremonie de rordination. 
Fonilit'* , L'Archidiacre prefente celui qui doit etrc ordonne Pre- 
«r4. *v«A. ire, dc mcmc qu'il a prefentc le Diacre , comme etani de- 
oiand^ par rE^life , & rend temoignage qu'il eo e(l digne. 



Ti*. dftojiirde Tour» , lit,t,ci^ 4]. L« premierConcite d'Orange 
t» 441 1 il(f*nilil il'urdunncr det Diacon<<r». L> fecond Concile A'Ot' 
teini, «1111 aii 1 ■ j , tlcirndii uiceillcment d* donner a ilei (emmei U 
k«n--'.><:ii»>idct DNinniir», i c.ure d« l> fi jglliijdo Ceie. 

L' ii.ftt Kr^iidiiii (iicote en quettiuei Eglifci dei veDigei de cn 
l>i4CMi..ll'ev.Xr( ClHilreureiileStleili, en Oiuphinf . roiil 1 1'Autcl 
u:ii.« ii Du.it H i» Sout-Diacrej cllti touchcnl lcs va(et [acr«i. 
L .kM^:'!* Ct S. f irrie dt Lj^on fiit lulG office At Soui-Diicre ; eU« 
t.j.i.i.'i )*Lpitte , & |ioilal«minipu1e, miii* li main , &noD*ubiai. 
Aiiiii%iiiBi.quiii(« «nnccomplii , Si 1a vingi-ciniuiime Hinia 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 197 

L'Eveque confulte auffi le peuple , en di£uit que c'efl un pxi^-ric l. 
interct cotnmun du paDcur & du troupeau , d'3voir de chap. UL 
feints Prcires, parce qu'un particulier peut lavoir ce que 
plufieurs ignorent , & que chacun obeit plus voloniicrs k 
ceiui qiii a ei<: ordonne de lon conrenteoient. Enfuite it 
^'adreireai^ordinanri , &iui dit : Un Prict Jw offrir , binir , 
prifiJtr , prtcher. ilfjttt dnr.c monter ^ce lirgri ^'ec aittt,rMJt 
<rMitU , 6- fi rtnJrt recommjaj^hlt pttr ynt fjfijft iilt!}r , dt 
ionnti maiiri , & uat ton^at p'jiiqut dt U vfsu. Les Pritrtt 
litnnuaUplJCi dts 70 vietUjrJi ^ui ftt-tnt Jomis a Moyfi , 
fourtui atJer j ioiJuirc le peapU , & Jts-^i Difiiries Jt Jtfus- 
Ckrift. lls doiveni jimtr U mortificjlion , par Lt confiJerMian Ja 
wtyfiin dt U mon Jt Jefui-CArijl , quiU cilehrtnt ; itrtp^r iturs 
uifiruSions ttt midecins fpitimets du ptuple Je Dieu ; lijoiur 
tEgtifi pM Codtur de Itur fuime vie ,& l iJifier par itur pridi- 
catioa £> Itur txtmplt. 

Alon TEveque mei les deux mains fur la tete de TOrdJ- 1. TiM. m 
nand , & tousles Preires qui fe trouvent prelem lui impo- "- 5^""- 
lent aufll les mains. L'£veque taii fur lui des prieres , oiiil ^"j^ ' *^ 
marque lei divers degres du facerdoce. Les Pretres qui fent 
dansleCecondordre, Tont les compagnons &les aidcsdes 
Pomifes , comme les enfans d'Aaron aidoiem leurp^re, 
& comme les Apdircs accompagnoient le Fils de Dieu. II 
Iw donne enfuite les ornemcns , & ajoute une pricre ou il 
dit entr'autTes chofcs: Seigiuur, aiaeur dt Ijule fjintele ^ 
donne^-Ieur votre hiniJiSian , afin qut pjr U graviii dt Uurs 
maurt & U fevirite dt Itur vit ,iU fi montrtm vitilUrJi , ^uiU 
profitent iti infiruRions que S. Paul Jonnoil a Tilt 6-d Timo- 
liie ; gut midiiani jaur & nuil votrt Loi , iU croient ce ^u'iU 
iironl ,Ht enfiignent ct ^u'iU eroiront , €f pratiqueni ce ijuHi 
tnfiigntroiu >' gue Con voie en tux U jufiict , U confijnce , U 
compjffion , U farce , &• loults lei aulrts vtrius \ ijuiU tn 
monirenl texempU , O qi^iU y confirmeat pjr Itars exhoriatloni, 
Apres cela , TEveque Iiii confacre les main! ptrdcdans 
avec rhuilc des c;iicdiumcnes d , alin que ccs mains foicnt 



d L'Jiu]le dei cituclmments en d« l'hu]le il'olive bJmie nini au- 
etii mcUtige. tlli; Ht ainii apiieltc , pjrce que ('«11 U miime Uuiit 

aci eiifjni , aux Jcux unc- 
, 1'aucrt encie lei jpuiUk 
N iij 



ISB IWSTITUTIOBJ 

Fa«t» I, Cfob^ ^ batir , ie conCicrcr , & tie &ndiner ; cskh- 
Cur. OL 'mt on chuiie un hyiDnc pour inv(M|iier [e S. EibrrT. Q lui 
iw coQcfaer le aiicx [rfon de vin , & la pareiie svec le 
pMn , lui donnaot ie pocvoir d'fl&ir le ^cnftce a Diai ; 
ft en efiei , a b meine 34dle de roiTtiiBdaa , le aonveaa 
Pr^e ceiebre & conlacre avec rEveqnc 

Apres la cominunion, [e Pre!» <Et cesporatesde Jefiis- 
JlMi. sv. ij. Chrift a lin ditciplei : /< ar vom jpftlrrjipiMj mufirvUtmn , 
«d:j »Ki amU , & le rcAe j puis le aotrvcau Pieue & leve , 
&rccite leSyiiil>ole desAp6t7es,pOQrpro&4erpubli«{ae- 
■ent b foi qa'il doit ptecfaer. II fc inet z graaax devznt 
fEviqne , qui lui vnpote les ntains nae tccoode (ais, ea 
ftd», K. 9S Aant : A/mv^^ ^ 5. S/jrit ; f«x i fai vmu i Mmxj ' ^ Zct^ 
aU( , ili Umrfijvrii rtmt % & ttmi i ^ «ec fu ntia^ra^ , i^ 
)En>m Ttuiau. H 1» £ui promcnre obesCwoe , & rnrertit 
iTapprendre foigneufetRer.t rotdre de ta Mc&f aaBvspri- 
trc* d^ inftrwin , i casfe de rioiportaaoe de b c&oJk 

On Toit par tomes ces formulcs , qoe les Pteires Ibnt 
taftiiaes poor foubger le» Eviqiics , noa coaae les Di^ 
crcs dans les fondions nierieures, & dias ce qoi r.ent 
ptof da tcBiporel , mats dam les fooSioas les ptus ipirv 
loeUes & le« plus eflennclles an Sacerdoce. Oeft , faiTutt 
k Pontiftcal , ofrir , hinir , prijidtr , prieher , t^^rr. 
Ch, %. Ofrir,e& faire le facriftce , c'eft';tdirec^efarcr la MeAe; 
ec qae le« Pr^tret ne faifoient dans lcs prcaners (iicles 
q|D'au dcfaut de 1'Evdque , & par fon ordre. L*n<age prtfenc 
je ceice fondion fera eiplique dans la fecoode partie. 

Le Pr^re doit iiair , c'ell-4-diTe faire les prieres foleik 

nclles , marqu^ pour diverfes ben^diftions : comtne 

cellc* de* fon» i PJque & i la Pentec6te , reau-b^ntte , le 

pain binit dc li Mefle paroifllale , les fruiis nouveaux , les 

peitiiff.alii"^ clochet , le lii nupiial ( , les femmes relevees de leurs 

ra¥*l, couches , 8t toutes les auires bin^diflioos marquees dans 



« La bf nfiliaian du lit naptial (e riifoil autrcfott !e rair. Le Curj 
da ftiiil F.rieiine ilu Mont .■«tJiii plaint qu'uii paniculier l'avoit fiiit 
■tttnJrB jufijuU minuit, Pieiie <le Goinly, Evfque de Parii , or. 
ifoimi «II nn , qu« cetti cerjmonie fe feroilde jour , oii du moint 
irint fouper, cnpi^fencc feuleaieni du 111111 j, de \a mari^e & d* 
l«uri pliii prochci pireni cithollquei. foyet SB,)val , anri^uir. dt 
fcK-», ron, II, pag. Ci9> Uiii ceite coutume i'eft peu i fft>t 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 199 

leRiniet, hor* celles {{ui (ont tekrvies aux Eveques. '^ 
Lc Pr^rrc doit aufli PrifiJer aux affemblees eccleriafti- cb 
qucs , Si faire les pneres au nom de tous/i On peut rap- 
portcf a cette fanftion les fepultures & ks autres proceC- 
fions, qui doivent loujours eire conduites par un Pretre. 
On peut encore rapporter au ntot de PrifiJtr , le droil que 
les Pretres ont d'eire le confeil de TEv^que de s^alTeoir 
avec lui dans les jugemens ecclerultiques ^ , & de les ezer- 
ceren Coa nom ; carfOUterantiquitelesaregaTdescoinnie 
le fenat de rEglife. 

La Priditaiioa n'etoi[ pas du commenceoient une fonc* 
tion £ ordinaire des Pretre$,|»rce que les Eveques inf- 
tniifbient eux-memes h. Depuis environ 400 atu, pludeurt 
Prctres , principalement les reguiiers , ont fait leur capital 
de cette fonfiion , prechant indiff^emment dans toutes les 
Eglifes, felon qu'ils y font appeles; au lieu qu'autrefbis 
iJ a'y avoit que les Pafteurs qui inflniifoieat chacun foa 
«roupeau. 

II femble que fbus le nom de Baptinu , le Pontifical ak 
voulu coraprendre tous les Sacremens ; car le Preire a )e r, 
f>ouvoirdeIe£adminiArer,hQn les deui qui appartteiuiettt ^*) 
i rkvdquc. I! efl vrai qu'il y a i diftingiwr : le bapi^me peut 
Jtte adminiAre en cas de n^ceffiie , par quelque perfoflM 
que ce foii. L'Euchariflie peut ^re adminiJlrte par tout 
Pr^tre indiffib^emment , hors la communion pifcale & le 
viatique. La penitence ne peut etre adminiAr^ que par 
<eux qui font fpecialement approuves par rEv^que. L'E|- 
tr^me-Onftion i, St la benedi^ion nupiiale par le propre 
Caii ; & il en efi de meme du bapieme folennel. Cet 



fDet ditntrti & nn milcre <l'Jcol« dc Mmpigac flireiu tf primliw 
it» , pour i'ttre in^iiit dc chincer vtpttt dani rEglife , ea Vtbfti^- 
ce du Cari, & fini fon ordre. 

f Lci Prttitt B'on( iiicune iuridifiion , li ce n'tR»a fer pfnitrn- 
riel, i \'i%tii de ccun qui ont le droil de cunfeller : quanl i li jj< 
lidifilon cxi^rieore de rEvii]ue , foit voloncaire & gracieule , foit 
conteniieufc, i mainiqn^iliiie faiCDt comnit par lui fpicialcmciit 

h On loic encaia^de noi jaurt plufieurt iTtquei i'icquiccer dign«- 
inent do fnintfttre de U parole. 

I Quaiid on dic ici quc l'excrtme.OTiaion doit ttie idmininrje 
f»T U piopre CuA. On cnicnd le Curj du lieu od fe irouvc (c ma- 
ladc quc rttn admininte *, encorc que ce Ciui ne fQt p» cclut d> 
doninlc oidiiuir* du ultdc. 

N ir 



«» tV STITTTTr O » 

■ I patids pAovoin , qui readoteoi ies Pretra ti veiRiafalca ■ 

FAHTif t. dfiT eiec^e , dans ies (temien lenipi, >le .eur muinplicar , 
*•*'■ **■ oon , qui eti 3 beaucoup tlimtaue ie repi^ 

CHAPITRE S. 

^ jU Pramaiian its Eve^ui, 

LAr)ignire<ler..'pircop3c s'eftimeux cantervee^ecdla 
<le la Prerr.li: , parcii quon s dit pius attadu 3 oe poiiit 
ArdorMier it'£vei;ii« , finon pour une kg.iii£ vacamB. Ls 
NOftt dXveque ri^itie lnfptScur ou laxendjm , pBir otoa- 
rrer qu^it elt chargi de touc le ibin du crtiupeai. U tA 
Ibuvenr nomme PMiew ; ibuvenr dans lei andecs, Pripalt i 
•n g;rec Protfiuf , en Litin Pn^afiat , ou Pr^fai , en j4^ 
ri^» ; m bten on le r.otniiie S^ripsMtar , en Grec Strtis , 
M Larin , Sace'J«t , nom <^i lians \a demiea Knps a ^e 
confoiviu AVec celui de Presbyur , & urribae aox fimples 
^rifre*, Lejfcva^uesofwencoreerenaauiiiisfaHrt/ei jmais 
quclqiiet mr.d.-rnei a&6enf de oe doaner cc ooni qu'aii 
Pape i. Lesanciens E.ve({ue«p3rbnc d'eaz->tciDes,isno(D> 
•loienr fouvent Se^iitars £iuu t:lU E^ft , oa itsfiJelUj , 
& dti ftrvinuri dt Duu ; & le pape a gaide cene ibrmuEe i. 
j, Jefu^-Chrift appela fes difciples, & cboifiipour Apotres 
14. ' ' CCin quil voulur. II leur dii apies & relune&oo : OmiM 
fean. im. ii. mon Pirt m n tnvi-yt , ainfi jt voiu mpoK. El S. Pdu! dit aux 
Aa.im. 1!. S,req-jti(VACi.;,^<.ieUS.£fp'itlti aiuila /HiargarvefiitrrE', 
7"'i. f, 7. gliftdi Pita;Rtii Tite ,qu"i\ VaWiSe enCtae,poMraMir 
par lit villei dti Prilrti , {\\t'A appeJIe enfuite Eviqaei. Ea, 
ftn , noiit voyom dan$ toute b fuiie de U rradition , que lex 
Ata. «fvfi. ^*'^^!"! ° I loujoiirs etk ei.<blis p>r d'3urres Lveques. U eft 
!• ytv (|iiel'on nppL-loir^cetteiftionleclerge&lepeuple de 
rCglife Vr^cnnie , .•fin dc ne leur p^s donner un paAeur qui leuff 
Cun. Nlt. 4 Krt tnconnu < u :U'r<igre.ible. On lei icoutoit, & on fuivoit 
"■*''" d'or<lin)r re 'ciir rlKir.elioifiirtmquelqqePrdtreouquelquQ 
mal. tt'iiij" Diacreairjthcdepuislonn tempfaufervicede cetteEgliie, 
|. II ciiiii p. (funcverlu eprouvce,d'uncfcicnce8cd'vinecharit^connua 
llca. C«l^. 

t On Ib tltlllitsui dsi auirct Pc^ljtt pir U tilre de Souver*i« 
Pontift. 
jUu d(i lltiii qu*U (f«ad| aft %*\\ii-ti : fttyi'* fi.iymia Ql4 



AU DROtT ECCLfeSUSTIQUE. aoi 

Ae tout le monde ; ou quelqite illuftre ConfiilTeur , pendani p^n^i^i, 
lesperfe^ution». Aulliidi quertvequeetoitelu ,les tveqiies Cbap, K. 
rordonnoient par rimpofition des mdins , avec ta priere & ^p'J'- *-'f- 
le jetine ; ils rintronifoient dans la chaire epifcopate , & 11 ^„„fl_' ,/ , 
COmmen^oii des-lors a exeri^er fes fonOions. & tp 9t. ad 

Ccft te que temoigne S. Cyprien , quand il dlt que les 'f"'* *■_'• 
Eveques voifins salTembloient d^ns rtglile vacante , & lui (^_ ^'j ^g^ ' 
iliroieniun tvSqueen prelencedupcupie ,dont ilcioit par- 
Aitcment connu. LePapeJuIes fe plaignant de linrruftonde Erifi 1. 1, 
Gregoirea Uplace de S. Aihiinare , dit qu'on Ta ordonne •i*f .t^''- 0. 
Antiocht: pour lenvoyer a Alexandrie , diftante de irente- ^ '^g "■ '"• 
Hx iournees; qu'il y ell etranger , n'yapoint ete baptife, 
n'y efl point connu , & n'a eie demande ni par ks Preires , 
oiparlesEveques, nipar le peuple m, 

DepuisConftantin, lepeuple chretien etantaugtiente, ttt.tf.tgi 
on eui egard aux futTragesdes differens ordres dcs Nobles , «^^r- ^»** 
des Magiftrats, desMoines; mais on regardoit toujours 
principalement le jugement du Clerge. Dans les royaumes 
4]ui fe (brmereni des debris dcl'£mpire Romain, il f^llut 
auQ) avoir le confentement des Princes qui , voyant la 
grande auioriie des Evequcs furlespeuplesde leurs noti- 
vclles conquetes,eioientjaloux de nelaiflerelire queceux 
<iu'ilf croyoient kur eire fidelles. 

Ainfi , fous la premi^re race de nos Rois , & au com- 
mencement de la feconde , quoique la forme des ^leAiont 
•'obfervai loujours , les Rois en eioieni fouvent les inat- 

m Opiic dic de C Jcillen , Evjque Ot CinV.3%e, ([i.'il r.:t choiG par 
k r<.flr.>ge dc lout Iti fidellct; Ce f. i le pei.ple (l'AIexandrJe qul 
«oului avoir S. Aihanare pour Rvciue ; & ce Sjiiildit , que t'il avoit 

•ppe1*f le peuple 6l le Cttni , pour lui dDiiiier \:n ructcdeur, rui- 
«itit te> l<,i> de .'Eglire. S. Ki>n dit aum, q'.i'uii Eveque , ivintd-a. 
(re toaUiTi , doii >voir r«ppr>>b.i'tiDii dei Eccleli.lliiuei , !■ ti~ 
|Buigii»(e dei perfuiinei tliilLnguiei , R \e coiifentimenl Ju peuple, 
Li mtmt chule >-obreivoii ei, Fnnce , diut ricjlie, 1'Ariiiue IL 
rOiirni. Yvel de Cliirlrei , dim un.' de Tel leiirei , dil quM nip. 
firouveij pjt rjleQion qui ivoit ct^ fdice d'un Evfque de Pjcit , i 
nioiiii que le C.\tig,i & le peup^e n'a;eiit choifi la mime perfonne , 
& l^t le Mf OopQhcnin Sl Ifi Hveqiiei de b Province ne faient uni. 
•imemem ipprui.vee. Eiilin , Fulbeit de C.lijrtet , d t que Kitnccin 
fiil f^ic Evique de Pjrii , pjr le choix du Ckigc , !c rLl1i;i|e (.'i| 
peuple , tSt pjr li conceftion royale , avec l'-pprobalion du Sjtnt 
iUyi , Ci. pai rinipofitiigii dvi m <i''s de fArclievcque Ue Scut , qui 
#i«i( ilori 1« ULliop«atais dc Pu.i, 



«0« INSTITUTIOH 

PiRTic f (rei- Depois Louis /< Dtboanaire , ies eledtons fiircnt ptos 
Crav. X. Kbret ; enforre tpie pendani le nerivienic Cecle , ranciear:* 
fgrmaliniM dilcipUne «obrervoti eia^emenc , y ajoucaatteuJeineaEJe 
/r«M tfift. fie r>en fjire f^tns la pamdpznon ou ftat. Noits en avons 
tam. i. Camt. - 



Aalt. » t. 



cncore coures les formules. 



£iit.g*iif. Siii^r q'j'un LveqtK eioir aiort, le Clerge & le peupte 
^uit*' «nvoyoiiint des deputes au iMetropolitain , pour !'«» aver- 
^ ^ . III. ^^ i^ Mctropolitiin en donnnit avis au Koi ; & fuivaot 
fon nrdre , nommoii un des Ev^ques de la provioce pour 
^ire Vifiteur. II ect ivok a cet Lveque , & renvoyoti dans 
l'Cg]ire vacante , pour folliciier l'eledion , & y prefider , 
«ifin qu'e|]e ne fiit poiot differee , & que les CaiKMs 7 &if- 
fent gardes. Le Meiropolicain envoyoit en meme-temps au 
CIerf;e & au peuple une ampLe indrufHon , de la maniere 
dont Telc^ion fe dcvoit faire , pour etre cantmique. Le 
Vifiteur eiant arrive , il alTeinbloit le Clerge & ie peuple. 
II faifoii iire le* palTages de faint Paui & ies Canoos , qui 
narquent Ics qualites d'un Eveque , & comineni il doii 
Jtrc ^lu ; il exhonoit lous les Ordres eo particulier , ^ fui- 
vre ces r^glcs; lesPr^ires, lesautres Clercs, lesVietges, 
les Veuves, les Nobles & lesautres iaiques , c'eil'a-dire 
les citoyens. Les Moines avoient grande part i feledioa. 
On n'y appcloii pas feulementles Chanoines&Ies Clercs 
de la ville , mais aufTi tes Clercs de la campagne. On jeiJ- 
noit trois jours avani feledion , & on faifoit des pneres 
publiqiics & des aumdnes. On ctioifilTott , autant qti'il fe 
poiivoit , un Clcrc du fein de la meme Eglife. 

L'clL-flion ^tant faiic , le decreiJigne des principaux du 
ClorRc , iles Molnes , du peuple , etolt envoyi au Meiro- 
politjin : i] convoquoit tous les Evequesde la province , 
poiir ciamincr l'eleftion , k un jour certain & un certain 
licn , qul eioii d'ordinairc TEglilil vacanre. Tous les Ev£- 
qucs duvoicnt s'y irouver ; & ccux qui ^toieni malades , 
ou :ivoicni quelqiraiitre cxcufe legiiime , envoyoient un 
di' k'urs C^lcrcs , cliarge de leurs lettreg , pour approuver 
l^deflion : car tous y devoient confcntir, fuivant la r^gle 
du C'oticilc dc Nicue , & irois au moins devoieni y aflifler, 
«jn,X''>y' i' ^'^'" " ^"'" prelenti i ce ConciJe provincial , le Metro- 

N Celiil ipil jtoti 4lu Evtque , jaf^'l ce <[ii'll Qt itKsi , a'f t«i| 

■ri'<ii q>i* i'''ii J« Kii« «iitc- 



AU DROIT ECCL6SIASTTQUE. 105 



^litain rinterrogeoii fur fa naiflance , fa vle paflee , fa pro- Partis I. 
motion aitx ordres , fes emplois , pour voir s"il n'iioit point CnAf . X. 
atieint de quelque irregulariie. 11 examinoJt aufli fa doc- 
trine , kii faifoii faire fa profeflton de foi , & la recevoit 
par ecrit, S'il trouvoit l'eleflion canonique , & 1'elu capa- 
ble , il prenoii jour pour b confecration. Mais fi T^lu fe 
rrouvoit irregulier ou incapable , ou fi releftion avoit et4 
£iite par fimonie ou par brigues , le Concile la caflbit , & 
^lilbit un autre Eveque. 

La confecration fe faifoit a-peu-pr^s comme 3UJourd'hui. 
Le M^tropoiitain donnoit au nouvel Eveque unc inllruc- 
(ion par icrit , oii il lui eipliquoit en abr^gi tous fes de- 
voirs ; car il ^it regard^ comme le P^re & le Dofleur 
des EvSques qu'il ordonnoit. II devoit leur fournir de fes 
archives des exemplaires des Canons , & eux devoient 
avoir recours i lui dans toutes leurs difficultes. Si la con- 
finnation fe ^ifoit hbrs de l'Eglife vacante , le Metropoli- 
nin y envoyoit des lettres pour faire recevoir le nouvel 
Ev^que. Le Roi etoit averti de tous les afles iTnportans ds 
cette procAdure , principalement de Tileftion & dc la con- 
lirma(ioa;carilavoit toujours droit d'exclure ceux qui ne 
hii ^(Hent pas agriables. .Telles iioient les ileflions eo 
Occident au neuvieme fi^cle , Sc jufqu^a la fin du douzi^me '. 
pendam lequel loutefois les Chanoines des Cathidrales s'ef- 
for9<Ment d'attirer i eux toute Teleftion , comme il paroil Caa. tS. T. 
par le Canon du Concile de Latran , en 1 1 ; 9 , qui riprime TftomaiT oifi 
leurs enrrepriles. "^^ fj.*" ' 

Mais au commencement du treizi^me fi^cle , ces Cha- 
pitres ^toient deji en poITeflion d'elire feuls TEv^que , i 
Texclufion du refte du Clergd & du peuple a , & les Me- 
f ropolitains de conlirmer feuls Teleflion , fans appeler leurs 
Sufiragans. L'un & Taufre paroit par la manicre dont le* C. 14.^1'« 
eleflions font regl^ dans le grand Concile de Latran PJ^jP|^'J*^ 
de 1115. 

Les arret^s de ces Chapitres avoieot moinsd'autorit^, 
81 quelquefois moins de juliice que ceux d'un Concile en- 
tier ; auS les appellations 3 Rome devinrent bien plus fr^ 



a Cec or^lre devint nictHiUt pir rapport a l> multipllcaiioi 
Cittgi tc Uu pcuple , qu'll ■>'cEoit plui ponible de lallEcnbkr ti 
fiff bof bfiufouo d'cabariM 8( dc confulien. 



»04 I N S T I T U T r O W 

' quentes : & il arriva , en diverfes occafions , qiie les EvS- 

Partie L ques elus s'adreffoient direSement au Pape , pour lui de- 

mander la confirmation & la confecratlon. 1! faui donc ex' 

piiquer comment fe font les eleffions , fuivant le droit 

□ouveau & les decretales. 

On didingue trois aftions , YEUSion p , la Confirmaiim ; 

U Confecrailon, L'e]e£tion fe nomme Population ij , li cehil 

Ctp- ult- di que choififTenr les Chanoines ne peut etre fait Ev^que r , 

fcfi. jiutai fans queique difpenre : comme , s'il eft deja Eveque ; s'il 

*'"■" ' - n'eft pas In faerii , s'il n'eft pas ne en legicime mariage. 

Car, en ces cas,cen'eft pas tant une ^le^on qu*ilsfont, 

qu'une pri^re au Superieur , de leur donner pour £v€que 

ceJui qu'ils ne peuvent ilire. L'eleflion fe fait en trois ma- 

Cone. Laitr, "'cres : par Scnuin , par Compromu , par Infpiraiion. II y a 

IV cap. 14 plufieurs exemples , dans les premiers fi^cles , d'ele£tions 

tluia prnpiir fgijgg pa^ Jnfpiraiion divine ; & on y compare celles oii 

^Sian. ' ^^^"^ '^^ Eledeurs conviennent unanimement de la meme 

perfonne , fans avoir d^liber^. L'eIedion. par Compromii fe 

fait en remettant le pouvoir d'elire a quelques-uns de tout 

le corps en r.onibre impair , comme 3 , j ou 7. Ils doivent 

religieufement obferver les lermes du compromis. L'elec- 

tion par Scrutin eft la plus ordinaire : voici quelle en eft 

]a forme. 

Tous ceux qu) ont droit de donner leur voix ppur Ve~ 
Cone. Bafil. leflion , doivent etre ciies i un certain jour , afin que les 
fiff- '*• abfens puiffent s'y rendre , ou envoyer ieur procuration 
fpeeiale,&qu'aucun ne puiffeaccuferl'^leftiond'avoirit6 
C. Nt pro di- clandeftine. On doit proc^der ci Teleflion , dans trois mois 
ftcl. 41. dt apres la vacance , de peur que le Chapitre ne la falTe du- 
" ■ '-^ '*"• |-er,pourgouvernerpluslong-temps. Ondoit fiiirecepen- 
dant des pri^res publiques ; 8c le jour etani venu , les Eiec- 



p L'eIeaion elt la nommatlon d'uiie perronne capable , faite par 
Dn Cliapiiie , rujvant la ri>rme prefcrite par les ciiioni, pour lem- 
plii une iligKitJ ou autre bfnelicc que1coii(|ue. 

q La I'ojlul.ition eR une prefenr^itioH , l^iie par ceuKqui oncdrolt 
>l'^|jre , lu fupi^rieur Ecclelialtlqiie , d'uite peifonne pour remplir 
PDC digiiitt ou bjn^lice vacant.avec priereau Sup^rieur d'accorder 
nne dilpenfe au pr^fente ,paiir irre ponrvu de la dignice ou ben^- 
fice , auquel on ne pouvoit r^Iire fuivaiir 1e dreic commiin. 

r La pofliilatioii n'eft pai uiie forme <te prffeiitiiiin particulitrs 
pour |ei Cvfquet ; elU • licu poui toui let autio bcnenvei aa 
4igait£i ccGlefilftiin(f, 



e.ii. 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. Mf 

tetirs s'afleinbleni dans rEglife , affiflent a une Mefle du S. i ■'■■i 
Efprtt , oii ils communient ; puis ils pretent rerment de choi- ^RTis. L 
Cr celui quMs croiront Ic plus digne , & de ne point don- 
ner leur voix a celui qu'ils fauront avoir brigue relefliofl. 
Les fuffrai^es le donnoient autrefois de vive voix : depuis 
on a iniroduii de les donner fecreiement par bulletins ou 
billets plies/, que l'on met dans un calice , ou quelqu'au* 
tre vafe. lls font aflembl^s & compar^s , par ceux qui ont 
^ichoifis pourfcn]tateurSi& celui-Ucll declare elu, qut 
a lcc fuflrages de la plus grande &. de la plus faine panie t. 
L'eleflion etanc publiee , il n'efl pluf permis de varier. 
On drefle proccs- verbal de tout ce qui s'efl pafle en cette Cap. puhlU 
■ aOion , oii fouvent il arrive des conteftations. II y en a qui *^'°: '*• *• 
proteftem , qui s'oppofent , qui appellent : quelquefois lei 
Eledcurs fe divifent. L'elu doit donner fon confeniement 
dans unmoiSjfouspeine d'eiredechudefondroit. Etdaiis 
le* trois mois fuivans , il doit demander la contirinaiion k _ ^"^""c^ 
{oa Superieur immediat , c'ell-3-dire au Metropolitain , au dc tua. in 6. 
Primat , ou au Pape , fuivani la dignite de TEglife vacante. txcenciMiit 

Le Metropolitain fait appeler touies les panies int^ u.e.j. 
reflees; favoir,ceux qui paroiflemco-elus^ouoppofans», 
par des dtaiions exprefles ; les autres par des affiches. Let 
delais pafles , il proc^de au jugemem , foit avec les par- 
ties , foit d'office , fi perfonne ne fe prefenie pour c(Kii- 



fCettt mtniiit d« donner ]«■ fuftVagei tll beiocoup plui conveoa- 
t>l( : 1« fuflriget n'etaiit pai vraimeiit tibret , lorfqu'!)» let doniM 

Ton n^ofe pii nommer uii iiutre fuiet que celui qul i d'abocd iti 
fiapod 

I Pour que cetui qui i ixi nomni<: fait ti!pute i\a , it raui qu'it ah 
plut dela moili^ ilei voixdel CipituUiii. Auiremenc , Ti l'un Je ceux - , 
qui Iflot nommd ne reitiporte luc leiiurret, qu'en comparjnt Jei voix '^"■•"'V* 
qu'il , euei . .vec cel.e. qui oni i:i Jonni.L J'.ut,., p.niculier. , '""',''' «''"' 
fjni avoir eu pour lui feiil plu. de h moitii dci luftrjiei , il fjul * '™'. P". 
procidci J uite DouveUe «ledion. U'Hciicourt , Luii tciUfiafiii/ia, ""• 
tit. dt riltHien. 

«Quand ilarriveroitquedepuil li puWicationdu fcrulin , la phit Capit atidi* 
grandfl partie du Cbapiiie auioit conienti j rileaion de celui qui ,j,_ Exlrd d9 
l)'jvolt «n fj fiiveiir que let fullraget a'uo plui nnnd nurabre de Ci- .uaioat 
pitulani, fani avoir lei voix de plut de la moilij du Chapitre,!'^. ' 

lefilon ne feioit pli poul cela confiimje ; p<ice que ce qt.i eli nul 
dini fon piincip* , nc peut pat ilre coiifiimf pac ce qui ■ iti fiit 
<laiil U fuite. Miii & reledian eft v,ilahle en elle-mfme , St que lei 
C^tiMonoppoliiufe d^liAant, on peut p louedef i U coulidiutiuii. 



tc6 1 » S T I t U T I O <^ 

'partie I. ^^^^ » ^ f^^^ defendre Tiledioii. Cc jugemenr coif- 

Chap. X. fifte ^ examtner les qualitis de T^Iu , & la forme de Te- 

Cajf.NihiUfl ledion: & s'il y a des contradideurs* le pYoc^s peut etre 

txc^c.Liur ^^^ ^^^^ ^' P^"^ y ^^^^^ grand nombrc d'oppo(ans ; & 

IV. €. i6. ' chacun peut avancer autant de caufes de nuUiti , quUl 

peut y avoir d*irregularites & d*incapaciti$ en la perfonse 

de Telu , & de chacun des eledeurs ; & (|u'il y a de di^ 

lauts de formalit^s dans Teledion. 

Si Teledion eft declaree nuUe par la faiute des tiedeurs, 
)e Metropolitain pourvoit de plein droit a TEglife va- 
cante j & les eledeurs font ainfi punis d*avoir abuf<& de 
lenr pouvoir x S*ils n*ont poini failli , comme fi c'eft le 
Prince qui s'oppofe a la confirmation , parce que Telu lui 
eft fufped 5 on ordonne qu*ils procederont k une nott- 
velle elefiion. Si Teledion eft confirmie » il n*y a plus 
qu*a facrer Telu ; & des-lors il a tous les drotts ipifc»- 
paux y , qui ne font pas attach^ efientieUement k Tordrer 
Mais il peut arriver que Ton appelle de la fentence dif 
Metropolitain ou du Primat , foit qu'il ait caffe ou con«> 
iirme 1'eIeAion ; & alors c^eft un nouveau procis. Ces^ 
appeUations , & geniralement tomes celles qui regardeot 
les eledions des Eveques, vont au Pape fans moyen, 
Coft. ing. n. depuis qu'Alexandre IV les a mifes au nombre des cau- 
ies majeures. Par le feul detei de fix mois , le droit de 
^ourvoir lui eft devola", k caufe de la nigjigence de ceux 
qui devoient ilire & confirmer. 

De toutes ces rigles , ii arriva pendant le treiziime 

fi^Ie & le fuivant , que la provifion de la plupart des 

Eveches venoit au Pape , foit parce que Toa n*avoit pas 

ilu dans le temps , foit parce que les eledions oir 

9xtn^€€U(i» les confirmations 6toient vicieufes ; on en voit grand 

fti, tod. in 6. nombre d*exemples dans les Dicretales. D*aiIIeurs , il 



« Lorfqne la plus graade pmie dtt- Chapitre ^llt une pcrfoniie 

indigiie , cecte partie du Chapitre eft par-ia priv^e pour cette foir 

''de fon droit d*elire ; ta T^leftion faite par la moindre partie du Cha-^ 

Cap^ Congr€' pltf ^ fubfifte , quoiqtte let vois aieut ^t^ recueillies par le minie 

gatOftxtrdiU fcrutin Mais, quoiqu'un det ^lefteurs ait nomm^ une perfbnne in- 

€leciione & aigne , il n*eft point priv6 de foa droit d*<$lire , fi le fcrutin dans le» 

tUaipotefi. quelila donnd fa voix, n'eft pas fuivi d*une tieaion l^gitime* 

Cap. Perpt'^ D'H^ricourt , iif . de PHeclion, 

tw,9od, tit^ y L*Ev^que qui n*eftpas encorefacr^, peut exercer lcf droitr». 
q^m funt jurifdiQioni» y & non m fum funt ordlais* 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 107 

<^oit notoire que plufieiirs dledions fe faifoient par bri- p^i^f (£ |^ 
gue & par fimonie , fur-tout dans les pays oii les £v£- Chaf. xI 
ques etoient Seigneurs tempOrels. Souvent les Princes 
s*en rendoienc les mattres par autoriti : fouvent elle* 
etoient troublees par des feditions & des violences : elle» 
produifoient des guerres , ou au moins des procis immor** 
tels. Ces difordres donn^rent fujet z\xiL Papes» de fe re- 
ferver quelquefois la provifion des Eglifes oii le peril etoit 
le plus grand. Puis ils pafl^renc a des riferves generales i 
«ncertainscas ;comme Iorfqu*un Eveque feroit d^cedi ea 
Cour de Rome a , torfqu'il feroit Cardtnal , lorfqu^i! au- 
roit acquis un benefice incomptible. Enfin le Pape Jean lUg. 
XXII pafia jufqu^ii la riferve generale de toutes les Egli- ^^^'* *• 
fes catfaidrales, quand elles viendroient k vaquer ; ce qui 
ctoit abolir leselefiions. II eft vrai que Ton pretendoit y fup« 
flier , en ne donnant les £v6ch6s que de Tavis des Cardi-' 
naux aflemblesenconfiftoire, & apres plufieursinformations* 
On regarda ces referves generales » comme un de» 
abus qui s*^toient fortifies pendant le fchifme. Le Concile ^'Jf* "• 
de Bafle voulut le retrancher , & r^tsd^Iir les eIe£Hons : 
fon Decret fut infere dans la Pragmatique h de Bourges ; 
mais il fut odieux aux Papes , parce qu'il fut fait dans le 
temps qu'Eugene IV etoit le plus brouilli avec le Con^ 
cile. Deputs ce temps , la provifion aux Ev^ches a 6t£ 
difierente felon les pays. Dans une grande partie de VU 
tatie , le Pape les donne librement : en France , il le» 
doone fur la nomination du Roi , en vertu du concordat 
de 1 5 16 : les Rois d^Efpagne, & quelques autres Souve- 
rains , nomment par des indults paniculiers que le Pape 
accorde pour la vie de chaque Prince : en AUemagne^ 
les eledions fe font confervees par le concordat de 1 447 c* 
]q me rehferme k ce qui regarde la France. 



f On entend tci p^&r rifirvet certaines difporitions des Papes » par 
tefquelles ils fe foiit attribu^ ia nominatioii dire(^e de certairis bi" 
ii^fices ^ foic ea certatns cas , foic en certains temps , oa daos cer« 
cains pays. 

A Ce qui eft le cas du b^n^fice vaeanc in curia, 

b C*efl cellequi eft connue fous le titre de FragmatiquefanBhn , 
^Qf fu faite i Bourges en i4S^> & doat il a 6U parl^ ci-devanc , 
chap.tL 

c Ct Coocordat > qu'on appelle CQncwdat Gfrmaniquf , fiu ptflK 



Piiwrijr ^^ '* CiMicomat. le Soi ooit ^oimiier jn nodetiraM 

CMAt. X, f" LicenciA en Tlieoic^e ou i;ii Drair. ciai oic iu .iio:a> 

Iimt ^ (uns !a vin^r-^eEricme jnnei^. i nu Ji» roures !a Jimo 

"™^ qmun» rE(riii;« par 'es i.2non5. il .e ^it lomnier iaos lo- 

tix wus .!£ .1 racanu : lutreaiecr , mna rrois autra 

j^ I, »i mois. is Pr.ce ^.cuitoic y paurvoir ..lireneat. Par i'Qr- 

(ionnar.ci: .:^ 3!o:f , '.e Roi ne de^oii no<in&er .^''jiianiis 

apres la. vacanc^ . pour 7 penicrp.uS oiurcaiidm • ii ipris 

avoir Ui( '.'on .hoix; ^iVani oce i^dXDeaii^ ies iettreniB 

nr.niiiuiian , uitcrizaiion ii^voic .^rtc :':i-.ce je Ia vi^ & 

moRm W nomnie psr .'£v^3ue. ie .~a raudence cia din^ 

<lemiem •o.iees . & nr .e Ciapure dd .'E^ue va cacie ; 

de pius, litkvoit e:ree::aimaeaaruiiEveque&. ie^ixDoc^ 

tears en Toeojagie : ce qui li^-Kaioit iai-.si':ure i /Ordon- 

ArfT 14, B^. '^'^ ^ Conciie de Treme, i^ iutie an Condie oe tdi»- 

t, u queprovinceare^er !a tonne de csfte indtui^on. 

Dans ruLige, ie (loi nanmc <puni :i lui piait ; &. to 
nomme uii uire lon inionmnoa Ue vU Sl oKBura par 
rZve^e de Is ^^erni^re reiiuen.:e , cQDiEie ceiles Efue Tja 
fcir pour ia reception des Ol5c;s.'S : il y joiiir lii prorei- 
fion de iai , Ac i'intcniuEan le .'oat de ibn £^it'e. Bite, 
ou par [j meax Evet^ , ou par un autre , Sl e.iwaie le 
rouia Rcme. Le RoiyfnvoicaumrrQisii^ciresde cadier, 
une au Pipe, i~aurre a Ton .-^^iuif.id^ur . ia mnueme an 
Cardin&i protscieur i^ l^ Fr:u:c=. Ce.C.uuiiiai •ei !e propt^ 
£mc^Ti-M. j^nt, & comfneie nnpcr^eur (|ui, avec etq s mtres Car- 
^iRaus, doic eumioer iiis .iuLirnu[:or.s Si. '.a ai^BS pm- 
ima par ia nomme i Si cous <piaite aoivent iifinnec qa^ili 
le jwgent di^e. Puis le C^rdiiial propoie /Evetpie ooai- 
ne , en cor.fittoire one premiers fbis , ce (pii «'sppelle 
fre£onifjuM j ; & dans ie cocuidoiie Uuvani ^ u tuc ioa 



«ntre le P^pe XicaTaf T Sc r£Apere-jr FriJe-:c IIL II CQnfiiB* 
Piceord lui «•.( s;e !Ji: en^e ti:«:e Ii iL Hcn.i \. I: con:e:« 
•ux JLiipiK*) :'cle.3i4R ilei Eve^ct it. isa hbii ; nuii 1! i''^e 
•11 P«re Ui aacrei lk}n<Sui , i]iii iii-.iernnc dini il.t mjli :: ;'»• 
«rf* i ci pra.nUrei Jijnii?! ,l<i CMUiraLcf ipre< rEviine , !t te« 
prem.sret di^ni^i '1" Cnlle|tij:*>,en ^uell^e ce:n[). q. .: let Heib- 
ncn( i if\af. On 1 cru itevair ea injriuer ici bner^ire :: :ei dit 
y»Atton> , d'jii(jrt <]itM f a plufieuM E;t'>'ei dani lc R..>t 1 ^ ne ^) 
lc KAaiernei.i pir M C<Hi««fdal, ^eui le* btocfisei ii. ci. ; iuiLit i 
fiptl«ap)t. 
d Cm ate d« riis«w£MiM B'«a (rofceuat f4'.se lawace , 
nppori , 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQUE. ae^ 

Hppon, qui s^ifpelk propojitioa. Oa donne ce dclai , afia p^jtTti I." 
quc cous les Cardinaux puiSent s'informeT de la dignit^ ou CH&r. X^ 
indigniie du nomnii. La propofition ^tant faite , le Pape 
prend les voiz des Cardinaux , & rend fon d^cret , par 
lequel il pourvoit le nommi. Cette forme de provifion 
reprefente en quclque maniere Tcleflion , qui fc faifoit ait , 
commeacemcnt par le Metropoliiain,avecres fuffraganst 
fur le temoignage du Clerge & du peuple ,- auHi donne- 
t-eile le m^me droit que la coafirmation. Sur ce decret 
du confiftoire s'expedient les Bulles. Quand TEv^que etit 
* les a re^ies , il doit preter ferment de fidelit^ t au Roi , 
& en prendre leitres du grand fceau , qu'il fait enregiHrer 
ft la Qiambre des Comptes , avecla lettre du don des fruits 
ichias peodant la vacance. Par ce moyen, il obtient main- 
levie de la R^Ie/, & peut entrer eo poileffioa. Enfin il 
doit fe faire lacrer dans les trois mois. 



^K dtai le proehiin conRnoire le CtrJinit proporera i fi SilnletA 
rEglire qui tll vicante , i laquelle le Roi « oomm^ an tel , qu'il di- 
6it (trc fiifoti pour Evtnue E( PiHeur de cette E|1ifc. Etilin il eft 
dit daai cet aSe , que le> qualicft & autrei chofei requifei feront 
npliqufel plul implemeat danile con&Hoire. Vajcj te tr, dt Vufagt 
tffraiifiu dt Ceur 'de Romt , de Ciltel, tom. U , pag. ilj, ■vc* 
lci rcaurfuti de Noyer. 

4 Ct CtTMot tire foD oti^ine de celui quc noi Rmi ost droit d'eiigtc 
datouilennfuien. On l'(iigcoit auttcfoii aucaminenceintmde cXa- 
(jue regne ; niii li confiance quc noi Roii ont en leuti peuplei, fiic 
qu'il« n'ont eonfer*^ ccl ufige qii't l'4gtid dei nouTcaui EvJquei, k 
oufe qu'ili acquitrent une Jutidiftion fpiiituelle , dont il lerDit k 
ctaiadre qutU n^ibufaiTcnc , pour fe foullrjiie i rob^iirinct qu'ilf 
tfoi*ent au Roi. Pirccfeimcnt, tenauvelETiqueiurelcnomde Dieu, 
9e proinet * St Majcfl < qu'il lui fcn , iint qu'il Tirrt , lidellc fujet Ec 
leiTiieuT^.qu^ilprocurtrafon ferTlce & lc bicn de I'iitiide cout fon 






u'ilncfcIrouTeraentucun canr<il 



■u prf judice d'iceui ; St que t'il co TteDlqucIque tiiorc i ft connoif- 
ftnce , il 1c ftri ftroir k S* MiieHi. 

f £n Tertu de ceitc main hiie , il iouii dei fruiti ^chui dcpuii f* 
pfifedepofTclfioa, maii il n'a aucun droit i ceuiquifont^ehuiimi- 
_.. Bt, 1 moint qucle Roineluieotitfiitdoii, 



>©« 



tNSTITUTIO» 



=» 



CHAPITRE XI. 

Dt la Confieration g Je l'Evii}ue. 

LEs cer^monies de la conl^cration font bien entendre 
quelles doivent eire les qualites d'un Eveque , & 
reniificaU, quelles font fes fondions. La confecration fe doit faire 

dt coafte, yi, Dimanche , en l'Eglife propre de l'elu , ou du moins 
dans la province , autani qu'il fe peut commodement. Le 
conf^rateur doit etre allifle au moins de deus autres 
EvSques. 11 doit jeuner la veille , & Telu k aufli. Le con- 
fecrateur etant aflis devant Tautel , le p!us ancien des Evi- 
ques allidans lui prefente S'elu , difant : VEgtift cathoHque 
drmandc qut vous eltvit^ ce Pretrt a la charge de Vepifcopat, 
Le conf^crateur ne demande point s'il e(l digne , comme 
on faifoit du temps des eleftions ; mais feulemeni s'il y a 
un mandat apollolique , c'eil-a-dire la Bulle principale , 
qui ripond du merite de relu : & il la fait lire. Enfuiic relu 
prete ferment de fidelite au faint Si^ge , fuivani une for- 
muledont ilfe trouveunexempledesle temps deGregoire 
Cone. Reui, VII. On y a depuis ajoui^ plufieurs claufes , eiUr'autres 

*"• »«T9' ceiig d'aller i Rome rendre compte de fa conduiie tous les 
quaire ans , ou A'y envoyer un depuie ; ce qui ne s'ob- 
ferve point en France. 

Alorsle con(ecrateur commence i examiner relufurJa 
{oi&fur fes moeurs, c'eft-i-dire fur fesintentions pour 
I'avenir : car on fuppofe que Ton eft alTure du paSe. II lui 
demande donc , s'il veui foumettre fa raifon au fens de 
l^Ecriture fainie ; s'il veut enfeigner k fon peuple par fes 



SLi conf^critionde rEviijueefl une c^r^manic Eccl^rialtique dont 
jec efl de dddier i Dieu d'une maniere toute patliculi^re , celiii qiii 
■ iti Domml , fc de lui donner le caiafliie S( l'Otdie iitach^ i TEpif- 
COpat. Cefl ptoptement la r^ceplion de TEveijUe dans fon Eglife. On 
l'(ppellc/icr( ou con/ccrjr'eii, patce que l'Evique devient petfonna 
U.att pi[ ronaiOn qui efl faite fur lui ivec le faint Cliieme. 

k Ceci i'ippliqueeEaIeminiJcfluiqui(!lnommipj[leRoi6t i celui 
qui 1 ttt i\a. Maii le lerme iUtu it telle Eglife , pir eiemple , tUclut 
Fatifitnfia, cll le titte faui lequcl on d^ilgne le noiivel Evjque . 
}ufc|u'i (i conficrstion. Cc qui, dini certainet occ^Iions , a induic 
«nerreutquelqueiperfonnei, quiontcruquecei jlut ^ioient det Oa* 
peutlti Aydei & TiilK*. 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. aii 

|iaroIes & par fon exempk , ce qu'il entend des Ecritures T^T^ITT' 

divines ;s'il veutobferver & enleigner les Traditions des chaf, Xlt 

Peres , & les Decreis du faint Siige i s'ii veut obelr au 

Pape fuivani les canons; s'il veut eloigner fes moeurs de 

toui mal , &, avec Taide de Dieu , les changer en tout 

Uen ; pratiquer & enfcigner la chanete , la fobri^ie , Thu- 

inilite, la paiience , etre p'ioyable & af!able aux pau- 

vres , eire d^voue au fervice de Dicu, & eloigne de toute 

afiaire tempcrelle, & de tout gain fordide. 11 1'inierroge 

cnfuiie fur la foi de I3 Triniie , de rincarnaiion , du 

Saint-Efprii, de Ttglife : en un mot , fur tout le contenu 

du Symbole, marquani les principales herefies , par les 

tennes les plus precis cjue TEglife a employes pour les 

condamaer. 

L'examen fini , le confecrateur commence la Mefl*e. 
Apres rEpiire & le Graduel , il revient a fon Si^ge , & 
Telu ^iani affis devanilui, il rinfiruii de fes obligations, 
cndilant: £/n tve^ut doii jugtr , imtrpriitr y confjcrtr , or- 
Janaer, offrir, tjpiijer ^ £• conjfnnrr.Pkjis lelu etani proAer» 
ni,&lesEveques^ genoux.on diilesIiianies;&leconfi- 
crateur prend le livre des hvangiles , qu'il met tout ouvert 
fur le cou & lur les epaules de Telu. Cetie cereraonie etoit 
plus facile , du icmps que les livres eioieni dcs rouleaux i ; 
car TEvangilc ainfi eter.du, pendoit des deux coies comme 
une etole. Le confairam m^t cnfuite les deux mains fur Iz 
teie de Telu avec les Eveques alKllans , en difant : Receve:^ U 
Sainitjprii. Cene iinpoHtion dcs mains cH marquee dans 
rtcriiure , comine la cerenionie la plus eflentielie a Tordi- ^" ""' "' 
naiion : & rimpoliiion du livre ell audi ires-ancienne, pour Confi. apafl, 
marquer fenftblement robligaiion de porier le joug du ''^•^■'•4* 
Scigneur, & de preclier rt.vangile. 

Le confecrateur dit une Prelace , oii il prie Dieu de 
donner a Telu louies les verius , dont les ornemens du 
Grand Preire de randenne Loi etoieni les fymboles myf- 
tirieux; & landisqtie Ton cbanie rnymne du S. Efprit, il 
lui faii Tonilion de la teie avec le faini chrcme : puis il 
acb^ve la pri^re quila commenc6e, demandant pour lul* 



i Ci nc fut qutdini lc qintiiri'(:me liccle quc Ton cominei 
Ui liTti cn focm* dt (ah.ci i. tMihUlon . 4t rt iifl^ma,. lii 

Oij 



INSTITUTION 



'pARTii I '''''>on<'3''Ce de la gr^cc & de la vertu , qiii eft marqu^ pa» 
piLU.XL cene onAion. On chame le Pleaume i}a , qui parle de 
l'ondion d'Aaron , & le confecrateur oint les mains de 
rdu avec le faint chreme. tnfuite il benii le baton paflo- 
nlt qull luidonne, pour marque de rajuridiftion, Taver- 
tiflant de juger Tam colere , & de meler la douceur a la fe- 
virite. II benit Tanneau , & 1e lui met au doigt en ligne de 
ia foi , reihortant de gaTderrEgUrefans tache.commere- 
poufe de Dieu. EnJln il lui 6te le livre des Evanglles de 
deffuslesepaules, (]u'U lui met entre lesmains, difant:P/r- 
nt^ rEvangiU , 6> aiU^ pric/ur au peupit ^ui vous eflcomms ; 
ear DUutfiaJft^paiJfanlpourvous augmtmtr ft gract. 
Canfl. apvfl. ^ ^^ continue la Mefle. On lit TEvangile ; & autrefois 
\ib. 8. e. 5, le nouvel Eveque prSchoit, pour commencer d'eairer en 
fonflion. A Toffrande il offre du pain & du vin , fuivant 
Tancien ufage , puis il fe joint au confecrateur & ach^ve 
avec lui la Melle , oii it communie fous les deux efp^ces , 
& debout. La Mefle achevee,leconfecr3teurbenit lamitre 
& les gants , marquant leurs fignifications myflerieufes ; 
puis il intronife k le confacre dans fon iiege. Enfuiie on 
chante le Ti Deum , & cependant les Ev^ques afliftans pro- 
minent le confacr^ par toute Teglife , pour le montrer au 
peuple. Enfin , il donne la benedi^on folennelle. 
Seratln. ft- Du temps des eleOions , on faifoit encore I3 veille de 
rtt. in fine la confecration quelques c^rimonies confiderables. Le fe- 
pBni. Roni, lugjjj gjj j-QJj. ^ ]g Metropolitain , aflift^ de fes ful&agans i 
inm aflis dans le parvis /de rEglife, rArchlpretre , ou 
l'Archidiacre de rEglife vacante , fe pr^fentoit k genoux ; 
& le Pr^lat, apr^ lui avoir donne fa benediAion, difoit : 
Monfiii, qut demandei^-voui} L'Archidiacre r^pondoic: Qjie 
Dieu noui accorde un pafleur. Efi-ildevotreigiifet difoit le Pri"' 
lat : & enfuite , Qui voas a plu tn lui ? L'Archidiacre repon^ 
doit } La modtflie , ["kumiliti , la patience 6- les autrts virtusi 
Le Prelat faifoit lire eafuite le Decret de Teledion , qui 




AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. V15 

rendoit lemoignsge Hu meritede Telu. Les Chanoinesqut ^777!^^ 
3CCompagnoiL'nt lArchidiacre , certifioient qu'i's avoicnt CnAf.XU 
foufcrii ce Decret , & le Meiropolitain leur difoit ; Preni^ 
gjrjt quil nt VQUS att fjii qiKlqut promrffi ; cir ctlit tfl/iiuO' 
lujijut ,6' conirclti Cdnons, Puis il ordonnoit qu'on ramenit. 

Alorsrclu, encore a jeun , cioit amen^ enj^rocelTioa 
entre l'Archidiacre & TArchipretre. Le Pretat lui deman- 
doit quel rang il tenoit dans TEglife i combicn il y avoit 
qu'il etoit Preire i s'd avoii ete marie } s'il avolt donne or- 
dre a ramaiCon } Apresqu^ilavoitfatisfaiiatoutescesquef- 
Itons , le Metropolitain lui demandoit encore : Quels livret 
lii-cn daiu vocrt Egiifc i il repondoit r Lc Ptntaituque , Itt 
Piophites,rEvjngile,les Epiirts de S. PmI , F Apoealypfe , 
& Its auirts. Save^vous les Canons ? il repondoit : Appitae^ 
/ri-nwi. L'Archeveque rinflruiioit fommairement , lui pro- 
mettant une plus ample inflruSion par ecrit. Reguliere* 
tneni, ]'eludevoiidemeurerajeunjufqu'aulendemain3pres 
la confecfation. 

Le lendemain , T^lu itoit pr^fent^ par Tancien Ev4que 
3iriDant,qui rendoil lemoignage qu'i] etoitdigne. Un (ai< 
foit rexamen , & tout le refte , comme il a cit icHl : hor- 
itiis que IVIu preioii ferment de fidelite & d^obeilTance au 
Mctropolitain , & qu'a ]a fin le Metropoliiain lui donnoit 
un Wii ou inftriiflion par ccrit , qui merite d"etre remar- 
quee. En voici les principaux points. 

Sjchti,moncherfrire,<juevousveneid'etriekarge^ungraad 
poids & dun grand Iravail ; du gouverntment dts ames : de vout 
affujtiiir aux htfointde plufturs, 6- d^iirt ie ftnul.ur dt loui : 
& qut vous rtndrt[ comptt , au jour du jugtment , du lultni qui 
vous rfi e, afe. Ayt^ grand fain dc gardtr la pumi de la foi, 
Otjcrve^ exaRtmcnt les regltsdt rEglife dans Its ordinaiions ^ 
foit pour les lemps , foil pour la qujliii dt^ ptrfoanes : iviie^ 
fuT loul Pavarice & iafimonie. GarJe^ ia ckafltti ; qut it, fem- 
tnis nenirenipoint ckti vous ; &fi vous iiet obligi d'eni'tr eke^ 
lcs rriigieafes , que cc foil en compagnie de geni hors dt lout 
foupqon. Eviit[ de donntefcaadale. AppViquc^ vous a la predica' 
tian ; preche^ la paroie dt Ditu a voire peuple abondammtnt, 
agreaiilemenl , dijlinHemenl 6 fans ccffe. Lift^ coniinuellemtnt 
r Ecriiure fainle , & qut Coraifon initrrompt ia letlurr. Dcmeu- 
re\ftrmt dant ia traditioa de ct que vous avt^ appiii : quc id 
fmuti d* votrt vu fouMiwt vot inJlruSioiu , 6> qu'eile fervt Jt 
O iij 



pag, 4J0. 



5i4 INSTITUTION 

• rigU & Je modilc a vos ouaiUcs, Ayc^ grandfoin dc votre trou^, 

Partie I. pcau, Corrigc^ avcc douccur & avcc dijcretion ; en fortc quc le 

Cha^ . XI* ^IU & la bontc s^aident Pun ^autrc , & que vous ivitie^ cgaU» 

mcnt la rigucur exceffivc d* ia moUeffc. Ne confidcrc:^ pcrformc dans 

vos jugcmens. Employc^ Usbiens de PEglifc avcc fidclite & dif-^ 

cretion , fachant quc c\fl U bien d^autrui quc vous gouvemc^m 

Excrcc^ Vhofpitalitc & la charite cnvers Us pauvres ; fouUigc^ 

Us veuvcs^ Us orphclins , & toutcs Us perfonnes opprirrUcs ; ne 

vous laiffe^pointeUvcr par la profpcrite y ni abattrcpar T advcrfitem 

Voila un abrege de cette formule que PEglife conferve 

dans fes Livres les plus faints , pour rinfirudion de tous 

les Eveques. On en trouve une femblable donnee a Yves 

2i^*,«^"^' de ChartreSjpar le pape UrbainlI,lorfqu'iIlefacraEve<iue 

en 1091. 

CHAPITRE XII. 

Dcs fonSlions intcricures de rEvcquc. 

LEs fonflions de rEvequem renferment tout rexer«2 
cice de la Religion Chretienne , dont il n*y a aucune 
partie qui ne d6pende de lui. C*eft a lui a faire des Chre-. 
tiens , par la pr^dication & par le baptime ; a leur appren- 

m Lepremter dcvoir (ie I'£v2que eft la r^iidence dans ronDiocife. 
Le Concilc de Trente , feff, 23 , eap, 1, de Rtf. ne permet aux EvSqucs 
de s'abfenter que pourPune deces quatre caufcs , Chriftiana charitas^ 
urgens necejjitas , dAita obedientia^ evidens ecclefia. vel reipuhlicdt uti- 
litas, II veut que la cauCe foit approuv^e par ^crit , ou certifi^e par !• 
Pape, oupar le M^tropolitain , ou enfonabfence par le plus ancien 
Ev^que de la Province. 11 leur enjoint particuliirement de fe trouver 
en leurs Eglifes au temps de TAvent & du Car^me , aux f^tes de Noel , 
de Paque, de la Pentecote & de la F£te-Dieu , i peine d^^tre priv^s 
des fruits de leur B^n^fice , au prorata du temps qu'ils feront abfens. 

Ce ro^me Concile » feff. 6^ veut que s'ils s^abfentent» fans raifon, 
fix mois de fuite , ils fotent priv^s de la quatrieme partie de leurs reve- 
nus ; & que s'ils periiftent 4 ne point r^fider , le M^tropolitain , pac 
rapport aux fuffragans , & le plus ancien fuflfragant par rapport au 
M^tropolitatn » en avertifle lc rape , qui pourra de plein drott pourvoic 
aux £vf ch^s. 

Le Concile de Rouen , cn 15S1 , ordonne aux Chapttres des Cath^- 
drales d*obferver Ic tempt que les Ev^ques s'abfentent de leur Diocife, 
6c d'en ^crirt au M^tropolitain ; & au cas que le fiege de la M^tropole 
foit vacant, au plus ancicn Ev^que de la Province ou au Concile 
Provincial. 

Le Concile de Bordcauxy cn \$%i , adopte le riglement de la fefliMi 
»1 du Concile de Trentet 



( 
/ 






AU DROIT ECCtfiSTASTIQUE. »i< 

in i prier ; i les nourrir de \a parole de Dieu & des Sa^ Part» t* 
cremens ; a faire dcs Pretm & des EvSques qui puiflent CaAF.Xjit' 
exercer les m^mes fonftions que lui , & perpituer la Reli- 
gion jufqu'^ la fin des fiodes. 

La premi&re fonSion de TEveque eft donc /.* priJication: jjjg ^^- 
elle a prec^d^ meme la converfion despeuples. Car com> R0in.x.i4, 
ment auroient-ils cru en celui doni ils n'auroient point oui 
parler ^ Or , 1e nomdc prtiiieaiioa comprend toute fone d'iilf- 
trudion & d'exhort3tion , qui regarde la foi & les mceurs, 
& panicuUerement le cat^chifme , foit pour ceux que Voa 
bapiife en Ige de raifon , foii pour les enfans baptifes. Datis 
les premiers fi^cles , TEveque pr^ctioit tous les Dimaa- 
dies , ou plus fouvent , fi Ton cil^broit plus fouveni le« 
laints myft^es , car il n'y avoit point de MefTe fans pr^di- 
cation, non plus que fans Jedure de TLvangile. L't.glife 
^oituoe icole n , & TEveque un Dofieur , comme il eft 
fouvent nomme dans les anciens Auieurs ecclefialliquet. 
CVtoit lui qui inftruiroit fes PrStres & tout fon Clerge : qui 
leur d^couvroit les myft^res caches de rEcriture;qui leur 
apprenoit les Canons & ia tradition des fonAions ecclefiaf- 
tiques , 8i qui refolvoit leurs difficultes. 

II n'inftruifoii pas feulement en public , mais encore en 
pardculier & dans les maifons , comme S. Paul le montre 
par foo eiemple , & par les differentes inftrudions qu'il ^'7 ""' **" 
donneiTite&3 Timothee, pour loutes fortes de pcr- 
fonnet , felon les ^ges , les fexes , les conditions. On peut 



■ Jurqa*au oniltmc {liclt, lci Jcolct jtoitni ttnhrmtn dini lci 
Citfaedido & dini 1» MonaniTCi. Lrt Clcio fii I» RcliBicui ^Unt 
■lon lei fculi qui cuITcnt b connoiJince itt lcltrci , Chailmugne or- 
donni que Tan ouTiit dct ^colci , grindei fii peiites , dani 1« Calh^- 
dimlei , & dini 1» richei ibbiyci. Dini les C>th jdiilci , fEvtquc n* 
pouTini fuffire 1 tout ; i1 y ivoitdei ChinoiDCi chirg^t d^cnfeignci dini 
Mi grindei Ccolci 1i ihiologie , & dini lei petitei Ui huminit^i. Lei 
piincipttei tcolei tioient dini Iti M^liopolei. On Toit cncore 1 Parii 
6c dani U plupait dct Cath^dialci un Chincclier qui donne la bjn^dic- 
tiondelicenceeclcbonncide Dofleuriun th^ologal Dui i ^t< inflitui 
pourcnfcigncr la ih^ologie St pour pitcbec : un grand chintie , ico- 
Uire , ou fcolaHiquc, qui i unc |uridiAion S( infpcflion fui lci peti- 
1(1 jcolei. Enrin,rumverfii«de Paiii , dc laqucllc touict lu lutiM 
font foilici , tiic fon otlgine dci «colei eii^rieuret de ['Egtife dc Paiit , 
4iil.;ict pour la Philofaphie , la Rhdtoriquc & lei Huminilii dont les 
•naiii» fe Hpindirenl en diif^icni quirticri aui environi de li Ca- 
thifilrale, & leformttcnl cnluilc cn coipt octi li fin dn douiiime fii- 
ck. t^cjii 1* Cendi», M«ii" iii Framai. , Di/cot,rifur l'Hifi«in 
Ectlifi^fi. deM.fbuij.Saanl, taiiq. Jomtl, pf. 17. 

O ir 



±i6 I N S T I T U T I O N 



Partie I. ^"^ cofflpter pour predicarions , les inllru^ons que lei 
ICUAF. XU. Eveques donnoient par leurs lettres & par leurs autre» 
Ecrits, lorfqu^its ^coicnt confulies , ou obligesdes^oppofer 
i quelque nouvelle herefie. De tant de Peres qui ont ecrit 
pendani les huit premiers Cecles , U n'y ea a gu^re qui ne 
fiiilent Eveques. 

Les defordres du Gxl^me fi^cle & des fuivans p , firent 

que les Eveques manqu^rent fouveut i precher , par les in- 

curfions des ennemis qui ne les laifToient pas en repos; pir 

la muhiiude d'autres occupations que leur fournilToieat 

leurs Dioc^fes trop etendus , principalement en Allema- 

gne , & dans le Te&e du Nord ; enfin , par les afiaires tem- 

porelles dont iis fe trouv&rent charges , foit a caufe de 

|eursfeigneuriec,{bit icaufede Tignorance des laiques. 11 

feirouvaniemealors,il fautTavouer, des£vequespeuz£- 

/"ii la-^^' ^ P^" capabies d'inftruire leurs peuples. Par toutes 

ter,atfa,dt ces raifons , le grand Concile de Latran. p ordoona it tous 

0ff. jud. ord. les Evequesd'etablir des perfonnes capables pour precher i 

leur place f , quand ils ne le pourroient faire eux-memes , 

& de leur fournir la fubfiAance n^flaire. Les Fr^res Pre- 

cheurs r & les autres Religieux Mendians qui commence- 

rent a paroitre vers le m6me temps , produifirent un grand 

nombre de predicateurs de profeflion , qui fans s'atiacber 

i aucuneEglife, prechoient indifleremment par-tout oii ils 

^toient envoyes , etant plus favans & plus exerces que tes 

_ _ _ - Pafteurs , qui s'accoucumerent ainfi a garder le fdence. Le 

»,%. ' Concile de Trente a renouvele les anciens canons fiirce 

Stff. i4i point , & a recommand^ aux Eveques de precher eux-m^ 

**/• *• 4- mes la parole de Dieu , fur le fondement que e'eft une de 

leurs principales obligations. 



a. C«i d^fQrdres eomniencirent mfmc dii ti fin duquitricDie Gccl« 
fout rempir« d'Arcadiuj Sc d'Hononui. 11 arrira aloii une jituptioa 
tcicibU its Vandalci , dct Aliint , dcs Siions , dct Fianci , St auuet 

Kiplci (oitis du Noid , qui fe itpindirent djtns loutes les Gaules. 
puiiJe cominenceincnt du cinquitmc fiicle , )ur(|u'iu tcmpi do Chu- 
lamagne , les fcienccs ne (iient que djclinei eo Fiaoce. 

/.C'cft celuiquifuilenuea iiif. 

f Cette dirpoGtion conceine les th jologaux , donl la pTcmi^ie inf- 
titulion cll ccpendant bcaucoup plut ancicnne. On en paileia plus bas. 

r lls ronl cpnnut fous le nom de Daminicaini. A Paris on les nomnia 
Tulgiiremenl JttoHiti , i vii Jtcohta ; la rue S. /icquei , au haut d« 
liituette iJt ont un* nufoii > qui cfi U pitntitt ^u'ili aiciit eue iutt, 
«tiH villt> 



AU DROIT ECCLfeSUSTIQUE. ^17 

Unc autre fon£Uon effentiellea repiTcoitat, eft lapriirt. pAKTitl. 
les Apotresen iiillituant les diACtes,(e referverenr rorai- Cbaf. Xll. 
fon &le mimftere de la parole; & 1a premiere chofe que i.Tiwi Ai^ 
S. Paul rccommande a Timoihee , vii de Taire faire des pn^. 
res de plufit^urs foncs, pour toutes fones de perfonneB. 
L'Eveque doit donc etre homme d'oraifon en fon particu- 
lier, Qc prier beaucoup pour fon troupeau ; roais il doit 
aufli leur enfeigner a prier Jk conduire loutes les prieres 
publiques de rEglife. Ainfi il doit alTifter a lous lcs ofEces 
du jour & dela nuit,auiantquefesitutresfon£iionsle per- 
inetient ; il doit regler tout ce qui regarde le fcrvi^e divin 
dans tout fon diocele , & reformer , quand il ell bulbin , les 
livres qui y fervenc ; ordonner des prieres extraordinaire$ 
aux occafions; prefcrire aux fidelles ]a forme de prier dans 
leurs familles, & retrancher les abus & les fuperllttions. 

La plus «cellente prierc eil celle du faini facrifice , & 
c*efl a TEv^que qu'il appartient dc roffrir. Du commcnce- 
ment, les Pretresne celebroient que quand il eioit malade 
ou abreni. On eut trouv6 aulTi ^craiige qi]'un Eveque elit 
nanque un Dimanche a ptefider a rafl^emblee des fidelles, 
i y precher & facrifier, que Ton trouveroit mauvais qu'un 
Juge ne tint pas l'audience en un jour de plaidoirie. Saint ^"'- ^P^i 
Gr^oire , pour montrcr combien fes gouttes le tourmen- 
toient,fe plaintqu'apeinepouvoit-il etre debout lcs Fetes 
pendam trois heures pour celebrer U MctTe. Cependant il 
^toit charg^ du foin de toutes les Eglifes, & accable de 
inille ailaires. 

L'Eveque doil aJminiJlrer loui Ui facrcmmi f. II n'y avoit 
que lui qui donnoit le Bapteme folennel , du temps qu'il ne 
fe donnoii qu'a Pique & a la Pentecoie ; les Pretres ne Tad- 
niiniflroient qu'i ceux qui fe trouvoient en pcril. Ainfi TE- 
veque ^toitveriiablemeni le p^re de tous les fidelles qu'il 
gouvernoii, puilqu'il leur avoit donnela nailliince fpiri- 
tuelle. II n'y avoit que Ttv^que qui donn^t la penitence & Thomaff, 
rabfolucion. La couiumc a dure )ufqu'au ireizieme fiecle > ^'fcipt- 4* 
& en ptufteurs Lglifes iufqu'au quinzieme , que les PreireS ^'"h '' 
fe confeffoient a i'Eveque; encore aujourd'hui pIuQeurs cas 



f On en'tnd ici , <]u*it p*ut les idminiDrer tout ctint fon diocefe t 
" in pit i]u'U roiiablj|[t dc 1* iM* (euI,pDu(iouile*ficicffltai 





$lf IKSTlTrTlOK 

Im tom «ttmr€s.C€£ ini ^ mmok k 

€ j<iiM:s. i. el: vfai: tpae ks EvcQufis sen ckcszr^axt 
ii«f «cufs FcfmeouerSyOU tur dsoKres Piqirs ^lis 
«rtierit. 

Mosi! y a dqg {x Littu^m 6oaz rEvcqat ksdl c&klC- 

fuftf e Of dtoiitf e ; ia C o ofa a a a tion des Qu:m ens ilsia 

it:s,& fOftttfiatioo «ksPfetres 6c desMiiii6res.L ya 

<k:s cofifecfattocis & des beoedidioiB aru.-iffc . s a rordEe 

F' tM^k. cpifcopal ; ta% oir ^ la beoedt&oo des Ahbes & dcs 

^f ^^^ k fciCfedesRois&desReixics,labciitrdiaioDdes 

liers^ la dedicace des e^Iifia, ia coo&cratiDo desaxnds, 
loit fixes , fott |>ortatt& ; ia cotiiecratioD ^ caiice & de la 
patene , U beotKiidiofi des iaimes fauiks. Piiiiieitrsaiitres iie- 
fiedi^iunsepircopaies peuvem etre cominifes adesPieuQb» 
comnM; ia U;oetiidiof3 des corporatn & des isqies d^amel^ 
den oroemeits &cerdotaux, ties croix, des images, des do- 
chi:$9 des chaptflies, des cimetiefes; b r^.-condliaxion des 
^gtt(es proGifAee^, Oo peut appeier tottt ce qmaetedkriof; 
^u'ici , UsfohSiotis inuriturcs de 2*£veque. 



C H APITR E XIIL 

Dts fonSions txuriasrts dt Ttyiqui. 

LWsfQnSions txurUurts de TEveque fom lajmriJl&m^h 
join d€s ptrfgnius cotxticrce^ ^ Dieu ou recommandai 
bUc^ pdr ieur mtfere # & ceiui du (tm/>ortl dt VE^llfc. 

f /itv^que eil lc fetJ Ju^t ordioair e & narurei de tom c» 
i)ui r<^t6itt la Religion u. C*efi a lui a decider les queffioos 
de foi ou dc moralc» en interpretant l*Ecriture(aime» & 



I 1^1 t^vlquti «l^fcndoicnt aux p^oitens publics de manger 6e li 
ch^ir , <1t i^urttr du liitj^t ; 4t monttr 4 cheval , de porter les armes ; ils 
4(vitiit «ybli|f,4i ^t ^4rd9r id contioence, dt jeuner , &c. Ces p^&i* 
Itiuvi liubliuujci ii'ont i^m^ii ^t^ abotiei ; mais elles fonr tomb^es ca 
il^lu^iuHt, & pirtuM'i«;rtmfnt vers lafin <iu oniieme (iecie , a Tocc»- 
liunH* l'»iMiut|(tiict pl^iiicft qut l'onaccor<ia a ceux qui fe croiferoienc. 

M f ,'t«i 4uit i'tMitndrt (tultmtAt 69 cc qui touche ia foi ; car le fon- 
VtMiii ^i«Mi It prt>lt<ltur dt l'K);1i(t • peut faire des iois pour la manu- 
ItiiD.ni d* li Ktli|iion , U 9n CQnfitr rcx^cution i fes Oificiers : t^ 
fwvin hombrt d'Or«iann«ACffi » Lditi 6c D^lArations (^ui concerofnt 
It Kffli|iyf» 6( tffi Muiaif. 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 119 ^^ 

npportmt ftdellement la Tradition dei P^res. De-I^ vietit paktie L 
qu'il a droit d'examiner tom les livres qiii fe publient dans Cuai*. Xflf* 
fon dioccfe, & que Ton ne doit rien itnprimer qui regarde '""'■ ^"^ 
IaReIigion,fansronapprobation;ce qui toutefoisnes'ob-^'-"'* 
ferve pas en France. 11 doit regler la police ecclefialliquc x ; 
tc pourcet cfTet faire tousIesStatuis, Mandemens.&auires 
Ordoanances qu'il juge neceflaires, pourvuqu'elles foient 
conformes a la difcipline gen^rale de rEglife, & aux Lois 
de l'£tar. 

Cefl^IuiauOiadifpenfer desCanons,danslescasoules 
Canons meme Ic permettent, comme pour les publications 
des mariages, & les interflices des ordinations , & dans tous 
lesautrescasouruiiliteevidentede TEglife ledemande.ex- 
cepie ceux qu'une ancienne coutume a refervesau (aini Sie-' 
ge. CeA i TEveque i etablir des perfonnes publiques pour 
Je Ibulager dans le fervice de TEglife ; ce qu'il fdii par les 
ordinations, par les diverfes forces d'o(Hces & de commif' 
fioos qu'il dillri bue , & par la collation des benifices ; car il 
eft lecollateur ordinaire de tous ceui de fondioc^fey. 

L'lLv£que a droit aufli de juger les crimes eccleftafti- 
<]ues, & de punirles coupables. Premi^rement.il juge au 
tribuoal de la penitence les peches meme les plus fecretsde 
ceux qui s'accufent volontairement. II juge les pecheurs pu- 
blict, m^e malgreeux, & peut les retrancher de rEglife 
s'ils ne fe foumeiteni a lap^nitence^. A Tegard desClercs, 



•cut int JrclTtr lc bicn dc Vitit. Un en tr'(i'uvc dcl cxcinpki dei 1« tcmpl 

GontTin . Roi i'Oi]iint S( dc Bourgogne, pout ti Conlirnulioii du 
fctond Concile ie Micon , tn fSj. 

11 y ■ lulTi dini lci cipituliirc 1 , tint de Ii prcmiire quc dc I* Cccoa- 
dc Ticc , di*cri t^glemeni pour U policc eit^rieurc de {'Eelifc. Phi- 
lippe Augulte, (lintLouii, ?hiUppe-le-Bel , ['hitippc deViloii,& 
■utrci qui leur ont {utciii , ont fiit plurieuti reglemeni (enbliblet. 
n y 1 cntrc lutrci U Ptieniitiaue-rinAion dc fiint Louii , celle da 
Cfiirlei VII , l-OrdonninccdeHtoii en 1,-jg , Vi6it de Melun, de 
Henriillen tjSo, IVdit de i6u; , corcernint li iuridiAion eccl«riif- 
ti^ue , & autrei iMemeni femblablei. Cei riglemcnt doivcni pr^va- 
loir fur ccui dcl'ETJque , CD lout cc quine touchc potat li foi. 

j II faiit n^cnmoiniexcepter ccux doni la pieinccolIitionappirticDt 
i quelque lulrc collileui. 

l yojti ce qui cft dii ci-dcnnt dani une dei Dotc* d« ce m£iDC cb(- 
finc fiu U GcuiiiM d«i pteitcMu pabliquti. 



ti6 INSTITUTION 

Partii I, il a 'iir eut toute forte de correflion a , & peut les punirj 
fSm, XUl. ir.dinepour des fautes plus legires ; car ils lui doivenr une 
ob^ifTance enti^re, & roni oblige'' a une vle pius raince 
qtic les laiques. Entin , TEveque a droit de terminer les dif- 
ftrents.non-feulementemrelesClercs.mais entreles lai-i 
ques £. Mais la juridiftion eccleHafllque fera expliquee d^ns 
la traifteme pariie dc ce Traiti. 

Lesperfonnes dont l'Eveque doir avoir un Cotn parriculier; 
font celles qui font confacreesa Dieu, par la profelTion 
d'une vie phis parfaite , comme les Vierges & les Veuves , 
aqui ontfuccede !es Re1igieures,lesMoines &touslesau- 
tres Religicuxicar ils etoient tous originairement fous ta 
direflion des Eveques. Ce qui refte de ce droit, eft la be- 
n^diflion des Abbis & desAbbefTes, &le pouvoir dedo»-. 
ner aux Religicufes des Superieurs & des Vifneurs. 

L'Evcque eA charge du foin de toutes les perfonnes tni-' 
ftrables e, des pauvres , fains ou malades ; des enfans or- 
phelins, abandonnes, ou expofes desleur nailFance; des 
vieilles gens incapables de gagner leur vie j dcs inrenfes & 
ies imbecilles ; des paflans & des ^trangers pauvres, partt- 
, culi^rement des pelertns. Ainfi TEveque a natureliement )a 
direAion de tous les hopitaux d , de toutes les ceuvres de 
charii£& de toutes les confreries ou aflemblees qui fe font 



a 11 ne peut n jinmoini employcr que les peincs canonique) , dont 
letunes Cont puiement rpirituelles , tellei que ]i privalion des facre- 
mtni & (!et fanjlioni ecci^rianiqiiei ; il'aittres qiii liennent en quelqua 
inametedutemporel, comme raumone , li funigation , li prifon. L £• 
glife neprononcenointde peines lorporelles plui fivetes. 

t Ceci ne doit s entendr« que poui lei mitieres qui Conl de la com- 
IiAencedel'official. 

c Ftrfon» mr/irtbilii ne fignifie pat feulement lei pwfonnes qiii font 
dinsli niifete; inais toulei cellei qui Cont dignei de cofnmiCeiiiion , 
tt qui fontdani li peine . comme lei veuvei. les orphelins , &c. 

d L'Eviquea,tani diHicLiItJ, la direfliDn de loui Ie$ Hupitaitx pouc 
le rpirlcuel. A r/gitd dei biens > les ^veques n'en oni pas loulouis eu 
l'adminiI1ration ; mait Jiininien, par fa novelle ii; , chap. i) , ot- 
donaa que lei economes leui tendroient compte. Et depiiii ce temps. 
ill onl i'admininra<ion ilet bieni de prrfquc tous lei Hupitaui , ce qui 
•n d'autant plui naiurel , qu'l1s Cont lei piole^eun des pauviei ; qu« 
d'aillenrt , la plupait dei Hupilaui ort ^i^ fondifi & dolei pjr lei iii- 
quet, deibieni qui ^toient deHines pour te CDtilagement iei pauvies : 

gliCe, dont li iroiriinie ^loit ieHmit poucltt paiirtei. II y a n^an- 
moins quelquei Hopitiui ilonC let Evjquet n'onC pas la diie^icn , pa$ 
iniine poiir lc f^irituel , comme t Paiii celui iti Quinte-Vi»&> i <)>" 
•& Cout U diicftioK du gtiDd lunSoier. 



AU DROIT ECCUSIASTIQUE; aiY 
Irnur y concourir. 11 efl charge de rexamen ia pauvres > Partix E, 
pour connoitre leurs befoins , leurs mceurs , leur religion > Cku. Xllt^ 
diflinguer !es vrais pauvres dcs iinpodeurs & des faineans 
iaire que les aumones foieni employees Gdelleineni, uiile- 
ment & avec orJre , & procurer lux pauvres lesbiens fpiri- 
tuels a l'occafion des lemporels.Ce foin des pauvres eioit Con/T. «pq^ 
une des plus grandcs occupaiionsdes Eveques des premiers P- *• (- 1^ 
fi^cles. lls fe croyoicnt charges de la protedion de touies 
lesperfonnesfoibles& defliiuees de fecours, &follicitoient 
fouventaupr^sdes Magillrats&des Princes,les caufesdes 
yeuves & des orphelins. 

La derni^re partiedudevoirdesEveques eft le foindes 
biens temporels de leurs Eglifes. L'Eveque doit donc eid- 
ter les fidelles i donner liberalemeni les dixmes & les pre-. 
inices de leurs biens , faire des offrandes a la Meffe , & des 
aumones en toutes les autres occafions. Cefl i lui k rece- 
voir les donationsd'immeubIes , & i accepter lesfonda- 
tions « qu'il juge raifonnables. Tout le temporel du dio- 
cefe etoit auirefois en fa difpornion , fans qu'il fiic tenu d'en 
rcfldre compte qu'a Dieu.Si on ne l'eut cru capable de le dif- ^*"* V^ 
penfer fidellemenc , on ne lui eiit pas confie les ames , fans ^*" *'* 
comparaifon plus precieufes. A prefent TEv^que n'ell plus 
cbargc que de U ponion qui cft atiribuee i fa menfe. Nous 
«xpliquerons daat la ftcondt pariie ce qui regarde cette 



t Ce ^i eft dlt ici dri donationi Bc randationi , ne doii i'encen- 
drcque de cellel qui feroient riiiei dirtftement au piofit de ron 
Eglife ou dc r^ meiire cpfcopale ; cai ce n'en pai i lui J ai:ce|ittr 
ki donitioni U ron.ljiioni fiil» au profit dei iNtrei EgUrct dr fon 
diocere. Miii larriu'il i'iRiI de (]uel7ue ctabllllemer.i nniiFcau, 

II riut qut le ' 



^■t.eide rEviqueint 


ervien..e pour «uioiite. 1* fon- 


1'r.tit det bicii!.rDii. 


il que Ton dnnne. Rt qiie ll 


iir Dbjrt l'etJh1i(lem< 




1-.ut,ucUi;.nJ.tio 


n foit revStue de lettrei pileii- 


Jo moi<d'Aoa(i74' 


y , cDDceramElet iubliilititiaai 



& icquiltiioiii det gcat de niiiin.iTi 



11» iMsnruTio» 

r. CT i : ^ 10 

C H A P I T R E XIV. 

Des Aichiviau€i , Jei pMn^kci , Jes Prbnau. 



AF I N qu'un Eveque pucs'3cquicier de laot dc ibocHoiB , 
\\ :'aUoit . ou<m?ibR dioccie mt petit, ouquiieut 
(oat lui un '^nd nombre dOfGcien pour ie louhesr. On 
^voiictioiti, ^u comineniiieiiient, ie premiet noyen; (ma 
pris ie linrond dans \is Aemiers temi». 

Des Is qu.itne.-ne li^cie . on voii un trcs-graiid nombie 
«TCveques dans les p-ovincea Uen peuplees, en Orient, 
«1 Eaij-pte . «1 -Alie , en Grece , en Itaiie. Lss routcripnons 
des Conciles & \tt lertres des Peres en lom :oi ; ik dans 
rAtriqueleute, c^eti-d-dire daiu lacotequi s'^iend depuis 
Tripoii |ul'qu'JU lierioit, il y avoit ^—a lieges d'Eveques 
enfjnnee^i i , commeilpaTOti^arlaContereflcecleCar- 
thage. ll<^vni tfaelesPapesanierigequeiquesnouveaux 
eveches en Itatie . meme lians les demiers temps , auiG en 
ont-ils ruppnme d':inciens ; St li i'on uintulte lea nutices 
grecques . on in trouverTi pour le moins .lutani a propnr- 
tiifmcJfdini "**"" SousiereulPatrtardiedeComiaiiriiiopie, eilescomp- 
tent So Metropoiitains f 8i ;■} Ardieveques , doiir qiiei- 
que^-uns ont pius de rrente rulfraEpns : car eilts diitinKuent 
ccs dignites. & ne merrenr Ics Archeveques qu'ju lecond 
Cm. 6. rang. Le concile de !>ardique ^ deti^dii leule.-neurdi:m>:t- 
nredesEvsquesdanslesbour^.&dans ies vJiestipetites, 
i|u'iin feul Prerre y pourroit fuifire. 

On itablit moins d'tveque5 en Eipagne Si eo Gaule , 

parce qu'il y avoit moins de cir« ; & quoioull y ea eut 

piufieurs dans la Scythie au cinqui^me i'ude . eiies ii'a- 

voient qu'iin Evenvie , foivanr le lemo^jnage de Socrare. 

*i». ttift- Qirand ie Chriftijr.ifme enrra dans la Garmaoie , c^ift-a- 

'• '9- dire versie tempsdeChariemagne, iiyavoitpeude>iil«; 



/■ I.M Mitifipolifj^nt ,iiii ffinl hi illdinjuf) dii ArcheieTue* » 
fofille* Fviqiie* ilet Wtinpnitt nj villei cjpiule- ilf pr .■incej. 
Ce"F rtiKinaion n-f/nit iieii tue dji» i'A{ie U da-i l'.\t-ii.ie. Plu. 
fl-iir. ile C(t M*Ifnp'.iif*'.< 1.- riu.ienl loe ile riOin fiulem.nf , 
H ii'iiT(iient >iiciiiii (uKr/nnni. f orq .VL Uupia U. Vhifi. dti iUire- 

g (,1 Contil* r* llnt «n 14;. 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. ti^ 

tliffi y fit-on peu <l'evecli«. Mais on a'a pas eu foin de le» ^tmTntlT 
multiplier a mefure que les pays fe fom culiives , non plus Ciap. XTtt ' 
(jue d^ns le re(le daJVord. Ainfi fe font formes ces evcch^ 
unmenfes d"AlIemagne &. de Pologne. De-Ii eft venue rim- 
polIibilLte de vifuer fouvent , de connoiirc & de gouver- 
ner immediatement , non-feulement les peuples , mats les 
Pretres; lan^ceflit^demulriplier les Archipretres, lesAr- 
cbidiacres , les Grands Vicaires , & de fe fervir du fecouis 
des Reguliers. On aiiribue aufli a Teiendue de ces evech^ 
iinmenfes , la diiliculte de tenir des Cottdles. D'ailleurs , 
oes eveches fe foni trouves G riches & d'une telle digniti 
dans TEtat h , que le foin du temporel l'a fouventemponi 
fur le fpiriiuel. Les anciens , plus fages , avoient propor- 
tiontii les ^eches 4 Tctendue de Tefprii humain , & aux 
£c»xes de la nature ; enforte que chaque Eveque put remplir 
tous fet devoirs par !ui-meme. Vil fuffifoit de gouvcrner 
par autrui , fans confiderer ni la multitude des peuples , ni 
la diAance des lieux , il ne falloit qu'un feul Eveque pour 
toute TEgiife, & Jefus-Chrift m€mc n'avoit pasbefoiade 
jdulieurs Apdtres. 

II ne laiffoit pas d'y avoir de tr^-grands ivSch^ , d^ 
le commencement de rEgiife , parce qu'il y avoit de tris- 
grandes villes. II a toujours ete conllant , qu'il ne doii y 
«voir en chaque ville qu'un Ev^que , pour momrer runlte 
derEglife. Ainfi les Eveques de Rome, d'Alexandrie & <bw,Ni^. S 
d'Amioche, ont loujours eu ungrand peuple 4 gouver- 
Ber ; mais leur dioc^fe ne s'etendoit gu^reshort les murs 
de leur ville , comme on voit par les anciens evechis eta- 
Uis aux portes de Rome. Les Apotres & leurs difciples 
ayant d'at}ord refid^ dans les grandes villes , d'ou ils en- 
voyoient des Eveques & desPretresdsnsIesmoindres, ces 
inoindres eglifes regarderent toujours comtne leurs mcres 
les ^giifes dcs grandes villes , quc Ton nommoit deji Mi' 
tnpoUt dans le gouvernement politiquc. Dc-l.i \ ini au Mi- "'"' "•** '^ 
tropoiiiain le droit d^ordonner lou» Ics Eveqiu^s de la pro- 
vince ; de les avertir & les corriger , cot .ic l.-ur pCre , 
kur dofleur, & detenirlesConcilcs. On fuivic la dittfion 



.»W :I K -* r I T r r : C' N 

' T'm1t'.. 61:' jfWilw*' .•- ;\.!iu--.- roisin- . m. racrr a~ <r n 

« T: .■!* f..ciiicp: i.'1-i. •;;(.« acijcnee- □.-tiuast.ae 

_, Iwtj. . '.■-■ i;.v,-j*(ir ■ ,-L' ««na- (j^-.ccoa:; , betc^ ok 

" ' ■ ivx '-.Jr-'«- i«vc>rt' «f- M-aaec- ■•■ ir mcc:. cs- A»^ 

ir< U:< kv«v-**- *- !<■ "^-^" ffEi-ssjOStK.-EOiiiiMijk"- 

<ir.<\',.>c. , t. «*r;.-ji. ^-jrrurcjKi. Lel;. :','AiEiEnsrK .:- oi 

^Miit-^uvii' <': oiui: rliv n- e: atnnxr a^ ccti^ tes Evbyas,, 
fc n. 'lii'. '•lii.ii^. rit !'L^iiK;. L'--iitn;d W.'un-eas-a-Ctif^- 
)«u' .)i>iit.Tit. cr 'J.CtU-^: ;' rou~ i«s fft«rrcccl:£iB^;suB 
)■.■< 1>. %-<.■■ ufi' Ur wlC. ■K-jr«~ flu A!^;rroBO->ttiii: £> ^l^tt^ 

^iK ti>-k.i(uu''- qiK lut.i^ tiitivfimt-ddui-ii^SiUinffi-Ttajle 
<{it.t('';,.i,K 'uv-:,y . ui ii' ^.mirtrcin' !'Ev-.'((u-.-e.' &aiiicaxiK 
<« i^- ir..iiv.ir , i*. i,Oiii. w dniluminDpu:. nu. exnv iamoK 
k' i.vt;.. iiti i,(ii)rtfw;i-^. f.>i- ;. tionuc cs tirrt -j (iu::iqu&^iui- 
■««; ^,n,i[ii.,- , uirc .ui(;ii(«m<:^ icirr ptnivon 

Ja t.'.f .■ (•■/ .iii'.,w > i! «ic uiiiiik: ii quL-iniiw ■MsmjpiW" 
lil.i.itf . (Lvir iw V iiii» cii'iwr li:t c-oiitTjich tiHs E^rsnit snu- 

^ittiifii \\,H'MVn:\,^ . *\W !'yi it|»)>JiOl1 cViKtf.ij .' t3ir tC qnt imUFOI»- 

W***^* j«,''.\.io i. %,-■/•.' iuii'j»ft''iiiii j f'eli u-diTi; ic tErrnaimiejS^ 
*iw j-.vujMtj Tit s iij>in'i'j;' «tif-irt (jut /"flu-l/Ti , 'CDmiiie 510 
.dif-J.i yv;f-''-'iJj'.*. Li; tl^uafc. pr-.«'in-..w, oe appelon Jhaiaa 
«* J-.vtq-iiocwjpliii };,'a-ititr> vi'i« ; nrais en Numidic , k 
«i/Ui^lt /■'..«■« iv<l<j;Hi*,Hf wup.ai-antiM Eiegui: drj^iago» 
iwjVH^tc, J*i.i> twifidccer U ^ijr;;;* de IsTiut. !«■ rw-aa- 



= ,'ij'^.tt--.;,:- i ; Ertr-e lie R*- 

..( I< ii.*(i! L-<.:'t q..f le Pirm»:. 
«.rllc .le l'jti:irch« , U au.detFj» 



■''.'>'i:il II iii^li.lu;! rur plufle^Ti Piorince.. 
,....1,.,|- Wt.lt une.' 



t i(fii.B Je Legat d laltra 

! .!«• Piovinc» ioumiie» i ce Pt£. 
|.t, ('■■^r| JiiAvt, liiiiteiidi tiivtCii. 

kun 



AV t)ROlt ECCL£SlASt(QUE. 4if 

teursdivcrfesrevolunom, ont^ticaufe de reiabiurement pARrtef' 
4e plufieurs Primats ; mais ili n'cn ont que le titre , hors Cmap. xlVt 
rArchevcque de Lyon , qui eft recoanu foperieur par TAr- 
rhevequedeTours, par TArcheveque deSent, &parcon- 
fequent par celui de Paris , autrefois fuffragant de Sens- Les 
appellaitons de ces trois Metropoles vonta Lyon ; flt c'cft 
U (eul Primat de la Chr^tiente qui eseree cfiefliveinent le 
droit de primatie /. 

Tel eft donc rordrc du gouvemement de rEglifc. Tou9 
leS fidelles font fous U cotiduite des Evdques qui les gou- 
vernent avec Ic fecours des Preires & des autres Clercs. 
I.esEveques font tous ligaux entr'eu( , quahta ce qui eft Dlfl. ii.r.}^ 
^ Tordre & de reffentiel du Sacerdoce ; il n'y en a qu'un 
quifoitdedroit divinetabli au-delTus desautres.pour con- Df/I. ii.f<i^ 
ibrver Itinite de TEglife , & hii donner un chef vifible : 
«'eftlePape, ruccelTeur decelui que Jefus-Chrift lui-meme 
mit le prcmier cmre fes Apoires ; encore il ne prend que 
le litre A'Eviqut , & il notnme tous les Eveques (tifrirtt, 
TouteslM auires diftinflions font de droit humain & de 
police ecclefiaftique ; aulTi oe foniellespas uniformes. H y a , 
lelon le tamps & lei lieux , plus ou moins de Metropoles & 
d'EgIifes fous chacune. II y a des Archev^ques foumis k des 
Pairiarches.oiiadesFrimats. II yen ade foumis immedia- 
temcni au faint Siegp ; & il y a des Ev^es qui releveni 
aufli immUiatement du Pape m. 

Les Archevcques ont un ornement nomme PalUum . qui j^ Tliomajf. 
leur eft particulier /i , & qu'ilsporient par-dcffua tous les ,. /X i!"*, 
»4- iS- *6. 

l l\ fM dln) k Roymme plufieiui Mftropotltaini qui prsnnenE 
fi qr)ti(< de Primat , fint ivoir incuii Archevtqur tout leut juii- 
(HAion, C: qVH pour quelquei-unl d'cux qu'uii liiiiFfe licre J'1idtt- 
iKur. T*Ii foni fArcbertque de Bourgei, qu> prend le ciiie de Pri- 
iiulrf'^fnil(iinc >!(. cclul da Reinii , qui prind le ciTre de Printiit 
d< la CauU Btlgiiyt. D'iii(ret , cumine l'Archevfqiic de Naibonne , 
ent oucre l'OlIiuial Metropoliiain , un Ofticial Primatl*] , K. imii 
ilcgrii de juiidlciir.ii ; maii donc 1'eKcrcic* Te bornc iiiiget lct af- 
ftirei de teur MJtropnle. 

IR Teli fonl qiielquei F.viiiuei dcl Coloniel. 

n l.e Pallium tfi commnn au Pipe , a\i\ Patriircfiei , IDI PiU 
«ati Bc «utici M^ciopoliciiiii. L*Eveque d'Aitiun >e por(e pai uit 
yrivil*ge pacdculier. Lei Papei en ont ium jccorj; l'.ifise i VE- 
»*que Je Bimberg, icelui de Pavie , i ctlui de Luquci . & trl 
Fianc* , i celui dn Puj en VeUj-; Ec coui Ici Evciguei Grect roat 
«Ibs ilant rufage deUooitet. Caltuat blnd* d^^iod'* di liiul^ 
Tmmtlt. P 



>i« INSTITUTIOK 



Fajitii 1. 3utrn ornenKns. LufjgeeR eft plm sncien & p'm gfa jf J 
ClAr. XIV. dans fEglireGrecque o ^ mais daiurLe^lire Laiine ij Des'eft 
introduit qu'aii fixicme liecle ; & les Papes ne rac^ordoies 
d'<ibord qu'a quelques tveques , comine une gr^cc fiogti- 
Dift. leo. liere & perfonoelle. Depuis plufieurs fiec'es , il e& devena 
conimun a plufieurs. Archevdques ; mais il faut toujoun le 
fdire venirdc ttooie, & rArchevequeoepeuieiercer&s 
fun^tionsquil ne ]'aii regu. 



JS ^" II g >= 



CHAPITRE XV. 

Di* ErtStoiu Cf dtt Suppreffioiu SEvichii, Dts Evifata 
liiuUirtt. Dtt CoaJjuuurt. 

TSnmaff T Es pays nouvellement coovertis ont toniouTS eu dc9 

V'f.'pl pii'i. J_jEvcques (ans Meiropolitains , avant qu'il y eut ua 

J, '" ' ■ ' ' affci prand nombre de Clircnens , pour y eriger plufieurs 

ti-tg tib. V, ivcclies , & former une province eccIeliaAique. Au coitr- 

iip\/l. i$.f9. mencement, les Eveques lei plus procbes s'appliquoieai 

d'eux-m£mes i ces mifSons ; quand ils les negUgeoiem , 

leurs fuperieursen prenoiem foin ; &]achore ell venuei 

ce poini , que depuis huit ou neuf cents ans , il ne s'en eft 

y. Zaihar. guiccs (m de conCderables , fans autorite du pape. Oe-lx 

»4 UcB'f. vicnt quc TAngleierre , 1'AUemagne & les royaume? du 

lifi. 1. 4. 6. pjord ^ ^toient dans une dependance paniculi^re du fant 

Sie(;e , avani les dernicres herifies. 
Cod, Afrit. L'3uioriie des Conciles provinciaux fufiifoit , fuivant 
•m. ii4. l'ancien droit, pour rcreflion des eveclies & des metrc»* 
poles ; mais depuis que les faulTes decreiaks oni ete regues, 
on n't:n eri)>e plus fans rautoriie du Papc. II ell vrai quo 
l'on doit toujours eniendre les parites int^rclTees ; favoir, 
]es Eveques dont on veut partager les diocefes , les Metro< 
poliiainsa quion veut donncr des ruiTragans , le Clergi fic 



b'anclie , lii^e ile troii doigtt , <iui cntoiire Iti fpiulei , tjiat dta 
pciiJiiK \iiap June iiilme pjrJevjiii Bl pir derriere , avec ile> pe- 
litfi U-<i(i il« plomb loioiidtek sun cxtnfmilji , couverlei de fais 
iialir, *tri <]UMre croix roiiget. Snr Id r»inie ilu pillium , foytf 
l'A|>|<«>lili1 I >!■• HDiUnJillti , diui le yn>rjlai"a ad J3^ SaaH. 
liUo, foM. I irtH.to). 

« II •)iitlfunari|tlti«dumui«iiidft£nper(uri.Ilii'<toiipi^ 
H «b|*iHM i» IVt. Ucli. 



AU DROIT ECCLfiSIASTtQliE. 417 

\c peu{>le dcs nouveaux dioc^fes , le Roi & les autres Sci- ^T^T^^ 
gncurs letnporels. Lcs Meiropoles eiolent rares dans leS CHAr. XV4 
prcmiers temps. Ce qui cn a lait eriger t^nt de nouveiles , 
e^) <]\ie l'on a eu eg^rd a h dignlt^ dcs villes qui fe font ac- 
crues par le lemps , fans confiderer , comme autrefois , le 
nombre des tvequesde laprovince. Cefl ainfi queParis 
tut eri|!£ en Metropole lan i6ii.ParIa raifon coniraire, 
ila fjlluqiielqui.fjisrupprimer les titros des Eglifes ruineei 
par lesguerrcs, ouparles autres calamites ; ce qui ell ar- 
rive fouveni en Italie , depuis la d^cadence de rEtnpire. 
Queiquefois i1 a fuiH d'unir deuxdioc^fes, ou deiransferer CMff jjg, 
kfiige d'une ville a l'autre;& louicela fefaii parlameme 1, ijiifl. ;6. 
autoriii, & avec lesmemes proceduresque lesereflions. '■ *•• *f^* 

Quand des pays Chreiiens (bni tomhes fous la domina- * 
tton des infidelles , les vil!es meme ruinees n'oni pas cefTe 
aullitdl davoir di;s bveques. lls fe foni confcrves dans le 
xede de leurs dioccfes , ou dans les viilos les plus prochei , 
gdrdant toujours leurs anciens liires. Quoiqu'Aniioche ne 
foii prefque plus rien , & Alexandrie pcu de chofe , il ne 
lailTe pas d'y avolr dans le pays des Pairiarches qui en 
prennent le tiire, refidcns au Cairc, a Alep,ou ailleurs, 
felon les lieux oii font leurs troupeaux ; car comme les 
Chreiiens dOrieni foni divifes en plufieurs fefies depuii 
pluf dc 1100 ans , chacune a fes Patriarches & fes Ev^- 
quci ; ce qui f«it qu'il y cn a plufieui s qui fe dircni hvequcs 
i^ la meme ville. 

Lorlque tes Francs conquirent la Terre-fainte ;> , ils 
ajoutctent dc nouveaux Pairiarchei & dc nouveaux Eve- 
ques i tous ceux de ces difTerenies fe^es quiis y irouv4- 
reni. Car ils ne pouvoient reconnohre pour leurs Palleura 
ilcs heretiques & des fchirmatiques, & ils ne s'accommo> 
doiem pjs memc des caiholiqucsd'une atitre l.inguc & d'un 
auirc rii. Ils ^iablirem donc , par autoriie du Pdpe , un Pa- 
triarche Laiin d'Aniioche , un de Jcrufdlcm , dcs Archcv^- 
«jues & des Eveques ; & ili, fircr.t Ij meme thofe cn Grece « 
apres qu'ils eurcnt pris Conduniinoplc ^. Quand ils eurent 



p Li villc dc Jcrurilem Ut pilCe (o xsyg , pir GaJerroi 4* 
Bauillon. 

f Cc fut cn tio«, qu« Bauiloain 1 pril Conftintinoplc. Bia' 
i«iiln II ptmit VEnpincit lad. 



isS issTiTirnoir 

pcf da cn coix^sres , Tefyhina rf^y leim ef fit tpe ^ 
C«Ar. «r. £*e(pK:« , auci mcn qiie 1« Priscn . cosia-veTeir lenrs i> 
irn, quoiqL':!s it: recrzfl^ a la C03r ^ Rooe, osdan 
ies pavi de ieur rwigance. 

Pour ies &ire fub&flcr , & pom kmezar lenr £gniie , 
k Pape icur ac£or<io'i An peofioai & dei beoefic» fim- 
P^ , ou m^Die def Evecbes ; nau ils gardcneot xoi^onrs 
ie litre le p\n% honorable Ainfi lc iDeiBe Oini Parnar dig 
4'A]fetaodne & Arcbevewe de Boorgn, ayamUpatriar- 
clni en ctre & VAxdxveibc ea commeadcQiiaiid ijt moa- 
nircnt , oo leur doGtu det liuxe&im , & cki coinitiua de 
Jontier de cet titret Japjmiut iefdtljem , KieiBe depms qoe 
ron eut perdu l^eTperance d'j Fenirer. Oo a cni aviMr b^ 
fbin de ccf tiirn , pour ordoiiner dci Erequcs lais lcnr 
donner cfieftiveiseot ()'£§Iiie ; coniaK les Nonces du Pape, 
let VicaJret Aponoliques cbez lec beredques oa daos lea 
niflioc» elcngnees, les CoadjiKeurs & tes Su&a^os r. Or 
fm appelle Sufragjiu en cetie mati^ les Eveipies <iin fer- 
vcnt pour d'iuiref , coaune cn Alleinagae , pour les Elec- 
feurs-EcclefiaAiqiies & les autTC»Evci}ues-Pniices;car ils 
oni la plupart dc ces Eveques Ir.pjniiiu, qui font teuis pea> 
fioniuircs , & coaiine leurs Vicairet pour ks fonfiioa* 
«pifcopalef. Oo les appclle Sufragaiu , parc« que cbez le> 
Crecs , oii cet abus a commciice , les Arcbeveques i^foieni 
nercer leurs fonSioiis par des Eveques de leiB- pravioce. 
Cc-pendant, la rcglc demeure conftaiue qu'il ne peut 
tm. KU. l. 7 avoir qu'un Eveque daiis un diocefe , pour montrcr 
& mainienir Tunii^ de rE^fc. Sa graode ctendue a 
oblige de la partager en pluficurs troupeaux ; mais cba- 
que troupeau n'a qu'on chef , foumis au cbef de 1'Eglife 
Mniverfelle. Si dans un diocefe le trouventdcuxnanons de 
diverfes langues , ou m^e de rit different , il ne faut pa» 
pour cela y meiire deux Eveques. Maia TEveque Latin , 



r II nt fjui pii confiindre cei Suflngin) ■*«< let Evtquct qni 
Ibni r^dtcniciii pDflbtlcjit d'un Evjche , & qu'oit apptlle Soffra- 
pi«i , i Vi^iii Jc liui M Jiiopoliuin , luii pirce qu'i:iaiil dppe- 
Ut pit lul 4 fon Ijaoiit , ill y ont droit <le (.tlfrigt , foit piice qu'il» 
Mpiiivilt ttiicDiirictJ' fliil fl>n fuArjRt, foit enlin parce qu'il» 
foiil (oiiluliiJi CDmm* fei coadjuteuti , &. qu'Us Joivcnt 1'iider d« 
kun ceiil'«<lf leirqu'U( la bat ivfiiu. y»f%, 1« Glnff, dc du Cuie 
■u mal i^Hr^iuttit * 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 119 
fMT exemple , dott donner aux Grecs un Vicaire genml p^iiTtE I. 
iiicc , pour eiercer fur eux toutes le* fonflions qui peu- CHAr. xV. 
vt-nt litre coraraifes a un Prctre. Cc cas arrivoii Couvent .^''"- ^"j' 
pendant les Croifadcs ; & on en ufe encore ainfi dans les gg-^ j^j g^j^ 
pays de frontieres , ou un diocefc s^ctend k plufieurs na- ncpnri/.La/. 
lions / Mti/f''"' 

St un Eveque devlent Incapable d'agir , par vielllefli: , ] f,emaff. 
par mabdie ou auiremeni , ce n'e{l pas une raifon de le /•nrt i . Hv. t. 
d^porerimais il fautlui donnertin Coadjuteur. Du com- '^■'^* P"''' 
mencefnent , ce n'ccoit qu'uii Preire qui fervoit de Vicaire ,j_ j_ '^_ ,) 
g^niral a rEveque maladc , & it etoit ordonne Eveque ». t. »1 Gk- 
pour lui liicccder apres fa mort. A prefeni , afin qu'il puifle «" 'j- . "'^^''* 
«xcrcer tnitiie lct fonftions epifcopales , on iui donne un (.'^ ,^ /^ j,\ 
ticre Infartitut. Son pouvoir dolt titiira !a raort de rEve- i.q. i.rei!/.i- 
^ue, Ccc n'eft qu'avcc la coadjutorcrie on lui ait donni l? " 'f''-- 
raniiraiice dc la tuture fucceflion. Autrefois, le Metropo- Ht,„ifyi, 
Jiiain , avec fon ConCile , donnoit det Coadjuicurs : par le 
droit nouveau.U n'y a que ie Pape qui en donne i. 

Rcguliirement on ne donne poinr de fuccefleur par 7 v- >■ '- (■ 

avance,^ un Eveque vivani ; & lui-meme ne pcutVen .*" " '^' 
I - ■ I 1 . n 1- priano, 

donner , pnncipalemem qiiand c clt fon ncveu , ou un au ■ 
sre prochc pareni. Le gouvernemcni dc rtglife ne doii 
pas eire regard^ comme un patrimoiuc , ni devcnir hcr6- 
daiie dans les familles. Si touiefois un faiut Eveque avoit 

/ Dini lei aiociUi qul i'«teiidcnt dini le relTort ile dilTi-reni 
Parlemenl , l'Eve>iue eft oblig* d'ivoir un OOiciil foriin , pour li 
pirtie de fon dioc^le qui elt hori du Parlemenl , dliii lei{uel ell le 
ficfie ipircopil. II y I aulli en quclquei lieiix dei Griiidi. Vicairei 
furjini, qui enercciii eti mSme-lempi la juriUiaion voloiitaire U 
li contenneofc j commt dini le grind viciri'! dc Pontoife. 1'Kycx 
^'Hericourt, Loii ec.lefiapiq. lii.dti Crat^dt.fuuirtiif 0£U.d. 19, 
l Lei coiHjuioieiiei djns lci Wnilicei , »vec droit da li.iare luc- 
celBoti , foiit contrjiiei 1 I'iiiicieniie difeipUne de rEglilc. Ellei .^nt 
iii tali.'i<ei pour let bjr^ficeiqui ont ch<r|c ifjniei , pourvu que 
Cc dt ftat drult de (nccidei. Suivint li ailcipline dei Uernieri Tie. 
clei , etiei roni permilci qulod ellei ont dt juOei caufei. t.e Con- 
cile de Trente lci permet pour rurgetiie njcefljti: ou uiiliij dei 
£v£cl>i!i & Alihjyci. Lllei ne fonl tolerie» en Fr«ii«c , quc pour 
Iri bf it«tic(t conliltorii.u.f , luiqueli le Aol nomme , & non a Vi- 
gird dei autrei b^nclicei ; leli que lei rrebenJei, |iiieurii , cuiei 
& chipellei. Voyej VOrdonnante iv 1615, arH. L'Oidonnji).B 
(l'OrU)ni , art. j , en)oinl lux Piilati qui , pir milaJit , ife , 6ic. 
«le pouiruiunl vaqiier 4 leuri c^iirgf ■ , de piendre b. dc lecevuir 
dei CoadjuteuiiHt Vicairei.peirunnsgei dei quiliici icqjifei , jjk- 
^li lefJiu PtfUti feieiit uoui de t Jtlltt peolien raironnabie. 

p lij 



a^o INSTITUTTON 

1'artis i '^*'**''^ "" *")" dia;ne , fans qul! y parui d'affeflion nam^ 

Ch*!- ^v. '"«.■Ile , -ni poiirrcit y avoir egard. Ainf: faini Augullin ile- 

^"S- ^F'fi tiara (;ii";I ileliroii que le pretr.; Herjclius lui fuccedit : le 

'"'" peu('ie y LoniWniit loltfnncllement ; & aprcs la mort de S. 

E i(l.6.ad Aufulii]!, ies Evequescoofirm^reni cette cleWon.Le Pdpe 

*"'/■ ZaciMrio jtcurda pareillenient a S. Boniface de Nbyence, 

lc (Iroii ue lc ctioifir un fucceftiiur. Dans les derniers lemps» 

le Pjpe a fouveni accorde aox Eveqiiei Ae% Coadjuteurs, 

avet afliirance de ia fucceflion future ; & on ne donne pUiS 

Stff. i[. i. de Coicijuteuts autrement, Mais lc Concile de Tronte de- 

j. i« jiiii, i^nA d'en donner qu2 dc ires-dignes , & avec graniie con- 

noiifance dc caufe. En France , la nomination du roi leur 

eft neceflaire , commc aux autres Eveques. Aulli , apres la 

mori de ILveque , ils entrent en poHeflion , fans nouvelle 

nomination , ni nouvelles Bulles. 

m I «a 

CHAPITRE XVI. 

Di 'U Tranflaiion dts Evt^uei. De la RenoncUtioa. 
Dt U Vacanet du Siige. 

_. _ T 'EvEQUE doitcire fixe & attache pour toujours a foB 

part. i.liv JL' E^iili:, comme un epouxa fon epoufe , & un pere i 

I. c. n /•- 1. fa famille. La meme Itabilite ell recommandee aux Preires 

Can \*^a ^ ^ "*"* '^* Clercs. tn effei , le gouvernement des ames 

,4 n'elt pas une aflion paffag^re ; il demande un fotn & une ap- 

fd'[, Nir. i( plication coniinuelle , pour inftniire de fuite , corriger , 

conduire a !a perfc^ion. II faui du temps pour gagncr la 

conliance , fuivre les bounes oeuvres , & garder une con- 

duite uniforme. Differens Pafleurs ont differenies vues , & 

dillercn:cs meihodes : c'eft toujours ^ recommencer. Ce- 

pendant , dcs !e quatrieme fiecle , les Aricns & les autres 

licretiques changeoicnr fouvcnt d'EgIifcs , foit par leur am- 

biiionpirticuli^re,foit par le cr^dit de leur parii, qut les 

elevoit i des fie^es importans, 

Caa.llu. li- C'eft pourquoi le Concile de Nicee d^fendit fes Tranf- 

'*'(« ' M( lations des tviiques , des Preires & des Diacrcs ; les dcclara 

ij, i^j. Dullcs , & ordonna que le iransferi retourncroit a fe pre- 

J"(jj.jiV, t; oiiertj tglifc .■ & le Concile de Sardique ordonna , qu'il fe-« 

%• «• witpmidcUwamunoalaiijuet t))ei»(;a.iam.Qrt,Qoai 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. iji 

femarque que perronne ne pafle d'une plus grande CgUre a piM-rit L 

une moindie ; & que ceux qui chercSeni i changer . font Cb «p. xVL 

loujouTS inquieis& agiies, & ne s^affeRionnent poinE au 

lieuoiiilserpirent de ne pasilemeurer. Ciitte difcipline a 

ite plus religieufement oWerveeen Oicident, qu'c:iOri;nt i 

&dansrEgii(eRomaine nous ne voyotis poini de tranfla- 

tion pendant <|O0 ar.s. L= premier exemple eft celui du 

Pape Formore , qui avoit ete eveque de Porto. Un <Je fes CMe. R«w, 

Aiccefleurs u cn prit le nretexte de le faire deterrer ; & un \°*- {"^- 

Concile tenu incomment aprcs, deiendit que cette irant- 

lation fiit liree a confcquence. 

On a loutefois reconnu des caufes legiiimes de tran{1a> 7. f , t. f. 
oon, Si les hoftilii^s ont defole une Kg!;fe , Ttveque de- ■^^'"'* 
pouill^ & fugiiif peut etre pourvu d'ime autre. Nous 
avons marqui que S. Grigoire a fait fouvent de ces tranf- 
lations. Si rutilit^ evidente derLglifedemande qvi'un Eve- 
que d'un grand merite foii lire d'une peiite Eglife pour 
reaiplir un grand ficge x : comme quand Euphrone fut Paf.Ep.^iv 
transfere de Coloniea Nicopolis en Armenie, avcc l'3p- *''J'- '■ ""•• 
|>Tobaiion de S. Bafile. Mais en cc cas , TEveque doit ^ire "' , ,^ ' „ 
iransf^T^ malgri lui, du moinsfansle defirer, par te Con- Cenc dr. 
cile de la pTOvince, fuivani le droit ancien ; par lc Pape, '*"?■ '*• 
fuivani ledroit nouveau. Souscedernier pritcxte d'milii^, tioneii" tx 
lcs ttanflaiions foni devemies friquemes dans les dcrmcrs f.ili. Dt-rtt. 
tempf; enfoneque depuis cinq ou fix cenis ans.ellesfem- ^°'^ ""^- 
blent avoir .oafle en droit commun , do moini pour parve- „j_ "' 
oirauvgrands fieges, pourvu qu'clles fe fulT^-nt parlcP::pe. 

C*eft eocore le Pape fcul , fuivant le droit r 



u Ce fut Eiiennc VI qui fic d^cetrer Formore , !t fit faire Is iirocii 
«n torine au tiiljvre <le cc fape , ^ue rari dipouiilii di-i h^ibiu lj- 
Ctft. O11 Jui coupa ttoii (luigCi , puii I1 liie , puii 011 U ):la <lini te 
Tib-e. SeiKiui lll i^pruuvj Ix p;DiJJurt Wht cunln- U mrtiiaira 
dc Fdrmale. 

I V*ii Erpen , lom. IIJ , p.ij (jo, remirque quu «iie cKccpiion 
bifciec pai Gri:iEn, nt it iiouvr piii;ii iljni lci ancicm chik.iii I| 
«ite i cc lujec le l^. Labbe , qui re^Jiac comme u:ic ilri tiufHi ilJ- 
cctialci ruppolVet pji liijKK , \t icconde liplue de Vi.i^K II , -qui 
piioli i(.cuiirer cei irjiillji;o.i(. 

U Xlie. r<ec!e , lein.ii au^u.llri Hd'p.;i ci>inine..cu-ent u >-iFrm:'l<.er 
•n la difpa iiion dei hii'.i(ictt laliei i|ue ceuK <le lc.r iliotrie , Ik 
y«iusu:i«temeiii d^f uii le CoucoriUE qui i tttat ju Pape !■ piovi* 

Piv 



13* ! N S T I T U T I O 5f 

"^Partis I, ^^^ P^"^ admettre la renonciation des £ veques ^. Du temp^ 

Chap.)^vi. meme que les eledions etoient en vigueur, on tenoit qu'ilr 

C t. j^ falloit une plus grande puilTance pour 6ter un Eveque» qua 

'^^"•^ * pour Ti^tablir : comme il eft plus dif&cile de difToudre ua 

mariage, que de le contrader. Ainfi la renonciation ou 

ceffion, la trandation & la depofition d*un Eveque , ont 

^te mifes au nombre des caufes majeures referv^s au Pape. 

Aurrefois le Concile de la provkice en connoiflbir comme 

4u refte. 

THomaff, Quant ^ la renonciation , il eft vrai qu*il n'a jamais kxh 

part. i, /iV. permis i un Eveque de quitter , de fon autorite privee , 

** f ' *^* j. l'Eglife oii le Saint-Efprit Ta etabli ; ni par crainte , ni par 

Scifcitaru pufillanimite , ni.fous pretexte de plus grande per&dioiu 

38. 6fc. Siquelques Saints fe font retires en folitude, |et)r exem* 

C. Nifi de ple np doit point etretire k confequence. Mais&'il y a caufe 

r<tmt» l(igitime , la renonciarion peut etre permife par le fupi- 

rieur 4. Les caufes font , Tincapacit^ « ibit par vieillefle , 

par maladie, ou autrement , rirregulariti , nonobftant la* 

quelle TEvcque a ^te ordonni ; l^ peche oii il peuc etre 

tombe avec fcandale ; enfin, la durete du peuple indocife 

& incorrigibie. On a doute fi le Pape pouvoit renoncer, 

parce qu*on pretend qull n a point de fMperieur qui puifle 

}uger des caufes de fa renonciation, Celeftin V decida 

C t, de re^ ^*^^ ^^ pouvoit , & ceda efie£^ivement ^ ; & (bn fuccefleur 

"nunt. in 6. Bontface VIII confirma la decifion. Quant a Ja depofitioa 

des Eveques & des Clercs, il en fera pari^ dan$ b troifie^ 

me partie. 

DiflinH. jo. Le fifege epifcopal etant vacant par la mort de rEveque, 

^/xGree, '^! ^^ autrement ,doit etre rempli au plutot. Toute rantiquit^ 

Vpifif }j. — ., 

i^ondes Ev^chds de FrBnce. Voye^ ie aouveau traie^ de Diplomad^ 
que , tom, I. pa$, 151. 

7 Les Evlques ne font d^pouiUes de leur Ey^ch^ , qu'aprds qno 
Uur d^minion a ^t^ admife par le Pape ; Arrit du Conjeil d*Etat ^ 
du 9 Avril 1C47 ; autre du 29 Avril 16(7. Voye\ la Bibliot, Canotim 
if Dupeirai /fur Vatt. \% de VEditde i/>9S. 

«^DansIcs dt^minjons finiples, la rcgale eil ouverte , du jourque 1« 
Roi a accept^ la U^miflion, par la nominacion d*un fuccefleur. 

a Comme par 1« M^cropoli^ain , a l'^gard dt l*£veque. 

b $•! renoDciacion efl du ii Decembre 1x94. Or^goire Xlf re-m 
«lon^a auifi au Pontificac dans la quatorzieme fefllon du CoocUe do 
Conflauce, teiMie le 14 Juillet 141 ^. II avoit ^tcd^porii au Concil« 
de Pife , le % Juin 1409. II y a plufieurs autret exemples df PaPCf 
^i fe fonc demis voloi}taire;9ci)|. 



AU DROIT ECCLeSIASTIQUE. 133 
b TCgard^ coinme uM grand miil , que rEglifa demeurat p,^^,^ ^ ' 
lonpun-ps vcuve ; & on avoit preftrit trois mois, comme Crap. xvi, 
le pius lonj; lertne. Le concile de Lairan a donn^ ce lerme ^'^- '°o. a 
pour l'eloaion , & autanr pour la confirmation. Par ^^ c.Ntprodt. 
Concordat . lu Roi doii nommer dans lesfix mois e. LiftH. 41. de 
negligence des Elefteurs on des Metropolitains, a eie la «'«^- 
premi^re caufe de faire venir a Rome pour la provifion dc» 
Eveches. II eH toutefois diDicile ijue le fiege ne demeure 
quelque temps vacam ; il faui cependani que TEglifi: foK 
gouvernee , & quc les rcvcnus dc la meofe tpifcopale foient 
confcrves. 

Suivaot l'ancienne regle , le Clerfc de TEglife vacante ^^ ^ ,„_ 
gouveriHMt </. LesIciiresdeS. Cyprien,&celles duClergi £py?. %. ty. 
de Rome, timoignent le foin qu'ils prenoient de rEglife, >'• 
aprii le martyre du Pape S. Fabien. Dans les provinces , le Ceiu. ia 
JVIeiropoliiain avoii Tinfpeftion fur le Clerge de rcglife T-aljo.t.ii, 
vacantc , de laquelle il prenoit un foin plus particulier. II """' ** * 
commettoiiun Eveque voifin , en qualitedcVifitcur , pour Cent. Rt$, 
prendre foindesfuneraillesiicrEvequcdcfunt.&faire in- '"■*i9-*- 
ventaire des biens de rEgllfe vacanie dans les fept jours. 
HiUis on ne reoiplilToit aucune place de Clercs , s'it y en 
avoit de vacame.Onregardoiicomme le premicr bcfoin , 
dc donner un chcf a r^glife. Dans !es derniers temps , le 
Chapitre dc la Caihedrale s'etani aitire totit le droit de Te- 
ledion , $'aitira aulTi k gouvernement pendant !a vacance ; 
& cc droit fubrille cncore. IMais une communaute toute cn- Ctut. TrU. 
liirc ne peut gouvcrner par dle-meme : lcs paniculiers ne ^^' **•'* '"■ 



d L'opiiiion commune eft , qii';vgnt le dauziinie Ridc , lei Chi- 
|ilirei dei Caih^ilrilei n« gouveinoifnc poiiii feuli le Jiocefe pen- 
tiinl U vtance , Si que celi n'ell iiiiivt que dtpuiiqu'iii h furent 
len.lu) itijitrei dei f 'e£tiDiii dei Erjque) , txclulivernent aux «ulret 
r>rlie> dii C\etfii. Toui le Clerge ilo iiocih , H. linguliiieoicnt 
celui de U ville i-pifcopale , avoii pari au gauverricmeui. En Funce 
& ilinilei Eslirt.-t voirines , Ii .Ullip:iiie U plui ordiniirc penJint 
]>Iulicuri fi^cles, cioit <]ue le .Mftrupolitain commettoit rEviiuc 
le plu> vollin. Danl les deiniiii n^clci, let Papei onl voulu iiom- 
jner ilet AJminillrateuri iuh EvtchJi vacant, cniitormvment j una 
d^cilian du bioil CanoniT-e; niaii cetlu dircipline n'* point iii 
iti,!.t .Unt es Ro^auise. I'i>^<I lei Memoirti d» Otrgi , lani. Ui 



«34 IMSTITUTIOW 

pMnvLL ^'^^'^^^ ^ V^ ^zdrtSer , & Tua potirro.c dt^ truire ce qoe 

CHuf; XVL rautre ferotr : zitdi le Cbapttre doii: com.nencer par etablir 

lians les buit jcurs un ou piufkurs Vicaires generairc « pcur 

exercer la juridi^lon ▼olontaire ; & pour La conrentieuie » 

un CMIcial. Car ceux que FEveque avoit etabiis , denieurent 

deilicues de plein droii par (a mort , n*ayant qae de limples 

commifljons. Le Chapitre a , pendaru la vacance € , touc 

le pouvoir de i'Eveque , pour ies a&ires ordinaires , parti* 

C, Ula it' culierement celles qui ptriroiem par le retardement.Quant 

^acanu ^ ^^ collation des benefices , ii peut inftiruer ceux qui foac 

C. mn, eod. prefenres par les parrons , ou confirmer ceux qui fonr elus; 

^* ^' mais i! ne peur donner b pleine coUation , fi ce n^eft pour 

des benefices , donr la coUarion lui eft commune avec i'£* 

v^que; car alors eile revienr entiere au Cbapirre, par droit 

C^me. Trid. d^accroiiTemenr f. Le Chapirre ne peut donner des oimit 

/#/• 7- *• »o. fotres pour reccvoir les Ordres , finon en deux cas. Si celut 

qui demande le dimifibire eft prefle de recevoir TOrdre » 

i caufe du benefice donr il eft pourvu , comme une Cure » 

qui Tobiigc a ecre Prerre dans Tan. Si ia vacance dure pluft 

d^unc annee , ie Chapirre peur donner des dimifloires » 

€ap. mn. de meme a ceux qui ne fonr pas prefles. £n ce meme cas , de 

major , 6ri. longuc vacance , il peur commetrre des Vicaires ou Vifi- 

teurs aux binefices vacans. A Tegard des cenfures ecclefiaf* 

tiques , lc Chapitre en peur abfoudre pendant la vacance du 

fiegc epifcopal ; ii peur aufli donner ies difpenfes que doa- 

neroir i'£veque. 

it. «. t. de ^oxxv le remporel , il eroir defendu par rous lescanons » 

€karitaf 4$. de ricn enlever ou difliper des meubles de TEveque defunr , 

4rr. ii^. I. ou de rEeiife ; rour devoit etre riferve au fuccefleur. A 



f Le Chapitre ne peut nommer de Grands-Vicaircf pour le g«ti« 
rernemcnt ilu diocire, fou$ prctexte quc i*Evdque f< fes Grauds-» 
Vicaircs font .ibrtns. Arr6t du ParUment du i8 Novembre i6so , 
eO'itr< le Chipittt dt Htims. 

f LcJ l*apci , par une regle de Cliancellerie , fc font rdferves 1« 
Coliitiiou (le\ bOiufices qni tont i la coliation dc rEvdque , pendiut 
^ue If ftcite ert vac4nt •, mais ceite relerve n'ell pa$ aJmife pdrmi 
nous. Lc Kol , cn vcriu de fon droit de rcjjale , confere tous lcf 
Nn^lke» noncuic* , quc l*KvOque auroit conftrcs. A Tegard dct 
b^u^fivc^ curc^ , ia coiUUon eti appariient au Chapitre. 

l>n U«nt ti\\\\\ vii.ntnunctitent , quelc Chapitre peut admettre le» 
p«»«tt\ufi«»l«»«n » p«tivo qv4C ve lont lcs colUttons forcees. Lcs Cliapi* 
lift 4«! l^|iUr«l CiiNiuUide Fuiicti foutdins cct ufa|^e« 



-.1 



^ 'C 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 13^ 



prefent les meubles font toujours de la fuccefTion de TEve- PARTiifi 

que g : mais quant aux revenus de 1a menfe , le Chapitre Chaf. XVI. 

doit etabMr un ou plufieurs Lconomes , cjui cn rendront ^alced r *al 

compte a lEveque futur ; comme aufli les Vicaires gene- Come. TritL 

raux , & fous ceux qui auront adminiftre pendant la va- /flF »4- *• ^^ 

cance , feront tenus de iui rendre compte. En France , les 

Chapitres font decharges de ce foin du temporel : c*eft le Roi 

qui etabiit les Economes , en vertu du droit de Regale ,par 

lequel ii peut prendre le fruit des evcches vacans, comme 

il fera cxpiique dans \zfeconde partU, En gineral , pendant ^*^ «•' 

h vacance du fiege , on nc peut faire aucun changement 

dans rEtlife , aucune alienation du temporel , aucune erec- ^- *• "^* A* 

tion , fuppreflion ou union de benefice ; en un mot , rien 

qui puiiFe poner pr^judice i TEveque fiitur. Voila ce qu*il 

7 avoit a dire de Tepifcopat. 



g Louis VII, partant pour la TerrcSalnte, aholic la coutiinM 
^u'avoienc fes Offlciers, d'jiler piller la maifon de TEv^que d^c^d^ , 
& d*en emporter les meubles. Depuit ce tempt let Papes pr^ten- 
iloienc que la d^pouille des Evdques leur appartenoic. M^it Charlcf 
VI , en i)8s , ordonna qu'elle piileroic aux heritiers, de m6me que 
lcs biens patiimoniaux. 

La coucume de Parjs , art, }^6 , porte que les pirens 9c Ugn^ 
gers dcs Eveque» & autres gen» d^Lglife f^culiers , leur fucciJcot. 
i«a pluparc des auCres coutumes contiennent une remblable difpofi* 
tion , « ne font polnc d^exception pour les meubles. 

£n effec, par arr^t du Conleil du 9 Fevrier 17S1, il fut ordonn^ 
au Syndtc du Chapitre de Lodeve, de remettrc dtnt le palais ^pif- 
copaJ les habits pontificaux , croHe , mitre, bague 8c croix pedorale, 
fionobllanc un prccendu ufage contraire. 

II cft cepenJanc d^ufage i Paris,que le !tc de TArchev^que d^c^d4 
apparcienci rilotel-Dieu, de m^me que celui des Chanoines qui 
dcceJent , ce qv)i vient de cc que Muurice de S;i!ly ayjnc l^gti^ fon 
iir 4 rH6rc!-Dieu, des Chanoines rimitetent : & depuis ii68ceU 
9 ecd obfervc. 11 y a arret du Parlement de i^ftA, qui ordonne aux 
cr^jnciers de feu M. de Goudy ,.£veque de Paris, dc livier foa lit 
^rUwielDicu. 



♦ 



"\ 




«3« I N S T I T U T I O N 



CHAPITRE XVII. 

Det Ckaaoints b. 

AU cominenceincnt , il n'y avoit poiai d'autres ofHces 
eccleCailitfues , qi:e les Ordres i. Un Pr^tre n'eioii 
(|ue Precre , tin Diacre n'etoit que Di,acre : ainfi du reOe. 
Seulement, pour conferver ruaiie , chaque Ordre recon- 
noifToit un chef. 11 y avoit un preaiier Pretre , qui etoit d'or' 
dinaire leplus ancien d'ordina[ion, que Ton appeiadepuis 
Arckipiiire. \\ y avoil un AnJudiaen eiabli fur tous les Dia- 
cres, & fur tout leclergeinf^rieur , par le choix de TEveque. 
Thomajf.i. Enfin.quand lesmoindresCltrcs furenten plusgrandnom- 
Jj '"''■' ' bre,il yeutaulTiunPfiniic/iK AouP^imioV/-, pcur lcs gou- 
verner: c'^ioitau plusunSous-^liacre. Ilell rouven[nomni& 
Primieier det Notairts , parce que la fonflion la plus confi- 
d^rable des Clercs inferieurs , etoit d'dire les fecreiaires & 
Ctf» Emerif. Ics ecrivains de TEveque & de fEgiife l. Ces trois chefs fe 
'■ '"' rapportoient immediatement ik rEveque, qui gouvemoit 

par eux toui fon Clergi. 

Une partie du Clerge etoit toujours aupres de l'Eveque ; 
potir alTiller aux pri^res At a toutes les foiidions publiques. 
J.'Eveque confuttoic les Pretres fur toutes les af&ires de 
rtglife^&pour rex^cudon , ilfefervoitdesDiacres Stdes 
Miniflres inf^rieurs. Le reAe du Clergi ^toit difVribue dans 
ks titres de la ville & de la campagne , & ne fe raffembloit 

ALflnoin de Chiiioine vient du UtiDCdNan, qui rigniEe rjgfc, & 
dfrigne un Eccl^Gallique qui vit fcion une regle paiiiculicre qu'it ■ 

I II 11'/ avoit paint de NnfHce^ antrei que 1» ^vf ciiji & Ict 
curel, juri]u'au commeiicement du rnieme fiecle , mais il y avoit d» 
uincM ecclWaftiquei. Quel<iues Priirei, autrei qiie Itt EvCquei , 
^cuioit cliaigfi de 1> coiiiluite dcs titiei ou Eglifei inHrieuiei auii 
tnUrc» tJntliWralei. 

t ^.w qiielquei eiulroiti , on l'ippell« Princier, ^uafi primui >'■ 
ti.-.i. 11 y ■¥»■( iin Priiiciei i Toul & un ii Verdun ; & il y en a ea- 
i.uc un dani l'FgllIe cathfilrale de Mett. On illiite «ufG qii'il y ta 
a j Mi'.aii & 1 VeBiie. rvyei rHifl. dt Vtriitn , pag. k & xiV. 

I l.\'iuploi ,l'i;crivain aoil d'autant plui mJcenaire , que l'lmpri> 
nioi<« iiViaiitpaieiicoTecoiiiiucilfjlloitun eraiid nombre de per. 
M'iiiL<.. ]'«i.r ci>i>icrl«i livKt douc ou avoit bcfoin , pout lc forvic* 
J.t i'l:.Blite. 



AU DHOIT ECCLfiSlASTIQUE. 137 

i(u'en cenaines occafions , d'ou font venus Ut Synadts m. ^^T^ 
De ccire premiere pariie du Clerg^ , font venus Iti Cha- chap.xviB. 
mincs des CaitKdrales. 11 edvrai ([ueducoDiinencementon Tkamaff.t. 
nommoii CUrcs canonlquts , tous ceux qui vivoient felon le$ ''"■ *' j* ^ 
canons , fous la conduite de leur Eveque. & qui etoieni Tur ,, r. ,1. 
Je canon ou la matricule de TEglife , pour etre enireteDiu C»f-Clarom^ 
k fes depens , foic qu'ils ferviflent dans rEglife matrice , on ^^'J^ ^|„^ 
(lanslesautrestitres. Depuis,le notnde Caaoni^att ouCbf iii.i:, n. 
RouMi , fut particulicrement applique auz Qercs qui vi- 
voieni en commun avec leur Eveque n. 

£n eflet , lorltgue TEglifc fut en libene apres les perf^- 
cutions , plufieurs faints £v4ques embrailerent la vie com- 
Hiune • avec leur clerge : comme S. Eufebe de Verceil & S. ^"i'- «F* 
Augufiin , doni Teiemple ell le plus fameux. II ^ifoit vi- 'pgKj, 4, 
vre fes Clercc dans une parfaite pauvrete , & ne foufiroit vit. AȤ. t. 



m Lefynadeiei^E^ijut^af^U aneimnemtitt prtiiy ttrium ,tlt 
rilleml>lee de tout le Clcig^ iccuUer & riigulier de (oa diucera. 

Le CoDctle i'Orlitns , Cnn. 17, & celui Je Venion ,Caa. S.or^ 
donnent Iii convocatiaii ilei fynodei loui let ini ; U. que lout l«k 
Pritrei du ilio»!* , meir.c lei Abbi!l , reroiit tenui d'y allifter. Le 
Coacilc de Trente ,fe^, 14 , Cap. a , de Rtfarm. ordanne luffi U 
lenue du fynode dlocefain roui lci ant , luquel doivcnt iXdtt les 
■Kenpci qui ne (bni paini foumii i dei chapi«iei gjneriux , & tou* 
«■us fani esceptiou qui liiDt chirgei du gonTerocineDC dc VEf)iSk 
piroiOUIe , ou aniiei fucuUiiet , m£me aunexei. 

n On lenr donna le fumom de canonici , parce <in'ili fiiroIeaE - 
prolelGon ite fuivre lei Ciiioni plui piiticuUiremeut que lei aucrel 
Cleici r^pindui dini lei tittei ou Eglifci de la ville Sc de li cim- 
f jgiie , &, que lei Clcrci ou Chanoinai de Ucachedcale furent allii- 
jetcii a une rigle ou difcipMne particuUire. 

o Lei premien Chciitieiii avoienl deji pialiquj li vie commuac ; 
■nlii queliiuei-uni prccepdenl, Ec evec Ibndemenc , que cetce com^ 
mnniut^ ne T^ndic pai au-deti dei muri de Jcruiilem , & qu'ellc 
4ell'icauc-i-raitdciqueIenambredeiiideUeiltitiflngrindpouiren- 
ilre rufageilc eeCle viecommune diflicile. Miii let fidellci JonnoienE 
louiourmne partie de leunbiend la bourfecommune,del1in<epour 
U fubfillanc^ dct Miniltrei de TEglife b dei paDvrei. Lei Moiuet 
obfervoicnc wlli la vit commune , depuii qu'ili avoienc iti ralkm- 
Uci dini lei Monaniret , par Ciint Anmine , fnnt Hicame Sc lu- 
irei. .Maii 1j vic commune dei Chanoinct ne fucinltitu^e en Occf- 
dent que par fjini EuQbe, Evtque de VcrceU, lequel «n )i4)oignjc 
la vie moniltique a li cldricale , dii» fi perfonne St danl ceUe de 
tan Cterte. Sainc Augultin , qui ful faic Evjqiie d'H/ppoi]« en t9( , 
vivoit aulTi en commkiniutL' avec fct Cterci. 11 fonda dini le poui^ 
piii de fon Eglite une Communautt! de fjimet Filtci , qui jioienc 
gouvemtei pir fi fxur , E( qu« l'oa te|acde coinine let premiirM 



140 I N S T I T U t I O N 

^ Reguliers , ils ont obtdciu des Papes , & meme dc$ EvS^ 

Chap.xVU* <iues, plufieurs priviieges , qulls ont eu grand foin defaird 
con^rmer ou augflieater a chaque ekdion qu*ils faifoient^ 
La plupart ont juridiflion y , non-feulement fur leur corps , 
mais fur quelque partie notable du diocefe , & font exempt» 
de la jurididion de TEveque , ne reconnoiflant pour fupe- 
jrieur , au-deiTus de leur Doyen « que le Metropolitain ow 
le Pape. Ce qui fait que les £v£que» n'ont plus d*autorite 
fur la partic de leur Clerge , qiu feule eft en poffeffioiiK 
d^exercer les droits de toutle corps , & que fouventon 
leur difoute la liberte d^officier dans leur Cathidrale. 

Les Prevots onc ete abolis en la plupart des Chapitres ^ 
parce qu^ayant radminiftration du temporel { , ils etoieot 
trop puifians» & fouvent faifoient foufirir les Chanoines» 
On s*eft mieux accommode des Doytns , qui ne fe meloienc 
que du fpirltuel ; & on les a tous reunis en un , qui s*eft. 
ainfi trouve le chSf en la plupart des Chapitres. Comme les 



& ron nten voit point d*esemples avant \t Aoxxtt ovt le trnzitoe 
ilecle. Ce n'^toit d*abord que des protedious temporeUes contre 
rexa&ion des EvSques & de leurs ofHciers , qui fousdivers pr^textes 
fliultiplioient les droJis qu*ils pr^teiidoient leur ^tre dils pai* les cha^ 
pitres. Les exemptions accord^es i \\n grand nombre de Mouaftere» 
£rent ambicionner aux Chanoines de s*affranchir de la vifite de leua 
EvSque. Lc re)our des Papes a Avignon , Sc les frequens rchifmes , 
leur fournirent roccafion de fe faire accordcr d*autres exempcioot 
tfncore phis ^tendues ; & Tabus fut port^ fi loin' , que le Concile de 
Conftance fut obligd de les r^voquer toutes. Voyc^ les Mimoira dtt 
Ciergi , tom. IV , pa^. 486 & 987. 

Cependant , plufieurs de ces exemptions fubfiftent. Mais le Con-« 
^ie de Trente ^ftjf. 6. chaft, 4'. de Reform, ordonne que les Chapi- 
tres des Eglifes cath^dralcs 8c autres Eglifes majeures , & leurs per« 
fonues , ne pourront empecher les Ev^ques & autres Pr^lats fupc^ 
rleurs , ou feuls ou avec telt adjoints qu'il ^eur ptaira choiftr , Sc 
ifidme eo vertu de Tautoritd apoftolique, d<^ les vititer 8c corriger^ 
donobftant toute exception , defenfo , appellation ou plainte inter-' 
jetce , mfime devant le fidge apoftolique. 

y Outre la Juridiftion fpirituelle & Eccl^fiaftiqxieqncpIufiem-sCha'' 
pitres ont , & qu'on appelle Officialit^ du Cfaapitre , la plupart onC 
aufri dans leur doitre une Juflice temporelle qu'en q^?^'.ques endroits on 
appellc la barre du Chapitre , comme i Paris : en d'3Utrek la tempo-* 
ralitd ; en Bretagne, ces Juftices temporelles des EcddiaAiques s'ap«- 
petlenf Regains. 

l Oans plulieors Cath^dralcs il y aroif » pour radminidrVtion dti 
temporel de« Marguttliers Lais , comme dans rEglife dc Paris ; mais^ 
ccs Marguilliers n*ont plus de fonAions a Notre-Damc , c'e(l un dea- 
Chanoines qui a le tltrede Cbambrier^ q^i cft charg^ du foin des afiaircs* 
€9mmunea« 

(rlncipaus 



AU DROIT ECCLfeSlASTIQUE. S4T 
(trincipaux OfEdcrs de chaque Egltfe 4t(«ent itticbis i Ii '■ ■ 

Caih^drale , aufli bien que lcs Chanoines , on lei a confcm- CMAr.XVlfi 
dus avec les ofKciers paniculiers du Chapitre : & on a dit , 
par eiemple , le Doyen de rKghfe de Paris , comme FAr- 
chidiacTe. D'ail1eurs on a regarde cotnme dignii^ du Cha- 
jAire , TArchidiacre , rArchlpreire , le Chancelier a , Sc 
ksautres OlGciers de TEglife. 

A Texemple di^s Caihidrales , les Chapitres des Colligia- 
les ont aulfi cominue de faire corps , apr^s avoir quitie Ii 
vie commune .* & dcpuis Tan 1000 , on en a fondi plu- 
fieurs nonvelles , entre autres dans les chapelles des Roia 
& des Princes , pout prier devant les faintes rehques. On a 
mis auffi des Chanoincs en plufieurs monaH^res, ^as ron 
a f^larifis b , parce que robfervance y avoit ceiT^. La cone Trid 
fon^on dcs Chanoines ed r^duite i la c^l^braiion du (er-fiff. 1». Ju/. 
vice divin , k toutes les heures ; mais s'ils ne font au moins '' ^- 
Sou»-diacres , ils n'ont point part aux collations dcs Mni- amidttitm.^ 
fices, &n'ontvotxniaAivenipadivedaiisIes deiibirations qiuU.frtif, 
capiiulaires. 

On a jug^ , dans les derniers temps , tiu'il ^toit bon d'ex- 
citerceuxquifont engages, par desben^fices , aufervice 
de TEglife , <t fe meitre en iiat de la fervir utilement. 

EMf ' I wa 

CHAPITRE XVIII. 

Dei Curis. Dti Corivtqutt. Des Arckipritns. 

D&s les premiers fiecles , il y eut des Preires que ron Thomaff.tl 
diflribua dans les litres , c'eft-a-dire dans les lieux P^^- '■*■ «• 
d'oraifon , oii rEvfique alloit tour a tour lenir raAembl^ *■■ "• *'■ *'* 



aWittt linljnonnij At ce qu'ancicnncmenlc'/(ait lui qui iVoilU 
fiTdi ilu fcdu d* rEglirc, t*. qui (cclloillei Lciiict. It 7 • danl 
PEclihdt Piiii uD Cbinctlitr qui prcnd lc iltre <Jc Cht»«titr dt rE^lifi 
4t Ftrii fr di rVihirfiti. II donnc rculli b«n<diaton <)> liccn^e d.nl 
ki FacuMt de Th^ologic Sc dc Midccinc. Lc Chincclicr de rAbbifa 
J* fiiotc G«neviivc , qui picnd auni le litre de ChwKtlitr di CUiunr' 
Mti, doDM concutremnicnt ivcc tui U bjnMiAion de licence dani ll 
ri«ulti dct Ailt , chacun dini lei Co1l4^el qui fant dint fon putice. 

h C* ttimt fitwlarifi nt fignific pit en ccllc occifion <]U( lc( Mo- 
Mfttt«l (ieai M lefliiuti au fiecle , 8f toicni redcTtnu* Att bitn* 
profuict a nib fculcmcnt quc ccs Monanetci , dc Miifoni r^iulitf** 
^u"!!) ^olcot , (oBt dettaui finplviiMDi EcdiGifUquti. 
JmmU, (i 



t4» I N S T I T U T I O N 

'pARTiB I ^' fidelles. lls avoient foin du peuple de lout un quartier J 

Ch. XVIII. pour obferver leurs mccurs , & avertir rEvetjoe de leur» 
befoins fpiriiuels. Ils pouvoient donner le bapieme ou la pe- 
jiitence a ceux qui etoieni en peril. Cette diftribution fut ne- 
ceflaire dans les grandes villes , comme a Rome c ,& k 
Alexandrie , oii des le commencemeni du quatri^me fiecle 
nous voyons plufieurs Fglifes , & en chacune un Pr^tre 
£pipk. h»' charge d'inftruire le peuple. 0'a commen^ peu de temps 

JjJJ^_ '■ * aprfe k baiir des oratoires k la campagne d , pour la com- 
modite des payfans ^loign^s de la ville , & on meitoit des 
PrStrcsices oratoires. Tel futle commencemcnides Curtt 
ou Paroijfts. Dans les peiites villes e , ia Caih^drale fuffi- 
foit ; d'ou vient qu'il y a encore des ParoilTes en plu&eurs 
Cathediales. 

On ne donnoit poim d'auirenom4cesPrltre$, quede 
Prctrt d'an itl titrc. Depuison les nomma Cardinaux , pout 
les diAinguer de ceux qui ii'etoient poim aitach^ aux ^U- 
fesqu'ilsfervoieni, &queI'Eveque y envoyoit feuleraent 
i certaim jours , OU qu'il n'y metroit que pour UQ temps. 
Ce nom de Cardinattx marquoit qu'ils etoiem actaches pour 
toujours a leur titre/, comme une porte eA engagie dans 
fes gonds. On nommoit aulll quelquefois Cardinaux , les 
Eveques tttulaires , pour les diftinguer des Ev^ques viG- 
g};a .,, ^, teurs ou commendataires , qut ne gouvernoiem une Egtife 

frattniit. I. que pour un temps. Et comme il y avoit des Diacres dif- 
«tCr^. (. 

t S. Evaiille, (ti\hmK Papc, AWih Sc pirtigca lui Prlmi lei 
tiires dei Eglir« it Ii Tille de Rome. Le pipe S. Denyi imit , en 
376 , (atil i Kome qu'ailleuri , lei Templei , lei Cimelitrci , PtroilTei 
b. Diociiti , CDmmiadint que chacun (c cinl conlent dini fon finage. 
Lc Pipe Mircel inniiua i Rome vingt-cinq litiei, qui font comma 
*uttnc de PiioilTei. Bironiui remaique que dci le teoips du pape 
Corneille , il y ivoil it])i quarante-iix ParaifTet a Rome ; lei Egliics 
de [« cimpagne n'^ioieni qaalifijei que de ChapitU$. 

d Cet Oriiairei ou Chapellei, appel^ei dipuii Curii ou Paroifftt . 

t A Pariimtmeily avoit une ParnilTe annex^t )a Cathfdrale fout 
1« liite de S. lein-le-Rond , qui 1 ili tttnifirit i S. Derys-du-Pa». 11 
y ■ auiri une Piroilfe innci^e a la Calh^drale de LyoD , qui cft deffcrrie 
pir deiix CuRodei. 

/ Le nom de Cardiaau* vicnl dc ce que leati tilrei mime ou Eglirci 
^loieni appel ji Ciin/ii»/u, c'efl'i-dire Eelifet piincipalei , pour !•■ 
dininguer dei Diaconiei ou Hopitaux , £ des timplcs OTitoitcs. L* 
PfCUe <l'iine Eglife Cirdinalc fuc appeW Priin Cardinal , pour le 
diltinpDcr det luUMpiCtiw. yojt\l»<itoffairtitia Cinge, lu ntt 
Cardmatitt 



AV DROIT ECCLfeSIASTlQUE. uj 

trlbu^s dans les titres ou les oratoires , qui ne meritoient p^ ^ 
pas doccuper un Pretre ; on les nommoit aufli Diaertt Car- ch. xVllI. 
Jinjaxf;. Cetie miniere de parler etoit ordinaire du temps ^plfl- *«•_ 
de S. Gregolre , & itoit commune par touie rEgllfe La- jia'',*'^!', 
cine. Depuis.le ticrede Preirti CnrJindiix (at attribui parti- e. j{. au, 
culicremeni a.cesdeux villes A. Enftn, le nora de Cardifud " '/■ •»• 
■i'e(l demeur^ (]ue dans rEgiife Romaine, plus attachee °"' 
qu'aucune autre k Tancienne tradition ; & il s'ell itendU 
«uxEveques fuffragans du p3pe,parce(]u'ilSiiefont qu'uA 
meme corps avec les Pretres & les Diacrec de rEglife Ro> 
maine, pour enelire le chef. 

Ces Pr^ires Cardinaux, que nous appelons aujourdlitd 
Curis i , devinrent dans la fuite comme de petlts Ev^ques « 
k merure que le peuple fidelle augmenta. On leUr permit d« 
dire des Mefles dans leurs litres ,. & par cOnfequent de pr£- 
cber. Onleurpermit aulli de baptifer, m^me auxjours fo* 
lennels, cc qui toUTefois ne fur pas univerre!. Cela ell (i 
vraiiqu^il n'y avoitdes fonis baptifmauxqu^en queiquet 
Eglifes principales , que Ton appeloit PUba A , & le pretre Pinv. Pi«- 
qui les gouvernoit PUhanui , nom qui refte encore en cer- ''*'' 
tains pay$.'De chacune de ces ^glifes baptifmales, dSpen- 
doienr plufieurs oratoires ou moindres Cures. Tous les Cu> 
iH avoient aulTile foin d'in{lruire les enfiuii devant & aprit 

$ Od tppcll Diacrti Cari 
Ccui qui jioieni ^ttfoitx fut 

h Pluli»ii> c\ittx k AbhJi At la «iUt At Pirii S( de Itt en*ironi, 
BVoicnlUlilrr de Prtirei Cariinaux , coRiine onripprend d'un anciM 
CarcuUire de rEglire de P^rii , lequel , tn ttie (l'un« tlflt de> Qntit 
dc tcti* Viile, met : Ifii fuM Priihyuri qui rottniur Ctrdi«il , ful 
ithtut iaictijji pir ft ril pir aiioi , dum Epifiopui cclctrti in Eceltfi4 
ParificHfi . ,n fcftii Naiiiiiatii Daminl , Fajcht 6- A^amprhnij. El 
cnruitcfontnomm^ilciPiitretdeS. Paul. de S. Jein en {Jiirt , !• 
Prieur de Noirt-Dime de< Chimpt . ou pour lui 1e Pr«tre de S. Jac- 

Sues , le Prdie de S. Seveiin ; ceui de S. Benott , de Chitonne , d« 
. Eiienntdtttjiei, deS.Cerraiii le P.ieur dt S. Julien 1e Pauyrct 
lcfPiilretde S. MetriK deS. ■iiuitui, & rAbb« de S. ViAor, * 1« 
placc diii]tie1 i1 ed dii que vieot Ton Vicjiic, 

i Lc nom de CW ne commenr;i i-urret i (iie Cn uragc quc dani U 
douiientc fiicle , auparaeant on dir.ji< le Pitlit d'une itlle Eelire . t* 
propie ^rdrc. Le beuf, HiJI. JtUttIU& Diocifidtfar.i , Tom.J^ 
fat. 116. 

1 Oii croit quc cei Etlirei, ippet^ei Plcici , dtoitnt lci E|tlir«* 
ArchiprEib>tJialeii en effet , un Cuntile ite l'<n 904 , danl lc licu «ft 
bcenain, poile, c. 11, C/iJiiitfl' PUtei Archipriitjicrum hjtcifi...,,, 
Mi ntn-fMm Imptiiii vulgi folticiiudiium [craat . rcrum Uiam «MM^ 
rrutytuanm f ai fti «Umim tiittft istust^ 




fag. iijfl. 
tlifl. tn 



944 INSTITUTION 

" ' la confiriiiation ; de corriger les mceiirs , de convertir les 

Cb. XVIU. p^heurs,ouirlesconfeflions& donner la p6nitence Tecre- 
To. 7. Cone. te , de vifiter les malades , leur adminiArer rEittr^me-Onc- 
tion & le Viaiique, & donner la fepulcure. On peut voir 
I. ti. ^^ '^^ devoirsdes Cures , le capimlaire de Theodulfe , Ev£> 
que d'Orleans , ecrir vers la fin du huitieme fiecle. 

llspeuventauflib^nirlesmariagesnln^ya que laconfir- 

mation & Tordination des dercsqui appartiennent^rEv^- 

que ; encore le Cure pouvoit-il faire un pralmiRe / ou chan- 

tre de fon autorite , non pas un Acolythe ou un Sous-dia- 

Thamag.4. cre. Mais les Cures pouvoient depofer m les moitidres 

f . 1. 1. e. tS. Clercs au-delTous des Sous-diacres , & excommunier les 

laiques. Vers Tan 1000, les Cures etendirent leur pouvoir 

Jufqu'a la )uridifiion contentieufej&en jouirent plus de 

trois cenis ans n.Les Cardinaux de TEglife Romaine ront 

conferv^e avec pluCeurs aucres droits ^pifcopaux , qui 

itoient autrefois communs k tous les Cures. 

TAafltd/. I. poui- la campagne , il y eut des Corevcquts , dont rufage 

*' ' * ^oit frequent en Orient des le quatri^me fi^cle. lls com- 

mencerent plus tard enOccident , & ils furentabotis plu- 

tdt. Cetoit des Vicaires forains o , c'eft-i-dire des Pr^res 

avec un pouvoir fort etendu, qul faifoient i la campagne 

la plupart des fonflions de rEvgque. Les Ev^ques, fe rel^- 

Capit lom ^'""^ ^^"* '^ huitieme fiecle, leur abandonnoient tout, 

■.^g.f^j,.'iufqu'a la confecration des ^glifes & Tordination des 

f Le Pfalminc ii'tlt pai nn Otdre, miimn Office ou fonCHoo Ecclf- 
fiiAiqtie- L«i Pdlmillct ^ioient des Clerci qui chactoient le« Preauine* 
k Atax chceuK , c'e(l-ji-dire alternilivcmenl. 

n Chaque Cuii f iint miitre dani ron Eglife pcut encora denituer 
tOUileiPrttret, Diacres &iutrei Clerci inli<iieiirs, dc l'einploi qu'iU 
jr eiercent , 1 moini que cet emploi ne foii drigf en litrc de &ialhzt. 

B Cetle Jucidiftion i'eier;oi[iux poilei ies Eglifes , ou il y avoit 
•rdinaiicment pour roaiqu* dc Juflice , deux Lioni. Cell de-U que les 
Senlencei donnf et par lei Jueet dc cei Eglifei , dtoicni daUei 1 la fin , 
intam intcr duat Ltcntt. Le Ciii^ de S. Severin de Ptri* , en quilit^ 
d'drchipiitie , ■Toit une Juiidiflion i aufli va^oil-OD , au-derant dc U 
principale poite de cettc Eglifc , dcui Liont en rclief , 




ioat ptopcciHnt jtt AKhif (iut) di ctttc Eslifc. 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQUE. 14* 
Clercs majeurs ; ce qui en fit ordonner la fuppreflion rout partib t* 
Lcon III & Charlemagne p. Cu. XVHt 

Lcs Pretres diftribues par les tirres dc la ville & de la ^''fl- '■ «•■•- 
campagnc , ne fairoieni loujours qu'un meine corps "" 
avcc ceux qui etoicnt demeures a ]'Eglife matrice, qui 
iioient comme eux foumisarArchipretre, qui ^toii tou- 
jours la premicre perfonne apr^s TEveque. U ^toii fon Vi- ifid. Hifftl. 
caire q pcndani fon abfencc, pour les fonflions interieures; f^r'ft-^d Lai. 
ilavoitlepremierrangdansUf^ncedufanduairC', ilavoit ^" ^ ' 
iofpefiion 61 corredion lur tout le Clerge, & un foin par- 
ticulier des penltens publics. Des le fixieme fi^cle on voit 
plufieurs Archipr^ires dans un diocKe , pour veiller fur let 
Ctercs, cbacun en un certain d^troit r; on tes trouve aulB 
nomiQ^ Doytns , & {juelquerois c'£toilles Curcs des eglifet 
baptifmales. A prifcni rArchipritre n'a plus gu^res qu'un 
titre fans fonflion, affeSe a ceriaines paroifles. 



mouruten939,<lwiun 
Archcrtque d( Locc, iJit tn piilant dci Corhtquci , qulline iloivnt 
HJ confjccrt lct Eglirci, ni ordonnerdii Pcttrci, n! domscr la confir- 
nution, Ccci piouvc qu't1 y avoit cncorc dei Cor jriquci ; miit il n'cB 
•tt plai rneniion en Oricni , ni cn Occident , dcpuii k dtxiime {AA*. 
\\ piroU que lei Grandi ViciiTCS ou Vicairei Gtnjraui onl fucc^df li 
cct Cor^rjquei , leur toblilTeiiieni Ti'^ini guiret quc du oniitma 
Ctcl* , G Ton en cxceptc quclquci cxcmptet , mai> tri*-tarei , oti il cft 

faiM de PrJliei aui aidoient aui E* jquti 1 fiirc lcuit ronAiom. Vorcc 
Ah/giaroaol.j€rHi/l.£tcU/.JcMtcjair, Tam.I,psg. ]7' • & 
lci LoiiEctUfiafiijait, pari. I , ckap. i. 

f II paroii en cll'.'t que t'Archipr(ire fiifoll quelquet-unei de> fonc- 
tionidcrErfqueen fon ibfcncci maii Ic Concile de Rircnne, Knn 
en 1014, djfendiiaui Aichipritici dc donner lupeupleU b^n^diAion 
OD la Conlimuiion nar Ic faint Chiimc : fonAiaoi i^fciir^ci lux rcula 
£.(,..,. 

r 11 y 1 encorc quelquM Diocifet irtiCii en Archifrliiii , comiDt 
Ljron , Micon , Belliy , Dijon , BeCancon. Autun ett ttirift cn Ai- 
ehidiacon^t, qiii font Midififji en Archipritifi. D'aulret Dioc^ree 
font diriftfi par Archidiacon<< ; ctlte iliffdrcnce rienl dc la pr<^mincnc« 
que rArchiiliiirre avoii acquife , en ceiiaini lieui , fui fArchipTitri, 
^tinl ippiremTnenl plui ancien. Cei Arcbiprttif 1 & Aichidiaconcifoat 
b Bfaie cbofe que c( qu« l'oa appelle aitUutt Dojtmii raraa*. 



4% 



Qiij 



%4S INSTITUTIOW 



CHAPITRE XIX. 

Dt rArchidiacTi, Dm Vicaire-generaL Du Perdtencier & dm 

Theologal. 

^'^•■■f-^ Y ^ARCHjDiJCREfetoit , d^ les prcmicrs temps , le priiH 

Jt^ y \^ ' X-r cipal miniftre de TEveque , pour toutes les fonSions 

f. I. c. II. exterieures, particuliirement pour Fadminiftration du tem- 

Ifido, Xp\P. porel. Audedans meme, il avoit le foin de Tordre & de la 

M i4tidfruid. dicencedes offices divins : c'etoit lui qui prcfentoit les Clcrcs 

k Tordination, commeil fait cncore; qui marquoit achacun 

fon rang '& fes fonSions ; quiannoR^oit au peuple le^ )ours 

dc ieune ou dc fete ; qui pourvoyoifa rornement dc rEgli* 

fe & aux reparations. II avoit rintcndancedes oblations& 

des revenus de reglife , fi ce n*etoit dans celles oii il y a voit 

des economes particuliers. II faifoit diftribuer aux clercs 

ce qui dtoit rigli pour leur fubfiftance. 11 avoit toute la 

direSion des pauvres , avant qu*il y eut des h6pitaux. U 

itoit le cenfeur de tout le pcuple , veillant a la corredion 

des moeurs. II devoit prevenir ou apaifer les querelles, 

avertir rtv^que des difordres , & ^tre comme le Promo- 

teur pour en pourfuivre la reparation. Auffi rappeloit-on 

la main & rotil de fEveque. 

Ces grands pouvoirs attach^ aux chofes fenfibles, & 
i ce qui peut intircfl*er les hommes , mirent bient6t TArchi- 
diacre au-deffiis des Pretres qui n*avoient que des fondions 
purement fpirituelles , rinftruftion, la priere, radminiftra-. 
tion des facremcns. L*Archidiacre n^avoit toutefois aucune 
jurididion fur eux jufqu*au fixi^me fi^cle ; maisenfin il fut 



/ l.*Archidiacre n'^toit , dan$ rorigine, qu*un dVntre le$ Diacres, 
choifi jpa^ l'£Y£({ue pour pr^fider fur !e$ autrei , & auquel feul , pac 
fucceUion de temp$, il attribua toute$ lct fonf\ion$ & le pouvoir qui 
«ppartenoient auparavant a tous les Diacres en corps. D'H^ricourta 
hois EccUf. , part. i , chap, 3. 

Cette dignic^ eA fort ancienne dans rEglife , puifqu*Optat de MileYe. 
tn remarquant quo co fut C^cilien qui donna lieu au fchiime 6%% Doaa« 
tiAes , lui donne la qualit^ d'Archidiacre. 

Le Conclle tenu a M^rida en Efpagne, en 6^, ordonne k chaqu^ 
Ev^^ue d'avoir un Archipr^tre, un Archidiacre & un Primicier. U 
ptcou qu*4lori rArchipricre ^coic «ocort au-dt flus dc rAichidiactc. 



AU DROIT ECCLiSIASTIQUE. T47 
leur fuperieur , &t meme de l'Archipr£tre t. Ainfi il devint . ■' 
la premi^re perfonnc apres rEv^que, ezer^ant fa juridic- rH^i^^ic/ii 
tion , & faifant fes vifites , foit comme d^ligue , foii i caufe 
de fon abfence , 00 pendant [3 vacance du fiege : ces com- , J^'"'.' '^^ 
miflions dcvinrem enfin fi frequentes , qu'elles tourn^rent Luiifrid, 
en droit commun ^ enforte qu'apresl'an 1000, les Archi- 
diacres furent regardes comme Juges ordinaires, ayantju- 
ridiflion de leurchef, avcc pouvoiide dcleguer eux-in^- 
mes d'autres Juges. 11 eft vrai que leur jurididion etoii 
plus ou moi ns ^tendue , felon les differentes coutumes de« 
Eglifcs, & felon que les uns avoient plus empiete que les 
autres. Elle etoit auHi bornee par Jeur lerritoire , qui n'^ 
toii qu'une partie du dioc^fe ; car depuis qu'ils devinrent fi 
puiflans,on les multiplia, principalement en AllemagneSc 
dans les autres pays oii les dioc^fes font d'uae etendue ex- 
cellive: celui qui demcura dans la ville u, prit le lirre de 
Graad Archidiacrt. Des le neuvi^me fiicle il fe trouve de« 
ArchidiacresPr^tres,& toutefoisilyenaeu aooansapr^ 
qui n'etoient pasmemc Diacres,tanil'ordre ^ioitd^slors ^^^^ j.^.^ 
peu confider^ , en comparaifon de Vof&ca. On les a obli- fijf. 14. R, c 
g^s i etre au moins Diacres, & ceux qui ont charge d'aine) >*• 
a eire Preires. 

Les Eveques fe trouvant ainfi prefque depcuilles de leur 
juridiflion , travaillerent apr^s l'an 1100 ^ diminuercelle 
ilesArchidiacres, leur d^fendant de connoitre des c.iures 
de mariage , & des autres les plus importantes , & d'avoir 
des ,OfIiciaux x qui jugealTent jk leur place. Cependant les 
Ev^ques avoient eux-memesdes Officiaux, pour exercer 
leur jurididion contentieufe ; & pour rexercice de !a ju- 
ridiAion voloniaire , ils fireni desVicaires generaux, qui, 
n'ayant que de fimples commillions , revocables a volonie , 
nc pouvoieni abufer de leur autorii<^ , comme avoiem fait 



I Lcil.oncilcinoinnitnccepeTi(linil ATC>iipr«trei*intrArctii(liicTC> 
Cornme te Priitc <(l lu-detTui dct DiiCrM . It cherdct Pi etr« doii «tr* 
■u-deiruideiDiicret) maitlerang derArchipitite & 'ferArcliidiacr* 
•etr'(ui ,en inoini t<^< nii !i dignii^ deteur oidie.que pirlViendue 
de Jeurpouvoir & deleur Juiidiflion, eaquoiileft ceiuin que rAtcht- 
diicre en rupfrieur trArchipiclre. 

u Auiourd'hui tuui tai Archidiicrei demeuTent dani ti Ville , & roet 
•ItKh^t 1 U Cithfdrile. LtGiindArchiriiKre ne ditTtre dei lutrei. 
^u'«n ct (|u'II 1 dani Ton diftriA 1e letiiioiie it Ii Viile & it\ Fiuhour^ 

« U y ■ prf r«al«aicat uicpcu d'ArchtdUc[ct qiii lienc un UiEeial. 

Q tv 




ajo I N S T I T U T I O N 

Paktii I. *° Lombardie fom les plus anciennes. 11 y avoit de tous 

CMAr, XX. les lemps des ^oles dans loutes les EgUres Caihedraies / , 

& dans les prindpaus MonaHere^ ; mais ayani ete ruiD^S 

Iz plupart par les derordres du dixi^me fiecle , on vint de 

toutes pans etudier aux viiles , oii l'on trouva les meiileurs 

Maitres, & oii l'on enfeignoit le plus de diverfes Sciences. 

•jT^ I On coBimen^oit par les Arts g , pour fervir d'introduc- 

j, j, ^e. ' "on aux Sciences ; & ces arts ^toient la Grammairc , la 

Diale£)ique A, & toutce que nous appellons HunuinUis i 

Si Philofophie. De-la on monioit aux Facultes fuperieures, 

qui etoient la Phyfique ou Medecine ; les Lois ou le Droic 

Civil , les Canons, c'ell-a-direle Decret de Gratien, & 

d*t buUei iiu'il doniu pour iiiiAtt une police enire let niiliret. let 
^utlilu 6' l/ni*irjiiai : en quoi il ful fuivi par Honociui III , Innocent 
IV & Alexandre IV , dont Ice te:(f ei adre[[^es aux mailrei Ec lui jco- 
lieri, commen^oieni nat cei motl ; Sorait U nivtrfiiu rtfiia Jhidia- 
rum; ou Vaitirfuai Id^gijlrorum & /thalariuia : en C0Dficji»encc lei 
oiailtei prirenl pour eui <e tiire d'UniTerrii£ , ce qui nc fut giitici 
ufil^ de leur part, que du tempi de fiint Louil. CcCorpin^^oitpu 
■lors compofe dci Coil^gei , maii dei Maittei qui ^toien: dirpcrUi , Bc 
enfeignoieni dini dei miKeni particuliirci. Ili ne futenl logfidaM 
lei Coll^gei que vers le milieu du quiniiime Gecte, loifque ViaC- 
truflion y fui liaritF^rfe. 

/Let principalei^colei^toient dant les Mjtropolei. Maii iiretrou* 



tel que le Chancelier, r^colitre ou ptieepwur eiifiigno 
Clercs. Dant rOccident , Yicoie ia plus illuHre jufqu^a S. Grfgoirc , 
fut celle de Rome , laquelle tomba des le m«me fiecle. Lc moiDt S. 
Augudin & autret qui fuicni envD^i^s par fiint Gr^goire tn Angle- 
terre , y foimetent une icole, qui conferva lei ^tudci dupajpi, iin- 
dit qu'elles i'o(roibliiroicnt dani lc rcflc de rEuiope : en llalU , pir 
lci lavagci dei Lombardi ; cn Erpagne , par l'in(al)on d«i Sarra- 
£ni; en Fiance par lei gueirei civilei. De cettc ico\t •)'Anfletetre 
fortit faini Boniface , qui fiit rApolrede i'AlIemagne, Bt lefondateur 
it rtcole de Mayence & dc rabbayc de Fuldc. Alcuin, venu aulTi 
ll'Angleierre, furma Tdcole de Toun. De-Ii vinl ['^cole du PaUii 
de Chatlemagne, encorc ijcs-c^libie foui le rigne de Chatiet te 
a^iiivc ; celle de rainl Germaindc Patls , dc fainl Gcrinain d'Auxer- 
re, de Cotbie , dc Rcims Gc de Lyon. Lei Normandi d^foletcnl cn- 
fuilc lei piovincei maiiiimei de France. Lei jtudti fe conferve- 
rent veri la Meufe, le Rhin , 1e Daniibe , dani ta Saxc Jk dani le ^ 
fond dc rAllemagne. En Francc l'icolc de Reimi fe foutinl )ufqu'l 
r^tablilfemenl de rUniverfili d« Parit , qui fut commc on l'a dit , SU 
tommencement du douiicme ftecle . Difiour^fir 1'HiJioirt EciUfiaJl. 
de M. Fleuty , roni. Xill, paf,. ^<). 

t Lei .^rti dont on patle ici funi lei Arti libjrlux ; favoir , la Gram' 
maiie, la Rli^taiique , la Logiquc, rAiilhmjtlque , la Mufiqu*, U 
Glomjirie & 1'AfitQlogie. 

h La DialcAique ou Loglquc , rail de foimei le raifonncment. 

j Hamtaioftt Utttrtt , c'cft-1-dire li fcitncc qui apprcud i polic 
1«t Illttct) ttDi peur le difcaurt ^c peut let ^ccitt. 



AU DROIT ECCLeSlASTlOUE. 14^ 

Thicltptn , pour enfeignerrEcriture-fainte , & particuliire- paktic. I^' 
nient ce qui regarde le gouvernement des aines. Le Con- Cshf. X1X> 
cile de Bafle etendii rinAitution du Thiologal i toutes les Prag. eoO. 
Caihedrales r & ee decret a pafle dans la Pragmatique & S- *■ ^f^- 
dans le Concordat. Toute* ces inftitutionj ont eti confir- * cone.^TrSl 
Riees par le Concile de Trente, &en France par lesOr-/c/. {.R.c.u 
donnances d'Orleins & deBlois.qui ontetcndu aux Col- ^J^- *- ^ 
kgiales & aux Monafteres robligation d'avoir un Precep- ' 
leur, &robligent 3 inftruire gratuitement lesenfans dela 
ville ; &t le Theologal a precher lei dimanches & les fitn 
rolennelles, & a cominuer trois fcis !a femaine une le^oA 
publique de rEcriiure-fainte. II y a des peines conire le 
Th^ologal & le Precepicur, s'ils ne font lcurs le^ons, 8[ 
contre les Chanoines, s'ils n'y afliftent. Mais lous ces ri- 
gleniensonteu peu d'execution : & lafonfHonefledivedu 
Thiologal ell reduiie i quelques fcrmons , qi^e fouvent 11 
fait faire par un autre. Le Precepteur de gramoiaire s'ap- 
pelle en quelques lieux Ecaldirt J, 11 cft vrai que Tinten- 
tion de toutes ces lois a iti fuffifammcnt accomplie par les 
Univerfitcs & par les Coll^ges , & miettx encore par les 
Seminaires. 

B» ' %i 

CHAPITRE XX. 

Dtt Uttivtrfites , du Colligtt £• dti SinuitMres. 

LEs Univtrjiiis font des compagnles de Maitres &: d'{- Pafquier. 
coliers, etabliesdepuisenviron l'an laoo e , pour la '^'** '*'■•• 
comrr.odiie des eiudes. Celle de Paris & celle de Bologne 



4CoinDi« Anicni, Vcrdun , E>'c. L'^colltrc doit donncr^iiiii lct 
pctniillloni poiii tcnii 1« pciiici ^colei. Dini qu(t<]ue> EgUfct , COID- 
nc t Paiii , ((eft le chsntre cn difmtj qtii ticnt lieu i)'ecaUite , Bc 
qni donne cei pcrminioni. 11 ticni mcmc un ccttiin jour un (jnoit, 
j»<)utl il coiiTOque lOui lci mjiires & niiiticire! <]'eca1c , pour Inu 
ittaaet lci regkmeni qu'il croit ccin*rnible!. 

c Quctquci-uni cappoiicnt \i pcemiC'r« tnnitution de rUni«crG(£ 
-"- "- ' i Ch.nlenngne , i ciiife qu'il eiablii cn 791 dct fCol«i pu- 
lour Tenfciio«r aux liculicri la Gummjiic, la Phi'ufophie 8t 
. th^ologle. H eH ctrt»n cn elfct . qiie l-UnlvcfCi^ cie Pirii qui 
*|1 U plui indenne dc touiei , tire fon o(i,;iiic t'.c rc.;cle dc rF^lira 
t^iUcilule lie Pjiii , ^^1 fut itjblic cn «ccmion dei ccglcmeni fjit» 
fu ChirlemagDC ; maii elle ne coinmcnfa 3 ft foinii.T cn coipi ()'.ie 
VMi la fio du dciuiidit fUd* lUMMl lll (ui lepiemiu. q- i diRS 



u\hf 



15« I N S T I T U T I O N 

Partie I. fo^^3 plufieurs enfuite pour les pauvres Etudians, qui nV 
Cbaf. XX. voient pasde quoi fubiifter hors de leur pays r; & la plii* 
part font aiTeftes ^ certains diocefes. Les Ecoliers de cha« 
qne College vivoient en commun , fous la conduite d'un 
Provifeur ou Principal^ qui avoit foin de leurs etudes & de 
leurs moeurs , & ils alloient prendre les le^ons aux Ecoles 
publiques/. Enfutte la coutume s'eft introduite d*enfeigner 

sn^me Congr^gation , fut foodee par faint Louis. Voyei Saaval , tami 

J > p^s- 1 7. 

r Le premier de ees coll^ges eft la Sarbonne , qui flit fond^e en 

/'Ces ecoles publiques a Paris n*etoient d'abord qu*au parvis No« 
tre-Dame ; enfliite le Chapitre permit que les ecoliers , tant d'huma* 
nit^s que de phiiofophie pallanent la rivi^re & fe tioflentafaint Julien* 
le-Pauvre ; &. m£me quelque tcmps zpris il pcrmit si Guillaume de 
Cbampeaux & a Abaillard , d*ecabllr une ecole a faint Vidor. Le 
Jiombre des ecoliers de dehors augmentant toujours , on bfitit les 
^coles dcs quatre nations de la facult^ des arts a la rue du Fouare ; 
on b^tit eufuite des coUeges , roais qui ne fiirent d*abord que des 
hofpices. £n 1244, on permlt aux maftres ou dodeurs ^s arts d*eu- 
/eigner par-tout 011 ils voudroient , & dans les maifons qu*ils trou- 
veroient les plus commodes. Ce qui formoit tutmt de pddagogits ou 
penfi«ns. Pour r^gcnter , il ne fuififoit pas d'avoir le degr^ de maU 
tre-es-arts ; il falloit avoir fupplie pro regentia & fchotis , comme 
cela s*obferve encore pour les coll^ges fic ponr les mattres de pen« 
fions , & en avoir obtenu du ReSeur la permiflion. Ces p^dagogues 
ou maftresetoient la plupart eccl^Hadiques. Ils enfeignoient la gram- 
maire & les humanit^s. A T^gard de la rhetorique , il y avoit des 
jnaftres qui faifoient particuli^rement profeflion de renfeigner. Les 
^ ^coles de philofophie a Paris etoient a la rue du Fouare : cfaaque 

nation ayoit les fiennes. On ne commen^a i enfeigner la philofophie 
dans les colleges , que lorfqu*on y admit des penfionnaires autres que 
les bourfiers , & que Ton y ouvrit des clafles publiques pour la gram- 
maire , les humanit^s & la rh^torique. «• 

Le chancelier de Kotre-Dame avoit feul au commencement rinf> 
pedion fur toutes les ^coles , & donne encore feul la bdn^didiofi 
de licence dans les facultes de th^ologie & de mddecine ; ce qui 
confirme bien que Tuniverfit^ tire fon origine de T^cole de rEgUfe 
Cath^drale de Paris. Les ^coles publiques s*^tant ^tendnes fur la 
montagne de fainte Genevi^ve , rAbb6 pr^tendit que celles-ci d^- 
pendoient de lui , fic de-la vient Tufage que le chancelier de fainte 
'Genevieve donne la ben^didion de licence dans la fapult^ des arts, 
concurremment avec le chancelier de TEglife de Paris , chacun pour 
les colleges de leur lot^ & ils changent de lot tous les ans alterna* 
tiven-.ent. 

Les premiers ftatuts dc Tuniverfit^ furent drefl;*^s en 121 f , par 
I Robert de Cour^on, dit le cardinal de faint Etienne , Ldgat du faint 

Slcge. Ils furent r^form^s en 1598 , fic ron y fit une addition en 
|6o3. Les Lettres-patentes du zi Novembre 176; , dont il fera parM 
ci-aprds , oat eflicore op^re uii chan^emeiit remarquable djius llJoi» 
yerOctf. 



AU DROIT ECCL£SIASTIQUE. ajj 

cn plulieurs Colleges t , & on a etabli des Collcgei en la ^p^j^^^^ 
plupan des villes qui n'ont point d'Umverrite , outre que Ceap. XXi 
les Univerfites fe fom extremement multipli^ u. 

Depuis cei eiabUfTenicnt , les eveques (e fonr repofes fur 
ks Dodeurs des Univerfites , de rinflruftion des Clcrcs , 
pour la Thcologie & les Canons ; & liir les Regens det 
Coll^ges , pour les itudes inferieures j ^infi le Theologal 
& le Precepteur ont eu peu de fonflion. Mais fi d'un c6ti 
les Univerfiies & les Collcges ont rendu les etude^ plus £i- 
ciles & augmenie la fciencc , les mteurs & la dikipline en 
ont fouiTert. Tant de jeunefTe a£cmblce n'3 pu ctre conte- 
nue fi ailement par des Miitrcs etrangers , que les Clercs 
d'une villc , par un Pnmicicr , ou un Archidiacre , fous 
)'ail de rEveque. L'etude a ui: icparec des fon^ions def 
Ordres mioeurs , qui font dcmeurees , partie i des enfans 
de choeur & k des chanires peu lcttres , partie a dcs be- 
deaux & des valets , purs biques. Cependant lcs Clercs , qui 
iTudioient dans les Univerfitcs , etoiem fans fon^ion , & 
vivoieni m^l^ avec lcs Ecoliers laiques , dont le nombre 
efi infiniment augmentc dans les derniers teoips. Enfin , on 
a vu qu"ll etoit neceflairc de les en fiparer , pour les for- 
mer k retai eccl^fiaAique. 

De-U eft venue riiUlitution des Semhubttx.ComaKoa 



t L'inftraflion publique dani tes ColUgei ne conmcnfi que Tcrt 
le miliea du XV riecte. L e CoEI jge de Navarrc parolt (tre le pre- 
Diicr oil cela tiit ftabli ; tout le< Coll^Bei devinreni eiirujce de plein 
exercice. La dillindion de %nnii (k de pettti Collcges ne vint que 
^epuii lei ttoublet de la ligue \ une partie det mattrei tnnt difpcr- 
fit , it ne reni i Paril que neuf Coltjgei ou riuriruaion Tut con- 
tinufe , auxqiteli fut i\omi depuis te collfge Maiarin. II rella feu. 
letnent quelquet cours de philofophie daiii lci aucrei Collegei : maii 
par det LelCrei-pacentei du ii Novembrc 17C1 ,rcgiltrfet au Par- 
lemenc te i( ,- lei piincipaux & piociireuri de cei peciti CoUifges 
ont ece fupprim^i , & Iti bouilicn iransf^rci daiil te Coll^ge de 
Louii le GranJ , cr qui a eu 1011 execulion en Juillcl 1764. Lc Hoi 
J 1 luiC ctabti te Iribunal , let arcliives & illcmbleet de rOnivef 
fiif , & ]( a auHi iraniCcrc le Colicge dc Beauvait , i compcei du pre- 
niier Ofiobre 17^4. 

« On encompte vingt-troit en Fnnce , dont celle de Piriieftla 
premi^re, dix-liuit eit Tcatie , vingt-fept c^i Allemagne , treite ea 
Angteterre,vingt en Efpagnc, Kcc, 

X On peut legardei comme let premieri Scminaiici, let Comtnu- 
Baut^ideiClerciquecbaque Evcquc avoit aulrcfoii djnt fon Eglilic, 
■vec lefquell il vivoii cn commuo , tL qu'il prcnoit foiii liii-m;-m« 
iriaaiuiit , eu \v.'\i fuii>U ioAtuiie ^u quel^uc auuc eccleliitlli^c> 



H4 INSTITUTION 

pAKTiE l, ^i^velesjeunesarbres danslesp6pinidres,d'oii enruiteon 

Cbap. XX. les tranfplante oii Ton veut , ainfi Ton a jugi a propos de 

former les jeunes Clercs dans des Colleges particuiiers , 

pour les rendre capables de recevoir les Ordres , & d*Stre 

e»"f. Tnd. ■ppliqu^s aux fon4lions eccleriaftiques. Pour Cet effet, le 

fiff.n.c M. Concile de Treme a ordonn^ de prendre des enfans de 

J» Rtfrm. douze ans & au-delTus, oii lon vli apparence de vocation 

i Teiat eccl^fiailique , pref^rant toujours les pauvrcs ^ ; de 

leur doDner la tonfure & rhabit clerkal , & les nourrir en 

comdiun dans une maifon proche de celle de TEveque , du 

inoins dans la m^me ville ; leur faifant etudier la Gram- 

Diaire 7 , le Chant , rEcriture-fainte , les Hom^lies des Pi~ 

res, ce qui eA necelTaire pour radminiftration de» Sacre- 

■nens, & les cir^monies de rEglife. On doit les appliquer 

i ces etudes , luivant leur age & le progr^s qu'i]s y fonr; 

& on doit , fur-tout , avnir foin de leurs mceurs , jes for- 

tner i la piete , & les exclter i fr^quenter les Sacremens. 

Chaque Egiife Cath^drafe doit avoir au moins un SemU 

naire , entierement foumis i la conduite de TEv^que , qui 

doit en prendre un foin tr^-particulier. Le nombren des 

S^minariftes doit ^tre fix^ , & toujours rempli. Pour don- 

ner du revenu au Seminalre , le Concile permet i TEvSque 

de prendre une partte des fruits de tous les biens eccle&ar- 

tiques du dioc^fe , ou d'uDir quelque benefice a fon SemL- 



y Le Concile veui n^inmoiii» qne Ton ne rejette pointlei eD&m 
itt ricbel , pourvu qu'ili i'entretiennent i leun dipent. 

j Oant li pluparc dei petiii S^minairei , les jeunei Cleref vonc 
dani !ei CotUget de 1'Univetrit^ todier la gtammaire, & meine la 
phitorophie & la th^olagie. 

O11 difiiiiRue eii France (iiiatre rortei deSiminairei , favoir.ceuK 
qu'on appelle peiili itminaircs , pirce qLi'i1s ronc ftablii pour far- 
mer 8( elever de jeunei Clerci ; d'autres qui Tont dtablis particulii- 
remenc pourlet prfparer i recevoir lei faiuti ordres; d'autrei fonc 
<lcs maironi de recraite, pour des Ecclfriaftiques i%it U inlirmeii 
d'auirei eufln , qu'on appelle £/n>in<iirrJ dcs Mijfiont Elrangirci , 
f arce qu'ili roni deOinfi i former des fitteci pouc envoyer d>ni lei 
minioni fcrang^rei. Les Ertquei ordonnenc quelluefois i des Ec- 
d£li>fliquei de fe reiirer pendanc un cercain cemps dans un S^mi- 
naire , pouc y reprendre refpric de leui ^cat. 

a Ce qui ell dii ici de la (iiiiclon du nambre des Semitiariftet , 8c 
ie robligacion de rempMr ce nombre, ('enCend des places qiii font 
fbndjei , lefqnellet doivenc ttre rempliei lutant c]u'il fe prjfence 
dc fuieci idoinet. A Tjgicd d* ctux qui pij4at peofieii , le aombi« 
n*CB cft pulimiti. 



AU DROIT ECCLfeSlASTlQUE. lyf 
Bairei. Tdle eft rinflitution dcs S^mioaires , fuivanr le Pakt» I.^ 
Concile de Trente ; & Ton en voit rȣcution par&ite datis Csaf. XK 
rhifloire & lcs afles de S. Charles. 

En France , quelques Eveques rimitirent , & TOrdon- BloU am 
nance de Blois enjoignit k tous d'£tablir des Siininaires ; ^* Mclm. i, 
ce qui a eti conlirme depuis par d'autres Ordonnances , 8c ' *' 
encore pius par la praiique ; enforte qu'il y en a dans Iz 
plupart des diocefes. Mais comme on a vu qu'il ^toit dif- 
ficile de juger de la vocation des enfans , & que fouvent* 
apr^s avoir ite ^leves^ grands frais dans des Seminaires* 
pendant plurieurs annees , on etoit ob[ie;e de les renvoyer 
dans le fi^cle ; on a jugi plus a propos de prendre de jeu- 
jics hommes , qui apr^s avoir palTe par toutes les clafles des 
CoUiges, n'aient plus a eiudier que la Th^ologie & la dif- 
dpHne de TEglife , & foient cn age d'ctre ordonn^s & em- 
ployis. Ainfi la plupart des Seminaires en France , font 
comme des maifons de probaiion , oii Ton examine la vo- 
cation des Clercs , & ou on les prepare i recevoir les Or- 
dres , & 3 en faire les fonflians. IIs y demeurent quelques 
mois ou quelques annees , fuivani leurbelbin& lesreglet 
mens des dioc^les c. 

Pour leur fubfiftance on a fait , ou des unions de b^n^ 
ficcs , ou des fondations nouvclles , au d^faut defquelles on 
a oblig^ le Clerge i coniribuer. II y a dans la plupan des 
S^minaires des places gratuiies pour les pauvres ; les auires 
payent penfion. NosSeminaires font donc un peu differeiu 
de rordonnance du Concile ; mais tout revient i la meme 
fin , de former de bons ccclefiafliques ; & le fucces a &it 
voir combien cette inftituiion ^toil n^celTaire. 

On peut rapporier aux Seminaires les Commnnaatii dtt 
Priirci qui fe font paniculierement confacres a former des 
Clercs dans refprit ecclefiaflique ; comme en France , let 



b Ccct n'i Ircu que quxnd In rondacisni Sc dontlloni riiiei tn &■ 
veut dck Sjinitiairet , ne lonc pii fiiflifintei poiir Itur enireticn. 

Oa ne pFui mfme , en Fcgiice , UUe iiucuiie impolicion fuc t(t 
Ijieni ecciiGJltiqiies, pour i'<iCiblillemeiif uu pour li lubfilliiici J'ub 
S^miniire, rjni en avoir obcenu U pErminion <lu Koi , pjr dei 
lelirei-picctilci qui decermineTil , Ue Tjvii de i'Ev(iua , li fomm* 
^ui pautra iire lev>;e , & ja forme de la percepliDn. 

t i\ j t cependini , comme an ['a Ai]j obferve , diti S^minairit 
itm quelquet Jjocerei , oil Ton re^oic lel enfjiii fort geuuet, SC am 

Mt nttcBC iufqu'i ct qH'lli lient Hi otiaaait Pttttet. 




45« 1 N S T I T U T I O M 

'partieI P''*"'esJ«l*Oratoire,&fesPr5tresdelaMiflion.En ifilji 
Ckav. xX. Pierre de Berulle , depuls Cardinal , inDitua a Paris utm 
Congr^gation de Precres , fous le nom de VOraioire de Je- 
fus , a l'iniitation de celle que faim Philippe de Neri , Flo- 
rentin, avoitinAicu^ aRomeenij/i.l^butdececteCon- 
gregacion eft de former des Pretres dans Tefprit du Sacer- 
doce de JefuE-ChriA,par la pri^re & par T^tude. En i6ij ^ 
Vincent de Paul , Pretre du diocefe d'Ac<]9 , inftitua auffi a 
Paris la Congregation des Priiret de la Mijfion d , deflin^ 
principalemenc a l'inllru£lion des pauvres gens de la campa- 
gne. Mais ils s'appliquent aufli k conduire des Sinrinaires , 
a inftruire des Clercs , & les preparer aux Ordres. Ces Pr£> 
tres de rOracoire & dela MiSion ,ne font poinc Religieuz, 
n'^tant point engag^ par des vceux folennels ; ils confer' 
vem la propriec^ de leurs biens. Quoiqu'ils aieni leurs Sur 
pirieurs particuliers , ils font enci^remeni foumis aux E,v&- 
ques , & font partie du CIerg6 feculier des dioc^fes oii ils 
fe rencontrent. Usfont capables de teair desCures , & toutes 
fortes de bendices. 

Voil^ ce qu'il y avoit de plus important a dira des dif- 
ftrens ordres qui compofent le Clergi , & des ]ri-inctpatix 
offices ecclefiaAiques. Quant a la mani^re de perdre TOr- 
dre , nous la rifervons it la Troifume partie de ce Traite, 
oii nous expliquerons la dipofition 8t la degradation , entre 
les autres peines canoniques i St pour ce qui eA de rinftt- 
tution des Offices de rEglife , nous en parlerons dafU la 
Stconde pmU , en iraitani de racquiruion & de la perte des 
binefices. Maiaienant , il ^ut expliquer une autre divifion 
des perfonnes. 



d Cii PrCcrei de 1i canirjgation de li MilHon , fonc ceuK r[iie 
ron >ppeUe TUlgairemeiit les Piret de S. Latare, 

Oucra cette congr^gacion de la MiHian , 11 y a i Pitii un SJnu^ 
naire pour les Mimoiii Ecrangirei ; il jr a niimt ur Sjminiice parlj- 
■ulier pauc let An^oit , El un autie poui 1h EgoBoIi. 



AU DROIT ECCLfeSIASTlQUE. sjy ^ 

^gP - . = = ■ =iff3 Pahtib t. 

CHAPITRE XXI. '"'"""• 

De rorigint 5* da p-ogrit de h fie Monj/Ufue. 

TOos les Chretlens font Rlgiiliers ou SicuUers. Le* 
Riptlieri ou Rthgirux (om ceax quj fe ront engng^ 
par v(£u i vivre luivant une certaini; regle ; les Seculitn 
font tous les aiitres fidcllcs , qui font demeur^ dans le (A- 
cle, c'ert tk dirc dans le comnierce du monde , foit Clercf > 
foii laiques ; comme an^i entre les Rcligieux , les uns font 
laiques e , lcs atiTres Clercs. 

II y 3 totijoiirs eu des Chreticns , qii! . k ritnitarion dt 
faintJean-BaptiAe. des Propheti.'s & des Rechabiies/, fe 
fbnt mis en folirude , pour vaqiier uniquentent i roraifon, 
au jeflne & aux autres cxcrcices de veriu. On les appela 
rf^</M,c'eft a-dire exerciiant , ou Mainei, c'e{i i-d\cefoli- 
tjiret.Wytn avoitdcs les premiers tetnps djns le voirmage .^"JT tnjlli; 
d'AIexandrie , qui vivoient ainfi renferm^ dans des mat- ^ CMu. it' 
fons particulicres , meditant rEcriture-fainte , & travaillani c. u 
de leurs mair.s. D'autres fe r<.'iiroieni fur des montagnei 
inacceflibles , & en des lietix d^ferts , ce qui arrivoit prin.^ 
crpalemeni pendant les perfccuiions. Ainfi Sdini Paul ^ , 
■'etant reiiri fort jeune dans les delerts de la Th^bdtde , 
pour fuir \i pcrf^cution dc Dcce , y demeura confiammcnt 
jufqu'^ rige de cenr ireize ans. 

Saini Anioine A , tgyptien comme lui , fut le premief 






en iini'3\ (ont ect\iet(*]ivtt , fsnl m eoipi 
^ituliei 11 f 1' nviiiinoiiii rii:i neli|iieiiK <|ui i'* 



/ L ei Recbitei iinitM une C^Qt dt Juifi liuli i^omtnit Jc Ri-ah 
Con Inniiuieiir , run dci (iellciidirii d'AbiiilMiii. Cci Scd.iiM 

g Ceii S, V4J\ ruiuomrr.J fErmiie. 

h II le retiri .laiii mie iliJ.Vu.te Jc U hiute H;]rpt« , ven l'i<t ii», 
palli te Nil raii :"t , oil il Jemiur» «iilecme >laii un vieux chl> 

porr Boiiverner crun lui ViPiioieni fe mettre fon It cotijuite. La 
nombre .1ecei,K-(i diiEmeiitnnt Je jour eii jonr , on comnienfi t 
fcltir iiini lei ilfrerti p'ulieur) moniilterei. ije faiiit Soltiiire ell jp> 
ptii It Piiiriar^ht dti Ci"obiiii , comme tuol ie premid lofliiuliMf 
teli viereligleufa.IlBaututran 1}A. 

Tmu Jl, R 



AU DROIT fiCCLesiASTIQUE. 15$ 
«laftere dan* rHe de Lerins en Provcnce : & les petiies iles " ■■ 
descoces dltalie & de Dalmntie furcnt biencdc peupleesde ^^'^V^J* 
faints Solitaires. Mais ia difcipline n'y ctoit pas fi exafle 
qu'en Orieni ; on y travailloit moins , & le jetioe y etoit 
tDOins rigoureuK. 

II y avoit des Ermiiei otl Anaehoriiis , c'e{l-a-dire des Caffjn. Uf, 
Moinesplusparfaics.qui , apr^savoirlong-iemps vecu en '"- ''^- %• '• 
commuoauie * pour dompter leurs paflions , &s'cxercer k * i4,„ celL 
loutes fones de vertus , fc retiroient plus avaai dans les ts. t. i. 
Colitudes, pour vivre en desceliules feparees , plus deta- 
ches des hommes , & plus unis a Dieu : c'etoii ainfi que 
•'achevoient pour rordinaire les foliiaires lcs plus 
eicellcns. 

L'une & Tautre mani^rcde vic fut imiteeparles fem- 
nec ; & d^s les commencemens il y en eut qui vecurent en 
commuiiaute ou en folitude , fous la conduiie des Eveques 
& des Moines , fans compter les Vierges & les Veuvcs 
confacrees a Dieu , qui de tout temps avoieni ete dans !'£- 
glife, vivant d'abord dans leurs maifons particuli^res, de- 
puis en communaute , mais fans quiiter les viiles & le com* 
jDcrce du monde. 

Lcs Moines etoieitt prefque tous biques. II ne falloit 
4'autre difpofition pour le devenir , ijuc labonne volonte , 
un defir fincere de faire peniience , St d'avanccr dans la 
perfefiion Chretiennc. On y recevoii dcs gens de toutes 
conditions & de tous 3gcG , meme de jeunes enfans , que 
leurs parens oiTroient pour les faire eldver dans la piiti. 
Les efdaves y etoient requs comme les libres , pourvu que ^ ^'f^i 
lcurs maitres y confcntilTent ; ies ignorans comrae les fa- Britar 
vans , & pluficurs ne favoieni pas )ire. On ne regardoit ni 
aus talcns de refprit , ni a ia vigueur du corps ; diacua 
faifoit pcniiencc a proportion de fes forccs. 

Tous lcs vrais Moines ^toient C^nobites ou Anacho-' 
rulcs : mais il y eui bientot deux efp^ces dc faux moines. 
Lcs uns dctncuroient ftxes i la verite ; mais feuls ou fcule- Jfeg. S. Pin, 
ment dcux ou trois enfemble , independans Si fans condui- '"''ijl '*" 
tc iprcnant pour rcgle leur volontc paniculicre , fouspr^- * 
tttxte d'unc plus grande pcrfcflion ; on les nonimoit Sjra- 

irei at:rib'.ien: rlionncur ile Ij primsuli' >u inonnlti-c ite t.nxeriil , 
liinilcpiirb. CDlsmbin, veitlt miiac tcnpi qus celui d; LciiiUi 




i6o INSTITUTION 

tmam^mmm ftf7»jffl. Lesauiresque ronnommoit Gyrovagues ou Mat- 

Pakti^ I. att triani , & qui etoient ks pires de tous , couroient conii- 

Chat. XXI. nueiienient de pays en pays , pafTant par les Monatleres , 

ranss'arrc:i;ren aucun, comme s'ils n^eulTenttrouve nulle 

pari une vie affez parfaite. I!s abufoient de Thofpitaliii des 

vraisMoines, pourfe faire bien traiier: ils cntroiem en 

tousiJeux, fe meloiem avec louies fories de perfonnes» 

fous pretexte de les convertir , & menoieni une vie dir^ 

glee , ^ l'abri de rhabit monallique qu'ils d^honoroient. . 

II y avoit pres de deux cents ans que la vie monaftique 

^•a j,-^ 6toiien vigueur, quandS. Benoit, apres avoirlong-temps 

Kx>ii. n. 4. gouverne desMoines, ecrivii fa regle pour le MonaA^re 

qu'i] avoit fonde au MoriCaHin , entre Rome & Naples. 

fU%. S. BtB. II la fit plus douce que celle des Orientaux , permetiant ua 

*.4o, 4r,4(. peude vin,& deux fortesde mets,ouire le pain, & n'o> 

bligeant pas i jcuner tous les jours ; mais il conferva le 

travail des mains , le filence exa^ & la foliiude. Cette r^gle 

fat trouvee fi fage , qu'elle (iit volontairement embrafl^e 

par la plupart des Moines d'Occident ; & elle fut bientdc 

■ apportee en France n. 

Les Lombardsenltalie, & IesSarrarin$enEfpagne,d^ 

folerent les Monafleres ,- les guerres civiles qui afflig^rent 

la France fur la fin de la premiere race , cauf^rent auffi ua 

prand relachement. On commen^a a piller les Monaft^res» 

qui commen^oient =1 etre riches , par les donaiions que la 

vertu desMoines atiiroit, & que leurtravail augmentoir. 

WH- Eccl. L'etat itant retabli fous Charlemagne , la difcipline fe ri- 

liv. xtv. n. tablit aufli fous fa proteftion , par les foins de S, Benoit 

|7. Kin. n. j'^ni,^g o , a qui Louis le Dibonnairt donna enfuite auto. 

To.T. Cenc. rite fur lous les Monafteres. Cetabbedonnalesinftrudions 

/"f- >WJ' fur lefquelles fut drelK, ranSi^, leriglement d'Aix-la- 



m Du Riot Hebreu Sarib , qui ngnilie rthclU. 

n Li ptemiere tiigle moiiJiii(]ue itablic en Ftanee, ed celle <Ie 
S. Colutnbaii , qui fut npprouvie pjr lei EvSquei de Fraiice dans lo 
Concite Je Macon eii 617. Le» Moinei embrsHSrent enfuite cclle 
de S. Beiiolt , pjrce qu'elle leur paiue U plui parfjite. 

Ce fainl Abbj rallembla , avec beaucoup de faln , touces let 
diRtieiitici reglei quj avoient iti en ufage ea Fratice , & en form* 
un fuiipl jmeiit i \» rigle de S. Beiialc , y renfermant coutei 1« 
loiHblci couiumei qui ivoienc cu lieu en dilKreni monaHerei. II flc 
eonfirmer :e Wut par Louii le O/hmiuu-f , 8c par le Cencile tewa 
« Aix.l«.CbipeUe , •!! tt^ 



AU DROIT ECCLeSIASTlQUE. agi ' . 
Chapelle. Mais il refta beaucoup de rclach^-mcnt ; le tra* p^Rxii L 
vail dcs mains fut meprilii , fous pretexie d'ctt<de & dorai- Chat. XXI> 
fon ; les Abbes /> devinrent dcs i)eigneurs,3yani dcs.vaf- 
(aux , & etant admis aux Parlemens avec les Eveques, avec 
qui ils commen^oient i fairc comparairon. 

Ils prirent parti dans les guerres civiles , cottime les ait- 
tresSeigneurs; ils armoieiit leurs valTjux y & leursferts, 
&(i:mettoienialaieic ;& fouvent i!sn'avoieni p]sd'autre 
irioyen de fe garaniir du piilage. D'ailleur5 , il y avoit des 
Seigneurs laiques , quilbuspretexicdzproieftion , femet- 
toient en pofTelTion des Abbayes , ou par concelTion des 
Rois , ou [le leur propre autorite , & prenoient le titre 
iCAhkii r. Les Normands , qui couroierii la France ea 
mkaa temps , acheverent de loui ruiner. Les Moines qui 
pouvoieni ethapper, quittoieni Ihabic, revenoient chez 
ieurs parens, prenoient les armes , ou faifoicni quclque 
trafic pour vivre. Les Monafteres qui reftoienc fur pied , Cmi. Tr^t 
itoient occupes par des Moines ignorans , fouvent jufqu'i '''• '• '• 
ne favoir pas tire leur regle , & gouvernes par des Su|>6- 
rieurs itrangers ou inirus. 

Aumiiieudecesmiferes^S.Odon commen^a a relever Hifi.£nt,ti 
la difeiplinemonaftique Aim U ir.a-foa de C/iini , fondee par '•"'*"* **' 
les foinsderAbWBernon en^io.Ilfuivit la regledefaint 
Benoii, avecquelquc modiBcaiion ,& fedeicrminaa por- 
ter Vhabii noir. 11 appliqua fes moines principalemeni a la 



f Let preaiicri Abbei Jcaieni liiquei , de mtine que lei Moinei 
^uMl gauvernoieiit. lli ilevinrent Eccl^fiaHiilue! lorlque le Pape S. 
Sirice ippelj lei Moiiiei j la Clericaiiirc. 

f Ili j:<ileni meiiie «blig<ji dc 1e fairc , roic pour le fervi» dn 
Roi , roii pour U fervicc de lcur Seigneur daminant , fuivjnt U 
loideiliefi. Lei Capituljireiiei lUriienlcrent de rendie enpedonn* 
le fervice militiire ; cependiinc ilt le coniinuerent cn<:o'e long- 
(«mpi , p^rce qu'ili cmyoient qEi'une lelle difpenfe dcgr^doit Irurt 
liefi. Ilifeivoieni ent:oic i li lctc lie leuri VJllkux en 1077. 

r Cel abui dum depuii lc liuiiicme (iicle )iirqu'iiu dinieme. Cei 
Abb^i ijilloienc 1e foin du rpintucl j dci Abbji lit^ilairei , ou k 
4le> Pciciiriou Pr^vutl ; £1 puur dl!r,n|.ier cel Abhji bVquei d*l 
auirei , on lci ippeloil AlbiUti miliui, Huguei le Grjnd , pete de 
lluguei Cipet , prcnoit le lilre d^Abb,!. Pltilippc I , U. Louit VI , 
& cufuite lel duci d'Or!^ani runl appelvi Abbdl du monaHtra 
de S. Ainan d'Orleani , par Hubcri Hilloiien de ceiie Abhaje. Let 
duci d-Aquitaine onc port6 l< liirc d'Abbct de S. Hilaire de I'oi< 
lie I. Lei Camiei d'Anjou , celui d'Abbi:i de ^. Aubin , Sl lel CsM- 
1*1 tU Veiiniadoit , «clui tl'Abb Ji dc S, Quentiii. * 



^Hi 



i6a INSTITUTION 

Paetie 1 P"^f^ 9 ^ *'s ^^ chargerent de tant de pfalmodie , qu'il leui* 

CuAp. XXI. rcfta peu de temps pour le travail des mains. Toutefois 

leur Ordre , c*e{l-a-direleur maniere de vie , fut tellement 

eftimee , qu'il s'etendit fort loin en peu de temps. On fonda 

plufieurs Monafl^res pour cesnouveauxMoines,& on en fic 

venir dans plufieurs anciens qu'ils reformerent & qu'ils mi- 

rent fous la dependance de FAbb^ de Ciuni. II y eut aufli un 

grand nombre d^Abbayes agregies, qui, fans dependre 

de Cluni , fuivirent le meme Ordre ; car rien ne fut plus 

illuflre dans TEglife pendant le dtxl^me & Tonzi^me fi^cle. 

GuUlelmi La maifon de Cluni fut mife , par le titre de fa fondation» 

Comitis Hf- fQyg |g proteftion particuli&re de S. Pierre & du Pape , 

Conc, p, 5<5c. 3^6C defenfe a toutes les Puiflances feculi^res ou eccle* 

fiafiiques , de troublerlesMoines dans la pofleflion de leurs 

biens , ni dans Telef^ion de leur Abbe. lls pretendirent par- 

la ^tre exempts de la jurididion des Eveques , & etendirent 

ce privilege a tous les Monafteres qui dependoient de 

Cluni. C*eil la premi^re Congregation de plufieurs mai* 

fons uniesfous un chef, immediatement foumis au Pape » 

pour ne faire qu'un corps, ou comme nous Tappelons au- 

jourd'hui , «/2 Ordre de religieuxfA.up^r^y2nt quoique tous 

les Moines fuivifTent la regle de S. Benoit ,chaque Abbaye 

itoit independante de Tautre, & foumife i fon Eveque. La 

difcipline s^afToiblit en TOrdre de Cluni , k mefure quUI 

S. Bern, s'itendit ; il fallut difpenfer les meilleurs fujets pour faire 

Ouiufahb n. ^^ nouveaux etabliffemens , & avant deux cents ans il fe 

7. ^c, trouva fort reliche /. 

V.Exordium ^^is la vie monaftlque reprit un nouveau ludre dans 
Ci/ie. c Hifl. la maifon de Citeaux, fondee par S. Robert abbe de Molefme , 
^v. Lxiv. II. gj^ j Q^g ij fyjyjj j^ j.^gjg jg 5 Benoit a la lettre , fans au- 

cune addition, rdtabliffant le travail des mains, le filence 



/ On appelle Ordre un corps de Religieiix foumis ^ un feul 8c 
fn^me Cliet ; & Congr^gation , une portion de quelque Ordre qui 
a fon chcf particulicr. Ainfi Cluni n*e(l pas un Ordre , mais une 
K^forme ou Congregation ^man^edc TancienOrdre de S. BenoTt. 

t La Congr^gation de Cluni a M r^formce en i6£i , par D. 
Jacques dc Veni.d*Afbouzes , alors Grand-Prieur ,&. depuis Abb£ 
rdgulier de Cluni. Plufieurs Maifons dependantes de cette Congre- 
gation ont cn divers temps embraird cette Ri^forme. On cn compte 
dans le Royaume plus de jo , dans lefquelles elle eft fuivie. Les 
Rcli^ieux de ces Maifons font appelds jjdnddiftins riformis , your 
Ui ailtinguer dcs aut»es'qu*ou appelle les aiwiens. 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQlTE. agj 

f\m ei3A & !a folinide , & renoai^nt a tout«s fortes dc dif- PaHtii l. 
penfes & privil^ges. II prii rhabit blanc : & le nom de *•■'*'• ^^ 
Mair.ei bljna tut principalcment donne a ceux dc Ciieaux 
commc le noni dc Moir.a noiri a ceux de Ciuni. Lcs Mo- 
naftcres qui fuivirent 1'ordre de Citcaux s'unireni cnfom- 
ble par une ConAiiuiion de Tan 1 1 1 9 , appelee la Cdrtt 
dt CAdrfCc u , qui etablii entr'eux une efpeced'arinocraiie; 
pour rcmedier aux inconveniens du gouvernement mo- 
rarchiqiic de Cluni. On convini donc quc les Abbes fe- 
roient reciproquemenides vifnesles uns chcz les autres, 
& que Ton tietidroii lous les ans des Chapitres generaux x, 
oii tous les Abbes feroient tenus d'a(fiftcr , & dont ies re- 
glemens fcroicni obferves par toui l'Ordre ; ccs chapitres 
giniraux fe irouvcrenifiutilcs.queiousIesauiresOrdres Caf.«j!«- 
re%eux les imitorent,& que Ton en fit meme un Canon ?"''' T.twi 
dans le grand Concile de Lairan y. tJh'ucfZ 

L'Ordre deCiteau.is'accruimerveilIeiifementen peu de Laitr.t, n', 
temps, par radmiration des verti:s qui s'y praiiquoicni. II 
s'etcndit par louic TEuropc , enforte qu'il avoit d jja cinq 
cents Maifons , cinquante-fept ans aprcs fa fondaiion. Ses 
premiures filles furent h Ftni, Ponti^til , Clairvaux & Ah- 
rimond, quc lcurs privilegcs diftingueni encore aujour- 
d'hui ;. Clairvaux fut fondi^ en ■ 1 1 5 , par S. Bernard , 
Moinc dc Ciieaux; mais le nom dc ce grand Saint s'eft 
rendu fiilluDre, qve plullcuisfontregardecommc lechef 
de l'ordre , & oni donnc aux aioincs de Citeaus le nom de 
Btrnjirdins. 



^ 


Ctrta tkaritiitii 


. Elte fut ainfi appelve , 


parce que foi ilJcreti 




relpirenl par Un 


it que li dij 


,riie, comi 


ne dit 


Clcment IV ; 




hUii.rtlon Cali 


xte 11 , p.rcc 


■ qu-e1le fui 


: ctabli. 


! <)u conftnte. 




11 , a fit U du 


iritii mjtgelltf 


, tant •)«> 


Alihc. 


& Jei MoriiM 


del 


uut ruidre, (|u( 


riiei Eviquei 


, dui» lei 




i ilelqueli lcuH 


F"' 


nieri moiiatlircl 


avojeut ili 


fondCi. rr.j(i le 


■ Chff. ile Ju 


Cjnje, aii Bioi f.if( 


j. 










fOjJieJe Clie 


,iixellkp« 


mier <,ni »ii 


[ etabU 


ce. ci«rit--«« 


Jinerju-.. Ce t-t cn 


11J9 ijucruii 


lit ce rcglci 






y 


En 11. {. 










I 


Oa lci appcllc eccore Iti qua 


trtfilltsJcCtttaux. 



*ar^ 



4«4 *N S T I T U T I O N 



Partii I. 

CIIAP.XXU. CHAPITRE XXII. 



O 



Des autres Ordres de Religieux. 

N travailla auffi dans ronzieme ficcle a la riforina* 

(ion du Cierge. Les meaies calamites publ;ques qui 

ruinerent la difcipline chez les Motnes, la ruinerent encore 

plus facilement chcz lesChanoines, moinsieparesdu mon- 

dc. IIsabandon:]erent donc ia viecommune^, & pIuGeurs 

meme uevinrent concubinaires A. S. Pieire Ddmiens^^Ievsi 

contre cesdefor^tres avec un grand zele ; &» a fa folliciia* 

Oryuf 14. lion , le Pdpe Nicoias II afTembla k Rome un Concile de 

Uiji. /iv.^^Lx. ^^"^ treize tveques, en 105 9 , ou, apres avoir condamni 

A. } I. la fimonie & le concubinage, il ordonne que les Clercs dor» 

ment & mangent enfemble , & mettent en commun CQ 

qu'ils re^oivent de rhglife^lesexhortant ii ia viecommune 

apolloiique , c*eil a dire a n^avoir abfolument rien en pro* 

Sifl, liv. pre. Le nieme Decret fut renouvele en 1063 , par Ic Pape 

ixi.w. 5« 6- Alexandre II, enun Concilc de plus decent Eveques. Les 

Clercs qui obeirent & embraflerent ia vie commune » fans 

aucune propriet^ , furent nommes Chdnoines reguLers, pour 



a La plupart des Eglifcs, ou dans le cours du neuvieme fi^cle, 
on avoir rccabU la vie commune , tuivant ia V^gle donn^e dans ie 
Concile d*Aix, la quitterent dans le dixieme iieclc ; & ce iat 
alors que Ton commen^a a parler des Clianoines feculiers , pour let 
dilbnguer de ceux qui cuntinuerenc a vivre fclon la rvgte , & qu*on 
appciu pjur cetce railun, Chimoines ri£ulu*s. La vie conmunecon* 
tiniia ne nmoins d*ecie obfervee djns plulieurs Egiiles Cathedrales 
& Cutle^ia es , particulierement en France. L^uCage ne fut pas par- 
tour conltaiu m uniibrme ;i ce r.jet. Ce ne fut que dans ie douzeme 
liecle que ies Clmnoines que I'on appeile au)ourd*iiui fi^ulitn^ 
actiever-nc par-tout de quiccer la v e communc. \ oycz i'Wft, dts 
Chti oints , pur Cliapcrei , nap, IX » & i*Hift. de Verdun. 

b il fjut obferver que che/ les Romains , une concubine dtoit 
une fem ne le^itime , mai^ qui dtoit epunfee moins folennellement 
que cellc qu*<>n appeloit uvor. L^Eglir' n*a jamais autorif^ le con* 
cubinige : mas comme il ne lainbit p^s d*ecre pratiqu^ par bcau- 
coup de peribnncs , cc fut pei.t etre auffi ce qui induiltt quelqwe* 
Clercs j devenir concuhinaires , d*autant que ic c^ltbut n*ctolt pat 
encoie obfcrv^ par tous les Cercs ; qu'cn plufieurs lieux ils ne 
▼ouloient pas fe foumectre j la loi du celibat , comme on «n voit 
encorc un exemple au Concile .*Erford en 1074»^ ''a»* «n con-* 
cile de Reims , tenu en 1119, Von fut encore obiige <ie faiiQ tt4l 
Xe^lttmen^ f ovif Qi)Ii^er lci CUrcs de ^arder \% CQutiueuQ^^ 



AU DROIT ECCUSIASTIQUE. 2«; 



lesdiflinuitier 6i ceiit qiii ilcmeurcrenc dans rancien reld- PABTiKt- 
chC(ni:nt , & cjue ron nonima ( hjnoinet fiadltrs. CHAr.XXU. 

Commela r^g!e(i'Ai\ la-ChapclIi; ne paroiflbit pas sffcz 
exafle, fur lc point Jc I. i!cra,"proptiaiion,on remonta a 
rinllituiion dc S. Aiij;i-ftiii , &: l'on c<irv!rii quc les Chanoi- 
rts rc-juJisrs fuivroicnt Id r^/glc cle S. Aiig;iOin , lans (juc 
Ton tonvienne bicn qiicl ecrit de S. Au^.iiftin ils ont pris strm. %%%, 
pouc Itur rigle , ft cs nc font les Scimons dc la vie com- & ii'»' 
irurc descltrcsoulaicnrc t etritc F<"'i*r le monaftire doni 
fa fffiur avo't la conui^ite. Quoi quil cn foit , on a mis tou- 
jcur; dcpiiis la riglc de S. Aiit;uftin cn parallele avec «lle 
ile faini B^ncit pour h propc:i;r aux Religieu» cleics com- 
Bie rauirc a tous tcs Muines. 

LetChanoines repiuliers furcnt en grand credit pendant MoaUm. 
i'onzicme & le douziime fucle , & on en mit en U plupari "' * 
des Cathedrales. Lc pape Alexundre I! en mit lui-meme cn 
fon Eglifc Patriarcliale de S. Jean de Latran , qui fui chef 
d'une congregacion. On cn f>t en Francc de lcmblablcs: 
entr'autres, celle dc S. Ru( pics de Valence en Dauphin^ , 
& ccile de S. Viiaor de Patis en 1 1 1 o. Ainfi les Chanoincs Ptff- f>*^ 
commencerent a fjirc dcs ccrps fepares, comme les nou- * '* 

veaux Ordres de Moir.c^. Le plus illuftra de ces Ordres de 
Clianoines riigulicrs, futcelui de Prcmonite, foiidc pir 
S. Norberi en i no, 

Cependant lcs Croifades i/pro luifireni un nouveau gen- 
re de religion inconnu iuft|u'alors , cc furenc les Onint 
miliiMrtn. Lc plus illuHrc cft ,dui di S. J.-^n dt JirufaUmf, 

e Pir ceite ledre , S. Augunin e:<W[( Ut Ile::pcurei Je cc ino< 
mnere J Ij rnumlilioii po;ii leut Supi<[ieur , & leur ;!oiine Jei le- 
|lei pour tout le ilctiil ite leur conJuile- Ced Cirlle leltie iu'iid 
■ppelle o-mmuncmeiit U riglc dc S. ABgu/H , & lui a tii if 
fWiait ai.x hommei. 

■f LjpTcnirit cimraderut prfcli^e j Kame 1*111 icSci Ii dernieie. 
ftii\ttiti>ii,i-<,~ , ,r«utlie"H"'"' "'''■ 

( L< rl"i ""'ien •'■<: ci Oidrei efl c(!..i i!e MjTic . i-.hi »n ic-;q. 
te pr,niier u\ jcr <lt eet otd.e fu' ■'.t ^ot n«f rho!"vi-.ili'^ i\.i Tile.-int 

Let Ttmr^iert r<»enl inlliiu^i cn iiiS pour iiicnArt Iti ff.ttiat 
de 1* ctuiui^ dei inr.del'ti , It pour lei.ic tct chemini lilirei ea 
(j»«iir <le ceiii aui entreprenoiei.i le yvygt de U Ttrre-Sjir.te. 
M^i' i:> (* r^,iri.er.r fi odit.ii pac lcuri c-imti , q'.:e leur Ordre f.il 
tot.Ifmtnt iSoli cn mi. Tel fur^ujr. rOr.'.t Miliriirtd.- S. L.iire . 
fr c-k, d.iChcv*licti Teuton. , *-.bi;t ftc.t\t lieiiiiint f.icle. 

f Afi-rU toinviiuniintm l'0r4ri di Uallt, ftftt HU-tlt Q7iaiMik(% 
SW>1« yttUciMiueul t M*lte, 



a6« I N S T I T U T I O N 

PAftTii I ^ coiDfiienqi par un hopital ou Foq rece voir les peierins! 

Cbap.XXIJL Des le temps du rroifieme Maitre de rhopiral , noinaii 

Raioiond du Puy , i*Ordre etoir compole di^ rrois fortesde 

Bifi.Ltjau perfonnes, de CfuvalUrs, de frc^zs fcrv^ns ^& de CUrcs^ 

#•11« comme il paroir par la BuIIe dAnafla.e IV , de Tan 1154. 

Apres la perte de la Tcrre fainte, ils fe retirerent a Rho- 
des en 1 3 10 , & de-la a Malte en 1530. 

Comme rfc/pagneecoitencoreoccupeeen partie parlesio* 
fidelles A , on y etabrttaufli pludeursOrdres militaires; quel- 
ques-uns fui vant la regle de S. Auguftin ; la plupart fuivant 
]a regle de S. Benoit & les Conftitutions de Gteaux. Ces 
ordres ne fe font point etendus hors de rEfpagne ; & la plu- 
partont ete depuis fecularifes & reduits a des Confriries dc 
ChtvaluTs qui ne laifTent pas d'etre maries & de vivre a peu 
pres comme les aurres , portant feulement la marque de 
rOrdre fur leur habit , & jouiflant des Commanderies. L'Or- 
drt dc S. Mlchtl^ du 5. Efprit , de la Tolfon , de la Jjrreiitrt^ 
& tous les autres que les Princes ont inftitues par des 
devotions particulieres , ne fonr que de fimples Confreries. 
II y a plufieurs Ordrts Relipeux Hofpiulicrs , deflines , 
ou a fervir les malades ,oua loger les pelerins; ils fuivoient 
tous la regle de S. Auguflin , parce que la plupart ont com« 
mence par des Clercs ; & c'eft comme Hofpiriliers que les 
Chevaliers de Malte la fuivent. D'autres fe font devoues 
particuli^rement a la redcmption des capttfs i, 

Mais les plus fameux de tous lcs religieux modernes , 
(bnt Its Mendians k, S. Dominique , Chanoine d*Ofma ea 



" m 



g Cef Freres Serrans fontdesServans d*arinesqui ne font pas affuisttit 
a fsire preure de Noblelfe comme les Chevaliers ; ils portent une ci oi>L , 
mais qui eA <!iAinj;ude dc ceile des Chevaliers. 

h C'cfl-u-dire les Maures dont la domination , dans une partie de 
TEfpagne , ne finit qa*en 1491. Leur Nstion ni lcur Religion n*y furent 
mhmt pns encore totalcmcnt detruites. 

/' Tels font !cs Reiigieux Mathurins & ceux de la Mercy. 

k On appelle Mendians tous les Religieux qui font profelTion de vivre 
d^aumones. Entrc ceux-ci, lesplus anciens fontles Carmes , Ics Jaco- 
bins , les Cordeliers & les Augudins qa*on appelie , comme par excel- 
Jence , Ut auatre AUndians , ou les quatrt Ordns Mcndians. Dans 
Vorigineles Hcligieux Mendians ^toient tous excius de la polieifion des 
kiens immeubles. Oznsla fuite , les Cordeliers & pluilciirs surres onc 
^td admis a en pofTeder ; maii les Capucins & les Frercs dc I'Obl'er- 
vance ont ^t^ nomm^ment except^s de cette permiflion, Voyc-^ le Con- 
cile de Trente, feff, 1$ , cjp,jg & VarticU 26 du cahier prcfeme i 
CharlesIXi parkQerg^, 



.t 



AU DROIT ECCLeSIASTIQUE; a(ir 

Caftitli!, My.mt tuivifon Evcqueenunvoyage,s'arret3en PartiiIi 
Lii::^ucducn travjillcr pour ia convernon tics Albi{:co!s. Cba*.XXII4 
En lao'!, il air;it';l:i tc.icltjues Pr^tres avec lcrquels il fit 
un ^randnu r ; 0." l'.in i iif. .ilobtint du PapeHonoriiisKI 
un n^i^i'*,;- pwur li: Piievrc dc S Romain deTouloufe, 
en fiv-ur (li;s <.;itfrcs q.ii y \ivoient fou* fa conduite, fui- 
vant !a riflo de S. A jguiHn , qu'il avoit dc)a embraflee 
CO.-iime CiniioiiKv On ios nomma Us Fti'ti Prceh.urs. 

En niemc icinf s , S. Fran^ois , fils d'un marchand d^Af- 
fifc , comnicnq.t dc mencr une vic extremcment pauvre 
& pcniiciitc , & alTcmbla qucl(;ucs coiiipacinons , lcs uns 
Clercs, lus autrcs Laiques, eihortant loui L-monde iU 
penitence , plus par fon eiemple que par fus dif<.onrs. II 
avoil peu de Icttrcs & ne voiilui jamais etre ordonnc Pr^- 
tre , fe comemant d'ctre Diacr^. II travjilloit & recom- 
mandoit afes frercsle travaildes tnains, voulant tcutcfoii 
qu'ils n'euirent point dc honie de mendier au befoin. 1! les 
itomma/»/ rJrMA(incur.i/,coinme moindretquelesautrcs, 
& leur donna une rcgle particulicre , qui fut confirr.ice par 
Honorius lEl, en 1213 , & fut embralTcc en m^me temps 
par fainte Claire , dc la mcmc ville d'A(fifc : cet Ordre dc 
fiiles fut nommi le feconJ 0'Jrc Jt S.Fran;oii: & le Tiert-or- 
Jrt comprcnoit des hommcs & dcs fcmmcs , vivani dons le 
inondetfflcmedanslc mariage.qui s'ob:ipcoicnipar vceui 
une vie veritablemem Chretienne , & k Tobfcrvation de la 
regle de S. Frjni;ois,autant quk; lcur erat le pcrmettoit or. 

DeS )e commencemeni du meme fiecle , Aiberi , Pa- 
triar<;he dc Jcrufalcm , avoit donne unc re^ic a dcs Erroi> 
tcs, qui vivoient fur lc Mont-Carmcl dans u.-.e grandc 
aullcriie. II en vini en Europe ; & leur rcgle fut confirm6e 



ai»lurlui, ayjnidonni lc num de Minimu i lOrdc* <|u'i: 

"■'i' 

I rFcullcni cft dc*(nii« i!rr"'> "n 
■i-Oid:« dt i. FrM^oii, ai( rfc /j 
rin.ii.ret. L<t Ufdit *ft aiTiiii .npluCciiH 1'rgvincei ; ccu. dc 1 i... ■.. 
ft «i.urii de l'eiiui« Ohiet.ance. 11 y a siiin i*ei BeiliieurM du mui.i 
Ori,^. II y 1 1 p.tii une M..iron it R.ii^leui <ie cerUcdic liriUie 1 
Vicpuii, lu bout du fiubouic S. An(.>iiie, ce q.ii Lli qu'«n 3FP*"( 
*yliu(tiP«M (««Rtliticux Jm eiep>iff,t , Uifi. Jutu OiHb. 



i68 INSTITUTION 

Partib 1 ^^ 1 126. S. Louis en amena a Paris en 1254 : & nousleft 
CVAF.XXil. appelons Cames. 

Ce fut auiTi dans le meme temps que le pape Alexandre 
IV unit en un feul ordre plufieurs Congregations d'Ermi- 
fes de difFerensnoms & dedifTerentesinftitutions ^fous le nom 
A^trmius deS, Au^uflin.\ oWk Forigine desquatre principaux 
Ortires de Mendians ; car tous ces religieux faifoient profef- 
fion de ne point pofTeder de biens,memeencommun , & de ne 
fubfider que des aumones journali^res des fidelles. Ils etoient 
Clercs la plupart , s*appliquant a Tetude , a la predication , & 
a Tadminiflration de la penitence, pour la converfion des he« 
retiques & des pecheurs. Ces fon£tions vinrent principle- 
ment dcs Domi nicains /2 : le grand zele de pauvrete vint princi* 
palement des Francifcains. Mais en peu de temps cous les 
Mcndians furent uniformes ; & on auroit peine a croire 
combien ces Ordres s'etendirent promptement. IIs pre« 
tendoient rafTembler toute la perfeflion de la vte mo- 
fiaflique & de lavie clericale; Tauflerite dansle vivre & 
le vetement , la priere , Tetude , & le fervice du pro- 
chain. Mais les fonflions clericales leur onc ote le tra- 
vail des mains , la folitude & le filence des anciens 
Moines ; & robeifTance a leurs fuperieurs particuliers, qui 
les transferent fouvent d'une maifon ou d'une proviiice k 
Tautre, leur a ote la flabllite des anciens Clercs, qui de- 
meiiroient toujours attaches a la meme Eglife , avec une 
dependance entiere dc leur Eveque. 

Depuis le commencement du feizteme fiede , il s*e(l 
eleve plufieurs Congregations de Clercs , pour travailler 
a la reformation des moeurs & de la difcipline ecclefiafti- 
que , & s*oppofer aux nouvelles herefies. Les plus anciens 
font Ics Theatins , inflltues cn 1524, par le B.Marcel Cae- 
tan , Vicentin , avec Pierre Caraffe, Napolitain, Eveque 
de Chieti , qui fut depuis le Pape Paul IV. 

Dix ans apres , S. Ignace de Loyola jeta les fonde- 
mens de fa Societe , par ie voeu qu'il fu avec fes dix pre- 
miers compagnons, en la chapelle bafTe de Montmartre» 
prcs de Paris. Son inflitut fut approuv^ Tan 1 540 , par le 
Pape Paul liL II avoit pour but le fervice du prochain dans 



m AuflTi leur Ordr« t\^^t\\it'Xr'^l*OTdndu^rtruPrkhturt, 
CcfuUQi534« 





AU DROIT ECCLesiASTIQUE. a«9 

Vous les befoins fpiriiucU, le catechirme, ia predication , p^ ' jj" 
la controverle conirc les hcrciiqucs , radmini^ration de la cuaf.KXIL 
penitence. II nomma fa Compagnie , '41 CompagnU de Jefus , 
qui s'ell eiendue pir loute h icrre habiiable , avec le fuc- 
<es que chacun voii. 

Ll!e c& compofec de qtiatre fortes de perronnes : lei 
Ecoliers/» , lcs Coadjutcurs fpiritucls ^ , les Profts, les 
Coadjuteurs tempotels. Les Profis r font lc principal corps 
dc la Compagnici & fuivani la premiere approbaiion de '""■' '"• 
leur infliiut , ils ne dcvoicnt ctrc que 60 : mats leur grande 
utUiti fit bientot lever cette rcllrifiion. Les Coadjuieun fpi- 
riiuelt foat Ics Pi-eires agr^gcs a la Societ^, pour faire 
les inemes fonflions que les Profijs , excepie d'enfcigner 
la theologic ; & ils font au-delTus des Ecoliers. 11$ ont le Cimfl. foeimi 
mi.tM engagement a la Sociec^ que lcs Profes ; maisla So- i-pan. t, «, 
ci^ie n'eft pas engagee de meme a leur egard ; & ilg peu- '* 
ventetrecongedies, quand il eA juge expedient. LeiCojd' 
juiiurx lempareU font , comme les freres biques chez les 
Moines. En France, ils pafrenc tous igalement pour Reli- 
gieus, des qu'iis ont fait leurs vccux ; & s'ils fortent de la 
Compagnie , apr^ avoir atteint Tage de trente-irois ans , 
ilcne peuvent rien demander i letir (amille/ Outre les 



f Ou Etuillini ou Scobniquet Bf>prou*Ji, lefqueti ronliimrcni jel 
NoTint. lli n« foni que ilei vceui rimplei , tt co pt^fMice dci Domer- 
liquei rtulcmtnt. 

f LtiCDi<Jjuicurifpi:itueIsfont linft ncRiRi^t , pircr qii'on Iti con- 
fidirecommelet lidciiltt 1'rarct, dani Ii mLn.neit & eouircrncintnt 
EccUI>a(li<1ue. Leun vccui font publici, miU rimplti. tl, nc [ontqu* 
leilIoii*KUi, i!ech.fle-.e.p9uvrcit&ob<ilTancc, cC()ui comprend 
l^iDlliuAionde \> jcjntfTe. 

r Cti l'ro(ci (ont dti >ccux foltnndi. llji deux foriei de Profci i 
(iTOir. «eui <|u'on appelt aviini-rii , qui ne font quclei troii vccux, 
tt lei Hrofci qu'on appcl!e 1'rorei di ^aacrt raat , pirce qu'i!t fontun 

Sualriem* viru, pir lequel ili promettent rp^ciilcmenl OMifTincc ail 
ipe pour ce qui rcgitdc ItimilTioni. 

ySuiranl lct conllitutinni , Ici ^colien ipprouWi conferrent la 
domaine Gi U )i[oprielJ ile leuii bicni , (]uoiqu'ilt ne puillicnt eii 
Jouir imlcpeiidammeiit ile leurt Siip^ricur]. Mait en France lei eco- 
liert ftoient riiputcl leligieuK , de mtmt que ]ei Coadjuleuri li ]<( 
Profel. 

Lcl JJfuitet onl quitre foiici de miifonl , favoir , lel Miiifani 
frffrjfti , lefiiaellei , p»r leur iiiHitiit . ne Joivenl vivre lue J-au- 
IBonci ; let ifai/nat de Probaiici ou Srviii.it ; lci t„/.V^« ii lei 
Miffwnt i ili ont iuKi dei iraifoni qu'ili ippclleni de r.fiJcn.-t. Tou- 
Ici cet maifoni font diitdbu^ei pai piaviucci, & fouoiilet augcat> 
<*1 , qui detneufe i EoBe. 



»7» I N S T I T U T I O N 

, trcU verjx or dlnaire^ , !es Jeiu::es pro:'^ en fottt nn parri- 
Cmaw xxil' ^-^^^ » d'otc'.r au Pape en tour ce qji reearde runli:e des 
ames» & !a propagarion ds la foi ; aiais le Pape a*uie poinc 
de ce pouvoir , ii le Uifie au Generi! r. 



r Lci Jef^itei n'e=:r£rea: sa Frasce ponr la preaiiere foiSy qo^ca 

1545- 

I!i cbtir.rcn: a= rrscis de Jinvier 15^3 , des LeKr*i-patentes con- 

firrr.snves de lejn b.IIes , & qai leur permetroien: de basr lui Col- 

lc^e jk Paris , 2c r.on es autres villes. 

Les gc:i du R oi s*oppoierer;t i renrcgifh-eniea: , & re^irent 
^j'ii fut f. it «fes rcT.ontrarces : il y eat des Ie:tr-s de jjfEon. 

Le Parlcrr^r.t ori*.or.r?a q-e les Le::-es-pate:?:es fero^ent cooiiBn- 
fiiquecs a IT.ve^se de Pinis , Sc a ii fjculte de theo!c4:e. 

Eaftache Ja Belhj, £ve^-je de Psris , jugea que les bulles con« 
tenoient phHejrs cliofcs c:r2ng*s & alienees ^e raifon , & qui nc 
devoicnt Ctre tolerecs ri rei;::es e:i la rcligion chre:ienne.Il ea cJni- 
puCi dnize articles , dont il conclut qu*oa ne devoit point receroir 
ia focicti dans Is roys;-n;e. 

La Facultc de tlrtologie dtt qrie cette focicte etoit dingerenfe 
pour la fo:; q-.i'elle ne pouvoit^ue troubler la paix de T^glife , ren- 
verfer Tordre monafiiii.e > qu*eile ccoit nee pour la deflrudioo , 8c 
non pour rc-Jif.c^ticti. 

Le Parlemen: dilibera alors qu^on ne pouvoit ni ns dcvoit ad« 
■lettre la fuciete. 

Les Jdfuites obtinrent de nouvclles Lettres-patemes en isfo 8c 
l$^o ; & par ces dernieres , ils confentoient a n'c:re reqits qu'3 la 
charge que leurs privileges & leurs confticutions ne feroient aucu* 
nement contre lcs lois du royaume , ni contre rEglife Gallicane , 
Jii contre les droits des Ev^ques , Paroilfes , Chapitres. 

L'Evt'q'.ie de Paris con.^entiti renrcgiflrenient; mais encore avec 
bcaucodp de coaditions , qui furent depuis adoptees par raflemblec 
dc Poifly. 

Les gens du Roi confentirent auHi , attendu la dcclaration des J^- 
fuites : mais ils ujoiiterent, fjjf oii en apres ( lcs Jefuites ) fe troa- 
vcroicMt dommji^cahlcs ou prcjudiciables aux droits du Roi & pri« 
vilegcs eccIiJfiaftiqucs , dc reqnerir y etrc pourvo. 

Lc Parlement fe AcfnMM que la dcclaration des Jefuitcs fT\t cap* 
tieiifc, ordonna le 22 Fevricr is'»-» <I>ie les Jcfuites (c pourvoiroient 
f.ir Tapprohation dc loiir Ordre au Concilc general ou afiemblec 
proch.Tine qui fe tiendroit c'c r£i;!ife. 

Lc Clc.-ge afTvmble a F r.ily, donr.a le x^ Scptcmbre i?6x , fon 
2viv . portant quc la focietd nc fcroit rcque que par forme de Co^ 
c\i:C' & de co]'c^e , & non de rcligion nouvcllcment in<^itu^c ; 
quVlle prcndroit un autre titrc que celui de Sociitc de Jefus , ou 
dc Jcfiiitc ; qtie TEveque dioccfMin auroi: fnr clle toute furinten^ 
dancp , jiiridiftion ou corrc^ion •, que lc$ fr^res de cette compagnic 
ii*cntreprendroient & nc fcroicnt ni en fpirituel ni en temporel , 
•nciines chofes au prcjudice des Eveques , Chapltres , Cures , Pa- 
roiffes & Unlvcrfitds , & dcs autrc; religions *, qirils fc conforme- 
roicnt au droit ancien , renon^unt au prealable oc p-ar apr^s ;i tous 
privilcgcs portds daus leurs bulles qui feroicnc coucraircs aux coit- 



AU DROIT ECCUSIASTIQUE. 171 

Voilii les Ordrcs de religicux les plus confiderablcs. Oa Paktii I; 



tllc^nnt preciiilcniei , aucrement b i fitite dc ce fiire, oiique pout 
rjiciilr)t>vriobtiiilluiitil'aulret , lel prefenlei Jcineureroient nullet, 
& {..^t \c .Iroit de liJiu iflcir.bU-e , & rautcui eii couCel chorei. 

CcE jvls fiit liumuloguc pjr ariec fuc requete du Paclcnicnt , du tj 
Fivritr I (61 , qui erdoiiiia qu'il fctoic cnrcgillre coinme contenint 
rj]>t>tuhucion (lc li coitipagnie pir forme ile rocicc^ m. de co'iJg« 
1'. .:it;ment , Sc aux chaigtt (k coniiicioni portcei , fuit dani cet 
acie , foit dini la declaiiiiun dcs Jcfuiiei. 

Lcs cniiclulioni dct gent du Kai portoientque, ^ujiit i priftnt , 
let Ji!t';:icci fjireiic rcunii pai forme il'allcmb:>!e ilc collcge , i la 
chjrj(c dc lei reieter , fi !t qjjn:l ci-iprei ils feroient dtEcouvettl 
«lce nuifihle^, ou fjire priiiudicc au bicn & 6al du royiume. 

Lei Jjr.iiiei ayjiit tenc^ cn i%f>^ ile fc fiiie aRrcger i 1'UniTer- 
fiti , taut les oidrei >'y oppofeieiit , TEveque de Pnrii , le Prjv6| 
det Mireh»nJi U les tchevii» , rUiuverfuc , lc CarJinal de Chl- 
liUon, canfervacciir dci Privilvgpi ilc fUniveiriii , celui de fainta 
Cencvieve , let Cnre> , lei AdminiDmeuii Jei Hupicaux. Toul 
mfine aiMquetcnt rctjblillemeni iles Icfuitet par le vice inl^ricui 
de fi conllit':tion , tt dem.inilcreiil qi:'ili futVent congediei. 

Li caufe ptiiiUe au Pjilemcni , M. du Mefnil , Avocac gjn^rtl, 
tdhvca lux concluliont dei oppofani ; & panrrfcdu 19 Mari IJS4, 
lci pactict fucent appninidet au Confeil. L'afliiiic n'i iamaii tii jugce. 
L'Uiiiveifiiddemundaencocecn ]T<;4,quelei Jefuiieifiifliintrenvoffi 
iu royaume : 1a lequeie fuc iuinle u finDancedom onviencdcparler. 

Maii apr^t rairaninni de Henii IV , il ]r eut nn aiicre arrtt le 19 
Dccerabie 1194 , im ordonna iiix lefuitei de foicir daiii iroil jourl 
de Parii , St de toutes lei vill--t de leur r^lidence , comme corrtip- 
icun de la jeunelle , pcicuibaieucs du repot public , ennemii da 
Roi St de l'Elat. 

Au moii de Seplembre 1C01 , llenii IV , 1 la pilerc du Pipe , 
teur accorda dci lettiei pour leur r^CdbliHement dans le coyaucne. 
L'enre|;iltieinent de ces leltret fprouva lei plui ^iandes diHicullJi. 

Laifqu'dt oblinrent en t3o9 la permilTiun de faire leSuie publique 
de thjoloflie 1 Parjt ; U. en l(!to , ccllc de faire lcfons publiques 
de toulti fortei de fciencet , rUnivciliti* i'y oppofi furtemcnt. 

Elle tic la m£me cclinance en iHt ^ "•'fi , al'occjliun d'autc«t 
tcntativei femhlablet fiitei par lei i^fuicei. 

La duftcine dei Jffuitci rfpanduc dant une infiniic iraiivra|tei 
jmaniii d'eux , tk upprouvds par lcuii fuptiieuii , a ellUyi^ uue foulc 
de GonJjmiiaCions , lant de la pan de pliifieun l^apei , qiic dciAr-. 
clieviqucllicKveq:ici,a!remblce>du Clcrsi.Univeifit^i.CuiJi.Stc. 

Ea i}6i , ayant citj lcurt conlliiutioiii rfimpiimjei li Pragkc en 
1TIT I t vnl. in ■ fo!. dani ta fameufe caufe qu'il> eiirenl en li 
GniKl'C!iimbre dj Pj-lemcnt de Paiit . contic let (ieuii Uuney 
& Goulfre leurt cr..'a:icieri i celic cicitinn ilonna lieu iw-i defen. 
feun dei ftcun I.<oncy , de dilculcr quelquei enJroili de cei conf. 
ttMlioni qiii avoicnc tialt j Ij cjur.-. 

Lc II A- 



I lulli leut doatioc , Sc 1« Pailemeol lil en eidcucioq 



171 I N S T I T U T I O N 



PartieI. les peut rapporter a cinq genrcs ; Moines, Chanoines} 
CuAF.AXlI. Chevaliers , Freres MenJians, Ciercs Reguliers. 



d*un arrSt du 5 M^rt 1761 , un extraic des priiicipaux ouvrages dei 
Jeluiccs , coir.enanc les allertions dangcre.ifei &i penilciejies eil 
tout genre , fouteuies par les Jifuices. Ces aliercions furent pr^ien- 
tees au Koi , & envv^yies a cous les A c evequcs & Eve^iaes da 
reflbrc de la Coar , i<. A toiis les autres Parlemens. 

Sur Tappel inceriete par les Procureurs « G<^n^raux des brefs , 
bulles , contUtutions , &. autres at^es concernans les J^futtes ; en« 
femble des formules & dtniilio is de voeax , & fur le vu des afler« 
tions dont on a par.u , & de diveifes autres pi^ces , mdme des m^« 
tnoires qui f.irenc fojrnis dans plaiieuiS Cours pour les J^fiiices; iX 
a 616 decla:<^ par divers arrecs d*s Cours , qu*ii y avoit abus danf 
rinllicuc de la.lite foc ece , laqjelle a i.^ diiibuce , & fes membre» 
f^cuiarifes , avec d^fenfcs j eux d'entretenir aucune correfpondancs 
avec le Geniral etant a Ro«ne. 

Ces arrets onc ^c^ renJus au Parle:uent de Rouen , le 11 Fivnct 
1762; en cclui de Hourdeaux , le 26 lies memes mois & an; aii 
Parlemcnt d;; Bretigne , le 27 Mai iuiv.'nt', au Confeil 5ouveraiii de 
Roudillon , le iz Juin de la mSmt; annee j au Parlement de Paris f 
le 6 Aofit fuivant \ au Parlement ie Metz , le 20 Septembre 1762^ 
au Parlement d'Aix , le i8 Jaiuier 17') *, en ceiui de Touloufe , 
le 26 Fevrier fuivant ; au Parlement :Ie i^au , le 28 Avril 176) ; eo 
celui de Dijon le 11 Juillec fuivant ; au Parlement de Dauphin^ le 
19 Aout de la meme annde; au Confeii Souverain de la Martiniqu? 
le 18 Oftobie de la meme annee. 

Les prlncipjux mocits e>:primes dans ces arrScs font, le vice de 
rinilituc , &c celui de la dof^rine des Jcfuite« , comme contraire k 
U iibcrte naturelle, ala religion, ala paLx de l'£giife , & i ia furet6 
des Etats. 

Par un cdit du mois de Novcmbre i7<^'4 , regiftr^ au Parlemenc 
de P:ris le premier U^combre fuivant , lu Cour iufGfjmment gar* 
Jiie de pairs , il ed Mt que fa M.ije:tc sVtaiiC fait rendre un compte 
exai^ de tout ce qui concerne la SociiSt^ de- J^fuites , a r^folu de 
fjire ufuge du droit qui lui appartient efllntiellemont en expliquanf 
fcs incentions d ce fujet ; en confJquence 1j Majefle ordonne qu^i 
ravenir, la Societ^ ^les Jcfuicts n'a't plus iieu dans fou Royaume , 
Pays , Tcrrej & Seignc uric-s de ibn obeiirjnce , permettant n^an» 
moins a ceux qui cloicnt d. us lailitc focicto, de vivie en particu« 
liers daiisles Etats de fa Majerte , fous Tautorit^ rpiritiielle des or- 
dinaircs des lieux, cn fe conformant aux lo>s du Koyaume , & fe 
compurcunc en toutes chures , comme bo!is & fidelles fujets du Roi» 

Cet ddi: a dto cnfate regtllre dans lej aiitres Parlemen^ Sc 
Confeils Sup^rieurs dii Roya >mo, dan^ lefquels il n'avoit encore it6 
rie;: ftjtiui de defiiiicif au liijcc des Jcluices ; fuvoir,»au Pa^IemenC 
de Douay le u Dccein!)r« 1764 j au Confeil Souvcain d'.Uface le 
15 duilic mois : au Pa lement de Befdn^on le i' Janvier 176$ g 
apies des lettres de iiifTion du 20 ilef«iiis mois & an. 

Par un Bref du Pape Cl^ment \1V , dat i lu 21 Jnillet 177? 9 ll 
Societe des Jcfuitcs a 6x6 declarec ent e-^eme nt (fteinte Sc fupprimee 
cUni toute r£glife« Cc« d^rmircs lignes/oni dt la main dc VEdtteur* 

CHAPITRS 




AU IJROIT ECCLeSIASTlQUE. i^J 

C H A I> I T R E XXI 11. 

Dts ra-jx 6- de h Piof.fion Rtllgiaifi. 

UN Religicux cll ua Ciiriiiicn cngage par vceu rolect- 
nd a prariqucr tcuie fa vie les conreils de rEvangile, 
fuivanr une roglc approuvetr dc rEglife. Ced donc le va;u 
lolcnnel u qui coiifiiiue principalement fon etat. Le vceu 
cH une promcflc l.iiica UicU de quclque bonnc ccuvre, A 
Liquclle on n'eil pas oblige : comme cl'un jeune , d'une au< 
mone, d'un pclcrinage. Pour fdire un vccu, il fauretreen c.x.dtVet»' 
aiederaironparfjitc, cVHa-dire de pleine puberi^ , ^re fr'> 
libre, Ai avoir la itifiiorition de ce que Ton vcut vouer ; 
linfi une femmc ncpeut voiier fans le conft.-ntementdc fon 
Bi3ri. Le v<eu rmiple cH cclui qui fe fait fecreiemeni , & fani Nnfflcr. txt^ 
a^icune Iblennite ; il n'oblLge pa-, moins en confcience ,* 
tiiais s'il a eic f<iit legciument , ou fi par la fuiie Taccom- 
pliiremcnt en efl devcnu trop difEcile , on peui eit eire dif- 
penfc , au mcins par commutation d'une bonne ceuvre en 
unc auirc : & lout auirc vucu cll clian^e dc plcin droit , cn 
celui de la profoirion religicufc : regulieremcni , l'Evcque 
pcut difpcnter des vccuk fimples. 

Vkpi oii Ton peut s'engjgi:r par des voeux folennels ,' 
pour entrer en religion , a et^ r^gl<i diverfcment ; depuis 
la puberie, ou fon peut contraflcrmariagc, jufques i. la 
pii:ine majoriie , qui ell de vingt-cinq ans. Enfin , le Con- Cent. JiiH 
ciledeTrenterafixe a feiic ans; declarant nullcs lcs pro-Aff "="■"*/• 
fcHions faitcs avant cei age , & obligcant a fjire au moins '* \t{^^ ^, 
une ^nnce de noviciai. L'Ordonnance de Biois y c(l con- iB. 
formc , & dccbre nullc la difpolition dcs biens faiie avanr 
cet agc, a caufj de la profclTion. La profcHion doii eire 
faite folennellemcnt ; le Religieux doit pronor.ccr cn pu- 
blic la formule de fon voeu , & en laiirer TAfle ccri: & (i^r.4 
de fa rosin, & il cn doit etre tenu regiflre .t, aiin quc la MaiiUai, si> 



iiOnappclli Vim /vltH-^tl , celiil v'' 
let turniihlui rfquifcs , Sc culie l«i ni/m 
tiQiie |)our te reLevc.ir. 

r S..Hint U Dci-lJriiiaii du 9 Avril 
Uiiiruiii Iteligieurei , !1 Juk y avvii <l;its 
Tomt II. 



174 I N S T I T U T I O S 

V\KTifi I. preuve en (olt £ici!e, O.i a aboli rufage d,» prcrsSoiB tz* 
Ch. XXIU. cites, qiie Ton preiumcit aurrsfbis, q-jani une pcrlbanc 

C. rr partt avoif ete p!us d'un an dans un M ^naltire , ponanc rhabit 
iz di Kegy^ ^j^, Rclieieux Proijs v. Ceil pourcuci . le r.ov:cat ecant 

f "/!?. 7m//. cxpJre , le poiiulant doit etre mis defaors , s":! a'eii pos ai- 
j//i./. r, r6. fni!» ii la profeiiion. 
c *^'th^fl7tu " ^ ^'^ plufieurs fois defendu de vendre rentree cn reG- 

Mftnac^ uu g'^" > puifque c'eft unc efpice de Cmonie ^. La profcffioa 

miiii, pou* infcrire Ict adtei de v^cure , novici^: & prcfeiEon. Le& 
que!t rrfr^rSret font c&ces par premier 2c dercler, & pirjph^s tsr 
ch;«i '^ t-:::Uet, par le Skpcrieur , ou U SupsrieLre , qai JoirenC 
kXTK 'd \imx.Ui% it cec enfet p<ir un iCtt capiiulaire » iclere aj cooi* 
ir.enc::T.r;r.t Je chacun de cei regifrres. 

L"d:ti','.-: t^t porce,q'je cout les ades de v^curs , noricia: 8c 
prorcfU..n feront infcries en f/ancois , fur ebscun <.!e> ife-jx regiilres» 
^9 iu.tt U fans aucun b!anc : U que les a«i^es ffronc tigiiis fur IcS 
clciix ic;{i^:rct, par ceux qui lei doivent figner : le Couc en meme 
temp» q /iis feronc fjics *, bL qu'en aiiciin C2S ies ades ne pourronc 
ilrK ir.!crirs (ur dei ftruillcs volances. 

L\irric!c 17 or.lonne , que dans chacun de ces iStts^ il fen fiic 
metition dj nom Sc f:.rnom , & de Tige de ceiji ou cellc qui 
prendra D.ahic , ou qui fera profefnon, des noms , qualites & do- 
micil«;< de les per« 8c mere : du lieu de foi: ori^ir.e , & du icur 
de V»(i'i : lcqucl fera fignc fur les dcjx regiilres , tarc par le Si:pc- 
rieiir ou la Supdrieure , que par celui ou cellt qui prendra rhiibit 
ou fcra profp^fitnn , enfemblc p«r rE\'cque ou ai:tre perlonne £c- 
cicli^iiliqce , qui auront faic U ccrcmonic , £c par deux des plus 
prochci parcni ou amis qui y auront Mfic. 

Suivant rarticle aS , ccs rcgidres fer\'ent pendant cinq anncef ; 
& Ton en apporte un au Grerledu Bailiiage Royal ,ou autre fitSgCy 
ayant (lant Ic licu la connoifldncc dcs cas royaux. 

II e(t au choU dcs parties intcrcilces , fiiivunt rarticle 19 , de le- 
ver dct extraitt de cet ades , fur le regiilre qui e(l au Greflfe , oa 
fur cehii qui rc(le entre les mains du Supcricur ou de la Supeitenre* 

y Aufli dic-oii commun<^mcnC , que Vhahit ne fnit pas le Moinem 
Cu qui ftgnific quc la prife d'habic , faite m£me avec folennit^ , ne 
conditue pas Kciigieux celui qui le porte. 

7 L;i Dcclnrution dn mois d*AvriI 169J , regiftr^c en Parlement , 
c1<:tcn(l j tous Supcrieurs & Sup^ricures , d*exiger aucune chofe « 
dirc^teincnt ou indircdtemcnt , en vue & coniiilcrntion de la re- 
cc|i(ion , priil* d'habit & profenion. EUe permet n^anmoins aux 
intMuitLrcs d(;t Curmclites, dcs filles dc Sainte Marie, des Urfu- 
lifK V , U uutici qui nc Ibiit point fondces , Sc qui font dtabliesde- 
)jiii\ !'<in ifoo ,(Ic rcccvuir dcs penfions viagcrcs pour la fiibfiftance 
<l"s pcifonnes qui y prtnncnt Thabit , & qui y font profeflion : a 
la cliiii;;r quc ces penfluni nc pourront exc<5dcr la fomme de too 
livrr^ .'i |'aiis & autres villct qui ont Pariement , & ccile de )so 
livie« (l;in% Ici autrct licux du Koyaumc, Elle pcrmec aufli auxdics 
Moiiiilttjrc'. , de rccevoir pour Ics mcubles , habits & autres cho- 
fcs abiolument ncccii JLies pour Tentr^e des Keligieufes , jufqu'a U 



AU OROIT ECCLfeSlASTtQUE. a?^ 

keligicufeeftuneillufion ,fi clle n'apour bur les biensfpi- p^j^ j 
rituels. Toutefois il a toujoure iti permis a ccuit qui en- cu, XXIII. 
trent en rcligion ^, d'y porier leur bien , ou une pariie ; '"■ Quenian 
& 4 leiirs parens , d'y donncr a leur confidcration. De plus , ^'^^^^J"'^^ 
fi le .Monadere n'eft pas atTez richc , pour nourrir plus de v c 64 1. «. 
fujcis qu'il en a , il ne (crcit pas juHe dc refufer un bon f\i- '■ & 1 . f* 
jci , dc pcur de prendre fon argcni. Ainft on ne peui don- TftnmoJ. i- 
ncr, fur cette matiurc, dcmeilieurercglequclaconrcience 14. n. 
des Supiirieurs , qui fc chargcni devant Dieu d'un criine S. Th n. j; 
cnorme, s'ils re^oivent un fujei indigne , psr 'ii confidira- J.^^''jJ^j;j'j"_ 
tion de quelque intirct temporel. Suivant la pratiqiiede ,,. j, tu- 



fomme de iix» livrii unc foii payee <lant lit villei oii il jr » ptr- 

tet pircni tt hcrlcieri Jei peirannei qui entrenc dliii Ifi nionilie. 
ret at foient )iii en volonii ou en it3t d'j[Iiirer lcfJilei pen. 
fioni viigeiei , il efl pcrmii aux Sup^iicuci de recevoii dei lam- 
fliei il'argent , ou dei bleiii iinmeubles , qui liennriit lieu def^litei 
penfioni , paurvu que lefjitei fommei 011 imcneNb ei n'eiceJeftt 
pat tooo. livreidini lei vilki ou il ]p ■ failemeni , U BillcLin 
«C33 livrei. L> m^me D<5c!ai3iion peimet au^ Monjfteiei qtii oiit 
^ei leTenui , pac leui tan.tation , & qui pieiendront ne pouvolr en- 
tieienir k nombce de Reli);icufci qui y font, dc pr^fenter lux Evi- 
fuetdel i!3tt de Ituii leveniit & de leuri chargei, ruc ravis def- 
quels il eH dii,qiic roii paurii pcimeitie de recevaii dci peiiriani , 
det fomrnei d'aiseilt ou dci iinmeublei de la tiIcuc cidellj* 
Mprimie. 

Jl but joindrc i ceite djcliraiion , ce qu'il y ■ de retatif i crt 
•^et ilani r£dit dn moii dAoCt 1749 > concirnint lei fjeni d« 
miin-morce , qui leur d^fend , art. 14 , d'acqujrir i ravenir aiicant 
fbndi de terie , maifoni, dioiti i^eli , icntei fonciirei ou non ri> 
chetibtct , inenie des reniei conHiiuJei fur paiticulieri , fi ce n'eft 
aprji avoir obienu dci Lcitret-Pateniei pour racqullition def.liii 
fcicni. L'aiticle iG vcut ()ue celtc difpolitlon aic lieu , j quel<|u« 
liCie qu^iliacquieient , U pour quelqL.e caufe griluiCc ou OHj.-euf* 
que ce puiHc etre. L'jriicle iM leur permec fe::lemenl il'acqiieril 1 
tiot letciei, dci renlci fur le Roi , fur le Clcrge, lei dioctfel , 

•I Lei novicei peuveni difpoferde leuri bient ivant de falre pra- 
fellion : mais i!i ne pcuvent pai lei donner au couvent dinf lequet 
P.l fanc profellion , y a/Jiii une incapaciij de reccToir , i caiife d« 
rempire q.tc le couTeni rll prefumi avoir fur le novics ; ci qat 
rll une luite de la pruhibitlun gcn^rale faite aux pertoniiet ^cant 
*n It puiil-nce d'autruL , de duniiei 1 leuri tnteuii au autrci iil- 
■niniltrileuri. CVIt ainfi que l'on a pnienJii raicicle iij de rOl- 
«lannince d'Orl.!ai>i, H. te iR dc 1'OiJonnance dc Btoii ; Zi. i'tt. 
licle 17^ dc li Couiume de Piiis l'tryej Kicird , dci donicioni , 
pjri, I. ik. 1 ,fi3 i),". iijo &f\iiv Bouthcut , ihid. » Xi tf S6. 
D'l<ericouit, UistciUft^iUquii, pari. l , ih. n, nrt.i.n.tu 

M. Fleuiy Mliit lui-nieme robleivmion cl-apcci , cft- 14. 
Sii 



I >; S T r T L T I O N 



; . < ^. , I ■- . .iz r'M.-:ds. Tj.-. : :<ii :•; : irzi-nT ci qul lcra 'ionoe Z3 
w*. .%.«^ ** Mr.::, .'.:.--..: i: : .: .: ." 1 ^o.ir.oLr. L^ict^ cii profe^ 
:'•::--•:-"----.;,... « •:. : : rw^i^rcq-ie eatri le Reils:i<ux 
^ : C---r--: c:-T2 .. r^ pcu: piui cuit:er , auiu Li 
< .TT i-^--.: rj - 1>- .-i .T.e::re c^hcrs, icui qusique pre- 
r:i:.- : . ^2 .*>.: , -.13 cz 7.z ^a» rexpoi^r a Li (nuere, Ac 

C.lz.t-€t Lii R=..^ ij w c:...j.:: d^-curer dans Icur vocatxoiL 

S ^ -i^-i*.-. ^. ; ^ j .'. r I a r. w . -».: :: j r . : j , '. i-; ?• I j . nes ne pa Jol^^.ic p oint d*ua 

M ,r.i:";jre 1 !'-_::: j :..:.: ^:^:: di sni=:e des Ciinoinesre- 

:>.-!.,:• M-is q..:-:--* Ics M^r.iiJ.i», o: lii aucres Congre- 

r---. r- .^ /.v.j-i r:'*'.wi.-5, z^i.^-rx cis exjrjlVs: cerre iVibilite de 

/if^. !$..-.;> . .^ ^ j ^ djiver.t tc j;jurs deireurer dar*s lejr Congrega- 

lion i i* c.T g;-r.cril , \\ r/eit pas pern::s de pauer d un Or^ 

drc rciigi^ux a un aurrc. On en excepte ceuz que ie defir 

d'i!r.e piui grar..:!e pcrfcfrlon , tjit palh^r a une obfervanca 

plus ctroitw*. W le pcuvcnc b , fa.is avoir obtenu la permif- 

fion de leurs Supericurs; il luiiit qu^ilsTaient demandee c'. 

C. I\'tt i». Les Mcndi.instoutefois ne peuvent paflcr que dansTordre 

rxtrJ!iz "^' ^^ ^'"art reux , fi te n'eft par dirpenfe particuliere du Pape d, 

lomm, cod.c, Ccttc rci;!c , de pafT.-r a une vie plus auderc, a fourni des 

I. Mariini prctcxics de liccncc , dcpuis le rv^Iachement des anciens 

*^' • Moines de S. Benoit & dc Cluni. On nc peut empecher un 

Rclif;icux d*uno obfcrvaiicc plus exafle , mais criginaire'; 

nicnt moins rii^oiircufe , dc paflcr dans celles ci , quoique 

notoircmcnt rclachts, fi (d coniaence ne le rcricnt. Cell 

fouvci.t un prcccxre pour obte.iir des bcneiices reguliers; 

dii nioins , pour dcmeurcr vag.Voond , fans cioture ni 

i)l)ciir.ihco , quoiquc leConcile de Trente Tait cxpreiTenienc 

dclcndu r. 



'• 11 l,iitt |uMir irt rtVvf i\\\*V^ aicnr iin henirole ou confcntenient du 
\ii|-rt*riii il4ii«ri'i<lir (liiijiicl i!^ vculcnt cntrer. 

» 0.1 t>|iiiMvr li iiii ivir (.Moie {loiir lcs Chanoines rd^uliers Sc pour 
1. 1 )«•'■•%*• >t(ci • \\ II- ii\'ii ijiir cclics-ci nc pcuvcnt 1'ortir du premier 
M. ii.iil'ir , 1.1. IV t. II- I ■Miniiltmi p:ir ccrii flu i'l\vc(|ue. 

.1 I .i\ Mi tiiii.»i"% i|iii U)ii( t:.iintcrL'% li.in* ui\ autrc Ordre n'y peu^ 
1 . >i ii-i.ii il^i t'>i-iu-ii^r . ik niitini \\\\\\\ n*cn .licnt ubtcnu difpcnlc du 

r ■■ •• 

^ J' \'\ .\ ,j \t Ir r»po ijiii puiliv» tf.in^Urrr un Rcli^ivuT d*un Ordr» 

\ •• \\y\ p , i'.M>t Ia \ .« ri) miMii« «iiiKMr. l.'ni* tcllc tr.trll.ition ne pcut 

I. • .1. .Mi.- f.iiifr * «it4r iCititiiiiuir^ lulMiurfr^, ipii mittcnt le Reii- 

V •.-.i .; . . 1« il'.»Si.M vi;\ iji iCp,'**- l"'* l»-ri ilc irjiwbtiun doit «rr* 

, .1 . A^ttti^i. \\\\ It i«|'|-^M »l«i AUUcuni , 6c aprci aroit 



\ 



N^. 



AU DROIT EC0L£SIASTIQUE. 177 
Quclqtiefow iin Rcllpiciix riidame contrc (cs vccux , p,„"j J 
priifnfiant r,ii'il y 3 r.ii!l^i-j , ou qiiii Ils a ijjis par <on- di. xXl 
truinti.- / Si anrts fs prcf;:tlion il a hifie palTcr e:R(| snis p , ^'iT 4. f 1 
{.tv.i le plair.tlr^ , il nc 'i.iit plii^ liire oui. I>iins 1« cinq ans y-,/"^, jj 
mcnic , il ne cioit point Otrc oui , s'il qutttc riiabii , oti fort >-. ii^, 
dtiMonsAcrC(lct'n proprc autoritc; nuis il tioit circ tiaite 
commc apoftat. II doit donc demciirer dans fon ctat , Si (e 
pourvoir devant rEveque , pour ctrc reftiiue conirc fcs 
voeux , en conRolflJncc dc caufe. Souvent on obticrt poiir 
cet cficiunrcrcriidu Pape; maisil n'c(l pasnccefTaiic. Les ,0. e t 
cau&B ordinaires dc la rcfliiuiion font , h force ou \i padia 8, 
ctainie, capabics de vaincrc une conOancc non fufccpiible 
de tcrreurs paniqucs ; & les preuvcs dui^cnt en ctre cvi- 
dentes. 

OitnomiDC ^pojljii, ou Fapiiifi, les Religieux qui vio- ^'F "'' 
Icnr lcur vocu , & rcvicnnent djns lc ricclc. l-es S^ipeneurs "'S"''"- 
nedoiventpas les abandonner , puifq^J^ils foni charecs de 
leurs atnes i miis iis doivcnt eiTaycr par loutes forics de 
\cies, deles rcirouvcr, pcjr leur faire faire penitence , 
t* lcs faire renirer dans leiir devoir. Les Juges fcculiers y 
■toivent prcrer la main , & fiiirc arrcier ces fugiiifs, quand 
ilsfontrcconnus, pour les mettreenirc les mains dcs Su- 
pericurs. II cR importani de nc Jes pas foufTrir , nonfcule- 
mentpour riionncurdclareliEilon, maispour lu furcic pu- 
blitpie : car il n'y a poini d'cxci:s , doni ccsapofbts ne foient 
capables. 



r;n-.Ur.ont<ttvw, 
i!e tj (itpr.-ffjon, 

- ll n't'fl [-.11 nJcdTiirc qii« li i<«minilr hU torir.£t itn 

a€C3tit qiit.1.).i>tcii tineilidipnfrriu lipt dccinq ini ; m^ 

fai; viIiLle, illjj(ijucleK<IigicuKn'«tpai«u1alibcri^ 
rlutwb 



K^ 



& iij 



AU DROIT ECCUSIASTIQUE. 179 
plrs.&approchans, auiani qu'il fe peui , dcs pauvres:ce pj^^j,^ |." 
c[ui cd praiique plus ou moins exa£temeni , fclon la difle- Cn. XXiV. 
rcncedes InAimis. Maispouravoir cc peuquieft n^cclTai- 
re , les moycns font differens. Les ancicns Moines vivoicnt CiJ^aa. 9; 
duiravail de leurs mains, & donnoientaux pauvresceqtii <ifi't.dt fy, 
leur reftoii , fans ricn t^artier pour le lendcmain. Dtipuis fj'.' '" '' 
loiig-temps , la plupart ilcs Reiigieux oni des rcvenus aflu- ^ug. ^ ^0- 
rcs , qu'ils gouvernent , cotnme les autres hommes font 'ifr- ^'(''J. 
%-aloir leur patrimoine ; cKccpte qu'il n'y a que le Supi- '"*' '' 
rieur & lc Procureur , ou quelquc autre ollicier qui en ont 
la charge. 

Pour la confcrvation de ces biens , les Communauies 
ReU^ieufcs font regard6es dans Teiat comme de grandcs 
familles. EUes peuvent conirafler , & comparoitre cn juge- 
meni /^enun mot, faire toutcs Ibries d'Aflc5 publics, flc 
de pour^uitcs judiciaires. Mai^il faut (oujours quc ce foii 
paf rauiorit£dcsSuperieurs,&duconren[cmcntde]aCom- 
munauie,fuivant les r^gles paniculiiresdechaquclniliiur. 
Selonledroit commun, obferv^ cncorc cnquelqucs pays, 
lcs Monafl^res font capables auHi de reccvoir dcs fuccef- 
fionsm.Celuiquiyenire.y porte avec lui toutfon bicnn, Krj.j.Bmj 
sll n'en 3 autrement difpofe ; & lc Monaftere recucille les '- 1'- 
fuccellions qui lui echieni depuis fa profefllon. En France , ^°J[' *' '" ** 
lcs Religicux profcs ne fucccdeni point, ni le Monaft^re ig. ' 
pourcus:on les regarde comme morts les premiers , fui- Canfi.itPa' 
vamla parole d'un ancicn. ZffZolLiC. 

Les Freres Mendians , fclon leurs rigles & leur pre.-ni^re f, 9. 
inlliiution , doivent eirc pauvrcs , mcmc cn commun , '^- "i*- 
n'avoir aucun revenu affure , & ne vivre que d'aum6nes. *'." r\..:e' 
Maisl expencncea faii voir quc les aumones n etoient pis in6.Uimtnt. 
vn revenu fuflirant , depuis la grande muliiplicaiion dc ce "'"' '^' r"- 
gcnre de ReligieuK ; & que fouvent ils etoient expofes a la "^ ■ » . 
tcntation de fe les atlirer par des moyens indignes dc leur 
profdfton , du moinsincompatibles avec le dutachemeni & 
la iranquillite de la vie rdigieufe. 

Ceft ce qui a faii quc lc Concile de Trente leur a per- '•''''■ ^'"^ 

I II y a ccitiini Ordtci Menduin qui ne pUiJcnt pi< m Ic.ir norn . 

a Cc <|ui «11 dit cn cci tndruii doil l'cntciid;i.' de lcgv in. nuu fit i% 
fuccFirioni , ah ianjlti. 

a Ctt u[jgt ii'i pu li(u puou aoiu. 



AU DnOlT ECCLfiSlASTIQUE. aSi 

n; e^fiL-n: plws h pyuvr;te tan: qu'i:s vivent , finon en tc 11^^^,^ i;' 
<;ii'us n.; peiivciu acqucrir (l'iniiiiaiihl.;s. A kur inort , 11 cu- amV. 
]).!rut!((ii'i!ifon:!'ci:\;:^'ux, cn ccqu'il!>n'ant point (i^herl- 
i.^ir-. Ic",iiimi;* , S; ni; peuvent faire dc teftnmcnt ; c'cft 
rAbl>c ou niitrt; Supi^ricur qui icur fucci-dc d ; & ceite TLgle 
cfl ^onernlc pour luj* lesrCiigieuxbcnciV.iers, ouauircs 
<]ui liiflbnt p,utv;:':i biens en mouranr : c'cft C'.'tte efpcce 
do rnccetiion , n*i; l'on a^pcllc vulgaircmcnt dlpouilli; ou 
Mtemorte. \.n t;rme d« elroit onrapnullcf Jcu.'(, parce quc n,,*^„„'^^'' 
Ton rcjisrdc b; !l;i;j:;;L:v corr.mc il,*s tnfjns de fjinillc, e. j. n. 11. 
qul n'oni joiii dc ^u^Iijac cliofe cn proprc , quc par la pcr- 
fniflton cxpr-.Tio ou lacitc du Supcrieur , 5: n'cn ont eu 
<]u'un fimple uiape priicaire. Lcs Bcligicux qui prjtii;!ie:it 
Icmoinsla pavivr^r^', font ics clievalicrs/'. lls vivcntdif- 
pcrf^sdans lc rr.onde, S;r;reqoivcntricn derOrdrc, s'ils 
nc font i Maltc ou dans lc fervice aftucli c'cft pourquoi 
cn leura pcrmis de recevoir de leursparensdes pennon« 
aiimentaireE, ou dcs donations d'ufufrutt,ou de diofes ^"^ ^"'" 
paniculiurcs qui foni lc meme eflet. '' ' 

Le Concile de Trcnte a renouvelc les anciens rcgle- S*ff- ^S- "f- 
mcns , defendant a tous reguliers dc tenir ou poffcdcr au- "^" "■*•'*• 
cuns biens, mcublcsou immeubles. Ilsdoiventiouiremet- 
trc cntre les mains de lcurs Supeiieurs , a qui i1 n'cfl paspcr- 
mis de leur accorder aucuns bicns flabJes , fous quclquc prc- 
texte que ce foit. Tous les biens du Couveni doivcnt c:rc 
adminiflrus par lcs Oinciers que les Superieurs pcuvcnt 
dcfliiuer qu?nd il lcur plaii. Les meubles dont lcs Supe- 
rieurs accordcnt Tuf^igie aux RcUgieux , doivent loujourt 
fcntir I3 pauvretd dont ils font profeflion. Lcs cor.trcvi:- 
naiis fcrom privcs pendant deux ans dc vois aflive & paf- 
five,& punis fuivani leurs confliiutions. 

Le vceu de chai^ctc confiAe a rcnoncer au mariage ; car 
pour lcs crimcs contraires ii ccite veriu , toui Cliretien y 
rcnonce au baptcme. Le vccu de continence , & par confe- 



a AuPirlcmcnr tlt P.vic, ron adjaiiele pifcii'c i)u RilicicuK Cv.ii 
■ni p»ii<rr< ite fi Paryiir.t. Lc gDnH i:™i>feiJ IVii.ie aii Mon,il^:fl, 
Voyr^AaVtitty , pa^ziftift f: dti Bincj.f^r,. ;*?. 
l M. fleuiy rff p.rle en «: tnriroii q^.e f,K Clxvilieri ri* S. Je.nr. 

JelcnifilrfTi, iiiiiii;iieliiln'cflrQi:^;in-,.'r.:iTC'..voir «"«['irgent &?)!» 
^siibict i <ui. Cependtni ilt o< fuccudvM j;t,ini , non piui ^nt \ct 



i li:=l;:ilx aU£ 



AU DROIT ECCLfeSlASTlOUE. aSj 



rcJuire «n rervitude , afin quc 1'efprit foii plus libre pour Pabtib I. 
priiir & s'onir i Dieu ; mais elles doivent «ire reglees par ^'^f J^'!-' 
robcilTjncc & par la direflion des Superieurs; car la meil- ,^/ 
leure de toutes lcs morritications eft celle de fa propre 
volonte. 



CHAPITRE XX \'. 

Dt /j Clincjturc d<s Riguluri &• de Uari Exmpiioni, 



ON croyoit au commenccment la dericature iocom- Thomtiff. 
patible avec la vie monatlique ^. Un Moine ctoit //;^'/'j''.j. 
un homme, qiii, de lon mouvement , quiitoit le com- i6. «. t.c. i. 
merce menie des fid«lles, & s'alioit cacher pour ple«- J-,4- *'■/* 
rcr fes peches & travailler k fa perfefHon. L'n Clerc ^Eoti ^ 
un homme choifi par Ics autres , fisuvent malgr^ lui , 
pour remplir les fonflions publiqucs de rEglife, expofe 
coniinuellement aux yeux de tous. Si un Clerc fe faifoic 
Moiae , il cefToii de feivir TEglife en public ; 8c fi un 
Moine eioit fait Clerc , on le liroit du monafl^re , & on 
robligeoit a venir fervir rEglife. Toutefois on pcrmit bien- Caff- tellMH 
lot aiuE Moines d'avoir entr'eux quelques Preires & quel- * '• '• 



f Let prsnitM Moinei Jloienl do Hculiert qui (t raiiiolfnl djni 
dct d^rerti. Il( furciic lalTembl^t d'ibo[d pii raini Birilt, lefurtnido 
tui unetcglc, fircnt dei vcrui , te cDnimencereni iloii a tirc comp- 
tdi pour lc dtrniei Ordre de la hi jraithie cccl^riilliuue , pii lequel il 
fiUoil comniencei pour montei lUi di^nii^i tcc;r:r>f Hiquei ; c'e[l ca 
qui cempht dc Moinei b Gtecc & l'Alic. £n jSj , lc t^yt Siiicc lei 

qu.-iqu'i!t ruireni it-iiitis idoinct pour leccvDii li cli-ciciCkice , ili 
n'«Ioienl pii (ncorcioui r^putdt Clercl d^nt le i-ui.cjcme rieclt. Un 
Moinc q.ii eioii fait ^•eqiie , ou mcme Gmplc Clcic , ctlTuit d'eire 
Moire. Leui d'ULcidini ifoitM <:ieici |:oui U l'lu|i'>l <ici lc replie- 
me ritclc , iinriq,iel'uhrerve M.FIcury dinironlcoiliime Dircouii, 
& eonltqpiemment tli eioitnl lcttrdi. Cepend^nt on Cinciie de Rome , 
tfnu en 6cx , ditidi que rcut Muine qui luroit piiTi; i r^iJt eeele- 
lljni.jiic ne pDuiroit plui dcnifurei d^ni ron moiiinere. Oini le neii- 
viime (iecle ili tinient reg-iri^^i comrie fjirml panie de li hidrarchia 
a.-cteriinique. Chonii you]-ni p,-rvenir i li di^niii- de piTTijrche da 
(.'r.nil..nlm<>ple , fur r^ii c1'>ho:d .M.nr.e , enruile lc:1.'.ir. II pjroir qiie 
d<t r'.n l^Ji;, on diftins.i.Mlltiircriiliiquetoutjn.eri dei Moi.e» 

Prtri..iitmenl loui lei rc".: 

«*. ClcfCi.iini eneorpi,,_, ._ , 

^t (ciu qtii tif&t Imu , eu Uituc) p» tui> 




-.•j. r V S T I T U" T I O V 

^ ^_', nye% Cemponr r.re i Mcife isns lj'jr?ontr.r;s, i 1« 

.*■- .-. -r. I. i>;.Ii 1 y-n ..j .'r»ri ;s vi.v.nii c;'-x ■■t: .'n ■.vu.Jit or- 
•■ il:T;r C--!:*. i.irjs ^«■i /naM ;r;? i..;it ^.v:i: iilJears 

(Jj r.::r..T:eni :': :i.tn^i:«. Zr.sn. '.\ n :r^u-.-3 :ncyia<l'aUier 
ii • * :.in:*ni~' inve jvec .'jitive. par 'es C^Qimiuiautes 
(ii CHamiMs. Miii.n ~v[nia2se.i ■irTent toui^^.trs .-fiSa- 
«■i.s.«Vii-:j '^-■.■■■jii i^s.-nittrs^les J'.Ux-ia Cinpelle .-, 
qijrtiiTue li«-:ori :is :'uttrtW kOinprei entre !e Csrge /.' 

Denui^ .■-ir^i.^me Cndi. ort tj piui conste potir i46i- 

n-;i , iJUi ;e< C.ercs , i:'«l-.i-.i:re cem Tiii iioient Hdlines 

:ii| ;hc:ur, & inrtruiis^iu .:.^ant ^ lic !j. ia:;zue ioiiRe , qui 

e^r-n^t rf iUrMK lnn^ - reniD* n'ecait pliis videaire. Enriii , le can- 

'a;n'it f'i. ^''^ S^Jisrai ■!« Vietifle, tenu '.'ui t ^ 1 1 . ardo:;na A tous 

/t«t. •« mi;n« ieTi; uir;r:r:)nc'jv.iirjED';s ijsor-iras r.icr>». 

Q'jant a c^tit ^u- n' jvant point i^ '.;:tr2s . n'etoient capa- 

bit;s quc Ju rravjii .■!£« mains £: 'ifs bas om.:^, quoiqu'on 

Ic^ rdcut a la nrnrjllion nicn^iltiau.;, on n^ l«ir donna ni 

V lit en ciinpiire, ni entr^ au diaur. &: on les noiniDa 

F ■'. : ■-■. Tt /■-'■-i 'j'^ ou .-.i.-:!':-^; .'. comme^u diroit ii '..iLntci cmrtr- 

■-. 4. i.iiii //c. I.« rnoines (ie Vallombreure de Tol'c=ine foot lespre- 

" "' ir.ler^ » quc Ton rrouve avoir pris des trtircs lais, pour 

lcs aider dans !es iravauT & ies atFjires exi^rieures ; ce 

fjiii l'ut fuivi par les Chartreux x S^ pir les moines de Ci- 

leauT. La rairon eioir, alin fie les .Moines puCeni nieux 

f>arder ia cloture & la tolinide. Des ie tenips de la fonda- 

fion tle C''JTii & i!; CireauT, Ijs moines pr^iclioient Tou- 

v^rit, (S. Birr.sri cn eAun heieTsniple); & iis foiibient 

|f>-jf« ks fonciions ecclefiaftiques. 

J)jii!eurs, le« Char.oines reguliers, bien t^Je O^csde 



r n.i :>.^ir '''<nnt (« f.irnn-n , poiir Ict ilininjucr dcs OtUii, i|ue 

^■m><1i:|ii<.. r.V'..1.(> (; ii:i<iiine cn nii[qu^<)inif3viecomniel'ioftita- 

i.>n.'r« (!.• V.||',m)>reii'[(, fLndd vcrl r>n 1043. Feyti M. Flcury . 
* Lci Clitttiaux ipptlricnt lcucl fritti-liii, Ui fiirtt tariM. 



AU DROIT ECCUSIASTIQUE. iSj 



letif inHitution , fircnt des vocux folennels comm; les Moi- pah-cb i, 
nes , sVnrermcreni comme euK dans des maifons que l'on GHAr. X&V. 
noininaauin Moii^ill-res, furenr gouvernes pardes Abbes, 
& unispar desCongregations de plufieurs maifons , en 
foi te que Ic pcrple s'accoutuma i. confondre tous les Reli- 
giojx Ibus le nom de Aloines. II efl vrai que les Chanoines 
reguliers y font demeures cn pofrelTion de lenir des eglifes 
paroifliales , cc qui a ciii dcfenJu aux Moines (. 

Letat dcs Religicux Mendians eft conimc niitoyen en- 
ire los Chanoincs reguliers & les Moines. lls font tous 
Clcrcs, etant ddlin^s par leur imliturion a fcrvir le 
proctiain par la predication & radminillration de la pe- 
nitencci mais ils ont embnino la plitpart dcs uuileriies des 
Moines , & y ont ajoiiti^ la niidite dcs pied<: & la mcndi- 
cite. Ils dificrenc principalcnicnt dcs iins & des autres, en 
ce qu'ils ncfant point attachciiaun certainlicu , mais foat 
dcs compagnies dc miflionnaires loujoufs preis a marcher , 
fuivant rordre dc lcursSupciicuts , par-iout oii l'£gUi'^ a 
beloin de leurs fecours. 

Les grands ferviccs qii'i!s rcndircnt dabord a TEglife,' 
& Icur attachcmcnt pariiculicr au faint fwge, Iju- anirc- 
rcni de granils priviliii^os da Vipa, tcls font rcx^mpiion CoW. pnv. 
de 1j juridi^ion d>.-s Oruinaires, qu'ilsonidcs leur inlliiu- "rJ. mei.iJ. 
tion; lc graiid nombre d'indulgences accordees a ceux qui "^^.i^J ' 
vifiieroicnt a certaines ftites lcurs cglifes , qui contribuc- 
roient aux batimcDS ou i la fulifidancc des frfres ; la pcr- 
mil^ondecelebrerlesfctcsdcs Saintsdi: luurOrdrc ; ceile 
de prudter publi<iuemcnt , d'adminiflrcr a tout le mor.de 
dans Icurs eglifes , Ics facremens de peniiencc a & d*eu- 
chariftie £ , Sc d'y donncr dcs f^pulturcs , & pluf:eursautrcs 



V Tell funt 10 


uiccuidelV 


■tdre 


defjititAuEunin 


li ceuidel'or.!ia 


dc Fii^tisniii. 












l 11 >■ « n«nm. 
poHcdcrdciCun 


oini £t, Rc4igieu) 


[ de . 




Itri , quifiKcr.t 


:i de Ieiii ord 






e I;s Uen.:d 


ii",in..q;iji.d niC- 


^. il. (ecolc... .r 


■une Congrigi 




ditTei 


:ei>le. Ainfi 


un Bcnc.ii.lin do 


Cor.gr*gaIian it 


v'<S.M.!irp, 


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ofTcJ: 


■r ni,e Cure 


d^pendaniedeU 


Cl.inv.tliuni 




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:lquM turc 


ideleutorJrequi 


, lli ot peiKKi: 


it conlcffir,! 


l'll( T1 


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t at>prouv<i 


pirl'Ev}que,l«- 


quelellm.med. 


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commriledriiici 


-iprii. 










t tl ne leai tll 


P" P«"»" ^' 


>aoni 


Mrl.i 


to(r.mu.i'LO(i 


diuIeu»Eglif«i 



V T;;r:.: nu; m. li 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQUE. 187 

tinqui^mc (licU , il y en avoit qui couroient par les villes, Paxtic I. 

& iroubloient le repos de rZglife ^ leconciledeCalcedoine Craf XAVi 

ordonna qu'ils dcmeureroienc enti^rement roumis aux Evi- ""'• "*'•' 

quus , & ne s*appliqueroient qu'au jeiine & <k Vorairon , fans 

le meler d'aucune affaire ecclefianique ni temporelle , le 

tout fur peinc d'excommunication. Chaque Monaftere etoit 

gouverne par fon Abbe , que TEvequc ^[abliflbit fiir le 

cboix dcs Moines , d'ouvicni Ja ceremonie dc la b^nedic- 

tion dcs abbw. On voit qtielques commencemcns d'exemp- ^jg £^^j ^. 

tions cn At>ique& cn Urient. En Iialie^faint Gregoire /kkxh. «. 4^ 

cxempta quelques Monafteres de rendre compte de leur """'■ "- '6. 

tcmporcl aux Eveques , & de fouifrir qu'ils vinflent chei ,(_ ind'tT' 

euxceiebrerlesmcirespubliques, & troublcr leur folitude. Hiji. Hr,- 

Piulieurs E%'eque5iouchcsdc lafainte viedesMoines, lcur ''»"*i-»- lU 

accorderenidanslosfi^clcsfuivansdcfembhblesprivileges, 

ou confentircnt qu'ils en obtinflent a Rome. Enfin , les 

eiemptions fe foni etcndues a la piupart des Ordres reli- 

gieux ; & les Eveques ont eu la facilit^ de les recevolr 

dans leurs diocufes a ceite condition ; mais comme on en 

a vu les inconveniens , on a travaille dans les dernicrs tempi 

a rcflreindre Ics exemptions autantqu'il a et^ pofllble. 

La prefompiion cft pour le droit commun, Ainfi on n'a 
p(Hiiid'egardarcxcmption,fielIe n'eftfondecfuruniitref 

/CaP»« fa(<[tr^furlcfiint Sijgcen {90, (t mourut «n <o«. Lm 

fiiclci dc rEglife. Sclon cui , cdlfi dct Monineici jtoient i4']i con- 
Duct du (cmpi de S. Jciumc cn Oiicnl, 8c confjqueminent iTant Tan 
.410, <po(|UC ilu i6iis de S. Jjiume. D'iuirei moini fiTorablc* aux 
•icinpiioni , enrappiochcni beiucoup l'otigine. Suifantceidefnieri , 
■ei Hcmpdoni , Tani dei Chapitrei que dti Maniflerei , ^Ioicn( cncora 
inconnuei cn France du tempi de Pepin ; cequMi ptouvenl parlct Dt- 

•Jent i'eiie falt lonfuier pour ['amonr lie Dieu , & qui Tivcnt dc leur 
bi>:n fani reionnoitre de Supiiieur, feront oWieti a *iTte comme 
Clercifoui la mi.n .!e l-Kveque. II cd ceriiin n^anmoini que cc fuC 
daBi 1e fiiitnie fiecle f( dani In fuivam , que l*an cominen^a a accordet 
<9ci cxcmpiioni a cerljini .Monatlciet, non pai pour let aulcrifer > 
n^onnoiire I 'autorite ligiiime de leur Evtque , maii fculemenl pouc 
a(rurctlai[anqiiil',itcdccei MoniH^iei . & pour la conreivaiion de 1j 
difcipline legulii^rc & ric Ituti bieni temporeli, ilani lcfquclt ili 
tf:c.ieni(rouhl^parque!quc) puilTancei f^:u!iirei, mtfflc psr quclque» 
Kvequci, foui divtri pt^tciici Ipccieui. Van - tfpcn , Tvm. //, 
fin 7, (;■(. II, ch.i. 

g Ttli que loni det lluirei it P.npet , dei Concorditi S( Trinrac- 

lioni palTect avec lci l.vtquet ; d'.ncient Airiii qui onl miinitnu 

' dvit Uuti privilf|;ci ceux qui fc pt4ttDdea( cicDpu , il «H niccffut* 



Hd. x6c6. 



188 I N S T I T U T I O N 

PartikI. ^onfirmi par 1a pofleffibn. Et cotnme il s'en etoit donn^ 

ciiAP.xXV. un grand nombre pendant le rchifme d*Avignon , le con- 

Sejf. 41. At' cile de Conftance revoqua toutes celles r.ui avoicnr etA 

ttiidehus. donnies fans conaoifTance de caufe , & fans le conrenre* 

ment des Ordinatres. Le ConcUe de Trente a enfinapporr^ 

Htim. du auxexemptionsdesreguliersplufieurs limitationSy qui onc 

Clct*^^ ' P^^^' 6te regues en France , & etendues par les Ordonnances & 

Cotic, Tiid. les Arrets. Aucun R^gutier ne peut precher fans la permif- 

Se]j[, V. c. >. fion exprefTe de TEveque , qui peut lui interdire la pr^dicH' 

s /r xxiY ^^" » m^me dans les maifons de fon ordre , quand il !e juge 

U. ^/ ' a propos. Aucun Regulier ne peut entendre les confef- 

6VJ/". xxiii. fions h , fans etre approuvfe de TEveque , qui peur Texa- 

^Con T d. ^^^^^ > ^ limiter fon approbation. Tous les Reguliers , 

fejf. XXV. R> ayantcharge d*ames , fonr entieremcnt foumis a rEveque , 

\}'^ ^ en tout ce qui regarde radminiArarion des facremens , & 

les fondions de leur cliarge. Les Riguliers font tenus de fe 

conformer ^ i*ufage des dioc^fes 011 ils fe trouvent , quant 

a robfervation des fetes , les proceffions , & les autres ce« 

remonies publiques i. 



de produire les originaux des titres. Une copie peut cependant fsire 
foi , lorC^u^elle a ^t^ faite par une perfonne publiaue & par ordcn-» 
nance du Juge. Capit. fi infirumtntM , aux Decrctales. Cujas » dm 
Kloolin , Durand. 

Les Canonides rcconnoiflent plufieurs cas , 011 , fuivant les faints 
D^crets , les prif il<^ges les mieux ^tablis cefTent. Ils font compris daDS 
ces dcux vcrs : 

Indultum toUit Contttnptut , Crimen » Ahuftts , 
Oppofitum fgflum , Dammtm , Tempvs voriatum» 

h L*articlc 2 dc TEdir de t6$$ , portc quc les Pritres ftfcufiers Sc 
r^guliers ne pourront adminiftrer le facremcnt dc P^nitence , fant cnr 
avoir obrenu perroifllion des Archev^ques ou Ev^ques. Cct articlc ne 
fait aucune diftinftion entre lcs ConfelfsoRs que les R^guliets pourroient 
cntendre de la part des Religicitx dc Icur Ordro , & celles des sutres 
perfonnes. Ccpendant tout les Pritres r^guliers d*un mdmc Ordrc font 
cn pofteinon de fe confeffcr les uns I«t autrcs , & mimc dc confelTct 
leurs noviccs fans 1'approbaTion de r£v6que , pourvu qu^ils aient 
Tapprobation de leur Supcrieur r^gulier. Us fe fondent fur Ic Corcile 
de Trente, feff. 13 , cap. 15 , </< Teformat, qni dit feulemcnt qu'ih ne 
pourront a I'avenir entcndre les confeilions des S^citliers, ni m^me 
celles des Pretres , s'ils n'ont un BdndBcc-Cure , ou s*iis ne font ap« 
prouv^j par TEv^quc Dioc^fain , d'ou tls infcrent que le Concile n« 
parUnt poiot de Papprobation de TEv^quc pour la confeffon des R^gi»- 
liers par les R^guliers , l'on a reconnu qu'ils n'cn avoient pas bcfoiob 
Quoi qu*il en foit , ils ont pour cux Tufagc & la poifenton. 

/ U y a n^anmotns pluAeurs Ordrcs reguliers , lefqucls ^tsnt cxempts , 
ne foivent point !• Breviaire du Diocele » mais le Dfdviaire Romstn. • 

B 



AU DROIT ECCL6SIASTIQUE. «S9 
il n')r a que TEvcque qui puiirepermmre lil-tablifremcnt partib (." 
<les nouvtiiiux Monad^res , ou dcs autres Compdgnies de Chaf XXVJ 
devoiion k , ou qui aii droit dc lcs fupprimer , qujnd elies 
re (bnt plus uiilcs a rEpli.e. A Tegard des Ordres religieuT , Cjp. ult. i* 
ils doivent eire approuves par le fjim Sii-ge , prindpale- "' ''*'" '* 
mcnt dcpuis le concile dc L<i(ran , tjui a dcfcn Ju den eia- ,°"^* ,/ ' 
blirdu nouvcaux , iicnuie de la confufion que pourroit 
apponcr lcur trop ^runJc diverftte. La chnrirc fe conferve 
tnieux dans une vie unifornie ; & on peui fc L>Iorlficr meme 
des pratiques d'humilite , qujnd elles font regulii;res. Tou- 
tefois , la piupart des Ordres qui fubliAcni aujourdhui , 
n'ont cte etabiis que depuis ccitc dijfcnrc , pirce que les 
CanoniAes la rcduirent a n'en point ctablir fdns raLitorice 
<lu Pape l. Un ordre erant une fois approuve , i| n'y a CUff. Sn di 
quele Pape,ou le Concilc univerlel , qui puilTc cn or- '■'/"■"''■ >*'■■' 
donner resiin£iion m. Ainfi furent abolisiesTcmpIiersau ' "'"^ 
concile de Viennc n , & les Humilies , apri}s ralT^irmat 
stieni^ contre S. Charles p. U fera parle des ere^ions , des 
unions & dcs fuppreflions de monaileres , ea traiiant i» 
la foniiation des Eglife». 



k Si lei Monjftir* 


'I t( Compattniet de djiotion n 


1« pe. 


^>ent i 


Itt« 


4tal>1ii r»nf rautorit 


ede 


l'E.*Hue.ee, 




me [> 




pat 


non ului, t*l«(i«rni 




l'otdre politi^ 


ue , ttte faii 


'( f^nt 




tit.i 


i« So\»er>in. E<1 Fr 




, il fjut qu'iU 1. 
tment. 6« peu 


uienl te«et..t 


de Le...e». 


Pi- 


tent», t.^,ft.;e.«n 
»noinJ'Aout 1749. c 


P.rl. 


t voif , 1 ce 


fujet, 


l-Edi, 


du 




itm Ui giifidt 










/LWaritJdul'». 




lutfit pai feule 


' , il r^ul le c. 




n de 1'. 




lotile du Roi. (ummean 


ri i» dint la 1 


lole pi^cJdt 




«n patl 




d« gen. de n.»in.n,o 




• ^iniril 










n Ni.n-noin. ch.<i 


Iue5. 


DUTetainreut, 


fani le conc 




lu Papc 




«luConcile, & mime fani 


le coneourKte 


rf^rjqu.!, r 


lon pi 


it .incJi 






■_ \fiii 


iimemert *. J.li 


,.friiidc;Ni 


'tt (Ol 


r,^»b'.l 


(t- 


)n«ntn..l&:3bullf. 1 




io=, M faitr(liii.ilieteme..l; 


; f< n 


•imt e. 


. 1« 






pii dii taifu 


nt fu 


i.<(ieut. 




fint ineintit cel ur 


dte, 


d^clitet & 


idonnet qur 


dctei 






Orilte , eongiigitiu 




InlUiut ii'iuii plu> lieu d 


Ul* 


f«E.«,. 















e Celuii i,n Ordre te1ig;icui iitV.i p>t quelquei Genti\h<>inmi 
Milanoit, .'in ■ if'i. Leieliichenidituiiciutiiainbf cei Oiilte, ob'igi 
5. Chitleide le lelj.-met. QucUi.ei-iini a<i Supcticuti , metontent ( 

P.e V * abulit' enl.ei<menl ctl Oidre. 'fflj <( M.^de Thou. de Vili 
B,Jl. dt Viron,. 

f On peut maintenant liouiti ici li fnppieirioD des Ijridlcl p 
CUmcncXtV. en 177J. Hait iil'Eiit,at. 

ttm Ih % 



4$o I N S T I T U T I O N 

CHAPITRE XXVI. 

Dis Rifomet q. 

LEs exemprions ont ete la plus grande fource du rel^- 
chcment des Reguliers. Saint Bernard favoit bien 
prevu ; & cVIl ce qui le iaifoit diidamer avec tant de ih\e 
contre ces privilegcs. Les Superieurs gineraux etant eloi- 
gnes , & le Pape encore plus , & occupe d'une infinite d'au- 
tre$ aHaires , les fautes roni demeur^es fouvent impunies , 
& les abus ont pris racine avant que Ton y pitt remedier. 
Les appellacions & les procedures (e font introdiiites en ma- 
ticre de difcipline reguliere , Tous pretexte de maintenir les 
privili>ge5. II y a eu d'aiures caufesdu relichenent : le 
inepris du travail dcs mains ; les voyages pour les CrotlaW 
des, pour aller etudier aux Univerfites, pour les vtfites 
des Monaltcres & Ics Chapitres generaux ; le commerce 
avec le monde pour les foniflions cccl^fiafliques ; entin la 
corruption de la naturc , qui feule n'e.A que trop fuffiraiue 
pour ruineravec le temps les plus fainces iniliruiions. 

Les Chanoines etant Clercs par leur etat itoient les plus 
cxpofes. Aprcs avoir kte en grande ferveur pendani cent 
cinquanie ans , ils commcnc^rent i fe rel^cher r ; & nous 



qOiienteiidparrii/arrTK , le rdtablillVnieiit de 1» dircipline, qul 
uioii leldclice , & \3 coiieclioii dei abui , qui i'£tiiieD[ intraduiu 
dans quelquei ordrei religieux. 

Quelqucfbii , par le iL-rme de riJBrmi , on enceiid un ordre ou 
^Oa^xif,3tiou paiiiculiere , qui proceJc de \a rfforme qut a iti faiie 
de qtielque >uire Oidre : camme quand oii dit quc rOrdre de. f^ioc 
Beniard , ii'e(t qu'uiie r<!forme de celui dc S. Beiioic. 

r Lei Clercs ilet Cathednles , qui dani 1'origiiie vivoicnc eq 
commun , ■Vliil mimc qu'il} prilTeiit le liCre de Cliaiioiues , ii'ob- 
ferveceut pis tDujourt par-tou( celte vic commuue. 11 y avoit del 
Evjquei , dci le cempi ile fiinl Atigultiu , qui rouieuDient les clerct, 
^i vivnieiTl en lcur particulier & de leurt hlens praprei. N^ini Au-> 
gudin lui-mf me , Tur U liii dc fei jouci , dfcUra qu'ii ne priveroic 
poinc de I.1 cl^riciture ceux qui ne Toudroient pis vivre en cninmih 
nauci , comme II lei en ptivoit au commencirment I.'iirupcion det 
Gotlis S( dei Van.liles incercompit & rerarda rji3b1ill'.imen( ite U 
vic eommune dani qiielquei Esiifei d'Afiique. Cepenilaiic ellc At 
iin giand progrii itani le cinqiii^me riecle , & fe trauva folidemeiit 
iU\>\\e dai» prefque Cautei les EglifEi ^'Afrique , d'ltj!ie & d« 
France , duii le caraiDeucemeuE du 6xiimt fl^clc. Maii dei It 1ie1> 



AU DROIT ECCttSIASTlOUE. 191 

voyons (ju'ils IVtoieni notabkmentaucoinmenceineiit du T"""^^ 

quatorzicme ficcle , par un grand reglement que le Pape ch. xxvi. 

Benoit XU fit pour eui , cn 1 3 ^ 9 , & qui n'eut pas grand 

fucci's. Tgus Ios Moines , mcme de Oieaux 1 tomb^rent 

dans un grand relachcment , fur la lin du menie fiecle. Les 

Abbes vivoient en grands Scigneurs , comme les auires 

Prdats , & diflipoient les biens dcs Monafleres ; enforte 

tjae Ton fut oblige daitribuer un certain revenu a chacua 

des ofiices clauliraux , au Prieur , au Chambrier , au Cell^ 

ricr , a rinfirmier , a l'Aum6nicr , afin qu'ils cufleni de qu(» 

s'acquitierdcleurschargM; & ccsoSicesfiirentenfin^rigec 

par les Papcs en tiirc de bencfices , dont TAbbe eioit col- 

Jateur ordinaire. Ccpendant lcs Moines quittcrent la vie 

commune , vivaniapart d'une penfion qui etoit reglee 

pour cbacun. Les places des Moines , devenues de peti» 

binefices, ne furent recherdiees que comme des ^ablilTe- 

mcns lemporcls , par des gens qui menoient enfuiie une 

vie loute feculicre / , & le nom de Moine , fi venerable 

i raniiquite , tourna i mepris , doanant lldee d'un hom- 

me oiflf & fans merite. 

Lcs gens de bien ont toujours ete len&blement touches 
de cet abus de la vie monaflique , qui devoit ine le mo- 
dele dela pcrfc<ftion Chreiienae.Lesptul£mcecfiHritueI!« 



tienic , il V cui be^iucoup d'f.glirci ou lci Cbiooinai quitiirenE la 
vic communi : tt, mcmc ilei lc lixleme , il y cn ivoit qui fc dtHiii- 
giiaienc det ]u:rei , pir det li-igularitJi dini lcur minierc de vivre 
tt d>iii lcuri Ttiemeni , & pircc qu'ili ivoUnt dei peculet oo Jei 
diaribationi , ti qi/ili rcKnpi-ni quel^e poilio;i de leuri bieni/ 
Dc-li tm: de canciki & de cipituliitcl , poui remctlre dint l'or. 
dre canoniiue lei Clerci qui t'en ttoicnc eloigii£>. De-1j iint Je 
rerorjnei , quc nomhre d'F.¥Liuei tiiciit de leun Cliapilrci. Lj [>rin- 
cipi^e f.11 celic que (~hM Clito |.|j.iJ , Ev;<|ue de Mctt , (,: .l:n( 
ibn fcK'.i e. l.i ieg'e iu"it etjllit fut re^ue dant plufieun Kglifei 
*«ifini:i. Ce fut fur-iout U cummencement du di-iicmc t.v-;U , fis 
b p:..p]i: dci Egiirei quiiiereiu U vie commuDe ; li dani lei lie. 
dri f.iMni , 1e teij.liement augruenu cDCOrc. Vuyei t'hi/1, dti 
£K:itci:ci ,pji LliJpoiel. 

/Ce fjt pirlic:ilic:cment djni let huiticmt B( neuTieme (i-^ctel , 
qi>e lci mo-.J.tciei (e [cHirniircril du rclacl'e>ncnt de 1* di;clii'Ine 
du Clerse ruct. p. 69. L'i:ib!illemrnt dci fieh contrihua bcuucoup 
i ccfelivHcmjrt Noi Roii ;yjnt Jnnnc ite ^ran-li liefi luK AIjIili . 
DulE bi-o 1I.-..UX LiiTJi!'. celJ obliBCoit !ei uni Bt Ici jutiei au 
faniie mil:;ji:e , Ec. lct engigeoit Jjtii dc> fluenei , unl gcujr^Icl 
«uc piivuei , qbi cauluiaDl ■lori bMucoup dc trouhlei. 




19» 



INSTITUTION 



"p iRTiE I ^ '** '*n*porclIes ont rouvent confpire pour ortloaner de» 
Ch. xxvi. rerormes.&poiirlcsfiiireextfcuter. Commefesplusgrand» 
i'..-r. ujii- deibrtlrcs etoient dans !es Monafteres eiempts , qui n'e- 
$jVu in' .1 *v "''^"' U'au».iin Ordre pariiculier , on avcit ordonne qu'ite 
Cifii.'. L.ti.iv. ftToient lOHS reduits en Congregation r. II s'eft forme en 
(• !*• eflLi , dcpuis ttuis ceots aiis , diverles Cotrgregaiioiis de 

Moines en di^ers pzyi ; mais h plupart fe ront au£ reU- 
chies. horsles plusrecentes. 

Saiitt Frani^is , & les autres fondateurs des Mendians , 

cnircni que lcsrichetTesdes Monaftereseioientla principale 

caufe du relichement des Moines & des Chanoiaes regn- 

li^rs. Pour y remeJier , ils ne voulurent point avoir de 

bi<;ns . ToitBt en cominun. Mais leur prodigieufe multtpU- 

caiioit , te commerce continU';! avec le monde, & les fulK 

ti!:it,sde h fchotaftique , a laquelle ils s^appliquoiein for> 

lement , les tirent relacher ea peu de temps^ & its obtin- 

lent drt Papcs plufieurs imerpreianons de leur» regles, & 

C- -i'J- i- plufieurs (litpenles. B ell vrai qu'i!s fc releverent bientdt. 

"■■ '"■•i 6 ^'"' cents aiis apres S. Fran^sis , S. Bennniia de Sieone 

Ci^ntiii. letablit une Oiiiervance plus etroice , reieranc touscs ce9 

txi*' i. '(^- diipenies : de!i vicnt la diftinclion des Freres Minetirs , 

rumltm^- ™ Oi-fcrvMtini u & en ComcniucLs. Dans lemenw irntps, 

t^ij I. ad Tceur Collette de Corbie refbnna en France ies nlles de 

tcidit. (. ttinte Oaire. 

J.-iii VjijTi! ^ ^*'* '■* "" "" ''''■■™* fiecle qi:inzi^me , commen^ en 

xu E;pjgne une autre r^tomie , q-Jt fut jpprouvce p-^r :e Pa^ 

l:tno^-;nt VIIL On appe!a c±s Fr^tncitciins , Ricolets x, 

Jl;i;:^Uias , ceil-i-iiire ea Eipagool . RifoTn:^.. Sous Cle- 

nteflt VII , en 1 5 : 7 , Matthieu Balchi , Frtir^ MiiKur de 







Coiipi-s.itij;! U 


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?lutan dt Fiinilt 



AV DROIT ECCLeSIASTIQUE. 19J 
robfervance , commen^a dans la Marcbc d'Anc6ne une au- p " 

tre rtiroroie , h plus cxafte de touics , pour la pratique dc ch. xxvil 
la pauvrciil*. On lcs nomma Cupucias, a caufe du capuce 
long & poiniu qui les diflingue y. Au commencenicni du 
diY-fcpti^meficcU, ils'e{l fait auiH une rcforme depinitcru 
dtt tiers-orJre dt S. franiois , qui ont form^ une congrcga- 
tion gallicane dc religicux aflez femblablcs aux Capucins. 
Chacun dcs autres Ordres de Mendians , comprend aufli 
plufieurs rcformei. 

Les Carmcs avoicnt obtenu d'Eugene IV, en 14; 3, 
une relasation de leur regle , qui a fait nommcr Miiigit, 
ceux qui 5'y font lenus. Sainte Ther^fe , qui eioii de cct or- 
dre, commcn^ a introduire parmi les ^llcs unc reforme 
ircs-exaAci AviJa, en Caftille.en ij6S : & elleescita 
JeandelaCroix, & Auioinede Jefus, i fairclameme ri- 
formedeshommes. De-la font venusenFrance les Camus 
diehanffu & les CamtUtti , au commencemeni du dix-fep- 
tieme iiecle. 

Le relichement etoit demeure dans la plupart des Mai- 
fons de Moines & de Chanoines reguliers ; & il n'ctCHt que 
tiop noioire que ce fcandale etoit une des caufes des oou- 
velles herefies. Ceft pourlguoi le Concilede Trente re- Cone. Trid. 
iiouvela lesanciens rcglemens loucham les reformes, &/yr«»i.R-<. 
ordonna quc lous les Reguliers vivroient exadement feJon ** 
leur regle , & obffrveroient leurs ^ccui , chargeant les Su- 
perieurs dc Texecution. En France , Tordonnance dc Blois 
cnjoignit aux Eveques & aux Cbefs ^'ordres de retablir la 
difcipline monaHique , fuivant la prcmicrc inllitution ; ce Mcriia i . 
quiaeteconhrmcpar pluficursauiresOrdonaances. L'jxe- tj9«. 6. 7- 
cution a fuivi , 8e Ton a eiLibli en France deux celebres 
CongregationsjceJledeS. Maur.pourles Moines.&celle 
dc fainic Gcncviiive pour les Chanoincs riguliers ^, dont 
chacunc emhraile plus de cent maifons, 

La Cungregation de S. Maur e& venue de cclle dc S. 
Vanncs .1 , qui commen^a en Lorraine , Tan 1597. En 



y Suivant )eur inHitutioTi , lls nc dcvoUnt point s'crcni]re hori Jc 
1'IUIie-: mait Chirl» IX en ayini dcmanau J Gr^eoirc Xlll , )t lcv^ 
cn t(6( U ilefeiili: que Paul IH Uur avaic faicc , Ae t'i;tend[c lidu 
<le ricilie , & lcur iiermic Jc >'dt*b1ir |)ai-tuuc. 

; V.t fuivcnt li tei;le de raint Augullin. 

m EUc (tit uoli aawai* k Giiife ^ue l'iibba/c dc faint VaoQH da 

Tiij 




«54 INSTITUTION 



Partie I. i6ij, Jean Renaud , abb£ de S. AuguHin de Limoges ^ 

Cb. XXVI. allaquerirdesMoinesdeS.Vannes,& forma une congr^ 

gationqiii fut confirmde en itiii , par le Pape Gri^goire 

XV , fous le nom de S. Mdur: elle s'eiend aujourd'hui par 

toute la France. 

La reforme des Chanoines riguliers commen^ a S. Vin- 
cent de Senlis , par le pere Charles Faure , que le cardinal 
de la Rothefoucaud fii venir enfuite a fainie Genevieve de 
Paris, & forma un corps dc congrcgation pour toute U 
France , en veriud'une bulledu Pape Urbain VIII, en 1 665. 
11 y a hors la France i d'autres congregations de Chanoi- 
nes riguliers. La marque qui les dilltngue ell Thabitblanc. 
le rochet , ou un autre fcapulaire de toile . pour marquer 
qu'ils font Clercs par leur iat. 

Cesr^formes ontei^ faiies avec toutela folennir^ pot 
fible. Outre les Dicrets du Concile & les Ordonnances des 
Rois qui les avoieni ordonnees en gineral , cbacune en 
particulier a ete faite en vertu de Bulles & de Brefsdu Pape , 
d'Arr^ts duConfeil, 6t de Lettres-paientes , apr^ avoir 
examini T^tat des Monafleres , &oui les partiesintereflees. 
Les anciens Religteux, qui n'ont pas voulu fe foumeitre 4 
la reforme , ont ^te lallles en libert^ , & les reformes leur 
ont donne des penTions. Toutefois , la reforme n'a pas eti 
niife par-tout : I3 congregation de S. Maur n'eft entrte que 
dans les Monall^res, qui etoient demeures fous la grande 
reg!e fans^reunis cncorps, nondansceuK de Cluni ou 
de Gteaui ; & il refleencore plufieurs maifons de Moines & 
de Chanoines reguliers , qui vivent dans ranciea relklie- 
inent avec peu d'idilication. 

CHAPITRE XXVII. 

Du Gouvirnmtns dts Rigatitrs *, 

Ktg.S, 8tn', T £ gouvcrnement eft difTerent , felon let dilTiirentes 

*• *• 3—1 efpeces de Religieuz. Suivant la regle de S. Benoit , 

chaque Monaitcre eioit gouvern^ par un ^bte , qui etoit 

Verdun fut choifie paur f«*it coRiRie ds feaunaite *ui autrei mo- 
fudirei . que ]'on vouloit rjfonner. 

i t\jt eDcota tn France il'autrei Congt^Itions 4e Chinoinet 
(^eulien , te!i que ceux ile fiinc ViAor, 

* Od compitnd id foui ce Kime, noii-fcuIemeDt lei RcU- 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 19? 

^c diref^eur de tous fcs Moines , pour le fpiriruel , & pour pj^njjE j/ 

la conduire interieure. 11 dirpofolt audi de tout le tempo- Ch. Xx\ir; 

rel , comme un bon pere de famille. Les Moines le choifif- ^8- ^' <»4. 

foicnt d'enrr*eu\ , & 1'Lvcque diocefa"'n l*ordonnoit Abbi 

par une bcned.61ion folennclle, qui eft une ceremonie for-# Pontificitle 

mee a rimiration de la confecrarion d'un Eveque. Les Ab- ^'j^^^ *' 

bes ^roient fouvenr ordonnes Prerres , mais non pas tou- 

jours. L'Abbe aflembloit les Moines pour leur demander j^ ^ . 

avis dans roures les renconrres imporranres ; niais il itoit 

mairre de la decifion. II pouvoir erablir un Prcvot , pour lc '^*' *• ^^* 

foulager dans le gouvernemenr ; & fi la communaure etoit 

nombreufe , il metroit des Doyens pour avoir foin chacun 

dedixfr^res. II y avoit auHi en chaque Monaft^re un Porr ^8» *• «'4 

tier & un Cellerier ou Dcpenfier , que P Abbe erabliflbit & revo- 

quoit felon qu'il jugeoit a propos. L*Abbe vivoit comme un 

autre Moine , hors qu*il ^oit chargi de tout le foin de la 

maifon , & qu*il avoir fa menfe, c*eil-a-dire fa table a part , 

pour y recevoir les h6res. Comme les Abbayes avoient JU^, c, $£, 

fouvent des terres ou des fermes eloignees , on y envoyoit 

quelques Moines , pour en avoir foin. IIs y biriflbienr des 

craroires , & obfervoient la vie reguliire autant ^u*il etoic 

pofltble , fous la conduire d*un Prieur , donne par TAbbe. 

On nomma ces perirs Monafteres , CellesJ^ Prieures e , ou 

OheJiences f. 

L*Ordre de Cluni , pour erablir runiformiti, ne voulut 
avoir qu'un feul Athe : toures les maifons qui en depcn- 
doient n*eurcnr que des Prieurs^ quelquesgrandes qu*e11cs fuf- 
fent. Lesfondareurs de Citeaux crurenrque le rel^chement dc 
Cluni venoit en partie de raurorir^abfolue des Abb^. Pour 
y remedier, ils donn^rent des Abbes u rous les nouvcaux 
Monafteres, & voulurenr qu*ilss*aflcmbljflent touslesans 



gieux ^ Religieufes ; mais le» Chanoines r^giiliert , ChanoincfTci r^- 
gulieret , & lesChevn!icrs fles orMres Miliraiics & Ilofpiulicrs. 

d Cclla , comme qai (iiroic iine pecite habiCacion. 

e Fricuc^s , les mjifons appclccs de ce nom . ^totent cclles ou 
VAthi. envoyoit plurtcurt Rcli^icux pour les fdirc valoir. Le p!us an- 
civn ou premicr d*cntre eux , ctoit qiulific Prior , ()'ou U m.iilonfat 
aulii jppeliSe Prioratus , commc qui riiroit , maifon du diAriA du Pricar. 

f C)n lcur doniu ce nom , parce q.ic ceux qui lcs deflTervoicnt • 
nVtoient , dant Torigine , quc dcs obcOienciaiies rcvoc.ibles, c*i:Ui- 
dire cle iimplcs Relit^ieux qui y «toieut cnYo^^i avec une ObidicnH 
ou Ordre de leur bupcrteur» 

Tiv 



a$« I N S T I T U T I O N 

pAtLTinl. ^^ ChapitiT general , pcur voxr s'ils etoient uniformes, 8c 
(^ji, XaVIL iidellcs a obiei ver la reglc. Ils coaierverent une grande su* 
torice a Circaux , iur ies quarre preoiieres hlles ^ ; & a cha* 
cune d^clics , (ur les Monaiteres de fa filiarioa ; enlbne 
g|ue rAbbe •! une niere eglile prefidat a reIe£tion des Abbes 
des iiiics ; &' quil puc , avec le conleil de quelques Abbes» 
les deftituer s'iiS ie mericoienr. 

Les Char.oines ri^ulurs fuivirent «k peu pres Ic gouverne- 
menr des Moines : ils eurent dts Ahbis dans les principales 
inaiions, des Priews dans ies moir.dres; & autrefoisdes 
FrevCts & des Doyens , qui font demeures dans les Chapt* 
fres fecuhers. Les Molnes & les Chanoines ont ete en pof- 
feflion d'elirc leurs Abbes & leurs Prieurs , jufques au Con* 
cordat dc 1 5 16 , qui , ayant aboli en France les ele^ions 
des MonaAeres, aufll-bien que des Eveches, donneauRoi 
le droit de nommer aux AbLayes & aui Prieures eiedifs» 

Cnneord, de Sur fa nomination Ic Pape en donne des bulles ; & tout fe 
fAtci. tU, 6. paflTe a peu pres en la mv^me forme qui a ete expliqu^ ea 

Vhis, I. 9. parlant des Evequcs. Le Roi doit nommer un Reiigieux du 
meme Ordre , age de 23 ans , afin qu'il puiiFe etre Pretre 
dans Tan , fuivant le Concordat & les Ordonnances, qui 
fuppofent que les Monafteres feront conferes en regle ; mais 
quand ils font en commende , comme ils y font a prefenc 
pour la p*uparr, on les confere a des Clercs feculiers , fans 
nieme s'a(lreindre k Tage. U fera parle d^s commendes dans la 
fcconde partie, Qn a conferve Teleflion aux Monaft^res , 
qui font Chefs d*ordres , comme Cluni , CiteauT & fei 
/quatres fiiles ; Pr^montre , Grammont , & quelques au- 
tres ; ce qui eA regarde comme un privilege , quoiqu*en ef- 
fiet ce foit un refie du droit commun. 

Les nouvelles Congregations de Moines & de Chanoines r£- 
guliers » ont introduit une efpece de gouvernement difie- 
rent de rancien, & aifcz approchant de celui des Men« 
dians , & des autrcs Ordres nouveaux. Leurs Abb^s ne font 
que criennaux , afin qu'ils ne puifTent fe rendre trop abfo- 
]us ; & ils font elus , non par le Monaft^re , mais par le 
Chapitre general , compofe des deputes de toutes les pro- 



g On (!oon« ce nom aux quau^t plus anciennes abbayes dt^pendan* 
tUt* xle Caeaux^ (^p ^opt ^ i» Fert^ , Podtigqy , Cbiiyaux & fA^ 
limond. 



AU DROIT ECCLfeSIASTlQUE. 197 

Vinces qui compofent la Congregation. Ce Chapirre clit paetibI. 
aufli les Officiers goncraux , fjvoir, le Supcrmur ^tneral , fes Ch. XXVlL 
yijjlflans h , les lifmurs i , les Provinciaux k, Les Monafte- 
rcs qui ont des Abbcs commendataires , ou des Abbes regu- 
liers non reformes , font gouvernes par des Prieurs trien- 
naux ; & dans les Prieures qui fonr en commende , ou donc 
le Prieur regulier n*eft pas reforme , il y a aufli un Prieur 
clauflral L Tous les Officiers clauAraux en chaque nvaifoOy 
font etablis par TAbbe ou Prieur clauftral , & amovibles k 
volonte. Nous ne parlons ici que des Prieures conventuels m^ 
& nondcs Pricurcs fimplcs, qui ne font plus desMonafteres» 
Quant aux Rtiigieux Mtndians , chaque Ordre eft gou» 
verni par un Geniral nomme Miniflre , dans TOrdre de S. 
Fran^ois n ; Maiire , dans celui de S. Dominique , & Pritur 
dans les autres. C*etoit au commencement le Superieur uni- 
que de tout Tordre. A mefure que les maifons furent fon- 
dees , on mit en chacune un Prieur-, dans Tordre de S. Fran» 
^ois un CarJien o : & coir.me elles muhiplierent exrreme- 
jnent en peu de temps , on les divifa par provinces, & oa 



k Les aflinans font cofnme les Conreillers du Sup^rieur g^n^ral. 

i Les Vifitcurs tont des Religieux choiGs pour faire de tempf M 
teir.ps la vifite djns les maifons d^pendantes de cclle qui eA le cheC 
d'ordre, pour voir ii la difcipline r^guiicre y efi bien obfervife. 

k Les provinciaux font ceux qui ont inlpe^lion fur tuutes les mai* 
fons qui lont du meme ordre ou coiigr«fgation , & fituees dans U 
jneme province ; nuis il f^ut obferver que les provmces des regu* 
liers ne fonr pat toujours divifees comme nos provinces ou gouver* 
nemens Milit.^.ires , ni m^me comme les provinces EcclrfiaAtques Ott 
diftri^s dcs M^tropotitains. Les provinces des rvt^uliers font plus og 
m-iins ^tcndues lelon ies ordres & congrcgations , & font parug^es 
difieremmenr. 

/ On appelle Pneur dauflral , ce!ui qui n'e(l pai prieur commen»> 
djtaire, & quia autorit<$ dans Ic cluitre. 

m Lcv Priturcs convcntutls font ceux qui font habit^s par plufieuff 
Rcligieux , qui forment un couvent. Uo prieure, pour avuir lc carac» 
tere de convcntucl , duit avoir des lieux reguliers , c*eil-^-<)ire qut 
foient dans U cIo'iire du Couvent , tels qu'un cloitre , im chapitrc , 
un dortoir , un rc»'»Aoire. On tient aulu commur.ement , q'.:c pour 
qn'iine inifon fui* r^pur^c convcntuclle , il faut qu'elle ait cUujirum , 
arca commw^is , ji^.lium , c'ell-a-dirc uo fceau propre , communa 
toute ia mjiton. 

n I.«s CurHf.iers rappellent Min/flrc ^dniral; mais dans Tufage oa 
«^^fv^re le prcm>«:r Supcrtcur dc tous ces ordreS| fous le titre de Oe-' 
nfrai rimpicmenr. 

o Chci lcs Mithurins, le Snpericur de ch.iquc matfon s*fippeJ!« 
Mmifirc, U U PAiToji unc mi^ifirene , c'fA-di*dirc le dcpuuict4ii 0*119 




>98 I N S T I T U T I O N 

Faktie I ^''1'* "^W Miniflni ou Prituri praviitciattx. TouJ CeS 0£- 
Ch. XXVIL ciers font dedi^. En quelques Ordres le Gen^al efiivie; 
en (l'autres , il eft i temps : & les lermes de la tenue des 
Chapitres font differens. Dans le Chapitre general , on elit 
k General de TOrdre , & les autrcs Officiers geniraux ; dans 
le Chapitre provinctal , on elit les Provinciaux , & les 
PrieursouGardiens, qui etablifTant enfuite, de leur auco- 
rite, les Olfiders claufiraux. Le Provincialpeui transferer , 
dans faprovince, les Rdigieux d'une mairon a Tautre , felon 
^'il le iuge ik propos : le General a le meme pouvoir 
fiirtout l'Ordre, & 11 ne depend que du Pape. LesG^n^- 
raux desMendiansr^lident d'ordinaireaRome;d'oiivient 
qu'on les oblige k avoir en Prance chacun un Vicairt ge>u- 
ral, qui Coitnaturel Fran^ois ; afin quelesfujeisduRoi ne 
foient pas tires du royaume par les ordres d'un etranger. 
Telle eft en gros la police des Mendians : elle a eti fuivie a 
peu pres par les autres Retigjieux modernes. Mais les /tfiti-' 
iti ont un autre gouvernemem. Comme ils ont vu que dans 
les ele^ions & les alTemblees frequentes des Chapitres, il 
fe gliflbit des fafHons & des brigues , & que c'etoit une 
fourcededivifiondansles Communautes, ils oni ^tabli un 
gouvernement monarchtque. Toui fe fait chez eux par l'au- 
torite du GcJi^rd/: ilapprouve lous lcs fujets qui fe prefen- 
Cmfiit. S«- (gn, pQy^ entrer dans la Compagnie : il en retranche ceui 
paii, j. t. j. V' "V f*^"* P^s propres : il donne toutes les charges p. 11 
yaenchaquemaifonunSffl^rf jUn/^rocurrurf , un Mintf- 
trt , & quclques OfHciers femblables. Un Provincial a Hn- 
tendance fur plufieurs maifons , fuivant ia divilion des pro- 
vinces de la Soci^t^. Le Genetal etablii d'ordinaire ces 
Officiers pour trois ans ; mais il peut les continuer ou les 
rivoquer. Ceft aufli lui qui re^oit les fondations, & (|Ul 
£lit tous les contrats au prolit de la Societ^ , mais il ne 
peut aliener, fans le confentementde la Congregation gi- 
n^rale , qui nc s^afTemble que raremenc : elle eft n^ceflkire 
au moins pour l'ele3ion du General , qui eft a vie f. 

p Soui lui font lcs pro»inciaux , qiii |Ouvemetit chicun foui (t% or j 
4rct , TuDC <jct 37 prOTJncei ou dmrioni dc la Saciite. 

4 On rtppcllc cn quclqiic! cndcoiu , Prifti. 

r II y ■ un Procuceur J^n^til dc l> Soaiii. Chiquc prafinct I luiri 
fon proturear g^n^ril. Tout cci procuieuci foDt fuuinii aux Supj- 
licuri , aupcii lcfqueti iti ont leun emploii. 

/Sur-coui cequi conceineltl HliaM. roj<[ U 001« qui «fl 61-4«- 

t*at 1 li fin dii cbipitic », 



AU DROIT ECCLlfeSlASTIQUE- 299 

Lc$ Ordrcs mUitairts font les plus finguliers de tous. Jc partik f. 
ni'arretcrai a cc//// i/cr Siirt J.an de JtrufaUm^ ou dc Malte 1, Ch. XXYIM 
^ue nous connoifTMis le niicjx. II n*eft pas compofc de 
pluficurs mairons- rcunics ibus un leul chef ; ce n*eil pro« 
prctncnt qu'une maifcn , dont il y a des membres repandus 
par touto la ChretlentL*. L'utilite de ces chevaliers etoit ii 
grandc , pcndant les Croifades, qu'on leur donna de tris- 
grands bicns, & on y ajouta dcpuis la depouille des Tem- 
plicrs. Dc forte que pour faire valoir ces revenus , il a iit 
befoin d*envoyer fur Ics lieux des Chevaliers , a qui on a 
donne lc titrc de Commandcurs , comme qui diroit depofi- 
faircs ou adminidrateurs ; d*ou vicnt auiri le nom dc BaU" 
lis u. Ils ont en chaque province un Grand pricur x , qui 



t L^etablKTement en fut commenc^ i /(frufalcm fur U ftn (*u orztcme 
fiecle. Desroarchands qui n^gocioient dihs le Levant, eurcntdu calife 
<2'£g}pte U permilfion de batir a Jerufalem une mailon pour ceuxde 
ler.r nation qui viendroient dant la Pa!eftine ; d'iiutres fonHcrenc au 
fnemclieuime Egiife fous le titre de faint Jtsn ^ av^c un iiop:cal ou 
]'on trditoitles maladcs , dc Ton recevoic ceux qui allolcnt viuccr les 
lieux faintf. Gerard Tung en ^toit DirefleurTan 1099 , lorfque Go- 
defroi de BouiHon pric Jerufalem.Ceux qut s^tmployoient fous Gerard 
4 ces bonnes a:uvres , furent nommcs ilofpitaiicrs : on leur donoa 
l'h«bit noir avec U croix a huit pointes : on lcur fit faire les troit 
▼aux de Kcligion , auxquels on <rn «ijouta un quatricme , par leauel 
ils s'«n^'.agejienc de recevoir , iraiter & ciefendreles pclerins. La fon- 
djtion ell de Tan 1 IC4 , fous le r^gne de Baudouin 1. L^alfiftance qu'iU 
renduient a ces pdlerins Icur fit prendre foin de lcurs vo^riiges , & dt 
h. libertd des chcmins pour empccher les courfes ccs infideiles. Four 
cet effct , ils prirent Ics arm- s , & devinrcnt hommes de guerre. 
Cet emptoi attira quantit^ de noblelle, 6c changea lcs liofpitaliers en 
Cltevaiiers. Gerard leur donna dts Hatuts. Aprcs U prife de Jerultflcm 
par baladia en 11^7, les llofpit^Uers furcnc obli^es dc fortir decccte 
Yille, tc (ierneurcrent fuccetlivemcnt en divers lieux ')ufqu'eo Ijic. 

Ju'iU prirent rile de Rbodcs, d'ou ils furcnt appelcs Cht,\ali§fA dt 
'hodcs. Soliman ayant pris cette ile fur eux en H12 , ils le retirerCBC 
cnCandie, de>la en Siciic , puis a Romc & a Viterhe; &cniin,en 
J5S0 , ils s'ctublirentdans Tile de Maltc, dcnt ili portcnt lc nom. 

u Ce terme , dans rorii;inc, ftgnifioit Garde ou CarJien. 

X L'C)rdrcde :vi ilte ett ccmpoie dc fept Ungucv ou Nations. Avaet 
le (ciulme d'A{ t;!eterrc il y en avoit huit. Lcs lept Unglics font celltft 
de Provence . (rAuverj^.ic , de France , d*ltalie » d*Aragon, c'Ai!c* 
fn.:grie «x reCanille. 

D..ns ciijquc I.ingue il y a pliineurs dtgntt<$s , favoir , d.ms ce!!c df 
ProvencG , Ic grjud Prtcurci de S. Gilles Sc de Touluufe , & le U^illiags 
c!e Manuique. 

Dans 1.1 I r^^uc d*Auvergne 1 le grand Prieur^ d'Auvcrgnc 8c U 
B«i!ti.>ge (ir L)«.>n. 

Dans cellc de I'rjnce , I^ grand Prieurei He Fr .;nce , Ic Batlliaec cic U 
Mor^e , qiii cH S. Je<in «U Latran & fes dcpen.r niies » U gr.inde Trc- 
r^rerie dc S. Jejn de Ltr.Ci legraud Pxicur^ d'Aquiuinc 5( legranc 
Pricurc dc Cbampa^ne. 



)99 lySTITCTIOy 

& a 1 ^. Sca ccck;! e£ cc^^.^ ca czss Ori.-<CT oe 

for^tiK li ETSsdc cro:x. 

Lei Bt.rg^^adecaOr^ fiact £e ctM Kxras : cape- 

inrc preavc (^ fsobkHe i&c qmae nccs paternelo & ^i- 
■crndln : iei f'ce: frrr.vLs pcjTczi circ rooincrs . & uec 
<!ivif» i.n ff.ir.i /x^us & ftrvjKi ft^^i \. L'a '•'"t^'c 
Gw^al tr <lc ccT or^re pe-Ji tisxsdix %m Religian ; iQsis 
il doic e:rc approtnc <iaa» ie Chafnire prminaal , & il oe 
£ui fioit&oa quaprcf avtrlr rcn-!u ccrtaiii fenice a for- 
ir€ t & a I age tic vir.^i-cis^ au. Coaixe on srriTe aux 
Cofliflizfvicncf par antiqu^ie , tl 7 a loutouis granJ nom- 
brc ie Cbevaliert qui a'ea oni poiai. Slls Iboi a .Malte , ils 
pcaveni vivre aux depcas ie rOrdre , clncun dam Tai»- 
berge •> de la mdon : t'iis foni «llciirt , ils ne recoivcar 
rien dc l'Ordre;c'ellpoiifqucHoaleur apermisdi 
iler des penfioas a leurs parens. 



Oitquc Orind Print a iin ccruii 
■aat itHlaiti *ui Cbeva^icrl, lcl 11 
Prtlrci <1« 1'Occrc. 

; Ccf tel cft (« ifuc roa appeie U RiUgioa ic Mj/ic 

t Ca FrtrCi Scr«ii»d'OScc foni dei Scr*itcdri dd OScicn d* 
fOtdrc. 

» On ipptlc linli i Maltc I» licai ou 1m Che*alien qai 7 r^fideat 
fcnltiourrtico<ODinun , clucun felon Ta linguc uu Nation, uan U y 
( jutanl iJ'Auliirgei que de langi< «i : rAuberge de praTeace , cellec 
d'Auversni, ds FtaACC, d'ItiLic, d'Aruoa , d'iUfiMgnc & dc 



um». 




CHAPITRE XXVII I. 

Dti Riliptufii. Da Ermiui. 

LE s Religieufes h ont fuivi la police & le gom-eroe- 
ment des Rcligieux ,dont elles ont embralT^ la reglc , 
awanique la divcrGte du iexc ie leur a per.nis. Les princi- 
palcs diir^rcnces font la cloture , & la ndcelliie dctre gou- 
vernees par des liommes. Dans les premiers temps , leS 
vierges , mcme confacrees folennellement par Tevequet 
ne lailToient pas de vivredans les maifons patiiculieres , 
n'ayani pour cloiure que leur vertu. D.-puis , eUes forme- 
rcDi de grandes Communautes ; & enfin , on a juge necef- 
£urede les tenir enfermecs fous unc doiuretres-exade. 

11 oe leur eft donc jamais permis de fortir de leur Mo- Fi^-^^** 
nailere , fi ce n'eft pour quelque caufe niteffaire , comme ,^J ;""" 
d'incendie, de pefte , d'hoftiIite c : pour etablir ou refor- Con.-. Xr^tg, 
merune autre Maifon , ou pour quclque raifon fembJable; *S- ^ '- 1- 
avec permiflion par ^crit de Ttveque. On permet aux pau- Ord. BJaica 
vresMonafteresdesOrdresmcndians,.d'envayerquelques *i- 
Religieufes cherchcr des aumones. Pour faciliter l'obfcrva- 
tion de lacloture , onadefendu aux pcrfonnesdudchors, 
memeauxfemmes, u'entrer dansles maifons des Religieu- 
res,fouspeined'excommunicaiion. On a ordonn^ de tTanf- C. TrM. Aj 
ferer dans les villes les MonaAcrcs trop expofes a la cam- *''*- >M-*i* 



\ Lct Rcli|;i(ufet font eomptjet «u nDnibtc riei pvrronnti Ecclj- 
Cafliquo, aulli-bicn <|U( Itt R(lit;i(ui , ce qui tH foniljfurratt. VIU 
il> 1'Edll de NoTembte 1606, qui compccnd dini le nanbic dei pct- 
fonntt Kcc1^lu(Iiqu*>, laulet pcffonnet gc.i^tilcmenl qui oni fiit iIcb 
vocui i tn cn coDf^<|uencC , ily i <lei Aii^k qiii onl ii,m\i \t\ Rcli- 
|ieufeiliouitdupfiTiiVC'«""l- ^'"t- XXXV11I de |-£dii <J( 169; 
ne paile , il ell Tni , quc dei Clerci Ti>jnt clcrlcil(meni , i^riilaDt 5C 
fetTint aux CMic» au au Minini^re Sc B^ni^ticci quMi licnncnl en 
l'Eglifc..\l.<leVoug!.ini, en fon Indruftion ctimintlle,;ijr<. i , m. i , 
R. { , eaiuit doutcr que les Rc!igl(uf(s loienl comptifeiau noinbied» 
EccUfianiquei , cepcnd.ini on peul ditc qu*elt;i font comprlfci dinf 
l'Edit de 1691 , comme peif^nnci feiTiai lui Officei 8c au MiniAera 
dcrEglifc; Si M. Flcur^ ^iioit ctre de ce reniinieni, fuivant cc qu'il 
ditiucofnmcncemeni <lu ChapiciefuiTinl. 

e IJ fiui aiouter lc cti ou iinc Rcllg ieiifc ohlicnt permifTion de forlir 
pout fa fant^ , comme pout allet pienHrc fiir le> lieui queiouei eiuK 
miDJralo : & auRi le <a< 01*1 elle eD trantfctce d'un Moaadire k ntf 
«uire pat Mdre dt fet Supttieun ou pat otdte du Kei, 




302 INSTITUTION 

~~~~ pagne. On a permis aux Religieures d'avoir desoratoires 
Citt^XVlIL oiilefaintSacremeni f.it ganie, & les faiiites huiiesaufli, 
& oii elles pulTcni alTiller a tous les Oilices. On leur a de- 
fendu de parler qu'au travers d'une grille, ni de rien doit- 
ner ou recevoir que par un tour : fur quoi il faut voir les 
Rigles & lcs Conftituiions partlculi^res. Leur but eft de 
fecourir la foiblcITe du fexe , par toutes les precautions ioia- 
ginables , afin quc l'impoiIibi1ite de mal fdire , reiienne 
meme celles qui ii'auroient pas toujours leurs devoirs affez 
prefens. 

Les Religieufes ont befoin du fecours des homnies , pour 
leur adminiltrer les Sacremens <f , & la parole de Dieu. 
Elles choififfent leurs Chapslains , qui fouventfont aufli 
leurs Confeffeurs ordinaires , -& qiii doivent etre approu- 
vispour cereffetpar rEvequee.elles choiflent aullileurs 
Cene. Tnd. Pr£dicateur5. On leur doii envoyer trois ou quatre foii 
flid. e. io. Tannee des Confeffcurs extraordinaires , i. qui elles puiffeot 
ouvrir leurs confciences en toute libert^. 

Pour le gouverneraent, outreleurs SupiSrieures de leur 
corps, elles font fous la conduiie de TEv^que, du moins 
G''if. Trid. comme delegue du faint Siege , fi elles font exemptes par 
ttid, t. 9, privilege : & TEveque donne i chaque Monaftere un Pr^- 
tre , pour en prendre foin en qualite de Vifitcur , ou fous 
quetque auire titte , foit un Rcligieux du menie Ordre, 
foit un Prctre f^culier. Les Religieufes qui fom en corps de 
Congr^gation , comme celles de VOrdre de Ciieaux , & des 
Ordres Mendians , font gouvernees par des Religieux de 

d Cerlamti Abbeirei de Giece ilemanilcrcnt an Pitrilrche d'An' . 
tlochc , ainli qiie Bjllamnn le npporte , \a permiHioit ile coineHet 
dn moiin leuii Belijieulei ; te que ce Piiriarehe leur reruri. D'au- 
tres AbbtlVts eit Erpagiie fe mireiit de leur antoritS au eonfenion- 
nal , H moiiierenl en chaiie. Iiiiiocent Ilf oidonna aux Evequei 
de Bureoi & de Vilence , d'empecher cec abas. Coytj U Jounial 
dei Savans de lynj , pag. 661. 

t Suivint VMt. 14 du rpglement dei xi^nMen , dieiT^ par l'Ar- 
rembi^e gcnJitile du Clerge, convoqnce en i(>i; , Et conlitmi! jiar 
cclli;4 de if.j( & '!e 164! . ""' Siculier ou ReligieuK, foui prewste 
it qcelque eiemi-lion ijue ce foit , iie peul jcie depute , uiic 01- 
diuairement qu'csl."JOrdiiiiiiicment , pour oiiii lcs confcllioni d« 
mnnislcs , hi.% ctti' cominiiSt. jpprouvd fpecialcment puur ceC eflvt 
pat rtvEque dioccfain ; U >'il ariivoit q<ie les Confcir<:iiri ne s'ac- 
quictalienc pal comme ils daiveni de leuri charges , aprdt que tc* 
Cv^guei ■uroaC aveiti lei Sup^rieuri de lei ficer ,- i'ilt ii'y facif- 
bnt , lei Eveiuei pourroiitlel ficeide leurpropre aucoiile. 



A. 



AU DROIT ECCLtSlASTIQUE. jdj 

leur Ordre, & foumires aux Superieurs generaux , fepri- paktii l 
tendant cxemptes 6en tveques. Cii.XXYIIi 

Quani a l'interieur dii Monafl^re , il y a deux fortef de 
Superiifures : les unes pcrpeiuelles , les autres triennales. 
Les perptiiuelics foni des Ahbtjfti f qui font dcmeurees 
diiii\r^ricien droil de gouvurneriouteleurvie.EUeseioient 
touies-^icdives ; mais a prefcm la plupart en France foot 
k la nominiiiion du Roi , comme les Abbes. Touiefois, le 
Roi n'a pas ce droii par le concordat ; c'c(l pourquoi les 
Bu!les que le Pape donne pour lesAbbayesde filles, por- 
tent reuJemeni . que le Roi a ecrit en faveur de Ja Religieufe 
nommcc, & que Ij plus grande pariie de la Communaut£ 
confcnt a fon cleftion , pour conferver Tancien droii , au* 
tant qu'il {a peui. 

LesSuperieures triennales^, foit quelles aientle titre 
iCAbbtffts , de Piieurei , ou quclqu'autre, font celles des 
andeiis Monalleres retormcs , ou des nouvellesCongrega* 
tions, memedcsOidres Mcndians. L'eip£rience a fait vmr 
qtie les AbbelTes perpetuelles fe relichent plus facilement 
de la ngiieur de Tobfervance , & s'atlribuent trop d'empire 
liir les fixurs. Les trienna^es font toutes ile^ves ; & les 
iledionsfefont par futrfagesfecreis,en prefence du Vifi^ 
teur , qui y atlifle a la grille , & conllrme TelefUon. h. 



/LaiurUI-aion 


1 <1ei Abbeltc 


, cft be,ucoup p1 


lui limicJe qne ceUe 


aeiAlibfi. tllLi 


ne peuvenc 


, ni pr*cher , nl 


i exercer lei autret 


foliaio-l> , qili lo 


iir interJiici 


auK perlonnei di 


! leui reKe , ni pro* 


hlC ..•.^:^i'j.'. 


iraiV.levif.t 


er par ellei-mei 


^e^ le'> M^ifon, de^ 


Rdig'!i:rvi .lc Is. 


Lrdvpenl.nc 


e : etl« doi.eni 




cAvt Jc< Ikairci 


, : 6( «1 Vili 


leiir. ou Vicairei 


dcputOi pir len Alc 


lMlU.1 , 10..I o!il g 


,;■( Jtf prenJi 


i vif.i Je ro;dinaite , Icqucl vifj n* 


kbMt q:.'J.irji.t 


que la comn. 


.illioi.. l'oytj 1(> 


Mtm.jirii du Cltrgf , 


5 f.yrj .■jrt. ! 


^''je rOrrtonr 


lance d'Or1cJn> , 


qui vcuc que 1(1 Ab- 


Ui>;!( & l>>rc..f.'i 


. f.>ie..t ^luci 


l»u, le, croii 111 




h Dj.., r«;. ct; 


in J'uiic Al'l 


."ie ; qiu-iJ U m 


lOltie tlci Religietifct 


fi"4 pai J011..C C 




= n,e petronne . 1 


e, ■ulre>Hc:ifieufei 


peuve.it. ipte^ 


li publkjcio 


11 du f.ruiin , 1' 


'uni, >i> plu, Kiand 


iiffnbro ; Si .■il ; 


/C.WV"itill 


ei pour rurpLillci 


U moicie dei voi< , 




pe.ti.rc.o 


iilirmce pjr le Su[>;neur , i la chjrge 


dcf..i.-<; irs"ij 


i':-ci , r. Lcti' 


Ci ni.i lont opi.ol 


limei t IV-lFdion ic 


; Ij c..ifiimJrioii 


, vc.ilenlie potirfuivrc. Cipit. 


indemaitalib. J./jb* 


,ii fJc:i. \a 6«. 










«'■niitfcni pai en 


fjveur de celte qul 


K \-. J>lul ac vuis 


, 011 l'U UC : 


i-y «n unic p» ui 


1 ;ill'ei |i.ind aambia 



)d4 I N S T 1 T U T I O H 

. • Celles cpie Vm elit Superieures , doivent avoir 40 snaf 

^ttJJCXViil. ^^^S^9 & 8 ^^ <I^ profcilion :ou du moxns 30 ans, & 5 ans 

^nr. Tri^ de profefiion. Suivant rOrdonnance , elies doivenc avoir 

flf' *V j^ *' 10 ansde profeffion, ou avoir exerce un office clauftral 

mH. deeieB. V^^^^^ ^ a^^s. On elit amli 4 ou fix Mires dlfcr^us , des 

im 6. Edii. pius ancienncs & des plus esperimentees , pour aider la Su- 

a6o6. 4. perieure de leursconfeils dans les aSaires ordinaires. Pour 

ksaffaires plus importantes , elle doit prendre les avis def 

la Communaute aiTembiee. La Superieure donne les aucres 

charges moindres , comme de portiere , dHnfirmi^, dd 

celeriere i , de depofiraire k , ou treforiere. Toutes cef 

charges ne peuvent durer pius que celle de la Superieure $ 

tnais eiles peuvent durer moins. 

Quant a ia reception des Religreufes, la foibleile dil 

fcxe a fait prendre des precautions particulieres, pour leur 

Conc, Trid, conferver en cette a^ion une entiere liberte. U eft de^ 

fejf. R, s$.c. fendu, fous peine d'excommuntcation , de faire entrer une 

ibid, e. 17. ^'^^ ^^ religion par contrainte , ni de rempecher d'y cit- 

Ord. Blois. trer. La Superieure doit avertir TEveque avanc la prifa 

^^' d*habit , & avant la profeffion , afin qu*il examine la voca-» 

tion de la novice , par lui-meme, ou par quelque Pretre 

commis de fa part, qui lui parle i ]a grille, ou meaie la 

faflc fortir dehors , fuivant les diflerens ufages. Ce font les 

Sup^rieurs , ou d'autres Pretres a leur place , qui donnenc 

rhabit , & qui re^oivent les vocux folennels , avec les c^-* 

r^monies ufities en chaque Monaft^re ; & quelquefois TE^. 

veque le fait en perfonne. 

* Cette cer^monie eft bien diflerente de la conficration 
folennelle des Vierges j qui n'eft prefque plus en ufage y 



pour faire plus de la moicie des fufTrages ; le Supdrieur, avant de' 
coiifirmer & b^nir celle qui a ^t^ uomm<5e par le plus grand nom- 
bre , doic examiner Tcledion , & les raifons de celles qui ne veu« 
lent pas s*unir. Pendanc cet enamen, la Rellgieure nomm^e gou-^ 
verne par proviHon le temporel & le fpirituel du monaftere , a Ix 
r^ferve qu'elle ne peut faire aucun ade d'ali^nation , ni recevoir 
des novices a faire profeiTion. Ibid. 

i La C^leri^re eft T^conome du couvent , celle qni a foin der 
provifions de bouche. £ile a M ainfi appei^e , parce que Cellm 
vinariat & e/caria praeft, 

k On appeilc Dipofitaire en quelques couvens , celle qu*on ap- 
pelle dans d'autres Iriforiire , «'elt celle ^i e(l chaxgce de I2 
Kfcette de hi cailfe« 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQUE. ^sf 

fci tiui touKfois merite d'etre confid^ree , puilque I'oii y p _ I^ 
"voir quel efi refprir Ac ['Eglife , dans la profeflion des Re- cn.XXViIb 
ligieufes. Cette confecration ne peut etre faite que par ^»"' litdic~ 
rEveque ; & les vierges qui la re^oivent , doivent ^re "" ■'*'*• 
figeesdeif ans.Cedoit etreunjour deFetefoleflneUe,oii f^niif. R^ 
du moins un Dimanche. L'£veque tes examine chacune "*<>"■ ^'^ 
«n panicutier , fur leur fainte refolution , fur retai de leur-'^' '^* 
confcience & de leur vie paflee ; car elles doiveot ^tre vi- 
ritablement vierges. 

Tout ^ani prcpari , elles fortent du Monaflere , accoin< 
tngnees chacune de deux femmes 9gees , leurs parentel, 
& font prefcniees i TEveque , apres 1'epiire &c le graduel 
de la MefTe poniificale.CeftfArchipretrequi les prefenreau 
Dom de toute rEglife, pour etre b^nites, confacrees & 
ipoufibesi Jefus-Chrift, &il rend i^moignage qu'eltes font 
dignes. L'Eveque les interroge encore par trois fois, pour 
^prouverlcur refolution ; puiselles fe pronernent, & on 
dit tes Litanies. Enfuice TEveque b^nit des habits , dont 
eilesfe revctent , excepie les voiles qu'cllcs prennentdefa 
main. Mais avani de les donner, il dit une Preface , qui 
knarque l'escel1ence de li virginii^ au-deffus de la fainteti 
du mariage , & propofe les principales venus doiK Ics vier- 
gesdoivent etre ornees.ApreslesvoiIes,iI leur donnedet 
onneaux pour les epoufer i Jefus- Chrift , & leur met eii- 
fiiite des couronnes fur la t^ie , en figne de ce mime ma- 
riage. II fait encore fur elles plufieurs priires , qui montrerit 
les devoirs dei vierges, Si leur recompenfe immoriclle ; ic 
ajouic i 1a (in unc menace d'excommunicatlon , & des ma- 
lediftions terriblescontre tous ceux quiaiienieroient con- 
tre les perfonnes ou les biens dc ces vierges. Voila quelle Thomaff. 
lefl la conrecration folennelle des vierges , qui fe pratiquolt Jifi 4- p- t% 
Buirefois frequemmcni ; & il s'cn trouvc des exenples juC- '"' '* *• 
ques dans le ireizieme fi^cle. 

11 faut dire un mot des Ermites /. Ce ne font plus d£* 



i S. pHil , f\anomrai VErmitt , fut le per« ou le iirrmier ir c 
Solitiirei. Qudquei-uni on[ poutciiit prJleiiilu fjiro rcmanltr T 
tigiite d*i cimiio ji^rqu-i Elie ou i riiiii.Jeai-Biptifle. l.ei eri» 
tet nc fani pii ile vriii RcligieuK , i moim qu'i1i n'>ieiii fiit d 
VctuX folenneU. On trouve un atret ilu 17 F<.-vrier t6|) , q 
^dac* un KTiuile incapible de fuecedcr. Maii il y ivoit Jei ci 
f ODfuncci p>iticulle[i,t , qul fjjroient piifumeT ie fj pirt uo i 
TMitll. V 



^rz TZTZOS 




33- -sir: 



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."^rTss rr- bj-e:^ 2 D eu . ou par la clericanire^ 
r- 7i: .- ^ ; r- .: ^i "= . r=: rDujours eu pluficurs 
3^ir:-i;-s, c- !=?s r=: 1^.7^^^ ces aurresChrericns.priii- 
cr^e— ;:7: :;-.-> wS -i— r> c- .eur rrcfefiion ctoit une 
prfi--j rri.c-s :r::. l.i.i ce l^ur merire. Ces avantages 
ibrt Jc> >.''.-ri'-rs. z=* cter-prors, des revenus & autres 
dr^*:"> ^- ;rs, i^ .27: * ces =:»?::§ Lsilesjbit qullsconfiftent 
en rc^ cr:«s aiLris , 04. er rin-iburions & en o£randescaiueI- 
les , :!> :\ r: !t prrc pal iJ^ti zt \2jicj7:J^ pa^ie, 

L».'s e»:L!j;"jiVques le :":»r.t artire plus d*honneur quand 
ilb "or:t ii .-T^oi.rs recner^he, &: o.ic remoigne par leur ma- 
cicrc J^ \:j p!js i hjirriire & de charite. Dans les prcmiers 
fiecles , «es Chreilens fe prollernoient devant eux , leur 
d9{ittrs da bal.olent les pieds , decnandoient leur benedifHon, les trai- 
cfcfcr.is. JS. toient do Pkres , dc Sel^ziurs , de FencrabUs^ A*Ams dt 
Dicu y de SMnts ; ce qai pafTa en tbrmules. De-Ia font venus 
les titres de Dom , de Pi^r , de Revcrence^ que les R6gu- 
liors ont conferv es : car on les donnoit autrefois auz Eve- 
ques m & aux Pretres /z. 



noncement total au rronilc. Voye^ le traite de la mon civiUj par 
M. Richer 11 y a da Ir.rmites , dits de S. ^uguftin , qui ibnt de 
vrais Religieux , & qui vivent en communaute. 

m Les Eveques fo 11 1 encore q:<a!if!($s de Kivircndijpme pire en 
Dieu yionftigneur N. & eii leur parldnt ou icrivBiic , on leur dit 
votre C^^andeur, 

n Les Pretres font qualifics dc virJrable fir Jcicntifiqae ftrftene 
MeJ/irc N... 



AV DROIT ECCLfiSIASTIQUE. J07 
- Il.eeuliireiiient , les Eccl^ftaAiqucs ont le pas & la pre- ■ 

leance Air lcs laiques , daos les eglifcs , & dans toutes les cb. xxixl 
c^rimonies de religion. Dans lcs afTeniblecs politiqucs o , 
k corps du Clerg< precede auHi tous lu aurres corps ; 
comme il paroit par lcs Seances des ktats geniraux ou par- 
liculicn. Pour )es corps du Clerg^ , comme les Chapirres f H/nt /■ 
.£LlesCoinniunautesregulieres, leurrangentreeux &avec ^'"J't l""- 
lcscorpsfeculiers, fe regle fuivantles ancieos ufagecllen ^ • *■ t . 
«11 dc ai£me i proponion des ixcl^rialliques paniculiers , 
t'ils n'ont uncertainrang.a ciufede leur benefke, oude 
kur charge. Cell a lEveijuea r^gler les differents qui pcu- ^■^- TfiJ- 
vetlt arriver fur ce fujet, dans les proceflions , & les au--'^"'* '"* 
tres c^remonies pubiiqucs. Mais en France , les Evcques 
n'en coanoiffeni ([ue par provifion , & pour ^viter le fcan- 
<Iale:car ces conteflations font confiderees cotnme caufes 
pofleSbires, qui appartiennent au Juge laiquef. Les inju- ifl f. 4. r Ji 
reifaites ou ditesaux perfonncs ecclefiaftiques, Ibnt |ilu£ ^", ^"^' 
•troce* ; &.fi un Clerc 3 ^e frappe notablemeai, c'eft un 
casqui empone excommunication riferv^. 

Les exemptions des Ecdefiaftitiiies font de deux fortes; 
lesunes regardent principalement les peribnnes, & len- 
deoi i leur conferver le rcpos neceflalre pour vaquer i 
]eun (bnSions; lcsautres regardent plusla confcrvatioa 
de leuT3 biens : car puifque te public les .enireiient , & les 
ricompenfe de leur travail , -il elt juAe au moins Ae leur 
conlcrver ce revenu , & ne pas reprendre d'uiK main, ce 
qu'on leurdonnede l'auire. 



c Le Oirgj n'm pai leuioun joni de cpttc prtrogaiiv*. Soui la 
ffemiire ricc il n'ctoi[ tdmii i «ucunc iflirnbliic |;eii^ril« ni pirli- 
CBiictc dc la niiion. Cc fui P.piii , fur la Hn du lcptUmc a^Jc , 
qui doiira enttre lux Eccl^jigtliquci ilini lci iincmblcei gentialci. 
Charlcnidgne la leuiconrctvi d^i.i lei Kailemcni. Uln< tei ilixliistt 
fc orviline ficclci , ili j Dcciipeient le prtinier rang. Maii le Para 
Itment, pui Arrit deli*7, ten.Jii aut B*ron> la prclc^flcc ) k 
<laai rdileinblce dci Liaii iei'De cn i)oi , la nablefle opina d'a- 
bord , & le Clcrgj ci.fuilr. Soi.t Uhirlet Vl . lei Piinvet du Sirg 
commeniiicnl i piiciitti lci Pr^lili. Enfin , le Clcr|tf cn caipi a 
*ti rrcunnu pwt le picmict ordrc du Royiumc Voycs rUi/i da 
luuitii Parhwxui , d( Boulalnvillicft , roffl. f / ; & la Dfc! 
du 10 FJvrict < tSo ; Tei Lettrei-pjicntci du pemier Mll 
DecenbrciC 6 ; loAodi 16111 ■< Juln lAiS , a(l'«diid'Ai 

p Vuyex TEdli da aoii d*Aviil i6'ji , couceioant 1« }< 
««Clcfiaitilic. 




3o8 r N S T I T U T I O N 

Paktii L ^ «emptions perfonnelles font , premiirement , calle^ 

CK.XX1X. de la iuridifiion. Reguliirement, un Eccl^riafliquencpeuc 

£tre pourCuivi devani aucun Juge fecutier ^ , ce qui fen 

explique dans la troifiimt pariie. Les EcclefiaAiques font 

exempis des charges municipales , de tuteile & curaielle , 

L ^^, ,^. s'ilsneracceptent volontairement, D^s le tempsdeS.Cy- 

it fifi. fr prien , la r^gle etoit ancienne ', que fi quelqu'un nommoit 

rirnt, ifi. f un cierc pour tuteur dans fon teflament , on n'oSHroii 

^ point pour lui le faint facrifice apres fa mort. Les Eccltiiaf- 

Cyp. tp. I. tiques foni aufll exempts de la coiKiainie par corps poiu 

•rf C6. difl. dettcscivilcs, poriie par rOrdonnance de Moulins; &i]e 

Bl«i: tj. peuvent eire czecutes en leurs meubles deflin^ au fervice 

divin, ou pour leur ufage n^eflairer. 
Declar du Ils foni difpenf^s du fervice de la guerre/, qui Ce 'de- 
idiT *&"au- ^^'' ^ui^^fQ'^ • ^ caufe des fiefs , & n'a pliis lieu qu'a la 
trti prlctd. convocation de rarriire-ban ; ilsnefonipas memeobU- 
Mimiiirtt g^ a fournir d'autres perfonnes pour faire le fervicc , ni i 
t-art Ji i- P<'y^'' aucune taxe pour cei efiei : ils font exempts du guet 
&t. & garde , & de logement de gens de gucrrc t. II eft de- 

*^jm!*"' !?' fenduauxgens de gucrrc, fouspcinc de la vic, dc k^er 
Cltr^. 4. ^^"^ '^^ maifons presbyterales ou auires affefito aux be- 
part. ch. 7- n^fices , ou dans les maifons d'habitaiion dcs Ecdtfufti- 
Vntf aitff q„p5 . g, gy^ Maires & Echcvins des villes , de doaner des 
CltrgtatttU bilteis pour y faire loger , ou d'impofer aucune taie ftir 
Koi. les Eccteflalliques pour raifon de logement , uflenfile , ou 

C Nen m. fourntiure quelle qu'elte foit, Plufieurs ont eii condamois 
*al. tx cont. ^ reftitution. Par la meme raifon , les Eccl^fiafliques ne 
iattr. III c. doiveni §tre compris dans aucune impofition pour la fub* 
19. e. Advtr- f,flanee des troupes , ou fortificaiion des vitles , ni ginj- 
twe. Lttttr. nitement pour aucuns o&ols , fubventions , ou autres em- 
J^' t. «fi. prunisdcCommunautes. ti. 

Ch.t,. Mim. , 

»it Clirgi 

f^in.duClir- 7 Cc piiviljge tH un [((tc dn ilfoic quc chieun ivoit chei lei 
l^' 4. part. Franci , d'ei[e jugt pai let piiri , c'cl)-A-dire p«t geot dc t^tta* 
1. 1. <tit. 

r Vnfei rOiJonnance de 1^67 ,rit. i) ^art. t{. 
/ \\\ le ilevoieiii iuCieroii , b mCnie en peifonn* ; ce qu[ enl 
litu depuii le tempt de Cliirlei~Mirtel , jurqu'! Cl)*rleni(gua , qnl 
lei ej> dirpenfi car denii fnii , fit nJanmoini ili le fitcni encor* 
long-tempi. Ce fui Cluflei VII qui let en dtchatB«i lotalement. II* 
iaat aulli exemp:! de tirer pour Ix milice, 

I Si ce ii'elt an »1 de n^celGt^. II y en * eu dei exeniplet de. 
^ii qiiitque tempi , lon du pailige dei croupei dani lei Ptotincat. 
u Le CJetg£ donne n JmaiDiiii dei deoi giaiuiti cxtiaoidtiMiiUa 
k Voccalioii d«'la gueiie. 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. jof 

Efi pays de tailles perronnelles, les Ecclefiafliques en pAKTitl. 
roni ezempts , & ne doiveoi point y iae impofts , non- c>. XKiX, 
leulemeni a raifon des revenus de leuri beniliccs , s'ils les 
font valoif par leurs mains x , mais i raifoa de leur pairi- 
moine, ou des dixmes qu'ils ticnnent jiferme.Maiscespri- 
vileges om fouSert Ae grandes atteintes dans les demien 
temps. En ia plupart des lieux , les ecclelialliques font com- 
pris dans les tailles n^gociales y. Les Intendans les nienl 
<l'oflice pour les dixmes qu'ils prennent a ferme ; & les ha- 
bitans les impofent fous le nom de faifant valoir ul- 
Ui dixnui {. Lcs bin^ficiers ne font eiempis que pour 
une des fermes de leurs bentifices. £n pays de taillcs rtel- ^^- *%• 
les, les biens appancnans i TEglife font tirancs comme les Cg„f,ii ,. 
biens aobles ; & ceux qui ayant ite aliin^s , ont ec^ com- Jaa- iCfj. 
prts aux cadallrcs a , doivent en ^tre diHraits , quand tls 
reviennent ji rEglife. Mais cette exemption n'a lieu que 
pour les aacicns domaincs de rEglife , qui lui apparte- 
noientavant la confeSion du cadaAre. Dans les pays , oti uu, t, ^ 
rimpdt du fel a lieu , les EcclefiaHiques font eitempts de U 
vilitc i dans leur maifon , fous pritexte de recherche de m^ ,. |^ 



X Lenn fernilcri foat bnpani k U nille comme lei latrei , p«ac 
Ici h^rictgei ou JiKmei qu'ili liennent d'eiiK i ferme. 

y Oa ippelle laitU nigocialr , dini lei PrOTincei de droit^Cflr, 
Mlic fui i'i[npore par lei hibitini rtir eux-mCinci, cn vertn dci 
LelErei-patentei , pour le n^goce Ec idminiAritian dei «fliifu da 
lenn viUei U, conmuniuiji. Vojtj Bonifice , Billet , Chwicr. 

r Dint tci piyi oi) U Mille cft perronnelle , lci Curji & iDtfcr 
gTot dfcimatcuri ja\ prenncnl i ferme de leurt co.d'ciniitMn 
IcuridiNmci,au du Scigneur lei dixmci inr^dfei , ne Rint polnt 
tallUblei ponr celtc exploititlon , fiirce ^e la perceprion d: ton> 
tci Tortet dc di«mei ell eoa&iitrtv dmi leurt miini comne un bica 
■ufoel ili ont n»(urcllemcnt ttroit , tt dont ili ront piifumji nc 
prendcc rexplaltation , que paur pr^vcnir taute diSiculid enir^oit 
tC lei lutiei Dccimileuri. 

4 On donne ce nom au regiltre public qui fert 1 rtnl^te del 
Hillet ,dani tei payi oi) ellei font r^llei , commc cn Piovcce , 
Dauphin^ , Ltnguciloc.Ce iej(illre caniiciit li quantltf , quilili K 
«nimatian J< toutei lei terrei qni font dtnt le [«ititoira de li lom- 
munauit , Ei te nora dei propiiiiaiiei de ehiqae fondi. yaytt 1« 
eioffMr, de M. de Liuritre. 

m j » det Leiirei-pitentei , dci i{ JanTier 1714 > >t 14 Min 
1^17, qui lutofifeni lci Capiliinet sineraux <t<i fernieii fjlrc dct 
«iEiei domjciliiiiei dini lei Miifaiii Eccljriaitiquei , Nobtet, 
Bourfeai* , fini peimiflian dj Jjge. It y a aiifli pluliejrl Ai:(tt qjl 
oiil obl %i tel Rclig euK dc fautfrii chci eui U vifile del Cotninil 
4(1 fiiA*i, A 1'iawd d«i MoDaQitci <t« FUlct > lel .Comalt dM 

V iij 



3'0 INSTITUTION 

Partie I. ^^^ ^^' ' ^'^ ^^"^ ^"^ exempfs de droits d*aides pourtes 
fu* XkiX. vins de leur cru , foit benefice ou patrimoine : ils ne foiit 
fujets ni au droit de vingtieme , sHls le vendent en gros , oi 
au huitieme ou quatrieme , s*iis le font vendre en detail c. 
Voilales principauz privileges, dont les Ecclefiaftiques 
jouiflent en France. Ils en jouiflent avec plus ou moins 
d*etendue , felon les circondances des temps & des lieux ; 
ce qu'il faut apprendre par Tufage ; & en cette mati^re » 
les Comoiunautes religieufes d*hommes & de femines fonc 
comptees entre les corps eccI^daAiques. 



Fermes, fuivant un Arr^tdu Confeil du 19 Odobre i7H> & Ltt^ 
tre$-P<ic«ntes fur icelui, ne peuvenc y entrer faos une permiiBon par 
^crit dc l*£v£que ou de l'un de fes Grands-Vicaires : ou , fi te cas 
cft urgent, 11 faut au moins la permiOion du Juge, lequel orJonne 

Xu'il (e tranfporcera , & que le proc^s-verbal fe fera en la prdfence 
: de celle d'un Pr^tre de la Maifon, ou lui dument appel^. 

c Les Eccl^nadiqtes , pour le vin du crA de leurs b^n^ficet , {bnt 
cxempts de cercains droits feulemenc , lavoir , des nouveaax cinq 
fous ; du droic de gros & de raugmentation ; des droics de jauge Sc 
de courtage pour la vente en grof & i l*eocr^e , fi ce n^eft dans lea 
pays ou ils fe payent au d^cail ; de la fubvention i rencr^e de ce 
mlme vin , mais feulement pour la confommation de leur maifon* 

Le vin du crfl de leur cicre facerdocal eft exempt reulemeot da 
droic de gros & de raugmentacion. 

Celui qui provienc du furplus de leur patrimoine , foit de fuccef* 
fion ou d*acqu£t , n*efl afTranchi d'aucun des droits d*aides , ^ moint 
que ces Eccl^aftiques ne folent exempts d'aiUeurs , comme No^ 
bles ou autrement. 

Ils doivent, lors des inventaires , d^clarer ffpar^ment le vin dii 
crD de leur b^n^fice, & celui de leur patrimoine i 8t avant de vca« 
dre Icur viii en gros, d^clarer la quantit^ de vignes d^peBdaatei de 
leurs b^n^fices. 

Leurs feimiers ne jouiflent d*aucune exemption. 

Vovi^ L'Ordunnance de 16V0 , les ma)iimes fur let sydes , te 
DitL^ioiinaiie des aydes , H, les O^laratiouB fic Arrdts qui y foot 
cites au inoi Etclifiafiiquis. 



Fin it la prmihc Partii. 








INSTITUTION 

A U DROIT 

ECCL^SIASTIQUE. 



es»^ 



sSSib 



SECONDE PARTIE. 
Des Chofes. 



CHAPITRE L 

Dt PAnnie , des Fetes , des Ahftinences. 




Ous avons fuffiramment ^TLtM A^ perfonnes% p^,^^ ^\i^ 
parlons maintenant des chofes^f\VL\ font la ma* Cuap, U 
ti^re du Droit eccliriaftlque. Elles font fpiri« 
tuelles ou temporcUes. Les chofis fpirUuelUi ^ 
^ font celles qui fervenr immidiatement au fa- 
lut des ames , comme , les Sacremens , la pridication , les 
prieres , & les c^remonies de la religion a, Les chofes tem' 
porelles b font !es biens deftinis i la fubfiftance des Clercs 
& des pauvres, & k Tentretien du luminaire ,& desautres 



m On peut lufri mectre dans cette clafTe let offices & dignlt^s ec- 
clcfialUques , r^idmifliun clanf un ordre religieox. 

h On ne parle pai ici de toutei les chofes temporetles , miis feo« 
lcment de celUs qui fe trouvent jointes i une cbofe fpifiturlle^ 
comme !e revenu d*un b^nifice , qui c(t joict i la dignit^ U fondioa 
cccUiiadiquc que dounc ie hiaiSiQt^ 

Y iv 



'3ii I N S T I T U T I O N 

Fartie.U. chofes n^ceflSures pour le Servtce divin. Telles font les dii^ 
Chap. I. mes, les oblarions & les revenus des ben^fices. U y a ea-n. 
core Us ckofcs facrics , qui font audefibus des rpirituelles , 
& au-deflus des temporelles ; favoir , les vaifleauz facres , 
les ornemens , les bitimens des Eglifes , & les cimeti^res^ 
II fiaut traiter par ordre de ces trois fortes de chofes ; desi 
chofcs fpiritucllcs , des chofcs facrccs , & des chofcs tcmportlUs 
s^ppartenantes a TEglife. 

Nous ne parlons point ici des chofes pgremeut fpirttueU 
les , comme la grace , la fol , la charite , & les autres ver-^ 
tus « quoiqu*elIes foient reflence de la Religion Chretienne^ 
Nous parlons feutement de ce qui tombe fous les fens , fic 
qui pei^t fervir de matiere a des cooteftations dans I^ tri- 
i* Tiin. ii. bunal exterieur. II faut commencer par TQflice divin » puif* 
que la premiere chofe que S. Paul recommande a un Eve*. 
que , font les pri^res publiques de diverfes fortes. 

F. llubrie. VOfficc divin c eft regle fuivant la difference des jours» 
pendant tout le cours de Tannee. Vannic ccclcfidfiiquc ne 

Brcviarii ^ commence pas au mois de Janvier , comme Tann^e civile ; 
Mijfalis. Qiais au mois de Decembre , c*eft-4-dire k VAvcnt , qui eft 
la preparatipn a la fete de Noel. II cpmmence au Diman» 
che le plus proche de la fete de faint Andre , 30 & der- 
nier jour de Novembre. Ce qui ne peut s*erendre qu'ci troisL 
jours devant& trois jours apr^s, depuis ie 27 de Novem,- 
t>re , jufqu^au 3 de Decembre d ; enforte que c*eft le pre<« 

— ^^ I I .1 I 1»— — — — ■^M.p— ^l^t^— ^^^M^^^ 

c L'office divin oi\ le fervice divin , confifte dans les priires 8t c^ 

f^monies qui fe font dans Tt^glife , eri Thonneur de Dieu » comme 

I les matines & les aucres heures canoniales , la mefle , vSpres , oom- 

plies L'o(Bce divin ne peut £(re c^l^br^ qu*il n'y ait au moins un ec. 

^i^fiadjque a la t^ce dupeuple. II y a m£me plufieurs fondions quine 

Seuvent ^tre remplies que par des pr^cres ou aucres eccl^fiaftique». 
^'autrcs peuvenc lcre reraplres par des laiPques. 
d liiclulivemen:; deforcc que quand la S.. Andre arrive le mercredi» 
le preinier dimanche de rAvenccombe au 27 Novembre ; & alorsH 
y a quacre dimanches de l*AveiiC;& lorfq«*elle arrivelefeudi, lepre- 
inier dimanche deT^vcnc combe au 5D^cembre,& alors iln*yaque 
trois dimanches. Daiis ce derniercas, le dimanche qui feroicle qu^-. 
trieme, combe la veille de NoCI. La durie de V Ayeut , ainfi que le jefl- 
Jie & rabftinence que Ton obfervpit anciennemenc p&ndant ce Cemps» 
ont forc vdrie; Sc quoique daus la fuice on aic eniier^menc abaodonn^ 
parmi les feculiers la coutume d*y j:eAnerS( des*abftenir de viande. 
r^glife a cependanc continu^ de regjrder TAvcnt comme un temps 
de peiiiccncf. Ccflpourquoi Tpn y a confervi^ riccerdic des iidces,o^ 
Toa s*y fcrtdu yiolet , couleur afie^^e aux een>pfde ]^6ucea9e. 




• -"^..^, 



AU DROIT ECCLtSIASTIQUE- 515' 

mier Dimanche qui fe rcncontre apr^s le 26 jour de No* partic IL 
vembre. On Ta ainfi regli , h caufe du changement des let- 
tres dominicales e afiii que rAvent ait toujours trois fe- 
maines enti^res » & une quatrienie au nioins commencee. 

La plus grande de toutes les Fetes eft la PMjue ; & d'elle 
dependent toutes les fites que l*on appelle MobiUs , parce 
quelles n*ont point de jour fixe dans i*annee. On fe pr^* 
pare ^ la Paque par un jeune de 40 jours, qui eft U Cs^ 
reme ; & on fe prdpare au carerr.e pendant les trois femaine» 
prccedentes , qui commencent au Dimanche de !a Septuj* 
gifime/; enforte que ce Dimanche cft comme un autre 
commencemenc d*annee ecclefiaftique. Le quarantiinie 
jour apr^s la Pdque , eft la fete de tAfcenfion de Notre-Sei- 
gneur ; Ic cinquantiemc , eft U Pentecote g. Tous Ics aurres 
JDimanches fe comprentdepuis la Pentec6te jufqu^^ rAvent, 
& depuis TEpiphanie jufqu^i la Septuagefime. L*imponant 
eft donc de fiicer lc jour de h Paque. 

II y a deux r^gles k obfervcr , que ce foit un Dimanche 
& que ce foit le plus proche aprcs !e quatorzieme jour de 
la lune dc Mars. II ne fe r^gle pas fuivant le cours apparent 
ou aftronomique de la lune, maisfelon le cours dctermini 
par TEglife , lequel n'eft pas toujours conforme au cours 
apparent de !a lunc. La Paqiie dcs Chretiens doit ^tre iin 
Dimanchc , parce que Jefus Chrift reirufcira en ce jour , 
)e lendeniain du Sabbat , & le prcmicr de la femainc, qui 
eft aufli Ic jour ou commen^i la creation du mondc. La Pi- 
que doit ^cre c^Iebrec Ic plutot qu'il fe peut, apres Ic 14 
6e la lune de Mars , c*eft-^-dire apr^s la p!cine lune la p!us 



Jf.xrc 

9* 



e On entend par f^ftr^ dominiccle one lettre de rjlphabet , ^I 
fert ^ niarqucriLinsJe calenvlrier,l<?« dimanckcspcudanttoticie cours 
de rannJc. II y en a fept , qiii font A,B,C,D, E, F,G; c'e!t 
pourtrouver Tordre de c«s lettres, que Ton a invent<f le cycle folb). 
re|(juir«iic partic du comput ecrl^n.iftiquo, lequfl Ji;re vingt-hivc 
Hnf ; parce qii*au bouc de ce temps les lcttres domiuicales re%'huifiC4iC 
dtfiis le m^ine orJre. 

/Ce dimanJic el^ Ir ncuvieme avant PSque. On a appsM ce Jour 
Septuaf,ifim< y quoiqu'il ne foitque !c foixantc- croitame avart rSiue, 
Mais comme lc prcmier dimanche de Cardme ctolc nommc Quadra- 
gcnme , »M a appcIJ l<*s tiois Jimauchcs priccJens, Quinquj^^iiffiCt 
^cxagefime & bcptujg.lmif. 

^ AuQH lc (cut rc:::e.u:c iiguif.e-t-ii €in*iuanti^m4K 



314 I N ST I T U T I O N 

PiiiiTiK. II. F^'^ ^ r^ifioxe du printeinps k^ pour obferver PtnP 

CHAp. 1. tmition originaire de la Paque , qui la fixoit a ce quator* 

Ci»^ JUL 6. ziime jour. Mais on ne doit pas la celebrer ce quatorzi&me 

jour , quand meme ce feroit un Dimanche, parce qull eft 

certain que Jefus-Chrift reflufcita apres le jour de la PSique 

des Juifs ; ainfi notre Paque tie doit jamais fe rencontrer 

Ailum. d€ en meme jour que la leur. Pendant les trois premiers fi&« 

JSmreb^^d ^^^' plufieurs Eglifes conferverent cette obfervance Ju- 

Hta Cotifl, {. daique , de faire la Paque precifement le 14. 11 y eut de 

c» if* grandes conteftations fur ce fujet : enfin , le Condle de 

Nicee i condamna cet ufage , & defendit de la celebrer ua 

autre jour que le Dimanche. 

Mais comme l'annee aftronomique excede rann^ d« 
vile A, dont nous ufons, de cinq heures quarante-neuf mi* 
nutes f on avoit compte fix heures enti^res , pour en com« 
pofer un jour furnumeraire chaque quatri^me snnee , qui 
e(l la BiJJcxnU ; & on avoit neglige les onze minutes, que 
lannee aflronomique a de moins. Or ces onze minutes 
avoient produit, dans Tcfpace de douze (iecles, une aug- 
mentation de dix jours , qui avan^oit d*autant les nouvelles 
luces. Ce fut la caufe de la reformation du calendrier / , qui 
fut faitc en 1 582 , par Tautorite du Pape Gregoire XIII ; 
& dans laquelle on a pris toutes les precautions poffibles » 
pour empecher qu*il n*arrive a Tavenir aucune erreur fcn- 
5. Jeo ertfl. fijjje en cette matiere. Apres le Concile de Nicee , afin 
cttit X4 difl ^^ ^^ celebration de la Paque (ut uniforme , le Patriarche 
$,d€ tonfe.ri d* Alexandrie , oii etoient les meilieurs Aftronomes , en fal* 
foit tous les ans calculer exafiement le jour,& renvoyoit 



-peiit 



h Que Nglife a fix^ an xi Mars, au moyen de quoi la PAque ne 
^jiit arriver qiie depuis le ii Mars iufqu^au ^s ^vril.. 

iXenu eii 915. S. Athan^fe remarque que le ConcPe s*expl*que 
d'(iiie maniere qui rembleannoncer que c*eitun nouveau riglemenc. 
On le renouvela dans un concile g«Sn^ral d*Anglecerre , tenu i U«r« 
forii en 671. 

k Ced celle qui commence au premier Janvier» & finlt an u D^« 
cembre. 

/ On fe fcrvoit alors du calendricr JuHen , ainfi appeU , p«rce 
qn'il futreform^ par Jules-Cifar. Le nouveau calendrinr appel^ Gri^ 
fi(frien , parce qu*il fut rdformi par Gr^oire XI »1 , clt celui dont ctt 
fe fert dans le Br^viaire. La r^formatton fuC fa^te la nuit du 4 Oc- 
tobre 1)' 1 ; & 1e lendemain, au lieu du s Ottob^e, on compra 1$. 
O^obre. Les Proteftans oiit g^rd^ long temps Pancieu uCige \ c*e(lctt 
qu'ou i^^Wt vieux ftyie ^ daos li b^oa dc dater. 



K 



AU DROIT ECCLtSlASTlQUE. 51? 

iauPape, qui le communiquoit aux Eveques plui iloignes. Partii IL 
Ceioit lc fujet d« Letires quc Ton appeloit Pjfthalti La p^"*]J '' 
publication s'en fjiroii folennelkment , en chaque Eglife ^otk, inii, 
cath^diale ffi,pBr rArchidiacre , qui le jour <)el~£piphjnie 
annon^oii louies le; Fetcs oiobiles. Depuis la reforniaiion 
Gregorienne, les Calendriers pcrpe[ueU& lcs Almanachs 
qui slmprimcnt chaque annee , font qu'il n'y 3 perfonne 
qui ne puifTe favoir exaftemeni Tordre de toute rannes 
civilc & ecclefiaflique. 

II y a des Feces qui font communes k tous les Chr^iiens 
du monde, & qui ont ete obfervees dans tous les temps , 
corome la Pa^ut I j Ptnucotc & tous /fi Dimanehet n. U en eft 
de m^me du jtunt du Cerimt , & de Vabflincnct d*i vuiJreJis. 
Auffi , ces pratiques oni-elles loujours paiTe pour des tra- ZV imifitri 
ditioiis apoftoliques. La plupan des autres foni moios an- '''' '' '' ^ 
cieanes & moins generales , ayani ete etablies par la de- 
votioodespeuples & lautotiii dcc Eveques. Ainfi.onbo- 
nore ea cbaque pays les Sdints qui y oni plante la foi , qui 
s'y foni rendus illuftres par leurs vertus , ou doni les r<- 
liques y font confervees. Ainfi , diverfei raifons paniculii* 
res ont introduii desFetesoudcsjeiiaesenquelqueslieuK, 
qui foni inconnus aux autres. La rcgle gen^rale ett , que ^«f *r'fl- 
chacun doiife conformerir 
paniculier oii il fe trouve. 

11 y a des Vitx qui ne font cilibries qu'i TEglife , par 
Iz diffirence des Uffices ; il y en a qui foni Chomitt , cora- 
tne les Dimanches. EUes doiveai £ire fanAifiees , non-feu- j, . ., ^^ 
leraent par la cefTaiion du travail fervile, mais des aSJires, 1. & uli. dt 
autant qu'il fe peui. Ni les Juges laiques , ni les ecclefiaf* /*""• 
tiques, ne doivem faire ea ces jours aucun a^e jud ciairef . 

n tB cfl encore il'ufagc que lc jonr dc rEpiphanie le ili^icrc , tprit 
li lcdurecle rEvingilc, aniiance au peuple le jouriuqncl Joit iiri- 
Vcr la fille de Plque , en cel Ceiinei : Sovirh tkarilai vrfira,,.juid 
dit... y^fcha Demiiti iclibmbimut. 

a Cc ne fut pji Conllandn U trjnj qui *t»blit robfcmtion du 
D:ni..nc1ie, Cumme cela tn tih en qiielquei endroiti. M>ii il cfl le 

firemier einpereur qui oiilonna que le JinKnchc Cttdt ciUbti ifgn- 
l^remcnl pjr louM^lCmpi.e [Dm.iin. 
Le mot lie chBmtr i|i>i ne fe tlil plu» qu'en langajte viilgaire, 
viciil du teime ctltiqu'' , th.ini , qui risniSe aniter , Jemeuret, fe 
fcpofei ) ainli ro(i 9|j|>clle l'i[e> clionifei. «llei qui fonc dei juurt 
de repui oil fon ccire le ccavail Jei maini. 

p Si ce n>ft en cai di neceHiti- I.et notaifci Sc huifllen ne peu- 
f cni pareUltmciK Gtire qne let ■&« qui roquicicni ccliiiici. ^ 



3t6 INSTITUTION 

Oo oe doit point tenir de foires , ni de march^. On idk 

les 
Ev^e 



Partie n- les pafler fainceoient, & ne pas fouffrir que le peupfe 

t^^ecnftcr. cmploie CH feftins , en danfes & en debauches. L*Ev^ 

difi. |. c. A. peut donner permiffion de travailler les Fetes , en quefque 

€x lone, To- occafion particuli^re de neceffici ; comme pour fauvcr les 

c'ii(»f. 1. ^i^ ^^ ^^ ^^^^^ <iui feroient en peril , ou pour ne pas per* 

d£ ftnis. dre Toccafion de la peche. 11 peut m^me en ces cas le per* 

mcttre Ics Dimanches , quoique rinftitution en foit de droit 

Man. iu 27. divin , parce que Jefus-Chrift nous a enfeigne , que le Sab* 

bat eft fisiir pour Thomme , & non pas Thomme pour le 

Sabbat. 

11 en eft de meme des jeunes & des abft^ncnces. L*EgIi(e 

alaifleaux Eveques le pouvoir d*en difpenfer les particuliers 

C. %.d€chf p^f j^ caufcs neceftaircs, & les Ev^qucs pcuvent com- 

muniquer ce pouvoir aux Curcs ^ caufe du befoin preflant 

dcs malades. Quelquefois meme TEveque rcliche i touc 

fon Dioc^fe quclque panie de rabftinence pour la difette 

Di/r. }o. c. j^5 vivres q. On ne jeune jamais le Dimanche; & quand 

dan^r, * ie jour dc Noel arrive le Vcndredi , on cft difpenfi de 

c.t,& ). rabftincnce r ; ce que rEglife Latine n*accorde a aucune 

^oV-Jej. autrcFete. 



q En cc cas« les £v6ques permectent ordinairement dc manger 
des ouifs pendant le car^me , iufqu^au vendredi de la lemaine de la 
PafTion. 11 y a m6me des exemples que le Papc & les Ev^ques ont 
permis e:i certains lieux Pufage de la viaade pendant certains 
}ours du car&me , ain(i que fit le Pape en 1701, par une biil!e 
qu*il donna pour rEfpagne & pour les tles Canaries > par la- 
quelle il laifla aux Eviques la liberte de permettre la viaode les Di* 
nianche, Lnndi, Mardi & Jeudi de car^me , except^ en U femai* 
ne-iainte. U ^toit m^me dit que les moines pourroient profiter de 
cecte grSce , except^ ceux qui avoient fait vceu fp^cial de manger 
maigre toute Tann^e. En 1766 , M. r£v6que de Limoges a aufli 
donn^ dans fon dioc^fe une permiflion de manger gras tes Diman- 
che , Lundi , Mardi & Jeudi de carime , ii cauie de la diCette de 
poiHbn & de l^gumes verds , occafion^e par la rigueur exceflive do 
rhiver. 

r On ne garde pas non plus rabftinencs le rsmcdi , lorfquc No<9 
•rrivc cn ce jourt 



* 



A 



k 



AU DROIT ECCLesiASTIQUE. 517 



CHAPITRE II. 

Dt eOfiu Jivin. 

LEs pri^es publiques que nous appelons Offiei ou Strvict 
divin, oni ite ^tablies d£sle commencement derEgUr* 
par tradinon apoflolKiue , & reglees diverrement par let 
ofagcs de chaque pays. Tous lcs Clercs & les Moines chan- 
toient les Pfeaumes par cceur/ Ils lifoient de fuite lcs Livres 
de TEcriture marquei pour cbaque temps, & obfeTvoient 
le reAe des c^remoniei , fuivant qu'ils ravoient vu prati- 
quer k leurs ancieni. Ces ufages ont ^i icriis long-temps 
apris dans les R^gles monailiques , comme celle de S. jt,.. ^, Bai; 
Benoit , oii nous voyons Tordre de la pfalinodie marqu£ t. s. 9* &*• 
en diistl , & dans les Livres publics des Eglifes , comme le 
Pftauatty le Ltffionairt r, Y Aanphoojurt n, le SMramtit' 
tairtx, &Iesautre$ fetnblables, oii Ton marquoit cn peu 
4e mots & cn Ictircs Tougcs, l'ordre des priires, & tes 
ifiions qui les doivent accompagncr. De-!i font venues 
les Ruiri^aa y , qui font prefque !es feules lois en cetie 
mari^ : je n'cntreprend3 pas de les eipliquer cn detail , 
ni de decrire au long les cirimonics de rEglife , cc feroit 
la matiire d'un Traiii parriculicr ; }« dois en metire ici 
lculement les r^gles ginerales. 

L'Olfice divin e& infiitu^ pour iat c^Ubri publique- 



/ II 7 ( (ncore quelqiiei ^glifci oi li Bitine chore r< pratiqac , 
camme il*nt l'jglife ciOiidrale de S. Jean dt Lfon. 

f En termci deLicurgic, on appeloic Lcfliiinnuirc, le li*re qul 
conttnoir lei Icfoni oj lcOurei nni (levaiem fc fjire 1 rolUcc ditin. 
Le plut ancien leaionnaiie e(t celui dc S. Jiitmt. 

u L'intiptionaire ou intiphanier , efl un grind livre oil toui roffica 
de r^glife e(l note , i rcKcepcion dei mellei , qui font ilini on *ii(ra 
Ilrre quc Ton ippelle Cradutl. Cc terme Amiphonairt , vient fAn^ 
Mipheaa , qui riBniGe dn paroUt qul fi chanttnt alurnativtmtnt far 
diur tha^n. 

«Leracrjmentllre Jtolt nn livre qui camelloitt'officede U melle, 
& ttut ce qui concernoic ridminiltration <Iei ricremeni. II compie- 
nolt ce qnt coiiciennenl «ujourirhul le mlflel tt le riiuel. 

y On * ionai le nom de Kutiriqiu, aux explicitiom deiufjgei S( 
c^r^moniei ^ui fe trouvent dini cei ancieni livrei , pircc qu'eU<i j 
■font fciitei ou imprimf^i en letiret iou|ei , pout l*i difiiiijuei i» 
4'oBit, fut cft *ii l<:ittet aoiiet. 



3i8 INSTITUTION 

^ . meor zrec le chant , & touces tes ceremooies comreiiabtef* 

Ceap. IL I^ ^^^ ^^'^ y ^^^^^ ^" chaque Dioc^fe, au oiouis un iicu 

ou le peupie puifle s'affeinbier tous les jours , a coutes lcs 

heures , pcur cet effet » autant que la commodite 5r la de* 

votion de chacun le pennet. Telles font les Eglifes Cathi- 

drales & les Ojliegiales ^. Les Ciercs etant decharges de 

)a plupart des foncHons de la vie civlle , pour vaquer i 

C ult. dift. roraifon , dcivent afliiler a lOffice public, autant qu*il eft 

9*' poffible ; & fi des occupations plus utile» a rLgUie les ea 

detournent , i!s doivent au moins faire les ineiiies prieres 

en particulier. 

Cap, Pretb, Dc-lk vient robligation de reciter TOffice a pour tous 

1. di/j 'VI tf les Clercs qui font dans les Ordres lacres , ou qui foac 

tn(f t pourvus de Benences t^ car ils doivent au zdou;s reodre 

Cone, lat. ce fcrvice a rEglife , de prier pour le peuple , particuiie- 

v/, eap. 17. rement pour ceux a qui leur travail & les autres occupa- 

Volentett) de . "^ ,, ^ t - r r • 

€€(. mff, i^ons temporellcs ne permettent pas de prier ii iouvem, m 

onjtit, Pii fi long-temps. Ddns les derniers (iecles il a fallu marquer 

V» n. IJ5. ^gjig obligation par des Conflitutions ezpreffes»& coa* 

damner a la rcftltution d^s fruits , les Beneficiers qui j 

manquent , a proportion du temps. £n la plupart des Eglifes 

on a, dans 1a fuite des temps» ajoute plufieurs Meffes ou 

Cone Trid. O/fices extraordinaires par les fondations particuIieres.Les 

/«/. XXV. K. Qercsqui cn re^oivent la retribution doivent les acquitter 

' ^' fidellcment. Toutefois , comme les fondations accumulees 

de plufieurs fiecles pourroient etre trop oncreufes , le 

Concile de Trente a permis aux Eveques c de reduire le 

j Dans lei couvent , & m^me dans la plupart des paroHIes , aa 
moins dans les grsiiiJes viltes ,onf»icaDflitJut rofficecaaoniai. 

ti L^ofTice divin eft compof^i de lept heures canoni^les , qui font 
Matines , lequel office comprend au(U les Laudes ; les autres ofBces 
fout , Prime , Tierce , Sexte , None , V^pres & Complies. Les prin- 
cipiux offices font , Matlnes & Laudes, la Melle , les V^prei \ les 




vers l*an 8jt qnc lcs heutes canuniales fiirent dcfign^es fous le nom 
coliedlif d*(>ffice divxn : & par-Ia on crut remplir U regle benepJnia 
giatur propter cfF.cium^ & dtre difpenfe de la r^fidcnce en rt^citant 
rofrice dans le lieu oU Ton fe trouve. Difcours de Frapao'o , pag. 1)7* 

b Ceux qtti ont des penfions fur b^ndlices , ne font pas obliges de 
r^citer le br^viuire , muis de dire rofHce de la Vierge. Du Perray» 
^tat des EccUf tomt I , paf^. t8i & \%%, 

e Ces rvdud^ons depeadcat de la juridldlou gracieufe Je TEvftquej 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 319 
hombre d« Mefles, enfortc qu'il foit toujours fjit me- p^n^, J 
■noire des bienfai£)eurs. II eft vrai qu^a Rome on pretend caAr. IL 
que ce Dccret ne regarde que les fondaiions faites avant le 
Concile, & que raucorit^ du Pape t& n^flaire pour la 
redu^ion de celles qui font pollerieures. 

DatisrOlfice public, chacunfe doit conformer eniiere- 
oient i Tufage particuiier de 1'Eglife oii il le chame ; mais 
ceux qui le reciieni en particulier, ne font pas obligei & 
itroitement i obferver les regles, ni pour les heures de 
rOffice , ni pour la poAure d'eire deboui ou a geuoui , il 
(uffit,i U rigueur, de r^citer TOffice eniier dans les vingt- 
quairc hcures. II vaut mieux toutefois anticiper les prieres Glrffaimd, 
que de les reculer ; & fur ce fondement , on permet de '^- ''^^ 
diredis le matin loutcsles petiies heures, & Matincsdus ftrfiUat, 
let quatre heures apr^s midi du jour precedent : mais il vauc 
iiricux)'tffujettir, autani qu'il fe peut , a dire chacune do 
priiret a rbcurc marquee , alin de ne pas perdre le fruit de 
<ette fainte inilicuiion , qui eA de nous rappeler i Dicu de 
lemps en tcmps , & d^approcber , le plus qu'il cA poflible , 
de rOraifon continuelle , que rEcriture rccommandc i tout 
les fidellet. Chacun doit r^ciier rOffice du Dioc^fc de fon ^"'j^^T'^ 
«kmicile , A ce n'eA qu'il aime mieux reciter TOffice Ro- |' '* *^'* 
fitatn, dontileApermisdefefervirpartouterEgiifcLaiine. Stf. i(,n 
U a iti r^form^, en execution de l'Ordonnance du Concile f"*- 
AtTxeate, & re^ par loutes lcs nouvcllcs Congregations ^;.^'^'|."^' 
de Pritrei. Plufieuri Provinces de Frincc Tont meme « Ceae. A. 
adopii , fout pr^texte degardcr une plus grande uniformiie , * !"'- **.'(• 
mais par la difeiie des Livres & la difficult^ de les corriger. i^l^itM^ti 

Comme la Religion Chritienne ne depend point dcs «-> 
cMmonies , & que Jcfus-Chrift ne nous a prefcrit que if^VZiif" 
ceDes qui font effentielles aux Sacremens, lout le rcAc a ,,^' ' ' 
^teitabliparles Apdires& parlesPalleursdeJ'Egli(e; & 
la diSercnce des lemps & des Iteuz y a produii unc irOs- 
frande divcrfiie. Chaque Nation celibroit, du commen- 
, les divins OlGces en la langue la plus g^nerale de 



fotnd il n'y pai d'oppaliiloni , f tini iHioriff par IVdit dc i69{ , i 
«■ilkr j rcljculion <Ui raiiilllioni ; mail f'il y i ilc> oppuam , i| 
Atit Uiit juper U liia&\an avcc cuK cn rufficialic j. 11 cn elt au- 
ttancni det rundiuioiii Uicjjei > dont 1« ceauDtltaace apputicut »u 
Ju(e Hculier. 




j« INSTITITTIOK 

Pakds IL chaque pxj^ , cctsiix «cfi !a Lxiae djns tout rOoD<lcaif 

^■^■^**- U. LaiofiKueuriiuTS-npsa faiKm-rcEsbn^iKsoni aSt d'etr« 

vnigiir^* , ce cui n'a pu em^edK <;u£ rtgliM , amcBiie {fe 

loat charrscm:!:)! . inei^at garJMS djasroaulagepubbc/. 

La(:ivert':r£«ltp:i»e:r3nJedjr:s lesceremoni», bnsrautc 

fois alic.-er ■'unice d^ i'£g'ii<; , par^e qu'eLe9 nc toocbeai 

-c.'^ ^_ pciRt 2 ia Foi , ci a-j:i iiniiaics de la monlc. AinG les 

^ orMc. Grecs, & !« autmCh.-eiicnsOrienraiix, quow^Caiho- 

**■ *• •- 5- Kqaes. garier,: lenr r.i, tres-thflerect du ooac ; atofi Ii 

plL^art ats Eslires Cachedrales de France oot leurs ufagcs 

parttairiers , & les Moioe^ de S. Benoit ont uo Office ijfK 

lear eil pTopre. Cetl un c&i de l» Iibcrte Eccl^riaftiipie , 

m. ^.$t. aii:onr=epiTuiinGregoirc, Ioriq'j'il coafeillc a laini Atf 

^' * gufiin, l"on D'.i'cipie , d'etabliren Ana;leterreccqn'U troa- 

vera de meitleur, foit dans rEvlile Romaine , foii dant 

ceiles des Gsules. L^an^ienne re|;Ie etoit , i|u'ea ctiai^ 

^ '"A'- Province il n'y eu( qu'un 0£ce , fur le modeic de rfcgblc 

■L i-'e.'iiV' Mitropolitaiae. 

Ledetail desprieres &descercmooies n'ciantqaedliiC^ 

fa T-utt ^ntionhumaineipeutetrechani^epour descaufcsiinpor- 

fi. (•«-. tanies, cooiiiie pour retr^nchet des hiftoircs &bu)cnleSt 

^lj^fijfti- ou des cMiRonies fuperfiiiieures que rignoraiue aurtHt 

iniroduites ; mais ces corrcdions nc fe peuveni &ire quc 

par rautorite des Ordinaires < qui om droit , k plus fonc 

d (.'Egtife Lltine a cepenJinl idmii ilini rolHcc diviti q^jclqn» 
mrcKGrtcs, pour marquer runion <le i'£B:ile Latine >nc l'EgtU« 
Grecque. A S. nenis en Kiini.-e , le 16 Octobie , JQur de l'oatvc 
■lu H;i[ion , on chdale une iDtlie haule touie en grec. On iif- 
tcibuc ilini le chjmr dci mifleil St del manuFli Greci , i ceuM 
qui kffirleni i cectc nicllc , roit Laliuei on EccUliiflique*, 
potir aiilcr i cliaiiler rotliie. On chanloic EuQi autrcfoii ane 
tnvHe cn g'ec lc jour de Q^aCnio^o, (tani l'Eglire ilei Cord». 
tien , poui li connjrie dei l>.!Ierin> <lc I-.urjlein U Ja S. Siput- 
cre , *;i inilieu At laqiielle on riirolc ai'lC uii fcinian eo grec, miit 
«lepiiti qNtliuf (em|ii iitic mclic iic fe ilii pli:s en Erec , non pluf 
•jae le feiinon , 1 TiT-fCeption il'iine piHie de rexoide qui fe pro". 
noiice fnci"e en giec. llle f^iifoit lulli lutreriiit i Piril dai fel* 
mnnieiilomharrl b en alleminJ , aux Aiiguliins 1e jonr Ju VetH 
dreiti-Siini, H en llamind , loui lei Oimanchci ii S. Gcmiiin-de^ 
Pr^! ; mi;i< depuii quelquc lcinpi cela ne fe pnciquc plui. 

e I.'Evfqiic luimSme iic peuc cltnii^cr ie br^viaife Je ron U». 
cife, fani obfeiver cciiainei forinalitdi , comme il fut jugj ptr 
Arrti ilu iT Fjvrier 1601 , pour fEglif- (l'An|cn , rappoit^ dinl 
ln plaidoveri de M, S^rvin , (iv. 1 ,flaidoyir i, *'dj'(i Itt prtiivti 
dn libtrUt,fh.ft. FtHCl) tl* tatuif lir. f , lA. 1 1 n. H4,iaL 



^ 



AU DROIT ECCL£SIASTIQUE. ^ii 
^ifon , d'cinp£clii:r les nouveauti^s , & de reprimer ceus p«f,Ttt: tti 
qui, rousp7<:ti.-xtede(tevotion, maisenefTotparignorance cuav. Ib 
ou par intiirOr, vculene ajouter au fervice public, & in- 
vcnterdL-smodes Jar.slaReiigion. SMell a propos de fjire 
desprieresextraordinaircs, comme cn cas de fichereffe, 
dcfleri!ite, d'incuifiond'ennetnis, oudequel(ju"autrecala- 
mit^ publique, ou pour rendre graces d'une vifloire, OU jf^^^ ^ 
de quelqu'autre bienfait, c'cft aux Ordinaires a prefcrire cttrgiypart, 
tcs pricres, & en indiquer letemps , 1«; lieu& ia forine; & '■"'■»■'•»• 
il eft defendu aux Jiigei feculiers des'en attribuer rautorite, "'fgj^'. 4^ 
t<i de prendre aucunc connoifTance du Service divin. Quant Cicrgi , ihid. 
a la predication & au% autres inftruftions, il cn a ei6 fuffi- ^ ** "' ''* 
f jnunent parle dans la premiire pjrtU. * 

C H A P I T R E 1 1 r. , 

Dh Bapienu, de Id Conjifmation , de rEucAarijHe, 



PArlons maincenani desSacremens.LeBaptemedoit Clemtai, wn 
etre donne publiquement , a Teglife / , oii font les '''hapi.SirU. 
fonis baptifmaux , avec toutes les ceremonies , hors lcs cas „^^ Leoerifii 
dcneceirir^.Amrefoisonnebaptifoi[foIennellemeni,m^me i.detoafeer. 
ks enfans , qu'i Paque & a la Pcnrecote ; d'oii eft reftee a ^'f*- '• "'* 
ces deux jours la bencdi£)ion folcnnelle dcs fonis. Depuis , 
les divcfs accidens onr perfuade de ne point differer le bap- 
i^me des eofans, pour ne pas metcre leur falut en dangcr. 
Mais pour les adultes , \\% doivent ^tre baptifcs aux jours ""'• ''''4 
folennels,&parrEvequeen perfonne,autant qu'il fepeut. '^ 
Le Miniftre ordinairc de ce Sacrcmcnt cft le pnipre Curi, 
011 un Pretre coitimis ile fa pari. Ceft principalement 4 
caufe de certe nailTance fpirituelle , que Ton a donne lc 
Dom de Piresaux Paileurs dc rtcjlifc. 

On doic bapriler avec dc Teau naturelie, ou par im- 



±. Toiirnet, Ui. C. n. 1. Diipincau , cti TcI £r^ti , th. 9. OJ 
Vtmy , de l'it:l dei EcWj'. lom. I , /-jk. 111. 

/ fAiiieur ii'iyjiit ici unvusijiie >r<.>!(iili<]uer lci cirimnnitt 
du bd])ii(ne J'ciu qui lc duiiiie j TK^Iite , iic pjrle pii tlei tleus 
■4(tci tuTinci Ji; b4j>:ciiie , fjVoir , fl.iminii it J',infuinii , c'ell-i' 
dira I* bjpieme <le tlciir iiirjiiie pll li Sui][-Er[i(i[ , £( le bigttmt 
it Sttig <iui i'opere fu 1« inutyttt 

/wu lU X 



)ii INSTITUTION 

< mcrfion « ou par infufion. Nous baptifons ordinsdremeQt 

TaRTIk. II par infufion , en verfantde I'cau fur la tere; mais lc Bap- 

Cmap. II. j^.j^^g pjjj. in„ii^»ffion , c'efta-dire cn plongeant entiereineni 

dans Tcau , a etc pratique par toutc Tanriquiti , du moins 

jufqu\iu qiatorzicmc ficcle. II tcpond mlcux au mot de hap^ 

Mfirftnnt dt tifcr , qui fignific hai^ncr , & exprimc mieux le myftere da 

rifi^. I. r. I. jjapj^,^^ pyj. i^jq^iel nous fommcs cnfevelis avec Jefus- 

M 14.«/. 6- ,,/ n ti ' i. 1 j r X 

.Kivni VI 14 (-nrid pour mencr une vie nouvelle , a I exemplc de fa re- 

CWi»/ II. II. furrcdion. En mcme tempsque Pon applique Teau, il faut 

prononccr Ics parolcs que rEglife a ordonnces , fuivaat 

t)€ ct.n/. dift. |*lnllitution de Jcfus Clirift : Jc tc baptifc au nomdu Pere ^ 

4< r. 110. ^ j^ i:^i^ ^ ^. ^^ ^ Efprit. Quand on a grande raifonde 

^f^* * douicr fi la perfonne eft deja baptifee, commc fi c*eft un 

cnfantcxpole , on peut le baptifer fous condition » en di« 

fant : Si tu ncspjib^ptifc ^jc tc baptife , & Ic reftc , afin qu*il 

nc (cmblc pas que Ton vcuille reiterer le bapteme ; mais il 

nc f.iur pas ufcr de cctte forme conditionnelle fans neceffite. 

Ciiht* Trid, 1' doity avoir un parrain ou une marraine, qui prefcnte 

fijl' 14. rtj Tcnfant au Baptcme ; ou tout au plus un parrain & uoe 

jJ*T *^ /* "^^rrainc, mais non plufieurs ^. Ils lui donnenr lcnom , 

qui doit ctre un nom de Saint reconnu par rEglifc. Us rc* 

pondcnt pour lui, & doivent avoir foin de foninftrudioa 

(k dc fes moeurs; & par confequcnt ils doivcnt £tre bien 

C.f;*. majorts in()ruits euxmcmes , & en age de raifon. On peutbaptifer 

). d€ biipt, jcsiiifcnfes, qui avant dc perdre la raifon ont demande le 

BaptOmc ; mais on ne baprife perfonne malgre lui. Quoique 

lcs adultcs puilTcnt repondre par cux-memes , on Icur donne 



f Xvant le Concite de Trente , on donnoit deux parrains au!C 
gar^uns , & dcux marraincs aux filles. ]'ai m^me vu quelquej Ades 
baptilUrcs , faits dans le dioc^fe de Parik depuis ce concile , oik 
renfanc a cu dcux parrains. A Venife on en donne jufqu^i cent. £n 
Fruncc , qnoiqii*on ne donne plus qu^un parrain , on p&uc choiiir 
pour parrain un corps , compofc dc plufieurs perfonnes , comme 
■les Etuts d'une Province , une Ville , les fix Corps des Marchands» 
II y en a divcrs c.\'cmp!es. On a mSme choifi plufieurs foispourpar* 
raia les trei/e Cantons , dont plulieurs ne fonc pas Carholiques* 

Par Ics Scatuts du diocefe de Paris , il efl defendu de> recevoir 
Bet parrains & marraioes par procurcur , a rexcept^on des Princes 
riu fnng. N^anmoins, dans rufwge, les Cur^s ou Vicaires en re- 
fuivent quelquefois, qnand ce fonc gens connus ; mais cela eft de 
jgrdce , & Ton exige ordtnairemenc que celui qui fe pr^fente ponc 
tenir un enfant au nom d'nne autrc perroiia#> ait uue procuratioa^ 
•u uue lettre qui Ty auiorife. 




L 



AU DROIT ECCLeSIASTIQUE. ^aj 

■ tulTi dcs parrains ; & cctte aftion eft comme une adoption , p^rtif. [I 
ciui produit une pnreniu rpirituelle. Cuap. 111. 

En cas de n^ceflite , on pcuc omettre touies les ceremo- Dt tan/iir. 
nics duBjptemc, & rcconcencerd^appliquer l'eau avecles •^'P- 4-c- **■ 
paroles. Toute pcrfonne li; puui adminiiirer, meme celui "ar''^utt 
qui n'en pas bnpitlc ; fculement , on ne peut pas fc bapiifer 
foi-metne. Toutefois , mcme en ces cas de n^cdTiie , s'il y 
aachoifir, le Bapteme doitetre adminlllrc par la perfonne 
la plus dic^nc ; iin Prctre , puis un Diacre , puis un auire 
Clerc , un homme pluidt qu'une femme. 11 nc faut pas abu< C. dthiium 
fer de ces exeniples , pour ondoyer des enfjns qui ne foni 4* •** ^"f*" 
poini en peril ; & negliger ou difTcrer lcs faintes c^remo- 
nies du Bapicme , pour attendre la commodiie des par- 
rains , ou par quclqu'autre raifon frivole h. 

Ceux qut ont ete baptifes chez les hereiiquc* , au nom r j jg « 
Ae l3 Sainte Triniic , font regus dans le fcin <lc TEglife , ^, j» Mri^ 



h L» OieUiatmn ia Kai du 9 Avril 17 {6 , porie , *n. V , qu« 
qiuud un cnljiit aun iti ondojri! eii cai de n^celTtii , ou par pcr- 
nilSon de TEv jque , & iiie rondofement auia iti Ijit par Je Catfp 
Vlciire au Jellcivani , iU reronc (enui il'en Inrcrire Vi&t inconiincni 
fur iefdiii deux rcgiltrct ; U. inc fi renfiint a iti oniioyi pai 1« 
ftgc.femme ou ■ucic , celui ou celle qui l'iuia ondi<ye , fcront 
■cnui , i peiuc Je di.<i liviet d'amende , qui ne pouiii eiie temire 
nl moiitiB , U de plui grinile peine cn cai itc ifcidive, d'en 
>*«Ttii fur le champ ler<liit Cut^, Vicjiie on deOecvJnt, 1 relTet 
d'Jnrciiie l'aae fui lcfiliEi lettillrei. Diui kijuel afte feii fiii meil- 
(ion dn jour d« la nailtjnce de renfanc , du nom det pere Ei micc, 
& de U periiinne qui aiica fait ronJoyemenc ; £1 ledit a&c feii 
Sgni fur leUiti dcux regiltrei , tant pii le Curc , Vikaire ou del^ 
fervant, qae par le p^re , i'il elt pr^fenc, & par celui ou «etle qul 
auri fait roiidiiyement : & i rvE;jrd de ceux qui ne pourioni ou na 
riuront Ogner , il feii fjit meniion de la di.'cl:iiaiion qu'ili en 

L'iinicle VI porce, que lorfquc lct Ccrjinoniei du baptime feront 
fupp^eeei , l'?Sle eii fcii >!rcflc , ainfi qu'il a iti piclciil )-D;:r ]i:i 
bapltmei, Gc qii'il y feia en outie &it mention du jour de l'a<,ie 

Ncaiimciint , dini lei pirollli:! mfme de Paili, le piemier d* 
cct ileux Jriiclei iie t'ulireivc pat j la leicce. On ne diiflc poiiit 
d'iiftc, diiii le lc:m|it qiie fciifint tl) oiuloyj pai riccoucheui ou 
aiitie |icrfuiiae; on Ijic rculement meiilion d: rondiiyement , dani 
■'dtte qui fu riit locfque lei cfr^monies du baptJnic Ibrt fnppliJL'.!. 
Cc dcMiit A't&e , qui COnltate l'ondoyemenl daiii te tempi miine 
oil il ellf:!i(, peuc^ cependint occalionei de grlndi incenvjnieiii, 
fur-coiic n Tan ometcoic enfuitc de fupplcer lei cJivmnniei dn bip. 
tlme , puifqu'eii ce cii il n'y auroit lucun iStt propre t conilaicr 
U uailUnce de r«iifiuit k rendDyenMat. 

Xii 




5i4 INSTITUTION 

Partie 1L P"' l'o'<^i<^" ^u 'i^i'" clir^ine , par rimpofiiion des maiat * 
Chaf. Iil ou par la feule profelTion de foi. Mais on ne rciterepointce 
«UA 44- « iacrement. Ncus croyotis un feul Bapteme. Si quelqu'ua 
Erh. r\. t. 3^'<>>' rebaptile, il feroii excommunie ; & celut qui Tau- 
Conc. Triii. roit ete , mi^mepar ignorance , demeureroic irregulier. Le 
fiJl^ ^'/"j'' Baptemeneproduiique deselTetsfurnaturelsi&nechange 
Difi. 4. c. "^" ^ YkKax de la perlonne. 

107. loM. La Confirmation ne fe reit^re point , non plus que le 

ibU. c. ir;. Baptgme j 3^ \\ n'y a que TLveque qui en foit le MiniAre 
I. Cer. viT. ordinaire. On peut s'y faire prefenter par un parrain ; mais 
17. 10. 14. ce n'eft plus giieres l'ufage. 

JZff"'' L't.uchariftie ne doit eire confacree qu'au faint Sacii- 

Cane. Trid. ^^^ ^^ '^ MeJTe , avec les ceremonies que rEglife a autori- 

fcff. ti. cun. fees. La matiere de I'£ucliariftie dilepain&Je viiLLeviR 

'. ' , '^"' doit etre mele d'un peu d'e3U ; 6t le pain doit etre fans le- 

mff. Uaan. vain , fuivant la trailition de TLglife Latine. Chaque fidelle 

ji.r. Jifl I. eftoblige d'a(Rfter a !a ML-ITe eii[iereious]e$DLmanches& 

lW*rfirt^i' les Feies de precepte ; & autant qu'il fe peut , ija MelTc 

1. 1^. S{. folenru-IIe de fa paroilTe , pour recevoir les inftru£iion$ de 

Cenc. Trid fon P^ifteur , prieren I^afiemblee ou il fe trouve range par 

Jcff. KKiv. c. i^ Provid;nce divine. Le Cure a droit de denoncer i \f.- 

Cenc. Sen. veque ceux qui 5'en abfenient fans caufe , par trois Diman- 

f iih. e. 11 clies de fuite ; & il y a excomoiunicaiion contre ceuxqtu 

v^ ru arij. pgj,j3„( |'oflice divin afliftent a dcs fpeflacles pro&nes. 

Ln cas de neceftite , on fatisfait au precepte cn afTiftaiit 
Ead AiH 1 avec attention a une Meffe baffe i. La Meffe conveniuelleft 
t. 4)f. "u folennelle , doit etre celebree apr^s Tierce ; les Meffes 

Ead. difl. ». baffes depuis Taurore jufqu a midi. La communion ne doit 
Cflr/AaV"' "^tre donnee reguIiSremeni que pendant la Meffe, imm^- 
Ibid.difi. *■ diatement apres la communion du Pretre. Tous les fidellcs 
t.i<),ciiene. eioient auirefoisobligesde la recevoir, au moins troisfoiE 
**"• rannee, a Paque, ala Pentej:6te,& a Noel. Lc Concile 

de Latraiiareduit cctteobligaiion u unc foisran, pendant 
la quiiizjine de Paqtie l. MaisIesPreires doiveni comtnu- 

i Cci mcHes foiil li;s meme» , (]ii« quelijues conciles appellent 
petr.ci mcffci ou mcgciprivUi , qui fe diii:\nj'ubm:ff<i \-oce. 

l Un ne jQniie ce iiDm ile Mtffc cimvcntuctU , qu'd cetle qui fa 

paroidialt» . la metltf foleniielie s'appelle Wci/i dc patoijjc. Cclt 
««lle. uil ruu pciireiiie le palii i bcnii. 

I C/iiKau floic f^ire la coinimiiuon pafcBle , daoi rEglire pa. 
rolflitil» , ii Uqu«llt U cft rIUgIi^. 



AU DROIT ECCLesiASTIQUE. j»; 
rl« toutes les fois quils celcbient la Meffe. Suivant \'ii(»^e pT^TiTli! 
prefcntdertglirc La(ine,iln'y aqueliiPfeirecelebrani qui ch*p. HI. 
COinmunieroiislcsdeuxe<^pt.'ccS : les autres necommunient C. Onmii 
que fous la fculo efpirce du pain ; mais le Pdpe peut accor- "'^'^/p^Bi^ 
der a quelqut: nation rufugo du calice , s'il le jugc utik & rtmi^. 
pour !e bien de TEglifc m. ^-''- ''•/'■ »• 

Quani aux oialdJes, on doit garder pour eux , en cha* ^^^^ j^-j 
que cglifc paroiflijle , des particules confacrees , dans un ftjf. it. dec. 
ciboire de maiicre nette & folide , enfcrmc a clcf dans un ^''- 
tabernacle ;& tcs renouveler au moins lous les quinze jours, , "5 j tu'„J| 
Quand les malades defireni de communier , lEuchariflie TVu/./c^. i|, 
doilleuretre poricepar unPreire, avec le refjwft convc- ',9 . 
nable , afin que le peuplc foit averti de radorcr. Sl c'eft i-trvtnii'. 
pour viatique n , elle ne doit etre donnee que par lc Curc , C.ip f.tat 



m Ceux <[ui caminunifnt ivec \t Pape onl lc pr 
munier foui lei ileuKcrpccci. Le Roi cainmunic a 
fiiil fiicre. L'£mpcreur (en ■ 3 > { ) commuiiii Ibut 1 
CD quilici dc Chanuine dc S. Jejii de Laccjn. Lei 
me 1(1 Mironiiei , qiti ront foNinii au riiiil Sidge , ( 
coic foui lei lieux efpicei. Voya^t du Mont l.ibiin. 
foui lei deux erpeiei te pialiijuuil au commcncemeiii daiii touls 
l'Eglife. Ellc t'1.1 mem: uiJonnce en lop(, 111 concile ilc Clur. 
monl en Auveigne , & fut urii« pJr-WUi iufiu'aii Xlle. fiecle. On 
U prati(|uoil meme encore quelqucfuii dini lc Xllle. L'>uteur de 
l» re'9tJoii de l» viiloiie queChailei d'Anjuu rempoita fui .Mji.ifioy 
•n 1164 , rippoite que lei Cherali^ii cammunierent avec le pain 
lc le vin anni li bataille. Maii Ui inconvinieni qu'il y avoii de 
daiinei ta coupe , foit pjice qa'clle icpmtloit quelquefoii , foit pour 
la icpugnince que lei liilellci avoient je bnire djiii la mfinc coiipe , 
foic parce quc plnrieuri avoient de ravacfion pouije viu , ficent 
■bollr pcu i peu Tufjge de 1* coupe dani la plupart d« Kglifct. 
Elle fe pratiqjoit cncuie dani rEglifc Latine dti lempi a< S. T^o- 
mai d'Aquin , luivanl Varqucz. Lc Concile de Conl\ance , tenit en 
I4<t, declirii que la coucume rjiliiniiablemcnt inlroduiie de ne 
doniier U communion aux IjTiuci quc Ibui refpcce du piin, iloir 
otHci faar ime loi ; ce qui fui «onfiimt pir le Concilc Ue Tienie , 
/etf". ,..C«;i.... 

Dini rAI-.biyc de S. Denli en Fiince , let ioun de fiiinAe (Ite , 
i li giaitd'inelle , le Ui^cic U le Soiii-Diacre fe communiei:i cux. 
mimrt fout rcfpcce dj vin , dani le calice du Pif tie , cn afpiunc 



A Xo 


tre-Uanir <le l>am , lct toui> de giandc fjtc , iprit b com- 




qui fe donne au ch<r'jc , on p:ercntc a toui 1* Ceigc . H. 


jntmc t< 




coupe 


ij il y :■ du vin St dc l'eju, Maii ce qui efl dani ectlc coupe , 


•l'c(t pa< 


1 couljcr* : # nc le doiinj qiie par forme d'iibIution. 


n Uii 




iluinje . 


i <cu\ qut iuat dini ua diaLercvidcnidc mei: piochaint at 




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^>^ Tirz.^ iT C^rri w-rHarvrc iir^.^.i :,* icir £i:r« 

pri':-=^e i::*.:r lit t£ir 7ir . Zvijce eti cirtxia css. Quoi- 

c-e rcu-i A^ri ?:crrs:i ric.:.vicr i rotiLiarica ^ pccvclr 

cii^^ciire , il^ r-e reivirrr acii^C'?» r*ercsr , UESune 

ccr: -.i: :- iTLzrsrlt i-t 1' i.v icTJS , cii ii ^esr £^?=i2 , oa pjT 

1« orcvil^r. ^''^ bt^ztz^zii cjnrze i^jses, ca uzsprovi- 

S^.-r y^j licfl , aprds lei ivc:r exatri^es. Ces perEDufioas panreot 

r. M errc I.-nlrtes, & p-s-jr le re^rs 8: pc-jr les penbcces fic 

A"£ijrAd' rvy-y ;esc23. 0:: cxce^ce d"crdicAire les R^li^eukes , a qui 

'^ ' ^^ >• fiiJt -« Co^rdTeurs plas cboLfls ; 5: cerains cas 3iroces , 

^r^-n <ijr c/, dort IXvet^ue fe re.ervc rabtbl-arioc. Les Repiliers , meme 

; pitt, M. i^j M»ndlans , forit u:]ets a tcutes ces r^lcs , ijocobfiant 



pej7ent e:re k jesn. Ce cefT^e paroir u:re iVL^on a celsi de Fi.;- 
situm , q'ji dani hs ordret rellgiea^ , fi^nif.e ce qce ron Jocae a 
Ufi mowie ^•'«ur f«i.'e fo.a royage. Daas let ancier.s Canocs , ce cer- 
me Kij/icim ftgnifioic , non>(euleiiient r£.icharulie qae Ton doo. 
fioic aox Mcrfibonds , mais auHi U r^conctliicion & la peni:ence 
qu*on UuT dnn::oiC. Aucrefois m^me Ton donnolc le fucc V:ai;q::e i 
tous lei mala^ies ; 2c a tous ceux qui etoient eo danger de morc , 
encore que le danger ne parj: pai prochain. Les rcgullerf ne peu- 
vent aiminii!rer le Viatique qu*aux perfonRes de leur mjilbft , y 
coffipri^ ies domeftinnei Sc penfinnnairef. 

o On ne pjrle pas ici des p^nicences publiqnes qne Ton impofcit 
fltirrefoii aux pccheurs fcandaleux ; mais du facrement de pcni- 
teoce ; lequtl aprei la coiifeflion auriculaire des pcches « un aSte 
4ie coiitricion, Ik aucref cpreuves quc le Confefleur juge ncccflaires » 
ieaivc lcs p^ch^i commif apres le bapc^me , V moyen de rabfo. 
lucU/n que U confcflear donne ga p^aitent , auqiel il ioipofe ^uel- 
que pdjiitence coAvenalilf. 



. •• ^^. 



AU DROIT ECCL£SIASTTQUE 317 

Icursprivilcges. 11 y a quelquescas refcrves a«i Pape, fui- p^n^iB if 
vant un ancien ufdge , du conientemcm des Egliles. Autre- chap. iV. 
fois , il falhoit aller a Rome pour en ecre abfous ; a prefonc 
le Pape en donne le pouvoir , par des facultes parricullc- 
rcs , aux tveques , & a quelques Pretres. 

Les cas relerves au Papw* , fuivant le rituel de Paris 
font, I. L'incendie des Egliles, & cclui des Hjux pro- 
fanes , fi l'incendiaire efl denonce publiquement. 2. La 
fimonie r^elle p dans les Ordres & les beneUces , & la 
confidence publique ^. 3. Meurtre ou mutilation de celui 
qui a les Ordres facres. 4. Frapper un Eveque , ou un 
autrePrelat. ^.Porter des armesaux infidelles. 6.Falfificr 
des Bulles ou Lettres du Pape. 7. Envaiiir ou piller les 
fcrrcs de rEglife Romaine. 8. Violer rintcrdit du faint 
Siegc. Lcs cas r^ferv^s a TEvequefont, i. Frapper no- 
tablemcnt un Religieux , ou un Clerc in facris. 2. In« 
ccndie volontaire. 3 . Vol en lieu facre , avec effraflion. 
4. Homicide volontaire. 5. Duel. 6. Machiner la mort de 
fon mari , ou de fa femme. 7, Procurer ravortement. 8. 
Frapper fon p^re ou fa mere. 9. Sortilege , cmpoifon- 
ncmcnt, ou divination. 10. Profanation de rLuchariftie 
& des Saintes Huiles. 11. Efiufion violentc dcfang dans 
rEglife. 12. Fornication dans rtjiife. 13. Abufer d'une 
Religieufe. 14. Le crime du Confw-lTeur avec la pinttentc. 
15. Le rapt. 16. L*incefte au fecond de^ri r. 17. La fo- 
domie, & autres p^ches femblables. 18. Lardn facriiegc. 
19. Lc crime de fuux: fdux t^moignage, fauffe monnoie, 
fal/:ficattcn des lertres ecclefiaAiques. 20. Simonic &' con- 
fidence cachees. 2 1 . Suppofition de titres ou dc perfon- 
nes a rcxamen pour la promotion aux Ordrcs. 

Les refervations font difforentes , fuivant Tufage des 
diocefos ; & eilcs font fort utiles , pour donner p^us 
d*horreur des grands crimes, par la difficulte d*en rece- 
voir l*abfo!ution. Le Pretre p^nitencier eft kvabXx princi- 



p On entend ^2T Simonie rictle , celie ou la convencton fimonia* 
^ue e(l extfcutt^c de p«irt & d'tiutre : en quoi elle td plus crimi- 
nel!eque la fimonie menr.Ie , & meme que U fimonic convention- 
oeUe , lorfque reHt^cution n*a pas fuivi la conventioo. Voye\ cU 
«pres le cliap. de la fimonie. 

^ yoyex ce qui elt dit de la confidence , tom, II , ehap, i f . 

X Ccil ceLui que 1« iiku & U lcrur commcttroienc eurembk* 

Z iv 




5*8 I N S T I T U T I O N 

Paktie II palemeni pour abfoudre de ces cas. II n'y a ni r^renraiioTl 

CHAP, IV. de cas , ni diftir.flion de Confeffeurs i ranide At la 

mon ; lout Preire peut abfoudre celuJ qui fe rrouve en cet 

^tat, pourvu qu'il aii donne quelque figne de peaiience. 

Mais pour ncire pas furpris, Jes aiaJades doivent avoir 

recours d'abord au Sacremeni de Peniience, & les M^ 

dccins ne doivent leur ordonner aucun remede temporel, 

• s^i """ •I^''''P'"" '^ remcde fpiriiud : c'cft TOrdonnance du Coo- 

tkfiiit. ' ^''^ ^^ Latran, praitquee en Iialie & ailleurs, mais noo 

pas en France/. On ne refufe ce facrement it perfonne» 

non pas meme a ceux qui font condamnes 3U dernier 

fupplice. 

Cltment dt Lcs pcniiences , c'eft-a-dire les oeuvres fatisfjfloires , 

fKmt.t. 1. dojygnt etre proporiionnies auic peches : c'eft pourqucn 

it faui les confelfiir en deiail. Le fecret de h confeffion 

eft inviolable : & le Picire qui feroit afT^^z maiheureux 

pour la reveler , doit ecre dcpofe , & mis en prifon per- 

Cap. emnit peiuelle. On 5'eft relache depuis environ cinq cents ans 

airia/qut e,i- de robfervation des penitences que les canons avoienc 

*"'( ^ ''* ^'■efctitesa chaque efpece de peche. II ne laiffe pas 6'6ne 

Cent.Hltdiol tres-u(ile de les connoitre , afin de proporiionner les fa« 

Cvnc. TriJ tisfjflions aux peches , & de fe conformer a i'ancienne 

Coat^Trid •'■''tipline , autant qu'il eft pofTible. II y a mSme des cas 

PjT- Kxiv. R. oii la p^nitence pubiiquc doii etre encore impofee ; fa- 

*■ *■ voir, quand TEvcque juge qu'el!e peut etre utile potir 

ffiiiffi Rom. reparer le fcandale d'un crime comtnis en public t. Le 

jour ou doit ^tre donnee la peniience publique , ell le 

Mercredi Avs cendres: & le jour d^ rabfolution folen- 

nelle eft le Jeudi Saint u. 



f Par r-rclcle ii delj 


1 Diclaralion du ij 


D, 


icembre i 


1698 , il elt 


eiiioiiii 


: lux M^.lecint .ti.,i, leur ileraui , : 




Chiiuigii 


N,i U Apo- 


tl-i^i., 


fi, qui ronc appel 






>liJe>, i. 


rcn Joniiec 




^ Cut,.-sJei,..™i 


1!«, -liHitfit q.l'il 




,Sflo„r q. 


.10 la miiU. 


di^po' 


,.rimiaie.U,.Ber. 


:i.le , s'itj ne voic 




r.-.iNli y u 




pei*> 1 


l'jil!cii'i. L,i dec! 


.j,a;iot, an 8 M«. 




11, ,l«l=i 


1.1 aux Mi, 


<)edMt 


.le viiiler les ni.ii 


j,!ej le troiiiime 


jou 




: lcur apin- 


(oliigu 


'\i% oiit ili ciinieli 


lei , ou au nini.i> 


■ 1' 


.■m, Coi,l 


•Hlei-r 1. iti 


^.^!i 


THiur ief voir, L. 


» .M>5rfoc:.,i b:s.i 




g.iiier! 1,, 


' ni,t>;quent 


puiiit . 


l'»«tUr te msUJe 


, OU r« fiiUlillB , 


di: 


i <iu'i;i vc 


>leac qu'il j: 




J.nger. 










f Vo 


let. [)iit«rTay,<h Ntat & capaeiti 


dC! 


EcdC-fuip.iqatt , rcv. 


t»m 


MiH )M. 










« C 


ea cmn^tpoti» 


de cetM abroIut«ti 


fDleoKclli 


e , ^ui it*i» 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 329 

Les indulgences x fonc inAiiuees pour rcmettre les [,^^^.^ ,^ 
pcnitences , 011 en partie , ou oniierement , fi l'ini:luigencc ckap. [V. 
efl pleniere ; msis icur etf.;: depend emierement ce u ilif- 
pofition du piinitcnt. Commc elies doivcntOire aecordces Can:. Trul.- 
gratuirenient , tes Lvi-tjues doivent avoir grand loin Asf^J- sJii-i" 
retranther ks fuperftiiions & ies auires abus , qui peu- ■'■"'• 
venr s'eire glilTcs dans Tufage. 11 ne fai<i pas confoncirc 
les penitcnces avec les peines canoniques. Les Penhcnccs 
font volontaires y , & conviennent <i ceux ([uiferepea- 
lent de leurs pethes, & veulent fmcerement s'en corri- 
ger ; les ptints cjr.oni<jues font forcees , & fervent ou i 
humilier les pecheurs , les amoilir , & les amencr a U 
penitence, ou n les rerrancher de rEgUfe, s'ils font lout- 
a-fait endurcis. Comme elles regardent le for ext^rieur, 
rous en parlerons a la fin de la foifiimt Pjrtit ^'""- Trirt. 

V txtrime-onaiort ne peut ^irc adminiftree que par '-'s ,''J;„r V ,t 
Prctres, fuivani les paroles de TEcriiure , & fuivant la i:iittih.Kem. ■ 
tradiiion ecclefiaftique , par le Pafteur ou par celui qu'il ." »■ <■■ (•■ ■• 
envoie. U doit recevoir tous les ans les fainies Huiles { 'j^^ j 



donnca en ce jsut i ceux qui *toieiii eii pt-nitence p-jbliqoi; , qus 
l'diifiit encaie Jii<i Ia..cei lei ERlilei Ii «^r^inoiiie >le l:iDi'r.ute , 
qui ii'ell .lutic t^nfc ^u'iiiie abloluclon ^iniii\a qiie I'oii dioi^ie i 
toui leipe.hiur, ilMii Ki CjiliiJralei. fEvuque eit fjit lj eiit- 

Prttreipuu[fjlr<i>l'dutrei:.bl'.>utei,ui>t JiNiljCJlhiUrJle.qietl.inl 
ceitiiiKt luCivt hi;i:lri. L'jbf,jute le f^iC ^utli {liir lei Cu.-vt dal 
lel piroillJi , le jjui Je l'aque. 

X L^ufige it\ iiiJulgencei coininenfi dani le tempt dei premie. 
lei ([oir^lcf. Un accurdi det iitdiilf;ciicei i aa\ qui fe cruiroient , 
pour Iti eng.iget i eutreptenJie e-t cxpc.liiioni pcniieuft'!. Ui. 
puii , lei r^pct eii iccorJereut poiir dliTJ: cnCei C^ufet , coir.nc i 
ceux qui fcioi«Tii le voyage de \» Terte-Siiiiie , J ceux qiii vi.i:t. 
roieiit une E{;lil'a en un ceruin jour , ou qui furoieiit quelqu'aiilto 
ade de v-,i-.i. 

y (^uitii J on dit que lei piinliencet font voiontiiiei , c'ell piice 
qiieles lidellei i'y fouinctlciit volonitirem iic. Cji d.i re:1a ellel 
ne fon: puini j leui clioiK ; tt. quir.J ellci leur fjnt iinpofeei , 

f l.ei rjiuivi liuilei funt de ctoii rorcei. i°. Ce1*e du /i:'ic 
tbr^mt, qul cfl comporce d'hui!e U A» biume , qui Terc ci' lioii l'j- 



naini. 


, Ce ch.trn. L 


Mt a:iir. jIJcf.iif.;crjiion dei .■\ .:-ii 


>. aii f.!CrB 


de no 


. Koit , & ,Ie 


1 juc.-m pril'u:inei qJi loiii Ui<'-:^. 




lltl e„ 


t/cka-r\iaa,n\ 


ii for: a:\\ a.itret cii.:tinni ,lu bjptci 




«UlJti. 


jn , ii iat.81 


lniow u'uget. 1*. Cc!le<lei ii:fi.in:> 


^^ictcom. 



33« INSTITUTION 



Partie II. P^^^ ^^ Sacrement & pour le Bdpreme, au fynode, ou 

Chap IV. en un autre temps marque , apres que l*Eveque les a 

s1'difl^"^l'* confacrees le Joudi-Saint ; & il doit les garder dans des 

iUud. Rit.' vaiffeaux ners , d'argent ou d'etain , enfermes a clef , pour 

Rom- privenir les facnlcges. 

II y a peu de cliofes k dire du Sacrement de rOrJre , 

Conc, Tirid. apres ce qui en a et^ dit dans la premiere Panie. Ajou- 

fejf» 2«. c. 4« tons feulement , que ce facrement imprime un caraftere a^ 

J>ift> 6%^c. I. ^^^^^ ^^ Bapteme : d'ou il s'enfuit, qu'il n eft pas per- 

^•deconfecr. mis de le reiterer. Mais fi Ton doute avec fondement de 

dift.^c.ioj. la validite de Tordination, on doit en donner une nou- 

velle, qui ne fervira quau cas que la premi^rc ne filc 

pas valable. De la il s enfuit encore, qu'un Pretre ne peut 

devenir laique ; & que bien qu*il foic depofe pour fes cri- 

tnes , il peut validement adminiftrer les Sacremens , quoi- 

qu'il peche en le faifant;& par confequent, qu'un Eve- 

fuvplem T ^"^ devenu heretique , depofe, excommunii, peut faire 

^Z.art, z. des ordinations valables, quoiqu'iIlicites , parce qu*il n*a 

point perdu le pouvoir , mais feulement Texercice de foa 

Ordre. 

CHAPITRE V, 

Du Mariage, Des Empechemens, 

LE mariage b confifte principalement dans le confente- 
ment , c'eft a dire Tunion des volontes , qui eft Timage 
de Tamour de Jefus-Chrift pour fon Eglife. Mais il faut que 



pofi^e dMiuile 8c de vin ; c*e(l de cette demi^re dont on fe fert ponr 
rextrfime-onftion. 

a Ce caradere efl {act6 & indelcbile d T^gard des Pr^tres 2c des 
Diacrcs. Pour ce qai efl du Sous-d>aconat , on en peut £tre releve , 
par une difpenfe du Pape. Pour les ordres mineurs, itt n'emp6« 
chcit point de quitter Tetat eccl^fultique , fans que Ton ait meme 
befoin pour cela de difpenfe. 

h Le mari3ge eH un contrat civil, ^lev^ X la dignite de facre- 
ment , qui unit enfemble riiomme 8t la femme 11 ^troitement , que 
pendant leurvie cette union eft indiiibluble. 

Quoique les peuples qui ne font point dans le fcin de iVglife ne 
regardeat point le mariage comme un facremetit, il y a n^anmoins 
dans chaque pays , une foroie autorifi^e par i«s Lois fic ulages , pour 




AU nROIT ECCLfeSlASTIQUE. 311 

ce confcncmeni foit Itgiiime c , c'eft-i-dire conforme i partib lU 
Vinlliiuiion divinc , & aux lois de rEglife & de TEiai : car chap. V. 
d^ins iinc afT.iirc do c<;ite imponancc , qui cA le fondcment 
ilc la focttitc civiic , il n'ell pas jufle de laifTer a chjcun la 
libencdc fuivrcfus p;inions & fes rdniairics. L'inllitution 
divinc e(l, qu'un feul liommc foit uni a unc rciiic fcmme 
pour toiite la vic ; enrorie que l;iir afftftion ne foit ni par- 
T.ngce , nt inccitaine , & que leurs enfans foicnt eleves par 
les foins dc Tun & do rautre. Pour conferver ceite fainre 
inilituiion, les Lois ecclefiafiiques & civiles ont marqu6 
pluficurs GinpC-chcmens , & piefcrii plufieurs c^remonict 
pour les mariac^cs. 

Les Empichcmtns du mariage vienncnt ou de la nature, 
CU de la loi , 011 du f.iit dcs panies. L'empechcmcnt nam- 
rcl , eft le b-is ac;c au-delTous de la puberte , c'c{l-a-dire de 
douze ans pour lcs filles , & quatorze ans pour Ics hoin- 
nies ; quoiqiic fuivant le Droii canonique , on doive fc re- C. amttnt 
glcr par b vtriiable difpofiiion du corps , piuiot que par t-"*"*^"!/! 
le nombrc dcs annccs d. Par la m^me raifon , rimpuifTince 1,^ ,j^, ^ 
pcrpetuelic & incurable ell aulTi un empechemeni «. Celui FrijidL 
qui vicni d.: la Loi , e(l la parcnie & Talliance. Cet emp£* 
clicmcnt cft fond^ 3 fegard de la ligne dtreAe , fur la dif- 
fcrencc dc lagc , & le refpe^ qui ne s'accorde pas bien 
avec la liccnce du mariage : & <i Tegard de la ligne colla- 
terale , fur le danger de corrupiion que pourroit caufer 
rcfpcrante du mariage, entrc des perfonnes qui font eleveei 
en snixas maifon , oii Ton cft fouvent cnfemble. Dieu a 
vouiu auni,par ccs dcfenfes, eiendre la charite cntrc 'e*Diw *«.*'* 
hommes , cn multipliani les liens de la focicte. 

LEi^Iifc k confervc loutes les defcnfes de la Loi de Dicu ^"'' """■ 



lei iniiiaget ; U p«r un ilroic commun i loiitet I«t nalionl , cet 
miriigci ronc tvpr.tit valablei p^r-to-.it, tant par rapjiort i Vint 
ilci r>:mir.cl & ilci e\:i.\r.i , quc pnur lc droit d« fucciiilci , qui «■ 

t Poiir ii;5 IJiiiime , il fsut qii'il roit Aannt librement, !t p»r 
un- peilunne mj^ireri: ie fi;! dioiti , ou <]u'il r<iit «ccompagn^ du 
cunlcntemi:;i: dci \iiti Sc invre , lutcjn Ec curiteurt, cn U pui& 
fjnce ddqi^ctl cll U perroni:: i|ui Te maiic. 

'' l.e mjiijgc coiiira^K' it:c un im)'ubeie ne feroit pai nut . Ti cct 
impLti'Jrc cloit cipalile d'avw[ det eu^ni , ciip, Pulciti ]. ttir, dt 
Jt/pomJi. impuber. 

t ^uaud elle a piisiii le naiiigc 



«3» I N S T I T U T I O N 

Partib II. ^* €Tcluent Ics parens ou allies en ligne direfte i YinRm & 

Chap. V. en collaterale , feulement les tantes/, les fr^res & les foeurs; 

V. Glojf, in mais on a cru 'Ong-temps que la defenfe de fe marier devoic 

ii! de Rgflu, ^'^**'^^'*^ ^ ^0'''s les parens , entre lefquels il pouvoit y avoir 

fpoliat, droit de fucceffion, c'eft-a-dire jufqu'au feptieme degr^, 

au-dcla duquel on ne comptoit plus de parente. Le Concile 

V. Pctr. de Latran a reftreint la defenfe au quatrieme degre inclufi- 

Vam,ofu/. 8 vement/^, tant pour la parente que pour Talliance ou affi- 

Jrad!^c^:p, "^^^ ^' ^^ ^ ^"^ reduit Taffinite au premier genre , qui eft 

ifondehet 8. entre Pundes maries, & les parens de Tautre, au licu que 

de confang, 1»^^ en comproit un fecond genre entre le fecond mari & 

les parens du premier , & meaie un troifieme , entre la 

Eod feconde femme du fecond mari , & les allies de la premi^re 

Non debet, femme , le Concile de Latran a bii ces deux genres d'affi« 

nite. 

Sejf. XXIV. Lg Concile de Trente a reftreint d'autres empechemens 

de meme genre; favoir, celui qui vient du cnme; car, 

Toto tit. de feJon les Canons , la conjon6lion illicite produit affinite avec 

ionj^anz^^^^* Jes parentes de celle dont un homme a abufe. Le Concile 



C.z. 



Ta reduite au fecond degre i pour etre un empechement 
dirimant: il a reduit au premier degre celui qui vient des 
fiancailles valides; empechcment que Ton TippQWc d*honnetere 
publique, 11 a reftreint la parente fpirituelle qui fe contra£le 
au Bapteme ou cila contirmation ; enforte qu^elle ne s'etend 
qu'au parrain & a la marraine , ou celui qui baptife , d'une 
part, avec le baptife, fon pere & fa mere, d'autre part, 
& c'eft pour cela qu'il a defendu la pluraliti des parrains 
ou des marraines. Ces reftridions ont ete n^cefTaires, parce 
que plufieurs fe marioient par ignorance , dans les cas de- 
fendus, & enfuite ne pouvoient demeurer enfemble fans 
peche , ni fe feparer fans fcandale. 
y*M 2. ^, I Les degres de parenti fc comptent, fulvant la fupputa- 
tion Canonique, de maniirc qu'on ne met qu'un degre 



/Le neveu ne peut cpoufcr fa tante ou grand-tantc, ni la niece 
dponf^r Ibn oncle on fon grand oncle. 

g Ce qui comprcnd les enfans des couQns ifVus de germain. Au-^ 
dcla de ce dcgre, le mariage eft Ubre encre parens. 

h Ainfi , il ne peut y avolr de mariage entre le beau-pere & In bni» 
labelle-mcre &ie gendre, nientre lc beau-frdre& labelle*raeur,&c. 

2 Ceit-j-dire jufqu*aux enfans du frere ou de la fceur 4e la per**- 
fonne avec la<}ueUc U y a eu coujonftvon illicite% 




AU DROIT ECCL^STASTIQUE. j^j- _^^^ 
pour chaque gencration en collaterale ; enforte que le PARTiBlt, 
fr^re & la Tocur lont au premier degre ; les enfans diis deux Ckap. V, 
frCTes aii fecond j leuis pccits enfins au troiricme. En degres 
indgaux , on cn compie aiiiani qu'il y en a , emre le p!us 
cloigne Si la fouclie coinmune : ainfi l'oncIe & la niecc font 
3U iecond degr^, la 6!le du coufin gennain au troifi^me. 
Cettc itianierc de compter les dcgres de parenie eioit en £,■(, „/f_ 
ufagedLis le tcmpsdeS. Cregoire. Pour les fucceflions nous <r>/>' H. ^ 
fiiivons celleduDroitcivil, quicompteune fois autant de ^c^'^''t,j' 
degresentrecesmemesperfonncs A. fijf^ x«w. n 

Ceux cjui par ignorance onc conrrafti manage en un !■ 
degre defendu, peuveni obtenir difpenfe pour demeurer 
enfemble ; mais avant le mariag.' on ne doil point accorder 
dedifpenfe, ourarement, & poitrgrande caufe. Au fccond 
degr^, il n'y a cjue le Pape qui en donne, & encore pour 
caufe publique , encrc les Princes. Plufieurs Eveques foni 
cnpoflelTion, les unsdeleurchef, lesautrespar concellion 
du Pape, de difpenfer au quatricme degre,& meme au 
troifieme envers les pauvres. Toutes ces difpenfes doiveot 
eire gratuitcs , fuivant le Concile. 

Les emp6chemens qui viennent dufaitdesparties, font 
rengagemenc precedent , foit par un autre mariage , foit 
par un vccu folennel de continence , ou Tadult^re que les ,*'',',' '* '* 
parties ont commis enfemble , s'iU y onc joint une promefle fuptr.hon. %. 
des'epoufer quandilsferoient libres, ou s'ils oni enfemblc d<to^aidaxt 
machine la morc de la premi^re femmc ou du premier mari. '" """'' 

Cen'cfl pasair<;z qu'il n'y aii pnint d'empe;hcmcnt, il 
faut ipie les parties veuillent fe maricr , & le vcuillcni li- c. diuaat 
brement. Un infenfe nc pcut donc fc marier. L'erreur ou *<■ it ffaa» 
la violence rendent donc le mariage nul. L'erreur doit litre ' 
CR la perfonne , comme lorfque Jacob prit Lia pour Rachel ; cap. 4. ir 

' toajuf, fic. 



t U ti-y > 1 


iiicune (liflJrcn 


i-e ini 


tfe le 1 


ilroit civi 


[ fc te .Iroll cifton 


pour IJ m.m. 


;re Je on 


i].i<i 


r"lei d 


iL-grtt 


<■> ligue , 


direae. Dinil-un, 




1'juire dr 




"■' ""'PW " 




de!t.c^ q« .le gi- 


ai rttioni. Ai 


,„fi le ,.ei. 


e U 


leSli 


ruur >, 


1 premiei 


r de^ro. 11 n-e.i cft 


pli de meme 


en cMiti 


^ri!e 


. Hout 




rr le riegr 


r , on renionte i li 


Ibuche comm 


m,t , Et r. 




omi.ie 




; de de;r. 


ii ^u-ll y 1 ,W per- 


faitnti. eii n 


rtrsncham 


nrt 




li ci-:te quj tjl 


t l»f«HcIi(.A-nri, 


foivant lc .Iro 


i[civil,1< 


ifri. 


tiLi, 


. h-.lT 


lint ai. , 


itefiiieme degrL' en 


cQ\'.3tirAe i 1 


II lici. iu< 




un: \e 


1 .Irnli 


ciiion , 1 


e,Jesre. fecomp. 


fe.1l aultl pjr 


Sii.c.»cio 


ifi en 


: CUllj 


litjU, 


, de m<iii 


.ere \at le frer* & 



lalixDine faimeitt que le deuxiame dcjtit, 



334 I TC S T I T 17 T I O N 

PASTtc II- ^" ^ ^* condition de la perfoimc, fi on a pris im eTclTrs 

C«AP. V. que Ton croyoit iibre /. La violence doit erre telie, qn^im 

homme ferme y put ceder ; & psr cene raifoii^ la ^emme 

cnlevce ne peut cyoiuer le raviffeur. 

Conc. TrifL Ceux qui {bnt en la puiilunce d*autrui , comme les enfsns 

laav. c. C^ ic familie , & les mineurs , ne doivem point fe marier fans 

Ord* BUns, ^^ confentement de ceux dont ils dependent m, Oefiprhid- 

40, iUlun y puiement en cette a6bon £ importante que ies en&ns doi- 

•^* M*r. ^,^j^ ^ fuivant la loi de Dieu , rendre honneur a leun pa- 

rens» c'efi pourquoi ies Ordonnances om defendn ces ma- 

riages , fous peine aux Cures ou aux Pretres d'etre traites 

comme fauieurs du crime de rapt ; & aux enfians qiu fe 

0€cL 1659. fcroient ainfi maries , de pouvoir etrc deshetites n. Dc pliH, 

on a declarcs incapables de toute fucceHion les enfkcs ii&is de 

mariages tenus fecrets jufqu^a la mon, ou nes de femmei 

que les peres n'auroiect epouTees qu*en mooraz^ , apr^ ks 

avoir entretenues. Ces conjon£i:ions tiennent pliK de la 

hoQtc du concubinage que de la digniie du mariage. 



/ L'erreiir £iir les ^nalites de la naiflsDce , fur lei esxplois , lcs 
lumiieurf & les 8vaota§es de la fortuoe , is'ed pas oDe caufe pour 
^iifibudre ie maiuge. Ceit ala perfocDc qai femiirie a s^^iili^rer des 
^alite» & £iciiltes dc celle qu^clle ep:>;:fe. 

m Les en^us majeurs deviQgt-cioq acs peinreoife mar^r (knf at« 
tendre ficm^me f^ns requerir le confememect de leurs pere & mere. 
Ils ne font meme p«s ubl^'H de lcui fdlic les treis K^irniAtions ref- 
pe&ueufes ? fi ce n>il poui fs metrre ^ courert de re2i±CTeJ*uan • 
auijuel cas les filles igees de Tin^t-cinq aas pecrent Liire ccs faxc* 
jDDationt ; mais les gai^ons ne peu\>ec: les fdre, qu'iis n'ai€at trejire 
juis accoicplls. 

n Ojtre la declaraiion de 1C55 , chte p^r M. P.eury *il &st roir 
fhr ceite matieie la declarztion da x6 juin ifSs • ^ui d<}ftnd , fo.:r 
des pe:;-.es tres-gra^cs, ai:jE peres & mercs, tute^rs & czriteurs » 
de cynftf::ilr q-tr irs ecf^ni q-*:!* cnt cn lc^r puir^-nce , fe a^iitct 
en pi.y* ^rrar^er, fans perx::i;oa eipre:!c <!a Kci; & la deciaraiica 
di' 6 .-^cj: 16*6, ccncerni".: Ic> fc»rm«jittfs d cbfcner po-r les T.a- 
riiEie^ Je*m:nc-:J unilcs rcre?, mercs &f-:c-rs, fiif-n: profei3ioii 
4t li rc:;^:cn j^TL:c..o'.ie :c:,;:2-.ce , font abferf i^j ro\-aame. II fiiit 
xo'.: i.:7: Tci.: t-a m.is dc .\Sar$ 165:, & -j dlclsndon du i^ jBin 
dc :j r-.:~e a-.nce , q-i rc^"B-: devant qsel C.:rc lc xaariE^e d:»:t 
*:rc ij-: , S: de c-e le r-.4n:c:c lcs e=fass , mc.xe lc$ rciives ma- 
ie--ei dc Tinjt-cir.*? ass doircat rc^ucrir le ceiJcsicsect de lcoi» 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 355 
CHAPITREVI. 

Dts Soltn.i'iUi da Mariage. Di fa Dijfolutlott, 

AFiH de s^afTurer qu'il a'y 1 point (l'einp^hement i 
un maringe , &. qu'il eflcontriiSelibrefi.ent, & afin 
que la preuve en demeurc condante , les Lois civiles & lei 
Lois ecclefi^niques ont ordonne plufieuts formalit^ 

Premieremeni , les panies etant convenues de fe marier , 
& ayant rigle les conditions de leur traite o , pour ce qui 
Kgarde le temporel, doivent fe pr^parer au mariageparlet 
lianfailles , dans les diocefes oii Tufage en efl etabli : car il 
y en a oii la ciremonie dcs fiangailles n'e[l pointpraiiqu^. 
Ceft une promefle de s^epoufer quand l'une des parties le 
defirera , qui fe fdit k rEglife folennellement & avec rermcnt. 
LePafteur, avantdelarecevoir, examinelespartiesfurles 
anicles fuivans. !i'ils font de fa paroilTe. S'ils n'ont poim pro- Rj>, f»^. 
Oiis ou comra^i quelqu'autre mariage. S'ils n'ont poini fait 
vteu de continence. Sils ne font point parens , ou s'ils oe 
Javent point en eux quelque empechement I^gitime. Enfuite 
ildoitlesinftruiredela nature duracremenidemariage, & 
dcs priparaiions niceffaires pour le contrafter faintement. nff^'1'-^ 
Lctfiatigaillespcuvent^ire faiteslong-iempsf avant lac^ fJt[m*% 



a Chet tei Romjint , U ^loic d« reflence du mariige qu'il y eilt 
dei p>dti douux i c'e[oit mCme en pitiie ce qui >lifliiiguuii l> 
femme IfgiiiinE, uxor , de U cancubine , dont le miiagt ttait 
moini folennel. Maii pacmi noui, il n'ell painc de VtiUint du mi- 
riaRe que ki pirciei f^ilenc un contcac par f crit pout cfKler leun inc<!' 
lett. On peiii le matier rini conttit. En ce cai , b loi y lupplje , Scr^ 
glelei droiti refpeairt del conioindi Sc. leur foumitliun -d li loi, fbr- 
inc un concrac ciciie .qui tient lieu deconlrat icrit. Anciennement, 
& jiirquei dini tei oiiiieme & douti^e Jiec^ei, lei iraiiJi de mi. 
liagc Te fjiroient i la purle de reglife , & ne rubnitoienl que dlnt 
la mf moiie dei lemaiui. Ceft de-li que i'cft encorc conrervj fufiga 
4e fiire donner, par le miri, une piice d'iigenii Ii femme,en luf 
difint qu'il 1a doue ilu doujirc qui a i\i cuitvenu «air« fci piteDa 
lc eenx de fa frmme. HoaUinviiUtri. Hiaaul 

f On obrenre ordinjiremeni qu'il y (it un intcmllc lu moini 6t 
vlugt-quitre heurei eiitr* tei fiinfiillet tt le mariige , pour liifler 
■UK pinlei le tempt de Ii reHcxion. Cependinc on iccordc all2ment 
<lei dirpenfei poui fiiiicer b mirier lout de fuite , lDcfqu'il a'j a ii>> 
cunc fufpicioa di pricipicauen, a\ d'«inpCch«mcai , ou luue lacoo. 
W<ni«i)b 




•« . - r V r I o N 

, , ;; ■,: iie ivjrrc :' i::e d; piiberte : i( 
. . .. ......;.;o:> M 1 '«.ifjnce , & eneiatde 

, ,- iii..,i ii..,-r-. h^inI,*. Er, vertudesfian^aii- 
. -■ -.1 -.t: iCiLrtfO.proq-.ies.lcspartiespcu- 

. i!ii :v; jiiite J": ^Uftf ; & cellequi refufe 

. ,;c ■- ,.'(:u[ jjjnU t".;uic, eft condamneei 
....;'aii. Oc lii Jiii;e cEglife eft compeient eti 

•^■.n* lijns les tiioc^res oii on ne pratique 
:...,; u.:!i lijntfjilles. O.i fe pourvoit etiruite 
..:i.;uc pour ics cloimnaeies & intcreis r. Les 
...1 .»;» iij;'.;;jiiIos/', font : le cqnfeniement 
. ■.!!. i.ciiJ.'iix adsipoiscontrafieniariageavec 
.;..;: ^ s'ii cit ciiire en reIi;^on ; s'il ell atieim 

;t.uidbie ou coiitj>reuio ; fi la tiancees'eft 
. I juire kli;i)iiis lt:t tian^ai!!i;s. 
:c.: ark,- coioiiri; pubiiquciiiei;!, &pourcel3 
.oi:(ic<ju;ii.'s: losExinsoua.inonces, la pre- 
i.ui«:r>i.-Mteinoins.Lcs3nnonae$,ancienne- 
. ^.1 rr jnce , ont ete depuis ordoniiees par le 
^.1 , .;ui vi:i:t i;uo lc& Pretres (lenoncent les 
u.'.tit:iit iijni>i't^ii!e,avani ({u'ils foicnt c£- 
,: un ;cnne r:iii'onnable, pour propofer Iss 

-^ i\i.c tc CpiKiii: ('.c Trciite a d^termin^ 
.Mr>.M[,enk.vuoiv;anitroisprocbmations, 4 
«.iniii il'j lii::y.yi.!ij ou di Fijte, au prone 

. ■;;.■. -j:; !.i;\;r,-i::,' Jcdiai.iiiiedespartics. 
. u.;.: qucKjac o -jioiitlo.i iVi\ o!e , malicieu- 



!> k yi%e ie rept aiH. 
ut:j)!i!, pEiit iloimer tieil i dcl 

Jci ):3:tiiii i IjqucUe on rt(a(e 
(ieit ii;i Joiii.-ni°,e tit\. Miiiilcl 

'.'jiTiU'! piurneilvt de iniiri:iB«, 
ii:iit',>jt ^'trcprireT kitiigatai, 
lib:«t , fi ^uc ci: feroit tjrccr 
iitic 1*011 ^ii. Lei clibliiremem 
.<■<. fjit» ie neiiici ne doiveiiE 

;j,V^;lci, Ui'ini,ne, teglej, 
;tt , quc pour lei proDiellct dc 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQtTE. 317 

Ee, l'Evequepeuidirpenrer<lequelques-un«)decetprocla- Partii ll. 
mations, principalement entre oiajeurs. Chap. VI. 

Le mariage doit etre ceiebre en pr^fence du Curi de l'ii- c. Tr. ibuit 
ne u des parties , ou d'un Pretre cominii de (a part , ou de la Oi-d. maii% 
part dc rEveqiie ; & en prefence de trois a: ou de qua*re "'^ 
tiinioins. La prefencc du Curi &<lest6moins e(l n^eflaire, 
fouf peine de nullite : car tes mariage* clandellint y, apris 
avoir iie fouveni dcfcndus , oni iti enfin declares nuls. 
S'ils eioieni valabtes, comme la preuve d^pendroit de ta 
bonnc foi des parties , tt feroit facile i Tune ou i touies 
<leus , de contrafter un autre mariage , qui feroit un adul- 
tire perpetuel. 

Les eflets du mariage font , premiirement, la puiflance t. Ctr. <n ti 
que les maries acquicrcni fur le corps Tun de raiitre , & qui 4* 
leur donne droii de fe pourfuivre en jullice ; le mari par la 
demande en adhefton , c^eft-idire afin quefafemmehabire 
avec Jui , la femme , afin qu'i! la traiie maritalement. En 
France, fi ces adions font porties au for cotitenrieuT , c'eft 
devani le Juge feculier ; on ne permet a TEgUfc d'en con- 
fioitre qu'au for pinitentiel. Un lutrc efiet du mariage eft 
retat des enfans , qui etani legjitimes, font capables de» 
Ordres , des benefices , & des di^niics eccternlliques , outrc 
les effets civils , dont il n'eft point ici qutllion. 



D II n'cft pai niceHvre en elTist que lei deiix Curti llTilent i U 
celJbrition ; mait ii fiut que coui iltnH y •^oncouien: , roi eii cilf^ 
lirint 1« RiilrUee,roii en daunjniun confent-^mEnt i li ce^jbration, 
f»i»int un avertiliemeiit ijui fjt duiini nu J;irre;u pit ,\1. iepiemieC 
prfriJent P.->riJil, «pr^! un iri*t Ju ii FtvrLer ns'.L'a(igei 
l>ariieniue le miriige e:t cf l'.'hr? par le Cu'c Je I3 (ille , c'e.l-1. 
diii le Curi de Ii piirallf; od elle ilemeiire Ue fihi , depuii lit oiais 
on un in. Une ieune fllle luieft penrioiniirr .hnt t::i cn'jvc:it, n^j 
aci]uiert paini de domicilc ; elle iHit iire miiii^o lur \i piroirte de 
fei pcre !t mi'e; mjii u-i< fiUe oh veuve tii j iiipirtcncnt dinl 
iincaivcnt , icqiiieitun doinicile ^»1 li piioille iint liquelle eft fitai 

X Vidit <lii moii de Miri 1677 , Veut qu'il j aii qjaire t^noint 
dignei <le foi, domicilift , U qul fichent Cgner ieiiri nomi, i'il t'en 
peiiliircmeiit trnuver lutant danile lieuoil l'oii celjbrera lemiriis*. 

y Lei mjiiageiclindeninifontceux quifefunt horila|irjfencadii 
propre Curj , ou rini publicilion de biini nu fani difienfe. 

Lei mariagei cjchis fii<it ceu-i qii ct*nt ccntrid^i ivec ;outei lct 
Ivir.-nilitji prefcritei, fom enfuiie lemii f«<-eti. Lj detlirltion da 
lA Novcmhre -6^) art. V, decliire tei enfiiii <]ii naiimiit ilei mi- 
liiltiiqie lei partici licTiJront ci.;h;i peiidint leur vlc , inMplblCi 
^Wwt»fiicecflton, «ii<i bita qu* l«ur pqfteriti, 

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AU DROIT ECCtfiSIASTIQUE. '4;9 , 

iUre une rairon pour dfaoumer du inariage, on impofer PAXTitlL 
pinitence i ceoi quiront contradfe*, nuis 11 ne fuffit pas pour du». TL 
rannuller quand il eft contrad^. 

La f^araiion de ceux qui font vintablement mari^s fe 
fait , ou par un conrentement reciproqiie d , coinme par le 
vceu de coniinence , ou par autoriii du Juge. Le voea doit ^ ^ . ^^ 
itre rolcntwl , enforte que Tun & fautre enirent dani des (onvd/conj. 
monaA^es , ou que le mati reqotve les Odrcs facr^. Que Caf. >. tod^ 
filentariagen^eftpasencoreconfomnii, rundesdeut peut 
etitrer en religion malgri Tauire, qui demeure libre de coa- 
trafier un auire mariag« ; en quoi I'entr6e en religion a plui 
de force, que ta promoiion aux Ordresfacr^ , qui ne rompt 
pai )e mariage , merae noit confomnri. La fiparaiion for< 
cie doit ^re prononcee par le Juge , dans te cas d'aduhire 
narqtii par b Loi de Dieu : fi fun des deuz tombe dans luitk. n 
rh^rifie , ou renonce en quelque autre inaniire i la prtf- 1>- kis. 9. t, 
feflion du Chriftianifnw : fi l'un de» deux rombe dans nhlit '" * 
une maladie coniagieufe r : fr ie marl ufe de f^vices i)oitf> 
bles , & traite fa femme cruellemeni : en im mot , t'i[5 ne 
peuvenr habiter enfemble ftns le p^it de la vie , od da falut. 
£n France , Ic Juge f^culicr connoli de la deraande en fepa- 
ration , foit pour adult^re pourfuivi criminelleinent , foit 
pour f&vices notables , foit pour matadie contagKufe. La g ^ 
femme qui fe plaint doit ^tre mife en fi^ellre , pendanr ironfmifft f. 
la comeihtion, chez fes parens, dans un Monaft^re, ou '■''j"J"^** 
en quelqu'autre lieu filr & honnete. En lous ces cas, IffMiuu,"'' 
mmi$ peuvent ^tre fiparts d'faabitition , mais noD pas Ct 



d L'arricliij dcrirrCtdci^glenicht dn loluin ifilti^reiidupoaTU 
pr^ndial d'Ansoul^rne , aiKarilc lc Lieutcnint-gjncrali recevoirlet 
Mpariiiani volonnirci ; miiiceii ne doll ■'enteiidrc que de cellet qu'il 
jriuroit lieii d^ordonncr, U. luKqiMllei le mtri > confenEi pour ^vitcc 
de plui iinplei conteltitioni ; cir inEreinenl lei npintioni *oloa- 
tiliei foiii conire lci bonnei mirati , Si ne doircnt poini «tre aii. 
torire» : U. tet conjointi, on l'un d'euK, font loujoun rctni i ri* 
«limer contie de leli 10(1 , lorr<;u'll n'7 ipiicii de caure Ijgitiniei 
11 fiiutqu'il y ait dei fevicei tt miuvail triilcaient de li pirt da 
iniri , pour ffpirer U femme j b camme c'elt pour clle qui la fii* 
parition ed or.lonnfc , elle peu( cn tout tempi denindei i teve* 

( Anciennement , la I^re jioit iine canfc de ffpirition d th«n, 
On en ule de mCme aujaurd^hui ponr ccux qui foni aiteinti de tctt* 
milldic honteure, <]ui el) 1e fiutl oidinaiie de ia dtbaucbe. Vtjtt 
Ucli. /vrfrit jr (xir. d* tonjug. Ufnf, 



ar !«• - »vi.tt,».' c".;.* nftrti». j: ■;»->■. iLr-cr ccr; Tr 

4 . m' Lr* '\i ^ .1..'* ... ....*■• b- Lto»*- w.a> K ..^M 

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4'» './,. 1.:% \j* •«•.'•. 7' I ••:•....,:.•: ^^ ". '. 4'.,.'.-rt 5 . ^ * -ti 
ftr.f'*. : '•'(i ■: . . '• V.4 lif ; '/•;.•>:',•.:.....:::..:-: :i -:--« 
f.f . '. • • . r/ ■....« . •■. .••■'. ^: ^* :.■• • f'..»: ■:)i •.••tti \ ^i. ••-.= _s 
t,.».'./.:^' I »p fff /»*//•/ «jrw , 14, ',••!•*,'?. ^ V ";p' jy.T.^-; :. •l^^-if. 
tf^/M"t—f fiftit* tnp t'afittnlitm, 'A, fg €* tchtirt 14. lili .it:'^/, ^mi 

/» !**( •i| 1n li4- J4f4lUfii Ju y Avr4 IJ§0 9 lc> Cb/L-i fbCt obI:« 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 341 



liyre baptiiUire, oii ils icrivenr de finte les bapteraes , a p^RTm ii!" 
merure qu'ils les fom. Ils doivcnt y exprimer le jour de la cha? . VI. 
naiflance, lesnom^ de renfint, du pire & delamere, du ^-Ord.ifio. 
parrain & delamarraine, & dc deux t^moins; ilsdoivent ^^'r;J'^ j^ 
aulTi tenir reg'ftre des mari;.f ;s , & y eiprimer !e nom dcs iSi. 
pariies & des qustre i^moins : & il efl defendu a lous Juges 
de recevoir autres preuves des promelTes de marij^e, (]ue 
par ^crit. LesCuresdoiventenregillrerdemeine,les mor- p^j^ ^g „ 
luairesou f>-pu1iures , & le jour de lamort ydoit eireez- an.t&rm, 
pTune. Cet regiHres etant tenus fuivani la formc prefcrit^ 
par les Ordonnances , les estraits qui en font lir^ foiu foi 
cn iuflice , en toutes fones de tribunaux i. 

Sur tous tes facreniens en g^niral , il fayt obferver , que 
leur validiie ne d^pend poini de la foi & de la vemi des q^ ttnfter, 
MiniHres ; (iuoiqu'il foit loujour* plus convenablc , qulb difi, 4. 1. 1%. 
■ foient dignes de leur miniflire. Mais lc Miniftre doii avoir *\.*' ^" 
inteniion de confiirer le facremcnt , c'eHiA\n de ^re '(«H^Truf. 
ftrieufemeni, dumoinsireit^rieur, lesaCHonsquerufjge/(jr. j. nu. 
de TEglife a ^ablies pourcetiefia,carIesbommei nepeu- "* **■ 
vent connoitre Tintirieur. 

En adminiHrant )es facremens, on doit en mSme teaips, C»iu. Trid, 
autani ({u^il fe peut , indruire lepeuplecnlangue vulgaire,'^ '** ^*'' 
de la naiure du facrement , & en expliquer les ceremonies: 
car ces inflrufiions itint jointes it raClion memc , ont plui 
d'eflei , pour exciter le refpefl & la devoiion. Crlui qui Ra|. rimal, 
adminiftre un facrement , doit etre aHifti au moins i'm 
clerc k , qui repond aux prieres, & lui aide aux c^rimonies; 
au dCfjut dc clercs , on fe fert de laiques /, comme font 
lcs Maitres d'ecoIe dans les villages. 



$h ie f^ire ligner l«i partio E( tjmoini fur un double regiftra. 
dei baptimti, mariaget , Kpulturei , vetiiret, noriciiit tt pro. 
feffiani : run dei deu!! reftiltrei doit (ireenpapieriimbre, raotr* 
fur papier commuo. Vn de cei lienx itgiiliet doii tire ippoiij «■ 
%reke ilu biilliige, on lulre Gf|c relloitillint nuement >ux couri, 
<t qui I \» coniioillknce dci c» royaux , lix («mainci lu plui taid 
tpr^i 1 lin de chaque innie. 

i 11 fiut voii furcette maiiJra la Didaralian du9 Aviil iT)fi. 

t I.c Pitire qul adminifb* la facremenl de pjnitenct n'i befotn 
d^tire affilli de perfanne. 

I Tout Uiquei peuvenc aider lu fervice divln , pnrtpr i'iube , t« 
liirplij St la chape, mCmc £iire lei fouftioni de ^oui-diicre. 



yiij 



jy^ 1 K -S T 1 T T T n D K 






C K z. i- J •] 1. i \ : I. 



L 




jiMi^ iCi ii^^iijt . Siuti laikiabaaK: aBiin;islis&. ouidieiiaDOii 
fk^ttf^ lii> 54&f»0^: pCMtr lcstfixtfit fis: k. TSujKfTnv: ar 00«- 
^- < ^ ' i|aof:jpt#ifiei#rie:«PHwiKiJDL,tf;un3:;iiaTiaceae£M 

^f^*'- /"^ dnQivs:. Or k vot: ik» k qtsin«i»e;: f icecie . «c laSutt 

^i ^ t^;. ii^iatuM^ i^d^fiifrr «T if;u{»iifiux i»£un&fl)yibrK.2' 

^c. W. 44|r. ^i^, oeictiui. ut; {^«^«irifrer ii; i(k&: fH^ fk sspiuer^ ^am^ 
£. l'4ii4,Mi' <Mr<itOkf«s> |»^tri.Uiit^ . iiins pfinntfiiDC fii: ri:.v«n|is. 
^ ^ ^Vi' f in«r a^kt uo^ nw ^ cU £«:litt: . dl c jni^icrtfr itc b«iuf' ii' 
j^.^f . '^' MiUtii: ^ups^irwK a f) «iutr» uSap» . u isac uat cank IIl 
i. JI4 4Ui' i «(Utvf ii): fk !'JLv^ut. L» ttuttt:» ifnit., i& nsad&s/: cmi- 
^^:^ #*;«i$;lUfi-^^<s6fKm»«UtfflK9KfsmvBni2iaaD-9ii.teBisnu- 
0f-^T^ HKi^ i^ iditaaMrf» jBtm^iiii»^ ^u uik Ef^ jk ]uifit jb 



^i.» «liM; «.^au. •. liirt qur i^iK>K uc iicL s:fifiiii£ni ii 2%» &. ""^»*»^ 
4. ^#«£ ^y^ ^ . Aflttiix^^p f«vuijf Jc ous Dt TosEc xt Sausz fefriirr 

/f <^\'ji <.ilct>.'JUfkc €'«c«tf cifS|p«odM? pM «fi(c.fipc aifKV Iwa ctWit ; 
^f vv. '.'v.rvc ^ui ^. i&af4^^'.«. f »t:t|ue ii« WLxc - v&ir ^fxirlrurfax 
|r 'vJ.cf ♦^** ^i*4P* c«> «i.::^M»f y»rui ;-Jj(p:« , cMtrtc i £: itri ja 

|c.f«.-4t<, t^ |s«f(ev.{ »• ivsdbrn^flurac 4jc IV toScy At ^ 

^ <><» tK^f.KJt*ftf. 4 Kukyfkt, c.c/Vvtrcf cfc^iety dc ■'«roir pzs 

W v< r^.4: ^tkUK U^*«JM«cst; ^«infi ^»01 Ulice , il a^r^ 

|l*f.l «'« «M i#n |^rit<ai a'^'/ic paf cclai 4< rilicciibicc Jc* chr^tietis. 

e i-.Mt ««uth ^iftMtth m (imt 9utx€ cboic «|U*unc picrre csoi»- 
$Um , <u««i Ui-««1U il y c i|ii#^ti«t r«li4|uc» : il y avoic cie ccs au^eU 
|K/fUifU 4«i u X IU^t« i ii« lcmtspp«Uf aifi#(i aiairairu. 

/OuiwiiUU 4iri4lciiM. 



-e*sa5- . ,._. 



AU DROIT ECCLtSIASTIQUE. 544 

tOfltenir ; & fi le chemin pour y aller eft crop long ou trop p^j^T,, n^ 

difficile. L^^tablifleaienc d*u:i Monaftcre , oud*une nouvdle cmap. VIL 

Communauri , eft encore une caufe l^gitime. On peut m^- 

pie fonder une Eglife par devotion , pour accomplir un v(su, 

ou garder qutflque reliqiie infigne. On voit, d^ le$ pre* jjjm gf^fgr 

miers temps • grand nombre d^Eglifes ou de titres ^ Romc , /iv. xsxvt, 

& dans \e$ lutres grandes villes , quoique Taifremblt^e des "• i^* 

fidelles ne fe Rt qu'en uq lieu, tantdt en une Egtife, tantot ep 

Tautre. Par les raifons contraires, on peut fupprimer les Conc. TriiL 

Eglifes devenues inutiles , & les reunir a d*autresf. Avaot AiT >&• rr/I 

de pcrmettre laconflrudion d'unc itglife, il fautqueTEv^- ^'c.N§mo o.* 

que voie de bons contrats, ou d*autres titres, par lefquels tu' €»»f€cr^ 

ii paroifle que TEglife eft fufifamment dotte« c*efl-a-dire ^f/>*u 

pourvue d*un revenu aflur^ , pour Tentretien de la fabrique, 

ou des bkimens , pour le luroioaire » les oroemeos , & ta 

fubfiftance des Clercs , afin que le fervice s*y faSe avec toute 

la bienfeance convenable. Si quelqu*un pr^eod que la nou- 

velle fondation lui fiifle prejudice, foo oppoficioo doic toe 

ref ue ii jugee. 

Le pian de l*£glife itant traci , TEv^e fait plaoter uoe Pcnt. njml 

croiv au lieu ou doit itre Tautel ; puis il b^t h preaa&re ^. ^'T^ 

pierre ii les fondegnens , avec des pri^res qui foat meotion 

de Jefus-Chrift , la pierre angulaire , & det myft^resiigni- 

&is par cette conflrudion matertelle. L*Eg!ife doit etre d. C. Kcm^ 

tournie de forte que le Pretre itaat i rautel» regarde 1*0- 9 «^^ «»<>A 

rient u. Elle doit ^tre fipar^e de tout autre b^timent , afin ^ '* 

que Ton puifle commodiment en iaire le tour. Autrefols les 

Eglifes devoient avoir i Tentr^e un porche , c*efl-adire 

une efp^e de veftibule» ou de Ueu couvert x, foutenu de 

colonnes , & au-devant une cour ou autre place convenable. 

Apris que le bitiment eft achevi, TEvique doit atu plutdt Pontifc; 

fart. z. 

t Ces ruppreilioni & «niont d*igli(e , ne peinrenc Itre Aicas f^go. 
li^rement fins l*iaCoriC^ de rEf^ue ou f^ns crlle du Pjpe , i'il 
t^agit d'unif plufieurt archevAch^s o« Mchii. K<tyer ce qui iera dit 
ci^pr^s d«s unions , Ma/'. XX IX. 

V Cela n*e(l cependant pas touioun 6kC9Tyi exaderaent, qnand le 
cerrein flc U difpofition dct Ueux ne le permetient pai ; il y a plu* 
fieurs ^Ufes auciennes H Biodeines , m6me a Pjris , qui (biit difpo- 
f(ies aucrement» cncr'iucret ri^Lifede S. Koch. 

X Comme on en voic encore j S. Vidor , i Tabbaye de S»Oennaia« 
dct.Pr6» i S. Gfrmaift*rAMicxroii,iS.^alpic<;. ^ 

Y lij "^ 



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1 c:. :.» '•: ;■.. cifj;-. .-. 'y. . «?■ ;. iiius UitrnrrjliJ tL ::i rx' 
Aii{i*;ti'. i.r l-.urv ■•. ■ kfcJT.-.r»»»'*' t:..wit:iidilinut.' i D:iro:: DS' 












i:> i'i^.!,.-.i-. - .■^'. i.t . mr.aiia'! . ci ?:trcv: lwt^'- 
,f . «i:- *•-. .•.-.'.■.-:• • .^iiiL-. 1:' i" uai'- iin-.' r.s;:ii-.- avai:: c: sh*. 
■ • lif :■'. .V. ii:i;«' c: l.!* ck !is:wcnii: 

v* .. ; «LiJi.i-. . u ;is..i..aLr pt- -t '■runv tvW* le^ viiiite^ 

u i: jj*. «.•■. i*r;ijT!: ^*. Tna::: !'rv-jou: rori-::Ti i: 

i«... ■••..!. •_i:i«. Tir' ;»iUji'-*Lir. i»::.ni:::.j:u>n- t T}:uii£ur- 

••. •. » r . -.1 ... it::v't- . r:;':.rrr- rrcrrcs ^- our-inf: .: : ciii* 
. -. .-,• .■i;;i-. :. r :.!.•::: i" ::.- .:■-•• miiraiiic' piLiii-Jin*.^ or.- ■ 
tu'i' ». »r. «'. iii:r wl"r;jv. l i:.^':.»ivrz ! auit. Dli d" URl 
liit'.. ki. iiL-f'. !i.»u* iiic;.»vi*f . rn?rrmv yf- rcifciii' .enn:. . 
.' ;..■..•••. .. ♦*i:';i. 1.» L'f:.r-.»:k.': r:' !:«:r::ii;'K!. r>cnuaTi' mr: 
>■»»•: k- 1. sjirTVv':'-- c: t" rsS!.'U» iric"-. ri.rj* r.."^ Su :■ ran: 
o" . • ^'j . ■ui.*:i;»r' iii. pf.':* r- Li- rf-yec: i^.i." i-j- iiua:. mi 

„• •... •-.:■. •.•.'••■" •7i»f**.:-w" :•■. 1,L .!t Tac" mji 

••• ■:»■-»•§-*•■■ .■•■ -•■■ "^.^: r »■ - f*'- ••' .^*^«:tr"^ Tii" AMv^i^-- ■■%». 

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v^.i-. ■.•-:»r-.':- w*: -•" ^ f "'■i» ."•. »t»r.r-'»t . ;. ?Tsir:^: roT— 
K-.-.v' •: f.. I-, ii '-- ' r ^ li imi::"^ ^ .**= r-r^re- 



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*i .. . •n.t . ... ;ir ■ .'.k.l •;) ns fcd •Kl ■M'..,:!i:rr':':- •; ■? r^T' 5_ .t 

.■. ' .!• ■ *•-..<• '1.*. r r." • .| :;ji M.ur »:• :'4:.|.:*. .,«. ■. ■;:^.. !:•. i4 

». 1.. .'■••r.iii-^ ». i'.«fi,: • yiirii^r-i ■ •* »;-'*^» ' it.*.,^*'; :•! : ll^-^^T. ; 

.■.-ili .i.i..^!. (..i .■•. »',i.- . ,1 ii» .**.i,*> •.«r «(: ? \j*-\\\* 

<* ••• .*••» .» ..•'«>4*f«iit. '|ui.i'|««i. .i.*riiibjc. 



AU DROIT ECCtftSIASTIQUE. 34? __^ 

& obtenir la T^miflion des ptich». Cette riconctliation PAXTtt lU 
€l"une EglifepoIIuee.aufTibicnqueb didicacc dunc nou- Cha? vil. 
velle Eslife, ou la conlecration d'un autel, font toute» ^f^^^f*"' 
cirinioniei ipifcopales. L'auiel , a propremcnt paricr , n'ell q^ tonji^r, 
qiic 1j pierre confacre*; ; fi elle cfl brifee , elle perd fa COO- *"'</• '• '• 
fecration. £n atiendant 1a confecration d'une Eglife , elie 
peut ctre bcnie par un Pretre , a qui rEvcque en donne la 
faculi^ , afin que Ton y puilTe faire rOfiice ; & fi e!le eft 
profanceenceietat,unPreireauiripourr3la reconcilier. 

L'Eglife eiant 1a maifon d'oraifon , nc doii fervir i au- 
cun ufage profjcic. II n'eft donc pas permis d'y faire trafic, 
comme Jefus-Chrin a enfcigne expreiremeni , en challani llanh,wat 
, lesmarchands duTemple, ni dc tenir inarchc dans les ci- "- 
fiKtieres , ni d'y tenir les plaids , d'y rcndre la jullice , ou 
y traiteraucune alTaire temporeIle,quoique liciie & bonne. 
II n*ell pasp«rmisnonp1usd'y manger ou d'y coucher, li- Caf. t. u 
non en pa^nt , dans une grandc niccintc ; ni d'cn fairc un . '""^ 
magalin dc marchandifvs , ou d'auires meubles , finon cn 
casd'incendieoud'hc<{liliie,pourIanecelTiiepreirante.C'cft 
en quoi cttnfille principalement I'immunitd des lieus facres ; Cap. 10. *»J, 
& il n'efl pas necefljire qu'e1Iflfoit confacrie folcnnelle- ^"F- *• **• 
menti/', II fullii qiie Ton y ciilibre les dtvins myflerci. nlt.^t'' * 

Mais par le mot A"immuniii, on cntend ordinairement le 
droit d'afi1e ou de franchifc : car le refpefi de la Religton 
a fait regarder les licux fainis , comme des lieux de fureti , 
oii il n'etoit permis d'cxerccr aucune violencc , m^me pour 
arreier les criminels t. On les obligeoii bien i reparcr le *u 9. 9. ^- 
lort qu'ils avoieni fdJi , & on le» mertoit rn penitence; '"'"'/^J^ 
inais on ne les livroit 3 ceux qui lespourruivoient , qu'3pres 



^ II 7 a pliirieiiri iiViCet ttont on n* connolt poinl ]■ ilcJicica 
piitlciilicrt , ruiC ilii'el:ci iriieni jjmaii iti condnits faleiiucllc 
mtnl , loic ijue robfciincc dei Cempi en iit Wii perilri; la ininio:re. 
D^ni cei tglilci on c«1ebrc li foce de U d^Jiuce commune 1 touCet 
lei eglifet qui n'oni poini de dfdicic* psiiiculL^re. 

t U Ijmroic que tc cniniiKl eCl altciiu le feuil de li portt ; U 
loifquUI ue pouvoit cnlicr dani rjglil* , il pilluic ardiniireinent fon 
biM i)ta U boucie ou inneaii du martcau de li portc j ti l'on litnt 
que la boucle de fec qui fc TDjroic encuie il y > ^uclquei innilet *u 
haul du forcail Je l'fglife de fdincc Genevievl i Paris, jtoic cella 
dc 1a pone que Ton ivjit ainfi mife lu plui fatuc du bicimenc , ai!n 
que pcifonne ne pQc j iiteiiiJie pwt i£«timer lc dcoit d^iflle qui 
^lolt dli-Iori iboli. 



446 I N S T I T U T I O W 

^Partie II. ^ sv^f P>^ ferment de letir fiuver ia vie & les meaibTe^ 

Chap. VIII. Ce droir d*afile eft ancien ; & on ravoit ^endu auv cime- 

X. ). C, Th, tieres, aux maifons 6es Evdques, aux doitres des Moines 

€ce:ef, ^"conj, ^ ^^ Chanoines , & ^ trente pas i Tentour , aux croix 

cffic. r. III. planrees fur les grands chemins. Mats, comme il eft dit daos 

P' '^y* ia Loi , que ies meurtrters feront arraciies, meme de l*au- 

ii¥. xKvrV '^^ » P^"*' ^^^^ punis ; on avoit ezcept^ de ce droit d'afile » 

)i. zxu. n. les crimes les plus atroces; & parce qu*on ne laifibit pas 

^ encore d*en alxifer fouvent , on l'a aboli en France/, taoc 

Ord. isjo. ^ niatiere civile, qu'en mati^re crimineile , quandil y a 

0in. i66m decrer de prife de corps. La franchife fubfifte en Italie & ea 

Efpagne. Voil^ en quoi confifte l'immuniti , que i*on ap- 

peile locaU, U y en a encore deuz autres efpices : raMuc- 

mt^ reelle , qui exempte ies biens ecclifiaftiques des charges 

pubiiques , & Vimmuniti perfonnelU , qui en exenipte les 

Qercs & ies Religieux , comme il a ^i dit;. 

CHAPITRE VI IL 

Des Reliques , des Vafesfacris^ des Llvrts. 

£s chofes contenues dans les Eglifes font, ou tellement 
(acries , qu'ii n^ft pas m6me permis aux Laiqttes de 
kstoucher, ou feulement d^di^ au fervice dtvui, 

Les chofes iacrees fonr, premiirement *, ceiles qui ne 

doivent £tre touchees que par les ^ritres feuls; favoir , la 

fiiinte £uchariftie, & les faintes huiles, c*eft-i-dire le faint 

Clirdme , i*huiie des infirmes & i*huiie des CaticlHStii^es. 

DijV. 95. c, C*eft i*£veque qui les confacre i ia Mefle du )eudi faint ; 

Pr«fr. 4. «f & chaque Cure doit lcs alier qucrir tous les ans , au jour & 

Conc. Cart. ^^ j.^^ determine par ia coutume du Dioc^fe; bruler ce 

C, 1. deCufl. qui refte des vieilles dans les lampes de i*£glife , ou avec 

Ei^h.exconc. j^ ^toupes; confervcr les nouveiles daas des vaiffeaux , qui 



L 



/D^s le temps de Cliariefliigne , on avoit d^i ihoU ce droit d'a. 
file. Cette crilonnvnce , qui ^toic tomb^e dant l*oubli , fiit renou- 
velee pir celle de 1599. 

gTouteccei immunit^s , foit rMles on perfonnelles ne fontpoint 
de droit divin ,«i V6^\i(h ne let tient qne dela piM des Souverains» 
lcfquels font iei mattref de les reftteindre plus ou moios ,. feloa 
que riot^rdt de Viut It deouuide. 



Air DROIT ECCLfiSTASTIQUE. 447 

Ibtent du nxMiis d^^ain , & «nfcrm^ Tous la clef. Les reli- p^^-nw n. 
(jues iles Saincs foni auffi au rang des chefei raci^es. EnAiite Cuaf. VUL 
lesvaifleaui &cr^,favoir, lescaliccs& IcspatifiesA,qui 
doivent etre d'argent ou du moint d'etsin i, & conracrcs 
par TEvique avec le laint Chreme. L'£v^que aulS , ou un 
Prdtre ayant pouvoir, t>enit ks corporaux. £t voila ce Ppa^fle^ 
(|u'iin*cAperinisdeieucl>erqu'auiClerc$quironi au fnoini ''"^'' *' 
Sous-diacres k , pour la r^irence des Sacremens. 

0(i b^nii cncori; les nappes & lousleshabits qui fervent 
k rautel; )'aflii£l,rai>be, laceinture.le manipule, fetok* 
tacbaliiblc, la tunique & la dalmatiquc.Onbenit lescroii 
& tes images de la (ainte Vier^ (Ai des Saims , qui doivent 
itre nfodtsiiii vineratkin piriflique. Ei il eft recomman- Conc. Tridi 
it aux Ev^ques , d'avoir Toin , qu'il n'y en aii point d'tn- fiff xiv. Oc> 
4icentct, de muiil^ , ou qui puiflent caufer qmtque fean- t"'^ &!'''' 
dale ; de nc point fouffrir qu'on cn npofe d'eiir^ordi- 
naires, fans leur permTfion ; & de faire bien inftruirc )e 
pcuple de ce qu'elles fignilient, & de Tufage que TEglife en 
&it, ([ui cfl de nous remettre cn la m^oire le myft^e de 
notre redemption, ou les venus des Sainis. On b^nit auHi 
ks ch^fles, qui doivcnt contenir des reliques ; & par ceite 
b^nidiftion on demande (]u'i la pr^fence des fatnres leli- 
ques, lei fidclles foient d^livret de touies attaquei du de- 
noa,&de touies fortes d'acddens (piriniels & corpords. 

On doit conlerver IbigneufemeniiesanciennesreliqueSi c. 1. txtri 
Um lei lircr dc leurs chdfles /. Pour cel\et qfu li»» trouviet '^' ^'''i " 
de nouveau , Hles doivent ^tre eiaminte par rEv^que, """ '* 
avecfon conleil, avant de les espofer i la v^nh^atioo pu- 
bli(|u«. Maif k Tegard de tcHites , il faut bien prendre girde Canc. TnA 
([u'ellesne fervcnide pritexie jiquelque gain furdide, par/r/- *!• 
desquetes imporcunes, ou 1 la diibaudie, par des fcltios, 



I k Lct ciboirai oa cuftodci , lci f«l«Ut U oftciifotn bat lufll tn 
BOinbredei Talci iiciit. 

i fiikMemern r>in abrBrrequFlci «iUcc<roicatda motnt d'iii«nt. 
k Cetl «)K Sou(-diicrci i ptinitt !•( Tiilirl facifi aul doirent 
ftrvit 1 l'.uKl. - 

/ Lei celiquci Codc ordiaalrcmrnt cnfenntei foui qucl^e lceia 
M cachet , lapprt jt dBni uo procji *erbi1 qui cn conAitc riutben. 
tki(< ; lorfiue ce fcciu cll rompu rini ivoir lupRriviiit iii recon> 
au , U rclique celle d'tira «uilicniiquc k dcTieiit pio&nc , u'i- 
taot plui polliblc dcpiOHvcrridtaiii^. 



34« I N S T I T U T I O N 

Partie II. ^^ danfes , & des rejouifTances profanes. Quant aux nou^ 

Cbap. VIIL veaux fainrs , il n^efl permis de les honorer publiquement , 

• «^* ^iii' qu'apres qu'ils ont evt declares teis par autorite du iaint iic- 

•C.Vener. 5». ge, fur des informations juridiques,fuivies d'un rigoureux 

^ "-^* examen ; & c'eft ce jugement qui s*appelle Canonifation. 

PoniifcaU ^^ ^out ce qui fert aui Eglifes , la b^nedidion la plu& 

f* u folennelle eft ceiledes cloches m.On y chante grahd nom* 

bre de Pfeaumes ; les uns pour implorer le fecours de Dieu , 

les autres pour le louer. L*£veque , ou le Pretre , les lave 

d^eau benite» y fait pluiieurs ondions de Tbuile des infirr 

mes & du faint Chreme , & les parfume d encens & de myr* 

rhe. Les prieres qu'il fait , marquent Tufage des cloches ^ 

pour exciter la devotion du peuple fidelle » repoufler les ac- 

taques du demon , & difliper les tempetes. 

Les Eglifes doivent encore etre fournies de furplis , de 
chapes ou pluviaux > de paremens d*autels de toutes les cou- 
leurs, fuivant le nombre des Miniftres & des autels : de li-> 
vres dc chant^ qui font le Pfeautier, T Antiphonier , le Gra- 
duel , le Procelfionel ; dc Le£tionnaires ou de Breviaires n 



m Cefl ce qu'on appelle improprement le baptime det eloches^ 
Quelques- uns odt cru que cet ufage commen^a a Rome en^og. 
Mais il doit 6tre piut ancien, pnifqu^Alcuirf qui vivoit dani le Vill 
fiecle fous Charlemagne , & qui d^ccda en 804 , en parle comme 
d*une chofe qui^toit ddjj en ufage. 

/1 Le briSviaire e(t un livre contenant Toffice divin qne ron fait 
tous les jours a r^glife , & que les eccl^fiaftiques engag^s dans les 
ordres facr^s , ou qui ont quelque benefice , doivent dire tous les 
jours. Les ^gliCes ^toient oblig^es d'^tre tburnies de br^viaires , fur- 
tout avant l^ufage de l'impreflion , a caufe de la chert^ des livres 
tnanufcrits. II y avoit m£me dans chaque ^glife des br^viaires pu* 
blics , ecrits fur v^lin , eufermes dans unecage treillifli^e de fer, otl 
Ton pouvoit feulemc-nt pafler la main pour tourner les feuillets fans 
pouvoir d^placer le livre. Ces livres ^toient deftin(5s pour 1'ufage 
des pauvres Pretres , qui n*ayant pas le moyen d'ache^er un breviai- 
re , venoient dire leur office au br^viaire public. 11 y en a nombre 
«i^excmples rapporcesdans les antiqitic^sde Paris, parSauval, rom. II, 
pag. 6}4^ non-fbvlement pour des ^glifes de Paris , mais aufli pour 
d*HUtres eglifcs du royaume, tant cath^drales , que collt^giales & 
autres. Lebr^viaire elt compofe de fept heures canoniales. II y a 
diffidrentes fortes de br^viaires ; favoir , le breviaire romain , qui eft 
celui de r^glife de Rome , U que fuivent la plupart des Ordres 
Religieux , avec quelquies dlBerences. Les B^n^didins , les Reli- 
gieuxde Citeaux,lcs Chartreux , les Pr^montr^s , les Dominicains , 
les Carmes , les Francifcains , ont chacun lenr br^viaire particulier. 
Chaque diocefe & aulli )e fieu. Tous ces br^viaires ont ^t^ r^formi^s 
en divcrs temps. 



■■\ 



'^ 



At; DROIT ECCUSIASTIQUE. 549 

pour y ruppl«er; de Mifle1s,de Rituels ou Manuelt. Lesli- p^,t^ ■*, 
vres facr^ de 1'ancieR & du nouveau TefUment, iioient cur. VUI^ 
auirefoisgardbdaiit les EgliresouSacrifties,pours'enrer> 
vir aux le^ons de la Mefle ou de TOfGce; a prifent on les 
irouve p1ui6t dans les mairons des Pretres. Ces livres, Tiu- 
vant la iradition de rEglifeCatholique, ront les ruivans. 

DerancienTelkmentrlescinq livretde Moife;favoir, ^"'* C«*i 
la Gen^fe , rtxodc , le L6vitique , les Nombres , le Deuie- '^^V*rrUi 
ronome. Jofue. Les Juges. Ruih. Les quaire livresdcs Ko\s. fif. u. 
Les deux des Paralipomenes. tfdras & Nehimias. Tobie. 
Judiih. tfler. Job. Le Pfeautier , conienani ceni cinquanie 
Pfeaumes. Les Proverbes de Salomon. L'Lccte(iaDe. Le 
.Cantique. La SagelTe. L'Ecclefi3ftique. Les quatre grands 
Prophetes : Ifaie , Jeremie, avec les Lameniaiions & Ba- 
ruch , Ez^icl & Daniel. Les douze peiits Propheies; fa- 
voir , O&t , Joel , Amos,- Abdias , Jonas. Michee , Nahum , 
Habacuc,Sophonie, Aggee, Zacharie , Malachie. Le pre- 
mier & le fecond des Macchabees. Tous ces livres font de 
]'ancieti Teftament. Le nouveau comprend les ^uatre Evan- 
giles, dcS. Matthieu, deS. Marc, de S. Luc & de S. Jean. 
Les Adesdes Apoircs. Les quatorzeEpitresdeS. Paul,une 
aux Romains, deux aux Corinihiens, uncaux Galaies.aux 
Eph^fiens, aux Philippiens , aux Colofliens , deux aux Thef- 
raloniciens,deuxaTimothec,uReiTife, i Philemon.aux 
Hibreux. Une Epitre de S. Jacques , deux de S. Pierre , trois 
deS. Jean , une de S. Jude. L^Apocalypfe dc S. Jean. 

Commc nous faifons en Latin 1'Office public , TEglife a 
choifi entre touies les verftons Larines , celle que ronnom- 
me fulgjie o , parce qu'elle eft depuis plus de mille ans entre 
les mains de lous les iidelles; & Ta declaree Aiubaui^utt 



tance. On d>>i connolKoic poinl I'auleur. Cccoit cellc donc oa Te 
ftrvolt ■vint qnc S. liilime en eHt fait une nouvelli. Alon I*in- 
clenne fucnommJe ir.j/ifuc ou vicifff vcr/jon, pour !■ dillinguer d« 
I> nouvclte. (.,'((1 le invUn|;e de l'incienne veifion itiliiue , ivce 
quelquei correaioai ile S. Jec6me , qtie le Cnncile Je Trcflte ■ d^. 
cUce ■uiheutique. Nobi'iui )■ Gc impiimer cn iiltMiEi le p4;« 
Morin en i6ig. On ne fe recc dini 1'F.iIire que Ae U iiouveU* VuU 
gice,eKceptj quelquei piliigei de ranciennc, qu'on a lailti.^ dini 
]e nillel , & lei prelnmet quc Ton y (iiiinCe ciiloic . rtton U vieitia 
veilian icalique. Un ippcUc »111 Vatiait, \'ia(.,iiaeit rcrfisn d» 
Muveiu celUoicnt. 



4Si 



I N S T T T r T I O N 



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L «;.;-«-bftrc;, qt-i . w-:. cio*t fr-er lervtr tan: "Gkmcs • c wr 
UAMkau' , it.e uii^:'. , ix lumt' ir<« Bcxior.r niuuuBke:- : c 
c|ti '. 2« t'-- .y-ji :i.,- c i#eriuijfr; i.'r itf rrrrf-' . ccnraieconiea 

14 ^. 1.-. . jT.-rt. 1 t-i:*iiucr: , -tOT r^ «r-' i:'?: ::?« iizniffs l 
Imi. . i* H,- .1 i:t ii.m: luKz !• i-iUL r^- . :_r^::^ ;: :;a3£ie» i 
;«..« •.'2ii,>..iL. . lauu*:: CiL:= Lniic:<:* l'! f :~. ;:;.m.t. * 
i\su*>- itf* ^ ci^a^.*:^ c:. iun:^- vuici':::?» :i:i: eii: mr 

ifUL: . k|.. . liit^iiriiM!' . «.l-I-.^rp! r L^ : rj^.ll: . 3^7 117:: » 

Lcuki •■ r\". . Lir' ii:- iu.ir.r- L- Tiiurer . iur^iir: 
«;ii[ii>.A.tM:'- C c:: p.^ui :...-. .. a cri: 1':.i.^iit: aux Lvessus 
iiL it.> iJki> i^UAc: i«f c ..iLii: rT^':nt;ri: ^ u::: ir aiomu . 
4C^>kSftK*ir: « h.-fi.:- qif-. it:> r.iTir.xr; 3LX3r:m*ier: saaim d 
^«uiiiu^ . hX j::Ii-. hAv9:i ^'UJ:tr* iui^iini '^-::'iion 



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AU DROTT ECCLiSlASTIQUE. -4J1 

eBcenefor«.Onyplantccinqcro«. L'Ev6que, igenoui ^^^„,,11.; 
^vim U principale , r^ite let Litatiies, puis arperge cnKr VIII/ 
d'ou-M(rte lout le cimeti^re , ricitant 1« Pfeaume» de la ''«"'^■P- *• 
piniienoe. U dk devant chaque croix ita pf iires , qui mar- ^_ J^'" "*• 
qucnt 1'dperance de la rimillioo des p^b^ , & de la refur- 
re^ion bicnbeureufe. 

lUgaliireisent , on nc doit enterrer perfonne <)ans les Tnlvr. e. 17; 
EgUfes/, ficen'eftdansleparvis,ou dans les chapelles, "'"""■*■<• 
qui font cenfto hors de rEgUfe. Toutefois , depuis plus ^_^^. 

ie 800 ans, Tufage contraire l'a cmporii , fous priicxte ,f, 
i|ue Ton y enterroit quelqucfois !« Eveques , ou d'auire3 Thndmt/. c. 
pcrfonnei <l'une fainteti reconnue. Chacun doii ine en- '* 
tcrre dansfa paroilTe, oii tl a accoutumi de recevoir les 
SacrcnMfif , & dc donner fes dixmes & fes oflrandes. II efl Cap. t. aor^ 
pennb togiefois de fuivre la (%pulturc des pareni & des ^/*/- 
■Dcdtret , conformeinent auK exemptes des Saintt , mar- 
qu^ dans rEcriture. II ell libre mtme i chacan dc chotfir 
ia fipulture , & I2 femme a'eA potnt obligie a fuivre celle ^d. e. ji 
ie foo mari. 

Oa nc doit cnterrer <fo'aprif un cfpace raifonmble de- 
puis la mort 1 , enforte qu'il n'y aii aucun iieu d'eii doucer ; ^^ n^ 



/ C«lld«fNlt i'obr(ncr, qniDd cc nc ferolt qoepourli ralubritj 
in E|lifei , od let coipi qui l'on jr «ntene iofeaent Tair , fur.tont 
lorfquc Voa J ohtic quelque roHe ou givcid. II fut lon|-tempi d^ 
ftiidu d'enterrcr dini lei Eglirei , b mtaic dint lei vjllei : la di~ 
ftnfe (l'cntcrrcr dint let Eglifei t«{ul une exceptian (Cibord pour 
1« pitront b fonditeun. On y cnterri cnfuilc [et Evtquei Bt ai»< 
tr*t EccleEaftiiuci diftingu^i ; tt enfin , cette llbertf fut ftendae 
peu i peu i touiei fanet de perfoanei. Le Pjrlement de Paiii a 
rcnda un Aritt d« riglemeni li ji Mil 176), poritni qn'J r>ve- 
nii lucune inhumjtion ne fera fiiie dini lei clmeticrci de Pirlt , 
fnaii dani dei ciineti^iei au.dehoii d« !■ vitle , & qu'iueunc (ifvl- 
mre ne (eri felte dini lei ERhfei piroiffiitei ou r^gulijrei, fi cc 
n^eft dei Cuiti au Supjrieun diciitt en ptie* , i oieim qu'il ne fidt 

ry^ i ti ftbrique li faminc de looo UV, pour chaque nuvertorc , 
quc qnant aux npulturei dini lei chipellei S( civeiux, eltei 
Hl pouiront iTDir lltu que paiir leUTi fondaleun ou leurt tcprf- 
fcniini , t( p«ur ceus dci ftmilkt qiii en fnnt praprijtilret , od 
Iboi itani uiia ppflvniDn ionguc 81 ancienoe ifjp iToir leur ftpul. 
, tnrc ; Ik ce , 4 li chir|ce d'y meitre lci corpi daai d«i ccrcncili d« 
plomb , U Ron antremeni. 

Lei mefurei qii'il eft njceinire de prendre ponr rmjcutiaa d* 
cit arrtt, foni cmfe qui )'oa fuit incore jufqu'ici rorJri accou> 
ttmt poar tei flpbltiini. 
« 0« •bfarc nmmmttmat m clpiM d* 14 bram, I nolni 



35* I N S T I T U T I O N 

p & on doit obferver , autantqu*il fe peut , la coutttmetri»^, 

CuAp. viii. ancienne , de dire la MefTe en prefence du corps, avant de 

Tenterrer. On le porte k TEglire en proceflion , avec du lu- 

minaire, chantant des Pfeaumes de p6nitence pour la r^ 

miffion des piches du difunt. Les Pretres & les autres 

Clercs doivent 6tre enterr^s revetus des ornemens de leur 

Ordre u. Us doivent avoir une place diftinguie dans le ci- 

metiere. U y en a une auffi pour les enfans morts avant Vigs. 

Ae difcretion x , dont par confequent ie faluc n'eft poinc 

douteux ; & on ne chante k leurs fun^illes que des caa« 

' tiques de louange. U n'eft pas permis de d^terrer un corps , 

iinon pour grande caufe ; & par permiffion ezprefle de 

'€regor, vii. TEveque. 

«tfi/?- 55- xs« II eft defendu par les canons , de rien exiger pour les fe- 

Quafi. n. pu1tures,ni fous pretexre de rouverrure de la terre, ni du lu« 

r. 12. 14. 15. minaire, ni des autres frais, pour lefquels les revenus ec- 

C. Cum in c]e(iaftiquesontetedonnes;& ronn'apasvouluqu*iIfembI^ 

tccl. y. defi' que ies Pr&res vendiflenc la terre , 0« fc rejouiflenr de la 

llur^fub^' *"^''*» ^^^^ *'5 profiteroient. Toutefois , il a toujours ete non- 

Alex 1 f I. feulement permis , mais louable , de laifler quelque aumone 

Ibid. f . 9« i l*£glife oii Ton a fa f^pulture.Comme dans les iieclespafles 

^ * ' ^' ces liberalites etoient grandqs , on s*eft plaint quelquefois que 

c. 8. e. to. les perfonnes riches choififlToient leurs fepulrures dans des 

c epu t. Monaft^res , au prijudice des Eglifes catbidrales & paroif- 

(jales ; & il a et6 regle , qu*en quelque lieu que iiit ia fe- 

pulrure, I'£glife oii le defunt devoit recevoir les Sacre- 

Clement du- mens & ouir les divins Oflices , auroit toujours ie quart 

J''y/rum!' ^® ^ *1"'*^ auroit laifle , comn^e une efpece de legitime ; 

c. 9. defep. c*eft ce qui s'appelle /'or/io/i canoniquey. Les diveries coutu- 

mes des lieux en ont r^gle difieremment ia quotiti. 

que le defutit iie foit mort de quelque maladie conta^eufe , qui 
oblige d*acc^Urer l'inhuaiacion. 

u On inec cei ornemens fur leur cercueil ; mais on ne les eo* 
terre pai avec enx. 

jr Cet dge qu'on appelle anfli VAge d^innoeence , eft jufqu^i (ept 
ans»apr^i Jequel cemps onpr^fume que les en£ins fonc capabiesde 
difcerner le bien d'avec le mal. 

y La glofe fur 1e canon in noftrJi^ fixe i la troifieme partie de ce 
qui a ^te Uitti par le teftateur i l^Eglile od ii a 4lu fa fcpuJturv , U 
portion canonique des Cures , & ies droiis qui leur font dil$, Le 
fynode de Langres, en i^ot, fixe cecce porcion, tantdci la moitl^y 
tanc^c i la quacri^me parcie des frais fiin^raires. Le concile de 
Trence attriliue a TEgUfe paroilSale pour droit de lun^raiUe» » le 

En 



kV DROIT ECCLfeSIASTIQUE. $11 ^ 

tn France elle n'eft pas d'ufage ; mais en quelque lieu p^^g„j {^ 
^c fc ralTe la r^pulmre , le Cure doit lever le corps 6e la chap ix. 
maifon , & le conduire avec fon Cler^i i la portc cic TE- C«if Trid^ 
glifedu Couvent ou il doit etre enterri ; fiiapresavoir'^**' ^**'^' 
certifiC- aux Rcligieux , qiie le defunt efl mort dans la cotn- 
Biunion de TEglife , il fe retire , & partage igatement avec 
ctii le luminaire i c'eft ce qui a ete regl^ cntre les Curcs de Arrii iu tt 
Patis, & les Religieux, Les droits des Curis pour les ft- "^" '^**r. 
pulnires ont eie taies fuivaat Tufage & les r^glemens des ,^ , ,^ 
diocefes , principalement pour les Cur4s des villes, qui x. c. «, 
n'oni point de revenu fixe. Ainfl la defenfe de rien exiger 
pour les fepultiires , fe riduit i ne point fairede padion , 
& i ne pas laifler denterrer , avec les ceremonies eccleilaf- ju,. jiog,i 
tiques , les pauvres qui ne peuvent rien donner. 

La fipulturc ecclefianique ^ n'e(l que pour les fidelles. 
On ne la doit donc donner ni aux enfans morts fans bap- 
t^me, ni aus adultes infidelles, h^itiqucs, ou eicommu- C dt kmrtti 
ni^ , ni i ceux qui font morts en itu manifelle de pecbe , *" '• 
comme ceui qui fe font tu^s en duel. Les ufuriers , les con- 
cubinaires publics , ceui qui n'ont point fatisfait au devoir 
pafcat ; en un mot , tous les pecheurs impinitens , doi- ^- tBo6t 
vent (tre priv^ de la fepulture & des prieres ecd^afli- ^' i^' f* ** 
ques ; fii 3 ils ont ete enterres en lieu faint , ils doivent eire c. Omni* 
6tes. Cetie peine fertacouvrirleur memoire d'infamie, Sl «trimfyat, it 
s donner de la terreur aux vivans. Quant aui fupplici^ , '^""^ VrA 
r^^life permet de leur donner la fepulture des Chreiiens , dtftfuli. \u 
>'ils fommonsp£niten$4. l i.c. Q>«^ 
fimmvi^ 

•uirt d« ce que 1e df fuot t ItiflU , queJque part qu'tl ait choin fi 
Upulture f c'*ll pourquo) cctte recribution t itt appelja ^varlt fu- 
nirairt , aii licu dc poriiaa iiinonijiu. Ea Fnnce lci Curjt (>■ 
peuvenc cKiger quc ct qui leur elt ■[uiba^ pir lct rigltment fjiti , 
paKr lixer leiiri lionnrjirci. 

j La (ifuh^^it ecctcfliHique ell ceile qui fe fiti dint rEflif* «■ 
•■ lerre fiiiue , avec lei c ^remoniet de res,\iC: 

a Plutieun cuncilEt , noiiniincnt ceux d'Agdc , cn to6 , d« 
Warnii,cii 77^. deUayencc, en 44S , E( celul de Tribur , n 
loti , ordaniirM de communier lei criminell. Alexindl'* IV eajoi- 
gnil U m^mc chore ilan> le XII le. ti^cle ; ccpcndent c«U De ■'ob- 
rervoii pDiiit eii Fiince. Cc fut ChirlEiM fui, !■ 11 F<vli«r i|i)((, 
aliDlii Ij cDJUviifE cnuiume de reluffr leficremenc de p<nitenc« «u' 
cnniineli conjjmnti i mon : miii on nc lcur doDnc point rEa* 
chjriltie. On lem doane aiifD li fi^pulture ecclffiaftiqut , i moiai 
qu'il iie foii oidonuC que lcud coipt fittvM tt^ltt fui ud frui 
«Umia. 

TmkU. Z ^ 



,tt ISSTITUTIOX 

tAxm II- gg f — ^ K3 

"" ^- C H A P I T R E X. 

Vryr>>i aiaiar^naaf abschot£sceii>poreiIaT<{iu£oat 
coiYicree^ a Dicu , pour *t l«rvice <ks Egjifi». 
Aiic...ie Coramt^naute ne peui f-Jiitfter ian>avofrqoel- 
qun bien'S c-jma^.urH , quand ce nc feroit qoe poar les fras 
des a&mLicet , & 1« 6Uires <!« ferviteim pobi k ». AioG, 
d^ la pTemieTe fondabon <1« Eg^ues , il CiHut qne ks 
Oiretier» contribuafient poor le iumiaaire; car ils t*a6em- 
Uoient de nuit b ; pour 1« vailleain (acres , pour le poki 
& le vin qui (ervoient a rEuchariAie , car iU coanBanioicm 
(buvcnt ; pc-jr les agape^ ou repas communs c ; pour les C- 
Trei & Ie« aurrei meubies neceliaires. B falloit eocore ^re 
fubfifter let Evequei , les Preires & les Diaorcs , qui ia 
plupan f'etoient redui» a la pauvtete volootairc , poar 
icrvir l'£glife plus libremeni. II filloii foumir xnx Jcpnltn- 
jetBli rhoTpitaliie , qui s^exer^ent enverstoos lesQire- 
tiens pallaiK. Eofin , il &IIoit aHifler les viei^es confacrees 
i Dieu , lei vcuves , les orphelins , lcs malailcs , & tous 
lcsauires pauvres fiilelles ; mais fur-tout les inanyTS&les 
confefleurf d , d^cnus dans tes prifons , ou travaillam aux 
mincs , & auK autres ouvrages pubiics. 

Je ne parie point ici de 1'Eglife primiiive de Jenilaleiii ; 
oit lcs biens dc tous les fidelles ^ioient en commuo < ; je 

t Ui aioiciit befoin d< liimiiiiite , a\tmt le ioui , ptrce qu'il* 
**>neinbloieii( dtm ilet crypcei on |ialle) faucnrainei , dJnl lef- 
fuellti on ne voynic pi> clair. 

t C«i agipei loiiE rotigineda piin-bfnit , qui a ruccfdf au rt- 
p» ijuc lcl fidellcl f»foienl dani rEglife en m^moile de la Cint 
d« Noire-Seigncur. 

d On illtend ici par CenfiJJian non pii ceuil qui enccndent Im 
fidellit en confellioti ; maii ceux qui coarellbient la fci de Jefui- 
Chiill. Oii iloiini il'«bord ce nom aux martjri. On le iloniia auS 
■UX Chii^ticni qiiiivoicnc elc foit tourmentii par lei tyrani, quoi- 
4u'll> r.illeiit enfulte moiti en piix ; U. ceux-ci ftoienc auffi appel^ 
martyi '. Un appeU aiilli Confejfean , ccux qui, aprii avoir bien 
VJCU, vtuieiit mom eii oileui de riiniete. Enlin , quclquei Conci- 
IdOHt dnnni le nom de Confiffcurs aui Chantiti 6t Pralmiftei , 
piice 'iii^cn lanjtage ile rEcricure eoiifiuri , c'c(t cfaaiicer 1» louau- 
(il di Uiou. ygftf TeiEulllen , S. Cyprien , Baroiiiui. 

( Vtyil ti nate foi t(t cl.devinE fur le chaplEie III. 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. jjj 

parle de touics les autrcs Eglifes. II n*y en avoit aucune qui paktii Ib 
ncric un grand tonds,chacuae rdonfesraculieSipourtou- Ckap. X. 
tts lcs depenfcs que i'ai marquics. La vie humble & labo- j^^^„ ^^^^ 
ricuib des Clireticns lcur cn donnoit le moyen,& lesper- 1. 1*. %o. 
fucuiionsaidoienta!esdetacherdcrintiret& dudefir d'ac- ^j ■'."^■^" " 
quiirir ; elles faifoient aufTi , quc les bicns dcs Eglifes ne "^^" ^l^ 
confilloicnt gu^rcs qu'en meublcs , plus facilcs ^ tnmfpor- e. |g. 
ter , a cacher & a diOribuer. Cutoit ou dc Targcnt ou des 
provifion; en cfpcces , du blcd , du vin , de l'huiic , des ha- v. ana co/, 
bits pour lespauvrcs. Ci>(ft. 

Lcs Juifs avoient couEumc dc donncr a Dieu Ics dix- 
mci/Si les prcmices de lcurs ftoits , & les diverfcs obla- 
tionspour des facrilices& des vceux. Ccux d'enir'cux qui 
fe fitent Chrcticns, nc cnirent pas cire oblipesamoins , 
aprof avoir rc^u rEvangile; & ccux qui avoient cte Gen- 
tilsavoient accouium^ dc fdircde grandcs d^pcnfes pour 
les facrifices de leurs faux dieux , & pour les fpcAacles 
profanes. Quoi qu'il en foit , nous voyons dcs les premiers 
lemps , qu'il eft rccommande a tous lcs lidcllcs de donner Cmfl. ttpa{^ 
lcsdixmcs& lespremiccs. "■'■ *!• 

Ccs comributions eioient enricrcmcnt volontaircs. Les Ttriull.tfet, 
Pr^lats fe contenioient d^exhorier ; & les fidellcs donnoient '• 19- 
ce qu'ils vouloient , ou par remaine , commc Suint Paul le ■■C"-.m. >.' 
conleille , oti par mois , ou auiremcat. Ces clTrandes fs *'^'"' ""■JL' 
I. + !• 

/ Ahuhnm fut lc premicr qui Aoani i Melchifedech , Roi dc 
Silcm , ti Craiid Pitiic du rrai Dieu , la dixm« dii bucin qu'il 
avoic tiic lur let Roit <]u'il avoii vaiiicu». Moyfc orJoim* djni la 
li:i:u , >!c payer ll dixaie aux Liivitei , pirce qu'ili iic puII'^JaienC 
piiiit ite terrci. I.e Liviciiue eoniinjnJe de pjyer li dixme del 
ITiiici de ia lerrc. On pritenJ i|ue 1'urige de li diiiine ecclJfliHi- 
<]uv cummen^a dc) Tan i^i ; & que S. Auf>ullin fiit le premier qul 
linria lei lidetlci 1 payer U dixme. On Crouve mfme que plu> aii> 
ttcni^emenE Cuiilliiniia avoit ordonni} que Tan donnjc auK l'3lleur« 
Biie certaine porlion di: h\i ; cecc< Ordonninee fuc fnitinie \a(- 
■iu'«utempi de Julieii rApoltic, ic fut r^tablie pir fon fuci^eltcur 
Jovieii. Rtpubl. dti Ltitrei dc Rayle , tom. i , fdf. |i8, ^nl. i. C0 
quicltdecertain.clliiiie le fvcoiid Conclle dt Touri .in \(.t, ex- 
hactJ caut lei Ftan^oit i pjyer la dixme ) Ec Ib fecond cancite Ja 
MJcon cn 581 , lcur orJonni itc la pjyet aux Miniiltel dc l*EglitB , 
ruivdiic Ij Ini de Dieu & U cuutume immimorijlc dei CbrL<tient , 
fout peinc d'exconimiinic:ilion. Maii la loi 19, $■ ■ ■ coJ. i< trifia- 
fii b cltrii. d^lcnd tte conirjindre i piyer, par cenruii.i uuiu> 
trc) voiei pcclf liiiftiijuei. Cetcc coucumc dc payer li dixme , deria* 
klvicut uuiveilcile. 



faf^^^wvfj 



3)« I N S T I TUT I O N 

Paatib II. P^'!^*^'^^ ^''^ TEveque , ou en un aurre lieu , auqiiel M 

Chjip. X- Diacresrecevolent lesoblations, les gardoient, & les diC- 

f I. f. t. €. tribuoient, felon les occaiions , par les ordres de rEveque. 

conc ^ L'Evdque n'en rendoit compte a perfonne ; & on ne Teut 

tiock. ' pasfait Eveque , fi on ne reut cru capablede repondrei 

Ctffi. n^yff. Dieu des ames , fans comparaifon plus precieufes. 

iil^^ gf^^f Ees perfecutions ayant cefle, comme les Grands & les 

l^ Empereurs meme fiirent Chretiens , on donna librement 8 

TEglife , & oa ne craignit point de lui donner trop, paroe 

que Ton voyoit clairement le bon emploi qui s*en £aifoit« 

Eu/, X. hifi. ^^ Eglifes pofiedoient dqa des immeid)Ies , comme ii pa- 

c. {. roit par Tedit de Confiantin & de Licinius , qui en ordonm 

LaBanu dt j^ reftitution en 3 1 3 , mais depuis la liberte , elles en eu- 

mort,if€rj,n. ^^^^ ^^ ^j^^ grand nombre. On leur donnoit des maifons 

Uifi. Kc(L dans les villes , des terres a la campagne , c*eft-a-dire des 

^ IX. a. 46. villages entiers , avec les habirans , qui etoient tous efcla« 

ves g'9 &L cela avec une telie magnificence , qiie l'Eglife 

H^. Eccl Romaine, par exemple, avoitdes terres jufqu*aux l>ords 

if! ***''' "* ^^ l'Euphrate, pour lui fournir de rencens& de parfiuns. 

5. Gr€$. I. OnenvoyoitfurIesIieuxdesSousKliacresoud*autresQercs, 

^ift* ?•• 71« pour adminiftrer ces patrimoines. 

I^il!'"^' L'EgHfe avoit donc alors deux fortes de biens : les Wri-: 

tages dont elle tiroit les revenus, & ies oblations jouma^ 

liires qui continuoient , quoique moins abondantes qu*au* 

Chryf, in P^nvant. Les plus faints Eveques s'en plaignoient ; & euf- 

Matth,Hom. fent mieux aittae n*avoir que du cafuel , s*il eut pu fufEre 

^ J; . encore , que d'etre reduits a faire des baux, a compter avec 

s, Auzuft! c. ^^ fermiers, & i prendre tous les autres foins que de- 

as« mandent les revenus annuels. IIs s*en d^charg^rent , ou fur 

les Archidiacres h , ou fur les Economes qui furentinfiitues 



g En Fraoce ,les habitans des campagnes ^toient la plupart ferfs^ 
de la claUe de ceux qu'on appeloit Jcrvi gUba adfiriptiy comme il 
y en a encore dansquelques provinces. 

h Oans les paroii1'es , les archidiacres s*en ddcharg^rent fur ler 
Cur^s. Mais dans la futtc , on ehoifit, parmi les laTques de chaque 
paroilfe , quelques notablcs pour adminiftrer les revenus de la Fa« 
brique , c'e{l-a-dire deftincs i Tentretien de rEglife. Ces Admiaif- 
trateurs furent nomm^s Marguilliers, On en (^tablit auiTi dans let 
Cath^drales & coll^gtales *, & pour les diftinguer des Ecclefiafti« 
ques , qui etoient auparavant chargds de ce foin , on les appela 
"Marguilliers lais. 11 y en a encore a Notre-Dame de Paris. Ils fonl 
au nombre de quauc. lls aiUftent i l'o/fice les jours de fttes io? 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. ;;? 
dins toutes les Eglifes , du corps mita& du Clergii , par p^ktie II 
orJonnjnce du Concile de Chalc^doine : tnaisils rcndoient Chaf. X. 
touiours compte a ['Evcque. Les plus faints Evequc* , apris '*"*■■ ^**^ 
avoir donnc lous leurs biens auit pauvres , ne laiflbient pas ,' *,/ *^ '^"^ 
de con(i:rvcr, & meme d'auginenter avec un graod roin (rt. 
cevx del^tglife. '*■ •pVj: 

Ces bicns etoient adminiAres en commun , & fe diftri- ^ ,,„" 
buoient au clergc & aux pauvrcs , Tuivant IWage & les or- 
dres parriculiers de TEv^que. La coutume la plus generale ,,_ t t.t 
fut d'en fjire quacre paris : on en donnoit une i TEveque , VMit%-t»at 
pour rcntreiicn de fa maifon & pour rtiofpiialite , dont il ""'' *7' *<■ 
«toitchargc; lafecondc^oitpourlafubfillancedesClercs, ,/gM. '°* 
la troifi^me pour les fabriques, c'ell-ii-dire les repara- 
tions des batimens , le luminaire , & tout te reHe de Ten- 
ireiien des Eglifes ; la quatri^me pour les pauvres. Ce n'e- 
toitpasun pariage desfonds, mais feulcment unedeftina- 
tion ginirale des rcvenus ; lauf i changer daiis les occa- 
Cons extraordioaires. 

LesClercsqui nevivoientpas en commun.foit parce it-i.t.r. 
qu'ils etoient maries , ou autrement , recevoient par mcns „ 2^^^ 
ou par femaine des gages ou penfioru en argent , ou des jtug. 
provifions en efp^ces , que Ton appcla depuis Pribtndts i , f_, _, .^ 
comme qui diroit livritt. On pouvoit les augmenter, les 
diminuer , ou les retrancher lout-a-fait , k proportion du 
fervice. Quoique fcrvani TEglife , ils euflent droit dc fub- 
fifter i fesdepens; touiefois, croyant ^irc obligis dedon- 



lcnnetlei , eiint en robe 8t le banavt carrf i U miin. Ili oot nfan. 
ce dini lei biHei ftiUei du chiruT , h vani i rofliande aprei le 
V.ler^i. Iti rcfoiveiit chlqne jour un piin de Chipicre. Itl joiiiDi;!)! 
c)'un lief ipptii U fief dei Tombti, aflii lu faubourg S. Jacquei, 
hL prci le lieu od ^iDii ti pone S. Jai.quei , i caufe duqnel iti per- 
foiveiil det ceni Sc loJi & vcncei Tur una pactie du quaiiier. Tioo- 
(on , dint lj lil!i.- qu'il donne Jei !iei|;ncun qui snc tt( U. cenrivo 
ilanl Pirii , ilit qi.e cf flef ()es Tombei ?pp'iueni auK quaire Mir> 
Ituillieii laii de rKjine i1l- Pjrii , U. i riKuTre U. Fabrique d'icctle. 
Lei imoluineni aiiiibuei i cei Marguillieci Uii djnacctit qii'il( 
iivoieTit auiieloii dei funSioni : pr^rentement ili ne fooi plu* 
q^-.;J hon,.,„. 

I yrmUi.,1.1 , du lailn;>rr«ter</(u pritffdrr , ^uafi pariio pr^tn- 
ia , feu prapjndj. On cunlDnii q^ielquefoil le Cerme de pribcnd* 
ivec ttlui ilccinonicat, pirce qit'oidtiiiirenient il y a une prjbenda 
eu portioii de fruiii atcach^e i chjque cjnonicat. 11 y a cepenJjat 
dei canonicatt honoraiiM , lint ^icbcndei, & dei ptJbenJet bnl 
titre d« canouieii, 

Z iij 



35» I N S T I T U T I O N 

PAfiTiE« II. ^^^^^ pcuplc rcxemple de la perfeSion chrerienne , ils ne 
CHAT. X. fe fervoient de ce droit que le moins qu'ils pouvoient ; & 
** ^p^r' P'"^^*^ > P^"'' laifler aux pauvres les biens de rEglife , 
ia/xji. ic. iubfiftoient de leur patrimoine, ou meme du travaiJ de 
Difi.^u r.{. leursmains, a rexemple de TApotre; & on trouve desca- 
A-exeonc.vt, Qons qui Tordonnent. Ceux qui vivoient en commun , & 
ti. q^ t, c. ^"^ ''^" appela depuis Chanoincs k , gardoient lapauvrere 
13. II. ex commelesMoines, etant dechargcsdc tout fotn temporcL 
^'u-n r ^^^ furcnt les biens eccle(iafliques & leur emploi , pen- 

Jitfl. Eccl, « ffl* > /■•1 

/v. XXIV. n. dantleshuitpremiersfiecles. 

CHAPITRE XI. 

^ttiVc ^« ritat dcs Bicns dt 1'EgUfe. 

m 

DEp t7is le neuvieme fiecle , nous trouvons une troi- 
fieme efpece dc biens ecclefiaftiques , outre les obla- 

Conft, apoft. tions volontaires , & Ics patrimoines / : ce font les dix- 
^' CaP II *"^^ "^* quiont ete Icvees depuis ce temps, corameune 
XXI. c'. $. 6. cfpece de tribut Auparavant , on exhortoitles Chretiensa 
7. les donner aux pauvres , auflS-bien que les pr^mices , & a 

^ug. w ?f. f^jj.^ encore d*autres aumones; mais on en laiflbit Texe- 
Concjiatifc. cution i Icur confciencc n , & elles fe confondoient avec 
II. c. $. an. les oblations journalieres. Sur la fin du fixiemc fiecle , 
f?{''n /• L comme on nedieeoit ce devoir , les Eveques commence- 

Cabtllon.fub » , ,f . . 

Carolo M. c, ^^^^ 3 ordonncr 1 excommunication contre ceux qui y man- 
I. tfn. )i|. queroient. Et toutefois , ces contraintes etoient defendues 

^^6. "T'* ^° ^"^"^ ' ^^ *® ^^"P^ ^^ Juftinien o. 
$• capit. c. I^ duretg des peuples croiiTant dans le neuvieme fiecle ; 

4«. 

fc Cc nom ne commen^a que lorfqu*on cut in%€ dcs Eglifcs Ca- 
th^drales ; cc qni arriva vers Tan 1x4. Voyex cc quieft dit ci-devant 
dt% Clianoines , I. part, ch. XVII. 

/ On entend ici par lc terme de Patrimoine , non pas les bicns 
propres dcs Eccl^fiaftiques , mais ce qui a 6t& donni aux Eglifes 
pour lenr prcmieie dotation , ou qui y a ei^ ajout^ dcpuis, par 
queiqnc dotation ou fondation particuliere. 

m Voyex la note qni eft ci-dcvant fur lc chapitrc X , touchant 
rorigine des dixmes , oil Ton voit qu'clic remoutc au-deilUs du 
IX. A^cle. 

n C'cft-i-direii leur d^votion , n*y ayant pas encore de loi qul 
«vbligeflt dc paycr la dixme. 

c Voyei la lo| }9. §. i. cpd. de epifop. & cUriciu 






AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. jjjf 

on renouvcla la rigueur des cenfures , & les Princes y joi- p^n^iE H 
gnirent des peines temporelles. Peut-etre que la diffipation chap. X^' 
tlcs biens ccclefiadlques , obligea de faire valoir ce droit, 
que Ton voyoic fonde fur la Loi de Dieu p : car ce fut 
alors que \ts guerres civilcs & les courfes des Normands 
firent lcs plus grands ravages dans tout TEmpire Fran^ois. 
11 eft vrai quc l'exa6tion des dixnies ne s*etablit qu^avec ^ongin. an. 
grande peine chez plufieurs peuples du Nord. Elle penfa *^*^^^ ^„ 
renverfer la Religion en Pologne , environ cinquante ans io7{. 
apres qu'cllc y eut ite fondee. Les Thuringicns refufoient ^'fl- '«^^/- 
encore en 1073 , de payer les dixmes ^ rArcheveque dc 'g' lJ|,J/'J,^ 
Mayencc, & nes*y foumircnt que par force. S. Canur, $7. 
roi de Dancniarck , voulant y contraindre fes fujers, $'at- .^*"** Gram. 
tira la revoltc oii il fut tue. Encore k prefent , la dixme n'eft ''* ' ^*^-^' 
pas crablie cn Frife. ZyFxus jux 

Pluficurs ont pr^tendu que la dixme eft de droit divin ; r««f'/-'«^- J. 
& fur ce fondemcnt on a ordonne qu'clle feroit lcv^ela V^ «.'t! 
prcmicre fur Ics fruits q dcs heritages , avant tous les cens C, cum nom 
& les droits feigncuriaux ; & ccla fans aucune deduGtionfi^^^''^'^'^^* 
de labours & femenccs; etant due k Dieu, en reconnoif- J'15.^,* j- * 
fance de fa fouverainetc , ellc doit etre preferee a tous de- 
voirs & a toutes dettes humaines.Il s'enfuivoit auffide-li, 
qu*aucune terre ne devoit en etre exempte ; & quc les 
iaiques qui fe trouvoient en pofleflion d*un droit de dixme , tU decim, tol 
dcvoicntctrc reeardcs comme des ufurpateurs facrileges r. ^* cvnc. Lii- 
Onadepuis ^tabli la dixme perfonnelle , c'eft-a-dire fur ce jj^^*^*^ 
qui vicnt de rinduftrie/» du travail & de toutautre gain j, adapofi. 
licite ; afin que perfonne ne s^exemptskt dece devoir. >o. de dcdm. 

c* paftoral. 



X%.9hU 



p La (lixme ^toic de droic divin Mofulque , mais non pat de 
drotc divin naturel & chrcticn. Difi\ deFra-Paolo, p, 80. 

q La dixme (e Uve en nacure. II y a n^anmoini des lieux, otl, 
fuivanc d*ancicns abonnemens , elle fe paye en argenc ; comme k 
Ar«;cnteuil pres Paris , ou Ton paye 1 f. 6. d. par arpcnc, paur 
tcnir lieu dc la dixme. 

r Depuit ce temps, les dixmes infcod^i , c*e(l-idire celies qai 
fonc pcilcdcet a ticre dMnfcodacion par des laiques , ont cc^ auco- 
lifces par le Concile dc Latran , tenu en 1179 « pourvu que les ti« 
II cs de ces dixmcs foienc antcrieurs a ce Concilc. 

y Le Concile de Trone , proclie SoiHbns , cenu en 9x9 , ordonne 
dc payer la dixme de cous les bicns , mcmc du crjfic & de Tinduf- 
cric. Ccletlin UlorJonna en 119S, fous pcinc d'excommunicacion, 
i\e pjyer la dixmedu vin , grjins , aibre» truicicrs , brebis , jurJius, 
^iJtic , de la p.^ye des fbldats , dc la challei du produic des mouluif 

Ziv 



f^«f^4#«i^^>r 



360 INSTITUTION 

PAaruIL ^ TliOfiBS,& les plus favans tlicologiefis , onc reoooat 

Ch%p xl que la dizine n*e{l de droit divin, qu^en tant qu*eUe eft ne- 

sJ^' ^ '' ceflaire pour f^ire fubfifter les Miniftres de TEgliie ; car 

randenne Loi ne nous oblige, que quant aux precepcesde 

fliora!e,qui obligeoient meme avanc d'e(re ecrits, porce 

qu^ils ibnt fondes fur ia lumiere de la raitbn. Mais il etoic 

ic ]a loi ceremonielle & de la police particuliere du peu- 

pled^Ifrael , d'avoir determine la fubfiflance des Miniftres» 

enfone , qu*ils n*eu&nt point d'heritagts , & que leurr 

' fir^es leur donnafient la dixi^me partie de ieurs revenii& 

Les Chrettens pourroient donc s^acquitter decedevoir,en 

donnaot d*aiileurs fuffifamment au Clerge. £t pour reveoir 

au droit de l*ancienne Loi , il £iudroit que ies i^lifes n*euf- 

lent point d^immeubies , ni ies Qercs de patrimoine ; auffi 

les Grecs , & ies autres Chretiens Orientaux , n*ont poim 

fouffert que l'on etabiit chez eux i*exadion des dixmes. Cela 

n*empeche pas qu*elles ne foient aujourd*hui d*obligarioD 

parmi nous, par la coutume de huit cents ans, & la 

conAiturion humaine , fondee fur l*exemple de la Loi di- 

vine pofitive. 

C6ac. Trid Cependant ies biens des Eglifes fe partagerent petit-a- 

fiff. XXV. d€ petit » juiqu^a faire toutes ces portions , que nous appelons 

^' "* Beneficcs t. Les Monafteres de tout tcmps avoient leurs 

biens fepares ; & un des premiers articles de leurs exemp- 

tions , fut de n*en point rendre compte aux Evetfues. Vers 

le dixieme fiecle , on commen^a de meme a diviier la menfe 

des Clianoines , d*avec celle de TEveque : & les Chanoines 

ont encore fait entr*eux plufteurs partages, a mefure qu*ils 

fe font plus iloignes de la vie commune. Ce font toutefois 

ceux de tout ie Clerge , qui ont le plus garde de veftiges 

C €um Ccn" de i*ancienne Communaute. Quant aux Cures difperfes de 

^ 29. di la campagne, les Eveques leuront iaiffe lesdixmes de leur 



i vent. Quelques Canoniflet pretendent m^me qu'elle eft due par 
les pauvres | des aumunes qu'ils re^oivent , &c. Mais U preftation 
de la dixme d^pend de l'ulage d«s lieux, tant pour la fixation des 
choles d^cimables , que pour la quotit^ de la dixme. £n France oa 
jie per^oit d'autre dixme que celle des fruits naturels 8c induflriaux , 
& les dixmes de cbarn»ge ; le tout felon rufage de cliaque lieu. 
/ Les dixmes m£me furcnt partagtfes. Charlemagne autorira les Ev^ 

2\]5S a diAributr les dixmes comroo ils voudroieot. £0 «f rtaiiu licuv 
I «o pritcnt une ptf 1 pour cuju 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQUE. ?«i ^^^ 

territoire; ou retenant les dixmes, ils leur ont affure de» paktii IL 
penfions en argent , ou quelque auire revenu fixe. Cuaw. xC 

II feroii impoinble d'exp]i[]uer lout le ditail de ce par- * 
tage , qui a ete difTerent Celon les cemps & les lieux : maii 
eiifin les cbofes fonc venues a ce point , que chaque u Oi- 
fiuer dc TEglife a fon revenu fepar^ , dont il jouii par (e» 
mains , & dont il fait remploi fuivani fa confcience , fans 
en rendre compte a perfonne. Cell ce revenu , joint i un 
Office ecclefiaftique , que nous appelons Binificc ; nom qui 
vient de ce qu'au commenccment les Eveques donnoieot 
quelquefois aui Ecclefialliques , qui avoient long - tcmps 
fervi , quelque portion des biens de TEglife , pour cn jouir 
pendant un icmps , apris lequel ce fonds revenoit a TE- 
gUfe : ce qui reflembloit aux recompenles des foldars Ro- ,g . t.M/l 
mains , que Ton appeloit Benificei , & dont quelques \M-ft^<ma bi. 
teurs font venir nos fiefs. Quoi qu'i! en foii, on trouve "*>""!■'*• 
des exemples dc ces benefices ecderiafliques Ahi le com- ^, t.aiC*- 
■Renceincnt du ftxiime fi^cle ; & nous voyons le nom de yi^r. tea:. A- 
Binefiet en ufage x , dans lc memc fcns d'aiijourd'liui , dis *"'*• '• **• 
le douzi^me fiecle. Hiyi. £«/*/; 

Le partage ne fiit pas A egal , qu'il ii'y eut beaucoup J'v ifx)' <■' 
plus de Clcrcs quede bincfices,&Iesordinations fans ti- M- «*■»-•■ 
/re y etoient frequentes dans le meme temps. Les Pretre» 
pauvres etoieni donc rcduiisa fubfiftcr desoblarionsjour- ^'f""^ 
nalihe* des tideUes qui alTiftoient a leurs McfTcs ; car il r,gaK. 
ixo\X encore ordinaire de donner i Toffrande , ou mcme ils 
recevoient quelque retribuiion pour les autrcs fonftions. 
II eA vrai que le Concile de Latran , tenu fous Alcxandrc 
III , condamne comme une fimonic horrible , de ricn ext- 
ger pour les prifes de pofleflion , pour lcs fcpuliures , pour 
la ben^diflion des noces , & pour les autret Sacreniens j 
itiais il ne defend pas de recevoir ce qui eli otlen vulon- 



■ Onpifte ici dtcc qui te voiile f'ui comnnui^nifni. N^jnmolnt . 
dani pl.:ricuTi ttilir»! Mculiitei & r^guliertt . il y ■ briucoup d'offi<M 
fjot b(D<Acci , & heiucoup it Cleics . & mkmt it VsMti hibitu^ 
liant lci patoiirti qui n'ani lucuntpr^bcnrie ni r^lribuiico fiic, mitt 
feiiiemeni qudque pifi au cifuel. t pruportion di lcuri aflHanctl ic 
du fefvice qiiMi rtndtni irEgiifc. 

« AupiiiTipi , lei ERlirei pout ter.|uell«i chaquc Eccl^liidi^ut Aoit 
ot-lorn* , iiuientuonim^et i''(W> , littei. 

y i- 't.l-j.(fif e . (*ni quc l'tc<UIUfli4uc Wi otdonnj pow •tlct d«f- 
ffivli uniltllt i^it. 



^Si I N S T I T UT I O N 

Partii II. tairement. On a donc dlftingu^ les padions & les exadions 

Cmap. X1« forcees , d'avec les retributions volontaires , ijui ne fc 

S. Th, X. 1. donnent qu'apres Texercice dcs fonftions , pourvu que Tin- 

q. loo. ari. tenrion des Miniftres , qui re^oivent ces retributions , foit 

• ^* pure ; & qu'ils ne les regardent pas comme un prix des 

Sacremens , ou des fon^lions fpiriruelles , mais comme un 

moyen dc fubvenir k leurs neceflites temporelles. 

Ccs retributions ont palTe en coutume , que TEglife a 

autorifee. Les Albigeois , ennemis des Pretres & des Clercs, 

en prenoient occafion de les calomnier : plufieurs d*entre 

ks Catholiques , imbus de leurs maximes , refufoient de 

donner ces retributions accoutumees , fous pretexte d*ob- 

t, ad apofi, ferver lcs anciens canons. Ceft pourquoi le Concile de 

^conc tT ^3tran,fous Innocent III, renouvclant la defenfe des exac- 

t. 66, ' tions , ordonna que les pieufcs courumes feroient obfer- 

vees ; que les Sacremens feroient conf^^res liberalement ; 

niais que TEvcque , avec connoifTance de caufe , riprime- 

roir la malice de ceux qui voudroient changer les louables 

coutumes ^- 

R/ow ,51. Qq ^xdxt a toujours ete obferve depuis , & les Ordon- 

< «« > 17. ngp^gg jg France y font conformes. En quelques diocefes , 

il y a des taxes , fuivant lefquelles TOfficial regle ces droits , 

s'il y a conteftation. Les Cur^s des villes n*ayant point de 

dixmes, n'ont prefque pointd*autre revenu que ces ritri- 

butions cafuelles , pour eux & pour les Pretres qui travaii- 

lent avcc eux dans les paroiiTcs a, , 

Voila donc quatre e^eces de biens ecdefiaftiques , fui« 
ranr Tufage prefenr. Les oblations purement volontaires; 
ks fonds de terre , & les autres immeubles ; les dixmes ; 
les retributions cafuelles , mais exigibles. 11 y a quelque 
chofe de particulier , touchant les ioimeubles & les dixmes. 



\ On appeloit ainfi certains ufages pieux , que lc$ fidelles obfer- 
voient conimur.ement, fans qu'ils fuifent n^anmoins fl*obligation. 
Telle ctoit au commencementU contume depayerU dixme. 

a Ce cafuel des Cur^s, e(l ce que l'on appelle vulgairement U 
Crcux, On comprend fous ce terme tous les droits cafuels qu*ils re- 
^oivent au-deli du gros ou de leur portion congrue. Le creux eft prin- 
cipalement ce qui td donn^ aux Cur^s pour l'adminiftration des fa- 
cremens , 8c pour les f^pultures. Les ofifrandes , les retributions des 
•ineires , les fondations , & gdn^ralement tous les honoraires : c'eft 
pQurquoi le €reux e6 au(fi appel^ aonoraire» 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 363 



CHAPITRE XII. 

De rAllcnation , & dc V Acquifulon da Biens de rEglife, 

LEglise n'a ni la memc libcrte que les particuliers 
d*acqiicrir des immeubles , ni la meme liberte de les 
aliener. Les biens ecclefiaftiques etant confacris a Dieu , '»• f • «• ^^ 
il n'y a aucun homme qui en foit proprietairc b , ni qui ^'^ 
puifle cn difpofcr autrement que les canons Tont ordonni , 
fans commettre un facriL^ge. Du commencement , la cha- 
rite des Eveques etant evidente , ils avoient grande liberti 
d^aflfranchir les cfclaves dc rEglife , de vendre les vaifleaux 
facres , pour racheter les caprifs, ou nourrir les pauvres: 
de donncr mcme des fonds , pcur recompenfer des fervi- 
ces rendus a rEglife , ou fonder des Monafteres. Quelques- 
nns en abufoient , & on en voit des plaintes dans les Con- ^^, yj.* 
cilcs; cVft la raifon pour laquelle les canons ont defendu «i* f- 2. c. 
aux Evcques , & a tous les autres qui ont la difpofition W<"»*™' **• 
<lcs bicns de TEglife , d'en aliener lc fonds ; afin de ne fe j^. c.abbaiC 
pas mcttrc hors d*etat de faire le fervice divin , & de fe- tus c.cftquiw 
courir les pauvres. Les Princes appuycrent ces defenfes. '; ''"''*• '•^- 
L Lmpereur Leon nt une Loi , pour empechcr 1 alienation Symmai.ho 
des biens de rEgUfe de Conftantinople. Juftinien ctendir ce ^P- L, juhc^ 
droit a toutes les Eglifes , par des Conftitution"» , qui tk- *""* ^^ •^*"^''" 
glcnt exaflement tout ce qui rcgarde ccttc matierc. 11 a eod, 
fallu renouvclcr de tcmps en tempscesOrdonnanccs , parce Novct, 7. 
que Ics Ecclefiaftiqucs , n*ayant que la jouiffance de ccs ^***"^'' "^ 
l>icns, ont eu quelquefois plus d'appIication a en tirer ce 
qirils peuvent , pendant qu'ils jouifFent , qu'a pourvoir a 
]*utilitede leurs fuccefleurs , principalement danslcs dcrniers 
tcmps ; ou ils n'ontpaset(i choif:s avcc tant de foin. Sous 
le nom A'Alicnation , on comprend la donation , la vcntc , ^- ^«'''^ s* 
J*echange & meme rhypothcque ; en un mo: , tout aftc ^^^^** '^*^* 
tranftatif c de propriete. 



h On peut comparer la propri^t^ des bicns qui appartienncnc 4 
i'Kgiife, i tine propridt^ grevee de fubAitution a Tintini. L*Eglifc a 
Jj prof'rietc de ces biens ; les Ecclcfuftiques tirulcires (?e cctte Egiife 
ii*or.t ({ue l\il'ufruit dc ces biens , pendant qu*iis U dcdervent. 

c Ou qui teod k y doniitr aucince » & a la reodre moins tibre 6c 



3*4 I N S T I T U T I O N 

P ARTiB 1 L ^ y ^ toutefois des alienations , qui peu vent ^tre utiles 

Cbap. XIL ^ rEgiire ; comme de bailler a rente fonciere ou si emphy- 

Nov. 7. |. ^^^ ^ > d^s mairons ruineufes , ou des bois a defricher , eu 

) No¥. iia d*autres terres inutiles e ; comme d*^changer desheritages 

'^,^* proches , contre d'autres plus eloignes , de meme valeur. 

7. eed. II. q, Suivant Tancien droit , on ne demandoit que Tautorite de 

2. c. Temdas TEveque , avec le confentement de fon Clerge. Les exemp- 

^L . o tions ont fait recourir a Tautorit^ du Pape , a i'ceard de 
iv^.rxv.r. . /• • • \^r\ 1- • • » 

j,€.t.derer. <^6ux qui ne lont pas foumisa lUrdmaire ; mais on sea 

permut.ii.q, difpenfe a prefent, obfervant qu'il n'y ait point de collu- 
^'^f^"'f ^'' fion : car c'eft lacondition efientielle. En France, il faut 

^. fine $z. • . j n • • .•1/1 

que 1 autonte du Roi y intervienne , parce qu u eft pro« 

Mim. du tedeur des Eglifes , & confervateur des canons. Voici donc 

Cler.i part, quelle eft parmi nous la forme des alienations du bien de 

rEgiife ; d*un Chapitre , par exemple , qui , pour acquitter 

des dettes , veut vendre un heritage , dont il tire peu de 

revenu. Le Chapitre fait une condufion , TEveque Tap* 

- prouve. Le Chapitre obtient des Lettres-patentes, par lef- 

quelles le Roi confirme la conclufion, & permet raliena- 

tion. II en demande rhomoiogation au Parlement , qui » 

avant faire droit , ordonne , fur ies conclufions du Procu- 

reur general , quMI fera informe de commodo & incommodo , 

& commet a cet effet le Juge royal des lieux. L^alienation 

doit ctre faite au plus ofirant , apres des publications & des 

encheres, 

Si ces formes n'ont pas ete obfervees , Talienation eft 
nulle ; & Tacquereur , ni fes heritiers « ne feront a cou- 
vert par aucun laps de temps, quelque longue qiie foit leur 
pofTcinon. Mais iorfque le titre vicieux ne paroit plus, & 



d Pour ces beaux emphit^otiques & autres i loneues ann^es, il 
fautobferver les form.ilites des alienations, dont il efl parl^ ci-aprc$. 

t l.e c-non Tcrrulas qrii eft fameux dans celte m.itiere, tire du 
Conci!c (i'Ag'';, tcnu en 505 , & rapport^ par Gratien , autorife let 
Evequcs u ;ili^ner feuls & fans ie conieil du Clcr^i ^ Jiae conjilio fra' 
trum tcrru^ts aiit vineolds , des terres ou vignes pcu coniidcrables : 
ina:$ feulcment cn cas que ce foient de tres-pctites pieces de lerre, 
nrrulas , aut vlncoUs & parvas. II faut auffi que ce foient dct biens 
peu uMles a rEglifc , Ecclefia m''nus utilts , ou que ce foient des tcrres 
elotgn<^os , aut loniit pofitas , & dans tous les cas qu'il y ait n^cefftt^, 
fi uiCijfitas fuerit. Parmi nous aucune alicnation des biens de TEglife 
n*eft val^hlc , fi elle n'e(l faite pour caufe de n^fcerfit^ ou uiilit^ cvi- 
dente de T^glife ; & qae Ics formalites prcCcrites pour rali^nation dc 
ces fortes ds biensi y alenc M obfervces. 



AU DROIT ECCLeSIASTTQUE. j6< 

Hm la choCi: a pafle a un tters acquereur , qui a iulle ritre Paiit>e II. 
& bonne foi , il pourra prerctlre pat quaranie ans. Quoi- CKAr. xir; 
que reguUcremcnt rauiotiii de l'Ordinaire fufiire, touie- 
fois , on a fouveni recours 3u Pape , pour pcrmettre ou Cttm. i, da 
confirmer rjlicnation des bicns d'£giife, afin de mettre Tac- **** ****• "'• 
qu^reur en plus grande furete. Les alienations ginerales qui 
fe firent dans le feizieme fiCicIe , pour les necetliEes de !'£- 
tat/, fc firent loutes par auioriic du Pape, & eurcnt des Mim, Ju 
formalitcs paniculi^tes , que l'on peui voir dans lei Mt- ^'"- '°- A-^ 
moirei du Cltrgi. La coupc des bois de hauie fuiaye eft auffi '*"" "'* 
une aliinaiion , qui ne fe pcut faire qu'en vertu de Lctires- 
patentcs , & i la charge de faire un emploi utile du prix. 

On a pourvu non-feulemcni aux alicnations , mais aux Cme. Trid, 
d^gradations , & i toute dilTipaiion , par laquelie un bene- fiff- ""^- *• 
ficierpeutnuire i fon fueceffeur. lleft defendu defairedet'' "* 
baux par anticipaiion , desbiens d'Eglife, c'ell-a dire fiz 
mois avant que le prencur entre en jouilTance pour les mai- 
fons des villes , & deux ans pour les heritages de la campa- 
gneg. 

On a defendu aux etrangers , aux nobles , & aux ofltciers 
des feigncurs , de fe rendrc fermiers des bicns d'Eglife , i 
Caufedeladifficullidelesfairepayer. On a pourvu auxii» gigj^ ^ 
parations , & les Gens du Roi doivent y tenir ta main. ^t. 

Les foins que Ton a pris pour la confervation des bieni 
d'Eglife, ontfait,quedansla fuiiede plufieursfi^cles.une 
bonne panie des heritages fe font trouvcs lui appartenir, 
quoiqu'il y ait eu un grand nombre d'ufurpaiions. Aufli Itt 
Magillrats & lcs Scigneurs ont craint , que rEglifc acqui- 
Tani toujours, & n^ali^nant jamais, fcrendit a la fin pro- 
priitaire de tous les immeubles , ou de la plus grande par- 
lie. Le publicen fouffriroit ; car il eft utile, felon nosmoeurs» 



/ Ctft c« qu( ron ippeltc , pour ciur* it tubytnixoa , ia fi^fiJiam. 

K L(i biux dci bicni d'EgUtc nc pcuTent pas non plut <:i(c fiiu 

poiir pluf dc Dcufinnjet i pu<c<]u'iutr<ntat ilifcToicniicjiuict una 



on t dcpuis •ppoiiii unc eiccpttonl ccitc r^lt ; (ivoitqiiclt pauivit 
pjt r^rig-natton ou pcrnuKitiun , tH Itnu d'cnltclcair le bcil ttiipac 
lon rffignjnt ou copctmutjnt. Louet , Ul.S.Tamtll. 

Le bail fiii ur un Mii rfguller , du conCcnicmcul dci Rcligicui, 
riihriftc iprte fon Aieki : niaii Jt bJi htt pac YiVai CHmmciidiuitt ^ 
finit t foo iMt. 



f^*«-»*^¥t-; 



366 INSTITUTION 

^ qu'il y ait toujours bcaucoup de terres dans le commerce:^ 

Chap. XIL ^ Seigneurs y ont granJ interet , a caufe dcs droits de 
relief , & dcs loJs 6: v^ntes , & le Roi a caufe des tailles ;> 
principalement aux pays ou elles font reelles. Ces interet» 
etoient encore plus forts autretbis , a caufc du fervice per* 
Ibnnel des iiefs h. Les Lois ont donc fdit aux EccIeGadiques , 
& particulierement aux Communautis , d^s defenfes gene* 
rales de faire de nouvelles acquifitiotis i : & pour en erre 
difpenfe, il faut obtenir des Lcttres- Patentes , quines^accor- 
dent qu^apres que Ton a paye ramortiilement au Roi , & 
Findemnite au Seigneur. 

Cette indemnite eil une compofition que Ton fait avec 
le Seigneur , de lui payer une fois une certaine fomme k , 
pour le dedommager a peu pres des droits de relief , ou de 
lods & ventes , qu*il auroit droit d*efperer a Tavenir; ou 
bien , pour faire qu'il les conferve en e&t , la communaute 
ecclefiailique lui donne un homme vivant & mourant /^ 



h Aaciennement les EccIcfiaAiques poiTedant des fiefs , ^coient obli- 
gds de fervir en perfonne ; depuis ils en furcnt ditpenfiSs. 11 leur fut 
raein^ defendu de le tjire , a la charge ndanmoins d'envojer quelqu^un 
co leur place. 

i La Loi Papyria defendoit chez les Romains de confacrer aucun 
fonds , fans le confencemcnt du peuple , de peur que les biens des 
particuiiersneforcident peu 4 peu du commerce. Sous nos Rots de 
1« premiere & de la feconde race , rEglife acqueroic librement des 
fonds; mais fur le d^cHn de la feconde race, & au commsncement de 
li troifi^me, les droits d^ mutation pour la poffe^fion des fondsayant 
^t^ ^cablis , les feigneurs fe plaignirenc que les acquifitions faices pae 
les Egiifes, pr^judicioienc a leurs droics , & obligeoient !es EccU- 
£aftiques de metcre dans Pan hors de leurs mains les biens qu'ils aToient 
acquis. Saint Louis obligeales Eccldfiaftiques de s'arranger avec le& 
feigneurs , en leur payant une indemnice ; Sc comme chaque feigneur 
fe plaignoit que par la fon fief ^toit diminu^ , en remontant de deji;re 
cn degre , jufqu^au roi : c*c(l ce qui a donne lieu au droic d^amortilfc 
ment qui fe paye au roi par les gens de matn-mortc , pour la pcr- 
tniflion de podcder dcs immeublcs dans le royaume. IIs payent aufTi ^e 
droit de nouveaux acqu^ts, pour la jouiiTance qu'ils onc euedes hdri- 
tages ju^qu'aux letCres d'amorciiTemcnc. On a en dernier lieu beaucoup 
reftreint !a faculce que Ics gens de main-morce avoient d'acqiierir. U 
faut voir fur cette mati^re, VEdit du mois d'AoiIt 1749, regidrelex 
Septcmbre fuivant, conccraant V itablijfcment & Us acquijitions ies 
gens dc main^mortc. 

k Cetce indemnice e(l du tiers du prix, pourles fiefs;Si du quint *. 

1 * I j pour les rotures. S'il y a un haut jufticicr , autre que le feigneur 

ArrCti au \^q^^\ ^ (qj^ droit feroit du dixieme de Tindemnit^. Si la coutume du 

r.irlcment 9 Heu donne plus ou moins au feigneur , il faut s*y conformer. 

Hu i8 MarS / Autrefois, on obligcoit les gens de main-morCe de donner aufl» 

iCfju iin homme conHfquant. II y a meme (^uclques coutumes qui L'ordoiL*. 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 567 

c*«ft-i*dire unparticulier, ala mort duquel on paye lesdroirs partis lu 

dus aux mutations , & i qui on en fubftitue auffitut un Cbap. XII* 

autre. L^amortilTement mfe paye au Roi, pour le rccom- 

penfer de ce que Theritage tombe en main-morte : car en 

cette matiere, on appelle les Ecclcfiaftiques , gensdemain^ 

morten ^ parce qu*ils ne contribuent pas, comme le peuple, 

aux charges de TEtat o, Si Fheritage n*a point ^te amorti» 

les detenteurs font fujets a la taxc des nouveaux acqu^s » 

qui fe renouvelle de temps en temps, comme une peine 

d*avoir acquis de nouveau contre les Lois du royaume. 

On a trouv^ encore en France un autre moyen dc mettre 
des bornesauxacquifitions desEglifes , en donnant aux pa- 
rens la fucceflion entiere des beneficiers y fans diflinguer ce c^nu ParU^ 
qui provient de leurs rcvenus ecclefiaftiquesp. ^f* ii^« 

CHAPITRE XIIL 

Des Dlxmes. 

QU E L Q u E foin que Ton ait pris dans les demiers fi^* 
des » d*etablir les dixmes » elles ont re^u diverfes ref« 
tridtions par Tufage. Ladixme perfonnelle ne fepaye plus en 
la plupart des paroiffes ; & 1a reelle ne fe prend point fur 
les fruitscivils, comme les loyers des maifons & les arrera« 
ges des rentes , mais feulement fur les fruits naturels q de 
la terre. 

ncnt , comme celles de P^rone , Montdtdier & Royc. Maii fuiTaiit la 
deroiere jurtfprudence , on n'exige plus d'homme confifquaiit. On 

Sayt feulemenc au feigneur haut )unicier , une indemoite , pour It d^* 
ommager de ce qu'il perd Tefp^rance des confifcations. 

m Voyt\ Ic Traiti its Amortiffcmtns , par Jarry. 

II On les appelle Gens dc main-morte, parceque lcs h^ritagcs M 
fortcnt plus de Icurs mains , des qu'unc fois ils y font cntr^. 

o lls n*y contribuent pas en tout de la m^me maniire quc It pcii-< 
ple ; mais s'ils ne fupportent pas de certaines impofiiions , telles quc lcs 
tailScs pcrfonnelles , ils paycnt au Roi des d^cimes , dons-gratuitt & 
fubventions qui tiennent lieu i leur ^^ard dc lcur part contributoir» 
dans les impoAtioos dont ils font exempts. 

p La cottc roortc , ou pdciile des Religieux Cur^s . appartient aus 
pauvres de la Paroiife , fuivant la juriiprudence du Parlement. L« 
grand confcil 1'adjuge au monaftcre. Voyei Fuet , pag, 84. 

Mais les parens des Ev^ques , & autres EccUfiaftiques 6c B^ndficicrs 
nou Rcligieux , leur fucciden;. 

f Ce n*eA pas feulement fur les frults purcmcot naturcls , mais fur 
lei fruits natureU & induA^ux» tcls que les grainsi lc vio» le faiiw 
teio, 9cc. 




',C9 r N S T I T U T ! O M 

.. .. Ladi>fflen'ellpnsrouioursladixi^inep3rnedesfniits:in 

i_j>r.Xill. '3 plupandesiieuxelleeil muinilre; ceila-diriT.pareTefn- 

ple.une serbeileiiuuze.Getreizeoudequmzs; en queiques 

)ieu<ioiineiiunr!«qui:iiiv;nsMciT!i:cuiatri.'niien:e.Ondifiiii- 

g:iiciesi;ri.<<fesC;ksnienue'>uixme5.Lifse'i.^'fiiij:iRejroaTceI- 

le»i!u bied Hi des autres grains . du vin & des aLitres boiiTons , 

du r\iin6i (!e tous ies i;ros rr'.<its. lutvant iaquaiite ducer- 

Tes '. Liii mtnues ou f<rt(i jixiatt, lonE ceiies aes Ifeunies dc 

c-;i heri>.4Si;i. )i v a auiit des jj.xnt» dt <:iui.-n^ qu ejmtU^t ^ 

bci^a-dire lies nourrtturesdesbettiaux: com^edes veaux, 

C. f. rc ■"- '"^^ ^■^'leaux , des peuts cokiions : eiies le r;:g;:ent toutes par 

1 jc :i. .U itnjKe di^chaque pays/. Cn diiliriiueencorelesancieonea 

'*■ ■" ■'''*"• dit.iici & ies novales. Les •incuniai ibnt ceiles que i'on a 

COU[<jnK Je ie^ er : les na^-jia luni ies dixmes d« tetres dou- 

vcMCineiKJeiriciiees, ou nouvellemeni ch^r^ees de rrutts 

fe ?Tit-e , i'^j ^t» d dixmes. La nouvejute eit ixiraee i 40 ans avant la 

Lesditnie» lontetablies pour donner la rubilllance temDO- 

reiie j ceuit doni 011 re<{oit ia nourriture ipirirueUe. Elles doi- 

v^-iic doiic re^uiierenitiiit etre pjyeesaux p^Iteurs, de quile 

rcu!iici;ui le*n.:ye, re^oii l'imitui;tion & los Sacremens. 

D>:-..i \ i^-:it queii cueiquespays , i>:s Eveques, comme les 

ptenuer^ r.it:eun> , onr toutes les dismes ; &: qu'en pluiieurs 

lieux , ',v> «^ l! ipitres des C'Jiiii:dr.iies en poiiddem une grande 

partie, p.irce ijuils ont irr.iae avec iXvique les biens de 

i'jw. AurJ I^^i-''^ rv^ince. Autretois. 0:1 rendoit a i'Eveque ia troi- 

L- '•. ii,;iiiooui.UjUjtr'ciiienjrt;edetoutesIcsdixme5.s'ila'2voic 

'■'"•'■ '';'■""■ lOii ;<:vciiu pariiculier. LesCuresde la cairpagne )ouilIenc 

■'■ '" (ii! !j piupjii desditmes; & on iesarsgirdes dans lesder- 

1'. ...'i r' ,'i iiiOi'^ leitip», cotiirn<f c^iv qui y avoier.t le plus de droit , 

' ■".'' ' ■ ''! [Micc nu'cit ortirt :;» DOrtiini ie ptuser^n-i poids du travail. 

''* U V -j '^rand '.lombre dedinmesenircles mainsdesMoines 

■ '^'.i,'u|.i« V, ^fi?"!:! diinmne foifnt ciirn-r-.in^mefit qui cc'lci<|ui fa 

hl ''. crjt . iii.:i nv'ini ccti d^penri <1c ii 1%i>'.iti ia lerroir k At l'ii(i£e 

i, ■,' a-;v ■ifi.iiiijb e!.il«l.i pJti ilci gf-ii diiciraa-ciin, ijuoiquMt n* 

:. ..( ,>... ii'.li.'iit« ijiiied^t i^rulTos iTiimev ; lir.ri '.e vin q'ii n^efl pia 
.... ii.l.imuiit ■.vm;i'4 *ii n>'mi)ir Aa ttof fru is , tH rifuxi lcl dins 
'ci ..\k 'ie vt^iii^id, 81 ainli de pluVutj au-res ftuici , loirqu-ila 
■diin.i-. 'a iiiiiiaiinla prodiiAion du lerroir. 

/' Tmu iwiir ;a ^uotitl %« paut le dtoii it let petcevuit «d lioinl. 



AU DROIT ECCLtSIASTIQUE. V«^ 

bu des Abbes & des Prieurs qui le reprirentent , & elles ""™*™j 

peuvent avoir eie acquifes aux Monafl^es par divers r«AP^Kl£ 

Dioyens: i*.Par lc travail des Moines qui ont defncfai 

desterres, dans lefquelies fe font formes dei Villages flt 

m^me de grofles Villes; a*. par des donations desEve- 

ques , ou par des reftitutions des Seigneurs qui les avoieni 

ufurp<^ fur d'autres EgliCes alors ruin^s. II y a encore det 

dixoies entre les mains des L.aiques , que Ton appclle Dixms 

infioditi , dont l'oric;inc i peut avoir ^te jufle. Dans 1'etf 

bliflement des Fiefs & de« cenfivcs , les Seigneuts don- 

ntMeni des terres a leurs Vallaux , i la charge de leur rendre 

iine parrie des fruics u , comme il cft evident par les droin 

de c)iampart& de bourdclage. Quelquefois ils ne fe r^fer- 

voiem que lesdixtnes ou les neumes , ^'efl-a-direla dixi^me 

ou neuvieme partie ; &les Ecclefiaftiques, comme les au- 

tre* , avotent de ces fortes dc dixmes. Dtepuis que Ton pr^«' 

tendjt que les dixmes eioient ducs Al'Eg!ife de droii divin,oa 

en conclui que touies celles que pofledoieni les Latques 

itoieni des ururpaiions, comme en efiet il y en avoii beau- 

coup d'ufurp£es. 

LeConcilcdeLatran, retiufousAlexandreItl,en ii79> C prthlit. 
defcnditauxLaique5,quipoQedaientdesdixmes,delestranr '"■". '9- dt 
tnettre i d'autrcs Laiqucs ; fit une D^cretale d'Innocent III cJnTlli IU 
reconnok qu'il y adesdixmesaccordeesauxLaiqucscnfief r. 14. 
iperp^uii& LnFranceon aprisdroit, cnconfiqucncede *■ """W. 
ces ConAiiutions, de laifler aux Laiques !es dixmes dont ils «|,,, '^'''" 
fe crouveroieni en pofTefnon avani le Concile de Latran , Luau. D. t. 
& on les confid^re comme un bien ptofane. On regarde ^* 
comme illegitimes touies les infi^odations poff^rieures i ce ,*;A, 11. * 
Coocik, mais il faui qu'eUes foient prouvees telles par 



lOiiMpporteeommunimert ronelnedet i]imtt inf^ot!^»! iChirtti- 
Maml, lcquil, Tcrsl'in7;o, inlei><<i unppiriiFdci diimti inx 5«. 

SiieuiJ 6t OKcieri qiii l'«vDi«nt fecond* djnt lei Ejrrre» coniie 1e« 

Otrgine. Birnige, Cvc fnrt. C^ di la eauiumtilt Namundit, rtnur^a» 

qtie (fjns une iBtn,Vit trnut i Lipiinct , **ri Vin 74] , lei Grniili- 
)iommei obiinrcnt rinicniiiiie lici diimei. Cturlrmiene & l.ouii !• 
Z?/f,.o/ia;rteureiitpitt.iiiriic«inHod.tiooJ. yoynh.<Vfrij, ir. 
dti dixmii . Bi ce qui en dii itt d,Mmii infioii,, f. .01 V En^ylop^Jii. 

a IIyeo.Toit<iuiippnr«noient*noj ro.i dei !e commcrcciKent it 
1) Monirtliie, commt on <oil pir une conflilUTion dc Coraittl, il« 
rtn f6a , dini la^udle cll*i feu neaun^ci iuiia djma^ci. 
TemJl, Aa 




37* 1 N S T J T tr T I O W 

IUrtib 11 **^" ' *"* *^' "'' *" * po''" » <*n preruine pour 1a notf 
VaAr.xllL veautidellureodation, i moLns qull n'y aitpoScffionde 
centannees. 

QuamauxdiimesEcclefiaAiques, onprerume toujours 

.qu'elles appartienneni au Cure , & on ne lui demande poinc 

d'autre titre que fon cloclier x. Si les grofles dixmes appar- 

c. nm Mn- tiennent ^d'autres , on lui accorde toujours la menue dizme 

jj^*'" ' & les novales, s'il n'y a titre au contraire ; & fi on lui 

.donne roption de la dixme ou de la portion conghie , apr^ 

i^avoir choifie , il n'aura que les novales d^frich^es depuis 

fon option. l^jionion congrvt ed une penfion que rEveque , 

ouautre grosDecimateur, doitaOignerau Cure en efp^cey 

C. extlrpea- ou en argent , pour fon entretien. L en efl de m^me des 

da lo. dt Cures primitifs , a T^gard des Vicaires perpetuels, Les der- 

Leur"iv"c^ °'^''* -Atr^ts du Parlcment dc Paris avoient fixfi ]a poriion 

f j( congrue a trois cents livres ; & le Roi a ^tendu cetie r^gle 

itouielaFrance, parladfclarationdui^ Janvier i686 ^. 

On peut prercrite la quotiie des dixmes , & la forme de 

les payer, par une pofTellian de quarame ans; mais il n'y 

a point de pofTelTion qui lufEfe pour exempter les Laique'9 

depayer la dixme ; le fonds en eA imprefcripiible.Une Eglife 

peut prefcrire le ctroit de dixme contre une autre Eglife , & 

V- ex partt it plus fofte raifoncontre unLaique qui les poITfdoit comme 

10- '^«''"•T'- infeodees. Toutes ces prefcriptions font de quarante ans. 

txviit n »0 ^ Moines de Citeaux furent exemptes, peu aprfis leur 

s. Btm, ip. ibndatton , de payer les dixmes de leurs heriiages , parce 

3f *- qu'i!s lcs cultivoient de leurs mains. Les Chevaliers de S. 

'cureT' t" '^*" ^ Jerufalem ont le m^me privUege a. 

fari, tit. t, 

sCtH-i-direfi quilitj it Cuti^ui lui donnc dioit 1 la diimc, ill 
n'y t tiitc ou pofTeflion su contrucc. 

y QuaadU ^innon cd cn crpece , c'eR-4-dire «n fruiti , coniTne una 
ccttiine quintiljde faledou lutrci griini , c'ellce <iu'onippele ligros 
du Cutj. Un cntcDd par ce Cermc, ^roi, 1i principile potcioti des 
revenui deliCure. Lc gros peut flre imputHuT la portion congruc i 
■naii loui lci Cuti% gui anC un groi ne fonc p» i portion con|rue. Ca 
groi el) une erpece ie forfiit ou compoiicion , que let Curft ont fail 
■vec lei eros d^ciniiteuTt , poui la piri quc cet Cur^t ivoieot dant le* 
'diiinet.raj'i^iei^f'ciy: JtBarjonpourUiCiirii, D. 164. Di U Conii , 

[ Dini li Faoilre Et d«ni 1e Hainaut Fratifoit . futvint une Djcla- 
tiiian de 16S4 . la porlion congrue cR ile 300 Ooriot , Tatant 37$ li*. 
toutnoii. 

' Let ChenUtrt da S. Latue jouifftnt du ai£me piivilf g« poui l«c 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 57, 

(^mmc la dixmc eft due avant loute auire dene , on la partie It. 
leveenerpic«rurlechamp(; &pour ccteflet lesproprii* Cbap. Xlit. 
taires font icnus d'avertir du jour qu'4fs d^pouillenr leurs ^""^' f"' 
lieritages. 11 arrive fouvent que le domicile du Laboureur * '' 

e(l dans une ParoilTe , & Ics heritages qu'il laboure dans une 
autre. L^ufige le plus general en ce cas efl de partager les it Pr. ttat, 
dixmespar moiiie; d'aucres fuivcnt la perfonneduLabou- *■'>'■ ■?- 
fcur, & les Cures prennent reciproqtiement ladixmeen- ^^ dtdeiwi' 
tiiit decequelesunslabourent fur le territoiredesauires; 
c'eft ce que l*on appeJle dixmts Je pourfuittt c. On doit en 
cela liiivrQ la coutume, & prendre garde feulemenia ne 
pasconfbfldre les dixmes de deux Dioccfes. 

II etoit ordonni hux Leviies d'offrir i Dteu la dixme des Vam. xviiti 
^ixinesqu'iIsrecevoJetitdu peuple,& de ladonnerau fou- ff'.. 
verain Pontifc. Sur ce fondement on a ^iabli ln dicimts dijtdm tx^ 
dit Pitpt; 8i ron a prctendu qu'il avoit droit de lever ta trav.uH.tad. 
dixieme panie des fruiis de tous les B^n^fices. La decime ^idla^ti 
^ni acquife au Pape d, il a pu la cider & en faire don aux 
Princes; ainJl les Rois de France , depuisPbilippe Augulle t , 



tctrti Ec doiniinH Ae 1«uri Cotnminderict. \U y <ut tlt nginttnui par 
■n ArrtiiJu Erind Ci>nr<il , du 5 Ao(i< I7J1. 

t C'«lt-i-diredjni1t chimn mtMOu lei fruiti dtcimiblci ont jt« 
ttcotinit; «11«fepfeiii1furc«tfrui«enn»tur«iu moment dt l»(*colte, 

c On leiipptlle aulli iixmiiii /•.itiavit ftituft. Ce<)roiid« fuita 
•11 ipprOUT £ p» le Aitp, cum homimu li , par tt chip. td tpoftlicam 
t%tra Ji ditimu , U pir quclqutt couiumti , cdk autrii, ctll* <le 
Ni»ernoi.. 

d LoTrqaelei Pipct onllcv^quclqueiWcincenFrincc, iliatlWt 
fiii ^ue du confenttmtnt de noi Roii , qiii ptrme'ioi«nI cet liv^et, 
Lorfaac le Roi tvoil quelqiit |-uerr« ^ui piroiOoil tnt<nffcr louts 
l*,;1i[e , i1 pittageoii otdirairemtnt ittte dicime a*cc lc Pape. On 
«oii pafuoeletire dt Philippe Au|u(le aui ^glifet dc Sent, ditjc <)• 
l'aniiio, aumoiidt Matt , qii'il «ccoida unt lidc fur le Clcrgf da 
FriDce, 1 Innoctnt III , poutli Eucrt«<tuecclui-ciiTOh contrci'Ein< 

frrtul Oihon IV. Bonifice VllT impori cn 119; , fur Iti Fglifei d« 
lance unc djcime ctnii^me. II tvoit mime dtj) coimnti dcui perion- 
neinoutcnfiitclapetceplion t mait Philipp«-le-Bel oc 1« toiilul pu 
fof.fftir, & le P»pe lyant confenii que cei arcent demeorii enfc- 

3ue(1r« , le Roi d^fcndii i ceui qui en ^toitnl d jpoliliirti , d'tn tien 
unner qiie pir fti ordrti. 11 y a nombte d'iuti» iienplct que no* 
Boii fe foni oppordi a la Itv^t dc rrmbliblct dfcimei Papalci. Lc Pat- 
lcmcni I aufTi r«nitu 1 ce fugti plulituii Arittl. Vojii \t M<moitc d* 
, pj.ru furleidicimn. 

I e La pTcmlti* dtcime , Itt^e tn iiSS , par Philippe Au>ullc, rul 
I ■prelfe Airimt iaUdiii, parce qii't11cfut Itv^t pour foiirnir aui frait 
I 4« l'eip«diiion conite Siltdin , Soiidan d-Es;i>tt . qui avoii prit Jttu- 
Uem « clulli lci Qitiii«D>dcpi|[que toutaliPilelKne. 

Aa ij 



37»^ I N S T I T U T I O N 

Partie II. ont fouvcnt obtenu des Papcs quelques decimes fur leuf 

CuAP.xilI. Clerge , en des occafions extraordinaires. Fran^ois I en 

obtint une de Leon X , en 1 5 1 6 , dont la taxe a ete fuivie 

depuis ; mais les decimesne font devenues continuellesque 

depuis raiTembl^e de Melun , en 1 5 80 , & les contrats que 

le Clerge renouvelle avec le Roi tous les dix ans. On a joint 

de temps en temps a la decimc quelque don extraordinaire ; 

niais le detail de ces fub ventions regarde moins le Droit Ec- 

clefiaftique , que les a&ires particulieres duCIerge de Fran- 

ce : il faut feulement remarquer que du m^me mot Latia 

V, Mim, du Decima nous avons fait deux mots Franqois ; car nous ap- 

CUr^i , 6. peions dlxmes celles que le peuple paie ^ TEglife , & ddcimts 

^^* ceJIes que le Clergi paie au Pape ou au Roi. 

CHAPITRE XIV. 

Des Binifices en giniralf, 

IL faut voir maintenant quelles portions on a (aites def 
tous ces biens Ecclefiaftiqucs , & comment elles fonc 
sttribuees k chaque Clerc, c*e(l-adire qu'il faut traiter 
des Benefices, & de la mani^re de les acquerir ou de les 
perdre. Un Binifice eft un Office Ecclefiadique g auquel eft 
joint un certain revenu qui n'en peut ^tre fepare. Les Bini* 
fices font feculiers ou reguliers ; hsficuliers font TEv^che,; 
les dignites des Chapitres , favoir , la Prevdte , le Doyen- 
ne , TArchidiacone , la Chancellerie , la Chantrerie , les 



On trouvera tout ce qui rcgarde les d^cimes » ddtaill^ dans VEncydo^ 
pidU au mot dicime» 

f Si Ton coofidere les B^ndfices comme un tttre Eccl^fiadique , 
auquel il y a des biens & revenus attach^s , Ton peut dire qu'il y a eu 
des B^n^Hces des le commenccment du quatrieme (iecle , torCqiie Conf- 
tantin eut permis aux Eglifes de polT^der des biens fonds. Les Evech^s » 
les Abbaycs & les Cures furent les premiers Bencfices, & ^toient aiors 
les feuls ; les Canonicats , Prieur^s & aurres petics B^n^Aces ne com- 
mencerent A fe former que versle fixieme fi^cle, & ne furent pas dtablis 
par-tout dans Ic meme temps. 

g Quoique cette d^Hnition foitconforme ^Tid^e que Ton a commu- 
rcment des B^n^flces , n^anmoins , k parier exa£lement , ie Ben^fice 
n'e(l pas rOfHce Eccl^fi«(lique , roais le revenu temporel attach^ a un 
Office Eccl^fiafHque ; & dans Tufage, on entend par le terme de B^n^- 
fice , quoiqu'aburiycment , rOfficc £ccl^fiaAiqoe qui eft joint k un 
ccrtiiia revcnur 



' "• f •» '». ■ 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 37)' 

idiarges d*EcoIatres ou Captfcol h , de Triforier ou Che- partib 111 
vecier ou d*autres i , fous d*autres noms & d*autres rangs, Chap. XiT; 
fuivant les uiages des Chapitres ; les Chanoinies qui font 
proprement les places de Chanoines , & font fans Pr^bende 
ou avec Prebende, ou fimi-Pribende. U y a toutefois ea 
France deux Chapitres de Catbidrales compofes de Cba- 
iioines Riguliers, favoir, Pamiers & Vzis k. Les autres 
Benefices feculiers les plus ordinaires font les Prieur^« 
Cures , les Vicairies perp^tuelles » les fimples Cures » les 
Prieuris fimples , les Chapelles. 

Les Bcnifices regulUrs font TAbbaye en titre , les Offices 
dauftraux qui ont unrevenu affed^ , comme lePrieuricon* 
ventuel en titre , les Offices de Chambrier , Aum6nier » 
Hofpitalier, Sacriftain» Cilirier & autres femblables. Les 
Places de Moines anciens & non reformes font qua(i re* 
gardees comme des Ben^fices , mais on ne donne propre- 
ment ce nom qu'aux Offices dont on prend des provifions. 
Les Commendes font plut6t des Ben6fices fiiculiers , par rap« 
port k ceux a qui on les donne. Tous les Bin6fices font 
prefumes feculiers , s*il n*y a preuve du contrair6 , parce 
que les Benifices reguliers font venus de la divifion des 
biens entre les Moines , qui eft un abus que Ton tolire , 
fans le vouloir etendre. 

II a et^ fuffifamment parl^ de la promotion des Ev£- 
ques , qui pricede toujours leur conf(^cration. Mais comme 
Tordination des Prltres & des Clercs infirieurs fe fait fou- 
vent avant qu'iIsfoient pourvus d*aucun binefice, nous 
avons riferv^ k parler ici de ces provifions ou collations. 
Nous verrons premi^rement , qui font les collateurs , & 
tous les autres qui peuvent donner droit k un binifice ; fe* 



h Capircol eft on termc corrompu qui Yicnt du LtttA esputfchoUip 
qni fignifie le chef ou le Maitre de TEcole.' 

i Tenes font la Pr^bende Th^ologale, la P^ttnctrie, &c. !• 
Prlmicier ou Princier, &c. 

k LeChapttred'Uzes a ^t^ f^cularif^ par le papt Oimnt XI, fur 
la fin de Tana^e 1710 ; auparavant il ^toit R^guUer , comme l'eft encore 
celiii de Pamiers, fequel efl compof^ de doute Cbanoines r^uliers d« 
KOrdre de S. Auguflio. M. Fleury » daos fen troifiime Difcours, dic 
i]ue les Cath^drales ^toieot dciTervies par des Moines en certatns pays , 
comme en An^leterre & en AUemagne ; mais en Angleterre & dans 
tous les pays ou !e Luth^ranLfme & ie Cilviaifmc fe font introduitf > U 

D'y a plui dc Rcli^ieux. 

A». • 
a uj 



374 INSTITUTIOM 

Partii il co p ^"*"' ^ • QmUcs iont les capadtes oeceflaires i celui 
CUuv. XV. qui ea eft pourvu , ea troifieiiie lieu , quelle doit etre U 
foraie de la colUtion. 

CHAPITRE XV. 

Des ColUteurs des Baufices. 
*£v£que €onf<ht>k aucommencementtousIesOfi^ 



L 



ces ecclefiafiiques / : il etabliffoit meme les Abbes fur 
r^ledion des Moines ; la forme de la b^nedifHon d*un Abbe 
le fait aflez voir. II eft encore cenf(& le Coilateur ordinaire 
de tous les benefices ieculiers ; mais fon droit a cte rei^ 
treint dans les demiers iieciesen tant de manieres, qu*il y 
en a peu en effet qu*il confere librement. Suivant les an- 
ciennes regles , rfiv^que prenoit le confeil de fon Ciergc ot, 

tP.x^J* '^' P^"*" ^^ choix des iVliniftres & des Officicrs de l'Eglife, 
comme pour toutes les aftaires imporrantes : il en faifotc 
part m^meaupeuple, pouravoir le confentement detoute 
2*£glife 9 & afin que Ton ob^it plus volontiers i ceux dont 
on auroit approuvele choix.Les Chanoines des cathedraies 
ont pr^tendu , vers 1e douzi&me fiecle , ^tre feuls n ie con- 
feil i^gitime de l*£veque ; & fur ce fondement , ii ne de« 
voit point donner de binefices fans leur participation. De*. 
puis ils ont partage ies collations comme les biens de i^ 
Cdf. nuUa glife, & ce partage eft difTerent felon les lieux. En quei- 

*^6 ^'^"^^^' ques Cathedrales , l'Ev6que donne toutes les prebendes ; 

C.un,defed€ ctiH^urs le Chapitre ies donne toutes ; ailleurs ils parta- 

va . /1. 6. gent o. Le Chapitre confere les dignites par eIe6Hon, qui^ 

Cd^. Quitf ^^ quelques lieux , a befoin de la confirmarion du fup&-. 

rieur , & le benefice s*appelle eU6tif<onfirmatif. Ailleurs » 



/ On entend icl pnr 1e terme d*Officcs tous les tttres Eccl^fiaftiques « 
foitqu'il y eQt dignit^ & revenu attach^s au titre , Coit qu'il y edt 
rirnplement fun^ion & revenu , ou Office fans revenu. 

m 11 confultoit non-feuleroent le Cierg^ de fon Eglife . ni:is il aflfem" 
bloic le Clcrg^ de fon Oioc^Ce, le<}usl , dan& ccs premiors temps , ^toit 
encore peu nombreux. 

n La difficult^ dc les inconv^niens qu'il y avoit d^afTembler le Clerg^ 
de tout le Diocife, qui |>ar fucceiTiondc tempc ^toitdevenu plusnoa>* 
breux , ne contribua pas peu a favorifcr ia pr^ccadoii des Chapitses des 
H^lifcs Cath^dralts. 

AiUcurs ils coaf^rcDt alternativement^ 



A 



AU DRpIT ECCL^SIASTIQUE. 37? 

Tile^on n*a point befoin d*^re confirmie , & le beneiice partib n. 
s'appelle iUHlf-colUtif p. Cetce diftin&ion ne d^pehd que Chap. XY« 
de rufage , qui feul a auflirendu iledives les digni- 
tis des Chapitres. Selon les rigles » il n^y a de biniifices 
iledifs , que ceux dont la vacance rend rEglife veuve q i 
comme r^vSche & Tabbaye. L'Eveque confere ordinaire-^ 
ment les dignitis , dont la fbndioh regarde plus tout le 
diocife, que le dedans du Chapitre , comme les archidia« 
con^. Surtout cela, il fautfuivre lesconcordats desEvi- 
ques avec leurs Chapttres , & la pofleifion. 

L*Ev£que n*a pas meme la coUation libre de toutes les 
cures ; car i Tegard de plufieurs il eft afireint^^ la nomina- 
tion des patrons. II y en a dont la pleine collationappartient 
au Chapitre , ou i des Moines , ou i des Religieufi^s : mal» 
fur lacollation de ces perfonnes qui ne peuvent avoir de 
jurididion . fpirituelle , comme les Religieufes & les Che- 
valiers de Malte» il faut que TEveque donne fon inftttu- 
tion , que Ton appelle autonfabU r , c*eft-cidire la miflion q „;, ^ ^^. 
pour pr^cher & adminiftrer les Sacremens. Le Vicaire g6- vUar. in 6. 
n^ral ne peut confi&rer les benefices, a moins qu'il n*en ait 
un pouvoir fpicial de TEveque. Pendant la vacance du c. cum oUm 
fi^ge , le Chapitre peut exercer les collations niceilaires , M» de major. 
comme eft Tinftitution fur la nomination d'un Patron. Pour ^ ?ij^ decreu 
les collations fibres , il devroit les r^ferver au futur fuccef- ne fide vac^ 
feur, comme les autresfruits : mais depuis quelque temps , 
les Chapitres fe font mis en pofieflion de difpofer de tous 
les beoefices qui ne vaquent point en r^gale , ppur eviter 
la privention du Pape. Au refie , les collations des bene** 
fices font comptees entre les fruits, depuis que Ton a ou«, 



p II n*y a , par rapport i ces B^n^fices , qu'une difpoiition ou colla- 
tion faite parles Elec^eurs , k la pluralit^ des fuffrages, auf!i ne font-Us 
regardes comme ^leAIfs qu'imprOprement. L'^u eft mis en poiTeffion ; 
& peut adminiftrer le Ben^fice , en vertu du feul a^e de fon ^lefkion. 
q Ce font ceux dans r^eAion defquels on obfeivc les formes ^tablhf 
par le Chapitre ^uia propter. Dans ces B^n^ficcs « T^Iu ne peut s'im- 
inlfcer dans l*admini(lration du fpirituel ni du temporel , jufqu*a ce qtf il 
ait obtenu la conHrmation du fup^ricur EccUfiaffique qui a droit d^ 
confirmer T^Ie^lon. 

fonc* 
Eccl^fiaf- 

, pour jouir da 

Ben^fice; Inftitution dont le droit peut i^paxtenir k touvts lortcsti% 
CoUatCtfrsi mimt Liiqutf^ 




5-6 I K S T I T U T I O K 

PAmm IL ^**^ ^ Umm nsziass de randquite , {iiivant ^^^^^m^'^'*^ 



XT oo ics eur piiccr resardees coiniiie des cfaarges qui 

peax ia oxiicierice cl: CcLzie-jr , L. icc: t£liexiiesr comp- 

tecs cotre les truits , qu*elies apparrieim^G: au po&fieur 

C«i^ iKd.£. deboaae :c:. Toutes ces penbnnes , qui om droir de con- 

nm clm. §g^^ '^ i>rneQces par euz-meoies, ou par ceux gu^iis re- 

prr-.emec:, 5 appcdeiK CoLstasTs ntsjkrtsf. 
^" ** ^A' * ^* rOrdmaire neelige depourvoir a un beaence ▼acant, 

Supeheur 



stx. €. Li^tt deEirvit ; & :. cti rcpuxe k negli{:er , quand il ne conierc 

i.«r fMf. pas cans ies fix mois ,a compter du jour qulla cannmfianrr 

2,^;. II . r. ^ '^ vacance. b. le Superieur immeozat neguge encore iix 

mj. 0OIS « foD Sjpeneur doit pour\'oir. Ainii la collation roule 

de deerc en decre • de TLveque au Merropolitazn , puis au 

Prima:, & enni: au P^;& c'efi ce qui s*appelle ^ ro^i ic 

dts-Oitaicn. 

Maisencore quH nV ait poim de negligence de rOrdi- 
fsure V oc a fuppofe , dans les demiers temps , comme une 
maiimc ccnttante , que le Pape avoit la pleine diipofiiion 
de tous ies i>enences, par la plenitude de ia pui£ance ; & 
qu'ii pouvoit en diipoun' , non-reulement quand iis vaquem « 
C. KaiU a. nais a^-am la vacance. L efi %Tai que le troifieme condle 



iet^mt^mk. ^ Latran , tenu par Aiezandrc III i , en 1 1-9 , avoit de- 
^ i^ Sendu ea general de prevenir la ^'acance des iwneficet , 



f Or. «I tpoeOe Xhdtmiirts , parcc quc ce font cux qui conferm 
•raiiuirrmcn; , & pour les diftmi^ucT 6«t CoIUtaDrs esxnoniinaim, 

2U1 confc-en: er leur pMcc. lozt par droii 6e preventioc , ou pcr draii 
e ccvoiuiion. Quand oc paric de VO^diwutrz en matierc; de Juridif^ioc » 
fw cntem' leuicment r£v£oue . kquel a ieui ia Jundiftion ipirituelio 
ttom tor T^iocetc , Jarvt Omimno ; niab eo fait dc coUation , fous lc 
tcrmr itr Coluteur» onf/iMi^rj^ ce nc font paf fculemenx ics £requ£& 
l}.ic :*nr c.nnirrcnr . cc lor: toui ics CoQatcun immediats du Bcneiice , 
fei 011 ic «TorTercTtt ^trx mvp'**' , i ort frequcs , Abbes , Ciianoxnes ou 
V.Hiinitrc> . & cr. penera. rous Col.atcurs . aotres ceaoinains quc cets 
^■1- r»- rnntc' rm oue fvrt p-rTcniJin' €>v |*a- dcro uti^n, 

f .-^ c , cr Jor. Tnitc dr '*abBS. Tamu J , Irt, j , cL i . a. a , 
4^*.-.,(*-vr Oitr . irior ran,:icnrr r.iic^lxxfe . ies Papcs «'aToirr: -.ts 
ii.-.T>tiTi>mr pf fr-cvc: ta^ OrnmaiTr* cr la iitvre coliatioe des fMEXjcft^cs 
r .".-:»n,j> rVr.i , oi''Aics«nrlt-r Xw f»n lc liieiu t t: qui Vcnrrcprit 5 
r» 'i«ino<».-n: i 1 ir la-vr . n 'Voi»«wf 113 & Gre^oirc XIII ci frem fc 
r«i?nir citir Tioniia.T \ l.^ iifr.TkiitwT^-drnrt |iar ^ D^ct^ic, dc rctc* 
rtff-'- ^''vf^^nint ;t $f^f <;* Vntir - 7*1«' w Cw»w«:a? de icir , ie 
Jj»i«- i •*o» V H .•onfr»rv». . K I f«H '-ikvTifiriniafr ^ Sjr.fe. -e ;?«r:jr 
H- ,'-,#;»•- •«». MiHHfT'**-^ ■ liic* '•^wra :l*k 3«fts*iwn» & Tacicinraiji-a 
,-.. i;i«rft«if|*vif»H* . K 11« *J •t^Diiiftn mt n nl mc m <r a k, ^m^ce^qi 






AU DROIT ECCLtSIASTIQUE. 3- 



parce que c'eft comme difpofer de fai fucoeffion d*iin %i- i^ARTit H» 
vant y & dooner occaiion de rouhahcr ia «lort. Mais U Coar Ci af. XW 
de Rome prerend que lc Pape cft au-deffiis de toos lesca- ^^7*^^ 
nons. Or on inventa denx manieresde pourvoir aiu bene- j^,, i/j, ^ 
fices paravance ; rcxpeftative & la referve. ak' gU^ 

VexpccLuivt tt eroit une affurance que le Pape doonoit a 
un Clerc d obtenir une prebende , par exemple , dans une 
telle Cathedale , quand elle ^-iendroh a vaquer ; ce qui s*e- Tkomejf 4: 
toit introduit par degres. Au commeocement , oe n^etoit f^rt. Ur. u 
que de Amples recommaodadons , que !e Pape &ifoit amt ^ '^ 
Prelats en faveur des Clercs , qui avoieiK cti a Roroe , oa 
qui avoient rendu quelque fer\'ice a TEglife. Comme les 
Prelats y deferoient fouvent , par le refped du au faint Siege , 
elles devinrent trop frequentes , & iurent quelquefcHs ne« 
gligees. On changea les prieres en commandemens , & aux 
premieres letrres, que Ton nommoit mofdtoi^s , oo en 
ajouta At priceptolres ; & enfin on y joignit des Lettres exi* 
cutoriaUs , portant attributioo de juridi&ion i un Cooi- 
miflaire , pour contraindre TOrdiiuire a exicuter la grace 
accordee par le Pape , ou conferer k fon refits ; & cette 
contrainte alloit )ufqu*a rcxcommunication. Cette proce- 
dure itoit en ufage des le douzieme iiicle. 

La referve x proprement dite etoit une d^laration , que 
le Pape pretendoit pourvoir k telle cath^drale , telle di* 
gniti , ou tel autre benefice , quand il viendroit k vaquer ; 
avec defenfe au Chapitre de proceder k T^Iedion , ou i 
rOrdinaire de conferer. De ces r^ferves fpiciales, on pafla 
aux gdneralesy ; & Jean XXII , vers le commencement du 



' u Les nandats apoAoIiques, appel^s Msdaia ii comferemdo , qui 
^oient une expeAative , onc ^t^ abrog^t ptr le Concilc de Trente- Sur 
la forme de cesmaodjts, yoyet Ferreten fon Trait^ de rabus. tom% 
!• lip, 3. ihsp. i.n. 4. Mais il rede encore plufieurs autres fortes 
d'expeOaiives , quiont '.iea parmi nous ; favoir , cellcs des eradu^s , 6t% 
indultaires, des br^veraires de ferment de fid^Ut^, dc des brivctat« 
res de joycux av^cmenc. 

* Les r^ferves apo(loat|uet furent faites, ouk ratfon du licu , com* 
me cellcs des b^D^lices vacans in curia RomMus ; ou i raifon du tempt 
<)e la vacance , telle ciue U rt^ferve des mois 6c de IViternative ; ou a 
nifon de la qnalit^ du dernier poflfeffeur du bdn^fice, tetle que U 
r^fervedes b^nifices poiT^d^t par les Cardinaux domeftiquesdu Pape 
& Officicrs dc la Cour de Rome ; enfin i raifon de U qualir^ des b^n^* 
licet, comme la r^fcrvc des premiires dignit^s des CatbeHrales aprit 
#elie de l*Eveque , & des prmciptles di^nit^s des Coll^giales. 

j Par ic uimc de» tittrfu ^ia^riUii on A*fatfod pai um r^- 




IKSTITUTION 

fiede , par (a prenuere regle de chancellerie » 

toures les dtfaedrales de la Chretiente. 

ilf Twl ^^ invendons de la chancellerie romaine fiirent pooJ^ 

dmr.difimm, fees au demier exces , pendant le fchifme d^Avignoa , par 

4nr. II, c. ^. les Papes de Tune & de raurre obedieace , particuliere- 

p» ^ Bient par Boni£ice IX , fur la fin du meme fiecle. Les Coa* 

ciles de Pife , de Conflance & de Bafle y mirent des bor* 

oes , defendant les reierves , tant generales que fpedales ^ 

& confervant feulement quelques expedatives , dont les 

fVaf ^f*^' Letrres fe nommoient ALuiiLus apojloUques. Ce droit pafla 

fm. fubl' ^" Concile de Bafle a la Pragmadque , & de la Pr^mad- 

jit. i. que au Concordat ; & le nom de riferve y efl pris g^nera- 

lement pour toures ces fortes de graces anticipees. Enfin , 

«#. XXIV. |g Concile de Trente les a toutes abolies. II defend les man- 

dats & Ics graces expedanves , meme en faveur des Uni- 

verfires , ou des Cours fouveraines ; meme fous le noia 

^''Jndult , & (bus quelque pretexte que ce foit : il defend 

aufii les referves mentales ; & generalement toutes les gra- 

ces aux benefices, avant qu'ils vaquent. Ainfi la parne du 

Concordat , qui reg^rde les Mandats apoftoiiques » n'eft 

plus en ufage. 

La Pragmadque de Bourges ne fut point ret^ue dans -a 
Bretagne, ni dans ia Provence qui n'etoient pas encore reunies 
i la couronne de France ,& par confequent il n*y eutpoinc 
lieu d'y etendre le Concordat. La Bretagne ayant ete reu^ 
nie ^ a la couronne en 1532, les Eveques de cette pro- 
vince pretendirent n'etre plus fujetsala referve deflx mois 
de i'annee, pendant lefquels le Pape etoit en pofTeffion de 
conferer les ben^fices chez eux , fuivant les r<^gles de la 



ferre de toui les b^o^Hces indiftinAeiiient, mais feulement une r^- 
ferre g^n^rale de tous les ben^fices qui viennent a yaquer en certatn 
lieu , ou en certain tenr.ps, ou de tousles b^nefices d'une certaine qua-- 
lit<i i rcrerve qui eft geni^rale , en tant qu'elle e(l oppof^e a la r^ferte 
fp^ciale , aui ne porte que fur un tel b^n^6ce nomm^ment. 

\ Oepuis Clovis, la Bretagne dependoit de la France. Si quetques 
Comtes & Ducs de Bretagne tacherent de fe rendre independaos , & 
s'attribuirent lesdroits r^giiliens, ce ne fut que par des ufurpations. 
«uxquelles nos Rois s'opposerent toujours. La Bretagne ^toit un fief 
snouvant de la couronne ; & le mariage d*Anne de Bretagne avec 
Louis XII, Qc celui dc Claude de France avec Franqois I, quidevint 
cnfuite Roi d« France , ne firent proprement qu'unir a la couronne 
le domaint , & U propri(5t^ du duche de Bretagne , dont la Frafw* avoit 
4i]i , ibon de fixt^ au moins dc droit U fouYeriinet^* 



_y ■ 



[ . 



AU DROIT ECCL£SIASTIQUE jT9i 

diaticelleria romaine. Mait le Roi Henri 11 , voulant con- p]^7tieM^ 
tenierle Pape.firen if^tjunedit , par lequel il lui con- C|i«r. xV, 
lerva c« droit de panager avec les Ev^ques de Bretagne '*'8„5- '■■• 

la collation ies b^ni^tii.Ei , pendant fix mois de 1'annee, & 
ce droit fubfiflc encore en Bretagne. Quam 3 la Provence , Cmf ord. /.' 
Ic Concordat y ell execuie : feulement ilt s^adrefTent au ■• '''■ ii< S* 
Vice-legat dAvignon , pour la provifion desbeneficesque '** 
)e Pape confere , a caule de la proximite. Ces deux provin- 
cesiouiefoisfe nommcnt /'dj^iifoi^J/enrt a. Dansles /"dyf V.HIim.iit 
iie Concoiiat , comme eft prefque loute la France , le Pape '^J' "l™" 
a la prevention i fur TOrdinaire , des le monient de la va- 
cance ; enforte que les provifions , qui foni les premieres 
eii date , l'emportent : cs qui 5'ell ^abli par Tufage , plui6r 
que paraucuneConllinition. . 

Le Concile de Bafle avoit excepte les riferves compti- dt tliSUm* 
fes dans le corps de droit , ce que Tufage a riduit i la V3< C. Atcid. t%^ . 
cance in <uril , qui fe trouve iiaMie dcs le temps d'lnnocent ^ "?:„ . . 
III. Le Pape donc a feul la collaiion des benefi^es , doni dtpr^.inZ 
les liitihires meurent au lieu oii il tient fa Cour , & il deux txtrav.ad n- 
journecs aux environs. Le Cardinal Legat a laiert, & le '""; * """ 
Vice-legai d'Avignon e , ont le mftme droit que lc Pape , c.\. Off^ 



a OaippcUeaJnE. quQiqueimptopreDcnc, ceitunti ptevincei oi 
le cODcocdJi D'a pii Ueu i coannc fi c» ptyt f lojtnl ptui piiliculie- 
temeni fuumit lu P^t , i cauCc que lei r^lerTei dei Papei y eai liMfe 

i L'uiagedeU prtyeDiiau n'el) pii [oM ladcn. Li I>. ThoaDnis, 
dant ii D,/ti/>. titlt/. pi^iend que ce dioli dt prCTenlian t ii^ iu- 
connu lufqu^iu iieiiieme liccie. 11 pubit du moiiu coDflint, qu'il 
ii'^ioit pii encore en ur^^e lori du tioilieint CoDcile dt Litiui cn 
1179 i puifquc ce concile rionD* Gi oioii lui coUiieuii , liiD qiieltut 
chonoe (uii poini pr^cipiie. O.T prilurae que lei Pipei 01:1 uWdeU 
picveniioD , d dbuii/ Tui lei bjnjlicei vaCiDi ia Cviit , & ^uc lci or- 
diniiret ne *'<tinl pai oppaf^f t cclte eiitrepiife , l:i Pipei Dni ^lea- 
t!u pcu 1 peu lcuii enliepiifei fur lei luCtti b£ni£:ci ilepeniiini de* 
cutlaleuii ou pinoni EccieliiAiqutt jufqu'au Itmpi du conco-dji, 
pii («tuelLeon X aiiiibua ripicir^nicnt ce dioit m l.int M^e. Ca 
droit a fail beai.caup rit progrcidani lc rciiicmt rKC>. 

t Le *ier-l^£it (l'Aai^aun dani lei ptuvincti tccl^rijAiiiuci de 
Frjni.c, qui for.t oidin-ircmeni compiifci dant li Ugiiiun d'A>i^nun i 
favuir, Artci , Ai» , Vienne & Enibiiiii , ne peut ulct d'iuite pDuTO:r 
qiie ceki <)ui cH tiprimii dJni lei bullei dc ii l^^iioD, & IculcmenL 
cn t* qu'ellei lont t^yioitiies pii Letiiei-Paientci du Boi , re- 
(inril» Jani 1*1 fjiiiemciti de ceipiovincei , ou il veui eneicei fcn 
jtouvuir ; 3( avinl d'en fjiie ufifc, il fiul qu'il ptaaeiic pat ^ctil d* 
»c lien (aiie coniie Iti liberlei da l'E^lite Gallicjne , & de 1* roumet- 
trcdui modincalioDiqui pcuvcotifgu cU JppoUei dut r«fli( d'epr 

(c|-ieitiii<Dtdt in biiiiti. 



•i^^^^m^ffjjj 




iy5TITCTION 

bBOK as ^frnT% A^ cass rerendiie de la 
i ▼ £ -r-rxs CoIsEsan coGcarreos, qoi fe peu^ 



I^L^e 



■■iM 



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C H A ? I T R E XV L 







:cir - ii» 



r-KUS&Li< 






aLJwJL^ 



rt 2 ccdfirer ie 

;n iOTt ; & a!ors !a pro- 

ix , maisi&aiKiiog, 

, ou de droic com- 

pcivilese, comme la 

r-/*a:res, & celles qiu 






4M^ ■ ■ «^ w^^ ^ ■ ^ * C^ 




i» ' 



pr-3dpa!eg?e!? t fur les pa- 
jes d^pe!l£s & Les prebendes des 
r C£S loedces oot coamence la 
. c^ des S^rieurs ou de riches 
zr iirs >-rs terres , pour la com- 
Cu. ii^ l£^ ra£iux. Les Eveques , 






■? r .jtf li^ a».i«:r z* ?r«r:re cette quaiite, jic 
u-is-^ -iT-jvsr*.- w.^i-:. yj--e;c-n- j-.s co: cru cjue le 
^*- . .:■ rw— j\sj^p- -rii-: i*-a .ic cr .;■-« ; =iii i. ei beauco-jp plu$ 
*rvv. ?. > '-. . :^~&.-.-:e«r *?: . rsrT;-re :i:$;accjr:jceiettre, qu*cn 
-:- ^•■.- ' K .-.T vrr:r» <* i.-jei r« :i-ii:c.in cjr.tle* £§ufes qu*iis 
r«.^<ri; \: r:irs* , nfcicte JTi* I*« f.ec *»•«».-$ io».i£c:(nt de;a de quel- 
C** a«cc5« tcwra^;». Le Ccocie i'Orir^e, tccu ec 4^1 , dit qr.e 
I i»ir-« r,-*rja^«iir Tftz trtrtstTtr n crreiua les Clercs qu*il yeut 
x«-,^e ::tr» .'i » : e r; - «rcorte. Ce'i fj? lur»: au C«nciie d*Arle$ en 
4 - le M. «^ire ijc^^e ce Tciiie ec i«? , ci: c oisiiTement cjue 
l*s -^- :.'r?.r>v: i ercr: z^x rerarsuoe» de$ Ejgtires cu inonatl^re$ ("e 




l\:*i': c-f4 ; i»^ ce urde Tclice pour les patrons en g^ner.l , fle 
^..y .-.-^-. 7:>.jr 'e« ralrcns Laiiues. 

'.' le ?::■*■:: a*'» prctVr.uiieo ou nominatidn aiiz b^ndfices ; & It 
Cc 'iTe^r cc--t .V. .I.sution. , , , , j • • 

*■ On e-eod pjr cirriJMrios <f« V£duis , les lettres de nomination 
cur:crcnn:ior dorcce$ a v.r cracui, par rUniTerCcd en Uquellc il 
a r-is Tei •?e«-ei , par lefquelles e!le le prdfente 4 un Coilateur ou pa- 
fton Fcc!<uj\liqae , pour ctre pourru des UUhQtl qui, Titodroni 4 
T3.^uer caci Ic$ roois affecies aux gradud*. 



AU DROIT ECCLtSIASTIQUE. s»i 

& leur pri^e , y mettoient un ou plufieurs Qercs pour £iire Partii Ii;^ 
lc fervice , & fuivoient volontiers le choix des Seigneurs , Chap. xvl. 
pour ne leur donner que des Qercs qui leur fuffent agrea- ^^"^* ^''* 
bles. Depuis , comme il y eut des Eveques qui meprifoient /c/. 9. r. ». 
cette coutume, & des Patrons qui en abufoient , &vou- ^orm. ^ . 49.- 
loient reduire TEglife en fervitude , on fit pluiieurs canons ^''^ dtjun 
pour regler ce droit. 

Le Patron e(l celui qui a dote, ou bati , ou fonde g TE- Cone, TrUti 
glife. Ildoit prouver fon droit par des ticres autbentiques , /<#• iS* ^-9« 
« ou par une pofleffion de quarante ans , foutenue de trois 
prefentations. Ce droit etant attache aux terres h , pafle 
aux heritiers i , & a tous les fuccefTeurs. k. Si la terre ap- ^ ,. . 

partient 4 rEglife , le patronage ed ecclefiaflique ; fi c'dl ris^. dtjurA 
un bien profane /, le patronage efl laique , quoique par bafard ptfc. 
jI fe rencontre entre les mainsd*un Ecclefiaflique , a caufe de 
fon patrimoine. Le patronage fuit Talienation de la terre » 
dont i! efl un acceflbire ; mais il ne peut etre vendu fepare- 
ment , parce que c'efl un droit fpirituel. II eft indivifible , 
& ne fe partage point entre plufieurs heritiers ; mais ils 
doivent convenir de nommer tous enfemble, ou altemati- ^ . 

vement : & en cas que leurs voix foient partag^es, celui patr. ^* 
qiu en a le plus & le plus de mcrite , doit ^tre pr^feri. Les 
voix fe comptent par fouches » & non par tStes. Pour exer- 
cer le droit de patronage , il fuffit d*^tre en pofTeflion de la ^' ^^P- ?• c. 
ferre, quand m^me la propriete feroit conteflee. ^Cap^M d 

Le Patron laique n*a quequatre mois» pour prefenterau jurt patr. in 
Collateur ordinaire celui qui doit rempiir le benefice, ex- ^* S- *''• 
cepU en Normandie & en quelques autres provinces , oii ^^,^ \q^ 
il a fix mois : le Patron ecclefiaflique a fix mois par*tout C Chir. amt^ 

14. </c jurt^ 



fatr. 



g Od entend ici par le terme Tondi , cclui qui ■ dono^ It fonds fuc 
lequcl rEgUre a ixi conftruite » fuivant ce vers : 

Patronum fsciunt dos , aiificatlo , fundus» 

A n y I certaint patronaget qui {n*^tant actach^t k aocune glcbe ; 
font r^put^s perfonneli , 4 la ditfdrence dc ceux qui fonc attach^s a 
kgttfbe, qui font r^els. Fo^r^Simon» tit, 4. 

i Quand le patrooagc eft perlonnel • il paflfe toujourt lux h^ri- 
tiers , ou du moint i celui d*f ntre eux qui a droit de rexercer , fui- 
vant le titre de la fondation. II ne peut ^tre vendu ni cede i un ^tranger« 

k Le patronagc reel paiTe de droit a celui qui fuccedc k la gicbe. 

/ II en eft de mttnt lorfque le patronaj^e n'etl attach^ i aucuoe 
yteht , n\ k aucun b^o^ncc« 



fj^t*^4^*^1f^tj^f 



^«1 INSTITUTION 

pT^TT^. ptjrs. AnS 3 ne peut varier, & il conTome fon droir eH 

CMAr. ftV£ plnMentant iine perfonne qoe rOrdinare juge indigne , 

)»Te que Ton fuppofe que ce Patroo etant eccl^fiaftique , 

doit im in(bruit dies canons. Au contraire» on excufe Pi- 

^. f!i4brM& gnorance du Patron laique. St le premier qu*il prefente eft 

»9. ckfnJ df iugi^ indigne , il peut en prcfenter un autre ; & m^me ac- 

^' ^' cumuler enfemble deux prefentations, pour donner le choiz 

auCoUateur. De plus, on ne foufiiTpoint en France que 

le Pape previenne la nomination du Patron laique , ni qu6 

rordinaire admette une pennutation a fon prejudice , 

parce que ce ferott indiredement toucher aux Setgneuries 

temporelles , dont le patronage eft un acceifoire. Le Pa- 

tron ecclefiaftique n'a pas ces avantages. Si le Patron ne 

prtfente dans fon temps , il perd fon droit pour cette fbis , 

'C,P€r,ne/lra & la pleine collarion eft divolue k i*Ordinatre. Le Patton 

*• '^ nc peut fe pr^fenrer lui meme m , quelque capabie qu'il 

foit ; mais il peut pr^fenter fon fils. 

Le Patron doit la protedion a TEgltfe ; ce qut fe redurt 

ii prefent a veiller a la confervaiion de fes droirs. Le Pa- 

tron ecclifsaftique fe pcut faire rendre compte du tempo- 

C. ri7f*is %x. rel. Le Patron laique n'a que la voie d'avertir TEvSque , 

i6. q, 7. ex pQyp empecher la diffipation. Le Patron a des droits hooo- 

o< cl I. rifiques/i ; favoir , le premier rang a la proccffion dans 

r. Sobis is. TEglifc, h Tencens, a Tcau benite , au painbenit ; & s'il 

^iejure patr. jQn^ijg ^^ pauvrct^ , TEglife doit le fecourir raifonnable- 

qu€ %o!\6. q. nicnt. Lc droit de patronage fe perd , comme les fervitu- 

7. ex conc. des & les autrcs droits acceffoires , par le depenffcment de 

To/cf. 4. e, j^ ^j^Qfe ^ laquelle il eft attache , comme fi rEgUfe eft rui- 

37« 



m Encore qu'i1 fut Eccl^riaftique ; mals s'ii y a plufieurs patrons qui 
aient droit de concourir pour la pr^entation , Tun d*entrc euK peuf 
nommer un c!e fes co-patrons. Voyc^ d'H^ricourt» lois Ecchfia/iijucs^ 
part. 2. tit. du droit dt patronag: , n. 30. 

H Les droitshonorifiques du patron confiftent dans 1« titre nneme rfe 
patron , dans le droit de pr^fentation , le droit de recommandation 
aux pricrcs nominales , le droit dc banc au chaeur du cbt6 le plus bo- 
norable , le droit de pr^fiancc , comme robferye M. Fleury , le droit 
ds fepulturc au choeur ; enfin, le droit de litrc ou cciocure funcbre , 
tant au dedans qu'au dehors c!c r£jji'ife. 

o Dans rEsIifc, le patron p^iTe avant le feigneur hauf-jufticTcr. 
Mais quand la proccflion eft hors de rE^life !e ha-.>'-junicier a le 
pas fur le pafron. De mSme, en fail de litre d.tnsPFgife , cHlf du 
patron eft iiudcflus dc celle du haut-jufticier, & en dehors de PE- 
glife , celle du haut-jufticier cft au-dcflus de ccllc du patron. Voyei 
Ouyot en fe$ ohftrvations fur U d/oit du pairons , chap. 5. p. i6$« 



1 

1 



AU DROIT ECCtfeSlASTIQUE: '^Hf 

fciie & le dtre du benifice tteim ; par la renonciation ou PaatieIJ) 
ceiTion (aite i l*EgUre; par le non-ufage, quand rOrdinaire Chap. xVM 
eft en pofleflion de conferer librement.H fe perd auffi par c tx. difmi 
le crime que Ton appeleroit FclonU cn matiire de fief , "«' « «»«• 
comme fi le patron avoit tue le Cure ; & par rhcrifie, qui M?m rfnCtow 
eft le crime de lefe- majefte divine : mais elle fiifpend ^jt^ tom v 
feulement Tufage du patronage lafque , fans le faire per- 
dre : le Patron , ou fes h^ritiers , le recouvrent quand ils 
reviennent a rEglife Catholique. 

CHAPITRE XVII. 

Dcx Graduis, 

LE droit des gradu^ vient du Concile de Bafle p. Les Vafn s-rfdl 
DoAeurs de Paris & des autres Univerfitis fervirent **• 
TEglife tr^-utilement , pour Textindion du fchifme d*Avt- 
gnon , & eurent grande autorite dans les Conciles qui fe 
tinrent a cette occafion. En traitant de la reformation , ils 
fe plaignirent , entr'autres abus , que les benefices etoienc 
mal diftribues , foit par le Pape , a caufe des riferves & des 
expe£btives , foit par les Ordinaires , qui fouvent confe* 
roient fans choix k leurs parens , & k leurs domeftiques , 
quoiqulncapables & ignorans. Us demandirent que Ton 
eut egard aux gens de lettres , qui paflbient leur vie i. 
itudier pour le fervice de TEglife & de TEtat ; & qu*oa 
leur fit part des b^nifices ecclefiaftiques , quand d*ailleurs Rthuf.jfrefi 
ils fe trouveroient capables de les deffervir. ccnc^dtclli^ 

p L*origine du droit dei graduit eft encore plus ancienne qoe 
ce concile , lequel , comme l*on fait , ne tint fa premiere fenion 
qiren 14)1 ; car avant que l'on eOt iftabli que les benefices qu| 
vaqueroient dans certains temps feroient confi^r^s i ceux qui au. 
roient obtenu des univerfitds des t^moignages publics de leur m6» 
rice lc de leur capacit^ , les P<apes , qui s*Jtoient r^ferv^ la difpo* 
lition de la plupart des bdn^fices confiddrables , permettoient aux 
univerfiti^s de leur envoyer des lidcs de ceux qui itoient les plui 
«iilHngu^s dansleur corps. On appeloit ces lides RotuU nominando* 
rum : & fur ces lifles , & fur le tdmoignage des univerfit^s , let 
gradiies qu*e1les propofoient ^toient prt^fi^res dans la difpofition de 
certains bdn^fices , dont les Papes s*ctoient refervc la collation. 
Ce fut pour remplir le meme objet , que le Concile de Bade or- 
dotina que la troifierne partie des btin^fices feroit ^e^^e aux gra* 
duit, Voyi\ Us Mim$ircs du CUrgi ; tom, X ,pag, 196. 



♦4"^«^*-»»j<i / 



H^ INSTITUTION 

*^TS?^T . . Le Coodle de Bafle f ordonna donc que la troiTieme 
^ni^NcVll. pvtic de locisles benefices feroir afiedee aux gradues des 
.^^ x«xi. Uohrerfites privilegiees , & que les CoUateurs ordiaaires 
^*.^ ^^- oe pourroient les conferer a d*aurres , fous peine de nullite. 
r^.6Qs. ' ^ croyoit alors que les degres etoient la preuve la plus 
(ure des etudes & d^Ia capacite r. Ce Decret du CondJe 
'^* fut infere dans la Pragmatique de Bourges ; & Ton y ajou- 
ta , que du tiers afiede aux gradues , les deux tiers feroienc 
pour les fuppots/des Univerfites ; puis on ordonna que 
rUniverfite nommeroit ceux qu*elle voudroit ^tre prefe- 
ris : on les appelle GrsJucs nommis , & les autres Graduis 
fimpUs t. La Pragmatique obligeoit encore tcus les CoUa- 
teurs & les Patrons ecclefiaftiques a tenir des roles exa^ 
de tous les benefices , qui etoient i leur difpofition , afin 
Ccne, deCcU. ^*^" conferer de trois Tun aux gradues a tour de rdle. Le 
M. ir. Concordat a confervi ce droit ; il a feulement dfe ce tour 
de r6Ie , qui etoit peu lur , & inconunode , & il a afiede 
aux gradues les b^nefices qui vaqueroient pendant quatre 
mois de Pannce ; & ce droit fubfifte aujourd'hui. 

Les degrcs qui fervent pour en jouir font u , celui de 



q Ce Coacile ^toit alors transfere a Ferrare, & ce fut dans la 
premiere feilion , tenue ikFerrarele lo Janvier I4)X. que ron or* 
donna que la troifieme partie des ben^fices feroic aifed^e aux gens 
de lertres gradu^s« dodeurs , licencics ou bacheliers dans quelque 
facultc. Le degr^ de mattre>es>arcs ^quivaut , daas cette faculce ^ 
i celui de dodeur dans les autres facultes , & fert vuOi pour ob« 
tenir des b^neiices. 

r Les degrtSs feroient en eflfet le moyen d'acquerir la fcience , H 
ceux qui les obtiennent travailloient fi^rleufement a s*en rendre 
dignes ; & ficeux qui les leur confiirent ecoientmoins hcWti qu'ils 
iie le font , la plupart du moi.ns , d^ns certaines univcrncJs. 

f Sous le terme de fuppSts , on ne comprend pas ici tons les 
fuppots des univerfit^s in.iiflindement ; mais feulemisnc les gradu^s 
qui rendent fervice dans les oniveriites ; teis que les principaux 2c 
profeiVeun des collcges. 

r On les appelle ainfi , parce qu*ils n*ont d*autre titre que leurs 
degr^s , fans letcres de no'iiinacion de Tunivcrfic^. 

u Le dodcur en thdologte eft pr<5f6r^ d cous autres graduds : apr^ 
ccs dodeurs on prefeie les graduds qui ont rdgcntc fept ans dans 
iin colldge de Tuniverfic^ de Paris , & les principaux des coll^ges 
cdlebres de la m&me untveru*^. Les autres graduds viennent dans 
Tordre fuivant, favoir , les Dodeurs en Droit Canon , Ie$ Doaeurs 
en Droit Civil , les Dodeurs en M^decine , les Maltrcs-is-art$. 
Lcs Liccnci^s & Bacheliers dcs facult^s de T'iiologie , de Droit , 
de M(^decijie , vienneat aufii dios k mlme ordre , a Texcepcion des 

Maitre 



AU DROIT ECCL£SIASTIQUE. 385 

Matire ou Dodeur «n quelque Faculie que ce foit ,& de p^„tib it 
Bachelier en rune des irois Faculies rupehcures. Le Licca- CK*r,XTlk 
cie ou Bachelier forme , e& en mimt rxng que lcs Doc- 
tcurs ; & parce que dt:s-lors ces degres fe donnoieni quel- 
quefois irop tacilemeni , on a vouiu que les grathies euf- 
fent eiudie un ceriain temps au-dellus deb Grammsire, 
c'efl-a-dire depuis !a logique inchifivoment. L: DoJleur ea 
Theologie doit avoir dix ans d'eiudc' ; lc Dodeur en DriMt 
civil ou canonique, ou en Medccinc, lepiansi le Maicre- 
^-arts , cinq ans ; k Bachelier en Theologie , fix ans; le 
Bachelier en Droii ou en Medecinc , cinq ans , eicepti les 
oobles X , a qui trois ans fuffifent. Le gradue doit avoif 
d'ailleurs la lonfure ou TOrdre , les bonnes moeurs, & tou- 
tcs les autres qualit^ requifes de droit commun. II doii etre 
iiiculier ou regulicr , felon Ja qualitc du bencfkc. On ne fe 
fert prefque plus des degres en Medecine, parce (]u'ii ii'y 
a plus guires de Clercs y qui s'y appliquent. 

Le gradu^ qui veui exetcer fon drOit , peut s'adrefler k caac Sajl; 
tel Collateur ordinairc , ou tel Pairon ecclefiailique qu'il *- Ceacent. 
lui plait , & non-feulcment i un , mais a plufieurs. II fail "'' '^ ' ^* 
iignilier lous les aQjs qui ptouveni fon degre , fon tea^ 
<l'etudc , fa nomtnation , fa nobleffe i ; & lous les ans , pen- 



Sacfaclien fatcnii en ThfolOBie, ijni ont lc miiae rang ^e lci U- 
cenctfi de cetie ficult^. 

X Pourra qu'Ui fuieni noblet, tint de ptre que de mite. yoytf 
le Concotdtt , dc CglUiionibui , 5, prmitrid $. lun «fJ. 

y Lei mceuii Ibut bien cli^ngeei j cct <f[irJ , puil<]u'jncieiine> 
ment lef Mcdecini eloient loui clerci. Un [egsrJoii laimv It Con- 
cuuii ite cei deux cjuiliiji catnme njcclljir' , 'lin <|ue le mcpne qul 

lir i)'ivoi[ foiii ile Ton i.-ne , cOFnme lei reglemeni lei y abli|Nnc 
cncore. Tellemeiit que te Concile de Latran , tenu en iii( , d*- 
reiidil idX M^dccini qui ^toient enft^it dini \<t Unliei (taiti , d« 
fiiie luGune optiition d; chiiuigie, oii il t.illiii employer le Ar 
& lc ren. Ce ne fui <]u'en u}! , <iue le C)r>1inil a'El^le*illp , U- 
);it en Prance, lcur ippuiti la permiflion de le mirier. Voyej Ptf- 
quier , richtrehti. Menigidni. 1 roifilmi Mim. dtt Mideiiat eeiHrt 

r Lc Griilue doit, oiitre Yt&t ile liBniRcation de rei gradei , St 
de l'Jiielta()on de fi Noblelle, i'il clt iioble , I)il1<;r lu Cnitxenr 
011 Patron copie de toui cei adci. II eft neceiraire <]ae cctte lignU 
ficjtion foit ijite avaiit U vucmce ilu tiJnufico <]u"il veut requitir. 
luut grlJui , foit fimplc ou nomme , cii temi de tjlre cette lijnili- 
caliou ou notification. Cell ce <]ite Ton appelle ninifitr fti fraJti. 
Ce foni lei dirpoGtiOQi J<! la Fcigmatiiue , du Coucoidat & d» 
7«M JL Bt) 



586 INSTITUTION 

- dant le carfaie, il doii reiierer llnrinuaiion a de fon nom 

Cb<w-XVu! ^ ^ '^ liimom. Enluiie il peui demander lous les beni- 

ficcs dipendans de ce Collaieur qui viennent a vaquer dans 

les nots de gradues , qui font Janvier , Avril , Juillct & Oc- 

tobre. Janvicr & Juiilet font mois de rigueur, oii le Col- 

btcur efl aAreint ^ conferer aux gradui;s nommes t & a 

fuivre Tordre de la nomination b ; ou bien dans ie con- 

cours il doil fuivre Tordre des dcgres & des Faculifa , pre- 

feranila Th^ologLeauDroit,IesDo3eursauxBacheliers, 

& les Bachcliers aux Maiires-es-aris c. Avril & Odobre 

foni mois de faveur , pendant lefquels le Collaieur peut 

choiflr , memc cntre les gradues fimples , celui qu'il lui 

Ki. ifofi. plait, Toutes fones de benefices fonc fujeis aux gradues , 

' ' '^* ezccptc les benefices confiiloriaus , les benefices eleflifs * 

ceux qui font en patronage laique ,& les digniiesdcs Egli- 

fes caihedrales. Le droit des gradues n'a lieu qu'ea va-. 

cance par mort: ils peuvent etre pr^venus par le Pape J. & 



arJannincetdu niDisde Marii4i}f), ite Juin i{io, art. S. d« rEdic- 
deMirt i;{|.C«tie iiocificailou iloic flre riiiepirua Notiire Apof- 
toliduc & ileui t^mo:ni , i U perlbnae ou »u domicile dei Colta- 
teun ou PaciDns. tlle dait £tre uiHiiu^e au greSe dei iuliiiuatiaai 
eccldlianiliKi. 

a Cc n'eft pit reiilemen; 1'inGnuacion que 'l'on doit rfic^rec , 
G'«ft li notificatiou dei lettiei de lonfure , ordres , degrei , aicella- 
lion de letnpi d'etuil«, Gt lutrei ticrei !t capacicei ; la nominacion 
iu liradai , i'il en 3 une , & tei nomi , fuinomi Sc qnalitjs. Touta 
li didiiience qu^ily a entrc la premiere Ggnificacioii Qu nociiicalion , 
Bc lei ruivinEei , eil que dan» celle-ci le Graduf n'ell pai tenu ia 
donner de nouveau copie de lei ticrei 2c capacitjs ; il fuHic d'cn 
reit<!ret U iiocificilion, H de lei fiire infinnei. Cecce inlinuaiion fa 
fait au grenii dei inDiiudioiii eccteliiltiques , de meme quc celle d« 
la premiere nocilication. 

B La Djclaration du tj Avril t74( , ordonne , que pour lel 
curei & autiei b^njlices i cTiarge d'amet : lel Pitronl qui onc li 
prffentationlceib^njficei, Sc tetCoIlaceursi qui ia difpoGtion en 
appanient, iuront , niime dani le moii de Janvier & de JuiUet ,. 
appe]i.'s moii de rigueur , ti libcrtd du clioix entre let Gridnjs M- 
nent qualilici , qui auront oblenu det tcttrei de noininalion fur let 
Colbc-iiis , & qui iei auionl tjic infinuer vatablemenc -, Ei de pr^ 
fi^rer celui il'ent[« Ifs Oridiiei qirils jugerenc le plui iligne par fet 
qujlites peilonnellci , pir fei laleni & pir fg bonoe conduiie , de 
rcmplir lei cuies ou autrei beiicKces a chirge d'ames ; «ncoce qiril 
U ttar.re en concurrence ivec dei Gcadudi plui ancieni ou plui 
pmiWf,iii. 

e Voye» li Dic'<iralion du moii <l'Onobrc iT4t. 
d l.c Concordac y ell forme) , 8t la deriutre jurlfixndance dn 
f ■rlement ilc Paiii y elt coDlbnnt, 



AU DROIT ECCLiSIASTIQUE. 38^ 

s^llf nc rcquiercnt dans Ics fix mois de la vacance , TOr- partie Itl 
dinairc pcur conferer libremcnt. Cuap.xVII^ 

Afin que cc droit ne foit pas un pretexte d*accumuler 
des b^neAces , il n'cft plus pcrmis au gradui de requerir » 
quand ii cft une fois rcmpli : or , il eft cenf6 rcmpH , quand 
il a un bcn^fice de deux ccnts florins d*or de rente , ce qui 
a ^te evalue k quatre ccms livres ; & il faut cntcndre ce Uidi 
droit du graduc fi^lier ; car le rigulier c& cenfe rcmplt 
par lc moindre benefice , dont il cft pourvu en vertu de 
ics gradcs € ; parce qu'il a £ait voeu de pauvrcte. Pour U 
ripl^ion , on ne regarde que la pofTeifion ; & on compte 
pour biaeficc, la penfion pour refignation, ou meme le 
bcoificc refigne , s*il etoit acquis en vcrtu des degrcs. Lcs 
provifiocis donnees en vertu des degres , doivcnt cn &ire 
mcntion. Lcs gradues nc font pas moins fujets <fic Ics au- Mtf«/£iif «7(4 
trcs i Texamen des cvequcs , pour lcs bineficcs i charge 
d'amcs , parce quc Ton fiiit la faciltti qu*il y a d^obtcnir dcs 
degr^s & des attcftations dans plufieurs Univerfit^. Auffi 
£iut-il avoucr , que cc qui avoit cte fagemcnt ordonni dans 
le Concile de Bafle, fuivant Tetat oti rEglife itoic alors, 
n'cft plus de fi grande utiiiti pour rcmplir digoement lcs 
bineficcs. Lc droit des graduis caufe une infiniti de pro- 
ces i mais ce ne font pas les plus (avans ni les plus pieux, 
qui foni les plus ardens k pourfuivre ce droit. 11 n'a jamais 
eu de licu cn Brcugne , non plus que lc rcfte de la Prag- 
matiquc/! Le Concilc de Trcnte Tavoit fupprim^ avcc les ^^^^' '^ ^* 
autres expcdatives ; mais il Ta rtobli cnfuite. ^gjf^ \^^ ^^ g^ 

€ An grand Confctl , on juge qae 1a r^pl^tion eft «pdr^e par un 
b^niS6ce ie 400 iivres de re?enu , de quelquc fjLqon quc le ben^fice 
ait ^te obtenu ; c'eft-i-dire foit en vertu desgrades, ou autrcment. 
Mais au Parlement , on juge qu*il fiut f^oo iivres de rercna pour 
op^rer la r^pl6tion , qiiand ce font des ben^Hces acquis autrenienC 
qu*en vertu des grades. Voyej Callel. definit. au moc Craduis. 
Kiblht, Can, tom. IJ , pag, 114 » Brodeau /ur M. Louet , lect. g« 
tom. /. 

/ Le droit des Gradn^s a lieu dant let pays conquit. Arrit dm 
Confiil d*Etat du )0 Juio 1688. Journal du Pulait, 



Bb ii 



M'^*^**'*:<^/ 



j5i INSTITUTIOH 



XfBL 



C H A P I T R E XVIII. 



OJtJix, 



1L T 1 gffccre qDeSques arcs droits de oomsoer a def 
h^seooB por Toie d^ipcQjiire , qni foac paniculsers 
a I2 Frasce. Les Papes eiaoi en po8e£on d*accorder de 
ces cracs , les cedoaeztt queiqQetbis aox Prirces pour en 
ccre pzrt aa Gercs qm etoieni a lenr ler^-ice. Ainiipen* 
dac: le Jcttfiaed^ATtgDoa i, le Fapeaccordoit fotnrentau 
Rciy&BKBe a £1 Reine & aux Prioces , des indulis ponr 
a o mme i leanOfidcnaoxbeneficesqin viendroieotaTa- 
P^ r. x^ ?*^- ^^'^ ccaaie un UA ACy oi i des expeAatives. De-Ia 
lim. :=9. z^^Teat riadnlr des Offiders du Pirieoient d^ Paris^Axttoo 
^- 4* trcGve qoriqoes traces des Tan 1 303 i fous Bonifice VIO, 

Im: b. tu ^ p^ppe4e-Bd ; oals dcnt rctabTificaient le plus certaio 
t& par UQC BuIIe d^Eug^ne IV en 1434- U avoit ere <fif- 



^ ^ coociaoc;B3isPiulIIlk retai>lik en 1538 ,par la BoUe 

r^xi rL sl huSce, qdi en efi eccore la regle. Les Offiders du PSaic- 

p^ . aiear fe foot Bnntenus en pofleffion de ce droit , quoique 

y L .-^L . .•ir.r ks icfci% c s eoSsit ete generakment abdies par la Plrag- 

^'I^ \ir. c. ana^ie & par le Coocordtt , & quoique k Coodle de 



f Ls zszzzt iTifidLiS • cn latin ixdaltum , vienc (Tifldolgexvce , qnl 
£^;iie «7-usicp£«^-tf ^ d^firtr , acotrder une gracc , parce «ju^e.t 
«?s: . 1*5 ifiJ-^Its fcs: det bolles accordces par lc Papc a queltpe 
£*!ire • Chapitx« y Mocacere , Corps ou Commucact^ , a quel^ je 
Prince oa aBtnt pcffoane pocr f. r^, par nn privilege particalier , 
^selqae chote ^si eft coac^c lc d:ci: common , 8c notamecnr pour 
cc3&rcr 00 Dosmcr a dcs b^scn^es aaxquei» le conceifiorinjiire 
B^asrois pas ea droic de commer , ians rinJalc a lui accord^ a 

ce: c^c* 

k Le fcbilmc d*Avig::cn ca d^Occi.^ct , qu'on appeHe auilt U 

& 

/q^^oIcsc^- :::•.$ f rererdcnt meme »r.!C cc dro:t a comxence Jis 
I< tr.-r;^* ^c ^» Lc:::s . Sc f^js le poatificat d*lniioccnt IV , c>!l-^- 
d:-e V-J.-5 lc rriiieJ d- Xllle. fiew^c, quoique ce droit n'eiit pas cn^ 
c.e ^:o r-^."»»^ -- r-'-'***^* rerfeftion quil a depuis 2ci.4is fous U 
po-.rifiwit -e P-.:! 111 ^ l'--s Clcmcnt IX. VcytiU tit. dts mat. tc- 
r- •:.. ils Fut: , ir.. 4 , ch, 5. 



r-Ti''.-^ :/■»:*, coxmen^ cn i;:? > aprcs U mort de GrcgoireXI, 
b .lura i^ax»'*» I4i9* q-'? Miitin V fut clu Papc & cbcf dc tou:e 



-*.i 



■ . i *' f ' ." -.- ..-'..- ^i : -j. .- -. _ 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE 389 

Trente ait nommiment aboli cettc efpece d*indult : il eft parxie II- 
vrai qu'il femble Tavoir rctabli enfuite. Ch. XVIII. 

Cct indult eft une grSce , par laquelle le Pape permet ^'ff* **^- 
au Roi , de nommer a tei Coliateur qa*ii iui plait , un Con- ^' ^* 
ieiiler , ou autre Officier k du Parlement , k qui le CoIIa- 
teur fera oblig^ de conferer un benefice. Cliaque Officier 
ne peut eicercer ce droit qu^une fois en fa vie , & ciiaque 
CoIIateur ne peut en fa vie , en etre charge qu*une fois , 
ou une fois pendant ia vie du Roi , fi c'e(l une commu- 
naute qui ne meurt point. SiTOfficier eft Clerc (& ils i'e- 
toient ia piupart au commencement de ia conceffion de l*in- 
dult / , ) il peut etre nomme hii- meme ; s'ii eft laique « il peuc 
nommer une autre perfonne capable , pour etre nommee par 
le Roi. L*indult s^etend aux benefices reguliers , aufli-bien 
qu*aux fecuiiers ; ainfi pour ceux-ia ies Officiers etoient tou- 
jours aflreints a nommer d*aurresperfonnes, & memedes • 
Religieux ; ce qui donnoit quelquefois occafion a des confi- 
iiences. Le Pape Clement IX y a remedie , par fa Bulie du 1 7 
Mars 1 668 , en permettant aux indultaires de tenir en com- 
mcnde les b^n^fices r^guliers. Par ia meme Bulie , il a etendu 
refiet de l*indult jufques k fix cents livres de revenu , a^ que 
llndultaire foit fenf!^ rempli : auparavant ii itoit obligi de 
fe contenter d*un binefice de deux cents iivres. 

Apres que ies Lettres du Roi , portant nomination en 
vertu de iUoduIt, onc etefignifiees aux Coiiateurs, il a lcs 
mains li^es ; & i*indultaire peut requerir dans les (ix mois , 



h Le ChaDcelier & le Garde dcs Sceaux *, les Pr^fidens , Con« 
reillersy tant de U Grand'Chaml>re du Parlement , que des Enqu^. 
tes &. Requ£tes , le Procureur-G^n<^raI &. les trois Avocats Gene- 
ruux 9 les GrefTiers en chet\ civU , crimiiiel , & celui des prc-fea- 
cations ; les quatre Notaires & Secr^taires dc la Cour ; le Receveur 
& Pyyeur des ga«es du Parlement ; le premier Huiflier , le Gre£- 
Mcr en chefdcs Kequetes du Palais ; quatre-vingts Mattres des Ke- 
quctcs , le Procureur-G^nt^ral , rAvocat-Gen^ral & les deu» 
GrcfTiers en chef des Requdtes de rH6tcl. LorfquMl n*y a poinc 
de Gardc dei Sceaux, le Chaocelier a double droit d'indult. 

/ On peut voir dans le recueil des Ordnnnanees de la trvi/iim* 
race y rOrJonnancc de IZQX, touchaot le Parlement. On y voit 
q.ie pliificursd^entrc les Mattrcs du Parlement dtoient Clercs. Celle 
du 17 Novembre i^iK , qui fait mcntlon Jes Mattres du Parlement , 
iant cUr.i que iarqucs ; celle du mois de D^cembre i)i3» quiport« 
qu'il y aura au Parlcment huU cleres , & douze laJiques Prdfidens ; 
viugt cUrci 9c Tingt la^utt auK isaqu^tes 1 U, aux lequetes uoii 
^Ures & deux lai4ttes» 

Bb iif 



,^^M44^mtit^f 



r5?TlTCTIOX 

•■■u.r-urg is. ssamxernr scx exccssemai 





r aiciiciiaaB v . icx :cixc ."Asce se S. Magioiie» 

«. le Cxscsczier s TtTtxEverue. 

Lf 1.JI X mecnBB axcrs orda it aca 

X ies nsescsi^cir. :a. j* srdtt ie 705 



Cte 



r.±iMie 




m , fsi iact. 



«r 



T4'iui uiiie w &:*< at Cj-Tnnr IX Ae x:«&t, ponut 
^ ^'^ir.hi.r «sxec . JLxk ^ S^ Oern , rg^as 4e S. Gcr- 

?t: ":ing : r=A £ T 1 £1 euc=arsn 4c ria- 




* C< xrizic ci TJf^BiiiaiB 1 cetB ^dc Tca aeaBBe cs Arrfaj^u c drmii 

ft.^ircfr« 5X 3MC /^9cx;r, a;.i.^ariywi rn fTctCfcieat ^«c ccdroic 
s £ r.4 «ami «w« »ir Hcor L1 « «an u eecsrKioc ^ 9 Man x $77 ^ 
s»s f Virrcs .•Ac^xnneic ^accce;^ e£ decDcaep fa» Accics ; ^*il 
3 '«J^ >:i<T€ MoiM .tf a <Q*Di&« «cs Pafcs : ^'m dre loe origiBe da 
«7v»c r«» t ftat ^ c-MBBc U re$Me & je leim..! cc £ccute. Un Arr^ de 
ir*4 .-^1^4:«« ks Ecjpccftin cc Ccocr c recrvocr ise Dcisc«reac qm 
ES a raBCcck^s r« tsi PWfpg ID'; £ cft dit ^uc ce droct lu dtoic 

^'i c« atoit daw 3cs AbksTCs ctaot (00» 



K ££rte . & «cs > c«»T=j£«»ccEiesx ec ion repsc . ic Fn^cz^zofui r^i- 
F :;JIrpe jc Lcof: « f^ tcs LcctTCs da % Smiet 1 51-^ , oascc A les 




tsjti .e 



ppartcnir 
r.^;e ce £»i3ac::t, cs Rouercue , cuieA proprement 



U£ CKftpitTC rc^J^sr. Ce c:oit y cd Uaite ^e croitRoyal, io€*m/hi 
j*r: li.:^ dth^^.-K. Le P--r'.e©er: resKiit ud Arrct le 25 Ferrier 1315 , 
«:c:.;:re r&dcwve ce Bciu^et:; & ca aurre Arrct en 23^1 • con!rc Ics 
Re^:pr\.i cl pr:e«r^ i« Lc^?^|^eTi'.ie. Ea 1353 le chapitre <!*Arras, & 
h> .\riK:£:cr»iev.rs ce rHo(r!«DirL: , Toolurent conrefier ce droiti 
rr.th :^c^ cR^^ihtt liire , 2 y ent .^rrct ^ui attcne que le Roi aroit drcit 
^ fAirc recercir \ir. RcV^iecx drr.t chMoe AbbaTC 6c Hotei-Difu^ 
i ■*^^v^^ * ^tns ccax de toRcUrioc 6c de garoc Rojde , ou dans lei'qi>els 
yt ^ci «.:oiK cc pcficXca ce cc uoii, &^«t toulcs lcs EsGfcf Cacbe* 



AU DROIT ECCLiSIASTIQUE. 591 

tni commencement de fon regne a la premiere pribende , Paktic iL 
qut vienc k vaquer en chaque Cathedrale. 2^. Le droit de ^" xviii. 
ferment de fidelite , en vertu duquel il difpofe de la pre- Ociob ['611 
mi^re prebende , qui vaque a la difpofition de chaque nou- d^ tarjt, 1% 
vel Eveque. Ces deux droits font maintenus par le grand Mdn 1646. 
ConfeiL 

Enfin le Roi a le droit de regale/r, qui fe reduit a pre- 
fent i la difpofition des benefices. Autrefois il s*etendoit k 
fous les fruits de TEveche vacant, que le Roi faifoit fiens , 
comme tous Seigneurs les fruits du fief , )ufqu*i ce que le 
fief foit rempli ,& les devoirs acquitt^s ; & comme, fuivant 
les Canonifles modernes , la collation des b^nefices fait 
partie des fruits , on y a auffi etendu la regale. Depuis long* 
tempSyle Roi ne profite plus des fruits temporels de la re- 
gale : ils furent attribu^s a la Sainte-Chapeile de Paris par 
S. Louis f & depuis encore , par Charles V. £n 1641 , 



drales ^totent en la garde du Roi. Ce droit ^toit dis*lort tetlement re- 
coonu , qu'on en trouve une formule tres-ancienne dans le Protocole 
dt la Chancellerie de France. Les Ev^ch^t onc ^t^ foumis au ioyeux 
•v^nemenc , comme les Monafteres , y ayant mimt droit de garde & 
de proteA^tion , m^me devoirenvers le Seigneur f^odal & le Souve- 
rain , m^e obligation de reconnoiflance pour rexemption des droits 
ilont les autret valf^ux font charg^s. La Pragmatique-ianAion , felon 
la remarquede ia glofe & de Benedicli fur le mot aliqumido, prouve 
qne, felon le droit commun de la France au quinziimt fiide» It Roi 
ufoit du droit de premi^res Prieres pour les Ev^ch^s» mimt teUtffltnr, 
cue r^it^ion d*un autre fujet que celui qui ^toit recommand^ par le Roi, 
ctoir annuU^e , fi te Roi s*en plaignoit. Fran^ois Marc , Confeiller ao 
Pariemeat de Dauphin^, qut ^crivoit en 1502, GraffaUus qui vivoic 
fous Fran^oisl, le Predre , Boyer , Rebuffe , RouiUard & Cbopin, 
font mention de Tanciennet^ de ce droit. S*il n'a pas aujourd*hui U 
m^me ^tendue fur les Monaft^res ^tanten la garde du Roi , c*eft que Its 
places de Moines ont ^t^ peu recherch^es dans ies derniers temps , 8c 

3ue nos Rois ont bien voulu ne pasitifujettir ces Monaft^res au double 
rott d'oblat & de joyeux av^nement. Voyei It rtcutil dts Edia pour 
le Parlement de Fiandre , pag. 679. 

p Le terme Regalia , au pluriel , fignifie quelauefois les Droies Ri» 

Saliem , quelquefuis les Droits temporeh de VEglife : mait le Droit de 
'^gale tft un droit Royal particulier fur lei Ev^ch^t vacans. Ce droit 
c(l forcancicn ; plufieurs en tirent fori^ine du Canon fept du Concilt 
d*OrUjns ; d'autrcs difent que ce droit fuc accord^ par Adrien I • k 
Charlemagne; d'autres , dunombredefquelseftM. de Marca, difent 
fla*il tire \on origine des Fiefs , du moins quant aux fruitt dtt Evdch^t. 
CequieU decertain , c(l que la Ri^gale avoit Ueu dct 1159, comme il 
p uoit par des Lettres de Louis le Jeune , de ladite ann^t , par lefauellet 
li donoe aux ReHgieufes d'Hiires , la Chevecerie dt rFelift de Faris , 
pour enjouir touteslec fois quele Si^ge feroit vacant. C eft le premier 
tttre daDs lequel il f^ic faii une meocion expretfe du Droit dt R^gale 
tfppatttnint au Roi, 

Bb iv 



s INSTITUTION 

1^~^_ Ljb» .MII reiira ce croit lie la Saime-Chapelle , lui don* 

. > iii. iMUi «n r«com[K.i:rc labtuye de (iiint Nicaife de Reims : Se 

"■"" ^ eiiiucfiw temps , :! -^'fomit, par Lctrres-patemcs , dedon' 

"!'" ' iier luujonrskMVuitstemporelsaunouvel Eveqiie , depuis 

le coiitiiii:iicc]iicii[ lie I2 vacance. Mais par une I>eclaraiion 

do I •■-.■, . li: Koi ,i;lt refcrvela difpofition desfrwtstem- 

poiuit <.'<iiiiiiL- ^uparuvant ; il eft vrai qu'il en fdt ordinai- 

j-Kuiciii liiiii .111 iiuuvel Eveque. 

I.i: liroit .iu rc^Liie ne confiftedoncplus qu'en ladi^o- 
fiiioii dus L}eii>;:icc:s , doni itveque dirpoferoit, & il les 
cuiiipieiid tuu> . i.'xcei:te les cures ;. Le Parlenient de Pa- 
lis, ({ui cll cn poiretlion ie j.icer feul tous les differents 
(|ui luiireni de ce droit du Roi , V3 eiendu en toutes Bia- 
niere^'. II ruliii que le benirBce vaque df (ait ou de droit , 
(.'elt u-ilire qu<: le titulaire ne loit pu en po&flion , ou 
■'/*' _■*'• (;uc Ic poiii;li'cur R*ait pas dc julle litre : car , difent-ils , la 
' "''"■ r^^lw' iradmi^t point de fiAion. Le Roi re^it des refigna- 
tioiii cii fdveur , & croc dcs penlioiu , a condttion touie- 
iuis (i'ctrc ^ipprouvces cn Cour de Rome : il conf^e , au 
pikjudicc du Patron ecclcfiailique i en un moc.il difpofe, 
noii komme fcroit rOrdinaire , mais comme le Pape , & ne 
luul&e poini la preveation , parce que, difcnt-ils , le Rot 
n'3 pijint dc luperieur. Mais reneniion la phisimportante 
(lc !d rcg^e , c ell que dans les dcmiers temps on a pce- 
iciiuu quelle devoit avoir lieu par tout te royaume. 

<.)n diilinguoit aucrefois les Egliles qui y etoieni AijetV 

tc^ , & celles qui ne reioieni pas ; mais les gens du Roi 

(•'DicnoiciK que c ecoic un droic dc la couronne inalidnable 

^^ :.i;|ncf^ripiil)le,auquellesrenonciations desComiesde 

I ou.ot:''C . i'U dei autres Seigneurs , n'avoient pu prejudi- 

„ V . i A-. tn i.>,.'S, icParlcment de Paris rendit un Arriit,par 

V I ■ . '■ ;\s,i.ilion dc rEt;Iifc de BelUy , il declara que la 

■, L'. I. : :viuliiii'> toiit le royaume. Les Eveques d? 

< - -% i' ;oui \ uiciit au Confeil : le proces dura plus 

« % . \ t.-ii I ('-' X Ic Rot fit une declaration , 

. <. - - ..x ^.,1 \i qucllion , & declara que la regale 



1*11 par it* Vicaim ftfitatU, 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 59^ 

Mais enAiite , fur les remontrances du Gergi , aJTembli Paktik U- 
eziraordinairemenc en itJSi , le Roi donna uneuitre De- Ch. xvtlf/ 
clararion , par laqudle il etpliqua comment il emendoit j " ^ ' 
ufer a ravcnir du droii de r^gale. Comme le Roi a la 
pleine collation des bencfices vacans cn regale , les r6ga- 
liftes , en vertu des feulcs Lettres du Roi , fe mettoient en 
ponellion , non-rculemeni des Gmples prebendes , mais de 
la iheologale , de la pinicencerie , des dignit^s meme des 
chapiires , ayant juridiAion ou charge d'ames , comme les 
archidiacones & les doyennes. II etoit diiGcile de cpmprea- 
drc comment le Roi pouvoit leur donner la miffion & Tau- 
torit^ rpirituelle , & toutefois on en avoit toujours ainlj 
ufe , m«me du lemps de S. Louis. Par la Declaration de 
1683, le Roi veut.que ccuxqu'il aura pourvus de beni- 
fices,auKqueIse(lannex6e quelque juridiSion ou fonSioil 
(piriiuelle , fc prefentent aux Vicaires generaux du Chapi- 
tre , ou a TEvcquc , fi le fiegc eft deja rempli , pour ob- 
tcnir !'approbation & la miHion canonique/, & qu'il y ait 
libcne de les refufer , fi par rexamen ils font trouves in- 
capables ou indignes, Le Roi declare encore, qu'il ne pre- 
tend , en vertu de la regale , exercer le droii de rSveque , 
quccomme r£v^quelui-memel'exerceroit,&noncomme 
on pourroit pr^tendre qu'il autoit du Texercer ; mais fui- 
vre exaflemcni les ufages de chaque Eglife . quani au par- 
tage des collationsde benefices , enire TEveque & le Cha- 
pitre. SurceiieDecIaration,Ie Clergcaconfemique la re- 
galc ainri r^duite , £'etendlt par-tout le royaume. On ex- 
cepte feulement les eveches qui en oni acquis rexcmptioa 
k liire onereux ,c'ell-a-dirc qui ont donne au Roi des do- 
maincs ou d'autres bicns , pour fe racheier de ce droit /. 
La rcgalc nc finit que quand TEvi^que obtieni main-Ievie 
a Ij Chambre des Compies , en y faifant enregiftrer foo 
ferment dc ttdellie ; & 11 faut faire fignificr les Letires 69 
jnain-levee aux Ofiiciers du Roi fur les lieux. 

Nous avons parle du droit de nomination aus e\'ecbif 



/ Ctn ce <]uc 1'on ippelle auOi rinfliiuiiva auurifihU. 

I Mili il y a bicn pcu tt ccl eiemptioni qui Caitni certiinet. Plu- 
£cuTi E|;lilet qui piiJiendoicni les aioit icquifeii lilrc tii'jici'x cn onl 
i\t AicUtit\ d^chuet. commc 1« Eglifti d*Auxcrre Si Amieni, par 
An Aiik:iin6i^ti.en6n, f e^i( k Ti*M d( Dnyiu , 4»Qco<- 
#(«, Tewi, U, feg. ttl, 




L 



194 IHSTITUTION 

H^ ft m A hiy cs , qD*a le Roi co vem da Corcordtt. VoS^ 
flbXfllL dboc toucef les perfonoes qui , fiiivafxt Tulage prefem , peir 
▼em doooer droic a uo beaehce. 

CHAPITRE XIX. 

Des Capadsis refmifu pour Us Beaifices tu 

E beoefice ne doit etre confere qu^a uoe peribooe ca« 
pable : & fi Ton confideroic principalement Toffice , 
pour lequel le revenu eft donne , il fercit fiidle de con- 
oottre quelle capacite eft neceflaire , apr^ ce qui a eti dit 
dans la premiire parue : mais depuis que la difpofidon des 
benefices eft devenue matiere de proc^ , on a reduit les 
capacices aux qualites excerieures , qui peuvent fiicilement 
C. eam eam^ fg prouver devant les Juges. Premi^rement , il faut ecre 

*^^ ^^' feculier ou r^gulier , felon la qualice du benefice. Les r^- 
C. emm de guliers , cfuoique Clercs , & meme Pretres , ne peuvent 

hen^. 5. de pofieder les b^nefices feculiers , fi ce n'eft les iveches , qui 

^ ' '" les cirenc de leur ecac , a caufe de Teminence du Sacerdoce 
parfiic. Les feculiers, quoique Clercs ou Precres , ne peu- 
venc pofleder les benefices r^guliers x , qui dans leur ori« 
^ne n'ecoient que des offices monaftiques. Non-feulement 
il iaut etre regulier , mais du meme Ordre , & encore du 
m^me Monaft^re , s'il n*eft point uni avcc d*aucres en corps 
de Congregacion. Mais il y a des excepcions k ces deux re- 
gles ; car on donne des provifions k celui qui cemoigne dd- 
firer de faire profeffiony , pourvu qu'il la fafle dans Tan ; 
& on peuc cransferer d*un Ordre ou d*un Monaft^re k Tau- 
tre. Pour la cranftacion , il fauc ^ le confentement de toutes 
Tme, Trid. les parcies intereflees , du Religieux , du Monsftere qu*il 

ftff, XIV. c, quicce, & de celui oii il encre. Le Concile deTrente fem- 

*°* '*' ble approuver ces difpenfes. 

■ ■■ ■ ■ 

II On peut voir fur cctte matiere le Trait^ de Vitat det Ecclifiaftiques 
& de lcur capaeite pour les Ordres & Binijiccs , par M. du Perray, 

X lls ne peuvent les polT^der en titre, mait i!s peuvent les tenir en 
fommende. 

y Ceft cc que Von appelle en Hylc de Cour de Rome de$ provifions , 
pro cupiente profitcri, 

l 11 n'y a que le Hapc qui puifle transferer un Rcligieux d\in Ordre k 
tin autre, dontla re^Ie cA moios luilere. D'H^ricourC« Lois Ecci^ 
t)t. de t^ trar,flation a'Ordre, 



i 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. jjj' 
Ily a<lesben^ncesrjcerdk)taux,c'e(l-3-direqiiinepeu- pj^||,i^s tL 
Tent vtrc confer^s qu'a des Prctres ; les uns , par la loi , Chm. XIX. 

les amrcs , par b fondati on. A Tegard de ccs derniers , qui 

foni lcs chapelles faccrdotaies &: lcs auircs b^n^fices fem- 

blai)!cs , on obferve a la leiire ta loi pariiculiere de la 

fondation , & on ne pcui les conferer qu'a celui qui elt 

deja Prette. Les bineficesfacerdotaux^parla loi gcn^rale, 

font lcs cures , les doycnnes , lcs prieures ou abbayes eti 

ti^le a, & iesauireslenibbbles : pour ceux-]l,il rufiit que 

celui qui en ed pourvu , foit ordonn^ Pr€tre dam I'an de 

la paifible pofletlion. A Tegard des auit es binffices , comme C, t.dtmtat, 

ks prebendes , lcs chapelles , ou pricures funplcs , & les * vl-pf»- 

commendes , il fdut fuivrc Tufage , fuivant lequel il y en a ^* p,^,^ 

qui oe fe donnent qu'a ceux qui font dans les Ordres la- j. «^ 

cres , <l'3utres a de fimples Clercs ; cs qui fait qu'il y a 

tant de Clercs qui demeurent fimples tonfur^ ou fous-dia- 

cres. Tous les Ordres , & mgme la tonfure , doivent itre 

prouves par letires ^ , & on ne pr^fume point que ron a 

p3ir<6 par rOrdre inf^rieur , pour arriver au fuperieur ; il 

faut les prouver tous , & montrer que Toa n'a point itt 

fTOmu pcr fallull. 

De cetie regle fuit celle de Tdge , fuivant ce qut a iti 
marqui dans la primiin panit , touchant les ordinatioiu : 
il faut avoir 1 5 ans pour les benefices facerdotaux , 1 1 ati* 
pour ceux qui obligent d'etre in faerit , & 1 6 pour lcs b^ 
nefices r^guliers , puifque c'e(1 \'i%t oii on peut faire pro- 
fcflion. Pourjes benefices i (implc tonfure , la rigle n'eft Cone. Tridj 
pas fi certaine. Suivant le Concile deTreme,onnepour-/'/- "kih. 
roii en obtenir aucun avant 1 4 ans , qui ell Tlge ou , felon c' laiUeer 
le Droit romain , on fon de tutelle. En France , on fuit j. Jt «i. fr 
une ancienne rigle de chaticellerie romaine , fuivant la- J""'' /"*J^« 
quelle on demande 1 1 ans pour les pr^bendes des Cathi- f'iit^ ' "^ 
drales : 10 anspour lcsCoJE^gialcsc; &pour lcspri^uris 
funples , & lcs ^mples chapellcs , on fe contente queique- 

a On ippallc Abbayci & Ptidic^i M riglt , ceui ()ui font tonUiit 
en litre i dti Rtj-ulitrj , if non pas mn commcodc 1 in SicaMttt. 

t Voy» rOrdonneiui <9e 1&67, tii. 10, tru IJ , & U Oidatttitn 
du9 Avlll 1716, jrl.Ji &/»/». 

I Au gtana ConfcilBn )uEe qD'il ruflit d'«voic (•plcnt pour poffjdcr 
Dne Prtbindc itot unc l^glilc CDllcgiatc . nuit *u Pa.-trmctii cn iug* 
^uil {>ii( dix ua. Vtytx lc Rt<, it UriffnU. Cwm. de U Conbc , ao 



: V ? T : T V T I O N 



p.' T 1.1 -sr' 



- :~i'C-..r-=* TJ. :■— erc — .srqjcss , en par- 
.■i'? . >.'-!: auil :.£» ^:'~iii.:ss :Lusb:::e£:es. Oa 

.:t^r>u:"!^r i» ^^cTI^ : ^sjx qj; icat n:'jti'eS( 
,>i.T ji :i;-r., j: iiiri.irt; , i» iiKniei ; ceux qui 

r-Ti-i . :k ptrzz.z-t i li jr.z-n oe que!qu'un, 
• r.-^~:-:- . ^^1 r_; ■/:<:: c'-£r2?i cie denes. 

. . ■ . ,-- —-rrisr :'_:..» . ?:i,r ;e:'qje!s on pcut 

, ■-':■.. :>. oi-i :r.r»i* t.--!i:";~iViq'Jes , qui 

-■'T ;. i-iiT-iiiizt L ~vr-!ir:i; de i'ig:;o- 

. :-.r. ..--■■r-i::. t.-- .i :i::-: cs» di^;res que 

■ :■ j .—1 '. -. ■ ;.- ' -.s . ;■: ::: c:re cap:ible de 
,■:■...■- : .■ . .-:.■.* -.; ^:^_r i:ie ::o3imc a uti 

,- .— : "■: -^ .: : . —:ii^'.i j:i Theolojie , 
.-■ ■. :- ^.::-:.T-i i -^■■■.r.:::; c-redansune 
;: r.-r.': . . r*.: i~; ^L.~na-im,ou avoir 
\:i i: r:-.:. .•^■tf . ^.ir I>r:::,i%ec quelque 
-.■s . .:-.- :<;r.i^:t;^rt --i f:_; ^:.t.: ce di:gres: 

: . .- :■; ::•. • i.': 7:J .^.Tir ;'i\inii[3er tous 

; :•- ;; ^- :::r.T .-. rm2;;asm v.l/j/": 

■ ■ ■ - ;i ..* ::i_iir . i .i lii ::Mveninotoi- 



:..-:. .r?> iii 



:.~ences. Le 
sux moin- 



AU DROIT ECCUSIASTIQUE. j9? 

drcs Ordres , empeche la collation dcs binefiees , merae pj,„^„ |». 
a fimpie tonfUre i parce qiie Ton a trouvc que les Clercs CvAt. XIX* 
maries diflipoient lei biens il'EgUfe. Par la m^me raifon , caf, divtri. 
le tils , quoiquc legitime > ne peut fuccMer au bencfice de f • de tUrU. 
fon pere ; de peur que ce ne foii un pr^teste de rendre les ""'"S- 
benericcs hereditaircs. Un etrangcr , qui n"entend pas la j,'j{;. p,^, 
languc du pays « ne peut y tenir un b6n6fice i charge d'a- Rtg.to. Cta- 
mev: ce que les Ordonnanccs de France ont etendu k rou- "''■ .'""^^ 
tes fortes d'etrangers, pout toutes (bnes de btineficcsl |^,,. * 
, ^, .^ UI«it, i^ 

CHAPITRE XX. 

Dis Rijignantns. Dei Devolutt. 

LE binifice nc peut etre confiiri^ , qu'il ne foit vacant A. 
U y a trois gcnres de vacance , par mort , parrefigna- 
tion , & par devolut : car les benelices fonc confercs pour 
toute la vie, & le titulsire ne peut en etre privi malgrS 
lui, que pour un crimc ; maisil peutrefigncr,c'eft-a-dire Thamaff.f; 
renoncer volontairement entre les mains du CoUateur * 
& le Collateur de fon cdt6 peut admettre la refignatioa 
ou la refiifer , & forcer le b^ni6cier k dcmeurer dans U 
fonfiion, s'il le juge utile k TEglife : tout cela fuivant les ^"^- *• * 
anctennes rigles. Un ben^ficier ayant rifigne Cmplemcnt , 
peui ^ire pourvu par le Collateur d'un autre b^nefice ; & 
b deux refignent en mime temps , il pcut transferer run 
au benefice dc Tautrc ; & c'cft le fonderacnt des permuia. 
lions. kllesnedoiventavoirpourbutqueruiiI)i6der£gIife.'C. ^a^fit. f; 
quand TEveque voit, par exemple, qu'un Cure riuflira ^nnimptf 
ffiieux dans une autre paroiffe. hes particuliers ne doivent """' 
pointyavoir de part ,& les pa^ons <pi'ils feroient de leur 
autoriie pour permuter i , fcroient fimoniaques : mais les ' *^' '* 

poit* qu« , G Ton ne trou»e pu affei de Cterci »i*iin Atm ]r tC.iHt 



c Minil\et 






donnci tei Ocdrct i <!«t Clicci miciii . pourcu qu"ili n_ ^ 

biginiei,S(qu'ilipoctentlatonfucF,>!<l')ubi' KccUf»n>Quri VE^WCti 
maii pceltnlemcnt picmt nou( , on nt ijonne pti» let Otdtts Mineuti , 
ni mcme li looCuc* i dei gcni aclueJcmeiit miii^i. 

h Dc (jit ou de dioil. 

/ Li )>«cmuIa(ion ed l'i!chinM rf'un Bi!^*llce cjntc* un sDtre. 
L'ufige dei permulition! picoit i ctcc imroduii il.ini le ilauEicme drcle^ 
c«teUe(ruientcand«flui!u»uCericiJ«teDuiTouii,louiAteuad!cIll, 



fjf *y «***»» jVj^^ I 



INSTITUTION 

[Tss c-x ibansm que le Pape pouvoit dif- 
.'rec£ oe iuDome, qin n*eft que de Droic 
Sur «X tOQckiDeac , ks Papes ont ddmisles 
« !>c::-:V^oert de peroiuter , mais de re&gner en 
clre a ccadiiicn que le benefice foit confere 
peribcae , fans quoi la refignation (eroit 
C<£. r? =V 2 pss desx cess ans que cet ufage s>ft biea 
raSi ; Biis il ett devesu fi firequent , que le peuple re- 
^rri; ies r^=>e&ces ccsae un patriicoine , que Ton donoe 
£ c:;;: rcc vesB « & cu ks paress ost plus de droit que les 
a.rTes L 

CsM fadTite ce rei^er a tait chercher les moyens de 
frrreca- tt vaczace psr la mort, aurant quli feroit po£S« 
biie. Ar^ , q^jfccoque fe voyoit maiade , ne manquoit pas 
Ckc rs^r^er a^T?: ee aourir, & fouvent a rexcremice. C*eft 
fccr pKvenk- cette trauie , qu*a ete £ute la regle de Chan- 




' '" ceZ«ene rvKsaiae ir ir^nus L Elle porte , que fi un malade 

a riEC£pe, & ed decewedins les vingt jours, ia provifion 

fear cece rc%s2:lon etl nulle , & le benefice repute vacant 

t<9> psr i»^r^ Mrs il ei^ de tlyledederoger a cetter^le, & elle 

J^ J* ^* ae s^cftiwve p:i» en France : toutefois il eft toujours de- 

^ &oiadecexrlaicond*unbeoeficier,&degarderlecorps| 

& cste garde ed coocamnee & traitee commeun crime m 



«« : :*^ , ^:«: !e y j gi a a ei Capoa porre • £rifiomem pr^hemdarmm mmt 
^^fm.^^*M 7tFJtfrz,M,cm ftrz f^ktmus, Lcs tranuiitioas des B^a^* 
KXTi ^.c > fJM Vrxcxs 111 , \mx U hn da douiieine fiede , ecriTae 
^«c >» £iec:^ ^c^raect tVre pour rutilite d« TEglife, fembtent 

lofljtiom 




pennutation. 
dcs per* 
«tjr»:-cc.« c:ctc ca*krcKe;u etablie. 

\. y^^^xSt:z. ce^ u pu.iTe fe gUffer de rabus » rintention de TE- 
^Uc .*.'e?l s^u ce !es tttrdrrier : mais t1 y a daot les meilleures choret 
«r< w:or»ezcr< ^-crcnns pejt ni prCToir ni einpecber. On laiffe 
C5*i i *i ccr.Vc.erce re csjx <jui foat de te';e$ r^ftgaat'on$ , c*eft i 
c*^\ a >*f\4C*rer Ii^c^uas Urupuieufement , & t voir s*ils les font par 
dc> Tues rifn Ufciti-nes. 

• 0:a lonwntjni 'c mot Re^^^Msihas : on l*appeUe indifffrcmment 
rcj>> ce v.^;-::: cuhi.s , jiu dc infrnis rcfienantihas. On pretend 
rcar.rx^ini >:ue la rci^le de riiimi dichus ne faifott aucune mentton da 
rcca: ^e \\ fartc , ou a&;u<Di:e du relisinant ; mais que dansla fuite Bo- 
Ki**jce Vlil y a*oj:i ces mots ia infrmiiaie confiitutms ^ ce qui 6c 
ccnr.f r a ce::e rc^ie le nom de re^ile de infirmis rejignanribus j quoi 
q;r's. en u^t , cn contoT^d enfembie ces deux regles. Voyt^ le traitd 
de r^ -xz.^ & faticM de cow de Rome par Caftel. 

m /V%x(I« diil^rMii^ dm Roi, du 9 FdYrict i6y7» 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUf jf? 

Uti auire moyen d'emp&:her la vacanee par mort , lans p^„,, j^ 
quiiter fon benetice , ctoit <Je refigner & faire eipedier des cbap. XX, 
provifions ; mais a la charge que le refignataire tiendroit le 
toLit fecrec , jufqu^a la mori du refignani. Cefl a quoi a re- 
inediela regle Jt puilicandii n, quiporte,que la rtfignation 
e^ Ibns effet, fi le refignatairc ne Va publiee, & n'a prit 
polTetlion dars les fix mois, s'il eft pourvu en Cour de Ro- 
me ; & dans ic mois , s'il cft pourvu par l'Ordinaire ; au- , 

tremeni lc benefice eft ccnle vacam par mori, le r^fignant 
iiant decede en poirciTion, Mais fi te rcfignant vii encore jttg. }i^ 
aprcs les fix mois, le relignacaire peiit toujours Ib depoflit- P<"<' Ut. 
der,pourvu qu'il n'attende p3S plus de troisans; car apris 
ceterme,lc tefienant feroii cenle avoir acquisun nouveau 
litrc enveriu du Decret dt pjcificu o. 

Dans les derniers tcmps , on a regarde la perfonnc' ^u 
reGgnant comme fdvorable , & on n'a pas voulu qu'il fut ' ^^ 
aife de te dipouiller. De-li font venucs ces maximes, que la 
procurjiion pour ripgiur doit etrt pardtviuil Molairt, &'fpicialt: 
que Iti impuhirei in font i/Kapjbiei : queyT /« rifignation n't^ 
fitiudatu CM,liiprocttriuioneflnulle, parcequ'onla pr^rume 
r^oquee : (^\x'cllepeut eirc rivaquet tant qut Iti chofiifont tti' 
liirei. On a aulTi auiorifc ic rcgr^s, c'eft-^-dire , la demande 
pour renirer dans un beneiicerefigne, cn trois cas : Ic pre- tetut,B. t(] 
niier,de convalcfcence : comme (i celui qui refigne, etant LeFrti.taa^ 
dangereufemcm malade , re rifignoit que par !a crainte de '• *** '** 
la mort, & avec une condiiion tacite de rentrer. Le fecond 
cas eft la minorii^ ^ : ficelui qui eft au delTous de 15 ans, 
I eti feduit pour refigner , conire le gri de fon pite ou de 
ibniuteur. Le troiC^me eft, le d^faut d'accompliflement 
de quelque condition de la refignaiion ; enforte, qu'clle 
femble eire mife au rang des conttats ordinaires. Le Con- j-,^ nxvl 
dledcTreoie adefendutouslcsregr^sj, fous quelque pri- iE><> 7> 



n On rout-(nt«nd rtfigitatloiiHai. 

CtS le iizrtt ii pdcifiii pnffifforibiu du Concile it Bilc , ilont 
lei P*p(f oni tiii fitC^un laot i muc U rtgli di irUnntli foffiffort , 

JLti ert en uU%t «n Funce , non corame unr rigle At U Chinctllcti* 
omtitit . mai( ccmm* un d^ciei du ConcUe de Uilc . rcfu pir U 
PrafiTnaique-rinfllun, (t confumi pir le «oncordii. VSyti 1e trilii 
deRebufTf, & liglor«dcli Prigmilique, lii. ii ptcifeh poffiffor. 

r Ccci ell une eicepdon i U iniiime , que tti binifeitn mimtan 
/•■r rifi^ii, mjjuri fnur lii Jreiii ii liur tUifiti. 

f NeiamoiAt, comne l«Co[iciledcT[ei)leB*tllp«t tejucnFtuiC** 



AtJ DROIT ECCL45TASTIQUE. ^oi' ^^^ 
bo par fioiple d^miffion / Quoique )a ciure du devolut foit p^ny,, n. 
deceilesqui fontvaquer lebcnMce de plein droit, le tini- cbap.xX* 
laire peut toujoure refigner , jufqu^Ji ceque le d^volutaire 
air pini , c^efl-a-dire qu'il iui aii tait fignificr U prife de pof- 
feflion. On fe comente que l'Eglife foit purgee du poiTelieur g^ Intu 
hidigne.de quelque mani^re que ce foit : d'ailleurs , le per- b. to. 
fonnage du divolunire eft odieux t ; parce que Ton fait qu'il 
eA plus fouvent cxcire par inter^ , que par z^le de la difci* 
pline. Ceft pour cette raifon qu'on 1'oblige i faire exprimer £j_ ,5.^; 
dans fes provifions la caufe paniculiere de d^volui ; i pren- 
Are pofleSon dans Tan ; i intenier adion dans les trois moii q^_ ^, g^^ 
apres ; a bailler caution d^ renrree ; & ^ ne sUmmifcer eft 
h jouiflance du ben^lice , qu'cn vertu de fenience. "^ 

CHAPITRE XXL 

I)€ ia firme dts Provi^ons u, 

LA forme des provifion« eft , en general , une Lettre^ 
Paiente x du Cotlatelir, par laquelle il dMare , qull 
conCire i un lel , un tel benefice, vacant de telle nuniire. 



/ Li niron tH , qot dut ct ot it n'j a rUn k iniputfT lu Cotli- 
tvui. On nc ptut pii lui rcpiochti quM * pouiTU unc ptifonne iu- 

dlgnc , puir^uc 1e paurTU ^iuit capiblc lorCi)u'il lui ■ ijonn^ ilc> pio- 
▼itioni ; & cc n'cn p» ca cc cii *ii1cr , ijc 't pirt du ColUlcui, 



rt dc nomiiVei unc lutte peifcnnc lu b^n^tice 
iix tat djroiut : puifqua riocipicltt (]ul rend le Denetice ticipi, 
11'tA (utfenuf quc dcpuit 1<1 prcmliitl piovifioni, que le Lo'Jifcu( 



■10 it donn^i 

t Q>ioii]u< 1« plupitl dei Cinoniftci titnt icnu le mhne langagc , il 
piroii ccp*n<ttni iiop foil dt tiiilcr <)'odi*uX un drail qut rt|lif4 
autoiift. Cii fi lc d^ToIui ^ioil unc coic oditufe par ettc-infait , il 
n< (ludroil pii ridincnic. II Fiui dbnc dire ^ue l< d^tolul trt luloti.' 
(« . & mbnc que rE^lift T* fiii paur le bitn dc l'tglire. Miii conina 
(llc I ciiini qut lei MvDlutiitei nt pillTenl ctttc loie , pliitot pir det 
vuci il'inljrti pirfonntl , quc pir dci *uei d< itle pour li puici^ d* 
ti difcipline, on « iftieiDl lei d^KOluuiici k ceiiiloci Condilioni SC 
formtlll^i. 

u Lc mot proTiftoni Tient du litln fnvHtrt , <{ui lignilic pourroir 
k quel<]uc chofc. Li Cottiteui poutTuii lui befoini dc rF.glire *a- 
cliiK , <n lui donoint de> Minlltrci. II jiautViiil auiri un EbtUfiiitl- 
ttuc d'un bjn^iict , cn lui donnart un iitre qui 1'..uio(irt * dcirciTtt 
utie tcltc £glifc, Ct 1 f< m<ttte <a pcRiHton de ccite tgltfe , St du 
vtnnu qui 7 cRatiach^. ^ 

M L< i<ini*daL<un-P<ifiU(, d< f* prtoA pii ici dini It nEn* 
Tom it, C c 



4o£ I N $ T I T C T I N 



P ARTiB u. f;ii^ ^ft ^dreflee , ou a celui m we qui eft pourvu , oua cenx 
' qui doivent le recevoir , ou le mettre eo poffeffion. Si la 
coUation eft iibre y , le Coliateur ordinaire eA toujours 
cenfe conferer de fon propre mouvemeot {, par la connoiC- 
f^nce qu^il a du merite de la perfoAue qu*il cboidt : & onne 
fait mf ntion d*aucutie demand^ » qui lui ait ete fgtite par le 
pouryu, ou par quelqu*auu:e pour lui ; p^rce que cette ex- 
preffion ftproit contraire a la difcipline , dont on veut au 
moins fauver les apparences. Sji la coUation eft forc^ic, par la 
npminaticn d*un Patron»oupar ledroitd*un gradue,il le 
faut exprimer : mais on fuppofe que TQrdinaire a fuffifam- 
ment examini la perfonne , avant de lui conferer le ben^fice. 
Le Pape doone auffi des provifions en la meme forme , 
comme donn^esde fon propre mouveme(^t. Maisilendon- 
ne d*autres fur la riqi^ioa de la partie, oii Toa ne feinc 
point d*exprimer 4u*iHraemandiun tel binifice , & que le 
Papele luia accorde ^. II y a grande diffirence entre ces 
deuxfortesde provifions. Celles qui font accordtes fur une 
fuppi>que , y font rekui ves : le Pape n'accorde que ce qui eft 
demandi , & aux m^mes conditions tout au plus : il £iut 
donc y exprimer le genre de vacance & toutes les Ohftan^ 






fens <{u*on 1e prend es termes d'Ordonnances 6t de Chancell^rie. H 
iignifie feuIeRient ici , une Ltttrt non clofe , parce que la provifion eft 
i\xi. un papier cn parchemin , en placard • non clos nt plU. 

' y On entend par Collation lihre , celle oi^ le Collateur a le choix 
du pourvu. 

' t La claufe Proprio motu fe r^firc 4 raocienne difcipllne de !'£- 
glife , ou • fuivant la puret^ des Canons qui ^toient obfcrv^s ponducl- 
l^ment , il n'£toit pas permis de folliciter les b^n^iices. On iioit 
alors fouvent oblige de torcer les EccMnadif ues de remplir certaioes 
pla^es « m£me det ^vftch^s , lefqucls n*£toient point alors regardes 
comme unb^n^fice , c'cft*i-dire corome une pUce utile , mais conme 
un fardeau p^nible, tel qu'il eft en cfTet pour ceux qui remplifleat 
bien tous les devoirs d*une telle place. On demandoit m^roe 4 ceux 
qui ^toient ^Ius « vis epifcopari ? ils r^pondoient Nolo. 

a La ColliUionforcde eft celle o^ le ColIateur[n'afpas le choix dupour-^ 
vu ; comme quand il confire 4 celui qui lui a 6t6 pr^fent^ par un 
patron , ou i un gradu^, oulun indultaire» ou i ud br^vetaite de 
joyeux av^nement ou de ferroent de fid^Ut^. 

b Telles font toutes les provilions appel^es fgnatures de Cour it 
Rome , qui commenpent par ces mots ; BeatiJJime Pater , fuppUcae 
hkmilittr devotus illius orator N . . . . au bas de taquclle fuPpliquc « il 
y a , Conceffum ut pttitur^ quand les proviiions font exp^di^es par le 
pr^fet de la fienature ; & fiat ut puitur, quand eltcs font espedi^cs 
par le Pape meme. Cette derniere formule efl ufit^e lorfquc le Pape 
•ccorde quelque griice ou difpenfe. £n France» on oe donnc eucufie 
pr^f^rencc an Fiat fur le Concejfum* 



AU DROIT ECCL£SIASTIQUE. '40) 

tn t , comme fi rimpctrani a deji quelque autre benM^ ; - 
autreme(ii,on)u^croitqu'il yauroit de la rubreption. Au CKAr. \x'u 
comraire . Ics provtfions donnees par le propre mouve- Caf.fi ■»>■ 
mcntdu Pape J, n'ont bclbin daucune deces exprellions; f- ''. ''^ 
parcc qucPony fuppofe. que IcPjpc aeti pleinement in- '"' * '" 
forme de retat de U perlbn^e & du benelice 1 & de tout ce 
qui eut pu le demouvoir d'accorder la grice ; & que tout 
bien confidere , il Ta voulu f:iire touie eniiire. Cependant. 
comme il ncioit quc trop notoire en France , que le P<ipe 
sccordott rouvcRt cetprovifions, avec aufli peu dc con- 
noiflance de caufe que lcs auires , & que la claufe moit 
proprio , n'ctoit quc de Ayle ; nous Tavons eniiir«:ment re- 
jetie, &nousn'admettonsqueIe5 provifions accordeeifur 
uncfupplique, quifoni au moins aftrcimesicertaines rL-g!e<. 
Depuis que Ics provifions du Pape fe font rendues fr^- 
quemes, parles refignationsen favcur, Ics penfions & la 
preveniion en tout genre de vacance, on a trouvi que Ie« 
Bulles eipedices en parchemin, & fce1I6csenpIo<nb,itoient 
detropgrands fraispourlespetiisbinefices; ficonaitabli 
l'ufage de prcndre potrefEon fur lei fimples fignaiures, qui 
font comme la minutej des bullcs e. Lcs Bulles (bnt demeu- 
rte pour les eveches , les abbayes , & les autres ben^nccs 
qui rendent chef de quelque corps EccleriaHIque, non qu'el- 
lei foient neccCTaires, mais parce que les Ofliclers de Cour 
de Rome n'en expedient point de provifion en autre for- 
mef; & comme la fignaiure comprend tout ce qu'il y a 
d^eiTeniiel meme dans les Bulles , il futlira d'cn cipliquer id 
la forme. La fignature de Cour de Romc g e(t une requitc 





, qui «a ci-aptti dia» c* mlmi 


Ch.pi.rr. 




d \i y t dfi ptoiifioni ou (ignilui 


ei rfe Cout de Romc , qui , quoi- 


qu'*u bj< d'unt fuppliqur. contirnr 


ent li clj.ife , fti motm fnprio : 


Iii»i.enFrinceonn'i poini ifjicd i c 


(iformutei. 


( Une jiitre dllTdrence ou'il y i mt 


re 1*1 rimpkif iniiure) ou pcoW- 


fioni de Cour dc Roint . « 1« ball« 


, eEl que dini !■• pitniitrM , tout 


fi'«ft fcrJDque pir ibcfTijtioni, lu 


lieu.|ue dini lci bullei, ihiiu* 



1 j iatn fteaduei i 
f On eipjdie lu?' .^ei biillei pouc cccuini bfndticei qui ntfuni pH 

«onfinarliux, cimim« Iti ■bbiyei de RcUgiturei, in prieurji cun- 

ftmacU , lei prtmierei disn.-^t dci L)(lilei Cnihf dcileiuu Cull^ ji..l<i. 
Toutei lcj pToTifioni dei b<n<Gcei rict iroii tiUMt , Meti , Toul 

Sc Verdun , ('eip^dieni de mdnr ) Rome pii bu1)*i. 
f Cei li<;nitiim ou piOTiliMn fant cn Ftpitr, lu licu %vt t*i VJin 

toMta puchcBUii. 

Ccij 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQUE. 40J 

'dont chacun vaut environ cent fous d« notre moonoie* 8c p^„T,, jt, 
on n'en fait poinr il'3Utre expreflion. CmAr. XXI. 

Au bas de la fupplique ell la reponfe, qui s'appelle pro- 
preroent la fignaturt , & confiHe en ces mots : Conctjfum ui 
peiiiur in pra/eniia Domini nofirt Papit , qui font de U main 
ia Prilat qui prefide i la (Ignature n ; & cela pour les ma* 
li^res courantes. Les grices eitraordinairet Ibnt fign^ en 
ces mots , Fiiu ui peiiiur , ou moiu proprio , que le Pape ecrit 
de fa propre main , avec la preini^re lettre de fon nom de 
bapteme. Enfuiie on met plufieurs claufes , qui , la plupart 
ne font que de Ayle , pour deroger auz r^es du drwt 
commun , qui pourroient emp^cher la grice n. 

La plus con&d^rablc de ces daufes ell la commiiion que 
le Pape donne i TEvlque diocefain , de £iire ezccuter la 
conceflion ; a quoi on ajoute d'ordinaire la condiiion , li 
Torateur , c*efl-^-dire rimpitrant , en ell jugi digne. Par- 
la , on pr^end rem^ier i rinconvinient qu'il y a d'accor- 
der a Rome les gr^cec ik tous ccux qui les demandent y 
qiioiqu'abfens & inconnus ; & c'ell ce que Ton appelle des 
provifioni in forma dignum o. Mais fi rimp^trant a envoyi 
\ Rome une attedation de vie & de moeurs de fon Eve- Ori. 1619; 
que , on lui donnc des proviflons cnforme gracuufep , c'eft- *'i5f*,^t 
i-dtre pour iire re^ fans ezamfn ; excepti pour les cures , 



inC'c{lctlui(|u*on ipprllf Prifu it la figimitn. 

n Voyt\ Itfiylt Ai graad Can/tilfit Uucrgt, ibni lcqutire troo» 
Tcnl pluGeuri forouldd* cci ri^nitucri , av» rciplicitioa dcl ibtj- 
viitioni. On pcut voir luIE fur lc mdnr fuiet le trtitt de ''■/V< i" 
frtii^ut dt Ctar Jt Kamt , dtPiril Ciftel, eini lcqucl il jr ■ f ulli dt« 
fetiBulc>dec«>Ggni(uT«t, ■«ee dei eiplicttionf , tinl dani 1> TciM 
ilc l'Oa«raEt , que dantlM Nolci. 

o EUei loni ainfi ippcttti , pitce qu« ceiic rormc i iti lit^i* p4r on* 
Bulle qui camnicnce pir cet mou , Difniim trhitrtmur , & en conU* 
sucac* deliqutllcon metiu bu dei piovifiuni . CsiuKiiiiiir OrJmari» 
M furmt Jigaim. Oo mct qoelquefjit . i- fmaa diftem «iiiijBa , c« 
quicHliffllmcchafe. II y cn * <)'iulrct oii Ton mct. iajanaa digaam 
nvi^ima : cc fonl dei B^n^licci fujcii aux rf feriei Apolfeliquc ' " 



1(1 profifioni dafqucLi lc Pipelimitele l«rmadetieatciovTtaux Con- 
fnilriireipDurl'ciecutiondcceiR[0*iIioni, pilKlcqucl icBst TOrdi- 
naiic le plui Toilin feroit ccnf^ ii\i%al ei^culcur , >u refui dt COrdi- 
niire niturcl. En Fiincc. relFei d( cei dcui cliufci cfl lc ntmc , & f« 
r^duit •upouTairquirOidinairedeptcndte connoijlinct <t 1i cipi- 
tai <lc( pourvui. V'yt\ le Tr. dt Cafagi <■ fraiifai dt Caar dt Aoai( , 
^cCaStl, tom.i , saf. 401. 

p ln farma fraiiof*. £I1h contiennentUcliur«, QaaHiSui truor 
Hffim—ia OnUi^ni fni 4t riit , ■witM , ideiuiiaii , tammtadattn 
CC iij 






'• If 
•VI 



'/•»iif iii .:*•* ••• .1 i(yrianir:? ir .i r.ii -^rr.z j j. t:i:i 
fUi '>!ii5.''.ui.ii.'^ ; . .-.iin ..-i^ ■» •■.ir Uk; ; ::.:r::r-r? ;r . :- 
r>»rfi«*.^ iiKi^ ui Mir 'lu* f .lie I . :j 2:jm:k:. . si ■.— -irtr 
'Ui r :!•• ? ". .ii.-r:.'.r :ir .rrvc . t.;me .:vnr:r:j ^r:- 
.'»...■.■ !,-5 .•.•.-ir.i^ji-; *.r ..• ;.;t.j :t :ii .rr.nfli: ..nDorrancc 

.•.■.■-.'•-;: 4 -:uAari .;r .^ :r.":: .i. i i '■".cc :2 :ri:vcnir 

j''-:-...«iri- ...» ,,-vt,e9e k**; /t.;::,.!S i : :[):nT .-iii iUZC 

-»r,.h^r5 i«-..)ri'u? .?n ' ..-.nii;:. .:."':: .ir ^ luil^is oni 

'i,i','. ; '.. .'.!„- -:i ''.T-.iii^ftTri?. 1 roir aie a iirs ^ .ccomc 

■•r..'.ri* iir ' ir.iflf .^ :ir:r .nnrr sr.-int iiules . i lu our :2 
■• '.'■• .1 .n" / • .jr*'/. :c roa:s^ v.iir •'aira r.'.e :•-! :iii ni 

■v .r i ■ * "«.niKi j.'Lnc.: iii ?'icc Q^i.^.imic .' :n .at ansKir 
* .-?».• ■■•.■?> , .r-^-ir-*^ .tir.n^ ierr.nr nu.les . ^ i iit irnuv^ 
'i-ir ." .t» iif ..ur prtvr.r .lc :r.urr»ir ivirir a •^'■scsncs . J3 

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j • , j .••f ^ . -..11 .f, ■_ -r.,r.f iyr"« « «'fTr.^f <l« .j ii-.^na*urii la .»-!.-.•. 3a 
! .11 /:.,.•% iiii .' -tr-iil «..«I ir f% •* ir ir.r/*^ ^«r mr;r? fScs 3.iy : i ..::cui';nc:! , 
»•.••1 ',-. '.iiift'.:<tc iL / 4 .iii fi h.i^f 4p>;f.it 0<r ofcrru.fi. l.a o^n.ic; j.titf unw» 
» '.i ... ...Ij ir.iir« «f^ .r«t?riirp '»•? fr,mn:4i!'e& ta :.-.r.:-.r:u uia iun— 

ii>. iiin . M' ni,.>.r'.inr«t . I.^rf i *'#!>*. ('inr (>ori£e;pc>ur err? ^^r.e.» s.ir e 
' ...« . ' ^'tnn*\ iktr <*<« I iiini4:'* '«*i (*^rr.tir tt^ pr«l''{ue ;c .|oii;i itLTiZ -3« a 
n- • .. t-. >'. M. "I ..«r '••» '•.'' .fki f^.*v.r.:i , flr fijrr.^ i!.i ■!■:■. ■•.-Di'.:^; ■;:.: ;::• 
y« •_ii)r« ' «r ■^rr I.* , fi i^Fn '.'i^.r-^rA^nf qi]4i.rt iA fuppiKj .cc^r.er' j.c» 
#1 « •'.■•>' .tii.n , »!i'f.^r.fw. oii ji.fr" ^r ic fj-.i; J«'i? •.:!•«-.■.? .^.i risx. 
I.« '.r... iJjiiifM mjrri 1» Ji K.I* «i« 14 (iipr.of^iitf le% t.er.c,».z*i :•:.€ .-3 
|'ipi ■/ t ^M'ii; f.'.?' ,..'.1 mrt f.m /.tn't'il'r.., , c'tfl pour «c ccrter-sr 
■ v« '. • ii,f. Jir^ Si r r^ iii.* mjtii r» r^i' ii4iiirca ttre rervc^-st 1 c;:c:« 

« • 

pi-.- ' .fi'^#7_ifi',fi , r .inr.^ j r r'!! fi"! k^g^iiiirrt • il m^? ji L-c.r.-iij- 
«(...irt^ lif jut.it lum, Witjrt iu^ag* O pratiqu€ dt Cour dt Rumc par 
4 «il«i. 

/ i ci f./i ^h'*«, r|ii*r.n apr'**!'* Uir.ifi<t% tonfifkauaux ^ fo.-.t les Ar« 
f lii-vri v,/« . f v^iii/«, Alitirfycb, I**» fncurct conver.rueis cn liire^ 
U .■( r:i,rrii'/( rn.iiv.irrvfV firin&i^uirt , r!:>nt lcc Hullci &'exp6cier:t par 
!■ v.ir. fi.| r fiiiiitii.irp , i>n-4 riire f'.ir > H4[>e , cii l'AlTcmbI«i-j «ies 
( .iMiiiai,*, l#f i|iir 1« fiirmriii liiri (.oiidAoirt ou Cuntci!. 

/ I '11 litiii rn<rri'i ii. 1 f'/'ffi/i. 

f f • liii i|'ii iiiiioiii «iiiii (rr^inttturcmGiit dci d^tcfi c(l indignc (^a 



\ 



AU DROIT ECCLfiSlASTIQUE. 4<>7-'^ 

provirions de mime date les reoA toutes nuDcs , C elles p^nf ,g ||_ 
font <tu m^me Collateur ; mais entre difierens Coltateurs , Cuu. xxl> 
le Pape remporte fur fon Ligat , & rOrdinaire fur fon 
Grand-Vicairc. 

i^ < & w a 

CHAPITRE XXII. 

Dt la prifi di PoBifon. 

LA provifion du Pape itant arrivee en France , dmt 
Stre certifiee par deux Banquicrs expeditionnattes en 
Cour de Rome , qui t^moignent qu'elle eA dans lcs for- 
■ncs. Si c'e(l une Bulle , elle doit etre Fulminie u , c'ell-a- 
dire publiee par TEveque ou rOiHcial , a qui le Pape ea 
a commit rex^uiion. II n'y a poini d'autres ccreinonies 
pour les benefices confiAoriaui , parcc que pour en ob- 
tentr les Bulies , il faui envoyer a Rome unc informatioa 
de vie & mo^urs faite devant rOtdinaire. Mais quand les 
provifions foni donnees in formi Mgiam , foit par Bulle » 
foit par fignatute , il faut avani de preadre pofl^ion avoir 
le fi/a X de rOrdinaire. Pour Tobtenir , riaipetrant doit 



BJnMce, rnnnt li r^glc Jt *m imfttr<iUo Btncficia rirMcim. Oa 
pcut juflilicr riniicipaiion, «o compuirini lc tt%\&tt i» Vexfii\t\aa' 
niire. Quelque diltgmte qu'<it fiite tc Caurrier , \i cotirTc n'en pil 
r^puti* amiitiiuft , peurTa quc 1c Coiirrier n« foii pani que ilepiiii !• 
difceii mali cllecDainliiHii/t , t'il cll pnliaupariTint, qiiind men* 
il peferoit iniii; i Koine que depviiileditci. Voyii Dtif\tt . Tr. 
dci Binif. Tom. I , f.if- iSj , Tom. II, pag. S. 

B La lulminalion d^une Bulle cR proprefnenircntjrinemcntauieneft 
fillparScnience de rORiciil , auqucl cllt eR idremci ceite fonnaliti 
1 Ji2app«!jt/i>/iiiiiiatiaa, parce qu'<llc comicni nne publicaiiun, ilc 
meme que li Scntence par Ijqucllc on prononcc anathime ou eicom- 
municirion contrc qutlqu'un ; & comtne ceite prononciation tigDureufe 
igiii (t fait publiqutment, i itt appeXe futmiiuiiom , i <ioCt d* U 
tigueur dc cetic pcine, on a aulTi ippeKyii/iBiimioii , quoique trti- 
impropremeiK le, Senienc» dt fulminiiion itet BuUei, toui prjtcxt* 
qu'e;i«i coniiennenl une publicjlion de cei Bullei. 

X Le Ti/a <lc rOrdin^e. Ce font dei Lettrei d^irtiebi dc TETtqu* 
ou de fon Giind-Vicalre, pai lefqucUei , tottt ivoit eu lci provifioni 
dtCour dcRotnt , il dfclirc qu'iUtrou*j rimp/trinl cipble du S^nt- 
licc doni il i'igii. Lc *ifu r^iipariiede \t provifion, ou , pour mieus 
dire , ed li yiiie pioiiGon, ^iint raccompliircmcnt de la condiiion 
fuuiliqueHtltPlpiacoiifilf, Feytitutt, Tr.iti Mdi. Biaif. Ii«. 
4, ch. iv. 

Cc iv 



*^H^^mifi^( 



408 I N S T I T U T I G » 



Partib II. ^^ prdenter y k rOrdinaire , & fubir Texamen ^ , qoi con^ 

CvAP.XXiI. fifle 4 volrs'ila les quaiit^ perfonneHes , necefiaires pour 

Ord. Bioiiy deflervir le bcnehce, fans entrer en aucune connoif&nce 

JHiUm' ii. ^ ^* validite du titre. En vertu de cet examen , l'Ordi- 

naire ne peut reiufer que ceux dont Pindignite ou rincapa- 

dti peut etre prouvee en juftice. Ce qui eft bien eloigne 

de choifir les plus dignes, fuivant les anciennes rcgies. 

R cTisT^ ^"^^ ^^ Concile de Trente , pour r^tabiir ce choix , k 

Tegard des curcs , ordonne qu*elles feront donnees au con* 

cours, c^efl-a-dire qu'une cure erant vacante, meme par 

refignation,ceux qui auroient droit d'y pourvoir, & meme 

tous ceux qui voudroient y nommeroient a TEveque les 

peHbnnes qu'ils croiroient capables de la renplir ; &l qu'a 

jour nomme , TEveque ou fon Grand- Vicaire , avec trois 

examinateurs au moins , choifiroit celui qui feroit trouve, 

' le pius digne. Cette di&ipline ne s'obferve point en Fran- 

ce tf : on y obferve feulement phis de rigueur dans les cu- 

ras , pour juger intrus & dechu de fon droit , celui qui 

prend poffeffion avant d'avoir obtenu le f^fa de rOr^ 

«Unaire. 

On prend pofleflion en entrant dans rEglife , ou eft le 
titre du benefice , & prenant ia place convenable , comme 
k ftalle du choeur , ou la chaire abbatiale ^. S'll y a des 
qppofans , qui empechent rentree de rEglife , on fe con-. 
tente de toucher la porte ; & fi Ton ne peut approcher 
£dii, is jo. (ans peril , il fuffit de voir le clocher c. On peut prendre 
'^* pofTeflion par procureur ; mais il 6iut une procuration fpe« 

ciale. La prife de poffeffion doit etre publique ; & il en doit 
demeurer Ade fkit pardevant Notaires , en prefence de 



y II f4Ut qu*il fc prefcnce cn pcrfonne, fuiTant rart, 12 dc COfioa-^ 
nance de Blois. 

t Cet examen eft prcfcnr par VOrdonnanct de Blois» art, 12, 8c 
cncore par i*ifrr. 2 de l^Edit dc 1695. Cependant cela nc s*obferve pas 
toujours 4 la rigueur ; on s'en rapportc la-deifus auz Qrdioaires. 

M Le concours pour les Cures a n^anmoins lieu d^s ((uel(|ues Pro-^ 
Tinces, comme eh Arrois , Brctagnc, BreiTe , Lotraine. 

h On conduitlenouvel Ev&quc ?u Tronc Epifcopal , ou fi c'eft on 
Abb^ i la Cbairc Abbatiale. On copduit auffi le noureau pourvu av^ 
maltre k\\tt\, aux (lochcs » & « fi c*eft uqe Eglife Parolirialc , au< fonts 
bfptifmaux. 

c Bien entf ndu qac Ton fait dreCr^r pf ocis-^crbal de tout ce qui a ^t^ 
fait pour prendre pofTeflion , & de ce qui a cmpfcU^ d'^.(r^r djntf 
{''£|:ifc , h. de itmfUr le^ fotmei ordinaires, 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUE. 409 

dcux temoins. II n'y a point de poffeflion legitime d'un be- Partik tt. 
neficc fans titre. Cc n'eft pas comme un bien profane , qui Cuap.XXIU 
cft au prcmier occupant, quand perfonne ne le rcdame , 
& qui pcut etre acquis par prefcription. Mais en matiere 
beneficiale , un titre apparent fuffit ; & quelquefois on prend 
poffeffion fans avoir lc titre en main : car en France on fe Brod. Louiii 
concente du certificat du Banquier </, qui t^moigne que les ^« *• 
provifions font expcdiees en cour de Rome , quoiqu*elles 
oe foient pas arrivees. 

La prife de poffeflion donne au(Iit6t droit de former 
complainte, fi Ton y e(l trouble. La poffeffion annale donne 
droit au poffeffoire ; c^efi a-dire qUe celui qui a poffedc par 
ao & jour , doit dcmeurer en poffeffion jufqu*a ce que le 
pititoire foit juge e , puifque Ton nc re^oit point de com« Ord. 15)^ 
plainte apr^s Tan : c*e{l le fondement dc la r^gle de chan- „'* , , 
cellenc , ae armah poffqfore, X. 

La poffeffion triennalc fait que le poffcffeur ne peut plus 
litre inquiete , m^me au petitoire ; c efl la prefcription l^- 
gitime en matiere de bencfices , fondee fur le decret aepa- 
dficisfqui du Concile de Bafle a paffe dans la Pragmatique Prag. tiu 7^ 
& dans le Concordat , & a fait la regle de trlennali pojfejfore. ^^' *^' 
La poffeflion , pour avoir ces effets, doit etre fondee fur 
iin titre colore ^c^efta-dire donnc par celui qui a puiffance, 
& fans vice apparent. La poffefdon doit de p^us etre con- 
finuee en la memc perfonne ; car celle du predeceffeur ne 
fert dc rien : elle doit etre paifible , fans qu*il y ait eu d*in- 
terruption judiciaire , par conteAation en caufe ; fi ce n*e(l 
que le contendant ait ete empeche d*agir par force ma- 
ieure. 



d On yeut dire dc l'E)cpc<i:r'onn?ire de Cour 6t Rome. Ces fortef 
d^OHiciers ^iant nomnie» vi.l»i«ir< rr.cnt Banqnurs tn Cour de Romc^ ou 
Ban^uiers Expiditionnairci , quoi^iielcur vraie qualite loit celle d*£x- 
piditioTmiiirts (wrt^^XQvn-iwx. 

e Qu.-:nrf lc pcird.uirc vn jugc far le vu des ;irres , & aue Ton pro- 
ponce la pleine maintenue, celui qui a fait le trouble n'eu plus rece- 
vable i fe pourvoir .iu pefitoire apr^s le jueement. 

/ Ce D^cret du Concilc formc It titre VIl de U Pragmatique , inti- 
^tJ de pacficis ^vj^,Jforibus» 



K»* 



41» I N S T I T U T I O N 



PASTIB II. Off gggB= - I ^t S^ 

C H A P I T R E XXIII. 



L 



Tomer, vita 



Dc tufdgc des Blens d^EgUfc, Dcs Rcparations. 

Es biens eccl&Tiaftiques font des biens (zcris g , dont 
la proprieti n'appartient h perfonne h , & dont le be- 
nificier n*a que radminiftration : auffi ne rappellet-on pas 
proprietaire « mais iitulairc, 11 eft vrai que, fuivant rufage 
pr^fent , il ne rend compte qu^a Dieu de cette adminiftra- 
tion. Quant aux hommes & au for extirieur , il eft regard^ 
comme un ufufruitier , qui fait lesfruits fiens,pour tout le 
temps de fa jouiflfance : on fe contente qullIaifTe le fonds en 
bon ^tat , & qu'il n'anticipe point 1a jouiflance de f on fuccef- 
feur. Quantautribunalde la confcience , nous ne voyons 
pas que les biens ecclefiaftiques aient chang6 de tiature ; 
ce font toujours Us veeux dcs fidcllcsy lcprix dcs pichis , le 
77iv ^'x" P^^^^"^^''^ dcspauvrcs. Les ecdefiaftiques, de leur cbxt , u*y 

f. 9! ont pas plus de droit que les Ap6tres , c*eft-a-dire qtie tout 

4» Cbr. IX. 7. ce qu'ils peuvent pr^tendre eft de ne pas fervir k kurs de- 
pens , s'ils ne veulent ; de vivrc dc Vautci^ fervant k rautel > 
fuivant Tancienne Loi; & de vivre de TEvangile, fuivant 

ibid, i|. 14. l^rdonnance du Seigneur , qui a dit que Vouvricr cfl dignt 

Lae. X. 7. de fon falairc. 

II eft donc permis a un Clerc , meme ayant du patrt* 
moine , de vivre atix depehs de TEglife, quand il la ferr. 
Mais ces deux conditions font n^ceifaires : qu'il ferve TE- 
glife , & qu*il fe contente de vivre des biens de TEglife » 



g Ces biens qui par eux-m^mes font des chofes profanes , ne font 
r^put^s chofes facr^es , qu'en unt qu*ils font confacres k Dteu » c'eft- 
i-dire deflin^s pour fon fervice , du refle ils ne font pas comme les 
Sacremens & chofes faintes que Ton ne peut )amais vendrc ; car on peut 
ali^ner les biens Eccl^fiafliques en cas ae ndceflit^ ou d'utiiit^ , en ob« 
fenrant les formalit^s n^cenaires, 

h Le Droit Romain met dans la clafle des chofes appel^es res nuUiut » 
TtsracTct , & rcli^iofit &fan3M , qubi tmm divinijuris efi , id nullius 
in ionis eft, Inflit. lib. 1 , tit. f , de rtrum divifione. N^anmoins dans 
le lang;ige ordinaire on dit que les biens d*une Eglife apparticnnent en 
propri^t^ i. cette Eglife , c'efl-a-dire au ritre de rEglife , mais non 
pis au titulaire , lequel n*efl que Tufufruitier ; dememe aufli Ics biens 
oonn^s k une Communaut^ Eccl^fiafltque appartienaent au Corps entier , 
& non aux membres qui le coropofent , lefquels n'y ont, chacun en par- 
ticulier , aucuo droit de propri^t^ « mais feulemeDt i'ufage pour euji 
perfoiinellemenc« 




i 



b«i JB. . - tf . - 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE 4ti 



€'eft-i-dire qa*il ne prenne que le niceflaire i, fuivam la partie 11«' 

regle de I*Apdtre , qui dit : Aysnt ia nomrriture & dt quoi Cb. xXill. 

nous couvrir foyons-en contens. Un bin^der chirge donc (a j|^^ 5^ g^ 

confcience, s'il jouit du bien de rEglife fans lafervir rM* 

lement & utilement , quand m^me il n'en prendroit que le 

pur n^effaire, ou moins encore: oufi la fervant bien, il 

prend plus que le neceflaire , foit pour vivre dilicieufd* 

nent , foit pour thefaurifer , ou enrichir fes parens k , il 

s*attire un terrible jugement ; quiconque ne craint pas ۥ 

jugement, ne doit pas etre Eccl^fiaftique , puifqu*il n*a pas 

les fentimens d*un vrai Chritien. 

Le fervice que le ben^ficier doit k TEglifey ne confifte 
ps feulement a reciter rofficeen parriculier /, il fautque 
tout fon temps & toute fa vie y foit employee : comflne 
les autres hommes s*emploient chacun k la profeffion doiic 
ils fubfiftent. S*il n*a qu*un benefice fimple , fans refidence 
& fans fondion , il doit s*occuper , (elon fon talent & fui- 
vant les occafions, i la priire^ k Titude , 4 la predicatioo» 
au catechifme , i Tadminiftration des Sacremens, 4 la vifite 
& ia confolation des malades , au foulagement des paii* 
vres , & a toutes fortes de l>onnes oeuvres. D*ailleurs , 
fa vie doit ^tre , finon pauvre, du moins modefte & fni- 
gale : enforte qu'il ne r^gle pas fa depenfe fur fa naiflance 
ou fur la grandeur de fon revenu, mais fur le rang qull 
tient dans Teglife , & la neceflici du fervice. Tout le refte 
de fon revenu ecd^fiaftique doit etre employi en aumd- 
nes & en autres ceuvres pies , principalement fur les lieux 
de la fituation de fon binifice. 

i Ceft pourquoi ancienncment les parens des Eccl^fiaftiquet , mhBm 
S^cullcrs, ne leur fiicc^doieot pas, fott en leurs biens d'acqu^ts. ni 
incme cn teurs biens patrtmooiaux ; ce qni a ^t^ depuis chang^ psr 
quelques Conciles, tels quc celui d'Agen, r^. 4S, & par quelquet 
Coutumes , comme Berry , £n, 40 , tn. dn /uccejf. & celle de Parii » 
art. 336 , qui veulcnt que les parens des Ecdefuftiquesleur fuccedent ; 
ainfi l'on ne fuit pas en France la Cooftitution de rempereur Juftinleiu 
In. L Dio nobis » 42 , Cod. dt Epifeop. ni ta N^tUt 131. 

k Un Ben^ficier pcut n^anmoins ainner des revenus de fon B^n^ficc 
fei parens qui font vraimcntdans le befoin , les parens ^tant lcs pre- 
inien pauyres que l'oo doit fecourir ; mais il ne doit 1e faire qu'ayec 
mod^ration 6c prudence , & ne doit pas chaoger U dcftination de ce qui 
lui rcftedc fcs revcous , fi cetexc^oent a quelque dcftinatioo particu* 
li^rc. 

/ Ccci s'entcnH dcs B^n^ficiers qui ne font pas oblig^s d*aflifler A 
rOlficc canoniil dans rEgUfe , mais qui foot qbli^^s dc dirc TOfficc en 
Uu£ paiciculier. 



4ii I BT $ T I T H T I O K 

jr Maw gfipt aroitcoatg cfaofa acqouter les JutgeJ 

ioanL ^ prcsiire , ibtic les reparaiiofs des hanmeTW. Le bene- 

A i^ fiacr feuit repute iifgfirqirier, qDEant an for eiterieiir,eft 

3. ^0C w. cMfi^innenc tena des reparanoos ▼ia§eres de fba centps ; 

K./^MrryA^ii^TS hypociieqae ponr ceteffetfiir coob fes bicnsrdd 

^aM«,^yoiir de&prife depoieffiooiK. II eft obli§ede oKCcreles 
fienx en boa ecat ; & s^il fiiccede 2 on maamas adniinrttra-^ 

^««''pfix ttory d a frnfernenc afiioa coocre les beritiers^ Qnaxtt 
anx reparacioos «pii ▼iennenf de cadudce , & qEh tock k 
on rtrabfifleinent entier «, il ifen eft cem qoe jafqa'aii 
fiersdeibarevenuff: 00 luilaifle les deax tiers cepeodant 
poar fobiiAer&poar£nre]eierTice.lIeneftdeineaiedes 
reparadons Tiageres do teaips do predecefieor , dont Ix 
facceffioo (e troove iniblirabie , ie faccefERjr n^en eft cena 
qoeda ciersw Poor eiablir ces diftiafiioas , le beoefideren- 
iraoc en jooi£ance,doic £nre viliter les&euxpardesez* 
perts , fur rOrdonnance du Juge royal dans le refibrt do*. 
quel ils foat finies , & en garder le Proces-verbal. 

Le% reparacions s'etendenciioo-feu!ement fiir lesEgEfes» 
mais fur les maifons, les fennes, les g n iiiges , & genera* 
'Ay Gr» lemenc tous les baiiineiis depeadans des beoefices. Quant 

V^ililio. ^' Eglifes paroifliales, on ea difiingiie les parcies; celui 
qui jouic d^ grofies dizmes eft cenu des reparations du 
chceur & du chancel f ; les babitans fonc tenus du refte » 
& de loger le Cure. U y a des lieux oii les d&dmateurs con- 



m Cet a^e rcnfcrfflant an quafi contrat enue le B^^ficier & foa 
Eglire. 

n On doft comprendre dans la o^e clafTe toutes les grofles r^pa* 
rations , qnand m^me cllcs n*entraioeroient pas une reconftruAioii 
totale de rkglife ou autrc b^timent en d^pendant, comme le r^tabliile* 
ment de gros murs , d*une vout^ , d'une poutre , de la couYcrture. 

o Lort^uc ce tiers ne fuflfit pas pour payer tout k la fois ce qu'il en a 
coQt^ pour lei r^parations , on emploie ce tiers au paiement , iufqu^ 
ce que tout foit acquitt^. Dans les Abbayes & Prieur^s tenus en com* 
mende , ies r^parAtions doivent ^tre prifes fur le tiers-lot , & faites par 
rAbb<^oupar le Prieur, fl c*c(lluiqui)ouitde celot ; oupar les Rcli- 
gicux» fi TAbb^ ou Prieur leur a aoandonn^ Ic tiers-lot. 

p Lc Chancel , ainfi appcl^ A Canctllis , Barreaux ^ eft 1'enceinte du 
SsnOiiaire . c>(l-ii-dirc la partie du Choeur qui eft renferm^e entre le 
maitre Autel 6c la balunrade qui e(l au-devant; ainli les gros D^cima- 
teurs ^tant tenus de r^parcr le Chueur & Chancel , ils font charg^s 
ll'cntrctcnir tout le Choeur , depuis le fond jufqu'4 la nef , laqueile e(| 
A 1« char);e dcs Habitans. Quand le clocher eft fur la nef, c'e(l aux 
IfiibitJins a rentretenir ; (juand il eft fur le Choeur « il e(l ordinaircroent 
A !a charge des gros D^cimiit^uts. 



.--.isr?»^isj»ijwb.-:>::l^.^_. — -^•, 



M*-^. 



AU DROIT ECCLlfeSIASTIQUE. ^iy 

cribuent d*un tiers , fans diftindion du choeur & de la nef ; en pAAfil fk 
d*autres , runfournit les materiaux » Tautre la main de Tou- Ch. XXlll. 
vrier ; il faut fuivre Tufage de chaque pays. C*eft a ]*£ve- Ccne, TrUU 
que , dans le cours de fa viCte, i ordonner lesreparations ^f/T ▼>>• '• 
neceffaires, & il peut y contraindre par cenfures eccl^- ^Qri\t 
fiadiques : cela n'empdche pas que les Juges royaux en BUis. ^u 
France n'y doivent aufli tenir la main , & y contraindre 
les beneficiers , par faifie de leur temporel , parce que le 
Roi eft protedeur de la difcipUne exterieure. 

CHAPITRE XXIV. 

jiutres charges des Binefices. 

UN£ autre charge g^nerale font les didmes qtie le M4m.du€h 
Qergi pale au Roi , & dont il a cti parle. On com- ^ ^ ^* ^*^ 
prend fous ce nom q le don gratuit & les frais des Aflem- 
bl^QS. Tout fe live enfemble , & d*ordinaire par les m^- 
mes receveurs , quoique les diocifes puiflent commettre r 
d*autres perfonnes pour la recette des dons gratuits. 

II y a quatre droits anciens attribu^ aux Eveques , fur Thcmaf. fi 
les Eglifes de leur diocifc ; lc droit de fynodc/Ic droit de ^^^^l ixL 

^ Le terme Dicimt comprcnd premiirement les «nciennts D^cimts 
ou DteimcM ordimtiru , qu on appelle aufli Dieimu du eontrat » c'cft* 
i-dtre celles qui d^rivent du contrat de PoiflK. Ce fonc Itt anciennes 
f ences donc le Cterg^ eft charg^ , cn confi^qucnce du contrat fait avec 
le Roi k Poidi. On comprend au(fi , fout le terme de Dieimu tMtrsor^ 
dinairts , outre lcs dons gratuits quc le Clerg^ pave m Roi tous Its 
cinq ans , les autrcs fubvcntions qu'il paye au Roi de temps en temps , 
i^uivant les bcfoins de TEtat. Voytt le mimoirt dc Patm , fur Torigine 
des D^cimes; les Mimoiru du Cltrgi, & ce qui eft dit ci-apresdcs 
D^cimes , part. III. 

r Les Oraciers pr^pofi^s pour faire la rccette dcs Decimes & autres 
impontions fur le Gerg^ , ont ^c^ en divers temps cr^^s cn titre d'Offi- 
ce, puis fupprim^s & rcmis eo CommiUion. £n 1713 le Roi a cti6 
des Receveurs dioc^fains ; mais le Clcrg^ a la libert^ de les rcmbour- 
fer , & d'en mcttrc d'autres par commimon , de forte que I'^tat de ces 
Receveurs n'cft pas par-tout lc m6me, le Receveur Gen^ral du Clcrg^ 
cft en Commiirion. 

f Syttodaticum t ainft appcl^ • parce qu*il cft di^ par toas ccux qui 
font obli^is d^affiJler aufynode de TEveque • & qui font foumis i fa 
Juridi^on , & aulTi parcc qu'i! fc payoii ordioaircmcot dans le fynodc » 
cc qui a donn^ licu il Hincmar , Archevequc de Retms , de reprendre 
pluueurs bv^quci ; qui coovoquoient fouvent des Synodcs pour fe faire 
paycr plus fouvtnt ct droit. Voyt\ It OloJ[. dc du Caogc au mot 
fathtdratieum* 




I^ «-♦*«*»» J.«^,' I »■ 



IIVSTITUTION 

.&leleawsckndde. Le 

e cau ctxUJrrifmr^ fe 
ff0srect2be:Ga!ai3OD£imDe£ecIe,iietouaxea decK 
fcifcc r : cttL DDe redeyiace ar i fa i rr j r ,ep reco on o ifi mce 
4e b ::::penorBe de h dbave eptkopak : eUe fe poytm qoe}- 
'-^'^qDefoi&aavi^ie^aprefeorjesCures rapporTccrphttocaa 
frccde ; mass en pisfenrs ifiocefes il oe s*eii parie plos. 
Tti. Le droftde^ifiiesoa 6e procoranon x fe crouTe ctaii& vers 
.r.4- ^ kf3iI:e3dufepdeaieiidde;iloecoo6fte qu*en Iliofptta&te 
^^^ jr^ queksCorcsdoiveacarEveque, quaxsd il viem cbezeux 
^ Aa ul fsJTt ^-iibe. CossEse daos la &me cu i emps quelques Eveqoes 
^ ^ '^*'^ en abufoiect , & ciorgeoiect ies Egliies de 6ais exccSifi 




S7 \^«^ Jjf P^ ^^^ ooinbreufe UDte, le Coocile de Latrao eo 1 17^, 

In. lU. «. fias le ooffibre des cfaevaux a quarante pour les Archeve- 

f- ques , viogE pour les Eveques, & ies autres a propcmoo. 

Oo a qoelquefob leve ce droit eo argeot , coamie u fe 

C««c Trid j^^ eooore eoFraoce eo plufieurs dioceies. Mais le Con- 

n- nsv. ^ ^ TreiMe Fa reduic aux foumttures en efpeces, feu- 

Xmct, V.4. leneoi aux beux oiieilesfe trouvent etablies, & a recom- 

maode aux Eveques d>o ufer nx>dercireot jr. Les Arcfai- 

dacrcs & lesDoyeos qoi om droit de £ure la vifire, oot 

£sfri^ jdt ^"^ '^' ^ recevoir la procuratiocL 

r. 14. is* ^ La qnelque pays, les Eveques prennem encore le qiart 



f Un (ca d*or vaSoit don trois fotts flc «lcmi , fsiCiDt 40 deniers. 

B Appde anft circ«/« , pvcc ^ue les Eviques rcugecieac <« ciremtm 
DHtetjm^s. 

m Le ^oit^ rifite cft anfi appeU/rocvar/M, prmcurmtio , da Latia 
mfvcwrmrt , qui Sgnific tmcifen koffitio & cottrivio , dommer U rirrt & 
U eovrtrt ; c*eft pouratioi le droit dc procuration eft auffi ^PP^ ^^ 
^ |t*«. ''•>«t *• ^'•/- ^ ^ Cang e , au boC froeurmtio. 

y L*ani Je 6 de VOrdonuAnce ci'Or'tcans , porte , (pie !es ET^qnes 
l^ antres Snp^ricurs txxerotit leur droit de vifite fi moderement , quc 
r<»n n'-it yi\ occ^Jion dc s*cn plaindrc. L'art. 6. du Rcgiement de U 
Ch^imhtf ^^^''f^^fi^i^^detFjMtG^tdrjiux cn i6x4,porteqaclataxe ac- 
<oiitumc«ne }»*>at:i^t:c augacnt^e, Scque ceux quivondroni £trede- 
li «v* i, nc i^oux I eolJouk quciqac litrc qirc cc puiiTc *tre, prcndrc auccne 

J^v, i»»tTJoncna:?:cnr. L't>fT«>»«n*iwc de Blois, <irr. ji , vcut que 
f» l«v^i*ei^ xof^M t^aos de xiuicr ca pcrfonne , ou s*ils font em- 
|**«H'*U5,s;3if:«crt ^ lr;in \icaircs G^neraux, les lieux dc lenr 
Mn^-viV ^v,,. )#« M^ * *M n lc iiov^-fc cil trop dicndu , que la vifite 
f^ Mi tt^^s^ JU»« 4^« a»t. L*aiti«;)e 17^ tOrd.nnanee du mcis 
^ i>^^tmh-^ %3»^3«» \vi'l ^u< let F.\*quci, & autres ayans droit de 
MVf^ ^- v&w«v> w«M .\^ • A qte*kl» cn iouiiWnt ainfi rfirils ont ac- 
%>. , v>.;rv X v^ :i'.vfc«: **%« xtii* ta i^cifcanc fic aon auncsicn:. 



AU DROIT ECCL£SIASTIQUE. V15 

Itemornuires^ou legs pieuz ; ce qui vieoi ie raaciea p^„^ ^ 

jurtage , par lequel TEveque prenoit le quart de toui les ci. XXIT. 

revenus de rEgliCe , mais ce droit n'eft poini ea uTage ea 

France. On a aufli converti en droii , la faculie que ies Lve* c. txtri im 

<]ues avoieat de demander i leur Clergi quelques fecours itnf.tEC»^ 

cndesoccaGonsextriordinaires.coiniiie d'un voyagepour "^' *'"* 

un Concile, & on rappelle/iii^ ou don tiariiMtfi mais 

ces occaJions font rares. En un mot , ces quatre aadeas 

. droitsjjlit plus fametix dans les livres, que dans Tufage : 

ce 'quten refle parmi nous fe leve fous le nooi general de 

draiu ipifcopnux , & en plulieurs diocefes avec les d^mes. 

U y a quelques aucres droits plus confiderablcs , qui Thomaf.JiC 

rCoat lieu que quand les ben^fices vaqueni ; favoir , le di- eifL f . 4. 1/ 

port , rannate , & la depouille. Le diport efl le droii de *■ '' **■ ^ 

prendre ie revenu d'un benefice pendant tout le lemps de 

la vacance , pendant que le b^neGce eft en litige , ou que 

le litutaire n'eA pas ea itat de fervir ; comme 11 c'efl une 

cure, Si qu'il ne foit pas Pretre. II appanientarEv^que, 

ou i l'Archidiacre , feion Tufage. En quelquei lieux , le di' 

pon s'iiend i touie l'aaa^ ; quoique la vacance aii oioiRS 

duri ; ainfi c'eA propremeni une aoaale n : celui qui prend 

ledipondoiifairedeflervir lebenifice. Ce droiia lieu ea 

Norinandie , & en quelquet autres Provinces de France. 

On irouve que le Pape accordoit quelquefois i un Ev^- gg„gr. nu 

que, ou loHsles fruits, ou la premiere annee de lousles c.)i.ciinii« 

binefices de fa coUation qui vaqueroient pendaat ua cer- •jj*- ^^l.. 

tain lemps , cocdi&^ de deux aas ; & cela pour lui donner jt"j^ipf c* 

moyen d'acquiiter les deites de fon Eglife : c'eft le commen- lo. 

cementdesdwbitM^.LePapeJeanXXlirelesattribua pour '"■ *■ •*• 
^ ' 16. dt fnth. 



[ 11 ne faut pit coofondrc ce quart dei oiomiirei , avec le droit 
dc mariuoram qui appartient i l'Ordre de M>lle, It qui cenline 1 
prcnJie lou, lei fiuiii Ei reveDni dei coinmanderiei doni jouillbit 
l( Chcvilier d^funi ,depuii tejourde rondjcii , iufrji/au deiuicr jaur 
tl'Avril fuivinc. feytj Bicquet dis droia dt lUihirtnct , (A. ] , n i ). 

a Dani If diat«l'e de Parii, le teni^l djoi leiuel let curei va. 
cintei fonc fuietrei )u d fport d« rAichidiacre , comme au nremier 
jour de Ciiiine , & i'<icii>l.iufqu'iii Dinunche de li Trinitc. L'At- 
(liidiacre prend , ea variu de ce droic, une poriioa dai liuiii de 
la curev*caiiit : ce droi: eft difr^rcnt du Jroi: de djpouilte , qui *p- 
paitieiii lulli 4 l'lrcliidiJt(e. Cn^tf ce '\ul en elt dil ci-dfiii, 

b Mjiiliieu Paiii , dailt fon HiHairi a'A«glcrtrrc , i 1-jun» 74G, 

rifpuite qu'iucr«ibit l'AictievCiua Je Ciucorlivil , i>a( un« concef'. 




INJTITUTION 



Pabtie II. ua lenips fur touie fEglifc : dle$ om etiGa ete Fendues per^ 

Ck. xxlV. pctuelles, depuis Boni&ce lX,&]e rctufme d'AvigDOD.Le 

aT'*"™ Coacilc dc Bafle avoit condamDC lesaniutes, & fon Diaet 

jLiyajU. »d avoit eie inferi dxns la Pngmaiique ; niais elles s'ont pas 

1193. a. ti. lajflede fub<liler:rdageles aleuleiBeni rcduitesea Fno- 

AV*'|^'^'ce,auxbeneficesconfiJftonauK. Daus lei autres pay5,elles 

41. s*eiendeni fur tOusiesbinefices, jufqu^aui moindres. L*an- 

Fnt- '•'■ 9- oate n'eA pai le reverai eSeftf d'uDe ann^ ; mais ce quj 

eftregleparlesanciennestaxesdelaChanceUene dcRome. 

Eile fe paye avant rexp^dition des BuUes, parce qu'il (e- 

roit diffidle de les iaire payer apres que le Ben^ficier (eroic 

en poOeSion, 

Cfnt- Saa. Lc droii de dipoidlU a commenc^ par les Monaflires,' 

nt j. c. 11. o{| jej PrJeurs & autresBeneficiers, n'ayant un pecule que 

par loierance, tout revenoit a TAbbi apr^ leur mort. Les 

Cdtif. TiS. EvequesfelefontauOiattribu^furlesPr^tret&lesCIercs; 

*'So- enfin CI^mentXII,pendantle fcbifme, fattribua au Pape 

C. idt. dt fur tous Ics Ev^es , dont il pritend fitre fenl hiriticr. Le 

jp*- <"■ ■" Papejouit decedroiten Iialie&enEfpagnejmaisenFran- 

'Cant. Conf. CC OD ne s'y efl jamais foumis c : au coniraire , depuis pr^ 

^/- 19- ^i^- de trois cents ans , la couiume eft re^ue , que lcs parcns des 

1. r. it.' ' '^veques&detouslesBeneficiersleur {MQckAmtatinttfiM., 

Frtuv. lii. lans diftinguer leur patrimoine des revenus de leurs 

G^. <. M. binefices. 

Ord.Charl. Toutefots,fuivant lesanciennes r^gles.les bisns dont 
yi- ibid.f,it. un EccIefiaHique fe trouve cn poiredlon a fa mort, doi- 
"■ '• veni appartenir k TEglife , excepti ce qui paroit ividem- 

fian da Pape liaDilTaic des annatei de toui lei ben^Hcei qiii rj- 
quoient tn Angleccrre. Dei le dauiiime llicle il y euc en Franc* 
dei £vjquei , Sl m£me de> Ahbit , qul, par ane conlutne ou pjr 
uii ptiviliige particuiicr , recevoient lei annarci itei bcnclicei df. 
penJaiil de leur dioc^re ou de lear ybbaye. C<jnient V , piiiMcef. 
feur de ]ean XXtl , fe iil ]»yer lei anngtet dei bfneficei vacitii en 
Angletetre , pendanl deux ;ini , oa Telon d'iiutrei , pcndanc truii 
an>. Manhieu de Weftmiiilter alliire mlme , que cette innate fut le. 
vferur toui lei ben^ficel , mjme lei plut modiqLiei. Ainli rufiga 
(ki annacei ell ceruinement plui tneienque JeiuXXll ) >uquel on 
eti fltriliue cammundmeni riiiblilletnenc. 

t Dani te dif-ccfe de Paiii . rArchidiacre jotiit du droit de df~ 
potilllfl klci (luiji qul vieniiciii i ddi:i.'<l«r dini tout le coms de l'iii> 
nfr. t'(d[iitt cculillf Ipreiiilrelelit. lafoutane , lebonnet carrj, 
le iHn'»! St lehrivUiirda Ctire : fon chevjl, »'il etiaun , k. m*- 
wf m' <A**t» m tMtMe , i'>l i'«n traun dani la faccelliaji du 

mcnt 



AU DROlt ECCLfSlASTlQVE. '4x7 

ment venir de fon patritnoine , ou iles liMnlit^ &itesi Vktitn^ 
fa petibnne. Tont le re<le eft cenft avoir ^t^ Aoaai i !'£• Cx. xxiV. 
gliiie , ou 4tre des epat^nes de fe» revcatu : c'eft ce qae Ca«-.iiJ*T(^. 
les canons appellent picuU Jti CUra j les regardant conmie "ca*c\ Lit, 
desenfans de famille. On leur permeitoit de difpofer par 11 1. 1179. r. 
tefhment de ce picule, pour fsire des aum&nes , ou ricom- '*: 
penferleursdomelliqties;enfuiteonleOT3 penms de teller ^. ti^Afe, 
inditreremment ; enfin on a donn^ Jl leurs parens mSme la 16. 17. 
fuccellion ab imeflai, en liaine du droit de d^pouitle, qui (■„,, Pan$- 
i'exigeoii avec une extreme rigueur, & dtoit Ic moyen art. iit. 
de fiiire les rcparaiions. Les liiriiiefs du Btoeficier pren- 
nent les fniits m^me de l'ann^ de fa mort , & les parta- 
gent avecle fuccefieur , k proponion dtiiempsqiiediacua 
a ioQt. Mais, comme la contums ne pent changer la na- 
lure des biens ecclifiafliques , etle ne dicharge pas la 
confdence des B^nificiers, nj de leurs h^itiers, d'ap- 
pliquer cn Ceuvres pies ce qui vient du revenu des biai- 
iices, & qui excede leur fubfiftancc & les charges dont 
tls font lenus d. 

Les Monallires ont qnclques charges pardoilr^res : Cuja. la 
Iliofpiialiie 5c les aiundnes , dont ils E'acquitteni plus ou ^4- '^' ^»* 
moins libiralement, fclon leurs faculies & la cbarit^ des "^ll ^' ^*^ 
Religieus ; car il n'y a poini de r^gle certaine. Cetoit un 
ancien ufage, que le Roi pouvoit metire en tous les mo- 
nsft&res de fa fondation, un Religieui lai ou oiUi 1 : places CMf. erd, 
qui fe donnoient aux paiivres foldats ou officiers efiropiis. '"• '■ '''■ 7* 
La phipart aviriem trouvc plus coinmode de recevotr du £aa,',. o j^ 
monail^re une penfion , & dederaeurer oii ils vouloient. Mm^dmCK 
Le Roi Lonis XIV , ayaot et^li i Paris 1'hAtd des bivali- < - ^'"' '''• 



d Le Ptrtemenl •djuge I* cMte-morte «n ficalt &mi Rclifteox 
CinJ , lux piuvrei de fan'Eglife ; le GrenJ Coartil , au coainirc, 
1'iiltugc ■■ eQUveiK , rniTuc !■ (tgl« ; QaidfBui atfnira MeiwcAui , 
etqulrii Monafitria, 

* Cei ablici au inalnei ixii ftdent linG ipixljt , p*rec' iti'ilr 
^coicnt QhUti, cVll-l-dira prifeatii lu noniHcri,! riadarda' 
c«i itunel cnfani que Toli mntoic Butiefoii diot lci cloftrei , ea* 
Mieiidint fu'ili eullienl rige pour fiire piorefliua , ^ue l'on tppaa 
loil luflt ObUii.yeytfle ChJf.Jt dwCiDge »w mot Obltul. Cer 
ObUci ou Moiaei Uli font diflitreiii dei fi^rci Ult «u conviti, den; 
B ell parl^ ci-dev«iil , ik. i}. L> fon&ioii dei Oblati itait de fcnric 
AiiM le mainAire,d'ou«iir li porie derEslift, de IbiMci lc« at*r 
^i , Sc d« iMdre fuclfUH Mbli^ Cwvicw fcmhliblei. 



^41» INSTITUTIOH 

Partib II ^s , y a attribue / toutcs lcs penfions des oblats ', efiW 
Cm. xxiv! mces ^ 1 jo liv. chacune. Tous lcs MonaAires qut font k 

la nofDination du Roi , abbayes ou prieures , foat a cetie 

cfaarge, & elle fe leve avec la d^cime. 

CHAPITRE XXV. 

Z>M Penfiont. 

SOuvENT le revenu du Beneficier titulaire eft diminiid 
par une penfion qu'il doit payer a un autre ; & ce droit 
cft ancien. Nous en voyons un exempie illuflre dans le 
Conc.Chal. Concile de Chalcedoine ?. Baffien Bitticnne, qui fe dif- 
Hip. eccUf. pntoient le fiege d tpnife , en ayant etc exclus I un at 
I. Nxviii. R. I'aucre par le jugement duConcile, on teur afltgna a cha- 
*^' cun pour leur fubfiftance deux cents fous d'or par an , qui 

font cnviron feize cents livres de norre monnoie. 

Nous voyons par cet exemple les caufes d'etablir une 

penfion ; pour donner de quoi vivre a celui qui e(l depofTe* 

de d'une Eglife , & pour le bien de la paii. On voit que cc 

n'efl pas au fuccefleur i Teiablir , parce qull n'3 que Tad- 

ininiflration des biens de TEglile , pour en ufer felon les 

canons. On voit que la penfion doit eire modiqite , & ne 

donner au penfionnaire que la fubfiftance necelTaire , puif^ 

Jc pi.if. quc le Concile ne taie que deux cents fous d'or A ^ un 

c'^g fft. Eveque d'£phife , Mitropolitain de l'Afie. On irouve d'au,. 

■18. /. 4. I-. tres exemples de penfions dans t'antiquiic i , en faveur dei 

t9. Cng. t. 

V- 41. 

/ Par EJit du moii d'Avril i6»4 , & Arriti dn Confeil fubfiSqueii», 
g Ce ConEiIe t«im ea 41 1 , elt le quacriime Coiicile general. L> 
rftribution on peiiriou qui fut accoiUfe i (hacun det deu): concen- 
djns innt ilc cellcs qui lii;it EcMet pro ietio paih, c'ell-.'i-dirc par 
iraiiniaiou powr le liien ile li pain. Leoifme Concile donna aud! 
une peunoii u Domnul d'Anciac)ie qii) avolt iti dfpofc ; il cn donna 
;iulli uiie i rnn Jei iteux caulcndant i un cvdchf, en miiiiiEenaut 
Taucre cunteiidanc en pollefiioii tle cec ivtchi. 

h Cetcc fu:nn;e itoic aftex conlidftable , en i§iiil iD tempi de c« 
Concile. Au rene , il t Jut ofaferver que eclte penrion f toit pcire lur 
(aui let revcuui de rEjjlife en yineril , plucAi qiie fur lil rcveiiul 
particulieri du beiiiflicc. Cjt on nc volt pai qiie let biei» det F.^lt. 
fct fullitm encare piitagf-i , iii Itt b^njfices Ibiinci ; ce paitig« 
li'ayanc en tlcu ijue ven le commencement du Gxiciiic fi^cle. 

iLm «Ktmplei dei pennoi» pour Ici Evequei foiic plui anciciH 
qusceiudtillmFletbaiiifiukn, pmi iM U fulfdiviTiou <[ua Vaa 



AU DROIT ECCLfeSIASTIQUt 4»? 

Cvcqccs vieui & invalides, ou de C«i« qui avoieot ete ■ '^ . 
chalTcs de leurs Egtifes, par les incurfions des Barbarei , ?*"ix^ 
ou il<;« Clercsquiavotent et^ renferm^ <lan§ desMonaf- cttg.x.tf% 
lures , fKxir faire penitence. 4i- *p- lit 

Le revcnu des Preites & des Clercs ne confilloii , du 
coniinenceinent , qu'en peiifions k. Apris lc partage dei 
lR'nclices,lcs £vi;ques accord^rent des penfions pour les 
«D^iiidBcaufesitle caducii^ , d'infirinii^, de pauvreie. De- 
l^uis le douzitinie ficclci ce fiii unpr^texie d'iniroduire plu- 
iieursabus. Les Eveques partageoient fouveni les revenus Tktmuf. 4i 
<l'une prubende ou d'une cure entre le titulaire & un au' '^tl*' ' ' 
tre, qui nc fcrvoit puint : fouvent,en conferant un bini- 
fice, ils r^fervoieni unc pariie des fruits pour fe Tappli- . . ^, 

quer i eux-m^mes : fouvent on ballloii <t ferme les ben^fi- ur. «a. 1 1794 
' ces , enfofte que le liiulaife en rendoit prefque auiant <■ 7' 
.<iu'il en tiroit , & aj^ant i peine de quoi fubfiller, ne fai* 
foit ni fervice , ni rcparations. 

Ccs abus furent repriin^ par plufieurs canons. On fizl 
Jes caurcs& U quamiie des penfionsrenfin, on r^rva au 
Pape feul le pouvoir de les crier & de les admetrre. Mait siji, ^ 
pendam le fchifme d'Avignon / , on en abuta plus que ja- CkaH. Vl^ 
tnais. Les Catdinaui , ayant honte de la multipliciti escef- 
five de letirs binefices , en r^fignoient une partie ; mais 
fous de fi groSes penfions, quele titulaire n'etoit queleur 
fermier. On accordoit des penfions a des gens deja riches , 
& i dcs gens qui ne fervoient, ni n'3Voiedt fervi rEglife, 
mcmei deslaiquesin. Enlin,voici lesderni^resreglei qui 
oni reflrcini les penfions. 



Et en pluri«iiri pciiii bjnjficei de la part ipit IC C\tt%i iToit dint 
lci bicni de rEglife , iR cDmai«R{i i tvair licu que ven le Gjiiima 

t C«i penriani coinmeiicjrent i Hrt iriitfet , i tneriiie qne le* 
clerci i]mtti!i(nc ti vie commiine : tt. Tufige de cet penfloni fnt c« 
fnl condnirit peu 1 pen lu parta|;e dei bieni eccljliiltiiguei. 

/ Cc rchifme, commc on l'a ii\i tcmirquj Gi-devini,Ealilinenfi 
cn tnS,Src fii.it qii'eii 1415. 

fK Quaique lei 1ii<]uci fuient tonloan iilsapihtei de potntder det 
lu-iii^iicei , on ne laifle pas quelqucfnii de leur donner «ncorc itee 
petiliini for dei b*n*ficei , lorfque ce font dei perfonnei utllf 1 i 
rE^Mfe ; le Clergj luImSme en corpt , en donne quelquetoii 1 ta 
Roten ilo'iiie imli fiii lei bjn^lic«i qul foni 1 h oomiiiitinii ; cllei 
ioivent fculeifltnl itie ippronvfei par le Pipe j cc qui ae %'t(t 
jUaanplai pratiqui qui Jepuii It rtf ni dc HidU IV , & ne fol U3 
Dd 1| 




*=» jTSTI TX T 11) » 



Cbj- sK-^V*» i^nBn Iks 



. k ^:tasi:Ek3Bs«.ly a 



.•tpim^M^-n 









bSiatKkla Ct— rtBTi & & LsarrjKi- 









tsm- &» Ir Eoc&mEaasc (iii Fam- 






, k aKpe^K* r«icie. C«^. i^ ii rii i'i j ■h mt 



f Oxaxoi icjpM a 



AU DBOIT ECCLi^IASTlQUE. 4^* 



Cons , toutn eafeinble ne doiveot pai «^der le tiert. Par ^ AtTirlt 
tesEdin&D6cIaraTionidet)o$K,oit,lesr^rignansQe peu- CitAr.kxv. 
vent rctenir <te penfien fur \fit Biotfices qui ojjligeni i refi- 4,^'' ''^"' 
tler, s'tUn'ontdeSi;rviquinze»ns, ouslUnefoaiauUd^; 
ce qui a iii ordooni contre ceiu qui , fiiAt qu'ils itoicot ea 
paiCble poflelCoa, rilignoicDt fous pe^^a, pouf cb«f 
cher un autre BenMce. Par les m^mes Ordonnances, les 
penfionsnepeuvent dinumier lafommette 300 livres , qui' Cm;. Trld. 
doit demeurer quittc aii tituUrrf . 4l'oti E'enrutt quc lcs B(- fif ««>*■ '• 
nMces trop peiits ne peuveiit ttn Aargh de penfions. Pzr 'g^ p,-; r. 
lesConfliturionsdesPapes, leCmplepca&ennaire, quifl'i Ct^n>r.5u- 
pointdc Binifice , doit potter rhabii dincal& la tonrure /", "' *',^'^ 
& r^ter le pctit OlHce de la faintc Vierge , pour r^verttr 
qull eft Cierc , & obligi i fervir rt^lifc qui le nouriit. 

La penfK>n ne peut itre aiie qu'ea conferant le Bi^e- 
fice , & par les meines LcRres de provijCoD i inais etant ujie 
foisitablie, elle ^fifle {wodai^t toute U vie du Penfioa- 
naire, quoiquc lc Bin£ficc pa^e A yn autce, 6i que U 
penlion ne foit pu cxprijnie dans la feconde provilioii. 
faute de payer U pei^ion par pl^Geurs annto, le rifi- 
gnant peut itaaaiet i reoirer dans le Ben&fice. La pen- 
fion fe jwrd par les aiimes voies que le Benifioe i pvifi 
mariage i , par TirriguUrite , par le crtme 11 i auis cUe 
peut iat racbeiee x pour une (bmme ^'aTgeat , pouryn 
qu'elle ne ferve pas de titre Qirical ati P enfi pa n aure . & 
qu'clle ait iti crAie de bowie toi , ians auctuip paiftion ^- 
inoniaque. hn penfion eQ Cavorabk comme leoani Sat 
d'aliraent; loutefois fi un Bin^icfi, diarg^ de .peofion, 
paffe-en pluficurt mains, le .lituUire o'e& teav que de It 
dcrni^ «nnee , fuivani Tufage de Fruce , parce qu'ii o'a 
fax les qu^tanccs 4e/o*> prcdecefleur , & c'eft au Peolioa- 

/Ctcl ae ■'ippltinif qu'Jectixgut <pmfl«n:ien«R«t, tt noo sdk 
bTia«i qal onl dci penfiani ', maii l«i CBtv^lUra df ^ltt t( tU S. 
Latlrc doiTcnt i^ciCerU pclit ofSce. 

t On n« pirli lci qu« du mirliii <I«I cUrel ( cii Ut diavlllftt 
dt S. Litirc tt lai' lilqa» «uiiqucli on iccaid* qn«lfBffblt dw 
pcnGoai fui dei bfn^c» , nc Ui pcr^cnt poi|it o»t 1« iMirisge. 

u Et pn Ji MmU* irituiti pun 3l GmpU it li paiiEog , cn taul 
«u en partl*. 

X C« icchil, qul fe fili pir un pilciBciit •ntlclpf , 8t ncvcBfHM 
rivince d« fuc^Bii «nplai d« U pcDSoa, poar ttrc vaUlilii , dok 

4ue*M«iajMr Mp4f*>rv<iw4«t« (•»•!■• ly. t , ik. ij. 
Ddiif 










B*« 



a«fe! 









fe i -„-; *rf--.i- v.i w r«t U-.7Jt! ii I ; 



^'.••.•.•:l*i t:-^i<LtLt,r...t-liik*::a.ji. ll (isr 



-• " ■ - » — •«- ,~ (» a^ 



AU DROIT ECCLfiSIASTIQUE. 41? 

iTabord pour lcur aider a foutentr les frais dcs gucrres contre partie IL 
les Normands , 6i enfuice pour les faire fubfiUer eux & leurs ch XX VI. 
familles. Cet abus fut retranchi, niais les Eviques conti" Thomaff. p, 
nu^rent a retenir quelquefois la jouiflance de quelques 4. /<V. a r« 
MonaA6res , foit de leur autorite , foit par la conceflion des ^^* 
Papes : on s^accoutuma m^me i donner en commende des Crfg. vif« 
Prieures,desCures,&jufqu*auxmoindresBinefices,c*etoit '• ^ *f- ?•• 
tin pr^texte d'en tenir plufieurs , fans aller diredement contre ' Conc. SaU 
les CanoDS, ainfi , depuis le douzi^me fi^cle & la perte de mur. 125 1. r. 
la Terre-Sainte ^, plufieurs Eveques fe trouvant Titulaires ***• 
in partihus , les Papes leur donn^rent en commendc d'autres ^^ ^/^^^ \^ ^? 
Evech^en France ou enltaiie , pour les faire fubfiAer. 

Depuis Ciement V c & le fejour d'Avignon, les com- Thomajf^p^ 
mendes fe multiplierent infiniment. La Cour de Rome ne 4* n. 6{. 
jouiflbitpaslibTementdesrevenusdltalie, il falloit yfup- ^ ^"y"' ^J* 
pleer par les Ben^fices de France ; & il etoit diiHctle de re* EJetravjg, 
fufcr au Roi Ics grsices qu'il demandoit de fi pres. Les Moines fom.(U prab. 
& les Chanoines reguliers itoient tombts dans nn grand rc* ^' ^* 
l^chement : la vie commune avoit ceiT^ en plufieurs Monaf- 
tercs^; lesbiensrediffipoient; lesAbbesreguliersvivoient 



troifieme Coiicilc d*0rl6an$, tenu (bus le Roi Child«bert€n S^i ^ 
que lcs Evcques ilonnoient k des clercs f^culiert , les Monafleres 
qui ^toientdans leiirs diocefes. Les laTques & m^me les eccUfiafti- 
ques auxqucls on coniitoxt ainfi des b^ni^fices qu*ils ne pouvoienc 
deilervir , les taifoient defiervir par des EccUfialtiques i gag? , 
qu*on appcloit des Cujlodinos , & qul ^totent en quelque forte det 
conHdentiaires ', ceux*ci ayant 1« titrc du b^-nefice , & ies autres le 
fevenu. ^over ce qui e(t dit ailleurs de la confidence. Cet sbos dura 
depuis le huitkme fieclt iufqu^au dixieme. Hi/? Ecdif. deM Fleury , 
1714 , tom XUt. pag. 16, St Dijc. (itr VHtJi. EecUf. Hugues te 
Crand , pcre de Hugues Capet, fut fjrnomm^ VAbbi , parce quMI 
tenolt les abbuyei de S. Denys , de S. Germain-des-Pria 2l de S. 
Martin de Toiirs. 11 mourut en 9S^. 

b Par la pnfe de Jcrnfalem fous TEmpereur Fr«5i!cric II, en ii24« 
c Cc Pape d^clara , dans !e Concile de Vienne , en xut , Thor- 
reiir qu'il avoit pourcette monftrueuCc potygamie , qui fe pratiquoic 
par le moyen des commendes. II pronon^a contrc cet ahus des pci- 
ties rigoureufcf. Cependant Tabus continua , au moyen des dif* 
pcnfes qne Ton accordoit , d*abord aux Princes , enfuite aox Car* 
<tin.iux, puis aux favans & antres perfonnes. Urbain VI & Boniface 
Iv retibliicnt les Commindet ^ mais fculemcnt pour un temps. 
PjdI 11 , en 1461 , tes mlt pour toujouri. 

H On par>c ici de certalnet Colldgiales 9c Monanercsquiont cte 
f<fcuUrifw^9 ; car quoique la vie commune ait ceA^ dans la pluparc 
<l<2t Collcglatei , elic a touiours litu dans les Monaitercs qui onC 
conferv^ le cara^cre de mailoa de r^gulierc. 

Od iv 



i^H***^t^^fJ 



J^ 3. 




£acBSQC« & 



»TC2riiX7 



Sr3BA 




1 '11 







air ^ Trnfirfiua zis jrtT^rt ssr zif 
-:^ nnrarrT icIj xiB>iuezr . & x^ 



I^lMUXUn 'iTTt X 



i:'<jcrurTC la if^Tgei 



ATJ DROIT ECCLiSIiSTlQrE. ^»< ^^^^ 

«mdaiaint , & ^*ils fDoi ploi libm f ca wl ufar. Les VwTil vi 

Belieicusoooj-elornicsiie fonpMdcgnndc edificuioai CB.XXVL 

J'£^ife i & quand iis embraderaiciK ukh 1« reCDnnei )es 

ftiis euSei , il i]'f a pos liea fdperer que ron ca troovac 

un aulB gnsd nombre qne du kbi(K de la faodKiaa de 

£!uni & dc CitcaiB , lor^uM o*y a«-oii ■■ ReUpen Hea 

^iant ni Jefiiiu»& auires aercs regaiim, ni lam de laiiaet 

CoogKgaiioos qoi, depnii ^uaireceoisaM, oot famSc 

ftiveni eococc £ uriJcmcnt r£glifa ; i1 ne &Dt doac poia 

douter que rEgiifa ne pmb afflifKr fas ravaaii , Um 

retai dc chaque teii^ , ^'cUc s'ait ea nafoa fimr ia 

Beoefices rc^ulicn a 6ss CoUeges , a its Seausmres & i 

Janne» Coaanu naiitet , & qii'elle a'ait Arcai de donner des 

Moaaftera cn coonneode ans Eveqnet , dom les Egfifcs 

n'oia pnx&rdejwenn, &: an> Pretret qui farTem util^ 

BKnt faus la tfiie&aD des £vc(|ac& S queiqnes-mii atufeia 

dcs coannendcs pour prcndre les rercniK dc TE^ie tim h * 

i:rnt , ou en acomnilcr phdknre &nt berom , ilt ec rea; 

droot cootpte aa tsnibfa TngtOMai de IKen. 

\oaa tpxi efl k Aoit des cowmiWt faimt rnfagi 
prefaot. L a'r a ^ickhpeqiaaipa&accOTdcr. Oaae 
pon doraier cn coaiaiende ks E^^iAcr , ni ks AloaaAbas 
de filks ; mut il y a des Cares ripi&int pc fetccs m 
coamendepardesPTetresfacuHm. Oo ne doii dDoner ca 
comawade qne ks Beaefices qui ooc tuoun i mi fy tec 
donnes; ce qtn fa poMvt por trob a BflahuB i coafioitives* 
avec qnaranse «nt de perffcSop i ; maisfi lacemmeadc cft 
dccretee, c'efi-a-dtre i pour la vie da TnihJK , kPapeli 
pent F^dcr qaoiqn^ y ca aii cn pli^emis de Uk- CcA 
uaegraccc 



A Cvttr iunfpnidnice i lin , fnarj KtVM 3 fmat froart fM 
rafie dc fBwlaaaE , qut It bcnifite lcTDe d^^^oc ■■« »»;«. Dac* 
lc daiiic , M prcrBiu ^pc lc bM£cc efi QaHkr. DlUncatn , 
Lcii Eukf.tit. dtU d^MO. fr^V^ WW^. 

i On 4iSiii{Ec dm iaRn dc c 
r'^!/< k li Lrsuufi JA^c Li p:ei 
ilccTCt , cciccK vtt ^ucileKlc , c'cfl-*.dirc U "■"■'■'"■ gG'«prA )p 
dicci 011 cefin d^ (j—f.i^ pDEm ec cosmeodc , li Wpcfirc m. 
iKti CB rcflt , St feri conCrf i as ic^olier , i sniBi ^ k Pif« 
Jie .';.|e ■ p»pM d'*csa.tfrT um cPDtio. ttioc Jc CDmsicsfc. Oa ^* 
jmUc CeiBBcuEc Urc, Mlk (:& dc uatien pMM k MiM , i»dtm 
Jtiif ■ — ' 



ii**^^**rf;*t 



4s6 I N S T I T U T I O » 

p^ .. fice qiii itott cn r Jglc. Le Commendataire doit acquitter lte< 
Cn. xXVL charges, fairelesreparations, fournir les ornemens» faire 
les aumdnes ; il peut difpofer du refte comme $*il etoit 
Titulaire. II nc peut aliener les immeubles ni les meubles. 
precieux; il a la collarion des Ben^fices ; il a le rang & les 
lionneurs du Tiiulaire ; il doit prendre gtvrde qu*a caufe de 
la commende , le fervice divin , ni le nombre des Religieus 
ne foit point diminue : quoique TAbbaye foit en commende » 
les Religieux demeurent fous la jurididion de leurs Supe* 
rieurs r^uliers , & en chaque Monaftere il y a un Prieur 
claufiral , ou autre Superieur reguiier pour la difcipline 
interieurc. 

C H A P I T R E XXVII. 

De la pluralhi dcs Benificcs, 

COmme un corps ne peut natureliement etreendeux 
lieui ^ la fois , un Clerc ne peut fervir en deux Egli* 
fes: & dans une m^me EgUfe , ii eut et^ inutile de mettre 
pluiieurs Ofticicrs , pour des fondions qu'un feul pouvoit 
remplir. II eft vrai que ceux qui fervoicnt mieux, avoicnc 
de plus fortcs rerributions, & etoient recompenres a pro- 
^' ' * * porrion de leur travaii , fuivant le pricepte de rAporre ; 
Conc, Nic, mais il eroit defendu de fe faire inrituler ou immatriculer 
*5' cn deux Egiifes. Depuis le parrage k des revenus ecclefiafti- 

Calccd!c'ie. ^"^^ » *' *'^^ trouve dcs benefices d'un revenu fi petir, 
ConcEmerit, quHin Clcrc n*en pouvoit fubfifter , & qui ne demandoicni 
r. 19. ToUt. pasaufli un fervice continuel. Voila le fondement d'en at- 
'" ^' ^' tribucr plufieurs a une meme perfonne , comme une cha- 



k Lepartagc <\e$ revcnus ecclv^fiaftiqaes commen^a a 6trc prati- 
iju^ iles 1e ccmps du Pape Sylvellre, comme il parofr par nn C.on- 
cile tenu u Romc eri 514, oii il ell dit que ron fcra quatre p.jrti 
tles rcvenus dc rEgUfe *, une pour rEveque , une pour les Cb.rcs , 
L'ne pour les riJparations dc rEglifc , & la derni^re ponr Ics pau- 
vrcs. On tiouvc ce pait.ige itabli dans le vingt-feptieme c tron des 
dccr^calas du Pape Damale, qui font de l'an 494-, U S. Griji^oire 
Ic Orand , dins unc Ci^tire a Aupuftin , Ev^que dc Canto;b-'ri , en 
parle commc d*une cuuii.me de rEglifc. »Ma!S la fubdivifion de I4 
pait qui ^toit commune auxdercs , n»commffn9a gucies a ctre ^r»* 
tiqut^e que ven ie fi:ueme fiecle. 



p _ 

■i\. 



AU DROIT ECCLfiSTASTTQUE. 417 
noinie lii; 1 00 liv. Ac renre , avec une chap;:l!i; d; (10 liv. Pahtie II. 
pojr cclobrer cin*] oii fix msfTds par an , dans li mciDC cn- x.iVIK 
Ee;lirc , 011 .-ianii vine E^^lifi: voiiine. 

Dins les tiimps derol3che:ncr.r, on s'cft forvidecepre- '"•'"■ ^fif* 
tcxte pour actumnlcr / plu(ieLrs beneftces, quoique fort J"| ""' ' *'* 
cloig.n;», mjineavec cliarge dames, plufjeurscures, plu- Cxim.C/.i '..-«. 
fieurs iveches , croyant cn ^tre quitre en faifani faire lcA*- ^^* ^* 
fervice par d';ii;tres , a tiiii on donnoit queltiue panie des *' t;^^„!„ /, 
fruiis. Cctabus fui reprime parle Concilede Lairan, fous lari.ittr"^- 
Alexandro 111 , qui d^clara que la collaiion du fecond bi- ''■'■'•' "^ 
n^lice etoii nulle , & qu. Ton ne pouvoit retcnir que !e pre- ^"^,''. '^^^ 
Diier.MaiscettcOrdonnancen'ayantpaseu 5r»nJcfr,'t , le n,' • 
CondledeLatr3n,rouslnnocenilll,laconftr.Ti3,&ordoD:'>a ,*■ ■' """* 
que quiconque ayant un bencftce^chargcd'ames, en rec;- ^" ' 
vroit un fecond de memc efpice , fcroit privi du prcmicr de 
plcindroit.&m^mereroiidepouilledufecond.slls^efrorgoit 
dc les retenir lous deux. Le mime eft ordonne potir les di- 
gnitcs ou perfonnais ; & i! eft defendu d'en avoir plufieurs 
dansla m^me hglifc. Mais ce m^me canon permet au Pape 
d'en difpenfer , cn faveur dcsperfonncs fublimes (t lettrdes; 
cdadonna licudanslafuiie i des difpsnfes fi frequentes m, 
qu'eItesdevtnreniundroitcommun b. II n'etoit p^rmis aux 
OrtUnatres, qui trouvoient on Clcrc cn poflcfTion de p!u- 
ficurs b^n^fic;:s a ch^rge d*ames , que d'examiner fi la dif- 
pcnfe Jrolt en bonnc formc , St donner ordrc, lc micux 
qu'ils pouvoient , quc le fervicc fe fit , & quc lc foin dct 
ames nc ttit pas abandonni : c'eft la difpofition dc Gr^^oire 
X , au Concilo de Lyon. On trouva pluficurs moyerts pour 

/ Qiielipei-tm ont pritrndu qu'Ebroin , EvfqTic de Poitien , 
f.it itt i)[emUri]ui , «n G|o, polVjd* un Evccbc & une Abhiye e:i. 

dei l;JHcii-.n. Oii voit encflet que Tli^odulphe , Eviiiufi il'Orli'Jr.<, 
Tuii ilci jilui i;iJniii hammei ilu fcptijnie liecle , jvoit , outru lun 
£v<:d<i' , iL-t AI>b3ye> Je S. Aguoii , il: S. Benolt-fur. Lolre, & ile 
S. Liphjiii Ju Mcua, loiitel troii dtnt fun dioccre. 

01 V.: .r-i. Hi.-i, JeanXXll. rii'oqualoiileilei Jirpcortt,tt:.-t 
lel^ulj^ii: i cleiii b^ncli.:e). Mjii ceitc [litoime ae ful p:ii bien (.1- 
Itr-.vc. Df!. <U Fra-l'ao1o ,p.:g. 141, 

II L'i i<:ii.aliiJ di;) bcniilicc. tu; J'aboril autorifi.'e ponr l^uilitt- Jc 
l'lii;i:i'e : kii 'lii-iiiolt j un Cmi , ilont le levenu ijtuit tiop m-i.iiq . , 
■]:i:|-;. :'.;'.); U' b'-.'ii.'liLC pinur le incltt; en cia: Ue Jellcrvir fj ciie ; 
ir,*^ <:j"> :.i in.ii.', la ]ilitrilit< dei bcnO.ciM rim-o-luilit auifi 
^iQu- l •■■.,li: ■ ■! :;i.jU-ri; ilu benif.cii-r , q loique ron MI touienrt 
t«i'i de I* fccuvfir Ji a-eiV" l'r*tcKte fpcsieuK. 




^.^ *4if I N S T I T U T I O N 

^HI^T^ aller mdme au-deljt, par des unions debenefices, pCMirla 

Ca- XXViI. ^ dii bin^fider feulemt^ni ; 8: par !es commendes , qui , 3 

C ^dimarii U rigueur , foni compatibles avec toutes fartcs de titres : 

j^ g'' ■ de &50ti que cclui qui etoii litulaire d'un evechi , par exem- 

ple , en avoit deux ou trois autres , comme sdmidLftrateur 

• ou commendataire. 

Stff, 7. e. i, Le Coocile de Trente difendii d'abord la pluraliti dec 

binefices ayant charge d'3ines , ou autres incompatibles ; 

reduifant les chofes aux termes des Confiitutioos dlono- 

S^, 14. (. cent III & de Gregoire X. Lnfutre , paflant plus avant, 11 

"'* difendit generalement toute pluraliie des benefices ; & or- 

donna que deformaig on n'en conferat qu'un fcul i chacuo : 

que fi ce benefice oe fuffit pas pour faire vivre honn^tement 

le titulaire , il eft permis de lui conferer un aucre benefice 

iimple , pourvu que Tun & Tautre n'obligeDt pas a refi- 

dence. Cette difpofuion compreod toutes fortes de hkak&- 

B/oii , II. jgg ^ fdculiers 011 reguUers , m^me les commendes. £n 

citrfi, t France, rOrdonnancedeBloisa defendufeulementlaplu- 

ptTt. tit 14. ralit^desbencfices i cbarge d'ames, & les Arreisdu par- 

n.^ M- *'■ lement ont declari encore incompatibles les chanoinies 

laM, ' avec let cures, ou avec d'3utres chanoinies ; en un mot 

tous les b^nefices qui obligent k refldence. A T^gard des 

b^nefices flmplct , la pluralite eft toler^ ; & on laifle i U 

confcience de chacun , le jugement de ce qui eft neceflaire 

pour fon entretien honnete, fuivantfon rang & fa digniti. 

En Allem3gne,lePapedonneencoredesdLfpenfes pourte- 

nir plufieurs ^vech^p , parce que , dit on , les Princes ec- 

clefiafliques ont beroin de grandsrevenus, pour fe fouie* 

nir avec I,es Princes proteflans. 

c Toai bjnfficvt fab tBitm te<h , c'cfU-ilite gui tt deflarvent 

.daiii la mtmf EgUre , fani iiicainpieiblet. 

Touces fortci de bJn^licei, dc quelquenature qu'ilf roient, fout 
jiicjmpatiblei pout !ei i^gulierc , pirce que li pluraljtJ <Jes bir 
iieltces