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Full text of "Compte-rendu des séances ... Congrès international de Zoologie"






tOIGRili IIHIIIIIIOIIl 



DE 



ZOOLOGIE. 



— ^^ — 



Deuxième Session, à Moscou. 



du I — ]-Q Août 1892 



PREMIERE PARTIE. 



^f°:A 






r^'A^ 



MOSCOU. 

Imprimerie-Lithographie Laschkevitsch, Znamensky et C-'e , Tscliistic proudi, 

maison d>& 199. 
1892. 



^y 



Commission de rédaction des publications du Congrès: 

Président de la Commission: Dumouchel. Jean, inspecteur des 

<?lasses de l'Institut S**^ Catherine, à Moscou. 

Membres de la section scientifique de la Commission: 

Zograf, Nicolas, professeur, président de la Commissions orga- 
nisatoire scientifique du Comité des Congrès. 

Tikhomirov, Alexandre, professeur, organisateur de la section 
d'embryologie. 

Morokhovetz. Leôn, professeur -agrégé, organisateur des sec- 
tions de physiologie. 

Kavraïsky, Théodore, secrétaire du Comité d'organisation des 
€ongrès. 

Membres de la rédaction et traducteurs: 

MM. Tastevin, T. é A. 

Troutovshy, V. 

Strélzov, P. 

Sloutzhy, S. 

Zagovallo, A. 
M-Ue. Tzvétaieva, M. 
M-me. Fedtchenko. 



NOTE 

sur un Pagure des grandes profondeurs de la Mer 
(Parapagurus pilosimanus), 

par M. m. A. Milne Edwards et E. L. Bouvier. 



L'expédition française du Talisman, en explorant les abysses 
de l'Oceân Atlantique, a recueilli des Crustacés du genre 
Pagure jusqu'à une profondeur de plus de 4000 mètres. 
Ces Pagures y vivent nombreux, ils appartiennent à une 
espèce de grande taille, et il était particulièrement intéressant 
de les étudier dans leurs variations et de cliercher s'ils 
présentaient des modifications lorsque les circonstances de 
leur existence les faisaient vivre dans des couches plus 
superficielles, enfin d'établir si les différences qui séparent 
ces animaux doivent être considérées connue spécifiques ou 
simplement comme caractérisant des races ou des variétés 
d'un seul et même type. Ce sera l'objet de cette note. 

Parmi les nombreux Parapagurus qu'a décrits J. Pt. Hen- 
derson dans sa remarquable étude sur les Anomoures du 
Challenger se trouvent 2 espèces sur lesquelles nous pre- 
nons la liberté d'attirer l'attention des membres du Con- 
grès, La première fut signalée d'abord par S. J. Smitts 
sous le nom de Parapagurus pilosimanus et servit de tj-pe 
au genre Parapagurus délimité par le même auteur. La 
seconde fut désignée par l'un de nous sous le nom de 
P. Abyssorum, dans un examen très rapide des Paguriens 
recueillis par le Travailleur et le Talisman; elle fut décrite 

1 



en détail ot tig'urée sous la inême désignation spécifique par 
J. 11. Hondorson qui crut la trouver différente de la pre- 
mière et reconnut même une variété (Var. Scahra) qui 
se trouve décrite dans le travail cité pins haut. 

Notre but est de démontrer que les deux espèces ne 
peuvent être distinguées par aucun caractère essentiel, qu'on 
trouve tons les intermédiaires entre les représentants les 
plus typiques de chacune d'elles et (ju'on doit considérer 
la seconde comme une simple variété de la première. Cette 
étude, dont les très nombreux matériaux nous ont été fournis 
par les expéditions françaises du Travailleur et du Talis- 
man et par celles de l'Hirondelle et du Blake, n'est pas 
entièrement du domaine de la systématique pure: elle vse 
rattache, en .effet, aux problèmes les plus captivants de 
la distribution des espèces, en ce sens que le Farapagunis 
2)ilos'nn(iiiu>!, tel que nous le comprenons ici, se présente 
à la fois comme une forme cosmopolite et connue une forme 
pouvant se répandre depuis la région subcôtière jusqu' aux 
profondeurs les plus considérables. 

Description du FartqnifixiHs jnlosimamis. — Les spécimens 
typiques, de l'espèce proprement dite, présentent les caractères 
suivants: 

La carapace est large, médi(icrement dilatée postérieure- 
ment, lisse et fortement calcifiée en avant de la suture 
cervicale, membraneuse ou submembraneuse en arrière, sauf 
au niveau de Taire cardiaque qui est plus ou moins nette- 
ment calcifiée, fn peu avant d'atteindre les flancs, la su- 
ture cervicale, qui est très faiblement arquée, se continue 
presque toujours dans un sillon assez profond; on voit 
aussi le plus souvent, à droite et à gauche de la région 
gastrique, une ligne de faibles ponctuations marquant par- 
fois l'insertion de poils. L'aire cardiaque, plus étroite en ar- 
rière qu'en avant, est plus courte que la partie de la carapace 
située au delà de la suture. Une touffe de poils existe de chaque 
côté sur les aires branchiales. Le bord frontal est plus ou moins 
marginé, ses dents latérales sont très réduites, obtuses, 
beaucoup moins saillantes que la saillie médiano-frontale, 



— 3 — 

•qui est elle-même peu développée et qui présente une saillie 
longitudinale dorsale. 

Les écailles ophthalmiques sont écartées, réduites, subtrian- 
gulaires et se terminent par une pointe. Les pédoncules 
oculaires, plus étroits en avant qu'à la base, sont beaucoup 
plus courts que la largeur du bord frontal; ils dépassent un 
peu Textrémité antérieure de l'article basilaire des antennes 
internes, atteignant presque la base de l'article terminal du 
pédoncule des antennes externes et parfois même dépassant 
le milieu de cet article. Du côté dorsal, la cornée est très 
réduite et présente un bord convexe en avant; elle s'étend 
beaucoup plus loin en arrière sur la face externe et ventrale. 
Des poils souvent très serrés, parfois très rares, occupent 
la face supérieure des pédoncules. 

L'article basilaire des pédoncules antennaires est armé 
d'une f)rte épine en avant et en dehors; l'article suivant 
dépasse légèrement l'extrémité des pédoncules antennaires; 
le dernier est ausi long ou plus long que le reste du pédoncule. 

L'article basilaire des pédoncules antennaires est large- 
ment visible du coté dorsal; le suivant, qui est au moins 
-aussi large que long, présente du côté externe un prolon- 
gement antérieur généralement denticulé n'atteignant jamais 
l'extrémité nettement acuminée de l'article suivant. L'acicule 
■«st égal ou parfois plus long que la pédoncule. Le fouet 
•antennaire est nu et beaucoup plus long que le corps; il 
atteint, et le plus souvent même il dépasse, l'extrémité an- 
térieure des pattes ambulatoires de la deuxième paire. 

On observe toujours des granulations abondantes sur le 
carpe de la paUe auU'rimre droite et aussi, mais en nombre 
très variable, sur la face externe du propode de la même 
patte; toujours on trouve des poils, le plus souvent très 
■serrés, sur ces diverses régions, ainsi que sur la face 
inférieure du méropodite et du carpe. Les bords de tous les 
-articles sont arrondis, sauf le bord inféro-interne du mé- 
ropodite qui présente une rangée de tubercules ou de 
fortes granulations. Le bord inférieur de la pince est ra- 
«•ement droit, et presque toujours infléchi vers la base; 



_ 4 — 

les doigts sont aniit's Tiin et raiitrc, sur le bord interne, 
de deux denticules. 

La jt((ttt' (infc'rieior (jauchc est beaucoup plus grêle et plus 
réduite ([ue la droite: toutes les observations précédentes 
peuvent s'appliiiuer à cette patte, ([ui toutefois est lisse ou 
à peine granuleuse et dont les angles sont en général mieux 
niartiués. Les doigts de cette patte sont plus courts que 
la portion palmaire de la main et sont complètement dé- 
pourvus de dents; en outre, le propode est toujours in- 
tiéciii vers le bas. 

Lis pattes aniliHldto'ues sont ordinairement lisses, mais par- 
fois un peu irréguliùres du coté dorsal; celles de la première 
paire sont plus courtes que les suivantes; les doigts sont 
beaucoup plus longs que le propode, arqués, légèrement tor- 
dus, plus ou moins canaliculés sur 1er deux faces, faiblement 
onguiculés et ornés en avant, sur le bord supérieur, d'une 
rangée de soies raides devenant plus longues et plus fortes 
vers la pointe des doigts. 

Les pattes de ta quatrième paire sont garnies de poils 
serrés sur le bord supérieur: leur propode est très comprimé 
latéralement et n'atteint pas tout-k-fait Textrémité antérieure 
du doigt mobile. Le propode de la patte suivante est au moins 
aussi long que l'article précédent et porte en avant, sur la 
face externe, une râpe triangulaire assez réduite. De longs 
poils ornent également les divers articles de cette patte. 

Le telson est assez fortement échancré en arrière, mais 
beaucoup luoins sur les côtés: ses deux lobes terminaux sont 
peu asymétriques et armés sur le bord postérieur de denticu- 
les ou de spinules cornés. 

Variations j^rincipales de l'.espi'Ce typique — Comme chez 
la plupart des Paguriens, réchancrure postérieure de la ca- 
rapace peut varier dans des limites considérables, mais la 
forme du front varie également, ce qui n'est pas sans im- 
portance, étant donné la constance de cette partie dans la 
très grande majorité des espèces de ce groupe. Dans les 
spécimens les plus caractéristiques de l'espèce, le front 
n'est que très légèrement marginé et le bourrelet n'atteint 



jamais le milieu de la saillie rostrale. Cette dernière est 
arrondie et parfois si large et si peu proéminente que le bord 
frontal tout entier paraît former une courbe presque régu- 
lièrement convexe. Dans ce dernier cas, les dents latérales, 
qui sont toujours fort réduites, deviennent nulles ou rudi- 
mentaires. mais on observe toujours très nettement au milieu 
du front une saillie longitudinale dorsale qui, parfois, se 
termine en avant par une petite pointe (S, I. Smith. Procceed. 
Xat. Mus. T. YI PI. V tig. IV a et fig. V. Talisman n» 102 
spécimens recueillis à 3655m.), Mais, le plus souvent, sur- 
tout chez les spécimens dont les pattes ambulatoires sont 
longues, les dents latérales et la saillie rostrale sont très 
•distinctement indiquées, la saillie longitudinale dorsale pou- 
vant d'ailleurs être accentuée (Talisman 103 spec. mâle 3655m). 
ou, dans certains cas, devenir très réduite. (Talisman côtes 
•du Maroc. 1084m.). 

Les pi'doncuks oculaires sont plus variables encore dans 
leur forme, comme dans leur longueur. On peut dire toutefois 
d'une manière générale qu'ils croissent moins rapide- 
ment en longueur que les pédoncules antennaires; parfois 
ils dépassent la base du tiers terminal de ces pédon- 
cules chez les très jeunes spécimens, tandis que chez 
les adultes de grande taille c'est tout au plus si le 
bord antérieur de la cornée arrive jusqu'à la base de 
l'article. Ils affectent du reste des formes très différen- 
tes et quelquefois s'atténuent de la base au sommet qui 
peut devenir fort étroite chez certains individus (Ta- 
lisman n" 122 — Açores 1422m); le plus souvent ils sont 
seulement un peu moins larges en avant qu'en arrière (spé- 
cimen représenté par Smith; Travailleur n" 42, mâle, 899m.) 
et dans divers cas se rétrécissent très sensiblement au milieu 
{Talisman n"-102, mâle, 3655m.). Cette dernière forme s'ob- 
serve surtout chez les spécimens à longues pattes ambula- 
toires, mais on peut aussi la rencontrer ailleurs. Nous en 
dirons autant des poils qui ornent la face dorsale des pé- 
doncules; ils ne manquent jamais complètement et sont 
toujours nombreux et longs dans les individus les plus ca- 
ractéristiques de l'espèce. 



— 6 — 

Les variations des jh'iJonculcs aiifcfn/aires seront décrites. 
Xilus tard, lorsque nous étudierons le R JbtjssorKni. Nous 
dirons seulement ici que la double courbure de l'acicule, 
qui est très accentuée dans certains types (Talisman n" 82, 
mâle. lôDOm.), peut se réduire beaucoup (Talisman-côtes 
du Maroc, mâle, 1084m.) et paraît même avoir tout-à- 
fait disparu dans les spécimens que S. J. Smith a repré- 
sentés. Le même acicule est armé sur le bord interne de 
denticules aigus (jni tantôt s'étendent sur presque toute la 
longueur de l'appendice (Talisman n"-122, 1422m.), tantôt 
se localisent à la base au nombre de trois ou qu.atre (Ta- 
lisman' n"-118, mâle, 3175m.) et parfois même, mais le cas 
est très rare, disparaissent complètement (Talisman n''-102, 
mâle, 3655m;). Les poils de l'acicule sont longs et nom- 
breux dans les spécimens les plus caractéristiques, mais s'ils 
peuvent devenir rares et assez courts, ils ne font jamais 
entièrement défaut. 

Les divers articles des pattes antérieures peuvent être 
uniformément ou irrégulièrement velus, les pinces étant par- 
fois couvertes de poils, au moins sur la face externe, par- 
fois protégées par un duvet serré qui disparait à Textré- 
mité des doigts. Dans le premier cas, les poils sont en gé- 
néral beaucoup plus rares et dissimulent à peine les gra- 
nulations tégumentaires; ces dernières sont en nombre très 
variable, comme nous Lavons dit plus haut, mais il y en a 
toujours quelques unes, et le plus souvent même elles sont 
très nombreuses sur la face externe du carpe et du propode,. 
sauf à l'extrémité des doigts où il semble n'en jamais exister. 
Ainsi qu'on pourra le voir dans la dernière colonne hori- 
zontale du tableau qui se trouve à la tin de ce travail, la 
forme des mains, surtout celle de la main droite, peut pré- 
senter des variations considérables; le rapport de la hauteur 
à la longueur de la main pouvant osciller entre 0.37 et 
0.60. (j>uand la main droite est courte et large, elle est 
ordinairement peu infléchie vers la base et le plus souvent 
très velue, quand elle est longue et de largeur réduite, l'in- 
flexion devient très forte et en général les poils sont beau- 
coup moins nombreux. 



Nous renvoyons également au tableau, annexé à cette 
étude, pour les variations de longueur des pattes amTmla- 
toïres et de leurs deux articles terminaux. On peut diro 
d'une manière générale qu'il }' a des spécimens à doigts 
longs et d'autres à doigts courts; chez les premiers les 
pattes ambulatoires sont longues, chez les seconds elles 
sont courtes, mais ce serait une erreur de croire que 
les dimensions des divers articles croissent proportionellement 
à la longueur de la patte. En consultant le tableau, on 
verra en effet que le rapport de la longueur du pro- 
pode de la patte ambulatiore postérieure droite, à celle du 
doigt varie de 0.80 (spécimen de Blake décrit par A. Milne 
Edwards) à 0.61 {Talisman n". 93, mâle, 1495m.). Dans le 
premier, les doigts et le propode sont très longs; dans le 
second, le doig-t est encore long, mais le carpe est médiocre, 
dans un troisième spécimen (Talisman n*'-32, mâle, 1590m.) 
les deux articles sont l'un et l'autre également courts. Il 
n'y a pas non plus de rapport constant entre la longueur 
du propode des pattes ambulatoires et celle de la carapace, 
ce rapport pouvant s'élever à 1.30 (spécimen de Blake 
étudié par A. Milne Edwards), ou descendre à 0.70 (Tahs- 
man n" 61, femelle, 1918m.), enfin le rapport de la lon- 
gueur de la patte antérieure droite à celle de la patte 
ambulatoire postérieure du même côté, quoique sujet à des 
variations plus régulièrement progressives, va de 0.45 (Ta- 
lisman, n"-ll,mâle, 1084m). à 0.80 ( Travailleur n'*-4:0,mùle, 
1900m.) sans qu'on puisse établir de relations entre les 
dimensions de ces deux appendices. D' ailleurs la forme 
des doigts des pattes ambulatoires présente également de 
nombreuses modifications. Nous les voyons eu effet tantôt 
longs, grêles, rétrécis et fortement arqués en avant, tantôt 
courts, assez larges, peu rétrécis et régulièrement infléchis 
d'un bout à l'autre. 

Toutes les variations précédentes paraissent absolument 
irrégulières et indépendantes de l'habitat, de l'âge et du sexe 
des individus. L'une d'elles cependant, celle qui est relative 
aux rapports de longueur des pédoncules oculaires et anten- 



— s — 

luiires. suit (.'ortaim'iiu'iit la diiiuMisiMii dos spécimens: les 
peiloncules (»culrtires des jeunes dépassant le milieu du der- 
nier artiele des ])ediMU'ules antennairey. tandis (ju'ils en 
atteignent ;i peine la base ehez les adultes de grande taille. 
La forme et la structure de la râpe écaillense des pattes de 
la 4-e paire varient également avec rage: chez les jeunes 
et elle/ les individus de nunenne taille, elle est unisériée 
comme dans les Spiropanunts et AnapmfurKS. tandis qu'elle 
présente plusieurs rangées d'écaillés et peut môme devenir 
ovalaire chez les spéciuuMis de grande taille. Par conséquent, 
nous voyons se moditier. dans la limite d'une seule espèce. 
ce caratîtère qui a. ]>art(iut ailleurs, une importance spécifique 
(EiqjafitoHs) et ([ui peut uu^'uie ne présenter aucune variation 
dans rétendue- d'un genre tout entier {Anapagurus^ Cata- 
pagurus, SpffiopafiidKs etc.) Du reste, la râpe qui orne les 
articles teruiinaux des fausses pattes du sixième seguient 
abdominal sul)it des modifications parallèles aux précédentes: 
elle est etrctite. rectangulairti et paucisériée chez les jeunes, 
elle est large, subovalaire et composée de nombreuses rangées 
d'écaillés chez les adultes de grande taille. 

Caractères distinctifs du Parapaguruii ahyssormn: 
D'après. J. K. Henderson qui a séparé spécifiquement le 
l'anipufiurHS pilosinianiis du /*. (ih/ssoriim, le premier se 
distinguerait essentiellement du second par ses pattes anté- 
rieures dont la inibescence serait plus abondante et plus 
serrée. ]iar le doigt iunuobile ih la pince droite (pii ne serait 
]ias infléchi vers le bas. (nifin par les doigts de la pince gauche 
([ui seraient relativement plus courts que dans la dernière 
espèce. L'étude précédente des diverses variations nous a 
montré que les deux premiers caractères distinctifs n'existent 
pas et nous ajouterons ici que le troisième n'a pas beaucoup 
])lus de val«Mii-. les différences dans la longu(îur des doigts 
de la ])ince gauchi; étant ordinairement tout-à-fait insensibles 
dans la ])lu])ai-t des s))éciiuens de ces dcMix prétendu(^s espèces. 
Kn léalité si l'on compare les spécimens typiques du 
/'. (ihi/ssoriini et du /'. jnlosimanus, on arrive à découvrir 
entre eux dés différences assez importantes ([ui sont d'ailleurs 



— 9 — 

tout autres que celles dont Henderson s'est servi pour ca- 
ractériser son espèce. Nous les relevons ici. en donnant les 
premières places à celles qui nous paraissent les plus signi- 
ficatives . 

Le front est fortement marginé sur toute son étendue, 
même sur la partie rostrale qui est toujours nettement sail- 
lante, quoiqueplusoumoinsdépourvue desaillie longitudinale dor- 
sale; le carpe et le propode de la patte antérieure gauche 
sont toujours ornés de quelques granulations qui deviennent 
parfois des denticules. En outre, des granulations ou des den- 
ticules existent sur la partie inférieure et ordinairement 
aussi sur les flancs du carpe, du propode et du méropodite 
des pattes ambulatoires. Le prolongement externe du second 
article des pédoncules antennaires est. le plus souvent, long, 
denticulé et infléchi en dehors; il v a un denticule aigu sur 
la face dorsale, à l'angle intéro-interne du même article; 
Facicule est peu poilu et présente toujours des denticules 
aigus ou des spinules sur le bord externe. On voit sur la 
patte antérieure droite des granules forts et très nombreux. 

Les mêmes caractères s'appliquent tous, croyons-nous, à 
la variété Scahra. qui se fait simplement remarquer par le 
développement, plus ou moins exagéré, de denticules aigus 
situés sur les appendices. 

Variations du Farapafinrus ahyssorum. Moins nombreux, 
à beaucoup près, que les vspécimens du P. pilosimatias, les 
représentants de l'afji/ssoruni nous ont montré des variations 
assez importantes qui, pour être en plus petit nombre que 
celles de la première espèce, sont cependant absolument du 
même ordre. 

Si le fi-ont n'est jamais arrondi et si les pédoncules ocu- 
laires ne présentent prescjue jamais une pubescence bien 
abondante, on voit, par contre, une saillie longitudinale dor- 
sale se dessiner parfois bien nettement sur le rostre {TaUx- 
mau n-'-13J:, mâle. 4010m). et le pédoncule oculaire s'atténuer 
régulièrement de la base au sommet ou se rétrécir plus 
ou moins dans la région moyenne; on voit aussi le prolonge- 
ment externe du deuxième article des pédoncules antennaires 



— 10 — 

se réduire et rester droit. Tarieule devenir assez pileux, un 
peu intiéchi et taibleuient denticulé. eu bien acquérir quelques 
denticules annexes près de rextréuiité, sur son bord externe. 
Les pattes antérieures ne présentent jamais le duvet abon- 
dant et serré qu'on observe chez les spécimens les plus 
tvpiques du /'. pilosinuimis; elles sont, dans la ))lupart des 
cas au moins, aussi richement pubescentes que chez beaucoup 
de représentants, assez poihis, de cette dernière espèce et. 
comme eux, se font remarquer par une absence complète 
de granulations et parfois même de poils sur l'extrémité des 
pinces: la pince gauche peut n'avoir qu'un nombre très 
restreint de granules, et les rugosités ou les denticules des 
pattes ambulatoires peuvent s'atténuer aussi ou se limiter à 
quelques faibles saillies. 

Les variations de longueur et de forme des pattes am- 
bulatoires sont absolument du même ordre que celles que 
nous avons signalées h propos du ]\ p/losluiaHK.s. Le rap- 
port de la longueur du propode de la patte ambulatoire 
postérieure droite à celui du doigt oscille entre 0.86 et 
0.G9; le rapport de la longueur du propode à celle de la 
carapace — entre l.()0 et 0.87; enfin la patte antérieure 
droite peut atteindre les 50 ou 60 centièmes de la lon- 
gueur de la patte ambulatoire du même côté. Il y a des 
spécimens ii pattes ambulatoires longues, d'autres à pat- 
tes ambulatoires relativement courtes; il en est dont les 
doigts sont longs, grêles et simplement arqués en avant, 
d'autres oii ils sont assez courts, larges et régulièrement in- 
Héchis de la base au sommet. La pince droite se fait tou- 
jours remarcpu'r, chez les formes bien caractéristiques, par 
une inflexion prononcée du l)ord inférieur, mais ces dimen- 
sions restent néanmoins vai'ial)les, la largeur pouvant s'éle- 
ver aux 54 centièmes de la longueur ou descendre dans cer- 
tains cas aux 44 centièmes. Les caractères qui se modifient 
avec l'âge et la taille sont les mêmes que dans le r.pilo- 
si7))fnu(s et dans le P. aOyssormn. 

Formes inferminmliaires entre len deux espèces. — En étu- 
diant les très nombreux spécimens du P. pilosimanns receuil- 



— 11 — 

lis par le Travailleur et le Talisnnn/, — nous en avons trouvé 
plusieurs qui présentaient l'un ou l'autre des caractères que 
nous avons désignés plus haut cormne distinctifs du F. abf/s- 
soru))L Les uns avaient: le front fortement et presque com- 
plètement marginé dans toute son étendue, un léger denticule 
à l'angle antéro-interne du second article du pédoncule an- 
tennaire, et des denticules très réduits sur le bord infé- 
rieur du propode et du carpe des pattes ambulatoires (Tra- 
railleur 11^-4:2, mkle, 899 m.; 'Talisman n^-1 02, mile, 3655 m.). 
D'autres avaient le prolongemet externe du deuxième ar- 
ticle des pédoncules antennaires très saillant et fortement in- 
fléchi en dehors (Talisman n"-102, mâle, 3655 m.), quelques 
uns même se faisaient remarquer par une rangée de denti- 
cules sur les deux bords de l'acicule (Travailleur n''-42, mâle, 
899 m.). 

A côté de ces spécimens dont nous pourrions considéra- 
blement augmenter la liste, s'en trouvent d'autres plus si- 
gnificatifs encore par le curieux assemblage de caractères mix- 
tes qu'ils présentent dans toutes les parties du corps. Ces 
formes de transifioii sont assez intéressantes pour que nous 
donnions ici la description succinte de quelques unes d'entre 
elles. 

Le plus remarquable de ces Pagures est un individu mâle 
que la drague du Talisman a recueilli par 3530 m. au large 
des côtes du Maroc. Il a les pattes ambulatoires allongées, 
les doigts grêles et surtout arqués en avant, la pince droite 
longue et nettement infléchie vers le bas. Les dimensions 
relatives sont les suivantes: 

Rapport de la longueur du propode de la patte am- 
bulatoire droite à celle de la carapace 1. 25 

Rapport de la longueur du propode de la patte am- 
bulatoire droite à celle du doigt 0. 80 

Rapport de la longueur de la patte antérieure droite 
à celle de la patte ambulatoire palmaire du même côté. 0. 54 

Rapport de la largeur à la longueur de la pince 
droite ..0.41 

Le front est marginé dans toute son étendue, mais pourvu 



- 12 — 

d'mu' saillit' loiiuinuliiiali' dorsalf sur le rostro: les pédoncu- 
les oculaires sont assez al)oiidaiinuiMit ciuiverts de lonjj^s poils 
^ur la face «lorsale: le proloniieuient externe du second ar- 
ticle des pédoncules autennaires est fort, assez grand, den- 
ticulé et légèrenient iuHechi eu dehors: il y a nn (lenticule 
aiiïu rudiuuMitairc sur l'ande antéro-interne du même ar- 
ticle. 1/acicule est orné de poils loni^s et nombreux, mais 
ces (lenticules sont très rares et localisés h la base. Le 
carpe et la iiimc de la patte antérieure droite sont plutôt 
velus sur la face externe: les granulations sont abondantes 
et serrées sur le carpe, beaucoup moins sur la main, et re- 
vêtent presque partout la forme de faibles tubercules subai- 
gus. La patte antérieure gauche est plus poilue encore que 
la droite et.' comme elle, dénudée sur la moitié ant(h"ieure 
des doigts: ces granulati(uis sont fort rares, mais cependant 
îissez saillantes: entin le carpe et le propode des pattes am- 
bulatoires sont dépourvus de granulations et de (lenticules 
et présentent simplement une surface un peu irn^gulière au 
niveau du bord. 

Connue on peut en juger par l'étude de ces particularités, 
il est impossible d'imaginer une forme mixte plus caracté- 
risti(iue. et l'embarras serait fort grand si on voulait la ran- 
ger dans l'une ou 1 "autre des deux espèces. 

Voici maintenant un autre individu différent à d'autres 
égards: il a été recueilli par le Travailleur au large de la ' 
côte septentrionale d'Espagne par 899 m. de profondeur: 
le ft-ont est taiblement marginé dans toute son étendue, sauf 
au niili(!u, juste au point oii vient se t(Tminer. sur le rostre, 
la saillie longitudinale dorsale; les pédoncules oculaires S(mt 
])eu ]»oilus du côté dorsal; le second article des pédoncules 
autennaires (;st ariii»'- d'un très petit (lenticule sur l'angle 
aiitéid-interne et d'un pr^dongement externe très allongé et 
fortement denticulé; l'acicule est médiocrement velu et pré- 
sente deux rangées de (lenticules. La patte antérieure droite 
ressend)le ii c(;lle du spécimen précédent, mais elle est plus 
allongée: le bord inférieur de la main est plus infléchi vers 
la base et les ]>oils, jilus courts, sont beaucoup moins serrés. 



— 13 — 

La patte antérieure gauche est elle-même peu pubescente, 
mais présente sur le carpe et sur la main, au voisinage du 
bord supérieur, des granules nombreux et assez forts: les 
pattes ambulatoires sont très allongées, lisses sur les faces 
latérales, mais distinctement irrégulières au niveau du bord. 

Nous rapportons encore ce spécimen au rarapafjurHS 
pilosimanus, bien qu'il ait des aftinités étroites avec le P. 
aJjijssorum. 

— Le Parapagurus adyssorum n'est qu'une variété du 
P. pilos'nnanus. 

Nous pourrions citer d'autres exemples, mais ceux qui 
précèdent suffisent, croyons-nous, pour montrer que ces deux 
espèces ne diffèrent au fond par aucun caractère même acces- 
soire. Elles présentent des variations régulières semblables, 
leurs modifications irrégulières sont de même nature, leurs 
caractères essentiels sont identiques et des particularités moins 
importantes peuvent se rencontrer ça et là dans divers indi- 
vidus des deux formes, ou se condenser, pour ainsi dire, 
dans certains spécimens mixtes qui pourraient également 
bien se ranger dans l'une ou l'autre espèce: en outre, connue 
nous le verrons plus loin, toutes deux se répandent dans 
les grandes profondeurs de la mer, toutes deux vivent côte 
à côte et ont le même commensal {Epizoauilms pagimijlnlvs); 
ces faits sont été démontrés par certains coups de drague qui 
les ramenaient ensemble. Toutes deux enfin sont représentées 
par des spécimens plus ou moins t}'piques. 

La conclusion s'impose: les deux espèces n'en font cpi'une, 
et comme le nom spécifique de pUosimanus a la priorité, 
c'est celui-là qu'on devra conserver pour désigner les Pa- 
guriens jusqu'ici répartis à tort dans l'une oti l'autre. 

Mais il sera utile, toutefois, de former une variété distincte 
pour ceux qui présentent très évidemment les caractères se- 
condaires que nous avons attribués plus haut au P. aOi/sso- 
riun. Cette variété, qui correspondra au P. ahiiasorum d'IIen- 
elerson et au P, scaôra du même auteur, gardera le nom 
d'aT/yssorum sous lequel on l'a spécifiquement désignée 
jusqu'ici et ([ui lui convient parfaitement en ce sens qu'elle 



— 14 — 

(lesceml dans les abîmes à des profoiuleuis (\\ie n'atteignent 
jamais les représentants de l'espèce proprement dite. 

Di<fnlfi(*}oH (fc'o/irapli'K/KC et hathi/iurfrif/ite. Telle {\no nous 
la comprenons ici, l'espèce qui nous occupe est essentiellement 
cosmopolite et se répand dans toutes les mers chaudes et 
tempérées du ulcdu'. On l'a trouvé(> dans les eaux de 
rAtlantit[ue nord, depuis la mer d'Irlande (Pocock) jusqu'en 
Kspaune. en passant par le golfe de Gascogne au large de 
lîoyan: dans les eaux africaines, elle se rencontre au large 
de la ct'te et de tout les archipels depuis les Açores jusqu'au 
Sénégal ('Ddisnxut. Jlitoinh'He); elle a été signalée par le 
Cha''/c)i<n-r iinii loin de la Sierra Leone et dans l'espace 
compris entre la mer des Sargasses, les Açores et les îles 
lîermudes. Elle habite d'ailleurs l'Océan Atlantique sous ses 
longitudes les plus extrêmes; en effet elle est très abondante 
vers les côtes américaines de cet Océan, depuis la Nouvelle 
Ecosse jusiju'aux Antilles (Smitth, A. Milne Edwards), et se 
répand vrai^eml)lal)lement au large des côtes orientales de 
rAméri(iii'' du Sud. oii on la trouve non seulement à Tris- 
tan d'Acunha. mais aussi sous une latitude beaucoup plus 
australe, à Port-Otway en Patagonie {Challenficr). Si, de 
Port-( >tway qui appartient déjà au bassin du Pacifique, nous 
remontons vers le nord, dans cet immense Océan, nous 
retrouvons le /', pilo^'nnanus à Valparaiso, sur la côte amé- 
ricaine, il Papua au centre de l'Océanie, dans les îles Phi- 
lippines, au Ja])on ])rès de Yokohama (Challenger), enfin 
AI. Wood-.Mason l'a tout récemment signalée dans les abîmes 
de la .Mer des Indes, 

Cette espèce paraît s'accommoder également bien des tem- 
pératures les plus diverses et se plait aussi à des niveaux 
très différents. Elle abonde dans les eaux américaines de 
l'Atlantique entre ôOO et 1000 métrés et se retrouve aux 
mêmes niveaux jucs des côtes de l'ancien continent, mais 
elle ]ieut descendre îi des profondeurs beaucoup plus consi- 
dérables; elle est commune encon; entre 2000 et 3500 mètres 
et a été draguée ])ar le Talisman à plus de 4000 mètres. 

(.)n couiiireiid (pic cette espèce, vivant à des profondeurs 



1"^ 



Tableau indiquant les rapports des pr( 



Numéros des Exemplaires ') 

Sexe 

Profondeur 
Longueur de la Carapace. 



lîapport de la longueur de la patte antérieure droite à 
celle de la patte ambulatoire i^ostt'rieiire droite. . . . 

Iîapi>ort de la longueur du piopode de la patte ambiila - 
toire postérieure droite à celle de la carapace 

Rapport de la longueur du piopode de la patte ambula- 
toire postérieure droite à celle du carpe 

Rapport de la longueur de la pince droite à sa hauteur. 



1 

mâle 
1084 



0.45 

0.96 

0.75 
0.37 



2 


3 


mâle 


mâle 


1590 


800 


9 


9,3 

(.Tacobi 
duBlakc 


0.50 


0.51 


1.23 


1.30 


0.79 


0.80 


0.54 


0.48 



4 


5 


mâle 


femelle 


500-900 


4000 


22,5 


16 


(Smith) 




0.52 


0.52 


1.03 


1.- 


0.73 


0.73 


0.37 


0.44 



Numéros des Exemplaires 

Sexe 

Profondeur 

Longueur de la Carapace. 



Rajiport de la lungueiir de la pntte antérieure droite à 
celle de la patte ambulat(dre ]iost(''ricui(' droite . . . 



Rapport de la longueur du jjiojiode de la patte ambula- 
toire postérieure droite à celle de la carapace 



Rapport de la longueur du pioi)ode de la patte ambula- 
toire postérieure droite à celle du carpe 

Riiplioit de l;i longueur de 1,1 j)iiice droite à sa hauteur. 



22 


23 


24 


mâle 


mâle 


mâle 


1495 


2220 


2995 


5,2 


10 


10 


0.61 


0.62 


0.63 


] ,09 


1.20 


1.02 


0.61 


0.74 


0.72 


0.58 


0.51 


0.48 



25 

femelle 

l '(00-1900 
10 



0.64 

0.70 

0.63 
0.60 



26 

mâle 

3175 
9 



0.65 

1.22 

0.78 
0.44 



'j Les ii<j* 2. 5, !), 11, 12, 13, 14, 21 corrosiiomhîiit :ï la vfiiiélé P. ab^ssorum et les aiitrce ù la var 

Dans les colonnes 4, 27. 31. 35. 40, c'est la patte ambulatoire antérieure droit 
micr»! série de rapports. 

Pour la colonne 30, on s'est servi de la patte ambulatoire postérieure gauche. 
Kt f'ufin, pour les colonnes 5 et 9. on a relevé les mesures sur les figures d'f 
i'our tous les autres spécimens, c'est nous-même qui avons déterminé les din.en 



)ns des divers PAGURUS PILOSIMANUS. 



n/ 



vM 



8 



lelle mâle 
95 3530 
,9 IG 



52 



19 



72 



57 



0.54 



1.25 



0.80 



0.41 



mâle 

2500 
21 

(Hen- 
ders). 



10 11 



12 



0.55 



1.60 



0.79 



0.45 



femelle mâle ! femelle 



3560 
10 



0.55 



1.10 



0.78 



0.54 



39154065 
17 



0.55 



1.26 



0.86 



0.42 



4060 
15 



55 



1.01 



0.80 



0.45 



13 

femelle 

4010 
9,6 



0.55 



0.98 



14 

mâle 

4000 
21 



0.5; 



0.98 



0.69 0.69 



53 



0.53 



15 

femelle 

1100 
11 



16 

mâle 
600 
102 

•îacobi 
duBlake 



0.56! 0.56 



1.11 



0.70 



17 



18 



19 20 21 



femelle mâle mâle mâle 



930 
6 



0.56 



899 
11,2 



0.57 



1.17 1.03 1.09 



60 0.69 



0.571 0.50 0.69 0.57 



0.60 



650 
139 

type 
commu- 
niqué 
par ÎI. 
Smith. 



femelle 



869 i 1060 



7,3 



0.58 0.58 0.60 

1.06[ l 04 0.87 

0.72! 0.63' 0.77 

0.56! 0.62; 0.51 



VI 



29 


30 


31 


32 


femelle 


mâle 


mâle 


mâle 


2995 


460 


500-900 


2^00-3600 


8,6 


21,7 


23,3 


9,3 




(Smith). 


(Smith). 




0.66 


0.67 


0.69 


0.69 


0.72 


1.10 


0.98 


1.03 


0.62 


0.73 


0.74 


0.73 


0.62 


0.43 


0.52 


0.50 



33 



femelle mâle 



34 



1084 
14,9 



0.70 



0.96 



0.74 



0.57 



1300 
21 



0.72 



0.81 



35 36 



femelle 

500-900 
15 

(Smith. 



0.70 



mâlâ 

1300 
21 



0.71 



0.86 0.96 



0.76 76 0.74 



0.60 



0.52 



37 


38 


39 


mâle 


femelle 


femelle 


1590 


1918 


1442 


7,4 


8 


— 


0.72 


0.74 


74 


81 


0.77 


0.70 


0.76 


0.70 


0.63 


0.62 


0.65 


0.65 



40 

femelle 

500-9011. 
18,8 



41 

mâle 
1139 

7,8 



iSm 


ih). 


0. 


76 


0. 


75 


0. 


i 1 


0.60 



0.78 

73 

0.71 
0.68 



42 

mâle 

1 !t()0 
4,1 



0.84 

0.80 

o.6r; 
0.6:' 



simanus. 



ervi de terme de comparaison, ce qui donne des nombres trop forts ponr la itre- 



— 15 — 

ou la température de l'Océan varie peu. ait pu s'étendre des 
régions tropicales aux régions subpolaires; il est plus diffi- 
cile de comprendre comment elle peut s'adapter à des pres- 
sions si diverses et comprises dans les limites de 500 à 4000 
mètres d'eau. Les différences de niveau comme les différen- 
<!.es de latitude paraissent n'avoir sur elle que bien peu d'in- 
fluence, cependant quand on atteint les plus grandes pro- 
fondeurs, on voit prédominer la variété ahyssormn qui a été 
recontrée en abondance par le Talisman entre 3650 mètres 
•et 4060 mètres =^). 

Tous les spécimens, recueillis par le Challenger, sont 
attribués par Henderson à la variété P. abyssormn, qui 
semble ainsi occuper une aire fort étendue, et allant du Pa- 
cifique aux parties de l'Altantique situées entre Tristan 
d'Acunha et le Sierra Leone. Plus au nord, comme l'ont 
montré les récoltes du Travailleur et du Talisman, l'espèce 
•et la variété vivent côte à côte, même dans les régions ou 
l'expédition anglaise n'a recueilli que des représentants de 
la variété. On est en droit de s'étonner de ce résultat, 
«t il est probable q'une étude plus approfondie des Paguriens 
rapportés par le Challenger permettra d'attribuer une répar- 
tition aussi étendue à l'espèce t}T3ique qu'à sa variété. 

M-r Henderson, n'ayant eu sous les yeux que des échan- 
tillons relativement peu nombreux, n'a pu saisir les carac- 
tères des détails qui distinguent la variété aJnjssormn. et il 
a été conduit ainsi à décrire sous ce nom des exemplaires 
•qui appartiennent en réalité à l'espèce proprement dite. 



*) Un polype madréporairc Fungia symetrica, parait avoir une distribution 
géouraphique et bathymétrique plus étendue encore que celle du P. pilosima- 
nus: ou le trouve dans toutes les mers depuis l'Equateur jusqu'au voisinage 
■des glaces polaires et il vit aussi bien à uu niveau de 60 mètres que sur des 
fonds de 5400 mètres (Challenger). 



CE ou' IL FAUT ENTENDRE PAR ^SYSTÈME AQUIFÈRE, ORGANES 
SEGMENTAIRES, ORGANES EXCRÉTEURS, NÈPHRIDIES,, 

RAPPORT 

pré>ioiité au CoiiiiTès iiitcnuitioiial de Zoologie de Moscou 

par 

M-r le D-r Léon. C. Cosmovici 

• Professeur à rUiiiversitu de .Ias>y ( llomnaiiie). 
I. 

Avant d'aborder la question, il faut nous demander s'il 
y a nécessité de pareilles discussions. 

( )r. aucune des sciences n'a aussi peu de crédit 
dans le gros des populations, que la Zoologie, vu le très 
grand nombre d'incertitudes, de controverses (voir un peu 
plus loin) et surtout d'entente parmi ses disciples. 
Ouvrez un traité de Zoologie (pudcoïKinc», appartenant à 
une même école ou à des écoles différentes, et vous y 
trouverez p. ex. le nombre des embranchements variant à 
l'infini. Kt ce ne serait pas une grosse question, si au 
moins on voyait que tous les auteurs sont d'accord sur 
les estimations a donner aux différents degrés liiérarclii(iues 
de la classification animale; mais voir que tel auteur con- 
sidère tel groupe d'animaux connue un ordre ou un som- 
ordre, et même une famille, tandis qu' un autre relève le 
même groupe au grade d'embranchement, c'est tout ce qu'il 
y a de ])liis choquant *). 



•) Ainsi p. ex. .Mr. Kil. Perrit-r (Traité de Zoologie ]>. 4()G) coui-idère les 
Xoctiliifjnen coniiiK! un embranchement de la {>-rande divi-ioii jiriinordiale des 
Protozoaires, et les Inlasotir-'i^ comme un autie embranchement, etc. 



— 17 — 

Point de données stables, jmnt de certitudes. 

Et les inconvénients sont grands. Il s'agit d' instruire et 
vous êtes forcé d'initier les commençants aux données que 
la science a consignées. Lesquelles, je vous le demande, 
choisirez vous, s'il s'agit des grandes divisions du règne animal? 
A qui donner la préférence dans votre enseignement? 

Ce que je viens de dire de la classification s' applique, 
à plus forte raison, quand il s'agit de la dénomination des 
organes. 

Tout organe doit accomplir une fonction, et les mômes 
organes accomplissent la même fonction, avec différences 
dans le degré de l'ampleur en rapport avec le degré de 
leur perfectionnement. 

En espèce, les organes que nous trouvons dans le corps 
de la majorité des animaux et qu' on décrit, tantôt sous 
la dénomination (ïorganes excréteurs, tantôt sous celle de 
segmentai res, ou néphridies, ou encore d^'aqniferes. sont-ils 
différents? Accomplissent-ils des fonctions dissemblables? 

H me semble qu' après les classifications et la nomencla- 
ture des espèces, ce qui réclame une discussion scientifique 
sérieuse, ce sontjustement ces organes. On est tout-à-fait embar- 
rassé quand il s'agit de faire un cours sérieux et qu'on arrive 
à discuter la morphologie et les fonctions de ces organes. 
Toujours la même question: à qui la préférence? qui a raison? 
Et les auditeurs se demandent: y a-t-il quelque chose de 
certain dans les Sciences Naturelles? 

II. 

Toute cellule animale ou végétale se nourrit, et cette 
nutrition s'accomplit à la suite d'une série assez complexe 
de combinaisons et de décompositions ayant Heu au sein 
de leur protoplasme. 

Pour que ces actes s'effectuent, il faut d'une part mi 
élément anatomique vivant, d'autre part un milieu renfer- 
mant des jprincipes immédiats, organiques s'il s'agit d'une 

2 



— 18 — 

oellulo aiiiinak'. Ces principes, en ciitraiit dans la constitution 
moléculaire d'unt' cellule, ont été (issinii/cs. tandis qu' un 
certain uonibre (^autr(^s molécules, faisant partie de Télé- 
ment anatomii[ue. doivent être éliminées, doue (/c'saxi^imilees, 
sans quoi la uutritii^n ue peu pas avoir lieu. 

J.es profhdfs de la dcsassintihifiou ccdaut la place à 
rCHX de rassitHiltdioH der'tenneuf iuntUes et doivent être 
rejetrs Jiors de l'étéiuod anafamif/ae, sai/s t/Hoi rc'h'ineiif itieiirt. 

Il est donc uécessaire de rappeler ce tait imp(u-taut de 
la biologie animale. 

Chez les animaux supérieurs, un très graud uonibi-e de 
cellules s'associaut pour organiser Ituir corps, ont réclamé 
d'une part, l'agencement d'un milieu liquide abondant pou- 
vaut recevoir les priucipes imnu^diats assimilables— le sang, 
d'autre part, des organes pouvant préparer la matière nourris- 
sable et la passer au sang — ■ tahe di(/estif et ses annexes. 
entin des organes pouvant recueillir Voximene, un principe 
indis[iensable pour toute matière vivante — organes respi- 
ratoires. — et d'autres, pcurant filtrer le milieu noutriteur 
des principes de la desassinnlation et surtout de ceux cris- 
tal isahles — les reins. Car parmi ces derniers produits, nous 
avons aussi des gaz — acide c(irl><)iii(juc. et des liquides — l'eau. 

Lacide carbonir[ue est rejeté par Tinternu^diaire de 
l'appareil respiratoire au moment même de Tabsorption de 
l'oxygène, donc c'est un acte respiratoire. L'eau, en partie, 
est rejetée chez les animaux aériens sous forme de vapeur, 
par la surface de l'appareil respiratoire et la plus grande 
partie du corps, surtout par les rein.s. 

Les Reifis, sont des organes ayant uiu^ morphologie; 
consacrée en Anatomie sous la déiu>minatiou de (/lande. Oi" 
dans l'organisme animal, nous avons encore un grand nombre; 
de glandes accomplissant une toute autre fonction. Tandis 
que les glandes rénaux filtrent le sang des principes de la désas- 
siinilation, non utilisables, et même nuisibles à l'organisme, 
les autres, em]»runtant au sang l'eau et certains principes 
s'y trouvant en dissohition. /'(iltrif/iici// par elles mêmes 



— 19 — 

iVaiifrcs principes destinés à raccomplissement des actes 
pliysiologiques, le plus souvent de la plus grande importance. 

Il f.illait désigner par des dénominations spéciales ces 
actes accomplis par les deux espèces de glandes, et j'ai eu 
l'occasion (Voyez. „le Natiiralisfe^ JV2 75 et 7 G du 15 Av- 
ril et 1 Mai 1890) de proposer la dénomination d'excrétion, 
tout simplement pour la fonction rénale et de sécrétion 
pour celle des nombreuses glandes fabriquantes, éparpillées 
€a et là dans l'organisme animal. 

Et comme les produits d'excrétion ou de sécrétion doivent 
être conduits à nne certaine distance des glandes correspon- 
dantes, pour éviter toute confusion, j'ai proposé de nommer 
toujours les canaux qui reçoivent et livrent passage à ces 
produits: conduits (t'écoidenient et jamais conduits excré- 
ieurs. 

Et pour en finir avec la précision des termes: excré- 
teur , excrétion, sécréteur, secrétioït, nous devons ajouter: que 
dans les liquides excrétés, on ne trouve jamais quelque chose 
qui n'ait été auparavant dans le sang, et que toute glande secrétoi- 
re, peut, à un moment donné, emprunter au sang un principe 
médicinal ou d'une autre nature et cela avec choix, donc 
jouer jusqu'à un certain point, d'ailleurs assez limité, un 
rôle excréteur. Il n'arrive jamais à une glande excrétoire 
de jouer un rôle secrétaire, aussi restreint qu'il soit. 

Or, la plupart des zoologues et même presque tous, 
entendent par excréteur un organe éracuatetir, et c'est 
un point important à préciser pour les discussions à 
suivre. 

III. 

En tenant compte de ce que nous venons de rappeler des 
phénomènes ayant lieu dans l'organisme animal et oubliant 
les dénominations que l'Anatomie et la Physiologie leur a 
consacrées chez les animaux supérieurs, nous pouvons passer 
aux organismes inférieurs et chercher de quelle manière 
ils s'accomplissent. 



— 20 — 

C'est ici rocra^ioii do taire voir ce que les naturalistes 
enteiuloiit par onuim's .sefinieNfain'K car il faut aussi que 
l'excrétion ait lieu chez les invertébrés, et connue on verra^ 
par la suite, ce sont justement des organes rénaux 
(excréteurs). 

Tlidimis W'ill/dtHs M fut le premier (1858) qui introduisit 
dans la science le terme d'oifidi/es xeçfinenia'ncs et pour 
lui, ces organes se répétant par paire dans chaque segment 
du c(n"ps des Annélides, sont des oraires ou des fcsficii]es. 
sHiriiHf les se.res, arec leur conduit evacuaieur. 

Claparede ^) laisse entrevoir que les organes segmentai- 
res seraient des organes à fonctions complexes. „Yu leur 
partie glanduleuse, histolofiiquemenf con})i(ii(dile aux élé- 
ments du i-e'ni des Gastéropodes (Ampliictcmiens, Phé- 
russiens). les organes segmentaires jouent en partie un 
rôle excrémentiel et par le reste — se chargent du rôle d'appareil 
efférent de la génération.'' 

Pour Ehlers ^), les org. segmentaires seraient des orga- 
nes évacuateurs des produits génésiques. 

Dans mon travail sur les Annélides, basé sur des obser- 
vations morpliologi(pies comparées sur la structure de ces 
organes, je suis arrivé à la conclusion: 

1^ Que chez ces vers du inoins, et chez les Siponcles 
parmi les Géphmens, il y a chez le plus grand nombre 
d'espèces des f/landes rénales, donc excrétrices, dans le 
sens précisé plus haut. 

2'' Que chez tous les Annélides. il y a des conduits 
efférents des glandes reproductrices et, vu que Williams les 
trouvant par paire, les nomme orfj. segmentaires, je leur ai 
gardé cette dénomination. On verra à la fin de ce rapport 
ce que je pense aujourd'hui de cette nomenclature. 

Depuis, voici ce que nous trouvons dans les traités les 
plus autorisés: 



^) Rc.searclies ou the Structuie and Homology ol tJic reproductive Organs- 
of the Annélides (Pliilos. Trans). 

-) Structure des Annélides Sédentaires (1863). 

3j Bosteiiwiirrrier. Aiiti. Cliefopodes (1—2) 1864—1868. 



— 21 — 

C. Clan.^ *) considère Varine comme un produit de sécré- 
tion et les reins qui le sécrètent sont représentés „cliez les 
Protozoaires par la vacuole pulsatile (pag 56), cliez les vers, 
par les vaisseaux aquiferes, vaisseaux ayant leur origine 
dans les tissus parenchymateux ou dans la cavité viscérale 
du corps par des orifices cillés en dedans et en forme 
cVentonnolr^^ . 

Je souligne pour bien attirer l'attention des naturalistes 
sur la façon dont les vaisseaux aquiferes prennent leur ori- 
gine, suivant M. Clans. 

Pourquoi cette dénomination d'rt//wi/^>Y^, je ne le comprends 
pas, à moins qu'on n'accepte l'opinion de Williams, qui avan- 
çait que dans les organes segmentaires des Polychètes, il 
y a constamment un courant d'eau pénétrant par un orifice 
■dans la branche d'entrée et sortant par un autre orifice 
sur la ])ranche de sortie de chaque org. segmentaire, ce qui 
d'ailleurs n'est pas exact. En tout cas, pourquoi chez les 
vers plats endoparasites, y aurait-il des vaisseaux aquiferes 
avec une pareille conformation? C'est un fait bien démontré 
que tout organe ne fonctionnant plus, s 'atropine . Pourquoi 
le soit disant système aquifère des Trématodes n'a-t-il pas 
suivi cette loi, ou il chasse de l'eau? 

Enfin M-r Clans nous dit (p. 57) „que chez les vers 
ânnelés, les reins se répètent par paires dans les segments 
■et sont désignés sous le nom de canaux en lacets ou d'or- 
ganes segmentaires. 

Donc par org. segmenfalres, sgsfemes agulfères, ce natura- 
liste comprend des Reins. En cela, il s'éloigne complète- 
ment de Williams. 

Malgré que les reins, pour M-r Clans, sont des glan- 
des sécrétoires, souvent il les décrit aussi sous le nom d'or- 
ganes excréteurs (loc. cit. pag 464), c'est-à-dire, des organes 
conduisant au dehors. Or en s'occupant de l'organisation des 
vers, il nous dit „ que les org. excréteurs sont représentés par 



*) Traité de Zooloj.ie ISSi, li-iidiiit par (j. Moquiii-Tandon. 



99 



los r(u\<s('(nij- a(jiiiffrcs, canaux do grosseur variable, symé- 
triqueiueut disposés, remplis d'un liquide aqueux, reufermaut 
quelques granulations et (|ui débouchent au dehors par 
un ou plusieurs oritices. Quand ces vaisseaux coniuu^ncent 
par des extrémités en forme d'entonnoirs s 'ouvrant librement 
dans la cavité viscérale, ils peuvent aus,si remplir une autre 
lbncti()n. celle de conduire au dehors les produits sexuels". 

Kn rétiéchissant bien sur tout ce (jue je viens dv trouver 
dans l'ouvrage de ^M-r Clans, on est convaincu que pour 
la plupart du temps on ne sait pas ce que le savant a 
voulu entendre par les dénominations qu'il emploie pour ca- 
ractériser certains organes. 

Si nous passons à l'ouvrage de MM. C-arl Vogt et 
E. Yung*), nous rencontrons les mêmes incertitudes: 

Ainsi, à propos des vésicules pulsatiles dos Protozoaires 
en général, ils nous disent (p. 51) ,, qu'on a tour à tour considéré 
ces vésicules, ces vacuoles comme on les appelle aussi, comme 
des organes circulatoires d'e.rcréiion on a(/nifrres. sans que l'on 
puisse donner exclusivement raison à l'une ou l'autre de ces 
opinions. En réaliir, il e>t i:oysiJ.h qu'elles (niintlent ces 
trois f'(metio}(s"- . 

Donc, pour ces Messieurs, il y aurait une foneiioii aqid- 
fere et des organes aejuifères. Mais quelle est cette fonc- 
tion, en quoi consiste elle, comparable à quelle autre fonc- 
tion des organismes supérieurs? 

Kt, un peu plus bas, ils nous disent: ,,le li(iuide qui les 
remplit, n 'fiant jias sfirewerit puise' au dehors (c'est tout le 
contraire), mais provenant en partie du moins, du protoplasma, 
j)eut être jusqu'à un certain point considéré comme uii pro- 
duit de sécrétion de ce dernier (je suppose qu'on a voulu 
dire d'excrétion) et enfin, la projection de ce liquide, soit 
au dehors — chez quelques infusoir(;s, soit de nouveau dans 
la masse du corps (jamais selon moi), comme c'est le cas 



*j TiJiiti' il aiiatomi»; coinparéj; piatique. 188S. Paris. 



— 23 — 

chez la plupart des Protozoaires, permet tVenrlsa'jer ces va- 
cuoles comme des apimre'iU aquiferes ou respiraioires''. 

Ne sommes nous pas en face d'une véritable contradiction? 

Pourquoi aquifères? car vous dites vous mêmes que le 
liquide qui les remplit sn rem eut n'est pas puisé au dehors? 
Pourquoi respiratoires? car en vous occupant de la respira- 
tion des Protozoaires, vous ne nous dites pas que l'eau cha- 
rie à l'intérieur du protoplasma, pour qu'elle soit constam- 
ment chassée au dehors, et ailleurs (p. 53) vous dites que 
l'introduction fréquente de l'eau avec la nourriture contribue 
tout simplement au rafraîchissement du protoplasma de l'en- 
dosarc, enfin, que la respiration s'effectue par toutes les par- 
ties du corps sans être localisée clai/s un organe spnialY 

Quant aux preuves frappantes qu'il y a hicertitudes sur la 
fonction des organes aquifères, excréteurs et sefjmeniaires, 
après ce que nous venons de lire, nous en trouverons dans 
les monographies des divers groupes d'invertébrés. 

Ainsi les Cestodes auraient un sj/stéme excréteur, c'est-à-dire 
rénal. Nous avons à signaler comme importante l'observation 
de M-r ïh. Pintner^) cité dans son ouvrage, d'après lequel les ex- 
trémités de son système aquifère seraient en entonnoirs elos 
et ne communiquant pas avec un système lacunaire, connue 
le soutient au contraire M. Fraipont -). Et puis, comparant 
les dénominations des uns et des autres, il en résulte que par 
aquifère il faut entendre un org. excréteur, ou mieux rénal. 
Pourquoi alors ailleurs (p. 51) on nous dit que la fonction 
excrétrice est différente de la fonction aquifère. 

Les contradictions deviennent frappantes en passant aux 
Trématodes et autres vers. Chez les premiers (p. 234), le 
système excréteur aurait une disposition différente de celle 
des canaux aquifères des Cestodes et pourtant, disent-ils, ,,on 
peut la considérer comme son homologue' ', 



1) Zu den Beohac-litungen iiber ilas Wassersefiissystein (1er Baudwiiriner. 
Arbeiten aus dem Zool. Institute. Wieii. T. IV. 1885. 

2) Recherclies sur l'appareil excréteur des Trématodes et de? Cestoides. 
Arch. de Biolooie. T. I et II. 1880—81. 



— 24 — 

D'abord, il n'\" a pas cliez les Cestodes d'organes 
aquifères ilecrits. mais un systôino excréteur, et puis si le 
système exerétenr est riiomologue du système aquifère, pour- 
quoi deux dénominations pour les mêmes organes? 

Chez les Xcmerfiens^ il y aurait des on/. latéraux, homo- 
logues aux organes segmentaires des autres vers et en com- 
munication avec les vaisseaux sanguins. 

Cliez les Hinidinées. il y aurait des org. segmentaires, 
c.vcrctt'nrs ou néphridioi-^. 

Chez les Xénnitodes. ou nous décrit un système excréteur. 

CIr'z les (rt'phifrif'i/s, il y a des org. segmentaires, et cette 
fois <!ii n(»us discuto leur fonction: ..On trouve, disent-ils (p. 
413), quehiuefois dans le tissu cunjinictif décrit de peti- 
tes concrétions qui pourraient indic^uer une fonction des org. 
segmentaires smihlatjle à celle des reins. En tout cas, ils 
sont chargés de cette autre fonction importante tles org. seg- 
mentaires. qui consiste dans la conduite des produits géné- 
siques au dehors". 

En ce cas par excréteur, il n'entendent pas un organe 
rénal, comme je l'ai supposé, et les org. segmentaires se- 
raient des oriducfes ou spermiductes^ des annexes à l'appa- 
reil reproducteur. Pourquoi alors chez les Hirudinées, 
y aurait-il des excréteurs ou iiépliridiens'^' et pourqu-)i sont- 
ils les homologues des org. latéraux des Némertiens, 

Et ])our terminer, laissant de côté les Uotiferes, (diez les- 
«lucls on nous donne un système excréteur ou aquifère, les 
(Jliijocli'ctcs^ oîi on nous décrit un système excréteur avec 
cette fonction (p. 467) de puiser dans le liquide périviscé- 
ral certains produits t/ui doivent être éliminés et cela par 
l'entonnoir Ifirr/cniri/t ouvert (!); arrêtons nous un peu aux 
J'oli/rhctcs. 

Sous le titre d'orf/aues excréteurs (p. 41)9), nous trouvons 
décrits des organes (jui plus bas sont nommés org. seçimoi- 
fairi's et dont la fonction est d'expulser les produits génésiques 
(p. 501) en y ajoutant „que l'interprétation donnée par Cosmo- 
vici siu" la nature Rojaniène (donc rénale) de la vésicule de ces 



— 25 — 

urg. segmentaires. ne leur paraît appiwée sur aucun fait 
sérieux. 

En ce cas les org. excréteurs ou sefimeut aires des Po- 
lychètes n'accomplissent point une fonction rénale. C'est 
tout clair. Et bien, à la page 511, parlant toujours des org. 
segmentaires des Polychètes, nous trouvons „ au point de vue 
fonctionnel ces canaux en lacets tapissés de cils vibratiles 
dont le mouvement est régulièrement dirigé vers le dehors, 
sont évidemment des org. excréteurs; leur portion (iJaudulalre 
entourée de nouibreux vaisseaux sanguins débarasse le liquide 
nourricier des produits de la désassimllation."' 

Est-ce sérieux? et qu' est-ce qu'il y a de certain dans 
toute la série des descriptions de l'ouvrage que nous avons 
analysé? 

Pour ]M-r Edmond Perrier^) les organes segmentaires ou 
néplnidies sont des organes rénaux, pourtant ceux des Gé- 
phyriens et des Polychètes-) subissant une différenciation, 
serviraient de canaux excréteurs à l'appareil génital, et la 
fonction rénale est une sécrétion. 

M-r A. Giard^) dans ses écrits paraît entendre quelque- 
fois par excrétion une fonction rénale. Je dis quelquefois, 
car dans 1' article cité nous trouvons cette phrase: ^cependant 
r absence d'organes excréteurs rénaux.... ^^ , donc il y aurait 
des organes excréteurs non rénaux. Pour ce qui est du si/stenie 
aquifëre, il n'aurait aucune homologie avec un appareil excré- 
teur, du moins celui des Echinodermes (loc. cit). Et pour 
lui, l'appareil excréteur des invertébrés serait rattaché à 
deux types principaux, désignés dans ses cours sous le nom 
de protonépJire et deutonéphre. Au premier type, d'après M-r 
Giard, se rattachent les organes excréteurs des Turbellariés. 
des Cestodes, des Trématodes, des Rotifères, l'appareil rénal 
des Bonnelies, les reins céphaliques des embryons des Poh- 



1) Le Transformisme. Paris 1888 p. 195. 
a) Traite de Zoologie. Fasi-icule 1. Paris 1891 p. 100. 

^3 Observations sur la note précédente. Bulletin scientifi<inc du dépurtenicnt 
du Nord, 4-me année 1881. T. XIII p. 376. 



— 26 — 

iionlieus. des l;ii\os des >[olliis(iiios. et tait importimt sur lo- 
([uel j'attire l'attention, ^l. (nard rapporte efpdciKCHt à ce 
siffif'i-nic les appurcih fnu'lii'cus (h-s /y/.svvY^'.v. qui (mi seraient 
uno fornu» très luoditiee. 

.lo crois avoir assez analyse les tbnetions de ces organes 
sui\ant les auteurs: il faut maintenant leur donnt'r une 
solutiMU et les préciser. 

IV. 

Sur leur morphologie, laissant de côté la rcslcH/c piilsatilc 
(les • Protozoaires, nous trouvons un résumé des opinions 
des naturalistes dans le Traité de Zooloi^ie de M-r Perrier 
([ui vient de paraître (loc. cit. pag. 98-101). 

Chez les Arthropodes terrestres l'appareil urinaire consiste- 
rait en un certain n(nnbre de tubes délicats, tiihcs de Mal- 
pi'lh't. s"ouvrant. soit dans l'intestin terminal (AnicJn/ides, 
M//ri<ip(K/t's). soit entre la portion stomacale et la portion 
intestinale du tube digestif (/w.sec/e.s*). Pour hîs Arthropodes 
aquatiques {( riisfacrs). il nous dit ([ue cet appareil m) 
serait indiiiué ([ue chez les Amphipodes. Pourtant la glande 
verte (les Décapodes est une glande rénale et a justement 
la même mor]»liologie ([U(* celle que je vais décrire aux 
Annélides jiolychètes. 

i'our ]M-r Perrier. l'appareil rénal aurait un grand déve- 
loppement dans la série des vers, chez lesquels il ne con- 
tracterait avec l'appareil digestif que; des rapports secondaires. 

Chez les Itdfffrrcs, l'appareil consisterait (m deux longs 
tubes pelot')nnés, ciliés à rintérienr. présentant un certain 
nombre de ramificatioirs latérales, qui s'ouvrent dans la 
cavité générale par (U; petits pavillons vibratiles et débou- 
chent dans le doaqne. 

(Ikîz les liri/ozoairf's cntoproctes, les org. segmentaires 
seraient représentés par deux tubes ciliés, ayant chacun un 
orifice dans la cavité générale et un (U'ifice externe sur le 
péristonie. 



27 



Chez les Urachiojjodes, les org. segmeiitaires plus volu- 
mineux seraient renflés dans leur région moyenne, et 
pourvus (l"un large pavillon vibratile. Seules les lîhynelK»- 
nelles en posséderaient deux paires, tous les autres lîra- 
chiopodes — une seule. 

Chez les Vers annelés, les org. segmentaires, en forme 
de tubes, seraient rangés par paires dans chaque seguient 
et posséderaient une branche s 'ouvrant dans la cavité géné- 
rale par un pavillon vibratile, le uéplirosfome, et une nutre 
s'ouvrant à l'extérieur. 

Ces organes subiraient dans la série des vers de nom- 
breuses modifications et auraient plusieurs aspects. Ainsi 
chez beaucoup irHirudiiiees, ils sont dépourvus de néphros- 
tome. 

Chez les Ttirlel/aries et les TrematodeH, à cause de la 
disparition de la segmentation du corps, les org. segmentaires 
seraient transformés en une paire de canaux peletonnés et 
ramifiés, s 'étendant sur la plus grande partie de la longueur 
du corps, et pouvant s'ouvrir à l'extérieur en des points 
très différents selon les genres. Les plus fines ramifications 
de ces canaux se termineraient entre les ccillules du paren- 
chyme du corps, par de petits renflements, à l'intérieur des 
quels on aperceverait un long llagellum vibrant. De même 
chez les Cesfodes. 

D'après ces descriptions, les extrémités des ramifications 
des org. segmentaires tantôt s'ouvriraient dans la chambre 
viscérale ( liofiff'res. Briizodires, BraclilojHx/es. Poh/chefes. 
OligocJietesj, tantôt non (Turbellariés, Trématodes). 

Voici ce que je puis dire sur la morphologie de ces or- 
ganes, en m'appuyant, tantôt sur mes propres observations, 
tantôt sur des déductions. 

Il est incontestable que même chez les Invertébrés, il 
doit y avoir une excrétion (une fonction rénale), et tandis 
que chez les Arthropodes terrestres et chez les Crustacés 
amphipodes, cette fonction est accomplie par des tubes — tufjes 
de Maîjnghi, chez d'autres — par {[eH2)oches, nommées organes 



— 28 — 

ile liojmiKs clu'/ les Mollusques, (//(oh/cs rcrfi's clic/ (quelques 
artlinipiulcs aquatitiuos (Décapodes). Or ces poches sont 
toujours (les tubes plus ou moins ramassés. 

Dans la série des Vers, les reins ont justement la forme 
d'un fid/i'. l(mg et peletoniu' chez les uns (Oligochétes, 
qucltiues llirudinées). long- et :i branches (Rotifères), long 
et à niiuibreuses ramitications (Turbellariés), ramassé sous 
forme de poche plus ou moins volumineuse (quelques lliru- 
dinées. (iéphyrihens. INdychètes sédentaires). 

Jamais ces tubes ou poches ne communiquent avec la 
chambre viscérale, et leur extrémité libre se termine par 
une -bosse plus ou moins volumineuse, flottant dans la 
chambre viscérale et tapissée à l'intérieur par des cils plus 
ou moins longs ( flaimues rihrdtilcs des inifuruHstes). 

,1e {\[^ jamais, excepté les cas oii les oriductes ou 
spt'rniidi(rf<'s. en forme d'entonnoirs à goulot plus ou moins 
long, viennent se fixer sur eux (certains rolychètes séden- 
taires et Géphyriens). 

Je nie l'existence des néphrostomes , car je les ai cher- 
chés pendant des années chez les Xdhidae, parmi les 
Oligochétes, chez la BraurltiohdeJhi Asfdci, parmi les 
Hirudinées et surtout chez les IlotifCrcs. sans les avoir 
trouvés, et \qh flammes rihrafi/es des HafHralisfes sont de sim- 
ples apparences, dues aux mouvements des cils. 

î]t puis chez les Pol/jchefes sédentaires ^), nous avons 
assez de preuves que les org. segmentaires de Williams 
sont tout simplement des nr(/(u/es réiian.r et sans romniuni- 
raf{(fH jtrojire avec la chambre viscérale. 

1" Ce sont des on/aues rénaux, en Icar structure, quoi- 
([ue MM. Cari Vogt et Yung ne veident point à la page 
501 (loc. cit) reconnaître ce qu'ils reconnaissent à la 
page 511: structure en tout seuiblable à celle des corps 
Ijojaniens (rénaux) des Mollusques. Cette structure, je Tai 



^) Etude des glandes génitales des org. segmtjiitaires îles iiniiélides po- 
lychètes par D-r Léon. C. Cosrnovici. Paris 18H0. 



— 29 — 

représentée chez V Arenicola piscatorum (loc. cit. PI. XXl^ 
fig. 13, 14 et 15) et chez lu Terebella gigantea (PL XXIII, 
tig. 14) et puis d'autres naturalistes, bien avant moi, ont 
exprimé, avec doute, il est vrai, la même opinion. 

2° Ils ne communiquent jamais avec la chambre viscérale, 
et l'entonnoir est une partie surajoutée, appartenant aux 
glandes génitales, vu que: 

a) chez les Polychètes errants, nous trouvons seulement 
les entonnoirs et point de poches glandulaires, et cela seule- 
ment dans les segments porteurs de glandes reproductrices 
(Sthenelais Edwardsii, Marphysa sanguinea PI. XXYIII tig. 
3, 4, 7 et 8); 

/?) chez les Polychètes sédentaires, et précisément chez 
ceux qui ont des poches glandulaires et des entonnoirs 
(Arénicoles, Térébelles, Ophéliens, Sabelliens, Myxicoles), 
les poches ne portent jamais d'entonnoirs là oit il n'y 
a pas de glandes reproductrices. 

Bien plus encore. Tandis que chez la Terebella gigantea 
la paire des poches situées en avant du diaphragme cépha- 
lique seule est dépourvue d'entonnoirs, chez la T. con- 
chilega, il y a aussi une paire de poches post-diaphragma- 
tiques, dépourvues d'entonnoirs, ceux-ci se trouvant seuls, 
plus en arrière, secondés par les glandes génitales. Chez 
VOplielia hicorifis de même, les 5 paires de poches ré- 
nales sont précédées par 5 paires d'entonnoirs, les seules 
secondées par les glandes génitales, et il ne faut pas 
oublier que les types cités ont perdu à peu près le carac- 
tère segmentaire du corps (absence de diîsépiments) si bien 
représenté chez les Polychètes errants. Or, chez les t>i)es 
transitoires entre ces derniers annélides et les sédentaires, 
représentés par les Mii.ricoles, Sahelles etc.: nous trouvons 
une seule paire de pocher rénales, située tout-à-fiiit à 
l'extrémité céphalique, là — où s'accumulle la plus grande par- 
tie du sang vasculaire, et dans le reste du corps — dans 
chaque anneau porteur de glandes génitales nous trouvons 
une paire d'entonnoirs à goulot plus ou moins long. Les 



— 30 — 

poclios lilaiuliilaiivs sont dépoiuN iics dt' toute coiuinmii- 
catioii avec la cliainbro viscérale. Dniu* une preuve de plus. 

Pourtant nous trouvons déerit. dans ditt'érents mémoires, 
que ces poehes ont au contraire une ouverture intérieure, 
et en tare de pareilles assertions il tant se demandei' (pii 
a raison? 

Cette fois, je vai^ me servir aussi de déductions: 

rremièremont. j'avoue, ([u'après avoir lu tout ce (lu'on a 
écrit sur les organes seiiuuMitaires depuis Williams jusipfen 
1877. (juand j'ai commencé l(Mir étude dans le lab(n"at.oire 
de mon vénérable maître. M-r Henri de Lac.aze Du- 
tliiers; à lîoscoif. j"ai perdu près d'une année sans avoir 
pu me convaincre de ce (jue les auteurs avan- 
çaient. Découragé, j'ai abandonné tout ce que j'avais appris 
dans les livres, et je me suis mis k (d)server les organes 
segmentaires. non plus par transparence, ni sur des coupes, 
mais en les détachant de différentes manières sur les animaux 
vivants. Ce n'est que de la sorte «[ue j'ai pu apercevoir 
les entonnoirs génitaux et les ti-ouv(n- tantôt greffés sur les 
piiclies. les seules assez visibles, tantôt séparés. 

l'our me dégourdir un peu, j'ai abandonné les Polychètes 
et je me suis mis à observer ces mêmes poches chez U' 
S/pi(nrii/i(s i/K(/us et f/i/f/'is. C'est alors que le ]nv- 
mier. j'ai trouvé les glandes génitales attachées ;i la 
base de la paire de muscles rétracteurs ventraux de la 
trompe (Janvier 1879). et alors j'ai vu. sur la tête 
des poches céphaliques de ces vei"s. des entonnoirs avec la 
même conformation ({ue ceux des Polychètes (communication 
à l'Académie des Sciences de Paris le 26 Mai 1879) et 
des entonnoirs assez volundneux, seulenuMit d'une; transpa- 
rence excessive et fort difficile à voir. J'ai fait ah)rs toutes sor- 
tes d'expériences et je me suis conyaincu (jue les cils, dont les 
lèvres et l'intérieur de chaciue (uitonnoir sont tapissés, entre- 
tiennent un courant de la chambre viscérale vers l'extérieur, 
et je suis arrivé à bien voir et à (bassiner les prucîs de, com- 
munication des poches avec l'extérie'ui-. Les cils, dont je 



— 31 — 

viens de parler, sont vifs pendant IVpoque de l'activité des 
glandes génitales, et arrivent à perdre presque toute leur 
énergie — une fois les glandes génitales cessant de sécréter. 
11 faut donc choisir son moment pour bien apercevoir ces 
entonnoirs sur le vivant. 

Eh bien, les naturalistes qui décrivent des entonnoirs sur les 
extrémités des branches des org. segmentaires des Rotifères 
et sur ceux des Turbellariés, nient l'existence d'entonnoirs 
sur les extrémités antérieures des poches des Siponculiens 
et décrivent aux mêmes endroits seulement (/es fentes 
(Vo^^ez Cari Yogt et Yung., loc. cit., p. 412). 

N'ai-je pas raison de conclure qu'ils se trompent? 
Voir justement ce qui est plus difficile — une fente, et ne 
pas voir un entonnoir comme celui des Siponcles, et les voir 
comme ceux qu'on prétend chez les Rotifères, c'est tout ce 
qu'il y a de plus incompréhensible. 

Bien plus. Ces mêmes naturalistes décrivent des fentes 
sur les poclies céphaliques des Mi/xicoUes, Sahelles, Serpu- 
llens, poches qui sont dépourvues de toute ouverture, et M-r 
Albert Soulier ^) a bien raison de conseiller de regarder 
ces poches comme des reins. 

Il nous reste pour terminer la morphologie des org. seg- 
mentaires, ou plutôt rénaux, des invertébrés, à nous arrêter 
un peu sur les vacuoles des Protozoaires. 

Quelle est la nature et la fonction de ces vacuoles con- 
tractiles? 

Je crois, du moins pour ce qui concerne la fonction, 
que nous trouvons la réponse dans la vésicule contractile des 
Rotifères ^). Chez ces animaux, un courant d'eau entre cons- 
tamment par l'ouverture buccale, traverse le tulx^ digestif 
et doit être expulsé. Dans ce but, la dernière partie du tube 



^) Recherches sur les or<>-. Ibriuateurs du (iihe clicz (jueh|U(\s Aiincliiles Tulii- 
coles. Assoc. française pour l'avancement (hîs Sciences, IM-e Session. Limo- 
ges 1890 1-e partie p. 201. 

3) Sur la Vésicule contractile des Rotifères. Kiillctin de la Société Zoolo- 
yifjiic de France. Vol 13, 1888, p. 167. 



o J 



tliirestif, recevant aussi les conduits d'écoulement des org-. seg- 
nientaires ot ceux des glandes génitales jouant le rôle d'un 
cloaque, se laisse distendre par l'eau (lui a parcouru tout le 
long du tube digestif, jusqu'à un degré niaxiuiuui, après quoi 
il se contracte et lance au dehors l'eau qui l'a rempli. La 
vésicule contractile des Rotifères ]U'opoi"tionne la quantité 
d'eau qui s'accumule à l'intérieur du tube digestif de l'ani- 
nu\l et jamais elle ne chasse le liquide périviscéral, comme 
le disent la plus part des naturalistes. 

Or. chez les l'rotozoaires et surtout chez ceux qui. pour 
se nourrir, se servent de cils vibratiles et provoquent des 
courants d'eau vers leur ouverture buccale, il est impossible 
de ne pas croire que des portions de cette eau entrent à l'inté- 
rieur du corps et s'iniiltrent par des espèces de tissures 
dont le masse protoplasmique doit être parcourue, comme 
s'intiiltre l'eau de fusion dans les fissures des blocs de glace. 
Finalement l'eau d'infiltration s'accumulerait dans certains 
endroits, en éloignant la masse protoplasmique du pourtour. 
Celle-ci. matière vivante, se laisserait distendre jusqu'à un 
certain point, (piand elle entrera en action et chassera l'eau, 
probablement au dehors. 

Ceux qui ont eu la patience d'observer, soit des Infu- 
soires (Vorticelles), soit des Badiolariens (Actinophrys) 
]iendant des heures entières et à plusieures reprises, ont 
du sentir que quelque chose de pareil se passe dans les 
endroits où les vacuoles se montrent par moments. 

Ainsi, le 11 Février 1891, j'ai eu l'occasion de trouver 
<lans l'eau d'un bocal, puisée au mois de Novembre 1890 
de la rivière de Bahlui (Jassy), un Actinophrys Sol. L'animal 
restait sur place et sa vésicule contractile était dans un 
mouvement continuel et des plus marquant. Il arrive d'au- 
tres fois d'observer pendant des heures entières ces ani- 
maux, sans avoir la chance de voir une seule fois se con- 
tracter leur vacuole et parfois même de l'apercevoir. Donc, 
il faut supposer qu'à des moments variables, ces Protozoaires 
sont dans des états particuliers, quand l'eau qui les baigne 



— 33 — 

peut s'infiltrer dans leur masse protoplasmique, en plus ou 
moins grande quantité. 

Ainsi sur l'individu mentionné j'ai pu constater: 

1") Qu'après une contraction la vésicule apparaissait à 
peine au bout de 15 secondes et que sa dilatation durait 
38 secondes, après quoi se contractait.' 

2") Qu'au moment de sa contraction, le contenu était 
chassé toujours dans la même direction, opposée à celle par 
où la vésicule se remplissait. 

3") Que le liquide chassé soulevait la masse protoplas- 
mique suivant une ligne droite, m'indiquant la direction prise 
par le liquide, et comme ce soulèvement s'arrêtait à une 
petite distance de la vésicule, il faut supposer qu'à cet 
endroit se trouvait l'ouverture d'une autre fissure, par oîi 
l'eau s'échappait au dehors. 

De même, le 26 Novembre 1888,j'ai eu l'occasion d'observer 
un Paramecium Aurélia, sous un grossissement de 750 dia- 
mètres, qui contractait assez souvent sa vésicule contractile, 
vésicule située à la limite de l'ectosarc et en face de l'ou- 
verture anale. Et le 19 Décembre de la même année, chez 
un Vorticelle que je n'ai pas encore déterminé et sous le 
même grossissement, j'ai fort bien vu, comme chez l'Acti- 
nophr^'s, la dilatation régulière de la vésicule contractile 
située près de Tinfandibulum buccal, entre celui-ci et l'anus, 
et à chaque contraction un soulèvement rectihgne de la masse 
protoplasmique dans la direction de l'anus. J'ai tellement 
bien vu, que je n'hésite pas à affirmer: 

Que les vacuoles des Protozoaires sont des sortes de cre- 
vasses de dimensions prononcées, oii s'accumule l'eau qui 
s'infiltre dans la masse protoplasmique, jusqu'à ce que cette 
dernière se contracte et la chasse. 

Que parfois ces contractions sont vigoureuses et régulières, 
en ces moments là l'infiltration se faisant sur une large 
échelle et d'autres fois les contractions sont assez espacées, 
l'infiltration étant moindre. 

Et quand nous avons sous les yeux un Amoehe en mou- 

3 



— oi — 

vement et que nous apercevons sa vacuole très distendue, si nous 
observons avec beaucoup d'attention, nous verrons que les 
microsonies (granulations) glissent tout autour de ces glo- 
bules d'eau aeunmles sans s'y mélanger et que la dislo- 
cation de ces prétendues vacuoles dans la masse protoplasmique 
du corps de l'animal est une simple apparence. En réalité, 
tout changement de position est relatif à la périphérie de 
la masse protoplasmique, la seule non constante. 

De ces descriptions résulte, que le corps des Protozoaires 
serait comparable à un fragment de glace, malléable et 
plastique, fragment rempli de microsomes et plus ou moins 
fissuré; que suivant l'état de contraction de la masse pro- 
toplasmique, l'eau peu s'infiltrer en plus ou moins grande 
quantité et, chez les uns, à cause de ces états de contrac- 
tions, l'eau peu s'accumuler dans une fissure quelconque, 
chez d'autres, supérieurs en organisation, le nombre des 
fissures, et celui des endroits capables d'accumuler des pro- 
portions plus considérables d'eau (cuvasses), s'étant de 
beaucoup restreint, l'eau ne s'accumule que dans des endroits 
localisés. 

Chez les Protozoaires donc, il y a un système aquifère 
réduit à la plus simple expression, composé d'un certain 
nombre de canaux, pour la plupart capillaires, creusés 
dans la masse même protoplasmique du corps, système qui 
devient chez certains Métazoaires tout à fait bien orga- 
nisé avec des canaux à parois propres, système d'une toute 
autre nécessité, en tout différent des organes segmentaires 
(rénaux) et qui disparait, une fois que l'organisation animale 
a acquis un degré de plus. 

La fonction de ce système est, chez les animaux inférieurs, 
de faire cliarier le plus possible des matières alimentaires 
à l'intérieur de leur masse protoplasmique, chez les supérieurs — 
de proportionnel' l'eau qui forcément entre avec la nourriture 
dans leur tube digestif (Rotifères) et puis de provoquer 
l'érection des organes locomoteurs (Echinodermes). 



— 35 



V. 



Une fois ces questions précisées, nous pouvons chercher 
des preuves à Fappui de nos vues dans l'appareil segmen- 
taire des Verfehrés, découvert par M-r Ccui Sem^per, pro- 
fesseur à l'Université de Wurzbourg, cliez les Poissons^), par 
Francis Bal fou r"^) de Cambridge chez les mêmes ani- 
maux, par Spengel^) chez les Amphibies, par Braun'^) chez 
les Keptiles et par Kolliker^) chez les Oiseaux. 

Chez les embryons des Vertébrés de très bonne heure 
apparaissent des organes d'excrétion (rénaux) représentés 
d'abord par un canal paire et plus tard par un organe 
glandulaire, toujours paire, ce dernier se développant à l'ex- 
trémité supérieure du canal (rembr3'on étant placé la 
bouche en haut). Ces organes rénaux sont connus sous la 
dénomination de système Wolffien, c'est-à-dire, corps de Wolff\ 
pour les parties glandulaires, et canaux Wolfiens pour les 
conduits d'écoulement. 

Les corps de Wolff consistent en un certain nombre de 
tubes plus ou moins contournés se terminant vers l'inté- 
rieur du corps par des vésicules, ayant de bonne heure la 
morphologie des corpuscules de Malpighi et en dehors débou- 
chant dans le canal de Wolff correspondant. 

Ces vésicules rénales primitives, nommées par KôUiker 
utricules des reins primitifs, par Rathke — vésicules des reins 
primitifs, par Braun — vésicides segmentaires , auraient une 
origine encore non élucidée. 

Tandis que Waldeijer {!%!{)), Forster, Bal foîir (187 é) et 
Poucliet (1876) nous disent que ces vésicules naissent à 



1) Das Urogenitalsystem der Plagiostomen. Leipzig 1875. 

2) The developement of Elasmobranch, fishes. Journ. of Anat. and Phy- 
siol. 1876, 77, 78. 

3) Das Urogenitalsystem der Amphibicn. Arb. ans. d. Zool. Zoot. Institut 
in Wurzburg III. 1876. 

*) Urogenitalsystem der Reptilien. Arb. aus. d. Zool. Zoot. Institut in 
Wûrzburg IV. 1877. 

5) Entwicld. d. Menschen. etc. 2-e Auflaue 1876. 

3* 



— 15 G — 

aiiiilo droit du coté iiitonu> do cluique canal de Wolff, sous 
forme de diverticules (|ui s'allongent iiraduellenient et se tor- 
dent, d'autres, suivant Hcniak. disent (ju'elles naissent sé- 
parément à côté de cluKiue canal de AVolff. dans lequel bien 
plus tard, par \v\\v allongement, elles viendraient s'aboucher. 

KoUikcr nous décrit leur naissance de deux manières. 
Chez les Oiseaux des divcnlicules de la cavité générale se 
«lirigeant vers les canaux de AVoltf prendraient la forme de 
vésicules plus ou moins volumineuses — utrirules des reins 
}>rimit}f^, t-nit en restant en communication avec cette ca- 
vité par un orifice arrondi, petit et diffiicile à reconnaître, 
dive-rticules qui plus tard entreraient en connexion avec le 
canal de Wolff. prenant la forme de tubes recourbés en S. 
Cliez les ^Mammifères les ufricnles apparaîtraient sous forme 
d'organes pleins en forme de poire, présentant plus tard une 
cavité tout à fait indépendants du canal de Wolff, avec le- 
quel ils entreraient en connexion, seulement après leur complète 
organisation, en tubes contournés et terminés par des glo- 
nierules. Chez les Mammifères il n'y aurait pas de com- 
munication entre les tubes Wolffiens et la cavité générale 
<'omme cbez les (Jiseaux. 

I'> 1(111 II de môme ir'a pas constaté une pareille communi- 
cation chez les Kcptiles, 

Seniper et Balfoiir décrivent chez les Plagiostomes des 
corps de Wolff', résultant de la réunion d'un certain nombre 
<le canaux, produits par des invaginations péritonaux — ca- 
nnux segmenfaires, qui vont s'ouvrir dans le canal de Wolff. 
canaux ayant la forme d'entonnoirs garnis de cils-vibratiles. 
ouverts dans la cavité abdominale, dont un certain nombre 
persisteraient cliez quelques squales dans cet état toute 
leur vie. 

Laissant pour un instant ce mal-entendu entre les anato- 
mistes, il faut ajouter, que les glandes reproductrices — ovai- 
res, testicules, luiissent dans le voisinage des corps de Wolff et 
que chez les Mannnifcres, Oiseaux, Iteptiles et l^atraciens, 
tout a côté d(\s canaux de AVolff, s'organise un autre canal, 



— 37 — 

paire, canal de Mtiller, destiné à recueillir les produits de la 
génération. Avec le développement de l'embryon, il arrive 
que chez les individus masculins le canal de ^Millier s'atrophie 
plus ou moins et c'est alors le canal de Wolff qui vient eu 
aide aux testicules, organisant par sa portion inférieure le 
canal déférent et les autres parties des conduits d'écoulement, 
qu'on nomme généralement spermiductes. 

Laissons encore de côté le mode de naissance des conduits 
de Mtiller et enregistrons seulement ces deux faits de la 
plus haute importance: 

1". Toujours les organes rénaux devancent les glandes re- 
productrices et chez la plupart des Poissons (Cyclostomes, 
Téléostiens, Ganoïdes) les corps de Wolff demeurent comme 
reins définitifs, chez d'autres (Sélaciens) et chez les Batra- 
ciens, seulement la partie inférieure des corps de Wolff ar- 
rive des reins défïnitifs, le reste s'atrophie chez les fe- 
melles, organise l'epididyme chez les mâles. 

2°. Chez la plupart des Poissons, il n'y a aucune rela- 
tion entre l'appareil urinaire et l'appareil génital. 

Or les naturalistes trouvent entre ces org. segmentaires 
des Annelides et ceux des Vertébrés (corps de Wolff) de très 
grandes homologies. S'il en est ainsi, ne suis-je pas dans 
le vrai, considérant ces organes comme des reins? 

Et ' ils ont bien raison. Même chez les Vertébrés, les 
org. rénaux ont la forme de tubes plus ou moins contournés, 
avec la seule différence qu'au lieu de s'ouvrir au dehors sé- 
parément ils débouchent dans un canal collecteur commun paire. 

Il reste, comme discutable, la présence ou l'absence des 
orifices et de pavillons sur leur bout interne. 

J'ai exposé les faits tels que les naturalistes nous les dé- 
crivent, et nous voyons que la plupart, môme Balfour*), 
nient l'existence de pareilles ouvertures. 

Je ne les ai pas cherchées, mais: 

Voyant la façon dont ces pavillons sont décrits chez les 
Vers adultes, chez ceux qui en ont. 



*) Traité d'Embryologie et d'Orgauogéi.ie coniparées. 'l'nnu; Second p. l)2b. 



— 38 — 

Voyant i[u"()ii imli(|ik' dos pavillons justement là où il n'y 
on a pas. 

Voyant au contraire (lu'nn iiuli(iuo do simples ouvertures 
là oii il y a un large entonnoir (Siponcles). 

Voyant que toutes les figures qu'on nous donne, sont 
acquises sur dos préparations faites après durcissement des em- 
bryons et jamais sur dos préparations obtenues par la dis- 
i>ectioii des embryons frais. 

Voyant que l)oaucoup de naturalistes nient complètement 
Texistenco do ces entonnoirs sur les tubes rénaux des Vertébrés. 

M'appuyant aussi sur mes propres observations sur l'or- 
ganisation do ces tubes (org. segmentaires) cliez bien de Vers. 

Entin, tenant compte de la nécessité de pareilles ouver- 
tui*es, qui n'ont aucune raison d'être môme chez les animaux 
les plus inférieurs, je conclue: 

Qu'/I n'y a ims d'oHcertures ahdominales sur le hout in- 
terne des organes segmentaires des Vertébrés, tout comme 
chez les Invertébrés, et que celles qui ont été vues sont dues 
à de simples apparences. 

Si plusieurs zoologistes prendront la charge, à la fois et 
dans différents Instituts (car ceux qui concluent comme 
Semper ont travaillé dans le même laboratoire), d'étudier la 
présence ou l'absence de ces ouvertures, je suis certain 
qu'ils arriveront aux mêmes conclusions que moi. 



VI. 



Comme conclusions, nous pouvons dire à propos de la ques- 
tion posée: 

1". iJans tout organisme animal, il se passe un acte phy- 
siologique de la plus haute importance — celui de V excrétion [re- 
jet des p)ro<luits cristal is(ddes de la désassimilationj, accompli 
chez la majorité des animaux par des glandes ptlus ou moins 
simples, plus ou moins métamériques, réduites dans le pre- 
mier cas à une paire de tubes p)lus ou moins tordus, dans 



— 39 — 

d'autres à un certain nombre de paires glandes qu'on 
doit nommer, ou tout simplement rénales, ou népliridies. 

2^. Comme conséquence, il faut rayer de la nomenclature 
scientifique les termes d'organes segmentaires et excréteurs, 
car Williams a comp}ris par segmentaire les glandes repro- 
ductrices et leur conduits d'écoulement, car par excrétion 
presque tous les Anatomistes comprennent surtout l'acte de 
r évacuation d'un produit quelconque. 

Et si le terme segmentaire a gagné trop de terrain dans 
le langage scientifique et qu'on a de la diffiiculté a l'a- 
bandonner, il faut entendre ce terme par u)i organe rénal. 

3° Chez la plupart des organismes des animaux aquatiques 
il y a un système aquifère plus ou moins bien organisé, 
tantôt annexé à l'appareil circulatoire, quand il laisse s'in- 
troduire à leur intérieur certaines quantités d'eau nécessaires 
à l'érection des organes locomoteurs (ambulacres des Echi- 
nodermes), tantôt ptlus on moins en relation avec l'appareil 
digestif, destiné à V appel et au chariement des matières 
alimentaires (Monères, Amoebes, Radiolaires, Infusoires, 
Spongiaires, Rotifères). 

4". CJie^ les animaux dépourvus de népliridies, les pro- 
duits de la désassimilation tombent prohahlement dans le 
système aquifère, et de la sorte ils sont évacués. 

Ce fait ne nous autorise point à considérer ce système 
comme homologue à celui des népliridies (segmentaire), tout 
-comme la propriété excrétrice bien limitée des glandes 
secrétoires ne nous autorise pas à les confondre avec celles 
■éminemment excrétoires (rénales). 

5^. Il ne faut pas confondre les conduits d'évacuation 
des produits génésiques avec les organes segmentaires, comme 
on le fait surtout chez les Chétopodes, ces derniers organes 
apparaissant toujours en premier (Vers, Vertébrés) et assez 
souvent ne faisant que venir en aide aux glandes génitales, 
en leur permettant de greffer sur eux leurs oviductes ou 
spermiductes (Annélides sédentaires pr. dites. Vertébrés). 

6°. Les tubes plus ou moins vésiculeux des néphridies 



— 40 — 

(org. segnientaires) se term'ntvnt toujours par des extrémitts 
plus OH )uoins anijwuïifornies eilices 'nderieuremeut, et jamais 
par (les ourertures, si ce ^rest dans ail tes cas, Jesoviductes, 
ou spermiductes, qui ont la f'oruie d'entonnoirs à goulot 
plus ou uioins aUon(ie\ viennent se greffer sur eux. 

7°. Les oriducfes et spermiductes j?;e/«'e/?^ s'organiser 
par une différenciation de certaines parties des nephridies 
(org. segmentai res), comme c'est Je cas chez les Oligo- 
chaefes (?) et chez tes Vertèbres, si toute fois il faut don- 
ver ta préférence aux anatomistes qui donnent aux canaux 
de ^liiller une pareille origine, car bien d'autres, et des 
plus éminents, disent qu'ils naissent seidement à côté des 
nephridies. 

8°. Ces . l'claircissements sont d'une très grande utilité, 
d'une part — pour l'uniformité de l'enseignement des Sciences 
Xaturellos. d'une autre — pour donner plus de crédit à 
cette science, la seule, comme jai eu l'occasion de le dire 
au commencement, renfermant le plus de controverses, as- 
sez souAcnt des plus regrettables. 



Existence ou manque 

de Tappareil excréteur des organes génitaux des Méta- 
zoaires. 

Par le D-r H. de I h e r i n g, 

Rio grande del Sol, Santa Catharina. Brésil. 

C'est après avoir étudié principalement le système nerveux 
des mollusques que je gagnai plus tard et déplus en plus la con- 
viction de la grande importance de l'appareil génital pour la 
classification des mollusques. Quoique je m'en rapporte à mes 
travaux relatifs à ces questions, il me faut, avant de passer 
des mollusques à d'autres groupes, rappeler ici quelques faits. 
Parmi les Acéphales, ce ne sont que les représentants de haut 
degré de développement, les formes d'origine géologique plus 
moderne qui possèdent des voies conductrices spéciales des 
organes sexuels; le conduit sexuel s'ouvre extérieurement près 
des reins (ectotrème). Le conduit sexuel des formes pliilogé- 
nétiques plus anciennes aboutit (entotrème) dans les reins. Le 
même fait se répète chez les Cochlides (Prosobranchiata et 
Heteropoda aut). Tandis que le conduit sexuel des Taeuio- 
glossae et des Stenoglossae s'ouvre dans la cavité sous-ger- 
minale et est lié par des voies conductrices secondaires (utérus, 
vas deferens), provenant de la paroi de la cavité sous-gcr- 
minale, ces dernières apparaissent d'abord en forme de gouttière 
et se referment chez tous les Rhipidoglossae, à l'exception de 
quelques groupes, notamment les Trochidae, qui ont un pénis. 
Mais les formes primitives anciennes n'ont pas d'ouverture 
génitale ectotrème, vu que le conduit sexuel s'ouvre dans les 



— 42 - 

roius; ce même fait a lieu tomporaireinent cliez plusieures autres 
espèces. Il nous faut entin achnettre (lue l'absence des con- 
ducteurs sexuels chez ces classes, aux(iuelles se joignent les 
Solenoconchae. les Céphalopodes et les Amphineura, offre le point 
de départ. Ainsi que celle des Annelides et d'autres vers, la 
glande génitale de ces mollusques n'est par son origine qu'un 
organe de la cavité viscérale, d'où les produits s'éliminent par 
les reins. Je considère tous ces groupes de mollusques comme 
Artlu'omalakia. afin de mettre en vue leur affinité avec les vers 
annelés. 

L'affinité des Cochlides, Acéphales, démontrée par Bou- 
vier^ Gelsener et d'autres, est un fait presque indiscutable. 
Au contraire, chez les mollusques que je considère comme de 
Platymalakia, il n'y a aucune trace de division primitive de 
la glande génitale et de la voie conductrice. Ces derniers sont 
des Ichnopodes (Opistobranchiata et Pulmonata) et des Hé- 
téropodes. 

L'anatomie comparée nous apprend que la glande sexuel- 
le, toujours hermaphroditique, est Uée à un appareil con- 
ducteur compli(j[ué; ce dernier peut être simple ou divisé dans 
sa longueur en deux ou trois voies. 

Nous connaissons le fait remarquable que l'appareil géni- 
tal diaule des Néphropueustes n'est pas homologue au môme 
appareil des lîranchiopneustes et qu'il provient embryologi- 
quement d'un appareil triaule. Je ne doute guère que le 
noml)re restreint des Xéphropneustes à appareil génital triaule, 
coniui de nos jours, n'augmente considérablement avec l'étude 
des petites et des minimes formes. Tout récemment, j'ai trou- 
vé chez l'une de ces formes, Zonitordes arboreus Soz. — Zo- 
nitide importée à St. Catharina. un appareil génital triaule 
typique et parfaitement développé. L'anatomie comparée et 
l'emluTologie ne nous permettent pas de douter que l'appareil 
génital monaule est le point de départ, comme nous le voyons 
par exemple chez les Umbrella et un peu modifié — chez cer- 
tains Tectibranchia. C'est ainsi que nous pouvons admettre 
•comme ancêtres du groupe les formes à appareil génital mo- 



— 43 — 

naiile. à système nerveux simple et sans test. Souvent on 
néglige cette dernière circonstance y voyant une indication 
de l'origine de la coquille embryonale des Nudibranclies du test 
des Gastéropodes pourvus de coquille, mais ce n'est qu'une faute 
de logique. La présence d'une coquille embryonale prouve seule- 
ment que les ancêtres des Xudibranches en possédaient une. 
La seule explication possible pour comprendre l'indubi- 
table affinité des Vers et des Mollusques ne pourrait être 
que la suivante: le test — dans l'origine organe de la larve, 
se conserva lors de la métamorphose successive et continua à 
exister. Pour ceux auxquels mon explication ne saurait suf- 
fire, il y a des données paléontologiques qui viendraient en 
aide pour défendre la justesse de ma manière de voir. Des 
représentants des Cochlides et des Acéphales se trouvent 
déjà dans les couches palaeozoïques les plus anciennes, ce qui 
ne se voit jamais pour les Platymalakia. Les Leptocéraites, 
qu'on prenait autrefois sans raison pour des Ptéropodes, 
sont des Céphalopodes. Les restes palaeozoïques des Ichno- 
podes nous éclairent peu, la majorité des faits appartient 
à la période carbonifère et dévonienne et les faits sont in- 
certains; quant aux formations plus anciennes, nous n'y trou- 
vons rien. Quelle est l'explication de ce fait? La seule cause 
est que le test n'était qu'un organe de la larve. Ce résul- 
tat acquiert plus de prix en interposant la question sui- 
vante: les Ichnopodes et les Ptéropodes qui ont avec eux 
une si grande affinité ne pourraient- ils pas tirer leur ori- 
gine d'un des groupes vivants des Cochlides? En effet, il y a 
quelques Cochhdes à appareil génital hermaphroditique (^lar- 
séniades, Valvatides), mais l'affinité de ces espèces avec les 
espèces normales à sexes séparés est telle que l'idée de 
traiter ces formes anormales comme formes de transition ne 
peut venir à personne. On trouve chez les Marséniades, 
dans la famille même, des espèces à sexes séparés et à coexis- 
tence des deux sexes, mais ces espèces se rapprochent tant 
par leur cavité sousgermale, leur bouche, leur système ner- 
veux etc. etc. des Taeniaglosses, que le fait de l'hermaphro- 



— 44 — 

(Usine perd de s.-i valeur. D'après ces notions, il ne peut 
s'agir ici d'une transformation iuiniédiate des Platyuialakia 
en Coehlides, mais cette attiiiite peut seulement s'expliquer 
par l'oriuine connnune du même t.>'pe. Cette manière de 
voir est pmu' le moment prématurée. 11 y a encore un fait 
([ui nous frappe: les deux ordres morplioloi^iques ne conver- 
irent aucunement: au contraire, leur système nerveux et 
leur appareil génital offrent des différences sensibles. Jusqu'à 
présent on n'a pas donné assez d'importance au fait, qu'on 
jH'iif prouver citez tous les Arthromalah'ia le manque ^jr/^«/- 
tif de conduit sexuel spécial, tandis que cette période 
n'existe pas chez les J^latjinialalia, car on y observe tou- 
jours les qlandes herniopliroditrs et les voies conductrices 
comme un tout homof/rnr. Voilà pourquoi les Iclinopodes 
et les Coehlides ne peuvent être de môme origine; les 
Coehlides, les Acéphales et d'autres Arthromalakia dérivent 
des mêmes formes primitives praecambriques, auxquelles d'un 
autre côté se joignent les Ichnopodes. Il ne me semble guère 
possible d'esquisser d'une manière détinitive ce mollusque 
primitif, comme a essayé de le faire E. Ray-Lankester. 
On peut admettre que ce mollusque avait une coquille em- 
bryonaire, une radule. mais quant au péricarde, ce n'est 
(pi'une supposition. Nous savons que le môme procès phy- 
logéuéti(iue se répète un grand nombre de fois indépendam- 
ment dans tous les groupes des mollusques, cela devrait 
nous imposer une grande réserve dans nos conclusions. Nous 
trouvons déjà une différence concernant les reins; tous les 
Arthromalakia possèdent prinntivement deux reins, tous les 
Platymalakia en ont un seul. L'atrophie de l'un des reins 
amène chez les Coehlides de haut degré de développement 
l'existence d'un seul rein, mais nous manquons complète- 
ment d'indices concernant la paire primitive rénale des Pla- 
tymalakia. Le rein primitif ne peut être envisagé comme 
organe absolu, il n'est qu'organe du test du mollusque pri- 
mitif. Ku tout cas une étude embryologique sérieuse des 
reins et du rein ])iimitif des Mollusques, afin de pouvoir établir 



— 45 — 

une liomologie entre eux et plus tard entre les Vers, serait 
urgente et bien désirable. Quant à moi, je voudaris croire 
que la paire primitive rénale des Arthromalakia se divise 
en deux moitiés séparées, tandis que chez les Platymalakia 
et les Turbellaria elle reste simple. Mais la principale dif- 
férence est dans l'absence chez les Platymalakia de la pé- 
riode, qui correspond à la position libre de la glande géné- 
tale dans la cavité viscérale. Nous pouvons nommer cette 
période à glande génitale renfermée — kleistogone, et la pé- 
riode où la glande s'ouvre directement à l'extérieur — lytogone. 
Cette diftérence ne s'observe pas seulement chez les mol- 
lusques. Généralement les vertébrées sont „kleistogones" et 
les Arthropodes „h1;ogones'\ Parmi les vers, les Annelides 
sont jjkleistogones", les Plathelminthes ne le sont pas et se 
.lapproclient sous ce rapport des Platymalakia. Nous venons 
de voir que les Cochlides Zeugobranches sont „kleistogones" 
et qu'ils donnent naissance à des formes ,,lytogones"; il est 
à remarquer que le même fait s'observe chez les Acéphales. 
Certainement le manque d'appareil excréteur est un signe 
de degré inférieur d'organisation, et nous connaissons des 
cas 011 la glande génitale dos mollusques et des vertébrés 
(Teleostei) renferme un appareil excréteur secondaire, mais 
des cas où un plus haut degré s'abaisse — sont inconnus. 
Pour tout ce qu'il y a de probable dans la coorigine de 
tous les Métazoaires, il faut premièrement admettre que les 
ancêtres des Arthropodes, des Platymalakia et des Plathel- 
minthes étaient „kleistogones.'' Si l'on admettait cette sup- 
position, on aurait pu, pour les mollusques, rapporter les 
Arthro et Plat}inalakia à une seule forme primitive kleisto- 
gone. Cette forme primitive n'a peut-être jamais existé, et 
alors la ressemblance des deux groupes n'est qu'analogie. 
Ce même point de vue nous prouve qu'on ne peut prendre 
au sérieux l'idée d'unir les Platjinalakia avec une partie des 
Artkromalakia, notamment les Cochlides, dans la seule classe 
des Gastropodes. Si je m'obstine en vain pendant 16 ans 
à vaincre le mythe d'une classe unitaire de Gastropodes, 



— 4G — 

j'espère (luaiul iiiôiiu' (|ue lo liraïul nombre de confirmations 
clans les domaines de l'anatomie comparée et de l'embryo- 
logie, qui en ces derniers temps ont confirmé mes opinions, 
attireront l'attention sur ces faits, dignes d'un plus ample 
examen que celui dont ils ont été l'objet jusqu'à présent. 
En comparant les Artlu-omalakia aux Ichnopodes. nous cons- 
tatons qu'il nous a été conservé plus de formes archaïques 
des premiers, (^ue des seconds, La comparaison de Tordre 
des Ichnopodes à celui des Cochlides finit déjà avec les 
Taenioulosses. vu que les Ehipidoglosses, si instructifs, n'ont 
pas d'objet de comparaison. 11 faut chercher la cause de 
cette' imperfection dans l'extinction des anciens ordres àr- 
chai(iues (sans test), avec lesquels les ordres cités concorde- 
raient par l'aide des formes testacés primitifs pendant l'époque 
palaeozoi(iue. Mais on ne peut résoudre ahisi la question; 
nous devons poursuivre en remontant la marche du déve- 
loppement dans les groupes mômes et venir à des ordres 
plus bas et moins connus. C'est là que nous tomberions 
dans les ténèbres, si l'embryologie ne nous venait en 
aide avec ses précieux indices. D'après v. Erlanger, la 
période kleistogone se répète encore chez Paludina et cela 
nous donne une idée du long chemin à faire. Il sera utile 
de poursuivre minutieusement l'embryologie de l'appareil 
liénital des Cochlides et des Ichnopodes, afin de pouvoir 
tirer de la masse des différences et des coïncidences une 
déduction rétrospective sur leur affinité primitive. Malheureu- 
sement, ce que nous pouvons conclure des faits certains sur 
l'origine des organes internes des mollusques n'est que trop 
restreint. Quand les investigations du feuillet blastodermique 
seront conduites à bonne fin, il serait à souhaiter qu'on 
s'occupât en premier lieu d'organogénie comparative, en se 
basant sur les résultats de l'anatomie comparée. L'étude 
comparative des vers devrait être au premier plan. Il faut 
admettre que tous les ancêtres des Arthromalakia avaient 
une radule, mais que cette dernière s'est atrophiée chez les 
Lamellibranches. Personne ne peut contester que le même- 



— 47 — 

fait ne puisse avoir lieu chez les vers; la présence de la co- 
quille embiyonaire chez le mollusque primitif est prise en 
considération, mais cela n'empêche pas de constater le rap- 
port entre les Amphineura et les Arthromalakia, quoi qu'ils 
n'aient pas de coquille embryonnaire. Pourquoi les Annelides 
et autres vers ne peuvent ils pas, aussi bien que le Chiton, 
provenir de formes à coquille embryonaire? 

Rien de plus dangereux qu'une opinion toute faite sur la 
structure du mollusque primitif, vu que cette structure est 
hors d'examen. Je veux bien admettre qu'il a existé un mol- 
lusque primitif, et que les Platymalakia en proviennent, mais 
nous savons aussi que le pendant des mollusques „kleistogones 
et lytogones" est aussi parmi les vers. Il est possible que 
l'appareil génital des Turbellaria et des Platymalakia soit 
homologue et ait la même origine. Le contraste, que nous 
avons observé par rapport à l'appareil génital des mollusques, 
est le même chez les vers; de là nous passons à la possi- 
bilité de groupes primitifs, dont proviennent d'un côté les 
Arthromalakia et les Annehdes, de Tautre côté les Platima- 
lakia et les vers lytoneures. Autrement dit: ma théorie sur 
Torigine pol}^hylétique des mollusques peut être juste. 
H est possible que les mollusques et les vers lytoneures 
proviennent des formes primitives kleistoneures, mais ce 
n'est là qu'une hypothèse. Cette h}^othèse ne peut être 
émise catégoriquement, vu que les observations embryologi- 
ques ne sont pas suffisantes. Les opinions se partageront 
sans doute, et il est probable que je n'apprécie pas assez 
les données qui aideraient à résoudre ce problème. Je vou- 
drais encore insister sur ce fait que mon problème projeté 
pour les mollusques vaut aussi pour les vers; le contraste 
entre les groupes „l3togones et kleistogones" s'observe aussi 
chez les vers et cette relation demande une explication. 



Noie sur la faune de la Mer Noire, 

Rapport (le M-r. P. N. Boutcliinsky, 
agrégé de rUniversité de la Nouvelle Russie. 

Le Comité d'oriiaiiisatioii du roiigrès iiitcniatioiial de Zoolo- 
gie, en 1892, ayant désiré connaître mon avis sur deux 
questions qui intéressent ses travaux préparatoires, je 
m'empresse d'y répondre. 

Ces questions portent sur les points suivants: 

1^ „^Ienti(»nner ce qui a été fait jusqu'à ce jour au point 
de vue de la faune et des conditions biologiques des mers 
russes et indiquer la direction à donner aux recherches 
idtérieures? '* 

2** „ Est-il bien prouvé que les grandes profondeurs de la 
mer Noire soient un milieu impropre au développement de 
la vie animale?'- 

En abordant la première question, je dois prévenir que 
ma réponse ne concernera que la mer Noire. 

Parmi les nombreux naturalistes russes, qui se sont occu- 
pés de la faune du la mer Noire, je citerai les noms de 
M. M. (Julianine, Tcherniavsky, Bobretsky, Sovinsky, Péreïas- 
lavtzeva, etc., grâce auxquels la plupart des formes qui 
peuplent cette mer ont déjà été décrites. Qu'on ne s'attende 
pas toutefois à une description complète et détaillée, ce serait 
trop exiger. Les reclierclies de ce genre comportent toujours 
des la('unes et d(;s omissions. Certains groupes d'animaux 
sont décrits en détail, tandis que d'autres ne sont qu'efdeu- 
rés. Il a]i])artient à un avenir prochain de combler ces 
lacunes et de soumettre à une véritication systématique toutes 
les recherches effectuées jusqu'à ce jour. 



— 49 — 

Cependant je ferai remarquer que la baie de Sébastopol 
fait une heureuse exception à la règle. C'est le seul point 
de la mer Noire qui ait été exploré en détail au point de 
vue de la faune. Ainsi qu'il ressort du rapport de S. Pé- 
réïaslavtzeva, lu dans une des séances du VIII^™^ congrès 
des naturalistes, on a découvert dans la baie de Sébastopol 
envii'on 639 formes d'animaux invertébrés. Quant aux autres 
régions de la vaste étendue occupée par la mer Noire, elles 
attendent encore leurs explorateurs. Pour ce qui est des 
questions biologiques, elles n'ont formé jusqu'à présent l'objet 
d'aucune étude. Non seulement nous ne possédons aucune 
donnée sur les déplacements périodiques de la population 
pélagique de la mer Noire aux différentes époques de l'année, 
mais encore nous ignorons jusqu'à sa composition. De môme 
nous ne savons rien de la distribution géographique des 
espèces animales dans cette mer, des différentes conditions 
de leur existence, de leur multiplication, etc. La solution 
de ces questions appartient à un avenir plus ou moins 
éloigné. 

Aux questions énoncées ci-dessus vient s'ajouter encore 
une question concernant les conditions d'adaptation et de 
modification des différentes formes, et aussi les rapports 
mutuels des diverses faunes: faune d'eau douce, faune litto- 
rale (limans) et faune abyssale. 

D'après ce qui précède, on peut, il me semble, se rendre 
compte de la direction à donner aux explorations ultérieu- 
res de la mer Noire. 

En attendant, on doit se borner à souhaiter que la station 
de Sébastopol, déjà placée sous la direction de l'Académie 
des Sciences, s'occupe de porter la lumière sur ces questions 
biologiques si intéressantes. A ce propos, je crois devoir 
vous ftiire part des observations faites par M-r A. Ostro- 
oumov au cours de l'expédition de 1891. 

Elles établissent qu'au mois de mai on pouvait distinguer 
trois zones différant par le caractère du plankton, à savoir: 

1) à partir de la surface jusqu'à une profondeur de 25 sa- 

4 



— 50 — 

gènes, une zôno à tonipératuro rapidement décroissante (jusqu'à 
S" C). <ni l'on rencontre les variétés suivantes: Noctiluca, 
Appendiculaires. Aurélia aurita, etc.; 

'2) de 25 à 40 sau. M une zone de température mini- 
mum (6 — 7" C). reutennaut uiu' grande (luautité de Sagittes; 

3) de 40 à 100 sag, une zone de température taiblement 
croissante (8 — 9°C.), avec prédominance marquée des grands 
Copépodes. Je tire ces données de l'exposé préliminaire de M-r 
A. Ostrooumov. 

Se basant sur ses observations, M-r Ostrooumov arrive 
à la conclusion déjà émise avant lui par d'autres explora- 
teurs, ({u'à une éjjoque antérieure la mer Noire était un 
bassin d'eau douce fermé, avec une faune et une flore toutes 
différentes., et que, si les formes méditerranéennes y ont 
pénétré, ce n'est ({ue beaucoup plus tard, grâce à la for- 
mation du Bosphore. En outre, l'absence de concurrence 
vitale, uiu' salure plus forte et une température plus égale, 
telles sont, suivant lui, les circonstances qui ont provoqué 
l'émigration des espèces animales des faibles profondeurs de 
la mer Egée aux profondeurs de la mer Noire, mieux appro- 
priées à la vie. 

Quant à la question de savoir si les eaux de la mer 
Noire sont contaminées par l'hydrogène sulfureux, on ne 
saurait actuellement conserver de doutes à cet égard. Un 
chimiste, M-r. A. Lébédintzev, qui a pris part aux explo- 
rations abyssales de 1891, a présenté à la Société des Na- 
turalistes de la Nouvelle-Russie un rapport préliminaire où il 
prouve cette thèse d'une manière concluante. Les expériences 
établissent que l'eau de mer, prise au moyen du bathymètre, 
contient toujours, à la profondeur de 100 à 125 sagènes, 
une quantité plus ou moins grande d'hydrogène sulfureux. 
Cette quantité augmente en proportion de la profondeur et 
atteint au frtnd son maximum. En évaluant la quantité par 



1) lii sagèno ^ 7 piiîds ;iii^H:iis = 2,13356 iiirtrcs. 



— 51 — 

le volume d'hydrogène sulfure iix contenu dans 100 litres 
d'eau, on obtient les chiffres suivants: 

à la profondeur da 100 sag : 3 3 ce. hydr. suif, à O'^ et 760 mm. 

200 sao"- 222 

„ 950 sag: 555 „ „ ^ _ „ _ ^ 
„ 1185 sag: 565 „ „ „ — „ — „ 

On voit par ces chiffres que la quantité d'hydrogène sul- 
fureux augmente progressivement à mesure qu'on pénètre 
plus avant dans les profondeurs de la mer; cette quantité 
qui était de 33 ce. par 100 litres d'eau à la profondeur de 
100 sagènes, devient 20 fois plus considérable à la profondeur 
de 1185 sag. (655 ce). Les mêmes conditions se retrouvent 
dans toute l'étendue de la mer Noire; c'est paurquai on ne 
saurait douter que le bassin de cette mer ne soit contaminé par 
1 ' hydrogène s ulf ur eux . 

Pour terminer, voici l'explication que M-r. Lébédintsev donne 
de ce fait. Suivant lui, l'un des phénomènes les plus répandus 
dans la nature est celui de la transformation des sulfates en sul- 
fures par les substances organiques, puis la décomposition des 
sulfures par l'eau, en solutions fortement étendues (surtout en 
présence des bicarbonates) avec dégagement d'hydrogène sul- 
fureux libre. Telles sont, à proprement parler, les réactions 
chimiques qui s'accomplissent dans les eaux de la mer Noire. 

Comme on le voit, cet extrait du rapport de M-r Lébédintzev 
résout définitivement la question de savoir si, oui ou non, les 
<abysses de la mer Noire offrent un milieu défavorable au déve- 
loppement de la vie animale. 



Sur une Thuricola d'eau douce- 

Par F. Vejdovsky' à Prague. 

Il y a quelques espèces d'infusoires de la famille des Va- 
ginicolides,. qui ont un appareil remarquablement compliqué 
pour fermer leur tube, ce qui prouve une considérable évo- 
lution du corps unicellulaire de ces Protozoa. Une seule 
des descriptions de cet appareil, parues jusqu'à présent, 
l'ouvrage de Gruher '), donne une explication détaillée de ce 
mécanisme admirable. (]ui n'a pas son pareil dans le règne 
des organismes unicellulaires. 

Le premier qui ait fait mention du couvercle intérieur 
desVaginicolides est StrethiU Wright ^); il l'a trouvé chez 
la ^Yaginicola valvata", qui selon lui habite l'eau de mer, 
mais, selon un mémoire publié plus tard par D'Udelxcni ''), 
habite aussi l'eau douce. Ces deux observateurs ont dé- 
montré que cette espèce possède un appareil de clôture 
corné en forme de couvercle, et Saville Kent *), qui a reçu 
nouvellement la même espèce d'Angleterre, a prouvé l'exis- 
tence d'une membrane qui unit cet appareil à l'opercule. Se- 
lon le dernier auteur cité, la „Vorticella folliculata" d'O. F. 
MûUer, qui habite aussi bien la mer que l'eau douce, re- 



ï) Cnihn-, Neue Iiifusoricn. Z. f. w. Z. Bd. XXXIII. 1879. 

2) Le mémoire de cet auteur ne m'a pas été accessible; j'apprends soi» 
contenu par les travaux de d' Udelcem et de Saville Kent. 

3) jy Ufh1:em^ Descript. des inlusoircs de lu Belgique. Méni. acad. roy 
Belî,^. 1864. 

*; Saville /\V/t/, Maniiiil ol" tlie iiifusoriu. Vol. II. p. 718. 



— 53 — 

couvre aussi son enveloppe au moyen d'un faisceau plan, 
consistant en soies cornées, qui ferme la coque et s'ouvre 
de nouveau quand l'animal s'étale, comme le fait le couvercle 
simple de la V. Valvata. Nous n'en savions pas d'avantage 
sur ce mécanisme; ce n'est que Gruher (1. c.) qui, comme 
nous l'avons dit plus haut, nous en donne une description 
plus détaillée par rapport à la „Cothnrnia operculata'^ Gr. 
Cette espèce, que Gruher a trouvée dans un aquarium ma- 
rin, possède au côté intérieur de la gaine un couvercle mince 
et délicat, dont la forme correspond à l'orifice du tube. A ce 
couvercle s'unit un membrane cuticulaire très délicate, dont 
la section longitudinale optique apparaît en forme de fil, 
et qui se prolonge, depuis couvercle, le long du parois de 
la gaine pour s'attacher ici au pôle basai du corps. Au 
moA'en de cette membrane, quand l'animal se rétrécit dans 
sa coque, le couvercle situé du côté dorsal de l'animal est 
tiré en arrière et ferme le lumen intérieur. 

Les trois espèces citées, chez lesquelles est démontré 
l'existence de l'appareil de clôture dans l'intérieur de la 
gaine, sont justement réunies par SavUle Kent en un 
seul genre indépendant sous le nom de Thuricola. 

Ainsi, si la Thuricola operculata Gr. est ca- 
ractérisée par un appareil de clôture compliqué, je crois 
qu'il est assez important de décrire une autre espèce du 
même genre, qui se distingue par une construction encore 
plus compliquée. 

C'est un liabitant d'eau douce, que j'ai trouvé le 21 
août 1883 attaché à des algues, sous les pierres, dans le 
petit ruisseau d'Eylembacli, près de Bodenbach, dans la 
Boliême septentrionale. Je n'ai plus rencontré depuis cette 
espèce intéressante, que je nommerai Thuricola Gru- 
beri; c'est pourquoi j'ai résolu de communiquer des aujour- 
d'Jiui mes observations, quoique incomplètes sur un seul point. 

La forme du corps et celle de la gaine, ainsi que la gran- 
deur de la Th. Gruberi, ressemblent à un tel point à 
celles de Vaginicola crystallina, que de prime abord 



— r)4 — 

ot avec un taiblo grossissomoiit. je Tu vais prise pour cette 
dernière espèce. Ce n'est qu'une observation minutieuse du 
niécanisnio de la contraction et de l'animal et do sa gaine 
([ui m'a éclairé. 

L'animal complcteuicnt étendu de sa gaine no présente 
rien de particulier; il est tout à tait transparent et s'étale 
î\ plus d'un tiers de sa coque délicate et hyaline (Fig. A.) 
La surtace de l'animal est visiblement striée transversale- 
ment, ou plutôt circulairement. L'ouverture buccale est 
très large, la membrane buccale forte et visiblement étalée, 
le pharynx relativement court. Le corps, fortement rétréci 
en' arrière, possède à son extrémité un „ vésicule", ou plutôt 
une alvéole, remplie d'une substance transparente et faible- 
ment luissante, au moyen de laquelle l'anhual s'attache à 
la base de sa coque (.r). C'est le même appareil que j'ai 
décrit et dessiné il y a plusieurs années en parlant de la 
Yaginicola crystallina (Cothnrnia «) '). Le proto- 
plasme de l'animal est tinement granuleux et, dans des cir- 
constances favorables, on peut voir la ciniulation des grains 
du plasme; ils lilent en une ligne le long du parois du 
corps, du côté de la bouche, de haut en bas, jusqu^xu pôle 
basai du corps, après quoi ils continuent leur mouve- 
ment du côté opposé du corps, de bas en haut. Dans le 
voisinage de la vacuole contractile, je n'ai plus observé la 
continuation, du mouvement. Ainsi les petits grains proto- 
plasmatiques suivent dans leur mouvement le même chemin 
que j'ai décrit pour les gouttes d'eau, englouties par la 
Yaginicola crystallina^). 

Le noyau de la T h u r i c o 1 a G r u b e r i est très allongé et 
très mince: quant à la structure, je n'ai pas fait d'obser- 
vations, mon attention étant particulièrement attirée par le 
remarquable appareil de clôture. 



*) Vejdovsky', Tliierischc Organismen dcr liruimeiiwasser von Prai.'-. 16»3. 
p. 49 Taf. ni, iiur. 17. 

2) 1. c. p. 49, Taf. III, fig. 17. 



— 55 — 

Pendant l'extension de l'animal hors de sa gaine (Fig. A.), 
on remarqne dans le quart supérieur de la coque une paire 
de tiges qui vont obliquement du parois de la gaine vers 
le corps de l'animal {o, o'); elles produisent évidemment 
une faible pression sur le corps, car celui-ci apparaît en cet 
endroit sensiblement rétréci. Ces „ tiges" ne sont pourtant 
pas de la même longueur; celle qui est située du côté oral 
du corps est beaucoup plus courte que celle du côté dorsal, 
qui est aussi attachée un peu plus bas au parois de la 
gaine (o) . 

Les tiges apparentes ne présentent réellement que la sec- 
tion optique de deux petits couvercles plans et de grandeur 
difîerente; on s'assure aisément de ce fait, si l'on tourne un 
peu la gaine avec l'animal pour la faire sortir de la 
position en profil; mais alors les contours du couvercle ne 
se présentent pas aussi clairement que dans le premier cas; 
il semble même qu'il n'y a pas de couvercles dutout. Il 
est donc toujours plus avantageux d'examiner les animaux 
en profil, car alors les autres components de l'appareil de 
clôture apparaissent plus clairement. 

Au bord intérieur de chaque couvercle s'attache justement 
un fil cuticulaire délicat (Fig. A. s, s^); chez l'animal étalé 
ces fils semblent tous les deux être assez tendus; mais il 
sont toujours à une certaine distance du corps de l'animal, 
de sorte qu'entre eux et le corps, il y a toujours un espace 
libre. Je crois devoir conclure de cette circonstance que 
le point d'insertion des fils ne se trouve pas directement 
au bord des couvercles, mais plutôt sur leur superficie. Le 
second point d'insertion des hls se trouve non loin du pôle 
basai du corps de l'animal, à peu près à la hauteur où se 
trouve la vésicule secrétoire citée plus haut. 

Je consièdre l'appareil susnommé comme des tils, tandis 
que Gruher a démontré chez la T h u r i c o 1 a o p e r c u 1 a t a 
une mince membrane en connexion avec l'opercule. Il est 
difficile d'admettre un appareil membraneux chez la T li u r i- 
cola Gruberi, car ici il y a encore un diapluagme 



— 56 — 

transversal. A peu prè^^ au inilitHi de la gaine s'étend, jus- 
te transversalement une membrane délicate (Fig. A, d). 
dont j'ai déjà parlé à propos de la Vaginicola crystal- 
lina (Cotluirnia*) et que je tiens pour un diaphragme. 

A la périphérie, ce diaphragme s'unit au parois de la gaine, 
au centre, au contraire, il s'attache au corps de l'infusoire; 
un boiu"relet circiUaire à la surface du corps de l'infusoire, 
à cette place d'insertion, prouve que le diaphragme est for- 
tement attaché au corps par toute sa périphérie et contribue 
à la position, axialle dirai je, du corps dans la gaine. 

Ainsi, si les fils surnommés ne présentaient que la sec- 
tion- longitudinale d'une membrane cuticulaire, comme c'est 
le fait chez la Th. operculata, oîi il n'existe pourtant 
pas de diaphragme, — le diapliragme devrait être interrompu 
sur un espace assez large et à travers cette fente appa- 
raîtrait la membrane. Je n'ai pourtant jamais aperçu rien 
de semblable: le diaphragme était toujours tendu, et comme 
il est traversé par les fils de l'appareil de clôture, je dois 
admettre que le diaphragme est perforé des deux côtés du 
corps et que grâce à cela les fils peuvent passer, 

La fonction de ces fils est pouitant la môme que celle de 
la membrane de la T h u r i c o 1 a o p e r c u 1 a t a, ce dont on 
peut s'assurer en observant la contraction et l'extension de 
l'animal. Seulement la fonction des deux couvercles de Th. 
Gruberi est différente. 

La Fig, //, représente l'animal au moment de la contrac- 
tion, quand l'appareil vibratile est arrivé jusq'à la région des 
couvercles, La contraction de l'animal n'a évidemment eu 
jusqu'à présent que pou d'influence sur l'appareil de clôture, 
car les couvercles ont conservé presque la même position que 
lorsque l'aminal était étalé. Ce n'est qu'après la complète 
contraction (Fig, C) qu'on voit les suites de ce procès: la 
partie postérieure du corps, oii commencent les fils, se rétré- 
cit, les fils sont tirés en arrière et, par conséquent, les deux 



';i. 



— 57 — 

couvercles aussi. Un couvercle simple serait assez nuisible 
à l'animal, s'il n'était pas plus grand que le diamètre du 
tube, car une forte contraction de l'animal pourrait le faire 
rentrer trop loin. Chez la Th. opère ulata on voit réel- 
lement que l'opercule ne prend jamais une position horizon- 
tale — et qu'il peut s'adosser aux parois du tube, sans être 
tiré en bas. 

Chez T h. G r u b e r i la possibilité d'un tel danger est écar- 
tée parce qu'ici nous avons deux couvercles qui, pendant la 
contraction de l'animal, prennent la position représentée dans 
laFig. C (0,0'); elles forment un toit, qui ne peut jamais 
s'abaisser trop, et qui, au contraire, pendant l'extenssion de 
l'animal peut s'ouvrir très facilement. Nous avons ici l'ap- 
pareil de clôture le plus compliqué, mais le plus favorable 
à l'existence de l'animal. 

D'après la description que donne Stokes -pour laThuri- 
colainnixa de l'Amérique septentrionale, il paraît que 
cette espèce est munie d'un appareil de clôture semblable. 
Vis-à-vis de l'opercule est situé, chez l'espèce citée, un or- 
gane membraneux flexible qui se prolonge en arc dans l'in- 
térieur du tube et sert de soutien à l'opercule quand il se 
ferme*). 



*) Stokes, a iiew Tluiricola, Amer. Moiitlil. Microsc. Journal. Vol. 3. p. 
182 — 183 Je n'ai pas pu voir le travail de M. Stokes; une courte commiiiii- 
«ation sur cette espèce se trouve dans le ,,Jonrn. roy. micr. Soc. London" (^ ol. 
3, p. 78). 



CONTRIBUTIONS 

à la théorie du mésoderme et de la 
mètamerie. 

Par. N. Cholodkowsky professeur à l'Institut Forstier deSt.-Pétersbourg, 

(^Coinuiuiiicatioii jiréliiuiuairc;). 

Aucune ([uestiou uiorpliologique n'a excité plus de différence 
d'opinions et de disputes plus acerbes, que la question 
sur l'origine et sur la signification du mésodernie. Pour 
n'énuniérer que les liypotlièses plus généralement connues, — 
les uns attaclient beaucoup d "importance au mode du déve- 
loppement du mésoderme en deux sacs coelomatiques et ne 
reconnaissent pour un mésoderme véritable que les structu- 
res qui se laissent réduire à cette ébauche générale (la 
théorie du mésencliyme et du coelom des frères Hertwig); les 
autres s'efforcent de réduire les diverses formations du méso- 
derme aux cellules dites polaires (Urmesodermzellen de M-r, 
Kabl) et considèrent les sacs coelomatiques comme des struc- 
tures seccindaires; selon la troisième opinion, le mésoderme 
coelomati(iue ne serait ([u'un dérivât du parenchyme sexuel 
des Platodes et le coelom lui même que la cavité sexuelle, 
excessivement développée et modifiée (E. Meyer); la quatrième 
opinion enfin arrive à nier complètement l'existence môme 
du mésoderme, dans le sens d'un feuillet spécial qui donne- 
rait l'origine à un certain groupe d'organes (Kleinenberg.) 
Sans drmte, le mésoderme ne représente pas un feuillet 
complètement équivalent à l'ectoderme et à l'endoderme 
parce qu'il prend lui même son origine ordinairement à un 
de ces feuillets primitifs; mais il est incontestable en même 



— 59 — 

temps, que le mésoderme, tout en restant une formation 
comparativement secondaire, se différencie tout de même 
dans un grand nombre de cas très tôt et quïl représente 
désormais une structure fondamentale indépendante. Pour ne 
citer qu'un exemple, je rappellerai l'évolution des Turbella- 
riés d'après les travaux de M. M. Lang, Hallez etc. Il 
est donc utile de conserver le terme de „niésoderme", 
tout en ayant en vue qu'on réunit généralement sous ce 
terme beaucoup de formations dont l'origine et la significa- 
tion sont différentes. 

La question de l'origine et des homologies du coelom est 
un autre problème, souvent discuté et qui se rattache inti- 
mement à la question du mésoderme. En fondant le type 
des Coelentérés, M-r Leuckart a comparé la grande cavité 
du corps de divers animaux au système gastrovasculaire des 
polypes et des méduses. Cette manière de voir ne rallie 
actuellement que bien peu d'opinions (par exemple M-r Chun 
la défend énergiquement dans son beau traité sur les Coelen- 
térés), tandis que la majorité des zoologistes ne reconnaît 
aucune homologie entre le coelom et le système gastrovascu- 
laire. Quant au coelom des Metazoa, cette cavité serait ho- 
mologue, au moins chez tous les animaux qui se laissent 
réduire au schéma des Enterocoelia des frères Hertwig. Pu 
reste, il n'est pas possible de tracer une hmite distincte 
entre le mésoderme et le mésenchyme, entre les Enterocoelia 
et les Pseudocoelia, et, par conséquent, beaucoup de zoologistes 
admettent l'homologie générale du coelom de tous les Me- 
tazoa qui le possèdent. Il me semble pourtant que l'embryo- 
logie nous présente une quantité de faits qui tendent à 
modifier la manière de voir généralement adoptée. 

En comparant le mode de la formation du mésoderme 
chez divers animaux, nous pouvons constater deux manières 
principales de ce processus. Dans une série de cas, la 
masse entière du mésoderme coelomafi(jue est fournie par 
deux sacs épithéliaux qui se détaclient de la cavité archen- 
térique; telle est l'origine de ce feuillet chez les Ih-achio- 



~ 60 — 

podes, les Chétognathes, les Ediinodormes, les Eiiteropneustes, 
les Cliordés. Clioz d'autres animaux, et iiotauiuient dans la 
grande majorité des élusses du règne animal, le mésoderme 
prend son origine d'un petit ou grand nombre de cellules, 
qui se différencient déjà pendant la segmentation du vitellus, 
ou pendant la gastrulation, ou même encore plus tard. Tel 
est le mode de formation du mésoderme chez les Ctenoplio- 
res, les Platodes, les Némértiens, les Mollusques, les Bryo- 
zoaires, les Annelides, les Gépliyrées. les Piotifères. (incl. le 
Dinopliilusj le Pli<»ronis. les ]\Iyzostomides, les Nématodes, 
les Acanthocéphales, les Arthropodes. Dans le premier mode 
de l'origine du mésoderme, la cavité du corps représente 
évideunnent le prolongement direct de la cavité archentérique, 
et quant à moi, je n'Iiésite pas à la reconnaître pour homo- 
logue à la cavité gastrovasculaire des Coelentérés. Le second 
type d'évolution nous présente deux traits principaux qui 
le distinguent strictement du type précédent. Premièrement 
la cavité coelomatique surgit toujours indépendamment de la 
cavité arclientéricpie. (^ui peut exister et fournir des rami- 
tications gastrovasculaires côte à côte avec le mésoderme 
plus ou moins développé (les Turbellariés, les Cténophores). 
En second lieu, il faut remarquer que le façon d'origine 
du coelom dans les cas pareils est complètement différente 
de celle des sacs coelomatiques, parce (qu'elle se manifeste 
conmie résultat de la déhiscence d'une masse compacte des 
cellules. Si une déhiscence n'a pas lieu, la cavité coelomatique 
ne se montre point, comme nous le voyons par exemple 
chez les Platodes. 

fl y a des cas, oii la cavité coelomatique se développe 
dans une masse cellulaire compacte, mais le mésoderme 
se dispose en deux troncs symétriques, des deux côtés 
du blastopore. Or, on pourrait insister alors que nous 
avctns affaire aux sacs coelomati(|ues dont la cavité s'attarde 
seiUement à se manifester. C'est ainsi ({u'on explique géné- 
ralement l'apparition de la cavité du corps des Vertébrés 
et des Arthropodes. Il paraît que les rapports généalogiques 



— 61 — 

déduits des faits d'anatomie et d'embryologie comparées pour- 
ront nous montrer dans cliaque cas s'il faut regarder l'ébauche 
du coelom comme des sacs coelomatiques modifiés, ou bien 
la considérer sous un autre point de vue. Par exemple, la 
cavité du corps de tous les Vertébrés et ïuniciers est sans 
doute homologue à la cavité des sacs de Sagitta et, par 
conséquent, au système gastrovasculaire des Coelentérés, 
parce que l'Ampliioxus, qui est lié intimement avec les ancêtres 
présomptifs des deux groupes susnommés, possède dans certaine 
période de son développement embryonnaire des sacs coelo- 
matiques bien distincts. 

Quant au type des Arthropodes, la ressemblance de leur 
cavité du corps avec le sacs de Sagitta, relevée par quelques 
naturalistes (Bûtschli, Hertwigs, Kowalevsky), n'est proba- 
blement qu'une analogie apparente, en raison de l'affinité 
évidente des Arthropodes et des Vers annelées. Chez ces 
derniers, il n'est pas possible, selon moi, de réduire, sans 
des explications très forcées, la cavité du corps aux sacs 
coelomatiques. 

En attribuant beaucoup d'importance à ce fait général 
que chez beaucoup d'animaux les cellules génitales dérivent 
de l'épithélium qui pave la cavité du coelom, M-r Meyer a 
proposé une h}"pothèse, selon laquelle tout le mésoderme 
représenterait un dérivât du parench}ine sexuel primitif. 
On sait que chez les Turbellariés, les Trématodes, les Ces- 
todes la masse principale du corps est représentée par les 
organes de génération. Or, si nous admettons que l'énorme 
cavité de ces organes cesse de produire des cellules sexuelles 
dans toute son étendue et ne les produit plus que dans une 
partie limitée, nous aurons le type ordinaire de la ca- 
vité péritonéale des Metazoa avec ses organes sexuels. Toutes 
les formes du coelom ne sont ainsi, d'après l'avis de Mr. 
Meyer, que des variations de la primitive cavité sexuelle. 
Quant à moi, je ne saurais adhérer qu'en partie à cette 
hypothèse si brillante et si plausible. Le fait est que 
l'épithélium du système gastrovasculaire est capable de fournir 



— G2 — 

des cellules sexuelles: or. cliez les iiuiniaux, dont la cavité 
du corps se forme en deux sacs coelomatiques, il siMuble 
beaucoup plus simple l't plus naturel de réduire l'épitliélium 
sexuel et péritoneal plutôt à l'épitliélium gastrovasculaire, 
(|u'au parenchyme sexuel des Platodcs. 

Kn résumant les considérations susdites, nous pouvons 
établir trois groupes des ^Nletazoa, selon la présence et selon 
le mode de formation du coelom: 

1, Lcx Jùiferocvclcs. La cavité du corps se forme en 
deux sacs qui se détachent de la cavité archentérique. Elle 
est parfaitement homologue à la cavité gastrovasculaire des 
Méduses et des Polypes et son épithélium sexuel correspond 
au celui des divers Coelentérés, excepté les cas oii les glan- 
des génitales prennent peut-être leur origine des cellules de 
mésenchyme, qui peut exister à côté du mésoderme coelo- 
matique, comme nous le trouvons, p. ex., chez les Echino- 
dermes. Les types des animaux, qui possèdent le coelom de 
la forme et de l'origine précités, sont les suivants: Brachio- 
poda, Echinodermata, Chaetognatha. Chordata, Enteropneusta. 

2. Les Gciiifocoelcs. La cavité du corps surgit dans la 
masse compacte du mésoderme, qui correspond au tissu 
sexuel des Platodes. Il paraît qu'il n'est pas nécessaire 
d'admettre chez ces animaux, outre le mésoderme coelomatique, 
encore le mésenchyme comme le fait M-r Meyer, puisque 
le mésenchyme peut dériver (chez les Chétopodes p. ex.), 
ainsi que le mésoderme coelomatique, des cellules polaires. 
Dans quelques cas exceptionnels, les glandes génitales naissent 
des cellules particulières qui se différencient avant la forma- 
tion des feuillets (chez les insectes). Les génitocèles ren- 
ferment tous les animaux qui possèdent le coelom séparé 
de la cavité digestive et qui n'appartiennent pas aux Entero- 
coeles (Annelides, Arthropodes etc.). 

3. A codes. La cavité du corps séparée de la cavité digestive 
(ou la cavité digestive elle même) fait complètement défaut. 
(Coelenterata, Platodes, Nemertini, Porifera, Orthonectida, 
Dicyemida). 



— 63 — 

On pourrait séparer en un groupe à part, sous le nom 
d'Archicoelia. les animaux dont la cavité du corps ne se 
remplit pas par la masse du mésoderme et dérive directe- 
ment de la cavité primitive de la segmentation (Rotatoria, 
Bryozoa etc). Mais il paraît probable que la cavité du corps 
de ces animaux se laisse réduire, en acceptant une abrévia- 
tion du développement, au coelom des génitocoelia. En outre 
nous savons que chez quelques Génitocoelia la cavité défini- 
tive du corps est d'une origine compliquée et renferme, 
entre autre, des éléments de la cavité de la segmentation 
(Peripatus, Insecta). Or, il est très vraisemblable, que tous 
les Archicoeles peuvent être rangés parmi les Génitocoelies. 

H y a une connexion intime entre la grande question du 
mésoderme et la question de l'origine de la métamérie. Je 
ne puis entrer ici dans l'exposition et dans la critique des 
nombreuses théories relatives à cette dernière question, et 
je me bornerai à indiquer les deux opinions principales. 
Selon l'une de ces opinions, la métamérie est un résultat 
du bourgeonnement linéaire, et chaque être métamérisé n'est 
essentiellement qu'une colonie animale. D'après l'autre hypo- 
thèse, les animaux métamérisés ne sont pas des colonies, 
mais seulement des individus dont les organes se répètent 
en plusieurs groupes le long du corps; la cause de cette 
répétition des organes est obscure, et elle est expliquée très 
diversement par divers savants. Il me semble que les opi- 
nions précitées auront toutes les deux leur application, si 
on admet que la métamérie des divers animaux n'est pas 
d'origine et de sens indentiques. En effet, M-r Lang a 
démontré dans ses travaux spéciaux, ainsi que dans son 
Manuel d'Anatomie comparée, qu'il existe une quantité de 
formes sans doute non segmentées, qui manifestent une méta- 
mérie interne très distincte (Gunda segmentata), et que la 
métamérie de cette sorte s'explique simplement en admettant 
la métamorphose directe de la sjonétrie radiale en symétrie 
bilatérale. M-r Lang propose pour désigner cettee méta- 
mérie le terme de la segmentation, qu'il faut distinguer de 



— 64 — 

la strohilufion. La dernière est un résultat d'un bourgeon- 
nement linéaire, connue en présentent un exemple les 
Cestodes. Je ne puis que me joindre à cette manière de 
voir et je me permettrai de la mettre en connexion avec 
la contribution précitée des animaux selon l'origine de leur 
cavité du corps. Or, en nous rappelant la mode de déve- 
loppement du coelom dans l'Amphioxus, est-il possible de ne 
pas remarquer la grande ressemblance de ses somites mé- 
sodermiques avec les ramifications métamériques de l'intestin 
de Gunda segmentata? Aussi, j'admets pour tous les En- 
terocoeles dont le corps est métamérisé que leur métamerie 
correspond à la segnumtation (dans les sens de M-r Lang) 
et je suis convaincu, par conséquent, que les Vertébrés ne 
dérivent pas des Annelides, mais des ancêtres, dont la mé- 
tamerie a pris son commencement aux évaginations méta- 
mériques de Tintestin. comme on les trouve par exemple 
chez les Xémertiens. Quant aux animaux génitocoeles, j'ad- 
mets au contraire, que leur métamerie est redevable à la 
strobilation. c'est à dire à un bourgeonnement linéaire en 
tA-pe opisthosérial (selon M-r Hatscliek); le caractère princi- 
pal de leur cavité coelomique qui réside dans la dérivation du 
tissu génital primitif, correspond complètement à la con- 
ception de leur métamerie que nous soutenons. Ainsi la mé- 
tamerie du coelom des divers Metazoa est à mon avis, 
d'origine double et de sens différent chez divers animaux. 

Résumé (thèses). 

1. Tous les Metazoa peuvent être distribués selon la pré- 
sence ou l'absence et selon la formation de leur cavité du 
corps dans les trois groupes suivants: 

a) Lea Jù/to-ocoelcs. La cavité du corps se forme en 
deux sacs qui se détachent de la cavité archentérique. Elle 
est parfaitement homologue à la cavité gastrovasculaire des 
Coelentérés et son épitélium sexuel correspond à celui des 
divers Pol}ijes et Méduses, excepté les cas, où les glandes 
génitales prennent petit-être leur origine des cellules de mé- 



I 



— è5 — 

sench3'me, qui peut exister côte à côte avec le mésoderme 
coelomatique, comme nous le trouvons, p. ex. chez les Echi- 
nodermes. Les tj'pes des animaux, qui possèdent le coelom 
de la forme et de l'origine précités, sont les suivants: Bra- 
cliiopoda, Echinodermata, Chaetognatlia, Chordata, Entero- 
pneusta. 

b) Les Gén/tocoeles. La cavité du corps surgit dans la 
masse compacte du mésoderme, qui correspond au tissu 
sexuel des Platodes. Il paraît qu'il n'est pas nécessaire d'ad- 
mettre chez ces animaux outre le mésoderme coelomatique 
encore le mésenchjme, comme le fait M-r Meyer, puisque le 
mésenchyme peut dériver (chez les Chétopodes p. ex.), ainsi 
que le mésoderme coelomatique, des cellules polaires. Dans 
quelques cas exceptionnels, les glandes génitales naissent des 
cellules particulières qui se différencient avant la formation 
des feuillets (chez les insectes). Les Génitocoeles renfer- 
ment tous les animaux qui possèdent le coelom séparé de 
la cavité digestive et qui n'appartiennent pas aux Entero- 
coeles (Annélides, Arthropodes etc.). 

c) Les Acoeles. La cavité du corps séparée de la cavité 
digestive (ou la cavité digestive elle même) fait complètement 
défaut (Coetenterata, Porifera, Platodes, Xemertini, Ortho- 
nectida, Dicyemida). 

2. La métamerie du coelom des Metazoa est d'origine et 
de signification double. Pour certains animaux, elle consiste 
en segmentation de quelques organes internes et dérive des 
ramifications métamériques de l'intestin (Enterocoeles); pour 
d'autres elle est redevable au bourgeonnement Hnéaire (Gé- 
nitocoeles), 



Essai d'une classification 

des variations animales, selon leurs 

causes 

par A. Brandt 

ProfoïiSftir i"i 1 riiivcrsité de Kliarkov. 

Quoiqiu' la haute importance de la variabilité des êtres 
oriianifiues soit recoiimie par tous les naturalistes, il nous 
uiau(|U(' encore, si je ne me trompe, une classitication synop- 
tique plus ou uKiius complète des variations animales. 
Une pareille classitication doit comprendre tous les change- 
ments auxquels sont soumis les animaux, soit par rapport 
au sexe ou à l'âge, soit selon les propriétés individuelles 
innées, ou acquises, des influences normales ou pathologiques. 
Aucun de ces changements ne devrait être omis, parce qu'ils 
présentent tous sans exception un intérêt plus ou moins grand 
pour le zoologiste, et (juils sont liés entre eux par des tran- 
sitions successives. L'état actuel de la science d'un coté, et 
la nature du sujet de l'autre, ne permettent pas de pré- 
senter une classification qui soit hors de contestation. Voici 
l'essai (|ue je propose d'un tableau synoptique des variations 
selon leurs causes: 

. (A. Strictement individuelles. 

-y. ' 

'r |I!. i'i"0})res au ( crcle vital. 

5 { ( . Tiopres au sexe. 

I 1). i'iopres aux générations futures (var. prophétiques: 

^ ] cei-tains ('(xiii.irds, l'arrhénoïdie des femelles à, orga- 

^ I lies sexuels noiiiiaux: Axolotth^s transforuiés <'n Am- 

'^ I blystoiiies etc.). 



— 67 — 



o 

c3 



53 



E. Par des 

actions ex-^ 

ternes. 



1. Mécaniques (naturelles ou violentes). 
( a) la lumière, 
I b) la chaleur, 
Je) l'électricité, 
1(1) riiumidité, 
|e) la pression atmosplié- 
[ rique. 



2. Physiques. 



3. Ch}iniques. 



4. Composées. 



F, Par la fonction. 



l'f) la nourriture, 

|g) les saisons, 

jh) le climat, 

|i) l'habitation (incl. var 

I parasitaires), 

(j) les soins, 

k) l'usage, 

1) le non-usage, 
) m) l'habitude et le dressage. 
In^ 






) la disposition 
G. Par des procédés patologiques. 
,H. Par des var. précédentes (var. corrélatives). 
^ II. Des parents. 

^S ' J. De parenté indirecte (var. par influence). 
"^ [L. Des ancêtres (atavisme). 



•0* 



Questions, proposées par M-r le ProT. Léon Cosmoviei: 

1. Sur um» divisinn doliiiiiivi' du rr^rno aiiimal en ,,pliyla", tlivisiou l)asûo 
sur les rci'lu'ivhus niorpliL»i!inltryolo.i,n(jiics. 

2. Foiuleniont naturel d un système du type des vers. 

3. rniformilé de la terniinoloijie des organes séerétoires des vers, comme 
ji. ex. urijanes séirmentaires. système aquifère, org^anes excréteurs etc. 

Réponses de M-r le prof. J. de Kennel, 

de l'Université de Dorpat. 

n me semble qu'il finit renoncer à Tidée d'une division 
du règne animal, ou de la distinction de chaque groupe, en 
ce qu'o:i nomme „phyla", vu que cette division ne peut 
être qu'artificielle et en partie arbitraire. Pour nous éclairer 
par rapport à l'affinité des animaux et connaître ces derniè- 
res d'une manière réelle et indubitable, il nous faut un 
arbre généalogique construit d'une manière plastique. Les 
branches et les rameaux de cet arbre prendront naissance 
à différentes hauteurs, en raison de quoi chaque différent 
groupe d'animaux sera, à un certain degré, soumis à un 
autre groupe et ce degré de soumission sera en sorte 
très variable. Quant à l'établissement du f;iit que tel ou 
tel groupe appartient à telle ou telle branche, cela ne dépend 
que du goût personnel. Nous trouvons le même obstacle en 
voulant unir tous les descendants d'une branche principale 
en un seul „phylum", ou regarder les deux ou les nombreu- 
ses branches secondaires comme „phyla". En somme, la 
question dépendrait des circonstances suivantes: 1° du point 
d'élection pour couper la branche et l'envisager plus ou 
moins comme un tout; 2^' du degré de développement à 
mode propre et plus tard à mode divergent des plus fortes 
brandies latérales. ^Maintenant, si nous voulions rassembler 



I 



— 69 — 

d'après cette esquisse toutes les formes animales de a' „en 
un seul phylum", nous risquerions de voir quelqu'un 
trouver les différences des branches „?/, h" assez considé- 
rables pour les envisager comme „phyla" distincts. On ne 
peut mettre une trop grande importance à l'affinité des 
formes à larves, car il est à remarquer que malgré cette 
complète affinité, leur évolution peut devenir par la suite 
fort divergente, voir les Annelides et les Mollusques. D'autre 
part la convergence de l'évolution peut être très af finie, 
malgré les différences d'origine (Crustacea, Tracheata.) 
Nos connaissances des animaux existants sont assez vastes, 
par les fossilles nous avons aussi une idée suffisante d'un 
nombre de formes ayant existé, et il serait possible de tra- 
cer les limites entre des cycles de formes; certainement ces 
formes ont un lien génétique, mais un lien très varié. Cette 
circonstance ne peut jamais être exprimée clairement dans 
un „sytème", où les groupes se suivent et se rangent l'un 
à côté de l'autre. Voilà pourquoi je mets la plus grande 
importance à ranger ces cycles de formes, plus ou moins 
distincts, en ^classes", même en „ cycles". Le choix de 
l'expression dépend du nombre des détails introduits dans 
la division et du nombre des groupes dépendants. En prin- 
cipe, je suis contre une séparation détaillée „in gênera", 
comme cela se voit en ornithologie et en entomologie, et je 
crois qu'on pourrait se contenter de désignation de „ classe". 
Je distingue ainsi 17 classes: 

1. Protozoa, 2. Spongiae, 3. Coelenterata, 4. Echinoder- 
mata, 5. Plathelmintes, 0. Nematlielmintes,, 7. Ilhyntlicl- 
mintes, 8. Nemertini, 9. Kotatoria, 10. Bryozoa, 11. Mol- 
lusca, 12. Brachiopoda, 13. Tunicata, 14. Annelides, 
15. Branchiata, IG. Tracheata, 17. Vertebrata, dont l'ori- 
gine n'est pas identique, mais qui apparaissent maintenant 
en cycle de formes indépendantes et distinctes. 

La classe 1 se distingue de toutes les autres; les classes 
2 — 8 ont à la période larvique une „gastrula" avec ou sans 
anus, mais manquent toujours d'organes excréteurs; les 



— 70 — ^ 

classes 9 — 17 possèdoiit. à la période larvique, une trochos- 
pliaera avec oi-iianes exeivteurs. ou proviemieiit de groupes 
iraniinaux (jui en ont possédé. Mon avis est que les clas- 
ses 2 — 8 se sont développées situultanément et assez indé- 
])endaunnent des animaux à ..iiastrulas". mais à mode d'évo- 
lution ilivergente: doiu' il y a lien direct avec les Protozoa. 
Les classes 9 — 17 proviennent, ou directement à mode 
d'évolution divergenti'. des animaux semblables aux Tro- 
cliospliat>ra (Hotaloria. Brvozoa, ^loUusca, Annelides, Bran- 
cliiata), ou d'une manière secondaire d'une de ces classes 
(Brachiopoda, Tunicata. Tracheata, Vertebrata). Mon opi- 
nion est ([ue p. ex. les Traclieata et les Vertebrata pro- 
viennent des Amudides et que ces derniers seraient plus 
tôt à réunir en un .,pliylum'" que les Branchiata et les 
Traclieata. dont il n'y a. selon moi, que les preuiiers qui 
proviennent directement d'une Trocbospbaera (Nauplius). La 
glande ditiertMice des animaux susnommés ne permettra pas 
à la iiiajniité des savants de partager cette opinion; voilà 
pourquoi je suis d'avis de ranger simplement toutes les 
classes l'une à côté de l'autre, ou l'une après l'autre. 

Vouloir les grouper en „ système" serait donner de 
l'iuiportance aux particularités anatouiiques générales (impor- 
tance artiticielle); leur rapport naturel doit être expriuié 
dans un arbre généalogi([ue. 

Ne pourrait-on pas adopter le groupement suivant: 

i. l'rotozoa. 
IL Metazoa. 
1. Badiata, 
Spongiae, 
Coelenterata, 
Kcbinodermata, 

Même CCS dei'uiers ])euvent être placés ici, quoique leurs larves 
et les animaux dévelojipés sont à symétrie bilatérale. La symétrie 
bilatérale des larves des Ecbinodermata connus à présent peut 
s'acquérir indépendamment au courant d'un très grand espace de 



— 71 — 



temps, l'astéride en sa str 
de beaucoup de méduses 

2. Bilateralia, ou 

a. Iiisegmentata: 

Plathelmintes, 

Nemathelmintes, 

Hhjntlielmintes, 

Nemertini, 

Rotatoria, 

Brvozoa, 

Mollusca. 



Segmeutata: 

Brachiopoda? 

Tunicata? 

Annelides, 

Branchiata, 

Traclieata, 

Vertebrata. 



ucture radiaire s'écarte peu de celle 
qui n'ont qu'un seul tentacule. 

2. Bilateralia. 

a. animaux à ,,gastrula": 
Platlielmintes, 
Nematlielmintes, 
Rhyntlielmintes, 
Nemertini. 

b, animaux à , ,trochospliaera' ' : 
a. Inscfimentata: 

Rotatoria 
Bryozoa 
Mollusca. 
/?. Segmenfata: 
Brachiopoda? 
Tunicata? 
Annelides, 
Branchiata, 
Tracheata, 
Vertebrata. 



Je place les Tunicata parmi les Segmentata, car j'y com- 
prends l'amphioxus, le seul dont le mode de développement 
soit progressif, tandis que celui de tous les autres est à 
métamorphose régressive. La segmentation de ramphioxus 
n'est certainement pas moins douteuse que celle de certains 
Nemertini, Tubellaria etc. que je méconnais complètement. 

Après ce qui a été dit, il est clair que je ne puis ad- 
mettre le „t3^pe de Vers" et que j'envisage les Platlielmin- 
tes, Nematlielmintes, Rliyntlielmintes et les Nemertini comme 
quatre espèces d'animaux complètement isolées, qu'on peut 
réduire directement à leurs ancêtres à „gastrula", d(»nt ils 
se sont développés d'une manièere indépendante. Je tiens pour 
impossible d'y comprendre les Annelides et autres. On ne 
saurait définir le type existant de „Vermes" de façon, à ce 
qu'on n'y comprenne aucun autre animal bilatéral. La dé- 



V •-: 



fiinitioii peut être détaillée de faqon à exclure d'autres ani- 
maux, les Artliropodes par exemple, mais cette détiiuition ne 
se rapporterait (ju'à t»'lle ou telle classe des „ Termes". Les 
riathelmintes présentent par leur ori^anisation, un groupe 
d'animaux bien distinct; il est vrai que leur évolution est 
fortement influencée par le mode de vie parasitaire et ne 
peut donner de point de repère. jMais il est facile de faire 
dériver des Turbellaires ((\\n comprennent deux branches les 
lîliabdocoeles et les Deudrocoeles) les Trématodes et de ceux- 
ci les Cestodes. Les Nemathelmintes forment aussi un groupe 
bien distinct; quant à une connexion génétique plus proche 
de ces derniers avec les Rhynthelmintes, je la crois impos- 
sible pour le moment. Toute l'organisation des organes gé- 
nitaux différent tellement que je n'y vois aucune connexion. 
Pour ce qui concerne la ressemblance, il nous reste seulcnumt la 
cuticule. Les Ncnnertini sont aussi indépendants. La rompe, 
le système vasculaire et le système nerveux les distinguent 
des Plathelmintes, on m) peut les tenir pour segmentés, car 
les caecums et les commissures nerveuses se rencontrent chez 
les Turbellaires avec la même régularité. Leur développement 
en Pilidium les sépare des Turbellaires. Même en rapprochant 
ces groupes d'animaux, au point de vue de leur orighu3, des 
ngastrula", je n'y trouve pas beaucoup de particularités com- 
munes, et j'émets l'opinion qu'on ne peut franchement éta- 
blir un t}'pe des Vers, et ({u'il faut les diviser et les grouper 
à peu près de la manière indiquée sub 1. 

Il est naturel que mes opinions ne me permenttent pas 
de parler des organes sécrétoires des Vers. Il me semble 
qu'on devrait donner le nom d'orf/anes excréteurs h tons c(uix 
qui servent aux animaux à éliminer du corps les produits 
oxydés solubles des mutations intra-organiques, sans faire 
attention à la structure de ces organes. L'expression .,Was- 
sergefassystem" (système lyniphatique) est ancienne, ne dit 
rien et doit être abondonnée. Ij'expression „Aml)ulacralsy- 
stem" des Echinodermes n'a rien k fair(! ici, car elle n'a 
rien de commun avec la cavité viscérale, si ce n'est d'une 



— 73 — 

manière secondaire chez les Crinoïdes et les Holothuries. 
Même dans ce dernier cas, le mot „Wassergefâssystem" ne 
peut que donner lieu à un malentendu. 

Les organes excréteurs des animaux ne doivent peut-être 
pas être mis en considération: ce ne sont que des systèmes de 
canaux dans le mésoderme, dans lesquels les produits excré- 
tés s'accumulent par diffussion. S'il y a cavité viscérale, la 
diffussion peut y avoir lieu, car les organes excréteurs peu- 
vent s'ouvrir dans la cavité même, puis il y a le sang qui 
peut porter par diffusion dans la cavité, à l'aide d'un riche 
système de canaux, les produits excrétés. Ces organes ouverts 
à entonnoir devraient être désignés par le nom de „Nephri- 
des". Il n'est pas urgent de changer le terme de „ organe 
segmentai" par ., répétés par les segments" Neplnidos des 
Annelides, sorti d'usage: nous avons maints synonymes pour 
désigner un organe, et il faudrait mettre ordre à cela: Ecto- 
derme-Epiblaste, etc. Mesoderme, — Mésoblast — Mesenchyme. 

Il est fâcheux que les auteurs, une fois plongés dans les 
études spéciales, ont la rage des noms nouveaux et pom- 
peux pour désigner des choses de minime importance scien- 
tifique. 

Rappelons la bizarrerie des noms dans la spermatogénèse 
et, de nos jours, dans la Karykinèse. Cliaque granule de 
protoplasme porte un nom différent chez chaque auteur. 11 
faut remédier à ce mal. Je ne sais trop ce qu'on comprend 
par „Chorion" ou „Chorium": 1. Membrane basilaire du 
tissu conjonctif de l'épiderme? 2. Enveloppe solide des Ar- 
thropodes? 3. Enveloppe embryonnaire? (j)ue doit-on com- 
prendre par „Schleimhaut", mucosa? Tantôt l'epithelium seul, 
tantôt l'epithelium avec le tissu conjonctif, tantôt, ce dernier 
seul. 

Les termes: „Segmentalorgane, Nephrides, Malpighische 
Gefàsse, Bojannische Organe" sont clairs et compréhensibles. 
Il n'y a que „Wassergefàssystem" à mettre hors d'usage. 



OBSERVATIONS 
sur quelques points 

(le hi iionienchiture zoologique 
Par le Dr. Charles Girard 

La iiomoiiclaturo /ooloiiiquo aura fiiit un i;Taiid pas vers 
son amélioration, lors(iui' les règles adoptées par le Congrès 
international de Zoologie seront appliquées par tous les 
zoologistes. C'est l'incontestable mérite; de la Société zoolo- 
gique de France d'en avoir pris l'initiative. 

La (juestion de priorité, celle des doubles emplois et celle 
de la i/ofdf /(>/>, entr "autres, qui attendent encore une solu- 
tion, ont une ini]>ortanc,e de premier ordre. Kilos constituent 
la clef de voûte de rcditice scientifi(|ue. appelées ([u'elles sont 
à mettre un toruie au gâchis lamentable dans Uuiuel 
se débat actuellement la nomenclature, (jui finirait par devenir 
inintelligible. 

Loi de priorité. 

Nous avons appelé Tattention du Congres de 1889 sur 
les droits d'Artédi. (piant à l'antériorité de la nouienclature 
binair(! en Zoologie;. Les travaux de ce savant n'ayant béné- 
ficié ([\w d'une publicité posthume, sous les auspices de 
Linné, son pupille, nous ne pouvons remonter à l'époque où 
Artédi enseigna sa méthode pour la preuiière fois: la date de 
publication doit, en cette circonstance, nous servir de base. 

Il ne nous semble pas inutile d'insister sur le fait que 



— 75 — 

Artédi fut le précepteur de Linné, auquel il confia ses travaux 
manuscrits, pour publication ultérieure. Ce dernier les édita 
en 1738, mais n'adopta la nomenclature binominale du 
maître que vingt ans plus tard, en 1758, dans la 10-e éd. 
du Systema Naturae. 

Pour être correcte, la règle 36, qui sera soumise à la 
ratification du Congrès, devrait en conséquence, être rédigée 
comme suit: 

La nomenclature binaire a été fondée, pour la Bota- 
nique par Tournefort en 1700. Elle a été appliquée 
aux Mollusques par Lang en 1722; aux Foissons par 
Artédi, en 1738; aux Araignées, par Clerclx, en 1757; 
ce n'est qu'en 1758 que Linné V a adoptée pour la Zoologie 
entière. 

Linné n'est donc pas l'inventeur de la nomenclature bi- 
naire ou binominale, même en Zoologie. 

Les Articles XII. XVI et XVII du Rapport de M-r 

Blanchard. 

§ 1. Les noms génériques à double ou multiple emplois 
sont des plus nombreux. Ils se comptaient déjà par milliers 
à l'époque de la publication du „Nomenclator zoologicus" 
d'Agassiz (1846). Ils se sont considérablement accrus depuis, 
par l'indifférence ou la négligence des naturalistes à con- 
sulter le „Nomenclator" susdit, ainsi que ceux de Mar- 
schall (1873) et de Scudder (188,2). 

Doit on rejeter tout nom générique déjà employé dans 
le même Règne et le premier en date sera-t-il seul valable? 

Ce serait une innovation très préjudiciable aux progrès 
de la Science. 

Il y a unanimité pour reconnaître ({ue d'un Règne à 
l'autre, les homonymes génériques ne constituent pas d'em- 
barras sérieux, môme pour le naturaliste (jui mènerait de 
front l'étude de la Botanique et celle de la Zoologie. Nous 
tenons de notre expérience personnelle que l'emploi d'un 



— 76 — 

même ii>m de i::enre ilaiis diverses branches de la Zoologie 
n'a pas rincoiivonient (jiie l'on imagine, pour le zoologiste 
qui se voue à l'étude de la zoologie entière. Quant au 
spécialiste, qui se borne à l'étude d'une classe ou d'un ordre 
déterminé, cela n'entre pas dans ses préoccupations. 
Essayons de mettre en pleine évidence la nécessité de con- 
server tous les noms à double ou multiple emplois, quels 
que soient les Classes, Ordres et Familles du Règne Animal. 
Ceux d'entre eux, strictement si/t/oHi/uies, et par suite sans 
emploi effectif, étant ju'rdus à jamais. 

(^>u'un même nom soit employé à la fois parmi les Mam- 
mifères et les Arachnides; parmi les Crustacés et les Coléop- 
tères; parmi les lîatraciens et les Mollusques; parmi les 
Protozoaires, les Spongiaires et les Hémiptères; parmi les 
]Mollus([ues, les Oiseaux, les Poissons et les Infusoires, nous 
n'y voyons pas d'obstacles insurmontables. Ne conserver 
que les premiers en date, pour substituer aux autres des 
noms nouveaux, serait une oeuvre dont les conséquences 
n'apparaissent pas à première vue, mais (jui constituerait 
en réalité une calamité sans issue. 

Il existe, il est vrai, quelques cas isolés où le même nom 
de genre est employé deux fois dans la môme classe. Ainsi, 
dans celle des Poissons, nous trouvons le genre JHcura- 
canflius proposé deux fois par Agassiz parmi les Poissons 
fossiles, à six ans d'intervalle, avant l'achèvement, il faut 
le dire, de son „Nomenclateur," qui aurait pu donner l'éveil. 

Il en est de môme pour les Mollusques, oîi nous voyons 
le genre Mrf/asfonia introduit par Blainville et par Megerle. 
Ce mêm<' nom se retrouve dans la classe des oiseaux, in- 
troduit par Swainson en 1837; dans ctiUe des Poissons 
par Coste en 1850, et parmi les Infusoires par Grassi, en 
1882. Si Coste et Grassi avaient eu à leur disposition un 
nomenclateur fidèle, ils auraient été à même d'éviter cette 
malencontreuse répétition. 

Même pour des cas semblables, nous sommes d'avis de 
laisser les choses en l'état actuel. 



, — 11 — 

L'existence de noms à double ou multiple emplois est un 
fait assurément très déplorable; nous voudrions connaître 
le moyen pratique d'y remédier et de mettre un terme à 
leur multiplication ultérieure. 

Mais ce moyen existe-t-il? 

Ne conserver que le premier en date et remplacer tous 
les autres par des noms nouveaux, chose en apparence as- 
sez simple en théorie, rencontrerait dans son exécution des 
difficultés insurmontables. 

Pour accomplir cette réforme, il faudrait être de prime 
abord en possession d'une liste complète de tous les noms 
de genres proposés et introduits dans la science, ce que ne 
donnerait pas la réunion des trois Nomenclateurs zoologiques 
existants. A défaut d'une liste pareille, des répétitions de 
noms renaîtraient. Comment l'obtenir? Une commission in- 
ternationale nommée par le Congrès, dites-vous, serait 
chargée de ce travail. 

Admettons cette oeuvre comme réalisée. A qui incom- 
bera la tâche de confectionner des noms nouveaux pour 
tous ceux à double ou multiple emplois, les derniers en 
date? A la même Commission, direz -vous encore, et pour 
être certain qu'il ne s'introduira aucune répétition dans ce 
nouveau travail, celui-ci sera exécuté en bloc, rapidement 
et à courte échéance, en séance permanente. 

Il est douteux qu'une Commission internationale se mon- 
tre disposée à entreprendre la besogne ingrate de confec- 
tionner des noms nouveaux et prendre la responsabilité 
d'une hécatombe correspondante de noms anciens. 

D'un autre côté, laisser ce soin à tous les naturalistes, 
ce serait diviser le travail qui exigera un temps assez long 
pour être mené à bonne fin; de telle sorte que chacun d'eux 
se trouverait exposé à retomber sur des homonymes. 

Admettons néanmoins, pour un instant et par simple 
hypothèse: 

1" Qu'une Commission internationale soit parvenue à nous 
doter d'un nomcnclateur irréprochable, par l'adjonction de 



— 78 — 

tous les noms (jui ne figurent pas encore dans les nonieii- 
clateurs existants, et sans un seul uianiiuant à l'appel. 

2" (^>ue (le tous les noms à double ou multiple emploi, 
en Zooîouie et en Paléontologie, on n'ait conservé comme 
valable, ([ue le premier en date, et que les autres aient 
tous été remplacés par des noms nouveaux, insérés dans le 
nomenclateur nouveau ci-dessus visé. 

Avec un docuiiuMit semblable entre leurs mains, les zoo- 
logistes descripteurs seraient, sans nul doute, en état d'évi- 
ter la répétition des noms existant à l'époipie de sa publi- 
cation. Mais la Zoologie continuant de progresser, des noms 
nouveaux viendront s'ajouter aux anciens, et il arrivera que 
pendant la période de dix années d'attente, pour prendre 
rang par \"oie de suppléments au Nomenclateur général, 
des homonymes, en moins grand nombre il est vrai, repa- 
raîtront parmi les nouveaux venus, et qu'il faudra changer, 
pour rester fidèle à la règle 47 (86) proposée. 

Et ainsi se perpétuera le travail de rejet et de rempla- 
cement de noms, pour cause de double emploi. 

Par conséquent, riniiothèse ci-dessus fut elle réalisable et 
la règle dont il s'agit strictement appliquée, que l'on n'aurait 
pas mis un terme absolu aux noms à double emploi. 

Sans compter l'inconvénient pour le zoologiste d'être pé- 
riodiquement exposé à des changements de nomenclature 
pour un certain nombre de genres. 

§ 2. Un moyen plus efficace, mais qui sera regardé comme 
une utopie par bon nombre de naturalistes, ce serait la 
création d'un .. liureau Central international", dit „ Dépôt du 
Nomenclateur Zoologique", mis au niveau de la Science comme 
il vient d'être dit ci-dessus. Ce bureau serait en communi- 
cation télégraphique ou téléphonique avec tous les centres 
d'activité scientifique, si la correspondance épistolaire était 
tenue pour dilatoire. Le naturaliste qui se trouverait dans 
le cas d'avoir un nom nouveau à proposer, s'informerait au 
préalable auprès de ce Ihireau Central, oii des hommes d'une 
compétence éprouvée, versés dans toutes les langues vivan- 



I 



— 79 — 

tes, auraient pour mission de répondre: si tel nom nouveau 
proposé n'est pas préoccupé et s'il est construit selon les 
règles adoptées par le Congrès. 

Les dépenses afférentes à un établissement de ce genre, 
ne seraient pas un obstacle insurmontable; le personnel lui- 
même ne serait pas d'un recrutement trop difficile, croyons- 
nous. Mais le noeud de la question serait son emplacement 
à la satisfaction générale. Nous y voyons les éléments d'un 
débat entre l'ancien et le nouveau j\Ionde, lequel trouverait 
sa solution dans la création de deux bureaux, l'un dans 
l'Amérique du Nord, pour le Nouveau jMonde; l'autre en Eu- 
rope, pour l'Ancien Monde. Les deux bureaux se communique- 
raient réciproquement les accessions nouvelles de leur ressort, 
de façon à maintenir à jour le Nomenclateur. 

Mais un désaccord pourrait surgir entre les nationalités 
de l'un et de l'autre continent. En ce qui concerne le 
nouveau continent, la question se résoudrait par l'établisse- 
ment d'une succursale dans l'Amérique du Sud, en commu- 
nication avec le bureau de l'Amérique du Nord. De môme 
pour l'ancien continent, si le besoin s'en faisait sentir, la 
création d'une ou de plusieurs succursales donnerait satis- 
faction aux exigences de la Science. 

Utopie ou non, il n'y a pas d'autre issue à la disparition 
des noms de genre à double ou multiple emplois en Zoologie. 

§ 3. Clianger la désinence d'un nom de genre pour se 
l'attribuer à soi-même, comme Fissurella et Vivipara de 
Lamarck qui deviennent Fissurellus et Vhiparus pour 
Denys de Montfort, est une pratique très condamnable et 
dont il convient de faire prompte justice. 

§ 4. Mais des noms comme Acanthoglossa, AcantJioglos- 
SHS etc. etc., dont la désinence masculine ne relève pas d'un 
mobile analogue, puisqu'ils s'appliquent à des êtres de clas- 
ses différentes, et que Gervais, en proposant, en 1877, le 
nom de Acmifliof/lossus pour désigner un Mammifère; n'enten- 
dait point s'approprier celui de AcanfhogJossa, employé en 
1859 par Kratz pour un Coléoptère. Ces noms là, disons- 



— 80 — 

nous, sont admissibles, ayant on leur faveur la pureté de 
ItMir oriiiine. 

Ku résume ii«uis dirons: 

r' Que Je rejet des noms employés dans deux ou plu- 
sieurs Classes, Ordres ou FiWiiUes du Bèqne Animal, 
n'est ni désirable ni pratique. 

2" Les noms génériques qui ne différent que par un 
simple changement orthographique, ou jmr la désinence 
masculine, féminine ou neutre, — identiques au point de vue 
étymologique, — ne sont pas à imiter; mais ceux qui existent 
ne' peuvent être rejetés. 

3° Les noms tronqués ou défigurés, comme Merilia qui 
fait double emploi étymologiquement avec Dumerilia, sont 
très acceptables. 

Car Merilia en fiiussant son étymologie rentre dans la 
catégorie des noms euphoniques. Nous sommes partisans de 
noms semblables, lesquels ont l'avantage de ne jamais mettre 
en défaut la diagnose des genres qu'ils désignent. 

4*^ Seront de même conservés les noms ayant une pro- 
nonciation latine jieu différente. 

Si la confusion est momentanément possible dans le lan- 
gage parlé, cette confusion disparaît dans un texte écrit 
ou imprimé. D'ailleurs, la prononciation latine diffère suivant 
les langues. 

5"^ Les noms formés en violation des règles de l'ortho- 
graphe, de la grammaire et de la composition, pourront 
(dre rectifies, tout en leslfaisant suivre du nom de leurs 
auteurs primitifs seuls. Ex. 

Agkistrodon, Pal. — Ancistrodon, Pal. 

Toutefois, pareilles rectifications ne seraient permises que 
dans des travaux monographiques. 

6" Nous croyons, avec M-r R. Blanchard, désirable qu'une 
commission internationale soît nommée par le Congrès avec 
mission; 1" de compléter les Nomenclateurs d'Agassiz de 
Marschall et de Scudder, pour en faire un seul tout, revu 



i 



2" 




3" 




r 




5" 




6" 




7" 





— 8/ — 

et corrigé; 2" de donner des suppléments périodiques pour 
maintenir ce document au niveau des progrès de la Science. 

La Notation. 

^ 1. Le Eapport de M-r Raphaël Blanchard soumet au 
choix du Congrès les notations suivantes, diversement en 
usage en Zoologie: 

Hirudo muricata. Tanné. 

1" Pinilolxh'tld )i/iirf('at(i Linné. 

iiniricdtd (Linné). 

mnrirata Lamarck, 

{lliiudo) iiinricaia, Linné. 

iiiiiricata (Linné) Tiamarck. 

niNricata Lamarck ex Linné. 

luiirirttta Ijinné (siil) lliiMidoV 

Hirudo octoculata, Ijimé. 

1" Nf'jilicHs nclocidiila Linné. 
octoculata (Linné). 
octoculata Moquin Tandon. 
{Ifini(to) octoculata Linné. 
octoculata (Linné) ]\Io(|uin 'i'andon. 
octoculata Moquin Tandon, ex iiinné. 
octoculata Linné (sub Hirudo). 

La Société Zoologique de France se serait prononcée pour 
le n" 1; le Congrès géologi(iue de Bologne et la Société des 
Xjituralistes de Modène seraient partisans du n" 5; INlr. 
r)0urguignat adopterait le u" 4. tandis que d'autres natura- 
listes seraient en faveur (lui du n" 2 ou des n" G et 7. 

Quant au n" 3, il a été adopté par les botanistes à la 
suite du Congrès international de Bot;ini(iue, tenu à Paris 
en Lsr)7. 



2" 


y. 


3" 


X. 


4"^ 


y. 


5« 


y. 


6" 


y. 


r 


X. 



— 82 — 

l'.ii (0 (iiii ('(iiictTiif le 11" 1. Alpli. nenuulolli! fait obser- 
ver ;ivee iiiHiiiineiit tle justi^sse (\\\e ..c'est îniiali^aiiuM- la 
„ synonymie avee le nom adopté. C'est marcher du simple 
.au complique, tandis que les rédactions scientiii(iucs progres- 
„sent et ont ])rogressé. en marchant du compli(iué au 
, simple. Le nouM'au procédé est si obscur, que Ton hésite 
..entre sept maniércvs de l'employer, et de ces sept manières 
..aucune n'est sans objection". 

..Le paraiira]die 55 du Kapport de ^[-r lUanchard. ajoute 
„le célèbre botaniste, est un nouvel exemple de la confusion 
..([ui règne lorsiju'on veut mélanger l'histoire d'un être avec 
_s(in nom''. 

De ces diverses méthodes de notation, la seule accep- 
table est celle ([ue les botanistes ont adoptée. Notre expé- 
rience ])crsonnel]e. (jui embrasse une période de plus de 
(•influante années, nous a fortifié dans l'opinion ([ue seub; 
elle peut répondre aux véritables besoins de la Science. Klle 
permet d'associer, dans la synonjmie, avec clarté et précision, 
l'histoire d'un être avec son nom. 

Les autres méthodes sont ou incomplètes ou surchargées, 
]»artant ambiguës. Llles ne deviennent intcdligibles, aux 
doyens de la Science, comme aux néophytes, qu'à l'aide du 
n" 3. dont voici des exemples: 



Pontobdella muricata, Lam. 

Syn. — JJinuh) mnrica. Linn. Faun. Suec. 1761 n" 2084; 
Syst. Nat. ed 12,1707, p. 1080, etc, etc. etc. 

J'ontohfidht ■i<]ti)ni/osa, Leach, Zool. Mise. II, 1815, p. 12, 
](1. L.W. etc. etc. etc. 

l'itiilohdclla jiuiricala, Lam. Anim. s. Vert. V, 1818, 
]>. 294.— Kisso, Hist. nat. Eur. merid. IV, 182G, p. 482. 

À/hioiff nruiinafa, Sav, Syst. des Annel. 1820, p. 110 — 
.M.M|. T.mkI. Mono-r.-llinid. 1820, ]». 130, i»l. VU, lig. 4. 



~ 8B — 

Nephelis octoculata, Moq. Tand. 

Syn. — ITui((l(t ocfoculata^ lîcrgin. Act. Stock. 1756, p. 19î) 
et 1757. pi. Yir, fig. 5— 8. — Linii. Faim. Suec. 1761; 
Syst. Nat. éd. 12. 176 7, p. 1079, etc. etc. etc. 

Hirudo ndgaris, Mûll. Yerm. terr. et fluv. Hist. 1774. 

Nephelis fesselafa, Sav. Syst. des Aimel. 1817; — Risso. 
His. Eur. Mérid. IV, 1826"! 

ErpobdeJla r/ikiaris, Lam. Anim. S. Vert. V, 1818. 

Nephelis ndfiaris, Moq. Taiid. Moiiogr. Hirud. 1826, p. 
125, pi. VI, fig. 4, 8. 

Nephelis odocidata. Moq. Tand. Monogr. Hirud. 1846. 
p. 302, pi. m, %. 1 — 11. 

En Tabsence de cette s\Tionymie, on reste dans le doute 
quant aux auteurs des genres PontoMella et Nephelis, et 
l'on se demande en quelle qualité Laniarck et Moquin-Tan- 
don se trouvent cités. Pour lever ces doutes et résoudre 
ces questions, le Zoologiste devra se livrer à des recherches 
l)il)liographiques fastidieuses, que la synonymie complète a 
pour but de lui éviter. L'ordre chronologique lui montrera 
d'emblée que Leach et Savigny, en établissant, le premier 
le genre Ponfobdella, le second le genre Nephelis, n'ont 
pas tenu compte des noms spécifiques linnéens, et comment 
Lamarck et Moquin- Tandon ont rétabli ces derniers, par 
une juste application de la loi de priorité. 

§ 2. Quiconque se livrerait à un chassé-croisé des espèces. 
entre des genres voisins, dans le but vaniteux de déinar([uer 
des espèces décrites par ses devanciers, pour y adjoindre 
son nom, serait une pratique qui porterait en elle même sa 
propre condamnation; car il ne sera pas difficile de consta- 
ter si la science est sacrifiée à la vanité, au quel cas le 
rétablissement de la vérité viendra à son temps confondre 
l'imposture. 

§ 3. Les espèces, — il ftiut se pénétrer de cette idée, — 
ne sont la propriété d'aucun; elles constituent le patrimoine 
de la Science. L'auteur (lui les uoiiniu3 n'eu est le j»ro]>rit'' 



— S4 — 

taire à aucun titre, même pour avoir eu roccasion de les 
dénommer et de les décrire alors qu'elles étaient encore in- 
connues. 

N'arrive-t-il pas fréquemment que l'auteur, (jui (leu<unme 
et détTit pour la première fois une espèce, ne l'a pas lui- 
même découverte. Si en pareil cas elle pouvait être revendi- 
(|uée. à titre de propriété légitime individuelle, ne serait ce 
pas par celui qui en a fait la découverte'r' 

^lais objectera-t-on. il arrive tiéquemment aussi que celui 
auquel revient le mérite de la découverte ignorait (lue 
l'espèce fut nouvelle et que c'est le naturaliste ([ui l'a étudiée 
et décrite qui l'a reconnue comme telle. La propriété dans 
ce cas appartiendrait elle par moitié à celui qui l'a découverte 
et à celui qui la décrite et dénommée? 

Ce côté de la question n'est pas resté inaperru. La So- 
ciété des Naturalistes de Modène s'en est préoccupée, car 
elle est d'avis que le nom de celui, qui a découvert um» 
es])èce. soit indiqué à la suite du nom spécifique, h l't-ual 
de celui qui l'a dénommée et décrite. 

Ce serait là une fâcheuse surcharge ii la nomenclature 
et qui tendrait à la compliquer inutilement, d'autant que 
celui qui dénoumie et décrit une espèce nouvelle se fait 
non seulement un devoir, mais un véritable plaisir, de citer 
le nom de celui auquel la Science est redevable de sa 
découverte. 

Mais ce que nul ne pourra contester à l'auteur qui dé- 
nomme et décrit une espèce— ce sont les noms, corrects ou 
incorrects. l>ons ou mauvais (juil aura imposé aux êtres 
dont il aura fait l'histoire. Seul il porte la responsabilité 
de sa nomenclature: il en est le propriétîiire légitime et 
incontesté. Qu'il se souvienne néanmoins que ce ne sont 
là que des étiquettes d'occasion, souvent transitoires, qu'il 
adapte à un être réel, qui demeiu'e la propriété indivise de 
la Science. 

Que les Naturalistes cessent donc d'appeler )iii>n esph-e 



1 



un L'ti'L' i[ii"ih iuiruiit découvert uu simplemeut attrihur uu 
nom spécifique. 

Cette notion exagérée de propriété a pris naissance parmi 
les Xaturalistes collecteurs de la première moitié du dix- 
neuvième siècle, pour qui la chasse aux espèces nouvelles 
était devenue l'objectif principal. Apposer leur mihi ou leur 
nohis à la suite d'un nom spécitique était, a leur point de 
vue, une façon d'acquérir de la notoriété et de satisfaire 
en même temps leur ..puérile vanité". 

§ 4. La question de propriété change d'aspect lorsqu'il 
s'agit d'un nom de genre. Que l'on dise à l'égard de celui- 
ci — iiio)i (jenrt'. celii est admissiljle. légitime mêmej et ne 
heurte pas le sentiment intime. 

Pour les uns. les genres sont des groupes naturels, c'est 
à dire l'expression d'une pensée ayant présidé à leur créa- 
tion; pour d'autres, ce ne sont que des groupes convention- 
nels, ou artificiels, réunissant un certain nombre d'espèces 
a>'ant quelques traits communs dans leurs caractères, suscepti- 
bles d'extension ou de restriction au gre du naturaliste qui 
le distingue ou l'institue, suivant sa manière de la com- 
prendre dans une classification. 

Dans l'une comme dans l'autre alternative, distinguer 
des groupes naturels ou délimiter des groupes convention- 
nels, comporte un travail mental (l'un i»nh>' iihilosopliique: 
imposer des \\^n\\< à ces groupes constitue une propriété, 
littéraire en (|uel(jue sorte, que nul ne saurait contester a 
son auteur. 

Si les limites de ces genres sont étendues ou resteintes 
par un auteur subséquent, elles le sont sous sa propre 
responsabilité: mais aussi longtemps qu'un genre quelconque 
sera reconnu admissible, selon les règles établies, le nom de 
son auteur primitif en devient inséparable a l'exclusion de 
tout autre. Les modifications aux limites d'un genre, si elles 
ont leur raison d'être, seront d'ailleurs énumérées dans 
l'historique du genre, ce qui sera plus que suffisant pour 
satisfaire toute vanité individuelle. 



— 8G — 

Avec (.-t's sages préceptes pour iiuiile, lu noiueuchiture ne 
se verra pas envahie pas la répétition de noms de genres 
à acceptions diverses, selon tel ou tel auteur. 

s; 5. Les espèces en iMitraut dans un genre }»articipent 
il un nom j)afiv)ii/inii/>ir inséparable de leur muii de /iaptcmc 
(Ui specitique. Ces deux noms constituent leur ,,état civil" 
un et indivisible: le lunu specitique isolé ne répondant à rien. 
[•Ai passant d'un genre dan.s un autre, les espèces changent 
de nom patronymiciue. mais leur nom de baptême primitif 
deuu'ure invariable. \>uoi de plus simple et naturel dès lors 
de faire suivre le n(»m spécitiiiue de celui de l'auteur du genre, 
sous la réserve néanmoins d'en (humer toute la synonymie 
«lans l'historique. 

fi'auteur. (|ui transfère une espèce dans un genre qu'il 
n'a pas crée lui-nu*'uie, placera pareillement son nom à la 
suite de l'espèce, connue responsable du transfert. 

TiC cas le ])lus simple est celui d'une espèce nouNclie 
placée dans un genre antérieurement connu, exemple: 

Acerina Zillii, (ierv. 

Le genre est de (inier: l'espèce est de (îervais. 
Si c'est l'auteur primitif de l'espèce (|ui en opère le trans- 
fert dans un genre nouveau, de sa création, la notation sera: 

Coptodon Zillii, Gerv. 

8yn. — Acriiita Xi//i/. (ierv. Acad. Se. et L. Montp. itS48, 
p. 2G. 

(opfo'Ioii ZtUiij (ierv. iUill. Agr. Hérault, 1853, 
p. 80. 

Le genre Coptodon étant de Gervais. 

Même si le genre Coptodo)! était d'un autre auteur et ({ue 
Gervais eut jugé a propos d'opérer le transfert, la notation 
serait la même. 



— 87 — 

Mais voici Yalencieiines qui place l'cspcce dans lo genre 
(r/i/jjhisodon de Lacépède, et alors la notation devient la 
suivante: 

Glyphisodon Zillii, Val. 

Syn. — Acerina Zillii, Gerv. Acad. Se. et L. Montp. 1848. 
p. 26. 

Co^Jtodoii Zillii, Gerv. Bull. Agr. Hérault. 1853, 
p. 80. 
Glypliisodou Zillii, Val. Couipt. Rend. 1858. p. 711. 

Letournux se conforme à cette règle en transférant l'es- 
pèce dont nous nous occupons dans le genre Ghroiuis; mais 
reconnaisant qu'elle portait un nom spécifique antérieur à 
celui que CJervais lui avait donné, il lui substitue celui que 
déjà Cuvier, en instituant le genre C/uoiiiis, avait trouvé 
dans Lacépède, et suivant la même méthode de notation 
écri\ ait : 

Chromis niloticus, Cuv. 

S\\\.— Labnis niloticus, Lacép Hist. nat. Poiss. III. 1802. 
p. 488. 

Cln-oniis i/i/oticus, Cuv. Regn. Anim. W, 1817 — 
Letouru. Bull. Soc. climatol. Alg. 1871. 
Ace/ma Zillii, Gerv. Acad. Se. et L. Monp. 1848, 
p. 26— Ami. Se. nat. 3-e Ser. X, 1848, p. 203. 
Coptodon Zillii, Gerv. Bull. Agr. Hérault 1853. p. 80, 
PI. 4, figs. 1 — 5. 

(rlijpliisodou Zillii, Val. Compt. Rend. 1858, p. 711" 
Safatherodo)! Zillii, Gïmtli. Gat. Fisli. Brit. Mus. 
IV, 1862. 

Car Giintlier a\'ait précédemment créé le genre Sanifltcro- 
doii, dans lequel il fjùsait entrer l'espèce dénommée par Ger- 
vais et qu'il notait ainsi: 



— ;^i> — 

SufatJicrodoH Zi'Ji (.iiintli.. ignorant à l'époque son iden- 
tité avec Liihrtus Niloficxs, autrement il eut écrit: 

SarathcrodoN (liloticHa Gûnth. en conformité de la méthode 
qui nous occupe. 

( "est ainsi que la nomenclature conserve de la netteté et 
de la clarté, sauvegardant les droits légitimes d(^ chaque 
auteur et assdciant le nom des (espèces avec leur liistoire. 

("est la notatittn n" S dans toute sa simplicité et telle 
que la comprend Alpli. Decandolle et avec lui tous les bo- 
tanistes, ainsi (lue la majorité des zoologistes. 

ij 6. Il est des auteurs légitimes de noms spécitiques qui 
se contenteront de l'une ou de l'autre des notations 2, 4, 
5, 6 et 7: mais il en est aussi qui se montreront peu sa- 
tisfaits en voyant leur nom figurer à la suite d'une espèce 
([u'ils auront décrite, placée dans un genre qu'ils n'acceptent 
pas. Si ces derniers sont au nombre des vivants, il leur 
restera la faculté de protester; mais s'ils sont décédés, ils 
sont condamnés à subir l'accroc ainsi fait à leur oeuvre 
par des tiers irresponsables. 

Nous nous demandons ce que dirait Artédi en se voyant 
cité indittéremiiiont <!(> la maniore suivante: 

I 'iiii/idc(( tiobto Artédi. 

i\ iioUo (Artédi). 

U. / CotlusJ goblo, Artédi, 

(J. (foh'io (Artédi) Jord. et (iilb. 

U. i/ohio Jord. et (iilb, ex Artédi. 

U. (follo. Artédi (sub. Cottus). 

Kt si liicliardson se trouverait flatté dêtre cité: 

i'iankUa cofjiiafa (ilicJi.) .1. et (1. 
U. aspera, (Rich.) .1. et G. 

<j|uant il nous, qui avons l'avantage de pouvoir élever la 
voix, nous protestons de la manière la plus formelle, contre 
la notation ci dessous de .lordan et (iilbert et leurs imita- 
teurs: 



— 89 — 

Urauidea (julo^a (Girard) J, et G. 
U. (jobioides (Girard) Jord. 
U. geloides- (Girard) Jord. 

Résumé. 

Le Congres international de Zoologie ferait oeuvre utile 
et méritoire en adoptant la notation n^ S et de consaerer 
ainsi l'unité de la notation scientitique pour toutes les bran- 
ches de la science des êtres organisés. 

Nous sommes lieureux de voir le savant rapporteur de la 
., Nomenclature des êtres organisés" de notre avis. .,11 y 
., aurait, dit il, le plus grand intérêt à ce que les règles de 
.,1a nomenclature adoptées par les Zoologistes et les Bota- 
,,nistes fussent identiques" (p. 384). 

Appendice- 

Notre travail était terminé lorsque nous revient en mé- 
moire l'autorisation, donnée par le prof, S. Y. Baird et M-r 
Seudder, de mentionner à la tin de la Préface de son ..Nomen- 
clateur " , l'intention de l'Institution Smitlisonienne de publier 
tous les dix ans. un Supplément. 

Tl était dès lors intéressant de savoir si le Prof. S. P. 
Langle}', successeur de Baird à la direction de la dite Ins- 
titution, donnerait suite au projet de son prédécesseur. Nous 
lui écrivîmes dans ce sens à la date du 18 Mars dernier. 
Voici la traduction de la réponse qui nous est parvenue 
le 10 Avril: 

Muséum national des Etats-Unis 

sous la direction de 

L'Institution Smitlisonienne. 

AYashington, le 30 Mars, 1892. 
D-r C, Girard. 

n" 19, Boulevard Bineau, 

Levallois-Perret (Seine). l'rance. 
Cher "Monsieur, 
Votre lettre du 18 Mars au Professeur Langley, 



— 90 — 

C'oiiconiaiit 11' .. NcukMU'latt'iir Zoologiiiiic" m'a vté ren- 
voyée, ot jo nio liàto (le vous iiitbnuer (\\ni le volume 
supplénientaire, promis par l'Institution Smitlisonienne, est 
très avancé, ayant l'intention de le foire paraître, si possible, 
dans le courant de la présente année. 

Le soussigné a été nommé éditeur permanent du Nomen- 
elateur. Tannée dernière, et le travail fut aussitôt connnencé. 
Le supplément actuellement en préparation contiendra les 
noms de genre et de sous-genres publiés pendant la décade 
1880 — 1889, avec telles additions de noms omis dans la 
l)récédente édition, ([ui pourraient parvenir à l'éditeur avant 
renv(ti du volume ;i l'impression. 

L'éditeur continuera de recueillir les matériaux de supplé- 
ments ultérieurs, l'intention étant de foire paraître un autre 
supplément en 1900, conjointement avec un index (leiicraï 
embrassant les éditions précédentes, ainsi que les supplé- 
ments. 

Un .AléuKtire sur ce sujet a été lu à T., Association amé- 
ricaine pour l'avancement des Sciences'", dans sa réunion de 
l'automne dernier, à Washington. On en trouvera une analyse 
dans le procliain \()lume de ses comtes-rendus, présentement 
sous presse. 

l'ne circulaire sera ultérieurement adressée à tous les 
zoologistes pour solliciter leur coopération. 

Je vous serais fort obligé de bien vouloir porter ces faits 
à la connaissance du ., Deuxième Congrès international de 
Zoologie", en les incorporant dans le Mémoire que vous avez 
l'intention de lui coiunumiquer. 

l'eut-étre conviendrait il d'en avertir oificiellement le „ Con- 
grès", ce (lueje m'estimerai heureux de pouvoir faire si vous 
\oiilc/ bien iiKj (loini(;r l'adresse du président du Comité d'or- 
ganisation, et iiriii(li(|U('i- aussi l'époque de la réunion du 
Congres, 

Sincèrement a vous 
(Signé) J.eoriliard Stejnef/er 

Kditeur du „Nomencl. Zooh^g". 



- 91 — 

Etant (loiiiiés les faits coiiteims dans la lettre ci-dessus, il 
n'y a pas lieu pour le Congrès de nommer la ., Commission 
internationale'' dont il est question plus haut (p. i4), l'Ins- 
titution Smitlisonienne ayant pris Tiniative du travail qu'il 
s'agissait de confier à la dite ., Commission". 



Remarques sur l'application de la loi de priorité. 

§ 1. — L'application stricte de la loi de priorité rencontre 
parfois des cas si ditficiles, que l'arbitraire seul peut ré- 
soudre. Nous en avons un exemple à l'égard des noms de 
genres donnés par Ilafinesque aux poissons de l'Oliio et de ses 
affluents. Les uns sont basés sur des types réels, que l'auteur 
de f Trldln/olof/ia olùensls a eu sous les yeux: d'autres ne re- 
posent que sur des informations fantaisistes, provenant de 
personnes étrangères à la science, .,pour rire un brin" aux 
dépens du ,, savant". Des naturalistes contemporains de l^a- 
tinesque ont pu se convaincre, à l'aide de documents autlien- 
tiques, que ce dernier avait été le jouet de nombreuses mysti- 
tications, jeu d'esprit auquel se livraient les premiers co- 
lons, qui regardaient la culture de l'histoire naturelle connue 
un passe temps sans applications pratiques. Ceux-ci racontaient, 
ou écrivaient à Rafinesque, (^ue dans la région (qu'ils 
habitaient, le fleuve nourrissait tels ou tels poissons, portant 
tels on tels caractères. Or, l'auteur de F IcltfJniolonia ohicusis 
ne retrouvant pas ces soi-disant caractères sur les Poissons à 
sa connaisance, créait sur ces données des genres n( niveaux 
et des espèces nouvelles. Et c'est de cette façon (\\m ])ri- 
rent naissance nombre de genres rafinesquiens, dont les 
types ont été vainement recherchés. Les populations actuelles, 
disons - le à leur louange, apprécient à leur juste valeur 
les bienfaits de la science, n'abusent plus de ce travers 
d'esprit, et lorsque de nos ymvs elles se Hvrent à (iuel([ues 
plaisanteries analogues, ces dernières n'eritraînent pas à des 
conséquences aussi fâcheuses. 



— 92 — 

Des iclitliyologistos l'onscieiicieux, vomis après Ratiiiesque, 
ont fait (lo louables eftorts pour déteruniier \v^ espèces et 
les i^^Mires consignés dans riclifl/i/olixfia ohifnsis. Kirtland 
entr autres, qui habitait les bords du tileuve, a fait tout 
ee qiù était scientifiquement possible à cet égard. Un bon 
nombre i\o types ont été déterminés et caractérises à nou- 
veau par Kirtland: mais pour un certain nombre d'entre eux, 
cet auteur a déclaré y renoncer comme à une impossibilité. 

L. Agassiz s'était préoccupé de cette (luestion avant de 
(juitter l'Kurope. Il écrivait au prince de Canino, avec le- 
([Ui'l devait s'etfectuer le Voyage d'Amérique: „ Votre idée 
^il'une ichtliyologie américaine illustrée est excellente. . . Je 
„ crois aussi ([u'il y a une justice à rendre à Eafincsque. 
-Quelques pitoyables que soient souvent ses descriptions, il 
..n'en a pas moins été le premier à reconnaître la nécessité 
,(!(' multiplier l<vs genres en ichtliyologie, et cela à une 
.. t'IxKiuc oii la cli(»se était beaucoup ]dus diftlcile ([ue de nos 
..jours, riusieurs de ses genres ont même priorité sur ceux 
..(lui sont acceptés actuellement, et je crois qu'aux Etats 
..Unis il serait plus facile qu'ailleurs de retrouver une par- 
..tie des matériaux sur lesquels il a travaillé". 

ltalin('S(|ue n'ayant pas fait de collections, c'était dans le 
bassin de lilhio (|u'il fallait se rendre pour mener à bien 
]»an'ill('s recherclies, .Vgassiz ne se doutait pas qu'elles se 
jioursuivaient. k cette même époque, par le Dr. Kirtland, 
dont nous ncuous de parler. 

Dès son arrivée aux Ktats-Unis, et après avoir pris 
connaisance des travaux de Kirtland, Agassiz n'eut plus la 
même confiance dans bi restauration de tous les genres d(; 
liatines(iuc. l/cvaiiicn (ruiu3 collection de poissons de l'Ohio 
que lui soumit le l'rof. Ijaird. le digne émule de Kirtland, 
ne tit (iu"augnirnter ses scrupules à cet égard. Néanmoins 
dans doux Mémoires subséquents. Agassiz rétablissait quel- 
(jucs-uns des genres en question. 

.Vppelés vers la même épo(iU(; à faire un Rapport sur 
les collections de Poissons, recueillis par les ingénieurs to- 



— 93 — 

pograplies chargés d'explorer la contrée située entre le Mis- 
sissipi et l'Océan Pacifique, en vue de l'établissement de 
voies ferrées transcontinentales, nous nous trouvâmes en pré- 
sence de la môme question. Voici ce que nous en disions 
dans notre Avant-propos: „Ces deux Mémoires (d'Agassiz) 
„tout en anticipant sur quelques-uns des résultats auxquels 
.jious sommes arrivés, ont été néanmoins les bien venus, 
„et nous ne pouvons que regretter que la deuxième partie 
„du ,, Synopsis" n'ait pas paru au moment oii nous écri- 
,,vons. Dans chacun de ces Mémoires, Tauteur s'est efforcé 
,,de rétablir des genres longtemps oubliés, abandonnés qu'ils 
,, furent eu égard à leur incertitude; et s'ils n'étaient pas en- 
„trés dans la nomenclature courante, cela tenait à leur 
., imperfection môme, plutôt qu'à la partialité des naturalis- 
„tes. Car il n'est pas difficile de se représenter l'embarras 
„dans lequel on se trouve en présence d'un texte tout aussi 
.,ol»seur dans l'esprit de son auteur que pour ses commeu- 
,,tateurs". 

„Et cependant nous avons toujours considéré la restan- 
„ration des genres de Rafinesque comme un (Jcsidcrttfutu 
„du moment que leurs noms avaient été introduits dans la 
„ Science. Mais pour le faire en connaissance de cause, il était 
„ nécessaire de se transporter dans les localités explorées par 
,,Piafinesque lui même, son ouvrage à la main, pendant tou- 
„tes les saisons et même durant plusieurs années consécuti- 
,,ves, pour arriver à distinguer le réel, de la part qui 
„ revenait à l'imagination". 

.,Le fait que ricJifJn/okujia oliiensis a été, et demeure 
„ encore une pierre d'achoppement, est rendu évident par la 
., circonstance que le Dr, Kirtland, l'ichthyologiste de l'Oliio. 
., malgré un zèle et une persévérance sans bornes, a échoué 
„dans maintes tentatives de restauration des genres (^t des 
espèces rafinesquiens " . 

„Les genres et les espèces, ainsi rétablis par Agassiz, 
„ pourraient ne pas recevoir la consécration d(^ tous les ich- 
„thyologistes connue solution définitive de cette question 



— 94 — 

-t'piiunisc. <^>uoi(|iril eu suit. (\\[c leur i(l('ntilic;iti(»n soit vniie 
-OU oiToiiiH'. ([liant aux types ])riniitits, nous dosiroiis siiicè- 
-rcnu'iir ([u'ils soi(M»t adoptés une fois pour toutes, tels ([u'ils 
„sout uiaiiitt'iiant caractérisés pai" les coinmcntatours sus- 
- nommés". 

..Les cinoiistancos avant voulu ([ue notre travail pa- 
-rùt avant l'acliévcnuMit du ..Synopsis" d'Agassiz, nous 
..avons cru devoir rétablir le restant des genres de Ra- 
« tinesque " . 

On le voit, la lionne foi et la sincérité ne suffisent pas 
toujours dans l'application de la loi de priorité, et que par- 
fois l'arbitraire est appelé à intervenir. 

>j 2. — ^ Il est d'antres cas, plus fréquents qu'on ue le 
pense, où. pour des motifs personnels, il n'est tenn aucun 
compte de la justice et de la tradition. 

Ainsi Artédi, prédécesseur de Linné, en instituant le 
iienre Cottus (1738), répartissait les espèces dans deux 
i»roupes de la manière suivante: 

Capite diacantho. 

1. Cottus gobio liuviatilis capitatus auctorum. 

Capite polyacantho. 

2. Cottus scaber. 

;L Cottus marinus, vel scorpius. 
4. etc. etc. 

De sorte que dès l'origine une distinction était nette- 
iu(;nt étaldie. par l'auteur du genre Cof/tis^ entre les es- 
pèces d'eau (ioiice et les espèces marines. Mais Ijnné n'en 
tint aucun compte, et dans la 10-e édition de son .,8ysteraa 
Xaturae" (1758), oii il fit usage pour la première fois de 
la nomenclature binaire du Maître, cette distinction est 
passée sous silejice et les espèces marines énumérées en 
]»reniièr(; ligne, tandis qiu; l'espèce tluviatile, le type véri- 
table du genre .Vrtédien, est reléguée ii la dernièr<î pl.'ice. 



I 



— 95 — 

Les choses restent en l'état dans les 11-e et 12-e édi- 
tions, qui parurent du vivant de Linné. Il en est de même 
dans la 13-e éd. (1789), revue par (Tmelin. après la mort 
de son auteur. 

Cuvier dans son ,, Règne animal" comme dans ., l'Histoire 
naturelle des Poissons", en collaboration avec Yalenciennes, 
au lieu de suivre Linné, adopte la manière de voir d'Artédi 
en plaçant en première ligne les espèces d'eau douce (les Cha- 
bots) et en deuxième ligne les espèces marines (les Cha- 
boisseaux). C'est le rétablissement sans phrases, des deux 
groupes tels que Artédi les avait constitués antérieurement 
à Linné. 

Et c'était justice. 

liOrsque nous jugeâmes utile de subdiviser le genre 
Cottiis, nous maintînmes dans le genre primitif les espèces 
d'eau douce, ou Chabots, dont le nombre s'était accru, et 
proposâmes pour les espèces marines, ou Chaboisseaux, alors 
connues, le genre Accuifhocottus, d'accord en cela avec la 
tradition, formellement consacrée par le ,, Congrès interna- 
tional de Zoologie", pour l'adoption des règles suivantes: 

27. — Quand un genre est suhdivise, le nom ancien doit 
être maintenu à rime de ses subdivisions et à celle qui 
renferme le tiji^e originaire du genre. 

28. — Quand le type originaire n'est pas clairement in- 
diqué, V auteur qui le premier subdivise le genre, ])eut 
aiipliquer le nom ancien à telle subdivision qu'il juge con- 
venable, et cette attribution ne |)ow;-;ïfc être modifiée ulté- 
rieurement. 

Le genre Acanthocottus fut bien accueilli par les ich- 
thyologistes des deux continents. Seul M-r Alb. Gûnther fit 
exception. Elargissant les limites du genre Cottus, dans le- 
quel figurent en première ligne les Chabots, ou espèces d'eau 
douce, suivies des Chaboisseaux, ou espèces marines (nos 
Acanthocottes), Giinther y ajoute les espèces de plusieurs 
autres genres marins qu'il répudie, introduisant ainsi dans 
i'Iiistoire de ces poissons un imbroglio d(;s plus rcgn'ttabb^s. 



— Ofi — 

Mais eo (lui .-i li(Mi (retonuor. c'est dcMoir une génération 
nouvelle de naturalistes américains, Jordan et Gilbert en 
tète, désireux a\ant tout de faire de la nouveauté, revenir 
en arrière, renier la saine tradition, adopter les errements 
de Giintlier. perpétuer l'injustice dont Linné s'était rendu 
coupable envers son maître Artédi (qu'ils reconnaissent 
cepeiulant connue .J'icbtlivoloniste le plus captible, antérieure- 
ment à Cuvier") et jeter le trouble et la perturbation dans 
la nomenclature de ces Poissons. 

C'est d'abord Gill qui crée un genre Pofajnoroffiis pour 
plusieurs espèces de Cliabots, qu'il ne croit pas devoir assi- 
miler au genre Coffifs tel que nous l'avions délimité. 

Une autre espèce de ce même groupe des (-habots a été 
érigée en genre nouveau ])ar .lordan sous le nom (\o 

l'uis viennent toui'-à-tour: Gope. ITog. Putnam, TiOcking- 
toii et l'.ean. qui (b'crivent. sous l'apj)elIation généri(|ue cb^ 
l'itnihhut. d'autres espèces de (!bal)ots, sans souci aucun 
de la distinction (''tal)lie entre les (^babots et les (!lia- 
boisseaux. 

Kn récapitulant ces divers travaux, dans leur ,, Synopsis 
des Poissons (b' rAmc'rifiue du Nord". Jordan et (îilbert 
avaient une Ijelle occasion de rentrer dans la tradition et de 
rétablir la vérité liistorique. Ils ont préféré se faire les 
apôtres de l'erreur et les promoteurs de l'injustice, en attri- 
buant faussement à Linné le genre Cottus (plaçant Artédi 
on vedette et sensé couvrir de son autorité la spoliation 
(b»nt il était la victime), et omettant pertinemment les dat(^s 
il des citations incom]>lètes, pour mettre une apparence de 
raison (!<• Icui- côté. Le but réel, inavouable, c'était de faire 
de CoftKs scorp'mfi le type du genre et lui adjoindre toutes 
les espèces marines ou Chaboisseaux, à l'instar de Linné, 
afin de réunir les espèces d'eau douce, ou ('babots, dans le 
genre rranidna. qu'il s'agissait pour eux d'exhumer, en ren- 
dant ])ar cette mancoiivre, le genre Àr/D/fl/ocoff/is sans emploi, 
a riniitatioii de (iiiiitlier. 



I 



— 07 — 

A ces fautes, Jordan et Gilbert en ajoutent une autre, 
dans la caractéristique du genre Gottus, qu'ils terminent 
par la paranthèse suivante: Kottôz, nom ancien de IJrani- 
flea (johio, de KoTT(k, tête). 

Puis sous la caractéristique de genre Uranidea ressus- 
cité, nous lisons: „les rapport de ce genre avec Cofffis 
sont très-étroits {ovnaro^, ciel; tifko, regarder)." 

N'était la gravité du sujet, ce serait à se pâmer de rire. 

Mais là ne s'arrêtent pas nos innovateurs: le type de ce 
genre, disent-ils, est Vrauidea quiescens, De Kay, identique 
avec Uranidea gracili>t^ Heckel, ce dernier nom spécifique 
ayant la priorité. N'est-il pas surprenant de voir désigner 
pour type d'un genre, une espèce dont le nom est tombé 
en désuétude. Nous avons là un exemple montrant jusqu'oii 
peut conduire l'arcitraire dénué de sincérité, lorsqu'on est 
entré une fois dans cette voie. De plus, l'espèce occupe la 
treizième place dans le genre, sous le nom de Uranidea 
f/racilis. Au nombre des dix-sept espèces énumérées dans 
le genre Uranidea, se trouvent celles qui constituent les 
genres Fsammocottus, Tauridea et Cottopfiis, tous trois 
sacrifiées à la pseudo-restauration du genre Uranidea. 

C'était vraiment faire un trop long siège pour expulser de 
l.i nomenclature un genre légitime, dans le Init de le rem- 
placer par un auti-e qui lu^ l'est das du tout, et au<iuel ou 
reconstitue un „état civil" nouveau, aux dépens de la jus- 
tice, du bon sens et <le la tradition. 

Uranidi'a. devenu caduc en raison de S(tn identité pai'- 
faitc avec (Jo/fas ]iropreiiieut dit, doit être rejeté à tout 
jamais. (Jn ne peut le faire revivre ([u'en ^■iolatiun des règles 
fondaujentales de la nomenclature adoptées par le Congrès. 

l'aire litière de la bonne foi et de la sincérité dans 
l'application de la loi <le ]uiorité, c'est ouvrir la port à dos 
abus qui introduiraient dans la nomeiM^latiire zoologique le 
troubles et la confusion. 



NOTE 

^ui; i,A I ()i;.\iA rioN itr ukkimh 

du système nerveux périphérique, 
par A. Ptitzine de Varsovie. 

La vasto littcM'utuiT eoiiconiaiit la (luostioii do l'ori^iiio du 
systt'iiic n(i\(Mi\ ]K''riplu'ri(nie chez les vertébrés prouvo que 
les savants sont juscjn'à ]»réseiit en désaccord l'elativeiiient 
à l'endroit d'où se développe au début son germe général. 
Les uns supposent que ce germe provient du tissu em- 
l)r\onnaire du tube nerveux, les autres lui attribuent exclu- 
sivement une origine ectodermique, indépendante du système 
nerveux central. Les cas de développement anomal peuvent 
(oiitribncr à éclaircir ces faits. Pendant que je m'occupais 
de cette question au laboratoire zootomique de l'Université 
de Varsovie, j'ai eu lieureuscment la possibilité d'observer 
l'exemplaire d'un embryon double de la poule. Voici le résumé 
de mes observations. Il faut remarquer qu'il y a dans la 
littérature cmbryol()gi([U(! des observations du même genre. 
Le savant professcui- français, ('amilUî Dareste, avait un exem- 
plaire trî'S analogue au mien, mais il n'a pu l'observer d'une 
manière! détaillée». Ce spécialiste célèbre des anomalies du 
dévcl(q)pement eird)ryonnaire considère l'embryon double que 
je vais décrire comme un cas rare et intéressant. 

On observe le long de l'aire transparente en forme de 
biscuit les corps d(! d(!ux embryons-jumeaux, accolés l'un à 
l'autre i»ar leurs jiaities moycniu! cl postéricinuî, ajtproxi- 



«-~ 99 ^ 

mativement à l'étendue des deux tiers de toute leur Ion-' 
gueur. 

En commençant par le tiers antérieur, les axes longitu- 
dinaux des deux embryons se séparent sous un angle de 
45" à peu près, de manière que le plus grand embryon pré- 
sente une espèce de tronc, dont part comme une branche 
le second embryon, plus petit. A en juger d'après le déve- 
loppement de différents organes, l'âge du premier peut être 
déterminé par le second jour de la couvaison. (La position 
subordonnée du second embryon, qui a eu pour conséquence 
la moditication originale des organes, ne permet pas de dé- 
finir au juste son âge). Le germe du cerveau dans la tête 
du plus grand embryon présente de la surface un démem- 
brcnnent en trois parties: la vésicule cérébrale antérieure, 
la moyenne et la postérieure. Mais ce n'est que dans la 
vésicule moyenne que les bords du tube nerveux se sont 
soudés. Dans la tête du second embrjon n'apparaît à peine 
que la vésicule cérébrale antérieure;- son tube nerveux a 
partout l'aspect d'une vraie petite gouttière. Chacun des 
deux embryons a six paires de somites, mais chez le plus 
petit les trois dernières paires se sont fusionnées en des 
formations impaires. 

On aperçoit chez le plus grand embryon, sur une coupe 
transversale de la partie antérieure de la vésicule cérébrah^ 
moyenne, que le bord droit de son tube nerveux fermé est 
accolé sans interruption au bord gauche du tube de l'autre 
eml)ryon au moyen du pont de l'ectoderme qui constitue le 
prolongement de ces bords. Cliez le plus grand embryou, le 
germe du système nerveux périphérique y est parfaitement 
visible. ICn observant les couches suivantes dans la direction 
de la queue, on voit comme le pont sus-nonnné de l'ecto- 
derme se raccourcit graduellement et disparaît enfin tout à 
fait dans la i"égion qui correspond à la partie })ostérienre 
de la vésicule cérél)rale moyenne du plus grand embryon; 
cepeiulaut le genne du système nerveux périi)liéi"ique aug- 
mente de vohniio; on rol)serve maintenant chez h s deux 



- 100 — 

(•uiliiyons. La iiarlio do rcctodrniu' {|iii apparaît sur des coupes 
séparées sous 1 aspect d'un pont (constitué par des éléments 
à une ou deux couclies) présente dans son tout une lamelle 
triangulaire, dont la cime arrondie est dirigée vers l'angle 
de division des corps des embryons. On voit sur les mêmes 
coupes que les bords renflés et voisins des gouttières ner- 
veuses s'étendent l'un vers l'autre avec les parties gang'lion- 
naires suspendues à leur surface inférieure. Enfin sur les 
coupes suivantes dt^ la })artie antérieure de la vésicule cé- 
rébrale postérieure, on ne remarque pas de trace de la coucbe 
d(^ l'ectoilerme; les parois voisines des gouttières nerveuses 
passent en forme de voûte Tune dans l'autre. 

I/épaisseur considérable de cette voûte, ses éléments peu 
(^oinpacts et l'inégalité de sa surface inférieure, font admettre 
([lie dans cet endroit c'est le germe de la lamelle ganglion- 
naire ({ui constitue la partie inférieure de la voûte. Les 
coupes faites bien près de la queue présentent le même 
tableau. Ainsi l'influence de l'un des deux producteurs 
supposés du germe ganglionnaire est dans ce cas tout à 
fait éloignée: il n'y a pas d'ectoderme; quand même, le germe 
du système nerveux périphérique ne disparaît, ne change 
même pas et est exclusivement rattaché à la lamelle céré- 
]»rale. Il s'ensuit que les vraies conditions de sa formation 
sont restées les mêmes, et que ce ne sont que les éléments 
du tube nerveux, fermé ou ouvert en forme de gouttière, 
([u'il faut considérer comme l'uni([ue producteur l'éel du germe 
du système iiei\cii\ p('rip]iéri(|iie. 



NOTE 

SUR LE DEVELOPPEMENT DE L'ENDOTIIELIUM 

du coeur chez les amphibiens, 
par Vladimir Roudnev, de Varsovie. 

Les observations que j'ai faites au Lahorafoire zootomi- 
que de rUiikersifé de Varsovie, principalement sur les 
embryons des batraciens et en particulier sur ceux de la 
grenouille (Rana temporaria). m'ont amené aux conclu- 
sions suivantes. 

On remarque sur les coupes transversales d'un embr\(»n 
de 2yj mm. de longueur que l'ectoderme de l'intestin anté- 
rieur est constitué au début par une seule couche, mais que 
plus loin en arrière, en s "épaississant graduellement, il se 
transforme en la masse vitelline de la région du foie futur. 
L'endroit au-dessous de la paroi ventrale d'intestin anté- 
rieur, où a lieu la transition graduelle de l'entoderme se- 
condaire à une couche à l'entoderme primitif de la région 
de la branche du foie, paraît être le domaine du coeur 
futur. 

A un stade plus avancé (3 mm. de longueur avec 3 arcs 
branchiaux) de nombreux cordons, rattachés par leurs ex- 
trémités postérieures à la masse vitelline de la brandie du 
foie, passent au-dessous de la paroi ventrale du pluirynx, 
à la place du coeur futur. En outre, on y observe souvent 
(les cellules irrégulièrement disséminées qui sont génétique- 
ment liées à ces cordons. La disposition mutuelle de ces 
cellules rappelle très souvent le réseau de colonnes cellulai- 



- 102 — 

ivs qii'nii ii'iiuuiluc lors lie la ioniuiti<»u du sang ot dos 
vaisseaux chez les auiuiaux au tvpe iuér(>blasti(iue de déve- 
l(>j)penient. Tous ces cordons et toutes ces cellules, consti- 
tuant le coniuiencenient de la formation du coeur, sont for- 
més aux dépens de cette série de couclies (^u'on oltserve 
dans la réuion du coeur futur au stade dont nous avons 
parlé. 

Uans les séries de coupes d'un embryon de 3'/., nnu, on 
constate à la place des cordons de Tentoderme, qui passent 
à travers la région du coeur futur, Tapparation des tubes 
de. l'endothélium des veines vitellines. Ils se dirigent de la 
niasse vitelliiu* de la région du foie futur en avant, d'alxtrd 
en nouibre i»air, et se fusionnent ensuite en un seul tube 
obloiiç-. liés court au début: on ne l'observe que sur une 
1 5-aine de coupos (7jr,o ""i^O? et en avant il se transforuie 
gi-aduellement en des amas de cellules disséminées. Ce fait 
parait prouver (lu'à ce stade Tendotliélium des vein(!S est 
dt'jà dt'veloppé. taudis que C(!lui du coeur vient seulement 
dapparaitre siuis lasiu'ct d'un simph; })rolongement des veines 
vitellines (jui se sont fusionnées en un seul tube, 

l-jitiu. dans les séries de coupes d'un embryon de 4'/,^ 
mm. de longueur avec 4 arcs branchiaux^ on observe l'en- 
dotliéliuui des veines, du coeur et des aortes; ces dernières 
ne font ([n'apparaître. Je noterai à propos que dans la for- 
mation des enveloppes extérieures du coeur, Tare liyoïde 
semble lie pas prendre part. 

I-",u nous basant sur les faits exposés, nous pouvons dé- 
duiic les conclusions suivantes: 

i) 1/entoderme a une couclie du pharynx constitui; par 
des cellules cilindriijues, ne prend pas part à la formation 
du coeur. 

2) La masse vitoiline, qui a le caractère d'un entoderme 
]»rimitif et ([ui doinu; des couches entières peu accentuées 
dans la région du coeur futur, nourrit d'abord l'embryon 
iiinm'iliatcmcnt et joue ensuite le rôle d'un élément forma- 
tif du sang. Dans le premier cas, elle apparaît connue une 



I 



— 103 — 

couche vitelliiic-uutritivo. et dans le second — comme une 
couclie yitelline-vasculîiire. C'est ds cette dernière que se^ 
forme l'endotlielium du coeur, des veines et des arcs de 
l'aorte. 

3) L'endotlielium du coeur ne se forme pas indépendam- 
ment, mais présente aussi sous le rapport embryologique un 
simple vaisseau, prolongement d'une paire de veines vitelli- 
nes qui se sont fusionnées en un seul tube. C'est ainsi que les 
veines vitellines apparaissent au début, l'endocardium vient 
ensuite et à la fin se forment les arcs de l'aorte, 

4) Vu une telle formation de l'endocardium cbez les amplii- 
biens, on peut nier la nécessité de distinguer le type pair 
de la formation du coeur du type impair. Il n'y a qu'une 
supposition possible: ou bien la formation paire des veines 
vitellines chez les amphibiens présente la ffu-mation paire 
de l'endocardium, et dans ce cas il ne reste qu'un type 
pair de la formation du coeur; ou bien les germes pairs du 
coeur, qui chez le poulet se soudent en une cavité impaire;, 
présentent tout simplement la formation de rendotheliuin 
des veines, et alors il faut admettre un type impair de la 
formation du coeur. 



NOTE 

SUK LA SK.NIFICATION METAMERIQUE 

des nerfs crâniens, 

par Paul Mitrophanov, prolesseur de l'Université de 

Varsovie. 

Le déîncnibrenieiit primitif du germe du système nerveux 
périphérique a un caractère général et amène l'apparition 
des groupes nerveux, dont chacun se dilïérencie ensuite à 
8a manière. Ayant en vue exclusivement les sélaciens, nous 
iii>t(tns dans un ordre successif cimi groupes nerveux: 

1) le groupe nerveux antérieur, en avant du nerf triju- 
meau: 2) celui du nerf trijumeau; 3) celui du nerf facial; 
1) celui du nerf vague et 5) celui des nerfs spinaux. 

Nos observations ne nous permettent pas encore de faini 
des conclusions positives par rapport au groupe nerveux 
antérieur. Cliez les raies ce groupe a un caractère très rudi- 
meutaire: il a]»paraît et disparaît tôt^ ne se dévc^loppant 
l)as en un nerf indépendant. 11 est mieux représenté cliez 
/'Acanthias ruhjaris de 6 — 10 mm., où il a l'aspect d'un 
roiddii cellulaire i{\\\ se dirige de la limite du cerveau anté- 
licur et du moyen vers la vésicule o])ti(iue. Le groupe ner- 
\(Mi\ antérieur y manifeste ji cette épo(j[U(' uu caractère (^ui 
ra]>i)ell(! l)eau('ou]) la racine antérieure du trijuuieau; mais 
tandis (|u*en connexion avec cette dernière se dévelojjpe le 
nerf troehlearis, le groupe n^rvcax antérieur disparaît sans 
traces dans le développement ultérieur. Tel est au moins le 
résultat des observations faites jusqu'à ])résent. L'opinion 
de Doliru. relative ;i ce groui>e, a peu de l)rix, jjarce «pi'il 



— 105 — 

comprenait sous le nom de ganglion antérieur différentes for- 
mations. 

Les explications de Julie Platt méritent plus d'attention. 
Elle décrit et représente dans la région de notre groupe 
nerveux antérieur deux nerfs embryonnaires: le nerf olfacto- 
rius primitif et le tlialamicus, ainsi nommé parce qu'il prend 
naissance entre le mesenceplialou et le thalamencephalon : 
l'auteur le considère comme la racine primitive ou dorsale 
de Toculomoteur. Comme il s'agit de l'extrémité la plus 
antérieure du germe du système nerveux périphérique, J. 
Platt répète par rapport à la formation du nerf olfactorius 
l'opinion de Marscliall, connue dans la littératin-e. Les expli- 
cations concernant le nerf tlialamicus son très attrayantes, 
mais je ne puis admettre que le g. ciliare appartienne à ce 
nerf, dont l'existence indépendante, à quelque époque que ce 
soit, est en général douteuse. Le développement tardif du 
nerf oculomoteur en dépendance du g. ciliare et son mode 
de formation ne permettent pas de considérer le n, tluxlaiiiicus 
connne sa racine dorsale. 

Le groupe du nerf trijumeau donne naissance au jumeau 
(avec le ramus oplitalmicus profundus), l'oculomotorius et le 
troclilearis. 

Contrairement à Yan-AV^lie. je trouve impossible de con- 
sidérer l'oplitlialmicus profundus comme un nerf indépendant. 
A mon avis, c'est une branche du trijumeau; et son déve- 
loppement, de même que la direction des fibres nerveuses 
qu'il reçoit, confirment mon opinion. Selon Yan-AV}he, le 
faisceau antérieur de la racine du trijumeau lui appartient; 
j'ai cependant observé que le ramus mandibularis et le ra- 
Huis maxillaris reçoivent des fibres de ce faisceau, tandis ([ui; 
l'ophtalmicus profundus en reçoit principalement du faisceau 
postérieur. Ainsi, il représente, de même que les branches 
maxillaires, une partie constitutive du trijumeau. Je ne puis 
non plus être d'accord avec l'auteur sus-nommé relative- 
ment à l'origine hétérogène des branches maxillaires. 11 est 
évident que le ramus maxillaris doit av(»ir primitiveuient la 



~ 106 — 

iiuMiio siiiiiitif;iti<iii iiKirpliulouiiiue ([lU' \c ramus muudilmla- 
ris, puisqu'il eu représenta une partie et n'a aucun rapport 
au portio trij^euiini oplitlialuiici supertieialis; ce dernier se 
iléveloppe plus tard au dessus de l'ophtlialmicus profundus. 
(^Uuint au nerf (>cul<HU()torius et au trocldearis, on peut 
encore avoir des opinions différentes relativement aux particu- 
larités de leur dével()i)i>enient. mais leur parenté avec les 
dérivés du groupe du nerf trijumeau est incontestable. 

Kn «Mitre, la part (^ue prennent dans leur formation les 
tihres centrifuges et centripètes prouve que leur signification 
primitive diffère de celle (qu'ils acquièrent plus tard, et qu'en 
tout cas ils ne peuvent pas être considérés comme des ra- 
cines ventrales des nerfs crâniens, dans le sens généralc- 
nu'nt adopté. 

Kn resuuie. les trois dérivés du groupe du nerf trijunu'au: 
le trijuuieau, l'oculomotoi-ius et le trocldearis, doivent avoir 
au début la uiêmc signification mor])bo]ogi(iue. l>a diffénmce 
visible entre ces nerfs à TépcMpie de leur développement com- 
plet dépend du degré de la ditférenciation ultérieure de chacun 
d'eux, (^^luoiiiu'ils se forment ii des stades différents, leur 
a])parition i»résente (luebpu; analogie: le giu'uie général du 
groupe trijumeau donne naissance aux ganglions suivants: 
le ganglion Gasseri, celui du trocldearis (un reste de la ra- 
cine antérieure) et celui de Foculomotorius (en dépendance 
du g. ciliare); chacun de ces ganglions entre en coinuixion 
avec le cerveau au moyen de fibres centripètes, et chacun 
des nerfs sus-noiuiués reçoit du cerveau des fibres motrices. 
Dans la suit(! ils ont un sort différent: le trijunu'au déve- 
lop])»' de préférence des éléments sensitifs, et ce n'est que 
11' 11. mandiijularis qui acquiert le caractère d'un nerf moteur; 
l'oculomotorius et le rochlearis présentent tout le contraire: 
leurs fibres sensitives se réduisent avec le. temps et sont 
reuiplacées par des fibres )aotri(;es. 

Ainsi le groupe du ucif trijumeau peut occuper la région 
de trois segments. Mais peut-être chacun des nerfs sus- 
nommés correspond a la ri'union de plusieurs fornuitions 



— 107 — 

métaniériqucs qui se sont fiisioiiuécs. Cotte supposition est 
très attrayante par rapport au nerf trijumeau. Puisque le 
ramus oplithalniicus profundus développe le ganglion ciliarc 
indépendant, de même que le tronc principal du trijumeau 
forme le g. Gasseri, on peut admettre, connue on le fait 
pour la plupart des cas, qu'il consiste minimum en deux 
nerfs segmentaires. 

Mais le mode de formation de Tophtlialmicus profundus et 
le sort du g. ciliare obligent à être prudent dans de pareil- 
les conclusions. Malgré la vaste littérature, les rapports géné- 
tiques Ciitre le g. Gasseri, le g. ciliaire (mesocephalicum) et 
Foplitlialmicus profundus doivent être étudiés de nouveau; 
cependant les libres que reçoit l'oplitlialmicus profundus du 
faisceau postérieur de la racine du nerf trijumeau donnent 
le droit de supposer qui ce faisceau appartient à ce nerf. 

Quant au nerf oculomotorius et au troclilearis, leur mode 
de formation ne prouve nullement qu'ils soient composés de 
plusieurs nerfs; les nombreuses racines de roculomoteur 
plus développé peuvent être plutôt considérées connue le ré- 
sultat de la croissance de la partie du cerveau d'oii ils 
sortent. Au bout du compte, toutes ces observations nous 
amènent à la conclusion que la Ill-e, la IV-e et la V-e paires 
des nerfs crâniens chez les sélaciens représentent un seul 
groupe nerveux. Ce fait découle de sa formation primitive 
et de son démembrement ultérieur. La même opinion a été 
déjà depuis longtemps exprimée par Gegenbaur. 

Du groupe du nerf facial proviennent: le nerf ftxcial propre- 
ment dit (ramus liyoideus), l'acusticus, le ramus oplitlialmi- 
cus superticialis (portio facialis) et le ramus buccalis; ils 
ont tous entre eux d'étroits rapports généti(iues. 

L'oplithalmicus superticialis se rattache au ramus bucca- 
lis, de sorte que Van-Wyhe les considère comme les branches 
d'un seul nerf. Le r. buccalis se forme plus tôt et se trouve 
aussi à son apparition en connexion étroite avec le ramus 
hyoideus. Ce nerf donne naissance au ramus mandibularis 
exteruus (lui innerve, de même que le ranuis buccalis et le 



— 108 — 

yiortio fticialis ophtlialuiici 5.uporticiiili8, Icis urgaiioîs lateriiiix 
(le la tête: par coiiséqiiont le ramus Iiyoideus contient au 
début aussi des libres sensitives. Le n. acusticus, qui a aussi 
\c caractère (l'aspect) d'un nerf sensitif. est à sa première 
apparition étroitement lié au nerf facial. La vésicule auditive 
se trouve en rapport très proche avec les organes latéraux 
primitifs; c'est pourquoi nous ]>ouvons à bon droit ranger 
lacusticus au nombre des autres branches sensitives du groupe 
facialis. Ainsi, ce groupe qui donne un développement con- 
sidérable aux éléments ne conserve les libres motrices que 
dans le ramus hyoideus. 

Le développement successif des nerfs sensitifs du groupe 
facialis en dépendance du tronc principal, d'où sort plus tard 
le ramus liyoideus, et leur rapport spécitique aux organes 
de la ligne latérale (ou avec la vésicule auditive qui est en 
parenté a\ ec eux), permettent de conclure que tout le groupe 
présente le développement original d'un seul nerf primitif. 
Tar ces C(mclusions nous nous rapprochons de celles de 
(ii'genbaur et nous nous opposons aux généralisations théo- 
ricjues de Dohrn. 

Le groupe du nerf vague contient: le n. glossopharyngeus, 
([uatrc branches branchiales du nerf vague, le ramus intesti- 
ualis et le système du ramus lateralis. L'origine de ces nerfs, 
sauf le nerf latéral, a beaucoup d'analogie, et eux tous, 
y compris mùuie le ramus intestijialis, peuvent être consi- 
dérés connue des formations homologues. Par conséquent, 
on peut compter que le groupe sus-nommé consiste mini- 
mum en six formations métamériciues. Quant au nerf la- 
téral, en détachant les branches suprabranchiales dans 
son systèjue, nous pouvons avoir en vue la possibilité de sa 
parenté généticiuc avec les éléinents sensitifs du nerf fa- 
cial ])rimitif, et dans ce cas il présente par rapport au 
groupe du nerf vague nne formation venue d'autre part. 
Les faits suivants parlent en faveur de ce point de vue: la 
connexion embiyruinaire de longue durée entre le groupe du 
nerf facial et celui du iieif vague; la présence de fcu^mations 



I 



— 109 — 

rudimentaires entre eux (des ganglions selon Doln-n) qui 
indiquent cette connexion plus tard; la position de la racine 
antérieure du nerf vague qui appartient de préférence au n. 
lateralis; le caractère lioniogène des autres dérivés du groupe 
vague; eniin, l'innervation des organes latéraux et la réduc- 
tion des branches sensitives du nerf facial et du nerf laté- 
ral chez les animaux qui vivent sur terre. 

En admettant la parenté supposée du n. lateralis avec le 
n. facialis, on se demande si le nerf latéral appartenait au 
groupe du nerf facial, comme sa partie, ou bien si son sys- 
tème présentait une formation métamériipie indépendante. 
La seconde supposition est favorable aux hypothèses de Dohrn 
et des autres savants, mais il n'y a pas de données qui la 
confirment plus que la première. Quels que soient les faits 
sous ce rapport, nous détachons tout-à-fait, conformément à 
notre point de vue sur le nerf latéral, les autres d(''rivés du 
nerf vague; il est maintenant facile d'établir une homologie 
entre eux et les racines postérieures des nerfs spinaux. Y.n 
effet, ayons en vue que la lame ganglionnaire des auteurs 
dans la région de nerf vague et des premiers nerfs spinaux 
présente non seulement dans son développement primitif un 
seul tout, mais reste longtemps en qualité de counnissure entre 
eux. Le développement de la ]"égi(Ui branchial amène le 
rapprochement des racines du groupe vague et leur déplace- 
ment relatif en avant; pas conséquent, l(Mir disposition métamé- 
ric^ue s'interrompt, mais des ganglions spinaux rudimentaires 
dans la partie postérieure de la commissure fout preuve de 
son existence passée. 

Dans aucun des autres groupes céphaliqiies le caractère 
des nerfs s])inaux ne s'est exprimé dans un tel degré connue 
dans celui du nerf vague. 

Si tous les groupes nerveux proviennent d'un seul germe 
général (la lame ganglionnaire), leur développement est in- 
dépendant, et chacun d'eux acquiert un caractère spécial 
sous les rapports morphologique et physiologi(iue. 

Quant au groupe nerveux antérieur, on ne peut l'ii^n en 



— 110 — 

(liro. vu son oxistonco transitoire. Si môme il a queliiuo rap- 
port îi la formation du lian^lion olfactif, son rôle est res- 
treint, mais bien déterminé. 

Le groupe du nerf trijumeau a au début un caractère 
sensitif par excellence; ce n'est que dans la suite que deux 
de ses dérivés, l'oculomotorius et le trocblearis, deviennent 
des nerfs moteurs, tout en perdant les éléments sensitifs. 
Leur mode de formation ne permet cependant pas de les 
égaler aux nerfs spinaux; ils ont plutôt de l'analogie avec 
le lu'rf trijumeau, qui développe au contraire de préférence 
des bninches sensitifs. Le caractère de ces dernières est 
tel.' (pfelles ne se rattachent primitivement pas aux orga- 
nes des sens qui k'ur ap});u1iennent spécialeuuuit c'est tout 
Topposé des groupes du lu^rf facial (le systèiue du nerf la- 
téral y compris), dont les branches sensitives entrent en 
connexion avec les organes latéraux dès le premier moment 
de leur isolement. 

Le nerf glossopliaryngien et les branches branchiales du 
nerf vague, homologues au début aux racines postérieures 
des nerfs spinaux, diftérent essentiellement de ces dernières, 
en entrant en connexion avec les organes branchiaux des sens. 

Malgré cette variété, les groupes séparés ont des traits 
d'analogie; ainsi le nerf trijumeau et le n. facial ne donnent 
naissance qu'à une seule brandies motrice: le n. maiulibula- 
ris et le n. hyoideus; ce dernier entre en connexion avec 
l'organe latéral, de même que les branches du groupe du 
lU'if vague etc. Nos connaissances ne nous permettent pas 
encore de donner une explication suffisante de ces faits et de 
bien dautriis de la mèîne catégorie; nous ne pouvons pas 
délinir entièrement la signitication des lu'rfs crâniens; mais 
noti'e impression g('"n'''r,'ile, fondée; sur l'étude des faits exposés, 
est telle, (|u à Texceptiou du gi"ou])e du nerf vague qui pré- 
sente incontestablement une réunion (hî formations homo- 
gènes, les autres nerfs ne manifestent une ])areille cojistitu- 
tion (pie d'uiK' manière fort doiiteiise. on Ijicn ne la mani- 
festent pas du tout. 



I 



— 111 — 

Le développement général de la partie céplialique (la gra- 
dation du démembrement et de la complication du système 
nerveux central, la formation du mésoderme céphalique, le 
développement du crâne etc.) a son caractère propre qui la 
distingue du corps. 

Constituée peut-être au début de même que lui, la tête a 
acquis dans le développement ultérieur ses particularités, 
comme fait secondaire, et ses parties constitutives homogè- 
nes ont perdu leur simplicité primitive en se différenciant 
indépendamment. 

Par conséquent, le nerf trijumeau et le nerf facial peuvent 
être considérés malgré toute leur complexité connue de sim- 
ples formations métamériques, dont les parties séparées ont 
reçu un développement considérable. Ainsi, le nombre des 
nerfs primitifs de la tête est très restreint. 



SUR L'HISTOIRE 

■cIlj développement de Chrysopa perla "). 

. (li'di-iuiin' "lu iiii'-^dilcrihC dcR cellules vilellinefi), 

par M me Olga Tikhomirowa. 

Quoique riiistoire du dévoloppouiont dot insectes ais été 
étudiée, très minutieusement et que nous ayons dans la 
littérature étrangère, aussi bien que dans la littérature russe, 
de magnifiques travaux embryologiques, il reste pourtant 
encore beaucoup de questions à résoudre. Voilà pourquoi je 
crois quo Tc-tude einbryologi(|ue de Chrysopa perhx peut 
présenter un certain intérêt pour ceux qui s'occupent de 
reiiibryoloiii(! des insectes, d'autant plus que l'histoire du 
dt'veloppement de cet insecte n'a pas été étudiée; ius(iu':i 
lM('sent, si nous laisons de coté la courte notice de Packeril. 

Sans m'arrêtei- à diî giands détails dans la notice présente, 
je jie compte doiiuei- ici f(ue la descri])lion de celles des 
]»liases du dincloppenieut de CinTSO]»a perla (|ue j'ai pu 
suivre et étudier le ]dus complètement et (jui ]u-ésentent, à 
ce (|u'il me semlde, le plus d'intérêt par ra}»|)or1 à l'his- 
toire du d»'veln]>peinent des insectes en général. 



') Je ne donne pas ici (le,s dessins el. je me liorne à indiquer que les sé- 
ries des oenfs de CliriKopii préparées ponr iiion travail foiil partie de l'expu- 
silion zootojiqne orf^ani^jér piun- le ( 'migres. 



— 113 — 

Pour étudier l'iiistoire du développement de Chrysopa 
j'amassais les oeufs déjà déposés par les femelles au revers 
des feuilles du tilleul, du merisier, de Térable et d'autres 
plantes, les divisais en portions et soumettais chaque jour un 
certain nombre d'oeufs au procès suivant: après avoir versé 
sur les oeufs de l'eau bouillante et percé le chorion au 
moyen d'une aiguille, je les mettais pour 6 heures dans le 
liquide de Pereniy. J'ai pu m'assurer sur la première por- 
tion même, qu'il est indispensable de percer le chorion, 
car si le chorion n'est pas déchiré, les réactifs ne passent 
pas dans l'intérieur de l'oeuf, et pendant la coloration, môme 
très prolongée (dans du carmin boracique pendant 48 heu- 
res), les oeufs restent presqu'incolores. Il en résulte, que 
pendant les stades suivants on ne pouvait pas se borner 
à percer le chorion seulement, mais qu'il fallait aussi per- 
cer la couche cuticulaire, exsudée par la sérose, qui pré- 
serve l'embryon, plus solide que le chorion lui-même, 
et ressemblant extérieurement au cliitine. Ce qui prouve 
la solidité de la couche cuticulaire que je viens de nonnuei-, 
c'est qu'elle ne se colore pas et que, n'étant pas percée, 
elle ne laisse pas pénétrer la matière colorante dans Tinté- 
rieur de l'oeuf. 

Pour savoir combien dure la période embryonale, j'ai 
laissé se développer jusqu'à la sortie de la larve un certain 
nombre d'oeufs, déposés sous mes yeux par Chrysopa peila: 
toutes les larves ne sortirent des oeufs que le 9^""' jour. 

Je ne ferai pas mention ici des observations biologiciues 
que j'ai eu l'occasion de faire pendant l'été de 1889, car ce 
n'est pas le but du présent article; je passe donc dii-ec- 
tement à l'histoire du développement de l'embryon dans 
l'oeuf; mais avant de parler de mes propres investigations 
je dois mentionner les recherches de Packard. 

Dans l'article de Packard"), l'unique (mvrage que je 



') A. S. Pacianl. Tlu- enibryology o( Chrysopa aiul its licaririgs on tlie 
Classiliealioii ol' tlin NeiiKiiileia. Aun'i-ic. Naliiralial, v. \'. 1»7I. 

8 



— 11-i — 

connaisse sur l'histoire du dévoloppoinent de Cliry- 
sopa, je n'ai pas trouvé d' indication sur la foruiation du 
blastoderme et l'origine des couches embryonnaires. Je re- 
marquerai aussi que, quoiqu' il y soit dit quehiues mots 
sur la formation des enveloppes embryonnaires, je n'y trouve 
aucune indication sur la couche cuticulaire (chitineuse?) de 
sôrose ([ue j'ai reuiar(iuée. 

Quant à un autre ouvr;iij;c dont je crois aussi devoir 
t^\ire mention ici, il appartient à Patten*), qui a étudié les 
Phryganides, si proches des C'hrysopes, quoicine rapportés 
de nos jours, comme on le sait, à un groupe séparé: les 
Trichoptéres. Tatten, dans son ouvrage publié dans le Quar- 
terly .l(^uruaK s'arrête très h)ngueuient sur la forma- 
tion du Ithistoderme et dit ([ue toutes les cellules de seg- 
mentation prennent part à sa formation, (lu'au moment où 
le blastoderme couvre d'une couche de cellules tout le vi- 
tellus, ce dernier ne contient plus ni cellules, ni noyaux cel- 
lulaires. Il artiriiie ensuite ([ue toutes les cellules de seg- 
mentation ayant déjà été employées à la formation du blasto- 
derme ou, couuue il s'ex]>riiHe lui-même, à la formation de 
Tectoderme, l'endoderuie provient des cellules de l'ectoderuie 
qui s'en détachent et entrent h. l'intérieur du vitellus, et, 
par conséquent, l'endoderme, selon lui, provicMit de l'ecto- 
derme, mais ne se forme pas indépendanunent des éléments 
de seguicntation. 

Mes observations sur Chrysopa perla ont démontré ([u'ici 
n'a pas lieu le processus ({ue décrit Patten chez les Phr}'- 
ganides, mais ({ue nous ne trouvons que ce (jui a été dé- 
montré pour la plupart des insectes étudiés jusqu'à présent. 
Kn étudiant les préparations des stades précoces de la for- 
mation du blostoderuie, nous remarquons que les cellules de 
segmentation, se trouvant encore au milieu de l'oeuf, ten- 



*) ^]'llliullt J'utlni, Tlic d(;\cli)|iiiiuiil of l'iiry^iiiiiils, willi u ])r(;liiiiiii;iry 
note on thti dcvelopnrient of liliiKa genuîuiicîi. (iniirl. jDiini. <iï M. Scitiuce, 
V. XXIV (nevv ser.). 



— lis- 
dent à se disposer en chaîne régulière à une distance encore 
très éloignée de la périphérie. 

En même temps, au milieu de l'oeuf nous voyons des cel- 
lules de segmentation qui ne serviront pas évidement à la 
formation du blastoderme: elle sont restées dans l'intérieur 
de l'oeuf, leur noyau s'est accru et a pris une forme irrégu- 
liaire, anguleuse. Le stade suivant nous montre que la chaîne 
des cellules de segmentation, formant le blastoderme, s'est 
rapprochée de la périphérie; plusieurs cellules se touchent déjà 
par leur corps plasmatique. Au pôle supérieur, nous voyons les 
premières cellules de segmentation, situées déjà sur la péri- 
phérie. Au milieu de l'oeuf sont restées les cellules de seg- 
mentation qui n'ont pas servi à la formation du blastoderme. 
En ce moment, il y a très peu de cellules de segmen- 
tation à l'intérieur de l'oeuf, et même, dans quelques 
coupes il n'y en a pas du tout: elle se colorent faiblement 
et, pour cette raison, sont difficiles à distinguer dans la masse 
du vitellus; dans des stades suivants, au contraire, juste- 
ment dans la phase où le blastoderme est déjà complètement 
formé, nous commençons à distinguer une masse de cellules 
de l'endoderme primaire (cellules vitellines), qui se divisent 
vite et se colorent fortement dans cette période. Pendant la 
phase suivante, nous voyons que toutes les cellules du blas- 
toderme sont déjà disposées sur la périphérie; planes et 
étendues d'abord, elles deviennent cylindriques, et nous ne 
voyons nulle part les cellules de l'endoderme se détacher de 
celles de l'ectoderme: nous remarquons môme, au contraire, 
que les cellules de l'une et l'autre couche sont éloignées les 
unes des autres à une distance considérable par le vitellus 
qui ne contient ni cellules ni noyaux. 

Avant de passer aux stades suivants, je m'arrêterai ici 
aux changements que subit le vitellus pendant la période 
entre la formation du blastoderme et la première apparition 
de la bandelette germinative. En ce moment, une partie 
peu nombreuse, des globules vitellins éprouve des chan- 
gements; quelques uns atteignent des dimensions assez con- 



—116— 

sidérables, tomlent à se di-sposer plus ou moins réguliè- 
romeiit, preiuint la pUco de la chaîne des cellules de segmen- 
tation (jui t(»rment lo blastoderme, se colorent très faiblement, 
mais leur contour est encore clairement visible. \jQ blas- 
toderme est déjà complètement formé et entoure l'oeuf en- 
tier d' une seule rangée continue de cellules; les cellules 
de l'endoderme primaire se colorent très fortement dans ce 
stade. La phase suivante, que je me permettrai de nom- 
mer stade de dissolution des globules vitellins, précède juste- 
ment la formation de la bandelette germinative. Les globules 
vilellins ont déjà atteint vers ce temps des dimensions énor- 
mes, leur contour a presque parfaitement disparu, eux mê- 
mes ont commencé à se dissoudre, surtout au pôle inférieur, 
oîi nous remarquons les premiers commencements de la ban- 
delette germinative. Voulant m 'assurer si c'étaient réellement 
des globules vitellins si fortement accrus et parfaite- 
ment décolorés, et non pas des gouttes de graisse, j'ai 
mis les oeufs de Chrysopa perla pour deux semaines dans 
de l'alcohol absolu; mais ensuite l'étude de la série des cou- 
]H'S (jui se trouvaient à ma disposition me donna l'assurance 
([ue c'étaient, sans aucun doute, des globules vitellins, car 
j'ai, dans mes préparations toutes les phases transitoires 
entre nn globule normal et nn globule complètement décom- 
posé. Il n'y a donc pas de doute que le vitellus de Chry- 
so])a perla ne reste pas passif et que dans certains stades, quel- 
• luos uns des globules subissent des changements qu'on 
jHMit constater avec détail sur mes préparations. Plus tard, 
m étudiant un autre insecte, et nonnnément le Pulex serra- 
ticeps*), j'ai eu encore l'occassion d'observer dans le vi- 
tellus les mômes changements que chez Chrysopa perla. 

Quant à la bandelette germinative, elle devient apparente 
dans mes préparations déjà dans la période ofi tout W. Idas- 



*) /l,Ht'niiiiK'L 3oojiorHHecKaro OT^t.jroiihi OfiinecTBa JtiofiHTejrfîH KcTecTno- 
TiHiiHia (IJulIfliii lit; la .Soclioii /oologiijiio ilo la Sociélé iiii]ii'iiHl« ik-.s Amis 
dfs .Si-ioufcs Kaluri'llf'S IS'JO). 



I 



—117— 

todciiuo apparaît consistant en une niasse cunnuune et uni- 
forme (le plasme qui renferme les noyaux est n'est pas encore 
divisée en cellules séparées. Le premier signe qui indi(iue 
la formation de la bandelette germinative, c'est la disposition 
des noyaux du blastoderme non pas en une couche, mais 
en ordre alternant. Cela provient évidemment de ce que les 
noyaux ont tant accru ici en quantité, qu'il n'ont plus assez 
de place pour se disposer en une seule rangée et semblent 
accumulés l'un sur l'autre. 

En faisant le total de mes observations sur la formation 
de l'ecto- et de Tendoderme primaires, ou, ce qui est la même 
chose, du blastoderme et des cellules vitellines chez Chrysopa, je 
dois constater qu'ici le procès va autrement (^ue l'attirme 
Patten pour les Phryganides qu'il a étudiés. En examinant 
ses dessins et en comparant ses observations avec les miennes, 
je trouve beaucoup de ressemblance entre les unes et les autres, 
c'est pourquoi il me semble que cet auteur se trompe peut 
-être en affirmant que toutes les cellules de segmcntaticm 
vont à la formation du blastoderme; il est très possible qu'il 
n'ait pas remarqué la quantité peu considérable d'éléments 
de segmentation qui restent dans l'intérieur du vitellus au com- 
mencement de la formation du blastoderme et qui ensuite se 
uuiltiplient rapidement et donnent naissance à l'endoderme 
primaire. Chez Chrysopa, il y a très peu de ces cellules et elles 
sont très difficiles à distinguer, car la masse de plasme ([ui 
les entoure est peu visible, et les noyaux se colorent très fai- 
blement, ce n'est que dans les stades suivants ([ue les 
cellules de l'endoderme se colorent très fortement et se dis- 
tinguent facilement dans la masse du vitellus. 

Quant à la formation du mésoderme, j'ai plusieurs séries 
de coupes qui prouvent clairement qu'il provient de l'endo- 
derme primaire (cellules vitellines). Si nous regardons l'une 
des préparations représentant la bandelette germinative, nous 
remarquerons que la gouttière primitive est si peu exprimée, 
que dans cette phase il ne peut pas être question de la sé- 
paration d'une partie de l'ectoderme pour la formation du 



— lis — 

mésoderino; dans les coiipos dos oeufs du même stade nous 
voyons que le mésodernie est très distincteuient sépares de 
rectoderme. Directement sous cette dernière sont situées deux 
ranimées de cellules de mésoderme, Tune tout i)rès de l'autre, 
et il leur côté nous voyons les cellules vitellines, (\m évi- 
demuient n'ont encore pas eu le temps de prendre la posi- 
tion et la forme qu'ont prises les cellules du mésoderme, si- 
tuées directement sous l'ectoderme; ici on peut clairement 
suivre toutes les transitions des noyaux do l'endoderme 
priuiaire. (ui plutôt des noyaux dos cellules vitelli- 
nes, ius((u"MU noyaux du mésoderme tout prêt par la 
ura-ndiMir. ])ar la tonne et la Cidoration. Snr ce point 
mes observations dilTèrent donc aussi de celles de l'atten, qui 
affirme pour les Phryganides, que tout le mésoderme provient 
des cellules de l'ectoderme dans la région de la gouttière 
priuiitive. Il est vrai que je n'ai pas eu à ma disposition 
des stades aussi priuiitifs que celles pendant les quelles 
Patten a vu la séparation des cellules do l'ectoderme pour 
la formation du mésoderme, mais il me semble pourtant que 
mes préparations, se rapportant à la question donnée, me 
permettent d'affirmer que la masse principale du mé- 
soderme provient de rendoderme primaire. Je remarquerai 
ici à propos, qu'un autre insecte que j'ai étudié et dont j'ai 
déjà fait mention plus tôt, en parlant du vitellus, et nom- 
mément de P. serraticeps, présente sous ce rapport, aussi bien 
dans ses premiers stades que dans les suivants, une preuve 
incontestable du même fait; du fait que le mésoderme pro- 
vient de l'endoderme primaire (cellules vitellines). La série 
que je possède des coupes d'oeufs de P. serraticeps au pre- 
mier moment de la formation du mésoderme, nous prouve 
incontestablement (jne les premières cellules du mésoderme 
ne sont autre; chose que les éléments cellullaires restés dans 
l'intérieur de l'oeuf après la formation du blastoderme et qui 
peu à peu, d'en bas, se rapprochent l'un après l'autre de 
l'cctodormc et le touchent. La forme irrégulière, la grandeur 
p. Ml considérable et la coideur foncée des noyanx d(ï c(!S pre- 



— 119 — 

iiiières cellules du mésoderme montrent leur parfaite ressem- 
blance avec les cellules restées dans le vitellus (cellules 
vitellines, cellules de l'endoderme primaire), d'un côté, et 
leur parfaite différence, grâce aux mômes caractères, avec 
les cellules de l'ectoderme — de l'autre. Je crois donc que 
l'origine endodermique des premières cellules du mésoderme 
du P. serraticeps est hors de doute. 

Patten assure encore que les cellules vitellines provien- 
nent du mésoderme. Je dois dire, de mon côté, que ses des- 
sins se rapportant à ce sujet, ne présentent pas, à mes 
yeux, des preuves suffisantes. Je ne puis admettre rien de 
seml)la.l)le à une telle formation des cellules vitellines du 
mésoderme ni de Chr. perla, ni de P. serraticeps, car, 
comme je l'ai démontré plus haut, pour Chrysopa, toutes ces cel- 
lules proviennent directement des cellules segmentaires. 

Comme je n'ai pu, à défiiut de matériaux, observer les 
stades suivants du développement de l'embryon de Chrysopa 
avec les mêmes détails que les phases précédentes, je n'en 
dis rien pour le moment, espérant avec le temps, et avec 
l'aide de nouveaux matériaux, présenter un tableau complet 
de l'histoire du développement de cet insecte, très peu étu- 
dié encore sous ce rapport, comme je l'ai déjà mentionné. 



Sur la question 

de la spgmenlalion Hc l'oeuf et la formation du blastoderme 
des Pseudoscorpionides, 

par F. Vejdovsky 
à Prague. 

Kii (•oiiskk'iant les investigations qu'on u laites jusciu a pré- 
sent sur la segmentation de l'oeuf et la formation du blasto- 
derme des Pseudoseorpionides. je erois ([u'il serait à pr<>pos 
de connnuniquer aussi (quelques - unes de mes observations 
sur les premières phases du développement de deux espèces 
des genre Chcrnes. Quant à la première espèce, j'en ai reçu 
plusieurs exemplaires trouvés dans les rebuts d'un moulin^ 
et dans cette espèce, j'ai non seulement trouvé des stades 
de développement des organes embryonaux, mais j'ai aussi ob- 
servé un stade de segmentation assez avancée. L'autre espèce 
semble correspondre à ("li. Halniii et je l'ai trouvée moi-même 
sous l'écorce d'un prunier dans un jardin, à Bechlin, près 
de Koudnice en Bohème. Deux exemplaires de cette 
dernière espèce étaient munis de cocons d'oeufs (fin d(! 
juillet 1887), et les oeufs se trouvaient justement dans la 
première phase de segmentation, tandis qu'une autre femelle 
déposa, déjà emprisonnée, un cocon consistant en 5 oeufs, 
de sorte que j'ai pu jusqu'à un certain point me faire une 
idée de la structure des oeufs fraîchement déposés; je dis: 
jusqu'à un certain point — parce que je n'ai étudié que les 
oeufs vivants et n'ai pu observer ni la structure du noyau, 
ni le procès de la maturation. 



-_ 121 — 

Les cocons ctaieiit uttacliës k deux rtuigëes de poils clii- 
tiiieux enveloppés par une couclie épaisse d'une substance 
luisante et ressemblant, par là, à des excroissances 
velues de l'enveloppe cliitineuse du corps. L'enveloppe des 
cocons semble être collée à cette enveloppe extérieure des 
poils. Le nombre des oeufs dans les cocons est différent; 
une fois je n'en ai trouvé que 5, dont 4 péripliériques et 
1 central; une autre fois il y avait 10 oeufs, 9 périphéri- 
ques et 1 central. Le plus grand nombre d'oeufs dans un 
seul cocon était 13, dont 9 périphériques et 4 centraux. 

La membrane du cocon est une enveloppe homogène, sans 
structure et non colorée, assez éloignée de la membrane de 
l'oeuf (Fig. 1, 2. c). Chaque oeuf lui môme est entouré de 
deux enveloppes, l'extérieure — le Chorion (Fig. 1, 2. rA) •') 
épaisse brun-jaunàtre et poreuse, l'autre, la membrane vi- 
telline (Fig. 1, 2. d), mince et touchant justement le contenu 
intérieur de l'oeuf. 

L'oeuf fraîchement déposé consiste d'une masse centrale 
plus ou moins ronde qui n'est pas transparente et ne 
laisse pas voir dans cet état frais les détails menus de 
la structure du protoplasme et du noyau. On ne voit que 
les grands granules vitellins, que Met schuikov '-'''') désigne 
aussi comme caractéristiques pour l'oeuf mûr de Chelifer. 

Cette partie centrale de l'oeuf est entourée d'une subs- 
tance albumineuse, composée de granules pâles, très peu 
luisants et entourée à son tour d'une membrane vitelline 
délicate (Fig. 1, 2. vr). Si l'on considère plus loin le 
sort de cette couche, on verra qu'elle est passive pendant la 
segmentation de l'oeuf et la formation du blastodernu; 
et, si l'on prend en considération ensuite que par 
cette couche la membrane vitelline est éloignée du vi- 



') .Je n'ai représenté ces détails de structure que dans les Fig-. 1 et 2, 
dans les autres fio-ures je ne donne que les contours. 

") E. 3Ietschnilcov. Entwieklungsgeschichte von Cliclifer. Z. f. w. Z. Bd. 
XXI, p. 514. 



122 



t'-'llus contrai, il fiiiit ailinottre iiuo li .siibsitancc (fc) dont 
il est. question présontc une luasso exsudée par le vitollus 
même et ([u"on doit la considérer comme un appareil pré- 
servatif, qui donne plus d'espace au blastoderme (lui se forme. 

^h'fs(■||n/kor a observé aussi cette substance albumineuse 
chez Chelifer. mais le décrit dans des stades de développe- 
ment tri'S avancés, quand le blastoderme entoure déjà la 
masse vitelline centrale et segmentée (_!. c. Tab. XXXIII, 
Fig. 7, 8). Il désigne cette substance comme ,,une sorte de 
cellules métamorphosées (naturellement ou artificiellement) ". 

Le stade suivant, que j'ai étudié, est représenté dans la 
tig. 2, La masse vitelline centrale (r) se contient coniiiu! 
dans le stade précédent, elb» n'est donc point segmentée, tandis 
qu'îi sa superticie se dépose déjà le blastoderme en fonne 
de belles cellules cubiques à protoplasme transparent et à 
grands noyaux ronds (hl). 

Ce (jui maintenant présente de l'intérêt, ce sont des cel- 
lules séparées, assez rares, qui commencent à sortir de la 
masse de l'epithelium du blastoderme (a); tandis qu'elles 
semblent rester attachées entre les cellules du blastoderme 
par des excroissances amincies du plasmo. Elles ne diffèrent 
nullement des cellules du blastoderme. Tout différents sont 
au contraire deux corpuscules pleins de plasme granuleux 
qui sont situés dans l'enveloppe albumineuse tout près du 
Chorion (Fig. 2. p^); je crois voir dans ces corpuscules les 
cellules polaires. 

La Fig, 3 représente, en profil, un stade de segmenta- 
tion un peu plus avancée. Les cellules du blastoderme for- 
ment un bel epithelium dans lequel les noyaux des cellules 
distinctes s'adaptent à la segmentation. Le blastoderme d'un 
côté (côté ventral?) est beaucoup plus haut (lue celui de la 
surface opposée (côté dorsal?). 

Les cellules sorties plus tôt du blastoderme sont déjà dis- 
posées librement dans l'enveloppe albumineuse, quoiipie tou- 
cliant la superficie des cellules du blastoderme (a). La masse 
vitelline elle-même n'est pourtant jias encore segmentée (v). 



— 123 — 

Ce n'est que dans le stade suivant (Fig. 4) que se forme 
un sillon équatorial. qui divise le vitellus en deux blasto- 
mères de grandeur différente. Bientôt après se forme un 
sillon méridional, grâce auquel les deux premiers blastomè- 
res se divisent en quatre sphères, deux plus petites et deux 
plus grandes (Fig. 5). 

Je n'ai pas observé la continuation de procès de segmen- 
tation de la masse vitelline; j'ai seulement trouvé un stade 
représenté dans la Fig. 6, où le blastoderme avait le même 
aspect que dans les phases décrites jusqu'ici, mais la masse 
vitelline consistait en huit seguients de grandeur prcs- 
qu 'égale. 

Le faits que je viens de communiquer sur les pi-euiiers 
procès de développement des Cliernes, différent donc essen- 
tiellement des mêmes procès des Chelifer, comme nous les 
connaissons par les données de Metsc]irnloff\ Nous avons 
justement ici une segmentation totale du vitellus, qui se di- 
vise d'abard en 2, puis en 4 et enfin en 8 segments. Ce n'est 
qu'après cette segmentation du vitellus que commence chez 
Chelifer lapremière formation du blastoderme, sf)us la formo d'une 
ou de plusieurs sphères protoplasmatiques transparentes, au 
centre desquelles doit se trouver un espace clair. Metschni- 
l'ov cherche l'origine de ces sphères plasmatiques dans des 
stades précédents, pendant lesquels apparaît à la périphérie 
de quelques segments vitellins une couche protoplasmatique 
claire. Les sphères protoplasmatiques mentionnées forment 
chez Chelifer toute une couche de cellules, qui forme le 
blastoderme, comme nous l'avons trouvé de môme dès le 
commencement sur la périphérie du vitellus non segmenté 
de Chernes. 

Les données de Metsclniikov sur les premiers procès de 
segmentation du Chelifer sont justes. J'ai pu m'en assu- 
rer sur une autre espèce, que j'ai aussi trouvée sous l'écorce 
d'un arbre le 10 juillet 1885. Dans le cocon que portait 
ce Chelifer, dont l'espèce resta indéterminée, se trouvaient 
12 oeufs, dont 9 étaient à la périphérie et 3 au centre. 



— 124 — 

Tous les oeufs étaient segmentés, mais le blastoderme était 
eiK'dre absent. J'ai pu ('(Uistatcr dans divers oeufs des blas- 
touières trîvs nombreux, mais je n'ai trouvé m la couclie 
elaire de protoplasme dont Mci^vhitikoc fait mention, ni les 
sphères protoplasmatiques. J'ai noté seulement une phase 
avec 5 blastomères, que je donne ici dans la Fig. 7. Le vitid- 
lus segmenté est situé au centre de la niasse albumineuse 
et ce ne sont que deux cellules (z) situées aux pôles (»ppo- 
sés et consistant en protoplasme transparent et joliment ré- 
ticulé, ([ui nous rappelent les cellules nom])reuses du blasto- 
derme des Chernes. Elles se distinguent pourtant de ces 
dernières. Leur noyau n'est pas aussi grand, sa position est 
un peu excentrique et des rayons fins de protoplasme s'éten- 
dent radiairement dans le reticulum du plasme cellulaire 
(Fig. 7 a). Je n'ose donc pas dire si ces deux cellules, ([ui 
étaient aussi présentes et dans les mêmes conditions dans 
les stades à plusieurs blastomères, doivent être prises pour 
des cellules de blastoderme, ou si elles correspondent aux 
sphères protoplasmati(iues de Metschnikov. 

Il est possible que nous ayons en ce cas des cellules 
Itolaires: je dois pourtant laisser résoudre cette question 
aux investigations futures. Le blastoderme de Chelifer com- 
mence à se former, pourtant, autrement que celui d(^ 
Cliernes, dont le vitellus ne se segmente que plus tard, après 
la formation du blastoderme. 

Quant à la double couche de blastoderme chez Chelifer 
selon les données de Metschnikov, je ne sais qu'en dire. 
J'ai cru d'abord que la couche extérieure de l)lastoderme 
(jU'il admettait était formée chez Chelifer par les cellules 
jKiiiibreuses qui ressortent, comme nous l'avons constaté 
chez Chernes; il send)le pourtant ([u'à ces cellules corres- 
pondent chez Chelifer d'autres formations. Metschnikor 
mentionne un cas où il a trouvé dans l'enveloppe 
albumineuse, pendant le stade de développement décrit, un 
petit nombre de corps ronds, „qui rcssemblaicmt à des 
noyaux de cellules" (1. c. Fig. 9. n) cependant il a trouvé 



— 125 — 

que ces formations n'étaient pas constants. Selon moi, il s'agit 
ici des cellules peu nomltreuses sortant du blastoderme, des 
mêmes cellules que nous avons trouvé plus tard dans la 
couche extérieure mentionnée. Je n'ai pourtant pas pu cons- 
tater leur signification, d'autant moins que je n'ai pas observé 
les phases de développement suivantes. Il se peut qu'elles 
correspondent à ce qu'on connaît depuis longtemps, sous le 
nom de haemamibes, chez Atax, Trombidium etc., entre la 
membrane du corps de l'embryon et la membrane extérieure 
(enveloppe de deutovum). 

Pour conclure cette communication, il me reste à dire 
que Sfecîcer a aussi écrit sur la formation du blastoderme 
de Chthonius; je ne prends pourtant pas en considération 
son ouvrage, qui n'est autre chose qu'une copie de l'article 
de Metschnikov et qui, comme l'on déjà justement remar- 
qué KorscheJt et Ilehler dans leur „ Histoire du développe- 
ment des animaux invertébrés " , ne mérite pas une confiance 
absolue. 



Sur un organe embryonnaire 

(les Psrii(l(»s('i"()j»i(>ni(l('s. 

Par F. Vejdovsky, 

à Prague. 

Le 21 iiiillct 1884, on me doima quelques exemplaires 
(le Ps('U(l(»sc<)r])ioui(les que je détenninai eomme appartenant 
au i^enre Cliernes. Trois d'entre eux portaient au côté ven- 
tral leur cocons avec des embryons déjà assez développés; 
dans l'un des cocons se trouvaient des oeufs en procès de 
segmentation. En examinant les embryons pour ma propre 
instruction, je trouvai des organes curieux, dont on n'avait 
pas fait mention dans la littérature ") jusqu' alors, c'est 
])iiiir(|uoi je leur donnai (jnelque attention. Vu la ({uantité 
iuMit'Hsantedesmatéraux qui se trouvaient à ma disposition, je 
nai certes pas pu étudier tout ce qu'il faudrait pour l'expli- 
cation de ces curieux, organes et j'ai taché de me procurer 
un matériel plus compUrt pendant les années suivantes, ce 
([ui mallieureuseuient wc m'a pas réussi jusqu'à présent. 
Les ol>servatioiis ])ubliées depuis ''"") montrent pourtant que 
les organes cités n'ont pas été remarcjués encore, et 
comme je ne compte i);is non plus être bientôt en état de 
donner à cette question une attention spéciale, j'ai résolu de 
l)ul)lier mes observations précédentes, dans l'espoir que les 
exi)l()ratcurs futurs étudieront les organes avec plus de 
détails. 



•) 3/e/«o7i/u>^?-.Eiilwi(klim;.^s-<;s.lii.Iitc von Clulir(;r,Z.f.w,Z.Bd. XXI p. 514. 
") J. Barrais. Sur le dévelop 
Acad. frarif;. T. qq. 1884 p. 1082. 



") J. liarrois. Sur le développemeut des Clielifcr, Compt. rend, liebd. 
:;ad. franc. 



— 127 — 

Dans le stade où les pieds et les pédipalpes sont déjà 
très allongés et où les chelicères viennent de se produire '^), 
on trouve à la base de la première paire des pieds un or- 
gane rond, assez remarquable par son éclat. Jusqu'à ce que 
l'embryon conserve sa position naturelle dans l'enveloppe 
embryonale, on ne voit aucune trace de cet organe, car 
il est recouvert, comme toute l'extrémité de la 1-ère paire, 
par les pédipalpes très développés. Cela m'explique pour- 
quoi les organes dont je parle n'ont pas été remarqués 
jusqu'à présent. J'ai pris soin de déchirer l'enveloppe em- 
bryonale et de disposer séparément les extrémités, de la 
manière que représente la fig, 3; on voit alors clairement l'or- 
gane cité au côté extérieur de la première paire de pieds 
(fig. 3.0). 

Vu de profil, cet organe apparaît en forme de vésicule, 
attachée par un pédoncule court et assez gros à la base 
des premier pied (fig. 4) et dont la structure, grâce à sa 
transparence complète, peut être vue parfaitement, avec des 
agrandissements plus forts, aussi bien dans cette position, 
que dans une section optique transversale. 

L'organe est composé de deux parties: d'un enveloppe 
extérieure et d'un appareil intérieur. 

L'extérieure, une enveloppe cuticulaire réfractant la lu- 
mière très fortement, est fort enflée au bout distal (fig. 4r) 
et couimuni(iue par un pédoncule, de même structure 
avec la cuticule fine et à peine visible du pied, jusqu'à 
présent pas encore seguienté. 



*) Les eliélicrTes conimencenl à se former li-ès tfinl, e( ceci eu IVirinc 
d'iiivîiginations de i'hypoderme au l>oiit. antérieur d(! l'eiubryon (Fiti". 1 cit'); 
plus tard ces sacs iiivaginés simples sortent en avant et se fendent en excrois- 
s:inces doubles des deux pinces futures. Ce sont probablement ces cavités 
que Met -hnikov li prises pour les rudiments du cerveau; je sais pourtant 
que les grandes et solides moitiés du cerveau de Cherncs existent beaiu'oup 
plus tôt que ne commencent à se lormer les chelicères. Je donne ici (fig 2) 
la figure de la trompe musculeuse de Chernes,pour montrer sa différence de 
celle de Chelifer. Il faut chercher son origine dans une excroissî^uce considé- 
rable de la tête, à position precérébrale dont l'origine se rapporte à des 
stades embrj-onaux très peu avancés. 



128 



La stnicturo do l'appaii'il intérieur est assez coinpli(iuéo; 
i-et appareil consiste en un cvliiulre cellule, probablement so- 
lide, dont la base s'unit à riiypodenne du pied (tijç. 4). 
Les cellules sont très petites et leur limites indistinctes; 
je ne les ai pourtant pas soumises à l'action de réactifs pour 
étudier leur structure délicate, (.le n'ai généralement observé 
les eiubryons ([ue dans leur état frais"). 

Ce ([ue m'intéressa surtout, c'était le bout distal de l'ap- 
pai'eil intérieur. Si on regarde l'embryon du côté dorsal en 
])r(^duisant soigneusement une pression sur le ver à couvrir, 
cet . organe ]u-end une position perpendiculaire, comnu^ 
K' miuitre la tig. G. C'est dans cett(^ positicui ([ue je l'ai 
observé aussi avec l'agraiulissement de Zeiss, obj. A', et qwo 
je l'ai représenté dans la fig. G a. Au bout distal du pé- 
doncule cellule (s) on voit un petit canal étroit, mais ton- 
jfuirs distinctement visible (/.), qui s'ouvre extérieurement, 
c'est-à-dire dans la cavité large de l'enveloppe cuticulaire 
extérieure (r); s'élargit un peu, au contraire, vers Ici bout 
intérieur et porte ici une formation (o) curieuse en fornu' 
de vésicule. Cette dernière est remarquable par ses corpuscules 
réfractifs disposés très gracieusement, ce ([ui lui donne une 
certaine ressemblance avec les yeux des Cladocôres, couverts 
de nouibreux cristaux en forme de cônes. 

Dans la section transversale, nous avons le tableau querepré- 
sente la tig. 5. Le canal central (/.) et l'apparail réfractif 
si»liéri(|iu' [II), ainsi que la masse cellulaii'e (lui les entoure 
(s), se produisent ici avec la plus grande clarté. En pres- 
sant ]dus foiteuieiit. on jiarvient souvent à faire sortir 
l'appareil rc-fiactif, couiuk! le représente la fig 4. De 
ce fait je critis devoir conclure que le canal contrai est 
formé, parce que le bout extérieur du pédoncule cellulaire 
est tii'é dedans, et aussi i\\u\ les petites si>lières réfractives 
ne sont (\\w. des cellides modiliées du jjédoncule. C'est 
poiircjuoi il est possihie (\\\r. l'.-qqh'yeil réfi'actif soit poussé 
• ■11 deliors. 

J..es orgaïU'S dnuf ikhis p.irlens clie/ des embryons plus 



— 129 — 

âgés et dont les cliélicères, pédipalpes et pieds sont déjà beau- 
coup plus développés prouvent qu'il en est réellement ainsi. 
J'ai représenté dans la fig. 7. un pareil stade avec Torgane 
enibryonal (o) en question. 

Sur le pied, d'un côté du corps, l'organe était développé 
de la uuinière représentée dan.s la iig. 8 et, de l'autre côté, 
comnu^ dans la tig. 9. L'enveloppe cuticulairc extérieure est, 
il est vrai, fortement entiée, sa continuation en tbi-me de 
pédoncule est pourtant très raccourcie, taiulis ([ue l'appareil 
cellulaire intérieur est très considérablement moditié. Ija 
partie cylindrique distale se présente 'portant un appareil 
hémispliérique; dans run(^ et l'autre parties la structure 
cellulaire est beaucoup plus évidente que dans le stade 
précédent, justement dans la partie distale entiée. H est 
certain que le dernier ne repi"ésente que la vésicule rétrac- 
tile tirée en dedans, qui dans le stade actuel est sortie 
en dehors, mais ne présente plus de réfraction. Nous avons 
ici, à mon avis, une dégénération de l'organe, qui se ma- 
nifeste par la disparition des petites spbères réfractives, au 
lieu desquelles n'apparaissent maintenant que des cellules 
ordinaires, un peu agrandies. La dégénération des organes 
embr3'onaux continue pourtant aussi dans les stades de 
développement suivants, et amène finalement à leur com- 
plète disparition. 

Dans une phase un peu plus avancée (fig. 10) je 
n'ai plus trouvé du tout les organes sus -dits et ce 
n'étaient que les protubérances de l'enveloppe embryonale (r) 
qui indiquaient les endroits où se trouvaient les organes qui 
avaient existé d'abord. 

Du peu que j'ai pu élucider relativement aux organes 
dont je parle, on peut au moins conehirtî positivement (|ir<»n 
a à faire en ce cas à des organes provisoires. Quant à leur 
signiticati(m, on ne peut certainement pour le moment (|ue 
faire des suppositions. On ne, peut pas douter de leur 
origine épiblastique, d'autant moins que le pédicule cel- 
lulaire avec son appareil réfractif n'est ([u'une coutinua- 

9 



— 130 — 

tioii do riiypodenne embryonalo, et ronveloppo extérieure, 
réfractant très fortenieiit la lumière et visiblement enflée, 
n'est qu' une cuticule nuidifiée des parois du coips. Si 
les organes .sont innervés, et à (jnel point, cela l'este à 
résoudre par des inveslii^ations futui'es. 

Muii dimiinii est (|u"(>n a à faire ici à un (H'i;aue 
des sens, à des yeux provisoires, n'atteignant pas un 
développement complet et privés de pigment. Les appareils 
réfractifs, les corpuscules cristallins en forme de cônes, 
agglomérés en vésicule, ainsi que l'enveloppe cuticulaire 
extérieure rappelant une c(>rn(>a, uramènent à cette con- 
clusion. 

On conuait pourtant déjà quelques représentants de Pseu- 
doscorpionides. très proches des Chernétides, qui sont mu- 
nis dyeux pédoncules. J'ai en vue le (hiplwphtlttdmus 
duricorius, décrit par Joseph *), qui se distingue par des 
yeux pareils; malheureusement nous connaissons encore trop 
l»eu la structure détaillée du dernier ]>our pouvoir tirer une 
comparais* >ji entre les oi'ganes embryonaux découverts chez 
Chernes et les yeux du CypJtopMhalmus, qui se distinguent 
aussi des premiers par leur position sur le corps. **) 

Fig. 1. Kmbi-you avec les chélicères naissants {rUr) et 
la trompe {sr). 

Fig. 2, Section longitudinale optique de la trompe, plus 
fortement agrandie. 

Fig. 3. Kmbr}un avec les chélicères qui viennent d'être 
poussées dehors {('1k-)\ jkI pédipalpes; o organe embryonal 
à la base de la première paire de pieds. 



•) CypliO])hiluilimi3 (liirii;orius, eiiio iiciie Aiurliniilcngatding ans der 
l'ainilie (ItM- Àitlirogubtcnuduiing. lîerliu.Kutoniol. /eilschr. 1808. p. 211 — 250. 
Nachtrng dazn. lltidcm [>. '<i(jy — 272. 

**) Une autre espèce, nvec 2 pairos d'yeux prddinulrH, a vlé décrite i)ar 
Staher sous le nom de ,,(iibboceIluni sudcticiini". La uaUue des faits com- 
muniqués i)ar Strclicr relutivcnieiit à cet animal douteux, ainsi que les dessins 
donnés, enfin les circonstances quo je connais et que connaissent d'autres, 
dans lesquelles a été fait le travail de l'auteur cité, m'ohliî^ent à douter 
de l'existence d un „GibljocelluDi", jusqu'à co qu'une trouvaille lieureuse, ne 
fdt-ce que celle d un seul exemplaire de cette; espèce éloigne ces ilontes. 



— 131 — 

Fig. 5. Le premier pied avec l'organe embryonal en sec- 
tion optique, s pédoncule, o petite vésicule réfractive, /r — 
petit canal, c enflement cuticulaire extérieur. 

Fig. 6. Le devant du corps de l'embryon, vu du côté 
dorsal, avec l'organe du côté droit dressé perpendiculairement. 

Fig. Grt. Organe embryonal fortement agrandi. jMôme signi- 
fication des lettres que dans la fig. 5. 

Fig. 7. Embryon plus âgé; ces organes embryonaux sont 
représentés .sépaivment dans les fig. 8 et 9. 

Fig. 10. Embryon avec les dernières traces des organes, 
qui n"a[)paraissent maintenant que comme des protubérances 
cuticulaires, sans appareil intérieur. 



LA FAUNE 

de la mer Baltique orientale 

et les problèmes des explorations prochaines 

de cette faune, 

Par Grégoire Kojevnikov, 

dt; Moscou. 

On est coiivomi de partager la inci' Baltique on région 
occitlciitale et région (H'ieiitale, en prenant ponr ligne de dé- 
iiiareation une ligne') ((ui passerait entr(; le eaj) de Jungs- 
lloved, en /élande, et la presqu'île d'Ulfshale, sur l'ilo de 
Afoen, puis par le détroit qui sépare Moen et Falster et 
plus loin entre le cap de Gjedser Odde, extrémité méridio- 
nale de Falster, et le caj) de Uarsser-Ort, en Pouiéranie. 
Dès 1873, f/acohsci/-) remarquait que cette ligne parta- 
geait d'une uianièi'(> ti'ès tranchée sous tous les ra]>ports, 
la mer liait i(|ue en deux régions. Les faunistes approuvent 
cette délimitation, dernièrement 3£r. liehthf, ') l'a adoptée 
aussi pour les plantes. La cause principale des caractères 
difilerents de la partie orientale et de la partie occidentale de 
la mer Balti([ue, est l'existence sur la ligne de démarca- 
tion, d'une l)arrière sons-marine, (jui empêche le courant 
inférieur, riche en sel, (jui vient de la mer iXw Nord, de 
pénétrer dans la région orientale, A l'ouest de cette bar- 



^) Aclrnnann, ('. Utîilrii'jf zur iiliy.sisdicri GtMJgrujiliit' dcr Ostset!. Ilaiii- 
|jiir<^. 1S«3. 

2) Jttl:oh.s''ii, O. I)'ni I5eol»iulitiiiiy(;ii luil' diif K.viiediUoii 1S71, Dicï E\]»(;di- 
lioii ziir pliysik:ilisrli-(:li(.-iiiisclit;ii uiid bJoloyisclicii Untersiicliiiiig d, Oatscu;, 
iiii Soiiiiiicr 1871, anf S, M, Aviso D:un|)f(;r, „Poiiiiii<;raiiia", Btîrliii, 1873. 

3) lUiiihe, J . Alj,M;iillora (lt;r wcstlicluiu Oslsco dciitscheii Aiitlieils.ScMtlistcr 
l'fricht dcr Cominissioii zur wissciiscliafUicIuMi Uutcrsucliuiig dcr (Iciilsclicn 
iU-Mvtt. in Kiel, fur di« Jalire 1887 bis 1881). lJ»;rlii> J88'J. 



__ 133 -^- 

rièrc nous trouvons partout, à une profondeur de plus de 
18 mètres, plus de 2^^ du sel, tandis qu'à l'est, nous ne 
trouvons cette proportion à aucune profondeur (Jacobsen, 
p. 41). La mer Baltique occidentale couvre une surface de 
239 m. carrés, et la Baltique orientale, de 6724 m. c. Dans 
cet article, j'aurai dû parler de la mer Baltique Kusse, mais 
toute tentative de rapprocher les frontières faunistiques des 
frontières politiques doit être rejetée. Les côtes de la Suède 
ne peuvent être distinguées des côtes russes parallèles ni par 
leur position géographique, ni par les conditions de la vie 
animale, et la partie de la mer Baltique qui baigne les côtes 
de l'Allemagne et l'extrémité méridionale de la Suède, quoi- 
qu'elle s'étende dans une autre direction et qu'elle s'éloigne 
vers l'ouest, se relie par sa faune à la région qui se 
trouve entre la Suède et la Russie, plutôt qu'à la région 
occidentale, dont nous avons indiqué les limites. 11 est vrai 
que dans la région qui se trouve entre l'extrémité méri- 
dionale de la Suède, l'île de Bugen et l'île de Bondiohn, 
nous trouvons quelques foruies, qu'on ne trouve plus en 
allant vers l'est; mais leur nombre est restreint et elles ne 
sont pas des éléments essentiels de la faune locale, par 
contre les côtes russes et les côtes prussiennes de la mer Bal- 
tique se ressemblent tellement, la répartition du sel y est 
tellement exempte de tout saut plus ou moins brusque, que, 
en voulant parler des côtes russes, nous nous voyous né- 
cessairement obligés de parler de la région orientale de 
la mer Baltique en général. 

La région orientale de la mer Baltique est ordinairement 
divisée en deux parties, qui sont: la partie septentrionale 
et la partie du milieu de la mer, dont les îles d'Aland 
forment la limite. Le golfe de Riga et celui de Finlande 
restent à part, car leurs conditions physiques (surtout 
celles du golfe de Finlande) se distinguent beaucoup 
de celles du grand bassin du milieu. Nordquist '') met, en 



4) Norâquist, Ose. Jakttagelser ôfver hafsvattnets salthult och temperatur 
inom Finlauds sydvestra Skargârd och Bottniska vikcii Sonuuaren 1887. Hcl- 
singfors 1888. 



— 131 — 

outil", il part: 1) la luor aux éciieils(skargardliîifvet) près du 
la côte sud-ouest de la l-lnlaiule et 2) la mer Aland (Alaiids 
haf) — la région entre les îles d'Aland et la côte orientale 
de la Suède. La partie septentrionale de la mer lialticpie — 
c'est le golfe Bothnique (1877,5 milles carées), qui se di- 
vise en deux dans la partie la plus étroite, entre les villes 
Tniea en Suède et Yasa en Russie. La partie septentionale 
((IG'J,5 m. e.) porte en suédois le nom de lîottenviken, la 
partie méridionale — celui de Bottenliafvet (1215 m. c). 

La région orientale de la mer Baltique est beaucoup plus 
profonde que la région occidentale, mais sa profondeur n'est 
cependant pas grande. Le maximum de la profondeur, 323 mtr,, 
se trouve entre la petite île de Utô (au sud de Stockholm) 
et la petite île de Gottska Sandô (au nord de Gothland). 
Tuis il Y a quelques espaces épars avec la profondeur de 
200 — 300 mètres, dont je ne décrirai pas la position, en 
me permettant de renvoyer ceux que la question intéresse, 
à l'ouvrage de M. Ackermann. Je ne signalerai que le plus 
grand de ces espaces, qui se trouve entre Gothland et la 
côte russe. La surface appartenant aux profondeurs plus 
gi'andes ([ue 40 mètres prévale dans la région orientah; 
(le la mer sur celle des profondeurs plus petites, tandis que 
il l'ouest une profondeur de 40 mètres est très rare. La 
l»rofondeur maximale dont on a eu des amimaux dans la 
région orientale, est de 230 lutr. En couiparant la faune 
de cette région à celle de la région occidentale, nous con- 
cluons, que la zone profonde de la mer Baltique ne pré- 
sente pas d'intérêt aux faiinistes. 

Dans la partie allemande et occiiUîntale de la mei' 
Pialtique beaucoup (h3 stations font depuis longtemps 
des observations sur la densité et la teuipérature de 
l'eau etc., et, par suite, ces questions sont éclairées 
d'une manière exemplaire pour ces lieux-là. Dans la partie 
orientale, nous n'avons que la station LoIiuk; sur l'île de 
T\ugen, et Ilela et Ncufahrwassfîr dans la baie d(; Daiitzig. 
La Russie n'a pas de stations qui observent d'après le 



— 135 — 

programme que nous venons de voir en Allemagne, et ce 
n'est que des environs de Riga que nous avons les obser- 
vations feites au cours de plusieures années par M. Scliwe- 
der sur le Y„ du sel. Ainsi pour juger de la répartition 
du sel dans la région orientale de la mer Baltique, nous 
n'avons comme source principale que des observations sépa- 
rées, faites dans différentes conditions; cependant, la compo- 
sition de l'eau, surtout dans la mer Baltique, varie beau- 
coup selon la saison, le temps qu'il fait, etc. Heureuse- 
ment, les savants qui ont spécialement étudié les modifications 
du 7o ^^^^ sel dans l'eau marine, M. M. Karsten^) et Meyer"), 
ont conclu que la région orientale est beaucoup moins su- 
jette à ces modifications que la région occidentale. Nos ren- 
seignements sur le 7o ^^^ sel dans la mer Baltique orientale 
nous viennent surtout des travaux des M. M. Forchliannner '^), 
Edlund ^), Struve ^), Goebel, puis du rapport de l'expédition 
allemande de 1871 (Pommerania-Expédition), de l'ouvrage 
de M. Braun'") et enfin des observations de M. Nordquist"). 
En outre, les observations très exactes de M. Sanger et 
des croiseurs russes: ,,Tcliaïka", „Lastotchka", „Lebed" et 
„Straje" ont été publiées dans des éditions allemandes, les 
premières chez M, Meyer ^'), les dernières chez M. Kars- 
ten '). 

Afin de donner un tableau de la répartition du sel dans 



5) Karsten, G. Beobachtunçcii iibei- die physikalisclicn Eigeuscliafteii di-s 
Wassers der Ostsee und Nordsee. Jahresher. d. Comraiss. zur wissensch. 
Uiiters d. deiitsch. Meere fiir die Jahrc 1877—76. Berlin 1878. 

^) Meyer, H. A. Periodische Schwaiikungeii des Salzgelialtes im Obertlà- 
clienwasser in der Ostsee und Nordsee. IV Bericht d. Comnaiss. etc. Ber- 
lin 1884. 

'^) yorchlmiiimer, G. Oni sovandets bestanddellc o;:;- deres Ibrde ling- i haf- 
vet. KJobenliavn. 1859. 

^) Edlaiid. Oni ii^bildniiigen i liafvet. r>fversigt af koiigl. velenskaps Aka- 
demiens fôrliandlingar. 18(33. 

''j Struve, H. Ueber den Salzgehalt der Ostsee. Mcn^oires de l'Acad. Inip. 
des sciences de St.-Pétersb. VII ser. tom. VIII. 1861. 

!'•) Braun, M. Physikalisobe und biologische Untersucliiingen im westlichen 
Tlieile des linnisclien Meerbusens. Archiv fiir die Naturkiinde Liv., Ehst. und 
Kurland. B. X. Lief. I. Dorpat 1884. 

1^) Meyer, A. H. Untersnchnnven iiber physikalisclic Verhàltnisse des 
westlichen Thciles der Ostsee. £in Beitrag zur Physik des Mocrcs. Kicl. 1871. 



— 136 — 

l;i ivgion oiiiMitale de la im>r Baltique, jo présente les don- 
nées trouvées par les exi)U>rateurs que je viens de citer, 
mais dans l\»rdre difterent du leur: c'est à dire, au lieu 
de suivre l'ordre des lieux d'observations et leur indiipier 
leur 7oî .H' ^^^^^ l'ordre tombant des chiftres du "/o ^^ l^^^^' 
indique le lieu d'observation et la profondeur de la mer en 
mètres. Quand la prot'omleur n'est pas indiquée, c'est que 
l'observation a été faite à la surfjice de la mer. 

1,89 — Landskrona; 1,74 — JMalmo; 1,63 — près de lîornliolm 
(82 m.); 1 .32— Darsser Ort (IG m.); 1,16— près de llela 
(88 m.); 1,14- — Darsser Ort; 1,11 — vis-à-vis Brûsterort 
(86- m.): 1,10— vers le S de (\irlskrona; 1,02— 40 mil. de 
l\oneliamn (Cîotland'l (173 m.); 1 ,00 — entre Landsort et Got- 
land (207 in.):, 0,92 — 70 mil. de l'extrémité septentr. de 
Gotland vers Libawa (90 m.); 0,91 — Darsser Ort; 0,90 — 
Lolime (Ru.uen); 0,89 — près de Bonne (Bornliolm) (38 m.); 
0,88 — près de Torso (mer d'Aland) (145 m.); 0,82 — vers 
le S^Y de Ystad; 27 mil. de Boneliamn (117 m.); 0,79— 
!\ralmo, vers le N. de Dago; 0,78 — vers le W. de Born- 
liolm; entre Bornliolm et Cimbrisliamn (63 m.); 0,77. — 
Areona (Riigen), llela, près de Libawa (38 m.); 0,76 — 
Oder Bank, côtes de Bornliolm (0,18 et 27 m.); entre 
nornholm et Cimbi'isliamn (45 m.), llela, Briisterort, Wester- 
\ik, entre rolangen et Steinort, vers le N. de Dago, près 
(le Worms (65 m.), BéA^al (81 m.), 27 mil. de Gotland 
(45 m.); 0,75 — entre Bornliolm et Cimbrisliamn (9 et 27 
m.V Bonne Bank. Stolper Bank (0,16 et 32 m.), Mittel 
Bank, llela, Danzig, J'illau (43 m.), 16—18 mil. de Li- 
bawa (G et 34 m.), Réval (36 m.); N. de lîéval vers Kok- 
sclier (90 m.), entre Boneliamn et Lyser Ort, entre Sliteliamn 
(Gotland) et ^lemel, écueils de Dalaro, près de Stokliolm 
(72 m.). 0,74. — Cimbrisliamn, Nykoping, près de Bornliolm 
Xeufahrwasser (9 m.), Hela (17 m.), près de Hela, 60 mil. 
de Boneliamn vers Lyserort, côte du sud de (Jotland; 0,73— 
côte orientale de Bornliolm, Ystad, Hela, près de Memel, 
entre Oeland et Gotland, vers le N. de Dago; 0,72 — entre 



„- 137 — 

Boriiholm et Cimbrisliamii, Hapsal, mer des écueils (59 "47' 
Lat. N., 21"21' Long. 0. de Gr. (103 m.); 0,71 — Pillau, 
entre Oesel et Dago, Kalmar (18 m.), mer des écueils (47 
et 93 m.): 0,68 — Hapsal, entre Abo et Helsingfors, entre 
Wisby et Nykoping, Calmarsund, Westervik, vers le N. 
d'Oeland, Paponwiek (Estl.) (45 m.), mer des écueils 
60"5' Lt. N. et 21*'55' Lg. 0. (0 et 25 m.). 0,67— entre 
Moon et Estland, entre Worms et Packerort (36 m.), entre 
Abo et Helsingfors, mer des écueils, baie de Réval (36 m.). 
0,66 — Greifsw. Bodden, Wisby; 0,64 — Arensburg, Hapsal, 
Landsort, près de Polangen, entre AVorms et Packerort (0 
et 36 m.), mer des écueils (Deletfjôrd) (51 m.). 0,62 — 
Pernow, Paponwiek, mer des écueils (près de Kokar); ibi- 
dem 60"8' N.— 19^18' 0. (217 m.). 0,60— Hapsal, entre 
Réval et Koksclier, entre Dago et Eéval, Réval (9 m.), mer 
des écueils (GuUkronafjord); 0,58 — près de Riga, Kolko- 
wiek (W. de Réval); 0.57 — Xeufahrwasser, Dalaro, Uto (pas 
loin de Stokliolm); 0,55 — golfe de Riga, Réval (0 et 9 m.); 
0,54 — Dubbeln, Moonsund, Réval, Papoinviek, près de Wasa, 
Cristinestadt; 0,48 — Karlsbad (près de Riga), vis-à-vis Stok- 
liolm, entre Hocldand etTiitters, N. de Gefle (Golf. r)Otlin.); 
0.46 — Soderhanm(golfe Bot]m.),Réval;0.44 — Chudleigli(près 
de Narva); 0,42 — SO de Hôrnesand (golfe Bothn.), entre 
Réval et Koksclier. 0,41 — Stensclier (golfe de Fini.); 0,39 — 
port de Libawa, vers le S. deUmea, près de Braliestad, Réval; 
0,38 — Uleaborg;0,37 — Réval, entre Jakobst. et Nicolaist., golfe 
Bothn. 63^33' N. et 2^1' 0. (35 m.); 0,36— golfe de Fini, 
entre Nervo et Seskâr; 0,34 — Braliestad, Uleaborg; 0,33 — 
Hocliland; 0,28 — port de Libawa; 0,26 — vers SO. de Xeder- 
kalix, Seskiir (golfe tle Finlande), partie sept, du golfe lîotlni. 
(65n0' N. et 25"ir 0.) (29 m.); 0,21 — partie sept, du 
golfe Bothn. (65^^28' N. et 24^47'' 0.); 0,17— près de Tor- 
iiea: 0,15 — Malorn (vers le S. de Torneâ); 0,105— Kello- 
pukki (65^8' N. et 25ni' 0.); 0,07— V, mil. W. de Kron- 
stadt: 0,06 — port de Kronstadt. 

Cette table est très instructive. Elle montre, que malgré 



— lob — 

la stabilité comparative do l'oau dans la ivgitni orientale de 
la mer lîaltique. les niodilieations y sont très considérables. 
Ainsi à Kéval nous avons O.Go"/,,, et une autre fois 0,37"/,,, 
ce qui répond plutôt à la partie septentrionale du golfe 
r.othnique: à Westervik (Suède, vis-à-vis de Gothland) nous 
avons 0,68 et 0,70, à llela 0,(18 et 0,75 etc. Ensuite, 
quoique (n'dinairenient l'augiiientation de la profondeur soit 
suivie de rauiiuientati(Ui du "/^ du sel, nous voyons beau- 
coup d'exceptions. Il est instructif de voir qu' à Stolper 
lîank, f>i(r la surface de la mer. à la profondeur de JO 
nifr.. et à la profondeur de S.2 mtr. au màue Unnps, 
le "/g du sel est le même. Puis le "/^ est parfois le niôiue 
dans des lieux qui sont séparés par une très grande 
distance, et des profondeurs qui sont très différen- 
tes, connue on le voit surtout par les chiffres 0,74, 0,75 
et 0,76. Tous ces faits sont très effectifs à rendre peu 
considérables les transitions d'une région de la nun' 
ji une autre, mais en mêiue temps ils nous montrent que 
toute la faune de la luer Baltique orientale est sujette à 
des moditications très considérables des conditions extérieures. 
Les doiniées de la table désignent clairement l'un des problèmes 
les plus importants dans l'exploration future de la mer Jîal- 
tiijue orientale: // est nécessaire de préciser dhiprês des 
ohsermtions de plusieurs années, la moyenne du "/„ du sel 
[tour la jilus f/rande quanlifé possihle de lieux; il faut 
préciser h's limites des modifications du "/o d fiit'O sur- 
tout atlcntio)! à la qualité de l'eau aux eiiihouchures des 
/Icurrs. car (comme mes o])servations me l'ont persuadé, et 
comme j'en itarlcrai plus l»as) la fauite marine monte le 
couraiif dis fhun's. 

• b' donne maintenant une list(î complète d(;s invertébrés 
d(; la mer Baltique orientale, en corrigeant les inexactitud(!S 
ou les fautes des auteurs qui m'ont précédé. A chaque 
animal j'indique les limites des profondeurs auxquelles on 
Ta trouvé, puis je donne l'indication du lieu, sans préciser 
les détails insiguiliants (c'est a dire, souvent, au lieu de 



— 139 — 

110111111(31' une place qui est peu connue, je nomme l;i ville 
ou l'île les plus proches et qu'on connaît). Les noms 
des auteurs sont indiqués par les abréviations suivantes: 

7;._-Bi.aim'«), 7>W.— Braiidt^-), (7.— Griiiim^='), E.— 
EicliwakP^), //;/. — Hensen^^), K. — Kojevnikov''), N. — 
Nordquist "^), P. et de G. — Pouchet et de Guerne ^"), L. — 
Lindstrom ^«), il/.— Môbius^''), *SVA.— Sclirenk'*'), ^'.— Siin- 
ger'^^), Z. — Zaddaclr"'), Comni. — Commission qui a exploré 
la baie de Danzig^^). 

Protozoa. Frotomyxa vlridana Grm. Libawa. G. 

Actiiioplu-i/s sol Elir. Partie orient, du golfe de Finlande. 
Meresclthoivskjj ^ '). 

Bictyoclia spéculum Elir. Brilsterort Un. 



1'^) Brandt, K. Die mit der Ciirre oder der Dreduc auf dor Expédition 
icepanimelten Tliicre. (Holsatia Expédition). VI. Berieht d. Coinm. etc. Ber- 
lin 1890. 

^3) rpuMM^, 0. Ktj no3iianiio itaviiM Ba^iTincKaio Mopa. 'rpy/i,i.i CIll». 0. E. 
T. VIII. 

^*) Eichicald. Beili'iifie zur InfnsoriL'nkunde llusplauds. nnll. d, 1. Suc. 
Imp. d. Nat. d. M. 1844, 47, 49, 52. 

1') Hcmrn. Das Plaukton der osiliclicn Oslsec. Yl Berieht d. Connu, efc. 
Berlin 1890. 

^^) Nordqwial, 0. Bidrag- till .kanneduinon uni Botlniska vikens ocli norra 
Ôstersjons evertebrat fanna. Helsingf. 1890. 

1'') Poaclœt et de Guérite. Sur la fanne pclagiqne de la mer Baltique et 
dn golfe do Finlande. Comptes-rendns de l'Académie. T. C. Paris 1885. 

18) Lindstrôvi. Om Gotlands nutida mollnsker. Wisby 1868. 

'9) Mobias, K. Die wirbellosen Thierc der Osisee. (Pommcrania Expédi- 
tion 1871). Berl. 1873- 

29) ScJircnJ:. Uebcrbiclit d. Land nnd iSiisswasser M(dlusken Livlands. Bull, 
d. 1. Soc. linp. d. Nat. d. Mosc. 1848. 

") l^CHiepn. JI. K. IIpe,HBapiiTe.u.HMi1 oi-'ien. oGij n:!yMeiiiii 'tayiiM Ha.nifi- 
cKaro Mopn. IIsb. lliia. 05m. .ItoD. Ect. T. VIII, y. I. M. 1871. 

'•^2) Zaddach. Die Mecresfauna an der preiissischen Kiiste. Schr. d. pliys.- 
oekon. Ges. zu Konigsb, XIX Jalirg. Kom'gsb. 1879. 

23) Berieht iiber die Untersnchung <ier Danzigcr Bncht. IV Ber. tlcr 
Comm. etc. Berl. 1882. 

*) Mes recherches ont été faites en 1887. Une note prclimhiaire a été pu- 
bliée dans „.IIt>TOunci. ooo.ioririecKiixi, Tpy;i;oin. Oômecrua" par A. Bogdanow 
iM. 1888. Il3B. IImo. OCn^. ^HioO. Ect. tom'Ij LIW 

'-*'*) Mep&HCKoecKin, K. Stio/im na^b iipocït.iliiiiiMii }kiibotiii,imu Ctuepa Pocciii.. 
TpYAbi CnB. OGm. EcrecTiî. t. VIII. CnO. 1S77. 



— 1 10 — 

Vrorocenfruni )n}nu/s Klir. Yis-;i-vis Libawa Ifn. Partie 
orientale du golfe de Finlande linoidt^''). 

FcridiniNni difcn/cNs Khr. Bornholni, Oeland, vis-à-vis 
Stolpc ]hi. 

Croni/aidn.r sp'niifcra lUigen, Bonih., Oeland, Stolpe, Gotli- 
land, lloborg Bank, Brïisterort, Polangen, vis-à-vis de lii- 
bawa lin. 

CeraffKni frqios Elir. ibidem Ihi. 

Ceruthini fiirca Ehr. Briistcrort ////. 

(\'rafii(nt tcrgesthia. Bornliolm. lin. 

DhiopliDsis (tcnfa Ehr. dans les mêmes places ou Go- 

nyalax Jln., golfe de Finlande F. et de G. (espèce inde 

terminée).. 

EivUia mo)(()sfi/Ia Ehr. et St. \ -r, - ^ i^ 

V |{(3val Ji/ 
Climacoatomum piduJum Ebr. | 

Stentor coendeus Ehr. llapsal. E. 

Freia eié(jans Cl. et Lach. lïelsingfors (r. 

Tint'nnius reutricosus Cl. et Lach. Uugen, Oeland, Stolpe, 
Briister., lloborg lî., vis-à-vis de Jiibawa ///?., mer des 
écueils iV. 

Thdhnms suhidatus Ehr. ibidem, Bornbolm, Gotland. Ifn. 

Tint in uns fistidaris Uugen, Ijoridiolm, vis-à-vis de Li- 
bawa lin . 

Tintinnus horecdis Hens. Rugen, Bornliolm, Oeland, 
Stolpe, r)ruster., lloborg. B., Gotland, Polangen Un., mer des 
écueils, golfe Jiothn. jusqu'à 65 "37' N. N. 

TintinHUS hottnicus Nordqu. Baumo N. 

Tintinnus dentococcus Gotland, lloborg l^)ank Jfn. 

(.'odoneUa campamda IJaeck. Bugen, Bornliolm, Stolpe, 
Briister, vis-à-vis de Libawa Ifn. 

('odo)icUa lirandtii Nordqu. Mer des écueils, Ilaumo N. 

Coelenterata. Sponfjida tacnstris Cart. Partie orient, du 
golfe (le i ilil. J)ijt)(iiniiy(^ G. 

*'; Bratult, T. F. Ueljcr nielirere in tler Nàhe von St.-Petersb. beobach- 
tete liifnsorieiiiirten. Bull. d. 1. class. pliys.-math. de l'Acad. I. d. se. d. 
S.-Pct. T. III. St.-ret. 1845. 



— 141 — 

Ilydra viridis L. Hapsal Toll. Partie orient, du golfe 
de Fini. G. 

CordyUopJwra lacustrîs Allm. — 1 mt. Baie de Danzig 
M. Windawa À^, Hapsal i?., écneils de Stokholm. 

Campanularta flexuofid Hincks. 5 — 56 m. Ilugen, Mit- 
tel Bank, entre Gotl. et Mcnnel, près de la frontière russe 
M. Worms, près du Port r)alti([ue />'., Béval S. 7>., nier 
des écneils N. 

C'ijanea capilhdd Escli. Baie de Danzig S/rho/d, Briis- 
terort Hn. 

Aurélia aur'ita L. Rugen, Greifsw. Bod. ilf., baie de Dan- 
zig Z. il/., Briisterort Hu. Calmarsund L'niup'.'^^), Libawa 
G. 7\^., Hapsal E.,VyH du Tort Balt. B, K., Bèval B. h\ 
Wisby (Gotland) M. 

Echinodermata. Astprarai/tio)/ nihcus L. 22 m. Vers le 
0. de Stolper Bank Bd. 

OpJuo(jli/plta (dhida h\wh. 68 m. 14 mil. vers le N, de 
la partie sept. d'Oeland i)/. 

Vermes. MouoceJis linpata Oerst. — 2 m. Greifwalder 
Bod d en. M. SchuUze. 

MoHorelis unlpioidata Fab. 0—2 m. Greifswalder Bodden. 
M. SchuUze. 

MouoreJtH agilis. M. Sch. — 13 m. ibid. ScIihI., Jerst- 
hoft M. 

Vortex hait feus M. 8eh. —2 m. Greifsw. B. SchuL Li- 
baAva 6^., entrée du port de Ré val B. 

Vortex pellucklus M. Sch. Greifsw. B. Schul. 

Prostomum sn. 0-2 m. 1,, . , ,, , , ^, 
7,, , * A .^ Baie de lîcval L. 

Mesostomum sj). — 2 in.J 

Meaostomum marmondum M. Sch. — 2 m. (ireifsw. SchuL 

Stenostommn leucop^ 0. Schni. — 2 in. Kronstadt G. 

Marrostonunn hystri'X Oerst. — 2 m. (ireifsw. [>. Srliul. 

Libawa G. 

Macrostomum auritum M. Scli. Greifsw. B. Hchul . 



2") TÂmié Ctiii. KcisiMi .Imcli OflamI iiiul (ioUiind iui Juluc. 1741. Huile 
1764. 



— 142 — 

Doiclyocorhtm htcteiiw Mûll. — 27 m. Ronnostoin. Stol- 
l>or !>.. liaio de Djiiizig .1/., Libawa. WincluNva A'.. Woniis, 
>[<)oiK Nariion. Wulf. />'.. Dalaro M. 

r/(iii<ir/(i ((//■<((■ 0(Mst. (I -27 111. llui^ciu lirmiu'stcin. lioni- 
liolin. St()l]i('r W.. Ciiiilirisliaiiin .1/., Nargvii 15. 

l'IdiKir'ni forra Miill. — !•) m. lIonuestiMii, Stolpcr lî., 
liaie (\c Uaii/iu'. Iloncliaiim ((iotlaïul) .1/.. Nargon />.. llel- 
siiinturs (i. 

l'ftt/tarid hi(//ihrlx O.Sclnii. Kronstadt (I. 

l'Itiiiiuin ///(/ra \\\\v. Ki'onst... llolsiiigl". (î. 

J'/(tiiiiri(( Ititlliii r.raiiii. Nargeii />. 

l'oli/i-rlis S/). ]\Iat./.al\vi('k (vis-à-vis de Daii,o) />. 

Tciidstcnnutt olfsciiniDi M, 8cli. — 13 m. (ireifsw. B., baie 
de Danzi,-\1A., Lih-iwa d. A'., Windawa A'., IlévalN. /i., Port 
liait. A'. 

'rtfi<(sfrnn)iii s/i/i/it'/hic/iliin/ Oerst. — 24 m. Rugen, 
l{«>iiiie 1)., cùto de sud de lloriili. M. 

Xrnicrfrs (jr.'isrrrNsIs Midi. 11 — 146 m. ]\littel li., Jloborg' 
I!. Ilil.,\mG de Danzig, près de (Jotlaiid J/., près de Me- 
niel M. Jhl 

Asfrninia rnflfro)/s 90 m. N. de lïela 71/. 

Knchi-lidium mur'nium Khrb. Ilapsal, tiéval, Wibursj E. 

( h/(Jn>l(ihi/Hs //i/f/aris r.ast, 0— Il 111. iiibawa (t., lîéval IJ. 

Mouln/slfra vclox liast. ;) fi m. I , ., ,, 

., .. ', , ,..., , ,, - Libawa (r. 

b>i)iloplioya SPtosa liiitscli. ;> m. ( 

Gastrochaeta ciHdta (iriii.*) 1 m. (iolle de Fiidande G. 

Scoloplof; (inu'Hjcr Midi. 9 — 14G m. Traelleborg, Rugen. 
R.ornliolm, lii'iisterort J/., lïoborg llank. Bd. 

Sjiio sr/iconils Fab. — 42 m. Iliddensô, vers le N, de 
.Mitt.'l r.aiik. lîait' de Danzig 3/., Iiibawa G., Windawa A\, 
Kéval S. h., I'«»it Haitique K. 

'J'crchcUidcs Shon/ii Sars. 34 — ^85 ni. Vei's NN. d'Ar- 
cona (lliigen), Ystad, Traelleborg, .1/., Mittel R. /)V/., Daii- 
zig. X. M . ('on/Il/.. Arkfi Widiifroi . 



*) Zdinka, C. dans sa moiioj^riipliic des (liistrolric/in^ (Zciischr. f. wiss. 
Z. 49 15.) m; rrc.oiiiiiiiL |ia.s ii;ILi' rormi' |i(iiir nur di's ( .;i>li-(ilriidi;i, mais la 
plar»* parmi le.-' Nriiialudi'.s. 



— 143 — 

Pohjuoe cirrafa Pall. 5—230 m. SSO. de Traelleborg 
M., Stopfer B., Mittel B., Hoborg B. Bd. Danzig, Z. Comm., 
SW. deMemelJ/. Ed., vers WSW. de Libawa, SO. de Ro- 
neliamn M., Réval S. B. A'., mer des écueils, mer d'Alaiid 
N., côtes de Suède de Carlskrona jusqu' aux îlesd'Alaud. 
L. Widegreu. 

Nrreis direrslrolor Mtill. — 36 m. Hugeu, Bornlidlm, 
Calmarsund, Hela 3[., Stolper B., Mittel B. Bd., baie de 
Danzig Z. M. Comm., Memel Bd., Libawa G. K., Windawa 
K., Hapsal E., Port Balt., A'., Ré val S. B. K. 

Nrreis Bunivril/i ]\r. p]dw. — 2 m. entrée delà baie de 
Réval B. 

Arenkohi may'tun h. — 2 m. Cote NO. de Rugen M. 

EneJiyfraeHs sj^fculiis Frey et Leuck. m. Greifsw. 31. 

Enchytraeus sp. — 1 m. Golfe de Finlande G. 

Nais prohoaeklea Miill. — 2 m. ibid. G. 

Nais elinguis Mull. — 2 m. Près de Réval B. 

AeJosoma qnatcniariniu Elir., Ae . drro-^ 
rum Ebr. |0 — 1 m. Côtes 

Tuhifex rivnlorum Lamk., T. ?^>;/7>^'///-Jdu golfe de Fin- 
ferum Kessl. | lande G. 

Sdenuris Jougieauda Kessl. | 

Cïejjsine paJudosa Car. — 14 m. entre Rugen et Born- 
bolm il/., Libawa, AVindawa7v^, Helsingf., bouclie de la Neva G. 

Clepsi}ie sexovulata Rergm. Partie orient, du golfe de 
Finlande G. 

Nephelis vuh/aris Miill, — 4'/,^ m. ibidem. G. 

BiscicoJa geometra L. — 27 m. Stolper B., M. Bd. 
Baie de Danzig (7om»i., Libawa 6r. 7l., Moonsund i/., Port 
Balt. K., Réval E. A'., llelsingfors, Kronst. (r. 

Halicrypius spinulosus v. Sieb. 4 — ^146 m. Ystad, Ru- 
gen Jf., Mittel B. M. I>V.,lloborg li. 7>\/.. Hela, baie de 
Danzig Z. J/., Kalmarsund, Briisterort, SW. d(î .AFeiiiel M. 
Brawik Widegren, mer des écueils, mer d'Aland N. 

Briapulus caudaius Lamk. 45 m. YersNW. (rArcona,il/. 
Sagitta Stolpe, liriisterort. IBi. 



— 144 — 

Rotatoria. ANuraea andcafaVAir. Golfe Botliii. de Raumo 
jusqu'à Kellopukki, (N. irUleaborg) N., plaiikton du grand 
bassin oriental 11 1/. 

Aiutraca cochlearis Gosse. Golfe lîothnique ibidem N. 

Ainiraca tecta Gosse. Partie méridien, du golfe lîotlm. N. 

Ainiraca lougisphm Kellicott. Raumo A''. 

Ainintra Imlticii Ksrli., AitKfucd ral/iK VMv. llapsal A'. 

Amiracn striatu VWw . lléval /'>. 

Auniaca qniidridri/hi/d . TlanUton delalîaltique orient, llii. 

Anuni.fd folidccK Khr, Arcona, l)rristei'<n't. Jfn. 

Poli/iiythni ph((i/})fi'r(( Klir., Triaviitra lonf/iseta VMr., 

ÈHchldhl.'^ lunti VWw. Partie septentr. du golfe lîotlin. N. 

Eiirhlau/s llonii niionii Khr,, E. oininiiini/n . Ehr. — Ré- 
val E. 

MonosiyJn Jtn/diis Khv. Partie septentr, du golfe Bothn. N. 

Monostyla qnddridi'i/hiht Khr. lla])sal E. 

Moi/nsti/ht cornuia Klir. lléval E. 

Mefopidla acum'nHda Khr. Wiburg E. 

Moiinra roi ii rus VAw. Péval E. 

Cohinis ca/ifJidHs Khi', llapsal, lléval E. 

T)raclilo)//(s )i//r<(fl/is (). 1-'. Miill. Yis-à-vis Stolpe, vis-à- 
\is LiF)au, entre Memel et Gotlaml H il 

Brarliio//us hrevisphnis Klir. Uéval E. 

BrachioHus Bakrri Khr,, J'ffrodina patina Khr. Hapsal E. 

AsjdanrJnia Girodi (h' Guerrne, yi. s)/r/iH/oidrs Phiti', par- 
tie sept, du golfe Pothn. K. 

Stp/cliaf'fa hitllicit \'\\\\\ Oclaiid, (Jotland, Hoborg B,, 
P.riïstenu't, vis-à-vis Lihuw.i, Polangcn llu. 

Sipuliai-la luoiKipHs Tlatr. \ mer des éeueils, golfe de 

Siiiicluicla (ij)/is Plate, ) llothn, N. 

Wistf'iuma may'nnun \\\\v .^ Dilll.ciia firai/<//s Khr,, DiffJrna 
(iiir'ila Khr,, llapsal /•.', 

J}/(j/(i/t( forrijtahi Khr. Kéval E. 

J>i(jl('na caff'l/hni Klir, Uéval, llapsal /•>'. 

Notonimata dccipin/s Khr. llapsal A.'. 

Noiominata aurlla VMv. Wiburg E. 



— 145 — 

Pleurotyocha lejjfiira Ehr. Réval, Hapsal K. 

Monocerca hicornis Ehr. Golfe de Finlande E. 

Monorerea ratfNS Ehr. Wiburg E. 

Furcularia forfiaihi Elir. Hapsal E. 

F'urcularia gibba Ehr. Golfe de Finlande E. 

Furcularia Beirihardti Elir. Hapsal, Réval, Wiburg E. 

Rotifcr marrurifs Ehr. Golfe de Fini. E. 

lîotifer rnl(/(iris Ehr. IL dtrlmis Eln\ | 

Tuhicolaria najas YÀ\y. FJoscularia iiro- ^M?i^^n\ E. 
hoscldea Ehr. ) 

Chaetonotus larus Ehr. Libawa, golfe de Finlande G. 

Eclnnodercs sp. près de Tolangen Hn. 

Bryozoa. Memhranipora pUosa L, var.memhranaœa Smitt, 
— 94 m. lîngen, Bornliolm 71/., côtes de Suède Sniift,Sto\- 
perB., MittelB. 3L JJd., Hohorg B. Bd., baie de Danzig 
Comm., Briisterort 1kl., près de Memel M. Bd., Polangen 
A'., Libawa G. K., Windawa K., Gotland, Dalaro ilf., Worms 
Dago B., Port Balt. A'., Réval. E. S. B. K., Paponwiek //., 
près de Narwa ^S'c/?.^ Helsingtbrs, Abo G., mer des écueils, 
mer d'Aland, golfe Bothn. jusqu'au 62"G'Lat. N. N. 

Cruslacea. Bahims iniprorisusDsLVVi. — 36 m. Greifsw. 
Bodden Militer et BucldioJz, côtes de Prusse Hensclie, Dan- 
zig Z., près de Memel M. Bd., Libawa G. K., Windaw^a K. 
Hapsal Kritsrluiyhi , Matzahviek B., Port Balt. K., Réval. 
S. B. K., Helsingf., Abo G., mer des écueils jS. 

Argulus foJiaceus L. Baie de Libawa A'. ^ Moonsund B., 
partie septent. du golfe Bothn. N. 

Tachidius discipes Giesbr. (iolfe Bothn. septentr. jusqu'au 
65n0' N. J\^ 

Cydops canthocarpofdes Fisch. Gotland. L. M. 

Gydops serrulatus Fisch., C. vîridis Fisch. — mer des 
écueils N. 

C. LeiœkarUi (Claus). Près de Hochland N. 

Cydops quadricornis. Golfe de Finlande P. et de G. 

iJias Jongiremis lillj. Rugen, Stolpe, Briister. lin., (iot- 
land (Ronehamn, AYisby) 2L., Libawa G., mer des écueils, 
mer d'Aland A'. lo 



— 146 — 

Dids hifiJosKS Gieshr. Sto\])o JI IL, baie deDniïzig Connu . , 
Rriisterort 7/;/., mer tles écueils, o-oife liotlin. jusqu'au 62*36' 
N X 

Dias discau(hifi(s Giesb. Réval B. 

Gentropages hamafus Lill. Stolpe, Brilster. ]I)L, l)aic de 
Danzig- Corn m., mer des écueils iV'. 

LimuùoalauKfi macniruf^ G, 0. S. mer des écueils, mer 
d'Alaud, golfe lîotliu. jusciu'à la partie la plus septeiitr. i\\ 

Tcmorella ChiKs/f lloeck. (Teinora velox Lill."'^). Golfe 
l^ottn. jusqu'à 6 5 "6' A. 

ToiHtrdla aff'ni'is rar. Jiispida Nordqu. uu;r des écueils N. 

TemorcUa affntis rar. Ji'irumloides Nordqu. ihideui, mer 
d'Alaïul, golfe Botlin. jusqu'à 35 "3 7' N. N., Kronstadt*), 
Sluit'nie. 

.Temora lougIconNs Miill. — 5 m. W. de llomie. M., 
Stolpe, liriisterort ////., baie de Daiizig Coin m. ^ Wisby L. M., 
mer des écueils, mer d'Aland. N. 

T('m()ra liinimlo Cisbr. Stolpe, près d'Aland Un., baie de 
Danzig Comm. 

Claus'meJongatd lioeck (Lucullus acuspes Giesbr.)^") Stolpe, 
r)ruster. Ifn., baie de Danzig Connu., mer des écueils, mer 
d'Aland N. 

Oithona spinirosfris Cls. Stolpe, lîriisterort Jffi. 

Sh/a rr)/sf(iUinfi Miill., ('eriodapinnd Sp. partie septentr. 
du golfe Uottn. N. 

Bosniiiia marifima P. E. M, Rugen, Bornholm, Oeland, 
Stolpe, Iloborg. 1)., Uriister., vis-à-vis Libawa, l*olangen Jfn., 
mer d'Aland, golfe lîotbn. jusqu'à la partie la plus septentr. N. 

Bo^mina long/ rosf ris Sclioedl. Golfe; de Finlande P. et il. (î. 

DaplnieUa hrachyura Liev., Daphnia quadrangula, llyido- 
daphnid Kcdhcrgifin-.is Scliodl. — (lolfe de Fiidande ]\cf de C, 

Kurgcarcns lainellalus Mfdl. La partie la plus septentr. 
du Golfe Bothn. N. 



') D'après ma df'lcmiinalioii. 
2'j Nordr/nisl, (). iJic Calaiiidcii Fiulands. II(-lsiii;.'r. 1bH8. 



à 



— 147 — 

Alona quadrangularis 1*. E. M. Raumo N. 

Chydoriis sphaer'wus P. E. M. Mer des écueils, golfe 
Bothn., jusqu'à la partie la plus septentr. N. 

Erachw Nordmantii Lovén. Rugen, Bornholm, Oeland, 
Stolpe, Briisterort, Hoborg 11, Gotland, Polangeii, vis-à-vis 
de Libawa lln.^ partie orient, de la mer Baltique P. et de 
r/., Iléval 7>., golfe de Fini. F. et de G., mer des écueils, 
mer d'Alaiid, golfe Bothn. jusqu'au 6 5 "3 7' N. N. 

Podon poJyphemoides Poppe. (Podon minutus G. 0. Sars). 
plankton de la Baltique orient. Hn.^ mer des écueils, mer 
d'Aland, golfe Bothn. jusqu'au 6 5 "3 7' N. iY. 

Podon LeMckdrtfi Poppe. Plancton de la mer Balt. orient. 
II ff., Gullkrona N. 

Podon inter médius Lillj. Rugen 71/",, plankton de la mer 
Balt. orient, //w., Ronehamn 71/. , Libawa fV., Ré val 5., par- 
tie orientale du golfe de Finlande P. et de G. 

Polypliemus pediculus de Geer. Mer des écueils, partie 
septentr. du golfe Bothn. N. 

Leptodora Khidtii Focke. Partie septentr. du golf Bothn. 

Cytheridea sorhyana Jones. Mer des écueils N. 

Leptomera pedata Abild. Port de Libawa G. 

Coropli'tum longicon/e I^atr. — 25 m, Rugen, Greiswald. 
Bodden, Ronnestein il/., baie de Danzig Z. Comm., Calmar- 
sund, Dalaro 71/. , près de Mémoire/, Libawa 6'. yv'.,Win- 
dawa 7v., Matzalwiek, Moonsund /?., Reval S. K., merdes 
écueils, golfe Bothn. jusqu'au 62"G' N. N. 

Bathyporeia pdosa Lindst. 6 — 27 m. Landskrona ^S'm///^ 
Rugen, Stolper B., Mittel B. JSl., Hoborg B. Bd., Danzig Z. 
côtes de Gotland Jy., Libawa G.^ Windawa 7v., Port 13alt. K. 

Pontopore'm feworata Krôy. (affinis Lindstr.). 4 — 108 m. 
Rugen, Ystad, Traelleborg, entre la Suède et Bornholm 7)/., 
Stolper B. /?^/., baie de Danzig Z., Briisterort 71/., Mittel !>. 
71/. Bd., Hoborg B. Bd., Gotland L., Galmarsund Dahiro, SW. 
de Memel 71/., Libawa (9. A'., Wulfsund (près de Réval) /i., 
Reval B. K., Paponwiek B., mer des écueils, mer d'Aland, 
golfe Bothn. jusqu'au 65 "35' N. TV. 

10* 



— 1 48 — 

Pontoporc'ia furàfiera "Bruz. 24 — 140 m. IToborgbank Bâ., 
baie de Daiizig Connu., près de Kokscher, Paponwiek B., 
mov dos écneils (Giillkronafjord) X. 

Protomcdcld j)iIo.'^ii {'/a\.) (lieptocliirus pilosiis Zd). Greifsw. 
Bod. 3£i'(ller., baie de Daiizig Z. 

CdJIIoj»' htcrinsciiJa Krov (I\'irainphitoe laeviuscula Kroy, 
Aiupliitoo Katlikei Zad.) — oG m. rvugeii, Konnebank M., 
Mittel. r». M. n<]., lloborg B. Bd., Daiizig Z., Gotlaiid L., 
C'imbiisliainn M., r.ibawa G. K.. Windawa 7v'., Wiilfsimd B., 
Port r>alti(iue A'.. Béval Sr'), Ifelsiiigfors (r., mer des 
écueils X 

'Gamniarfis ïocNsfa L. 0^ — 104 m. Bugen, Oderbank, 
Bornbolm M., Stolper B., .Alittel B». iM. Bd., Daiizig Z. 
Counii. M'.,in'ès de Memel J7., Libawa Cf . 7v., Windawa /v'., 
Mooiisund J5., près de Kéval S. B. /C, Port Balt. 7v^, Ilel- 
singf. Kronst. Gr., (lotlaiid Linné M. ^ Kalmarsimd, Dalarii 
.V., mer des écueils. mer d'Aland, partie mcrid. du golfe 
liotlin. N., côtes de Suède jusqu'à la partie la plus septeutr. 
du Golfe Bothii. Lil/jeborf/^^). 

Gammnnis canccUoideH Gerst. 2 — 24 m. ITelsingf.. golfe 
de Finlande G.^ Kronstadt KessJer, partie septentr. du golfe 
Botbnique (Lulea) Cedcrstrôm^^). 

GammarKS jrulex de Geer. Libawa G. I\., Helsingf. G., 
côtes de Suède L'nnu'. golfe du Finlande Cr. 

Orrhe.stid littorea Mont. Greifsw. Bod. {F. Midier), Ru- 
gen, Bornliolm. jM., vis-à-vis Libawa, plankton //;/., Libawa G. 

Orchesfia Desliaj/esii Sav. Greifswald. Bodden F. Midier. 

TiditrMS locKsfa L. Bugen F. Afi'i//., côtes de Prusse Z., 
vis-à-vis de Libawa, plancton Ifn., Libawa G. 

Melita 2)(dmata Leach. 3 — 6 m. baie de Danzig Z. 

Aidhnra f/rnr//ifi Mont. Cîreifsw. B., Miliit et Buridiob, 
Imie de Daiizi';' Z. (Jo)init. 



*) Coll»!cti(»n (lu Musée Zool. de l'Université de Moscou. 

28j Lilljchor!/. II;ifs-Cnistaccer vid Kii]liil)erg. OeiV. iif koiiyl. vctensk. 
Akad. I''(>i'li;iiidliii{(ar 1H52. 

2*>) J.ovt'n. Till frajriiii om IsliafsCaiiiias furdiia iilslriickiiiny (ifver eu del 
af Nurdeu.- fastlaud. Oevfcrs. af. k vet. A(;m1. IVirliand. 18(52, 



— 149 — 

Tanais haltkus (T. rliynchites) F. Mûll. Greifsw. Bod. 
Millier. 

Idotea entomon L. — 146 m. Hiddeiiso, Oelaiid il/., 
Mittel B., Hoborg B. Ed., baie de Daiizig Z. Comm., vers 
SW. de Landsort. près de Gotland M., Lil)awa G. /t., Win- 
dawa 7\^., près de Biga -EJ., Moonsimd, Worrns !>., Port Balt. 
K., Réval S. B. K., Helsiugf. Abo G., Kronstadt Kessler G., 
mer des écueils, mer d'Alaml, golfe Bothn. jusqu'au 6 5 "3 5' 
N. N. 

Idotea tricuspidata Desm. 0—27 m. Rugen, Greifsw., 
Bonne B., Bornliolm, côtes de Prusse J/., Stolper B. Ed., 
^littelbank il/., Hoborg B. />r?., Danzig Z. Conim. il/., Cal- 
marsund, Dalaro, Gotland J/., Libava G. K., Hapsal Kri- 
fshaffin, Moonsund AVorms, île Bogoe. E. Port. Balt. K. 
Réval S. E. K., mer des écueils, partie mérid. du golfe 
Bothn. jusqu'au 62^6' N. N. 

Jaera marina Fab. — 46 m. Rugen, Greifsw. B., Born- 
liolm, Cimbrisliamn, côtes de Prusse il/., Stolper B. Hoborg 
B. Ed., Mittelbank il/. /?r?., baie de Danzig Z., Gotland />., 
Dalaro il/., Libawa K., Moonsund, Dago, entrée de la baie de 
Réval E., Port Balt. /T., Réval 's. K., Helsingf., golfe de 
Fini. G., mer des écueils, mer d'Aland, partie sept, du 
Golfe Bothn. jusqu'au 6 5 "3 5' N. N. 

Asellus aquaticus L. — 12 m. Greifsw. Bod. Mûnt et 
Eiwhhoh, Libawa, Windawa /t., Moonsund E., Port Balt., Ré- 
val K., Gotland, Dalaro il/., Helsingf., Kronst. G. 

Cnma Rathkei Kroy. 6 — 146 m. Ystad, Rugen, Oder- 
bank, Bornholm, Stolper B. il/., Mittelbank M. Ed., Hoborg 
B. Ed.,\m(i de Danzig Z. Connu. 31., Briisterort, SW. et 
NN. de Memel, de Gotland il/, vis-à-vis de Libawa, plank- 
ton Un., Libawa G., vers le N. de Dago /?. 

Neomysis vidgaris Thomps. — 75 m. Rugen, Oderbank, 
Stralsund, Bornliolm, Stolper B., jMittelbank 3/., Hoborg lî. 
Ed., Danzig Gonim. AL., près de Memel il/. Ed., Gotland 
/v . il/. , Dalaro il/., Libawa 6'. /i'., Windawa /T., Moonsund, 
Worms, Paponwiek E., Réval K., Helsingf., Kronst. G. (forma 



— 150 — 

baltica Czerii) "'") mor des écueils, partie inérid. du golfe 
Botlin. N. 

Siffuni/sis flexiiosa MnW. — a() m. Ciiubrisluimn, Kiigeii, 
IVn'iili., Mittelbank .1/., baie de Dan/ig Z.. Cahnarsimd M. 
près de ^leiuel />'/., Libawa Cr/'')K., Moonsimd B., Port 
Balt. K., près de Kéval J5., mer des écueils N. 

31}/sis balfica Czern. ''"). Côtes de Suède (Lovvii). 

Mysts mixfa Lillj. — 280 m.**) côtes de Suède Wi- 
derfmi'') INIittel V^. Ed., mer d'Aland N. 

Kessieri'lla coninfa Czern. (Mysis coriiuta Kroy). Côtes 
de. Suède L. 

Ki'ss/c relia Goesl Czern. (Mysis cornuta Goes). Côtes de 
Suède L . 

Kcsslcrclla iiierniis Czern. ÇSl. inermis Ratldvc). Hoborg 
B., Mittel B. Bd. 

Jli/sis relief a Lovèn. — 10 m. (îolfe de Fini., partie 
septentr. du golfe Botlm. Wldegreii N. 

ruJaemou sqnillali. — 14 m. Greifsw. Bod., Rugen il/., 
Danzig Z. Connu., côtes de Prusse. Z., mer des écueils''""*) 
^V. (!?) 

Craii<ion vuh/aris Fab. — 37 m. Traelleborg, Bugen, 
Oderbank, Bornholm. Jf., Stolper B. M.Bd., baie de Dan- 
zig Z. Coin m., près de Memel -£?(i, (lotland J/., Libawa (/. 
K.. Windawa A'., llapsal B., Béval S. K. 

''■''CarcfUids nuieiuts L. — 2 m. Iliddenso .If. On ne Ta pas 
trouvé plus à l'est, mais comme exception un exemplaire a 
été trouvé près de Riga en 1853, fait qui accentue bien 



^''j UcpHiKiCKih, Ji.i. Monorjiai'iii mii:ui/ii.. iiiiciiMyinecTBeHUO PocciiicitoH um- 

iiopiii. Tp. Clin. 06in. EcT. T. xir, xm, xvin. 

*) Forma lialtica C/.eni. 

'*) En parlant (les aniuianx marins, les anteiirs n'indicinent pas (rime ma- 
nière assez flaire si l'animal est vraiment pris à une certaine profondeur, on 
Iiien si cette profondeur est senlement celle dn lien en question. 

***) Il parait que c'est nne faute: Palaemon sipiilla L. est écrit au lieu de 
Cran;.'on vnlfj-aris Fab., qui n'est pas mentionné dn tout: M. M. iiraini et 
Oriinm sont cités — et ils n'ont trouvé (jue Crang-on, et non Palaemon, comme 
aussi personne n'a trouvé ce dernier sur les côtes russes. 



A 



— 151 — 

la circonspection, qu'on doit avoir pour les trouvailles for- 
tuites faunistiques. 

Gypris oriiafa Jur,, Cypris piisilla Eicliw. Hapsal E. 

Mollusca. Mytilus ediilisL. 0— 83 m. Cimbrishamn, Kii- 
gen J/., Stolper B., Hoborg B., Mittel B., Briisterort B(f., 
baie de Danzig Z, Comm., SW. et NAV. de Memel 31. Bd , 
Calmarsund, Dalarô, Gotland L. M., Polangen K., Libawa 
G. K,, Windawa K., près de Riga E.^ Oeland Liime., Hapsal 
Kritscluiy'in Pernow, Oesel, Srhrenl; Dago E., Moonsuud, 
Worms, Nargen, Wulfsund B., Port Balt. K., Réval Schrenl', 
S. B. 7c, près de Narwa SrJi., Helsingfors G., mer des écueills, 
mer d'Aland, golfe Bothn. jusqu'au 6 2 "6' N. N. 

GardhuH edide L. 2 — 104 m. Rugen, Oderbank, Greifsw. 
Bod., Stralsund, Piônne B. M., Stolper B. M. Bd., baie de 
Danzig Z. M., Calmarsund il/., Oeland Linné, Bornliolm, 
Dalarô, Memel M. Polangen K., Libawa G., Windawa K., 
près de Riga, Hapsal, Dago E., Oesel, Pernow, Hapsal Scli., 
Moonsund, Worms ^., Reval Siemaschko. B. K.,VoYt Balt. 
il., près de Narwa Sclir., mer des écueils, mer d'Aland, 
olfe Botlm. jusqu'à 62%' N. N. 

TelUna hcdtica L. 2 — 88 m. Traelleborg, Ystad, Rugen, 
Oder B., Stralsund, Bornh.il/., Stolper B.. Hoborg B. ^r/., 
Mittel B. 21. Bd., Danzig Z. Comm. M., Memel JI. Bd., 
Calmarsund, Gotland, Dalarô il/., Dago, Hapsal /J., Libawa 
G. K., Polangen K., Oeland Linné, près de Riga Sie)iiasch. 
K., Windawa 7t^, Réval S. B. K., Moonsund i?., Port Balt. 
K., près de Narwa ^S'c//., près de Péterliof -S'/(";;/rt.vc7i'/,-(), Ilel- 
singf. G., mer des écueils, mer d'Aland, golfe Bothn. (jusqu'au 
63°52' N.) N. 

Tellina tennis Da G. Middendorf attirme que cette 
espèce habite nos côtes. (??) 

Astarte boréal is Cliem. 21 — 82 m. Traelleborg, Born- 
liolm J/. 

Jfya (ireuaria L. 5^ — 36 m. Rugen, Stralsund, Greifsw. 
B. 31., Stolper B. Bd., baie de Danzig Comm., Galmarsund 
3/. j Gotland X., près'de Memel il/., Libawa G. K., Windawa 



__ 152 — 

7\'.. près ik' lliuii A'. A . , i )ai;o 7-.'. , Oescl *SVA., llupsjil, Mut- 
zahviek i>., Kéval Sir ni. 7). /v'.. près de Narwa Sclir., yav- 
tio inérid. du (lolfe l^otlni, ()2"3()' N. N. Tous les exemp- 
laires vivants que j'ai trouvé, étaient très jeunes. 

Ml/a (nuirafd L. ^liddendorf (1. c.) l'indique eonnne ap- 
partenant à la tanne russe de la nier lîaltique. 

Drcisscud /xilf/niorplm l'ail. IJouche de AVindawa A'., Diina 
(ic}\^ffcl(l., IVrnow Sein-.. Golfe de l\i,i!;a Sicnidscli. 

Oi/rlas conictis L. 3 — C m. Helsingfors. G. 

Ci/rhis cabjcidata. Orrenliof, Sch. 

V'isidium obfusale Cless. Partie septent. du j^'olttî lîothn. N. 

Auodouta S}}., Ufiio picfonoit hiww. Wiburg 7îJ., golfe de 
Kiga B. . 

FontoVnnax capitdfus Miill 2 — 5 ni Greifsw. ]>od. (j\[i\u- 
tcr et Burhh.), Bornlioliu J7., (îotland Z. 

Emhletoitid pallida Adl. et llanck. — 4 m. Tilhiu J/., 
baie de Danzig Z., (iotland L. M. 

Vd/rafa 2)isciHdlis ^lidl. 5 — (i ni. Partie septentr. du 
golfe Botlni. N. 

Neritiiid /luridfilis ]j — J2 ni. lliigen, Bornliolni, cô- 
tes de Prusse. Dalani J\f.. (Jotland />. J/., Danzig Z. Connu., 
Libawa, Windawa K., llapsal E. />., Aloonsund 7?., Port 
Jjaltiiiue K., Kéval -S*. K., llelsingf., Abo Cf., nier des écuei- 
les^ partie mérid. du Golfe Botliii. N. 

Liftorina littorcd L, — 15 ni. Pugen. Bornliolni M. 

Liitorina rudis ÙMat. — 2, lliddeii8() iM., côtes du golfe, 
de Mnlande Nordensk, et Xijldiider, Kéval Siemasch., Wi- 
burg Middoidorf. 

Jfijdrohid iihdc Penn."''). — ;>() m. lîugen, («reifswald, 
Stralsund, Bornliolm 3/., Stolper P., lloborg B. Bd., baie 
de Danzig Z. il/., Gotland 7y., Calinarsund, Dalaro il/., Li- 
bawa, Windawa K.. ]\[oonsund, Wornis B., Port Balt. K., 



') Cette espèce, tlonf lu disli ilnilioii {r(';i)^i-iij)lii(|uc, est très étendue, a une 
{grande tendance à varier, et par conséquent on l'a souvent décrite sous des 
noms différents. Ses variations dans la réfrion orientale de la mer Baltique 
tout très grandes, d'après mes observations, et méritent nue étude spéciale. 



— 153 — 

Réval B. K., côtevS de Finlande L.. merdes éeueils 7>. X, 
golfe JUotlm. jusqu'au 62*^6' N. iV. 

Bythima tentacidata L. Libawa K., Moonsund B., mer 
des écueils, partie septeutr. du ftolfe Cotlin. N. 

Falud'uta vivipara L. Golfe de liiga Gersffeld, Berg. 

Paludina fasciata Miill. Ibidem. Ger. Berg., bouche de 
Windawa*) K. 

Limtiaea stagnaUsh. Côtes de GotlandZ., Orrenliof (Livou.) 
et Palms (Eston.) B., Port de Eeval K., mer des écueils, 
partie septeutr. du golfe Botlin. N. (forma baltica Liiidstr). 

Umuaca ampla Plartm. Port Balt. K. 

Limnaea ovata Drap. — 5 m. Gotlaiid L. J/., mer des 
écueils Baer, N., partie septeutr. du golfe Botlm. ^., Liud- 
strôm cite sous le nom de mr. haliica la forme qui sous le 
nom de Limnaea halfica Nils. est indiiiuée à Hapsal E., cô- 
tes de Litlande Fischer, golfe de Prlga Gersffeld, golfe de 
Finlande B. 

Limnaea vidgaris Pf. — 2 m. Golfe de Finlande B. 

Limnaea paliistris Mûll. Côtes de Gotland L., côtes 
d'Estlanl, golfe de Finlande ^r , près de Narwa 5'c//., Golfe 
Bothn. 

Limnaea succinea Nils. Golfe de Finlande B. 

Flanorhis carinatus Mûll. Côtes d'Eston. B., Merrekiil, 
près de Narva Schrenlc. 

rianorhis eorneus L. Ibidem. 

Flanorhis albiis Miill. 5 — 6 m. Partie septeutr. du golfe 
Bothn. N. 

Insecta. Ckirommus sp. larva. 4 — 40 m. Stolper lî., 
Mittel B., HoborgB. J5(?., Péval K., mer des écueils, par- 
tie méridionale du golfe Bothn. N. 

Phryganea sp. larva. Baie de Danzig Gomm. 

Arachnoidea. Ilggrohates longipalpis Herm. Partie sep- 
teutr. du golfe Bothn. N. 

Naesea sp. Ibidem. N. 

") Je note l'existence des formes deaii douce partoiU où elles se trou- 
vent à côté de celles de Tenu de mer. 



_- l5-i~ 

Ilalacaruti fip/Nifvr liolmuiiiii, 17 — 4G m. lloborg B., 
Stolper B., Mittel B. Bd 

Jluldcanis ha/ftcHs Lolmi. 17 — IG lu, ibidem, près de 
.Alemel Bd. 

Ifdhicdrus flnrldcaiiioii liolim.. Il . Fdhricli ho\m\. 17 — 46 
111. Mittel B., lioborg B. Bd. 

Ifal(ic((n(s c(ijiK.:i)N(s Lolini. 17 — -46 m. Stolper B., Mit- 
tel B., lioborg B. Bd. 

Jfa'aanns rhodostigma Gosse. 46 ni. Mittelbaiik Bd. 

Lcjdofinatlius faJcatns Hodge. 17 — 46 m. Stolper, Mit- 
tel,. Hoborg Bank Bd. 

lihoiu'bogtiathHs pasceus Lolim, 17 — 146 m., Ilh. Scaliaml 
Hodge 17—46 m. ibidem Bd. 

Bhonihof/nafhus sefosus Lolim. 19 m. lioborg Bank Bd. 

La table que j'ai composée est instructive sous ce rap- 
port qu'elle laisse de suite voir si un animal est souvent 
trouvé dans la partie orientale de la mer Baltique, et, par 
conséquent, préciser les yc'presoitants les 2)Ius fifpi'/ues de 
la faune de cette région. Mais nous devons nous rappeler 
que, pour beaucoup de groupes, nos renseignements doivent 
encore être complétés et modifiés, et qu'alors le tableau 
de la distribution des animaux sera autre. Je vais préciser 
les groupes qui méritent un intérêt spécial et ceux sur 
lesquels nous ne pouvons espérer rien de nouveau ou 
(Fintéressant. Pour les ProfriiOa, il n'y a ([ue des ren- 
seignements épars, et les investigations futures (et sur- 
tout désirables) du plancton auprès des côtes russes seront 
bien intéressantes. ^lême l'exploration de la faune littorale 
des Protozoa de la mer Pjaltique orientale récompensera bien 
l'explorateur. Au contraire, on ne peut attendre rien de 
nouveau sur les Coelenterata et les EcJùnodermata, dont les 
derniers paraissent plutôt par liasard dans les eaux orien- 
tales, sans être de vrais membres de leur faune. Parmi 
l"'s vers, il faut attendre beaucoup de l'étude des 'riirhcUa- 
ria, des Ncniatode.'i et OligoclKiddc. Les représentants 
d'eau douce de ces groupes supportent le "/o ^^i s^'l ^^ 



— 155 — 

golfe Botliiiique septeiitiional et du golfe de Finlande orien- 
tal, et sont négligés jusqu'à présent, sans doute grâce aux 
difficultés techniques de ce travail. L'étude des vers marins 
dominerait difficilement quelque cliose de nouveau au point de 
vue faunistique, quoique la trouvaille récente de la Sagitta 
dans le plancton de la partie la plus orientale du grand bassin 
Baltique, ou celle de VEch'moderes près de Polangen, montrent 
que les courants apportent parfois à l'explorateur un butin 
inattendu. Les Bofaforia ne nous sont guère connus que par 
les anciens travaux d'Eicliwald, et leur richesse mérite une 
étude spéciale. Parmi les Crusiacea, une étude spéciale est 
méritée par les Cladocera et les Copepoda. Nouvellement 
l'expédition pour l'étude du plancton et les travaux de M. 
Nordquist ont démontré tout l'intérêt que peuvent présenter 
les études des formes pélagiques. Il n'y a pas raison de 
s'attendre à trouver des Isopoda ou des Ai)q)Jiipoda^ qui 
sont jusqu'à présent inconnus à nos côtes. Leptomera, Ta- 
litrus et OrcJiestia doivent être considérés comme des for- 
mes trouvées par hasard et non comme les habitants de 
nos côtes. Les Mysidae, dont la richesse est si bien indiquée 
par M. Czerniavsky dans sa monographie, méritent une étude 
spéciale, surtout vu leur penchant à varier. Quant aux mollus- 
ques nulle espoir de trouver des formes nouvelles près de nos 
côtes, car une grande attention a toujours été prêtée à ce 
groupe d'animaux. Par contre, les AraclinGidea ne sont pas 
encore étudiées du tout. 

Par rapport à presque tous les animaux de la mer Balti- 
que orientale, il existe des questions qui sont encore loin d'être 
résolues. Ainsi se pose tout d'abord cette question qu'on 
étudie depuis longtemps et dont M. Nordquist vient, d'une 
manière si considérable, d'avancer la solution: c'est la 
question de la propa;jation de la faune marine dans la 
région de Veau presque douce, et de la propagation de la 
faune d'eau douce dans la région de Veau salée. 

Pour (iu(dques animaux marins, il est démontré qu'ils 
ont atteint la limite extrême de leur propagation, les uns à 



- Infi — 

l'est jiis([u";i Kl•(m^^t;ult, les autres au nord jusiju'à Tor- 
iieo, — coinine (iunniiarus locusta^ Idutea cutoDton, laera 
nniriHiL TeU'nta haïtien. Il y a encore beaucoup de for- 
mes que nous pouvons espérer rencontrer dans une eau plus 
douce, qu'on ne les a rencontrées jusqu'à présent. 

Vue atti'iitiou spéciale est due sous ce rapport à la fauue 
de la partie orientale du f/olfe de l'iulaude^ qui )i'est 2)as 
encore du tout étudiée. Pour le golfe Bothnique, beaucoup 
a été fait par M. Nordquist: en jetant un coup d'oeil sur la 
liste ci-jointe, nous voyons que beaucoup de formes n'ont 
pas .été ti-ouvées avant lui près des côtes de la Fiidande. 
Connue couiplément de la question précédante, se pose une 
autre question, celle de la propagation que j'ai découverte 
des formes uiariues. en renioiitaut le courant des ririéres. 

Dans cette partie du port de Libawa, qui passe à un grand 
lac, à l'emboucliure de la petite rivière de Kosclia qui tombe 
dans le golfe de Kéval, et enfin dans la rivière de Windawa, 
à la distance de 2 — 2'/.^ verstes de l'embouchure, je trou- 
vais les: Tellina haliica, j\ffja arenaria, Ihjdrohia ulrae, 
Gauunarus locusta, l^ontoporeia fcmorata, Coroplihun lon- 
f/icorne^ laera marina^ Idoiea tricuspidata, Balanus ini- 
proiisus, Mysis vuhjaris, Nereis diversicolor, Spio seticor- 
nis. (Il est bien entendu que je ne trouvais pas toutes ces 
formes dans chacun des lieux indiqués). Les deux dernières 
formi^s ont été trouvées dans la rivière de AVindawa, à la 
distancer de 2 — 2'/,, verstes de l'emboucluire. Le fiiit indi- 
que mérite une étude et des expériences spéciales. La ques- 
tion de la propafiatioH des formes d'eau douce des em- 
bouchures des rivières dans la haute mer, mérite aussi une 
étude détadlée, car jusqu'à présent cette question a été né- 
gligée. 

Dans mon article^') sur la distribution verticale d(i la 
faune dans la mer IJaltique orientale, j'ai démontré Tinfruc- 



"j KoHCCHHllKOdh, F. A. f) lU'pTIIKn.lI.IIOMh pjlCIIpe/t'Il.lCHMI ÛC.'JIIO.ÎIiDIlO'llIhlX'I. 

y iiyccKiixi. riepcntin. Ha.iTiiIcKuro siopii. ;I,iiciiniiKt 3ooj. UT;^. Oûiucctuu u 
3ooJior. My3CH. Ubiu. 2. 



— 157 — 

tnosité de la tentative d'établir pour cette région quelques 
zones de profondeur, comme l'a proposé M. Braun. Les ex- 
plorations récentes ont confirmé mon opinion: les limites de 
la distribution verticale de beaucoup d'animaux sont élar- 
gies, mais quand môme on n'a pas trouvé des animaux, par 
lequels on pourrait caractériser des zones d'après la pro- 
foudcnr. 

Il existe une théorie, d'après laquelle la faune, qui dans 
la région occidentale de la mer Baltique se rencontre près 
de la surfece, descendrait dans la partie orientale, à une 
profondeur, où l'eau est plus salée. Cette théorie est fausse, 
car les données sur la distribution verticale nous montrent, 
que la faune de la mer Baltique ne descend i)as en s'arau- 
çant vers l'est, car ce ne sont que les formes bien accom- 
modées à la modification des conditionis de la rie qui s'i; 
avancent. Nous voyons partout dans cette région des con- 
ditions très appropriées pour la transmigration d'une eau 
plus salée dans une eau plus douce. Quelques formes ont 
déjà montré leur entière faculté à cette transition; un jour 
sans doute, nous en saurons autant par rapport à d'au- 
tres animaux. Il est même possihle que, arec le temps, la 
faculté d'accomodation derienne ]}lffs (jrande, et peut-être 
réussira-t-on à rassembler des faits pareils aux transmigra- 
tions de Cordyllopliora et de Dreissena. 

Il y a encore un côté qui est négligé dans l'étude de 
la faune de la mer Baltique: c'est Vinfluence de la modi- 
fication du milieu sur Vorganisatiou des animaux. On pour- 
rait dire, peut-être, que nulle part on n'a des conditions 
aussi favorables à ces explorations, que dans la mer Balti- 
que. La question est une des plus essentielles dans la zoo- 
logie et elle attend des explorateurs. 



Libmia, Wiiidawa^ — ortlio^raplic de; l'uiifoui , pour — Liban, Whuîaii. 

D. 



Distribution 

géographique des carnassiers, 
par M. Charles Grevé. 

de, Mosi'oii. 

Dopuis quelque temps les zoologues portent de plus eu 
plus leur attention sur la (listri])ution géographique des 
animaux et, en particulier, sur l'étude des causes qui déter- 
minent les divers pliénomènes /oo-géograpliiques. Ces causes 
sont très complexes. Sans compter le rôle important que 
jouent, en cette occasion, les conditions climatériques, la 
contigiu'ation de la surface du sol, la répartition des mon- 
tagnes, des rivières, des continents, des îles et des mers; 
sans parler de la richesse plus (»u moins considérable, dans 
telle ou telle région, de la tion; dont dépend l'existence 
et la vie des animaux destinés ii servir de pâture aux 
autres, il faut encore tenir compte du développement géo- 
logiijue progressif de la terre, des changements dans les 
conditions de la vie, ({ui, nous le voyons pour les animaux 
fossihis, ont sulii des fluctuations très importantes. De plus, 
rintiuence de riionimc, par suite du défrichement du sol, 
et la faculté plus ou moins développée qu'ont les animaux 
de s'adapter à certaines conditions d'existence ne doivent 
pas être négligées. Il faut enfin faire la part de toutes les 
causes accidentelles i)ossibles, telles que les épidémies, la 
famine, la sécheresse, les inondations et même les instincts 
sexuels (jui peuvent entraîner soit la disj)ai-ition d'espèces 



— 159 — 

entières, soit l'émigration de certains animaux d'une région 
dans une autre. 

L'étude fondamentale de ces causes, de la partie, pour 
ainsi dire, pliilosopliique de la zoo-géographie, est certaine- 
ment très importaute pour la science, mais nous ne pour- 
rons nous y livrer sérieusement que lorsque nous aurons 
en main un travail détaillé non seulement sur la distribu- 
tion des espèces les plus connues, mais encore sur celle de 
toutes les espèces appartenant à tel ou tel groupe ou à 
telle ou telle classe d'animaux, La composition d'un ouvrage 
détaillé sur la répartition de toutes les espèces de mammi- 
fères exigerait certainement un effort trop considérable 
pour un seul homme; mais on peut se partager la besogne. 
Après avoir, pendant de longues années, rassemblé d'innnen- 
ses matériaux, j'ai commencé moi-même un ouvrage sur la 
distribution de toutes les espèces de mannuifères coniuies 
jusqu'à présent. Je ne puis certainement me flatter d'.avoir 
réussi à épuiser toute la littérature se rapportant d'une 
façon quelconque à l'histoire naturelle et à la distribution 
des mammifères carnassiers, mais du moins, je n'ai rien 
omis de ce qui pourrait avoir une importance quelcon(iue. 
De toutes les parties de ce travail, c'est la détermination 
des synonymes qui m'a présenté le plus de difficultés, et 
il m'a fallu faire suivre d'un signe interrogatif bon nombre 
d'appellations. J'ai publié dans le V-e volume des „Zoo/o- 
f/iscJie Jal/rhiicher^ une étude sur deux familles: les Cai/ldae et 
les ïli/aenklac, et dans le Yl-e volume de cette publica- 
tion une étude sur une troisième famille, celle des FcJuJdc. 
Pour l'automne prochain, j'espère pouvoir terminer et pu- 
blier un ouvrage complet sur la distribution de six familles 
(Cmtidae, Hyaenidae, Fdidae, Mustelidae, Viverridiiô et 
Vr^idao). Je me contenterai, pour le moment, de fiiire 
connaître, sous forme de tableux, l'ensemble, la statistique, 
pour ainsi dire, de la répartition des carnassiers. J'ai 
emprunté à l'ouvrage de M. le professeur Moebius, „ Thlrfjc- 
h'iete dur Erde'' (ArcJiiv fur NnfKrfjt'schichfe WOl, Jlrft -i), 



— 160 — 

sa division en dix régions zoo-géograpliiques des contrées 
habitées par les carnassiers; car j'ai la conviction qu'elles 
rt'ptindent niitMix à la réalité que les régions /oo-géogra- 
pliiques de M, Waliace. Dans mes tableaux, je me sers des 
cbitlres romains ])onv désigner les régions suivantes: 

I. Kégion du pôle nord. La limite méridionale de cette 
ri'gion correspond à la limite septentrionale des forêts en 
Kurope, en Asie et en Amérique. 

il. IJtgidu iMiropéo-Sibérienne. Sa limite septentrionale 
correspond en Kurope au 70" et en Asie au 70"5'. En 
Kurope sa limite méridionale s'étend jusqu'aux Pyrénées et 
aux r.alkans (43") et en Asie, jusqu'à la mer Caspienne et 
aux lacs d'Aral et de lîalkascli (47"). Dans l'Asie orientale, 
elle se relève au nord jusqu'au lîaïkal et jusqu'à l'em- 
b(uicliure du Heuve Amour (51"— 52"). 

III. l\(''gion du bassin de la Méditerranée. A cette région 
a])parti('nuent l' Kurope méridionale, les îles Açores, l'Afriijue 
du nord du 18" au 15" (en Abyssinie), Madère, les Cana- 
ries et l'Asie du sud-ouest. Sa limite septentrionale va du 
43" au 47" de latitude nord. En Asie, cette région com- 
prend les cimes du lîolor-Dagb, de l'Hindou-Kouch et du 
Suleïman. la Perse, la Mésopotamie, l'Arabie (sauf la zone 
littorale de l'extrême sud), la Syrie, l'Asie Mineure et la 
plaine du Touran. 

IV. Pégion de l'Inde. Cette région comprend l'indoustan, 
l'Indo-Ciiine, le sud de la Chine, les grandes îles de la Sonde 
et les Philippines. L'île de Célèbes n'en fait pas partie. Sa 
limite se])t('iitrionale s'étend dans l'indoustan jusqu'au 32" de 
latitude nord et sa Hmite méridionale, jusqu'au 8" environ 
de latitude sud. 

V. Légion de la Chine. Cette région comprend la partie 
orientale de l'Asie centrale, le Japon, l'île de Sakhaline et 
les îles Kouriles. Au nord, sa Ihnite va du 48" au 54" 
(emboucluire de l'Amour et île de Sakhaline), au sud, dans 
les monts Himalaya, sa limite s'étend du 25" au 30" de 
latitude nord. 



— 161 



VI. Région Africaine. Au nord, cette réj-ion s'étend 
jusqu'aux 18^ et 16^ de latitude; elle comprend toute 
l'Afrique centrale et méridionale et la zone littorale du sud 
de l'Arabie. 

Vn. Région de Madagascar. Cette région comprend Ma- 
dagascar, les Comores, les îles de l'Amirauté, les Sevchel- 
les, les îles de Bourbon, Maurice et Rodriguez. 

VIII. Région de l'Amérique du Nord. Cette région com- 
mence à la limite septentrionale des forêts et s'étend jusqu'au 
tropique du Capricorne. La moitié méridionale de la presqu'île 
de Floride appartient à la région suivante. 

IX. Région Américaine. Cette région comprend l'Amérique 
centrale et méridionale, les îles Baliama, les Antilles et une 
partie de la Floride. Ses limites sont le 28" de latitude 
nord et le 55'' de latitude sud. 

X. Région Australienne. Cette région comprend l'Austra- 
lie, la Nouvelle Guinée, l'île de Célèbes, les petites îles de la 
Sonde, l'île Bali et la Polynésie. 

Nous n'avons pas à nous occuper de la Nouvelle Zélande, 
ni des terres antarctiques qui ne renferment pas un seul 
animal appartenant à l'une des six familles de auiiivora. 

Après avoir donné un aperçu des régions zoogéograpliiques, 
il ne nous reste plus qu'à examiner de quelle façon les 
Fam'diae et SulfamUiae de mammifères carnivores se ré- 
partissent dans ces régions. Le tableau A nous aidera à 
procéder à cet examen. Nous y avons indiqué les régions 
par des chiffres romains. 

A. Distribution des Familiae et Subfamiliae 



1. Fain. Caiiidae 

2. ,, Hyaenidae 

3. ,. Felidac. . 



I 


II 


III 


IV 


V 


VI 


VII 


VIII 


IX 


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I. 4 FAM. 3 SUBF. 

II. 5 „ 5 „ 
III. G „ 6 „ 

11 



1G2 



4. Fa m. VivorridaL'. 

a) Sulif. Viver- 
rinao. . . . 






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IV.Gfam.Gsubf. 
V. 5 „ G „ 




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1) 




b) Subf. Herpo- 
stinao . . . 






+ 


+ 


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+ 


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VI. 5 , 4 „ 


c) Subf. Galiilir- 
tinae. . . . 














+ 








d) Subf. Euplercj. 














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1 








VII. 2 „ 3 „ 


5. Faiii. Mustelidao. 


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+ 


+ 


+ 


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+ 




VIII. 4 „ 6 „ 


a) Subf. JKli- 
nao . - . . 




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+ 


+ 


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IX. 5 „ 7 „ 


b) Sulif. MustL- 
linac .... 


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9 


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X.3 „ 1 „ 


c) Subf. Lutiuac. 


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+ 


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+ 






6. Faut. Ursidae . 


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a) Subf. Cerr.i- 
lyptiiiae . . 
















+ 


+ 






b) Subf. Subur- 
i-inac. . . . 








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c) Subf. Ursi- 
nae .... 


+ 


4- 


+ 


+ 


+ 






-+- 


+ 







Ce sont, comine on le voit, les Felidae qui sont le plus 
répamlus; on les rencontre dans toutes les dix régions, si 
toutefois les indications que j'ai trouvées dans certains 
ouvrages, d'après lesquels le FcHh niacroscelis et le Felis 
marmoraia habiteraient l'île Célèbes, ne sont pas erronées. 
Dans l'incertitude, j'ai mis un signe d'interrogation dans 
la colonne X. D'un autre côté, le Lynx se trouve en cer- 
tains endroits jus(|ue dans la région polaire du nord. 

Il n'existe pas de Canidac dans la région de Mada- 



— 163 — 

gascar. Nous voyons également que les Viverridae ne se 
trouvent ni clans la région du pôle nord, ni dans celle 
de TAmérique centrale, et que les Miistelidae n'existent 
ni dans la région de Madagascar, ni dans celle de l'Aus- 
tralie. Les Ursidae font défaut dans les régions de l'Afrique, 
de Madagascar et de l'Australie, et les Hyaemdae n'ha- 
bitent que les régions du bassin de la Méditerranée, de 
l'Inde et de l'Afrique. 

Comme on le sait, les savants sont fort peu d'accord 
entre eux sur la question de la subdivision des fiimilles 
en SuhfamUiae, Gênera et Suhgenera. Le tableau A montre 
quelle est la division que j'ai adoptée. J'ai cherché autant 
que possible à concilier les opinions des principaux classi- 
ficateurs anglais. On verra par la liste de toutes les 
Species connues jusqu'à présent que j'ai placée à la fin 
du présent article, quelle est ma manière de voir relati- 
vement aux Gênera, Suhf/enera et Species. La tendance 
qu'ont certains auteurs à créer de nouvelles espèces en 
s'appuyant, du reste, sur des principes fort discutables, 
la confusion de )a synonymique et la compréhension fort 
différente que cliacun a de la manière et des principes 
suivant lesquels se sont créées de nouvelles formes, ren- 
dent impossible, dans beaucoup de cas, le classement 
d'espèces réellement distinctes. D'un autre côté, un grand 
nombre de classificateurs mettent beaucoup trop de zèle 
à réunir sous une même rubrique les espèces douteuses, 
et cela ne fait qu'accroître encore l'imbroglio. Aussi, 
partout où je n'ai pas trouvé la preuve que j'avais 
affaire à des synonymes, j'ai remplacé par un point 
d'interrogation la désignation de l'espèce. Le tableau B 
indique, pour chaque région, le nombre de Gênera et 
de Subf/e)iera (entre parenthèses), tandis que le tableau C 
nous fait connaître le nombre d'espèces séparées; les 
espèces, dont l'existence dans telle ou telle région 
n'est pas absolument prouvée, sont accompagnées d'une 
astérique '''). 

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164 





























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— 165 



C. Nombre d'espèces par région. 



.N'A- 


FA M. 




SPECIEv 


I 


n 


III 


IV 


V VI 


VII 


VIII 


IX X 


1 





Canidae . . 


41 


3 


9,3* 9,3* 


11,4*, 8,1* 


12,1* 


— 


5 


11,2* 


1 


2 


— 


Hyaenidae. . 


4 


— 


— 


2,1* 


1 1 — 


4 


— 


— 


— 


— 


3 


— 


Felidae. . . 


38 


1* 


6,1* 


17 


15,2* 10,1* 


9,1* 


1 


6 


9 


1* 


4 


— 


Viverridae . 


58 


— 


1* 


8,3* 


30 7,1* 


24,1* 


9') 


— 


21) 


1 


5 


— 


Mustelidae . 


83 


12,3* 


19,1* 


19,2* 


23,3* 36,2* 


7 




16 


21 1 — 


6 


— 


Ursidat?. . . 


27 


2 


3,1* 6,1* 


8,13* 


b 


— 


— 


8 


11 — 




— 




250 


20 


38 


59 


88 


69 


56 


9 


35 


54 


3 



1) Dans ce nombre sont compris les animaux importés et qui 
vivent en liberté a])rès s'être acclimatés. Tels sont, dans la région 
Vn, la Virerra indica et dans la région YIII, la Viverra z'ibetha 
et VHerpestes malaccensis (la première dans la Piépu))lique Argen- 
tine, la deuxième dans Tîle de Santa Lucia, dans le Golfe du Mexique). 

Si nous disposons maintenant les régions suivant le nombre des 
animaux qu'elles renferment, nous obtenons le tableau suivant: 



D. Régions disposées d'après le nombre des espèces qu'elles renferment. 





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IV, Région de l'Inde 

V. „ de la Chine 

III. „ de la Méditerranée 

VI. ., de l'Afrique 

IX. ,, de r Amérique méridionale. , 

II. ., de l'Europe et de la Sibérie , 

VIII. .. de l'Amérique septentrionale. 

1. ., du pôle nord 

VIL ,, de Madagascar 

X. „ de l'Australie 



6 


6 


21 


5 


5 


6 


19 


5 


6 


6 


16 


8 


5 


4 


23 


6 


5 


7 


19 


2 


5 


5 


12 


4 


4 


6 


16 


3 


4 


3 


8 


1 


2 


4 


7 


— 


3 


1 


3 


1 



69 
59 
56 
54 
38 
35 
20 
10 
3 



— 166 — 

Ainsi le iioinlire des espèces de carnassiers se réduit à 
250. Dans la plupart des manuels de zoologie on en indi- 
que 300. mais ce nombre est certainement exagéré. Si 
l'on retranche du nombre que j'ai obtenu toutes les espèces 
d'ours que certains auteurs ne considèrent (^ue comme des 
variétés, on pourra même le réduire à 240 espèces. 

De cette lacon. j'ai donc atteint mon but, qui était de 
présenter un court aper(^'u statistique de la répartition des 
carnassiers dans les régions zoo-géographiques. Je joins à 
mon travail une liste systématique de toutes les espèces 
que j'ai trouvées chez les auteurs. J'ai évité néanmoins 
dindi(iuer les synonymes, car cela demanderait beaucoup 
trop de place. Du reste, ils seront suffisamment indiqués 
dans mon ouvrage, (jui doit bientôt paraître. J'ai indiqué 
par des chift'res romains, dans la liste ci-dessous, à quelle 
région appartient telle ou telle espèce. 



Liste des espèces de carnassiers connus jusqu'à 

présent: 

I. Fam. Viverridae. 



I. Subf. Viverrinae. 

1. Geniis Viverra. 

1. Yiv. civetta L. III. VI. 

2. „ zibetha L. IV. V. 

IX. 

3. „ ci/ettina Jard.lV. 

4. „ indica E. Gray. 

IV. V. VI. VII. 

2. Genus Prionodon. 

5. Pr. gracilis Ilorsf. IV. 

6. T> pardicolor Ilodgs. 

IV. V. 

7. ^ maculosus W. 

Blanf. IV. 



3. Genus Genetta. 

8. Gen. vulgaris Grav. 

II? III. VI. 

4. Genus Fossa. 

9. F. d'Aubentonii Schreb. 
VI? VII. 

5. Genus Nandinia. 

10. Nan. binotata Gray. 
VI. 

6. Genus Hemigalea. 

11. H. Ilardwickii Gray. 

IV. 

7. Genus Arctogale. 

12. Arct.leucotisV. Blanf. 
IV. 



— 167 — 



13. Arct. trivirnata Blanf. 
IV. 

■8. Genus Paradoxurus. 

14. P. typus T. CuY. 

15. „ hermaphroditus 

Blanf. IV. 

16. „ philippinensis 

Blanf. IV. 

17. „ jerdoni V. Blanf. 

IV. 

18. .y, aureus Blanf. IV. 

19. ^ Grayi Blanf. IV. 

20. „ larvatus Blanf. 

IV. V. 

21. ^ auratiis Blanf IV. 

22. „ Muschenbrockii 

Blanf. X(Célèbes). 

23. „ lanigerBlanf.lV.V? 



-9. Genus 


Cynogale. 


24. C. 


bar bâta S. Mill- 




ier. IV. 


II. Subf 


. Herpestinae. 


10. Gemu 


» Her pestes. 


25. H. 


ichneumon. 0. 




Thom. III. VI. 


26. ^ 


griseusDesm. III. 




IV. VI. 


27. ^ 


gracilis Rtipp, VI. 


28. „ 


sanguineus Rupp. 




III. VI. 


29. „ 


galera 0. Thom. 




VI. VII. 


30. ^ 


pulverulentus 0. 




Thom. VI. 


31. „ 


punctatissimus 0. 




Thom. VI. 


32. ^ 


albicauda 0. 




Thom. III. VI. 


33. „ 


Smithii Blanf. IV. 

V. 

brachyurus Gray. 


34. , 




IV. 



35. H. fuscus Blanf. lY. 

36. „ exilis Gerv. IV. 

37. „ malaccensisF.Cuv 

m? IV. 

38. „ vitticollis Blanf. 

IV. 

39. ^ cancrivorus Hodg3 

IV. V. 

40. „ fulvescens Blanf. 

IV. 

11. Genus Hehgale. 

41. Hel.parvulaO.Thom. 

VI. 

42. „ undulataO.Thom. 

vr 

12. Genus Bdeogale. 

43. Bdeog. crassicauda 

Peters. VI. 

44. .„ puisa Peters. 

VI. 

45. y, nitïripes 

Puch. VI. 

13. Genus Cynictis. 

46. Cyn. penicillata 0. 

Thom, VI. 

là. Genus Bliinogdle. 

47. Rh. Melleri Gray. VI. 

15. Genus Crossarchus. 

48. Cr. obscurus F. Cuv. 

IV. 

49. ,„ gambianus 0. 

Th. VI. 

50. „ zebra 0. Thom. 

VI. m? 

5". ^ fasci.tus 0. 
Thom. VI. 

16. Genus Suricate. 

52. Sur. capensis Desm. 
VI. 



— 168 — 



III. Subf. Galidictinae. 
17^ Gcnu.<t GaUdidis. 

53. Gai. vittotaGray.VII. 

54. -, striata 1. Geoffr. 

VU. 
IS. GeuHS (raJidia. 

55. Galid. eleuans Geoffr. 

Vil. 

56. ^ concolor 

Geoffr. VII. 

57. -, olivacea 

Geoffr. VII. 
19: Gcnns Eaiderrs. 

.'•6. Kiipleres ^ffoudoti J, 

II. Fam. Hyaenidae. 

1. Genns Hyaena 

1. H. striata Ziin. III. 

IV. VI. 

2. ., crocuta Zim. VI. 

3. ., brunnea Thunb III? 

VI. 
Geniis Prot'les. 

4. Pr. H.Lalandii. Geoffr. 

VI. 

III. Fam. Felidae. 
I. Genus Felis. 

1. Snhyeti Tigrina. 

1. F. tioris L. II. III. 

IV. V. 

2. ., macroscelis Temm. 

IV. V. X? 

3. y, marmorata Mart. 

IV. V? X. 

2. Suhfjen. Cati. 

4. F. Catus L. II. III. 

5. T. manul Pall. II. III. 

V. 

6. „ maniculata Cretzsch 

III. VI. 

7. ^ caffVa Desiii. VI. 



3. Suh(icn. Lconina. 

8. F. leo L. III. IV. VI. 

4. Suhfjen. Unicolores. 

9. F. concolor L. VIII. 

IX. 

10. ,, vaguarundiDesm. 

IX. 

11. „ eyra Desm. IX. 

5, Suhfji. Fardina oricntalia. 

12. F. pardus L. III. IV. 

V. VI. 

13. „ variecata VVagn. 

IV. 

14. „ irbis Wagn.II. III. 

V. 

15. „ viverinaW^agn.IV. 

16. „ minuta Temm. IV. 

V. 

6. Suhg. ServaHna. 

17. F. serval. L. III. VI. 

7. Suhgen. Pardina occiden- 
talia. 

18. F. Onça L. VIII. IX. 

19. „ mitis Cuv. VIII. 

IX. 

20. „ pardalis L. VIIL 

IX. 
21^ .), macruraWied. IX. 

22. ,, tigrina Sclireb. IX. 

23. .„ pajeros Desm. IX. 

li. Genus Lynx. 

1. Suhgen. Cliaus. 

24. L. Chaus Wagn. III. 

25. .„ caligatus Wagn. 

III IV. 

26. „ serval ina Wagn. 

III. IV. V. 

27. „ caudata Gray II? 

III. V. 



— 169 — 



..) pardiiia Oken.III. 
„ canadensis Desm. 



2. Suhg. Caracal. 

28. L. caracal. Wagn. III. 

IV. VI. 

3. Sithgen. Lynx. 

29. L. vukaris Fitz. I? 

II. III. IV. V. 
30 
31 

VIII 

32. „ rufaWagn. VIII. 

III. Genus Cynailurus. 

33. Cyn. suttatiis Wagn. 
III. VI. 

34. ., jubatiis Wagn. 

m. IV. 

IV. Genus Cryptoprocta. 

35. Cryp. ferox Bennett. 
VII. 

Espèces douteuses: 

36. Felis planiceps Vig. 
IV. 

37. ., celidogaster 
Tem. IV? VI. 



33. 


^ badiaGray. IV. 


IV. 


Fam. Canidae. 


1 


. Genus Canis. 


1. 


C. lupus L. I. II. III. 




IV. V. 


2. 


., variabilis Wied . 




VIII. 


3. 


., chanko Gray IV. 




V. 


4. 


„ pallipesSykes. IV. 


5. 


„ hodophylax Tem. 




V. 


6. 


., simensis Riipp. 




III? VI. 


7. 


„ jubatus Desm. IX. 


8. 


.., antarcticus Shaw. 




IX. 



9. 

10. 

11. 

12. 

13. 

14. 

15. 

16. 

17. 
18. 
19. 
20. 
21. 

22. 

23. 
24. 
25. 

26. 

27. 



28. 


;) 


29. 


;î 


30. 


55 


31. 


r) 


32 


•,") 


33. 


n 



C. latrans Say. VIII. 

IX? 
„ aureus L III. IV. 

VI. 
„ anthus Cuv. III. 
VI. 
., mesomelas Schreb, 

III? VI. 
„ adustus Sundewal. 

VI. 
„ Hagenbeckii 

Noack. VI. 
„ magellanicus Gray 

IX. 
., cancrivorus Desm. 

IX. 
., microtisSclat. IX, 
,!, Azarae Wied. IX. 
„ parYidensMiv.IX. 
„ urostictusMiv.IX. 
., virginianusSchreb. 

Vin. IX. 
., vulpes L. I. II. 

III. IV. V. VI. 
„ velox Say. VIII. 
„ lagopus L. I II? 
„ corsak L. Erxl. 

IL III. V. 
„ fulvus Desm. VIII. 
., ferrilatus Hodgs. 
IV. VV 
leucopus Blyth. 
IV. 
bengaleiisis Shaw. 

IV. 
canus Mivart. III. 

IV? 
procvonoidcs Gray 
' II? IV? V. 
ciiaama Smith VI, 
pallidus Riipp. III? 
VI. 



170 — 



34. C. fameliciis Rûpp. 

III. 

35. „ zerdoZuinnlII.VI. 

36. „ dingo Goukl. X. 
2. Gemts Cyon. 

37. Cyon javanicus Miv. 

III. IV. 

38. „ alpinus Miv. II. 

V. 
3 Geniis Icticifon. 

39. Ictic. venaticiis Lund. 

IX. 
4.' Genus Lycaon. 

40. Lvc. pictus Paiienbt. 

VI. 
5. Genus Otocyon. 

41 Ot. meaalotis Miv. 
VI. 

V. Fam. Mustelidae. 
I. Subf. Melinae. 

1. Genus Mêles. 

1. Mêles taxus Schreb. 

II. III. IVV V. 

2. „ anakuma Tem. 

V. 

2. Genus Arctonyx. 

3. Ar. collarisF. Cuv.IV. 

V. 

4. „ taxoides Blanf. IV. 

V. 

3. Genus Mydaus. 

5. Mvd. meliceps F. Cuv. 

IV. 

4. Genus Mephitis. 

6. M. mephitica Coues. 

VIII. IX. 

7. y. macrura Coues. IX. 

8. .^ i>utorius Coues. 

VIII. IX. 



5. Genxs Conepatiis. 

9. C. niapurito Coues 
VIII. IX. 

10. „ chilensis Coues IX. 

11. .. suffocansCouesIX. 

6. Genus Ictonyx. 

12. Ict. zorilla Sundev. 

m. VI. 

13. .„ albinuchaTliunb. 

VI. 

7. Genus Taxidea. 

1 4 . Tax. americana Baird . 

VIII. IX. 

15. ,, Berlandieri 

Baird. VIII. IX. 
S. Genus Helictis. 

16. Hel. orientalisWasn. 

IV ! 

17. .„ personata Wagn . 

IV. V. 

18. „ subaurantiaca 

Gray. V. 

9. Genus Mellivora. 

19. Mel. capensis Lesson. 

VI. 
20 ^ leuconota Sclat. 
VI. 

21. „ indica Burton. 

IV. 

II. Subfam. Mustelinae. 

10. Genus Galietis. 

22. G. barbaraWiegm.IX. 

11. Genus Grisonia. 

23. Gr. crassidens Nehring 

IX. 

24. „ vittata Bell. IX. 

12. Genus Gulo. 

25. Gulo borealis Nilss. 

I. II. V. VIII. 



— 171 — 



13. Genus 3Iustela. 

26. M. martes L. I? II. 

III. V. 

27. „ foina Erxl. I? II. 

m. IV. V. 

28. „ Zibellina L. I. II. 

V. 

29. „ intermedia Sewer- 

zow. II. III. V. 

30. „ americana Turton. 

I. VIII. 

31. „ canadensis Erxl. 

VIII. 

32. „ flavigula Bodd. 

II? IV. V. 

14. Genus Putoriiis. 

33. P. foetidus Gray. II. 

34. „ Eversmanni Gray, 

II m. V.' 

35. „ furo L. II. m. 

36. „ sarmaticus Pall. 

IL m. 

37. ,„ vulgaris iLrxl. I. 

IL m. V. VIII. 

38. „ boccamelaCetii.III. 

39. ,, ermineus Owen. 
L IL m. V. VIII. 

40. ,, alpinus Gebler. 

IL m. V. 

41. ,, frenatus Coues IX. 

42. ,. frenatus Couesvar. 

Kaneii Aud. I. 

43. ,, frenatus Coues xan- 

thogenys Aud. VIII. 

44. ,, africanus Desm. 

m. 

45. ,, sinuensis Burm. 

IX. 

46. ,, astutus M. Edw. 

V. VI? 

47. ,, sibiricus Pall. IL 

V. 



48. 


P. 


altaicus Pall. III. 
V 


49. 




temon Hodgs IV. 

V. 
melampus Teiim. 

V. 


50. 




5L 




larvatus Hodgs. 
IV. V. 


52. 




calotus Hodgs. IV. 
V. 


53. 




strigidorsus 
Blanf. IV. V. 


54. 




nudipes F. Cuv. 
IV. V. 


55. 




Kathia Blanf. IV. 
V. 


56. 




canigula Blanf. 
m. IV. V. 


57. 




Quiqui Poppig. 
IX. 


58. 




cuja Molina. IX. 


59. 




nigripes Aud. 
Bach. VIII. 


60. 




lutreola Keys. 
Blas. I? IL 


61. 




aterrima Pall. IL 


62. 




moupinensis M. 
Ed. V. 


63. 




itatsi Tenu. V. 


64. 




vison Gapper I. 
VIII. 


. Genus 


Lyncodon. 


65. 


L. 


patagonicus Al- 
len. IX. 


III. 


Subf. Lutrinae. 


'. Genut 


' Lutra. 


66. 


L. 


vulgaris Erxl. I. 
IL ni. IV. V. 


67. 


1 1 


vulgar.varCuv.IV. 



68. ,, vulgar. var. chi- 
nensis Gray. V. 



172 — 



69. L. 


viilgar. var. Swin- 




holi Gray. V. 


70. ,, 


viilg. var. monti- 




cola llodgs IV. V. 


Tl. ,, 


cauadonsis Cuv. 




VIII. IX. 


72. ,, 


canad. var. cali- 




fornicaGray VIII. 


7:3. ,, 


brasiliensis Gray. 




IX. 


74. ., 


Sandbachii Gray. 




IX. 


75. ,, 


montana Tschudi. 




IX. 


76. ,, 


poeusisWaterh.VI. 


"7. ,, 


insularis F. Cuv. 




IX. 


78. „ 


aurobrunnea 




Ilodgs IV. 


79. ,, 


Kutab lliisel. V. 




VIV 


80. „ 


barang. F. Cuv. 




IV. 


81. „ 


maculiccdlisLicht. 




VI. 


17. Gcnus 


Aonyx. 


82. Aon. de Lalandi Cuv. 




VI. 


IS. Gcnus 


Enhydris. 


83. Enli. marina Flemni. 




I. II V. VIII. 



VI. Fam. Ursidae. 
J. Subfâm. Cercoleptinae. 

1. (ienus (.'ercoleptes. 

1. C. caudivolvulus 

Illig. V/II. IX. 

2. Genus Arctidis. 

2. Arct. binturong. Tni. 

IV. 



3. Gcnus Ailmus, 

3. Ail. fuluens F. Cuv. 

IV. V. 

4. Genus Bassaris. 

4. B. astuta Licbt. VIII. 

IX. 

5. Genus Bassaricyon. 

5. Bass. Alleni 0. Thom. 

IX. 

II. Subfam. Subursinae. 

V>. Genus Brocyon. 

6. Pr. lotor Storr. VIII. 

IX. 

7. ,, caiicrivoriis Desm. 

IX. 

8. ,, lîeniandezii 

AVagl. VIII. 

7. Genus Nasua. 

9. N. socialis Wied. 

VIII. IX, 

10. ,, leucorbyncha 

Tschudi. IX. 

III. Subfam. Ursinae. 

8. Genus Ursus. 

11. U. arctos L. I. II. 

m. IV. V. 

12. ,, arctos var. colla- 

ris Cuv. II. V. 

13. ,, arctos var syria- 

cus Ehrenb. 
III. 

14. ,, arctos L. var. isa- 

bellinus Hors. III. 
IVV V. 

15. ,, arctos var. lago- 

rayiarius Sew. II? 
III. V. 



173 — 



16. U. arctos var. japo- 

nicus Schleg. V. 

17. ,, torqiiatus Blanf. 

III. IV. Y. 

18. ,, torqiiatus Yar leu- 

coiiYX Sew. III. 
V. 

19. ,, ferox Lewis VIII. 

IX? 

20. ,, americanus Pall. 

VIII. IX. 

21. ., cinnamomeus Aud. 

VIII. 

22. ,, malayanus Blanf. 

IV. 



23. H. urnatus F. Cuv. 

IX. 

24. ,, ornatus var. fru- 

gilegus TschudilX, 

25. ,, maritimus L. I. 

II? 

9. Genus Mélursus. 

26. Mel. labiatus Blanf. 

IV. 

10. Genus Ailuropus. 

27. Ail. melanoleiicos M. 

Edw. V. 



POSITION 

des Slrepsiptères dans le système 

selon les données du développement postembryonal et de 

l'anatomie, 

par Nicolas Nassonov. 

Prof, (le Zool. de l'Université Impériale de Varsovie. 

Les mëtainorphoses et rorganisatioii du groupe des Strep- 
siptères, groupe présentant un grand intérêt biologique, 
sont très peu étudiées, par conséquent, leur position dans 
le système est jusqu'à présent vague et indéterminée. Les 
observations les plus complètes à ce sujet appartiennent au 
prof. Ziebold; après lui on Ta très peu avancé. Mes obser- 
vations sur les métamorphoses et l'organisation des Strepsip- 
tères, particulièrement des Xenos Rossii, ont été faites du 
temps de mon séjour en Egypte dans un but zoologique. 
Les données sur les métamorphoses du Xenos Rossii abou- 
tissent aux thèses suivantes: 

1) Les larves libres sont étudiées très superficiellement, 
les parties de la bouche sont inconnues jusqu'à présent. 
Ces dernières, d'après mes recherches, sont composées 
d'abord de deux lamelles simples, faiblement isolées du crâne, 
c'est à dire de deux lèvres, supérieure et inférieure, qui li- 
mitent d'en haut et d'en bas l'orifice allongé de la bouche. 
Dans la cavité de la bouche il n'y a qu'une seule paire d'ap- 
pendices, des mâchoires supérieures disposées comme celles 
des Campodea*). 



*) JV. Xassonov. De la Morphologie dos insectes inférieures (en russe) 
Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles. Moscou 1887. 



— 175 — 

Les mâclioires inférieures sont complètement absentes. 
Les larves libres du Xenos Eossii s'introduisent dans la ca- 
vité du corps de la larve Polistes gallica, quittent leur té- 
gument cliitineux eu sortant de ces derniers, apodes en 
forme de fuseau. 

La sortie de ces dernières larves du tégument cliiti- 
neux des larves libres s'opère d'une manière originale: la 
chitine se rompt dans la région occipitale sur la surface 
dorsale, derrière le crâne, tandis que la tête se rejette en 
bas. et c'est par l'orifice allongé, qui se forme de cette ma- 
nière, que sort la larve apode. 

2) Les larves parasites apodes des mâles et des femelles, 
selon l'opinion du prof. Ziebold, se distinguent très aisé- 
ment par leur forme extérieure. D'après mes observations, 
toutes les jeunes larves parasites, sorties des cuticules des 
larves libres, ont la même forme, et c'est seulement par suite 
de la métamorphose ultérieure qu'apparaissent les distinctions 
sexuelles. Ces larves ont primitivement la forme d'un corps 
allongé, dilaté au milieu et aplati en bas. On remarque sur 
ce corps une tête séparée d'une manière tranchée, avec des 
ocelles fortement développées comparativement aux stades 
postérieurs, et avec des appendices de la bouche, formés de 
deux tubercules disposés des deux côtés de l'orifice allongé 
de la bouche, et d'une petite saillie transversale, disposée 
par derrière. Les trois premiers segments, correspondant au 
thorax, diffèrent beaucoup par leur dimension des dix seg- 
ments suivants qui forment l'abdomen. 

3) Les différences sexuelles, qui apparaissent plus tard, 
et la métamorphose suivante des larves consistent en ce qui 
suit: chez les larves des femelles, les deux derniers segments 
du tronc s'élargissent et se confondent l"un à l'autre; ici 
le dernier segment diminue beaucoup de dimension. Les 
trois premiers segments du tronc, qui forment le thorax, 
commencent peu à peu à se confondre. En même temps la 
partie thoraci(iue se réunit à la céphalitiue et forme un cépha- 
lothorax, complètement séparé de tout le reste du corps. 



— 176 — 

La limite entre la tête et le thorax s'est indiquée dans 
cette partie par une suture, qu'on ne voit qu'à la surface 
ventrale. 

4) La niétanu)rplu)se suivante de la larve de la femelle 
en insecte adulte consiste en ce que le céplialotliorax s'apla- 
tit ffU'tement du côté de la surface dorsale, le chitine du 
céplialotliorax devient en niênie temps plus compacte et prend 
une teinte brune. Dans cet état les larves avancent la par- 
tie antérieure de leui" corps dehors. Pendant la dernière mue, 
le chitine du corps de la femelle devient (encore plus com- 
pacte sur la partie ventrale, et une bande longitudinale et 
jaunâtre apparaît à cette place. Sur les 2 — 5 segments de 
l'abdomen apparaissent les orifices génitaux. Pendant la der- 
nière mue. la cuticule cliitineuse de la larve ne se rejette 
pas. et le corps de la femelle adulte y reste pour toujours. 
A la place de la suture (pii se trouve entre la tête et le 
thorax de la larve, apparaît un orifice en forme de fente, 
par lequel sortent dehors les larves libres, et le prof. Zie- 
bold croyait que c'était l'orifice génital. 

C'est à ce peu de modifications de la forme extérieure 
que se borne la métamorphose des larves pour la forme 
adulte des femelles. Les femelles ne passent pas par le stade 
des chrysalides dans leurs métamorphoses et semblent s'ar- 
rêter dans leur développement au stade des larves, pour les- 
quelles on les prenait autrefois. 

5) Les métamorphoses des mâles sont bien plus compli- 
quées. Les larves des mâles possèdent aussi les deux der- 
niers segments confondus l'un avec l'autre, mais ces seg- 
ments ne se confondent pas tout-à-fait et forment l'extrémité 
conique de la partie postérieure du corps. Les segments 
thoraciques se confondent aussi l'un avec l'autre et avec ce- 
lui de la tête, en formant de cette manière le céphalotho- 
rax, qui chez les larves des mâles n'est pas séparé d'une 
manière aussi tranchée de l'abdomen et s'aplatit faiblement 
sur la surface dorsale. La limite entre la tête et le thorax 
se fait voir distinctement de tous côtés comme une suture. 



— 177 — 

Le chitine de la larve se rompt ensuite le long de cette 
suture, la partie antérieure du tégument se rejette en forme 
de couvercle, et c'est de l'orifice qui s'est formé de cette ma- 
nière que sort le mâle adulte. La dernière cuticule larvale 
devient très endurcie avant la sortie du maie et la forma- 
tion de la chrysalide. Elle prend une couleur brun-foncé 
sur la région du céphalothorax et du premier segment de 
l'abdomen, en avanc^ant dehors ces parties entre les seg- 
ments abdominaux du Pohstes gallica. 

6) Sous la cuticule des larves du mâle on remarque en- 
core avant la formation du céphalothorax des épaississe- 
ments de l'épiderme, disposés par paires sur la tète et sur 
les segments thoraciques. On en voit trois paires sur la tête: 
la plus grande paire est disposée du côté de la tête, plus 
près de la surface dorsale, les deux autres paires se remar- 
quent sur la surface ventrale. De la première paire des 
épaississements se forment les antennes, et de la deuxième et 
troisième paire — les mâchoires supérieures et inférieures. 

On ne remarque le commencement des lèvres dans aucun 
stade. Des mêmes épaississements, pour la formation des pieds, 
se sont disposés par paire sur la surface ventrale des trois 
segments du thorax. 

On observe en outre sur chacun des segments du thorax 
une paire d'épaississements, qui se développent en ailes. Les 
épaississements ci-dessus mentionnés ont l'aspect d'appendi- 
ces creux à leur métamorphose ultérieure. Ils s'enfoncent 
à l'intérieur et, quand ils prennent définitivement la forme 
de l'appendice correspondant, ils sortent dehors et se dispo- 
sent sous le chitine de la larve. En même temps apparaît la 
tête, et c'est ainsi que sous la cuticule larvale se forme peu 
à peu le corps du chrysalide. Cette chrysalide diffère du 
mâle adulte par sa forme extérieure, principalement par la 
surface plus lisse de son corps et par ses appendices plus 
courts et moins articulés. Cette chrysalide, d'une couleur 
blanche, se trouve dans le chitine de la larve, sous lequel 
elle s'est formée comme dans un cocon. 

12 



— 178 — 

7) Le tubt' (liiii'stif de la larve présente un oesophage 
étroit et un ventricule spacieux en Ibruie de sac. L'ëpitlié- 
liuin des parois de ce dernier consiste en grosses cellules, 
([ui s'avancent en forme de tubercules dans la cavité du 
ventricule. Ces cellules rentrent dans la cavité du ventricule 
pendant la métamorphose de la larve en femelle adulte et 
en cjîrvsalide du iiiàle. de même (jne chez les fourmis pen- 
dant leur nutiMuorpliose, selon mes observations*). A leur 
place se montre une couche de cellules développées de jeu- 
nes cellules, i\m étaient au paravant disposées en groupes 
isolés, entre ces grandes cellules et à leur base. 

La cavité de l'intestin postérieur chez les femelles ne 
s'unit pas à celle de l'intestin mo^en. L'intestin postérieur 
chez ces dernières s atrophie môme tout-à-fait par la suite. 
L'intestin antérieur chez les mâles se développe plus forte- 
ment, et (juant à l'intestin moyen, qui forme le ventricule, il 
se raccourcit et s'aplatit jusqu'à sa disparition complète dans 
certaines places de sa cavité. Les vaisseaux de Malpighi 
apparaissent en forme de saillies de l'intestin postérieur. 

8) Les stigmes ont la forme d'orifices ronds, pas très grands, 
aux bords lisses. C'haque tronc trachéal se dirige en arrière 
vers l'abdouv-n, en s'éloignant des dilatations des stigmes, 
et donne dans le céphalotborax une brandie qui se dirige 
en avant. Les branches des deux troncs se recourbent en- 
suite vers l'axe longitudinal, mitoyen du corps, et se réu- 
nissent ensuite derrière le cerveau au dessus du tube digestif. 
De ces branches sortent des ramifications vers les organes 
voisins. La inêm(! construction du système trachéal se voit 
chez les femelles adultes. 

9) Le systèmi! nerveux central consiste chez les jeunes 
larves: 1"""' en (u^rveau céphali([ue, formé de deux ganglions 
ovales, bien limités, dont sortent des nerfs grêles qui se 
dirigent vers les ocelles rudimentaires, et 'i'"""*^ en une masse 



*).'S. Nassfinov. Sur U; (l('v(;Io[)iM'mriil, |i()Stcinl)iyoiial dus luiinilis. II:i- 

lit.CTiit JiMIIOp. Oôlll, .llOÔ. KCT. T. I,VIII. 111,111 1. 



~ 179 — 

nerveuse allongée de ganglions thoraciques et ventraux qui 
se confondent. 

Cette masse s'unit au cerveau céplialique à l'aide des com- 
missures. Le cerveau céplialique des larves de la femelle 
change peu pendant la métamorphose, c'est pourquoi le 
cerveau de la femelle adulte diffère très peu de celui de la 
larve. Chez la larve du mâle, il s'allonge dans la direction 
transversale, et pendant sa métamorphose en chrysalide, il 
s'y forme des parties qui caractérisent le cerveau du mâle 
adulte que j'ai décrit dans mon article sur les Xenos Ros- 
sii'''). Ce sont surtout les lobes optiques, qui se développent 
fortement. La masse nerveuse ventrale des ganglions du 
thorax et du ventricule confondus les uns avec autres, se 
partage en deux parties, antérieure et postérieure, par un 
enfoncement transversal. La première de ces parties se trouve 
ensuite chez la femelle adulte, de même que chez la larve, 
dans le céphalothorax, et chez le mâle adulte, dans le tho- 
rax; la seconde dans leur abdomen. Ces deux parties sont 
liées entre elles par des commissures, qui s'agrandissent à 
mesure que la métamorphose se ftiit. 

10) Les ocelles des larves des femelles diminuent avec 
l'âge, et vers la métamorphose en femelle adulte, restent en 
forme de petites ocelles rudimentaires cachées sous un té- 
gument non transparent. Chez les mâles adultes, les grands 
yeux composés se présentent comme un organe nouvelle- 
ment formé; les épaississements de l'épiderme sur les côtés 
de la tète, pour la formation des facettes et des cônes des 
yeux composés, apparaissent très tôt dans leurs larves. 

Les ocelles de la larve disparaissent peu à peu pendant 
sa métamorphose en chrysalide. 

11) Le corps adipeux est faiblement développé au com- 
mencement, de sorte que chez les jeunes larves on voit leurs 
organes intérieurs à travers le tégument extérieur. Le corps 



*) ¥. Nassonov. Xenos Rossii etc. Bulletia de rUiiiversilc- de Varsovie. 
1892 (IIsB'fccTiîi BapiuaBCKaro ynuBepcnTeTa). 

12* - 



— 180 — 

adipeux des larves plus développées augmente de dimension' 
et remplit toute la cavité du corps. Les larves deviennent à 
cause de cela non transparentes. 

12) Les rudiments des glandes sexuelles se présentent 
priuiitivement sous la foruie de deux corps cylindriques, dis- 
posés dans l'abdomen sur les côtés du tube digestif. Les 
cellules, entrées dans la couiposition de ces rudiments chez, 
les femelles, se divisent en p(Htions arrondies. C'est de ces 
portions que se développent les oeufs pendant la métamor- 
phose ultérieure. Ces portions sent tout-à-fait isolées l'une 
de l'autre, et les oeufs, qui se développent de ces dernières, 
se trouvent libres dans la cavité du corps de la femelle, oà 
ils donnt nt naissance aux larves libres, — c'est le mode de 
reproduction (|ue je nonnue pseudopédogénèse. 

Les rudiments des glandes sexuelles du mâle se divisent 
aussi en portions, dont se forment des faisceaux de sper- 
matoïdes. 'Slais ces portions restent jointes l'une à l'autre 
sous une membrane commune ([ui forme la membrane com- 
mune du testicule de la forme adulte. 

13) Les canaux génitaux de la femelle se forment à 
l'aide de l'enfoncement de l'épiderme des téguments exté- 
rieurs dans la partie inférieure, du deuxième, troi- 
sième et quatrième segments de Tabdomen. Du côté inté- 
rieur des portions de culleles mésod(M"mi(pies s'approchent 
de ces enfoncements. Sur les 2 — 5 segments se forment, 
de ces enfoncements épidermiques, des tubes qui s'ouvrent 
dans la cavité du corps à l'aide d'entonnoirs, et sont en- 
tourés des cellules mésodermi(iues, dont nous venons de 
parler. Ces tubes pourvus d'entonnoirs présentent une 
grande ressemblance avec les organes segmentaires des 
Annélides: je les ai décrits chez les fenndles adultes *). 

Les canaux génitaux des mâles se présentent primitive- 
ment en forme de deux tubes, qui viennent de l'extrémité 
postérieure des rudiments des glandes sexuelles, se dirigeant 

*) N. Namjmv. Xcnos \U.'n etc. 1H'J2. 



— 181 — 

Ters le dixième segment de l'abdomen, où ces tubes se 
rencontrent et s'attachent au tégument extérieur. A la place 
de l'attache, pendant la métamorphose ultérieure, ils s'unis- 
sent à l'aide de l'enfoncement impair de Tépiderme des tégu- 
ments extérieurs du neuvième segment de l'abdomen. Pen- 
dant le stade des chrysalides, de cet enfoncement se forme 
Je vésicule séminal et le ductus ejaculatorius. 

Les canaux forment une paire, s'élargissent et se raccour- 
cissent ensuite, de manière à ce que les testicules des 
mâles adultes ont l'air d'entrer dans la partie impaire des 
canaux sexuels des mâles sans l'aide de vasa deferentia. 

14) Ces données nous montrent à quel point la méta- 
morphose du mâle diffère de celle de la femelle. Pendant 
que le mâle passe par une complète métamorphose extérieu- 
re et intérieure, suivie de modifications bien profondes de 
l'organisation de la larve, la femelle n'éprouve pas de mé- 
tamorphose quelque peu tranchée, et l'organisation de la fe- 
melle adulte, les organes sexuels exceptés, diffère très peu 
du stade larval. 

Pour ce qui concerne l'anatomie, j'ai donné des dé- 
tails sur ce sujet dans mon travail, publié dans les 
^-os. 1 — 3 des Bull, de l'Université Impériale de Varsovie 
1892 *j. Je me bornerai ici à indiquer les particularités 
suivantes de l'organisation des Strépsiptères, qui les distin- 
guent des autres insectes. 

1) L'absence des lèvres postérieures et inférieures chez 
les mâles, de même que chez les femelles, le développement 
très faible des mâchoires inférieures chez les mâles et l'ab- 
sence complète de ces dernières chez les femelles. 

2) La position de l'orifice de la bouche des mâles et des 
femelles à une distance comparativement considérable des 
parties de la bouche, position qui se rapproche de la posi- 
tion emlnyonale de cette dernière. 

3) La modification de la paire antérieure des ailes et des 
appendices chez les mâles. 



*") X. Nasso)ior. Xeiios llossii etc. 1892, 



— 182 — 

4) L"(irgaiiis;Uioii du système iiorvciix contrai clos mâles 
et des femelles, formé do trois gaiii^lioiis: d'un susoesopha- 
gien. d'un thoraciciuo composé, dans la composition duquel 
entre le susoesophagien, et d'un ganglion ventral îi part. 

5) L'isolation des intestins postérieur et moyen chez le 
mâle et l'absence de ce dernier chez la femelle. 

0") L'absence des vaisseaux de Malpighi et des glandes 
cutanées chez les mâles et chez les fenu'lles. 

7) Une communication innnédiate entre les testicules ori- 
ginalement organisés et le canal sexuel impair, qui s'élar- 
git en vésicule séminal. 

8) La présence des canaux sexuels, disposés sur les 2 — f> 
segments de l'abdomen en forme de tubes courbés, ressem- 
blant aux organes segmentaires des Annélides. 

9) L'absence des ovaires et le mode original de repro- 
duction (Pseudépédoginèse). 

La position dans le système du groupe des Strépsiptè- 
res ne peut être à présent regardé comme fixée, à cause 
de la coniuiissance insuffisante que nous avons des repré- 
sentants de ce groupe. 

Les entomologistes sont d'opinions divergentes à ce sujet. 
Ces opinions aboutissent à deux avis principaux: les uns 
regardent le groupe de ces insectes commet un ordre indé- 
pendant et le placent sous le nom de Strépsiptères ou lîhi- 
piptères au niveau des autres ordres, Coléoptères, Lépi- 
doptères etc. en le regardant comme tout différent par les 
particularités de son organisation et comme leur équivalent. 

Les autres s'en tiennent à l'opinion que ce groupe est en 
affinité avec les Coléoptères et le regardent seulement comme 
une famille indépendante. Cette opinion a été émise surtout 
(luis les derniers temps. 

M. J>rauer ''^) regarde ce groupe comme proche des Co- 



*) Brauer. SystomatLscli-zoologisclic Studicn .Sit/. lîer. Acad. Wien Bd. 
91. 1H65. aussi — Ueber das sej^ment médiairc Latreillc's. Sits. Ber. Acad. 
Wiei) Bd. 85. 1882. 



— 183 — 

léoptères; c. à. d. comme une branche déviée de la famille 
Malacodermata qui se rapporte aux Coléoptères. 

Leconte et Horn '■') rapportent le groupe des Strépsip- 
tères à l'ordre des Coléoptères sous la rubrique de la fa- 
mille des Stylopidae, fondant leur opinion sur les connais- 
sances obtenues jusqu'à présent des stades de la métamor- 
phose, et sur l'interprétation des caractères extérieurs. Ils 
placent la famille Stylopidae entre les Coléoptères parmi 
l'ordre des B. Heteromères, immédiatement après les Rhi- 
piphoridae. 

La ressemblance avec les Coléoptères sous le rapport de 
l'organisation du corps se borne, à ce qu'il me semble, seu- 
lement à quelques traits communs de la forme extérieure 
du mâle. Cette ressemblance consiste principalement dans 
le caractère commun de l'organisation du squelette du mé- 
tathorax, très développé chez les Strépsiptères, de même que 
chez les Coléoptères. Mais le développement du métathorax 
est sans doute sous la dépendance du développement chez 
les uns, comme chez les autres, de la paire postérieure des 
ailes, comme les organes du mouvement. l*our ce qui con- 
cerne l'organisation même des ailes, nous y trouvons la 
différence suivante: la première paire d'ailes des Coléoptères 
ne leur sert pas pour voler, mais seulement pour couvrir 
la paire postérieure et ne change jamais en appendices, 
comme nous le remarquons chez les Strépsiptères ; la seconde 
paire d'ailes chez les Coléoptères ne présente pas une ner- 
vation aussi simple que celle des Streptiptères. 

Toutes les particularités du développement postembryonal 
et de Tanatomie ci-dessus mentionnées montrent une diffé- 
rence très prononcée, non seulement entre les Strépsiptères 
et les Coléoptères, mais aussi entre ces premiers et tout 
autre ordre d'insectes, et donnent le droit de regarder les 
Strépsiptères comme un ordre indépendant. Les Strépsiptè- 



*) Leconte iind C. Horn. Classification of tlie Coleoptera of Kortli-Anic- 
rica. Smitton Mite. Coll. 1883. 



— 184 — 

res représiMitent un iiroup«\ proviMiaut probablement des 
ancêtres comiimns ;i tous les insectes ailés (^Pterygoii'enea); 
ils présentent une brandie indépendante et considérablement 
déviée des antres ordres. Ce j-roupe s'est formé probable- 
ment plus tard i[[w les Orbtoptères. Pseudoneuroptères et 
Neuroptores. 



Sur la lumination 
des animaux de la mer Blanche. 

Du laboratûîrs du Cabinet ^ zoctomîqus ds Tuniversîté de 

St.-Pstsrsbourg. 

C. Klivorostànsky. 

Nous avons jusqu'ici des comiaissaiices très insuffisantes 
sur la lumination de la mer Blanche; ainsi nous trouvons, 
par exemple, chez M. le Prof. X. AVagner "), des faits concer- 
nant quelques vers luisants. 

Dans la séance du séminaire zoologique du 7 Février 
1892, j'ai fait une communication sur la lumination des 
Polynoe aspeni Hausen et Sagitta hipunctata Quoi et Gai- 
mard. 

La première forme nr'a été fournie en deux exemplaires 
par Mr. Tarnani: elle a été pochée le 7 Juillet 1891, dans 
la baie de Solovetsk près des roches de Tolstick, sur une 
profondeur de 3 à 6 sagènes, à près de 2 verstes de la côte; 
j'ai péché moi même la 2-me forme en 1890, dans le dé- 
troit d'Auser. 

Mallieureusement Mr. Tarnani n'a pas pu m "indiquer les 
parties luminantes du corps du Polynoé aspera. 

Quant à la ser^onde forme, Sagitta hipunctata, elle ne 
vécut pas assez longtemps dans l'aquarium, ce qu'on observe 
généralement pour tous les animaux pélagiques. Malgré tous 
les soins, les sagittas ne restèrent en vie que 1 — 1 '/.^ j^^^'s, 
et vers le soir du deuxième jour il n'y avait qu'un exem- 



*) H. BarnepTj. EesnosBOHoinMn /KUBOTHwa Bluaro Mopa. CI1L>. 1885. 



~ 186 — 

plaire de vivant (lui luiuiiiait: cliez les animau\ morts je 
n'observai pas de Imniiiatioii. 

Les points luminants se trouvent sur la partie posté- 
rieure et plus étroite du dos, près de la queue, comme l'a 
décrit aussi ^I. Henri (liglioli pour les sagittes du port 
Anger, dans Tile de Java *). 

D'après mes observations, le corps de l'animal luminait 
d'une lumière claire: quelques uns des sogites luisants 
faisaient des mouvements très lents et restaient immobiles, 
même quaiul on les touchait: d'autres, au contraire, (juand on 
les touchait devenaient plus vifs et plus agiles. Mis dans un 
aquaire, elles en éclairaient le fond d'une lumière vive; 
mises dans de l'esprit de vin, elles cessaient instantanément 
de luire. 

J'ai essayé, comme de juste, de trouver sur le corps des 
sagittes quelques organes de lumination, en employant la 
méthode des coupes, mais je n'ai pu trouver rien de parti- 
culier dans la structure de leur corps. 

La lumination commençait régulièrement à 1 1 heures de 
la nuit. (J'ai feit mes observations entre le 12 et le 14 Juil- 
let). La lumière devenait plus faible lorsqu'on mettait les 
animaux dans une chambre éclairée; mais quand je portais 
pendant la journée le vase contenant les sagittes dans une 
chambre somljre — la lumination n'avait pas lieu. 

Selon Mr. Etienne Jourdan "'"•'), les cellules luminantes des 
Polynoë torcjuata Chipas sont d'origine épidermique. En me 
basant sur ce fait, je suppose que la lumination de la sa- 
gitta bipunctata Q. et G. est de même origine. La couche 
inférieure de l'épiderrae doit posséder une faculté phospho- 
rescente, et ses cellules deviennent lumineuses^ comme celles 
du Polynoë torquata Clapar. 



*) Les animaux et les végétaux lumineux, par Henri Gaadeande Ke- 
wille. Paris 1890, p. 71. 

*•) Etienne .Jourdan. Structure des élytres de quelques Polynoë. Zool. 
Anzeiger. 1B«5, J»ê 189. 



Sur les organes 

excréteurs chez les arthropodes terrestres, 

par A. O. Kovalevsky. 

Avec 4 planches. 

Introductiou. — Insectes. — Myriapodes. — Aranéides. — Scorpionides. — Ouvrages 
cités. — Explication des planclies. 

I. I X T R D U C T I K. 

Beaucoup de savants se sont occupés de la question des 
organes excréteurs chez les animaux invertébrés, mais, jusqu'à 
présent, on s'est surtout efforcé de faire ressortir l'impor- 
tance morphologique de ces organes sans chercher à appro- 
fondir le côté physiologique ou physiologo-chimique de la 
question. Cependant, pendant ces dernières années, on a 
entrepris dans ce sens un assez grand nombre de travaux, 
et maintenant nous possédons, sur toutes les classes du 
règne animal, des données assez précises, oii sont détermi- 
nées les lois générales qui régissent la spécialisation pro- 
gressive et la différenciation de ces organes. 

Chez les animaux les plus rudimentaires, ces organes appa- 
raissent dans le plasme du corps sous la forme de simples 
vacuoles, tantôt disséminées dans différentes parties du corps, 
tantôt occupant une place déterminée sous la forme de va- 
cuoles pulsatiles ou contractiles. M. Meissner (1) est par- 
venu à démontrer que, chez les infusoires, le liquide qui 
s'amasse dans ces vacuoles, possède une réaction acide, fait 
qui a été constaté dans la suite par un grand nombre de 
savants. 



— l^S — 

Si des animaux les plus simples nous passons aux Coe- 
lentérés, nous remarquons que. cliez ces derniers, le système 
excréteur est resté, à proprement parler, le même que chez 
les animaux inférieurs: en d'autres termes: que chaque cel- 
lule est prohableuient capable aussi bien d'absorber que 
d'excréter, en éliminant immédiatement au dehors ou en 
conservant h l'intérieur du plasme les produits de l'excré- 
tion. J'ai fait dans ce sens des expériences sur les Tubu- 
laires. J'ai introduit dans leur cavité digestive, par la par- 
tie inférieure du tube, un mélange de carmin et d'indigo- 
carmin, après quoi j'ai lié la partie inférieure du corps pour 
empêcher le liquide de s'écliapper. Au bout de quehiue temps 
j'ai disséqué ces animaux et j'ai constaté que les cellules 
d'entoderme renfermaient une quantité de granules colorés 
en rouge par le carmin, des grains de carmin et des mor- 
ceaux d'indigo-carmin de forme irrégulière. 

J'expli([uerai la présence dans les mêmes cellules du car- 
min et de l'indigo-carmin, en disant que l'indigo-carmin, en 
se mélangeant à Teau de mer, se précipite sous la forme 
de cristaux. 

Comme;, d'autre part, les cellules entodermiques des Ta- 
bulaires possèdent la faculté de digestion intra-cellulaire, 
elles al)Sorbent les cristaux d'indigo-carmin en les déformant, 
mais, étant incapables de les digérer, elles les laissent de 
côté à l'état informe; on pourrait même dire à la rigueur 
qu'elles les relèguent dans les différentes portions de leur 
plasme. 

En outre, j'ai pu observer un phénomène intéressant que je 
crois devoir citer ici parce qu'il montre combien ces grains 
de carmin et d'indigo-carmin peuvent se conserver longtemps à 
rintéri(Mir des tissus des 'l'ubulaires. Les Tubulaires étaient 
fort incommodés par l'introduction du mélange ci-dessus, et 
leurs têtes se détachaient du corps; néanmoins, ils ne mou- 
raient pas, mais, après un laps de temps plus ou moins 
long, ils donnaient naissance à de nouvelles têtes et par 
suite a de nouveaux tentacules. Dans les cellules internes 



-- 189 — 

de ces tentacules (tig. 4 t. c), qui forment une sorte de 
squelette se composant d'une rangée de cellules entodermi- 
ques, de même que dans l'entoderme des glandes sexuelles, 
on pouvait observer des grains colorés par le carmin et des 
globules d'indigo-carmin ayant conservé la forme qu'ils avaient 
en pénétrant dans les cellules entodermiques, dans les pre- 
miers jours qui avaient suivi l'introduction du mélange co- 
lorant. De là il ressort évidemment que les pigments relégués 
à l'intérieur des cellules entodermiques continuent à s'y 
maintenir, même lorsque ces cellules concourent à la forma- 
tion de tissu d'un autre genre. De fait, la relégation à 
l'intérieur d'une cellule d'une substance impropre à l'orga- 
nisme, sous forme de globule compact, peut être considérée 
comme une sorte d'excrétion ou d'isolation; que la cellule 
rejette au dehors une substance impropre tant à sa nutri- 
tion qu'à la formation de ses tissus, ou qu'elle l'élimine de 
la circulation générale des sucs, en l'isolant ou plutôt en 
l'introduisant dans quelque portion inactive de son plasme, 
cela revient au même; en effet, le corps ou la substance 
absorbée peut soit contribuer à la nutrition, soit y être 
impropre et, dans ce dernier cas, être relégué dans quel- 
que portion de la cellule: il arrive même parfois que ce 
corps peut être utile à l'organisme, par exemple lorsqu'il 
cède à l'action prolongée du plasme et finit par se dis- 
soudre. 

J'ai cité quelques exemples de ce genre de phénomène 
dans mes ,, Recherches sur la rate des Mollusques" (2). 
Les cellules de la glande, désignée par moi sous le nom de 
rate^ avaient la propriété d'absorber toutes sortes de subs- 
tances solides qui s'introduisaient dans l'organisme, qu'el- 
les fussent ou non impropres à la digestion. Si les substan- 
ces absorbées par les cellules étaient susceptibles d'être 
digérées par le plasme de la cellule, la digestion s'effectuait 
immédiatement: les substances étaient dissoutes et disparais- 
saient. De ce nombre étaient les globules sanguins, le lait, 
les corpuscules vitellins des oeufs de requin, etc. Si, au 



— 190 — 

contraire, les substances étaient impropres à la digestion 
(par exemple, l'encre des Sépias (globules noirs), le carmin. 
l'amidonV elles étaient reléguées dans le plasma de la cel- 
lule et s'y conservaient pendant des mois entiers. Ces subs- 
tances étaient en quehiue sorte éliminées de l'organisme, ou 
plutôt isolées. J.es cellules de la rate jouaient donc à la 
fois le rôle de cellules digestives et de cellules excrétrices 
(dans le sens d'isolation), exactement de la même manière 
que les cellules entodermiques des 'rul)uiaires. J'ai eu l'oc- 
casion d'observer chez les mêmes pleurobranches que cer- 
taines substances, qui avaient été reléguées de la sorte dans 
le plâsme des cellules et avaient paru au premier abord 
impropres à la digestion, finissaient cependant, après une 
période plus ou moins longue, par être digérées; ainsi donc, 
des corps éliminés, ou plutôt isolés de l'organisme, peuvent 
être appelés à jouer le rôle de matières nutritives mises 
en réserve et assimilées. 

Il arrive parfois qu'une substance nutritive, telle que la 
globuline par exemple, qui avait été reléguée dans les mus- 
cles ou dans les autres tissus du corps à une période où 
il y avait excès de initrition, est absorbée ou dissoute plus 
tard lorsque la nutrition est insuffisante. On peut expliquer 
ce processus de la manière suivante: si les sucs sont trop 
chargés ou plutôt saturés de matière nutritive, ils ne dis- 
solvent pas la globuline; si, au contraire, leur saturation 
diminue: la globiUine est dissoute par les sucs; en d'autres 
termes: la globuline peut, suivant les cas, être reléguée dans 
le corps ou être dissoute. 

Les substances absorbées par les cellules de la rate des 
mollusques se comportent à peu près de la même manière. 
J'attaclie en particuUcr une grande importance à une obser- 
vation ({ue j'ai eu l'occasion de faire sur des globules san- 
guins rouges de requin introduits dans l'organisme à l'état 
frais, après différents modes de traitement, de conservation 
et de coloration. Les globules sanguins de requin, introduits 
il l'état frais (c'est-k-dire en quelque sorte à l'état vivant), 



— 191 — 

dans le corps crun pleurobranche, étaient absorbés par les 
cellnles de la rate; au bout de quelques jours ils étaient 
digérés et disparaissaient des cellules. Si, au contraire, les 
globules étaient introduits dans le corps du pleurobranche, 
après avoir été préalablement traités par le bichlorure de 
mercure, soumis à un bon lavage et colorés par le carmin, 
ils étaient aussi absorbés par les cellules de la rate, mais 
leur digestion exigeait un temps incomparativement plus 
long que la digestion des globules sanguins à l'état frais; 
néanmoins ils finissaient pourtant par être digérés. Le Doc- 
teur P. Mayer m'a donné des globules sanguins d'Acanthias 
qui avaient été conservés pendant huit ans dans l'alcool et 
colorés par le carmin. Introduits dans le corps d'un pleuro- 
branche, ces globules furent également absorbés par les cel- 
lules de la rate, mais sans pouvoir être dissous tout d'abord. 
Plusieurs semaines s'écoulèrent sans apporter de change- 
ments. Les pleurobranches que je disséquai renfermaient 
dans les cellules de la rate des globules sanguins non dis- 
sous. J'en conclus que, par suite du séjour trop prolongé 
dans l'alcool, la substance des globules sanguins n'était plus 
susceptible d'être dissoute, mais je ne tardai pas à revenir 
sur cette opinion. En disséquant un pleurobranche, qui avait 
survécu environ trois mois après avoir été soumis au trai- 
tement ci-dessus, je constatai que les globules sanguins 
avaient été dissous. Le carmin qui avait servi à les colorer 
était encore renfermé à Tintérieur de la cellule. 

Le cas que je viens de citer présente une très grande 
importance relativement au phénomène qui nous occupe, et 
les données qu'il fournit permettent de procéder d'une façon 
régulière à l'étude des produits excrétés. Si les globules 
sanguins conservés si longtemps dans l'alcool étaient demeu- 
rés complètement indissolubles, nous aurions pu comparer 
leur confinement dans les cellules de la pulpe spléni(iue au 
processus par lequel les produits impropres à l'organisme, 
tels que l'encre de. Chine, la sépia, le carmin, etc., sont éli- 
minés ou plutôt isolés de l'organisme. Pendant l'espace de 



— 192 — 

plusieurs semaines les substances introduites semblaient ef- 
fectivement devoir rester indissolubles, mais cette inaction 
n'était qu'ap])arante: en réalité, les globules étaient soumis 
tout le temps à l'action des sucs du plasme et finissaient 
par être dissous et assimilés; seul, le carmin, substance ab- 
solument impropre à l'organisme, restait à l'intérieur de la 
cellule à l'état de déchet. Ce phénomène prouve que les glo- 
bules sanguins n'ont pas cessé d'être soumis à l'action dis- 
solvante du plasme des cellules spléniques; mais la compo- 
sition de la substance elle-même a opposé de grands obstacles 
à cette action dissolvante, et il a fallu des mois entiers 
pour que le plasme parvienne k dissoudre les parties assi- 
milables des globules sanguins et à les séparer d'une subs- 
tance impropre à l'organisme, le carmin, qui est restée à 
l'intérieur des cellules. 

Cet exemple nous expli(iue le phénomène de la conserva- 
tion de parties solides à l'intérieur des cellules de l'ento- 
derme des tubulaires qui entrent dans la composition des 
cellules des tentacules; ces cellules conservent une foule de 
substances à l'intérieur de leur plasme pendant très long- 
temps, souvent même pendant toute la durée de leur exi- 
stence; quelquefois elles réussissent à les dissoudre, quelque- 
fois aussi elles n'y parviennent pas. On trouve un exemple 
analogue dans la description de Metschnikov; cet auteur 
signale des cas où des leucocytes, qui avaient absorbé des 
grains de carmin, devenaient ensuite des cellules de tissu 
conjonctif et conservaient dans cet état les grains de car- 
min absorbés à une période antérieure de leur existence; il 
y a une complète analogie entre ce phénomène et la pré- 
sence de globules de carmin dans les cellules axiales des ten- 
tacules chez les tubul.iires. 

Si des CVelentérés nous passons aux t^-pes plus élevés du 
règne animal, nous constatons, notammant chez les vers in- 
férieurs de la classe des Platodes, la même participation de 
la totalité ou de la grande majorité des cellules au proces- 
sus d'excrétion; je veux parler ici du système désigné sous 



— 193 — 

le nom de système aquifère. On sait que ce système excré- 
teur prend naissance à l'intérieur des cellules du parenchyme 
du corps sous forme d'un petit renflement, qui est souvent 
pourvu de cils vibratiles spéciaux que l'on a très justement 
comparés à la flamme d'une bougie (Flammen). La struc- 
ture de ces vésicules excrétrices correspond à celle des vé- 
sicules ou vacuoles des infusoires et d'un grand nombre de 
cellules des Cœlentérés. Ici toutefois on remarque une dif- 
férence importante qui indique un degré supérieur d'orga- 
nisation. Cette différence consiste en ce que les vésicules 
excrétrices des cellules séparées ne s'ouvrent pas directe- 
ment et immédiatement au dehors, et que les canaux excré- 
teurs, avant de s'ouvrir au dehors, forment d'abord une 
sorte de réseau ou de système complet. 

Bien que je n'aie pu explorer ce système que chez quel- 
ques Cestodes, et encore d'une manière partielle, j'ai cons- 
taté néanmoins que le produit excrété par les cellules réa- 
git à peu près de la même manière que les excrétions des 
vacuoles des infusoires et possède, selon toute probabilité, 
une réaction acide. 

Si nous passons ensuite aux formes plus élevées des vers 
du même type, dont l'organisation offre ceci de particulier 
que les parois du corps qui entourent le canal intestinal 
sont séparés de ce dernier par une large cavité spéciale, 
désignée sous le nom de cavité du Cœlôme, nous trouvons 
que les processus d'excrétion sont effectués principalement 
par les cellules de cette cavité; ces processus s'accomplis- 
sent soit immédiatement, par exemple au moyen des cellu- 
les qui couvrent le canal intestinal du côté de la cavité du 
corps, soit au moyen de la différenciation de parties spé- 
ciales (sections) qui se transforment en tubes segmentaires. 
Les recherches effectuées par un grand nombre d'embryolo- 
gistes ont démontré que ces canaux segmentaires des anné* 
lides ne sont autre cliose que des parties détachées de la 
cavité embryonnale du corps, autrement dit, des portions 
spécialisées de cette dernière. 

13 



— 194 — 

Autant (iirou peut on juger par les recherches encore 
bien incomplètes faites sur les annélides, ces canaux seg- 
inentaires sécrètent des liquides avant une réaction acide, 
c'est-à-dire colorant en rouge le tournesol; ceci a été cons- 
taté notammeant pour les ordres Nereis et Lunibricus. 

Les produits, les modes et les processus mêmes d'excré- 
tion varient tellement chez les annélides qu'il est impossible 
de leur accorder une place dans cette courte esquisse. Je 
me bornerai seulement à indiquer ce qui touche de près à 
la question qui nous intéresse, je veux parler du rôle que 
jwient dans ce processus les parois de la cavité du corps, 
survenue chez cette classe, et de la réaction acide qui est 
celle qui prédomine dans les produits excrétés par ces par- 
ties différenciées de la cavité du corps des annélides. 

Si des annélides nous passons à un type plus élevé d'arthro- 
podes, notamment aux crustacés, nous remarquons que chez 
ces derniers les principaux organes excréteurs sont également 
des organes segmentaires quehiue peu modifiés, auxquels on 
donne le nom de glandes antennaires et coquillières; toute- 
fois ces derniers n'apparaissent pas en aussi grand nombre 
que cliez les annélides et se réduisent à une ou deux pai- 
res d'organes, désignés sous le nom de glandes antennaire 
et coquillière; ces organes se rencontrent tantôt conjointe- 
ment, tantôt à l'état isolé. Ces glandes se rapprochent du 
tA"pe des organes segmentaires et se différencient chez pres- 
que tous les crustacés en formant deux sections: une sec- 
tion supérieure, nommée vésicule terminale, et une section 
inférieure ou plus périphérique, désignée sous le nom de 
çanalirnle urii/furc. Ces deux sections de la ncphridie re- 
présentent deux parties importantes de l'organe segmentaire 
que nous appelleront désormais organe urinaire, conservé 
chez tous les crustacés aux différents degrés de leur déve- 
loppement relatif. 

Le type de cette néphridie différenciée n'est pas compli- 
qu'.é: ainsi que je l'ai dit plus haut, elle comprend deux 
sections, la vés/cHle fennirnila et le canalicule uruiaire; on 
peut encore y adjoindre la vessie urinaire. 



— 195 — 

Ces deux sections de la néphridie remplissent en somme 
une seule et même fonction physiologique, qui est d'excré- 
ter les produits urinaires. 

Voici comment elles se partagnet ce rôle: la vésicule ter- 
minale fonctionne au moyen de cellules aj'ant une réaction 
acide (je veux dire par là que les produits excrétés par 
ces cellules colorent en rouge le tournesol), tandis que le 
canalicule urinaire fonctionne au moyen de cellules franche- 
ment alcalines ou neutres. 

Ces deux sections persistent également chez tous les ani- 
maux supérieurs: atlu'opodes, mollusques et vertébrés. Chez 
les vertébrés, ce sont les pelottes de Malpighi qui remplis- 
sent le rôle de vésicule terminale; chez les mollusques, ce 
rôle est rempli par les glandes péricardiales, tandis que le 
rôle des canalicules urinaires est exercé par l'organe de 
Bojanus ou, à pi^oprement dire, par le rein du mollusque. 

Par leur origine, toutes ces glandes peuvent être assimi- 
lées morphologiquement à la cavité du corps. En effet, elles 
sont formées par l'épithélium de cette dernière et restent 
souvent en contact permanent avec elle. 

Elles en sont le prolongement immédiat, ainsi qu'on peut 
l'observer chez les annélides, et représentent des sections 
détachées de la cavité embryonnale du corps, telles que les 
canalicules et les organes segmentaires des reins chez les 
vertébrés et les mollusques. D'autres fois, bien que remplis- 
sant déjà les fonctions d'organe excréteur, elles sont cepen- 
dant encore des cellules épithéliales de la cavité du corps. 
C'est ce qu'on peut observer chez certaines cellules de la 
glande péricardiale des Lamellibranches (Peignes) (4) (quand 
cette glande apparaît sous forme de brides glandulaires et 
de plis situés sur les oreillettes du coeur), lorsque ces 
cellules ne se sont pas encore différenciées sous forme de 
glande indépendante, c'est-à-dire possèdent leur cavité pro- 
pre (limitée par eux), mais représentent simplement des cel- 
lules modifiées de la cavité du corps. 

A cet ensemble d'organes excréteurs, qui présentent prin- 

13* 



— 196 — 

cipalemont, ou plutôt exclusivomont, le caractère des orga- 
nes excréteurs urinaires, vient s'ajouter encore tout un sys- 
tème d'organes „d'un autre type", si Ton peut s'exprimer 
ainsi. Ils appartiennent à la catégorie des organes spléni- 
ques dont la fonction est de régler la composition des subs- 
tances et des corps qui entrent dans le corps de l'animal. 
Cette fonction régulatrice s'exerce immédiatement, soit au 
moyeu de propriétés chimiques des cellules qui entrent dans 
la composition de ces organes, soit au moyen de cellules 
vivantes émanées de ces mêmes organes et distribuées dans 
tout le corps: on donne à ces cellules le nom de leucocy- 
tes. Après avoir joué un rôle plus ou moins important, ces 
organes se différencient de nouveau en organes purement 
spléniques, c'est-à-dire chargés de régulariser la circula- 
tion des sucs et des éléments dans l'organisme, et en orga- 
nes chargés de former des agglomérations éphémères ou plus 
ou moins permanentes de matières nutritives ou autres dans 
l'organisme. Au pohit de vue morphologique, ils présentent 
tous les caractères des organes parenchymateux, c'est-à-dire 
issus non des enveloppes épithéliales, mais directement des 
cellules parenchymateuses du mésoderme. 



I. INSECTES. 

Après cette courte esquisse de la structure et de l'acti- 
vité des organes que l'on peut rattacher au système géné- 
ral des excréteurs, nous passerons à leur examen chez les 
arthropodes. 

Le t}'pe des organes urinaires excréteurs, d'origine épi- 
théliale, presque exclusivement mésodermique, se modifie ou 
disparaît même complètement dans les formes d'animaux 
chez lesquels les fonctions urinaires s'exécutent par les 
expamionii du canal digestif. Ce rôle du canal digestif 
apparait déjà chez quelques vers et chez les crustacés; mais 



— 197 — 

c'est chez les arthropodCvS terrestres (insectes, mmapodes 
et, en partie, chez les arachnides) qu'il atteint son complet 
développement. Chez les insectes, l'intestin terminal, soit 
directement (Aphis) ^), soit par le moyen des coecums, tubes 
de Malpighi, exécute la partie principale de la fonction uri- 
naire, c'est à dire l'excrétion des sels uriques. Alors les 
néphridies cessent complètement de se développer ou sont 
rélégués au second plan; mais en même temps, on observe 
dans l'organisation des animaux eux-mêmes de tels change- 
ments que la forme générale des organes et des tissus 
excréteurs se modiiie considérablement. C'est surtout chez 
les insectes que nous avons pu observer ces modifications. 

Nous avons déjà dit plus haut que le type général des 
organes urinaires, tel qu'il s'est développé chez les formes 
animales supérieures: vertébrés, mollusques et crustacés, nous 
apparait divisé en deux sections. La première section est 
représentée par le corps malpighien du rein des vertébrés, 
la glande péricardiale des mollusques et la vessie terminale 
de la glande urinaire des crustacés et des scorpions: la 
deuxième section est représentée par les canalicules urinai- 
res des vertébrés, des crustacés et des scorpions et par 
l'organe de Bojanus des mollusques. Ces deux sections, 
ainsi que nous l'avons démontré à plusieurs reprises, se 
comportent d'une manière bien tranchée vis à vis de cer- 
tains réactifs, tels que le carmin d'ammoniaque et l'indigo- 
carmin; la première excrète le carmin d'ammoniaque et ses 
cellules ont une réaction acide, tandis que la seconde excrète 
l'indigo-carmin et que ses cellules, dans la plupart des cas 
étudiés, ont ou manifestent une réaction alcaline. 

Chez les arthropodes aériens, je veux parler de ceux chez 
lesquels les expansions de l'intestin terminal s^i chargent 
d'excréter du corps les produits urinaires, ces expansions 
rempHssent le rôle d'organes urinaires néphridiaux, rôle qui 
était rempli par la seconde section, c'est-à-dire par la sec- 
tion alcahne, qui excrète l'indigo carmin; en d'autres termes- 
ces expansions remplissent le rôle des canalicules urinaires 



— 198 — 

chez les vertébrés et les crustacés, et des organes de Bo- 
janus chez les mollusques. Par contre, ces organes ne rem- 
plissent pas la fonction de la vésicule terminale chez les crustacés, 
de la pelote malpighienne du rein cliez les vertébrés et de la 
glande péricardiale cliez les mollusques; ces fonctions s'accom- 
plissent dans ces formes au moyen de dispositions spéciales. 
Pour les découvrir, on peut faire deux expériences parral- 
lelès sur deux formes d'arthopodes chez lesquels les reins 
néphridiaux et les tubes de jNIalpighi existent. Introduisons 
par exemple, dans le corps d'une écrevisse de rivière (Âsta- 
r?r,s" flNviafi/is) et de quel(iue autre insecte un mélange d'in- 
digo-carmin et de carmin d'ammoniaque. Dans VAstacus, 
ces deux substances seront excrétées par la glande anten- 
naire (glande verte) — néphridies — et de telle façon que le 
carmhi sera excrété par le vésicule terminale (Fig. 5 e >/) 
et l'indigo-carmin par le canalicule urinaire (h /.); chez 
l'insecte, l'indigo-carmin sera excrété par les tubes de Mal- 
pighi (Fig. 6) et le carmin se déposera dans les cellules 
péricardiales (Fig. 7, 8 et 9). Si nous employons d'auties 
substances, telles que le tournesol, ou les sels de différents 
métaux, nous trouverons le même parallélisme; c'est pour- 
quoi nous avons le droit d'assimiler en quelque sorte le 
rôle de la vésicule terminale de la néphridie de l'écrevisse 
et les organes correspondant aux cellules péricardiales des 
insectes. Je ne rechercherai pas s'il y a ici analogie morpho- 
logique, c'est à dire homologie; en effet, pour cela il est 
nécessaire de réunir un plus grand nombre de faits appar- 
tenant au domaine de l'embryologie, de l'anatomie et de la 
physiologie de C(!S organes. Afin de rendre la démonstra- 
tion plus sensibbî, j'ai reproduit ici des dessins, exécutés 
d'après des photographies, montrant les coupes des glandes 
péricardiales de quelques insectes et la manière dont les 
grains de carmin excrétés y sont disposés; on y voit en 
outre des canalicules malpighiens d'insectes oti sont indiqués 
les dépôts d'indigo-carmin. 

Indépendamm(!nt des cellules péricardiales, le carmin, le 



— 199 — 

tournesol et un grand nombre d'autres substances, se dé- 
posent encore dans le tube guirlandiforme des larves de 
mouche, tube qui réunit entre elles les glandes salivaires 
de ces insectes. Le carmin se dépose à l'intérieur de ces 
cellules sous forme de petits grains. Lorsque cette substance 
est introduite en trop grande abondance, elle remplit presque 
toute la cavité de la cellule; seul le stroma (plasme de la 
cellule et noyau) reste toujours incolore. Chose remarquable, 
les modes de relégation du carmin dans les cellules péri- 
cardiales et dans la vésicule terminale des crustacés offrent 
une complète analogie. Dans l'un et l'autre cas le carmin 
apparaît à l'intérieur du plasme sous forme de globules 
rouge-clair. Tantôt ces globules restent en permanence à 
l'intérieur des cellules, comme cela a lieu chez les insectes, 
tantôt ils sont rejetés dans la cavité de la glande, comme 
cela a probablement lieu chez l'écrevisse de rivière. L'indigo- 
carmin ne se dépose jamais sous cette forme mais apparaît 
toujours dans la lumière du canalicule de Malpighi sous 
forme de menus cristaux. Le noyau des canaux de Mal- 
pighi des insectes reste complètement incolore, sauf dans les 
cas oii l'on a introduit une telle quantité d'indigo qu'elle 
devient mortelle pour l'animal; dans ces cas les noyaux se 
colorent en bleu, mais cela m'a paru être un signe de mor- 
tification du tissu. C'est cliez les blattes que j'ai le plus 
souvent observé cette coloration du noyau. Quant à la ques- 
tion de savoir comment s'effectue l'excrétion de l'indigo-car- 
min, il m'a été jusqu'à présent impossible de l'élucider, 
malgré les tentatives que j'ai faites dans ce but. Dans la 
plupart des cas, surtout lorsque les cellules pénètrent par 
de hauts mamelons dans la cavité du tube de Malpighi, et 
que leurs points de contact sont plus minces, c'est précisé- 
ment sur ces points que l'indigo s'élimine (Fig. 6) et que 
les limites des cellules paraissent remplies de dépôts d'indigo- 
carmin formant tout un réseau bleu sur la surface interne 
du canal de Malpighi. Cet état ne s'observe que dans les 
premiers temps après l'introduction de l'indigo; ensuite les 



— 200 — 

masses excrétées tombent dans la lumière du canal et il 
devient alors difticile de découvrir le lieu de sa première 
appartion. 

Je ferai remarquer ici que les tubes de Malpighi ne dé- 
posent pas toujours Tindigo-carmin. Les tubes de Malpighi 
de la toupe-grillon. (Iryllotolpa vulgaris. nous en fournissent 
un exemple remarquable. Un sait que chez cet insecte les 
canalicules de Malpighi sont de deux sortes: les uns jaunes, 
les autres blancs. Ces derniers renferment des concrétions 
qui ont été prises par beaucoup de savants pour de véri- 
tables excrétions urinaires. Les tubes jaunes de Malpighi 
sont seuls sensibles à l'action de l'indigo qu'ils éliminent 
du corps par la voie ordinaire; quant aux tubes blancs ren- 
fermant des concrétions, ils n'excrètent ni l'indigo, ni le 
carmin. Cette manière d'être négative, de la part d'organes 
qui se rattachent morphologiquement aux organes urinaires, 
est loin d'être un fait isolé. Chez un grand nombre de 
crustacés: Amphipodes, Isopodes, Squilla, etc., les canalicu- 
les urinaires de leurs néphridies (glandes coquillières) n'excrè- 
tent pas l'indigo. 

Le corps adipeux des insectes reste absolument insen- 
sible à l'action des substances mentionnées plus haut. Tant 
que les cellules sont saines et vivantes, elles ne se colorent 
pas et n'absorbent pas les substances en question. Et cette 
insensibilité persiste même lorsque les cellules sont de na- 
ture différente, comme cela a lieu notamment chez la mou- 
che (cellules adipeuses et intercalaires). 

Les cellules des organes urinaires offrent encore cette 
particularité qu'elles ne peuvent absorber que les solutions 
(c'est là du moins une particularité propre aux cellules ré- 
nales des vertébrés, des crustacés, des mollusques et des 
insectes); par conséquent la faculté de phafiocytosG leur fait 
défaut. 

Balbiani et tout récemment Cuenot émettent l'opinion que 
les cellules péricardiales des insectes peuvent absorber les 
corps durs („ agissent comme glande phagocytaire"). A l'appui 



— 201 — 

de leur dire ces savants signalent la propriété qu'ont ces 
cellules d'absorber les bactéries. Pour ce qui concerne à 
proprement parler la phagoc3'tose, j'ai étudié une foule d'in- 
sectes variés, mais je n'ai jamais eu l'occasion de remar- 
quer que les cellules péricardiales absorbassent les corps 
durs. Voici ce que j'ai eu l'occasion d'observer à ce sujet 
en 1888: lorsqu'on introduit dans le corps d'un insecte de 
la poudre de carmin, elle n'est pas absorbée par les cellu- 
les péricardiales et ces dernières ne se colorent pas en 
rouge; ce sont les leucoc}1;es qui absorbent les grains de 
carmin et, après les avoir dissous, les transmettent aux 
cellules péricardiales. Ainsi donc, les cellules péricardiales 
n'ont pas le pouvoir phagocytaire dont parle Cuenot; pour 
ce qui est de leur propriété d'absorber les bactéries, les 
indications de Balbiani à ce sujet demandent, à ce qu'il me 
semble, à être vérifiées. 

Pour revenir à mes propres observations sur les corps 
durs introduits dans le corps des insectes, ou sur les glo- 
bules gros introduits sous forme d'émulsion (lait), j'ai cons- 
taté que ces corps étaient absorbés en premier lieu par 
les leucocytes nageant librement, en second lieu— par les 
groupes entiers ou les nids de leucocytes (fig 7 1) situés 
dans différentes parties du corps, principalement sur les 
brides du corps adipeux; cliez les orthoptères l'absorption 
s'effectuait immédiatement au moyen des cellules de la mem- 
brane qui sépare le péricarde de la cavité du corps situé 
plus bas (fig. 8 et 9 f.). Autant que j'ai pu en juger, les 
régions où les corps durs sont absorbés en grand nombre, 
coïncident avec des régions de formation des globules san- 
guins. Dans ses recherches sur les H3^ponomeuta et les 
autres papillons, Schaeffer décrit ces régions comme formant 
une sorte d'îlot. Les nids oii se forment les globules san- 
guins sont les centres les plus actifs de la phagocytose. 

Balbiani et Cuenot voient dans le tissu péricardial le 
lieu de formation des globules sanguins et nous en donnent 
même la description. Les dessins qui accompagnent la des- 



— 202 — 

criptioii de Cueiiot iio font (luo contirmor hi présence des 
leucocytes près des cellules péricardiales. (^ujint aux cellules 
péncardiales «^lies-mêmes, ((ui sont pour la plupart à deux 
noyaux et renferment ordinairement diverses formations 
offrant l'aspect de j^rains ou corpuscules bruns ou foncés 
et servant à absorber la plupart des corps étrangers intro- 
duits dans le corps, leur fonction physiologique est trop bien 
déterminée pour qu'elles soient susceptibles de se partager 
encore en vue de la formation des globules sanguins, c'est 
là un fait hors de doute; par conséquent, les cellules péri- 
cardiales vraies, en tant que cellules excrétrices, ne peuvent 
pas former de leucocytes; ces derniers se forment proba- 
blement dans diverses parties du corps, notamment dans des 
nids spéciaux (Herde de Jager) situés prés du coeur, mais 
en dehors des cellules péricardiales. On rencontre effective- 
ment ces nids dans différentes parties du corps de la larve. 
Dans la tig. 10. 1., reproduisant la photographie d'une coupe 
de mouche, ces nids apparaissent sous forme de groupes de 
corps sombres se composant d'une agglomération de petites 
cellules ou les no3aiix prédominent. La fig. 15 (pi. 2) nous 
montre une agglomération analogue située dans la partie 
postérieure du corps d'une jeune larve de mouche: innné- 
diatement au-dessous de l'ectoderme, et au-dessus des deux 
troncs trachéens />• et du rameau a qui les unit, se trouve 
une agglomération de leucocytes /, dont beaucoup en sont 
encore aux stades de division; pareillement, dans les fig. 12 
et 13 I, représentant des coupes du coeur et des cellules 
péricardiales, on aperçoit une agglomération de leucocytes 
situés autour du coeur, entre ce dernier et les cellules 
péricardiales p c; on remarque en outre la multiplication 
des cellules, mais il est évident que les leucocytes qui 
se sont formés ici ne sauraient provenir des cellules péri- 
cardiales qui ont leur structure propre et leur fonction 
spéciale. On s'en convaincra du reste en examinant les 
dessins et les photographies de coupes du coeur de la 
mouche que je joins à cet ouvrage (tig. 11, 12, 13, 14); 



— 203 — 

les cellules péricardiales qui y sont représentées sont si. 
grandes et si caractéristiques qu'on ne saurait conserver de 
doutes à cet égard. En examinant les fig. 7, 8, 9 (Truxa- 
lis et Sauterelle) on se rendra compte de l'énorme diffé- 
rence qui existe entre les cellules péricardiales et les leu- 
cocytes, surtout si Ton étudie avec attention la structure 
des uns et des autres. En observant (fig. 7, Truxalis) les 
cellules péricardiales avec dépôt de carmin et les groupes 
de leucocytes / et /' saturés d'encre de Chine, on voit que 
ce sont là des éléments absolument différents. Si la forma- 
tion des leucocytes s'effectuait par les cellules péricardiales, 
ces dernières seraient obligées de se débarrasser de leur 
contenu et partant de modifier leur essence, ce qui est 
d'autant moins nécessaire qu'il existe des organes et des 
régions ad hoc. 

La disposition des cellules péricardiales varie beaucoup 
chez les divers insectes et même chez le même animal. 
Ainsi, chez les diptères et les mouches ordinaires, autour 
de la partie inférieure du vaisseau dorsal se trouvent 1 3 
paires de grandes cellules péricardiales (fig. 10 ph) qui 
aboutissent à une couche serrée de petites cellules ph' 
formant autour de la partie antérieure du vaisseau dorsal 
une masse compacte. Chez les larves des papillons, notam- 
ment chez les chenilles du bombyx du mûrier etc., de la 
couche compacte des cellules péricardiales qui entourent le 
coeur (voir la coupe transversale du coeur de Truxalis et 
sauterelle, fig. 7, 8 et 9), partent des troncs qui se diri- 
gent vers les parois latérales du corps, en formant des ré- 
seaux serrés autour des trachées, et descendent ensuite 
dans la cavité abdominale du corps de la larve. 

Dans les larves de quelques hyménoptères, les troncs qui 
partent de la région péricardiale forment un filet serré, une 
sorte de tissu adipeux recouvrant toute la cavité du corps. 

Laissant de côté pour aujourd'hui la description détaillée 
de ce tissu, sur laquelle j'espère bien revenir un jour ou 
l'autre, je me bornerai à faire remarquer qu'il diffère 



— 204 — 

complètement des „Oenocytes", décrits par Wilowiejski (8), 
ou du corps dit glandulaire, dont la formation a été décrite 
par Korotaiev à propos de la Gryllotolpa et par Tikhomi- 
rov relativement au r)Ombyx Mori. Dans un travail paru 
récemment, où il a réuni et mis en regard toutes les ob- 
servations connues relatives à ces dernières cellules, M. Pé- 
karsky (9) prouve qu'elles possèdent une nature essentiel- 
lement originale et qu'elles ne sauraient être rattachées ni 
aux cellules adipeuses, ni aux cellules péricardiales, ni même 
aux leucocytes formatives. 

Reste à savoir de quelle nature sont les excrétions 
acides qui s'amassent dans les cellules péricardiales. Jusqu'à 
présent il n'a été fait aucune observation directe à ce sujet; 
malgré tous mes efforts, je n'ai pas encore réussi à appro- 
cher de la solution de cette intéressante question. La seule 
observation qui ait été faite jusqu'à présent sur la nature 
de ces excrétions est celle de M. Letellier (10) sur la 
glande péricardiale des mollusques lamellibranches. Prenant 
pour point de départ mes propres observations sur la ré- 
action acide des glandes péricardiales, M. Letellier résolut 
d'analyser chimiquement cette glande. Après avoir réuni à 
cet effet des matériaux assez importants, il disséqua cette 
glande chez le Cardium et découvrit qu'elle renfermait de 
l'acide hypo-urique. Si l'on considère que les réactions des 
glandes péricardiales des lamellibranches et des cellules 
péricardiales des insectes offrent une grande analogie, on 
est amené à reconnaître que l'acidité des cellules chez les 
insectes provient probablement de la présence de l'acide 
hypo-urique. Si l'on parvenait à le prouver d'une manière 
directe, la fonction des glandes péricardiales serait définiti- 
vement établie. 

Quant à la structure des cellules péricardiales, on re- 
marquera qu'elles sont toujours reliées aux fibres musculai- 
res partant du coeur et qu'elles reposent pour ainsi dire 
sur elles. Dans les fig. 8, 9, et surtout dans cette dernière, 
les fibres musculaires supportant les cellules péricardiales 



— 205 — 

apparaissent nettement sous la forme de bâtonnets tn, m, m. 
La liaison des cellules péricardiales avec les fibres muscu- 
laires a été remarquée par Cuenot et reproduite par lui 
dans son ouvrage (pi. XV, fig. 5 et 6); mais sa descrip- 
tion diffère quelque peu de celle que je reproduis d'après 
une préparation de sauter eÀle. 



IL MYRIAPODES. 

Tandis que le corps adipeux, les tubes de Malpighi et le 
tissu péricardial des insectes ont été étudiés par une foule 
de savants, les organes correspondants des myriapodes n'ont 
été l'objet que de rares recherches, et ce que j'ai à en dire 
est relativement fort peu de chose. Les tubes de Malpighi 
se comportent vis-à-vis de l'indigo-carmin comme les organes 
analogues de la plupart des insectes et éliminent cette subs- 
tance avec beaucoup d'énergie:, toutefois on observe ici un 
phénomène sui generis, c'est que les noyaux des cellules des 
tubes de Malpighi se colorent fortement en bleu. Cela est 
surtout frappant chez les Scutigera, Scolopendra, Lithobius, 
Geophilus et Juins. J'ai pu me convaincre dans Ijeaucoup 
de cas que ce phénomène ne provoque pas leur mort; en effet, 
la coloration des noyaux, qui est particulièrement forte pen- 
dant les premiers instants, les premières heures, rarement 
les premiers jours, qui suivent l'introduction de l'indigo-carmin, 
passe ensuite à mesure que le corps se débarasse de ce pig- 
ment. En outre, l'indigo-carmin s'amasse dans la lumière de 
la glande sous forme de globules et de cristaux plus ou moins 
compacts et est ensuite éliminé à l'extérieur au moyen de 
l'intestin terminal. Si l'on introduit cette substance en grande 
quantité, elle remplit tous les tubes des vaisseaux de Malpighi. 

En général, dans la structure des tubes de Malpighi chez 
les Myriapodes, comparativement aux insectes, l'épaisseur 



— 206 — 

des parois mêmes de ces tubes et conséquemment la liauteur 
des cellules elles mêmes sautent aux yeux. Tandis ({ue chez 
la plupart des insectes que j'ai étudiés, les cellules des tu- 
bes de Malpig'lii sont plus ou moins plates et pénètrent souvent 
au moyen de leurs protubérances centrales dans la lumière 
des vaisseaux (voir tig. G), chez les myriapodes., les cellules 
s«int plus ou moins cylindriques, souvent très allongées et les 
noyaux occupent presque toute la largeur de la cellule; sou- 
vent elles paraissent disposées sur plusieurs rangées ce qui 
est, comme on le sait, la conséquence de leur étroitesse. 

C'est peut-être dans cette structure spéciale des cellules 
iiu'il faut chercher la cause pour laquelle, chez les myria- 
podes, les noyaux des tubes de Malpighi se colorent forte- 
ment, tandis que cela n'a pas lieu chez les insectes. En 
parlant du mode d'élimination de l'indigo -carmin par les 
tubes de ]\Ialpiglii des insectes, j'ai démontré que cette éli- 
mination se produit surtout sur le bord des cellules, c'est-à- 
dire dans les parties les plus éloignées du noyau. Il est 
possible que la couleur soit filtrée par des parties de la cel- 
lule autres que celles oii se trouve le noyau:, toutefois chez 
le Lithobius et la Scolopendra, vu l'étroitesse des cellules 
de Malpighi, le nucleus ferme pour ainsi dire tellement bien 
la cellule que cela devient impossible. 

Si l'on en excepte ces particularités, le processus d'éli- 
mination de Tindigo-carmin s'eftéctue en général régulière- 
ment par les tubes de iNIalpighi des myriapodes, et je n'ai 
jamais trouvé chez eux de vaisseaux correspondants aux fila- 
ments malpighiens blancs de la taupe-grillon, qui n'éliminent 
pas l'indigo -carmin. Ordinairement, quehiues minutes après 
l'introduction de l 'indigo-carmin, les vaisseaux deviennent 
complètement bleus, et leurs noyaux prennent une coloration 
foncée:, mais plus tard, lors(iue le pigment a passé entière- 
ment dans la lumière de la glande les noyaux redeviennent 
incolores. 

Quant au tissu péricardial, M. Cuénot ") le décrit connue 
•il suit chez la Scolopendra: „Le vaisseau dorsal, large de 



— 207 — 

„uii demi-millimètre, est entouré d"un tissu adipeux brunâtre, 
,, laissant du côté ventral un sillon clair:, sur les côtés se 
,, trouvent de nombreuses trachées qui se ramifient dans le 
., coeur et la couche adipeuse. La glande lymphatique est 
„ placée entre cette dernière et le vaisseau dorsal, très inti- 
„mement mélangée avec le tissu adipeux, encore plus que 
,,chez les Insectes; elle est formée de petits mamelons iso- 
„lés, appliqués sur les muscles cardiaques, bourrés de noyaux 
„et d'amibocytes mûrs, avec tous les stades de développe- 
.,ment intermédiaires; ils ne sont pas plongés dans un pro- 
.jtoplasme granuleux; tous les noyaux et cellules se touchent. 
,,J'ai constaté la formation des granules réfringeants et des 
,,amibocytes dans ces manchons Ijniiphatiques " , 

Cette description ne concorde pas entièrement avec ce 
que j'ai observé relativement à la structure de la glande 
péricardiale de Scolopendra; elle diffère encore davantage de 
ce que Ton remarque chez Lithobius et Julus. Si nous nous 
arrêtons d'abord à la structure de cette glande chez Scolo- 
pendra, ainsi que le montre la fig. 19, reproduite d'après 
une photographie, le coeur c, situé au centre, est muni de 
bandes transversales et longitudinales (muscles) et entouré 
des deux côtés par deux tubes sombres pc, que nous appel- 
lerons tubes péricardiaux, qui s'épaississent et s'interrom- 
pent par places sur les limites des segments gs et sont 
plus minces dans les intervalles; sur les coupes transver- 
sales (fig. 16, 17 et 18), les tubes i^c ont la forme de coussi- 
nets latéraux entourant le coeur du côté gauche et du côté 
droit et le laissant découvert et libre en haut et en bas. 
Entouré de ces tubes péricardiaux, le coeur parait être assez 
dégagé du reste du corps adipeux et est loin d'être „très 
intimement mélangé avec le tissu adipeux", ainsi que le pré- 
tend M. Cuénot. 

La fig. 16 nous montre une coupe menée à travers presque 
toute la longueur du corps d'une jeune Scolopendre. Nous 
y voyons le canal digestif, le corps adipeux qui l'entoure 
et le coeur avec ses tubes péricardiaux:, la coupe a été exé- 



— 208 — 

cutée sur le centre du corps. Dans la tig. 18 nous avons 
représenté la coupe de la partie antérieure du corps d'une 
Scolopendre, dans la région des glandes salivaires oii nous 
retrouvons les tubes pc; dans la tig. 17 les tubes péricar- 
diaux et le coeur sont représentés avec un fort grossisse- 
ment. Ces trois dessins nous montrent bien la position dé- 
gagée du coeur et de ses tubes péricardiaux. Pour rendre 
plus complète l'étude de la structure du coeur et des tubes 
i[ui l'entourent, j'ai reproduit quelques dessins exécutés d'après 
des photographies représentant des coupes de tubes péricar- 
diaux fortement agrandis; pour diminuer un peu ce dessin 
je n'ai reproduit que le tube de droite, pris sur une Sco- 
lopendre qui avait été injectée d'un mélange d'indigo-carmin 
et de carmin. Dans la tig. 20, nous voyons que, sur la 
coupe, le tube droit s'est un peu écarté de la paroi du coeur 
et se compose tout entier de cellules adhérant fortement 
l'une à l'autre; dans ces cellules, on aperçoit distinctement 
des noyaux, des grains de couleur foncée et des bâtonnets 
ou cristaux qui ne sont autre chose que des cristaux bleus 
d'iudigo-carmin. La fig. 21 représente une photographie, tirée 
plus faiblement de cette même coupe; on y distingue les 
cristaux bleus contenus dans les cellules et les petits grains 
bruns qui apparaissent dans la fig. 20 sous la forme de 
points noirs. Ces deux dessins nous montrent que la struc- 
ture de ces tubes péricardiaux chez la Scolopendre diffère 
complètement de celle du tissu péricardial des insectes, ainsi 
qu'on peut le voir en se reportant aux fig. 7, 8, 13 et 14. 
En ce qui concerne le contenu des cellules péricardiales, la 
différence est encore plus grande; tandis que chez les hi- 
sectes c'est le carmin qui se dépose dans ces cellules, ici 
ce sont les cristaux de l'indigo-carmin. 

Cette dernière circonstance nous montre que les tubes 
péricardiaux de la Scolopendra deviennent, chez les sujets 
injectés d'un mélange d'indigo-carmin et de carmin, verts 
ou plus ou moins bleus, tandis que chez les insectes ils sont 
toujours rouges, de sorte que la forme et le rôle physiolo- 



— 209 — 

gique de ces tubes différent complètement chez la Scolopendre 
et chez les insectes. Les cellules qui entrent dans la com- 
position de ces tubes sont très uniformes, et il n'existe entre 
elles ni interstices, ni intervalles remplis de leucocytes ram- 
pant ou coulant avec les jets du sang, comme cela s'observe 
chez la plupart des insectes. 

Le coeur du Lithobius présente la même structure, avec 
cette seule différence que les deux tubes qui l'accompagnent 
n'ont pas d'étranglements aussi prononcés sur les limites 
des anneaux et que les cristaux d'indigo-carmin ne se dé- 
posent pas dans les cellules; par contre, elles renferment une 
grande quantité de menus grains bruns semblables à ceux que 
nous rencontrons dans les cellules péricardiales de Scolopendra. 

Chez le GeophUus, que j'ai quelque peu étudié sous ce 
rapport, il existe très peu de cellules péricardiales; elles ne 
se réunissent pas dans des tubes spéciaux, mais apparaissent 
très dispersées, de sorte qu'elles se rencontrent rarement 
dans les mêmes coupes. Comme leur étude exigerait beaucoup 
de temps, je laisse pour le moment cette question de côté. 

Chez le Jidus (tig. 30), le coeur offre une disposition et 
une structure toute différentes, ce qui s'explique probable- 
ment par le mécanisme entier de l'organisation des diplo- 
podes tardigrades, qui possèdent une cuirasse compacte ne 
permettant au corps ni pressions ni flexions un peu fortes 
La tig. 30 a été dessinée d'après une photographie de la coupe 
du coeur du Juins, qui y est représenté sous la forme d'un 
large tube à parois très minces, d'oii partent en haut et 
vers les côtés de menus filaments, appartenant soit aux 
tissus conjonctifs, soit aux muscles, et auxquels est suspendu 
le coeur. Auprès du coeur il n'existe pas de tissu servant 
à le soutenir ou à l'envelopper; mais le corps adipeux ad, 
disposé à une certaine distance, s'étend en haut sous la 
peau {ep) et, en bas, entoure d'une couche épaisse la cavité 
du corps. Le corps adipeux du Jidus se compose de gran- 
des cellules dont les contours s'aperçoivent en général sur 
le dessin et qui sont remplies de gouttes graisseuses et de 

14 



— 210 — 

concrétions arrondies semblables à du sable tin. Ces con- 
crétions contiennent, sans aucun doute, des sels minéraux 
et se dissolvent par l'action des acides, de sorte que l'on 
peut aussi obtenir un tissu dépourvu de concrétions; dans 
ce cas, il est composé de menues cellules fortement adhé- 
rentes Tune à l'autre avec noyaux cloisonnés. 

Tandis que chez les insectes que nous avons étudiés, le 
corps adipeux est complètement insensible à l'action des 
pigments introduits dans le corps, soit directement par injec- 
tion, soit par voie de nutrition, chez les myriapodes ou, du 
moins, chez Scolopendra et Lithobius, les cellules du tissu 
adipeux se comportent tout autrement en cette occurrence 
et absorbent très bien ces couleurs. Quant à la disposition 
du corps adipeux, il entoure tout le canal digestif et a la 
forme de longs tubes en forme de chapelets, composés de 
gi'oupes de cellules remplies de gouttes adipeuses (fig. 25 
et 26, ad). Les photographies reproduites ici nous le mon- 
trent sous la forme d'un épais réseau de tubes entourant 
(tig. 16 et 22, ad et acd) les parois du canal digestif et 
pénétrant dans les interstices des organes. Nous avons déjà 
vu dans les figures 1 6 et 17 que les cellules du corps adipeux 
ad ont le même type et la même forme que celles des tubes 
péricardiaux ; un examen plus attentif nous prouve qu'il en 
est réellement ainsi, que les unes et les autres ont une 
structure tout-à-fait pareille et qu'elles absorbent également 
l'indigo-carmin, avec cette seule différence, que dans les cel- 
lules des tubes péricardiaux les cristaux d'indigo- carmin se 
rencontrent en plus grand nombre. En général, la satura- 
tion des cellules du corps adipeux par les cristaux d'indigo- 
carmin commence par celle des tubes péricardiaux et de là 
va peu à peu en descendant et en s'affaiblissant. Dans la 
fig. 23, ad, nous trouvons la coupe de deux brides du corps 
adipeux de Scolopendra, dont les cellules se composent des 
mômes parties que celles des tubes péricardiaux. 

De cette façon, la description des tubes péricardiaux et 
du corp5 adipeux de Scolopendra prouve que ces formations 



— 211 — 

diffèrent considérablement du corps adipeux des insectes. 
Tandis que chez les insectes, les cellules péricardiales cons- 
tituent un tissu sui generis qui les différencie, tant par la 
structure que par les propriétés du corps adipeux, chez 
Scolopendra nous trouvons que les tubes péricardiaux se 
composent des cellules du corps adipeux de ces m3Tiapodes, 
et que le corps adipeux lui-même possède une propriété qui 
le distingue d'une manière bien tranchée du corps adipeux 
des autres arthropodes, celle d'absorber l'indigo-carmin et 
de l'excréter à l'intérieur de ses cellules. Chez la Scolo- 
pendre, le corps adipeux est considérablement développé vers 
le milieu du corps. En avant, à l'endroit oti apparaissent 
les glandes venimeuses, si considérables chez cet arthropode, 
le corps adipeux diminue de plus en plus et finit par se 
réduire à de petits tubes situés près du coeur et à de pe- 
tits fragments sous les brides des glandes salivaires (fig. 18, ad). 
Enfin il disparaît complètement, et il ne reste plus que des 
tubes situés près du coeur; à l'endroit où le coeur finit et 
où commence la tête, les tubes latéraux du coeur se sépa- 
rent un peu des deux côtés et disparaissent tout-à-fait. 

La masse principale du corps adipeux de Scolopendra se 
compose des cellules que nous avons examinées, mais néan- 
moins il entre encore dans sa composition d'autres tubes 
d'une catégorie toute différente. Sur le dessin général du 
coeur (fig. 16, coupe transversale du corps d'une jeune Sco- 
lopendre) nous trouvons des cellules acd avec grains rouges 
de carmin; le carmin, introduit avec l'indigo-carmin, s'est 
précisément réuni dans ces tubes, semblables par leur forme 
extérieure à ceux du corps adipeux, mais possédant des 
propriétés toutes différentes. Ces tubes, auxquels je donnerai 
le nom d'acides, par suite de leur coloration en rose par 
le tournesol, s'étendent le long de tout le corps, ordinaire- 
ment dans le voisinage des canaux de Malpighi qui s'y 
trouvent également, et consistent en cellules superposées en 
forme de «rouleau de monnaie" (Geldrollenfôrmig); ces cel- 
lules plates adhèrent l'une à l'autre sur toute leur super- 

14* 



212 

lîcie et sont presque toujours disposées sur un seul vnw^. 
Par leur forme extérieure elles rappellent les cellules adi- 
peuses, néanmoins elles ne sauraient être confondues avec 
ces dernières, même au point de vue extérieur; elles en diffé- 
rent encore davantage au point de vue du contenu : elles ne 
contiennent jamais de cristaux d'indigo-carmin, mais toujours 
du carmin, que ce dernier ait été introduit dans le coi-ps 
seul ou avec un mélange d Indigo. Les tig. 25 et 26 repré- 
sentent des dessins pris spécialement sur des tubes adipeux 
frais, et sur des tubes acides; ad représente les tubes en 
forme de chapelet du corps adipeux, dont les cellules ex- 
crètent l'indigo-carmin; par les lettres acd j'ai désigné les 
tubes plus tins à replis nombreux, teints en rouge vif par 
le carmin absorbé. C'est principalement vers la partie cen- 
trale de la cellule que le carmin s'accumule et devient le 
plus épais, tandis qu'il n'en reste que peu ou pas du tout 
dans la périphérie, de sorte que les extrémités des tubes 
semblent diaphanes. 

Sur la fig. 27, tirée à un fort grossissement, on aperçoit 
plus clairement la structure de ces tubes; on voit qu'ils se 
composent de cellules plates avec noyaux de teinte claire 
adhérant fortement l'un à l'autre. Sur la lig. 25, on voit 
que ces tubes acides sont disposés près des replis du vais- 
seau de ]\Ialpighi, dont un fragment a été reproduit par 
la photographie. 

Ces tubes adipeux acides se replient à la partie antérieure 
du corps, dans la région des glandes venimeuses qu'ils en- 
tourent de tous côtés (fig. 18, «ce/), et passent sous le coeur 
où ils reposent directement sous le corps adipeux bleu qui 
contient des cristaux d'indigo-carmin. En descendant vers 
la partie antérieure du corps, ces tubes sont moins serrés 
les uns contre les autres et la coupe (tig. 10) nous montre 
qu'ils sont groupés en nombre relativement peu considérable 
dans les environs de la trachée et des tubes de Malpiglii. 
Sur la fig. 23, immédiatement au dessous du canal de Mal- 
pighi ))if/ et près de la trachée tr, nous trouvons un assez 



— 213 — 

grand nombre de cellules acides acd représentant les coupes 
d'autant de tubes. Un fragment de cette même préparation 
est reproduit avec un fort grossissement sur la tig. 24. Par 
conséquent ce que l'on comprend sous le nom de corps adipeux 
de la Scolopendre se compose de deux sortes de formations: 
de tubes graisseux proprement dits, dont les fig. 25 et 26 ad 
nous donnent une vue d'ensemble, et d'un réseau de tubes 
acides, représentant des formations complètement distinctes, 
ayant des propriétés et aussi des fonctions particulières. Ces 
tubes font -ils partie intégrante du corps adipeux, ou sont-ce 
des formations spéciales ou des organes? Telle est la ques- 
tion qui r<:ste à résoudre. 

Dans ce but, j'ai étudié Lithohius et GeopMIus. Ces deux 
myriapodes supportent facilement les injections et, dans leur 
corps, les couleurs et l'indigo - carmin sont excrétés par les 
canaux de Malpighi avec une rapidité extraordinaire; en 
outre on y observe la coloration des noyaux des tubes de 
Malpighi, comme nous l'avons déjà dit plus haut. Quant au 
corps adipeux, je n'ai pas réussi à discerner ses rapports 
chez GeopMIus. Les données que je possède sur Lithohius 
sont plus abondantes. 

Le coeur et les tubes péricardiaux sont construits sur le 
même type que chez la Scolopendre, c'est h dire que les 
deux tubes adipeux latéraux entourent le coeur, et qu'à une 
certaine distance de cet organe, entre les muscles et le canal di- 
gestif, se trouve disposé le corps adipeux, qui pénètre aussi 
dans les intervalles des organes, comme cela est si bien re- 
présenté dans l'article de M. le professeur N. Zograf '^). 

Dans la majeure partie des cas, le corps adipeux de Li- 
thohius ne réagissait ni sur le carmin ni sur l'indigo-car- 
min; j'ai découvert dans ses cellules outre les noyaux et 
les gouttelettes graisseuses, un amas plus ou moins consi- 
dérable de petits grains bruns rappelant les grains analogues 
qui se trouvent dans le corps adipeux de la Scolopendre. 
Dans un nombre relativement restreint de formes, j'ai ob- 
servé cependant, sur les coupes, des rangées de cellules rap- 



— 214 — 

pelant les tubes acides des cellules de la Scolopendre. Un 
cas de ce genre est représenté sur la lig. 22, où une par- 
tie du corps adipeux, située sous les tubes de INIalpighi acd, 
contient de petits grains de carmin, tandis (jne l'autre par- 
tie, ta/, ne contient que des grains bruns. Comme cette 
disposition relative se réj)était sur toutes les préparations de 
ce JJfJiohius, il est impossible qu'elle soit accidentelle. 

Mais outre ces tubes du corps adipeux, oii je n'ai pas 
observé constamment l'excrétion du carmin, j'ai trouvé cliez 
JJfhohiKS un organe où cela se produisait toujours, c'est 
précisément cet organe spécial, entourant les glandes sali- 
vairés, que nous nommons réseau acide des cellules. 

T^ans les recherches de Plateau et celles plus récentes de 
31. Zograf, les glandes salivaires de Lithobius sont décrites 
comme composées de deux parties constitutives, les cotylé- 
dons ou grappes de la glande et les prétendues ramifications 
de ces cotylédons. Si Ton se livre à un examen rapide de 
la glande, c'est là en effet ce que l'on observe; mais, si Ton 
injecte Lithobius de carmin, ces prétendues ramifications 
terminales périphériques absorbent le carmin et se teignent 
en rouge, tandis que les grappes et les brides proprement 
dites de la glande demeurent complètement indifférentes à 
l'action du carmin. Ce procédé montre en outre clairement 
que ce ne sont pas là des ramifications terminales de la 
glande, mais un réseau indépendant de cellules enveloppant 
effectivement les grappes de la glande, tout en n'ayant aucun 
rapport direct avec elles. La fig. 28 représente la glande 
du J.ithohtKS écrasée; on y voit que les tubes rouges 
ne pénètrent pas dans les grappes de la glande elle-même, 
qui offrent, à partir de la périphérie, des globules complè- 
tement arrondis. 

J'ai examiné un grand nombre de préparations, soit fraî- 
ches, soit déjà anciennes, et je n'ai trouvé nulle part que 
ce réseau terminal fût en communication avec les brides de 
la glande; j'ai observé la même chose sur les nombreuses cou- 
pes de cette glande que j'ai préparées; la fig. 29 reproduit l'une 



— 215 — 

d'elles d'après une photographie. Les lettres gl indiquent 
les véritables brides de la glande, et l'on y voit les cellules 
à différents stades d'activité sécrétrice, les unes remphes 
de vésicules plus sombres, sh, fortement colorés par l'hé- 
matoxyline de Delatilde, les autres ((L~) avec plasme pâle ; les 
lettres acd indiquent les tubes du réseau acide qui servent 
d'enveloppe à la glande salivaire ; on y distiunge clairement 
les noyaux des cellules et les espaces rerapUs d'excrétions 
de carmin. 

Les tubes qui contiennent le carmin reposent sur la 
glande et adhèrent fortement à ses brides; sur toutes les 
séries de coupes on ne distingue que cette adhérence, mais 
on n'aperçoit nulle part qu'elles pénètrent les unes dans 
les autres; ce sont, selon moi, des formations tout-à-fait 
distinctes. Quant à la glande salivaire, sur ses coupes co- 
lorées par le carmin de Delafilde, on distingue bien les cel- 
lules de la glande, dans lesquelles la sécrétion se prépare 
sous formes de gouttelettes ou de petits grains plus som- 
bres (Fig. 29, zh)^ et les cellules inactives, dz , avec 
plasme plus uniforme. Quant aux cellules de la glande pro- 
prement dite, il ne m'est jamais arrivé d'y découvrir des 
grains de carmin ou d'autres corps. 

Le réseau acide qui nous intéresse se compose de cellu- 
les d'une toute autre nature, c'est à dire de tubes formés 
principalement d'un seul rang de cellules, rarement de deux 
ou de plusieurs rangs. Dans ce dernier cas, ces cellules 
forment des saillies aveugles dépassant la surface générale. 
Dans les cellules mêmes, on remarque un amas de globules 
noirs, sous forme de pigment noir, et l'on aperçoit un espace 
clair sous forme de vacuole dans laquelle se trouvent des 
gouttes colorées par le carmin. Les globules noirs se trou- 
vent chez tous les Lithobes en nombre plus ou moins grand. 

Si l'on met en regard de la Scolopendre (fig. 1 8) la glande 
entière de Lithobius couverte de vacuoles rouges, on observe 
que ces formations sont d'une seule et même espèce, avec 
cette différence que chez Lithobius ces tubes sont plus massifs 



— 21G — 

et plus épais et se limitent à la région des segments anté- 
rieurs du tronc, oii se trouve la glande salivaire, tandis que 
ehez la Scolopendre, ils se composent de cananxniinces qui se 
répandent dans tout la corps après avoir enveloppé la glandi' 
salivaire. 

J'ai introduit dans le corps de Scolopendres, de Lithobes 
et de Julus des substances dures, de l'encre de C'liiiu\ par 
exemple, espérant trouver quelque organe spécial (jui réunît 
et absorbât ces substances. 

Je n'ai trouvé nulle part d'organe de ce genre. Les 
grains d'encre de Chine étaient entraînés par les leucocytes; 
souvent, dans le voisinage des grandes pelottes, se formaient 
des amas de leucocytes, sorte de plasmodie entourant ces 
corps étrangers; ces amas étaient répandus dans toute la 
cavité du corps, et je n'ai pas remarqué qu'elles dominassent 
dans tel ou tel endroit en particulier. 

En résumé, je crois devoir émettre ici la conviction que 
ni les tubes péricardiaux, ni les tubes des cellules rouges 
no contribuent spécialement à la formation des globules san- 
guins, et que les données citées à ce sujet par M. Cuénot 
sont loin d'appuyer ses affirmations. Les leucocytes sont dis- 
persés partout; sans doute on les rencontre plus fréquem- 
ment autour du coeur et dans le tissu péricardial, mais de 
la à conclure que ces organes prennent une part active à 
la formation du sang, c'est à dire des éléments constitutifs 
du sang, il y a encore très loin. 



A r a n é i d e s- 

Chez les Aranéides, la conformation des tissus que Wie- 
lowiejski a si bien nommés „das Blutgewebe", a été encore 
moins étudiée que chez les Myriapodes. Ici d'ailleurs, la 
taclio des explorateurs est rendue plus difficile encore par 
la structure même du corps des Aranéides. Je ne dirai qu(.' 
peu de chose de ce groupe, me bornant à démontrer que 



— 217 — 

nous sommes ici en présence des mêmes types de tissus que 
nous avons observés chez les insectes et les myriapodes. Il 
va sans dire que la distribution et les rapports de ces tissus 
entre eux sont différents chez les Aranéides. 

En recourant au même mode d'introduction d'une solution 
colorante, additionnée de pigments insolubles, j'ai réussi à 
décomposer les éléments constitutifs du tissu désigné chez les 
Aranéides sous le nom de corps adipeux. Dans son beau 
travail sur le canal digestif des araignées „Ueber den Yer- 
daungsappîirat der Spinnen", Bertkau a déjà signalé avant 
moi la structure comphquée du corps dit adipeux des araignées, 
mais il n'a pas poussé plus loin ses recherches. Néanmoins 
il a déterminé avec beaucop de justesse les caractères essen- 
tiels de la structure de ce tissu. Voici en quels termes il 
s'exprime à ce sujet dans son article (pages 411 et 412): 
„Dasselbe besteht aus Fasern die ein zierliches Geriist bil- 
den; an Yereinigungspuncte bemerkt man kleine Kerne. Da- 
neben sind aber sehr grosse Zellen mit eincm oder zwei Kerne. 
Wâhrend sein Grundcharacter iiberall derselbe bleibt, modi- 
ficirt sich sein ausserliches Aussehen an verscliiedenen Stellen; 
bisweilen fehlen die grossen Zellen ganz, oder sind nur sehr 
spiihrlich vertreten ; an anderen Stellen sind sie fest dicht an 
einander gelagerte", et plus loin; „in den Blutkreislauf einge- 
schaltet etwa eine ahnhche Rolle zu spielen hat me z. B. die 
Milz " . La comparaison entre ce tissu et la rate me semble très 
réussie: l'auteur a bien saisi le point essentiel de la question et 
a fait preuve d'une remarquable perspicacité. Quoique commen- 
cées il y a longtemps, mes observations sur les araignées 
sont encore très peu nombreuses. Il m'a été impossible, en 
effet, de leur consacrer tout le temps que j'aurais voulu. 
Mes recherches se sont portées en premier lieu sur la Ta- 
rentule — ^Lycosa LatreilW , qui est si commune dans les 
pays méridionaux et qui se prête si bien, grâce à la gros- 
seur de son corps, à l'introduction de différentes couleurs. 
A cette époque, c'est-à-dire il y a quatre ou cinq ans, j'ai 
déjà eu l'occasion de constater que le corps adipeux du 



— 218 — 

tiMiic lie la 'rarentiilo absorbait le carmin et se colorait, (luoi- 
qiie faiblomeiit. on rose par snite de l'introduction du bleu 
de tournesol; d'où j'ai conclu que ce corps offrait plutôt les 
propriétés des cellules pericardiales que celles du corps adi- 
peux des insectes. J'ai observé le même pliénomène chez les 
Si-orpions: toutes leurs cellules adipeuses absorbaient éi;ale- 
nient le carmin, et cela en bien plus grande quantité que 
chez les araignées ordinaires et avec une coloration en rouge 
beaucoup plus vive. 

J'ai remarqué en outre que chez les Scorpions les cellu- 
les adipeuses ne se restreignaient pas au céphalothorax, comme 
cliez' les araignées ordinaires, mais étaient disséminées sur un 
grand nombre de points de l'abdomen, principalement dans le 
voisinage des poumons, du système nerveux et du coeur, et 
présentaient partout les mêmes propriétés. Dans ces derniers 
temps, j'ai étudié quelciues autres formes d'araignées, notam- 
ment: Eucliaria castanea, une espèce de Salticus et d'Argyro- 
neta, et j'ai constaté que leur corps adipeux se rapprochaient 
du type de celui de la Lycosa et répondaient en tout point à 
la description si précise de Bertkau (article cité plus haut). 

Pour ce qui concerne en général la disposition de ce corps 
chez les aranéides ordinaires, on le rencontre presque exclu- 
sivement dans le céphalothorax et dans les espaces situés entre 
les organes; il s'accumule en masses épaisses autour du système 
nerveux et dans la région comprise entre ce dernier et les 
téguments chitineux de la face ventrale du céphalothorax 
(Voir les figures). 

En examinant la tig. 3 G — 1, qui représente une coupe 
transversale de la partie du céplialothorax renfermant le 
ganglion céphalique et la masse nerveuse sous-pharyngienne, 
et oh l'on aperçoit au dessus les coupes des deux glandes 
venimeuses de l'araignée, on peut se rendre compte de la 
disposition par excellence du corps adipeux, tel qu'on l'observe 
chez la plupart des aranéides. 

Chez les araignées, qui vivent encore quelque temps après 
l'introduction du carmin dans leur corps, ce tissu prend une 



— 219 — 

teinte rose ou rouge et se distingue d'une manière bien 
tranchée de tous les autres tissus et organes du céphalotliorax;; 
quelquefois même, lorsque l'opération a bien réussi et que 
l'araignée a survécu assez longtemps, ce tissu est coloré en 
rouge vif. Soumis à l'action du bleu de tournesol, il prend 
une teinte légèrement rosée, mais si on l'expose alors aux 
vapeurs ammoniacales il bleuit fortement. 

Ainsi que Bertkau l'a démontré chez les diverses espèces 
de fourmis, les cellules du tissu adipeux diffèrent d'aspect 
et de grandeur: en outre leur nombre relatif varie beaucoup. 
Chez le Pholeus, ce tissu offre un aspect tout particulier; 
j'aurai l'occasion d'y revenir. Mais c'est surtout chez l'Eucha- 
ria castanea qu'il m'a paru très caractéristique. Je donnerai 
une description un peu plus détaillée de ce dernier, après 
quoi je montrerai en quoi il diffère chez les autres formes^ 
voisines. 

Nous avons déjà vu la disposition générale du corps adi- 
peux sur une coupe transversale d'Eucharia (fig. 31); malgré- 
le faible grossissement, on peut y distinguer deux sortes 
d'éléments qui entrent dans sa composition: des cellules- 
transparentes plus grosses et des points noirs situés entre elles.. 
Avec un grossissement un peu plus considérable (100 fois. — 
fig. 32), on aperçoit toute la couche adipeuse depuis le gan- 
glion nerveux «// jusqu'à la bande cutanée du thorax. On 
peut y distinguer aisément les deux sortes d'éléments dont 
nous avons parlé plus haut en examinant l'ensemble du dessin,. 
à savoir: un système de grandes cellules acd et, dans les 
intervalles, de nombreuses petites cellules que nous appelle- 
rons cellules conjonctives leucocA'tiformes /. Ces dernières 
sont probablement aussi de deux sortes: les unes sont des. 
noyaux de cellules conjonctives, les autres simplement des 
Leucocytes arrêtés en chemin. J'espère bien arriver un jour 
à résoudre cette question en recourant à d'autres modes- 
d'investigation. 

Le grossissement en question permet déjà de distinguer 
différentes catégories de grandes cellules: les unes granu- 



— 220 — 

ii'uses (/('(/, les autros «(/. pourvues d'un plasme uniforme; 
ces dernières sont souvent réunies sous forme de rangées 
ou de troncs. Avec nn plus fort grossissement, on se reud 
bien compte de cette disposition (voir les tig. 33 et 3 4). 
La tig. 33 représente une portion de tissu adipeux prove- 
nant de la même préparation; la cellule o avec ses deux 
taches sombres nous servira à reclierclier le lieu de prove- 
nance de la portion reproduite à un fort grossissement. On 
distingue nettement sur ces dessins la différence des deux 
sortes de grandes cellules; mais ce qui reixl cette différence 
<?ncore plus sensible, c'est que les cellules acd sont probable- 
ment remplies de gouttelettes rouges, tandis que les cellules 
(/(/ sont formées d'un plasme absolument uniforme. 

Ces dessins permettent de distinguer plus nettement les cel- 
lules /; dans quelques-unes notamment on aperçoit bien le 
noyau et le plasme, ce dernier en quantité plus ou moins grande. 

Le dessin suivant qui, ainsi que le montre la cellule o, 
se rapporte à la même région, représente le môme tissu 
avec un grossissement encore plus considérable (420 fois); 
on y perroit avec la plus grande netteté les différents ca- 
ractères des cellules ad et acd; ces dernières sont remplies 
de gouttelettes adipeuses colorées en rouge par le carmin. 
Ce sont là, à proprement parler, les vraies cellules typiques 
du corps adipeux. Entre ces deux catégories principales de 
cellules sont dispersées ça et là des cellules conjonctives 
simples ou leucocytes /. Je ferai remarquer ici que ces trois 
sortes de cellules, (jui comi)osent le corps adipeux, ne diffè- 
rent pas seulement par le contenu de leur plasme;, mais aussi 
par leurs noyaux. Je n'ai pas étudié -en détail ce côté de 
la question, mais il suffit de jeter un coup d'oeil sur les 
photographies pour se rendre compte de cette différence, 

Cliez la Lycosa Latreilli, la structure du corps adipeux 
est un ])(Mi différente. Si l'on examine la fig. 35, ad, on 
aperçoit, au-dessous du ganglion sous-pharyngicm, une couche 
de tissu adipeux qui s'étend jusqu'aux téguments cutanés. 
Dans les tarentules qui ont été injectées de carmin, cette 



221 

couche présente une coloration complètement rouge: de fait^ 
si on l'examine à un fort grossissement, on s'aperçoit qu'elle 
se compose en majeure partie de cellules adipeuses acides 
ayant absorbé le carmin. La totalité, ou du moins la majeure 
partie de ces cellules renferment deux noyaux (tig. 36); ces 
noyaux n'étant pas disposés sur le même plan, beaucoup ne 
sont pas rendus par la photographie; néanmoins on les aper- 
çoit dans un grand nombre de cellules [acd et acd'). Entre 
ces grandes cellules adipeuses sont disséminées d'autres pe- 
tites cellules que nous avons désignées par la lettre l : elles 
se composent en partie de leucocytes, en partie de cellules 
conjonctives, sorte de fondement ou de réseau, formé d'un 
tissu fibreux compact, sur lequel reposent les autres cellules. 
Le tissu adipeux de la Lycosa se réduit, à proprement parler, 
à ces deux catégories de cellules; on n'y trouve pas de cel- 
lules claires et transparentes dans le genre des cellules cd' 
(fig. 34). Je crois devoir ajouter toutefois que j'ai découvert 
chez la Lycosa des tubes do cellules analogues; ce n'est 
pas parmi les cellules du reste du corps adipeux que je les 
ai observés, mais sur les côtés du ganglion sous-pharyngien; 
ils y forment de grandes agglomérations et de là s'avancent 
un peu entre les cellules acides du corps adipeux. Je trai- 
terai plus longuement cette question une autre fois. Le corps 
adipeux de la Lycosa n'occupe pas seulement l'espace situé 
au dessous du ganglion pharyngien; on le rencontre encore 
dans le voisinage du conduit digestif du ganglion sous-pha- 
ryngien et, en général, dans les intervalles qui séparent les 
organes et les tissus du céphalothorax. Dans la fig. 37, j'ai 
reproduit la photographie d'une coupe traversant le conduit 
digestif; ce dernier est entouré par le corps adipeux avec 
ses cellules adipeuses fortement colorées par le carmin. 

La structure du corps adipeux du Pholcus me paraît dif- 
férer complètement de celle des autres araignées: il est re- 
lativement moins développé et, comme le montre la fig. 38 (id, 
il forme de petites agglomérations au-dessous du système 
nerveux et derrière ce dernier. La fig. 38 représente la 



ooo 



partie postérieure truiie coupe liorizontale traversant le corps 
•d'un Pholcus opilionides; on y voit le ganglion nerveux {lu, 
entouré à sa partie postérieure par de petites cellules ner- 
veuses; entre ces dernières et la peau h se trouve une couche 
de cellules qui, par leur position et en partie par leur forme, 
me semblent devoir être rattachées au tissu adipeux. Les 
ceHules i^ui couiposent ce tissu sont très originales. Le t3^pe 
de cellule reproduit tig. 39 est le même dans tout le tissu, 
quelle que soit la partie du céplialothorax à laquelle il 
appartienne. Je possède un article basai de patte dans 
lequel ce tissu est très fourni. Les cellules qui prédomi- 
nent ici sont des cellules complètement diaplianes à phxsme 
transparent, uniforme ou homogène, rappelant le plasme des 
cellules de l'oeuf et renfermant un noyau bien caractérisé 
ou même deux noyaux (fig. 39 ad). Dans les intervalles com- 
pris entre ces cellules se trouvent les cellules acd, qui n'ont 
pas été très bien rendues par la photographie; on y trouve 
des gi'anulations colorées par le carmin ; en outre, elles ren- 
ferment deux noyaux et quelquefois une substance ressem- 
blant à des concrétions. Il est clair que ces cellules sont 
analogues aux cellules adipeuses acides des autres araignées; 
elles sont peu nombreuses chez le Pholcus, tantis que les 
cellules diaphanes et dépourvues de granulations y sont en 
majorité. Les cellules acides acd forment des sortes de tu- 
bes et sont disposées en rangées entre les grandes cellules 
transparentes ad\ à certaines places, ces cellules sont beaucoup 
plus nombreuses; il y a même des coupes où elles doniment. 
Indépendamment de ces deux rangées de cellules, on aperçoit 
encore des leucocytes l situés dans les intervalles qui sé- 
parent les grandes cellules décrites cidessus. 



S c r p i n i d e S- 

Dans un rapport préliminaire inséré dans le Biologisches 
Centralblatt, j'ai déjà pai'lé des organes excréteurs des Scor- 
pions, ou plutôt de leur glande coxale. J'ai démontré alors 



— 223 — 

que, en présence des réactifs employés par moi, le carmin 
et l'indigo, cette glande réagit de la même manière que la 
glande antennaire de l'Astacus, en d'autres termes, que sa 
partie centrale, à la quelle Lankester ^^) adonné le nom de 
„the medullary substance", excrète le carmin, tandis que le 
reste de la glande excrète l'indigo-carmin. Par conséquent, 
au point de vue physiologique et morpliologique, la fonction 
de la glande coxale des scorpions correspond à celle du rein. 
Si je crois devoir revenir sur une question, pour ainsi dire, 
déjà résolue, c'est que M. Sturany, l'un des derniers savants 
qui ait exploré les glandes coxales des araclniides, ne fait 
pas mention de cette particularité. 

Pour ce qui est des autres glandes du Scorpion, je me 
bornerai pour le moment à dire quelques mots du corps 
adipeux, des formations péricardiales et de la rate. 

Le corps adipeux du scorpion se rapproche par le tj^je 
de celui des autres arachnides décrits plus haut; il se com- 
pose des trois sortes de cellules dont nous avons déjà parlé 
précédemment, mais avec prédominance marquée des cellules 
adipeuses acides. Sa diffusion dans le corps des scorpions 
ne se réduit pas au céphalothorax comme chez les araignées ; 
il s'étend jusqu'à l'abdomen, où on le rencontre, quoique en 
couches plus minces, autour de presque tous les organes. 

La masse principale du corps adipeux se compose de cel- 
lules assez grandes renfermant une quantité plus ou moins 
considérable de globules adipeux et de cristaux probablement 
adipeux, rappelant par l'aspect les cristaux des oeufs du 
requin et de la raie. 

Ces cellules absorbent avec avidité le carmin et se colo- 
rent en rouge vif. Sur la fig. 40, représentant une coupe à 
travers le tronc d'un jeune scorpion, nous remarquons autour 
du ganglion nerveux ng une couche de corps adipeux dont 
le côté droit a été injecté par le carmin ammoniacal. 

La fig. 41 représente une portion de corps adipeux pro- 
venant des agglomérations péricordiales ; il se compose de 
cellules acides accl renfermant une grande quantité de goût- 



224 

telettes adipeuses, dont une partie est vivement colorée par 
le carmin: plus loin on aperçoit des cellules transparaiites 
ad, ad, pourvues d'un i^rand noyau bien visible et de pe- 
tites cellules leucocytitbrnies; ces dernières se rencontrent 
en (luantité plus ou moins grande, parfois sous forme de vé- 
ritables nids, entre les éléments mentionnés ci-dessus, 

Iv'injection du tournesol communiciue aux cellules adipeu- 
ses une coloration légèrement rosée, qui tourne au bleu sous 
rinlluence des vapeurs d'ammoniaque. Ainsi donc, ces cellu- 
les ont les propriétés des cellules acides. 

Le corps adipeux, dont nous venons de donner un court 
aperçu, est réparti sous forme d'agglomération ou de masses 
spéciales, dans le voisinage du coeur ; en outre, ses cellules 
sont quelque peu adaptées à leur rôle spécial. Il est pro- 
bable qu'on peut les ranger dans la catégorie des cellules 
péricardiales. 

Pressé de livrer le manuscrit de cet article avant l'ou- 
verture des congrès, j'ai dû me borner à rendre compte de 
mes propres observations sur les formations péricardiales du 
scorpion, sans mentionner la littérature spéciale. D'ailleurs, 
jusqu'à présent je n'ai rencontré aucune description de ces 
formations. — Le coeur du scorpion s'étend le long de la ftice 
dorsale de l'abdomen et occupe une cavité péricardiale très 
large. La fig. 41 représente une coupe transversale du coeur c 
et la région péricardiale; au-dessous du coeur, on remarque, 
de chaque côté, des agglomérations symétriques de cellules 
que nous nommerons ,, agglomérations péricardiales du tissu 
adipeux". Ces agglomérations péricardiales ne forment pas de 
couche compacte le long du coeur tout entier : elles sont ré- 
parties, sous forme de coussinets, sur les faces ventrale et 
dorsale du coeur, suivant les anneaux ou segments de l'ab- 
domen . Sur la face ventrale du coeur, j'ai compté huit pai- 
res de coussinets : les sept premiers correspondent aux sept 
anneaux de l'abdoinon; quant au huitième, il se trouve dans 
la région du céphalothorax. La fig. 42 reproduit une photo- 
graphie très mal exécutée de la partie centrale du coeur vu 



~ 225 — 

du côté ventral ; on y aperçoit trois paires de coussinets ainsi 
que les muscles m qui s'en détaclient; indépendamment de 
ces coussinets inférieurs pairs, on observe un nombre égal 
de coussinets dorsaux impairs, 1', 2', 3', situés entre le coeur 
et le tégument dorsal. Ces coussinets dorsaux ont une forme 
légèrement conique: par leur large base ils sont en contact 
avec le coeur et par leur extrémité avec les téguments 
dorsaux. Ces coussinets sont situés entre le coeur et 
l'enveloppe péricardiale ; on les rencontre en outre sur les 
points oii les muscles rejoignent l'enveloppe péricar diale, et 
ils s'étendent jusqu' à la paroi interne du péricarde. Les figures 
44 et 45 donnent une idée de ces relations. 

Dans la ligure 44 les deux muscles m rejoignent le pé- 
ricarde pc et semblent se terminer à cet endroit; en réa- 
lité, ils ne se terminent pas encore, mais se divisent en fi- 
brilles extrêmement ténues qui se dirigent vers le coeur en 
passant entre les cellules (tig. 45). — Dans la tig. 45 on aper- 
çoit de minces libres musculaires m', m\ m', qui passent entre 
les cellules adipeuses et vont rejoindre la couche périphérique 
du coeur. Ces relations s'aperçoivent encore plus nettement 
sur la coupe longitudinale à travers un coussinet de ce genre, 
reproduite dans la hg. 46; on y distingue clairement les fi- 
bres musculaires ni et ru qui pénètrent directement dans la 
couche musculaire longitudinale (externe) du coeur. 

Si l'on compare la fig. 45 avec la fig. 9 représentant une 
coupe du coeur de la sauterelle, on constate, entre les cel- 
lules qui entourent le coeur, la présence des mêmes fibrilles 
musculaires se dirigeant vers le coeur et supportant les cel- 
lules péricardiales. 

Je ferai observer ici que les cellules péricardiales des 
insectes et des Scorpions possèdent la même réaction acide 
et absorbent de la même manière le carmin, ce qui indique 
la conformité de leur rôle physiologique. Avant de terminer 
la description du coeur, je crois devoir encore parler des 
agglomérations du corps adipeux que l'on observe des deux 
côtés de la région péricardiale ad, près de l'endroit oii com- 

15 



— J-Jl) — 

meiicent les nmscles (lorsjiux loniiitudiiiaiix de rabdomen. 
De plus, je crois devoir ajouter (jue Ton trouve constam- 
ment, entre les cellules des susdites agglomérations, des 
nids entiers de leucocytes avec une très faible quantité de 
plasme. ce qui semblerait indiquer la possibilité de leur 
formation à cette place. J'ai observé en outre que chez les 
Scorpions (jui avaient été injectés à Tencre de Chine, les 
gi'ains de cette substance, contenus dans le corps des leu- 
cocytes, formaient des stries irrégulières de couleur sombre 
entre les cellules hétérogènes qui composent ces formations 
péricardiales. 

. Dans son ouvrage souvent cité, Ckienot décrit (page 405), 
sous le nom de „ glande lympliatique", la glande abdominale 
du Scorpion, laquelle s'étend le long de la chaîme nerveuse 
abdominale. C'est lîlanchard (^ui a signalé le premier l'exis- 
tence de cette glande et en a décrit les traits généraux: 
après lui. un grand nombre de savants ont attiré l'attention 
sur la relation intime de cette glande avec le système vas- 
culaire. 

Le professeur Koultchitsky de Kharkov a eu l'amabilité 
d'exécuter à mon intention une photographie représentant 
une préparation de cette glande provenant du Scorpion Androc- 
tonus. En examinant la lig. 47 c, on voit que la glande en 
question s'étend dans tout l'abdomen et se compose, prin- 
cipalement dans sa partie antérieure, de plusieurs sections. 
Cette photographie a été exécutée sur un Scorpion, dans le 
corps duquel on avait injecté de l'encre de Chine sept jours 
auparavant, et chez lequel cette glande était complètement noire. 

Cette glande possède à un haut degré la faculté de pha- 
gocytose ou d'al)Sorption de corps durs introduits dans l'or- 
ganisme. Quand on y introduit du carmin ammoniacal, elle 
se colore également en rouge vif, et ses cellules se remplis- 
sent de grains de carmin. Je me bornerai à citer ici quel- 
ques-unes de mes observations concernant cette glande, en 
me réservant d'en donner plus tard une description détaillée. 

Si l'on inti'orliiit dans le corps du Scorpion de l'encre de 



— 227 — 

Chine broyée très menu, la glande en question ne tarde pas 
à noircir. Si l'on prend cette glande le jour qui suit l'intro- 
duction de l'encre de Chine afin de préparer les coupes, on 
obtient des préparations dans le genre de celle qui est re- 
produite dans la fig. 48. On y distingue nettement les si- 
nuosités ci les passages oii s'accumule en premier lieu l'encre 
4e Chine. Malheureusement, la préparation en question n'a 
pas entièrement réussi, les noyaux des cellules ne se sont 
pas colorés, de sorte qu'il est impossible de juger de quelle 
façon l'encre de Chine se comporte à l'égard des cellules. 
On aperçoit seulement la répartition générale de ce pigment. 

Dans la fig. 49, j'ai reproduit une coupe de la section 
antérieure de la glande du scorpion qui est représenté plus 
haut (fig. 47), et qui a été disséqué sept jours après 
l'introduction de l'encre de Chine. Dans cette coupe la dis- 
position des grains d'encre de Chine est toute différente: 
ils sont groupés ou réunis en grosses boules et se ren- 
contrent dans le plasme d'un grand nombre de cellules ; 
dans beaucoup de cellules, on aperçait près des noyaux 
des agglomérations d'encre de Chine. 

J'ai injecté encore dans le corps des scorpions diverses 
substances digestibles, notamment du sang de cobaye. Les 
globules sanguins du cobaye s'accumulent également dans 
cette glande Dans la fig. 50 qui représente une coupe de 
cette glande colorée par l'éozine, les corpuscules sanguins 
rouges apparaissent très nettement. 

La fig. 51 reproduit, avec un fort grossissement ("Vi)? 
une autre coupe de la même glande provenant du Scorpion 
injecté au moyen du sang de cobaye: les corps sombres c 
représentent les globules sanguins rouges de cobaye qui 
ont été absorbés. La pliotograpiiie a été exécutée d'après 
une préparation colorée par l'hématoxyline et l'éozine. La 
figure 52 représente la même préparation, mais avec un 
grossissement beaucoup plus considérable (apochromate à 
2 mm et c. 12); la coloration à l'éozine y est reproduite. 
Ce dessin montre quelle masse de globules sanguins la glande 

15* 



— 228 — 

a absorbés. Cette préparation est encore intéressante sous 
un autro rapport : ello nous poruiet de constater la pré- 
sence, dans un grand nombre de cellules de cette glande, 
d'une matière granuleuse se colorant par l'éozine. Dans les 
préparations colorées par le carmin et l'héuiatoxyline, cette 
gratiuiosifc n'est pas visible; par contre, dans les prépara- 
tions colorées par l'éozine atin de faire ressortir l'iiémoglo- 
bine, cette granulosité apparaît avec une netteté extraordi- 
naire (fig. 52 ('(>) dans un grand nombre de cellules. S'agit-il 
ici de la vraie granulosité éozinophile, telle qu'on l'observe 
dans les leucocytes des vertébrés, c'est ce que je ne saurais 
aftirmer, mais en tout cas nous sommes ici en présence de 
formations du même genre. 

En terminant mon rapport au Congrès je sens parfaite- 
ment combien mes observations sont incomplètes et offrent 
de lacunes. Si nonobstant, je me suis décidé à les soumettre 
à l'attention des savants rassemblés, c'est atin de provoquer 
la discussion sur l'utilité de ce nouveau mode d'exploration 
des invertébrés, et de riiontrer combien de questions mor- 
pbologiques attendent encore leur solution. 

Ouvrages cités. 

1) Mfùssiier, M. Beitrage zur Ernahrungsphysiologie der 
Protozoen. — Zeitschrift fur Wissenschaftliche Zoologie. XLVI 
p. 514. 

2) A. KovalccsLij. Sur la rate des mollusques. — Mémoires de 
la Société des Naturalistes de la Nouvelle Russie. T-e XV 
p. 9. (Il en existe un tirage à part). 

3 ) ./. Mf'fsclnnhov. Leçons sur la patbologie comparée de 
l'inllannnation, Cliap. If. Paris. 1892. 

4) C. (Jrohheii . Die Pericardialdriise der Lamellibranchia- 
ten, p. 4. Wien. 1888. (AB. v. p. 9 de mon article). 

5) A. Kovalcrslnf. Sur les organes excréteurs des animaux 
invertébrés. — Mémoires de la Société des Naturalistes delà 
Nouvelle Russe, T. XIV. (V. page 10 de mon article). 



— 229 — 

6) L. Cuénot. Etudes sur le sang et les glandes lympha- 
tiques dans la série animale. — Archives de Zoologie expé- 
rimentale et générale, 2-e série, tome IX, p. 399. 1891. 

7) C. Schaff'er. Beitriige zur Histologie der Insecten. IL 
Ueber Blutbildungsherde bei Insectenlarven — Zoologische 
Jahrbucher, herausgegeben von prof. I. Spendel in Gessen, 
Bd. III pp. 626 et suiv. 

8) Weloivlejsli. Ueber das Blutgewebe der Insecten. — 
Zeitschr. fiir Wissenschaftl. Zoologie. Bd. XLIII, p. 534. 

9) /. Pékarskij. Sur les cellules péritrachéennes des in- 
sectes. — Mémoires de la Société des Naturalistes de la Nou- 
velle-Russie, t. XV. 

10) Ang. LeteUier. La fonction urinaire s'exerce chez les 
Mollusques acéphales par l'organe de Bojanus et par les 
glandes de Keber et de Grobben. — Comptes-rendus des Séan- 
ces de l'Académie des Sciences. Paris. 1891. 

11) iV. Zograf. Anatomie du Lithobius forlicatus. — Nou- 
velles de la Société des Amis des sciences naturelles, t. 
XXXII, fas. I. 

12) Ph. Bertkau. Ueber den Verdaungsapparat der Spin- 
nen. — Arch. f. mikr. Anatomie, Bd. XXIV, pp. 411 et 
412. 1885. 

13) Lankester. On the Skeleto-trophic tissue and coxal 
glands of Limithis, Scorpio and Mygale. (Quart. Journal of 
micr. Science, XCIII. 1884. 

14) Stiirany. R. Die Coxaldriise der Arachnoïden. — Ar- 
beiten des Zoologisch. Institut zu Wien, tome IX, Heft 2, 
p. 135. 



Explication des planches. 

Planche I. 

Fig. I. Coupe longitudinale de la tête d'un Tubulaire; en 
couche entodermique remplie de grains de carmin et d'indigo- 
carmin; dans les cellules axiales des tentacules, on distingue 
également des grains de cainiin. Grossissement: 50. 

Fig. 2. Coupe trai;svcr>ale de la tige du même Tuhulaire; en 
couche entodermique saturée par les grains de carmin et d'indigo- 
carmiu absorbés; ec ectoderme; K reins du Tubulaire dans l'ento- 
derme desquels on distingue des grains de carmin. Gr. 100. 

Fig. 3. Fragment de la même coupe à un plus fort grossisse- 
ment; en ai erçoit distinctement les grains de carmin et d'indigo- 
carmin qui se sont déposés à l'intérieur des cellules entodermi 
ques. Gros. 420. 

Fig, 4, Coupe du même Tubulaire en places où se forment 
les tentacules; dans k s cellules axiales des tentacules on aperçoit 
le carmin et l'indigo-carmin; t tentacules; c grains de carmin et 
d'indigo-carmin déposés dans les tentacules. 

Fig, 5. Coupe transversale de la glande verte de l'écrevisse: 
Astacus fluviatilis; en vésicule teiminale; //A; replis du canalicule 
urinaire excrétant l'indigo-carmin. 

Fig. 6. Coupe transversale du vaisseau de Malpighi du Ditys- 
cus marginalis, une heure environ après l'introduction de l'indigo- 
carmin; c cellules du vaisî-eau de Malpighi; « noyaux; m indigo, 
carmin qui s'est déposé dans les inters ailes des cellules. 



— 231 — 

Fig. 7. Coupe transversale du coeur du Truxalis nasuta et 
des organes qui l'entourent; c coeur; ep épithélium externe (cu- 
tané); ov tiihes ovariens; pc cellules péricardiales à un ou deux 
noyaux renfermant un dépôt de carmin; l et V amas de leuco- 
cytes ayant absorbé des granules d'encre de Chine. 

Fig. 8. Coupe transversale du coeur de l'Acridium migrato- 
rium (sauterelle); c coeur; pc cellules péricardiales; tr trachée 
latérale; f rangée de cellules séparant la région péricardiale de 
la cavité du corps située plus bas. C'est dans ces cellules que 
s'amassent l'encre de Chine et les globules graisseux du lait. 
Gr. «Vi. 

Fig. 9. Un des côtés de la même coupe à un plus fort gros- 
sissement; les lettres ont la même signification que dans la figure 
précédente; m fibrilles musculaires; ad corps adipeux. Gr. ^""/i- 

Fig 10. Dessin de la partie dorsale d'une larve de mouche; 
pc grandes cellules péricardiales de la partie postérieure du 
coeur; ces cellules sont disposées par paires; pc' petites cellules 
péricardiales formant des faisceaux autour de la partie anté- 
rieure du vaisseau dorsal. 

Fig. 11. Coupe transversale de la partie postérieure du cor p 
d'une larve de mouche; à un faible grossissement; d canal di- 
gestif; mg vaisseaux de Malpighi; c coeur; pc cellules péricar- 
diales; ad cellules du corps adipeux; tr trachées; l nids de 
leucocytes, endroits on l'on suppose qu'ils se forment. 

Fig. 12. 13 et 14. Photographies fortement grandies du coeur 
et des cellules péricardiales, prises sur différents points de la 
moitié postérieure d'une glande de mouche; on aperçoit la struc- 
ture des cellules péricardiales. 

Planche IL 

Fig. 15. Coupe de la partie postérieure du corps d'une jeune 
larve de mouche avant la formation du coeur; tr grands tubes 
trachéens; a petit tube transversal servant à les réunir; l endroits 
où se forment les globules sanguins; m muscles. 

Fig. 16. Coupe transversale d'une jeune Scolopendre, à un 



— 232 — 

très faible grossissciiient; (/ canal tliiiestif: n troncs nerveux; c 
coeur; pc tubes péricjirdiaux; ad corps adipeux; r/cv/ tubes acides 
du corps adipeux; ;m/ coupe du vaisseau de Malpitihi avec les 
<!ristaux d'indigo qui s'y sont déposés; le côté droit du corps 
iidipeux est coloré connue sur la préparation. 

Fn]. 17. Coeur de Scolopendre provenant de la niênie prépa- 
ration et fortement grossi: c coeur; pc tubes i)éricardiaux; a(J 
<?orps adii)eux; d parois du cauMl digestif. Gr. *"^7i- 

Fi(f. i^'. Coupt' de la i)artie antérieure du cori^s d'une Scolo- 
pendre; c coeur; pc tulies péricardiaux; d conduit digestif; /// 
brides de la glande salivaire; n tronc nerveux; ad restes du cor])s 
adipeux; acd tubes acides; nu/ vaisseau de Malpigbi; f-r trachées. 

Fig. 19. Un des segments du coeur de la Scoloj)eudre photo- 
graphié à sa partie suj)érieure; c coeur avec sa handu transver- 
sale correspondant aux muscles; pc tubes péricardiaux: ^5 dila- 
tation du coeur sur les limites des segments. 

Fiij. 20. Coupe transversale du tube péricardial; on distingue 
les cellules avec noyaux qui le comi)osent ainsi que des cristaux 
d'indigocarmin et de petits grains noirs. Cette éi)reuve à été 
omlirée avec intentinii. afin de mieux rendre ce que l'on dé- 
couvre au microscope. Gr. '-' j. 

Fig. 21. Autre épreuve du même négatif, tirée i)lus faible- 
ment ahn de permettre de reproduire en couleurs les cristaux 
bleus d'indigo carmin et les grains l)ruiis. Mêmes indications que 
ci-dessus. 

Fig. 22. Coupe d'un Lithobius; mg vaisseau de Malpigbi avec 
cristaux d'indigo-carinin; d jiaroi du canal digestif; nd corj)S 
adipeux: acd tubes acides. 

Fùj. 23. Vue d'une jiartie des régions avoisinnnt le canal de 
Malpigbi mg ai les tr-n hés^r de la Scolojjendre. Ce dessin permet 
de se rendre compte de la disi)Osition relative des tubes acides 
et des autres jtarties du corps adipeux chez 1» Scolopendre; m 
muscles; pour le reste mêmes indications que ci-dessus. Gr. '^""/i • 

Fig. 24. Fragment de la même pré])aration à un fort grossis- 
senient. Gr. '*"/,. 



— 233 — 

Fig. 25. Photographie d'une préparation fraîche conservée 

dans 0,6% de sel commun; arZ tuhes adipeux; acd tubes acides; 
mg paroi du vaisseau de Malpighi. Gr. '^"Vi • 

Fig. 26. Idem, à un grossissement un peu plus considérable. 
Gr. 3-2%. 

Fig. 27 . Tube acide seul (Gross. 420); n noyaux des cel- 
lules. 

Planche III. 

Fig. 28. Portion de la gb-iude salivaire du Lithobius; gl lo- 
bules de la glande; acd tissu qui les entoure et absorbe le car- 
min. Gr. '"Vi- 

Fig. 29. Lobules de la glande et du tissu adjacent à un plus 
fort grossissement. Coupe: dr cellules de la glande; sh vésicules 
excrétrices; acd tubes acides dans lesquels on aperçoit des 
noyaux de cellules, des dépôts pigmentaires noirs et des grains 
de carmin déposés dans les vacuoles. Gr. ''^V, . 

Fig. 30. Coupe du coeur de Julus et tissu adjacent; c coeur; 
ad tissu adipeux avec concrétions; m troncs musculaires. Gr. *7i- 

Fig. 31. Coupe transversale de l'araignée Eucharia castanea; 
Gl. glandes venimeuses: ng système nerveux; ad tissu adipeux. 

Fig. 32. Portion de la partie inférieure du corps adipeux 
situé entre le ganglion nerveux ng et la peau; ad cellules ho- 
mogènes du corps adipeux; acd cellules adipeuses ou acides; l 
leucocytes ou noyaux des cellules du tissu conjonctif. Gr. ^""z,. 

Fig. 33. Fragment de ce même corps adipeux à un plus fort 
grossissement: Gr. -'''•/,. 

Fig. 34. Le même tissu au grossissement de ''-"/,; mêmes 
indications que ci-dessus. 

Fig. 35. Ganglions inférieurs du tronc de la Lycosa Latreilli 
ng et corps adipeux ad situé dessous. Faible grossissement. 

Fig. 36. Fragment grossi de ce même corps adipeux; acd 
cellules, presque toutes à deux noyaux et renfermant un dépôt 
de carmin; l leucocytes. Gr. '^"Vi- 

Fig. 37. Conduit digestif de la même Lycosa montrant la 
disposition du corps adipeux. 



— 234 — 

Fi(j. 38. Coupe horizontale de l'extrémité postérieure du corps 
du Pholcus opilionides; ad corps adipeux; p peau; ng ganglion 
nerveux. Gr. ''" , . 

Fig. 39. Fragment de corps adipeux à un plus fort grossis- 
sement; tig ganglion nerveux entouré de petites cellules nerveu 
ses; en bas, corps adipeux ad composé de grandes cellules trans- 
parentes et de cellules acides ou plutôt adii)euses acd avec con- 
crétions; l leucocytes. 

IManclie IV. 

Fig. 40. Coupe de Scorpion; ng ganglion nerveux; ad corps 
adipeux entourjant le ganglion nerveux et ayant absorbé du car- 
min. Gr. ^"/i- 

Fig. 41. Corps adii)eux formé par les agglomérations péri- 
cardiales; ad cellules transparentes; acd cellules acides renfer- 
mant souvent des concrétions; l leucocytes. 

Fig. 42. Photographie d'une portion du coeur vu par sa face 
ventrale; 1, 2, 8 agglomérations du tissu adipeux sur la face 
ventrale du coeur: ces agglomérations sont disi)Osées par paires 
entre le coeur et le péricaide; 1', 2', 3' agglomérations de même 
nature sur la face dorsale du coeur. (Ces dernières ne sont pas 
disposées par paires); m muscles partant des points où se trouvent 
ces agglomérations. 

Fig. 43. Coupe du coeur du Scorpion vu d'un seul côté; c 
coeur; 2'c'espace péricardial; pc péricarde; ps amas de cellu- 
les adipeuses sur la face ventrale du coeur. Gr. '^"/i- 

Fig. 44. Idem avec cette différence qu'on aperçoit les muscles 
m qui vont rejoindre les agglomérations du tissu adipeux. 
Gr. 50/^. 

Fig. 45. Partie inférieure du coeur; m muscles se dirigeant 
vers le péricarde; ni ramification des muscles sous forme de 
fibrilles. Gr. '«V,. 

Fig. 46. Coupe longitudinale d'une agglomération du tissu 
adipeux; o paroi du coeur; m' fibrilles muscularies aboutissant 
aux fibres externes longitudinales du coeur Gr. "^"Z, . 



— 235 — 

Fig. â7. Photographie représentant un Scorpion disséqué afin 
de montrer la disposition de la glande lymphatique (rate) c; m 
muscles; d intestin redressé. 

Fig. 48. Coupe transversale de la rate d'un Scorpion quelques 
heures après l'introduction de l'encre de Chine. Gr. "^7r 

Fig. 49. Coupe transversale de la rate sept jours après 
1 encre de Chine. 

Fig. 50. Coupe de la paitie moyenne de la rate d'un scorpion 
après une injection de sang de cobaye. Les taches rouges indi- 
quent les globules sanguins de Cavia. Gr. 200. 

Fig. 51. Photographie d'une coupe de la même rate faite à 
une autre place; c et les petits cercles sombres de même genre 
indiquent les globules sanguins; le reste est occupé par les 
noyaux et les cellules de la rate. Gr. *'-%• 

Fig. 52. Même préparation, mais fortement grossie; les glo- 
bules sanguins de Cavia sont colorés en rouge; eo [cellules de 
la rate avec granulation colorée par l'éozine. 



LES VIPERES EUROPEENNES ET CIRCUiVIMEDITERRANEENNES 

par 

le Dr. J. de Bedriaga. 

Il est incontestable (^ue la théorie de l'évolution a exercé 
une grande influence sur la Zoologie descriptive et que 
le préjugé contre cette théorie émanant de la part des sys- 
tématiciens a été motivé par les diflicultés qui se présen- 
taient parfois à faire coïncider l'ancienne routine avec les 
données de la théorie de l'évolution. Guidés par des impul- 
sions souvent différentes, disciples comme adversaires du 
Darwinisme, découvraient ou détriment de la classification 
des pliases du dévelop])(^ment de l'espèce qui imposaient le 
remaniement du système, aussi ce remaniement devint iné- 
vitable. 

A cause de l'instabilité des caractères de l'espèce et de 
la parenté des formes, ce remaniement n'a pas toujours eu 
le succès désiré. La définition „ variété" fut souvent néces- 
sairement remplacée par celle de „ transition", et les espè- 
ces ou variétés auparavant bien définies devinrent des 
formes intermédiaires. Ces formes intermédiaires, dont le 
nombre augmente sans cesse, grâce à, l'activité des zoolo- 
gistes-explorateurs et au penchant que la Zoologie moderne 
manifeste pour la chorologie, offrent trop souvent des entra- 
ves insurmontables aux systématiciens, tandis qu'elles sont 



— 237 — 

accueillies avec joie par les Darwinistes. Aussi acquiert-oit 
rarement aujourd'hui la satisfaction de la classification en 
parfait accord avec les phénomènes du développement et de- 
l'altération des espèces. 

Dans son intéressant travail sur les vipères en 1881, dans 
le Bulletin de la Société Zoologique de France, notre re- 
gretté collègue Touriferille a cru pouvoir nettement définir les 
espèces européennes, classer les formes intermédiaires et en 
même temps démontrer leur parenté. Les conclusions de 
TourneviUe, en ce qui concerne les transitions d'une espèce 
à l'autre et les espèces parentes, furent généralement adop- 
tées, tandis que ses diagnoses subirent un changement ou 
furent rejetées, d'abord par lUjidemjer'^), puis par Came- 
/•tt;io**). Gamerano, frappé parla variabilité très prononcée 
chez nos vipères, contesta la valeur spécifique de Vipera 
uspls et considéra Vipera Latastei Boscà et V. berus Seoa- 
nei Latasfe comme „ variations" de V. herus subsp. asjrfs ou. 
de V. berus, qui par le peu de la stabilité de leurs carac- 
tères, ne mériteraient même pas un nom spécial. Cependant 
jusque là la valeur spécifique de T^ asi)is n'avait soulevé 
aucun doute et la nouvelle espèce ibérique, i. e. V. La- 
tastei, créée par Boscà et décrite par TourneviUe, a été 
acceptée par BoNlem^er, Boetger et par moi-même. 11 est 
donc probable que mon ami M. Gamerano a trop appuyé 
ses recherches sur les détails et qu'il a perdu de vue la 
caractéristique générale. Chez les reptiles l'écaillure est su- 
jette à beaucoup de variations. Des anomalies dans le nom- 
bre de rangées d'écaillés sousorbitaires, de même que l'asy- 
métrie dans la disposition de ces rangées, ne peuvent por- 
ter atteinte à une diagnose ou à la valeur spécifique d'une 
vipère. 

L'identification de Vipera Latastei munie d'une proémi- 



') Remarks on the commoii viper, Vipera bcnis, and ou ils snbspecies 
V. Seoanei. The Zoologist, 1885. 

**) Monouraphia depli Ophidi italiaui. Viperidi. SIemorie délia R. Accaile- 
niia délie Scienze di Torino. Série II, Tonio XXXIX. Torino 1888. 



— rôti — 

nonce elianme ou d'une vraie carne cliarnue avec la Vipera 
lu^pis. dont le museau est retroussé ou plat, conduirait né- 
cessairement à la réunion de T. auuHodi/fcs' avec T. Lafa- 
sfei et r. aspi!>. Les vipères européennes offrent en effet 
tous les degrés par les([uels les différentes formes ont passé, 
depuis r. bcnis jusqu'à T. aniDiodi/fcs. Cependant pour clas- 
ser ces degrés, nous devons, à ce <iue je crois, faire abstraction 
de Téchelle généalogi([ue, nous abstenir de la réunion des 
différentes formes reconnues comuie espèces et chercher des 
additions aux diagnoses déjà établies. 

Je suis loin d'être partisan de l'opinion de Camerano, 
cependant j'aduiets la possibilité de la réunion de I\ L(i- 
tdsfei avec T. arnuKidiites, qui d'après (kintcnino (op. cit.), 
appartiendraient à deux groupes différents, car j'ai reçu, 
par l'intermédiaire d'un marchand-naturaliste, comuie prove- 
nant des environs d'Athènes, une vipère cornue qui a l'as- 
pect d'une Amraodyte, mais dont la corne est assez basse 
et formée par la rostrale, les prénasales et trois autres pe- 
tites écailles placées sur les côtés, le sommet et en arrière. 
Ce sont là les caractères de V, Latastei, et cependant la 
Grèce n'est pas comprise dans l'aire géographique de cette 
espèce. Je me contente de signaler ce fait et considère pro- 
visoirement la Vipère de Lataste comme espèce différente de 
V. ammodytes et je crois pouvoir énumérer les différences 
qui existent entre Vipera ariefans, ammodytes, Xardhina, 
Ifdjetlna, herus et ((,s})ls. 

Je résume, dans le tableau ci-joint, les caractères les plus 
luarquants; qui uiont servi pour classitier les vipères (îuro- 
péennes et circuinméditerranéennes de ma collection. 

I. Narines supérieures. 

1 . V. arietans Merr. 
II. Narines latérales. 

A. Museau sui'inonté d'une proémi- 
nence ou d'une corne charnue. 

2. La proémiuence ou corne charnue 



— 239-^ 

est formée par la rostrale, les pré- 
nasales et 3 à 6 petites écailles. V.LatasteiBoscà. 
;> . La corne charnue et sa base au- 
dessus des prénasales et de la rost- 
rale sont formées par 15 à 20 pe- 
tites écailles. La rostrale et les 
prénasales ne dépassent pas la par- 
tie basale de la corne charnue. . Y. ammodytes T. 
B. Museau plat ou retroussé. Pas de 
corne ou proéminence charnue, 
a. Prénasale soudée inférieurement à la 
nasale; nasale séparée de la 2'"''' 
suslabiale par une petite écaille. 

4. La rostrale se ploie distinctement 
Siir le museau. Supéro-nasale sé- 
parée de la sus-oculaire par une 
écaille. Deux rangées transversa- 
les d'écaillés entre les prénasales 
et les supéro-nasales. Une écaille 
entre la 4^"*= suslabiale et l'oeil, 
suivie et précédée par deux écail- 
les superposées. Ecailles occipitales 

fortement carénées F. Xanfhina Gvrij 

5. La rostrale ne se reploie pas sur 
le museau. Supéro-nasale séparée 
de la sus-oculaire par deux ou trois) 
écailles. Trois rangées transversa- 
les d'écaillés entre les prénasales 
et les supéro-nasales. Deux écail- 
les superposées entre la 4^™^ sus- 
labiale et l'oeil, suivies et précé- 
dées par trois écailles superposées. 
Ecailles occipitales finement caré- 
nées, les carènes formant sur la 
partie postérieure de la tête de fi- 
nes lignes en relief F, lehetina L. 



— '2M) — 

Prénasale eiitièroniont séparée de la 
nasale: nasale touchant à la 2'"'" sus- 
labiale. 

t). Toujours deux écailles entre la pré- 
nasale et la sus-oculaire. 5 à 6 
écailles limitent en avant le mu- 
seau à la partie supérieure de la 
tête. Préoculaire supérieure à coin 
supérieur faiblement rabattu en des- 
sus et juxtaposé: elle est circons- 
crite par 4 ou â écailles. 7 à 1 1 
écailles, y compris la sus-oculau'e, 
entourent l'oeil. 3 à 10 écailles 
constituent un demi-cercle oculaire 
externe, irrégulier et interrompu ou 
des tronçons d'un cercle, dont les 
écailles terminales et supérieures se 
trouvent en avant de l'oéil, entre 
la nasale et la préoculairc supé- 
rieure et en arrière de l'oeil, en 
contact avec la partie postérieure 
de la sus-oculaire. La distance qui 
sépare l'oeil de la nasale, des sus- 
labiales et des temporales est com- 
blée par 11 à 18 écailles. Généra- 
lement une seule rangée d'écaillés 
entre l'oeil et les suslabialcs . . . V. berus L. 
7. (iénéralement trois écailles entre 
la prénasale et la sus-oculaire. 7 
à 9 écailles limitent en avant le 
museau à la partie supérieure de 
la tête. Préoculaire supérieure for- 
tement rabattue en dessus et dé- 
bordant sensiblement la sus-ocu- 
laire; elle est circonscrite par 5,6 
ou 7 écailles. 10 à 13 écailles, y 



— 241 — 

compris la sus-oculaire, entourent 
l'oeil; 11 à 13 écailles constituent 
un demi-cercle oculaire interrompu 
ou continu, dont les écailles termi- 
nales et supérieures se trouvent en 
avant de l'oeil, entre la nasale et 
la préoculaire supérieure, en arrière 
de l'oeil, en contact avec la partie 
postérieure de la sus-oculaire. La 
distance qui sépare l'oeil de la na- 
sale, des suslabiales et des tem- 
porales est comblée par 21 à 28 
écailles. Généralement deux rangées 
d'écaillés entre l'oeil et les susla- 
biales r. aspis L. 



16 



Chalcides Simonyi Steind. et Molge Luschani 

Steind 

par le Dr. J. de Bedriag"a. 

Cette espèce, dont j'ai sous la main un seul exemplaire 
provenant de Fuerventura, me paraît se distinguer nette- 
ment du Chalcides viridanKs Gravenh. et du Chalcides ocel- 
latus For six. Au premier aspect, elle se rapproche du Ch. 
ocellaius: elle s'en distingue cependant par la situation de 
la narine. Chez Ch. oceUafus la narine est située juste au 
dessus de la suture entre la rostrale et la première labiale, 
tandis que chez Ch. Simoin/i elle est percée un peu en 
avant de cette suture. L'exemplaire de la nouvelle espèce 
de Stehidachner que je possède offre également quelques 
rapports avec le Ch. viridanus; il en diffère cependant par 
le nombre des plaques préoculaires. Chez ce dernier, il 
n'existe qu'une seule préoculaire, tandis que chez mon exem- 
plaire de Cil. Simonyi, il y a deux préoculaires superposées, 
([ui se trouvent entre le troisième labiale et la première sus- 
oculaire. Enfin le nombre d'écaillés autour du milieu du 
tronc empêche de la confondre avec CJi. Bedriaf/ai Boscà. 
Mon Ch. Simoii/ji a 30 écailles autour du tronc, le Ch. 
Bedriagai n'en a que 22 à 28.*) 



*) Boideriffcr, Catalog-iie of tlic Lizards in tlie Brili.sli Muséum. Vol. II. 
p. 3'J9. Lonfloii 1S77. 



-— 243 — 

La réunion de Gh. Simonyi avec Ch. viridanus a été pro- 
posée par Boulem/er *), et j'espère apprendre bientôt, par 
M. Boulenger et M. Steindaclmer , si les caractères différen- 
tiels que j'ai énumérés sont stables chez les exemplaires 
conservés au Britisli Muséum et au K. K. Naturliistorisches 
Hofmuseum à Vienne. 

En ce qui concerne Molge Luschani, espèce créée ré- 
cemment par Steindaclmer, Boidenger refuse de la consi- 
dérer comme appartenant au genre Molge et la déclare ap- 
partenir au genre Saïamandra. Un examen superficiel de cet 
urodèle m'a démontré que l'espèce Luschani diffère tout 
autant des Molge que des Salamandres et qu'elle appartient 
probablement à un genre européen et américain, dont nous 
ne connaissons jusqu'à présent en Europe qu'une seule espèce. 



*=) Aimais and Magazine of Naf;:ial ]Iisl(j|-y, 1S:)2. p. 74. 

16" 



L E T R E 

a M. le prol'esseur Anatole Bog-danow. 

(A propos de rimportatioii et du croisement des reptiles et des aiui)hil)iens). 

Je tiens à appeler ratteiitioii de notre Congrès sur les 
inconvénients qui résulteraient pour les systématiciens et 
les chorologistes de l'importation et du croisement artificiel 
des reptiles et des amphibiens, qui se pratiquent maintenant sur 
une assez large échelle, et je propose de conseiller, par voie 
de la presse, aux personnes qui, soit dans un intérêt scien- 
tifique, soit dans (juelque autre but, importent ces animaux 
et les acclimatent en liberté, ou bien qui croisent différen- 
tes espèces pour donner ensuite la liberté aux produits de 
ces croisements, de nous le faire savoir afin qu'il n'y ait 
pas, au moins de ce côté, de difficultés pour les savants 
qui s'efforcent de fixer les vraies limites de l'habitat de 
chaque espèce et cherchent à formuler des diagnoses d'après 
ICvS caractères produits par la sélection naturelle et non arti- 
ficielle. 

Pour garantir une espèce introduite dans une localité 
quelconque du zèle inopportun du collectionneur et pour don- 
ner à l'espèce le temps nécessaire de se propager, il serait 
sans doute utile de garder secret pendant quelques années 
l'endroit où l'espèce a été introduite^ puis au bout de cinq 
ou dix ans le secret devrait être dévoilé, d'autant plus qu'il 
y a toujours moyen de ne pas désigner tout à fait au 



— 245 — 

juste la localité qui abrite l'espèce importée. Et pour don- 
ner un bon exemple à mes confrères, je vais leur confier 
qu'en 1879 j'ai introduit à Heidelberg le Pleurodèle (^Jfo/- 
ge WaltU). En 1890 j'ai introduit à Nice la Lacerta mu- 
ralis var. coendea; cette belle variété s'est acclimatée et 
s'est reproduite dans sa nouvelle patrie. Enfin cette année 
(1892) j'ai introduit à Nice la Lacerta persplcÀllata. 

Quant aux hybrides obtenus artificellement, je conseille de 
ne pas leur donner entière liberté. En général, je ne suis 
pas partisan de la production artificielle à tort et à travers 
d'hybrides parmi les reptiles et les amphibiens, et je suis 
loin de vouloir faciliter ces manipulations en créant des for- 
mules pour désigner ces métis. Molge Blasiusi, dont il ne 
sera pas facile de trouver la place dans le système, devrait 
nous décourager de créer de nouvelles entraves aux systé- 
maticiens. 

D. J. de Bedriaga. 



Quelques observations sur les nids 

d'insectes, faits d'argile. 

par le Dr. H. von Ihêring-. 

Depuis que je suis au Brésil, j'ai toujours observé avec 
attention tous les nids d'insectes faits en terre, en argile, 
et j'en ai découvert quelques uns qui étaient inconnus. 
J'espère que les nids de respides et de crabronides que 
j'ai envoyés seront étudiés et décrits par un savant com- 
pétant. Ici, j'ai l'intention d'y joindre seulement quelques 
observations générales. 

C'est parmi les termites et les hyménoptères que l'on 
rencontre les fabricants de ces nids. Chez les derniers, ce 
sont les fourmis et les guêpes qui y contribuent. Naturel- 
lement il y a de grandes différences dans ces constructions; 
mais on rencontre aussi certains points de ressemblance, 
produits par le matériel commun. 

Il y a deux groupes de ces constructions. Les unes ser- 
vent d'habitations, aussi bien que pour y déposer des oeufs, 
et pour l'éducation de la progéniture; les autres — seulement 
dans ce dernier but. Au premier groupe appartiennent les 
nids des tennitides et des fourmis-^ au second, — ceux des 
guêpes sociales. Je ne connais pas de nids de guêpes so- 
ciales faits d'argile et je n'ai pas observé ici de ces nids 
globuleux, construits en argile par certaines espèces de 
Comprmotus, et qu'on trouve sur des arbres en Paraguay; 
mais il y a ici des espèces de fourmis qui élèvent des nids 
de 1 à 2 pieds et plus, de hauteur. Les Componotus no 



— 247 — 

font de nids que dans les lieux bas, exposés aux inonda- 
tions, mais — la Soleuopsia gemmata F. construit de véri- 
tables collines, dans des lieux plus élevés. Les nids de cette 
dernière espèce sont les moins solides que je connaisse, 
cependant ils résistent généralement bien aux pluies. Je ne 
crois pas que c'eût été possible, si ces nids n'étaient faits que 
de terre sans aucun ciment. Je crois aussi que tous les 
insectes qui construisent en terre avec un certain degré 
de perfection, se servent de la terre telle qu'ils la trouvent. 
Si Ton observe les grands amas de terre que VAtta striata 
Lund porte en dehors de son habitation, on voit qu'elle est 
formée de petits globules qui sont évidemment le produit 
de l'action de l'insecte. Ces petites masses globuleuses sont 
d'une très faible consistance, mais suffisante pour que la 
fourmi puisse porter en dehors à la fois une quantité de 
terre pour laquelle il lui faudrait s'y prendre peut-être à 
8 à 10 reprises, si elle n'avait pas cette consistance ferme. 
C'est pourquoi je crois que toutes les constructions en 
terre, en argile, sont faites à l'aide d'une sécrétion visqueuse 
qui, chez les Hyménoptères, provient probablement des glandes 
saUvaires ou maxillaires. J'ai essayé de faire des construc- 
tions pareilles à celles des guêpes solitaires, en terre, mais 
je n'y suis pas parvenu. Je me suis servi dans ce but des 
débris de nids de Trypoxylon, mais sans plus de succès. 
La terre dont ces guêpes se servent pour leurs nids, cons- 
truits aux parois de ma maison, n'est pas de l'argile, mais 
une terre sableuse avec très peu de force aglutinative. Il 
serait tout aussi impossible aux guêpes qu'à moi-même de 
construire des tubes de cette terre sabloneuse seulement avec 
l'aide de l'eau. Il serait difficile de trouver par l'analyse 
chimique les traces de cette sécrétion glutineuse, mais je 
vois que Mr. E. Baumann *), en faisant l'analyse d'un 
nid de termites construit d'argile, a observé les vestiges de 



*) E. Baumatm. Chem. Untersucliun<>e eines ans Australici-i mitgebracli- 
ten Ameiseu oder Termiteiincstes. Acad. Sitziiugsber. Berlin, 1882, p. 
419—423. 



— 248 — 

la masse organique glutiiieuse. Le Fiimarins riifus construit 
aussi ses grands nids en forme de four, non do terre ou 
d'argile pure, mais à l'aide de la sécrétion des glandes sali- 
vaires, comme ou sait que les hirondelles le font aussi. Il est 
possible qu'on ne doute pas qu'il en soit de même pour les 
guêpes et les fourmis, mais il m'a paru bon de l'affirmer, 
parce qu'on trouve dans la- littérature spéciale des articles, 
où l'on déclare que c'est d'argile avec de l'eau que les guêpes 
font leurs nids. Il est bien naturel qu'une guêpe, qui 
construit dans un jour un tube de plusieurs centimètres 
de longueur, ait besoin de boire de l'eau, sans laquelle elle 
ne pourrait pas avoir la quantité de salive dont elle a 
besoin; peut-être même elle mouillera la terre dont elle se 
sert, avec une partie de l'eau conservée dans l'estomac, — 
mais elle ne pourrait pas, seulement avec de la terre et 
de l'eau, faire ces constructions solides et résistantes. Si 
c'était le cas, les guêpes seraient prévoyantes dans le choix 
desT matériaux, tandis que je vois qu'elles ne font aucun 
clioix et qu'elles se servent de qualités de terre qui sem- 
blent peu convenables. 

Les meilleurs travalleurs en argile, les maîtres les plus ha- 
biles, sont les y'cruiitidcs^ et ce sont eux qui ont porté la prépara- 
tion du ciment au plus haut degré de perfection. Les Termes 
et Enfermes ont des „ soldats" dans la tête, une glande 
glutlnipare qui s'ouvre sur le front dans un petit cône. 
Cette protubérance côniforme est très allongée chez le genre 
des Eutermes, et donne à la tête du „nasutus" la forme 
d'une retorte. Chez les Termes, il n'y a pas de ,,nasuti", 
mais des ,, soldats" à grandes mandibules supérieures, qui 
.sont aussi munis de la glande glutinipare. Le „nasutus" 
n'est qu'un „ soldat" à mandibules réduites, mais avec le 
tube de la glande glutinipare allongé. Le suc renfermé dans 
cette glande, est liquide, clair comme de l'eau et d'une force 
glutineuse excessive, comme je l'ai dit ailleurs *). 

•) Entornolojrisclie Nacliriditcii. ]M. XIII. nciliii. 1887. p. 1 — 4 t;t p. 
17!)— 183. ■ 



— 249 — 

Parmi les termites du Brésil, ce sont exclusivement les 
genres et les espèces munis de „ soldats'" ou de „nasuti" 
qui construisent des nids solides, tandis que les espèces du 
genre AnopJoterntes. qui ne possèdent ni soldats, ni nasuti, 
ne peuvent fabriquer de nids grands et solides. Ils n'en font 
qu'exceptionnellement, et alors ces nids sont si peu consistants 
qu'on peut les écraser du doigt. En général, ils préfèrent 
habiter des galeries souterraines ou se mêler avec les co- 
lonies de Termes ou d'Eutermes. Cette fusion des deux 
peuples, dont les travailleurs comme les „ imagines" se res- 
semblent au point qu'on ne saurait les distinguer, sans 
l'étude microscopique de l'estomac, m'a induit à l'erreur *) 
de croire à un cas de génération alternante, jusqu'à ce que 
je me sois convaincu que la plupart des Termitides ren- 
contrés ici sont des Anoplotermes. Je viens ainsi de confirmer 
le résultat des expériences de Mr. Fritz Millier. 

Les Eutermes Rippertii construisent leurs demeures en 
bois, dont ils forment avec le ciment une masse extrêmement 
dure. Ce que je connais, soit par mes propres recherches, 
soit par les articles sur les Termites de l'Amérique méri- 
dionale, me démontre qu'ils font leurs constructions en argile 
ou en bois cimenté; jamais on ne voit le centre de 
l'édifice fait en bois et la périphérie en argile, comme cela 
a lieu en Australie et à Java. Je crois probable que cette 
différence dans le sj^stème de construction des nids corres- 
pond à une différente distribution géographique. Je pense 
que les Termitides de l'Australie immigrèrent de la Malaisie, 
qui a communiqué probablement à l'Australie jusqu'à la 
formation mioscène. 



*) Fritz Muller, Entomol. Narlir. 1887. p. 177 et Jicrtkau, dans le Rap- 
port, Arcliiv. f. Naturg-., année 51, 1888, p. 79, sont, de leur côté, toml)és 
dans l'erreur de croire que jen'avais observé que les différents stades de la 
même espèce, et Mr. Hagen m'écrit qu'il ne peut pas accepter un genre, 
distingué seulement par l'armure de l'estomac. Les laits sont si curieux que 
toutes ces erreurs sont excusables. Mais le fait est que si les Anoplotermes 
ressemblent beaucoup aux Termes et aux Eutermes, ils en sont différents, 
quoique se trouvant souvent ensemble. 



— 250 — 

Une luoditication singulière de hi niditication des Ter- 
mites se rencontre chez les deux espèces: Termes Lespiéri 
Fr. Miill, et T. Millier v. Jh.: leurs nids consistent en plu- 
sieurs cellules superposées et communiquant par des trous 
disposés en spirale. J'ai envoyé au Congrès international ce 
curieux nid que j'ai décrit. Le nid des T. Lespesii ets pareil, 
mais muni, dans les parois, de canaux aërophores. Le nid 
est fait d'argile à l'aide du ciment et tapissé par les excré- 
ments des termites. 

On peut supposer (jue la glande glutinipare est homologue 
à une des glandes salivaires ou maxillaires des hyménoptè- 
res, qui aurait changé de lieu d'ouverture. Ou y aurait-il 
d'autres glandes dans la tête des insectes qui correspon- 
draient par leur position à la glande glutinipare des 
termites? 

Je ne veux pas donner ici la description des nids en- 
voyés communs et je me bornerai à quelques observations. 
Sont semblables seulement les nids du Tnjpoxjilon pallidi- 
forse Sauss, et peut-être ceux de plusieurs espèces de 
Pelopoeus. Il est possible qu'il y ait ici plusieurs espèces 
de ces derniers que j'aurais confondus (T. histrio et coemen- 
tarius). E)/ fienénil les PelopacKS appliquent leurs nids 
contre les murs ou contre l'écorce des arbres, une fois, 
cependant, j'en ai trouvé un libre, fixé sur la branche d'un 
arbuste. J'ai été très étonné, quand les guêpes obtenues 
comme résultat de la culture, se sont trouvées appartenir 
à la môme espèce que celles que j'avais recueillies dans 
les nids appliqués aux murs. 

Les nids en terre sont, le plus souvent, appliqués contre 
les surfaces perpendiculaires de maisons, de rochers ou 
d'arbres. Il y en a d'autres qui sont libres, comme je 
viens de le dire, et fixés à la branche d'un arbuste, — ce sont 
les plus rares. Une autre diftérence consiste dans la dispo- 
sition des cellules. Chez le Trypoxylon palliditorse, il y en 
a plusieurs dans le même tube, et plusieurs tubes sont 
placés l'un k côté de T autre. Chez le Pelopaeus, chaque 



— 251 — 

tube consiste en une seule cellule, mais elles ne sont pas 
seulement rangées l'une à côté de l'autre, mais superposées 
en plusieurs séries, (2 ou 3). Par contre, dans l'un des 
nids que j'ai envoyés les cellules sont plus petites et su- 
perposées en deux rangs. 

Le fait le plus curieux que j'aie observé est la nidifica- 
tion de Myrfonia Iher'mgi Saussure. On trouve sur cer- 
taines Mj'rtacées dans les barques basses des campos du 
sud de Kio grande da Sul les fourreaux des chenilles de 
Mimallo sespecfa Bcnj. Berg et Runneister ont décrit ces 
fourreaux qui, avant la métamorphose de la chenille, sont 
fixés sur une petite branche de l'arbre. Ces fourreaux sont, 
après l'éclosion du papillon, des localités très appréciées 
par les fourmis et aussi par la Nortoria mencince. Elle y 
apporte de petites chenilles paralysées, y joint son oeuf et 
ferme la cellule par une cellule d'argile, pour recommencer 
avec une autre. Le cocon de la chrysalide sert de fond à 
la première. L'insecte fait de cette manière plusieurs cellu- 
les dans le fourreau, jusqu'à ce qu'il l'ait rempli, puis il 
le ferme par un opercule bombé. Ce qui m'a paru le plus 
curieux, c'est que la guêpe ne se contente pas de fermer 
la cellule après l'avoir remphe, mais qu'elle construit 
à l'avance la cloison, en y laissant seulement une petite 
ouverture surmontée d'un petit tube qui s'élargit par le 
haut en forme d'entonnoir. C'est par cet entonnoir qu'elle 
lance les larves dans la cellule. Quand la cellule est bien 
remplie, la guêpe enlève l'entonnoir et ferme l'ouverture. 
Je n'ai vu rien de pareil chez aucun autre hyménoptère. 
Probablement le but est d'empêcher la fuite de l'une ou. 
î^utre des chenilles qui ne serait pas complètement para- 
lysée. J'observerai à cette occasion que ces phénomènes de 
paralysie devraient être l'objet d'études et d'expériences 
spéciales. J'ai paralysé de grandes Hylocopa au moyen de 
piqûres avec la seringue de Pravaz dirigée d'en bas dans 
le thorax, en y injectant quelques gouttes d'acide acétique 
dilué. Mais j'ai aussi fait la même expérience avec une 



— 252 — 

aiiiuille et avec le même résultat, de manière qu'il paraît 
que la paralysie est produite par la pic^ûre et non par 
l'acide . 

Aujourd'hui, on est porté à donner un rôle plus impor- 
tant aux faits biologiques qu'autrefois, surtout parce que 
souvent les caractères biologiques sont parralèles aux carac- 
tères morphologiques. C'est pourquoi, ([uoique peu compé- 
tent dans cette matière, je crois utile de communiquer 
l'impression générale que j'ai retirée de mes études sur les 
guêpes. — On réunit les guêpes sociales aux guêpes solitaires 
dans la famille des Vespidae, que Ton sépare des Crahronides. 
Or. sous le point de vue de la biologie, les guêpes solitai- 
res devraient seules être jointes aux Crahronides, parce 
qu'elles ont la même coutume de ftiire des nids en terre 
et de les remplir d'insectes ou d'araignées, tandis que les 
guêpes sociales les construisent d'une masse qui ressemble 
à du papier. Il m'est impossible de trouver des différences 
entre les nids des guêpes solitaires et ceux des Crahroni- 
des. Les Vespidae se sont probablement développées des 
Crahronides, et dans ce cas, les jugements sur la valeur 
des caractères distinctifs peuvent différer de manière à per- 
mettre une autre combinaison plus en harmonie avec les 
faits biologiques. 

Rio Grande do Sol, le 18 Mai 1892. 



NOTICE 

pour servir à l'histoire du développement des hyménoptères 

parasites, 

par M. N. Koulagulne. 

Quand ou étudie l'histoire du développement des formes 
parasites des insectes, la première question qui se présente, 
est celle des rapports mutuels entre le parasite et son hôte. 
Il est intéressant aussi de savoir si telle ou telle forme se 
livre au parasitisme sur une seule espèce déterminée d'hi- 
sectes (monophage), si on la rencontre sur les insectes d'un 
certain ordre (polyphoge) ou enfin, si elle s'attaque à des 
insectes de divers ordres (pantophage). L'étude de ces ques- 
tions servira à mettre en lumière les particularités relatives 
tant au développement et à l'organisation des parasites, 
qu'à leur expansion. J'ai choisi le Platygaster instricator 
pour objet de mon travail. Voici quels sont les résultats que 
j'ai obtenus dans l'étude du développement de cette espèce 
d'insectes. 

Le Platygaster instricator dépose ses oeufs dans les lar- 
ves de cécidomyes qui vivent dans les extrémités enroulées 
des feuilles de chêne. D'après ce que j'ai observé, les lar- 
ves de cécidomyes se montrent dans les environs de Moscou, 
quand le printemps est chaud et hâtif, au commencement 
de mai, et quand il est tardif et froid, à la fin de ce môme 
mois. Ces larves rongent ordinairement l'épiderme de l'extré- 



— 254 — 

mité dos feuilles do chôiios: par suite, lo bord inférieur de 
la feuille se recoquille sur la surface supérieure, et le 
tout prend une teinte jaunâtre. Dans l'espèce d'étui ainsi 
formé, prennent place une et queliiuefois deux larves de 
cécidonn'es, ([ui y doiiiouront jusc^u'au nunuent où elles ont 
ronué tout repidormo do cotte partie do la fouille et passent 
alors sur l'extrémité voisine oii elles reconnnencent la même 
opération. C'est pendant la nuit qu'ont lieu les repas des 
larves et leur changement de domicile. Avant de devenir 
chrysalides, elles muent quatre fois. L'époque de leur 
transformation en chrysalide dépend, de môme que l'appa- 
rition des larves, de l'état de la température, et a lieu 
soit à la fin de mai, soit à la tin de juin. 

J'ai trouvé des chrysalides de cécidomyes dans le sol 
situé prés des chênes où vivaient des larves, mais il arrive 
quelquefois d'en rencontrer dans les plis mêmes des feuilles 
qui servent d'abri aux larves. Les larves élevées en capti- 
vité, sur des branches de chêne trempant dans l'eau sous 
un globe de verre, se transforment toujours en chrysalides 
dans les replis mômes de la feuille. 

A la fin de juin ou de juillet apparaît la seconde géné- 
ration de cécidomyes dont les larves, de même que celles 
de la génération printanière, vivent dans les plis des feuil- 
les de chêne, et dont la transformation en chrysalide a lieu 
exclusivement dans la terre. Les chrysalides de la généra- 
tion d'automne hivernent dans le sol, sous les feuilles tom- 
bées à un quart d'archine (20 cent.) de profondeur. 

Je n'ai pas eu l'occasion d'observer la ponte des oeufs 
par le Platygaster. Dans les larves que j'ai étudiées, les 
oeufs se trouvaient déjà déposés. Les larves de cécidomyes 
dans lesquelles le Platygaster avait déposé ses oeufs, avaient 
truijours sur le corps des taches sales, indiquant les endroits 
que le parasite avait piqués. On peut aussi observer qu'au 
dessus de la partie du corps de la larve piquée par le 
Platygaster, les plis de la fouille sont percés d'une ouver- 
ture. Il y a lieu d(i supposer que le dépôt des oeufs a lieu 



— 255 — 

le soir (après 6 heures), car c'est seulement à ce moment 
que l'on peut trouver des Platj'gaster adultes sur les feuil- 
les du chêne. Les Platygaster déposent leurs oeufs dans 
les larves qui vivent sur los jeunes chênes croissant à la 
lisière des forêts. Les feuilles sont percées par le Platy- 
gaster du côté qui est tourné vers le soleil. Le dépôt des 
oeufs dans les larves à lieu après leur seconde mue, pen- 
dant la première moitié de mai ou au commencement de 
juin. J'ai trouvé des oeufs de Platygaster aussi bien dans 
la génération d'automne de la cécidomye que dans celle du 
printemps. Ces oeufs étaient de deux formes différentes: 
les uns, allongés, se trouvaient dans le corps adipeux de 
la larve, près des parois du canal intestinal, sur la limite 
du jabot et de l'estomac, les autres, arrondis, dans le jabot 
et dans l'estomac. Dans certains cas, ou a trouvé des oeufs 
à la fois dans le corps adipeux et dans le canal intestinal 
de la cécidomye. Tous ces oeufs, à rencontre de ceux 
trouvés par M. le professeur Ganine, étaient sans tiges. 
Outre les larves de cécidomyes, j'ai trouvé des oeufs allon- 
gés dans des larves de cynips {Blorliiza fenninalis Fahr.). 
Le nombre d'oeufs trouvés sur chaque sujet variait d'un 
a cinq. Les larves sorties des oeufs déposés dans le canal 
intestinal, avant de se transformer en chrysalides, vivent 
dans le corps adipeux de la cécidomye. La transformation 
en chrysalide du Platygaster a lieu en même temps que celle 
de la cécidomye. Nous ferons remarquer ici que, s'il a été 
déposé un seul oeuf de Platygaster dans la cécidomye, cette 
dernière peut se transformer en chysalide, mais s'il en a été 
déposé plusieurs, elle meurt dans le stade larvaire. J'ai 
trouvé des chrysalides de Platygaster aussi bien dans les 
cécidomyes qui avaient subi cette transformation dans les 
feuilles roulées du chêne, que dans celles qui l'avaient subies 
dans la terre. En hiver, on trouve des chrysalides des Pla- 
tygaster à l'intérieur des chrysalides de cécydomiés. De ces 
dernières, il ne sort pas plus de deux Platygaster adultes. 
En ce qui concerne la question de savoir où le Platy- 



— 256 — 

gaster dépose ses oeufs, les observations faites jusqu'à pré- 
sent montrent que cette espèce est exclusivement le parasite 
des larves de cécidouiyes. C'est aussi que M. le professeur 
Ganine *) a trouvé des oeufs de Platygaster sp. dans les 
larves de cécidomyes vivant dans les extrémités roulées des 
feuilles de saule: le nombre des oeufs déposés dans une 
seule larve était parfois de 12 à 15, mais ordinairement 
il n'atteignait pas ce chiffre. Les oeufs trouvés avaient atteint 
différents stades de développement, ce qui porte M. le pro- 
fesseur Ganine à supposer qu'il n'avaient pas été déposés 
par la femelle en une seule fois, mais à plusieurs reprises. 
Dans les larves de cécidomyes, les oeufs se rencontraient 
dans les brides du corps adipeux, à l'intérieur du ganglion 
nerveux céphalique et dans l'estomac. M. Ganine a trouvé 
également dans une seule et même larve de cécidomye des 
oeufs à des stades plus avancés de développement, tant 
embryonnaire que postembryonnaire. Mais, somme toute, d'une 
seule et même larve de cécidomye, il ne sort jamais qu'un 
seul exemplaire de Platygaster. M. Ganine n'a pas déter- 
miné l'espèce du Platygaster issu des larves, mais il a émis 
la supposition que. dans un seul et même sujet de céci- 
domye, on pouvait trouver déposés les oeufs de trois espè- 
ces diverses de Platygaster, différant tant par la grandeur 
des oeufs, que par la forme des larves qui en sortaient. 

Ainsi que moi, M. X. K. Zenger'^'^') a trouvé des Plat}'- 
gaster dans des larves de cécidomye, vivant dans les bords 
enroulés des feuilles de chêne. En outre, M. le professeur 
Riley***) a reçu un Platygaster Herrikii Pack, issu de lar- 
ves de Cécidomya destructor Say d'Amérique. Enfin, selon 
les indications de M. K. Lindemann '^'■''*'''), on rencontre en 



*) Ganin. Zeitschrift fiir wissenschaft. Zoolog. t XIX, 1869 r. cxp. 3iSl. 
**j Senrep-b HsBt.CTiji Ilwnep. 06n;ecTBa Jlioô. EcTCCTn. An-rpon. 9THorpa*. 
T. LU Bbin. 2-2: CTp 158. 

***J Riley. On the parasites of the Hessian fly. In Proc. U. S. Nat. Miiscimi. 
vol. 8. ^ '27. ises, CTp. 413. 

****j K. LimJemanu. linllet. de la Soc Impér. des Natur. de Moscou. 
^m) r. .\^ 4, CTp. 388 n .M- l-ft 1887 r. CTp. 178—192. 



J 



— 257 — 

Russie, dans ces mêmes larves de moucheS;, le Platygaster 
minutus Lind. (jusqu'à 11 exemplaires dans une seule larve) 
et le Platygaster sp. En outre M. Lindemann a reçu ce 
même Platygaster sp. issu de larves de Lasioptera Cœ- 
realis. 

Pendant les automnes de 1890 et de 1891, j'ai trouvé 
des oeufs de Platygaster dans le corps adipeux du cynips^ 
de sorte que mes observations démontrent que le genre Pla- 
tygaster est un parasite vivant non seulement dans les lar- 
ves des Diptères, mais encore dans celles des Hyménoptères 
et qu'il est, par canséquent, omnivore. 

J'ai eu l'occasion d'observer les premiers stades de seg- 
mentation sur des oeufs de Plat3^gaster déposés dans le ca- 
nal instestinal de la cécidomye. L'oeuf de Platygaster qui 
vient d'être déposé a la forme d'une cellule ovale gigantes- 
que avec noyau bien marqué. Sa longueur est de 0,019 m, 
et son diamètre de 0,007 m. A l'extérieur, il est recouvert 
d'un enveloppe tendre très fine. Vu sa grandeur insignifi- 
ante, il est difiicile de préciser le caractère de cette enve- 
loppe. Le contenu de l'oeuf se compose d'une masse uni- 
forme^, claire, granuleuse et plasmatique; les globules vitel- 
lins, si caractéristiques pour les oeufs des autres insectes,, 
font défaut dans le cas présent. Au centre de l'oeuf se 
trouve un noyau de couleur brillante, plus on moins arrondi. 
Placé dans le canal intestinal, l'oeuf jouit d'un mouvement 
amoeboïde. Au fur et à mesure que l'oeuf continue à se dé- 
velopper, on remarque qu'il augmente de presque du double, 
et que son contenu plasmatique uniforme se partage en deux 
couches: une couche inférieure, plus ou moins compacte et 
granuleuse, adhérente à l'enveloppe de l'oeuf, et une couche 
intérieure, claire et liquide, entourant le noyau. Dès que 
cette couche commence a se former autour de l'oeuf, le noyau 
augmente de volume, prend une forme plus ou moins ovale 
et laisse déjà apercevoir les filaments de chromatine. Kn 
examinant les stades suivants du développement du noyau, 
il m'est arrivé d'apercevoir, à la place oii il n'y en avait 

17 



— 258 — 

auparavant (iifun t>eul. deux frat'tioiim'nu'iits du i;rand noyau 
primitif. Ces noyaux nouveaux ont une forme arrondie, plus 
on moins nette quand on les colore au carmin. Aux stades 
suivants du dévelloppcmcnt des oeufs, au lieu de deux noyaux, 
j'en ai trouvé ([uatre. Iniit etc. Dans ce dernier cas ils 
avaient la même forme que les premiers et se trouvaient 
plus rapporcliés de la périphérie de Toeuf. Dans tous ces 
cas, je n'ai pas eu une seule fois roccasion d'observer 
la multiplication des oeufs par voie endogène, ainsi que le 
dit ]M. (lanine relativement à la forme de Platygaster qu'il 
a étudiée; au contraire sur ({ueliiues préparations, on voit 
clairement la multiplication des noyaux par voie de fraction- 
nement. A ce moment, la différence (jui existait entre la 
couche coihpacte extérieure du plasme de l'oeuf et la couche 
claire intérieure tend plus ou moins à disparaître. Le déve- 
loppement ultérieur de la forme de Platygaster instricator 
étudiée par moi, consiste en ce que les noyaux se multi- 
plient en grand nombre et atteignent la périphérie de l'oeuf. 
(^)uant à la question de savoir s'il faut regarder les produits 
de ce fractionnement comme des ,, corpuscules internes", des 
noyaux ou enfin de véritables cellules, il me semble que la 
manière de voir qui se rapproche le plus ici de la vérité 
est celle de M. le profosseur Kliolodkovsky *), qui considère 
les oeuf ou fractionnés des insectes comme une syncitium com- 
posé d'autant de cellules qu'il contient de noyaux. Pourtant 
les produits du fractionnement doivent être regardés comme 
des cellules qui ne se sont pas encore dissociées. Les oeufs 
de Platygaster, privés de vitellus, plus que les oeufs de 
n'importe quel autre insecte, se rapprochent avant leur 
fi'actionnement, du schéma de la cellule simple non spécia- 
lisée, puis pendant leur fractionnement peuvent à bon droit 
être désignés sons le nom de Syncitium. Ceci admis, on 
comprend que les ])roduits du fractionnement soient des 



•) XoJo;ïKOiiCKifi. rjMôj.ion. pusmiTie iipvccaKa ('Plivlladroraia ^c.vin-Auu-n). CnO, 
1891 r. 



— 259 — 

cellules. Disposé autour de la périphérie à une distance 
considérable l'une de l'autre, les cellules forment le blasto- 
derme de l'embryon. Je dois d'ailleurs faire remarquer que, 
dans les oeufs que j'ai trouvés dans des cynips (BïorJiùa 
terminaJ'is Fabr.), les cellules du blastoderme n'étaient pas 
toujours disposées sur la périphérie même de l'oeuf, mais 
qu'il leur arrivait quelquefois de se trouver à une certaine 
profondeur à l'intérieur du contenu plasmatique et d'être 
recouvertes extérieurement par cette couche. Il est peut-être 
possible d'expliquer cette disposition du blastoderme par le 
fait que les oeufs qui se trouvent dans le cynips reçoivent 
des aliments plus nutritifs que ceux qui vivent dans les 
larves de cécidomye et que l'alimentation du cynips, et par 
suite celle des oeufs du platygaster, dépend moins du hasard 
que celle de la cécidomye. Les oeufs qui possèdent un sem- 
blable blastoderme se développent entièrement de la même 
manière que ceux dont le blastoderme est normal. Dans la 
formation du blastoderme, les cellules de segmentation, comme 
le montrent les coupes transversales, atteignent la périphérie 
de l'oeuf sur tous les points de ce dernier simultanément, 
de sorte qu'il n'existe pas, dans le cas présent, de différen- 
ces caractéristiques dans la formation du blastoderme à 
l'extrémité antérieure et postérieure, ainsi que cela a été 
constaté pour les autres insectes par M-rs. Kovalevsky, 
Graber et Ch )lodkovsky. Les cellules parvenues sur la pé- 
riphérie de l'oeuf pour former le blastoderme continuent à 
se diviser, comme l'indiquent la présence de figures caryo- 
kinétiques et aussi le fait que les noyaux de fractionnement 
sont beaucoup plus grands que les noyaux des cellules blas- 
toderraiques. Les cellules du blastoderme se disposent en 
forme de couche annulaire fermée sur toute la périphérie de 
l'oeuf. Aussitôt que le blastoderme s'est fixé, on voit com- 
mencer la formation de la bandelette primitive, c'est à dire 
de la région où a lieu la dissociation des deux couches 
embryonnaires fondamentales du futur insecte. L'allongement 
des cellules et du blastoderme, pour former la bandelette 



— 2G0 — 

embryonnaire observée chez quelques insectes (par M. Tikho- 
mirov chez Bombyx mari), *) n'existe pas chez le Platygaster. 
Dans le cas présent, le blastoderme apparaît d'abord sous 
forme d'anneau fermé avec une seule couclie de cellules^ 
puis, sur la surface abdominale de Tembryon, les cellules 
du blastoderme prennent une forme de plus en plus cylin- 
drique, se rapprochent étroitement Tune de l'autre et, comme 
le montrent dans leurs noyaux les figures caryokcinétiques 
se divisent activement. C'est cette région que l'on peut 
considérer comme la liandelette embryonnaire du Platygaster. 
La zone embryonnaire apparait sous la forme d'une bande- 
lette étroite qui devient de plus en plus large et finit par 
occuper la moitié de la circonférence de l'embi-yon. Comme 
résultat de la segmentation des cellules de la zone embry- 
annaire. on voit clairement que Ton peut parfois distinguer, 
dans la zone embryonnaire, deux et même trois couches de 
cellules fortement adliérentes ou appliquées l'une centre 
l'autre. Cependant le reste du blastoderme se trouve être 
composé de cellules irrégulières, éloignées l'une de l'autre 
et mai limitées. La multiplication des cellules de la zone 
embryonnaire se produit d'une manière égale sur toute son 
étendue. La zone embryonnaire demeure pendant tout ce 
temps plate ou faiblement convexe; il n'existe pas chez le 
Platygaster d'invagination homologue au sillon primitif des 
autres insectes. Les cellules qui se multiplient avec le plus 
d'énergie sont celles du centre de la zone embryonnaire, et 
celles qui ont le moins d'activité sous ce rapport, sont celles 
des extrémités: aussi sur les coupes transversales, la couche 
interne provenant de la zone embryonnaire est- elle plus 
épaisse au milieu que sur les cotés. Les cellules qui se sont 
séparées de celles de la zone embryonnaire passent dans 
l'intérieur de l'oeuf, oii elles continuent a se fractionner. 
Du reste, les cellules de la couche interne se séparent non 
seulement de celles de la zone embryonnaire, mais les cel- 



*) H.iBUcTi lÎMiiep. (h'm,. .liori. EcTccTP. T. 32, Bbiii. 4, 1882 r. 



— 261 — 

îules séparées du blastoderme de la surface dorsale peuvent 
«gaiement se fractionner et donner naissance à une couche 
interne de cellules. Enfin, sur toute l'étendue de l'embryon, 
il se forme une zone interne composée, à la surface abdo- 
minale, de trois on quatre couches de cellules, et à la 
surface abdominale, de trois on quatre couches. Par consé- 
quent, par suite de fractionnement des cellules du blasto- 
<lerme, on voit apparaître simultanément l'endoderme et le 
mésoderme. En même temps que le blastoderme se forme, 
une partie des cellules de fractionnement se dégage de l'oeuf 
et se dispose autour de lui sous forme d'enveloppe. Ces 
cellules externes forment l'enveloppe à une seule couche 
(amnion) de l'oeuf. Au début de leur formation les cellules 
de r amnion ne se séparent pas d'une manière bien tranchée 
Tune de l'autre et se composent d'un plasme granuleux et 
d'un noyau ovale. Entre le blastoderme déjà formé et 
l'amnion qui l'environne, il existe toujours un espace rempli 
par une masse granuleuse d'albumine. 

Après avoir étudié la marche du fractionnement, la forma- 
tion des couches et des enveloppes embryonnaires chez le 
Flatygasfer instricator, il est très intéressant de comparer 
<îes données avec ce que l'on sait des autres insectes rela- 
tivement à cette question. On comprend aisément que les 
formes qui se rapprochent le plus, par les conditions de leur 
développement, de celle que j'ai étudiée, sont les formes pa- 
rasites d'hyménoptères. Malheureusement ceux-ci ont été fort 
peu étudiés, et les données que l'on possède sur leur em- 
bryologie sont loin d'être suffisantes pour permettre la com- 
paraison. 

La forme qui se rapproche le plus du Platygaster instri- 
cator que j'ai étudié est le PJafygastcr sp. étudié par M. le 
proifesseur Ganine*). Ce savant a observé les oeufs de Pla- 
tygaster dans le stade de chrysalide, de femelle adulte de 
deux ou trois jours, et enfin, il les a étudiés au moment 

*) L. c. 



I 



— 262 — 

011 ils venaient d'être déposés dans la larve de la cécidomye. 
M. (îanine a trouvé des oeufs de forme ovule allongée, se 
tenuinant à une de leurs extrémités par une tige fine et 
longue. Suivant ses observations, l'enveloppe qui entoure 
l'oeuf possède une certaine élasticité (jui permet à ce dernier, 
pendant que Tembryon se dévt loppe en lui, d'augmenter son 
volume de dix à quinzo fois de ce qu'il était au début. L'oeuf 
même se compose d'un plasme formateur qui se prolonge 
jusque dans la tige: dans sa partie centrale il arrive de 
rencontrer de petits globules. Les oeufs les plus précoces 
trouvés par M. Ganine dans la larve de la cécidomye se 
distinguaient en ce qu'ils augmentaient de volume et qu'à 
leur intérieur on apercevait la cellule centrale, tandis que 
sur leur tige on pouvait remarquer des articulations (voir 
Ganine, PI. XXX, fig 5). Le stade suivant observé par 
yi. Ganine est caractérisé par ce fait, que l'on remarque 
déjà dans l'oeuf trois cellules, dont l'une est située au centre, 
et les deux autres dans les deux zones opposées de l'oeuf 
(PI. XXX, fig. 6). M. Ganine considère ces cellules comme 
produites par suite du fractionnement de celle du centre. 
Suivant M. Ganine, à mesure que l'embryon continue à se 
développer, la cellule centrale donne naissance au germe 
embryonnaire du corps du Platygaster et la multiplication 
de deux cellules |iolaires donne naissance à l'enveloppe em- 
bryonnaire (amnion), la multiplication de la cellule centrale 
se ])roduisant par voie endogène, tandis que les cellules po- 
laires se multiplient par fractionnement. La multiplication 
endogène de la cellule centrale a pour résultat tinal l'exis- 
tence à l'intérieur de cette dernière d'un petit amas de 12 
à 15 cellules filiales rondes et transparentes, situées dans 
la masse liquide provcîiiant de la dissolution du protoplasme 
de la cellule centrale. Pendant son fractionnement, l'oeuf 
augmente considérablement en volume, et ses transformations 
consécutives ont lieu désormais dans le petit amas central 
de cellules, provenant de la cellule centrale primitive; la 
zone périphérique de ces cellules se sépare sous forme de 



— 263 — 

couche spéciale, composée de cellules cylindriques revêtant 
les cellules centrales du germe. M. Ganine désigne la zone 
périphérique des cellules dissociées, sous le nom de blasto- 
derme, et les cellules centrales, sous celui d'endoderme. 

Si nous comparons les résultats obtenus par M. Ganine 
et ceux obtenus par moi, nous verrons que la différence 
consiste: V dans la forme même de l'oeuf; les oeufs étudiés 
par M. Ganine étant munis d'une tige, tandis que ceux que 
j'ai -observés n'en possédaient pas; 2° dans la question de 
la segmentation et de la formation de la zone embryonnaire. 
Suivant M. Ganine, dès le début de la segmentation du noyau 
de l'oeuf, une partie sert à former le blastoderme de l'em- 
bryon, et l'autre donne naissance à l'enveloppe embryonnaire 
(amnion), la première agissant par voie endogène. Selon mes 
propres observations, la multiplication du noyau del'oeuf a 
lieu ordinairement par segmentation, et l'enveloppe embryon- 
naire (amnion) se forme au moyen des cellules de fraction- 
nement en même temps que le blastoderme de l'embrjon. 
Une semblable différence entre les données de M, le profes- 
seur Ganine et les miennes ne peut s'expliquer que par ce 
fait que nous avons eu à faire à diverses espèces de Pla- 
tygaster. C'est ce que démontrent en outre tant la différence 
observée par M. Ganine et par moi sur l'endroit où se trouvent 
les oeufs de Platygaster, que la différence de leurs formes. 

Outre le travail de M. Ganine que j'ai cité plus haut, 
il existe encore une petite notice de moi^), consacrée 
à la question du développement du Platygaster. J'émettais 
alors l'hypothèse que les cellules composant, selon M. Ga- 
nine, l'enveloppe embryonnaire, amnion, peuvent être con- 
sidérées comme des oeufs séparés de Platygaster. Je ba- 
sais cette supposition sur le fait qu'il m'était arrivé d'aper- 
cevoir dans une seule enveloppe trois oeufs au stade de 
fractionnement, et qu'avant le début du fi-actionnement, 
il n'y a pas de différence bien tranchée entre les cel- 

1) /]|HeBHHKï> Soo.ior. ('ta. Oûm. JioGht. Ectcctb., i!i>iri. II, 1890 r. 



— 264 — 

Iules i|ui subissoiit oiisuitc le processus de fractionnement 
ot sont par conséquent des oeufs, et celles que M. Ganine 
regarde comme la première manifestation de Tamnion. J'en 
ai conclu que le Platygaster dépose ses oeufs non pas iso- 
lément, mais dans des cocons. 

Les derniers travaux ont montré que. dans le cas dont 
il s'agit, j'avais aftaire à une forme anormale de Platygaster, 
c'est à dire que dans l'oeuf d'un individu avaient été dé- 
posés plusieurs oeufs d'une autre espèce, oeufs qui avaient 
continué à se développer. In cas semblable avait été aussi 
observé par le professeur Ganine. D'autres genres de la 
famille Pteromalinae, par l'histoire du développement, les plus 
proches de la forme que j'ai observée, sont les espèces du 
genre Teleas, étudiées par Metschnikov ^) et par Avers ^). 
Metschnikov a étudié les espèces du genre ïeleas, qui met- 
tent leurs oeufs dans ceux du Gerris lacustris vivant dans 
les feuilles de la plante aquatique Polygonum amphibium, et 
Ayers s'est occupé des espèces de Teleas, qui déposent leurs 
oeufs dans ceux de l'Oecantlms niveus. Malheureusement 
M. Metschnikov et M. A. Ayers donnent une description 
bien incomplète des processus qu'il leur a été donné d'ob- 
server dans les oeufs ci -dessus indiqués. Néanmoins, en 
s'appuyant sur leurs indications, on peut voir que la ressem- 
blance dans le développement du Platygaster et du Teleas 
consiste dans les points suivants: 1) Les oeufs des espèces 
de Teleas, ci-dessus nommées, de même que ceux des Platy- 
gaster, sont privés dn vitellus jaune nutritif. 2) Comme ré- 
sultat de la segmentation apparaît un embryon sphérique, 
composé de cellules qui ne sont disposées qu'à la périphérie, 
ce qui fait remarciuer ])ar conséquent l'absence des cellules, 
appelées cellules vitellines nutritives jaunes. 3) La formation 
des couches intérieures précède celle de la bandelette pri- 
mitive. Les couches intérieures se forment par suite de la 



2) Av<;rs. Mem. of tlie Bost. Soc of. nat. liist. vol. III, 18H4, p. 225. 
3j MeHuuKooz. Zeit. f. Wiss. Zoolo^--. Bd. XVI 1H66 r., CTp. 479. 



— 265 — 

segmentation des cellules du blactoderme. Quant aux enve- 
loppes de Tembryon, M. Metschnikov décrit dans les espèces 
étudiées par lui un amnion formé de cellules et enveloppant 
l'embryon sur toute la surface, sans parler de son origine. 
Dans l'espèce étudiée par Ayers, ces enveloppes manquent 
complètement. On connaît encore moins le développement 
d'une des espèces de Pteromalinae qui dépose ses oeufs dans 
ceux de la Chrysomela fastuosa, celui du genre Polynema 
qui dépose les siens dans ceux de l'Agrion virgo et du Me- 
sochorus splendidulus, qui vit en parasite dans les larves 
de Nematus Vallisnerii. 

Les premières découvertes sur le développement de la 
Pteromalina sp. ont été faites par Mr Wagner*) et l'histoire 
du développement du Polynème fut observée par le Mr 
Ganine **); enfin il m'a été donné d'éclaircir quelques points 
sur le développement du Mesochorus. Les oeufs de toutes 
ces formes que nous venons d'indiquer, contrairement à ceux 
du Polygaster, contiennent une petite quantité de vitellus 
jaune granulé. Le blastoderme est formé par les cellules de 
la segmentation comme chez le Platygaster, en outre chez 
la Pteromalina sp., la ressemblance avec le Platygaster se 
manifeste aussi dans la formation de la bandelette primitive, 
Les enveloppes de l'embrj^on chez la Pteromalina sp. n'exis- 
tent pas, tandis que chez la Polynema et le Mesochorus, 
elles ont l'aspect d'un sac qui entoure l'embryon sans y 
être attaché. î^nfin, d'après les observations de Bugnion'"**), il 
faut mettre à part le développement de l'Encyrtus fusci- 
collis. C'est dans les larves de la teigne (Hyponomeuta 
cognatella) que se rencontrent les embrj-ons de cette espèce, 
plusieurs embryons étant enveloppés dans le même tube; 
€e dernier est formé d'une, cuticule à l'extérieur et de 



*) H. Bainepi. Tpy^M nepearo c'bf,3j[a PyccKHxt Ectcctb. CIIB. 1868 r. 
•CTp. 11 (ceKi^ifl soojioriH). 
**) Gatrin. 1. c. 
***) /^HeBHHK-b 3ooJior. Orn-kji. 06m. JIioô. Ect. bbih. 5 1891 r. 
****) Jîecueil Zoologie suisse. 1890 r. t. Y, X» 3. 



— 266 — 

cellules épithéliales à riiitéreur. Dans le tube se trouve la 
matière nutritive pour les embryons. D'après la supposition 
de l'auteur, le tube dont nous venons de parler provient 
de la réunion des enveloppes embryonnaires des différents 
individus. ^Malheureusement les dessins donnés par l'auteur 
ue nous permettent pas de nous ranger à son opinion; ils 
nous font plutôt supposer ([ue ce tube n'appartient pas aux 
embryons du parasite et n'est que la jeune couche adipeuse 
de leur hôte. 

D'après tout ce que nous venons de dire du développe- 
ment des parasites, nous voyons que les principales parti- 
cularités de leur développement consistent dans les points 
suivants: 1" les oeufs des parasites hyménoptères sont pri- 
vés de vitellus jaune nutritif ou n'en contiennent que de 
faibles traces; 2" au développement du blastoderme con- 
courent tous les produits de la segmentation et la multi- 
plication de ces produits, d'après Ganine, se fait par la 
voie entogénique; le blastoderme se développe sur tout 
l'embryon simultanément; les cellules du vitellus jaune nutri- 
tif manquent complètement; 3" la bandelette primitive ne 
présente pas d'enfoncement, ayant la forme d'un canal et 
est indiquée par une rangée de cellules rapprochées et 
épaissies; 4^ les cellules de la couche intérieure proviennent 
de la segmentation du blastoderme: leur formation ne se 
limite pas à la place où se trouve la bandelete primitive 
et peut provenir de tout le blastoderme; 5° les enveloppes 
embryonnaires n'existent pas du tout ou apparaissent sous 
l'aspect d'un amnion. Cet amnion se forme du premier pro- 
duit de la segmentation par voie de division ultérieure (Pla- 
tygaster d'après Ganine), ou de cellules du blastoderme qui 
se sont séparées et sont arrivées à la périphérie de l'oeuf, 
ou bien enfin des cellules du blastoderme qui s'écartent 
sous la forme d'une couche entière. 

Maintenant se pose la question suivante: comment se dé- 
veloppent les insectes qui ont une vie indépendante et eii 
quoi leur développement diffère-t-il de celui des parasites? 



k 



— 267 — 

Dans le développement des insectes ayant une vie indé- 
pendante on peut distinguer les groupes suiva ts: 1) chez les 
uns, le commencement du développement des couches coïn- 
cide avec la première segmentation du noyau de l'oeuf en 
deux parties. L'une d'elles forme le blastoderme, l'autre 
l'endoderme (Fam. Cynipidae). 2) Chez les autres insectes 
une partie des produits de la segmentation du noj-au de 
l'oeuf, sortis à la périphérie de ce dernier, forment le blasto- 
derme, et les produits restés à l'intérieur forment l'endoderme 
et le raésoderme. Cependant le mésoderme peut aussi se 
former par suite de la segmentation des cellules du blasto- 
derme (Bombyx mori). 3) Dans ce dernier groupe, une 
partie des produits de la division du noj^au de l'oeuf forme 
le blastoderme, tandis que l'autre reste à l'intérieur de 
l'oeuf, ayant l'aspect de cellules du vitellus jaune nutritif. 
Chez quelques insectes cependant les cellules du vitellus 
nutritif peuvent faire défaut (Aphidae). Le blastoderme donne 
naissance à l'endoderme et au mésoderme. En outre le 
mésoderme et l'endoderme proviennent de la segmentation 
des cellules du blastoderme dans la partie même où se forme 
la bande primitive ou même se partagent plus ou moins 
toutes les celulles du blastoderme; enfin ils peuvent se for- 
mer par suite de V invagination à l'intérieur de l'oeuf des 
cellules du blastoderme (Apis). Chez quelques autres insectes 
avant la formation définitive du blastoderme, de ce dernier 
se détachent deux cellules qui donnent naissance aux orga- 
nes de reproduction (Chironomus). Eniin chez tous les in- 
sectes on remarque dans les oeufs le vitellus jaune nutritif, 
dont la couche extérieure s'appelle blastême; enfin avant la 
formation des couches se produit la bandelette primitive 
sur laquelle se trouvent des fossettes. 

Si nous comparons ce que nous venons de dire du déve- 
loppement des insectes à vie indépendante à ce que nous 
savons de celui des insectes parasites, nous voyons que la 
différence consiste dans les points suivants: 

1) Dans les oeufs des parasites, le vitellus jaune nutritif 



— 268 — 

fait absolument défaut ou tout au moins n'apparaît qu'en 
petite quantité sous la forme de vitellus jaune granulé. Chez 
les insectes à vie indépendante, cette formation du jaune 
constitue la caractéristique essentielle de l'oeuf. Cette diffé- 
rence est du reste bien facile à comprendre: l'embryon du 
parasite ([ui vit dans le tube intestinal de son hôte est en- 
touré d'une nourriture toujours prête, par conséquent il est 
naturel qu'il n'ait pas besoin de sa propre matière nutritive. 
D'autre part celui qui se développe dans le couche adipeuse 
de son hôte protite évidemment de la matière nutritive de 
ce dernier, mais en quantité moindre que le parasite qui 
vit dans le tube intestinal voilà pourquoi dans ces formes 
apparaît une petite ([uantité de vitellus nutritif. En outre 
l'existence du blastème dans les oeufs des insectes à vie 
indépendante est intimement liée à celle du vitellus jaune 
granulé, par conséquent à l'absence du vitellus nutritif chez 
les parasites correspond l'absence du blastème. Enfin dans 
le développement des parasites nous voyons une stade ty- 
pique de blastule. Il est vrai que ces derniers points ont 
été donnés comme s'appliquant aux insectes à vie indépen- 
dante, mais on a prouvé en même temps l'inexactitude de 
cette assertion. L'absence des cellules du vitellus nutritif 
dans les parasites nous explique la destination de ces der- 
niers. En effet certains embryologues déclarent qu'elles sont 
destinées exclusivement à la nutrition (ileider, Graber), les 
autres (Cholodkowsky) au contraire les regardent comme des 
éléments de formation. L'absense des cellules du vitellus 
jaune nutritif chez les insectes parasites, qui à l'état adulte 
ne diffèrent en rien des insectes à vie indépendante, nous 
porte à nous ranger à l'opinion de ces premiers. 

Enfin, comme l'a fait justement remarquer M. le pro- 
fesseur Cholodkovsky, les principaux désaccords dans la 
question de la formation des couches chez les insectes se 
réduisent à la question de la formation de l'endoderme soit 
par les produits primitifs du fractionnement, soit par voie 
de sectionnement des cellules du blastoderme. La difficulté 



__ 269 — 

que l'on éprouve à résoudre cette question provient de l'impos- 
sibilité où l'on est d'indiquer la différence qui existe entre 
la cellule primitive de fractionnement et la cellule qui s'est 
détachée du blastoderme. Chez les formes parasites, comme 
nous l'avons vu, il existe d'un côté un stade de blastule, 
tandis que d'un autre côté les cellules vitellines font défaut. 
Par conséquent on ne saurait douter que, cliez elles, le 
blastoderme doive être uniquement considéré comme le point 
de départ de la formation des autres couches. 

Une semblable différence dans la formation des couches 
chez les insectes nous oblige à considérer ces couches comme 
loin d'être homologues. En effet, si nous examinons l'ecto- 
derme des insectes, nous voyons qu'il est impossible de 
considérer comme homologues l'ectoderme qui donne naissance 
aux produits sexuels et celui dans lequel les produits sexuels 
ont une autre provenance. Tout différents sont également 
chez les insectes l'endoderme produit par voie de section- 
nement des cellules du blastoderme et celui qui est formé 
par les cellules primitives de segmentation. Enfin il y a 
encore une distinction à faire entre les couches des insectes 
qui possèdent un parablaste et les couches de ceux qui en 
sont privés etc. D'ailleurs on comprend très bien que, chez 
les insectes, de même que chez les autres animaux, les 
couches ne soient pas homologues. Les oeufs des animaux 
sont des matières plastiques qui cèdent facilement à l'influ- 
ence de différents facteurs, aussi leur développement ne 
saurait guère avoir une importance philogénétique. C'est ce 
que prouve d'un côté la foule de monstruosités qui peuvent 
se produire artificiellement, lorsque les oeufs sont aidés 
dans leur développement par des expérimentateurs, d'un 
autre côté, la considération suivante que les Mefazoa les 
plus simples, comme on le sait, se multiplient jusqu'à présent 
principalement par sectionnement (hydroïdes, spongiaires). 
A mesure qu'augmente la différenciation des organismes, la 
faculté de se sectionner s'affaiblit et finit par disparaître 
entièrement. Chez les organismes ainsi spécialisés, pour 



k 



— 2 70 — 

soutenir l'espèce appaniisï;eiit les cellules sexuelles munies 
de toutes les particularités (jui appartenaient auparavant 
à toutes les cellules de l'organisme. S'il en est ainsi, si 
les cellules sexuelles se sont spécialisées alors ([ue les Metazoa 
existaient déj<à, il me semble que leur développement doit 
quelque peu différer et se produire dans d'autres conditions 
que celui des Metazoa. les plus simples parmi les Protozoa, et 
que les cellules sexuelles chez les Metazoa les plus simples 
ont du se produire à différentes époques et dans d'autres 
conditions. Autrement dit, nous voyons 1) que le dévelop- 
pement des oeufs phénomènes arrive beaucoup plus tard dans 
le règne animal, ne peut donner d'indications suffisantes 
sur les facultés de développement de Metazoa issus des 
Protozoa; 2) qu'il y a, on le comprend, absence d'homologie 
dans la formation des couches dans le règne animal. 

Une question également très intéressante i.st celle de la 
comparaison des enveloppes embryonnaires des insectes para- 
sites avec celles des formes vivant d'une manière indépen- 
dante. Chez les formes parasites, les enveloppes embryon- 
naires font complètement défaut ou s'accusent par la for- 
mation de cellules séparées du blastoderme, ou enfin par 
le rejet de la couche supérieure de l'hypoderme. 11 me semble 
que cette structure des enveloppes embryonnaires rend plus 
ou moins possible la solution de la question de l'importance 
de ces enveloppes pour les insectes en général. 

Voici les h^'pothèses qui ont été émises jusqu'à présent 
au sujet de l'importance de l'enveloppe embryonnaire des 
insectes. M. Mayer *) considère la formation des enveloppes 
embryonnaires comme une sorte de mue de l'embryon. Selon 
lui, on doit voir dans ces enveloppes embryonnaires recto- 
derme de toute une suite de stades précédant celui que 
représente la zone embryonnaire; c'est également l'avis de 
M. Balfour. M-rs Emery **) et Tikhomirov ***) pensent 

') J.-n. Zcit. X 187(;. 
") Biolo;,'. Ccntralbl. B. V. imi . 



— 271 — 

qu'il est possible de trouver de riiomologie entre T enveloppe 
embryonnaire des insectes et la cuirasse des crustacés. 
M. Kennel *) regarde l'enveloppe des insectes comme un 
rudiment de trochophore; enfin M. Will **), partant de la 
comparaison de la zone embryonnaire des insectes avec celle 
des M}Tiapodes, considère l'amnion comme homologue à la 
moitié postérieure de la zone embryonnaire des insectes. 
M. le professeur Kholodkovsky s'est chargé de critiquer 
ces diverses hj^^othèses. Les données les plus récentes de 
Tanatomie comparée et de l'embryologie s'opposent à ce que 
l'on considère les insectes comme procédant des crustacés. 
Par conséquent l'hypothèse de M-rs Tikhomirov et Emery, 
qui s'appuie sur le lien génétique de ces deux classes, n'a 
pas de raison d'être. L'h3'pothèse de M. Will, selon M. 
Cholodkovsky ***), ne saurait non plus s'appliquer aux insectes 
chez lesquels domine le pli céphalique de l'amnion, secondaire, 
selon M. Will, si on le compare avec celui de queue. 
D'ailleurs la supposition, que les plis de tête et de queue de 
l'amnion, tout à fait identiques par leur mode de forma- 
tion, peuvent avoir une origine différente, est au plus haut 
point forcée et improbable. L'hypothèse de M. Maj^er est 
contredite par ce fait que, chez la ]\[elo]onfha, l'amnion se 
forme non seulement de l'ectoderme, mais encore du méso- 
derme. Enfin l'hypothèse de M. Kennel paraît à M. le 
professeur Cholodkovsky la seule contre laquelle on ne 
puisse faire d'objections sérieuses. 

Tout en convenant avec M. Cholodkovsky que les h}i)o- 
thèses de M-rs Mayer, Tikhomirov, Emery et Will ont 
des côtés faibles, je ne puis non plus accorder que l'hypo- 
thèse de Mr Kennel soit complètement irréprochable. Cette 
hypothèse est fondée non sur l'observation directe du dévelop- 
pement des Annéihles issus du trochophore, mais sur la 
comparaison de leur développement avec celui des Némer- 



*) Ali), a. (1. zool. zoot. lust. in Wurzh. Ji. s. 1888. 
**) Zool. Jalirb. Morph. Abth. B. LU. 1888. 
*^') l.c. 



— 272 — 

fines et des Eih in ode mies issus de leurs larves. D'un autre 
côté, il n'existe pas de données suffisantes permettant de 
considérer leTrochophore comme une larve d'où la forme adulte 
sort par voie de bourgeonnement. Les observations de M. 
Ilatsfhek sur le développement de TAnnélide le plus simple, 
Polygordius, parlent plutôt en faveur de la transformation 
directe de la larve en forme adulte, 11 me semble ([ut^ l'exis- 
tence des enveloppes embrj'onnaires chez les insectes peut 
être expliquée à un autre point de vue. Avant tout, si nous 
faisons attention à ces classes du règne animal qui possè- 
dent des enveloppes embryonnaires, nous remarquons qu'il 
n'existe aucun rapport génétique entre elles. Par conséquent, 
si les enveloppes embryonnaires existent cliez certaines clas- 
ses d'animaux, il faut les considérer non pas comme des 
signes philogénétiques, mais plutôt comme le résultat de fac- 
teurs agissant de la même manière dans une certaine di- 
rection. Actuellement, ces facteurs peuvent être indiqués en 
partie. En réalité on ne saurait considérer l'oeuf de l'animal 
comme un élément formé, bien défini et bien spécialisé. Pen- 
dant leur développement les oeufs s'alimentent fortement, et il 
s'y produit un énergique échange de substances. Dans ces con- 
ditions, il arrive très souvent que la quantité de matière nu- 
tritive, de même que les premiers éléments de développement 
de l'oeuf, s'y amassent plus qu'il n'est nécessaire pour le 
développement de l'embryon. 

Ces matières superflues sont ensuite excrétées, soit avant 
le début du fractionnement des oeufs (corpuscules directs), 
soit plus tard, quand le processus de fractionnement a lieu, 
(telles sont, par exemple, les cellules amoéboïdes des Myria- 
podes (Metschnicov), les Trophoblastes des mammifères, (Hu- 
brecht etc). 11 me paraît que c'est à ce point de vue ({ue 
l'on doit se placer pour examiner les enveloppes embryon- 
naires. Telles qu'elles sont, il est évident ([u'elles ne peu- 
vent être sérieusement déterminées de la même faron chez 
tous les animaux. Chez ceux, par exemple, dont les oeufs 
offrent une matière constante et bien déterminée, les enve- 



— 273 — 

loppes embryonnaires apparaissent sous forme de plis définis; 
chez les embryons de parasites, oîi la nutrition de l'oeuf se 
rattache à l'alimentation de l'hôte, les enveloppes embryon- 
naires se développent toujours faiblement, comme nous l'avons 
vu plus haut. D'un autre côté, si nous portons notre attention 
sur les classes d'animaux qui ont des enveloppes embryon- 
naires, nous voyons que chez les uns les oeufs se développent à 
l'intérieur de l'organisme de la mère (Mammifères, Peripa- 
tus) et ont par conséquent une quantité suffisante et con- 
tinuelle de matière nutritive, chez les autres, qui ont un em- 
bryon très petit par rapport aux premiers, se trouve une 
grande quantité de matière nutritive (oiseaux, reptiles) et 
enfin que, chez les troisièmes, bien que les oeufs possèdent 
peu de vitellus, ce dernier passe tout entier au développe- 
ment de l'embryon, et que sa croissance ultérieure s'accom- 
plit au moyen de la nourriture trouvée par l'embryon (In- 
sectes). 

Chez le Platygaster, après la formation de l'ectoderme, 
du mésoderme et de l'endoderme, on remarque un cliange- 
ment d'aspect dans la forme extérieure de l'embryon; ce 
changement consiste dans les points suivants. L'embryon 
qui était auparavant sphérique, devient plus ou moins ovale 
à l'extrémité antérieure, s'allonge à l'extrémité postérieure 
et s'aplatit dans toute la longueur. L'ectoderme sur toute 
la surface de l'embryon se compose à ce moment de cellules 
cylindriques, en outre sur la surface abdominale apparaît un 
sillon transversal assez peu profond qui partage l'embryon 
en deux parties: la partie la plus grande est le céphalo- 
thorax, la plus petite l'abdomen. L'apparition de ce sillon 
s'explique par la décomposition du mésoderme donnant nais- 
sance aux parties ci-dessus nommées. La place où se trouve 
le sillon correspond à la limite des deux segments. A la 
surface dorsale, les cellules de l'ectoderme de la partie anté- 
rieure passent directement à la partie postérieure. Puis, fort 
probablement par la suite du développement inégal des par- 
ties antérieure et postérieure de l'embryon, se produit une 

18 



— 274 — 

iiitlexioii de cette dernière, de telle faeoii qu'elle vient tou- 
cher la surface ventrale et s'agrandit dans la direction 
de l'extrémité antérieure. Dans le développement ultérieur 
de l'enibryon, à cause de la ditîérenco de croissance, la par- 
tie antérieure nous apparaît plus grande ([uc la partie 
postérieure. En outre, à la partie antérieure, c'est à dire 
céplialique, commencent à apparaître une agglomération de 
cellules hypodermiques plus fines que sur les autres par- 
ties du corps; cette agglomération n'est que le commence- 
ment des appendices futurs de la larve. Ces appendices ap- 
paraissent dans Tordre suivant: avant tout une paire d'ap- 
pendices sur les faces latérales de l'extrémité antérieure de la 
partie céphalique — ce sont les futures antennes, en même temps 
apparaît une paire d'appendices au milieu du segment cé- 
phalique et enlin les appendices qui sont sur la limite des 
parties antérieure et postérieure. <j>uant à la partie abdomi- 
nale, à ce moment apparaissent à l'extrémité tout-à-fait 
postérieure, deux appendices très minces, rapprochés l'un de 
l'autre à la base. Entre les appendices, on remarque une 
invagination qui n'est autre chose que le renfoncement oval 
de l'ectoderme. Ce refoncement ovale de l'ectoderme se pro- 
longe vers l'extrémité antérieure du corps. Les stades sui- 
vants qu'il m'a été donné d'observer présentaient les mômes 
appendices que les stades précédents. En outre, sur la partie 
postérieure on remarque une rangée de segments visibles à 
la surface dorsale, de même qu'à la surface abdominale; à 
l'extrémité antérieure de la partie céphalitiue, en avant des 
antennes, on remarque un enfoncement de l'ectoderme qui doit 
former la bouche. Puis le bord antérieur de l'ouverture de la 
bouche s'épaissit et avec le temps joue le rôle de lèvre supérieure. 
La lèvre inférieure se forme d'une paire d'appendices tout- 
à-fait distincts qui limitent l'ouverture buccale du côté infé- 
rieur. Chez les individus qui ont l'ouverture de la bouche, 
ces appendices antérieurs prés(mtent des articles. Plus tard 
dans l'une des formes de Platygaster que je n'ai pu com- 
plètement d'écrire, n'ayant à ma disposition qu'une trop 



— 275 — 

petite quantité d'individus, sur les parties latérales de la 
bouche apparaissent encore deux paires d'appendices; la paire 
<le mandibules inférieures et la paire de mandibules supé- 
rieures. Le Platygaster intricator ne présente pas de sem- 
blables appendices. Les stades de développement ultérieurs 
qu'il m'a été donné d'observer présentaient une chitine bien 
distincte à la surface de l'embryon, de même que sur celle 
des appendices. La chitine du segment céphalique apparaît 
avant celle de la partie abdominale. Chaque appendice de ce 
dernier segment est à ce moment partagé en 2 parties; 
La chitine qui vient de se former se colore très bien en bleu 
sous l'action du chlore-zinc-iode, donnant par conséquent 
la réaction du tissu cellulaire. Enfin ou peut en ce moment, 
par des coupes transversales et longitudinales de l'embryon, 
observer la formation du système nerveux. Ce dernier appa- 
raît sous l'aspect d'un épaississement de l'ectoderme, ayant 
la forme d'un cordon traverse la surface ventrale Dans 
la partie abdominale, cet épaississement est à peine visible 
et fort probablement apparaît plus tard que la partie du 
céphalo-thorax. Le ganglion de la tête apparaît aussi comme 
un épaississement de l'ectoderme, situé devant l'ouverture 
de la bouche, mais plus près de la face dorsale. Chez les 
embryons du Platygaster, il n'y a pas de différence appré- 
ciable dans la formation primaire des ganglions et des 
commissures. Le système nerveux apparaît sous l'aspect 
d'un cordon uniforme qui n'est pas distinct des cellules 
ectodermiques de la peau et est beaucoup plus visible dans 
le céphalo-thorax que dans l'abdomen^ le canal nerveux 
fait défaut. Les glandes salivaires chez le Platygaster sont 
aussi formées par le renfoncement de l'ectoderme sur les 
côtés du tube intestinal. 

Quant aux transformations du mésodermeet de l'endoderme, 
pour le moment je ne puis indiquer que les points suivants: 
1) L'intestin moyen se forme des cellules de l'entoderme 
qui sont en contact avec les extrémités de l'intestin anté- 
rieur et de l'intestin postérieur. En outre, on ne peut rc- 

18- 



maninor de iliftercnce entre la partie postérieure et la partie 
antérieure de l'endoderme. 2) Les rudiments des appendices 
de la tète, du tlu^rax et du dernier anneau de l'abdomen, 
dès leur formation, sont intérieurement recouverts de cel- 
lules du mésoderme; il n'y a pas de cavités à l'intérieur 
des rudiments des appendices. Il en est de môme de la 
cavité dans l'intérieur des premiers somites mésodermiques 
elle est très peu développée. 3) Dans 1rs phases de déve- 
loppement ultérieures apparaît une différence entre les cel- 
lules du corps adipeux; les unes de dimensions plus gran- 
des- sont ])lus rapprochées de la, surfoce dorsale, les 
autres de dimensions moindres sont disposées à l'intérieur 
de tout le corps. Outre mes recherches sur le Platy- 
gaster, il m'a été donné d'étudier le développement des 
organes dans les embryons du Mycrogaster glomei'atus qui 
vivent en parasites dans les larves de IMeris brassicae. 
Laissant de côté la description complète des travaux que 
j'ai pu faire sur ce point, je veux seulement exposer le fait 
suivant. La larve du ]\Iycrogaster, comme vient encore de 
nous le montrer Ratzeboui'g, se compose de 14 segments 
dont le dernier apparaît sous la forme d'une vessie. Mes 
recherches sur l'histoire du développement de cette forme 
montrent que cette vessie située à la partie postérieure du 
corps n'est autre chose que l'extrémité de l'intestin, remontant 
k l'extérieur. Par suite (h) cette sortie de l'intestin postérieur, 
les vaisseaux de jVIalpighi s'ouvrent sur les côtés de l'ouverture 
ovale et n'ont aucun rapport avec le tube intestinal. Le dé- 
veloppement des organes chez les autres formes d'insectes 
parasitaires est encore très peu étudié. Les observations les 
plus complètes sont celles de Ganine sur le IMatjgaster sp., 
celles de Ayers et de Metschnikov sur le développement des 
espèces du genre Teleas et enfin celles de Wagner sur le dé- 
veloppement de la Pteromalinae sp. Toutes ces recherches 
concordent généralement avec ce que j'ai exposé sur le dé- 
veloppement du Platygaster inst. Mes travaux aboutissent 
aux points suivants: 1) chez tous les insectes parasites appa- 



2 V V 



raissent d'abord de grands segments au nombre de 2 — 4 (Ma- 
€rozonites); puis les segments postérieurs (1 — 2) se décomposent 
en petits segments (Microzonites). 2) Les appendices apparais- 
sent très peu développés et sont au nombre de 2 à 4 paires 3) Le 
système nerveux n'est pas divisé en ganglions et commissu- 
res et n'est pas distinct des cellules ectodermiques. Chez 
quelques formes de Platygaster sp., fort probablement, le 
système nerveux fait complètement défaut. 4) L'intestin moyen 
se forme de Tendoderme, Tintestin antérieur et l'intestin 
postérieur du renfoncement de Tectoderma. En outre, dans 
certaines espèces, la formation de l'intestin postérieur précède 
celle de l'intestin antérieur, dans d'autres c'est le contraire. 
5) Il faut mettre à part le développement de l'intestin pos- 
térieur chez le Microgaster. 

Si nous comparons le développement des insectes parasi- 
tes à celui des insectes à vie indépendante, nous voyons 
qu'en se développant les premiers restent pendant un temps 
assez long dans des phases, qui ne sont que de courte durée 
chez les insectes à vie indépendante, c'est ce que l'on peut 
remarquer dans la première segmentation ou dans le système 
nerveux des insectes parasites. Chez les insectes à vie in- 
dépendante, la première segmentation fait défaut, ou tout au 
moins ne dure que très peu de temps; chez les parasites au 
contraire apparaissent d'abord les grands segments, et ce n'est 
qu'ensuite que le segment postérieur se décompose en micro- 
zonites. D'autre part, le système nerveux chez les parasites 
reste longtemps à la même phase de développement, phase 
qui n'apparaît qu'au commencement chez les insectes à vie 
indépendante. 



NOTE 

sur l'origine et les parentés des Arthropodes, princpalement 
des Arthropodes trachéates, 

par Nicolas ZograT. ProT. à l'Univers, de Moscou. 

La question sur rorigine, la généalogie et les parentés 
des Artliropodes a souvent été discutée depuis de longues 
années. Déjà Réaumur'), Latreille^), Strauss Durcklieim ^) 
se sont occupés de cette question intéressante; sans doute, 
leur point de vue était tout- à-fait autre, que le point 
de vue de la zoologie contemporaine, et ces savants illustres 
comprenaient la parenté et l'origine d'une façon tout autr& 
que les savants d'aujourd'hui, mais la question n'en était 
pas moins grave et vivement discutée. 

Dans les dernières trente années, cette question a été 
discutée plus souvent et plus fructueusement, parce que, 
d'un côté, les moyens dont disposent maintenant les savants 
sont beaucoup plus solides que les moyens des savants des 
premiers dix lustres du siècle, d'un autre côté, nos idées 
sur la parenté, l'origine et la généalogie sont devenues beau- 
coup plus réelles que les idées des Latrêille ^), Strauss Diirck- 
heim''), Dugès^) ou, par exemple, de Robincau — Devoidy^), 
auteur d'ouvrages pleins d'hypothèses, aussi curieuses et 
spirituelles, que peu vraisemblables et peu claires. Après 
l'apparition du célèbre livre de Darwin: „Sur l'origine des 
genres et des espèces", et surtout après l'apparition de la 
., Morphologie générale" et de „ L'histoire naturelle de la 
création" de Haeckcîl, la tâche de trouver les ancêtres pré- 
tendus des Arthropodes est devenue un des problèmes les 
plus difficiles du Darwinisme, et c'est pourquoi peut-être cette 
question est devenue si populaire et si vivement discutée parmi 



— 279 — 

les représentants des sciences zoologiques, M-rs Brauer®), 
A.Dohnr ), E . Metsclmikov '), A. Kovalevsky'), B. Hatschek '°), 
Fritz Mtiller^^), A.Lang^-), Francis Balfonr'^), I. Lubbock '*), 
H. Moseley''), V. Graber'*^), S. Scudder'") Haase''), N. Nas- 
sonov et beaucoup d'autres ont pris part aux discussions 
de cette question ou collaboré, en rassemblant les faits im- 
portants concernant cette question ou quelques questions voi- 
sines et non moins graves pour la solution de ce problème. 
Mon travail sur l'embryogénie des Géophylus ferrugineus 
et Géophylus proximus, publié en 1883^"), avait aussi pour 
but l'étude du développement d'un groupe des Myriapodes, 
cette classe des Arthropodes dont la structure extérieure a 
beaucoup de ressemblance avec les groupes des Articulés 
inférieurs, par exemple avec les groupes des vers Annclés 
ou des Prototrachéates; dans ce travail, j'ai exposé quelques 
points de vue concernant la question de l'origine des Arthro- 
podes trachéates qui étaient le résultat des faits observés 
par moi et qui me semblaient neufs et originaux. Bientôt 
après l'apparition de ce travail ont paru deux ouvrages, qu'on 
peut regarder comme des oeuvres classiques de la zoologie 
moderne — ce sont les recherches du D-r Eisig ^^) sur les Ca- 
pitellides du golfe de Naples et celles du Prof. I. de Kennel 
sur le développement du Péripate de l'île Trinidad"). Les 
faits nouveaux publiés par ces deux auteurs éminents con- 
firment en partie ce que j'ai publié en 1883, en partie 
changent quelques uns de mes points de vue. En présentant 
au comité des Congrès mon rapport sur l'origine des Artln'o- 
podes, je me suis proposé de rassembler les idées princi- 
pales concernant cette question, de les comparer sous mon 
point de vue et de tâcher de les soumettre à une critique 
plus ou moins objective. C'était encore en Novembre 1891. 
En Janvier de l'année courante, j'ai reçu de la part de M-r le 
Prof. I. de Kennel son bel ouvrage „Sur la parenté des 
Arthropodes"^^), paru vers la fin de l'année passée. Cette 
belle étude a bien facilité ma tâche, parce que M-r de Kennel 
a soumis la question à une critique spirituelle et parfaite- 
ment objective, et maintenant je me borne à exposer quel- 



— 280 — 

ques faits, basés sur mes propres observations, qui confir- 
ment ou contredisent les idées de M-r de Kennel, et. je 
tàclierai de poser quelques questions résolues qui pourraient 
être résolues par M-rs les membres du Congrès ou par les 
recherches des auteurs futurs. Je commence par la question sur 
la possibilité d'affirmer que les parents les plus proches des 
Arthropodes se trouvent parmi les vers annelés. Cette idée a 
été exprimée plusieurs fois et depuis longtemps. Déjà Strauss 
Dûrckheim^). dans ses célèbres „ Considérations générales 
sur l'anatomie des animaux articulés", discute longuement et 
habilement cette question intéressante. Les dernières recher- 
ches ont plusieurs fois confirmé cette idée, néanmoins on 
trouvait ça et là des auteurs (jui voyaient dans les Arthro- 
podes des descendants d'une forme articulée primitive qui 
était peut-être une forme d'origine commune à tous les ani- 
maux articulés. 

Pour aftirmer ou pour nier la parenté plus rapprochée des 
Arthropodes et des vers annelés, on doit chercher, outre 
les faits concernant la morphologie générale de ces types, des 
faits plus ou moins précis sur quelques détails de la structure 
spéciale de ces animaux; seulement, ce n'est qu'en ayant des 
faits de cet ordre qu'on peut ftiire des conclusions plus ou 
moins satisfaisantes et plus ou moins solides. 

En étudiant l'embryogénie des Myriapodes, cette classe 
inférieure parmi les Arthropodes, en la comparant à l'embryo- 
génie des Prototrachéates, ainsi qu'à l'anatomie et à l'embryo- 
génie des vers annelés, nous pouvons trouver des faits qui 
prouvent la parenté des Arthropodes et des vers annelés. 

Voici ces faits. 

1". Le docteur Eisig a montré, dans sa monographie des 
Capitellides du golfe de Naples, que chaque segment de ces 
vers, ainsi que des autres vers annelés contient, outre les 
organes segmentaux excréteurs et les parapodies, des orga- 
nes segmentaires du caractère nerveux, attachés par des 
nerfs spéciaux aux ganglions ventraux des segments. Ces 
organes segmentaires existent aussi dans la tête et prennent, 
selon M-r Kisig, des dimensions assez grandes, ainsi (qu'une 



— 281 — 

structure un peu plus compliquée. Au lieu de présenter de 
petites tumeurs sur la face interne de Tépiderme, suivie de 
groupes de cellules gangliaires, ces organes de la tête ont 
la forme de sacs aux parois épaisses, suivis de ganglions 
spéciaux qui sont rejoints aux ganglions sus-oesophagéals. 

L'illustre morphologiste Anglais, Francis Balfour, a trouvé 
les traces de ces organes, ainsi que des ganglions spéciaux, 
dans la tête du Peripatus capensis ^ ^); ses observations ont 
été confirmées par M-r Gaffron ' ') et surtout parles recher- 
ches embryologiques du Prof. I. de Kennel qui, à son tour, 
a découvert les traces des organes sensitifs segmentaires chez 
les embryons des Peripates. 

On peut aussi voir assez facilement ces mêmes organes 
chez les embryons des Myriapodes. Les organes sensitifs de 
la tête apparaissent sous la forme de deux petits enfonce- 
ments qu'on peut observer déjà chez des embryons très jeu- 
nes, c'est à dire chez les embryons qui ont le corps divisé 
encore en trois ou quatre segments primaires et qui n'ont 
d'appendices articulés que sur la tête, sous la forme de deux 
verrues qui représentent les premiers commencements des 
antennes. Ces enfoncements se trouvent un peu en avant 
des verrues antennaires, à peu près à la base des derniers 
organes (fig. 1). On les remarque chez les embryons un peu 
plus adultes, par exemple chez les embryons qui ont le corps 
divisé en 5 — 10 segments, mais elles disparaissent totale- 
ment chez les embryons qui ont le corps divisé en 15 — 16 
segments distincts, et on ne les trouve chez ces embryons 
qu'en les disséquant. Si on prépare des séries non interrom- 
pues de coupes longitudinales ou transversales de la tête de 
l'embryon déjà assez développé, par exemple d'un embryon 
qui commence à se plier, on remarque dans le ganglion 
sus-oesophagéal, près de sa surface frontale, les restes d'une 
cavité à la même place où on remarquait les susdits enfon- 
cements (fig. 2). Si on prépare le cerveau d'un embryon en- 
core plus adulte, déjà prêt à quitter les enveloppes embry- 
onnaires, on remarque sur la surface inférieure (ventrale) du 
ganglion sus-oesophagéal, près de son bout frontal, les res- 



— 282 — 

tes de deux petites verrues, semblables aux verrues du gan- 
glion sus-oesophagéal du Poripatus et correspondant aux or- 
ganes sensitifs de la tête des vers annelés. 

Les ^Myriapodes ne sont pas les seuls représentants des 
Arthropodes qui ont conservé à l'état embryonnaire cet or- 
gane sensitif de la tête, si caractéristique pour les vers an- 
nelés. Nous trouvons les traces de ces organes chez les Ara- 
néides (Balfour"" et autres auteurs), chez les Scorpions 
Oletsclmikov ^"), chez les insectes lépidoptères (Hatschek ^"), 
même chez les écrevisses communes (Keiclienbach'^^), toujours 
sous la forme de deux petits enfoncements sur la plaque cé- 
phalique de l'embryon. On sait quelles peines cet organe 
embryonnaire a données aux embryologues qui se sont occu- 
pés de l'embryogénie des Artln-opodes; on sait quelles hy- 
potlièses ont été créées à propos de ces faits par M-rs Hat- 
schek '"), Tikhomirov^G), par moi-même, jusqu'à la décou- 
verte de M-r Eisig et jusqu'à la publication des recherches 
du prof, de Kennel. Maintenant la question est assez éclai- 
rée, et nous pouvons dire hardiment que: 

Les enfonccmenis cépludlques des embryons des Prototra- 
chéates, des Myriapodes, des Arachnides, des Insectes, ainsi 
que des Crustacés, sont des restes des organes des senS', 
identiques aux organes sensitifs de la tête des vers anne^ 
lés et commiDis aiix ancHres de ces animaux. 

Les restes des organes sensitifs segmentaires ne se trou^ 
vent pas aussi facilement que ceux des organes céphaliques. 
M. de Kennel les trouve bien conservés chez les embryons 
de Peripatus. Je pense pouvoir montrer leurs traces aussi 
chez les Myriapodes. 

Comme je l'ai montré dans ma monographie embryologi- 
que des Géophiles'"), le système nerveux des embryons de 
ces animaux reste longtemps à l'état primitif, c'est à dire 
en connexion directe avec l'ectoderme et l'épiderme de l'em- 
bryon dont il dérive. Si on examine les coupes longitudina- 
les et transversales des embryons, on trouve à la place qui 
sera occupée chez les animaux adultes par la chaîne ven- 
trale du système nerveux, l'ectoderme — encore non divisé 



— 283 — 

en système nerveux et système tégumentaire, — présentant une 
série de tumeurs doubles, correspondant aux deux moitiés 
des ganglions de la chaîne ventrale du futur animal définitif. 
Chaque paire de tumeurs correspond à un segment du corps 
de l'embryon, muni déjà d'appendices latéraux qui se déve- 
lopperont en pieds du Myriapode adulte. C'est près de la 
base de ces pieds embryonnaires qu'on remarque sur chaque 
côté du corps une tumeur de l'ectoderme; cette tumeur est at- 
tachée aux ganglions de la chaîne ventrale embryonnaire par 
un mince epaississement de l'ectoderme qu'on remarque chez 
les embryons assez avancés, mais pas encore plies en deux 
(fig. 3), Chez les embryons qui se sont déjà plies, on trouve 
les tameurs de l'ectoderme, même après le détachement de 
la chaîne ventrale des téguments de l'embryon, mais l'épais- 
si ssement qui les unit disparaît encore avant le pliement de 
l'embryon (fig. 4). La forme de ces tumeurs, leur place près 
de la base des appendices segmentaires, leur connexion avec 
les ganglions ventraux et leur ressemblance avec les organes 
sensitifs segmentaires des embryons des Peripatus, décrits par 
le prof, de Kennel, me persuadent que ces tumeurs embryon- 
naires sont les restes des organes sensitifs segmentaires des 
ancêtres des Myriapodes, ainsi que des autres Arthropodes 
trachéates. 

Nous ne trouvons pas encore d'indications certaines sur les 
traces de ces organes chez les embryons des autres Arthro- 
podes, mais je suis persuadé que les recherches futures sur 
l'embryologie des Arthropodes nous fourniront ces indica- 
tions, et c'est pourquoi je me décide à poser cette thèse: 
Les recherches futures sur rembryologie des Artkrojwdrs 
doivent avoir pour but, entre autres questions, la solution 
de la question de l'existence, chez les embryons des Arthro- 
podes, des restes d'organes sensitifs segmentai rei^. 

2^ Mr le prof. J. de Kennel nous a montré que chez 
les Prototrachéates le développment des organes segmentaux, 
ainsi que de la cavité du corps (cavité coelomière) suivent 
la même direction que le développement de ces organes 
chez les vers annelés. ^^) Mr le prof. Kholodkovsky, dans 



— 284 — 

son mémoire sur le développement embryonal des insectes 
Ortlioptères ^'). a trouvé que le développement de la cavité 
coeloniienne. sa division en parties, ses relations aux orga- 
nes du corps de l'embryon des (.)rtlioptères, sont très sem- 
blables aux mêmes faits observés chez l'embryon du Péripate 
par ^Ir le prof, de Kennel. Il n y a que les organes segmen- 
taux excréteurs qui manquent cliez les Orthoptères, pour 
que la ressemblance de leur développement embryonal avec 
le développement du Péripate soit presque totalement iden- 
tique. 

Mes recherches sur l'embryologie des Géophiles donnent 
des résultats presque identiques aux résultats du travail de 
]M-r Kholodkowsky en ce qui concerne le développement de 
la cavité coelomienne, et j'espère consacrer à cette question 
un article spécial; quant aux traces des organes segmentaux 
excréteurs ou nepliridies. je n'ai pas eu la chance de les 
trouver ainsi que M-r Kholodkowsky, excepté la première 
paire de ces organes, si importants pour la morphologie. 
Cette première paire est représentée chez les Myriapodes 
adultes par la première paire de glandes salivaires qui se 
trouvent, comme je l'ai montré dans ma monographie anato- 
mique du Lithobius forticatus ^^) sur les surfaces latérales 
des parois de la cavité buccale, non loin de l'orifice de la 
bouche. 

M-r le prof, de PCennel et le Dr. Sedgwick ont montré 
assez clairement que les glandes salivaires des Péripates 
adultes sont des dérivations des népiuidies du premier segment 
postoral qui a pour appendices les papilles orales; ces pa- 
pilles sont placées chez les embryons des Péripates exté- 
rieurement, à côté de l'enfoncement buccal qui se développe 
plus tard en une cavité buccale. A mesure que l'embryon 
s'accroît, l'enfoncement buccal devient de plus en plus 
profond; pendant cet accroissement de la cavité buccale, ses 
bords sont entraînés au dedans et deviennent des parois 
de cette cavité; les papilles buccales placées près des limites 
de l'enfoncement buccal, sont aussi tirées au dedans pen- 
dant ce changement de l'enfoncement buccal en cavité, et 



— 285 — 

bientôt elles disparaissent totalement en cette nouvelle bouche 
de l'embryon. Après ce phénomène intéressant, les orifices 
des deux néphridies du Péripate, changés en orifices des 
glandes salivaires, éprouvent une métamorphose encore plus 
compliquée; sur les parois latérales et ventrales de la cavité 
buccale apparaît un sillon, qui se change en un canal s 'ou- 
vrant dans la bouche; les orifices des glandes salivaires 
s'ouvrent à leur tour dans ce nouveau canal des glandes 
salivaires, et ainsi les orifices des deux premières néphridies 
postorales sont aussi éloignés de la surface extérieure du 
corps de l'animal adulte, que ceux de l'embryon assez avancé 
dans son développement. 

Chez les Myriapodes, nous trouvons des faits identiques, 
et même un peu moins compliqués. M-r Heathcote ^°) a. 
montré que le développement des glandes salivaires des 
Myriapodes Chilognatlies diffère considérablement du déve- 
loppement des glandes salivaires des insectes; tandis que les 
glandes salivaires des insectes sont formées par l'ectoderme, 
celles des Myriapodes sont des dérivations des tissus mésoder- 
miques; le développement de ces glandes chez les Chilognates 
ressemble beaucoup, selon M-r Heathcote, au développement 
des néphridies et des glandes salivaires des Prototrachéates. 

Bien que je n'aie pas eu l'occasion d'observer les pre- 
miers stades du développement des glandes salivaires chez 
les Géophiles, je trouve beaucoup de conformité entre ces 
organes des Géophiles et ceux des Prototrachéates et Chi- 
lognathes. Les orifices des glandes salivaires de l'embryon 
sont posés, comme chez les Péripates, en dehors de la 
cavité ou de l'enfoncement buccal, et on trouve même une 
paire d'appendices embryonnaux qui correspondent à ces deux 
orifices des glandes salivaires qui, après les belles recherches 
de M-r Heathcote, peuvent être considérés chez les Myri- 
apodes, comme des néphridies métamorphosées. Ce sont les 
deux papilles, situées près du bord postérieur de l'orifice 
buccal de l'embryon (Fig. 5), parfaitement visibles chez ce- 
dernier depuis le premier temps de sa segmentation jusqu'à 
sa sortie des enveloppes de l'oeuf; après la sortie de- 



— 286 — 

l'embryoïi des enveloppes ovaires, la cavité buccale s'élargit 
tellement, que les orifices des glandes salivaires débouchent 
sur ses parois latérales, et les susdites papilles disparais- 
sent aux yeux de l'observateur , 

Ces deux papilles ont été observées par quelques auteurs 
chez d'autres Arthropodes; ainsi le Prof. Tikhomirov les 
a vues chez les embryons du ver-à-soie Bombyx mori ^^); 
il les a nommées „la labié (lèvre inférieur) primaire" et a 
supposé que cette verrue double présente peut - être les 
traces d'une plie des téguments extérieures, comme la plie 
antérieure, connue des entomologistes sous le nom de labrum 
ou lèvre supérieure; c'est aussi le nom par lequel j'ai désigné 
ces papilles embryonnaires chez les embryons des Geophilus 
ferrigineus et Geophilus proximus, dans mon travail russe 
sur l'embryogénie de ces animaux. Maintenant, grâce aux 
recherches de M-r le prof, de Kennel "), Sedgwick '*'*) et 
Heathcote ^°), nous pouvons dire que: 

Chez les embryons des Myriapodes et 2>rohablement diez 
les embryons des autres Arthropodes trachéates, on trouve 
les traces des néphridies de la j^^'emière paire postorale, 
ainsi que des appendices correspondaiit à ces néphridies. 

D'autre part, nous avons le droit d'exprimer le désir que: 

Les recherches futures en emhryogmie des Artliropwdes 
doivent avoir pour but, entre autres problèmes, les observa- 
tions sur l'existence ou la non-existence des papilles posto- 
rales de l'embryon, ainsi que sur leur correspondance aux 
glandes salivaires ou quelque autre dérivât des néphridies 
primaires. 

Maintenant occupons nous de la question de l'existence 
chez les Arthropodes des traces de néphridies aux autres 
segments de leur corps. 

Ici le terrain est totalement aride, et nous ne pouvons 
que faire des hypothèses pour la solution de ce problème. 

Outre les glandes salivaires, les Myriapodes possèdent 
cinq groupes d'organes qui sont considérés par les divers 
auteurs comme les dérivats des organes segmentaires. Ce 
sont les voies conductrices des organes génitaux des Chi- 



— 287 — 

lognathes, les organes encore douteux et indéterminés qu'on 
trouve elles les embryons des Chilognathes et qui ont été 
désignés par M-r Metschnikov par le nom des trachées 
embryonnales, les trachées définitives, les tubes de Malpighi 
et les voies conductrices des organes génitaux des Chilopodes 

Quant aux voies conductrices des organes génitaux des 
Chilognathes, qui sont situées, comme on le sait grâce aux 
recherches de M-rs Duvernoy ^^), Fabre ^^) et autres, sur 
la partie antérieure du corps, entre le troisième et le qua- 
trième segment du corps, sur leur face ventrale, M-r le 
prof, de Kennel, dans son dernier mémoire sur „Les pa- 
rentés des Arthropodes", a eu l'idée ingénieuse de comparer 
ces organes aux organes segmentaires du 3-me et 4-me 
segments du Peripatus, qui diffèrent des organes segmentaux 
des autres segments du corps par leurs dimensions plus 
grandes et par leurs canaux plus longs. Bien que les recherches 
sur l'origine des voies conductrices des organes génitaux des 
Chilognathes fissent encore défaut dans l'embryologie moderne, 
l'hypothèse de Mr le prof, de Kennel me paraît vraisemblable, 
et je pense que notre science a le droit de proposer aux 
observateurs futurs la solution de la question sur : 

L'homologie entre les voles conductrices des orfianes gé- 
nitaux des Ohllogiiathes et les népJiridies ou organes seg- 
7nentaires du troisième et du quatrième segments des Pro- 
totrachéates, dont l'idetitité avec les néphridies des vers 
annelés est déjà solidement affirmée. 

Les trachées embryonnaires ont été décrites chez les 
Chilognatlies (Metschnikov ^^) et Heathcote ^"*^) et reconnues 
par le dernier embryologue comme les premiers éléments 
des glandes cyanogènes, qu'on observe chez les Chilogna- 
thes adultes sur chaque segment. M-r le Dr. Eisig ^^) exprime 
l'idée que ces organes sont des néphridies métamorphosées, 
mais malheureusement les recherches sur leur origine et 
sur leur développement sont tout-à-fait insuffisantes, et on 
peut dire hardiment que: 

Les recherches sur le sort et V origine des trachées j^^i- 
maires chez Chilognathes, décrites par le Prof. Metchni- 



— 288 — 

hov, ainsi que les recherches sur Vorii/tne et le développe- 
ment des (/landes cyanogènes des Ghilognathes présentent un 
intérti particulier et peuvent se recommander à l'attention 
des auteurs futurs. 

Quant aux tracliées définitives des Myriapodes adultes, je 
suis de l'avis de M-r le prof. J. de Kennel qui dit que ces 
organes ne peuvent pas être comparés aux népliridies ou aux 
organes segnientaires. 

M-rs Saenger^'), Moseley'^, Sedgwick^'), Balfour^''^)Gaffron") 
et dernièrement de Kennel") nous apprennent que les trachées 
des. Péripates (Peripatus capensis et autres espèces) forment 
de petits faisceaux de tubes , s'ouvrant par un orifice com- 
mun. Ces. orifices sont disséminés sur toute la surface du 
corps et ne présentent aucune ressemblance avec les orga- 
nes segmentaux des Péripates. Chez les embryons des Péri- 
pates, les trachées apparaissent très tard, après que les or- 
ganes segnientaires sont conformés définitivement. Ce dernier 
fait nous montre que ces organes ne sont pas chez les Pro- 
totrachéates des organes héritiers des ancêtres lointains et que 
leur rôle morphologique est encore inférieur au rôle des autres 
organes des Prototrachéates, par exemple des néphridies, des 
glandes salivaires, de l'intestin etc. 

Chez les Myriapodes nous trouvons les mêmes faits. Les 
embryons des Géophiles, qui ont déjà totalement quitté leur 
enveloppes ovaires et embryonnaires, qui peuvent se mouvoir 
librement et vivre indépendamment, ne possèdent encore aucu- 
nes traces de trachées et de stigmates. Ces dernières apparais- 
sent presque en même temps que les nombreuses glandes uni- 
cellulaires qui couvrent, selon mes observations, les téguments 
des Myriapodes, et on doit être près de la vérité en comparant 
les glandes uniceHulaires, couvrant la surface du corps des 
^lyriapodes, aux trachées. Ces conclusions peuvent être con- 
firmées par les recherches du Dr. Kohlrausch ^*) qui a trouvé 
chez quelques Scolopendrides tropicales des trachées et des 
stigmates très curieuses. Ainsi, par exemple, chez les Hé- 
térostomes, Mr. Kohlrausch décrit un stigmate ayant la forme 
d'un enfoncement des intéguments, de forme ovoïde et de très 



— 289 — 

petite profondeur. La surface de cet enfoncement a Taspect 
d'un crible; les orifices dont est couverte la surface de ce 
crible sont des orifices de trachées, qui s'ouvrent directement 
sur la surface de l'enfoncement, sans aucune trace de tronc 
commun, comme on le voit chez les insectes et d'autres Chi- 
lopodes. Si nous supposons que cet enfoncement s'allonge en 
un tube, qui s'ouvre sur la surface du corps par un orifice 
étroit — un vrai stigmate, nous aurons la forme primaire hy- 
pothétique des trachées, présentant un tronc commun, por- 
tant à son extrémité intérieure un faisceau de tubes tra- 
chéaires qui se répandent dans les parties voisines du corps. 
Nous connaissons des trachées semblables chez quelques ani- 
maux voisins des Hétérostomes, par exemple, chez les Chi- 
lognathes^' (Polyxenus, Julus), chez les Scutigéres''' (Cerma- 
tia), chez quelques Aranéides. 

Quant aux Hétérostomes elles mêmes, leur système tra- 
chéaire ressemble au système trachéaire du Peripatus. C'est 
pour ainsi dire, le système trachéaire du Péripate concentré 
sur deux places déterminées des segments trachéifères. Cette 
concentration rappelle un peu le développement des glandes 
venimeuses des pieds maxillaires des Scolopendres. Les aci- 
nes de la glande apparaissent comme des glandules sépa- 
rées; mais après que la partie du segment couverte par ces 
glandes unicelluUaires, s'enfonce dans la masse du pied ma- 
xillaire et forme un sillon que se transforme finalement en 
un tube, les canaux excréteurs des glandes débouchent dans 
ce tube et forment ensemble un tronc commun dans lequel 
débouchent les canaux latéraux. 

Les faits décrits montrent assez clairement que les tra- 
chées des Arthropodes trachéates sont tout à fait homologues 
aux trachées des Prototrachéates et prouvent que: 

Les trachées des Arthropodes trachéates ne sont pas ho- 
mologues aux organes segmentaires ou aux néphridies. 

La question de l'homologie des tubes Malpighiens et des 
organes segmentaux a été aussi souvent discutée par plusieurs 
auteurs. Dernièrement c'est M. de Kennel qui a attiré l'at- 

19 



— 200 — 

teiition des savants sur cette question importante et inté- 
ressante. M de Kennel trouve quelque peu difficile de com- 
parer les tubes ]\Ialpigliiens aux néplnidies, vu leur position 
topograpliique dans le corps de l'animal et vu leur grand 
nombre chez quelques Insectes. Ces difficultés nous paraîtrons 
moindres si nous dirigeons notre attention sur le groupe des 
Arthropodes, aussi inférieurs que les Myriapodes. 

Les Myriapodes possèdent une ou deux paires de tubes 
^lalpighiens. Ces tubes sont des diverticles de l'intestin rectal 
qui, comme on le sait, est à son tour le dérivât de l'ecto- 
derme. Dans le tube Malpighien des Myriapodes, par exemple 
du Geophilus, Lithobius, Juins, on peut distinguer deux par- 
ties: l'une — voisine du rectum — plus large, très courte et aux 
parois très épaisses, et l'autre débouchant dans la première 
partie et ayant la forme d'un long tube très mince — forme 
commune aux tubes Malpighiens de tous les trachéates. 
Quant aux développement de la première partie des tubeS; 
plus courte et plus large, il est très simple et très facile 
à l'observer. Les premiers éléments de ces parties des tubes 
Malpighiens apparaissent, vraiment, comme deux diverticles 
du bout intérieur de l'enfoncement rectal, lorsque ce der- 
nier est encore très court et peu profond (fig. 6). Le déve- 
loppement des parties intérieures, longues et minces, des 
tubes Malpighiens est encore tout-à-fait inconnu chez les 
Myriapodes. Je n'ai pu l'observer chez les Chilopodes, ainsi 
que Mr. Heathcote, qui n'a pas eu de succès définitif avec 
les Chilognates. Les tubes Malpighiens des Insectes sont, 
comme on le sait par les recherches de nombreux auteurs, 
des dérivats de l'ectoderme, mais je ne connais pas de tra- 
vaux embryologiques, où le développement de ces organes 
ait été observé depuis l'apparition jusqu'aux formes défini- 
tives des animaux adultes. 

L'apparition dos tubes Malpighiens comme des diverticles 
d'un enfoncement rectal encore court et peu profond, n'est 
pas un fait solitaire chez les Chilopodes; on observe encore 
ce même fait intéressant chez quelques Insectes, par exemple. 



— 291 — 

'-chez quelques Hyménoptères parasitaires; ainsi M. Koulagliine, 
dans son travail sur l'embryologie des Microgastres, qui sera 
présenté au Congrès, et d'autres Hyménoptères parasitaires, 
nous fait connaître des formes, chez lesquelles les tubes 
Malpighiens des larves débouchent à la surface de la partie 
caudale du corps. 

Le grand nombre des tubes de Malpighi ne doit pas être 
considéré comme un témoignage de l'origine des tubes Mal- 
pighiens de plusieurs éléments embryonnaires. M. de Kennel 
.a raison en supposant que les nombreux tubes Malpighiens 
ne sont que des ramifications d'éléments embryonnaires moins 
nombreux. On l'observe aisément chez les Chilognates, où 
l'on voit quatre tubes Malpighiens, dont deux forment deux 
troncs principaux, et les deux autres débouchent dans ces 
troncs principaux. 

Néanmoins, la supposition que les tubes Malpighiens sont 
des dérivations des néphridies ou organes segmentaires est 
■encore une pure hypothèse, et la vérité de cette hypothèse 
.ne peut être affirmée que par les recherches très détaillées 
-du développement des tubes de Malpighi des Myriapodes. 
<comme d'une classe des Arthropodes inférieurs, ainsi que 
de celles des Antliropodes trachéales sujyérieurs. 

Les voies conductrices des organes génitaux des Chilo- 
podes ont beaucoup de ressemblance avec les voies conduc- 
trices des organes génitaux des Prototrachéates, ainsi que 
des Insectes. 

Bien que le développement de ces organes ne nous soit 
pas encore connu, leur ressemblance avec les mêmes organes 
du Péripate, dont l'origine néphridienne est affirmée posi- 
tivement par les recherches du Prof, de Kennel"), et leur 
Tessemblance aux voies conductrices génitales des Insectes, 
étudiés dernièrement par M. le Prof. Palmen "), nous permet 
•de supposer que 

Les éléments, dont se développent les voies conductrices 
des organes génitaux des Myriapcdes doivent leur origine 
^ux néphridies des formes ancêtrales anneUidi formes, ce qui 

19* 



— 292 — 

doit t'fre af'firnw finalement par les recherches des auteurs 
futiir^^. 

3^ M. le professeur de Kennel nous apprend que le sys- 
tème nerveux du Peripatus diffère considérablement de celui 
des Arthropodes vrais, par la simplicité de la structure histio- 
logique de sa cliaîne ventrale"). Selon M. de Kennel, la 
structure de la cliaîne ventrale des Péripates a un caractère 
même plus primitif que celle de la chaîne ventrale des vers 
annelés: en effet, tandis que les cellules ganglionnaires des 
Annélides sont déjà concentrées en ganglions séparés, les cel- 
lules nerveuses de la cliaîne ventrale sont disséminées sur 
toute la surface de la chaîne. Si nous étudions la structure 
histiologique de la chaîne ventrale des Myriapodes, nous 
verrons que les divers représentants de cette classe diffé- 
rent entre eux considérablement sous ce rapport. Ainsi, tandis 
que les Scolopendres, la Lithobie, le Géophile ont une struc- 
ture du système nerveux assez compliquée et ressemblant 
beaucoup à la structure du système nerveux des Trachéates 
supérieurs, la structure de la chaîne ventrale des Chilognates 
a un caractère beaucoup plus primitif. Il est vrai que nous 
connaissons la structure histiologiciue du système nerveux 
des Chilognathes principalement par les travaux d'auteurs 
assez anciens, tels que Newport^^) ou Leydig^^), qui les ont 
étudiées encore en 1862 — 1863^^), mais ce que nous don- 
nent les observations de ces auteurs est très intéressant et 
très important au point de vue des questions qui nous occu- 
pent. Les chaînes nerveuses des Juins, Polydesmus et d'autres 
Chilognates présentent un long tronc ininterrompu, dont on 
remarque à peine la structure double, sans l'aide du micro- 
scope ou des instruments de dissection. Les ganglions peu- 
vent être reconnus seulement par l'aide des nerfs transversaux 
qui prennent leur naissance de ces ganglions. Les surfaces 
antérieures et postérieures de ces ganglions se touchent de 
manière que les cellules ganglionnaires présentent une couche 
ininterrompue, couvrant toute la surface de la chaîne ven- 
trale. D'un autre côté, nous trouvons chez les Chilopodes 



— 293 — 

quelques traces de la structure primitive de leur chaîne ven- 
trale. Ce sont les petites commissures transversales qui unis- 
sent entre eux les deux grands troncs de la commissure 
circaoesophagéale ; ces commissures qui sont au nombre d'une, 
de deux ou rarement de trois, s'observent aussi chez les 
€hilognathes, comme l'a montré le Dr. St. Rémy^^). Selon mes 
observations, la surface des troncs de la commissure circa- 
oesophagéale est couverte de cellules ganglionnaires séparées, 
«e qui rappelle la structure des troncs de la chaîne nerveuse 
des Péripates et des vers annelés. Ainsi nous voyons que: 

La différence de la structure histolofjique de la chaîne 
■nerveuse n'est pas un obstacle pour admettre la théorie de 
r origine des Arthropodes trachéales des ancêtres annélidi- 
f ormes, et quelqu s parties de la chaîne nerveuse des tra- 
chéales inférieurs conservent les traces de la structure histio- 
iogique primitive . 

4" Les M}Tiapodes ont conservé des organes primitifs et 
une structure peu compliquée en p^res coxaux, qui se 
trouvent aussi chez les Prototrachéates ; la position sur les 
■coxes des pattes postérieures, la structure, le développement 
de ces organes sont très ressemblants chez les Myriapodes 
■et chez le Péripate. Si ropiniou exprimée p)ar quelques ob- 
servateurs, que les pores coxaux sont des restes des poches 
sétifères des Aunélides, trouve mie affirmation plus solide, la 
théorie de l'origine des Trachéales d'un ancêtre annélidiforme 
gagnera une preuve de plus. 

La structure des organes de vision, la simplicité de la 
structure des organes masticateurs (mandibule et les deux 
paires de maxilles) et beaucoup d'autres détails moins gra- 
Tes fournissent de nouvelles preuves à la théorie de l'ori- 
gine des Arthropodes trachéates d'ancêtres annélidiformes, et 
nous pouvons à présent dire hardiment que: 

La théorie de l'origine des Arthropode^ trachéates des an- 
cêtres annélidiformes, si habilement élaborée jjar Mr. le Prof, 
■de Kennel, est basée sur des données nombreuses et assez 
certaines. 



— 294 — 

Je laisse de côté la question de la pliylogénie des classes 
séparées des Arthropodes tracliéates, qui est si habilement 
discutée et presque résolue pai- 'Slv. le prof. Kennel. Je sous- 
cris à son sclièuie de l'arbre généalogique des Arthropodes 
tracliéates, bien que ce schème ditïere de celui que j'ai pro- 
posé en 18S3, mais je ne trouve pas son idée sur l'origine 
des Cructacés assez solidement basée. 

Mr. de Kennel soutient que les Arthropodes tracliéates doi- 
vent leur origine aux vers annelés, tandis que les ancêtres des 
Crustacés sont hypothétiques et se perdent en siècles et en épo- 
ques géologiques. Selon Mr. de Kennel, il y avait sur la terre 
des animaux, ressemblants aux Rotatoires ou aux larves Tro- 
chosphériformes (Mr de Kennel emploie le nom de ïrocho- 
sphéra pour ces formes larvaires, au lieu de la désignation 
de Trochophora, donnée à ces larves par Mr Hatschek). De 
cette forme hypothétique, nommée par le nom de Prototro- 
chosphaera, est dérivée une forme encore hypothétique — le 
Protonauplius, qui à son tour a donné l'origine aux Crusta- 
cés, qui ont conservé dans leur développement le stade nau- 
pliforme, comme souvenir atavistique de leur ancêtre. Comme, 
selon Mr. de Kennel, la Prototrochosphaera a été l'origine 
d'une part du Protonauplius et des Crustacés, d'autre part 
des Piotatoires et des Annélides et Arthropodes tracliéates 
et entin des larves au vélum de Mollusques et des Mollus- 
(j'ues eux-mêmes, les points culminants de ces trois voies^ 
cest il dire les Insectes, les Crustacés et les Mollusques, 
doivent être, pour ainsi dire, d'une valeur équivalente an 
point de vue morphologique. 

Mais chaque zoologiste sait bien que les Crustacés sont 
beaucoup plus proches des Insectes, Arachnides et Myriapo- 
des que des Mollusques, et que cette parenté entre les Crus- 
tacés et les Trachéates ne se borne pas aux signes extérieurs, 
c'est à dire à l'articulation ou à la présence des appendi- 
ces articulés, mais se base sur la conformation générahi du 
corps et sur la ressemblance des organes intérieurs et dit 
développement. La présence du Nauplius chez toutes les formes- 



— 295 — 

des Crustacés n'est pas un obstacle pour accepter la proche 
parenté des Arthropodes trachéates et des Crustacés, parce 
que chez les premiers on observe des stades du développe- 
ment embryonal, qu'on peut, selon nous, considérer comme 
les stades rappelant la forme de Nauplius. Ainsi, un oeuf de 
Myriapode, ayant une raie embryonnale, portant trois paires 
d'appendices, peut être comparé au nauplius avec le même 
droit que le stade conforme de quelque Myside, par exemple 
de la Parapodopsis cornuta, selon les recherches de Mr. 
P. N. Boutscliinsky^°). D'autre part, nous trouvons chez les 
Crustacés les traces des organes propres aux Annélides ou 
formes hypothétiques annélidiformes ; ce sont, par exemple, 
les deux enfoncements céphaliques, trouvés par Mr. Reichen- 
bach^*) chez les écre visses; peut-être, après des recherches 
spéciales nous obtiendrons comme résultats la connaissance 
des faits qui affirmeront plus solidement l'existence chez les 
Crustacés de traces des organes propres aux Annélides ou 
à leurs ancêtres anneles. Les discussions ci-dessus prouvent, 
il me semble, assez solidement qu'il est temps d'exprimer la 
thèse suivante: 

Il est strictement nécessaire de faire une révision de 
remhryogénie des Crustacés an point de vue de leur parente 
avec les antres groupes des Arthropodes. Les prohlhnes les 
plus urgents aujourdliui sont V affirmation, on la né<;ation de 
Vexistence chez les Crustacés adultes ou à V état embryonnaire 
de traces des organes propres aux Annélides onà leurs an- 
cêtres prétendus, c'est-à-dire des organes seg mentaux sen- 
sitifs et des néphridies, ainsi que des organes sensitifs cé- 
phaliqnes communs aux Annélides et très développés chez 
les Capitellides. 

Il nous reste encore la question de l'origine du Nauplius. 
Les morphologistes du dernier temps prétendent*'), et avec 
quelque droit, j'en conviens, que le Nauplius est une déri- 
vation de la Prototrochosphaera, une forme hypothétique sem- 
blable à la Trochosphaera — Rotatoire des eaux tropicales, 
décrites par Mr. le Prof. Semper. Les appendices des Nau- 



— 290 — 

plius sont considérés par ces savants comme descendants des 
appendices de quelques Rotatoires, par exemple des Polyarthra 
etc., mais l'étude de ces appendices chez les Kotatoires est 
jusqu'ici à peine commencée, et nous n'avons pas encore en 
notre possession des faits assez solides pour attirmer leur 
homologie avec les appendices du Nauplius. D'autre part, 
nous n'avons encore aucunes connaissances sur les restes 
chez les Nauplius des ceintures aux cils vibratiles si carac- 
téristiques pour les Rotatoires. On peut affirmer sûrement 
que, grâce aux téguments chitineux couvrant ce corps du 
Nauplius, lorsque celui-ci se trouve encore sous les envelop- 
pes ovaires, ces traces des ceintures vibratiles ne seront 
jamais trouvées, mais il y a un autre mode de recherches 
qui peut affirmer ou nier leur existence. Je parle des inves- 
tigations les plus minutieuses des intéguments du Nauplius, 
telles que les a faites le prof. Kleinenberg '*^) pour les em- 
bryons et les larves du Lopadorhynchus, où il a pu consta- 
ter l'existence d'un anneau de cellules nerveuses, enfermées 
parmi les cellules des integuments de la larve, suivant au 
dedans de ces intéguments la direction de la ceinture vibratile 
qui ceint la larve à la surface de sons corps. Les recherches 
dans cette direction sont bien urgentes pour la solution de 
la question sur les relations entre le Nauplius et la Proto- 
trochosphaera, et je suis sûr d'avoir le droit de dire que: 
Four affirmer la théorie ou 2)lutôt l'hypothèse de l'origine 
du Nau2)lius de la Trochosphaera, sur laquelle se hase une 
autre hypothèse de l'origine des Crustacés des formes pri- 
mitives Trochosphaeriformes^ il faut trouver des preuves 
de ce que les appendices des Nauplius sont homologues aux 
appendices des Rotatoires^ ou il faut prouver l'existence 
des restes d'une ceinture vibratile ou d'un anneau de cel- 
lules nerveuses séparées, suivant cette ceinture au dedans 
des téguments, ou enfin, prouver l'existence des traces de 
deux néphridies céphaliques qu'on trouve chez les Rotatoires 
et qu'on attribue à leur forme voisine hypothétique de la 
Prototrochosphaera . 



— 297 — 

Liste des ou\Tages cités: 

1. 31. de Réaumur. Mémoire pour servir à l'histoire 
des Insectes. Paris, 1734. 

2. Précis des caractères génériques des Insectes disposés 
dans un ordre naturel par le citoyen Latreille. Paris, au 
V de la Rcp. 

3. Hercule de Strauss Burckheim. Considérations géné- 
rales sur Tanatomié des animaux articulés, auquelles on a 
joint la description anatomique de Melolontha vulgaris. 
Paris, 1828. 

4. Ant. Dufiës. Mémoire sur la conformité organique dans 
Téchelle animale, Montpellier, 1832. 

5. Bohineau-Desvoidy. Recherches sur l'organisation ver- 
tébrale des Crustacés, des Arachnides et des Insectes. 
Paris, 1828. 

6. Friedrich Brauer. Betrachtungen ûber die Verwand- 
lung der Insecten im Sinne der Descendenz-Theorie. Verh. 
des Zool. bot. Vereins zu Wien, 1869. 

7. A. Dohrn. Notizen zur Kenntniss der Insectenent- 
wicklung. Zeitschr. fur Wissens. Zoologie. Band XXVI, 1876. 

8. Metschnikow. a) Embryologie des Scorpions. Z. w. 

Z. B. XXI, 1870. 
b. Embryologisches iiber Geophylus. Z. 
w. Z. B. XXV, 1875. 

c) Embryologie der doppeltfussigen Mt- 
riapoden. Z. w. Z. XXIV, 1874.' 

d) Entwickelungsgeschichte des Chelifer. 
Z. w. Z. XXV, 1871. 

e) Embryologische Studien an Insecten. 
Z. w. Z. XVI, 1866. 

9. A. Kowalewsky . Embryologische Studien an Wiirmer 
und Arthropoden. Mém. de l'Acad. Impér. de St. Péters- 
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10. B. Hatschek. Beitrâge zur Naturgeschichte der 
Lepidopteren, Jenaische Zeitschrift, XI, 1878. 

11. Fritz 3Iûller. Fur Darwin. Berlin, 1864. 



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12. A. Iauhj. 0. Schmidts Haiidbuch der vergleicheuden 
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13. a) Francis luùfour. Notes on the development of 
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Vol. XX, 1880. 

b) Francis liai four. Handbuch der vergleichenden Embryo- 
logie. Leipzig, 1880. 

c) Francis Bal four. The anatomy and development of 
Peripatus capensis. Quart. Journ, 1883. 

14. Sir John Luhhock. On Pauropus, a new type of 
centipede, T. L. S. Vol. XXVI, 1866. Monograph of the 
Collembola and Thyzanura. Boy Society, London, 1873. 

15. //. Moseley. On the structure and development of 
Peripatus capensis. P. T. R. S. Vol. CLXIV, 1874. 

16. a) Vitus Graber. Die Insecten. Mûnchen, 1877 — 78. 

b) Titus Graher. Ueber die Polypodie bei Insecten- 
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c) Vitus Graher. Ueber den Bau und phylogenetische 
Bedeutung der embryonalen Bauchanhângen der Insecten. 
Biologisches Centralblatt. IX, 1889. 

17. Samuel Scudder. The Devonian Insects of New 
Brunswick. Mem. of Bost. Soc. of Nat. Hist., 1880. Struc- 
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b) E. Ifaase. Bie Abdominalanhange der Insecten. Morph. 
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19. JI. HacoHoez. K-l Mop(|)OJioriH Campodea, Lepisma n 
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20. //. 3oipa<J)z. MaTepia.iLi kï. nosHaniio aMÔpiojioniqe- 
cKaro pasBHTifl Geophilus ferrugineus u G. proximus. MocKoa. 
Il3B. Oôm;. JiooHT. EcTecTB. t. X 2 t., b. 1. Tpy;i;n ja- 
6opaTopiH npii soo.i. Mysei Mock. vHiiBepcHTeTa. t. II, 1883. 

21. //. Eisifj. Die Capitfdhden. Monographie der Fauna 
und Flora des Golfes von Neapel. XVI, Berlin, 1887. 



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22. J. von Kennel. Entwicklungsgeschichte von Peri- 
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23. J. von Kennel. Die Verwandtscliaftverliâltnisse d(r 
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24. H. Beichenhaclt . Studien und Entwicklungsgeschichte 
des Flusskrebses. Abhandl. der Senkenb. Nat. Gesell. zu 
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25. E. Gaffron. Beitrâge zur Anatomie und Histologie 
des Peripatus. Zoologische Beitrâge von Aut. Schneider, 
Bd. I. Breslau, 1883, 

26. A. TuxoMupooh. ITcTopia pasBHxifl TyiOBaro mejiKO- 
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Tpy;j,H .laoop. sooj. Mpea Mock. yHHB. t. I, bhh. 4. 
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27. H. A. Xo.ioÔKoecKiU. HcTopifl aMÔpioHa.iLHaaro pas- 
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28. A. Sedgicicl'. The development of the Cape species 
of Peripatus. Quart. Journ. Micr. Se. Vol. XXV— XXVHI, 
1885—88. 

29. H. 10. 3oipa<Jh. AnaiOMii! Lithobius forficatus. 
H. 0. J. E. T. XXXII, B. 2. Tpy;;H Jaô. 300.1. iiysea 
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30. a) i^. G. HeatJicole. The early development of Juins 
terrestris. Quart. Journ. of Micr. Scien. V. XXVI, 1886. 

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31. M. Dîwernoy. Frsigments sur les organes de géné- 
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32. M. Fabre. Piecherches sur Tanatomie des organes 
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33. H. Sf'Hieph. Peripatus capensis H Peripatus Leuckar- 
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Te-ieû BT) MocKB'fe, 1870. 

34. E.KoJilrau>'c]i. Beitràge zur Kenntniss der Scolo- 
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35. a) E. Voges. Beitrag zur Kenntniss der Juliden. 
Z. w. Z. XXXr, 1878. 

b) E. Voges. Das Respirationssystem der Scutigeriden. 
Zooi. Anz. 1882, A« 103. 

36. E. Haase. Das Respirationssystem der Symphilen 
und Chilopoden. A. Sclineiders zoologische Beitràge. B. ID, 
1885. 

37. a) J. A. Palméu. Zur vergleichenden Anatomie der 
Ausfûlirungsgànge der Sexualorgane bei den Insecten. Morph. 
Jahrb. IX, 1883. 

b) J. A. Pahnén. Ueber paarige Ausfiihrungsgânge der 
Geschlechtsorgane bei Insecten. Eine monograpliische Unter- 
suchung. Helsingfors, 1884. 

38. George Neivport. Monograph of the ciassis Myria- 
poda. T. L. S. 1841 — 1846. 

39. T. Leydig. Ueber den Bau des thierischen Kôrpers. 
Leipzig, 1864. 

40. 77. 77. EgHUHCKiU. HcTopia pasBHTia Parapodopsis 
cornuta. O^ecca, 1890. 

41. a) A. Dohrn. Die Pantopoden des Golfes von Neapel. 
Fauna und Flora des Golfes von Neapel. Berlin, 1881. 

b) A. Lcmg. Vergleichende Anatomie. 

c) Jfatschek. Beitràge zur Entwicklungsgeschichte und 
Morphologie der Anneliden. Sitzungb. der Wien. Acad. Bd. 
LXXIV, 1877. 

42. N. Kleinenherg. Die Entstehung des Annelids aus 
der Larve von Lopadorhynchus. Z. w. Z. Bd. XLIX, 1886. 

43. Saint Remy. Contribution a Tétude du cerveau chez 
les arthropodes trachéates. Poitiers, 1890. 



— 301 — 






O.S. p. 



Explication: o. s. c. organes sensitifs cérébraux, an. antennes, crb. cérébre 
(ganglion céphalique), ep.— èpiderme, md. mandibule, gle. s.— glande salivaire, 
vt. — vitelle, hyp.— hypoderme, le— corpuscules sanguins, nul.— neurilemme, 
gl. vvr.— ganglion nerveux, p.— pied, ms.— mésoderme, msc. fibres musculaires. 



— 302 





I 



5. 




6. 

Expl. vitelle, m. e. — matrix ou hypoderm ■, o. s. p. — organe sensitif du 
segment, nr? trace du nerf de cet organe, gc. nr. ganglion nerveux, ep. — 
épiderme, ms. — raésoderme, o. — bouclie, Ib. lèvre supérieure, gl. s. glandes- 
salivaire. an. — antennes, a. s. appendices correspondant aux glandes salivai- 
res, md. — mandibule, nix, — première maxille, m. s. seconde maxille, p. mx*. — 
pied maxillaire, a. — anus, bl. blastoderme etc. — ectoderme, cl. — coelome, 
t. m. — tube de Malpighi, c. e. — cellule errante. 



4 



à 



Deuxième rapport sur la nomenclature des 
êtres organisés. *) 



Kapport présenté au deuxième Congrès international de 

zoologie, 

réuni à Moscou du 20 au 28 août 1892, 

par le D-r Raphaël Blanchard. 

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, Secrétaire général de 
la Société Zologique de France. 

Le premier Congrès international de zoologie, ayant dû clore 
sa session avant que la discussion de mon rapport sur la nomen- 
clature ne fût achevée, a décidé que la suite de la discussion 
serait renvoyée au Congrès suivant. D'après cette résolution, je 
devrais donc me borner à soumettre derechef au Congrès les 
derniers paragraphes de mon précédent rapport, qui n'ont été 
l'objet d'aucune délibération ni d'aucun vote. Mais il m'a semblé 
qu'il n'était pas inutile de revenir aussi sur certaines questions 



*) Le rapport précédent {De la nomendahire des êtres organisés) a été pré- 
senté au premier Congrès international de zoologie, réuni à Paris en août 
1889. Il a été publié dans le Bulletin de la Société Zoologique de France, 
XIV, p. 212 — 282, 1889; dans les Rapports présentés an Congrès internatio- 
nal de Idéologie, Paris, in— 8° de 160 p., p. 87 — 157, 1889; et dans le Compte- 
rendu des séancees du Congrès international de zoologie, Paris, un vol. in— S*' 
513 p., 1890, p. 333—404. 



— 304 — 

déjà sanctionnées par un vote, pour présenter à leur sujet quel- 
ques éclaircissements complémentaires. Ces observations nouvel- 
les, je l'espère du moins, feront entrer la conviction dans l'esprit 
de ceux, en très petit nombre, qui manifestaient quelque résis- 
tance à adopter certaines règles que j'avais i)roposées. 

Une autre raison m'engage encore à reprendre d'une façon un 
peu large l'étude des règles applicables à la nomenclature zoolo- 
gique. En effet, depuis la publication de mon premier rapport, 
cette même question a été discutée par la Société allemande de 
zoologie et par le second Congrès ornitliologiqne international, 
tenu à Budapest en mai 1891. J'aurai donc à envisager et à 
critiquer les résolutions prises soit par la Société allemande, soit 
par le Congrès ornithologique; mon intervention dans le débat 
sera d'autant plus légitime que le Congiès ornithologique, sur la 
proposition de mon confrère et ami m. le D-r Em. Oustalet, a 
décidé de faire sanctionner ses résolutions par le Congrès de 
zoologie. 

Ce rapport se divise donc tout naturellement en deux parties: 
la première comprend des éclaircissements complémentaires sur 
des questions déjà adoptées par le Congrès; la seconde comprend 
des questions sur lesquelles le Congrès est pour la première fois 
appelé à se prononcer. Afin de rendre plus évidente la relation 
de ce travail avec le précédent, je donne aux divers paragraphes 
les numéros d'ordre qu'ils portaient dans celui-ci; les his se rap- 
portent à des questions nouvelles, ou du moins non énoncées pré- 
cédemment, qui prennent ainsi la place qu'elles auraient dû oc- 
cuper dans le cadre de mon premier rapport. 



Première Partie. 

Eclaircissements complémentaires sur des règles adoptées par 
le premier Congrès. 

1. S'il est un terrain sur lequel les hommes de toute race, de 
toute nationalité et de toute croyance puissent se rencontrer et 
fraterniser, c'est assurément le terrain scientifique: alors que la 
politique et les questions économiques divisent les hommes, la 
science les unit. Aussi les savants doivent-ils s'efforcer de se rendre 
facilement compréhensibles les uns aux autres, pour échanger leurs 
idées et se communiquer leurs découvertes. 

En histoire naturelle, l'une des conditions essentielles de cet 
échange d'idées réside dans l'adoption, autant que faire se peut, 
d'un langage commun et d'une nomenclature commune, dont l'aban- 
don porte préjudice tout à la fois à l'auteur et à ceux qui li- 
sent ses ouvrages. L'usage de la nomenclature latine, grâce à 
laquelle un être vivant est désigné sous un nom véritablement 
international, compris de savants de tous pays, a été sans con- 
tredit l'un des plus puissants initiateurs du merveilleux dévelop- 
pement que les sciences naturelles ont acquis au cours de ce 
siècle: c'est là, croyons-nous, une vérité indéniable. Aussi est-ce 
une faute grave contre le bon-sens et une atteinte sérieuse portée 
au progrès de la science, que de laisser de côté les dénomina- 
tions latines, dans des ouvrages à prétentions scientifiques, et d'y 
substituer des dénominations en langage vulgaire. 

Celles-ci ne sont comprises que d'un petit nombre de person- 
nes; elles ne franchissent pas d'ordinaire les limites étroites d'une 
province et, trop souvent, un même nom vulgaire s'ai)plique à 
des êtres, animaux ou plantes, de nature très différente. La dé- 

20 



— 30(1 — 

sigiuition dos êtres en question jieid donc toute précision: à 
plus forte raison en est-il de même, quand l'ouvrage où il est 
fait usage de semblables démtminations passe entre les mains de 
savants étrangers, familiarisés avec le langage scientitique, mais 
peu au courant du langage vulgaire. 

Les ornithologistes anglais et américains se font depuis long- 
temps remarquer par leur fidélité à cette fâcheuse habitude: quand 
ils écrivent Bcd-nccked Grche au lieu de Podiceps riibricoUis, le 
mal n'est pas encore trop grand, puisque les deux appellations 
sont la traduction exacte l'une de l'autre; mais (^ui donc pour- 
rait supposer que le Chiff'-cha/f est le Phylloscopus rufus, que le 
Bîue hird est le Sia^ia sm7/.v, que le PaUas's Plovvr est VAcjjia- 
litis asiatica, etc.V Et pourtant, ce sont Là des manières d'écrire 
dont ils sont coutumiers! 

En botanique, cette mode étrange a fait récemment son ai)pa- 
rition, même dans les ouvrages didactiques les plus sérieux. Nous 
avons montré les inconvénients qui en résultent, mais nous ne 
pouvons arriver à voir quels avantages il en ressort: cela enrichit- 
il la langue ou sème-t-il dans l'esprit quelque idée nouvelle, que 
d'écrire Antliure au lieu (VAntliurimti, Brésillet au lieu de Cac- 
salpinia, Asi)ide en faux au lieu (TAspidium falcatum, Pénicille 
au lieu de Pcnicillium, Petit pinceau au lieu da Penicillus, Mo- 
relle tubéreuse *) au lieu de Solanum tuherosutn, etc. Nul n'ose- 
rait le prétendre. 

A plus forte raison ne pourrait-on le i)rétendre pour les cas 
où la traduction en langage vulgaire constitue un contre-sens 
flagrant, comme p?ir exemple quand on remplace Bphacrothcca 
Castagnei^) par du Châtaignier! Avec Errera ^), concluons donc 
en disant: „de grâce, des noms latins!" 



*) Comme le lecteur risque de ne pas comprendre, l'auteur auquel nous 
faisons allusion a reconnu lui-niôine la néfessité d'jijouter: „vulf(Jiirement Pomme 
de terre". On ne saurait {condamner plus sévi-rernent ce déplorable système. 

•) Périsporiacéc vivant en ])arusite sur diverses j)lantcs, notamment sur le 
Houblon, et dédiée par Léveillé au botaniste Castagne. 

2) Errera, Jiitte! lateinkche Karncnt Biologischcs Centralblatt, XII, p. 314, 
1802. 



— 307 — 

2. La Commission de la Société allemande de zoologie ^) admet 
(§ 2) l'adjonction d'un troisième nom pour désigner les formes lo- 
cales, les variétés, les races créées par Télevage, etc.; ce nom 
doit d'ailleurs rester aux règles générales qui régissent la nomen- 
clature binaire. L'addition d'un quatrième nom n'est permise (re- 
marque 46) que dans des cas très spécip.ux, par exemple pour 
désigner une race d'animaux domestiques. Exemple: Canis fanii- 
liaris grains hirsutus ''). 

5. La même Commission (rem. 4 fi) adopte encore notre nota- 
tion relativement aux variétés et monstruosités. Elle propose de 
désigQcr par le mot ahcrratio ou son diminutif uh. les anomalies 
qui peuvent être considérées comme de simples aberrations, plu- 
tôt que comme de véritables monstruosités. ( ette notation nou- 
velle ne difl'ère de la nôtre que par une nuance peu marquée; 
elle rendra sans doute quelques services dans la pratique, et 
nous ne voyons aucun inconvénient à l'admettre. Les règles gram- 
maticales que nous avons énoncées aux § 3 et 5 de notre Rap- 
port sont d'ailleurs applicables dans ce nouveau cas. 

D'après ces règles, Standen *) et Collier ^) commettent donc 
une faute, quand ils écrivent: le premier ^^Helix aspersa monstr. 
sinistrorsum Taylor''; le second, ^Helix liortensis m. sinistror- 
sum and m. scalari forme'"''. 

La Commission allemande recommande (remarque JJ), pour la 
transcription latine des mots grecs, de suivre exactement les rè- 
gles adoptées par les latins eux-mêmes. De la sorte. 



3) J. V. Carrs, L. Dôderlein niul K. MSbius, Entwurf von Reyehi fur die 
zoologische Nomenclatur im Auftrage der deutschen zoologiachen Gesellschafi. 
Leipzig, in~SO de 18 p., 18S»2 (\mU\é s. 1. n. d.). 

*) Nous sommes lieureiix de voir la Commission allemande adopter sur ce 
point, comme sur un grand nombre d autres, les règles que nous avons pro- 
posées au Congrès de 1889 et que celui-ci a d'ailleurs consacrées par son vote. 
Ce serait reproduire inutilement un grand nombre de règles énoncées dans 
notre premier Bapporf, que de signaler toutes celles que la Commission alle- 
mande a empruntées à ce travail. 

1) Standen. Journal of conchology, VI, p. 176, 1890. 

2) E. Collier. Ibidem, VI, p. 344, 1890. 

20' 





— 308 — 






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T) 


rh 



Ce tableau de transcription est exact. Toutefois, il importe de, 
remarquer que la lettre q ne doit être transcrite en rh que quand 
elle est au commencement d'un mot, c'est-à-dire lorsqu'elle porte 
un -esprit rude {(>). Exemple: llhahditis, dérivé de (uc/?(Joh', bâton. 

L'esprit rude porté par l'iota {ï) est également indiqué par 
un //, Exemples: Hipi^potamus et Hippuris^ dérivés de Ijtjtôxa- 
fio^ et 'i:rjrovQu. 

12. Le genre Bornta, établi par Wrzésniowski en 1890 pour 
un Amphipode souterrain, rentre dans le cas prévu par ce para- 
graphe: c'est le nom d'un diable qui, suivant tes traditions po- 
pulaires polonaises, hatiterait les souterrains du château de Le- 
czyca et y garderait un trésor. Le genre Mardoell Daniel?sen, 
1890, tiré du nom d'une nymphe des mers, dans la mythologie 
Scandinave, doit prendre le nom de Mardocllia, d'après la règle 
6, § f, adoptée par le premier Congrès international de zoologie. 

13. Le genre Vittadmion, créé par Zobel pour des Champi- 
gnons dédiés à Vittadini, doit être rectifié en Viitadinium. 

Conformément à ce même § 13 et aux articles 6 et 12 des règles 
adoptées par le Congrès de 1889, de noms tels que Lof- 
tusia, genre de Foraminifeis dédié à Loftus par Carpenter, et 
Magnusia^ genre de Chami)ignons dédié à Magnus par Saccardo, 
sont correctement formés. En revanche, le genre Bovallia, établi 
par G. Pfefler en 1888, en l'honneur du naturaliste suédois Boval- 
lius, doit être rectifié en Bovalliusia. 

14. Voici quelques nouveaux exemples pour faire suite à ceux 
que nous avons déjà cités au § 14: Bos^ nom français, nom 
hollandais et genre de Mammifères; Camara, nom portugais et 
genre d'Hémiptères établi par Walker en 867; Ccrna^ nom 



— 309 — 

anglais et genre de Poissons créé par Bonaparte en 1841 ; Bero^ 
nom italien et genre de Vers créé par Oken; Empis, nom fran- 
çais et genre de Diptères créé par Linné; Mitra^ nom anglais et 
genre de mollusques créé par Lamarck; Mora^ nom espagnol et 
genre de Poissons créé par Risso; 3Iya, nom italien et genre 
de Lamellibranches créé par Linné en 1758; Sarcla, nom fran- 
çais et genre de Poissons créé par Cuvier; Scala, nom italien 
et genre de Mollusqes créé par Klein en 1753; Seha, nom propre 
et genre de Crustacés amphipodes, établi par Bâte en 18G2, On 
pourrait facilement multiplier ces exemples. 

15. Dans un écrit qui nous avait échappé lors de la rédaction 
de notre premier Rapport, Mik ^) se prononce résolument dans le 
sens de ce paragraphe : „des mots composés, tels que Sackenimi/ia, 
Mikimyia^ ne doivent pas être approuvés. *■"• 

Nouveaux exemples de noms vicieux ou formés d'une façon 
peu recommandable : P y otosclimidtia Czexwiîix^Vy^ 1879, Eponge; 
Pro^Of7e5ma>T5^ia Czerniavsky, 1878, Crustacé; Fatagornis Moreno 
et Mercerat, 1891, oiseau fossile de l'Amérique du sud; Chiro- 
nesimus G. 0. Lars, 1891, amphipode voisin du genre Oweswmfs 
Boeck, 1870; Ohiocrinus; Ujimyia Roudani, 1870, mouche pa- 
rasite du Ver -à- soie au Japon et connue dans le pays sous le 
nom vulgaire d'L}"i. 

17. Le nom de Tarîetonheania, donné en 1891 par C. H. et 
K. S. Eigenmann à des Poissons d'Amérique et dédié au D-r 
Tarleton H. Beau, est formé d'une façon très vicieuse. 

18. Comme corollaire à ce paragraphe, il est bon de noter que 
les noms d'Homme, utilisés dans la formation de noms génériques 
ou spécifiques, ne doivent pas être remplacés par le nom latin 
correspondant, quand ces noms patronymiques sont semblables à 
des noms géographiques. Exemples: Barrois, Berlin, Berne, Bonn, 
Breslau, Briançon, Cabourg, Carcassonne, Dreux, France, Fri- 
bourg, Lena, Lisbonne, Lyon, Lyon-Caen, Malte, Montpellier, 
Poitou, Rhodes, Roussillon, Turin, Wales, Wûrzburg. On dira 
donc: genre Barroisia et Taenia Barroisi. 



') J. Mik, Nomenclatoriachr FehUriUc. Verhandl. (1er k. U. zool.-bot. Gos. 
in Wien, XXXVIII, i>. G4, 1888. 



— 310 — 

Des noms génériques tels que Challniffcron et Challrngeranmm 
éti\blis par Haeckel en 1887 pour des Utuliolaires du C/m/Zm^er, 
rentrent dans le cas prévu par le § 16. Il en est de même pour 
le nom de Challenger idae, donné à une famille établie par J. 
Murray en 1870. 

"l"!. Mik cite le genre Oglifa^ dont le nom est la transforma- 
tion du mot Filago par anagramme et repousse cette manière 
de former des noms génériques. „De semblables noms, qui ne 
disent rien, doivent, dit — il, ne pas être employés, même quand 
ils donnent comme des noms latins ou grecs et bien que la Dresd- 
ner Entomologen-Versammlung les ait autorisés." On se rappelle 
que le Congrès de 1889 admet au contraire la formation de 
semblables dénominations génériques, tout en spécifiant qu'elle 
„ne saurait être donnée en exemple." 

32, Nous avons dressé une liste très étendue de noms géogra- 
phiques modernes, latinisés et empruntés aux auteurs les plus variés. 
Comme il n'est pas indifférent d'écrire texanus ou texensis^ Spet- 
shergia ou Spitshergia, etc., nous avions d'abord l'intention de 
publier ici cette liste, avec les critiques qu'elle comporte. Cette 
liste, toute incomplète qu'elle soit, rendrait sans nul doute de 
grands services aux naturalistes descripteurs et contribuerait dans 
une large mesure à l'uniformité de la nomenclature ; néanmoins, 
elle allongerait outre mesure ce Rapport, et nous nous réservons 
de la publier ultérieurement. 

34. Le congrès de 1889 a décidé que les noms spécifiques for- 
més avec des noms patronymiques modernes, seraient mis au 
génitif et dériveraient de ces derniers par l'addition d'un simple 
i au nom exact et complet de la personne à laquelle l'espèce est 
dédiée. Cette règle est admise également par la Commission 
allemande, qui donné en exemple le mot Baldamusi^ du nom 
patronymique Baldamus, actuellement répandu en Allemagne. 

Une forte majorité s'est prononcée en 1889 en faveur de 
cette règle, qui doit par conséquent être considérée comme dé- 
finitivement acquise. Si nous revenons aujourd'hui sur cette question, 
ce n'est pas pour en discuter à nouveau les avantages ou les 
inconvénients, mais i»ien i)our i)résenter en sa faveur une série 



— 311 — 

d'exemples qui nous semblent décisifs et qui, pensons-nous, sont 
de nature à faire entrer la conviction dans l'esprit des natura- 
listes les plus hésitants. 

La discussion a porté exclusivement sur les noms terminés en 
us, en faveur desquels M. de Selys-Longelamps demandait une 
exception à la règle commune: des noms tels que Retzius et 
Stannius auraient formé leur génitif en Medzu et Stannii, au 
lieu de Rdziusi et Stanniusi, formes exigées par la règle. 

Malgré toute la déférence que méritait l'opinion du savant 
naturaliste belge, le Congrès a refusé d'y souscrire, dans le but 
de maintenir une plus grande uniformité dans la nomenclature. 
Cette décision ayant été prise à la suite des explications que 
nous avons données, et dont le Compte-rendu ne donne qu'un 
court résumé 0, nous croyons devoir entrer dans quelques détails 
à ce propos. 

„Depuis qu'on a perdu l'habitude d'écrire en latin, disions-nous, 
depuis que Dubois ne signe i)lus Silviu.s, Leclerc Clcncus, La 
Ramée Ramus et Tietze Titius, les noms en us ont à peu près 
complètement disparu des langues néo-latines. En revanche, ils 
ne sont pas très rares dans les langues germaniques: en allemand 
(Stannius, Blasius, Mobius, Bojanus, Treviranus, von Ballus, von 
Tilesius), en hollandais (Reimatrus, Vigelius), en suédois (Retzius, 
Thedenius, Afzelius, Bovallius, AurivilliuvS). A l'époque actuelle, 
aucun de ces noms ne peut être considéré comme latinisé: ce 
sont des noms patronymiques originels et, comme tels, ils doivent 
rentrer dans la règle générale." 

Les noms patronymiques terminés en us ne sont donc ni latins, 
ni latinisés, mais seulement d'apparence latine. Depuis que ces 
lignes sont écrites, notre avis na fait que s' affermir sur ce 
point, mais nous avons reconnu au contraire que les noms de 
cette sorte sont bien plus fréquents que nous ne le pensions, même 
en France Nous en avons relevé un nombre considérable d'exem- 
ples, dont nous citons ci-dessous les plus caractéristiques: 



ï) Compte-rendu des séances du Congrès international de zoologie. Paris, in> 
\ 1889. Voir p. 411. 



— 312 — 

Français. Artlius, Boniibus, liounus, lUis, Casadéjus, Casadesus, 
Cliapus. Chevallus, Clieylus, Clamamus, Denorus, Dessus, Dubus, 
Feijus, Ternis, Lassus, Lecainus, de Mécus, de Moiitessus, Par- 
dessiit;. Pliii:. Reclus, Sansrefus, Verjus. 

Allemand. Asiuus, Chah biius, Dollfus, Dreyfus, Duveliiis, Eunec- 
cerus, Fresenius, Gemuseus, Heràus, Lehmus, Malkmus, Mebus, 
Nielius. Vulpius. AVisliceiius. 

Anglais. Angus, Autrobus, Bumpiis, llarcus, llimus, Loftus, 
Malthus, Melitus, Purpus, Sharpus, Windus. 

Belge. Masius, Pontus, Tordeus. 

Danois. Scavenins. 

Espagnol. Arnus, Hunecus. 

Hollandais. Bergansius, Bolsius, Ileinsius, Keuelienius, Kobus, 
Sclierius, von Senus, Tilanus. 

Hongrois. Xàntus 

Italien. Deregibus, Desobus, Gaudus, Labus, Mylius, Sirus. 

Luxembourgeois. Vaimerus. 

Polonais. Krykus, Prus. 

Portugais. De Carapebus, de Deus. 

Russe. Lavrenius, Liborius, Vireiiius. Ces noms sont apparem- 
ment d'origine finlandaise ou suédoise. 

Suédois. Abenius, Acharius, Acrelius, Borelius, IJrotherus, 
Bruzelius, Cygnaeus, Fahraeus, Hartelius, Krogius, Petrelius, 
Poppius. 

Suisse. Gabus. 

Tchèque. Mattus. 

Si l'on veut décliner rigoureusement à la latine des noms tels 
que ceux qui précèdent, la logique exige qu'on adopte la même 
mesure à l'égard des noms terminés en ans en oiis et en um^ 
dont voici quelques exemples: 

Français. Abelous, Arnous, Aurons, Bonnefous, Bous, Cahous, 
Cliaillous, Dalous, Descous, Ernous, Lissajous, Roumégous, Sa- 
jous, Sous. — Le Stum. 

Allemand. Brockhaus, Clans, Kraus, Neuhaus, Straus. — Accum, 
Baum, Blum, Bum, Korum, von Latuni, llaum, Stirum, Wolfrum. 

Anglais. Aidons, Porteous, Selous. — Barnum, CuUuni, Dum, 



— 313 — 

Fortnum, Holtuiii, Hunimiiin, lutsiim, Macallum, Motum, Slocura, 
AYoniuni, 

Danois. Paus. — Bjerruni, Panuin. 

Espagnol. Baus. 

Hollandais Van Ankum, van Huysuni. 

Norvégien. Doruni, 

Roumain. Motzum. 

Russe. Grum. 

Voici maintenant une liste de noms patronymiques modernes, 
semblables à des noms ou à des mots latins ou grecs terminés par 
Tnne des désinences a, eus, ex, is, o ons, or, ors^ o.t^ u, nm et us: 

Français. Mens; Empis, Fortis, Panis, Paris, Caro, Homo, 
Falco, Pons, Mors, Bos; Cornu; Agnus, Conus, Grus, Hortus, 
Jus, Malus, Manus, Mus. 

Allemand. Lens, Pastor, Senator; Altum; Carus, Claudius, Cur- 
tius, Delius, Magnus, Marcus, Medicus, Muslus, Servus. 

Anglais. Pontifex, Rex; Ramus. 

Espagnol. Euna, Mora, Silva; Ros. 

Hollandais. Bos; van Arum; Dominicus, Tabius, Julius. 

Jtalien. Rana, Sirena, 

Suédois. Lampa. 

Si l'on est d'avis que des noms tels que Pastor, Hortus, 
Mora, doivent se décliner rigoureusement à la manière latine et 
prendre au génitif la forme PastorU, Horti, Morae, il nous semble 
absolument nécessaire de décliner suivant cette même méthode 
des noms tels que Mens, Empis, Fortis, Pons, Caro, Jus, Rex, 
Bos, etc., dont le génitif prendrait respectivement la forme il/-"Wiî/.9, 
Empidis^ (transcription latine du mot grec t^irnôo^ génitf d'///jri^), 
Fortis, Pontis, Garnis, Juris, Régis, Bovis. D'où, pour être 
logique jusqu' au bout, l'absolue nécessité de décliner encore de 
même façon les noms français Dubos et Seignobos et le nom 
espagnol Cobos, dont le génitif devrait par conséquent prendre 
la forme Duhovis, Seignobovis et Cohovis. 

Cette manière de former les noms spécifiques aux dépens des 
noms patronymiques modernes serait absurde; il serait tout aussi 
déraisonnable de dire Mentis, Empidis, Juris, Régis, etc. 



— 314 — 

Concluons donc que le Congrès de 1889 a été bien inspiré, 
en décidant que le génitif devait toujours être ^formé inir l'addi- 
tion d'un simple / au nom exact et comjdt't de la personne à la- 
quelle on dédie*^. Ajoutons, juiur i»réciser davantage et pour ne 
laisser aucune jtrise à Téquivoiiue: „alors même que ce nom serait 
semblable à un mot latin ou grec.'-'- 

Cette conclusion logique se trouve impliquée par la formule 
même adoptée par le premier Congrès zoologique. Elle n'introduit 
pas dans la science une méthode absolument nouvelle, puisque 
les naturalistes ont déjà proposé des noms génériques tels que 
Loftiisia, Magnusia et même Môbiushpongia et des noms spécifi- 
ques tels que Cydop^ Claiisi, Amnicola Iiisi, Endomycc Magnusi, 
Entyloma J\fag)ui.<;i, FrancoUnus Altumi^ Corhula lIcncÀrliusi, 
Cellepora Malnsi. 



— ♦'^<$^- 



LA MER NOIRE 
et ses Cétacés vivants et fossiles, 

par T. J. Van Beneden. 

Chaque groupe d'animaux a eu, a, ou 
aura son importance; il a monté et il a 
descendu, à moins qu'il ne soit encore 
à son apogée. 

La question des communications qui autrefois réunis- 
saient la mer Noire, la mer Caspienne et le lac Aral, a 
depuis longtemps vivement intéressé les naturalistes. 

Diodore de Sicile s'en était déjà occupé et, au début 
du XVliï-e siècle, Titton de Tournefort, d'Aix en Pro- 
vence, exprimait l'avis que le niveau de la Méditerranée 
avait été anciennement plus élevé qu'à l'époque où il écri- 
vait, que les eaux de cette mer avaient rompu les mon- 
tagnes du Bosphore pour former la mer Noire et la mer 
Caspienne, en se précipitant sur l'Asie. 

Cette question avait également attiré l'attention de l'abbé 
Mann, à la fin du siècle dernier, et de bien d'autres 
savants parmi lesquels nous devons citer surtout d'Eich- 
wald. Il y a quelques années, un naturaliste français, de 
Verneuil, a visité la Crimée en géologue et en paléontolo- 
giste: «toujours reste-t-il certain», fait-il observer, «que la 
Crimée et les rivages septentrionaux de la mer Noire ont 
été le théâtre de phénomènes géologiques très-récents, que 
de vastes dépôts d'eau douce et d'eau saumâtre ont succédé 
aux dépôts tertiaires marins, et que des dépôts lacustres 
ou fluviatiles, qui s'élèvent à plus de cent pieds au dessus 
de la mer Noire, qui s'abaissent en d'autres endroits au 

1 



— ^ — 

dessous de ses eaux, prouvent incontestablement que la 
mer Noire n'existait pas alors, ou du moins que .ses con- 
tours et son niveau étaient différents de ce qu'ils sont 
aujourd'hui» . 

Plus récemment deux naturalistes anglais, William Ba- 
tison et Balfcur, ont visité la mer d'Aral, et l'étude d'un 
seul mollusque, le Cardïum edule, leur a appris que cette 
coquilUe varie d'après la profondeur à la quelle elle ha- 
bite et le degré de salaison des eaux qui la renferment; 
et ils concluent de ce qu'ils ont vu sur les lieux, que la 
mer (VAral a couvert anciennement une plus grande sur- 
face qu'aujourd'hui, qu'elle s'étendait avec la Caspienne 
sur une plus grande partie des steppes de l'Ouest de 
l'Asie centrale, et communiquait avec la mer Arctique *). 

L'étude des cétacés fossiles et vivants de ces régions 
nous permet de résoudre plusieurs questions relatives aux 
changements qui se sont accomplis dans le sol, depuis 
les pieds des monts (Jurais jusqu'à la chaîne du Caucase. 

Avec le concours des travaux géologiques, cette étude 
nous permet d'assurer: 

1-e. Que les cétacés qui prennent leurs ébats dans la 
mer Noire actuelle ne sont pas les descendants de ceux 
qui l'habitaient autrefois. 

2-e. Que tous les cétacés de la mer Ponto-Aralo Cas- 
pienne ont été exterminés. 

3-e. Que tous les cétacés, dont on ne connaît plus que 
les ossements, pouvaient visiter librt'ment la mer Arctique 
et y prendre leurs ébats; mais que l'entrée dans la Médi- 
terranée leur était interdite. 

4-e. Que les cétacés vivants aujourd'hui dans la mer 
Noire, contrairement à ceux qui y vivaient autrefois, peu 
vent visiter la ^léditerranée en passant par le Bosphore. 

5-e. (j)ue le soulèvement, qui a intercepté la communica- 
tion avec la mer Arctique, a eu lieu avant la fin de l'épo- 
que Miocène. 



*) On sorns variations <>f ('ardlnni nlnlc, Troc roy. Soc. Vol. XLVI, 1H89. 



- 3 - 

6-e. Que le détroit du Bosphore de Constantinople ne 
s'est formé qu'à la fin de l'époque tertiaire ou au com- 
mencement de l'époque actuelle. 

7-e. Que si la Méditerranée a été peuplée par l'émi- 
gration des animaux de l'Atlantique, la mer Noire d' au- 
jourd'hui a été peuplée par l'émigration des animaux de 
la Méditerranée. 

Nous trouvons à l'état fossile dans le bassin de la 
mer Noire toutes les formes qui caractérisent aujourd'hui 
la faune des océans: des baleines avec leurs fanons; des 
ziphioïdes qui ne vivent plus que dans les régions équa- 
toriales; des Delphinides qui préfèrent généralement les 
régions pélagiques; des Siréniens qui ne quittent pas les 
rivages; et enfin les Pinnigrades qui prennent au besoin 
leurs ébats à terre et sans crainte d'échouer.. 

Cette grande variété de cétacés, jointe au grand nombre 
d^espèces réunies dans les principales familles, démontre 
que la mer Noire aujourd'hui est loin de se trouver 
dans les mêmes conditions qu'autrefois: de mer ouverte 
qu'elle était pendant toute la durée de l'époque tertiaire 
supérieure, elle est devenue relativement mer intérieure, 
depuis le commencement de cette époque. 

Les cétacés pouvaient prendre librement leurs ébats 
depuis les côtes de la Nouvelliî Zemlia jusqu'au pied du 
Caucase. 

Les baleines étaient représentées dans la mer Noire 
ouverte par les Cétotherium de Brandt, dont Rathke le 
premier avait reconnu les véritables affinités. 

Les ziphioïdes n'y sont connus que par un petit nombre 
d'ossements, et je n'oserais affirmer que toutes ces détermi- 
nations sont exactes. 

On a déjà fait la remarque que le bassin tertiaire de 
Vienne renferme plus de vingt espèces de Delphinides de 
toutes les dimensions, et que le bassin Volhyno-Podolien, 
comme celui d'Odessa et de Bessarabie, en renferme peut 
être autant. 

Quelques unes de ces espèces, comme VOrcopsis acuti- 

1* 



- 4 - 

<h>is et le PlafyrJn/)whi(^ canal iculafiis, avaient une aire 
jiéogiapliique tiH^'s- étendue en Europe; on en trouve des 
restes dans tous les ossuaires de l'âge de la molasse, en 
Allomaiine comme en Suisse, en France comme en Belgique, 
au Midi, en Italie couime en Portugal. 

Le Dolphinide le plus reuiarquable de cette mer, — c'est 
le Pachi/acaNfluis Sncssii de l)randt, trouvé à Hernals 
et à Nussdorf, dans le bassin de Vienne; les apophyses 
vertébrales et les côtes de ce Delpliinide sont si singu- 
lièrement développées, qu'on a pu les prendre pour des 
os de Siréniens. 

ir existe encore bien des formes nouvelles à en juger 
par les ossements mis au jour. Pendant notre séjour à 
Vienne, nous avons pris des notes et des croquis pour 
établir au besoin plusieurs espèces nouvelles. 

Parmi les cétacés fossiles, nous devons également citer 
le terrible carnassier, connu sous les nom de Squalodon, 
et dont nous avons le premier reconnu la nature cétacée. 

Le mot Squalodon indique par ses racines ce que Gra- 
teloup, qui a établi ce genre^ il y a cinquante ans, pen- 
sait de ses affinités. 

On connaît maintenant des Squalodons dans le sable 
miocène de toute l'Europe, dans les deux Amériques et 
même en Australie. 

Les plus intéressants des Thalassostliériens sont évi- 
demment les Siréniens, qui n'existent plus que dans les 
régions intertropicales de l'Atlantique et du Pacifique. 
On les connaît généralement sous le nom de Ualitherium, 
et le bassin de Mayence, surtout les environs d'Heidelberg, 
est connu pour son riche ossuaire de Lamantins fossiles. 
Les Siréniens de cette époque se tenaient à des latitudes 
plus élevées que ceux d'aujourd'hui, puisqu'on en trouve 
des squelettes plus ou moins complets dans l'oligocène de 
la Belgique. 

Le D-r Eichwald a donné le nom de Manatus mœoticus 
à une espèce dont il a trouvé les ossements sur les bords 
de la vallée de Bouik versant dans le Dniester. 



- 5 - 

Les ossements de Piimigrades ne sont guère plus rares 
que ceux des Siréniens; on les trouve surtout dans des 
couches tertiaires de Bessarabie, mêlés à des ossements 
de Cetotherium, de Delphinides, de Siréniens, même de 
Trionyx. 

Il existe encore aujourd'hui des Phoques dans le lac 
d'Aral, dans la mer Caspienne, qui sont probablement les 
descendants des espèces fossiles, mais il n'en est sans doute 
pas de même du PJioca siherica du lac Baïkal, que l'on 
trouve à deux mille pieds au dessus du niveau de la mer. 

La mer Noire, dont la température et la densité des eaux 
varient d'après la profondeur estimée à 6,500 pieds et 
plus, est séparée de la mer Arctique et ne renferme plus 
ni Baleine, ni Sirénien; il y existe des Delphinides au nombre 
de trois qui s'y sont si bien développés, qu'au pied du 
Caucase on a étabh des pêcheries, où l'on capture, de dé- 
cembre en mars, jusqu'à deux mille individus dans une seule 
saison. La pêcherie de Soukhoum paraît être une des prin- 
cipales . 

Les trois espèces de cétacés de la mer Noire sont: Le 
Dauphin ordinaire (Delphis), qui est Tespèce ordinaire de la 
Méditerranée et de l'Atlantique. Le grand Dauphin (Tur- 
siops) des naturaUstes; Eatkhe en a rapporté un squelette 
qui est conservé au musée de St.-Pétersbourg. 

La troisième espèce est le Marsouin, qui semble devenu 
d'autant plus commun dans la mer Noire, qu'il est plus rare 
aujourd'hui dans la Méditerranée. C'est l'espèce commune, 
peut on dire, des côtes d'Europe. M. Valdemar Tscherniavsky 
m'a assuré en avoir envoyé plusieurs têtes à Moscou, il y 
plusieurs années, à l'occasion d'une exposition qui y était 
organisée. Au nord, cette même espèce est l'objet d'une 
pêche réguUère à l'entrée et à la sortie du hareng dans la 
Baltique. 

Comme nous l'avons dit plus haut, à l'époque de la mo- 
lasse, c'est à dire, à la fin de l'époque miocène, de vraies 
petites Baleines hantaient cet Océan, dont la mer Noire 
n'est plus qu'un faible reste, et, à côté d'elles, vivaient 



— 6 — 

un certain nombre de cétacés à dents; sur le littoral et à 
remboucliure des aftluents, se trouvaient des Siréniens et 
des rinniurades. 

Plusieurs localités, aujourd'hui ])lus ou nu)ins éloignées de 
la nier Noire, étaient alors le lit d'aftluents importants, où 
les ossements de ceux qui y prenaient leurs ébats ont été 
entassés. 

Dans quelques localités cet entassement est considérable; 
ce sont de vrais ossuaires comme à Kertsch et à Anapa 
en Crimé'e; dans les Vorgebirge, nous pouvons citer Pekla'- 
Ak-burum, Stavropol, Vladikavkas, Kamousk couronne; 
Tembouchure du Teligul, dans le gouvernement de Cherson, 
la rive droite de la Tyasma, près Tschiguirin. 

En Pologne, nous pouvons citer les environs de Inowladz, 
en Hongrie Oedenburg, plus près de nous — Nussdorf dans 
les environs de Vienne, Lintz dans la Haute Autriche, Bal- 
tringen dans le Wurtemberg, puis Othmaringen et Zofingen. 

En somme, on a signalé la présence d'ossements de cé- 
tacés dans le lit de presque tous les fleuves qui versent 
encore aujourd'hui leurs eaux dans la mer Noire: le Dnieper 
(àKherson), le Bug (à Nicolayev) le Dniester (à Kischinev), 
le Danube (à Lintz). 

En 1879 nous avons fait connaître des ossements fort 
importants de Mesoeitus agrami recueillis dans les environs 
d'Agram (Croatie^, et J. Muller a décrit un Dauphhi d'après 
des ossements recueillis à Podoboy [Delphinopsis freyeri). 

Linz compte parmi les localités les plus remarquables 
par le nombre et la diversité des espèces; on y trouve des 
Cototherium à côté des Ilalitherium, des Squalodons et 
des Phoques. Ils sont moins nombreux dans les environs 
de Lindau et à Ortcnbourg près de Passau. 

Au Sud de Stavropol (Ciscaucasiej, on a mis au jour un 
squelette assez complet de cétacé à côté de dents de squale. 

Hyot a signalé une vertèbre, que Brandt attribue au Ce- 
totherium priscum, dans l'argile rouge près de x\k-burun. 

Nous savons aujourd'hui qu'à l'exception des Zenglodons, 
jes vrais cétacés n'ont fait leur apparition qu'à la fin de 



- 7 — 

l'époque miocène; c'est dans la molasse supérieure de Ba- 
vière et de Suisse, dans la Leytakalk de Croatie, dans 
les Faluns de Touraine et de Bordeaux, dans le crag 
d'Angleterre et de Belgique, que l'on trouve les premiers 
ossements de ces mammifères marins. 

Nous écrivions il y a une vingtaine d'années: le cen- 
tre de l'Europe est parcouru par de nombreux bras de 
mer, à la fin de l'époque miocène, et la mer Noire s'éten- 
dait à cette époque jusqu autour de Vienne^ de Linz et 
même du lac de Constance, comme le témoignent les 
ossements qui formaient à Baltringen et ailleurs de vé- 
ritables ossuaires. 

L'on s'accorde aujourd'hui à reporter la séparation de 
la mer Ponto-Aralo- Caspienne de la mer Arctique, à la 
fin de l'époque miocène; les eaux, devenues saumàtres 
après cette séparation, ont vu mourir les animaux marins. 
C'est alors que les ancêtres des Dreissena, c'est à dire les 
Congeria, ont pris une si prodigieuse extension. C'est la 
fin de l'époque Sarmatique. La mer Noire n'avait de 
communication ni avec la mer Arctique, ni avec la Médi- 
terranée. 

C'est vers la fin de l'époque pliocène, ou au début de 
l'époque quaternaire, qu'après des effondrements formidables, 
le détroit du Bosphore de Constantinople s^est formé, et 
les eaux de la Méditerranée ont envahi le bassin qui 
était autrefois en communication avec la mer Arctique. 
Une faune marine nouvelle a pris la place de l'ancienne, 
et les coquilles des bords montrent que les eaux ont 
monté à un niveau inconnu jusqu'alors. C'est alors que 
l'huître et le taret ont été introduits dans la mer Noire, 
et quelques poissons, comme l'anchois, se sont dévelop- 
pés en si grande abondance, que les Dauphins, qui s'en 
repaissent, ont fait naître plusieurs pêcheries de cétacés. 

Les phénomènes de soulèvements successifs ont eu pour 
effet de séparer ces mers à des époques différentes, d'où 
il résulte que les animaux qu'elles nourrissent sont loin 
d'être les mêmes; la Caspienne qui s'est séparée la pre- 



— 8 — 

mière, avant rapparitioii des cétacés, ne doit pas avoir 
des ossements fossiles de ces animaux, et on ne doit pas 
s'étonner d'y trouver jusqu'à 54 espèces de poissons, qu'on 
ne trouve ni dans l'Aral, ni dans la Pontique. On en cite 
seulement six (jui sont communes à ces deux mers. 

En résumé: la mer Noire, Caspienne et d'Aral ne for- 
maient qu'une seule mer, ouverte du côté de la mer 
Arctique, et les cétacés qu'elle nourrissait ont été rempla- 
cés par d'autres cétacés, venus de la Méditerranée par le 
Bosphore, à la fin de l'époque tertiaire ou au début de 
l'époque actuelle. 



-^im* 



Sur la distribution géographique 

des CJadocéres, 

par Jules Richard. 

Ayant entrepris depuis plusieurs années déjà Tétude des 
Cladocères, j'ai éprouvé combien il est nécessaire de sou- 
mettre les Crustacés de ce groupe à une révision géné- 
rale dont je m'occupe actuellement. J'ai été amené par 
la même occasion à connaître leur distribution géogra- 
phique et c'est là le sujet que je me propose de traiter 
brièvement ici. Comme on le sait depuis longtemps déjà, 
les animaux inférieurs des eaux douces des contrées les 
plus lointaines, présentent avec ceux de l'Europe de très 
grandes ressemblances. On retrouve souvent non seulement 
les mêmes genres, mais aussi les mêmes espèces dans les 
régions les plus différentes. Il paraît en être de même^ 
à première vue, pour les Cladocères, qui vivent presque 
exclusivement dans Teau douce. Ihering a publié récem- 
ment un travail intéressant sur ce sujet, et je suis en bien 
des points d'accord avec lui. Il est bien certain en effet que 
de nombreux genres de Cladocères sont cosmopolites, aussi 
n'est ce pas à eux qu'il faut s'adresser pour avoir la ca- 
ractéristique d'une faune. Souvent à côté de ces types 
très répandus, il s'en trouve d'autres tout à fait particu- 
liers. C'est ainsi qu'au Congo à côté d'AIo)ia, de JJaphneUa 
et de Macrothrix, se rencontrent les genres Grimaldina 



- 10 - 

et GuerneUa, spéciaux à cette région. Des cas analogues 
se présentent ailleurs. Mais je ne crois pas que l'on 
puisse dès à présent établir des zones de distribution 
géographique. Les faits actuellement connus sont trop peu 
nombreux et la validité d'un grand nombre de formes 
est plus que douteuse, de telle sorte qu'il est impossible de 
tenir compte de toutes les espèces décrites *); il est es- 
sentiel de se borner aux genres, au moins actuellement. Ce 
n'est qu'après une révision générale qu'on pourra acquérir 
des notions un peu précises. C'est pourquoi j'ai bien moins 
l'intention de présenter des conclusions générales que de 
montrer combien nos connaissances sur la faune des Cla- 
docères sont insutiisantes pour établir des conclusions sur 
la distribution géographique de ces Crustacés. 

J'ai pensé que les considérations qui vont suivre, pré- 
sentées dans une réunion des naturalistes de pays divers, 
avaient quelque chance de ne pas passer inaperçues et 
qu'elles aideraient à l'étude non seulement des Cladocères 
des eaux douces du globe, mais aussi, et j'insiste sur ce 
point, des autres groupes d'animaux qu'on recueille inévi- 
tablemnnt en même temps que les premiers (certains 
Protozoaires, les Kotifères. les Copèpodes, les Ostracodes 
etc.) et au sujet desquels nos connaissances sont aussi 
incomplètes. En dehors des notions générales que four- 
niront ces recherches, l'histoire naturelle en tirera encore 
grand proHt et des exemples nombreux qu'il y a encore 
bien des êtres curieux à découvrir et des faits intéressants 
à constater. 

Il est à souhaiter que les voyageurs, qui, pour la plu- 
part, réunissent des collections zoologiques, ne se bornent 
pas à recueillir les animaux volumineux et brillamment 
colorés, mais s'intéressent encore aux animaux inférieurs 
si nombreux, dont la récolte est si facile et exige si peu 



*) Je donne iri la liste des espèces décrites dans les diverses régions du 
globe, sauf pour l'Europe. 



- 11 — 

de temps et de matériel. Je sais fort bien que, si le 
genre de recherches que j'indique ici est encore si peu 
mis à profit, cela tient à ce que Fattention des natura- 
listes qui voyagent n"a pas été appelée sur ce sujet, mais 
ils trouveront toujours quelqu'un prêt à leur donner les 
indications utiles. Ils ne perdront pas leur peine comme 
le montrent de nombreux exemples. 

Ceci dit, nous allons passer successivement en revue 
les diverses régions du globe. J'ai adopté ce plan parce 
qu'il permet mieux que tout autre de fournir aux explo- 
rateurs des renseignements utiles sur les régions qu'ils se 
proposent de visiter. 

Europe. 

Comme cela a lieu du reste pour les autres groupes 
d'animaux, c'est en Europe que la faune des Cladocères 
est le mieux connue. Mais, si cela est vrai pour l'Europe 
prise d'une façon générale et dans son ensemble, il s'en 
faut, et de beaucoup, que l'on puisse en dire autant pour 
le divers pays qui la constituent C'est ainsi que toute 
la partie méridionale de l'Autriche, à partir du 45" de 
latitude nord et jusqu'à l'extrémité de la Grèce, n'a pas 
fourni un seul Cladocère. Cosmovici signale seulement 
près de Jassy, situé déjà hors des limites indiquées, la 
présence de Da2)hma pulex de Geer, D. magna Straus, 
SimocepJialus vetulus 0. F. M., S. spmatvs Cosmovici. 

Nous ne savons rien des Cladocères des îles de la Mé- 
diterranée, sauf en ce qui concerne l'île de Zante (où je 
puis signaler Comptocercns sp.),\2i Corse et la Sicile. Ces 
deux dernières visitées par M. Dollfus ont fourni les for- 
mes suivantes: 

Corse. — JDaphnia pulex de Geer, SimocepJialus vetulus 
0. F. M., Ceriodaplinia megops Sars, Alona affinis Leydig, 
toutes espèces communes en Europe. 

Sicile. — Pohji^hemus pediculus de Geer, Baplinia sp., 
Simocephalus vetulus 0. F. M., Eurycercus lamellatus 



- 12 - 

0. F. M., AJona latissima Kurz, A. cosfata Sars, A. tes- 
tudinaria Fischer, Pleuroxus exiguus Lillj., P. nanus 
Baird, Ghydorns sphaericus 0. F. M. Ce sont là aussi 
toutes des espoces européennes. 

Portugal. — On n'y connaît pas un seul Cladocère. 

Espagne. — Grâce à l'initiative du prof. Bolivar, on 
connaît aujourd'hui les espèces suivantes distribuées iné- 
galement dans les localités assez espacées: Valladolid, Sa- 
lamanque, Ségovie, Madrid, Ciudad Real et Séville. Ce sont: 
DapJnua magna. D. pulex D. ohfusa Kurz, D. BoUvari 
Richard, Simocephalus exspinosus Koch, S. vetulus, Ma- 
croihrix hirsuHcornis Brady et Norman, Alona acantJio- 
cercoides Fischer, Pleuroxus aduncus Jurine, Chydorus 
Letoumeuxi Richard, C. sphaericus. Ces espèces sont 
connues dans le reste de l'Europe, sauf cependant B. Bo- 
Uvari, qui est une espèce très caractérisée trouvée seule- 
ment près de Madrid, et G. Letoumeuxi connu seule- 
ment en Algérie et en Tunisie. La faune de l'Espagne a 
donc un caractère assez marqué. 

Pour en finir avec la partie sud-ouest de l'Europe, disons 
que la moitié méridionale de l'Italie est inexplorée. 

C'est dans l'Europe centrale et surtout en Scandinavie 
que la faune des Cladocères a été le mieux étudiée. C'est 
aussi là qu'elle se montre la plus riche. Sars a énuméré 
récemment (1890) pour la Norvège seule 103 espèces, 
parmi lesquelles le genre Limnosida et plusieurs espèces 
ne se rencontrent que dans cette contrée. La faune des 
autres pays d'Europe est assez bien connue dans ses 
traits généraux; il reste cependant encore beaucoup à 
trouver, quoiqu'elle ait déjà fait l'objet de travaux nombreux 
et importants. Je ne puis entrer ici dans le détail de la 
faune de chaque région, ni même donner une liste géné- 
rale des espèces comme je le ferai plus loin pour les 
autres parties du monde. Cela dépasserait beaucoup le 
cadre de cette note sans qu'il y ait à le faire un très 
grand intérêt, puisque en Europe les progrès sont in- 
cessants et que le caractère général de la faune est bien 



- 13 - 

connu. Parmi les types intéressants, il en est dont l'aire 
de dispersion s'accroît tous les jours davantage {Holope- 
dium^ Leptodora, Bijtlwf replies)^ pendant que d'autres 
restent très localisés malgré les recherches .les plus mi- 
nutieuses {Limnosida, Anchistropus). Ce sont ces derniers 
qui semblent spéciaux à l'Europe, car on ne les trouve 
nulle part ailleurs. Le genre Frixura n'est connu qu^en 
Danemark, mais il y a lieu de douter de sa validité. 
Strehlocerus n'est connu qu'en Europe et aux Açores 
dont la faune est européenne. 

Les Cladocères marins, d'ailleurs peu nombreux {Fodon, 
Evadne), se trouvent en de nombreux points dans les 
mers qui baignent l'Europe. Mais il faut mentionner d'une 
façon toute spéciale Bytliotrephes azovims Pengo, qu'on 
ne connaît que dans la mer d'Azov et le curieux genre 
Corniger spécial à la mer Noire. 

La présence de ces formes intéressantes, ainsi que la dé- 
couverte récente faite par Sovinsky aux environs de Kiev 
d'une espèce du genre JDunlwvedia *) (D. ciliocaudata 
Sovinsky) montrent le grand intérêt qui s'attache à l'étude 
des Crustacés inférieurs non seulement des mers russes 
fermées, mais encore des eaux douces de cette immense 
contrée. En dehors de la Finlande et de la région des 
lacs Onega et Ladoga, le territoire russe est peu exploré. 
Ce n'est que dans les gouvernements de Moscou^ de Twer, 
de Riasan, de Kasan, de Kiev, de Kharkov et 
d'Odessa, que l'on connaît, d'une façon satisfaisante pour 
quelques-uns, la faune des Cladocères. 

A l'île Waigatsch. on n'a signalé que Eimjcercus glacialis 
Lilljehorg. Les recherches de M. Ch. Rabot nous ont donné 
d'importants documents sur les Cladocères de la péninsule 
de Kola et de la région de l'Oural. Mais cela est peu 
au point de vue géographique, bien que le nombre des 
espèces observées en Russie soit déjà considérable. Il est 

*)Ce genre est connu jusqu'ici: en Transylvanie, où Daday a signalé D. 
setigera Birge, qui se retrouve aux Etats Unis. Ce même genre est représenté 
en Australie et au Congo français. 



— 14 — 

fort à désirer, pour les motifs déjà exposés, que les 
recherclies se imiltiplient et qu'en particulier chaque 
centre scientifique entreprenne l'étude de sa région. Les 
naturalistes russes sont au reste en bonne voie, et il 
sutlit de citer les noms de Fischer, Hudendorf, Kessler, 
Kort?clia,uuine. jNIatéle, Nordquist, Poggenpol, Saint-Hilaire, 
Schmankievitch, Sovinsky, Stépanov etc. pour montrer que 
létude des Entomostracés a été et est encore en honneur 
en Russie; il serait injuste de méconnaître l'impulsion 
donnée à ces études par le professeur Bogdanov à qui 
revient sa part dans les progrès accomplis. 

A l'Europe nous rattacherons l'Islande et les Açores. 

Islande. — Des Cladocères assez nombreux sont connus 
en Islande depuis peu, grâce aux recherches de M. Ra- 
bot. En voici la liste complète: Sida crystalUna, Molope- 
dtum gihheriim^ Daphnia longispina, D. pulex, Simo 
rcphalus vetidus, Scapholeheris mucronafa, Macrothrix 
^p., Bosmina arctica Lillj., Eurycercus lamellatus, 
Acropenis leucocephalus^ Alona affinis, A. testiidinaria , 
Pleuroxus excisus, P. nanus, Chydoriis sphaerîcus, Poly- 
j)hemns pediculus. Ce sont toutes des espèces européennes. 
Açores. — Les espèces suivantes y ont été signalées par 
M. M. Guerne et Moniez: Daphnella hracliyura, Daphnia 
pennata 0. F. M., D. pulex, SimocepJialus expinosus^ 
Moina azorica Meniez, Strehlocerus serricaudatus Fischer, 
Alona acanthocercoides, A. afjïnis^ A. testiidinaria, A. cos- 
fat a, A. Barroisi Moniez, A. fuherculata Kurz, Pleu- 
roxus iianus, CItydorus spJiaericus, Lcptodora hyalina? 
Ces formes se retrouvent en Europe, sauf Moina azorica 
et Alona Barroisi qui sont spéciaux aux Açores. Podon 
Schoedleri Tscherniavsky est connu au large de San Miguel 
(Af'ores) et dans la mer Noire. 

A s i e. 

Palestine. — On ne. connaît jusqu'ici que Daphnia At- 
kinsoni Baird et JJ. similis Claus rencontrés à Jérusalem et 



- 15 - 

D. Liimlioltzi Sars, trouvé récemment par le dr. Th. Bar- 
rois dans le lac de Tibériade. Cette dernière forme n'était 
connue qu'en Australie. 

Arménie. — Brandt a signalé quelques «rares Cladocères» 
non déterminés dans le lac Goktschaï et Daphnia liyalina 
Leydig, Leptodora liyalina, BytJiotrephes longimanus dans 
le lac Tschaldyr. Ces trois espèces sont européennes. 

La mer Caspienne a fourni à Grimm Bythotrephes 
socialis. 

Turkestan. — Ulianine a donné la liste suivante des for- 
mes recueillies par Fedtschenko: Sida crystaUina, Daphnia 
ScJioefferi, D. pulex, D. vitrea Ulianine, Simocephalus 
vetulvs, S. exspinosns, Scaplioleheris mucronata, Cerio- 
dapJinia Jaficaudafa P. E. M., C. pulclieUa Sars, Moina 
brachiata Jurine. Macrothrix laticornis Jurine, Bosmina 
longirostris 0. F. M., Acroperus Jeucocephalus, Alona 
quadrangularis 0. F. M.,^. lineata Schoedler, Pleuroxus 
aduncKS Jurine, P. frigonellus, P. Jiastatus Sars, Chydorus 
spliaericns. Toutes ces espèces sont très répandues en 
Europe. 

Sibérie. — A signaler dans la région ouralienne du 
gouvernement de Tobolsk: Polypliemus pediculus, Sida 
crystallina, Daphnella Brandtiana, Ceriodaphnia rotunda 
Straus, Scaplioleheris mucronata, Bosmina ohtusirostris 
Sars, B. sp. Eurycercus lamellafus, Alona a/finis, Chy- 
dorus sphaericus. Toutes ces espèces sont aussi répandues 
en Europe. Il faut encore citer Daphnia Middendorfiana 
Fischer, qui est une variété de D. pulex et qui a été 
trouvé sus les bords du fleuve Boganida par environ 75" 
de latitude nord. C'est, je crois, le Cladocère le plus 
septentrional que l'on connaisse. 

A l'île Behring Lilljeborg a reconnu la présence de 
Daphnia lovgisp'nni et de Enrycercus glacialis Lillj. 

Japon. — Fritzc a indiqué la présence de Leptodora à 
quelque distance de Yokohama. Dans dos localités voisines 
on trouve: Daphnia Schmackeri Poppc et Richard, Bos- 
mina japonica Poppe et Richard, Monospilus sp., et Alo- 
na sp. 



- IG - 

Chine. — Grâce à M. Sclimacker, nous pouvons citer 
les formes suivantes aux environs de Slianghaï: Leptodora 
sp. Sida sp., DapluieUa sp., Daplniia galeata Sars, Scaplio- 
Jeheris sp., Shnocephahis vetulus var., Bosmina sp., Chij- 
dorus sp., Alona sp., Acroperus s^., Gamptocercus n. sp. 
Tous ces genres sont bien connus en Europe. 

A Hong-Kong on rencontre Penilia orientalis Dana, et 
Podou Schmackeri Poppe. 

Ceyian. — De Hong-Kong il faut arriver à Ceylan pour 
retrouver des Cladocères. C'est en effet à Colombo que Brady 
a signalé Moinodaphnia suhmucronata Brady, Ilyocryptus 
Jfahji Brady, Macrothrixtriserialis Brady, Alona acantho- 
cercoides Fisclier. 

Aucun des genres observés en Asie n'est spécial à cette 
partie du monde. Beaucoup d'espèces même se retrouvent 
en Europe, ou sont très voisines d'espèces européennes. 
Il faut s'attendre à voir ces conclusions se modifier lorsque 
les recherches se seront multipliées, et il est à prévoir que 
des formes spéciales seront trouvées dans l'Asie méridio- 
nale. Ce qui a été fait en Asie au point de vue de l'explo- 
ration des eaux douces n'est rien auprès de ce qui reste à 
faire. Combien de lacs immenses n'ont pas encore vu le 
filet fin! Les Entomostracés du lac Baïkal n'ont attiré 
l'attention de personne, alors qu'on y découvrait une faune 
extrêmement riche en crustacés plus élevés (Amphipodes 
etc). 

Afrique. 

L'Algérie, qui est la région la mieux explorée, a fourni en 
même temps que la Tunisie: Baphnella Brandtiana, Daphnia 
magna, B. acuminirostrls Lucas, D. pulex, Moina macroco- 
pus Robin, Simoceplialus vetulus et S. exspinosus, Cerio- 
daphnia reticulata Jurine, LatJionura recfirostris Koch, 
Macrothrix liirsiiticornis Norman et Brady, Alona tenui- 
caudis Sars, var., A. elegans Kurz, A. guttata S&rs, Pleu- 
roxus aduncus, Ghydoms Letourneuxi Richard. Plusieurs 
de ces formes ont été recueillies par le dr. R. Blanchard 



— 17 — 

dans les eaux salées. Sauf D. acuminirostris, qui est une 
espèce douteuse et G. Letourneuxi, cesforinos se retrou- 
vent toutes en Europe assez communément. 

En Egypte on a signalé près du Caire: Baplinia echi- 
nata Schmarda, Bosmina macrorhynca Schmarda, Macro- 
tlirix acutirostris Sclimarda, Sixla s}) , Baphnia longispina 
D. sp., Bosmina sp.; Shnocepîiahis aegypfiacus Y'ischer se 
trouve à Alexandrie. Stuhlmann signale encore un Daplmia 
sp. près du Caire. 

Il faut maintenant descendre jusqu'au Victoria Nyanza 
et à Zanzibar oii Stuhlmann a trouvé Moina n. sp., un 
Chydorifs, une Bosmina. A quelque distance de la côte près 
de Korogwe, il signale Moina m.icrura Kurz. Enfin dans 
la patrie sud du Victoria Nyanza, il cite un Daplmia péla- 
gique voisin de I). galeata, un Moina voisin de M. hrachi- 
ata, une Bosmina et un Euri/cercus. 

On ne connaît pas de Ciadocères sur le reste de la côte 
orientale d'Afrique, si ce n'est à Port Elizabeth oii Baird 
a signalé une espèce indéterminée du genre Baphnia. 

La côte occidentale d'Afrique n'est pas mieux connue, 
sauf pour le Congo français et pour le Sénégal. Sur le ter- 
ritoire de Mayoumba (Congo français) se trouvent des for- 
mes très spéciales appartenant à des genres complèteinent 
inconnus ailleurs {^Grimaldina Brazzai Kichard, Guernella 
RaphapJis lîicliard), en même temps que des espèces dont 
les genres sont i)lns répandus {Moinodaphnia Mocquerysi 
Richard, Baphnella sp., MacrothrixChevreuxi deGuerne et 
Richard, Bimlievedia sp. 

La dernière région du continent africain oii l'on connaisse 
des Ciadocères est le Sénégal, oii MM. Chevreux et Colin 
ont recueilli Moina e?«<?>m deGuerne et Richard, Macrothrix 
Chevreuxi, Macrothrix sp., Jlyocryptus sp., Alona sp., 
Pleuroxus laevis, Ghydorus sphaericus. 

Madagascar n'a fourni jusqu'ici que Ceriodaphnia lati- 
caudaia P. E. M., espèce européenne, et un Alona sp. 
Voeltzkov y a signalé des Daphnides indéterminés. 

Aux Canaries et aux Seychelles les recherches de M. 

2 



- 18 - 

Alluaud nous permettrons bientôt de connaître la faune 
des Cladocères. Bien que dune façon tout à fait arbitraire, 
je place ici l'île de Kergiielen, si éloignée de tout continent. 
Studer y signale les quatre Cladocères suivants inconnus 
ailleurs, mais appartenant à des genres cosmopolites: Si- 
mocephalus inferniedius Studer, Macrothrlx Borgen Studer, 
Atona Welnecki Studer, Pleuroxus Wittsteini Studer. 

En résumé, la faune des Cladocères de la partie la plus 
septentrionale de l'Afrique montre un caractère européen 
très prononcé, tandis que la région occidentale, voisine de 
l'équateur, présente des types bien spéciaux. Nos connais- 
sances actuelles sont insuffisantes pour ce qui concerne 
les autres régions, et on peut dire que l'Afrique est encore 
à peu près inexplorée, car c'est à peine si l'on connaît 
deux ou trois localités en dehors de la région du nord. 
Il y a tout lieu de croire que le d r Stuhlmann nous 
rapportera prochainement une foule de documents nou- 
veaux sur la faune des grands lacs dont l'étude présente 
le plus grand intérêt. 

Amérique. 

Toute la partie de l'Amérique du Nord, située au nord 
des Ktats-Uin's, est complètement inexplorée, bien que les 
lacs de toutes dimensions y soient extrêmement nombreux. 

Groenland. — La côté ouest a fourni à M. Ch. Rabot 
des formes arctiques, Bosmina arctica Lillj., Eurycercus 
glacialis Lillj. mélangées à d'autres, qui se rencontrent 
aussi bien dans l'Europe centrale qu'aux Etats-Unis, ce 
sont: Polyphemus ^^ec^icw^ws , Holopedium gibberum, 
Daplmia longispina , Scapholeberis mucronata, Acroperus 
leucocei)halus, Alona affïnis, Fleuroxus excisus, F. nanus, 
Ghydorus sphoericus. 

Terre-Neuve. — M. liiballier des Iles a recueilli près de 
St. -Jean: Simocephalus sp., Ceriodaphnia reticulata, 
Bosmina sp., Acroperus sp., Alonopsis testudinaria Leydig, 
P. nanus, Ghydorus sphaericus. 



— 19 ^ 

Etats Unis. — On peut dire que le Minnesota, le Wis- 
consin, le Massachussetts, l'Illionis, l'Alabaraa et le lac 
Michigan ont seuls été explorés d'une fagou assez satis- 
faisante. On connaît encore cependant quelques espèces 
du New-York, de Pensylvanie, de l'Ohio, du Mississipi, du 
Colorado, du Kentucky et du lac Supérieur. Tous les 
grands lacs, y compris ceux qui ont déjà fourni quelques 
Cladocères, méritent d'être étudiés d'une façon complète, 
ce qui n'a été fait pour aucun d'eux. On voit par ce qui 
précède que les trois quarts des Etats-Unis (en particu- 
lier les états de l'ouest) sont encore complètement incon- 
nus. Quoi qu'il en soit, le nombre des espèces observées est 
déjà considérable; en voici la liste, à laquelle il faut 
ajouter les formes mentionnées plus haut au Groenland 
comme appartenant aussi aux Etats-Unis. Toutes les es- 
pèces non suivies de leur nom d'auteur se retrouvent en 
Europe: Sida crystallina; Pseudosida tridentata Herrick; 
Daphnella hrachyura^ B. expinosa Birge; Latona setifera; 
Moina macrocopus , Moina redirostris ; Ceriodaphnia 
alahamensis Herrick; C. consors Birge, C. dentata Birge, 
C. cristata Birge, C. laticaudata, G. parvà Herrick; C. 
scitula Herrick; Scapholebris angulata Herrick, 8. armata 
Herrick, S. aurita; Simocephalus americanus Birge, S. 
daphnoides Herrick, S. rostratus Herrick, S. vetulus; 
Daphnia abrupta Haldeman, D. angulata Say, B. hrevi- 
cauda Chambres, B. duhia Herrick, B. galeata, B. hyalina^ 
B. Kahlhergensis, B. laevis Birge, B. Kerusses Cox, B. 
magniceps Herrick, B. minnehaha Herrick, B. reticulata 
lldi\àemSin,B. refrocurva Forhes, B.rosea,B.rokindata Say, B. 
pulex; Bosmina cornuta, B. longirostris, B. s^nai^a Herrick; 
Macrothrix pauper Herrick, M. rosea, M. tenuicornis; 
Lathonura redirostris; Lyncodaphnia macrothroides Herrick; 
Slycryptus spinifer lier riclr, Eurycercus lamellatus; Gamp- 
tocercus macrurus, G. rotundus Herrik; Alona latissima, 
A. média Berge, A. acanthocercoides, A. quadrangularis, 
A. testudinaria, A. inermis Birge, A. angulata Birge, 
A. glacialis Birge, A. lineata, A. oblonga, A. parvula 

2* 



— 20 — 

var. f)(hcrci(lata Horrirk. .1. piirecfa T.irge, A. satiqninm^ 
A. spinifera^ A. pu/clieUa llerrik, A. pmpnaea; PJeuroxus 
acnfirosfns Birge, P. aff'ivis llcrrick, P. denticnlatus 
Birge, P. hamatus l»irgo, /'. procunms Birge, P. stra- 
miueus Birge, /*. intidpus Birge; Crepidocevcus sefiffer 
Birge: Chtfdnyus splidericus, C. f/ïohos?4S:; Movospilus 
dispar: J'olyplicmus Mcunialis llerrick; Leplodora Inialina. 

Parmi toutes ces formes, un seul genre est spécial aux 
Etas-T^nis et à rAméri(iue du Nord: Psendosida tridevtata 
(Alabama), car le genre Grepidocercus est identique au 
genre Duvlieredia et Li/veodaphnm wacrothroidcs de llerrick 
n'est sans doute pas autre cliose que Ophryoxus gracilis 
Sars. En acceptant les déterminations des auteurs amé- 
ricains, on treuve que la moite des espèces des Etats- 
Unis se retrouvent en Europe. Cette proportion sera sans 
doute not iblement augmentée quand les formes considérées 
comme spéciales à l'Amérique auront été soumises à un 
travail de révision. Dans tous les cas, un grand nombre 
de ces espèces sont très voisines de formes connues en 
Env()])e. 

Amérique centrale. — -le ne puis citer que Daplmia sp. 
voisin de 7). pulex et Ceriodaphnia piilchella recueillis à 
Guanajuato par M. Dugès. Ici se rattachent les Grandes 
Antilles, parmi les quelles HaVtl a seule fourni une espèce 
encore indéterminée du genre Moina, recueillie par le 
frère David près de Port au-Prince. 

Les diverses régions do l'Amérique centrale demandent 
à être explorées avec, soin, les eaux douces y sont abondantes. 
Mexico en particulier se trouve dans une situation très 
favorable, car plusieurs grands lacs se tiouvent à proxi- 
mité. L'immense nappe (Feau du Nicaragua mérite aussi 
d'attirer d'une manière toute spéciale l'attention des na- 
turalistes. 

Amérique du Sud. — Ce (|ue j'ai dit au sujet de l'Afrique 
s'applique entièrement à l'Amérique du Sud et même avec 
plus de raison, car le nombre des points explorés et celui 
des espèces recueillies sont extrêmement faibles, il faut 



- 21 — 

ajouter que presque toutcîs les formes signalées demandent 
à être étudiées à nouveau. 

C'est à Rio de Janeiro près de la côte, que Dana a 
trouvé Pen'dia avirostris Dana et plus bas encore, à 
l'emboucliure du Rio Negro (Patagonie), Podun hrevicaudis 
Dana. Le premier genre n'est connu que dans le détroit 
de la Sonde et à Hong-Kong. Les Cladocères d'eau douce 
ne sont connus que dans les localités suivantes: l'île Chi- 
loé, au sud du Chili, ou Gay a signalé Daphnia granaria 
Gay, Scaplioleheris spinifera Gay, Lynceus nasiUus Gay; 
le même auteur a trouvé beaucoup plus haut, par environ 
30^ de latitude sud, à Santa Rosa, Lynceus alhicans Gay 
et L. armatus Gay. Il est impossible de reconnaître à. quels 
genres appartiennent les trois derniers lyncèides nommés. 

Le lac Titicaca enfin au Pérou, et dans lequel Agassiz 
et Garman n'avaient recueilli, en fait de Crustacés, qu'une 
espèce de Cypris et plusieurs espèces d^AUorchestes, a fourni 
à M. le dr. Moniez Bo^pliniasp., Ceriodaj^hnia solis Manier, 
SHnocepîialus cacicus Manier, Comptocercus sp., et Chy- 
dorus sphaericus. Toutes ces formes ont été trouvées dans 
l'intestin d'un, poisson (Orestias Mulleri). Les Cladocères 
sont donc variés dans le lac ïiticaca, et le dr. Moniez 
pense avec raison que les types observés ne représentent 
qu'une faible partie de ce que cette immense masse 
d'eau contient en fait d'Entomostracés. 

c é a 11 i e. 

Iles de la Sonde. — J'ai signalé les espèces suivantes re- 
cueillies par le professeur Max Weber: à Sumatra, Dapli- 
nella excisa Sars, Moina Weheri Richard; à Célèbcs, 
Macrothrix spinosa King, Ilyocryptus longiremis Sars, 
Alona Sarsi Richard; à Bornéo, M. Chaper a recueilli 
Ilyocryptus longiremis Sars et Moii/odaphuia sp. Enfin 
c'est dans le détroit de la Sonde que Dana a observé 
Penilia orieutalis Dana. Comme on va le voir, la faune 
des îles Malaises présente plusieurs points de contact avec 
celle de l'Australie. 



— 22 — 

Australie. — Rockhampton, Sydney et Port Jackson sont 
les trois seuls points oii Ton connaisse la présence des 
Cladocères. Les espèces suivantes sont communes aux 
deux premières localités: Bapluiia carmata Kwg^ Simoce- 
phaJus EUsabethae King, S. australien sis Dana, Macro- 
thrix sj)inosaKing,Dunhevech'a crassa King, Alona diapha^ia 
King^ A. Kariia King. — A Rockhampton, Sars signale en 
outre: Lasonoiisis australis Sars, JDajiluiella excisa Sars, 
Daphnia Lumlioltzi Sars, Ceriodaphnia cornuta Sars^ Moina 
propinqua Sars, Ilyocryptus longiremis Sars, Alona au- 
stralis Sars, A. Archeri Sars, A. laevissima Sars, A. 
Clathrata Sars. 

A Sydney (et Port Jackson) ou connaît encore: Cerio- 
daphnia honorata King, M oino daphnia Macleayi King, 
Scapholeheris mucronata, Lathonura (?) lemnae King, 
Eurycercus (?) spinosus King, E. (?) Cookii King, E. (?) 
Cîinninghami King, Alona Bairdii King, A. pulchella 
King, A. mascnla King, Bunhevedia podagra King, Chy- 
dorus Leonardi King, G. augustus King. C'est encore à 
Sydney que Dana a observé Daphnia macrura Dana. 

Parmi toutes ces formes, en dehors des nombreuses 
espèces douteuses (le King, il n'y a qu'un genre spécial 
au continent australien, c'est Latonopsis. Tous les autres 
sont plus ou moins répandus. Une forme particulière, D. 
Lumholtzi, a été retrouvée récemment en Palestine. 

Nouvelle Zélande. — Thomson signale près de Dunedin 
Daphnia ubtusata Thomson et Chydorus minutus Thomson, 
deux espèces qui paraissent ne rien présenter de parti- 
culier. 

Iles Fidji. — Seul, Dana y a observé Daphnella angusta 
Dana.^ Ceriodaphnia textilis Bana.^ et Lynceus latifrons 
Dana. 

Conclusions. 

Les conclusions qui paraissent pouvoir être tirées des 
pages précédentes sont les suivantes: 

1-0. Il est impossible d'établir actuellement pour les 



— 23 - 

Cladocères des régions limitées des conclusions compara- 
bles à celles qui ont été adoptées pour beaucoup d'autres 
groupes zoologiques. Un très grand nombre de genres et 
même d'espèces sont cosmopolites ou bien ont une aire de 
dispersion extrêment étendue (Daphnia, Ceriodaphnia, 
Simocephalus^ Bosmina, Macrottrix^ Alona, Cht/dorus). 

2-0. Dans plusieurs parties du monde, on trouve des 
types spéciaux, le plus souvent en très petit nombre, et 
noyés au milieu d'une foule de formes très répandues. Nous 
avons en Europe: Limnosida^ Anchistropus, Corniger; 
en Afrique: Grimaldina, Guernella; dans l'Amérique du 
nord: FseudosidcK en Australie: Latonopsis. Le genre Pe- 
nilla est commun à l'Asie, à la Malaisie et à l'Amérique 
du Sud. Il est très probable que ces trois dernières ré- 
gions ont aussi des types tout à fait particuliers, mais 
elles ont été si négligées qu'on ne sait presque rien à 
leur sujet, et les conclusions négatives qui les concernent 
n'ont aucune valeur. 

3-0. Enfin, la conclusion la plus sûre est qu'il est abso- 
lument nécessaire de multiplier les recherches non seulement 
dans le sud de l'Europe, mais encore et surtout en dehors 
de cette contrée. Tant que nos connaissances seront aussi 
incomplètes qu'elles le sont actuellement, il sera téméraire, 
à mon avis, de tirer sur la distribution géographique 
des Cladocères des conclusions précises sortant des gé- 
néralités auxquelles j'ai cru prudent et non timide, de 
me limiter. 

J'espère toutefois avoir atteint le but que je me suis pro- 
posé (cela était du reste malheureusement trop facile) et 
qui est de montrer combien il reste à faire pour connaître 
la faune, non seulement des Cladocères, mais aussi des 
autres animaux inférieurs des eaux douces. 



-^- 



Sur lîi MoïKKlontoplirya, 

nu II voile espace d'Opalinide 
par. Fr. Vejdovsky, 

(1 i' r rag u 0. 

l'ciidaiit mes rechcrclics sur raiiatoniie et l'embryologie 
•lu «IJhyiichelmis Limosella llofm.», j'ai découvert dans 
le corps de ce ver une très longue OpuJiuide, qui mérite 
d"ètre signalée pour son organisation, comme pour son 
origine; c'est pourquoi je me permets de vous communi- 
quer quelques observations sur cet infusoire, qui n'a pas 
encore été décrit et que je désignerai sous le nom de 
„]\IoNodontophrya loïKjisslme u. (). n. sp.^^. 

Les vers recueillis dans TElbe, à Klbe-Kostelec (Lab- 
sky Kostelec), ainsi que d'autres provenant de; la Moldau, 
de Troja et de Prag, contenaient, pendant Tliiver et le 
printemps de 187 6, 1884 — 86, les sus-dits parasites, 
dans rintestin et souvent aussi dans la cavité du corps. 
Dans les mois plus clmuds du printemps, depuis mai, et 
dans le courant de l'été, j'ai trouvé cet intéressant infu- 
soire, mais rarement et de très petites dimensions, ex- 
clusivement dans la région stomacale. 

La longueur des individus adultes et qui n'ont pas coju- 
mencé leur division des „Monodontophrya longissima" est 
de 0.8 — 1.5 mm. L'animalcule est de forme cylindrique, 
arrondi, peu souple; l'extrémité antérieure est un j)eu plus 
mince et tronquée, puis il s'élargit pour se rétrécir peu- 
à-peu vers la partie postérieure. On peut distinguer la 
partie supérieure du corps de la partie inférieure ])ar la 
position de la dent cliitineuse. I^a prenuère est légèrement 
renflée, tandis que la seconde est plus ou moins applatie. 
Ces différences entre les deux cotés du coq)s se distin- 



- 25 - 

guent le mieux quand ou regarde l'anima cule de profil 
(iig. 2.). Les iufusoires dégagés de Fintestin se meuvent 
assez lentement et ordinairement ne tardent pas à périr 
dans l'eau, sous le verre à couvrir. A l'état vivant, ils 
nous paraissent clairs et transparents, et l'on ne peut 
guère étudier leur organisation dans cet état. Ce n'est 
que pendant qu'ils meurent et sur des préparations traitées 
à Tacide osmique, et colorées par le picrocarmin qu'on peut 
se faire une idée de leur structure. 

La prétendue „ cuticule" se voit sur toute la surface du 
corps, comme une couche hyaline, et se termine à 
l'extrémité antérieure par un disque (iig. 1, 2, 3) dépourvu 
de cils, arrondi, légèrement incliné de la partie supérieure 
vers la partie inférieure du corps. C'est l'api^areil de suc- 
cion, dont le champ central consiste probablement dans 
la cuticule ordinaire, tandis que la périphérie est formée 
par un anneau résistant et brillant, de couleur jaunâtre, 
qui est probablement de composition chitineuse. 

C'est à l'aide de ce disque de succion que l'animalcule 
se fixe aux parties du corps étranger, le plus sou"\ent aux 
parois des intestins. 

On remarque à la partie dorsale du disque une petite 
dent (fig. 2, xe.), que je considère comme un appareil de 
forage; elle a la forme d'un stylet court et acéré, d'une 
certaine rigidité. C'est à l'aide de cet organe que l'animal 
parvient à perforer les parois des intestins du Khynchelmis 
et à pénétrer dans la cavité du corps, où on le trouve sou- 
vent. Je ne saurais du moins expliquer autrement comment 
l'infusoire pourrait abandonner son séjour primitif, la région 
stomacale de l'intestin, et se transporter dans la cavité 
du corps. 

La ciliation du Monodontophrya est très épaisse et éga- 
lement répartie sur tout le curps, en exceptant le disque 
de succion (^ui n'est pas couvert de cils , com- 
me nous l'avons observé plus haut. La longueur des cils 
n'est pas uniforme: ils sont plus longs sur l'avant -corps 
(fig. 1, 2) et de plus en plus courts en avançant vers 



- 26 - 

rtwtit'inito postérieuro. jusqu'à co qu'ils paraissent être de 
longueur et de ténuité à peu pr^s égales. Les cils qui 
environnent le disque de succion ne sont pas seulement 
plus longs que ceux du milieu du corps et de la partie 
postérieure, mais aussi sensiblement plus gros, ce qui se 
voit le mieux sur les préparutions endurcies et colorées 
par l'acide osmique (tîg. 1); ainsi, tandis que le revctc;- 
ment de cils du reste du corps n'apparaît que comme 
une couche hyaline, dans laquelle on ne par- 
vient à distinguer les cils qu'avec les plus forts grosis- 
senients, les poils longs et forts de la circonférence du dis- 
que gardent leur position naturelle et ne se confondent 
pas, comme les cils déliés du reste du corps. 

La substance plasmatique interne du Monodontophrya 
offre de l'intérêt à l'observateur. Dans les individus bien 
colorés, on distingue, même avec de médiocres grossissements, 
une limite bien marquée entre le plasma externe et in- 
terne. La couche extérieure apparaît comme un épais 
réseau de plasme qui, dans le picrocarmin, prend une 
jolie couleur rose-rougeâtre et consiste en une substance 
granulée menu, dans laquelle on parvient parfois (dans 
des conditions favorables) à distinguer vaguement quel- 
ques alvéoles isolées. Les petits grains du plasme, 
colorés avec plus d'intensité, se distinguent encore mieux 
et paraissent se réunir eu filaments isolés qui semblent 
se relier au réseau du plasme interne. Ces rapports, au- 
quels je n'ai pu malheureusement doinier dans ces der- 
niers temps une attention suffisante, aparraissent avec une 
évidence toute particulière dans les préparations traitées 
par le fluide de Flemming, mais seulement au moment où 
Taninialcule est sur le point de mourir, comme on le voit 
dans la fig. 2. 

L'épaisse couche externe de plasme apparaît ici, des 
deux côtés, comme une large bande, tandis que Tintérieur 
du corps est rempli par une substance fluide et 
transparente, dans laquelle on distingue un joli réseau de 
plasme. 



— 27 - 

Si l'on poursuit ce réseau jusqu à la couche externe de 
plasme, on reconnaît que les granules mentionnés, plus 
fortement colorés, sont reliés à la couche interne du 
plasme. Il se forme autour du noyau une couche continue 
de plasme, dans laquelle on peut aussi distinguer de pe- 
tites ouvertures de mailles, peu visibles du reste. Malheu- 
reusement, je n'ai pu employer d'assez forts grossissements 
pour pouvoir en donner une description suffisamment précise. 
Néanmoins, les rapports dans la structure des réseaux 
de plasme, observés dans le ^lonodontciphrya, rappellent 
ceux qu'a démontrés depuis peu M. Kunstler M, à l'aide 
des plus forts grossissements, dans les flagellés, et positive- 
ment constatés surtout dans les cryptomonades, et sur les- 
quels il a donné des détails très précis. 

Dans la description présente de la structure plasmati- 
que du Monodontophrya, je me suis encore servi de l'ex- 
pression de «réseau plasmatique», parce que j'ai décrit 
les préparations fixées, dans lesquelles il est difficile de 
distinguer la structure alvéolaire du protoplasme, vu que 
le Cytochylem offre l'aspect d'une masse compacte et 
que le plasme granulé ne paraît que sous la forme de 
filaments parfois épaissis, tandis que les mailles sont 
difficiles à distinguer. Dans ces derniers temps, je n'ai 
pas étudié ces animalcules à l'état vivant, dans lequel 
seulement on pourrait distinguer la structure spongieuse 
du plasme. Cependant, je partage l'avis, émis récemment 
par M. Butschh 2)^ sur la structure plasmatique des Pro- 
tozoa, surtout telle qu'elle apparaît dans les grandes 
Amibes, comme le «Pelomyxa palustris» . 11 n'y a rien 
de plus favorable pour prouver la structure spon- 
gieuse du plasme dans les Pthisopodes mentionnés, et je 
m'en suis assuré, non seulement sur des exemplaires vi- 
vants, mais aussi sur des sections colorées. Il est plus 



'.j Recherches sur la morphologie des Flagellés, Bull. sav. de la France et 
de la Belgique. 1889. 

2) Ueber die Structur des Protoplasma. Verhandl. v. deutschen Zoologischen 
Gesellschaft. Leipzig. 1891. pp. 14—29. 



- 28 - 

difticile de siuiialor l;i structure spongieuse dans l'ecto- 
plasme byalin des Amibes; R. Greeff le considère seulement 
coinnie une substance homoi^ène, dans laquelle il est par- 
venu à découvrir chez v.rAmibe terricolo^, de minces 
libres contractiles. Eu revanche, je suis parvenu, avec 
les plus forts grossissements, ù découvrir la structure spon- 
gieuse même dans les faibles couclies de l'ectoplasme du 
«Pelomyxa palustris», formant, cà et là, des lobes courts 
et obtus. Ici, les alvéoles sont si petites et ont des con- 
tours si indécis qu'avec des grossissements plus faibles, on 
pourrait facilement être porté à considérer l'ectoplasme 
conïme homogène. 

Pour ce qui concerne les premiers degrés de dévelop- 
pement des «bulles d'attraction», ou, comme je les appelle, 
des périplastes des cellules qui se divisent, c'est aux 
savants futurs à le décider. J'ai admis, comme on le sait, 
que dans les premiers degrés de leur formation (du cyto- 
plasme des spermatozoaj, ils consistent en un plasmc ho- 
mogène et sans structure dans lec^uel se forment plus 
tard, par assimilation, de minces filets réticulaires. C'est 
pourquoi j'ai considéré la structure primitive du plasme 
comme homogène et sans structure distincte ^). 

Après ces observations sur la structure du plasme, nous 
pouvons continuer à étudier l'organisation du Monodon- 
tophrya. La transparence de l'infusoire à l'état vivant 
empêche le })lus souvent de distinguer les vacuoles con- 
tractiles. Mais l'observation de l'organisme au mo- 
ment ou il meurt, après avoir été traité par la fluide de 
Flemming prouve que les organes mentionnés sont très 
nombreux (f. 2). Il parait que les vacuoles contractdes 
sont le plus actives au moment de la mort de l'infusoire, 
et c'est une surprise pour l'observateur quand il découvre 
dans les couches externes du corps d'innombrables sacules 
brillants et assez gros, qui se contractent bientôt et 
disparaissent subitement au moment de la mort de Fani- 



ij Entwickcluugensgesch. Untersuchungeii, 1888. p. Ui). 



- â9 - 

malcule. Leur disposition est régulière; car ils forment une 
série de spirales à petits intervalles les unes des autres, 
incrustés dans la partie externe et épaisse du réseau de 
plasme et communiquant par un petit canal resserré avec 
la cuticule extérieure. L'épaisseur des vacuoles contrac- 
tiles est la même que celle du ])lasme; les contours semblent 
être doubles, mais je n'ai pu rien observer déplus précis 
sur la structure de leurs parois, parce que, comme] je 
l'ai dit plus haut, ils crèvent aussitôt après la mort de l'ani- 
malcule, et ne peuvent plus s'apercevoir plus tard. 

La structure du noyau du Monodontonphrya est très 
intéressante. C'est un petit corps long, pointu vers l'extré- 
mité antérieure et se rétrécissant vers l'extrémité ])0s- 
térieure, qui se distingue par des détails de structure tout 
particuliers, quand il est traité par la fluide de Flemming. 

Ce noyau consiste en un protoplasme granulé et épais, 
assez vivement coloré dans le picrocarniin et l'on distingue 
à la surface une membrane hyaline. Quand il est coloré encore 
plus vivement, le noyau ressemble à un corps tordu en hélice 
qui ressort de la substance plasmatique de raiiimalcuie (fig. 1). 
En outre, il y a dans le noyau diverses corpuscules étranges 
qui attirent tout particulièrement l'attention de l'observateur. 
Un fragment de noyau, observé sous un fort grossissement 
est reproduit dans la fig. 3. et mérite une description 
détaillée. Dans le caryoplasme épais et granulé se trouvent 
des corpuscules rangés les uns derrière les autres à 
l'extrémité antérieure, plus loin, vers l'extrémité postérieure, 
ils sont beaucoup plus ténus et disposés sur deux rangs, 
de manière que les corpuscules du 1-er rang (a) alternent 
avec ceux du 2-^'"^^ rang. Ces corpuscules sont généralement 
élipsoïdcs, rarement sphériques comme ceux de l'extrémité 
postérieure qui sont souvent disposés en fuseaux. Je n'ai 
pu signaler une paroi particulière dans ces corpuscules; le 
caryoplasme qui les sépare est plus épais et coloré d'une 
manière i)lus intense que les autres parties du noyau. 

La substance des corj)uscules consiste en une substance 
principale byaline, dans laquelle est incrusté un corpus- 



- 30 — 

l'ule central d'épais ])rot()]iIasnie granulé. Ce dernier lie se 
colore pas d'une manière aussi intense que le caryoplasme; 
au contraire, il est beaucoup plus ))rile, tandis (|ue les 
grains du plasme sont plus brillants. ,Ie n'ai pu constater 
que rarement de légers filaments entre ces corpuscules 
centraux et le caryo])lasme; dans (jucl(]ues cas isolés on 
peut constater des traces évidentes d'un jtartage transver- 
sal, et je crois que les corpuscules de la partie postérieure 
du noyau se sont formés jiar la division des corpuscules 
centraux plus grands. Ainsi, la forme ronde des corpus- 
cules (r) serait la forme ])rimitive, et les cor])uscules élip- 
soides (i) représenteraient le moment où ils sont en voie 
de se diviser. 

On ne saurait douter (jue les formes décrites correspon- 
dent aux corpuscules qu'on sait depuis longtemps exis- 
ter dans le noyau de différents infusoires; ils rapellent 
notamment la structure des noyaux des Vorticellides. Jja 
difficulté qui se présente dans ces considérations consiste 
dans l'absence d'une membrane extérieure et dans la com- 
position chymique des corpuscules plasmatiques granulés. 
Il est possible que ce soient les réactifs employés qui ont 
produit ces particularités dans la structure. 

Dans la littérature contemporaine, je ne trouve qu'une 
seule indication sur une structure semblable du noyau des 
ciliés. Le dr. Peytaureau mentionne, dans son rapport 
sur la constitution du protoi)lasme *), que Kunstler a ob- 
servé une structure toute ])articulière du noyau du «Stylo- 
nicliia mytilus». Kunstler distingue dans ce dernier une 
quantité de vacuoles brillantes dont chacune renferme un 
corpuscule nucléolaire. La zone hyaline apparaît, avec de 
forts grossissements, comme une cavité alvéolaire remplie de 
filaments plasmatiques très déliés et radiés. On n'aperçoit 
pas dans les corpuscules centraux de noyaux chromozomes,mais 
seulement un réseau plasmatique très délié. «Chaque cor- 
«puscule nucléolaire laisse voir sa structure; s'il est pe- 



*) la Constitution du protoplasme. Bordeaux 1891. 



- âi - 

«tit, il lie semble y avoir qu'une seule vacuole centrale 
«peu visible et passant insensiblement aux parois bien plus 
«denses; gros il est plus alvéolaire, miis offre la même 
«constitution très diffuse». 

Ce sont des détails précis qui concordent avec la struc- 
ture du noyau du Monodontophrya. 

Des observations, soigneusement faites dans différentes 
saisons, contribueraient à éclaircir plus complètement ces 
faits intéressants, ainsi que les rapports du noyau et le 
procé de la division du Monodontophrya. 



•^- 



8î2:inficatîoiî 

(les rerher('lu\s (Miibryologiques ])oiir la classification, 

par A. Tikhomirov, 

professeur de 1' Université de Moscou. 

La classification zoolou;ique a toujours été et sera tou- 
jours le moyen le y)lus sûr de constater l'état d'avance- 
ment des autres brandies des connaissances zoologiques à 
un moment donné, c'est là un fait reconnu de tous. Le 
(léveloppenient des diftérentes branches de la zoologie (et 
ce que nous disons de cette science peut s'api)liquer à 
toutes les autres sciences) ne s'est pas effectué d'une 
manière égale. A n'importe quelle période de l'histoire on 
peut toujours constater sous ce raiiport la prédominance 
marquée de telle ou telle branche en particulier. On ne 
peut nier qu'à l'heure actuelle l'embryologie n'attire à elle 
la majeure partie des savants occupés de recherches zoo- 
logiques. Voilà pourquoi la question de savoir quelle 
signification ont les recherches embryologiques pour la 
classification zoologique peut se passer de commentaires. 

Si l'on considère ([ue la grande majorité des zoologues 
contemporains admettent la genèse du règne animal, c'est 
à dire la filiation des formes supérieures avec les formes 
inférieures, et que, suivant les idées modernes, une clas- 
sification idéale n'est autre chose que la reconstitution de 
Tarbre génétique du règne animal, il est évident que notre 
question, relative à l'importance de Tembryologie au point 
de vue de la classification, ne saurait obtenir d'autre ré- 
ponse que celle-ci: Tembryologie a ici une importance ma- 
jeure et toute classification (jui ne repose pas sur les don- 
nées embryologiques doit être regardée comme arbitraire. 



- B3 -- 

li n'est pas rare d'entendre des personnes dire: si nous 
connaissions toutes les formes fossiles, nous pourrions créer 
un système idéal. A quoi nous pouvons répondre: si nous 
connaissions l'histoire du développement de toutes les for- 
mes animales existantes, nous pourrions éditier un système 
encore plus rapproché de l'idéal. 

Chacun sait que, malgré la masse de travaux embry- 
ologiques publiés jusqu'à ce jour, nos connaissances en 
embryogénie se réduisent à un nombre très restreint de 
formes et que l'étude de ces formes elles-mêmes est loin 
d'être complète. Nous sommes obligés de reconnaître que 
notre bagage de données embryologiques est encore trop 
pauvre pour servir de base à une classification; nous de- 
vons nous borner à rechercher les principes des investi- 
gations embryologiques qui pourront permettre d'atteindre 
ce but. C'est ce qu'a fait M-r E. Perrier dans un beau 
rapport présenté au congrès international de zoologie en 
1889 et intitulé: „Sur les services que l'embryogénie peut 
rendre à la classification '\ 

J'apprécie hautement l'article de mon savant prédé- 
cesseur et je suis d'avis qu'il fournit de précieuses indi- 
cations pour les recherches embryologiques futures. J'at- 
tache en particulier une grande importance à cette partie 
de son article où M-r Perrier dit que les embryologistes 
ne doivent pas perdre de vue le processus de bourgeon- 
nement qui, ainsi que le fait remarquer si justement 
l'auteur, „ étant général chez les formes inférieures ne 
disparaît qu'en apparence chez les plus élevées". 

La question soulevée par M-r Perrier il y a trois ans 
me paraît si importante et si vaste que je crois devoir 
y revenir dans le présent article. Une question de ce 
genre exige les efforts d'un grand nombre de savants et 
demande à être étudiée en détail. 

Deux questions ont surtout attiré mon attention et for- 
meront le sujet de cet article. Les embryologistes, dési- 
reux de contribuer par leurs travaux h l'élaboration ul- 
térieure d'une classification, feront bien de s'y arrêter et 

3 



- 34 — 

(]o tâcher de les élucider. Ces questions visent: 1-e l'im- 
portance des stades rudimentaires de développement; je 
prends ici pour exemple le stade de développement de la 
gastrula dont IVtude intéresse si vivement les embryolo- 
gistes contemporains; 2-e l'importance de la transmissibi- 
lité des caractères, ou, ce qui revient au même, leur mé- 
tamorphose dans le développement ontogénétique ^) d'une 
seule et même forme. (Ici je me contenterai de citer 
un seul exemple ([ui me paraît offrir un grand intérêt, 
car il s'agit ici d'un fait qui demande a être étudié avec 
soin). 

L'existence des organes rudimentaires et leur impor- 
tance morphologique sont, à ce qu'il me semble, suttisam- 
ment démontrées aujourd'hui. Cependant Ti mbrydogie mo- 
dtTue connaît déjà toute une série de stades rudimentai- 
res qui, sans présenter la m(ùndre importance physiologique, 
se répètent constamment dans l'ontogénie de tel ou tel 
groupe animal. Une fois l'existence de ces stades consta- 
tée, ils prennent une importance considérable aux yeux 
de l'embryologiste qui cherche à pénétrer la genèse du 
règne animal. Si, en effet, il est démontré que ces stades 
ne jouent aucun rôle, dans Téconcmiie vitale, c'est à dire 
ne répondent à aucun but, lunis sercms obligés de les 
considérer comme le résultat de l'hérédité. C'est pourquoi, 
dans la recherche des voies génétiques, nous nous servi- 
rons de ces stades comme de jalons. Il est évident que 
les formes qui ont passé par les mêmes stades rudimen- 
taires proviennent de la même souche. Ainsi donc, l'étude 
des stades rudiuientaires n'est autre chose que l'étude des di- 
vers degrés de parenté des formes qui, dans leur onto- 
génie, traversent ces stades. Nous disons: les divers de- 
grés de parenté, car on conçoit sans peine que les sta- 
des rudimentaires peuvent relier entre eux des groupes 
tantôt plus petits, tantôt plus considérables. 

1) .Te ferai remarquer toutefois que ces deux questions sont étroitement 
liées entre elles. Dans l'une comme dans l'autre roml)ryolo^iste se trouve 
en présence de formations rudimontaires. 



- :^5 - 

L^un de ces stades rudimeiitaires a joué un rôle con- 
sidérable dans riiistoire de l'embryologie comparée. Si 
cette science a accompli de si grands progrès pendant 
ces 25 dernières années, on peut affirmer qu'elle en est 
surtout redevable aux travaux de Kovalevsky qui a dé- 
couvert ce stade dans un très grand nombre de formes, 
et à lîaeckel qui a signalé son importance au point de 
vue de la reconstitution de l'arbre génétique du règne 
animal. 

Vu l'importance du stade de la gastrula, dont il est évi- 
demment question ici et le rôle qu'il a joué dans l'his- 
toire de l'embryologie, je crois devoir m'étendre sur cette 
question, d'autant plus que beaucoup d'embryologistes me 
semblent n'avoir pas interprété comme il convenait l'im- 
portance de ce stade. Ce défaut d'appréciation provient 
de ce que beaucoup, non seulement s'imaginent voir dans 
la gastrula un stade commun à toutes les formes anima- 
les qui composent la section dite des Metazoa, mais en- 
core admettent la supposition que dans Tontogénie de 
tout animal qui traverse ce stade la formation de la gas- 
trula a lieu de la môme manière, c'est-à-dire au moyen 
de l'invagination "^) d'une partie de la surface libre de l'em- 
bryon; si la formation de la gastrula dans tel ou tel 
cas particulier s'accomplit d'une manière différente, des 
savants y voient une dérogation à la règle provoquée par 
certaines conditions spéciales de la vie embryonnaire. 
Bien que cette dernière hypothèse ne soit confirmée par 
des faits (si l'on prend tous les cas connus du stade 
de gastrula, on constate que Pinvagination est plutôt une 
exception qu'une règle et qu'elle fait souvent défaut, môme 
dans les cas où rien ne s'opposerait à sa formation), elle 
n'en compte pas moins au nombre de ses partisans un 
grand nombre d'embryologistes, et des plus autorisés. 



2) Dans son excellent manuel d'Embryologie, 0. Hertwig va même si loin 
qu'il regarde rinvas^ination comme une condition mécanique de développe- 
ment indispensable. A ce point de vue le stade de la gastrula ne saurait être 
considéré comme rudinientaire. 

3* 



-dé- 
voila pourquoi la «théorie de gastrula», si féconde par 
elle-même, a donné lieu à un si grand nombre d'inter 
prétations erronées et d'explications forcées ^). On com- 
prend d'autant moins cette manière d'envisager la ques- 
tion que, chez les animaux qui en sont actuellement au 
stade de la gastrula (Coelentérés), la cavité de l'archentéron 
se forme souvent de telle manière qu'il est impossible d'y 
découvrir une invagination même masquée. 

A mon avis, la question de savoir comment s'accom- 
plit le stade de la gastrula est peu intéressante en elle- 
même; en effet, chez les Coelentérés, la formation de la 
cavité gastrale, que tous les embryologistes considèrent 
comme l'homologue de Tarchenteron des embryons des 
animaux supérieurs, s'effectue de manières très différentes; 
mais, ce n"est pas là le point important. Ce qui importe 
surtout, au point de vue génétique, c'est le fait que la 
formation du stade de la gastrula a lieu chez les animaux 
supérieurs, en d'autres termes que ces animaux traver- 
sent, pendant leur ontogenèse, une période dans laquelle 
leur corps offre une structure essentiellement analogue 
à celle des Coelentérés, c'est-à-dire se compose de deux 
sortes de cellules, les unes formant la paroi extérieure du 
corps, les autres composant la paroi de l'archentéron, avec 
un orifice externe ou blastopore donnant sur la surface 
libre de l'ectoderme. Comme nous ne saurions attribuer 
au blastopore la moindre importance physiologique, comme, 
d'autre part, il peut varier à l'infini de forme et de po- 
sition (ainsi que nous le verrons plus loin, tantôt il est 
visible à l'oeil nu, tantôt il ne peut être découvert qu'à 
l'aide du microscope), et cela non seulement chez des 
formes très rapprochées l'une de l'autre, mais encore dans 
une seule et môme forme, suivant les conditions du dé- 



8) Les arguments de ceux qui ont essayé, à propos de la gastrula des 
aniphihijcs, de déclarer typique le mode de formation de la gastrula par in- 
vagination, ont été réduits à néant par les travaux de Iloussay sur le déve- 
loppen.ent de l'axolotl. (Arcli. de Zoo), expérim. 18.-:(8). 



~ 37 — 

veloppement, il est évident que nous sommes ici en pré- 
sence crun organe ruclimentaire ayant une importance non 
pas physiologique, mais seulement morphologique (très 
grande au point de vue de la question qui nous occupe). 

Pour mieux faire sentir cette importance, jo me per- 
mettrai d'attirer l'attention sur le blastopore des animaux 
vertébrés et en particulier des oiseaux. Si je choisis ces 
derniers, c'est que l'embryon des oiseaux (et en particu- 
lier du poulet) est demeuré jusqu'à présent l'objet habi- 
tuel de tous les embryologistes. 

Si l'on admet avec Balfour que le canal neurentérique 
est une partie ou un reste du blastopore, on est obligé 
de reconnaître que Casser a été le premier embryologiste 
qui ait démontré l'existence du blastopore chez les oiseaux; 
en effet, ce savant a découvert chez l'oie un canal 
neurentérique. Peu de temps après, M. Braun découvrit 
chez le canard trois canaux neurentériques survenus à dif- 
férentes époques, dont l'un, le dernier en date, perforait 
la corde. Ce fait important, à savoir que le canal neu- 
rentérique puisse perforer la corde, a été confirmé par 
Balfour (piur le même objet) et figuré par lui dans son 
célèbre traité d'Embryologie comparée (1. c. fig. 104). 

Dans la suite KoUer prétendit avoir découvert le vé- 
litable blastopore des oiseaux dans un enfoncement en 
forme de croissant situé derrière la gouttière primitive. 
Kn outre, le savant allemand émit U supositioii que cet 
enfoncement {Sichel, comme il le nomme) apparaît le 
premier et que la gouttière primitive ne survient que plus 
tard et n'est que l'excroissance médiane de cet enfonce- 
ment. Cependant Mathias-Duval, qui avait suivi pas à 
pas la formation de la gouttière primitive chez le poulet, 
prouva que le prétendu croissant de Kollor n'était qu'une 
formation accidentelle un dédoublement tératologique de la 
gouttière primitive. On voit sur des préparations de notre 
Musée Zoologique que des ramifications de ce genre peu- 
vent se produire non seulement à l'extrémité antérieure de 
la gouttière, mais encore sur d'autres points. 



— ô« — 



Kii iir()('ru])ant de lonucr une collection «le ])r('i)îii'{itions 
rt'hitivt's à Thistoire du (léYt'loi»i)eiMt'nt du i)ii;('ou et de la 
])()ule. j'ai eu uuùntes fois roceasion de reiuarquer que la 
iTouttière primitive est ineoutestableuieut plus dével(q)pée (au 
point de vue de la longueur, de la largeur et de la pro- 
tondeur) dans les eas où Toeuf se trouve jdacé dans des 
eoiulitions de développenu'ut défavorables. On réussit niènu! 
l)arfois à obtenir des préparations qui offrent, à mon avis, 
un grand intérêt. Une préparation de ce genre a été dé- 
crite par moi en 1890, dans le Bulletin de la Section zo- 
ologique de la Société des Amis des Sciences Naturelles. 
Dans cette i)réparation. la i)artie ])ostérieure de la gouttière 
primitive paraît normale ((juoiiiue légèrement dilatée); i)ar 
contre, la partie antérieure jirésente une ouverture béante 
de forme ovale, d"uue largeur égale à la moitié environ 
de celle de Faire transparente. (»)uoique je n'aie pas cru 
devoir pratiquer des sections transversales dans la cicatri- 
cule dont il est question ici, je ne doute pas un seul ins- 
tant (lue Touverture ovale, mentionnée plus haut, ne doinie 
accès dans la cavité d' l'arclientéron. Voici ce que j'ai 
écrit à ce sujet en 1890: „la préparation que j'ai exécu- 
tée étant une pièce unique, je n'ai pu me décider à y pra- 
tiquer des sections transversales, aussi n'ai -je pas le droit 
d'affirmer d'une manière absolue que la gouttière primitive 
s'ouvre innuédiat ment dans rarchentéron. ('ependant je suis 
persuadé que quiconque s'occupe de préparations des cica- 
tiicules entières ne doutera pas, en voyant ma préparation, 
que nous ne soyons ici en présence d'une ouverture donnant 
accès dans l'arclientéron. Tous ceux qui se livrent à ce 
genre de travaux savent parfaitement combien l'ectoderme 
est résistant pendant cette phase de dévelopj)enu!nt, et av(!c 
quelle facilité le blastoderme se détache à ce moment du 
vitollus. J'ai dit i)lus haut (jne le cas décrit par 
moi n'était que le degré extrême de difformité ([ue puisse 
])résenter la gouttière i)rimitive; dans des conditions déter- 
minées ce cas se renouvelle souvent, pour ne pas dire tou- 
jours, lors du développement de l'oeuf d'oiseau. 11 y a 



— 39 - 

dix ans, iii'occupaiit de préparer des cicatricules entières 
de pigeon, je remarquai que lorsque Tincubation de la 
femelle avait été défectueuse, la gouttière primitive pré- 
sentait souvent une difformité bien déterminée. En effet, 
dans les cas de ce g(;nre, c'est -à dire lorsque les oeufs 
se refroidissent et, par suite, subissent un arrêt de déve- 
loppement, la gouttière primitive a une tendance manifeste 
à augmenter de longueur, de largeur et de profondeur. 
Notre musée renferme un grand nombre de préparations 
de ce genre qui offrent un vif intérêt au point de vue de 
l'embryologie du pigeon; dans quelques-unes de ces pré- 
parations, au lieu d'une étroite fissure à peine visible, oc- 
cupant le tiers environ de la partie postérieure de l'aire 
transparente, la gouttière primitive offre l'aspect d'un en- 
foncement large (t profond, occupant une situation presque 
centrale. Pendant ces dernières années j'ai eu Toccasion de 
faire des observations identiques sur le poulet. Toutes les 
fois que Toeuf subit un arrêt de développement, que cet 
arrêt provienne de la basse température qui régnait dans 
Tincubateur, ou de ce qu'on s'est servi d'oeufs pondus 
depuis longtemps, trop hâtifs (printemps) ou trop tardifs 
(automne), la gouttière primitive tend manifestement à 
prendre plus de développement qu'à l'état normal, c'est à- 
dire à devenir plus longue, plus large et en tout cas plus 
profonde que lorsque le développement suit une marclie 
normale. Il arrive souvent aussi qu'elle se ramifie et se 
dilate par places. Si l'on examine les sections transver- 
sales faites à travers des cicatricules munies d'une gouttière 
primitive si anormale, on remarque fréquemment que le 
fond de cette dernière n'e&t formé que par une seule 
couche de cellules; dans quelques cas plus rares, on peut 
observer que la gouttière primitive forme par places une 
étroite fissure donnant accès dans la cavité de l'archenté- 
ron" *). M'occupant actuellement de l'histoire du déve- 



*) En 1891, M-r 0. P. Eysmoud de Varsovie, autant que je puis en juger 
par les comptes rendus de la Société des Katuralistes de Varsovie (Section 



- 40 — 

loppement de la Clivicola {Cotijté) ripariii, jo mo trouve 
constamineiit en présence du même fait, à savoir: lorsqu'il 
y a arri't de dévcloppemont aux premiers stades, la 
gouttirre primitive tend à se transformer en un orfice re- 
lativement plus grand, et ce qu'il y a de remarquable 
c'est que, plus l'arrêt de développement est prématuré, 
plus souvent on rencontre la uouttiére primitive (blasto- 
pore) sous la forme d'une ouverture ovale ou ronde, qui 
de plus est très fré(iuemment visible à Toeil nu. En outre, 
quelle que soit la forme de la .gouttière, ses bords sont 
fortement relevés et parfois même plus ou moins plissés. 
Les sections pratiquées sur les cicatricuks de ce genre 
ne nous permettent pas de douter que nous ne soyons 
ici en présence d'un véritable blastoi)ore. Parmi mes sé- 
ries de sections transversales, il en est une provenant 
d'une cicatricule de Clivicola qui ])résente un très grand 
blastopore. Ce dernier, quoi(iue n'offrant pas une grande 
régularité de formes, occupait précisément le centre de 
l'aire transparente; sa largeur égalait à peu près la moiti('' 
de celle de Taire transparente. Le rapjmrt de sa longueur 
il celle de cette dernière était à peu près comme 5:7; 
les bords de l'orifice étaient relevés en forme de col élevé. 
Les sections ont montré ([ue sur toute l'étendue du blasto- 
pore les cellules de l'ectoderme étaient continuées immi'- 
diatement par les cellules de l'endoderme qui, à leur tour, 
ainsi que cela a toujours lieu, étaient devenues plus liantes 
dans la direction de la périphérie de l'aire transparente, 
et s'étaient remplies peu à peu de globules de vitellus; 
de plus, la surface externe du col du blastopore était re- 
couverte de cellules d'ectoderme et la surface interne de 



(le biologie) que j'ai entre les mains, a coiifirnK' le fait de l'existence chez 
le canard du canal neurentérique que M. Braun considère comme le premier 
des trois par ordre d'apparition. De plus, M. Eysmond dit qu'il y a dos 
cas où l' orifice de ce canal ne peut se former que par la resorbtion de tout 
le fond de la gouttière primitive. Ainsi donc, M. F^ysmond a observé le même 
phénomène que moi; il est probable que le cas invoqué par lui reconuaissait 
une cause identique, c'est à dire un arrêt de développement. 



— 41 — 

cellules d'endoderme. La gastrula était formée de trois 
couches^ et l'on apercevait distinctement sur les sections 
que, de chaque côté, le niésoderme partait de l'endoderme 
à Tendroit où ce dernier rejoignait l'ectoderme. La forme 
irrégulière de l'ouverture avait une cause bien simple: le 
blastopore ne représentait pas la gouttière primitive entr'ou- 
verte, mais seulement une de ses ramifications. Je dois 
ajouter aussi que sur les coupes, derrière l'extrémité dis- 
tale du blastopore, l'endoderme montrait sur une certaine 
étendue une lîssure nettement visible; en un mot, dans la 
cicatricule en question le blastopore endodermique était 
plus étendu que le blastopore visible, ou formé de deux 
couches embryonnaires primitives. 

Quelle conclusion pouvons nous tirer des faits énoncés 
ci-dessus concernant le développement anormal de la goutti- 
ère primitive chez les oiseaux? En réponse à cette question, 
qu'on me permette de citer quelques lignes de mon article 
mentionné plus haut, qui a paru en 1890 dans le Bulletin de 
la Section zoologique. Voici le passage en question: „De ce 
qui précède il ressort que la gouttière primitive de l'embryon 
des oiseaux atteint son plus haut degré de développement 
précisément dans les cas oii le développement de l'embryon 
lui - même est retardé par une cause quelconque. Cela 
est clair, à mon avis, si Ton admet que la gouttière pri- 
mitive est un organe rudimentaire. (Et nous sommes tenus 
de la considérer comme telle, du moment que nous lui 
donnons la même importance qu'au blastopore). En effet, 
nous sommes en droit de supposer que, en cas d'arrêt 
dans l'évolution de Tembryon, ses organes rudimentair^s 
ont la chance de pouvoir se développer à peu près dans 
toute leur plénitude, ou, pour mieux dire, de se dévelop- 
per sous la forme qu'ils avaient lorsqu'ils n'étaient pas 
encore h l'état rudimentaire, c'est-à-dire lorsqu'ils fonction- 
naient encore chez les ascendants éloignés des animaux 
chez lesquels ces organes sont actuellement rudimentai- 
res. Nous devons évidemment considérer les organes rudi- 
mentaires de tout animal comme des organes arrêtés dans 



- 42 - 

U'iir devt'lopiH'iiuMit ])ai" les oruniics en fonction. Kn arrê- 
tant le (lrv('lo])|uHU'nt dr l'embryon, in>us ti'onhlons. à nnui 
avis. Tetat favorable dans loiinel se sont formes l(\s or};a- 
iies en fonction. Nous affaiblissons ainsi le vainqueur, c'est- 
ii-dire les oriranes on fonetion, et nous doinions des chan- 
te^ au vaincu, c'est-à-dire aux organes rudimentaires» . 

1ji rai)iirocliant ces considérations des faits que lums 
venons de citer au sujet de l'embryoiiénie des oiseaux, en 
tant (jue iirou])e d'animaux vertébrés, nous ])ouv(ms faire 
riiy]»otlH''se suivante: Dans les stades précoces, lorscju'un arrêt 
survient dans le d('velop])ement de ces animaux, leur em- 
bryon demeure ])lus louiitemjjs au stade de la gastrula "*); de 
jdus, cette (lernière tend à ])rendre une forme en rapport 
avec Tascendant ])rimitif dont i)roviennent les vertél)rés; cet 
ascendant éloiiiiié a dû être un être polypiforme avec un 
lar.ire i)rotostome. ])ourvu en outre d"un manubrium assez 
développé. 

Par conséquent, l'étude du stade rudimentaire d»' la gas- 
trula nous donne la i)ossibilité de nous rapi)rocher de l'as- 
ccudant sui)i)osé des animaux vertébrés, et môme de iv- 
constituer jusqu'à un certain ]»oint sa forme primitive. Mais 
ce stade est-il seul à relier les Vertébrés au Coelentérés? 
Le blastopore est - il le seul ori^ane rudimentaire (jne les 
^'ertébrés aient reçu en lu'ritage des Coelentérés? Je crois 
que non et je pense que la corde doit être considérée 
comme ayant la même orij^ine. Au premier abord un(^ tcîlh; 
supposition ])eut sembler i)aradoxale; cependant j(^ suis d'avis 
([ue l'embryoloiiie nous fournit actuellement les moyens sou- 
tenir cette hypothèse. 

Actuellement on ne saurait douter que chez t(ms les 
virtébrés la corde ne forme directement ou indirectement 
une partie de la paroi de l'archentéron. Au point de vue 



5) La présence d'un très grand blastopore n'exclut pas la possibilité du 
d<'-veloppement ultérieur de l'embrjon. Je possède dans ma collection une 
préparation d'embryon de la Clivicola riparia offrant un prand blastopore 
vibiblo à l'oeil nu et arrivé au stade où les deux moitiés du coeur se sont 
déjà confondues en un organe impair. 



— 43 - 

aiiatomique on a coutume de considérer la corde des ver- 
tébrés comme un organe sui geueris (même })ar sa struc- 
ture) situé entre Tintestin et le système nerveux. Depuis 
que Kovalevsky a démontré que la corde chez l'Ampliio- 
xus n'est autre chose qu'une partie de Farchentéron, qui 
s'est détachée en son temps de ce dernier, il est évident 
que nous avons dû modifier notre manière de voir sur ce 
sujet. Elle s'est modifiée bien davantage lorsque Braun a 
démontré (Balfour a fourni des preuves à l'appui) que chez 
les oiseaux le canal neurentérique pouvait i)erforer la corde. 
Ce fait nous oblige à renoncer à considérer la corde comme 
une formation située nécessairement entre le système ner- 
veux et le canal intestinal. 

La corde étant, par son origine, une formation survenue 
chez les Vertébrés pendant leur passage par le stade de la 
gastrula, il est tout naturel de rechercher chez les Coelen- 
térés des formations analogues. Dans un travail concernant 
l'histoire du développement des Hydroïdes, publié en russe 
en 1887, j'ai indiqué la conformité de développement qui 
existe entre ce que j'appelle le squelette cellulaire de Tu- 
bularia et la corde des vertébrés. Ce squelette cellulaire 
qui forme, comme on le sait, chez la Tubularia une couche 
assez épaisse d'un tissu ressemblant beaucoup à celui de la 
corde chez les embryons des Vertébrés, est situé entre 
l'ectoderme et l'endoderme dans la partie la plus large du 
polype, entre la chambre gastralc dite supérieure (qui 
fait partie de Thydrant même) et la chambre inférieure 
(située dans son pédoncule). En outre, chez la Tubularia. 
ce squelette périgastral se prolonge dans les tentacules di' 
la rangée inférieure., en formant dans chacun d'eux un 
axe soUde. Nous savons que chez la majorité des Hydro- 
ïdes ce squelette cellulaire ne se trouve que dans les 
tentacules. Les tentacules des méduses présentent la même 
particularité; ce squelette axial des tentacules prend 
ordinairement ici le nom de formation cartilagineuse. 
Si l'on se rappelle que chez l'hydre d'eau douce les ten- 
tacules sont vides et tai^issés intérieurement par un endo- 



— 44 - 

derme ne différant eu rien de celui qui recouvre la cavité 
^astrale, on est forcé de reconnaître que la genèse du 
squelette cordifornie des hydrouiéduses offre le même as- 
pect que la genèse de la corde chez les animaux verté- 
brés: les deux formations dérivent de rarchentéron. 

Chose curieuse, chez l"Aui]»hioxus lanceolatus. le plus 
humble des vi-rtébrcs actuels, les tentacules qui entourent 
la bouche renferment aussi un squelette axial, auquel on 
donne souvent le nom de cartilage, mais qui, autant que 
je puis en juger par mes propres préparations, ne diffère 
en rien au point de vue histologique du tissu de la corde 
darsale chez le même animal *^). 

De tout ce qui précède il semble résulter, d'après moi, 
que la corde n'est i)as une formation sui (jeneris propre 
aux Vertébrés, et qu'on est ici en présence d'un squelette 
rudimentaire (d'ailleurs il n'api)araît tel que chez les ver- 
tébrés supérieurs) que les Vertébrés ont reçu en héritage 
des Coelentérés chez lesquels ce squelette est gastral ou 
périgastral. En se pla(,:ant à ce point de vue, la décou- 
verte embryologique que la corde est une partie de l'ar- 
chentéron, toute paradoxale qu'elle paraisse au premier 
abord, ne laisse pas que d'être très naturelle en réalité. 
Jusqu'à présent les données embryologiques nous ont fourni 
une base solide ])our étudier la genèse des Vertébrés, mais, 
plus loin, il devient difficile de suivre cette genèse. Il n'est 
pas douteux que le corps de l'animal vertébré, alors même 
qu'il se trouve encore au stade de la gastrula, ne fasse en 
se différenciant un pas en avant, même si on le compare 
avec les représentants les plus élevés du type des Coelen- 
térés. Voici en quoi consiste ce ])rogrès: lors de ce stade, 
des parois de l'archentéron se détachent tous les éléments 



*>) Pour ce qui est du caractère liistologique du tissu de la corde chez 
l' Ampliioxus, je suis, sous ce rapport, jjresque entièrement de l'avis de M-r 
Lvov, le dernier anatorniste qui ait étudié cette formation {Mittli. Zool. Staz. 
Neap. 1891): cependant, en me basant sur mes propres préparations, j'affirme 
que la corde de l'AmpLioxus adulte se compose de cellules de| grandeurs très 
différentes, avec parois préeentant des épaisseurs très inégales. 



- 45 - 

qui n'entreront pas dans la formation des épithcliiims du 
canal intestinal et de tous les organes de la vie végéta- 
tive qui sont liés à ce canal chez l'animal vertébré adulte. 
En même temps, on voit se produire un autre phénomène 
très important: l'embryon commence à présenter des signes 
de métamérisation qui, comme on le sait, se manifeste sur- 
tout par des apparitions successives des somites mésoder- 
miques ou vertèbres primitives. Laissant de côté ici la 
question de savoir pourquoi la conformation métamérique 
influe principalement sur les formations mésodermiques, 
nous nous bornerons à dire que la présence des somites 
mésodermiques seules est suffisante pour que nous ayons 
le droit de dire: à partir d'un certain stade de développe- 
ment, le corps de Tanimal vertébré se divise en segments 
distincts. A quoi assimiler cette chaîne de segments appa- 
raissant les uns après les autres? Il me semble qu'en se 
basant sur les données embryologiques existantes, on peut 
expliquer le phénomène de la transformation de la gastrula 
non segmentée en animal vertébré segmenté en disant que. 
dans cette transformation, la gastrula donne, pour ainsi 
dire, naissance à deux stolons: Pun croissant dans la di- 
rection proximale (corps futur), l'autre dans la direction 
distale (futur appendice caudal); les deux stolons ont la 
même structure et se composent, indépendamment de Fec- 
toderme, de la corde, des germes pairs du mésoderme et 
de l'entoderme (ce dernier représente dans le stolon cau- 
dal ce qu'on appelle l'intestin post-anal). Au fur et à 
mesure de sa croissance, chacun des stolons (proximal et 
distal) se fractionne en zoonites distincts, qui ont proba- 
blement été à l'origine des individus tout aussi indépendants 
que le sont, par exemple, les polypes isolés dans une co- 
lonie d'hydroïdes. De la sorte, suivant moi, le corps de 
l'animal vertébré représente une colonie linéaire, au môme 
titre que celui des crustacés et des annelides, selon les con- 
ceptions de Milne - Edwards et de de Quatrefages. Etant 
donné que chez tous les animaux vertébrés on rencontre, 
au moins pendant une certaine partie de leur existence. 



- 46 - 

deux rangers do zoonitos, nous sommes en droit de les 
tlésiiiiier sous le nom danimaux bipolaires. 

On remarque toutefois dans ce signe fondamental une dittë- 
rence curieuse entre l'Ampliioxus et les autres vertébrés. 

Chez tous les animaux vertébrés la l'angée caudale appa- 
raît toujours plus ou moins réduite à son extrémité distale, ce 
<iui. comme on le sait, amènt^ i)arfois la disparition totale de 
toute la queue. Autant ((ue je puis en juger par mes propres 
pré])arations, chez aucun des animaux vertébrés la réduction 
de la (lueue n'est caractérisée aussi faiblement à Tétat 
adulte que chez rAmphioxus. 11 suifn-a de dire que la 
moelle épinière (il est vrai qu'à l'extrémité postérieure 
de la queue elle ne se rencontre que sous la forme d'un 
mince tube médullaire) se i»rulonge ici jusqu'au bout de 
la corde et forme môme à sou extrémité une vésicule de di- 
mensions importantes. l*ar contre, la rangée proximale des 
zoonites chez l'Amphioxus, à l'inverse des autres vertébrés, 
présente des traces de réduction qui se font sentir sur le 
squelette, de même que sur la queue des vertébrés su- 
périeurs: oiseaux et mammifères. A l'extrémité même de 
la queue des embryons de ces animaux, où l'on ne ren- 
contre aucune trai e de formation d'un squelette osseux on 
cartilagineux, la corde n'est pas tendue mais rei)liée ou 
même pelotonnée en boule. Chez rAm])hioxus on décrit 
ordinairement la corde comme se terminant également en 
pointe, Lussi bien à l'extrémité céphalique qu'a l'extré- 
mité caudale. Autant que je puis en juger par mes 
propres préparations, cette description est inexacte: chez 
tous les Amphioxus étudiés par moi à Sébastopol, la corde 
à l'extrémité céphalique est plus ou moins roulée sur 
elle-même. 

Si l'on se demandait maintenant, en manière de con- 
clusion, quels sont les degrés de parenté de toutes les 
formes actuelles d'animaux situés entre les Coelenterata 
et les Vertebrata inclusivement, on devrait, d'après moi, 
en se basant sur les données embryologiques existantes, 
iiidi(in(^r b'S groupes suivants qui servent de transition 



- 47 - 

entre les premiers et les derniers: Coelenterata-Gcastreata- 
Bipolaria-Vertebrata ''). 11 n'entre pas dans ma tâche d'in- 
diquer ici la manière dont les autres groupes d'animaux 
actuels sont répartis dans cette série. Mon intention a 
été seulement de montrer d"une manière concrète quelle 
importance peuvent avoir pour l'embryologie et la classi- 
fication les stades rudimentaires. 

Cependant, si les stades de développement et les orga- 
nes rudimentaires sont appelés à jouer un grand rôle dans 
la classification, cela ne signifie pas encore que les orga- 
nes en fonction ne présentent ici aucune importance. Au 
contraire, il y a lieu de croire que l'embryologie pourra 
rendre ici de grands services à la classification, surtout 
en ce qui concerne certains organes qui, modifiant ])lus 
ou moins leur fonction pendant la durée du développement 
génétique d'un groupe donné, semblent dans leur forme 
actuelle des formations nouvelles, alors qu'ils ne sont en 
réalité que les organes métamorphosés des ascendants 
éloignés. Sans aller bien loin, il suffira de rappeler quel 
intérêt offre sous ce rapport l'embryologie au point de vue 
de l'étude du système urogénital. Mais il y a encore une 
foule d'autres organes qui ne sont pas encore étudiés et 
qui promettent peut-être des résultats inattendus pour la 
classification. Je me permettrai encore de citer un fait se 
rapportant à l'embryogénie du bétail. Chacun sait que chez 
le veau les cornes apparaissent après la naissance: 11 
semble qu'on pourrait conclure de ce fait que les cornes 
sont une formation post-embryonnaire, mais, l'embryogénie 
nous apprend à être prudent. En examinant plus attenti- 
vement on observe le fait suivant: lorsque le veau, encore 
dépourvu de poils, se trouve dans le sein de sa mère, une 
touffe de poils épais apparaît en même temps (lue les cils 
et les vibrisses de chaque côté du front. Plus tard, lors- 
que le veau se couvre de poils, ces touffes disparaissent 
presque entièrement au milieu de la toison; ce n'est qu'après 



') Les grouppes: Gastreata et Bipol.iria sont des grouppes nouveaux et je 
pense qu il est nécessaire ilo les introduire. 



- 48 - 

l.i naissance qu'elles font i)lîi('o nnx véritables cornes. 
Ou voit donc que ces dernières ne sont pas, au point de 
vue génétique, de nouvelles formations, mais évidennnent 
le résultat de la métamorphose d'une formation antérieure 
qni doit être ranuée, i)eut-être, dans la même catégorie 
que les vibrisses. Par leur origine, les vibrissos des mam- 
mifères semblent être des formations énigmatiques; mais, 
si l'on considère qu'elles sont situées sur trois lignes prin- 
cipales: sus - orbitaire (région dos sourcils), sus - maxillaire 
et sous - maxillaire, on est en droit de supposer que les 
vibrisses ou ])oils sensitifs sont les derniers vestiges d'un 
organe propre aux vertébrés inférieurs et désigné sous le 
nom «l'organe de sixième sens» . 

Je le répète en terminant, l'étade complète et détaillée 
des stades rudimentaires de dévelo])})ement est i)ossible et 
doit former le principal olqet de tout embryologiste dési- 
reux de contribuer à l'élaboration ultérieure de la classi- 
tieation zoologique. Je me croirai suftisament récom])ensé 
si, i)ar cet exposé, j'ai ]»u rc'ussii- à avancer un |>eu l'étude 
de cette question. 



►$ïni^ 






TABLE DES ]\I A T I È R E S. 

I. Section. — Questions générales, concernant la biologie, 

la systématique et la faune. 

Pages 

1. J. de Kenncl. Réponse à des questions proposées par le 

prof. L. Cosmovici: 1) Sur une division définitive 
du règne animal en ,.)phyla"; 2) Fondement natu- 
rel d'un système du type des vers: o) Uniformité 
de la terminologie des organes secrétaires des vers. 
(Traduit par P. Strélzov.) 68 

2. Ch. Girard. Observations sur quelques points de la no- 

menclature zoologique 74 

3. J. de Bédriaga. De l'importation et du croisement des 

reptiles et des aniphi biens 244 

II. Section. — Questions spéciales, concernant la biologie, 

la systématique et la faune. 

4. A. Milne-Edtvards et E. L. Bouvier. Note sur un Pa- 

gure des grandes profondeurs de la mer (Parapagu- 
rus pilosimanus) 1 

5. P. ^i. Boutchinshy. Note sur la faune de la mer Noi- 

re. (Trad. par F. Tastevin) 48 

6. F. VeJdovsJcf/. Sur une Tlmricola d'eau douce. (Trad. 

par Mme Fedtchenko.) 52 

7. A. Brandi. Essai d'une classification des variationsani- 

males, selon leurs causes 66 

8. Gr. Kojevnikov. La faune de la mer Baltique orientale 

et les problèmes des explorations prochaines de cette 

faune. (Trad. par S. Sloutsky) 132 

«J. Ch. Grève. Distribution géographique des carnassiers. 

(Trad. par A. Tastevin) 158 



Pajjes. 

10. J. de Bcilr'niiia. Les vi])ères européennes et circummé- 

ditorvanéennes 286 

Ij. J. iU Beâriaija. Chak'iiles Synionyi Steind. et IMolge 

Luschiani Steind .242 

11!. //. (/<■ Jhcrin(/. Quelques observations sur les nids d'in- 
sectes, faits d'argilt' 246 

13. T. J. V(xii-Bi'nciJc)i. Lu nier Noire et ses cétacés vi- 

vants et fossiles 1 

14. T. Jiicitard. Sur la distribution géogrîi])liique des cla- 

docères 9 

15. Fr. Vcjilorslii. Sur la Monodontoiilirya, nouvelle espèce 

d'Opalinide. (^Trad. par J. Duniouchel) . . , . 24 

III. Section.— Histologie et embryologie. 

16. X Kliolodovshl. Contributions à la théorie du méso- 

derme et de la métaniérie 58 

17. A. Ptitzine. Note sur la formation du germe du sys- 

tème nerveux péripliéri(iue 98 

18. F. Boi(d)icv. Note sur le dévelopi)ement de l'endotlie- 

lium du coeur chez les amphibiens 101 

19. 3Inie 0. T'tkhomirova. Sur le développement de Chry- 

sopa Lerla. (Trad. par Mme Letciienko) . . . .112 

20. Fr. Vejdovslcii. Sur la segmentation de l'oeuf et la for- 

mation du blastoderme des Pseudoscorpionides. 
(Tia(L ])ar Mme Fedtchenko) 120 

21. Fr. Vcjdovs/c;/. Sur un organe embryonnaire des Pseu- 

doscorpionides. (Trad. par Mme Fedtchenko) . .126 

22. X Koulagume. Notice pour servir à l'histoire des Hy- 

ménoptères i)arasites. (Trad. par A. Tastevin) . .253 

23. A. Tchhomirov. Signification des recherches embryolo- 

giques pour la classification. (Trad. par F. Tastevin). 32 

IV. Section.— Physiologie et chimie physiologique. 

24. P. Khvorostansluj. Sur la lumination des animaux de 

la mer Blanche 1 85 

V. Section. — Morphologie et anatomie comparée. 

25. L. Co.smcvici. Ce qu"il faut entendre par ^système 
aquifère. organes segmentaires, organes excréteurs, 
né[ihridies 16 



Pages. 
26. H. de Jhérivg. Existence ou manque de l'appareil 
excréteur des organes génitaux des Métazoaires. 

('J'rad. par P. Strélzov) 41 

Mitroplianov . Note sur la signification métamérique 

des nerfs crâniens 104 

Kassonov. Position des Strepsiptères dans le système, 
selon les données du développement postembryonnai- 
re et de l'anatomie <, 174 

0. Kovahvshy. Sur les organes excréteurs des Ar- 
thropodes terrestres. (Trad. par F. Tastevin) . .187 
Zograf. Sur l'origine et les parentés des Arthropo- 
des, principalement des Arthropodes trachéates. , 278 



27. 


P. 


28. 


i\^. 


29. 


A. 


30. 


N. 



netaTaHO no nocTanoBJieHiK) CoB*Ta IlMncpaTopcKaro OGiuecTsa JIioOiiTejiefl EcTecTBoanaBia, 
AitrponoJOriH h 3TH()rpa*iu 



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