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Full text of "Patrologia orientalis"


CO 



) 



PATROLOGIA ORIENTAIJS 



TOMUS TERTIUS 



"^ 



R. GR AFFIN 



F. NAU 



PATROLOGIA ORIENT/VLIS 



TOMUS TERTIUS 



I. — F. NAU. 

HiSTOiRES d'Ahoudemmeh et de Marouta, METRO- 

POLITAINS JACOBITES DE TaGRIT ET DE L ORIENT ; 

Traite d'Ahoudemmeh sur l'homme. 

II. _ M^' P. CHEBLI. 

Refutation d'Eutychius, par Severe, eveque d'Asch- 
MOUNAiN [le Livre des conciles). 

III. — RENE BASSET. 

Le Synaxaire arabe jacobite [mois de Ilatour 
et de Kihak]. 

IV. — S. GREBAUT et I. GUIDI. 

Sargis d'Aberga, Controverse judeo-ciiretienne [pre- 
niiere asseinhlee). 





LIBRAIRIE DE PARIS 

FIRMIN-DIDOT ET C^^ IMPRIMEURS-EDITEUßS 
56, RUE JACOB, PARIS 



1909 



i.^ 



^ 



HISTOIRES 

D'AHOUDEMMEH et de MAROÜTA 



SUIVIES DU TRAITE ü'AnOUDEMMEH SLR L'HOÄIME 



PATR. On. — T. 111. 



RECUEIL DE MONOdHAPHTES 



I 



HISTOIRES 

D'AHOUDEMMEH et de MAROUTA 

METROPOMTAINS JACOBITES DE TAGRIT ET DE L'ORIENT 

(VP ET VII" SIECLES) 



SUIYIES DU TRATTE D'AHOUDEMMEH SUR L'HOMME 



TEXTES SVRUQURS INEDTTS PLIRLlßS, TRADUITS ET ANNOTES 

PAR 

F. NAU 

I'RÜFESSEÖR A L'iNSTITUT CATIloLlgUE DE PAKIS 



Ka>®<JB^==— 



PEIOIIS D'IMPIUMEB 



Paris, le 25 septembre 1905. 

P. FAGES, V. g. 



Tons ili'nils ii'«iTv/.v 



AVERTISSEMENT 



Les historlens proprement dits, grecs et Syriens, ont attire et retenu 
l'attention des premiers chercheurs et ont ete bientöt publies. Les 
caracteres grecs dits de Francois P'', ont servi ä composer avant tout 
autre ouvrage les histoires ecclesiastiques d'Eusebe, de Socrate, de 
Theodoret, de Sozomene et d'Evagrius ' ; les histoires oii chroniques 
redigees en langiie syriaque figurent aiissi parmi les premiers ouvrages 
de cette litterature qui ont ete vulgarises ou publies. La mine semble 
bien pres d'etre epuisee et, ä moins de compter sur l'heureux hasard qui 
a fait decouvrir ä M''" Rahmani deux joyaux de la litterature historique 
syriaque-, il ne reste plus qu'ä glaner apres nos heureux predecesseurs. 
II nous semble interessant et utile dans cet ordre d'idees de reunir les 
monographles (histoires locales et biographies) les plus importantes, car 
elles sont les auxiliaires de l'histoire generale. Bien des details peuvent 
nous paraitre oiseux; l'auteur, absorbe par la vue de son clocher natal 
ou de son heros, oublie qu'il occupe seulement une infime portion de 
l'espace et d*u temps et lui consacre autant d'encre et de parchemin que 
Bossuet en a consacre ä V Histoire universelle. 11 ne faut pas oublier 
cependant que ce point faible des monographies fait aussi leur valeur : 
leur auteur a l'avantage de bien posseder son sujet et d'en etre impre- 
gne; il nous le presente comme un fruit fiaichement cueilli, recouvert 
encore de son duvet et de la rosee de la derniere nuit, tandis que l'au- 
teur d'une histoire universelle, s'il n'omet pas ces faits, les reduit ä un 
nom ou ä une date. 11 importe seulement de ne pas s'en laisser imposer 
par un titre et de ne pas prendre un panegyrique recent pour une source 

1. Paris, 1544. — 2. Chroniquc de Michel le Syrien fpubliee par J.-B. Chafjot, Paris, 
1899, etc.) et Chronicon civile et ecclesiasticum, I, Scharfe (Mont Liban), 1994. 



H AVERTISSEMENT. [61 

historique, ä moins qu'il n'ait iitilise des sources perduos. Dans cet 
ordre d'idees nous trouverons encore bien des textes interessants ä pu- 
bller, tant grecs que syriaques'. Nous leur ajouterons de tres courtes 
notes pour signaler les passages paralleles ou les rapprochements que 
fournissent les dictionnaires et les llvres usuels, afin de faire profiter 
le lecteur de tout le travail que nous avons du fournir en preparant ces 
editions et afin de lui perinettre de mieux faire ensuite. 

Nous rendons les noms propres bien connus par leur equivalent fran- 
rais : Sem'oun par Simon, etc.; nous transcrivons les noms peu ou pas 
connus ä l'aide des lettres indiquees par M. Rubens Duval, Traite de 
i^raminairi' syriaqiie, Paris, 1881, p. xiii, ä l'exception des semi- 
voyelles /, o, s-, que nous rendons par a ou e (pluriel masculin), par ou 
et ö et enfin par i, i ou ei. Les au tres voyelles fnon surmontees d'un 
accent circonflexe) sont introduites par nous pour faciliter la prononcia- 
tion et n'ont pas de caractere correspondant en syriaque. Nous repro- 
duisons fidelement le texte des manuscrits; nous conservons les points 
au-dessus ou au-dessous qui distinguent l'ethpa'al de l'ethpe'el, la pro- 
nonciation forte de la prononciation douce, le participe du present, le 
paCl du peal, etc. ; nous ajoutons des titres dans la traduction pour en 
faciliter la lecture. 

F. Nau. 

Nous avons dejä piiblir rt tradtiit : Uno version st/nagne inedite de la Vie de Sche- 
noitdi, Paris, 1900. Vie de Jean Bar Aphtonia, Paris, 1902. llistnire de Dioscore ecrite 
par snn disciple Theopisle, Paris. 1903. Hisioire de Thais; Publicalion des textes grecs 
inc'dils et de divers aulres lextes et versions dans les Annates da Musee Guiinet, t. XXX, 
Paris, 1902: etc. 



HISTOIRE DE MAR AHOUDEMMEH^ 

APOTRE DES ARABES DE MESOPOTAMIE 

(VP SIEGLE) 



INTRODUCTION 



I. — All vi" siecle, les monophysites persecutes par Fempereur Justinieii" 
et proteges par Fimperatrice Theodora ne laisserent pas que de faire des 
proselytes. 11s convertirent ä leur foi FEthiopie et les Arabes de Mesopo- 
tamie. La conversion des Ethiopiens ou Nubiens a ete racontee par Jean 
d'Asie % la conversion des Arabes le sera dans la presente histoire. Un 
grand nombre d'Arabes etaient deja chretiens avant le vi" siecle; Socrate a 
raconte la conversion de Moavia, reine des Sarrasins, au temps de Fem- 
pereur Valens ', et il nous reste des listes d'un grand nombre de couvents 
monophysites qui existaient au vi® siecle chez les Arabes %mais il semble 
ne s'agir alors que des peuples situes ä Fouest de FEuphrate. M. Noeldeke 
place en effet dans la province de Damas ^ les nombreux couvents dont nous 
venons de parier. L'oeuvre propre de Mar Ahoudemmeh serait donc la con- 
version des Arabes nomades de Mcsopotamie entre Tagrit, le mont Singara, 
Balad et Nisibe. G'est peut-etre ä lui que Fon doit faire remonter Ic titre 
« d'eveque des Arabes » que Fon trouve ensuite dans FEglise monophysito 
et qui fut porte en particulier du viii" au ix" siecle par Georges, ami de 
Jacques d'Edesse'. 

1. Oll Ahudemeh, ou Acliudemes. Cf. Wright, Cafalogw of syriac mss. in tlie British Museum, 
Londres, 1872, p. 1113, col. 2 et 12'i2, col. 2; on traduit generalement ce nom syriaqiic par « le frere de 
sa mere ». — 2. De 527 ä 566. — 3. Voir en particulier Jm« d'Äsie, liistorien ecrlesiastique, par M. l'abbe 
DiXHESNE, lu dans la söance publique annuelle des cinq academies du 25 octobre 1892, page 22. — 
4. UisLeccL, 1. IV, cii. xxxvi. Mig.ne, P. G., l. LXVII, col. 556-557.— 5. Gf. Wright, Calal. of syriac 
mss., pp. 709-714. — 6. Gf. ZDMG-, XXIX, pp. 419-444. — Des 410, H y aurait eu un eveque ä Hira. Au 
commencement du vi" siecle les Nestoriens et les Monopbysiles, conduits par Simeon de Beit Arsam, 
s'y disputerent la preponderance, mais les princes arabes de Hira resterent attaclies au paganisme jus- 
qu'au milieu du vr siecle. Gf. J. Ladourt, Lc christianisme dans l'Empire perse, Paris, 1904, p. 2o6, 
n. 4. — 7. L'evangelisation des Arabes est racontee en detail par Assemani, Bibl. Gr., t. III, ii, p. dxci- 
DCix. Les pages dxcviii et dxcix sont consacrees aux Arabes de Mesopotamie. 



8 HISTOIRE DE SAINT iNIAH AIIOUDEMMEII. . [8J 

Ahoudemmeh n'etait connu jusqii'ici quo par de courtes notices de Jean 
d'Asie et de Bar Mebraeiis oii de Michel et par une note bibliographique 
d'Ebedjesu. Nous commengons par reproduire et traduire les textes de ces 
quatre auteurs; ils proviennent en majeure partie de sources difFerentes de 
la presente histoire et iie fönt donc pas double emploi avec eile. 

II. — Parmi les signataires du concile tenu en 554 par le catholicos Joseph 
(552-557) se trouve un certain Ahoudemmeh, eveque de Ninive : 

Les Nestorieus en faisaient memoire ■. 

III. — Jean d'Asie, mort en 585 ou peu apres, c'est-a-dire contemporain 
d'Alioudemmeh, lui consacre le recit suivant'' : 

:|xci3>LV/ y< ■■ . ->« ^oO)Nj_»j )Vai.)o i^o^l l-uVo^vcnj piXDVS Nj^ oviJ» |-3 n"nfn « q / yOoiXa; w."oi »^o : |.>acv3 ^^-i«-^ I^/; 
■ -"Q/ ''^ .l'jV». ya^ v_Q-»»(J ^ojdiiOvÄO : ^j>\oi yoLp» jj^iwio ^£i_9 : | n « \ olS>o )ooi vjLi. v*^^! !■« «" o ypo\y>^';^Q^ ^s» l-iJu/ 
^>X./» >:k^o • ^""1 -^"^ vOi-io ; ypo)loo y^oO)Nj-<^jo yOOvJ-io; v'^^I oi «°M •> y .~< lo OO) ^l >».^jj \>.^Oo . ^^oojlni.vi .O) 
,j*\0) .^OjQ-io^^ ^oiooo ^qjuljNj : l^ias^ yOov^Vt yOovN^/; ^icti \k3» ^ia-S :^flaa»L»/ ^^o; oL/ ^i (jju/ ••.•yOou ' y«\«\"V) 
(ju^o Y^ '-»-J/ : |oO) ^©(OlSw./ 1.90 f>rr\«q/ IxqjojLV/; jjl.» »a ..^ojca-io^ ^a:>oo (.aio I-^^^k^ yOovVL coq . o o : ^ojo-io^^ oi.^ ^» 

pL_» ^( ^ . ^0)0)0»o wOioN":io ^oi^ oV-»o :yajO) yopo/ ^^^ot :>oXao ^^o o>i> ^^ov^|o :)ja:>o»LV/ ^CLi. V^l_i; ovioj>;o 
-:<^ovoo ^J.^ ^ ^ <=> . ^ov3C>~^ ^..^Ia^* ^o : yO0)NLj>.3 wi. N\ . v .aCTl | N^^oim ^<X>( ^^/ yl:::>>^QO> "^^^^oeo . oXxui |T\.ao..\ 
, ^f.\\v^y; yor:x> ^aI^-. ^/>Aoi; . Mi-*."i.olS>^ toi. W^o/ . w.o_»o ^\jk^ .j>..Yi.i:ioL / otm HV/ ^j ^^»v^ : ) i N ao yO; fin.o ooj y^t-oj 
^o^ ts^o i^jo^^o ^..Oio ^» ^mN.; . y^^V-* '^I ^pi^Coo wJi. ^3|> ,^ot .^oov::.o\^o ^oJVJuo ^n vi « n i » ^^. ..Ttyip 

IS-(_» p/» '^.^-ivio .....an, ci ^Qj( ^oC^;-^ |i;^j>:i.aj Pjo I-djvj Pj» .v>JS. Co.j-.L/ ^^oj ^; . ;.io)L( ^^Oj ^j ,jCi^/ ^/ 
.oii. yO^,wXD a.\3Lj QxoaiLV/ yooiio . , n q ^a)^0) ^aj \-'-^^l ■\°~>l v,o»0!l- o/ y00v.«i>.i> yO^j^iL >^oL )Jj jj/ i-<^9 . to.jajio 

yOjLvi. QJoo vsi. v.Q-'i')! .yO^ i-'^-S K-)»VJi-io ^;->-•Ol .-•.••:■. yOoLoaViojo yO-^ ••><>...> |^,o-io |.ieuOJ3 ^i. . )oAP ll<x\"jo 
Vv --SV " vjlSo» l'", -r^ yOOiLoVL|J ojlSO) . ^oicx^ o-A .o oii. o^-^oaa ^ |jj>0|0 •:-yQjj!ovJ» v»j( v^v\Nju p wsoLo . yOLaL'^jQ 
a^'y^l "^ -^ " p^^os poj vo» |.n.( . I .«.«lyS» )LoVL^« acojjlV/ yOoi-"io .oooi y. •ygoiN-ao ICCv—t P; |ISj> (_»xootvaLa 
^o |oj :pti30>LV/) l^aAxo^k^/ ■ ^""^ ■ w;.^ M~3<^ >...i^i.p3 yOJO) ^/o yCiyi, « nj | n i».NolS.ia» p~x>{ ■.\^i p;.^o~cQ o;^jx>o 
1 1 N/<r> .\ l.Mp.0 ^i->oi ^ I i,aft;:.&vao; | n ^\oNjd ^o-oo ^..j:>Ao . P>xdv3) |>L|-3 l.;^IS..co|o loo) vioNa c i . \n \>i )iO) ^wO] 

y)f' notre tcmps, Ic CalhoJiquc des Nestorieus, qiii demcurait continueUement 
prl'S de [Kosrau), avait accuse les quelques cveques orthodoxes de Perse. Car tous 
les eveques de tonte la Perse etaient Nestorieus et peu d'entre eux se trouvaient 
(etre) orthodoxes. Aussi lorsque le Catholique les eut charf/es d\ircusations f/raves, 
le roi leur urdoiiiia de venir et de dtsculer enseinble dcvaul hil stir Icar foi^', 

1. Synodicon Orientale, Paris, 1902, p. 109. — 2. Cf. Wiught, Catal. of si/r. niss. ^Biit. Mus.), l. I, 
p. 185 et 192. —3. The (Jnrd pari of the eccles. Ilialory of John bishop of Ephvsus. Oxford, 1853, 1. VI, 
eh. 20. — k. Lege U^ii-ao. — :>. >J-V-^ Ed. — (>. .Tcan d'Asie nous a averlis plus iiaul qtic f;iiosroös r% 
qui aimait beaucoup la liieologie, üludiail les livres de loutes les rciigions et cn parliciilier coiix des 
ciir6Uens (VI, comm. du chap. 20), ünc discussion analoguc eut Heu cn 612 sous Cliosroi-s II, cf. Syno- 
dicon Orientale, p. 580. 



[9] INTRODUCTIOiN. 

aßn qii'il fut aussi au courant et quMl examinät en. lui-meme ce qu'iU disaient 
entre eux en particulier, qu'il apprecidt leurs paroles et qii'il süt qucls etaient 
parmi eux [les plus) eloquents. — A Varrivee des Orthodoxes, il ordoirna aux 
deux partis de se reunir tous tant qu'äs etaient et de paraUre en sa presence. 
Quand Us furent devant lui et que les deux partis se furent places cliacun d'un 
cöte — le chef des Orthodoxes etait un eveque, un saint nomme Alioudemmeh 
— le roi leur ordonna de discuter et de dire entre eux ce qu'ils tenaient au sujet 
de leur foi. Le Catholique avec les siens commenra d parier aux Orthodoxes, 
ceux-ci ecouterent patiemment tout son discours^ puis parlerent {d leur tour)-^ iis 
refuterent toutes ses paroles et le couvrirent de confusion en prenant le roi pour 
jujje. Les questions discutees alors furent nomhreuses et ne sont pas facilcs d 
exposer par ecrit, nous nous en ahstiendrons donc. — Le roi Kosrau approuva 
et loiia les paroles des Orthodoxes et dit au Catholique : « Ceux-ld savent ce qu'ils 
disent et peuvent etablir et demontrer leurs paroles qui me paraissent, d moi 
aussi, vraiment exactes, tandis cpie les vötres sont confuses, embrouillees et 
n'ont pas de fondement, au point que vous ne semblez pas etablir vos paroles et 
qu'elles ne me paraissent pas avoir une base ferme'' comme ce qu'ont dit les au- 
tres. J'ai reconnu par Id que vous ne les accusez pas devant moi avec justice 
et raison ; aussi, d'apres ce que j'ai vu et entendu, je vous ordonne de ne plus les 
poursuivre et de ne plus leur porter prejudice. » Quand il eut donne ces ordres, 
tous les Orthodoxes se prosternerent, le salucrent, lui rendirent grdces et dirent : 
« Seifjneur, ils nous per secutent, nous attaquent et nous depouillent; ils detruisent 
nos cfjlises et nos monasteres, ils ne nous laissent pas ij offrir d Dieu des prieres 
et des supplications pour le soutien et la conservation de votre vie et de votre 
royaume. » Alors il leur commanda avec fermete : « Alle:, construisez vos cfjlises 
et vos monasteres et pefsonne n'aura plus pouvoir de vous molesler. » Ainsi, apres 
Vavoir salue et avoir prie pour lui, ils retournerent che% eux en gründe exuU 
tation. Depuis lors tous les Orthodoxes du pays des Perses vecurent en gründe con~ 
fiance sans aucune crainte, au point qu apres avoir racu cet ordre, ils oserent 
faire un grand ade : ils etablirent eux aussi un Catholique par les mains du bien- 
heureux Mar Jacques, eveque des Orthodoxes, ce qui n'avaitjamais eu Heu jusque-ld 
dans le pays des Perses. Depuis lors et jusque maintenant il y eut un Catholique 
pour les ßdeles. 

Nous savons par ailleurs que le Catholique nestorien Joseph devait sa 
Charge ä la faveur de Chosroes I" dont il etait medecin, et qu'il usait de . 
grande brutalite vis-a-vis de ses suffragants : il les deposait, les emprison- 
nait ' et, s'il faut en croire Bar Ilebraeus, « lorsqu'un homme simple et borne 
venait le trouver, il le faisait attacher par ses serviteurs devant une man- 



1. Litt. : il commenca et il Unit. — 2. On peut traduire : « solidite et verite ». — 3. Gf. 11. Gis- 
MONDi, Maris, Amri et Slibue de patriavchis Nestor ianoriim commenlaria, Rome, 1897, p. 24-25. 



10 HISTOIRE DE SAINT MAR AIIOUDEMMEII. [lOJ 

ireoire et lui faisait mettre un mors, comme ä uu äiie » '. Les Nosloriens, 
gräce ä Fappiii d'un autre medecin, ameiierent Ghosroös ä deposcr Joseph, il 
semble meme qu'ils allerent jusqu'ä Finterdire-. 

Nous pouYons donc nous demander si Ahoudemmeli et les eveques que 
Jean d'Asie appelle « Orthodoxes » n'etaient pas simplement « des dissidents 
nestoriens » detaches du catholicos pour raisons persomielles et aiissi pour 
motifs de doctrine, predecesseurs de Henana d'Adiabene et de Sahdona. Jac- 
ques Baradee aurait eu l'habilete de rattacher ces eveques « acephales » ä sa 
doctrine, dont ils ne se rapprochaient sans doute guere plus que de Tortlio- 
doxie chalcedonienne, en leur ordonnant lui-meme un metropolitain. Nous 
pourrions ainsi identifier Ahoudemmeli avec Tereque de Ninive qui assista en 
544 au concile du catholicos Joseph •\ II est d'ailleurs peu probable que deux 
eveques contemporains aient porte ce nom assez etrange que Ton iraduit par 
« le frere de sa mere » . 

Cette hypothese aurait encore Tavantage de nous expliquer pourquoi Ebcd- 
jesu, qui ne mentionne pas en general les ecrivains jacobites, consacre une 
notice ä Ahoudemmeh ' et pourquoi le traite de celui-ci sur Thomme est con- 
serve dans un manuscrit qui semblo nestorien, car il ne contient, avec d-es traduc- 
tions d'anciens auteurs grecs, qu'un traite du Nestorien David de Beit Rabban'. 

IV. — Bar Hebraeus ecrit dans sa Chronique ecclesiastique, ed. Abbeloos 
et Lamy, t. II, col. 99-101 : 

ou--ya>l t^o^oVI« I-oaVoL^ «cooio.so^m..;')) |;^o|Km -I-^^-»; v « n '>«o || vi t 'w l Njljl:^ .^ao.»^» ou^o ^VroU/ v^^ pO) 

.\j.i, ,^. I^Coo; l^j yooii. I-Lso .\-.r'r° P"^^ -V3|o .Rovat^o \iJi^ v.o,ö^|.3 )ov>i^ V^coo .j-ia\L ^oovxio )|-i,^o | iT«^ 

\^x ^jo ju; J.>:i.^ ^l ,^.NLo .piö,^. IU^<i^ r^>o^L K.;^|Nj >3|o .v^N^^ 1.>V£Doo; N-Vs^,!"- -:^H» ^^ ''■•^' ''■'!° 

JC^oVi. .ioa*^ ovio'Q-/ -po» ovJL^i ovoxcis j^jio )^» ^iVio oO) n^^^cl» po ...^>5j^;oU^ oioviOAO O)»^ai./o I-jd-^S; |lm \ vi; 

.|)Q..>«io; )L^i^ 0)0^.3^0 ö|(X«.a.\o .ot^V» p.^a<(HM a>.aLo .piJQ.'; l^»o ^^jiioLo ||.y n v)L C^i^ [^^ ^ps ^»L 

Apre.s 1(1 persecution des orthüd(Kics d'OrU'ul, Aljoudcmnicli fiit inrtropol itain 
de rOrienl. 

II ful in-donnr jmr JaniKcs {Baradrc), lan Sil) des C.nrs (559|. (hi dil (jull [iii 
consacre erchfiic du llcii ' Arba'ic par Christop/iorc, calliolitjiir des AriHcniens, et 
metropolitain de VOrient par Jacques. Mar Ahondcmmeii visita les peuplades Arahes 
qui vivent saus des tentes et il en catechisa beaucoup. Dien opera par ses niains des 

I. Clir. ml.. II, '.»7. — -J. Oiitiii sarr/dolii litdilii amorrnnil . II. Gismondi. Inc. eil. — 3. Josepli, dil 
son biügraphe, lemplit lies bien son oUice duranl Irois ans (.").i2-:>r>5j, apres (nmi il porsöcula les eve- 
ques et les prötres (H. Gismondi, loc. eil.). — 'i. C'esl ainsi quo les dissidents Henana d'Adiabene et 
Öahdona nous sont aussl connus surtout par les auteurs nestoriens. —5. Ms. du Hrilisli ]Sluseuui aihl. 
14620. Voirplusloin l'appendice. 11 serait interessant encoie de savoir si le luoiiasttMC <ii' Heil .Vsä oü 
l'ut d'abord transport6 le corps d'Ahoudemmeh [infra, p. 'iS) uapparteuait pas aux Nestoriens. 



[llj INTRODUCTIOX. H 

prodiges et des ntiraclc.s. II crca amsi des prelrc.s et des inoines et leur hdtit le mo- 
nastere nomme de 'Ahuirnd et un aiitre, d cöte de Tagrif, nppele Galant. II cale- 
clusa aussi dans Tagril an grand nomhre de Mages, ainsi quun enfant de la race 
royale des Perses quil haptisa et appela George. Qiiand le roi Vappril U fut irrile 
et ßt couper la tele de Mar Ahoudemmeh, le vendredi deiix du mois d'ob {aoüt), Van 
S86 des Grecs (575). Les clireticns demanderent son cor/js, Venvelopperent et Vense- 
relirent dans VegJise de Mahouzä. 

V. — Michel le Syrien resume pour son compte ranecdotc de Jean d'Asie 
[supra, III) qui ne se troiive pas dans la presente vie'. 

V^J-^; aJ_Vo^ocu Ol N.y\a\ aiCLOO .(jl^j^o (jiSi^io )^^ .l^^ofS. |JH_s; t3CLfl.cn.*9/ ovioio-./ -V-io |j_3^s oi_s 
.|N.>i:: -> o IN..3ISO |N_d-L y,^o .aj_»a^cQj. ^a^oL|Ji\ ^l^/o .|..,uiiV3» h\.^ o;rm -^„o )(-.,Co. I-Lso^ .ajNjc/o .öwJ^o 
• l-^ VOOV.VL o«n l|o I^Vio J.Ä30 .oi m N öo .ovjo»a^(. IlS^ioi-o |Co.,^wj ovieo-jo o-^aii ;.ioiL;o | o A oi|"\ |jL.^i> |j) 
.l^|.«X^ yO^-^sJ;o .|Lj^ v^-"-^; k^cQ-J'l-S ov^aa ^ooi\ ^avo .QJ-Va^aij ^ ;_I^ \.3\^ l-n-yx-. : QLm.30»oLVo/ q-oNjl/o 

.QJL.Y0 {^ m I n ■■'^f<L/o 

A la meme epoque (vivait) Mar Ahoudemmeh, eveque dans le paijs des Perses, 
homme instruü et saifit. Les Nestoriens de Nisibe et des environs. s'eleverent contre 
lui, et le bienheureux fut contraint de parattre devant Kosi'au, roi des Perses. 
lls anienerent le catholique des Nestoriens et, par des demonstrations empruntees 
ä l'Ecriture et ä la nature, le saint vainquit le catholicos. Kosrau, comme ceux qui 
ctaient avec lui, admira la science et la sagesse d'Ahoudemmeh et le loua. — Sur 
Vordre du roi les deux partis s\issemblerent. Les Orthodo.i-es se trouverent etrc 
cinq fois plus nombreux que les Nestoriens; Kosrau les encouragea d bdtir unc 
eglise et ä se montrer ouvertement; ce fut un soufjlet pour les Nestoriens. 

VI. — Ebedjesu lui consacre la note suivante - : 

C^(o .)iai.| )io.\i. UjvSo Uai ^; ji ^i)k^o .)fio|-io ^VNo (.JLS.3 ^^ [l^j .^^J;_Vi ^/j 00,0 \SokLa «jjoi ^i; |Viol_ijo 

Alioudemmeh composa un ourrage contre -les philosophes; un autre contre les 
Mages; des deßnitions de tout genre; un ourrage de rhetorique; des discours sur la 
composition de la personne^; deux discours si la volonte a pouvoir sur la nature 
(sur le libre arbitre?); un ouvrage sur l'äme et sur l'homnie microcosme. II a ecrit 
au.ssi des enseignements d'un style elegant et clair '. 

1. Chronique, ed. Chabot. Paris, l'J02, l. II. p. 251 (Iraduction) et 313 (textey. — Michel repete en- 
core la meme idee, d'apres Jean d'Asie ou dEphese, p. 339 (traduction) et 367 (te.xte). Cf. supra. — 
2. AssEMAxM, Bibl. Gr., III, i, p. 192. — 3. Le ms. add. 14620 du British Museum a conserve quelques 
pages d'un traitö d' Ahoudemmeh sur la composition de Ihomme en corps et en äme (cf. Wright, 
Calaloguc, p. 802) qui peut etre identifie avec celui-ci et que nous publions en appendice ä la fin de ce 
travail. Assemani imprime ä tort i-»oftio. _ r,. i'ne grammaire a aussi porte son nom. Cf. Wright, 
Syriac LUerature, Londres, I89'i, p. 98, et Rubens Duval, La litteralure syriaque, p. 290. 



12 IIISTOIRE DE SAINT MAR AHOUDEMMEH. [12J 

Yll. — Le pscudo-Denys le mentionne au temps de Chosroes et de Jus- 
tinien ' : 

(Alors) etait celebre Ahoudemmeh ratholiquc (primat) rhcz ks Perses et martyr. 

VIII. — La presente histoire, ecrite soiis forme dliomelie, complete les 
renseignements qui precedent et peut etre resumee brievement comme il suit : 
Ahoudemmeh, ne ä Balad, dans le Beit 'Arbaie, fut d'abord (eveque?) 
Nestorien. II devint mouophvsite, quitta le monde et sa famille, attaqua les 
Nestoriens, fut consacre eveque du Beit 'Arbaie et nomme metropolitain d'O- 
rient par Jacques Baradee en 559. II evangelisa les Arabes de Mesopotamie qui 
etaient encore barbares et adoraicnt des idoles; ceux-ci ne le laissaient pas 
toujours approcher de leurs campements, mais il guerit la fillo d'un de leurs 
chefs qui etait possedee du demon et, depuis lors, il eut libre acces aupres 
d'eux. II etablit dans chaque tribu un pretre et un diacrc, fonda des eglises, et 
bientöt les Arabes surpasserent les autres chretiens en ferveur et en ascetisme, 
en particulier ils commencerent le careme une semaine avant les "autres. II 
combattit aussi les Mages et composa des ouvrages de theologie et de 
Philosophie aujourd'hui perdus mais dont Ebedjesu a conserve le catalogue. 
II fonda un grand monastere a Winqeiuä et une belle eglise en l'honneur de 
Saint Serge (pres de Balad?) pour y attirer les Arabes qui allaient venerer 
ce Saint martyr ä Resafa; ce monastere fut brüle par des moines dissidents et 
rebäti par ordre du roi. II fonda encore le monastere de Ga'tani'-. II baptisa, 
dans le monastere d'Apamnä, un fils de Chosroes Anourcliivan et lui donna 
le nom de Georges. Il fut arrete pour ce fait en Tannee 573, par ordre de 
Chosroes, conduit ä Seleucie-Cthiphon et condamne ä mourir de faim. If n'etait 
pas encore mort le douzieme jour de sa detention et Chosroes permit alors 
aux fideles de le visiter. 11 passa deux ans en prison avec un carcan au cou 
et des fers aux pieds et mourut le vendredi 2 aoüt 575; les gardes lui coupe- 
rcnt la tete apres sa mort. II fut enterre d'abord ä Seleucie-Ctesiphon dans 
Feglise des Rebibes, puis porte au monastere de Beit Asd. Les habitants de 
Tagrit vinrent reclamer son corps et l'obtinrent de Isou' Zecä, superieur de 
Beit Asä, mais la barque qu'ils montaient fut arretee par une tempete en 
face du bourg d'Äqrountd oü ils durent enün laisser les ossements du saint; 
ils en obtinrent cependant une petite partie qu'ils porterent a Tagril. — L'au- 
teur termine par un appel ä la charite des fideles. 

Teile est, en resume, riiistoirc d'Ahoudcnmieh, metropolitain (ou ma- 
phrien') de FOrient, Fun des predecesseurs de Bar Hebraeus dans cette charge. 

1. liibl. Or., III, 1, i>. l'.i;t. — 2. I'ivs do Tagril d'apn's l'.ar Ih'l.iaens. — :?. Lc iiirlropolilain trO- 
rient ordonnail des ev6ques et des prtilres, aussi liil-ii nommö « Mapliriaiiiis (|uasi Fwcundator 



[13] INTRODUCTION. 13 

Elle iioiis moiitre surtoiit la vitalite et la force d'expansion de l'Eglise mono- 
phvsite ä repoqiie meme oü eile etait le plus violemment persecutee. 

Cette histoire est conscrvee dans un seul manuscrit {add. 146'i5 du British 
Museum) ecrit en rannee 936'. En septembrc 1902 iious enavons transcrit a 
Londres et fait lithographier le texte syriaque et nous nous proposions d'y 
joindre une traduction, lorsque la Patrologie Orientale prenant son essor nous 
fit renonccr ä cc premier travail provisoire pour donner une edition defi- 
nitive. Nous avons dispose, pour eorriger les epreuves, d'une Photographie 
du manuscrit de Londres mise libcralement ä notre disposition par M^' Graflin. 

F. Nau. 

Flcclesia? », Payne Smith, Thesaurus, col. 3230. Ce lilre ne figure pas encore dans les deux presentes 
liisloires. 

1. Cf. WiMOiiT, Cahiloguc, III, p. IUI el 1113. 



♦ ^ ♦ 

|.a^«jO Km^o U^A^ 



^V^; j^^ooi-; oilo^^ ^^'ni; JJo -.^^ü/ V^JLJi jLf'^lSi^; j-iooS wu^sul^ JJ» 
^ ^» Uau/ .vfiDCLSwOS JUL-SQ^? Ol^'^vJiO y^l .0.£QJ If^i.» )laiojo -.oul^ü 



1. v^;-bo* :\[s. — 2. Legi iteriiin w^^l-ijiaa. 



HISTOIRE DE SAIM MAR AHOUDEMMEH, 

APOTRE ET SAINT MARTYR 



I. Preface. — Par Tarrivee de Notre-Seigiieur Jesus -Christ parmi les 
hommes ' et par la naissance glorieuse du Dieu puissant, notro Sauveur 
et notre Vivificateur Jesus le Messie, par sa veiuie du ciel sur la terre pour 
uotre salut, la race de riiomme terrestre " a ete eiirichie de beaucoup de 
dons que la bouche des mortels ne peut raconter, comme eile ne peut rendre 
grace au donateur qui s'est reduit d neant, el a pris rapparence d'un serviteiir, 
Selon la parole du bienheureux Paid\ pour iious delivrer de la servitudf 
de Satan. II s'incarua et naquit de la Sainte Vierge, pour nous orner 
de purete et de saintete. II l'ut enveloppe de langes et place dans une 

1. l.illrrnlciDeiil : lucs du ^cnrc luimain. — -'. Li/f. : iVAihnn lorrcstre. — -i. Pliilipp., ii. 7. 



16 HISTOIRE DE SAINT MAR AHOUDEMMEIl. [16] 



i"> a. 



* fol. 210 
1- b. 



uucoui/ .yK^cLy. >.».j(y>a..^ jJLbo ^^~aj^ jvou ^mo.«^ t^^ JK^^s^o )^ rr> •> ; 
^oio*,Lai^ ^-io ^?/? oiicuV-2L^Kio; | ffl » n \o .K-Jj^-spo yKis^^^io ) ? > ,» f> >^ 
IKjLslx^ ^/; JjLJul jKjLio K^^alS. ^^5io. .).JaJu- )joi J-ioJ^^; ) i ^ , \ % \ o 
oil^.^fiQ^ yoj/ It-^J! .-J-iöia^ yOoCS^; jlcLs^S^ ou*0) »^o J, m .. '>q» ^ oi-iCL^ 

.);v*? )i^^-^ oiAÄ ^io )^;/ )jo; )oio .j-jx^j» 

)L*;o/ oolo JJ^.iL*..2>; ou-J^aS ^oioK^/; JL^V^ oiiaDOJ».-^ oi^a^. «J^-^io.^ 



10 



humble creche pour nous exalter et pour detruire Torgueil des demons. 

* fol. 2iOj * II grandit dans une pauvre maison pour nous enrichir — nous qui sommes 
pauvres — de sa pauvrete. II fut circoncis et offrit le sacrifice ' pour nous 
delivrer de la servitude de la chair et du peche. II fut baptise dans le 
fleuve du Jourdain afni de sanctifier les eaux pour la remission de nos fautes. 5 
II fut tente par le dcmon pour nous faire reposer en paix (loin) - des pas- 
sions mauvaises et funestes. II monta providentiellement pour nous sur 
la croix, arraclia ainsi radicalcment le bois de la transgression d'Adam % et 
planta, ä sa place, la croix de la victoirc. En depouillant sa chair, il devoila 
les chefs et les dominateurs de ce monde tenebreux''. II entra chez les lo 
morts pour prcchcr aussi une joyeuse esperance aux ämes qui s'y trouvaient. 
II ressuscita du tombeau le troisieme jour et nous ressusciia avec lui dans 
la gloire. II envoya son esprit dans les coeurs de tous les peuples pour les 
appeler ä l'adoration de la croix, et voilä (juc depuis lors la terre entiere 
se rejouit dans la connaissance de la verite. ^^ 

Le bon maitre ne nous abandonna pas ainsi, mais, de generation en 

"■ loi. 210 generation, il nous suscita ses saints, * liommes courageux, qui servirent 
Dieu de tout leur cceur et chasserent, par leurs actions reniarquables, toute 
I'obscurite de la nuit qui est l'oiuvre du mal. Ils preparerent devant nous 

1. Cf. Luc, u, 2'j. — 2. Los mols enlic paronlhescs ne ligurcnl pas dans Ic Icxle; ce sont des addi- 
tions ou des explications. — 3. L'arbre de la science du bien et du mal — 'i. Cf. Kpli., vi, 12. 



[17] I. — PREFACE. 17 

)..ocLikS.9 U*'^ol );oi^j ^-^oi ^io ^; t— «l-^»)-»! Q^o )^:-^ ^'^^^j ^^oto 

|j/ ''^J^; joi o|]^.«jy^K:^9 .oi.:>09auw>I v^po J-jl^^^ v^o(oK^/ > J n rr>v>o JI.3Lü.:y> 

)ju.^ loJ^ ^'^oi joC^ ^^; »-.Ol .-^-^ ).^( a . ! .. A o j-.)^ o.^ ^» );oi .j^öC^o 

)j/ ^^^; .-^poA )alA jl»o ) ■ •»a ,^..io )v*p V--^ l-»/ ^/ «oo« ) » m f> o«-^ 
•,. v>/» o/ ^-», ' ro/; (xAo o^^i/ )l;a_io»l» )v-aL.^; )jL*jJu^j ..)j/ l'l'^o 

10 );cii.J )»>-S JJ/ '.J1.^.mV> )j/ K^JlI^I/ .)-0».'Sxo )^» )-SVJu^ K-U^iCsa_lL,bO * Mol. JIO 
^ V" a. 

)j/ .^^ . ^'vs ..OI-iOjQ— ^/ ^V-iO ).Jl-^^9 OiK-sVo» ^iO .'^fiO ) K-. ,Ö w^--2>0 

ts^^-.<M )ia3u.v- K->I— ; ^^^^ K-)V-K-, .)jL:M3(Xi vO-Ju-^-io^ )jlO| ^.^Iflo/» 
yoo6d!^ It-Q--)-» vp^/ ^t-^/ ))"^J» U^ ^n»"> Ua-./»© .yOLa^j )oi:^ 
^ '"'Ji^i^i w,6i vooüis^; )io»K^ : ^.a voviiol; v®^' ^"^J® -loi^^ ^oiqJL,^ 

1. ^\iit^ Ms. 

la voie dans laqiielle nous marcherons pour arriver au sentier de la justice; de 
corporels nous deviendrons spirituels, de terrestres nous serons enleves aux 
cieux, tiotre service (notre cite) sera dans le ciel, selon la parole de TApötre', 
et tious cherclierons Jes choses d'en haut et non Celles de la terre'. L'un de ceiix-lä, 

5 qui (preparaient) cette voie qui mene et conduit au ciel , est saint Mar Ahou- 
demmeh, dont je crains d'aborder Tliistoire parce que sa conduite est elevee, 
sa beaute est grande et il est admirable par ses actions spirituelles et 
divines. Les paroles dites par le Dieu de l'univers a saint Moijse me con- 
viennent tres bien : Quitte tes souliers, parce que le lieu ou tu es est saint\ 

10 Moi aussi, humble, faible et indigne, je crains et je tremble de m'appro- 
cher des illustres actions de cet homme remarquable. Et je n'entreprends 
pas, humble que je suis, d'enumerer et de raconter * completement une moI. -210 
histoire illustre et divine, mais je veux seulement placer devant vous 
aujourd'hui une petite particule et quelques etincelles des grandes actions 

15 de Saint Mar Ahoudemmeh; surtout parce que j'ai vu Tempressement de votre 
piete et comment vous honorez avec grande diligence tous les saints de 
Dieu et clierchez k imiter leur vertu qui surpasse la nature. Vous accoin- 
plissez en cela le precepte apostolique" : Souvenez-vous de vos cliefs, (de) ceu.i- 

1. Philip., ui, 20.- 2. Cf. Coloss., iii. 1-2. - 3. Exode, iir, .5. — 4. Hebr., xiir, 7. 

PATR. OR. — T. III, 



* lol. 210 
v° b. 



IS HISTOIRE DE SAINT MAR AIIOUDEMMEII. [18] 

oi.::^ K-Zo :oiloV->.JL^ w«^.^-Ao ;>0M o6i ."^!^s-iJ^; )^-V-o? ^-:>-^ JU.-Vz) 

JoiVJJ )laj|.Di )JL-J v.oiäio;oij)a^i>/ w.oioK-(» |x-j scoa^^aS ^-/» )joii oiv^» 
)lcLbo^ 61^ lio^^'So .Ob. .2uu>j )^Vi. ^ .-^a^j/ )?oi ^/ K-.)^-.^i^o 
^ju. ^-.-w- )jiot, S.61 .)--.^io u^ owL. Jl/ .)j/ .-^ Ul "^5^-A-io qAo .^; 

) >.♦.'. ^ \ ou^? fy^n )'0««^ )^-^! '^^J'' .U-A-io ^oioK-/, 061 .y^oi 
:)-Luuu^ yo^ va-D»o(aJ ioi-JU ^d; -Ivlio/i )-«.^A-ioj )k^j)po )K:^io >^/ 
^V^ U-=>^-i U^ ^? ö^ . Uv>» ^» ^oDa^jJ ,,a^^AJo .).ix^ ^oiL^ vOj-^ 
^aaL::>.;aj; -6t ^l Ij-"^ .oiKV^ ^ ^l )iVJ^io ^01, 061 .000,0^/ 



10 



v b. 



13 



qiii voKs Gilt annoncc la parole de Dien. Et moi, potit et pauvre, qui n'ai 
meme pas Fune des qualites necessaires ä ce remarqnable travail, je veux 
m'occuper devant vous de saint Mar Ahoudemmeh, qui a re?u comme Paul 
et Pierre la couronne de la vocation d'eii haut, qui a ete grand et louable 
par sa mortificatiou et qui a place parnii les martyrs du Messie; il sur- 5 
passe par la tous les artilices de la rhetoriquc et il montre combien celui 
* foi. 210 qui le loue est pauvre et denue * de qualites solides. Gar sa conduite aussi, 
comme (celle de) Paul qui ctait une arme, fit de ses membres une arme de jus- 
tice pour Dieu' et il s'ecria aussi en apotre : Le momle est crueiße d man e(/anl 
el je le suis de la meme maniere ä l'egard du monde-; et : ce n'est plus moi qui m 
vis, mais le Christ vit m moi, rette rie que nous vivons dans hi r/iuir, nous hi 
vivons dans la foi du Fits de Dieu \ Il marche, immuablc, dans la lumiere de 
la verite <iui est le Christ'', et il veut que uous moutrions aux hommes 
rcclat de ses actions, selon la parole magistrale du Christ qui dil : Quaiid 
votre lumiere hrillera devant les hommes, ils rerronl ros honnes artions el ils l„ur- 15 
ront votre Vi're qui est dans le eiel\ Mais au sujct de ce bienlicureux Mar 
Ahoudemmeh, dout nous racontons ccs porfcctions. il nous faut encore vous 

1. RoMi,. VI, 1:!. - 2. Ciil., VI. 1'.. - :i. <'.al., ii. 20. - '.. VA. .I.<an, xiv, C. - n. Miillli., v, IC. 



10 



fl9j II. — JEUNESSE DAHOUDEMMEII. 19 

w-^ÄCjuI o(t^o ouiöJ:^Q.ß JL-^aJ o»~^^?! \-*"^l -ot^-'t^o oi-äi-J^ otil/ 

2^c>a/ oiio-.^ ^o Jooi ^oioK.1 ' U^.otio )1 ^).xj; v^o .)K.-^ ^ ^0 * foi.^211 

^^jLia ^Vl )..a:^^ioo .Moi^ Jl-ol^^j ^CH .)laJiicu.oi JJ» )la-UA oC^d ^ 
)oiSis; ooob. ^)ai. )jj^o)-»; oilii. )-au^o .)-V^i oualb^a^-s oiJ^b.U i?oui(o 



1. U'J Ms. — -2. uaVL( ^[s. — 3. >»'aaj ;\[s. — 't. »-^ est supra lineani in ms. 



incliquer soii pays, sa famille et sa ville, afin que son moritc eii soit augmentc 
et que son Maitre soit loiie et exalte. 

II. Jeunesse d'Ahoudemmeh. — Ge saint Mar Ahoudemmeh etait du 
pays des Arabes ' de la ville de Balad' et fds d'iafideles '. * Des sa jeunesse, 

5 il fut nourri dans les livres divins; quaud il arriva ä Tage mür, et qu'il fut 
accompli par l'esprit aussi bien que par le corps, le temps arriva pour lui de 
separer la lumiere de la vraie foi de l'obscurite et de Ferreur du mal, pour 
que la richesse fut tiree de la pauvrete et que le doux sortit de Tamer, et un 
agreable parfum de la corruptiou et de la puanteur diabolique , uous vou- 

10 Ions dire de se separer de touto cette folie sans foi qui est un scandale 
theologique et enseigne deux natures apres l'union; il oublia le passe 
et progressa devant lui. Son esprit s'illumina dans la doctrine du Sci- 
gneur, il prefera vivre dans la persecution avec Ig peuple de Dieu, 
plutot que de se delecter peu de temps dans le peche ' ; il pensait que 

1. Le Beit ^Arbaie forme ime partie de la Mesopotamie entre Telia. Nisibe, le mont Singara et Ba- 
lad. Gf. IIoFFMANN, Auszüge aus syrischen Akten Persischer Märtyrer, p. 23 et 131. — 2. Balad (au- 
jourd'hui Eski-Mossoul) etait situee sur le Tigre ä six parasanges (de 30 ä 40 kilometres) au nord de 
Mossoul, cf. Hoffmann, Auszüge, p. 97. — 3. Ges Infideles etaient chretiens puisque leiir fils ötudia 
des sa jeunesse « les livres divins ». II ne peut 6tre question ici que des Nestoriens, tres puissants du 
V au VI« siecle dans les provinces orientales. — 4. Ges. phrases semblent bien donner ä enlendre 
qu' Ahoudemmeh eul d'abord quelque dignite dans TEglise Nestorienne (eveque de NMnive?) et ne 
craignit pas de s'atlirer les persecutions du Gatholique (cf. Jean d'Asie, Introd., iii). Un panegyristo 
ne pouvait guere s'expliquer plus clairement. 



* foi. 211 
r" a. 



♦ fol. 211 
r b. 



r li. 



20 HISTOIRE DE SAINT MAR AIlOUDEMMEll. [20J 

I . . > N^ * ;ts^ .oCi^o l-^N nNo ^; )^-^/o .oua^o ^otöo^^JJ .^o 



^ ^-^1/ ) > ' " "^ v?ou:^ io-^? )-^--3^ oi-jxx- "^^o .-oiJ»; )ou^ 

Ivjls^ OU5 )oo( j mSi .' y^h^JMi:^ JJ» IvsoaJS. ö/ Jlioiojl» li-^i^ ö/ 
J..,.»V); U-1-Ö vO^^X^o/ ^ :oiJ:bOÄA; och )jöc) o-i ^ r^oia:^^ '^^^jia 



1. Ms. um. ?• — 2. ;^I^:ä»o Ms. 



U) 



l;i riclicssc dv l'opprnbro du Christ rcmpurtait siir Ics tresors passagers 
de ce inondc'. 11 se retira et moprisa ses parents, sa famille et cn nieme 
fol. 211 temps Ic monde entier, * il marclia allegrement ä la suite du Messie parce qu'il 
aporrut clairement et vit que ce monde passager n'est rien, que sa richesse 
ne denieurc pas, et que son pouvoir ne subsiste pas. Selon la parole de 5 
saiiit /V/(//- : sa renommee parvinl a tonte cette terre Orientale; pour la regula- 
rite d*' sa conduite, pour sa piete, pour son abondante charite envers tous 
les lioiiimes, il l'ut appele par la gn\ce de Dieu qui scrute les choses cachees, 
jugc It's choses futures et counait tout par avance, et il fut fait eveque 
daiis le pays des Arabes, et en meme temps metropolitain \ 10 

III. Son .\i*ostol\t en Mesopot.\mik. — Oh! Thonime admirable! Oh! la 
hcaiil«' saus limilc ([iii i'tait cachee dans ce saint honiine et qui resplendii 
et s'achcva par la dcscentc du Saint-Esprif ! Ouand il eut va^n le don de per- 
fectiou (Tepiscopal) du ponlife qui le consacra et du saint Evangile du Messie, 
il dösira vivcnienl souilrir pour le Messie «'t marclier sur les traces des saints i"> 

1. Cf. Ilebr., XI, 2<>. — 2. Rom., x, 18. — :<. II reriit donc en mrino temps ces dciix digniles des 
mains de .lacqiirs Maractf^o cn ."i.V.i. II faul inlerpiV'lor dans c<> sons lo to.vle do l?ar Hohiaens (cf. 
Inthoi)., IV). ( liiristoiiliori', (:alli(ili(|iio des .\rnn'iiieiis, ne pul concouiir a ceUt> oidiiialion. car Ics 
dcux Oallioliqucs noinni<''s Christophe ou Chrislophore sonl places par 8ainl-Martin, Memoircs fiist. et, 
giogr. sur l'Armenie, Paris, 1818, l. I, p. 'i:»8, aiix annöes 515-521 (cf. B.\u IlEnnAEUS, Cliron. crcl., II, 
87) et G2.".-r,28. haprrs Ic k-xlc du Jean d'.\sie rite plus liaul, Intho»., im. Alioudcniincli avait dcjä ele 
(■•vi'^qiie (Sans doulc de Ninivc); .laequcs Haradee lui allriiiua Ic Heil 'Arh.iie (Imil Ic lilniaire clail nie- 
Impolitain 'cf. Synoiliron (tr., p. 067, 078), 



10 



10 



fol. 211 
V" a. 



[21] III. — SOX APOSTOF.AT EX MKSOPOTAMIE. 21 

\a^.^ y.^ oooi > l.N!^)^s^» V»^^ S-^^ \\i^^ vxxSljo .)1q-Sji I— l~*j ^»otoK-^/) 
.)Kjl^ )pK.3 ^t-^^^; )~*V^ )i » m^ oi\°>>o ;) .. « tvti otv^^^ qlS^ Ji^^ 'l-J^ 

y^|jL,^flDo :jJcL^uso OOOI yOOU^>^/ j^V-^fLao :)i*>»vi •> ooot ^*pcu^ ^^-^^ J^V^)-^ 

«.Mjfj jJ ^_^ :)_^.9/9 ).^cL^eL^ yocnN*) ^:m oooi ^■<i,aat,.<o :vooi£s!SLm9 <.*oöi "" foi. 211 

) I t^^ )OOI y.^ \\ >>^^«> V^-^) «^ )->^t^ X;«; <d^ .)....i>A^; OliOlQJ yOOU^^ 

1. <ä\se^\a Ms. — 2. Ms. secunda manu ai*j<o. 



Apötres. * Quand il eut scrute les preceptes du Christ, il trouva beaucoup de * foi. 211 
choses qu'il avait enseignees et recommandees ä ses saints Apötres et 
surtout : Allez, enseignez et baptisez toutes les nations^ et cette sainte parole 
qui fut dite au chef des Apötres" : Pais mes brebis^; et : qiiel est le serviteur 
fidhle et sage pour que son maltre Vetablisse sur ses domestiques aßn qu'il donne la 
nourriture en son temps ä ses serviteurs ' ; et ces talents que le maitre a donnes 
ä ses serviteurs et dont il leur a demande les interets % il prit sur lui la 
croix du Christ qui est une arme de victoire et il sortit ä la recherche des 
brebis errantes qui servaient de nourriture aux animaux sauvages parce 
qu'elles n'etaient pas entrees dans le bercail du Christ et qu'elles etaient 
tombees dans la boue putride de Fadoration d'idoles sans vie. 

11 y avait beaucoup de peuples entre le Tigre et YEuphmte dans le pays 
qui est appele ßezirtä ^ ; ils y demeuraient sous des tentes et etaient barbares 
et homicides; ils avaient de nombreuses superstitions et etaient le plus 
ignorant* de tous les peuples de la terre jusqu'au moment oü la lumiere du "fo'- 211 
Messie vint ä luire pour eux. Depuis longtemps, ce saint brülait d'un divin 
zele ä leur egard et voulait jeter en eux le feu du Messie dont il est dit : Je 

1. MaUh., XXVIII, 19. —2. Saint Pierre. — 3. Jean, xxi, 16-17. Le syriaque emploie trois mots dil- 
förents ^laMsao «V-so/o uav-v que Ton peut traduire : « mes brebis, mes moutons et mes agneaux «. 
— 4. Luc, XII. 42. — 5. Malth., xxv, l'i-SO. — t>. El-Djeziret (la Mesopotamie). 



r ;i. 



22 IIISTOIRE DE SAINT MAR AHOUDEMMRIl. [22] 

);aj; ..V-.io/, ^6i .U^xJ^i oi;aJ vf<^ NV? I^o« M>Jo .yOOiIiC^^^ UoCSs 
^.> ■:>. . )ooi jy^o .JivsL-. op ^ c;:^! ^ooi j^^o .'WU NW? ^-i/ 

.l^o^s jjo^j »K^ ^oaj» OUL3Ü o<v )^)- ^>: xi»v> .U?Q-o? )-*oV^ ^oia^b. '> 
^, oo. .);v-*j )K^^-j )ou-^i );oiaJ laJ^K hU? )1<^-^ ^^ ^oto^K^» 
)oi-\JJ )ooi l^ß ..^V* )K— ^-A )?o« l-»o)-^ 1^ :ouioja^/ -V-^ U-^-iS 

*fol. 212 ,CHb.K^ ' 1^ JlojOt-D ^^5i.^^-iO Oi_iCL-b. )0U^JJ sÄA-^U» .'jK-^-^-J^A )?^^ 

^oiisCL^ )ooiJj )oi^JJ v^V-^ oi^» .-j-ü^^-o JL-^-^Su oiopoj K-^^^o K^Ijä-A 
'^^Kjo -.j—V-^j oiK^'iol va-i.»Jo -.vQ — ^ V ^o/? )iojoV-a^ yQ-j/ >*..^-flftJo 



suis rriiu jflt'v Ic feit siir la tcrre ei Jr ih'sirc seulemcnt qu'il s'aUume*, 11 
vovait qu'ils etaient mauvais; leur langue etait diflicile; ils etaient barbares et 
iin'urtriers. 

Quantl il lul rciiipli de la <:^räce de Üieu, de Tepiscopat qui lui fut eonfere 
avcc le saiiit i'^sprit. il so coiisacra conipletement ä suivre rimage divine ^ pour •> 
rainener ce (peuple) (!<• Icrreiir des demons ä la liimiere admirable de la con- 
nai.ssancc de la veritr. Lorsciue Ic saiiit Mar Ahoiidemmeli s'engagea dans cettc 
voir .iposlolique. il .ippcla Dieu ä sou aide, lui qui promel grande puissance 
aux evangf'lisatcurs. II supplia aussi la Iroupe des Apötres de prior Dieu avec 
• Fol. -jis lui pour (sa) predicalion ' en lappelaul le psaume lxvii, que le bienlieureux i'^ 
Dnrid (•(»luiiic au uoiii d'uu apötrc; recitait ainsi : Dens misercdliir nostri avec 
Ic rcstn du psaume. C'ost avec ä-propos et conveuancc que ies saiuts Apö- 
tres Olli chanle ce saiul caulique, pour demauder aiusi ä Dieu d'etre avec 
fux Ol de Ies aidcr dans la prodication de TEvangile, aiin qu'ils connais- 
scnt los voios du Soiguour ol (jiif los nutioiis soieut delivrees^ des ennemis i'> 
spirituols que (Notro-Seigneurj dovoila en livrant sa chair, selon la parole du 
bioidieureux Paul '. Ouaiid il eut commcnce ce psaume et qu'il eut vcrse sur 



I- ;i. 



1. I.uc, XU. 'lO. — 2. A iniiler Nolrc-.Scignciir. — :t. /,///. ; el iiiie suil coniiuc dans Ies nalions sa 
tltlivrancc; cf. I's. lxvi (i.xvii). 3. — 'i. Cf. Epli., ii, l'j. 



10 



[23] ITT. — SON APOSTOLAT EN MESOTM)TAMTE. 23 

• ^ * 

jji..»^ Ol oiS^:ao n2\ jL^^^ ^i^J^D o^V-*-^ J^J^Ji^ )L-Dqjl^o ».^^SJ^cl:^ J^oiqjo 

j.xN \ "^ ^^OtO V>, n OOOI ^^)_mK^O K^)V-2lJ^vO K^)jK^^.«w^ .'0U.^9Q^/ ^V^ 
y!^ K^ .)oi^9 OiJu*^ y^O ^ |.^ . ^'fl^/o O|JL:b0 ^OL.^J3u^O .|.^Cl:)Cu}-20 
)oO| 9V^ JLldOt > J ^ ^t^ » ^l 01-^)0^1 s^fJbO ).Jt~*f^ ^9 O'OI .jji^S^aJl )^90| 
^^KJL; OOUd J^)-^0^.2uwi V-*^ *Jo^ l-L^ K^I—La^/ jVO-^pCLd t^O .yOOl^ 

vcLi,. ^oto-audfll^s.^.^ yooi^ yoi^Kjo )oCSi^ yoouu .Jjlooi v^/ ^^o . • |...UL:bölo 
.jooi v^K..bo ''^00(0^^9 ).-auJSL^\o ».looi >qi *». cd yoodo^k^; j^-cocLio .JJ^V-*- 

OOOI ^ f> ^t jjo OOOl ^^u««'pCL^9 i^**^^? yOoC^^f |JSw'^LJl^9 ^^OU^ ^0Ö| JS^/o 

joC^jJ '.voogi^ |oo( vf> > ..» f^o .^oiQ^^ yQ.N. v> » Jo vooilals. ovI-oKj; 0(^ 

^CLA, ^0|..iCS^ OOOI vV--^9 ^«^Ol )~S)^ v^OÖl vJLslK^OO -JoOl \i >l:aO ' Kjt\ S\a')1 

1. l^-oiP^ Ms. — 2. »*<55jW Ms. — 3. o additur sec. manu infra linoam. — 4. vpVp^i :Ms. — :>. spwa-,^» 
Ms. — G. ^©v^i-»o Ms. — 7. ^^lasL >is. yod addilur siipra lineam uiidc sec. manu ^^ia^sL. 



* fol. 212 
r- b. 



iine terre aride et afTligee qiii manquait d'eau les torrents spirituels de la pre- 
dication evangelique, Fesprit des (barbares) commenca ä s'eciairer par la 
remarquable doctrine de saint Mar Alioudemmeh, qui etait encliaine daiis le 
veritable amour divin. Les demons qui etaient adores par les peuples barbares 

^ comprireiit aussitöt que leur puissance passait, qiie leur culte disparaissait, 
que la kimiere regnait, que les tenebres se dissipaient. Ils commencerent * ä 
organiser la guerre contre saint Mar Ahoiidemmch avec puissance et force. 11s 
lui apparaissaient nuit et jour, se plaignaient de lui, lui disaient : « Qu'y a- 
t-il entre nous et toi, 6 saint de Dieu' ? tu n'as pas de pouvoir ici ». Ce saint 

10 Mar Alioudemmeh les chassait comme des mouches. Comme il chantait con- 
stamment des psaumes et plus particulierement le lxyiii*-^ et disait : Que 
Dieu se leve et que tous ses ennemis soient dissipes, etc., il detruisait les temples 
de leurs sacrifices, et brisait les idoles qu'ils contenaient. 11 y avait des cam- 
pements avahes qui lui resistaient, ne le laissaient pas approcher et n'ecou- 

15 taient pas sa parole. Eloigne d'eux, il priait Dieu avec instance, et les 
pierres auxquelles ils donnaient les noms de leurs dieux sourds etaient brisees. 

1. Cf. Marc, i, 2'i. — 2. Ps. lxyii dans la Vulgale. 



r" b. 



2'i 



M. 21: 
V" a. 



V b. 



IIISTOIRE DE SAINT MAR AIIOUDEMMEH. [2k] 

j^^xi^ Jooi j^o^-uJio )oupL^o Jooi 1^* )-s^^o .)oo( siiaio^ )aiM j-ia-/ 
.j^oji j>o^ ^ioj ^/ .ou^ ooo« ^^A v<^.«o .odc^j-s )o« ?V^i )H?'? 

yoy.:^ :|NjiSQ^i |_i.Q^xA oü^s ot^ )ooio :)ooi l-iLio»; )j^» "^^^ ,^001.^:^ 

ycoiXo ^i.» OCH :|i >..o |:^-V s.^.^Ä>o ) t >o . / po :^^so ^.^/ joC^ )-.V^ 
.jKiL^jjj i:Al ^ oi^ |.ici:is^::b^ K-:^Jio :\K^.^^ rVj^ Ku»V:3 )jA>Äi. 10 

|la:>o^j5 .j-po? oiojiio oiA v-.>-l/ :oiia2s., pLso-^ ^"^a yf>o .);*,.*? )^^^^ 

V b. • ' ' * ■ ^ 

1. C^-P Ms. 

Dien (»püra parmi oux beaiicoup do signes et de prodiges par le moyen du 
• foi. 2!J Saint : il oxpiilsait les diables, purifiait les lepreux, *giierissait les malades', 
^* "■ cliassait par sa priere los verges de la colere (divine), mais (les Arabes) 
fnyaif'nt devant lui, comine devant un persecuteur. 

Im joiir qu'il les suivait et qu'ils ne le laissaient pas approclier de leur r> 
caiiip, mais allaicnt h sa rencontre avec des pierres et le chassaient pour ne 
pas Ir laisscr approcher et ne pas entendre ses paroles, il fut rempli d'af- 
llictiuii ä leur egard k cause de leur cruaute et de la durete de leur coeur; 
il y avail um- scniaiiir «jiTil n'avait pas pris de nourritiire; comme c'etait le 
soir. il s'agoMouilla devant Dien et dit : « Seigneur Dieu tout-puissant, mi- i'> 
Hrricordir-ux, plein dr bontds et de grace, toi qui as etendu ton iilet vivifiant 
sur tous les pniples et as arrachö tout le monde k Tabime des maux, ramene 
aussi, dans tos misrricordes, les Arnes' de ces barbares de Terreur des mau- 
vais d«''n»nns a la roimaissance de la \6n\6 ». Quand le bienheureux eut 
t< iiniin'* f»a priere, 1111 ange du Seigneur lui apparut sous l'aspect d'un 15 
• foi. -ij inoini! ', ii le rcleva et lui dit : « * Prends conüance, Ahoudemmr/i, et ne crains 
pas. LViuivro quc In as commt'ncöc se terminera dans la joie, les barbares 
tV'crnileroiil et ils Iravailloroiil comme des boeufs sous le joug doux et leger 

1. Cf. Mnllli Noim lisons l£s*::aj. o,, p(.„i conserver \LciZtu qu\ iU,uue un sens analogue, 

iniiis le inol .1 iiiot c^l plu^ illfllrilo ä faire. — 3. l.ilf. : dun lioinme pur. 



)•" a. 



[251 III- — SON APOSTOLAT EN MESOPOTAMIE. 25 

y^'y^ |Ljl-.,»o oiJ^io ^oi^ j^jlio v^o J n > '^>o o 1^^ yji.io; oty « » ^ )Vol y^l 
. ^ ■^■o w»-^^U/o 1^»/ ^^si. oijl2lj yJiOL^coo s..-^ioi/ )jo»o )JLo,-;i oi-io»a-w./ 
^j oul^i )-«^»j oiiv-s ''^^ ).JL..^ );)a s^sXKji/ och |^N!^^-a ^-» ouä 
jKw^^J^ oi oN nt J-^OQ^! oi't^«^o .)L«XJ^ o6i ou^o ot mwx? .jJS^f^^ 

o)l»K.:boo )oot ).^J^ l^oüS^o )oo( |nirft'v> Ijoi^ -.I-jl«^ ^9 oot -.yXo^ Y^f^l 



de Notre-Seigneur ». Quand Fange eut termine, saint Mar Ahoudemmeh fut 
rempli de joie et d'exultation; il se coiicha ä terre et reposa un peu. 

Cette meme niiit, im malin demon s'empara de la fille du chef de ce cam- 
pement et Tagita durant toute la nuit. iVu matin, ils prirent la jeune fdle et 

5 l'amenerent ä saint Mar Ahoudemmeh. Ils lui dirent : a Si tu es en verite le ser- 
viteur de Dieu, impose la main ä cette jeune fdle, et eile sera guerie ». Saint 
Ahoudemmeh se leva, lui imposa la main, et le demon sortit en criant et en 
murmurant contre lui, et il disait : « Que te donnent ces barbares, pour que tu 
t'occupes ainsi d'eux? » Et ils furent dans l'admiration tous ceux qui avaient 

10 vu et entendu le prodige que Dieu avait fait par Tentremise de saint * Mar * loi. 2i.i 
Ahoudemmeh ; ils furent saisis d'une grande crainte et dirent : « C est un ange ' 
que Dieu nous a envoye, et nous ne le connaissions pas ». Ils se prosterne- 
rent devant lui, le prierent et lui dirent : « Nous t'en prions,*Seigneur, par- 
donne-nous la faute que nous avons commise contre toi en ce jour, nous ne 

jr, savions pas ce que nous faisions ; entre dans le campement de tes serviteurs 
et accomplis la volonte de Celui qui t'a envoye vers nous ». Le saint ne cher- 
chait, ne demandait et ne tendait qu'ä les laver dans les saintes eaux du bap- 
teme et ä les compter dans le troupeau du Messie. II entra dans leur camp et 

1. Litt. : son ange. 



26 IIISTOIRE DE SAINT MAll AIIOUDEMMKII. |26] 

ooo» ^^l-o Joch t-«^/? I^Q'^? ^ )joJ^ ^-^^J^/? :otiojQ-«/ ^*po )~»-»t-o )oo« 

^a_JO| • J * r| ^ )^.^AN,\ vOoKjU» ^l . . vOOlN-^^V^^ ^ffl ^'V^ O )oO| ) <=V » '> 
fol. J15 jK^Ns^^ ^ot )l'V> )-V.>0 )oH .0001 ^t^/ ' ^£OaaL-^b^...Ä^ )jLiCL.OWiO 061 loiO^J» 6 

r 1.. * ^ 

QJCH .yOOtK^t tV»» )fco.pCL3 -.'Ä.U )lV— ^^— ! ) 1.» \ V>\ 1».^»^^ ^1 OO! .^.^0^9 

)jji .•)jl-.,-d |-.»*ojo )^-»o j-s/ ^ojtjs .pcuioj ^\lo JK-uj)» )K-ja.iCLi^ia^ ^^ 
V-iL^^ )t-j-s )^-•l-^? Uai-»/ .)) >^«) Ui^ "^n* ^ oi^ )ooi K-/ o-^ )joio 

•y -^ * ' m V) jKn m\ jljJL^wfio^o jJ / .01.^90^/ >^^^ \% »^ o\ ou^ iooi j n m\ 
JV^po |.j..-^o )^V-^f.^oo I n m \ jLüLjio )._^qu^o ).-Jt.9aD9 ^61 .|>I^^.^oo )oo( 
.Jiouiio JIqJ^, y_io jJo -.Iooi y) v>'v) l\ ^. yy^ oulioo« ^.io JJo .'vOOIgl,^; 
• 11 »<*er> jloVi./ ^^ I » > t n w»i^/o sjSs loi^ici^l >^\.2^ |> >o^; otioSu. im<u.^x> 

1. oMoia.l^'^ Ms — -2. i=i^tAjio additiir in mars^inc — .'{. spwaii^j sis. 



il y out (grande) joie en ce jour : saint Mar Ahoudemmch se rejoiiissait d'avoir 

trouve la dixiemo piece de monnaic qui etait perdiic ', et les autres etaient 

hcuroux d'i'trc Iioiiores de la vue de rhomme de Dien. Comme il piirifiait et 

ff.i. -!:< deloftait leiirs pcnsees par les douces paroles du Saint-Esprit * pour les 

n-iidrc digncs du saint bapteme, ils lui dirent, comme l'eunuque a Philippe" : r. 
Voiri dt' renn, (ju'cst-co (jiti cmpikho dr nous baptiser? 11 ouvrit aussitöt, au milieu 
de I.'ur camp, la source de la vie nouvelle, c'est-ä-dire le bapteme symb o- 
liqu.', et il rommcnra ä baptiser au nom du Pere, du Fils et du Saiiit-Esprit, 
sytiilxilo (!,. I;, Tiiiiitö sainte et adorable par-dessus tout. 

i\ . Shs (m;i vMKs CHE/ i.Ks Aharks. — 11 s'appliquait, avec grande pa- 10 
iKMic«.', ä passer par tous leurs campements ; il les instruisait et les enseignait 
pnr df nombniix discours. El ce n'est pas seulement les enseigner et les 
iiistruireqiii etüil penible ä saint Mar Alioiidcmmeh, mais il endurait et suppor- 
taif d.' n(.i.d)renses soufFrances de l;i pari du froid, de la cbaleur, des cbemins 
diiruilc^ r[ d6s(;rts et dos eaux ameres .pie Ton y trouvait; il ne cessait 15 
cepemlant pas son jriin<« parfail, scs prieres et ses veilles. II reunit par son 
y.i'lc et fit venir des prötr.-s i\o braucoup de pays : par de douces paroles et par 



[27] tV. — SES CEUVRES CIIEZ LES ARABES 27 

^ • * • 

^%^ Jip"; )ot-iäji ^cufloo smni^o .).jL^ajio Jjl^ju^ ^^ I^^V^ ^aua ^ - ^ft 
^\)\ )jp>.ajaDo )ia^« ""^^^.30 .' ^>oio >^.aL^o ).^^•^^^ 0.^0 . ^^ruKlco-Z^; 

K^)^.^. o> . .. v-i^ ..vOO|.^a-J^ oi*t-flo/ loiSs jioa^;» )iVK..-io ^^oC^sl^ ^oo 
y.*\ joC^ yol^S oCS>o :).jJ^^..^ )o«\) ,:> oi-^; «^oi -In > 1 fn \; jK^öia.^ 

1. ^W Ms. — 2. ^»CvÄHio^ Ms. — :}. ^ov-3 :Ms. - h. ^ov-^. Ms. 



l'ül. -21:! 
v a. 



l'ül. 21.'? 
V b. 



des Jons il les suppliait et les flattait * pour (en arriver ä) etablir dans chaque "^ '»j'- -••'' 
tribu un pretre et un diacre, II fonda des eglises et leur donna les noms 
des chefs de leurs tribiis, afin qii'ils les aidassent dans tonte chose 011 alfaire 
dont elles auraient besoin. II consacra des aiitels, les mit dans les eglises, 

5 il s'occupa de tonte chose et affaire qu'il fallait ponr l'eglise, il les acheta et 
les lit venir, ce qui est jnste, beau et convenable pour un eveqne de verite. 

II attacha ensuite leur coeur ä toutes les perfections de la piete et plus 
specialement anx dons envers les indigents; ce qui rend semblable ä Dien 
meme qui aime (cette vertu) comme il est ecrit : Dieu aime le joyeux 

10 donatcur \ et le Messie a dit dans l'Evangile : Donnez et on rous don- 
nera'-^ el : Soyez donc misericordieux comme l'est votre Pere celeste'\ Lenr.s 
anmönes se repandaient sur tous les hommes et en tont lieu, mais plus par- 
ticulierement sur les saints monasteres qui sont encore soutenns par eux 
jusqne maintenant dans leurs necessites corporelles : le monastere saint et 

15 divin de * Mar Mattai'' et de Köktä' et de Beit Mar Sergis^ et la eommnnaute * foi. 213 

^ v^ b. 

1. II Cor., IX, 7. — 2. Luc, vi, 38. — 3. Luc, vi, 36. — 4. Sur la montagne al-Maqlub ou Elfef, au 
nord-esl de Mossoul. Cf. Badger, The Nestorians and theij- riliials, 18.52, i, 95 et Ritter, Erdkunde, 
IX, 735. Hoffmann, Auszüge, p. 175-176. — 5. I^sas- Mentionne par Bar Hebraeus, Chron. eccL, Ed. 
Abbeloos et Lamy, II, 70. Cf. Assemani, Bibl. Or., II, 403. Ce monastere est different du pröcödent 
bleu que Bar Ilöbraeus semble les confondre. Cf. IIoffmann, Auszüge, p. 176. II est different aussi du 
monastere de li^-saa ou de Mar Abraliam. Cf. Hoffmann, Auszüge, p. 19. —6. Cf. IIoffmann, Aus- 
züge, p. 120. V. infra, p. 29-30, 6'i. 



r.ii. lii'i 

r a. 



r" II 



28 IIISTOIRE DE SAINT MAR AIIOUDEMMEII. [28] 

♦) *^^^?0 )..<^Däji90 )..«^qJx^9 |jd9oVo 

1. |;|..i. Ms. — 2. Itöj-^^vs» Ms. 



des iiioinos (jui est dans la montagiie de S'ifjar* avec tous les avitres saints 
iiionastöres des lidcles qiii sont dans le pays des Romains et des Perses; ils 
faisairiit aiissi de grands dons qiii etaient veiidiis poiir d(^s prix cleves, et ils 
ne se boriiaient pas ä faire des dons aux eglises, aux moines, aux paiivres et 
aux «'-trangers, mais ils aimaient le jeüne et la vie ascetique plus que tous les s 
(:lir6liens, au point de commencer le saint jeüne des quarante jours une 
scm.iino de plus avant tous les ehrötiens"; beaucoup de personnes chez eux 
nc mangciit pas de pain duraiit tout le temps du jeüne, non seulement les 
liommes mais encore beaucoup de ieiumes; ils ötaient zeles et ardents dans 
la f..i <.rlli(.(loxe, et cha(|ue fois que la sainte Eglise etait persecutee, c'est- ^^ 
a-diie poiirsuivie par les ennemis, ils donnaient leurs tetes pour TEglise du 
(Christ, surtoiit les peuplcs clioisis et nombreux des 'Aqoulaie', des TanouJiauV 
r-.l, ':\', * i-t des Tdii 'an^\ 

(hiand ils iiiirnl parfaits dans toutes les coutumes" du Cliiislianisme, ce 
samt Mar Min,nlr„nitc/i voulut les remettre h la grAce de Dieu et s'occuper des 15 

1. Oll SiiiKiini en Mfs«.polamie, « la lalilude de Mossoul. — 2. A iiolor celle suppression du cariia- 
v.il. - :{. Ils lialiitaicnt au sud d.> /////,.// (Halivlnn.-) aiitour de la ville de Koiifa (ou 'Aqoiihi). — 4. A 
VuiivM <!(. IKiiphral.- eiiliv /Uro ;uu Ilerlha) ol Aubar. - 5. Cesl saus duale le nom qui servil ä d.^si- 
KTier tous h-s Arahcs (K^H). La pr(^senle forme de ce nom peul se Iraduire-par : « les iiomades ». — 
«icorKCs, ('v6(\up de» Arnbes. preiid le lilrc de « 6vöque des TanoiirhUrs. des Tou'ifes et des 'Akonlites ». 
r.f. nY!.sri. firorprs des Arahvrhisvhofs dnlirlite unil liriefi; Leipzig, ISWI, p. V.. Cl. p. xvi. — 0. Le 
iii-i. poric : ■■ frli'v 



[20] IV. — SES CEUVRES CURZ [.ES ARABES. 29 

Ji ^-JLä «V-'-io/o jjLDoi yoo«^ )oo« t-^alioo .yooi.-Xb. )ooi Iv^ioo )oC^ ^^o» 

.yooila^ ^ oC^ ^-JLH ».oda^« ^K-**o ^oioVoio; ^^oi ji -xx^ v>V'i ,.^0 

0001 ^^etlwi o>.^^D9 '^^OO .'|.^w^«J |90|..fiD sfff\.«>-^V.^P v^V^O I » j y_ ^ I V> A ^"^k^^ 
s^Oi * 1 .•>1 IK..^^ )-JO| ^..^JSj )~A-*t-^ 001 vjOOV_3l/o .jLjÜÜÜLS vOOU^^-3 ^^O ^K^ 

^V-^ K^_s 061 ^^ vQj/ u x> ort <^ ) ooij ,vm « ^Mp ^-V^? ot v> a ^^..^ 
10 .yOOULio )ooi ^ii-.^-^»j ^61 ^"^»^io .lV3» oi-aL^ oowa» -l^l^ K-^^J säX.,^.^',.XO 

)-^V-^K_ioj IK-i^,-^ )Kj5; )V.-; vS/ )_L-» .)jl-3; jK,.^ OCH» otlo-^o ..061 



* lol. -JI'i 
r" b. 



1" b. 



aiitres affaires anxqiielles Dien Tappelait. II leur fit les recommaiitlations 
siiivantos : « Mes enfants, n'abandonnez pas Dieu, de crainte qii'il ne vous 
abandonne et qiie vous ne tombiez dans un chemin plein de maux ». 

Quaiid le saint eiit termine ces preceptes et acheve sa priere, il les quitta 
et alla bätir la graiide et belle maison des PesHotd^ au milieu du Beit 'Arbme'-, 
dans un lieu appele ' A'inqenoU^, il y plaga un autel et des saints martyrs et 
appela cette maison du nom de saint Mar Sergis ', l'illustre martyr % parce que 
ces peuples arabes aimaient beaucoup son nom et y avaient recours plus que 
tous les autres hommes. Le saint s'elTorc^a, par cette maison qu'il avait bätie 
au nom de Mar Sergis, de les detacher du temple de Mar* Sergis de Bett * loi. 21 '1 
Resafd^ de l'autre cöte de YEuphrate, parce qu'il etait loin d'eux. Autant qu'il 
le put il le fit semblable ä l'autre, afin que sa vue (sa belle apparence) les 
empechat d'aller ä celui-ci. Pres de ce temple qu'il bätit, il construisit encore 
le grand et celebre monastere appele 'A'inqenoie ^ ; il le rendit remarquable tant 

1. On pourrait traduire ä la rigueur : « La grande et belle m.vson en pierres taillees ». — 2. Pays 
entre Nislbe et le Tigre. Hoffmann, Auszüge, p. 23 et 131. — 3. Ou 'Ainqenä. Cf. supra, p. 11. — 
4. Peut-6tre le monastere dont il est question dans Wright, Catalogiie of sijr. mss., pp. ."il, 58, .Vj, 
1111. II est appele dans ces divers endroils U*^o U-^oa^. _ .|*aV-i.* lUla^ »äi*^;^» u;^ ^**»°? Uooav. 

j^a^ vÄft»^;^ '.•;-iov II etait donc place sur la montagne Uoij pres de Balad, ville situee sur le Tigre, 
non loin de Mossoul; cf. Vie de Mainufa, infra, p. 64. II fut appele plus tard »ai^-vi!^, Bar Hebraeus, 
(Ihron. ecci., II, 50.). — 5. II y avait dautres rnonasteres de Sergius et surtout de Sergius et 
Bacciuis. er. Wright, CaUilogiie. pp. 327, 414, 704, 706, 708, 710, 711, 712 et Sachau, Verzeichniss 
(kr syr. Ihiiiilsrhriften der K. Bibl. :a Berlin, Berlin, 189J, p. 535, col. 2. — 6. Ou Sergiopolis au 
sud de Suiii, au sud-ouest de Callinice (ou Rakka). — 7. II semble donc y avoir eu en cet endroit 



30 IliSTOIRE DE SAINT MAR AHOUDEMMI-:!!. [30J 

)läX,o jj^v^/ l-ioo, JK^JL-o» )la - oo >> joo lot-^SLAo )la-aL^aLioo )laaL-^Do 
) U.\ ^^N^ .),>^c^fc j-^o-s. JoC^Ss KiO--» lio^oJLi.o .)-,oij )»o»A JKJL.^ 
^^\ ^\ <i^j5 ^1/ ^^ä^ "^^ JJ^'O j- ^ .^- ^* )»o^ .^a.äi3(»o UaiicLioj 

.JU/ w-JujJ yo©*:^ )ocH )oc)j» j 1 r> lo fio ^'i^o .looj ).icu^-a> ou»? )»!/ o^oi^i. 

.)oo( jL^K.^ 6(JL^ 

^o( jK-DOt-ji oot -.vQ-j/ t~3u.i. )K.:^^-«.\o )la : y > \ ) . a V .. v >o .J-JU. JLio 
,-ji.b./ Ja— 1 6iJ»|~^ |.-a** lo-^t"^ oi-u^js, "-»t-^! (j?)-^ > "*^'» w»vao .^.ro.^ 
lit-sl/o J^aJUi cno,-oo/o -.j-i^ vOOuK-,/o -Joi^ ^ ^ » r> * m V; ^ajoi-» ^j 



fol. -.M'i 

V il. 



|iar SU coiistruitioii quo par toul ce qu'il contenait. II y reuiiit uiie nom- 
l)rruse commiinaute et il lui donna de belles regles qui purifiaient räme du 
lumulte de ce monde; eile pratiquait la vie uouvelle et bienheureuse du 
i'aradis, roHicc contiuuel do nuit et de jour, la doxologie des saints livrcs, ce 
(jni ]ilalt il Diou, la niodcstic , riiumilite , la belle discipline spirituelle, le 
iniiir colli inuci, It'S saiutes prieres, les pures veilles, le pieux ascetisme, 
lexercice de la charite et l'accueil des pauvres et des etrangcrs. Uiie table 
aboudaiit«' et charg(''c de tous les biens y etait dressee pour tous ceux qui 
airivaiciil ä sa porte; * c'ctait commc uu jardiii rciupli de biens pour tout 
I"' [lays Oll il etait situi'; et tout ce dont les honimes de ce pays avaieut 
besoiii (leur) etait rouriii par lui. 

Satan (|iii, drs li- coiiiinencenieut , jalousa nos preuiiers peres ', les fit 
clioir du l*aradis plein de vie et les rendit tributaires de la mort et du peche, 
jalousa aussi cct endroit. II «ommenc^^a par soulller ä roreillo de ceux qui 
faisaionl sa volonte, cornine le serpent ä Toreille dKvc; il excita ceux qui 
rlaiciil .'-loigurs de Dieu et ölaieut heretiques', et ils brülörent le monas- 

iiii I. iii|i|. |:xi-»xo.9, ,.„ picncs laillOcs) dcclii' au mailyr Scrgius cl i onastöre. — On Signale un 

rouvLMil leO^^S» i.r.'s ilAiiliocIic (Witioirr, Calnlogac, p. 'm, col. 2; t-l prus de Tollu (I.and, Anccdola 
syriiicfi. II, p. lUVo). — 1. I.ill. : Ic cninmcnceiiionl de notro rare. — 2. l.ill. : criiiiils. 



10 



10 



1. 21 
y h. 



[31] IV. — SKS CEUVRES ClIRZ LKS ARABRS. 31 

0|K-2>j io \ .j,. ^ % . '> yOijl Ol» I. g>/; o6| ^-» )<X-^ .j-JL^^^KiOO )^» ) ^ r i>J 1 
(H^tXj» )Kl^JLiO ^^iO»/o -Jit^J OMV~0 ^>/o Jx^'O » i>-»>l )iQ-JL_iQ-.0|j 

)) ;• ^ wo .6|Q-^^iO loOl )»IlJ^^ )ofJSisi )Kw^CI > tio .)K-»_iO»»i) ^iO 
1*^9 a^9 Ooi\ v^OUV-^ 0|.^9Q-m/ s^V^ ^ ^9 j-*^t-^ J^^jJ OU^ OOOI . - - ' ^ f \/'> 

ou^OLd J^)v-oij .^JL*.jl ;ci^/ .oiA ^io/o oi.:m^ ""^S^ioo llo^l oil^ ya^ 
)q-.->^.^:> K^ooi ^ t^ i -ao . K-.)-jL-cio / )ou^JJ yoouÄ^^— ji .o Jou^ K2^w^9 
)jL3oi l^ll lo^ ss/o .^-^; )*i-^oi-» ^-Violio yooou» )jLau/ .J1v-^2lji )lQ-iO; 

yoK^OOl .jio^^ ^w>_JL*J)0/ voK-#00| .))^^w.^ ^^-iCL—» yoK-.00| — '«' -^ «t-,^/ 

I. o add. sec. manu. — 2. ^i add. sec. m. 



tere; rilluslre commiinaule qu'il contenait fiit dispersee, comme le groupe 
apostoliqiie l'avait ete au temps de la grande et spirituelle crucifixion. Mais 
Dieu, qui reiidit ä Adam sa premiere beaute et chassa Satan par un juste 
jugement, chassa aussi les adversaires de la foi orthodoxe et exalta la force ' 

5 de l'Eglise. 11 plaga des intentions pacifiques dans le coeur du roi -, qui fit re- 

bätir ce monastere tel qu'il etait auparavant. Par la priere de saiiit * Mar s\liou- * toi. 214 
demmeh, tout ce qui y avait ete se retrouva ä sa place, ä la confusion de Satan 
et de ses partisans, il abonda en moines et en beaux ornements plus que le 
premier; la louange divine montait de son Interieur, et beaucoup y louaient 

10 Dieu. Saint Mar Ahoudcmmeh appela le superieur avec toute la communaute, 
il lui parla et lui dit : « Tiens tes freres avec soin dans une grande piete, 
prie constamment Dieu pour eux, et montre-toi en bei exemple % afin qu'ils 
imitent tes actions ». II dit encore aux freres : « Mes enfants, aimez-vous 
les uns les autres '*, soyez constaiits dans la priere, recevez les ctrangers 

15 d'un bon coeur, afin que votre travail ne soit pas vain ». 

Apres ces paroles, il fit sur eux le venere signe de la croix, les laissa et 



V b. 



1. Lill. : la corne. — 2. Sans douie Cliosroes !'='■ (5:?l-,')7n). — :$. (IT. Tite, 11, 7. — 'i. CT. Ö. Jean, 
XV, 17. 



* lol. 215 
r» a 



* lol. -Ji: 
r b. 



32 IIISTOIRE DE SAINT MAR AIIOUDEMMEIl. [32] 

^ Iq:^^ V-»;o ^joio jUo :o^:Äi^U( oi.JLioj ^oi ).iäiai. vOoC^s;::^. V-^-ä) 
K^jo |->s^!>oo )nm\ );i)o )l^io^ )!Soo^i> )v-; ^LäJ; ooZ )-:sj -.U^ )t^i^ 

•.OCH )»1)-S ^pK^IO ..^6| )— »o)^ OOO! ^f^i^i^; ve^CHJ ^^Ss^^^ .'UiO 0|.^ 
^_aJ>.0 .J^l^aUiO ).JS»oV jjaJLS |JL-^ ^*t>0 •OO®' VOOI.-K-/ )|.^^_Ä )jj_^o)--=> 

• * 

..jjoj ^/? ]^ ^ ^ )U)^j .^Vio/ t-3 )oi-^J^ )K-.a-aLAl oooi ^-*-s6u ^iol 

- ■ - >^ ^ ^a-, ^/ ..)jLia-,öi^ yOoC^ ^ o^ ^oiajJü>^ oooi ^^ ^^ ^^m 

oiPla/ ..yQj/ (Xicuii IjoCii. ).iop. ^/; Uau.; J^JLio^l ^o6o ^ o.^ -'^^y^ 



alla faire la divinc visite qiii lui avait ete oommise par la grace de Dieu. 

• f.ii. •2\:> * ( )uaiid il eiit visite tous les peuples qu'il avait instruits, qu'il les eut diriges, 

conduits et amenes {\ toute bonne actioii, il voulut encore construire uu monas- 
lere dans un lieii t'-loigne, dans un pays ditücile, desseche et sans eau, parce 
(jue <eux »jui suivaient ce chemiii et parcouraient ce pays souffraient beau- •> 
coiip. II l)ätit de grandes et l)elles constructions, lit de grandes et belies 
portes et creiisa deux puits, Tun ä Tinterieur du monastere, Tautre ä Tex- 
terieur. il le eonsacra et y rassembla une communaiite de pres de quarante 
liommes. Des lors tous ceux ({ui passaient par lä louaient Dieu et disaient : 
« Dans uno torrr difTicilc comme celle-ci, a ete bati un tel lieu grand et ac- '" 
(•(»lupli )). Ce monastere fut appele de Ga laiit*, ou de saint Ms.r A/wudcmmeli. 
\'J <|uand, ä cause dr Iciir voisinage du monastere deGa'tani, il connut encore 
les lioiiiiii(>s d\\(ir(>uiil(i'-, ram\t {-^xGTpa.) d'ortliodoxes ami du Messie, et (sut) 

• fr.) ji:, ccmmo ils elaieiil zeles dans la foi * et le culte des saints, il voulait les visitcr 

coiistamiiKut parce (pi'ils etuient plus chers ä ses yeux que tous les chreticns, 15 
«oMune Ji-dii aux yeux de notre Sauveur plus que tous les Apötres; aussi il 

1. Ce passnK«' lixc hi posilion de ce inoiiaslere. Har llübraeus {Climn. cvcL. II. 101) le place a cötc 
.II- TnuM-il. II faul riiliMKlre ii i/iirlt/iic disfancr de TMgiil. Des mss. de IJar licibraeiis porloiil "^>k^ et 
LU^i^il,i,lri,i. 1. Ville silu.'e siir le 'lit^re .miIic Tagril et Beil Äsä d'apic? la fin de la preseiile 
hbtoiro. Cf. iiifni, pp. 'i8-:iit. 



r33] V. — IL BAPTISE UN FILS DU ROI CHOSROES I". 33 

)oo! ijJ-^ o»-» •.j.-OL— o» oiVSoA ^'^s-^wio .-^-t-^o..^ ^3^>oV-^ y^l :»Q— .J vOO<-=> 

^oiq.:l*.» )K.bocL. yOoC^^-S» OCH ''l^'i oi^oiv^ )oog )-«qj? )oC^ )-sj ^.ao 
))jKwm!^ s^oio,L-.)l_3o ot-:>a -N o oi-ao - J « * \:>; CH v>p •> K.)v-*jl:> >-«^^^ 

llo^o^i/; JJL-0.^0 o«-^ O.ÄJ ooio JouSsj otJ^o ^ tKJS. )oo«-j v^oicL^-*; 

'•mI, ^ ^t I 1» VI tl V)0 j-ij— w. OOOI )CL-.^ V^* '^'' V^®" 7~*^ Jlt— .Oi-flO 
C\ '=>f ^SO .IjLk.^<£O-0\^ )oOMO S.00..2LJLJ ^oioöt^/) JIq^lLm; JJL^-*/ .0(*t-d ).aL X '>o; 

IKoL^öi »iK^» OOI )oC^ :-V^ )Kjt-,^ );oi )^;o)jso Ji n "^N^o fis.-^; ouio 

1. o;^!-/© ^[s. — -2. U'^^P Ms. Sic infra, ut nolabitur. 



(alla) jusqu'ä les appcler : « Le champ du Messie », a cause de la splen- 
deur de Icur foi et de leur piete. II voulait les regarder ä toute heure, comme 
iiotre Sanveur regardait toujours Jean, ä cause de sa beaute spirituelle. 

V. Il b.vptise Uj\ FILS DU ROI Chosroes P"". — Ouaud Dicu voulut donner un 

r. terme ä sa longue coursc, lui qui, toute sa vie, avait travaille vaillamment 
ä la vigne du Messie, et avait amenc beaucoup d'hommes au royaume du ciel 
par lui (le Messie), avec lui, et par ses propres iiiains, alors ce bieiiheureux 
Mbt Ahoudemmeh desira terminer sa vie pour la gloire de Dieu et recevoir aussi 
la couronne du martyre comme ceux qui auparavant avaient ete temoins et 

10 ministres de la predication du Messie, qui furent tues, lapides, scies', et 

qui endurerent beaucoup de soutTrances pour lui. La gräce de Dieu disposa 

(tout), eile qui doiine a chaque homme selon la bonte de sa volonte * et qui se 

complatt dans les belles actions des hommes et surtout dans la mort des saints. 

A cette epoque, au temps de Kosrau l'ancien, roi des Perses -, le fds 

15 du roi s'enfuit pour abandonner le paganisme de ses peres et devenir chre- 
tien'. Quaud il sortit du royaume et s'engageä dans cette sainte voie, Dieu qui 

1. Cf. llebr., XI, 37. — 2. Chosroes I" qui regna de 531 ä 579. Gf. Nöldeke, Geschichte der Perser 
und Araber, Leyde, 1879, p. 428-430 et 435. — 3. En 572-573, car on trouvera plus loin que la mort 
d'Ahoudemmeh, survenue deux ans apres, arrivale 2 aoiit 575. 

PATR. OR. — T. III. -^ 



* Ibl. 21.-I 
V" a. 



* fol. 215 
Y" a. 



» fol. L'i:. 
V \>. 



V I. 



34 IirSTOlRE DK SAINT MAR AHOUDRMMEII. [34] 

otloJ.. ,\K^ U'^i )i^r i.<^« 'i-^ >-^^ V^°^^^^ ^J° -^^i^^^? 
)l^a U'o/ lou^ oC^ K-J<^ ..otpo^ ooi, otjU ouio,a^/ ^'po U-^; 

^o l-icCi..^:^ ..OPULXD K.|J^.:^ioj 06. U^^ ^l )ooi K^:iso .oC^ )ooi 

.Jfc^^; jlo^ oi^ ^y^ ..oi-i-^o^; )^J^^ o^J^jo/o piJii^? «V-^^ 
I^^OA ^ oiVt-^ * 06,, oiJLai.'^; )jL3u/ ..odo^ ß )oöS ^? ^^fc^/o 
U.^ 001 ^ouv^o JloDj? Jl-^3 ^=»-äJ oiK:^ioo oi^ 0010 JloÄX--; Uj?U 

• • • 



Kl 



1. ILoi-^xiop» Ms. 



dirifc Ifs nas de sos lidt'les et wit^ .srt?/rer tous les hommes et Jos amnirr a Ja 
ronndis.sanrr <!<• In rrritt'\ Ic coiidiiisit vers Mar Alwwlcmme/i poiir qiril le 
haptisAt t'tqiie Dieu lui montrat la voie droite du christianisme. Gar 1111 grand 
danger de mort menagait celui qui lo baptiserait, et il n y avait personne a 
cette epofpie qui liait completemeut le monde et qui meprisAt la vio transi- •'. 
toire, coiiinic ce saiut Mar Ahoudcmmeh. Quand le saint vit lo lils du roi et 
(jiril lui (!ul racoiil"'' la cause de sa visile, il fut rempli de joie et comprit que 
fol. L'i:. Dieu Ir lui riivovait pour qu'il delivrAt son fime * de la scrvitudo diabolique du 
pagaiiisMic il pour (pie lui-mrnie regüta cause de lui la courouue de la victoire. 
Lo saiiil apjM'la le lils du roi ä Tecarl el purifia son esprit de la vetuste et de i" 
riinpurf'l"' du [»aganisnu-, il le (b'-lccta des paroles des saints Livrcs et lui 
Mioulr.i la lui veritahle du christianisme. Au matin il sanclilia les eaux et le 
bapli>a daiis le saiut uiouastere iVAjmmria, il le revelit de la robe brillante 
du saini baj)l<MU(', cliaussa ses pieds de la preparation de rKvangile de paix, 
lui signa le Ironl de la croix vietorieuse avec le sainI pjpov-, le dota des ir. 
sainlos prii'Tfs el renvoya au pays dos Romains. 

1. I Tim., 11, '». — 2. C'esl la connrinalion qui suivitil ic baplöme cliez les Monopliysilos. ,Jcnn de 
Tolla (l)'Tlar.iil in*mc que Ic haiiK^mu saus la confiruiation elail inooniplel. T,.\my. Disscrtalio de Sijro- 
nim l'tilr in rr nirliarisfini. I.ouvain, 1859, jip. .sr. i>l UOO-202. 



[35] Vf. - SOX AKKRSTATION. 35 

.Jjj^^^ UdVo JLl:^.^ )iS,>-' )-aX^ l-ivjs ."^j/ )-aL_-jl Ni^t— ? )ooi K-Ji>. 
)K_i^_s looio ,^o<o ..nm/ JJo s^oio|.^...^o .otlo*^ \^i j-j^^o/ o« \ •> •> »»jlo 
^_io ^ioo -.^j/ )-"^o/ )^-•)— :>o .v-o-aL-j )K-ul^ )t— J^? I "^ ^-^^^ oi-X-io 
)l^i K-jLiw^^ .JIqj)lJ> ou^-39 ^» I— a^-is^i^ '»oij/ ^^ ^ioo .^^^olIäI/ 

I^sl^j ..jj^Jio yo^ v-«^^ ©V^/ ♦oMoinn ..j Jl ^a.oi» )^Vlo .^1^.^^^ oi-ols/ 

• • • 

1. o« Ms. prima manu; 0/ sec. m. — 2. P>o/ Ms. — 3. U*^^;= Ms. 



ful. 2ir, 
r a. 



* fol. 216 
1° 1). 



VI. SoN ARREST.i^TioN. — Quaiid Ic FoI appHt la fuito de son fils — et 
aucun des serviteurs du royaume ne savait oü il etait alle — il manda des 
messagers legers et des clievaux rapides et les envoya dans toiites les pro- 
vinces de son empirc; ils le chercherent et ne le trouverent pas. * Le roi fit * foi. 216 

5 rechercher de quel cote il etait parti, quelle route il avait prise, qui Tavait regu 
et par qui il avait ete perverti. Les adversaires de toute justice ', et surtout de 
la sainte Eglise^ qui cherchaient Ic lieu et le temps favorables pour accomplir 
leur volonte mauvaise et cruelle, coururent vite exciter le roi par de mauvaises 
paroles, et ils s'efforcaient, non seulement d'accuser et de (faire) mettre ä 

10 mort le saint lui-meme, mais encore d'opprimer toute la sainte Eglise. Ils ne 
se souvinrent pas de ce que notre Sauveur avait dit ä ses disciples : Sur 
cette pierre je bdtirai mon Eglise et les partes du Scheol ne prevaiidront pas contre 
elle\ Ils dirent au roi : « II y a un seducteur dans le pays des Arahes, il a 
seduit ton fds et l'a perdu en lui envoyant un message et une lettre ; il ne 

15 s'est pas borne a le decider ä fuir, mais il l'a encore baptise et l'a fait chre- 
tien ». Ils coururent annoncer cela au roi, et il en soufTrait par-dessus tout, 
* car il aurait prefere apprendre la mort de son fils que de le savoir chretien. * ioi.^2i6 

1. Sans doute les Nestoriens, en grand credit ä la cour de Perse. — 2. .Jacobite. — 3. Mafth.. xvr, 17. 



3^. niSTOIRE DE SAINT MAR AIIOUDEMMEII. (30] 

.cc^^ yc^h^l )oo. ;o>^o .)l£^^ ^0,0^! i^^ ^oo,K:L^ai. ^o 
IV^IS^b. M; y^lo:}ooi ^JO^K^ U<^1 )'<^^ ^''^ .oi^?a-/ ^V^ U-^x), 
.JK.^ ii^ ^-^:>oo .Ijl-^j ^oi<^^ )ooi o^i^too ^^ioV )^i*o :)oo, ;o<ig 

j. ., / .oi^jo-/ -^ jjL-^j -oiaV:^ o;,K^; ..Jl:^ U^Vo ^xJL^ )t^>-/ 

^.^v> ^ .jjovi |.au:i>^:io, oi^;KJS Ija-.:^:^ v^o^joK^ U>^o )-^j.^; 
jU^W o>\ * ooi ..1-JLi.^Kio )ju^l; oilpo^ -otio ..^s^ )vN>>>.- ^ j-i;^ 

^^b.^ ^ .joo» J^ioU )jo;o )io^ ..voj/ )i-^ v3 ^? ooi .-CMQiJliaA/ 

oulSü olI.^ ..oijaL'S oC^D x^o Jlaio» ^oioJ^i.© ^; )^- >^-| Ji-flO-»! \-*^ 

9 



1. ,5 11(1(1. -er. niaiiii supra lineam. 



V« n. 



10 



Par Iniis mauvais recils, ils excitcrful le roi, qui langa des menaces contre 
>aiiil Mar Mtniidniuncli : il «'tait enflamme commc une Iburnaisc de feu, il 
rugissail commc uii Hon ' et preparait de grands supplices contre le saint. On 
envova aussitot des mechaiits messagers et des chevaux rapides contre saint 
Mar Mioialrmmrli, afin de Tamener, avec insultes et moqiieries, ä Maliözd % äla ö 
portc du roi crucl. Ouand ils arriverent pres de saint Mar Ahoudcmmeh, Dieu, 
(pu adoiK'it l<is eaux de Moraih ', qiii chaiigea Ics eaux en un bon vin et adoucit 
le fiel du srrpent spirituol', changea aussi de mal en bicn Ics coeurs de ces 
messagers : ils raborderent avec le respect du aux saints, ils tombercut 
ä scs p'n'ds, les l)aisercnt et fircul coiinaitre Fordre du roi avec egards et lo 
dniicciir. (^)uand il Ics vil, il l'uL rcnqjli de joie et d'cxultation; a cause 
IM, :i.. (lo >a modcslic et de sou humilite ', * il ne se mit pas a rire aussi- 
tot, mais il rit flans riicuro (qui suivit), car son esprit etait lortilie contre 
la soulTraucc de la cliair et contre la mort elle-mrmo. 11 so pröpara de tout 
coeur ä soulTrir pour In Christ ; il mouta aussitot sur son ane, avec courage iJ 
et allegrcssc, et partit commc une brebis pour Tabattoir. (^)uand les peuples 

1. \,c W.\iv ojoulc : » au cariiagc ». — 2. öeleucie-Ctösiphon. Ce mot est souvent 6crit Mah()Z('^ (avec 
les poinls du pluriel). — :«. Kxode, xv, 25. Noirc texte pork- l-»a_»o. cumme la Pescliilu. Le grec porle 
Mcf^S. — 'i. Job, x\. I't. — 5. Lo texte njoiilc : « et de la souffrance de «on mailre (piil |)oiiail ». 



1(1 



15 



♦ f(.l. 2ir, 
V l>. 



[37] VI — SOX ARRRSTATION. :^7 

:)i^oi!^ jia^)^s.^i..2^ yO.^«^ ^oto'^)..do 01..30 :o^^o.,\ii/ ot.JL^9 vO-ioi •)-*-^; 

)Ld9 )jLJL^.30 .Otl « t \ ^^ vOj\'>vi^ 19 0001 > « n \'^ s.^^^^.£DO ».K^)^^ 

\j) )jL*).^9 .axOf^JL/o cu2lJum1/o .0001 ^«^jo^^Kibo j^o-j jg^^ao :oooi ^Iw.!« 

)jL^ .OiS> 0001 ^V^^/ .OlK^^^s^ O •>»'.. i) )1| •; ^fP ^.DO .)LL09Ck3 oCS. vOf..2L^ 

• .oC^^-do-o^ 0001 y>'\->o .jj^K^ ^ Kj/ sr> ^*> )jLaL»/o .y^lo^l ^ J^v.^« f-^^^^J 
^Kj9 ^V^/ f^ oü^ ooo( y« rrt .<=^^oo .01.^/ ^ "^m ..K:bo» JiQl^ ^l 

> iV) ^^'faL^ ^^y <T> \ )-^.J5 V / O / . > .» V, •>) JS^l ^^liK-iO )"> \'Vl\ )..30|j 

1.^99 l'OtJ^ ) v>»\ ».vOOt-JL^ ^V-:^? ^^^ ^'^'^ > » n\l^ ^.«k^^d; -.ot^o^o^/ 
)ooi jLl^oo yOOi_\ jooi ^!S.J^ k .| v^ ^ ffft «s . ^ ,^o<aqi .X.^ ^Q^KJ yO0uVoi9 

^ .)K..UV-^ JJ90 )K.Ä^ Jij yOOOiJl JJLSL^/ .yOOJ^ )oO( )| > Sv>0 .vOO|.^J^^J5 
)j/o '.l-J'^Jl «3U^M/ ^^J:^9 |-w,9o/9 )|.-^ Jlo ^9j JJ .).JLDO| vOOJ^ )oO| V^/ 

1. o adtl. See. m. supra lin. 

Arahes qui avaient ete instriiits par lui et introdaits dans la demeure divine, 
Tapprirent , ils en furent tres affliges et tous fiirent saisis d'une grande doii- 
leiir et de souffrance, parce qu'il etait leur pere en verite; et ils soiiffraient 
beaucoup d'etre prives de sa societe. Avec grand zele ils bouillonnaient, brü- 
5 laieiit comme im feu, et ils reflechirent et comploterent comment ils poiirraient 
le delivrer. Quand ils eurent beaucoup reflechi ä son sujet, ils lui dirent : « Que 
ferons-nous? aar nous n'avons personne comme toi. Comment nous laisses-tu 
orphelins? » Ils pleuraient devant lui comme un petit enfant qui est prive de 

* sa mere; ils le suppliaient et disaient : « Nous donnerons au roi trois fois ton * loi. 210 
10 poids d'or, ou, s'il le demande, vingt hommes des nötres seront mis ä mort 

pour toi; et toi, Maitre, n'abandonne pas tes fils «. Quand saint Mar Ahoudem- 
nieh les vit tres affliges de ce qu'il les quittait, au point de donner pour lui le 
sang de leurs cous, il les instruisit doucement, parla ä leurs eoeurs et les 
consola, pour qu'ils fussent sans tristesse et sans soucis. II leur disait : « II 
15 n'est pas convenable ni beau que je donne ma voie ä d'autres et que j'en 
eprouve un dommage, puisque c'est moi que Dieu a choisi poury marcher, je 
veux me donner moi-meme pour le Christ qui nous a rachetes du peche ' de 

1. Cf. Rom., V, 10, 14; VII, 5 et 7. 



V" b. 



' Fol. -21: 
I" a. 



r.)i. -ji: 
r 1). 



38 HISTOIRE DE SAIXT MAR AllOUDEMMEIl. [38] 

yo,-aL^J.i voa^ "^Äsjj 061 -.j.iQ-^V io) » ^foo )-itj/ ^aJl»; Jjjüjl^ ""^^^^^ JicLÜv-m^^^ 

I I t <^ .An/^ jJo 1.^9 I^QJt. yO'>\ V^SlJO .yO'>V > ..» jK^'o^ yOOt^S ».OUa^i 

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vlImU/ «^t--^ y 1 v> ^A^wld .> »i'V)/o oC^ 000t > » eo »gy^o .oi.^9CLa«/ ^V^o 
JJo .^ .^s^Ka./ )JLaioj j^JLio )oi; .yK^y»v> loA ^K-.l)Lio » ^^o .^» Nn 
V-^ic^^ ^^ai^^w- )oi^ji v<Y> V °> v>o yV»^^ JJ >lci-^, y/o .^..J^ua JJ/ ^lio V— Kji/ 
aij^K^jL^ jJ) )K^9 oi\ iooi jion^p .jju.f^ >«..:>a^ ^9 ^ .sa)^ JJ ^1^ oj/ 
. y00u.^J^vi. JJ wio ^jjLi yOOilQJL:>a^oi ^-/o .yOO|,:iCL^ ^jl-J? )'>Nv>9 J,.^p/ ^io 
oC^ l^j ^^0^0 i^oioh^l ^oj ^^00 )oi-^j )oof ^t-I» ^^^io ^5 yo'y.^ 

CH-3 Q-*J>0i/o |. : > '^-^2> 0|J^ Q-.)^/o ,.jC1^ )t--^0 :OiJS» >^^Cl1 )»VJiJ )iQJLiO-.Oi-S 

1. '^\y Ms. 

cette loi (jui a ete ecrite ä cause de la transgressioii de notre premier pere 
.\(hnit. De plus jr lui rends gräces de m'avoir appele ä cela, bien que je n'en 
• lui. J17 ' suis pas digne. Dien, qiii est plein de sollicitude et de misericorde poiir Ics 
liommes, aura soiii de vous; il voiis accordcra de faire sa volonte tous les 
jours de votrc vie; il vous eiitourcra d'une muraille elcvee qui resistera ä 
tous les elForts du demon et des hommcs mechants ». Comme tous raccom- 
pagiiaient on foule, il piia sur eux, leur laissa sa paix et les fit Ic quitter. 

( hiaud il se ful eloigne de pres de deux milles, voilä que deux hommcs 
appartenaiit ä d'autres campemcuts vinrent en pleurant et se prosternerent 
dcvaul saiiil .Mar Mwudcmmeh ; ils le suppliaient et lui disaieut : « Nous tVn 
pnmis, seigneur, aie piliö de nous, et viens dans nos camps, car un ange de 
mort (unc Lfrande mortalite) nous ecrase, nous ne restons plus qu'un petit 
n(.nd)n' et, si les prieres ne nous aident pas et u'imploreut pas Dieu pour nous, 
aucuii ' de nous ne suhsistera ». A ces paroles, le saint fut tres atlligc de ce que 
les nirssagers du roi ne lui permedaicnt pas d'aller avec eux et de prier pour 
eux sfloii leur (ni. Mais, eomme il savait (jue Dieu est partout, et (ju'il entend 
celui (pii l'invo(iue avec une vraic foi, il se fit aussitot apporter un encen- 
soir, le lil allurncr et y plaea dcvant Dieu de Tenccns, temuin odoriferaut de sa 



i" a. 



IUI. ji; 
r I.. 



10 



Kl 



15 



* fol. 217 

V" a. 



[391 VI. — SON ARRESTATIOX. 39 

oo( 099 yO^^ U»\.:> jooil JJo .yQ^ )ootJ voalo >,v> »oi ^{o ♦ | >o\ t -> o^j; 
oooi a.<u^C^ t— ^o yOO(-X jooi K^/ jio ivi iOt» j'^ ^ rf> '.^i ^V— ^ .yoot-^cu^ 
yfi^'^^ ^^ ""^.^CS. t-^r^ l-^o<^; Ok^N^ü > v^^^l/; oV-^fo .JLilaZM '•^^^H 

s^Ot—d ^1.^9 .yoKj/ ^'^^/ yoto/f y^l Jo(9 .Oi^fO^/ s^V^ l-^^H°! '-•OtÖf^)~d 

)^ou.JL^ jl/ yCLSi^ JS^j^i/ oi^ . y».?> \..>^ joi^JJ v^io )>nm -> ^)o.fiD; )^o^ 
yoy>e\ X.30 .v^oiöii n n\ )oiJ!^ ^L^i j...^ ^/i o^^vi/o :)^la:bo wi-^oi/o 

1. "^n Ms. — -2. U-6^V3: Ms. -- 3. "^l/o Ms. 



priere, et la mortalite fut eloigiiee de ces campements. II dit ä ces messagers 
qui etaient venus poiir lui : « Allez en paix, il vous sera fait selon votre foi ; 
ne voiis alfligez pas, car l'esperance des chretiens est grande ». Ils le quitte- 
rent, pleiiis de douleiir de ce qu'il ne les accompagnait pas. 11s avaient ce- 

5 pendant Tesperance que donnc la foi. Quaiid ils arriverent ä leurs camps, ils 
n'y trouverent plus de mortalite. Ils fiirent tres etonnes et demanderent ä 
quel moment ell'e avait cesse, oii leiir repondit : « Hier au milieu du jour, 
une Sorte de fumee odoriferante couvrit nos campements * et ils en furent rem- * ua. 217 
plis; au meme moment, la mortalite cessa et tous les malades qui respirerent 

10 ce parfum furent gueris )>. Les messagers, rcmplis d'admiration , dirent : 
« Grand et sublime est le prodige que Dieu a opere envers nous, par l'entre- 
mise de saint Mar A/ioudenimeh! car d'apres ce que vous racontez, c'est au 
moment oü il a mis Tencens et a prie Dieu pour nous, que le signe pacifique 
vous est apparu et que la mortalite a ete arretee )). Ils admirerent combien 

^■' Dieu aime ses saints et comment il leur donne promptement tout ce qu'ils lui 
demandent, comme il est ecrit : Dieu est proche deceu.r qui rinroqaent en ventc, 
et il fait la volonte de eeii.r qui le eraif/nent ' . 

1. Ts. cxLiv, 18-19. 



v a. 



• fol. 217 



f.il. '2I.S 
I" a. 



40 HISTOIRK DR SAINT ^lAR AH0UDP3LMEH. [40J 

o6i QJoi» :^Vlio/ »^ -010^^ 0001 y nm'g> I^Jljlo )^>^ .jj^io; j-JS;^ *^ 

oul^lJ) I'^.^/ )v-a K^)v-.u^^^o ♦ • ) niS 'v> oi\ oijlslI^ ^jl^^j^ > * ■■»■■= » ; jjot^ oi^ v^o 
\\-^» ^-^ot p .|ju.,-Ä ^1 OOI .^_-^oi \.Ji^ ^io ou^ lixlioo .-oi^^ ^io 
jjip.^ :)--o; V-^^o jjLia-«V^ loCSs »V-Iio/ ^ )oo( JijJio ^J^j >«'>1 Joot i" 
)_jioi s^/ JS. i/ '.Ul»^ > »\ou^ ^ ^K»*/ o(.JL<w^i — :d9 o6( .*).jll:üL2 yo^-^^^^-^; 

w»oioJ)Of..o\ .^oiolSj^^/o • Jv^'^ );l^j^/ v^oioaL^^^ ».oiiQ^i >a\, k v> ooi ^o 
).^sjLO jooi K.^0 .')bLS^I^9 s^oiQ^o^ jooi yo\jD |.ws^o^'^2La ).iu»^.o OOI :)ju!SJ^» 

I. ^ addilur in marg. — 2. k-fr-«>P M.-. ;!. ^^l^tsi- Ms. 



Cepoiiilant saint Mar Mioudrmmch avan^ait avec rapidite et diligencc cn 
conipagiiie des messagers du roi. — II leiir avait demande de liii doniier im 

fi.i. 217 neu (Je delai et ils Tavaient aecorde en * (liii) disant : a Fais vite ce que tu as 
ä faire, alin fjuc iious ne recevions pas une punition du roi pour nous etre 
altardes «. — (^)uaud ils arriverent ä la ville royale ' lui, ses disciples et les 
messa<^ers envoyes contre hii, tous les serviteurs du roi qui Ir» voyaient le me- 
naraif'iit «le supplices et disaienl : « G'est celui-la qui a baptise le lils du roi, 
la lail . hrutieii et a opere un graud mal dans le royaume. Malheur ä lui! car le 
roi le lera soull'rir, il doliera de force le lieu de son Arne avec son corps et 
rcidr-vcra {\ cette vie ». Le saint, entendant ces paroles, priait instainmcnt et 
disait : .. Di.n riiisf-ricordieux et patient qui aides tous les liomines et nous as 
aj.iM'l.'s «laus cctlc vir- par la volonte, accorde-moi inaintenanl une victoire 
(•••Miplitc contre la lyrannic (riin un impie et ennemi du l)ieu ». 

roi. 218 \ 1] S\ (.M'TiviTK. — Couinie il terminait sa prierc, ' des messagers crncls 

!'• trairuMont .1 riiilroduisireut devant le roi. Le saint se tiiit avec confiaiice 
devanl Im; il nV avait ni frayoiir ni crainlc dans son esprit. (^)uand le roi leva 

1. Maho/r Uli !Stl<Mnii-( .(iMpiiuii. Cf. snpni. y. 30. 



1(1 



15 



Ibl. ilS 
i'" li. 



[41] VIT. — SA CAPTIVITE. 41 

>.«.A.. \ a3^ ^'^s^^iO .j^lOI ^.^J^ K-J:^ )-flCl-JL_^ IKjUfiOO V-^-^ )»i/ .|.»>t>o 

JLw«.^^o .j i'^mv» )iK.\^o ^oij ^.o! .)oi.^j ^-"^^ chIo ^ « ^v-s .ooi ) - ^^ > -^ 

^^-ot .loo! )»*MO iooi )La.»C^^j oiKJS^a.so :)ooi ^^äjlo )oo! ""^ww-**» )-^cu39 

.oi!^ )j/ >ö.^ Jj y^9 )t-^5^? «t-^/o K,.) ^ » ^\ ).iu.»^ oj^ ^jlIso . ' j Ju.^£Q^va 
|j/ ^0^1:^9 oiJL^od s^oioK^l jjoio JoCl^ ^io )Li/ ^cu.wXD )ioi^ ^i ^V-=* 

..OiiCLi. ^^JSJiO ^^»J^Ot ^O .^ ).JL«w^^XQ^p» |.X^uJ^Q_S9 ) K.«J^^.iCLJLiO )K^,.^J^ 

).^OQ,>-s ia^eu9 >^oi « fo rn» i jJi ^oia..u3laL^ ^.jx^o •>^^90 j^iS.^ sJl^Kji/ V^K^ 

^^o(Ql^^o/o )la^9 Ijljl^ju^ ^oiaSL^^M^o .|Ljia:aIS. jJo jiv-^^^ oCS. ^^.x:^« ^j/ 
a*.io»/o JJjV-^9 Jiop Q-.K-,/o .ot.:^^ ^^otö^-ociJ^lo o,0! ^^s^o Jy» m/ Ku>_3i^ 

1. U*6-i»V3» Ms. — 2. ^»*^P .Ms. — -i. sÄÄSAJ uddUiir in marg. 



les yeiix et le vit, il lui dit : « Ouel est ton iiom et de quelle ville es-tu? » 
Le Saint repondit an roi : « Mon nom est A/iotidemmeli . Par la grace de Notre- 
Seigneur Jesus-Christ, je n'ai pas ici de pays, ni de ville, ni de famille parce 
que juon service [nia cite) est dans le ciel '. Par la gräce de Dien qui enrichit les 

5 pauvres et fortifie les i'aibles, je suis eveque et chef des chretiens ». Le roi 
admira sa prestance; combien il etait majestueux et beau; et son langage 
qui etait cisele ' et savant; puis il Tinterrogea et lui dit : cc Tu as baptise 
mon lils et tu Tas fait chretien? » Le saint lui repondit courageusement : 
(( Je ne connais pas ton lils, * niais je suis place par Dien et j'ai pour charge * fo'. 218 

Kl de baptiser les hommes et de les faire sortir des tenebres vers la lumiere 
de verite, et de Terreur paienne ä la connaissaiice complete de la religion 
des chretiens ». Apres ces paroles, le roi fut tres agite et irrite, il ordonna 
ä ses soldats de ne pas lui inlliger de supplices qui le feraient mourir en un 
jour ou deux, mais de le jeter dans cette prison d'oü personne ne sortit vivant 

15 et de ne lui laisser porter ni vivres ni habits. Les serviteurs de l'inique 
le saisirent et Fy conduisirent. II y entra avec ses disciples, on apporta un 
Collier de fer qu'on lui passa au cou et qu'on scella avec le sceau du roi ; on 

1. Philip., iii, 20. — 2. Lüt. : sculpte. 



r b. 



* fül. 218 
v"> a. 



v° a. 



42 IllSTOlRE DE SAINT MAR AIIüUDEMMElI. [42] 

oicHjo .^oiqJ^^* ).^^äi3Q-» o-^-flo/o .j-au^Iioj oP^jju^ s^oia-X-a^o .o6.»-Q-a 
^ JJL^ j^^jd^-p ^io vjuj/ )oop vj? J^-^-^Z *^-» V*'»"^? VOJOU^ O|^.^iw^0>0 
oC^; ^io J 1 n >r> m \» ^-/ :^i-^ o«A )K-Jioo :oila2^ ^JLi.^ ).d»oi K-./; 

.)jiCLia-)-so ) » W .^ oooi ^V^ JS^I^oij )^-.~flo/ i^.-^^ ^'^^J ^? v^r'oi 

^V^/» ^^^^s^>o .J^-wflo/ K-iw^j ^'^^^^^ )Vq^ oi^^^ X:^»^-oi ..v^u^Kä/ jl ^^ioo 
o<\ •\l yOotJL^ ojaajo "^obj JJ/ . s^oiOfJL^cL.'S.io o,oi oCis. K^io op ^; oooi 
^y^!:Mpo t^ yOj/ o ..•^i>./o O^s^ ^^9 V^^ »V^ V^/ )t^ v^^O . ).3l S .'^; 
..»^^^vbOO s^CHÖd/ yVoipO p OfJbOlO^/ ^V^ JLJL^fjQ^ <^0|o)>mO .)t-^i9 )K t V>1 ll 

K^ p .oiiictJ^i w»oio',U*.^aS.lo »Jt^); j^t-^'^ viiS.fr> ^ (jl^cul Icl^^^ .'ogLDa« 

• • o ♦ • • 

JfJ^^o/ ts.4^^^ ql^^i .'|-«.:bo^ )-^Q^; y--»! vfou'^^ ^^V-d>^.^o .JKjl.*^ vooC^ 

)jO| (jf^QJ» OOI )JL^9 .OOOI ^'fJ!^/o .)K^^90 joi^i yOJ / t-<^Io * . O^ O^^flfo 
Oi^ ^*»^' t^ ^ ^ tS^l )jLSj; :)J0| l-tOK^^^ ).JLiOQ-. ^ w»>.--l/j )it-« 

) \ "^t pj ^^^-io .).JLioa* ^*>.U*; ^f^ ^ )>— j^o -J'^-^-flo/ J^-s jjoi.^ 

1. l-i-^VS Ms. — -2. ^V-^JO Ms. 



lui attacha des fers aux pieds et on avertit a son sujet les gardiens de la 
prisoii : « Si quelquiiii des chretiens d'ici entre pres de lui et lui porte 
fjuclque chose pour subvenir ä ses neccssites et ä cclles de ses disciples et 
quo Ic roi l'apprenue, il vous puuira rortcmcnt, vous fera perir et vous feia 
soudiir ». 

foi. -'IS Les gardiens de la prisou * le gardaicut douc jour et uuit avec soiii, et, 

quand saint Mar Mwmlcmmch eut passe cu prison pres de douze jours saus 
rien manger, ils entrörent, parec qu'ils disaient : « II est dejä mort avec ses 
disciples, entrons, prenons le scoaii du roi. puis jetons-les dcliors ». Ils eu- 
trercnt donc et les trouverent qui cliantaient Tonice du mal in, et ils virent 
Saint Mar Mioudcnimcli dont Ic visage brillait et doni la ligure rayonnait 
comme le soleil quand il sc leve au matiu, et ses diseiples avec lui : ils n'a- 
vaicnt aucun mal et leurs corps etaient conserves comme au premier jour oü ils 
etaienl entres cn prison. Ils riircnl daus Tadmiratiou et direjit, plcins d'etou- 
nemcnt et de crainte : « (^)uelle est cette chose uouvclle (jue nous voyons au- 
jourdlmi par cel iMMiime? Voilä longtemps f[uc uous gardous cette prison et 



II) 



10 



15 



fül. 218 
v° b. 



I'ul. 219 
r a. 



[43] VIT. — SA GAPTIVITE. 43 

)_Jl2ü Oi^ |.^DKjLbO 3^^ ^^ f.^ > rr> ..V>\ .-OiIqu^ ^ JU. ' .X|.b» ^ '^Oy^iO 

Oll)-« ^^ pol-ioA; y^l )| y^roo .ot-ijo jLioi )*,L.^ä/ K « -> J-^^-^ '■'^^"^? 

^iol )oo( K^/j ^^.^o .)jl!I^.^oj )KjL»po oC^vSLd )ioi )l;aiojl Ki»-boK.Ji/o 
ooi oi^-3Li. Iv^^ )Lioij oooi ^V-^/o .JjijQ-. s3/ j A jUxO ).ju.^aa».p .O^jl/ 
)bslsi ^ ^^^J)5 t-^L3o .)jv:biCLfiD )Lioi >Ä.ioKjt/ IjL^Jia^ oi^ vs/o .|.ia^v^ )oj)S^; 
^oöi ^öoi )l)Js^ )löi/o .^ou^G^oi JJo ^oio ^ )Li^^^ua.*p ^ oilou^ "^Q^J 
^^ jocM 9*^ joJfl^o .OOOI ^■»■^o.V/..^K:bo joi^t^ J^^"-^/ i^^-^^-:» ooio y^oiö^)^ 

• vOOU^bv^ jJ wJO yQ.^^^.^9 OOOt ^ pu^ l)^"^^ )i>..L«>J.a JV^)^ JV^l ^O .).JÜÜlX^ 

^09 V09 ^^ oiloJ^ oi/ .s^ouJcuSoi JJo ^o^ K^) o » » °> )<JL^t-o; ^oio^)^ 
»n » i nr>; o^ .ot^ looi )K_d9 )iot»^o .)'^^-g>/ J^ « •> ^Jbol >^oioV-^>^«fiDo 
)— ^ijo Jof-ISiv J^X ...»» .a"^..^; ^^oi..,j. I, ^^~a JJ/ :voot.^^^^9 ^t-^ ^-i* Jooi 

1. l-i-^^VS Ms. — 2. vs-vSA Ms. 



nous n'avons Jamals vu ce que nous voyons aujourcrhiii; car lorsqu'iiii homme 
a passe sept jours, ou au maximum * huit joiirs, dans cette prisoii sans rien * hA. 218 
manger et que nous entrons pres de lui, il y en a a peine un sur mille qui con- 
servc encore un peu de vie et on ne peut le sauver ». Cela n'arrivait pas seu- 

5 lement ä cause de la faim et de la soif, mais encore parce que cette prison 
etait etroite et resserree ; beaucoup, pour ainsi dire, mouraient de la voir. 

On apprit ce prodige dans toute la ville royale, et chacun s'cn ctonnait : 
les chretiens, les paiens et aussi les juifs, et on disait : « Cet homme est un 
serviteur du Dieu (tres) haut ». Ce bruit arriva jusqu'au roi et il ordonna que 

10 tous les chretiens qui voudraient aller pres de lui pourraient y aller sans en 
etre empeches, et, dans cette prison, ily eut beaucoup de prodiges par son 
entremise : les malades etaient gueris et il chassait les demons des hommes. 
Du matin au matin, les hommes se pressaient pour entrer dans la prison 
afin qu'il priat sur eux. Quand les fideles de tous pays apprirent que le 

15 roi ordonnait * de laisser entrer pres de lui sans Ten empecher quiconque le ♦ lui. 2iy 
voudrait, ils vinrent de partout lui rendre visite en prison, et il etait rempli 
de joie, non qu'il eüt besoin de rien de ce qui leur appartenait, mais ä cause 
de leur zele pour la religion et de la chaleur de leur foi qui brülait comme le 



V" b. 



r" a. 



10 



15 



44 HIST(~>IRK DE SAINT MAIl AIIOrDKMMKll. [4V 

yOOi_L-iO .U-.»^ JJL^J ^-iol 00010 JoOi ^jQ.^ts.JiO )ia-J y^ln yOOltoJUiCUOtJ 

.jo«^)J oi—oi >o\ h'm joo« ^^s^ J-iCQ-.» o«t^?^ o«>^j OOi JL..!S^>^.^o .J0i^)-5 000( 
I -1 ^; ooji v> oi-^ ^\-^^l -i-i^'fj? jNwwoV ^^oi^So > Ni V <r> s^oiö» ») ^f oo! 

* fol 2H« >^^ Jt^C^ ).^1.i^O j-«I^^J ^^-^^^ O® .000^0-^/ ^V.iO U-.^ >«.^CLJL )»01 ,-50 

1a)* ^\ • ^O ^^. • • 

1. ^U» M^. 



fcu. Ils passaient lä im certain temps — quelques-uus y resterent jusquä 
leur mtirt — et ils le scrvaient en toute piete et purete. 

^ III. Sa. mort. — II passa deux ans dans cette prison et beaucoup de 
prodiges furent operes par ses maiiis ; beaucoup qui furent gueris de leurs 
maladies par sa priere crurent en Dieu. La nuit du jour ' oü il devait des s 
l'aurore rendre son esprit ä Dieu dans Ics mains duquel sont tous les esprits 
des justes, un ange du Seigneur lui apparut ä sa droite en songe et lui dit : 
« Ce juur-ci, 6 saint de Dieu! sera la fin de tes travaux, demande a Dieu 
tout ce qu»' tu voudras et cela te sera donne ». A ces paroles, saint Mar 
• roi.^-.M'j Alumdemmeh, depuis le milit.-u * de la nuit jusquau matin, se mit ä genoux, i«. 
pria Dieu et dit : « roi Celeste, dont la couronne est permanente et incor- 
ruptible et le puuvoir invariable; lui qui est bon dans sa nature, riebe dans 
Ics dons et ne refuse pas le bien a ceux qui le demandent de tout leur cwur 
avec une vraie foi, je prie et je supplie tu honte de donner ta benediction 
rt ta grAco ä tous les hommes et surtout ä ceux qui ont recours ä ta mise- is 
ricorde. Les prieres de mon Ilumilite t«- demandent dV'Ioigner d'eux la verge 

1. Chez les Syriens, la journ^e commence ä leulree de la nuit. 



lll 



fol. -219 
V* a. 



451 VIH. — SA MORT. 45 

^|ao y n\v> o ^j-^? ^^^io^o .j>-s5^»i l-i^^a^ yoouio -.^^o ^lov-p» JicL^» 

j-^^^>^^ ^Hi ^^^ ^^ Ut-^-SLjl vOCxK^U VOO«^ U^ .JS^i JJÄJUS jjMOi. y IN^ 
^^0( -.JJ-SJ» ^*^0( >'=>\ . . O .y^pli. jJ? ^^01 JK . l\ ^^K.^ sS^bw* yOj/ >^Oi^ 

t-ai^ä^/ f^^^i) v« v^t ^ ^«^^ouo w.^ ^-»v^»K_^? ^ ) I . ^ ^ .yv. jK-.._so |v~iöQ-^ 
J-öq-ajiSd :)^sJLÜL.=>o \ii'\^ yO'sSKjo .J>^om |-,^s-ilAo )lö...>io ^^^io ,^ooi_jL_io 

io^ oiiaS.j-s )ooi oil^/ yj>o :j.iL M t .n\ rf>i |^p. .oiia^^-s )och '1-^/0 .omlSj 
y * N ,/ jj y \o fr> yr> ^ ' o ^f ooot > «S< >.»o<oy « viNIo .oK-,o ycuo JoC^ 

)oO« >^y^i ^^^^-^^"^ ^» O.Ol .^OQ-. "^.XS yOOl^-i^ y^l yOO^ OOOI > ,. \ .ahoo» 

1. U^Ä)V5, Ms. — 2. ^oC^So M~. — 1. u.woh«=-ä^£>^ Ms. 



de la colere et d'accomplir, ä Taide de ton tresor rempli et abondant. les 
helles demandes de toiis les aliliges et les opprimes qui te demanderont du 
secours en mon nom. A toiis ceiix qui feront des offrandes et des aumönes et 
feront memoire de mon nom, rends-leur, pour ees biens perissables, ceux qui 

5 ne passent pas, et pour les biens temporeis les biens eternels: des ce monde 
rends-leur cent pour un, soixante pour un et trente pour un. Enleve toutes 
les plaies et toutes les verges de (ta) colere des communautes et des maisons 
chretiennes qui feront memoire de moi et donneront l'aumone en mon nom: 
* qu'ils soient benis en fils et en filles, en richesses et en possessions; eloigne ^ foi. :>i9 

i't d'eux la famine, les mortalites, la devastation, la captivite et tous les fleaux 
de la colere. qu'ils vivent dans la paix et la tranquillite jusqu ä la tin du 
monde. Amen ». 

Comme le saint prolongeait sa priere, ses disciples crurent que son 
äme l'avait quitte, et il prolongea sa priere jusqu'au lever du soleil. Quand 

1.-. il eut prie Dien jusqu ä Taurore, il se leva et s'assit. et ses disciples vou- 
laient preparer les choses dont ils avaient besoin selon leur coutume de 
tous les jours, mais lui, sachant qu il devait terminer sa vie transitoire 
au soir de ce jour, dit ä ses disciples : « Vous n'avez pas besoin de cela, car 
nous ne passerons pas la nuit ici aujourd'hui >i. Le soir du vendredi. jour oü 



v" a. 



* (oI. L>l'.l 

V I). 



V" b. 



4,5 IIISTOIRE DE SALM MAR AIIOUDKMMEII. [4(5J 

OML^-;^o .jJLioci^ U>ioi ^JuK-c^ j); ''^i^^ .^^CH )jp.aÄ> yaa:ii. ,^-^jsKio 

^/ ^j oi-ioi. .JJoi. J A^ :^ U*t-o ^opoj oj-s ./)jL^v-floo )laio "^o.; )ia_Dj 

jjLia^ >4.^ ^^NfA '^^i» jKiwJu^O .);Oi^ s-^oXi. OlV-^i./ 0,011 061 .j.JL^Äl^ 

vooi-j^b. ^iXio ^oiö,.-^io-\K^ JjÄ^ji ^o-jjlHo )K^a M^? 01^!«^/ ^i-^ 

.e>V . )LjLi.;a30 )V-^^/ vClA^ ^Kj )ou5s .^io/o OlKIS-^^JiO» JLÄi. .2^:^^ 

)lajL-wjLio .->.» <^i'S> ^^ü-i |j>;oi ^» ) «n°>>ff jou!^ U\-^ -r^h l.«:^»^ 

^^Jb.01 )Kjl.2ü1 )jÖ-^^ 0U.^a2^w«0 .^JLDIOÄ-» ^v> m «.; )KjlJLs )l«oV ,,-^1 
^■Vi N&.Ä1 ;K-5 ^ ^j ^6( JK-.V—/ )K-l)liCLS y^Lauo/ vOO|.^cLb.o .^ala-./; 
oi_s ^-.VK-:5 >« •>/ 'w»*V-)-^ ouioiQ-^/ s^po Il-Jlso^ oi-»*o» ^)o^JiJ 061 ).^CU.9 

.|.^ä^i Kjio ^)uLiolo ))-io)jLiol Kjla JK-sop* ^o^^^ 
ya.2L.au 9 w_iw,^^^o 0001 ^-^wldi ^^l 0001 fs^l )) «'^ft> ^9 ) iv>>öi.^ 
J^L^-od/ s^V-^o^ a.dOi>* )) *^«> It-^aAo JnN'V) ^^ ^.«J^Lw.90 I^^^a; ot^^S^i 
jft^ci^ ^o(a.a^/ jVo^J ^m^ .s^oujoV^.ojo yoou^ >^oi.<i.jQ\Kj; ^^ ^/ 



10 



15 



1. o addilur supra lin. — 2. «-i^a Ms. 



\o. Messic siipporta pour nous Ics soiiffrances et le crucifiement et trioiupha 

de la mort et de Satan, ce meme jour le saint vainqiiit lo roi impie et aussi 

Salan qiii l'avait oxcite contre lui en cela. A la neuvieme heuie, le bien- 

f„i. 2iy Ilourcux Mar' Miomleiitnirli comprit (jiic Tlieure approchait : il laissa la paix 

a SOS disciples et pria pour eux ä cause des fatii^ues (qu'ils avaient sup- 5 
portees) pour lui. II dit : ((. Dieu vous donnera pour moi une reconipensc et 
IHK' i(''lribulioii daus le royaumc du ciel qu'il a promis aux saints ». Et ä la 
dcrnirrc licuro, il etendit les mains vers le ciel et dit : « Seii>neur Dieu, fais 
sortir mon Arne d'ici, delivre-la des esprits mauvais qui jalousent notre salut; 
fais-la •iilicr dans les cha3urs des ames qui t'ont ainie, qu'elle t'accueille 10 
avcc clles ä la dcriiiere venue (au jugement dernier) ». Apres la neuvidmc 
heure de ce jour, le bienheureux Mar AhouiJcmmrh expira le deux du mois de 
Ahi (aoilt), Uli vendredi', Taniiöe HHC) (')7r)) des Grecs. 

IX. TiuNsiATioN DE sEs iiELKjUKs. — 11 y avait la bcaucoup de fideles 
fjui (lesiraiciit prendre le corps du saint et craignaient le roi. Ils donnereiit f. 
un prt'seiit considerable aux gardiens de la prison pour recevoir son corps 

1. SviKliiiiiii>iiif rxacl. 



[47J IX. — TRAXSLATFOX DE Sr^S REfJQUES. 47 

^f^ ooo( ^ n<=HV>o .I'^LiuCdI Kj»^ oot^ ooo( ^K.^w^9 jju/; JL3^ >a^ oi^ISji 
)ju/o .jjuüüLO) )^ m ^ ^o\'>)J» 0001 ^.«^bJ^ «a/; yQJoi ,\ S \'> ^f-^ vooi^ 
^^ !-»-^^9 oi'^ ff> ^ ^KjKj ^9 9 ^v>w^o )..o^o9 ^-^ ooo( ^.ocuwA ).jL^eL:;oi::io 

yOJoi 0001 ^A^V^ )K^*^ ji^/ .01^ o^lo jJ voogi^ ^.^o •.j.ju.^i ot^ \ii 
5/ JVa.^«^ 0001 JJä.^{ ) 2lJSi.39 )i»a,:b09K^ ö{ .wOioN ^ ^-lajü^ JLs^ö 

1. u;-vs/ Ms. — 2. I*j/^ Ms. — 3. H ^/ Ms. 



fol. 220 
r" a. 



fol. 220 
r b. 



et l'enterrer; alors les gardes remporterent en dehors des portes, lui cou- 

perent* la tete et prirent le sceau du roi *. * fol. 220 

Je ne veux pas laisser passer cela comme iin fait saus Import ance, car ce '" ^' 

n'est pas uii fait sans importance, que l'on coupa la tete du saint; mais parce 

qu'il ressemblait ä celui qui n'eut point de pareil parmi les enfants des 

l'emmes^, je veux dire ä iean le baptiste : ua trait de la mort de celui-ci se 

retrouva daiis cet homme adinirable. Comme la tete de saint 3ean avait ete 

coupee par Tordre de l'impie Herode, ils couperent aussi la tete de saint Mar 

Ahoudemmeh, puis ils jeterent son corps avec ceux des hommes morts dans 

cette prison et les livrerent aux chiens qui etaient accoutumes aussi ä manger 

la chair des hommes. Des fideles se tenaient au loin et veillaient ä ce que sa 

chair ne füt pas dechiree par les oiseaux et par le'=! chiens, Ils virent un pro- 

dige et furent dans Fadmiration : les chiens se tenaient pres du cadavre du 

saint et aucun d'eux n'en approchait '' et ils ne laissaient meme pas les 

oiseaux se poser sur lui. prodige! des chiens voraces etaient devenus 

gardiens. * O durete de coeur du roi tyran ! il n'obeit meme pas comme les ♦ fol. 220 

r b. 
I. On a vu que ce sceau fermait le collier de fer. — 2. Cf. Luc, vii, 28. — .3. Les Nestoriens ra- 
contenl le intime prodige au siijet du pr6tre ( ieorges, martyrise lui aussi ä Mahözi^ l'an 926 des Grecs 

(= 615). Cf. Ilistoire de Mar Jabula/ia, de trois aulres patriarches ed. parP. Bedjan; Paris, 1895, 

p. 556-557. 



48 IllSTOIRE DE SAINT MAR AllOUDEMMEH. |48J 

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)ooi )— sjo Jooi ^oioK—./ ^Jiol ^ioj ^^^^^oo jKju^io J^V-^^^^J^ o«-^ J^^— ^ 
^m^s/ t^o .)KjL.poi o(<3-<^ ^/? )*t-»? «-ov_5 )t— »j Ju»» )oouJ9 )ooi V^^w^O 
y/j .j.^K^,L^ yojoi oiS» oVjio/ .w.opwJo^iwjj ^ ^-/ )Kjl.^ ^ « V ^\ v^/ 
y.^ ^x^^^ oiiojQ.--^/ >-V^ )-»-*r-o? ^oiaio'^voj/ |jl./j ^-J^ Kj/ Vio/ 

V 3. 

1. Wl Ms. 



cliicus ä Toidrc; de Dieu. (Hiaud le soleil sc fut coiiche et (|ue la niiit du 
samedi eiit coinmeiice, les fideles prireiit le corps du saiut, le porterent ä 
Ma/joiizn ' et le placerent dans une eglise de cette ville nommee des Hehihe. 
Ils le mirent dans cette eglise et retournereiit chacun ä son travail. Ulie heure 
apres r[ue saint Mar Aliondcmmeh eut ete depose (lä), le disciple du sainl des- 5 
cendit, le prit et le porta au saint nionastere de Beit Asd - a cöte du bourg 
{YA(jrouni(i \ rasti'um qui aimaif le Messie, au temps de Mar /.w?/' Zekä \ supe- 
rieur de ce monastere ; il le ^\aqa lü et se rendit a Tagrit ' parce qu'il etait 
de (-eile ville. II desirait viAemcnt devenir superieur du monastere qui est 
dans ('(!tte ville, et eomme il dcinandait aux liabitants de la ville de Tagrit 10 
de le nomniei', ils lui dirent : « Si tu nous apprends oü sont les ossements 
de Saint Mar Ahoiulemmch, nous te ferons superieur et nous te donnerons tout 
♦ rd. 22<i ce doni In as bosoin ponr cela ».* II le leur annonga et dit : « Les os de 
sainl M.ir Mioudmiiiirli sont dans le saint monastere de Beit Asd, et je sais 
que le sujH-rieur ne nie les donncrait pas, mais quo plusieurs de vous viennent ij 
avec moi et nous ponrrons peut-etre les apporter ». 



V il. 



1. Selcuric-C.ti'siplion. — 2. (^f. I'avnk ISmitii, Thcsuiirus, col. 'i80. — ;?. V. siipia. p. :{2. — 'i. /.///. 
Jt'sus a vaincu uii .T6sii? vainc. — 5. ün Tekrit siir Ic Tigre, a mi-cliemin cnlrc Hagdad el Mossoul. 



[401 IX. — TRANSLATION DR SES RELIQUES. AO 

^^ |.^a-* <^0|OvJ^O .yOOi^ ^K.J9 ^jUL^i/ )Jo •JV'«; ^1U*V^ . ..e^e\ rft . ot | ..).Xd/ 

yOOi^0L^.o .oud a.^K^o J..j:-1.o» I-^o^^ vOoi^ o^^:n.o yooi^ oou-*o .^Vio 

yO-)/ Kf>.>t jio -.vOOUaJS.:»«. j^OtxIS. 0|Kjl,^-».0 |. l ^CL..»1i )...^09 yOOI.,.1*. \.-^ 

^V^ )->^t^! s^oto-^^^ yoot. ^0-N J^{; "^t-* ^A~j/ jio .OU3 o^-ito K\ ny\ 

10 |lo ^^.^OcLt ^^Vi y^l 000(0 .)K»*^il^ yO^^ qJ^^-^ ^-^9 y^ .OU^^a^/ ' fol. -220 
yOOi^^^«^ ^2l09j/9 ''^ik^c^ jjL^Ld yQ^j)j9 000( > <i. «.« -a..jL^ jJo :|...^09 K.2ShJil 

^1 » ..'iiti v> Jio .ou^fo^/ ^V-^ l-^^t~^? ^oio^fL^ vOV> > flolKji ^K^ l^^oi; 

.J9OI )K^V^ ^^ yOj/ V-^)"^? 

1. \^l Ms. — 2. Ms. sec. ni. ov»-so»^o- — .!. n^,* U i*iUo ms. prima manu (^j* M >»'/ Uo sec. m-). 

II prit avec lui dix liommos illustres (de Tagrit), et partit. Quand ils ar- 
riverent au monastere do Beit Asä, ils imploreront le supericur qui ue eonsentit 
pas a le leur donner. Ils rimpoitunerent un et deux jours et il le leur donna. 
Ils se firent un radeau de loseaux et y mouterent avec les ossements du saint 

-> pour les porter daus la ville de Taf/rit; quand ils arrivereiit en face d'Aqrountd, 
uu vent (violent) du sud s'eleva contre eux, par Tordre de Dieu, agita le fleuve 
et ue les laissa pas depasser AqroiuiU'i. Quand ils eureut passe tout \\\\ jour sur 
la rive du Tigvc, comme le vent ne cessait pas, ils entrerent, vers le soir de 
ce jour, dans une maisou qui etait proche du Tigre et y logerent. Personne 

!<• ne savait qu'ils avaient avec eux les ossements de saint Mar Ahoudemme/i. 

Ils allerent * dans le bourff et y furent deux iours sans que le vent vint a * loi. 220 
cesser, et ils ne pouvaient continuer leur voyage par eau , parce qu une 
tempete violente s'etait elevee contre eux, comme celle qui s'eleva contre 
Jonas en mer V Ils dirent alors : (.< C/est un prodige de Dien, que le vent n'a 

1"' pas cesse pour que nous puissions continuer notre droit chemin. II nous 
semble donc que c'est ici que doivent ctre places les ossements de saint Mar 
Ahnudeinntc/t et nous ne pouvons pas les empörter de ee bourg ». 

1. Gf. Jonas, i, 4-13. 

PATH. ou. — T. nr. ''* 



* fol. -221 
r° a. 



10 



50 HISTOIRE DE SAINT INIAR AHOUDEMMEH. [50] 

oi-s oooi ^V*j OCH )K-^^V ol/o )fc<-.V-o oi:^^ KjüloI/o cx^^^^l/ )K^; IW- 
jju.»^» >^oiaio-^ v?-j/ o-^^^*o .-^oiJüj^ ^^i. )m/ a^ioi/o .)Ju/ ^-^oi 
)oio .)-L*^ii^ )|-3j ooi )v^)-5 )l^:>:i>. vp-«/ a-»k./o .yoouio otioja^/ ^v^ 

• * 

.)KjLici-.oC>o vs/o )fcou.V^ ^6i )K-.V-Q"=> U-^•o? ©iJLio ^-p^fc^mio H-J^-« J^-^^ 
a^^o o^j/o .oixio ^^^ JKjLbo yoou^ a-^ouo j.-Ju.t-Äi oi-X-io ^t--^ 

).^S^.3lJi ^iO ^^K..iO ))-iJ^^ )-lL_JL-JLJL_S »ä/o .)K.-L.i0-.O|.i0 «-.6» ) K-^J-t-iO-^ 

OL-oiJ Pilo 1 N> »Ol yi.^1 ouiCLjL-^ ^)ooj ^ia^ouio» '^^^jso .oi1qAj._s ))-^»? 
• liLA-^u^-aJ^ jjVjo-i. ^...«50i.:-I^-io jJ )la.jL.:ia.-.oi ^-iJ^-s» "^^^^^ .J-Jmo^ 

I. |Cvio;o» Ms. — 2. Ms. (kIiI. ^l- — :'.. ^.oo-S/o ^[^;. — 'j. ^^ ^ov^o tSo Ms. 



Pendant qu'ils se domaiidaienl ce (ju'ils devaient faire, Dien revela au\ 
liabilanls {[''Aqniinilt} (|uc ces hommes avaient avec eux los ossements de saiiit 
Mar Muiudcmuu'li el que le voiit les arretait et ne las laissait pas avancer parco 
qne Dien voulait que le saint füt place dans cet endroil. (hiand les lu^in- 
mes d\\(ir(n(}il(i Tapprircnt, ils liirent remplis d'une grande joic. Tons les '•> 
li;il»itants du bourg s'assemblerent et vinrent a la uiaisou oü campaieut ces 
hommes. Ils saisirent Icurs bagages, leur enleverent les ossements de saint 
* U)\. -221 * Mar MioiKlciiintrli et les portcrenl dans rcglisc avec Thonncur (jui convieul 
aux saiuls. Et voila que bleu des prodiges furent accomplis par le saint dans 
ce bourg beni cl fidcle et cn tont licu oü Ton invoqua son nom avec une ibi '" 
vcrilable. 

Les liabilants de Ttif/rit deuianderent ä ceux A'Aiivounlä de leur donner 
(juelquc partie du saint et ils leur en donnercnt une petite partic. Ils allerent 
la placcr dans cette villc fidöle et beaucoup dliommcs, par scs prieres, 
i'urent dc'livrrs (b- la vergc de la colcre. (^)uicon(|iie croit en son nom, i.". 
esl secouni scloii la foi (ju'il a, car, saus la l'oi, aucun. sccours n'est ac- 
cord«' aux liommos et, solon la cdunaucc que Ton ;i dans scs [»rieres, on 
rcroil du secüiirs. Si ([ucl(ju un vriit s'associcr ä la uu'iuoii'C tle Saint Mar 



i" a. 



[r,j] IX. — TRANSLATION DE SES REI.IQUES. 51 

|jL^f...090 oi-:>o^a-^/ ^V-^ )...x-.^^9 ouJ't>20f»^ v3ioK..juJ9 l-^h V-'^-^x o6i 

.|JLl3 ^t>'^ )-<^'!J ^•'»jQQu^-oiS^^ ^9 .^^ ^jL^itoJ:^ )K.« L..»oV ^^oi^9 j.-i'^») 



* Inl. 221 

i" b. 



Ahoudemmeh et des saiiits ses compagnons, qu'il ne roiigisse pas de sa paii- 
vrete et ne s'eloiguc pas de Faumoiie', mais qu'il donne ce qu'il pourra, 
car celiii qiii regoit sait bieii * d'oü rolVrande vient ; c'est liii qiii a rerii memo * foi. 221 
les deux üboles de la veiive et les a placees au-dessus de toutes les offrandes 
des riches"; afin de nous preparer les (biens) spirituels ä Taide de ces (biens 
temporeis); car lorsque les saints sont honores, les foules se rejouissent. 
Qua Dieu, par los prieres de saiiit Mar Aljoiidcnimrh'^ et des saints ses 
compagnons, nous delivre de toute plaio et de toute verge de colere pour 
toujours. Amen. 

Fin de l'histoire de Mar AJioudemmc/i . 

1. cv).0Yia. — 2. Lue, xxi. 1-4. — :?. Les Jacobites lui dedierent une e^lise u llaiTan dan? le nio- 
nastere de l^a-S äi.«a ot, en Tan S2'i, la communaute i'lcs inarcliandsl de Tagrit lit exöciüei' tlans 
Celle eglise ou pour celle eglise Irois manusciib qui sonl maintenaiit au Brilish Museum. Gf. WutcuT, 
Catalogtie, pp. I'i8. iril. 1.5.3, 249. — Denha IL noiiime melropolilain de Tagril et de rOrieiit en (188, 
balil dans celle ville une nonvelle eglise sous le vocable de Mar Ai.ioudemnieli el kii donna le Iroi- 
sieme rang parmi les C'glises primaliales, cf. Bar Hebraets, Chron. ecclcs., t. IL col. 147; il niourul 
en 727 et ful enlerre dans celle eglise, ibid., col. 149. Depuis lors an certain nonibre de mölropoliles 
s'y laent eulerrer. Cf. Ibidem, col. 2.I.'., 243,247, 2.57 (cf. col. 30.5). En 1092, celle eglise l'ul pillee par les 
Arabes, on l'appelait \^U^ var. : U'-P>). col. 309. 



mSTOIRE DE MARGE TA 

METROPOLITAIN DE TACxRIT ET DE TOUT E'ORIENT 

(Vr-VIP SlhlCLE), 

KCRTTE PAR SON SLCCESSEUH DEMI\. 



INTRODUCTION 



I. Les biographes Syriens, si prolixes d'ordiiiaire, iie semblent attribuer 
aiicune importance aiix evenoments politiques contemporains, c'est a peino si 
hcnhn, dans Tliistoiic de Maroiihi, consacrera deiix phrases incidentos aiix 
victoires d\Ileracliu>! et ä rinvasion de IN^mpire pcrse par les Arabes. II iious 
semble donc utile de combler cette laciine et de rattacher cette biographie ä 
la precedente en resumaiit les eveiiemeiits politiques d religieux survenus 
depuis la uiorl iVAJjoudonmeli jusqu'a cell«' de Mdrouta ' (G49), d'autaut que ces 
evenenients foinient le cadre dans lequel s'est deroule(> la vie de uotre lieros. 

Les Jacobites ne donnerent pas de successeur a Ahoudinnmch, dans la 
Charge de priniat, du vivaut de Chosroi-s I". Apres la inort de eeliii-ci (579), 
durani la premiere anuee de sou fds llorinizd IV, ils elioisirent Qamjesus qui 
etait « le docteur de l'Eglise nouvelle » bätie pai- les Jacobites ä Seleucie 
pres du ])alais du roi de Perse'-'. Le regne dllorniizd IV, rempli par une lon- 
guc lutte melee de succes et de revers contre Tenipire byzantin, se termina 
pai' une revolution du palais. Pendant <|u'un haut dignitaire, Bahnini, soule- 
vait les troupes des fronti('*res, les grands du royaume dötronaient llonnizd IV, 
liii crevaient les yeux et donnaient la royaute a son lils, C/iosrors II (590). 
Celui-ci, avec I'aide de Mmtrirc, enipereur de Constantinople, vainquit lUi/miin 

1. Ne piis eonlüiiilre, cumme l'a fall Assüiuani. ////(/. O/-.. 1, IT'i ^,\,[.. Marmila iiulK.ju.lilam de l'a- 
Kiil inoil eil «j'.9, avec Marouta (Svi-i|iie lic Maifenjal, uii Marl\io[»olis. avani :!.M l-I iiioil im \>cn avaiil 
'»■20. — •_'. B\u IIkuiiaeis, Chroii. ncjrs.. I. 11. col. h>l. 



[53] l\TIU3DUCTI0X. 5:; 

piiis proclama la libcrlc de conscieiicc daiis ses Etats. A riiistigatioii de ses 
epoiiscs chretieiiues « rAraineeiiiie Sirin et la Romaine Marie » , il fit des 
liberalites aux eglises; il manifesta uiie devutioii toute speciale eiivers Ic 
Saint martyr Serfjius, liii l^itit plusieiirs marhjria en tcrritoire persau' et liii 
dedia une croix d'or dans l'eglise de Senjiopolis en Syrie (Resafa) -. 

Cependant Marouta, nomme d'abord Maroni, etait ne dans Tempire pcrse 
ä ^ounaq, en face de Ralad, vers Tan 560 (?). II commenca ses etudes au mo- 
nastcre de Mar Samuel-^; les continua ä l'ecolc fondee dans sa villc iiatale par 
les Jacobites ä l'exemple des Nestoriens qui avaieut etabli des ccoles dans la 
plupart de leurs villages ; eufin il les termina au monastere de Nanlas, fut 
nomme « maitre, docteur et interprete des Livres (saints) », puis devint Tauxi- 
liairc et, dans une certaine mesure, le suppleant de Feveque du pays, nomme 
Mar Zahl, qui demeurait dans cc monastere. Apres avoir sejourne longtemps 
dans le saint monastere de Nardas, il alla completer ses etudes dans le pays 
des Romains. Nous pouvons supposer qu'il n'avait pas moins de vingt-huil 
ans et qu'il profita pour faire cc voyage de la periodc de paix et de relations 
amicales qui commencerent vers 59)) entre Chosroes II et Maurice '.II passa 
dix ans ', de .593 ä (503 (?j, au monastere de Mar Zakt, pres de Gallinice, 
Oll il etudia les ouvrages des docteurs grecs et tout particulierement ceux 
de S. Gregoire de Nazianze. 11 demeura quclque temps a dans les cellules qui 
sont autour de la ville d'Edesse » et y apprit la calligrapliie en 603 (?). II se 
rendit de lä au monastere de Beit Ik'qoum, oü il sejourna de 603 a 60o (?). 

Lorsque Phocas eut fait mcttre a mort Tempereur Maurice (602), Chos- 
roes II, sous pretexte de venger son bienfaitcur, guerroya ä nouveau contre 
les Romains; une suite d'heureux succes livra aux Perses Dara (60i), puis 
Edesse (609), Cesaree de Cappadoce (611), Damas (613), Jerusalem (614), et 
meme Alexandrie. Mais lleraclius, successeur de l'incapable Phocas (610), 
finit par ramener la victoire, de maniere definitive, sous les bannieres byzan- 
tines : il chassa les Perses de FAnatolie, entra dans la vallee du Tigre, puis, 
en 627/8, occupa l'Adiabene et le Beit Garmai sur la rive gauche du Tigre, 
et eufin Dastgcrd, residence favorite de Chosroes II. 

Marouta, pendant qu'il etait au monastere de Beit Reqoum, refusa Tepis- 
copat que lui oilraient ses compatriotes ; il ne tarda pas cependant ä se rap- 
procher d'eux, sans doutc au monient des succes de Chosroes II, caril ne 
pouvait rester chez les Grecs sans s'exposer ä etre traite par les uns comme 
un transfuge et par les autres comme un espion. II rentra donc en Perse 
et se fixa au monastere de Mar Mattai, au nord de Mossoal, vers Fan 605 (:^). 

1. En paiticulior un monastore pros de Blaslarr en lan 595. Un autre monastöre de Sergiiis ätail ä 
^ix milles de Üastgerd (aiijourdliui Eski-Bagdad). Hoffmaxx. Auszüge, p. VIO. — 2. Gl'. J. Labourt, Lr 
rlirislianismc (Jons l'cmplrc Perse, Paris, lOn'i. pp. 208-209 — Nöldeke, Geschichte,^. 283-28'i, 287. - 
3. Situe sur la rive gauclie du Tigre en face du monastere de Mar Sergis qui etait pres de Balad. — 
'.. Cf. Lebeau, Ilisloire du Bas-Empire, 1. LIII, eh. xxxi a xlvi. - 5. Vingt ans, d'apres Bar Hebracus. 



54 DENIIA. - IIISTOnU' DK ?^IAROUTA r54' 

II eiiselo-na la llicologic, expliqua Ics ccrits des doctours et imposa aux 
moincs de nombrcuses regles et des lois ccclesiastiqiios. Plus tard, vers 
G15 (?), il prit la direction du monaslere fonde pres du palais royal, ä Seleucie- 
Ctesiphon, par la reine Sirin. Gette reine, d'abord nestorienne. avait fonde le 
monastere, vers 598, pour les Nestoriens; plus tard, ä Texemple du chef 
des medecins royaux, r,V/^nc/ de Siggar, eile quitla les Nestoriens pour les 
Jaeobiles qu'clle ne cessa plus de favoriser. Cependant les Nestoriens, avec 
Vapprobation au moins tacite du metropolite jacobile Samuel ((ii4-62^i) ', conti- 
nuaicnt ä rccevoir la communion dans le monastere de Sirin : Marouia mit fin a 
cet abus. Samuel voulut le nommer eveque de Tagrit, mais il refusa encore. 

La mort du medecin CahrlcJ priva les Jacobites d\ui puissant protecteur, 
d'ailleurs les revers eprouves par les Perses modifierent les dispositions de 
Chosrocs vis-ä-vis des chretiens. Durant ses succes il avait protege Nestoriens 
et Jacobites, il avait meme rendu ä ces derniers les eglises de Mesopotamie 
quc Domldanus de Melitenc leur avait confiquecs ' ; au moment de ses revers 
et surtout apres la mort du medecin Gabriel, il persecutu Nestoriens et Jaco- 
bites: Mannild dut quitter Taf/ril pour se refugier pres d'Aqoiüa. II y resta 
jusqu'ä la mort de Chosroes II (62(S). 

Vint alors une ere de paix aussi bicn pour IF^glise quc pour Tempire ; le 
palriarclie jacobite d Antioch(>, Afhanasc, surnomme le Gbamelier, en profita 
pour envoyer son syncelle, Jean le diacre, pres du roi de Perse. Gelui-ci, ä 
son retour, proposa aux moines du celebre monastere de Mar Mattai de s'unir 
aupatriarebe d'Antiochc. Le mc'tropolite du monastere, nommel^/iristojihorc, et 
quatrc autres cveques allerent trouver le patriarche (()29) et lui conduisircnt trois 
moines, dout Tun etait Marouta, pour qu'il en fit des evequcs. Mais Mliana.se 
leui- dit de choisir eux-memcs un grand nuHropolitc (|ui leur ordonnerait des 
evequcs, suivaul les canons de Nicee^ Ils elioisireiit donc )l(innila, le consacre- 
reiit grand melropolitaiu (ou maphrieu de Tayril, lui donuerent pouvoir sur 
tonte rKglise (rOrient et meme pour nommer b* metropolili' <lu monastere de 
Mar Mallai'. Ou lui donna douze suifraiiants donl les sies'es furent : I" \r Heil 
Wrhaije: 2" Si(/(/ar; '.V' Ma'alla : \" Arzmiu ; .V' (iöniel, dans la haute vallee tle 
Mar(ja;i)" Heil lianintnn ou /{<'il Waziij ;1" Kaniieh : <S" Gnzarhi de Qardoii ; ^" lieif 
^ioiihadn'i: 10" Veruzsahaar ; II" Siarzoiir; 12" les Araites 'rai/lihitr.s. [Mus tard, 
Mamuld ;iiiiait nomme Irois nouveaux evequcs, uu pour le Setje.slan, lautre 
pour llrral el l<' Iroisleme poui' V [dourhaid/an, alin de prendre soin des nom- 
brcux Jacobites du pays d'Edesse dcporlcs daus ces regions par Chosrues II. 
A partir de cettc epoquc les « .Maphricus », ou primats jai-obites d'ürient, 

1. I,cs uTarifls müliii[i(ililcs Ciiroiil Minmlci 'h (-J- ."(TT»;, (^amjOsus (.iTS-OOlli, Saiiincl (iri-c,-j'i), |iui> 

Minnulii (.V.'",MJ'.:.), Di-nl.i:! ((i'i.vcr,:,), clc Hau \\i\\\\\K\}<-, Chron. rcri.. II. — .'. Cf. Michel, II, p. :i7<»-:{«() 
rl CJn-oniron ririlc rl iicli's. od. Uaiimam. in Moiilr Ubiiim, l'.m'i, p. l:!'.i. — ;{. CA', cjmoiis 'i cl (>. 
— 'i. lilic ik' Nisiho <pii rjlo ici Isouilonal.i, iiicIiopdliUnii <ir Hassnia, supposo qvio Maiuula surc6dH 
iiiiiiicdialoincnl ä Sanmcl cl ic fail donc noiiimci' inctropulilain de Tagril des 62'i, cf. infiv, p. :>^-'>'J. 



IÖ51 IXTRODUCTION. 55 

demeurercut a Tar/ril. Maroiita fiit dabord mal accucilli par los liabitaiit;^, 
mais il ne tarda pas ä etablir une Ixdle regularilu parmi lo clerge et Ics fideles 
et ä douner beaiicoiip de splcndeiir aux offices, de sortc qiie Tayrit deviiit 
« la mctropole et la mere des Eglises de rtJrieiit ». II coustruisit deux mo- 
iiasteres, 1 uii pour les liommes, sous le vocable de Mar Sercjia, pres de la 
soiirce de 'Ainf/agn, sur la roiite du Tigre a TEiiphrate et ä 'Afjonlä, Tautre 
pour les femmcs, sous le vocable de la saiute Mere de Dieu, ä Deit Ebrd. 

Cependant Chosvoi's II avait regu une lettre intitulee : « Mohammed ben Ab- 
dallah, prophete de Dieu, ä Chosroes fils d'Hormizd, roi de Perse », et n'avait 
pas voulu en lire davautage. Voici donc un csclave qui place son noui avanl le 
iiüen, s'ecria-t-il, et il dechira la lettre cn mille morceaux. a Que Dieu, aurait 
dit Mahomet, dechire son royaume conime il a dechire ma lettre' ». Cevoeu ne 
devait pas tarder ä s'accomplir : en 633, les Arabes occupent le Qalar, la 
Mcs'cne, IJira et Anbar. En 637 ils occupent Scleucie-Cte.siphon, ils envahissent 
le Iluzistan et la Susiane en 638, le plateau iranien en 640 et remportent en 
642 la victoire decisive de yehaa^cnd. Le dernier roi perse de la dynastie des 
Sassanides, lazdgerd III, traina encore quelques annees une miserable exis- 
tence vers les confins du Turkestan et fut assassine en 651/2'-. Les chre- 
tiens virent Tinvasion arabe d\in oeil assez indifferent et plutöt sympailiique. 
Les rois perses qui les avaient si souvent persecutes ne pouvaient leur inspi- 
rer beaucoup de regret ; Maruuta en particulier fit ouvrir aux Arabes la cita- 
delle de Tagrit et preserva ainsi la ville des calamites de la guerrc. II 
mourut le 2 mai 649 et eut pour successeur Denha (649-659), auteur de la 
presente histoire. 

II. Marouta ecrivit un rommentaire sur les Evangiles, qui est cite dans 
la catena du moine Severe. Deux scolies composees par liii sur Exode, xvi, 
I et sur Mattliieu, xxvi, 6-14, sont imprimees dans les Moniimmla sifriaca de 
Mwsinijrr, Innsbruck, 1878, p. 32 '. Une liturgie qui porte son iiom est 
conservee dans de nombreux mauuscrits '' et a ete traduite par Rcnaudol, 
Liturg. on'enL, t. 11, p. 261. Enfin Michel cite d'apres Deiigs de Tellmahre 
une lettre de Marouta sur la pcrsecution exercee par Barsauma contre les 
Monophysites '. D'apres la presente histoire il ecrivit une refiitation dun 
libelle du catholique nestorien et des livres « d'extraits des Peres ». 

1. Aboum'eda, \'ie de Ma/ionwl. Cilc dans VArabie, pat Noel Desveugehs, Paris, l«'i7, p. 181. — 
•1. J. Lauourt, loc. eil., p. 2'i5. — 3. RuBE.Ns DcVAL, La litlerafiire Sijri(t<[ia', Paris. IS'.i'.t, p. 77, cl". 
p..375. — \. Citons en particulier les mss. du Vatican 26, 2«), 33; de Paris 73, 7«, 78, Hl: de Cambridge 
add. 2887 et 2<J17; de Berlin 152. La liturgie est allribuee ä Marouta calliolicos de Tagrit (2 lois), catho- 
licos de rOriont (2 fois), nietropolitain de Tagrit (3 l'uis), metropolitain c'estra-dire catliolicos de Tagrit 
(1 lois) ou siiiiplement ä Marouta de Tagrit. II n"y a donc aucuue iiicertitude dans l'attribution de cet 
ouvrage, bion que nolre histoire ne Ic mentionne pas de nianiere explicitc — 5. Chroiiiqne, II, p. 'i35-'i'iO. 



56 DEMIA. — IIISTOIRF: DI- MAROUTA. [5Gj 

APPENDICß 

TEXTES SYRIAQUES RELATIFS A MAROITA. 

1^ Marouta avaiit l'episcopat. d'apres Bar llebraeus, CJirmi. eccJ., II, 
col. 111 : 

\\^y^ ^, ;s^^ ..£))»<aji oväQ-»; )N-V^ ^^ )V»0)Qj tv>-3» |iL/ ^ . |IYN.o c lj .. a j-aj, U",-» lloVM |ooi ^0)0^( pc»» oiN-ioö^^ 
K ■[ r^am NasJ-L/o .x*J^ r'»'*^^! |.-N.io >*5| w.;»; I;-.^^ Vietvo . v£Daa./ao.\l.a.\ v>j.» ^l ^ioo . pov30 (_.;^i ^l )ooio . -cd;Vj; 
[rp ^ V i r^ ]'^'-^l ovj yo-coo .-^N-io v^;-io; p^Joavi. )L/ ^o . iLa^oCo ^aV.o wOiiof» )>a^a V^eu. "^j/ ^L ^o . (_.ov::S\ j-Ljtou 
^)/ . l-ü^ioi poc/ '*^|;_3l^; oiL<Xio_3 wtjv- p^xov^; ll fi^Xv» >».»Noj ^» )L-^>o . |ooviQ\ a^V» iL'äiXio; pUci^ji ^ao . ly^^ji 
v^witi/ P= N..;,vltO>- -^oi.«.~;oQ.i; .|.,w^j»io> o;^,^io ^.labOL» ..;io .^ov*i,z)0 . ov9a.3 ^o,; pac^^a iaa,* ^i; " J^Voia ;ja» 

.4 :><iii i'poquc' cicüit Mai'üiilü moiiie crU'brc cn rritus. 11 vlail du pays de 
Beit ]Sou/iadre\ du village nomine Sourzaq. II dcmeura dans le monastere de 
Aardas et ij fut moinc et prrfir. De Iri iJ nlla a llalllnke et passa riiujt ans dans 
Ir tnonastl're de Mar Zahl ; il s'ij instruisit abondaniment dans Jes divins Lirres. 
De Ja il alla demeurer dans la ntontagne dlülesse et ij apprit Vart d'ecrire, puis 
IJ rillt au monastere de Mar Mattai' et y etabJit des reyJes et des lots exceJlentes. 
Lorsque Jes empires commencerent ä etre troubles et que nos monasteres (pii 
etaicnt pres de Ja eour royaJe des Perses furenl detruils d Ja niort de GabrieJ, 
medecin royaJ'', iJ aiJa demeurer d 'AqouJd <iu Koufali dans Jes reJJuJes de 
HaJjan Sabour. Mar SamucJ, metropoJitc de l Orient, c/ierclia d lordonner d Tayrit, 
et il naccepta pas. 

2" Soll elevalioii a lepiscopat, d'aprcs Bar llebraeus {Ibid.. col. 119-1 20) 
qiii rüsiime et precise lo recit de Michel le Syrien, Clironique, 11, p. 414 
et 4 IG : 

v>too w.;^o> |;>on\\ \o. ^i-.Q_. oO) ]l\ j.30 . ovV,; |IS.Vl^^j |!Siü. ^.goo \^£ß-;.S>% |.3\äo Loi, |tv^U> |-«.V>- N-«.i ^iot ya.xic 
yo.:y ^Oj_«^Nji yOjl ^ai>..3/ :(.x:.j.oo ^Äxl ^v»; ^^L li-~ >-3o .);^^jl.» -;/»o );ioQ.i.> a£)o;_^^jOo .xooia^a^fa^;^« |Lon..^j 
.oooi ^^aL.;o> .(xiXsU o;^^^ .cD9>a,9a.^aQ..;.3 ..;.io oii v».j..3o .U^a/ ^ox^^i oi.\ acd^-SLl/o . |^oV-»oo ^i.o V-V-^S 
.v,oov.^sjo<l^ ;';^9 Iq-"^ a^il ^»—q-.; ovioio .NvoiiJn ovx9t)_o . ^i \*.ij q.^;^o . IViOraj t^^ji ^^|.j;o • ;,^'^j w^^tol^V 
IQ^ oo.UPo |ovVN4o ^xV ^ >.o,a\v x''^'? )lo;.^aL\ . |^.;a\ ^o.»; |;.ioav; ovtio I-Jkij^, lv.a.,4^ IIS^L ycooco. «iioo/o 
^TDO^jjQxoo ^<i^^»LL/i ^o<s-,L ^{oo .;^W^3 .ax^SUl Po .U-Jj-io^ viXiXS/ .-;mj. ov-Oo oxjLo . ooct» o_^l/ aiuoo ^;.^3 

o;-fc^*Jo .-•.JDJ 00,0 .Q-Vs^l ovi. U^»Äo; UmsojoL»;! )l^ c»:io; tJL^>>.Qjio . wOio-Vxd/ N-V^^IO. \j>i oV^^^^^o . |lo;^N 

1. Aiiriaiilc ; ^-o^;«». j. U^aaa ]\, ||. _ :;. a 1C|>(m|iic de Simmd. |irimal .lOrienl de (Jl'i ä &l'i. 
Il'iil.. ii<\. l(t".» fl 111. ^'1. Au nurd de Mussoul. Cf. IluFi'MAN.x, Aasziigruiis si/r. Akleii pcrs. Mürhjier, 
Lfip/ig. ISHit, 1». 2(>,s--.'in. — ö. Pri's de Mossoul. — (i. 8ur er medecin neslorien rpdcvenn jacoltile nv- 
dcnl cf. rilini, Vit iinorn frsfo $ijriu<o siiUo stnria (le-^li lUlimi !S(iss(iiti(li (Tire des Aclcs du 8-^ coii- 
prös inlcinaiioiial des oiieiilalisles), Leydc, iS'.tl. pp. iJ, 1«: Xüldeke, Gesifiichlc der Perser..., Lcydc, 
l»7y, p. 357, noic '1; J.-B. Chadot, !<i/no(licon Orientale, Paris, l!t02, p. 580 et 625-63'i. 



|:>7] IXTUODrCTlOX. 57 

.l_3LQ.io w\ .coi^Oo (j-^ajo; oi.i.-.>i- ^io :[s..;<^|L. M_;^io ^ ^;a3L^io> |;ioai.. o;g«..<iai. oC^-o .^N_io ^;^. ji^aii^ 
1^;:». |iL/; )IS«jVo» ^Voo ^m ]^ oy^ts^l» N^^oa^ )o)M>"/ ~3/ x^l. — ViaoU/o .|j_;aio ^io N^COko uaXS/ y^oo^io ^ Nio^ 

La iiK-mc annrc, a saroir ran 940 ((J29), larsquc la paix fiii lonfirmtr, Ir 

jmtriarchc At/iana.sr, surnonuiK' Je chamclier, rnvoj/a son (lisclplr Jean Je diacre, 

du villaf/c de Bef/i Elalä, pres du mi de Verse pour ses affaires particulieres. 

Jean, a son retour, enlra au monastere de Mar Malta) sous le gouvernement de 

Christopliore, metropolite du monastere, et d'Ädai, siiperieur. Conime il y ti'oura 

des moines pars et saints, il leur persuada de s'unir au patriarc/ie et aii.i- 

Oeejdentauj'. Tous lui oheirenl et le metropolitain Mar Christopliore lui-menic 

reunit les ereques voisin.s : (',('<>r<jes de Siggar (Singara), Daniel de Heil Nouhadre, 

Cregoire de Beil Ranian, et Jezdapneli de Sarzoiä, et tous les einq allerent avec 

Jean pres du patriare/ie. lls eninienerent avec eux trois homnies illustres du 

nteme monastere dignes de la roeation (episeopale) : Marouta dont nous avons 

parle plus haut, Ältalahd et Aha. Quond ils arriverent pres du patriarche, ils 

firent union avec lui et lui demanderent de consaerer des eveques pour VOrient ; 

mais le patriarche ne le voulul pas, d cause d'un canon porte au concile de Nicee 

c( quapres la mort du grand metropolite de rOrient, les eveques orientaux se 

choisiraient un chef et un pere comniun ». Aussi ces eveques choisirent Marouta, 

le consacrerent grand metropolitain d Tagrit et lui donnerent pouvoir sur louie 

l'Eglise orthodoxe d'Orient et pour ordonner un metropolite au monastere de Mar 

Mattai. Ce metropolite du monastere, ordonne par le niaphrien de Tagrit, aurait 

son siege a la droite du niaphrien au-dessus de to\is les eveques, nuiis en 

dessous du maphrien. La encore AUalahd f'ul consacrc eveque de Goumal qui 

est Vune des grandes villes du pags de Margd au nord-est de laquelle est le mont 

de Elfef, et Aha [eveque] de Pirsahour\ 
« 

o" Son administration, d'apres Bar Hcbraeus, Ibid ., col. 123 : 



Q.co.3.^0 a^ot^ji/i (JV"/ ^sa.A.3( yOOiLaV axos . ..\>o -•\.>tot jVMo.v.'V vCQ.X3/ |I^«/o |;.Ma>> Or^>^^ ^oj>. Ij-.;^)oo ^sofO 
.'^ioQ^ .jlM.*.; .yO)>/ ^^ii/; .|_.Cv.V>.jo N.'i.l.; • f«^-«-» v'-''-? • H>^V* '^■"■■=' y>yO • f^-'i-<x K; |.i-;aLio« p^*.o/ t^*^\. |Kx^v^° |vcn\L?l 
,^0)VJi ),:cO;S.v-» . )a3.kV<.S ►cav» . )V»0)aj t^«.j vxnL» . o;;.o< IL')-^ |.iicL» . ovioVa \»v.3l1j .wä^)(o N.*.j -.t>t» . ^io> N.*_3 Nji; 

|ja.30 .vcc^So aca3>oLVo| cij>.^cp |-i-3)-3 ov-ao - ov^ <■v^.3|L/ ^xj/ Po .N^;^|L) |_lcq.^ v.oov^ ^-»C^s |D<:m„aA~ 0|Lqj^, v>.-)0 . |_».cova 
a^jLo |.x.ra^ l'OyM La.\ oi^jio . ^t.ccio.3.20 ^|t^oQ.*.^».ai3 o;.;>eL^ o^j/ ).y>xD,:9 ^ |Lo.V^o oooi o;o;L(_) |_.oiVo/ ^:» | -i« -<{, 
N^olSL/ )j.30)0 .yOj/ lyxo yl.^«.oio»p l.^\*.VLo .ouiovV p;^/o y|^.co.■«^«cn\ ^- ,mX°i/ |t^L w^;_cd/o . pö^J ....■« .V »^oo^ii. 

l-^^^^^o oO-^J |^..>.j>oji Lo wiL* lljTft) l^;3o 

ooi» |Ki» |Lv3<.2 vaoL/o (.*.jq.^> ^toi/o )l.ia>~jiL ISvX* ;-.)_3 ^»L |N,i,* -)0(x. ^ii. .^;xo^ |-Xj.ji .jljolji ^a Nj;^|Li |Lo;.m ^» o.oi 

■ 1 irr».. 1 |qoi pua 

1. Oll Aiihnrii, pres de rEuplirate, a tlix para?anges de Bagdad. Michel a cn plus ; el du peuple des 
Arabes Namiraye. 



58 DEXIIA. — MISTOlUr; DK MAROrTA. [.-,8] 

Mors !'• /iKiphricn ychninia au inoiinslcrr de M<H' Malldi, (irre Ic iiirtropolllc 
de ce monastere et Irs si.r c'veques , ils reimirent les aulres ereqiies ijii'Hs 
trouvereiit et inirent doic-e dioceses sous le pouvoir du ntap/trieii de Tagril : 
I" Du Beil Arhaie: 2" de Si(/{jar; :i" de Ma'altid (ou Ma'altd): 4" d'Arzoun ; 
5" de C.dtital; (V' de Beil Rantutan qui est lieit Oudziij; 7" de Kanneli; S" de 
Gozartd de Quidou ; 9" de Beit Noii/iadre; Jü" de Pir mlwHr; 11" de Sanoiil ; 
12" des .\rnl)es ehretiens ipii sonf les Tagliln'tes et demeurent sous les leiites\ 
Lc mctroiKilitc du iiionasl'ere n'eut que le seul dioeese de Niniee. 

Apres avoir regle ees affaires, Maroutn ulla d Tugrit et roriui et ht decoro 
des Hunuisteres et des egHses ipi'ü ij coiistriiisit. A son epoqiie le royuiniic des 
Arubes suhjugua le paijs, mais, par sa prudente direetion, il ouvrit {uiu- Arabes) 
In tiludelle de Tagrit, et persouiie n'g ful inolesle. A eette epoque les orthodoxes 
se muJtipliereiit en Perse et iine nomhreuse troupe d'Edcsseniens qui avaient ele 
emmenes cn euplirile pur les Perses'- alleiTnt dc?neurer duns le Si(/isl(}n d dans 
le Kdrasdn. Ils fireui deinander des eveques au maphrieii Marouta et il leur en 
envoga tvois, un pour le Stgistdn, lautre pour lleriou {\\.^iix =^ Herat) et le 
troisienie pour rAdourhif/an . Ainsi lu profession orUiodo.ve se dereloppa et sc re- 
pandit par tont VOrient... 

El Marouta, apri-s aroir renipli son ofjiee duranl vingt ans, niourul le samedi 
deu.rieme jour du nuns de lor [mai) de l'un %() des (Irees (= iS\S)) el il fut 
enseveli dans lu gründe eglise quil aruit hdlie lui-inenie dans la eitadelle. 

V' Epist'opat de Maroni a. d'aprL'S Elie de Nisibe (\'-xi'' sicclc); ms. 
add. 7197 du liritisli Museum, l'ol. '29, cite par Aldjeloos et Lamy (Bar 
Jlebraeus, Cliron. eeel., II, col. 12 1) : 

|iL|_3» w^too ^»io. 1;.;^. (.^CDVS» p^-ol_si Usädv.. a«.i3l./ 01.0 . U-iaVi w\ , Kxjn .;-(.-. o l-AXi^- ^Vj. fO.1 ^^J^ 
.^saüai*£>/ li-aii. o>j^'^QJ' IS->^~i- aotui^o .(.a^-f^s .oa^ocuL/) )l,aiaVxj fV.;^^V |.*io^i5 a£);.^v^io |l.o;io ajaroo .|ai.>^j. 

L\in Irois (des Arabes) a eoinnience le ilinuniche 2V' llazirun {juiu) de l'un 
9:}:) ,lrs r.rrvs {{\y\). 

hn reite annee les Jaeidtitcs de l'ewpirc perse se reunircnl uu lutniast'cre de 
Mur Mallui au pags ih- Mnire et ils riablircnl Muroula prciuicr nn'-lropoliluin 
de Tugril' uvee le eonsenteniml da palriunlic Alhanusc. Ils raugeroil sous son 

I. Au .■oiicilc (|r K.'liiiluiilii, cn .S(;'.i. lc fi;.lii;iivli(> .Tran Uli sonniil rncorc iin inaplihcii les dio- 
ci'scs de giirdoii el de licil Zabdai ol celui des Nogronoiö Mad'dir (.lc< nomeril(>s\ d. Bar llii- 
imAEiP, .\nmor(,non, Paris, IS'.iS, j). T'.i. - Kii lo::,, lc paliiaiclie liasilo rallacl.a la villc de Nisibe a 
rOricnl. Hau IIliihai;! s, anmi. cnl.. II, :i(t:{. •>. II sagil saus doule des liabilaMls (nidesse cmmo- 
ncs en caplivilc la dix-liniUcine annöe d'Ueracliiis (028), cf. Haiimam, C/irnnimn virile et ecclcs., p. l'i'i. 
— 3. Abbeloos il i.ainv rcriveMl ä loil 27. — ',. II nc ful pas le pr.'ini.T luölropolilain, car avant lui 
Alj.Mi.IciiiMich, (v)anijeöus el yamu.'l porliTenl cc lilrc, mais il lui je pieniier a di-iucurer a Tagrit. 



[50] IXTROOrCTIOX. 59 

ohf'issdurr die rrequcs d idn.s tard ils jurent innirs a doiizc aprb.s la cuiuslruction 
de Bagdad et de Gezirtn. 

(Tire de Isoudciiah, metropolitain de Bassora). 
Cct autciir a siipposc sans doiilc quo Maroiila avait succede a Samuel 
des la mort de celui-ci (()'24), mais Bar lleltraeus uous appreiid que Ic siege 
vaqiia cinq ans (eol. 1 11) : 

OiiNo jlSXioj/ ^; |L»\ C^«.9o . ..jl^^^o ^N\Lo )|.iav.»L ^L».3 ©i^io LaV .^ii ^ca^ \Xi.x \v^|aioj ^i-io ooi .a.^a v30 

Mar SaniwL aprrs aroir iriupll soii o/ficr duranf di.r ans, alla rcrs soii 
Seifjneiir l'an Oo.") (= (i24), et apres liii notre Efjlisc donciira reiivc' duraiit 
cinq ans. 

Gelte remarque concilic de maiiiere salislaisaiitc les tcxles de Bar 
Hebraeiis et d'Elie de Nisibe. 

5" Xotiee coiisacree par Bar Ilebraeus (Ihid., col. liO-lol) ä Ücnl.ia. 
succcsseur et biograplie de Marouta : 

|>o»o|L oiit^j vs.ßO .ovo! .ai-x^ea.i]ll itS-o )oOi j^o; (.i^^^^S ^ju,q_ ,£>[ ^xs. lJ_;Äio |Lo;io jJL>» |ISj.* «..ovj ;.,s5j, ovi 

I o^ f> ^ . q|i n,:^/ i^jic 1.äJlÄ_:^ ö;^/^io —vo^io l..!^icQ.a.>5\! ).3^;^9» J.io.i/ . t^..V,^II!v:^ pL..VÄio .-.^ccij» ->5^V>^'L/ |.JOi .|j^v^ 

viio jis; .^\J> |1 Ix, ;3iio Jj^;^3 ^Vs. Mp/o .j)ol^» 001 ^>. !►-./ ya^au l-X^^Äio .|j;_V^ rJ-^ v3; . l-^-,:^^) pOVD 
N~iV^Itsi. >.A..;aioo .|»^;o|L (.3;.;^3 Lq.\ ^oiQ.Vjo/o |Lo;.io ^;.io; oi^^iaVl \..^^ ^ut^-V-^R ^-=^ V»-'*' •l-^»-*»^>^ l-"-r^-io 

oi«tip»ojo wjN-. |L/o .ov~Vcd( V->-Jj-io 01^0 

.|LoVio ^-'r^ yo.y |.icD.~; |Lj.5o »jxoL(o .^\.^( ^piN-s jN.'Sf^ jJJ. .^:Uji Vca». |LQ_i.> -A-ioj j.i |J.-;Äio ^. U^t 

L'annee de la niorl de Marouta niournt aussl Je patriarclw Jean qiil arail 
sacccdr d Athanasc son nia/lrc : Theodore ftit patriarc/ie apres lai\ Celui-cl 
desira ordonner Ic niap/irien paar Tayrit eonune Ir patnarehc d'Alexandru' 
ordonnait Je inelropolite potir les Ahijssins; il eerivit aax ereqaes et aii.r eliej's de 
rOricnt cl sc les coneilia. L's Orientaa.v eoiivinrcnt — apres qu'il ml fail an 
aecord avec eax, (jrdce au.v lettres de rcconimandation (fy'jG-x-iy.x'.:) et aa.r tonoi- 
gnagcs des eveques occidcntau.r — (pu'i la mort du pairiarchc le maphrien intpose- 
rait les malns d cclui qu'on eleverait (a ccttc ehar<je), et quc si Ic pafriarc/ie ne pou- 
rail exister sans le maphrien, le maphrien ne Ic pourrait pas non plus sans 
le pairiarchc. Ahns les hahitants de Tayril ehoisircnt Denha, disciple de Mar Ma- 
routa, et le eonduisirent au patriarehe Theodore qui le eonsacra maphrien de 
Tayril et de toul V Orient, apres (/uoi il rint oeeuper son si'cyc.... 

Le maphrien Denha, apri's avoir rempli son o/pce pastoral durani dlx ans, 
nuiurut le trois du seeond Teschri {novcmhre 660) et fut cnscveli avec Mar Marouta 
dans rcgUse de la citadelle. 

C'est donc a roecasioii de Denha, que Telection et le röle du maphrien 
furent definitivement reales. II nous reste a faire connaitre la seule cenvrc 

1. De (J'i'J a 667 (selun le pseudo-Dcnys de G51 ä 065;. Uau IIebraeus, Chron. ccd., I.. col. 280-281. 



60 DEMIA. — IIISTOIRR DK MAROUTA. [(jo' 

qiii iious rcste de lui ', ou la vie de Marouta. Comme la vie d Alioudemmeh, 
eile est conservee dans runique manuscrit add. l'jG'i.") du British Museum, 
ecrit en 936. INP'' Graffin nous avait remis des 1900 uiie Photographie de 
celtc partie du manuscrit, mais beaucoup de passages etaient illisibles, car 
le ms. est uu peu iisage et les lettres ont presque disparu en plusieurs 
endroits; nous avons donc collationne soigneusement notro copie sur le 
manuscrit cn septembre 1902. 

F. Nau. 

1. Dcnl.ia nous api)rend iiicideiiiiiionl quil denieura dans le Heit Nolioudrä, m//v/, p. Ü7, I. li'-lU; 
(|uil Vit les toUulcs qui sont autoiir d'Edesse, infm. p. 70, 1. l;j-l'r, et qu'il liabita le monastere de Mar 
MaUai, infra, p. 75, 1. 'i-5. II a ociit en syriaquc (cf. p. 93, nole 'D pendanl quil etait uiclropolile 
düricnt fcl'. p. '.)i. I. l-i). Son style l'emporte sur celui de la piecedenle liistoirc et se laisse plus 
lacilemenl traduire. 



L 



♦ ♦ 









mSTOIRE DES DTMNES ACTIONS 
DE SAINT MAR MAROUTA I/ANCIEN' 

Metropolitain- de Tagrit qli aime le Christ, et de toüt l'Orient, ecrite 
PAH SAINT Mar Deniia qli fut apres lui metropolitain de Tagrit et 

DE l'OrIENT. J.ES FIDELES DE TaGRIT LUI DEMANDERENT DE LA LELR 

KCRIRE EN SOLVEMR DU SAINT POUH Qu'lLS IMITASSENT SES DIVINES ACTIONS. 



I. ExoRDE. — Mes freres, l'histoire de la vie de notre saint pere Mar 
MaroLita et de son excellente conduite, pour etre revel^e et amioiicee i\ chacuii 
coiiime il convieiit, aurait besoiii de sa laiigue, de son intelligence et de sa 

I. Cetitre conviendrail mioux ii Maroula de Maiferqat, nioit vers '.20. — 2. Le mol « maplirien o 
n'est pas encore usite. 



10 



* l'ul. KIS 



62 DEXIIA. - HISTOIRE DE MAROUTA. [ß2j 

o^iocL^^J) oKaiioXo IwfiL:^.':^.» ^io .-'u^iL- jio s.^ jJo ^)J )i poW^? 
V- ' , N^ / jöJ^a-s .j-^No l-iCLia^/ l^poj <HÄ>aiaJL^ a-.^^^Ji>öAo .-^oiä.^-- 

)oC§5s ^b. Ul "^-si. fS -l^-aLiJ^o )KV^CLJ> |jLaLiJQ.ioo JU^^io ^j Ul 1^^ 
^o^IqAjO :U-^£ vCl:»/? oii.cL:S.j ^«^0.0 :)Va^^ )aJu-.J>oo ).^:Äm:^ ioulio; 
j^)^ JJ, Klo^jo .-Mo»-:»/© Mou'Ss K^oU.; :^Xio oiK^b^l voi^U? ycuoi 
JKicuci» ^/ .I^Kjljs l-oaoUo pcL^i-^o •l-'o« 7^-/? )^/? oiioiK^io 'j^^Ui 
'^^^^a.wi»;© JU- •^-/i ^-Ao« voa:^ ovIä/i K-.K-.U/ :).-.,. % ^^ )o^ 

.;vjxj ^^^50^ 0/ ^^^.iJj jL^ * ^-/? -o<? )v--2^? -^V^/? l^-öCSs^ Js::bwiäio 

1. .^1^-U Ms. — -2. u^CKÄü-vi^o Ms. — .!. W»*-? ^f^- l'iiiiii» luami; ^ addilur supra lin. 



loi. i',)8 volonte insiruite en Dien ainsi qne * de ses mains et de ses doigts qni jamais, 
^ '^" ponr ainsi dire, nc se falij^uerent, ne se ralentirent et ne cesserent de lire 
et d'ecrire tous los jours de sa vic, et de meditcr nnil et jour la loi dn Sei- 
i^ncnr dans les livres inspires de l'Esprit qni enseignont les mysteres de la 
sainle l\^lise et descpiels il liia de grands et divins proiils. — iMoi cepen- 5 
dant, linndjle et pauvrc en parole et cn oeuvrc, plein de conliance en Dien, 
qni eclaire les aveugles et inslrnit les ignorants, et en les prieres de notre 
saini ]>rve et d(! vous qni ni'avez demandc'' son histoire, j'ai ete tonche 
coinine docleur et comnie pere ' et j'ai juge qn'il n'etait })as l»ean qne Tcxcel- 
lence »riiii tel pere soit cachee, qn'elle soit enfoncee et ensevelie dans If i" 
silence coninie un tresor cache; j'ai ete amene ä vons oflVir ce (qui suit) 
seien (nia) Force et ä le plaeer sur la table spirilnelle ponr la delectation de 
vos ämes. Xous avons appris en efTet des docteurs divins qn'il est plns bean 
ImI. i'js d'apporler snivani * (noire) Ibrce qne de tont letrancher, et le livre divin 

oidoiiiii' '■ : K.vducc Utii <am(U'(i(lc sclmi la farcr rl Irmls tiiic iikiih si'nnirabic ; anssi ir. 



conune j ai conq)iis qne son liistoire surait lies ntile anx sagaces audilonrs, 
je Tmlieprends plein de conliance en Dien. 



1. Lill. : tliviiiuiiiL'nl cl paUriiclIeiiiriit. - 1. «W. liccli.. \iv, I:! (?;. 



o 



fol. 199 
1- a. 



[03' II. — JEUXESSE DE MAROUTA. G3 

)9)oo(-J K.*-^» jU/ ^io Oi— ia-JL-^^ )ooi ^oioJ^/ )lo-,-io ^V-^ j * -, ^ 
ooi )j..:>eL.oi2>o ^^j »..chöous/ .^j^oa. ch-J^clai I^^V-^ ^^ JquJl^j» jU ^ ^* -s^ 
^^^oi^ l^^ ).:>CLii oooi ^.<wii> K^|.wi^^eLiL^oo Jo«!:^ ^i^oL^Vo jJi^o pj^ )ju/ 
oi!Sj)9 OOOI |.j^f^o |.b^MO -.I-Joi 1.^0^^.) )v-^a-./o jLx^iüo IUq^jj ss/o )oC^) 

J-JUau^a-~» )oiJS^s v-JSl^; OOOl )-L^^<-flO^D • . 0|,-VQ-:iCU^ yOOi-^OO .yOOti^'^ 

yoJ^^Kjj <t6i ioJS. OOOI ^-»^^ vOOfuüS^-au^» )._jl-.^«o» ^oiöoi.^/» |1qjl>)Ou^oo 
^io o..^ loC^; ^)^a— a:>a^;o .yoot^ )ooi K-./ jJ v^^^ JJÜLS . vOodVK-^io-a 
o>.JLd yoooijjo .)K-«»s oJL^o jj:./» ^io v^K^ oilaJ^i 'jlo-.K-iw.so • . ) " « -^t 
j « >n t\o |.^^Kmv>» y^oi jlf.^ j-^'JJ o ^ o/o .)_jiVa^o )1'^ ^:^ s^u^ otlol*^ 
)»oi j^sjL.^ ^io s:2l^ -.j-«^ )<>i^» oiKjL*^io oi-.^s^/^ ^6i ""'^^Js.^» ya\%.»'io]\o 
^ooiJ jJdK^o jVa^o^f wib ^/ -.Ijoi )..^cuS^C^ a ^ ../ |Jo .)K.iUu>-**K_io 
yU.Q>o ^0(0^/ oo r> \.« ^^o yt^o ^^ 021^9 v^oi-d . ^olS.^ y-*^^; ooi^ 
JjL./o .ou^ J^/? j^OtX^^ jio jJia^^.bv'S* yQ-au-*l ]ij -.^y^Jio/» )-^..flQ..<i^<^o/ 

.)oi^^ jooi jou^f^s^^ jjoi I >o.^>..^ j-^a^9 JooiJ; )^?? 

1. sec. m. li^owaj scd infra legilur semper U^oovj- — •_>. U>&^ addiliir in niarg. — '^,. l^*^•^o M;. (?). 



If. Jeuxesse de Marouta. — Saint Mar Marouta appartenait par sa 
famille au pays de Bcit JScIioudrd ' , dans les environs de Ninive, au village de 
Soiirzaq. Ses parents etaient fidöles (jacobites), hommes justes, bons et pieux; 
ils possedaiont saus reserve un bon renom pour les choses de Dieu aussi 
bioii quo pour la richesse, les biens et l'honneur de ce monde. G'etaient 
des notables, chefs de tout le village dont les habitants etaient de pieux 
cliretiens gräce ä renseignement et ä la direction des parents du saint qui 
les anienaient tous ä imiter leurs vertus. Ils n'avaient pas dCnlants et pre- 
feraient Tamour de Dieu ä celui des enfants, une alTinite pres de hii * aux * lui. m> 
freres et aux domestiques et d'etre ses heritiers aux heritiers et aux heri- 
tages. Ils aimaient cette nouvelle patrie ä venir, le ciel et la Jerusalem 
Celeste qui est la ville du Dieu vivant, plus que cette ville visible. Ils 
n'aimaient pas ce monde, afin d'habiter et de sieger dans celui qui doit durer 
toujours; car ils apprirent de Notre-Seigneur, de Jacques son frere et de Jean 
TEvangeliste : N'aimez pas le munde ni rien de ce qui s'ij troace'' et : Celui qui 
reut ('tre l'unii de ce monde sera Vennemi de Dieu^. 

1. On trouve plus souvenl Souliddrc. Lc prcsent ms. porle partout Xelioudra. Celle region etail 
situee entre le Tigre et le grand Zab, vers la lalilude d'Ourmiali. Cf. IIoffmaxx, Auszüge, p. 208-211. 
— 2. I .Tean, ii, l:.. — 3. Jac, iv, 'i; cf. Maltli., vi, 2i. 



1" a. 



* fol. l'.MI 



2 



G4 DEXHA. - HISTOIRE DE MAROUTA. [64] 

0001 ^^^^1* .v-ofcLw-^ aioJii^Ji/ oC^o ^ojoXi^ yOouV ou^ou? ooi )o0^)j 

• • • 

oiIaÄX..wio; K-j—i/o K--<iJi )liQ_i.j oiftsV>o r>» ou-ioo JKaolo jop ^Jl— q-.o 
JjLÜCLi.0 jVK^ioo |JL.»-D jJu/ j-v^j ^^--^-iJ^V/ Iv-j s-Oi-a Oi^ ^? )ooi K^/ 

1. Cs^/^ Mf. ],|-. 1,1. U inld. infra lin. — •_>. Wh M>. — ■>. tajow^o M-.: w add. supra liii. 



l.orsquc par la volonte de Dien toiit-puissant ils engendreront ce bion- 
lieiireiix et le mireut au nioude, ils lui donnerent rödiication qiii convenait 
ä des parents vi'aimeul amis de Dieu et des enfants. Des sa plus petita taille 
apres le balbutiement, ils le coniierent ä Dieu qui le leur avait doune et lui 
livrerent sou existence. Ils savaient en effet, ces sages dans le Seigneur, •'> 
' lui. i'.t'.i (pi'il n')' a pas * de precaulion comparable ä cello-lä et qu'il u'y a pas de 
^ai'dieu plus puissant que le Seigueur. Ils imiterent en cela les bienbeuieuses 
Afinf et Elisübcl/t et les autres saints personnages qui ollriient leurs enfants 
au Seigueur. II y avait, non loin de leur village de ^ourzaq, uu saint monas- 
tere, nonime de Mar Sanuirl le montagnard, eleve sur une hauteur, sur la 10 
rive du Tifjre en face du monastere de saint Mar Serf/is qui est pres de Bali«.! '. 
Ils le donnerent des lors ä ce monastere pour etre eleve et instruit dans les 
lettres divines des son enfance. La graee divine le suivit eoniine pour les 
saints proplietes Samuel, Jrirmic et Jean predicateur de verite. Des sa plus 
tendre enfance germerent et apparurent sa niansuetude, son intelligence, i"> 
la braute de son excellente conduite et son ardeur pour les sciences. 

11 y avail dans ce monastere quarante moines, liommes saints, excellenls 

I. er. siijud. |i. jT i'l 29, :10. (;e pas?a,!^e lixe aiissi la |i(i~ilion ilo Sourzaq. Le neil Nuiiliadit' de;^- 
cendail duuc jusiiua l'.alad (aiijuurdliiii Eski-Mn-isoid). 



10 



[651 H- — JEUNESSE DE MAROUTA. 05 

^^•Jj vOOiV-.^^ j-JU ^; .)io;K..^iO; oooi ^-^4 )LlO| oC^a» .j^öCSx f'y-^^ 
^^Ä>;l^.iO jLjL^^Ot^ ^m)^ )ia.2Lv^ ^O .OOOI ^j*^>J JJ I^JJO .OOOI , > ^'^^ JJ 

^oiQ-aL-^/ -.oiK.i.^-./o Ol ♦> o o v>o oila m > v>;o (.^C^f oiIq.*....<u ol« ^o :oooi 
jooM; ^Kb. W.J jÜLio ..^V^/o oiJSC^w^.^ OOOI ^*-atjK'.ioo .yCOf-^-iÜLi^ «^Vr»© 
[~x^'f^ ^^oi Kjuu:> v-^U/ ^; ,.D .(.^o^ajC:^ ous ^üsüj )i)bs^Äo .oi-JUio 
sJlV^u^-^ JLJiai^f )Kioa^j jj^ajuicub. ).^ooo •JotlSx K^.^» oi^ao ^jU/o 
jbi^^^ibeLdo jLoC^ )Lx2i^a«9 )lv-»)^ )^oaL^V~=» ♦.jl.it. *>.2>; c6i ^io ) ^ ^ « ^6i 

.[■*• J^ ■* "'^«-» ^ ■o It-^ f~3 ^.»öi^ 0K..3O .^fsiN. . I o> ^ ^r^? jJL^cLoi.^ K.A»:» 
..vooiio-^ ia^ IL^^jia^ otXs^joi^ ^-:>j ^ .jL^j^o^; V-^^ o±*'i<x^sj£u 
)K l V f> ^ O-aJL^J^iOLS. ^JL^iLd ^^^? ^--^o* JL-iöXi.; )Ki^iCLJLio vQji*^.-ubJjo 
..^oioÜS^; )1qjlju,;o jbio^b.; lloJV^oji ^^i^^^wioo ^» ooi .JKjC^iw»^ )Kj>äi.Jo 

l^r^s^^ )K.::^o; i^^^o y^i ^lyjj^^^juo )K::^wiov/; )Kü );oi-=> v^^)j!o 

o V ^ n o aSw po)L^CL^; ^/ yOoiJ^j )J^t-o ""^»Jls ..vooiiöA, "^^-^-^j 

1. ,^Vt^-x( Ms. —2. Lege ]^^\=' uat^ÄU utMattli., xxiii, 13. — 3. ^3»a^» iuxta Peschito. 



* fol. VM 
\° a. 



* fol. 199 
V" b. 



v a. 



et exerces daiis les divins labeurs, soucieiix de la perfection ä ce point qii'ils 
ne laissaient entrer aucune femme dans leur monastere, ne semaient pas et 
etaient sustentes par la charite * des fideles. Quand ils virent la mansuetude * f^i 199 
de l'enfant, sa douceur, son humilite et son savoir, ils raimerent, il grandit 

r. devant eux et ils prophetisaient ä son siijet et disaient : « Qua poiirra-t-il bieii 
advenir de lui? » et beaucoup de choses qui se realiserent. Apres avoir ete 
eleve avec ces saints, et instruit dans la piete, quand il arriva ä cet äge oü Eon 
pcut distingiier le bien du mal, son vif desir de la divine doctrine ainsi que 
Ic conscil et l'ordre de ses sages parents, ramenerent aux ecoles que Eon 

10 coinmengait alors ä fonder parmi nos fideles dans ces regions. II y demeura 
et y etudia quelques annees. 

Les Ncstoricns de EOricnt qui voulaient attirer les simples ä leur errcur 
et enclianter l'orcille des seculiers qui est tres facile a tromper par les chants 
et par de douces modulations — et aussi pour plaire au monde et pour le do- 

1'' miner, * et pour manger ainsi les maisons des veuves et des femmes mariees * foi. mg 
Selon la parole de l'Evangile', sous prefcexte qu'ils prolongent leurs priores 
— avaieiit pris soin d'etablir une ecole dans chacun de leurs bourgs pour 



v b. 



1. Mallli., xxiH, 13. 

1>.\TR. OR. — T. III. 



* fdl. 20(1 
I" a. 



1" a 



10 



^.^. DEXIIA. - JMSTOIRE DR MAROUTA. [<>ü] 

Jia-ojL \^^^t >>f^ )^r-^J<^ IKJüai.o jKjüLßo JU^ ^^/ ax^o .Jloruß/ 

} . .^^ p JOIJSS .-^JA-^V ^» ^JL-iÖ-CH-iO .^OOU:^» ^oA-iX-^ Vp0)K^ 

..^ot.:^^ ^IKio IHjl^ )1VK-Jioo ..JjöiJJ -»v^l^^. 

OL— jl-^o )ooi w-J ^-->^-flO? po« -^»VJ? )— oj-^o |-A.-^Ä Iv^oa-i. ..^oio-l-o 
"<^,.^v^ ^ )^ JK-üLÄ );oi^; jjt-^jo Ipooi. ycou^o ^io v-^- ..v^K^so^o 

1 „i'.i/ :\i:^. -j., ^a^fio*.L^ Ms. - -i. Quiu' uncis includuiilur, lere deleta siiiil in Ms. 



ainsi dire. Ils les avaienl organisees avec des chants, des cantiques, des re- 
pons et des liymnes qui etaient dits de la meme maiiiere cn tout lieii oü ils 
(Haient. Les pieux fideles — emiis d'iin zele loiiable et pour obeir ä Tapölre 
Paul qui conseille et excite (on disant) : liest bcau que vous mijoz toujours rcm- 
piis (Vemulaivm }wur le hien, ei votre zele a altire im grand nombre^ — com- r. 
mencereiit ä etablir d'excellentes ecoles d'abord dans Ic pays de Beit Nehou- 
(Ini. Ils etablirent la premiere dans le village appele Beit C>'"/'^ P^^^ ^ '*'''^ 
Tarli et ä Tel Salmä et ä Beit Banl et ä ^ourzaq dans le village de notre bieii- 
heureux pere; les fideles de ce village aimaicnt Dieu et les eglises et vene- 
raienl les pretres; on racontait d'cux de nombreuses belles actions. i« 

III. 1l knthk au monastkre. Ses etudes ulterieures. — Lorsque, dans 
foi. 'j(«> ces öcoles, * notrc pere eut ete forme et instruit autant qu'il etait convcnable 
et utile, il brula du desir plus eleve et plus divin de la vie monacale. Des lors 
il se choisil comnie demeure, pour y accomplir sa bonne volonte ety plaeer 
son Cime et sa vie, le saint et divin monastere de Nardas qui ötait plus celebre, ir. 
plus renomme ' et plus ediliant (jue tous les saints nionastercs de cette 
region, d'abord i\ cause de son anciennetö, de sa reputation et de son dtUa- 

1. f'.al.. IV, IS; 11 Cor., i\, -2. —-2. Sans (loiile Heil (,)unqa, dans rAdiabcne, pr(>.-^ <lii ijraiul Zal); if. 
lldFKMANN, AHszii<^^e, Hotü 1715. — :{. L'cv<^qu<' de la iV-gion y demeuiail. ('■(. iiifra, p. <'.'.'. 



* l'ol. ■200 
r" b. 



[07] III. — IL KNTRK AU MONASTERE. SES ETUDES UETERIEURES. 07 
ooi i>-iJ^ ^V^ U^^y^ l^'i^^M l^^^ll )»Q-i^Ä>o U^y )L^oC^l/; j-s» |-iaji 

10 )lju.,lo ^)Ju/ )„i '^ff>v> ^V^ );JSs„i.^oo .>»t-.*oij )t-; ^a-> s..wÄa^ v..^ ) t ^o ^ 
^^^{ ^IVio ),-^ ^^ogi^f ^^oi .vooulcLio-ao yoo tv « .. ^ .jlpo;! s^*pa»o 

p 

l^'tv» ^ ..)j/ J-jI yo '^ vi «>o ^^; ^/ )9900iJ K-.^^; JU)-S )j/ ySi KiOOJlJ 

1. 7cyvÄ>7 ^is. l add. supra lin. — 2. wtoV-^^a Ms. — 3. U«>V3 Ms. ^ add. supra lin. — 4. I^j/ Ms. — 
5. \>l est supra lin. 



chement des biens temporeis, puis ä cause du grandrenom de rillustre athlete, 
Operateur de guerisons et de miracles, saint Mar Lasare, qui y avait souffert 
le martyre ' et avait montre une force legale - dans la persecution atroce que 
suscita alors contre les ßdeles Timpie Barsauma de Nisibe lorsqu'il s'efforga. 
ä l'aide de mauvaiscs pratiques et du pouvoir qu'il avait regu du roi Pirouz ^ 
la vingt-septieme annee de son regne'', d'introduire dans Ic pays des Perses 
la doctrine des deux natures, c'est-ä-dire (de ceux) qui lionorent riiomme". 
En troisieme lieu, (Nardas etait celebre) ä cause de la conduite sublime 
* et divine des saints moines de ce monastere qui etaient en nombre de soixante- * foi. 200 
dix liommes et s'efforgaient de se devancer et de se surpasser Tun Tautre en 
perfection. Leurs chefs et leurs directeurs les plus remarquables etaient le 
bienheureux Mar Gousi, alors superieur, et l'excellent Mar Meskenä, liommes 
saints et thaumaturges durant leur vie et apres leur mort. Je vais raconter 
pour vous etre agreable un ou deux de ces (prodiges) que j'ai appris lorsque 
j'etais dans le pays de Beit Nehoudrd, afin d'essayer de vous montrer les lions 
par leurs griffes'"'. 

1. Lill. : y avait temoignö dans une excollente confession. — 2. Cf. 11 Tim., 11, 5. — 3. Ou P^roz, 
qui rögna du 30 juillet 457 ä 484. Cf. Nöldeke, Geschichte der Perser, p. 425 et 435. — 4. En 483. — 
5. Oll : des anlliropolätres. — «. Cf. Pctir. or., II, p. 224, 1. 11. 



r,S DP:NIIA. — MISTOIRR DE ^lAROUTA. [08] 

^*JLs >clI^ o>-« ^ ..oui*»)-s j-sKl. ^flOjVJ? )♦-•? ^oi? )^-»*t-o »Q^^ K«.^ 

)>_** p :^K-/ )y«P>» )V|^o ^aJ^io v-*Q-Ji )jL3j ^^^s.^Ä_so .j-iop oi-:5 ^^^J^° 

♦ foi. 200 |.iop loüib. vjauSü -.oi-sj )JLj&Q.^s2^o jpoQ^'S. )lcij>t (jLiopo )) », ^g) |j ' ^ f P O ..10 

^'^:i«.i^ ^j/o ^aS-ÄO JJ».Iio ^3 K-^ts^ oMu.» ^»/o .^--^»^ oi^o )ooi ^"'^k-«.»! 
w.oioyn\» voogiioo :oi.^sJ;^ ) "> »\ 1; IV-Q-*^ |-2>ajio» ^i.o oi^| ^^^^o .ouio 

.).jL^f^9 otlcL^i-s )»oi looi j^ouS^ JJ^.....2 > ; J^)LiioV3 q-^dKä/ -.t-s/o \^c\^ 
)1)JL,^ jtpojio .j>a-^/o ycuS^l )oup ))-l^m\ •.)»-.> Jl^» ^j ../^_fiOQ_^ 
00010 ^J: 1/ 0>^9 yQ.-j6l ^aJ!^ Q^ß^U -^^l .) Y -VI ^ > Noi opoi ^^t s ff» 

.yooila.2u»i..ao 



Qiiand les lial)itants du village de Beit Maloud, sur le territoire duquel 
est situe le monastere de Nardös, virent au-dessus de ce monastere im enclos 
— on y a depuis peu construit un monastere — splendide et beau qui convc- 
-nait pour y (planter) iine vigne, ils le desirerent et commencerent inj.ustement 
a y planter une vigne. Au bout de peu de temps eile poussa, grandit et porta s 
do boaux fruits. Quand le bienheureux Mar Meskem vit qu'ils avaient fait cela 
avcc audace a rencontrc de toute piete et que cette cliose causait un grand 
foi. 2(10 prrjudice * au monastere et aux bienheureux qui y etaient, il nionta vers la 
vignc appuye surson baton ou plutöt (y.aAAov) sur la puissance divine ({ui avait 
sa conliance et qu'il reverait. II inclina la tete au bas en priant, puis il k 
monta et alla au-dessus (de la vigne), il etendit la main et la maudit avec le 
signe vener6 de la croix, et aussitot eile seclia jus(ju'aux racines comme ce 
liguier que maudit Notre-Seigneur. Ccrtains, voyant que la vignc avait scchc 
aussitot et avait peri, comprirent clairement que cela avait cu licu par la forcc 
divine gr,'\ce aux priercs du saint. L'arcliimandrite Cousi guc'-rit et mit sur it 
pif'd bcaucoup do malades et ces bienheureux accomplissaicnt bcaucoup de 
prodiges, comme nous le raconterent ceux qui les virent et les IVequcnterent. 

(^)uaiid nohe pere fut venu ä w monastere prrs de ces saints et se fut 
enröle parmi eux, il se c-onduisil de maniei'C si digne i\o louanges et brilla au 



* fol. 200 
V b. 



* l'ül. -joi 
r a. 



[^9] TIT. — IL RXTRE AU MOXASTERE. SES ETfDES lETERIEURES. 69 

w>J3j >^V-^ ). » rr> .. \ «,2l^.ajo V-^^ jocx vfi » ^; .\, Y •>r>^» ). .>.-^oo»o )iVK^^9 
K^lo .oC^ jooi i^b..^ K«)Ld9090 •J*^^ of.-^ jooi > « v>/^ jU/) j-Sonm «s/ 
J I n >Q„co jooi )oo( j^ot ^^»»^9 "^t— ^ y^ oC^ jooi ^ ^ \ oiJSoo^^9 <^hs„^l 
j»jl jjlI^.-^C^ .JV-*^J>^ f»Q— ^? JLicL^^^-is!^ .JLT^o ^l I SmX jooi ^.^..ai^o 

.jj^'S^K^ jJ jfo^o j.:o..«^aL*« 
u ^ol/ ool •.vfDfV-i; J-J^t-^ Iv^oai^^ t-^;U ^^ot-s »ai^j JJ Jjl»j ^» p 
jiofJL^JL; j^JüLlb^^ I^^M? ji^^>^^Q-*«V-^ '«^^^^ifo .jVKw..^ ^j.^ajio ).> n m >a\ 

^^ o6|9 ♦sJDCL^Q.a jjLdO^O t-*<^ j 9 "* j.JL«^ io-^f.^ .'j.Ju»'^ | i.^ \ ^; j3K.aL^9 

^^ • • • • 

^rfC^^^ ♦y.ju^.^eui iff^ ^9 v.«^ '.sk^K^ UI.JL2Ü K n'=>>i ^"^«^9 joi^ lo^ jooi 'y.^1 
sjoo j J^.^CL-jc.^JS> s,^s.-aLL.o oj^^9 ^9 jjoi .^,.000 vi 1 •>9 ji'^L^;! j)^/; v » iv >r 

1. jtoVo^o Ms. — 2. Vta^Ao Ms. — 3. \-^tO Ms. 



point qii'il ne fut pas seulemeiit aime et venere de ceux du dedans, mais aussi 
de ceux * du dehors. Quand rarchimandrite et les purs moines virent qu'avec ♦ loi. 200 
une excellente conduite il possedait encore ä un degre eleve la science des 
saints Livres, d'un choix et d'uiie decision unanimes, ils le nommerent maitre 
et docteur et interprete des Livres, exemple des perfections et modele des 
bienheureux, car il etait attaclie et adjoiiit ä sa Saintete Mar Zak!, eveque du 
pays, qui demeurait dans ce monastere et il Taidait grandement ; il arrivait 
meme que (l'evequo) le mettait a sa place quand il y avait par hasard quelque 
necessite pour cela. It etait pour les vieillards comnie une couronne, pour les 
jeunes gens un bei exemple, et pour les enfants un sage pedagogue et un 
gardien qui n'etait jamais en defaut. 

Apres avoir ainsi vecu longtemps dans le saint monastere de Nardas, il de- 
sira ä nouveau les degres et les progres excellents (il desira croitre en science) 
et briila du desir de la science et des revelations des choses admirables 
qui sont dans les livres des saints docteurs, ä Fexemple de saint David et du 
bienheureux Paul dont Fun disait au Dieu de Tu nivers : iV/o/i äme s'est attachee 
d toi * et ta maiti in'a aide\ et : Decouvre mes ijeu.v, puiir quc je roie les prodiges de * fol. 201 
ta loi'-; Tautre ecrivait a Timothee son disciple et l'exhortait en disant \ Ap- 

I. Ps. LXII, 9. — 2. Ps. cxviii, 18. 



V" b. 



r" a. 



» 10 



70 DKXJIA. — IIISTOIRP: DR MAROUTA. [70] 

sjüL.NnN ^^^Uj .)^i./ yooi^o )-i>^^; U-Viijs .^Isi^l/; -Vr^o/o oi^ioAl 
o»:^ K-/j ^o-;; )Ljl^ ^^^^^^o )la-3u.j.-. );oiJ^ )-io^o .Kj/ )i/ ^^io^„a^; 
^^ ^* « piKo K-c^ »a-Jib^ Q^» JLiau/ :)K.-oCSs ^;«^^oi9 )juVäo )-.^^oi ^^^j»^ 

r" b. ^^ ♦ • . 

K-.)V-.K.-o .jL^OJi ^wVl )jL2u^io; I^KiL» )vi t^ .ous V^; ^JUi '^äü.; )J-»Jo 

^90 ) f«>^^ ) 909)1 l^v"^ oi^ 9ogL!:^o vr>t''=\v> ^ ^£oqu,^o)1 vcdo^v^V-«^ 
)V-; l»©«-»? j-'^-? ^-^io^io 0001 ^ JL . ..-:>o/ v— <^ ^'^^ -^^J ^V^? IV-'^^? 
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yQj6( .jK^V-^»-^ )KjL*pO ^0190/ w*9V~>9 ^i^OI I^VqJlS. )1/o vaJLJL ^i ^o 



pliquc-toi d la lecturc des Livres et medite-les ' afin que tont Ic nioiifle sacke que tu 
pro(j}'esses'; et il montra taut de zele et de sollicitiido poiir la mcditation et la 
lecture de ces diviiics (sciences) qu'il ne s'occiipait pas seulement de faire ap- 
porter la bibliotheque ^ laissee par lui ä Troas pres de Carpos'*, mais encore 
des livres et des rouleaux (des parchemins). — Comme notre pere voulait 5 
imiter ces saints par la lecture et par Tamoiir de la science divine et en 
toutes les perfections, il quitta, dans l'amour et la paix, le monastere de Nar- 
dös, alla au pays des Romains et arriva au saint monastere de Mar Zaki% a 
* fol. 201 cöte * de Calli7nee, et v dcmeura dix ans** a lire les livres des docteurs ortlio- 

r b. "^ , 

doxes et surtout de Gregoire le thcologicn le grand, iiitcrprete et eclairci par 10 
Theodore, docteur et Babban dans le monastere de Mar Zaki, car les moines 
de ce monastere s'appliquaient constamment avec amour ä lire Gregoire. Notre 
pere s'y occupa convenablement, lut et prospera, comme en lemoignent sa 
science, sa sagesse et son aptilude aussi grande que possiblc pour Tintcrpre- 
tation des mystercs. 15 

11 se rondit de la aux cellules qui sont autour iVEdesse la ville benie et que 
j'ai vucs moi aussi. II y demeura peu de temps, y mcna une conduite pure et 

1. I Tiiii., IV, 13 el 1,"). — 2. II Tim., iv, 12-1;^. — 3. On Irouve ici la Icron de hi Pcscliito au lieu de 
?£),<ivr,c. — '1. Lo ms. porb' ä tort « Tniös » cl « Qrüpüs ». — 5. Monastere bicii connu, <-f. Hau IIe- 
üRAErs, Chron. cccL, I, 21'i, 352, 38«, 388. 3'JO clc. — fi. Nous supposons (iu(> la legon de Har Ilöbraeus 
qui porlc « vingt ans » siipra. p. .^r,, pmvionl d'une luauvaiso lorlurc. 



in 



" U>\. 201 
v" il. 



lul. iol 
V" b. 



[711 IV. — OX \M 1)E:MAXDE POUR RVKQUE. 71 

oi^jD J^^|-*^_i^io ol_^o )la-.soK.D Oi-JLio . <^N ...o |_j5oJ^o y^ l~*V^^^ ■<» - nf 

^ )).>^,^fiD )~JLdj )<=^^v^...■^l^<^> )ioVi)«=> i-»^'^ ^- ^ ^01; ootj{ J^i^j^^ ) ^ .0 ..\o 
)jL9tSLiojo ).iL.^ M^; )^t- v^»»-'? ^^^^^^ :a^j.b» ^ ^sK^oo ^^^^^Klio 

^2^ ^^^^^.^^«s ool JL3/0 :)— .öC^ ).i '=\\ä.>^ yoj/ ^aI-*Jo :^-^XJLaJ^ JJ.3/0 
)JSo>.^.^9 l^'^f^ )Uqu^j 001 l^p«^^^ ^"^.^.O^ ^ 01-2^ >4.io^sJ^,/ ya^,-so 

1. uVß'o Ms. 



s'attacha u im moiiie qui etait scribe. 11 apprit de liii l'art de Tecriture et 
ccrivit en pcrfection comme en temoignent les ecrits qii'il laissa apres lui, 11 
se rendit de lü au saiiit monastere de Beit Reqoum pres du celebre * savant * fui. 201 
Rabban Thomas l'aveugle. Les hommes excellents, ä la grave conduite et 

^ dignes d'une sainte memoire, Simon Goubdaid et Tabbas Mar Ä/id s'etaient 
aussi attaches ä lui ä cause du meme amour de la science. 

Quand uous entendons raconter cela, mes freres, comment ne nous juge- 
rions-nous pas dignes d'une punition et d'une condamnation sans remise? Ges 
saints ont persiste longtemps dans divers pa^^s, au milieu des vexations et 

1" des souffrances, pour acquerir la science des saints Livres et des docteurs or- 
thodoxes et nous, nous ne nous preoccupons pas, meme dans nos villes et 
dans nos maisons, de nous instruire nous-memes ainsi que nos enfants et de 
leur enseigner les divines doctrines. Nous ne prenons pas soin non plus d'e- 
couter la lecture des Livres qui est faite fidelement dans les eglises, les 

1} dimanches et aux saintes fetes. 

IV. On le demande pour eveque. Son sejour au monastere de Mar 
Matthieu et a LA COUR. — Aussi, pendant qu'il etait encore en Occident, le 
bruit se repandit qu'il avait acquis un grand tresor de science et de perfec- 



V a. 



72 DENHA. — HISTOIRE DK MAROUTA. [72] 

:)laJoi3 1q-2)»; jJ^^V-^ ^ ^9 ^)Kji/ .|lv.^J^ ).>^:m9)^o K^)^:>o^ ^-^^-^^M 
9^o :)j/ jJLJt^ ^^^! "-"^ ^^^^ oilSw ajdKo) |jL^cLoi:^o j^cLa^o^ajJ oK^ 

V-^^ ^^J0 .jKA-iaAlj )t-^/ ^ ji/ )-*^'/? 1-«^-/ lio-^ ^ a^ ^1 ""^i^^; 

s£DQJO^JL«wD ^/ )jO( OtJ^^d .6lV-0^/o Oi^09 9 |>äeo| ij^K.*^^ )oC^ Iql^O j^oj^ 

)L....A^ l-soijo )-io)LÄ ^/; roüb^ Ji^^Kio K-).iOt>D ..)jooi oj^ K-./; ooC^o .^oi 
)-.^Äi.io v>^io oj^ K-/ )ooiJ ^o^ JJ ^ .•^p.aÄo '^;*JLsj ^^.Jls )oou 
^09 )ooiJ9 ♦ . > v> »oj^ IKjJäCLJii la^a.1^^ l?^*-^? ooi^ ^-'^^ ^9/ . )L».Ju^ 0/ 

oi^o^/ ^9 oom/ .|>d9 Od jj^ ft>o ..<; jJ/ JJ.-^L^fiO ^--^ ^ n » v>o .'=^\ ..'» v>o 

1. I'-Vs^/ Ms. — 2. U«^-'«wj ]Ms. pr. manu. ^ addilur supra- lin. ev v6|xw in Graeco (G). — 3. f^^\ 
Ms. y.aipotc G. — 4. U*> ]Ms. vnöyvly.o^ G. 



• foi. 201 tion; tous les fideles du Beit Nehoudrä ecrivirent donc ä son siijet * leur con- 

sentement avec une seiile volonte et une adhesion parfaite, pour qu'il fiit leur 
eveque; puis ils lui envoyerent des messagers avec les lettres- Quand il les 
rcQut, il imita d'abord le bienheureux Moyse et ensuite Jrremie*, il refusa la 
nomination cpiscopale et repondit aux eveques et aux fideles qui lui avaient .-, 
ecrit : Parce que je balbutie, envoie celui que tu dois cnvoycr\ car je ne le puis 
aucunement, je suis trop petit par la science comme par la taille pour con- 
duire^ FEglise qui est la demeure du Dicu vivant. 11 craiguait, non ä cause 
de sa jeunesse comme Jeremie, mais ä cause de Thonneur de la cliarge, caril 
avait ete initie et instruit par Gregoire le tlicologien' : « Notre preeminence 10 
(due) ä la loi divine et qui conduit ä Dieu, autant eile est elevce et honorable, 
autant^ eile est dangereuse (/.tv^-jvo;). Un liomme intelligent *^^ devra d'abord 

• u,\. 202 etre en tout temps et en toutes * cboses comme l'argent et Tor clioisi, saus 
avoir de falsilication ' ou d'alliage nulle part ». II faut que cclui auquel est 
confiee une teile cliarge soit aussi grand en vertu quY'u lionneur; il ne doit 15 
pas penser qu'il est important" d'avoir une situalion elevee, eminente et hono- 
ree de beaucoup, mais bien que c'est un grand d(''savantagc si nous nous 

1. Exotlc, IV, 10; Jenimio, 1, G. — 2. llxodc, iv, 13. — 3. Li/t. : ol pur la conaiiilo. — 4. Gf. Mk.ne, 
T*. G., l. XXXV, cot. 420. — :>. ö<jov.... totoOto;. — (>. La plirase grecquc est coupec autrcnient. — 
7. 7.£oori>.ov. — S. xai iir, [liyy, yo[Li'Cz\.y äv. Migmc, ihiil., col. 42'i. 



r" a 



[73j IV. — OX I.E DEMANDE POnK EYEQUE. 73 

).iCLi. oubo ^i^ )jl*»i oiio \ •> <Y)» >Ä.^J ooio «voj/ o^a-^L^j )v^^^^ aJ!b<o 
JoDSi«. KX-^^j )U^Kj )j^--/; IKjLsljls )v.io)K.io» ^6i :.au^)j )lov-^3 |.3>-«w^ 

JK^uu«09 JK^t-«9 )J^^; iv.i».i:L^ jJLlsa^ p ^9 0.01 .oC^ a^Ko ool jK^sA« 



* fül. 202 

I- 1). 



ecartons de la dignite de (notre) ordre et que nous ne fassions pas ce qui lui 
est du. II lui faut montrer grande noblesse et progresser toujours dans le bieii 
afin, par sa grande vertu, d'attirer bcaucoup de monde ä une (vertu) süffi- 
sante ' , de les amener ä Dieu par la persuasion et de les subjuguer par une 

5 conduite venerable et non par la violence. II saura encore que la folie du chef 
attire la colere sur tout le peuple, que tenter d'instruire les autres avant d'etre 
suffisamment instruit, (ou) apprendre l'art du potior sur les vases, c'est-a-dire 
(se borner) ä exciter la piete dans les ämes des autres, est chose insensee et 
temeraire. 

10 Ensuite {^l-y.) quand il eut completement refusc, au bout d'un certain temps 

* ils lui ecrivirent ä nouveau pour la meme cause. Comme il portait un faix * foi. 202 
tres precieux de science spirituelle, et qu'il avait recueilli et amasse dans 
son äme une conduite digne de grande louange et beaucoup de fruits; il con- 
sentit ä venir, non pas seulement parce qu'on l'appclait, mais aussi par un 
i"« certain amour naturel et habituel de ses proches et du pays oü il avait grandi, 
ou plutöt (^.aX).ov ^s), et ce sera plus pres de la verite , pour favoriser et enri- 
chir les ames de ses compatriotes et de tout TOrient ä Taide de la divine 
doctrine qu'il avait regue. II obeissait ainsi ä Tordre de Pierre, le chef des 

1. LUI. : il ce qui est niodöre. 



1" b. 



V" a. 



-/, DENIIA. — IIISTOIHE DE :\IAROl TA. [74] 

\.Sl1 )KJ> s-»^V y-./ ^oto^^ ^ ..^ cH-s Ju-XLiü .'loC:^ ^io ^'^Ol-d» )ia.au*^o 

wm.^Kjü yoKj/ ^^^; ^^a^j .ov^ 'ooi-l/ )ok^ ^j ooi JL^-* ^/ vJL^cLJuibo; 
llajQjL^io lo-^j nQ-»6i vooi^ >*^..auOo ya^ \.:L-il^^ )L£oaiäjo ^flooci^ ^/o 

yooub. ^^..aLÄO iK»flO jVKji-io \^Y**\ )licülo; )-3*t-*® .)Kjl:äji1 yt-i^^o )joi^Kio 

1. Peschilo Pctr., iv, lo : >^ov» lor^» o« U*- ^» t.*/- 



apötrcs ' : Que chaciin s'cmploir au srrricc des (iiih-cs sdon Ic doii cl la f/räcc qii'il 
a rcnts de Dicu conunc de bons dispciLsalcKis des diverses (jrdces de Dieu. Que eelui 
qui park' le fasse selon la parole de Dien, que eelui qiii exerce quelque ministere le 
fasse Selon la force que Dieu lui a donnee, aßn qu'en tout rr que voiis faites Dieu 
süit loue par Jesus-Christ. 

II partit doiic et vint (Eabord ä iiotre saiut et patriarcal nionastere de 
Mar Maltai; il dirigea les (moines), les eclaira et les instruisit daiis la science de 
foi. 202 la tlieolosrie et daiis riiitellicreiice des doctciirs * siir riiicarnatioii de Dieu le 
Verbe, et la doctriiie des saints mysteres. 11 leur doiina aussi et leur fixa des 
regles et des lois ccclesiastiques eii faveur de la rögularite et du bon ordre 
spirituel, uon seuleinent dans les graudes choses, mais aussi dans celles qu'ou 
repute petiles : comme de se bieii tenir a l'oraison, de reciter le Miserere - avec 
uu cliaut suave et uue volonte saine avec ee repous : Detourne ta faee de mes 
peelies: (pie les diacres agitent (les evcnlails)'' avec sci(!ucc et belle nianierc 
et sc tieiincut \\ Tautel avec les prctrcs dans im ordre l)eau et grave au mo- 
mciil oü lo (livin sacrifice s'accomplit et au tenips de rollico. 11 bnir etablit et 

I. I l'ifrn-, IV, 10-11. j. |'>. 1,. Co psaumo clail iliaiile au cuiniiicncoinont de ruilicc dos Maliiies 
et aux Vrprcs. Cf. I'avm- Smitii. T/iesdurns, col. :$881. — ;{. Levoiitail liturgiqne grcc csl en nicHal, il 

«■sl foriiii; (ruiit; (öle il'an.nc ciiIhiiiit di- si\ ailo-. Cl'. C. Cii.mion, l.rs sainlrs cl tlirincx lihirgies 

Paris, l'.in'i, p. -j'iS. 



v a. 



10 



10 



* lol. 202 
V" b. 



Inl. -In-.i 



[75] IV. — SON SEJOUR A I.A COUR. 7.5 

©Oka oooi yOOuK-./ |j3l^J^9 (^»ikjsj v^^? )i»oi^ ^V-*-^; )'t-»i^ u/o y*^ 

.^s^oo| s^J^J^/ ouL_^ voUjj; OOOI y^ . a -» w» yGUot ^^^ t-^; v^lo'^^ja^ K^j'^K^o 
jjoous ojK^I )oiSx ^jo JJL^ r:^^?o !-=4 'r^^' loio^i i'^j./ ^a ^; o.oi 
jLij ^-^/ ^-^^! vo-Joi^ ^ioji 1^-^^°-^; jL.j^ .Da.au jdo jlötJd/; )^«.aLji )y^o).:>cL.^o 
ot-^ 0,01 Vt^d/ K^I ... » Na ) > m l-i^i^^) |.rf>\ nv> ),.n^>.^o .).iL»f<^ |.^.>^ii9 

) ■...■ j>o * IwtU )lcuL:>a..oi^ )j9f.\^oo .)JSs..«ULa ) 901.29 )o(^; jl^.^ )ooi ).i.^«jL^o 

1. Vo.x persica. 



Icur fixa le reste des aiitres canons cxcellents ä cause de la fermete de son 
ame et de sa coiifiance en Dien qui le i^arderait inebranlablemeiit partout oü 
il irait, et pour le profit de la foule des fideles. 

II partit et alla an monastere de Sinn ' pour corriger ceux qui etaient ä 

5 cette epoque ä la cour- du roi. * Son depart causa beaucoup de peine aux bleu- * f,,i. -in-i 
heureux du monastere de Mar Mattai et snrtout ä mon Ilumilite, car j'etais 
Tun de ceux qui s'occupaient ä tirer profit de lui. A son arrivee, comme 
un bon messager qui porte la vie et qui est envoye par Dieu, il associa tous 
ceux qui etaient lä ä l'exemple des saints apötres, par l'esprit et par les beaux 

10 discours des Peres et par le precepte de vie^ II se ceignit aussi et se fortifia, 
de maniere apostolique, du zele louable du prophete Elie et il supprima 
des promiscuites illegales qui avaient lieu alors a la cour^ du roi au temps 
de Kosrau''. Le defunt GabrieP, medecin, qui etait vrairaent un homme de 
Dieu, Selon la signification de son nom, fut appele d'avance Gabriel ä bon droit : 

i."^ il etait un fort soutien et une Illustration pour TEglise de Dieu en ce pays 
et le protecteur de la foi orthodoxe comme le victorieux et pacifique empereur, 

1. Ce monastere fut fonde par Cliosroes II, au temps' du patriarche Sabriscliou' (Bedjan, Ilistoire 
de Mar Jabalaha..., Paris, 189:., p. 306), sans doute vers l'an 'J09 des Grecs (598); cf. H. Gismondi, 
Maris, Amrl vi Slibae de patriarchis Nestor, comm., Romae, 1897, p. 29. — 2. Mol ä mal : ä la porte. 
— 3. C. Ezecli., xxxiii, l."). — '1. Chosrues II qui ivgna de 590 jusqu'au 25 (29) fevrier 628. Nöldeke, 
(iescfiiclUe, p. 431-^i32 et 435. — 5. Gf. supra, p. .■)';. 



V 



76 DEMIA. — IIISTOIRE DE MAROUTA. [76] 

^-j )i.^-i^^ JlaaL^lio K..wsj ).>.iK-:> ji vi »oj-^ OLSJ-s )ooi yo\^ .)— j^-^ols 
)jLii»as jij :)laa^Jio >ö.)K^j ^V-*^? )t-t-^o ^^^)— t-^^ i-»^^^-flo»? po«? ou^; 

)lÖ(^/o |.^^J> O^CLCDO g^ CU ^il Ooi JJQJLOO .|..jl:)Cl*o(.^ jJ yoL-^ ) IV> »oj^g^ 
s^oi ♦<•> n «^Voi y^; lio^loji ^^ vIiImiKj; ^^ > »| <>'=>; .990 99 '"^sJl^ [».»yo 

jiöud/ o'f.^1 ooio .)ou2!^ ) ..^.».v»; l^of-^ y^f^l )L»b-fl09,g\ \ )j^CL.*poo :)oC^ 
.Ivl. Ji )oj!^9 jlaai^io -Jlp^ ^^9 )jL.JJ s2lqj9 wio ^^s09 

QJ19O .) Crtqyil O^JX^ K^)L£l^w JJo J^^)LjL».^0O|.^9 yO-^/ yQj/ Ij-^ w9 ^ 

) m \ vi ^o :).j9iQ^o )i \^ ^^oiljio ) ia.au« w^^ .)JL^ liöi^/? )jö< n \ yOj/ 
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vQj/ ...a!-*o .^w9 )K^j),L3 ^QJ/ yoslajü JJo .on » ^Vot ^oi. vOsIoKjlj JI9 



r a. 



foi. 2(j;{ Constantin. * 11 se distingua en Orient par son zele pour la foi et il tenait la 
tete des fideles ä la cour royale. Dans Teglise de ce clief des medecins Ga- 
briel et dans le monastere de ^irtn qui etait a la cour ro^^alc, peut-etre par 
negligence sinon avec le consentemcnt oii Tordre de nos evequcs d'alors, on 
donnait la communion aux fideles et aux Nestoriens laiques sans distinotion. 
Je ne sais pas comment ils oublierent la parole du divin Apötre qui a dit : // 
nij (iura aurun rapport cnirc Je fidcle et l'inßdele^ ainsi que les canons delinis 
et portes par les apolres* et par les saints percs dans toute generation, qui 
nous ordonnent de fuir tout commerce avec les heretiques, car ce (commerce) 
ne nuit pas seulement au corps mais noircit encore les profondeurs de Fame, i' 
il ecarte de Dien et enleve la confiance (Trxpp/icria) devant le tribunal du Christ 
Dieu. Les Peres ont encore dit : « Quiconquc s'attache ä cclui qui dechire 
TEglisc, * ne possedera pas le royaume de Dieu ». 

Quand iiolrc pere vit qu'ils avaieuL transgresse la loi par negligence et inat- 
tcntion el luulc aux pieds les canons des saints Peres, il guerit cette infirmite i- 
par nn soin et un zele utile, par de sages conseils et par des preceptes cura- 
tils tires des saints Livrcs. Ils resolurent de ne plus avoir commerce avec 
les hereti(jucs et de ue plus les associer a nos mysteres. II leui- montra 

1. Gl. 11 Coi-.. VI, 14-15. — :;. Canons 'i'i-'i5. 



ful. 2(13 
r b. 



10 



♦ fol. 203 
V" ;i. 



[77] IV. — SOX SEJOUR A LA COUR. 77 

)K.^.VK.^ JKjLiÖjilo .'j-lLiVO j <T0Ö>0iO JJQJLÄ yOO«^ ^CLflOO Jfcs^^»^ Jl j-«;©/ 

)lQJL-^io/o .-j-JL»,-^ l-sKao» )Ljl.v^o .JLiVs \^ jjiäooio . • j-floJ^iLo^o |.ioö.o 

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jjb^U — '■' •^ vooj^ ^o o^^Q^ )— 29 |..aL^J^9 ogi^ o(.^Kju^o )oo( V-si^mV) 
ouu»V-^ J^V-^ l-J^-*»?"'!© )pf> \ä-o; jLJ^o ai^ )»/ ..^^i>/» l—sVoi v^oio,Vol 

1. l)^a9o- Ms. pr. m. {•> addilur supra lin.). — 2. Signum zqofo {:) qiiod interrogationem significat 
(V. Payxe Smith, Thesaurus, I, col. 364) additur hie et infra in Als. post secundum alef. — 3. Lege 
^oubO) nl infra. — 'i. >aßj Ms. 



le chemin de Finnocence ; il leur imposa des canons et de saintes lois, des 
Offices prolonges, des jeünes louables, des moeurs innocentes, la lecture 
constante des saints Livres et la meditatiou des choses divines. En peu de 
teiiips il instruisit et il eclaira iion seulement tous les fideles qui etaient ä 

5 la coiir et les moiiies de cet endroit, mais encore leur chef et leur guide, Mar 
Samuel, metropolitain illustre' qui etait regarde et repute comme un homme 
celebre et de profonde sagesse par le grand roi Kosrau et par tous * les courti- * foi. 203 
Sans pres desquels il etait venu sur un ordre royal. — Sont-ce (äca) de petites 
choses Celles qui denotent les grandes reformes de notre pere? Ne (apy.) 

10 forment-elles pas une couronne de louanges et de gloire pour sa tete sacree 
et ne le montrent-elles pas combattant pour la verite? 

Apres qu'il fut demeure un certain temps pres d'eux, ily eut dans le royaume 
des defections de peuple ä peuple et des rebellions qui furent amenees par 
les peches, le luxe et Famour de Fargent; Fadministration et les institutions 

ir. du royaume des Perses sombrerent parce qu'ils avaient commis le mal. L'em- 
pereur Heraclius et les Romains nionterent et devasterent le pays des Perses. 

1. Primat d'Orient de 614 ä 624. Cf. B.vr IIebraeus, C/iron. eccl., t. II. col. 111 {supra, p. 56). 



v" a. 



* n.l. 203 
v b. 



78 DENHA. — IIISTOIRK DE MAUOl'TA. [78] 

I^Voa.^ t-^^^ ^J./o ^i \^ ^"^^wOOI ^£^^ .v^L^i^-« jJ y,£D yo^^SX2» ' OlV-»0^0 

)ooi K.-/o .)>-Vi UsC^Q-o l^^^ioi )ioj]o Jbo^io )-uJ;o )V-:>o^ ^-jLi.l/o ,1.» 5 

s-oiQ^-,'f5 001 .JK..^o6va\ »oguj; Usl./ )l*,-Lio ^^^^ ]]/ :)i)LÄO K--**! oü^ 10 
).jl:>Va ^^''^■^! *^*^ '^^\ — ^ :oiJ^ ^ou'f^o ouv^o .')la-top 1q t> . .y.^ s^ou^^l^ 
.o|K-^:5l^o )^;)-*v^)l3j )L»,„oaaoo .^Dip^jLs ^floa-iUJQji/ s*po )JiQ-4 ^^^-««.II^lo 

1. cm;.vi>>.o Ms. — 2. In marg. I^soiS; in texlii PPop- — 3. |y^^i07 Ms. prima m. (" addilur supra 
lin.). — U. Ms. pr. manu U/ U-^ (sec. ni. l-/ >-»»-»). 



Notie Saint pere ne fut pas emu par leiir mecliancete, mais il resta avec coii- 
rage et dignite ä la tele des fideles, il moiitra Ibrce et patience , toujours exempt 
de crainte et eourageux comme un boii soldat, distribuant avec reelitiide la 
parole de verite. Quaud il passa de pays en pays, il demeura immiiable dans 
ses actes et dans ses paroles et ne changea de conduite en rien. II partit 5 
' ini. 2(1.5 donc de la et alla demeiirer * dans les cellules de Beit Rahhan Sapör, de pieuse 
memoire, au lieu nomnie 'AqoxdiW II y demeura et s'adonna aux helles actions, 
au Iravail, a la faligue de la parole et aux droits enseignemeiits. II avait avec 
lui comme compagnon de route, de luttc et de sainiete le delunt Ahhas- Mar 
.ihn. Dieu les avait choisis et elus pour son service des le sein de leur mere, 10 
coumie Paul et JJamahe pour la predicalion de TEvangile; il dit dans sa 
predicalion : Une vilh haue sur la montacjnc ne peut pas elve cachee et an n'al- 
lume pas une lampe jwur la placer sou.s un hoisseau mais sur un candrlahrc a/in 
(lu'elle eclaire laute la inaison'. 11 le clioisit dans ses misericordcs pour Tcpi- 
scopat; il le distingua et l'appela par le moyen du patriarclic delunt oi trois 1,-, 
Ibis bienheureux Mar .W//c///rtsc'', par Tordre et le clioix du patriarche el par 

1. nn Koufa, ä rouest de l'Eupliralc, au sud de Bagdad. — 2. ou : l'abbö. Al.iA dcvinl övöquc 
ilo Pirsabonr on Anl)ar sur I'Euphrale. Cf. supra, p. .')G-:.7. — 3. MalUi., v, l'i-lS. — 'i. Allianase 
ic Chameiier, paliianlic de .V.tr, [sie Miclicl, II. p. .374] ou 597 jusqu'un «31 d'apres Bar Ilebraeus 
[Chron. rrrl . T. 2C.2), om .Io fiif, A r.Vi d'apn's U' pseudo-Donys de 'l'eilmaliri'' ilhifl., 2G2, 27.".: cf. /UM. 



10 



♦ lül. 20 'i 

r a. 



fül. 204 
r" b. 



[79] V. — IL EST NCXMMK MKTKOPOLITAIX DK TAClilT. 70 

oub^fo :|.-wJ»-ioj ).Äi.jVa39 )-Sq_ä_äi..wS / vCXhXo; jlo-Sio-jio jloiCLXxjs 

)^^-- jjL^cLu^ )-.ouä/o )L..c-uwwJ^jt ).wuao;Qi> ^^i^ u^^/o )i/ ^^, ^ 
)la-.C^bwio; )jjo )ji;/ "^aLSo .oiJ^.,J5.V^ otNlN ^oa-M© iou/ jLiu;^ )-ffiäicuLso 

o^S^^.^9 ^010) >-* ,—3 ^1 ^»K-S .^^V>\ *>-> );-^Jl V-.^ V^)Kj .oC^.3Q-0^ 

1. '-"»axo Ms. — 2. rj^^^o Ms. 



la soUicitudo de celiii qui fiit en verite iin bon horitier et un fidöle imitateur 
de .son maitre : (c'est-ä-dire) de Mar Jean ' qui Tut patriarche apres Athanasc. 
II accepta et monta * en Occident avec tous les eveques de cette region. * loi. 2o'i 

V. Il est komme metropolitain de Tagrit. — Avec rassentiment et la '° ^' 

■> participation de tous les eveques des dioceses ^''Orient et du tres bienheureux 
Saint Athanase le patriarche, et surtout (fi.aX'Xov 8i) par la vocation et la volonte 
du Saint Esprit, il recut Fordination episcopale et le pouvoir sur vous, c'est- 
ä-dire sur la ville de Tayrit qui est la metropole de l'Orient, ainsi que le gou- 
vernement de toute la region Orientale, l'an 940 d'Alexandre (629). 

lo Quand il vint se montrer sur le siege apostolique et patriarcal, il eclaira 

et instruisit tout son troupeau par de saines doctrines et de saintes lois et il 
i'orna de toute espece et de tout genre de sublimite et de perl'ection. Au com- 
mencement il ne fut pas tres accueilli, on n'alla pas au-devant de lui avec joie 
et bonne volonte mais on lui resista plutöt {[j.aXkov 8i) — car il faut dire la verite 

15 * en tout. - — Plus tard cependant quand ils le virent sublime, remarquable et * foi. 204 
admirable en tout : — par des moeurs distinguees, une conduite excellente, 

Ol-., ir, 102) et de 603 ä 631 d'apres le Livre des Califes (Land, Anccd. Syr., I, 14 et 113). — 1. Jean le 
diacre, qui ramena le monastöre de Mar Maltai sous la juridiction du patriarche d'AntiocIie. Cf. B.\r 
IIebraeus, Cliron. eccl., t. II, col. 119; supra, p. r>r.-57 2". — Jean fut aussi patriarche de 631 a 649; 
Bar IIebraeus, Chron. eccl.,1. I, col. 275 et 279. 



r" b. 



♦ lol. 204 
V" a. 



SO DEXIIA. - ms TOIRE DR MAROUTA. [80] 

) K>o>.\ fh^l fK^'^h^ h^jL^^ .JlVK-wio ^oC^D» )io»o \m^ jU^ jl 

• • • • 

U^ ^.^:x>o )jL.J:ÄJi ^oiai.Vj; a.y^ll )V)^ K-soil.o )K:^^ j^i/o Jl^ o^ioi. 

).joij ^^ot cl^l).^^ .Mk^ )^Vj; Ut4 )^°'J ^o)Js^^ VI .JK:^ )^W 

.0001 m^o )^l-^io )V)-3 K.JS01I. j-i.;/ vooi-iai.; o«.auSoot-so |a-^ J-»/ 
^JjKäow U^^^-^! ^? -^^1 :);Kaio )-jVla- Jiio )V)l3 Jl, )>:^Kio ^'^)o 



1. ^J^^o.ft* Ms. 



une parole sage et savante, ime administration iiisigne, un pontiücat zele, une 
vigilance louable, un louable amour des enfants et, poiir le dire en somme, 
par une misericorde pleine d'innocence et par la pratique de toutes les vertus 
— facilement et avec bonne volonte, ils plierent et subjuguerent leurs ämes 
et leurs corps sous le joug de ses saints commandements. Ils firent le bien 5 
en meme temps que lui avec joie et parurent une bonne terre qui rend des 
fruits pour ses semences Celestes, pleines de vie et paciüques; ceux memes 
qui auparavant n'abondaient pas en ces fruits excellents qui conduisent a la 
vie eternellc — et ils n'etaient pas tels par nialice ou parce que leur coeur n'c- 
tait pas une bonne terre, mais par manque d'un habile semeur de bonnes in 
' foi. 2i»'i semences — a l'arrivce de ce saint pere * et par sa maniere d'agir envers eux, 
dcvinrciil une lerre qui produisail des fruits abondants et nombreux, non seu- 
lement trente (pour un) pour la moindre (terre), mais jusqu'ä soixante et cent 
pour la meilleure. Comme une terre bonne et grasse, pouvant porterde nom- 
breux fruils, dcmenre infructueuse et improductive s'il n'est personne qui la ir. 
Iravaille el la seme, mais porte des fruils nombreux et serres, console Tespril 
i'l la vue, et rejouit Vame et le corps, lorsque (eile est dotee) d'un cultivaleur 
soigneux et d'iiii semeur bon el liberal; ainsi ces iils benis de Tiu/rit, parce 
qu'ils etaient bons de leur nature et que c'etait faule de semeur el de bonne 
semence que leurs fruits avaienl diininue et que la terre de leur cueur avait ete 20 



10 



fol. 204 
V" b. 



^j^ij V. — If> FST N():\1MI<: MKTROPOLITAIX DE TAGRIT. 81 

oiwsl/ j.^^ )-^>jo (^oij oCb^-3 ^ioo :vOO|. i.»'\ ,r> )Lix-^ ooot yOOuK-/; ^oi-2> 

ss/» ^^.-^^-io :)-JL-t.i> vQ-:>/ i^-^-i i-^^ vooil^ i»Kji/o vwc-.3l^/ )jl_^-wX 

yOOlKjS»-SO ..v^OV-J^^^ oiN '\ >0 .)jOCH-30 )--OV^1 )jL-:L3KjiiOO ) I l Y> \' O V> 

1. 1^ Ms. — 2. \il (i(hl. in inai-g. — 3. taiovS-vso M>. 



corrompiio, quand certcs ((^iv) la bonlo divine prit les pecheurs eii pitie, un 
bon cidtivateur, iiotre saint pere, tut clioisi et leur l'ut envoye. Parce qu'ils eii 
etaient dignes, ils devinrent de boiis arbres portant des fruits, ils grandirent 
et s'eleverent du moindre et du plus petit (degre) au (plus) grand, ä Texemple 

5 du graiu de moutarde compare, dans l'Evangile, * au royaume du ciel, lequel ^ j.^^, ^oi 
est plus petit que tous les legumes, et, quand il est seme, il devient un grand 
arbre, au point que l'oiseau du ciel vient et niche dans ses branches'. 

Quand je considere tous les biens que possedent maintenant les fils de 
Tagrit (la ville) benie, c'est-ä-dire : leur foi orthodoxe, leur zele pour eile 

10 et raccomplissement des bonnes oäuvres qui liil convicnnent; leurs oflices 
spirituels et la celebration des divins mysteres ; le bei ordre des clercs; les 
rangs disciplines des pretres qui ?ont ä leur tete, le beau maintien et la belle 
tenue des diacres au milieu d'eux dans le sanctuaire; leur Station autour de 
Fautel; le Service des sous-diacres (u7co(^iaxovot), des lecteurs et des chantres 

^•^ ('}a\Tai) ; les continuelles, louangeuses et louables psalmodies de l'esprit et de 
l'intelligence-; et tout le clerge (/.^vipo?), et les beaux vetements qui les ornent 

1. Cf. Mattii.. xni, 31-32. — 2. Gf. I Cor., xiv, 15. 

PATR. OR. — T. III. ^' 



\o b. 



» fol. 205 
r" a. 



">■ fol 2(in 
r" b. 



82 DEXHA. — IIISTOIRE DE MAROUTA. [82J 

^j ooi :).^;a^ Jü).io yOO|.2^0j )Ld^a. you'^ ^^oi; ) la-w,lvJLioo )jLÜ.-Ju.ioo 

K^)L^,^90 .-jÜL.^^» |jr-30?0 )L--^J)^-^ )?)-^-^? yOOlJ^J jlÖf^O jlo^^j^o 

0,0(0 .|.^w^f.^9 jlOI )K.iUl39 ) I % iVo {-^i^^t-^ 00,0( 0(]^.^^w^^.^0 yO— ^/^ ^OtO'^JL^ 
^^QJÜLD^sJjO .'Iw-J^; )i,:i.J )"^/o )o.Oli vffl «\o^V^^.^^0; J^V^K'^ )K^s^ )o.O( 

Jiöt^jJ yo^ r> » I jLaa.*,.. :>;o ^9 ool .).:bo/o )i'| n » v> ^/ ^j \^>-^ )iöu:>/ oüS. 
yoooijvo . yootKaVa ^ '^o voof^-o^j..^ yaLdloK^uo .'yoj/ yo.^^^-^--^^ )io^.^^o 

1. U^atr-vso Ms. 



ainsi que toute Teglise et Eautel; le volle (du calice), Ics tentures, les pa- 
tenes, les calices, les encensoirs, les tabernacles et leur richesse avec le reste 

* fol. 205 des oniements sacres; de plus * leur exultation et leur joie dans les fetes du 

Seigneur et les memoires des saints qu'ils fetent et celebrent joyeusement et 
ardemment avec attention et sans negligence; en meme temps que leur amour 
et leur soumission les uns cnvers les autres et surtout envers leurs diefs et 
leurs gouverneurs ecclesiastiques et seculiers ' ; quand je vois ce consentemcnt 
et cette adhesion unanimo au bien, je comprends qu(; notre saint pere a ete 
pour euxlaracine, la cause et le fondement de tout cela; par sa parole et par 
son enseignemeiit leurs reunions furent lürLiliees el l'oudees. Co qui Temporte 
sur lout cela : ils devinrent amis de Dieu et aniis les uns des autres, ils liono- 
rerent les etrangers et s'entr'aiderent dans les epreuves; et — ce qui est plus 
grand et plus admirable — par le moyen de notre pere et ä cause de lui, ils 
furent les premiers et les cliefs de la region Orientale : il Cut cause que Tagrit 
devint la metropole et la niere des oglises de TOricnt et quo les Peres s'y 
reunirent de temps en lemps conime (dans une ville) veneröe et niere, d (il 

* fol. 205 fut cause) aussi qu'avec amour (les habitants de Tagrit) * lionorerent les Peres, 

les re^urenl avec joie, participercnt ä leurs lionneurs el ä leurs benedic- 
tions, s'occuperent des bcsoins des solilaires et des nioines et de la eon- 

1. Lilt. : dans l'Kglise et d;iii> la \illc el le looiide. 



10 



10 



* fol. 205 
\'° a. 



[83J VI. — SES (EUVRES. 83 

, * . * * . * \ 

IJ^Jjtl^; jia^iy fc v>o )f.^P> * ) ^0 t Kjloo K-V^ K-^v- )Ljoi oi^^o | 'irr>->» 

).^^ ^Ofl^^^a^; jLjL^cLoi.^ X^-^l yOoCS^O .'jJ^Jau^ ^oC^sJuSO )o<^JJ y» >. « 1N01 

)jLSOi ',ilU ^^>Jt^? )o.o( ^^o JLj/ ^^Ji^; :^fiDaLS.aS Jl^oC^ )..^.«..<Cb^ lo^^ 
yooj^ OMuSü ^)CLflO ).JLo;a3i )l3lX31o , ) ffl *> ^ o I-^ä^ ^^.j^ )jK^a^ yO-sJ )o.oi 

^^^^ J]/ JUai. ^'J^^ voog^ooi )ooiJ JJ;o .^iCLJus JJ/ )^;)-3 jKicüLflO vooi!^ 
yOJOk^o joup^o IwC^Jio ^; ).nytm\ .K-»)^.Ki. ^^.io^o ooii» ooi )o«^ 



striiction des eglises, des monasteres et des saiiits coiivents; repandirent des 
aiunuues sur les pauvres ; delivrerent les captifs et les prisonniers ; s'attache- 
rent aux habitudes boniies et profitables et leur fiirent fideles; s'eloignerent des 
(habitudes) mauvaises et luiisibles. En un iiiot Tagrit grandit tellement et 

3 acquit un si bon renom et une (teile) efllorescencc de biens ä son epoque, que 
tous ceux qui entendaient et voyaient les boniies actions accomplies par (les 
habitants) loiiaient Dien et disaient : « En verite Dien liabite en eux et est au 
milieu d'eux non seulement parce qu'il est loue par eux de maniere orthodoxe, 
mais aussi parce qu'il est servi avec purete. » Nous aussi, faibles, nous prions 

10 pour qu'ils demeurent ainsi, on plutöt (fxaAlov §s) pour qu'ils progressent da- 
vantage dans les oeuvres agreables ä Dien et dans tous les biens, ainsi que 
tous les freres fideles qui sont en tont lieu, jusqu'a la fin du monde. Amen. 

VI. Ses OEUVRES. — A Texemple du divin Apotre Paul * qui se faisait * toi. 205 
tont ä tous afin d'etre utile ä tous ', ainsi etait notre bienheureux pere envers 

15 tont rang et toute condition. II se donna ä eux coinme un prototype de salut : 
aux pretres pour qu'ils accomplissent avec purete les divins sacrifices; aux 
riches pour qu'ils ne missent pas leurs tresors sur la terre mais dans le ciel, 
ni leur espoir dans la richesse, mais en Dien qui donne tout avec abondance; 

1. Cf. I Cor., IX, 22. 



v a. 



84 



DENÜA 



[IlSTOIRK IJK MAIIOUTA, 



m\ 



K-).icu.a- .Ur^ö\.^ JJQJLÄLJLS» vOOiJLSu •p.jl jl? ^-:ioi )^:S;-^io )jj\ö)^, 

jJoiVaoo JjQJLöiJLso .)oo! ^)jLOj l-JüüLO ^; ^ lloÄVÄLia^ vä/o JKsöiaiQ-s oi^/ 
^^-»^oii. .JJ.V....vi\ ooL^lioo )ooi )U^io CMV^S ^i. )ooi ^^>^j ^l-^l^o 

.)joi JN^Vv« ^oiQj'^o/j <xioaJLQ-s ^ s^Q-«o • . oi»s)^; )ia^A„QjS. ^ff>v> ..o 

.)^ia::bo.o );Qlä^ );la^ J>a-.'tJ JJ; ^ai^i. .SlJ^ ..j)opo Ur^ 1^? -«^^^ 

) ;• .\ .^060 ysv^a^^oj Uq-3^ ^.saÄO )K-^ol ^)cii.» jjJLl^o j nrnvi^ o 

;;> / ^Aso j^yS> ^l Jl-Sl^; ^wwJs .)1o'^«''\V>o )lpa--io lloStaü sAjSs ^; 

.•)-Q-.V3 j-iULS :)ju.t-0 ).iCLi. yOj/ )JLÄJ^ [^]° ^^^J^^^^^^ '^^^h h,^ ^^^^ > J i \ S\ o 

)V)^ J^K-^ioo )K^ ILi.Wo .-jJL^ )^^ vW? ).ia^ :)K.^<xd )lQ-!iN.io 

1. |La»»,£:;-'»a sec. m. (?). — 2. Ms. om. ?• — u. 1^^^3o additui' supra lin- — 4. ^jw^ Ms. (i* add. 
supra lin.). 



10 



Toi. 2(15 
V 1.. 



aux indigents, aiix aÜliges, aux malades et ä ceiix qui se trouvent dans di- 
verses ainictions poiir qiie leur esprit ne defaillit pas dans les tentations et 
dans les epreuves. II les iiistruisit sagement. II enseignait tont cela nou 
seulement par la parole mais aussi par les oeuvres, car sa main etait liberale 
en dons. Par Feloignement qu'il avait des richesses, par les eprenve^, les 
maladies et les soufFrances qu'il portait sur son corps, il eonsolait aussi et 
fortifiait les faibles. Vons vous rappclcz combien conrageusemcnt il endura 
et supporta l'accident qui lui airiva', il domina la violence de la doulenr et 
nous montra par lä que les souffrances de ce monde bien qu'clles soient 
faibles * nous preparent une longue gloire saus fin dans les siecles des siecles. 
Parce qu il ne possedait rien, il nous apprit a tous a ne pas aimer la ricliesse 
passagere et mondaino; (il apprit) aux pauvres et aux allliges ä tont sup- 
porter avec foi et action de gräces; il revetit les femmes de purete, de pudeur 
et d'humilite, car il les revetit d'un volle et leur ordonna de trosser leur clie- 
velure, elles qui auparavant etaient decouvertes et nues saus purelu. 11 se lit ir 
tont a tous et avantagea chacun-, et, apres qu'il los eut nommes nalion 
sainte, peuple delivre, royaume sacerdotaP, pcuplo zele pour les bonnes 
oeuvres, et sol excellent portant de bons fruit s, il ne se lassa pas de leur faire 

1. Ici est Uli iiHil peu lisible, peut-6tre l;a«ft-'>aa, ce ([iii 110 doiine pas uii ^oiis salisfaisanl. — J. Cf. 
I Cor., IX, Tl. — ;{. Cf. J Pierre, 11, 9. 



10 



10 



[85] VI. - SES GEÜVRRS. 85 



* fol. 2(10 
r" a. 



l » % 



oiK.i.j.iab. a^j/o yoj/ Vr^»o .)^öCS^vo Uu,,Lo jju/ sJljldo .)."ä4 If-^^? U-^Q.3o 

ooof J^/ |..::^-^.aL»« {»JLaQ^ ^^/ ^f .^^ vl^/; ^^«^oi.^ ^{ )oot ^^o/o 
..jLst^ oi.-Ju.i*^o oiK..*^»l ia^-..^^.io )oiJ^ )>.-* ^ .Jjoi.-^ o^^CL^o oi-^eu^ 
jlo |L^q„2l^ )ooi 9a:^j ol^ ^.do .J^-ol^^ ouK^/ jjVla^o )^.<^^lji |.^iIS«^>ocLjl^ 

1. I^<^ Ms. forsan. — 2. la»*»... scribunlur iterum in margine. 



acquerir les biens durables et ne cessa pas non plus de leur etre im bei 
exemple en tout. II leur montrait doiic en sa personne les beaux exemples 
et leur frayait le chemin pour gagner avec lui la vie eternelle. 

Quand il eut orne et pare toute la ville de tout genre * de vertus et qu'il * ^^}- 2'« 

5 l'eut comblee de paix, il voulut aussi remplir le desert voisin de la paix des 
vertus et de la- pratique des bonnes oeuvres. 11 reunit des hommes saints et 
divins, les conduisit au milieu du desert et voulut leur bätir un monastere 
en cet endroit et les y faire habiter. Par le gouvernement et la conduite 
de Dieu, il trouva une source d'eau nommee de Wingagä; il y travailla 

10 beaucoup, la degagea et veilla dans sa sagesse ä ce qu'on la conduisit pour 
arroser la terre, car il etait habile et experimente aussi pour les travaux 
de ce genre. II avait aussi avec lui des bienheureux habiles qui travaillerent 
k cela. Quand Dieu vit la promptitude de son esprit et sa bonne volonte, 
il conduisit l'ouvrage a des fins belles et utiles. Cette source qui etait tres 

15 petite et ne pouvait pas couler, Dieu la montra presque comme un fleuve 
copieux et abondant par les prieres du saint. II commenga par bätir pres de 
cette source un monastere sous le nom de saint Mar Sergis ' et avec grand 

1. Monastere a identifler d'apres ce passage. Les couvents sous ce vocable sont d'ailleur? nom- 
breux. Cf. Hisloire d'Ahoiideinmc/i, p. 27, 29-30 et supra Introd., p. 53. Un autre etait situe dans le Li- 
ban. Revue de l'Orient chretlen, t. IV, p. M'i, 



r" a. 



v a. 



10 



86 DRNFIA. — ITISTOIRE DR MAROUTA. [86] 

Mol. 206 ) ..; ^t ).jl;:i^'> oi^joio K-5sO .(hSI^^J^o .cxJ^.^cljl )K^;oV * jKÄaiJo ))-«^^Ä) 
)^^.^wJl^o .'1.^90-0 ^j)l.^o ) ... V ^ » \.-£Oy.Qo I ;;.a|.^; )Kt ^\JS^o ;)y^,!?>iiO 
• oüb. jj.£> l-f^'i^ jjL^üLo ss/ .6«-s yQ.£o )L*.;q-o» Ij--^.^ 1-äK.Do .^oi^ )lt.i.j 

^j It—^/ JV^»-^ ooi-a V-^CL^o ^^JL );»j ^^.A^ V^/? s^oio^/ K^*^ )ou^ 
ouK-./o ^.^AlioKjxtio 6».^ jla_a_iJ^ ycu^j)j» )^s,.iQ-s ^j»; ^'^s.ooi ^^^/ 
> ^ N -a/ cHJL^o .6i^ ^-«V-^? )J^ > ty...^/o .01.1.^ vf>^! I^^V^^^ )|^:>ci^ K^fo 

JL:L*^J)00 JOU'^SO jwL^O j^aJÜLODO •V'^* '=>i^OOO ^^K.lo , . V -s ^^ yOOiJÜLaLD 

ts..«»-^ )^'>-^ ^^^ 6u»i^/i ^aAoi JL^cL^cL^ ^io K-)*^K-o .6i-\ ^K-.lts.io 

1. Rj-Jssj^ Ms. 



* loi. -.inf; travail et depenses * nombreuses, il le termina completemeiit, Toriia et Teni- 
bellit de construetions splendides et helles, de nappes d'autel, de volles pre- 
cieux, d'ornements sacres et de tout ce qui est necessaire ä Teglise. II y mit 
beaucoiip de livres d'offices, lui acquit aussi des possessions materielles et 
y reunit et y installa de nombreux meines des phis venerables et des plus 
mortifies, il leur donna pour chef Mar Sabd, digne des plus grands eloges, dont 
la memoire est en benediction; tous etaient bienheureux et excellents; par eux 
et par ce monastere fut pacifiee toute la Mesopotamie, parce qu'il etait situe 
au milieu. Dieu, par les mains de notre pere, en fit un refuge, un port et un 
iieu du repos pour quicon(jue voyage et demeure dans ce desert, en meme 10 
temps qu'une joie, un refuge, une protection contre les dangers, (contre) la 
faim et la soif pour quiconque y passe. Ceux qui traversent le desert pour aller 
a 'Aqould s'y reposent, c'est leur port ilvrrv). Ceux qui vont de YEuphrafr au 

- füi. 20G Tifjre ou du Tifpr. ä l'Euphrate s'y arretent. * II faut voir les multitudes ' qui 

Tont quitte et d'autres qui Thabilent, y mangent ä leur faim, se rassasient, i,-, 
boivent et se raCraicliissent. Les indigents, les affliges, les malades et les 
faibles y sout apportes, surtout par les pcuples qui Iial)i(eiit la Mesopotamie, 
ils y sont gueris, en sortent fortilies et en ])oune sante et secourus (piant 

1. l.ilL : les camp>. 



10 



[87J VI. — SES CEUVKRS. 87 

K-.Jjv^-^o .^..i-flo)KJioo ^^A.2b^.*.^K!^ ogLioo > ,o,■fl:>o^s.inJ^ oi^o .yoofV^cuiJio 
Zw^o l»K-aoo K«sjaji l)-:^^ v-^^)~^/ ^-^j^ .cH-JLio ^i^i^Kio ^«,|ju,o;o 
I^Jlsüo .o/oaIi )^Ki.o Ur-^l jJüLaüi ).dvjio )jboa-*o )jt»Q-o ^o )1q-.V/ ^ 

)iaJL.iCUO|^ vQj/ a-OL3/ .oC^I )i^t-- ^^O )oC5iv ^iO .-OÖI ^-Ot^J ))|l- ro 

yOJoiA 90.^^^^ oJiso Jt^-a^ )^^^^ v®®«-^ oooio .ous» p^-» ^^cx )lwU 

..oi.^j )JL.sa-^ )L*^^t^o )i^jui»-o )»oi f'y^^ )i— ^» ^oKa,/ o/ ww. a > ^Aoi» 
ya:^ yc^^ j^x^ )jq-.j j^ä^v Q^:^; :)VK-uio vooi-.*fsojo voou^^ioi. ^i. >o>\^o 
yOO(XQ-Ju»t-^ ^:^ y^Kjo .'j^^pcud yOotioJS. ^-au^o s^V:2ü9 :^09 jj^^).^ 
jLiooiJd; w»K.io/ ^^o ^-w;^/ v-*^ l-»/ ^/ •^'^'^'^ ^oCbsjuso ).:xxS.^^ josauo 



fnl. 20ß 
V b. 



h. 



au Corps et qiiant ä Tesprit. (Ge monastere) saiiva de nombreux hommes, 
les protegea et les garda des Kons, du froid, du chaud et des autres dangers 
et en sauvera (encore). Les meines qui y habitaient ramenerent ä la foi ortho- 
doxe de nombreuses ämes eloignees de Dieu et de sa connaissance, et leur 

•5 furent une cause de bien ^ . Cela n'avait pas lieu seulement pour ceux qui A'oya- 
gent dans le desert mais aussi pour ceux qui demeurent dans les Ibrteresses 
(/-y.T-rpa) qui sont au milieu de VEiiphrate-. Qui donc apres avoir entendu cela, 
avoir ete juge digne de voir ce saint monastere et les bienheureux moines 
qui y habitent * et avoir appris leur travail et leurs excellentes actions, ne * r,,!. -nw, 

10 demandera pas, avec le psalmiste DavicP , les ailes de la colombe pour voler, 
se reposer pres d'eux dans le desert, etre beni par leur saintete et renier le 
monde ainsi que tous ses desirs! Moi aussi, mes freres, chaque fois que je 
repasse dans mon esprit leur jeüne laborieux et continu; leur ascetisme in- 
comparable; leurs offices et leurs prieres sans fm; leurs gemissements emou- 

15 vants dans les prieres ; leurs longues stations de nuit ; leurs veilles prolongees ; 
leur meditation de la loi du Seigneur durant la nuit et le jour; leurs genu- 
flexions reiterees; leurs adorations profondes; leurs stations dans les fetes du 
Seigneur et les memoires des saints ; les honneurs qu'ils leur rendent et leurs 

1. Litt. : une bonne cause. — 2. L'auleur veut-il dire qu"elles etaient construites dans les iles? 
Elles sont souvent designees par t^^o (synonyme de -/.affTpov) suivi d'un nom propre. Cf. Payne Bmith, 
Thesaurus, col. 3630. — 3. Gl. Psaume liv, 7. 



fol. 207 
1" a. 



10 



88 DEMIA. — HISTOIRE DE MAROUTA. [88] 

JJ ^J U'^l .^^Ki Ji )^»/ ^^^O |.iOQ-0 vOoCSi Q-Sl^v J ..vOO|-S ^.«^.iwauM 



^^p^!^o > /^ •> /rr>V) yOOilS^o :)iä^ ^A.a2J9 )j^^/ :|.^o^ ).^a^J^ ^^^^Z 
^Oi.ISwd ^^ V^^o JK-dO.«^ )K.»jQD9io •.J.^mJL^^OO )t»*^^o )JL^ voou.xuud 

\£0'^ll )jl./ ^jo ♦•oy.^^ )io f> »\ m T>; ^^«^oi (joj V > V.....\ )lj/ JJ/ .Jl'^-K^ 5 

^01 ^,oi )^.; );oi .)L^9|-d9 yC>Of..»^09Ö|^ oK-iJbo/ p .yOOlK.äKD ^^^Ji^ ot.^-^ JS>, 
^9 ojoi oiiy.. nr>^; ^oi .)l^9 |l2i^J^9 oiK^^^o jJL^a^l s«\ö.9)iL.a; n0^o(^9 I^ql^ 

O.Ol OM ..oi-.2S^ K^jj^po ooio .).jKj5a^ sQ-^/ )"»-»^o Kw»-s; ooi ..ogLoiJ 
* fol. 207 )io^^ .) .. ^»> oo ).Ju»t-^ oi9a.A^o )o|.^9 ot)^*f.A^ K^j-sjo» > «. Mi \:>o ^^.io 

j.o b. • • ' ^ 

6tK^>>a „ ^ )ooilj oi-juoo v^^j joi»^» ^^^wDoj )io i rrup >n •> .ji»>^^ chJ^-3 



solennites ; et aussi ceux d'entre eux qui plus zeles oiit choisi la Station (sur 

» fol. 20/ des colonnes?) et qui ne se reposent pas sur la terre; * et ceux qui ne mangent 

pas de pain durant le jeüne et ceux qui fönt des veilles — tous d'ailleurs sup- 

portent patiemment dans leurs boissons des eaux ameres et salees et une 

nourriture maigre et privee de toutes superfluites — je deplore ma vie niise- 5 

rable passee dans la vanite et (je me demande) comment je pourrais m'arran- 

ger et trouver une occasion de voler d'un pied leger, d'arriver pres d'eux et de 

tirer profit au moins de leur vue, eux qui en verite, selon la parole du Messie, 

ont porte sa croix sur leurs epaules on faisant mourir leurs membres terres- 

tres ' . Ce monastere est la montagne de Sion qui est aux extremites du midi lo 

et la ville du grand roi, dans les palais — c'est-ä-dire dans les monastercs 

— de laquelle (sont) des hommes courageux; Dien fait connaitre sa force". 

Car un hemme puissant, noire saint pere qui est parmi les sainis, Va fonde et 

Ta ordonne. On trouve encore dans le psautier ä son sujet : CnnuJ est Notrc- 

Seüjmur et (jrandement il rst loue dans la ville de Dien et sur sa montaf/nr saintr 15 

* fol. 207 * et louable; joie par toute la terre \ C'est le monasfere de notre pere oü Dien 
r I). 111 

est grandemenl loue et dans lequel se rejonit lonl(> la Mesppolamie. Par la 

providencc divine il ent donc le projet (de le construire) et il Tetablil, au 

1. Cf. Matlli., x, 37-3'.). — 2. Cf. i's. xlyii, 3-5. — 3. Ibid., 2-3, 



[89] VI. — SES CEUVRES. 89 

);V*^ .))Js^a^ l-jLoia-3; )K^No )io^ )ooil; .i^ai^ fcsX-o» K-,wj> )l;>->v? 

.yoC^f oULj09a3 |>^W; )<:^CL^cb^ v^^t^ o>-mo .otloua^ij jL^ (.^cl:^ >,<..\\o 
. If^Jo .*^^oi^ ^^^^a:s.90 )iV>^ I^V^cC^ yo >. ^t > > > //n?/ |^..aj j^boi/ ^^o 

*:*yj^L<».^/ \hs ..o ^tKjs» )^V^;o oi^Vo-oo jt-^f.^ 
)Kjl^^ )90( )v^9 ot..i :>o J^^li/o :JcJ!^i.^Ka.{o w»oöi ^.«^^oi ^.«J^ot ^^ 
)o«.-^ )^9a-Ji ^io; yO-^/ )ooi -^^^^ ^^io va^(,-so .oiJ^^f ^ot-^-Su^ 
:ooi^ )K„«>^ io^oil^^ yoouV^^o .')*t-d K^JLojt. )iKjJJo )v..2l^^ oiio ^ » ^^^s * 
•> .'QlS.^!m1/o QLS.-aüo jj^od o'^Jx^; «J^^-^o ',\OjI vl£D J^-^cLcdo^« I^XL^^^iSoo 

oo( )oi^9 l^t-iud; y-*/? 1?^ J't^/ )^^>-'>-^; ^oQ.» JA^K^o .^y^ )oC^ ^^^ 

S2uJL^K^ ^9 ^'"'^ QJL2>0 JoC^ J^^^s^^9 6(K.rf^^9lo ogLOLSO IjV^^^ ) 7~^ ^^^9 

1, Pescliilu : o>*Va^- 



10 



ful- 207 
v° a. 



milieu de la Mesopotamie, entre le Tigre et VEuphratc, pour etre iine joie et une 
cause de salut ä beaucoup. Car c'est eii vue du salut ' que le Seigneur le fit 
au milieu du pays. Avec David nous louerons et nous dirons : Chantez au 
Seigneur uu nouveau cantique, ear il a fait une chose admirable, et : Le Seigneur 
a muntre son salut, il a revele sa justice devant les peuples, et : Tou.s les peuples 
de la terre ont vu le salut de notre Dien'-. Nous dirons avec le prophete Isa'ie : 
Les lies et leurs hahitants loueront le Seigneur, le desert et ses villages se rejoui- 
ront^, et tout le reste qui est dit dans le cantique. 

Quand tout cela fut fait et accompli et que ce monastere saint eut ete fonde 
par lui dans toutes ses (parties), — comme notre pere savait que des le com- 
mencement, Dieu, dans sa bonte, crea egalement Thomme et la femme, * leur ^„\^' ' 
donna a tous deux le libre arbitre et les plaga dans le paradis de delices, puis, 
quand ils eurent transgresse le precepte et furenl tombes et corrompus, il les 
sauva tous deux et leur promit le royaume — il eut soin de bätir un monastere 
pour les femmes et lui donna le nom de la sainte mere de Dieu Marie. 
On l'appelle aujourd'hui de Beit Ehre". C'est Dieu tout-puissant qui doit en 
verite etre acclame dans la construction de ce monastere et dans son accrois- 
sement en piete. Qui en effet — songeant aux abominations qui s'accomplis- 

1. LiücraJamcnl ; eu confirmation du salut. — 2. Ps. xcvii, 1, 2, 3. — 3. Isaie, xlii, 10-11. — !• Gf. 
Bau Hebraeus, Chron. eccl., II, 461, qui mentionne, en 1284, un vjUage de \\'=>l ^^^ (ou IV-s/ ß^^j. 



* fol. 207 

v» b. 



90 DEXIIA. — IIISTOIRE DE MAROUTA. [90] 

K-^ iooi 6«-.]^/; )t-; )jo<! 6l^^^o^ )o-^f^ ^ iooi )p^Ki3ü.ioi )lo) , : > a . j^ 

jK^9a-:>cL.^^^o 6»-s K-,/; '-U^^ J-slo-io 6C^ jyJ, ).jioio •.chjj w,oöi ^;; >v .aK:^ 
VLbo It-^oofO jjoiK^ iy-"*^ ^l ».l-^M^'K^ Jjboö^o )lot.-*)JLd > iöixJ^ooo r^cL^eu»/ 

,\OjI ifjÄi^ IKV)*) .1 •> vOOJ^30 •.I^V^ ^^Äi. > » -^^oV )LiOj .V^/o ).^wÄ ^o; 

. 1^9)^0 j »VO.^ f^ p^ )^J9 ^"^OO 

p 

.0001 ^1/ )v>o>.t )..»J^^oa.iL^o )Li'^^a.aD vd/ oooi > >.°i ni jjusoi j.^ ogu-s« 



]0 



1. |L-^:-^uo Ms. — 2. Uw Ms. 



saient auparavant sur remplacement de ce moiiastere oü il y avait un templc 
d'idoles dans lequel on adorait les demons et on accomplissait des impiidicites, 
des debauches et des turpitudes , et le voyant maintenaiit devenu iine lia])i- 
tation sainte oii se trouve le baptome, pere ' de la vie et generateur (r.enfants 
spirituels, oü l'on celebre les saints mysteres qui donneni la vie aux mortels 
et oü demeure la cbaste reunioii des saintcs femmes qui rivalisent et chercbent 
ä se depasser et ä se siirpasser les unes les autres en vertu ; qui perseverent 
* lüi. 207 null et iour dans les ollices et dans les prieres * et se mortifieiit dans la 
eontmence et les jeünes prolonges — ne s'ecriera pas aussitöt, dans la stu- 
peur et Tadmiration, et ne dira pas avec David : Quc tes a'urrcs sont yrnndes, 10 
Seignciir, et tu les as toutcs faites avcc sayesse'-; et : Toul cc (juc mit le Scif/neur, 
il le fait dans le ciel et sur la terrr '. 

Notre pere tut done cause de cela et il n'amena et n'attacha pas seulemeut 
les liommes ä la perfection et ä la force d'Ame, mais eucore les lenimes; 
il plara un excellent fondement pour la construction de ces monasteres; i» 
il voulait voir Tagrit accomplie en toute bonne oeuvre et il oxhortait 
constauiment ses babitants ä la piete. Les evenements repondaient aussi ä 

1. Litt. : i' liiere », cur Ic mol (< baplume » csl föininiu tu syiiaquc. — 2. V^. cm, 2'i. — ;$. Ps. 
cxxxiv, G. 



[91] VI. — SES (EUVRES. 91 

ou>a--o o<iQJLiCL.oio ) y .>^- 3A wOjö^-aLi. ^^s^^^ jLj/ y/; oo|.!^ .)JL- w^Jx-ä^ioo 
w»*lvJto ^Kso ^cL*;/o o»©/ oiK..w5 ^^^ liSJiajLao Jok^ ^t^; )V-»! .ov-uio 

.»^N^iOO V.Q..» >0 ^•'^^D )-H® I^ÖlJsJi vS/o .)-:5» jbuOlO ).^ ).iflLJl wOLo/o ^/ 
^s/j •.)LlU.,-0 yO-SJJ UiCL-OiiO yCH )o.01 )jL„OO^iO )j>;01» Uä-/? V^^^ (^ ' J^J-^ 

10 ■ r ^^ ^'^ oi^OL^ ^cuLsJ^o )oop ) 902)0^0 j^loji ). . oaji; ji o'^Nvi^ 



* Pol. 'JOS 
V a. 



10 



* fol. 208 
r° b. 



i» a. 



sa bonne volonte et arrivaient ä une belle fin. Dien liii prepara im aide 
excellent pour toutes ces choses et pour d'autres bonnes oeuvres encore dans 
le veritablement noble et pieux Abraham Bar Isou\ son ami, chef et gouver- 
neur de Tagrit, (homme) sage, paisible, zele pour la foi et observateur * des * loi. 203 
saints preceptes vivifiants. Si quelqu'un, ä cause de ses belles actions, de 
sa foi et de son amour envers ehacun, Tappelait second Abraham, il ne 
s'eloignerait pas de la verite. II imita donc notre pere, s'appliqua ä marcher 
sur ses traces, bätit des monasteres et eleva des autels dans la ville et en 
dehors. (Tel fut) ' le monastere de la Mere de Dieii'\ et avec les revenus de 
sa maison, il les agrandit, les eleva, les amplifia, les enrichit et laissa 
(apres lui) un bon renom et un grand temple ; il honorait beaucoup et aidait 
aussi les Peres et les moines. De meme que ce fidele a imite ici (bas) notre 
Saint pere, je prie (pour) qu'il soit aussi son camarade et son compagnon 
dans le royaume du ciel et qu'il se rejouisse avec lui dans Teternite. 

Si nous voulions parier de toutes (les belles actions) de Mar Abraham, il 

(nous) faudrait une histoire particuliere ; puisquc nous ne pouvons pas les 

raconter toutes, revenons donc terminer le röcit consacre ä notre saint 

pere. Tont ce qui le concerne etait en efTet prodigieux et eleve au-dessus 

■ des hommes de ce temps. Ceux qui, au commencement de la predication, 

1. II peut y avoir ici une lacune. — 2, Ou de Beit Ebre, Cf. supra, p. 89, 



V" a 



92 DENHA. — IIISTOIRK DE MAROUTA. [92j 

jjLSäiUd ^9 vO"^/ .^CDOL^Od ) I, "^O ^; OtK^^J^O y^l ^^Vi o/ vOOi^ )oo( K^l 
)iQJOO|~iOO )io (T> > V>j 61.^0 -.j-j/ O^U-^ts-iO OUSOm «> \o Oll).-«.^ y/ JoOJ 

}yZ )J^-.^Sj>wio -.«Ju/ jLolsKio oiK^t..«^^ v/o .01-^ looi )..^.«wiu )io«^rf>\ >q>o 

)K-OL3jo K-v^! )i^^-*^po 6uS.-D ^'^>^; oul^s^ojlo IIqjuu.-^ ^/o .Jl_ioKio 
^ooj!^ ^:io VÄ^ ,.00 .y^ovL^l ^^o. ^cuUl/o ouuSj )-i.^ ^ä) JJ •jts.^.^^w^f.ibo 
yooC^ )oo( s^oioK^/ )K^9 jlaai^aL^cu:» jl/ .)ooi v.«!!^s.b«^o j^^Mjpeu^) jLiöio oi^^V 
^9 jL«.- luQ^ t ^ »yOO<,\ •>\ jooi jL.A.^w-3 ia-^^-ao .s^oicLw»]] «3_a>a^ y^^l 
^a^i/ )^09 t"«K^o jL*oi.^o \j..„ ,».>a '.otJ^^'o.*^ ^^t~«^! ) A.»y....; )lQJL^^;lK.^a.3o 

^010.^0«^ 't-^! I^öi^/; )Jüa39 U'y-^l JLüKdo . * )..JuVa.^s.^aj 9 ) n » VoK^ 
yOooi.J9 a^oKjt/« ^-«^••/ yOoCSo ^90|laD )K.v>jKSi.«^m oilcL^«\o jL^^. V^«~^ 

1. t-a.ntio T\Is. 



* fol. 208 apprireiit* l'Evangile regurent chacun im don ou denx, selon la parole du 

r° b. . 

bienheureux PauV , mais notre pere etait comble par Dieu de nombreux 
dons et etait aussi riebe pour cbacun d'eux qiie poiir eux tous. Si je pense ä 
son exterieur et ä son visage, tonte mansuetude, intelligence et pbilpsopbic 
y etaient peintes-; si quelqii'un considere sa science, il verra qu'il La r. 
possedait eminente et snrpassant (celle de) beaucoup; sa sagesse et son 
remarquable gouvernement, il sera rempli d'admiration ; sa preeminence et 
son pouvoir sur tont lo bercail de Tagrit et de bi region Orientale, (il verra que) 
jamais il nc s'oublia et ne s'eleva au-dessus de ses freres : il etait bicn 
plus eleve que tous les princes des pretres de l'Orient, mais, par sa grande i'^ 
bumilitc, il etait envers eux comme Joseph envers ses freres, et leur etait ä 
tous comme une couronne. Durant le tuiiiulte et la commotion des querelles 
f[ui arriverent ä son epoque, il se moiitra en tout pacilique, doux et patient. 
Si tu veux donc connaitre sa sagesse et son eloquence, lis avec attention 

* fol. 2u8 le bei ecrit qu'il a fait pour refuter * im libelle iiiipie <le celni (|ui est i"> 
appele Catbolique des Nestoriens et les autres livres de recueils des Peres 
qu'il fit. De ses jeünes laborieux et de ses prieres puissantes temoignent 
tous ceux qui ont eu rbonnenr fle s'asseoir ä sa table et qni rtalent tres 

J. Cf. I Cur.. VII, 7. — 2. LitUr. : le suivait. 



V" a. 



10 



10 



lol. 208 
\- b. 



[93] VI. — SES (EUVRES. 93 

^>^ ^» 1 « V ^ ^9 OlLcL\i^ .O.^^2>oll jJo Oi^ yOli^fJf y»\'^0 yQL^^jjl OOOI 
.AIS.9 yOJOI 1q\o yt-^9 ^vJS.O| io^ s^oÖl jK.oK^.iu^w.0 jKwU^^..^) yo)^ / <^l 

lOOoh^^xJMo )ooi )v^£oo ioV— ^ jiaJOiO lo-si; )'t-^i^/o jjL^sXaii o rf> ii t""-^ 
)_sj I « ^ \r> * «sfs :)o«-^)-» K-^^o^Jio )ioiK.OQ.^o )laJopt^ '^Vr»? ^? '^^ 
I^JL^Jjdo .v-V-oi/ )loV-io lo^io >qi \ «.o ..2LLfl0oU/o o^-» otiAji <3>l ..oiiooi-a/» 
.')ot^)Ld ^icu»oi p yo\.^l laio^ :oi.iCLi_s o^-t K^j^^jo K^).v> ..\» )^^)^I/ 
.|.^eL^ä\.A )^/ )ooM» ycuKSolll otio t >n ,ot ^^^^^io is^V^l/ )oiJ^» ).^l-*90 
• Jloi/ ou^^it- ^^^ «.2Llfl0oil/o oV~*o .)..wb.<^jL.^eL^ o 1 Vi iOt» yO-Joi; ^9 )-^^t-* 
)lcnvi.»o<o )jL*^o jL^oio )v^o ).^/ >Ä.»ajuio^)cu^lK.io pj )joi .^oc^-s/ v^^-^i/o 
) i vi »ot.^ yooil^aL^ |ju.»o l-s/ )ooii ^^^«.^^io |Liu-t-o >s^/o U^*^ . )J^»q.:>q^> ^ oo 

1. I^ßt-/» Ms. — 2. o (pr.) est supra lin. 



eprouves par son abstinence ' , parcc qu'ils avaient honte de manger, voulaient 
rimiter et ne le pouvaient pas. Quant ä ses prieres, nous avons vii de nos 
yeux et vous (avez vu) aussi qu'elles etaient eflicaces et puissantes poiir ceux 
qu'il benissait et pour ceux qn'il maudissait. 

J'en arrive ä admirer Faddition d'une lettre qui a ete ajoutee a son nom. 
Avant de recevoir le pouvoir et Thonneur du pontificat, il se nommait et 
s'appelait Maroiit, mais quand il eut grandi dans le sacerdoce et dans la 
vertu qui assimile a Dien, ainsi que dans le grand pouvoir de sa (eharge) pa- 
ternelle, son nom aussi s'agrandit et fut allonge et on Fappela Marouta au Heu 
de Marout. II apparut par (ses) oeuvres que c'etait avec convenance et ä bon 
droit qu'il avait grandi dans son nom, a l'exemple dWbmm, lequel, quand il 
crut en Dien, * et fut appele ami de Dieu, fut destine, ä cause de sa foi, ä etre * ,„| 208 
le pere des peuples — il est evident que ces (peuples sont ceux) qui ont cru 
au Messie — et grandit et une lettre fut ajoutee ä son nom et il fut appele 
Abraham, ce qui indique quand on l'interprete : le Pere, le Fils, le Saint-Esprit, 
la Foi et le Bapteme". De meme, puisque notre saint pere etait le pere et 
le chef de tous les fideles de TOrient en meme temps que rilluminateur, le 
docteur et le sauveur de la servitude du demon et du peche, c'est avec 

1. LH f. : par son peu de nourriture. — 2. Les cinq letlres syriaques du nom « Abraham » commen- 
cent respectivement chacun des cinq mots de l'interpretation. Ce passage montre bien que le syriaque 
est le texte original de celte histoire. 



V b. 



r a. 



1)4 DENHA. — HISTOIRE DE MAROUTA. [94] 

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^^^^9 O^Ä po .OlV^i/ Ooio ^"^s.«-**!/© )jLdO Oipi/ ^iVio JKjLdjO .OU^Ol^^ lU 
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JJo M' *v> Jl/ -ooiU/ )Jo sJl-^Kjl/ jJo .)l-s;oVo )Va^j .|Jl_jo )y ^ ^ 

""^«.^CM v5^j)-' o(.^a>^; 0001 > >*^S •^).^ o ^» y-*\^ .> «» « \ .«o vooj^ looi )^p 

1. Ms. om. V\- 



raison qii'une lettre fut ajoutee ä son iiom. Chaqiie fois qiie je repasse ses 
vertus dans nion esprit et que je ine rappelle sa saintete, je gemis et je 
souffre de ce que moi qui ne suis pas digne de la poussiere de ses pas et qui 
ne suis capable de rien, je nie tronve eleve ä la place de ce saint par les 
jugements inefTables de Dieu. II est un mur et une armure puissante et invia- 5 
foi. 209 cible pour tout son troupeau en meme temps * qu'une couronne et un snjet 
de gloire pour toute rp]glise de Dieu. II se rejouit dans ses cliers fils et vit 
leurs bonnes actions, il vieillit et fut rassasie de jours. Comme il est cncore 
öcrit du patriarche Jacob, il vit ses enfants et les Hls de ses enfants ', il rcQut 
la recompense de ses bons travaux meme des ce monde et s'en rejouit. 10 

VII. S.v MouT. — A la fm de la vingtieme annee de son episcopat, il 
termina sa lutte et sa course et annonga sa mort. Une et deux fois il Tut 
malade, il en revint et reprit des forces, puis toinba malade de nouveau. 
Quand il fut pres de rendre son Ame a son inaitre, il s'agenouilla, pria et 
benit la ville de Tagrit, ainsi que tous ses liabitants, Iiommes et femmes, 15 
pctits et grands. II ne se troubla pas et ne craigiiit pas, mais il demeura 
tranquille et sans agitation ä Tbeure de sa mort, avcc un visage paisiblo. 
Tous les liabitants de la ville etaicnt dans Tangoisse et la soulfrance et 

1. Cf. (Jen., .xi.Y, 10; XLVi, 5-27. 



(951 ^'IT. - SA MORT. 95 



JIS»/ JL^»/ |1 ^D K-l^.^ ^-1 O.Ol .^io/ )JLtJ5 ^ ^; JJ .-^»Z vQ_»/; )JL-; 

r> .)K^u^ )io ^ » <y> ^ s-tlSlao - . oiJ^aji JSwd oujl2ü «^ouS -.oi-ia^)^ s^o(oV^.«O)0L^i 
^^ :JLäjo I^-ä^ )KjL.^-io ^Is yooi \ 'K) ^asoo r> ,y » \ .d ^oCSwD qjuldI/o 
.'))^^i.,^D )L«ojo )v^-*)L2 l^otj ) ^m'S> ..#010 ««Wo ».^^...ÄQ^o ^^o y^^-^ > v>ö n 
jK^^aMt^N^o Ka^ |v> n ftviN.,^ s^oio V) foo .ogi^ Q^oKl.l/9 ^^j^o ^;*^^^^^/ ^d 
Of..^:^ >oa^ ^^Ol^o .w^Kao ));.^CL^«Jii Kjlji9 V-*|L:d ^VK.::» )K •> n •> «JK» «^ o 

1'^ |l^.9K.:>o oilcL^v^f > n iv> »ot.^ ^3 'Wm ! » v> ■«■' )j;o(Q^o )LjL39Q-00 )jp09 Oi^ 

OtlÖ N*-5; ^1 <=> » SJ^.^ JL-Ä^^^ ^^^^ ^f; 00|.ISi .yOOt » \\ ^CL^'^O )oC^ vOOib^ 
"""^N^ >Q.MpO I^V-^ ^£Da.MJ -JoC^ ^t^^; K^j'^K^O ) t »»,f» yOO(JS^90 vO^/9 
JK^OIQ^O ^^^ ^^ 9t.iÜO .^JL«« ^90^ ''^K^ ^< «fJ^JjO .)Ju/ ^*JLd ^Oi^wO 

1. h^<">o Ms. 



* lul. 209 
r» b. 



* fol. 209 
v° a. 



pleuraient, poiir ainsi dire, afin de raccompagner ä cause de leur amoiir pour 
liii et pour ne pas etre prives de sa vue et du commerce de ses prieres. 
G'est le moment de comparer la premiere rebellion * contre lui et leur ♦ foi. 209 
adliesion actuelle dans son amour et nous louerons Dieu qiii a tout fait et 

5 qui finit par donner la preponderaiice au bien. Aucun saint ne pouvant 
fuir la coupe de la mort ä laquelle fut condamne notre pere Adam, il 
s'etendit doucemeiit dans son lit sans qu'il put s'apercevoir de son ago- 
nie pas plus que ses disciples, et il mourut dans une bonne vieillesse. 
Tous les clercs se reunirent, ainsi que tous les liabitants de la ville, 

10 hommes et femmes, toutes les tailles et toutes les classes, puis ils enseveli- 
rent ce pur vieillard avec honneur et grande pompe, en se lamentant et en 
pleurant d'etre prives de lui. Ils le mirent dans un sarcophage dans le 
Saint baptistere le samedi deux mai ' de Tan neuf cent soixante (649), puis 
tous les jours, durant cinq mois, ils lui firent memoire, offrande (du saint 

15 Sacrifice) et souvenance, confiants que, par ses prieres, Dieu se reconci- 
lierait avec eux et aurait pitie d'eux. Nous aussi, pecheurs, nous le sup- 
plions afin que, par les prieres de notre pere, de tous les saints et sur- 
tout de la Mere de Dieu, le Seigneur prenne pitie de tous les hommes et 
les ait en misericorde; * qu'il nous aide pour sauver notre vie; qu'il nous * loi. 209 



v° a. 



!• Synchronisme exact. 



m DENHA. — MISTOJRR DE M AHOUTA. [9()] 

)JSoLiy V> •> K^|.^^f^O .OlK^V^ CH^^Jl^O Ollp.^ Ot.^O.'^KJtO OUL'^ )V-^<^ ' i^ ^Z 

• • • • V 

)K» 1 'S; > .. v> jicLw^^oo )io9^^o jLnöK^io jJUfLw. ogi^ ^'^.„^J^jo .6^^v^^-^<^ 

•:*^.A^o{ ^- . o c ^ K^ ^Q^«.^o ^j\ *> ^o )^oi :).Ju.t^ 



* fol. 209 
y b. 



10 



.jKju»^ jKjLi^ K^'f^9 

1. ]t>^'rM [sie) Ms. 



envoie tout don utile ; qu'il fasse regner sa paix et son salut dans toute la 
creation et surtout dans cette ville, qu'il liii augmeiitc les biens, qu'il 
Tontoure de sa craiiite et de sa force comme d'uii mur et d'avant-miirs, 
(jiril la garde, qu'il en chasse les disputes, les combats, les rebellions et 
les plaies funestes; qu'il la rcmplisse de paix, de salut, de sa joie et de 5 
raboudance dos biens; qu'il nous conservo tous dans la foi orthodoxe et 
dans l'observation de ses saints commandements jusqu'au dcrnicr souflle 
et que nous fassions ce qui lui plait durant toute notre vie, afin qu'apres 
avoir imite les excellentes actions de notre pere nous arrivions avcc lui ä 
la fm bienheureuse et ä la part (ä Theritage) qui echoit aux saints dans u» 
la lumiöre. Tous en meme temps rendons gloire et action de graee au Pere, 
au Fils et au Saint-Esprit, niaintenant et toujours et dans les siecles des 
siecles. Amen. 

Fin de l'Iiistoire de Mar Marouta, metropolitain de Tagril la ville bönie, 
• ini ju.,! ,jui fut ecrite par le venerable et saint Mar * Dcnha, metropolitain de la memo '•- 
sainte ville de Tagrit. 



TRAITE D'AHOUDEMMEll 



SUR L'IIOMME 



INTRODUCTION 



Le commencement de ce traite est conserve dans le maniiscrit syriaqiio 
add. 14620 du British Museum. Ce manuscrit, ecrit d'une maiu nette et 
reguliere du ix" siecle ' , renferme quelques traductions d'auteurs grecs et 
un opuscule d'un auteur nestorien, David de Beit Rabban. De 14 cahiers 
(ou 140 feuillets) il ne reste que le cahier 12 et quelques feuillets des cahiers 
10, 11, 13 et 14, entout 30 feuillets. 

Ahoudemmch nous apprend ici qu'il a dejä compose uu traite sur Thomme 
microcosme et qu'il ne veut pas traiter a nouveau des memes matieres; il 
veut seulement exposer aux amis de la science comment Thomme est forme 
de deux parties qui ont chacune leurs Operations, bien quVdles ne constituent 
qu\me seulc personnalite. 11 traite d'abord de Tarne et de ses puissances ou 
facultes, puis de Tunion de Tarne avec le corps et en particulier des sens 
du Corps et des membres qu'il nomme directeurs. II explique ensuite ä sou 
point de vue le mecanisme de Tacte liumain pour montrer qu'il procede de la 
personnalite unique de Thomme. 

Les idees philosophiques de Thegcmonic de la raison et de la [Mao^nq (II, 
2° et III, 1°) sont d'Aristote. Le röle de la volonte qui est en dehors et au- 
dessus du corps, la theorie des membres directeurs (dont on trouve ä peine 
quelques idees dans Ilippocrate et Galien) et celle qui place la source de la 
sensibilite dans le cerveau sont plutöt personnclles ä Tautcur. Les idees chre- 
tiennes se reconnaissent dans le röle donne ä la liberte et ä la personnalite. 

Au point de vue theologique, il est remarquable que T auteur n'emploie 
pas le mot nature mais seulement le mot personne ; il insiste beaucoup sur 

1. er. Wright, Catalogue, p. 800-803. 

PATR. ou. — T. III. 



98 



TRAITE DAIIOUDEMMEH SUR L'HOMME. [98] 



la divisioii de riiomme en deux parties et n'emploie pas la lociition « une 
nature », ce qiii scrait plutot contre les Jacobites, car chaciin chereliait dans 
le compose humain des argumeiits en faveiir de sa tlieoiie de Fincarnation. 
D'autre part il emploie les mots « une personne », ce qiii est ceitainement 
contre les Nestoriens ' ; nons sommes donc encore conduits par lä ä considerer 
Ahoudemmeh comme un dissident Nestorien rattache par liasard au mono- 

physisme ^ 

Le slyle du prcsent traite est diffus et charge de repetitions, Tauteur 
semble bien ecrire au courant de la plume sur un sujet deja traite par lui, 
comme il nous Tapprend, dans son ouvrage sur Thommc microcosme (II, 5°) 
mentionne aussi par Ebedjcsu (cf. supra, p. 11). 11 est du moins remarquable 
qu'au uiilieu du vi^ siecle la philosophio grecque ctait entierement assi- 
milee chez les Nestoricns, leur langagc pliilosophique etait riebe et souple 
Sans aueun emprunt de mots grecs et les tbeorics dWristote etaient complc- 
tement demarquees et melangees a des tlieories etrangeres au point de con- 
stituer une philosopliie originale. 

Notes sur le texte des histoires d' Ahoudemmeh et de Marout\. 

L'histoire de Marouta renferme un certain nombre de tournures grecques 
qui temoignent que Denha avait sans doute etudie cette languc. Cependant 
il ecrit 95« ^'^^-^■^ qui repond assez peu au pluriel grec. Le manuscrit est 
Hiauvais, non seulement parce que Teuere a presque disparu par endroits, 
mais aussi ä cause des omissions et modifications; il a deja ete corrige comme 
on le verra aux variantes. D'ailleurs la comparaison d'un passage 7'2-,.n avec le 
texte grec original donne une idee des allerations subies par le texte, c'est de 
cette maniere que nous expliquons aussi les nombreuses diffcrences entre les 
citations bibliques et la Peschito. 

Le ms. ne renferme aucune voyelle, mais seulement des points diacri- 
liques, le scribe prodigue les clil's : i^-i-shi- 1",„: -o,o^ij; ^.^^iv^ '•«„; ^f^r-i '>\- ilv^i '-,; 
«'t les ribouis : ^:-«>v^ -^'V, --'■^ v-^oi '>-,,: ,j-*^ ■'■'■,■ -soi »v Lorsquc nous avons supprimt' 
un riboui ou rcgularise quelque mot, nous avons donne la lecon du ms. aux va- 
riantes. I^e scribe na pas une maniere uniforme dV'crire les mots. On trouve : 
oiis^^i &3y et \f^r '"'■':.■ ,1 ■':.•'. etc.; i^^m i-v, (Ms. et non l'edition) et iu<" •^".,: t^u^^>%'-ij et 
ts-w»^ 7-j,, 7'..; ULJ/ -^:i:i. :;:!,„ et .jLJi^(Ms. ct iioii Tcdition) »'„; y^i •-^ •^', ^'i 1-*^-:^ '<\ •^',, '■",:,: 
^::iLL '.i,„ (jI ^»l Vi,: lyi^Mj •«, et );^ii :»j„ : (1 .9/ 17,.,,,,, 7i„ et M/ ■^'i,,- M^me diversite pour les 
noms propres : itoov^ ."-«\. » et aillcurs injo;^': va>a*auL/ 7;^,, et vÄ>a.|.flDpL/ 7'.i,; il^^^ -'i„ «<■•-..•. ^t 
|i5)^Hs,,_ s'.ij-, j^oi 2-j,| el ^o). (.10,^,: a»;p r.(>,3 et uso.^j 7i'^. 

1. Au3;i cerlaiiis niss. d'EbedjösU suivis par Assoiiiaiii uiil ?-ub.>liLui3 Ic pluriel N*^^ au lieu cl place 
du singulier qui doil llgurcr dans le tilre du prösent Iraitö. — 1. On peul encore faire valoir en fa- 
veur de ceUe opinion que le Nestorien .Tean Bar Zugbi eile Ahoudemmeli au milicu de grammairiens 
Nesloriens comme r6v6quc Jesudenah, Klie de Nisibc el Josi'pb Huzzila. Cf. Assemam, K. ()., III, i, 
308. 



[991 IXTRODUCTIOX. 99 

Nous avons laisse avoc Ic manuscrit rr'^'. •'•^o au lieu de /-r'*'?? cf. 76^, et lov^j^^i^ 
au lieu de i-or-*-^. La grapliie est eu general soiguee et reguliere, cependant If 
vav est asscz souvent uiii a la lettre qui suit : f^op *\; i^^^^<»^ j'.; ^^ 39,.; oj-^i^a 40^; 
p;>ixo(pour ppx:^) 'is^ etc. II eu est de meme ici du Ms. 146'20 ' . 

.J'adresse enfiu tous mes remerciments ä M. Kugeuer, professeur ä l'uui- 
versite de Bruxelles, qui a bieu voulu relire loutes les epreuves du present 
travail; ä M. Brooks qui a compare une deruiere fois les mots douteux avec 
le Ms., et a M^' Graflin qui m'a rendu de nombreux Services au cours de cette 
publication. 

F. Nau. 

Paris, noveinbre l'JUö. 

1. Nous apprenons que M. Kmosko a publie [Oiiens chrislianus, III, p. 384-415) une homölie syriaque 
altribuee ä « Marülhä. » Sans aulre indieaüon et a monlre qu'elle etail plus probablement l'oeuvre de 
Marouta de Maiferqat (cf. siipra, p. 52, note 1). Nous ne l'avons pas mentionnee d'ailleurs panni les 
(j'uvres de Marouta de Tagrit ^cf. siipra. p. 55, II). 



♦ ♦ 



).JL./ Oi^K^/ )-JL^i.»J ..)-JuJ^1 OfOcDO^J )l»aio»lj )lK-K-w. )iaJL3i»K.boA* 

.)oiJ^9 v^öiot-Ai.» jia^md K^)K^K-w, >»t-'! yujtl**i/ )i^csi^ )>n ^ r ^ ^»io» 
)la- n rr> ^ .|t-^?o f-i^aj; .v^b^2t-io vöjLbo ^VK\ j^-JU^i oojj ^-^^ ^^^ 

otlojK w i in^ ^/ ]1J .o(lio\ "^yJ^j Jio vÄjÄ^ cxlauLioj (jutJaSLi 'ja-w^i>ca 

1. ov-seja^M Ms. — 2. ov=»oai.< Ms. — 3. om. Ms. 



* fol. 2« 
1" ;i. 



TRAITE D'AHOUDEMMEH 
SUR LA COMPOSITION DE L'HOM^IE 



r° a. 



I. ExoRDE, Comment Vhomme pcid-il etre nn cn ilcu.v partics' ? — * Com- * fol. 2(J 
prendre de maniere exacte le predige de la composition de rhomme est (le 
privilege) d'un esprit instruit par la grtice divine pour comiaitre exactement 
le secret des oeuvres de Dien. Car de ce que rhomme est divise cn deux 
parties : Fame et le Corps, il a graiide difficulte ä s'elever jusqu'ä une exacte 
investigation de la composition de ce prodigieux instrumenta II n'est pas 
seulement ardu et difficile de le scruter qiiant ä la distinction de ses parties, 
mais aussi quant ä sa personnalite qiii est une et unique dans (ses) actes, 
(ses) oeuvres et ses paroles. Comment chacune de ces(deux) parties de l'homme 

1. Nous ajoutons des titres dans la traduction, afin, comme nous l'avons dit, d'y introduire un peu 
de clarle et de guider le lecteur. — 2. (txüOo? 9ay[;,a(Tr6v. Cf. Eccli., xliii, 2. 



ini TfLUTE DAHOUDEMMEH SIR LHOMME. [iVT 

• j^Äoe In - l>*o 1 r> Lci-3 ot'c>iv> ^^o« ^-^ 1^— 1^— ^"^o :Lxj,^ bei 

I ,. n \ U^i^c-= ::>^ ^11 .jK^'n.N IIa— »—3 Uo-^i'o )La-a_A ),— s 

. rl ^ A^U i; ^ \ ■^. Liwiusc .jL^ I^JLi.c Li:i.a_-s yccn-bo« l^>_^DI^vJlO Lio*. 
L-2C— sc Loc-tc *->-^x 1-^— ^-— 2*«^oc «a— \k_5 OCü I^^wi-SC I^^Ju^i ^JJC 



[ 



söQt-elles distinctes dans eelte personne uniqne, et divis^es par les proprie- 
les de leurs opeFations, chacime dans son domaine? Comment encore, avec 
f^iueo'rde e: te, avec nnite singuliere. concoureiit-elles en un prin- 

'..^ . ijnique de töBtes les ceaTres^ des actes et des paroles? — e'est trcs 
düBcile ä eoimaitFe. C'esI \ä en effet le chemin et la voie qai sert dentree " ä s 
toate d€>ctriiie concenmnt (Fhomme] . A cause des nombrenses qnestions agi- 
tees de temps ä antre par les amis de la science, Je vais parier brievement de 
ITiomme Im-m^me afin de tranqnilliser Fesprit de ceux qui le demandent. 

IL De l'ame. P Son importance. — Commenrons notre etude snr rhomme 
par Yäme. Elle est en effet le principe et le fondement de töüs les actes et de in 

ites les o&nrres et paroles: e'est par les mouvements de ses Operations qne 
: -le« do Corps Tieiment aassi en evidence. Car ce compose de la personne ^ 
sin^.. ^ de rhomme est double, aassi son Operation et ses mouvements 
'manifestes) par les actes^ les GBnvres et les paroles sont doubles (egalement i : 
les uns tombent sons les sens, f andis qae les autres sont an-dessus des sens i^ 
et ne sont perr-os qne par l'intelleet^ En effet la vue, Fonie, Fodorat, le tact 
et le goüf avec le sens Ini-meme et avec Foperation de ce sens, comportent 

T. £r>/. .- ea ane clio=e. — 1. LitL : qui frale rentree. — %. Cest le Utre donne a ce traile par Ebe<l- 
-soAiÄ» lasaj j "^.i.. u ne fa^ don£ pas ecfire ]»9Zia aa ploriel}- Cl inpra, p. 11, note 3. — 
4. Ltti. : ^fSi la scieace. 



* fol. 2»; 

i'b. 



^103] IT. — DE L'AMl«:. 103 

^JU^Ji. V) )wlU'f^9 OtJS^f )Iä.JL.^ ^^ jy^ )^^ ^^^iiO) )^^,«wu..> ) ^f>0 \ ^;^^ 

)K^» JK^jo )K.iCL-- .^-icu^ Jl..^-*:^ ^--uöt ^/? ^^IVi lioJt S\v> oi^ K-./ 
ool jK^o^o .)ia ni ». n 6ii.Q~2L-^o .ouK»/ )la«^«VJi )^^h ^^ 6(ia.jL^.d 
jla.^ ^^ "^^flo ).jLw. yo^ OQ^I ^«t-jf Jv-^K.^a.^ |Kml^) JI.-.«^^^^ 

1. Ms. om. 0- — 2. li>»»^ao Ms. — 3. ^^U Ms. sie iiifra. — 4. «La».*;* Ms. 



encore autre chose qui ii'est concu et atteint que par rintelligence et la 
science de ceux qui scrutent les actes et cherchent ä en obteiiir uue exacte 
connaissance. Aussi nous commencons tout d'abord par etiidier en particulier 
chaciine des parties de riiomme, puis nous avancerons et descendrons dans 

•'» uolro traite 'vers ces choses singulieres et personnelles qui se decouvrent ♦ r,,i. 20 
dans cette unite persounelle de riiomme. 

2° Ses puissances et leur classißcation. — 1/äme a deux puissances ' : la 
raison et la vie-. La puissance vitale a deux Operations qui s'elevent aussi au 
rang de puissance : la colere et le desir \ Le desir est entre deux autres ope- 

i'i rations : la moderation et le dereglement '. La maliee du desir est le deregle- 

ment et sa honte est la moderation. La colere^ est aussi entre la crainte et 

la vaillance''. L'operation qui est faite avec la vigueur de la colere est bonne, 

mais Celle qui faiblit devant les passions et qui craint la mort est mauvaise. 

La puissance rationnelle a d'autres puissances qui aboutissent aux actes' 

1. Nous Iraduirons loujours U:^- par « puissances «. Le mot « faculles », plus eloigne de la racine 
syriaque, serait souvent excellent. Le grec eorrespondant semble etre oyvi[ij'.;. — 2. Cf. Aristote, De 
(Uliina, in, 3 : 'ETiet 6s o-jo S-.apopai; öp'Ülovxat (liXta-ca ir;j 'I/'jyr,-;. -/.v/rßti ■zt -zf, xati TOJtov, xat tw voiTv.... — 
3. La raison, la colere et le dosir se retrouvent, seinble-t-il, dans le te.Kte suivant : ttj; •l-jyja xatx 
n).iTü)va [j,£(>iri Tpia- XoyKTcixov, Oy(i'.xöv xai £m6y(i.YiTix6v. Ms. grec de Paris, n° 2599, fol. 181. — 4. Les clas- 
sifications analogues sont frtiquentos cliez Aristote, par exemple : Swspoiüvri S' satt [ii^ÖTri; ixo/atria; 
v.at ävatT6r;aia;. E(h. L 21. — ö. l^-vi*. — OujAci; et pourrait aussi se traduire par avopsva. — 6. cf. Aris- 
tote, Etil. EiuL. in. 1 : Ifilo-i iü; y-, \ii<rri otäSiffi; OpaTuöriTo; xai osO.ia; £aTtv avopsia. Sic EÜl., I, 20 et E'/i. 
yic, II, 7, — 7. Lill. : qui se conipletenl par loperalion. 



r • b. 



10'. TRAITK DAIIOUDEMMEH SLR I;II():\IME. [1041 

jla.m i>>ci K^i^^ ».j^ooi ^«9 0,01 .)L-3L.>a^w^\ jjooi K.«^^ ).^^^o .)^s.:bQ..JS> 

^^ .Jlij^^^! ^-oC^! UXioa» loix ^ -^p« ..^^»cl^ ^o, ^, o.o, 
vjaa . ^^^0 )jLi^9 ^flciol ♦ Jlojy ^\-v> ^.io j,.-^ f^^ loS. )j^o.o^ JL.»^^ ks.^;U/j 

• * 



ei se fönt (aiiisi) connaitrc : la connaissaiice ', Ic raisonnemenl ■', rinlelli- 
gencc' et la penseo'. Lo raisoiiiicment est place entrc le dcsir et la colere ; 
la connaissance entrc rintelligence et le raisonnement ; rinlelligence cntre Ic 
calme et l'agitation'; la pcnsee entre Tobeissance ''' et la dcsobeissance ', 
cliacuii cFeux est Faide et le defenscur de son compagnon qui lui est uiii par 
Topcration de Facte, laqiiclle (Operation) met en cvidence Ics puissances 
cachees dans Farne, l.e dcsir et la colere nous poussent ä toiis les actes pour 
nous en approcher 011 pour nous en eloigner; cliacun d'cux, cn cfTct, est situe 
entre deux Operations : le desir nous rapproche et la fureur^ nous eloigne. 
Cela a lieu aussi chez les animaux qui sont prives de la parole et du raison- 10 
ncnicnt". Le raisonnement nous pousse ä Faccomplissemcnt des Operations; 
quand il a öte mis en mouvement par une puissance intellectuelle vers quel- 
qu'uue des Operations, la pensee rctient et FintcUigence modere cette puis- 
sance, car cliacune d'elles efTectue sculement ce qui lui est propre vers Fune 
en parlicnlier des Operations, par exemple vers la sagesse, ou vers la science, 15 
ou la prudence, ou les oeuvres, ou Facte '". L'oeuvre et Facte sonl uu nalurels ' ' 
ou artificiols, s'ils sonl accomplis par Fart ou par le raisonnemenl. 

1. yvwat;. — 2. /oytano;. — 3. voO;. — 'j. ewoia. — :>. tapa^iQ. — 0. eOiteiOeia. — 7. aTteiOeia. — 8. öpYrj. — 
'.). Cf. Aristoti:, l'Jtli. Eu(J., II, 10 : H-jp-öi; ixev ojv y.ai £ÄiOu!J.ia xai toT; Or.piot; OT:df.y£i. — li>. Sage^^sc, 
science, pruderico, o:uvrc et acte sont donc des operalions edectuOes par les puissances. — 11. II faut, 
semblc-t-il, ajouler ici : « s'ils procedenl de la naturc ». 



[105J II. — DE LAME. 105 

..vOOt-K.-./ K-U-^D |.A^4-S )K.^^;io JJOOIO l-^yJ^O | -) fcg^Q ^, Jloi^^w^SOiO 

^1/ )v^j j)a^ ).x-ajj JK^'^^^ ^, ^oi * .)>s5^o;o )K^;o )ia^^ ^.; 

»a-Vä ^; )joi .JLdoäjo )Kia-a^ ^.io J-j^i fh^y.^ vs/, ^/ .|ju^;o |jooio 

r, ..^äjiQlJ^ .röJt^^^ V-^^poo« Ji^-^iaDj )Ki.^.-:^ 1jl3Jl.\ v^i^ioo JKioi^jJ 

jLjua-auOo .JLaoÄjo )KiCL_a-«jo lioiJi^.,.^» Jj^i^OÄ ia.'S. )^^iCL.\ jLiojLioo 

1" cH.joa2i^ "^^"^i^ )ooiJ Jio .jloiKw^ioj vOo6o )pLi.o :JJLOaix>o )fiocLaL--o )Ki.^^ 

* ♦ . 



* fol. 2C, 
V" a. 



v" a. 



))" /?o7e f/(^.^ puissanccs de l'ämc. — La raison, Ic raisonnemeiit, la coniiais- 
sancc, riiitelligencG et la pensee se Iroiivent naturellemeiit dans Lame, 
commc la vie, le desir et la colero. *Ces proprictes de l'ame se revelent el * loi. 21; 
sont saisios par nos sens avec (celles) du corps. La connaissance, par sou 

5 Operation sur l'äme, Femporte siir le raisonnement, l'intelligence et la pensee 
— de meme quo la science l'emporte sur la sagesse et la prudence, — car 
eile ' est proche des choses divines et eile eleve l'äme ä la connaissance des 
clioscs cachees. L'intelligence regle le raisonnement et sert (ä diriger) la 
connaissance vers une oeuvr(? de perfection, de sagesse et de prudence. Par un 

10 jugement prudent, la volonte est fortifiee et affermie contre les passions et 
les mouvements de la nature; eile sert l'intelligence et fortifie le raisonne- 
ment et, par son Operation, eile les reunit tous deux dans sa puissance pour 
recevoir l'operation de la connaissance- et frayer un beau sentier ä la raison 
vers la science, la sagesse, la prudence et toutes les oeuvres de perfection, 

15 pour que le bei ordre de la raison ne soit pas trouble et que l'äme ne soit 
pas conduite, comme les animaux, par les actes, le desir et la fureur, ni par 
les mouvements de la nature au point d'etre un animal sans discernement, 
mais (pour que) tout ce qu'elle fait, dans Tordre de la raison, soit fait dans le 

1. La connaissance. — 2. La prudence et la rectitiide du jugemenl fortifient la volonte qui syn- 
llietise en eile l'intelligence et le raisonnement pour aboutir ä la connaissance, laquelle semble etre la 
science en acte. 



106 TRAITR DAHOLDE^niRlI SUR I/HOMME. 11O6] 

|jpo/ .)>^MO )J^^^»; jjV^di»» j-*^:i.:boaji iol!^ sooü^ t-^po )jL.^i|0 .jju^^o 

♦ )v^j |jLiQ^ ^01 |.jL^,- 
)jL>^:d«9 |_x^2^a_Ju-:s .jjooio |jL,i^?o Jljxjlo^o j^^^o )ia^..^^9 '"^^»s^io 

)K3u-j;-j>o )KJL^; '^^^^io .)ia:^^-aL^o IKäcuaus* JKiL^o )Kjl-X-s .^-.ouIVl 

|.-JL..^^i? |.jL^s^a.a. J^-»^-w.l qJ^ •J>^»o )-^oJo r~*«^ ^^^' JKSwio J n > 1 nf> 
• Jt..««J9 0/ >n «\Kj; 0/ :VxVJ JJ? o| ^? W*^? . • yOpj-^JS v>rt t JJ / ^1. v> > m m 

* r.)i. 20 )^^ )^^ V-^^^'^^"^ .)K-^jK^; )KjLio ^^ jl^wjxoco ).x3l3 ss/i ^/ .^ouK-,/ * 

J^^POO J ^ »O .. yQ^v>^0 .J^>J ji y/o 1^0 y/ . Jp^KmV) 6gL2)^ ^OfJL^ 



1. Lo^i. Ms- 



discerncment de la lil)crtc et de la volonte. La liberte est sous la depeiidaiice 
de la volonte, et la volonte conduit les (homnies) ä raccomplissement de 
Tacte, du desir et de la colere, c'est-ä-dire qu'elle s'approchera ou s'eloignera 
avec l'aide des cinq puissances de Tarne et des cinq sens du corps. 

4° Importance de la volonte. La libeiie. — Comme la raison, la connais- j 
sance, le raisonnement, la pensee et rintelligence dependent de la volonte 
comme des serviteurs sous le pouvoir (du maitre); par leur Operation eile 
accomplit et fait les deux (contraires) : les biens et les maux, la sagesse et 
la folie, car les biens et les maux, la sagesse et la folie, ne sont pas 
des puissances de Tarne mais des actes et Texpression des puissances. C'esi i" 
pourquoi ce n'est pas le moment d'en parier, parce que ce sujet a besoin 
d'un traite poiu- lui seul. Mais le desir, la passion et la colere ne sont pas 
places sous la puissance de la volonte; leurs actes' seuls le sont. Desirer 
ou ne pas desirer, soufTrir ou se rcjouir ne depend pas de la volonte mais 
* u,\. 2(i de la nature. La douleur et la joie dependent de la partie irascible * comme '■' 
aussi la faim cl la saliete (dependent) de la parlie appetitlve. Chacun d'eux 
s'accomplit en son temps, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas. Ainsi 
le raisonnement, la connaissance, la pensee et Tintelligence, puissances de 

1. Lid. : leur accomplissemenl. 



V )). 



10 



15 



[107] in. — DE L'UXIOX DR L'A^FE ET DU CORPS. 107 

.^Va pLw^DO .)-iuajj )-jla^^ JLw-«J .JKio^o ^-.1 )^^' •)~*-'V-^ ^oioK-( 
)Lju^;o J-a-AQ.«.» o.o» ).JL-i^-.po ..^-» ILi^t^io .(.JUwJSj a.'S.o .^-«^oii \.^of ^b. 
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^ ypo/j "^^^ .^-^^t^ >=^"'^^! U^ )^V^^ •po)-'? )j^ )V^? )~*^' 

1. ILa*»*:^. Ms. {supra |t.a. ?' *. >v ). _ 2. ov^-- Ms. 



la raison, qui sont los premieres et particulieres puissances de Farne, sout 
placees sous le pouvoir de la volonte; c'esi la liberte. 

5° Rapprl de sujcts drja traith. — Nous avons parle de la liberte et de la 
volonte dans l'onvrage que nous avons compose (sous le titre) : que Vliommc 

5 est un microcosme ' . Le desir et le courage appartiennent ä la puissance vitale 
de Tarne; la nature, et non la volonte, preside a leur mouvement. La connais- 
sance est le moteur du raisonnement; la pensee virilise et fortifie le raison - 
nement; rintelllgence regle son exteriorisation - vers un acte de perfection, 
de sagesse, d'intelligence, de parole correcte, de prudence (et) de logique. 

10 La nature excite le desir et la colere, pour s'approcher de ce qui lui est utile, 
comme pour s'eloigner de ce qui lui est nuisible; cela se trouve aussi chez les 
animaux"'. Nous en avons aussi parle dans le tniite sur llioinme microcosme. 
Nous avons encore dit dans co meme traite comment les Operations du corps 
sont apparentees. 

III. De l'lnion de l'ame et du corps. — Maintenant donc, au sujet de 
cette partle rationnelli' de Taine, il nous faut dire dans le present traite, 
comment ses puissances s'unissent avec les sens du corps, car — nous 

1. Gel ouvrage esl eile par Ebedjesu, cf. supi-a, p. 11. — 2. Litt. : sa sortie. — 3. Cf. supra, p. loi. 
— 'i. L'auleur, qui doli Iraiter ici de l'äme et du corps, commcnce encore par les Operations de l'äme, 
nous pourrions dire par les vertus et les vlces, II reprend et generalise ce qu'il a dil plus haut, II, 2". 



108 TRAITK D'AIIOUDEM>[En SUR Lno:SIME. [108] 

^ S ei ^/» l-^'i* "^ JL^jtoo JJ? JJL.^V^ ch-ol-D©; ^»»i^j vf> m ^ » ..^'Vi^'^ 

JlÖjLiOj ^-oO^I JL^O )jl-SlIj oC^^; llo-LiO K..^^^ V:*^*^ "^^ jlCH ^'^O.O 

otlojx^ l-aij^a— jo ♦jlo^'po oiIoji^jx) .Jfco.^ ou)^/ oilojaL^ ^j )-^t-^; 

vJL-j/ 9a^)j9 w*6( Ko^ )■ y\*...o )la m «>o?o ♦ JL^ö-^ )^^^-^ K.«w^ )l o v> « '\ «■ 
♦ )>^\ - "^ ^; jl.«^^ I •> \>o ^oud) :Ji..son \m ^IVi K»*^^; )ia.A>>> >fl.s> 

1. ILo^^Ms. 



1" a 



Tavons dit plus haut — la pensec qiii ii'a pas ote cxerceo ä de tels sujets a 
peinc ä saisir la compositiou (de riiomme); c'est poiirquoi iious avons separö 
d'abord les parties de Tarne et les puissanccs de ces partics afin que Ic 
discours devienne clair poiir ceux qui aiment ä s'instruire. Nous avons parle 
anssi de la force de chacune de ces (puissances), de Fetenduc de son opera- :, 
tion, et du fondement de leurs habitudcs (t7.^ic) dont dependent tous les actes 
des etres raisonnablcs. 

1** Classißcation des Operations bonnes et mauvaises. — Le bien de la con- 
naissance est la science et son mal est la temerite. Le bien du raisonno- 
ment est la sagesse et son mal est la folie. Le bien de l'inlelligence est I«' u 
* ini. 27 calme * el son mal est l'agitation. Le bien de la pensee est robeissance el 
son mal est la dcsobcissance. L'obeissance se trouve entre la temerite el la 
crainte ; la sagesse entre la prudence et la sottise ; la science entre Tintel- 
ligence du mystere et son inintelligencc; de meme que la sagesse est 
aussi entre les actes et les paroles; la i-eflexion se trouve entre se posseder i; 
soi-meme et ne pas se contenir. Toutes les autres clioses qui proviennent 
de celles-ci se trouvent encore au milieu de deux choscs opposees, k Faide 
desquelles la piiissance de la raison, aidee des puissances qui sont avec 



1" a. 



10 



[109] III. - DR L'UMON DE L'AME ET DU CORPS. 109 

♦ I-JlJ^S» )K^bOQJLX> 
V^^ Oi:^ K-/ .)V^3j 0^:bv-M M^3 jl^-O )-^j )jL>^' "^^ ^l ^J v^)j 

)-Jl^* oi..^ ^w/ ..)-AOV3 JJ.^^ V-^ ««ö*-"^ .)-olj/ )^^ ^-Aoi ^io jj^^^ 
.jjicuot-- jio^^ )t-^^^ )^?^ ^-^ia^^ ^^^oi^ yooü^o ♦l-oa^o .)Kicii^ 

JL^— yOL-^ .J^^_S» 0(.I^^M J-JlOV^ Jl..A.i«^,a» yOOl^ y^O^-auiwJO jJjL^ ^\ «^'^m^ 

^j*.i;^jlKio ^ o/ .yooi.^ ^'^^^ )iäi>.^ V^V ^ },^o) ^^^.alu ^ o/ .jtAt; 
• JiojL^f ^oi^M .^«»^oi9 )iQJv.aL ^ :ya..2» llo^^.^ It-«^ |Lit2J9 jlcu:^ ^oulVl 

1. |LaA*i:ii. Ms. (siipra Ratt^X). 



ellos, opere tonte cliose dans les sens du corps eii vertu de Tuiiite ' persoii- 
nelle de rhomme. 

2° Les seiis et les pinssances du corps. — Parlons aussi des sens du corps 
et des puissances naturelles du corps lui-meme. II possede la vie animale'- 

■> et la faculte de discerner. J^a puissance vitale a le desir et la colere, pour 
s'approcher ou s'eloigner; comme nous l'avons dit plus haut, cela appar- 
tient aussi aux animaux % le corps humain n'en est pas prive. La puissance 
de discernement a cinq sens : cinq puissances les desservent et agissent 
sur eux : la vue, TouTe, le tact, le goüt et l'odorat '. Le sage Createur a 

10 donne ä celles-ci des membres du corps qui les recoivent et qui agissent 
sur elles sous (l'empire de) la puissance de discernement du corps lui-meme 
et aussi de la puissance de Täme, selon qu'elles sont mises en mouvement 
du deliors par les objets rencontres, ou du de dans par l'operation des puis- 
sances de la partie rationnelle de Farne; par leur Operation les deux parties 

'^ de l'äme en arrivent ä unc unite. 

3** Röle de la volonte. — Parmi ces parties, le desir, la colere, avec la con- 
naissance, le raisonnement, la pensee et rintelligence sont (ranges) sous le 
libre pouvoir de la volonte par le mouvement simultane de l'äme et du 

1. Litt. : dans une unite. — 2. Opposö ä U^j |t.-i-o» \lcu^ « la vie spirituelle de Täme ». — 3. Cf. 
siipra, p. 104 et 107, — 4. ölij, ay.oY), ip^, ■^z\)a\^„ o(T9pri(Ti;, Aristote, De anima, III, 1. 



I" b. 



HO TIUITK D'AHOUDEMMEII SUll L'HOMMR. [IIOJ 

)jLJ>J a.'^ )»0| ^"^b^O .OCH li-o— ^i>o i^<^)l ^^^^ -Iv^?® I-«^^^? If"^-^^ )»^o>-s 
OlA ^^^l .J^^-u.iO JAOJ )jO| V-^^ O.Ol .O.Ol )JV— / y» * » 1 ^^^^^<^>o V^IL»? O.Ol 

V-.^ ^^^ ^r^? '^^^ ^^ °' -.^ö^jlKio V-^V ^ o/ ..^^-jlKio» V-.>v ''^«^ 

^^O 0(K^ ^^ ^-»f^ . > » I \3l^ )-«IS.^ Ol^ ».jjUf^ >ä^jl£s.^ OMl2lJ ^^O 

•:*|j'^^:mo |.j^i>^^ |.^Voio .^otajL^' yooi^x^ ^^^^ ^«^^jlK.^ oijl2lj 
♦ l^ioa^^/o .j.jsi'S»© .Jf^so .)_««a^ .yOOi-K-./ )»-^? l-'t-^f^o |-ot.*V j^ioi 
.)Kjl.^»o .)lai^)LKioo .)j.^;o .)K^o .liojto*^ -.vooi-s» jJjL^o ♦)Kj;.^a3o 
.j-aL-ioo-^Ä))-^ jJ^^o .)_3).2^.^ llo-Ao^So .j-**a>ia-.s os-Js^l ^» jKjL^i 
»jl^cul^ jL^a^ )->^^->; ^! ^^o(..2 .)» ^ni.2) |)..^90 .JKjl^qjl^ )laJL^)^^s.^o 
.jtv^CL.b^o I nr> flor. . )_^.:ba-iLO .)1>^ .^ji.jl^' |.jL:^a^ o(mX ^.lu^Kl^o .|jooi\ 

1. Vux iiicerla parliiii erasa. 



10 



Corps, car Ic mouvcmcnt est simultane, aiissi n'est-ce pas le moment d'en 

parier, car iiolru biil est untre. Ce mouvemcnt simultane, la connaissance 

s'en cmpare; le raisonncment agit sur lui; Fintelligence (r)ordonne prudem- 

foi. 27 ment : * et la conscience est fortifiee en vue d'un acte de perfection; la volonte 

la prt'parant par la puissance de sa liberte. Ces sens du corps ont aussi r> 
en eux une puissance de disccrnement corporel, comme nous Tavons dit 
une fois. Car tont ce qui est en mouvement est mis en mouvement ou du 
dehors ou du dedans. Que riiomme soit en mouvement du dedans et de lui- 
menie ', c'est evident pour tout le monde, par suite le corps dans lous ses 
sens est mis en mouvement par son essencc et de lui-meme ainsi ({ue les lo 
inembres actus et directeurs. 

4" Rölc des lucmbrcs directeurs. — J>es membres principaiix el directeurs 
du corps sont : le cerveau, le foie, le cceur, Testomac (TToy.x/o?)" et les reins : 
les puissanees qui y resident soni : le disccrnement, le desir, la colere, la 
concupiscence et la sensibilite. La sensibilite est dans le cerveau; le discer- i"« 
nement dans le coeur, 1<' ilrsir dans Testomac, la concupiscence dans les 
reins, et la colere dans le foie. l*our ce qui regarde Tarne, le cerveau sert 
rintelligence; cinq sens Touvrent : la vue, rouie, Todorat, le goüt et le tact; 

1. Li(/. : el de son amc. — 2. Sic infra. 



1111 III. — DE f;UXIOX DE L•A^[R ET DU CORPS. 111 

JJL^^V^ ♦JKjK-icLs KyS-^lo ^iJ>-u.io» )Kjl^<^o .j—iL^b^» l^v^^-^ )V-o^^bo 
.ji>ntv^ j-ioi t-^ .j^oj' ji-^- )"^3^ vr:^ "^aji t^ -.UoVS l-^^^^ ^ä^oa^ 

. N^ " ^ ^ )iV|i vÖi_ioKjL^» )löl ^ Oi-^ ^^>^? )i*^-OQ-i. .-j-floiK^o 
^? )^^^"Ns,' ♦>)i^^^^^-^ ^-«V^^-Ö-^O ^i3>--.bO» )^Vo ^^^ )._^2^ ^.^ Oi-JL.^ 

^J^o( ^/ I.-JL.S01 .j^n v>» JJUJJ ^-io ogooi.^ )-ajV-^ ?o?^? 7^/ • v.* ^ " ^ 

1. ^^L \aSu^ ol Ms. 



le coeur (sert) la connaissance. Sont proches de liii : le foie, restomac, la 
membrane de Separation qiii est appelee membrane du coeur' et les reins qui 
sont enveloppes et retenus par les lombes". La membrane de Separation' sert 
la volonte ; eile prend du coeur la puissance du mouvement ; par le sang eile 

■> sert et nourrit les muscles^ qui la mettent en mouvement avec les toutO, 
appeles tärte ^ et qui sont situes dans la membrane graisseuse placee au- 
dessus de lui. Les reins (serventj les raisonnements ; ils regoivent aussi des 
mouvements du coeur lui-meme par les veines qui circulent dans les lombcs 
et s'y entrelacent; le desir (est) dans l'estomac et la colere dans le foie. 

10 5" Independance de la volonte. — La volonte libre ne peut pas se trouvei- 

dans le melange avec le corps, mais il depend de lui de la fortider ou de 
raffaiblir. Toutes ces autres puissances de la raison ou de la partie vitale 
sont parfois fortifiees par Toperation du corps et de Tame ou (d'autres fois) 
languissent, c'est ainsi que l'homme est trouble dans son intelligence par 

15 une lesion au cerveau. De meme encore ces autres (puissances) de la connais- 
sance, du raisonncment et de la pensec (sont fortifiees ou parfois languissent 

\. Le diapliragiue. — 2. ve^pot cuyjoi^iv svr.opaffijivo'. xai ri[ji^t£a;j.£VO'. or,iJ.w. HilTOCIlATi:, De naliira ho- 
minis, Leyde, 1G6.5, I, 283. — 3. En grec iw: signifte ä la fois « rat, souris » et « muscle «. Ea syriaque 
aussi la meme racine coiiduit aux deux sens : l^aoa.^ = ral, souris, et R;=»ßaj. — muscle. — 4. Les 
hypocondres, car d'apres un texte citc par Hoffma.nx, De hermeneulicis apud Syros ar., Leipzig, 1873, 
p.' 21.5, « le siege du rire est dans les Tarte, c'est-ä-dire les hypocondres, appeles aussi Toute ». 
Aristo'te a deja ccrit qu'un cliatouillement vers l'aisselle {\ioLayiUj et le diapliragiue (>psv£:) produit 
le rire, De pari.ibus aiiim., III, 10. II etait donc lout indiquö de placer le siege du rire cn cet endroit; 
KVIL est peut-6tre une Iraduction de spsv*?. 



* lul. 27 
V a. 



112 TRATTE DAIKJUDEMMEII SUR L'IIOMME. [112] 

^-» ^^^.nK^ ••'♦^^? )^^^-^^'? )t-^^<^-*^ K^^— l ^.<uÄ> Jio l-l-^j ^^^-^^^ ^ 

);V-^o .yOouSyJu^ i^o) OCH-.0 )jL.*^jo )t-Voj O.Ol )v-aJ^ J-Sl^ v,Q-^i-^o 
)jL.',Jt^ )k:.*w- )jt3tJo .).io.3ia^ oi^aus )Kjl^; »»jl^oo .)ju'^; o.ot Jv-oi. v-^ 

• • • 

ouio ♦vOOiK^vij )jaj»a3 )K^^i ^/ tsflOJiÄio ).ioVoij )LDt-»^o JK^ ia^ 

♦ j-iojiQ-^ oibo )i^^^ '^nlü »■''*"^ 
,) >»ö, N .jtJ^iLNr^o ..ju^^io^ >jl: ^ jl^oo ).jx^.-s ^ ^cßi .oot I^^ojl^ ^» )b.oj 

1. lLoaaV.N.vi:Vo Ms. 



a cause) oii de la force de la passiou oii de la grandeur du desir. Pendant 
que la volonte domine toujours et n'est pas placee sous rinlluence des sens 
* loi. 27 du Corps, les puissances * de l'äme par contre sont parfois aveuglees vis-ä-vis 
de leurs actes ' et on a un liomme sans raisonnement et sans desir de pcr- 
iection. 

(? Inßux des memhres directeurs les uns sm' Ics autres. — Le coeur est donc 
la racine des veines et des arteres et leur donne le mouvement ä tous ; il fait 
couler la vie par tout le corps et met en mouvement les muscles places ä cöte 
des arteres. Le cerveau est la racine des nerfs et envoie le sens (du tact) dans 
tout le Corps et le principe vital dans les nerfs et dans les membres. Le 
foie repand la chaleur par le moyen du saug, par la vessie cnllammec qui est 
pres de lui'. L'estomac conduit les reins ä la concupiscence et (conduit) le 
foie au desir; quant au restc des membres, (l'estomac) gere, comme un 
Intendant, Tadministration de Icurs desirs, c'est de lui quo tout le corps 
rcQoit le desir. 

7" Genese de Vacle humain. — Ce mouvement singulier (pii est place dans 
le coeur et sert la connaissance, sert aussi les raisonnements. Ouand il est 
excite par le desir d'une cliose quelconque, (les raisonnements) prcnnent des 

1. Lilt. : sont aveuglöes de l'operalion qui est en elles. — 2. M^nie lliöoric dans Galien el dans 
riotin. (f. Les Ennöacles de Plolin, Iraduitc? par M. N. Bouillet, Paris, 1851». l. II. p. :5(>8-301t. 



10 



10 



10 



[il3! III. - DE I/UNIOX DE LAME ET DU COUPS. li;] 

y^ooCsoj )^X-, O.Ol ^Jb^^ ^aj ^t^oio -.Q^? o/ V-^"^! I-*— ^.^ J^? 

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ou*-lo :)j*^aÄ> loJii. )jl.^; V-a^,^K»ioo :yOOiK-a2Lio j-jooi stqji^s^o .-pJoVas 



1. ^jV.^a^^ M; 



(Ol. 1»/ 
v b. 



reins une puissance de concupiscence vers le desir et ils tendent avidement 
vers raccomplissement ä Faide d'iine peiisee sur laquelle la volonte leur a 
doiine poiivoir; rintelligeiice agit sur la puissance du sens (du toucher) 
parce qu'elle a ete mise en mouvement par Tebranlement simultane de la 

5 connaissance; lorsqu'elle ' surgil ainsi en moderatrice, eile se jette entre le 
penchant cause par la passion du deliors ou (par celle) du dedans, apres quoi 
le produit deux tous se montre et s'attache ä la chose sur laquelle la volonte 
libre de Tarne lui a donne pouvoir, ou pour le bicn ou pour le mal. C'est 
du desir lui-meme et de la colere que toutcs les choses prennent (leur) 

10 commencement, par Toperation simultanee des puissances de Täme et du 
Corps, dans ce meme mouvement conjoint qui leur donne origine et corps. 

8" Exempks tVacles hiunains. — Si une fcmme rencontre un liomme et que 
le regard de celui-ci tombe sur la beaute du visage et qu'il soit amene aussitöt 
au desir- pendant que les raisonnements tcndont ä raccomplissement, la 

15 connaissance conduit aux projets, Fintelligence preparc leur realisation, 
l'esprit l'emporte vers les actcs, la volonte est vaincue ä cause de sa fai- 
blesse, les sens sont cnflammes * par de chauds mouvements vers la concu- ^ j., ^. 
piscence et Tacte du peche est tcrmine et accompli par l'union personnelle ^° ^'■ 
unique de Thomme. — De memo pour un acte de justice, les puissances 

1. L'iulL'lligence. — 2. Gf. AristOTE, Eth., II, G : "Oxav iowt^sv -/.a),f,v Yuvai/.a evösw; xt £7tde&(A£v, xat 
fATU. OR. — T. III. ^ 



114 TR/VITK D AHOUDEMMRII SlJll LIIOMME. [114] 

.jjL^^o ou.^0^ajk^ Ji..IS..io y>.^l K^Jjio*^ )loiK.*.ioj )t-2k!:^ )jooi sm'v^ooo 
vQ.j.01 ss/j ^'^^io .)v,^Äjo I-JLÄ-Jj JJ..>.^.s> )ia-jJ^i0QXo Iy"^ )Licuu>Jiooo 
s^.oi ^ ^.oi ^oi.2^3 )ioVai^Ä» j.j^.b.JiOo |L-JV-s^io yCoi^K-./» j-^Voj ^^J^oi 

jj;:.^Q.^D9 jlaJt..2k.^::Mo lloj^-^^^ ^^j».^^o .'^^'^ ^^ y>.^/9 j^oj oot^ 

0,01 J ).-A--/ )JV-^Q.XD» )J^^_l..^Jii )K-«.-JSl-^ iaIS. JL^ v_iOO O^io ^"^^...^wyK.iOO 

1. Ms. «'/'/. ^J^*••• (Duae litlerae erasae). 



10 



agissent Füne siir raiitre par les mouvements conjoints du ca3iir servitcur 
de la connaissance, et le raisonnement est amene au desir dos perfections 
el il excite la piiissance appetitive ä raccomplisscmeiit de l'acte, pcndant 
qiie la volonte fortifie les pensees et que rintolligence prepare priidemment 
l'acte de perfection comme (puissancej ratioiiiielle, sous le pouvoir de la 5 
volonte. 

IV. UnITK de LA PERSONNE ET DES ACTES. 11 SUTgit UnC SCulc pCFSOn- 

nalite par la puissance de Tamc et du corps, parce que memo cos membres 
qui sont les directeurs et les agcnts edicienls de toutes les Operations, se 
partagent une meme puissance en vue du mouvement des actes, et les puis- lo 
sances de Töime sont mises en mouvement avec eux par ce mouvement dont 
nous avons parle plus haut, et la direction el la realisalion des actes sont 
reunies dans une seule personnalite humaine, qu'elles soienl mises en mou- 
vement du dehors par les choses qui surviennent ou (qu'elles le soienl) du 
dedans par les passions propres a la puissance nuUuelle du desir et de la i"> 
colöre. Le raisonnement est placö entre deux choses : le pouvoir de la volonte 
libre et celui de l'action et de la raison; il se fortifie et se reläche et est incline 
vers le choix volontaire d'unc chose (juelconque, bonne ou mauvaise; parfois 



^115J TV. — UXITR DE LA PERSONXE ET DES ACTES. llö 

yOoC^oj ouK^/ |«.»Q.*. ^^; ^^ ^l ^» )^>^ •vV^^' ^*^oi JJ.JL-M>.i> yoouÄ 
)iK...».io jL^^ .).^^^ol^ sjLbaiLbO) ).:5^i^i» jL\oj {.^ian ^^alji ogi^ ^:5 •.)j;:\aa> 
^^».jw-*^s.iOD .jLsbSia^A.^ |K.^ä.D» |laJLd|.«K^a^ KL^o )j? ^_oo • Jla_b^..lSwioj 

).^VaLd sjQaaL^s.^0 J •>.ii<S ^ jjooi 



aussi les parties de Tarne s'unissent Ics iines aiix aiitrcs par Ics puissanccs 
dont nous avons parle. Le desir est comme le eommeiicemeiit de tous les 
actes, c'est de lui qiie preiid naissance le mouvemeiit dans le coeur qiii scrl 
la connaissance, puissance excellente de la raison, puis (le mouvemeiit) 
5 progresse et descend dans la concupiscence des rcins au raisonnement et la 
pensce est fortifiee par son Operation, par cette membrane qu'on appelle 
« pensee » ', (le mouvement?) se fortifie et monte dans la puissance du foie, 
par ce meme mouvement commun et simultane, vers la colere, puis l'intel- 
ligence met en mouvement les pensees et disposc les manieres d'agir 

1. C'est le diaphragme. Cf. Aristote, Ilist. animal., I, xiv, 3 : xö otä^wjjLa xb xoü öwpaxo;, al y.'xi.vj\i.z- 
vat 9p£ve?. 



TABLE DES IN03IS PROPRES 



(Nous rouvoyous ä la pagc et ä la lignc. Var. ^ variantcs ; N = noto. NVjus nc rdovons pas les nonis 
propres des introdiictions.) 



/ 



|.jl.;l ysoiv^l Ol. 



1^/ (^pouoa^lj 71.; 7Sy 

opo;ci-j lö; titre; i7,,_,^; la^^j^; lo^; 
227; 2:Vo-8; 2^13! 252-3-^9' 262-11-14; 

28,3 ; 8'6-9 ; 32^0 ; 336-, 3^5 ;%4-6; 

37io; 38,,; 39,^; 40^; 41,; 42..,,; 



|»»oovJ t^-i^ '>■'!• W5j j '^^|v ) ''ir, 1 

);,oo,oj 1^-^ 63 var. ef. Imoom n-^ 

\oa-o> N-i>-3i > V^oav 71^ 
>^VL t^.^ 66,. 
^ I'-', : 61„ 

V-^j-"! I^oj^ 6''4 



44.0 ; 4fio-u; 



'7' 



'0-11-13' 'M<vr, 5 



5o,_^; 5i,.o.g. Eg'lises sous son 
vocable 51 n. 3. 

"^ ■;"; -f 'i7,. 

s\ 1 ,« «^ 64,. 

\Kio-M 32„; 48^; 495.-; 50,.,_,o 

UioJI 64„; 72,,.e 

l..oooo)V; |j.j/ cf. ^kioooiV 

U^ U^( «9. 

w£Da.^|xDpL/ 70,^. V. Joa^cQJl./ 

(jJ^Vt^s .joa.,js^\.\ 78,2 ; ^^4 



Md| C^^fj IW?) 48,..,.,; 49, 

. ,>i3 Nj«j 6G_ 

. m «^V-Jp ^V^o Njo ct. . m «^i^o 



*%^ 



jj^roj; ^^|..V^k^ ''Vii; "'''2 
L|jx.a^ pOUl" ^Jtos%, 32 n. i 

|Lv.^^2i„; 86 var. 86,,. V. \iiv^ 
|l;>^ 86/, 88„; 80,. V. |l.r.^^ 



32, 



DO^ol 



■9-10 



'>S'»^ "-Vu ' '—• 



r®IJ 69,2 

^0,22,,; 87g ; 89,; 90g 

t^?2i,„; 19..9; 64g; 86„: 89, 
l^j 61.; 96„ cf. p. 59-6<) 

01 



I c% ^ n fr> >g> / ^.A.DJ B0_ 



la- 30,3 
|äi- 43.^ 



^ 



^-^i^ 28„ 

1-^23,2; 20,; 37,; 

>jco|l>o o , . ( 1 i">0„ 
^©m, 70^ 



p.a. 43, 
^ju^eu 33., ; 6:1,2 
ppa^-ao ,^a^ 



'.7. _; 64 
78,., 



|->NV) |Lo>ot 



12 



^CL.49,2 
^Slcdo.» 92,, 

^MQp. I63 

^"•■^ ■ 63,, 

)LÖv3( ju» oo-oi- 94, 
[jj >9.oju 48, 
y.*^*-» ^ax. log) '^4 



JI8 



TABLE DES NOMS PROPRES. 



118] 



ovreoa 75^^ ; 77,. 
|_icD o; mm ^i^., 



■^ 



Jp^ (-•t-ao (jov^i 67.^ 



>0 



|-»aio JT.; 7L'| 

lopo 0.3,_-. V. iLo;^ 
|LoVso6l3.g; 03^; 93.; 96^^. V. Lo;io 
^po (loCSX L^ |toL^jJ>; IV-f) 80,.,: '.IL 
^N-io wV^oi |;aaQj> -7|3 5 7'i. I 75, 



^ 



63., 



eu.Va^.mj 6.i,„ ; 76.,; 02,., 

r^^jJ 67. 

<.fioo«VJ 70. V. vce>p 

u»;p(t )po«w.) 66j3 : 68j : 60^,,. V . .ioo;;j 



uad 






• ^ ^ . 



ua^-^ I^Vio; l;.;] 27 11. (W 2H, ; 20,, 



--8-,o:fi^o;8^H 



Vc 



...Nj.^ pOUr wulJo^ 32 11. I 

|;^a^ Ol. ^N^o ; )t^3a3 ; , m . .^Wco 

I .>n I ..N 20-, ; :'.o, 
pa^ 7.s,^ ; 80,,, 
P^on^ 2H„ 
UsV^(. IUI, 2iij.: 3->„ 
P^V^ N.^ I'.l. ,: 2'l. 



^ 



\..,~,:sixj \jii 21. 

.cco^os lö.; 1H,.„; 20^; 22^,; oo^: 
09,,; 78,; 83„; 02^ 

-£ooV^ 73,, 

una'=v<.\<.3 20. ; wCOo|^.i^\£> 2<i Vai'. 

)0^-.S 07. 

|N\-.>mq 20,^; 29 n. 7 

Uco•^^ 28y ; 33j^ ; 07. ; 77,^, ,^ 

Lv£.2(,„;80„; 87„;8i, 






pi;>.M >jpaiAfcvifc>Joa-o 75,, 



VfB N^ . Vi •>; ^cov^ccc H7,. 

ICoo;^ .511 var. cf. |too;o/ 



1.3,; is^' 20,,, 



/il: //,, 



^£)>aji 0:!.,; 01.: 00^ 



^a*» .35, 



10 



^V-j » ]\-lj 7.5.,; 70^, 

|.^w^as;.^v>oo ''V.|<u<vk 77. 
p,oa^ ydi-ioA 71- 



L 



(.jOeicD l-ioo/L 7I3 

^•^^%\ %; 61,.,-,; 79^; 80,3: 81g ; 
82y;&3,;90,2;9i3;92g:9i„: oo,,, „ 

>-'^-'^'- •''8,0 ; 5<^,n ; 61,, 
p:3ajL 28„ 



TABLE DES CITATIONS DE L'ECRITl RE 



(Nous omettons les simples allusions). 



Genese xi.v, 10 ^^ 

Exode III, 5 17 

— IV, 13 72 

Psaume xlvii, 2-5 88 

— I 74 

— Liv,7 87 

— LXii, 9 <^9 

— LXVII • 2o 

— xcvii, 1,2, :*. 89 

— cm, 24 90 

— cxviii, 18 f>9 

— cxxxiv, 90 

— cxLiv, 18-19 39 

Eccli. XIV, 13 02 

Isaie XLii, 10 1 ! 89 

Jonas I, 4-13 49 

Matth. V. 14-15 78 

— V, IG 18 

— X, 37-39 88 

— XIII, 31-32 81 

— XVI, 17 35 

— xxm, 13 05 

— xxviii, 19 21 

Luc VI, 36, 38 27 

— XII, 42 ..... , 21 



Lue xii, 49 22 

- xxi, 1-4 51 

Jean xxi. 10-17 21 

Actes VIII, 36 26 

Rom. X. 18 20 

ICor. i.K, 22 : 83,84 

II Cor. VI, 14.15 76 

- IX, 2 60 

- IX, 7 27 

Gal. II, 10 18 

- IV, 18 66 

- VI, 14 18 

Eph. II, 14 • ■ ■ 22 

- VI, 12 16 

Philipp. III, 20 17,41 

Col. III, 1-2 17 

I Tim. 11,4 34 

- IV, 13, 15 70 

II Tim. IV, 12-13 70 

Hebr. xiii, 7 17 

Jac. IV, 4 03 

I Pierre ii, 9 84 

— IV, 10-11 74 

I Jean ii. 15 0.j 



TABLE DES MAXIERES 



Pages. 

AVERTISSEMENT 5 

HiSTOiRE DE Map. Aiiuudemmeii 7 

Introduction 7 

I. — Prefacc de rauteur 15 

II. — Jeunessc d"Ahuiidemmeh 19 

III. — Son apo.stolat en Mesopotamic 20 

IV. — Ses Oeuvres chez les Arabes 20 

^^ — II baptise un fils du roi fbo.sroes I"^'' 33 

VI. — Soll arrcstation 35 

VII. — Sa captivitr 40 

VIII. — Samort ; 44 

IX. — Translation de ses reliques 4G 

HiSTOIRE DE MaR(U-TA, Ei DI IE I'\R DeNH \ 52 

Introduction 52 

Textes syriaques relatifs ä Marouta 5G 

I. — Exorde de Tauteur 61 

II. — Jcunesse de Marouta 03 

ni. — II ontrc au monastorc, ses etudes ulterieures 00 

1\'. — Oll le dcmande pour evcque ; son sejour au monastere de Mar Mattliieu et a la coui'. 71 

\'. — 11 est nomine metropolitain de Ta^rrit 79 

XL — Ses Oeuvres 83 

VII. — Sa mort . 94 

Tiarn'; d'Aikudemmkii sijr i/iimmmi; 97 

Introductinii 97 

Notes sur le texte des liistoires d'Aboudemmeli et de Marouta 98 

I. — Exorde de l'autcur. Comment riiomme peut-il etrc un en deux parties? 101 

II. — Do l'aine. 1" Son iniportancc " . 102 

2" Ses puissances et leur classilieation 103 

3" Röle des puissances de räme 105 

4" Importance de la volonte. La liberle 106 

5° Rappel de sujets dejä traites 107 

III. — De runinn de Famo et du corps. 1'^ Classification des Operations I)oniies et mau- 

vaises 107 

2^ Las sens et les puissances du corps 109 

3° Röle de la volonte • 109 

4° Röle des mcinbrcs directeurs 110 

5" Iiidepcndance de la volonte 111 

0" Influx des ineiubres directeurs les uns sur les autres 112 

7° Genese de l'acte liuinain 112 

8" Exemples d'actes huiiiains 113 

I\'. — Unite de la ])ersoiine et des actes • 114 

Table des noins pro])res 117 

Tai)le des citations de TEcriture 119 



REFUTATION DE SAlD 



IBN-BATRIO (EUTYCHIUS 

(LE LIVRE DES CONCILES) 



^ATll. OR. — T. III. 



r ■r 



SEVERE IBN-AL-MOOyVFFA' 

EVi]QUE ü'ASCHMOUISrAIN" 



REFUTATION DE SA ID 



IBN-BATRIQ (EUTYCHIUS 

LE LIVRE DES CONCILES) 



TEXTE AUABE PLBLIE ET TRADUIT 

PAR 

P. CHEBLI 

PRETKE MARUMTE 



PERMIS D'IMPRIMER 



Paris, le 26 Decembre 1905. 



H. ODELIN, 
V. 



n • 



Tous droits röservös. 



AYAM-PKOPOS 



Cet ecrit de Severe, eveque d'Aschmoiinain, est une apologie des 
auteurs de l'heresle et du schlsme Jacoblte, particiilierement de Dioscore. 
Malgre le parti pris, que nous liii reprocherons avec moderatlon parce 
qii'on ii'attend pas de lui qu'il parle d'im autre ton, Severe se revele 
im boii ecrivaiii et iin historien Informe. L'hlstoire des Patriarches 
d'AlexandrIe publice et traduite par M. Evetts', l'ouvrage que nous 
presentons aujourd'hui-, et ses autres ecrits que les editeurs de la 
Pafrologie Orientale se proposent de faire connaitre au monde savant, 
lul fönt une place de cholx parml les ecrivalns chretlens de TOrlent 
au dixleme siecle. 

La langue de Severe est clalre et classlque ; mals son style est loln 
d'avoir les qualltes de celul des auteurs musulmans, ou meme des chre- 
tlens tels que Theodore Abl-Qarrah, Elia Abi-Hallm, El-KIndl, etc. : 
mals c'est un grand merlte d'avoir su manler une langue etrangere, en 
somme, aux chretlens, quoIqu'Us la parlent, et dont les Arabes ä cette 
epoque revelalent dlfficUement les secrets aux Infideles^ 

Malheureusement, les copistes, plus preoccupes de blen allgner les 
mots et de blen desslner les caracteres que d'observer les regles de la 
grammalre, ont en tout temps et en tout pays donne llbre cours ä leur 
caprice et deforme les mellleurs ouvrages : quand on a l'occaslon de 

1. Cf. Patrologie Orientale, t. I, fasc. 2 et 4. — 2. M. Nau en a traduit quelques 
pages dans la Revue de V Orient Chrelien, 1905, p. 117-123, d'apres une vieille traduc- 
tion latine inedite de Renaudot. — 3. Pour bien des ecrivains chretlens de race copte, 
grecque ou syrienne, l'arabe n'etait qu'une langue « parlee », ce qui nous explique le 
grand nombre de mots et de tournures vulgaires contenus dans leurs ouvrages. De 
semblables fautes se trouvent dans les traductions des Correspondances diplomaiiques 
entre les Sultans Maniloucks d'Egyptc et les puissances chreliennes. Cf. Revue de 
l'Orient Chretien, t. IX, 1004, p. 359, et p. 360, nole 5. 



126 AVANT-PROPOS. [6] 

collatlonner les manuscrits et de noter les variantes, on est frappe de 
voir combien ils commettent d'omlssions, et de constater avec quelle 
facllite ils changent la place des mots. Et ce qui est plus etrange, c'est 
de trouver pour un meme terme plusleurs lectures differentes, sans 
qu'aucune solt grammaticalement correcte. 

Inutlle d'en dire davantage; un coup d'oeil jete sur l'ouvrage instrult 
plus qu'un long discours. 

II est bon cependant d'avertir que nous avons reproduit integrale- 
ment le manuscrit 173 de Paris qui nous a semble le meilleur. Nous y 
avons fait quelques corrections sans importance. Nous avons em- 
prunte au manuscrit 172 ce qui manque au premier, c'est-a-dire le 
commencement et un feuillet du milieu de l'ouvrage. Le manuscrit 212 
nous a servi pour relever les variantes. 

Nous nous sommes procure une collation du Ms. du Vatican [Cod. 
Arah. 155), que le R. P. Tobie Anaise, religieux Alepin Maronite 
residant ä Rome, a eu l'obligeance de faire a notre Intention. Nous lui 
adressons ici nos plus vifs remerciements pour le soin et Tempresse- 
ment avec lesquels il nous a rendu ce Service. Nous avons reproduit, a 
la fin de l'ouvrage, une liste des principales variantes, nous attachant 
surtout ä noter les additions et les omissions. 

Enfin nous avons designe le manuscrit 172 de Paris par A; le ma- 
nuscrit 173 par B; le manuscrit 212 par G. 

P. G. 



LE LIVRE DES CONCILES 



'Tj^^ i^UjI ,y^^J <iJi j^ iS-'^ A^l^l «OVl ^J^\ ^jJ^J ^y^J -r'^'^ ^ 



*AfoI.3r 






1. Ce qui est entre crochets se trouve ajoute en marge; et les mots mis entre des pa- 
rentheses coiipent le sens. — 2. C commence ici : >J;^iiJ' ^_^!jj!^ j^j^^. ~^y^ *^' *--:' 



* Au nom du Pere et du Fils et de TEsprit-Saint, un seul Dieu. *Afoi.3v' 

Avec Taide de Dieu et sa bonne providence, nous commengons Fexpo- 
sition du Livre des Co?iciles\ compose par le vertueux Pere Anba" Severe 
{Saouiros) eveque d'Aschmounam, conuu sous le nom d'Ibn-el-Moqa(fa' : Dieu 
donne la paix ä son ame, et nous fasse misericorde par sa puissante inter- 
cession. Amen. 

Cette exposition fut redigee sur la demande que lui avait faite quelqu'un 
qui avait lu THistoire du Melkite Said ibn-Batriq, surnomme Ihn-el-farvasch, et 
qui y avait trouve force injures ä l'adresse des Jacobites\ 

1. De Plane, Catalogae..., p. 42, dit que ce titre est errone et dii au copiste : il semble 
pris de la troisieme Partie, qui a pour titre « Les Conciles ». — 2. Du syriaque Abba; 
nom qui designe les Peres du Desert et qui s'appliquait ä tous ceux que recommande la 
science ou la vertu. Les Jacobites Syriens et Coptes le mettent devant le nom de leurs 
prelats. — 3. Cette introduction manque dans B et C. 



128 SEVERE JBN-AL-I\10QAEEA\ [8] 

<rU^ ^2^;Uj <sXl. 4J1 S^^\ 1^1 i^jjl ^Vl V:.l ^Uj o-Uj 
dJ ^^ ^UVI 3\jJ\ JJ wJl a:^.Lj l^y ^Jül j^.a£J1 IVl Jlylj j^JLÜ 

t^liaUl ^3^-^^ JIä-JL J^^iu« Jo J}ß 

J_^L>tJ' jJ «l;1 v-i->li>- dL'lj LjCi« uUl jo J-^^la^ ^^ A..ot- jl dLUij 
foi. kx".^jyj ;^jlk.llj diyJI ^^j r^>jbl ^U=;j ^ ji^ L;l A^> jV ^LsUl Jl * «L^- 

1. C (J^^-Jl. — 2. C .^-Ulj. — 3. C iiü^ — add. .^y U ^OL^. — 4. öm. .^Ji. 
^<3j^ _ 5. C ^,L^1 «^^. _-jJ'. _ G. C j,i ,L:J'. - t! C J3. - 8^ C ^^ ^^ C. - 
9. C J-^'. — lO.'C i^^. ^^" ^* 



J'ai regii ta lettre, fröre fidele et bienheureiix, — qiie Dien te doiinc 
la felicite de vivre dans son obeissaiice, t'aide ä faire son boii plaisir, et te 
protege! — Tu dis avoir pris connaissance d\in livre intitule « Livre d'Histoire » 
du ä Said ibn-Batriq, surnomme Ibn-el-farrasch; et tu me fais part de la peiue 
que t'ont causee les injures qu il y a mises ä Tadresse des Jacobites, et Ics 

♦ foi. '4 r. erreurs qu'il leur attribue en les accusaiit * d'avoir chauge la foi orthodoxe, 

et d'avoir invente une doctrine nouvelle. Tu me demandes ensuite, — Dieu 
te conserve par sa providence! — de composer une hlstoire abregee, qui 
contienne rexposition de la foi prechee par les Disciples, colounes de la foi, 
Premiers vrais adoralcurs de Dieu, et ses apötres envoyes, par coudescen- 
dance, pour le bien de Tliumanite, et qui renferme en memo lemps la doctrine 
des Saints Peres qui ont gouverne l'Eglise avant les innovations; afin que tu 
voies, toi et tous ceux qui liront cet ecrit, d'oü est sorti le dissentimcnt et 
(jucllc en a ete la cause; alin aussi que tonibent les argumciits de ceux (jui 
soutiennent opiniatreiuent l'erreur. 

Tu dis quo Said ibn-Balriq etait Melkite, et que pour cela tu penses qu'il 
a attaque les Jacobites pour defendro la doctrine Mclkile, saus presenter 
d'arguments, et saus faire valoir de prcuves pour etablir ses accusations 

* fui. '. V. * contre les Jacobites; et qu'avani ä parier d'liisloire et ä raconter la vie des 



[9] IIRFL'TATIOX D'KUTYCIIIUS. 120 

j^L^Jl ^^ i^c. ^>l^j A^M^ '^''^^:. j^ ^J ^^pcio ^dl;l mUI J>':> ^ S^'>, ^^^ J 

Jj^j Vj (V^ ,^r^'J L5'*"'^ v__i»^ «^-U- ^-.as-Jl lil (^liJ ^Lkl>-1 Vj i^3J "^J-i 
Ä.».*Ij ^^^I (j-« I -^ y> JO \^ Vi ^LS «.A*?j ^-U. jAÜ) ^-.Jj <^ "ioljül P- v^ (^il ^J ^ 

y^j L/>^lk3>a (_U.ljLIeJ L«-IaI "y^ ,>.Ji.I«J UAJI >ij_».A M ^ ji-Uj ILkitJl is^,l>s) o^a1«J 

U ^y ..i^j ^Ü. .^_^ j^^lUi ''LVl '^dbjl ^M^ j^. dU c^<^ Ai lj.Jlc 

1. C ^O^ J^:k A Ji^ ^CJ^ J,. — 2. C ^Cl. — 3. C <J.J^.>. — 4. C ^". — 5. C 
add. v-i''j. — (i. C oX^^^^. — 7. C arfrf. i"^. — 8. C ^^^U. — 0. C add. .^^JJL" 



rois et des Patriarches, il a traitc des Jacobites en passant. Tu redoiites aussi 
qua les discoiirs de cet auteur et ceiix des aiitres heterodoxes n'aient siir les 
Jacobites sans instruction im facheux effet et ii'alterent leur foi. C'est pour- 
quoi, ä ton avis, Touvrage que tu me demandes sera iin soiitien poiir les 
ignorants; ils y troiiveront la lumiere, la coiifirmation de leur oroyance, les 
preuves sur lesquelles eile est etablie, et la reponse aux attaques des adver- 
saires. Aussi me presses-tu instamment de le composer. Mais ce que tu me 
demandes est au-dessus de mes forces et de mon savoir; d'aussi humbles que 
moi ne sauraient Tentreprendre : je n'ai ni la science necessaire, ni l'elo- 
quence desirable, ni les moyens d'atteindre une fin aussi elevee. Pour une 
ceuvre pareille, il faudrait etre soutenu * du Seigneur, et de la gräce de l'Es- 
prit -Saint, ä Texemple des anciens Saints Peres, qui furent dans le monde, 
grace ä leurs oeuvres et ä leurs actes prodigieux, comme des astres brillants. 
Un miserable comme moi, plonge dans la fange du pechc, charge du lourd 
fardeau de ses fautes nombreuses, absorbc de soucis terrestres, distrait par 
le commerce des hommes et preoccupe des biens ephemeres de cette vie, no 
peut oser une semblable entreprise. Toutefois, pour te montrer ma grande 
estime et par consideration du zele que tu mets ä defendre la foi orthodoxe, 
j'ai recueilli dans les ecrits des anciens Peres, selon la mesure de mes moyens, 
ce qui pourra servir tes intentions : re(?ois-le donc avec charite et religion, 
et ne me demande point des phrases eloquentes et des expressions sonores. 



lol. ö V 



130 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [10] 

* foi. 5 v" ^^^^ ^ ^i j<, 2^_^« ^^ ^,^^<Jl ^^^ ;j^i^ * j^j^ ^,^^1 ^_^^ ^y^^ 

^1 '^ L.'^*^"j ^„-^ ^'li>cJ dl) ci^ U ^^^Ji' Vj '"-CjI" -Cy «v^Ül dbUlj <Ä^)j 
>li) ^jLiJl ^)aS ji^l^^f^ i^^lrVj ^M<JÜ ^^^1 l^.kj-V - J>U.l) ^aUI ^L>=;V) j 

^^ ^yj^ dUJ^ dUi ;:Acls <uj-j ^^ c»^^ <^bj <^"j-^ '^-^^. l*i S^^d ^^^ (^ a:f-^^ 

JjVl ^Ul 

"UVl dl^ ^ Jl«)i j V: ^-?^ c/'^ ^"^6::!.^^^^ ^"^'^ iU «LS '^r-^. 

1. C (^K\ — 2. C^^^.. — 3. C ki;:^^. — 4. C o/'-^W- — 5. C^^U. — (3. C ^. — 
7. C \J. — 8. C 0/«. JjÜI. — 0. C S^yj^. — 10. C iju.;.. — 11. C vdXJ'iX — 12. Syriac. 
^po ipo. — 13. C ^j45. — 14. C ^^^,1^1 A .^^,^3^'. 

J'ai divise ce recueil, fait pour toi, en qiiatre parties. Mais il ne fandrait 

* foi. 5 v^ pas le lire pour le simple plaisir de la lecture, * et ctre presse d'en finir au 

plus tot : au contraire, tu reflechiras sur cliaque partie, et tu eu retieudras 
ce que tu pourras, afin d'avoir une reponse prete pour quiconque t'inter- 
rogera; et afin que tes raisons soient claires, et ta croyance en Dieu forte et 
ferme. Ne montre point ce que j'ai composc pour toi aux ennemis de ta foi; 
mais observe la prescription du saint Evangile, oü il est dit : « Ne donnez 
point les choses saintes aux chiens, et ne jetcz point vos perles devant les 
pourceaux, qui les fouleront et se retourneront contre vous'. » Le Seigneur 
misericordieux conduit vers la verite, inspire le bien, et aide ä lui olx'ir et ä 
faire son bon plaisir dans sa puissancc et sa bonte : que par sa misericorde 
tres grande, il fasse qu'il en soit ainsi. Amen. 

Premiere Partie. — ■ Consideratimis pn'sc.s dans l'Anric/i Trstanicnl Jii.siiti'd 
iavhiement de Notre-Sei(jneur Jesus-Christ et son inraniation dans le sein de Marie 
la vierge pure, lumiere du monde et splendeur de reternite. 

* foi. r, r. * Deuxieme Partie. — - Exposition de la foi preehee dans Vunivers par les 

Apötres, et des predictions des proph'etes. 

1. Matth., vii, 6. 



[11] REFUTATION D EUTYCHIUS. 131 



JjVi ^Ul 
Jj:l>_ Jj Jj; J aÜ^ (^JJl JUJl ^U ^,-...1^ vji^L" jVl ^^Ij ^-ül ^^j^ ^U.=^ ^Ül 

4.U1 jl dUij A^Ui ^Jr^ <kL}^\ t_l>s9 JsAs>-j jLJVi ^c- Alls» U ^*^:-*^ jV ^r*^ (*^J * fol. 6 V 

ij^ «0 Jl« UjI aIUs- j^J: i^l^ jV ^jis- ^U ^tU ^U aLäsj «-liLÜ Alli^ 4o"jAs c:^ls- 

1. C om. /x — 2. C L'^. — 3. C '-^ ^rr">j. — 4. C^JiJ. — 5. C -U^. — 6. U£^ L-'j. 
7. C (J.U (Jk. — 8. C aic?. "^1. — 9. C add. ^'Js. 



Troisieme Partie. — Des conciles, et de ceux qui en ont necessite la cele- 
hration ; de Vorigine du mal dans VEglise, et des dissentiments dans la croyance. 

QuATRiEME Partie. — Enseiynementdes anciens Peres qui ont rjouverneVEglise; 
et recit abrege de ce qui s'est passe en certains pays au moment de la scission. 



PREMIERE PARTIE. 

Sache, frere bienhcureiix (Dieu te garde et te fasse prosperer!), que Dieu 
(son nom soit exalte !) n'a point cree runivers parce qii'il en avait besoiii : il 
Fa fait par pure condescendance, poiir manifester sa puissance et faire connaitre 
sa soiiverainete. Tout ce qu'il a cree, depuis le coinmencement jusqu'ä ce jour, 
demoiire tci qu'il a ete fait, sans disparition, sans transformation et sans 
changement. * L'homme seul attriste le spectacle de la creation : Dieu (sa * '"i- « ""■ 
puissance soit magnifiec !) Tavait cree pour persister dans Texistence, et Favait 
prefere ä toutes ses oeuvres; car alors que, pour tous les etres, il s'etait con- 
tente de dire : sois! il a voulu fagonner Fhomme de ses propres mains en 
employant quatre elements divers; et il lui insuflla au visage un soufUe de 
vie. II en sortit un homme parfait, vivant, parlant, doue d'une äme raison- 



fol 



132 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA\ [12] 

Jlj'j ''^j^J ^J-^J ^-^ (^l>l>. V jl ü^l Allj ^r^lj ^'-^'1 ^^r*^ '^y^^ L^J ^-^^>-lj 

Ji ^^ ^pJ>~ -vS «^Ül jlSj 4jL.lkJi *--*^ ^-^ L».j^jj V>1^ Ij^Jlj jj^\ ^ ^J\ 

jL' ^ -UAS As -JsLi^ dJM« j^ jbj ^_Lül .-ji^j ÄX5">IJ1 CjIojÜs ^^V <üii- 

aJ^ 4)1 ,^,JajL5 AJLH^ <uil ^ jl (^f-^lj A-JiLJl «Lk ^L-^^lj ^-»^at-^lj ^'^^1 4^1as 
^j— i ^y^ Li_l« (j^j^l (Jl AiÄs-j ^1^^ A^_\^ij 'C-.lj \c ^Jji^j C-Tj \a aIsJL-Ij 

Ä;<CjMJ1 ^j^ Ai'iljV Casl^j ^^V Ulis jl^ '^^^ J^ LJl ^^ «U^ JaiL-lj ^>>U1 

(jÄjü Jls A_jj \Js>L^ <*jt4s \JäsLJi <x_)l>l.Ji I j-v^j ^-Jol (^»---j U-Jäc- OLL-J; jLäs 
"1- > V". jiUi yb ^j ^^V ^^^:>^L ^^;_ J aJV * LJl ^ laiL Ul jlkjül jl ^j-LJl 

1. C L^. — 2. C Uli. — 3. C s'lL^'. — 4. C Job'lU. _ 5. C ^'. — 0. C .^-l^'. 

nable : Dien l'appela Adam et retablit dans le paradis, hü soiimettaiit toiites 
ses autres creatures terrestres, et livrant ä son usage tous les biens du paradis. 
11 en excepta uri seul arbre : Tarbre de la science du bieii et du mal, dont il 
lui defendit de manger, joignant la menace ä ravertissement; car, lui dit-il, 
« le jour Oll tu en mangeras, tu mourras ». l^isuite Dieu envoya a Adam, 
dans le paradis, un profond sommeil, durant lequel il prit, de son flanc droil, 

oi. 7 io. nne cöte qu'il revetit d(^ chair et dont il fit une femme : Adam Fappela * Evc 
{Ilaoua). Dien les convrit de Inmierc et de gioire, et les eleva an-dessus de 
toute la creation 

Or Dien, avant de creer Adam, avait donne Tcxistence ä des tronpes d'an- 
ges, aux hierarchics Celestes. Parmi ces anges, il en etait un, snperieur aux 
autres; et Dieu Favait mis ä la tete de tous : il s'appelait SatauaylU, et avait 
sous ses ordres des milliers d'anges, et des cenlaines de mille. Un sentiment 
d'orgueil et de fiertc l'envahit; il ronout nne idee de grandcur et il voulut res- 
sembler ä son Crealcur. Dien s'irrita contre lui, le fit dechoir de son rang, lui 
enleva sa preeminencc, le priva de sa dignite, et Texila en cettc terre, pro- 
scrivant avec lui ceux des anges qui lui avaient obei et ([ui avaient donne lenr 
assentiment ä son dessein. II devint un demon redoutablo, et prit le nom 
d^Iblis; et les anges condamnes avec lui furent appclcs des demons. D'ancniis 

fol. 7 V". ont dit quc la cause de la chute de Satan etait * son refus d'adorer Adam : 



[13J REFUTATION D'EUTYCIIIUS. 133 

L^J> J ^-^\ Jlsj j^ ^ "^V Vi J>^\ ^J> ^ä ;. J <='y^ J J_^i ^Jl Ujil jV 

jJ^lpQ jl (J^ \a «Üs^^JL- jOj (3'^*^ 4.JUJ1J ^„.Ä^M ^^^ U-'^^'J ^ 'i f>^ cjS^ 

j^ 4i!l LiCtio ^ j_$V l^ JI9 j ^ (5_^=^ j^ A^'j «CäJI ^^ii^Ü l^ '*^i^i ^^j 
>oi;" l)\ \.S^»L» L»jl JliLi J As, Vj ^liii l^ U.xjl1« Jj JLü ^Jjs-1 Jl i^^pi-iJl 

1. C Ji'. — 2. C \^^. — 3. C ^.. — 4. C ^. — 5. C UJ .U Lfvw c^ii.C! 
U.j\^.c. — 0. i' jj\f ^rn^! (Jjj C.^'^-— '• <-' ,*^v-^^=^'j!- 



mais cela ii'est pas fonde, car Isafe dit dans sa prophetie : « L'astre du matin 
(Lucifer) n'est tombe que pour s'etre dit : J'etablirai mon trone au-dessus des 
etoiles du ciel ; je m'assoirai sur las nues, et je serai semblable au Tres- 
Haut ' ! » Sa chute donc eut lieu avant la creation d'Adam. Puis quand il vit 
rhoniieur que Dieu a\ait fait a Adam, il en devint jaloux, et resolut dans sa 
perversite de l'y arracher. II se cacha, ä cette flu, dans le corps du serpent; 
il alla trouver Eve {Haoua), et lui dit : «. Pourquoi Dieu vous a-t-il fait defense 
de manger des fruits du paradis? » Elle repondit : « II ne nous a defendu que les 
fruits de cet arbre seulement. — Mais pourquoi, insista Satan, vous les a-t-il 
defendus? — Je ne sais, lui dit Eve. — II vous les a defendus, expliqua Satan, 
pour vous empecher de devenir des dieux comme lui, connaissant le bien et 
le mal. » Eve prit plaisir ä la vue de Tarbre, et sentit l'envie d'en goüter : 
* eile tendit la main, cueillit un fruit et mangea; puis eile en donna ä manger ^ |-,j| ,^ ,.0 
ä Adam. Aussitöt, ils furent depouilles de la lumiere, et perdirent leur gloire 
et leur honneur; leurs parties honteuses apparurent, et ils virent leur nudite. 
Ils fabriquerent alors des volles de feuilles de figuier; et Dieu leur donna deux 
vetements de peaux. Puis il les fit sortir du paradis, ä cause de leur desobeis- 
sance, et il en ferma l'entree. Adam et Eve s'etablirent sur une montagne si- 
tuee au-dessous du paradis : lä, ils se connurent et engendrerent des enfants. 
Plusieurs generations s'ecoulerent, qui adoraient Dieu d'apres la raison, sans 

1. Is., XIV, 14. 



134 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [14J 

Vj ^^ % ^JjR^ .__^ <cUl jjj^ \y\^j JL^Vl ^iUj r^Vjl \j^jj >Ul:ji 
UUl ^a ^^ p^l>lj ^U! 'Uü,! j ^„Vr- '^V-^b j^^' j^j ^j-^ 
c^j J<i\ IjjU ^ ^^--ül ;,U^j LlLJJl ^ p^«l<«;lj ^jUJl s^iX-jlj 

^blj ci^il ^^ 5^,1 ^^ ^,| ^^^ 4;^\ ^^jLjj ^\ ^Vjl ^^>i;j <:^jjj ^^; 

W ^_^r-^ cT^'^ k^^ c.1^^ O^ ^Jl ,^;r-r- ^ l^^VI ^U ^ jU J, J^^. Ail 
f^' -^J -_^b ^}ir}^J lTJ^J^^ Cy W ^Jk ^y (^r*^-? ^(vA'J^'j ^:iVjlj r^_^ 
^^ dlUlj ^_PjV1 ^U jU_^ll ^\}\ J^j\ ^^\ x^ c^ a::*!jL* J,tr'"b (_5^.'^j ^^ 
^U.11 <\^^ ^[]\ ,^ lLlJ\ J jl^ U VI l^ J.. (Jj ^jVl ^U ^1 ^,U1 

1. C ^Jl. - 2. C v-;'K3^,U - 3. C *-,^LJj. - 4. C XibJjiU. _ 5. (j ^t. _ y (j ^J_3 

-7. C 'X'U. -8. C '^".1.9. cUl. ' 



(loctrine et sans loi. Et Satan et ses amis s'efforcaient ä sediiire les hommes, 
et ä les detoiiriier de l'obeissaiice de Dien; si bien qu'ä force de commettre 
les choses defendues, et de s'adonner au peche et aux erimes, tous subirent 
le joug de Satan, et il ne resta ä connaitre Dien et ä croire en Ini, sur la terre, 

*foi. 8vo. que huit personnes : * Noe (Nouh), son epouse, ses trois enfants et leurs 
femmes. Alors Dien avertit Noe qu'il allait envoyer sur la terre le dehige 
pour aneantir tonte la creation ä cause des peches des hommes; et il lui or- 
donna de constmire un navire, oü il se refugierait avcc sa femme, ses enfants 
et leurs epouses, et un certain nombre de fauves, d'animaux et d'oiseaux. 
L'annee 2242" apres Adam, Dien envoya le deluge sur la terre, et y detruisit 
tontes les creatures, ä Texception de Celles qui elaient dans Farche. Pnis 
Dien renouvela la creation par Noe (Nouh) et ses enfants, et tont ce qui se 
trouvait avec eux dans le vaissean. Ils procreerent des enfants et sc niulti- 
plicrent dans le monde; et ils adoraient Dien eux aussi sans loi ni doctrine. 
Ensuite, ä cette epoque, soixante-douze hommes formerent cnsemble le 

♦ fui. '.) r. projet de constmire * une tour elevec : ils disaient qu'ils apprchendaicnt un 
nouveau deluge, qui les ferait perir eux et leurprogeniturc. Diou leur suggera 
des langues diverses qu'ils se mirent a parier, de sorte que cliacun s'expri- 
mait dans un idiome, sans etrc entendu de son voisin : ils sc disperserent 



[15] REFUTATION D'EUTYCIIIUS. 135 

(jlli *U Jl j\3jL}\ jUj Ai«j Jl*]l J oU.01 jv^_ c-«.-Ji;lj L'jJl J j^j-^«-«^- ^^^»^ 
ll\j^ c^ -u (*-A^^;l ^i^ «cU:^ ""^vJ^ c/^" ^^^ (J^ cT^^ c!>L& j ilj-::^Vl j 
jV U^ <_L_UJ1 »^1_^1 dll;' Jj U^ jl^ j^'l^ dlUlj ^__^j ''^jl' '"'L^Uxlj 

^jijVl ^l^ J>-\ "^^ 'S^ ^ J^^. V <iM X^ j-y b-U: ^Ic Aj^ Ji jlS ^U' A^Ül * fol. It V. 
<d)l iU>w (^.ÄJl ^yojuj ^■>c^\j (*-Ä^l i^jVi (^'^ '*'^l ^V*^ ^-^^'j J^-l^i -^^y J 

* j^ !?,■.>.< ftjb U ,_j j-oju ^Vji a;* J>-i >c« ai,..ä3 'ja jlS U A» j j.c^ *Li (_^ ._j -' ^< 

1. C om. LJWi. — 2. C W..M as--. — 3. C,. »'*»-' .!« ix^ h\^:^ add. v sJ! Jo'jJj' ^'^^ ^>, 

XjLw ^r^^ij ^.^:;;b- — -^^ <^ '^J^ - — 5. C ^.x_>K — 6. C l^^Uc!. — 7. C l.b. — 8. C 
^. — 9. C ,j^.^. 



alors ä travers le monde; et par eux commenga la diversite des langues. Or 
depuis le deluge jusqu'ä la construction de la toiir, il s'ecoula 558 aniiees, ce 
qui correspoiid ä la 2800*^ annee de la creation du monde '. Satan, durant ce 
tenips, ne negligeait rien pour perdre les liommes. Apres cela, c'est-ä-dire 
apres 640 ans, le Seigneur se montra ä Abraham. Et qiiand les crimes des 
habitants de Sodome {Sadoiun) et de Gomorrhe [Ghamoura] se multiplierent, 
Dieu envoya siir ces villes le feu et le soiifre, et fit perir tont ce qui s y trou- 
vait et tout ce qui etait dans les lieux environnants, car Dieu avait * promis ä * foi. 9 v°. 
son serviteur Noe (Nouli) qu'il ne submergerait plus la terre sous un nouveau 
deluge. 

Les liommes se multipliaient toujours ; et la connaissance de Dieu fut re- 
nouvelee sur la terre par Abraham {Ibrahim), Isaac (Ishaq) et Jacob [Ya'qoub). 
Dieu donna ä ce dernier le nom d'Israel {l&raijil). De son temps, il y eut fa- 
mine; et son fils Joseph [Youssuf] regnait sur l'ancien Misr-, connu sous le 
nom de Memphis (Mihief), au temps de Pharaon. apres avoir eu avec ses freres, 
les enfants de Jacob, les aventures relatees (dans TEcriture) et que chacun 
sait. Jacob se rendit en Egypte du vivant de Joseph, avec ses fils, ses petits- 
fils et toute sa suite, au nombre de soixante-qiiiiize hommes. Ils s'y multi- 

1. On lit en marge : Avant le Deluge 2242 

Apres 558 

2800 

2. Misr aujüurd'liui designe tout aussi bien l'Egypte et le Caire. 



130 SEVERE IBX-AL-MOQAFFA'. [IG] 

bj^ j^ J^ ^^ '^^ ^j[j ^jJ^J ^>^9 y<-=^j ^y:^j ^ **— ^ (V'-^ j^-? 

(_3>.«ju (♦Äi,l)ij *_-U-« Aju i^J-v^ i^j-V-jtU-ij Ajc-i yyl c3«X<Jl (**~~« 9^-3"*-? '--''yJJ ^i^yi 

(JS 1 4.i^iL) jl (_U JLÜ ^J>^j t_^i)ij JujJi /»^ '>^ "^ c5~^ ^.j-^ ^%j *LJlj ^ JäJi 

Mul. 10.-. 4^^ C^^ l_^l3j ij^ ^J-^^y^ V ^ Jr:,^^-^ ^. ^^ örf)^ * ■^'^. -ß^ 

t^j Cä-u *^ ^^j L^r'^^^ ^aIj'j jV-Jlj f-^r^b jj-j^Ul JUl ^1 AÜl i-Lö;^ 
/.Lr ^j o. j^jij ^'l« ;*^ji ^_^-Ji (^_^ (_^| frr*^ L^ ^-^ c5'^' "^ j^ 

Mül. inv". ^J;| j^ ^^J^\ ^ Oy^J ^^ j\ -^ ^ ^.'^ ^'t^"-^ ^''J p*J L^y P^L'-ij 

1. C i.^^. — 2. C . :^i. — 3. C Jj^. — 4. C 'i>^. — 5. C r/^^. i^^üJ' ä.'i'.. — 

^ — ' •• . j '^ j ^ 

6. C !.:^•^^ — 7. C f^..^.^l. — 8. C JU13. — 9. C K^. — 10. C ^>.. — 11. C i.;^;. 
— 12. C o-^'^. — 13. C o/«. J. 



plierent beaiicoiip, sous la benediction diviiie, et arriverent au chiflre de 
plusieui'S milliers; au point que les Pharaons eii eurent peur, et qu'ils les 
asservireut, un roi apres l'autre, les condamnant a fabriquer des briques, ä 
construire (leurs palais) et ä mille autres corvees, pour ne leur laisser aucuu 
repit et ne leur point permettre de se ressaisir. De plus, on donna aux accou- 

♦ lui. 10 r. cheuses l'ordre de tuer tout enfant male qui naitrait * aux Hebreux, c'est- 

ä-dire aux lils d'Israel, pour ne point les laisser augmcnler outrc mesure. 
Bien d'autres vexations, bien d'autres douleurs et d'autres injures leur furent 
infligees. A la fm, ils erierent vers le Seigneur; ils pleurerent et demauderenl 
seeours; le Seigneur entendit leurs pleurs et leurs eris; il en cut pitie et 
leur fit misericorde. II envoya son scrviteur le propliete MoTse (Moma) pour les 
l'aire sortir du pays d'Egypte, de ce royaume saus pitie, et de Tamertume de 
la servitude. Et ce Moise (Mousa) fut le premier prophete envoye par Dieu au 
monde avec une legislation et des preceptes, et avec le rite des offraudes; et 
il promulgua une doctrine et une religion. (l)epuis donc Tapparition de Dieu ä 
Abraham, il s'ecoula 440 annees, ce (pii fait .'J88U annees '). Et J)icu fil sorlir les 

* lui.iow lils d'Israel d'Egypte d'une rnain puissanle, * et avec un bras irresislible : ils 

i. Enmarg-e : 2800 

640 

440 

3880 



9 



12 



[17] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 137 

O^^yj ^ cT'^''-^^ ^LiJL^j j^'jVl i'^L*. ^^ U^ ' jaJ ^ ^5^. y^^ Ai'UU^ 

^j-^Ul iä]U>c^ ij^ t^ir^^J ^^^ ^^J^. ^"^'^ (Vt^^ 

j^^^::,j (^'j-Läw jLiiOl cjyjl '^'t'J^ (n^ -^ ■*^* ^.^^'^ l^i^li- U-o l^oj » foi.n r. 

ojl ^^1 Ij^U A9 -^j^lic^ S^j (»ri-y'^ ^-?^^^ ^^^ cT^ f*-'^.^ j^.^.J (»r^^^*^ 
J^ IJjCa p-j^J-^^. ^'"'^r^^ f*r'-^^:.-? (*r^^^ t^^ (^-S*i-? (*r^^^ jU-ij:^Vlj <.^l. 

1. C i.)Jj a^J. ^\. — 2. C o^|>:f*^^. — 3. C »x:=^j. — 4. C ^JU ^^ \j^p 
[i<5\^ ^\J\. —3^C add. JÜ'. — G. C Ls^x^li. — 7. C^,Oi^ — 8. C ^^yU-lJ ii'U*^L. 
— 9. c ^:>^y3. — 10. C ^^j ^^1 yij. — 11. C j*4^c. ^yi. — 12. C 'j^4,-^j. — 
13. C yh^2%. — 14. C *..J. — 15. C JUr. — IG. C wU ^*c^. 



comptaient six cent mille ämes'. Pliaraon s'etait oppose ä leiir depart ; niais 
Dien opera, par rentremise de son serviteur Moise {Mousa), des signes ex- 
traordinaires et des prodiges etoniiants. Ensuite il submergea Pliaraon et 
son armee dans la mer Rouge. Les Israelites s'emparerent d'un grand nombre 
de royaumes, dont ils battirent les princes infideles; et sous les ordres de 
Josue, fds de Nun [Youcha' ibn-Nun), successeur de Moise, ils occuperent la 
terre que Dieu avait promis de donner aux descendants d'Abraham; ils la 
partagerent entre eux, et jouirent des bienfaits de leur Seigneur. 

Cependant Satan ne fit point treve ä son hostilite avec les humains : il 
seduisait tous ceux qu'il pouvait parmi eux, les gagnant au culte des idoles, 
et ä la transgression de la Loi. Alors les prophetes vinrent leur rappeler les 
preceptes du Seigneur, et Tobservation de sa Loi ; * et chaque fbis qu'ils * foi. ii v. 
desobeissaient, il les livrait aux rois infideles, qui les emmenaient en captivite, 
pillaient leurs biens et saccageaient leurs habitations. Mais des qu'ils pre- 
naient conscience de leurs crimes et de leurs desordres et revenaient ä Dieu 
par la penitence et le repentir, il se laissait toucher, les ramenait ä leurs 
foyers et leur soumettait leurs ennemis. Ainsi fit-il plus dune fois pendant 
une periode de 1620 annees, qui complete les 5500 ans depuis la creation du 

< 

1. On lit au haut de la page : Tous moururent dans le desert; et il n'entra dans la 
Terre Promise que Josue ibn-Nun Moise, et leurs enfants. 



PATR. QU. — T. III. 



10 



138 SEVERE IBN-AI.-MOQAFFA'. [18] 

J^ ^^l^j ^ ^r^,y'^ Oibj pJfc^„Ü^ C^J^j ^,y^ :^J^ ^ (*5^ "^ if.J^^ 

^ Jrr^^^ (^-r-^f^-J ^-^ '^ ^^ ^"V. '^*~^ ^^-^^ ^-'"^^ jUV^ ^^^ <^^ J^ vJ^ 
*füi.iiv°. J ^ly«^ aJ ^>JLil:^l * ^-»^J '^'^^Vi b^ -^ 0:^^^-? ^^LjV^ ^^ ef^ 

V jji^^ ^ o- o^jVi > M J r* a^..-^^^ r^^^ (^^.^ ^^^ r^^ 
j jjjy-^c. lö^ ^vi j\3 ''^\ ^r rr^ ^^ ^-^^ t-'^b V>*^^ JJ^^^ 

^A_^j ^jy ^ Jy y c5-^^ -^>^^ '^!^. -^^ ^'-^ jlk-iJl ^-^i^j jlijVl i^U 

■y, Ajlc i\^\ J^^ j, J=^ '^.-^. ^^J ^-*^:-^ ^^r-i-*^' Cr^"-^ -C^^o* (j^^ (v-^^i 
*fol. I2r". jl 1-UUl * ^--t^. (i^ J^^ ^^J-' i ^^-*-r^ V^ ^9 ^y} Jb ^-?^^ -^^ 

1. c ^..'lil - 2. C Jij. - 3. C Li^l'. - 4. C 1^^^-. - 5. C !^.U^. - 6. C J:^^ (leg. 
J^l ^r^). - 7. C o/«. ^. - 8. C ^ylil - 9. C o/«. ^Jl. - 10. C o/;2. p>. - U. C 
^^ add. X)*, ^. — 12. C add. ^. — 13. C add. ijJ.>. — 14. C i^ß J. 



monde'. Lorsque, apres cela, leurs peches se multiplierent au delä de toute 
mesure et qua leurs crimes et leurs transgressions augmenterent, Dieu (dont 
le nom soit loue) vit que le premier Adam, qu'il avait fagonne de sa main, avait 
peri et avec lui toutes les antiques generations des hoinmes, des prophetes 

*iüi. 11 v". et des justes, et que les innocents * et les impies se trouvaient plonges dans 
les enfers pour leurs peches et leur impiete; il vit aussi que les fils d'Israel, 
qui vivaient sur la terre, n'observaient point la Loi et les preceptes que leur 
avait donnes Moise (Moma) ; il vit eufin que les autres nations s'adonnaient 
avec l'ureur au culte des idoles et au service de Satan : alors il envoya son 
Fils unique, himiere issue de sa lumiere, substance issue de sa substance, 
rimage et la figure de son eternite, engendre par lui sans partage et sans 
distinction dans Tessence. II renvo3^a au monde pour sauver, par sa uiansue- 
tude et par ses ceuvres, son serviteur et sa creation. Le Fils descendit dans le 
sein d'une femnie vierge de la tribu de David (l)aoud), de la race d'Abraham 

* foi. 12 .•■. (Ibrahim); et il sortit d'elle incarne sous une forme Immaine afin de * se mani- 
fester au monde : car lorsque le propliete Moise {Mousa) exprima au Seigneur 
le desir de le voir, il lui repondit : Nul niortel ne peut me voir et rester 
vivant; mais pour t'cxprimcr les bounes dispositions dont je suis auime 
envers toi, je te manifesterai autant que tu pourras soutenir. Et il lit briller 

1 . En niarg'C : 3880 
1020 
5500 



[19] REFUTATION DEUTYCHIUS. 139 



(^ 



fol. 12 V. 



j^v ^Ji ^j. ji^ Uli U5 j^i ^ uij j.1^^ ^ Ji -^Jjj; -c^ ^^^1 ^ 

J^_J1 ^ ^J^__ jUl j^ J ^Jj:> Vr"-? "^^^ c^ ^J.. J^ 1^;;^^^. (*^ L$-^^^ -^^^^ 

^jic jjui j ^vi jyJi dus ^ _^ j\ c^^ii (^ * ^x ^ ^y ^^ ^^^ * 

J SyfcÜJl ^jA-*Jl ^^^ J^ jJl*-lJ ^^-*^bj ^'^ cT*^-? ^^ ''^-^-^ "^ ^^Vr c> 

1. C ,'->Xv'. — 2. C Ji/^'i. — 3. C l*^ji. — 4. C ac?^. ^j^y ^^^. — 5. C om. Jj 
i^|_ _ (3. Le ms, B qae nous reprenons ici porte en tele de ce premier feuillet : J, iiU» 

^y,J! ... ^,.' ^e-,. ^r> J,s .1 ^'J j^.>. ^^! J^ Js ^_^M. - 7. A ^Oj c 

■■^yGj. — 8. A et C Jj *^J'.' — 9. A et C om. ^y^. ^ j-J. C ow. J. — 10. C 

ä ses yeux unc lumiere semblable ä l'eclair; et Moisc (Mousa) tomba sans 
connaissance la face contre terre commo iiii honime sans vie. Mais a la voix 
du Seigneiir qiii lui parlait, il rcprit ses sens, et la vie revint dans soii corps. 
11 se rendit ensuite parmi les Israelites, qui ne pouvaieiit fixer le regard siir 
soll visage ä cause de la lumiere qui Tinondait; et il dut se couvrir d'iiii 
volle lorsqu'il se rendait parmi eux, le quittant quaud il allait sur la mon- 
tagne. Si donc aucua regard humain ne pouvait se fixer sur le visage du 
propliete Moise (Mousa) ä cause de la lumiere qu'il n'avait pu lui-meme con- 
templer, mais qui s'etait simplemeiit repandue sur lui et l'avait illumine de 
gloire au point d'etre oblige de se couvrir d'un volle : * qui Jamals, ä bien plus MüI. 12 v°. 
forte raison, aurait pu soutenir la lumiere divine, s'il lui avait plu de se 
manifester au monde, et demcurer vivant! * Aussi Dieu a-t-il voulu, dans 'Bfoi.ir. 
sa supreme sagesse et dans sa toute-puissance, s'unir ä ce corps, et paraitre 
dans ce monde sous la forme et la figure des hommes, afin qu'ils pussent 
le contcmpler, et l'entendre, et obtenir par lä le salut concede ä Adam et ä 
sa posterite. 

Sa naissance admirable eut lieu, par un mystere ineiTable, le mardi 29' jour 
de Kihak\ l'an 5501 du monde, de Marie la Vierge toute pure, ä Betleliem 

1. 25 decembre. 



* lol. 1 V" 



et 



140 SEVERE IBN-Af.-MOQAFFA'. [20] 

^jj\ aJU ^ ,P^^j^ "^^J (TT*^^-?^ J^-? cT^-?^* C^.^ i ^^-?r:r^^ H ^• 

2^l^j, ^roj^ Ui. W ^^ ^j^ J ^J r-5 ^ Jl (^Ü^ jl^ ^Jlj b^>U 

^y^ loyi^ ;.^^^b ^^Ul jl Y^ ^"^ ^-* ^^•^' "^^ '^^ ^-^^^ '^^ "-^^' 
JUVl jV^L ^MaljI ö-^^j^^Jl * -^ ^j ^l^<i^ ^-^ >^ ^^ ^: -^ ^^^ 

1_ C ^.-,. __ 2. C :!'^. — 3. C bm. ^[s^om. ^^i^^. — 4. AC om. ^^' C.s^'J'. 

5. A et C l^^j. - 0. A o>7i. ^^. — 7. A et C add. J. — 8. A et C om. j^. — 9, A 
,. C Jl*3. - 10. C Uili^. - 11. AC ^O^A - 12. C l^^'. - 13. C j:^o^. - 14. A ^^ji^V 
_ 15. C 5^^!. - 10. AC iclJ=^. — ''iT. AC J ~y l - 18. AC ^_^^i-. — 19. AC om. J 
_ U*'!. _ 20. AC om. ^rtr"^- 

en Judee, au temps d'Herode, goiiverneur de Jerusalem, et sous le regne 
d'Auo-uste-Cesar, empereur des Romains. Deux annees apres sa naissance 
eutlieula venue des Mages charges de presenLs; car ils avaient vu son etoile 
briller lors de sa nativite, et cette etoile leur servit de guido jusqu'ä Betlehem. 
Puis il s^enfuit en Egypte, quand Ilerode le fit recherclier. Et, deux ännees 
apres, Herode etant mort, il revint et habita une ville appelee Nazaretli : c'est 
pourquoi il s'appela le Nazareen', lui et tous ceux qiii ont cru en lui. Dans 
la trentieme annee de sa vie terrestre, il i'uL baptise par Jean dans le Jourdain, 
le mardi, onzieme jour du mois de Tobeh^ la quinzieme annee du regne de 
Tibere\ empereur des Romains. (En reponse k ceux qui nous demanderaient 
d'oü nous savons que sa naissance et son bapteme eurent licu le mardi, nous 
avons discute cette double question a la fm de cc livre.) 
' lol. 1 v. Apres * son bapteme, il commenva a operer los oeuvres divincs et les 
prodio-os sublimes, changeant Teau en vin, rendant- la sante aux iiifirmes, 
o-uerissant les malades, chassant les dömons, nourrissant los mullitudes avec 
un pcu de pain, so faisanl oböir dos vents et des flots, marchant sur les 
eaux, comme sur la terre fermo, dovoilant los pensees sccrotes et los mouve- 

1. Nasen', i.lur. Nasnra, Xazareens, est le iiniii •lonin' aux chroliens en Orient.— 
2. ejanvier. — 3. A. I). 28. 



pij REFUTATION D EUTYCHIUS. 141 

iliLoj ^.-wJ ^^^-j ^^^^\ "'^^rr^"-? "V>^^ '^^^^ \.^j\^\ oL,y,Cj 

^1 ^v^^j ^^y'' ö- ^^ -^^"--^^ <>^"^'^ ^^^-^ "^^^ ^>^"^'^ C^-' ^^^^ 
Oj^^l^l J,.l:. l<i V>^. Vj J^J^^. V ÄJl; ^l dUi jij '^^^ ^'^_^^j V 



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mis avant^^k-^V - 3. A '^yS ^ K^S- " 4. C J^_^\ ^rr^. - 5. AC ^^^\ - (i. B 
MfC UyT. - 7. C r^j^'. - 8. Ao/;^. ^^JU', U^' ^y^^ ^^Jj. - 0. C JJ-^^. 

— 10. AC l3^ - 11. A ^ixi. - 12. AC om. LX. - 1.3. AC Li^*^.. - 1'.. A !j3--'o.j. 

— 1.5. AC add. U^=.^. — 16. AC om. J-.A.^ — J'ji3. — 17. AC om. .ß. — 18. A U ji^ 
C U Ji ,^ ^. -^9. A a^"^! .,'. - 20. A U-. - 2i. A ^CU. - 22. C om. sJ^-. 

— 23. C J;j. — 24. A *>^'^. 



ments intimes du coeiir des hommes, ressuscitant les morts, piirifiant les 
lepreux, rendant le mouvement aux estropies et aux paralytiqiies, ouvrant 
les yeux aux aveugles, rendant la parole aux muets, et faisant d'autres 
miracles en nombre incalculable. Tout cela s'accomplissait sur un simple 
ordre de lui, sans priere et sans supplication, comme il convient ä la divinite, 
et non point comme faisaient les prophetes. Les Juifs, au spectacle de toutes 
ces merveilles, lui porterent envie : Si nous laissons cet homme poursuivre ces 
Oeuvres, dirent-ils, tout le peuple croira en lui et le suivra; et alors les Ro- 
mains viendront et s'empareront de notre temple, et emmeneront nos enfants 
esclaves'. Ils comploterent donc contre sa vie sous Timpulsion d'une injustc 
Jalousie. Celui qui leur servait alors de chef, Caiphe, prononga cette prophetie : 
« II vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple, plutöt que d'exposer 
toute la nation ä une perte certaine'. » Et ils ajoutaient :.cet homme accom- 
plit ses miracles le * samedi; il manque donc ä Tobservance du sabbat, et* loi. 2 r< 
transgresse la loi. Bien plus, il va jusqu'ä se dire le fils de Dieu : il merite 

1. Joan,, XI, 48. — 2. Joan., xviii, 14. 



142 SEVERE IBN-AE-MOQAFFA\ [22] 

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a;-1;1j «cuXä. i_^U U ^^^ ^U ^^^ *^*^^ ^Uii dUio l^j ^^S}\ UVi ol_^ 

^_^ d^^^l ^^_ jljj ^^^^ OUU ^^C.^ ^'j J CUi jl^J ^1^1 Jl A; L^l ^^ 
-V=^Vi ^_^_ _^J »iJltJl ^^^1 (j <,'jfi>)^ j* ^liä aJ pY^)i- IjJ^tj ij^'j ÄisJL^Ji ^_^ 

1. AC om. Jb. — 2. A .^ixi>. — 3. C ^-^^^^y — 4. A «^^^'j. — 5. C !y-^j. — 6. A 

*^_ ; AC odd. J^Cj.j- — 7. AC ^^r^^j. — 8. AC ■^-^h i.Jb. — 0. A ^^^i. — 10. A 

o,?i. .^y — 11. C Ä;:w. — 12. C J. — 13. C ^j^uJ'j. — 14. A ^ßj C ^^i-l-'L. — 15. C 

f.>bl^^ ^^'. — 16. AC om. J^l. — 17. C 'i*>j\^. — 18. C ^ß^^ A o/;?. 'i:^. — 19. C 
yU. — 20. AC s-t-O JJ Je!. 



donc la mort! Satan, rcnnemi des hommes, s'efTorgait ä les perdre et ä leiir 
persuader sa mort. II les remplit d'envie, de colere et de fureiir; et il leur 
mit dans Tesprit que par lä ils defendaient la Loi, sans sortir de la voie de 
Fecjuite. Ils convinrent donc, grands et petits, de le crucifier et de le 
mettre ä mort. Ils s'imaginaient, les insenses, qu'il s'agissait (Eun Iromme 
comme eux, et qu'en assouvissant leur folie et en le faisant mourir, ils le 
perdaient et edagalent sa memoire sur la terre, tout comme il arrive aux 
hommes qui siibissent uii pareil sort. II les laissa faire, en viie de Faccomplis- 
sement du plan qu'il avait trace pour le salut d'Adani et de sa posteritc, et 
pour la realisation des prcdictions des Prophetes qui avaient parle de lui. 
II souffrit donc avec patience toutes leurs entreprises, montranl en lout sa 
sagesse et sa longanimite; et enfm il fut crucifie : c'etait la sixieme lieure du 
jour du vendredi, a l'endroit nomme Golgotiia. Ensuite ils le lirent mettre 
au tombeau, contents d'en etre venus ä leur fiu. Mais il ressuseita dans la 
gloire de sa divinite, le troisieme jour, qui ctait le dimanche, viiigt-neuvieme 
jour du mois de Barmahat', dans la trente-quatrienie annee de son (ige 
humain et la 5534*' du monde. Certains Peres ont dit que la resurrection eut 
* lui. '2 V . lieu au mois de ßarmoudeh' : Dieu sait ce qui en est. * II ouvrit la porte du 

1. 25 mars. — 2. Ce mois va du 25 mars au 25 avril. 



L23] REFUTATION D'EUTYCIllUS. 1^.3 

^jj yblkj U^ ^ocjl CcU A*, ^IjIj Uk^l b^i^ ^i.^.Ü ^li.^ ^jJ ^j ^. 



"^^1 -^Jl ^ <:<J>1, 



^b^ ^Ul 



r^-^ 



1. A o/«. \hj)o .J ^J^. — 2. C i^l ^If >J ^"Jj. — 3. AC om. ^*.J ^Ik-,. — 4. A 
J^l^l. - 5. A wVcsr^. —6. AC ^. — 7. AC oni. J^\ w^^^! J. - 8. A o^Uf. - 9. AC 
om. ^OJ5 JUIj J.^3r-^^1 Js. — iO. C U^ — 11. AC om. J^^j. - 12. A w-.ü^^. - 
13 C oni. ^ii'. - 14. A U^U'. - 15. A ^o , J. - 16. C J-,?.^ ^l' ^c^^.M. - 17. C 

paradis fermee depuis le peche et la sortic d'Adam : il l'y rameiia en compa- 
gnie des prophetes et des justes; il rendit plus facile aux liommes le chemin 
du salut; et il leur ouvrit la porte du pardon par la penitence. 

II demeura eiicore sur cette terre quarante jours apres sa resurrection, sc 
manifestant aux siens : et puis, ayant termine sa carriere et atteint son but, 
qui est le salut de ses serviteurs, il remonta au ciel au milieu des louanges 
des choeurs Angeliques : Gloire lui soit rendue! Amen. 



DEUXIEME PARTIE 

EXPOSITION DE LA FOI QUE LES APOTRES PRECHEIlE^iT AU MONDE, 
ET PUEDIGTION DES PROPHETES SUH l'iNCAUNATION . 

Ouand il sc montra aux siens avant de s'elever au ciel dans la splendeur 
de sa divinite et dans la majeste de sa toute-puissance, Notre-Seigneur 
et Sauveur .Jesus-Christ annonga ä ses disciples Tenvoi de son Esprit- 
Saint, le Paraclet {Pharaqlit), pour les confirmer et pour les aider ä precher 
FEvangile ä toutes les parties de la terre habitee. II leur donna le pouvoir 
de chasser les demons, de guerir les maladies de tout geiire, et toutes les 



144 SEVERE IBX-AL-MOQAFFiV. [24] 

J^j ^U'^Vl ^<^ ^[LJ:\j ^l^Vl J^ ^'i\J[^j ^ jJ-LlJi ^1>\ ^U j\lAJ\ 
SjX^\ n^^ j^A.1 JU 1_^U ''S^Ul ^U.^11 5^li^ 4^lj.^..^l Ol VI 

jvsiiil ^ ^AjuJl i_^iiil ü-Iä jl ^yj^\j ^aUI ^jjlj 0'.*^'^-? ^"^'^ r"^ '"'i**^^ 

^_p^. <CV ^^c« iAs.« J:_y^ >li>. Vj ^UJl Jj^^^^j ^^^"LJI j^ Jji ^=-.^Jl ^^^_ 

23 Ol l^ ^_^I^1 jl -^JL^\ 21^^ "'^^'jH (vTl^ ^.iJLT ^\j lQgL:>. ^ 
2'^'ClU^ CL 25j^lju]L C-Jj Jl JL^j ^1 Jlij> Lü- LJ 24 ^i;;, ^JL>Jl 

j . A ^jlM-". — 2. C o'^U-'^. — 3. AC om. '^!. — 4. AC 'ij^^l — 5. AC o/«. J^.. 
— 6. AC J^yi. — 7. AC o/;?. *--Jj ^JJ^j. — 8. A *>5^*:>j. — 9. C o/«. ♦>J_^^!. AC o/«. 
^y\ .US'— 10. C Ij^Ij y . — 11. AC o/«. o'^- ^ — 12. AC ^^'j. — 13. C om. ^^^ jy 
'^!. — 14. AC om. i.^^ s^^^ , ü,^s bi^ ^.. — 15. C Li. — 16. A = ,i. Wo^.^. ^ jj^ 
Jx'l ^_j;^. _jj_;. — 17. A J-...^-'. — J8. AC om. ^^^^^ ^^)\. — 19. C L^'l^. — 20. A 
U;j,.^J JU wjcj J. C JU h^;j J. — 21. AC *kJ. — 22. C , yl^Wt. — 23. C U'. — 
24. A L.3'^ C Löbj. — 25. C j;/^Jl'. — 2G. C om. U.U-. 



infirmites, de faire les prodiges et les miracles les plus eclatants. Aiissi, 
gräce ä leur ministere, tous les rois, nonobstant la diversite de leurs 
langues, leurs divisions et leur puissance, tous les peuples se conver- 
* fui. 3 r". tirent et furent baptises, * conformemcnt au precepte du Maitrc, au uom 
du Pere, du Fils et de l'Esprit-Saiut. 11s apprireut que cette auguste 
Triuite, formee de personnes diviiies, etait un seul Dieu, et uou point trois 
dieux; et que le E'ils, Tune des personnes de la Trinite, le Seigneur Jesus- 
Christ, descendit des eieux sans s'en absenter et saus quittcr le tröne 
de sa gloire, parce que rien ne le circonscrit et qu'il contient toute 
c'hose; qu'il prit par Toperation de TEsprit-Saint un corps de la Vierge 
Marie et naquit d'elle sans alterer sa virginite et sans en rompre le sceau, 
afin que le monde sache que celui qui re^ut le jour d'elle est uii Dieu fait 
honime, comnie Ta predit Ezechid (llaz(jijcl), quand il dit : J'ai vu ä TCJrient 
unc porle fermee, scellee d'un sceau nierveilleux et incompreliensible, par 
laquelle le seul Seigneur des vertus est enlre : il est entrc, et il est sorti; 
et la porte n'a point ete ouvortc, et le sceau na point ete altere'; et comme 
l'a aussi predit Isaie [Eclia ijah) en ccs niots : « Voici qu»' la A^erge con^oit et 
met au jour un enfant, qui s\ippellera Emmanuel [' Auuuunicl)^ c'est-ä-dire 

1. Ezech., xMv. 



^25^ REFUTATION D'EUTYCIIIUS. 145 

^jj^\ Si ^Ä U Jlij ^^1 L-i^ ^^^r-^- ^J (-'^^ ^' "^'j v^^ ^c^. 

^l:J 1^ JL5j ^\ ^^\ ^} ^"J '^-S*^^ j^^^ -^3 LT^^ ^-'J^^^ ''^^ 
U-j 20^i^y;- ^k p.Vl ^^^j ^JJ ^'^^^ ^:^J ,^ ^^^^- ^. ^'^-^^^ vr--^^ 

C:.J Jl^j ^Vi ^ ^\ -u^ J^ '^} J^J (^ r^^ ''^ -'^^ ^^ ''^^ ^ 

1. AC om. ^^^ ^1. - 2. C IJ--'. - 3. AC ^^ - 4. C U. - 5. A o/;.. ^J'. - 
6_ AC !i-^. — 7. A Ujoj. — 8. C Jw^. — 0. B en marge ilM ^^ Iv*^ ^'■^^-" — 
10. A Ui U jJj C .^^ U -Jj. - 11. A ^.^-^^ '^'j C 'jJj IaAsj. - 12. AC add. 
_^^C. - 13. C J-^\ ^^U^. - 14. A ^IkU! J j::Ot JN|1. __ 15. C ^CU. - 
lü^AC o/;i. J^M ^Ji ^,L. — 17. A add. ^^'-^j^- — !«• A O;- — ^^- ^ ^^:^-^3- — . 
20 A JC;;. - 21. A om. U!. - 22. A ^^in^S'. - 23. A ^r^k.y C ^>jf^. - 24. A 
,^^^...- 25. AC ,^. - 2G. A ^G JU .).)' C ^O JU3!. - 27. A M^. - 28. C 
^.>l)^!. — 29. CsJ^J^J!. 

Dien avec noiis'. « II dit encore : « Un enfant nous est ne, un onfant noiis 

a ete donne; son pouvoir est inscrit siir ses epaulcs : c'est Dieu, ä qui 

appartient tout pouvoir, Tange du grand conseil, le pere du siecle futur^ » 

Isaie a dit encore ailleurs : « Voici mon enfant bien-aime, celui qui a 

fait mon bon plaisir, et en qui s'est eomplu mon äme : en lui j'ai repandu 

mon esprit, et toutes les nations ont mis en lui leurs esperances^ » 11 a 

predit aussi ce qui suit : « Beaucoup ' te suivront les reins ceints; ils t'adres- * foi. 3 v 

seront leurs priores et t'adoreront; parce que le Seigneur habite en toi, 

et nous ne le savions point '. » Et ailleurs : « Dieu va vcnir : que les nations 

le sachent. » Et encore : « Fortifiez-vous, ö mains tremblantes, genoux brises, 

gens pusillanimes : consolez-vous et soyez saus crainte; car le Seigneur, 

qui recompense avec mansuetude, viendra, et il nous sauvera : alors les yeux 

aveu^les s'ouvriront, les oreilles sourdes entendront, les boiteux sauteront 

comme les cerfs, et les langues muettes parleront". » 

Jeremie [Eremyah) ä son tour a dit : cc Dieu descendra sur la terre et 
marchera parmi les hommes''. » 

1. Is., VII, 14. - 2. Is., IX, G. - 3. Is., xLii, 1. - 4. Is., xlv, 14-15. - 5. Is., 
XXXV, 4-6. — 6. Baruch, in, 38. 



fol. 



lOl. 'l 1" 



146 SEVERE TBN-AL-MOQAFFA\ [26] 

^- ^\ jUVlj ^^*J1 ^ ot^^^ ^i-ir -^^-^^ ^^J t/k p^^. L$3^^ ^J^ 
4)1 jl Jlij ^^1 L,J ^Is [Jj jkü- ^^1 ^vij ^utLVii '^>iJ ^^Ij 

V yij r^^ ii^Ul ^-l Ul JL5j ^^j^^:^ J ^^. V^Vl «Ol JLij ^Jl ^_jb 
Ij — ^1 ^-ül J^\ y^j 13 1^ a!j jUVlj jUVl ^1 l j^^ Ul Jlsj ^2o^_. 
i^.jb 16 Ul JUj ^jVl ^.U ^Ul ^ jyl. .Jül jl U^ 1^^^ 14U.1 JUj 

«^ Ji5j ^jy\ ^ 21^, 20^^^^ ^^1 g^, ^j^ 19^1 ^^ j^ 18 ^j, 

1- <-' i^'- — 2. A^ ^j^%. — 3. A j^^'S'. - 4. AC U. — 5. AC om. \j.^. — 
6. AC U. — 7. AC \j^»:^. _ 8. C 3'. — 9. C add... U»! JU^. — 10. A^^. ., w.^ J. 
— 11. A ^\. — 12. C om. hunc vers. — 13. AC (C J^'A) li'^' ,' Jyü .,^,^ 
l.^ J^. — 14. C o/«. U)!. — 15. C jjUi-.. — 16. C om. — 17. C ^^^'j jJl. — 18. AC 
add. <ü!. — 19. AC^Jt A Ji^f. — 20. ^J. — 21. AC J^^. — 22. AC J J^-'. — 
23. A Ljl. — 24. A ^y^ C L^^. 

Et Ezechiel (Hazrjyel) : Vous saurez, dit-il, que je suis le Seigneur leiir 
Dieu, quand j'apparaitrai parmi les liommes, et que je converscrai avec eux 
publiquement. 

Et David {Daoud) a dit : « Le Dieu des dieux se manifestera dans Sion ' . » 
Et ailleurs : « Le Seigneur viendra publiquement, et notre Dieu ne se taira 
point-. » Et encore : « On dit qu'un homme est descendu dans Sion : c'est 
le Tres-Haut qui Ta fonde pour lui-meme^ » 

Et voici ce que dil Salomon (Soleymaii) : « Vraiment Dieu sera avec les 
liommes sur la terre '. » 

Et David {Daoud) dit encore : « 11 descendra comme la pluie sur la toison, 
comme la rosee sur la terre ^ » II ajoute ailleurs : a Tons les rois sc pro- 
sterneront devant lui, et toutes les nations l'adoreront". » 

Et le prophete Osee {Ouchya) dit : « Le Seigneur viendra assurement et 
se manifestera sur terre \ » 

Et le prophete Micliee {Mi/,-/ia) dit : * « La parole de Dieu se manifestera 
dans Jerusalem; et de Sion sortira la loi^ » 

Et le prophete Nahum (Nahouin) dit : « Je viendrai habiter en toi, dit le 
Seigneur tout-puissanl '•'. » 

1. Ps. Lxxxiii, 8. — 2. l»s. xLix. 3. — 3. Ps. lxxxvi, 5. — 4. 11 Par.. vi, 18. — 
ö. Ps. Lxxi, 6. — 6. Ps. Lxxi, 11. — 7. Os., vi. — 8. Mich., iv. 2. — 9. Nah., n, 13. 



^27] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 147 

ji5j jj:}\ j^u ^j\ JL5 dii ^\j ^\ u^ ^^ c>-^ J^'j ^^^' ^ c.>;- 

U JJ^ ^Ül jl j.xJl ^yl J^j ^^ ^r^:.J (r:^-JJ^^. vJ^ 4:^^ ^\. 'J^ 



1, C ,^k>'. - 2. A ^^.J>^. - 3. A o/n. - 4. A ^^j- - 5. A U^^. - 6. C 
ll^-^l - 7. A ^^11^.1 C ^^,!U!. - 8. A ly-e^ C h^,. - 9. C ^^^.-^o, - 10. C 
add. ^\i\. - 11. AC om.. - 12. AC om. - 13. AC om. *:y"^ »/f. - 14. A^*j,=-^ - 
15. AC J^. — 16. A Ij^k^'j. — 17. C *^-j. 



Et Sophonias {Sephomja) a predit : cc Gonsole-toi, ö Sion, et que tes mains 
ne tombent point (de decouragement) : le Seigiieiir notrc Dieu viendra s'eta- 
blir en toi et te sauver'. » . ^ ^ 

Et Zacharie (ZaJdiarija) le prophete dit : « Rejouis-toi, fdle de Sion; je 
viens habiter en toi, dit le Seigneiir-. » 

Et le prophete Malachie {Malakhya) dit : « Voici que le Seigneur viendra, 
et se montrera ä ceux qui le craignent : Sokil de justice est son nom^ » 

Et le prophete Arnos {'Amous) dit : Le Seigneur viendra ä toi, ö Jeru- 
salem, et se manifestera en toi. 

Dieu, dit le juste Job, apparaitra sur la terre, et marchera sur les mers, 

comme sur une terre ferme. 

Les Apötres, nos peres, ont atteste ä tous ceux qui crurent ä leur pre- 
dication, que le Dieu incarne dans le sein de la Vierge Marie et devenu 
reellement homme a ete crucifie, qu'il est mort, et qu'il est ressuscitc d'entre 
les morts le troisieme jour; qu'il est monte aux cieux, dont il ne s'etait point 
eloigne par son essence divine. Et du reste le prophete Moise {Mousa) avait 
predit son crucifiement aux enfants dTsrael, lorsque les serpents les atta- 
querent de leurs morsures dans le desert : Dieu lui ordonna de faire un ser- 

1. Soph., III, 10-17. —2. Zach., ii, 14. — 3. Mal., iv, 2. 



i48 SEVERE 1BN-AL-M0QAFFA\ [28] 

Mol. 4vo.3^. J ^J^ ^^. 2^ <:^ J. K\.i^ ^J^\ JlU^* J;> .^ ^U \^J 

Iji^ J^ \^L^ *'(*^V JJ^-^^ (^'^ ^r^j^ pr' ^'J^j ^1^. -^'^ ^^:il ^^1 

. 7 • . .. \f 
^^'i uUl J^ ^Ji ""^^ i ^y__ (J ^aJI <C^ ^U ^Jl^ ^Jl 8L^1 Uj 

Ul JUj LuVlj UUjl J.^_ ^^^-ül ^Jl Uyb Ul Jlij OjJl Jl -l^ ^1 
^j^ll ^L»^ Ua.J Jl^j ^'•''Lli "^^j^j ^y ^^V^ O^-? ^-i^'^ ^^^ 0^ ^^^^ J^ 

jUjj JA,_ i'l^^j ^:>:^1 ji^^Vl ^cL^ Jljj A.U ^ic ^Jl ^Sjb Lj-j 

^^L.JL ^^^ \j^;.^J Jji^l ^"~*-^^ ^^ ^^)1 l;l ^j'^^^ ^^Ua-l Jlsj 

1. A J-0. — 2. A L^M. — 3. AC om. — 4. AC ^^,.o. — 5. AC Jlü. — G. A ^-^i! 
j^-'.rr.r^' '^A^- — ^- A j^^A^^J ^. — 8. C o/;?. — 9. AC JUj. — 10. J^i. — 11. AC 
^jJ! ^^. — 12. AC L^. — 13. AC om. — 14. AC om. — 15. AC Sy..^. — 1(3. A ij^!^. 
— 17. AC Uäi-. — 18. C U.^:^!. — 19. AC om. U).! JU^ A U«..^lj. — 20. AC -i-U J^^ 
t^c^!. — 21. A r/ö?^/. 1^ ^,^1 J^jz ^i^jUvj Ulib ^-J^^^i^J ^^>-0! !j ^:;S' C .^.)JJ1 "i^^^i^ 

* foi. '. V". pent d'airain, et de Tattacher ä un bois eleve * figiirant iine croix, afin qiie 
ceiix qui seraient mordus par un reptile pusseiit Icver les yeux vers le ser- 
pent d'airain et giierir. Moise leiir dit alors qii'un joiir ils verront leiir Saii- 
veiir crucifie ä im gibst, et qu'ils iie croiront poiut en lui. Et Isafe, parlaiit 
do sa mort, a dit : « Gelui dans la bouche duquel aucuii mensonge iie fut 
trouve, subit la mort poiir expier les fautes da peuple'. » II dit ailleurs : 
« C'est lui qui porte nos douleurs et nos soufTrances". » Et eucore : « II 
regut des blessures ä cause de nos crimes; il a soulFert pour nous; et ses 
soulTrances nous ont sauves'. » Et de nouveau : « Comme un mouton, dit-il, 
il fut mene ä la mort. » Et : a Ils Tont comptc au nombre des pccheurs, et ils 
Tont livre ä la mort '. » 

De son cote le prophete David (])aond) s'exprimc ainsi au sujet de son 
crucifiement : « La foule des mecliants m'a environnc. Ils ont perce mes mains 
et mes pieds, et ils ont compte tous mos os. Ils se sont partage mes vete- 
ments; et ma hinique, ils Tont tirce au sort'. [Ils se sont mulllplies, dit-il 
ailleurs, ceux qui mc liaisscnt injustement. Ils m'ont recompensc en mal du 
bien que j'avais fait";] ils m'ont rejete, moi le bien-aime, comme un cadavre 
repoussant; et ils ont fixe des clous diuis ma cliair'. » 

1. Is., Liii, 9. II. — 2. Ifs., Liii, 4. —3. Is., LIM, 5. — 4. Is., LIM, 7, 12. — 5. Ps. xxi, 
17. 18. — 6. Ce qui est entre crochefs Iraduit A. — 7. I*s. xx.wii. 



5 r». 



[29] REFUTATION DEUTYCIIIUS. 149 

S^ij^l^ ^>UJl 'Jylj ^J JL? ^yl ''jVl Jl5j cLi J^ ^\ ^^jU Uj 

24^1 .^ j^aJ a:y.A)l ^l^.Vl 2"VJ "'^cy^'^^ (^.L-^ ^^^"^'^ W ^y^J^ 

UiCU lyU l^^i U^^L ly^l 3y^\ Z,y^, ^^«OVl A^ 30;^,^_j| ^^^ 29 4JI 

1. A ^^=^j- — 2. A 'j_^^j C ^j_^^."— — 3. A ^^.3J!. C ^y. — 4. C ^_».U». — 
5. A :i3j!^. — (). AC icL^i!. — 7. A add. ^^.ID. — 8. AC om. — 9. A J-^.^ C ^^^„y — 
10. AC jLvsI. — 11. A ^^v J^ H-^J .^^'^ ;j-'- — ^2- ^^ o'"- — ^■^- AC ji'i. — 14. AC 
^UlS'. — 15. AC add. \=^y — 16. C ^.^. — 17. C om. A ... ^ JU^,. — 18. A l^-,! . 
C ^_c^;5j. — 19. A 'i^.^\. — 20. A !S^^. — 21. A iacc-'-'!. — 22. A Uä;^,'. — 23. A Uj. 
— 24. A 'is^y — 25. A om. — 26. A ioc-:---'!. — 27. AC 'i^.-^^S ^tX-U .> cl^Ll" ^, 
C om. a verbo (21) J^^! ad verbum (26) J^*^'. — 28. C om. — 29. AC ^^ . — 30. A 
L.lxJ! C ^3»^', et ow. C o^^^ '^'^' -•*-"^ quae sequuntur. — 31. A ^\. 



Le prophete Zacharie {Zakharya) dit : « Ils verront celui qu'ils auront 
crucifie ' . » 

Le prophete David (Daoud) a encore predit sa resurrection en ces mots : 
Je vais nie lever, dit le Seigiieur, et me manifester aux hommes en 
sauveur. Et ailleurs : « Le Seigneur se levera, dit-il, et aneantira tous ses 
ennemis; et ceux qui le haissent s'enfuiront * devant sa face^. » Et encore : * foi. .5 r«. 
(( Dien s'est eveille, comme s'eveille un homme endormi, comme s'eveille un 
homme appesanti par le vin '. » 

II a aussi predit son ascension au ciel dans les termes suivants : 
« Elevez vos portes, ö princes; elevez-vous, portes eternelles, afin qu'entre 
le roi de gloire, Qui est ce roi de gloire? C'est le Seigneur puissant et 
fort dans les combats. O princes, elevez vos portes; portes eternelles, elevez- 
vous, pour livrer passage au roi de gloire. Qui est ce roi de gloire? — Le 
Seigneur puissant et fort est le roi de gloire \ » Et ailleurs : « Le Seigneur, 
dit-il, est monte au milieu des cris de victoire; le Seigeur est monte au son 
de la trompette. Confessez notre Dieu, confessez; louez notre roi, chantez : 
le Seigneur s'est assis sur son tröne de gloire ^ » Et dans un autre endroit : 

1. Zach., XII, 10. — 2. Ps. Lxvii, 2. — 3. Ps. lxxvii, 65. — 4. Ps. xxiii. — 5. Ps. 

XLVI, 6. 



/ * 



150 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [30] 

Jl^l ^J ^J\ JIS ijoA Jlsj ^«uaJ ^J> J^ AJJl ^^U ^L^J JUj M^Tjj 

•'li^ ^1 UJl j»! ^j_& csJ^ ^c^^l ''jwJJ Jlsj Jl-^>i:ül ''crt^'j crj==^ -V^-? 
^\j 4)1 J^:;^ 19 jli U<)lj U<]1 i^^jli .aJI J JlSj ^UoVl L-^^. -Vj 

J^ 23^j^_^ ^1^^ 22l;j J^_j f.^^ ^U U50i 21C^J 20jij^ j;j^<^,| ^ 

* foi. 5 v°. aJÜI \j1 y^ Iaa jl vii-x^j Cojj lil Jlsj ~"*x>jiJI ^„^j jj: ^^. -V^-? 

1. A !^^! LOJ \^^\ .\^f\ L^^ y!. c \^f\ Leu !j_^' U^j! 1^^'. — 2. AC ow. 

• La)! JU^. — 3. A s-Vs-^. — 4. A o/?i. — 5. AC j5a.-\ — G. C ^i,. — 7. A J^!. — 
8. AC om. — 10. C ^,LU. — 11. ACo/;«. — 12. A ..x^ L>. — 13. A ,bo.- — 14. A 
^. — 15. C om. — 16. A JJ C !3-;.j. — 17. A J^%. — 18. A ^ü'/. — 19. A om. 
— 20. C o/;?. — 21. AC om. — 22. A L^-.^ LJ c>)L=j '^ O^U. — 23. A \^^^ . — 
24. C Uj. — 25. AC om. — 26. A o/«. ^.^ C ^o'. 

« Le Seigneur, ecrit-il, a dit ä moii Seigneur : assieds-toi a ma droite, et je 
mettrai tes ennemis sous tes pieds '. » 

Pierre {Boutros), chef des Apötres, a rendii au Seigneur Jesus-Christ cc 
temoignage : « Vous etes le Fils du Dieu vivant. Et il lui repoudit : bien- 
lieureux es-tu, Simon fils de Jona {Sim'än ibn Yoima); ce n'est pas un etre de 
chair et de sang qui t'a instruit de cela, mais mon Pere qui est aux cieux". » 

Jean {Youhanna) Tevangeliste a rendu ce temoignage : « Au commencement 
etait le Verbe, et le Verbe etait aupres de Dieu, et Dieu est le Verbe. » Et 
plus loin : « Le Verbe est devenu chair, et il liabita avec nous; et nous avons 
contemple sa gloire semblablc a la gloire d'un fils unique k son perc''. » 

♦ foi. 5 v". Jean-Baptiste * fils de Zacharie {Youhanna ihn Zakarya) a rendu ce temoi- 

gnage : « Moi, dit-il, j'ai vu et älteste que celui-la est le Fils de Dien '. » Et 
il entendit du ciel Ic temoignage de Dieu quand Jesus fiit baptise au Jour- 
dain : « Celui-ci est mon Fils bien-aime, en qui j'ai mis mes complaisances '. » 
Pierre, Jean et Jacques {Boutros, Youhanna, Ya'qoub) entendirent la voix de 
Dieuvenant du ciel, et le temoignage du Pere, sur le monl Thabor {Tabour) : 
« Celui-ci, disait-il, est mon Fils bicn-aime : ecoutez-le" et obeisscz-lui. » 

1. Ps. cix, 1-2. — 2. :Mallli., xvi. —3. loaii.. i. 1. 14. — 4. loan., i, 34. —5. Mallh., 
III, 17; Luc, III. 21. — G. Malth.. xxii, 5. 



[311 REFUTATION D'EUTYCHIUS. 151 

(Ju_j1^^i oX« ^ V* vJIaJI <i)i \_)i iA ^jl AikAi A.. .ü Jlsj A,^*Jjji (JuJIj'L" a,/J;j 

^ Jl '^«JlLs JJÜl ^ ^^^ ^b J V^r^ ^^rf*. t^'^ CwiU ^Jl jli LJj 

I9j^l ^ '«auk- ^Ul ^^j 4Jli. J^j ^xl}\ ^'^^jj ^'^jl y JIS ^^"'^^.» 

4)1 28^1 ^\ '27^^_j 20^^!^ j- ^^^ ^^ ^^^^ 23^^ ^_;j^ ^^^ ^| 24-^^j 

1. C ^,^' ii'bl;^^. — 2. A JU C o/«. — 3. AC oni. CU.^y i-> ^JJ'. — 4. C J. — 
5. AC o/n. l^li iij. — 6. A om. — 7. C Lä^. — 8. AC 4^. — 9. C om. — 10. C 
om. — 11. A L-VsT-' C !»^.— ^ — 12. AC om. — 13. AC om. — 14. C J-j'^^. — 
15. Syriac. y^r^ ipo AC o/«. — 16. C om. — 17. A ^^J^. — 18. A ^iXlk?'. — 19. C J^-■^ 
— 20. C om. — 21. A ^JJ. — 22. C om. — 23. A add. ^jJjJ C aö?<i. — 24. A add. 
J-or^l. — 25. A om. — 26. AC ^^^\i. — 27. A ^^j*^. — 28. A ^^3. 



Le Disciple Nathanael {Nathanayel) a reiidu ce temoignage k Notre-Sei- 
gneur meme : « Maitre, lui dit-il, vous etes le Fils de Dieu; vous etes le roi 
d'Israel ' . » 

Et lorsque le Seigneur marchait sur le lac de Tiberiade {Tabaryah) ä la 
quatrieme veille de la nuit, et qu'il fut reQu daiis la barque de ses disciples, 
ceux-ci Fadorerent et rendirent ce temoignage : « Vraiment vous etes le Fils 
de Dieu\ » 

Et le medecin Luc {Louqa) l'evangeliste a rendu ce temoignage; lorsque 
Fange Gabriel {Gehrlel) annoh^a (Fincarnation du Verbe) ä notre Dame la 
Vierge, il lui dit : « L'Esprit-Saint descendra sur toi, et la force du Tres- 
Haut etendra sur toi son ombre : c'est pourquoi celui qui naitra de toi est 
Saint, et sera appele Fils de Dieu\ » 

Voici maintenant le temoignage de FApötre Paul [Boulos) dans son epitre 
aux Romains {Roum) : « [Paul], ecrit-il, esclave de Jesus-Christ, elu pour 
precher FEvangile de Dieu en son Fils, qui est ne, selon la chair, de la race 
de David (Dcioud) et qui est reconnu pour etre le Fils de Dieu*. » II dit 
ailleurs : « Dieu a envoye son Fils dans la forme du corps de peche, pour 

1. loan., I, 49. —2. Matlh., xiv, 33.-3. Luc, i, 35. — 4. Rom., i, 1-4. 



152 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [32] 

* fol. 6r. 2^^ \[^^\ J^\^^ iiA_3.o * -Ly^Ji J^J dj^l A_p- Jli« J cl ^Ül J^jl Us,! Jlij 

1_^JU, J *^^_^^ '^^L* ^-^^ ^'^-^ ^"^'j "^"^J f*^^^ ^-^ Cnr^^ t> "^^ ^r^^^ ^ö^' 
jl^ L, lj^J:i^lj P^C^l J L«^^ ^*^^^_^^V^' Jl <dUj J -'C^J JIjj AstJl ^j 

J U i'^i^j o^^ ^■*'^ ^^^' ^^^j--„ p-^ ^^^ ^-''LjiVl Cr" ^ ^^ J^ Q^ ^^ 

23^3 22^^^yj] J ^[^^ j [^\ J^-_j 21^1 4JI ^_^^ ^j j^-^ 20^ j^ ^^ 

U jU 25^ ^jjl ^^1 cj diu Jl L Jilj l.'m\ jlLU ^ LU.; ^JJl 24^1 

1. C om. et add. ^J! Ur;:^. — 2. C o/«. — 3. AC ^JJi. — 4. A ^^^ — 5. AC om. 

% JU3' !:^J^ , 's^.. — G. C 'JJ^. — 7. A JU. — 8. AC UJ.0. — 9. AC om. A ^/t^^/. , J..- 

C «^^. ^3^.j. — 10. A ^y.^ßJi^ C ^y^^VA^. — 11. A _..U,''. — 12. C ^0'j.U. — 



\ 



13. A U.'i!! Ji' e^ C --^L^' Ji'. - 14. A add. ^^L — 15. A om. — Iß. C L5', J. 

j.^— '■ J. — 17. C Lw.M. — 18. AC U"-.^-. — 11). AC vip^ ,1—' J^". — 20. A add. 
<jwj^ ilM j.:s^ C i.;o' iJv^ J.:sr^. — 21. Quod om. A et C (20-21), sie rel'ert B mendose. — 
22. A ^U^y C .y.yj:i.^. — 23. AC j^\ — 24. A add. ^c^^ — 25. A add. lU^. 



' foi. c, r. detriiire le peche * par son corps'. » Et encore : « Nous aiinongons, dit-il, la 
sagesse de Dieu, qui etait cachee et existait dans rintelligence de Dieu avant 
les siecles; celle que nul ne connaissait des princcs de ce moiide et des 
maitres de cette terre : car s'ils Tavaient connue ils n'auraient pas crucifie le 
Seigneur de gloire". » Le meme Paul, dans sa lettre aux Colossiens [Qoiasios) 
[lire : Pliilippiens], ecrit : « Songez en vous-memes, et considerez ce qu'il en a 
ete de Jesus-Christ, qui est Fimage de Dieu en tonte cliosc; il s'liumilia, 
prit la forme d'esclave, et se manifesta en la forme luimaine. II obeit jusqu'a 
la mort, la mort sur la croix : c'cst pourquoi Dieu lui multiplia la gloire, et 
lui donna un nom superieur ä tout ce qui existe, afin qu'au noin de J('>sus- 
Clirist tout genou flecliisse dans les cieux, sur la terre et sous terre, et que 
toute languc confessc que Jesus-Christ est le Seigneur dans la gloire de Ditui 
son Pere^ » Et dans sa lettre aux Colossiens ' il dit : « Nous rendons grAces 
ä Dieu : il nous a delivres de l'empire des tenebres, et nous a conduits au 
royaume de son Fils bien-aime, par qui nous avons obteuu le salut et le 
pardon des peches, qui est Tiinage de Dieu invisible, et pai' qui tout a ete 

1. Rom.. VIII, 3. — 2. I Cor., ii, (1-8. — 3. IMiilij»)».. 11. 5-11. — V B porte : Cdriii- 
thiens. 



[33] REFUTATION DKUTYCHIUS. 153 

-tUl J U .^ ol^ ^\^ <>_j ^y__ V ^^\ ^\ ^ y^ ^Äll lli^l j\jij ^y^\ 

»Äj ^ ^l^ Jy <^J ^ JiO J^Ul jJbJ l^O «-LiVl vT^Ili- ««oA, ^Uj <, ^_5JJ1 * ful. G 

^^^LJl j U rJUl -UL^ ^Joj -vl^li^ «-^^ ^ e5^^. j^ ^^'^ v^^ <^j 4.1^ JLJ^l <;j 

jp^jl -^ ''LäIjj ^l:L*Jbj o^^Vl ^ jj^ -^^^ ii-^1 l»-J^ J-« ^-^i f" >^. ^^ 
j 9C:^j JUj «cl i.y^_ <^\ l:;^i ^Ai jVlj <^Ül 'Ul l:^ a5 Ü^J JUj ^"V^ 
jjl ^ 1'2^a!1 ^jJ j ^lü.U 4)1 ^.i^ 10^ J<;j ^j_; oL<: ^1^1 J\ cJLj 

1. E .J-J S>^. — 2. A ,^_;^!jlo-Jl. — 3. AC add. UfljJ. — 4. A JJ^Lj'. — 5. AC oin. 

— 6. AC l^F-.-'. .,i. — 7. C ow. — 8. AC JJJ^. — 9. AC om. —.10. AC J-V^ !)a.^!l JJG 
U^!. — ii. A ^Iji C l5lj'. — 12. AC om. ^jJ! .J^s J. — 13. AC oi7i. — 14. AC l^''. 

— 15. A ^,,L- — 10. AC J^-U^!. 



cree au ciel et sur la terre, les choses visibles et les invisibles, les anges, les 
archanges, les trönes, les domiiiations et les priiicipautes; en qiii et par qiii 
toutes clioses ont ete creees, * qui existait avant tonte cliose, en qui tont ♦ foi. v 
subsiste. II est le ehef de l'Eglise, le clief et le premier-ne de ceux qui sont 
rappeles du royaume de la mort, afin qu'il ait la primante en tont, et que tonte 
perfection soit en lui. Par lui Dien a daigne pardonner a sa creature; et par 
le sang de sa croix il reconcilia tont ce qui se trouve au ciel et sur la terre '. » 

Le meme Apötre ecrit dans sa lettre aux Thessaloniciens {Tessalonicfija/t) : 
(( Servez le Dieu vivant et veritable, et attendez son Fils Jesus-Christ (et sa 
venue) du ciel, celui qu'il ressuscita d'entre les morts, qui nous ressuscitera 
nous aussi et qui nous delivrera de la colere ä venir-. » Et encore : « Nous 
etions, dit-il, les ennemis de Dieu; mais maintenant il nous a rapproches de 
lui par la mort de son Fils\ » 

Et dans son Epitre "aux Hebreux, voici ce qu'il dit : « En toutes manieres 
et en tonte fagon Dieu park autrefbis ä nos peres par l'intermediaire des Pro- 
phetes; mais en ces (derniers) temps il nous a parle par son Fils, qu'il a con- 
stitue heritier de l'univers, par qui il crea toute chose, et qui est la splendeur 
de sagloire et l'image de sa perennite \ » Et ailleurs : « Nous avons, ecrit-il, 

1. Cüloss., I, 12-20. — 2. Thess., i, 9-10. — 3. Rom., v, 10. — 4. Hebr., i, 1-3. 

PATR. OR. — T. III. 11 



154 SEVERE IBN-AT,-MOQAFFA'. [34] 

j?c_--^l 9 y^ ^ C~^ jL&-l (V-^J ^3 *-^.' y-* J>^J «CJjl ij^-^j ^Aä^ «-LJ? jjbj 
l^li *^jUÜ jyy V L^l JLSj "^A.; jlooVij (VÄ^sJi '^U-Jl ^1 A«^ (^JJl «dll ''^1 

<ll)Uj j ^"J^^'^Jl ^)_^ Ui^J JLsj ^is_^_L^_j ^l;- ^\S\ r^\ ^i_^Lai '''LLkJl 

^^ Lj y\ ^Ül djL" ^^^»jyJLl^l 29i3Uj j 28j^^, 27^1^ ^^ j^;^ 

1. AC om. — 2. C UJii. — 3. A ^j.'. — 4. A JjUjI-' C ^> LuLob. — 5. AC 'U-xi^. 

— 6. AC r^^^t - Jlf l-v--'. — 7. C iA^. — 8. A '--l^^. — 9. AC »-w-^.^. — 10. C om. 
J^^! ^_^. — 11. A '^^\. — 12. A ^wjlj'UAJ. — 13. C ,^JJ^i! bt. — 14. A A-l. 

— 15. AC o<^^. — 16. A A.,iu^! C J^-^J. — 17. C A--'. — IS. A , -«Lbli. — 19. C 

ii^.^ — 20. AC Lj .. — 21. AC ^y. — 22. AC iJ^. — 23. AC ^j<V^^.. — 24. AC 
add. ^JJI. — 25. C OA«. — 26. A add. ^^-^1. — 27. A ^J,. — 28. C ow. :y^J' 
^y^.— 29. AC iJL^. — 30. A ^^,yJULlJ. 

un souverain Pontife tres grand, Jesus-Christ Fils de Dieu, qui est monte aiix 
. cieux : soyons fermes dans notre foi eii Lui'. » II dit aiissi : « II n'est poiiit 
permis k ceux qui ont regu le bapteme et la gräce de rEsprit-Saint, qui se sont 
nourris de la parole de Dieu et ont cru ä la vie future, de retourner au peche 
et par lä de crucifier une secoude fois et de mepriser le Fils de Dieu*. « 
oi. 7 !■•. Et dans sa preuiiere Epitre * ä Timothee {Timateos) il dit : « Je t'adjure 
en preseuce de Dieu qui vivifie tout, et de Jesus-Christ qui rendit devant 
Pilate (Bilatos) un bon temoignage, de conserver ce precepte saus lache et 
Sans reproche jusqu'ä la manifestation de N.-S. Jesus-Christ, que Dieu nion- 
trera en son temps, qui est beni et seul puissant, Hoi des rois et Seigneur 
des seigneurs, Firnrnuable, qui habile la luniiere, et dont personne ne saurait 
approcher, que nul hommo ne peut voir, ä cpii appartient tout honneur et 
tout pouvoir au siecle des siecles, amen '. » 

Pierre (Boiiiros), le chcf des disciples, dans son opitre a Tunivers (au 
QdÜKiliqon), s'exprime ainsi : c< Beni soit Dieu le Pere de N.-S. Jesus-Christ, 
qui nous a specialement adoptes par la resurreclion de son Fils Jesus-Clirist*. « 
11 dit ailleurs : « Vous avcz mis ä mort l'autcur nieme de la yi(^ '. » Et encore : 

1. llebr., IV, 14. — 2. Ilebr., vi. C. 3. I 'lim., vi, 13-10. — 4. I l'cli.. i, 3. — 
5. Act.. III. 15. 



[35] RKFUTATION DKUTYCHIUS. 155 

^i_^^±9 SLäJI ^JsLiLA •^Ua.J "^Jlsj ■j^-y^\ 9 y^^ "'«^l ^^Li] S^^^l, ^ U-ai- ^Ül ^ .., J^ 

JL«j i'^bLÄJl Zjj^ \i i^^Lä.11 ^CJ^ yb ^iJl Ljbl '-'bL: ^j ''■^LlcI ^Llcj bl:,^^ 

^^ ji U i^'ai^j. ^jU i^L^J Jls-j jlkJÜl JUl 1'^^ 4)1 ^1 ^^ i''Ul 

v^wäJI 4:,1 (^UjI Ail Ü aAjI ^>. * ^^_ U^ ^^^j J^j rc-^1 p^^> ^\ "^^ cfS * ('«ji. 7 V". 

2öju.jlj '^''L^l ^Jül 24 ^yi ^<J ^U) L^123^ ^_j ^^^ ^ 22^ ^^| j^ 



1. C l^U. — 2. AC 'iXsj. — 3. AC sjJj. — 4. C om. — 5. AC o/w. —6. AC 
».^::1:;3. — 7. A om. — 8. AC SA,.^. — 9. AC om. — 10. AC jJL,. — 11. A .^UilJ. 

— 12. A U^U — 13. A 5lllxi.j Cslw.^^. — 14. A ^13'. — 15. AC add. o«*-j. ^Jv 
b'jLLd. ^^' (C ly-1^) li^^i^^. jD! ^1 ^-rr-^M. — 10. AC om. — 17. A kiCJ. — 18. AC o/?z. 

— 19. AC i>^j. — 20. A ^i Jj. — 21. AC om. — 22. C L^^. — 23. C add. ^JJl. — 
24. C^a*. — 25. A lw=.!. — 20. C J^jU. — 27. AC om. — 28. C »jl. — 29. C JUD. 

— 30. A i..^j ^'.3^ .^.\) jj»j C o/w. has easdeni voces. 



(( Le Christ, ecrit-il, est mort une fois ä cause de nos peches : il est mort 
dans sa chair, et il vit par Tesprit ' . » 

Et Jean {Youhanna) revangeliste reiid ce temoignage dans son epitre ä 
l'univers (au Qalhaliqon) : « Gelui qui est eternel et anterieur ä tous les siecles, 
que nous avons vu et entendu de nos oreilles, que nous avons touche de nos 
maiüs, qui est le Verbe de vie, et par qui s'est manifestee la vie". » Et ail- 
leurs : « Le Fils de Dieu, dit-il, s'est manifeste pour detruire les oeuvres de 
Satan \ » Et aussi : « G'est un commandement pour nous de croire en Jesus- 
Christ le Fils de Dieu*. » II dit ailleurs : « Par cela l'on connait * l'amour de 
Dieu pour nous, qu'il a envoye son Fils unique au monde pour lui communi- 
quer la vie. Ge n'est pas nous qui avons aime Dieu, mais c'est Dieu qui nous 
a aimes et qui a envoye son Fils pour la remission des peches ^ » Et encore : 
« Nous attestons, ecrit-il, que Dieu a envoye au monde son Fils, le Sauveur : 
celui donc qui confesse que Jesus-Christ est le Fils de Dieu, Dieu sera en lui, 
et il sera en Dieu". » II a ecrit aussi : « Qui peut vaincre le monde, sinon 
celui qui croit que Jesus-Christ estle Fils de Dieu '? » Et aussi : « Quiconque 

1. I Petr., 111, 18. —2. I Joan., i, 1-2. — 3. IJoan., ni, 8. — 4. IJoan.. iii , 23. — 
5. 1 Joan.. IV, 9-iO. — 0. I Joan., iv, 14. — 7. I Joan., v, 5. 



V". 



156 SEVERE IBN-AE-MOQAFFA'. [36] 

^'Jlsj 4!1 ^^yjl All <L>ji ' ^ J^ jTC- — Jl A^l jl Jlsj ^^IäIVI ^J-J -^{^J 

c^ Jji J i '^^^ c5=^ ö^y ^''^^ -^^ i^'l^jl ol Jyr ^/ ^.1 ^b -^ ^ij > 
'füi. 8 .■". V * ^ jU <tül ^;1 "'^l;! ^;1 ^ ^^ U ^-^ ^1 j^yr ^^1 ^_^ 23_^l 

1. AC o/;/. — 2. C o/;?. — 3. B ^^-v — 4. AC o/w. — 5. C yj. — 6. A^,j. — 7. A ^is. 

— 8. A , »-'• — 9. C ow. JU. A^l ,1. — JO. A e^'j. — 1. A ^wj. — 12. AC om. 

— 13. AC om. — 14. A ^j^-ß C ^J;^. — 15. A to^^!. — IG. C Ut. — 17. AC o/?2. — 
18. AE om. — 19. A ^\ ^^ ^J^JJ JU» C ,^^^J ^J J! JU«. — 20. AC ,>. — 21. A 
(^1. — 22. AC om. — 23. AC om. — 24. A o/«. — 25. A ^^j-^y. — 26. C add. liic 

j> !y^U sine sensu. — 27. A ^. — 28. C j^v-y. 

croit au Fils de Dieu a la vie; et quiconque ne croit pas au Fils de Dieu 
n'aura poiiit la vieV » 

Et Marc [Marqos) rövangeliste a rendu le temoignage suivant : « Coin- 
mencemeiit de rEvaiigile de Jesus-Christ, Fils de Dieu'. » 

Et Jean (Yoiihanna) revaiigeliste atteste encore que le Christ Seigneur 
s'est aflirme le Fils de Dieu, quaiid il dit : « Une heure vieiidra oü ceux qui 
sont daiis les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu et ressusciterout •'. » 
Et quand il dit ä Philippe {PhiJippos) : « Celui qui m'a vu, a vu mon Pore : 
e/)mment dis-tu alors : montre-nous le Pere? Ne crois-tu douc pas que je suis 
cu mon Pere et que mon Pere est en moi?'' » Et quand il dit ailleurs : « Je 
suis un avec mon Pere^. » Et quand il dit a l'aveugle-ne : « Crois-lu au Fils 
de Dieu? — Et il lui repondit ; Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui? 
l*]t Jesus lui dit : c'est celui qui te parle, et quo tu vois''. >) Et (juand il dit aux 
Juifs : « Vous pretendez que j'ai blasphemt'; quand je vous ai dit que je suis le 
* lüi. 8 r. Fils de Dieu : or si * je ne faisais point .les univres de mon Pere, vous ne 
croiriez pas en moi; mais puisque je les fais et que vous ne croyez point, 
croyez du moins aux (leuvres, et sachez et comprenez que je suis en mon Pere 
el que mon Pere est en moi'. « Et quaiul il dil : « Le Pere m'aiino parce que 

1. 1 .Ioan.,vi, 12. — 2. Marc, i, 1. — 3. .loan.. v. 28. — 4. Joan.. .\i\ . ii-lO. — 5.Joan., 
X, 30. — (). Joaii., IX, 35-37. — 7. Joan.. x. 37-38. 



[37] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 157 

P«; Jlis aJüI ^>1 yb ^1 ^^Jlsj <:^1 ^j <0U U (^^"V^ ^^"^ h[^ Jj 
^ ^_j^l 20^^::,^ 19^- U^ 18^U:>JÜ JUj A>L;- ^^1 '"^jj^ -'^ J> -^^ (J^ 

1. C om. — 2. AC 0/«. — 3. AC J^' ^X'^^^i. — 4. C om. — 5. C J^. — 6. A 

^.. .. ^^ 

\^y]. — 7. A ^Uj. — S. C b5jU. — 9. C o/;i. — 10. A OJ^ C ^'U. — 11. C 'j^'^. 

— 12. AC ^JjsJJ';. — 13. A li! i^Jj. — 14. C at/(/. J. — 15. C ^^'-^. — 16. A ^Jj^. 

— 17. A ^Jj. — 18. AC XcU^L — 19. C om. — 20. A ^.x.w. — 21. C Uj.*). — 
22. AC ^^"-^. — 23. C !^,s;:=^l^. — 24. AC om. — 25. AC L.xv^. 



je donne ma vie poiir mes brebis ; et je reprends cette vie : personnc ne peut 
me la ravir; mais j'ai le pouvoir de la doniier et. de la reprendre'. » Et qiiaud 
il dit : « Moii Pere, olorifiez votre Fils! Kt la voix du Pere dit du ciel : 
J'ai glorifie et glorifierai encore'. » — Et quand il dit ä ses disciples : 
« Une heure viendra, et la voici toute proche, oü vous vous en irez cliacuii 
de son cöte, m'abandonnant seul : mais je ne suis pas seul, et mon Pere 
est avec moi\ » 

Et, d'apres Tevangeliste Marc {Marqos), quand le grand pretre lui de- 
manda s'il etait le Fils de Dien, il repondit : Oui, je le suis; et vous verrez 
le Fils de Thomme assis ä la droite de la puissance, venant sur les nuees 
du ciel avec majeste et grande gloire. Alors le grand pretre dechira ses 
vetements et dit ä la foule : Vous venez d'entendre le blaspheme de sa propre 
bouche; quel autre temoignage vous faut-il encore? Et ils lui repondirent : 
II est digne de mort '. 11s deciderent sa mort, et demanderent ä Pilate {Bilatos) 
de le faire mettre en croix. Et Pilate leur demanda : Quelle faute a-t-il 
commise, quel crime a-t-il fait pour etre. crucifie ? Puis en voyant leur 
tumulte, il prit de Feau et se lava les mains en disant : Je suis innocent du 

1. Joan.. X, 17-18. — 2. Joan., xvii, 1, et xii, 28 — 3. Joan., xvi, 32. — 4. Marc, xiv, 
62 et 69. 



Fol. 8 



158 SEVERE 1BN-AL-M0QAFFA\ [38] 

V". dl;l 1 jJlJ' j ^ «L-U '^ 1 j j^^ AiLlk jl ^>1^ ^^_^^ls ''l;iVjl ^j ^LU 4^j> lyus * 

^i\ J^\ ,^Ä)i ^"^^ojsJl ^^_ ^^ J jl^l ^ oU-U c.->- CU9J j^ ^^^».iJl ^.»..LUI b^^ 
:>^1 J\ ji JyJl ^'^1-V; Jjl ^'^^J liU ^1 ^^1 ^^U^ Jl^ C._^. 

1. AC Uli. — 2. C c-9'- — •'^- ^ om. — V AC ^J^. — 5. AC ^^"^J. — 6. AC 
^^;;i^lj. — 7. C L, jl.ü^. — 8. A om. — 9. AC ^i. — 10. C om. — 11. A ^JJJ Lj.s 
C ^JJ! l.Ji. — 12. AC J^vL- — 13. AC om. J ,L:J'. - 1^.. AC add. .J\ J^ J 
isU-Mj. — 15. AC ä:v^^!. — 1(3. ac^^. Jlij. — 17. B ^j C^^,! C ^c^^l. — 18. C !J.>. 
— 19. A J-^-V. — 20. AC ^..O. — 21. B ^J^. — 22. AC :^^^L^ . — 23. AC ^^j^*.K. — 
24. A ^3 O-^,' C ^v;u2J^!. — 25. C sjj^. — 26. C ^^U!. — 27. A .5^^i^'il! i^W 



,j LLU'. — 28. AC \^. — 29. A !^^.^L. — 30. AC add. ^,^. 



* foi. 8 \': sang de cet liomme saint. * Ils repondireiit : Que son sang soit snr nous et 
snr nos enfants, Pilate {lUlatm) eiil le desir de le relächer; ils s'y oppösrrent 
en disant : si tu le mets en liberte, tu n'es point ami du roi, mais son ennemi; 
car cet liomme pretend etre le roi des Juifs : or quiconque a des pretentions 
ä la royaute est, par le fait, ennemi du roi. Alors il le leur livra pour etre 
crucifie, selon leur gre. Et quand ils Ic cracifierent, le soleil s'obscurcit des la 
sixieme heure du jour, le vendredi, — au jour et a Tlieure oü Adam mangea 
de l'arbre, — jusqu'ä la neuviemc, — lieure ä laquelle il fut chasse du paradis. 
— Alors il dit k haute voix et en liebreu : Mon J)ieu, mon Dieu, pourquoi 
m'avez-vous abandonne! pour rappeler aux Juifs la prophetie que leur avait 
faite David [Daoiid) au psaume x\i, qui commence par ces paroles : Mon Dieu, 
mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonne; et dans lequel il dit : « La 
multitude des mecliants m'a environne : ils ont perce mes mains et nies pieds, 
et ils ont compte tous mes os. ils se sont partage mes vetements, et tirerent 
ma tuniqiie au sort'. » Ils ne comprirent point, les insenses, ses paroles, ne 
iinrent point compte de son discours, et ne firent point att«Mition ä lui, 
appli({ues qu'ils etaient ä leur (Buvre. Et qiiand le soleil fut pres de son 

1. Fs. XXI. 17-18. 



[39] RKFUTATION D'EUTYClITi;S. 159 

'j6 HJj «l.U ^ Li ^_^^^-^ "^y^ S "^^ \yJd\ Vj <u*M.^ ^1 \^lJ\ Vj ^ß 

•y^ /^ I j^ls \.5>E.5Ua.M \ji Cf^j— jiL^ij CaäIö;' j^^Mj o^ U ä.r j «i-^-Ä-Mj v::J J y 

'"\\:^:>\^ S.\ oUj -i^^UJl jl'i >;lj LäU Jl dU^l oLä U^ Jl5j 2'>i;x:^ 
uis)! -\^^j j^^üi) jjj j ^ LV*y„ Cj l5-j~^ k^A--«! cj^j-Iä) uj " AiUi o Jus 

1. C U.U. — 2. C J-^. — 3. AC om. ^^-CJ' J..^ ji : JU. — 4. C j...L:2^^ — 5. AC 
am. — 6. A »^^! C jj.^1. — 7. A ^^^-V.^ C w-äiüij-. — 8. AC «c?<:/. Uj. — 9. AC J. — 

10. A^U. — 11. AC ^ÄSi. — 12. C om. — 13. A ^-''. — 14. C arft^. JI. — 15. C 

o.5!j. — 16. A add. 'i:>j^\ jkA^ C i^xkjl y ^^Ij. — i"- A ^\. — 18. A Jji.> >^j. — 
19. A ':J C o//?. — 20. A add. ^^\ ^-^. C _^1. — 21. C om. ^^^-'^J' .... ^,U. — 

22. C '^U^'^. — 23. A ^-^^^ ^)! ^jJ-Jj J^^'j. — 24. A ^^/»^..^ — 25. A a.-UU. — 2(3. C 
rtf/t/. ,S}Jl — 27. C 0/«. — 28. AC [jS. — 29. C ,.k-'- — 30. AC .ko. — 31. AC 



coucher, il cria : « Tout ce qiii est ecrit est consomme. » Et apres cela : 
« Mon Pere, en vos maiiis je livre mon ame ! » Et il expira. Aiissitöt le voile du 
temple se decliira en deux parties de haut en bas ; * la terre trembla ; les * loi. 9 f. 
rochers se fendirent; les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de plusieurs justes 
ressusciterent d'entre les morts. Le troisieme jour, il sortit du tombeau et ap- 
parut ä ses disciples : et comme Thomas n'etait pas avec eux, on lui raconta 
la resurrection du Seigneur; il repondit : Je ne croirai qu'apres avoir vu la 
trace des clous dans ses niains et ses pieds, et qu'apres avoir mis ma main 
dans son cöte : sans cela je n'y croirai point Unit jours plus tard, Notre- 
Seigneur leur apparut, et il dit ä Thomas : Donne le doigt et vois la trace 
des clous; introduis la main dans mon cöte et ne sois point incredule, mais 
cro^'ant. Et Thomas lui repondit : Vous etes vraiment mon Seigneur et mon 
Dieu. Et le Seigneur lui dit : Tu crois pour avoir vu ; heureux celui qui croit 
Sans voir'! — Et Jean (}'ouAa/i//ft) Tevangeliste ajoute : « Le Seigneur Jesus- 
Christ fit devant ses disciples beaucoup d'autres miracles qui n'ont point ete 

1. Joan., XX, passim. 



1(,0 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [40] 

Ij^ ^JJl (va^l^ ^^1-Uj p^.:::^! ^it a, ji^j '^iSj UVI oi^ j-« ^j^^ ^^jj 
^1 V C^ jU ^1 ;iil j>\ ^^^y:i\ ^ C^ 1-OU ld<^\ '^'Jl^j ^U^Vl Ll^^. 
^^1)1 Iaä Jlij j_^Lr jj-L (^'^^j j-ijVl ^j^' ^'Ic a^äJI a«j <1^ -ujl a^^ loj 

22j^>Ül ^Mjj^ 20|j^j,^ ;5^^| ^1 ^'1 ^- j^ ^_._J1 AlJl JyJ: Uij ._^1 



1. C sij'. — 2. A U«. — 3. A om. — ''h. C o/;i. et add. ^jJ' J'. — 5. A .J 'J^^>.;i 
.3«jJ| J! A^w'j isL^M A^ — ü. C ,o J*^!. — 7. C w^i. *^<sii. — 8. A ~^^M. — 9. C 

Ui'. — iO. C »1». — 11. C ^<(/6?. ^_5=^^!. — 12. i^add. S. — 13. A ^^m'^-«^- Et in marg. 
leg. : ^^^^\ JU ^L. — 14. A add. J.^L. — 15. C add. ^^''. — 16. C J ^ß, J. — 
17. A 2.^^. — 18. C «äfflf. s'j-. — 19. A ^-Oj C ^0(. — 20. A ^-3Aj. — 21. AC 
lj-^5'!. — 22. AC om. 



rclates dans ee livre; et ceci en a ete rapporte aiin quo voiis croyiez qiie Jesus- 
Clirist est Ic Fils de Dieu, et quo, en croyaiit, voiis ayez la vie en son nom 
poiir reternite '. » 

Voila le temoignage de nos peres les Apötres, et lenr croyance au Christ 
Fils de Dien, ainsi que FEsprit-Saint le lenr a enseigne et le lenr fit comprendre 
des prediclions des Prophetcs, et ainsi qu'il le preclia par leur bouche. Voila 
loi. ;» v\ la doctrine qnMls ont annoncee au mondc, qu'il est * vraiment le Fils de Dieu 
avant et apres son incarnation, comme Fange Gabriel (Cebriel) Tavail annoncc 
ä la Vierge quand il lui dil : « Celui qui naitra de toi est saint, et il scra 
appele le F^ils de Dieu ^) ; — et comme l'a afTirmc FEvangelistc Jean {yot(/i(uina) 
quand il dit : Le Verbe est devenu cliair, c'est-a-dire que la personne du 
Fils de Dieu, et non un autre, s'est faite chair; et comme il a ete dit aillours : 
II n'est monte au ciel que celui qui en ctait descendu; c'est-a-dire que la per- 
sonne qui etait dcscendne du ciel saus avoir de corps, est la meme (jui luonta 
au ciel avec la cliair, et non uiie autre; — et comme Dieu Fa d(''clar('' au .lour- 
dain {(Jurdon) et au Tabor {Tahour) par ces paroles : G'est mon l^'^ils bion-aimc ; 
— et comme Ic Christ Seigneur a allirme de lui-meme qu'il est le F^ils de Dieu. 

I. .loan., XX. 30. 31. 



^41] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 161 



.8 



jl^Vl jl^ ^^^ (^^ j-«j \^ vr^^ iJ^ i>-? *^U^1 j' 



\y^j^\j jl^jVl ijA^ jU<5^ diyJl i-^^U^^j * ^^crA^'^^^ J-? '^^ J^ ^ *^''^-^ 
^l^L 1^'^ ^^ ^^.xl Jl^j (^U j 1-^ -V^^lj ^jUJl ^ t^ Cili:. Ij^lij i^'^^l 

or^V^ Jj J^ ^} j^-? ^" ^^ iy.^ ü'}^'^-' ^^^^'^J ^ öif^J ^^^-^ ^^-^*^^ 

1. AC «^(/.yL. — 2. AC om. — 3. AC 5^^^'^. — 4. AC om. ^ ^^.^^"^ »^^- — 5. AC 
^2}^ ^\ (^^v-O! yL. — 6. C a^^. ^.Jl ^^. ^3!j. — 7. AC om. — 8. A aäf^. /i AC 
o,n. J. — 9. A \J\y, C ^V^i-. — 10. C ^.J^y — 11. A ^^_y^^.^bLo C ^^_jU3b\j^. — 
12. A , ^yU^C A «rW. ^^.^^-^' C add. ^,s.^. — 13. A ^r-'.-^X.^'- — 14. C '^J-.AcuJ^. 
— 15. AC om. j^^ (J-U. — 16. AC om. — 17. A ac?^/. ^K — 18. AC om. <ü^^3. ^^'1. 

Voilä enfin ce que les Apötres ont preche ä Fimivers cntier devant les rois, 
les empereurs et les peuples, et ce qu'ils ont transmis dans les Livres sacres 
pour renseigiiement de tous ceiix qui croicnt eii Notre-Seigneiir Jesus-Christ : 
Gloire lui soit rendiie au siecle des siecles. Amen. 



TROISIEME PARTIE 

DES CONCILES, DE GEUX QUI EN ONT MOTIVE LA CELEBRATION, ET DE l'oKIGIXE 

DES DISSENTIMENTS. 

Les hommes resterent fideles ä la doctrine de nos peres les Apötres durant 
276 annees, jusqu'au regne de Diocletien (Diklaätanos) * et de Maximien {Maxi- * foi. 10 !• 
mianos), empereurs infideles, qui adorerent les idoles, detruisirent les eglises, 
et firent mettre ä mort un grand nombre de Chretiens (Nasara) : pendant 
40 ans une foule considerable de martyrs rendirent temoignage au [Christ] au 
milieu des tourmcnts varies qu'on leur infligea. Puis Constantin (Qostantin), 
fils d'Helene (Hüane), monta sur Ic tröne : il avait d'abord pratique le paga- 
nisme jusqu'ä Tevenement celebre de l'apparition de la Croix : il se convertit 
alors au christianisme; et lorsqu'il se fut allermi dans la foi au Christ, il brisa 



102 SEVERE IBN-AI.-MOQAFFA'. [42] 

jo ^J\ ^Lc jl ^\ ^s_^LaJI :>y^j ^9 ^J jo U -6^ ^^ jl^j i^l 'IalI j 
O^A3^"j ^^(*-^' (^:J (^^^--'^ f-^J j^'j"^^ ^~^ r:rr~*-'^ «»^l^j ^^ß ^IJj iJl^^^l 

^jLvil As-LsJl ^J'y_J\ ^'^1 >^vr^ *j^ <^^ 'ijKM-o bX« <Jl>-01 jj^i C-oIäJL-Ij iUVl 

'i>:>\Z£.\ ^'^J^t£\ ^J^j ^^^}j J^ ^^isAi^U o-^^3 •j'y.J^ ^y^j>-^ S^\ /^t-kÜa-J 

<u)i d^T^ ^b ^^l_^Uj \._ ij-CjJ ^Ü! ^^U iLl ^'^^ ^*^dJj ^__Llbl IVl ^^**-^jj 

*fol.io V. ^^^..äSc.« " /^ jl^^l LVl i'L«l /^^ 4iii^ «uJül .ju.,b'j «C'jj^V -'^-»-y" tj ^:)\sls\^ 

^jVlj 2^0lj^^l Jlli- oL<3l J^U, "^-1^1 A^lj ^l ^^ 23|^l^- ^1 22 ^^^ 21 j^l 



a 



1. A rt<^<r/. ■iy^y — 2. A ..>?. — '.\. C v_^l.^)'. a."^3 .^ t'^"- — 4. A Uli. — 5. A iw-iU' 
tfc?. Jw^'L-. — 6. A , v«>':o^l. — 7. A j'v-^'' 5J.3-. — 8. AC JU. — 9. A J J ^.W >t^;^.'. 

10. AC ^y^ \^. - 11. A 'iAJ^S.. — 12. AC wJlj^^3jJ. — 13. AC »J^L. — 14. A 
a;:3U!. — 15. A LjJi;:^'. — 16. C LJU-.. — 17. A ^i^s^-'' iJ^i3'.. — 18. AC 'Jxu^ 5 C add. 
U. — 19. C 'l^-u^. — 20. A , .5,'^^'. — 21. C ,^^;:^ J,Üj. — 22. C a.»U. — 2.3. C 
y'i.. — 24. AC ^,^' ^y — 25. AC .UJ!. 



les idoles, detruisit les temples, et edifia les eglises. La foi fut renouvelee, et 
la religioii joiiit de la paix pour uu lemps, c'est-ä-dire jiisqu'ä rapparitiou de 
la doctrine d'Ariiis (.4r/o.s) Tapostat, qui reiüa le Fils de Dien. Ariiis etait pretre 
d'Alexandrie [Aleskanderyali) : il pretendit que le Seigiieur Jesus-Christ avait 
ete cree. Un cerlain nombre de personiies se joignirent ä lui, et embrasserenl 
sa croyance perverse et sa grossiere erreur. C'est poiirqiioi fut couvoqnec la 
reunion des 318 Peres ä Nicee {JSiqiah) Tan 59 de Diocletieii [Diqladianos)^ sous 
le regne de Constaiitin {Qostantin) : ils anatliematiserent Arius {Arios), et toiis 
ceux qui avaient dcfendu son opinion et adliere ä sa doctrine; et ils firent une 
lormule de foi universelle, pour eclairer tons les liommcs et leur faciliter la 
connaissance de Dieu et rintelligence de l'unite de son essence et de la Tri- 
Mni. 10 V. iiite de ses Personnes. Gelte formule derive de celle des * Apotres, contenant, 
sous une forme concise, tout Tensenible de la doctrint'; et ils dirent : « Nous 
croyons cn un Dieu unique, Dieu le Pere tout-puissant, crealeur du cicl et de 
la terre, des clioses visibles et des invisibles; et en nn seul Seigneur Jesus- 
Christ, Fils unique de Dieu, engendrö par le Pere avaiit lous les siecles : 
lumiere de lumiere, Dieu vrai de Dien vrai; engendre et non cree, considj- 



^43] RlU<UTATION D'RUTYCIIIUS. I(i3 

y^y^\ ij ^ ^Vi tijL^ jy^ jff- ^yiy> ^y^ ^^ ^j^ J^- ^^ Jy ^> jy jy^jJ! 
^jj -JA X...^^ *U-J1 ^ Jji LL^M=^ J^l ^J ^;^\ ^j^ Uif-l ^j^ "(^-*J^ jl^ <; o^ 

f^j ^J (^^"J J^^ '^cT^^ V^ t^-^ ^ v-^-? cr"^"-? ^j-^^ (v:.^ J^j ^j-AÜl 
^A^LJi LVl Ij^-b ''L:=^^ '^<^-'U ^ ;^ä!1 :^.1^.V1j l^Vl ^.aJ -^^a:*-.^ ^rl i:^,\. 

i"J Ij^^-b "'Or-'^" V;-? Jr.-^^ ^ ^y^J '^"^'^-J -S:*-'^-? k^b jUJij -Ulj 
l,».,^ 5^ ^iJl ^«J'jj (V^^" ^^^*^JJ ^-^-^ \^''^ J Jy^^3 " *-^^^. (♦{^'^^^ O^isji 

1. A ^^3 b^L.'. — 2. AC 11». — 3. C ^p^-^. — 4. C »J-F-^ J. — 5. A ^^\. — 

G. X /^^ LJvJ^L. — 7. AC om. 'i\^ JT.. — 8. C L^j U^^- — 0. C ac?^. l^-i^j 

.^.^..^x».^. — 10. C om. — 11. C C^LU'I. — 12. A JJJ! J. ~ 13. C «rfc?. JU-l^ — 

14. A -«,. — 15. AC ^"i^i. — 16. C om. — 17. C ^wa^3ji^. — 18. C -^^yU — 1*.). C 

^k<. — 20. C om. — 21. C Jlü. 



16 

18 



fttaiiticl' au Pero. par qiii tout a eii l'etre; qiii, ä cause de nous autres humains 
et pour notre salut, descendit du ciel, et s'incarna de TEsprit-Saiiit et de la 
vierge Marie, et devint homme; fut cmcifie pour nous, sous Ponce-Pilate 
{Bilatos el-Bonli), a souffert, a ete enseveli, est ressuscite d'entre les morts Ic 
troisieme jour, selon les Ecritures; est monte au ciel, et s'est assis äla droile 
du Pere, [d'oü] il viendra une seconde fois, eu sa gloire, juger les vivants et 
les morts, lui dont le regne n'aura point de fin. » 

Les 318 Peres prescrivirent de reciter cette formule ä toutes les messes 
et dans toutes les prieres, et de l'enseigner ä tous les fideles, hommes et 
femmes, jeunes gens et jeunes fdles, esclaves et servantes, qui doivent l'ap- 
prendre de memoire, y adherer, la redire dans leurs oraisons du jour et 
de la nuit. Ensuite ils decreterent des lois, porterent des canons et orga- 
niserent les eglises, comme l'Esprit-Saint le ieur inspira; et puis ils se sepa- 
rerent et regagnerent leurs residences dans la paix du Seigneur. Et TEglise 
goüta alors une paix tranquille, et marcha * d'un pas assure dans l'ordre, *foi. iii-. 
jusqu'ä Tapparition de la doctrine de Macedonius {Maqdonios), l'insulteur du 

i. II nexiste point en arabe de terme susceptible dun sens adequat ä celui de con- 
siibstantialis; la traduction re?ue est : egal par la substance (au Pere). Une partie des 
Syriens emploie ces mots : ..oia^/. p.-^ v^, au Heu de ceci : wo,a^p i-^coo;.^ ioa qui est moins 
exact, et cependant plus repandu. 



164 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [44] 

JUIj U^l '-'ji\ iUVl ^-Vi l:.U:}^...ä\\ ^ j ^^ ^Uj a^Ij ^^^ j^ ^>y\j 

"•jl^ ».«j>M aJL^V "^ä-^Is-U c^Ui.^ Ji A^UJl '»o_b J^ «^^ jl lj\[^j )ij!>X£,j )s^^Oj 



14 ;c. _ . - \A'-\\ 13 . , .. Al . • _ Li^^. 12 



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^^jbi l'^^J^t^^l ^*^y. ^y*-f^J 



Al«-j 



::; (j 



23 Vy. -Ij^^lj 21^1 ^-Yl ^^1 ^U_j 20 ^^^Yl ^5 ^^j LÜ^l j^>J 

1. C add. 'Lj^^. — 2. A j;jJl — 3. AC om. — 4. C 5^;u^^. — 5. C o/«. — 6. C 

.«^».o^^ A add. bics... — 7. AC o/w. quae sunt inter parenth. — 8. A ^^-wlLlb. — 9. AC 

om. — 10. C Aiü:tL. — 11. AC foü'.. — 12. A i^'-^.ÄS' C ix-.M. — 13. A ^ ^.^,.i/C 

, ^-»j.^y!. — 14. AC om. — 15. C ^^rr.-^-^j. — 16. A i-J^oJL. — 17. A om. ... JJ^^-^-M 

.N|t^. Jl 18. A i^'S J, C i*^o_;. — l'J. A o/;?. — 20. A b.J'. — 21. A om. — 22. C 

L^^U. — 23. A .^_^^. 

Saini-Espril. Macedoiiius etait patriarche de Constantinople (Qostanlinyah) : 

il enseigiia que rEsprit-Saiiit etait cree, le Perc et le Fils etant [seulsj con- 

siibstantiels. ^ Le bruit de la foi qu'il inventa et de sa doctrine perverse se 

repandit vite ä Constantinople [Qostantinyah), et parvint aussitöt ä la connais- 

sance des Patriarches de cette epoque illustre : ils lui en eerivirent, pour 

l'avertir et lui demander de revenir de son erreur. 11 n'en fit rien. Alors un 

concile fut convoque ä Constantinople (Qostantini/ali) ; 150 Peres y assisterent 

(d'aucuns disent cent onze) : c'etait en Fannee 117" de Diocletien (/)/(/larfmA?os), 

au ternps de Theodose [Teodosios) le grand. Macedonius {Maqdonms) patriarche 

de Constantinople {Qostantinyah) et tous ceux qui avaient accepte son ensei- 

gnement et adhere ä sa doctrine, furent frappes d'anatheme; il fut depose, 

prive de sa dignite et chasse de son eglise; et Fon nomma ä sa place Gre- 

goire {Grigorios) le Theologien {Thcolorjos). Ces cent cinquantc Peres ajouterent 

ä la formule des trois cent dix-huit Peres ces niots : « Nous croyons au Saint- 

Esprit, le Seigneur vivifiant, qui procedc du Pere, qui est adorc et glorific 

avec le Pere et le Fils; qui a parle par les Prophetes; et en rEglise une, 

Mol. iiv. catholique, sainte, apostolique. * Nous confessons un seul Bapteme pour la 

remission des peches; et nous esperons la resurrection des niorts et la vie 

du siecle a venir. Amen. » 



[45] REFUTATION DKUTYCFIIUS. 165 



^-Jit ^>^ jß^3 v^^^ (^"^'^ ^""t^^ <-^ ^-^ '-^*"J ^^'1 j^ (Ji Jj UäJ 
^Vlj 20 ^vi 0;Vlj 1^^ ^^-uJl ^^^jj »^^^ iGÜ^ oU^Vlj c. jj^lj 

j ^J.^^^ ^y\i J^^^\ 2'^J Vj ii^i^l J ^jA^^ ^ ^Vl ^^jlä ^^Likt JJasVl 

jü ^''^^wi^j ^_^^^u ^_^ij Sjiji ^jaä« ^JuJi 2'vjjij '^"^^^^'1 V 2^ 5^1 

1. B (^^::-^^j add. JU. — 2. A lö^'. — 3. C ?J->. — 4. C b'j^-j. — 5. C o/w. — 
6. AC ^%^. — 7. A ^^^^..^L. — 8. C sJ-». — 9. C om. — 10. C o^^.*^'. — 11. A 
^Ji. _ 12. C O'-J-^^j. — 13. C add. ^jd>}. — 14. C l^.^'^-j. — J5. C ^^J^. — J.O. A 
'wJis. — 17. A U.^ C ,^^. — 18. A ~ Jl. — 19. AC Ui^. — 20. C Ji^t. — 21. A 
Ulii. — 22. C ^Ij. — 23. C ow. — 24. C »jäJU — 25. C ^>^U — 26. C ^^... — 27. C 
^y^ ^yj^^. — 28. AC ^^^'^. — 29. C ^^«-V^. — 30. C iJi^ A incertum. 



Les Cent cinqiiaiite pieux Peres anatliematiserent quiconque oserait, 
dans la suite, faire qiielque addition au Symbole formule par les trois cent 
dix-liuit Peres, ou en rien retranclier, ou donner une definltion etrangere ou 
contraire ä ce qii'ils ont defini et constitue. 

Les memes cent cinquante Peres anatliematiserent dans ce concile Apol- 
linaire {ApoIli?iarios) qui niait Tarne et la raison ä riiumanite de Notre-Seigneur 
Jesus-Christ, pretendant que la Divinite lui tenait lieu d'äme et de raison, 
et qui, pour etablir cette Innovation, invoquait la parole de l'Evangile : « Le 
Verbe est devenu chair » ; et non : « est devenu homme ». II avait aussi 
pose dans la nature divine des modalites et des mesures, et se servait de 
ces termes : grand, plus grand, tres grand. L'Esprit-Saint, disait-il, sappelle 
le Grand; le Fils, le plus Grand; et le Pere, ie tres Grand. II ajoutait que le 
Pere n'avait pas de limites quant a la puissance et quant a Tessence, que le 
Fils etait fmi quant a la puissance, mais non quant ä l'essence, et que le 
Saint-Esprit l'etait dans ces deux choses ä la fois. On I'anathematisa, lui et 
tous ses adherents. Le meme concile anäthematisa Basile {Basilios) eveque 
de Lybie (Loiibiah) qui disait que le Pere, le Fils et le Saint-Esprit n'etaient 
qu'une memo face, selon l'enseignement de Sabellius (Sabelios). Sa celebra- 
tion eut lieu cinquante-huit ans apres celui de Nicee {Nifjiah). 



ICG SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [40] 

j^ ^^\ Iaj. jlij "V^^r^ ^V^ ''^-^\j ^j ^-^1 ^^jjj Cfy^j ^Vl jl 

'V ^^ J'^ ^^^^-^ CT~^^ -^ r-'-' -^ ^^>^^ ^^ '^^'^'-^- "^^^^^ ^^ -^^-^^ 

l^^^l^llj ^^L ^"^Ü ^^\ ^ ^^\ j ^l- ^\3 ^J- >^ ^Vl ^ :>^^\ 

Jj ^:^(l J^VL* ^*^=>-J^. ^-^^ *^a-ri^ ^ ^^^'-^ ^^b'^b ^^~-J^. j^ ^^'Vl jb 

^Uj 22u.jt^UjL^l^ 21,^^^!^. L^LI^ 20 ^1^ ^s^^ ^^ ;j^ ^^ ^1 j\ 
J U^lj ^UVl bJ^^ 23^ü^ A.:.W:)^...fl11 d^.>^ jU a; jl^ jl ^ U-^Ul^ 

1. C -jj3!^. — 2. AC U:^j C !j.^!j. — 3. A ^^_J'-:-^ C ^^^jJ^Lr. — 4. C «^t/. Ji'. — 
5. C w.3^UL. - G. A ^^,^^^..^ C ^^^jb. - 7. A ^^^^J^ C ^-j3^^.j. - 8. B jUiL.». - 
9. C .,^^.. — 10. A om. — 11. AC om. — 12. AC aö?</. 4^5'. — 13. C ow. — 14. C '^«j. 
— 15rAc\^.jl. — 16. A ^3>^j C ULi^^_5. — 17. C ^yS- — ^^- ^ J^^-^-- " ^^- ^' 
j,^\. _ 20. A o;n. — 21. C »J^Iä^^'jj *::?li^5 wJ !<'..— 22. C Uolx;^'^^.. — 23. C^.^. — 

24. C 33-<j. 

Mol. 12 r. * Apres la Separation des Peres du concile et leur retour dans leurs 
dioceses respectifs, FEglise jouit pendant quelque temps de la paix, jusqu'a 
rapparilion d'une nouvello erreur due ä deux eveques, Diodore {Diodoros) 
et Theodore (Tidros) : ils enseignaieut que celui qui nacpiit de Marie etait 
le Christ, et que celui-ci etait tout autre que le Fils engendre par le Pere; 
(jue ce dernier a habite dans le Clirist, et de \ä vient que le Christ fut 
appele Fils de Dieu par don special d honoriliqucment; que Funion s'est 
faite par la volonte; et qu'ainsi Dieu eul deux üls, Fun par Fessence, Fautre 
par la gräce. La doctrine de ces deux eveques ne fut point counue de leur 
vivant : ils ecrivaient et cachaient leurs ouvrages jus([u'ä la fin de leur vie. 
Mais apres leur mort, leur opinion fut connue par leurs livres, saus toutefois 
(pie personne en ait pris la defense. Enliii quand apparut Ferreur de Nes- 
torius {Nastor), qui ressemblait de tout point ä la leur, et que celui-ci, devenu 
patriarche de Constantinople {Qostantifiijah), la proclania et Fenseigna du 
haut de la chaire aux jours de fetes, la ville de Constantinople [Qostanünyah) 
en fut troublee : car il disait (ju'au Christ s'etait uni le Fils eternel; que lui, 
Nestorius, Fadorait ä cause de la presence de Dieu en lui; et que dans le 
Christ il y uvait deux essences et deux personnes. La nouvelle de cette inno- 



[47J REFUTATION D'EUTYCMIUS. 167 

^\j <i J^ ^\ jV Ji-u^l ^^L* Jj^^ Cyy^ V ^^ ^^~^\ o\ Jlsj ^»^j--i^^ t5-^\ 

^^sju }\ ' j^^-Jaau .»--iSj |*J-ijjl i^ÜLw! *,j"_^^"^.J '»-^UäjI dJ^^^ LLs-^J '^^yyZ — ^IS * fo|. 12 v", 

22» 21 ^_^^ ^^_j '20|^ lu^^i ^ ^^ 18^^L^;^^_^ ^'^Cxf-J or^'-b ^^ "^ 

<U^ i^ Jjj (_5^V1 A,juä!1 jv-«^l -^. j_^^ -C-^vJl ^ ^^J ^^„^^ " (j"* ^>^*-^^J 

1. C »jij^.^^. — 2. C ^c^L — 3. C ^'^Z- — 4. C ^9l=J. — 5. AC ^J^ ^^rr-^ 
^^^. _ 6. C ^^y[■}Ji.. — 7. C U*;'. — 8. C jX^. — 9. AC sjj^.. — 10. C ^^Jy. — 
11. C >^. — 12. A ^^j-^lialb C ff^j-^yajj. — 13. A ^jj,jia^. — 14. A add. j^ . 

— 15. A .,W.'^- — •^*^- A ^r^^'rr-'-^""' ^' i^^^^r-.."'^^'^ ■ ~ ^'- ^ ^.'^J e^-'"-3 'J^^ ■ ~ ^^- ^ 
^y'jjibiijJ C ^yl>.>bii>jJ. — 19. AC om. — 2U. C sJ-s-. — 21. C om. — Tl. AC om. — 
23. A I^^. — 24. C J J. — 25. A jJLi. — 26. C U. — 27. A ^y=.. — 28. AC j^. — 

29. A s_^!j. 

vatiou parvint aiix oreilles de Cvrille [KyrUlos) patriarche d'Alexandrie 
(Aleskanderyah) , de Celestin [Kelestinos) patriarche de Rome (Romiah), * de *iui. i:i \' 
Jean [Yoiihanna) patriarche d'Antioche {Antakiah), et de Juvenal (Y'ounalinos) 
eveque de Jerusalem {Ourachlim). Ils s'ecrivirent au sujet des bruits qui leur 
etaient parvenus, sur Nestorius {Nastor ios) et se mirent en devoir de le 
rameiier : il ne tint poiiit compte de leurs avertissements, ni de leurs dis- 
cours. 11s adresserent alors des requetes ä Tempereur Theodose [Teodosios], 
et le prierent de faire exaiiiiner la doctrine de Nestorius {Nastor). II convoquu 
alors un Concile de deux cents eveques — (c'etait ainsi sous le regne de 
Theodose {Teodasios) le Jeune), dans la ville d'Ephese, Tan 172 de Diocletien 
(Üikladianos), cinquanle-cinq ans apres celui de Constantiiiople {Qostanünyah). 
Les Peres examinerent la nouvcUe doctrine ui en virent l'erreur et la per- 
versite : puis ils demanderent ä Nestorius de se retracter; il refusa. Alors 
ils le declarerent dechu du sacerdoce, le deposerent et le condamnerent ä 
quitter la Capitale et ä aller en exil a Akhmim, dans la Haute-Egypte {Said); 
et Ton nomma ä sa place Maximien {Maksimianos). En meme temps on ana- 
thematisa les eveques qui avaient adhere ä ses opinions et tous ses partisans. 
Les choses allerent ainsi dans l'Eglise pendant quelque temps, c'est-ä- 
dire jusqu'ä l'apparition de la doctrine d'Eutyches {Eutakhi). C'etait un pretre 



168 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [48] 



I f. >.i iA^ 



1. A , ^yU^-'. — 2. AC om. Jji^ ... ly^lj. — 3. AC ow. — 4. AC JU. — 5. C 

^^*. — 6. AC om. — 7. AC J^.'. — 8. A (^_yLj^.'' ^ c^j^M''-:''- " •*■ ^ LT.^rr-'-^'^^* 
C om. — 10. AC om. — 11. C ^^^^'jM. — 12. A i«k^. — 13. A J^^. — 14. A ^,^^j 
wäiL,!. — 15. C om. — 16. C ^^yLo^. — 17. A ^^-/^>.^ Jo^Jj-Cill v^Lf^^^J M^ ^i'^j- — 

18. A , ^jL^;!, c , -,jLLbL!a. — 19. A , ^Jb^ c , ^jUy. — 20. c J^^y^,. — 21. AC 

^A-^L. — 22. AC ^i-^-:^. — 23. AC j^jLO^.. — 24. C ^\j. — 25. C ^JJo%}. 



de Constantinople {Qostantinyah) : il enseigna qiie le corps de Notre-Seigneur 
etait subtil et dissemblable du notre ; et qu'il ii'a poiut ete sujet ä la soufTrauce. 
Le patriarche Flavien [Eblabianos) Texcommunia. Eutyches s'adressa ä 1 em- 
füi. 13 r. pereur Theodose (Teodasios) * et se plaignit ä lui de Tinjustice du patriarche, 
qui Favait excommunie sans raison. L'empereur ordonna la tenue d'un concile 
pour examiner son cas; Fassemblee se reunit ä Ephese (Efhos) : Cent trente 
pontifes y assisterent, au nombre desquels se trouvait Dioscore (Discjuros) 
patriarche d'Alexandrie {Aleskandenjak) , Flavien (Aholinas!) patriarche de 
Constantinople {QoslanÜnyah), Juvenal () owem/ios?) eveque de Jerusalem [Oh- 
rachlim) et Etienne {Estefan) evequc d'Ephese (E/i?'.so6). A leurs yeux, luityches 
{Eutahiii) n'avait pas tant d'importance qu'il fallüt convoquer aussi le pa- 
triarche de Rome [homiah)^ ni le consulter par ecrit, et cela ä cause de la 
distance, et nun point par inan(|ue de consideration pour son rang. Le 
concile examina la foi d'Eutyches {Eutakhi); et Flavien {Eblabianos), patriarche 
de Constantinople, leur exposa ce qui avait necessite son excomnumication : 
on approuva sa decision, et la peine qu'il avait portöe. Eutyches [Eutakhi) 
s'excusa et demanda pardon; et il declara qu'il avait emis cette opinion par 
ignorance : il confessa sa faute et souscrivit la fornude de foi des Peres, 
promettaut de ne s'en ecarter jamais; il s'analhematisa lui-meiiie pour le 



11 

16 



[49] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 169 

^y <uL5 ''j3 «Clj ^\j \yy^:L^\i <ukl] .^^jJl üjiliLj^l ^ ^^\ ^ ^iLjl jl^ 

JUj l^U- jl <^- ^^Ij Ul '"'l^ Jj^ -'Vj -cjU i^^-i "Cvi -^^u 4^-^ 

'^."^" J^ ^^ ^"^ -^-? <^«^_^ Jl ^JiJJ jv^^Aib Js_^UJ ^__->J^j «Co 1^^ ~'<J^S 

^^- ..i^i i5^Lj^jl"j UJl I4j^^^ ^_^l i:3l^^L^ ^\^ 12^^^^ ^^_^, 
2iVj^ ^^^^1 1-U ^^Ij 20^1^^ ^__^, ^V^>b 'V->-^J ^Vjb-^^J 

jjj dlUi 24^^^_j^^t- 23 ^L^ ^. 22 ^y jl ^^_j| ^^.|^ ^„j/aJ1 ^^1 

1. AC om. — 2. AC om. — 3. C ,^i*XwL. — 4. C i-U^b «^c^. üU!.. _ 5. A ^ C 
Jj/ ^. — 6. C om. — 7. AC iLW^ — S. AC a^c/. ^U^! ^. _ 9. A ^^oJ ^k«3. — 
10. A ^ylj^i C ^_yU=^I. — 11. A ^>J-i^-. — 12. AC om. — 13. AC Uj!j. — 
14. AC om. — 15. Ji>^,^^ C ^jj^. — 16. A ^^^ [leg. J.jJ]. — 17. A ^Wy^l. 
— 18. A (^wj^Jjy C ^jj^jb. — 19. A (^3-lw,!. _ 20. AC i^!^^. — 21. AC :^j^. — 
22. AC om. — 23. C o^U^. — 24. A ^.j^U^\b C ^^^^^Uy. — 25. A jJ^. — 26. A 
bjl^^:. - 27. AC C^^>i'. - 28. A Jj^^ C ^_jU. — 29. C a^!. - 30. A (^wjLy . 



cas oü il agirait autrement, et demanda d'etre mis en liberte : mais ce n'etait 
de sa part qii'hypocrisie et perfidie. Les Peres le regurent dans leur com- 
munion, et le rendirent ä son poste. Mais peu apres, il recommenga ses 
blasphemes, anathematisant et maudissant ce concile. 

L'on parla aiissi dans ce concile de Nestorius {Nastor), * des deux natures * foi. 13 v. 
et des deux personnes : P^lavien (Abilanios) declara qu'il croyait que c'etait 
lä la verite. Basilidis eveque de Oualis (Seleiicie?), Ibas eveque d'Edesse (.4/- 
Roha), Theodoret [T/ieodoritos] eveque de Cyr, Andre {AncJraos), Theodore 
{Tousoudos) et Eusebe {Asabios) eveque de Drama (Dorylee) furent du meine 
avis, Us anathematiserent les innovateurs; et Ton se separa. 

Sur ces entrefaites, l'Empereur Theodose {Teodosios) mourut sans laisser 
d'enfant. II avait une soeur, appelee Pulcherie (Belkharia), mariee ä un patri- 
cien ihatriq) du nom de Marcien (Marqian), qu'elle eleva ä l'empire en place 
de son frere. Marcien avait adhere ä l'enseignement de Nestorius {Nastoris). 

Le patriarche de Rome {Romiah), Celestin {Kelestinos), mourut aussi, et 
eut pour successeur Leon {Leoun). Plusieurs de ceux qui avaient ete excom- 
munies allerent trouver Leon et lui adresserent des plaintes sur la Situation 
qu'on leur avait faite, et les injustices qu'on leur avait infligees. Ils accu- 

PATR. OR. — T. in. 12 



170 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [50] 

Sy^;^ ^j^yj!.^ 7'^'j ^'jj^ '■?>•■■' jili^i -Xßiijo "iää j^j ^trf^ c^ y^ 'C5s«i«j 

j^lj ^U <lJ1 lyCij j_^_^kiLJl ^ ^^_^ '^\ ^^Is jjV «u^j^ (^jJjj Ä^jj 
^■'_^ J^j ii<LJ L^ djjU Vj ^^aJI j^^l ''j '^dULoj ^v *'^>« 

^■^d)^^ .„rr^^ T''^^ "-^^-5 ^A=^J <'^^. "^^ ^^j^-Ul ^UVlj ök:)^ all ^'^d]^_^ 

QAj dUjü j,Lsj Li^ Cii^j CiLj;^ <L.li SlicU iiUJl J c^lj ^^JUjVI ^aa J«i._ 

^_i^^_ _^1 27 ^^_^j^ jUlj s^lj-«' ^ ^*^l/J_^„"^ ^'^^-^ "^ <S-^^ 0^ t^^.-? j^b 

1. A U^^l. — 2. AC o/n. — 3. A , ^,j,]a^ C ^jL^. — 4. C ty. — 5. AC om. — 
{). A ^^y. — 7. AC om. — 8. AB .jXiv^. C ^tiC3Li. — 9. AC om. — 10. AC om. — 11. A 
J*ü-. — 12. AC om. — 13-14. C ^t5>^- — 15. C iiia.. — 16. C ^^ — 17. A om. — 
18. A JU3I C J^li^i. — 19.' A J^J-Vi ^Js. — 20. A ^y\^y. — 2L A ^JJl." — 22. A 
a^(i. Jt. — 23. C w-J. — 24. AC om. ^ Sh. ^^^\ J- Jl. — 25. AC om. — 20. AC 
^j^j'L^:>. — 27. C ^^N^"*. 



serent Dioscore iDisq[o]r[o]s) patriarche d'Alexandrie (Ale sk ander ij ah) d'avoir 
convoque un synode « sans te reserver une place, [disaient-ils], sans te 
demander de venir, sans te consulter sur ce qu'il convenait de faire ; et d'avoir 
excommiinie le patriarche de Constantinople (Qostantimjah) et eux-memes, 
et cela de sa seule autorite : tandis que c'est toi le Pere supreme, patriarche 
de la grande ville de Home [Itomiah), successeur de Pierre (Boutros) priiice 
des Apotres. Commeut Dioscore (Disq[o]r[o]s) peut-il entreprendre de pareilles 
actions de ton vivant! » Ces paroles Tirriterent fort et le remplirent d'une 
foi. 14 r°. grande colere et d'une vive anxiete. II se fächa * contre Dioscore (Disq[o]r[o]s)', 
mais il dissimula son ressentimcnt, et adressa avec ceux qui etaient veniis 
aupres de lui, une lettre a Teinpereur Marcien (Marqian), dans laquellc il 
niaintenait la doctrine des deux natures, et faisait cnlendre qu'il desapprou- 
vail; la conduite de Dioscore (Disqoros). De plus il conseilla la convocation 
d'un nouveau concile, oü Ton examinerait le cas des prelats excommunies. 
A la reception de cette lettre, Marcien (Marqian) vit venir aupres de lui 
une foule d'excommunies, (|ui lui parlerent de Nestorius (Nastor) et deman- 
derent son rappel de l'exil, un nouvel examen de son cas, et un pcu d'indul- 
gence pour son opinion (?). Marcien depecha un expres ä Akhmim', pour le 

1. Panopolis cn Egypte. 



[51] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 171 

'Li.-u. 20Qj^| a-r^*-;j ^'^^^ ^„^-^ ^^C:^-* ^^L$>^ .A^ S^J S^-^^J .A^ 

^>j 25^^^^| ^_^^| * 24^^^;^^^^ ;;^Q^.| ^^^j^ 23^^^_^^ ^^^r :,U:U,, öH Mol. 14 v". 

1. AC ow. — 2. 0/w, — 3. A J-s^jj. — 4. A ^^ylsy. — 5. A 'isL^ C om. — 6. A. 
^jj^^k^. — 7. A Jic. — 8. AC om. — 9. A i^U^. — 10. A add. o^Uj. — H. A 
^.^!^!. — 12. AC om. — 13. A LjUxJIj. — 14. C ijj^_^. — 15. isä «^vs:>». — 16. AC om. 
^ ijA ^^- — 17. -AC om. — 18. C ^^:;^^ A ^;p-* J. — 19. A ixw^. — 20. AC om. 
— 21. AC ^^/^.^. — 22. AC om. X-.UkL«idl ... [^^^J^litj]. — 23. AC ^j^-^^-X». — 
24. A ^jfJbo, C (j^jfj'-Jjrl. — 25. C rMj^.- 

rechercher et le ramener. Mais cet eiivoye le trouva malade; et cependant 
il demeura longtemps aupres de lui, attendant une amelioration pour l'amener 
devant Tempereur. La mort le siirprit, daiis ces conjoiictures, et Dieu ne leur 
permit pas d'arriver ä leurs fiiis. Alors ils prierent FEmpereur de convoquer 
un concile, oü se reunirait im plus graiid nombre de Peres qii'il ny en 
avait eu au concile des Trois ceiit dix-huit; car l'on vantait et l'on exaltait 
trop ce concile, parce qu'il ne s'en etait pas tenu d'autre plus important. II 
acceda ä leur desir, et leur promit de tenir une reunion oü il y aurait deux 
fois trois cent dix-huit : il convoqua donc six cent trente-six eveques ä Con- 
stantinople {Qostantinyah) ' . 

Au nombre de ces eveques se trouvaient Dioscore {I)isqor[o]s) patriarche 
d'Alexandrie (Aleskanderyah), Anatolius (Analmolos) patriarche de Constanti- 
nople, Maxime (Maksimos) patriarche d'Antioche (Antakiah), Juvenal [Yoiina- 
lios) * eveque de Jerusalem (Ourachlim), Marc {Marqos) eveque d^Ephese *foi. 14 v». 
(Efsos) : ils envoyerent demander ä Leon (Leoun), patriarche de Rome {Romiah), 
d'y venir assister; mais comme il ne le pouvait, il s'en excusa; et il ecrivit 
une lettre qu'il appela Tomus (Tomos), contenant sa profession de foi au Christ 

1. L'Histoire de Dioscore, p. 126, suppose aussi que le concile se reunit d'abord ä 
Constantinople ; cette erreur semble caracteriser la tradition egyptienne. 



172 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA\ [52] 

tl^* L^J^-' -^^ <vl»slj ^3rt ^ U^-^ A^lj ^jS ^\ <— *-^J '^^Iä« \.".i..._,Iai ^UeTVi 

j^juJ'j ^^<_Lir i^U l^^ J jl^j *-a.äJ1 ^1-L& J L*^r-^^ -*^ ^^'^ ^^J .jjU. : 
^U-:>J1 i^j J .^Jj 2:^jjV '^■^^> "^^b^^b J-^1 ^^^-^ jL^l Jl ^ 






1. A !jJi3U. — 2. C (jjj^^. — 3. AC ^J.xsU. — 4. A ^\l C ^r^j^i=. — Ici on lit en 
marge dans B : ^iliuujjJ) y^jhJ^ j^^^Jü Uli : jLi^'-^, i. e. : Tomas signifie, dit-on, scis- 
sion. — 5. A A.M. —0. A om. >jX'3 ^\ C om. <,jX3J5. — 7. A ,^y\jy. — 8: Cj,_^L^. 
— 9. C 2<3J^. — 10. A l^j C ^Sj^. — 11. A ^.yl>.5b!l3jJ C ^^_^Ij.5!^jJ. — 12. AC 
^Jjjli. — 13. AC ^jiL^.).— 14. C om. — 15. AC om. — K;. A o//?. — 17. C s.<cs^.. — 
18. A ^ öh' ^sr^ C ]a3 i.h>. — 19. AC om. — 20. AC add. !J->. — 21. AC Lk^^U. — 
22. A , r-''^- — 23. C , . »"^. — 24. C s^!. — 25. AC add. ..w». — 2(i. AC ^^b». — 



qu'il declare etre Homme et Dien en deux natures distiiictes, apres Tunion, 
attribuant ä chacune d'elles les actes qui lui conviennent. 11 fit porter. cette 
lettre par deux de ses pretres. 

Les eveques excommiinies travaillerent ä faire revivre Fopinion de Nes- 
torius [Nastorios) : ils n'y purent reussir, car le concile avait licu la premiere 
annee du regne de Marcien {Marqian), et un grand nombre des eveques qui 
avaient condamne Nestorius {Nastorios) y assistaient; c'etait en 193 de l)io- 
cletien {Dikladianos) . 

Dioscore [Di!<qor[o'\s) ouvrit les debats par ces paroles : « Je voudrais savoir 
la cause de la convocation de ce concile, que n'egale aucun autre concile 
tenu jusqu'ä cc jour : manque-t-il quelque chose a la foi pour qn'il soit neces- 
saire d'appeler tant de monde? » — On apporta la lellre [Tomas = tomus) 
de L^on {Leoun)^ et Fon en fit la lecture au niilieu de Fassemblce : [il y ötait 
affirme que le Christ etait] Dieu et homme, en deux natures distinctes, apres 
Funion; et il attribuait ä chacune ce qui lui convenait, c'est-ä-dirc a la 
nature divine ce qui convient a la divinite, et j*i la nature humaine ce qui 
convient a Fhumanite. Ensuite FEmpereur dit : « Voil^ la lettre et la croyance 



|-53] ■ REFUTATION D'EUTYCHIUS. 173 

jUj •^».u.i ;iii .^u. Uj ;<.,>ui 8^ ^^ui;i]=u ji^ ••^' ji;j ^>.. v^^ 
i'-^^uii ^^1 ^j^ i ^^-^'ii. j^ v^?-„ ^-? r^- ^^^ ^^^ ^-^^^ li^ j^ ^ ^ 

i. A om. iJ iyJb. U. — 2. A ^y>'^^.- — 3. AC add. ^. — 4. A o/«. — 5. A J'ij. — 
6. C Jij. — T.rj-Jli'JsU C J^>.^'i--^. - 8. AC add. J. — 9. AC k^. - 10. A Jl^. - 

11. C ^3.G. — 12. A ««/c^. »3j. C 1-X». — 13. C om. — 14. A lÜj. — 15. C om w^L^c^ 

I;U^'. - 16. A JJblLU C J^ülk^. - 17. AC % isU^^! k.j ^.^ ^l^^' !i^ lj-i-*f' 

C^3.^1j iJvj jj!. — 18. A wäib C wiüJ-. — 19. A a<f^. lo! C ac^fi?. b^^''. — 20. AC om. — 
21. A ^^J' -O' C liJ.^. - 22. AC ^\ ^^y - 23. A jU! 3' C J^\ ^\ 5^1. - 24. C 
Jli^. - 2o. C U. - 26. A^U'j ^1 ^t C 2^». - 27. AC om. - 28. C ^J^. 

de Leon (Leoun), qiii est le premier Pere * parmi vous. » A quoi Dioscore * foi.isr». 

{Disq[o]r[o]s) repondit : « Satanael aussi etait le premier parmi les anges ; et 

des qu'il desobeit ä Dieu, il tomba et devint im demon. De meme si Leon 

[Leoun] se maintient dans la foi orthodoxe, il demenre grand et honore; mais 

s'il en devie, il tombe comme Satanael : ötez donc cet ecrit du milieu de 

Tassemblee, ou bien je prononcerai l'anatheme contre cette ville et m'en 

irai! » Quelqu'iin riposta du sein de Tassemblee : « Laissons lä ces discours : 

il faut se plier aux circonstances, et ne point s'arreter ici. » Dioscore {Disq[o]- 

r[o]s) repondit : « Dites-moi : lorsque Notre-Seigneur Jesus-Christ fut invite 

aux noces de Gana {Qdna), en Galilee (Galil)., le fut-il en tant que Dieu, ou 

bien en tant qu'homme? » — II fut invite comme homme, lui fut-il repondu. — 

« Etquand il changea l'eau en vin, ajouta-t-il, l'a-t-il fait en tant qu^homme, ou 

bien en tant que Dieu? » — On lui repondit : En tant que Dieu. — « Ne 

voyez-vous donc pas, reprit-il, qu'il est im dans sa divinite et son humanite, 

operant les miracles, et recevant les souffrances, selon son bon plaisir; et 

non deiLv apres Funion [des natures]? » Un autre eveque s'ecria : « Leur' pere 

1. Le Pere des dissidents, tournure ironique. 



174 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [54] 

^Uti'Vl «A* j^« jj^'i (j-Jj '^ATiljlj ^j^^ ^^jV^ Ji'^j ^UJl *_;U5j ^<,'y^\^j 
«1^" UjbUs^l "^(Vr-'"^ t>r*r^. ^^ ^-j"^ r^^y.^ '-'^ '^" "^^"Vl ^ J>-\ i^\ Jlüi 

dUJl .^.v^ A^ij ^j^^^i ^>i^j Lu>l^ l_^l3j ^^^LVl ^ ^U^ ^_^>^l9 ^^d^^ 



23 



1. AC ^/^^. ^^j. — 2. AC om. — 3. AC om. — 4. A ^^=i-'j C ^b5lj. — 5. C J^j. — 
6. C ^^^'. — 7. C om. ^^^il' .... jUU. — 8. A add. ^^\ AC ^.oyL^.5. — 9. AC om. — 
10. C ^J^J^. - 11. A ^^j;^\. — 12. A !3!_5. — 13. AC o/«. — 14. C h \jJ\. — 15. AC 
^yL^_i. — IG. A ^^£^jJ. — 17. A om. — 18. A isUs:^! si> ,j^ Jl-W-Mj. — 19. C 
om. 'Ü3ySi\ ... ^tOus)! JUs. — 20. C w.x.v::=.! C ^:^^^.. —21. A add. J C ,' J. — 
22. AC ^^-/^5^. — 23. AC ^^^ . 



Leon (Leoun) dit qu'il a deux natures, l'une faisant les miracles, l'autre sen- 
tant la douleur : k Dien ne plaise que la souffrance lui soit attribiie ! » Dios- 
core {l)isq()r[o\s) reprit : « Mon pere Anba Cvrille {KyriUos) a dit que Tunion 
*fui. i.-iv''. de la divinite avec rimmanite ressemble ä celle * du fcu avec le fer : battez 
Ic fer; le feu n'en eprouve aucune douleur, mais c'est le fer qui regoit les 
coups. » Alors un groupe s'ecria : « La foi de Dioscore {I)isqor[o]s) est la 
vraie! » L'Empereur dit ä Dioscore {Disqor[o]s) : « Es-tu seul arbitre de 
nolre foi; et faut-il que tu sois seul ä parier dans cette assemblee! » Uiie 
partie des eveques repondirent : « Nous sommes du meme avis que Dios- 
core {Disqor[o].s). » L'empereur irrite se leva, et Ton se separa ce jour-lä. 

Apres cela, les eveques excommunies se rendirent chez TEmpereur et lui 
dirent : « Personne, dans cette grande assemblee, ne te desobeira, personnc 
ne songe ä te resister, ä Texception du seul Dioscore {Di.sqor[o]s) : il faul donc 
le reduire et lui en imposer; autrenienl il rendrail iuuliles toutes les reunions. 
sans qu'on puisse aboutir ä rien. » D'autres donnerent des conseils difTe- 
rents : « S'il plnit ä TEmpereur, dirent-ils, il vaut mieux user a son egard de 
condescendance et le gagner par de bons procedes. On pourrait, par 
exemple, amener devanl lui Dioscore {I)isqor\o].s) en compagnie de quelques 



^ 



|55] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 175 

A^Aä^j «-*.5«i^1 IAA -^ j-^ \.<« üAl£. Jl ^Ja3»aj <C« (J.JaiäJlj Ai-lj (^L«^l> (^-Cj jl 

^j_^iLo_^ ^-^^-^b ^«^ ^^dLLJl ^y.£^[J i^AiJl^^ 1-Lu J^l j-Ub^ U dUU) 

JLi>t« ^1 Cl2>l \_^ ^\J<J^j Jlij ^j-j_^JLj^ v^U^li 5s^,..IajLr Vj ^^-iSLÄT >l9 

1. A !j,UU C ^,U,U. — 2. AC Us. — 3. A ^'.^^'. — 4. AC o/w. — 5. AC om. — 6. A 

^*«ä3. — 7. A l^. — • 8. AC ^^^iu«p. — 9. AC o/n. w^as-?. (^v**^. — 10. AC om. — 

11. A sy] C om. — 12. A J,^! ^,^Jb U C J-^l jJ-ö '^. — 13. C wi)U^. — 14. AC om. — 

15. AC , ^jJL^..>. — 16. A , ^jJUab! C ^^jJ^b'. — 17. C /;-_,J^-Jj. — 18. AC om. — 

19. A i^y^'. — 20. C S^:>. — 21. A V^Ö. — 22. A l'^!. — 23. AC ^^ü-O. — 24. C 



Peres pris parmi les principaux et les plus anciens membres du synode : il 
leur ferait entendre de boniies paroles, et leur dirait ses volontes. S'ils se 
laissent persuader et s'ils se rendent, le but est atteint; dans le cas contraire, 
l'Empereur ordonnera ce qu'il lui plaira, et nul ne pourra refuser de se sou- 
mettre. » Ce conseil agrea ä TEmpereur; et il fit amener Dioscore (Disqor[o]s) 
* patriarche d'Alexandrie {Aleskanderyah), Anatolius {Anadolios) patriarche de*foi. loro. 
Constantinople {Qostantinyah)^ Maxime {Maqsimos) patriarche d'Antioche 
[Antakiah], Juvenal (Younalios) eveque de Jerusalem (Oarachlim), Marc [Marqos) 
eveque d'Ephese (Efsos) et trois autres des principaux eveques. II ordonna de 
placer huit sieges, dans le palais, devant le tröne imperial et celui de l'impe- 
ratrice Pulcherie {B[ou]lkharyah) qui vint sy asseoir separee d'eux par un 
rideau, de fagon ä entendre leurs discours. 

Un des patriarches presents, partisan de TEmpereur, se leva et dit : 
« L'Empereur vous aime et ne desire que vos prieres : ne lui desobeissez donc 
point et ne l'irritez point. » A ces mots, Dioscore [Disqor[o]s) repondit : « Nous 
aussi portons ä l'Empereur une affection plus vive encore, et lui souhaitons 
toujours le bien, le bonheur et une longue vie; et nous prions pour qu'il 
n'ait a repondre d'aucune faute devant le tribunal divin, et aucune condam- 



176 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [56] 

J' ^lo ^JJ ^i _^^ «Us Ji±j_ >i3 ^ t^O ^ ""^JJL U ^^^CU-Jl _^*;-*^ JkiiJlj 

JL-Ji aA«s u ^^ -^ ^^ ^j- jj_i^__i i^ juj «^lu dl) ^^ j^^L- <Il ^_^jl ^^iJiCbj 

1. AC om. C add. ^\J^\^. — 2. C iJ ^vij.. — 3. A ^r~^f~^,.^ C om. — 4. C .,jj"^. — 
5. AC If^! ijUli. — 6. {^%. — 7. A ac?c?. *^^vj. — 8. AC ^^ä^O^. _ 9. A ijj ^ C 
l^ Uüj. — 10. A culiU! C w-^tj^!. — 11. A tj^lJ?. — 12. C ^U. — 1.3. A '^L^l 

— 14. C bLo'. — 15. C ^vx;. — 16. A L^U". — 17. AC^. — 18. C ^3a*j. — 
19. C ^^_^.C. — A 20. L^ JUi C Jli^. — 21. A add. J^lsJ! C (^.^^-ü-'l ^^^. — 22. C o/;/, 

— 23. C add. ^\. 



nation ä entendre au joiir des comptes supremes. Dieu lui a donne des 

honneurs et du travail dans le gouvernement de Tempire : ces soins lui 

sufTisent, qu'il ne se cliarge pas d'autres soucis. » On parla de la croyance 

ä plusieurs reprises; il Icur dit : « L'Empereur ne doit point l'aire cas des 

paroles de Leon [Lcouti) : la formule des Peres est orthodoxe', et n'a besoin 

d'aucune addition. » L'entretien dura longtemps, saus cpie Dioscore {Disqo- 

foi. luv. ?"[o]s) consentit ä rien retracter, ni a admettre aucune addition, * ou sup- 

pression dans le Symbole. L'imperatrice, prise d'un mouvement de colere, 

s'ecria : « II y avait au temps de ma mere Eudoxie {Eud[o]xiah) un homme 

empörte et süperbe comme toi, je veux parier du vertueux pere Jean {Youhanna) 

k la langue d'or : mal lui prit de lui desobeir! Je vois que tu subiras un 

sort semblable au sien. » Dioscore (I)/.sr/o/'[o].s) lui repondit : « Vous savez 

ce que N.-S. Jesus-Ciirist fit a votre mere eu punition de la liaine qu'elle eut 

pour cet homme vertueux et saint, et de Tinjustice qu'elle fit peser sur lui. 

Le Seigneur la frappa d'un mal cruel a Tcndroil que vous savez; et eile ne 

put recevoir de soulagement d'aucun remede, de sortc qu'elle fut obligce 

d'aller ä son tombeau, d'y pleurer, d'implorer le pardon, et d'apporter son 

Corps ä cette capitalc au milieu des plus grands honneurs el (rabondantes 

1. D'Apres A. 



[57] REFUTATION D'EUTYCIIIUS. 177 

^L J ^-iJJ^ ''-*^ ^J '^^ l^-islc-ts viATAJlj o-:>=>j lo ^^^^_:>c>y dLlls dU U; U 
\^j^ ^ c^^'i **<^5C] c<jOj j^\ c^ ^^ Ua, .li^^^Ls ^\^ (> V'-*'^^-? 
j^]^ ^^1 j^^r-^j ^li^>=:--Vl ^- <;-lt ^^f-j "^ j^ J^^ ^-^ o^ '^"^ ^"-J-? 

i'^isÄÄ ^öJU'j ^•'^p^l ^j*<;jajCV1 Jl ^^lVj ^ «U9 ^ at^^^"-oJ^ ^j^^W foi. 17 r. 
^ ,^,^2;^ ytj ^^1 dUi J d)-Ul ^li jl^j U_^iii:^li ^^li^ ^'UVl ^ ^ i^^" 

^ a^suvi 22 ^L^ ^ij^l 21^1^ 2^v^. ^^^^ '^. ^^ ^ ^"^ ^'*Lr^>^.^ 

iA,A^ iJLl Cl::^ ^j l^ «^^1 P-Ui^l jyC_ j^^^^lj ^Jj-uiw J\ <-:.i^:^ all 

1. A fl(/^. JjJuu,''. — 2. AC jXdi_. — 3. C ^J-st^- — 4. AC ^_c^'y- — 5. AC om. — 
6. C om. — 7. A J. — 8. C \yl — 0. C j^^. — 10. AC om. — 11. A i-^^' ^. - 
12. A L^». — 13. A J-^U. — 14. AC om. — 15. A l^lsl ^1. — Ki. A J^%. — 17. C Ü^. 
— 18. AC om. — 19. AC ^^/^.^. — 20. A kj^^' • — ^i- <^y^- — ^-- ^ J^'-^^'- — 
23. AC om, 

larmes : alors seulement le Seigneur lui reiidit la sante. Me voici, ä mon 

toiir, entre vos mains : faites ce qu'il voiis plaira; vous y gagnerez autant 

que votre mere. » Ge discours, et surtout ce qu'il rapporta sur sa mere, 

irrita la reine. Elle sortit la main par-dessoiis le rideaii et le soufTleta si 

violemment qu'elle lui fit tomber deux dents. Piiis quelqii'iin se precipita sur 

lui et lui arracha une grande partie de la barbe ; et ou lui infligea les plus 

graves injures. 11 prit les touffes arrachees de sa barbe et les envoya, ainsi 

que les deux dents, ä Alexandrie {Aleskandenjah}; * et il ecrivit au peuple de *foi.i7 r. 

cette ville ces mots : « Voici le fruit de la peine que je me suis donnee pour 

la foi : gardez-le ! » 

L'Empereur demeura irrite tout ce jour-lä contre Dioscore {Disqoros) ä 
cause des paroles qu'il avait adressces ä la reine. II donna Fordre aux eve- 
ques de quitter Constantinople (Qostantinyah) et de se rendre ä Ghalcedoine 
{KhaI(i[i]donyah) pour y tenir le concile. Puis il fit rediger une nouvellc for- 
mule de la foi, reproduisant celle des trois cent dix-huit Peres avec la mcntion 
d'une seule personne, et empruntant ä Nestorius {Nastor) la croyance a un 
Dieu-Homme en deux natures et en deux volontes ainsi qu'il etait dit dans la 
lettre de Leon (Leoun), et conformement ä ce qu'il admettait lui-meme. 

Les Peres se reunirent dans l'eglisc de Sainte-Euphemie {Agia Eiiphe- 



178 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [58] 

^\1. ^j <^A_^lj ^^yJ] 4^i yi.^ •^V-^'^J ^^-^^ '^^Vl JjJ 1^-, Ij^ AJ^I 

»_;b5ol ü*-!^, dlUl ^Ij ^'^LoJjl Lp-1 ^jS J »^:>cJ1 ^>~^\j ^^^J ^^j^ i-va::~ 

j_,L.>v;U'l IJj ^^r^ <«^j^ (J^<»jwj iJ>-^ w-i-J^i- jVj **~«'^ ij •^'J'J "^-^^ ls^ 
^1 ^ikij ^'^^j^JLo:^ Jj^:> -U-,^ ^Lc p^ -v^lj J^ ^;-^J ^lüLVl ^^jj,:=^ 

aJ i^'D (j;_-^l ^LüLVl ^ As^lj A=-lj., (^^L (Jilj j!>l-9 Ull> ^I^lj •^j.laJuJl 

1. A .1^ C om. — 1. C o/«. — 2. A om. — 3. A LiUxJlj C LjUj. — 4. A i'JJj C 
!jj^5. — 5. C p-o. — 6. A o/?i. C !J^!j. — 7. A ,j^i-*i (j^j C ,^k^. — 8. C J^l. — 
9. AC (^^rrr^j- — iO. C U ^^:^. — ii. C om. — 12. AC add. ._jkj ^!. i^^-. — 13. A 
o/w. C U^j3 (?). — 14. AC ^!j olLlj J.J j^ö. — 15. A »ji! C j^. — 10. A -V.j^ ^ 
^ijjj i.;:.pu5j ^-^r^S Ai ^iJ^. — 17. A i>.^toa£ S^3 C^ C ^l^-* i>.>:5j-£ J-6*J^ qi.vJ3. - — 18. A 
add. \.^\. — 19. AC , po>iL^.>. — 20. A ''^j-^\^ ^'^\ y^^ C iy^l^ L^\. — 21. C om. — 22, A 

i^J^. — 23. A ^-5/- "~ ^^- ^^' c'^- ~ ^^- ^^ ^^^ ^' ^^^- c^'->^^'- — 26. C » J^ J, 
^^^1. — 27. C V.. — 28. A om. — 29. C ^^^*j ,lJ^.^ — 30. AC ^^M ^^^. 



miah); le roi iit lire k l'assemblee Tecrit qii'il avait composo et le Symbole 
qu'il avait invente; et il ordonna qiie ceux qui les accepteraient avec soumis- 
sion et y adhereraient, seraient maintenus ä leiir poste, et combles d'cgards; 
et qiie, au contraire, ceux qui les repousseraient, seraient deposes et rempla- 
ces par d'autres. Quand tous les eveques furcnt reunis et quo chacun occupa 
son siege, Dioscore {l)isqor[o]s) entra, et jeta les yeux de droitc et de gauche : 
il vit les eveques excommunies assis au sein de Tassemblee : « Qui donc, 
s'ecria-t-il, a permis ä ces excommunies de prcndre place dans une pareille 
reunion? » Aucune reponse ne se fit entendre. II reprit : « O Juvenal [Anba 
*M.\i v". Jounalia.s), n'avez-vous pas souscrit avec moi l'anatheme * porte contre ces 
gens? Et vous un tel... » — et il apostropliait cliacun des eveques qui avaient 
assiste avec lui au concile, et souscrit ä ranallieme. On lui repondil (pie TEm- 
pereur Tordonnait ainsi : « Si ce concile, dit-il, s'est reuni par la volonte de 
Jösus-Christ, je consens ä y sieger et ä parier; mais s'il s'est assemble par la 
volonte de l'Empereur, que TEmpereur le gouverne ä son gre, et qu'il dirige 

1. DEphese. 



[-59] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 179 

w>^ jA;j ^^\j^ dLU^ jsJaJ dÜJl l^j J ^^^1 ^Uri jl^ o^j (v^"^j ^-^^ 

jyC U L*J^^ ^-V*^' -^'^-J ^^ CT-^ ^^ ^-^ ^^^^ ^ ^^ (^" j^„ ^ 
^li j.^ ^>l<Jl ^^yj Sa,a:>J1 ^;UVl ^bOl jv^Ut ^^> Si5^„j ^J>]\ ^ 

^_ L.U 1*'*^ ^w >: V^ ^^(vr»t^ ^^J ^"^(V^ c^^. >^ ^^^ r^ ^- 

Jl^ ^ ;5^^ Uo ^^«uUiaIj ^*^<UJfc jU^j U_^-U Cj^ jj^ dUS ' ^j-jyl^^:> 

diu ^ju ij^,.^^ jjj uji diL ^u ij^^ ^ij ^uvi J 5sy-^i Uj ^^-^1 

1. C ly yUU. — 2. C »jJ^. — 3. A add. oj.^_. — 4. A ac?c^. i^. — 5. AC ow. — 
6. AC A*.v^-^ ^CU! (C ^;'-U^) ^^V- — 7- AC ^\. — 8. A iij^-W,- C add. .10! 1j.^ (?). 
_ 9. C Uj ^c:-L. — 10. C J-O'j. — 11. AC ^*w^^^. — 12. AC *.^j', y^'. — 13. A 
,.^^.. — 14. AC om. ^^ ... jjo X. — 15. A ^>:^l,s^ ^^3 C icU. UiS'j. — 10. AC 
m. — 17. AC /r^r^.^. — 18. A i^. — 19. C o-»Uilj. — 20. A om. C JU^. — 21. A 






son concile! » Et il sortit et se retira. Puis il envoya quelques-ims de ses 
disciples pour voir ce qiü se passait et lui en rendre compte. 

On commenga par donner lecture de la nouvelle profession de foi ; et cela 

fiit suivi d\in echange d'idees : d'auciins refuserent d'accepter la nouvelle 

formulc; on les menaga de Texil et de la deposition. Et apres de longues deli- 

berations, on decida de souscrire la formule en question, et d'accepter tout 

ce qui plaisait ä l'Empereur; et de fait la plnpart apposerent leurs signatures, 

et il n'y eut ä s'en abstenir que quelques prelats. Quand la nouvelle en fut 

apportee ä Dioscore {Disqor[o}s), il s'attrista grandement et se sentit envahi 

d'une vive anxiete pour tout ce qui s'etait fait dans ce conciliabule, pour Tin- 

novation introduite dans la croyance, pour la conduitc des eveques qui, auda- 

cieux contre le roi du ciel, se montraient si timides avec un roi terrestre! 

Alors il envoya dire aux Peres du concile que, puisqu'ils avaient tous juge 

opportun de signer, * et de faire le bon plaisir de FEmpereur, il ne s'estimnit ^f»'- '« '' 

point au-dessus d'eux et ne voulait point etre d'un avis contraire; aussi les 

priait-il qu'ils voulussent bien lui envoyer la formule pour y apposer sa si- 

gnature ä cöte des leurs, afrn qu'il ne restät entre eux aucun dissentiment. 



180 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA*. [60] 

:>[£.] j «cli ^U^j <^^ AfrL ^y^j j^^^AÄiJl ^'* ^^AÄjl LV\ Jy Jf- jl '"^ ^^?--? 

^ 2*^dUU.JÜ 25 L^^ \^j ^^^j 24 ^^^^_^ «yi j^j.:. A^lj ^_^i^ Ai^yj Ji 

1. AC om. — 2. A ^3! C ^^j^^^ — 3. C I^JijU. — 4. AC ^^. — 5. A om. — 
(3. A J. — 7. A add. ^. — 8. A ^. — 9. AC om. ^\ U^^ij. — 10. AC om. — 11. A 
^^ C*^J1. - 12. AC ^^3. — 13. AC om. ^Jy L_^,Uj. - 14. AC ^yj^- - 
15. ^.^i-J.-^J. — 16. A ^%^. — 17. AC ij! om. -^i. — 18. A ^,UU C ^U'. — 19. A 
jLlJ C lki3. — 20. C i5','JJ!. — 21. C om. — 22. A om. — 23. ;C o^^UK — 24. AC 
^yi^p. — 25. AC o/«. — 20. AC ^U' ^i. — 27. C om. 

Gelte reponse leur causa une grande joie et leiir plut beaucoiip; et immediate- 
ment ils lui adresserent l'ecrit eii question. Des qu'il l'eiit en maiiis, il le 
souscrivit, et anathematisa le concile, tous ceux qui avaieiit ajoiite de noii- 
velles expressions ä Fancien symbole et change par lä la doctrine des anciens 
Peres, ceux qui les avaient aides et ceux qui avaient adhere ä leur sentiment. 
Cela fait, il le leur rendit avec ranatheme qu'il y avait mis. Ce fut un coup 
terrible : Tassemblee en fut agitee, et les Peres se diviserent. Les uns, prenant 
parti pour Dioscore {Disqor[o]s) , disaient : Personne, dans toute cette multi- 
tude, n'a lutte pour la foi, ä rcxceptioii de cet homme seul. Les aulrcs mani- 
festerent leur Opposition, et s'efTorcaient de grossir son audace. Alors Nicetas 
[Nephiür?) ', chei'des Patriciens, dit ä ses collegues : « Si mon Seigneur TEm- 
pereur mc le commandait, je ramenerais toute cette multitude au culte des 
idoles par le prestige de cette baguelfe qui est en ma main, sans m'en servir 
contre personne; seul Dioscore (D/s^ojfo]*) est irreduclible. » 

De Clialcödoine {Khalqidonyali) on cnvoya k TEmpereur quelques eveques 
avec un expose de tout ce qui s'etait passe. Au re(;u de ccs nouvelles, TEm- 

1. Ronaudot lit : Victor. 



[61] REFUTATION D'F.UTYCHIUS. 181 

4^^^l '^ J:lI ^ ^y ^ J^ ^J^ ^^^ ^^^ * j^ v^. "^^ ^^. ^^'^ J-^j * foi. 18 V 

13 iS^^ «CLk^j Ajt^j^ jjJ^__J CwljJ " <L^^ ^ii 4j^j*^j ^_i]b- J^ j^^jLo 

^Ij J^l 2-'^Ul -J^ >^ ^jl ^^j21|^-^ ^_j ^^^^ ^_^-J ^^^£, 20^^ 

^^Aä^I «^ Lj rc.,.. Jl ^^^ ji ^jAlli^ i'Ul ^It ^"^l^^i jy^'^J '^)^-- «^*J>t:Jl (j pJ 

jV ^liu^VL V jLwÜl ^^Jvr^lj ^^1 *^_^^ 2^ j^-L^j OT^^^^^ ör^'. O^b ^^"^^^ 

1. C »J-s J::iü. — 2. C *^^iv^ l=y Jl^i. — 3. A om. — 4. AC ,_irr^'j. — 5. A v_.UU 
_ 6. C LvJ^.. — 7. A ^-*. — 8. C J*^. — 9. A lyüo. — 10. AC wsüUr^.. — 11. A ^Jj^.^- — 
12. AC o/«. — 13. A ioLO j^^ j.L>j C 5^»-.ö i^^ ^Jy.3- — ^^' ^ ö'"- •^■^-"-. ^-t-C-U! yli. 

— 15. A -üU. — 16. A ^-H^'.«5 lo' C (^w^i-J-^ ^\:>X — '17- A^iU. — 18. C 5^^»^. — 
19. A cJ6\.. — 20. C lU)!. —21. A I^Ci! C l^xj'. — 22. A o;w. ^y^ j=^^ C ow. ^!. 
23. A add. c^!. — 24. i^)j ÜUv^ a<-w=s=-'^! v^03 J, LijjJild. üU! ^L ^^I ^ 

— 25. A .,!j. — 26. AC om. — 27. C ii\. — 28. A *»X^j C Jjdi l^l^C. — 29. C Ij^lj 
_ 30. AC , X^. — 31. A &3L. — 32. A aJ^. iJ. 



pereur entra en colere; et il s'ecria : De quel genre de mort dois-je * faire *foi.i8v". 
perir cet homme? Les uns repondirent qii'il fallait le livrer au glaive; d'autfes, 
qu'il fallait le faire mettre en croix; d'autres enfin, qu'il fallait le brülcr. Les 
eveques deputes dirent : « De pareils debordements ne se sont point vus dans 
d'autres conciles; et aucun empereur n'a eu recours ä de pareils supplices : 
on exilait les gens d'opposition ; on les deposait, et on nommait d'autres ä 
leurs places. » L'Empereur alors donna des ordres dans ce sens, et il fit en- 
voyer Dioscore {Disqor[o]s) ä Gangre [Ghaghora), ile situee en pays barbare. 
On exila aussi avec lui Anba Macaire {Maqqarah) eveque de Tkoou {Adkoua). 
Quatre autres eveques orientaux prirent en meme temps la fuite. 

Ainsi donc ceux qui accepterent la foi de Chalcedoine {Khalqidonyah) res- 
terent au nombre de six cent trente, et promulguerent que le Christ Notre- 
Seigneur est Dieu et Homme en deux natures distinctes; et pour en expliquer 
l'union, ils ajoutent : « en une seule personne », faisant cette addition de 
bouche sansy croire : car Nestorius {Nastoris), interroge, lorsqu'il se rendait 
au concileS par un de ses amis sur la formule qu'on devait admettre, repon- 
dit : Nous croyons au Pere, au Fils, au Saint-Esprit et au Christ; et les 

1. Nestorius n'a point ete convoque ä Chalcedoine. 



fol 



182 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA\ [62] 

^LöJL-Vl " 1 vU^ Uis ^_,s.u^lj ^AüJl 'r3j>^J (3-i'^'J v-jVI) ,^_^ ^*-^ J^ ^UVl 

Jls ^'^Jl ^Ulj ^-uJl ^^jjb 0;"^^-? ^"^^ ö^y '^^j-^^ "^j^^'U ^JA_U.^ 

«Coj-VJLli- ^>j>*s>cjt Jli Aji^ " Ias^Ij "i^ljtf-J b-V,^" Ali. jLjl ^j /r-^^ '" ^' j^ ^ jjJa,».lli 
.19r". l^^LJ ^Mi ^.^rr^J JLJVI ^j^ ^^iÄi-l ^ÄJl * -V.M^1 j J=-j 1-Uj^ Jj>ai ^ui^i 

\X^ <c5o o_^!>iJ^ ^^-^ (Jl is-»w=- ^«-^^ (J -WtJ (^-ül PJ--J, jl jjjg,.....:!! Jli 

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^ «.«j>=^ OLa^j jftla^ OÜL« /^_ (J^ (^^U /»Vi(i ^J^ ^r^ ^^P"'-? ^U-oJi (J^-iij^ 

1. AC om. — 2. A JLc Uj C !jJU LJU. — 3. A U^'iU!. — 4. C ^lü. — 5. A --j^,^. 

— 6. A ß6/c/. Jyü! ij^ !j_^l. — 7. AC^ J=^. — 8. AC J'i!!. — 9. A om. — 10. A ^Jl 
»j.^'!. — 11. BC j3. — 12. AC add. Ul^b L^. — 13. AC ^jk«i. — 14. .AC J^^ 

— 15. A IJ-^J^. — 16. C Ä^[;X)lj. — 17. A ^^Uj J ^3J!. — 18. A ^*-ül ,J)f\ C 

LTT^^f d/'- ~ ^^- ^^ ^j'^.'- "^ ^*^- ^ ^^^^-^ — 21. A i.^ J^l C ^ j^. — 22. C 
J^. — 23. C JUj. — 24. A add. ^U C J^^l?. — 25. AC f^^\^. — 26. A om. 



Peres de Ghalcedoine {Khalqidonijali) emirent leur profession de i'oi ainsi : 
Nous croyons au Pere, au Fils, au Saint-Esprit, et ä l'Humanite du Sei- 
gneur. Nestorius (al-Nastor) dit que Dieu en s'incarnant habita dans riiomme, 
et en fit un avec lui-möme ; et le concile de Ghalcedoine [Khalqidon ijah)- ensei- 
* fol. 19 r". gna que le Verbe prit un corps, habita dans ce corps * pris a un etre humain, 
et lui communiquä äme, [vie et raison] '. Nestorius dit : Jesus, apres s'etre 
incarne, n'a point laisse absorber son corps par la nature divine; mais il 
habita dans un homme. 11 ajoute qu'il ne s'est point separe de ce qu'il hubitait, 
et que, pour cela, il l'a revetu d'honneur et de la gloire qui ne l'a point quitte. 
11 dit enfin : Je distingue les deux natiires et j'adore celui tpii ne s'est point 
separe du corps. — Et le concile de Ghalcedoine, ä son tour, declare qu'il 
a conserve l'une et l'autre nature, car la forme divine ne s'est point abais- 
seejusqu'a celle de resclavc. II dit aussi que le Verbe acconiplit les actions 
qui lui conviennent, et le corps de meme; (pie Fun opere les miracles, et 
l'autre souffre les douleurs. Quelle dlHerence donc y a-t-il entre la doctrine 
de Nestorius (Nastor) et celle de Ghalcedoine {Khalqidomjah) ? La diversitc des 
expressions n'atteint point le sens, qui denicure absolumcnt identique. La 

1. D'apres Ic manuscrit A. 



[63] REFUTATION DEUTYCIIIUS. 183 

*^ jjLiJL«j ^J»...]?; ^>-«y^^ -^ AiL:* "^ Ajl Jli j j ^ ... : '^ jl <. jl^Liio_ ^5JJ1 l^l^l 
*/.j>=^j 4i,.AÄr ^ Cioi ^v-x^ Jj jUi^ ^rt*. jy^ '^"^ ij^ ^^^ j^^ ö^"-^^-''^J 
>.lr ^'-iJl ^"Uil b-^^. i*^"^ ^ör'^^'^^ (*r^^^ l_a^3j ->^lj ^^1 \_^^ ^jAiLl^ 

4)5lj l^ \yAi^' ^3 ^'-^ ^J. r.}\ 1-yo -v^l ^Myi^j '6^\lS£.\ jJL':jl,j ^ -0^^ J_^^ ^^ 

1. A wÄJU^l .1 C ^il:^! .U. — 2. A o/?z. C J-^l^^^^i ^'^-^^ J. — 3. C ^b. — 
4. AC o/;«. — 5. C Ji^. — 6. C X^j. — 7. C »J-J. — 8. C ^^i^-. — 9. A ^y^\ ^. — 
10. A om. — 11. C in\. — 12. C bL.iL — 13. C jj^^.j- — 14. A om. .... J^^\ j'j 
^JU. — 15. C ^^\ ^s>. — 16. A A=^ij. — 17. AC 5.>r,!j i^j. — 18. A add. J^L — 
19. AC om. — 20. ^r^b ä^.s-^1. — 21. A jK — 22. A Ulü. — 23. A fj^\ C »3^ J, 
^.^t. — 24. C Jj^i. — 25. A [^U. — 26. A j^l-V.- — 27. A J (jLdJij. 



seiilo difference consiste en ce qiie Nestorius {Nastor) avait dit qu'il croyait ä 
deiix personnes, en deux natures, deiix volontes, deux Operations; et il a 
redige sa profession de foi en consequence, sans rien taire, sans rien dissimu- 
1er de ses blasphemes, et qne le concile de Chalcedoine {Khalqidonyah), 
apres lui, a dit : « une seule personne », sans faire mention de l'nnite de 
personne dans sa formule; car il admit qn'il etait Dien parfait, et homme 
parfait, en deux natures distinctes apres Tunion; et il a ajoute les deux volon- 
tes et les deux Operations, D'apres les Peres de ce concile, le Dien fait les 
miracles, * tandis que riiomme regoit les souffrances; le Dieu est createur, et *foi. Wv". 
Fhomme est cree. Ainsi c'est croire en deux, et non en un seul : car un etre 
ne peut avoir une nature, une volonte et une Operation, sans avoir l'unite de 
personne. Ils ont fait semblant d'admettre l'unite de personne, pour echapper 
aux anathemes fulmines auparavant, dans le concile d'Epliese {Efsos), contre 
Nestorius {Nastor) et ses partisans; et ils ont cru reussir par ces subterfuges. 
Mais Dieu sait leur innocence ou leur culpabilite, et s'ils sont ou non respon- 
sables des dissensions doctrinales et de la division de l'Eglise : ä lui appar- 



184 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [64] 



e 



1. A J. — 2. AC U. — 3. AC J. — 4. AC om. ^UÖ! ,.^. — 5. C .1^. — 6. C om. 



^r- ^.^^ 



.,j.C _jl ^!.! yfi : sj^%i Jlij Ä^l, ^Is SA.) --;^1 Jj^ ^jj' j,Ä . ^^JsLi] 'j.,ij L^'Jij! 
<). AC lj^H--l. — 10. AC om. — 11. AC ^\. — 12. A LU*-\ — 13. A ^\. 



tient l'autorite et le jugement, et lui seul fait ce qu'il lui plait : gloire liii soit 
rendue au siecle des siecles. Amen. 

OUATRIEME PARTIE 

DüGTRINE DES ANCIENS PeHES QUI ONT GOUVERNE l'EgLISE AVANT LA SCISSION 
DANS LA rOI, ET ABREGE DES EVENEMENTS QUI EURENT LIEU DANS l'EgLISE 
A LA SUITE DES DISSENTIMENTS SURYENUS. 

Ignace (/^na/Zos), letroisieme patriarclie d'Antioche {Afitakiah) apres l'apölre 
Pierre {Boutros), ecrivit dans son epitre aiix Smyriiiotes (Esmirma) ces paroles : 
« Vous aussi, soyez accomplis eii N.-S. Jcsus-Clirist, qui, desccndaiit de 
David (Daoud) selon le corps, et Fils de Dieu en realite, est ne de la Vierge 
Fol. 20 r". Marie {Mariam), regut le bapteme * de la main de Jean, et fut crucifie ponr nons 
sous Ponce Pilale {liilatos el-Iionti) '. » Et dans sa lettre au peuple d'Antioche'" 
{Antah'ah) il dit : « Celui qui coiifesse le Christ et ne croit pas qu'il est le 
Fils du Dien createur du monde, et qui dil qu'il y ii un autre Fils, 

1. P. G., l. V. col. 70-8, et Corpus Ignatianum ed. Cureton, Lonäres, 1849, p. 103. — 
2. La lettre aux Antiochiens n'existe pas dans Tedit. Migne. Cette lettre figure dans le 
Corpus Ign., p. 133. Le present passage se trouve p. 136. 



[05] RKFUTATION D'RUTYCIIIUS. 18.-3 

"^ aJ Ijjj' -'Lc Jajuj '"^^ ^^ ^'^ j^ J^j JU^l (3-^^ ^^ (j->} ^ "^^ ^ Jj 

\^"V ^ 4o":il^ ..^r*-^^ J^ "Cj-äV jj^ i^r^ jl ^yij jj:> rc-— <Ji >1)j-aV A^ A^ 

^^-.-«äJ <)j.Jl Lft-Ä-Uc- ji Vj ^p-^'' jj-^ ujbA_>-i ~K.ju 'ySl'] ~ * ^^j «c'^lij <;'ijb% 

1. AC A3l. — 2. C «rf^. 5^. — 3. B Us. — 4. A JJ Uj'. — 5. A^^_;. — G. A ^J^,^. 

— 7. A ^\'. — 8. AC J^P^J!. — 9. AC ^,ijJ'. — 10. AC j. — 11. AC s^^U. — 12. (' 
o/;?. ^dv' , aJi A^L. — 13. A om. J.2wL , .:> j^!a. — 14. A ^. — 15. A j:oU b, ^.^i 

— 20. AC ^^\ b, Liü. — 10. C s^Jjü. — 17. A Ä^. — 18. (J Jj' .yP . — 19. AC o/;7. 
Nl^"N|t. _ 21. AC ^Jia. — 22. A U. — 23. A ^^. C A^'- — 24. AC o^^bl'. 



29. A om. 



25. X s:^ J^. — 20. C , .-J. — 27. C !j-'U. — 28. AC _,, , «^ _, 

^, J.— 30. A^IU. 



giiaiit aiiisi des predictions dos prophetes et de la predicatioii des Aputres, 
celiii-lä est le temple du demon [Iblü] ». 

Et Athanase {Athanasios) patriarche d'Alexandrie {Aleskanderyah) dit : 
« Celui qui est iie du Pere dans les cieux, par generation eternelle et incom- 
preheusible, est le meme quo celui qui naquit de la Vierge ; et quiconque 
adore la divinite du Christ ä Texclusion de son humanite, ou sou humanite 
saus sa divinite, ou adore deux clioses distinctes, soit diversemeut, soit ega- 
lement, celui-la ne saurait etre agreable ä N.-S. Jesus-Christ, ni etre compte 
au uouibre des üdeles ; car le croyant ne doit poiut partager le Christ en 
deux parties, apres la realisation de Tunion iudissoluble, pour adorer l'une 
ä l'exclusion de l'autre : cela n'est poiut iicite ; et Dieu ne saurait agreer le 
culte de celui qui adore la divinite du Christ, abstraction faite de son huma- 
nite, parce qu'il est un par sa divinite et son humanite, et non poiut deux 
pour qu'il puisse adorer Tun sans l'autre. Que s'il honore egalement les deux 
[mais en les distinguant], il rend alors le meme culte ä deux Seigneurs : 
ou bien il devra les honorer inegalement, ou encore honorer le Seigneur et la 
creature. Or quoi qu'il fasse de tout cela, il devient etranger au Christianisme '. 

1. Cf. P. G., t. XXVI, col. 1073-1070. P. C, t. XXIII, col. 25 et seq. 
PATU. on. =» T. in. 13 



186 SKVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [OC] 



i^L^Ujl i''Ju^ pl^jVl ^-'J^^ ^^A.^ -^-rl ^If-jVl '^^ -V-^l ^^Jl ^A^ 

23f_^^l^ ^^J, 1^,L^ L^^U;-Li 22^.ls=. ^^ j:;-]^ ^^l;i^ jlj A.A:>Jt jUI i-M^j->; 
J, fjl; "'''jUj JUl-1 a.j^1 ^J. Vj Ua^ -'jUj JU=i.1 ^^V;!-:^ ''^ j^ '^' 

1. A ^'. — 2. A O'i'-^- — 3- ß<^ J-^^- — ^- A ?.'-=^^^^:'. — 5. A iJl5^'. — G. AC cw/. 

NUcJ'^t U! ,.-'. — 7. A JjJJ'. — 8. AC ix,n J^'. — 9. C U-i.. — 10. A ;^w. — 
11. A o///. — 12. A 5J.^:p:. — 13. A Jj. — 14. C J^C). — 1.5. AC add. JU^. — Kk C 

Ji.S. — 17. AC ^'i>. — In maro-. le^itur haec nola : ,_,l' ,.%-' ^"^ ^ ylk-- ^J; JU-- 
iJU— ^!. — 18. A o-»^'- — ^'>- A ^U'M C -^'^■''^. — 20. B ^.,!<'. — 21. A ,.r:^j,J^. — 
22. AC ^^^r^i>^-"- — 23. A J.^ J. — 24. A J^. — 2,"). AC ^,L^. — 26. C ^l^. 

Le meme Pere dit encore : « Le Verbe est devenu chair; or cette cliair 

* iui.-2(i\^ * est le Vcrbe; ce n'est point un homme quelcoiique, mais Dieu veritablement 

devenu homme. La douleur est attribuee au Verbe ä cause de son union 

[avec rimmanite]; mais le Verbe ne peut etre change, ni altere. II a soulFert 

Yüloutairement daus sa chair, lui qui n'est point sujet a la soufl'rance ». 

II dit ailleurs : Cet enfant, qui est le Dieu tres-haut, Tut sujet ä la 
douleur, et opera les miracles. 

II n'est pas de prodige, ecril-il encore, semblable ä celui quo fit Dieu en 
unissant son essence divine, qu'aucune intelligence ne peut atteindre, a la 
subslance de son corps mortel : VVAre superieur par essence ä loute douleur 
s'est uni au corps susceptible de soufTrance, pour se charger de nos souf- 

franccs. 

Et Cvrille (Ki/rillos) palriarcho d'Alexandrie [AleHkaiidenjuln dil : « Nous 
pouYons nous laire une idce de Tunion de la Divinite avec riiumanitö, par 
Tunion du feu avec le fer : ce soni deu\ naiiires distinctes; mais j)ar leur 
Union elles deviennent une scule naiure; non <[ue la naliire du feu sc change 
en Celle du fer, ni que ha naliire du fer se cliange en celle du feu : le feu 
s'est incarne dans le fer : c'esL du feu, el c'est du fer. Bal-tez le fer avec le 
marleau : le feu est frappc, et le fer ref;oil les coups ; le fer soufTre, mais le 
feu n'en rcssent rien. » 



[07] REFUTATION D'KUTYCIIIUS. 187 

^^\^j o^.-LÜ '''l^;j :^y.>ll] "L^ v-^:.-? ^**^^^L' ^J *'J^^ J>:.j 

A-^.3«-J y_ä_j Y« ji_9^ii>c^ l')( ^/^' clr^ UjiJp " *y_.9 i 11« ■' U AJ.-L; ^Jl v_.>:) 

As-lj jLjlj j^\j '''^ ^t-A? AwäJIj j_r^^ 

1. c ' b. — 2. A JoJo. (?) ,_v,J.^2cJ IjjJ.^ ,Ui. — 3. C h,-,^\. — 4. A ^i C J. — 
5. AC om. — 6. A J. — 7. C Jb. — 8. A ^...^ C *.Jb ,.^- j£' .,'. — 0. A JIJ^ — 
10. C jJl^a. — 11-12. C *-.:;*•. — 13. AC om. — 14. C o/«. — 15. C , SJ. — IC. AC 
.^....^•'Ij. — 17. A plö! J,. — 18. A J^.^.. — 11). A ^^:r^^. — 20. A ^^^'vT,«. C ^^^^^/L. 

— 21. AC 1^,..^.^^. — 22. A c-'-^- — ^3. C o/;^. — 24. A om. — 25. C -.,. — 20. AC 
^J^±\:■J^'' ^rr*rr^^- — 27. A add. ',U. — 28. AC bUit. — 29-.30. C '-.^b. - 31. C jS-xk 

— 32. C om. — 33. A 'j-.«c.. — 34. AC lxJ=. 



Et ailleurs : « Celui, dit-il, qui divise les paroles de TEvangile et dis- 
tino-ue les paroles et les actious de Xotre-Seigneur, altribuant les unes ä la 
Divinite, les autres ä rilumauite; apres ruuioii [des natures], qu'il soit 
anatheme. » 

Et encore : « Celui, ecrit-il, qui ue croit pas * que le Verbe de Dieu s'est « foi. 21 r 
uni a la chair, en une seule et unique personne; et qu'il forme avec son 
humanite un seul Christ, un seul Dieu fait liomme, qu'il soit anatheme. » 

11 ecrivit encore dans sa lettre ä Succensus {Sarlisin?) eveque de Dioce- 
saree {Qisaryah) d'lsaurie {Himuria) ce qui suit : « Nous devons prendre un 
exemple de notre propre nature humaine. Or, nous sommes composes d'une 
ume et d'un corps difTerents avant leur union, qui, par l'union, deviennent 
un seul honime, en une seule nature : Täme n'a point ete changee, au moment 
de son union du corps, et eile n'est point devenue chair; de meme que le 
Corps n'est point devenu ame; mais de Fäme et du corps il resulta un seul 
homme, une seule nature'. » 

1. Epist. 1% P. G., t, LXXYII, coL, 233. 



188 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [08] 

^^j^lj ;^ ^Uj'Vi -^*. ^j ^'^^-iLJ»^ 0::*^ -^.^.-f^j ^^^jj~^ Or^^ 6r^^ 
26ÜLi; ^^ -Milj ^\ A^-jU.;- ^ '-^^ÜA^ ^-^^ 2:M-| ^^^ j^i_j 22^^^^, 

A-M^l <*SjU, ^Y^ 

1. AC ow. ^^! Jlä. — 2. AC ß^^. ,.,! JU, — 3. C ^JJ'. — 4. A ^.»o-. — 5. C o/??. 

— 6. C^L^llj. — 7. A ^y_ C ^L'. — 8-9. AC om. — 10. A om . — 11. A U ! C U'il!. 

— 12. A add. JU. — 13. A ^J!. — 14. C !->^!. - 15. AC %. — IG. V *^v. — 17. AC 
•;x^Ja. — 18. C U<^. — 19. AC ^r^. — 20. AC ^^^^.1:^^^ u^*:rr^- — ^i- AC J^lj aJs. — 

22. A wL. — 23. AC add. U. ~ 24. AC J'j-.^. — 25. A add. U. — 26. AC jL^. 



Et voici ce que dit Alexandre (Alexandros) patriarche de Rome {Romiah) : 
« La main qui crea Adam est la memo qui fiit cloiiee sur la croix; la bouchc 
qui iiisiiffla ä Adam le souffle de vie, est la meme qui biit le vinaigre; et le 
pied qui fut fixe ä la croix avec les clous, est le meme qui a etabli les fon- 
dements de la terre. » 

Et Jules (Youlios) patriarche de Rome {Romiah), dans sa ciuquieme lettre, 
au sujet de Tunion de la divinile du Christ avec son humanite, s'exprime ainsi : 
« Si on l'appelle [homme], iiul ne nie sa divinite, qui est unie ä son humanite; 
et si on l'appelle homme, en consideration du corps qu'il s'est uni, nul ne nie 
sa souverainete; et il ne i)eut (Mro parlage en dcux naturcs, apres l'union 
Mui.2ivo. accomplie ; de meme* que Tliomme qui est Ibrnie de deux elemenis, parfails 
chacun en lui-meme, c'esl-ä-dire du corps et del'Ame aux natures difTerentes, 
n'est plus apres Tunion (pTune seule nature, et est designe par un seul nom : 
appelez-le corporcl, Täme n'est point supprimöe pour cela; appelez-le spirituel, 
le corps n'est point exclu'. » 

Jean {Yoiihanna) ä la langue d'or, patriarche de Conslantinople, dit dans 
son discours sur la NativiU'- : (( La N'ierge re^ut le soleil de justice, que rien ne 
peut contenir et que les intelligences ne peuvent compnmdre; et il se mani- 
festa d'elle pour le salut. » 

1. er. P. L., Vlll, col. «75 cl seq. — 2. Cf. P. G., l. EXin,821 et sq. 



[(59J Rh:FlJTATION D'EUTYCIIIUS. 189 

^i^llj jjl J.UI jcj ^j ^^v^V '^^ '^^. ^ ^'--^^'-^ ^. ^^^- ■^*^'^^^^':. 
l^l^ ^Ul i-i^j ^c-^1 ji J<-Ü j^. i-^Ul Jlij j<^.." ^''t[^\ ^ 

1. AC ^jj^*-^'. — 2. C ^<^JJ. — 3. B^J=. — 4. AC ^^W'. — 5. C p)!. — 0. A 

Jj^! ^ J'. — 7. A om. ^ß Ji^. J. — 8. A J^. — 9. A ^^. % ,y. — 10. C 

^^^ \^^\. — 11. AC ^i.^\. — 12. C (^r:;-CJl J'j«-'l J^' j^'». — 13. AC om. — ac?<f. 
,.^(^ C ^^] (pro (^»-'^.). — 14. C ^J^. — 15. A biJ^b C l^äjb. — 16. AC om. — 17. A 
om. — 18. C add. _^.. — 10. A JyJ' *:>y C ^j3juM. — 20. A ^j-^Jt. — 21. A o/;^. — 
22. A ^^. — 23. A ^,,UM C ^ .* .i.J! (?). — 24. C i^i«. — 25. AC o///. i^^ ^?rfc/. 

C^Jo^y,'. — 26. C ,.U. — 27. AC om." .^^ ^\J^^- — 28. A o-^"^'- ~ 29. A om. — 
30. Xadd. U. 

II dit encore : « Le Fils e'ternel est nc et est devenii homme avec les 
mortels, sans se separer toiitefois de sa diviiiite. » — Et encore : «. L'invisible, 
FinefTable, doiit la lumiere est inaccessible, fut piini et crucifie et il soufTrit 
pour le monde. Le riche poiir nous s'est fait paiivre,arin, ajoiite-t-il, qiril 
soit manifeste ä tous que le Christ est le Seigneur de tonte la creation. » 

Et Theophore {Tcofora) patriarche d'Alexandrie {Alcskandenjah}, dans son 
sermon sur la Nativite, dit : « Le Fils est dans le sein de son Pere et dans 
celui de la Vierge Marie. Celui que les anges adorent est dans les bras de la 
Vierge. Celui sur qui les Seraphins ne peuvent fixer leurs regards, se tient 
debout devant Pilate (Bilatos). L'esclave a sonfflete son createur; et tonte la 
nature [tressaillit]. Celui qui est porte sur le tröne, et qui porte tout fut eleve 
sur la croix. » 

Et Gregoire {Grifjorios) le Theologien declare : « Quiconque dit que le Fils 
du Dien * eternel ne s'est pas Ini-mcme incarne de la Vierge, comme il est * f"'- 2-'°- 
ecrit, qu'il soit anatheme! » 

11 dit encore : « Le ciel exulte et la terre se rejonit parce que le Celeste 
s'est lait terrestre. » 

Et encore : « J'admirc, dit-il, ces hommes qui fönt nn partage des actions 



190 SKVEHE IBN-AL-M()(KVFFA'. [70] 

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,N}_3 _(). A ^^.H^'JiC «f/c/. sJJ. — 7. A _,...^^. — S. AC oni. l,J-x'l. — 0. AC o/n. 

— 10. A ,'.^'. — 11. A add. U.^-* , Aj 5. -— 12. AC 0///. — l.'i. A , ^"^.i,i C 

^..^, Jü ^'. — 14. AC r/^^. JU. — 15. A . " ,U:JL ^,a»^JI ,.^jJ' , ^J. — IG. AC add. 

«». — 17. A .^^' ü'j C .^^.^. U'j. — 18. AC ^.J. 



du Christ Notre-Seigneur, attribuant les imcs ä la divinite, Ics autres ä 
riiiimanite : ces heretiques yvoient deux [personnes], la diviiie et l'liumaiiie. » 

Ailleurs il dit : « (^uiconqiie iradorc pas Ic Crucifie, qiril soit anatlieme, 
et qu'il soit compte au nombre de ceux qui l'ont crucifie. » 

Et encore il ecrit : « Celui qui dit que Marie {Manjam) na pas engendrc 
un Dieu, est etrauger ä Dicu. w 

Le meme Pere dil : « Quiconqurdil que c'esL un lioinincijui iia([uit, et quo 
le F'ils de Dieu v vint liabiter, (ju'il soit anatlieme! « Et : « Ouiconque y 
rcconnait deux, Tun engendrc par le Pere, Taulre ne de la \'icrg(\ qu'il soit 
rejete. y) 

Et Gregoire (Griyorios) le Thaumaturge s'exprime ainsi : « Nous ne sepa- 
rons point la divinite de riiumanite, qui sont une seulc et meme cliose; nous 
anathematisons ceux qui adorent le Verbe de Dieu sans son liumanite '. » 

Et dans son sermon sur la Naiivite- : « Verilablemont le Dieu incorporel, 
dit-il, est apparu dans la cliair avec sa divinite, non point en deux personnes 
(TCGOGojTry.), ni en deux nalures; et nous n'adorons pas quatre, a savoir, le 
Pere, le Fils, TEsprit-Saint et THumanite : c'est pourquoi nous anathematisons 

1. Cf. P. (}., l. X. col. 1132 et 1110. - - 2. P. ('.., t. X. col. 1117. 



[71] HKFUTATION D'KUTYCIIIUS. l«)l 

jA U.^ A.^11 *-^Jlr Jb. ^1 -CJiCjl <üj1 jl ^ j,^j ^^.J Cr*^ f^J (^^ ''^.*-^^ 

^_^1 Jl l;b:ij S^Jl 

'IVl ^'Ul ly_ili-j ^;l;- ^^aII <I1 Lj ^^Jl i^JL^ -UVl :^.1_^- ^'jA^i^ ^U=^l 

l^^l ^,;_-ül ^i^ ;^-j ^Ulbl 19 .(^-yi ^L.1 \^\^j l^^'l;- <ül <il l^^^,jl_pJl 

J. ..y.i:x^^.'. — 2. A -3,5. — 3. C l^^. — 4. C ,.y.sx^. — 5. AC ,;i"^L. ~ 6. A 
o.sT'-'!. — 7. C ^. — 8. AC om. — 9. AC Ji. — 10. AC ^jJ,. — 11. C'^^j. — 12. A 
i^lc [ij^X^\ C iJ l3^;:d.'. — 13. AC om. — 14. C Ui. — 15. A add. J^^. — 1(5. C j"^'. 

— 17. A ,^,!,^!. — 18. C om. , ^^j'J LJU«. — 19. AC om. — 20-21. C J^J. — 

22. A om. v-jb Lv-w;-:^..! w)-0! JoU!». 



ceux qui disent deux personnes, oii deux natures *, la divine et rhiimainc, *füi. 22v- 
apres runion. » 

Et daiis le VIP anathemc qii'il fiilmine, il ecrit : « Quiconque dit qu'aiitre 
est celiii qui est siijet ä la souffrancc, et aiitre celiii qui en est exempt, nc 
croyant pas et no coiifessant pas que le Verbe-Dieu, qui n'est point accessiblc 
a la douleur, a souffert dans la chair, ainsi qu'il est ecrit, qu'il soit ana- 
tlieme! ' » 

Et Basile (liasilios) s'exprime ainsi : « Nous sommes devenus ctrangers a 
Dieu par le peclie; mais il nous a delivres des aniertumes de Tesclavage par le 
sang de son Fils unique, et il nous a rappeles ä la liberte". » 

Voilä quelques breves citations qui resument Tenseignement des an- 
ciens Peres. Lors donc que les Chalcedouiens allercnt contre les predictions 
oü les Prophetes disent de N.-S. Jesus-Christ qu'il est un Dieu fait honime; 
contre renseignement de nos Peres les Apötres qui disent qu'il est un Dieu 
fait homme; contre la doctriue des trois cent dix-huit Peres de Nicee (iV«V/mA), 
qui disent qu'il est un Dieu fait homme, et contre celle des Anciens Peres 
qui enseignent qu'il est un Dieu fait homme; lorsqu'ils accepterent pour 

1. P. (.., t. X, cül. 1132. — 2. C;f. P. G., l. XXIX, col. 673-681. 



102 SKVKRE IBN-AL-MOQAFFA*. [72] 

^_U j c^ JS\ M^l »_<^ ^^^^»_i;V \yJsj^ ^Ir^-Ol <J1 ^ ^AüJI LVl fvJ^j 

^^ly_^lj dljliJl U-ül bAA Jäx ^U-V j^j^Ua ^"vI^ 1^<C"jIj jU::i^>(J Cü^ ^^-^ 

ij j-u,li^ "-^^ *.,^Ä« ^'*^j LAyAs-1 ^1 i-^AÄJl 4'jL«V1j ^'"as-lJ! Jl^JVl ^^p-L»-w x^ 
^VjVi i^oU'j OvwJi Oi^p-j Jij_«Vl »-^^^j ^-^1 (J^jCä^j jLs^^ di-Jl aj L^ 

1. C j^J-ä;:^.)'. — 2. C sY'. — 3. A *^,^_/J C ^.^jix] L^.^. — 4. C ^i-'U. — 5. A 
yJxs-.^. — 6. C UY!. — 7. A .,LjI^ Jl. — 8. B J-^cj ^.^ O-?^^ ö^^- — ^- A om. — 
10. AC ,.r^'^l — 11. AC om. — 12. AC Y. — 13. AC ow. — 14. AC , :^^J'.. — 15. AC 



OI?l. 



IG. A b'^.^'. — 17. A c^LUi. — 18. C LcLw. — 10. A om. — 20. C om. 



21. A ^^.'o'. — 22. C ^j^p Uo'. — 23. C '^.^ liU. ^ 24. AC i-^sb. — 25. AC ^.Si^. 



— 26. AC Ll-^y — 27. C ^'--v-M. — 28. C 



cux-memes les anathemes portes eri taut crendroits contre ceux qui pensent 
aiitrement, et qu'ils le firent Dieu et homme, createur et creature, Seigneur 
et serviteur, cn deux natures distinctes apres runioii, au lieii d'nn seiil; 
lorsqiie, librement, ils changerent l'antique symbole, saus ctre reteniis par 
* foi. 23 r". les anathemes des Peres anciens quo nous avons citcs *, et de ccnx que nous 
avons omis pour eviter les longiieiirs; lorsqu'ils sacrifiereiit tout ä la vainc 
gloire de ce monde, et qu'ils se separerent, emportant des copies de Tecrit 
011 ils avaient souscrit leur adhesion a la formule nouvelle : alors la saintc 
Eglisc sentit iine violente secousse, et toute la terre Tut agitee en apprenant ces 
innovations doctrinales, et le nouveau symbole redigee ä Ghalcedoine [K/iahii- 
donyah). Beaucoup refuserent de Taccepter; et des foules furent livrees ä la 
mort ä travers les pays soumis a IVmporeur Marcicn (Marqian). Le sang 
coula a llols; les biens furent pilles; les habitalions furent detriiites; les 
cnfants devinrent orphelins et les femmes furent condamnecs au veuvage : en 
11 n mot les fideles de ces temps Iraverserent une crise, ([üi n'avait eu de 
semblable qua l'apogee du paganisme. Puis les jours de Marcien [Marqian) 
dcclinerent, et il mourut apres un regne de six ans. 



[73] RKFUTATION D'KUTYCIllUS. 193 

sIjU J ki^ ^^JLc <lw 4j'A^ tluJiSj '^LäI jLi^^ '«JUI (<^ j^J ^r**^' uS^ '^•^' 

^,_t£. AwJ^'j AjUjLLji 4jUl ' L>v_^<>JU L«j^ y^j j*-^j * jjV (V i) y-^ j ^-*^. (j-JJ 
diu ^UVl ^L Jl ^-i^j ^^ ^'^V-'J ^^-^^ ^''^."^^ ^^■'^ * '*^^^^-? "^^ r^^^ *i'"'-2^' 

1. AC 'i^U. — 2. A ^w^. — 3. A «^6/. ^XU'. — 4. C ,. aY. — 5. AO o/;z. — 
(i. C , .5^ .^j'. — 7. C ^^:.' b..- iW,. -- 8. AC .... LUUJ' >^,s^, , H,^-=^-' '-J^-' ^'-■-•• 

— 9. C^J..)Ya. — 10. C iUj. — In marg-. pag. huj. B leg-itur haec nota : J(^ : Li.'..^ 

,1« ij'ljj *jULM oA ^JJü! ,! Uli *>a^i.l;:.*^ .>»;£) , y»J ..dJ!» ,LJ^1 i .Jc,)l -j,5lJ-j 
i^ 'jiJJ i^U.Yft .iLsus ."^cÄJl., .^•■.»Ä^.'L) 'j-sr^ ^1 J^aj J •■.a.^'jJ'. — 11. AC om. 

— 12. C LiU.. — 13. C iJUl* .l^,. — 14. AC U jj^!. — 1,5. C ä^^-*.. — 16. AC 
j^KJji. — 17. C o/;z. j^vw .... Lp. — 18. AC o/?^. — 19. A CU-. — 20. A ;J--^. — 
21. AC om. J^vw! ^uIj. — 22. C , . .^. — 23. AC !,>*:>'. — 24. A , JJ' C om. — 25. C 



Soll successeur Leon (Leoun) le Grand ' partageait la meme foi. II resta 
sur le tröne seize ans et mourut. 

Son fils Zenon [Zeinoun)' lui succeda : c'etait nn homme orthodoxe, 
attaclie a la foi des Apotres et ä celle du Concile des trois cent dix-huit. 
II donna ordre de jeter au feu tout ce qui avait ete fait ä Chalcedoine 
{Khalqidotujah), et de ne plus faire aucune mention de la doctrine qui y avait 
ete promulguee. 11 retablit * le symbole des trois cent dix-huit Peres, et * foi. 23 v 
envoya des ordres dans ce sens ä toutes les provinces"". L'innovation doctri- 
nale, faite par les eveques du Concile de Chalcedoine (Khalqidonyah)., avait 
vecu vingt-deux ans, six sous Marcien {Marqian) et seize sous Leon {Leoun). 

Lorsque Dieu donna aux fideles Zenon (Zeinoun), fds de Leon {Leoun), ce 
leur fut une grande consolation et la delivrance des maux qui les avaient 
accables. L'Eglise recouvra la paix, et la tranquillite s'etendit ä toute la 
terre; et un bon nombre des eveques qui s'etaient trouves ä Chalcedoine 

1. 457-474. — 2. Zenon etait gendre de Leon, 474-491. — 3. L'IIenoticon (482). 



liVi SKVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [74] 



1. AC bjJ'. — 2. C isl^'. — 3. C oin. — 4. C 'i^x.. — 5. AC o/«. — 0. AC o/;«. — 
7. C Icc^. - 8. A LsJ^.,. — 0. AC yLz i*..w. - 10. C .,5.Y. — 11. AC ..Ik..' C 
^,_.ll=^:<'. - 12. A ^wr^.^L. - 13. AC add. J^. - 14. C ^..UK:-^. - 15. A'^^b «. - 

AC Jj3. — 17. A ^^ü=^! C ^^%^'>. — 18. AC ^.b. - 19. AC ^rlj^-^ ^'-- - 



16 

20. AC ix;-. — 21. C ^r.f->^3- — 22. A ^Vc"- 



[Khahjidunijah) vinrent sc disculper et dirent : (( Nous n'avons donne notre 
consentement et iravons soiiscrit qiie par la force de la necessite et sous la 
pression de la crainte et les menaces de mort. Dien est temoin qiie nos coeiirs 
ne se sont point soumis : notre foi resta orthodoxe, pure de tont blaspheme. » 
A ce moment Tempereiir moiinit apres iin regne de dix-sept annees. Son 
füs Leon (Leoiin) le Jenne lui succeda : lui aussi etait du cote de Torthodoxie; 
mais il ne resta sur lo tröne qu'une soulc anriec. 

Son successeur Anastase [Nestasios)' etait pareillenienl orlliodoxe. Sons 
son regne Severe (Souiros) devint patriarche d'Anlioclie {.{niakiah). La paix 
s'etendit partout; la sainc doctrinc spirituelle s'allermit, et TEglise sainle 
* r.ii.j'i r . jouit de la tranquillite * et de Tordre et vit la realisation de ses fins ; car la 
grace et la prosperito rcmplirent ce regne, jusqn'ä la mort d'Anastase {ISasta- 
sios), qui fut le dernicr des empereurs orthodoxes a Constantinople (Qosfdnli- 
nyah) : il etait reste sur le Iröno vingt-neuf annees. Et ainsi le pouvoir 
demeura duranl uiie periode de ([iiarante-sept ans aux malus des cmperenrs 

iideles. 

Apres Anastase, Justin (yastiaii) - fut place ä la Iclc de leiupire : c'elait 
un heretique, et il admettait renselgnonuMit de Chalcedoine (hhalqidnnynhj. 

1. 491-518. — 2. Jusliii l", 518-527. 






^75j REFUTATION I) KllTYCHlUS. 105 

i.-jAll^ l.L\ AlL., jl^j ^JL^ll aUl 1 jLk.; Jj ö\ J ar->-^\ ^/-'^ 

d)^^ ^cl»t*-^^ "^^'^ J^ C'^'-' isAL::»^ .^^^ ^f}^^ ^^^j • cJjA.; ^^ ^.:^ 

^^"^ ^' J-?-? i'*4.iL.lj c^j^ ^ ^^j; ^i ^J^ ^''^h ci^ ^^^'^J rr^'^^ ^^^^^-? 
k VI ^. ^^. V 2<'.:<i_Ü ^,IS.. 19 ^L<^ ölUl c^.L \^\ i^Ul ci-l^j w-^. 

1. A .,U.^_^^. - 2. C ^e-^^- — 3- A «^fl?. U>. Uy. - 4. C U^'^ — 5. A ^.;.ewj! 
C w^^^'T'— (Cc ?.^UU. — 7. C ^,Ä... — 8. C [i^J. — 9. AC om. — 10. AC o/;«. — II . C 

„, _ \0 \r nn> — i:^. C 5^,N^S. — l'i. AC Olli. — 15. C ^^'.-! C\.. — 1(). A ki:J 



■22 



om. — 12. AC 0/;;. — 13. C >^,n^^. — l'i. AC oiii. 
.;:^^,.v ^,. ,]^U C .x^_^,.^ ^,.-'- 17. X^33. - If^. AC o/;r - 19. A ^^1^^. - 20. A 
iiCÜU' ^OJJ. - 21. C ^J!. - 22. A U^J C U^.. - 2:3. C «t/ö?. Iv;.-'. - 24. A 
, ^a^j:3! C , r^.^^. — 25. AC add. ^}:^^>. 



Lcs chcfs du parli chalceclonieu accouriireiit aupres de lui, et le priereut de 
proteger leiir doetriiie et de lcs appuyer. Cette demarche lui causa une 
^Trande joie : il exauc^a leur demande, qui repondait bien ä ses vues person- 
nelles. 11 dcmanda donc ä Antliime {Anthimiu) patriarche de Constantinople 
[Qostantinyah) de rctablir la foi de Ghalcedoine (Kalqidonjjah) et de meltre en 
vigucur les canons qui y furcut claborcs et, cu memc temps, de supprimer le 
Symbole des trois cent dix-huit et leurs decrets. 11 lui eujoignit pareillemeut 
de ue sacrer aucun eveque sur le siege de n'importe quelle ville ou localite, 
que soiis la condition qu^il souscrirait et accepterait le Concile de Ghalcedoine 
[Khalqidonijah) et en professerait la foi; et avec menacc, en cas de desobeis- 
sance, d'ötre depose et remplace par un autre. 11 ordonua egalement de no 
point soufTrir sur le tröne, apres la mort de l'empereur, que celui qui scrait 
partisan de cettc doctrinc et reniplirait cette condition; et de considerer cc 
Statut comme une loi iminuablc dans FEglise. J.e Patriarche Anthime 
[Anthimin) refusa d'accepter ces prescriptions *■ Tenipereur le pria de ne lui Mol. 21 v». 
point faire d'opposition, promeltant de le combler de bienfaits et d'lionneurs. 
II resta inflexible, malgre toutes ces promesses, et ne voulut consentir ä quoi 
quo ce füt. Alors rempereur le condamna ä IVxil, et nomnia ä sa place Menna 
[Miua] sur le siege patriarcal de Constantinople [Qostantmyah). Le nouveau 



106 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [76] 

<c« <Jl> L^ ^ Jl A.U-1 Vj a) ^aJJo L^ iIj; -c« ^Ub Ji «0 J'M^Vij ^^}^ 
J ^[^^lyi '^ ,^1^ a) j^.^ j djr..:...k:L j'Jl ^ ^ ^^.^^ ^-* ''^*^^-« ^ ^^^^ j j "* ^^^ '^ ^^ 

22 • 1 I • •• I " "^1 1 ^ • 1 20 1- ;•• . ; 19 -•- 18 - \ \\ 

*" jLk^ ^U jv i^>^_^ ^f^y> ^JJ ^=>!:-' '*-;-^ J ^^^-f^-? ^r"^ ij^-'' cT' 

1. AC o//^ — 2. A Jj-"!. — 3. AC om. — 4. A »UjU. — 5. C Y^j add.^.j.1. — ü. AC 
^r^j Jaj. — 7. AC om. — 8. A »k'o. — <>. A CJJl. — 10. AC LI,,-;-. — ILA üsLVl 
^rJJl^ C add. ^i3U!j. — 12. A 2^^.J^\ »J.s JAo C ^^' ^-b Ji:*:'.— ^3. A ^^^w^'J»!b 
C , ^^.^^j'o. — 14. C jlisil. — 15. A jUjU. — K). A Yj^. — 17. A ^^--^f.^ C ^^j^^j^L. 

— 18. C o/«. ^^^ ^:.-,' ^.3'. — 19. AC o-^- — '-^f>- f^' '=^^'^- — -i- ^ u^-^- — 2-- ^^ 
,Lk._^^. _ 23. A i*^. — 24. AC h,j:-SL>.\. — 25. AC o/7i. — 26. A J^-^:^, C ^,IJ^-J. 

— 27. A .^rr^yL^^^-rXi. — 28. A , ^.....wlijb C ^^^■c^^b. — 29. A o/ii. —30. AC 

Patriarclie promit d'observer toutes ses volontes et de remplir les conditions 
qu'il lui avait signifiees par rapport ä la noiniiiation des eveques et des 
empereurs. 

L'empereur fit, par iine lettre, les memes promesses a Anba Theodose 
{Teodosios) patriarched'Alexandrie(.4/f'.s7,Y///(/e'/'^rtA), qui se nionlra iiitraiisigeant 
et refiisa de faire la moindre concession, et d'admettre auciiiie modification 
dans la formiile de la croyance : il l'cnvoya lui aiissi cii e\il et lui donua 
pour suceesseur Agape {Agahios). I'^iisuite il lit mandcr Severe {Sdouiros) 
patriarche d'AntiocIie {Antakiah) : mais celui-ci sV'nluit en Egypte, et mourut 
dans la villc de SahhaK On le remi»laga immediatement par Paul [Boulos). 

A la suite de ces evenements Justin [Nastian] mourut, apres un regne de 
neuf ans. Alors le peuple dWlexaiulrie {Alpskandcnjah) se souleva eontre 
Agape {Ayabios), que Justin {Anasliaii) avait place sur le siege palriarcal; 
ils le cliasserent de la ville, et ramenerent Tlieodose {Teodosios) ([iTils reta- 
blirent dans son ancienne dignite. 

A ce moment Justinien (loustinnos) monta sur le Irone d'apres les con<lilit)iis 

1. Bar-Ilebraeus, Chron. Eccl. (edit. Laniy), col. 211-213 : iioms, — iia^o. 



[77] IIKFUTATIOX DEUTYCHIUS. 197 

^ojAiK^Vl ^J\ -*^i - <kL ^a Ow Jjl j3j Cw (J^Ij'j >«-J' "CkL^, S-u v::Jl^j ^^i 

i^^JU 0=.^. ^^^15 jl -u. ''Ol <^_ pjj dUi j_, ,.[1,1? ^UpI i<^jl ^L^ ^i<, 
jj)J=>li '"^Lwjjijl;' <x,Ul Cf^jj c« -cLfc^^l ^j^ «lIlö. l&j «Ons^ ''^dlLJ! Jla, 

^ '^'^^ap^- pT --^diUl s-..^ dUJI ^Ij i:..}^ : L„,8ll Jl ^Uj ^^ js^IlU 

1. A lx^>. — 2. A ^-U C ^-U'. — 3. A , ^«^ILlb C , ^.^«^.b. — 4. A <!.>^:j^-^'i . 

— 5. AC ^^"2^^.. — 0. A o/;?. C xvc. — 7. AC »jdü;;!^. — 8. AC om. — 9. C 5Jx^L. — 
10. C arfflf. ^>. — 11. A ^J3 ^\. — 12. C ^Ul. — 13. C Jj. — 14. A om. et «^i/. xU. — 
15. A \jjhh C ij^:)p. — lü. AYj^. — 17. A ,^rpjJa). — I8. AC o/?i. — 10. A 
^^^..^'Xlb C ^^^.^^^jli*. — 20. C ^y. — 21. C ^j^.j^:. — 22. A ^^-ifj, C ^,. — 
23. C J.w,U. — 24. AC om. et a^^. s^JjJ. — 25. AC ^J^. - 20. A ; -s-^^C ; «st^.'Ik-I 

— 27. A ^!L^JI. 



que noiis avons dites plus haut, et y resta trente-neuf aiinees V La premiere 
annee de son regne, il manda ä Gonstantiiiople {Qoslantinyah) le patriarclie 
d'Alexandrie {AleskamUryah) Aiiba Tlieodose [Teodosios), * et lui ecrivit uii » iui.2.-. r. 
sauf-coiiduit perlide pour lui persuader de venir. II lui enjoiguit ensuite 
d'abjurer sa croyance et d'adherer ä celle du Goucile de Chalcedoine {K/ialqi- 
donyah), lui promettant toute sorte de bien s'il consentait ä le faire. II refusa 
avec fermete, apres lui avoir dit ses raisons, qui ne furent point ecoutees. Sa 
mort fut resolue; mais l'imperatrice Theodora [Teodosia) se fit accorder sa 
gräce et le laissa aller. L'empereur nomma patriarche ä sa place Paul {Boulos) 
et l'envoya ä Alexandrie {Aleskattderyah) : il u'y fut point regu, 

Sur ces entrefaites, le patriarche Tlieodose (Teodosios) mourut en exil; 
puis Paul {Boulos) le suivit de pres. L'empercui ordonna la nomination d'un 
nouveau titulaire de ce siege : Zoile {Zoil{o)s) fut designe et envoye imme- 
diatement ä Alexandrie (Aleskanderyah) ; ä son arrivee le peuple se souleva et 
voulut le mettre ä mort. II s'enfuit, retourna ä Constantinople {Qostantinya/i) 
et informa l'empereur de ce qui lui etait arrive. Furieux, celui-ci renouvela 
contre les fideles les persecutions d'autrefois, et dechaina contre eux une 
tempete de maux indescriptibles. 

1. 527-565. 



198 Sl^.VERR IBN-AL-MOQAFFA'. [78] 

*foi.25v" ^11 ;;UV1 ^^ Jl^ ^"^. jl b^jLi oLUl ^Jli^ «JV Ji; i''<^j * jl^ ^ ^^X• 

1. C -Jujo. — 2. AC v..^. — 3. A om. — 4. C v-U.^j. — :>. AC vif!. — ß. A 
,U!. __ 7. AC rtrt?^. U'. — 8. AC ^^i^.^. — i). A ^^-i3! ji. — 10. A ?Uj'. — U. AC 
xi -^ Juj. — 12. A o/«. — 13. A oin. i^ C bLU. — 14. UJj..-,. — l."). C UU. — 10. AC 
^^yL^i. — 17. — ^^ü!. — 18. AC ^^. — 19. AC '_^^U3. — 20. A ^y:s^^. 



Qu'on noiis permette ici de relater quelque chose de cc qiii sc passa apres 
la scission doctriiiale de Clialcedoiiie {Khalqidonyah) et jiisqirau temps de 
cet empereiir. 

Lorsque .Juveiial {Younalios) , eveqiie de Jerusalem. (0//rrtfA/<//<), y fut de 
retour, les notables de la ville vinrent le complimenter sur sou hcureuse arrivee. 
Ensuite ils le qiiestionnerent sur le Concile [auquel il venait d'assister] et sur 
ce qui avait ete arrete toucliaut la foi, a Chalcedoine {Khahjidoiujali). 11 leur 
re})Ondit que Ton avait conservc la formule orthodoxe. Oii liii dit : « Noiis 
avons oui dire que Dioscore {Dis(jor{o)s) patriarclie d'Alexandrie (^/es/i«/<(^'V^f///) 
* foi. 2,-)V'. a ete exile : qu'est-ce qui a motive * cette peine? » — Et Teveque de repoudre : 
« Paree qu'il a desobei ä l'eiupereur. » — 11s le priercnt alors de leur donner 
eonnaissance de la lormule uouvelle arrctee au Concile. II sortit la copie de 
Tecrit dans lequel Fempereur avait redige l'exposition de la foi et que les 
eveques avaient signe et accepte conime contenant la vcritalde croyance. Des 
qu'ils prireut eonnaissance de Fccril ils lui direul : « Mais, Frie, vous avez 
altere et change le symbole! Du leste; aussitöt que nous avons appiis quAnba 
Dioscore (Disfjor{o)s) avait ete jele en exil, nous fumes assures de cette altera- 
tion. » Puis ils se niirent ä crier, et ils declarerent, au niilieu d'uu grand 
luinulte : « Nous repoussons ce symbole et nous refusons de vous recevoir, 
vous aussi, si teile est volre foi! » L'agitalion trouvii uu puissanl appui clie/ 
Paul {lioulos) prefet de la ville. Ces mauilestations irrilerenl Juvenal {Younalios)^ 



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[79] REFUTATION DRUTYCIIIUS. 199 

juoj Uj ^^_ pA^^l U ,*-;;.»^ J <) ^ÜJlj ^js-^_ ^t liJL .^::>t.il ^^Ij <^ jyC_ 

''^^Vl S-üij ^^^LLJl iJcU) r^ f-ui ^^J^ ^>i jl^j l-yjül ^lÄ^ J:U.^ Ta^-u Uac 
i^l jL^j pjfc^Vjlj (*^^j (n-V-? ■*'^*-:^^ L5-'^ ^."^^^ ^^^^ O-* ^ ^;y^^ ^-i 

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1. AC wjJUjj. — 2. C om. — 3. C jJj ^?.^^j «>*•-' --i^"-'. — 4. C o/?z. — 5. C ow. J! 
A *...U., J C *-U.a ^. _ 6. A om. — 7. AC ^ou;.." Js .\cL. — 8. AC om. J^! sJL A 
add. ,^Ji »^. — 1». A l^^'^ C iauJJ. — 10. A L^vX.M J. — 11. AC om. — 12. C l.^ 
l.^ji — ];•!. C , -..b!l... ' — lA. C bU,. — 15. AC om. JJ Li.-. — IG. A l^.o<^\. — 17. A 

.^i' ^.j C J^ U-J -^^ ^^-^ ^J'. — 18. AC o/;?. — 19. A »Lli. — 20. AC add. L.JJU)'. 
j... ,^.. ^ .. ^.. ^ J .. ^-.. 

- 21. A bU C l:)^j. — 22. A om. — 23. AC J^f^^- — 24. A liUi^. 



qui retouriia sur le cbamp vers rempereur et le mit au courant de la Situa- 
tion. L'empereur lui donna des troupes pour raccompaguer, et leur commanda 
de lui preter main-forte et d'etre ä ses ordres pour tout ce qu'il voudrait. J)e 
retour ä Jerusalem (Ourachlini), il üt d'abord arreter le prefet de la ville, Paul 
(Boulos), qui avait soutenu le peuple contre lui, et lui fit subir des tortures 
cruelles comme Celles des martyrs. C'etait au jour d'une grande fete de la 
Vierge toute pure, la mere de Üieu : une grande multitude d'liommes, de 
femmes et d'enfants se trouvait reunie dans Teglise. Un saint pretre appele 
Silas, homme pieux * et honore d'une gräce speciale du Seigneur, se leva et *foi. üer 
dit ä l'assemblee presente : cc Ce jour est un grand jour; je crains que cet 
eveque, apres en avoir fiui avec le prefet qu'il torture, ne se tourne contre 
nous et ne nous perde tous, pour ce que nous lui avons dit naguere. Je suis 
d'avis qu'il faut celebrer la messe, et recevoir les divins mysteres : si la mort 
vient ensuite, nous aurons en nous un secours surnaturel et la remission de 
nos peclies. » La foule repondit : « Toutes tes paroles sont justes : qu'il te 
plaise donc d'offrir le sacrifice. Mais fais cela en toute häte, car le prelat 
liomicide n'est pas eloigne. » Silas, en sa qualite d'archipretre, offrit le sacri- 
fice, aide de Sousannah l'archidiacre; et une grande partie des assistants com- 
munierent. Des que l'eveque Juvenal {Younalios) sut que la messe etait terminee. 



200 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [80] 

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^'JL^VI i-^ i^iU^Ü lj.Jlsj Co^iäc Ci. L^lLa. »_,^lj ii^\ ^[.^ '*' ,:U»Ic-ld '"'aÜj^ 

fni.2f;v". J ^^-^ ' -^JaJj ^^^j*J^ jj=- C_^l ^.i J ^' (*:^J^:ri ^^-S ^' ^"^ j ^*a4^" 

1. AC -^L^. — 2. AC o/;?. — 3. AC om. >^,J' ^,J.*J CJJ'. — 4. C ^ ...ü.,'. — 
5. C Lji5'. — G. AC sw». — 7. A lu«^. — 8. C ^wj3LU A add. ^^iSi^. — 9. C ^'-^i;' 
ii^^.... — 10. A om. — 11. C ^^üw t. _ 12. A 'L^^^. — 13. C oni. — 14. AC 
om. ^.'3JI ,.is. — 15. AC i^Lib. — 1(). A !^i!j C L^xsU. — 17. AC JU!. — 18. C 
U , ^bJ! c-^.^^.. — 19. A ,.»:a.C L.U. — 20. AC om. — 21. A =LJ!. — 22. A *J^:^J^ 
C ^j'il.L wJU,. — 23. AC U^jJ. — 24. AC om. — 25. A ,.,3--=^^- -2*'- AC .,-^b. 
^,,,-. _ 27. A L.^!. — 28. A jLi-, ,1^. — 29. AC U..lit b;a^. — .30. A om. et add. ^^ 
, CJJ!. — 31. C iS'.lkJ!. — 32. AC om. 



il ordonna de meltre ä mort le pretre Silas et le diacre Sousaiiiiali : car c'est 
ce diacre qui avait dispute avec lui et rel'use de le recevoir lors de son premier 
retour. Les pretres et le peuple s'attristereut fort de cette double execution, 
et ils direut a l'eveque : « De telles actions iie plaisent ni ä Dieu ni aux 
liommes! » 11 donua l'ordre de les faire perir lous. Et lorsque les femmos viu- 
rent preudre les cadavres de leurs epoux, de leurs eiifauts ou de leurs freres 
pour les ensevelir, il commauda aux soldats de se saisir des leinmes et de 
dormir avec elles dans reglise jueme. Unc immense tristesse et uue honte 
* füi. '2f. v°. Sans parcille planerent ce jour-lä sur la cite sainte, * a cause des forfaits 
perpetres par ordre de Feveque Juvenal (Younalios), saus parier de ce qui se lit 
en deliors de Jerusalem {Oiirac/ilbn) a Finstigation des Patriciens et des pre- 
fets : c'etait bien pis encore. 

Ainsi, a Alexandrie [Aleshanderyah), Fenvoye qui y apportait la lormule de 
la nouvelle croj^ance, devait, de par Fordre de Fompereur Marcien [Marqian), 
designcr pour le siege patriarcal de cette ville un des pretres qui accepterait 
la formule en quostion et la souscrirait. 

Or, sur ces entrefaites üioscore (Disiioros) avait dit ä soii couipagnun d'exil, 



* fol. 27 r". 



[81] REFUTATION D EUTYCIIIÜS. 201 

27^bCJl, 26 ^yi 23 j^^ j^^^ ^^^ ajjXiCVl 24^1 J^ ^^^ Li j^^ Ji;"!^ 

'^^__jl-j^.l ^jLi« ^^-^^ JLäJ 4iJ^ ^ ,^^::5CJ 29 ^^_ ^^\ ^^ ^yj^_^j\ jsJU^li 

1. C Olli. — 2. A «0?^;. ^jX-UK — 3. C 0/^2. — 4. A ^^sjt^^j. — 5. AC . w/-o^. — 
6. AC om. — 7. C ip. — 8. AC om. C «ö?^. is^^l JUs! ^. — 9. A ow. — 10. A JJ^!. 

— 11. Ao,*^. — 12. A ^^;=U. — 13. A ^i/j. — 14. AC Jläi C ow. J. — 15. A J^! 
^^^1. — 16. A acld. ^^3. — 17. C Uy. — 18. C L*,wi. — 19. A ^^ji*«0 lo! C 
^jJL^:). — 20. AC IjJ^^. — 21. C o?n. — 22. A add. iL^y^ C s^J^Zl. — 23. AC 
.^tXJjj ijÄ./_3 ^y}-=?-^ add. U^J! s^l^jj. — 24. A L^v5J! J, C i'xJ! ^J. — 25. AC Jj-^Jl. 

— 26. AC o/«. — 27. AC ^-Ul ^'^C. — 28. A (^-_>.->. o'-' !^J ! C ^^_o,Ij,^.^!. _ 29. A 
add. p,Ji£. — 30. AC add. Li!. — 31. A ^j^j .b.Mlj ^ji! C ^jj .b' ^11) ^5'. — 32. AC 
^y.yu^_^ Ul. — 33. AC C^j. — 34. A add. ^^^ J'. — 35. <D o/w. ^J Jj^. 



Macaire {Maqqarah) eveqiie de Qawa, ou Tkoou {Atkoa) : « J'ai vii une coii- 
ronne reservee poiir toi ä Alexandrie {Aleskanderyah) : il faut t'y rendre poiir 
la recevoir. » Macaire Tinterrogea : « Comment y arriver? — Le Seigneur 
Jesus, qiii te l'a preparee, t y fera parvenir par sa misericorde. » En ce tenips 
des negociaiits debarquerent dans Tile ; ils avaient eiitendu parier de Dioscore 
{Disqoros) et ils resolurent d'aller lui demander sa beiiediction. II les pria de 
prendre avec eux Anba Macaire [Maqqarah) et de le conduire a Alexandrie 
[Aleskanderyah) : ils acceptereiit avec joie, et le ramenerent dans cette ville. 
Mais il advint que Tarrivee d'Anba Macaire [Maqqarah) ä l'eglise d'Alexandrie 
[Aleskanderyah) coincida avec celle du messager imperial charge d'y apporter 
le nouveau symbole. Le pretre Proterius [Ahrotarios) se disposait allegrement ä 
le souscrire. Macaire [Maqqarah) lui dit alors : « Souviens-toi, ö Proterius 
[Abrotarios), de ceque t'a dit Dioscore [Disqoros) quand tu lui faisais tes adieux, 
au moment de notre depart de cette * ville pour noirs rendre au Goncile. II * m. 27 r». 
t'a dit : « Un jour viendra oü tu t'empareras de mon peuple, de mon siege et 

PATn. OR. — T. III. 14 



202 SEVERK IBN-AE-MOQAFFA*. [82] 

J *^^jj <J1 v>^'y V ^'*<! JLü JAJlJI A.UI j.y U ol-^'- ^'V JUL; ''Jlcl 
i''dLUl ^l::^ J i^^l iUVl ^^ 4^ ^V^>"-?^^ v-^J *''^^ "^ ^'' ^^ 

JaI 50^15 dlUl jlJ^ oU [Jj iUVl dJüb i9i:^b Vj diu ^i, .^.^11 ^1 



^ 



1. A -x-v^C jilw»3 ,;>:.^ Jls. c-J^ ii. — 2. A ^X!. — 3. A ?/^- — 4. AC 
5jo. _ 5. A J^jJ! om. ^IJ'. — 6. A U ^3 U C ^ ^J U. — 7. C =U.!. — 8. C 
^j^l ^i:*^. — 0. AC J- *.U^. — 10. AC J'Jiä A o;«. J. — iL A j.^3.j. — 12 A 
iojlJo' C i^^'Uil. — 13. AC i^L. ^. — 14. A , ^o.ly'o! C , ^-^,b, cj!. — 15. A om. — 10. C 
^JJ! JL,,' ^JJ! ^^^ J. — 17. A ÄJ,J-;.C^ ^jjyijk). — 18. A ^^<.jL^_:> C , ..^iü-j.). 
— 19. C om. — 20. AC U'i. -- 21. A ^^j,.)jJb^.<! C ^^^._j^b^. — 22. A »J:;?. — 
23. C &j^. — 24. AC ^yu^_.>. — 25. A ^r^jlj. — 26. AC LX-j. — 27. AC ofn. — 

28. A ^t^.jlj. — 29. i) ^ßj^^. — 30, C ^J^\. — 31. A ^^_jUJ^_üJ. —32. A om. 



« de mou eglise. » Et tu liii repondis alors qiie tu souhaiterais etre anatheme, 
si Jamals tu en veuais äleser ses droits. » A Tevocation de ce souvenir il posa 
Fecrit et la plume qu'il tenait ä la main. Le messager lui dit : « Eh bieu! que 
n'ecrivez-vous ? » II repondit : « Ge pere, que vous voyez, m'a dit uue cliose 
qui m'enipeclie de le faire. — Mais ce Pere, reprit le messager, ne parta- 
gerait-il pas la croyance de Fempereur? — Je Figuore, » repoudit-il. Alors le 
messager s'adressa ä Anba Macaire (Maqqarah) : « Ne croyez-vous pas ce que 
croit Fempereur? — Nou, » repoudit-il. E'autre se jeta sur lui a cette repouse 
et lui donua dans Faine uu coup violeut, dont il mourut sur Flieure. Proterius 
{Abrotarios) accepta la formule de foi et souscrivit Fedit imperial : et iiuuie- 
diatement il fut declare patriarclie d Alexandrie {Alrskauderf/a/i), du vivaut 
möme d'Anba Dioscore {Disqoros) enexil. 

Le peuple toutefois etait loin d'etre salisfail, et u'acceptait poiut \o iiou- 
veau Symbole de bon coeur. A la mort de Marcieu {Marqian), la populatiou 
d'Alexaudrie (Ales/tau der ijah) se souleva contre Proterius {Ahrot<iri(ts) et le mit 
a mort; et ils elevereut ä sa place Timotliee (Timatüos)., fds d'Anba Dioscore 
[Disqoros). Aiusi ils lesL^rent altaches ä la foi aulique, creant eux-meiiies 






[83] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 203 

«u^ ^ÄJ! Ji^\ jJl^_ ^1 Jl ö-u)i o^l Ai «^__ ^.i j^c ^^ jl^ Ul v^ 
J^l ^1 Uj dUJl Aüljj is^^l L^ i-i J^ ^:jx<^vi Jl ^V^.J^ J-J 

X^\ 2'^^l;^j ^1 ^ "'^^i ^Stul ^ ,_I^1 ^J^U aJUVl ^Jjfc oU 24^_^ -y 

1- A ^r^>^. — 2. A ^^o^,U.L.! C (^^o^,y. — 3. A^.w. -4. A i^^^J' C ^b J^L. 
L>^J1. _ 5. AC o;;^. — 6. AC ^\. — 7. C UL — 8. A L^lCTI. — 9. .X. — 10. AC^b. 

— 11. A I^^f. — 12. AC afl?^. .^^., — 13. A ^^.^^U^! C ^^^^,1^-'. — 14. A ^^^. 

— 15. AC ow. — 16. A 'L^\. — 17. B jL^. — 18. C o/7z. — 19. A J^^ C Jo.. — 
20. A ^y>±^j;i\ C ^ji}^y, A add. J^^. — 21. AC oni. — 22. AC L3aJ,iik iiUt. — 
23. C (^^U. _ 24. C o/«. — 25. A L^i^!. — 26. AC I^U.. 



successivement leurs patriarches diirant iine periode de plus de qiiatro-vin^-ts 
aniiees, jiisqu'ä ravenement de Jiistiiiien {Nasfiau). Cet empereiir nomma au 
siege patriarcal d'AIexaudrie {Aleskaudrri/ah) un de ses amis appele * Apol- * foi. 27 
linaire {Bolnarios), et lui donna une escorte armee. II fut conveuu que le 
nouveau patriarche s'installerait en arrivant au palais du gouverneur militaire, 
et ferait semblant d'etre un Patricien ilialrü/) cliarge d'administrer la ville; et 
qu'au jour de la premiere grande fete, lorsque la population s'assemblerait ä 
l'eglise, l'escorte du patriarche s'entendrait avec la garnison etablie dans la 
ville, et tous ensemble se partageraient en trois groupes, dont Fun garderait 
les portes du temple, le second entourerait le patriarche, et le troisieme se 
tiendrait pret ä massacrer quiconque manifesterait de Topposition ä la lecture 
de l'edit imperial. En arrivant ä Alexandrie (Aleskanderijah), Apollinaire 
{Bolnarios} se comporta comme il avait ete convenu avec l'empereur. Puis, un 
jour, comme tout le peuple se trouvait reuni ä l'eglise sans epees ni batons, 
Selon la coutume des jours de fetes, Apollinaire {Bolnarios} fit son entree : il 
deboutonna Tample manteau qu'il portait ä la maniere des Patriciens, et laissa 
voir les vetemonts patriarcaux qu'il portait en dessous. II tira ensuite le livre 
de la croyance de Chalcedoine [Khalqidonyah) et leur en donna lecture. Ils 
s'ecrierent tous d'une voix : cc Non, non, nous n'acceptons point cette doc- 



204 • SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [84] 

^_*9j jl_^ij J-^'i o^-cJ' ^j^UVi ^_L- (J j^^^i ^ J j>_ Jj dUi ,^LU ^5vo J 
* A foi. 4JL- (j dlUl J^'^ A>\ J j_^.Jw^i 1_^L. jl ^\ * ^c-, jj--«^ j\j^ "^JUsVl 

^Ic. Lä)I ^cÄjJ >»jJ| ^IJ fV-^l "V*^ "^ (*;^*^' -*^^' ^r^ Vj ia-S (*J^1 j^j3vl«.> 
^l-\jJl Pljjl l^-*^J (^**_^ *^^'J fT^'^' Jäis- ^^^ (väL«:^ " ^jr^^J j^J^Vlj 

^^jVl dUJl ^''' ^j^^j^ LjaJI Aä^ 1_^ ^^JJl ^1 ^^ ^j>j ^^^^\ >1^-^ ^_^^ 
1. AC om. — 2. A y!^>. — 3. AC ^i\y — 4. AC JUiJ'. _ 5. aC IU J^ sj.^. — G. C 

c 

^Ji-. _ 7. om. — 8. C J'Jl*3'. — 9. C , 4^c^^ — 10. C ^JJl. — 11. C J.j|j-i!. — 12. C 
■ Jl^.lj. — 13. C ?>|y^- — 14. C o/n. — 15, C add. ^^jt,^ ^^V^]^. — IG.-C U=,^. 



trine! » Le glaive les faucha; l'eglise se remplit de cadavres, et les soldats 
eurent du sang jusqu'aux genoux. Ce qui se passa alors dans la ville est sans 
exemple meme au temps du paganisme. 

Ainsi les fideles demeurerent en tout lieu humilies, persecutes et soumis 
aux pires traitements durant cinquante annees environ, ** c'est-ä-dire jusqu'ä 
la conquete musulmane, sous le regne d'Heraclius (H(h'aqlc), le sixieme jour 
de Baouneh', Tan 333 de Diocletien {Diqladianos) : Dieu [les delivra] alors 
en les detachant des Grecs {Roum)^ et en les soumettant ä la dominalion de 
1' Islam. 

Gependant la foi orthodoxe fut conservee par les rois d'Abyssinic [Haha- 
chah), du pays des Gallas (Galouah) et de la Nubie (Noubah), qui ne furent, ä 
aucun monient, sous le sceptre des Grecs (Houm), et dont personne n'a altere 
la croyance depuis l'antiquitö jusqu'ä nos jours. De ineme les Coptes [Qobl), 
les Syriens {Souria?^) et les Armeniens (Armem) persevererent dans l'ortho- 
doxie. Quant aux Grecs {Roum), quelle que soit leur langue, ils adherercnt ü 
la foi de Chalcedoine {K/ialqidonijah}.. 
A loi. Qiii donc merite Tinjure et le blamc, des Jacobites (Yaaqibat) (pii * ont 

soufiert avec constance les maux et les persecutions, (pii ont verse leur sang 
pour la defense de leur foi, (jui ont vu leurs demeures ruinees et leurs corps 

1. Un feuillet manque ici dans le Ms. B : les auteurs de la pagiiialion n'en ont pas 
tenu compte. — 2. 31 mai. 



■ A foi 
60 !■■'. 



60 v» 



[85] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 205 

j L^ j^y\ j\j *aJ1 j<i. ^\ jj^ jikjüi ji ^ ^jjj^j jj^„j jj-9^"^. *-'-^ 

iOb.Vlj l:-,j ^ Uj ^U JL^Vl dJ^U J ^I^^jl^VI j ^--JL. -'^ J^^ 

^JsU^ -L5 A_5CL jl ;^b AJL^ai j \jj^\^J «CXLk^ j jlS ^^ JS iJJo ^ ^^J 

^U" i-^Cis üLy ^y; l_^y"j ^IaJI ^1^1 j^ \j^ jU<)l d)/Ji ^ ^1 

1. C ^^'^i. - 2. C JUU - 3. C ^^jU ^r U. - 4. C !^-!. - 5. C JJi3. - 6. C 

j<j^. _ 7. C J Jjüj ^-rrrF^- — «• C j^i^-^Wj r.'.?*^--3 J^J^-- — 0- ^ ^"^- ~ ^*^^- ^ ^"^■ 
— 11. C om. — 12. C o//^. — 13. A ^<X 



livres aux tourments pour la conservation de cette meine foi; oii de ceux qiii, 
poiir la vaine gloire du monde et pour Ic bon plaisir d'un roi terrestre, ont 
desobei au roi du ciel, et se sont fait gloire d'etre appeles Melkites (Melkyin) 
pour marquer leur dependance de Tempereur? Dieu seul le sait, lui qui rend 
ä chacun selon ses oeuvres. 

On pourrait iious objecter ceci : au nombre de ces six cent trente Peres, 
ne se trouvait-il personne instruit de la vraie foi et des predictions des pro- 
phetes, et admettant la doctrine des Apötres; surtout lorsqu'on sail qu'uu 
certain nombre d'entre eux avaient assiste aux conciles precedents! — Voici 
notrc reponse : * Certes, il y en avait qui etaient instruits de ces choses * a loi 
et les connaissaient fort bien. Mais Satan {Chaitan), cet antique et eternel 
ennemi du genre humain, avait tout mis en oeuvre pour perdre les genera- 
tions passees; et, quand apparutNotre-Seigneur et Dieu Jesus-Christ — gloire 
ä lui! — et que les hommes crurent en lui et sortirent de l'obeissance de 
Satan en apprenant ä connaitre Dieu, le demon vit' echapper de ses mains 
tous ses Sujets, tous ceux qui etaient enchaines sous son joug; et la vue de 
son royaume detruit le porta ä travailler avec plus d'acharnement ä la perte 
de ceux qui croient au Christ Notre-Seigneur. Tout d'abord il suscita contre 
eux les persecutions des rois paiens : mais il compta sans leur patience ä 
souffrir tous les tourments. Ils s'offrirent donc en victimes pures au Seigneur, 



28 r. 



20G SEVERE IBN-AL-MOQAFFiV. [86] 

*^A n.i. -(^1 \^^j 4^LL J ^uiScJl oty*W j*AiL^l '^J-^.j '^^^^ * ^Li^y>^. vJ^ 
^^ ^^Jj J^ ^o-:-^^ '^^^ ^^ ^^ er-^^ J^^^ ^^j^^ ^^-^ ^J ''^J-^ 

^\ ^y^\ 12^ ^.^ ^ ^> jJlTj ^^^J <|.UlJl ^^(J^^ ^^\ 1-^ ^^ 
UJ j^ ^^^j^^^^ Lj>\ ^Vl ^ i^^^ U J^V dLU.Ü Vrr^^-? a^^ajü^ ^>^b 

1. i^Lb — 2. C ^U^. — 3. C JjJ. — 4. C iillj. — 5. C JJ5'!. — 6. C «c?^. <^j. — 



7. c o/«. — 8. C ^J^l — 9. C ^j3j^^. — 10. A or?i. — 11. AC om. — 12. AC om. — 
13. A ^^/^.^ M^ ^^ C ^^^/-^.-J ^- — 14. C o/«. ^^'^^' siä ^--. — 15 . € j|y^'U 
— 16. C om. AC a^c^. ^M. — 17. AC t^f^^J. — 18. AC om. — 19. AC ^^/^.^,. — 
20. C 



iJ' 



* A foi. versant * leur sang, livrant leiirs corps aux tortures Ics plus variees pour 
^^ ^° (lemeurer soumis ä leur Seigneur, et conserver leur foi. Et ainsi ils rempor- 
terent la couronne et la recompensc de leurs soufTrances daiis le royaiime 
Celeste, dans le paradis de delices, chacun selon son degre de merite. 

Dans la suite quand les empereurs infideles se convertirent ä la foi du 
Christ Notre-Seigneur, Satan le maudit se tourna contre les chefs de TEglise 
et leur declara la guerre; car clia({uc fois qu'il semait une impirte dans le 
coeur des peuples, des conciles s'assemblaient et faisaient disparaitre Timpiete 
B foi. * et s'evanouir tout ce qui est contraire a la foi orthodoxe. Enfin quand se reunit 
ce Concile des six cent trente, il senia dans leurs coeurs la peur, la terreur 
et une crainte demesuree de Tenq^ereur, surlout apres ce ([ui advint ä Anba 
Dioscore (Disqoros), quand il eul les dents brisees et la barbe arraciiee, quand 
il fut livre aux mauvais traitements , deposc de sa haute dignite, et exile 
dans un pays barbare pour y etre encore torture. Tout cela les porta ä con- 
descendre a tous les desirs de Tcmpereur, persuades qu'un sort semblable 
etait reserve ä toute desobeissance de leurpart, et qu'ils s'expuseraient, en 
affissant autrement, a etre traites comme Dioscore (O/iv/oro.s). 11s s'imagi- 
nerent aussi que Dien connaissait leurs pensees intimes; et que, de retour 
dans leurs dioceses, ils seraient libres de rester dans leur anti(iue croyance, 
et de s'y soustraire ä Taiil des inquisiteurs. De la sorte Satan arriva ä ses 



28 r. 



[87] REFUTATION Ü'EUTYCIIIUS. 207 

_^i 1^ j^^ijbl ^IVl dUr j ^"^Ij^. 1^1^ l-b ^-Jl jy^ C^j i ^"-^o^. (^ (-VI 
^U p^-Vl lÄA Jj. ^j ^^jli^ ob" i*^l<U jl^ ^^1 J^-^^^bjl;- diu ^Uol 
J\ ^jJ\ d/Jl (.^Vl dUi ^Ul l^^b-j diu A« ^^ 18^U diu jl Jl 

1. C *J. — 2. AC J^. — 3. C (jliuu)'. — 4. A ijU^' ^jlä^!. — 5. C ^^'j. — 6. C 
ow. ^bL^^! .... ß^ji- — 7. A^Ai'^Oj. — 8. C J-oy ^;;^|^ Jj- ^^Oj. — 9. C ow. 
— 10. AC !a.w. I^UU. — 11. C ,.►£. — 12. C cXi. ~ 13. C o^-— > e? «ff</. ^^Oi J 

•UJi. — 14. A / ^oa^-^vUsiUy Lc C ^».^.w^^irjLJ . — 15. A / ►.»»~w'-<»! J C ^^*)j^-w^.>:äjU. — 16. A 

oX-U. — 17. A add. öCU!. — 18. C ^. 



fins de scission dans la foi, et de division dans l'Eglise. II repaiidit daiis le 
peuple chretien la haine, rinimitie, et cet esprit de vanite qiii porte les uns 
ä se glorifier, poiir liiimilier les autres, d'etre dans la vraie foi. II jeta aussi 
parmi les pasteiirs la division et usa de tous les moyens pour arriver ä perdre 
le plus d'ames possible. 

Ici Ton peut nous adresser cette question : Ton voit comment los partisans 
de la doctrine de Ghalcedoine (Khakjidonijah) furent appeles Melkites pour 
avoir ete entraines par crainte de l'empereur Marcien {Mavqian) ä accepter 
sa confession : d'oü leur nom de Melkites, ou royaux. * Mais pourquoi les * fof. 28 v. 
fideles orthodoxes, c'est-ä-dire ceux qui repousserent cette confession, ont- 
ils ete appeles Jacobites {Ya'aqibat)? Voici la reponse : 

Ce nom n'existait pas au temps de Marcien (Marqian) : on les appelait 
alors Tlieodosiens, c'est-ä-dire partisans de l'empereur Theodose (T/ieodasios), 
predecesseur de Marcien {Marqian). Cette appellation fut conservee jusqu'au 
temps oü plusieurs empereurs orthodoxes se succederent sur le tröne; alors 
eile tomba de Tusage. Plus tard, ä l'avenement de Justinien (Yoitstinianos), qui 
deploya tout son pouvoir pour affermir Tenseignement de Ghalcedoine (Khal- 
qidoni/ah), cet empereur ecrivit ä Theodose (TA(Wo.w>.s)patriarclio d'Alexandrie 
(Aleskanderyah) d'avoir ä abolir le Symbole des trois cent dix-huit et leurs 
Canons, et ä faire observer ceux de Ghalcedoine [Khalqidonyah). Le patriarche 



* fol. 29 r 



♦ fol. 29 r«, 



208 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [88] 

^^Lfj-t-^j^j^' ^^^-^^ ^1 ^^ä^r-^^-5^" ^>---^ ^^c5^^^ ^^-j^^ ^^ ^[y^ ^" 

^li jl^ ^XW dlUl ^'V^-J^J^" a:r-->^ ^! Jj"^'^ -^*J^ prr^ ^^ ^"^^U>:^^ 
''"• (^^ j^_^^ ^L^lj v_jl-l«Jl p-ljil <>;jAÄ.U^ -iJUl IjJJb J (V-ül dUUi * ^^ ^ ,:1.U. . 

1. AC o/w. — 2. C ^jilL^. — 3. C ijU-M. — 4. A iJ.>U C om. — 5. C ^^^. — 
6. A f^j^\l>\b C i^^j^j^jb. — 7. C i>^JJwC! ^^r^k'. — 8. C ßc?i/. b^'. — 9. AC Ä.^=sr?.. 

— 10. A j'ü. — 11. A .^ij^,. — 12. A ^^^JMb C ^^^^^jxsjb. — 13. C om. — 
14. A om. (^r^jJaJl w'.... Js iU?. — 15. A , .^^^^.wLLlLxj C ^^wv^_^jl;;j''. — IG. x\ 
^^^LLIU. — 17. C ^^4=J' ^^j^^xsjj. — 18-19. Item ac 17-18. — 20. A om. 
J^y> .... ^jJ^jL}] C o/;?. ^[Jy .... ^JJ'. _ 21. A ^t^OJl „^3LJ^^.j ^^^t J' 
j^^_^J! Js C .... ^^yLJa..^ ^^^' J. _ 22. AC JiCJ!. — 23. AC i^^jU!. — 24. AC om. 

— 25. C ^r:j-^^^ — 20. AC ^^»^'I. — 27. AC om. ^UJ! ^j^\^. — 28. C bLo!. 



refusa cFexeciiter cet ordre : il fut cxile, et im aiitre patriarche fut nomme ä 
sa place. Ces faits attireront le mcpris sur ceux qui partageaient la föi du 
pontife exile ; et on les designa de nouveau par Theodosiens, oii partisaiis du 
patriarche Theodose {Teodosios) : et aiiisi la meme appellation leur fut une 
secoiide fois appliquee par allusion, cette fois, au patriarche Theodose {T('o- 
dosios), comnie eile Tavait ete auparavant par allusiou a Tempereur Theodose 
{T('odosios) predecesseur de Marcieu {Marqian). Apres cela, Justiuien {Yoiisli- 
■nianos) infligea aux fideles * qui coutinuaieiit ä rejeter la doctrine de Chalce- 
doine {Khalqidomjah) toute sorte de persecutions et les accabla de toute espece 
de maux; et il reduisit par la force tout le moude a son parti. 11 ne resta 
d'orthodoxes lidelcs qu'un nond)re fort restreini ; et ils vivaient sous Fempire 
de la craintc et de la terreur; et il u'y cut ä oser se moutrer attache ä la 
doctrine des deux Theodose, l'Empereur et le patriarche, que ceux qui se 
trouvaieut dans les prisons et les cacliots. 

Les Peres iiicarcercs apprircut avec uik; vive tristesse et une profonde 
douleur qu'il u'avait persevere daus raiiti([ue croyance qu'un tres petil 
nombre. Ils demanderent aux üdeles qui venaient en secrct leur rendre visite : 



[89J REFUTATION D'EUTYCHIUS. ' 209 

J jl^ j^ VI ^y,.J^\ ^ cT^:-'-^ J^' "^-J ^^^ '^ L^Jir-S^-i'^' ^^^ J^ ^'^' ^^„ 
j._ J a;1 ^LVl oll;- J ^-Jl J l_yl^ ^.;.ÄJI 'IVl Ij^-b Uj ^^^^^r^-^ u-^^ 
jj l^ls"j 'Mj^ dilJÜ ^^U:i.lj ^-j^ jj^ ^;^1 V^ l^__^\ ^JUVl ^ A^l 

i^iiji iy^_,j i*'^Ul J^„ j\ i^ülLJU ^ J^j i4Q\j^ i3^j^ c.y^]l 

j^^)*>J Mj^^ j^JJjuJ ^jji^^j ^y^y^\ ^J^ " 1J-^.J (J^l -*^* ^^ ol>J 

^l;*rj *-^^^^^l J^ij j^j <L<U j^j^_A,J 2^1_^y ^J^\ bÄA ^1>IJ J.<^J <Ui -UÜ Mol. 29 V». 



28 
31 



1. A jJL'. — 2. A ^^i=!b C , ^.^^Jj. — 3. AC o/;z % ^CU'. — 4. AC 

^.^-U _ 5, c ^,,^L"i[>. — 6. AC om. — 7. AC o/n. — 8. A U. — 9. C ,.,-V. — 

10. C add. %s.j \j^ ^jr^j^^ e/ •• ^^^' ~ ^^- ^ ^^^- " ^^- ^^ ""^' ~ ^'^' ^ ^■^^^>- 

— 14. A ^'^. — 15. A .IMw. — 16. C ii^L^!'. — 17. A *;r^jC Wj. — 18. C l^ß\. 

— 19. A 0/72. C ^\ JJ U^<w= lO. — 20. C !.J-d.J. — 21. AC om. — 22. A ,.,li. — 23. AC 
Ij^^Ji. — 24. C *^. — 25. AC ^r:^^\. — 26. A ^ ^Lö5. — 27. C ^jd^. — 28. A 
^^^j Ji C ^^^j. — 29. C U-^j^. — 30. AC ^-^l. — 31. C «Ji«. — 32. A o/n. — 
33. A i>-Jl. — 34. C »j.»L!_3. — 35. A jlO. 

« Ne pouvez-voiis trouver un orthodoxe, honore du sacerdoce et clairvoyant, 

afin qiie nous Televions ä la dignite episcopale et que noiis liii doimions 

les pouvoirs necessaires poiir creer des eveques et des pretres partout oii il 

en serait besoin? Par lä les fideles recevraient du reeonfort, du courage et 

de la consolation, et coniprendraient l'immense merite que leur vaut leur 

vertueuse patience; car le Seigueur mettra flu ä ces jours mauvais, et prendra 

son peuple en pitie. » On leur amena un pretre appele Jacques {Ya'fjoub)^ et 

surnomme {Barade'i) ; il accepta de se devouer ä Dieu ; et s'engagea ä remplir 

Toffice propose. Les Peres lui imposerent les mains dans la prison meme; 

* et Tun d'eux quitta son habit et Ten revetit, et son Schema' [eskimjet le lui MoI.29v' 

mit sur la tete. Devenu eveque, il se retira secretement. II allait dans les 

villes; et lä oü le siege episcopal etait vacant par suite de la mort du titulaire, 

il convoquait les fideles ä une reunion nocturne : ceux-ci lui presentaient Fun 

d'entre eux et il l'elevait ä l'episcopat. De meme faisait-il pour les pretres et 

les diacres partout oü il allait. II consolait tout le monde, les encourageait 

1. C'etait, et c'est encore, en Orient, Finsigne de ceux qui se vouent ä la continence, 
c'est-ä-dire les moines et les eveques. — Voir sur ce sujet Michael Glycas, ep. XXV, 
P. 6'., t. CLVIII, col. 937 et suiv. 



210 SEVERE IBN-AI.-MOQAFFA'. [90] 

(*n>!.-? "^^ ^-^. A»^^ *"' J<; ^UjüIj ^j-^^ ^^-^j ^^-^ (*r^ "^^J '1-^^j 
J5G0 *^^j ^jlkJI ^^ ^'^C^-?" ^U>^ JL50:l ^^^r-^^ ^^ ^J-^J *-^j- 

2^1^^ j_j cUJi "'v^y^^ r^.^ -^ ^y^. v^^^^ "'"^^^ ^M '^V ^-^^ -H-^^ 

1. A add. Ji. — 2. ^>U Uää^' j^^ ji. — 3. C a^s^. — 4. AC Ljl*d.L'(A J^'j) 
isUp-'' ^^^. — 5. B w^!. — G. A J^ J. - 7. A !Ä.G C ^3-G. — 8. C om. ^^^o ^,1^. 
— 9. C si^!. — 10. A o/n. ^^^^ .... Ä^o^ J'. — 11. C .rMsi*J'. — 12. Aadd. vi.'. — 
13. C 'jKi. — 14. A UJ. — 15. A K-l^^*^. — IG. AC '-^3. — 17. C , JLoj. — 18. AC 
l*«9 et add. 'LJUt> J. — 19. AC ^\s:^\ Js«. — 20. AC om. — 21. A ,^yJ^^^^^ C 
^_^.^_a.^jb. — 22. A o/«. C ^3J^ w^. — 23. AC o/w. — 24. A ^s. — 25. A^w^L^ia-y. C 
^j"lL... "- 20. AC yi;^.. - 27. A >^^!. - 28. C ^.^. - 29. C ^3^- " ^0. C ülo^'l 

üt fortifiait les coeiirs. Et ainsi il parcourail les villes et les boiirgades tantöt 
en habit (reveque, tantöt sous un vetement monacal, parfois soiis ccliii des 
laiques, oii sous les haillons des pauvres et des meiidiants. 

II advint cependant (jue les Melkites, quand arrivaient dans les cites ou 

dans les villages des personnes qu'ils n'avaient point connues dans les ordrcs 

sacres, en etaient aussitot avertis; et ils s'inforniaient du nom de celui qui 

les avait promues ä l'episcopat, ä la pretrisc, ou au diaconat. On leur repon- 

dait que c'etait Anba Jacques [\a'(ionh). On se mit donc a le recliercher, lui 

et ses Partisans en meme temps, dans les villes et dans les petites localiles; 

Ton cessa d'eniployer, pour les designer, Tancien nom de Theudosiens, et Ton 

se servit de celui de Jacobites (Ya'mfibat = pl. de Yu'qoubl), ou partisans de 

Jacques; et cela ä partir du regne de Justinieu {Yaatinianoa). Et depuis cc 

temps, ils demeurerent oppiimes et mepi'ises, supportani tout avec patience 

*i()i. 3nr'. et soutenus par le Seigueur, jusqu'ä Tarrivee * «b's musulmans. (x nom con- 

tinua a leur etre appli([ue jus([u'ä nos jours. Voilä Toriginc du nom de 

Jacobites {Yaaqibat) donne aux orthodoxes. 



[91j REFUTATION D'EUTYCIUÜS. 211 

ji5 <i jc_ji j^ ^uLrH"^^ ^j-^ '-^ ^^^-? '^'^^ ^^ r^^^-? ^^"^ r^-^^ ^^'-^ 
^jüi 13^ ü'y^ ^^-? ^'V^-^- (^ ^"^^ ^^c-?-' "^-^ ^' cr'^-^- (^ ^"^'^ '^^^ '^-^^ 

,^L;>-j <^S^^ /»^l (^>^ Jf^V A^i o ->^=^^j ^^^ ^j--^ ^ -UäTj ^j^r^^. (^'y 

ly^lj ^J J15 ^l>dl 18|^^ 17^ ^^ 10j\^|_j ^^^ ^^ 15 j^^ ^^j\ ^\^ 



1. AC ,.wJCUI. — 2. C jj.^-'i"^'. — 3. A iU^.,s.JiJt I?). — 4. C ioj^. — 5. A 



Olli. 



6. AC 0//Z. — 7. C 5"^'. — 8. A rtöfc/. ^^JX.J!. — 9. C *x>^L — 10. AC om. — iL AC 
_^yi. _ 12. AC Olli. — 13. C ow. — 14. C ?J-^=^j. — 15. A JjjIj. - 16. A (J^a'j- — 
17. C *^;ä. — 18. AC IJ-^J. — 19. C JCj'^. — 20. C S^\^. — 21. A Jjij J. — 22. A 
s^^.^. — 23. A add. J-^*^' i.' ^^^1 J^l C ac/c/. J-^)'. — 24. A L^li!. — 25. AC ^\. 

— 26. A I^SyJ'. ^ 



Si l'oii demande maiiitenant comment les Jacobites (Ya'aqihat) repondent 
aux Melkites pour expliquer les textes de la Sainte Ecriture oii il est qiiestioii 
de riiiimaiiite [de N.-S.], et oü ceux-ci pretendent troiiver im argumeiit 
evident en faveur de leur doctrine d'un Christ Dien et homme tout ensemble ; 
comme ce passage du saint Evangile oü Jesus-Christ dit ä ses Disciples : 
« Je monte vers moii Pere et le votre, vers mon Dieu et votre Dieu '. » Notre 
rcponse, coiiforme ä renseignement de certains Peres, est que ni le Pere ni 
l'Esprit-Saint ne se sont abaisses; mais que le Fils seul s'est humilie volon- 
tairement, prit un corps humain, se revetit de la forme de serviteur pour 
sauver Adam et sa posterite, se chargea des peches du monde, se donna 
pour leur ran^on et versa tout son sang pour eux; et que c'est dans cet etat 
d'aneantissement qu'il a dit : « Mon Pere et votre Pere, mon Dieu et votre 
Dieu. » Comme le fils du roi dirait ä ses serviteurs : Je vais monter vers mon 
Seigneur et le votre. En dounant ä son Pere le nom de Scigneur, il ne saurait 
dechoir du rang de la filiation, ni etre astreint au joug de la servitude, car 
il est leur seigneur en realite, et son seigneur ä lui en vertu de ses abaisse- 
ments. Et Notre-Seigneur Jesus-Christ a dit lui-meme ces mots : « Apprenez 
de moi que je suis doux et humble". » Et ailleurs : « Je ne suis point venu, 

1. Joann., xx, 17. — 2. Matth., xi, 29. 



212 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [92] 

noi.sov. J^ U^j ^OL^^ c^^ * ^e/^ t5-^ ^■^.^-5 C^"^ ^^ r-^"^ ^^ ^ ^'^ ^^^ ^-^ 

uu ^di)Ji cu:^ ii j^^^" tju^j ^ij^ C^^ cj^-^-^" r^ r^ ^^'-^ ^"^^" ^^^^ 

1. AC ^. — 2. C ^^iJ!. — 3. A Ux^j b^ C U^j. — 4. AC ^CJj_r^!. — 5. A 

! JiSj C j;:vC^i. — 6. A J^J. — 7. AC (A ^^^^^] jA^^^ i^-V C^-*^^ "^'^'. — 8. AC om. 

.^;^. X'^IA ^.x:.^ U'. — 0. AC *Cj'^. — 10. C S^% et a^/^. 4.-?^. — ü: AC Jy. 



^.^^. .. . . 



AC om. 



— 12. AC X-.L. - 13. C ^,^.'1. — 14. AC i^L — 15. AC ^<'!^U — IG. 

omnia haec : ^^o! ^x,,:^ .... JJl> ^< ^! ^. — 17. C o/;^. — IS. AC ^.GL. — 19. AC 

om. — 20. om. A , ^^J! .... .iJr* ^^- — 21. A .O^f C ^V^^j jj^.vS'. 



J- 



*ioi.3ovo. dit-il, pour etre servi, mais pour servir et poiir donner ma vie pour * le salut 
d\m o-rand nombre '. » Et lorsqu il lava les pieds de ses disciples, il leur dit : 
(( Vous m'appelcz votre Seigneur et votre maitre, et vous avez raison de le 
faire : mais piüsque moi, votre seigneur et votre maitre, vous ai lave les 
pieds, ainsi devez-vous faire les uns pour les autres". » Et il ajoute : « Je 
vous ai donne l'exemple afin que vous agissiez de meme avec vos amis. » 
G'est donc dans les sentiments de cet abaissement [volontaire] qu'il a dil ä 
ses disciples : « mon Perc et votre Pere, mon Dieu et votre Dieu. » En 
Fappelant leur Pere, il ne signific poini qu'il le soit reellement, mais par sa 
condescendance et par sa charite. De plus il leur inculque la vertu de 
rhumilite, cn s'associant ä cux daus ces paroles, alors qu'ils savaient et 
■ croyaient qu'il clail le Fils de Di.ni. El il faut remarquer quil ne dit pas : 
notre Pere, notre Dieu; mais : mou Pere, qui est votre Pere, mon Dieu, qui est 
votre Dieu : ce qui signifie au fond qu'il est son Pere en vcrite, parce qu'il a 
ete engendre par lui avant tous les siecles; et leur pere par une bienveillante 
bonte. Et en effet, ils n'ont pas etö cugendres par le Pere comme lui qui est 
une bimfere nee de m himi'ere, im Dieu verUahle issu il'un Dieu rerilahle; tandis 

1. Mullh., XX, 28. — 2. Joanu., xiii, 14. 



8 



[93] REFUTATION D'RUTYCHIUS. 213 

7=-t— •-'^ j^ (♦r'^ ' -'^ "^^^-^ i^ ^^J-^ j^ v-jVi ^ ^j^i ^3 jjjLji« <^l (V'^-? 

1. A 5,y C :Ü^..= ^^. — 2-3. C s"^'. — 4. AC om. — 5. AC (^^p^J^-^ cj.rrrl^'^.-' • — 6- ^ 
^. — 7. C J^^. — 8. AC iJ^^' jsj. — 9. AC om. JJLM .... ^.^ ^ Jj. — 10. AC \2^. 

— 11. C b ,L^ ijJ.. — 12. AC om. KiLä^! Jb »I^LJlj .... Jjü ijK?. — 13. C J^!. — 
14. AC *^J J. — 15. C s\!. — 16. C om. — 17. C h^\. — 18. A .U.. — 19. A sYl ^s, C 
i^Y!_^j. — 20. A '3.--Ü. — 21. C om. 



que les Disciples sont des hommes, nes de parents mortels, comme toiis les 
humains. II est donc entendu qu'en disant « leur Pere », il signifie leur Pere 
par condescendance, noii leur pere reel; et qu'en l'appelant « soii Dieu », 
il lui donne ce nom de son etat d'abaissement, sans que la chose soit ainsi, 
* car il n'est point serviteur comme eux, mais il est fds consubstantiel au Mol. 31 r 
Pere. C'est comme s'il leur disait : j'ai pris ce qui est ä vous, et je vous ai 
donne ce qui m'appartient ; je vous ai appeles mes freres, afin que vous puis- 
siez dire ä mon Pere : « Notre Pere qui etes aux cieux » ; et je me suis nomme 
fds de l'homme. J'ai dit : mon Dieu et votre Dieu, quoique, en realite, il ne 
le soit pas de la meme maniere. Si cette reponse ne convainc pas les 
adversaires, et s'ils tiennent a le considerer comme etant reellement son 
Dieu, pour tirer de la qu'il est Dieu et liomme; nous exigerons d'eux alors 
qu'ils considerent les Disciples comme etant reellement fds de Dieu, issus de 
la substance du Pere, tout aussi bien que N.-S. Jesus-Christ, et partant 
comme etant dieux et consubstantiels au Pere. S'ils admettent cette seconde 
hypothese, rien ne s'oppose ä ce qu'ils disent aussi que le Christ est serviteur 
de Dieu et que le Pere est veritablement son Dieu. Au contraire s'ils la 
repoussent, et qu'elle soit inadmissible dans la forme et dans le fond, ils 
devront nier aussi qu'il soit son Dieu reellement, se ranger ä l'enseigne- 
ment des orthodoxes surnommes Jacobites {Yaaqihai) et confesser que 



214 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [94] 

Vj a)1;' llUl ^j ^iJ' ^^1 ^c-^i t^-^- ^^-^ ^^^ ^^^^. är^»^^ ^^aTj'VI 

i"llb A:>^)1 ^ -'^.ili ^Jj '"^A^lj ''J; jUlj ^1 öy^ 

lol. 31v°. l^U^ ^Vi ^.^. ^''-^^ ^"'^V'^'^ -^ .••*^ ^^^ J^^ "^ -^^. <S>^ -^^„ "^^ öi"^^ J^* 

julJI /.^l dUi '^^jj jlkjül ^.-i^:^ c> (*r^^ J^ ^-aIas <ui; J*^j JUl 

1. C i^Yl — 2. AC ^j:^jJ\ Jy. — 3. A .,^. — 4. A add. 'JvJjr'^ Lvä'^Ij. — 5. C UY!. 
— ß. AC om.j»^^ i^H'; ^Lj'. — 7. A o/w. — 8. C !a^1j. — 0. A ^^^U — 10. AC J-s-^-'! J 
U!^. - 11. C ^r-^iJ' ^i. - 12. AC ^V! ftl3! ^'1 ^CU! A,xj ^1 ^Yl ^c._ - 1.3. AC 
om. — 14. AC om. — 15. AC add. ^^^^^^s^.. — lü. A J,3j. — 17. A (^|;t^ C ^j^. — 
18. C Uli. — 19. C ^U. — 20. C L\^. 21. AC ^U^). — 22. AC J. — 23. C ^^^^^^j. 
24. B add. ^^. 



Notre-Seiirneur, notre Dieu et Sauveiir Jesns-Clirist est Dien incarne et non 
point iin homme divinise, ni Dien et liomme, et qu'il est im et non point 
double : gloire lui soit rendue ! 

Les Melkites partisans de Chalcedoine {K/ialqidonyah) fönt nne autre 
*foi. 31 V. objection tiree de saint Paul * qni dit que le Fils servira celui que sert touto 

creature lorsqne ä Dieu le Pere : et alors le Fils se soumettra ä celui qui 

a tont mis sous ses pieds'. Or voici l'explication que saint Gyrille {Kirillos) 
donne de ce texte : « Dien a ponvoir sur tons les liommes; cependant par la 
dcsobeissance d'Adam, les humains sont devenus les servitcurs de Satan et 
ses Sujets. Mais Notre-Seignenr Jesus-Christ, en s'abaissant et en s'incarnanl, 
a pris sur lui les peclies du monde; il s'est offert pour les raclietcr et pour los 
delivrer de Tesclavage du demon; c'est ponrqnoi, an jour de la repartition 
des recompenses, il les offrira ä son Pere; et ils se presenteront pleurant et 
contrits et se soumettront an Pere pnrifies de leurs fautes : avec eux il sc 
soumettra, lui aussi, ä celui qni a tont plaee sous ses pieds, et il Icur restituera 
sa o-räce, et il repandra sur eux les bienfails de son rovaume, Ini doni le 

1. I Cor., XV, 28. — Unepartie de cette citalion est iüisible en arabc : nous avons 
prefere la traduire avec ses defauts, plutut que de reproduire la lecture correctc d'un 
texte connu. 



[95] RKFUTATIOX D'RUTYCIIIUS. 215 

^yL^ "Co^Äj ^1 *AA**) ^^^Is>- «^As iJ^5>c]* ^*-«^a^ ^^-^ o*^ cJ*?" i^-*^ (*r*^ ^tJas^ 
^^l^^^J 0_^>UJ *"*l^-^ V^J -OU^ij »_Jj)i JUsl J^.J '^o'>;^^Vl Jy fv-i>. ^j^^^ 

a;1 S^\ ^^ASi\ 'iJS^ y^y^ J ^ C^J Jlsj Cj^pw ^2r^-i9 ^UjVI -u, j^ o^^LJJ 

^50^ ■ ^jL« A=>-Ij 4Jl -\.5>-lj rc_»*wfl bA*v5^ <>1J -Vjs-ij (»j-i'l (3 A,..^^l) -L^j>o' * lol. :?'2 i-o. 

«Ja, -^Ij ^^1 J; ilÄi'Vl A«, '-^'^jUJp «ü ^J dU-ii jU_^:.9l 2*^ ^ jl U^ 

1. A ^^-^^^ — ^- AC ^JJl. — 3. AC U!j. — 4-5. C ^U. — (>. AC add. ^\ h.^^\. 
— 7.C (j4rr/- — ^'^^ A Jr^F^^''- —9-10. AC *4^.^*J. — 11. A om. — 12. AC J^'l. - 

13. C ow. Jo.U J! p.o! J,; et habet l*«3lx.' 1jo.!j U_Ji!. — 14. A JJJV! 5ij> C ^j:^:>:i^ 

J!y^l »Ij. — 15. AC ojn. ^^ j^^ — 16. AC_^j. — 17. C JU. — 18. AC om. — 19. C 
,_^CU', — 20. AC O'^'Y!. — 21. A^^. — 22. A ^■^. 



regne est eternel et qui partieipe ä la gloire du Pere et ä sa puissance, lui 
qui demeure eii son Pere et en qui le Pere liabite. » 

Le me?me saint Cyrille {Kirillos) dit encore ceci des paroles qu'on rapporte 
ä riiumanite : « Quiconque scpare les paroles de l'Evangile, et fait un partage 
des actions du Seigiieur pour attribuer les unes ä la divinite, les autres a 
riiumanite, apres Tunion [de ces deux natures], qu'il soit anatheme! » 

11 dit ailleurs : « Quiconque ne croit pas que le Verbe du Pere s'est uni 
a la chair * formanl avec eile une seule personne, et qu'il est avec le corps * loi. 32 r 
un seul Christ, un seul Dieu fait liomme, qu'il soit anatheme! » 

Tout cela a ete rapporte quand nous avons cite, plus haut, le temoignage 
des Peres qui ont ete revetus du Pontificat supreme avant la scission : mais la 
marche du discours a necessite ici ces redites. 

Les Melkites nous diront encore : Le Seigneur a mange et bu par la 
nature divine, ou bieu par Fhumaine? 

Nous leur repondons que, de memo qu'il n'y a pas deux personnes, 
ainsi il n'y a pas deux natures apres l'union, mais bien une seule personne 
en une seule nature, selon la parole de TEvangile : « Le Verbe est devenu 
chair. » II a mange, c'est vrai; mais c'etait pour allirmer la realite de son 
Corps et de son incarnation, et montrer qu'il a ressemble aux hommes en 
toute chose, hormis le peche. 



216 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [96J 

i^l_^ >1 V y^ y^ J^^_^^ W ^ e5* ^.^^ -^^"^'^ ^^ ^ ^V V^*^^ ^^"^"^'^ 
.U ^.^Ui ^Ul ^a)1 yj jü^ ^Ij ^^Jl j^l ^"^^^IVl ^1-yj ^U «cl 

<ul5l ^Jül jj^j )iy.::j^j j>\ Jlsj jjl*)i (^jii^ (*^^ "^b ^^^^ ^U'^'b -V^^ ^*' J^ 

1. A J^'S'! Jy. — 2. A OjU. — 3. C ^^J. — 4. A i^l"/. — 5. AC^U — 
6. AC JYl^. — 7. AC l;^:^^. — 8. AC om. — 9. AC Uj. — 10. iJU — 11. AC JV!. — 
12. A add. ^y.'. — 13. AC ^Ji. — 14. C om. — 15. A Y. — 16. A iJA» C- ! J-G.. — 
17, AC »Vi. — 18. A ow. — 19. A om. »j^ .... 13,». — 20. AC om. — 21. C ^,y l — 22. C 

_^i. — 23. A ^^\ C wsJ! 'i*^. — 24. C XiU.^. — 25. C ^^xi ^:0! Ji. — 20. C ^.U. 



S'ils poussent plus loin et disent, pour prouver leur opinion, qu'il a 
man^e parce qu'il est liomme, vii qiie la diviiiite ne peut faire iine pareille 
action ; nous leur repondons : Si Taction de manger lui impose necessairement 
l'etat de servitude, et que [pour Texpliquer, il faule dire] qu'il est homme, 
parce que la divinite ne mange pas, [comment aurait-il] pris de la nourriture 
longtemps avant rincarnation, dans la tente d'Abraham? Or, de menie qu'on 
ne conclut pas de ce dernier fail qn'il füt homme, ainsi l'acte qu'on objecte 
ne rempeche pas d'etre Dieu, ni n'empeche d'attribuer ä la memo personnc 
toutes les actions divines et toutes les actions humaines, en remarquant 
toutefois que ces dernieres ont ete dites ou faites par lui dans son etat 
* loi. 8-2 r". d'abaissement. * 11 est dit qu'il a senti la faim, et c'est lui qui a rassasie avec 
quelques pains plusieurs milliers iriiommes; qu'il a eu soif, et c'est lui qui 
a donnc l'eau de la vie non seulenient k la Samaritaine, mais encore a la 
multitude des fideles; qu'il a ressenti la fatigue des chemins, et c'est lui qui 
penetra aupres de ses disciples taudis (juc les portes etaient closes; qu'il a 
pleure Lazare lorsqu'il demanda oü on l'avait depose, et c'est lui qui le 
rappela d'entre les morts, et il sortit couvert de bandelettes ; (ju'il a dormi 
dans la barquc, et c'est lui qui gourmanda los vents et los flots, et retablit 
le calme, l'ous ces actes demontront la verite de son incariiation et de son 



[97] REFUTATION D'EUTYCIIIUS. • 217 

C^J^ ^rf-J L^-^^ y^J <^J1 j ^^ ^\j (^y,^3 ^ ^^ Ol^^Vl J^ ^. a;_j^_ 

^j ^l;-j ^A^r 3i^_ ^^^^ jt^Yl ^ÄA '-'^L^ 1^ jIa jU; ^^^„yi ^Jlj 
»_I«:^j C.J.J1 -' ^^ 3^^>cz^\ ^ )s^^\ ^JJlj ^Lüi ^ ^ l^ ^^"^A:^ y^ 
^^.-^ ^^>JL.„-*^S ol^j ..1^ -u^Jlj 8l.j_ 7jj^ ^jjl jl JIS Li •■•j^Jl 



1. AC 0/72. Uks «^3 .üL. — 2. C J^ — 3. C Ua^ ^^j. — 4. A JUk C !1:^\ — 

5. C wsbAsr^! (?). _ 6. C J-^^^!. — 7. C 'ij^j^'. — 8. AC o/;^. — 9. A J{.. — 10. C 
y.-^^. — 11. A V .,t. — 12. AC ,.,ILju3! C add. ,.r}J^\ ^L.L. — 13. A 1.=^-^.^ — 
14. ACow. — 15. C ^^}S. — IG. A ^.^^1. — 17. C oin. ^\ ^jA.... ^^^J^.^. — 18. C 
yj.^. — 19. A !^^JJL>. — 20. AC om. — 21. AC j^^.. — 22. AC om. — 23. A pj=s-^! ^. 
— 24. A .^^. — 25. ^li>:-J. — 20. AC ^:^J^. — 27. AC JU. — 28. AC ^Y!l>. — 29. C 
(j«^^^. — 30. C J;:ib. 



hiimanite, et prouvent qii'il n'etait poiiit un fantöme, comme certains Tont 

pense. Quant k la crainte qu'il a manifestee ä la viie de la mort et k la faiblesse 

physique qu'il trahit dans ces paroles : « L'esprit est dispos, mais la cliair 

est faible' », elles tendaient ä voller son plan au demon : la preuve en est 

qu'il avertit plusieurs de ceux qu'il avait gueris de n'en rien dirc ä qui que ce 

füt; c'est pourquoi aussi, quand il chassait les demons des possedes, ils ele- 

vaient une tempete de cris et disaient : « Nous te connaissons bien, 6 saint 

de Dieu »; ou bien : « Tu es le Fils de Dien, y) Et alors il les apostrophait, 

il leur defendait de tenir ces discours et les reduisait au silence. Et puis, 

quand il manifesta du trouble * devant la mort, il dit : « Mon Pere, s'il est * fol. 33 1-. 

possible, que ce calice s'eloigne de moi. » II dit : Mon Pere, et non point : 

Mon Dieu. Et quand Pierre (Boutros) degaina son glaive et frappa le serviteur 

du grand pretre, Malchus {Malkhos), auquel il coupa l'oreille droite, Notre- 

Seigneur lui dit : « Remets ton glaive dans son fourreau : quiconque tue par 

1. Matth. XXVI, 41. 

PATR. On. — T. III. 15 



218 • SEVERE IBN-AL-MOQAFFA . [98] 

jl^j ^^jj ^1 dl-^__ J ^!l JU .^-^JUJl ^j j^l ^U jl^ ^jül ^^^^U) 

Al£>As>- jjÄ,V=»-j 5$^*>Aj' jvoJ" Z>- r-~Jl "^^r*-* yj^-UT j Jjl 'W>o>ijL aAaäj U ;>«-.^»- 

iLo^Jl ^"^aJI All <i^^«^ j^l ^^-^:>U:lj «CxL^j "C-T^^j jLL^il -*o -^ AoJlj Ä*1^j 

1. A ^} J^' C ^'' J.L!. — 2. A :^-^s:>_ C «r/^. ^^. — 3. A oaaz. — 4. A^^s Lvj' C 
^,i:,i X'^ — o. C L..^. — 6. A add. ^^ . — 7. AC ^_^^. — 8. AC o/?z. — 9. AC 
"o/;;. _ 10. B , 4^1. — 11. AC Ui.U. — 12. A .::> C *^. — 13. C J-^UL. - 14. C a3Y(. — 
15. «öfö^. iJ. — 16. AC .iiL — 17. AC o/;2. ... Üb ^^^^^JJÜ' ... — 18. C ^J'-^. — 19. A 
^JLj C om. — 20. C om. — 21. AC UVL. — 22. C sY!. -- 23. A *^JLJ ^^^^ C ^^^ 



le glaive, perit de meme. Penses-tu qii'il me serait difficile de demander a 
moii Pere douze legions d'Anges? Mais alors comment s'accompliraient les 
Ecritures et les predictions des Prophetes^? » Puis il prit Torcille, et, la 
remettaiit eii sa place, il la rendil comme eile etait auparavant. De plus, sur 
la croix meme, il pardonna au larron qui etait k sa droite; et sur la croix 
aussi, il s'ecria : « Mon Pere, je remets mon äme en tes mains". » Toutes ses 
actions etaicnt faites avec une sagesse inaccessible a l'intelligence humaine : 
et ainsi il realisa son plan divin et sauva sa creature, Toeuvre de ses mains, 
du pouvoir de Satan; il la delivra de la servitude et de rcmpire du demon, 
et la ramena ä sa connaissance, lui, Dieu veritable, devenu homme pour le 
salut d'Adam et de sa posterite fidele, lui veritable Fils de Dieu, annonce 
par les prophetes precurseurs et par les Aputres ses temoins : Gloire lui soit 
toujours rcndue! 

Et ä notre tour, nous leur posons une question : ils disent que Nolre- 

foi. 33v\ Scigneur, notre Dieu et Sauveur Jesus-Christ * est Dieu et Ilomme; nous leur 

demandons donc lequel des deux est le Christ, le Dieu ou rilomme? S'ils 

repondent que le Dieu est le Christ, alors Tllomme nc le serait point; s'ils 

disent, au contraire, que c'est lllonmie, le Dieu, ä son tour, ne le serait 

1. Maltli., XXVI, 52. — 2. Luo., xxiii, 45. 



[99] REFUTATION D'EUTYCIIIUS. 210 

U> iL jLJVlj ^«OVl jl l^li jlj '^^^-^.^1 j^;^ ^ ^^«üVLi ^_J1 y. jUVl 

^1*9 ^^)j jL^i «^1 (V^Jj (*r:^ '^^^. ^r^*-' j^ l/*^-^^- '-'^^ .-^ ^t_M*^i 
^c^^l JjiU 'UJl Jl ^»^ ^ ^'-^dLi; J Ji;' V Jls ^Jl Jl <JUj J «üls U 

jV ^^Vi>^^ ^-i 'iiX^\ ^ÄA J.^! U ^c-^1 l^^U^ls ^vä:>J1 Jl J^^ ^-^^ Vj 

1. A sVl. — 2. A o'— ^' ^ J^^^ y ;j^ A — 3. A »\!. — 4. C J-^'^^j. — 5. A 
arf^. .,'. — 6. A sYU. — 7. C o/w. ^^^^.^M... ,LjYt IJU ^.,L. — 8. C sY^ — 9. AC 
o;^?. — 10. C ^1^'. — 11. B ^^j>,^. — 12. AC om. O-CJ^i J. — 13. A om. ^ 



C 



om. Yj. — 14. A w^Ju.5!. — 15. A U!^! U C U|^L. — 10. C add. JoL — 17. A 
i^-..^' .^ C »J..^ .»IS'. — 18. A ijU. _ 19. C . j^^. — 20. AC JjU'. — 21. AC bl: 
— 22. A add. ^i j» ^l^!. — 23. C add. Jj.J J. — 24. A o/?z. U-'l ^ ^3^01. — 

25. A Uli ,.,li. 



point. S'ils repondent que le Dien et rHomme sont ensemble le Christ, 
FApotre Paul ä la langiie embaumee detriiit leur opinlon sur cette duplicite, 
et refiite leiirs arguments par ces paroles de son epitre aux Romains [Roum) : 
« Ne dis point en ton coeur : qui est monte au ciel et en fit descendre le 
Christ? ou : qui est descendu aux enfers, et en fit monter le Christ'? » Que 
ce texte est fort et qu'il est ä propos! En effet, quand le Christ Notre-Sei- 
gneur descendit du ciel, il n'y avait pas d'humanite avec lui, et il n'est point 
venu revetu de la cliair; mais il a pris la chair de la Vierge toute pure 
apres etre descendu du ciel; et il demeura im apres son incarnation et ne 
devint pas deux. 

Un argument semblable nous est fourni par Jean {Youhanna) k la langue 
d'or, qui dit dans son sermon sur la Nativite : « C'est pourquoi le Christ est 
descendu du ciel pour notre salut. » 

Et dans le saint Evangile nous lisons : II n'est monte au ciel que celui 
qui est descendu du ciel, c'est-ä-dire le Fils de l'Homme, qui est dans les 
cieux -. T> 

1. Rom., X, 6, 7. — 2. Joan., HI, 13. 



220 SEVERE IBN-AL-MOQAFFA'. [100] 

• fol. 34 r. C^i Jlsj jUl * ^ )iJ^j «OVl V^ '^U^l ^ Jjl^ Jj jUlj ^<*J1 j_Ä ^*U-J1 ^1 

dLj J «üy, Jy.]\ \J^ Jk._ Ck.J i'-^^_^ J>-J^ J^Vl jji iJ^j i^^Vl dl!-»o 

JläI J-^J" S;sl^^l isAAj '^^b-Vs-lj aJ'^j.ojcoj J^lj jUolj ->^lj ^^^\ ^j^\ Jjbl ^]1 

yj SJJm.^ ^"^«iCU llUlj ^^IjJl ^yJj ^L" "^^a)1 llAJl- ^„.....■Jl jl J.y^\j <J^^\ 

1. C 0/;?. UJ! .... JU Ji. —2. C sVl. —3. AC aöJöf. oj^,. — 4. AC o//?. S^^\ ^r^^ 
A J.^'^! J. — 5. A ^J^ C cJ^',- — 0. C ^^,. — 7. A rt^(/. Uj'. — 8. A ^^K bl. 

— 9. A ,LjYL M i.J.j jY' ^}. — iO. AC «^^. 5». — 11. C ,L. — 12. A J^C 
^.1^. — 13. C ^.\. — 14. AC JY! A add. M JS' JL^ Uj' Ij-^i C «^c/. Jl^' li-^- 
^JY! Y. _ 15. c U^' sV- — 10. C ,U. — 17. C add. j', , v ^'-^ i'- — !«• A 5^-1. 

— 19. C om. — 20. AC ^^. — 21. A o/«. JJ^'^ .... ^,LoL — 22. C sYl. — 23. C sY'. — 
24. AC a3!j. 

S'ils objectent que celui qui remonta au ciel est Dieu et Homme; [nous 
foi. 34 r". repoiidons] que celui qui descendit du ciel etait Dieu seulement et sans* huma- 
nite : et Notre-Seigneur Jesus-Christ a dit ä Tapötre Philippe : « Je suis eii 
mon Pere, et mon Pere est en moi; celui qui me voit, voit aussi le Pere'. » 
Et encore : « Je suis un avec le Pere ". »Et qu'on ne dise pas qu'en declarant 
qu'il est un avec le Pere il designe son Pere par la divinite et Thumanite : 
cela est absurde; et il faudrait qu'ils ne fussent point un, mais deux, selon 
l'opinion des adversaires, et contrairement k Tenseignement de l'Evangile. 
D'autre part, s'ils veulent que ces mots : « Qui m'a vu, a vu le Pere », signi- 
fient qu'il a vu la divinite; ce serait aussi absurde, car nul n'a jamais vu Dieu ; 
et s'ils veulent qu'ils signilient la vision de la divinite et de Thumanite, ce ne 
serait pas moins absurde, parce que le Pere ne s'est point incarne. 

S'ils pretendent maintenant que, par ces paroles : « Je suis en mon Pere, 
et mon Pere est en moi », il designe la divinite seule, ä l'exclusion de Thu- 
manite, l'apötre Paul [Boulos] leur repond encore dans son epitrc aux Eplie- 
siens {Efsos) par ce mot : « Un seul Dieu, une seule foi, un seul baptemc^. » 
D'oü les gens savants et clairvoyants concluent que le Glirist Notre-Seigneur 
est un Dieu incarne, et non point Dieu et Homme, et qu'il est avec sa chair 
im seul Seigneur. 

1. Joann., xi\ , 9, 11. — 2. Joaiin., x, 30. — 3. Ephes., iv, 5. 



[101] REFUTATION D'EUTYCHIUS. 221 

^j As-lj y&j 5sA,-x^ fjf^y^ -v..^l ^:>Ut_rl ^i <U)l <u>o- L'-C~. ^^.^^i _^j 
i*-'i3^l^ ^ <^i Jl ^U ^* S^lj ^-^. <:>lr ^AiLli ^jjlj jA'lj ^Vl ^^^IXJl 

Jl l'^LU rc^lj As^Jlj ^^1 «^ Ja9 U^jU>. J *'^J:A^1 ^-»^ ;^^J "^ 

1. C 1a^!j l^,. — 2. C !3-*j. — 3. 8YU — 4. C !^U^. — 5. C öb^^ _ 6. C ilJI UUj C 
ilj UUj. — 7. A om. — 8. A ^^^.'. — 9. AC iJ^oiik J. — 10. AC ^J!. — 11. AC om. 
.s>. — 12. C JYl. — 13. C om. A l^ ^'o J! ^^vi! ^.1. — 14. A >0)'-^- — 15- ^ 
IwJJÜ!. — 16. C JbL.. — 17. A ^-01. — 18. C o/?;. — 19. A haec in fine habet : J-:p*^! ili 



Dans cette crovance, la foi en la Trinite, saus addition auciine, demeure 
sauve; tandis que ceux qui croient ä iin Dieu-Homme ajoutent rhomme ä la 
Trinite, et en fönt iine quaternite. Mais k Dien ne plaise que ce qu'il fit pour 
le salut de ses serviteurs porte la moindre atteinte ä sa sagesse ! La Trinite 
eternelle, qui n'a point eu de commencement , demeure la meme toujours et 
jusqu'ä * la consommation des siecles. Et le Christ Notre-Seigneur, Sagesse * foi. 34 v". 
de Dieu, qui a procure, par son incarnation, le salut de ses creatures, est un 
et non point deux : il est un seul Dieu, selon le temoignage de TEvangile : 
« Le Verbe est de venu chair. » 

Elle est immuable aussi la foi en la sainte Trinite, Pere, Fils et Espril- 

Saint, et n'est susceptible d'aucune addition. II est remonteau ciel dans la ma- 

jeste de sa royaute et s'est assis sur son tröne glorieux, qu'il n'a point quitte. 

A Lui la gloire, les louanges, et la grandeur toujours et dans le siecle des 

siecles. Amen. 



JIS ^L^\ dUi ^j ^a)1 J^UJl ^\ jij ^.±.S1 J4l ^ i>U düS jl 
Ajjrj Lb :)Ll tj^lj V^ ^j^^iLTj Ua,j- ^1 ^11 ^\ jJUl ^1^ bl^ ^ Ai^lr 

JaiLl ^ ^t^ jji ^yi» l«i W. W J^^ l:^\j UJ ^^_ ^JJ ^J\ ^^ U ^ 
Mol.35r. ^J^ y^j l^j l^ [li^j] * iU ^j--«i^J U^\ ^w^ ^'l^^ jl^ ^-^^J V^ ^^^^^^ 



fol 



APPENDICE ' 

Si quelqu\iii nous demande de prouver ce que nous avons avanco dans le 
Corps de cet ouvrage, ä savoir, quela Nativite de Notre-Seigneur Jesus-Christ 
et son bapteme eurcnt Heu le mardi, voici comment nous y repondons : 

Cette alUrmation repose sur le calcul des epactcs du solcil. Le pieux aulcur 
de ce calcul en a douno les regles suivantes : 

Prenez le nombre des amiees du moude ä l'annee que vous voulez; retran- 
cbez-en w/? et ajoutez le quart de ce qui reste, plus 1/4 de jour. Divisez ensuite 
le tout par 7; ce qui reste indique l'epacte du soleil tle Faunee en question. 

Or la naissance de Notre-Seigneur eut lieu en Tannee oöOl. Nous retran- 

asr. chons 1 ; il reste :):)()0. * Ajoutons ä ce cbifTre la valeur de son quart, c'est-ä- 

dire 1375 [plus un quarl de jourr : cela fait G875 -f- -^ de jour. Divisons par 

7; il reste 1 + 4 de jour; or ce reste indique l'epacte du soleil, rannee de la 

naissance de Notre-Seigneur. 

1. Cet appendicc sc trouve abrege et diffrrenl dans A cL C : nous nous sommcs cou- 
lenle de reproduirc B. — 2. Ce qui est entre crochets maiique dans le manuscrit A. 



I103J APPENDICE. 223 

jjb (* y iS^ ^^ >^-^ (^"^ (*^* j' ^"^J' '■^' v-j^^mäJI iÄ^ »^IjJl JjcJl Jlsj jj-A^Jl 
-\>jJ*J Ua>^" ^\ \.LJ\ ^ilÜ ^-..«JÜl (Ja^J Äi>.l:J jlS ^^^ (^1 ^ <U.<>j:>Ji ^U "^ 
IajLLsw ^iJl /»IVi bAcj (V-«J^. vl^_y" jV C>«^ ^T^ (J^J '■^J ^„'-^ Ia^i (V-«_^_ y.^ 

<lJ1 Ü-*^ Ji^lj' Cjl viib ^'äW ^J^} "^^^ Cj:>j\ jlj J^ ^^1 ^^„ ^!>LJ1 ^_^_ j^ * fol. 35 \». 
^^^ 'ijuS j,±£- -WT (_JU1 ■J?-ä>J'j UjU >ttfl l-*o-lj l^ CäJ JäJLTj UjLi>D" ^1 

Li /^-ll;' ^^' «dalwl düi jV» ^'i'*^! L-9 ^-i^ -^^^ (j "S^^ ^■^ ^*-~'" jj-^ (_5^ ^ 
^u^' ^^-i-^ 4,juJ* iU ^j^<^j <^\ A — <J>cJi Lia_L-ij 1-v^ij L^«-^j -^^^jj "S.^ er'*^J 

\-ll.'" UIIäJ^j A-j<-Jj ^^" ^^^\ C^lXs ^^ As^l (3 ^^^ '*^' (^Ul jLx9 ^^ 



L'auteur de ce calcul ajoute : Si vous voiilez savoir ä quel jour de la 
semaine correspond un qiiantieme donne de n'importe quel mois, preiiez 
Tepacte du soleil pour Tannee qui vous occupe, et ajoutez-y 2 en regle 
absolue, plus deux autVes unites pour chaque mois entier ä partir de Tout, 
plus encore le nombre des jours du mois dont vous cherchez le quantieme. 
Ensuite vous divisez le total par 7 : si le reste est 1, il designe le dimanche, 
si c'est 2, il indique le lundi, et ainsi de suite jusqu'ä la fin de la semaine. 

Or nous avons vu que Tepacte du soleil en l'annee de la naissance de 
Notre-Seigneur est 1. Ajoutons-y [2 suivant la regle], puis, pour les mois 
de Tout, Babeh et Hator, 6, plus 29 de Rihak : cela fait 38. Divisons par 7, 
il reste 3. Donc la naissance de Notre-Seigneur eut Heu le mardi. 

L'auteur ajoute : Si vous voulez * connaitre Tepacte de la lune pour * foi. 35 v. 
n'importe quelle annee, vous prenez le nombre de l'annee que vous voulez; et 
apres en avoir retranche 1 en regle absolue, vous divisez par 19. Puis multi- 
pliez le reste par 11, et divisez le resultat par 30 : ce qui reste enfin au-des- 
sous de 30 est l'epacte de la lune pour l'annee qui vous occupe. 

Or la naissance de Notre-Seigneur eut licu en l'an 5501 du monde. Re- 
tranchons 1; et divisons 5500 par 19; puis multiplions les 9 qui restent par 
11 : cela nous donne 99, que nous divisons de nouveau par 30; il nous reste 
encore 9, qui indique l'epacte de la lune pour cette annee-la. 



224 APPENDICE. [104] 

(__äJ| ^<ki- <Lw (3 iij-^ijtJl C^lS Uj k^LJ] ctUj ^^^»^1 ^)? fl;l 1^ '*Jt— T Ji) ^j-^'' 

(_jjl <u. <iX»j>Jl sIjjU? k_A-aJj (V'^*J tjt^ ^lU^lTj t^-iii >_itÄJl jL>s9 y*^j ^jr^"-? 

LlJ\ döö ^^ J^\ J\}\ jl^j -^kJ^U ^ül jl^ Ulj ^^\ ^_jj .Ui^ dl«. 
* fui. s'i'v". ^yLc j<s-\ ^lisjül /»^ jjXJ ^^^r^ '^^i' l-^^'j ^y ^r^j' ^r^' "^ — *^ (j^J ^^* 

Aju 'r^^J ^^ v-»^J >— Ä-^^ «»c—oi. ,j^^ cJ^} "^jr^ ^A-Ü^l ^L^l ^jAj \^\ ^y 

r^\ JaA)l jl>«3 r~-^ '*^^' (3 '— ^-*^'j A>-ij -Aj ^^-itx «^ji^' ^-t^ ^jl^ C^^ju^^ A>-\y\ 

^LLw ATI <wLa ^^. <üj1 lijj Ajt^lj >_;ll5sJl IaA (j r^ (** l^^ V^ "^"^^ «cJi vilb 

^jäJI 1Äa> ^U- »^Lv^l A-^J li^'^-S /*-!>' "^.^ (j*"*^-? '— ^' '^— -*->• '*^ (5*J 0_^t^'i 

^^^1 rt,c2S jlj ^»^1 ^_jLj>- ^^-^J ,^,r~^ <*jüji ^,-*-ftJl (C^^'J '*^*''-" CÜl ctUl) ^^«-iJl 



D'autre part, le bapteme de Notre-Seigneur eiit. lieu en Tan 5531. Otons- 
en l, et ajoutoiis au reste la valeur de son quart, c'est-a-dire 1382 + {; cela 
fait 6912 + 4. Divisons par 7; il reste 3 +4. L'auteur avertit (\\\\\ faut rem- 
placer la fraction, quand eile est de ^ ou 4, par iine unite entiere; et la sup- 
primcr qnand eile est inferieiirc : cela fait, on a l'epacte du soleil qu'oii 
* lüi. 3'i V". cherclie. Dans le cas particulier, nous avons 3 (?) : ajoutons-y pour cinq mois ' 
(de Tout ä Toubeh) 10, plus II, iiombre iudiquant le jour de rEpiplianie ', 
cela fait 24. Divisous par 7; le reste 3 demontre que le bapteme eut lieu 
aussi le mardi. 

De la nieme maniere, ou calcule Tepactc de la luue pour Fannee 5531 : 
On retranehe I, d Ton divise par 19, et Ton mulliplie le reste 1 4 par 11 ; on 
obtient 11 pour Tepacte cherchee(?). 

L'auteur, — Dieu nous fasse profiler de son intercession, — fait, pour la 
sernaine du crueifiemenl, qiii eut lieu Tan 5534, un caleul semblable; et il 
arrive ä etablir que le crucilicmcnt eut lieu le vendredi 27 Barmaliat-, et que 
l'epacte du soleil, pour cette annee, etait 7, et celle de la lunc W. II rai- 
sonne de niemc pour le careme, et niontre que la paque juive, en celte annee- 
lä, eut lieu le jeudi 2G Barmaliat. II retranehe l'epacte 14 | de la colonne du 

i. On Salt quedans lEglise- Orientale, TEpiphanie est la fete du Bapteme de Notre- 
Scigneur Jesus-Christ. — 2. 23 mars. 



Aj 



[105] APPENDICE. 225 

i^l ^c^ Jl w. ^^.-^1 J'^y^ ^U.lj UJ %ol ^^1 :>y^ ^ ^i^'j ^r^ 



careme en regle absoliie : et il ajoute repactc du soleil 7 ä la päquc juive, 
c'est-a-dire ä 26; plus 14 pour les 7 mois de Tout ä Barmahat : cela fait * en *foi. 36 r». 
tout 47, qu'il divise par 7. Le reste 5 indique le jeudi. 

II dit aussi que la resurrection eut Heu le dimanche vingt et [neuf] de Bar- 
mahat', et TAscension le 8 [Bachones]- l'an 5534 du monde ^ 

1. 26 mars. — 2. 3 mai. — 3. Dans B etC on litici une long-ue exhortation spirituelle, 
que nous ne reproduisons point, parce qu'elle n'offre pas d'interet special. 



TABLEAU 



DES PRINCIPALES VARIANTES FOURNIES PAH LE MAXUSCRIT DU VATICAX 



(Cod.Arab. 155) i 



Pag. 


lin. 






7 


7 




c^JS\ OfTo j^i>)i 


8 


2 




>. 


» 


2 


add. 


^ÄJl r^l::^ ^k 


» 


5 


add. 


"JL.MJ1] ^LVl 


» 


6-7 


add. 


_^'U r^bj 


)) 


8 




J^^ pro ^*J 


)) 


9 




J].Ül 


)) 


U 




...(J <^Vj ^LiCUl ^-U <.U 


9 


1 




^ a;>L;i»J CAjIj 


» 


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<,M^ A,,--„ 


» 


2 




j^lÜ pro -^^ — ^"^ 


» 


4 




jVwijlj J^l 


)) 


« 




^r^„J l/^ "^ >^- 


)) 


5 




J_^J 


» 


11 




^^Ul UV c^Ul^^j ^-vi: 


10 


3 




^l::50l ^. ^1>]1 


» 


4 




c1)a>1*>_ pro viXjU 



a: 



:AD1 dlVjl 



1. Ces varlantes ont etö releväes par le Reverend Pere Anaise (cf. siipra, page [6]) apres l'impres- 
sion du present fascicule et n'ont donc pas etö utilisees pour notre Iraduction. Par contr?, nous avons 
utilise parfois les variantes des mss. A et G lorsqu'elles nous ont paru donner le meilleur sens. 



228 



TABLEAU DES PRINCIPALES VARIANTES 



[1081 



Pag. 
10 


lin. 
5 




\J> 




)) 


6 




A-5»E^1 O^s^i 




» 


6 


add. 


(^^^^j] (*^"^^ 




)) 


7 




^<;y^ pro ^r^ 




)) 


IL 


om. 


(^„j^"^-*' ■•" '^J^^ ^-? ^-^^ -^y 




11 


7 


add. 


en sous-titre : -^^ Jjr^ J^ f-^^ ^ ^^^ o^ ^ 




« 


8 


add. 


JUj] djL- 




)) 


9 




aJI pro ^^. — '^^. — '^^. — "^ 




» 


10 




^i pro c5-^^ 




12 


2 


add. 


^^ [cTJ^^^^ 




)) 


a 


add. 


jutj djU pr 




)) 


9 


om. 


^.AÄjJij 




» 


10 




A»o w« 




13 


1 




^i As pro ^j^,. 




)) 


3-4 




)iy^^3 ^^ 




)) 


() 


oin. 


>l^lr j^ 




)) 


8 




l^^ 




14 


3 


add. 


^IxTjl i>^lj 




» 


6-7 




... "^JJJ ^y \r^ y^ 


• 


)) 


12 




^ij^.. pro t/^. 

•• 




» 


13 




^Jl A^lj ^li 




15 


1 




(VJ 




» 


» 


om. 


fr*t^ 




)) 


3 




<vW^ pro vJ^ 




» 


4 


add. 


apres <^ : ^ ai^-'^J ^^ ^-^^^ ^'^ ^'^' C^" 


^J 


)) 


S 


add. 


apres <-^.'^r-l : (-^.'^^r"' ^^ ^^i '>*— 'J 




iß 


3 




J\ ^>*-^"j 




)) 


o 


add. 


^ jl^^Vij jvj^-U ^y*Jl ^^J 




17 


2 




jL50 pro jU^Ol 





109] 






DU MANUSCRIT DU VATICAN 


• 


Pag. 


liii. 








17 


/ 




Item. 


1 


» 


10 




''o U-M.-«.:>- J 




18 


O 


om. 


^>V. 




» 


9 


add. 


^^^l JLJI 




19 


1 




jIAIoo 




» 


4 


add. 


;j^i] ji 




20 


o 


add. 


U3>- y *t/» A,«Jx.l 




» 


9 




^■^Vl pro V^Vl — u^^Vl 


J^J 


)) 


11 


om. 


AJ. ^l^ 




» 


)t 


om. 


^ y^\ ... (*^J-^ "l^^J 




21 


1 




*^^Jj pro ^rx^"J 




» 


2 




je^. 6-^1 




)) 


3 




^^ 




» 


4 


om. 


fr'Vi^-? t"^^ tr^^ ^"'-^ 




» 


6 


add. 






)) 


7 




... jl ^UVl L7 Asj 




22 


4 


add. 


(>*>sj_J 1 f*^„ 




» 


10 




dU-l ^kl 4Jlj 




23 


O 




"^"^iiji pro \y>i^ 




» 


4 


om. 


^ -ȊJI aJ 




» 


10 




fn-'-^ 




24 


2 




Sj:>cjcJ 




» 


» 


om. 


J^J 




» 


3-4 




^i...j^l pAj-U^j -^^"LaJs.., 




» 


5 


om. 


OÄJl 




» 


6 


om. 


<u ^Jc>t« J.^ Mi^ Vj 




» 


7 


om. 


t>J ^a£] ^jj 




)) 


8 




yjj j j^> jv >^ ^*^„ 




» 


» 


om. 


^1 




25 


1 


om. 


(V^„ ^ 





229 



230 

Pag. 
25 



26 



27 



28 



20 



lin. 
2 



ü 
6 

r- 

/ 
7-8 
2 
5 
6 
8 



9 

10 
1 
2 

3 
4 
8 
9 
10 
2 
6 
!» 
10 
1 
2 

4 



TABLEAU DES PRINCIPALES VARIANTES 






[HO] 



c/^. 



a 



O/fl. 



add. 



om. 



idd. 



a 



dd. 



(i 



dd. 



om. 



, ^ 



cSS^'^ AjUaX-' 



OT^.^ viA;_^__ (V_c^ 

...^Vl vT^b 4i Jl^ ^^\ jV viA] j_p^__ 

... _^j La J^ I'LJ! jl J^" C)yx^ 

Ac ^^ialJ^ J.LOJ ^ys^ "^J^^ ij^ J^^^ J^^ Jj^_. "^l 



c; 



' &.> ^. fl ««-> 





O^..J=^^ 




^l^w«. — j^JUx-l pro jj-^« 


om. 


-UäJI bis. 


om. 


<Cys>V Sji; 




<dLo 




j^>s....Äi« Ij^^IälLw 




L-aii^ pro ^A^ 



u 



:? ^ J 



Ol-^^ b>^ 






[111] 






DU MANUSCRIT DU VATICAN. 


Pag. 


lin. 






29 






\=>^^^\ pro -*^>=^^ bis. 


» 


8 




Zj\yi^\ ^j pro ^Sy^'^ y^J^'^ 


» 


9 




l^\ pro ^ "W 


30 


3 


add. 


tJ^-. 


» 


» 


oin. 


U^ 


» 


4 


om . 


^^1. — j^\y„ 


)) 


6 


om. 


ji^ bis. 


» 


7 


om. 


uj ji;j 


» 


» 




LLs vl^ju^j i^Äj Ojl«^ 


» 


9 


om. 


-v^«Jl 


31 


2 


om. 


lj*J?l9 <Jj. — .:u..^rjl 


» 


5 


om. 


(^5C;JI. S%^\ JU^.^ jl Jb'j 


)) 


6 


om. 


PL^^ 


» 


9 


add. 


cr^y. Cr" 


32 


2 




Aj^Ix^ 


)) 


3 


om. 


Vj ^Ul li^b j^M- 


» 


» 




L&^^ ^li 


)) 


7 


add. 


"o^jVl jj oljUJli 'UVl 


» 


9 




«L,! A.Ü1 j^^ ^J\ ^UVy 


» 


10 


add. 


^^1 [^r 


33 


7 




^■Vlkj- 


)) 


S 


om. 


L»^ j 


» 


10 




^UVl c.l<>j ij-Vl JiC 


» 


» 


om. 


^jjl ^^* J 


» 


11 


om. 


uu 


» 


» 




3^^ pro ^jt^^ 


34 


2 




«CUA 


» 


3 




f^l; 


» 


4 


om. 


jj.L^. — ^y^j 


» 


)) 


om. 


^j^J^ o-^y. 



231 



232 



Pag. 


lin. 




34 


() 




» 


7 


add. 


» 


» 




» 


S 




» 


10 




35 


1 




>) 


2 




» 


3 


om. 


)) 


4 





30 



37 



38 



39 



6 
7 
1 



5 

8 
10 



6 

7 
2 
3 



5 







TABLEAU DES PRINCIPALES VARIANTES 



^j pro (_rb 



11121 



om. 



om. 



om. 



om. 



om. 



om. 



om. 
om. 



Jf^^^ 



a}]\ pro ^'-^^ 

A*:>-jJl pro k^^A^^i 

^i pro '^^^ 

L^\ ^jJj 3j^ 

l^/o»^ pro l^~^ 

P*^Vjl ^'^j (»r::^ — ^. pro '^-^. 

<^^ pro cTJ-^^^ 
is>^^ pro (Jy 



:.IL 



[113] 



DU MANUSCRIT DU VATICAN. 



2.3:i 



Pag. 


liii. 








30 


7 


add. 


djJJl ^^J '*>-f^ 




)i 


8 




.. Ji dU c,^i^J ^r^L^Jl ... 




» 


10 


om. 


Jj^.. ^^ ^ <yy.. o^ Ls^.^^ 




AO 


1 




j,ybljJl ybi Jl <u^L ilÄJl j^J jl ^]\ 


ö'. 


» 


8 


add. 


•• 




» 


10 




L^-^J 




)) 


» 


add. 


«Isj^r" \ (5-^' 




» 


11 


om. 


-L,>(ill 




41 


1 


o/H. 


y«*-.».5>- 




» 


)) 


oni. 


j JojlsVl ^-U 




)) 


2 


om. 


<--- ^^ 




» 


8 




^ ftj L».*-^->N..« J jV'yLia^Xaj 




» 


)) 


add. 


•• 




» 


9 


om. 


^*0 [i-vi»- b-^ 




)) 


10 


om. 


^>tA ^\ 




42 


1 


om. 


^^J 




» 


)) 


add. 


^J^\ y.M 




)) 


2 


add. 


j^,, IL 




» 


r' 

o 




..Uji <uJiiJl <Jli.«_4 4j^.sxiLJl <C\J\j <)j3 




» 


6 




^_^lJ^-Jl9-0 




)) 


/ 


om. 


6^J 




)) 


8 




^^-^.i 




)) 


10 




A,..\\ 




43 


G 


om. 


i%^ J^J 




)) 


11 


om. 


<C)-^ 




44 


2 


om . 


^> 




)) 


4 


om. 


Ce qui est entre parentheses. 




» 


5 




^^ÜJl 




» 


)) 


om. 


^Jl diu 






7 

'ATR. OK. - 


- T. III. 


crx^^J- 





IG 



234 



TABLEAU DES PRINCIPALES VARLWTES 



[1141 



Pag. 
44 


8 


am . 


iy\ 


» 


iO 


oni. 


i^^AiLe 


4ö 


9 


om. 


y^y^ j ü^aII ^jAä^ ^jr^\ ^jj^j 


40 


5 


add. 


^^ [<jy\ 


)) 







ö'..^j 


47 


5-G 




^^üji 


» 


7 


om . 


ijj^\ bis. 


48 


i 


om. 


^jAi ... \jAj>-\j 


» 


2 


om. 


^JT^^ 


)) 


4 




^^ÜJl 


)) 


7 




^y^y^} — cT^^-?^ 


» 


10 


om. 


^\].j\ 


49 


G-S 






» 


9 


om. 


^^1 J 


51 


2 




^ ^U.3- pro "^y 


)) 


4 


om . 


^ ^ 


)) 


5 


add. 


>l,Uj 


» 


» 


om. 


^<^ 


» 


7 


om . 


<i j>^;. ^^-»^ 


» 


s 


om. 


^^^ Löiu-l 


)) 


9 


om. 


^kk^l d)^> cr^'^y^^^^ 


52 


H 


om. 


^\ 


)) 


)) 




Jäs ».».:>:.« ''^*^ r-"^^^.. r 


53 


1 


om. 


o_^Ül^ .... J^ Cj-^ 


)> 


5 




... ^1:<J1 ^J^ L«-^*:^ 


» 


,S 






54 


J 


om. 


«C-^b^J 


'• 


2 


om. 




» 


5 


om. 


A,A=J\ 



^1 , y 4-^A,»-_) 



»JO 



5 j^J-^^J CT- 



.\jX\ 



[115] 

Pyg. 
54 

55 



DU MANUSCRIT DU VATI GAN. 



235 



5G 



oj 



58 



50 



iiii. 

7 



6 
1-2 



1 
8 
9 

» 

10 

2 

3 
4 
4 



/ 

8 
3 



/ 

7-8 

8 

9 



o/;^. 



oni. 



om. 



oni. 



Olli. 

add. 
om. 



om. 



add. 
add. 
om. 



om. 






^r'^. 0-' 



— diUl 



(Le nom de Dioscore est toiijours ecrit (j-J^^-^j 
'Sr^ j^. .... Vj -üai- 

4j Jlaj ^o j^l 

(^rtr-*-? pro ij:}^J 
\-*^j pro V»^ 



,k 



^ßJi <L9 Uj A^^J pLLIj (^Ls ^«^9 



^jJlIi pro Jj^i 
/»^ .... (3^_ pJj 
"^■^^ pro '^•*>* 



236 

Pag. 
60 



TABLEAU DES PUINCIPALES VARIANTES 



[116] 



61 



62 



63 



64 



65 



6(i 

» 

67 

68 



lia. 



9 
10 
11 

4 

5 

6 

7 

2 

7 
9 
10 
1 
3 
5 
6 
1 



4 



ö 

6 

8 
10 
2-3 

4 

(i 



oy«. 



o/n. 

oin. 
o/n. 
om. 



oni. 



o/n. 



a 



dd. 



o/n. 
o/n. 
o/n. 

0//1. 
0//1. 
0//1. 

o/n. 



1> 



'/>'. ^r^ 



l^^i pro ^J^". — ' 



Jl 



pro 






cT 






oni . 



]\ JoÜl bLt J^' Vj 
^ Vj Ja::^^. V ^<i'j jt- ^-^<-^i (sie) ^>^jVl 



[117] 



DU MANUSCRIT DU VATICAN, 



237 



a g- 


Im. 


Ü8 


2-3 


» 


4 


)) 


U 


69 


3 


» 


ü 


» 


8 


)) 


U 


70 


() 


V 


7 


)) 


8 


71 


8 


» 


9 


)) 


9-10 


73 


3-4 


» 




» 


8 


74 


1 


» 


2 


» 


3 


« 


6 


» 


6-7 


)) 


9 


75 


1 


)) 


3 


)> 


6 



76 



9-10 
1 
2 
3 



o/n. 



oni. 



om. 



o/n. 



dd. 



a 



0//1. 



add. 



o/n. 



o/n. 



om. 



add. 



o/n. 



o/n. 
om. 



w^^L.«-«Jl 


\^ .... v-Uil J^ 


'CXo. — 


- Ji; 


p^lj 




Cfy^ 




'^^' 




r^j^'i 




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— om. (_5^ o*^ 

•• 


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,ÄiLo_ J 





j^ >»i ^,-~j_. — um. tj:.-*-^^' 

ivi iu .... \.y\ 

ji£, ^Jlj ^_U:Jb^ ^.^j ati-^^-P"^^ ^-"^^ '^'^^. 

L) y£ A.».Ju<.> » < Ol V 

VI. _ ^u 



238 

Pag. 
76 



TABLEAU DES PRINCIPALES VARlAXTES 



[118] 



77 



78 



80 



81 



82 



JJ 



lin. 








7 




cJ^3 pro ^^'J 




7-9 




b^X 




10 




cry^r^y.- 




2 


am. 


<-^^J 




3 


add. 


by,__ V. — om. '^^■«' 




.") 




j>H;- 




6 


om. 


ö-^ 




9 




dlW dliJ . -:?i^ <:-^9 <>^-U ^Ulj 




10 




1— A^_^^ O^^ -^>?^. 




2 


am. 


u",^:'^^. 




6-7 


am . 


iUVl 




<) 




4^>-U^£9 O^»*» 




4 




jyj ^^ pro -^V^ b-Olj 




6 


om. 


o^J. — "^ J^ 




r— 




^ii.lj ^^ ^y ^^\ 6^J\ \^ 




8 


om. 


^J^ ^ 




10 


om. 


i$ yl=>-U 




1 




l;jj o'^J^ ^J^ 




2 




^^— ^ cT^^^ cT^^r ü--*^ 




4 


om. 


^_-U^ J^ 




2-3 




\y>^ uJJL' üjli« 




5 


om . 


1;a^, Ol 




7 




^jjc5C-Vl ^_^51 <».,L^y 




7 


om. 


^i j 




8 




4 •<)! est prcsqiic toujours mis pour 


ä; 11 


» 




SXJ\ ^l:<: J^^j 




9 




«j-^.-^^.^_y.^ • 





0//^. 



«« 



[119] 

Pag. 

82 



83 



84 

>) 
85 

80 

)i 

87 
88 



89 



90 



91 



Im. 




7 
8 
10 
3 



ndd. 

add. 

om. 



add. 



(; 


om. 


7 


om. 


4 




/ 


om. 


9 




10 


om. 


J 


om. 


2 




3 


om. 


4 


om. 


5 




(> 




8 




2 


om. 


3 


om . 


7 


om. 


9 




10 





DU MANUSCRIT DU VATICAN. 

>■ rj'] 



239 



<Uo iis 55-V« 


^Ji^^vr 


^yji 




U.Ä.Vi>i::^J 




v_ÄJj 




Li Ji\ 




J\ ^y^ ' 


^AT ^:ij 


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r-„j 




^^,^1 pro 


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•• 




lA^lj 




•• 


1 


<^ J^ .... 


(V^ JiÜi 


, . v^li^lb 





(j-jjllia^jj. 0??i. jJ& (^Äil 



Pag. 
•)1 



TABLEAU DES PUINCIPALES VARTANTES 



[120] 



92 



93 



94 



95 



9G 



97 



lin. 



10 
4 

9 

7-9 
9-10 
10 
2-3 

4-6 
10 
2 

3 
4 



5 



2 
3 





3 

4 



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DU MANUSCRIT DU VATICAN. 

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PATR. OR. — T. III. 



17 



242 TABLEAU DES PRINCIPALES VAUIANTES DU MS. DU VATICAN. [122] 

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Pag 
103 



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^OTA. — Nous navons reproduit des nombreuses varianles de Tappendice que deux 
seulement : les autres ne presentent pas grand interet. 

Le Ms. du Vatican ajoute (fol. 58), en chiffres coptes, les calculs, dont les regles sont 
expliquees dans Fappendice. 



LE SYNAXAIßE ARABE JACOBITE 

(REDACTION COPTE) 

« 
II 

LES MOIS DE HATOUR ET DE KIHAK 
TEXTE ARABE PUBLIE, TRADUIT ET ANNOTE 

PAR 

RENE BASSET 

Correspondant de l'Institut 
Directeur de l'Ecole superieure des lettres d' Alger 



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PATR. OU. — T. III. ^g 



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^-^ ^1<J1 ^dUU-^l jl^ JU^ err^^ c5^^ "^ jyJl r^r-*^ or*^-^-^ ^ 

1. B laJ-^i^'U^). - — 2. B , ,^a,o;A/»ai A / ^.vXA,*aJ. — - o. A ^ •<» k^aij B / w»».^.'. — ■ 4. A , t*^u. 
- 5. A J-^F"''- — 0. A i^y!. — 7. A ac?c?. ^^—•'J!. — 8. omisii B. — 0. B *^.^j 
^cfixj. — 10. B lyiülj. — 11. B j^^^n***'. — 12. B ^^J^L. — 13. B ^jl-^]^. — 14. om. B. 



♦ fol. 12 V 




MOIS DE HATOUR 

(octobre-novembre) 

PREMIER jouR DE iiATOUR 28 octobre). 

Ell ce jour arriva le martyre des saints qui combattaient poiir la foi, * foi. '±-2 v. 
Maxime (Maksimous), Numitius {Noumiti/ous), Victor {Biqtor) et Philippe [Fili- 
bos). Ces athletes vivaient sous l'empereur Dece {Ddkijous) au tcmps duquel 
les sept jeuiies gens d'Ephese (Efesos) s'enfuirent et se cacherent dans une 
grotte d'imo montagne, Ces saints etaient de Roum ' , ils etaient freres spiri- 
tiiels, non corporels; Tamour du Messie les unit. Quand Tempereur paien 
persecuta les cliretiens, ces saints se leverent et se reunirent : leur avis 
conimun fut de manifester leur foi. Ils allerent trouver le prince, et lui decla- 
rerent qu'ils etaient cliretiens, qu'ils louaient, servaient et adoraient le 

1. A; Ifriqyali Wüstenfeld, Mai' et version ethiopienne : en « Afrique ». Le Synaxaire 
de Wüstenfeld ajoiite la commemoration du martyre de Simeon Cleophas et de la Vierge 
Theona qui manque aussi dans Mai, Assemani, Malan et la version ethiopienne. 



246 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [170| 

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^ ^lijl ^^-^^„ j^ -^^ vjAJJl ^li J^--|.-»-iii ^r^ j_, Ijlj l^UJ ^c-^l 

24^^ ybj ^Uj Ä'..,:.^:^,.„all -Cj^j^l d3^__^ <j'yf^^ ^'^cr'-'*^^ ~^'Sr'^ v^ (J>^J^ 

1 B *A." ^:. — 2. B iLJlj. — 3. B w>i=srJ. — 4. B ,^\. — 5.. B L^=sr^. — G. B 
L»Msi^-». — 7. B |»*9^. J. — 8. om. A. — ^ 9. B om. J-f e« «c/ö?. -Jj^^^v^-. — 10. B U JäjJ. 

— 11. A ^^. — 12. B *4.^J w-'^j^- — 13. A^. — 14. A j^_. — 15. om. A. — 
10. om. A. — 17. B ♦^clii-. — 18. B ^j-wlo! «-*. — 19. Hanc comtnemorationem collocat 

B «(i trigesimum diem Babeh. — 20. B Jj^l. — 21. B ^JJJ!. — 22. B U^. — 23. om. B. 

— 24. B , q y-*^. 

Messie. II ordoiina de les battre : on les frappa douloureusement avec des 
l'ouets de lanieres de cuir; puis on redoubla les coups avec des bätons; on 
briila leiirs dos avec des broches enflammees; on frotta leurs corps avec des 
cliiflons de poil, trempes dans du vinaigre et du sei. Comme non seulement 
aucune de ces tortures ne les faisait renoncer ä leur crovance, mais meme 
comme plusieurs des assistants cro} aient au Messie en voyant la constance 
de ces saints, Tempereur ordonna de tranclier la tete ä quelques-uns d'entre 
eux et d'en passer (pielques-uns au fil de Fepee. Ils obtinrent ainsi la cou- 
ronne du martyre. Que leur priere soit avec nous! Amen'. 

DEUXIEME ,I0UR DE IIATOUIl 29 OCtobrc). 

En ce jour s'endormit dans le Seigneur le saint pere Anba Pierre (Botros)., 
patriarche de la villc d'Alexandrie [El hkandaryah) (477-490), qui fut proclanie 
apres saint Timotliee (Timätdous). Apres Felection de ce saint au patriarcat 
et son Installation sur le siege apostolicjue, saint Acace {Akdkijous), patriarche 
de la ville de Gonstantinople {El Qostauliinjah)., lui ecrivit une lettre oii il 
confessait la croyance en une seule nature, conformement ä la doctrine de 

1. B place cette commemoration le 30 de Babeh. 



ri7i] 2« HATOUR (29 OCTOBRE). 247 

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15 ^^j ;jUV1 J (.V-. oi^ ly^li l^l-j ^-^l^UJ^ ^ ^^:^"j V. ^^> 

<)\ylj <^ÜU^ O.^'^j ^"V- J (-r^J ^r^J r;^ ^-?^-^ ^^ ^^^ ^^^ •^- ^^ 
^1 l:^ jyC" atM^ ^>U. ^-^- pT ^^ jU J^Jl ^^<il ^ c^^-J 



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1. A l^. — 2. B ^A,n. — 3. B ^^J./. — 4. B ^1 ef ac?^. Y. — 5. /Taec f/'m ('erb 
om. B. -6. o;n. B. - 7. B _,U.^ - 8. B l'L^!. - 9. B om. - 10. B iiU^l - U. B 
add. J^3^ iiiLY^ — 12. B om. ... ^*^li^. — 13. B add. *^x*U U ^.^^ — 14. B l^-ÜJi ^. 
_ 15. B ^j^ J. — IG. om. B. — 17. B ^,10. — 18. B ^^. 



Saint Cyrille {Kirillo.^} et de saint Dioscore {Disqouros). II y demontrait que * Ton * '"^i- ''3r>. 
ne doit pas employer le terme deux natures apres rincarnatiüii sous peiiie 
d'annuler le merite de rincaniation. Notre pere Pierre ecrivit iine lettre en 
reponse ä celle-ci, pour le recevoir dans sa foi : il renvoya par trois docteurs 
parmi les eveqiies. Acace les recut ainsi que la lettre par leur intermediaire : il 
les recut egalement, les associa ä lui dans le saint sacrifice, et lut Tepitre ä ses 
confidents et ä ceux qui pensaient comme lui. Puis il ecrivit une autre lettre 
synodique et Tenvoya ä notre pere Anba Pierre : eile renfermait une quantite 
de sens. Le patriarche reunit les eveques de son siege, leur lut l'epitre qui 
les rejouit et dont ils admirerent les termes et le sens : ils declarerent qu'ils 
Fadmettaient dans leur foi : cela attira sur ce pere de grands maux de la 
part de ceux qui lui etaient opposes en religion et en opinion. II fut banni 
de son siege, puis y revint apres un certain temps. II etait assidu ä instruire 
le peuple et ä le precher, cxile ou present, par ses epitres et ses discours. II 
resta huit* ans sur le siege apostolique, puis il mourut en paix. Que sa priere 
seit avec nous! Amen". 

1. Ou treize ans. — 2. B place cette commemoralion le 1'^'' de hatour. 



248 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [172J 



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Jj ^Jl J i_^ Üb A^^^ ^I-Vl jl^j ^^n^ J^ W ^^ ^^^ '^^^ t^^ 
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^uZ^\^ l^xl^\ jv-Lij^^ ^„-*^ J^ ^^^ Ca-LJ1 v^r^^ cT^ (J^ J^-^^ V-::^^ 

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1. B (S^\. — 2. B , ..^'j^S'. — 3. om. B. — 4. B add. ^\. — 5. B ,.^^JJ,'. — 

6. A sUjij. — 7. A \^ B arfflf. JJ^lj. — 8. A om (jUi. — 9. B ^by)!. — 10. A 

^^^^r. — U. B L^-,'. — 12. A j^_f^. — 13. A ^,-V- — 14. B ij. — 15. A ^^^-rrb'- 



TUOISIEME JOUR DE HATOUll (30 OCtobrc). 

En ce joiir s'endormit dans le Seignciir le grand saint Cyriaque {Kiryä- 
qous). Cet athlete de la foi etait origiiiaire de Corintlie {Qourintyah), et fds de 
paronts chretiens orthodoxes. Ils le firent instriiire dans les sciences eccle- 
siastiques, puis le presenterent ä notre pere Pierre [Bofros], eveque de Co- 
rinthe. Celui-ci le benit comme Lecteur : c'etait son coiisin. II s'adoiinacnsuite 
assidüment ä la lecture et ä la recherche du seus des livres de TEglise; il y 
surpassa beaucoup d'hommes. L'eveque le laissait lire continuellement au 
peuple ä l'eglise et dans sa cellule : il se rejouissait beaucoup de celte lec- 
ture. Quand il eut atteint Tage de dix-huit ans, ses parents voulurent le 
marier. 11 refusa et leur demanda de le laisser aller dans un couvent. Lorsqu'il 
foi.'.3v. eut nmltiplie ses instances, il desira * revetir les vetements sacres. II alla ä 
Jerusalem {Yarouchalim) et se rencontra avec saint Cyrille (KiriUos), öveque de 
cette ville sainte. 11 lui exposa ses projets de vie monasliquc; revequ(3 ap- 
prouva son dessein et lui annonga qu'il serait un Pere illustre, qu'il livrerait 
de nombreux combats, par lesquels les Ames de beaucoup de jeunes gens 
seraicnt illuminees. Puis il le benit et l'envoya au Pere venerable Euthymius 
{Aoiithimyous), superieur des moines de Palestine [Filish'n). Celui-ci Taccueillit 



[173] 3" HATOUR (30 OCTOBKE). 240 

iy^^j SiLJl <uA«)j ^^j^ y^-^ roLL« (jÄnJ «uA^ jv* "C^a^i jj-U a^j <ä r^j 
IcUij ^Ulj bCjj -»UJLU-j 4;j-^ S^-^ ^^U -'UJl ssljj. jl^iJI J^ j 

<,i . <,U <^, "y^ y-^^ -Uääj^ ,j-»^ (^^L J^J (J^'^'*'^ *^'^ ^~ ^v'^ JjliacU Icjjj 
aJUI ^j^^'^J ^>^ ft-^" V'L:^ ^''V^.^^^ J ^^ ^J «Ujisj <-^l;j ^AaJl ^'Vj^Jl 

^_,;:^ JUjjl <-^„-^. ^''->^y\ J\ ^^'3\ ^^<'^ V^ ^^r^ '^k^ '^^^::' -*^*; ^-*^~^ o^ 
jyJl ^__^ «cl aJI J^\:S\ xtsoj ^^d)l> ^!1 ^&x ^di )ijk\ ^y_ «Ob J Ij^oijlo 

^V^-J^J^" »j^^ J '^^ "^^ ^^^ ^^^-^^ ^:-^' ^^^^ ^^^ -^^-? ^^^>-'^ a- 

1. o;?e. A. — 2. A 5i^>^ B v-^.. — 3. B om. *l3! s'j.^. — 4. o/a«. A. — 5. oin. B. — 
6. A om, !aJ!j LCj^. — 7. A j$'i ^U^. — 8. B i^Aä J^j. — 9. A ^-J^.^. — 10. B 
add. iioA^. — 11. A U-j jl. — 12. B ^^*^!j- — 13. A ~^^. — 14. A i^^»^.:^. — 15. B 
ijij. — 16. A JU — 17. B om. 2Si\ ^\. — 18. B add. s^kj a^j !i)!. — 19. ß ^^ 
.^!. _ 20. B add. ä^ ^^. — 21. B o/w. ... w-o/. —22. B ^^j.^_^jb. — 23. B 
, ^<j.>U,!. — 24. H add. J'ji.15 »-^s ix) ,', ioUx^', v — ä'l Ju«cv^ Ixw ,.wp. — 25. LudoH' om. 
Aa/2c comm. 

avec joie, le revetit de Fliabit monastiqiie, puis le remit ä un des vieillards 
du coiivent, pour l'instruire, lui apprendre ä servir Dieu, le rendre patient 
vis-a-vis des ruses de Satan, que Dieu le confonde! II montra une belle con- 
duite, de Tausterite, un ascetisme excessif, de la modestie et de la chastete. 
Dieu lui accorda le don de guerir les maladies; il guerissait tous ceux qui, 
atteints d'une maladie grave, venaient au couvent. Sa renommee et le bruit de 
son merite et de sa saintete se repandirent. II accompagna notre pere Cyrille, 
eveque de Jerusalem, lorsqu'il assista ä Constantinople (El Qostanünyali) au 
Saint concile des cent cinquante qui se reunirent contre Macedonius (Maqi- 
dounyous), Tennemi de l'Esprit-Saint : il le combattit et lui resista. Quand il 
eut atteint une vieillesse avancee, il mourut en paix. Apres sa mort, Dieu 
manifesta de nombreux miracles par son corps. C'est ainsi qu'il est reste dans 
un des couvents de la ville de Jerusalem sans subir d'alteration visible ä qui- 
conque s y rend. Gelui qui y vient et le voit, croit qu'il est mort depuis peu 
de temps, bien qu'il se soit ecoule environ sept cents ans, car il vivait au 
temps de Theodose (Tdoudousyous) Fancien, pere d'Arcadius [Arqädijous) et 
d'Honorius {Anouryous). Que son intercession soit avec nous! Amen '. 

1. Gelte commemoration manque dans Ludolf. B la place ainsi que la suivante au 
2^ de liatour. 



250 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [174] 

^ O Ist^J^ ^^K-^^ (3-^^J f-J^ «rr^ <j ^^J Lo-Ä^l (3 jlls-l Uj "ij^ Zj\y£. 

"fol.'.'ir. jy* ,^ <>* ^'J' f^' 

\}-VjJ!:I>^l ^j-jls (j^j^ ^Ui ^^jüj ^_y„ cT*"!."*^' Ot^-^ "*^ r^^ ^"^ ^ 

1. B i^'j. — 2. B add. j Lv.l'bJ-^. — 3. Ludolf om. has comni. — 4. herum narrat 
B at/ tertium diem cominemorationes S. S. Cyriaci, Athanasii atque Irenei, dein pergit 
ad quartum Haiur diem. — 5. B J^^ä*«^. — 6. B U. — 7. A ^J'-5=^ — 8. A om. 
.... J^. — 9. A om. ... Jj. — 10. A A.i. 



Ell ce joiir egalement s'endormirent dans le Seigneur saint Allianase 
{Atanäsi/oiis) et sa soeur Irene (Iräni) apres avoir subi de nombreuses tortures 
de la part de Maximien {MaJxsimydnous); quand il fiit confondu ä leur siijet, 
il ordonna de les jeter dans une citerne vide qu'on recouvrit sur eux et ils y 
moururent. Que leur intercession soit avec noiis ! Amen ' . 

fol. Vi T". * QUATRIEME JOUR DE HXTOÜR 31 OCtobrC . 

En ce jour, nous celebrons la fete des deux saints peres Jean (Youhaiwä) 
et Jacques {Ya'qoub), eveques du pays de Perse (Fdres), martyrises par Sapor 
{Säbour), fils de Ilormuz {Hormoz), roi des Perses {El Fors), quand il leur demanda 
d'adorer le leu et le soleil et de ItMir ofl'rir des sacriüces. Comme nou scule- 
ment ils ne lui obeissaient pas, mais encore ils instruisaient le reste du 
peuple et le confirmaicnt dans la croyance au Messie, 11 ordonna de les tor- 
turer. lls subircnt de nombreux tourments; conimc ils ne renon^'aient pas ä 
leur opinion et ä la foi dans le Messie; comme ils ne cessaient de precher 
le peuple et de rcneourager, quoiqu'ils l'ussent au mili(!U des tortures et 
comme ils repoussaient les proposilions du roi. 11 les fit jeter dans le feu. Ils 

1. Ces commemorations manquent dans Ludolf. Pour le 3 de halour, B röp6le les 
commemoralions quil avait placees au 2 du memr niois. 



fl7ol 4« IIATOUR (31 OCTOBRE). 251 

U^->U j-:r^_'^\ 4^U^ ^ ^\ ^JJ^l ^'^J C-;— " ^-Sr^^ ^. ^j^ 

lyOl. jl U ^^1 <t\.L A. ^U -y^i^-Jl JJL«^ ^..^ ..J^\ Uy A^.-ii-.l <ij 
AjbJu ^ All ^Vl Jl <^ dlJi J£i ^«Oc V^^li (v^l-^ -^^ J^lf- <V '^M 

^Lii^ ^^ ^li V Jlü 4J1 j^ d-u^ ^A ^^^-^ ^r*"^^ J^ ^>^ ^„^ 

i'»^l bc. ^-^jyC- <%^ i-^S^l^lj SUJl oLl^l Jl'j ^V^* 

jLUj^ U_j^l ^yL_w^C ^L5 ^ ^SJ>\ JljJl Aii^ L.^. j^ ^jj ^-^ 

1. om. B. — 2. B "il'jj. — 3. B JJ^K — 4. om. A. — 5. om. A. — 6. Ludolf om. hnnc 

comm. — 7. B om .,! U. — 8. B 'Lsls. — 9. A om. — 10. A ^li. — 11. B add. 

U. — 12. A C^*^. — 13. A om. j »^^-^ — 14. A om. i^^^- — iö. Ludolf om. hanc 
comm. — 16. otn. A. — 17. A J.^iu;:.w!. — 18. Malan : Adrianus. A ^^y\i_j\jp B ^^b^^. 
— 19. A tyl^. 



y rendirent leurs ames ä iiotre Seigneur le Messie et regurent les couronnes 
de gloire avec la foule des saints. Que leur priere soit avec nous! Amen'. 
Ge meme jour mourut martyr Thomas {Toiimä), eveque de Damas [Dimichq), 
martyrise par le roi des Arabes {El 'Arab) lorsqii'ils s'emparerent du pays. 
II avait lutte contre un de leurs docteurs et avait triomphe de lui. Gelui-ci le 
denonga au prince comme ayant maudit sa secte. Le roi le fit venir et lui 
demanda : « Est-ce que tu as maudit notre secte, comme celui-ci le pretend? 

— Pour la malediction, dit-il, eile n est pas sortie de ma bouche, mais j'ai af- 
firme que le Christ est vrai Dieu et qull n y aura pas de loi apres la sienne. 

— Et notre loi, dit le prince, vient-elle de Dieu ä ton avis? — Xon, » repondit 
Thomas. Le roi ordonna de lui trancher la tele; on la lui coupa et il obtint 
ainsi la couronne de lavie et du martyre. Que sa priere soit avec nous! Amen". 

En ce meme jour moururent martyrs les deux saints Epimachus (Abi- 
mäkhos) et Gordien [Ghardijdnous) ' : tous deux etaient de la ville de Rome 
[Roiumjah). Ils furent denonces au gouverneur qui Tadministrait au nom de 
Maximien, comme croyant au Messie. Quand ils furent en sa presence, ü les 

1. Gelte commemoration manque dans Ludolf. — 2. Gelte commemoralion manque 
dans Ludolf. — 3. Malan : Adrianus, corrige en Alexander, noie 0, p. 55, d'apres 
Tillemont. 



252 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [176] 

^A, i ^^y^ ^1:^1 j^j ij^ ^'' u.^j ^S^\3 "^^-J^ c5^ ^-*J^ '^ «^^ ^^^ ^J ^ 

^^ ^yy^J^ ^^1 j^ '»-^b ^>f^J V^-? Vt^^ ^""^^^ ^ >-a^J ^>JJ>=J^ 

^^ ^UJl aUi a:^ j^ -U ^JJI ^x^\ -^U ^'^ j^^ -^~rJb u-U^ ^^^. 

1. B .,l.5^r*--\ — 2. B 'ms^Lj. — 3. B .,U:r"'*. — 4. A om. — 5. B UyLj. — 6. A 

ow. . JjJ! ^-^j'j. — 7. A Jij. — 8. A ws.U!j. — 9. A add. wJ^^^i. — 10. B^b^. — 

11. B *^li^. — 12. A add.j^-^. — 13. B Jj. — 14. B .^j^\. — 15. B «^oJ. ^J^'' 

CJI. L IG. o/«. B. — 17. oin. A. — 18. A wJi;-. — 19. B ^r^^^^'- — 20. B ^Jj. ^,1 

,U!. — 21.B -> c^M. 

interrogea sur leur foi. Ils afTirmerent qii'ils etaient cliretiens; puis ils repro- 
clierent au gouverneur cFavoir abandonne le ciilte du Dieu (jui a cree les 
cieux et la terre et tout ce qui s'y trouve, et d'adorer des idoles faites de la 
main des hommes, (pii n'eiitendent ni ne voient, oü liabite le demoii qui 
*foi.'i'i\ . egare les hommes par elles. Le gouverneur fut surpris * de leur insistance et 
ordonna de leur trauclier la tete. Ils rrcurent la couronne du martyre. Que 
leur priere seit avec nous! Amen. 

ciNQuiEMK JOLR DK HATOüR ^1" novembrc . 

En Cf jour apparut la tete de saint Longin (Landjinous), celui dont la 
lance peroa le cöte du Sauveur, tandis que cclui-ci efait sur le liois de la 
croix; voici comment cette tete fut trouvee. Lorsque Tempereur Tibere Gesar 
iTibdrijoti.s Qaisar) cnvoya en Cappadoce (7^7 Qdhädoiui) trancher la lete de 
Longin comme c'est mentionne le vingt-trois d'Abib, la tete et le corps reste- 
rent abandonnes. Le soldat qui avait apporte Tordre de decapifer le saini, prit 
la tete, la porta ä .lerusalem {Yarouchalim) et la rcniit ä Pilate (fiilatos) 
(|iii la montra aux Juiis, ce qui les rejouit. Lnsuit«' Pilate ordonna de l'enterrer 
dans un nionticule liors de Jerusalem. Elle y fut enlerree. Au bout de quel- 



|-i77J 5-^ IIATOUR (1'^'^ XOVEMBRE). 253 

x>cj:^ C-aUI jl'Vi j^ dj*-^ ^^y. Cj->^j ^-^j Zj-^^ c*^ ^\ ^^\ ^^^-c 

^::jCi Ui>l Jl V^>!. Cf* C"^-^-' ^^'^-J '^>-*^ V'J^ ibjli IajJj >i,U ^vlüj^ 
^_^_^ ^^xl}\ ^V^ i ^"^^^^ ^"^^ '^^^^ ^^-J ^^ ^'-J ^^-^-■*^ ^; 

l^J p..^ «_, l^.::*^jj W^-? cT^-r^^ ^^-? ^^:r^^ ^"^t-^-t li-^^Ü^j UVlj Lj 
**-^ -^1 L*« ^^ jy^" ^^ o^^ff^ lT".-^ S^Uj ^_...^Ü i*A>c«^ Ua<1, J\ .:u^j 



1. B Ji->M^'. — 2. B vJUil^. — 3. A Jj.. — 4. B (J-^^^^^J- — o- o/«. A. — 6. B ^A;:;jj. 
— 7. om. B. — 8. B UL.*3. — 9. A ow. 'jj-^-i^ IC c^Ci. — 10. B vJl^^^^U. — 11. B 
1^1:^ ^. _ 12. B J ^. — 13. A C^j-^iÄ. — 14. B ..^-i= ef add. j^ . — 15. A 



o/??. 



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I ^. _ 10. A c>r^'j- — i"- Pro .... iJ^! ß habet J^!. — 18. om. A. — 19. Ludolf 
om. hanc comm. 



que temps, iine femme de Cappadoce qui avait cm par rintermediaire de ce 
Saint, pendaut qu'il y annongait Tevangile, et qui, lorsquon le decapitait, 
etait restee debout le regardant et pleurant, devint aveugle par un dessein 
de Dieu. Elle prit son fds et se dirigea vers Jerusalem pour profiter de la 
benediction des monuments sacres, s y prosterner et implorer l'intercession 
par ce cimetiere saint et salutaire, dans Tespoir de recouvrer la vue. Lors- 
qu'elle arriva ä Jerusalem, son üls mourut. Son cliagrin redoubla ä cause de 
cette mort, de sa cecite et de Fabsence d'un guide pour la ramener dans son 
pays. Elle versa beaucoup de larmes. Quand eile eut pleure et quand eile fut 
accablee par le chagrin, eile s'endormit. Elle vit en songe saint Longin, ayant 
avec lui son fils qui etait mort et lui disant : « Va ä tel endroit et enleve ma 
tete de lä ». Quand eile s'eveilla, eile s'informa de cet endroit et y alla. Lors- 
qu'elle y fut, une brise parfumee s'eleva et quand eile eut creuse, une lumiere 
brilla, * ses yeux s'ouvrirent, et eile vit sur-le-champ. Elle loua le Dieu MoI. 'i5 r 
Sauveur, notre Seigneur, notre Dieu, notre Sauveur Jesus le Messie, baisa 
la tete, la parfuma, la plaga avec le corps de son üls, et partit pour son pays, 
louant le Messie et rendant grace ä saint Longin. Que son intercession soit 
avec nous! Amen. 



254 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [178] 

^^S]\ )iJl JhJ:. J\ ^jilT ^„-^^ ^^-^ ^/r^J -V^^ ^cT^^^ ^^ V-? ^ 

l^l^Ja^l ^=jr^^. ör^^^ J^ -'^"^ -''^ ^^cTJ-^J^" ^•^. ^^J ^^ ^^er'-'-^ 
U* '^2^1j (-r^ '^^ '^^-^. c5^ -^r^b ^^^ -^>^ p^Lcj 18^^ 

1. B, Ludolf, Malauo/??. hanc comm. — 2. Wüst. Thomasiiis. — 3. B om. harte comm. 

— 4. om. B. — 5. om. A. — 6. B J.. — 7. B ^^j^J IL^!. — 8. B om UL — 9. B 

JjUä«. — 10. B , v^^JaO. — 11. B iJ,J-L.C!. — 12. B LrjaJ. — 13. B Ui >.ui3. — 
14. A Lc,. — IT). B om. S. — 16. /e^e ^\^f,. — 17. /e^e ^^-'jj'^- — -l-S- A^^ .jl^ia^'. 

— 19. K'ij^ — 20. B »Jo. — 21. A l^:^^. — 22. B om. ^^. 

Ell ce jour egalement, a lieu aussi la commemoration de saint Domnas 
{Toumanyious) ' le martyr et du transfert du corps de saint Theodore {Tddros) 
ä Cliatab, sa ville, au sud de Syout (Osyout). Que leurs prieres soient avec 
nous - ! Amen. 

sixiEME JOUR DE HATOüii (2 novembre). 

En cc jour s'endormit dans le Seigneur le saint pere Felix (Fililios), pape 
de Rome {lionmyah) ; ce saint etait üls de parents chretiens qui le lirent 
instruire dans toutes Ics sciences. II suivit tous les degres de la hierarcliie 
ecclesiastique. Etienne {Astätyous), pape de Rome, lui confera le diaconat. 
Lorsque Xyste (Koiistos) fut elu pape de Rome et 'qu'il vit le succes et le 
merite de ce frerc, il rordonna pretre. Quand notre pere Denys {Dijou- 
nousj/ous), pape de Rome, s^eiidormit dans le Seigneur — c'etait au temps 
de Tlieonas (rdound) pape d'Alexandrie {El Islmmlaryah) {'2i^2-^0i)) — ce ipdre 
fut elu pape de Rome et il fil la meilleurc garde autour du troupeau du 
Messie. Apres la mort de Probus {Baroulos) Cesar (Qcusar), et Tavenemcnt de 
Carus Cesar {Täoudoros Qa'isar), celui-ci excita une violenle persecution contrc 

1. AViislenfeld : Thomasiiis. — 2. Cette commemoration manquö dans B, Ludoll" et 
Malan. 



-179J ß' HATOUR (2 NOVEMBRE). 255 

^4)1 -»jOIäU <^^ JUr 4)1 J\ cV^ls <~b j^j <jr^^j ^^i^ iAJi o ^ Jl; ^Vl 
^L 1-clj ^3:^=^^ ''AjJa-;.! ^l<3l ^^-IjjMIo diu jl Uj <<!, ^ Ll. j\: J 

i^i^j jUrj J^j l^^ ^2g^ :^[a:^j '^Vl^l i^^üi. jl a*. ,j^j ^ 

löj^l i^Lk J^" <^y \j^ ^l; ^j ^^oUliii^Vl J 

1. A Jü. — 2. B 5JjJ-i^. — 3. om. A. — 4. B J-^X^U. — 5. A ^-o. — 6. B ^.M — 
7. A \^^\. — 8. B iUs^. — 9. B Ä^.s^. — 10. B UU. — 11. B add. 'ij^. — 12. ^jiL. 
— 13. B (jaso_;. — 14. B add. ,_.-i^' ^. — 15. /'/•o .... i^ Äa^e/ B UJiis^ ^\j\^. — 
16. //anc comm. om. Ludolf. — 17. om. A. — 18. B om. ... 13^"^!. — 19. om. B. — 20. B 

om ^*. — 21. B «^,.s^^ U. — 22. /*ro ♦^1^1^^ B habet l^*-^ ,j^^ U-JjLI/o. — 

23. Ludolf om. hanc comm. 



les fideles du Messie et leur fit subir de durs tourments : beaiicoup d'entre 
eux perirent martvrs par soii fait. Ce pere en ressentit iine grande peine : 
il en fut attriste et oppresse. II implora coiitre lui Dieu tres haut qui fit 
mourir fempereur la secoude annee de son regne. Lorsque regna Diocletien 
{Diqlddi/dnous) Tinfidele, il persecuta les cliretiens et commenga ä les tor- 
turer. Ce Saint demanda ä Dieu de ne pas lui laisser voir le supplice d'aucun 
fidele et il mourut la premiere annee du regne de Diocletien. La duree totale 
du temps qu'il resta sur le siege apostolique fut * de cinq ans" et demi, apres * toi. 45 v. 
avoir laisse beaucoup de discours et de traites, dont les uns sont des sermons 
et des Instructions et les autres traitent des questions de foi : ils sont extre- 
mement utiles. Que sa benediction descende sur nous! Amen'. 

En ce jour egalement, le Sauveur, notre Dieu, notre Roi, Notre-Seigneur, 
Jesus le Messie se reunit avec ses disciples purs ä Qosqäm, ([ui est El 
Moharraq; c'est lä qu'eut lieu la premiere messe, comme le temoignent 
Saint Philothee {Filoutäous) et saint Cyrille (Kirillos) : que, par leurs prieres, le 
Seigneur nous comble du pardon de nos peches! Amen". 

1. Celle commemoration manque dans Ludolf. — 2. Celle commemoralion manque 
dans Ludolf. 



256 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. . [180] 

^Ul ^ \^\: i^l jl^ lÄfc j\jX^^\ ^j^j>- (j-i-^^^ -yiti^l ^_^1 lÄA J 

^^ k::^:iLas ■r-_jLZJ I^Iä><s1 ^ /»IVi ^jä» jJ .ji^^p- js-v^j a^i (_/_^»^jV j^j 
^'^j»^.::*.^ Us ^'^y*- «-VwTj b^y_ (**J ^^ ::"' "-^ j^-' ^"^V "^.-^^ r-'^ 

1. A LOj. — 2. om. A. — 3. A om JjsUt^''. — 4. om. B. — 5. B JLi.. — 6. B 

om. flü^ .!, — 7. A om J-^^• — 8. B »Uwj. — 9. A io^l [js-n-^^, — 10. A l-^-»^.. — 

11. A .o/^J- "~ ^^- ^ i--rr'^^-^- — 13. B <jJ>j. — 14. B ^^^t^ä-st^. — 15. A IjU. blj^ B ä^W. 
— IG. B om. ^-^^ Ui. — 17. B ^^oU. — 18. B *^-tr^— '. — 19. A ^^> B Ls^. — 20. B 
^llO! jU. — 21.Bliv*J.. 

5 \ J -^ 



SEPTiEME .jouu DE HATOUR (3 novembrc). 

Ell ce joiir moiirut martyr saint Georges (Djirdjis) rAloxandiiii [El Is- 
kandaräni). Son pere etait un negociant d'Alexandrie {El Iskandavyah) : il 
n'avait pas d'enfant. II assista a la fete de la consecration de Teglise du 
Saint atldete, grand parmi les martyrs, Mar Georges de Lydda [Lodd), le 7 du 
mois de Hätour, et il demanda au saint d'interceder pour lui aupres du 
Seigneur afin (|u'il lui accordat un enfant. Dieu accueillit sa priere et lui 
donua un iils qu'il appela Georges. La niere de ce saint etait soeur d'Arme- 
nius {Anndjiijous), gouverneur d'Alexandrie Ses parents nioururent et il resta 
cliez son oncle maternel. II etait alors Age de vingt-cinq ans. II elait chari- 
table pour les pauvres, compatissanl, vertueux ami de Teglise. Armenius avait 
une fille unique. Un jour eile sortit avec ses compagnes pour se diverlir. Elle 
renconlra hors de la ville un couvenl oii se cacliaient des moines : ils clian- 
taient melodieusement. Leurs liymnes lui penötrerent dans le coeur et eile se 
mit a interroger le jeune homme, son cousin Georges, sur le secret de ce 
langage. 11 commen(^a ä lui en faire connaitre et comprendrc la significatiou 



lol. 46 r 



[181] 7' HATOUR (3 NOYEMBRE). 257 

JJ^\ cX^'^\^\j^ z^^^ ^b ^\ ^^ "^^ J^ o^^ ^ V^iL^j \^. ^oUi- 
Ui^ A;ipj <<^ 1^'Ul.l j ^\ jl^ ^^\^ y^ .jrrjr J^ "V^-^^^ ^-^'^ ^^V^^ 

^^j^^ ^^ ^:>^\ ^^-J^H- -^^ ^k>-- '*V-^ ^^ ^^ ö^J ^^V^^ ^^ J^J 
«^ «cJU>.j ^'^i-u^ Zj^\^ cX^j\ (J-^'M -^^ ^^^^ *-:^^ ^ ^-^-^ J^ ^^"S 

1. B om. — 2. B lif^. — 3. B .^•^r^'^'- — 4. B o/n. l^'^ C^i^U. — 5. A U_.j!. — 

6. B om. — 7. B |^iS' Mj^. — 8. B l^Jd.'. — 9. A U-j. — 10. B »J-^^. — 11. B 
VäJI. _ 12. om. B. — 13. B add. ^JiJ'. — 14. A L;.::;^. — 15. om. A. — IG. om. A. 
— 17. B v^iUr».. — 18. om. B. — 19. B ij , JJ^'. — 20. B .5^^ — 21. A om. — 22. B om. 
.... Jj^. —23. B W5L-C. 



et Uli apprit les cliatiments (|u'encoiirent les pecheurs et les regrets qii'exci- 

tent les justes. Quand eile revint pres de soii pere, eile lui fit savoir qirelle 

etait cliretieiine et croyait ä Notre-Seigneiir le Messie. 11 la flatta et clierclia 

ä la seduire , mais eile ne se rendit pas ä ses paroles. Alors il ordonna de 

la decapiter. On lui traiicha * la tete et eile re?ut la couronne du martyre. *füi, 46 10 

On apprit au gouverueur que c' etait Georges la cause de la revolte de sa fille. 

II le fit saisir et torturer cruellemeut. Puis il l'envoya ä Antinoe {Ansind). 

La il subit toiites sortes de tourments; ä la fin, on tranclia sa tete sacree et 

il regut la couronne du martyre. II y avait lä un diacre nomme Samuel 

(Samouil) : il recueillit le corps du saiiit et l'emporta ä Memphis {Manf). A 

cette nouvelle, la femme de son oncle Armenius envoya chercher son corps 

et le reunit ä celui de sa fdle, la martyre, ä Alexandrie. Que leur intercession 

soit avec nous! Amen. 

En ce jour mourut aussi martyr saint Abä Naharouali '. II etait des gens du 
pays de Phiom (Fai/oiun) et craignait beaucoup Dien. (^)uand il apprit les 
histoires des martyrs, il alla ä Alexandrie {El hkandaryah), voulant y mourir 
au nom de Notre-Seigneur le Messie. Une voix lui dit en senge : « II laut abso- 
lument ({ue tu ailles ä Antioche {Antdkyah). » II reflechissait cominent il pourrait 

1. Assemani : Lucius. 



258 SYNAXAIRK ARABE JACOBITF:. [182] 

aa^j j.ii>t^ ^':>^^ '~^iJi J^j^ ^y^ ^ v^„ j^j ^'^ J' <y^, ^ j^ J-^„ 

^^Ij düUI ^_^1^>U^ ^U^^^jlj ^Ikl^;^;^^ jl ijA^^VI j^ a::^^! ^ 

u^ jjd,! ^^ ^^-i*)l ^y\ ^^-^ ^^ ^"*u^ ^(*-*j ^^^ p^ '^^^-^ (*"' cy.^ 

üj^^oÄi^^ ^^ J^^j o:^^^ C:^-' jU*Jl ^jjj jUl ^^J^v^ ^^-? i^j-Vi 

^ is^j ^A^ ^^J^U du ^^,^^>^\ ^^y, jy^^ o^"b ^^^•^. ^'^ ^r^\^ 
22^1 U^ ^^ j^<r <^^-i ^^ ^^>^. ^4 J^ ^^-^ crf'J^ 
•^25 j^j IJ^ jl^ '^"^j,^" ^„-^ ^^^^ ^r• ^^ cTl-^^ ^"^^ C"^" ~^^-^ "^-^ 

1. B o/«. — 2. B ^yJl. — 3. B om. — 4. B ji^U. — 5. B »jij ^^cj. — G. A ^^^^j. 
_ 7. B s^^. — 8. A om. >JUÄ;i> *-U. — D. A J.J. — 10. B ^j^^^-. — H- A ;J:>/^'- — 

12. A 3>^^ 13. A jj^. — 14. B Li'lkj'j. — 15. B om. — 16. A om. — 17. A J-^i;.;:^!. 

— 18. B -säUs'^'. — 10. A 3-d.!. — 20. A om. — 21. A om. —22. Hanc com/n. om. 
Ludolf. — 23. A om. — 24. A -^. — 25. B .,'i' ' J^. — 20. om. B. — 27. A LiLC. — 
28. om. B. — 20. B J^^- — 30. B bL*j. 

y aller et clierchait uu vaisseau pour s'embarcjuer. Alors Dieu lui envoya son 
ange Michel [Mikhdyil), qui le porta sur ses alles d'Alexandrie ä Antioche et 
le deposa devant Fempereur Diocletien {Diqlädijänous). 11 confessa le Christ; 
Tempereiir l'iiiterrogea sur son nom et son pays et fut surpris de sa presence. 
U lui offrit des presents et des vetements d'iionneur. Mais le saint refusa; 
ensuite il le mena^a, mais Tautre n y fit pas attention et ne h' craignit pas. 
Alors Diocletien ordonna de lui faire subir toutes sortes de supplices : tantöt 
on lacha contrc lui des betes feroces; tantot on le brüla dans le feu ; tantot 
il fut mis sous un pressoir, on le fit bouillir dans une chaudiere; ä la fm on 
trancha par Fepee sa tete sacree et il obtint la couronne du martyre. II fut une 
compcnsation de la foule des martyrs d'Antioche qui perirent en Egypte [Misr) ; 
*füi.'.<;v . en effet ce saint etait * d'Egypte et il subit le martyre ä Antioche. 11 arriva 
que Jules d'Aqfahas [Youlyds d Aqfahasi) se trouvait la : il prit son corps et le 
fit transporter dans son pays avec de grands honneurs par deux serviteurs 
qui lui appartenaient. Que son intercession soit avec nous ! Amen ' . 

En ce jour, aussi, s'endormit dans le Seigncur le saint pere AnbA Mennas 
[Mind), eveque de la ville de ThiriouT (Tami). Ce saint etait des gens de la 
ville de Samannoud : il etait fds unique. Ses parents craignaient Dieu et agis- 

1. Celle commemoralion manque dans Ludolf. 



[183] 7« II ATOUR i3 NOVEMBRE;. 259 

Ju=^ U^ ''^Vl U* Ji V:"^ ^^ ^^^ ^. ^'^^-^^ ^^ O-* ^^^-^J VjJ^ 

Ju* jl Ü ^, V l^ JUJ lL.^J\ J ^j^sJ^ S}^ -uj S^ c^i^U ^-iU:^_ 
i^L^L" c.^r 1*^^^ ^^^ ^.--V ^^l;L^ U^V ^JUl j j-:>-;j jU^^ JUl 

J^ ^^dUi jl^j jU"^ y} ^^^.-^^ J-^ J\ ^yi ^} c-'La j^^j ^.ja:<^V1 cjw, 

1. A *j^'^1nöj *^_j~9 3. — 2. A *^C«Jj. — 3. B Q*Ä. — 4. A *^^- — 5. B ,'^_u;.. 

— 6. B arft^. .,üpi. — 7. A l^^j^j. — 8. A *>-0j. — 9. A om J^-^ Jj. — 10. A 

i,,^. _ 11. A yü^.. — 12. A om. — 13. A *3«.)l»^^!. — 14. A ]j*i\^_ ^^^3- — ^5. A m^^^ 
LjI^. — IG. Badd. ^^r'- — 17. A *^jü. — 18. A \j^Jj^ \y^^. — 19. A om. — 20. A 

^^'. — 21. o/«. A. — 22. B Jjc:->. — 23. B ,.^'. — 24. A »»-IL Lj'5' *^J^. — 25. om. A. 

— 26. B om. j. — 27. om. A. — 28. B om. .Lo ^JJl. — 29. om. B. — 30. om. A. — 
31. o/«. B. — 32. B ^U^. — 33. A **Xvi. — 34. B ^;K 

saient comme les meines dans leurs jeünes, leiirs prieres et leur ascetisme, 
si bieii que leur reputation s'etait repandiie parmi les peres. Ils marierent 
leur fils contre son gre, mais il accepta la chose par obeissance poiir son 
pere. Quand il alla trouver sa femme, il convint avec eile qu'ils garderaieiit 
leur virginite et leurs corps dans la purete. Ils pratiquaient de nombreuses 
devotions. Ensuite il desira mener la vie monastique et il dit ä sa femme : « 11 
ne convient pas que nous agissions comme des moines tandis que nous 
sommes dans le monde » — car ils revetaient des cilices sous leurs vetements 
et passaient toute la nuit debout ä veiller en priant et en recitant les livres 
divins. Apres cela, il lui dit adieu et s'en alla au couvent d'Anbu Antoine 
{AntounyoKs) dans le but de s'eloigner de ses parents, qui le cherchaient par- 
tout avec Taide du prince. Avec lui, se rencontra lä, dans la vie monastique, 
Anba Rhayil qui devint patriarche de la ville d'Alexandrie {El Iskandaryah) 
(743-767). De lä, aussi, ils vinrent ä la montagne de saint Macaire {Abou 
Maqdv) : c'etait au temps des deux astres . lumineux Abraham (Abvaäm) et 
Georges (Djäourdjah). Ce pere Anbä Mennäs fut pour eux un fils vertueux; il 
habita pres d'eux, redoublant ses actes angeliques et profitant de leur science 



PATU. OR. — T. III. 



19 



om. 



260 SYNAXAIRE AKABE JACOBITE. [184] 

' foi. 47 1-". ^i j^j a!.vr^ t>jVl ^ ^y.^ -^Isls ^Uj J A>^^ * ^IVi ^_^, ^Jj jlkjüi 

*— ^^"j jj^J t^J ^-^ ^"^'^ "^ ' J^9 d^;^^kJl a::^^ ^a J-wj 4jUi^^^<^Uj ^iüL-Vl 
j^^l ^ ''(.j^-^ ^^^ '^p-Uai 4JJI ^ ^Vl Iaa jl «^LV^ ü^^isLs ^Ji jl^ ^ 

^'^aJI lyl ^^*1 ^>^1 <ijUi ^«f- bj^j j^Vl ^r^.^ J ^ >-i^. j^^ ^^ (_^ 

1. ß ^ü. — 2. B ^Ul. — 3. om. A. — 4. B ,..J=Li.Ji. — 5. A LsUiÜ'. — 6. B «Ur^. 

— 7. A Jv^3. — 8. B <>ILU. — 9. B ft^_^j. — 10. om. B. — 11. B ^^i 'Pa> ^J' i>;:oJ.^, 

— 12. A ^<ü. — 13. B ^y.' J^.. — 14. sie A et B; lege jsy. — 15. A ^Li B |yl|. — 

1(). A om xUl ^.^ ^J^^.- — i7. A !yi^j. — 18. A 'j^li^;. — i9. B Uc. — 20 

A. — 21. A om. ^. — 22. B ^1. — 23. B ^^'. — 24. B ^j^XvC^l. — 25. A J^y 
26. B ^w^:>b-. — 27. o/;^. A. 



et de Icur devotion. II surpassa par sa piete beaucoup de religieux et 
fol. 47 1". Abraham, Georges et d'autres peres Tadmiraient. Satan Tenvia et im joiir, * il 
le frappa aux deux pieds. Le saint demeiira eteudii sur le sol pendant deux 
iiiois : apres cela, Notre-Seigneur le Messie le releva. II rugissait comme iin 
lioii contrc Satan. Puis le Messie Tappela ä la dignite d'eveqiie. Des envoyes 
du patriarche vinrent le trouver, mais la cliose lui fut tres penible : il pleiira, 
s'allligea et gemit de quitter le descrt; les peres le calmerent en lui disant 
que cet ordre venait de Dieu. Alors il lui obeit et partit avec les messagers. 
Le patriarche le fit eveque de la ville de ThmouT et Dieu lui donna le pouvoir 
de guerir, si bien qu'on lui amenait quiconque etait malade, il priait le Sei- 
gneur pour lui et le guerissait. II reout aussi en don la connaissance des 
choses cachces de sorte qu'il connaissait tout ce qui etait daus res})rit 
d'autrui. Tous les eveques des villes voisines vcnaient le Irouver pour le cou- 
sulter. Les foules se succedaient de toutes partsaupres de lui pour entendre sa 
parole et son enseignement : il fut le pere (spiri(uel) de quatre patriarches et 
leur inqjosa les malus ä leur consecratiou : ce sont Anlj;i Alexandre [El Iskan- 
daros) (70^5-726), AnbA Cosmas {Qozmä) {7'2{j-7'27). AnbA Theodore {Tdoudoros) 



[185] l' IIATOUR (3 NOVEMBRE). 261 

^L^Xj'^\ -'^LwaIJI iUVi J ^.l'' ^^'j-^i. j^ jvfcl^jlj ^<^^ ^'Y^^^j ^J' J 
^^:_^^.M^I p_^-j "^LäVIj loj ^'JisJl (n^^^ f*^'^ (v" ^^LäJVi tl^_Ji l^^lLft^ jlj 

^ <,lJi A» (*Äj)ij ^ -♦^.>^^J ^.-^j (»irt^^U ^AAÜiJ ^\.x>- \yy»~j ».^^jjjl ,*r*^ ^"^ 



6 



i'^J i'^AjVl Jl l:^ 



-uJl i*_^*^ ^r>=^'b ^^ (i ^"'^tiül J^üJl jJ^Ul otVlj ^tU«Jl j^^ ^^ ^r:^ '^*^(5,^r* 

1. A om. J.=ff-*-M iJ. — 2. A *^J^j. B äer. *^^U!j. — 3. om. A. — 4. o/?2. B. — 
5. B om. l^Tj l^j. — 6. o/H. A. — 7. B om. J^' J. — 8. B !ij>. — 9. om. B. — 

10. om. A. — 11. om. j^-^Jii y^^^. — 12. om *»»jL. — 13. B «j-jÄiÄj. — 14. A 

am. Jö ,'£'. — 15. ofu. B. — 16. B o/«. -o'^! J'. — 17. Ludolfus om. haue comm. — 
18. A o/?2. — 19. A om. — 20. B ^^'. — 21. B add. ^^\ J^\. — 22. Pro ioüliJ! 
A Ärt^e« > .oLs^lj. — 23. B om, ... l3jx^'. — 24. om. B. — 25. B d-^^f. 



(727-743) et Anbä Rhäyil (743-767), patriarches d'Alexandrie. Qiiand Notre- 
Seigneur le Messie — gloire ä lui — voiiliit le transporter hors de ce monde 
perissable , il lui apprit son depart eii esprit. 11 envoya cliercher tout le 
peiiple qiii relevait de son siege, Finstriiisit de sa mort et l'avertit de rester 
fidele a la sainte foi orthodoxe et d'observer les preceptes evangeliques. Puis 
il le remit a son pasteur veritable, Notre-Seigneur et notrc Dien, Jesus le 
Messie, et il partit de ce monde passager vers le Messie eternel — gloire ä 
lui — qu'il aimait. Tout le peuple gemit de sa perte et s'affligea extremement 
d'etre prive de son pasteur, son directeur, son pere apres Dieu. On lui fit des 
funerailles convenables et on le plaga dans un endroit qu'il avait prescrit. (^ue 
ses saintes prieres soient avec nous eternellement ! Amen. 

En ce jour, nous celebrons aussi la commemoration de l'eglise du glo- 
rieux saint Mar Georges (Djirdjis) le Grand, ä Lydda [Lodd), et celle de sa con- 
secration, ainsi que de ce qui s'y produisit en fait de merveilles et de prodi- 
ges qui stupefient les intelligences et sont celebres sur terre et sur mer, avec 
l'aide de Notre-Seigneur le Messie, tellement que l'empereur infidele üiocle- 
ticn {Diqlddydnoui), ayant appris l'erection de cette eglise, * envoya un chef du * loi. i; v. 



262 SYNAXAIUE ARABE JACOBITE. [186] 

^.AiJLj ^^^jLiJl ^'(^j^^ Iajj "^^^^.^^^ (^jU ^.AüJI ^ijya aJ ^_^JJ1 ^UiaJI Jl 

Is-o^ ial-^J ^*^<U.ij -cIä C^y^^ ^-^J^ Ä-Li "CLiiS jvU Jj 'Ulj J »^'jj Ä*i^ 
^jLo -->AiLJl -iy^ jV <W^>- diu jl Ij-J^ *^V (**^% ^J\ \ '^y^^ AjIä^I i_^)uj>i 
^y>Jd ^J-^^ ^o-iäc- ^U.. :^U ^^ ^^Jki^\ (j ^IVi (jis* J ,^^^ jfi> ^r^ cr?"-^ 

4[fco '^^'wIäJLj »Jlj i' (v5C..w».Jl kS^^Y-i^ (j"}^^ '-^'^y) (J^-J jT*^ ^^ '-'^^^ r^ 

1. B ^\y — 2. ow. A. — 3. B ^^. — 4. A om. ...^.U. — 5. A ^^C^^x^L — 

6. oin. A. — 7. A om ^-^-'. — 8. B ^>j^. — 9. o/m. B. — 10. A om Jj. — 

Jl. oni. B. — 12. A o/«. iJ l^'^'-r- — J^^- ß W^- — i^- ß o/M. (3^j"^^' (J.- — 15. A om. 

^Jjj ^Jb.ibl£5.>.— 16. B v_^.^. — 17. A o/M jS^i.. — 18. A ^. — 19. /Vo 

,,iX3J5 ^VxSi^ A Äaie^ L^vO! ^J-v ■i-*^^^ -■* c-^"-» -^^- — -0. oi7i. A. — 21. B 'J'«. 
— 22. A l^v^. — 23. o/M. A. — 24. om. A. — 25. B C^ar^L. — 26. A loU-fj. — 27. A 
om. j^vJ! ^.^.Syl'l f^ add. ^,--a3!. — 28. A om. ^rr^\ ^X^. 

nom d'Eucheus {Aouhyous) avec des soldats poiir la detriiire. Ce chef arriva 
lä, daiis Torgueil de son coeur, monta vers la chapelle (?) oü etait l'image 
du Saint Mär Georges et se mit ä railler les chretiens et le saint. II avait ä 
la main iine baguette dont il frappa la lampe qiii etait devant l'image du 
saint : il la brisa. 11 s'en detacha un morceau qui tomba sur lui sans qu'il le 
süt; il fut pris d'etourdissement et de tremblement, recut une blessure ä la tete 
et tomba a terre prive de sentiment. Ses compagnons le prirent pour Tem- 
porter dans leur pays, car ils savaient que tout cela etait arrive par saint Mar 
Georges. Un jour qu'ils etaient en route, il mourut ignominieusement et ils 
le jeterent dans la mer. Quand l'empereur infidele Diocletien apprit cela, il 
entra dans une violente colere et songea ä aller lui-meme ä l'eglise et ä la 
detruire. 11 crut (|ue Dieu lui permettrait de le faire, mais le Seigneur le frappa 
de cecite : les gens de son empire se souleverent contre lui et Dieu lui enleva 
sa royaute. Apres lui regna le pieux Constantin {Qoslanlin) (pii ouvrit les 
portes des eglises et fernia Celles des temples. Le monde se rejouit ainsi que 
les eglises et particulierement celle de Tillustre mariyr, Tastre brillant, Mar 
Georges, Tetoile du matin. Que son intercession soit avec nous! Amen'. 

1. Celle commemoration manque dans Ludoll". 



[187] 8" IIATOUR (4 NOYEMBRE). 263 

jjül j^^r-=t pAj ^^^ o^ p^ -^1 J<)j ^i^ ^~^J^j juvi^ ^jjblj jy 

<u. (^ A^^ J50j ^_^^j 1a^ Jli^ j^j «^_^^ ^}^ ^\J^\3 ^-^ t> ^^^ ^-^ 

jy^^^j c>="^'. (*rVj^ J^^J ö-^^. J->^.J or^^*. fr*-^^-? ^-^. ^^^^ 
I3d)j^:>^ ^ S^ ^jVlj -\^^\ sl>jjlUl ^Jl ^ja; ^j-^- ^ja5 J^ÜlS 

1. B om.—l. B ow. — 3. B om. ^^J' U^J^ J,. — 4. B y^'^ et add. Jj>UJt. _ 5. B c>/^ 
— G A ^,-< — 7. B ,11)1.— 8. A ., Ux^--. — 9. B L'W. — 10. o/«. A. — 11. Apoca- 
////)Sis, IV. — 12. B JUj. — 13. Isaie, vi, 1 et sqq. — 14. A rr^'j^l — iö.Psalmi, xcix, 1. 



HuiT DU Mois BENi DE HATOUR (4 novembrc). 

Ell ce jour a Heu la commemoration des quatre animaiix incorporels qui 

portent le siege de Dieu comme le temoigne TApocalypse' {Ahou GhaJamsis) : 

Je vis au milieu du cid im grand tröne; celui qui siegeait avait comme Veciat du 

cristal; et je vis au milieu du tröne quatre aiiimauxremplis d'yetix : l'un ressemblait 

ä Uli Hon; le second avait la face dun taureau; le troisieme etait pareil d un komme 

et le quatrieme d un aiglc. Cliacun d'eux avait six alles et tous criaient nuit et 

jour : Saint! Saint! Saint! le Seigneur Sabaot! le ciel et la terre sont remplis de ta 

gloire sainte! — Le prophete Isaie (Icha^ja) a dit : J'ai vu le Seigneur Sabaot 

assis sur un tröne eleve; * la maison etait taute remplie de sa gloire; autour de lui se * foi. 48 i°. 

tenaient debout les seraphins, et il etait tres eleve et redoute. Chacun d'eux avait six 

alles; ils voilaient leur face avec deux ailes, volaient avec deux alles et cachaient 

leurs pieds avec deux ailes. Ils criaient : Saint! Saint! Saint! le Seigneur Sabaot! 

les cieux et la terre spnt pleins de ta gloire-. Le prophete David (Ddoud) a dit : 

// est assis sur les Cherubins; la terre tremble\ Le prophete Ezechiel (i//r^j/r//) 

1. Apocalypse, iv. — 2. Isafe, vi, 1 et suiv. — 3. Psaumes xcix, 1. 



204 SYiNAXAIRE ARABE JAGOBITE. [188] 

J^J ^Jy.J hyj "^h^ ^/"i ^'^ <:^- V-? '^-*-^'^ a-*^^' ^-'-^ ^J-' ^c5^^ ^^^^ 

l^»j > J-Vi* ^1 \^_C« ^j ks^l=>~\ <C^j iS^^J Ajüjl -*o-lj ci-^Jj j^l "^ oI^Ij-ä)! 
L^üJI J^L'ls ' A,U1 ^y.^ ^y>yU!^j ^j)i\j Cj^\j.^ '^>jVl \j^:>ii^j L^V ''o^Jlj i iüJlj 

^OjL<3L ^UVI \j>^^ %^U ^->31 j^^lr^ .::o^ IIa ju^j J501 J^_U ^Jl dO« 
^^J50l Ja:U ^Jl dUU ^Hy^Ül j^m?' J^Jl ^L« Pj.»^ C:^^ j:...^j l^^UÜl jU^^lj 
V^^ ^'^^ ■^^^_y^ ^jVi ^•''^Vjjb ^^^^ b-V^ ^ycJlj <iL:*Jl ...j:^! ^^ ^j 
x-Vi "^jj \r^^ ^j^ ^ J^. jLjVI ^^ iLiiJl J ^^^^ <^ or"^ (*r^ 
^Ij i''j^ii J JL ^1 ^jj i-yV'^ J -^^ -^y^^ ^JJ cr>->^^ J JL. 

1. B ^\. — 2. A ^j^-^. — 3. om. A. — 4. A .^..'. — 5. Ezechiel, i. 4 et sqq. — 0. B 

«c?^. i^LOL. — 7. ow. A. — 8. A O-^. — !). B Ui-bJJ. — 10. B ,LOl. _ H. A om. 

.... C^.^ vJUx,sv».j. — 12. Apocalypsis, xix, 1 et suiv. — 13. ow. B. ■ — 14. Pro ip^a. .^ 

yU! A /mZ.e^ 'kj^^ J.. — 15. A Cl^liL^'!. — 10. A ^j'^-M. — 17. A ac^rf. Ji---. — 18. B 

!JUj. — 19. B A)\ .'jJ ^J:^.. — 20. add. j-^-b' 






a dit au sujet de ce siege : J'ai vu un vent qui soii/JIait du cid ; il s'y troiivait 
im nuage tfui rrnfcrmait du feu, de la himihre et des eclairs. Parmi les ani- 
maiix il ij avait comme Vimage d'iiu komme. C/iaciin d'eux avnit quatre faces 
et six ailes; ils s\ivaiiraient rapidement en avant et ne se faliijuaient ni um't ni 
jour de lauer Dien* . ienn [Youhannd) TEvangeliste a dit : J'ai entendu une 
mix qui disait : AUeluia! Le satut, lu force et la Ix'nediction a untre Pieu. Les 
quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternerent en disant : AUeluia. 
Le Seigneur regne et tient toute ehose. Ensuite, j'entendis iino voix du trone qui 
disait : Grands et petits, louez notre Dieu , AUeluia! J'entendis la voix d'une 
troupe jmreille au tonnerre, qui repetait : AUeluia! le Seigneur regne et tient 
toute chose^. Beaucoup de livres anciens et modernes temoignent de la dignite 
de ees quatre animaux : le Seigneur les a places pres de lui pour Tinter- 
roger sur les creatures : Celui ä face d'homme Tinterroge sur le genre hu- 
main; celui a face de lion Tinterroge sur les animaux sauvages; cchii ä face 
de taureau sur les betes; celui ä face d'aigle sur les oiseaux; ils sont proches 
de Dieu plus que toutes les puissances Celestes. Les docteurs de l'Eglise ont 
conlirme Ii'ur commemoration et on leur a hati aujourd'hui des eglises oü ils 
demandeut poui" le genre humain. Quo leurs prieres soient avec nous! Amen. 

1. Ezechiel, i, 4 et suiv. — 2. Apocalypse, xix, 1. 



[189] 9-^ HATOUR (5 NOVEMBRE). 265 

jl l-clä ^H^ ^=^j l.i^\ J 'J^ '-*c>r^^ ^"^* ^^ ^ "^'^ ^>^^ ^- ^>*-^^ ^ 
^ M;li Li^A-« ^-^.Ij dLi-J^jl Ai c.::^ 'J\ ^ ^A> ^j l MJli ^Ül Jl ^cAj_ 

^*lJ1 bJjb (_5-^"J (^"^ L?>^ J^ (.5^ ''JliLJi 1-Ä& ^*-^ i^jV Cj_-uJi ^i jjiL;! 
<£. ^ Jls ^ÄJl JUJl J^J\ J\ ^^j ^1>.A,J1 ^1 ^^Ji}\ Jj; ^Ä_^Ä ^^rr^^ 

yi^\ Jisj i_i^ ^Äjb JIaJ^ *.a>^ Uis liUl ^->-j^ (^ÄJl ^ ^^1 ^JÜi aJ Jls "uijü 

1. //awc commemorationem om. A, Assemani, Ludolf, Mai, Wüstenfeld, Malan et 
vers. aethiopica. — 2. B iler. ijt ^^Ä' L» l^lsl, — 3. B J^-''. — 4. B itev. IIjJ^', — 
5. B JUJ!. 



NEUVIEME JOUR * DE IIATOUR (5 nOVCmbre). *fol. 48v°. 

Ell ce joiir', sachez, mes freres, qu'il y avait un devot dans le desert. II 
se mit ä invoquer Dien : « Seigneur, rends mon äme contente si je t'ai satis- 
fait. » II vit un ange qni Ini dit : « Tn n'es pas encore comme le fruitier qni ha- 
bite dans teile ville. » Le vieiliard etonne se dit : « Voici, je vais aller dans cette 
ville pour voir comment les oeuvres de ce fruitier surpassent mes oeuvres et 
meselTorts de ces nonibreusesannees. » II descendit vers la ville et alla chez le 
fruitier que Tange lui avait indique et le trouva assis en train de vendre des 
legumes. II s'assit un peu pres de lui et quand Thomme voulut le laisser et s'en 
aller le soir, il lui dit : « Mon frere, pourrais-tu me recevoir chez toi jusqu'ä 
demain? » — Le fruitier en fut content. Quand ils furent entres dans la mai- 
son et quand ils eurent prepare la table, le vieiliard lui dit : « Mon frere, fais- 
moi une grace et informe-moi de ta conduite. » Mais l'autre ne le voulut pas. 
Le devot reprit : « C'est le Seigneur qui m'a envoye vers toi. » En entendant 
ces paroles, le fruitier eut peur et dit : « Pardonne moi. Je mange chaque jour 
le soir. Quand ä la fm de la journee je quitte mon travail, je prends ma nour- 

1. Ce recit qui n'est donnr que par B, manque dans A, Mai, Assemani, Ludolf, les 
Synaxaires de Wüstenfeld et de Malan et la version ethiopienne. 



266 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [190] 

oOj ^U; J^\ 1-Iä LI «L^ j J15 lijb ^^\ ^^ L.\i ,j^\::^^^ <^\ J^\j 
^j.^" ^jS]\ Li UJ -OL pT IJjCa i^<]l r^\ isAA ^«r jy j_^5C jl j^.:^; ^ 
^JL, JjLJi J ^l=-l Ji /^ Jl-2-^ ^x ^ i V^: ^^ ^"^ *" ^^^ ^^ ^ "^ 
J^l j. C,^<JUi ^11 lyj-A, ^^ Jl (^^r^ o- V^^ ^-^^ ^-^ ^^ -^y^ 

\Xfi> jy^ yfc UJj A^ji jl Ji ^<;^ l^J ^i^j «^^ j\r^\ ^^\ ^-V;-? ^^^J 

^1 l J ^J.\ yc,[s )sy\LJ\ «ü ^^ J JuJl yfc 1a* ^i^l Jli Iaa ^_jl!1 

1. Psalmi, L, 1. 

riture sur mon gaiii et je doiine le reste aux mallieureiix. » Lorsqii'il ontendit 
ces paroles, le vieillard se dit : « Gelte conduite est vertueuse, mais eile ne 
merite pas d'etre placee au-dessus de mes efforts peiidant ces nombreuses 
annees. » Ensuite il lui demanda : « Comment te guides-tu dans ton coeur, cha- 
qiie jour, le matin, qiiand tu te leves? » — 11 repondit : « Avant dem'asseoir a 
mon travail, je me dis : Tons les gens de cette ville , petits et grands, entre- 
ront dans le royaume des cieux ä cause de leur vertu, et moi seul, je recevrai 
en heritage le chatiment a cause de mes peches. Alors je pleure en disant : 
Aiepitie de moi, mon Bleu, srJon la grandcin' de in inisericorde* : c'est ainsi que je 
me guide toute la journee, et le soir, je pleure avant de m'endormir, « Tandis 
qu'il disait ces mots, le vieillard entendit des gens qui chantaicnt dans la rue 
et pronon^aient des paroles futiles. — « Mon frere, dit-il au fruitier, si teile 
est ta conduite, comment prends-tu patience en entendant ces cliants? — Mon 
pere, je te le dis : je n'ai ni trouble ni doute quand j'entonds ccla. » L'autre re- 
prit : « Que penses-tu en toi-meme en entendant cela? » — 11 repondit : « Je 
songe Sans hesitation ([u'ils iront dans le royaume des cieux et moi seul au 
chatiment. » A ces mots, le vieillard dit : <t En verit^, c'est lä la (vraie) con- 
duite. » Puis il seprosterna devantlui en disant : « Pardonne-moi, mon frere, je 
ne suis pas arrivö ä ce degre. » Alors il se leva entoute litUe et, sans manger ni 
boire, il revint dans le desert. Que lours prieres ä tous nous protegent! Amen. 

1. Psaume l, 1, 



[1911 9« HATOUR (5 NOYEMBRE). 267 

^^1 M ^ jl^ \Sj^ ljx<^)l\ Sy^jL, SL.} Ul ^Vl ^_:;- ^^\ \^ J ^ 
<. 1^>; ^_aD1 Iaa \yjj o^.^ j^-j -^j «^^ ^ 6t^'^ ^-^ '^^ "^--^i^ *^^-? 

l^^ki::^! ^ly Jl5j 4J1 ^ ^ j->„ <;\ >UIS Uc bj J\j J^ ^\ a, ..il^Vl 
jUl i> jl^j ^Ujjl ^_^Ulj '^yL<S\ ty^^ JOJ ^ Ui A.Ül jb^^ a;1 <; 

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-j^l o^Ull ^Vl lÄA ^ lj^5Cü <o-l^ j^5Cj isAtU Ia^Ij ^'a^^^ v-^ ^^^^ 
jl^ -üV ^^-^:2^ ^_^ ^Vl <^^-:ö jl o« Ij^U* jsa^jU <^5CJ 11::^ blL^l >=^ UA^ 
^ ^^•' Uj v::^ Ix^ <1 J15 \j^ ^jlJI dUi jl ^Vl ^ Ul^ ^-^^ -^ ^^:. 



1. B om. hanc comm. — 2. A .^j. 



Ell ce jour ' s'endormit dans le Seigneur notre pere Anba Isaac (Isaäk), 
patriarche dWlexandrie (686-689). 11 etait d une famille de Bourlos {El Bor- 
los) : ses parents etaient tres riches et craignaient Dieu. Au bout d'iin long 
temps, ils eurent ce saiiit et en furent tres joyeux. Lorsqu'ils l'apporterent 
pour etre baptise, Feveque vit, pendant le bapteme, une croix de lumiere au- 
dessus de sa tete. 11 plaga la main de l'enfant sur sa propre tete, prophetisa 
que l'eglise lui serait confiee, et il dit ä ses parents : « Veillez sur lui : c'est 
l'elu de Dieu. » Quand il eut grandi, ils lui apprirent Tecriture et les sciences 
spirituelles. II lisait l'histoire des saints. II abandonna ses parents et alla ä la 
montagne de Macaire {Abou Maqdr). II y fut eleve chez notre pere Zacharie 
(Zakhäryas) Thigournene. Un ange du Seigneur avait informe ce dernier de 
l'arrivee du saint et il l'accueillit avec joie. Un jour, un saint homme le vit 
dans l'eglise; il prophetisa sur lui en disant : « L'eglise de Dieu lui sera 
confiee. » En ce temps-lä, le patriarche chercba quelqu'un pour l'aider et lui 
servir de secretaire. On lui vanta ce pere plein de merites, Isaac {hliaq). 
Quand il fut present, le patriarche lui donna une lettre ä ecrire : il la gäta 
a dessein pour qu'on le laissat partir, car il detestait la gloire humaine. Le 
patriarche, sachant qu'il l'avait gAtee ä dessein, lui dit : c( Tu as bien ecrit 
et tu ne partiras pas d'ici. » Quand il sut qu'il ne le laisserait pas, il montra 

1. Cette commemoration manque dans B. 



2G8 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [192] 

jyC; ^\ ^^\j w.*^! ^^jU j^c^l d.U^- ^ ^Li^ ^>^J^ e^ ^-^ crV-i ^-^^ 

füi.49r». C;l;U:ulj S^ ^1-^ V^ ^^f-j ^;^i-Vl i„^^j * J^^^ ^^ iSJ^ cri"^^ 
^^1 L«. jyC;- a;->U ^>i^ r^"j ^^j ^- 6%'' ^>^^ J^ f^b V„> 

j^Vl jl Jü L>j^lC^\ J*1 ^ ^ jli ^ÄJl ^^-j^ ^ P^Ui-i^l ^- 
^UJ! ^>^ ^;. ^ ^ jl^j ->U=i *L1 j_^^A£)l 'Vj> \y\^j \^ J^ j« jy^ 
^J^ j3 j. vi p^ ^. (Jj c^^^ -'^^'^ lJ^^J C^Vl Ij^b Ir^^ ^_r^^ -^^ 

1. B om.Jianc comm. — 2. A ^^J^y,- 

ses talents et son ecritiire. Le palriarche s'en rejoiiit beaucoup, Quelque 
temps apres, le saint revint dans le desert. Lorsqiie notre pere .lean (Youliannd) 
le patriarche (677-686) fut sur le point de mourir, il demanda au Messie de lui 
faire connaitre celui qui s'assoirait apres lui sur son siege. II lui fut repondu : 
« Ton disciple Isaac. » II fit des recommandations au peuple et Tinforma qu'il 
serait son successeür. Lorsqu'il fut assis sur le siege, l'eglise fut illuminee 
par lui. II repara beaucoup d'eglises, entre autres celle de saint Mar Marc 
^foi.'.oi". [Mairjos] Fevangeliste * et la demeure episcopale. II lui arriva de grajides 
peines et de nombreuses epreuves. II resta trois ans et demi sur le siege 
patriarchal et mourut en paix. Que sa priere soit avec nous! Amen. 

En ce jour' egalement se reunirent les 318 peres dans la ville de Nicee 
{Nifjjjdli) au temps de I'empereur Constantin {Qosfaniin); il y avait parmi eux 
les chefs des quatre sieges de patriarcat : Anbä Alexandre (AJchsanilros), 
patriarche d'Alexandrie (313-626) {El I.shmidaryah) ; llyacinthe (Youndkidiuous), 
fpatriarclie de Home]; Silvestre (Silbalros), patriarche de Constanlinople [El 
Qostanlinyali), et [Eustathe], patriarche (rAntioche (Anläh-i/alt). Ce concile fut 
röuni contre Arius {Aryoiis) qui etait un pretre d'Alexandrie. II disait que le 
Fils est crec de tonte maniere. Ces süiiits etaient des Peres pleins de mcrite. 
II y en avait parmi oux qui occupaient nn rang egal ä celui des Apötres : ils 
ressuscitaient les morts, guerissaient les maladies graves, soignaient les bles- 
sures dangereuses. II n'en 6tait pas parmi eux qui ireussent ete tortures 

1. Celle commeniuruliun manque dans B. 



[193] 9" IIATOUR (5 NOYEMBRE). 2G9 

^UVl l_^l^j Uy <] Jli. J:^^ .-ii-^ ^ j^^j "^V^^ si-^^j i^U.^ <i^j '^^\ 

^y^jülj j:.>iJlj jr^iVl ^>i« jli^Vij ^1>V1 ^yiU j^V-J^i jW^ C^ 

^^J> ^j lU^ L.l:>^ ät^^^ ^^^ (V ^ '^^r^^ ^ c,\ßx}\ ^ \_^*:^. 
^ILiil -ül J' ^Jw^ ^ ^ \y:^ jS o^^'j <) ->Ä^ J^^ i_jLi^L i-L:j p^j.i 

1^ jV p^^; ^-^1 -uJl jl^J ^J ^>r^ly * \yJ^^ isj^J^" pJ-^jl J^J is_^- . fol. /,9 V. 

^^•L-Ulj ^j^)! J^V j-l^ l_^jj ^±^ ^Uj ^.Ulli' pAj-^. ^>-^^ bj^^kJl 
lyLi^j <^-U^Jl ^UVl ij^l; fJ' ^1^1 ^U-^^j Ü^lj jI^llJIj j-Ulj d^yjlj 



pour la foi : les uns avaient eii les maiiis et les pieds cloues ; d'autres, les 
molaires arrachees, les dents brisees, les ongles arrachcs, les cötes rom- 
pues. Parmi eux etait Teveqiie de Mar 'ach, nomme Thomas [Toumä). Les 
Manicheens Tavaient emprisonne pendant vingt ans, Tavaient torture sans 
misericorde ; chaque annee, ils liii coupaient un menibre; il etait ampute des 
mains et des pieds; ses cötes et ses dents etaient brisees : ses oreilles, ses 
narines et ses levres etaient coupees; son corps etait noir de la brülure du 
feu. II y avait beaucoup de gens qui le crovaient mort et on faisait pour lui 
des commemorations comme pour les martyrs. L'empereur Constantin leur 
prepara une vaste salle de reunion; il pla(ja son trune au-dessous d'eux et 
commenga par Teveque de Mar'ach : il se prosterna devant lui et embrassa 
chaque membre mutile. Puis il leur donna son sceptre, son epee et son anneau 
et leur dit : « Je mets en votre pouvoir aujourd'hui TEglise et l'Empire; celui 
que vous voudrez, vous le maintiendrez ; celui que vous voudrez, vous le 
chasserez. » Ils etablirent * des canons et des regles. Notre-Seigneur le Messie »loi.wv". 
etait parmi eux, car beaucoup de ceux dont les intelligences etaient eclairees 
les avaient comptes et en avaient trouve 319 et, sur les sieges visibles dresses, 
on en trouva 318. Ils etablirent des canons pour les pretres, les laiques, les rois, 
les cites, les marchands, le peuple et les artisans. Puis ils proclamerent la 
sainte croyance, etablirent que le Fils etait egal au Pere et excommunierent 
Arius, et quiconque professerait sa doctrine ou partagerait sa croyance. Voici 
la copie de la foi qu'ils etablirent : « Nous croyons en un Dien unique, Dieu le 



270 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [194] 

^j L ^S^\j ^UJl j)l^ J<)i i-> J^\ ^"^ -^b ^\ ö^y ^^J c5"^^ ^^^^ 
J^S S^\ ^ ^j^y^\ A^^i ^\ Cf\ rc-:~-J^ ^>-i -^^-J ^^. 0-*-^-? ^^. '^' ^-? 

j ^Vl ^jL^ j_^-u>- ^ ^^r ^ "^^ er C^ ^^ ^y Cr ^r ^y^^^ ^ 
-UJl ^ Jj: l:->li- ö^\ ^j ^^ o^' ^^ 0-3- er^ J^ ^ J^ l$-^^ ^J^-^^ 
^l-j J^\ ^>L A^^ Lc ^j ^"^^ ^j^\ (V^ C^^j ^-^^ ::jj er -^-^-s 

Uli! ^^50ü ^ ^Jül ::.^^Vlj ^Vl j>-ü iA>c. j ^\ UJj cj^\ j ^^\ ,j^^ 

^-l^^j ^.rl>. ^J J \y^^\j :r'.^\ j^ \j^^\j ^r-^^ ^y^J ^y^-J 
*foi.5or». ör^ or 



\ ,*»-^l lii-.».r>- UJäa^ 



1. A iter. 'p)] 'ijl>^\ lij LUS^. 



Pere, tout-puissant, createur du ciel et de la terre, des clioses visibles et 
des choses invisibles. Noiis croyons en uu Seigneur unique, Jesus le Messie, 
fils unique de Dieu, ne du Pere avant tous les siecles, lumiere de lumiere, 
vrai Dieu dun vrai Dieu, non oree, consubstantiel au Pere, par qui toute 
chose existe, qui, ä cause de nous, genre humain, et ä cause de notre salut, 
est descendu du ciel, s'est incarne par l'Esprit-Saint et la Vierge Marie, 
s'est fait homme, a ete crucifie pour nous au temps de Ponce Pilate {BiJdtos cl 
Bonti), a soufTert, a ete enseveli, est ressuscite d'enlre les morts le troi- 
sieme jour, comme il est ecrit dans les Ecritures, est monte au ciel, siege 
a la droite du Pere au haut des cieux, viendra de nouveau dans sa gloire pour 
juger les vivants et les morts et dont le regne n'aura pas de fin. » Knsuite, 
lorsque le concile des cent cinquante se reunit dans la ville de Constantino- 
ple, il completa le reste jusqu'a la fin, interdit d'y ajouter ou d'en retrancher. 
II ordonna que tous lussent ce Symbole, les pretres, le peuple, les vieil- 
lards, les enfants, les femmes, les hommes, les esclaves, les servantes, dans 
leurs messes et le temps de leurs priores, qu'ils Tapprissent et le recitassent. 
Ils fortifierentrEgbse et dresserent le phare de la religicn. Puis ils se rendirent 
dans leurs sieges. Que leurs priores et leurs benedictions nous protegent 
fol.sor". tous! Amen. * Amen. 



[195] 10« H ATOUR (6 NOVEMBRE). 271 



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1. Haue comin. omis. A, Mai', Assemani, Ludolf, Wüstenfeld et Malan. 



DixiEME jouR DE HATOüR (6 noveiiibre). 

Sachez ', mes freres, qu'en ce jour s'endormit dans le Seigneur saint AnbA 
Markvä. Cet liomme beni etait im des astres de la ville d'Alexandrie {El 
Iskamlaryali). 11 sortit dans le desert et y resta peiidant longtemps ä vivre 
en ascete en pratiquant de grandes austerites. II veillait continiiellement. 
L'ennemi meprisable — que Dieu l'abaisse — le combattit par le desir de 
la fornication pendant quinze ans. II reflechit et dit : « Markvä, voilä quinze 
ans que tu es assiege par Tennemi. Leve-toi maintenant et va dans la ville 
d'Alexandrie, fais-y l'insense pour l'amour de Dieu et contrefais le fou. » 11 
partit pour la ville, fit le fou et se mit äparcourir Alexandrie, maltraite par 
tous les habitants. II gagnait chaque jour beaucoup d'argent qu'il distribuait 
en aumönes, priait et jeünait. Quiconque le voyait croyait qu'il etait insense. De 
nombreux fous marchaient derriere lui le long des chemins et des rues. II arriva 
qu'Anbä Daniel (Ddnyal) vint dans la ville d'Alexandrie pour s'y rencontrer 
avec le patriarche ä la fete de Päques, suivant son habitude. II apergut dans le 
marche ce saint qui allait nu, suivi de fous qui marchaient derriere lui. II cir- 

i. Cette commemoratioii ne se trouve que dans B. Cf. Rei'ue de l'Orient Chretien, 
1900, p. 60. 



272 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [190] 

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culait tlans la ville et habitait dans les baiiis ä Alexaiidrie. Eii le voyant, Aiiba 
Daniel dit ä son disciple : « Cours, monfds, et sache oühabite cetinsense. » Le 
disciple partit et s'informa : oiiliii apprit qiril demeurait dans les bains. Quand 
notre pere Daniel fut arrive chez le patriarche et quand ils se furent entretenus 
des grandcs choses de Dieu, il sortit et rencontra Markya Finscnse. Sur-le- 
champ, le vieillard Ic saisit et s'ecria : « Venez, habitants de la ville, et regardez 
le serviteur de Dien. » Aussitot les gens se reunirent autour de lui et lui dirent : 
« Pere, laisse-le, de peur qu'il entre en furcur contre toi, car il est fou. » Anbä 
Daniel leur repondit : « C'est vous qui etes fous; il n'y a pas dans la campagne 
ni dans cette ville quelqu un de pareil ä ce saint : le monde n'est pas digne de 
lui. » Immediatement il le saisit et Temmena chez le patriarche ä qui il dit : 
« Pere, il n y a pas dans ce siecle d'homme comparable a ce jusle. » Et sur-le- 
champ Ic patriarche connnt qne le vieillard lui avait fait decouvrir son secret. 
Aussitöi ils sliiiiiiiliörcnt devant lui et lo conjurcrent par la foi de son supe- 
rieur de leur Faire connaitre sa conduite pour laquelle il elait accable. II voulut 
le cacher, mais il ne le put pas. Alors il leur dit : « Je suisun moinc et le desir 
de la concupiscence s'etait empare de moi. Je suis parti et me suis rendu dans 
cette ville : j y ai contrefait le fou pour l'amour de Dieu. Voici luiit ans queje 
suis ici, m'acquittant de mes prieres el de mes devotions. Je vcille les nuits, 
je ieüne continuellement. » Lorsque les vieillards entendireul ces paroles, 
ils pleurcrent. (Kiant ä saint Anbä Daniel, il passa cette nuit dans la cellule 
du patriarche. Le matin, il dit ä son disciple : « Mon fiis, va chercher Markya, 



[197] 10' IIATOUK (6 XOVEMBRE). 273 

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«•"Vj-Ä aJj-^ {^^J ^b (^— ».=J^ O^aÜä)! C)L.;y^-i^l vIjAj^I«! ^jJl U_ft> J 
1. Hanc comni. om, B et Ludolf. 



poiir qii'il prie sur noiis afin qiie nous partions pour le desert. » Quand le 
disciple fut arrive au chäteau des bains oü le saint demeurait, il trouva qu'il 
s'etait endormi dans le Seigneiir. II revint et en informa soii pere spiritiiel. 
Celui-ci apprit cette mort au patriarche. Aussitöt il envoya dans les couvents : 
les moines se rassemblerent ; ils vinrent de Scete {Che'ihdt) vetus de beaux 
habits, tenant ä la main des rameaux d'olivier et des branches de palmier. 
Les moines du couvcnt d'Ezzejdjädj arriverent : une foule innombrable se reu- 
nit. On le venera avec de grands honneurs, mais on ne put l'enterrer qu'apres 
cinq jours accomplis. On plaga sur lui des parfums exijuis; les gens de la 
ville racconipagnerent tenant dans leurs mains un cierge alluine et des 
parfums; on fit les funerailles du serviteur de Dieu en pleurant sur lui. De 
nombreux miracles eurent lieu gräce ä son corps : les maladies furent gueries, 
les demons chasses, les souffrances soulagees. On l'enterra avec de grands 
honneurs en louant Dieu qui donne ainsi la gloire ä ceux qui Taimcnt et fönt 
sa volonte en tout temps, car il les glorifie sur la terre et les met en possession 
des biens du royaume des cieux, qui ne cessent ni ne finissent; de ce que ro3il 
ne peut voir, Foreille entendre, ni le ca3ur de personne concevoir. (^ue le Sei- 
gneur Dieu nous fasse misericorde par sa priere jusqu'au dernier soupir ! Amen. 
En ce jour ' moururent martyres les cinquante saintes religieuses sans 

1. Cette commemoration manque dans B et Ludolf. 



274 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [198] 

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1. Hanc comm. om. B et Liidolf. 

lache et leur mere spirituelle Sophie (Soufijah) : ces saintes etaient de regions 
et de residences differentes : ramour divin et la vie ascetique les avaient 
reunies. Elles demeuraient dans un des couvents d'Edesse {Er Rohd) et avaient 
une superieure du nom de Sophie qui etait remplie de toutes sortes de gräces 
et de sagesse : eile leur avait donne une education spirituelle si bien qu'elles 
devinrent comme des anges sur la terre, continuellement oceupees ä jeüner, 
ä prier et ä lire les vies des moines. 11 y en avait parmi elles qui avaient 
passe soixante-dix ans dans le couvent; d'autres etaient jeunes et de vocation 
recente. Quand Tempereur impie Julien passa par Edesse, lorsqu'il se resolut 
ä faire la guerre ä Sapor {Sdhour), lils de Sapor, roi des Perses {El Fors)^ en 
apprenant que celui-ci se decidait ä marcher vers lui, il demanda, en passant 
pres de ce couvent, ce que c'etait. On lui dit : « C'est un couvent de rcligieu- 
ses. )) 11 ordonna aux soldats d'y monter, de tuer ce qui s'y trouvait et de piller 
ce qu'il renfermait. Les soldats y entrerent, passerent les saintes au lil de 
l'epee, les laillerent en pieces et pillerent tout ce que contenait le nionastere. 
Quant a Tempereur infidele, Dieu tira de lui une terrible vengeance; en efl'et, 
Saint Mercure {Manioiiri/ous) le perga (Tun coup de lance : il mourut et alla 
dans le fcu clcrnel, et ces saintes dans la fclicite eternelle. (^)ue leurs 
priores soieut avec nous! Amen. ' 

En ce jour ' se reunit un saint concile ä Rome {Roumyah) au tomps oü 
Victor {Biqtor) y etait pape et ä l'epoque de Deniötrius [Daniatrijous), patriarche 

1. Gelte eommenioralion maiKjue dans B et Ludolf. 



[199J lO-' II ATOUR (6 NOVEMBRE). 275 

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d'Alexandrie (E/ Iskandaryah) (189-232). Voici la cause de ce concile. Les 
chretiens n'avaient pas cesse de baptiser par immersioii et de jeüner le 
matin du 12 de toubah : ensuite ils rompaient le jeiiue le 22 du mois d'ant- 
cliir, celebraient la fete de la Passion et de la Resurrection apres avoir 
rompu le jeüne quelques jours. * Lorsque notre pere Demetrius fut proclame *roi.5ov°. 
— or, c'etait un paysan Ignorant Tecriture et les livres, — Dieu iliumina 

t 

son intelligence par la faveur divine. II connut tous les livres de FEglise, les 
sut par coeur et en commenta la plus grande partie. II composa le calcul de 
Tepacte par lequel on determine le jeüne et la Resurrection; il le composa en 
copte et en grec ; puis il en envo} a une copie a notre pere Victor, pape de 
Rome, une ä notre pere Maxime (Maksinwiis), patriarche d'Antioche {Antdkyah), 
une ä notre pere Agapius {Aghabijous) ä Jerusalem (Bett el Moqaddes). Ouand la 
lettre arriva aux trois sieges, notre pere Victor, pape de Rome, trouva excel- 
lentc Celle qui lui etait adressee; il la lut et en ressentit une grande joie. II 
envoya convoquer, dans les dioceses de son siege, quatorze evßques d'entre 
les doctes et quelques savants pretres. II leur lut le calcul, ils l'approuverent, 
l'accepterent, en firent un grand nombre de copies qu'ils envoyerent aux 
autres les sieges episcopaux. Le saint careme et la Paque glorieuse furent 
institues comme ils le sont aujourd'hui. Les membres du concile partirent 
rendant gräce ä Notre-Seigneur le Messie, ä son Pere, ä l'Esprit-Saint : ä 
lui soient la gloire, la louange et le respect, eternellement! Amen. 

PATR. OR. — T. III. 20' 



276 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [200] 

Ul ^^äIIij ^„^iasJl ^J_^_ **Jt« jlS U -Co Ijijs-Ij <Ül l^AÜ <UjV jJb (^-*J1 uLxJÜl 

1. ^a«6' comm. om. A, Assemani, Ludolf, Mai', Wüstenfeld et Malan. 



LE ONZE DE HATOUR (7 noveiübre). 

Ell ce joiir' s'endormit dans le Seigiieur le saiiifc Pere honore Anbä 
Amiiioiiiiis (Amounyous), eveque de la ville de Syene (Asoudn) : c'etait iin 
moine d'elitc : il etait admirable dans sa condiiite et ses aiisterites. II 
arriva qu'un joiir il alla ä la ville pour vendre le travail de ses mains. II 
y avait la deux mechants qui etaient assis : la crainte de Dien etait loiii de 
leiirs eoeiirs. Ils comploterent en disant : « Noiis allons mettrc ce luoine ä 
Tepreuve et iious verrons s'il est paticnt et s'il suit les preceptes de rEvangile 
conforineiiieiit ü l'lial)it dont il est revetii. » ils s'avancerent vers lui et lui 
prirent ce qu'il avait avec lui par maniere de violence et de tyranuie. Ouant 
ü lui, il lour jeta son manteau selon la parole de TEvangile. Puis Fun 
deux s'approcha de lui et lui donna un soulHet sur la joue dioitc. II lui 
tendit l'autre. Ce scelerat tomba aussitöt par terre et devint pareil aux niorts 
ä cause de Taudace ([u'il avait montree. Alors ils se prosternerent et lui 
demanderent pardon. 11 leur dit : « Je suis un pecheur. » Puis riiii d'eux prit 
un jx'u de terre sous les pieds de ce saint et la repandit sur son compagnon 
etendu sur le sol. 11 se leva et eut une vision iniportante, effrayante, dont on 
ne peut decrire le sujet. — Quand notre pere Valerius (Oualdnjous) s'endor- 

1. Celle eommemoralioii uv sc Iroiivc <juc dmis 13. 



[201J li"^ IIATOUR (7 NOVRMBRIit. 277 

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mit dans le Seigneiir, les gens de la ville tomberent d'accord pour prendre ce 
Saint et le conduire ä notre pere le patriarche Anbä Timothee (TiinoiUdous) 
(340-345) qui le consacra eveque de la ville. Quaiid il y alla, Teglise fiit 
illuminee par liii; il se mit a precher son peiiple, ä le fortifier dans la crainte 
du Seigneur; il ramenait les opiniätres ä la crainte de Dieu. De son temps 
les pecheurs inclinaient vers le repentir;les adulteres suivaient la voie de la 
continence et de la chastete; les volours se repentaient de leurs fautes. Son 
langage penetrait dans les coeurs des coupables comme une epee a double 
tranchant : il iit de nombreuses guerisons et des miracles. Un jour il passa 
pres d'un jeune homme paralyse depuis son enfance. Tandis qu'il passait pres 
de lui, son ombre atteignit Ic paralytique qui fut gueri et delivre de sa ma- 
ladic : il se leva bien portant, en equilibre et fort, comme au temps de nos 
peres les apötres purs. Notre pere Anbä Ammonius disait ä Anba Macaire 
[Maqdrah) : « Oue ton äme soit animec d'un beau zele, car je vois que les 
clefs t'ont ete livrees, — il faisait allusion par lä au degre de l'episcopat 
apres lui, — et tu seras ainsi tourmente. » 11 rassembla le peuple, lui Iit ses 
recommandations, le remit aux mains du Seigneur, puis il se couclia sur son 
Iit : on fit ses funerailles avec gloire et honneur; on lut sur lui les livres ec- 
clesiastiques et les canons apostoliques. On Tenterra avec gloire et honneur : 
les gens pleuraient d'etre separes de lui, car c'etait un pasteur compatissant 
pour eux et leurs enfants. Que le Seigneur Dieu ait pitie de nous tous, gräce 
ä ses prieres accueillies, jusqu'au dernier soupir. Amen. 



278 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [202] 

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1. B — et Ludolf oni. hanc com/n. 



En ce jour ' s'endormit dans le Seigneiir la vertueiise, la pure Anne [Uan- 
nah), mere de Notre-Dame sainte Marie {Manjani), mere de Dien. Gette femme 
vertueuse etait de la ville de Jerusalem [Ourichalini), fille de Matät, fds de 
Levi {Ldoui), fils de Malki, des enfants d'Aaron (Haroun), le preire, de la tribu 
de Levi. En effet Matät eut trois filles; le nom de raiiiee etait Marie, celui de 
la seconde Sophie {Soufyah) et celiii de la troisieme Anne. Marie se maria et 
enfanta Salome {SdJo'umi), la sage-femme qiii regut Notre-Dame au moment de 
sanaissance; Sophie se maria et enfanta Elisabeth (Elisdbät), mere de Jean 
iu!.5i i". (Yohannä) le Baptiste. Cette sainte se maria '* et enfanta Notre-Dame Marie. 
Ainsi Notre-Dame, Elisabeth et Salome etaient cousines. Bien que nous ne 
connaissions rien de la vie de cette sainte pour le mentionner, nous savons 
certainement qu'elle etait noble au-dessus de toutes les femmes, puisqu'elle 
fut jugee digne de donner le jour ä la mere de Dien selon la chair. Si eile 
n'avait pas eu un merite et des vertus qui surpassaient ceux de toutes les 
et femmes, eile n'aurait pas etc jugee digne de cct honneur. Elle etait sterile, 
passait tont son temps ä prier et ä demander ä Dieu de lui aeeorder une 
iille et de la rejouir ainsi : bien mieux, de rejouir tout le genre humain. 
G'est pourquoi nous devons Thonorer et nous celebrons sa lete ä cause du 
rang eleve dont eile a ete jugee digne. Que son intercession soit avec nous! 
Amen. 

1. Celle cümmemorulion luaiique dans 13 et Ludolf. 



[203J 12« IIATOUR (8 NOVEMBRE). 279 

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1. B Ludolf — et Malan om. has comin. — 2. B add. ij! 5^1 Ij LJ«^'. — 3. B add. Ji^. 
— 4. B C^J! ."^i^ ^^.. — 5. o;?z. B. — 6. B om. ... ,j^ y - "' ■ Pro... ^^^^ B hab. 
>.^ ,3' l^-t^ L^JI y L J.Z ,^v^--'!. - 8. P/-0 ... Jtü3! B /m^. ^ij ^^. — 9. B ^!. — 
lO.'B add. ^^^:^. — 11. B add. ^. — 12. B Ulis L\s-<^.-'. — 13. B ijki U. — 14. A om. 
j^j JU. — 15. B JUj. — 16. B A — 17. B add. ^ ^*^^^. — 18. B J ^3!. 



Ell ce jour' a Heu aiissi la commemoration du martyr Archelaus {Arche- 
läous) et Celle d'Elisee (Elicha) le prophete. Que leurs benedictions soient 
avec nous! Amen. 

DOUZE DE HATOUR (8 novembre). 

En ce jour, nous celebrons la fete de Fange glorieux et pur Michel (Mi- 
kliäyil), chef des anges, le premier de la milice Celeste, l'ange compatissant, 
qui intercede pour le genre humain, debout en tout temps devant le tröne de 
la Puissance, qui intervient en faveur des hommes, celui que vit Josue, fils 
de Noun {Yachou' Um Noun) -, avec une grande gloire, comme le soldat du roi. 
11 eut peur de lui et tomba en se prosternant sur la face et disant : « Sei- 
gneur, es-tu pour moi ou contre moi? » Michel lui dit : « Je suis le chef des 
puissances Celestes; aujourdMiui, je livrerai les Amalecites {'Amäliq) dans tes 
mainsetje te mettrai en possession de lavillede Jericho (Arihä). » C'est lui 
qui a ete avec tous les saints, les fortifiant, les encourageant ä la patience jus- 

1. Ces commemorations manquent dans B, Ludolf et Malan. — 2. Josue, v, 13. 



19 
22, 



280 SYNAXAIRE AUABE JACOBITE. |204] 

"^IjJIj ^^Jl Jjj'j tl_^l r^j^j Jr*^ p ^^•^•^'j j^l J ^-u^l J^ ^Jl Jl_,^ <;V 

^ J<, ^,U ^J\ i'yu ^'Vl:;.l^ d^ViJl ^i j^- ij^. Vj ^,^±]1 ^^ j^ y^ ^■\ 

jl ^Jw-- l «0 Jlüj tJgC A3i:.ftj ^^1 i^j jj jjbj ^^UX'I l-i^ (^-^^ '^' »V' (_5-' '*•- 

1. B add. Y^^. — 2. B !i^.. --3. B U^j. — 4. B om. ,_,Ji. — 5. A o/;? ... , l W- 
— ß. A ^^-s-* }^^., — 7. B c-'J- — 8. B ^..b,..>. — 9. B i.^.)ji Jiov«; J«. — 
10. o/;?. A. — 11. Aow. .... ^^^3 et add. Ki^ U. — 12. B LjJwü. — i;3. A ,!^JJ' 

J-ols^r* ^^_sj'wJ'. — 14. B o/?z. j^" j-^^ J^1. — 15. A ow U hi^j "^j ef add. Jjo. ^^ 

^^iLiJI. —16. B **3L. — 17. A om ^-^lij. — 18. A om. j^^ ,^^'j- — 10. B 

J^LO. _ 20. A j!^^'. — 21. B J'^*'. — 22. A o/n ^.Isj. — 23. B ^yLo J^. — 

24. B iJUaü. — 25. A 0/« U^. — 26. B !.^^'. — 27. B ^.x^) . — 28. om. B — 

29. A om. Us^^c^ l/-^.j- — 30. V>add. \^ . —31. B L\J^' ^_r^^- — 32. B ^^.^jb,^^'. 



qn'a ce qu'ils eussent termine leur lutte. On fait des commemorations et des 
aumunes en son nom cliaqiie doiizieme jour du mois parce qu'il implore le Sei- 
gneiir — qiie son nom soit exalte — pour les fniits, la criie du Nil, Tegalite 
* ini. .M V . de la temperatiire, la chute de la pluie et de la rosee, * afm que le Seigneur les 
nn'ne k bonne fin. Ainsi il y avait un lioinme pieiix, nomme Dorothec {Dourou- 
taom), et sa femme appelee Tlieopiste {Tcioubistd). Tous deux aimaient le chef 
des anges, Michel le compatissant; ils faisaient sa commemoration chaque 
douzieme jour du mois et jeünaient en son honneur. Le Seigneur leur accorda 
de brillantes faveurs : les biens adluerent chez eux eu ricliesses et en fortune 
considerable par Tintercession de Michel, le chef des anges. Voici comment : 
ces deux personnages vortueux se trouverent dans la detresse, et incapables 
de faire ce qu'ils faisaient : n'ayant plus de quoi celebrer la Irle du saint 
suivant leur coutume, ils prirent leurs vetements pour les vendre, celebrer la 
fete du Saint et montrer leurs intentions pures. Lange glorieux Michel apparut 
ä Dorothee, se rencontra avec lui et lui dit : « Oü vas-tu avec ces efTets? » 



^205] 12'^ HATOUR (8 NOVEMBRE). 281 

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^l^ Uli 1^^^ a- ^V C;rr" ^^ '^^^^^ '^^ ^^ -V^^ '-^^-^ c^-^^ "^ "^^'-^ 

25j^,j ^-.U^ 24_^jy ^^^ ^,^ 23_^| ^^_j 22^^^^ 21 ^_ ,^1 20^' U J^J 
1^,L. ■-8^t<Ji A^y ^'^ j^>5 ^-^"l .r-^ -^^ V^ -^„ ^ ^^>^^^ ^'^>^ J^ 

1. B ^^j p^^^. — 2. B Jr.^Lv. — 3. B ^r'Pjj^- — 4. B J^.l-O- — 5- ß ^^'"^ •■• 
s'jüJlj A habet ^^i, S »y'j. — 0. A *.^*'. — 7. A om. (Jy*^ J^j- — 8. A -^^U. — 
9. om. A. — 10. A om ^JJ!. — 11. A l^U. — 12. Pro ... Ti\^^\^ Pl habet ^ ^j. 

— 13. A Y^sr>.. — 14. P/-0 .... jj! J A /?ö!Äe? _o.U JL. — 15. B 3^1. — 16. A 

Us:?, U. — 17. A om iJ JUj. — 18. A ajU' j^^o ^j. — 19. A o/?^. ^Ui3! ^j.^. — 

2U. om. B. — 21. 0/». A. — 22. A om. — 23. B om. -U*3! J^^. — 24. ow. A. — 
25. A J^Ji. — 26. A h\y^^\ ^'. — 27. A ^J! p^f. — 28. B ^<^jJ\. 



Or avait pris Tapparence d'un chef glorieiix et brillant. — « Seigneur, re- 
pondit-il, j'ai quelqu'un quo je place ä un rang glorieux : or je n'ai rien ä ofTrir 
pourle glorifier; je veux düble, unagneauet un poisson, suivant la coiitume. » 
Le chef des anges, qui ressemblait ä un prince, lui dit : « üorothee! — Oui, 
mon maitre. — Comment est ta femme Theopiste? — Avec mille gräces, par 
rintercession et la misericorde de son seigneur Michel. » II ne reflechissait 
pas comment l'autre connaissait sa femme, mais il restait avec la purete de 
son coeur et sa simplicite d'ame. Puis Tange Michel lui dit : « Conserve les 
vetements et ne les perds pas : va trouver le gardien des troupeaux qui est 
un homme connu, et re^ois de lui un agneau pour un tiers de dinar; puis va 
trouver le pecheur qui est sur le bord du fleuve et achete-lui un poisson pour 
un tiers de dinär. N'ouvre pas le poisson, lui recommanda-t-il, jusqu'ä ce 
que je sois present parmi vous. » Puis il Tenvoya chez un negociant qui ven- 
dait du ble afin d'en acheter pour un tiers de dinär et il lui dit : « Va, celebre 



282 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [206] 

^LJl 1_^AJ- -^LJIJ Ji.-&ij J^J\ ^^:^-^ i^^ C;!^;^ ^j ''^^^'=>- ^ v^^ J^ 
bb ^jJl Vr-^lj 'ij_yJ\ J pjJl ^ dSlJl ^r^^^- ^ A.ii^ l_^Ja^j p^j^-jiU ::,^^ Ui 

S^-^Jl j^J^j ^^^>lj dUJlj ^jj>^\ ^^^ ^V^A 13^^! ju^ ^i ^%'i i^>\;-_j 
V v<J>UI ^O ^'' J^.^- ^"'^"^ "^^"^^^ (^P ^-'J^'J ''^^^ll ^r^ Jb^ vilU x^ 



15 

18 
21 



1. A om. ^JJ\ ^l — 2. A^-d. et add. U>.jU. — 3. A ^. — 4. B üj. — 5. A 

om US'. — 6. B J..jtv i-\^'-^'' ^ßy — 7. B ^^p^^^ ij^i} j;jJ' ^)^^ J. 

— 8. o/«. B qui add. Li^ J |^3yb J^ J^'-V ^^' '.^^^ ^Ji -^^. — 9. B yU ei a^rf. 

,\li« — 14. /^/-o ... , y^> .^^ B /^«^. ^.li- ^3v^-l ^^=-U-^ -1^! ^.^-^i i^-^M |jJ^ 

^i ^'' _..J^^ ^.li' ^LJ-Jj. — 15. A iJj'j. — 16. om. A. — 17. Pro .... S'^^ 

B Ä«Ä. Ij , ^ ^1)1 XU^a'^ Xj'lä^^-o^ *XjLlo \J3^. — 18. B ^t^Ji ^. — 19. B 

^Njt. _ 20. B **Lij. -- 21. Pro .... ^^r.r^»b B habet ^^^ ^' ^r.jrj' ^'^•^- — ^2. A 

JM. — 2.3. A JU. — 24. om. A. — 25. B add. j». — 26. B J.jIO- — 27. A 



oni 
om 



la fete suivant la coutume et ne veiuls rien de tes vetements. i> Lorsque 
Fhomme eut fait ce qiie Tange lui avait ordoiine, il celebra la fete et y invita 
les gens suivant l'iisage. II entra dans le cellier, pensant y rencontrer un vase 
de vin poiir le presenter en ofl'raude; il trouva cet ondroit rempli jusqu'ä la 
porte de vin et de beaucoiip de bonnes choses. 11 en fut stupefait et (Hourdi. 
Quand les gens firent ce qu'ils avaient coutume et furent arrives, Tange leur 
a[)pai'ut sous la forme et Tapparence que Dorotliec lui avait vues; il lui or- 
donna d'ouvrir le venire du poisson; on y Irouva une bourse contenant trois 
Cents pieces d'or et trois tiers de dinar. Alors Michel leur dil : « G'est le prix 
de Tagneau, du poisson et du ble; quant a cette bourse d'or, eile vous appar- 
tient, car le Seigneur s'est souvenu de vous et des aumönes quo vous faites : 
il vous en-a donne TcHjuivalent dans ce monde d'abord et dans Tautrc, par le 
royaume des cieux. » Tandis qu'ils etaient stupefails de ces paroles, il lit ces- 
ser leur crainte et leur dit ouverlement : « Je suis Michel, le chef des anges; 
ne craignez pas; je suis celui ([ui vous a delivres de tous vos maux; je suis 



[207] 13° HATOUK (9 NOVEMBRE). 283 

^J ''[^ jy^J^\ J>-\ J\ l*^ j^<;- ' <:^U^ '^ ^^,.a=-J Mol. 52 r". 

hU\ j lj>öj S^Vl j\J^j c>: ^:^ ^L-^^^ a^ J J^-H ^^ ^^^ i 

1 B bJi v.:j'-. — 2. Pro .... ^,U, B haö. J.».^,. — 3. A om *5.j. — 4. B Üix3! 

^J! i^^Mj ü!|yi^ ^^! ^i. — 5. B i;w^" a.x;.U-. — 6. B add. ^L\k, U=.^. ^^)! 

lläjjü ^o. — 7. B o/« .,u.C — 8. BÄi)li!l. — 9. Haue coinin. oin. A, ^laT, Asse- 

mani, Ludolf, Wüstenfeld — et Malan. — 10. Lege ^JJ'. 



celui'qui a presente vos ofTrandos et vos aumones devant le Seigneur; vous 
ne manquerez plus des biens de ce monde. » Alors ils se prosternerent de- 
vant lui et il disparut ä leiirs yeux en montant au ciel tandis qu ils le regar- 
daieiit. Nombreux sont les exploits de cet ange gjorieux et ses miracles sont 
innombrables. Quo soii intercession * soit avec nous jusqu'ä la fin de tous * foi. 32 r. 
les siecles ! Amen. 

TREiziEME jouR DE H\TOUR f9 novcmbre . 

Le Saint Anba Yousab', qui etait ä Djebel El-Asäs, dans Teveche de 
Coptos {Qo\l), s'endormit dans lo Seigneur. Ses parents etaient des gens de 
Faou; son pere se nommait ..houch; ils n'avaient d'autre enfant que ce 
Saint qu'ils eleverent dans la crainte de Dieu. Avec lui se rencontra un 
autre jeune liomme (de ceux) qui s'elevent les uns les autres dans les 
rues (?) : on le nommait Madäsyous. Quand ils eurent grandi, ils entrerent 
dans le couvent de Saint-Pachöme [Ahou Bakhoum), virent les religieux, et 
s'exercerent au service spirituel. Lä-dessus un zele spirituel les saisit ; ils 

1. Cette commemoration ne se trouve que dans B. 



284 SYXAXAIRE ARABE JACOBITE. [2081 

\jA'^j L<:>%J\ i^J\ J\ Jj^a)1 \y\lj ^^jj i^, Lv^i ^^ -^9 l.[^jj\ 
c- j^ Jas ^Ji*]l j^pJl ^-^ J ^^j •^^' J^ li^lib' jl ^v^Cu ..^ o::^^ j^J' 
^-L j^l^ ^L A^l ^^ V jl l;Ujl Ü^l (n^ ^^^l^ ^>jVlj ^UJl jiU. ^^1 

^^ ^<;i^U; j^Jj p<Jl l;^Ul p^J l_^U.s ü l^j^jJ] j.\yJ\ j ^^„ j\ J\ 

J^ lyiL jV ^^>^ ^-^ c^--Jl J \^)^^ A^\ c^ ^y% 'l:^^ j ^^:^j ^.-^^ 

Uj -Li.±]l aDI j^^^|.j j*^^::'^^ ^y-=:i ptrr^ ^^?=!. cT^'^ ^_y^-? (**^:^ t^ o^^L'-«"^'^ 
1. Le^e >-^^'- 



demanderent ä etre introduits dans la vie angelique et parlerent aux moines 
en ces termes : « Nous vous demaudons de nous recevoir; peut-etre trouve- 
rons-nous misericorde dans le siege de la sagesse supreme, devant Jesus 
le Messie, maitre du ciel et de la terre. » — Les moines repondirent : 
« Notre pere nous a reconimande de ne repousser personne, mais d'accueil- 
lir quiconque vient ä nous, de Tinstruire des regles de notre pere; sMl les 
accepte et s'y conforme, nous le revetons du froc, il demeure parmi nous et 
nous Tobservons jusqu'ä ce qu'il suive les canons etablis pour nous. » lls leur 
dirent : « Acceptez-nous et gräce ä vos prieres, nous marcherons conforme- 
ment aux regles et nous ferons ce que vous nous prescrirez. » — Alors ils 
les accueillirent avec joie. 11 y avait dans le couvent un frere pieux appele 
le Pere Paul {Boiilos) : ils le visitaient et lui decouvraient leurs pensees; 
il leur prechait ce qui contenait le salut de leurs ämes et leurs intelligences 
brillaient. Notre pere Anba YousAb revctit le froc angelique et la faveur 
de TEsprit-Saint descendit sur lui. En hiver, ils se tenaient sous le ciel 
ä prier; en ete, ils souffraient de la chaleur et ne luontaient jamais sur la 
terrasse de la maison. Ils faisaient quatre cents prieres pendant la nnit et 
autant pendant le jour : ils ne se nourrissaient que chaque samedi : des mi- 
racles nombreux eurent Heu par eux : ils guerirent les boiteux et les aveugles 
et tous ceux qui soufl'raient de diverses maladies. Leur reputation se repan- 



^2o<.)| 13" 11 ATOUR (0 NOVE^rBRR). 285 

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Zj\y^\ ^j 1>- ^V^^ (> '^«^. ^ (^W -^^^ J^^ ^ ^^x ^^ ^r".-^^ ^'-^;^ ^^-'^ 

1. Lege hj^-. 



dit : les gens allaient les trouver ; ils priaient sur eux et Dieu leur donnait 
la o-uerison. Ouaiid ils virent la miiltitude des foules qiii venaient les trou- 
ver, ils craignirent que leurs aiisterites ne s'afTaiblissent et se direiU : « Tout 
endroit sur lequel le soleil se leve appartient ä Dien. » Tandis que notra 
pere AnbA Yousab etait debout, en priere, il demanda au Seigiieur de lui 
faire voir un miracle. II entendit une voix qui lui disait : « Va au-dessous du 
palais et creuse ä quelques coudees, tu trouveras ce que tu demandes. » 
II alla comme il en avait re?u l'ordre, creusa et trouva uu recipient de verre 
rempli d'huile, bouche avec du papier. 11 la plaga dans le couvent pour 
guerir les malades. Quand ils sortirent du monastere, ils en prirent un peu 
avec eux. Ils se mirent en route, remontant dans le Sa'id jusqu'ä ce qu'ds 
arriverent au Djebel El-As4s. Ils s'etablirent au midi dans le Djebel Bi- 
chaouaou. II y avait dans le voisinage de Fhabitation de saint Anbä Yousab 
un temple d'idoles oü etaient de nombreux demons; le saint eprouvait d'eux 
mille miseres. Le Seigneur lui revela de batir une eglise sous l'invocation des 
douze apötres. Quand il eut commence ä la construire, il trouva un grand 
repos. Saint Anba Yousab vit un ange du Seigneur, ayant un fouet de feu 
avec lequel il chassait les demons qui s'enfuyaient de cette region. Personne 
ne coiinaissait la lutte qu'il livrait excepte le maitre des cieux et de la terre. 
II accomplit sa course louable, quitta ce monde perissable et alla trouver 
celui qu'il aimait, notre Seigneur et notre roi Jesus le Messie. Oii plaga 



286 SYNAXAIRE ARABR JACOBITE. [210] 

(_L>J1 <.^S J ^l; jVl (^bj 'C^.iS J bA._=- ^_^j f*j^^-? j^-o~Jl p- ^-^ 1:5CLj 

-vi Li;' Ijl jo ^_^-ül Iää LUäI -L-u ,_jiLl jj-jlj'UJ^ ^Vl ^=_-o:r ^yS\ lÄ^ ^j 

j\^\ dUJl ^_^L.>>l_Li ^Jl diu Uj ^Vi Iaä p^ JJJ <^L^ ^^.:>J1 j 
^vr^ sl»^^^ ^J\ Ju^j^ -*i' ^-*>* ^j l J>ä) jDj aJU ^_^jJ1 ^^Vl ^_y^' ^!>^ 



1. //rt/2c cojuin. om. B r^ LudolT — qiii tantiim comtneinoi-atiir secundum ^cstmn Mi- 
chaelis. 



son Corps dans son eglise qui subsiste encore aujourd'hui dans uno grotte 
de la inontagne. Le Seigiieiir fit apparaitro, par son corps, des miracles et 
des prodiges jusqu'aujourd'liui. Que le Seigneur ait pitie de nous, grace ä 
ses prieres! Amen. 

En ce jour ' s'endormit dans le Seigneur notre perc Timothee [TimiUaous), 
eveque de la ville d'Antinoe [Aminä) : il etait vertueux, craignait Dienst des 
son enfance embrassa la vie monastique et marcha dans toutes les voies de 
la gräce. Le gouverneur d'Antinoe l'arreta parce qu'il confessait le Messie et 
enseignait au peuple ä croire en lui. II lui fit subir des tortures variees et 
se mit ä le renvoyer en prison et ä Ten tirer pour le tourmenter pendaut 
trois annees consecutives. 11 y avait avec lui en prison un grand nombre de 
saints arretes ä cause de lenr foi. 11 resta continuellement en captivite pen- 
daut quo le gouverneur en faisait sortir quelques-uns, les tourmentait et 
versait leur sang innocent. Cela dura jusqu'ä ce qu il resta en prison une 
petite troupe, entre autrcs ce Pere. Lorsque le Seigneur fit perir Diocletien 
{Düjlfhhjänoiis') Fempereur infidele, et que le pouvoir passa au vertueux, au 
pieux Constantiu [Qostantin), ses messagers arrivrrcnt avec des lettres pour 
faire sortir de tous les cachots du monde les prisonniers. On en tira ce saint 

1. Cette coniniemoralioii nianque dans B. 



[211] 13« IIATOUR [9 NOVEMBRE). 287 

^uv ^\ ^\ j^\ cJ> ^\ Ji^j <^ j -^ ^vi ^\ s^\ y^y^ ^^•^'^\ \^ 



1. //a/ic comm. om. B, Ludolf — et Malan. 



avec lä troupe de ceux qui sortirent. Oiiand il fut arrive a sa cellule, il ras- 
sembla tous les moines qui etaient dans son diocese ainsi que les pretres et 
fit une priere solenneile tonte la nnit. II implora Dien pour le salut de Tarne 
du gouverneur qui l'avait tourmente. « Seigneur, disait-il, cet homnie m'a 
procure des biens grands et nombreux. 11 est cause de mon arrivee pres de 
toi, facilite-lui ton acces. » Les gens admirerent la purete de coenr de ce saint. 
Ouand cette nouvelle arriva au gouverneur, celui-ci s'etonna dans son ame 
et dit : « Je croyais qu'il me blamerait ä cause de ses tourments et qu'il ferait 
des voeux contre moi, or le voici qui prie pour moi. En verite, il y a un 
mystere divin dans la secte de ces gens. » II envoya apres ce saint et lui 
demanda de linstruire dans la loi des chretiens. Le pere lui fit connaitre la 
raison de Flncarnation du Fils de Dien, comment les prophetes en avaient 
parle nombre d'annees auparavant, comment il avait confirme leurs prophetes; 
il lui lut le saint Evangile. * Le gouverneur crut au Messie par les soins de * loi. 52v< 
ce saint qui le baptisa; puis il laissa son gouvernement, embrassa la vie 
monastique et fit partie du troupeau de ce pere. Celui-ci passa continuelle- 
ment le reste de ses jours ä instruire son peuple et ä veiller sur lui, puis il 
mourut en paix. Que sa priere soit avec nous! Amen. 

En ce jour' s'endormit dans le Seigneur le saint pere Anbä Zacharie 
{Zakhdnjds) le patriarche (1004-1022). Ce saint etait des gens d'Alexandrie 
{El hkaiulanjah) : il y etait pretre et Intendant de ses logements. II etait pur 
de conduite, chaste de ses mains, paisible de caractere et avance en äge. 

1. Cette commemoration manque dans B, Ludolf et Malah. 



288 SYNAXAIUE ARABK JACOBITE. [212] 

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j^j ^x^Ji :)A.p1 /^. j-]ji o^ s^^ 'v-'j ^^^ ^ cy v"^'^ ^-^ ^^ ^^ ^^^ 

*fol.53r". <UL> * ^Ij .^^ Vy ^ 9^^ "^^^JJi '^J.J^^ ^^\ ^-^. C^'^ "^^-^ -^^-? 



Lorsqiie iiotre pere, le patriarche Philotee {Filoutdous) (980-iU04)' mourut, 
les eveques se rassemblerent pour choisir, sous rinspiration de FEsprit- 
Saint, quelqu\in de digne. Tandis qu'ils etaient dans Teglise du saiiit apötre, 
cherchant (pielqu'un de coiivenable, ils apprirent qu\iii liomme avait obteiiu 
Uli diplome du sultan a cause de son credit et par simonie, et qu'il s'avan- 
gait avec des serviteurs pour etre proclame patriarche. Ils s'alFligerent d'une 
proclamation dans ces conditions et adresserent continuellcmcnt des prio- 
res et des demandes ä Dieu. A ce moment, ce pere descendit par Tcscalier 
de l'eglise, ayantuiie cruche de vinaigre. 11 glissa du haut de Tescalier et roula 
sur les degres jusqu'en Las; puis il se leva et la cruche du vinaigre etait 
intacte dans sa main. Les eveques et les pretres s'en etonnerent. Puis ils 
interrogerent sur lui les gens de la province, grands et petits, et il ny en 
eut pas un qui ne mentionnät ses merites. Les habitants de la province 
furent d'avis avec les eveques de le proclamer et il doviiil i)atriarche. II 
eprouva de nombreux chagrins. Un nioine porta contrc lui des denoncia- 
tions ä El-jjäkem qui le lit arreter, enchainer et jeter aux betes feroces, 
croyant qu'elles lui feraient du mal, mais elles repargncrcnt. Mors i:i- 
Hakem s'irrita contre les bctes feroces, pensant que le patriarche les avait 
gagnees : il les afTama, prit un animal egorge, eclaboussa de son sang notre 
pere le patriarche et le jeta aux bctes feroces, mais elles nc lui firent pas 
53r.de mal. Le prince s'en etonna, ordonna * de le retirer d'au niilieu d'elles et 
le tint trois mois dans les fers : il se mit alors k le luenacer de le faire 
mourir et de le jeter aux betes feroces ou dans le feu, s'il n'abjurait pas sa 



I-213I Ift' HATOUR (10 XOVEMBRE). 289 

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Uj>^j Ij^^-Ol^ cJULi ^A_U1 ^^^ j ^- jl Vi-^b ^^ Oj,^! Uj dJ_^Ul 
1. Lege y !. — 2. //«nc com/n. om. A, Assemani. I.udolf, Mai, Wüstenfeld et Malan. 

religion, mais aucuii de ces epouvantails ne put reffrayer. Alors il lui fit de 
grandes promesses, eiitre autres de le nommer grand qädhi des Musiilmans, 
mais aiicune de ces promesses ne put le ilechir. Apres sa delivrance, il 
eprouva de nombreux emiuis, entre autres par la destruction de beaucoup 
d'eglises. Cette persecution dura pendant sept ans. Puis le Seigneur Dieu, 
le Sauveur, notre maitre Jesus le Messie, amena la fin de ces calamites. 
El-Häkem ordonna ä notre pere de rebätir les eglises et leur fit rendre tout 
ce qu'on en avait enleve et tout ce qui leur appartenait en fait d'objets et 
de vases. On reconstruisit les eglises. Le patriarche s'occupa d'en elcver 
un grand nombre ; il obtiiit aussi la permission de sonner les cloches. Les 
affaires des eglises et des fideles se maintinrent et, apres cela, ce patriarche 
vecut encore douze ans, s'occupant de construire des eglises. 11 exerga ses 
Ibnctions pendant une duree totale de vingt-huit ans, puis alia retrouver 
le Seigneur. Que sa priere soit avec nouri! Amen. 

QUATORZE DE HATOUR (10 noveiiibre . 

Sachez', mes freres, qu'en ce jour s'endormit dans le Seigneur la ver- 
tueuse Matrona {Madwunah) : eile etait princesse. Lorsqu'elle demanda ä ses 

i. Cette commemoration donnee par B manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai et les 
Synaxaires de Wüstenfeld et de Malan. La Version ethiopienne la place au 10 de Mas- 
karam (=: 10 de Tout). 



290 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [214] 

o-ü\9 «— ^:r^ .^üs—u >1j-*o-^ <lL^ ,j:*JjJJj ^rf^=^ ^^ (_y-^j^ v_j^i ^yo c-ii?j 

l^^ jl^ jA JU.UU ^i^Vlj UaJI^^ ^ J<>\^\ ^y^}:^ c^j ^~Af^ (r:^^J^. J^ 

j^_ ^xLJ\ ^^^\ V-J^ (-^ ^^r-i^^. "^ .:^Üpj <1 oaä^j ^t_^- ^Uj Jl 4.Ü1 

^:^ ^Is rjÜ9 1 ^^^üil l:^_y__ lil Ul IäJovj Si^^ ^l<C«j ^_^^1 .r^Uas J ^J\ 
O^i^l -^^ (Jj "^-r^ bAjjLsV CwÄ«j ^>7^ e^ »Ijaj^Is ^'U i^L^j bjli« ^^1 

1. Le^e l^. — 2. Le^e l^L 

parents de prier k Jerusalem [heU el Moqaddes) et qu'elle le leur dit, ils la 
miinirent des choses necessaires pour le voyage. Qiiand eile se mit eii route, 
ils lui donnerent des richesses pour distribuer aux couvents, aux moines et 
aux mallieureux. Elle partit pour Jerusalem, y arriva, en sortit pour se ren- 
dre dans les monasteres. Elle trouva de saints moines devots et desira em- 
brasser lä la vie religicuse, mais eile ne le put ä cause des soidats et des 
serviteurs de son pere qu'elle avait avec eile. Quand eile Tut de retour ä Jeru- 
salem {Yarouchälini), eile s'y arreta et ecrivit deux lettres, Tune pour son pere 
et Tautre pour les serviteurs qui etaient avec eile, les avertissant ainsi : « Mon 
ame est proche de la mort : ne nie cherchez pas, car vous ne pouvez rien sur 
moi. Je pars lä oü le Seigneur me guide vers lui. » Elle prit les lettres, les 
mit dans ses vetements, envoya au dehors ces soidats en avant d'elle, passa 
la }\esurrection a prier et ä les rejoindre et aussitot eile s'enfuit ä Jericho 
{Arihä). Elle gagna le desert. Üieu la guida vers un vieillard devant qui eile 
se prosterna. Elle Fimplora avec un grand zele et, apres quelque resistance, 
il la revetit de lliubit sacre. Loisqu'elle le quitta, il hii dit : ft Ma lille, oü 
vas-tu? — A Tendroit que le Seigneur choisira pour moi. » Elle gagna le 
desert et y resta isolee et solitaire. Anbi\ Jean {Yoii/iannd), le pretre, raconte 
ce qui suit:« Je connaissais la grotte d'un ascete : je pris du pain avec moi et 
je partis pour le visiter. Je m'egarai et je ne trouvai plus la caverne. Tandis 
que j'errais dans le desert, j'aperf;us la trace dun pied delicat. Je nie dis : 



[215] 14<' HATOUR (10 NOVRMBRE). 291 

LpJ^ O-wUa-S Ul Uli ^_i «Co JjLLU |,^L9 jt« jlS (^JJl /»UlaJl /w« ^a,.k1j L"i LU 

IJj ^jIjLJI Jl ^:uJij ^jr^^ (V ,^r^ (*^^^^ C^^ ^"^-^ (J '^^^'^'^ ^-^ -^j ^^^ ^-^-« 
^J\ bjUl i-y] Ijl^Äj" c.«.^ U ^Ij dii^Md ^_^1 ^^^ J ^^.'IS c,j^ v:>,«^j 

1. Le^e v^'}?^'- — 2. Haue comineni. om. B ef Ludolf. Hie tantum commem. ter- 
tium festum Michaelis. 



« Ceci est le pied dune femme oii dune jeune fille. » Alors je priai et j'im- 
plorai Dien; ilme guida vers une röche. Je la deplagai aussitöt et je trouvai 
une entree etroite. Je m'arretai, je priai et je dis : « Benis-moi. » Personne 
ne me repondit. J'entrai et j'apergus un moine assis. Je le saluai et je Ais 
son visage briller comme un feu allume. Je me dis en moi-meme : « G'est une 
femme. » Elle connut ma pensee et me dit : « A quöi reflechis-tu? Je suis ce 
que tu t'imagines. » Je Tinterrogeal humblement : eile me fit connaitre toute 
son histoire en ajoutant : « Je suis une princesse des iles; voilä vingt-huit ans 
que je suis ici : j'ai une nourriture Celeste qui me vient du ciel. » Je lui pre- 
sentai de la nourriture que j'avais avec moi; eile n'en prit rien. Alors je lui 
demandai sa benediction. Elle me dit : « Promets-moi de revenir me trouver. » 
Je la quittai et je revins dans ma caverne. J'y restai quelques jours; ensuite 
je partis le quatorzieme jour de ce mois et je vins ä sa grotte. En appro- 
chant, j'entendis les voix des anges qui emportaient au ciel Tarne de la bien- 
heureuse, avec une grande gloire. J'entendis une voix qui me disait : 
« Retourne vers ta cellule et ecris ce que tu as cntendu, en commemora- 
tion de cette femme vertueuse. » Que le Seigneur nous fasse misericorde 
par sa priere! Amen. 

En ce jour' s'endormit dans le Seigneur notre Pere, le saint illustre, 

1. Celle commemoralion manque dans B et Ludolf : celui-ci mentionne, ä la place, 
la troisieme feie de saint Michel. 

PATR. OR. — T. III. 21 



292 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [210] 

1^^ Ujij l<C-l; L^oU >l=^j jl^j z^-^Ä..^^ a'.^J a:^ -CjUU Ua;* ^_j^ ^ jlS 

. 53 V". jl^j ^^y^J^ ^^rr~-^l ^ J^J ^^^^ <^-^ ^J^ ^-üj <.iL-V^ (^-^^ jr^^^ ^"^ 

\^ l^ L>\^\ \^^ J^ <^\ ^rr^b ^^^ ö"" ^r-^ t^^ -^.b-^-* "^^-b ^7*^^ J 



Martin [Martinoiis)\ eveque de la ville de Tours (Tardkyd) '-. Ce saiiit etait ori- 
ginaire d'iine ville appelee Sabaria {Sdfdrijah), lils de pareiits chretiens. C'etait 
Uli liomme pieux, devot, doux, excellent. II etait assidu ä repousser Theresie 
d'Arius (Aryous), blamait et reprimandait ses partisans, les appelant infideles. 
Pour cette raison, il eprouva d'eux de nombreux tourments; ils le guettaient 
dans les rues jusqu'ä ce qu'il passat; alors ils le saisissaient et le maltrai- 
taient. Ils s'emparerent de lui et le frapperent un grand nombre de fois; ils 
le trainerent dans la ville par les talons. II s'enfuit loin d'eux dans un pays 
eloigne, alla sur le bord de la mer et habita dans une grotte pendant plusieurs 
annees, s'y nourrissant de plantes sauvages. Ouand sa reputation se Tut 
repandue et quand sa renommee fut elevee, il fut elu au siege episcopal, et 
foi. 53v°. lut place ä la tete de la ville de Tours. II y mena * une vie apostolique et, par 
sa charite et sa misericorde, il surpassait beaucoup de gens. Dieu manifesta 
par lui des miracles nombreux, entre autres celui-ci. Un jour, en passanI, il 
vit un mort qu'un lioninie dur avait saisi, pretendaut (pi'il lui devait quatre 
Cents pieces d or. II enipechait sa famillc de l'enterrer jusqu'ä ce qu'il les eüt 
regues. Le saiuL Tiniplora plusieurs Ibis et Texhorta, niais il ne se laissa 
flecliir par aucune de ses paroles. Alors le saint pria et supplia Dieu : le mort 
ressuscita, reprimanda le coupable et prouva son mensonge devant les assis- 
tants. Puis le saint s'adressa ä Dieu : ce mechant perit; cclui (jai etait mort 

1. Malan : Martins; Assemani : Ct/riniis. — 2. Wiistenfcld, Assemani, Mai : Thrace ; 
Malall : PluinicUd. 



[217] 15« IIATOUR (11 NOVEMBRE). 293 

\..^l Uji-« ^J »>^" AJVv,«^ /»7\**J tt;:-^" A^.,»^^».)) 

\^ i^J jo -M-VA (JjLJI (j-^Vl» i^Jl-UI li^ jjI iT-'.-^'^ -y-ii-l /»^l \->^ (J 

^2^-j^^Jl ^Vjl l^^^ii^ ^^JUll ^>i^ lj.-w jl^ ^\ AjJ^\ UrA^ A.w j '^^..^Jl 
fri<^ 1^' •• c. Wa 1^ •• «c^ . -1 •••; 1-^ • ^ i "1 1 12 . i ^, 

1. B am J.. — 2. B ^_^IJ! 'jj!«^. — 3. B ^^^.^\^J. — 4. B l^*'. — 5. om. 

B. — 6. B add. y\. — 7. B I^Ij! iJ L^^^j- — <S. B ^r'^-^^ ^.'-^ ^j^» J^j- — 9. B 
add. ^^. - 10. B Ix^M. — 11. iVo .... l^J^ A Artie^ ÜJ.^!. — 12. B ,L^.M o^'^. 

— 13. A om. »v ,.r-^^^- — 1^*- A C-wC». — 15. A 5J-.*J!. — 16. A om. ^i ^^-\ — 

I '^* w ■■ V .. .V .. ^ .. .. 

17. B .,U — 18. A om. iil^.— . — 10. B ^jj^. — 20. A om. 



s'en revint vivant ä sa maison et vecut ensuite de nombreuses annees. Apres 
que le saint eiit meiie cette vie brillante et agreable ä Dien, il monriit en 
paix. Que sa priere soit avec nous! Amen. 

QuiNZE DE HATouR (11 noveiTibre). 

En ce jour monrut martyr le saint Abou Mennas {Mino) surnomme El 
Amin, le beni. Son perc etait des gens de Nikion {Niqijous) et se nommait 
Eudoxe {AoiMhiksyous) ; il etait gouverneur en chef. Son frere le jalousa et le 
calomnia aupres du roi qui l'envoya en Afrique (Ifriqyah) et lui en donna le 
gouvernement. Les gens de ce pays s'en rejouirent, car c'etait un homme 
misericordieux et craignant Dien. Quant ä sa mere, eile n'avait pas d'enfants. 
Un jour, eile entra ä l'eglise, le jour de la fete de Notre-Dame la Vierge qui 
a ete la cause du salut du monde. Elle vit les enfants des fideles bien habilles 
avec leurs parents qui se rejouissaient avec eux. Ellle soupira, pleura beaucoup 
devant l'image de Notre-Dame Marie et la pria de demander au Seigneur, 
pour Famour d'elle-meme, de lui accorder un fils. Sur-le-champ, une voix 



294 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE- [218] 

^^Xi\ Zjj-^'^ ^ ^hj.'^ls ^^^-^^ 1^ -^^^ *^ ^5i-9 j J J;^' -^»;J jj'^'" ^J^ ^-ib^ ^jUs 

^j^l aJ jLo ^k^ls \^^jj\ c^^lj ^.^^^ ^*MJii Mi» IjiJ '-'j ^ Lis ^"^«ul <j^^ 
i%;Vj ^\ /^aUI ;^ 18^ j^j ^^hU\j S>UJlj lö^^l i5^j>U ^^ i^b>u 

^ ^5j c^ bL. 31 ju 30$^:^ UU 29^i;l^ ;;jl Jl ^j ''%.-^^ ^.-^i 
aJ J_^ ^j^j "^"^S^^xi^ a:.^^ ^Ul^l 33 jjil^ ^U^iJlj Ä^yjL <wJl 3-^- «LVi 
rc^y^\ *-wl vJ^^b Ä:^„-^^ (J^ 36 ^^^ 3ojj^5Yl b_U Jl; ^..^1 ^1 ^k ^- ^ 

1. A bj-^. — 2. Iwt A. — 3. B j^-^' L^jj. — 4. B ^y> UUl ^M o^^>li_j .,'i'Uj 
V^ i<Jw^! 5,j^. — 5. B L^ JU. — 6. B (*^ij'- — 7. B J^^^-j. — 8. A sUsw. — 9. ow. 
A. — 10. B Jlxi. — 11. B Uj. — 12. B 'L=^j^:ri, — 13. B add. CU=r-->. — 14. A 
:>js6^. — 15. Aom. Js^w^O. — 16. A ^^^l'. — 17. om. B. — 18. om. A. — 19. Pro J 
x.J^^ B A«^e? L'UJL. — 20. B »jJlj ^y. — 21. B ^^^So J^. — 22. B JJl sJiU. — 23. B 
J,^^ Uj. — 24. A o/'^ J. — 25. B ^Iw^'. — 26. B J^::--L — 27. B O^Ji J..^. 

— 28. B y^\. — 29. A ^UL — 30. B jJ^ . — 31. B l^. — 32. B^^'. — 33. B I^U-V.. 

— 34. om. A. — 35. B oni Ol?-^j- — 36. B iU 3.iL 



sortit de Timage et dit : « Amen. » Qiiand la femme fut reveiiiie dans sa 
demeiire et qu'elle eiit fait connaitre cette parole ä son mari : « La volo.nte de 
Dieu soit faite, » dit-il. Peu apres, Dieu liii accorda ce saiiit (prils appelerent 
Minä (= Amin) de la voix que sa mere avait entendue. Lorsqu'il ciit uii peu 
graiidi, ils liii apprirciit recriture et las sciences spirituelles; (juaud il fut 
arrive ä Tage de onze ans, son pere mourut dans une belle vieillesse et, trois 
* foi. 5'i i". ans apres, il perdit sa mere. * Saint Mennas resta seul et s'adonna au jeüne, ä 
la priere et k la picte. A cause de la vive affection que ses chefs avaient pour 
lui et son pere, ils lui donnerent la place de celui-ci, mais il ne negligeait 
pas d'adorer Dieu. — Lorsquc Diocletien {Dlqlädijduous) devint iufidele, 
qu'il envoya dans toute la terre habitee des ordres relatifs ä Fadoration des 
idoles et que beaucoup subirent le martyre au nom du Messie, le saint aban- 
donna l'armee et se retira dans le desert. II y resta longtemps ä bien servir 
Dieu. Un jour, il vit le ciel ouvert et les martyrs porlant de belies et glorieuses 
couronnes. Une voix lui dit : « Quiconque soufTre pour le nom du Messie re- 
Qoit ces couronnes. » II relourna ä la ville et confessa le nom du Christ. Ou 



[219] 15" H ATOUR 11 NOVEMBUE). 295 

JL^., <>-ij ''CjJÜ^I -^^dUi A«^j J\^\ t}-^^- ^^ ^^^- ^^^^-^^ ^^' '"f-r^^^. 

^i i j^j ^*''>^^ ^'^-^ '^^^ ^'* j^3 J\ ^^^^ (^>« j ^^-^>-j '"^-Sr ^y^j 

1. A Lo^S' >'L^^ — 2. B^^rri::^, J ^'j. — 3. A o/??. ^\^_ X. — 4. A JjU-^' ^^'. — 

5. A om ^,3oe. — 6. A 3^'j. — 7. o/;z. A. — 8. B ^>Xlj! J,. — 9. B o/;«. J-«j 

iJoLji-. — 10. B om. ^IJ! ^. — 11. A ^.^'Jo ^*-'j- — 12- om. B — 1.3. B ^,10! ^ U,. 
— 14. A ^j-^^. — 1.5. B ^^^^. — 16. B ^_yl)i^iL>:) LCU J'jjj ^^'^?r^'. — 17. B U. — 

18. A 'L^^. — 19. B !j3^U. — 20. B add. '^ .?f'- — ^^- ^ ^'" ^^- " 

22. A ow. Ji 3!. — 23. A \^. — 24. A ^Jo^^j. — 2.5. A om *^j=^-i- — 26. B add. 

jy,. _ 27. B ^w-^-äJl X^\: — 28. A ?j^*^^. — 29. om. A. — 30. B J^^^. — 
31. B ^^^^ ^y^ J-^. — 32. om. B. — 33. om. A. — .34. B Uj. 

Uli fit bon acciieil, car on savait qu'il etait d'iine noble famille, et on lui promit 
des recompenses magnifiques. Comme il ne renongait pas ä son seiitimont et 
ne s'accordait pas avec les paiens, le gouverneur ordoniia de le chatier. On 
lui fit siibir toute espece de tourments et ensuite on lui trancha la tete avec 
une epee. 11 regut la couronne du martyre et le repos dans le royaume des 
cieux. Apres son martyre, le gouverneur ordonna de jeter son corps dans le 
feu. Des croyants Ten retirerent sans qu'il eüt ete atteint par la corruplion, 
ils le mirent dans un linceul magnifique et le deposerent dans un endroit pur 
jusqu'ä la fin du regne de Tinfidelite. A cette epoque, les Maraita' (?) ayant 
besoin de se reunir ensemble en venant de la Pentapole, prirent avec euxle 
Corps du Saint, afin qu'il füt pour eux un seoours et une garde en chemin. 
Tandis qu'ils naviguaient avec ce corps, des etres sortirent de la mer, ayant 
des visaa-es comme des betes feroces et des cous comme ceux des chameaux. 
Ils se mirent k les allonger sur le corps du saint et ä le lecher et les gens 
ressentirent une crainte violente, mais du corps il sortit un feu qui consuma 
les visages de ces betes feroces. Lorsqu'ils furent arrives ä Alexandrie {El 

1. Amelineau : Maraiazos (Mareoli.s). 



206 SYNAXAIRE ARABE JACOBITR. [220] 

JL..^ IjÄJr-l jl 1^.U? (*-Jfc^>l.> J\ bjs^Jl ^j-ibb ^(*V-^ ^J^J '^J-C^^V^ Jl 

10 jl5C Uc lyi ••4)1 ^ ^Vl jl l^-l^ ^(*:^iUJl ^^\ -^ '^'i.^^p^. (Jj ^^:. ^ 

J i^) ^>^ ^^1 ^j> jlOl dUi Jl J^^ ^IVl ^ jj ^'^b ^''i^Jl 

jU? «cl L>. I^Xju <»i^ ^ djUss '^~' i^j^ "'^-iUI^ <^ ^^ jl ^"^ ^j>- ^3j>- J^ -»^ 
3i^.:.kk^l dUU-'^o^: ^ -'^ISV^ J^ J ^1 dlU ^Uj 2S^^ ^_ jj^ ^^^ 

1. B L^jXCI. — 2. B ^.'lii^'. — 3. A J*«^^'. — 4. A J*^^'. — 5. B sjXY^ Jb J 

,L^s^^!. — 6. om. A. —7. Xom. ^iTrsr^. J«. — 8. B om Jju. — 9. /'/•o... L.J*3 Bä«- 

i^/ ii'^"-- ^ , J! , w^ vjXJi ,1 l^äiW, UJxi. — 10. B om i^vi. — 11. B »Jöji. — 

12. Ao/«. ».Sy-. — 13. B Üj. -14. B add. J^'. — 15. B ^»lk*' J-.^:^^! ^X'i. — 
16. B c^!<jJ'. — 17. B add. X^\ -s,j. — 18. A <i<^-^ B Äß/^e« ^L^J3 j' JjI ^«j J,. 

^_^!j j^^j! *.^ J'j_j. — 19. B ^U*^! SJJ«. — 20. B ^^^'^^ J^^^. — 21. B ii'j 
.U. — 22. B J.ivU. — 23. B «^^!. - 24. A --'JIj i^^Jj j- — 25. B ^^"^ ^'^=^'- — 
26. B ^ -^^v"j. — 27. B _; Jbj 'j^- — 28. Pro .... ,^,\^\ B äa^p/ ^y' \js^.y^. 
^^!k'1. — 20. A om !>U.«. — 30. B i-U. — 31. B add. ■^C^. 

Ls/xdml ary a h ), quih eurent termine leiirs affaires et voiilurent retouriier dans 
leiir pavs, ils desirerent empörter avec eux le corps du saiiit. Quand ils le 
placerent sur un chameau, celui-ci ne bougea pas de sa place. Ils le miront 
siir un autre qui ne partit pas et no reiuua pas malgre des coups violents. ils 
reconnuront que c'etail par Tordre de Dieu : ils bälirent un monunient au 
*füi..54v'>. Saint et l'ensevelirent * lä et partirent en Vy laissant. Lorsque Dieu voulut 
reveler la presence de ce corps sacre, il y avait dans cette contrre un berger. 
Un jour, un miserable agneau galeux entra dans cet endroit, se plongea dans 
un etang qui rlait voisin et se roula ä cette place : aussitot il fut gueri. Ouand 
le berger vit ce miracle, il fut stupefait. II pril de la terre de cet endroit, versa 
de I'eau dessus, en frotta tous les agneaux galeux ou (|ui avaient queliiuc 
maladic; ils gueriront tous : ce fut ponr lui un metier (piil pratiqua si bien 
que toutes les beles malades furent guerics. Cette nouvelle se repandit dans 
tous les pays. Le roi de Gonstantinople (El Qntilantbiyah) en entendit parier; 



[221| 15" HATOUR (11 N()VF.:SIBRK). 207 

^b-lj <}^^jj J^ ^-»Jr^ ^^J Vrr^. v-^^^ Ji^ ij^-? V^-^^ V: ^-^J "^J ^ o^J 
^\J\ o>- 'V^^ c^-^' ^^- j^-*^^^-^-^^ ^-^ ^jlOl asi J -^l^jb ^c^-^j 

^^.^Idjl ^U 27 j_j 2r,^ ^^j ^. j 2ö^_j2-tj^j|_j jyi j^^ ^^\ ^_^^ 

1. B i^J^\ — 2. A om ^,^:v ^,!^j. — 3. A y-^,U. — 4. A .^'-^vj ^''. — 5. B 

y Lp J L^lj. — G. B J-äI. — 7. P/-0 .... .j:..^*-^! A habet ^'-»X^ ^^^'^ ' e/ >-^-^'-*^'- 
— 8. A 1^0. — 9. Pro .... ^O j.$' A /mbet ^|/31j ^Ul. — 10. B ^lU-Ul^,. — 11. B 

^<^jj\ sjSy^ J. — 12. A om wo^. — 13. A Cl^J/. — 14. B J. — 15. A om. 

cjt.. — IG. B CJ-^P. — 17. B o/« J. — 18. P/-0 .... Uli B habet cuiiiouv! Uj 

^_JJL<! jj l^Lt ^JJ' .,L\J! ^CL^Ij ^f OiT»' ^-^^^ — !•>• ß ^"^y- — 20. B 
_^>lkH sj,_^. _ 21. A CU.L,U. — 22. A [^J. — 2.3. B ^ ^j^ Ji Uj ^"^ U J_C. — 

24 A om ^ ysi. — 25. A ^U\ 'Jv^?. — 2G. P/-o .... .^OJ> J, A Aa3e? J-^] ^ 

L^v,^. — 27. A ow. J.. — 28. A Slo-^ib. — 29. B Ij!^'». — 30. A om ^CL\ — 



31. A om , 



il avait ime fiUe unique afüigee de la lepre, ce qui lui chagrinait le ca5iir. II 
la miinit de richesses, de guerriers, de maitres et de serviteurs et l'envoya ä 
cet endroit. Gomme il lui repiignait de se depouiller devaiit quelqu un, eile 
demaiida au berger comment il s'y prenait. Elle fit de meme pour eile, prenant 
de la terre, la faisant fondre dans l'eau et s'en frottant. Elle dormit cette 
nuit dans cet endroit et fut guerie : son corps fut sain et net. En songe, eile 
vit le Saint Abou Mennas qui lui disait : « Ouand tu te leveras demain matin, 
creuse en cet endroit, tutrouveras mon corps. >■) Aussitöt eile fut guerie. Quand 
eile fut levee et quand eile eut creuse, eile trouva le saint corps. Elle envoya 
informer son pere de Taventure; il se rejouit beaucoup, loua Dieu, glorifia 
son noni, expedia de l'argent et des hommes et construisit une eglise en cet 
endroit. Au temps d'Arcadius {Arghddyous) et d'Honorius {Anouryous), ils 
firent batir la une g-rande ville. Des foules considerables se rendaient en cet 
endroit et visitaient cette eglise, invoquant l'intercession du corps du saint, le 



298 SYNAXAlRE ARABE JACOBITE. . [222] 

^J ^U*. j^<;- <:^^ ^r^^^^ -:>J ^:.-^^ ^:>[-^] '^ äcr^-^-^^^ 

JU ^>Ll. l^-J^ C^liU d)L> ^-:^^. jL^j SjLi-. J -> J^ ^^i- jL^ 
j^^l ^U ^Uj ^U. ^cUi: l<^:ic ^^yij ^>l-ilj ^^-Sb ^^\ ^^ ^^^^ 
^1 Ujju ^1^. <:^ JJ^„J '^^^ ^r" ^ "^ ^^^- ^-'^ "^'-^ ^^^ -^- ^ 

_jU*3| '^\j et add. l^J. - 3. A o/«. ^^.-X.Ji t/^.. - 4. i>/-o .... ^.s- B ÄaZ^e« 

i>;bU. U^^ ^^i l:w ^.'1 ^)^JÜ! J-^9. ^^. Add. Wüstenfeld et versio aethiopica 
cumm. Anba Meiinas II patriarchae Alexandriae. - 5. A, Ludolf, Assemani, Mai, 
Wüstenfeld, Malan om. hanc cotrim. 



bienheureux Abou Mennas ; ce corps fit des miracles et des merveilles sans 
nombre. Ges miracles et ces prodiges ne cesserent d^apparaitre jusqirä la 
domination des musulmans : la ville et l'eglise fureiit ruiiiees. Quc Tinter- 
cession du saint soit avec nous ! Amen ' . 

SETZE DE H.VTOUR 1 12 noveinbre . 

-Sachez, mes freres, qu'cn ce jour mourut le saint pere Aiiba lioub; il 
habitait la montagne de Touh Q) dans un desert oü il faisait de grandes 
devotions, s^appliquant a Tascetisme avec une extreme ardcur, au jeune, ä la 
priere, a la purete ; montrant beaucoup de bravoure et d'energie dans sa piete : 
il jeünait deux semaines ensemble sans boirc ni manger. Le bruit de ses 
mörites s'etait repandu : on en citait des preuves nombreuses : c'est comme 
s'il etait ecrit que la l)onne renommee etait la commemoratiou de cet liomme 
vertueux (?J. II iui arriva une Ibis qu'il etait assis dans sou desert, occupe 

1. Wiistenfeld et laversion ethiopienne ajoutent la commemoration d'Abba Mennas II, 
patriarche dAlexandrie 9.-)()-975). — 2. Gelte commemoration manquc dans A. Liidolf. 
Assemani, Mai. Wüslenfeld et Malan. 



[223] 16" HATOUR (12 NOVEMBRE). 299 

J cJL^ <-*--^ ^^^j "^j A;ij>U; o^i:-^ ^V "^"j^ J j^ "^^ "^^ ct:.-*^^ ^V 
aA^j j^-Ls^ ^=^J^3 '^y ^^ cr!."*^^ ^"^ t5^^ ^- "^''^■^ ^"^^ ^^^ *r^^-? \'^. Cr" 

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^Ul ^ M?)jUl j^.jlj w;- J^lj(?)^::>=i. U j^ ^V uL..^j Uj^j ^^ 
Jj jül j^^^^i;- jj jyVl u^b j--^l jl ^«^i^ '^^^^ v^^ fr*r^ (*r^^ V-?^v 

de ses prieres et de ses devotions, lorsqii'une hyene qui habitait dans la mon- 

tagne, dans le voisinage de sa demeiire, mit bas un petit. Quand eile le re- 

dressa, il ne put teiiir debout parce qu'il etait boiteux depuis le venire de sa 

mere. Celle-ci le prit dans sa gueule, l'apporta au saint et le jeta ä ses pieds 

tandis qu il admirait la gloire du Messie. Elle lui fit signe et il comprit ce 

qu'elle desirait, il frotta aussitöt la patte de la petite hyene qui fut guerie. 

Quant ä la mere, eile se rejouit extremement et se mit ä lecher les pieds de 

Saint Anbä Houb. Le petit se leva, suivit sa mere et courait dans la montagne, 

joyeux de sa guerison. Ainsi la hyene et son petit revinrent ä leur habitation. 

Toutes ces choses, le Seigneur les fait pour glorifier ses saints; ainsi les 

animaux sauvages, tu les trouves doux, bien qu'ils aient pour meres des betes 

feroces, lorsqu'ils montrerent un amour inusite pour Daniel (Ddnijdl) et 

renoncerent ä leur nature sauvage. Ils furent museles par la force de Dieu et 

resterent ä lecher les pieds du saint. Pourquoi s'etonner que ces animaux 

devorants passent a la douceur par Tordre de Dieu, alors que ce ne fut plus 

des betes sauvages, mais le feu qui devint inoffensif lorsqu'ily eutunvent frais 

ombrageant les trois jeunes gens Ananias [Hananijd), Azarias (Wzäryä) et 

Misael (MisäijU), car c'etait un feu... II brüla quarante-neuf des Babyloniens 

iBdbilyin), fondit tous leurs os ; gräce aux grands miracles de Dieu, ceux qui 

etaient ä l'interieur du four ne furent pas atteints ni touches par le feu : ils 



300 SYNAXA111I-: AllABR JACOBITE. [224] 

«jLp AJJ aä-JIs fv5^j=^ (^*-^"-? -^^^^ f*^^^^ j^'Vi j^ -^^»; |*Ä ^yJij p-Yi _ *3 -'*-^' 
O-i^j Ul jlj (V'^^^'J ^^^ ^-'-^^ v'^'*' ^^ o*^-"*^ ^"^ ^ -^ 'Sri."^" <3 v_^^«^i 

^^-IJl jUJl j.^ l<^ «^U p.-l a] jl^j 4j-^Uj <,Oj i-y>-j is^^j cTi-^^^ ^-^-^ 
^. l jl:S=Jl ^l;Vl l^^j dU ^MJl ^ Jl5j ^Ji d»^U aJI -Uj ^y «clj -cUj l^^j^l 
diöUj ol,Uji ^^ L^_»i^ ap^]^ J^l^l >iAJ-Vi^l aJ l^^j. ^^IL bA.^ Iii_^j aaU 

L^^^. ^^.]i ^^^-^j U5^_ dHi;^ jsyä^j ^X^l u-J^-! ^^ ^^ J^ i^y^^^j ^j:j6j 

•^1 Ar!>l*Ä 



^■^-* 



^li^ ^->Ä« [/»J^ ^UJl SjLäJI X^ ^M-^Ji /»_^ Jji j^J~ 



1. B o/«. Ä<7/«c' comm. — 2. Ludolf, Malan e/ B om. hanc comm. 



en sortirent sains et saiifs; leiirs vetements, leiirs cheveux et leurs chaiissures 
etaient tels qu'auparavant ; on ne trouvait pas l'odeur du feii dans leurs vete- 
ments. Ceux qui etaient loin du four furent aneantis par le feu qui s'acharna 
contre eux. Gloire ä Dieu qui fait ces miracles pour ses saints! — Le saint 
Anbä Houb accomplissait des guerisons et des prodiges : si je voulais les 
decrire, le detail serait trop long; mais, ö mes amis, je vous ai fait connaitre ce 
dont ma faible langue a ete capablo au sujet de ce saint, de sa patience, 
de son zele, de sa devotion et de sa piete. Son nom etait repandu parmi les 
meines qui atteignirent son epoque. 11 tomba malade : un ange du Seigneur 
vint ä lui et lui dit : « Salut sur toi, vase d'election, toi qui as lutte et 
conserve ton corps dans sa purete : voici que la couronne de gloire t'est des- 
tinee en echange de tes peines et de ta vertueuse piete. » Quand Fange eut 
ainsi parle, il remercia le Seigneur, glorifia son nom, ouvrit la bouche et 
expira, Les freres firent ses funerailles, le mirent dans un linceul, le porterent 
a l'eglise d'Anba Pierre (Botros) l'ancien et Fy ensevelirent avec gloire et 
honncur. Que Dieu ait pitie de nous par les prieres de co saint! Amen. 

' En ce jour eut lieula consecration de reglise du glorieux saint Onuphre 
[Abou Nofer) l'ascete, bors de la ville de Misr. 

^C'est aussi le commencement du jeüne de la Nativite chez les chretiens 
jacobites d'EgypIe, principalement. 

1. Manqiie dans B. — 2. Manque dans 13. Ludoll" d M,il;iii. 






«US 



[2251 1'' IIATOUR (13 NOVEMBRE). 301 

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\xs^ L«lj /rr"*^ ""^ y^ ^^^^J J^"^ '^j^ \^. '^^•^di ^:r:k\ ^^ cry. ^' cri."^' 

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^ yJ:^\ j^J ^^i^^ jLoJ "^^f^J (i (j-«J -^ j^^J ^-^^ J^l j^^ cT^^. ^"^ ^"^'^ 
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,L^;- ^_ :5^j ^ji>51 jUsJil ^J>Ui ^3J3^i ^^U)l ji^Vl ,^-:^^j ^LJl J\ 

1. Ludolt" o/w. Ärt/?c comm. — 2. A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et Malan hanc 
comin. omittunt. 



^C'est aiissi la commemoration de saiiit * Xyste (yosfos)-qm soiiffrit le*foi. ssr«. 
martyre par Tordre du prince Maxime (Maksimous) apres avoir ete beaiicoup 
torture. Qiie leurpriere soit avec noiis! Amen. * 

Dix-SEPT DE HATOUR (13 iiovembre). 

Mmi ce jour moiirut le saint moiiie accompli Anba Paul (Boulos) dans la 
moutagne de Danfiq, dans notre pays. Ce grand saint etait de notre contree. 
II naquit dans une bourgade appelee Danfiq, ses parents etaient laboureurs ; 
quant ä lui, il apprit le melier de cliarpentier; puis il se fit moine et conserva 
la purete de son corps comme un tresor veritable. II etait simple, habitait la 
montagne de Banhadab et suivait les enseignements des vieillards qui se 
trouvaient lä. Ils l'etablirent superieur des freres pour les gouverner par la 
crainte de Dieu et l'ordonnerent pretre. II demeura dans la grotte d'Aiibä 
Pierre {Botros) Fancien, (que?) le saint pere Anba Paul disait (etre le lieu) 
sa naissance (?). II fut atteint d une maladie au pied et devint boiteux. Tous les 
vieillards louaient les merites de ce grand saint. Une fois, il fut enleve au ciel 
et vit les secrets mysterieux. Les anges lui m.ontrerent les arbres du Paradis et 

1. :Manque dans B et Ludolf. — 2. Malan : Castus. — 3. Manque dans A, Ludolf, 
Assemani, Mai, Wüstenfeld, Malan. 



302 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [220^ 

'y> M^l )iAs>- jwo"l J-^IJ f^- a}g> '^-J'j iJS 1^^5>c..-^ <5s.5MJl Jl^su^^ ;i JlSj bjiU-1 J 

^\ AwUl. jl v_J^l i\j\ \-^ -AjdJ ^51a JsliJjJ ^^K~ ^^ (<^ /*^^J ApiJlj Ju-jJl 
^'Ij Tt_JJ' lA* A«jj L/«--.-^/»]^ J 'CL&^I A-Jl^ iäi:>ia ^LjjIj ijj>-Vl ;>toÄi r-LJl /pl«i 
cJLä )ij^^J y'-^>^\ Cf-J^' ^' '^ lJ «U-iic. A^l^isj iS A«J^J »_ot±Jl Ä£.''u^J (.„ÜL-Vl 

•^1 «C^Laj ll.*-»-^ •^^^ ^JJ ^^J»^ 

iX.Ul JV:» l«l k^AJI J L=^jj ^-ViJl ^U jjJ'Ia \^ ^^jl^ »j'wJl /»^l jl oCUl 
1. B, Ludolf, Assemani, Malan om. haue comin. — 2. A J^^^». — 3. B oin. hanc comm. 



il jouit du parfum de leiirs fruits. Puis ils le rameiierent. « J'ai entendu, dit-il, 
les anges louer Dieu, chaque rang siüvant soii ordre : la doiiceur de leur voix 
etait plus grande que celle du miel. » II connut de nombrouses visions et des 
apparitions efTrayantes. Ensuite le Seigneur voulut le transporter dans la 
demeure du repos : il rassembla les freres et leur recommanda de garder les 
prescriptions et les regles de la vie monastique ; puis il mourut. L'eveque et 
tous les fideles arriverent et le transporterent avec de grauds honueurs k 
l'eglise d'Anbu Pierre rancien. Ils renterrerent lä avec pompe et gloire. 
Que le Seigneur nous fasse misericorde par sa priere! Amen. 

Les calendriers d'Alexandrie ilskandaryali)^ celui qui ful redige par Anbi\ 
Jean {Younos)^ eveque de Coptos {Qift), et le calendrier des Melkites sont d'ac- 
cord pour fixer au 17 de Hatour la mort de saint Jean Chrvsostome (Youliannä 
Fom eclz dzahah) ; celui des Melkites dit qu'il mourut le 14 d7/o(// qui correspond 
au 17 de Tout. Gette date fut reportee au 17 de Hatour ä cause de la fete de 
la Croix. Quant an 12 de Bachons oii les anciennes copics mentionnent sa 
mort, je crois que c'est Tanniversaire de la translation de son corps k Cons- 
tantinople {El QosUuüinfjah) inscrite au 17 de Hatour. Le lecteur choisira. 

M^]n ce jour nous celebrons la fete de la translation du corps du saint 
gloricux Jean Cliysostome {Youliannä Fom edz dzahah), patriarche de Cons- 

1. Manque dans B, Ludolf, Assemani, Malan. — 2. Manquc dans B. 



[227] 17« HATOUR (13 NOVEMBRE). 303 

^1 ^i^ "^ ^J^- \j£Jb\s j^^^-Vv« bbjj ^'^^ t.j^ -♦^^p-i ^yJüi jlS ÄisL-i *.»j?tfl 

Zj ^-^ -^ ^r*^' c/'J-'-^^^J" *--^ ^*-'j 7=-*^* Y^-? 5s^yi-i< i% ^1 U^j 4^j| ^% 



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tantinople (£/ Qostantinijah). Le saint ne s'accorda pas avec rimperatrice 
Eudoxie [Aomloksyah) qui voulait s'emparer du verger de la veuve. U 
Fempecha d'entreprendre ce dessein. L'imperatrice pretendit que c'etait iiiie 
des coutumes des rois, lorsque Tun d'entre eux etait entre dans le verger de 
quelqii'un du peuple, qu'il lui plaisait et qu'il voulait le prendre, de donner 
le prix ä soii proprietaire et de s'en emparer. « Je remettrai, dit-elle, ä cette 
veuve, la valeur de son verger. » Mais cette femme ne voulut pas le lui laisser. 
Alors le saint lui defendit de le prendre. Quand eile s'en fut emparec, il lui 
interdit la communion et aussi l'entree ä l'eglise. Alors Torgueil et la colere 
la porterent ä rassembler un synode d'eveques interdits par le saint ä cause 
de leur mauvaise conduite et de leurs opinions perverses. Ils s'accorderent ä 
le bannir. 11 fut deporte dans la presqu'ile de Prenete [El Ahräkes) ' , puis ra- 
mene sur son siege oü il resta quelque temps. Ensuite les eveques se rassem- 
blerent de nouveau et Texilerent * dans le pays d'Armenie {Arminyah) et, de *foi.55v". 
lä, dans une region deserte oü il mourut. Quand Theodose {Tdoudhoiisi/ous) le 
jeune regna apres la mort de son pere Arcadius {Arcjädyous), il fit rapporter 
son Corps sacre dans la ville de Constantinople, trente-cinq ans apres son exil. 
II fut transporte en grande pompe et avec beaucoup dlionneurs. D'apres quel- 
ques calendriers coptes, son arrivee eut lieu le 22 de Bachons, et d'apres les 
calendriers des Grecs, le 12 d'Amcliir. Son corps fut place dans un cercueil 
de marbre ä l'interieur de Teglise. Que sa priere soit avec nous! Amen. 

1. \\ üslenfeld : Atrakis. 



304 SYNAXAmi-: ARABE JACOBITE. [228J 

jj^ o- y^ ^bi ^^1 

l^i-L ^^J>. ''o^^^ ^5 o^»^ -^' j^j J^jVl A.l^ V>^.J^^ ^-^^^ ^} -'^ 
Jj UaJI iij. Jijj J ^<i::; o;l<i '*^^ Ulj ^Ul ^ Ia^I -Vl^. >y V^ ^> 

'^^dUU ^j ^-^jj>^l^U ^-.^ *b-^^ ^x ^-^^ c/^-^ y ^^^H. 6^ ^^^'^ ^.-?-' 

j^j:^ l-^> ^jAi:, L^H ^J^ L.U ^'*^l^il jj.:^Jl ^ii- i'-^c^^li l;^. AjS^\ u^\^ 
Lj^U ^^.r -' j\ oxjl ''^'^li_^.j lj^A9 s::«^- Zj-^^^j '-^'^l^ÄiJj ^v^i^ ^>; l*^^ 

1. B add. J^i.-- J, ij' 5>^' Ij Ulc'. — 2. B Lj^:-'. — 3. B j^^jL^ . — 4. B ^.m^j^L 
— 5. A , ^_yl) ,:>b. — 6. B 5^.^aÜ^. — 7. A J)*^^. — 8. A o/i/. '-^W Ua=L. — 9. B ^j-^.. 
_ 10. B i^^-M. — 11. Pro ... J.^ B /uibet ^'/-'^ ^i^^^ r)'"***^^' ^rt^.J J^-^ ._S^- ^^J 
^V J ijK. — 12. B .,li. — 13. B ^j l^L — 14. A ^,>^-V- — ^^- ß ^^^- — 
16. A om. ... U'j. — 17. B om. |^. — 18. A wl^^,'i. — 19. B vJ!^^' l^'j. — 20. Pro 
... wCb B Äa^e« l^' O^r^j- — ^i- ^'"o •■• '->-^ A Aa^ei l^^ixt'^ L^iüJl vj:^:=.^. — 
22. A ^^^Jbj. — 23. Pro .•• ^j' B AaZ'ef j l^^. 



Dix-HuiTiEME JOUR DE HATOUR (14 novembre). 

Ell cc jour moururent martyres les vierges saintes Airasis' et Junie 
{Y'oimd)-. La premiere etait fille de Fcmpereiir idolatre Adrieii (A(Ir!jdnous}'\ 
II avait fait pour eile uii pavilloii isole de crainte qiie quelqu'iin iie la vit. 
Quant ä eile, eile meditail siir le cours rapide de ce monde, sur cette vie 
ephemere, et, nuit et jour, eile demandait au Seigneur de la guider dans la 
voie droite. l'^Ue vit en reve quelqu'un hii dire : « Envoie apres la vierge 
Junie, fdle de Philosophron {Filousofrotiii); eile t'enseignera le chemin du 
Seiorneur et le nioven de te sauver, » Ouand eile s'eveilla, son ame fut tres 
rejouie et eile envoya chercher la vierge Junie. (]elle-ci s'empressa de venir. 
Quand la jeune fdle apprit son arrivee, eile sortit au-devant d'elle avec unc 
grande joie et quand eile la reneontra, eile se prosterna ä ses picds. Junie 
se mit ä lui raconter la cause de rincarnation du Pils de Dien; die com- 

1. Mai : Jarasiae. — 2. \\ üsU'iilVld : lo/i(inn<i. — 3. Malan : .[iiriti/ius. 



[229] 18^ IIATOUR (14 NOVEMBREj. 305 

^_^^J>-l «Cti^ "U^UJl AjJ^stTj *<CjLJ1 iS<^j '^ jls JäJI «U^ l^ C,^>-^j <C« <=.-j^^ 

i-*lp^ ^- '-^jl^jV! ^'i^^U j.^J ^>j ^JUI ^k 11 jlk^JÜl i3lk^lj i"L:>Jlj 'LoVl 
Ijj^ ''^•^--:--J^. ^9 -V^^ ^ >^1 ^-^ ■'^^^. ""^c^^ '^'-^ jl^j \^ ■'''t5j-^*J^ 
^"^^^1 ^i ^<^ A5 cLl,Ul jl^j p^^U cijlj '^^^^ J*iJ^-^^ J^ ViV pv^Asj 

1. P/-0 ... jIM .^.'i B habet J.^*-l J ^-..^Ji l3,\-^. — 2. Pro ... C^J-:.'!« B Ärtiei Jü^. 

U. — 3. A add. ILj!. — 4. Pro ... JÖ.C«lj A habet , ^^J^iJ' ^^ rJ'^' *^::-j- — ^- ^''^ 
... vji^^^s^j A habet .^^j^^ J5 '-.^f C-^-i!j. — 6. A om. iÄ^i.»Jl J^Nia. — 7. B ^_^^-:-^ -^-^ *'• 

— 8. B V" ^^' (j^j- —9- ß o/n. J^j\. — 10. B om. l)^^%. — 11. B ^-LUuJ'. — 
12. /*/-o ... ^j^j A ArtÄe^ i<.5Lx^. — 13. B >U.^^'. ~ 14. A oni. '^i^^ J. — 15. B add. 
u^y. — 10. B ^^sü. ij^_j. — 17. B .*^-\-33 ^"^-^j z»-^'. — 18. om. A. — 19. A U^. — 
20. A .,^»^.. — 21. B ^w-^XnM j..w' ^li. — 22. B i-.-'^M. — 23. o/;2. B. — 24. B ^K'. — 
25. B add. tjJ^ ,U». — 20. B ^^^JL c^J^!,. — 27. B - 'iJ'. — 28. B Llou ,! 

i^ks o'->t^. -— 29. A ^t-Ojj. — 30. B o/;i. J-s -s,. — 31. o/«. A. — 32. A ^ 'J.xJ!. 

— 33. om. A. — 34. A ^j^^- 



menga depiiis repoqiie oü le Seigneur crea notre pere Adam, l'etablit dans le 
Paradis des delices et Ten Ht sortir : eile liii expliqua Thistoire du deluge, 
la construction de Farche, le renoiivellement de la creation, la cause de 
l'idolatrie, Fapparition de Dieu a Abraham {Ibrahim); la sortie des Israelites 
* de la terre d'Egvpte (M/.sr), Tarrivee des prophetes et des gens vertueux, * loi. .5(3 r". 
racliarnement de Satan {Ech-Cheitdn) contre le monde, sa Suggestion de 
ridolatrie. Puis eile lui apprit la venue du Fils de Dieu, son incarnation par 
la Vierte, la delivrance du monde de lamain d'Iblis leur ennemi, les delices 
Celestes et le royaume eternel accordes par Dieu ä ceux qui souffrent pour son 
nom. L'äme de la jeune fiUe con^ut beaucoup de joie et eile trouvait les paroles 
de Junie plus douces que le miel; eile crut au Messie. Les deux vierges 
pratiquaient de frequentes devotions nuit et jour et le roi n'en savait absolu- 
ment rien. Uiie nuit, elles virent le Messie et Notre-Dame sa mere ; celle-ci les 
prit et les presenta ä son fils comme une ofTrande pure, et eile les benit. Le roi 



30r> SYNAXAIRE AHABE JACOBITE. [230] 

ji j^ ''j^^^ <^y^ '^ ^j^.j "^y^ ^} is^^ ^ ^^^"-? ^.^ lt^ J'^ y^^ ^^-? 

^u.*j-j ^Lw^ll ^\ dyiS ^i ^1 l ^^> '"'sJlii ^a^ ^.>lj ^^U^ ^1 ^I^a;- 

ijJ^«s ^'bL^ül ^^^..-kiLJl ^^^ ^J^ JU JäS l^ «Ua»--^ J ^jS]\ ^>i,<Jl lÄA l^ 5t«^ 

^U 21 ^Jl;, ly/b <:J^\ -^Jfi>\j jL<3lj jU^lj l-'j^U i_.<o 4JL,Jij -Ol l_yl^J 

1. A UU. — 2. B ^v^^'. — 3. B iJ^! ^S' ,Jj^. — 4. A ^^p. — 5. A om. 
^x? ^y2]a. — 6. B ^^. — 7. O/W. A. — 8. B add. .JsL^-M c,U. , ,.0. — 9. B 
<^Cj,j ^j Jäj, ^iJ'. — 10. B add. ^jXh. — 11. B add. y^ ^-i/j <:^-^^ ^f ■ — 
12. A ^,5/^bü. — 13. B O^ä. — 14. B !_^^. .,!. — 15. A o/«. — 1(3. A ^^.^.^Ji 
B **^^^^1. — 17. B (^^r^'^. — 18. By^3a5 *^l^_ !j-=v' ^^.^ A. — 19. A om. *^. 
— 20. Pro ... ,li^'' B habet ..^^ UL.. — 21. /Vo -U LjLwIoj B habet ^,UM , ^JLiiu^ !j!^, 
^^^..^ ^U ^r:A-'^. — 22. A j;.'JjJ'. — 23. B *^-J^J'--^. Li'^j. — 24. B L*ä^. Jj. — 
25. B *^.V — 26. A om. ... A. — 27. B^^i=^-i. — 28. B lüjU .,^^0' j^» |y^!j 
^'jxjf. —29. B CU5l^lj. — ;:!0. A L^^^iL. — 31. B ö^c/.j .,y^'. — 32. B ac^c^. 
i<Ji^.:;J'. — 33. B om. ... ^^^j^_^.. — 34. A L,':i«. 

etait parti pour la gucrre ; quand il fut de retour, il alla troiiver sa lillc ei lui 
dit : « Allons, ma fille, offre de rencens au dien Apolloii (AholoKn) avant d'en- 
trer chez ton fiance .-je me rejouirai avec toi. — Mon pere, repondit-elle, com- 
ment peux-tu negliger le Dien des eieux pour servirdes idoles impures? Mon 
pere, reviens au J)ieu qui t'a cree, entre les mains de qui est ton soufilc. » A 
ces paroles qu'il n'avait jamais entendues d'elle, il s'infornia de ce qui s'etait 
passe. On lui apprit que c'etait Junie, fille de Pliilosophron, (|ui avait perverti 
son esprit et lui avait appris cela. II ordonna de les briiler : aussitöt on les 
fit sortir, couvertes de bijoux et de vetements magniliques : on ne les 
dcpouilla pas parce qu'elles etaient des princesses; les esclaves et les servi- 
teurs plenraient sur elles; grands et petits, les habitants de la ville se lamen- 
taient sur la jeunesse de ces vierges et leur domandaient d'obeir an roi. 
Mais elles ne renoncerent pas ä leur croyance et ne perdirent rien de la force 
de leur foi. Lorsqu'on ent crense la fosse et qu'on eut allunie le feu, chacnne 
prit Tantre par la main et elles s'elancerent dans les flanimes. Une foule 



[231] 18" HATOUR (14 NOVEMBRE). 307 

^J-r^^^^^~^ '^o^J-^JJ ^^j-^^ jL^Vl *'^iib ^^^l^ \y\^ J..JJ1 ^ jJU foi. 56 v 

^\ i'^JoVl Jl L:«^ (*r^^j (^"^y^ ^^(:^>* »-^ ^ Ujb^i plii 

^> U "^^.u^ 22^1 ^-^ 21^^ ^^Yl J^\ ^ ^^J^\ Jj^J\ J^,.-^! 20<Jj 



35 



1. Bj^. — 2. B om. ^Ji Jjuj. — 3. B ^U!. — 4. B bJÜi JjUS'. — 5. Pro 

... \yM^ A Art^'e? ^rrr^jJl ja^o j-^li. — 6. om. A. — 7. B -^jJä^j. — 8. B ^JL^xl». 

— 9. B *^v. — 10. A om. ^yy^. Ji. — 11. B U^^ Li,. — 12. om B. — 
13. B ^j^^jj. — 14. A wi.^. — 15. om. A. — 16. B add. ^j-^. — 17. B ^. 

— 18. A om. ... cXlJ. — 10. Pro ... ^ijL? B habet ^"^ ^^^^^j?. w^^ • — 20. B J,j 
L^' pJ! !1». — 21. B add. J-^b. — 22. B ij!. — 23. om. B. — 24. B *»^ iJlj. — 
25. B ^^JU — 26. B ^J^\ J! ilM ,j^!. _ 27. B *^ ^JbU. — 28. o/w. B. — 29. B 
U-\ — 30. B ^^J! U J^ ^^^3. — 31. A ow. ^,^"^1 ^. — 32. A ^:>j^. — 33. o/w. A. 

— 34. B add. J'.)U ^Is ^^v--j-v-- ^i^-^A-" ^'^-^ (-^^.--t*^-' ^:)'- ly'^ ^-^ -n:^^' !/: l^.^' 
^(jj^t. —35. Bac/c/.j'/Äji. 



nombreuse les vit se tenir au milieu du feu : elles tournereiit leurs visages 
vers * rOrient etprierent; ensuite elles louerent Dieu : le feu devint comme *foi. sev 
une fraiche rosee. Les fideles qui etaient presents s'avancerent vers ces 
Corps, les prirent et les trouverent enlaces Tun ä Tautre; fls n'etaient pas 
brüles et leurs vetements et leurs parures n'avaient subi aucune alteration. Ils 
les placerent dans un endroit pur et les ensevelirent avec un grand respect 
jusqu'ä la fin de la periode de la persecution. Ensuite ils leur bätirent une 
belle egiise; leur renommee s'etendit partout. Que leurs prieres et leurs 
benedictions soient avec nous! Amen. 

En ce memo jour mourut martyr le saint apötre Philippe {Filihos), Tun 
des Douze. Lorsque le sort le designa pour Tlfriqyah et ses provinces, il 
annonga aux habitants le nom du Messie et les ramena ä la connaissance de 
Dieu, apres leur avoir montre en fait de miracles et de prodiges eclatants de quoi 
troubler leurs intelligences. Apres les avoir affermis dans la foi, il partit 
pour los pays etrangers dont il ramena les habitants ä la connaissance de 

PATR. OR. — T. III. 22 



308 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [232] 

Lj^ \y>^ '* J j^l "viiLJl ^^ J ^\=>c^ )ijklsj ü_^5Cww j^^ -L,Ji)i Jx. IjjjLü" 

i-u^ ^^Jl^l Ij^b^ ^^Ul^ v^-^l ^^J y^j ^jj ^^^^ i^UC:. i^j i-*!^ 
^^<»jJl i_^U 1^1 j, Jj ^ Jp^ L ^ 2^1_^jj J- Jj-J^ ^j-JJ A,wJ:dl tri-^^ **J' 

1. B ^. — 2. B add. ^ oX3i j^L..:^^?. U *^^l ^jj^.j. — 3. B^j. — 4. ß ^^^^ 
^j!. — 5. B ^! y^^.. — 6. B »jjo.!. — 7. o/w. B. — 8. B Jjiüj. — 9. B ^j^ JLJ6. — 
10. B i:^lJl. — 11. B IjJlL ^j. — 12. A om. ... !^)lü. — 13. B 5jÄd.U. — 14. B J-C 
^!Jx. — 15. A ^jS.sj>. — 16. B jLtj. — 17. B add. ^iX33. — 18. B add. >-t03 — 19. B 

^.j^- — 20. B Aikdwt. — 21. B^^^lj e/^-^^^^ ^3' — 22- I^ «^^- w-^^- — 23. B ^j>^. 
— 24. B iJojJl. — 25. B Ijj^ Uj. — 26. B add. J^lo.. — 27. om. B. — 28. B add. 
J^!j ^^'U. — 29. B lyJJj. — 30. B JS* ^jJl. — 31. B ^rr^. — 32. Pro ... JjJl IjJ^!^ 
B habet J~^us^\ ^ H-^ '«t^W^j O'M' '^.^- j .iW."^^ 5^ 'jVj Mr*rr*^^ j^^lj. — 
33. Pro ... ij"^^ B Äa^»ei iJÜ-aJ Us^^. >,Jl. 

Dieu, qu'il soit glorifie. Les infideles conspirerent contre liü pour le saisir et 
le tuer par interet pour le roi, et ne voulant plus laisser un etranger penetrer 
dans leur ville. Quand le disciple fut present, ils se jeterent sur lui et le 
lierent, tandis qu'il leur riait au visage en disant : « Pourquoi eloignez-vous de 
vous la vie eternelle et ne considerez-vous pas le salut de vos ames? » — Ils 
se dirent les uns aux autres : « Voyez comme il se moque de nous et nous 
raille! » Alors ils se jeterent sur lui, lui firent subir de nombreux tourments 
et le crucifierent la tete en bas. II rendit Tarne dans le supplice. Quand ils 
voulurent brüler son corps, Tange du Seigneur Tenleva d'entre leurs niains, 
tandis qu'ils le regardaient, et le cacha dans un endroit hors de Jerusalem 
[Yourichalim). En voyant ce grand prodige, ils pousserent tous un grand cri 
en disant : « Le seul Dieu, c'est le Dieu du saint disciple, Philippe Tapötre. » 
Puis ils se repentirent de ce qu'ils avaient fait et ne cesserent d'implorer 
*foi. 57 r. Dieu nuit et jour jusqu'A ce qiTil leur rendit le corps du saint apötre. * Tous 
entrerent dans la religion du iMessie, et Dieu faisait apparaitre par le corps 
du Saint des miracles et des prodiges. — Que sa priere soit avec nous! Amen. 



r233] 19'' IIATOUR (15 NOYEMBRE). 309 

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1. A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld, Malan om. hanc comm. 

Dix-NEUF DE HATOUR (15 noveiiibre) . 

' Un vieillard d'entre les moines du Sa'id raconte ceci : J'etais fils d'un 
des pretres des idoles; je m'assis dans le temple un jour qiiand j'etais 
petit et je voyais mon pere entrer et ofTrir des sacrifices ä l'idole. Un jour, 
j'y penetrai en secret et je vis Satan assis et toutes ses troupes debout 
devant lui. Un de ses chefs s'approcha de liii et se prosterna. Satan liii dit : 
c( D'oii viens-tu? — J'etais dans teile ville; j'y ai excite des guerres et des 
troubles : le sang a eoule, et je suis venu t'en informer. — Dans combien de 
temps as-tu fait cela? — En trente jours. » Alors Satan ordonna de le fouetter 
et de le trainer hors de sa presence en disant : « G'est tont ce que tu as fait 
en cet espace de temps ! » — Un autre vint et se prosterna egalement devant 
lui. Satan lui dit : « D'oü viens-tu ? — J'etais duns la mer ; j'y ai excite les 
vagues, les orages et les tempetes ; des vaisseaux ont fait naufrage; beaucoup 
de gens se sont noyes, et je suis venu t'en informer. — En combien de 
temps as-tu fait cela? — En vingt jours. » II ordonna encore qu'il füt frappe 
et meprise et qu'on l'enlevät de devant lui, puisque, pendant ce long temps, 
il n'avait fait que cela. Un troisieme vint encore et se prosterna. Satan lui 

1. Manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld, Malan. 



310 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [234] 

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1. B >;^. — 2. B ef Ludolf om. Aa/if conim. 



dit : « Et toi, d'oii viens-tu? — J'etais dans teile ville; il y avait lä des noces : 
j'y ai excite des troubles et des meurtres entre les parents, et je suis venu 
t'en informer. — En combien de jours as-tu fait cela? — En onze jours. » Satan 
ordonna aussi de le chätier, puisqu'il avait ete si longtemps. Un autre arriva, 
se prostenia, et Satan lui dit : « D'oü viens-tu? — Je suis reste quarante ans 
dans le desert, m'attachant ä la personne d'un moine; cette nuit, je Tai 
terrasse et lui ai fait commettre un adultere. » Quand il entendit ces paroles, 
Satan se leva, l'embrassa, le serra contre sa poitrine, enleva la couronne qui 
etait sur sa tete, la pla(;'a sur la sienne et le fit asseoir sur le tröne en lui 
disant : « Tu as fait une chose considerable. » En voyant cela, continua le 
vieillard fds du pretre, je me dis en moi-meme : « La dignite de meine est 
grande. » Et ce fut la cause de mon salut. J'arrivai dans ce desert, je 
menai la vie monastique jusqu'ä prösent; je laissai mon pere, ma mere et tout 
ce que je possedais et je vecus, cherchant le salut de mon ame. Que le 
Seigneur Dieu nous delivre des filets de Satan, notre ennemi perfide, par l'in- 
tercession de la Vierge Immaculee, Notre-Dame Marie! Amen. 

' En ce jour fut consacree Teglise des saints Serge [Serdjyous) et Bacchus 
(ßuakhüs) dans la ville d'Er-Rosäfah. Lorsque saint Serge y eut soull'ert le 
martyre, des fideles de cette ville le prirent, le mirent dans un linceul et le 

1. Manque dans B et Ludolf. 



[235J 20« HATOUR (16 NOVEMBRE). 311 

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1. B o/w. Äa/2c comm. — 2. Mai arfrf. initium jejunii in honorem Natwitatis Do- 
mini; Wüstenfeld add. comm. S.S. Xenophontis, Johannis, Arcadii et Matthiae. — 
3. A, Ludolf, Assemani, Malan, Wüstenfeld et Mai om. hanc comm. 

cacherent chez eux. Ils allumaient devant liii des lampes et des cierges. II 
resta cache chez eux jusqu'ä ce que la periode de rinfidelite füt passee. Alors 
ils le revelerent, construisirent en son honneur uiie belle eglise, oü se ras- 
semblerent une foule considerable et quinze eveques. Ils la consacrerent k cet 
anniversaire, puis y transporterent le saint corps. II en emane, jusqu'aujour- 
d'hui, des guerisons et des avantages pour quiconque sy rend. II en coule 
une huile parfumee qui guerit quiconque en prend avec confiance. Que son 
intercession soit avec nous! Amen. 

' En ce jour a lieu la commemoration du saint apötre Barthelem}'- {Bartou- 
loumäous), un des Douze, et de sa predication dans les Oasis {Ouahdt) ']usqnä ce 
qu'il eüt ramene les habitants ä la connaissance de Notre-Seigneur le Messie. 
Son martyre eut lieu le premier de Tout. Que sa benediction descende sur 
nous! Amen-. 

viNGT DE HATOUR (16 novembre). 

^Sacliez, mes freres, qu'en ce jour perirent martyrs saint Anbä Sophronios 
[Sofroimyoiis) et Anbä Ghanäzhoum, lorsque le gouverneur Arien [Aryänous) 
remonta vers le sud. Quand il arriva ä Louqsor {El Aqsarein), il vit de la 

1. Manque dans B. — 2. Mai ajoute le commencement du jeüne en l'honneur de la 
Nativite du Seigneur: W'üstenfeld, la commemoration des S. S. Xenophon, Jean, Arca- 
dius et Matthias. — 3. Manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et ^Nlalan. 



312 SYNAXAIHE ARABE JACOBITR. [236] 

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fumee s'elever d'un temple. II s'informa de la cause de cette fumee : on lui 
apprit que les liabitants etaient reunis daiis le temple pour celebrer iiiie fete 
et qu'ils y ofTraient de rencens aux idoles. Le goiiverneur se rejouit et dit : 
« Cette ville a donne de la satisfaction ä mon coeiir dans le pays de la Haute- 
Eo-ypte (Es Sa'id). » II y avait ä Louqsor un liomme appele Chanäzhoum; 
il etait soldat et, depiiis sa jeunesse, servait Dieu par le jeüne et la priere. 
II s'avan^a avec hardiesse et cria d'une voix forte : « Je suis chretien. » 
Le o'ouverneur le regarda et lui dit : cc Tous les gens de cette ville sout 
sages, mais toi tu es un sot, un Ignorant. » Le saint lui repondit : « Je ne 
suis pas un sot, mais un sage; c'est si je t'ecoutais que je deviendrais un 
ignorant. — Viens, lui dit le gouverneur, et ofTre les parfums. — C'est une 
chose que je ne ferai jamais, de me prosterner devaiit Satan; mais j'adore 
mon Seigneur Jesus (Yasou) le Messie qui se tient pres de moi ä present 
pour me fortifier, afin que je te confonde. » Le gouverneur ordonna de lui 
mettre une chaine au cou, de lui Her les mains et les pieds et de le jeter 
jusqu'au jour suivant dans un cndroit obscur. Le lendemain de bonnc lieure, 
il s'assit (ä son tribunal), et une vierge nomme D.^ladsinä ' s'avan^a vers lui 
et cria : « Je suis chretienne. — Prosterne-toi devant les idoles, dit le gou- 
verneur » ; mais eile cria : « G'est une cboso que je ne ferai jamais. )) A 
ces mots, il fut rempli de colere, ordonna de la suspendre la töte en bas et 
de la frapper avec des branches de palmier jusqu'ä ce quVlle mourüt. La 

1. Amulineau : Madadsina. 



[237| 20« HATOUK (IG NOVEMBRE). 313 

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1. bL^JI^U. — 2. bU!. 



bienheiireuse Däladsina supporta ce supplice entierement en remerciant 
Dieu; eile rendit l'äme doiicement et les anges l'emporterent au ciel. Son mar- 
tyre fiit accompli ä la troisieme heure de la journee, le dix-sept de hatour. 
Que sa benediction descende avec nous. Amen. — Ensuite le gouverneur 
se fit amener Anbä Ghänäzhoum et lui dit : « Sacrifie aux idoles. » II repon- 
dit : « Je n'accepte pas ta parole vaine. » Tandis qu'il parlait ainsi, un soldat 
qui se tenait devant le gouverneur et qu'on appelait Sophronios, des troupes 
d'El-Hifa, habitant dans un endroit de Louqsor appele Aghrarä, cria d'une 
voix forte : « Je suis chretien. » II delia sa ceinture, la jeta au visage du gou- 
verneur en disant : « Desormais, je ne suis plus soldat sous tes ordres; mais 
mon roi reel est Jesus le Messie; gloire ä lui. » L'assesseur dit au gouverneur : 
« Seigneur, fais rediger la condamnation de ce magicien Ghänäzhoum, car, si 
tu le laisses, il ensorcellera toute la foule et nous aurons des ennuis ä cause 
de lui. » II les condamna sur-le-champ. II ordonna d'emmener saint Ghä- 
näzhoum et Sophronios, de les enchainer, de les suspendre la tete en bas 
ä un persea, puis de couper les liens qui les attachaient pour les faire 
tomber sur la tete et mourir subitement. Les soldats firent ce que le gou- 
verneur leur avait ordonne. Un ange du Seigneur saisit saint Anbä Chänä- 
zhoum et Anbä Sophronios et les fit descendre doucement immediatement. 
Quant aux liens de fer qui les retenaient, ils fondirent comme la cire devant 



314 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [238] 




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le feu. Les bienheureiix se tinrent sains et saufs devant le gouverneiir et 
crierent : « Oiivre les yeux et regarde-nous, Arien. » Le goiiverneur ordonna 
qu'on les mit sur des chevalets : les soldats se fatiguerent ä les broyer, mais 
les deux saints ne s'en inquietaient pas, parce que le secours de Dieu etait sur 
eiix. Alors le gouverneur ordonna d'apporter des torches allumees et de les 
placer sous leurs flancs, jusqu'ä ce que leurs corps s'ouvrissent; mais ils ne 
sentaient pas les tortures, car un ange du Seigneur etait alors avec eux, les se- 
courant et les fortifiant. Le gouverneur leur dit : « Offrez de l'encens aux idoles 
pour ne pas mourir d'une mort miserable. » Les energiques bienheureux repon- 
dirent : « Pour ce qui est de ta vie, quiconque t'obeit et l'accepte de toi, tu l'en- 
voies en enfer; mais la mort au nom du Messie, c'est la vie eternelle : c'est lui 
qui a la Force d'adoucir ces tourments. » Puis le gouverneur ordonna d'ap- 
porter de Thuile bouillante et de la verser dans leurs gosiers. Les hommes purs 
lui dirent d'une seule voix : « Ne crois pas que cette huile bouillante qu'on 
versedans nos gosiers nous fasse du mal; mais de meme que Thomme qui, ve- 
nant de la chaleur et du simoun, trouve de l'eau fraiche, la boit, en ressent 
duplaisiret son äme en est ranimee, de meme cette huile est devenue pour 
nous un soulagement et une cause de joie pour nos Arnes et nos corps. Ne 
crois pas, 6 gouverneur, que les tortures soient quelque chose; nous ne crai- 
o-nons pas, nous ne sommes pas troubles, et elles ne nous effraient certaiue- 
ment pas, parce qu'elles sont vaines. Les saintes Ecritures de Notre-Seigneur 



[239] 20" HATOUR (16 NOVEMBRE). 315 

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>LJ {»^^.-^l jc^ dl"ji*Äaj dljiÜÄJ viiU-1 j^ ^^^inJ>U ^_^j1 ^"1 ^y>^ y^ LS 
1. Matth. X, 28. — 2. Matth. x, 37. —3. Matth. x, 38. 



le Messie noiis enseignent ceci : Ne craignez pas celui qui tue les corps ; crai- 

gnez bien plus celui qui a le pouvoir de faire perir vos ames et vos corps dans le 

feu de l'enfer^ Celui qui sauva les trois jeunes gens innocents, Ananias 

(Hanänijd), Azarias {'Azäryä) et Misael {Misäyyil), de la fournaise allumee, leur 

envoya son ange, les sauva et confondit les menaces du roi Nabuchodonosor 

[Bokht-Nasr), est aussi celui qui s'est tenu avec nous aujourd'hui, qui nous a 

assistes et nous a delivres des mains de ce meurtrier infidele. » — Le gou- 

verneur leur repondit : « Ce verbiage ne vous servira pas : allez, sacrifiez et 

partez d'ici. » Les deux saints lui repliquerent d'une seule voix : « Nous n'o- 

serons pas, nous ne sacrifierons pas aux idoles impures, car Notre-Seigneur 

dit dans son saint Evangile : Celui qui nabandonne pas la richesse de ce monde 

pour prendre sa croix et me suivre, ii'est pas digne de moi^. Le Sauveur a dit 

aussi : Celui qui aime son pere et sa mere plus que moi, n est pas digne de moi^. 

Alors le gouverneur entra en fureur; il ordonna de les conduire sur un 

temple eleve et de les precipiter en bas, sur la töte, pour qu'ils mourussent. 

Les gardes firent ce qu'il leur avait ordonne. Quand ils eurent ainsi traite 

les deux saints, il n'arriva rien ä ceux-ci, selon ce qui est ecrit : Je recom- 

mande ä mes anges d ton sujet de te garder et de te porter sur leurs mains de peur 

que ton pied ne trebuche contre une pierre''. Alors le gouverneur ordonna d'exe- 

cuter ces deux saints sans lache et de les decapiter avec l'epee. C'est ainsi 

1. Matthieu, x, 28. — 2. Matthieu, x, 37. - 3. Matthieu, x, 38. — 4. Psaume xcr, 
12; Matthieu, iv, 6; Luc, xiv, 10-11. 



316 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [240] 

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1. B o/w. Aa/ic coinm. — 2. A ^^■. 



qu'ils terminerent leur lutte, leur acte de courage, leur beau martyre, tres 
vaillamment, le 20 de hatour. Leurs ämes furent portees au ciel avec de 
o-rands honneurs; ils re^urent les couronnes Celestes et les robes de lumiere. 
Que le Seigneur ait pitie de noiis tous par leurs prieresl Amen. 

' Ell ce jour s'endormit (dans le Seigneur) saint Anianus {Anyänou), second 
patriarche d'Alexandrie (El Iskaiuhiryah) (41-62). 11 etait ne dans cette ville de 
parents infideles et exer(,'ait le metier de savetier, recousant les chaussures. 
Quand saint Marc {Marqos) l'apötre entra dans la ville d'Alexandrie, il arriva, 
par un dessein de Dieu, qu'il trebucha. L'extremite de sa chaussure se dechira 
et il la remit ä ce saint pour la recoudre. Quand il la prit et y enfonga son 
alene, celle-ci penetra jusqu'ä l'autre cöte et lo blessa au doigt. Alors il dit en 
* foi.r./v". grec : « Agios theos {Ayous Täoiis) », ce qui veut dire : * « Dieu lunique ». A ces 
mots, saint Marc loua le Seigneur pour l'avoir entendu mentionner le nom 
de Dieu. Puis il prit de la terre du sol, craclia dessus et la mit sur le doigt 
d'Anbfi Anianus qui fut gueri sur-le-champ. II en fut tres etonne, emmena 
saint Marc dans sa maison, lui demanda comment il se nommait, quelle etait 
sa croyance, dVm il venait. Saint Marc commenga ä Tentretenir, d'apres les 
livres des Prophetes, de la Divinite du Messie, de ses desseins, de son incar- 
nation, de sa mort, de sa rösurrection, des miracles qui se faisaient en son 
nom. L'esprit de saint Anianus fut eclaire; il crut, ainsi que les gens de sa 

1. Manque dans B. 



[241] 21'^ HATOUR (17 XOVEMBRE). 317 

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4jlt«l ^ ^ iji-^^ ^UCpJI ^ ^^ ^ JU <;1 ^_^ '^4jl*^i <iuLji)lj ^uiCsJl J*;' A9 

1. Ludolf, Mai etMa\a.n add. commemorationem consecrationis ecclesiae S. Theodori, 
filii Johannis; Ludolf add. comm. S. Matthaei ei>angelistae et S. Athanasii patriarchae 
Alexandriae. — 2. B ^^1 IJ-» Jx^ ^ ij! 5^! l) !^JU!. — 3. B add. ^Ur*^'. — 4. B 
j^j. — 5. B J«»!. — G. A 'Lj\J^\. — 7. A om. ... ^jj>. 



maison, et fut baptise au nom du Pere et du Fils et de l'Esprit-Saint. La 
gräce divine descendit sur eux; il s'attacha avec sa famille ä renseignement 
de l'apotre ; il apprit la science de l'Eglise, ses preceptes et ses traditions. 
Quand Tapötre Marc resolut de partir pour la Pentapole, il imposa les mains 
ä ce Saint et le consacra patriarche de la ville d'Alexandrie. II se mit ä evan- 
geliser les habitants, ä les baptiser en secret, ä assister les fideles et les 
fortifier. Puis il fit de sa maison une eglise; on dit que c'est celle qui est 
appelee ä present l'eglise de Mar Djirdjis, le martyr, qui est situee hors de 
la marche d'Alexandrie, du cöte de l'ouest. Ce saint resta vingt-deux ans 
sur le siege patriarcal, puis il mourut en paix. Que sa priere soit avec 
nous ! Amen ' . 

viNGT ET UN DE HATOüR (17 novcmbre). 

En ce jour mourut saint Gregoire [Aghrighouryous); il etait du pays des 
Grecs {Er Roum), et depnis sa jeunesse il etudiait la sagesse et la philosophie 
grecques, au point qu'il surpassa tous les philosophes ses contemporains. En- 

1. Ludolf, Mai et Malan ajoutent la commemoration de l'eglise du martyr Theodore, 
fils de Jean; Ludolf, la commemoration de S. Matthieu l'Evangeliste et de S. Athanase. 
patriarche d'Alexandrie. 



318 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [242] 

^_^__j^>l 1^^ 18^ MJ15 :^_^- (.*li 1^^" -^ ^^ cr^^p\ cr^.J»^ J 



1. B add. iJ'. — 2. B V^.-- '• — 3- ^''o ••• J^^ y B /m^»e< : ^W .^j'^. — 4. A ^j^^. 

— 5. ofti. A. — 6. B c^^^^i — 7. Pro Lü.w'il! JUc' B ÄaZ»ef i^-^j^. — 8. A om. 
... ij/^. — 9. B ^.U. — 10. B ^j^. — 11- A «</c/. i-oJ^*' ^1 B ai/</. J.Jb. — 12. B 
l^. — 13. A i:o>>J!. — 14. Pro ... I^li? B AflZ'e^ ^ää-! 5^1*W »^. — 15. B »y^^. *.U. 

— 16. B K ^t5rJi J j^J^c^^- — 17. A ow. Jii!. — 18. B om. ^. — 19. A y^Wt 
B add. ^s^\. — 20. A om. ... ^^i - 21. B ^j. - 22. B tyU!. - 23. A «^^ UL'. - 
24. ow. A. —25. B JUr^lj hjJ\ j.. — 26. B U^. — 27. B om. ... J^ül. — 28. om. B. 

— 29. om. A. — 30. B J Jlij. 



suite il etudia la sagesse religieuse et devint reellement chretien. Puis il 
observa la fragilite de ce monde et la duree du royaume des eieux et con- 
* foi. 58 1". Sacra tous ses soins au salut d'e son äme. L'eveque de cette ville* lui deman- 
dait de l'aider dans ses travaux episcopaux, parce que c'etait un homme sage, 
vertueux, savant, instruit, intelligent. Mais il ne le fit pas parce qu'il fuyait 
la louange humaine. Puis il s'enfuit dans le desert et pratiqua de nombreuses 
adorations. Lorsque Teveque de Gesaree {Qmsdrijah) niourut, on lui cliorcha 
un successeur et Ton n'en trouva pas. Tandis que la communaute des fideles 
etait rassemblee, ayant avec eux Gregoire le tlieologieu, on entendit une voix 
qui disait : « Cherchez Gregoire Termite et placez-le ä votre tete — quel excel- 
lent avis! — car cet homme est plein de soUicitude. » Lorsqu'on le cliercha, 
on ne le trouva pas. On resta trois jours ä sa recherclie, errant dans tous les 
deserts et toutes les montagnes d'alentour; comme on ne le trouvait pas, on 
convint de prendre le saint evangile, de le reciter au-dessus d'eux, de nom- 
mer sur lui le nom de Gr6goire le theologien; c'est lui quMls consacrerent. 
Un ange du Seigneur apparut alors ä saint Gregoire en lui disant : « Leve-toi 



[243] 21- IIATOUR (17 NOVEMBRE). 319 

■^^\ Xs^ ^ ^ y^\ lÄA ^ ^-u, ^^" ^ '^pr:^ '^JJ^J ^^^^^ SjL^ ^ 
^Ij ^^J\ _^\ ^1^^. Vj >^ J^ <^„ V "'"^'^^ C^ ^ ^^ ^^' *^"^ 

j^Vj '^,y^' V ^Vj -^J ^-h J^ '\J^ ^^^^ r ^^'>-^" ^-^^^ ^^^^^^-^ 

20dlL J oil^j 1-L^ ^b ^l^ i^^::^. j^ ^^ ^-^ U-J ^^^^^. ^"'t^— ^^ 
^jl ^Ul ^^ jUj ^^S^l ^jVl c.jU^ 2^vJ^ o- ^-^"^^ v^ dUi -^ 

1. B ^^^5 A «(fö?. *w^^. — 2. om. A. — 3. om. A. — 4. Pro ... j^ B Äaie« *.U'j 
JLJJ . ij|. _ 5. A o/«. ... Ui. — 6. A *U. — 7. A o/w. Jj ^l^. ^'. — 8. B ^13' ^*.C^. 
9. om. A. — 10. A J>i. — 11. B .U^. — 12. B »/lij. — 13. A om. ^J^ ^/j. — 14. A 
^ki h\jSj. — 15. i^/-o »^.^Cj' \J^^ B Äa^e« ^»^^^ j^ '^^ ^^' bj/i. (j' W^. ^^ 
J ^..^ Jj^K — 16. B^!j. — 17. A ii3!. — 18. i>/-o ^^..^^^' ^! B habet j^. — 
19. B add. ^w^^yo/^ — 20. A om. 'i^\^. — 21. A ^j>.j^^. — 22. B J^^^. j^^j. — 
23. B add. l^ j^ ^\. — 24. B ^j^^i ^- — 25. J o/«. B. — 26. Pro ... ^,'^^ 
B habet (jläjl *^^v.j J-o^ J U j^^ ^^I ^,j:i ^Cl^ J »^^^^r^i ^j' ^*^^^ -^^Ij J^ ^-£^ij 

5a^! .j^ ii L^«^MN^ U-V^3 ^^^. - 27. B add. »^! ^t^lj' J^^ —28. B 'ij^\ 
(j^."^! et add. i.xJl U L^J ^jJio A. 



et pars; on t'a fait eveque, on t'a consacre : ne te derobe plus ä cela, car c'est 

de la part de Dieu. » Quand il eut entendu las paroles de Tange, il ne lui 

fut plus possible de reculer; il ne resista pas ä l'ordre du Seigneur. Avec 

empressement, il descendit de la montagne et vint trouver les fideles. Ceux-ci 

sortirent ä sa rencontre avec une grande joie et le firent entrer avec pompe 

et honneur. On acheva sa consecration. Le Seigneur fit apparaitre par son 

intermediaire des miracles et des prodiges innombrables, c'est pourquoi il fut 

nomme le Thaumaturge. Entre autres choses, il se trouva qu'un vaste etang 

appartenait ä deux freres ä qui il fournissait une grande quantite de poisson. 

Un jour, une contestation s'eleva entre eux, chacun disant : « L'etang 

m'appartient. x Comme ils ne pouvaient s'accorder, ils allerent trouver 

l'eveque pour juger entre eux. II decida de partager Tetang, mais ils ne le 

firent pas, chacun d'eux disant : « C'est moi qui le prendrai. » Alors l'eveque 

implora Dieu, la terre fit disparaitre Tetang oü il ne resta plus qu'un endroit 



OOl. 



320 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [244] 

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«uäsJI (j _^ ^^ J^* j^*^ jV dl^j-U- ^<^jA>_ lils <jAiij (j S^^ ^-^j ^ v-.Äl«Vl 

1. Pro ... ,Us* B habet Lj aixAj ^ ^Lw ixJL« , "..L^a !Ja Up»> j! lil) ,»«. — 
j -? ^" C •• c " — -^ -^- (^ •• • v_> > 

2. /^/-o ... 2^ vä-j B Äa^e; 'rrJ--" c5^' y'— «J. ^.-^^sr*^!^ ,^_v,Lä3i 5^C ^4^^ s^i f-'^j- — 

3. Quae sequuntur desuntin A usque prope ad finem. 



sec jusqu'aujourcriiui. La reputation du saint se repandit par toute la terre ä 
cause des prodiges et des merveilles qu'il accomplissait ' . Entre autres, il y 
avait dans la ville un pretre qui vit k l'eglise une femme couverte des vete- 
ments de la fille d'Herodiade {Hiroiidyä), parures, robes et habits. II fut etourdi 
ä cette vue, ne dormant pas la nuit, ne se reposant pas dans le jour. L'eveque 
ctait debout pour la priere lorsque Fange du Seigueur lui apparut, se tenant 
ä droite de l'autel et lui disant : « Gregoire, le pretre qui est ä cötede toi 
a tralii ses devoirs; avertis-le de ne plus entrer dans le sanctuaire, sinon 
Dieu le fera perir, car il a regarde dans Feglise une femme couverte des 
vetements du diable. Dis-lui qu'il ne revienne plus servir et qu'il nc s'en 
occupe plus, ce sera meilleur pour lui. Quant ä toi, ne neglige pas la com- 
munaute des fideles, de peur que Dieu ne te demande des comptes pour eux. 
Avertis-les. » Quant au saint, ils'humilia et se mit ti pleurer. Ses larmes cou- 
laicnt. Le lendemain, le pretre vint ä l'heure de la priere, regut la benediction 
de l'eveque et voulut entrer dans le temple. Gregoire lui dit : « Mon lils, il 
ne convient pas que tu entres dans le temple, car tu es souille. — Je suis pur 
et meilleur que toi, repliqua le prelre. — Mon fils, que ta faute reste ä ta 
Charge : je devais t'avertir, car un homme me l'a dit en secret. » Par respect 
humain, le pretre eut l'audace de revetir l'aube (?j, mais aussitöt, il poussa 

1. Ce qui suit jusqu'ä la fin manquu dans A. 



[245] 2P H ATOUR |i7 NOVEMBRE). 321 

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(J-^j dJLft «-^yj ^^rir" ij^ is^-3 ^JlJ*^^ ^l^UJl ^j^ u-»Us i-Uj j^*^;w^ Aj_Uj 

1. B \sy^. — 2. Hic ruisus A. — 3. B add. »^--'j. — 4. o/w. A. — 5. om. A. — 
6. 0/71. B — 7. B ijHoj U^-oyJ ^„^y. — 8. A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et 
Malan om. hanc commem. 



Uli cri et dit : « Mon pere, implore Dien en ma faveur, car le feu s'est allume 

dans mon corps : mon pere, je suis un pecheur, car l'homme qui t'a parle de 

moi a un fouet dont il me frappe. » L'eveque implora Dieu pour lui, et Tange le 

laissa ä cause de la priere du saint. Quant ä la femme, lorsqu'elle apprit ce 

qui etait arrive, eile coupa ses cheveux, se depouilla de ses vetements et 

alla dans un couvent de religieuses. L'eveque dit ä la communaute des fideles 

qui etaient autour de son siege : « Prenez garde, mes enfants, de laisser vos 

femmes deshonorer Toeuvre de Dieu lorsqu'elles vont ä l'eglise, revetir 1 ap- 

parence des gentils, et se presenter parees, de peur quo le Seigneur s'irrite 

contre moi et contre vous et que vous alliez en enfer. pretres, empechez les 

fideles de negliger le salut de leur äme, de peur qu'on ne vous en demande 

compte le jour auguste et redoutable. » Apres avoir fait tous ses meilleurs 

efforts, il mourut et quitta ce monde caduc et trompeur pour la felicite eter- 

nelle. Que sa priere * soit avec nous. Amen. *foi. osv. 

* En ce jour mourut aussi le grand saint Abou Jean [Yohannes) dans la 
montagne de Syout (Asyoiit) d'oü il etait originaire. Ses parents etaient chre- 
tiens. II rechercha la vie meritoire et precieuse, alla ä Scete (Chcühät); il y 
embrassa la vie monastique et pratiqua de nombreux actes de devotion. L'ange 

1. Manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et ^lalan. 



322 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [246] 

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j^sti jlXj <jtj ^\ ^^-Äoj ^»»^ (J^ ^jj S^rr^ pj^-* "^^ "^-^--r!. j^ i:>_^ ^1 l_^l 

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^-j-^ ^LSl lj_*_«^ Uüj j^jjatjj j^^j e/"^-? f*r*^ .J'^^-^*^ j»^/o».<>Ä^ (3 OjLj 



du Seigneur lui apparut et lui ordonna de retoiirner dans sa ville et d'habiter 
dans la montagne. Quand il fut venu et installe dans la montagne en face de 
la ville, il y resta plusieurs jours, puis il partit dans l'interieur. Les moines 
qui etaient dans le couvent d'El-Hanädah monterent vers lui, lui bätirent 
un grand ermitage et, ä l'interieur, un cachot oü il habita. Ils le visitaient 
chaque semaine, lui apportant des grains humectes dont il se nourrissait, car 
il ne mangeait pas de pain du tout. Notre pere, le venerable Abou Ghenouti 
{Clienoiidah), son oncle maternel Anba Badjoul, son parent saint Abou Isaie 
{Irhdi) vinrent le voir, Abou Ghenouti lui faisait de nombreuses visites : 
chaque fois qu'il allait le voir, il passait pres des eglises des martyrs et des 
saiuts. Le Seigneur, le roi auguste, le Messie les envoyait vers lui avec son 
esprit pour le fortifier et se rejouir avec lui, si bien qu'ils le firent arriver ä 
unc haute perfection. Le saint Abuu Ghenouti songea ä changer de route 
et ä marcher dans la montagne. Les martyrs se presenterent ä lui et lui 
dirent : « Gelui que tu suis, Jesus, le Messie, le vrai Dieu, extremement doux 
et compatissant, nous a envoyes vers toi. Vers quelque chemin que tu te 
diriges, nous te suivrons par son ordre et nous irons avec toi. » Quand les 
moines d'El-lIanadah entendirent parier d'Abou Ghenouti et de ses visites 
frequenles chez saint Abou .Jean, ils allercnt ä la montagne, lui deman- 
derent de desccndre dans leur couvent et de benir leur communaute. 11 vint 



[247] 21« HATOUR (17 NOVEMBRE). 323 

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jl Js^^*J 'LLA.Ji v_j^' Jl '6jL^j\ Zs- «uIas Ij^^J j*I)jJl jLai-lj oli>cJl (3^jj 



avec eux, celebra la messe, les communia, et leur adressa ime exhortation. A 
cette nouvelle, apres le depart du puissant saint Aboii Chenouti, les prin- 
cipaiix de la ville de Syout vinrent au couvent oii ils lui bätirent uue eglise 
en commemoration de son arrivee dans leur pays. Elle existe encore de nos 
jours, ä cöte de leur eglise qui est sous le vocable du chef des anges Michel 
{Mikdijil). Quand arriva le premier de l'an, les gens de la ville sc reunirent 
tous en deux partis. Les uns entrerent dans le bain,. les autres vinrent fermer 
la porte et allumerent le feu dans le foyer jusqu'ä ce que tous ceux qui 
etaient dans le bain perirent. Ils ne se contenterent pas de cela, et batirent 
des pavillons et des endroits pour la course, la lutte et les bavardages, les 
siestes et toutes choses semblables pour les enfants du peche. Quand la 
nouvelle parvint ä l'empereur Theodose (Täoudhousyous) dans la capitale, 
Constantinople [El QostanUnyah), il envoya sur-le-champ un fonctionnaire 
important avec une armee considerable; il lui ordonna d'aller ä Syout, de la 
detruire et de la brüler avec tous ceux qu'elle contenait. La nouvelle arriva 
aux habitants; ils ressentirent un violent (^hagrin, monterent vers le saint 
et Finformerent des nouvelles terribles et effrayantes qu'ils avaient apprises. 
11 les rassura et leur dit : « Pas un seul cheveu ne tombera de la tete 
d'aucun de vous ; mais soyez prets : lorsque ce chef arrivera, sortez ä sa 
rencontre en portant les evangiles, les croix, les encensoirs, les branches de 
palmiers, les rameaux d'olivier : tenez-vous devant lui jusqu'ä ce que vous 
l'ayez amene pres de la ville; faites-lui savoir qu'il monte chez moi pour avoir 

PATU. OR. — T. III. 23 



324 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [248] 

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i^-Vä. Jl ^yb"^^ jr^..d ^■^. Cr*^ v^^. '^^ (.r^ <ki>L>j <c^^ jLLJ; <. -Sr^J 
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1. Bv^-Oy. 



une entrevue avec moi avant d'entrer dans la ville. » Ils firent comme il le leiii* 
avait ordonne. Quant ä ce fonctionnaire, quand il arriva ä Antinoe [Xnsim), il 
prit avec lui le gouverneur de la ville et ils reunirent des troupes conside- 
rables pour detruire Syout. A soii arrivee, les liabitaiits allerent ä sa reii- 
contre en sc rejouissant, en recitant des prieres et en cliantaut des cantiques; 
ils rinformerent de notre pere le saint Aboii Jean. « II desire se rencontrer 
avec toi, lui dirent-ils, avant qoe tu entres dans la ville. » Quand il entendit 
le noni du saint, il se rejouit beaucoup et sa joic fut grande, car il etait 
ferme dans la foi orthodoxe et il avait toujours craint Dien pendant sa vie. 
II avait uu füs unique possede par un denion (pii le terrassait et le [»rivait 
de raison, si bien qu'il frappait tous ceux qu'il rencontrail et brisait la vais- 
sellc qu'il Irouvait ä sa portce. 11 etait continuellement dans les fers. Quand 
le fonctionnaire apprit que rempereur Tenvoyait en Egypte, il resscntit uue 
immense joie, prit avec lui son fils qui etait garrotte par des lieiis de Ter. 
Lorsqu'il parvint ä la montagne aupres du grand saint Abou Jean et qu'on 
lui ouvrit le couvent, il arriva k la porte de la cellule : le saint lui adressa 
la parole de la fenetre d'ou il parlait aux gens, le salua, le benit et lui dit : 
« Que le Seigneur Dieu donne la guerison ä ton enfant, et qu'il transi'orme ton 
chagrin en joie! •> Le chef s'ctonna beaucoup de cela et fit venir son fils. On 
Tamena lie par des cliaines de fer. Le saint prit un peu d'eäu dans un reci- 
pienl, versa dessus un peu de Tliuile sainte de l'autel, en l'rotta le jeunc lionime 



[249] 21' IIATOUR 17 XOVEMBRE). 325 

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^jJl ^^^-»Jj AiJl Jl dl^C~£^ *^ rc_j^;u-lj ^-uJl Jl ^yÄ«l ^^-^1 -»J Jlis ^Xä^ 



i. Marcus xi, 25. 



et Faspergea avec cette eaii. Lä-dessus, le demon poussa im cri en disant : 
« Tu me brüles, Abou Jean : je te conjure par le Dien auguste de ne pas m'cii- 
voyer dans Fenfer. » II sortit de lui soiis la forme d'une fumee. L'esprit du jeune 
homme lui reviiit comme s'il n'avait jamais eprouve de dommage. Le clief et 
tous ceux qui etaient avec lui, se rejouirent de sa guerison. Quant ä son pere, 
11 pria le saint de lui demander quelque chose. 11 lui repondit : « Nous avons 
tous besoin de la misericorde du Messie ; bien plus, notre Dien et notre Sauveur 
a dit dans son saint Evangile : Pardonnez, et il vom sera pardonne ' : je te de-, 
mande d'epargner les gens de cette ville. — Mon pere, ta Saintete sait que je 
suis un envoye : je te prie de me conseiller sur le parti ä prendre. » Le saint 
lui repondit : « Je desire que tu ecrives ä Fempereur une lettre oü tu l'infor- 
meras que j'intercede pour les gens de cette ville. » II obeit sur-le-ciiamp ä 
l'ordre du saint et ecrivit ä Tempereur Tlieodose une lettre oü il lui faisait 
connaitre qu'il etait arrive sain et sauf en Egyptc {Misr), qu'il s'etait rencontre 
avec saint Abou Jean, que son fils avait ete gueri et que le saint interccdait 
pour les gens de la ville, et il partit sur-le-champ. On etait alors ä la neuvieme 
heure du jour. II scella la lettre de son cachet, la donna au gouverneur d'An- 
tinoe qui en fit autant, et de meme celui de Syout. Apres cela, ils la remirent 
au saint. Celui-ci lui dit : « Va ä la ville et repose-toi jusqu'ä demain 

1. Marc, XI, 25. 



326 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [250] 

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Ua, .lu^laij ÄJUJl dLwslj AjUcJl j^ Ujl^ ^\j^ ^..-^^ -^ [aJ^ j:}\ ÄjUtJI 
^^aaJI cJLsjlj iUi-J^ ^,^^ ^yjj dlLJl ^_^ ^J^ y^J 'i:>j'X.^ ^j Ac^U 
i,_^l Jljj L^l Jljj ^;^Vi ^^ Ai)l jl^ iJj jy}\ J\yi\ JJ \j^ v^ J\ 

avec tes soldats : par la puissance du Messie, tu reviendras pres de moi. » 
Anba Yohannes eteiidit les mains et pria. A la quatrieme heure de la nuit, 
une nuee de lumiere apparut et le transporta de la eellule oü il etait dans la 
•salle d'audience de rempcreur dans la capitale, Gonstantinople. II etait assis 
avec rimperatriee et beaucoup de grands et illustres personnages etaient 
pres de lui, lorsque tout ä coup la lettre descendit du plafond. II leva les 
yeux et vit le nuage qui brillait. Alors Fempereur prit le message, examina 
les cachets qu'il portait, les reconnut, et le donna ä Tun de ses intimes pour 
le lui lire. II fut extremement surpris de ce qui etait arrive et ordonna d'e- 
crire une reponse au fonctionnaire. II rinformait de laisser subsister la 
ville sans la detruire miserablement, par respect pour saint Abou Jean, car 
Dieu etait satisfait de ses creatures, ä cause de sa priere et de sa saintete 
reconnues. Quant aux endroits qui servaient pour les jeux, oü Ton se reu- 
nissait, il devait les detruire promplement. 11 desirait qu'Abou Jean men- 
tionnät dans sa priere l'empereur et Timperatrice. 11 ecrivit la lettre au 
milieu de la nuit, dans son palais, puis il la scella, leva la tele et chercha en 
disant : « O grand Dieu, mon roi, Jesus le Messie, rends-moi digne de voir 
celui qui prendra cette lettre. » Puis il la lan^a en haut vers le nuage qu'il 
voyait, liors duquel le saint allongea le bras. 11 saisit la lettre et sa main 
demeura un instant etendue, tandis qu'il benissait Tenipereur. Aussitöt le 
nuage partil et transporta le saint dans sa eellule ä Taurore, avant le lever 



[251] 21'^ HATOUR 17 NOVEMBRE). 327 

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dLA.^1 ^Ij ijjj ^U ^ ^^ ^Ui Jl ^^Vi iUj l^~Ulj caJI c^Lj 
jU- y^j jU.j j-^^„ ^^ (_ri-^^ ^y) Cy c^J^ t/^^ ^'1:>«J1 Ja, r^y U «._«ä. 
l;l \ly\ L aJ J_^j ^-*iJl ^U J^^„j ^r^l j^-^. J-^1 J\ c^„ J^ J ^IL 

-cV ^ -0 ^^JLiJj jL^l dUi J^\ ry. <;->U J ^^^1 JU L^^^ ^_5jU ^JiJl 

-^' <L^ -*H*-JJ jLC« AJ ^iJls ^;-Ä?Jl ;^kÄ,_ ybj A^ C)li jo Uj ^i -ds-l 
^1 ^^ -ül J: U^ Vj -l^^-l ^% <*-j U JUl Ai^l Uj VU b_^U^ ^IjU^ 
J-UJl pÜ^j Alj-uJl Jl *U a;1j yUilj i^^^l i;,.u ^JLi <;V^1 Ä^lj 4.:.i,:U..7,-n 
^yi-lj l_^«Aks c,_^Jl c-l^^C J j^ j^^ «cUl j^ ^AJ: J ^üi 1^'l^j LJic Uli 



du soleil. Le lendemain, le fonctionnaire, le goiivenieur d'Antinoe et cehii de 
Syoiit allerent troiiver le saiiit et le saluerent. II leur remit la lettre qii'ils 
lureiit et ils ressentirent une grande joie, louerent Dien, glorifierent le Dieu 
d'lsrael {Isrdyil) et descendirent aiissitöt vers la ville. Ils detriiisirent les 
cirques comme l'avait ordoiiiie Tempereur; Syout et ses habitants furent 
epargnes. L'envoye revint vers Tempereur extremement content de la gue- 
rison de son fils ; il l'informa de tous les miracles dont il avait ete temoin de 
la part de notre pere Abou Jean. II y avait un mechant qui montait chaqiie 
jour ä la montagne pour extraire des pierres. II passait pres du saint et lui 
disait : « Mon pere, je suis dans la misere et la pauvrete; je prie ta Sain- 
tete d'implorer pour moi le Seigneur le Messie; peut-etre rn'accordera-t-il 
quelque chose pour soutenir ma vie, car je suis malheureux, dans la detresse, 
la peine, la fatigue, saus ressources. » Notre pere, le grand saint Abou Jean, 
demanda au Messie dans sa priere d'accorder quelque chose ä ce mechant, 
car chaque jouril passait pres de lui, Fimplorait et lui disait : « Notre pere, ne 
m'oublie pas. » Le saint adressait de nombreuses demandes pour lui. Tan- 
dis qu'un jour il taillait des pierres, un endroit s'ouvrit et il y trouva neuf 
vases remplis de richesses. Quand il les eut prises, il n'en combla pas le pays 
de S3'0ut ni un autre, mais il alla ä Constantinople, regut le gouvernement 
de la ville de Syout et de sa province. Puis il vint dans la ville et fit peser sur 
le peuple une grande tyrannie. A cause de lui, les gens etaient dans une 
detresse comme ceux qui sont dans les affres de la mort. lls monterent vers le 



328 SYNAXAIRR ARABE JACOBITE. [252^ 

^^\ ^j^_ ^\ SXJ] jXl^l \j^\ \yj^- V jJ^l ^.aUI Jlii l^>o y^j 
^^jJ\j -^^Vl d^ ^jV^ J jy^ ^J b^" V JJlJl Jül j:<i LJAJI b-U j 

^^^1 ^JUl i-U <u 1^^«^>^ Uli ^U)! ijl^l Ua)^ is-U ^Iki^ J^V <.«J^ ^L^Iä^ 

^ *U i^Us A*,j ^v^^Ia*. ^ \y>z\L^\j p^yS J^ ^±Ji Jijj LJ^ \^J \j^J 

7-^^ «»^l^ fvUj ^.-^^^ (^ j^ "^b "^'j^ j^ ^ <CL^j «CicLo J ^>J -CJj^-^ 

1. Matth. VI, 20. 

Saint, rinformerent de ce qiii se passait et liü dirent : (( Depuis le temps que 
ce gouverneur est reste dans la ville, il n'a laisse personne et il la riiine. » Le 
grand saint reprit : « Ne vous affligez pas : portez votre souci au roi puissant, 
Jesus le Messie, il vous relevera. Mes fils, soyoz affables envers les pauvres, 
les veuves, les orphelins et les malheureux, car notre Situation dans ce monde 
ressemble ä une ombre fugltive : N'amassez. pas j)our vous de grands tresors 
dans la terre oh la rouille et les vers... '. Mes fds, je vous le dis : Celui qui 
s'irrite contre son fröre pour un brin de paille de ce vain monde, sera neces- 
sairement condamne au feu de l'enfer. » Parmi ceux qui etaient montes vers le 
Saint ä cause du gouverneur et de sa tyrannie, il y avait des gens entre qui 
s'etait elevee une grande contestation ä cause des choses de ce monde trompeur 
et perissable. En entendant ces Instructions qui les eclairaient, ils ressentirent 
une grande joie, le mal disparut de leurs coeurs et ils firent la paix entre eux. 
Pcu aprps arriva iin baut lonctionnaire de la part de Fempereur. Les gens 
de la ville sortirent ä sa rencontre avec une grande joie. Aussitöt ce dur tyran 
fut Ulis aux fers et expf'die sous bonne garde. L'empereur le mit en prison et 
voulut le faire et rangler, mais on intercc'da pour Ini et il le laissa. Cet homme 
revinl dans sa ville, reprit son metier et son gagne-pain comme auparavant. 
11 passa pres du saint et le salua; notre pere s'en rejouit beaucoiqi, car il 
craignait qu'il ne lui lüt arrive quelque cbose dont lui-meme aurait eu a rendre 
des comptes ä Dien. « Louange, dit-il, a Notre-Seigneur, Jesus le Messie, qui 

1. Maühieu, vi, 2U. 



^253] Sl-" IIATOUR 17 NOVEMBREi. 329 

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1. B ;rlr^'- — 2. B eZ Ludolf ow. haue comm.—o. B, Ludolf ef Malan om. has comm. 

fait tourner sa royaiite comme il lui plait. » Ce saint pere fit des miracles 
nombreux et extraordinaires; il guerit les malades de toiites sortes de maladies ; 
il chassales demons et, apres cela, il moiiriit et alla retroiiver le Seigneiir qu'il 
aimait. Que le Seigneur Dieu nous sauve de ce monde par ses prieres! Amen. 
En ce jour ' mourut le Pere Anbä Cosmas {Qosmd), patriarche d'Alexandrie 
(El hkandaryah) (851-859). Ce saint eprouva beaucoup de chagrins, et de 
nombreux malheurs fondirent de son temps sur les fideles. Des prodiges appa- 
rurent ä son epoque : ainsi Timage de Notre-Dame qui est dans l'eglise de 
Saint-Severe (Sdoiiiros) dans le saint desert, vit son llanc ouvert et il en sortit 
du sang. Des yeux de la plupart des statues en Egypte, coulerent des 
larmes. Les gens intelligents reconnurent que c'etait ä cause des malheurs 
et des chagrins qui atteignirent le patriarche et les fideles. Puis Dieu lui 
accorda une compensation de ces jours malheureux. II s'appliquait ä ins- 
truire les fideles, ä les fortifier, ä les consoler, et resta sept ans et des frac- 
tions sur le siege patriarcal, puis il mourut en paix. Que sa priere soit avec 

nous! Amen. 

En ce jour- a lieu la commemoration d'Alphee {Haifa), de Zachee {Zakd), 
de Romain [Rourndnous) et de Jean {Youhannd) mart3^rs, et celle des saints 
Thomas (Tournd), Victor (Biqtor) et Isaac (Isk/r/) d'El-Ochmounain. Que leur 
priere soit avec nous! Amen. 

1. Manque dans B et Ludolf. — 2. Manquent dans B, Malan et Ludolf. 



'. 

-/ 



* fol. 59 r°. 



330 SYNAXAIRR ARABE JACOBITE. [254] 



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Lljl ^>l-; ^jwo L«^i Jjbl j^ 1^;!^ 'V_^A *^bj^jl;' ^^a\j ''^_^:f}y}j ^X'^'^ 

j^lj jL«ij jUji Uij • «UJl ^y>- *^i».^j (♦^^^^s (»r:^ ki-l«^" A9 «ji^ilSj ^^>-j 
iG^UJlLj ^_^j^ Vj i"^:-l ^''% i^lJ^l J^ ^^'j^„ ^""^^^^j -^'^ ^-^ ^j-J^* 

1. B ^J\ !i-3> Jj^ ^ *ü' jL=l! l) ! Jb'. — 2. B U^. — 3. B ^wyUij. — 4. o/?z. B. — 
5. B ir'j^^j^}- — t>- B [^j^Jj. — 7. jj.' ^^j^^ 0/;?. B. — 8. om. A. — 9. B om. 
...^j>\ C^"^.. — 10. B U!.— 11. B , ^jU^« UJ. — 12. 0/«. B. — 13. B !aJ^. — 14. B 
^^^M J^. — 15. J^j^. — 16. A 'L^^.^. — 17. ow. B. — 18. B UL — 19. B U-^ 
J^^T^. — 20. A ^^jil^ ^JJ' .jXUt ^ji\. — 21. B ,^^^kJÜ et add. .,Uj.)! vjX3i 
oXJ j> Jo^^ iJ^ \^-^-' ^/rK?- — 22. />/-o ... l^^JJixi A habet s^Wi. — 23. B ^yi^i^ U^. 
— 24. B ^^y^ '^rr^ ^t «^öf. ^j,3-~ 



J 






viNGT-DEux DE HATouR 18 novembrc ). 

^ Ell CO jour moururent martyrs les saints Come {Qozmän), Damion (Da- 
mijän)^ leiirs freres Antliime (Antimons)^ Leonce [Ländyous), Euprepiiis [Abrd- 
byous)^ et leur mere Theodote {Tdoiidoiiddy . llsetäient de la ville de Dabarma * 
dans le pays d'ArabyA, du chäteau qui fut construit au nom du Fils de Dieu. 
Leur mere etait une femme craignant le Seigneur, aimant les etrangers, com- 
patissante; restec veuve avec eux, eile les eleva et leur enseigna la crainte 
de ])ieu. Come et Damien apprirent Tart de la medecine; ils soignaient tout le 
monde sans recevoir de salaire ni de cadeaux, et particulierement les pauvres 
et les malheureux. Leurs trois freres partirent dans le desert et embrasserent 
la vie monaslique. J^orsque Diocletien {Dicilddydnous) devint inlidele ä cause 
du Pils du roi dr-s Perses (El Vors) qu'il avait confie au patrice, adora les 
idoles et ordonua u lout le monde liabitö de les adorer, les serviteurs de 

1. Manque dans Eudolf. — 2. Malan : Abrnnius. — 3. Malen et Mai : Theodore. — 
4. Wüslcnfeld : Dargha. 



[255] 22*= HATOUR fl8 NOVEMBRE^ . 331 

lj^=>n^ jl ^^\ jv' UaJ 1*^1 j aA^^s^i (J.-'ji py-Ax^ ^^ ^*^ (*r"y*' \j^ ^'^ 
jyl J l-^(.*^a (vT l''jU^l J ^:^^)i Ij^^. j\ ^"'^U l^•^J 1^4.. jOi jL-j^ll 

^'^Lc U.I9 ^^9 ^^_ ''^l:>.\ (♦j-*.;^, 'r'J^-? "^^'^*r*-r" ^-^* <i-? ^'UWJlJI jl^Jl (♦(•-^^' 



31 

35 



1. B a^c?. i>yj. — 2. B ^^^J\ *«.U — 3. oni. A. — 4. B wJ^*L.j^. — 5. A ^^^ • 

6 B *j^J-c «^OSo. — 7. B ^1:ä-^ «^ki ^ .^-^-c. — <S. B om. , ,^^'1^^ ,Ulj et add. 

ij *4-«Jji, ^V j>j^ »3vi.s^ ^-' />i. r^ Ja. — 9. B .^.i;:^! i^j'v — 10. 0/7Z. A. — 11. B o/?z, 

. 1 k. > -7^1 • i^f^ ^ ^_s .... V »V > 

.. *»v;»' J. — 12. B K'^o- — 13. B om. A^xJ! J,. — 14. A »J.»-' ,. — 15. B om. ... J. 

— IG. A (jl^^' J'. — 17. A J^^'. — 18. A -^J-^-^''. — 19. A 0/«. ... ^.y^^\^. — 20. B om. 
3,. —21. P/-0 w^^Jb B /i<7i>ei ,.»«s5L V*Ä>3 ^t-^' wJU' J3 *^^'v= J.*s-.^ —22. A U>^'. 

— 23. B *^.^' et add. 'Jüc'j ^'•^'j- — 24. B ^Js.^^. — 25. B oX-UlV — 20. A ^^^^i. 

— 27. A om. ^.x.^ _,'3.c J^^ — 28. B add. ^. — 29. Pro ... J B habet C^^p^^ 
Jb ^^^j ^CUI ^M ^U^'JJii- ^,1 ^^3!. — 30. B jjI'j! ^sbJ^.. — 31. A 0i7i. J^^ 
IfJ^. — 32. Ayli. — 33. om. A. — 34. A »W!. —35. ByJL> ^. 



rempereiir allrrent lui apprendre qiie Cöme et Damien * prechaient le Messie * foi. .-.9 r. 
dans toute ville et aneantissaient le culte des idoles. II ordonna sur-le-champ de 
les faire venir et de les livrer a Asius (Asyous), goiiverneur de la ville. 11 leur fit 
subir toute espece de tourmentsvaries parle feiietles coups. Ensiiite il s'eiiquit 
aupres d'eux de leurs freres, et lorsqu'il connut leiirs demeures, il les fit venir 
ainsi que leur mere. Puis il leur ordonna d'ofTrir de l'encens aux idoles; ils 
n'obcirent pas ä son ordre ; alors il les fit broyer tous les cinq dans les pres- 
soirs, puis on les jeta pendant trois jours et trois nuits dans le fourncau des 
bains; on les plac^a sur des barres de fer et on alluma dessous des feux 
brülants. Pendant tout cela, le Seigneur les maintenait vivants, sans aucun 
dommage. Quand le gouverneur fut fatigue de les tourmentcr, il les remit ä 
l'empereur qui leur fit subir aussi toutes sortes de durs tourments. Leur mere 
les consolait, les encourageait ä la constance. Puis eile injuria Tempereur en 
face ainsi que ses viles idoles. II s'irrita contre eile, et ordonna de lui couper 
la tete. On la lui tranclia et eile recut la couronne du martyre. Son corps 



332 . SYNAXAIRK ARABE JACOBITR. [256] 

J A_3^1 ^iCi U 4J,^aJ1 islfi, Jjbl l '^>lJl9 r-.^r^_ j^J* (^r!."^^ '^ -? '*^'N. 0^ ^ As^^ 

^L^ ^"^(v-r-^ -^^--^. i^ia-^Vl ^UJül ^^-uj ^.l^^i c._^:<l« J ^~bL>Jl Jd^i 

A^.J.5so U-\.w^ O^^J bjU A.*^Aa]| jISaJ' /» A.JI Ajb (Ji« (j «Cl bji-l l 1 »„olc-l 

1. A IJäI. — 2. B add. Jj^..—3. A (mi. ... J.;^!. — 4. .! o/?2. B. — 5. add. A S^^\. 
— 6. B XlJwJt 2*!^'^!. — 7. A J\=kU. — 8. B j-slis ^y ^J iju^j^j. — 9. A j-^^ .1)^. — 
10. B »Ij^xJli. — IL om. A. — 12. B add. J^!,. — 13. B add. .,U;. — 14. B i^ 

^[^K — 15. B 'L^}^. — 16. B U^^ ^j. — 17. B *^Üoj U^^^j ^^!. — 18. A, Lu- 
dolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et Malan om. hanc commem. 



resta etendu sans qiie personne osat rensevelir. Saint Cöme criait : « geiis 
de la ville, n'y a-t-il parmi vous personne qui ait dans son coeur la compas- 
sion de couvrir le corps de celte vieille femme et de Fenterrer? » Alors Victor 
iUiqior), fils de Romaniis (Roumatious), arriva et eut le courage de prendre Ic 
Corps, de le mettre dans le linceul et de l'enterrer. Quand l'empereuf l'ap- 
prit, il ordonna de Texiler dans le Sa id d'Egypte (Misr) oü il regut le mar- 
tyre. Quant aux saints, il ordonna le lendemain de leur tranclier la tete. Ils 
regurent dans le royaume des cieiix la couronne de la vie. Apres la fin de la 
persecution, on leur b^tit de nombreuses eglises et Dieu manilesta par eux 
des niiracles et des prodiges. Que leur intercession soit avec nous'.Amen. 

viNGT-TRois DE HATOUH flO novembre). 

Sachez', nies freres, qu'en ce jour a lieu la commemoration de sainte 
Marine (3/^/////^/) : une partie de soh corps est dans Feglise de Notre-Dame 
Marie (Marijani} dans le quartier des Grecs [Uarat er Rouui). ()\ic sa priere 
soit avec nous et nous sauve! Amen. 

1. Manque dans A. Ludolf, Assemani, Maf, Wüstenfeld et Malan. 



257] 23'^ HATOUU 19 XOYEMBRE). 333 

^U Ju-;- ^1 ji^lVl ^ijj -v>^^ ^^. ^ ^ ^lyOl A^_ Cx^^-^ k^^. 

•'^ Ju^ ^ * *^(^-^. O^ ''Cy..^\ J^'V^ ^V^J ^^^ <Sy Jrr^' ^ Vb p^>J * fol. 59 vo. 

jUj ^l:^>l] ^_^-Jl d^ Ua^. i)^ J^\ <V^^ J ^i^j ^j ^^ J*-^^ ^^V^ 

«ulc A.»!«. 'J\ ^^i— ' ^ <U,UJ pl-01 jU*.^ C^_ J^ J^^^ cX'^r^ '^-*^ ^^. '^.■^■* 

1. /'/•o hac commemor. Ludolf prophetae Joelis mentionem facil. — 2. A !jj> ^J, 

,J\. — 3. om. B. — 4. B Ji»-''. — 5. B om L^% B. — 6. B i-J! Jj. — 7. A 

c jJ! — 8. B *»,J-jo !j!^. — 9. A L^. — 10. B w-v-'. — 11. B ^^»^. — 12. om. B. 
— 13. A J. — 14. A ^'ij'. — 15. B -iyas^^y — 10. B add. ^ili. — 17. om. B. — 
18. Acta apost. x, 25-26. 



' En ce jour aussi moiirut le saint pere, le venerable Corneille {Qornilyoiis). 
II etait centurion ä Cesaree (Qa'isdryah) de Palestine {Falestin) et adorait les 
etoiles. Lorsqu'il entendit la predication des disciples et qu'il vit les miracles 
qui se faisaient par leurs mains, miracles qii'auraient ete impuissants ä ac- * foi. .)9v". 
complir les forces liiimaines et les faiix dieiix qu'il adorait, soii esprit fut 
stupefait et etoiirdi, et il douta des dieux qu'il servait. 11 renonga ä se 
prosterner devant les idoles et il s'adoiiua aux jeünes et ä la priere, nuit et 
jour, en disant : « Dien, je suis desireux de te connaitre; guide-moi, con- 
duis-moi vers ta connaissance, fais durer pour moi ta misericorde et ta 
verite. » Dien eut compassion de lui; il agrea sa priere et ses aumönes. II lui 
envoya son ange pour lui annoncer qu'elle etait acceptee et qu'elle montait 
jusqu'ä lui. II lui ordonna d'envoyer chercher dans la ville de Jaffa {Ydfd) 
Pierre {Bolros) TApotre, dans la maison de Simon {Sim'd?}) le corroyeur, pour 
lui approndre ce qu'il devait croire. II le fit venir et, lorsque l'apötre enlra, Cor- 
neille tomha ä ses pieds en se prosternant devant lui. Pierre le releva et lui dit : Je 
suis un komme comme toi ' , Tadoration n'est due qu'ä Notre-Seigneur et notre 
Dieu, Jesus {Yasou) le Messie. Quand le centurion Veut fait entrer dans sa mai- 

1. Cette commemoration manque dans Ludolf qui la remplace par celle du prophete 
Joel. — 2. Actes des Apötres, x, 25-2(3. 



fol 



334 SYNAXAIRE ARÄBE JACOBITE. [258] 

j\ J^^j^\ ^,^A^\s j^Vi ^yi S^r^ <i^Uj9- )iX£. Ap^j <^jLo ^\ i^:i\ U J' ^ rc-.— Jl 

j^ ijy^^ ^c5rJ (j^^ u"^ t^'-*^ C^' '^" ^^r'j. ^-^b '^^^ -i^Ul ^3 >.U ^^jl i.i« 

J^«X.J ^^^^*^J «C^lij aXäJ ^^:-^' ^•~' "^-«-^^J rc_*-<^l iS^^J 2sls (J"^^ T^ ^ 
A^JL) u5 jj-Aiül T-JJ f*r^J^ (^-'^ cJ^ozi ^AaJi ^J^iJ (V'ViJ ^Vl (v-^ 1j-Uju"j «ijt« 

• 60 1-. a:^ iL-Lj J^^l AJ X.J JUl a:^ U.j 6j ^ ^'^' ^y^ijy\ Jci * dlU 

1. A 0/72. ... J-'. — 2. A om. \^\^^ ^. — 3. B JLo "^. — 4. A -J»;uc^. — 5. o/n. B. 
— C. Act. apost. X, 27-30. — 7. B om. Ij^^^ää Ji. — 8. B «..w^o. — 9. Act. apost. x, 
33-34. — 10. Bj^. — 12. o/)i. B. — 13. B J-w^' JU! ^K — 14. B ^b)j. — 
15. ZkJL^]. — 16. B^.i^. 



.so/?, Vapotre trouva unc foule nomhreuse de f/entHs. II leur enseiyna (jue Ja loi 
juda'ique lui defendait de se meler aux incirco7icis, mais que Dien lui avait revele 
en sauge et lui avait fait connattre qii'il ne devait pas dire de quelqu'u)i : il est pur 
QU impur. C'est pourquoi, dit-il, je .suis venu chez vous quand vous m'avez appele : 
quelle est votre intention? Alors saint Corneille lui ßt savoir eeci : II ij a quatre 
joiirs, lorsqueje priais, ä la neuvieme heiire, un komme se tint devant moi, dvee des 
vetements d'un blanc eelatant* et m'a ordonne de t'envoyer ehercher. Te voild et 
nous sommes toiis ici pour entendre ce que tu nous ordonneras -de la part de Dleu. 
Pierre ouvrit la bouche^, lui precha le Messie, lui fit conuaitre le secret de son 
dessein, de sa mise cn croix, de sa resurrection, de son ascension, et lit des 
miracles en son nom. Saint Corneille crut avec les gens de sa famille, tous ses 
serviteurs et la plus grande partie <lo coux qui servaient avec lui. lls furont 
baplises au nom du Pore et du Fils et de TEsprit-Saint. Celui-ci descendit sur 
♦ f(.i. f.» i". eux sur-le-champ comme le temoigne * le livre des Actes des Apötres. Puis 
il abandonna le comniandement de Tarmee du monde et l'apotre lui re- 
iiiil la (lirection de la milice du Mossie \ il le fit eveque de la ville d'ßl-Aski- 
syali \ II s'y rendit, y precha le Messie, montra aux liahitants Terreur de 

1. Actes des Apotres, x, 27-30. — 2. Actes des Apotres, x, 33-34. — 3. Wüstenfeld : 
Alexandrie; Assemani : Scamander. 



[250J 24« HATOUR (20 N0VE:SIBRE). 335 

^\^:.^ Uj ^W-? n^.y^ ijyj ^J^' ^% ^^r*^^ (Vy^ -'^^-J f^V^ ^>Üi ^(^ 



j^A ^ ^>:.^*^*Jlj (^U^ c^^ 






.^1 J^^ ^^ ü^y?^^ ^'^ er: -^ c>--^-? ^.jVl jl^->o" ^^^^1 lÄA j 

1. om. B. - 2. B c-^., — 3. B kx.\^ 23 Lo ^^o. — 4. B -x^l. — 5. B J-^l. — 
6. B rt^c?. .,j;io ij'^j. — 7. B rtöfö^. U^li^j. — 8. A ^j^y. — 9. B xi! 5^! 'j j^^v-lt! 



^^. pJ! Ij^ Jx- J. — 10. B ^U^p! ^^jwÜ! j^. — li. B ^^W!. — 12. B 

.ib.3! ^^^31 jjt. — 13. B 0/«. ^J-^sr^' ^v-jÜ'. — 14. B add. ^X^\. — 15. B ^.UJl. — 
16. B flrW. ijU^-. — 17. B o/«. Wiu). — 18. B ow. J. — 1!). B rtcft/. Ji^ Jx'>^" 

y^JiJ! ^J-^^^NÄ JLLs J I^'-^üj v^-jU iJ'^l , ,Ji^. — 20. B ♦»)^l=s^_j et add. s^iLu«.^. — 

21. B add. 5,Ji J'jc'' >ji:yJ' (Js'^M ^ a^r^' ^^ iU^-. —22. B ^ß ^. —23. Pro 
>ii' J' B Ärt^e/ 'i^^ % .J.O ^^. — 24. B^^. — 25. o/n. B. — 26. Badd. ^■^. — 
27. B JJ"^. 



l'idolätrie, eclaira leurs esprits par la connaissance du Dien Tres-Haut, les 
fortifia par les miracles et les prodiges qii'il accomplit devant eux; puis il 
baptisa tous les gens de la ville apres avoir baptise le gouverneur Demetriiis 
{Damatryous). Ensuite il moiirut en paix et re^ut la couronne des apotres 
predicateurs de Tevaiigile. Que sa priere soit avec nous! Amen. 

viNGT-QUATRE DE HATOUR (20 novembre . 

En ce joiir a lieu la commemoration des ving t-quatre pretres assis autour 
du tröne de Dieu; ils sont spirituels, saus corps ; pretres de la verite : il est 
juste qu'ils soient eleves plus que tous les pretres et tous les ordres spiri- 
tuels, car ils sont proches de Dieu. Ils intercedent pour le genre humain et pre- 
sentent au Seigneur les prieres des saints, comme des parfums, dans des 
encensoirs qn'ils tiennent. Aucune bonne oenvre, aucune aumöne ne monte 
vers Dieu que par eux, selon ce que dit saint Jean (Youhannä) dans son Apo- 



■SMi SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [260] 

j^ i-S^^Lo^^ u^jVb ^L^-Jl OjjlLJl ^Jl ^jJi ^jAs ^j-Ji ^^U l_pi^ 

j. ^ ^> i'^lsU 18^_J1_J ;,l^l_j A:^! j^,:_Jl 1/^1 ^-J^^J (vV^" 
dL,L5C^lj O-^Jb ^^^b ^^ "'^■^^ ^^o::^'^ r^^^ ^J ''^OJj^.. ^"^^ C^-^ 

*foi. 6o\-. 4L*jj>Ü \j[^Jj,' '^^•jwjJl 1-üfc ^_^j '^^ f^^jh S^J^ * '^^j^\ ^y ^ ^jb ^j 

1. B ^S et add. Jäi. — 2. A ow. ... j^-t,. — 3. Apocalypsis iv, 4. — 4. A j.-l=s-' 
, ,^ ^.Jr. — 5. om. A. — 6. B ,*> v-'-^'- — 7. B add. ,..-'-0!. — ,S. A ^ '^^»*^P.- 

— 9. A ifU3. — 10. A JI5. — 11. B äJj^' A o/;z. — 12. A ^^-U'. — 13. Isaias 
VI, 3. _ 14. A Ij^. — 15. B add. ^.^^t.. — 16. B ^Jy^.:^. ~ 17. B (idd. jp^. — 
18. Apocalypsis iv, 10-11. — 19. B Ü! ij' J. — 20. B !j^.. — 21. B ^J^j (^.-V— — 
22. om. B. — 23. om. B. — 24. B add. ^ ^V' ^. ^r^^^^-*- — 25. B add. ^ Uj^. — 26. B 
add. _; ^^. — 27. B s^,^. — 28. B b^' JU. — 29. B ij^ -^i U^ ^^-^3 -^3 
i.wJJij! ^^^|^i3! ^^v-^ — 30. B add. ^^. »JUä.^. —.31. B add. pJl *.^' -\.*J ^^^ [J^."^^- 

— 32. B^^'LUj U>a.^. ^J'. 



calypse(.46ow-G//r//a///6w) : J'aivuun tröne entoure de mmjt-quatrc vieUlards assis 
sur vingt-quatre Irönes, portant des couronnes sur leurs tetcs ' et dans leiirs mains 
des encensoirs remplis de parl'iims exqiiis, d'uiie odeur excelleiite. Ce soiit 
les prieres des saints sur la terre qu'ils elevent a chaque moment vers le 
Dieu tout-puissant. J'entendis les quatre animaiix le louer en disant : Saint, 
Saint, Saint est le Seigneur des armees; le ciel et la tcrre soiit remplis de ta f/loire 
sacree'. Alors les vingt-quatre vieillards inclinaient leurs faces, cnlevaient leurs 
couronnes et disaient : C'est toi qui es digne de la gloire, du respcct et de la 
louange^. Lorsqu'un ordre emanait de Dien, ils inclinaient anssi leurs visages 
en disant : A toi appartiennent la gloire, la force, l'antorite; tcs jugements 
sont des jugements justes, 6 notre Dieu. Les docteurs de l'Kglise, en raison 
de leur connaissance des livres saints, des recits, des regles et des prescrip- 
fol. 60 V. tions des Proplietes, * ont institue cette fete en commemoration des vingt- 
quatre pretres. Que leur intercession soit avec nous! Amen. 

1. Apocalypse, iv, '1. — 2. Isaie, vi. 3. — .3. Apocalypse, iv. 10-11. 



[261] 25- HATOUK 21 NOVEMBREi. 337 

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J\ \^\y^ Jj 2^1j^;^"j liUj ^Xs^ Ij^lSU ^>\<51 ^^J UU ^'^\y\ v_,^ 5$^rr^- ^^-^^ 
^^_ ^\ ^\ Ulj 26^^! 25 J ^ |^_^ 24|^^^_j ^_^ ^l^_j ^^.^^\ J 'J^ 

1. B p^\ IJ^ J^ J ^1 5_^' ^ l^<vls- - 2. B J^! ^^ ^.:^^\ JrV- - 3. B 

Ij^,. — 4. B »J-v=v. — 5. B \Jjo. — 6. B Uj-^^i. — 7. A ow rrsJJ'. — 8. B add. 

»^j! jJlj. — 9. B U^J i>.L'! U'L. jjiij. — 10. Pro ... ^^bJ.* B /m^ei ^Oi ^^^ ijU^- ^IM 
^,:>Jj! ^ »U^j iS'ü- J.w^lj. — H. B a^(/. »j^Cj. — 12. B ^j^ ^^. — 13. B i=U'j. — 

14. B add. ^^. — 15. B «c^t/. (^^-Jr'MJ>y • " ^^- ^ J^' — ^'- ^ '-^^^- ~ ^^- ^ ^' ^jj 
Ijjs. _ 19. om. B. — 20. B »U-i e« om. ^j! — 21. A^.iU. — 22. A om. ... ^JJI. — 
23. B !y.^;^. — 24. B add. ^,^1 »^3. — 25. B ^)L — 26. B add. J. ' 






viNGT-ciNQ DE HATOUR (21 novembrc). 

En ce jour mouriit martyr saint Mercure {Marqoiiryous). 11 ctait de la ville 
de Rome {Rouinyah). Son aieul et son pere etaient chasseurs de leur metier. 
Un jour, ils sortirent comme ä Fordinaire. Ils furent rencontres par deux cy- 
nocephales anthropophages qui devorerent Faieul et voulureiit manger le pere. 
Mais Tange du Seigneur les empecha en disant : « Ne le touchez pas, car il sor- 
tira de lui un fruit excellent »; et il les entoura dune liaie de feu. Comme la 
Situation leur etait penible, ils allerent trouver le pere du saint et se prosterne- 
rent devantlui : Dieu cliangea leur nature en duuceur; ils furent comme des 
agneauxet entrerent avec lui dans la ville. Ensuite cet homme eut pour fils 
saint Mercure qu'il appela d'abord Philopator {Filoubdtir, Abädir), ce qui signi- 
fie « aimant ses parents ». Quant aux cynocephales, ils resterent chez eux 
pendant quelque temps et embrasserent le christianisme : cela dura jusqu'ä 
ce que Philopator fut devenu grand. II devint soldat et ils partaient avec lui 
ä la guerre. Quand c'etait necessaire, Dieu leur rendait leur nature et per- 



338 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [262] 

13 j,^ ^ i2u^j 11 ^'Uü ^>j Ai^ .y- ^^\ ^ u^ ji:^ lOjiTjVl A;i^ 

L.U dUVl ^Ji "'V^^ ^^^^ ^^-^ ^'"'^ ^^^ ^^' ^ ^^'^^^ "'^^-^ ^"^-^ '^"^^ ^^--^ 

Mol. Giro. 34 ^^^1 33 ^^^j^ ^Ji^j y^ ^'^ jl^jM) >.. i)\ <tXU\ * ^\j\j ^^\ ^^^ IJ^ 
39 ,;-^^ ^ A.U^ ^- j^.38_^^37,^^-_| ^^ 36 ^^^j 35 ^^^ ^^ ^^jß^ 

1. P/'o ... ^^ B habet *^J' Jj^! ^.^J* J-^ ^W- xl3' JL. — 2. A !-'-^'. — 

3. B \j^'^ ^<y^ ^^i^ Jj)^' y^ J' ^^^^ ^'^ r^-^j^^ cJ^ \^'-^^- ^^ r^^-'^' ^^•' 

- 4. B U. - 5. B arft/. ^rr^by ^^ ^' ^,U ^U. — 6. B ^IWl^. — 7. B Vj^. - 
8. A om. J JUj.. - 9. B ^.j^^b. - 10. B XJS^\. - 11. Pro ... ^b B habet ^üU ^,'3 

— 13. B >, J^-. — 14. Pro ^j^ 3 1^ ^*«^ß^ ^' ^-^ "^ ^'''-'- - ^^- ^ ä^^ t-^^- ~ 
l(i. B add. ^,.^>;;^. - 17. B O'^' ^- - iS- «'"• I^- - ^9. A 'JoIj^'. -20. B ./rfc/. 
Ji ^'. — 21. B^.. — 22. B add. ^^ — 23. om. A. — 24. B add. ^r^-'-^^i^- — 25. B 
j'J=cl. —26. B wü!. — 27. BjS'i;' ef om. _^M. — 28. B ow. l/'Ji. — 29. B ac/^^. 
^.)X - 30. B arf^. U! e« om. j/^!^. - 31. B add. j/^l - 32. B ^,LUU - 33. B 
wiU. -34. B ^,,-'^'. - 35. B l^Jl^li. - 36. B^.-^'. - 37. B s^^^-'L. - 38. B 
^^■.. —39. A ^y ,.r -^^^^ .-r*- 

sonne ne pouvait leur resister. Le Seigneur donna au saiiit la force etle cou- 
rage etil fut nomme xMercure par les gens du royaume. A cette epoque le roi 
de la villc de Rome se noiiiiiiail Dcce {Ddkijous); il etait idolatre. Des armees 
de Barbares s'elancerent contre lui. 11 rassembla des troupes et marclia a leur 
rencontre. Leur multitude egalait les sables de la mer. II sortit et eut peur; le 
Saint lui dit : « Ne crains pas : Dieu aneantira nos ennemis et les livrera entre 
nos mains. » Ouand il eut quitte le roi, un homme brillant de lumiere, avec des 
vetements blancs et de haute taille, lui apparut, tenant ä la main une epee 
qu'il lui donna en disant : « Ouand tu auras vaincu tes ennemis, mentionne le 
Seigneur ton Dieu. » Apres la victoire, il revint trionipliant et l'ange plein de 
lumiere lui apparut et lui rappela sa promesse de se souvenir du Seigneur 
Mol. Oll". Dieu. Lorsque la guerre fut finie et que le roi voulut * offrir de Tencens aux 
idoles, lui et son armee, saint Mercure sy refusa. Lorsque le roi en iut 
informe, il le fit venir et s'etonna que son caractere eiit cliange son aiTection. 



[263] 25'= IIATOUR 21 XOVEMBRE). 339 

2. B — '. — 3. B udd. , , <:_^-^. — 4. B add. w-:,"^'. ,^'»^1 ^jX-U. — 5. om. A. 
— 6. B isLJ!^. — 7. B «c/c/. j J.=^^ — 8. B J-:X^. — 0. B J-^U — 10. B om. ... \J^. 

11. B 5.)^i.3'. — 12, B Uka^. — 13. Qiiod sequitur usque finem deest in A. — 

14. Ey^^. 



Le Saint jeta sa ceinture et son vetement au visage du prince en lui disaiit : 
« Je iie combattrai pas mon Seigneur Jesus le Messie. » L'empereur s'irrita 
contre lui et ordonna de le battre avec des branches vertes et des fouets; 
puis, craignant que les habitants de la ville ne se soulevassent ä cause 
de lui, il Tenvoya charge de fers ä Gesaree et ordonna de lui trancher la 
tele. Alors se termina son saint combat, et il regut la couronne de la vie dans 
le rovaume des cieux. Que son intercession soit avec nous! Amen. Apres' 
son martyre, au tenips de Julien (Youlyänous) Tempereur inlidele, qui per- 
secuta les chretiens, saint Basile (BdsUijous) lui demanda tres hum^blement 
de les venger de ce prince. Quand celui-ci partit pour faire la guerre, le 
Seigneur envoya saint Mercure qui le perga de sa lance, le renversa de cheval 
et le tua. Avant de rendre l'äme, il remplit sa main de sang et le repandit 
dans Fair en disant ä Jesus : « Prends la vie que tu m'as donnee. » Que le 
saint nous garde et garde l'ecrivain! Amen. 

1. Ce qui suit manque dans A. 



2't 

PATU. OU. — T. III. 



3/i0 SYNAXAIRli ARABK JACOBITE. 



20^_^-j^- <J^1 l^l^J yfc ü^j ^"^ V^Vi <^l; jl:i-l ^'^Ui^ l'*JuI^lj l^_^-V. Jl^ ^"i 

«»Jt <L<J>UI OjU jl ^1 Uti j '^^ Is^ ilJaiJl J 2'-^ ^^b ^^ ->^*^ij «"^^ ^;.^ ^^ 

1. B «^<f. Jji». — 2. A i^j^jl\^^ B ^wo^.^x^. — 3. Z'/'o ... ^^.jJJüIj B habet ^"^jS) 
K'X. — 4. B U^.-5-^Jtj Ij'^j. — 5. B ^J^^ ^^j.3lj^"ilb ^.-^-=^'' (j'^S- — 6. om. B. — 
7. B ^V^^. Z)eesf nomen in A. — 8. (^'--'^ »J. o/^«. B. — 9. B Uj. — 10. A >,^ixw. — 
11. B add. ^^_;. — 12. B 1^.^^. — 13. B >^J.:ü' et add. S. — 14. B ^J. - 15. A J^U 
Ji3. — 16. B X^>^. — 17. B Uj. — 18. om. A. — 19. o/n. B. — 20. B ^^.J,yo A 
^^jJLj. — 21. B J.^V;. — 22. B (jy^'j. — 23. B \3>\jL\. — 24. A Jjj.i. — 25. B add. 
>^C.U!. — 26. B^-ü^. — 27. A Lib^. 



viNGT-six DE HATOUR (22 novembre . 

En ce jour moiirurent martyrs saint Valerien {Bdldrtjdnous) et son frere 
Tilmrce [Babanoutyoiis, Uitournyous). Saint Valerien etait de Rome {Roumi/ah)^ 
fils de parents inüdeles. II demanda en mariage la fille d'un des principaux 
personnages de la ville; eile se nommait Cecile {kiküijahj et etait cliretienne, 
adorant le Messie en secret, Quand il entra chez ello, il fut epris de sa beaute 
et lorsqu'elle suf (ju'il Taimait, olle tommen^a ä lui reveler la religion du 
Messie et ä rinstriiire peu k peii : il erat par son intermediaire et il Tut 
baptise. Lorsqu'il fut eclaire par la grace divine, il prccha son frere 'i'iburce 
(pii crut aussi et fut baptise. II atteignit un tel degre dans la gräce que las 
anges venaient le trouver ä cliaque instant, s'entretenaient avec lui sur ce qui 
lui plaisait et l'instruisaient des mysteres. Lorsque regna Diocletien [D'Kilddyd- 
nous) rinfidölc, (jui cxcita la persecution contre les chretiens, les tourmenta 
et cn lil pLirir uu graiul nombre, ccs dcux saints crraicnt et recueillaient les 



61 V 



[265J 20" IIATOUR 22 XOVKMDRE). 341 

j^,^--^ <usJ>L« ^^->Ä_1 U^"Ltl v::-;^ UÜ L^L^-l ^^^-ä> ^'^J L».^.^U Ljb_^,,^j 

26 . II- -'»^•vl-.-. 24 • .- \ 23 . •( i<^-- 

1. A *>*-^-V.j- — 2. A *j^.ojj_5. — 3. B *^. — 4. B s^.^l^. — 5. A ^j^^:r^. — 
(j. oni. B. — 7. B U»-\äjU. — 8. A add. U. — 9. A l^/^. — 10. B , .^?\ 'oiä,.. — 
11. B J U.U. — 12. B Uj.^^.. — 13. B U^JJ^ suis, >jX.U1 5^,. — 14. B c.!jb 
^.IjJ!. — 15. Pro ... Ja B habet jjU..^>' ^^ ^i^ UjJV. J UU. — 16. B add. Uj. — 
17. B ..y^ ,.,1 J'. — 18. B ,.,Uip. — 19. B ..-v^JIj. — 20. B a;:..?, C^.)^.^.. — 21. B ^i. 
— 22. B iX-ir A iXl.S'. — 2:3. A om. ... ^::slii;,. — 24. B , v^^J. — 25. B , Xi j.-bü^. 
— ' 20. Malan om. hanc comin. 



Corps des martyrs, les mettaient dans le linceul et les enterraient. Un mechant 
l'ayant appris les denon^a ä Tarsius [Tarstjous), chambellan de rempereur. 11 
les fit vcnir et quand ils comparurent devant lui, il les interrogea sur leur foi. 
11s confesserent qu'ils etaient chretiens et ne le nierent pas. Alors il leur 
adressa de nombreuses promesses s'ils reniaient le Messie * et sacrifiaient aux *ioi.6iv°. 
idoles. Ils ne se laisserent pas tromper par ses promesses; il leur iit de 
nombreuses menaces, mais ils ne se laisserent pas effrayer par ses intimi- 
dations et ses tentatives ne reussirent pas. Quand il vit leur fermete et leur 
constance, il les remit au bourreau pour leur trancher la tete. Apres l'exe- 
cution, il vit les anges eclatants de lumiere empörter leurs ames. Alors le 
chambellan crut au Messie; il fiit emprisonne pendant trois jours : le qua- 
trieme, on le fit sortir et on lui trancha la teto ainsi qu'ä Cecile, femme de 
Saint Valerien. Que leur intercession soit avec nous! Amen. 

' Commemoration de Gregoire {Aghrighouryous), eyeqae de Nysse [Nisis)-. 
Que son intercession soit avec nous! Amen. 

1. Cettc commemoration manque dans Malan. — 2. Assemani : Tani's. 



342 SYNAXAIRE ARABE JAC(3B1TE. [266] 

jy* ^ ^^ jj^b ^^^ c^\ 

Cf.^ ^il^O ^Li^i ^ jo lÄA ^Ja-aJI vj-^**;. cT^.-^^ -yi-:Lwl ^_^l 1-U ^J 
'^iJ^oj )ijy>\ ^^-^^ J ^ ^ ...i:..,.;j i^bj ^Lst^j -»^ aJ «0 jlSj (J-^ä!^ ''vill« j^L^ 

^^.«-J-Ij ^c-^1 ^'Ul ^l:^ ^J liU ^U15 ^1 \^:^ ^\j J^ dlUl jilj ^ 

y,\i i^,J \^ ^^ Ji ^^\ ^J^\ ^^ \J^ ^'^ ^^ ^:^ ^r'^ ^^^ ^^^'^ J^ ^j 

1. B add. y^. — 2. B add. J^. — 3. B ^U .^OJl. — 4. A IJ-^. — 5. B add. 
5^kJl. — 6. B CUj^j. — 7. ow. B. — 8. B Us. — 9. A ,U. — 10. B add. J, U. — 
11. ß t^'. — 12. om. B. — 13. B j^. — 14. B w^/J Ül. — 15. B ^sXU! 1-J.=L. — 
16. B 5^. — 17. B iJ^£ wiiu<^. — 18. Pro ... sj^ä B habet ASi'^ j! ^, ^ ^--^.y 
^-j^^J'j. — 19. B ^j^. 

viNGT-sEPT DE HATouR 23 novembre). 

En ce joiir moiirut martyr saint Jacques {Yä'qojib) l'intercis. II etait des 
gardes de Yezdedgerd (Sakrädes)\ fils de Sapor {Safour), roi des Perses [El 
Fors), qiii lui temoignait de raffection, de ramitie et de la familiarite, et le 
consultait dans toutes ses affaires. Aussi le coeur du saint se detourna-t-il de 
Tadoration du Messie. Quand sa mere, sa femme et sa soeur apprirenl qu'il 
etait d'accord avec le sentimeiit du roi, elles lui ecrivirent : cc Pourquoi as-tu 
quitte la foi du Messie pour suivre des etres crees? — designant par lä le feu 
et le soleil. — Sache maintenaiit que si tu perseveres dans les sentiments quc 
tu as, uous serons pour toi des etraugeres. » Quand 11 liit la lettre, il versa 
des larmes et dit : « S'il en est ainsi de Teloignement de ma famille et de nu\ 
race, que sera-ce que Teloignement de Notre-Soigneur le Messie? » 11 se mit 
ä lire les livres des chretiens, ä pleurer et ä se detaclier du Service du roi de la 
terre. Le prince fut informe de son aventure; il le fit venir et lui demanda des 
explications. II reconnut qu'il etait dans les sentiments qu'on lui avait denon- 
c6s et ordonna de le batlrc douloureusemcnt. Le saint iic quilta pas son opi- 

1. Anielincau : Ashard. 



[267] 27'' HATOUR (23 NOVRMBRE). 343 

-^"J ytj;- l^U LjC}\ ^\i Ul ^1^1 jV Si^j ^ ^^''ij>di}\ jU^l 4J1 * JJ\ - foi,c2r. 

bA_^ d^ Jl \y\^ "^^J "^"^^r^ "^^b <^J JJ "^^ '■^^^'^ ^ ^'' '^^^ t> <j:^'^ 



11 



14 



1 B J^Aib — 2. B vJo! U-.W.. — 3. A \.^^. — 4. B add. ^^^. — 5. B 5^j. — 

6. A ;.r'^*J' »/F-^. — '• J^f'O ^^3f ^'^3 ^ ^*^^^^ V4/ ,_^--^^j »V^.J j-^^ J- — 8. B 
iJ^ e^ arfrf. ^i=;». — 9. om. B. — 10. om. B. — 11. B U-o J. — 12. B J-.^'. — 13. B 
A..^. — 14. B ofnis \j^^j oj^l — 15. B c^i-^'. — 16. B^l^, yi\ ^^y' ^J^^ ^J^- 
— 17. /»/-o ... J B /?aZ>ei iA3! ^^^ ^y:P^ (^ ^'-^'j ''-^?^ ^■^''^- — ^^' ^ »>i-^-^- — 
19. B »j-Wj. — 20. B om. ... *^-3^. 



nion : alors le roi ordonna de le decouper avec des coiiteaux. On liii coupa les 
doigts des mains et des pieds, les cuisses, les bras, et Ton fit de liii trente-deiix 
morceaux. A chaque membre qiroii lui tranchait, il recitait des prieres, louait 
Dien et disait :« Dien des chretiens, * regois les rameaux de l'arbre seloii moI. 621-. 
la grandeiir de ta misericorde; car si le vigneron taille la vigne, eile fleurira 
et allongera ses racines. » Lorsqu'il ne resta plus que sa poitrine, sa tete et son 
tronc, et qu'il reconimt que le moment approchait oü il reudrait son ame, il 
implora le Seigneur pour ce monde et la communaute des fideles afin qu'il eüt 
pour eux de la misericorde et de la pitie ; et il disait : « II ne nie reste plus de 
mains pour les lever vers toi : voici mes membres epars autour de moi, regois 
mon äme pres de toi, ö Seigneur. » A ce moment, Notre-Seigneur le Messie lui 
apparut, Tencouragea et le fortifia, son äme biilla de joie. Avant qu'il ne rendit 
le dernier soupir, quelqu'un s'empressa de lui couper sa sainte tete et il partit 
vers les demeures de lumiere, aupres du Messie qu'il aimait. Puis des gens pri- 
rent son corps sacre et ses membres, les mirent dans un beau linceul et les 
placerent dans un endroit magnifique, parce qu'ils craignaient Dien. Quand sa 
mere, sa femme et sa soeur apprirent son martyre, elles se rejouirent et vinrent 
ä l'endroit oü etait son corps. Elles l'embrasserent, pleurerent et le couvri- 



fol. fi 



?M SYXAXAIPvK ARABR JACOBITf^:. [2G8] 

lj.,l.Ä jt-fc L-ij is^l -ijtflj >»U d)l> /»l?li <* — ^'1 <I)-U 11 ^^*Ä« jl.-i 11 <) Ijij ^^)^ 

SjsA ^.iLj i^% 11 i^j»}\ ^^^ ^L'^ ^'-^ -^J '^jr^ ^^ ^ ^^ j^^ ^5^.-.=- jl 

ij^^l L'«^ ^"^AicLLi ^^«Li jli 

1. B iSJ. — 2. B add. üU. — 3. \ ß^^. — 4. B j^l. — 5. B ^^^^^^jjül ^'..^'. — 
(). P/o ... i^. "^ B /ir/bet ±> ^^ X-^^ ^ ,!,, — 7. B add. 9.^^^. — 8. A 'jU. — 9. A 
J,JäU. — 10. A 1*j!,. — 11. B *Jli.a^. — 12. Pro ... v_i£.w^' B habet 5»-ä c:^^^'^ 



jl^iis' , liü ^>o ^a^L>. — 13. B sS.3 iibl 



C 



•L 



)-»wo. 



ront de linceuls precieux et de parfums. Lorsqiron fiit an temps d'Arcadiiis 
{Arg/iddijous) et d'Honoriiis {Änouryous), les pieiix empereurs, on l)atit en son 
hoiineiir iine eglise et un couvent. Le roi des Perses en fut informe ainsi qiie 
de riiistoire des martyrs, de leurs corps, des miracles et des prodiges qiii 
apparaissaient en tout lieu, gräce ä enx, et il ordonna de brüler partout les 
Corps des saints, sans en rien laisser dans son royaume. Un fidele vint prendre 
le Corps de saint Jacques, le porta ä Jerusalem [YarouchaJim) et le deposa 
cliez l'eveque saint Pierre {Botros) d'Edesse {Er Itohaoui)* . W ue cessa dy 
demeurer jusqu'au temps de l'empereur Marcien(J/rt/Y///c//?). Alors, saint Pierre 
le prit et l'emporta en Egypte {Dydr Misr) dans la ville d'El-Bahnasah. 11 y 
rcsta plusieurs jours a3'ant avec lui son frere. Tandis qu'ils priaient, a la 
ioi.r.2v". sixieme hcure, * le corps etant entre eux, saint Jacques lui apparut avec une 
troupe de martyrs des Perses, portant Thabit persan : ils clianterent avec eux, 
les benirent et disparuront apres que le saint eut dit : « Mon corps restera 
ici, comme le Seigneur Ta ordonne. » Apres cela, Pierre, devant revenir dans 
son pays, voulut prendre le corps et le transporter vers la mer, contrevenant 
ainsi ä la parolo du saint, mais celiii-ci fut enleve d'entre leurs mains et 
ramcnr ä Tendroit oü il (Hait. Quo son intercession soit av.ec nous! Amen. 

i. Co (|iii siiit jiisi|ir;'i la lin iiian(|uo dans B. 



a 
a" 



[209] 27-^ IIATOUK 2:5 XOVKMimE). 345 

o-L^ J A_^l Jlc ^aSI ^La, ^_5jU pJiJl -Sr^^ ^. y.J^ -^ ^} ^ ^J 
J\^^\ j^^jU Uljjli ^jJl ^li Jl \y--j jl Uj j^_^> l^-^. jl^j dJliA 

<_: IjjJLäJIj ^:,.fl. ,J l ^\, "Sy^j^JJ -UäJI 1^^*IL1 \aA -UJ bLÄJl Ä^pt-i *^ J^ «oi 

^_^1 2 au Jj U^ ^^1 di)i jl^j (v^-^l; öaJI >1 ^Li!U ;ilLjl o> J\ 

Ol ^b>L;' L ;t;^*j^ J UacUj JiU_ y jili ^^_ ^jU j-^„-^l j*^^ ^ •*— t^ t/f 
1. A, Ludolf, Assemani, Wüstenfeld, Malan om. hanc comm. — 2. B ^t03. — 3. B 



En ce jour ', nous celebrons aussi la consecration de Teglise du grand mar- 
tyr Mar Victor [Biqtor], qui est sous son invocation ä Antioche [Antäkijah). 
Lorsque Dieu mit fin au regue de Diocletieu {Diqld(hjänous) et que regna le 
prince eher ä Dieu, Coustantiu (Oosfa/ifm),Marthe (M«r/rt), mere de saint Mar 
Victor, resolut d'aller en Egypte [Dyär Misr) preudre le corps de son fds dans 
le chäteau de la ville d'Antinoe {Ansinä). Elle prit, avec ses serviteurs, tout ce 
qui lui etait necessaire pour le voyage et eile partit pour cet endroit : avec eile 
etait Häryoun. Quand ils arriverent lä, il lui indiqua le caveau oü etait le corps 
du Saint. Elle ordonnaä ses serviteurs d'ouvrir la porte : ilsFouvrirent; Marthe 
descendit, serra le cadavre contre sa poitrine en pleurant longtemps et en 
Fembrassant, puis un parfum exquis pareil ä l'odeur de l'arbre de la vie en 
sortit. Apres cela, on remonta le corps, on le plaga dans le bateau et on Tem- 
porta ä Antioche. Les gens de la ville s y interesserent et ce fut un grand jour, 
comme aujourd'hui (?), parce qu'elle avait apporte le corps de son fils le saint 
Mar Victor. On tira du vaisseau le corps saint et on le deposa dans un sepul- 
cre. Marthe alla trouver le pieux empereur aime de Dieu, Constantin, et lui 
demanda de batir une eglise sous l'invocation du saint Mar Victor. 11 Iiii 
accorda l'autorisation et l'aida dans tout ce qu'il lui fallait. Elle fit construire 

1. Manque dans A, Ludolf, Assemani. Wüstenfeld, Malan. 



346 SYNAXAIRE ARABE JACOBITR. [270] 

Jl [^\ x.^ j^ jl Ajj" Ul c^^j ^ikl ö-u> ^11 ^j^l;- L;l dJ^.>J^ 
tV cr^^'-J Jr^ ^*^ J:.^^^^ l^Uilj ^JJl ^^ipciJl J;^l;Vi J^*^ (*-«^j v^^ 

j j^\j j-^ ^.i ^')U\ j^äIUIj e-o»±ji ^jj ^lAi^i ^y..J^^ v"^^ r*^ r 






1. Bl^i-^*^!. 



Fes-lise et toiis les batiments necessaires sur le plus beau plan; eile alla eiisuite 
trouver notre pere le patriarche Anba Theodore (Tädros) qui residait dans la 
ville d'Antioche, et lui fit connaitre qu'elle voulait transporter le corps de son 
fils ä Teglise. A cette nouvelle, le patriarche ressentit une joie considerable 
et alla avec eile au chateau oü etait ce corps saint. Quand on Ten eut tire, 
notre pere le patriarche et le pieux empereur Constantin l'embrasserent. Puis 
celui-ci pla^a sur lui une piece d'etofTe doree, une caisse en or autour de la- 
quelle etaient quatre croix d'or, incrustees de pierreries. On y mit le corps 
du Saint Mar Victor, en le couvrant de nombreux parfums, d\in vetement de 
soie grege et d'un volle de brocart. On chantait devant lui de belles melo- 
dies; on portait des encensoirs d'or, des croix d'or, les evangeliaires relies en 
or. La consecration fut accomplie comme il convenait. Du corps decouhi une 
liuile ([ui guerissait tous ceux qui soufTraient d'une maladie quelconquc ou 
du soufile des demons. Cette huilo apparaissait chaque annee le jour d(^ la 
fete de saint Mar Victor. Tous ceux qui soufTraient et etaient oints d(^ cetlc 
huile, guerissaient sur-le-chainp. Puis notre pere le patriarclie oil'rit le saint 
sacrifice, communia les fideles et hnir donna la paix. Chacun s'cu rctourna 
dans sa niaison en louant Dieu et son saint, le martyr Mar \'ictor. Nous 
revenons uiaintenant en arriere pour raconter comment Marl he, niere de Mar 
Victor, villi une autre fois en Egypte pour batir une egliso chans le chiUeau 



[271] 2T HATOUR (23 NOVEMBRE). 347 

4j..,<»^ iJjJii *::^l.«.3>-j jyl-. Ci-^i jv' "^«^.^ kjl>ii3^j ^L^jj A)y^>-j ^lü-1 "^ ji,JjJ 

A)A,i ..^ ijiui i^j t_>i^9 <»j ^^^^>- {ys\ t_^Ä)i «-^j^ii ^ ij^v 4L_o ^Lii ^^.Ä« 

^>sl J lAy^_ Vj Uj-^Loj l^^ot« 1^^_ jl a-ouäJI ^MJ (^-^1 SVjJl A^»^ JuL jj 
jlj ^H>^^ (j ^J^-^^ S^JJl >-j^j^j ^^^1 ^'iJ^j p-b^l j^ ^^>J^ Ij^jM viiAis-lj 

LaL:.^ ^^^ ^_jLä^u-Is i*Jo-u is^LiJ l::J.^j <^U^1 Jl ULl^. >-^^ ^r*^ aüIj l;'^ 
«LoLkj'i 4j,x» ljX«3j ji ji ^y^ "y-k/t^j^ j^^^ (3 UJäc IjAa jL?j Lj'LLL oLij 

1. BI^.JjU — 2. B !^Uj. 



d'El-Bariqoun oü le saint avait accompli son combat, car il etait reste ime 
annee entiere clans ce palais avant son martyre. C'est aiissi Tendroit oü liii 
apparut Notre-Seigneur Jesus le Messie qui lui promit de nombreux dons. Elle 
prepara ensuite les poutres, le fer, le plomb et les pierres magnifiques qui lui 
etaient necessaires pour la construction, equipa des vaisseaux, emporta tout 
cela, se rendit ensuite au palais du pieux empereur Constantin et Tinforma 
qu'elle pai-tait pour la Haute-Egypte [Sa'id Misr) pour y batir une eglise ä 
son fds, ä l'endroit oü il avait livre son combat. L'empereur ecrivit de sa 
main des lettres ä tous les gouverneurs de la Haute-Egypte, leur prescrivant 
de se tenir ä sa dispositioii, de l'aider et de ne pas lui susciter d'obstacles en 
quoi que ce füt. Elle regut le rescrit du roi et le quitta; eile s'embarqua sur 
ses vaisseaux avec ses serviteurs, prit avec eile des ouvriers, des chefs d'ou- 
vriers et des architectes et partit par mer. Satan le perfide, par haine conti e 
eile, excita sur mer un vent violent : les vagues se souleverent et peu s'en fallut 
que les vaisseaux ne fussent submerges avec ceux qu'ils portaient. Alors 
ceux-ci ressentirent une grande peur. Marthe fut troublee; sa crainte fut 
intense; eile leva les yeux au ciel, fit une longue priere. Le Seigneur l'exauga 
et accueillit ses demandes. Un grand calnie se fit sur la mer et ils voyage- 
rent tranquillement jusqu'ä ce qu'ils arriverent ä la ville d'Aiitioche oü etait 
le chäteau. Marthe se rejouit et rendit gräce a Dieu d'avoir ete sauvee du 



348 SWAXAIRE ARABK JACOniTK. [272] 

l^«^jj jLLÜ aJ\ -r-tsK^' U (_P kl^Lo Aju L»J J' l^Usl ^J^ LJ^L -vJi^ r-^i) ^r^^ 

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*,U1 /._^1 J diJi ^Ui' jl^j d^_^^i Q^ ^'%J\ ljA.^lj ^^*-iJl Ij^aLt \Xfi> Joe 
L_w5^^j ^^^ t^-^^^" ^ v^'^^^J ^k^ ^r^^ ti .JT^ j^J jy* (^ jj,j-^'J 

1. Ludolf ß^c?. comm. S. Philemonis. 



danger de la mer. Elle se liäta d'aller ä pied au chateau avec une graiide 
joie. Plus, quand eile eut complete tout ce qu'il liii fallait pour la construction, 
011 jeta les bases de cette eglise; 011 y travailla avec ardeiir et eile fut ter- 
miiiee sur un plan magnifique. Puis eile envoya vers notre pere le patriarclie 
Anbi\ Theodore ; il vint la trouver ayant avec lui les eveques, les higoumenes, 
les pretres, les diacres, et ils consacrerent Teglise. Tandis que le patriarche 
disait dans l'Evangile : « Get endroit est un sejour pour le repos », Martho 
fut temoin dune grandc merveille. Elle vit les martyrs et les saints d'An- 
tioche se prcsenter avec son fils. Quant au saint Mar Victor, il s'adressa ä sa 
mere et lui dit : « Hejoiiis-toi, ma mere, car tu as fait oeuvre de miseri- 
corde devant Dien. » Quand Marllie vit la gloire immense et le rang eleve de 
son fds, son Arne fut rejouie et eile s'ecria : a Benie soit Fheure oü je t'ai 
enfante sur la terre, ö mon fds! » Ensuite on termina la lecture de rEvangilc. 
Et quand on fut arrive i\. la fm de la messe, tous ceux qui üprouvaient des 
souffrances diverses se prösenterent a la clu\sse du saint Mar Victor et furent 
guöris de leurs douleurs. Ensuite les fideles s'avancerent et regurent la paix 
du patriarrlie. Cela eut lieu le 27 de liatour et des miracles et des prodiges 
innombrablcs apparurent dans cette eglise. Que le Seigneur ait pitie de nous 
par sa priere ! Amen ' . 

1. budolf ajoiUe la coiiimiMnoralidn de sainl IMiilemon. 



[273] 28' IIATOUR (24 XOYHMBIIE). 349 



•^'jl^ \l.fi> cr^^ ^^^^ ^^iJLwVl ^jy^}^^ "cr:.^^^ V^'^ ^^^^^ ^^ i 



l5- 



o/«. 



b^lj ^Jl d!>l« aJ ,^rv^ ^^^^r^' j^-^. tl^^ c^r^. '3''^ ''\y} ^y^ ^^ ^-^ f-'^ 

1. A .^yujJlj. — 2. B >j^\ 13-> J^' J, ^j' Jj2.'j L.vU!. — 3. B «6?f/. lol. — 4. A 

,..^ijL.. — 5. om. B. — (). Pro ^^ '3^ B habet yi^^. — 7. A , ..jU'-;u.!. — 8. />/-o 

... ^_j'i.:cw' B habet ^j)^ ^j Jj^! Jj!j L«^UaJ! ^^.J, ^^lio:^' ^^^.^ ^ ^jJ! 'x^. 

O-J' (^= ^'. — 9. B «6^^. ^.-^XM. — 10. A (^^yUl:^.! B ^w^Jl^x^!. — 11. B J-^j. — 12. B 

?..w.. — 13. Pro ... J>-< .;' '.jU B äoä^'/ bUs lJL3. —14. B ^W. — 15. B ,'j iä^j. — 

IG. A'^jJ. — 17. om. B. — 18. B -.^^^ "^^9^\- — 1^- ^ '-t'=^- — -f^- o''^- '^- — 
21. B y^*- — 22. B J^v^ Jjii>. — 23. B c>^^. — 24. B ix^M LvJ.^. — 25. B 
jN|t -^2^^.. — 26. B add. .ij^y 1^ J-x-M. — 27. B i'ylj. — 28. B ^ ^^ J-*;'. 



YiNGT-HuiT DE HATOUR (24 novembre'. 

Ell ce jour out Heu le martvre du saint eveque Sarapamou {Sara bei nwun)\ 
eveque de Nikiou {Niqyous)-. II etait de la famille d'l^tienne (Astifdnous), de 
la tribu de Juda {Yahoudzä), de Jerusalem {Belt el Moqaddps). Le nom de son 
pcre etait Abraham {Ibrahim), füs de Levi (Ldouij), fds de Joseph {Yousof), frere 
de Simeon {Sim'dn), oncle maternel d'Etiemie. Lors de sa naissance, on l'ap- 
peha Simeon du nom de son aieul. Quand ses parents furent morts, il desira 
devenir chretien. L'ange du Seigneur lui apparut et lui ordonna d'aller 
trouver l'eveque Anba Jean {Youhannä). Quand il fut arrive pres de lui, 
celui-ci lui fit connaitre le mystere de rincarnation de Notre-Seigneur le 
Messie, mais il n'osa pas le baptiser ä Jerusalem {Yarouchalim) par crainte de 
sa famille juive. Le saint demeura hesitant sur ce qu'il avait ä faire. Notre- 
Dame, la mere de Dieu, lui apparut et l'avertit d'aller dans laville d'Alexandrie 

1. Wüsteufeld, Ludoir, Assemani : Serapion. — 2. Ludolf : Absadd. 



350 SYNAXAIRE AUABE JACOBITE. [274] 

ijx<^y\ ^J 2^i jl J jUl ^j J ^^J\ dSi. ^^ (.'• ^jl;- Ul d)^.>Jl 

*foi. 63 !■•■. <l::.a.^ ^ ^''.„^LsJl joj ü^^ ^Ui^j zJ^\ \j^^ ^ ^J\ jnr^^i ^^r^ '^^ 
2Mj^Uj lj> 20^ lö^^l j^)l j. JIL Jj, ^ jl;jVl '^V:i IjA^. i^^i^. 

^5lj ^_^. oU jl^j 2'M-^lj 25^-1 ^^^ ^^j^_j ^Y^j JH\ cU- ^ÄJi ~V^„^^ 



1. Pro ... i^;^^^ J- '^hahet ^^^J^ ^.}( ^ ^^^> J{ ^J! ^jj-^^j. — 2. B add. 
ij. — 3. B «^öf. ^V.-^-*- — "i- A .^CIJ' B <76?^, Ji. — 5. B «rfr/. i^^-^^f. — 6. B add. 

h jjSLri] i:oj-- yi. — 7. ow. B. — 8. B !^'U!. — 9. B LüL"^! ^U L^J^,. — lo. B 

J.W U. — 11. ow. B. — 12. B Sj^. — 13. B JUl ^. — 14. B «rf^^. i^li ^j^ J^^j- 
— 15. B wii'^!. — 16. B ^y^U — 17. A Ij|^.. — 18. B *^. — 19. Pro ^.-.J' -\--J! 
B habet ^J\ ^. — 20. B ^,! ^3!. — 21. B add. «^.b ^iLo ^J^ ^.»^1 y! ^^J. — 
22. B^c^i. — 23. orn. B. — 24. A ^^A^l. — 25. B ^jJii. — 26. B J.=.!j. (^^wae se- 
quuntiir usque ad , ^Ju^b^i».) ^r UU omillit A. 



(E/ hkandaryah), chez le palriarche Anba Theonas {Tdound) (282-300). L'ange 
du Seigneiir raccompagna sous l'apparence d'un homme jusqu'ä ce qii'il arriva 
ä Alexandrie ; l'ange avait pris les devants et informe le patriarche de sa Situa- 
tion. Tlieonas sc rejouit, preclia le jeune homme et le baptisa. 11 embrassa la 
vie monastique dans le couvent d'Ez-ZedjdjAdj. Lorsque le patriarche mourut 
et qu'ä sa place on eleva Pierre (Botros) (300-3 12), celui-ci fit venir le saint pour 
Taider dans ses fonctionsde patriarche et, ensnite, il Ic sacra eveque de Nikiou. 
*roi.G3r. L'eglise sc rejouit * beaucoup. De nombreux miracles et prodiges apparuront 
par son intermediaire. II y avait dans le voisinage de sa ville, des temples oü 
Ton adorait les idoles. II ne cessa d'implorer Notre-Seigneur le Messie jusqu'a 
ce qu'ils furent abandonnes et dctruits : l'eau monla et les engloutit, et le 
culte des idoles fut aneanti complctement dans son siege. II fit ccsser aussi le 
blasphemc d'Arius (Aryous) qui faisait du Perc, du Fils et de TEsprit-Sainl 
une seule personne'. — Un jour qu'il se tenait pres de Tautol, il vit un etrc 
resplendissant do lumiere qui lui dit : « O toi ä qui est confie le peupie de Dieu, 

1. Le n'cit des miracles qui siiit manque dans A. 



[275j 28'2 H ATOUR (24 XOVEMBRE). 351 

IJ^ ^Äj_ 4jl (^Ul ^ J_^.j j^'^j c-VüJt Äi^Vlj ol-^J^ ^^J oUUlj AVI 

g..»^£- (»j/-«-^ ijAj^' ^Uls i>rc_*.»w<Jl 9' y-^ (3^' "»^^^-^ U>>..»j Uj cr^jVi /c-^ txjLäJi bAA 

jVlj L^X^ ^t-iVl bÄÄ j-^ (*nr^" o^^Vlj S^J^d ^LjVI ^ ^A-Ci^ jVl ^_^y>_ 
V^ <ü JLjj ^J\ d>U A^Uls jsl^ij^l ^jJl a,^xl!I ^_^1 ^ ^„ÜL-Vl *sy Sy^ 

JUj V— '^1 oüyU "^i^c- L« «.o>.Äy '*i^j ^.v-v-^aJi »__iii>- (..U-ji «Cij ^.^lüJi ^^aL- ji^^5C^ 
^iXLj' ^U C) v^ (j v^i^^;.^" *f>-^" y^ v-Ujt« liij C-L-Äj" ^jäIäj" Cjij\ lii (^-'Jj ^ ''J 



pourqiioi negliges-tii le pretre de Teglise voisine? Satan a fait pencher soii 
coeur vers le calcul des elements faibles, le choix des jours et des heiires, 
la geomaiicie, la science des presages, la magie; il dit que le Nil montera de 
taut et de tant de coudees ; il a acqiiis par lä beaiicoup d'argent. Noiis, les 
anges, les etres spirituels, nous voulons detruire ceiix qui commettent ces 
actes hoiiteux sur la terre, mais le roi de justice, Jesus le Messie, nous en 
empeche en disant : Donnez-leur durepit; peut-etre se repentiront-ils : ils ont 
maintenant les livres des Proplietes et des Apötres, les Evangiles qui leur 
defendent toutes ces choses. Maintenant, je te previens, si tu veux etre pur 
de ses peches, de ne plus le laisser entrer pres de l'autel; s'il y entrc, 
je le couperai en deux morceaux; mais laisse-le se tenir parmi les fideles, de 
Sorte qu'il n'exerce plus les fonctions de pretre. » IJans l'exces de la peur qui 
Tavait saisi, le saint tomba : Fange du Seigneur le releva et lui dit : « Si 
Dien ne t'aimait pas, si tes prieres n'etaient pas agreees par lui comme le fut 
l'encens de Melchisedech {Malchisdddq), roi de Salem, si tu n'avais pas de- 
truit les temples, Dieu ne m'aurait pas envoye vers toi. » Et aussitöt, il le 
quitta. Le saint demeura toute cette journee pareil a un homme ivre, le coeur 
preoccupe. 11 envoya chercher le pretre, lui fit connaitre tout ce que Tange du 
Seigneur lui avait appris et dit : « Mon fils, si tu veux sauver ton äme et la 
mienne en meme temps, je serai avec toi; n'exerce plus les fonctions de 



;i-,2 SYNAXAIRR AllABE JACOBITE. [276] 

J^J\ i<J^njX,CV^ Jl J-j Uj ^^\ ^jU^l ^^U ''jl'-jVl ^^U ^Ik. ^»jl 
^^^_ A j._i|j ^UJ! ^Ul <;i^ ^^SXJi\ J\ J^j L.U i-^^Jl dSu ^^^1:1« v^j 

1. B ,.$' IJ«. — 2. B i^J^l — 3. B flrff/. Lii. — 4. A .-^V- — 5. A ^jL«. — 6. B 
iJN||. _ 7. Byl. _ 8. B iJJj ^^~'. — 1). B i5,j:oC — 10. B JL^-^. — 11. om. B. — 

12. B \J^^. — 13. B i^»r. — 14. A i.i.". — 15. Pro ... Uli B habet vjXU! .^ J^J ijU 

^ •• • -/ ^ • ^ > 

»w^.«' U.U. — 16. B rtö^c?. , jj ■,£! . i.o , Uar'.. — 17. B iy^^ c,-<-Ä. — 18. B -i^. — 19. B 

.,J. _ 20. A '..Ji^ B rtö^r/. , 4.W .w- i>^^j. — 21. B i.L,U. -- 22. A bb,"^. — 23. A 

jyi. _ 24. B add. ^jf\.^. — 25. B ^jU^^bj. — 26. om. B. — 27. Pro ...■ J JJ^^. 

B habet J. w^- ,^b' L ,^l Jlj.kM jij (sif) ^-.ü CU.Ua UU J-ji^" i^.: J' 
_;,J^^' A Jji^-. — 2.S. o/«. B. — 20. B add. ^J' y':' '^?'-5 _J' kJS-' J^ j-^ 



pretre, de peur de faire perir ton ame et ton corps en enfer'. >> Lorsqiie 
Diocletien {Düjlddijdnuus) devint infidele, et qu'on lui apprit quo saint Sara- 
pamon avait detruit Ic culte des idoles, il ordonna de le faire venir devant 
lui. Ouand il arriva ä Alexandrie avec les envoyes, le patriarcho Anba Pierre 
(1 iine troiipe de pretres vinrent ä la prison et le saluerent. 11s virent que 
sun visage etait comme celui d\in ange du Seigneur. Lorsqu'il ful amene 
devant l'empereur, celui-ci lui Jit subir (outcs sortes de tourments. Notre- 
Seigneur le Messie le prescrvait de la douleur et une grande foule crut ä cause 
de lui. Le roi, craignant que .s'il conlinuait a le tourmenter, boaucoup ne 
crussent par lui, Tcnvoya dans la llaute-Egypte (E.s Sa'nl) ä Arien {Anjdnoii.s), 
gouverneur de la ville dAulinoe [Ansind), pour qu'il le torturat et lui tran- 
chAt la tele. 11 arriva qu'Arien etait ä ce moment ä Alexandrie. Lorsqu'il se 
ful cmbarque avec lui pour gagner la Ilaute-Egypte et que le vaisseau fiit 
arrive a Nikiou, sa ville, on ne pul le bouger de sa place : alors on debarqua 

1. Ici reprt'iid lu lexlc de A. 



[377] 29'^ IIATOUR (25 XOVEMBRE). .'553 

•^1 Lu« jj>^' "^^^j '*."!>i'-^ "^ücJl Jl )iA.<^.=^j "^«uJic 



> ^j 



1. Pro ... UU !JJ= B habet jJ^ ^J! ^j Ulii. — 2. B 'j3^L — 3. ß «^r/. wi.-." J-s 
CUil^t^ _,.r,Jt .juilkit ^05 J^ J.Ut ,.,. ^/Jl; JU .S , ^... - 4. B .^c;^. 

(;-j-^iJ'. — 5. P/-0 ... ?3.jk'j B Äa^e^ JLsJ' *fe£'. J-«9- !j3-ä.!_j ..^sxiJi jUj I\^5o! U^^.^ 

il-li^.' U^=^^^J. .^^,ji^ i^^'-^' ^^y vj- — 7. Bj.Jl 'j-s J.i^ J, X)\ Sj6.^ [> Lslsl. — 8. B 
add. ^^J^l — 0. B add. Ij!. — 10. om. B. — 11. B ij,J.LC"^'j. — 12. B i.oU .>,. — 
13. B a<ic^. .vJ!^^. — 14. o/n. B. — 15. om. B ^m;' addit .Ji)! Ji^. Ja... — 16. B 
J{ ij^ALC^' i.oj,.o. — 17. B ^-^-•. — 18. B w' .'S'j. — 19. B 'Li^. — 20. om. 

B ^«£ rtü?(//7 ,'^^j! y.-^j3. — 21. B ,^lü' jjLJ .,.-.isr' .Y:}^j|^ 'Ls:^J\ yi jJ:^ . — 22. B 

^J. —23. B . J'. — 24. B add. ß^^. — 25. Pro ... (^..-^>J^i3( B habet J^!^ b^! 
^l^L^'. — 2(3. B oy^^- — 27. B add. L\LJ!. —28. P/-o ... ^,U;J! i^U^ B Aa^ef 



le Saint sur Ig rivage de la ville et on liii trancha la tete. II regiit la couronne 
du martyre; son peuple recueillit soii corps avec de graiids honneurs et le 
porta ä l'eglise. Que sa priere et sa benedictioii soient avec noiis ! Amen. 

viNGT-NEUF DE HATOUR (25 novembre). 

Ence jonr mouriit martyr saint Pierre (Bofros), patriarche d'Alexandrie [El 
hkandanjah) (300-312), le sceau des martyrs. Son pere etait archipretre ä 
Alexandrie ; il se nommait Theodose (Tdoudousyous) ' ; sa mere, Sophie (Soufyah). 
Tons deux craignaient Dieu beaucoup, * mais n'avaient pas d'enfants. Le cinq Moi.euv 
du mois d'abib, on celebra la fete des deux grands saiats Pierre et Y*di\\\{Boulos). 
La femme vit la foule des chretiens bien habilles, avec leurs enfants devant 

1. B cl Amelincau : Marc. 



i^ 



354 SYNAXAIRE AUABE JACOBITE. [278J 

a\j3 ^rc-^Jl -uJl oiUj '^p-j^-^ ^^j ^1-*^ ^j=^ ^/vr*^-*^* (vÄ^Vjlj Or-r^' 

'^^Sjli^^^yj eUi, A:i^j lj.Jb ^_ j\ <JLj d^.>Jl Jl .:u:=. -^^21^^^ 

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cJ=i-l -^^ ^■J^\ J^ ^ ^^^ ■^''^)l\ o->. ^*^^>* •" jy^. ^'^ j^ ^J^ L'J^' ^=^ 

1. P/-0 ... (.rr^.^1"' B Äa^ef LÄ.»^. jj-^'^f *>3 *>.>ilju ^.sS'^fe-t" ^.^^-^.^ e/'.^^^ i**J 
*^.i'ji .,^.^. — 2. L'-9- om. B ^«/ <7C?ä?/^ ,^^j.^C<^. ■ — 3. /*/-o ... '-^j.- ^H— ^^ B /mie^ 
^kj^ l^j^O O^j ''^ «^^- ^--^-'1 ^-'^^^ ^'V .•''-^^ ^'-^-.^-^ _^'' ^^1 C^x^^ l^L — 
4. B iJLj. — 5. om. B. — 6. B .,b. — 7. B icUJl. — 8. B ^,b U^j^ltL. — 9. B add. 
ijU^*-, _ 10. B add. ^ l^ls ,.^^^^ — 11. B add. l^JJ= L^-l'^ '^o',! ^'^^f^U. — 12. B 
Uylj. — 13. B .^l;. — 14. o/;i. B. — 15. A J-^.- — 10. B U^. — 17. A c.^'^V--l 

— 18. A om. ^jJ' ^y. — 19. B C^i^. — 20. B add. l^i y*f ft.w UU l>jj' oX.'3j 
2:V^j ._J! ^v-Vi-j .a^'j -/ U^ — 21. A add. ^.j;JU — 22. B l^L. — 23. B add. ^JJ! 
i-y^t. _ 24. B add. ^55^ vkJ'. — 25. Pro ... ^^i; , B habet U. jJJ' 'J-? 1^; , 
2j^!j v^M' — -ö- B ^' ^-US' Uj. — 27. B ^^^. — 28. B Sjj/j. — 29. B add. 
v^tOi. — 30. B ^^'^si. il^cs.. — 31. B ,j^ u\f. j^\. — 32. B J^ ^. — 33. B JUi^i. 

— 34. B add. iwJJÜ!. —35. B add. _j"^'. — 36. B ^U — 37. B add. IJ-J. — 38. B 
add. lo! :vi'. — 39. om. B. — 40. B Uj. — 41. B l4ji_)^^\ ^j--/- . 



eux. Elle s'affligea beaucoup, versa des larmes et demanda ä Notre-Sei- 
gneur le Messie, devant le saiiit aulel, de lui accorder uii enfant. Cette nuit, 
Pierre et Paul lui apparurent et rinformerent que le Seigneur avait accueilli sa 
priere et qu'il lui donnerait un enfant, qui serait appele du nom de Pierre. 11s 
lui ordonnerent d'aller trouver notre Pere le patriarclie qui prierait pour eile. 
Quand eile s'eveilla, eile informa son mari qui se rejouit. Puis eile alla trouver 
le patriarclie, lui demanda de prier et lui fit connaitre ce songe. II la benit et, 
peu apres, eile eut saint Pierre. Quand il eut accompli ses sept ans, sesparents 
le remirent au patriarclie comme Samuel {Saniouyil) le propliete, et il fut 
son fils particulier; il Tordonna lecteur, peu apres diacre et peu apres il 
l'ordonna pretre, l'employant dans beaucoup d'allaires ecclesiastiques. Ouand 
le patriarclie Anbä Tlieonas [Tdounä) mourut, il rcconimaiida de ineltre ä sa 



[270] 29« IIATOUR (25 NOVEMBRE). 355 

.lu^jj i*>Iaj> ^=^^ ^^^^ ^ '^'Ui j U^Vjl '"'li-j.^. jl .sil^ U-U ^^1 G^u 
^y^ * k^X 1ä5Cä l^p^ ^'MJl ^^__ Uäx»^__ jl ^Ijl L-l^ c)^„^^ jU i^^JUJ^Vl 

1. B ^,Upi ^Ji) Ja. — 2. B 1^/ \j^^. — 3. B ^'j Ji. — 4. Pro ... Uli B Ä«*e^ 
O^CJ! ^^_5 ^^'t ^^ U^ *>J^.3Ü- ^,jij J *^^' .!j. — 5. Pro ... wo! B habet C^X '-^3'^ 
*^.j! ^.» [^^ l^ *»j.,>*J Jo^jJvCI loj.^ Lv^U LS^^. — (3. o/;2. B. — 7. B «oft/. C^oyj 
^r%'! ^^ l^j^^3 wi^UJ' Jjii.'^ ^;-'^'- — 8- B \jj^ J ^J^. — d. om. B. — 

10. B ^-O' 'j-js ^j^ O'-^-^'j (-^^ ^^ d^ byllilj I^xä^^c^j l^^Jj c^o>.^U. — 

11. l^^ ^y> om. B. — 12. B Ujs'^j!. — 13. P/-o ... [^J^. B Ärtie^ .^uJai^ ^^JjJ] J'ji* 
iLU .U! J,. — 14. B ^^JiJ'. — 15. B add. 'jJL ^i! ij'^-^ aUI ..jJ;;^ >_2i3!j. — 
16. om. B. — 17. A j^^^. — 18. 7Vo ... ^^y^^ B Äa^eZ i*^Jl ^J! ^fi^]^ s[^^J! ^;^Uj 
,^rrJ vk," ^,^1 Jls ^M IwJjJ!. — 19. Pro ... ,U B habet U.^j.3, i.w3Juv" i0.^i IJU, 

— 20. Pro ... pyJ B habet j^^\ 'L^i a^'-^"j ^j-^ Jlscu^U. — 21. B Iv'^ ^jXJi ^-^^l 
i.::U. — 22. B ö(/^. >^ij!. 



place iiotre pere Pierre. Quand celiii-ci fiit assis sur le siege patriarcal, 

l'eglise fut illuminee par lui. — Diocletien {Diqlddydnous) etait devenu infidele 

et ii y avait ä Aiitioche {Antäkyah) un patriae qui partageait ses sentiments. 

II avait deux fils que leur mere n'avait jamais pu baptiser lä. Elle les amena 

ä Alexandrie. Mais la nier deviiit furieuse et eile craignit que ses enfants 

ne perisseiit dans Teau saus bapteme. Elle dechira son sein, aspergea avec 

son sang la figure des enfants et les baptisa dans la mer au nom du Pere et 

du Fils et de l'Esprit-Saint. Lorsqu'ils furent sauves et arrives ä la ville d'A- 

lexandrie, eile se presenta au moment du bapteme avec ses enfants. Ghaque 

fois que le patriarche voulait les baptiser, Teau devenait comme de la pierre. 

Cela arriva trois * fois; il interrogea leur mere sur cette affaire; eile lui * fol. 64 ro. 

raconta ce qui lui etait arrive sur mer. II en fut stupefait et loua Dieu en 

disant : cc L'Eglise declare qu'il ny a qu'un seul bapteme'. » II faisait aussi 

1. Ce qui suit manque dans A jusqu'ä la controverse avec Arien. 

PATR. OB. — T. III. 25 



356 SYXAXAIRK ARABE JACOBITE. [280] 

Ji_L« jj-^ j^ -LJlJl v^-^J (J^' Jy (v^' (^ *-^J^.J "^^^i A*iJ *r*!.^ (T-^^ 
\_« A_) ]>IJ ,U«" ■ ' Vj tl^^-X)! (J^»jil»o" V ^\a15nJ! 1^1 ^Ij is-»^ — - (_ll« -XwjJlj "U-l*^ 

««Li?^ JUx-i |^^9 ijAäj jlS V /v*j A..,j>c..*wJi J^- ,^L»-liVi 1 J jiTj cjJi *iiJi -V^i 

Li9 '-"«Uloj A^^s^U ^-^r^' V J.ÄJ ^^^' ^Aa)l JOJ ^SlicJl (j-^^'jl c^ "'^Aiil 



6 
10 



^r- 



^!>LJI f^^^ \jS^\ "ÖaJI Jjbl lj..«..U ^^lUJ isyi::£:lj ijii-li ^^<c-lj -U-l >t-j 

1. Pro ... L»^\x5! d^U B habet , .oJJü' .^a. Jli. — 2. o/«. B. Quae sequuntur usqiie 
ad >'j' ^J.J a/?«t^ solum B reperiuntur . — 2* Matth. xxv, .oO. — .3. B /i-i-öj y' -^jf'- 

— 4. A ^^ — 5. B J.-^'j ^ia3 iJL. — G. B U-L — 7. Pro ... v^CUL- B habet j^^ 
, ^jbii^JÜJ Jt. — 8. B , ^^ ü' , f„iJXM , .Ij. — 9. B AiC'. — 10. P/'o ... ^ ,!, B 
habet 'Lusr^\ ,Ij«"^! zsJjLc ,.v^ *»,j^., ^UJ! -^Jo«. — 11. Pro ... y.^ B habet J-w,! 

i>.w' Ij^äIj .! ^y\p ^. . — 12. B Uj. 

cette recommandation aux lideles : « Ne vous melez pas aux etrangers. » II 
instruisait les pretres et leur disait : « Vous etes la lumiere du monde; il 
convient que le disciple soit comme son precepteur, le serviteur comme son 
maitre; pretre, ne pratique pas la vanite, ne t'enorgueillis pas; il y aura 
certaiuement une retribution et un jugeinent; malheur au chretien au coeur 
dur et ä la grande fortune qui, voyant ses freres malheureux, ne les console 
pas par quelqu'un des bieus fragiles de ce monde . Lc christianismc ne lui 
servira ä rien quand vicndra le juge, quand on etalera les comptes, quand 
cliacun entendra ses peches depuis le jour de sa naissance jusqu'ä cetto heure. 
Combien ce jour sera terrible ! Les evangiles parleront contre les chretiens 
: ceux cliez qui Ton ne trouvera pas de bonnes actions iront daiis Teiifer et 
les lencbres cxterieurcs, oü il ij aura des pleurs et des (jrincemeuts de denls\ » 

— Au temps du saint apparut Arius {Aryous) l'heretique : le patriarche le 
combattit, mais il ne sc laissa pas convaincrc ; alors Pierre rexcomniiinia et 
rinlerdit. Lorsque rempereur apprit qu'il instruisait partout les fideles et 
qu'on n'adorait plus les faux dieux, il envoya des messagers pour lui tranclier 
la tete. Ils le saisirent et le mirent aux fers. A cette nouvelle, les Iiabitants 

I. Mallh., XXV, .30. 



[281] 29' II ATOUR (2:. XOVKMBRK). 357 

i^.U. jl ^8^^501 ^U.^ ^^aJI 6U:^1 ^.Jl .::^- ^^„j ^J J ^'^ ,^„ ^^o-J."^^ ^^ 
^^Vy l <:. ••^IjjA^ ^1 ^ ^J\ '^U)i-^^J: ^^jpQs^c^. ^j ^^^^^ ^^,. 

1. B [jkiü. — 2. B a<^c^. ^^sjTfj^kJ! IjÄ^b^. —3. Pro ... UU B habet ,' ^^^ jj!j. 

— 4. A Lot*-. — 5. B iJ.^.! jV». — 6. B add. Ji i..^^ X^] ijlj li.» ,,j.5o ^j, — 7. B 
^_oui.)'. — 8. j JJv 0/«. B. — 9. B a^ö?. J^!. — 10. B ij'_.. — 11. A *» !^. — 12. B 
^^ÜJU — 13. B add. ^^^^' ^iO' J(. — 14. B Uj. — 15. B «c?^/. 5.>'^^! J^U — 
1(). B -.ci:^^... — 17. o/n. B. — 18. B ^Ji\ X^z J\ a*^ !„.ciuJ ♦aj.U-'^L IojJ! A»i 
i.UW ,^s/^^J!. — 19. om. B quiadd. ii^ J ^U UU. — 20. B «sbjl. — 21. om. B. — 
22. B iJtv» ef add. JU^xJ! lojl^ a^wäIj. — 23. Pro ... b^, B habet l> *^ J'i; »^-^ ^y\i 

J.^^^^! b! ^o!, ^j! ^^^ji. — 24. B ac/cf. wi^!^ J.2r<v'! J. —25. B ^y i-Uj. 

— 20. B o/w. ... »-V.J. — 27. B J cuii ^iL. — 28. B add. ^i-M t Jjj ^i>. — 29. B Jlüs 
^^ j^t. — 30. om. B. — 31. B Ji iJU. — 32. A j^^ — 33. A o/;i. ... ^^%\ ^,- — 

.34. B add. ^Ji^. — 35. B wl>^J' J. — 36. B \y^. — 37. om. B. — 38. A Jd.1.5. — 
39. Pro ... ^ .U ^ B Äaie« La>b. — 40. B SjJ^li e« rtüftf. Jj "^j J'^ j:r*f- 

de la ville prirent des armes avec eux et allerent ä la prison poiir combattre 
les envoyes du roi. Le saint, voyaiit qu'il allait etre la cause de troubles, 
voulut livrer sa vie ä la mort pour son troupeau : il desira etre entierement 
aupres du Messie et envoya convoquer la foule des fideles, les consola et les 
exhorta ä demeurer dans la foi orthodoxe. Quand Arius sut que le saint allait 
retrouver le Seigneur et le laissait sous le coup de l'interdit, il invoqua le 
secours des principaux des pretres pour etre retabli. Mais le saint augmenta 
Texcommunication et les informa d'une vision qu'il avait eue cette nuit et dans 
laquelle il avait vu Notre-Seigneur le Messie ayant un vetement dechire et 
sa main couvrant son corps avec son vetement. « Seigneur, lui dit-il, qui a 
dechire ton vetement? — G'est Arius, lui repondit-il, car il m'a separe de 
mon Pere. Gardez-vous de lui, mes enfants, car il produira de grands scan- 
dales. )) Ensuite, le patriarche convint avec les envoyes de l'empereur de 
frapper un coup ä l'interieur de la prison; ils feraient un trou ä l'exterieur 



358 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [282] 

l:U ^,-^Jl l^A, 1*^^^ 15^ -^^\ l^JuJl y 13^^^ 12 j^ ^ llj.^1 

J\ 29 <^^ lylj 28^y^^ 27 ^^^^ (*r:^b -^-~^ ljAixU2*J^Ä, Ij^l ^_^ O, jl^ 



1. ß y'j'. — 2. A ^y^'i. — 3. ow. B. — 4. B a^^.J'. — 5. B arfc?. ^'j a~!, !_;i=^'j. 

^^ J! Jd.^. — 6. B add. J^JI. — 7. B J! JL... — 8. B ^sslJ!. — «J. B o;«. — 

10. B -.^ J. — 11. B add. wiäj ij'j. — 12. B ^_^j et add. ^^. — 13. B JU^. — 14. B 

5.a^ <:j^ 'j. — 15. B Jji^ ,' ^iX3L<. — 16. A3^.i. — 17. B i>J ,»-C. — 18. B b^. 

— 19. B am. ^,A Ü-U. — 20. A ax*^;. B «c/c/. 1~;-o. — 21. B J-v^s^!. — 22. B ^asL 

e^ rt^c/. U^, Js. — 23. B »^^ ^,! ^'. — 24. B ,^yi-^. — 25. B add. ^e-^V. — 

26. P/'o ... Jj B Äa^ef -,jXU! J^, ^^^ s^^^^^.::^.. — 27. Pro ... LJ-£.U B Äa^'e« UUr^ *^!j 

jjsUJl J-.^! -^OS. — 28. B add. *^_^ JJi5^^ (*^'« c-^^' l^^j ^ J^ '^ \J^^i 

*^ .fJv^--^'. — 29. A ^i om. B. — 30. B SaJUj. — 31. B Sj,!. — 32. om. B. — 

33. Pro ... /'^ '^ B Äa^ei *^' J/j^ i^sU;! JyS' ^. — 34. B ^^,! ^1 ^^^jl b. — 

35. B ^.w^l Ji. — 36. B U. 

en face de l'eiidroit oii il uurait frappe et ils le prendraient pour accomplir 
l'ordre de Tempereur. Ils firent ce qu'il leur avait recommande, le saisireiit, 
fui.Giv. le firent sortir hors de la ville, ä Tendroit oü est le tombeau de saint * Marc 
{Marqos) l'Evangeliste. II pria, puis il confia son troupeaii ä Notre-Seigneur 
le Messie; ensuite il alla vers les gens de police, et pria en ces termes : « 
Seigneur, ö Messie, que mon sang marcjue la ün de Tidolatric. » Une voix du 
cid lui repoiidit : a Amen. » Une vierge sainte qui etait dans le voisinage 
entendit cette reponse : « Amen » ; c.-ä-d. il en sera comnie tu veux. Les 
gens de police tranclierent sa tete sacree, mais son corps demeura debout 
pendant deux lieures jusqu ä ce que les üdeles arriverent en toute liate de la 
ville, car ils etaient pres de la prison et ignoraient ce qui s'etait passe jusqu'ä 
ce qu'ils en furent informes. Ils prirent le corps de leur pasteur et de leur 
chef, le mirent dans un linceul, remporterent ä la ville et le placerent sur 
son siege oü personne ne Tavait janiais vu assis. Un raconte que lorsqu'on 
lui demandait pourquoi il ne s'y asseyait pas,il repondait qu'il y voyait as- 



[283] 29" IIATOUR (25 NOVEMBRE). 359 



a_1js-Lj ^..J-^m Jl bU-C-'la ^^l^Ä) (^-*Ji >1jLV1 (*^j ^^*^ (r^.-^' '-^ /*-*--' J ^JJ 

1. O/W. B. — 2. A all=J>. — 3. B jJs. — 4. B *v'j- — 5- ^/'o ^Lo.! ^^^Ua. B Äa^ef 
si^y J,. _ G. B /*ro ... ^^>^'^ B habet 'LfßjLJ\ J, ^.-Up sJ-^j. — 7. /Vo .... Lx- JJ^ 
B habet jjbL^:.' -'>*^ P. . j^^- — 8. //anc commemorationem om. B. 



sise la puissance du Seigneur et qu'il n'osait s'y asseoir. On le plaga ä cote 
des Corps des saints. II resta peiidant onze ans patriarche. Que sa priere soit 
avec noiis! Amen. 

Ell ce jour* moiirut martyr le grand saint Clement {AfjUmantos), pape de 
Rome iRoumyah). Ce saint etait ne ä Rome de la famille imperiale. Ses parents 
le firent instruire et liii apprirent toute la sagesse des Grecs. Quand l'apötre 
Pierre (Botros) precha l'Evangile ä Rome, Clement, ayant entendu parier de 
lui et de la grandeur des miracles qu'il accomplissait, le fit venir dans sa de- 
meure. II eprouva pour lui une vive affection. L'apötre lui demontra l'erreur 
de l'idolätrie et etablit dans son esprit la divinite du Messie qu'on prechait et 
au nom duquel se faisaient les miracles. Clement crut par lui et regut le 
bapteme. Puis il le suivit depuis ce jour; il ecrivait les vies des disciples et 
ce qu'ils eprouvaient de la part des rois. Puis il precha dans un grand nombre 
de villes. * Les disciples lui confierent les livres des canons selon lesquels ils *foi. er, r°. 
parlaient. Puis il devint patriarche de Rome, y precha et ramena beaucoup de 
ses habitants ä la connaissance de Notre-Seigneur le Messie. Trajan (Ta- 
räsäis) entendit parier de lui : il l'envoya arreter et quand il fut en sa pre- 
sence, il lui demanda de se prosterner devant les idoles et de renier le Messie. 
Comme il ne lui obeissait pas, il le bannit dans une ville, car il craignait les 

1. Gelte commemoration manque dans B. 



;}(10 ' SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [284J 

^Jl ÄJLj <uLi.i- J--jl ^ j*_&-U^ aJI*> jl «»IäI y^^j ^aJI JaI ^^ ^li^ aIV 

A_9lj ^.^aLJI -A >. ^JsS AäAJI «Ci- ^jl_y" <L- Aju jo LJj «^flJ aJ ^X-U ^pc-ii 

j»c_.,..w»Jl /^ ^-^ ^i-Uij ^^AaJi A..^.^ <i ^-Ül j^rf^'i v__a/li- v_iA3>a' 1^,-*^ L-^ Ij-J 

foi.Gsv". Jti^ <, ^_jjci;' c^ (^-*J1 j-Ä Uj viX«l£« jo i._io jsjJL.9 Ls- ^^^-^^ ^J-^y ^'^^ 



liabitants de Rome et sa famille, s'il le chätiait pres d'eux. Puis il envoya, 
derriere liii, au gouverneur de cette ville, \\n message le chargeant de veiller 
ä son chätiment et ä sa mort. Ce gouverneur attacha une ancre au cou du 
Saint et le precipita dans la mer. oü il rendit Tarne. Quand une annee fut 
ecoulee, la mer s'ecarta de lui et le corps du saint apparut, couche au fond 
comme s'il etait vivant. Les gens y penetrerent et furent benis par lui. Ils 
formerent le projet de Ten tirer ; ils apporterent un cofTre, ly placerent et vou- 
lurent le faire sortir de la mer, mais ils ne purent pas le bouger de sa place. 
Alors ils reconnurent qu'il refusait de quitter cet endroit ; ils l'y laisserent et 
partirent. Dopuis, chaque annee, la mer s'ouvre le jour de sa fete ; les gens 
penetrent \ä et sont benis par lui. Les voyageurs (jui s'y sont rondus en grand 
nombre onl raconte cela. — Parmi ses miracles, il est encore eerit qu'une 
aiince, lorsque les chretiens y etaient entres pour etro benis par lui, on 
oublia en partant un jeune enfant qui etait reste derriere le cofTre oii se trouve 
le Corps du saint : c'etait selon la volonte du Messie pour qu'on vit Texcel- 
Icnce de sa charite et les miracles accordes au saint. Ouand les flots se furent 
refermes sur lui, les parents chercherent Tenfant et ne le trouverent pas. 
On ne douta plus qu'il ne fut mort et devor^ par les monstres marins. Ils le 
pleurerent, accomplirent pour lui des oeuvres de charite et iirent celöbrer 
des messes suivant la coutunie. L'annee suivante, quand la mer se separa 
foi. r,r. V". de nouveau, les gens entrerent a leur ordinaire * et trouverent rcnfant vivant. 
Ils Uli demanderent : « Comment es-tu reste ici et de quoi t'es-tu nourri? » 



[285] 30' IIATOUR (2G XOVKMBRE). 361 



a:r*^ Oiw>*^-^^ 



jy* iy> oT^^ c^' 



jIjVI *^^ ^aJj 3j»^^ Jj <-^ «l^^J 0_^J1 Ojil päll jlj ^!^J^J pJ^c- J^^ ^'J 

1. Wustenfeld add. comm. Annuntiationis, Nativitatis et Resurrectionis J. C. — 
2. Hanc commem. om. A, Ludolf, Assemani, Mai', Wüstenfeld et Malan. 



11 leur repondit : « Le saint me donnait ä manger et ä boire et me protegeait 
contre les monstres marins. » Ils loiierent Notre-Seigneur le Messie qui 
glorifie ses saints et ceux qui regoivent le martyre en son saint nom. Gloire ä 
lui eternellement et dans les siecles des siecles ! Amen ' . 

TRENTE DE HATOUR (26 novembre). 

Sachez-\ mes freres, qii'on ce joiir Victor [Wu[{oy) dit : Je connaissais un 
homme prepose ä l'administration dune eglise au nom de Notre-Dame, dans 
une ville d'une des provinces de l'ouest. II etait vieux et äge et son fds fut 
nomme ä sa place. Cette eglise possedait un tresor considerable et des vases 
precieux. Le vieillard mourut subitement sans faire connaitre ä son fils la place 
des vases et du tresor. L'eveque de ce diocese etait malveillant pour ce jeune 
homme : il lui reclama les vases en disant : « Si tu ne les presentes pas dans 
trois jours, je te livrerai au sultan. » L'autro pleura amerement et dit ä sa 
femme : « Laisse-moi partir et aller trouver les vieillards de Scete {Cheihdt) 
et le chef de ces endroits^ » J'allai trouver les moines excellents et ils me 

1. Wüstenfeld ajoute la commemoration de L'Annonciation, de la Naissance et de la 
Resurrection de J.-C. — 2. Cette commemoration manque dans A, Ludolf, Assemani, 
Mai, Wüstenfeld et Malan. — 3. A partir de ce passa^e, le recit est mis dans la bouche 
du heros de Taventure. 



3G2 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [286] 

CjJ^s^j» ji jl*-^ ^1 vIj^^j (jUois Ijl Ui jl5^s^l ^jXftJjü ^^9 JUäJi t^^;^ «^»Jäj'j j3t'^ 
^^JL^ ^LJ^ ^lil L^ «ü ^Uj <U)1 dU;- üJ^ c^lj (^^ ^^^^^ '^'^'" "^J J^J^ 

/.^l.^ ^-^^J ^ »^y^ -^^ jV J ^^ ^^ cT^' V ^-^^ (*^>«J^ ^_5^ cT*^" 

^ ■rz-.^ Liij L"^^ Com»-« jJIJ IJ 1 U-^J «»^ ^^V JUäII ^L« (J ^ ,^^ C5*f^^' "^^-J 

^^1 ^^ /^^ ^ "^-^ »-^^^ JLä)1 J.*J>&.] "JÄ^ill ^1 J^ilslS (*Y^^J -^J r^Y-^^i^--«,? JUäJI 
viUl IJLä ^-Oj l J JUs rc_^ J=-J olj ^U ^V dlAtUl is^l ^1 ^^1 di*« 

Ji A^ i^is /»^ jl CaA]?j aJx. O^A^j ^JÜäJI ^ J^\ "^'^sjlj ijH-'jJ^ (J 'Julli'lj 

AjSy=«-IJ ^ytäiy ^:^J>£j isUaf- ^-Vi^ls A„U.3»J1 J jJo jAA) jjj C- j3^ aJJo'' o^po J (3-^ 

1. B ^^. — 2. B XjJI. 

dirent : « Tu n'es pas arrive ä bout de cette afTaire, mais pars : nous te con- 

seillons d'aller vers ton compagnon de voyage et de te joindre ä Qafri le 

chamelier; il te fera connaitre cet endroit. » Pour moi, je me levai et j'allai ä 

Samanoud; je trouvai riiomme; il avait trois chameaux. 11 me donna l'hospi- 

talite et je restai chez lui cette nuit. « Je ne mangerai pas de iiourriture, lui 

dis-je, jusqu'ä ee que tu me fasses connaitre Tendroit oü sont les objets de 

Teglise. » II me repondit : « Demain matin je te le dirai; va en paix. » II me 

fit sortir dans unc chambre a l'endroit oü etaient parques ses chameaux, pour 

y dormir. Tandis que j'etais endormi, j'cntendis une voix douce qui louait 

Dieu. Je sortis de la chambre oü je clormais, jo rcgardai ot je vis les trois 

chameaux qui priaient avec Qafri leur maitre, sc prosternant quand il se 

prosternait et se Icvant quand il se levait. Ils passerent toute cette nuit ä 

veiller. Le lendemain matin, il alla vers ses chameaux, les frotta, attacha leurs 

selles pour aller au jardin charger ses chameaux. « Mon pere, lui dis-je, j'irai 

aujourd'hui avec toi au jardin pour t'aider, car je suis jeune et tu es vieux. — 

Gomme tu voudras, mon fds, » repondit-il. Je montai avec lui et j'arrivai a un 

endroit oü il y avait du lin attache en paquets. Je pris un des chameaux, je 

serrai la charge, je le chargeai plus qu'il ne pouvait; je voulus le faire lever; 

il ne se leva pas et ne le put; trois fois il se remua sans reussir ä soulever la 

charge. Alors je pris un l)Aton et m'avangai vers lui pour le frapper, je le rouai 

de coups; mais il appda distinctement son maitre ä son secours en disant : 



[287] 30" HATOUR (26 NOYF.MBRE). 363 

(»jlUj JL^l Jl^jl c-l^rj) H^^ (^^ ^fb JUj>J1 Ul--jlj ^-^ jLwl. lj.J5c, 

_jlj ::^^^j .::i^ -^ c^ ^^ '^jjj>3 ^IwVi sl-U Uj «cL^j ^AAli.? ^Ol-Vl 



« Mon pere Qafri, poiirquoi me laisses-tu maltraiter par celui-ci? II m'a charge 
au delä de mes forces, et voici qiie sous tes yeux il me frappe. Delivre-moi de 
lui de peur que je ne reclame contre toi devant Dieu. » Qafri me dit : « Mon 
fils, pourquoi as-tu agi ainsi? II m'ordonne de le debarrasser de toi. » Alors 
mon etonnement fut grand d'entendre les chameaux parier distinctement. Nous 
les chargeämes et nous allämes ä la ville. II les dechargea, allales frotter avec 
sa main, leur donna du fourrage, puis me presenta de la nourriture et de la 
boisson. Je mangeai, bus, et je vis ce qu'il faisait. Le quatrieme jour, je l'in- 
terrogeai sur mon affaire. II me dit : « Jure, par le nom de Notre-Seigneur le 
Messie, que tu ne reveleras qu'apres ma mort ce dont tu as ete temoin. » Je 
le lui jurai. II ajouta : « Va dans ton pays, entre dans ton eglise ; dirige-toi 
vers le cöte gauche entre Fautel et la petite cloison; leve la dalle qui est 
sous les pieds du diacre, tu trouveras la porte de l'endroit; c'est une crypte de 
la largeur du pourtour de l'eglise. II y a lä ce qu'ont laisse ton pere et d'au- 
tres de ses predecesseurs. »Je partis; j'informai ma femme de ce que j'avais vu 
de la part des saints, je me dirigeai vers cet endroit, je l'ouvris et fus stupefait 
des tresors qu il contenait; je retirai les richesses de l'eglise et les presentai 
devant l'eveque; il les vit et je les remportai. Lorsqu'il mourut et qu'on en 
consacra un autre, j'etais devenu vieux et äge; j'allai trouver AnbA Jean 
{Youhannä) le patriarche et lui donnai connaissance du tresor. II se rendit avec 
moi ä l'eglise, je retirai les richesses et les lui remis et ma responsabilite fut 



364 SYNAXAIRE ARABE .lACOBITE. [288] 

jl^ ^v-;-^^ ^-^ ^LJaik^l <:,A^ '>^'^.^. o'jr'^^ o^..-^^ "^ ^^-^"^ ^"^ ^ ^ 

^Ui^l ^;i UJj v:...k:)? all ^. ^^^ Li ^-aü <^V1 ..-j:^! (^'^ 1^^.^ ^jrrf' ^^^ 

Jljs-V jt-^Ä-ÄÜl «c« t-A'll? IJj aJ 1^^,=^ U.15C) ^.jVI Iaa ^^. (*^ ''^jAüis'o äaäJi 

_j.^ss^ J (^-AJI «^Ül ^^ J' dUi ^_^ j^Tp»-^^ bUi^l (j-~="J jlv._Vl ^Ä^ *^ ^^.. 

•y...w«A.l.»-Jl ^jy-« ^Vl 1-L& .^rr-^^ ^^JäJä-JLSI d)^_^^ (j«^J^l;l CjU Uj *^-om. 
jl a:^j j«^^/> Uj ^-»^ü:i ^^^LJl 4j-^ j^Vi ^^ «c« ^ij^j^^^ cjr-'-?-*-^^ *bj_^^j 

^^^ .j\ ij\J\ Jf^lj ^_r^^ (>* j^ ^5^-* ^-^ ^jr-^ )i[JJ^j p^^::^! As ^^1 -^s^jj 



1. B e/ Ludolf o/«. haue comm. — 2. A «--^ 



degagee; il les transporta ä Feglise d'Alexandrie {El Iskandaryali). Gloire ä 
Dieu contiiiiiellement, perpetuellement et eternellement ! 

Ell ce jour ' mourut saint Acace [Akäkyous), patriarche de laville de Cons- 
tantinople {El Qostantinyah). Ge saint etait instruit, savant, verse dans Tex- 
plication du sens des livres divins. II fut mis a la tete, comme pretre, de l'e- 
glise de Constantinople. Lorsque eut lieu le concile de Chalcedoine [Khalqa- 
ilounyali), ce pere ne doiina pas son assentiment ä tout ce qui s'y passa. 
Lorsqu'on liii demanda d'y assister ä cause de sa science, il pretexta une ma- 
ladie. Lorsque Dioscore [Disqouros), le patriarche, eprouva sesinfortunes, ce fut 
penible ä ce saint : il detesta le concile, maudit ses partisans et le fil con- 
naitre ä ceux des ministres et des chefs dont il connaissait la sincerite de la 
foi et la loyaute. Puis il remercia Dieu qui n'avait pas ete avec eux. A la 
mort d'Anatole [Anäloulyous), patriarche de Constantinople, ce pere fut elu par 
les chefs et les ministres fideles qui connaissaient la sincerite de sa foi, pour 
occuper le patriarcat. 0\\ espera d'eux et de lui que peut-etre il ferait cesser 
une partie de ce qui s'etait passe et mettrait fiii aux discordes et aux haines 
([ui nous ont apparu dans l'eglise. Apres avoir ete intronise, il trouva que le 
mal s'etait fortifie et que sa guerison serait chose tres diflicile; il rcconnut 
qu'il n'y aurait pas de reussite et s'arreta au parti de s'occuper d'abord du 
salut de son Arne. II ecrivit A nolre pere Pierre {Dolro.s), patriarche d'Alexan- 

1. Celle conimi-nioration manquc dans B et Ludolf. 



[289] 30' IIA TOUR (26 NOVEMBRKj. 365 

Ol Ij^Uj ^Vl 1-V: ^.^'^^^b ^:'j^'^ °^^ ly^ij b>-^ ^^^ ^">^'" ^ V^j^j 

jLwVl| L^j y^j («r*^*^*' ^y^^J «^--^1 l_^-vl« ^ Or'J^ 6^ ^. cr'^.. Cf (J^^ 

^Vl Jj—^ ly-»,,.of>- üA;^ iai^ <-^Uj j*^Ul ._^ J' -cJUj c:,»^" ^S}\ ^^.S : Ji 

^ jj^as^ij ^^^illl ^y^-ix,-« p^^ 4\j:£-\j cr'J^. ^"^^J ^jli'UJs w>Vlj ^j-jy^^ 

1. A c^'. 



drie (EJ Iskandarijah), une lettre oü il lui confessait la siiicerite de la foi que 
lui avaient transmise " les peres divins, Gyrille (Kirillos) et Dioscore. II la fit *foi. ßer 
suivre d'autres lettres oii il lui dcmandait de le recevoir en commiinion avec 
lui. Quand notre pere Pierre eut lu ces lettres, il lui adressa la reponse dans 
une encyclique qu'il lui envoya par trois eveques. Ils se deguiserent, entre- 
rent ä Constantinople, se reunirent ä ce p«re et lui remirent la lettre qu'ils 
avaient entre les mains. II leur rendit de grands honneurs et fit le plus bei 
accueil ü la lettre. 11 la lut devant ses familiers, parmi les chefs fideles de 
l'eglise; tous confesserent, ainsi que lui, la foi orthodoxe que contenait cette 
epitre. Puis il en ecrivit devant eux une tout entiere de sa propre main, 
acceptant (la foi de) notre pere Dioscore, de notre pere Timothee (TiimHäous) 
et de notre pere Pierre, reconnaissant Fortliodoxie de leurs coeurs et refutant 
ceux qui leur etaient opposes. Puis il prit les messagers, alla ä un couvent, 
celebra avec eux le saint sacriiice et les associa ä lui dans la messe et la 
communion. Ils recurent ensuite la lettre, furent benis par lui et lui par eux et 
il leur fit ses adieux. Lorsqu'ils eurent apporte l'epitre ä notre pere Pierre et 
l'eurent informe qu'il les avait associes ä lui dans le saint sacrifice, il la regut 
et plaga son nom dans les liturgies et les prieres. La nouvelle en parvint aux 
eveques de Grece (Er Roum), ils deposerent saint Acace du siege de Cons- 
tantinople et il mourut ferme dans la foi orthodoxe. Que sa priere soit avec 
nous ! Amen. 



366 SYNAXAIRE ARABK JACOBITE. [290] 

jj_^* ^-^~^^\ Cj\jL= ^\j ^y>-^j jL^->j jl^j5 ^^-aDI ^«^ Ji^" VJ " 
^.Lc ^^_*Jlj A..*^! <JJj j-^1 ^Jl ^ ^>Lo djLJi jy* ^^ cUSj pT 

1. B, Ludolf et Malan ow. Aß/ic comm. — 2. B, Ludoll' et Malaii om. lianc comm. — 
3. B. om J^ »i'. 



Ell ce jour' a lieii la commemoration de saint Macaire {Maqäryous). 

Ell ce jour - eut Heu la consecration de Feglise de Saint Gome {Qozman), 
Damieii (Damyän), de leiirs freres et de leur mere. Quo leurs prieres ä tous 
soient avec nous et nous protegeiit coiitre les coiips de reiinemi mechaiit 
jusqu'a la fiii de tous les siecles! Amen. 

Le mois beni^ de Hatour est aclieve et termine avec la paix du Seigneur. 
Amen. A Dieu la gloire et la louange eii toute circonstaiice ! Amen. ■ 

1. Gelte commemoration manque dans B, Ludolf et Malan. — 2 . Gelte commemoration 
manque dans B, Ludolf et Malan. — 3. Ge qui suit manque dansB. 



S^UIj dLJl ^L^j 55_^V ^^„ jl^j 1^^ ^ viUJi ^_^j^jÜ \^} ^>^^ 

jL^ ^^1 A^l i«j. i'pJ^ ^^ ^U 16 ^U Jjl 1^^ Jij L^ i^VA ^J 

1. B ow *-^. — 2. B rtc?rf. ii!>Jj. — 3. om. B. — 4. B (1. ... >jJ' U-» J,) l). 'j*-^-' 

.^M tjj^ \ji^ J ijl >j^^ — 5. B add. lo!. — 6. B 'Jj>j. - 7. B (1. ... Jji^U) ^J!j 13"^^ 

^CU! ^ J, ^.>j jr:^\ >^U!^ sbUlj ^^U sjX.^ J< Si Uyb. — 8. B o/;i. — 
9. A ^3J!. 10. B (1. ... ^^) ^\ J. - 11. B add. \j^. — 12. B (1. ... J) »i*^. — 13. A 
om. — 14. B Uil'j. — 15. B ij!. — 16. B i^Ji ^^tji. — 17. A '>^ Ui. — 18. A ^. 



* Au nom du Pere et du Fils et de l'Esprit-Saint, un seul Dieu : gloire ä *foi. eev. 
lui continuellement et eternellement ! Amen ' . 

MOIS BEM DE KIHAK 

(novembre-decembre) 

PREMIER DE KIHAK (27 novembrc). 

En ce jour mourut saint Pierre d'Edesse {Botws er Rohdoui) l'eveque (497- 
510). II etait d une famille distinguee; ses parents ie donnerent ä Fempereur 
Theodose {Tdomlousijous) pour qu^il devint un chef. Mais il negligeait ses 
ordres et pratiquait la piete et la devotion dans le palais imperial. 11 avait 
avec lui un des corps des saints martyrs veiius de Perse {El Fors). II etait 
alors age de vingt ans. Apres cela, il partit et se fit moine; puis on le fit de 
force evöque de Jerusalem {Ourichalim)- et de ses environs. On raconte qu'ä sa 

1. Cette invocation manqiie dans B et Wüst. Ce dernier la remplace par ceite men- 
tion : « Dans ce mois, le jour a neiif heures ; ensuite il commence ä s'allonger. » — 
2. Wüstenf. et Mai : Gaza; Ludolf : Bahouach. 






368 SYXAXAIRK AUABR JACOBITK. [292] 

jl ^^j:.^1 20^1 ^L^-y j_^i ji ^^^ 19^1 ^1^1^ ,^_j ^ 18 ^<_^ 17 _^"^ 

i. A om. ... ^wO'. — 2. B ,0^-*' ^^ ^-'- — *>• B «^^- '-- ^r'- — 4. B add. U. 

— 5. B om. Aiaü.Ji e^ add. *J.i>^^ ,i 5J-\i »^l3i.2^a. — (j. A «(^<i. .'. — 7. B add. j^'« 
ii^L^' ^..ILa i3U^ll. — 8. B ^,^43. — 9. B add. ,^. — 10. B om. — 11. B .li«. — 
12. B »,p^! et add. 5-Vs. — 13. Li ^^l^j. — 14. B j^. — 15. B (1. ... J{^) J ^»"^^ 

L'lkJ! ^o^U^ill J JjiJij JU-Uj ^.iAv^ ^Ls' ^ouu.'!. — i(j. B j;', j^L. —17. B Ji. 

— 18. B iSi^]. — 19. B om. — 20. B (1. ... J^"^) Ji iJ»X^. — 21. B (1. ... ,.,!) X *V^^ 

i>.".x5j ^oJ-s:^! ,, ,^/.*«j ♦a^^o. — 22. B i"lJ! v._^^ '^—Jy3 *>^3jj. — 23. B add. ^^J. — 

24. A i*.oJ!.— 25. A Lxi.. — 26. A l^!j. — 27. B s^^ko. — 2S. B add. ^,^^^. — 29. B 
^^ ^\j J'ik.''. — 30. B add. L)!. — 31. B ^^•^jLi]. — 32. B i^ .JJvC'^b ,^^jLJ\. 



premierc messe, im sang abondant coula du corps qiii etait devant hii siir 
Fautel, si bien qii'il remplit la patene. On avait apporte le corps de Jacques 
{Ya'qouh) Tintercis dans un couvent des Edesseniens. Lorsqu'on fut au teiiips 
de Marcien {Marqycm), il s'enfuit dans la terre d'Egyptc [Misr), ayant avec lui 
le corps de saint Jacques l'intercis, et demeura plusieurs jours dans un cou- 
vent. ün jour quMl celebrait le saint Sacrifice de la messe, quelques fidolcs se 
mirent ä causcr pendant roITice saus quo le saint les en cmpechat. 11 vit un 
ange du Seigneur qui le saisit par le milieu du corps et voulut le jeter en 
bas parcc (ju'il avait honte de les chasser et les craignait. Lorsque les temps 
de Marcien furent passes, il revint dans la terre de Palcstine [Falastin) et 
alFermit Teglise. Jl se rencontra avec saint Anbä Isaic {Icha'ya) TEgyptien. 
Le pieux empereur Zenon (Zinoiin) entendit parier de lui et dösira le voir, 
mais cela n'eut pas licu parce que le saint, fuyant la gloire de ce monde, 
etait alle dans uu districl du pays d'El-Ghour et y rcsta. Le jour de la iete 
de saint Pierre (Botros)^ patriarche d'Alexandric {El hkandanjah), il celebra 



1" KIIIAK (27 NOVEMBREj. 3(i9 

4jL»Vl c$-^ ''^>-^. j^ (vftt^jlj v^-J«-iJl ^Alwls <'^w ^^>. ^^1 vjiSi ^j Ul * fol. 67 r 

^JjVl ,_,_^-äJ1 l,s>LAj 'L-^iWj i^^aLJIj ...ääJIj tl^JvJlj v_Jj^aäi)Ij -cLiUJl j^.V^J 

Jj^il Jlaj «Cc aJÜ is">LJl (^lojlj ^LiVl Js-Lä 4^1 Uj L^l «i-Ülj AÄsJlj ^_JaiJlj 

^5Ä)1 ^Ij oUIaIHj c\jU\ ^t I^.U.i;- V >Ui; Jii^l <:^XJ1 Ujlj ^^^Vjl l 

dU^l lyj'i ^J ^jL. l Jl 1_^U;- JJlii)! ^^iJl z.^\ w^j V:.^^' ^^^."^^ 
y^^l ^b.. Ar>U '^^jjl pJUlj '^^A,_ i^; ^- ^^JUl 'LiJl Ji j, ^50 A^l 

1. B , .o-^i AJL. — 2. B oni. , H-— '' ^^ ^'(^d- i --v^ '-^'- — - •^- ß c^'-^^'-j- — '»• B Jl 

jk,>Jix,.^l j.,^^1 ^-JüJ'. Quae sequuntur iisque Ja^-' .' J desunt in A et Wüst. — 

L 5. Matlhaeus xxv, 34. — G. B (1. ... J) ^<S IJ-» J-xfj. — 7. B i>Äj, et «^c?. ^^^1 J.j J, 

i.oi.l ^_5iJl. — 8. B (1. ... ijbLs) jj^Läj Ij^^P , ^M-'l. — •'• Wüstenfeld et Mai acfäf. conse- 

crationem ecclesiae S. Abu Chenuda. 



la messe : le saint lui apparut et lui dit : « Notre-Seigneur le Messie t'a 
appele; tu vas venir * vers nous. » A partir de ce jour, il sentit sa mort; il fit *foi. 6? r". 
venir les fideles et leur recommanda de rester fcrmes dans la sainte foi ' , de 
s'aimer les uns les autres, de s'abstenir de Tinimitie, de la haine, de l'adultere, 
du vol, du mensonge, du faux serment, du blaspheme, de Torgueil, de la 
vanite, de la jactance, de la calomiiie, de l'amour immodere de la fortune, 
de la colere, de la Jalousie, de Tusure et de toutes les choses semblables. II 
leur recommanda de prier Dieu pour lui et leur dit : « Souvenez-vous de moi, 
mes enfants. » II recommanda aux pretres d'etre vigilants et leur dit : « Ne negli- 
gez pas les prieres et le saint Sacrifice : veillez avecle souci de l'amelioration, 
sur les eglises auxquelles vous etes consacres, s'il y a des objets appartenant 
ä l'eglise tels que livre, vötements de sanctuaire ou quoi que ce soit necessaire 
ä l'eglise. (Celui qui agira ainsi), Dieu le fera habiter dans l'eglise des vierges 
Celestes; il lui fera entendre cette parole joyeuse : Venez ä moi, les henis de moii 
Pere, recevez en hentage le royaume qui vous etait assiyne avant le commence- 
ment du monde-. » Ensuite il etendit les mains et rendit l'ame. Que sa priere 
soit avec nous'' ! Amen. 

i. Ce qui suit jusqu'au recit de la mort manqiie dans A et Wüst. — 2. Matthieu, xxv, 
34. — 3. Mai et Wüstenfeld ajoutent la consecration de leglise de S. Abou Chenouda. 



370 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [294] 

1^ JU- ^8 JL ^YU-Ji .s:^ j\ j<)j ^^Mj^I dlAip U i)\ jX^ ^- dliU ijl J 



1. om. A. — 2. B add. jJ! h^] b UJic'. — 3. B a^^ö?. ^^1. — 4. B ^j'^' l:^J^«. — 
5. B om ^. — G. B J. — 7. B ^->!^. — 8. B jUI. — 9. A '^^. — 10. A *^oU 

B add. sSLia. — 11. B ^^ß. — 12. B i^^hS^\ J e^ «^ö^. JUM ' J-j ik'U'* ^^- J-*JU. — 

13. B om "r/^- — ^^- ^ Hr^V- — ^^- ^ ^'''- ~~ ^'^^ ^ -■^'- ~~ ^'- '^ C^^- ~ ^^- ^ 

at/<:?. ^,-.^' J.~^M .Ij Jl ,.K'. — 19. B Xc3. — 20. B h ,^SSL\ et add. ^o ,UJ' p::^ 



jj^jin .,lj. — 21. B ^U. — 22. B Ä^jjj. — 23. B w^,- -^-C et add. M l^ ^UL. — 
24. B"^ et om. .y^.. — 25. B J^'^.^ et add. pj. ^X — 20. B add. ij^. — 27. A 
^j^'>j> .^^. — 28. A om. — 29. B LäJiL^, o/;?. *?J^! ef «f/c/. ^^.j^^^ J- — 30. B (1. 
ijj^ %]s...) .Vwb_3 c-lrtr^'' "«■^-^' L'^y j::*-^- — ^1. A o^'-'j. — 32. B add. ^,^U Ij"^ 

üjäIj »jiL^ *^*r='?' Lüij'^ ^^U3! >,ii3Jj!. — 33. B l^^j. 



DEuxiEME jouR DE KiHAK 28 novembre;. 

En ce joiir mourut saint Abbä Hour, le moine. II etait originaire d'Atripe ' 
{Abardjal) dans laHaule-Egypte [Es Sa'id) et fut un moine d'elite qui, dans sa 
piete, surpassa beaucoup de saints. II aimait la solitude et partit pour le desert. 
L'ennemi (Satan) le detesta; il lui apparut ouvertement et lui dit : « Dans le 
desert, tu Temportes sur nioi i)Our cette raison qu'il n'y a personnc chez toi; 
mais si tu es un brave, un heros, va ä Alexandrie {El hkandanjah). » Le saint 
partit et se rendit dans cette ville oü il portait de Teau aux prisonniers et 
aux captifs. 11 arriva que des chevaux se mirent ä courir au milieu de la ville; 
Tun d'eux atteignit un enfant d'un conp qui le tua sur-le-champ. Satan entra 

1. Wiislciif. : Athrib. 



[295] 2'- KIFIAK (28 NOVEMIUIR). 371 

^^ a^ 2^^j^ Jr^.-^^ "^^^^U.*- ^-al '*'^<::^U ^,J ^^ ^^<i ^''ju5Ci 1'*^^ 
2^1^j^ Tc_^Jl A^l ^11 ^■'' J^. ^^ (^r^y-J f^^jb ^"iVjl v-ll^ J^j\j ^^l->^ 

1. B jJi-Jl. — 2. B add. J^''. — 3. B om. et add. '^j b^-'j ^ IAp'j s^j^li 
w-^J' JikM^JiÜj aJU ^rr^*-^^^* ,JJ^Wl Li'^'. — 4. B .^h ji 5!. — 5. B «^^. ,J^} 

.^^'jJl. — 6. B ^Uj. — 7. B om j^^-V.j- — 8. B j^^,^. — 9. B *i^j. — 10. B add. 

^^JJÜI ^^_^(j ^_.,^L ._,"^' wl' ^b'i ^_3^^"''- — il- B ^.x^_^, -J^'^ J-o. — 12. B (1. 

,__^^ J'^'' >Xsr^'! ,,y> v^ls^ w^^'jJ! ,^ Lj'i! ,*^l?^j (*-5i?-^- — i3. B om. — 14. B 
sJk. — 15. jJL — K). B »,'j .01 jav'. — 17. B Ji'j. — 18. B add. U'j'. — 19. B 
(1. ... Uli) ij'_5 Jj'v-'l JU'l !j-^j <5;:?,U*j j...*^! ^ ^3j=^3 ^''^' '-^^j -^^^t^ U^. — 
20. B add. , y-. — 21. B s^a^i^j *»,. — 22. B «ö?^. i^^^ CU^^'S'l,. — 2.3. B Jlij'j 

►^^j. — 24. B add. ^'-xj! i..v-- Ij (.--Naj *V^j ''^ (♦■s^i'-^' J-?^^- — 25. B jj'j. — 26. B 

om. JJi Ltoj.^. — 27. B (1. ... U*-* iJ_5..o) jjLI.^; '»-vw^yj ., ^y^ — 28. Hanc comm. om. A, 

Ludolf, Assemani, Mai et Wüstenfeld. 



chez des gens et ils se mirent ä dire : « Get enfant n'a ete tue que par ce 
vieux moine. » Le saint arriva, prit l'enfant, et le serra sur sa poitriiie taiidis 
qiril priait sur lui et invoquait dans son coeur Notre-Seigneur le Messie; puis 
il fit sur lui le signe de la croix et le souflle lui revint. II le rendit ä ses pa- 
rents et sortit de la ville. On le chercha, on ne le trouva pas; il alla dans 
un couvent oü il resta. Quand sa mort approcha, il vit une troupe de saints 
qui Tappelaient. II se rejouit beaucoup, envoya chercher ses fils (spirituels), 
leur fit des recommandations et les informa qu'il allait rejoindre Notre-Sei- 
gneur le Messie. Ils s'en affligerent. Puis il fut malade peu de temps et rendit 
son ame entre les mains du Seigneur. Que sa priere soit avec nous ! Amen. 
' En ce jour mourut aussi saint Anba Herminah"; il etait de la ville de 
Pemdje [El-Bahnasä). Ses parents etaient vertueux et orthodoxes. Quand il eut 
grandi, ils l'envoyerent garder un troiipeau qui leur appartenait. Saint Jean 

1. Gelte commemoration manque dans A, Ludolf, Assemani, ^laV, \\ iistenf. — 2. Ma- 
lan : Ilarmaii. 

PATR. OK. — T. III. ^^ 



,572 SYXAXAIRR ARABE JACOBITE. [296] 

^^ILU <^J\ fv^^^ ij^^ ^^*^^ i^;^iX^\ S^r-^l J>\ '^y^^J cT^ l}^J\ |«i^ -Cä^^j 

LJji5.t9 ^L^ <»^j *-Lw.)l ^ (TriJ^^ J^'j **-***^^ "Sr*^ c^^=^^ ^aIJi ^.Jv^Vi is^^ij 
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>_j^ wi^^^ ^=V b_^'L.;_j ^^Ul J dl^Ul (J ^y^J ^^-^Jw^!. ^y^J ^-^1 J^jr^"^ 

As^tj 1:=-^, a] ^^\^ ^^j/^^^j vil^Ji ^U ^b^ _^Äj LU a* jlS Uj Ij5^1j ^.aJI 
Jl U^ l»^i bj^j jUaall üj^»-»-^^ jy^ ^-^^ ^'^ y^^ tj^"^ S-^^\ J\ ^\ j^ 

- ^ ••• . j b^Lj-f^ J^^ Oy^. V 'o^^ ^J^ )i-^j\ ^•^\ jlOlj jlä ^-v« JUJ; ^^aII 
j ^^-^j ,_iJLij (viic' vii^ -^^=f=:. j^ '-^^'^'^ ^y^ (J^ ^'^ '6jO-^_^ <^ 



[Ynuhannä) lui appamt en compagnie du chef des Apotrcs, Pierre (Botros); ils 
l'appelerent ä la vie pure et brillante, c'est-ä-dire Tliabit monastique. II leur 
obcit et partit avec eux pourle couvent d'Anbä Jacques {Ya'cjoub) qui en etait ä 
ce moment-lä le superieur. Ils lui demanderent de garder ce jeune liomme et 
de l'instruire des regles de la vie monastique. II les accueillit chez lui, leur 
presenta les objets monastiques : ils prierent sur eux et revetirent le jeune 
homme du saint habit. La faveur divine descendit sur lui. Un cherubin {Kd- 
roubim) wint du ciel, porteur dune offrande qu'il pla^a sur l'autel; David 
{Däoud) le propliete, le psalmiste, se presenta aussi et chanta les psaumes qui 
convenaient ; de meme Tapötrc Paul {Boulos), ä la langue parlimiee, recita 
ce qu'il lallait ; saint Jean lut l'Evangilo; Pierre olTicia. Ils s'approcherent des 
saints niysteres, se mirent a encouragerle jeune homme et ä le fortifier dans 
la voie du service de Dieu, le remirent ä Anbä Jacques, le superieur du cou- 
vent, et partirent. Au bout de quelques jours, alors qu'il s'etait exerce dans 
la devotion et la lutte, Jean lui apparut et l'avertit d'aller dans la mon- 
tagne meridionale. Anba llour, surnomme le Foulon, sc presenta a lui et ils 
partirent ensemble tous les deux pour la montagne meridionale. Ils trou- 
verent un palmier et un puits d'eau : le saint y rcsta et visita les saints. 
Puis il se rendit a la montagne qui est au nord de la ville de Oaou; c'est 
la quo, suivant la promesse du Seigneur, devait se tenniner son combal : 
son nom se repandrait et son souvenir y vivrait de generations en genera- 
tions. 11 praliquait de grnndos devolions, subissait des privations et se pro- 



[297] 2" KIIIAK (28 NOVEMBRh:). 373 

^^j'^ J^j iJL-' ^5' cij'^j (r~^ v^ ^-'^ (^-?-? ^jr^^-i o>U aJ (^Lwjli o^l 

o>^ Jjjj b-u^-s- ^.«wj (5**- (vL-s- _^j «üi^iu Uy \-*jji jliLj.*^^ biAjj bl'' Lwlc 

Jl^^^-^j t^Ll5s.^j »^^1 ^n s^:-» vUj iA.^^.2.- ijji 4j jl j^Usjli ^Jv^i ^js>-\ iy>-\j 
'6j[Sj<s t^L_*_jj js^^-L) ^_« (jSj ^U^i ^l^^^L )iA^j\j A^sJ^UJl '^jjj o'^^jj 

1. B .J^<s=s.j. 



sternait douze cents fois la nuit et autant le jour. L'ennemi de notre race, 
Satan, lui appariit : le saint demanda du secours ä Dieu qui lui envoya son 
ange. Le demon fut chasse et s'enfuit avec une grande fureur. II envoya sur- 
le-champ une nuee de sable qui couvrit entierement le saint et sa cellule. 
Celui-ci demanda du secours au Seigneur qui envoya son ange ; il saisit 
Satan et Fobligea ä empörter le sable et ä nettoyer completement cet endroit. 
Quand il eut vaincu et dompte son ennemi, le saint s'appuya de ses pieds sur 
le puits d'eau, s y tint constamment debout, les mains etendues, pendant 
quarante jours consecutifs; il jeünait tellement que son corps so dessecha. 
Un ange du Seigneur descendit, enleva son äme, le transporta et le nourrit 
des (fruits des) arbres du Paradis, puis il le ramena ä sa demeure. Le visage 
du saint brillait comme celui de Moise [Mousä), le chef des prophetes. Quand 
il voulut mettre fin ä ses efforts, Anbä Hour, Anbä Yousab et d'autres freres 
de la montagne se rendirent pres de lui; il leur recommanda d'enterrer son 
Corps et aussitot arriva le Seigneur avec Mirhol {Mikdyil), Gabriel (Ghabryäl) 
et Rafael {Rafdyil), chefs des anges. Ils lui promirent les biens Celestes ainsi 
qu'ä quiconque le mentionnerait et ferait sa commemoration. Ensuite il rendit 
son äme entre les mains du Seigneur et les anges chanterent des hymnes 
devant lui jusqu'au royaume des cieux. Les gens de la ville de Qäou se 
presenterent, reyurent sa benediction, mirent son corps dans le linceul, 
entendirent la messe devant le corps, communierent et Tenterrerent ä cöte 



::{74 SYNAXAIRE ARABE JACOBH E. [298] 

^1<^11 Jl "V.>^ "^^"^^ ^-^^-? ^-\rJ^ ^'^^"^^ ^>^ '^^ r-^:^^ 1a* o^ 2 j 
Moi.r.Tv". ^;l^ ^^LJ ö:^ l^^\ ''jV ^^ b-^* -:^ * '^V^'^ or- '^'^■" *'^.^ c5*-? (t;-^-?^:.: 
^^^ i-M-L^ ^.J^ ^'^oJl^j ^\ J^Ca j 2j-Ji j. 'i^y^ vl^^l^j ^^-^j ^. 

1 B .(f^^ U. — 2. B add. i3t s^dwi L. |^'. — 3. B om. — 4. B ^^^1- — 5. B om. - 
ü. B w^^. — 7. B j^^. — 8. B a^^. iöU— . — 9. B ^! ^CJJi'j. — 10. B U JÄc — 

11. A l-Oj. — 12. B om 'i^y^'. — 13. B om. \^.=s. et add. ^= Uj^ J^^ ^_^\ ^J 

r. ^^sj\ J-C^! J\ jjUjo ^,>;01 .;.^:J'. - 14. B om. -15. B l^^jj 
^/:! -D ^^ i\n n A..V1 1« W n . -..JjLl la>._w^.s:r . w^.;:s.^ UJi S*liü , .l^«. 



J-vCl*.- ^ -o 



C 



'^\. — 16. B om. — 17. B o/^z. — 18. B (1. ... Om-'^'j) ^^j^<^ ^^3 ^ h^^ ^fi 

^^ ^::.w!j »^>>U-*< ■L^J^\ ^i^^ l^jjj y. - 19. B l^^'^^j. - 20. B L^--. - 21. B 
^^'^^\. — 22. B ■:^J^^. 

d(j Tci^^lise. Do nombreux miracles apparurent lä oü etait son corps, ainsi 
que dans toutes les eglises baties soiis son invocation en tout Heu. Gloiro 
a Dieu et ä ses saints! Que Dieu ait pitic de uous par sa priere ! Amen. 

THoisiEME .TOUR DE KiiiAK (29 noveiTibreV 

En cc jour cutlieu rontroe de la vierge, Notre-Dame, mere de Dieu, Marie 
{M(injam), au temple de Jerusalem [YarouchaJlm), alors (pi'elle avail trois ans, 
Mol. 07 V". * car eile avait ete vouee ä Dieu. En cfYct, sa mero Anne i IIa n nah), nayant 
pas d'enfant, etait tenue ä Fecart par les femmes dans le temple et en etait 
tres allligee, eile et le venerable vieillard Joachim (yoii/ifjim) son mari. Dien 
cuLeiulil lenrs soupirs; eile s'engagea ä Ini consacrcr lo fruit qu'il Im accor- 
dcrait. Eorsque le Seigncur lui accorda Notrr-Daiiic immacnlee, <'lle relcva 
pendanl Irois ans dans sa maison. JMisuite, eile Tamena au leniple avec les 



[209] 3'= KlllAK (29 NOVEMBRp:). 375 

ju^j ^ui j ''^j\ <i ji ^s}\ c:ij\\ ^ju^ j\ ^^>u"'^ ''^uyi ^^u- 

1. B Jjlo ^j. — 2. B add. ^iU-j^l. — 3. B ac/^/. ^Jj. - 4. B C^il .1 ^j' 
Jäj Iw j-d^ Jci-U. — 5. A oni. — 6. B om. ^' J.**^'^^. — 7. A ^_CwO'. — 8. B add. 
l^^_ !j^' ^C ' ^:' J^ ^^^ — 9. B !3,yi.!. — 10. B .,U — 11. B '^:j. ^^.C J^ 
^. — 12. B at/äf. 'i^d.. — 13. B L^! *^i'j. — 14. A iJ:i^''. — 15. B (1. ... j^^j 'J^t 

1 

w--J=^^- , , j.vJ^^ .(jr-V. cL"^'"^ Wrr^ •J_j--^- — 1<3. B J-^,. — 17. B (j|j^ ^^f J-'M- — 

18. B Ua JiÜ. — 19. B U^>>o ,. J. — 20. B J\ *>^U.)!a. — 21. A om. — 22. B ^^^. 
— 23. B om. — 24. B ^^-l,. — 25. B add. jU^'. — 20. B om. — 27. Üb!. — 28. B 
U^iujj. — 29. B J>;oj3_3 o! ^obJ«^. — 30. B (1. ... l^xsUi.) '^bi^ L^^^,j. ._,y!. 



vierges et eile y resta douze ans, recevant sa nourriture des anges jusqu'ä 
l'approclie du moment oü le Seigneur devait venir sur cette terre et s'incariier 
d'elle, qu'il avait cboisie. Alors les pretres se consiilterent pour savoir ä qiii 
ils la confieraient pour la garder parce qu'elle etait vouee au Seigneur, et il 
ne leur etait pas possible de la laisser dans le temple de peur qu'il ne lui 
arrivat ce qui arrive aux femmes. Ils inscrivirent pour eile le nom de la de- 
mande en mariage, afin qu'elle put licitement etre protegee. Ils rassemblerent 
de la tribu de Juda {Yahoudzä) douze hommes purs pour examiner qui pren- 
drait soin d'elle; ils prirent leurs bätons, les placerent dans le temple. Une 
colombe vint se poser sur le bäton de Joseph (Yousof). On reconnut que 
cette indication venait de Dieu, car c'etait un homme juste et vertueux. II 
la rcQut et eile demeura chez lui jusqu'ä ce que Tange Gabriel (DJibrdyil) 
vint la trouver et lui annonga que le Fils s'incarnerait d'elle. Que son inter- 
cession soit avec nous! Amen. 



H7G SYNAXAIRE ARABE .lACOBTTE. [300] 



""-^^ -jv^ O"* (^ J f^r 



1 



^^i^ Ji JO "^lÄib (JfJ^\ y^^ (J^jlj-^l *-'^_?-"^' (j-J-^l A^/JlJU'l ^yS\ li.A " ^ 

jUlj _^i;' V ^\j J^-^' V ^1_^1 \^ ^j ^i jv«Vl \Ji ji ^^Jy^. ^^ jj-*t^ 

1. B add. ii! J^^I b UJc'. — 2. B r/ö?(/. Jx*. — 3. B jJ^. — 4. B a^c?. ils.-^-'. — 5. A 
o/;z. ^b5j! — G. B add. J'. — 7. B (1. ... U^:^') U.--! Ji l^L' wä^3. — 8. B add. ^j 

,Ut ^.^J ^^^' wä-^:Jt. — 9. B o?n. — 10. A ,.r.v^.U B add. j^'-^-^. — 11. A ..^^-wli. — 

(J/" •• ^ ■• • ^ •• v^ •■ •• • ^ •• •• 

12. B r/c?^. ^1^5^! ^^..^. — 13. B om ^r-*=^- — i^- B ^i^^-^r^^ ^sJ^Jj ^..l <jj!j. — 15. B 

.,U — IG. B add. J'. — 17. B ^^^. — 18. B *^^Jj.^ e« owi«. i-M. — 19. B add. J!. 
— 20. B (1. ... Lc^o) ,^ .! Lx,sv^ 2s!ydJ U^^^o |^j!^j. — 21. A ^J^■^• — 22. o/?z. A. — 
23. B add. ^ ^ v.^'-''j Psalmi cxv, 5-6. — 24. B '•^.^.^^^ e^ add. l^Js J5^;:j ^^ J5^. 
Psalmi cxv, 8. — 25. B add. ülL.;./» i-vjJs«. — 26. B add. *^^a>. .Uä. vJl^'Uj. 



QUATRiEME .louR DE iviiiMv (30 novembre). 

En cc joiir mouriit martyr le saint apötre Andre {Andräous), frere de Pierre 
{Botros). La fleche qu'il avait tirec lui iudiquait d'aller ä Lydda (Lodd) et chez 
les Rurdes {El Ahräd). Quand il entra dans cette ville, la plus grande partic 
des habitants croyait dejä par riiitermediaire de Pierre. II avait avec lui son 
disciple Pliilemon (FUimoun), qui avait une voix imposante, de la sagesse et 
un beau lan^ag-e. Andre lui ordonna de monter en chaire et de lire. Quand 

OD ^ 

foi. G8r". Ics pretres des idoles apprirent la venue * du disciple, ils prirent leurs armes 
et vinrent ä l'eglise pour ecouter si les apotres injuricraient leurs dieux. 
Quand ils entendirent Philemon dire : Les dieux des iialluns sunt d'or et 
d'argent : ils ont des houches, et ne parleni pas; des jjeii.v, et ne voienl pas; des 
oreilles, et n'entendent pas' : qiie celui (fiii les fait lexr ressemhle- ! Leurs coeurs 
s'ouvrirent ä cause de la belle voix de Philemon; ils entrerent a Teglise, tom- 

1. Psaiiine cxv, 5-G. — 2. l*sauiiic cxv, 8. 



^;-}0i] V KTIIAK (30 NOVRMBRE). 377 

^_& ^A.»^j "LL^-bl (v^y ^^::y-A ^j^^ cTjb-^^ -V.-*-^^^ ^t^-^ ^^^^ ^^jJ^J' 
Ij^ly !^^. jj j,.Ä]l \y.j Ujb ^V^ ^Vb ^^>'^ ^^^ ^. Cr^ ^^^ 

1. B ly-?^-*"^. — 2. B ^'Ji'. — 3. B of?i \j^^^. — 4. B (1. ... isL^jj Ji'j ^*^^^Wj 

ü^Ls ^ Jü Ji ."^ ,.^. — 5. B add. iiJa~' •^rr'j *^j^ Sj-o^j sJwij ^_^-s.w ,- 'J^^ 

»;,i-^ ^'^j o^ uU J^^> ^j^ \/y^ ^'^•*- w^^' J' 'j-^-j- - ''• ß ^^^*- 

_ 7. B .Uj. — 8. B ^rrr^^- — •^- ^ ^.J-^- ~~ ^^- ^ ^^J^- — H- ß ^«^^- -V^-"- 
— 12. B Ij/'. — 13. B add. Ji. — 14. B Jo.^ ^^. — 15. B (1. ... ^^) J, |^^ ^,! Jl 

»y^j ijU- »i3'j .,U^!. — 16. B add. Jl. — 17. B (1. ... ^y^^) ^yyo. ^y^ '^ ^-^j. — 
18. B add. \y^3^— 19. A ^:^^\. - 20. A om. ... U^l,. - 21. "R j^:^. - 22. B (1. 
... LJ;^) *iJi.\:;i. — 23. B Ijj^^j. - 24. B \jx^^ j-l^^! i^^— 25. B add. A^ ^JJ! ^ JL. 



bereut aux picds d' Andre et crurent au Messie. Lc disciple les exliorta et 
les baptisa, eux et une troiipe d'idolatres. Puis il les quitta et alla dans le 
pays des Kurdes', dans la ville de Scythie {Aksh), dans celle d'Achaie {Är- 
djenäs)- et dans celle d'Asifous', apres qu'il se fut rendu avec Barthelemy 
{Barioloumäous) dans la ville de 'Azerinous * et qu'ils eurent des aventures 
avec les Cynocephales, jusqu'ä ce qu'ils vinrent ä la connaissance de Dieu. 
Lorsqu'il entra dans cette ville [Patras) et qu'il y prech^, les habitants ne 
connaissaient pas Dieu et etaient extremement mecliants et desobeissants. Une 
partie d'entre eux crut ä cause des prodiges et des miracles qu'ils virent. 
Mais ceux qui resterent infideles congurent contre lui de mauvais desseins. 
Ils envoyerent apres lui par ruse pour qu'il se presentät ä eux : alors ils 
s'elanceraient contre lui et le tueraient. Lorsque ces envoyes le rejoignirent, 
qu'ils entendirent ses beaux enseignements et virent l'eclat de son visage, ils 

1. Malan y voit Aph'khazeth en Mingrelie. — 2. Wüst. : Archajas. — 3. Wüst. : 
Sephus. — 4. Wüst. : Garanius ; Ethiopien : Azreydnos (chez les Parthes). 



l'ol. 68 v°. 

18 



:}78 SYxNAXAIRE ARABE JACOBTTE. [302] 

*L»-J1 \_« ^jU Jjij "*^-o^Jl AwJl JLi «ül l*jij ^'..^r^ -^tUr» l^^uj^ls «^s^p^'j 
^2^lj ^!>L_]1 (Jilr ^^*-^;^^ J -*-^bl dUi ^^i pUj ^ ^-^ -^Ul lyii»cs j^^^lj 
1_^«aJ=-I («-^^'Ij -LJiJl ^^ t^ j^ j^'jVi <Y^ *Mj.i5C J 1-la »^j j^ jAi- ^^l 

5sj-üs-l («-^Ls A=-lj I^Lii m r<^':>^ j^j ü^^L^ blAiJl JD Ul j:^ (3?=^^ (3 
jl; ijjZ' ^^ jl ^c;;^! ^'^-LJ:J1 ^'^JU ÄLi)i etil;" Jj ^_^^^j ^y^ ^[s. ^^liyX^j 

^^AüJl ^^^ ^^CÄyJöls ^"-'-Cc ^li-j ^>U1 ilk^lj ^^ Ji*)l i-VJ& ^ ^i\j^\ "^^^^ -*i9 

^t-j;' '^'' ^J^ ^jUäJI bj.«>2^jj ~*^^L^ ^U ^j-loj bjÄis-l 1^1 jo ^^ Us ^"^-LJjdl 

1. B ^:^1 -TT^"^- — 2- A *^-i-j'. — 3. B aö?i/. ^^^'-Jl ^_Ij. — 4. B r/^M. 

!j!^^ ^^K — 5. B ß^^. ^O^ Jj^ J^! ^^^ —6. B l^'o CU^. — 7. B (1. ... 'iJ^^) L.ii! 
Uiii U.^. — 8. B Olli. — 9. A rti/rf. .vs. — 10. B ^Ji. — 11. B »..J.^^.U. — 12. B UJi^. 

— 13. B add.y^. — 14. B o/;? J^^. — 15. B o/«. — 1(3. B add. ^-^\ JL^. — 

17. B Jo. — 18. B \j^. — 19. B i*3A3! JjUS'. — 20. B ^ß^ — 21. B add. JJlp! 
,^_^^|jJ!. _ 22. B (1. ... ^JS3) -.yj ^^ ß^. j^3 r:^ -■-?^:' -'^^ -J' --*-^j- — 23. B 
vJU^-VL — 24. B i>*-ü. — 25. B U.. — 20. A 5u.iui.a. — 27. B ,! J!. 



crurcnt au Messie et ne revinrent plus vers ceux qui les avaient envoyes. Les 
infideles dirent : « Nous irons nous-memes le prendre et nous le brülcrons. » 
Ils s'assemblcrent en nombre considerable et allerent ä lui. II implora Notre- 
Seigueur le Messie; un feu descendit du ciel et les consuma. Le reste fut 
tres effraye ; la reputation de ce disciple se repandit dans tous ces pays et un 
pcuple tres nombreux crut au Scigneur. Malgre cela, les prcHres des idoles 
nc renoncerent pas ä poursuivre le disciple : ils se reunirent tous et vinrent 
le saisir; ils le frapperent de nombreux coups, le promenerent nu par la villc 
et le jeterent en prison. Le lendemain, ils le mirent en croix. C'etait leur 
lui. f.sv". coutume, quand ils tuaient quelqu'un, * de le prendre, de le mettre en croix 
et de le lapider. Cette nuit-lä, le disciple demanda au Messie qu'un feu des- 
cendit du ciel et les consumAt comme la premiere fois. Alors Notre-Seigneur 
lui apparut et lui dit : « Ne te trouble pas et ne sois pas dans Tangoisse, car 
ton depart de ce monde estproche. » 11 lui donna le salut cl disparut. Jj'ame 
du Saint disciple fut rejouic. Le lendemain on le prit, on le crucifia sur une 
poutre et on lo lapida avec des piorres jusqu'ä ce qu'il mouiüt. Alors des 






.a3>=> 4 



[3031 •'' KIllAK (1" DECEMBRE). :?70 

^^.^1 ^joVl ^)1 L,^ j_»^'' «^iy^^ ''^^*^ V'^^J 

^_^„, — ^j ^^^^'>:. o-i^ ^-^>^^ u-*-^ ^ ^' L^r-'^ ^"^^-^ c^r-^^ c^^-?-* 0^ -^-^^ ^^Ul 
AilLij ^Ufrl j^ Jl^ jl a, V -^l VI bl;Vl ^ SliVl J.___^i5 ^j5-j Ji*r aA]^ jl <;• 

t^\ y.j l^ Ci>lj b^ Ojt^U ^Jj V:i o^ ^1 jV pTj dllJi jl^j jÜl 

1. B \y]^. — 2. A U^3. — 3. B ^.^^' ^. — 4. B (1. ... jjUU) ijbUj U-.^. ^^'. — 
5. Wüstenf. add. commemorationem Anbd Bischoi. — 6. B om. haue commemoratio- 
nem. — 7. A -oJI. 

fideles vinrent prendre son saint corps, le placerent dans un tombcau; des 
miracles nombreux et des prodiges eclatants sy manifesterent. Oue ses 
prieres soient avec nous eternelleöient ! Amen ' . 

ciNQuiEME jouR DE KiHAK (l^"" deceiTibre). 

Ell ce jour - a Heu la commemoration du juste et pieux Nahum {Nahoiim) 
le prophete. II etait de la tribu de Simeon (Smoun) et fut le seizieme dans 
l'ordre de la prophetie depuis Moise [Mousä). II prophetisa au temps d'Amousyä, 
fils de Younadä' \ qui est appele Joas {Youdch) % et au temps de son fils 
Osias {'Ouzyä) \ II reprocha aux Israelites leur iniidelite et leur idohitrie, 
expliqua dans sa prophetie que Dieu est misericordieux, patient, plein de 
longanimite, mais que necessairement il punit ses ennemis et ceux qui le de- 
testent; qu'il leur reserve un chätiment. II prophetisa aussi la predication de 
l'Evangile et les disciples qui l'annonceraient et les nomma^ : ceux qui pro- 
clament les biens et qui annoncentle salut. II prophetisa surla ville de Ninive 
(Mnoui), ce qu'elle eprouverait de l'eau et du feu : cela arriva et se realisa, 
car Dieu y produisit un tremblement de terre d'oü jaillit un feu qui en consuma 

1. Wüstenfeld ajoute la commemoi-ation d'Anba Bichoi. —2. Cette commemoration 
manque dans B. — 3. Wüst. : Jojada. — 4. Wüst. : Judas. — 5. Wüst. : Usia. — 
6. Nahum, ii, 1. 



380 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [30^.] 

>JL ^\ 1-U ^i ^^1)1 o^M Uj jLÜl (^ ly^„j ^l:->l] \j^^^^ j\ iA<jt 

»..jsi. ^yjis ^c^^i x^\ ^'Ul ^ '^' ^^^ Vj «^li^ jAib pJj ^^ ^;i;- <)Uj ^^1 

jilli^l jt« ^jr:^d <^ \Sj^ ^ '^^^J ■^yr'^ ^.-^ ^C^^^^ wT^*"^'^ (^' ^^-^ ^--»^J '^ 

j:.L; ^n jl dLUl j- di.UU ^^Ij ^Ic S^^ ^> dU^l ^ c.s^ jU ^1 
1. A, Ludoli", Assemani, Mai, Wüst, e« Malan om. haue commemorationem. 



iiiie partie; c'etaient les scelerats qui s'etaient ecartes de la justice et avaieiit 
commis Finiquite. Quant au peuple qui se repeiitit, aucun mal ne Tatteignit 
et il n'eut ä souffrir aucun dommage. Quand il eut acheve sa mission pro- 
* foi. «• 1". plietique et satisfait Dieu par sa conduite, il mourut * en paix. Que ses be- 
nedictions nous gardent ! Amen. 

Sachez ', mes freres, qu'en cc jour mourut martyr saint Victor [Biqtor). II 
etait de Syout {Osyout), ä Test du fleuve, et servait dans la forteresse de Chaou. 
Quand on apporta le rescrit de Diocletien (Diqlädyänous), ainsi concu : «.Qu'on 
seprosterne devant les idoles et qu'on leur offre de l'encens », et lorsque le 
tour de ce jeune homme arriva, il s'y refusa : il etait äge de douze ans. Le 
commandant de la forteresse lui parla avec douceur, mais il ne put le con- 
vaincre et il ordonna de le Jeter en prison. A cette nouvelle, sesparents vinrent 
encourager son cceur au martyre. Le commandant de la forteresse le fit sorlir 
et Finlerrogea une seconde fois, sans y reussir, ni delourner son co3ur de la 
croyance ä Notre-Seigneur le Messie. Alors il s'irrita contre lui et ecrivit une 
lettre au gouverneur en chef, dans la ville de Syout, rinformaiil de ce qui 
ötait arrive et lui envoyant Victor garde pnr des soldats. Ayant lu la lettre, le 
gouverneur dit ä Victor : « Dis-moi pourquoi tu as resiste au commandant de 
la forteresse? Situ m'ecoutes, je te donnerai un poste considerable et eleve et 
j'ecrirai au roi, ä propos de toi. Si tu m'obeis, il t'accordera le gouvernement 

1. Cette commemoration manque dans A. Ludolf, Assemani. Mai. W'iisl. ctMalan. 



[305] 5- KIIIAK 1'^' DECEMBRR). 38J 

UajI üJjb ^[.^ Jl^j iS^ *^l o^..-^^^ t^ j-^"^^ -^^^ J^ '"^yß dlJi*, j^ 

L^-i o^ 6J^JJ J=J^^J Cj\^^^\ JJU- ^c_^! ?y-^^ ^S-^ ^J^ "^J^ j^ ^} '-:^ 
,_^1Ä_«J| plj-^L ^■^. C\ y^^ ^^ k_.Jai9 (T-r^J ^j^'^ SjUäJI' jli'jV^ Jutlj A.^ 
A.»-«a_« jL<» 4J| J' (J^äJI v_i.ii>- JjjJaj^ jL ^1 <^1 J «CiL«! \£. <L-ls ^>jL jjJb Ji 
( j, "^ a ;. jl ^^Li -wiy^ jv-U ^L^DU :>_^äuJ1 -^b ^jf'^s\ dSLaj ^„-^^ (_5-<>-~i' -^^^ ^J\ 
^-^ri' "S.^ (^^ Oj^ (_^*---'" ^.^ (j ^U^l Ji_^l-^ ^3 ^lj_ jls CJaS v_:LX)J A^lc. 

-u^lj^ i-^jlj aAJI dS^ oJ ^^ -OVl ^Jl jLi JU>_ j$yJlL jl ^li^Vl ^ ^Uä5 
AjJAjül J t>:.-^^b ^^-^^ J j^-^„ o^^ ^ ^"^^ f^^ J ^^ Oy^. <^Lj 



d'une ville. » Alors le saint cria de sa plus haute voix : « Le royaume de ce 
monde est perissable, l'or s'altere, les vetements s'usent, la beaute du corps se 
gate, est en proie aux vers et disparait dans les tombeaux; je ne dois pas 
abandonner mon Seigneur Jesus {Yasou) le Messie, createur du ciel et de la 
terre, dispensateur de la nourriture ä tout etre, ni adorer des idoles de pierre, 
demeures du diable [Iblis). » Le gouverneur irrite ordonna de lui faire subir 
toute Sorte de tourments, mais il ne put ecarter son coeur de sa foi. Puis il 
le fit attacher derriere des chevaux et monta ä une ville nommee Ibsidva. La, 
il lui proposa de se prosterner devant les idoles. Le saint n'obeit pas. II 
ordonna de le juger et d'ecrire son arret le condamnant ä etre jete dans le 
four des bains dans une ville appelee Mouchah, a Test de la ville dlbsidya. 
Le saint demanda aux gardes de le laisser prier; il implora le Seigneur Dieu. 
Un ange de Dieu lui apparut, lui fit beaucoup de promesses et lui annonga de 
nombreux biens perpetuels dans le royaume des cieux : que celui qui ferait sa 
commemoration au jour de sa mort s'assoirait ä l'endroit des mille annees : 
« Quiconque (dit-il) sera dans la detresse, celui qui sera en danger et sur mer, 
s^il invoque ton nom, le secours lui arrivera rapidement; celui qui ecrira ton 
martyre, j'inscrirai son nom sur le livre de vie. » Ensuite le jeune saint Mär 
Victor le beni se tourna vers les gardes et leur dit : « Achevez ce qu'on vous a 
ordonne. » 11s le lierent et le jeterent dans le four du bain. G'est ainsi que se 



382 SYNAXAIRK ARABR JACOBTTR. [306] 

^L>ctj C'U Ij^ ,^j 0_^ ^_^ J jVl ^^1 <i^. c5*-? ^^-^tr^ "^-r^ "Sr^ ^J-V* 
1 -^^ '^;'>L£> ^-^'»^^. ^J^ \^ ^y^^ ^y„ J^ S^Us aJU^ b^Äj b^^ 

JLli L^ iS*L jl Tj:-:»-^ l^~^ (J^^. V*^ o*^-*^ Ajlj '^,L<kJ»- 4-0-0 ^■^ (J"^ (_5^ 

1. Ludolf, Assemani, Mai et Wüsteiif. add. commem. S. Isidori. — 2. A. Liidolf. 
Assemani, Mai et Wüst. oin. hanc coinmeinorationem. 



terminerent sa belle constance et son heureiix martyre : il regut la coiironne 
dans le royaume (celeste). Des chretieiis vinrent en secret prendre son corps ; 
ils le cacherent jusqu'ä ce que Dien renversa le tröne de Diocletien sur lui, 
aveiigla son regard, supprima sa mention. Ceux qui trouvercnt son corps ren- 
dirent ce temoignage : « Nous l'avons vu intact, aucun poil n'etait brüle, mais 
il etait comme un homme endormi. » On lui bätit une grande eglise qui 
subsiste encore dans la ville de Mouchah, et jusqu'ä nos jours, il sy produit 
des miracles et des prodiges nombreux. Que le Seigneur ait pitie de nous 
par sa priere ! Amen ' . 

sixiEME jouR DE KiHAK (2 deccmbre). 

Sacliez-, mes freres, qu'ä pareil joui', il y avait un vioillard respoctable 
d'entre les saints qui passa une fois pres d'une hotellerie : il vit une belle 
jeune femnie qui sc livrait ä la prostitution. II entra chez eile pour sauvor son 
ame, et feignitde vouloir avoir commerce avec eile. Le vieillard lui dit : « Ici, 
je crains. » Elle le lit entrer ä l'interieur de sept cellules et ä chacunc il lui 
disait: « Ici, je crains. » Quand eile fut fatiguee, eile lui dit : « N'ieillard, tu le 
nioques de moi; peut-etre est-ce de Dieu que tu as peur. — On dirail (|ue tu 

• 1. Rndoir, Assemani, Mai et Wüstenfcld ajoutent la commenioralion de S. Isidore. — 
2, MaiKjuc dans A. Liidoll', Assemani, M.i'i. Malan et Wüst. 



[307] ß« KIHAK 2 DECEMBRE . 383 

<_l5s — «IJ (_5'^2-oJ r^^. ■^„^. (j^ o^ J^ \-^ Jls Uj ^5l3 «cÜl jl (3^' ^l^j 
^liä ^ j>i) ^-^1 IjJ JUs ^^' ^^li>=:d dU^ t^-*^^" j^ VI dU^l cuJ ÄJUl» 
^A^^- ^^jl:^ jl ^c_JÜl IjJ JUs ^^ Ai^l j! ^^j\ ^ ^i bfc ^lUi ^^1 l;M 

j^ J^ ^^J:. V Vjl Jxiil J Ij^V ^U Q-r^^ ^-^^ t5^*^' ^^^j '^j Vr^-' iV 
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sai^ qiie Dieu est present, » dit le vieillard, et il fit comme s'il voulait sortir 
pour s'en aller. Elle le retint en lui disant : « Je ne te laisserai pas que tu ne 
me prennes avec toi pour sauver mon äme. — Tu viendras reellcment? lui 
demanda-t-il. — Je viendrai. » — Puis eile ajouta : « 11 y a beaucoup d'or ici, 
veux-tu que je le prenne avec moi? — Si tu veux seulement sauver ton ame et 
te repentir, que feras-tu avec de l'or? » A ces mots, eile enleva les chaussures 
de ses pieds, les jeta et se mit ä marcher pieds nus derriere le vieillard, car 
auparavant dans riiötellerie eile ne cessait d'avoir continuellement les chaus- 
sures ä ses pieds. Lorsqu'ellc marcha sur le chemin avec le vieillard, comme 
eile n'avait pas l'habitude de cheminer ainsi, ses pieds se crevasserent et le 
sang coula, mais eile marchait avec constance et louant Dieu. Le soir arrive, 
tandis qu'ils etaient en route, ils vinrent pres de deux arbres. Le vieillard lui 
dit : « Va sous cet arbre et couche-toi. » Lui-meme alla dormir sous l'autre. 
Cette nuit-lä, il cut un songe : il lui sembla qu'il avait pris une colombe et 
qu'elle avait fui de ses mains et etait montce au ciel. Le lendemain matin, il 
alla reveiller la femme pour se mettre en route, il la trouva morte. A cette 
vue, il fut trouble et dit : « Seigneur, cette femme etait partie pour se repentir 
et servir ton nom ; il ne lui a pas cte possible d'y arriver. » Une voix lui dit : 
« Ouc ton coBur ne s'afllige pas : eile a reussi ä faire penitence entiercment. 
Si hl veux savoir ({ue son repentir a ete reellement complet, et calmer ton 



:]H^ SYNAXAIKK AlUBE JACOßlTR. [.108] 

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J^ ^ij y^L^\j A^^\ ^ «0 U,l^ J^9 ^Aar L.I9 d^, jalC-VI ^-u ^Ui ^^„^. 

1. Haec commem. deest in B et Walan. — 2. Uaec conim. deest in B et Liidolf. 



coeur ä ce siijet, retourne an chemin qiie voiis avez suivi en marchant ensemble : 
tu trouveras son repentir sur la roiite. » II revint sur ce chemin, comme Dieu 
le lui avait ordonne, et le trouva arrose de sang ä cause des gouttes qui 
avaient coule de ses pieds, car eile avait le corps delicat; les pierres de la 
route avaient dechire ses pieds : eile avait supporte la fatigue avec constance 
et n'etait pas revenue en arriere, parce qu'elle etait decidee a faire penitence 
et ä se sauver; aussi Dieu avait agree en paix son projet. Que le Seigneur 
Dieu nous fasse misericorde ä tous par sa priere! Amen. 

En ce jour ' nous celebrons la commemoration du saint martyr Anatole 
(Anatis)^ le pretre. 

En ce jour"' mourut notre saint pere Eplirem [Abraham); ce Pere etait issu 
de chrctiens orientaux; c'etait un marchand excessivement riche. II etait 
venu un grand nombre de fois en Egypte [Misr), puis il s'y etablit ä la fin. 
Ses generosites et sa misericorde se manifcstcrent ; sa reputation de vertu 
et de science se repandit : les eveques et les docteurs furent d'accord pour 
Felever au rang de patriarclie de la ville d'Alexandrie [El Iskandaryah) (920- 
975). Quand il eut ete intronise, il distribua tout ce qu'il possedait aux pauvres 
et aux malheureux. 11 supprima loutc coutume mauvaise dans Tetendue de son 
siege : il interdit et defendit ä tout superieur de recevoir quoi que ce lüt de 
porsonno a Toccasion do son elövation a un rang dans Teglisc ; il interdit 

1. Man(|ue dans H el Malan. — 2. Assemaiii : Abaliis. — .'{. Manquo dans IJ cl l.udolf. 



L.'joOl ^i' Kill AK 2 DKCEMBili;. 38ö 

(_^IJl9 <)A, "^ ^^.^"j ^^ ^y'j (*r!.-^'-r" (♦r*:r*-?^ '.^^^ ^jr*- ^j-« i_^^j (_^*^" "^^i 

^A jvii^ bU- «»J j^_^.^ ..^s^Lö jl^ As-lj ^If^J (^_^ -^ b^rf^'" ^ (V^ -^-? ^.y 
^L<3l d^-i *.»-w Uj O^^ (J^ '^J "^^^ ^c-^O «JaTl e,^_ «Vs^^U-lj 

Vj (i,-;i <— -i "»-^ (3— > (J ^V^ lÄA jlj l-u-lä 1^^,^ «cLäj jLo -X5J ^c_^^l -Liij 




fol. «j'j V 



1. A (^^. 



quiconque prenait iiiie concubiiie et, lä-dcssus, il sc montra excessivement 
severe. Quand ceux qui avaient des conciibines rapprirent, ils craigiiireiit 
Dieu et rexcommimication du patriarche, renvoyerent tous leurs conciibines 
et vinrent le trouver pour faire penitence devant lui. 11 accepta leur re- 
peiitir et leur pardonna ce qu'ils avaient commis. Un seul fit exception : 
c'etait un fonctionnaire du gouvernement qui occupait une Situation conside- 
rable dans l'Etat. Ge malheureux ne craignitpas Dieu Tres-Haut, ni l'excom- 
munication de ce Pere. Ge dernier l'exhorta beaucoup, montra de la patience 
ä son egard et fit de nombreuses supplications pour lui; mais le coupable 
ne se laissa pas ramener et ne craignit pas que Dieu le fit perir, quoiqu'il 
Vit ce Saint vieillard etendu ä terre devant ses pieds qui auraient merite 
d'etre coupes. Malgre cela, le patriarche ne renonga pas ä l'instruire et ä le 
corrio-er, mais il s'huniilia comme le Messie son Greateur. II alla ä sa 
maison. En apprenant Tarrivee de ce Pere, cet infidele s'enferma. Le pa- 
triarche resta deux heures, debout, devant la porte, ä laquelle il frappait. 
L'autre ne lui ouvrit pas et ne lui adressa pa« la jiarole. Quand ce Pere fut 
certain * que ce malheureux se retranchait lui-meme du troupeau du Messie et *toi.69v°. 
qu'il etait devenu totalement un membre gäte sans que lui-meme eüt ä se re- 
procher ä son siijet une faute ou une cause de bläme, il estima convenable de 
le retrancher du corps, afin qu'il ne gutät pas Ic reste des membres. II rejeta 
son sang sur sa tete, rexcommunia et secoua la poussiere de sa sandale sur 
saporte souillee. A ce moment, Dieu fit apparaitre son miracle aux yeux des 



* 



386 SYNAXAIRE ARABR JACOBITE. [310] 

'J\y^\ ^Hfn^l j^ <-^^ y b^y^ ^>^j o-p^ J-^ J^^^ ^ ^^'^ a:.^^^ 
jv^Lkü 4j ^\ ^j^\ *ii.)i A* j^ J ^li _^U^]i J^Ji ^i v-*^*j (*^^ ?-^-~J J-^^ 
^.».-.^ J j_^t,lj l;i^ 'C«a2>. ^ j_^: pT :>^9 j^j^ <*J J^_^ jj jl Jl Jü\ Alls a;'U 

1 i?li-j ^..-1^ Ülki- <j C'i^-Arjlj A_5^1 J.X! S^^ J^J ^'j-« ^' «Ij^J "^-«^ L^V-*^ 

\_wJLi. ^x-w.<_<Jl ^j.ji_<w >L=ijlj ^Ms^i-lj (^ij.j/Jl V:>lf^J ^Jl ^j)l c/^.-?^ ^^ 
ci) y JaJl y»Ä3>El-'li cJiuLs (J.iu)l (^L>Jl 1-LJ J j-O) Aj'U Jji^p- A.*:>- j_,UL« AJUl ^^A^-V 

1. A v*J'. — 2. Matthaeus, xvii, 20. 



assislants : le senil de la maison se fendit en deux, quoiquc ce füt iine 
pierre dure. O merveille! cette pierre dure sc fendit en entendant rexcommu- 
nication, mais le coeur de cet hommc rempli de peches ne fut pas amolli. En- 
suite, Dieu fit eclater un de ses grands prodiges : ce malhcurcux devint si 
pauvrc qu'il ne lui resta plns un seul dirhem, et fut, par mepris, prive de sa 
Charge; il fut frappe dans son corps de violentes maladies et il mourut de la 
pire mort. Ce fut un exemple pour chacun : beaucoup de pecheurs furent el- 
frayes et craignirent cc qu'il avait eprouve. Du temps de ce Pore, El-Mo'izz 
avait un vizir qui, de juif, s'etait fait musulman. II avait un ami juif qu'il 
faisait entrer tres souvent cliez El-Mo'izz pour s'entretenir avec lui; celui-ci 
desira, par le credit du vizir, qu'on fit venir notre pere le patriarche afm de 
(lisputer contre lui. 11 comparut, et avec lui Aidju Severe {Saouiros) ibn EI- 
Moqafra'. Ils discuterent contre le juif, le confondirent, et, grace a Taide du 
Messie, se separerent vainqueurs et lionores par El-Mo'izz. Ni le juif ni le 
vizir ne siqjportörent cette dcfailc. (^)uclques jours apres, le vizir entra chez 
le prince : « Veux-tu savoir, maitre, que les chretiens ne se conformcnt pas ä 
leur evangile? II dil : Si I'un de vous a de Ja foi, f/ros commc un f/rain de nioit- 
tardc, et s'il dil n rctir niontar/ne : Transportc-toi, eile sc Iraitsporlcni \ Fais venir 
le patriarche et ordonne-lui de dcplacer la montagne selon la parole de l'Evan- 
foi.Tor. gile; si eile ne sc (h'place pas a son indicalion, sach(^ (prils ne s'appuicnl *sur 

1. Mallliicii, wii, 20. 



[311] 6« KIHAK 2 DECEMBRE). 387 

jj_«j_«aj /»Li «lL-IT ^^^-ä^ AjLu.Ji 4_>.J>s) IjJlx^j <Cfl •^_^1 ««jisL-'ViJ jLa Jl *.«.j>- 

OVl S-ülj l^^ W ^ — !1 <J c.^ C^l ^LÜl ^^ J jl^ U.U <,Ül ^ j_^iLj 

^Vi J— 'jLi ^->^__ ^^■X-^ "LVl 5S-L& A.U1 J_«^.;_ ^^SJ\ 4jlj -.>-A3 P-li jLjl) Cjli^lj 
J d!^_^-Jl J)I\ v«üji S^y^LiJlj ^^.Ä« Jjblj k})^^ J.'^j j«J1 r^J J«^^l L$-*^ 

IJAä-^J ^-J_^j^IJ O^l^^jiaJl ^_j^ r^> _j^\ 'r^'Y^ (3 (J"*^' ^^J J*^' k— Ä-^J i_jU- 

^^-vi)! '«— -^ i«?Uc.j ^tl:5C.)l isjlx»^ jyjlä 'H^ <c« >_^lk. jl ^^ Ji «ü^ i<j: jl 

1. A s--«.^. — 2. A rursas jxji\. — 3. Hie desiint nonnxdla verha. 



rieii. » El-Mo'izz fit veuir ce Pere et liii exposa la qucstion. L'autre liii de- 
manda uii delai de trois jours qu'il obtiiit. Quand il fut sorti, il rassembla les 
moines et les eveques voisins et ils resterent trois jours dans Teglise d'El- 
Mo'allaqah ä Misr, jeünant et implorant Dieu. A l'aurore de la troisieme nuit, 
Notre-Dame, la mere de Dieu, lui apparut et lui apprit qu'il existait un saint 
tanneur par rintermediaire duquel Dieu accomplirait ce miracle. Le Pere 
Tenvoja chercher et, cet homme arrive, il prit avec lui la foule des pretres et 
des moines et tous les fideles et ils se presenterent devant El-Mo'izz. Gelui-ci 
sortit avec toute sa cour et les habitants du Vieux Qaire {Uhr) et du Qaire 
{El-Qdhirah). Notre pere le patriarche s'arreta d'un cöte; El-Mo'izz et le reste 
des gens, d'un autre cöte. Piiis, le patriarche et les fideles prierent et se pro- 
sternerent trois fois. A chaque fois, il levait la tete et faisait le signe de la croix 
vers la montagne. Celle-ci se soulevait devant les spectateurs ; puis, quand il 
faisait une genullexion, eile descendait ä sa place : cela arriva trois fois. Les 
musulmans pousserent des cris, furent stupefaits et ressentirent une grande 
crainte. El-Mo'izz fit venir le patriarche, lui tenioigna de grands egards et 
Finvita ä exprimer un desir. 11 s'y refusa ' ... « Je demande de reconstruire les 
eglises et specialetnent celle de saint Abou Marqourah dans le Vieux Qaire. » 
Le prince ecrivit pour lui uu diplöme relatif ä la construction des eglises et 
lui reinit une somuie d'argent du tresor public. Le patriarche le remercia, fit 

1. Lacune de quelques mots. 

PATR. OR. — T. III. 27 



388 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [312] 

_y_V ^\ L^\ p-^: ^jU^ J ^-i-'jj ^ -^J f^" ^^ ^^J "^JJ c> ^^-^ ^ 
foi. 70 V". j^\ U^ jyC;- öjl^ ^>Ul r^" ^U]l * A^ ot-^ Uj JU^Vl JL. ^ 

l_^li ^~[^\j jl^ Sjj^ (>1 J;^ ^^, ^„-^^ ^-^j o-^^.^^^^ j^j J ^J^^.J 
Jl^" ^ ^„-^^ lÄÄ Lii;l U^ L^l Ja^ ^ <^\j ^^j ^^^^ ü^ .>::^'^ ^-»^ 
^^1 IJyJ ^Lj;.i Uj 1:^1 j ^">^ jii (vU -:^ ^^iV ^-A-^Lo ^li; <;[^\ ^. j 

^_Ä^Vjl /- ^^\ J^ ^y-^^. (-^J ^^^>*^ \^J^ ^^ >^^-^' j^ v*^'^ ^-^^ e/ri. ^'^ 

1. /^aec comm. deest in A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüst, ef jNIalan. — 2. B U^j. — 
3. Le^e jlj Lo^ 



beaucoup de voeiix pour lui et lui demanda de liii permettre de laisser cette 
somme. El-Mo'izz n'en eut que plus d'afTection pour lui en voyant sa crainte 
de Üieu et son desinteressement. Puis il monta a cheval avec lui et veilla a 
la reconstruction de Teglise d'Abou Marqourah parce que plusieurs per- 
sonnes s'y opposaient. 11 resta lä jusqu'ä ce qu'on y eut construit. Ce Pere 
releva de nombreuses eglises dans toutes les provinces, et lorsque sa tache 
foi.Tov.. vcrtueuse fut accomplie * il mourut tranquillement. Que ses prieres soient 
avec nous! Amen. 

SEPT DE KiHAK (3 decembre). 

' Sachez, mes freres, qu^ä pareil jour moururent martyrs les saints geuereux 
et devots Anbä Baninä et Anbi\ Naou [Bdndou) au temps de Diocleticn [Diqld- 
dyänous). Saint Bäninä etait des gens de Teröt Sarabän [Dourat Sanjdn); ses 
parents etaient chretiens et craignaient Dieu; sa mere etait d'Antinoe {Ansind). 
Ouand ce saint eut grandi sans instruction dans la maison de ses parents, sa 
mere dit ä son pere : « Tu sais que mes freres sont ä Antinoc : je ne veux pas 
que cet enfant reste ainsi desoeuvre; si tu y consens, je remmenerai chez ses 
oncles; ils l'enverront chez uu mailre avec leurs enfauts et ils veilleront sur 

1. Cettc commemoralion manque dans A, fAidolf, Assemani, M;ii, Wiistenfeld rt 
Malan. 



f3i3] T'' KIIIAK 3 DECEMBRE). 389 

jlij c« ^^1 7x^1: tJU ^^Ij Jilj U ij ^JJl ^^H 5sJw.ä9 -u^ ^\ ^ ^U 
\_« ^ 4JÜI Äi-ij ÄJlia^ ^^::^J ->w^_ ^UJ ^l-^Vl ^j-* (*J^„ fv^i ^^ ^J•>■ -^-^^. 

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UjJ: ^15C ^:^ 4£*) Jlä Uj Uc ^lij ^felDl ^^!1 Uli ^-U^ ^5'^^-'' ^'^*^ W 

l_^Ul3 ^1 'ij^^ '^"^rr-J ^^^ li-^*^ cT"--^ -^ l_^:5Co_3 ^^H ^% ^1 ^j-^ j^ 



lui comme nous. » II Tecouta, prit Tenfant et sa mere et ils traverserent le 
fleuve, de Terot Sarabän ä Antinoe. Elle informa seä freres de ses projets 
sur lenfaiit; ils se rejouirent beaucoup, le prirent et le conduisirent ä un 
maitre capable. U progressa beaucoup dans la scienco. Le moniteur, ä qui le 
Saint etait confie, devint jaloux de lui eii voyant sa vertu, ses succes et ses 
triomphes qui surpassaient les siens. II le guettait jusqu'ä ce qu un jour, 
le maitre etant sorti, ce moniteur se leva, rempli d'envie et d'une Jalousie 
diabolique, prit la tablette des mains de Bäninä, la jeta au loin, la brisa, 
saisit les doigts avec lesquels il ecrivait, les retourna en arriere et les cassa, 
ä cause de la delicatesse du corps de Tenfant. Puis il s'enfuit sur-le-champ, 
traversa le fleuve pour aller dans une bourgade oü sa mere avait des connais- 
sances chez lesquelles il se cacha. Quant ä l'enfant innocent, il s'evanouit. 
Lorsqu'il eut repris ses esprits, il pleura fort de douleur, alla dans la maison 
de ses oncles et, des lors, ne retourna plus ä Ttioole. II passa cette nuit ä souf- 
frir beaucoup. L'ange du Seigneur, Michel {Mikäyil), vint le trouver et guerit 
ses doiffts: il fut comme s'il n'avait Jamals souffert et revint chez ses parents. 
II trouva un enfant qui craignait le Seigneur, Anbä Näou; ils s'associerent 
pour jeüner, prier et mener une vie pure. Quand le Seigneur vit la beaute de 
leur devotion integre, il leur envoya Michel et leur ordonna d'aller dans le 
Fayoum et d'y habiter chez un saint eminent dont la conduite vertueuse etait 



390 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [314] 

^^^ A^^j ^„-aü ^Jl d.l>U ^j ^Vl dUi Ale Jl p^ jUj Sij^ ^^"j 
^,<^ ^ 1jJUl_ ^j ^y^ ^'^ ^-^ ly^C.j p^L'j ^ r>. (^^"j ^>--9 V^^ 

'Jy^ jlJj Laj^, ^-^-:. ^X^Vl \yJ^3 dLlr ^. ^1 i^ ^y.j ^1_^^1 
j^;^AJ^Vl ^.li. j ^«jü- jl^j Jjj ^^^ V^ uV ^r^^ ^J^.. ^-^^^^ 

AS^ S^Lol Ul ^AaJI As^J _^'U jJbJ ^^ ^ A*,j ^_ -O: A=^l ^^r=*.. ^^J 'U.-J^l 

1. Le^e forsan üL-^. — 2. Le^e l~;jU 



celebre. Ils lui repondirent : « Nous sommes des enfants; nous n avons jamais 
fait route. » — « Je vous accompagnerai, dit-il; je voiis ferai arriver. » Ils le 
suivirent siir-le-cliamp et il les accompagna chez ce Pere. L'aiige du Seigneur 
apparut ä ce saint et rinforma de leiir arrivee. L'autre sortit, alla ä leur 
rencontre avec une grande joie, les embrassa, et ils liabiterent cbez lui pen- 
dant trois ans, s'instruisant par la beaute de sa devotion. Apres ce lemps, le 
chef des angcs, Michel, leur apparut et leur dit : « Le moment est venu de 
vous transporter de ce pays dans la region du sud, comme l'a ordonne Notre- 
Seigneur le Messie, gloire ä Lui. » Ils le suivirent; il marchait devant eux et 
ils arriverent au pavs de Psoi {AlmVi), dans le gouvernement de Chmin 
{Akhmim) ; ils monterent sur la montagne et y trouverent des ascetes et des 
devots en grand nombre. Ils offraicnt le saint sacrifice dans une eglise agreablc 
(Uli ne pouvait les contenir. Les devots s'empresserent d'en construire une 
plus grande et demanderent ä reveque de venir la consacrer. A cette epoque, 
la crainte de üiocletien etait repandue dans tont le pays d'Egypte. Notre 
pere, l'eveqiie Anbä Psoti (Absaclah), etait cache et deguise : personne ne le 
connaissait quand il passait. Les devots se consulterent en disant : « Qui ira 
nous chercher Teveque pour qu'il consacre Teglise? » — AnbA Baniua partit, 
s'embarqua et erra cä et lä, cliercliant Töveque pour consacrer Eeglise. Per- 
sonne ne put lui foiirnir de renseignements sur lui. Apres de nombreuses 
fatigues, comme il ciieminait, il trouva saint Anbä Psoti et le reconnut en 



[315] 7-^ KIIIAK (3 DECKMBRE). 391 

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jj ^U ^>UJü ^^j ar-:.-^^ "^y^^ Cr^^ ^ f-^^ ^-^-? -V^^ "^^ ^ ^^"^^ 

1. Lege ^J^. 

esprit. Ill'appela, et l'autre dit : « Que veux-tu? » 11 Ten informa; l'eveque 
se devoila et partit joyeusement avec lui pour la montagne. II eiitra dans 
Teglise et la consacra. Puis il saisit Anba Bäninä et Tordonna pretre; il 
confera egalement le diaconat ä son compagnon Anbä Näou : les fideles se 
rejoiiirent avec eux. L'eveque demeura plusieurs jours chez eux, puis il pai lit. 
Quant au saint, il resta quelque temps ainsi que son ami, se plaisant ä servir 
Dieu saintement. Ensuite Tange du Seigneur leur apparut et leur oidonna de 
se transporter de lä dans la montagne d'Atripe {Adribah). II y avait lä une 
idole qui tenait sur sa main un bassin de cuivre de la capacite d\in ardeb 
comme mesure. Les pretres des idoles celebraient le 18 de babeh une fete 
en rhonneur de cette Image; un peuple innombrable sy rassemblait de tous 
cotes et amenait des enfants dont Tage etait de douze ans et au-dessous, et le 
nombre de douze. Les pretres les egorgeaient sur ce bassin et celebraient la 
fete. Si au matin ils ne trouvaient rien de ce sang, ils s'en rejouissaient et 
disaient que leur dieu avait accepte leurs sacrifices ; ils prenaient aussitöt 
les Corps des enfants, les enterraient, et chacun revenait dans sa demeure, 
avec joie, disant que leur dieu leur accorderait de belles recoltes cette annee. 
Lorsque les saint s furent restes ä adorer Dieu sur cette montagne, un ange 
leur apparut et leur ordonna de prier et de demander au Seigneur d'aneantir 
cette idole. Le jour de la fete, lorsqu'on eut egorge les enfants et qu'on eut verse 
leur sang dans le bassin, les saints etaient debout, priant sur une colline ä 



392 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [316] 

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1 Joilj Ol lyLLi^lj ^\ dUi <:^ Ol l^^Air ^^U aL:J,j L^,!^. ^kJ Ojjjl 

i. Lege J>}j^^- 

l'ouest d'Atripe. Le sang qiii etait dans le bassin ne dispaiiit pas le lende- 
maiu, comme c'etait la coutume de leurs feles abominables. Les pretres s'irri- 
terent et dirent : « Taut que ces vieillards galileens seront dans cette region, 
notre dieu sera en colere contra nous et n'acceptera pas nos victimes; il ne 
donnera pas de belies recoltes cette annee; quand nous Timplorerons dans 
nos malheurs, il ne nous ecoutera pas. » Mors quarante jeunes gens d'entre 
les idolätres prirent leurs armes et se mirent en toute bäte ä leur rechercbe. 
Notre-Seigneur le Messie les leur cacha. Apres cela, Maximien [Maksimi/d- 
nous) apprit qu'il y avait en Egvpte {Dyär Misr) des chretiens cacbes. II partit 
avec une armee considerable jusqu'ä ce qu'il arriva dans la ville de Syene 
[Asouän), visitant partout les temples et les sanctuaires d'idoles et remettant ä 
chaque temple un (lantär d'or. 11 avait avec lui des statues ornees de colliers d'or 
et de vetements de soie; quelques-unes tenaicnt ä leur main des epees nues, 
d'autres des sabres ; devant elles etaient toutes sortes d'instruments de mu- 
sique dans des bateaux. Quand l'empereur arriva ä Atripo pour visitor ses tem- 
ples et examiner leur etat, les pretres de cette idole allerent le trouver, lui tin- 
rent des propos extraordinaires et sc plaignirent des saints et des ennuis qu'ils 
leur avaient causes a cause des victimes et du sang que leur idole n'avait pas 
agrees, ä cause des deux saints vieillards. II ordonna de les faire venir sur-le- 
cbamp. L'angc du Soigneur, Micbel, leur apparut cl leur dit : « L'empereur 
vous chercbe : bAtez-vous, car la lutte n'a pas lieu en tout temps. » 11 leur fit 



[317J 7- KIHAK 3 DECEMBRE). 393 

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1. Lege 



connaitre ce qiii allait leur arriver, les encouragea et leur promit les coiiron- 
nes Celestes. Ils allerent trouver Fempereur et, en chemin, rencontrerent ses 
envoyes qui les saisirent et les presenterent ä Maximien. Ils Finjurierent et liü 
clirent : « Tes idoles ne sont que de la pierre et du bois inutiles ; ce sont des 
demons. » II s'irrita contre eux, les emmena avec lui et descendit le tleuve jus- 
qu'ä ce qu'il arriva ä un etang en face d'Edfou [Atfah] oü ils s'arreterent. 
La, il ordonna de trancher la tete des deiix saints. Ceux-ci prierent et de- 
manderent le secours du Seigneur. Son ange leur apparut, les fortifia, leur 
promit de belies recompenses : si quelqu'un mentionnait leurs noms sur la 
terre, le Seigneur le delivrerait, gräce ä leur priere et leur intercession, lors- 
qu'il se trouverait dans la peine ou la detresse. Les gardes leur trancherent 
la tete avec leurs epees qu'ils tremperent ensuite dans cet etang; Teau pro- 
duisit des miracles, des prodiges et des guerisons : ceux surtout qui soufTraient 
de la fievre tierce etaient gueris quand ils s'y baignaient avec foi. Pour leurs 
Corps, ils resterent gisants jusqu'au depart do Fempereur et de son armee. 
Vinrent alors des chretiens qui etaient Caches dans cette region; ils empor- 
terent leurs corps, les mirent dans le linceul et les enterrerent dans la mon- 
tagne en face de cet etang. Lorsque la persecution eut disparu, les fideles 
bätirent une eglise en leur nom et y placerent leurs corps. Encore aujourd'hui 
on y voit des miracles et des guerisons. Que la benediction de ces vertueux 
martyrs soit avec nous et avec le copiste! Amen. 



394 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [:U8] 

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Jjt.1 lijiJJs AVI ^'l^' -*^j Cl«j^ OA/i A-jLfl^l d)_^'^ (j til^^iJ ^jj (Jl-ls SiSj 

1. //aec commemoratio deestin A, Ludolf. Assemani, Mai', "Wüst, et Malan. 



' En ce jour arriva aussi la mort du saint eveque, le vertueux, le parfait, le 
savaiit, le chaste Anbä Jean {Youhannd), eveque de la ville d'Ermont, d'oü 
etaient ses parents. Ceux-ci etaient cliarpentiers de leur metier. Son frere 
aine qui portait le nom venerable de Piseutios [Bisantdoiis) partit pour le cha- 
teau de Toud; il y resta plusieurs jours pendant lesquels la noblesse de la 
religion chretienne lui apparut. Puis il alla dans sa ville et y fut baptise avec 
ses freres, Anba Jean et AnbäDermataous. Ensuite il se rendit dans la montagne 
de sa ville, s'y fit moine et s'y livra ä de nombreuses devotions. Quant ä ce 
Saint Anbä Jean, il partit un jour dans la foret pour cliercher du bois. Des 
imaginations charnelles lui lurout onvoyees par Satan : aussitöt, il s« jeta au 
milieu des epines; son corps toul entier en fut rempli et dechire. Quand il 
revint au couvent, saint AnbA Pisentios apprit par l'esprit ce qui lui etait ar- 
rive. II alla au-devant de lui et lui dit : « Bienvenue nu jeuno homme farci 
[d'epincs]! Voici quo, a cause de ta patieiice, de ton endurance, de la Force de 
ton coeur et du courage avec lequel tu t'es jete dans les epines, le Seigneur t'a 
donne d'elre eveque de la ville d'Ermont. » Quelque temps apres, les liabi- 
tants de cette ville vinrent trouver le Pere Pisentios et lui demanderent d'etre 
leur eveque. II refusa et leur remit son frere AnbA Jean, lls le prirent, Tem- 
menerent a Alcxandrie ilskandaryali) et on le consacra eveque. Arrive dans la 

1. Celle commömoration manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai. W'üslenfold et INlalan. 



[319] T KIHAK (3 DECEMBRE). 395 

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1. Zi^/c desunt nonnulla verha in codice. 



ville, il baptisa beaucoup des idolätres qiii s'y trouvaient. Le jour, il bätissait 
iine eglise et, la nuit, les paiens venaient la detruire, mais il ne se laissa pas 
troubler : au contraire, il prit patience jusqu'a ce que des miracles apparii- 
rent. Alors les idolätres revinrent ä lui, liii demaiiderent pardon et il les 
baptisa. 11 etait energiqiie dans son langage et decidait suivant la justice. Ja- 
mals il ne regut de cadeaux pour Fimposition des niains, ni de presents, et il 
disait : « Gratis vous Tavez regu; gratis donnez-le. » Une fois, il descendit 
jusqu'ä El-Qaläyali : le bateau jeta l'ancre pres du rivage de la ville et il monta 
ä terre. II vit des gens suspendus par les bras ä cause de Timpöt. « Qui a ose 
agir ainsi et suspendre l'image de Dieu ? » demanda-t-il. On lui apprit que 
c'etait le gouverneur. 11 alla rapidement ä sa demeure et frappa ä la porte 
avec une grande precipitation, si bien que le gouverneur qui etait assis ä 
dejeuner, laissa tomber ce qui etait sur la table, ä cause de la violence des 
coups. On lui dit : « C'est un eveque de la Haute-Egypte (Es-Sa'kl). » 11 le fit 
venir et lui dit : « Pere, c'est toi qui oses agir ainsi contre un edifice du 
gouvernement ? » — L'eveque repondit : « De uion metier, je suis charpentier; 
si la porte est brisee, je puis la reparer, mais si tu abimes Fimage de Dieu, 
tu ne pourras jamais la retablir teile qu'elle etait. » — « Pere, reprit le gou- 
verneur, c'est le souverain qui exige Fimpot : nous ne pouvons remettre quoi 
que ce soit ä personne. » L'eveque lui dit avant de partir'... Les fonction- 
naires et les scribes de la ville le redoutaient beaucoup; de son temps, ds 

1. Lacune de quelques mots dans le ms. 



396 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [320] 

^__«1 Asy^.^^ ^-^=^y.. ^j)^ f^J^ ^-^ (J ^^'^ Tc-Ji'j 4^V jv&^l^j <^j~^^\ ^J^'j^ 

:i>l) \^ JO l-\_&j L-ijjl ^jIl«j^ Ul ^^<Aa)l ^U C»!o Ua>l ^yS\ iJjfc ^j ^ 
^O (^-jj ^IäCj Oul AiA. ^Ic 4.1)1 ^-^h\j Äa^^Iäc. Ool^c ^^J ^-**^" -^^ j^^J l--Jj~Ji 

Liz*) |i,5>s-ÄÄ) Ij-^^-J 4^<K*^!j AjaiJlj A^äJI \.^ ljA«U'j j*>sl^l aIoI ^iJ! Äili>t« 1 tLc^o'j 

1. Haec commemoratio deest in A, Ludolf, Assemani, INIai, Wüstenf. et Malan. — 
2. Lege Jäx). — 3. Multo brevior est hcec commemoratio ap. cod. A et Wüstenfeld : ^ 

Ubl>! .^X3jJj (^ja.1' ^i^^^jj' 1^1 ci^yli j^>^.;^'>^! A--! j^H,--^ .! \iJ3 yU ~^v)Ij 
5J.ckL .b5_, ^^- i.^, U^t IJli 5j... :,^J! ^, .r ^' JT^' Lv- 1^U> .-- i.1-^ L 



n'osaient commettre d'injustice; par egard poiir lui, ils respectaient les pretrcs 
et les veneraient ä cause de lui. Ce jour-lä, il s'endormit dans le Seigneur. 
Que Dieu ait pitie de nous par sa priere! Amen. 

' En ce jour, arriva la mort du saint Anba Dermataous : il etait de la ville 
de Pemdje {El-Balmasä). 11 embrassa la vie monastique, se livra a de nom- 
breuses devotions et Dieu fit apparaitrc par lui des miracles et des prodigcs. 
Ilbätit un couventoü il liabila. Vers lui se rendirent de nombreux moines qui 
lurent delivres par ses prieres de rennemi acliarne. 11 exhortait les moines et 
leur recommandait la purete en disant : « Sans la purete, mes fils, personne ne 
peut voir Dieu. Ayez la crainte de Dieu devant les yeux; tenez-vous loin de 
Tenvie, de la haine et de la calomnie; aimez-vous les uns les autres. » Ce saint 
beni accomplit sa täche honorable et alla retrouver notre Seigneur le Messie 
qu'il aimait. Que Dieu nous fasse misericorde par sa priere! Amen. 

^ En ce jour mourut aussi le bienheureux saint immateriel Anba Matthieu 

1. Celle commemoration man([ue dans A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et Ma- 
lan. — 2. Le ms. Aet Wüslenfeld donnent, de cette commemoration, la vcrsion suivanle 



[321] 7^ KlIIAK 3 DECEMBRE). 397 

jlSj j\^\ jii^, Vj uLÜl ^l:,_ jlS Vj j^...^ -^V^J ^^ C;1^U «j^j jy^lj 



1. B 



U^J^- 



(Matäous). II etait de Bichiiäi et fut attache comme moine ä l'eglise de Notre- 
Dame qu'on appelle El-Maqbabät. Puis il alla ä Esneh {Asnä) et ä Esfoun, il 
pratiqua de graiides devotioiis et livra de beaux combats. II ne dormait pas la 
iiiiit, ne se reposait pas le joiir. « Malheur ä nous, disait-il, au jour terrible 
oü siegera le juge, oü les feuillets seront etales, oii le compte de chacun sera 
presente devant lui, depuis sa naissance jusqu'ä ce moment, oü il sera remu- 
iiere de toutes ses actions, bonnes on mauvaises. » — Mes freres, mes amis, 
je vous appreiids que les animaux sauvages venaient pres de lui dans le de- 
sert d'El-Djaouän (?) ' tandis qu'il habitait dans sa cellule; ils se prosternaient 
devant lui, lui temoignaient de la familiarite, illeur portait du pain et les 
nourrissait. Un jour on lui amena une jeune fille tres belle, tourmentee par 
un demon qui la sufToquait, au point qu'ejle ecumait et dechirait ses vete- 
ments : sa famille la couvrait de force. Ses parents s'avancerent vers notre 
pere Anbä Matthieu et lui dirent : « Que ta misericorde nous atteigne, ö notre 

tres abregee : En ce jour moiirut saint INlatthieu [Malta] le pauvre. Ce saint etait siipe- 
rieur du couvent de la montagne de Syene [Asoudn). II faisait de grandes gräces, chas- 
sait les demons et avait merite la faveur de guerir si bien que quand on lui amenait un 
malade, il priait sur lui et le Seigneur le guerissait par ses prieres. Un jour, on lui 
amena une femme qui avait une maladie secrete. 11 connut par une inspiration son etat 
et lui ordonna de le reveler devant les assistants. Elle avoua quelle avait epouse deux 
freres, c'est pourquoi Dieu l'avait frappee de cette maladie : alors le saint pria; la terre 
s'ouvrit et engloutit cette femme qui servit d'exemple ä ceux qui entendirent parier 
delle. On rapporte, entre autres merites de ce pere, qu'il nourrissait de sa main les betes 
sauvages. Quand il eut accompli sa tache, il s'endormit dans la paix et le Seigneur le 
rcQut. Que ses prieres exaucees soient avec tous les enfants du bapteme ! Amen. 
— 1. Peut-etre Syene (.4sof/ an). 



398 SYXAXAIRE AR.\BE JACOBITE. [322] 

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t^' "N"^'^ (^^ d)jLJl w'^i (v-l y^ ^J>- i^liJl >jJji_^Uaj ^Jli^l z^ -JA ^^Js^ 

^S\ l^-*Ä_«j yol:>tÄ3l L&jJö-lj \^ — ^1 C^y^^ jlL— lil L~U '7:J>-_^ L-Jl ^ *£l wlv.A> L« 
l_« -A^-^f-j (JuLäS <U,Jä£. «uLai- ^ fcj:^?J A.-.vwaj /»jj ^IjU jvSj «UJ "yJ^stj:^ (»^i~J (♦T**' 

^ l^jL_rj lj.L?j Ui il^Vl) LLjU- ^j---1 jli^^ joj ^-^1 »-»^ ^^ S_^Vlj 
1. B ^y^. — 2. B add. ^r^y — 3. B (r^- — '^- ß ^^^rrr^'- 



Pere. » Quant ä lui, tant il etait humble, il leur dit : « Qu'est-ce que ee mise- 
rable Matthieu pour chasser les demons? Prenez nn peii de riiuile de la 
lampe de Teglise et frottez-en la jeune fille en disaiit : Au nom de Jesus 
le Messie! J'ai confiance qu'elle guerira et sera delivree. » Ils la frotterent 
avec riiuile; le demon la renversa par terre et poussa un cri en disant : « Tu 
ne m'epargnes pas, Matthieu! Tu veux me chasser de ma demeure; tu 
m'as brüle par tes prieres pures : le nom beni du Seigneur est eternellement 
vivant; je ne reviendrai plus vers eile. » Satan sortit et la jeune fdle fut gue- 
rie. Ses compagnons Temmenerent, et ils partirent avec la paix vers leur 
demeure en louant Dieu. II arriva un jour qu'une jeune fille commit une 
grande faute. Elle devint enceinte et, lorsque les neuf mois furent accom- 
plis, eile n'accoucha pas suivant la coutume. On la transporta sur une bete 
de somme et on l'amena au couvent. Ouand ces gens arriverent, notre Pere 
le sut en esprit et dit k ses freres : « Venez vers ces deux homuies. » Le 
Pere et les freres sortirent hors de la porte du couvent. Une fumee noire 
entourait la l'emme. Quand les gens furent arrives et eurent ete benis par 
le Pere, celui-ci leur dit : « Amenez la jeune fille. » Ils repondirent : « Notre 
Pere, que ta misericorde nous atteigne! Vois cette malheureuse que nous 
t'avons apportee w Le saint Tappela et lui dit : « Fais-moi connaitre ton 
histoire et ne mens pas devant le Seigneur. » Elle repondit : « Ma faute est 
grande : je suis devenue enceinte de doux fröres. Ouand j'ai ote grosse pour 
la premiere fois, je suis allüe chez un sorcier; il m'a fait accoucher. J'ai trouve 



[323] 7-= KIHAK (3 DECEMBRE). 399 

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Ul L-lLt l^^ ^j^J ^ß ^^ Jj '^cTJ^ ^'^^ "^^^J r^ ^-*^JJ c^"^^ ^'^' 

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«L: L_J^ ^^1 *_«-il ;i-^^ JiJJl J^ l->ij 1-U j_^;l L Jls b'^^ ^^.^ J^.-i ^r^ 

1. Z^/c desunt nonnulla verha. — 2. B ij^y'-^ ■ — 3. Lacuna in codice. — 4. B f^j^. 
— 5. B /r^- — 6. B {T'j^- 



qu'il etait parfait sous Tapparence humaine'... Je Tai jete aux chiens qiii 
Tont devore et je suis restee quinze ans dans la debaiiche. » — « Moi, dit Anba 
Matthieu-... que demandez-vous de moi? » — 11 etendit les mains et pria. 
Quand il eut fini sa priere et dit Amen, la terre s'ouvrit et la malheureuse 
jeune fille s'enfon^a peii ä peu jusqu'ä ce qu'elle füt descendue tout entiere 
sous terre. Une epaisse fumee continua ä monter de cet endroit jusqu'ä ce 
que quarante jours fussent ecoules. — Ensuite, une femme de cette region 
alla le trouver et lui dit : « Souviens-toi de moi, saint Pere, pour que Dieu 
me donne un enfant. Des que je Faurai sevre, je te l'amenerai immediate- 
ment comme une ofTrande ä ce couvent. » Le Pere benit la femme et lui donna 
la benediction du monastere. Elle retourna chez eile, devint enceinte ä ce 
moment, mit au monde un fils qu'elle appela Matthieu. Alors on ressentit 
une grande joie. L'enfant grandit et, ses trois ans accomplis, sa mere le sevra 
et dit au pere : « Partons, allons vers le puissant Matthieu, lui offrir Tenfant 
puisque nous l'avons voue. » Quand il l'entendit, le pere ressentit un vio- 
lent chagrin; il estima la valeur de son fils ä douze pieces d'or, prit cette 
somme avec lui, et, quand il arriva au couvent, il salua notre Pere, lui pre- 
senta les douze pieces dans une bourse liee et lui dit : « Mon pere, voici la 
rangon de l'enfant que Dieu nous a accorde par tes prieres. » Le saint Anba 

1. Lacune dans le texte. — 2. Lacune dans le texte. 



400 SYNAXAIRE ARABR JACOBITE. [324] 

VwjLl-« Loi l!yl X^l L.S oU-tM *I--a? eJ-^^^" '-^^' fV'^'J ^■*^" iJ^^* y-'^^ (Jjir>-lj 
^Ul aJ IJU9 J?j.J>- d»Öl' aIä'JJ *b^!l k_i^I> «^1 Alä^ |v' rc-JTj /»U \1^ ^Isl (^liUl 

^jl <ül j:\ \^:> Cj\}i j^j d)jA; j ^«>-j j»' -^^1 vT-J Jäkü 1-y, :1)ja; ^I 
Loi Aic ^Ji JUj ^^1^ ... A^_^a; j*j^:^ ^5':"^-' rr:'^ e^"^"^ ^ ^"^^ <^'^j-^^^ c5'^ j^ 

Ai aJ jl^ ^Äll ^_^5_^^S1 L«lj ^^'l-iJ e^'^Kt^-? L^^'^J^ C5^J J^ ^5^ "^cT-?^ ^'^ 

fr 

jIjLm..J1 viJUi (j.« <öU (j.-.jl <;lj <u?^t ^>^5j jb-^-Jl J ^^\ t>\j>^\ 'i\j^\ ^ »3j 

1. B , f-^'. — 2. B ry'J^' — 3. Hie desunt nonnalla verha, — 4. B ijoy^ • — 5. B 

Matthieu lui repoiidit : « Mon fils, nous ne vendons pas l'enfant du couvent 
pour de Tor! ;) — II appela un serviteur et lui dit : « Prends un couffin neuf, 
trois fils et la moitie d'une piece d'etofTe; mets-les dans le couffin, rempüs- 
le de paiu, place par-dessus quelques dattes et donne le tout ä cet homme. » 
Le serviteur executa ce qui lui etait commande; le pere arriva cliez lui et 
raconta ä sa femme tout ce que le saiut Anba Matthieu avait dit. L'enfant 
vecut encore trois jours et mourut. Son pere Tensevelit dans la moitie d'etofTe; 
on l'attacha avec les trois fils et les gens dirent au pere : « Tu avais voue 
cet enfant a la maison de Dieu, puis tu es revenu sur ton voeu. » — XJne 
fois, un magistrat importani de la ville d'Esneh vint le voir pour recevoir sa 
benediction et le consulter sur toutes ses afTaires. 11 avait dit au gardien 
qui surveillait les canaux qui lui appartenaient : « Va', apporte des fruit s '... 
[charges-en] une bete de sonmie et viens chez notre pere Anbj\ Matthieu afin 
qu'il prie pour moi, pour mes enfants, nies vergers et mes jardins. » Cet 
Intendant eut commerce avec la femme du jardinier qui etait dans le verger 
et satisfit son desir; puis il chargea sa bete de somme de tout ce qu'il y 
avait dans ce jardiii : pommes, figues et toutes sortes de fruits hors de saison, 
et remplit les tonneaux de toute espece de fruits. II les apporta ä Anba 
Matthieu et se prosterna devant le fonctionnaire en disant : « Ainsi que tu 
l'avais ordoime, j'ai l'ait suivani ta volonte. « I/autre lui commnuda de les pre- 
senter. Quand il le iil, notre pere dit au bout d'un instant : ^ II y a ici une 

1. Lacuiie. 



[325] T KIHAK (3 DECEMBRE). AOl 

^ As>zy\ lix=>=jJS vS~« ^^-O (_ll« "Co 4j>-;)|j iJ.A li^l JU 4X.L- Jod J ^w-^-*^ l^Ü («<^Aa, 

J^ vijy^ -»^* (j-j-^ ^ ^\j ^A >l'l3 -y:::s l'Ait ^^ •i^lj L&U ^J (V^^ 
^isUtJl Oj.-« -^^, V ^^ 'ciy._y.. i^L"^ '^"'-^^^ ^rp f^'^ jrr*"-^ '-ijjj V--^^ '^"^ c^^'l^ 

«ÜaiJl \Jiil3 lj^ij.^> ^Zs- '^^" "^ Jj.ib jlS lÄXifcJ i^^JÜl ^ii»^ /^ ^J a-fc lil 



i . 1j / f^y*' • — "'^ • (. riy^ ' 



odeur infecte comme celle d'im chien mort. » Les assistants s'etonnerent, et 
dirent : « II n'y a pas chez noiis d'odeur desagreable. » Le saint soupira et re- 
prit : (( G'est ime odeur infecte et degoütante cjui remplit toiit endroit; mais je 
mets ma confiance en Dien : il est boii pour moi quand je revieiis a lui et 
quand je me repens de mes peches et de mes fautes, car il est compa- 
tissant, misericordieux, juste et extremement dement pour ceux qui se 
repentent; il ne veut pas la mort du pecheur quand celui-ci se detourne 
de la route mauvaise. » Le saint parlait ainsi de lui-meme afm que les 
pecheurs avouassent tout ce qu'ils avaient fait. Alors Fintendant se leva 
devant tout le monde, se prosterna aux pieds de notre pere le saint Anbä 
Matthieu et dit : « Pardonne-moi, mon pere; je suis le miserable coupable. 
Tu es innocent en ce moment; c'est moi de qui les peches sentent mauvais 
comme un chien mort; il est juste que je fasse connaitre ma faute. Quand 
mon maitre m'a envoye executer l'ordre qu'il m'avait donne, j'ai dit aujar- 
dinier qui etait au canal, apres avoir bu f't mange : Va rapidement me 
chercher le scrviteur pour que je prenne des tonneaux que je remplirai de 
fruits comme mon maitre l'a ordonne, pour les porter au saint Anbä Matthieu. 
Quand il eut quitte cet endroit, le demon s'empara de moi; je me levai de 
mon coussin, j'allai vers la femme du jardinier — le Seigneur est le Vivant 
— et j'eus commerce avec eile contre son gre — Notre-Seigneur le Messie est 
le Vivant. — Desormais, jusqu'ä la fin de ma vie et de mon existence, je ne 



402 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [326] 

Jlos i^^^c f-^^^ ij^ -J-^^ J^ ^^-'^^ «wi-^l C^^_ ^ ^\ ^c_^^l ^^•-^. (^"V" _>* 

^^1 LjLÜäJ^ Ll) ^iL ^Jl -Ui Ui ^^_, ^'<3 Ä^Jl J V^-J "^Irr V^ '■r^^. 

^a£)1 Ua <,j-c-OV1 Ä:;,-^ ^a^^ ^^jj^ tr^'^'^'^ ^"^^ C^" C-^^ ^-^ J ^ 
<uU *_r JJL- Jl. Ju^Vl ^ bliii^j ^.-^1 \^^:^S\ iL,b lJ U^ aj|^1 'i.S^S\ 

1. B / j-'y^". — 2. //aec comm. deest in B ei Ludolf. 



decouvrirai plus de femme. » Anbä Matthieu lui dit : « Le Seigneur te pardon- 
nera tous les peches que tu as commis : il te sauvera et te gardera de tout 
mal. » Mes freres, combien ce grand saint etait admirable! Ma langue est im- 
puissante ä le decrire. Bienheureux celui qui ecrira le livre de sa vie et la 
decrira daus l'eglise pour qu'il intercede pres de Dieu afin qu'il nous par- 
donne iios peches! Que le Seigneur nous fasse misericorde par sa priere ! 
Amen. 

HuiT DE KiiiAK (4 decembre). 

' En ce jour mourut notre saint pere Hierocles {Yärouklä), patriarclie de 
la ville d'Alexandrie (El-lskandanjah) (232-247, var. 230-246). II naquit de 
parents paiens, mais ils crurent et furent baptises, apres avoir eu cet enfant 
et l'avoir instruit dans la sagesse etrangere. Apres leur conversion, ils l'ins- 
traisircnt dans la science chretienne, lui firent apprendre par coeur les livres 
des Evangiles et des Epitrcs. Ensiiile saint Demetrius (Üamatryous) lui imposa 
le diaconat et la pretrise ä l'egliso (TAlexandrie; il reussit dans sa tächc et 
remplit tout ce qu'on attendait de lui. Quand notre pere Demetrius mourut, 
il fut choisi pour la dignite de patriarche. II garda le troupenu du Christ de 
la meilleure fa^on, prit soin de la communaute qui lui etait confiee, Taccrut, 
ramena beaucoup d'adversaires et les baptisa. II confia a saini Denys {Dyou- 

1. Celle comraemoration manquc dans B et Ludolf. 



[327J 8" KIHAK (4 DECEMBRE). 403 

L>-^ y^y^\ l^ ^'^ «JlUi (j-_y' L»-;..^ Aj ^^^ ' ^^^^I^^ ' c5-*~~!. J^y^'^ ''jl-OL 

^>l^ j^^-^__LlJ1 )ijLo^ U (^Ijj Iäj-jJ o'>=--i ^^ ^^c_^^^l c>^^ -uJl ,_A^ Jll« 
19^ ^^L^^^ii^ UaJj- Lii dUJo o^l «ql i'^l^l )sySy^ ^*^^dLli ^^^1 <l^j 

c.u^ üu ^ ^i^ ^_ <, ^AiJi ^^bi ji ^jüij L j^~ -'W <j c^ii; dUi .__. 

1. A *3>^li',u. — 2. Haec commetnoratio deest in Ludolf. — 3. B ^J, ij! Jjp.' L> !^l&! 
.Jl 'jjj. — 4. Deest in B, A ^LL>. — 5. B 5Ajj. — 6. B (1. ... ^) Ä^J-» J,. — 
7. A '-XW. — 8. B ^^jUy. — 9. B J^. — 10. B (j^^^^. — 11. B 'j^'. — 12. B 
add. U^h'. — 13. B ^IL. — 14. B ^^^ — 15. (1. ... ^S^) ^^IJ\. — 16. ^z 
^.t5J3 deest in B. — 17. B .!. — 18. A '^ ^5^^'- — 19. o?n. A. — 20. B U. 

nousyovs) la surveillance de radministration et le gouvernement des fideles; 
lui-meme prodiguait renseignement aux croyants, les exhortait, ramenait les 
adversaires, les giüdait dans la voie droite. * II resta treize ans sur le siege *iü1. 71 r». 
de patriarclie et mourut en paix. Qiie ses prieres soient avec nous! Amen. 
*Ce jour-lä eut lieu aussi le martyre de sainte Barbe (Barbärah) et Julienne 
{Yüulyänah). La premiere etait fiUe d'iin personnage considerable de l'Orient 
nomme Dioscore (Disqoros)- au temps de Tempereur Maximien [Mdksimijä- 
nous), II fit construire pour eile une tour fortifiee pour que personne ne la vit 
et ordonna d'y etablir des bains et d'y percer deux fenetres. Qiiand la sainte 
les vit, eile ordonna aux magons d'en ouvrir une troisieme, puis eile plaga sur 
la piscine l'image de la croix de Notre-Seign^^ur Jesus le Messie. Lorsque 
son pere entra et vit ce que les magons avaient fait contre sa recomman- 
dation, il s'informa et apprit que sa fille Tavait ainsi ordonne. Quand il lui 
en demanda la cause, eile lui repondit : « Ne sais-tu pas, mon pere, 
que tout est accompli dans la sainte Trinite? J'ai fait faire ces trois fenetres 
au nom de la Sainte Trinite et cette croix est l'image de celle de Notre- 

1. Cette commemoration manque dans Ludolf. — 2. B et Amelineau : Mar den. 

PATR. OR. — T. III. 28 



404 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [328] 

^ [. x^ dSJ^ ^jül 3<JV1 A.^^j ^%^\ ^^ o^ ^(l^j^ V^^ l;-^^ j^ 
^üA,^ ^^ ^.^ ^r^ (^^f^J "^r -^^H*--^ ^Vr^ L^^-^ ^"^ 'r'^ ^!>Ik)1 \-L& \xy\ 

U^l LäAJ^U Cjilt Ua^l 1-U -UjJ l^^ Oii^ij S^^pc-fiii vjuIiJU ^^r^=^ I^Ias jlSj 

oJli ^^U>i. ^V-^ JLlt Si^l dlLj. j^^j ♦^l^^^AJi. LIa^ U^J^ iV_^l) l^j 
AaJ^\ *Vj> iL^I LJU^l Ai ^\ Ul J.^ A. ^yi<S ^liJ: 1'*^aU1 ^Ul ^>U 

1. B at/f/. y-U — 2. B add. j>^ U — 3. B Jl' -'-F^'j. — 4. oa?2. B. — 5. B i^. — 
G. B (1. ... ü^JJ) -M--^ ^^'-'^ k-T-^-^' ^-U.'. — 7. B ^^ 'i-:^^. — 8. B liLL.. — 9. B 
(1. ... ^6^) ^,3jJ! o-i, s:u-. — 10. B Xj- >0J-^». — 11. B add. J^l J. — 12. B J 
U_^^!j ^ClJ! .!. — 13. B add. i^JXj'. — 14. om. B. — 15. B (1. ... yb^) l^i^l^ ^:uJS''j 
i'^jij'. — 16. B ,bJt. — J7. B >^Oj!. — 18. om. B. — 19. o/n. A. — 20. A (1. 
... :L^1) ^2^.— 21. B add. ^L^^ . — 22. O/n. B qui add. LiiÜ ^,Uj J^... — 23. B 
Uj,..^. — 24, B (1. ... J^J---- J.J Ä-^"io j..^! !i) _^j ^-- ^M. — 25. B {]. ... L^U.i,) 



*^^'^ 



Seigneur le Messie, par qui arriva le saliit du monde : renonce ä cette er- 
reur et adore le Dieu qui t'a cree. » En entendant ces paroles, son pere res- 
sentit une violente colere; il s'irrita contre eile, tira son epee et courut apres 
eile. Elle s'enfuit; devant eile etait une röche qui se fendit : eile y.entra, puis 
revint vers son pere qui la saisit et la livra aux magistrats qui lui firent 
subir de violentes tortures. II y avait la une femme nommee Juliennc, qui 
voyait la sainte dans les tourments et pleurait sur eile. Notre-Seigneur le 
Messie apparut ä Barbe, la fortifia et Tencouragea. Puis on lui tranclia la 
tete ainsi qu'ä Juliennc. Elles rcQurent la couronne <lu martyrc : un feu des- 
foi. 7iv". cendit du ciel et consuma son pere et le prince iMarcicn {Marqydn). * Cette 
piscine qui etait dans le bain de la sainte, surmontee du signe de la sainte 
croix, guerit tous les malades qui s'y baignaienl. On pla^a les corps de ces 
martyros sans lache, Barbe et Juliennc, dans une eglise liors de la ville de 
Galassos {('.halalya). Le corps de sainte Barbe est aujourdMiui dans la ville 
du Vieux Qairc {Misr), dans Teglisc d'Abouqir. Quc Icur intercession agrece 
soit avec nous! Amen. 



[329] 8« KIHAK (4 DECEMBRE). 405 

J ''^A^Li ^U A^_ ^)1 ^■•^<i 18 .^^^ ^1 j^^^^^ ^^^ ^^^ 17^ 10 1^0^ 
pjj vI^Iyt" ^"^(y' (j;"^.-:^ *^'^.' -^^ (j-« ~~^^J "^r"-? ~ -^-^ ^'^y^ u^. ijj ^J ^^ 

•-'UaJ J.A (^-Ä^. -^13 <J ^^j >^a1j J>-^ <JL;' v_;J1 S%> j\j ^y__J^\ vJ^ ^j^C 
0^„^ J^J 27 ^l_- ^^^ j^ ji 26 ^yl ^1 jl ^^^yi j ^ ^^^ ^^_^| j^ 

1. Prodidit hiinc textum vir eruditissimus F. M. Esteves Pereira ad calcem lihri sui 
Vida do Abba Samuel, Lisboa, 1894, in-8, p. 223. Haec commemoratio deest ap. Ludolf. 

— 2. B . J! !J-» J.J. — 3. B add. U! Jix.'t. — 4. B Jl^^o. — 5. B J^. — 6. B om. 

... ^=.-7.6(1. ... ^>\) ^\y\\3^ sl^^lj. -8. B(I. ... ^J.) ^^ Ij^j ^^>-!^- A, Per. 
^r-Pj:^j\. — 10. (1. ... 5jj!j ^.o;| ^!j 0/5'-^* ^.r-i ^,'^j ^-.- ^^^' ,^'- — ii- B i-ü o^'i. 

— 12. B om. ^5>j. — 13. B add. J ^^f- — i^. B ^r-^". — 15. B add. ^j^^. — 16. A 
j^Ur. - 17. B J^-'. — 18. B J{ !^>_5. — 19. B ijSis et add. J. — 20. B om. ... J^^xj. 

— 21. A wW. — 22. A ^^dr'. — 23. B add. S<^. — 24. B (1. ...y^^) ii^. — 25. B add. 
^_^.ä^.. — 26. B I^Uj. — 27. B add. ^^J\ .^'^. — 28. B h^. — 29. B om. JJ. — 
30. B aofc?. Ji. 



' En ce jour mourut saiiit Samuel [SamouU), superieiir du couvent d'El-Qa- 
lamoun; il etait de Tkyllo {Dakloubä), diocese de Medjel [Masil), fils de 
parents saints et purs qui n'avaient pas d'autre enfant. Son pere etait pretre 
et se nommait Silas". La nuit, il vit en songe un etre lumineux qui lui disait : 
« En cet enfant sera certainement la confiance d'une foule considerable; il sera 
un elu du Seigneur pendant toute la duree de sa vie. » Des son enfance, ce 
Samuel fut pur comme Samuel le prophete. La pensee d'etre moine dominait 
dans son coeur ä tout moment. Un jour, il en trouva le moyen et quitta ses 
parents pour aller ä Scete {Cheihät); il ne connaissait pas le chemin, L'ange du 
Seigneur lui apparut sous la forme d'un homme allant lui aussi au couvent. 
II se joignit ä lui sur la route jusqu'ä ce qu'ils arriverent ä Scete. La, il le remit 
ä un Saint homme nomme Anba Agathon (Aghätou) dans une grotte. L'ange 
l'avait prevenu auparavant de son arrivee et lui avait ordonne de le recevoir, 

1. Celle biograpliie a ele traduile en portugais d'apres le ms. A de Paris par M. F. M. 
Esleves Pereira, Vida do Abba Samuel, Lisbonne, 1894, in-8°, p. 186-189. Celle com- 
memoration manque dans Ludolf. — 2. A : Arckaläous, Pereira : Arxelaus; Wüstenf. : 
Archelaus. 



12^ 



^r.. ü' 



406 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [330] 

jUi ^c-JÜl ^- villi -u;j ^A, i^L 2^1^ J i<U Uli, jj^ ^-M* ^^1 Ale 

y\ Ä*^ Je '*Li /»-ULs ^'ijr-^ O^^L^ t^U«_>j -w^ Aj,,*^ ^j-^. o^j-*-^ cri."^' 

^^ülJI b_^..wi l^\ i ^^^j ^jjV ^> %.^1 ^^1 ^jj o^i ^:j 'bLl* 

;yLj<J dL^j l2-__^l ^^^^ ^'jj ^j>. J-:.>-- Ul jUJ 10^ u j^ jej 

_^Jl^ ^'^jyk? ^^1^1 -^^. t>-«-^j tj-^^ (_^_^1 lijfc fJ.^^ ^'^JLb '>-5j>.j 

yj :..A-" Jl ;;UV1 ^Jl^ V^::^„ ji -^^ J^ (v^. J^J ^^ ^"^'^^^ C^"^ ^^^ -'jyJ<^\ 

1. B om. J. — 2. B Ui. — 3. B J/j.. - 4. B 'UJ^o. — 5. B (1. ... >Jij) s^j^^ ^*^lj 
^^^^ — 6. B i*J'. — 7. B (1. ... Jjoj) L^,.^' ^,UjJ! ^Oi J^. — 8. B add. ^^1 

L^^M Ji. - 9. B ^Vj- - 10- ß (1-- ^^•.-^'' ^-1 f-^ >t-^-'' d'^J ^'^^ c'^>' t-^^' v_5-^^ 

,,^^1, _ 13. B biiU. — 14. A om. ... iJ-». — 15. B add. l.^^l — 16. B j^^'^^, A 
,Uj|. — 17. B fl^^. ,! /i. - 18. A ^!,l!. — 19. B ^.,1 K-'j. - 20. B J^b. — 21. A 

i.^. — 22. B U:*.UU. — 23. B A5^i. — 24. B om. — 25. B ,.,.-^^W. — 26. B J. 

^cJ:\ — 27. A om. ... »^.'^-J ^j. — 28. B J^3L. — 29. B add.j^j^, J^ j^ ^^.^^^ 

-.ju^''. — 30. A om. ... J^^. 



Samuel resta chez le vieillard pendant trois ans, hii obeissant dans tout ee 
qu'il lui ordonnait. Apres cela le vieillard moiirut. Le saint jeünait chaqiie 
semaine et pratiquait de nombreuses devotions. Piiis il fut ordonne pretre de 
Teglise d'Abou Macaire (Maqdr). Peu apres, arriva dans le dcsert le tome de 
Leon {Ldoun) qui y Tut lu : les vieillards Tentendirent et il leur fut penible. 
Anime de zele par l'Esprit, Samuel s'elanga au milieu d'eux, saisit Tecrit, le 
dechira et dit : « Anatheme sur ce tome ignoble, sur quiconque partagera sa 
croyance; malediction snr quiconque alterera la foi ortliodoxe, celle de nos 
,oi 72 r saints peres. » * A celte vue, Lenvoye se mit en colere et ordonna de le frapper 
avec des massues, puis de le suspendre par les bras et de lui donner des 
coups de poing : Tun d'eux l'atteignit a ra3il qui fut arraclie; ensuite il or- 
donna de le cliasser du couvent. L'ange du Seigncur lui apparut et lui com- 
manda de partir et dliabiter El-Qalamoun. Ouand il y fut rcste quelque 
temps. enseignant a chacun ä perseverer dans la foi ortliodoxe et ä ne pas 
croire ä la foi de Clialcedoine (AAa/ryrtc/oif/??^«/*), Ic .Moqaouqas fut informe de 



[331J 8" KIHAK i\ DECEMBRE). 407 

H,^ 4^>l^ J ^..o^l -Ujl ^jLi ^r^^ \ ^y^-^ '"'bj-Li-li CJbt. ^\ y^^\ ^5^ 
UJs^oJ H^J-^ (visjJl ^^^1 Aju d)^3»i::Ij jl i^L»^l A-) g . " .>■■■ > i (^Lj>- ^»-5j U^O JLKS 

^1 ^"^bj^^J ^'^bjÄ^li t^^^l -^^ L^j ^'bb Jl y_^\ \y\ ^^ J jj-JiJL ^^^ ^\ :il*9 

ji l^ djy Ji j^aJ dLLsJl J ^^^T^ *£ jl Co 1xä9 ^^JbVl ^^j_^^ ^-^l (3 

J b^^ ~^pLLi "^''^liJli 4^U ^Lä9 C)_^1 ^^^y v_jyj b-^^-^ ^"^J/J ^^ ^'^d.^ 

1. B y^ .^^- — 2. A ow. ... jSj. — 3. A »J^Jsj. — 4. B om. — 5. B ^>^. — 
6. B (1. ... j^f^, ^J,) iäJai Lwji' ^ «^1 ^<oy. — 7. B ^3^'j. — 8. A 5jj,d.!j. — 9. A 
J'..^. — 10. B .i^j. — 11. B add. .1. — 12. B Sj,^. — 13, B o/?z. — 14. B LJ^L 
— 15. BLsxj. — 16. B i~^iü. — 17. B (1. ... ij,) J-;^tj J^ ^ hj^ J.J_3 5X.3. — 18. A 
U^_. _ 19. B JUs^l. — 20. B iJ.W! ^ ^ß. —21. B ,U.'. — 22. B U:>!. — 23. B 
^jff^. — 24. A om. — 25. B ^\. — 20. B ^i^j. — 27.^B oUj,. 



lui : il alla vers lui et rusa jusqiiä ce qu'il l'eut saisi; alors il liii donna 
de nombreux coups en disant : « Dis que le concile de Chalcedoine est or- 
thodoxe, voila tout, et va-t'en. » Mais le saint n'obeit pas ä ses paroles. Alors 
il le chassa de son couvent. Samuel partit et habita dans iine eglise. 11 
arriva que les Berberes (El-Berber) j vinrent; ils le prirent pour Temme- 
ner avec eux. Le saint demanda ä Notre-Seigneur le Messie de le delivrer. 
Toutes les fois qu'ils le faisaient monter -sur un chameau, Tanimal ne pouvait 
plus bouger, malgre des coups violents. Ils le firent descendre et ils parti- 
rent; il revint ä son couvent ä El-Qalamoun. Ensuite les Berberes y vinrent 
une seconde fois, le prirent et Temmenerent dans leur pays. Ils s'emparerent 
avec lui d'Anba Jonas (ro?</ies), higoumene de Scete. II se joignit ä lui et 
ils se consolaient Tun Fautre. Le maitre de Samuel voulut le forcer ä ado- 
rer le soleil; comme il n'obeissait pas, il attacha son pied ä celui d'une 
jeune fille et les mit dans le desert pour garder les chameaux dans l'espoir 
qu'il tomberait avec eile dans le peche et qu'il serait docile ä ses paroles, 
comme le lui avait conseille le diable {Iblis). En tout cela, la force du coeur 
et le courage du saint ne firent que s'accroitre. Cela dura jusqu'ä ce que le 
fils de son maitre tomba malade et fut sur le point de mourir. Samuel pria 
sur lui et le guerit; sa reputation se repandit dans ce pays et lorsque quel- 



408 SYNAXAIRR ARABE JACOBITE. [332J 

iOi;^_i^ J^cl^. 9^V1 Uj. Jl5j ^.JÜl ly>. s^>^l b^^:. pb -^:V1 ^1 ^:<- 
<:^L; i^^U c>^ Uj i^Oi^-V-Ji ^ Cf„^\ ^Vl ^'^ÄA. ^:>=. ^ iiLj c>Vli.j 

^^ 23^>vi ^Ji Jl p^Uj 



0=^ 



1. A Jl^ij. — 2. Bow. ... J-^^j. — 3. B (1. ... iJlw.) -^O Jxi! »Jjy U J Jlij. 

— 4. B i.L,U. — 5. B om. — 6. B add. jj^\ ^\. — 7. B o/n. — 8. B add. ^,'. — 
9. B om. >_.^' IJ-». — 10. B ^:^. — 11. B ol-J^. — '12. B IIj. — 13. B om. 
... j^jJ!. — 14. B o/n. — 15. B !y-»U^. — 16. B add. i^^\ ^JJ! ^-rr-Jl -^i ^^' ^5^'J- 

— 17. B a^^. ^J^^-iJl. — 18. B ^\j w\3. — 19. B ^'^\^. — 20. B ^,^1. — 21. B 
om. et add. Jj.j^^ t^^ — 22. B add. ,^ l^j^'^ bU! ^y L^j^. L.-bl ^^^ biüAJj 
yjJl. _23. B(l. ... ^c 



^■bl 



qu'un etait malade, il priait sur lui, l'oignait d'liuile et il etait gueri. Son 
maitre Faima beaucoup, s'excusa de la faule qu'il avait commise envers lui, 
implora son pardon et lui demanda de ne pas le punir. II s'informa aussi de 
ce qu'il desirait pour le faire. Le saint forma le projet de revenir ä son cou- 
[01.72^. vent. Son maitre ly renvoya sur une * monture avec des messagers. Ses fils 
(spirituels) se reunirent a lui; ils se multiplierent et devinrent des milliers. No- 
tre-Dame lui apparut et lui dit : « Cet endroit seraeternellemcntma demeure. » 
Les Derberes ne vinrent plus attaquer le couvent. Ce pere pronon^a de nom- 
breuses exhortations et desdiscours, et prophetisa la venue de cette nation, les 
emigres (les Arabes). Quand le jour de sa mort approcha, il rassembla ses fds 
(spirituels) et leur recommanda de rester fermes dans la crainte du Seigneur 
et l'observation de ses prescriptions, de lutter pour la foi orthodoxe jusqu'ä 
leur dernier soupir. II mourut en paix. On raconte qu'un de ses fils (spirituels) 
etait mort. Quand Anba Samuel alla pres de lui, son anic lui revint, il s'assit 
et Tentretint, lui et ses freres, du ehätiment des peclieurs et du repos des 
saints; puis ce frere retourna ä .son repos. Que la priere de- ce grand saint 
soit avec nous et nous garde, ainsi que vous, jusqu'au dernier soupir! Amen. 



[333] 8« KIHAK (4 DECEMBRE). 409 

\^ ^^_.-A aW ^I-La ■^jli <s^\ ^l^"j "^ ^s^} ^^ ^ o^..-^^ -yii-1 U,j ^4jj 




\., ...>..,, AuLil (j^ r*rr^ ^^^ pjbj^^j ^ ^y>j3^^j - jj>c^\ J, jf.-*Jb <'_j-^^^>— Vi 

1. Uj! p,J! lijs Jj. — 2. B om. — 3. B i^b. — 4. B o/?z. — 5. B 13-*^. — G. B add. 
J K. — 7. B arfc/. .,U ^.. — 8. B om. — 9. B l^j. — 10. A l;:;^.!. — 11. A Uj-^-o 
t^b-. — 12. B J^-l ^JJ. el o/n. Jic. — 13. A ^^,. — 14. B J^\ ^'^'- — l-"^- I^ 
i>,jj_C!. — 16. B om. ... Ä-J, A i>:» ,Uv. — 17. A »^i forsitan unc^d>on versionis copti- 
cae. — 18. om. B. — 19. B add. 'L^y. iJo Lil — 20. B Js IJ^ J*^^. — 21. A ^"ij. 
— 22. B ä^l l\. — 23. B add. ^. — 24. B (1. ... \y^) hyjSL^l ^y'^'^^^ J- — 25- B 
(1. ... luoi) yb .,! X' Jj ^ jl ^P y_Jü ^^rr-?.-'-^^ L^'^J- — 26- B JüL — 27. B add. 
^ U ..Ji*.n. — 28. A ^^. — 29. A om. y:^)\. — 30. B om. h^^^^^S J^ — 31. B 
(1. ... Uij) y.-^Jid! !jJ..v^. — 32. B i>x^j ef «c/c/. !la>. 



En ce jour aussi, moururent martyrs Anbä Paisi [lü] ' et sa soeur Tliecle 
{Takiah). Ce saiiit etait d'Aboiisir, ä l'ouest crEl-Ochmoimain; il etait posses- 
seur d'une fortune considerable, de champs et de troupeaux. 11 donnait aux 
pauvres les toisons de ses moutons et faisait des aumönes aux inalheiireux. 
II avait ime soeur, nommee Thecle, qull aimait et, pour ami, uii marchand 
importaiit appele Paul {Boulos). II arriva que celui-ci alla ä Alexandrie (El-Is- 
kandaryah) pour vendre des marchandises et tomba gravement malade. II 
envoya chercher son ami; quand celui-ci fut arrive, il le trouva gueri. C'etait le 
temps de la persecution. Anbä Paisi et Paul depensaient leurs richesses pour 
les saints qui etaient ä Alexandrie et ceux qui etaient en prison, et les ser- 
vaient eux et leurs esclaves. Un des saints leur annonga qu'ils obtiendraient 
certainement la couronne du m.artyre. En ce meme temps saint Victor {Biqtor) - 
fds de Romain {Roumdnous), le ministre qui etait ä Antioche {Antdkyah), vint 
ä Alexandrie. Quand les saints le virent, ils envierent * sa conduite et son eloi- * foi. 73 r. 

1. Wüstenfeld. Isa. — 2. A. Botros. 



/,10 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [334] 

i^^i Jl C;-l^j ^Ui 1^1 J ^J^ jl 1^ U^ij i-^a<r <::^V ^ ^ Jl dSl. 
«üVl S-Olj ^^ü-uJl ^'^i^ 1^.:lL^ ^^^Ij>-jj >_3^ IJ Cj^^y^j -^" J-i v^^ v^" 

28 V ^j 27ju^l ^^JUl 2<''^aJj jl jyr e5>Vb ^^^^^ ^b b-^^ -^j '"^^-^j 
Ljj ^Vl jl c.>-.«->' "Cj-Cx^Vl oA^ Ui \jj I-AjI i^ ^^li "^j jj^ ^^ 

ljj.i!i ^^^_^1 Ul jA ^J "^•^4;|_jA:^^V1 ^2j;fcl ^ ^^- C'>^ '^^ \^y:^:> JL^ Jj 

1. B i^l>. — 2. B ^:r-^'U — 3. B (1. ... ^jx> ^,1 ^-t j) ^Jj-J' cüL. ^^1. — 4. B 
Jjts^j. — 5. B ijb.9.1. — 6. A i=L.."ilU — 7. B ^^. — 8. B _a>^.. — 9. B^U. — 10. B 
oin. — 11. B a^Uj.. — 12. A ^^^. — 13. A om. — 14. B i^::^! ilvJ. — 15. B ^j-^- — 
16. B (1. ... CU-'jii) CU3!^ Uj. — 17. B (1. ... ii) ^c^'^^j ^-S^ ^^^ ^ ^ ^.^ ^^^-9'- — 
18. B iJj. — 19. B I.UI l-Js^. — 20. B J'^^. — 21. A Ujjo.. — 22. A .ji^U^L. — 
23. B 0/72. — 24. B add. J^L. — 25. B add. Jb Lj -^^ Ü!». — 26. B UjJL. _ 27. B .w* 

J^l. — 28. B ^O A. — 29. B (1. ... ^J^^) Ij.jJ'. — 30. B ^^^c^. — 31. A om. — 
32. B add. i^.J.». — 33. B ij ,Jj-Ct. _ 34. ß <j^Ij M. 



gnement pour le monde. Anbä Paisi alla trouver le gouverneiir et confessa 
Notre-Seigneur le Messie. Le gouverneur ordonna de le chätier, puis de le de- 
pouiller de ses vetements, de le garrotter et de le broyer, puis de lui mettre 
des torches enflanimees sur le corps, de le coucher sur le visage, de le frapper 
ä coups de fouet et de lui couper les membres. II supportait tout cela; Tange 
du Seigneur, Raphael {liafmjil), veillait sur lui et le guerissait de ses bles- 
sures. Paul, son ami, pleurait sur lui ainsi que ses serviteurs. L'ange du 
Seigneur apparut ä sa soeur Thecle et lui ordonna d'aller rejoindre son frere : 
eile se leva et alla vers Ic fleuve cliercher une embarcation; eile n'cn trouva 
pas. Une barque spirituelle lui apparut et Femporta : Notre-Dame, la mere de 
Dieu, et Elisabeth {Alimhäl), sa cousine, s'y trouvaient. Elles l'encourageaient 
au sujet de son frere : « Moi, disait Elisabeth, j'avais un fils et on lui a tranche 
la tete injustemcnt. » L'autre disait : « On a crucifie mon fds par haine. » 
Thecle ne savait rien d'elles et aucun songe ne lui avait apparu ; (juand eile 
arriva ä Alexandrie, eile crut que c'ötait un reve. Des son entree eile com- 
menga k s'infornier pres des gens de la ville oü etait Anbä Paisi. On lui disait : 



[3351 ^" KIHAK (4 DECEMBRE). 411 

i8^^_^jl_I, ^^^_ ^^a-r-* J^ ^J^ L5^-3^-? ^^^^ ^^^ "'"^'^-J ^^^^ ^ri J^*^ 
Iji^l Ua»! j^;U <J15C;' ^^^j'l ^"'^(j^^.r^^J ^^ Lrl^i ^^^^ ^^'Lj^j^L^-I ii^U * ^_^kLio * foi. -3 

^1 ^^l:«^ jjS^ ^_^>^\ Uj^Lu ^^^dl^i J.*. hi^iW 

1. B ^Ij U'. — 2. B io^JJ^!. — 3. B (1. ... ^y Js) ^U Uü! l^=kL CU^^'^1 Ul9. 

— 4. B UU. — 5. B ,*AJJ^«. — 6. B *aJ_ ij!. — 7. A ^.^^! J!. .0^,^. — 8. B 
j-^^J!. — 9. B U,. — 10. A b ,L. — 11. B add. iJLs. — 12. B !,J^lj. — 13. B , wl,. 

— 14. B iUj U. — 15. B om. ...' Jxiä. — 16. B yb^. — 17. A Li. — 18. A j:,W- 

— 19. B *>.iLo.!. — 20. B UU. — 21. A ^y. B add. ^"^ . — 22. A ^^J%\.. 

— 23. B jJ^. — 24. B om. ^tCJi) Jjo. — 25. B (1. ... U^Ui:.) W^y ^^'' ^'^\- 



V". 



« Qu'est-ce qui est Anbä PaTsi ä Alexandrie ."^ » Elle ne cessa pas jusqu'ä ce 
qu'elle Teut rejoint. Ils convinrent de recevoir le martyre et se presenterent 
devant le gouverneur. II leur fit subir les plus terribles supplices : on les 
dechira avec des crocs, on les brüla, on les perga de clous, on ecorcha la 
peau de leurs tetes : le Seigneur les fortifiait et leur donnait la patience. Puis 
le gouverneur les livra ä celui d'El-Rhosous pour les emmener dans le sud. 
Quand ils se furent avances un peu en bateau, le vent manqua : le gouverneur 
ordonna de trancher les tetes d'Anbä Paisi et de sa soeur Thecle et de les 
jeter dans les epines et l'halfa, ce qui fut fait, et ils regurent la couronne du 
martyre. Dieu envoya une revelation ä un pretre de Chentouf, *.nomme Ma- *foi. 73v". 
caire {Maqdryous)^ et il recueillit leurs corps. Quant ä Paul et ä Apollonios 
[Abouloumjous) , fils de Thecle, ils regurent plus tard aussi le martyre. Que leur 
intercession ä tous soit avec nous! Amen. 

1. A : lydri; Wüstenfeld : Ibari. 



/.12 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [336] 

iju y ^ji dUi V-J3 ^^^^j ^^j -oV^ Jf-v ^^'-v^i j^ j^ i>^ ji^j 

28j^Ju, ^^1^1 j. ä'^,^ A=.jj U^l J\ 2«^j 'Äj^-Jl at^l 1^1 Js. 



1. B a^c?. j-^i:.. — 2. //«ec commemo ratio deest in Ludolf. — 3. B ^J, ijl 'i^\ V. 'j^' 
Jx*. — 4. B om. et at/ö?. loj. — 5. oin. B. — G. om. B. — 7. B ^.-^! ^J■'. — 8. B om. 
... ^oy. — 9. B UL. — 10. B J-Ol ^^.-. — 11. A j'^j. — 12. B om. — 13. B ^^ J 

yr.Ä3'. — 14. A ^5^^. — 15. B (1. ... J) i^:^l. — 16. B ^j-U. — 17. B JJ^l J^^M. 
— 18. B *^x3,li.= . — 10. A add. iter. <>>.ii ly~.ljj. — 20. B J-At — 21. B add. ^^,. — 
22. B :>\y — 23. B J;-^i^.. — 24. B om. — 25. B add. 'i:>\LS\ J^-j J{ Ji^. — 26. A 
,,^^3. — 27. B r^. — 28. B 1-ji-V.- 



NEUF DE KinAK (5 decembre). 

' En ce joiir mourut saint Pamim {Bamin)- ., martyr sans effusion de sang. 11 
etaii de Miiiieh-khasib, d'entre les cantons d'El-Ochmounain, pres de Torsa% 
et servait un homme important en qualite d'intendant. II etait aime de tont le 
monde ä cause de sa purete et de sa vertu. La femme de ce personnage avait 
une grande confiance en liii. 11 reflecliit ä la fragilite de ce monde, abandonna 
sa professIon, alla dans un couvcnt de cette ville et embrassa la vie monas- 
tiquc. (^uand le magistrat chez qui il servait apprit son depart, il alla avec sa 
femme lui demander de revenir et ils s'allligerent k l'idee de se separer de lui, 
Comme il n'y consentait pas, ils s'en retournerent attristes de sa Separation. 
Le Saint prati([ua de nombreuses devotions; mais il ne s'en contenta pas et 
voulut etre martyr et verser son sang au nom de Notre-Scigneur le Messie. II 
alla ä Antinoe [Aiisina) oü il trouva bcaucoup de chretiens dans les tourments. 

1. Gelte conimemoralion manque dans Ludolf. — 2. Assemani : lamin; Malan : Namin. 
— 3. AN'üst. : Tursa, var. Niisa. 



r" 



[337] Q' KTIIAK (5 DECEMBRE). 413 

«■UaC-Vl « .Ufl'j ^ .äJIj v^^JaJl ^ I^^JS UA.C. ^jJj»9 rc—v— Jl -V~ül Ual «Jb ^^^^U 
/^-Jalla.>J ctiLj jU^Vl i:^^^ C-isibI »i-^U oll« ^i^i ^A i^Jj *-Jl ^oL '^-«^„J ^^r^ 

*-;.*^ ^'^a-1? ^^*i^. c^"^ V^ ^""'j-^. f»-i? ^-^-^ ^^ Vi ^^ V-?-^ c$[r^ Vj^ ^•'^<5CU1 oil^j 

1.. B ^rr^'^- — 2. B j^ v^!ls ?jj jjiä. — 3. B om. — 4. B w-^'i-JL — 5. B 

(1. ... J-^1^) J^ J,s^. ^^Ij. — 6. A^^. — 7. B bj^. — 8. B ^^.JJl. — 9. A (1. 
... j^^) ^_,j3lj. — 10. B ow. <J^\ \y:2^. — 11. A U!j. — 12. B ow. — 13. B om. — 14. (1. 
... -Ll-) X~»j^ v^CJl. — 15 B .^ij' Jj. — 16. B add. l^:^ ^^ et om. y. — 17. B otii. 
— 18. B ».lj.:>. — 19. A Ji. — 20. B ^^^. — 21. B add. ^^^ 'j--^-^j l^^-O.^ J, l^=^^=i^ 
l^Jj. — 22. B (1. ... U=^j) '•^^^ tj^ ^jr.^'3- — 23- B ^-'- — 24. A om. — 25. B add. J^. 



II confessa lui aussi Notre-Seigneur le Messie et siibit de nombreuses tortures 
par les coups, le feu, ramputation des membres, les pressoirs, les crocs, les 
broches brülantes enfoncees dans le corps. Pendant tont cela, Notre-Seigneur 
le Messie lui donnait la patience et le maintenait sans douleur. Sur ces entre- 
faites, l'idolatrie cessa, le pieux Constantin {Qostantin) regna et ordonna de 
relächer tous ceux qui etaient dans les prisons. Notre-Seigneur le Messie ap- 
parut ä Saint Pamim et l'avertit d'aller trouver tous les saints qui etaient dans 
les cachots et de les avertir qu'il les comptait au nombre des martyrs et qu'ils 
auraientle titre de conlesseurs. L'empereur Constantin ordonna que soixante- 
douze d'entre eux se presentassent devant lui, parmi lesquels Abba Noub 
le confesseur. Ils allerent le trouver. Quant a saint Pamim, il habita dans Mol. -'i i«. 
un couvent bors d'El-Ochmounain. Le Seigneur le favorisa du don de gueri- 
son. Sa renommee se repandit dans toutes ces contrees. La princesse, femme 
du prefet de Rome (Rournyah), souffrait d'une maladie opiniätre qu'aucun 
medecinn'avait pu guerir. Elle avait visite beaucoup de couvents et des eglises 
sans trouver de guerison. Quand eile arriva ä Antinoe les chefs la virent et 
sV'tonnerent de sa venue : eile leur en fit connaitre le motif; ils lui conseil- 



414 SYNAXAIRE ARABR JACOBITE. [338] 

.ji^j ^\c ^-^1 ^^ '^c^^-'^ ^'^ ^J^ V?"-^ ^bj V"^' ^^^^-=^* oaä--. ^Ul 

aJ Klij ^^(v^ ^Jüi) ^üL-Vi ^'^(_/^ .^ojül ^ ^\j^ ^^3 ^^l^^ls ^ij^ b-V:. 

1. B (1. ... O^-^) t^•A::^^ ^ |_^j1 'ij^ 9'y^3 «JU^^-Ä-'i. — 2. B OtH. — 3. A o/?z. 

... JUj, — 4. B Uj. — 5. Ao/;z. ... C^lj^. — 6. B (1. ... l^^i^) c^^->j! l^L — 7. B ow. 
— 8. B l^;^. — 9. B CU^^. — 10. A JUI. — 11. B adcl. ^y\. — 12. A om. — 13. B 

^^»jJ!. — 14. B add. ,*>1^1 y^y}.. — 15. B cj-^'^v — 16- B W^.^. — 17. B Jils. — 



18. B (1. ... j^>) A^^ ^^^^oJd!. — 19. B (1. ... Ji) ^) ly-s.1 UjJ ^>. — 20. B (1. 
... U^j) Ul^^. — 21. B i^. — 22. B yUj. — 23. A J'L — 24. B (1. ... wääw"^!) 
wüuobJJ. — 25. B U:c. — 26. B (1. ... <^--) Ui *.^;>Jj'j !y^l SJ- 



k' 



.d' 



lerent draller trouver saint Pamim; eile s'embarqiia sur un bateau et vint au 
couvent. Lorsqu'on informa le saiiit de son arrivee, il ne se häta p.as de 
sortir : « Qiie m'importent les rois de la terre? » dit-il. Un grand nombre de 
freres Ic prcsserent de sortir. Quand eile le vit, eile se prosterna a ses pieds 
et son visage lui apparut comme celui d'un ange de lumiere. Le saint pria sur 
de l'huile et Ten oignit. Elle guerit sur-le-cliamp et lui offrit de grandes ri- 
chesses et des cadeaux. II refusa de prendre autre chose qu'un vase d'eglise, 
une Ijoite ä hosties, une coupe et une croix d'or. Puis eile retourna dans sa 
demeure en louant Dieu. II y avait lä un saint eveque qui celebrait une fete 
avec une troupe de fideles dans le couvent de quelques martyrs. Des lieretiques 
s'etaient clioisi un faux eveque et de faux martyrs dont ils celebraient la 
feto et ils egarerent les coeurs d'une partie de la communaute des croyants. 
L'eveque alla trouva saint Pamim et se plaignit ä lui. Celui-ci demanda au 
Seigneur d'aneantir les projets des heretiques. Puis, il prit dans sa main une 
brauche de palmier : ceux qui etaient avec lui en firenl autailt; ils niareherent 
contre eux et les chasserent; Dieu dispersa leur reunion et ils nc rcvinrent 



[339] 10" KIIIAK (6 DRCEMBRE). 415 

'Jl^j^ ^jiljl Jj; U jl^j j*:i ^\j jl^ lÄAj p.*i^l <:;> JL-^^ ^> v_i^ uUl 

4.iJl^ ij:>^ ^\j J\j^ ^\ ^ Jlis Co'l JL.J ^j.5Li «Ulf. ^^_ jA \xf^ b-*f-y 

1. B ^Hy — 2. B U(. — 3. B (1. ... j^f^\ Ji-^j -^U.^. — 4. B (1. ... Jw U^) ^JJI 
^c.! .J^ ij'. — 5. B *»U;L — 6. B (1. ... *.L') J-'j ^.H ^'. — 7. B om. — 8. B 

om. — 9. B h:^_^. JK — 10. B add. j^^ ^^^ J v.::^:-^ j- — H- B (1- ••• ^^) ^^ 



plus lä. Quant au saint, il devint vieux et fut atteint de la maladie dont 
il devait mourir. II rassembla les freres, les exhorta, les consola et leur 
apprit que le temps etait proche oü il irait retrouver le Seigneur. Ils 
s'affligerent d'etre separes de lui. Puis il rendit räme entre les mains de 
Dieu. Les freres Tensevelirent magnifiquement , chanterent les psaumes 
ainsi qu'il convenait, * et son corps fut un refuge pour quicon(pie venait pres »foi. 74 v-. 
de lui et dans son eglise avec la foi. Que son intercession agreee nous pre- 
serve des coups de l'ennemi acharne, jusqu'au dernier soupir! Amen. 

Dix DE KiHAK (6 decembre). 

' Sachez, mes freres, qu'en ce jour saint Abba Djoöre (Chourah) regut le 
martyre. II etait de Djindjib {Chinchtf), un des districts de la ville de Chmin 
{Akhmtm), et gardait les troupeaux. Lorsque Arien {Aryänous), le gouverneur, 
descendit ä Chmin, il ordonna de lui presenter tous las chretiens. 11 y avait 
einq soldats qui etaient sortis : ils trouverent ce jeune homme qui gardait son 
troupeau. Ils lui demanderent : « Qui es-tu? )) II repondit. (( Je suis chretien. o 
Ils se precipiterent apres lui pour le saisir, mais ils ne Fatteignirent pas. 

1. Celle commemoration manque dans A, Wüstenf., Assemani, Ludolf, Mai et Malen. 



416 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. ' [340] 

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1. B^^H^. 



Alors ils prirent des moutons et les emporterent sur leurs chevaux. Quant ä 
lui, il revint ä eux avec soii bäton, les frappa et leur reprit ses moutons. Ils 
s'en retournerent ä la ville et informerent Arien de ce qui etait arrive. II fit 
venir le gouverneur de Djindjib et lui dit : « Je te le jure, par la vie de 
I'empereur mon maitre, si tu ne in'amenes pas ce berger, je te couperai la 
tete avec le tranchant de I'epee. » Le gouverneur sortit sur-Ie-champ, con- 
voqua les cliefs du pays et les informa de ce qui lui etait arrive Comme ils 
craignaient qu'Arien ne ravageät leur territoire, ils se saisirent de saint Abbä 
Djöörc, le garrotterent et ramenercnt ä la ville de Chmin. Le gouverneur or- 
donna de le mettre aux fers en prison jusqu'au matin. Quand il entra en prison, 
il y trouva une troupc de chrelicns qui fortifierent son coeur pour le martyre. 
Pour lui, il persevera dans la lui du Seigncur. Le Icndcmain, le gouverneur 
siegea et ou lui presenta ce jeune homme. — II lui demanda : « D'oü es-tu 
et quel est ton nom? « II reponrlit : « Je suis un berger chretien des gens de 
Tnaeis (Tanäi), habitant ä Djindjib; je ni'appelle Djoöre. » — Le gouverneur 
reprit: « Pour quelle raison t'a-t-on aniene devant Tinstrument de torture? » 
— (( Je n'en sais rien, dit-il, mais je suis pret ä Tapprcndre. » — Le gou- 
verneur, admirant la beaute de sa jeunesse, car il etait äge de vingt-liuit 
ans, lui dit : « Djoöre, il m'est revenu beaucoup de choses sur ton compte; 
sacrifie maintenant aux dieux et je te pardonnerai lout ce que tu as fait : si 






[341] 10« KIHAK (6 DECEMBRE). 417 

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Xj»- JuÜ! jo Uj ^^,U::*J1 Ij-s««;' j^:^- J>;^|_ U;j 4^,19 ^_$^ ^^iiOl 1-Ia 'ijyt U 
_^,_=.-Lül .».,»5«c*:i j»^,^b!j (*rr''^ '*'-^j J^o^s ijj.^ _^i vs*^j ^l>Ji dUi ^ (_5^^' 



tu me refiises, je te ferai siibir de grands toiirments ä cause de ton audace 
envers mes serviteurs et de ton refus de te prosterner devant les dieux de 
l'empereur. » — « Je ne t'ecoute pas, repondit le vertueux jeune homme; fais- 
moi vite ce que tu veux. » Quand le gouverneur vit son audace, il ordonna de 
lui appliquer les crocs et de le broyer tellement que ses flaues faillirent etre 
perces; puis il fit allumer du feu sous ses pieds, appliquer des torches ä ses 
flaues, et verser du feu sur sa tete. II supporta toutes ces tortures en remer- 
ciant le Seigneur. Le gouverneur le croyait mort. Quand on le trouva vivant, 
il ordonna d'apporter du vinaigre, d y faire fondre du sei et de le faire chauf- 
fer. Le saint supporta ce supplice. Lorsqu'on l'eut jete en prison, il se tint 
debout, etendit les mains et implora Dieu. L'ange du Seigneur lui apparut et 
lui dit : (( toi qui es pur devant Dieu, Djööre, fortifie ton coeur et sois brave : 
demain je placerai sur ta tete la couronne de gloire. » Quand il entendit ces 
paroles, son coeur fut raffermi; il se mit ä chanter des psaumes, si bien que 
les prisonniers s'etonnaient. Le lendemain, le gouverneur siegea et ordonna 
de lui amener saint Abbä Djööre. Celui-ci etaic joyeux et semblait n'avoir pas 
ete torture. Le gouverneur fit venir un magicien qui connaissait les conjura- 
tions et lui dit : « Rends inutile la magie de ce chretien. » II repondit : « Je la 
rendrai inutile et je le couvrirai de honte. Alors il prepara une coupe de poison 
et la donna au saint pour qu'il la büt. Mais eile lui echappa de la main et se 
renversa; il en sortit des viperes qui se dirigerent vers Djööre. Celui-ci mit 
les pieds sur elles et les ecrasa. Le magicien iut etonne et dit au gouverneur : 



418 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [342J 

4j|j AJ^ ^=^^^' ^Up-V^ /^-o A^lj *y As ^__AÄJ1 jl^j <*„Uc _^^ jAib_ Jj c-IasJIj 

^j^J>c^ ^j--:^-:-*^-:. j^ ^-«^ ^^ ^-i?-* ^-^-^"^ i^^ ^■'^' J^y^"^ "^^^ lt^^ ^j-% ^j^j 
ilj.)l c^^-^-J '*^. l^»^-«^j ^L>Vl bjAi^^ls -'^r^^ "^^ '-^^y "^.-^^ -^y^ (J^ bj.il*j 

A^J\ y.^ (J^ i^lLM ^:>_A-o Sy__J^\ ^yj^ crt."*^^ "^■^T^ ly'^ ^^-^^ ^-^ j ^ 

1. Les^e , ft^. — 2. ZTaec commemoratio deest in B ei Ludolf. — 3. A U^s-'., 

(( Je ne puis rien contre cet homme : il est fortifie par son Dieu. » Alors Arien 
lui parla avec doiiceur et perfidie, mais il ne put clianger son esprit. Le saint 
avait soufllete un des gardes qui perdit un oeil : il trempa son doigt dans 
le sang qui coulait et fit une marque au soldat sur son oeil creve : aussitöt 
il fut gueri et retabli. Alors le goaverneur rendit un arret contre lui en 
disant : « J'ordonne que Djoöre soit egorge comme un mouton et pendu ä la 
muraillc de sa bourgade, pour que les oiseaux mangent sa chair. » Les soldats 
le prirent et executerent Tordre du gouverneur; il accomplit sa lutte et son 
martyre et son corps fit beaucoup de miracles et de prodiges. Que le Sei- 
gneur soit misericordieux pour nous par sa priere ! Amen. 

' En ce jour, on transporta au couvent d'Ez-Zedjädj le corps de saint Severe 
{Säouiros), patriarche d'Antioche (Antäkijah) (512-518). Ge saint mourut ä 
Shüou {Sakhä) chez un magistrat chretien, aimant Dieu, nomme Doroiheos 
{Douroutäous). Apres cela, il l'envoya sur un bateau, avec une troupe de gens 
sürs au couvent d'Ez-Zedjadj, qui est ä Toucst d'Alcxandrie {El-hkandaryah) . 
II leur recommanda de ne pas penetrer dans le canal, mais d'entrer dans le 
lac et d'abordor de lä au rivagc. Quand ils furcnt arrives ä Qarisä -, un 
peu au nord, ayant avec eux le corps sacre, ils s'avancerent un peu vers 
Tonest et ne trouverent plus assez d'eau pour les porter. Ils se fatiguerent ä 
trainer le bateau; ils chercherent un moyen pour naviguer, mais ils echoue- 
rent. Ils resterent stupefaits et troubles ainsi qu'il est öcrit : Us out i>le 

1. Gelte commemoration raanquc dans B et JAidolf. — 2. Wüstenf. : Cartasa . 



[343] 10« KTiiAK r, i)i;(:r:MP)UE). /.lo 

U_L^ ^JLs>- JL^i "d^ ,^-^. e?^"*-'' 'r^^'^ (J*=^ "^^'i^J ^y^^i (v' ^IäJi >^g..,.'i (JJlo 

1. //«ec commemornlio deest in B, Wüstonfeld, Ludolf, Assemani, Mai et Malan. 
— 2. A ^Mj'^'- 



agites cl trouhJi's et leur sagesse a disparn\ Mais Dieu qiii aime le genre 
liiimain, qui a soustrait les Israelites aux yeux de leiirs ennemis, leur a oiivert 
un chemin daiis la mer Rouge et les a fait passer, cacha le corps de saint 
Severe au peuplc des heretiques, car ils le haissaient apres sa mort comme 
pendant sa vie ä cause de ses paroles qui tranchaient dans les coeurs comme 
uue epee aiguisee. Ensuite, il manifesta ses miracles : le vaisseau commenga 
ä avaucer aisement pendant six milles jusqu'ä ce qu'ils arriverent ä l'endroit 
oü ils debarquerent. 11s transporterent ensuite le corps au couvent d'Ez- 
Zedjädj et le placerent dans l'endroit qui avait ete construit pour lui par le 
magistrat Dorotheos. II y eut une grande joie dans le pays et particulie- 
rement dans la ville d'Alexandrie, Dieu fit arriver des miracles et des pro- 
diges par son corps, ä ce point qu'une des dents du saint etant tombee de sa 
bouche pendant qu'il etait en vie, un moine la prit dans le couvent d'Ez- 
Zedjädj, l'enveloppa dans un morceau de soie; eile guerit tous ceux qui 
soufTraient (?), En efTet, lorsqu'on l'apportait dans la ville et qu'on la plagait 
sur les malades, * alors ils etaient gueris. Dieu rendit ce saint plus illustre * foi. ::. r. 
apres sa mort que pendant sa vie. Que son intercession soit avec nous ! Amen. 
" En ce jour, mourut le patriarclie, notre pere Anba Theophane {Taoii- 
fänyous), le soixantieme patriarche (953-956)., apres l'avoir ete quatre ans et 

1. Ps. cvi. 27. — 2. Celle commemoration manque dans B, Ludolf, Assemani, Mai, 
Malan et Wüstenfeld. 

PATR. OR. — T. in. , 29 



420 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [344] 

Ax-lA_iwJ AJijoJi jAnJl Cji^j y^ \^ LLw^>d V— ' »'i ^v— "^».^ yV^-s OL«j «^' "^^^j (V**'**' 

«L»! -^1 joj \^y^ o-u> J>a1 ^ jo ^j)^^^ y^XäW jUl ^Vl ^U LäI "»Jj 

L^lj ^>l.,Vl A^ L-Uj 1^ ji Jl UJj % Vlj;_ j*.ls Ujblli l^yj U^l ^_ IaJj 

Uk-^'jjJ LywU. A.ÜI /|^^' -*-I.l<=^ ^r^' "io^^^l *^ Lo-^J /*-»^' -*^' ■^' -^'^-' ^->^ iV 

jjj U a:^ 4j1 jjJij "iLLÄöJl AjCj\ «LS ^,y^^j ^^l^ LoA3 ^-ü^ -^ «».Ijoj ^^aiJl lÄ* 
^^«.*äJIj UjVl (_^^_ J AiV ^^r*^ j^-« ij_^j^^ jjj^l o^^ «uuJl JLcVl c- _^j^_ ^x. VI 

1. Ilaec commemoratio deest in B. 



six mois. 11 fut tue et sa inort fut miserable. Qiie le Seigneur noiis protege 
contre les coiips de rennemi acliarne, par rintercession des martyrs et des 
saints! Amen. 

'Ell CO jour mouriit aussi le pere vertueux saint Nicolas {Niqouldous); i\ 
etait de la ville de Myrrhe {Mira); son pere se nommait Epiphane {Ahifdni/ous) 
et sa mere Tounah -. C'etaient desgeiis riclies de Myrrhe, craignant beaucoup 
Dien. Ils n'avaient pas d'enfant pour rejouir leurs yeiix et heriter de leurs ri- 
chesses et ils demeurerent ainsi jusquVi leur vieillesse. Le temps d'avoir des 
eiilaiits etait passe et ils desesperaient d'en demander puisque pour eux la 
sterilite se joigaait au graiid age. Alors Dieu eut pitie d'eux et leur accorda 
ce Saint : il en lit des sa naissance un saint aecompli et manifesta cn lui le 
commcncenient de la gräce. En elTet, des qu'il l'ul mis au monde, il se leva 
debout au milieu d'eux, pendant deux heures, pour que sa stabilite dans la 
vertu fül bien evidente. Quand il etait allaite, il ne tetait que la niamelle droite 
pour muntrer que, dans tonte sa vie, il ne boirait (|u'ä la source des actions 
droites. Des sa jeunesse, il a('Conq)lit la regle apostolique, car les jours du 
mereredi et dn vendredi, il ne telail pas avant la neuvieme heurc dn jour. 
(^)nand il eut grandi, ses parents le mirent ä Tecole et il ap})renait par Ti^^spril- 
Saint ce que son maitre ne lui enseignait pas. I']n peu de temps, il posseda 

1. Celle commemoration manque dans B. — 2. W iisU'iir. : Ktina. 



[345] 10'' KIIIAK (6 DKCEMBllE). /i21 

J aJjI« ia-wj j S^^l kr.*5j .iu^ ^liJl 'i^J\ j b-x^j cif>-J^ j^ "Vi ^blj ^liJl 

L&Ujl ;_5-^l *A ^jVjJlJ ^j^-ÜÜl Jj>-4i L&L«J (_$A]1 V« ^^^■äJ ^j-~« TT^^p- l}^ l&Äi-l 



toutes les sciences ccclesiastiques et fiit ordoime diacre. II progressa dans les 
Oeuvres spirituelles, puis embrassa la vie monastique dans uii couveut dont son 
Cousin etait superieur. La devotion et le zele qu'il y montra depasserent les 
forces humaines, et en raison des progres de sa vertu, il fut ordonne * pretre *foi.:5v' 
dans la dix-neuvieme annee de son age. Dieu lui accorda le don des miracles 
et la guerison des maladies. Qui pourrait decrire ses prodiges, alors qu'ils se 
succedaient chaque jour et partout, pendant sa vie ! — II y avait dans sa ville 
un liomme riebe qui devint pauvre, si bien qu'il ne trouvait plus de quoi se 
nourrir. II avait quatre grandes blies qui avaient atteint depuis longtemps 
Tage du mariage, mais personne ne les epousait ä cause de leur pauvrete. 
Satan lui suggera une pensee mauvaise, c'etait d'ouvrir un cabaret et d'y 
placer ses blies. Dieu revela ä saint Nicolas le projet de cet bomme. 11 se 
leva, prifc cent pieces d'or de la fortune de ses parents, les serra dans une 
bourse qu'il alla jeter la nuit dans la maison de cet bomme. Quand celui-ci se 
reveilla et trouva la bourse, il se rejouit beaucoup et maria sa fille ainee. 
II fit de mcme pour la seconde et la troisieme ; mais cet bomme le guetta ; a la 
troisieme fois, lorsque la bourse tomba au milieu de sa demeure, il ne la 
prit pas, mais il sortit en tonte bäte pour voir qui la lui jetait et il trouva que 
c'etait Saint Nicolas. Alors il se prosterna ä ses pieds et le remcrcia beaucoup 
de les avoir sauves de la pauvrete d'argent et de la pauvrete de vertu ä Focca- 
sion du pecbe qu'il avait medite de commettre. — Ce saint chassa une multi- 
tude de demons des gens et d'un grand arbre oü Satan les avait etablis et par 



422 SYNAXAIRR AlUBE JACOBITE. |340] 

d^isL^Vl yj^\ -u;! UJls ci^j -ä^o-^l Aj^£:5 -i^UVl (_^y ^^^ '-^'^■^ j^r^ '^j-f ^— ^^^1 
^L^ k ^yki Uj jlijVl i^^U jl;"ij ^j.;l.i>ii,_:i dlL;' ^^s -^.j ^^r^ ^^ ^^i^^ 

1. A ü^ls-^. 



lequel il effrayait les gens. — II guerit aiissi de nombrciix malades et, en be- 
nissant un peu de pain, il en rassasia une foule considerable et on en ramassa 
plus qu'il n'y en avait precedemment. Avant d'etre elu k la dignite d'eveque, 
il eut un songe : II y avait un grand siege dresse et un vetement ecclesias- 
tique magnifique. Un liomme lui dit : « Revets ce vetement et assieds-toi sur ce 
si^.o-e. » — Puis une autre nuit, il vit Notre-Dame lui donner l'habillement com- 
' loi.Tßr. plet sacerdotal * et Notre-Seigneur le Messie lui remettrc TEvangile. Lorsque 
mourut Fcveque de Myrrhe, un ange du Seigneur apparut ä Tarcheveque et 
I'informa du nom et de l'exterieur du saint. Quand il s'eveilla, il informa les 
eveques de ce qu'il avait vu. 11s crurent tous a ce songe, reconnurent qu'il 
venait de Notre-Seigneur le Messie et consacrerent Nicolas eveque de Myrrhe. 
Peu apres, Diocletien {Diqlddydnous) arriva au pouvoir et relablit Tidolatrie. 
Apres avoir arrete une foule de cliretiens et entendu parier du saint, il sc saisit 
de lui et le lourmenta pendant de longues annees, mais Notre-Seigneur le 
Messie le tirait sain et sauf de ses tourments. Ouand l'empereur en fut l'atigue, 
il le jeta en prison. Dieu le conserva pour etre un ranieau puissant de l'arbre 
de la foi. II demeura captif jusqu'ä ce que Dien (il perir Diocletien et eleva 
l'empereur Constantin {Qoslantin) qui delivra tous les confesseurs qui etaient 
dans les cachots et parmi eux ce saint. II revint a son siege jusqu'a ce 
que se reunit le saint concile des trois cent dix-huit peres a Nicee [M(ji/a/i). 



[347J ll'' KIIIAK 7 DECRMBRE). 423 

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y JÜi j-uJl /w« U->-j^ ^^-viJi iÄa o^_ <.i^ \JI»Jj1 ^jliLj' Aj'Ls- ^X»^ cölSj <l« 



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^jl_Li-j ^,^J ^--^ ^"^^J^Uül <] ^'^^.^rr^J ^^f^j '^^' ^"^c~^ JfT^^ <-^^-^ ^^Ji-^ 

1. B a^^. ^■. — 2. B J-:-^ J ."^^ jJ! 5^! 'j |^<-..li'. — 3. B 13^^. — 4. B ij^3. — 5. A 
»^. — 6. B rt^ö^. ^. — 7. B \ß2\j^ et add. ♦^'^ ^'- — 8. B !_jL. — 9. ow. B. — 
10. B U^Uj. — il. oin. B. — 12. B a(i(i. ^3!. — 13. B add. JU Jüdi;«. — 14. B \^y^. 
— 15. B add. ^. 



ful. 76 v 



Ce pere etait Tun d'eux. 11 reprouva Ariiis {Arijous), le blama, rcxcommiinia 
et le bannit. Qiiand sa täche fut achevee et quaiid il eiit garde son troiipeau, 
il fut transporte pres du Scigneur apres etre reste plus de quarante ans sur 
le siege episcopal; le total de sa vie approcha de quatre-vingts ans. Que 
la benediction de ce saint nous prescrve de Fennemi malfaisant, jusqu'au 
dernier soupir! Amen. 

ONZE DE KiHAK (7 decembrc). 

En ce jour mourut saint Anbä Bidjimi '. II etait de Ficliali, ville du diocese 
de Medjel (Masil). Tandis que jeune, ä Tage de douze ans, il gardait les trou- 
peaux de ses parents, Fange du Seigneur lui ipparut sous Faspect d'un jeune 
homme et lui dit : (c Partons, nous nous ferons moines. » — « Oui, » repon- 
dit-il. Ils se mirent ensemble et arriverent au desert de Scete (Cheihät). Ils *ioi. 76\-. 
rencontrerent trois vieux moines * chez qui le saint demeura pendant vingt- 
quatre ans ; alors ils moururent. Puis il penetra ä Finterieur de la montagne 
k une distance de trois jours. Les demons lui apparurent sous Fapparence de 

1. Malan : Benjamin; Ludolf : Baqimous. 



424 SYNAXAIRR ARABE JACOBITE. [348j 

ij^Aji ^^1 Xjji) j*j~-^ r^-^j i*-*^/^ r-^^^ r^ bj-JL^ iV-^ "^^ ij-LU-lj (V^^ 

^^^^^J o'-r^S^ J ^v^-^ ^Liejlj ^1 *:^^ jl^j ^U- J^la ^»_« A,l^l ' iS:i\ß ^ j.^' 

ül;i iJjJi Ai£j ^^.oiä*) ixl=- juJ j:>- Li, /v-iU.>' ^»«^ ^•-'J^j d^:> *», *t-*;jl ö^ tJ 
J ^Jl a) ^jjij ^j-^^:. (*l' ^-^ Cnr" \^A^\j ^'' ^'^±-1 H^j i^l^l ^^ jJ>o ^Ji d>l, 

>_jjJl d'">i^ A.L<..=- >.LV1 ijii*: Jj «C'^Lc ^J^ b^J ^^"^-oJ^ bj*^ "-'''^A-l ^Ul 



1. A *?^0. —2. A ^iL^ — 3. B J^j. — 4. B «^t/. J^^^s ^3. — T). B -UL. — 
(]. A J^i. — 7. B om. Ji^^J^ ^r- — 8. B ^,W ^^w^j. — 0. om. B. — 10. B add. 
^^,^ e/ o//^. s'b^.^. — 11. B ,1^" J.. — 12. B om. ... x^"^.^.. — 13. B add. ^h. 

— 14. A L^:. — 15. B ^yüJ. — 16. B 'j ^,. — 17. om. B. — 18. B j'.. — 19. o/?2. B. 

— 20. A J.i3. — 21. B <^-'. — 22. B ^J:^. — 23. B ^-^-.o. — 24. B J! jU , J.O. 

— 23. A 0/;^. 5J-lj JJ^^ — 26. B <j.^"ou- , ^-^ — 27. om. B. — 28. B ,' U. 



betcs ferocos, de porcs et de dragons; ils rcntourercnt comme s'ils voiilaienl le 
mordre. Mais il conniit leiir riise par Tesprit; il soullla sur eux par la piiis- 
sance du Seigneiir et ils disparurent. Puis il entra dans un vallon oü il resta 
trois ans, jeünant chaque semaine; ä la fin de chaque semaine, il prenait une 
poignee de datles du vallon et les mangeait avec un peu d'eau. II faisait deux 
mille quatre cents prieres par nuit et deux niille quatre cents prieres par jour : 
sa priere etait : Notrc Prrc qui es dans les cieux. II y resta pendant vingt- 
quatre ans, mangeant une fois tous les quarante jours, et il jeüna une fois 
pendant quatrc-vingts de Sorte que sa peau s'attacha ä ses os. Alors Tange 
du Seigneur lui apporta du pain ä manger et de I'eau pour boire et ces pro- 
visions lui durerent des annees sans s'epuiser. Le Seigneur lui apparut en 
songe pendant la nuit et lui ordonna de retourncr dans son pays. 11 alla un 
peu en deliors, s'y batit une petite habitalion oü il etait isole et devint un 
refuge pour tous ceux qui venaient le trouver et un bei exemple pour chacun. 
Les gens de son pays ctaient consoles par ses enseignements el pris d'ennila- 
tion pour sa devotion. Un jour, Tange du Seigneur le Irausporla dans la rc- 
gion de Tluiphrate' {VJ-Vordl), parce que les habitants s'etaient ecartes de 

1. ]i : Fardn. 



13491 iV KIIIAK (7 DF:CEMBRK). 425 

«L^-JL A.s^«. jJC_ pjj bA.l; Jl ^;i jl J\ ^J^y ^'-'^ ^^_^:^' ^J o-i.-^^ *'c^9 
l^j "OUU ^a:^ ^Lilj i'^M Üb ^)1 ^HjJI 4^j ^%J\ ^ ,j^S ^^,^^:f. ^'^ ^'^ 
Jr-* "^^^ '' (*-r'^^^-? pr^r^ (^-^ a:;-^-^^^J pr^^'^ " ^-^^ rr'^-J '''V^ a^c^j ^Isj 

1. o?n. B. — 2. B l^j _-'^'>:^'. — 3. o?u. B. — 4. A ^,y-^,. — 5. A ^lüdU — 0. B 

_c' J-^^ ^' _c - — "• ß «^^- _--^' r.-^*-'^ — 8. B JJj. — 9. B LUjI. — 10. ß -...^'. 

— 11. B UU. — 12. B UU Ah. — 13. B ^^*;. — 14. A 3!,L. — 15. B add. J. - 
16. B ->y. — 17. B _-e^^:. — 18. B Ij^^Ij Sj-y:^^^^. — 19. ow. B. — 20. B -M. — 
21. A U..O. _ 22. B Ljo.y. — 23. om. A. — 24. B ,.-'lJi ^..^>' ^J^J! Uf,^ cuJ.lL 

— 25. B lo^i. '— 20. By' ^.3.1L. — 27. B ^^«Ü. — 28. B '->:;. ^. — 29. B add, 
j.j^'^ It3^. — 30. B *^--'-!. — 31. Bj.'\. -- 32. om. B. 



la voie droite; il les ramena tous ä la foi et revint ä sa demeure. Une aiitro 
fois, il portait des coibeilles et allait au Rif pour les vendre. Commc il ctait 
fatiguc, il les deposa pour se reposer. La force du Seigneur l'enleva avec ses 
corbeilles et le deposa ä Tendroit oii il allait. Une autre fois, saint Abou Che- 
noute (Chenoiulah) vit une colonne de pierres precieuses tres elevee. On lui 
dit : « C'est Anba Bidjimi. » Saint Abba Chenoute partit ä pied jusqu'ä ce 
qu'il arriva ä son pays : il ne le connaissait pas de visage. Lorsqu'il l'eut re- 
joint et qu'ils se furent salues * reciproquement, F3idjimi voulut faire cuire ^ 
un peu de nourriture. II dit ä Abou Chenoute : « Prends cette petite cruche 
et remplis-la d'eau. » Lorsqu'il Feut remplic et qu'il la lui eut apportee, il 
trouva qu'elle bouillonnait; alors il fut certain que c'etait Anbä Bidjimi et re- 
nouvela ses salutations. II lui fit connaitre la vision qu'il avait eue ä son sujet 
et resta chez lui quelques jours. — Tandis qu'ils marcliaient, un jour, ils trou- 
verent un cadavre gisant. Abou Chenoute le remua avec son bäton en disant : 
« toi qui es couche, leve-toi pour nous instruire de ce que tu as vu. » Le 
Seigneur ordonna ä l'ame de ce mort de revenir en lui : il se dressa, se pros- 
terna devant eux et leur fit connaitre l'etat de l'enfer et de ceux qui y sont punis 



lol. 77 r" 



loJ. 7/ 1"" 



426 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [350J 

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A^I-'-U V-« »»^'ij ^y^ ».1ä-«J 't)' ^jU-Uajl j<jAiül X,.JLL--1 LäI (»vJI 1-Ia (3J 

1. B ^^^^. ^^J! ^b^^l! .U ^.. _ 2. B (1. ... J.) ^J^\ jP, ^11=^' ^i. ^^.,. 

— 3. B(l. ... ii^j, -,s.:p; Lo! r^. i^^:.^ ^_] ^.kx}\ _J' .,!. — /|. 0///. B. — 5. B ^-..^:^'. 

— 6. B ,':^. — 7. B .,'^^. — 8. B jk.s. — 9. B J-^^ — 10. B «c/^. J^!. - 11. B 
ft-^v^. — 12. B -.v.^. — 13. A , ax...w. — 14. B U--'- — i"»- B U^.i.. . -.U^.. — 16. B l\. 
...ijLl^) .^jbi^ ^— :/' L-..^.U7.^^ Lkä^-' iLjiJ! is;;ili.i;., — 17. Haec commemoratio deest 
in A, Wttstenfeld, Assomani, Mai et Malan. 



suivant leurs categories. II leur apprit qu'il etait un infidele; qu'au-dessous de 
lui et en enfer, il y avait des geiis qiii avaieiit cm au Messie, mais ({iii ii'a- 
vaient pas agi comme lui et avaient mene la vie honteuse des gentils. Les deux 
saints lui direiii : « Couclie-toi ä present et repose-toi. » II redevint vc qu'il 
etait. Ensuite, Aboii Cheuoute prit conge du saint et revint ä son couvent. 
Quaud approcha pour saint Abba Bidjimi le moment de la iiiort oü il devait 
quitter ce monde, il appela le serviteur qu'il avait chez lui et le lui fit eonnaitre. 
II lui ordonna de laisser sou corps oü il etait. Uue fievre le prit; il vit la foule 
des saints qui venaient le cherclier et rendit son äme entre les mains du Sei- 
gneup. Les anges la porterent au ciel en cliantant des psaumes devant eile. La 
sonime de la vie de saint Anba Bidjimi fut de soixante-dix annees : il en passa 
douze dans le monde et le reste au service de Dieu. Que ses prieres soient 
avec nous tous et nous protegent jusqu'au dcrnier soupir! Amen. 

' En ce jour, mourut martyr saint Ptolemee {AhtoJomäous)-, fils de Ncs- 
torios (Nastonrijoas), de la ville de Tent^yris {Dendcni). 11 etait fds uniquc et 
possedait des revenus considerables et des vergers. 11 ai-riva qu'il partit uii 

1. Celle cüinniemuralion maiique daus A. Wüstenlcld, Asscmani, .Mai et Malan. — 
2. Liidolf : Bartolouindous. 



1^351] 11 KlIIAK (7 DKCRMBRE). 427 

^U^l A,.j ö^\ ^"^y ^;> J L:^ ^U aJ^j ^jUlkl ^>-^^^ ^Jj cJi^\ ^\ 

Uj ^L^Vl to^ <-J^ b;>^J-^ j-!.-^^-^ -r"^^ ^ ob=">^^ "V^ C^^^ f*-5 ^ 

I^Ujj <-^^- j^ ^Lif^Vl -^-^^1 ^1^ V^ (*^-^ ^-^-^ ^.*j L^^J^ ^^i ^^^ 0" 
ijl:>^l b^j bl^_j A.:.^ ^-^>:. (*L* fb-^^^ J^ V ^J^!. ^.-^^^ ^-^ ^^^ ^^^ J^ 
^lijjiUj ^Lij ^l^l^j j^^Vl ^^IS--, jij ^li^^,. l*^^ ^^y}^ ^J^"^ ^'>t^lj 
^L-.aJL öj^^ v-^l^ t^^^'J :^bCi,j ^>]1 ^^y_ 'ij^ zA^ J^ kSJ^ ^^J 

i.BUJt.-2. B^ijOJ' b. 



jour ä cheval poiir chasser dans la montagne avec ses soldats. II rencontra 
notre pere Anbä Paplmouti {Babnoudah), l'ascete, le religieux, car celui-ci 
etait sorti de sa montagne pour remplir sa cruche d'eau. Une voix du ciel vnit 
ä lui et lui dit : « Paphnouti. » — Le saint repondit : « Que m'ordonnes-tu, 
Seigneur? )) La voix reprit : « Regarde ä ta droite, tu verras un jeune homme 
ä chevaL » II se tourna et vit saint Ptolemee revetu d'liabits magnifiques, 
avec la pompe des fils de rois, accompagne de nombreux soldats partis pour 
la chasse aux betes sauvages. Ouand saint Paphnouti s'approcha de lui, les 
soldats le repousserent, mais lorsque Ptolemee le vit, il poussa sur-le-champ 
vers lui, descendit de cheval et se prosterna devant lui sans etre rebute par 
son aspect, ses vetements sales et l'alteration de son corps. II le salua, or- 
donna ä un de ses soldats de le faire monter sur son cheval et ils arriverent 
a un verger dans lequel ce saint avait l'habitude de se divertir. On ne saurait 
decrire sa beaute, son eclat, l'abondance de ses arbres, la variete de ses 
fruits, ses pavillons incrustes de mosaiques de marbre fin, de diverses cou- 
leurs, ses belvederes, ses canaux, ses kiosques, ses eaux courantes sous mille 
formes pour rejouir la vue, des coussins, des sieges, des lits de repos tendus de 
brocart et d'etoffes de soie. Quand Paphnouti vit toute cette pompe, il pleura. 
Le prince lui dit : « Fais-moi connaitre ce qui te fait pleurer, dans ce que tu 
vois, ö nion pere. » — « Mon fils, repondit le saint, je ne pleure pas ä cause de 



428 SYXAXAIRE ARABE JACOBITE. [352] 

L. LI j\l /^ ^1 L ^jULI ^ Jlü ^Jl LUj Ü^i^ U Ul ol^l C-'Xl. 
«0 Jlöj »J^^^^'l iÄjb J ^*j^" V jl Jiu ■^j\ ^L -cli ^.lii -^ >^^^ ^^--^Y^j dlii^l 

vii--i-J j^r^' aJ JUj 4^lc bl^jlj ^Lj (j-^-^*^ ^ .^^3 Ai'^Lt j-..^ i^l^V jyll 
-^— Jl jls (_^»--l J^^^j ^--^ j^ 7^-- — Jl (*-! ^laib' "^j ^j^.^f^ J^> J^iÄ:^lj di^' ^U 

d)^p=>. jaJI jlj L^-1 ^-U Jl ^^ liU IMJlj ^jl:>-jJl ^l^ J. öU.l^. AJVl ^Jl 

_^,j!- L.lj ^-*>jr-^ j>*-^ JLi-J ^w'v^^'l ^Jl ^ ^\l>\s ^^v-Jl J ^iJLlc ÜJc-Aj;. ^L^ 
b:)j-L_i LjI ^^__aJü1 jo cijl dÜJi J^^j ^LäJI Jl Jot^j «»^ijj Aj p,,l*, -,,l9 ü^lj^l 

1. Aa|jL7:a«;? Forsaii Amelineau legit tJ^)^\ nam interpretalur « vetemeiU ». 



cette pompe et de la magiiificence qu'on trouve en cet endroit : mais quelle 
quantite de gloire noiis est reservee dans le royaiime des cieux si nous gardons 
Ics preccptes du Seigneur! » — Ptolemee reprit : « Mon pere, desormais je ne 
te contredirai pas; j'accepte tous tes conseils, bieu plus, je te demande de ne 
pas me quitter en cet endroil. » — Le saint lui dit : « II ne m'est pas possible 
de rester chez toi. » — « Alors prends-moi avec toi dans le desert. » -7- « Je 
crains la fureur de ton pere, repondit le saint, mais si tu veux arriver au 
royaume du ciel par un chemin rapproche, viens ; je t'enverrai ä la ville d'An- 
tinoe [Amina) diez un de ceux (|ui craigneut Dicu; son nom est Anba Doro- 
theos {Dhouratdous) , mais on Tappelle la Lampe de Jimncrc a cause de la beaute 
de sa devotion. » Le saint lui ecrivit uno lettre et fit ces recommandations ä 
Ptolemee : « Veille sur toi-meme, car Tennemi Ic suscitera de nombreuses 
epreuves de la pari diiue femme de mauvaise vie qui sc presentera ä toi sur la 
route. Veille sur toi-meme, conserve toute ton ardeur; que le nom du Mcssie 
ne quitte pas ta J)()uclie; mentionne mon nom, car le Seigneur Dicu te sau- 
vora de toute tentation et de toiil mal. (^)uand tu seras arrivc ä la ville d'An- 
tinoe, si Tcnnemi souleve des vents violents contre ton bateau, demande au 
Seigneur de te delivrer; tu (»bliendras rapidcmeul du secours. » Pour ce qui 
etait du martyre, il ne Ic lui iit pas connaitre, lui dit adieu; remonta vers la 
monlagne et, dcpuis lors, Auba Paplinouti implorail Dieu ä cause de lui. 



[353] ir^ KIIIAK il DKCKMBRE;. 429 

dj p^A^^i C^-*^J^ ^^"^^ «CS^l-^J ^>^'Z.A (^^'^■^ 09^.0 (j-^*-' ijf ^\.'Sla.',\ ^-^^1 Uli 

^-^_L^ A-i .^^^Jl jV Ai'Ulä^j 'Cy^j J>siül i-Jjb j^ ^_^^'j i:>[^\ Juol JLr 
<*jl ^' ^j}\ «UÄi^i ^_^>^J1 (j rcj^l «^-J^ jll? 11^1 <:jA^ ^\ \j^j ^j^\ ^tlLli 

i^l_M.w£. l^ Jl^9 ^^ ij-iU ^_$•ÄJ1 bj-vJI Ulj ^^^5v.Jl "»Jbl^ ,^Lo.^9 ^Ült (j bj.I«i2.j 



Quant ä saint Ptolemee, il partit sur-le-champ, cache et deguise, ren- 
contra les femmes(?) que lui avait meiitionnees saint Anba Paphnouti, ar- 
riva chez Dorotheos, la Lampe de lumiere, lui remit la lettre en le saluant. 
L'autre la lut, prit connaissance du contenu et dit : « Si tu acceptes mes 
conseils, tu arriveras au royaume du ciel par un chemin rapproche, car notre 
vie, ä nous autres meines, renferme de grandes diflicultes de la part de 
Satan et des gens. Mais va, entre dans la ville d'Antinoe et confesse le 
Messie devant Arien (A7't/«noi(s), le gouverneur general; supporte un court 
tourment, tu obtiendras la couronne du martyre et tu scras delivre de cette 
forme, de ses difTicultes et de ses peines, car la lutte y est frequente. » Le saint 
lui obeit et passa dans la ville d'Antinoe ; le vent s'eleva contre lui tandis 
qu'il etait dans la barque, mais le Seigneur le delivra. II entra dans la ville et 
confessa le nom du Messie devant Arien, qui le soumit ä de nombreux tour- 
ments. II supporta les tortures et, ä la fin, le gouverneur ordonna de le trans- 
porter ä Tonest, ä la bourgade de Toukh el-Rlieil, qui est ruinee aujourd'hui, 
ä une petite distance nord-ouest de la ville de Touho {Jahä). Les soldats le 
pendirent a un jujubicr oü il resta neuf jours. Pais, fatigucs, ils lui percerent 
la gorge d'un' coup de lance et son genereux martyre fut accompli. Quant 
au jujubier auquel on l'avait pendu, il en decoula du miel : quiconque etait 
malade ou souffrant, et qui en mangeait, etait gueri des maux les plus 
divers. Beaucoup d'heretiques qui en mangerent crurent au Messie. Des 



430 SYNAXAIRK ARABE JACOBITR. [354] 

"^^r? t> ^-^^ c^^^ C-^:^^ 

«Li'L^l [^;l^j jl^l -^^-^ ^iL-l "^Ij^A Ul j*-ii«Jl i^i-Vl rc-j;' ^ ^_^1 ^-U j^ 
aJ JuiCj" IJj aJVI ^^^ ÄLslst« ^yJ^j ^aäJI 1-U lj.i^9 4)1 ^ o:f^^ Crr^'^r** 
Jiä-A. (^ÄJl ^sJl «-U- IJj (^>j^l /^ *ljAc ?t« ^ILJl TTijj)^ ^j-'^' ^ ^r*^ <JI<J' 
jj^ ^x_^l jo Uj i^j-oi^ ^j\ Jlä'j ^i*i--lj Jä^I ^_^)1 \J\j xJ^ jJckJl ^1 <i 

ii^^ÄJ rc_^-^l -V<J1 "j^ .--».lisj kcX.<^\ piM (C^J (J^J-"'^' ^^-^ (J«5 AjiJl Jl i^Ul 



], B add. v^'. — 2. Wüstenf. et Wiü add. commem. S. Michaelis. — 3. B oni. 

... ^. — 4. A (1. ... ^r-*') ^j'j— ^! ^1--* y} iT.^--^' ' — aÜ^^' ,- Jj'. ()/^ae sequuntur 

in B, usque ad vitae fine?n Anba Iladra, desunt in A ef Wüstenf. — llaec coinnie- 
moratio dccst in Ludolf et Malan. 



croyants vinrcnt empörter son corps, qiii prodiiisit des miracles et des pro- 
diges. Ouaiid le temps de la persecutioii fut passe, oii liii batit une eglise 
oü il se produisit des miracles. Que le Seigneur nous fasse misericorde par 
sa priere! Amen. 

DouzE DE KiHAiv (8 decembre). 

^ Ell ce joiir, mourut le grand eveque, Anba Hadrä, eveque de la ville de 
Syene {Asouäri)-\ ses parents etaient chretiens et craignaientDieu. Ils eleverent 
ce Saint et lui apprirent la crainte du Seigneur. Quand il eut accompli sa 
dix-huitieme annee, ils Tunirent par un chaste mariage avec une jeune fille 
de leurs proches. Lorsque le moincnt d'entrer dans l'inlerieur de Fappartement 
fut arrive, il appuya sa tetc ä la muraille, s'excusa et dit : « Je suis malade. » 
Le lendemain, il devanga les gens ä l'öglise avant le son des cloches et pria 
avec la foule. II demanda ä Notre-Seignenr le Messie, en lui rappclant ses 
adorations, de lui faire entendre quebjue chose des livres sacres qui convint 
ä ce qu'il avait dans le coeur. II enlendit uu passage qui le consola. Quand 

1. Wüslcnfcld cl .M;i'i ajoutenl une comm<''mora(ion de lareliangc saint Mieliel. — 
2. A et Wüsleiifeld ik; fönt quo mentionner Anba lladra. (^dle commemoration manque 
dans Ludolf et Mulan. 



[355] 12" KIHAK S DECRMBRE^. 431 

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il sortit de l'eglise, il vit im mort qii'on emportait au couvent. 11 le siiivit 

parmi les gens et se dit : « Ecoute, Hadra; ce n estpas celiii-lä qui est mort 

aujoiird'hui, mais toi. Je suis mort ä ce monde perissable et fugitif comme 

Fombre. Malheur ä moi! Ah! si l'on ne m'avait pas eufante dans ce monde 

trompeur, rempli de misere, de tristesse et de cliagrin! » A partir de ce jour, il 

ne rentra pas chez lui, mais il resta derriere le convoi en pleurant jusqu'ä ce 

qu on arriva au couvent oü on ensevelit le mort. II entra dans le monastere 

parmi les freres, les religieux, et resta chez eux toute cette journee. Quand 

ses proches et ses amis Tapprirent, ils allerent le trouver et l'interrogerent : 

« Ne nous cause pas un si grand chagrin, lui dirent-ils ; tuoppresses la poitrine 

de ton epouse et tu affliges son cceur. Tu serviras le Messie partout oü tu 

voudras. » Mais il s'excusa et dit : « II n'y a pas moyen que je retourne encore 

une fois dans ce monde ä tout jamais. » Ils partirent attristes et aflliges de sa 

Separation d'avec son epouse et d'avec eux. Quant au saint Anba Hadrä, il 

se livraä des devotions nombreuses et dures, ä un äpre ascetisme, ä un jeüne 

continuel, sans interruption, ä des prieres et des prosternations innombra- 

bles. 11 vivait au temps de saint Baimen dont il devint le disciple, qui Fen- 

courageait et le fortiliait dans son ascetisme et ses devotions, dans les insti- 

tutions et les regles de la vie monastique. Au bout de huit annees, il lui 

demanda d'habiter dans le desert. Le saint le prit et il entra dans le desert. 



'.32 SYNAXAIRK ARABE .lACOBITK. [35ü] 

dl;'^ljl 1-1& oio jl ^j L Jlsj ^J\ ^ ^^j ^.-*^^ e?'^ ^-^. (^"-^ '^-^ ^-^^iJ 
J^lj (iJ>Ul /»Aiij ^jlLit^j ^-^1 ^ilo ljA.A l dl] ^>iJl aJ Jlsj ^J\ d>%> osjD 

^^üiii (V^' -^^=*-^ ^^ f V (5^'^ bJoi^j A,lJl _^5Cjii ci^o U (^■^^"^ ^■^„ ^■^^^='=^ ^sj-ils 
jl dLr^ljl bÄ_& jlS ji ;^-v_w^j ^j_j L >iJl3 (^i^^j o^5i j;^ ^-J^ Ai'jU^ Ji^l^ 

«UsJUs-j S^^ ^jUJ' 1^ ^AäJI 1-1& ^-oj ^_i.^ )ij»\3£ ^O Aj>-\ ^yC ^It ^iaiu 



U demanda ensuite ä Notre-Seigneur le Messie un endroit pour j liabiter. 11 
troiiva iine caverne et y demeura comme si eile lui avait ete prcparee de la 
part de Dieu. II en resseiitit une grande joie, loua le Seigneiir et celebra 
son nom aiiguste. II demanda ä notre perc Baimen, son maitre, la vie du 
grand Antoiiie {Antounyous), le pere de tous les moines, pour s'instruire et 
profiter de ses beaux enseignements, du calme, du salut contre les coups 
de rcnneun. 11 y demeura longtemps. Une fois, l'ennemi vint le trouver, 
ayant ä la main une epee dont il lui coupa la main. Le saint sc mit en prieres 
et implora Dien en res termes : « Seigneur, si ta volonte est que je sois sans 
main, que ta volonte s'accomplisse, mais je suis afflige, car je n'ai personnc 
qui me fortific. » Sur-le-cbajnp, Tange du Seigneur lui apparul et lui dit : 
« Salut, lladru, Tliomme pur et Teiu de Dieu. » Puis il s'avanga, prit la main, 
la remit ä sa place, cracha sur la terrc, en lit un pcu de boue, en enduisit tout 
le tour de la blessure. Aussitöt, la main fut en meilleur etat ({u'elle n'avait 
Jamals ete auparavant. Le saint rcmercia Dieu et le loua. Un autre jour, il 
trouva un dragon enorme ä l'interieurde sa grotte. II implora Dieu et pria en 
disant : « Mon Seigneur et mon Maitre, si ta volonte est que j'habite avec celte 
bete affreuse, que ta satisfaction soit eternellement accomplie. » Ensuite, il se 
tourna et vli Ic dragon coupc en trois morceaux, comme si on Tavait trancht'* 
avec un sabre. Ce saint supporta avec patience de nombreuses tentations 
dont le Seigneur le delivra. 11 nienait une vie tres dure, ne dormant pas la 
nuit, ne se rcposant pas lo jour. A la iin, il partit et liabita dans une cellule 



P57] 12' KHIAK 'S DKCRMBREj. 433 

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dont la porte fiit bouchee. On lui amenait tous ceux qui soiiflraient de 
maladics graves ou qui etaient possedes des demons au commencement des 
lunes, les miserables et ceux qui etaient tourmentes. 11 priait avec foi sur 
de rhuile dont on les oignait et ils guerissaient sur-le-champ gräce ä la priere 
de ce Saint. Les esprits immondes criaient : « Malheur, Hadrä! tu nous brüles 
par tes prieres, tu nous chasses des deserts. » — Une fois, des gens de Syrie 
{Ech-Chdm) vinrent le trouver, le saluerent et il les benit. Ils Tinterrogerent 
sur des questions obscures des Livres Saints. 11 leur en expliqua le sens et 
leur en fit connaitre T Interpretation. « Nous avons visite beaucoup de mon- 
tagnes, dirent-ils, des couvents, des docteurs, des philosophes, et nous n'a- 
vons trouve personne qui nous explique ces questions comme ce saint pere 
Anbä Hadrä. » Quand les demons entendaientprononcer son nom, ils prenaient 
la fuite. — L'eveque de la ville etant venu ä mourir, les fideles de la ville 
s'entendirent tous d'un commun accord et se rendirent au couvent. Ils se 
reunirent aux nioines venus du pays de Syric (Ech-Chdm) et les saluerent. 
Ceux-ci leur dirent : « Nous n'avons jamais vu quelqu'un comme ce Pere : 
c'est lui seul qui merite d'etre eveque pour garder le peuple du Messie : on 
peut luiconüer l'Eglise du Seigneur. » Ils s'entendirent tous dans le couvent 
au sujet de ce saint pour le consacrer eveque de leur ville. Aussitöt, ils ou- 
vrirent de force la cellule, le prirent sans son consentement, partirent pour 
Alexandrie (El-Iskandanjah) et le consacrerent eveque par les malus de notre 



A34 SYNAXAIllE ARABR .lACOBITE. ' [358] 

L.yj\ jl<;Vl ^ Jl [f^y[^j\ j\ J\ ^l^jjl oL^^i^i; ^Ui Ijjj A^JJ ^iCMJl 

^^ ^L5CJi ^j*^-$o 'L5s^Lw« *v^ o.' (Jjl (3 ^-<jj '^-^..-^oj. ^j"-^^£uJi ^*-*'^ /"-^-f^'J 

^.i^ ÄJUJj » äü^l jV^ ""^^ ?wo^ ''Ali^ *\i düi ^^^ ^^Ij^ k_j>l aJx^ ^^U l^ 

1. B , -:i»J. — 2. //rt'e commemorationes desiint in B e^ Liidolf. Prima dresl in As- 
semani et Malan. — 3. A ^JÜ^J. — 4. A . vJstj. — 5, A i~:/'J. 



pere, le patriarche Anba Tlieophile (Tdojißlos) (385-412), sans son assenti- 
ment. Quand il vint dans sa ville, il se mit ä exhorter le peuple, ä lui ensei- 
gner les regles de la vie ; il accomplit de nombreux miracles et des prodiges 
innombrables qui causerent beaiicoiip de joie. Sa belle existence s'acheva 
dans la gloire et le respect; les anges rec^urent son äme et reciterent devant 
eile des liymnes spiriluels jusqu'ä ce qu'ils Tapporterent ä Feglise des vierges 
Celestes, endroit de joie et de repos. Que le Seigneur ait pitie de nous par 
sa priere! Amen. 

' En ce joiii" a lieu aiissi la commeraoralion de saint Jean {Yahya), le Con- 
fesseur. 

Le Saint Concile se rassembla dans la ville de Rome la premiere annee du 
regne de l'infidele Dece {I)dk}/ous), sous le patriarchat de Corneille (Qoniilyoiis)^ 
lul. 77 V". pape de Rome, de Denys {Dt/ounisijons), papo * d'Alexandrie (E/-/.s7.Y//<£/an/rtA) 
(247-265), de Flavianus {Falabi/ditous), patriarche d'Antiochc (Antakijali) et 
de Germain {Djarmdnous), eveque de Jeriisalciu (Be/t cl-Moqaddes). Ce concile 
sc tint contre Novatus {Nohdtos) le prctre qui disail : ^ Si (|uclqirun a rcuie au 
temps des poursuiies et de la persecution, il ne doit pas ctre accueilli s'il se 
rcpcnt; de memc si quelqu'une tombe cn adnltere, sa penitence ne peut etre 
acceptec. » Notre pere Corneille desapprouva cette opinion, mais ne reussit pas 
ä Ten dctouiner. Alors il reunit contr(! lui soixante eveques, dix-huit prctrcs 

1. Celle commemoralion cl la suivanlo manqiuMit dans B cl liuduir. La pmiiiöre 
inanqiu' dans Asseniani cl Malan. 



[359] 12« KlIIAK [S DECEMBRE . 435 

^jiJl ^jjl dL^.*J l^Lsj ^;_jU Jl Ä^lsJ! lylij j_^:Jl Ijil" j>J<\\ j\ j-^jl^l ^]1 
(_o -u.Ljo ji -UaiL) \_« ^t Jls (^L ^'Ir j^^ ^^c IJjb (_U) J J*-wjJl jl 1 »iLlj 

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Uj^ i^5CU -La tdllj ^_lt j_L5sJi ^ -L,*::*) J ^a, ^^ AaJ£.1 a^o j^iCj ^iaUl 
^<iJI ^IxJ^ diji-üj 4_U Ij-Vi^ jj^Cr Jj <.£. ^j ^äJI i_^ljl U* ^C' As^ <cj«w-. 

1. Ch. VI, 4-6. — 2. Hie desimt nonnulla, iit ex Wüslenf. apparet. 



et diacres des docteurs de Rome et ils discuterent avec lui sur cette opinion. 
II s'appuya sur la parole de Tapotre Paul (Boulos) dans l'epitre aux He- 
breux ' : Ceux qiii ont reru la lumiere, qul ont goütc aux dons Celestes et ont 
recu la gräce de VEsprlt-Saint, s'ils tomhent dans le peche , ne peuvent se 
regenerer par le repentir une autre fois. Ces Peres lui repliquerent et de- 
clarerent que TApötre n'a pas dit cela ä propos de la penitence, mais ä pro- 
pos de celui qui veut se faire baptiser aussi souvent qu'il a peche, car le 
bapteme ne peut avoir lieu qu'une fois -. « La penitence est toujours possible ; 
si Ton n'acceptait pas le repentir de celui qui est tombc dans l'infidelite ou 
le peche, on n'accepterait pas la penitence du prophete David {Ddoud}^ ni 
Celle de Tapötre Pierre {Botros) lorsqu'il renia. G'est en vain que le Seigneur 
lui aurait donne la grace de Tesprit consolateur; c'est en vain qu'il l'aurait 
investi de la garde de son troupeau raisonnable. Ouiconque a ete baptise 
par lui ne l'a pas ete? Alors, ä ton avis, tous ont peri! C'est le comble de 
rignorance. Mais notre Seigneur le Messie a etabli que la penitence est pos- 
sible pour quiconque bronche dans sa croyance ou pour celui de qui la con- 
duite est mauvaise. Renonce ä cette opinion coupable ; fais-en penitence; ne 
sois pas un ennemi pour Dieu, pour toi-meme, pour tout le genre humain. « 
— II ne quitta pas son opinion et n'accepta pas cette doctrine. Alors ce con- 
eile le deposa et l'excommunia ainsi que quiconque partagerait sa doctrine. 

1. Ch. VI, 4-G. — 2. Lacune de quelques lig'nes. 

PATU. OK. — T. III. 30 



436 SYNAXAIHE ARABE JACOBITE. [360] 



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cV^jbj ^LiL-j ^J\ lUj j iy^_^ l^y'l^j ^^\ y>^ \J ^ <''^} j^ 1-^j ^_>^-<^ 

1. ///c addit A cominetnorationem S. Apraxii quam praebet iterum die sequente. — 
2. Hacc commemoratio deest in Ludolf. — 3. B ^j-aJU-jK — 4. B ^. — 5. B 1-^*3. — 

6. B w^'j. — 7. A om. L-- y\. — 8. B om. J^! ^. — 9. A (1. ... JS \:>^^) ^yi 

L^L \y^. — 10. A JI3. — 11. A om. ... v«^^!. — 12. Haec commemoratio deest in 
A, Wüstenfeld, Ludolf, Assemani, Mai' et JMalan. 



loi. 78 r. (Hie la priere de ces saints soit avec noiis * et qu'clle nous preserve des 
coiips de Tennemi declare jusqu'au dernier soupir! Amen. 

TREizE DE KiiiAK (9 decembre). 

Ell ce joiir mourut niartyr saint Barchanoufyoiis ', au temps des Musul- 
mans. II etait moine dans reglise d'Abou Mina.ez-Zaliri, enlre le Vieux Qaire 
{Misr) et le Qaire [El-Qdhirah), sur le canal. II livrait de iiombreux combats, 
jeünait lous les deux jours, accomplissait des prieres et des prosternatious 
iniiombrables. II alla confesser le nom du Messie; on le saisit et on lui fit subir 
de nombreux tourments. A la lin, on lui trancha la lete et il re^ut la couronne 
du martyrc. Que Dieu nous fasse misöricorde par sa priere! Amen. 

- En ce jour mourut le saint spiritucl, le grand devot Anbä Elie {llyth), 
de la montagne de Semhoout (Samlumd). Ses parents etaient d'une bourgade 
exterieure du Fayoum. lls se conduisaient suivant les recommandations et les 

1. NVüslenfeld : Barsannphus. — 2. Ccttc commemoration inanque dans A, Ludulf. 
Assemani. Mai, Malaii v[ Wüstonfold. 



[361] 13« KIHAK (9 DECEMBREj. 437 

jUi ,^L.; Llj^l «OVl ^Jl -^1 l^^J J^>i5 jv&j w»^! i^^Uj *uJl Jl 1^-Ä»i dUi 

l Ji J^ ^It i'jAÄJl dJJ dUÜ jv-aLw« ^ILo jjiCj Ul^l >Hj^J CjI^I JLs 5$^^; 

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J^Ji 'IVl Ji»i oLVlj v_^'UJl cU*;j ^Jl ^Ul Ijl jyCj ,5j!^1 a^-:.j l*t^ 

1. B Ubl.' 



prescriptions du Seigneur : ils faisaient chaque mois un festin et de grands 
preparatifs poiir la fete du prophete Elisee {Elicha')et y invitaient les pauvres, 
les veuves, les orphelins, les prisonniers, les malheureux, les gens dans le 
denüment et la detresse, les servaient avec joie et voyaient s'avancer parmi 
les gens deux vieillards venant dans la maison et benissant tout ce qui s y 
trouvait : e'etaient Elie et Elisee. Ils continuerent de repandre Icurs bien- 
faits jusqu'ä ce qu'ils furent avances en age. Ils n'avaient pas d'enfants, ce 
qui les attristait. Ils allerent ä l'eglise et implorerent le Seigneur en lui di- 
sant : « Maitre, 6 Seigneur, ö Dieu, donne-nous une descendance que nous 
puissions voir avant notre mort, qui herite de nos richesses, qui soit juste 
et droite devant toi; tu as la puissance sur toute chose, 6 roi des cieux. 
maitre des forces, toi qui exauces les demandes, qui ecoutes les prieres ; 
regarde vers nous, aie pitie de nous par ta bonte, accomplis ce qui est dans 
nos Coeurs. Gloire ä toi dans l'eternite des temps ! Amen. » Le Seigneur vit 
le chagrin de leur coeur, leurs soupirs et leurs frequentes demandes. II leur 
envoya l'archange Michel (Mikdyil) sous l'apparence d'un religieux : « Salut 
a Yous, leur dit-il; le Seigneur a regarde vos larmes, vos gemissements, 
vos actes de generosite et de misericorde; il vous a accorde un fds que 
vous nommerez Elie : l'esprit du prophete Elie descendra sur lüi; il sera 
grand; il habitera les deserts; il sera vertueux devant le Seigneur, accom- 
plira des prodiges et des miracles comme nos peres les apötres. » Ils en res- 



/,38 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [362] 

^Jj j^^^Lsla ^yJl J^ p.^__^^j Js, i^'jj ij^^ JjLUi lÄA ^ jjX ^_^^ 

4;,tJ* IjJ Jui LJj cXr^ ^^ 'ij - ■ .^ j_^^ ^^^^ ^..üiLJl '^i_^:>i^Vl iÄA (Jl b^^ 

^y ^y.j ""—^ ^l^ AÜl ^ jV ^ \ ^\j \y^i "^\ J\ ■&j:>j ^-^1 ^taJIj 

<.LJ l_yl^ o-l-^^ "^^ cT^ ^^'^ *^^"^ ^ r^ C-^^ ^-"^ ^ v^XJI ^jjsjj C.^ 



1. B ^A'^-. — 2. B ^^LW, 



senlirent iine graiide joie et clirent : « Frere beni, fais-nous connaitre ton 
nom pour quo nous nous rappelioiis tes bient'aits qiiand ta parole se sera ac- 
complie. » 11 leur repondit : « Je suis rarchange Michel : Ir Seigneur m'a 
eiivoye voiis iiistruire de ce (jui arrivera de cet enfant. » Ils furent ellrayes et, 
par peiir, tomberent siir leur face. L'arcliange les releva, dissipa leiir frayeiir, 
IcLir doiina le salut et rcmoiita aux ciciix. (Hiclques jours apres, la mere de cc 
Saint devint enceinte : eile en fut joyeuse et coutente, loiia Dien et benit son 
nom Saint et aiiguste. « Voyez, disait-elle, cc graiid miracle : une vieillc femme 
avancee en äge est devenue enceinte. » Quand les neuf mois furent accom- 
plis, eile mit au monde ce vase d'election. II y eut une grande joie au jour de 
sa naissance : on le nomnia Elie, comme le leur avait dit rarchange. Ils firent 
un grand festin pour les pauvres, les mallieureux, les miserables et, lorsque 
sa mere eut accompli son temps de retraite, on le porta ä Feglise. Ils etaient 
toiis excessivement joveux, parce que la faveur de Dieu etait sur lui. Ils 
Televerent bicn et le placerent ä une ccole dans la ville d'El-Fayoum. II 
apprit en peu de temps si bien qu'il depassa ceux qui etaient avant lui ; les 
enfants le jalouserent et tramerent ensemblc des machinations contrc lui. 
Quant aux monitcurs, ils furent jaloux de lui et le tinrent ä I'ecart ä cause de 
son intelligence. II y avait ä Fecole un petit enfant d'un des principaux persou- 
nagcs, orne d'un collicr d'or. Les autres attendirent que le maitre füt sorti; les 
monitcurs envieux reslerent äs'entrctenir sur la facon dont ils agiraicnt envers 



[363] 13'^ KlllAK (9 DECEMBRE). 439 

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Aj^\ «.»--, UJ J$^r^-'Jj islj l*-*^j rV^^-9 LfT^^ C^ 'r'J^ ^^-? ^^ (J^-^ -^ 

1. B rr-'rA*- — 2- B.Vf-W^- — 3. B /w^». — 4. B l^*J*J'. — 5. Exod., xx, 13-15; 
Marc, X, 19. — 0. B (^ü*. 

Elie. Ils enivrerent ce petit enfant avec du vin, enleverent le coUier et alle- 
rent le cacher dans la chambre du petit Elie. Le lendemain, Tenfant s'eveilla, 
ne trouva pas le collier et poussa des cris. La chose arriva au maitre, qui me- 
naQa les ecoliers. Geux qui avaient complote cette mauvaise action, c'est-ä- 
dire les moniteurs, s'avancerent et dirent au maitre : « Nous voulons fouiller 
les lits des enfants. » Ouand ils eurent regu la permission, ils chercherent et 
trouverent le collier dans les draps d'Elie. Ce lit etait precieux, car son pere, 
ä Alexandrie (El-Iskcnularyah), avait offert des cadeaux au gouverneur de cette 
ville qui lui avait donne ces draps et le matelas pour son fils clieri Elie. Celui-ci 
comparut devant le maitre qui lui dit : (c Mon enfant, qu'est-ceque cette action 
mauvaise et vile que tu as commise? » — L'enfant beni repondit : « Maitre, 
comment aurais-je fait cela, alors que tu nous apprends ä cliaque moment ä 
ne pas desirer ce qui appartient ä nos compagnons ? Le Seigneur a dit 
dans l'Evangile : Tu ne tueras pas; tu ne commettras pas cVadulthre; tu 
ne voleras pas'. » II parla longtemps, tellement que le maitre Fadmira, Lors- 
qu'il congedia les enfants, Tun d'eux s'en alla cliez lui. Un dragon le mordit 
en route et il mourut sur-le-champ. Quand le petit Elie partit, il trouva les 
autres rassembles en pleurant autour de eet enfant. 11 leur dit : ft Faites-moi 
place, » et il les ecarta un peu. Puis il prononcj-a une priere et implora Dieu, 
L'enfant se leva et leur raconta tout ce qu'il avait vuet aper^u. Quand le maitre 

1. Exode, XX, 13-15; Marc, X, 19. 



440 SYNAXAIRE ARABE JACÜ13ITE. [364] 

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w-wij" As jpcJLäJI joÄjJl t5^^ 1-^*- »,^,-*^ vii«j^ »JXwUj ^^■.. 1'$ CibLx. ^ A,.>iJ 

<.i^J\ JuJUä, C'i::-ä.,j ^rr^^ ^r^b f^^-^^ f^L* ^^-^^^ ::^ULJ1 J -*^-*^. j^j 

i. B XU. — 2. B ^->tjU. — 3. B , wLU. 



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Tapprit, il demaiida pardoii ä l^]lie et admira beaueoup tont ce qui etait 
arrive. Cliaqiie joiir, Fenfant miiltipliait les belies actions et les bonnes oeiivres. 
Avant entciidu parier d'iiii saiut liomme dans le desert, il alla le troiiver et liii 
demaiida d'habiter avec lui. Le saint liii repondit : « La chose ne peut se pas- 
ser ainsi : va au couvoiit de nulrc pere Pakhöme (Bakhourn) et embrasse la vie 
monastique pres de lui. » Elie lui dit adieu et partit. II trouva en route l'ar- 
change Michel et lui dit : « Frere, oii vas-tu? » — k Je vais ä la plus grande 
fete. » — Le jeune Elie en fut joyeux et Tarcliaiige le conduisit au couvent du 
Pere Paklionie ä Pheböou [Fdou). 11 y rcvetit le froc sacre; il s'arma du cos- 
tumc des anges, se livra a de nombreuses adorations et pratiqua de tres dures 
austerites. Mais il vit que le saint souvenir s'etait altere et (jue la dissension 
et la discorde existaient dans le couvent. II en sortit et sc rendit dans la mon 
tagne de Ghämali oü il resta deux ans. Puis il partit pour la montagnede Banlia- 
dab ' et y resta ])lusieurs jours. 11 descendil encorc et arriva ä la montagne 
de Haou - ; il avait l'esprit trouble, L'ange du Seigneur lui apparut et Tavertit 
(faller ä la montagne de Barhoout (Fardjoud). II s'y rendit, y habita, s'y livra 
avec ardeur ä des actes rigoureux de piete, ä un jeüne continuel et a de nom- 
breuses veilles ; il mangeait des plantes sauvages une fois par semaine. L'en- 
nemi lui apparut une fois et lui dil : « Coinbieu lu es digne de nianger la 
meme nourriture que les gens, niais tu veux te nourrir coinnie les betes ! » 

1» Amelineau : Nabahadab, — 2. Ani(Uiiieau : IIoii, 



[365] 1.}^ KIIIAK 9 DECKMBRKi. 4'il 

biA_J ,^>,ji_I_> ^<-V.äJl <«,»j>- (^-*Ji JL.-.s.yJl «JAJi Ä»-lj (vU~J' (»vjJ» ,.»«)a" r (Jj jj-Um 

,_^Lol5v«^ <(xJ^iJl (j— jj "^J ^^r^^ c« ^y^. ^J"-* ^.^aJ ^ji'jVi iwi*=^ ci-U ^c. 

4j ^iCoj ^ji (*rr^ c5^" il^' ^-^^ "^^^^ -^--f^ Ji-V..^ l«ij *-1aj^1 j^-l «U a c£> 

-^jj 4^^ jlS jLji '^ jl A.-L*.L^j -^ ^j^yüi ^iJJi ^J jl5j «Uttj^^i ^IjäJI ^y^ 
liU i^xAÄ)J ifcS^j 4„LJ^1 oJjo JSilzj^j ij-Uojj /^.»-*o -vi.]l ^L*.»-! Jl 1^'Li j«.>J 

1. B uLJ. — 2. Desunt finis hiijus narrationis atque initium sequentis commemo- 
rationis quae nisi in B extat. — 3. B »yU. — 4. B si3J:3. — 5. B ^\. 



II prit ces plantes que le saint avait rassemblees avec beaucoup de peine et les 
eparpilla. Le saint le repoussa en disant : « Mon Seigneur, mon Dieu brisera 
ta force : voudrais-tu que j'engraisse pour toi ce corps qui sous peu infectera 
la terre? » — Le demoii s'enfiiit couvert de honte. L'archange Michel lui 
apparut et lui dit : « Salut ä toi, nouvel Elie, puisque tu as humilio Satan! le 
Seigneur a entendu ta demande et agree ton jeüne et ta priere. » — Le saint 
l'implora en disant : « Mon Seigneur et mon Maitre, je desire '... » 

-MariZeli, disciple de Mari Matthieu {Matta), qui etait mort. II lui or- 

donna (ä eile) de construire une eglise au nom des martyrs. Quant ä son corps 
ä celui de sa soeur, il lui ordonna de bätir sous leur invocation un couvent oii 
habiteraient des moines. Quand ce qu'il lui avait dit fut accompli, le Sei- 
gneur accorda son pardon au roi leur pere. Quant au couvent bäti en leur 
nom, on y fit une voüte souterraine oü l'on plaga les corps des saints sur une 
estrade incrustee de pierres precieuses. II y avait, ä cette estrade, un Ken et 
une chaine. Si un homme etait possede d'un esprit malfaisant, on l'amenait 
pres du corps des saints, on l'enchainait, on le liait avec cette chaine, puis 
on le laissait et on partait. Le lendemain, quand on entrait, on le trouvait 
delivre des fers avec la chaine otee : l'esprit du mal sortait de lui. Cela duro 

1. La fin du recit manque, — 2. Le commencement du recit, qui n'est donne que par 
B, manque egalement. 



442 SYNVXAIRE ARABE JACOBITR. [366] 

^j.Ur ^-Jl «i^lVb v_;l:>«Jl. ^_^^*9 ^-01 ^U;j j^iJl ^>1. y» ^^ ^^^' ^^ ^„a)I 

>Ü d^,UJl oUi iii^ (v-^: jL.U.11 ^A l^j\ \y[^j Ori.-^^^ ^'-^^ J^ "^^^ '^^ 
jJJJo ^^ül ^J3 *lüJl w^Jl <J ^jL« '1-yiJl ^3^.-^)1 -»-f" -^ ^^^y M^ -^^ ^-H 

^1 ^k 4^ ^Lj j^'^.^'b J.t—Vr-*"'^ ^*^=^b <S^J^ '^'^^ ^J ^aUI c-.^ ^.W 2^ 
r*^ jl^ t>-^j -S:*^^ J^ jy^-^.. a-f^^-J o!.^^^-? ^J^^^ J^*^ ^^^ "^^^-^ 

\,^^ \,1 Objl Jl r.^ A;*^! Jjbl ^ jlS \Xfi> ^'^\j>} w^V^ ^-li" -^j 
1. Haec comm. deest in B et Ludolf. — 2. B ,ui.sr'. 

jusqu'a nos joiirs : le couvent est appele U Monastere de la Voute. Comme oii 
manquait d'eau dans ce couvent, un marchaud important s'y presenta voiiant 
des pays d'Orient. II visita le couvent et on lui fit connaitre les miracles et 
les prodiges qui se manifestaient gräce aux corps des saints. II avait avec 
lui un esclavo qui lui etait tres eher, qui etait en proie ä un mauvais esprit. 
Alors il le fit approcher des corps des saints : il fallait quatre serviteurs 
pour le garder, de peur qu'il ne nuisit ä quelqu'un. Quand on l'eut laisse 
pres des corps des saints martyrs, le Seigneur lui accorda la guerison 
et le marchand s'en rejouit. Le martyr lui apparut et lui ordonna de batir 
une belle eglise. « Je te suis garant (dit-ll) que le Seigneur t'en tiendra 
compte : fais le pelerinage ä Jerusalem (BcU el-Moqaddrs). » Quand il s'eveilla, 
il fit venir les architectes et les magons et batit une eglise sous l'invocation 
des martyrs. Le Seigneur y lil apparaitre des miracles et des prodiges nom- 
breux. Mais, ä cause de l'abondance de la foule, on manquait d'eau dans 
les citernes. Par Tintercession des martj'rs, le Seigneur fit paraitre uno source 
d'eau dans ce couvent, et on v Irouva un ffrand soulasfement a cause des 
liabitants, des voyageurs et de ceux qui se rassemblaient pour la lete. 
Quiconquo se baignait dans celle eau, guerissait de toutes les maladies et de 
toutes les douleurs qu'il resscntait. Oue le Seigneur nous fasse misericorde 
par leur priere! Amen. 

' Kn ce jour mourut notre pere Apraxios (Ahraks)-. II etait de la IIaute-l\gypte 
1. Getto commemoration manque dans B et Ludolf. — 2. Malan : Abracas. 



P67] 13^ Kl HAK (9 DKCEMBRE^. 4A3 

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j.l l:^ jyC;- a;->U ^J\ J J^\ cJl dLlr J[j] ..l,^ uO^^ ^r :^.^ii 
^JLc :JJi ^1 w^U «Ol ^i ^IVl -^»^ ^-^ '^"^::-- .jii^'-i ^yy jj-^'^j "^»^^ 



J . Uaec comm, deest in B. 



{Es-Sa'i(I), et, ä Tage de vingt ans, il partil poiir embrasser la vie monastique 
oü il livra de bons combats. Qiiand le demon liit fatigiie de lui livrer bataille, 
il alla le trouver ouvertemeiit. Le saint le regut et le demon lui dit : « II te 
reste encore cinquante ans. » Son but etait de lui inspirer du decouragement. 
Ensuite le saint lui dit : « Tu m'afiliges, je croyais vivre encore cent autres 
annees et j'aurais faibli ä cause de cela. Mais puisqu'il enest ainsi, nous allons 
lutter avant la mort. » Puis il redoubla ses efforts et, cette annee, il fut 
transporte aupres du Seigneur. Que sa priere soit avec nous! Amen. 

*En ce jour a lieu la commemoration de la consecration de 1 eglise de 
Saint Misael (Misäijil) le prophete. 11 y avait au couvent d'El-Qalamoun un 
superieur * du nom d'Anbä Isaac (Isäak) : il etait excellent dans sa direction. Mol. 78 v°. 
II avait coutume de ne donner Fliabit monastique ä quelqu'un qu'apres Tavoir 
remis ä un vieillard instruit, apres la lecture des livres ecclesiastiques, parti- 
culierement les cent cinquante psaumes et apres avoir bien examine sa 
conduite. Un jour, un jeune homme de douze ans vint le trouver, voulant em- 
brasser la vie monastique. Lorsque Isaac, suivant la coutume des moines, lui 
eut fait le signe de la croix sur le visage, ce jeune homme s'approcha, se 
prosterna devant le superieur et lui dit : « notre pere, Anbä Isaac, par notre 
Seigneur le Messie, accueille ma misere, aide-moi a sauver mon äme; place- 
moi au nombre de tes enfants. » Le superieur Anbä Isaac fut etonne de ce qu'il 

1. Celle commemoration manque dans B. 



444 SYNAXAlRp: ARABE JACOBITE. [368] 

^.»^ L$-*Jj ^. (^^ ^jSL^ LjJu M^Cä aJ dUjou «CU-L^ A.U1 ^-U^i ^a)1 ^ ^j 
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^ Jlij l^jU IjJj ciijj^_ yJ\ .^.^ 4.Üi «^ viJU,^ ^\ ^U^^ '^^--^^ "^ J^ ^-^ 

^j^äJ jl j>j jLfc^l Ji^ ^^ji-oiT ^ ...■tJl 4J JUj <,UI -« ij^j^ r^\ <wÄ-^j (5-^b 
(^.^r-«^^ j^Üjj ,_J^ jIaI« t5_^-- ^^r-*^ ^^" "^'j ^^ J^^* "^J ^U! ^! Ulji 

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^■-Oij c»'U-s^ <>yJ^\ dUi Jj v**^^^ r!:rr~-'^ U-äLojI U ^*--of (/-^bj 5-* «J-*^j 
1. A ^^L — 2. I Tim.. X, 23. — 3. A w-^'j^. 



Tavait appele par soii nom et lui dit : « Qiii t'a appris mon nom? » — « C'est 
la grace qui est dans ton coeur qui me Fa fait connaitre. » — a Assieds-toi, dit 
le superieur, que Dieu fasse de toi pour lui iin temple saint pour y habiter ; mon 
fds, fais-moi connaitre toute ton histoire. » — Le jeune liomme reprit : « Je 
t'apprendrai, mon pere spirituel, que mon pere etait un hemme aimant le 
monde, occupe par ses delices et ses plaisirs loin de l'adoration de Dieu, qu'il 
soit loue! II n'avait pas d'enfants et etait triste ä cause de cela. Un jour, un 
moine, vieux et saint, lui demauda rhospitalite; mon pere se plaignit ä lui de 
son chagrin de n'avoir pas un fds qui heriterait de ses richesses, car il etait 
ires riche. Le vieux moine lui dit : « Conduis-toi mieux envers Dieu qui aime 
les hommes, et il te donnera un lils beni. » Mon pere repondit : « Comment 
(( faire pour mieux me conduire envers Dieu? » — « Mene la vie des moines, 
a c'cst-ä-dire jeüne continuellement jusqu'ä la neuvieme heure; ne mange pas 
« de viandc, et ne bois pas de vin, sauf la moitie d'une mesure egyptienne a 
« cause de la faiblesse de ton corps, comme a dit Tapotre' ; acquitte-toi de tes 
« prieres du jour et de la nuit, et surtout de celle du milieu de la nuit; ne 
« romps pas avec la sainte Eglise ; aie un pretre ä qui tu demanderas conseil 
« dans toutes tes affaires. Quand * tu auras agi ainsi, ta femme et toi, tu 
« alteindras ton but, car la mort est proche. » Mon pere s'eveilla : ma m6re et 
lui prnli([U('rent tout ce qu'avait prescrit le vieux moine et, cette semaine, eile 



*ful. Ti» r 



1. 1 Tim., V, 23i 



[369] 13« KTflAK 9 DECEMBRE;. 445 

..^ U ^J\ jlj ö^Ji Jl ci-U:^! ^^AiJI ^Jl ^ ^ J::^^! ^^ CoJLL 
U ^^L^V i_^ .^-*r ^r^\ ^^i '^»-U' Uj «^. ^^ij JL*^ ^c_JÜ aU^ ^Idl ^^ 

<v,M~Jlj «Uwlc- (J^^^ (T*^^' ^^/'^s'^^^i *-^<i -^-^ ^LÜl il^f»- /V^*-^^ "^-«^^ij ^^J Ji ^Ji 

4JJI j^i ^JÜl JLä^Ij \«l^^i jA£« ^y^^ ^j-aJ l IjJ JjijJ 4jii JaJLJ U> AlX-^ 
^^ 1-L|1 dLwU j^J^^j <>'\^^J Ji*l^ i>>l^ J^ J^ jV^ ^^-Uol J^AiJl d^'%Jl 

1. A Ä-''. 



devint enceinte, comme eile me Ta raconte. J'etais uge de six ans lorsque 
toiis deux moururent et allerent retrouver le Messie. Notre pere Teveque 
vint chez nioi, me consola, s'occupa de mes atl'aires, me conduisit ä Fecole 
et administra toute la fortune que m'avait laissee mon pere. Quant ä moi, 
malheureux, lorsque je connus les livres de la saint.e Eglise, je desirai mener 
la vie monastique. » Apres avoir entendu ces paroles, le superieur le confia 
avec joie ä un vieillard zele. Lorsque ce moine l'eut regu en garde, il 
Tadmira beaucoup en voyant son zele, sa devotion et sa perseverance ä 
connaitre les Livres saints. Peu de temps apres, il alla trouver le superieur 
et rinforma de tout le zele du jeune homme. Alors Anbä Isaac le fit venir, 
pria sur lui, le revetit de Fhabit monastique et du saint froc et lui ordonna 
de vivre seul, retire dans une habitation. Quand il fut dans sa retraite, 
il commenga ä se rejouir. « Mon äme, dit-il, considere la grandeur de la laveur 
et du bienfait dont Dieu t'a gratifiee en ce moment : gräce ä cet aspect que 
tu as revetu, tu as ete mise au nombre des saints anges ; desormais, tiens-toi 
ä l'ecart de tous les plaisirs et de toutes les delices du monde; que tes vete- 
ments soient toujours de laine usee ; n'en revets pas du tout de neufs , mais porte 
un haillon qui cache la niidite de ton corps; garde-toi d'avoir des songes noc- 
turnes; ce serait mortel pour toi. Mon äme, supporte avec patience tous les 
malheurs et les chagrins qui t'arriveront : celui qui plante l'arbre de la pa- ■ 
tience, recolte pour fruit la victoire sur tous ses ennemis et obtient le 



446 SYNAXATRE ARABE JACOBITE. [370] 

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fol. 79 V" 



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1, A '-'*.1|. — 2. A add. , CJJb. — 3. Psalm, xxvi, 10. — 4. A ?J— =^<>. 



triomphe; le plus heureux est celui qui s'eleve. Grains Dieu et agis suivant sa 
crainte ; celui qui plante * Tarbre de la lächete, recolte pour fruits le malheur et 
la pauvrete. Le plus malheureux est celui qui aspire ä une chose qui n'est pas 
en sa possession. » Un des freres, Ta^-ant entendu repeter ces paroles et d'au- 
tres comme si Satan Tattaquait, frappa ä sa porte et le trouva en train de s'ac- 
quitter de la priere du milieu de la nuit. 11s prierent ensemble et se benirent 
mutuellement. Puis l'autre lui dit : « Mon frere, quand je t'ai entendu blamer 
Ion äme, j'ai cru que Tennemi, suivant sa coutume, etait venu ä toi. » JVlisael lui 
repondit : « Ne crains pas pour moi, que Dieu ait pitie de toi; sache que Satan 
est mis en fuite par la priere quand eile vient d'un coeur brülant. » — L'autre 
loua Dieu et partit. — Longtemps apres, ce frere vint le visiter et il le trouva 
debout, priant et disant : « Mon Dieu, sauve-moi, regarde Tabaissement oü je 
suis par suite de mes peches; mon pcre et ma mere m'ont laissr, et le Seigncur 
m'a recueilli'. » Son corps avait perdu son embonpoint et etait devenu de- 
charne comme une brauche de palmier brülee. Alors il se mit ä pleurer. Misael 
lui demanda : « Pourquoi pleures-tu? » — « Et comment ne pleurerais-je pas? 
Lorsque tu es entre chez nous, je n'osais te regarder ä cause de la beaute de 
tes formes, etaujourd'hui, ton corps est ainsi brüle ! » — « Louange ä Dieu qui 
m'a donne la lumiere de mes yeux et a fait entendre mes oreilles pour que je 
connaisse les Livrcs saints et que j'entende les exhortatious divines. II iiTa 
donne aussi — louange ä lui! — la force de rester debout pour prier. » (^iiand 

1. Psaume xxvi. 10. 



[371J l.-J'^ KIIIAK 9 DECKMBRE). 447 ' 

iY^ji\ '«-«■^ Uj v«.A^' "^Ij ^^\ A^\ (j ^i-Lj'i ^y^_} ^y^\ ^-^ (V^^ (*^^ (3 j^ (^b 

^-U. Jslls»-! i^^ «Oi- y-^l (3 jl ^»iJl ».«^ UJi (J^Lä*^ ^Vi |**J 77 J^ J"^ 

UU>- //^j y.'^ Cf' ij^^^ ^j^Ol? v^ '^H*' »-''^^ cijAJj -^-U]! ^Ä-.»f>- (J^ (v^j ^'-^'^ 



1. Hie addit nonnulla verha versio Wüstenfekl. 



le superieiir apprit toiites les devotions du frere, il alla le trouver et Teiicoura- 
gea, — Misael liii dit : « Saint Pere, sache que dans trois [jours] des gens 
semblables ä des soldats viendront me reclamer a toi : ne repousse pas leur 
demaiide, de peur qu'ils ne te maltraitent ainsi que tous les freres et qu'ils ne 
ruinent le couvent ; ne crains pas, car c'est la volonte de Dieu, gloire a lui! 
Sache que, Tannee prochaine, la recolte manquera; je reviendrai vers toi Tan 
prochain; ne crains pas. » — Quand le superieur entendit les paroles du frere, 
il ne les adniit pas ; toutefois il s'empressa d'acheter une grande quantite de blö 
et de grains. Peu apres, les gens ressemblant a des soldats arriverent, saisirent 
* le superieur, l'enchainerent et voulurent tuer les moinos et ruiner le couvent. * foi. so x\ 
Alors le frere Misael sortit vers eux ' . [L'an suivant] le gouverneur, ayant appris 
qu'il y avait de grandes provisions dans le couvent, le cerna et mit les scelles 
sur les approvisionnements. A ce moment, une troupe considerable s'avanga, 
cloigna du monastere le gouverneur qui partit frustre. Le superieur sortit, 
fit bon accueil ä ces gens et leur presenta ä manger, mais ils lui dirent : 
« Nous n'avons besoin de rien. » L'un d'eux s'avanca vers moi^, me prit par la 
main, m'emmena k l'ecart et me dit : « Mon pere, je suis ton fils Misael; ces 
gens [pareils ä] des soldats sont des ascetes et je suis Tun d'eux. » — Le 
superieur lui demanda dVHre avec eux; il lui repondit : « Demeure ä ton 
occupation : car c'est la volonte de Dieu qui t'est utile. » Puis il ajouta : « Mon 

1. La Version de Wüstenfeld ajoute quelques niots. — 2. Le recit est place brusque- 
ment dans la bouche dAnba Isaac. 



448 SYXAXAIRF. ARABR .IAC013ITK. [372] 

Uj,^ U-c-1 ^Jl oL^ l3lj ^y^l t5^ ^ J o:^ J^ c^ ^ p^:. V ^^ 

•^ L>-jU- ^\j ^^U--^ jv14j V^ :L)lxUt«J ^j:> aILjuJ' Ca^ 4ja9j JUi« '^K.,^»^ 
l.. . aJ o-^j -Ol^p-j 'Li ll^L jl^ ^JJl ^Jl lIU»-^ i^;*o Li ^Ijlj f-La^j J^Ls 

j3 jp-l^ül /*-:r*^-^ JuLä^ i^jJj li[j aj^wJ! ljj,^r^. ^^LVi UJj ^.^-^i v^^^i ^ 

^^•j ^- ^_^i ji« j ^i^^ fWi i -^-^^^ J ^^^ ti^ r^-? ^•'^ ^-^-^ t^*"^-? 

1. A (3^^'. — 2. -^aec cominem. deest in B, Assemani , Ludolf et Mai; Wüstenfcld 
c?/e proxima eain praehet. 

pere Anbu Isaak, rends-moi uii Service; va trouver mon pere, l'eveque Anbä 
Athanase (Atanäsijous), dans ma ville oü j'ai ete eleve, et dis-lui de ma part de 
te remettre ce qiii appartenait ä mon pere; par la gräce qui est en lui, il te 
donnera toute cette fortuiie. Bätis pour moi iine eglise en mon nom, et 
quand eile sera achevee, je desire etre invite ä sa consecration. » Lorsque 
moi, le pauvre Isaac, j'allai trouver l'eveque, il me remit toutes les richesses 
qui etaient chez lui; il y avait 700 niithqals d'or, 900 dirhems d'argent blanc, 
des livres relies, cinq cents tetes de betail, outre des vctements, des parures, 
des vases en quantite considerable. Je regus cadeau de la maison oü il habi- 
tait et de ses dependances; jy batis une belle eglise; j'invitai notre pere 
l'eveque Anbä Athanase, une foule d'eveques, de pretres et de magistrats 
avec tous les fideles qui etaient la. Tandis que les eveques faisaient la con- 
secration de r^glise, voici que mon fils Misael et tous les ascetes arriverent 
pour y assister. Les bätons qui etaient dans leurs mains brillaient plus que la 
lumiere des cierges. Mon fils vint ä moi, me salua et me dit : « Prepare-toi 
pour l'an prochain, car ä pareil jour tu mourras et tu iras vers le Messie notre 
Dieu. » Que la priere de ces saints vertueux, accomplis et celebres, et de tous 
*foi. 8UV". les saints martyrs soient avec * nous tous! Amen. 

' En ce jour a lieu la commemoration de saint Christodulc (.\khrastoudou- 

1. Cette commemoration manque dans B, Ludolf, Assemani el Mai; Wrislenleld la 
donne au jour suivant (14 de kiliakj. 



[;373] 13" KIHAK (9 DECEMBRE,. 449 

r - • ■ 

[Jü^ jiVi ^V-J ^r^ -^-^^ ^V-? o-J a:.-^^ ^V-J ^:^■^> C^^"^^ ^V ^^^ 
^ L >UIS <^ .^V Uj c^; J ^J j^-^^ J^J ^ jl^ U^ ^\j <:^^ ^- 

je Jj^ l. J^ij Ij^ ^y,. U l^J ^^j Vt'^^ li-J-j >i,l;Uj ^„i ^U y^ <\j 
c^j 4)1 ^.X|j ^1 j «ui; -v=vlj oUJl ^ ^j a:^*-*J^ ti^ -^'^J ^"-^^-J 

1. A O-V^. — 2. A y^\. 



los). 11 etait d'On {'Ahi Chams) et exer^ait le metier d'orfevre. Un jour, iine fillc 

belle et charmante vint le trouver et lui apporta un vase d'or brise. Elle essaya 

de le seduire parce que Tennemi avait rempli son coeur d'amoiir pour lui. 

Elle lui decouvrit son corps et lui dit : « Maitre, fais des anneaux pour ces 

doigts, un bracelet pour ces mains, une croix pour cette poitriiie, des anneaux 

pour ces oreilles », et eile se mit ä lui demander de s'unir ä eile. II lui dit : 

(( Aujourd'hui, je suis malade; demain, la volonte de Dieu s'accomplira. » Puis, 

il se leva sur-le-champ, prit tout ce qu'il avait, fermala boutique et s'en alla ä sa 

maison. II se mit a se blämer en disant : w Mon äme, tu n'es pas plus forte que 

les saints qui ont fui ce monde et ont habite les deserts, comme saint Macaire 

(Maqdnjous), Antoine {Antoumjoiis), Pakhöme (ßaAVjoi/m^ows) et d'autres. übeis- 

moi si tu veux ton salut; fuis ce monde, tu seras sauvee. » II raconta a sa 

mere ce qui lui etait arrive et lui demanda avec des larmes abondantes de lui 

permettre d'aller dans le desert. Elle lui dit : « Si la chose est comme tu me 

l'as racontee, fais-moi d'abord entrer en religion et le Seigneur sera avec toi. » 

II la conduisit ä un couvent de religieuses, la confia ä la superieure et lui remit 

de quoi vivre. II prit le surplus (des biens) de sa mere et le partagea entre les 

pauvres. Puis, il partit pour la montagne. II hata tellement sa marche qu'avec 

la dircction et l'aide de Dieu, il fit le chemin de trois jours en un seul. II vit 

trois hommes ayant un bäton dans Icurs maiiis, et sur ces bätons des croix qui 



450 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [374] 

j\ is^jLk« ^^ ^^J (^ dijLjj 'iy^^ l^Utj ^AA^aüs ^j^J:J\ Jl^ t^^; jLL^ 
^Ül bjiljlj Liä^ jl>.1j dUjii y "J b^^'Us «ui; ^>^ jj-^:. <i ^ ^\ ^J-^'^y.. 

^ ^1 .^.Ul 4l,>lt ^l^V ^^\ iSJ^ j^J fr*^ -''^^ ^y ^^. ^J^-? *^^*-^ 
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Sj^^ jl^l ^\y\ J\ ^ jA*Jl jlj 'i\j^ Ll- ^^il^l diu J U5Cä .juJlj aJI 

1. A 5wVi.,i. — 2. A ji^ U — 3. A |J>v,. 



brillaient commc le soleil. 11 se dirigea vers eux : ils firent une priere et ils le 
benirent. U se prosterna eii demandant qii'ils le guidassent lä oü il saiiverait 
son ame. « Affermis ton esprit, liii dirent-ils; viens avec nous et la volonte de 
Dieu s'accomplira. » — « Mes peres, dit-iL vous avez des bätons sur lesquels 
vous vous appuyez, mais moi je n'en ai pas. » ils lui repondircnt : « Marche 
rapidement ; le Seigneur te donnera de la force. » II partit avec eux, le coeur 
reconfortc par l'image de la croix qui. etait sur leurs bätons. Au matin, ils 
arriverent a une vallee oü il y avait des arbres fruitiers. Ils couperent pour lui 
*ioi 81 r * un baton de ces arbres; puis il leur dit : « Mes peres, oü est le crucifix qui 
doit surmontcr mon bäton comme les vötres ? » — L'un d'eux prit un morceau de 
bois mince, en fit Timage d'une croix, la plara sur le baton qui dcvint tres epais. 
Ghristodule le prit, los rcmercia et loua Dieu. Au memc moment, ils disparurcnt 
etil ne les vit plus : leur Separation avait ete tres rapide. II se mit ä marcher 
seul dans le vallon en chantant les psaumes. Quand arriva le soir, il fit une 
priere, cueillit des fruits de ces arbres, but de cette eau douce et loua le Sei- 
gneur qui prenait soin ainsi de sa ercature. « Vous m'avez dit la verite, mes 
peres et mes freres, » dit-il ' . Le bäton que ni'avaicnt donne ces pcrsonnes benies 
brillait pour moi la nuit comme la lurniere du jour. (Hiand j<> marchais, tenant 
06 bäton ä la main, je n'etais pas fatigue et je parcourais les distances. Je reslai 

1. La suite du recit est mis dans la bouclic de saint (]lirisLodulc. 



[375] 13'^ KIIIAK 9 DECEMBRE). 451 

Ol Ij-^J^ U^j^ IjAäd Jj (_$^l^i^ ^J^r^J <-^^ S^ ^\ (^ /"-^-^J (5-^'^^' ^^ 'hy*^ 

jaJI jlj ULUc ^Lä,)! Jji 1_^J ^ij^l /^^^AaJl ^Ij-t^ li^^is-::^ jlS (j:>i^l jV 

b^LjJl j S-"^^^ ^<Jj ^^IpcoJsJ j^A.iLJl ^^^LJl ^^ aJI ^"ij 'i^-l^ 4^1.*^ L,o ja*J1 
\_« ^^LkJ 4 >\ ^-LJl »_j^^^ aJLo::;! ^^j ^U <=Jl>^ -ü^^^^J; 11 J}^^j '^^■^^ tjr^ 

•yijl ^" 4J,li)l Ulj <C=~L' (^Ls CK-^ ^^^ ^IjJl -^ »^ A^ \^^^\ Jkü, jl wJ^^l *fol. 81V. 

*_.-.»._äJ1 l^l«jj -*AUic"j j*f~9_/^ 'J-'^^*:. (*r!.'Vi. (3 (»r*^ fr::^^^-? ^ ^^y^ ij-U:jl 

dans le vallon pendaiit de nombreuses annees. L'ennemi, sous la forme d'un 
Berbere, alla trouver de mechantes gens et leiir dit : « II y a dans ce vallon un 
(( tresor considerable dont s'est empare un jeune bommo tout seul; suivez-moi 
« pour qiie je vous le montre. » Ils le suivirent, il les conduisit sur iine mon- 
tagnc elevee : ils virent le vallon sans trouver d'endroit pour descendre, car 
il etait garde par les prieres des saints ascetes. Ils resterent älteres sur la 
montagne. L'ennemi prit la forme dun moine vieux et faible et me dit : « Va, 
« mon lils, vers les gens «gares sur la montagne; fais-les descendre dans le 
« vallon pourqu'ils boivent un peu d'eau et se nourrissent de quelques fruits de 
« cos arbres pour subsister. » Je me levai et je voulus aller vers eux; je lis 
d'abord une prierc et je me signai : le vieillard devint comme de la fumee et 
disparut. » — Toutes les fois que l'ennemi employait une ruse et venait le 
trouver, le saint faisait le signe sacre de la croix et le demon disparaissait. 
Lorsqu'il eut passe beaucoup d'annees ä adorer Dien et qu'il fut arrive ä une 
sainte vieillesse, il fut informe du jour oü il serait transporte vers le Dieu qu'il 
aimait. II demanda au Seigneur de voir un des ascetes dans le desert pour 
recevoir sa benediction * avant sa mort. Voici que les trois personnes qui * lui.si v°. 
l'avaient guide vers le vallon arriverent, tenant dans leurs mains leurs bätons 
qui brillaient. 11 les reconnut et alla au-devant d'eux. Ils firent ensemble une 
priere, puis se benirent mutuellement et s'assirent. Les trois vieillards lui 
dirent : « Le Seigneur a envoye vers nous et nous a fait connaitre toute ton 
existonce afin que nous l'ecrivions pour le profit de nos freres chretiens. » 
Ouand il la leur eut racontee en entier, il fut atteint d'une legere maladie, sc 

'l'ATTl. Or,. — T. III. 31 



452 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [376] 

SjL»- Ci-ij ^U^ jL ^AÜSl ^:il^ JjVl j^^ A-« ^i*-^ J^slj^l Uajl «tij ^ 
*LLi 1^1 ijA:>ö Jj Ij/ojJij ^y^3 /»Uptil \J=' y^ ^.bl As Oi'o ^^-XiJl I-Ü& c^l jV 

j^^^^Ä^-w^'i ^^ As-1 ^it Iji-^^ Lo IjJD ^^^'V >.l:j^_ (T*!.-^^ -^^^J «^U^ -Cj-u jj ^^Lä]I 

1. //aec commemoratio deesl in B. — 2. //«c commemorntiones desiint in H, Ludolf, 
Mai ei Malan. — 3. Haec commemoralio deest in B. Ludolf. Assemani, Mai et Malan. — 
4. Qiiae sequuntiir, usqup ad finem, desunt in Wttsl. 



couclia et moiirut. Ils se leverent, prierent sur ce saint corps et le drpose- 
rent dans la terre. Que Dieu nous fasse misericorde et nous pardoniie nos 
peches, gräce a leiirs prieres! Amen. 

QUATORZE DE KiHAK (10 decembre). 

' Ell ce jour, saint Simeoii (Sim an) de Panouf-Ris (Ma iiouf el-'Alyd) requt le 
martyre an tempsdes Mnsulinans. ()i\e son inlercession soit avec nons! Amen. 

" En ce jonr ont licu aussi les eoininemorations du martyr Abou Bahonr et 
du vieillard Abou Mennas (Mindj. Que leur intercession soit avec nous! Amen. 

■' En ce jonr, qui correspond au dix de Känoun J , ent Heu le martyre de saint 
Mar Hehnäni el de sa soeur Sarah '. Cclle-ci sonffrait de la inaladie dela leprc 
et ses parents, apres beaucoup dellorts, navaient pu lui procurer la gueri- 
son. Un moinc ascete, du nom de Mattliieu [MalUi), s'etait enfni de Tempii-c 
de Julien (Youbjanous) (|ui avait apostasie et ordonnc d'adorer les astrcs et de 
leur ofTrir des sacrifices. Ce saint avait donc abaiidonne soii pays et s'etait 
etabli dans ccttc montagne, pres de la capitale du royaunie du pere de saint 

1. Cette commemoralion manque dans B. — 2. Ces commemorations manqu(>nt dans 
B, J.udoir, Mai et Malan. — Assemani : Or. — 3. (leite cominenioralion nianquo dansB, 
Ludoll", Assemani. Mai et Malan. — ^. Le reste de la commemoralion manque dans Wüs- 
tenfeld. 



[3771 14'^ KIHAK (10 DECEMBRE . 453 

(_U>.A9 Lfl.i.i»t« dj,_-uJl J\ <u« ^j^3 ^^^^ c5:.^ "^^J (^ (^„-^^ li^y bb (^ÄJ^ 
Lo':.^ ^ ^_j_3_jJi*Jl jlj blj ^_$JJI Ijjl «^1 j/. "Lü^ -vi'-Oij (J^ij ^l:^ er^.-*^^ 
^juiJl r^ps^ "-^--^ <;*-01j c^^ü ^^^1 l^/..fl.--J ^jLJl <>\ ^ ij^-^ -^jj-uJl ttj^ 

L*^Lktlj A=>.^1 ^Vl ^Aiül 'rjj\j ^ji'^b «-j"^'^ (^^ ^Ujb-Uji <^U J^ »_jjl ^U 
1. Jtenitn eadem ^>erha praebet X. — 2. A Uj.o*3. 



Helinum, car on n'y opprimait aucun chretien. Uiie troupe de fideles s'etait 
enfuie avec lui et s'etait etablie pres de liii. Le Seigneur l'avait favorise du doii 
de guerisoii. Beaucoup de gens venaient ä lui dans la montagne oü il habitait; 
il priait sur eux et le Seigneur les gucrissait de leurs maux. Un jour, saint 
Behnam sortit pour chasser dans la montagne oii etait ce saint : il vit pres de 
lui un animal sauvage tres grand et le poursuivit jusqu'a la nuit. Presse parla 
nuit, * il s'endormit dans la montagne, lui et ses compagnons. Tandis qu'il etait ♦ tui. 82 v 
endormi, il vit un personnage brillant de lumiere qui l'eveilla et lui ordonna 
d'aller trouver saint Matthieu qui demeurait dans cette montagne pour qu'il 
priat sur sa soeur : alors le Seigneur la guerirait de sa maladie. II partit sur-le- 
champ et ne cessa de chercher jusqu'ä ce qu'il trouva la grotte de saint Mat- 
thieu, 11 se prosterna devant lui et lui fit connaitre le songe qu'il avait eu. Le 
Saint precha, lui enseigna le chemin de la vie et partit deguise avec lui pour la 
ville. Behnam entra cliez lui et, en cachette de son pere, informa sa mere de 
Tapparition qu'il avait vue; il lui apprit que saint Matthieu etait sous un 
deguisement hors de la ville pour prier sur sa soeur benie afin que Dieu la 
guerit. Sa mere en fut tres contente. Bahnämetsa soeur allerent ä l'endroit ou 
etait Anba Matthieu; celui-ci pria sur eile et le Seigneur la guerit, grAce ä sa 
priere. Ensuite, il pria de nouveau et le Seigneur fit jaillir une source d'eau, 
avec laquelle il les baptisa au nom du Pere et du Fils et du Saint- Esprit, un seul 



454 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [378] 

^ ':.£ L>-y -y Ji \:l'J\ ä"JU= U-\.JIj ö\j3\ A^ Uj \»^y, ^^^3 ^r^"^'' j^^^ ^ 

Pj^ ^J\ jl <] Jy^i ^ J'^\^ ^A^^ ^::^ ^^*-? ^^-^ ^^^^^ S'^^ C^ '-^^^ j^ J^J 

^_« 'L^-L^^ j^A»^ l^^is^j o.!^lj ^_<_a_äJ1 ^J^ 'LsJLäJi <^;"j_^-L« ijAi-l ^^ ^j^.r^'^^ 

foi. 82 V". Ujbyjo^j U d-^ ""'i*^^ J^'j \.'^y»."^^ "^y^j^ j^ 5$^5Cc^ ^^ ^i^l»^ ^li o <l.U; 
,_i^L Läj^ISj "^(«^^ ^>^^ ÖA,J1 ^jli- l«-&jA^j L^Uis j ^j^^y ^'^'^ Lo-A^liär 
J üLäJI Ji^l^l IjJl^j ^^^l.*^j k:>\^ ^U-zo jL ^;.-^^^ rc_-^Jl 'ty^- ^-^ f^^ c^ 
ia_.w<J jL^j jlks^ -^jj U.j~ol dl.Ul \SS^^ L<^.1:9 /^ b^r^ ^<^J «-UJl C;_^xA^ 

1. A xjj'. — 2. A L^'. — 3. A L-w^--. 



Dieu; il les fit participer aiix m^^steres divins, puis revint ä sa demeiire. 
Quand le roi, pero de Sarah, apprit la gucrisoii de sa fdle, il se rejoiiit beau- 
coup et Tattribua a ses faiix dieux. II demaiida : « Commcnt ma fdle a-t-elle 
ete guerie? » On liii repondit : « Le Seigiieur Jesus, fds de Dieu, lui a accorde 
la guerison par son saint, Anbä Matthieu. Ce ne sont pas les aslres impos- 
teurs qua vous adorez. » En eutendant ces paroles, il s'irrita contra. ses an- 
fants, Youlut les inlimidar par les chatimants et les meiiaea, mais ils ne renon- 
cerant pas a leur sentiment juste. La nuit venue, saint Behnani et sa so3ur 
resolurcnt d'aller dans la montagne oü etait saint Matthieu pour recavoir sas 
sages conseils. Ils partirent a Finsu de leur pere, avec une troupe de leurs 
compagnons. Quand le roi l'apprit, il crut ([u'ils s'etaient eni'uis pour sc 
foi. 82 V". revolter *contre lui. II ordonua a une troupe de ses soldats de monter ä cheval 
et de les poursuivre et leur dit : « Partout oü vous les aurez trouvcs, tuaz-les. » 
Ils se mirent ä leur poursuite, las atteignirent liors de la vilh\ dans leur 
voisinage, el firent perir par Tcpee, pour le nom d(^ Notra-Seigneur Jesus la 
Messie. saint Mar Behnäm, sa soeur et leurs compagnons. Geux-ci re^urcnt 
dans le royauma das cieux la couronna da la via. Lorsque les soldats se pre- 
sentöreiit apres les avoir tues, le roi fut ])0ssede par l'esprit du demon et devint 
dement. Leur mcre envoya vers saint Matlhieu et le iit vc'nir pour qu'il priät 
sur le roi et que la Saigneur la gueril. II lui accorda sa guerison, grücc aux 



[379] IV KlIIAK 10 DECEMBREi. 455 

d^cU^j ^c_..^Jl -U-Jl ^\ (3-^-*j-' ör.f^:.'-^ "^JJJ y^ j^j ^ ^.-^' ^v^. ''LäiuSi 

iV«l l:»^ jj.^' <>%^ r~y'~i ^r'J^ ij^ ^ öt^ C^^-^ „^.^■^i f-?j^^ 
y..k_> l ;! j^aäJI «uaüJ <JU«i£j bjLs^i c»^U:j ^^j^ iV~^ ^*"' (T^."^' '-^j ^-— ■' 

AjJl /;-«J Aj-Vl diu ^T-^.j O-Jl ^^_ t^l^l jj_^ J>I._ jlSj «^Ul (^^^ d-=- (J.l:>=J! 

1. A U:?-^«''.. — 2. Z/«ec coniinemoratio deeslin B, Ludolf, Assemani, Mai, Malan ef 
\Yüst. — 3. //«ec commenioratio deest in A, Ludolf, Assemani, Mai', Wüslcnf. et Malan. 

prieres du saiiit. Le roi et sa femme devinrent des chretiens croyaiit au uom de 
Notre-Seiofneur le Messie ; de meme une foule de o^ens de son rovaume. 11s bä- 
tirent sous riuvocation de saint Belinam et de sa stpur, leurs enfants, un graud 
couveut Oll habita saint Matthieu quand ils Teurent termine. Le Seigneur 
fit apparaitre, par leurs corps, des miracles et des guerisons evidentes pour 
chacun. Que leur intercession soit avec tous les enfants du bapteme! Amen. 
' l:Cn ce jour mourut notre pere le patriarche Anbä Christodule {Akhras- 
tädolou), le 66^ patriarche d'Alexandrie (El-lskanclanjah). Pendant son pa- 
triarcat, il construisit ä Misr Teglise d'Abou Mercure {Marqourah) et celle 
de Notre-Dame dans le quartier d'Er-Roum, eglises patriarcales. II occupa 
ce siege pendant trente ans (1049-1078), puis il mourut. ()ue sa priere soit 
avec noiis ! Amen. 

-En ce jour, eut lieu aussi le martyre de l'eveque vertueux, meritant, par- 
fait, le grand Ammonios [Amoitnyous]^ eveque de Latopolis (Asnd). Gräce ä 
Lexcellence de sa conduite, ä la reputation de sa vie et de ses niiracles, saint 
Anbä Pierre {Botros) le patriarche (289-295) le consacra eveque de sa ville. 
Quand il arriva, il se fit une caverne en haut de la montagne et bätit un cou- 
vent sur le flaue de la gorge oü coule Leau. II descendait de la montagne 
le samedi et passait la nuit du dimanche. Le lendemain, le peuple de la ville se 

1. Celle commemoration manquo dans B, Ludolf. Assemani, Mai, Malan el Wüsten- 
feld. — 2. Celle commemoration manque dans A, Ludolf, Assemani. Mai. Wüsl. el Malan. 
— Amelineau la place le 13 de Kihak. 



45Ü SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [380] 

»_L^j Lüj Oji^l jüjM' llÄ^aJl Ij-^AÜ, jl ^^Lv,j ^jUsJl -yL^> jl^ j^ v-1 

iL-^ )( I lj^,,w?tL-jls ^ji-^l ^c-Jai /^^-«^ wJiJ^ ■^Y-*^3 j^--*=' -^^>-ji U-~'i «CjA« s— ' »9 Jl 
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^Isj j*^"a]1 J ^IjÄJl L:j'a.^ ^'jt^ S}^"^ ^y^ ^^1 Jj j_r^Jl J *^lli::tl ^^^Vl 
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jL^ LJj o^^^l J\ d-^*^j ^^^Jl l^/^:Ü2£lj V^'J^-? Ol»_Jl :i.yCUl Jl ^y^-v, 



presentait ä lui; il lui adressait des exliortalions et, si qiielqu'iin avait un pro- 
ces, il le tranchait. II restait en cet endroit jusqu'au liiiidi, puis s'en retournait 
dans iine grotte qui etait sur la montagne et oii il passait son temps en ado- 
ration et en devotions. Lorsque le Seigneur le vit lutter fortement nuit et jour, 
il voulut le reunir avec ses fideles dans son royaume eternel. A ce moment, 
Arien (Aryanous), le gouverneur, etait dans la capitale de la Haute-Egypte 
{Es-Sa'id). II arriva en barque dans la ville de Souan (Asoudn), persecutant les 
chretiens et voulant les obliger a oll'rir des sacrifices aux idoles meprisables. 
Qiiand il parvint pres de la ville de Latopolis, il tronva des jeunes gens ayant 
avec eux des betes de somnie chargees de petits melons. Les soldats les in- 
terrogerent; ils leur dirent qu'ils etaient chretiens. Les soldats les arreterent. 
Qnand leur mere l'apprit, eile partit pour les relrouver, fortifia leurs cueurs 
et dit : « Nous aimons Jesus le Messie plus que les idoles meprisables en 
pierre. » Le gouverneur ordonna de les enchainerdans la prison, et, au inilieu 
de la nuit, Notre-Dame la Vierge appanit k leur mere et lui dit : « Däm- 
lähah, toi et tes fils bienheureux Sarous, llerman, Banöuf et Histai', mon 
E^^ils bien-aime vous appellera dans le royaume des cieux. » Elle Tencouragea, 
lui donna le salut et remonta au cid. Le lendemain, le gouverneur ordonna 
de les faire venir. (^)uand ils furent en sa presence, Arien leur dit : « Ofl'rez- 
vous de l'encens aux dieux ou non? « Ils crierent : « Nous sonimes chretiens 

1. AmeHiicüii : Doustai. 



[381] 14^ KIIIAK (10 DECEMBRE). 457 

^^ol^^^. l^Lolj *— ^r~'^ "^ rr^JJJ ^y^Jr^ i)'^^^. kSJ^ ijr^' ^^^i ^j^^-*^^ ^ ^ 

A^jtjji i>j.ÄiJi aUjsJi <^*j>-^j U.-'i 'C>-U Ji aJui Js^^l (3 ^5^*^j' ^*?"J *-*'l? (V-*^ u*..«..»- 
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I JLiLs ll^l «C-U /^ -i^-^>=>-^ (3*^' *^^*=J^ ij.>>..'*..9 (^Ij As>-iJ Jl yÄj" L^ U Illö-U 



ouvertement. » On leur coupa la tele du tranchant de Tepee et ils accomplirent 
leur Saint martyre le six de Bachons. Les fideles reiinirent leurs corps et les 
enterrerent dans leur maison. (Hiand la persecution l'ut passee, ils eleverent 
une eglise et jusqu'aujourd'hui il s'y manifeste des prodiges et des merveilles. 
Que leur benediction soit avec nous tous ! Amen. Quand Arien revint pour la 
seconde fois dans la ville de Latopolis, alors qu'il etait au bain, quatre magis- 
trats, scribes et fonctionnaires de la ville se presenterent ä lui. Voici leurs 
noms : Eusebe {Aousäfiou), Yemamal, Harous et Bacchus (Bdkhouch) : ils le 
saluerent, lui remirent les comptes et lui exposerent les affaires de la pro- 
vince. Tandis qu'il examinait les comptes, Tun d'eux mentionna le nom du 
Messie. Arien s'irrita ä ce propos et ordonna de les chätier tous les quatre, 
Quand il vit la force de leur constance, il leur fit trancher la tete le'6 
de Baounah. Avec eux, des moines, des hommes et des femmes subirent le 
martyre. Quand leurs tetes eurent ete tranchees, le bourreau lava son epee 
dans un puits ä Tonest de leur eglise. On recueillit leurs corps et on les en- 
terra. Leur eglise existe encore aujourd'hui et ils sont appeles les quatre he- 
ros. Que leur benediction soit avec nous! Amen. Ouand les ürens de la' ville 
apprirent l'arrivee du gouverneur ä Ermont {Arment), deux femmes d'entre 
les habitants de Latopolis s'y rendirent et confesserent le Messie. Arien se 
tourna en colere vers les magistrats d'Ermont et leur demanda : « Pourquoi 
dites-vous qu'il n'y a pas de cbretiens dans votre ville? » — Apres une en- 



458 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [382] 

iis-l yt\j viVlj dUi^l) ^-^^^Jl 4j,A^)l üÄä \jt *-l)^£- (*i' ^o—- Vj l_a.oJL:::>&' U p^l 

^ i A3 v'y'i^jl lij-» r-'^^ *^'^ ^-^ (V*-*f"^ dL*-Ü o'-'^Vl l-Ä AS ^c_.w,^'l A^l jJij 

Zjy^^^ l^-i\>. «.^.^^1 p;^U ^-;w^]l A^l ^1^::^V1 ^J^ ^y-f.. J' ^^^J-^ "^J^^ f 
J\ j\j ^U-Jl ^^ Jjij oij^U ^^^ .-ii-Vl UU <^:^ ^^Ij ^^^Jl blWlj ^l-~Jl 
p.^«-Ulj j^^J^y .^-*^>1 ^: 1^^>-^ ^:.-^*^ J^ o^^ l'-L» ^*-r'j J^ ^^ "^'^ '^..-^^^ 
::,^w. ^U-Vl o^ > ^ U-l l %>--■. -r-^'^Hi ^^Jl 1^,::^U dS^Jl ^> ^^li l». 

II A*-^J- i»wO 4^*X.' »>^äS Jh^-t--! ^'1 v->Ai[Jl A<t iS^'^J ^iljÄ -»-yis rc_^_Jl ^^1 ^Ic 



quete miiiiitieuse, on troiiva qnc ces femmes etaieiit de Latopolis el oii leur 
dit : « N'avez-vous pas honte, surtoiit etant etrangeres ä cette ville qui satisfait 
les empereurs et les dieux? » Le gouverneur ordonna de leur trancher la tcte 
le 17 d'Aliib Elles se nommaient Thecle {Takiah) et Marthe {}lart(i). ()\ie leurs 
benedictions soieiit avec noiis tous! Alors Tange du Seigneur apparut ä saint 
Anba Ammonios dans le desert. Quand Feveque le vit, il ressentit de la crainte 
ä sa vue. L'ange le releva, dissipa sa frayeur, et lui dit : « Le sahit soit sur 
toi, Ammoniüs; le Seigneur a agree tes priores pour son peuple et voici que 
Notre-Scigneur le Messie a prepare la couronne pour tout ton troupeau. Tan- 
dis que tu es assis, voici qu'Arien s'approche. Leve-toi, descends et avertis 
les fideles de perseverer ä confesser Notre-Seigneur le Messie, car ils heri- 
teront tous du royaume des cieux. » Puis il le salua et le quitta. L'eveque 
partit sur-le-champ, descendit de la inontagne et se rcndit ä la ville conime 
s'il allait ä un festin. (^)uand il entra ä Latopolis, les fideles se rejouirent; il 
leur adressa des exhortations et les inlbrma des paroles de Tange. Ils conles- 
sereiit tous leur foi en disant : « Pere, nous siipporterous tous les tourmentset 
n(»iis mourrons pour le iiuiii <lu Messie. » II enl'at rejoui. (Vetait la I'ete d'Abou 
Isaac {Isfiaq) : il rassembla tous les fideles; ils se rendirent a une montagnc 
appelee Kätoun, — ce qui signifie monlaf/nc des bonncs (i'ucrc.s, — et \ä ils 
celebreronl la fiHc. (hiant a Arien, il |iarlil d'Erniont ei arriva ä unr bour- 
gade appelee Klialouan'. ä Toucsl (b- la ville de Latopolis. i^es liabitants 

J . Ameliiie;iu : Ilaloudn. 



[883] 14« KlIIAK ilO DECEMBRE). ^,5<) 

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sortirent et confessereiil lu Alessie; on leiir traiicha la tete an cet endroit. 
(^ue leur beiiediction soit avec nous! Amen. II alla eiisuite a la ville et par- 
couriit les rues sans y trouver uii seul homme. 11 arriva a la porte meridionale 
appelec l^ah cch-Chokr ' [porte de Vaction de graces)^ parce qiie Tevecjue y avait 
recite siir soii peuplo la priere de Taction de graces. 11 troiiva iine vieillo 
femme avancee eii age qui n'avait pas eu la Force de se rendre ä la montagne 
avec les fideles. Le gouveriieur lui deniaada : « Femme, oü soiit les habitants 
de cette ville? » — « Ils out appris l'arrivee du gouverneur iufidele et ils sout 
alles sur la montague qu'ou appelle Ivitamah pour celebrer une fete. » — « Qui 
adores-tu parmi les dicux ? » — a -lo suis chretienne. » Alors Arien ordonna de 
lui Irancherla lete et sa maison lui a servi de tombeau jusqu'ä present. Ilpartit 
en se dirigeant vers la montagne et arriva ä un endroit proche de la ville, qu'on 
appelait T^l-Mabqalah. 11 y rencontra une troupe de gens et leur demanda : 
« (^ui ctos-vous? » — Ils crierent de leur plus haute voix . cc Nous sommes 
chretiens ouvertement. » Le gouverneur ordonna de leur tranclier la tete. 11 
poursuivit un pou plus loin jusqu'a un endroit nomme Harmädjaliat'. 11 y 
trouva encore une autre troupe ä qui il fit tranclier la tete. II arriva ä un autre 
endroit nomme Seräyä; il y rencontra une autre troupe ä qui il fit trancher la 
tote. Lorsqu'il parvint ä la montagne, il trouvu que les habitants de la ville 
s'etaient rassembles lä. En le voyant, ils crierent tous : « Nous sommes chre- 
tiens publiqueinent! )) II les menaga, mais ils no l'ecouterent pas; il s'irrila 

1. Ameüneaii : Osclikour, saus tenir compte de lexplication qui suit. — 2, Ameli- 
iieau : Girmahahdt. 



/.()0 SYNAXAIHE ARABE .lAC(3ßITE. [384] 

l_^L^j Ol_^-o ^^1 C'^^^^L J j^1-Ül ^^i'l ^1 ^^^JsaJ /^l-l« <1J1 is-U ^It i^'LJj 

J j^-j^'jiLj^-i l_^.Uij *^L^1 ^^L Vi pA^-Ui A^l p-U Jj JJl^Vl (*j-r"^. ^Xj>U.Jl 
^^_«\1 Ai£. ^1 )ij^jj <_ÜLVi ij^-Ä^ Uj \~«1 ll*^ (*r'\/. v^ lV j^^ ^^^\ ^^\ 

J.^i^J\ ^JJs- )i^L,y__ j\ j^\ J lj4^ ^j,'>y^\ ^Ää .^ ^. ^jS}\ ^Ä ...JaiJL <Ü Jlüs 

^ 4-.! i.«l * iA^ i I _' i 1 ulj a^jU^i (JJlSVl '^"j (^=^uL»j i^'iL^ i't/Loij f^p>zJ\ 



coiitre eux, et ordonna ä ious les soldats de tirer leurs epees et de n'epargner 
personne. Parmi eux, Tliomme presentait sa fillc en disant : « Avance-toi vers 
Ic reel fiance qui ne meurt pas. » Les peres ofFraient de la meme fagon leurs 
fds et leurs femmes en disant : « Allons vers la joie eternelle dans le royaume 
des cieux. » Les anges les couronnaient et nul n'a jamais su leur nombre que 
celui qui reside dans le ciel. Ils acconiplirent leur martyre le 19 dWbib : que 
leur benediction soit avec nous! Amen. Lorsqu'on eut arrete Leveque et.qu'on 
l'eat amene au gouverneur, celui-ci hii dit avec colere : « C'est Ini ((ui est 
responsable de toutes ces creatures. » Puis il ordonna de Tattacber derriere 
les chevaux et Temmcna avec lui jusqu'a Sounn. A son retour, quand 
il revint ä Lalopolis, il rencontra trois laboureurs qui dirent : « Nous 
sommes clireticns. » Les soldats repliquercnt : « Nous avons jure de ne pas 
tirer nos epees. » — Les autres reprirent : « Voici nos vieillards avec nous. » 
Alors ils les saisirciit cl placerent leurs tetes sur unc pierre qui existc encore 
hors de la portc septentrionale de la villo. Leur martyre ainsi que celui de 
leurs vieillards fut accompli et ils re^urent les couronnes Celestes. Quant 
ä notre pere, röveque Ammonios, on le jeta au fond du bateau et lors({u'oii 
jetait Tancrc (juel(|ue part, on le faisait monter dans la barque et on le tor- 
turait. (^)uand il arriva a Antinoou, on renferma on prison. Arien lui en- 
voyait dire par son chambellan : « Oflre de l'encens. » 11 repondail : « C'est 
une chose que je ne ne ferai jamais; cpiant ä Arien, le lot du martyre lui 



[385] Ui'- KIHAK (10 DECEMBRE). M^l 

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jjLlS\ Äj^i Ljj j.1^ ^:!^ij j\^^ ^^>--^^ (*:^-'vi ^_^-:Jj ^v'i^Ji ^- ^y 

1. //ft(^f comineni. deest in A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenf. et Malan. — % B 

echoira et il sera comptö au nombre des martyrs. » — Oiiaud cos paroles 
lui fureiit rapportees, le gouverueiir s'irrita contre lai et ordonna de le briiler 
vif. Sa kitte tut terminee le 14 de Kihak. Des fideles vinreut prendre son 
Corps, et le mireiit dans un linceul. II etait intact et ii'avait pas soufTert du 
feu. Ils le cacherent jusqu'ä la fin de la persecution. Ouand les gens de son 
diücese rappriroiit, ils descendirent pour prendre son corps et le transporter 
dans la ville. Mais une voix venant du cadavre leur dit : « G'est ici l'endroit 
que le Seigneur a choisi pour moi. » Ce saint merita de dire devant Notre-Sei- 
gneur le Messie : « Me voici avec les fds que Tu m'as donnes. » — Que les 
benedictions de ces martyrs dont nul homme ne connait le nombre, ä l'ex- 
ception du Createur de la terre et du ciel, et Celles de leur saint evt'que soient 
avec nous tous! Amen. 

' En ce jour mourut Ic grand combattant pour la loi, le noble Anba Eze- 
cliiel (Ui:.rjj/al). Ses parents etaient de la ville d'Ermont (Arnient). Quand 
ilfat grand, la gräce de l'Esprit-Saint descendit sur lui; la pensee de devenir 
moine s'agita dans son esprit, II quitta ses parents et alla dans la montagne 
de sa ville. 11 y trouva de nombreux ascetes qui le guiderent, lui donnerent 
la regle de la demeure dans les deserts, et le revetirent du froc angelique. 
II devint un moine accompli. Quand il eut pris cet exterieur, il tut pique par 

1. Gelte commemoration manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai", Wüstcnfeld et Malan. 



402 SYAAXAlUi: AKABE JACOBITE. [386] 

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i^L^-^Jl dUi (3 ^ k::.*:>ti) e>-^^ "^^J j^ v^J o'^^j ./r^J dl^ d)l> ö>^^j 

Is^j dL_*j' J\ J^ ^J\ i)\ ^ Jljj ^\ c3>^ <*J ^„-1^ 5>b^ C^-^^ ^'^-^■^ ^^^ 

j^^^^äÜI [^ l^^^C^j ä^äIäIU Äiki <)^ i-VÄ jV ^1 ^ «^ yi>-^ »s^J Vj »iJ^ 









1. B soUis habet hanv conunemorationeni . 



Uli scorpion et ressentit une graiidc soufFrance. II se dit en lui-meme : « Voilu 
et' que tu desirais, ö äme miserable! tu voulais me precipiter daiis Tenfer, ö 
ame miserable et mallieureuse! » Puis il entra dans la moiitagne Interieure (?) 
et y vecut dans la devot ion, les veilles, los prosternations et de nombreuses 
fatigues. II se mit ä creuser un puits dans cette montagne. Ouand il out 
penetre ä quarante coudees, Tange de Dien lui appai-nt et lui dit : « Lc 
Seigneur a vu ta peine : cette roclic se fendra et Teau jaillira. Le Seigiieiir 
t'ordonne den boire trois fois, puis de remonter du puits et de ne pas recom- 
mencer ä en creuser d'autre, car ceci est un desert lointain, isole, oü liabi- 
tent des voleurs et des coupeurs de route. » Ensuite sa belle existence ange- 
lique fut terminee : jusqu'ä present, les habitants de sa villo se rendent ä cette 
montagne et crlebrent sa feto dans son en-lise. Oue le Seio^neur nous fasse 
misericorde grace ä sa prierc! Amen. 

ouiN/K DK Kl HAK (11 decembre). 

' En C(! jour inourut martyr le saini Anba Amsah ol-(^)irti. Eorsqiie le 
gouverncur Arien (Ari/dnoiis) arriva snr lo rivage de la ville de Keft {(Ji/'!), 
les jirelres des idoles sortirent a sa renconlr«» et sc glorifierent devant lui 
en disant : « Maiire, puisses-tn vivre eternellemoni ! II n'v a peisunne dans 

1. Gelte commemoralion nexistc que dans B. 



[387] 15« KIHAK fll DECEMBREi. /,63 

.<4^' *ljAc. k^lJs-l ^Jj ^t— «1 A.OW-.I .Aj^ ^.^ <CjA.Ji ^ j''''J -U^lj rtJlÄjl rc-öj 

(3 1 j-L,«ju I i_>l_Sj i>»._*^Jl ,^Ia.:>ü ^_i^.*) jll^ j_^ A,I)A.(Jl \Sj^^ jlx^ j"^J 'Jj^'^'J"' 

•,oL_»..U AiA.^ üj } f^^ la.,Uai> (^-^'J -V-^jsdi ZjJ^^ ^ lir'lä) u IjAädJ jllwwJi 

^ h ■> ,^^JiJi (j'^s^ ^äJ Ü^LJ:.]! (^LlSl 1 JL)j 7E. JL iji^I») <C)A.Ji j_L&l \a, ^j^j 

Js] -r-^ a;1j -c^V «L-ls ^j U^ ^^ J Joül jli IJj *LJI Jl A*^j /»MJl iLLi^lj 

jli <KJjX« iS^J jl ^Jl ^j/--9 ^L-J ojl C) "^^ ^^^1 lo Ä-Li-cc -As^jj ^pcJl L,'.:»-^-. 



notre ville qui mentionne le nom du Messie. ^ II eii fut satisfait, leur dorina 
de iiombreux presents, ofPrit des parfums, immola des victimes et monta ä 
Keft. 11 y avait dans la ville im jeune chretien iiomme Amsali qui avait pour 
soeur une vierte appelee Theodora [Tdoudlumraj. Ils liabitaient au nord de 
la ville dans un jardin appele le Champ des feiiimes {Ijaql cn-nüauah). Ils y 
travaillaient et y trouvaient leur nourriture. Elle etait restee vierge. Ils 
employaient leur superllu cn aumönes aux malheureux. (^)uaud le saint apprit 
que les pretres des idoles avaient menti en disant : « II n'y a pas de cliretiens 
chez nous, » — or il y en avait un grand nombre et une troupe des gens de la 
ville avait conlesse le Christ et recu la couronne du martyre, — il demeura 
le coeur triste. Le Seigneur vit ses belies intentions d'obtenir la couronne 
du martyre : il envoya son ange qui dit au saint : «. Ne t'aülige pas : que ton 
coeur ne soit pas serre. Quand tu te leveras demain, va sur le bord du fleuve, 
tu trouveras une barque qui te transportera dans la ville de Tköou (Qdou); 
lä confesse le Messie devant Arien; je serai avec toi jusqu'a ce que tu ob- 
tiennes la couronne du martvre. » L'auö-e lui donna le salut et remonta au 
ciel. Le lendemain, Amsah ne revela pas ä sa sffiur ce qui etait dans son coeur; 
il sortit sur le bord du fleuve, trouva une barque comme l'ange du Seigneur 
le lui avait annonce et partit sur eile jusqu'a ce qu'il arriva a la ville de 
Tköou. II y trouva le gouverneur qui torturait les chretiens. II cria d'une 
voix forte : « Je suis chretien ouvertement. » Arien l'interroö'ea sur son nom 
et son pays : il Ten informa. Puis le gouverneur reprit : << Pourquoi es-tu 




464 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. 

JO Uj AiJi ^)1 tj=f^^ (J ^_^^b ^J-'^-«^ X^iÜl jlj C>_^i «-»J^J "^-^^ L^"^-? 
(_i ij^j^^ ^Aj ^.^AiLJl -V..^ A-^*J ^r^' z«^' '>^^-' ^^' •^^■•-»■"-^' ^-i ^Ls vlijl ».».-^Jl 

^ÄJl ^.^1 <U.J^lj 4JL; ^aJI -^JL lj-9^j JJJl J <;i^V ^'Jl d>U ^jJij JäÜ 

....■' ^liaJl -\ — PcJls " ^IS \^juJL>-\3 ^y^ d)*>l^ ^-^^ ^ ^^-sAi-Ä) *j/JU.ltlj 

1. ZT/f c?<?es« pars commemorationis. — 2. Hie desunt nonnulla vrrba. — 3. Deesi re- 
liqiia pars commemorationU. 



parti et es-tii venu seul de ta villc? » 11 s'iirita contre lui et ordonna de le fiap- 
per avec iine brauche verte de palmier jusqü'ä ce que son sang coula comme de 
l'cau et qu'il tomba evanoui, sur le point de m(3urir. Les gens de police l'em- 
porterent et le jcterent dans la prison jusqu'au lendemain. Au matin, le gou- 
verneur ordonna de Ic faire venir. Les gens de police partirent et le trouverent 
debout et priant. Quand ils ramenerent devant Arien, celui-ci lui dit : « Pour- 
quoi t'es-tu montre plus apre (|ue les gens de ta villei' Si tu m'ecoutes '... » 
11s le jeterent dans le fleuve; il remitson äme entre les mains du Dieu vivant et 
regut la couronne perpetuclle dans le royaume des cieux. Quant ä ce cro- 
codile, il doscendit vers le fleuve, suivit le corps du saint qui etait attaclie 
dans nne natte et, par la puissance de Notre-Seigneur le Messie, fendit les 
flots du fleuve. Le crocodile ne cessa de Taecompagner jusqu a ce qu'il arriva 
ä la ville de Keft. La nuit, Tange du Seig)ieur apparut a sa soeur et rinfornia 
de la gloire qu'avait obtenue son IVerc et de la belle couronne qu'il avait 
rcQue pour avoir eie patient et avoir confesse le Messie. « Quand arrivera le 
matin, dit-il, prends les pretrcs de la ville, va vers le bord du fleuve, tu 
trouveras une natte enroulee on sc Irouve le corps venerablc. « Le matin, 
eile convoqua les pretres, Icur lil connaitre tout ce que Tange du Seignenr 
lui avait appris. 11s sc reunirent tous"... et le corps pur '.,. 

1. Lacunc. — 2. Lacunc. — '.\. Te leste de la commemoration manque. 



1389] 15" KIHAK (11 DECEMBRE). 465 

V, AI -C- -U jl^ U-ls JLäJI ^ic -i^j^ko iS^^-^'^^ :>l.^\ ^-oj l-^^. ^JJ^. 

1. Initium hitjus comm. deest in B. — 2. B (1. ... ^^J-^j .oi- ^,JXiJ^ — 3. B ^oU. 
— 4. B r/rW. .Ul r'. — 5. A ^1. — (>. (1. ... xjb^) \.jl3 jj^ i\y^ C^j'^j. — 7. B 
jjijl !3-> Jjo^. — 8. B J^>' U. — 9. B U-^.^f^'. — 10. B ^/j. — Jl. B add. ^y' ^lO 
Q^., __ 12. B *^ix3. — 1.3. B ^.wL-j. — 14. B ßc?(^. J>i. — 15. B U^,^'. — 10. B 
^ki. — 17. B j:^^^^'. — 18. B^: — 19. B j^i,^. 



' Ell ce jour iiiourut saint Gregoire {Aghrighouryous), patriarche d'Arme- 
nie [El-Armen), martyr saus effusion de sang. Ce saint, comme nous l'avons 
mentionne -, fut persecute par Tiridate (Tirddd), roi d'Armenie, parce qu'il 
lui resistait dans son adoration des idoles. A la fin, il le lit mettre dans 
une citerne ä sec oii il resta pendant quinze ans. * Le Seigneur prenait soin *ioi.8:^r". 
de hü ; une vieille femme lui apportait chaque jour sa nourriture et personne 
ne savait qu'il etait en vie. On sait ce qui arriva au roi lorsqu'il fit perir les 
vierges Repsima {Arabsima) et ses compagnes, parce qu'il voulait l'epouser. 
Les Corps des vierges resterent etendus sur les montagnes. Six jours apres 
leur raort, comme le roi etait attriste de la precipitation qu'il avait montree 
et comme il s'allligeait sur sainte Repsima, ses courtisans lui demanderent de 
monter ä cheval et d'aller a la chasse pour dissiper ce qu'il avait dans le cojur. 
Lorsqu'il partit a cheval avec tous ses soldats et qu'il fut sorti dans la cam- 
pagne, un demon sauta sur lui, le renversa en bas de son cheval et se mit ä 
mordre son corps et les gens qui etaient avec lui. Dieu changea sa forme en 
Celle d'un sanglier; il se mit ä errer dans la foret et ä mordre tous ceux qu'il 

1. Le comincncement de cette commemoration manque dans B. — 2. Voir au 19 de 
Tout. 



/.66 SYNAXAIRE ARABE .lACOBITE. [390] 

L=>-1 ..^j ^ U^iä-i:. U^ji j^_i \-ijL±)l ^^';ji£.\ «cxi.»^ (^IäI \^ ^^'S o-j-oj ^a^d 
^U Cl;- ^J Ljj ob ^Ul .::.->l jlj ^(^jl-L«Jl ^.^ «u^^-^^^ dUij ^^^1 J 
liJ: Vj (/'^^ 1 Jlli' loi Vij jj-j.jj^^i.1 Li IjAa^' J il l^J '-b-'^. * jLjl jlS 

J^ J..J. jL^ jl JL^ ^^ l^j ^1 l^^rl (J- :^.U aJ a;1 '^^^UJ ^^.11 ij^^ji 
^As^^i *^/^Lx^ '1 jij oL.)-AüJl ^L^l ~ ^J^ !H^ LkiLij ^*^' ^^ **i '_^"j ^y^j^ 

c 

1. A -^OjJ.. Decstin B quiadd. X^jjJ! JJ^L. ^ 2. B(l. ... ,l^^oi 'U^ J^,i C-j,l^«. 
— \\. om. B. — 4. B (1. ... w— ) ^,13-»JL i.U U. — 5. B oin. — 5. B (1. ... ,.,'^-' ,.A^ 
Äfl^'e^ , v.-wS'. — 7. B *-.J*3. —8. o/;/. B. — 0. om. B. — 10. B habet .^iTr^ U. 1^^^^ » 
L^U U ^! UU JL^'' ^.^^^'i. - 11. B JU-'' J. - 12. B J--' ^.. - 13. Wy^ 

^^y — 14. B *-..lx^.. — 15. B ^\^. — IG. B 5.^Ji. — 17. B ^5^ J ^. — 18. B J'. — 

P • ^ y ; -y _;■ 

10. B add. c^o. — 20. B ,.-s'. — 21. B add. ^^. — Tl. B Z^zjy 

trouvait; aiiisi les demons s'empareront de beaucoup de gens de son royaume 
etil y eut dans le palais une graiide agitation et des cris : tout cela ä cause des 
vierges. La sroiir du roi reva pendant trois nuits qu'uii horame lui disait : « Si 
Yous ne faites pas renionter Auba Gregoire, vous n'obtiendrez pas de deli- 
vrance ui de guerison. « Les gens furent tous stupel'aits, car ils le c^oyaieiit 
mort. Puis oii alla vois la citernc, on lui tciidit des cordes, si par liasard il 
etait en vie, et on lui cria de se suspcndre aux cordes. Ou le reuionta, on le 
conduisit au bain, on Fhabilla de vetenients neufs, on le fit monier ä clieval 
et on l'amena au palais. 11 s'informa pres d'oux des corps des saintes ; il alla 
ä Fendroit oü ils elaient et les Irouva intacts, ä Tabri des betes feroees et 
des oiseaux. II ordonna de leur preparer un endroit convena])lc oü il les de- 
posa en grande pompe. Le peuple lui denianda de guerir le roi de sa maladie. 
Le Saint lui dit : « Recommenceras-tu tes actions coupables? » II lit signe que 
non avce la tete. Alors Gregoire pria sur lui : le demon sortit de lui et il rcprit 
iul.83v". son iiilelligence et sa personnalife, * mais le saint lui laissa, poui- riuimilier, 
une parlic de la nature du sanglier, ä savoir : les ongles des mains el des pieds. 
Puis il gueril les gens de la cour de la possession des demons. II rassembla 
les lialütaiils de la contree, leur imposa iin jeiine de soixanle joui-s. pendant 



[391] 15« KIHAK (11 DECEMBRE). 467 

V^j ;j^ ^% J 8>Uj ly^jU ^j^_jtl^ 11 c.Jj *^^ j^. V <1 ^ JUi 
^_^jyi_^l ^ j^^ jl ^^JsjJUj ^Jl J)\ IjiU ->i j^l js^^^ *^'ji SXJi ^ 

^^j^_j\ ^ jjj '«vJI Jl Cr-^VI 5.^ "1^^ "'p-J ^^.>Jlj 
'^'^4j^^_y o"^ -^ J*!.-^^ " (_ri."^^ r^ T^ üj^^Jl *iAA;' J ^ J--aÄS ,_„j:^1 ^Ij^ 

1 »_A_»_£-J A.*ww«UJij i^Y^^ 4jLsLw1 *^ ~ (♦*-'J r^y^ '^ <3 " --jU5vJl Ij^ 1^ (*V'^^ 

1. B om. — 2. B *^i^j. — 3. oin. B. — 4. B (1. ... *y^) J! (^j-.f^^ i-r* .M:*::^^ 
*»^. — 5. B \j^^. — 6. B ßöfäf. v.2X).>. — 7. B om. ... Cs^j. — 8. B J-w.. — 
9. om. B. — 10. B <i^ ULj. — 11. A .^J^^. — 12. B ^ji_jS)l. — 13. B om. L^j. IjU 

— 14. B (1. ... ^^j^) ^b_^ sjXU! ^..w. - 15. B «cfc/. J.wj3l 5^^ ^JJJ. — 16. B ^c-S^l 

— 17. B add. L>. — 18. B ^^J^.. — 19. A !5^. — 28. B »j-L^lj. — 21. B ^J! a^^jJ-' 
^£;:.w.^ j*. — 22. B X^ JJ' -.^.'1 U. — 23. B (1. ji) ^^.-^-i^'l ^-^- — ^4. o/«. B 

— 25. B 'ij^ ^^- — 26. B ^^jj^^- 



lesquels il resta ä les precher et ä leur faire coiinaitre la voie de^Dieu et 
rincarnation de notre Seigneur le Messie. IIs liii obeirent tous, grands et 
petits : teile fut la cause de la conversion de l'Armenie, et ils lui demanderent 
de les baptiser. 11 leur repondit : « Cela ne m'est pas possible, car je ne suis pas 
pretre. » Ils envoyerent des messagers au pays de Lounyah (?) et ecrivirent 
des lettres ä Fempereur pour lui faire connaitre qu'ils s'etaient convertis au 
Seigneur et lui demander de leur consacrer Gregoire comme patriarche. A 
cette epoque, le patriarche etait Leontius {Läoundyous), pape de Rome [Rou- 
niyah). Ils envoyerent de nombreux cadeaux avec le messager et Gregoire 
les accompagna. Lorsque les ambassadeurs furent arrives et que l'empereur 
et le patriarche eurent lu leurs lettres, ils se rejouirent de la conversion de 
rArmenie au Seigneur. Gregoire fut sacre patriarche ä Cesaree {Qaisdryah) 
et envoye en grande pompe ä la capitale de Tiridate, roi d'Armenie. On 
adressa une reponse aux lettres et ce pays ressentit une grande joie ä cause de 
l'arrivee de saint Gregoire. Puis on bätit des eglises partout : il leur repartit 
des evcques, des pretres et des diacres. On eleva une belle eglise sur les 

PATP.. OB. — T. lil. 32 



468 SYNAXAIHE ARABE JACOBITE. [392] 

-Ljuj ■* jVY.JL)l>ij fVij/v^ Jj^^ C^^IaL-iij (^Ji-'^l •vA.^AÄJl ^L»j>-1 /g^ «C—^»- A ».,.. .' j 
A.^»-! (^-Ui ^..w^. Jl A..^.M.Jl ^Jl ^«.^j /»"A-^^j *jrc_J'j "^oi^ ^«.-j-XiLJ! (_)_o_S oJi 

J.^^l Ijt« A>'^\.«5 '?'L«1 j*c-\ÄJl -V^Jt!^! Lä)| A^j ■ 

1. B (1. ... |^l,>£j) ijuj Lo *.'. — 2. o/«. B. — 3. B iLc-wJixw^! ioU^' ^ !^;loj 
^^\>_. — 4. B ^\. — 5. B add. ^-^,^^c!, — G. A ^'^- — 7. B (1. ... JJ'^) 

ij^Lij 'j^sÄ^^ ^Jt^5- — 8.' //aec commemoralio deest in B eZ Ludulf. iV^/e s«3 17 Ki- 
hak. — 9. /^(7ec comm. deest in B, Ludoll'. Assemani. Mai, Wüst, et Malan. — 10. B, 
Assemani et jNIalan otn. lianc commemorationem. — 11. B, Liidolf et Malan om. 
hanc conim. 



coips des vierges saintes et les affaires de leiir eglise et de leurs cere- 
monies furent bien etablies, lilnsiiite, la täche de ce saint fut accomplie; 
il mourut en paix et alla retrouver notre Seigneur le Messie qui Taimait. 
Que sa priere soit avec noiis! Amen. 

' En ce jour eut lieu la mort de saint Luc (Loiiqd), le Stylite. Que ses 
prieres soient avec nous ! Amen. 

'" En ce jour mourut martyr saint Asbah. Q)ue sa priere soit avec nous ! 
xVmen. 

SEizE DE KiiiAK (12 deccmbre). 

■' En ce jour a lieu la commemoration du saint martyr Abou-Harouadj. 
Oue sa priere soit avec nous! Amen. 
*i'oi. 8'i r. '' En ce jour egalement a lieu la commemoration * d'Ananias [Uandnija) le 
martyr et de Kliouzi de Ghmin {Ahhmim). Que leurs prieres soient avec nous! 
Amen. 

1. Celle commemoralion manque dans B et Ludolf: cf. le 17 de Kiliak. — 2. Celle 
commemoralion manque dans B, Ludolf, Assemani, Mai. Wüstenfeld et Malan. — 3. Celle 
commenioralion manque dans B, Assemani et Malan. — 4. Celle commemoralion manque 
dans B. Ludolf et Malan. 



[393] It)« KIHAK 12 DECEMBRE). 469 

*J^j ^Lw5CU- (*^-^.j' (3=*"J \^y^ jji>cS\ Ijio^l *^ JUä ^^-*vJl ly^lj t^^^^ 

^■.. ül ■A.,...,.-!l Llä^lj ^ l;_^lsl ^jJ^ dJ^" l-*-Ä jUoVl <j;._^^ ^ ^^^ p^J^ 

l'i% ^ / "^j j^^r" (lr*"J 7c-^*<Ji j*-*^.! (J^ OTi^ (Ir**-? '^-*»^' w>i-**Ji (<Yx^ ^-? 

(WV.-U. ,_^..Äi9 «Ul^li Cj^J^ [^y-f^ i>x_..*wJl A5>c3>o' Vj ^j^^ V (g^ (Vi-^^ UäIa ^1 LUIj 

dUS -^J ^-^a all J^^Äs.- (^^^ tlrt'**-^^ j>-^-^.J f^.^'-^' (3 isjUcs- ^J-U" jl ja\j 
Ji^[^ ^».JäJl ^c_*--^l f'^^_ i^^ .>=^' Ja^J (3 jvÄjiilj ijUts^ j^ip-jl (3 i_^.J 



1. B solus habet hanc comm. 



' Martyre des vaiilants heros, les saiiits Euloge {Aouloudjyous) et Arseiie 
(Arsdiiyous) dont le coiivent existe encore aujourd'hiii et est appele Deir el- 
Hadid, dans la province de Ghmin [Akhmim). Quand le Seigneur les appela 
poiir recevoir le martyre, ils se presenterent devaiit le gouverneur et con- 
fesserent le Messie. 11 leur dit : « Portez de rencens aux Dieux; nous vous 
donnerons uiie pension coiisiderable et un rang eleve. » Ces saints, forts 
dans la foi, lui repondirent : « Voilä la troisieme audience oii Ton nous fait 
comparaitre : nous avons confesse Notre-Seigneur le Messie : nous avons 
subi des chätiments douloureux et nous sommes restes fermes dans notre foi 
dans le Messie ; nous sommes Syriens ; nous avons abandonne notre pays et 
nous sommes venus ici, fuyant pour ne pas renier ni abjurer le Messie; fais- 
nous tout ce que tu voudras. » Irrite contre eux, il ordonna qu'on leur atta- 
chät une pierre au cou et qu'on les suspendit la tete en bas au chäteau 
de la forteresse. Apres cela, on leur attacha une pierre aux pieds et on les 
jeta au milieu du fleuve. Mais par la force puissante de Jesus le Messie, les 
pierres flotterent; les martyrs s'assirent dessus, et ils voyagerent comme sur 
la terre. Ils furent amenes sains et saufs au bord. Le gouverneur entra dans 
une violente colere contre eux et ordonna de les suspendre la tete en bas 
et de les egorger comme des agneaux. G'est pourquoi Notre-Seigneur le 
Messie leur accorda sept couronnes ; trois ä cause des trois audiences oü ils 

1. Gelte commemoration manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et 
Malan. 



470 SYNAXAIRE ARABE JACüBlTE. [394] 

^^1 ^^^i^^j viil_^i —ij rc-.---Jl \iX^ Xs. ol_^.«-J^ C)_^^ ^_^^ ,^,^^^j\ «CxJ^UJl 
*^/JX>.j>- /»^j ^"^r*^ k_^>Uc£- ^^^^lJi A,^5..l; ^J .^j-x^i j^^ ^-^-^ (_P' *****^' (3 fvÄ^L-s>-i /^ 

/j_^ t^»j^ jlS ^j-»t-Jl jV ^r*=J' (3 ^^Jd '^"■äJ^^ jLJl -^ (T"'". >**J '*^^*** j*-^^' 

tA Uli o^'j ^»Li- tii Jid «Cl-yJ; (♦--'^j rr:^^ "^^^ r*^ r-L-*jdi ^».<»-« U.)j «.LL?Vi 
^_^^^l j3 Sl^l -*f^J y*"^ Jf^J tla>Jj ^„-^^i Js-^l_^ ^y\ ^y^^ Vj T-j^. Vj r-J-<w 

1. B *^^- 



avaient conlesse le nom du Messie et de leur patience dans les tourmeiits; la 
quatrieme ä cause de la torture qu'ils avaient subie sur le chateau; la cin- 
quieme ä cause de ce qui leur etait arrive dans le fleuve; la sixieme parce 
qu'ils avaient ete egorges comme des agneaux, et la septieme parce qu'ils 
etaient etrangers. Les anges empoiterent leurs ämes dans le royaume des 
cieux aupres de Notre-Seigneur le Messie, le niaitre des Puissances. 11 fit 
apparaitre de nombreux miracles par le moyen de leurs corps places dans 
l'eglise qui fut batie liors du chateau du cöte de Test; entre autres celui-ci : 
II y avait un berger assis sur un nionticule au nord du couvent, il sifTlait et 
s'amusait ä la maniere des bergers. Tout ä coup, il sentit la main d'un lioinme 
qui Tenleva et le jeta dans le fleuve, car celui-ci etait proche du chateau. Aus- 
sitöt uncrocodile enorme se presenta, ouvrit sa gueule et voulut Tengloutir et 
le devorer sur-le-clianip. L'hümine pensa que cette inlorlune et ce malheur lui 
arrivaient parce qu'il avait manque de respect envers l'eglise des deux saints 
martyrs. II implora le secours et le salut au nöm de ces hommes vertueux. 
Ouand le crocodile entendit le noni aui^uste de Dieu et celui de ses martvrs, 
il plongea immediatement el laissa le berger. Celui-ci revint sur le bord, 
saisi d'un violent tremhlement. II reniercia Dieu de son salut et jura que 
desormais il ne jouerait plus de la flute, ({u'il ne plaisanterait plus et ne 
badinerait plus avec les autres et qu'il ne revieudrait plus ä ses mauvaises 
habitudes. — De meme un autre homme, Irouvant sur le chemin une femme 
qui s'en allait au couvent des martyrs, Taborda et robligea })ar lorce ä se 



[395] lO'' KIIIAK (12 DECEMBRE). 471 

^UjVI J=* J^^ J-yiJl -ül l >i5li c:-i^ ^^ ^^^„ b^b^j Sj^ J^'^ 

<üa^ vJ^b ^^ (j^^ <^J^ ij^-i ^^J^.. (>* fr^^ ^^ ^^.-^^^ ^^-'^" ^^^J 

c 

^j ^^J-^ c>_^A, v::^5C9 jl_^i A^U^ Uli plilll .j:^=t;" l^^lj ^^ J «cijj <;'Äi^li 

^c ^LjCu d^Vl lyi«^ or-!.-^^ vJ^ -^'^ ^'J^ J^ "^^^^ ori.-^^ "^^ k '"^^ 
^j Sl^Vl "C-U^lj jl^^ S}-i Aic ia_LJ ^li jIaJL« ^jVl ^y U_^jj l^^lj 
1 as^ L ^j *l-y^i Ij^ \j::s>^ ül^Vl Ulj «u^.-^ ^^U a^j^-j «dJI a=^- ^U^ 



couclier. Mais siir-le-champ deux loiips se precipiterent, rcntoiirerent et 
voulurent le dechirer; aiissitot il s'ecria : « Dieu des martyrs, saiive-moi! 
en consideration des souffrances que vous avez eprouvees au iiom du Messie ; 
6 saints, ne m'abandonnez pas ! » II jura que desormais il ne decouvrirait 
plus une femme, et qu'il ne retomberait plus dans le peche jusqu'ä la fin 
de sa vie et au terme de son existence. Et sur-le-champ ces loups s'en- 
fuirent comme s'il v avait derriere eux quelqu'un qui les chassait. L'homme 
alla ä Teglise, avoua sa faute, rendit gräces ä Dieu, loua son saint nom et 
resta ä l'eglise comme serviteur jusqu'au jour de sa mort. — II arriva, pen- 
dant la fete des deux saints, qu'une femme laissa tomber de sa main un bra- 
celet d'or qu'elle perdit par inattention et negligence. Une autre femme le 
trouva, le prit et l'enveloppa dans ses cheveux sous son volle. La proprietaire 
du bracelet se mit ä pleurer abondamment en disant : « Dieu des deux saints, 
remplace-le-moi. » Aussitöt, sur l'ordre du Seigneur, ils suspendirent la vo- 
leuse la tete en bas et la souleverent de terre ä la hauteur d'une taille 
d'homme. Le bracelet tomba et la femme joyeuse le reprit en louant Dieu, en 
le celebrant et en rendant gräce aux deux saints. Quant ä la voleuse, les 
martyrs eurent pitie d'elle et la deposerent ä terre : eile confessa qu'elle ne 
recommencerait plus une autre fois. Si nous voulions vous raconter les mer- 
veilles et les exploits de ces saints, le detail serait trop long. Que Dieu nous 
fasse misericorde par leur priere ! Am^en. 



472 SYNAXAIRi: ARABE JACOBITK. [390] 

Aj-^y\ .jL-iLs-L L^^^-Äjj IUe>iJ1 «üx. ^-^j '^ Ua-u <^.-? (*"^jii ^j-u ^-y>_ 

1. B e^ Ludolf om. hanc commem. — 2. A --'^,,. — 3. A w^j. — 4. A ^f..- 



' Ell ce joiir mourut le Pere Gedeon {Djid'oun)^ un des Juges des Israelites. 
Ce juste etait de la tribii de Manasse {Manachä)\ le nom de son pere etait Joas 
[Youäch). L'ange du Seigiieiir lui appariit, le fortifia, l'encoiiragea et Fetablit 
juge des Israelites. II lui ordonna de detruire les autels des idoles, d'en ele- 
ver un ä Dieu, d y ofTrir des victimes et de les brüler avec le bois des idoles 
brisees. II executa cet ordre. Quand le Seigneur lui ordouna de faire la guerre 
aux Madianites (Midyan), il lui demanda de lui faire voir auparavant un signe 
qui fortifierait son coeur ; il placerait une toison de laine sur des aires : « Si 
eile est mouillee, et non les aires, je saurai que tu es avec moi. » II le lit. 
Puis le lendemain, il renversa la question et dit : « Seigneur, en voici une 
que je placerai (de meme) ; si la terre est mouillee et non la toison, je saurai 
que tu combats pour moi. » II arriva le second jour comme il desirait et 
son coeur fut raffermi. L'Esprit-Saint descendit sur lui de la part de Dieu : 
il souflla dans une trompette et les Israelites se rassemblerent autour de 
lui. Le Seigneui- lui dit : (*. Le peuple est nombreux et si ces gens triom- 
plient, ils diront qu'ils ont vaincu par leur bravoure. Proclamo que lous 
ceux qui sont timides peuvent se retirer. » Alors 22.000 Israelites partirent. 
Puis le Seigneur lui dit : « Conduis-les tous vers l'eau et ordonne-leur de 
boire comme le cliien avec sa langue : celui qui boira (ainsi), prends-le et 
laisse le reste. » Le nombre de ceux qui burenten lapant fut de 300 hommes. 

1. Celle commemoration manque dans B et Ludolf. 



[397] 16^ KIIIAK (12 DECEMBRE). 473 

l_^^lj ^>J1 j^_^l5 J ^Ül JS\ 3yS\ z.y- j:> Ja^ \;r^ ^^ j^-^j ^ 
^JÜl j^LJl iy:Sj ^jj ^„Jy^ frr*-^ ^>^-^ '*^-' '-^^ rr^ ^""^^-^ ^ bj^^ 

dUi J J^J^^ r. zJ^ ^^ JJ^^-J "^^ fr»"^^ u^ ^y^-? C^^-*-? ^^*^^ (*r^ 

fl V v^U" ^U-l j^UU dA*. ^ di_J;j oil diu Uc ^- j^A>J !yi5j ^_^1 *'foi.8'.v' 

^Jl ^ ^S:>\ U jjj jl50 AJ l_^Ai JLpJI J>- J ^l^ ^1 pL^ ^^\ )^J\ 
d<.j JU>J1 Jic cJi^ ^1 ^„^^ ^Ub -^'>^^j ^Vl 1^ Ju:- ^^u*-j ^1 



Dieu ajouta : « Par ceux-ci, je te delivrerai et je livrerai les Madianites 

dans tes mains. » Cette nuit, ils soiifllerent dans les trompettes au mi- 

lieii d^eux en disant : « La giierre est ä Dieu et ä Gedeon. » Quand les 

Madianites entendirent le son des trompettes, Dieu jeta la terreur dans 

leurs Coeurs : ils furent mis en deroute et commencerent ä se tuer les uns 

les autres. Leurs chefs Oreb (Oicib) et Zeb (Zib) perirent ainsi que leurs 

deux rois Salmänä' et Räbih : cent vingt mille de leurs cavaliers furent tues ; 

les Israelites furent joyeux en ce * jour et dirent ä Gedeon : « Tu regneras *ioi.8'tv». 

sur nous, toi et tes fds apres toi. » Mais il leur repondit d un coeur humble : 

« Ni moi, ni mes fds : c'est le Seigneur qui est votre souverain, mais que 

chacun de vous nie donne un des anneaux des cbameaux que vous avez 

pris et qu'ils portent au gosier. » Ils les lui remirent et le poids de ce qu'il 

re^ut fut d'un million sept cents mithqals, outre les richesses, les coUiers et 

les vetements de soie qui etaient sur les cbameaux. II gouverna ensuite le 

peuple pendant quarante ans : Dieu etait avec lui dans toutes ses affaires ; 

puis il mourut et fut enterre dans le tombeau de son pere '. Que sa priere 

soit avec nous! Amen. 

1. et". Jug-es, vi-vii. 



474 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [398J 



^ o- ^ (^^^ r^^ 

JCäT J ^J'^\ :i% ^ jl^ Iaa fj^^^\ 15 _^ ^.-^^ -H" ^ -^ ^^"^ ^"^ <i ^ 

jJsAj (V^^^ ^^^^ -K^J ^^J ^.^C*"^^ "^-^ ^"^^ "^-^ <-^"^ ^'^ L5^ ^--^ J^J 

^y^ joj AjJl dUs j^ ^_^1 Aj)j ATA*» jji, -*^yo- ^ \y c«aa;' cij ,3 «^-J 
iljjlj JjJ. 'J\ ^^tj <u-u.l xy^-Aj d)")^ Ijya ^j^ ,j^ <^ ^ ^^\ ■ ^y^ ^_5^ 
J^«_3^j o.«^! /» ü dUi -*^j -wi»' /»^ i^^jlözlj "^j-uai ^_/*-Ji v^vSj 'o^y^ 1^ ^-^ 

1. Hanc comm. deest in B et Ludolf. — 2. Legejoh. — 3. Lege ^_^. 



Dix-SEPT DE KiHAK (13 decembrc). 

'Ell ce jour, nous celebrons la fete de la translatioii du corps de saint 

Luc [Louqä) le stylite. II etait du pays des Perses (El-Fors), puis il servit dans 

Tarmee et devint commandant de cent soldats. Apres cela, il abandomia ce 

grade et tout le reste et congut le projet de se faire moine. II habita un des 

couvents de l'Orient oü il resta quelque temps ; puis lorsqu'il eut reussi et 

que son merite fut devenu evident, i! fut mis en qualite de pretre a la tete 

du couvent. Le jour de son entree en fonctions, il revetit un vetement de fer 

assez grand pour qu'il put s'asseoir et, ä partir de ce jour, il s'attacha äjeü- 

ner. 11 jeünait six jours consecutifs et le septieme, il le rompait par une legere 

offrande et un chou vert apres qu'il avait celebre la messe et communie. II 

monta sur une colonne oü il resta pendant trois ans ; puis il entendit la voix 

d'un ange qui Tappelait par son nom et lui ordonnait de descendre, lui montrant 

une croix de lumiere. 11 descendit, suivitlavoix, et la croix le precedait jusqu'ä 

ce qu'il ariiva ä une niontagne oü il resta pendant quelque tenips. Les gens 

venaient le trouver et prolitaient de scs enseignements. Apres cela, il pra- 

tiqua obstin^ment le silence et mit dans sa bouche une pierre pour ne parier 

ä personne. Ensuite, Dieu lui revela d'aller du cöte de Constantinople (£7- 

Qoslantinya/i). II vint jusqu'ä un village voisin et monta sur nne colonne sur 

1. Getto commemoration manque dans H d Eudolf. 



[399] 11' KHIAK (13 DECEMBRE). 475 

iS\:>-jj Ul^ -UUci <L^ ot*^-'^-? ^-^''^ ^ß viX^ ^j.«^ ^ A«^j l^^^ «C«^ Jl 
^^\ JU ^ ijJ^ ^yi^ iS^. j^ ' ^^J^^ Ä^j^J <^\ ijj ^\ bUacljMol.ssr. 

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^LaJl ,^r^^-^^ "^^ .^r^ ^b y^ ^ ^J ^^^ c/-»^ rh^^ ij'^ ^.^ 0^ 
i^^ il^ ^ piic dLJ J ijjolj du ^^j <«1-^ J^ J^ ^^j ^>51 J^ ^-^ 
Jj>.\i ^-^^ j^j -j^ J::''^^'' ^^'^ ^^ ^^ ^ß ^^^. ^ J^„J ^-»^^ v^^ 

1. Om. hanc coinm. A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et Malan. 



laquelle il resta quarante-cinq ans, livraiit un combat spiritiiel. Dieu lui donna 
le pouvoir d'annoncer les biens et de faire des miracles:* il guerissait tous 
les malades qui venaient le trouver. Lorsque Dieu voulut qii'il se reposät 
des peines de ce moiide, il mourut le 15 du mois de Kihak. Gelui qui le 
servait alla annoncer sa mort au patriarche et au clerge. Le patriarche prit 
les pretres, les croix et les encensoirs, et ils allerent lä oü etait le Saint. Ils 
prierent sur lui et le porterent ä Constantinople le surlendemain, dix-sept de 
Kihak. Ils le deposerent dans l'eglise, accomplirent les prieres le surlende- 
main et les cro3''ants implorerent sa benediction. Ensuite on le placa dans 
un cofTre au-dessous des corps des saints. Dieu fit apparaitre, par son saint 
Corps, des miracles, des merveilles, des bienfaits et des guerisons pour 
quiconque allait le trouver avec la foi. Que ses prieres soient avec nous ! Amen. 
' En ce jour mourut le grand saint, l'athlete Anbä Elie {Ihjas) dans la 
montagne de Bichouäou qui signifie « la montagne du persea » [Djebel eJ- 
Labkhah). Ses parents etaient d'une ville appelee Iskhim ä Test du fleuve. 
Quand il eut un peu grandi et qu'il se fut developpe, une pensee vertueuse 
se presenta ä son esprit; il passa ä l'Ouest et vint dans la montagne de 
Chämah oü il se fit moine et pratiqua de grandes austerites, au point de lire 
les Livres saints et d'agir conformement ä ce qu'il lisait. II commenga par 

1. Gelte commemoration manque dans A, Ludolf, Assmeani, Mal", Wüstonfeld et 
Malan. 



* fol. 85 r". 



476 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [400] 

^ i^-ül ^j_k.U 4JI (J*p- <;lj ^«/ä)! dLJlj Ay^^ '»j'li» «sjij j^^aJI py^ >*J 
^jVi ^la-jüi A^j «»jI villi Jjls C)ül S^^pt^l ^-k- AiLo ^_^_ l->oj i^^Aolj ^^ (-^rf^^ 

^jVi ^ l^S^ jl- c^-^l ^Vi lij^ jl5Ci 2^jj^_ (^-U l;lj:>=iJ l_^ ajlDi ;.Ü1 
iil joj is-L«>lj 1^^-Ä«::» ^_^ JjLJl ^^-Jo «i^j^^ J-^" S^LaJl J blA> Ja^ U lil 

J Sa, «cl J' w-lj^Vl (Jlo.^ jLyj bJw-=- >_;lil ^yb^l (T:^'^ C^^ <3 "^ S^%J^ J^ 
1. Matth.. V. 3. — 2. Matth. . v. 5. 



apprendre trente livres par coeur et il les passait en revue dans son coeur. 
Lorsqu'il lisait de bonne heure, suivant la coiitume des moines, il ne quit- 
tait pas le passage du livre qu'il avait commence, qu'il ne Teüt recite, avaiit 
de se livrer aux occupations manuelles. Souvent, rapporte son disciple, il 
recitait les cent cinquante psaumes en levant les mains : il se livrait au 
jeüne et ä de dures austerites. II appliquait son esprit aux beatitudes men- 
tionnees dans Tevangile de Malthieu {Malta), les enumerait completement 
et il se mit k bätir sa demeure sur la pierre solide. II trouva la premiere 
.felicite dans ce passage : Heureiix les pauvres (l'esprit, car Ip royaume des cieita' 
est d CHX \ II raccomplit entierement par la parole et l'action. Puis il trouva 
la deuxieme felicite dans ces mots : Heureux les affliges, car ils seront consoles'. 
Quand ce pere, qui etait un ange sur la terre, etendait ses mains pour prier, 
il versait des larmes abondantes comme la pluie qui tombe, tellement que ses 
disciples en etaient etonnes. Toutes les fois qu'en lisant, il mentionnait le nom 
de Notre-Seigneur le Messie, aussitot, s'il etait assis, il s'incliuait et so pros- 
ternait jusqu'ä terre. Ses disciples racontent que jamais ils ne le virent rire ni 
sourire. Continucllemenl il leur disait : « Mes freres, mentionnez-moi (dans 
vos priores) ; peut-etrc le Seignour me delivrera-t-il et me fera-t-il sortir de la 
prison de ce monde perissable. » Dans l'exces de sa tristesse et de sa crainte de 
la rencontre avec Dieule jour tcrriblo et redoutable, son corps avait fondu et 
etait devonu pareil ä ceux des morts. Puis il s'occupa de la troisi(''me feli- 

1. Matth., V, :i. — 2. Malth., v, 5. 



[401] ^1" KTIIAK (13 DKCRMBRE). 477 

jui ^^ u \^^ ^.aui Ia^j i^jVi jy^. ^v^u ^i^^^u i> ^j ^di ;kiii 

2 j^^ ^-U ^1 J^l ^ ^lUlj ^U-^^ t> "^>^\ ^^\J\ "^^\ J\ J^\ji ^^j}\ 
^_^V^ (vo ^^ jl^j ^iy\j jUjVl J> ^U p:^U y^j )^^^ ^.AÜl lÄA J^lj 

L^j\ ^ j^ ar ^151 j Jiilj u^l J\ ,^\ ^«^ <:1 ^ «^' ^. V J^l slj 

<v;_^ jU ^ ^^,-^1 J «^yj Vj>« ^;^ Ji ^r^ ^> ^^r-'^ L5r^^ ^^^ ""^^^ 
^.^.o.^^ ^.^J^i^ jl^ a;V V:i U. jl^ ^-^i ^: J-^j -^ ^^j ^ c5-^^ (•) ^y^ 

^j^\ 1a* ji50 4^)1 jy,^ p^u j^>^ uu ^> iüuii ^^ui ^a^i j lAjj 

1. Matth., V, 4. — 2. Mattli.. v, 6. — 3. Matth., v, 7. — 4. Matth., v, 8. 



cite : Heureux les pacißques, car ils heriteront de la terre\ Lorsqu'un homme 
maltraitait, injiiriait ou insiiltait ce saiiit, il l'aimait et priait poiir lui, si bien 
qu'on disait qu'il etait comme ragneaii ou comme la colombe pacifique. II 
passa ensuite ä la quatrieme felicite ainsi congue : Hcureux ceux qui ont faim et 
soif d cause de la justice, car ils seront rassasies'-. Ce saint passa toute sa vie 
ä jeüner continuellement pendant tout le temps et tous les jours. Souvent, 
il passait toute la semaine, et quand il mangeait, il ne se rassasiait pas. Une 
fois, il eut envic de viPxaigre et de choux; il resta trois ans sans en goüter. 
Une autre fois, il eut une grande envie de vin; il humecta de Forge egrugee 
et la laissa au soleil jusqu'ä ce que sa couleur devint rouge et qu'elle sentit 
mauvais. Alors il se dit : « mon äme, miserable, desesperee, malheureuse, 
voilä ce que tu desires ! » De meme il s'occupa de la cinquieme felicite ainsi 
congue : Heureux les misericordieux, car ils seront l'objet de la clemence^. 
Quand un homme venait lui demander l'aumöne, il lui aurait donne dans son 
affection la porte de sa maison s'il avait pu Tarracher. Souvent lorsque 

quelqu'un lui demandait la cliarite, il enlevait le qu'il avait sur lui et le 

lui remettait. II donnait en aumone les livres oü il lisait, car il les savait tous par 
coeur. On raconte qu'ayant regu quatorze ardebs de ble, il les distribua aux pau- 
vres et aux malheureux. II passa ensuite ä la sixieme felicite ainsi con^ue : 
Heureux ceux dont les cceurs sonfpurs, car ils verront Dieu\ Ce saint avait le coeur 

1. Matth., V, 4. — 2. Matth., v, 6. — 3. Matth., v, 7. — 4. Matth., v, 8. 



478 STNAXAIRF. ARABE JACOBITE [402] 

v^^l ^^j Cw SjJ:^ bjf=i ^^'^ (♦r'V J^^ (J-i (^-^^ >* J^ jlLsVl w9j ii-Ur 

*-^U dL,>Ul J^U) ^-J^ ^'lÄJl <m>JI ^iajJI J U «Cl J dUio Us I^^Ja, \y\^ 

^^^^-äjI u lilj (*t^ iS^Ji cs^ ilj/.I>- i I tJ5 ^»I'Äj 'y.j^.>^\s>zl« (V^i ji ^v^k— ■ U lil jlS 
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1. Matth., V, 9. — 2. Matth., v, 10. 



pur de toutes les souilliires de ce monde perissable. Son humilite et sa charite 
etaient tolles que, lorsque son disciple veiiait au moment de la rupture du 
jeüne, c'etait le saint qui liumectait le pain — car on cuisait le pain pour une 
annee, — nettoyait la meilleure partie (?) et la pla^ait devant le disciple : 
de meme pour les choux et tout le reste. C'etait penible pour les dis- 
ciples, mais ils cliarmaient son coeur par lä. — II s'appliqua ensuite ä la 
septieme felicite : Heureux les pacißques, car on les appelle ßls de Dieu\ 
Ge saint travaillait de toutes ses forces pour retablir la paix entre tous," telle- 
ment que s'il entendait dire que deux hommes etaient en contestation, il fai- 
sait tous ses efforts pour les mettre d'aecord. Lorsqu'il voyait ün moine parier 
d'un autre, il s'etonnait et disait : « La tranquillite est excellente, mais le 
meilleur est de louer Dieu; ö malheureux! ö desespere ! pourquoi parles-tu 
des gens? recherche ton salut, ear le demon (Iblis) seme le mal parmi les races 
d'liommes. Nous le vaincrons par le bien et Thumilite ; nous fuirons l'orgueil 
et, au lieu de tout cela, nous pratiquerons la charite vis-ä-vis les uns des 
autres. » Puis il aborda la huitit'mc felicite ainsi congue : (Bienheureux) ceux 
qui sollt persecutes pour la justice, cor le roijaume des cieux leur appartient'-. 
Ge saint pratiqua entierement tonte cette felicite : toutes les fois qu'il se 
voyait dans le repos, la tranquillite et la paix, il quittait sa place, parce qu'il 
ne voulait pas de repos pour lui, mais il aimait la peine. II allait dans la mon- 

1. Matth.. VI. '.I. — 2. Matth., v, 10. 



^403] 17« KIHAK (13 DECEMBRE). 479 

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^L^ JUl l-U ^^ J ULSo «vtA, Vj «ül ^. jl JjVl ^^^1 ^1> ^r^ 'r^^ 

1. Matth., XI, 12. —2. Le^e ^iLjJ. 

tagiie de Chämah et y demeurait aii milieu des ossements pourris des morts ; 
il s'astreignait äjeüner, ä veiller la nuit, ä rester debout, äse prosterner, ä 
toiirmenter son corps, tout cela irritait sa personne, afm que füt accomplie la 
parole du saint evangile : Le royaume de Dien est ravi et les violents s'en empa- 
lent'. Quant ä son disciple Anbä Jean {Youhannä}, la pourriture des morts 
raßligeait au point qu'il ne gardait pas de nourriture dans restomac. II le 
laissa et partit vers sa demeure. — Mes freres, nous vous parlerons de son 
disciple Anbä Yousäb. II etait d une famille de Reft {Qift) : ses parents 
etaient des plus nobles et des plus grands de cette ville. Son pere mourut et 
suivit le chemin general. II avait des freres et il etait plus jeune qu'eux. Sa 
mere Televa dans les lettres, lui donna une bonne education et lui fit appren- 
drebeaucoup de sciences. Apres cela, eile fut atteinte d'une maladie qui de- 
vait l'emporter de ce monde fugitif et passager. Son fds Yousäb pleurait et 
disait : « Ma mere, ä qui me laisses-tu? » Elle lui repondit en versant des lar- 
mes : « Mon fds cheri, je te confie ä mon Seigneur Jesus le Messie : il ne 
t'abandonnera ni nete quittera jamais. » Quand elleeutdit cesmots, ellerendit 
l'äme et mourut en paix. Son frere aine le prit dans sa demeure et s'occupa 
de lui comme il convenait. II voulut accomplir la premiere recommandation, 
le recevoir chez lui et nepas le laisser se meler aux souillures de ce monde. 
II lui vint ä Tesprit de passer ä FOuest, il rencontra la grotte de ce grand 
1. Matth., XI, 12. 



L5' 



480 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [404] 

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Saint Anbä Elie et regiit sa benediction. II trouva le livre d'Isaie {Icha'yd 
le prophete et commenca ä le lire de teile fagon que la moiitagne fut agitee 
par la beaute de sa voix et l'elegance de sa melodie. Anba Elie soiipira 
et dit : « Oli ! si seulement ce jeune homme restait ici et nc s'attachait pas aux 
souillures de ce monde ! Je desirerais qu'il iut chez nous pour la glorieuse se- 
maine des Paques glorieuses et qu'il nous lüt ainsi. » Ensuite Yousab partit 
pour sa ville. Quant ä notre pere Elie, il vit en songe un jeune palmier s'elevant 
ä l'endroit oii Yousäb s'etait assis pour lire et donnant des fruits. Quant ä la 
recommandation de Jesus le Messie, il mit dans son coeur le desir de quitter ce 
monde oü il etait et de se faire moine. II demanda ä ses freres sa part d'heri- 
lage : il lui revint cent vingt pieces d'or equivalant au mobilier de la maison. 
Ses freres lui dirent : « Que vas-tu faire de cela? Laisse- le de peur de le perdrc ; 
nous te le garderons. » II leur repondit : « Vous n'en avez pas besoin : vous 
en possedez plus. « II prit Tor et le distribua entre les malheureux, les veuves, 
les orphelins, les pauvres, les miserables, les gens dans la misere et le de- 
nüment. 11 passa ä TOucst, et se fit moine dans la montagne de Bandahab. II 
y resta bcaucoup de jours, puis il tomba malade. Saint Anbä Elie le visitait 
jusqu'ä ce qu'il fut retabli. Yousab dit en lui-meme : « Si je gueris, si je me 
retablis et si je recouvre la sante, j'irai habiter chez ce vieillard beni et je 
resterai ä l'abri de sa priere. » Le Seigneur lui envoya la guerison. 11 alla chez 
ce grand saint Anbä Elie et ne sc separa plus de lui jusqu'aii jour de sa mort. 
Quant ä ce saint jeune homme, il se conforma aux prescriptions de l'Evangile 



405J 17" KIIIAK ^13 DECEMBRE). 481 

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jb^L jl^ AiV (JIaSI ^_^I1j ol_^i J.».>j-lj Jiüij jJJl J^l dJyj dl^j aäU-. 
iLiUj ^ ,^^1 ^b ^y^ ^>«-^^J C^l^lkJl ^>j ^l-^j^-l-i^ S f^ ^^^^ 
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üij^ ^_^^j «^ ^>9-s. Jy y^ ^ ^^^ t/^ Cxf'^ ^- J^ -^^ i^^^-'j^ J>\ y^j 



1. Matth., X, 24. 



qui dit : Le disciple doit etre comme son maitre, H le serviteur comme son seigneur ' . 
II lutta, pratiqua Tascetisme, cessa de manger du pain et des legumes, fit 
usage de grains, jeüna continuellement; toute la niiit, il etait debout ä prier, ä 
se prosterner, ä pleurer abondamment et ä veiller, malgre la faiblesse et la 
delicatesse de son corps, car il y a de la difTerence entre les corps des gens 
des villes et oeux des gens des bourgades. 11 fut atteint d'une fievre violente et 
devint si faible que chaque jour, il lui sortait de la bouche la valeur d'un fjist 
de sang. II tomba malade ; on desespera de le sauver et les freres se rassem- 
blerent autour de lui. Quand on fut au milieu de la nuit, il vit Notre-Seigneur 
le Messie et ses disciples purs qui le louaient. II se leva et se prosterna devant 
le Sauveur qui lui accorda la guerison. Apres tous ces dangers il revint ä ses 
anciennes pratiques d'ascetisme, de devotions, de peines et de prieres, qui 
n'avaient ni limite ni mesure. Ce corps delicat devint comme une poutre seche ; 
sa chair s'attacha ä ses os; il ne donnait pas de repos ä son corps. II fut re- 
pris de sa premiere maladie ä Tage de trente-trois ans et mourut le 5du mois 
de Hatour. Les freres pleurerent sur lui et I'ensevelirent. Notre pere Anba Elie 
qui pleurait dit alors : « Faites le tombeau assez grand pour qu'il contienne 
deux personnes » — afm que lorsqu'il mourrait, on l'enterrät avec lui. 11s etaient 
affliges ä cause de leur Separation et joyeux de la gloire que Yousäb avait 
obtenue pres de Notre-Seigneur le Messie. Quant ä notre pere Anba Elie, il 

1. Matth., X, 24. 



482 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [406] 

*U-u]l ^"_^^ Jo-U? -^Ä^lj \^ )i:>\y ^^ u^^ ^'^ cJf-V OLo_ j-vi L «Cl Jj^^V liJs^iL 

l^y Jaus *Jä«Jl 1-^ ^^r"^' ^J tjl*^ (J^^^*i U^ y >**-? L5^ 'J^/^^*" t/^' '^^J 

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'j^\ \^A jj-X;" Uj/o">L* As^^^iJi ^-aJI /^.JJj -L^~iJi >^__ji joÄ;' >»^i i-Iä ^j 

1. B iterum i^^. — 2. Ludolf ac/t/. comm. S. Sarapamonis. — 3. Oin. A. — 4. B 
et Malan om. has commemor. — 5. B, Assemani et Ludolf oni. hanc comm. 



redoubla ses austerites, comme l'eau du Nil au moment de sa crue. Son 
disciple Abou Jean (Yohamies) l'evitait, parce qu'il ne pouvait habiter avec liii, 
car Todeur de la pourriturc des anciens morts lui faisait mal au coeur. Des 
gens lui amenerent un jeune homme atteint d'une maladie demoniaque. Des que 
ce grand saint le regarda, il fut gueri. Quand on lui presentait des malades, 
ils etaient retablis aussitöt qu'il les voyait. S'etant affaibli, il demandait au 
Seigneur de lui adoucir les affres de la mort; il tremblait et ses larmes cou- 
laient ä terre. Abou Jean, son disciple, pleurait sur lui avec des gemiss'ements 
et des lamenlations. Lorsqu'il pria et implora le Seigneur, le Messie vint ä 
lui avec ses anges. 11 se leva, se prosterna devant lui, lui deraanda de partir, 
ouvrit la bouche et mourut, Les anges envelopperent son äme avec des vete- 
ments de ofloire. Oue sa benediction et son intercession soient avec nous! 
Amen ' . 

Dix-HUiT DE KiiiAK .14 decembre). 

■En <e jour a lieu la commemoration (rileracleas (Ari(il(i)^ le martyr et de 

Philemon (Filaman) le pretre solitaiie ; que Icurs prieres soient avec nous ! Amen. 

^En ce jour aussi eut lieu la translation du corps du grand saint Titus 

1. Ludolf ajoule la commemoration de S. Sarapamon. — 2, Ces commemorations 
inanquent dans B et Malaii. — .'5. Mai : Archelaus. — 4. Manque dans B et Ludolf. 



[407] 18« KIHAK fl4 DECEMBRE]. 483 

^1 (^IXj AlX-U.« (J ^1 /*-Jl y^ Cf.-^-^ lAj'lj LUjLäI 4jiJl Jy>[i (*-*'J rc_*-wJl JL^l 
^l^^'lj AJU^J^I SjIäsJI \^\ \^ j_^> j^ "CJAjiJIj '^ J>:>^\ ^I^äJIj ^U,.^! 

Jlj_^L A_L^^ '^JJJ u^J^ lJ^.^^ '^"^! jv->-^i '-Jj''*'^' ^"^ f**^ O^ ^«.«-- jl 
ft.Aj L^Ljj a-Ls-j C« AA^j «üUls <j'j.Ä)l /»Ul (^^A«^l (Jj-LLftJi c^j "^ ^-^r^)^ ÄWli 



(Nitos)* l'apotre, disciple de Paul {Boulos) Fapötre. II fut traiisporte par Fempo- 
reur venere entre les autres, Constantiii {Qostant I n) , de la ville de Crete [Iqri- 
tich) ä Celle de Constantinople (El-Qostantiiujali). Lorsqu'il fut investi de rem- 
pire par Notre-Seigneur le Messie, ce prince apporta un grand soin aux affaires 
ecclesiastiques. 11 orna de toute sorte d'objets beaux et magnifiques toutes 
les eglises de ses Etats et particulierement celles de Constantinople, aar c'etait 
le siege de l'empire. II congut le projet de les embellir d'ornements ma- 
teriels, de pierres precieuses et de riches metaux, mais aussi des pierreries 
spirituelles et des joyaux Celestes. II y rassernbla les corps des saints apötres 
et ce qu'il trouva des membres des martyrs veneres. Quand il apprit que Ic 
Corps de ce saint apötre etait dans la ville de Crete, il envoya le haut clergeavec 
des richesses abondantes. II Fenleva en grande pompe et Tapporta ä Cons- 
tantinople; Fempereur lui bätit une belle eglise, a Tinterieur de laquelle on lo 
pla(;a dans un coffre. Dien manifesta par lui de grands miracles et d'importantes 
guerisons. * Ainsi, lorsqu'on le souleva pour le faire entrer dans l'eglise, *ioi. söv. 
un coin du cercueil tomba sur le pied d'un des porteurs, le lui ecrasa et lui 
brisa l'os. L'homme prit avec foi de l'huile de la lampe suspendue devant son 
image, cn frotta son pied et le lia. II se tordait et criait ; comme il ne pouvait 
regagner sa demeure, il passa cette nuit pres du sarcophage du saint. Lo len- 
demain, il delia son pied pour voir ce qu'il luottrait dessus : il le trouva gueri 

1. Assemani : Jnstus. 

PATR. OR. — T. III. 3:i 



A8A SYNAXAIRE ARABP: JACOBTTE. [/,08] 

<u..-^j Aj^lj boVjb "^'l^-«! c.'^.;' (_^IU*]1 ^Vl IjU IJi ^Vl ^ JUl j ^\ 

i_&j j^j^,_ia;l A^jls ,5'*^ LwJu>- Tt-^ A>j JLö_.3 "^ j^>- ^oJj i^ .J^ -^_3^J i_^Ä) jl 

....L0.J »^waI^JI L»1 /»UUl <j c.*^jj oAi>.^j o^jij ^jjj' ^^-^i5^ vJiij (Jj c^I-U) 

1. //iaec comm. deest ap. A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et Malan. — 2. Deest 
verbum. 



et sain comme s'il n'avait eproiive aiicune doiileur. II y avait seulement des 
traces de sang. II en Tut tres surpris ainsi quo qiiiconquo le vit, alla laver ce 
sang et marcha comme d'ordinaire, sans douleur. II loua le Pere, le Fils et 
l'Rsprit-Saint et proclama les miracles de ce saint. Que sa priere soit avec 
nous! Amen. 

' Sachez, mes freres, qu'en ce jour, on parle d'un vieillard qui etait dans le 
desert. II avait un frere qui vivait daus le monde et qui etait extremement 
riclic. Lorsque celui-ci mourut, il laissa une femme et des enfants qu'il re- 
commanda ä son frere le moine. Quand on le lui dit, il ue vouliit pas ac- 
cepter la cliose, mais on lui en fit une Obligation et on lui dit : « Si tu ny 
vas pas et si tu ne regles pas les aflaires des orplielins et de la veuve, ils per- 
dront ce qu'ils possedent. » A forcc d'insistances, il consentil a partir et a 
revenir rapidement. Lorsqu'il sortit pour se mettre en route, il trouva sur 
le bord du chemin un vieillard assis, qui tressait un lllet. Quand il arriva ä 
la maison de son frere, beaucoup de gens vinrent ä lui et lui temoignerent des 
egards et du respect. II regia les affaires des orplielins. A cette vue, des gens 
de la famille de la femme mullipliercut les lionneurs qu'ils lui rendaient et 
donnerent ce conscil ä la veuve : « Si tu pouvais le prendre pour toi, il te 
serait plus utilf! (jue ton mari. )j Au moment du döjeuner, eile s'orna, se para, 

1. Celle commemoralion manque dans A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et 
Malan. 



[400] !«•= KIHAK i'i DECEMBRE). 485 

Jas- 1^.01^ /»UUlj ^„J^ (_^J kJ^i-^ ASJ JoÜl ^ l^_^l Ulj Uj \,jau^ ^ y^\ IÄa 

C- 

jL^j ^^*1J^ 'r-'^T^ i^-:«.^?9' ^;lj Uo- dU ^ l^'^i^ jl l^^ias o^l ^ JUs di::5C^ 

w»_^ Jj-« UÜpij^ «ÜVi ^^I ^l--9 ^-ij UJL. jJfc^ 'C>is Jl b^U-lj «CJaL iäi^J -UjJI 

1. Lege towi>to. 



entra et lui presenta de la noiirriture. A cette vue, le moine comprit son but. 
Quand le Icndemain il la vit entrer paree et portant de la nourrituro, il fei- 
gnit d'etre possede d'un demon et multiplia les mugissements. Quand eile 
vit cela, eile laissa tomber, de frayeur, le plat de sa maiii, s'enfuit et de- 
manda aux geiis : « Faites sortir de chez moi ce possede. » Ils allerent le 
chasser. II partit pour sa cellule. Tandis qu'il marchait siir la route poiir re- 
venir, il vit le vieillard qui tressait le fdet, mais celui-ci etait en pieces. Le 
frere lui dit : (c Vieillard, commeat se fait-il que ton filet soit rompu ? « — 
« G'est toi qui l'as rompu : je Favais tresse solidement contre toi, mais tu l'as 
rompu. » Le moine fut etonne. Satan avait pris la forme d'un fabricant de 
filets, sur la route. Le saint revint en remerciant Dieu de la grace qu'il lui 
avait faite et de la protection qu'il lui avait accordee, de l'avoir ramene sain 
et sauf dans sa cellule sans dommage. Que Dieu, notre Seigneur, nous pre- 
serve des defauts et des vices de ce monde et nous fasse entrer purs et 
intacts de tonte souillure dans le royaume des cieux! Amen. 



486 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [410] 

^^^ ^j^ ^ ji^ "^Ua ^yi ^^"-^ ^:^_y„ ■'' o-^.-^^'^^ ^-r" ^r^^^ ^-^ ci^ 

jj_»^ Jb ^'*a::^^J^ ^J-^^J ^""S^^ J ^>' ^V ^-^ '^^■'^ '^''C'*^-'' ^"^ 
blslc villi» A*j ^,^r^^ A-« 0^.^^* '''^c^- ''^'^'' (^"=^ L'r^ ^^ ' ^y.jr^^ '' "^-"tr^ 

1. Ludolf om. hanc comm. — 2.' B om. ... J,. — 3. B wüL.'ilt ^^!. — 4. B !ä*^. 

- 5. B a^c/. ^.^!j _v.^'! >^ ^.^. - 6. o/;^ B. - 7. B lylT" ^-l^!. - 8. Y^ro 
... U^^. A hab. ^U^)l ^^^ sy^-^.^. b--rF'- ^^^- — 9. B UL. - iO. B add. ^X^^.. — 
11. A ^JJI. — 12. A i:.fi J.<sij. — 13. B ^'>j/3! p^^;- — 14. B ^ >:^j. — 15. B ^y 

^<. — 16. ß öJ-^f. — 17. yVo ... ^J-ibj B Aa&. wJW pib^a. — 18. B J^jij. — 19. Pro 
... jj=jJ B habet J U^J^ä j^^' ij^^^ ^U=^^! ^3. — 20. B om. J ^j^. — 21. B '-^^^j^j. 

— 22. Pro ... J->e^ B /mief \y^^ ^ß,^ Uj. — 23. Pro ... Ji B /iaZ>e^ U JS' 3^^^ .U' 



^^ JlxJl ^^;5 ^'^ <^^ ^r^'j ^'-^ ^^ ~ 2^- ^ ^O^rtr^- — 25. B w^^j 
26. B 1:^1 ,Uj. - 27. B add. ^ }y. — 28. B l^,^J\ J. - 29. A J^:J^\ ^J-^--'. - 
30. B add. IW W9.U. — 31. A ^^>j^. — 32. B j. — 33. B ar/c^. ijjS V.^^ 



Dix-NEUF DK KiiiAK (15 decembrc). 

' Encejour mourut saint Jean (Youhannu), eveque de Nike(ljöou(E/-/)or/o.s)-. 
II etait de noble famille; ses aiicetrcs etaiciit pretres et de})ensaient pour 
les pauvres tout cc qii'ils trouvaioiil. Ouaiid ils moururcnt, il prit ce qii'ils 
laissaient et en construisit une liotellcrie pour les etrangers. 11 y reunissait 
les malades, les scrvait liii-meme et leur presentait ce dont ils avaient bosoin. 
II arriva qu'un iiioino vint Ic trouver et vit ce qu'il faisait. II vania devaut lui 
l'etat mouastique et lui en exposa la noblesse. Apres qu'il fut parli, Jean alla 
distribuer aux pauvres tout ce qu'il possedait et partit pour la montai^iie de 
Scete {C/ic'i/idt).: e'etait ä l'epoque d'Anbä Daniel {Danijdl), riiegoumene du 
d(''sert. .lean se üt moine pres de lui el pratiqua de nombrcuses devotions. Puis 
il s'isola dans une liutte. Les demons le liairentä cause de sa belle conduite et 
lui porterent des coups nonibreux tcllenient qu'il en losta malade. Ensuite 

1. Manque dans Ludolf. — 2. Wüstenlcld : llenjllos. 



[^411] 19« KIHAK (15 DKCEMBRE). 487 

(- ^.. . , . .. 

..> •'^ij> ^L^ ^^'a::*^ jl^l ^V^.J J ^^.. ^^^ ^^ ^^ ''>^ ^^^ 
23^:501 J 1^1^ 22^jj| ^Q^j^ 21^^ ^ _;;^ (:^\ jLi_j ^y- jLJ^j C:,! ^_^^\ 

^ l:^ JiJÜl 1-U ^^ <] J-^s^nij ^:>--Jb ('^V 4^. crr-* ^^-^ ^^^. i '^"^^-^ 

dn.J^\ ^jutI ^-1 j^i ajüi jV ^-^_ u^_ ^^;. V ji ^i^vi Ji ^ji ^ j^j 

1. B ^li ^y. — 2. B add. \A. — 3. B add. AI! ^.-'. — 4. B i^JüL^blJ. — 5. A ^-V.. 

— 6. Pro ... J^j B habet ä^. ^-^^U. — 7. om. B. — 8. B add. ]y^ ^-Ol >' ^^ 
^ Uy» ,.^'3 J. — 9. B iJLw. — 10. /^/-o ...j^^ B Äa^e« ^^15^. — 11. om. A. — 

12. A ^y^.. — 13. B Jl'j. — 14. B J^. — 15. Pro ^^j ^t^,J. B hab. ^j^j s^Co. 

— 16. B add. j^\^. — 17. B J'i. — 18. B ii^.j ^l — 19. A ^3. — 20. B ij^^. — 21. Pro 
... Jl.!j B Aa^. _cdC3l ^- ^J:<' ^::r U« J-L^. - 22. B ^.xJI. - 23. B ixJ!. 



Notre-Seigneur le Messie le guerit et il devint fort et puissant siir les demons. 
Puis il fut appele ä la dignite d'eveque de Nikedjöou. II y avait ä cette epoque 
de nombreuses dissensions dans la ville ; il fit tous ses efforts poiir extirper 
l'ivraie * du milieu du bon grain et ramena cinq sectes ä la foi orthodoxe. A Mol. ser. 
soll epoque, appariit un moiiie de la Haute-Egypte qui racontait toutes sortes 
de choses et disait que Fange Michel {Mikäijil)Ven avait instruit. II egara une 
foule considerable. Ouand le saint eut reconnu que ses actes provenaient du 
demon, il ordonna de le saisir et de le battre ; l'autre avoua sa faute et fut chasse 
du pays. Un autre pretendait que le prophete Habacuc {Habaqouq) lui apparais- 
sait et lui apprenait des secrets. Une foule considerable le suivit. Le saint le 
chassa egalement et aneantit ses paroles. II detruisit aussi beaucoup de livres 
d'erreurs qui etaient dans Teglise. — II y avait dans sa ville un pretre qui 
pratiquait l'astrologie et la magie : cette occupation lui rapportait une grande 
quantite d'argent. II fut revele ä l'eveque de ne plus le laisser offrir le saint 
sacrifice, car Dieu a dit : « Je serai sanctifie par ceux qui sont pres de moi. » 
Un jour que cet eveque etait a Teglise, il alla dire ä ce pretre : « Tu n'offriras 
plus le saint sacrifice et tu n'entreras plus äl'eglise, car tu es impur. » — Le 



488 SYNAXMRE ARABE .lACOBITE. [412] 

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1. A oni. ... 5i^o J. ,'^.. — 2. B «^6/. IJ^. — 3. B U !i!. — 4. A J^ U^t. — 
5. B ^^. — (). om. B — 7. B add.j.;^^^. — 8. B add. iJJ.^L J.s ILjU. — 9. B^^kJ'^'. 

— 10. B om. ... ^jjjl J^o. — 11. B c/iifi. ^ ,-•--%. — 12. B 5Jo. — 13. B a^^. iJt^.^U 

— 14. B Uyj. — 15. Ajii. — 1(3. B L\3^-;:--. — 17. B J,j. — 18. B rtfl?(/. l^.!. — 19. Pro 

^.' B habct^ .,! ^^^"^1 -^js^ ^o ^r^^^-^ ^^/-J. J^^^r*^^:'- — 20. B Ijü. — 21. B 

*.;.;i^!j ^n'^^'. — 22. B Uj. — 23. A om. ... oXJ^. — 24. B !i^^. — 25. B add. 

7-^ 



prelre repondit : « Tont ce que voiis dites de moi est faux. » II alla celebrer 
le Saint sacrifice. Lorsqii'il fiit arrive au nioment de la consecration (?), deux 
hommes noirs et redoiitables apparureiit : Tun lui saisit la main droite, Fautre 
la iiiaiu gauche, et ils s'enfoncerent en terre avec lui. L'efTroi et la'terreur 
descendireut sur le peuple : uu autre pretre entra et acheva le saint sacrifice. 
— Lorsque saint Jean montait ä l'eglise pour celebrer la messe, sou visage de- 
veuait rouge ainsi que tout son corps, comme s'il sortait d'une fournaise ar- 
dente. Quand il offrait le saint sacrifice, ses larmes tombaient conime la pluie 
parce qu'il voyait les escadrons Celestes sur Fautel. Trois fois il dit la messe 
et cliaquo fois il mit ses doigts dans le calice pour faire le signe de la croix 
sur FofTrande; au moment de la partager, il trouva que le calice etail un feu 
allume. De son temps, il y avait des sectaires qui commuuiaient vingt fois par 
jour et qui etaient insolcnts. II les excominunia et leur intertlit de recommeu- 
cer cette praliquc coupable. Comme ils n'obeissaient pas ä son ordre, il 
implora le Seigneur. Un feu descendit du ciel et consuma leur chef. A cette 
vue, ils furent saisis de crainte, obeirent au Seigneur et devinrent ortho- 
doxes. Quand Dieu voiilut le delivrer des pciiics de ce monde, il lui envoya 



[413] 20'" KIIIAK (15 DKCEMBRE). 489 

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L>.Jj (^Ll (3 blijj Aj ^Jl Ua jlj p^^-l»^ ^^ jo o^ ,^^ '-'':^J^r-^ (Ji -^^J * fol. 86 V". 

(♦--^ij >— >i^p- "^^Ji «^-iJ "^^^ Ajia,M^ vi; j.*) (3 \^\^ (*r'-? A.l^j.^j| j^>^j (J,>^»^1 AjL) 

1. B J=*3!. — 2. B x)[^l. — 3. B .^^', J-.ls. — 4. B ^^ ^w. — 5. /^/-o ijiU 

^hab. \:^z^yi ■^^yy^ Hie deest circiter foliiim in B. — 0. Haue comni. oni. Ludolf. — 
7. Lege ^JL. 



Saint Antoine [Antouinjous) et saint Macaire {Maqdryous) pour Tinformer de 
son depart et le fortifier. II fit vonir son peiiple. lui adressa ses recomman- 
dations, se coucha sur son lit et moiiriit. Que sa priere garde toiis les en- 
fants du bapteme ! Amen ' . 

viNGT DE KiH\K (16 decembre). 

-En ce jour mourut le graud prophete, le jiiste Aggee {Hadjdous). Cet 
homme vertueux etait des enfants d'Aron (Haroiin), le pretre, de la tribu de Levi 
(Ldoui) et Fun des doiize petits prophetes. Oiiand Nabiichodonosor {Bokht-Nasr) 
s'empara de Jerusalem {Ourichalim) et emmena les Israelites ä Babylone (Bdbcl), 
ses parents en etaient et * c'est ä Babylone qu'ils eurent ce prophete. Quand *ioi.8t) 
regna Gyrus (Kourech), qu'on appelle Darius [Ddryouch), Aggee prophetisa 
la seconde annee de son regne. Lorsque Cyrus relächa les Israelites pour 
qu'ils retournassent ä Jerusalem et leur ordonna de rebätir leur temple, ce 
prophete en annonca la reconstruction et bläiua les pretres dliabiter dans 
des demeures voütees et ornees, tandis que la maison de Dieu etait en 
ruines. II leur fit savoir que s'ils ne s'en occupaient pas et ne la rebätis- 
saient pas comme il convenait, Dieu supprimerait leurs ressources, diminue- 
rait les fruits de leurs champs, amenerait la famine et la soif dans leurs 

1. Le ms. H olTre ici une lacuiie d'environ un feiiillet. — 2. Gelte commemoration 
manque dans Ijudolf. 



490 SYNAXAIRE ARABE JACOBITE. [414] 

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Sjr>^Ja^\ ^1 v_*-L^ aJ ,_^j L-s*J O^J (J*"-?^^^ (J*-'.-^^ lÄA A-ii Ai!l jl^ Uj 

ii_^.^ «„^I-St-C- ;*-!«? J AJi^^l \Jl lÄJl J.i£juS jy^ j^J **JtJl i_Ia1 A: 1 iS.- ij jjb 

1. Deest initium hiiius commemorationis quae tantum in B reperitur. 



cceurs, et diminuerait la benetliction de leiir commerce. Les gens pieiix, 
parmi le peiiplc, entendirent ses paroles, craignirent ses menaces. rebatirenl 
le temple comme il convenait. Apres son achevcment, il leur annonca quc 
Dieu etait satisfait de sa reconstruction. II veciit plus de soixante-dix ans, 
preceda de sa prophetie la venue de Notre-Seigneur le Messie de qiiatre cent 
trcnte ans et mourut en paix. II fut enterre ä Jerusalem dans le tombeau des 
Pretres. Que sa priere.soit avec nous! Amen. 

' ... Le cöte sud, et Anbä Constantin ((>os/rt/////?), eveque de la ville de Syout 
{(ksjjoHt) : quand ces deux cveques n'avaient pas impose les mains surHiomme 
purifie (?), le patriarche ne le nommait pas. Le saint Abou Ghenoute {Chenou- 
(Iah) pria cette nuit et demanda au Seigneur de le rassurer au sujet de Tordi- 
nation de ce saint. II eiit une revelation qui calma son coeur et, le lende- 
main, il consacra ce saint Pisentios {Bisantaous), Tordonna pretre et ecrivit 
pour lui des lettres au patriarche. Celui-ci en fut joyeux et le sacra eveque : 
la gräce de FEsprit-Saint descendit sur lui. Ouand il arriva ä son siege, 
Tcglise fut illuminee par lui. Nolre pere Aiiba Pisentios, eveque de la ville 
de Keft (Qift), et Anb.i Ephrem (Afniham), eveque de Hon, assisterenl ä sa 
consecration. Les gens de Teglise en furent joyeux. II se conduisait confor- 
memenl aux regles apostoliques; il lil de nonibreux miracles, tcllement quc 

1. (leite commemoralion, donl il manqiie le commenccmcnt, ne sc trouve que dans B. 



[415] 20« KllIAK (16 DECEMBRE). 491 

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1. A, Ludolf, Assemani, Mai, Wüstenfeld et Malaii om. haue coinni. 

s'il benissait quelqirun, la benediction et la grace (divines) descendaient 
rapidcment sur lui, et s'il repoiissait quelqu'iui, la vengeance Celeste s'abat- 
tait aiissitöt sur lui. Les pretres et le peuple le craignaient, le redoutaicnt 
et tremblaient devant lui : cliacuu le venerait. A cette epoque, les gens 
ctaient dans une grande detresse ä cause des Perses {El-Fors), car ceux-ci 
avaient etabli que personne ne serait plus nomme eveque de leur temps. 
( hiand mourut reveque de la villc d'Esneli (Asnd), notre pere le patriarche 
lui ecrivit de le suppleer. Les habitants s'en rejouirent beaucoup. II y resta 
sept ans, les instruisant dans la foi, visitant son siege et enseignant les 
prcscriptions du Seigneur. Apres cela, (juand Dien voulut son depart, il 
tomba malade dans la ville d'Esneh. On le transporta en barquc ä son cou- 
vent; les fideles se rassemblerent autour de lui, cliagrins et affligcs d'etre se- 
pares de ce pasteur plein de sollicitude et de compassion. II les exhorta, les 
confia ä Notrc-Seigneur le Messie et mourut en paix. Que le Seigneur ait 
pitie de nous par sa priere ! Amen. 

' En ce jöur eul Heu aussi le martyre de notre pere, Teveque pur et grand, 
Anba Hellas (Hälijd.s), eveque d'El-Moharraq, le couvent de Notre-Dame, la 
vierge immaculee Marie, Mere de la lumiere, cause du salut du monde, et de 
la ville d'El-Oousyah. C'etait au temps du gouverneur Arien (Arydnous). Ce 
pere, l'eveque Anba Hellas, tourmentait son corps nuit et jour, jeünait d'un 
samedi ä l'autre, (outre) les prieres nocturnes et diurnes. Un malheureux vint 

1. Cette rommemoration n'est donnce que par B. 



SYNAXAIRK AUABE JACOBITE 




vii^lk. C'j.Jl br^5C' 09J ^.^aaJI jAib_ Vj ^/^^äJI ^Ll)l 1-Ia dUii^^ l<i dL>i; (j^'^=" 
Lil ^^^ ^M50l lÄA ^^jVl ^^- Ul^ J-=yi JiiK^ i:::^- jV i^l^^l Vj ^1 Vj -Oj Vj 

lijlj «lJI bij C« bÄi-1 Li^ '^^Jj^^ r^^=>-j (3'.-^^ (j "^ ^^t}^!^^ jl A^_ jlS djV 
^,iL-*^ 3 A.5..1 ^^IäJ U Ul joj j^L^Jl ^ki ^y^J> z*-^^ J^^ (^^'^^ "^^^ j^ ^-*-^ 

^-^5C^_c u-^Xs ^^J V i)\ jx:i:>.\ >lJl9 "^-^^'j l».'^ ^'^ y^^^j 4»=- «CU ^^^-C^l 



Uli joiir le troiiver, demaiidant du secours, criant et pleurant a cause de ce 
quo lui avait fait le scribe d'El-Qousyah, car celui-ci etait le tyraii du inoudc(?) 
et craignait peu Dieu. Notre pere se leva pendant la nuit, alla le trouver et lui 
dit : « Ne sais-tu pas que Dieu entend les malheureux du iiionde et les venge 
rapidement ; il est le pere des orplielins, le juge des vcuvcs ; mon fils, sauve ton 
ame : ce magnifique vetement ne te servira de rien; au moment des alTres de 
la mort, iiul ne pourra te delivrer, ni fils, ni pere, ni femme, car notre- vie est 
comme une ombre passagere. » Quand ce fonctionnaire entendit ces paroles, il 
poussa des cris en pleurant et dil : « Malheur a nioi , mon pere! je n'en suis 
pas digne. Je n'ai pas fait une seulc bonne actioii depuis que je sers dans cette 
ville. » Lorsque le saint lui parla, la gräce de TEsprit-Saint descendit sur lui; 
il reinit ä ce malheureux les titres de propriete de sa maison, car il voulait la 
lui enlever ä cause d'une dette el de Timpöt de la culture. 11 lui rcndil lout ce 
qu'il lui avait pris, paya entirrenient aux gens ce qu'il Icur devait, et devinl 
lininble et compatissant envers les malheureux. Quand il voyait (juehju'uii 
dans la gene, il Ten delivrait. Tont le tcmps qu'il tut dans Tadministralion 
on ne put iVapper personne, car la crainte de Dieu etait devant lui; ainsi 
que les prieres continuellcs, le jeüne ininterronipu, les gemissemcnts et les 
pleurs pendant la nuit et Ic jour. (^)uant a ce malheureux, il en fit son inlcn- 
tlant cfcneral et lui adressait cette recominandation : « (larde-toi d'irriter le 
ca;ur du pauvre! » Arien appril les merveilles et les miracles que faisait saini 



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[417] 20« KIIIAK .16 DECEMBRE . 493 

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jL«j ^— aJLJI Lg-^^-^ ij..iJ>-lj j^\ (3 /t--^j-«Ji ij-Ai-Ü A-s-lj O-^i OSj..Uj Jjj»u'l Aj 
kSj^p- (»l>Vl jjj V'^ i_ji=»t£;j oll JsA,.^js- \^ ^^' ^r^l? *^-~-'^ ^^^ '^J-^ J^LJä^VI 
Ä_I_)-L/s _J1 ii-\..^_=»- (_l.(iJ>L9 i^«.*^! «CA^ ^_i_Lwl vialia.».? Li Uyl (jUj ^ 'V^J AaJi 

1. Löfi'e / ^UU. — 2, Leo-t; ^UU. 

Anba Helias : il envoya des soldats qui Tamenereiit : il liii promit de iiom- 
breux hoiineurs et lui dit: « Porte de Fencens aux divinitcs de rempcreur. » — 
(( Je ne le ferai jamais, dit le saint, et je ne me prosternerai pas devant les 
demons. Quant ä toi, Arien, il faut absolument que tu sois martyr. » Aussitöt 
le gouverneur s'irrita contre lui et lui fit subir beaucoup de tourments dont le 
Seigneur le delivra. A la fin, il ordonna de