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PATROLOGIA ORIENTALIS 



TOMUS UNDECIMUS 



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R. GKAFFIN — F. NAU 



PiVTROLOGlA ORIENTALIS 



TOMUS UNDEGIMUS 



I. — Al. VASILIEV. 

KiTAB al-'Unvan. Histoire umversellf, ecrite 
PAR Agapius (Mahboub) de Menbidj (I, 2). 

II. - Fr. VANDERSTUYF. 

La vie de SAINT Luc le Stylite. 

III. - E. PORGHER. 

Histoire d'Isaac, patriarche jacobite d'Alexan- 

DRIE. 

IV. — Fr. NAU. 

Ammonas, successeur de SAINT Antoine. Textes 

GREGS et SYRIAQUES. 

V. — Rene BASSET. 

Le synaxaire arabe jacobite [Mois de Toubeli 
et d'Amc/iir). 




PARIS 

FIRMIN-DIDOT KT C-, IMIMIIMI'UIIS-ED [TKURS 

LIBRAIRIE DE PARIS, 56, RUE JACOB | fc 



ALLEMAGNl«: KT AUTRICII K -MONGRIK 
D. HERDER, A FRIBOURGEN BRISGAU 

1915 




p^"^ 



-t. I( 



KIT AB AL-'UNVAN 



HISTOIPiE UNIVERSELLE 



ECRITE 



PAR 



AGAPIUS (MAHBOUB) DE MENBIDJ 

EDITEE ET TRADUITE EN FRANCAIS 



r\R 



ALEXANDRE VASILIEV 

Professeur ä Saint-P6tersbourg 



PREMIERE PARTIE ill) 



A = ms. n" 456 du Sinai. 
B = — .380 — 
C = ms. d'Oxford LI (Hunt. 478). 
L'edition est basee sur le ms. C; cf. P. 0., V, 56.3. 



Tous droits reserves. 



TABLE DES PRTNCIPALES MATTERES 

(Nous lenvojons ä la pagination entre crochelr^ Uu fascicule suivanl). 



Pages. 

Phemonoe. Persee 137 

Gedeon. Apollon • 138 

Jephte. Eb(jan. Abdon 140 

Samson. Guerre de Troie 142 

Ileli. Samuel 144 

Chronologie de Josue ä Saül 145 

Histoire du prophete Samuel 147 

Saül. Elie. Zacharie 148 

Hegne de David 150 

Regne de Salomon 155 

Ouvrages de Salomon. Roboam 156 

Jeroboam. Abia. Asa. Ba'asa 158 

Amri. Zarah 160 

Elie. Michee 162 

Josaphat. Achab. Joram ■ , Iö3 

Alhalie. Joas 164 

Osee. Arnos. Jonas 166 

Amasias. Ozias 167 

Histoire de Joas 168 

Les prophutes 171 

l'orphyrius et Zacharias 173 

Ozias. Les Hleus et les Verts 174 

Joalham. Acliaz 176 

Roniulus et Remus 177 

Osee 183 

Histoire du roi Ezechias 184 

Maiiasse. Amon. Josias 1'*^ 

Eliacim. Joachim l-'^ 

Sedecias. Jcremie 196 

Nabuchodonosor. Balthazar 198 

Darius. Cyrus. Daniel -00 

Habacuc. Aggee. Cambyse 202 

Darius. Nehemie. Xerxes. Esdras 204 



8 TABLE DES MATIERES. [146] 

Pages. 

Empedocle. Artaxerxes 206 

Histoire d'Esther 208 

Euclide. Cadmus. Invention de I'alphabet 217 

Socrate. Artaxerxes II 218 

Histoire d'Alexandre 220 

Seleucus. Antioehus le Grand 237 

Plolemee Lagos. Antioehus Epiphane 238 

Les Macchabees 240 

Judas Maccliabee 242 

Jean. Jonatlian. Simon 244 

Jean Hyrcan. Aristobule 240 

Jean Alexandre. Alexandra 249 

Antipater 250 

Cleopätre 251 

Pompee. Julius Cesar. Auguste 252 

Legende sur le mois de fevrier 254 

Herode. Regne d'Auguste 256 

Longinus. Les mages 260 

Naissance du Christ ■ ■ . . . 262 

Fuite en Egypte 264 

Mort d'Herode 265 

Les successeurs d'Herode 268 

Tibere Cesar 269 

La vie du Christ 270 



^Ul J^ !spj f-\y\ 4JU- i^-alr C-'lisJ i«^-ai)l 'LL«i ^_;^ ö^^^ 'iüi (Jj * C 90 v. 

^: ^>ij^ ^b <«Äi_ ^^1 d>U '^J'\y_ ^1 jy^-*r^ lS'j Jk>'' '^'^ J-? *B 121 V. 

aL- ijyi ly> ^b '^i^ ^>)l ^% Jl "'o-i/ -^-^' ^^-^' ^^ ^-5 

<c:3 J jv-^^l ' _^ji »IiOä; i_5Ä)d 

1. Ici je nie permets d'exprimei' ma gratitude cordiale ä l'abbe Aug. Perier qui 
a bien voiilu lire ma traduction frangaise et, en meme temps, gräce ä sa connais- 
sance approfondie de la langue arabe, faire quelques corrections dans Je texte et 
dans ma traduction. Lors de Fimpression de ce fascicule j'ai recju l'edition du 
texte d'Agapius par P. L. Cheikho S. I. (Agapius episcopus Mahbugensis, Historin 
Universalis, Beryti, 1912. Corpus scriptorum christianorum orientalium curantibus 
J.-B. Chabot... Scriptores arabici. Textus. S. III. T. V). — 2. C L^sS B Lusi. — 
3. Codd. ix«J. V. la traduction. — 4. CB , p|y- — 5. (! ~^ji B v~~)fS. — 6. B y^U. 

/ . BC , *M--*W> . . 



A cette epoque', se signala Plieinoiioe, la magicienne; eile predisait -c;io> 
l'avenir en vers hexaiiietres et Iroublait les esprits des gens". 

* Ell ce temps-lä, Gedeon, fils de Joas, vit Tange du Seigneur qui Tencou- ♦ b 121 
rageait k delivrer les Israelites. Alors, il se leva et gouverna les Israälites 
pendant 40 ans. 

A la meme epoque, Persee se rendit au pays de Perse et coupa la tete de 
Gorgone (Gharghou) la courtisane, qui, par sa beante et sa gräce, avait frappe 
tous ceux qui la regardaient, au point qu'ils sembiaient changes en pierres, 
comnie Didymus le savant le rapporte dans ses livres'. 

1. Le fascicule precedent [P. 0., t. V, fasc. 4) se termine par : « I,es Madianites 
... devasterent tout leur pays »; les manuscrits portent en plus : *^r^ i^ .y' 

B [^iy^) ^.y^^ « par leurs nombreuses troupes ». — 2. V. G. Sync, I, 305 lEt.suiiii 

Chronicorum libri dtio, ed. A. Schoene, II, Berolini, 1806, 38 Hk). Mich, le Svh., 1, 
49. — 3. G. Sync, I, 30.V30« (Eusebii Chron., II, 40 Hg). Mich, le Syh., I, 

4(1-50. 

l'ATll. UU. — T. XI. — V. 1. 1 



in 



AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAX. [148] 



^Lijjj Li^j ^Lvj ^L^y :;*jL»^l :^^ ^ >J ''^ ö* ^' ^'-^3 "'^"^'' 

CLL ÖJ^3 ^^'^jß <^_-^ ^. j^ß ^-i JJ 
oLJ'j J>*->i' -^1 «-^-'" >^^J oIä^ J- 1'^^ ^^-^' ^^ t>-»-" 



r^ j«_:j f-u— ''j cr>^> 



^.u JaI '^lj>i p,. ->j liJ' Or^' i ^-^^-* ^^^ ^^"^ ^^ ^y^J 

1. C . -^! B (_^J^''. — 2. C ^JJ'. — 3. B 1.15" et add. ^'— o C om. ~ 4. B U^" 
C Uy. - 5. B Ük- C Uy. - ü. B Uj^,. — 7. B 'ii/. - 8. B Li^~. C U^^. 

- 9. B ^' ^'>- - 10- ^ H'^ ^ ^J-*"- ~ ^^' ^ ^'^'^"' ^ J^'r'y'- - 12- ^ 
,LjÜL.. — 13. B -Cj. _ 14. W'. — 15. B add. IL — 



Gedeon gouvernait les Israelites depuis 31 ans, lorsque se signalerent et 
' B 122. se firent connaitre les fiUes ' d'Helios, que Klytia lui avait donnees; les noms 
de ces sept fiUes furent Circe {Qirqä), Merope (Mirfd), Hirqa (?), Zirqa ('), 
' c 91. * Qirda (?), Lampetiel^ {Midyci) et Pasiphae {Basoufiyd)' ; alles etaient magi- 
ciennes. On raconte que Thomme voyait son visage dans celui de chacune 
delles, ä cause de la beaute de leur couleur; et lorsque l'une d'entre elles 
se levait dans l'obscurite, ce lieu resplendissait. 

A Lette epoque, les villes de Cyrene et de Milet furent bäties-. 

A eette epoque, regna Fasouniyous (?)^ Apollon {Afoiilyoiui). On raconte 
qu'il jouait de la cithare; ce Tut lui qui se fit un luth de pierre; les betes 
sauvages et les fauves se rassemblaient aupres de lui pour entendre sa voix, 
13 122 V. Sans se faire de mal * les unes aux autres, ä cause de la grande beaute de sa 
Yoix, de son jeu et de son chant; on raconte que parfois, lorsqu'il chantait, 
les betes sauvages et les fauves s'endormaient *. 

II est ecrit que Gedeon, ayant forme une armee de 30.000 hommes, sortit 

1. 11 s'agit des noms affreusement defigures des Heliades : Merope, Helle, Aegle, 
I.ampetie, Phoebe, Aetherie, Dioxippe. Ex Perseide, Oceani filia, Circe, Pasiphae... — 
2. G. Sync, I, 306, et ,^ (Eusebii Chr., II, 40 Hi et 44 Hd). — 3. Peut-etre faut-il 
voir ici « a The^es •>? — 4. G. Syxc, 1, 29(3.,., (Eisebii Chr., II. 42 Hc . Cf. Mich, le 
Syii., I, 51. 



[149] GEDKÜN. APOLLON, 1 i 

\i>. •j,\ i]y Juil^^l Jj ^^ J 'C^^l Jij«S ^_5->Jl J^lj '».L-i « ' i »iJl aJ ^^la-U.» 

^1--*-^ j^ >_^L=>- ^.le- ' L.»j iC-u Ljj ^-..li ^jj -wi 

1. B ili." .,j-C .,'. — 2. C ^^o B jjäo. — 3. Le texte du ms. est defigure : 
>'...^U, >_/ , ^C. — 4. B J^. — 5. B ', J. — 6. C ^L'' B f~>L.t. — 7. C '_^^' 



• > 



B ^i^^. — S. B --Jo.' — 9. C äJ<j B J.J. — 10. C „.»_>.-■ B _.._i. — 11. B »>• 

— 12. C ^.'^.\i~." B -,J.JLiwl. — 13. Codd. Lj. 

avec eux coutre les Madiaiiites. Mais Dieu. ne voulaiit pas que * la victuirc ♦ c yi v. 
füt due au grand iiombre de troupes, lui ordoiiua de prendie avec lui 
;{00 hommes; et Gedeon delivra les Israelites des Madianites. Apres Gedeon, 
Abimelec, son fils, gouverna les Israelites peiidaiit trois ans. üeveiiu roi. 11 
tua ses soixante-dix freres issus de sou pero * Gedeon. Lorsque Abimelec l'iit • ls 12:'. 
surti contre la ville de Tebeg, uae femme jeta sur lui, du haut de la citadelle, 
un fragnient de meule ' et le tua. C'est ainsi qua Dieu le retribua et le reniu- 
iiera en le chätiant promptement pour sa mauvaise conduite et pour le mal 
qu'il avait fait ä ses freres. Ensuite Tholag, son cousin, jugea les Israelites 
pendant 22 ans -. 

En ce temps-la, Kora {I'ioscrjjiiie), fiUe de Zeus, fut enlcvee^. A cette 
epoque, Marsyas le berger {Silcnr) vola des fliites et tenta de surpasser 
ApoUon; ils firent tous deux un contrat et un pari. Puis Marsvas, ayant ete 
vaincu, fut pcndu a un ari)re, cümnie il avait ete convenu entre <'ux. 

En Tan 21 du srouveruement de Thola«)-, ' la ville de Tarse fut bAtie par * '• •'- 
le roi Persee . 

1. Mola asinaria ,Ua.Y. Jiiges, ix, 53. — 2. G. Sym :., I, 301. Mich, le Svn., I, 52. 

— 3. V. G. Sync. ^2993 (Els. Chr., II, 3G llp . — 4. .Mich, i.k Smi., I, 52. Cf. Chr. 
Paach. MiGNK, Patr. Gr., t. XCII,col. 153. 



12 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [150] 

' B 124. iS^ jZS. jL;'' l>y> aJj J^ j_^ ^ ^wl; -W J^^ >-^.L-^' (^ ,^ -r"*^ j»*" 

<;! ü^^i ^JJl J3VI ^<)i aJL.'l ^^ ^ '^^^ ^^ '^O^vJ! ^i Jj 

C92v. '^^A^i ^A ^di j^^i j_H' j'^yJ^ U^^' ^' J * ^^-rH' r*^"^'* ^' r^' -^ 

Jk* j^ "'^bL ^1 il»i=- jl^ >^i -\f^ ,^0 oLL.~l ^ j_j^c ^ iA. Ui 

1. (' J_^. — 2. r ^-.'L.. — 3. C _yü,ji B 'jii.j^. — 4. (; i^JJ.y B A.^',jS. — 5. (' 
Jl. — (i. (' ..m. — 7. Codd. „.-^J. — <S. (' J.^l — i). C CJJ'. — 10. H „J-i>. 



A eelte epoquc, Apollou epousa une femme et engendra d'elle Asclepius. 
Dionysios s'empara de Finde, en fut gouverneur et y bätit la ville de Nysa 
sur les bords du lleuve de llndiis'. 

En ce temps-lä, apres Tliolag, Yai'r, de Galaad, jiigea les Israelites peii- 
dant 22 ans; il (Hit trente fds qui montaient avec bii sur trente pouhiins". 

A cette epoque, la ville de Cyzicus fut bätie sur le rivage de la mar. C'est 
Cyzique, dont nous avons dejä dit que le temple, une des sept merveilles, 
y avait ete bäti '. 
' if i2'i. Ensuite, * apres Yai'r, les Israelites furent soumis aux Ammonites, descen- 

dants de Loth, pendant 18 ans'. 

A cette epoque, se signala Linus, maitre d'Hercule, le premier grand roi 
([ui, commc nous l'avons dit, dressa dans la mer trois statues merveilleuses 
c 92 V. * pour preserver les marins du naul'rage; elles etaient une des sept merveilles 
dont nous avons parle au debut de notre livre'*. 

En la premiere annee de la victoire des Ammonites, la ville de Tyr tut 
bätie. 

Comnie les Ammonites opj)rimaient les Israelites en tonte rencontre, les 

1. G. SvNc, I, 306,0 H (KiiSEB. Chr., II, 42 Hb). — 2. G. Sync, I, .309-310. V. 
Jiiges, X, 3-4. — 3. V. plus haut, p. 13 (569). G. Sync, I, 402., (Eus. Chr., II. W, 
Hai. — 4. G. Sync, I, SlOj.c. Mich, i.e Sm.. 1, 54. — 5. V. plus haul, p. 13 i569). G. 
Sync. 307,, Rrs. (lir., II, Hf 46). 



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151] JKIMITK. RBCAN. 'ABD()\. 13 



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l^,^.^ Ü-Li v«3 ''isi.lf-j ''jjj^" l-*_;j>t-_i ^^^^^3 ^«v-sLäJl loÄ« 09_/- j^^l ^i ijj 

1. Dans les mss. ajoute : «^,j. — 2. B s.JJl. — 3. C ^^x.'' B m^.~;'- — 4. Codd. 
stJ. — 5. C ,o'i. — 6. BÜJi. 



125. 



habitants de Galaad allerent trouver Jephte, quinze ans apres Tavoir chasse 

et eldigne de chez eux. Ils se reiulirent aupres de lui, Tamenerenl * et le * i'. ir. ' 

mirent ä leur tele; alors il gouverna les Israelites pendaut six ans. U sVngagea 

par im vceu et par un serment irrevocable ä offrir a Dien en sacrifiee, apres 

son retonr du comliat, ]p premier de sa maison qnil renconirerail, si Dien 

lui accopflait la victoire. Etant sorli et ayant vaincu les ennemis, il revint : 

or, sa iille unique sortit a sa rencontre; il Timmola et TofTrit a Dien en 

saerifice, conform(''ment au voeu qu'il avait fait'. 

Ensuite Eb?an {Ahimn) on Ilesbon, de Bethleem, jugea les Israelites 
pendant sept ans. II eut * trente fils et trente fdles; il maria ses trente fils et, • c na. 
vn un jour, il fit entrcr trente belles-filles; il moria ses trente filles et, en un 
jnur, il |)iil Irnitc bcaux-fds. * Ensuite Elon, de la tribu de Zabulon, jugea * b I-'v 
li's Israelites pendant dix ans". 

En ce teinps-lä, l:i sdrcicrc Medee se signala. Par ses sorlilegcs eile til 
hrüler Creon iQdroun} et (jlauque (Alouqa). Dans un acces de colere, eile fit 
perir tous ses fils''. 

Ensuite Labdoii uu .Vbdon jugea les Israelites pendant liuil ans. II eut 

1. G. Sync, I, .ilO,, ,,. M. i.i. Svii., I, .5'i. — 2. C. Syxc, I, 311,,,;. Mich, i.k Syu.. I. 
55. — 3. Mich. i,u Syu., I, ."»'i. 



E 126. 



14 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [152] 

vj^Jo« oL«3 jti (j *— i-' ''^;las A.x.i ^_^^ ^ dlUl ^j_lsyk iJj jUjJl dUi ^j 

B 125 V. cX^^y^ *^ i>* r-'^ "^'^ iJ^ '^•^ V^^J »^^^^' J^^ j^J' ^-j (jj 

JjAl»Jl ^»« »_w ■^_.:U_XflJl Aju V« ,_^l^l J) ^J |V Ow \ 'IJ A»-l •..)-?. ...tf 

IAj X^-V>' "^ 4^U' "Cw ^J *S^ /y>Ji£- |»A.J-*i ' jli -L^— ' \ j lf__^U <iyl "jA 

(j.ii-as (jj j^l jjl.j Äj- J^ji- [^ 'S jSji j,frL Vr"JJ'" (^' " ^'j-* ^^ tlr* 

1. Codd. ., jjJ. — 2. Les mss. , .^^. — 3. C rJläv». — 4. C Liil B Lii. — 5. H 
>j:J^I. — ö. C ^l;:iiiJ! et infra. — 7. B .,^-U~.. — 8. B .,lj. — 9. C om. dep. _^1. 
— 10. B , y^i wl:S'. — 11. B JÜ J! .U." , .^. 



quarante fils et trente petits-fils qui montaient avec lui sur soixante-dix 
poulaius '. 

En ce temps-lA, le roi Hercule tomija gravement maladp; il se jeta dans 
le feu et mourut, ä Tage de 52 ans". 

B 125 V. A cette epoque, Apollon fiit epris et amoureux de Daphne * k tel point 

qu'il perdit la tetc et devint foii. 
' r. iis V. Les Israelites ayant peche et leurs fautes etant devenues enormes, * Dien 
les livra entre les mains des Philistins, c'est-ä-dire du peuple de Palestine, 
pendant 41 ans. Ensuite, apres les Philistins, Samson, consacre ä Dien par 
ses parents, jugea les Israelites; il etait de la fribu de Dan, il l'ut juge 
pendant 20 ans. En l'an 3 de son gouvernernent, il commenc^a la guerre contre 
les Philistins. En l'an 5 dn meme, eut lieu l'histoire de Ruth la Moabite, 

♦ B 126. c'est-ä-dire originaire de la trihu de Moab. Booz l'epousa * et engendra d'elle 
Obed, grand-pere du prophete David. L'histoire de Ruth contient 246 versets; 
son livre est si beau, qn'il a ete traduit du grec en arabe'. 

1. Juges, XII, 13-14. Cf. G. Sync, I,31J..,„ ('ÄSofÄv). Eus. Chr., II, 52 Hg (AaSäwv) 
= Chronicon Paschale. Migne, XCII, 236-237. Anonymi Chronographia Syntomos e 
cod. Matritensi N" 121 (nunc 4701), ed. A. Bauer, 1909, Lipsiae, p. 16 : A(X|j;6owv. — 
2. G. Sync, I, 309, „.^^ (Ers. Chr., II, 52 Hei. Mich, le Syh., I, 52-53. — 3. Cf. 
Chron. Pasrh. Mu.m:, XCII. 237 (Eus. Chr., II, 54 Hb). 



C 94 \. 



[15;V SAMSON. OrERRK DR TROIR. 15 

J J^^i ^i Lwli l:,i ■ <.! jyC jl <..! J^ .-Li' ^-^'^ 'yt '',^3 <\<i ö- -cm. 
gL^j L^.:-^ <-s>^\j ^;>U dL> ^Ij 'Vj^ ^*-' -^^ ^-^^ "^t^H^' ^^ 

ti ^Jj'-^J * ' ■ °" j>— *^} j^'-'j j^' (5*J i^'^ " ^^ kji:^"^ 'CijL«^' Aä_:_1» 
,^__^ ^j lj_lc 1_^ '~ö_ä)1 (_5;>^ s_ik:ii^l ;^Ä)1 CI3 ^r'j^^l V-"^*--^ ^^' 

1. C „^ B jj~*i. — 2. C om. — 3. C ^^y^f B ^-.^Jj/. — 4. C om. B (_^^'*j^ ^h- 
— 5. Cod. iJ^". — 6. II faut lire probableiuent ^^\ ^S2. — 7. C om. ^. — 8. C 
i^^' B Mj^y — f- CB (^j^-. — 10. B ^y'^^jiji^ C om. — 11. B y~>jxj. — 
12. C om. 



En Fan 8 du gouvernement de Samson, Alexandre Paris, fils de Priam, 
roi d'Ilion, prit des oflVandes et alla les offrir au dieu Apollon, dans le pays 
de THellade, ä Tage de .33 ans, parce qu'tl disait que c'etait le dieu qui avait 
predit ä son pere qu'il aurait * un fds. Lorsqu'il fut parti et se fut prescnle 
aupres du roi de Sparte qui s'appelait Menelas, il y vit Helene. Sa beaute et 
sa gräce le charmerent et il la desira ardemment. Son mari sVtant attarde 
la * 011 il ötait parti, et se trouvant loin de lui, Paris enleva la jeune femme • B i:fi v. 
et lamena a Troie, dans le pays de Phrygie, pres de son pere, sans avoir 
presente son olTrande |ä ApollonJ. Lorsque Menelas arriva et apprit ce qui 
etait arrive, il envoya des messagers et appela ä son aide vingt rois avec 
leurs navires, au noinhrc de 2.250. Ils alleren! par mer et combattirent Priam 
et son fils qui avait eideve la belle Helene. Ils s'emparerent d'IIelene et de 
tonte la contree qui avait fait la guerre contre eux pendant dix ans, jusqu'a 
l'an 18 du gouvernement de Samson. A cette meme epoque, * la ville d'Ilion, * ri 12:. 
decrite dans le livre et les poesies d'Homere, fut detruite'. 

En Tan 19 * du ofouvernement de Samson, Zeus, roi de Crete, mourut et ♦ c m v. 



c ;p4. 



1. Mich, li; Syii., I, 57. V. .Ioanms Mai.u.ai: Chronographia, !t3-0^i ed. Bonn. 
Gedr.. I, 217-218. Cf. G. Sy.nc, I, 320-321; 325, „.„ [Kus. Chr., 11, 52 Ilf fl H,8 . 



16 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [154] 

•cV Aj'U- S^ ^ ^j^j ^y^ UjIj iu i^ji'^i ^.'^ r-T' ^^ ^ -^ o'^i_^l ^_^ 

♦C95. j»y-lfr (.15 ^\ jl^3 i-. ^j-«>jl J^Lr-^ (^ ^-^ JA>15C)1 ^Lt ^Is dUi A* ^j 

♦ B 128. ^j^\ c^j-*— jJj ^jytL5C]| ^b ^AT ^ ^^ jLJ C- Jj O jj-^Lj "üLJ' 1^1 

1. B 5^. — 2. B Jj_/U.. 



fut enseveli ä Aqrathi, c'est-ä-dire sur le rivage de la mer. U avait vecu 
780 ans. A cause de sa longevite on Tappela Zeus; mais auparavant il s'ap- 
pelait Dios ' . 

En ce temps-lä, apres que Samson eut fait perir un grand nnmbre de 
Philistins, il leur fut livre; ils lui creverent les yeux ä cause d'une de leurs 
femmes qu'il avait aimee passionnement. Cette amie ne cessa d'employer des 

B 127 V. ruses contre lui jusqu'ä ce * qu'il lui eüt fait savoir que sa force etait dans 
ses cheveux. Pendant qu'il dormait dans la chainbre de cette femme, celle-ci 
lui coupa les cheveux consacres ä Dieu ; sa force disparut, eile le garrotta 
et appela pres de lui les Philistins. Apres Samson les Israölites furent saus 
juge pendant 12 ans. 

Le livre de Josue, hls de Nun, premier livre des Juges, contient 1.953 ver- 
sets; le second livre, 2.880 versets. 

♦0 95. * Apres cela vint le pretre Meli (A/?) qui jugea les Israelites pendant 

40 ans; il etait devenu leur juge ä l'äge de 38 ans^. En Fan 18 du gouver- 

» B 128. nement du pretre Heli, * naquit le prophete Samuel consacre ä Dieu par ses 
parents. En l'an 20 du gouverneraent d'Heli, Anne, mere de Samuel, le 
presenta et le voua au Seigneur, lorsqu'il avait deux ans; et il demeura avec 

1. Mich, le Svn., I, 57. — 2. Cf. G. Svnc, 1, 331,3.,; (Eus. Chr., II, 54 Hm). M. le 
Syr., I,.58. 



[155] IIF.I'I- SAMÜEI,. 17 

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l.C ^^l::iüi.ll. — 2. € om. J. — 3. B add. J ? — 'i. B ^. — 5. B ^j~). — ö. B 



H 129. 



le pretre Hell dans 1p temple, pendant le reste de son gouvernement, sans 
le quitter. 

A la mort d'Heli, le prophete Samuel lui succeda et jugea les Israeljtes 
pendant 20 ans '. Quand il rempla?a Heli qüi venait de mourir, Samuel avait 
22 ans. Ce fut Tannee oi'i les Philistins s'cmparerent de l'Arclie du Scigneur; 
mais comme ils ne pouvaicnt pas supporter la douleur qui les prcnait au der- 
riere, lä oü eile arrivait, ils la restituereut et envoyeront en nieme temps dos 
olVrandes en son honneur. * Quand Samuel eut gouverne les Israelites pen- ♦ B i->8 v. 
(laut 20 ans, ceux-ci le prierent de leur nommi-r et ' di' leur pieposer un roi ; • c o;. v. 
ils demanderent ä etre delivres du gouvernement que le Seigneur exerc^ait 
sur eux par l'intermediaire des juges et des gouverneurs. En consequence, 
Samuel leur donna pour roi Said, fds de Cis. 

Le nombrc des annees depuis le gouvernement de Josue, fds de Nun, et 
depuis les juges qui l'avaient suivi, jusqu'au jnur oii Satil, fils de Cis, 
(^ommen(;^a h regnei', fut de .")().■); depuis Adam jusqu'a cette ann6e-lä, ''i39[ ans. 
Cela s'explique par ce que nous avons expose plus haut. Nous avons dit que 
depuis Adam jusqu'au deluge il s'ecoula ' 22:)ü aus ; depuis le deluge jusqu';\ * b 129. 

I. G. Sync, I, 3;S2, (Eis. Chr., II, 5Glli). M. 1.1; Syk., I, 38. 



18 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [156] 

0^3 IL. ^3 jU-H \y^j\ [^' 4 ^1 ö_ll diL:- J\ ^^1 ^j ^L^ ;^;x^3 iL:- 
(.jl ^^3 L;- _^ ^3 i> «-.jl f^l^l jJj jl J' '>J^ -^J-- ^»-3 "— ■ Oir^J 

*C96. JJ3 jl J\ (»--*L-;' -^r O^J *—■ Cx^-'^i ÖT-'^i ^-^ '^'j "-^^ ^^ '*""*' '^^" cT^ 
,.__3 ^1 Ö.U' ^^j^ JJ3 jl ^\ c^l j^j <^ C^^^r^j '^.J^i "^ "H.'-* (;;_-: -»^ tr'J^ 

J^l--' ^. W" i>^ ^^ ^^ J ^-r ^ -^- Ls^' ^^' v>-J '^ ^^^ ^J "^'^ 
♦ B 129 V. ^jl j^j Ä_- ^r^^LTj -^' ^r -»^i '^'' ^'■t^ J^ ^y "*"*^ ^-5 -'■"^ J°-j' iy 

iL. IjJfr lijjl Uli ö- ö:^*-»^3 '^3 ^.^ O'^J ^' "^^ iS-y '^ liy (J-*' "^^ 

^_:,.. \^3 Aa-i3 iUll3 ^1 -^J J-*^^ ^l-cj c^l ja! j^ jJUI ^.j^»' ^ 
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^.->^ ij^ li >^-^,3-j ^"^ Jj' i>' ör-'' c'--'^" '^ — " r "^ ^''^ r^ '^^^'-^ 

A^lj iUlLj ^^1 i«ji JjjU diu ^ ö. Jjl J\ c.i.\,i ^^\ \^\ lis" ^O 

1. C om. äJ-.. — 2. B U^. — 3. B add. _,b^^j ^r-^'y-" v^'-^ o*^^'*''- — ''■ *^ *""• 
— 5. C om. wi-'l. 



la naissance d'Ar u, 670 ans; depuis Adam jusqu'ä l'annee de la naissance 
d'Ar'u, 2926 ans; depuis la naissance d'Ar u jusqu'ä celle d' Abraham, 416 ans; 
' c 96. depuis Adam * jusqu'ä cette annee-lä, 3342 ans; depuis la naissance d'Abraham 
jusqu'ä Celle de Moise, 424 ans; depuis Adam jusqu'ä la naissance de Moise, 
3766 ans; depuis l'annee de la naissance de Moise jusqu'ä l'annee de la sortie 
• B 129 V. des Israelites d'Egvpte ' et de l'ascension de Moise sur la montagne du 
Seigneur, Tour Sina, 81 ans; depuis Adam jusqu'ä cette annee-lä, 3847 ans. 
Ensuite, apres avoir fait sortir les Israelites d'Egypte dans le desert, Moise 
les gouverna pendant 39 ans. Depuis Adam et Ics origines du monde jusqu'ä 
l'annee de la mort de Moise il s'ecoula 3886 ans; si nous y ajoutons le total 

♦ G 96 V. des annees des juges qui gouvernerent les Israelites, * c'est-ä-dire 505 ans, 

• B 130. * les annees de l'histoire du monde, depuis Adam et les origines de l'univers, 

seront de 4391 ans. (Ce livre) s'appelle le livre des Juges. Saiil, fils de Cis, 
de la tribu de Benjamin, ayant regne sur les Israelites et les ayant gouvernes 
pendant 40 a^^s, on compta ensuite les annees depuis le debut de son rögne 
et Ton ajouta ces annees aux annees de l'histoire du monde qui, comme nous 
l'avons dit, jusqu'au commencement du regne de Salil, sont de 4391. Apres 



ri571 CHRONOLOGIE DE JOSUK A SAUL. 19 



^' 



o 



C.;l^ ^!1 ^.^?^lj jL-i-Vlj ,^_il^Vlj ,_,.a-a£jl '«-^ .^i _j^i v^^ J>— J 

'^ JL" «All U jl <rJj 

'j^i^i ^ jb diu ai. jji ytj viiui ^" ^>.i Jjju i^j susjjij 

1. C om. — 2. C om. üJ.» L^_. — 3. C om. — 4. Ici finit la lacune du ms. A. — 

B Jjjf»-^ A J-jj-'l^. — (>. C -A; ^.-. — 7. A om. depuis ^_^t>^H--*-' ^r- — ^- ^ 
^y^Xi BA '_J:i^^ 



cela on ajoute les annees de leurs rois, Tun apres lautre, jusqu'aii moment oü 
le roi Nabuchodonosor (Bokht-Nasar) les reduisit en captivite. * Puis, apres la ♦ b 13o v. 
periode des rois et apres la captivite, oeuvre de Nabuchodonosor, on compte, 
en Tajoutant ä l'ere du monde, le total des annees des rois de Perse et de 
rOrient, Tun apres l'autre, jusqu'ä la fin de l'epoque de ces derniers; et le 
total du calcul condnit ä la premiere annee des rois * Ptolemöens qui etaicnt • c dt. 
rois de l'Occident et dontle premier futPtolemee Alexandre ou Dou'l-Rarnein. 
Nous raconterons cela dans notre recit; nous ecrirons Tensemble des 
histoires, des evenements, des nouvelles et des merveilles qui marquerent 
ces siecles et ces epoques-lä; apres quoi, nous continuerons les annales 
depuis le debut du regne d'Alexandre * Dou'l-Rarnein jusqu'ä nutrc temps »B i3i. 
et jusqu'ä ce jour meme; nous raconterons ce qui se passa alors et te 
lexposerons dans un clair recit, si Dieu le veut. 

■ HlSTOIRE DU PHOPHETK S.VMUEL, DERNIEK GOUVEIINEUH ET DERMEH .ILGE DES ' .\ l'tO v. 
ISHAELITES; HISTOIRE DE SaUL, FILS DE CiS, PREMIER ROI DES IsRAELITES. 

liest ecrit que le prophcte Samuel gouverna les Israelites pendani 20 ans. 
lls n'obeissaient, comme nous l'avons dit au debut, ni ä Samuel ni ä leur 



20 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [158| 



8|^;^_ .L^ jii3 V"^ ^-^^-^ ^ "^ '''"4^'^' ^"^^ ^ ^^' ^^^^"^ 
^.ikül JU-j (^j-i^-;. jL<i '^(v"^ l3A^j j^l^^O-j ol;>l^j :^L^U3 :^l^L; 

2'i^V ^b '^"^^^ '-'^ '^>^ ^"^-^ ''S^ lyi^i ^''oU^Üi ^b iyj.j 
^>, jl ^:j i^Li L<,U ^ ^^- jl ^ jit jl ^J J^ (**J^»r-" ^^ .-v^' (n^^3 

1. A om. dep. j:J-)l^. — 2. A om. dep. '_-W> — 3. A iJ^,. — '«. A J^-. — 5. B 
U ^ C Uy A s\/\. — 6. BA om. — 7. A om. depuis Uij. — 8. A om. — 9. A om. 
— 10. BA; in C ^4^^^- — H- C ^CIjj BA ^j.J-;*x-o. — 12 A j^, ^^^5 U,. — 
13. B !j_y2;J A_5^^. — 14. C om. ,1. — 15. B 'yj-s au Heu de ^ U»*. — 16. A om. 
dep. jj. — 17. B Jo._^' A J,r;y^'- — 18. A ^5^«^^ ^^ C _c:S*x»). — 19. A add. 
O^r^rJjJ Vj- — 20. A ^3. — 21. C ^'j9-. — 22. C om. J-»j. 



* B 132. 



C !)7 \-. 



Seigneur, et ils se mirent ä demander au prophete ä etre exemptes du gou- 
vernement des juges, * le priant d'obtenir pour eux du Seigneur, ä Finstar des 
autres peuples, retablisscment d'un roi, meprisant alnsi le culte du Seigneur 
et le gouvernement qu'il exergait sur eux par l'iutermediairc de Samuel, pour 

* A m. courir apres leur amour des voluptes. Samuel les conseillait, * les exhortait. 
les mettait en garde, leur annonc^ait quelle serait la conduite des rois ä leur 

B13I V. egard, * [des rois] qui s'emparcraient de leurs fdles pour eu faire des 
tisserandes, des tapissieres, des boulangeres ei des cuisinieres, et les redui- 
raient en esclavage. Samuel les avertissait daiis i'espoir de les toucher; mais 
ils n'obeirent point et ne se rendirent point aux remontrances; au contraire. 
ils en vinrent ä accuser les fils de Samuel de mensonge et ä les charger faus- 
sement. Ils dirent ä Samuel : « Quant a toi, uous voulons secouer ton joug. « 
A la vue de leur audace, de leur importuuite et de leur impiete manifeste, 
il demanda ä Dien la permissionde leur douner un roi. Le Seigneur lui com- 

* c 98. manda de sortir, d'oindre pour eux Saül, fils de Cis, * de la tribu de Benjamin. 

et de le faire regner sur eux pour les punir. 

• B 132. Cela eut lieu * 545 ans apres la sortie des Israelites d'Egypte, et ce chiffre 



1159] SAUI.. ELIE. ZACHARIE. 21 

du pT y^^^\ 'a,V3l s-^} J^ ^Ü ^: U^ jyt^j ^\:^i ^^,^ ^ i-^ 

^LL Jl j^Ü ^^:s. ^3 ^^> >^ J' c^^ ./* ^-^ 
li^j ^1 l^j ^1 JJUI3 ^1 \^3 ^\ ^Ul jl^ (n^> ^ J> JJ 

''^..'. ö:' W^3j * ^1 ^^jJ^•,J :^^^ J^ ^"^ ^ ^' ^^'^ • ■' '•^- ^•■ 

1. P. wCy. - 2. B i^!x - 3. B ^^iw. - 4. BA -V^. - 5. B l^^^. - 6. B 
Lj.J C U^^^ A om. — 7. A tjli. — 8. A om. dep. ^r-:*^. — 9. A add. ^}^. — 
10. B ^-jÜ-. A j-:^>^i>^: — 11. Ici commence la lacune du ms. A. — 12. B ^\i,. — 
13. B ^ .. Peut-elre ,.,!■, ^V. — 14. CB J^L ou Jjj^U ou J^jL. — 15. B |^'. 



cmbrasse toute l'epoque pendant laquelle \U furent administres par leurs 
guuvenieurs, par leurs juges t't aussi par leiir Seigneur doiit ceux-lä etaient 
les intermediaires. 

Apres Saül, regna le propliete David et, apres celui-ci, stm fils Salomon. 
A Salomon succeda son fds, et, apres liii, le fils de son tils, jusqu'au deniier 
ile leurs ruis et jusqu a ce que Nabuchodunosor les eiit emmenes captifs k 
Babylone. 

Pendant la longue periodc de leurs rois, vecurent le propliete Elie, le 
prophete Abdias, le propliete Eleazar, le prophete Micliee, le prophete 
Judas ' et le prophete Osee. Apres son ascension au ciel, le prophete Ehe 
Tut remplaoe par son disciple Elisee. A l'epoque du roi Üzias, les prophetes 
Isaie, .loel ' el Zacharie, fils de Barachie, [)rophetiserent au sujet du Christ. Mi 132 

Les .luils lapiderent Zacliaric, fils de Barachie, dans le temple, * parce qu il * '' "" 
leur reprocliait les abominations qu'ils avaient commises : ils le tuerent 
entie le temple et Tautet. Ec Seigneur, irrite contre eux, les mit sous le joug 
du roi Salmanasar qui emmena en captivite dix de leurs tribus. D'apres les 
Juii's ce sfinl ceux qui ise Irouvenl] au delä du lleuve de Gozan'. 

La Bible dit que Said, fils de Cis, regna sur les Israelites pendant 'lO ans. 
Ce fut le ohAtiment que le Seigneur leur inlligca pour les punir. 

1. Peut-etre « Jonas »? — 2. V. Hois, 11(IN 1, wii. (i; win. II. l.n •^rcc IwCav. 



♦ C. 98 V. 



22 AGAPIUS. KIT AB AL-'UNVAN. [160] 

^ ;DU1 ^j\^ <<U j. -<i: i:^ jj ^ ^ ^^ ^1 ^i^ 4)1 j^ ^ 

^1 ^J-.j— J- ^^ :>JJ^^ C-" '"'•'-'^ ^^ ^ ^=^^ ^^^ "^ ^-^ 

[i 133 V. ^j ^,_ Jl ^3 J.. ^^ ^Ul iJl ^j J3jb -0_^ J^ J^" <>-'-' Jj 

1. B .^ A)' Y IJiJ .,LG. — 2. B ^r^y^- — 3. B _^.. — 4. Codd. ^A^- 
— 5. C ^Lyül B om. — Ü. C ^r^y^ B ^J-^J- — 7. B JjjL.. — 8. CB donnent 
j^^^ ou .1^ ou j,oyL. - 9. B A.U. - 10. ^yU C ^yb. - 11. C L>i B Li. 



Ell Tan 3 de son regne, Saül tit la guerre aux Amalecites et les vaiiiquit '. 
B133. * En l'an 10 du meme regne, naquit David, tils d'Isai; sa mere etait 

Nahas^ il appartenait ä la tribu de Juda. 

A cette epoque, les rois des Laced6moniens et des Corinthiens comraen- 
cerent ä regner et la ville de Nileus fut bätie\ 

En l'an 23 du regne de Saül, le prophöte David fut oint par le proph^te 
C y9. Samuel, qui etait alors äge de 65 ans; David avait 13 * ans. En l'an 28 du 
regne de Saül, David, äge de 18 ans, tua le geant Goliath'. 

En l'an 33, eut Heu un pelerinage des prophetes ä Nayotli, ville de Ramah; 
etle roi Saül prophetisa avec eux'. 

En l'an 35 du regne de Saül, mourut le prophete Samuel. 

* En l'an 30 de la naissance de David, 17 ans apres son onction et 5 ans 
apres la mort de Samuel, Saül mourut dans un combat eontre les Philistins, 
quisont les liabitants dePalestine. La tribu de ,luda s'assembla, et prit David 

1. Mich, le Svit., I, 58. —2. La question de savoir qui etait, dans l'Ancien Testament, 
Nahas, n'est pas tout k fait claire. II Sam., xvii, 25-27. V., p. ex., D. Schenkel, Bibel- 
Lexikon, B. IV, Leipzig, 1872, 279. — 3. V. G. Sync, I, 339,^,, : NeiXEt>?... xi; 'Iwvi'a; 
o'xKjE iröXfi?. — fi. M. LE Syr., I, 59. — 5. Mich, le Svr., 1, 59. V. I Sam., xix. 18-24. 



B 133 V 



B 134 V. 
C 100. 



1161] REGNE DE DAVID. 23 

Js. SSj>i ^-^ Lijj 'jj^r=- J L<1« ^.^b jjji.5 Ij^lils li_^_ ia^ «^^3 vlr:^*-^ 

v^jl ^ ._i.^l jl^J JLa J^jj 0L.3 ""j^^-r- <i.->^ J (^^ j^"^ j^j ^.-'J^ ^l-^^ 

j^jjIjJ J^_ jl iJ 4JÜI Jls i^Äll y. jU-j «^.Jl o_yl" ^Ijj 'j-*^^r. j' •='J-j'^ f^^ Oi"*^^ 

1. C ,. ►^. — 2. B add. ,^ r-" -t. — 3. B J-^'. — 4. B .,b'j. _ 5. B .j^CI. 
— 6. C ..xo. B .,j,=J-Ä. — 7. C ,J-'' B ,Jol. — 8. C -^. 



pour son roi ä Hebron. Ensuite il iüt oint de nouveau et regna sur toutes les 
tribus des Israelites. II regna dans Jerusalem pendant 33 ans, en tout pendant 
40 ans'. 

Le livre entier de Samuel contient 3.436 versets * et le livre * de David, ^ q gg\, 
c'est-ä-dire les Psaumes, 4.830 versets. 

David, en l'an 10 de son regne, rassembla tous les Israelites et tit monter 
l'Arche du Seigneur de la niaison d'Animinadhab dans le Tabernacle qu'il 
avait dresse et fait construire pour eile. 

En ce temps-lä, proplietisaient les proplietes Gad, Nathan et Asaph. Nathan 
est eelui qui se presenta devant David pour lui dire qu'il ne bätirait point la 
maison du Seigneur, mais que ce serait son lils Salomon qui la bätirait; c'est 
lui aussi qui reprinianda David ä cause de la femme d'Urie. Se trouvant dans 
la ville de Gabaon, ce propliete y uiourut et y fut enseveli. Asaph f'ut de ceux 
que David etablit pour louer Dieu devant l'Arche du Seigneur. Ce fut ä 
Gad que Dieu ordonna de dirc ä David de se lever et de dresser un aulel au 
Seigneur dans Faire d'Ornaii". 

On dit ({ue David ' unissalt ä la dignite de prophete et de roi ' celle de '.'^^^.'^jj,!,^' 

1. V. Mich, lü S^ii., I, .39. — 2. Mich. Li: Svii., J, öO. Cf. G. Sync, 1, 332,,, 
iEl'S. C7ir., II, (iO lle . C7ir. Pastli. Mi(;m:, .XC.II, 241. 



24 AGAl'IUS. KITAB AL-'UNVAN. [162J 

l^-iJI jl^l jJ:- J^l Ail JIS3 ^^UtiVI J Ajt -yi r-L_„_JI jl J^ L:a.l Lftl^ jl^ 

UJ jl^j (^^ o ^l^L jl jlLJL A^V ^ ^jlH ^Sj J^ <:j<)I vi ^l V 
jUüi \^N_o (j Lfc_,--^j ^ijyLül >«-sj A^i^ V« ^,.±£. Äiw ^ ^Ltl «C-Jl viJUr ^j 

• B 135. AoIä-sIj ^Ul ^\ * J^Ä— .J 

j;,'lcLv «—Jj i^ltL- c~-3 jjlcL- Ju-^' 'b*Ls (»Li jl ü^Ui ^»=>- jL«>!l 'Z^'i \.«j 

AiV C^l ^\ JU-i ^j;l Ji_yl jUj ^ Zj-^\ CjIjXäJI iÄA jl Ua. i JlÄ. -\SJ iLÜlj 

1. B i;t _U. — 2. B ..rjLC'l ^,Ü. — 3. B .U'. — 4. B ,Vr~=. — 5. C ,. — 
t). C om. — 7. B übLo. 



pretre. Nous n'avons pas besuin d'appurter des teiiiuignages pour moatrer 
qu'il etait roi et propliete, parce que e'est un fait evident et manifeste que 
cliacun connait. II nous reste ä constater et a demontrer qu'il 6tait egalement 
pretre. Nous assurons que Jesus-Christ a älteste cela daus TEvangile en 
disant : David inangea le pain de proposition ijuc pcrsonne ne maiiyeait, si ce n'est 
les pretres scuh, (fue personne n'avait le droit de niruu/er, cirepte eux'. De plus, 
David portait en tont temps les vetements sacerdotaux". 

Un des hommes eelebres de cette epoque fut le grand pretre Abiathar^. 

En cette annee-lä, c'est-ä-dire en Tan 10 de son regne, David 11t elever et 

placer l'Arche du Seigneur dans le Tabernacle, c'est-ä-dire le pavillon qu'il 

avait dresse pour la recevoir; il etablit devant l'Arche du Seigneur, dans le 

Tabernacle, des chantres qui psalmodiaient, louaient et glorifiaient Dien, 

"■ ^ i^''- * nous voulons dire Asaph et ses compagnons. 

De ce temps-lä date la coutume de faire la priere ä trois heures, ä six heures 

c lou V. et ä neuf heures, sans compter * les prieres du matin, du soir, d'avant le jour 

et de minuit : ce qui fait le total des sept prieres du jour et de la nuit. On 

dit aussi que l'usage de faire ces prieres remonte k l'epoque d'Enoch, fds de 

Seth, ills d'Adam, parce qu'Enoch, le premier, commenga ä nonimer et ä 

1. Matth., XII, 3-4. — 2. Mich, le Syr., 1, 59-ö0. — 3. Mich, le Syr., I, 59. 



[163] REGNE DE DAVID. 25 

Jjjlj JU«J jj-»* (c-" *--^ vj"^^ ■^'-* -^Jj'-^ ^^ (V ^r^ ^^^~-' '*—-' cij 

ijjlj ^1 ijl^M ^1 jy^>^ r^ ^3J^^ ^^^ Jr* -^ i^'^' ^ ^-i •~ij^'^ii n^ * B 135 V 

ijA, ^<COl_5 i-laiJI J^.« ^X^ v_äJL (.Ijl * ^ilLj J^ — -=; dlUj jljr=- '.^ l^^^ * C 101. 

Oj-rs-j jv-*^ ijArLäJ ijjo 3'y^ Liicj jjj'^ v::.i>-' L^i isp-i (^^b '^J.^r^ iV' 

jjj>X. J) 4w^_A^ ' >IjIjJ I_^äI3Ij (vSiJJü'j |»A^J^3 

<ij'l_^l Äi-lj A,biä ^l'UJI Ijji .sjjb Jlil jL«jJ^ ^i ^i 

1. B .,1 ^'. — 2. C .,^-^*=^j. — 3. C ^^.. — 4. CA l>^ B y^ . Cf. 
Cheikho. p. 7(),,. — 5. C ^j'y- — G. Codd. V. o'^- ~ "• ^ > ,'j B > .1).. 



invoquer le Seigneur; Adain et Seth connaissaient dejä le nom de Dieu {Allah). 
Mais ce fut Enoch qui lui donna le nom de Seigneur (ar-Rabb) et fit mention 
du nom de Dieu {Alldh}. 11 disait : « Allahummä! mon Seigneur et mon Dieu! » 
Le premier, il connut le nom du Seigneur {ar-Rabb). 

En l'an 16 du regne de David, mourut Naliach, rui des Ammonites. 
Alors David envoja son fds Hamon (Hamnoun) ' pour consoler les Ammonites. 
Lorsqu'il l'ut arrive chez eux, une dispute eclata entre eux. Hamon fut 
injuste ä leur egard; puis il s'en alla. ' En l'an 18 du regne de David, llamun ♦ b i3,-. \ 
se revülta contre son pere David; il prit a sa solde les rois de llarran, de 
Nisibe et * d'Aram pour niille talents {kikar} d'argent; le kikar est une grande * c loi. 
somme d'argent; il les amena avec une nombreuse armee qui comptait 
.■{2.000 liommes pour faire la guerre ä David. Joab, fils de Zerouya [Sarouijd), 
et son frere Abisai, tous deux üls de la soeur de David et cliefs des troupes de 
David, s'avanccrent a leur rencontre; ils livrerent bataille ä Aamon et a ses 
troupes, les mirent en deroute, les exterminerent et s'emparerent de Rabbatli, 
ville des Ammonites. 

En ce tcmps-lä, David fit tuer Urie rUetlieen et pril sa femme^. 

1. I/auteur tonfond Hanon, fils de Nahacli (II Sam., x, 2), avec Amnoii, (ils de David 
ibid., xini. — 2. Mich, lk Svii., I. (il. \ . 11 Sani., x-xi. I ; I Chron., xi\-xx, 1. 

i'AiH. im. - T. .\i. — r. 1. 2 



26 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [164] 

♦ 1! i:ir,. ;;^j\ j^ ^i\ c,jU:^ jj ' j_^^w_^'. Li^-LäJl Jc'Ü! jijjb diu ^ jj^H.' i:-- jj 

OltU- V^Jüj <»)jVi /y> i-*.3-ij <U-1 ) LaIS ^-iP ^i ijl« "U 9 o^ (3 '*'^'— ' lJcJ~^' 

ÜAs-lj iljXll Ji;Li *~^3J ^^ j^ ^J^'^ ^l- o''^ ij f_»^ -^ r_^' ^v^J; cMJIj jl^' 

"C^ 'y,xu^ <*J'l.^>- c-'l.^j (_Jy' '*~^ /t**'J -'JJ''^ 1— LL« Lo-b 
* B 130 V '—^ /y i^j«.»-^ ^;u3 »j^ t^-^i ^~L^i ^jUj \^ -'JJ''' iL»- (_J ^yir" iJjUj 

1. C ,y.3L.i.ii.l|. — 2. CB ,U. — 3. OB , vJ'.^. — 'i. B ^^. — 5. (' J~cJl. 
6. t' U«.w B \s^^. 



A la meme epoque, fureiit bAties en Asie les villes de Magnesie et de 
Myrine'. 

Kn Tan 3U de sou regne, David fit la guerre aux Pliilislius ; daiis la iiataille 
* B 13G. qu'il lern- livra, il tua les quatre geants * de Gatli et aneaiitit la race des 
geants". 

A cette epoque, fut bätie la ville d'Epliese\ 

Ell cetemps-lä, vecut le poete grec Homere'. 

En l'an 39 de son regne, David partagea les familles des Levites, trilm des 
pretres; il etablit 288 pretres qui devaient louer et glorifier Dieu, en cliaiitant 
• c 101 V.* devant l'Arche du Seigneur; il les divisa en vingt-quatre classes; chaquc 
classe, qui comprenait douze pretres, devait chanter pendant une des 24 heures 
du jour et de la nuit, un groupe de douze pretres succedant ä un autre, sans 
Interruption. 11 institua les tribus des pretres, l'une suivant Tautre. 

Apres un regne de quarante ans, David mourut, äge de 70 ans. 
' B 13U V. De son vivant, les Juifs re^urent * une partie de la Michna qui est le livre 

1. G. SyNC, I, 340(1 (Eus. Clir., II, 60 Ilk) : Mupi'v« yj irapä xtai i;u.üpvo( Itfoaivr, 
EXTicOv] ev 'Adia. Versio armenia et Hieranymus : Magnesia in Asia condita est (Kus. 
Chr., II, 60 d et 61 h). — 2. M. le Syr., I. 61. V. II Satn., xxi, 15-22. — 3. G. Sync, 1, 
340,.^ (Ers. Chr., II, 60 Hl). Mich, le Syr.. I, 6i. — 4. G. Svnc, \, 341.,. 



(". 102. 



[165] REGNK DK SAI.OMON. 27 

J«i, ^-vJo iL- ,\^j^ i^Ll_^l ^ ^y^ ^Li <J\ jU— U "isA«) ^ »153 
/wi wjV i-'^-'J LaIüj bli-1 LJ3JI3 j^liOl jIJLI :ijh "cd. J_t^ t^j"^'' ^^'' ijj 

cJl dUj- Jl jiiJl Iai^3 ^il j^ j^fjJl -^i-L« jyci ^AiLJ! c-^ ^L^ ^1 
ijuJl jL-J uLo Axl« "j^ ^yis. i_$A=.-' 'C-' (jj «Cw J^-»-^3 •»— »j-3 "'''j^; >— äjI *j»ji 

^^iJl jAiVl «-ij-o J jU J>Ia j aXU J^ ijuji il-. J i3l-C,l jL<C9 >I.;^^Ll iL ^JJ\ 



1. C add. ^U '^. — 2. B i-b Jju ,.^. _ 3. C ,. — 4. C om. — 5. B ibU 
ß. C g-..J Li. — 7. B jjL'j. 



•J^- 



♦ B i;!7. 



de Chema'sa, d'apres les livres d'Anania et d'autres', aiiisi que des sottises 
etonnautes qu'il n'est pas bon i-t qu'il ue convient pas de faire connaitre en 
les cousignant dans notre livre. 11 est encore d'autres sottises, auxquelles les 
insenses s'en tiennent jusqu'ä ce jour avec leurs savants eminents, «ans parier 
d'autres qui aiment aussi et desirent connaitre. ces [folies]. 

A David sufceda * son lils Salonion qui r^gna sur les Israelites 40 ans, " 102. 
comme le dit la Bible. 

La premiere annee de son regne, il cliassa et exila le pretre Abiathar, ainsi 
que son frere Adonias et tua .loab, fils de Zerouya [Saroayä). En Tan 
4 de son regne, il commenga ä bätir un Temple au Seigneur Dien * sur le 
mont des Amorrheens (Moriah), qui est la montagne de Jerusalem. Le total 
des annecs depuis Adam el la creation jusqu'ä cette annee-lä est de 417.) ans'-. 
JMi lau 1 1 de son regne, Salomon acheva la construction du Temple du 
Seigneur, construction conunencee en lau 4 de son regne, au di'l)ul du 
mois d'ayar (mai), sur l'aire que David avait achetee ä Oman (Ardn) le Jebuseen, 
sur le mont des Amorrlieens. II bälil donc le Tenq^le en sept ans, cette 

1. Pour ces noms cf. le passagc de Ma(;oudi, Al-.Masudi, Kitdh dl-Tanhih, Bibl. 
geogr. arab. ed. de Goeje, VIII, 189^i, 112,g-li:i^. Macaudi, Le livre de l'averlissement, 
trad. Caüeia de Vaux, i'aris, 1896, 150. C'est M. I'. Kokovzon" qui a atliri' mon atlcntion 
sur ce passage de Mayoudi. CA. P. (>., VII, 599, les sectes jviives dos Achma at et des 
-Vnäinl ,Caraites?\ —2. Mich, i.e Smi., I. (il : VKiS ans. V. G. Syn-c, I, .W2..j. 



C 103. 



28 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [166] 

♦C102V. jl JLij ^Vi ö-kr^ ^'^ ^ö^ * '^ (J^^ V-^' "-^ ^ ö^ ^ -""^ i5-*^' 

\>lX!l Jli LJ ytj Lad ^Jl U-u^ jL~U. iUiJ (_$JJI ^jaLk)! jlZol jliC« ^lij 
^P-ljljy^ J; L; J-f:^^ (j-.-'J ^J^r^ t>:' 'r''^- J^ r^-3 'J-5-''^ -^ 0^ J''^^ 

* ,l»AiJl ^JJi L^i ,5-^" jL»-A^ i^U "yi Ow ■y>(JL£-_5 Aji_j |_jj 

1. (JodJ. 1-4^". — 2. B ^-liJ'y — 3. C om. — 4. C om. ces deux mots. — 5. B om. 
— 6. C Luj. — 7. B jaJ' a^^. — 8. Com. — 9. B ,.►». — 10. C jbU..- ^-L 

B ^li-;) J-;j^; ^j'. /'— — 11- t^ (T---.-^' B i r-y-tr*^' — ^2. B ^^^^^ — 13. C om. 



♦cio2\. construclion ayant ete terminee en Tau 1 1 de son regne, le 2 * du mois de 
tichrin II (noverabre). On dit que Dieu avait inspire ä David l'idee d'acheter 
cette aire et d'urdoniier ä son fils Salomon d'y construire le Teniple du 
Seigneur, parce que, comme nous l'avons raconte plus liaut, c'etait l'eu- 
B 137 V. droit * Oll Abraham avait ofl'ert au Seigneur son fils Isaac en holocauste; 
nous HVüiis decrit cet endroit avec des developpements precis. 

A la place du prelre Abiathar que Salomon avait relegue, fut etabli en 
qualite de pretre le prophete Sadoc (Zadcqhjü). ün dit que c'etait le huitieine 
depuis Aai'on. A la place de Joab, iils de Zeroiiya (S</ro(/ 7«), iut etabli coinme 
chef de l'armee Benaya, fils de Yoyada''. 

A cette epoque, s'illustrerent Hesiode et Homere, poetes des Grecs". 

En l'an 24 de son regne, Salomon detruisit Antioche et bätit Tadmor dans 
un pays desole et desert\ 

En l'an 29 du regne de Salomon, prophetisa le prophete Ahiya le 
Scilonite\ 

11 est ecrit que Salomon, en * l'an 34 de son regne, bätit sur la montagne 



C 103. 



1. I Rois, H, 35. — 2. G. Sync, I, 3:i2,, (Eus Chr., II, 62 Hd). Mich, le Syr.. I. 
62. V. H. CiE^zER, Se.rtus Julius Africanus, I, Leipzig, 1898, p. 136, 173, 176. — 
3. M. LE Syr., I, 62. — 4. G. Sync, 1, 346s. Chr. Pasch. Migne, t. XCII, col. 256 
(Eus. Chr., II, 62 He). V. 1 Rois, xi, 29 sq. 



167] REGNE DE SALOMOX. ROBOAM. 29 



1. C Joü,^ B ,ljo,<.^. — 2. Bi^li'o. — 3. B , ^'--i. — 4. C om. ,.,'. — 5. CB 



qui est en face de Jerusalem, im autel ä Kamoch, dieu des Moabites, et ä 
Malkoiim, dien des Ammonites : * il obeissait ä qiielques-unes de ses femmes * ß 
qui Tavaient rendu impie et l'avaient egare'. 

A cette epoque, Jeroboam, fils de Nabat, s'enfuit en Egypte pres du roi 
Sesac {(]hichä(j) et y resta jusqu'ä la mort de Salomon et ä ravenement de snu 
(ils Roboam {Ardjab'am)''. 

Le livre des Proverbes de Salomon contient 1.7(i2 versets; le livre de la 
Grande Sagesse 1.550 versets. Le livre de l'Ecclesiaste qui signifie le sermon 
de Salomon adresse par liii aux Israelites, lorsqu'il regnait sur eux et les 
rassemblait pour leur tenir ce discours, contient 4"27 versets. Dans le livre du 
Cantique des Cantiques il y a 256 versets'. 

lloboam, fils de Salomon, naquit * d'une femme ammonite Naama, un ;iu ♦ r, in; 
avant l'avenement de Salomon. * Roboam, fils de Salomon, regna J7 ans; il ' R i^« 
vccut 58 ans'. 

La premierc annee de son regne, n'ayant pas suivi le conseil des vieillards 
qui lui avaient conseilled'agiravec droiturc etd'etredoux onvors'lcs Israelites, 

1. (j. Sync, I, 34ü,.3 : ioXoutov sXaTpEuiE TYJ 'AuTapTV), xntoiltl^aq tÖv OeÖv x«i TW Xafiio; 
(5o£Xüy|jiaTi M(i)a6iT(öv xai xbi MoW/ Aj/aviTÜiv, y"^<*i5'v eOvix«!? anoixrfiEU,. Wich, lk Syh., I, 
62. — 2. Cf. G. Syxc, I. 3/.(i,„.,s. — 3. Mich, le Svn., I, CA. ~ 4. Cf. G. Sync, I, 350, ,.,7. 
Mich, le Syr., 1, 63. 



30 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [168] 

•,..,., p, ÄjC-U-Jl O.«— äilj 77-|^i>cJl ^„-=-^3 c'jJ-Si "j-^fV* "»-»■=^ l«jc«Jj-l3 <~l£- ^J^\j,^\ 

\u;'i iiL-l _^^ j_^ ^^/^ |_j)l ^jA jo i_5-üi kjAJi IjLL; ^^\ ^>jy_ ^Li 

Ju=- ^ic ^^jJl (v;=^^ (»*'-'J-i (^-? ^-^ ^^Jf. -^ c^ f**:^-'' -^'^-' ^^ C-HiT-^J 

^U-i! /wo IjjLv.« (♦*-?■-''' oUjiS ._^j %-« J-5v_^i ^ \a~U Lj-Ux. ^jI w^'^ii ,^-»f^ 

Ij.« JlU ^1 cJl oli- jj ^,™^ ^l;-- AilC <.! Li .iUL, p^-^jl -'oL. L-l« 
1. C , ^.-\i B , ..5J5J. — 2. C >'bü, ..'. — :!. <' wCU. — '1. B J-'ld. 



mais ayaut luoiitiö a leiir eiiaid encore plus de duretti i|ue son pcre, les 
Israclites se revolterent contre lui, sassemblerent et lapiderent Adorani 
{Oiidoiis), contröleur des impöts. Le loyaumc fiit divisc en deuxparties, sdon 
la parole du prophete Ahiya'. 

Jeroboam, fils de Nabat, qui s'etait enfui en Egypte, regna sur dix tribus 
pendant 22 ans; Roboam ne regna qne sur la tribu de .Tuda. Jeroboam bätit 
c 104. Sichern, sur la montagne d'Epliraim". En * l'an 2 [de son regne], Jeroboam 
B 13'j. fit deux veaux d'or * et les dressa pour le culte des Israelites. 

En Tan 5 du regne de Roboam, Sesac [CMchäq), roi d'Egypte, monta ä 
Jerusalem et prit tous les boucliers' d'or que Salomon avait faits dans le 
Temple; Roboam les rempla^a par d'autres en airain \ 

Apres la mort de Roboam, son fds Abia lui succeda pendant 3 ans. En la 
premiere annee de son regne, il rassembla ses troupes au nombre de quatre 
centmille pour faire la guerre ä Jeroboam et aux tribus d'Israel. Jeroboam de 
son cöte rassembla ses troupes qui complaient huit cent mille cavaliers, et ils 
se firent la guerre. Jeroboam fut vaincu et s'enfuit. Cinq cent mille guerriers 

1. I Hois, XII, 6-18; xi, 31 sq. — 2. Mich. i,k Syü., I, 63. - 3. Dans Ic texte de nolre 
auteur : « foutts les portes ». — 4. G. Svxc. I. 350,3..,, • '^''^t* t« oirXa c« /lusä. Micu. 
LE Svn., 1, 64. V. 1 Rois, xiv, 26-27. II Chro/i., xii, 9-10. 



C 105. 



[1(19] JEROBOAM. ABIA. ASA. BAASA. 31 

' bl^l jJ:^ >ujl Li aJ JJ^j;\ jU^Jl dUi ^^ ;_L'Lä_« *_i.'l i^U ^r-^ ^\^ * w i^j \. 

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jjäs ^^" JAJi Jlji ^Sj-'^ S^i^ ^J^3 '^ <S.y^ 'Sy '^^^ (*r^3 '^ ^Jr 

1 B »y. — 2. C L B L)l. — 3. C om. ^^. — 4. C om. — 5. C L' B b'. — 
6. C -iW^' B -1^1. — 7. C L.CU. — 8. C iJ^.M. — 9. C om. — 10. C om. ,. 

— 11. C Cy' JiJ B ->- U^. — 12. C om. — 13. C -^ B -^\ — 14 C vJi«J. 

— 15. ß Cy^^ Oll -)-si- 



Jsraelites succomberent. Eii ce temps-l;i, ' Ahia prit quatorze femmes ; il eut * \\ isii v. 
vingt-six fils * et seize fiUes'. ' c lo'i v. 

Apres sa mort, son fils Asa regna pendant 41 ans; il vöcul (10 ans. En 
Tan 3 de son regne, Nadab commenga ä regner, apres .leroboam, sur les 
Israelites, et regna pendant deux ans. En Tan 5 du regne d'Asa, florissail le 
grand pretre Abimelek". 

En,suite Ba'asa (Ba'chd) regna sur les dix tribns des Israelites pendant 
2\ ans. Asa, en l'an 10 de son regne, rassembla les idoles et les fit linder; il 
chassa les femmes publiqnes de tout son royaume et en eloigna sa niere, 
parce qn'ellc celebrait les fetes des idoles du bocage''. En Tan 29 du regne 
d'Asa, Ela, fils de Ba'asa, regna sur les Israelites * et occupa le tröne pendant * H i-m. 
deux ans; et apres kii, Zimri, son serviteur, pendant sept * jours '. * c ins. 

I'uis le royaume des dix tribus des Israelites se divisa : une partie se 
rano'ea sous les etendards de Tibni, wnc untre sous les etendards d Ainri. 



1. Mich, i.e Sva., I, (15. V. II (7iro/i., xiii. — 2. ('■. Svxc, I, 'XA^., : 'KSpat'ov öpyispeu? 
'A6iiji£)>E/ syvwpi^ETo (Eis. Chr., II, (14 Hl). Mich, i.t: Smi., I, (/i. Dans le texte ce nom est 
complctcmnnt miilili'. 3. II C/iro/i., xv, 16. — 4. (i. Svxc, l..!.")!-,,: 3,"i,")n|, Mich, i.i: 
Syk., I, (jG. 



32 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [170] 

UL^j ii.j^ i^Lä^'I kiUi J Lj \xf^ j'} jLvs 'jj.1^^ ^Lp- ^y^ iSj~~'^ j^>'^ 
C-'Lla ^_^.ijtJ' JpL-Vi 0'--'!,/-'' ^ cu-U 'y.v.^« jl>^ /jj^jfc-i i^LäJi ^j j»*»i li. 

♦ B 140 V. ^aLJI C-. -^Jl diu ^^jj Iji- li_xjj Ja-^ dii. ^Ll diu J^ J^^lr Ö- jj * 

♦ A 141 V. dLLJI LI jlj La^U-j l^ * JjJj ^,Ä-)lj 'Jl J ^'v_i]l ^.Uj * ^*^^l v_iJl J 

♦ C 105 V. " • ^■ 

^ \.\i\ JI3 Oj-^^-s-J -U^JI dLL« ^jj ^Xi- 'OJjjMj 4jJ^ "CL-j <OJl Jl U^^^il« ■il-Vr^^ 

«Jjjj 4-Ül Ai^,) L-JO "^)s^ '*-^.^rf=^ rj>"3 j>^~j^ jl is^^^lj ^■'iU-i3 Ar!>L5 'Jl» '^^l^i 

1. B iSJj' ^j. — 2. B .Hk-— ou ^J_si. — 3. B w^6~- .^*. — 4. B o-^'-^ ij-J' 
LL^I s^Ji^M ^5"^ c;^'. — 5. C L). — 6. C ja'. — 7. Ici finit la lacune du ms. A. 
— 8. A Lo ou Lu.-. — 9. B ~,'j A -.,b. — 10. A add. , ^,U. — 11. A add. . -,,U. — 
12. Je ne comprends pas ces deux mots. — 13. C r..'^. — 14. C om. J^jj;. — 
1.5. C om. sU:u — 16. C *J.^ A JjJ^ ^M. — 17. BA ^ j'. — 18. A ^j. 



Les troupes d"Amri etant nombreuses, Tibni (>n fut si cfl'raye et si attriste 
qu'il en tomba malade et en mourut. 'Amri regna [seul] sur les [dix] tribus 
durantsix ans. En ce temps-lä, 'Amriacheta la montagne de Samarie {Chama- 
lin) qui appartenait ä Samer (Clwmvr); il y bätit une ville qu'il appela Samarie 
[Chamarin), comme cette montagne. Elle devint le siege des rois des dix tribus 
d'Israel. Le siege des rois de la tribu de Jtida etait ä Jerusalem. Amri regna 
encore six ans dans la ville royale qu'il avait bätie '. 
♦ B 140 V. * En Tan 30 du regne d'Asa, roi de la tribu de Juda, Zarah, roi de l'Inde, 

♦ A 141. , 

se porta contre Jerusalem, par terre et par mer, ä la tete d'une armee de 
. Q 105 ^/ onze cent mille hommes; il campa sous ses murailles * et l'assiegea. 
Alors le roi Asa adressa ses priores ä son Seigneur. ..- il öta ses vete- 
ments royaux, se revetit du cilice et, humblement prosterne sur la 
cendre, pria Dien, lui demandant son aide et son assistance contre Zarah, 
roi de l'Inde, et contre ses troupes. Dieu, qui est puissant et grand, 
exauQa sa priere, l'appela et lui ordonna de reunir ses troupes et de sortir ä 
leur tete contre Zarah, afin de lui montrer sa puissance; mais il lui defendii 

1. G. Sync, I, 355|o.,9. Mich, le Syr., I, 66-67. — 2. Deux mots que je ne comprends 
pas. 



[171] "AMRI. ZARAH. 33 

P_jjLjI L^ CÜJi 1-jj 13 ^-^-'3 ' oJi ij_vi3 fn-'V^ jt^IäTU 4i5 ^M j»ji« i_/j« « c 1116. 
^ ''■■.■.. t . ; jj^ (Jx^ i3 r»r^ ^r;^ «--'^ ^^ o^ " ° ; , rv^ *-'~"J (*t'>:r' 1^ — ' 



XS. -y. j^^^ «-JoiJl jl fj» J ^5-5 Jo jV ^LJI L.I ^1 ^Ül jl J33 ij^ 

JJail ^v=»J lj_5 (V*|ji- j^ |_J1 ili^i iS-^^ ._— JU ^j-AIJI C^ 7-jj islji. «..aJj ^Ul ♦ C I116 V. 

i »J:- «JjI ^J»lsU^ ^fjJLjl vT— ^Ul Lwl -Ui J^ Ijj^ ia__ ^li. '1^1.3 * ♦ ti 141 V. 

1. C om. «^. — 2. A donne depuis c^CL^Ij le passage suivant : O^s^^s^i 
J! j^'l^ ^Zj'^ '-tr! ^f \3 (fol- 141) ^^ Ij^Jj! !a:."^I ^L~£. ,L ^^„shIj ^LjJI 
.jXJi Ij5/Cli l^ 1^-=!/^' ^P- — 3- C om. — 4. C ^^Xj^. — 5. A I^Ji. — 6. B U"^. — ' 
7. D'ici jusqu'au B 143 le texte du ms. A ne donne que quelques lignes. — 8. B h\=L^ji. 



de prendre dans son armee des gens qui tirassent l'epee ou qui langassent 
des fleches. Lorsqu'il sortit avec son armee et qu'elle en vint aiix mains avec 
les troupes de Zarah, celles-ci banderent leurs arcs, dont las cordes rendaient 
im son paroil *au bourdonnement des ruches d'abeilles. Elles lancerent leurs • b 141. 
fleches; mais lorsque ces fleches arrivaient au terme, Dien les retournait 
dans la main * de chacun des cavaliors de Zarah. Les cavaliers blesses par »c loe. 
les fleches se plaignirent et informerent leur roi de ce qui leur arrivait. « G'est 
un des sortileges que les Israelites ont rapporte d'Egypte, » dit le roi ä ses 
compagnons. Les soldats tirerent alors leurs epees et se mirent ä s'entre-tuer, 
parce que Dien leur avait donne, les uns aux yeux des autres, l'apparence des 
Israelites : ainsi ils s'exterminerent eux-memes. Geux qui echapperent a la 
mort, se noyercnt dans la mer; et trois jours apres la mer les rejeta sur le 
rivage. Alors Dieu ordonna au roi Asa de sortir avec ses troupes vers la mer 
pour s'emparer de leurs depouilles. Que personne ne s'ctonne de mon recit 
dans lequel je consigne l'ordre donne par Dieu au roi Asa : toul iidinnu' 
intelligent sait, cn eilet, que la vicloire et le triomphe dependent de üieu. 
L'histoire de la campagne de Zarah * contre Jerusalem et le motif qui le ♦ c lon v. 
poussa ä faire la guerrc aux Israelites, scraient un pcu trop longs a raconter. 

* Apr6s Asa, roi de Jerusalem, son Als Josaphat rcgna sur la Iribu de ' u i',i v. 



C IliT. 



li li 



C 107. 



34 AGAPIUS. KITAB AI,-'UNVAN. [172] 

"yiyJ:-! i^LjI^,^! J) J^LwI jJuc- ^s. O-U A>«,U \x ^llM 'C )' ^_5 <C— •jj^.Lt; 

^Ij tJ^ jl-^j ^t'^ ^=- j_y (^' 'V_^. 1^' jo ^'l iJ^«A.Jl l;>üjl ^j IJ^ 
CA^ aL<L_« JI53 'J3jIa Ja^ |_^» *'^_^i ^r-UI jUjJI ^i j ^^J::. jlSj 

j»j^Lc ijÄ>- L-j jl 'fv ^ aju li^i (_^-0i ijtj f*if'' ■■^■■'•' ,1-' ic--^' u-C£- LIai I ' Uj 
üIacI ^U> a;1 dÜJI ^U-V Jls jl^ ^Si\ ^\ 15C3 ^^Jiii VI diUl * ^L>-1 j^ 

lji'»^3 LftliA 1& l^J jj-i;:) ixUI JLjl ä^-u ^ l«io 

1. B ^fJ^— f. — 2. B ^_^,.oi. — 3. BJi)jj\. — 4. Cj^ B J. — 5. B •-.^— :'.l. — 6. V ^}il 
— 7. B ^j^. — 8. B ^-LV.'- — ■'• B ^5~^,. — 10. B bjj£. — 11. C U.w bU:w. 



Juda pendant 25 ans. En Tan 2 de soii rögiie, Achab succeda a son pere 
Amri et regna ä Samarie sur les dix tribus d'Israel. 11 epnusa alors 
nne femme, du nom de -lezabel, fdle d'Ethba'al, roi de Sidon. 11 rebfttit la 
ville maudite de Jericho quo Josue, fils de J\oun, avait maudite, lorsqu'il s'cn 
etait empare ä l'epoque de la sortie des Israelites d'Egypte; Josue avait 
maudit aussi celui qui la releverait. Jericho Tut rebätie 700 ans apres sa 
destruction ' . 

Un des prophetes de cette epoque fut Elie, de la famille d'Aaron. 11 * liabi- 
tait dans une ville de Galaad. Au jour de sa naissance, son pere Ic vit en 
songe, entoure de flammes et montant au ciel. Un autre prophete, c'etait 
Abdias, de la tribu d'Ephraim, qui avait cache cent prophetes de peur qu'ils 
B 1V2. ne fussent tues par le roi Achab'. * II y avait aussi le prophete Michee qui 
avait annonce au roi Achab la victoire qu'il remporterait sur ses ennemis; 
les prophetes chaldeens, parmi lesquels Sedecias, fils d'une Chananeenne; 
Eleazar avec 400 prophetes qui prophetisaient dans la ville de la reine 
Jezabel contre ses caprices et ses passions ■'. 

En l'an 8 du regne de Josaphat, roi de la tribu de Juda, Achab fit bätir 

1. G. Syxc, I, 351,5.17: 355.^0-2 1-356, .3 (Eus. C/ir., II, 66-68). Mich, le Syr., I, 68. 
V. I Rois, xvi,34;/osMe, vi, 25. —2. Y.lHois, xviii, 3-4. —3. V. Mich, le Syr., 1,68. 



G In- V. 



1173] JOSAPHAT. ACHAB. JORAM. :»r. 

(.L^>U r^\X>i ^IC* ^1^1 L; \iy^_ ia-- oLU ^^\^y^ vÜL ^ jLT <^ jj 
i,Ul da, '^jl> iliU^. * diu j. ^^ Li •c-^ Jj J^j^ i-^ J J^jVlj 

jJÜlj oUj^ Jkr^ *^'^ J t^r^. 6-*::' '^'^J 
^ ■^l\^\ ^ diu lj>^ -k-- diu -L-UUj^^ diu ^,^ Ji^-^3 ^J^ ^ JJ 
a-Uj • l^l^ ö. ^^ (.U iL^U^^. dUj j-::!- ^l-l ^1 ^Jl-1 i^l uLl-l ' " '"-^ - 

l:^ \^^J\ J-bj J--^ jU; Cl (.J_y_ ^AlJl C--; Uj^^ ii~- j_5^ i-^. 

UJI ^1 Ji\ ^^yi _ak:^l jUj." dUi Jj 

^i Jj oLUl ^; i'L.l diu ^1^1 c^l L^ U^._ i^ diu (.j^. ^j^3 * ♦ C 108. 

^j b_y^ j^ ■^^ (;;-rH=" 4>-'-5 J'^'^ i'lsU_y_ ^ aj^I i»-<^ Cj_^. o^' jM 
jUj iA^b i— b-u, ^j^. jJ ''I3I-I li^. i^ ^ diu (,r dU3 lijU W 

6. C ,U!. 



I VJ V. 



un temple et des autels aux idoles dans la ville de Samarie. Josaphat, cn 
l'an 12 de son regne, * fit la guerre au roi de Ramah qiii s'appelait Ben-Hadad * c 107 
iHar-Hddad) et ä 32 rois qui etaient avcc liii ; il les vainquit et leiir tua 
7.000 hommos '. 

Parmi les prophetes de cetle epoque, il y eut Oziel (Hazdyual) et Eleazar '-. 

En Tan 24 du regne de .losaphat, roi de la tribu de Juda, Ociiozia (Achnz), 
lils d'Achab, commen^a ä regner sur les dix tribus d'Israel et occupa le 
trone pendant deux ans. Josaphat mourut a Tage de (iO ans * et eut pour * n 
successeur son fds Joram qui regna sur la tribu de luda a .lerusalem pendant 
buit ans; il vecut 40 ans. 

A cette epoque, Ic prophete Elie l'ut enleve au ciel'. 

■ Joram, roi de la tribu de Juda, epousa Athalie, soeur d'Achab', roi des *c. im 
tribus d'Israel. A la mcme epoque, Joram tua tous ses freres. les enfants de 
Josaphat. Apres quoi il tomba malade : toutes ses entrailb'S sortirent de son 

1. Mich, i.k Svr.. I, 70. V. I /iois, xx. — 2. G. Sync, I, 851-352 (Ki's. Chr., II. 
(iS IIa;. Mich, m: Syr.. I, /i8. — .i. C. Sync, I, 352,« (Eus. C/ir.. II. (iS llf,.-!. Mich, i.e 
Svii.. I, (iO. — '1. Lire : fille dArhal). II Unis, vm, 18. 



36 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [174] 

yLs. (j~«^ <~~ (j~^J ^ \^^>-!Uj> ^lij ^Vj\ otU i_Ji S^ jj ö- J^ricj '^' 

\^3'j Zj y -*^, *-— 

^ «^^^ ~ k Llji cJj ^t=-l c^l U^ J-J ^jl^^ ^>^ L«J '*^1 ^y^i 
«^ ^^--i^ ""^ ^'^^ j^ 1^^' ^j^' cf} ij^y. ^ tn^ ^■^^. -^ ' '^ 

lij^^ Ja^ J^ jl ^jZ-C jJk ^^JJI lj_^ ia^ jj>. diiJI J^LJ' jl ^Icj ii^^l 

Crr-J^ CS?" cT ^^^ c?*' ^'^ "S ^3^ ^ ^^. «j^ '^^^'^ cT^ '^^^ ^ 'v-' 

, 1. C om. ces trois mots, mais ajoute : i.^^ ^.zS-h ^j. — 2. C om. — 3. C axX-W. 

— 4. C (jiy' B/ii-^y. — 5. C a—^j B «~;mJ- — 6. A s-i^. — 7. C om. depuis k^. 

— 8. B add. oi/^- — 9. C om. aj , — 10. D'ici jusqu'ä ^^i-i iili' 'i^ J.^ (B 144: C 109 v.) 
le texte du ms. A ne donne qua quelques mots. — 11. C cbu_jJ B c-L'JjJ. 



venire qui fut ainsi completement vide, et il monrut'. Ensuite Achazia, fils 
de Joram, regna sur la tribu de Juda pendani un an; il vöcut 23 ans. Cette 
annee-lä,. mourut Jezabel; eile regna pendant 36 ans, dont 15 ans apres la 
mort de son mari^. 

II est ecrit qu'apres la mort d' Achazia, fils d'Athalie, soeur (fdle) d'Achab, 
Athalie s'empara de tous les princes royanx de la tribu de .Inda et les fit 
perir, excepte Joas, ßls d'Achazia, que Josabeth {Yahouchaba'), sa tante, avait 

♦ B 143. Cache avec sa nourrice. * La ligne de conduite d'Athalie et son but en tout 

* A 142. cela etait d'aneantir le royaume de la tribu de Juda * et de n'en foriner qu'un 

seul, en reunissant le sien et celui de son frere Achab, roi des dix tribus 
♦ C 108 V. * d'Israel; ensuite d'arracher le sceptre ä la tribu de .Juda dont il etait ecrit 
que le Messie devait sortir, comme si eile voulait de son propre gre empecher 
ravenement du Messie, en obeissantaux suggestions que Satan, revolte contre 
Dieu, avait jetees dans son coeur; car Satan aurait voulu rendre vaines les 
revelations faites par Dien aux'prophetes sur la venue du Messie, et c'est 
pourquoi il fit d'Athalie son Instrument et le lieu de sa residence. 

En l'an 7 dj regne d'Athalie, .loiada le grand pretre rassembla toute la 

1. V. 11 Chr., XXI, 18-19. — 2. Mich, le Syr., 1, 70. 



[175] ATHAIJR. .lOAS. 37 

~^l5sJl f-'-v>jj_ ^\ ^^jj «-iJI LlT jUjJl ijJJi ijj ♦ C 109. 

ij ^Läs \a15sJI f^l^^jj ^jI JI ^i^j J^ lj*t^ -1^2— iJ^ ^ilUI c^^y ^^ 

'1^ «CU^- c^wj ,5*-^' ^ - t ■ ' 1 t3y '^^■^ Ja*.w (.^L« lJ^'v ^Aä 'w« ('t***^' ^^^ l5-? 

J^l_y__ <] Jli >jiL i^,.iJI ol'-L.-l ^-^ i'L-l ^ diu ■cCU ^ iodl cJl Jj 

1. B l/j. — 2. C Olli. — 3. CB ,UU.^. — 4. V ^^ B ^v- — 5. B oX-'i .,LC. — 



♦ H IVi. 
C 109 V. 



tribu de Jiida, et ils proclamerent roi Joas, fils d'Achazia, qui etait äge de 

sept ans; il regna sur la tribu de Juda pendant 40 ans et vecut * 47 ans '. ♦ b 143 v. 

A cette epoque, florissait Lycurgue le legislateur". 

A la meme * epoque, proplietisaient Elisee et Zacliarie; ce dernier etait ♦ c 109. 
üls du pivtre .loiada. 

Joas, roi de Juda, ordouna de mettre ä mort le prophete Zacharie, fils du 
pretre Joiada, et le propliete fut tue da'ns la cour du temple. Joas fit tuer 
aussi tous les enfants de Joiada et attira sur lui la colere de Dieu\ 

En Tan 25 du regne de Joas, filsd'Achazia, mourut le grand pretre Joiada. 
Cette meme aunee, Joaciiaz, lilsdeJehu, commenga ä rögner sur les dix tribus 
d' Israel et regna pendant 17 ans. 

Vax Fan '.\0 du regne de Joas, roi de Juda, monrut le prophete Elisee, qui 
iivait vecu 50 ans apres l'onlevement d'Elie au ciel et ()7 ans apres l'onction. 

Joas, roi de Juda, Tut tue par ses serviteurs et mourul d'une mort mise- 
rable * Amasias soii lils regna apres lui * pendant 29 ans; il vecut 54 ans'. .*,",^'*''- 

'^ ^ l ' * C 109 V. 

En l'an 2 de son regne, un roi, dont le noin l'iit egalement Joas, commenga 

1. Mich, i.k Svh., I, 70, 71. — 2. Mich, i.k Svh., I, 70. — 3. (;. Sy\c.. i, ,353,;; et ,, 
(Kus. Chr., 11, 70 Uli . .Mich. 1.1; Svii., I, 70. —4. Mich, i.k Syu., I, 71. 



38 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [1761 

JLc «C-- fn"^ oLLoJ '■ij^J ■)?.<■' vJA-L« (J^iy 3-* )~~3 ^ r-ij^' JsL-^yi ^JaJji '^ j'-'J u^l 

-*) JsL-^l oLL« L-T' y ^L^ 5V ^*^''-*^ ^^Ai« L-^a^l 4*J-L« 'y^ j.^i.c- *C,U' *Cw ^j« 
* C 110. ij-ir-*-^ (^' ^-'J viii-Jl ^y)y>-3 ^J->Ji!i\ ijij >^^l C-; v-jL" ^»-»f -*^lj ^^-^3 

iU-l (_$JJ1 iUjVi jjI ys> ^_yJ_^ jl Jli,j "^IfJj^b (5_^ i^_->^ ^ 'l^ ^\ 

1. C (J^-UäUI A Jy~<^LJ!. — 2. C om. — 3. A ^'-~jt. — 4. C om. — 5. B om. 

— 6. A om. depuis jSj. — 7. A om. depuis y^J. — 8. A om. — 9. Ensuite une lacune 
dans le A, oü nous ne trouvons qu'une seule phrase : 5 Ja.- j-j! 'jjj.c 5-jo ^iC!Ua. 

— 10. B >,J^ C om. — H. B L-CL C om. 



ä regner sur les dix tribus d'Israel. Mais il tirait son origine de ces dix tribus 
et n'etait pas .loas qui avait regne sur la tribu de Juda. II regna sur les dix 
tribus peudant IG ans. 

En l'an 13 du regne d'Amasias, roi de Juda, Joas, roi des tribus d'Israel, 
lui fit la guerre. II dressa des balistes contre Jerusalem, detruisit le mur 
d'enceinte sur une longueur de quatre cents coudees et entra dans la ville; 
il prit alors tons les vetements du temple du Seigneur, les vases sacres, les 
tresors royaux et retourna ' ä Samarie, capitale de son royaume'. 

En ce temps-lä, proplietisaient le prophete Osee de la tribu d'Issachar, 
et le prophete Arnos, de Thecue {Taqou'), lequel fut tue par ordre d'Amasias. 
B 144 V. A cette epoque, * prophetisa le prophete Younan, qui est Jonas, fils du pro- 
phete Amathi (Matai). 11 prophetisa contre la ville de Ninive et contre ses 
habitants. On dit que Jonas etait le fUs de la veuve, celui-lä meme que le 
prophete Elie avait ressuscite apres sa mort. 

En l'an 18 du regne d'Amasias, roi de Juda, Jeroboam commen^a k regner 
sur les dix tribus d'Israel et regna pendant41 ans. Quand Amasias eut regne 



G im. 



1. Mich, le Syii.. I. 74. \ . II Bois, xiv. 



I! 145 



ri771 AMASIAS. O/IAS. 39 

>C- /»-— -J "V-JW aTL»- ijUiy) 

lOJI ^ A^l Vj * flj^. J>\ l>l3 L>1 ö;! J^y3 JU :^J ^>«b U^l*.:ii"v. 
^1 ^ ^Uoi j ^^1 ;»-• J lje<l r' ^'> ->^*' ^V ' ^^ ^ '^. 
L-^^^1 ^:^1 ^l^U ^LH ^^> 4.3 tjj^^ -Ojl c'^-*'- ^~^ "'^' c/* ^"^ 'V^' "^^ 



;..^ iv^" * A '.2. 

lij^ -L-^ djio Jl^. ^j;l l;jl="b "^^ c/W 'y^y^ '-'^^ Ö" 
__»_il _J d-- ^,A^ii ^^1 ^ Sj [r^\ ^^ ^>1 iül Jj^ :u;3 ^i^ 

1. (' om. depuis ^CU. - 2. B l^^-^. - :5. (' Jx - 4. (' ^"i-'l. - 5. C J~>. 
(i. (_' Olli. (Iciiuis v;;-^-". — 7. A \j>j.^y\. — S. (' Olli. 



29 ans sur la tribu de Juda, ses serviteurs le tuerent, et il mourut d'une 
mort miserable. Son fils Ozias lui succeda et regna pendant 52 ans; il vecut 
(j8 ans. 

Les livres des Rois, d'apres lesquels nous ecrivons et racoutons l'histoire 
des rois, indiquent qu'Ozias etait lils d'Ainasias; Amasias, iils de Joas; Joas, 
lils d'Achazia; et Achazia, 111s de Joram. * Porsonne parmi les savants ne s'en ♦ c 110 v. 
est preoccupe. * Mais trois de ces rois ne sont pas mentionnes dans la genea- * « i',:>. 
logie du Christ, contenue dans l'Evangile de l'evangeliste Maltiiieu (sur lui 
soit le salut!). Matthieu dit, eu efTet, que Joram engendra Ozias ' ; et il 
oinet ces trois rois, c'est-ä-dire Amasias, Joas et Achazia, pere de Joas, et 
iTcu fait aiicune mcntion dans la genealogie du Christ. 

■ lllSTOlRE ETONN.^KTE d'Am VSI.SiS, DE SON IILS JoAS, u'AciI.\ZIA, IILS DE * \ Ikl. 

JoAS, ROIS DE JuDA, d'oU LE ClIHI ST TIRE SON ORICINE. 

Nous raconterons d indiqucrons lo motif pour lequel ri''vangeliste Mat- 
lliieu n'a pas mentioniia ces rois, lorsqn'il dressait la geueulogie du Messie 

1. Mau 11., I, S. 




40 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [178] 

•cm. z^,.. r^jjj ^ß aJjI 

JÜjl ^y^ ^J^ '^y^\ J-« J.«-L- JJ3I ijjlj ^.Ul Jijjb jJji '',_5-->J ,_5~i.^ -*^3' 

/.JJ-. /.j_y jJjl islsL. "^-ULsL. jJjI bl '"'bl jJjl L1.I LI.I -üjl p-*^ji (*-*-H*--'' 
* B 146. ^[J]\ lÄ* ^L .^.„Jl >.;,. L._ ^JÜl cLU öiJ' Lls * ^Si\^ L Jy^ jjl ^j_^ j^ 

•C 111 V. L/ly-J ^^i^i [~^y>\ |V*J ^ . t M A^ ^j ^JU j»^Ai-A,_ J ^J\ 

1. B jJj. — 2. Ici commence la lacune dans le ms. A. — .3. Bj^b. — 4. 'B jjcXj. 
— 5. B -.iJi. — 6. B b!. — 7. B IjUL.'. — 8. Ici se lermine la lacune du ms. A. — 
9. C om. .,!. — 10. A r^^l — 11. A om. depuis ^JJi. — 12. BA Ijj:^ y\ ^y^ 
i\ji ji\ '-'j'^'j ^■'■^y^ y} LT^y- — ^■^- ^ Jy^- — l''- A om. depuis Jyii. 



L/ 



Jans rEvangile, et [nous dirons] pourquoi il les a oinis, depuis Joram jusqu'ä 

I B 145 v! Ozias. Ainsi debute FEvangile oü Matthieu * dit : « Histoire * de la naissancc 

de Jesus- Clirist, fils de David, fils d'Abraham »; puis il ajoute : « Abraliaiii 

* c 111. engendra Isaac. Isaac eugeudra .lacob. Jacob engendra * Juda et ses freres. 

Judaengeudra de Thamar Pharez et Zarah. Pharez engendra Esrom [Hosrutui). 
Esrom engendra Aram. Arani engendra Aniinadab. Aminadab engendra 
Nahson. Nahson engendra Salmon. Salmon engendra de Rahab Bo'oz. Bo'oz 
engendra 'Obed de Ruth. "Obed engendra Jesse. Jesse engendra le roi David. 
David engendra Salomon, de la femme d'Urie. Salomon engendra Roboam. 
Roboam engendra Abia. Abia engendra Asa. Asa engendra Josaphat. Josaphat 
engendra Joram. Joram eno-endra Ozias'. » En continuant ainsi Matthieu 
dresse la genealogie du Christ jusqu'ä Joseph, fiance de Marie; mais il omel 

* B 141;. les rois de Joram ä. Ozias, comme' nous l'avons dit, c'est-ä-dire trois rois, dont 

le Christ tire aussi son origine d'apres notre calcul. Matthieu ne les insere pas 
♦ c 111 V. dans * la genealogie du Christ, et ce sont : Amasias, Ozias et Joas. 

Les sayants et les docteurs chretiens disent que Joram üt une chose dont 

1. Matthieu, i, 1-8. 



• G 112. 
H l'ii; V. 



[179] FlISTOIRF. DR .lOAS. 41 

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Jla- ^li^l Co-1 Ll^ AäsJjJ' -j, Jui9 U (»IjJJ ^yi^ U (V ^jaI>J| ' p-l-*J_y_ -^J 

1. C j^ ^■^'- — '^- A om. CCS deux iiiots. — 3. Ici commence la lacuiie du ms. 
A. — 4. B ^' J-:^'. — 5. B J-^. — G. B add. .'^? — 7. B om. dep. k-.^ iCL--. 
— 8. C olAij B i^lÄ-w. 



le Seio'iieur fut irrite : il epousa Athalie, sceur d'Achab, roi des tribus d'Israel, 
qui avait epouse la reine Jezabel, meurtriere des prophetes. Dieu se mit en 
L'olere contrc Joram, parce qu'il avait epouse la soeur du mari de la reine 
.lezabel, comme pour avoir massacre les prophetes et dresse des teinples et des 
autels aux idoles. C'est ä cause d'elle qua le roi Achab avait entrepris ce qu'il 
avait fait. 

La Bible dit egalement k son sujet : Apres la mort d'Achazia, roi de Juda, 
Joas, fils d'Achazia, resta seul par les soins de Josabeth, sa tante, qui l'avait 
Cache avec * sa nourrice. * C'est pourquoi Dieu s'irrita contre Joram, comme ,*/',"- 

r 1 ♦ H 14b \ . 

nous l'avons dejädit, parce qu'il avait epouse Athalie, soeur d'Achab, la femme 
qui aurait voulu aiieautir le royaume de Joram et celui de la tribu di' Juda et sa 
posterite, d'oü le Christ tire son origino ; qui aurait voulu extirper la descen- 
dance de la tribu de Juda et son royaume, pour en faire le sien et celui d'Achab 
son fröre, et, si possible, ancantir la descendance de Juda d'oü le Messie devait 
sortir, pour reunir les deux r()yaumes, celui de Juda et celui des dix tribus, en 
un seul. Athalie, soeur d'Achab, epouxde Je/abel, fit aussi perir tous les enfants 
du grand pretre Joiada. Puis Joram ne se contenta pas d'avoir epouse Athalie, 
sueur d'Achab : Dieu s'irrita encore contre lui parce qu'il avait fait massacrer 
tous ses freres, enfants de son pt're Josaphut. Dieu lit done descondre sur lui 

l'ATH. OK. — T. XI. — F. 1. ■ i 



42 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [180] 

C»iJ \> «UJI Jj5-l9 iy) -LlsUy jJj ^y^ 'Ijys-I z'^^*^ ^^^. ^^ ^r^ ''^' -^='=^-"' 

a-w <l^ CjL»i li-J^ '^Jf- ^j^J ^-5 jj^ '^_^ Jj^J U^J^-i 
' C 112 V. w^ J^^ ö''^ ij J^-^ ^5^' ^:^j «-'^ ^' "-^ --t^ '*^.' J^IX iJ' (**' 

* B 147. Ij»^ Ja-" jjf- '^•^ (>Ü ^1 (i (^^ l/'J-*^ '-^ "^ ""^^ ^J^' *-^ ^ 

* c 113. ^c-.— Jl (^Ä^ J^Üa-. l(.J ^^Ul * jlkjjl l^ J_y-- U. liu^ Ja^ bU ^> Li^ <^ 
JLü rz. Jl uL-Llj' p^ ^ öi-^'^ "^j-^ '^^^ ^y '^-^'' C/- !*^^ i-^ /^J.»^lj 

1. C om. — 2. B Olli, ces deux mots. — 3. C liyj'. — 4. C ^)^. — 5. ^3-". 
G. B add. f^-v-J^I. — 7. C ^J-M. 



sa vengeance : il tomba malade ; ses entrailles s'echapperent et sou ventre fut 
entierement vide; il mourut aiiisi d'uiie mort miserable. 
* c 112 V. Ensuite * son fds Joas, etantmonte sur le tröne, fittuer le prophete Zacliaric 
dans la cour du temple du Seigneur. 11 fit perir egalement toute la famille du 
grand pretre .loiada. Alors Dieu le livra aux mains de scs serviteurs qui le 
tuerent ; et il mourut dune mort miserable. 

♦ B 147. * Lorsque sou fils Amasias fut monte sur le tröne de .Juda, il tua, ä la fm de 

son regne, le prophete Arnos. Alors Dieu irrite contre lui Ir livra aux mains de 
ses serviteurs qui le tuerent; et il mourut d'une mort miserable. 

C'est ä cause de ces faits si frappants que l'evangeliste Mattliieu a exclu 
de son Evangile les noms de ces trois rois, quand il faisait la genealogie du 
Christ, par horreur pour leurs actes. La plus hideuse de ces histoires est 
celle d'Athalie qui avait pense ä exterminer la tribu de Juda, parce que Satan, 

♦ G 113. * qui habitait dans cette femme, l'avait persuadee d'empecher Tavenement du 

Messie. Nous t'avons dejä explique cela et nous te le demontrons maintenant, 
en Sorte que tu peux le comprendre. Interroge (que Dieu te garde!) qui tu 
voudras parmi les savants, les sages et les gens enfonces dans la science, sur 
l'histoire de ces trois rois qui sontles ascendants du Christ. .Je te Tai exposee 
et expliquee. G'est un des mysteres de l'Evangile qui en contient d'innom- 
brables. 



fl81] LRS PROPHfeTES. 43 

dlL diu Jjlj ^.L äL=-L •^'^^^IaJI Jl ixU-Jl CjjL-^j "^i^— Laj-Jl (»A (V'J'-Jl 

'O- ör^J 4— <.i>- j»y-.lt dil«i ''L J^^l Jj.s 1*^ ' Cll:iv. 

öaJI i5_^ J'i^\ iy cio jUjJI ^j ^j 

jji Ltii «1« ^JJi ^_~Ji jlSj "»Li- ^,,i£- ölj «oLo "CLr^ >j:-i'oj ^h^ L-s jl^ 
A.U jj_=>=Jl ^^^ Ji— vi ij^i 'jjf -ia~- di,U l^jj^ jl '*-^ jjv~''3 ■LLo* bjJl 



B 148. 
A 143. 



1. Icl se termine la lacune dans le ms. A. — 2 C om. — 3. A -~j!,_j.''^! — 4. A om. 
ces trois derniers mots. — 5 A ^jlibU!. — G. B I-.j JJ. Peut-etre ^Jy^ = pere de 
Ninus? — 7. A om. depuis JjL. — 8. C ;^^ji AB ^^rJ^^ — 9. A om. ces deux mots. 
— 10. A^liuJL'. — 11. BA »jJ. — 12. A om. — 13. A ^xx^\. — 14. A .j:^^ ^JJ!. 



"Nous avons dit qu'Ozias, fils d'Amasias, regna sur la tribu de Juda pen- ' ß '''' ^' 
dant 52 ans. 

II est ecrit qu'en Tan 6 de soii regne prit lin la dynastie des rois des »Aiiav. 
Assyriens, c'est-ä-dire deMossoul, et que leur royaume tomba au pouvoir des 
Medes, au pays de Babylone {Ddbil). Le premier roi des Assyriens fnt Phoul, 
fils de Sa(?) ' ; il regna sur eux * pondanl 35 ans. * c ii3 v. 

En ce temps-lä, eut lieu la penitence des habitants de la ville de Ninive. 

A la meme epoque, prophetisaient Osee, Arnos {'Amoun), Jonas, fils d'A- 
matbi, et Isaie qui ötait de Jerusalem et qui fut scie avec une scie et mis ä 
mort par ordre de Manasse, puis enseveli au cimetiere de Siloe. Apres avoir 
prophetise pcndant 35 ans, il fut prive du don de prophetio pendant 28 ans, 
c'est-ä-dire pendant tout le regne des quatre rois auprcs desquels il se 
trouvait; il vecut 113 ans. ' Voici la cause pour laquelle le propliete Isaie fut * h ms. 
prive du don de prophetie pendant 28 ans : Ozias, roi de Juda, poussa la 
hardiesse, alors qu'il n'etait pas pretre, * jusqu'A entrer (dans le temple) pour • a 143. 
ofTrir de l'encens ä Dien. Retenu par la crainte, le propliete Isaio iie I'avertit 

1. Plioul = Poul (Pul) = Tiglatpileser IV = ßrjXo; dans les clironiques grecques. V. 
II Moi.s, XV, 19: I Chron., v, 26. Peut-etre faut-il lirc « l'lioul pere de Ninus » ? CT. 
Mich, le Syit., I, 77 : Belu.s, pere de Ninus. 



44 



AGAPIUS. KITAB AI.-'UNVAN. [182] 



^_^u -^'yj <^^. ^3 '-'ij-^, (Jj ^*' *t^^ -^ ^^-^ j*^^ y 



114. 



ü^l J -UJi ^ ^1 Jl. i>-^ (J^^3 "r'.^'^J O^-^ '^■^-^ ^^ ^^i ^.^^ ^^ 
^1 ^►jli i— ^^ ö- lj^_ ia— ^_5^ 2sA«; Cl "*cl'V. clL Lj_jt C^U L-ls j-c- 

- Bi'.8v. <.1a; j;;^iiL^ ^j-_ii^ji3 'jui« ''^i^ ^ ^.it J5C^1 j uu ^j\ ^\j ' 

^^1 ^j^ ^i^ ^3^ jji^j ''-M-^ J\ \^j lÄ* Jl 1-^ "^. ar^^-;3 
^' ^1 LJ:I ^l::^j iSj^j i^'a:^-^- ^jVlj '^U_J1 .:uii.l ^^1 '-"'^jjUJI 

♦ c 114 V. "i.^ Oir^-^ ^-^i "^-^ Cr"^ *-^*^ 

1. A .f»'^. — 2. A ^^ ^-.2- B 5jJ^^ C SjJ^. Jj;. — 3. A Lxi- — 4. B J^. A 
A;!^,. — 5. C om. — 6. A om. — 7. A J-U. — 8. B ^l;~3! A r^iljLJl. — 9. A t^ 
,^j^y — 10. A v^U,l J^^ - 11. A U_;.1j. — 12. Sic in B. In C Ü-j JI sJ^ A 
om. — 13. B ^.jL^'l A ^,jj,l)LJI. — 14. om. — 15. A axs^-^ ^^^ f-U» ^-j^b ^^'- 
— 16. Ici commence la lacune du ms. A. 



pas, ue le blüiiia pas, ue le repriniamlu pas de cette audace et Je cetle 

■ c ii'i. iiardiesse. Alors Isaie futprive * du doii de prophetie pendant 28 ans, jusqu'ä 

la mort d'Ozias. Son corps tout entier se couvrit de lepre et de gale ; sa peau 

devint blanche comme la neige; et tout cela, en un clin d'oeil. Apres la mort 

d'Ozias, Joathani, son llls, lui succeda et regna sur la Irihu du .Inda pendant 

16 ans. Dieu inspira de nouveau Isaie qui prophetisa encore pendant 61 ans '. 

Voici ce qui est ecrit dans ses propheties, d'apres la Bible : « L'annee de la 

» B i'iH V. mort du roi (Jzias, ' je vis le Seigneur assis dans le Teraple sur im Iröne liaut 

et eleve. Les Seraphins eins se tenaient devant lui, chacun d'eux ayant 

six ailes; de deux alles ils se eouvraient la face, de deux autres ils se cou- 

vraient les pieds et des deux dernieres ils volaient, les uns vers les autres, en 

disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur des armees; le ciel et la terre sont 

♦ G 114 V. pleins de sa gloire et de sa majeste". » Le livre du prophete Isaie a * 3.926 

versets. 

1. Mich, le Syr., I, 78. — 2. Isaie. vi. 1-3. 



[183] PORPHYRIUS ET ZACHARIE. 45 

^ ' JsL-l J.S, CiL li^ ii— dl, l j^fc ^U j^ J'.^i ^*-" '^ ijj 



'■ a-3>^ 



1! i'in. 



'"^cryJ^J f'J ^^-'"^'^ o'^3 (3*^3 ;:^-— ^' -^^3 ^Lr^^ 4r'3 £>--' W^ ^.r?-3b 

j^3^ '''^^3 ^'OM ^^ J fjj^ -'^^ ^^ ,^^3 ' ^.^-^Jl '"Lr'3^j' j^ *t:'i" 

'■'b^j -l'L»^ i-'-^-'^ -^ j 'r^L'; t> k/*"-^' ^J-*T"-^ -^Jr:^' »^^ 

1. (_' om. — 2. C L.^-'v,' B l»^^^,'. — 3. C ^y^ B ^j^. — 4. B ^^^.^JiJiy — 
.-,. B ^t^\. — 6. C i^^Hj^t B ^^r-^j/. — 7. C ^^„^. ^1 y/ B (_^j_^f:Jjy. — «. B 
^JLL^,I. — 9. C j^y, Uy B ^,.^.^j yy. — 10. (' ^o^.-j'- — ^1- •^' ^^^^ <^- — 
12. C ^5-=j_5. — 13. B Li^v! ou ^:i-r:'. — 14. C U^U B Ljji'j- — 15. C om. depuis ^,). 



En Tan 29 du regne d'Ozias, roi de Juda, Zacharie raonta sur le trune des 
dlx tribiis d'Israel et regna pendant.six mois. Apres liii Selloum, fils de Jabes, 
regna trente jours ; puis Manahem, tils de Gadi, regna 10 ans'. 

A cette epoque, regna le premicr loi des Macedoniens, c'est-ä-dire des 
Grecs {Roiint). 11 se nommait Qaranos'-. 

' Porphyrius, comnientateur du livre d'Aristote, et diacre d'une eglise ♦ b uo. 
de la ville de Tyr (Sour), s'etait enorgueilli devant tous les diacres, ses pareils. 
C'est pourquoi ils se jeterent uu jour sur lui dans le temple et le frapperent. 
.Vlors il se revolta, abandonna le christianisme, renia le Christ, apostasia 
et refuta rHvangilc. Cc Porphyrius pretend que le philosophe llomöre, 
* Tauteur du livre des poemes des Grecs ä cette epoque, a raconte leurs guerres. • c. i is. 

En ce temps-lä, florissaient Zacharie, füs de Barachie, et Ananie {Anon- 
>ii>/d)\ grands pretres des Israelites. II est ecrit que les Juifs lapiderent 
Zacharie, fils de Barachie, dans le temple; et il mourut' . 

1. Mrrii. i.i-, Sy«., I, 76-77. V. II Hois, .\v, 8, \:i, 17. —2. G. Sync. I, MS: 498-499 
^Eus. C/ir., II, 74 Ild) : Käpavo?. — 3. Peul-elre « Oiirias »? V. Mich, i.i; Syr., 1, 74. 
— 4. Mich, lü Sy«., 1. 74. 



46 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [184] 

OX« t^Ll liLU ~ J»i l^c- li«_j ia^-M; (jXU ^ jjC- ^iU^ /y^ "o JLcj "Cir "C^ (jj 

J^bJlj Jj^' J-<>j"_ j^ i5-*Jl (_rj*J^ ilr* t^^' ' '^■*^ ^j>^ j^>^^ ^'-^ jj 
♦ c ii->v. 8(j^ Jri.U-' (_5^ -S'L^^ (_^^ * ^J^ ^.JX ^^ ^.Jy^ ^^ i> ä::~J^ ^ jj 

(j^ j«-=j' (*r^ (j; 

■Cw /r-^i K~M>- ctLLJl ^r— ^ JuUj ^ »Ijj i.jo"--' 'i'-wj 

* ^ "C- ij~^ '«-j^i (.>-> ——^0! ,5--' «.»^j 1-MjI jjo l> j »£• cXL« ■.^ A »->- <U" |_5j 

1. Ici se termine la lacune du ms. A. — 2. B J^s A om. — 3. A .■r'..S—- — '»■ BA 

vdXW'. — 5. A w^S'J ^.-^■: ;• — 6. Ici commence la lacune du ms. A. — 7. C ,-\i B 

:\J. —8. CBL^. — 9. C ^ d^ B ^ J^»b-. — la. C .j>yö\.— 11. B ^J^^^\. 

— 12. C ^X^-:^ B (^^.Loi. — 13. C |_^_/_j5^l B |^^^.~S^I. — 14. B ^\ ^yJ^^^^ 



Encoreune Ibis' : Lycurgue, legislateur desGrecs, florissait ä cetteepoque. 

En l'an 23 du regne d'Ozias, roi de .Inda, Phoul, roi de Babyloiie, fit une 
» B 149 V. expedition contre Samarie, ville du royaume des dix tribus d'Israel; * il la 
vainquit et s'en empara. Alors le roi de Samarie lui donna mille talents d'ar- 
gent, ce qui fait mille bourses, et Phoul retourna en Oriente 

A cette epoque, se fit connaitre Phidon, d'Argos, qui fabriquait des mesures 
et des poids'. 
* <■ "ö \'- En l'an 40 du regne d'Ozias, roi de Juda, * Peqachya, fils de Manahem, 
regna sur les tribus d'Israel pendanl quatre ans. 

Le roi Teglatphalasar regna a Babylone et ä Ninive pendant 35 ans. 

A la meme epoque, regna Ardysus [Ardachir) le premier [roi des Lydiens]^ 
les rois des Corinthiens cesserent; le premier roi des Grecs regna dans la 
ville d'Athenes ou de Cecrops, pendant 23 ans^ . 

Enl'an 5 du regne d'Ozias, on commen^a ä compter les annees bissextiles, 
ä raison d'une annee bissextile tous les quatre ans. 

1. V. plus haut. — 2. Mich, le Str., I, 78 et 79. V. II Rois, xv, 19. — 3. G. Sync, 1. 
373-374 (Eiis. Chr., II, 74 Ilh).— 4. G. Sync, 1,455c : 'Apouso;. Mich, le Syb., I, 78 et 80. 
— 5. Cf. G. SvNc, I, 289. Eus. Chr., I. 185. 



[185] OZIAS. LES BLEI'S RT LES VERTS. 47 

J ,^ «ii p,;^ ^'^»^'^ •^, ^-^^ (n^y^ ^^^ (> ^'j^ ^'^^ 't/^^ ;jU— 'I j^OI 

\_« iLs- C^O_; ^,l5ül ^_j il;A=^j ^-ÄJo i^lilj j£\j JjLs ^iJl iL ^~*J- ^^.M^\ »ein;. 

Ij^c-U ! ^iJa-iJ ^l«i J_^'l ^yiä» IjJj A„Äe. (»^^^'j j^J^ lj...i...t...i b^r^, "^ (n%^ 

,::_iM..-j Aj -MjJc^ij Si-i ^^ 1^ -*j' (_5!Ui ^^\ jL«jJ^ ^J-* öLsLl l'Ap-jj Ij^-^.-- 

«-~wj s_iJI ^'j^ (J^' J ^'^ * LjLJjI JjI II j_^AsJI l-C^j *jl ^ ,j~~)l ,;<-»äS * B l:.o v. 

Äju_,>ij aoIaJ^A)' ^LI,^I J) ^Ic- »^U ,_5-0l Jj i I ijXLJI Jjjl-i kixL v«j "C- jyt — ^ 



'*"'" (Irr^i 



1. B ^_J^U'j ^c-!/^'- — ^. B ^3J!. — 3. B "^ j"^. — 4. C ^J^~> B o-kiJ. 
— 5. C IjJ-^tj. —6. Cheikho : .^-j^ (p. 88). — 7 B ^,,--~:xU j^L. — 8. B add. hj^\. 
lt. Ici se termine la lacune du ms. A, qui ne donne que cette ligne : L..<o^ 'L^ ^^ 

^ ^\r\ ,r^ ^^ J-^ '^ — !^' r-^ '-'^' ,^ ^i-= öCU K-. 



üe ce teraps-Iä date le corainencement de la guerre entre les Prasini ' i-t • b uc 
les Veneti, c'est-ä-dire entre les partisans du vert et les partisans du l(l«ni. 
La couleur ne fut qu'un pretexte dont les rois se servirent pour faire eclater 
la guern; entre les partis. II tomba dans la mölee * 500.000 liomnios, plus ou ' '' i"'- 
moins, comnie nous le trouvons dans les livres. Leurs rois emploverent cette 
ruse pour les empecher de se multiplier «t de se revolter contre eux. Leur 
histoire est etonnante, mais un peu longue; si tu es pret ä l'entendre, tu peux 
l'entendre. Nous avons trouve que la plupart des eveques de ce temps ancicn 
et recule avaient saisi ce [principe] et s'y ötaient tenus. J'ai entendu dire 
Fun d'eux : « Si les ouaillos d'un eveque vivent dans la paix et la prosperite. 
l'evcque sera malheureux, [et cela] jusqu'au jour oü les ouailles serout alFli- 
gees. » Je crois que la plupart d'entre eux s'en tenaient ä ce principe; c'est 
pourquoi ils diviserent leurs ouailles en deux partis. 

Le total des annees depuis Adam et les origines du monde jusqu'ä la 
premiere olympiade * est en tont de 4725 ans; depuis le deluge jusqu'ä cette * rt i.sn v. 
annee-lä, 24()9 ans; depuis la sortic des Israelitcs d'Egypte * jusqu'a la mome • c iic. v. 
annee, 878 ans; depuis le regne de Said, le premier i'oi qui regna sur les 
Israelites, 334 ans. 



48 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [186] 

J, ,1 ^] jj jsLwl Jfr vilL lisi,^ Ja— JiL. l'^.j^t ^^ ^^ C^r-"^ ^-•■" ^-5 

•A 143 V. ^tL oI.U ^ ^r-Js ^^~ ^J- <>^j jj * "^ ölr^ ^UUjj ^^^^1 ' ^i i^^l 

li^ Ja— ^.u <;i^ diu '^ijCu ö- /_, — «i»-3 /^^-Li'l (.uJ ^,jj* d>u L4? 
* B 151. '<C-^ "yj^yj Ai-1 cLs- cjOj o- ^^^s. «cu» "Ci p)^_ 

^^j^l Ja— ^^0 ^^\ 

•CHT. ^.l:^ j (jt?:r*-^. -ß^ J^^ ^-^^ ^ * i^^ uT-^'J-^ "^--^ ^ »j^-^^ ^'-^ ^-' 

i~L^jjk J- j^ o~^ "^ ^.^ (^-»l? '-^' "^'-^ (2,1/'^ (rr^*^'^ -'^-J V^ ^y^^^ 

•^j ij.- -cLs- c^l^j 'L:.- ^.-if^ <.:^- üa». a:^! jli-l Ailx.« dlU J^ oU UAs 
jL^lj '-''o-U <cU! ia,Li IjilTjlj 1,^1:^1 J^} i^^\ ijJV -^3 •^j J^ JJl^ ^"^^ 

1. (j ^. — 2. A 'JL--J,. — 3. C ,^^ ^>*l) B^^~U ^^•. — 4. A <nii. dep. .'..J. 
— 5. A /»L''^^.. — 6. A om. dop. ^lUoi^^. — 7. A J^j'->,. — 8. C om. — 9. A ^-j^,. — 
10. B ^'. — 11. A ^\j3\. — 12. B l^'-'-J. — 13. A nm. depuis ^J'. — 14. A om. 
dep. O^ols.. — 15. A om. 



Ell Tan 50 du regne d'Ozias, roide Juda, Peqacli,fils de Remalya iRoHma/v«). 

commenga ä regner sur les dix tribus d'lsrai'l et il occupa le trone pendant 

' A ii3 V. 20 ans. * De son temps Teglatphalasar, roi de Babylone, fit une incursion : il 

combattit les Israelites et emmena en captivite k Babylone iin grand iiombre 

d'entre eux ' . 

Lorsque mourut Ozias, apres un rfegne de 52 ans, son fils Joatham liii 
• B 1.51. succeda el regna sur la tribu de Juda pendant 16 ans; il vecut ' 41 ans. 

A cette epoque, prophetisaient les prophetes Joel, de la tribu de Rube?ü 
(Roubdl), et Michee, de la tribu d'Ephraim. 
" c 117. Alors aussi fut bätie la ville de Rhodes, qui est une ile * de la mer. Ptolemee 
raconte, dans son livre du Canon, qu'elle se trouvait au milieu du quatrieme 
climat. Elle subsista pendant 1405 ans. Ensuite les Arabes la detruisirent et 
emmenerent ses habitants en captivite^. 

Apres la mort de Joatham, son fils Achaz lui succeda et regna 16 ans; il 
vecut 36 ans. II se souleva contre son Seigneur, servit les dienx des Gentils 

1. Mich, le Sy«., I, 80. — 2. Mich, le Syu., I, 81. Cf. G. Sync, I, 334,.^. Agapius ra- 
conte la prise de lile de Rhodes par les Arabes dans la seconde partie de son histoire. 



[187] .lOATIIAM. ACIIA/. '«9 

j^ Uli ji/^i U^\ iL. U_jy_ Ja^ ^v« '^>~"3 ' ^'L.jj ^v ^^i -^'J^ ^>^ ^^ 

diu -^^^U dJU; Jl lij^_ ia- ^.U * Jli-I doJ 'M^ Uii^ (»j:. Ij--j '-',nt^"^^* h im v. 

cU. jUlj ^jl> j^:> Ji <^Uj d^ b-^jU <l;_j^j "^i-J^J ■»JLj UajJI SS 

^1 [^^] ir^l JriL-l ^- J'L-i ^ dlL jl^l dÜ. j,^ ^bi ÖJI Jj 

^u_i)i ^u pjC^i '^ ^ ^^ öM ^i jj 

^i_L- ^Lt ».jl ^^,~.lJ^ diu Jli^l diu ^ jUr ö- jj 

dU. dLU Jjl ^yi V 'Oi>o>Vl pA ^ÄJl ^3j ^ diu ÖJI dllr jj 



1 C IJU«, ^^ aI>,— . i s r^l^ B UU,, j jU. — 2. A om. ces deux mots. — 

■■ -<; \j "j^ — ^ ^j \j' ^ 

3. Ici commence la lacune du ms. A. — 4. CB — U v,::,^. — 5. C j-^. — 6. B ^j^- 
— 7. CB Li-— i" = la mosai'que. — 8. C ,-.juJi-i. — 9. Ici se (ermine la lacune du 
ms. A. — 10. A l-^f-'^l 



et adora leurs idoles. Alors Dieu suscita contre lui Racin, roi de Syrie, et 
Peqach, fils de Remalya (Roumalya), qui massacrerent 120.000 combattants 
de la tribu de .Inda et en emmenerent captifs iin grand nombre. Achaz, * roi * b i.ü v. 
de Juda, envova des presents ä Teglatphalasar, roi de Babylone, et lui 
demanda son aide et son assistance. Ce prince lui preta secours et, arrive ä * c u? v. 
Damas, il combattit Racin, roi * de Syrie, dans le pays d'Esch-ScIiam, le 
vainquit et le tua; puis il emmena en captivite un grand nombre d'habitants 
de son royaume ' . 

En l'an 2 du regne d'Achaz, Ilosee, fds d'Ela, monta sur le tröne des dix 
tribus d'Israel et regna pendant 9 ans. L'annee suivante, il appela ä son 
secours Adramelek, le Kouchite, roi d'Egypte'. 

A cette epoque, se fit connaitre le sage Thaies, le premier physicien '. 

En l'an 8 du regne d'Achaz, Salmanasar commenga son regne qui dura 
pondant 11 ans '. 

Cette meme annee, le premier roi des Romains (Roiini) qui etaient les 
Francs, non pas les Grecs d'Orient (Youiniiiii/oun), monta sur h' trone. hemus 

1. V. 11 Rois, .w I. 19. — 2. G. SvNC, I, 384,.2. Mich, i.i; Syu., 1, 83. — 3. G. Sync. 

I, 402, „.,7 (Rus. (7ir., 11, 88 Hd). C/u-on. Pasch. Migne, t. CXII, col. 350, , (Eus. Chr., 

II, 8S Hdi : TtpwToi; '^uoixb? lAösocpo;. Micii. i.K Syu., I, 89 : le premier physicien ou 
naluraliste. — 4. Mich, i.e Syu., I, 83. 




I 




AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [188] 

L«jj öj^ ^Uj ^ ^yj^'^jjj * c^j^'^jj öTfT'J'^^ r-jJ' ij^ 

«OLLaJ <J>-\ Ja <^'ji <-^ iV*-'^J ULj' ^Li '»-«jj 'U—l L*L»-wj AjM dXUj iji-l 

(^Vl v--_ÄJ' y^ t5-^l ^' er^^ ^-^ O-« '-^'j ■' (j-jVUjjj ^jl;U_5j jl JU>j 
' C 118. jl ji_«_cjj L>.=J1 Ulj («jJl Jl Ä.--«jj ÖA.« ^ jLijiLU jl jj.^i« La i^iSj 

ijliii rt-j^l jJ^ i^JJl ^fj\ A-^ 0*^ r^'-'' '^■^^ >:uioj ^^*-* ^^ (^' j^J 
ij'J jl (♦-*'jL'*-^3 C-J-''' Uiv^ j^jj l^ lij j^wäJ^VI ^jjl j^^ (j^ jl Uaj^ 

^ ^jJjiJ SjUI jIIo" j i_:;Vl dür ^jJj L^ ^j.« ^-«^jj L^rJ^lj U,;:«.^_^i j»:i]i Icy | 
jLT vil!-o_5 ' (♦l-iJi ji^y |V-^'' d^j' j*-« — > '-^^ Ls'^Jr ij' — . J^ i^-^' 

^_^_i (_5;i;_jJI jUJl JjLtj ^yf^^rsVl jLÜl ^ ^b yt. ^-v)l o^j^^ ' 

1. A ir'i^'iji ( ny^5i- — '^. A lyjj C om. — 3. C om. depuis Ljo^. — 4. C om. J^>.'-=. || 

— 5. C J^L, , w--. — C. B ,UJ=J. — 7. C , ^».j^. — 8. C om. 



♦ B 152. [Roumänäous) et Romuliis regiierent sur les Romains-Francs; * ils bfttirent la 

ville merveilleuse de Rome. Les deux freres regnaient ensemble et ils appe- 
lerent la ville de Rome du nom de Remus. (Romulus) regna pendant 38 ans; il 
attaqua son frere et le tua. On raconte que Remus et Romulus naquirent d'une 
W-/.<xivx, c'est-ä-dire d'une louve. C'est ce que representent leurs statues 
sculptees qui se trouvent jusqu'ä ce jour dans la ville de Rome. Quant aux 

• c 118. savants, ' ils racontent que leur grand-pere Amulius, pensant qu'ils etaient nes 

d'un adultere, ordonna de les jeter immediatement dans la foret; ils y furent 
jetes. Le nom de leur mere fiit Helene (Aelia, Ilia) ', qui etait pretresse d'Ares, 
c'est-ä-dire de Mars. Leur grand-pere pensait qu'un cavalier des Romains- 
Francs avait commis Tadultere avec eile. Les savants et les poetes romains 
racontent qu'Ares la rendit enceinte, et qu'il eut d'elle Remus et Romulus; 

* B 152 V. puis * que, lorsqu'ils eurent ete jetes dans la foret, une femme qui faisait paitre 

les troupeaux, les trouva, et saisie de pitie, les prit et les nourrit de son lait. 
Dans la langue du peuple de ce pays on appelait ceux qui gardaient les 
troupeaux, Liqouniyous, ce qui signifie dans la langue grecque « un loup » : 
ainsi « Liqounij'-ous », c'est-ä-dire « pasteur », appartient ä la langue franque 

♦ c 118 V. et signifie dans la langue grecque « un loup ». * On les appelait ainsi, parce 

qu'ils faisaieiit toujours paitre leurs troupeaux dans les deserts et les 

1. Dans les chroniques grecques « "IXia ». 



B 153. 



: 119. 



riso] ROMULUS ET RRMUS. 51 

L>^_ l^Ü ^^ ^L^ Ij.- Z.\^,3 l,^U ^l^^ 1^>U ^jj jl L<^J1 e>. J^J 
IaJj L^I Laa^ ^j^l jl= :^-^b ^ '-i^ t^ ^yj ^^J^ ^^ '^^^ "^ ^-5 

,U d_- ■ 'i^v. ö* ^^ ^^^' ^'^^ ^^ -^' ^"^' k^ ^^^ ^ ^^^^ cs^^ *-^'' 
::^U jyC, jl ._^ Ul ^j *^;^jbj ''o«^..-' ^ ^^^ ^J^'^ vi^- Ot-; ^ 

_jy VLijlSIj IJ^^ Jjljkt Jl U-_^ j,--- jis^ Li; ^^l'l^ ^.^ L<L Ui 

J l^L^ ÖJI Ö.3J ÖJL. JjJ- jvLi ü-^j dlUj <LSJ <^\ * ^jVUjj ^ er-5^'^3-^ * '-• 

1. Depuis LOj iC 117 v,) A donne un recit tres abrege. — 2. A om. depuis v-lXü^ii. 
— 3. A om. dep. ^^ß J. — 4. Bj-^b. — 5. A j=j^3. — ß. B -^,j. — 7. A om. depuis 
Ji, _ 8. r om. A c^ J, »-..^=«j. — 9. BA c h=^ Jvj »U. 



lieux sauvages et qu'ils y vivaient comme les betes feroces et les bestiaux'. 

Un savant raconte que le mari d'Helene (llia) ayant passe la nuit avec eile, 
les engendra alors tous les deux et que cette merae nuit il mourut, la laissant 
enceinte. Puls lorsqu'elle les eut mis au monde, leur grand-pere Amulius 
crut qn'ils etaient nes d'un adultere, * et c'est pourquoi il ordonna de les • b iös. 
jeter dans la foret, parmi les betes feroces. 11 n'y a rien d'etrange qu'Helene 
(llia) les ait congus en une nuit, puisque nous savons dejä que Thamar conout 
de Juda, * apres avoir dormi avec eile dans un carrefour, et qu'elle eut de 
Uli Pharez et Zarah -. Nous ne nous etonnons pas, non plus, que le mari 
d'Helene (llia) soit mort la meme nuit. 

Lorsque (Remus et Romulusj eurent regne ensemble, comme nous Favons 
dit, pendant dix ans, ils passerent ä l'inimitic et ä la haine et en vinrent aux 
mains. Romulus se jeta sur son frere Remus, * le tua' et regna seul. Mais * ^ n-'- 
apres cemeurtrc, pendant toute l'annee, la ville de Rome ne cessa d'etre agitee 
par des tremblements de terre, ni ses habitants de se faire la guerre et de 
s'entre-tuer. Alors Romulus adressa des priores ä Dieu pour lui demander de 

1. Dans les clironiqucs grecques il s'agit des Xuxaivai-louves. ^ . .1. Malalai; Chro- 
nographia, p. 179 led. Bonn.) : eU Sä tV /.««pav Ixei'vyiv Xuxaiv«; xaXoüciv iw; dtptt Ta; j^^iopixa; 
Ta; ßodxouoai; Tipdfiaxa, u)? dei xöv ßi'ov xat Trjv oioyioyV eX°"'*^ f"" Xuxcov. Chr. Pasc/l. MiGNE, 

t. CXII. col. 297 et 300. G. Cedrexi llistoriariim compendium, I, p. 257^, 'ed. Bonn.\ 
— 2. Genese, xxxviii, 13-30. — 3. Agapius dit ici par erreur que Remus tua Romulus. 



' A 1». 



52 AGAPIUS. KIT AB AL-'UNVAN. [190] 

j<C_r V) ctLUI j_^^ j_jic di« dJl^l ,_r^' ^/^ diiCU ij.x. ^ •''ci-»:' V 

♦ B 153 V. ^ L..1-5 ^j-J^'^JJ cU»s * ^Ä, VI piJl \^ IfUi "Vj JjVjJlj JliiJl ^ ö_jJl 

cU-L. ^LJI iÄjJ c~«j-U <^1 /;Ä^3 'UjLj ^ r^^„ j^ ^'-^ *-^^ ^J ^cLä^ L^j 

• C 119 V. ^^j ' l:i^j Ll^j l;^l ol^»^ J=li)Vi ^_i-»^" ^j ^^3 ^Vl j -'iiUI 5SÄÄ pjl 

^It AjL« ij=J\ -j^ ' ^o^^jj iT-V"^ ^'-^ iy^ *r^' L?'' c^j^^i-'' j^--" -^ "-^-^ 

^ ^_^^.....fl Tj ^0^^;' '^'^ <y^ JX^^ ^^ CS"*"!- '-' -5 --'V^J '-'t^^ ^^^ V 



B 15'i. 



1. BA *;--. — 2. A wiT J,. — 3. A Jkj ^. — /i. B ^-^^'-=3 , .i^:^' »j.?^ J^ ^ A 
i.,i! Jlx^ ic. — 5. Hoc in B. C j-j^t ,^}~' s^W! sJu» vj:^^^ A om. — 6. A om. dep. 
^^■^ (C 119). — 7. C om. — 8. C om. — '.). A oJlk.. — 10. B ^y' A ^ouu,M U5' 
^. — 11. A Uw. — 12. A , ^j-^y. — 13. A .bl _j>j. — 14. C om. ^^^v-j. 



faire cesser les tremblenients de terre. Üieii liii dit dans un songe : « Las 
tremblements de terre ne cesseront dans ta capitale que si tu places ton frere 
ä cöte de toi sur le Iröue royal; ce n'est (ju'ä cette condition que la ville 
cessera d'etre troublee par la guerre et par les tremblements de terre et que 

♦ B 153 V. ses habitants seront ä l'abri des chätiments. » * Alors Romulus fit faire une 

Statue d'or ä l'image de son frere; il Ui plara ä cöte de lui sur le tröne, et 
lorsqu'il commandait ou defendait, 11 parlait au pluriel, en disant : « Nous 
commandons, nous defeudons, nous faisons », et ainsi de suite, en s'exprimant 
toujours en son nom et au nom de son fröre. C'est pourquoi les rois des 
Romains s'en tiennent ä cette coutume de parier au nom de deux personnes. 
lorsqu'ils commandent ou defendent, depuis le temps de Romulus jusqu'au- 
jourd'hui, par exemple . « nous commandons, nous defendons, nous faisons )i, 

♦ c U'.iv. * et ainsi de suite. A peine Romulus avait-il place la statue de son frere ä 

ses cötes sur le tröne, que les tremblements de terre cesserent dans la ville 
et que le peuple deposa les armes. 

Quand il eut bäti les sept remparts de la ville de Rome, dispose et orne 

• ses rues avec art, Romulus fit une grande fete. 11 appela Mars ce mois qui 

est la nouvelle lune de nisan (avril) et qui correspond toujours au mois A'adar 

* B 154. (mars), oü a lieu l'equinoxe. Ce mois s'appelait * auparavant Primus, et la tra- 



[191] ROMULUS ET HKMUS. 53 

J J^. ^'ij j'^^Vl iy^j ^vVl jLÜi 2^ '^^^ ^-r^i — >-*^ ^^ ^^'^ 

J^ • ^S\\ J^\ I-U3 :\;l^>l j^ iß 3J5 k->:- ^jVl ^i=r ^^\ a)li -cp-u. 

J^l >1 A.t ^Jjj^l ö^ ^^j o^ jn^.J (v^^ ^.W^ 
" 1 Ul ; J ^^j j.j^Ü 1^^ ''U-ic ^ Itlj L»-^ i-V^ ^^j ->-; 0- o^ (*■' 

LjO ;^J1 ^^. ^^t^Vij Jl::iJl3 ^^'i ^^>3 ^^^1 ^j-^** ^3^^ '^"^J^ ^'' 0-3 

^1 ■^^y L ^o^'''-3J j'3 * ^ <^^ (^,'^'■3 rr-^^ ö^ rtr:; ^^'^- p^^^ * « i.v, % 

>l j. Li ijl:>«-llj biU^'b ^^t^Vl ^^>t L-r<i V3-^ '^--^ j -rtr-^ ^:-*^ 

1. A om. dep .>'^". — 2. A J.^. — 3. Ici commence la lacune du ms. A. — A.Bj^j-^!. 
— ö. B U*J. — G. C liäl B liU ÜiraTOi? Cheikuo : L^U (p. 91, 1. — 7. BC ^f. — 

8. f_.L^i, 



(luctiuu (du Marllus) est luois d'Ares, c'est-ä-dire de Mars; et Marssigiiilie dans 
la langue franque (latine) la beaute des fleurs, parce que, eii ce mois-lä, la 
terre montre sa beaute et se pare d une multitude de jolies ileurs. Les Romains 
celebrent cctie frte, que Romulus institua, * tous les aus jusqu'aujourd'liui, ♦ c vi». 
et Tappellent les calendes de Mars'; en ce jour-lä ils offreut des preseuts a 
leur roi et s'en distribuent les uns aux autres. (Gelte fete) ressemble ä celle 
de la nouvelle annee {Naurouz) chez les habitants de l'Orient. 

Apres cela, il fit une (aulre) grande lete oü il distribua beaucoup de lar- 
tresses aux Romains. 11 etablit i)onr eux les 'j^aToi (fonsuls?), c'est-ä-dire les 
chefs des alFaires publiquos". 

IJepuis cctic epoquc les rois prirenl 1 lialiiUidc de jclcr la divisiou, la 
<Tuerre et le desaccord parnii leurs sujets pour les distraire d'eux-memes, 
par la gucrre civile, et les laisser s'entre-detruire. ' Romulus bätit un cirque, • b 154 v. 
c'est-ä-dire nn theätre niervcilleux dans la ville de Rome, pour ecarter 
Topposition, le mecontcntenient et la rancune qui se faisaient jour parmi les 
habitants de la ville de Home, irrites contre Ini parce qu'il avait tue son frere. 

J. CW les chroniques grccques : x.aloZ-jza Tr,v rjaepav t^c Tiav/ippEwi; Mäpxi; iv xaiiTTt.) 
(.1. Mai.., 173). V. Chr. Pasch., col. 292 (ISIiüne, t. CXII). — 2. Je suppose le mot 
grec <. ÜTtotTo« » dans le inol du ms. L-iU = faliy.-i; mais je n'en suis pas siir, parce que les 
consuls n'exislaient pas sous llomulus. reul-eU-o laul-il voir ici le :iiot grec mutile 
« rt-.(Tp{xio<; »? Cf. Cedh., 1, 257 : (Romulus) toü; oc- itp£i6uT£po(i<; xsd £x.s'^pov«:; mXESausvo? 

Iäoitov TtocTpixiou; aÜTOü; xat TcposSpou; twv XoivSiv (X7te;pr,v6 ■KftfUkäTwv. Ici o'i irpoeSpoi Twv xoivwv 

Tt^a-(ij.atM\i cürruspondent aux -j»^s j^j. 



54 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [192] 

(-, ,.,y ^. i.l_^ ^J^^3J ' J-^3 '*-^' ^^^ "^^ o^r"' y' 'Sr'^ ^_^3 ^y^ ' ^->J' VJ-' ^-"^ 

ijUJlj Jl:l!l j_^0 ^lyl ^jl ^ ii^ ■^:i,Lik«'Vl üij» Ji.3 1j-£ ^^r-*^' 
ö-uJI Jjtl jv-üij /•_jJI ^\ ^3J <j-^ L-iVl ^jVl iÄA '-i/r^J o^^ W^ '^-^'j 

* B Ku.. iJ^ ^j-• ^^ j^J rj^J^ (_5!^ j^>'^ ^^ 0^ (n^ JUIj ijLptJI Cjys-J '^j^ — » 

'•'Lj.lylj ^OtirH^ 
♦c 121 "^ \^Cu (vftAcj l^jLx^ '"^^j^Äs^l i~«jj i^y-« jt-^ ^y* j^ •'j'— ^ Jj 



1. B ,.y.^\. — 2. B om. — 3. B ^— C-k_^i. — 4. B ., J^. - 5. C om. — 6. B 

,f.^o~iu. — 7. C .y^- — 'S. Cheikho : ^,js^\ (p. 91). — 9. Ici se termine la lacunc 

dans le ms. A. — 10. A ^— =^. — 11. A .sJ^'. — 12. A -^1. — 13. A add. L^" r^i. 



• G 120 V. Romulus fit * une fete en Thonneur du soleil et assimila les (quatre) elements 

ä un char attele de quatre chevaux', sur lequel on faisait la guerre. 11 
donna des noms ä ces quatre elements : (il appela) la terre Prasinus, c'est- 
ä-dire verte, ä cause de son herbe; il iiomnia la mer Venetus, c'est-ä-diie 
■ couleur du ciel, parce que la couleur de l'eau ressemble ä celle du ciel ; il fil 
la couleur du feu rouge et celle de l'air blanche. Ces quatre choses existent 
dans la ville de Rome jusqu'aujourd'hui. Les habitants de la ville se divise- 
rent en deux partis, et depuis lors la guerre et les combats durent encore. 

♦ B 155. * C'est lä une des ruses que les rois ont imaginees pour que leurs sujets 
s'entre-detruiseut et cessent d'etre dangereux, le roi inclinant toujours vers 
le plus fort des deux partis. 

' G 121. En l'an 17 de * la fondation de Rome, le roi en lit compter et denombrer 

* A IM V. les habitants; et leur nombre fut * de 950. OÜO hommes^. Huit ans apres, il les 

1. 11 s'agil dune course de quadriges (quadrigae). — 2. A ajoute : « sans compter 
les femmes ». Sur toiite cette histoire legendaire de Rome, v. J. Malalas, 171-180. 
Chr. Pasch., coH. 289-300 (Migne, t. XCII). Gedr., I, 257-259. Mich, le Str., I, 79-85. 
Pseudo-Dioclis Fragmentum, ed. J. Guidi [Corpus scr. christ. Orient. Scriptores Sijri. 
Versio, Chronica Minora, III, Parisiis, 1903, p. 288-291). 



[193J OSEE. 55 

', äJl > iJl Aju^ oiJj j«^' iyj 4jL «_^ ^iAC- «.Li (V*Afr ^»-1 \...!..^ jLoj -^ 

■'^__,_>JL0 iX..!-^ ;>jVl3 Ulj yij jUI ^\ oLik-Vl 

\.« ^lL»j A.J— - (.5*3 ^ r''»" o*-.^ ' »— '' ä-^ Jal— 1 t_J-Lo »t^iA liLU \^ 'U r O- ,_Jj 

^\J. Jl JlL ^^_^,_x:^U ^l. y> ''^J^Vl CJI ^j ii^_ J^ diu Jli^l dli, 

IjJ -j6 j}>\ ^>Lll dUr Ij J^.flVj La^^j J^_^11 ^M; i-^U ^ 1_^ lll:^ o^ ^Jl« 
j»j-Ac- -r y'^ C-'-'LSvj ^^lyj aJü». liJi ^L ^.,...ir i^ÄJi "^-^^«1^ ~l»,»^j jji^l_-l '^ 
••^p^Ljl ^_^ÄJI (.jill jV dUj Jj jUs ^_^wL, J\ dUi «iy pjJl:ü pL„)1j juVI 



om. 



1. A ^1. — 2. A add. '■-^'1 ^.-i. — 3. C ^^^j^ä, B ^jUy.. — 4. C tls A 

— 5. A om. depuis ^ Jij (B 155 v.). — 6. A jJj^l. — 7. A ^iJ—. — 8. A , ^..U.. 

). B jj-i^oii. — 10. A om. depuis ^J'- — ■ 11- B r>i;J>i, A om. — 12. A add. v.t-CJi 
>_y:J'. — 13. Ces deux mots daiis le ins. A. 



iit compter pour la seconde fois, et leiir noiiibre fiit de 7.000.000 d'hommes '. 

Oenomaüs, roi de Pise', avait egalement institue et celebre une feto ' b iss 
eu l'honneur du soleil le 25 du mois d'adar (mars); il avait organise le combat 
et la lutte sur terra et sur mer et subordonne au soleil ces quatre elements, 
c'est-ä-dire le feu, l'air, l'cau et la terre\ 

Ell Tau 9 du regne d'Osee, roi des dix tribus dlsrael, en Fan 8 du 
regne d'Achaz, roi'de Juda, eu la premiere annee du regne de Salmauasar, 
rui de Babyloue, Salmanasar attaqua la ville * de Samarie, capitale des reis ♦ c iji 
des dix tribus d'Israel; il campa devant eile et, apres l'avoir assiegee pendaul 
trois ans, s'en empara; apres quoi il emmena en captivite ä Babylone les 
liabitants des dix tribus d'Israel. Puis Salmanasar, roi de Babylone, envoya 
iin grand nombre d'habitaiits du pays de Mossou[ et d'autres villes, pour 
garder le pays oü les Israelites avaient habite. Ces gens furent appeles Sama- 
ritains, ce qui signifie en liebreu gardiens ou gardes. Mais les lions et les 
betes feroces allaient les attaquer et les tuaient. On rapporla le fait ä Salma- 
nasar qui dit : « Peut-etrc ccia est-il arrive, parce que les gens que j'ai 

1. A ajoute : « sans compter les femmes ». — 2. Ms. : « roi des Perses ». — 3. V. J. 
Mai.., IT'i : 6 o£ vtfi, W\Q-t'\wi /wp»? [liuiXsu; Oivouao;... Chr. Pasch., col. 292. Mich, le 
Syh., 1, 84. 



56 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [194] 

^ti ^jAju Ji^l_^l ^^ <Lp ^ isAc |»jJl <p-3j ^\s iJJJI dll" «^1 Aj^ j^,^»'. "^ 

' B 156. -^ jvLä) V />--).^l— Jl IjjL^ " cii'i o.>-\ /w«3 (»j-x- c-LJl tS.Ss_«li i>A>j 4jj iJi 

•G122. 4^- j lym _^5^ jj^l ^ ;^^ ^1 ^j^-H-J ^-^3 V>^^ ^^ * ^^ ^"^^ 

'k*I.w «** " t_^ jl^C^ tJüL) ^».^AXo <*^_5v— L« 'yA "C^ <Ow jftj «Cw *»**w<k.>-J AjfcJ^l A) L^- 

♦ A 145. V. aJJI ills * ^^j^alSo 'IJ'Ü JD; ^j-ALJ1 C~^ dUJI ^_^jIä1^ \j£. jUjJl ^j Jj 

\JLJj *__»i-3 1 iJl "^.L« Ajj Jl p 5^3 M^ Ju.=- vJA.LJ1 Lijj>- ^!>Läj \Jtys-j i^L_£ 

* C 122 V. ''^Oj_=^J i_^L_£ JU-S Ji ' '^»J.^^^ Ol ^^IjJ '^Vyi. ^_jU-L- ^r^^ .i->-J 

* B i."if; V. iV*^ "^^^ ^-^ <iiLij "ÜJjis ^Jc- ^3 

1. A ^iL'l '^O:; 5^! ^. — 2. A^v~i ^. — 3. A jj^ßi.^ y:^ "^. — 4. A t_jj3-C »*_;. 
— 5. AB Li^. — ß. A w^j.Urn— J-)1j ^U v^CUit. — 7. A om. ces deux mots. — 
8. A wvoU:;^-'. — 9. Au Heu du passage depuis Juli le ms. A donne : X-i .,.-' ^^ 
wi!l .f.jUij L«jwi._; joU ^J'^1JJ' oX.U >,^o.Ur:;-. — 10. A om. — 11. A s^J. — 12. C 
j.jj^j~. A om. — 13. A add. ^y^' "^a- 



envoyes ne connaissent pas le culte du dien de ce pays? » Et il leur fit 
envoyer uu certain nombre de pretres israelites, qui ne leur enseigneraient 

* B 156. que la Torah : las betes f^roces s'eloignerent. * C'est pour cette raison que 

♦ c 122. les Samaritains n'acceptent parmi les proplietcs que * le seul Livre de la 

Torah. Ils se disent les vrais Israelites, mais ils se tronipent, car ils ne sont 
que les descendants des gens venus de l'Orient'. 

Apres la mort d'Achaz, roi de Juda, son fils Ezechias regna pendant 29 ans ; 
il vecut 54 ans. En l'an 6 de son regne, Sennacherib monta sur le tröne a 
Babylone et regna pendant 9 ans. Alors il fit une expedition contre Jerusalem, 

• .\ 145. et il avait pour secretaire Bocht-Nassar. * Mais le Seigneur, exaugant la 

priere et les supplications que le roi Ezechias lui avait adressees, fit perir 

185.000 hommes de son armee. Son histoire est ecrite dans le Livre des 

Rois d'lsrael '. 
- c 122 V. Lorsque Sennacherib eut pris la fuite, son fils Asarhaddon, voyant ' que 
* B 156 V. ses troupes avaient ete exterminees, s'empara de lui * et le fit niourir; puis il 

rägna apres lui pendant trois ans. 

1. Mich, le Syk., 1, 85-86. V. 11 Rois, xvii. — 2. V. 11 Rois, .\viii-xi.\. 



[195] HISTOIRE DU ROI EZECHIAS. öl 

-*ö. /r*j'j CJUj- jl-Ü. 7-Jiy '«^^ ^>=^ *-^^ Cr* .J~^ cT"*^ "^"^ '^-' 



U 



H 157. 



irjVI JjUj (.L^^'l ^U <jl3 ^Ul ^^ j ^01 ^jl dlUI -^IJ^ jl ^y<^ 
jLij .,c_ ^\ j>u> ^U 'L^l Liii ^1 '''li--^j ^1 ''L-il a;U3 J jl<j 

jijVi s.u "jt ^V^->-' -— ^' ^ ^~- '-^^-^^ "'^-^^ ""c^r^^ c:^^ 

^jU-u- ^\^\ J '»4j (^jll * 'i'y^S "^"^ J fM^^ ''^— ^' J^ r^ fL^Vl i.AÄ^3 ♦ c 1-23. 

^yX cI.L ^^jIäI- i-»^ ^^p-ij <c>Ls <.Ül «.^ <Cj^ ^ 

^b ^''[r- ^i>'j ^>^ '^^ ^^ ■'"*i>'^ ^rJ^'J J-^1 esr^^ «^^»vJ '''-^^^ 

1. B .,1jIj --^jy A om. — 2. A om. depuis i^ J,^. — 3. A ^-J' J'^^- — 4. A 
JLip. et infra. — 5. A Lxi^. — G. C LO. — 7. A L-^.. — 8. C om. — 9. BA om. — 
10. C ^^y BA -^j^'f:. A add. f^y-. — 11. C ^. — 12. BA Sj'—i. — 13. C om. — 
14. BA 'i\f\. — 15. *x,v^ B ijcL- A om. — 16. B^. B \j~, A om. 



En Tan 1.") du regne trEzechias, Merodach-Baladaii regna peadaiit 
48 ans'. 

HiSTOIRE DU ROI EZECIII.\S. 

II est ecrit que le roi Ezechias donna satisfaction ü Dieu dans toutes ses 
actions : il abolit au milieu de son peuple les idoles et leur mite, purifia le 
Temple du Seigneur de toute souillure et impurete, le sanctilia et y mit des 
pretres, ä la maniere dont le prophete David l'avait fait. 

A son epoque vivaient les prophetes Isaie et Michee. Isaie prophetisa sur 
l'avenement du Messie. 11 y eut [aussi] le propliete Osee qui, durant toute sa 
vie, exliorta les Israelites, les detourna du culte et de ladoration des idoles 
et s'astreignit lui-meme ä la prierc et la supplieation * pour ohienir de son • c 123. 
Seigneur (ju'il eloignät Seuuaclir'ril) de' son peuple : Dieu exau(;a sa [)riei'c et 
brisa la colere de Sennaeliürib, roi de Babylom'. 

Dieu voulut que le propliet(^ Osee connüt la durete du cteur des Israelites • u 1,.:. 
et leur opiniätrete a son egard. II dit donc ä ce prophöle : « Va, öpouse uue 

1. V. II Roh, XX, 12. 

i'.vrii. UK. — 1. .VI. — K. 1. 4 



58 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [196] 

«jys, jjii "^p^ r-r^^ '^^ ^^3 '-'f.l^^ cs^. ilr° '^-^ -r^ '-'^ ls"^*^ t^ ^^ (^^ 

fr:' 

B 157 V. i33\:> "UJl dj^ (_5^^ ^_ri' i-^ j^ ^'^^J *~-^' J ^^»J' ^Ir^ ji^ J^i/»^-*^*^ y^^ 
jl^WI yfci !s^^ ^Lc eT'^- ö^ '*"^'-5 '*'*-'-' ö^ O^'^'"- '^' ^■*^-^° ^"^^ -AijJlj ^1 
^^Ij^Ij ^U jV ^j^J 'S -^^ ^-^'3 -*^3 '-*-* "^^^^ i*r^*:. 0^3 "^^'^ "^ Cr* *^^" ^ 

1. A Lv.-'-i. — 2. C om. — 3. A ^,^^^sr^l. — 4. A^' J.. — 5. B JjU ^_^ A ^_^. 
— 6. BA J*^» C J.W. — 7. C om. — 8. BA j;_;^'. — 9. AC 'i.^.. — 10. A ^/. — 11. A 



femme repudiee qui se prostitue publiquement, et une autre femme qui comniet 
l'adultere en secret. » Le prophete Osee fut stupefait de cet ordre de Dieu et 
il en coiTKj^ut un cliagrin accablant. Mais Dieu voulait lui faire connaitre son 
peu de patience en comparaison de celle du Seigneur envers les Israelites. 
La verite en effet, d'apres le prophete Osee, c'est que plusieurs d'entre eux 
adoraient les idoles en secret, et les autres publiquement. C'est pourquoi 
Dieu lui ordouna d'epouser une femme repudiee qui se prostituait publique- 

♦ A iw V. ment, et une autre qui commettait l'adultere en secret, * pour obtenir du 

prophett> qu'il n'importunät plus son Seigneur ä cause d'eux. 

♦ c 12.3V. II est 6crit * que le roi Ezecliias s'engagea ä se vouer exclusivement au 

Service de Dieu, sans se marier, parce qu'il se rappelait la promesse et le 
serment que Dieu avait faits au prophete David, ä savoir que la race et la 
posterite de David ne cesseraient d'occuper son tröne jusqu'ä la consomma- 

♦ B 157 V. tion des siecles'. * Le roi Ezechias songeait en lui-meme et disait : « La 

benediction que Dieu a donnee au prophete David et la promesse qu'il lui a 
faite, ä savoir que sa race et sa posterite ne cesseront d'occuper son tröne 
jusqu'ä la consommation des siecles, — est une bönediction parfaite de Dieu, 
lequel ne saurait jamais retirer ses promesses ni ses liberalites. Comme mes 
peres et mes aieuls se mariaient et avaient des enfants, la benediction passait 

1. II Silin. , Ml, 11-13. 



I4G. 



•197] HISTOIRE DU ROI EZECHIAS. 59 

j\ ^vi ^ ^\i J ^\i -y. ^ui7 i;^^ji c^L<a ^V3Vi jj^^j j^3>. l-^ 

lÄjJ jl Jfr '*dLUJI Lij.=- ^5C Jj -^Jj^Ia)! y,i ^\ ^JJb ^^ ^li ij-j^^i 
dUi a:^ '^<^: J ^<JjLj cU ^^Ä,i| ^^ ''^Ljlr ^1 :>3j1jü a.01 Jli; ^^jLH 'M_^i 
-c. ^U ^.^^_ '■•^jl ^Ul Li^J iijij _Äil <) Jl^j '«^1 l_^l 0^1 ^Ül ö.« 

■-iJ-*t' _^* '^^ •cLäJI ^y_ j.^r^J Oyj-*! o"*^' >^ ^"^ (^, t^r*!. "^3 •-•>*i ^'^ ' b iss. 
«J Jls ^L vjlUl Lijrs- jji_^ '-^j^^IjJI ^i, LL libl <_jL; J -Ai vi_> La, Vj 

>i«f"3 jj^ '-H-*^ '^ t^ '^L-' j jU- Ui '~*4:.Ji J_^ aJI ^ij ^1 Lt-ii 

As" ^J\ j\ ^ Jli a.Ul \Jj^ J\ ^il ^ JlJj ^\: ^\ Lcil dl ^j i9Ar>u' 

1. B add. Lo! A -S. — 2. A _C1^ , .J.i . ,-j1 ^, '^jo , J^! Ü' JU,. — 3 A 
^^.^^IJt^^i ^'1. — 4. A _^n Jlr.-^^- — 5. A add. i^JI. — 0. A add. y,^. — 7. C 
iL^lj A om. — 8. A add. ^H Ijj^. — 9. A ^I Jl^^^^^ J'- — 10. C om. — 11. A 
Jyi. — 12. C om. — 13. A dep. B 158 ^M JUt ' Jj J .yj wl x^j js ^yk US' ^^^Jj 
y--'. — 14. A om. depuis iiL. — 15. BA JiVo. — 16. C v_jlyJl. — 17. C C-;-^. — 
18. C iibU A om. — 19. A depuis A 146 : wl^ J^ JJl ,1^ jj^ jjt oJJt Jj yj) jjt. 



de Tun ä l'autre, dupere au fils, qui heritait ainsi du tröne du prophete David. » 

Et le prophete Ezechias s'imaginait qua, s'il restait vierge * et ne se mariait •> c 124. 

pas, il regnerait et occuperait le tröne du prophete David jusqu'ä la consom- 

matiou des siecles. II n'avait pas compris qu'il fallait Interpreter autremeut 

qu'il ne s'etait imagine, hi parole adressee par Dieu au prophete David. Mais 

sur ces entrefaites Dieu lui envoya le prophete Isaie en disant i\ ce dernier : 

« Va et dis au roi Ezechias de faire son testament en faveur des siens, car il 

va mourir et ne vivra plus » ; ' comme s'il disait : <r Les gens mourront et • n lös. 

revivront au jour de la Resurrection; quantä lui, il mourra et ne revivra plus, 

parce qu'il s'est imagine qu'il resterait [vivant] jusqu'ä la fm des siecles. » 

Et le roi Ezechias tomba malade, aussitöt que le prophete Isaie lui eut dit et 

rapporte la parole du Seigneur. Sur sa couche, il se mit ä pleurer ä ohaudes 

larmes, en proie ä la tristesse. II crachait contre le mur, en disant : « Vi pour 

cette boue immonde d'oü je tire mon origine! * et je croyais vivre jusqu'ä la -c 124 v. 

consommation des siecles! » Puis * il rappela ä Dieu ses actions et ce qu'il ' .\ r.«. 

avait fait pour contenter son Seigneur. Dieu agrea sa priere et lui envova 

pour la seconde fois le prophete Isafe en disanl ä ce dernier : « Va aupres du 



60 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [198] 



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\a\J.3 



* V. 158 V. Jl j„»^l cAäjLT jl «„.-jSöu iÄA C-~J "»-i-j' ^ lilUi Li'^ JlÄi ~ «LjI jli-l 

j »ä'I !sÄa Iji-U^ ^1 ^*f>^ (V^J 't~>*' ''^-%Aj ,r-«-^' _;^' o'- — - ""^V <«l-»i 

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*c 125. *^oU- jL'ltU c^ (.L; "^ JljjJI cij jlpJl ^-^ tw.ll xi j '"',^—^'1 * >l^jL^ L»^ 

ü1a_J1 '-'x^La ljPj,li3 033 ij «l'jLaJ J^^öJl jJl Jl Lül iiwj ^ ^„.-^l .::.x^j 

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» B 159. (>LJl3 ^UkJl Jl ci^\ * dl'i> J ^jrül Tt:=^l3 -'^L- C..W C-^rj t,>__'l ia^-J j 



1. B O'-lj A :)'j. — 2. B dep. jlj donne i^l jUt «^.> ^^^^^Lij! A om. — 3 C ^^~ 
4. A Jji ^!. — 5. C Ji~.,I Jj. — 6. A om. — 7. A om. — 8. BA om. — 9. j 
ij. — 10. A JJ"^ .^.^yi ^^.__^-! J^"^. — 11. A add. 'iy^. 



roi Ezechias et dis-lui : Le Seigneur a ajouto (jiiinze annees ä (avie; et en 
voici la preuve : demande ä ton gre que le soleil, sur le cadran de ton pere ' 
Achaz, avance de quinze dogres, ou qu'il retrograde de quinze degres. » Alors 

* B 158 V. le roi Ezeclilas se dit en lui-meme : « Cc nc serait pas * raerveille que le soleil 

s'avan^ät, puisque c'estla voie de sa course et laloi de son mouvement. Qu'il 
retrograde plutot de quinze degres! » II dit donc au prophete Isaie : « Je 
demande que le soleil retrograde de quinze degres. » Or le soleil, qui se 
» c 125. trouvait * alois au milieu du ciel, ä midi, au moment oü il redescend, ä la iin 
de la sixieme heure, revint sur ses pas vers le cöte de l'Orient comme s'il 
etait au moment de son lever, a Theure de la priere matinale. 

Je ne vois pas bien, pour deux raisons, ä quoi pensait le roi Ezechias, 
lorsqu'il demandait que le soleil retrogradät : premierement, ce n'est pas la 
voie de son mouvement ni la ligne de sa route; secondement, souvent les 
gens, dans leurs travaux, leurs ocoupations ou leurs entretiens, passen! 
plusieurs heures de la journee sans s'en apercevoir; mais c'est lorsque le 
soleil se trouvait au milieu du ciel, ä la fin de la sixieme lieure, c'est lorsque 

♦ B 1,5«. les gens avaient besoin * de manger, les ouvriers, les maneeuvres et autres, 

1. Mss. : de son pere. 



C 126. 



11991 fllSTOIRE DU ROI KZECHIAS. <il 

'^^L^l ^ :^UL c^ j^ '^_^1 ,^j '^\J\ J\ ^J^i JL^VI ^.U~-'j 

<, c^-^j ^\ ' -r^ Vi ^^ *-*-/' ■Vr'-' ^'-^^ '^V^ ^^-^ ^*-' ^ -^'-'^ ' '■ ''■""'■ 

j_sl Jl L^l i^3 V-^ ö* "^-^ ^^j^ li v^^j-^i'i ^-'^^b -^'^ ;;i^. ^J 
c.^) '^Jiyi Vj^ ^11 LJl J^j Vj^ Cr cr^ ^^^ ^ ^' "^-^ ^^"^ 
jUs cW' «-i^'l ol-aJ jl^ _^^ ^jVl ÖJI J_^93 A_:.jVl H^"3 ^j^. "^^ 
^^11 ^Ui ji^ _j.ij ^^Jl J^ jUi ^W i=-I]l cL-i jl^ ^j ' i^>l c^ * ß '■"'•' ^•• 
ÄLujVI c^^^;.: ^ »-^Jl ^-'-^ j^ J_p"" ^^ o^^ j^^ j^i ^'^ <^ J^ J^ 

1. A add. O^j-" O-Oi ^. — 2. C om. ces deux mots. — 3. A C->3j U^cjLs. — 

4. A dep. C 125 v. JU! ^ ^JJ! , i^üs^l. — 5. C J'Ji-". — 6. C om. .. — 7. C om. — 

r I v-- ' — \^" ^ 

5. A yli.i et infra. 



de se reposer, que le soleil retourna sur ses pas, ä pareille heiire, et revint au 
moment de son lever, ä l'heure de la priere matinale. Alors tous les hommes 
durent le remarquer et le constater; * les animaux memes durent s'en 
apercevoir, sans parier des hommes. II ne faut pas au reste que quelqu'iin 
s'imagine que le soleil seit retourne du degre du milieu du ciel au lieu (l'üt. 
degre) de son lever sans le retour de la sphere Celeste * tont entiere. Aussi * ^ i'i6 v. 
nous disons que la sphere Celeste entiere retrograda, retourna avec toutes ses 
etoiles et ses astres — les etoiles restant ä leurs places — et revint du milieu du 
ciol vers le cöte de TOrient. Et nous ajoutons que, si le soleil retourna du 
degre du milieu du ciel au lieu de son lever, les trois signes du Zodiaque 
revinrent aussi sur leurs pas et les quatre Saisons de l'annee furent changees : 
si c'etait la saison du printemps, eile sechangea en saison d'ete; * si c'etait la ♦ n i.vj v. 
Saison d'ete, eile se changea en saison d'automne; si c'etait la saison d'au- 
tomne, eile se changea en saison d'hivcr, et si c'elait la saison d'hiver, eile se 
changea en saison du printemps; en Sorte que les quatre Saisons changerent. 

' 11 faut (Dieu te garde!) que tu retiennes et possedes bieu ces choses qui • c 12g. 
fönt partie des profondeurs de la science et des tresors mysterieux de la 
sagesse ; il faut que tu aies une connaissance exacte, lorsque tu interrogeras 



C 125 V. 



♦ B lüO. 



62 AGAPIüS. KITAB AL-'UNVAN. [200 

ijl^Vl i-U Ji. ^i^_ J<^\ pJ jl^ jl ^^^ v^^'^'b f>i' ^>J ^<-'^ 

LJjs- ^1 är'L''J -l^^l/'J ^^-"^ "^ o^ ^-^ ''j^-*-^ ^-J-V 'l'^ ^y>^3 
♦C 126 V. «>j-j^j dLlJI ^j:ir^ * ^b l«-^ J_yVl ^^}~j l»-'lj j^J'i ^;~«-^^ JJ-^ J^y^^ 
Lij». \£ _^^*^ iAli -'^•^' ^i'-^^ ^'^ i^v^ (j^''^ '^^ (^'^ ''^_>*J ^-l,*^ ^^^ 

Ua^L dÜÜl j^J^^ ii^Lj vÜIwH iOLi> ^ f-xS ''Us c li>j a^H L^j 
1. A om. ilepuis .r^;-:^.. — 2. C ^jLJ. — 3. A j'j BC ^L>.\j. — 4. C om. — 5. A 
s^i. — 8. A ^^y . — 9. C Jj. — 10. A J'-.J)^. — 11. A ^^-■_,. 



sur ce point les savants et ceux qiii se plongent dans la Iccture des üvres 
de science ou de litterature. Tu verras alors s'il en est un seul parrai eux 
qui connaisse de pareils mysteres et tu tc ri'jouiras de posseder ces tresors 
Caches de la science, que personne, excepte toi, ne connait, ni les sages, ni 
les patriarches, ni les eveques, ni les untres hommes. 

11 estecrit que Merodach-lialadan, roi de Babylone, envoya au roi Ezechias 
des presents, des cadeaux et des oifrandes, quand il eut constate que le 

• B 160. soleil etait revenu du milieu du ciel * vers le cote d'Orient. Les Mages adorent 
' c 126 V. le soleil, le l'eu, l'eau et tous les corps lumineux; * aussi le roi Merodach, 
temoin du retour du soleil, dit-il ä ses compagnons : « Je vois que notre dieu 
a ete mis en deroute ; il faut qu'il existe un autre dieu plus puissant qui l'a 
heurte, repousse etfait reculer. » Alors il s'en informa. Et quand il connut ce 
qui etait arrive au roi Ezechias et qu'il apprit la prophetie de Balaam le 
magicien qui avait dit : « Une etoile sortira de Jacob et un chef, d'Israel »', 

' A i'iT. il fut saisi de crainte et il eut peur du roi Ezechias; * c'est pourquoi il lui 
envoya des cadeaux et des presents, en temoignage de sa veneration, pour 
rechercher sa faveur parce qu'il le craignait. Ouand les ambassadeurs du 

l. Aombrcs, xxiv. 17. 



[201] IllSTOIRE DU ROI EZECHIAS. 63 

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4_1 ilij A» dl. ■LLw ^^ öl* j.\ «cl Li-, jU LJs "^Li-o <] -vjy dlUI Lir^ 

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a_li Ji ^3^Ü o-C pJ <;! ^ij (-3^^ J^ j '"-^^3 ^>"^'^ j-y^ ^'^ ^-^^ 
/^i yb3 Uj^_ j^l'-3 Ö-- ^\-^ ^,j^ ^l^ jL<o ^i psls j^ ^ VI jL.^1 

woW»)! ^^ A.i j"^ U ^y — 2. B add. AM ji. — 3. A om. — 4. C U.,^ A L^=j. 

— 5. A om. dep. (ji^. — fi- C add. ^j.Jj5j;i. — 7. A om. dep. l^. — 8. C om. 

— 9. A -iUJl. — 10. B i'-w. — 11. C i.^. — 12. C A^i')=^ B .1 Jj^ä-J A om. — 13. A 
om. depuis .^Hi' j»j. 



roi Merodach arriverent pres du roi Ezechias, avec leurs ofTrandes et leurs 
presents, celui-ci s'enorgueillit; il etala tous les vases du temple et toutes les 
merveilles qu'il contenait, * pour les montrer aux envoyes. Alors Dieu se mit eii * b ibo v. 
colere contra lui et lui dit : « En verite, dit le Seigneur : * Tout ce que tu as » c vii. 
montre et dont tu t'es enorgueilli, sera pille et empörte dans les contrees de 
rOrient; tes fils et tes descendants y seront conduits eu captivite'. » Sur ces 
entrefaites le roi Ezechias se raaria et engeudra Manasse, qui, apres la mort de 
son pere Ezechias, monta sur le tröne ä Tage de 13 ans. Son regne dura 
55 ans, et il vecut 68 ans. 

A cette epoque, dans la ville de Roms, (Numa) Pompilius regua pendant 
43 ans. II ajouta aux mois des Romains kanoun II (janvier) et chebat (fevrier); 
jusqu'ä ce temps-lä les Romains n'avaient connu que dix mois; (comprends 
cela!) et chaque mois etait de 3(j jours. 11 bätit et erigea dans la ville de Ronie 
le Capitole, * la premiere * des sept merveilles; il en elargit la salle et les ♦ b lei. 
chambres, parce qu'elles etaient etroites*. 

1. II Rnis, XX, 17-18. — 2. V. G. Syxc, I, 398,,^ (Eus. Chr., 11, 82 Hs,. ?kIicH. le 
Syr., I, 86. 



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64 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [202] 

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* c 128. ij^ * (V^''3 ''-*^^ ^.jL-i^l ^^jLä-L- du Lil« di« ^ (jr^i '^*~'" '^^ '-^-' 

r. 161 V. ^J"jJ-: 0"* '"'^y. "-^^ ^^jf.. ^^ '""^ ^' (3'* (Ixr~''^3 (^r-*' '''"^ <-?J 

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^<LJaiL»i «.».-"l; LaL^j V^^^3 ^r:^>^3 M'^. ^3 ^'*-3J (^'^ 

1. B U' ,;». — 2. A i.1 J ii^. — 3. C »J^ A !i~=. — 4. A O-CU'. — 5. Ces deux 

^ ^ ■ t - I ■ ■■ • 

mots dans lems. A. Ici commence la lacune du ms. A — 6. B ^--^^ — 7. C ^-'j^JLj. — 

8. C U.JJä. — 9. Ici sc termine la lacune du ms. A. 



* c IJS. 
B li'.l V 



Manasse, on l'an 1<S de son regne, fut emmene en oaptivite cn pimition de 
sa grande injustice, de son impiete, de son Opposition au Seigneur et de la 
restauration du culte des idoles; il resta emprisonne ä Babylone durant39 ans. 
II adressa au Seigneur des priores et des supplications et il retourna dans 
son rovaume oü il enleva l'idole ä quatre faces qu'il avait faite et placee dans 
Ic temple du Seigneur; il eloigna cette idole du temple et la fit brüler. La 
priere de Manasse est belle par sa tristesse et par Thumble supplication que 
le roi adresse ä son Seigneur; eile est inscrite dans les livres des chretiens et 
des juifs ' . 

En Tan 39 du regne de Manasse, Sennacherib le Jeune commenc^a son 
regne qui dura 31 * ans". 

En Fan 52 du regne de Manasse, roi de Juda, Byzance * fut bätie par le 
roi Byzos. Elle s'appelait auparavant Nicomedie et avait ete engloutie. 
Puis, 970 ans apres la fondation de la ville de Byzance par le roi Byzos, l'em- 
pereur Constantin le Grand, fils d'Helene, la restaura, Fagrandit, y construi- 
sit des palais, des theätres et des murs d'enceinte et lui donna son nom, 
Constantinople {Qastaiüiuiya} ■'. 

1. II s'agit de la priere de Manasse, qui se Irouve parmi les Apocrvphes de FAncieii 
Testament. V. G. Sync, I, 403-404. Mich, le Syr., I, 86, 87, SS. — 2. Mich, le Syr.. 
I, 88. —3. Mich, le Syr., 1,88. 



^2031 MANASSK. AMON. .lOSlAS. 6'' 



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iL. j^J\i jL-j iUHr ' ^UJ ^.l. ^U; ^'i^H c.-- jL.>'l * viUi Jj ♦C128V 
ö- ,\~^5 ' ti-^^ "^L^ '^^ ^X "-^^ '^^'^ "-^'^ ^^ 
'^ö- A^J ^^^^ j-^f^'^ >-'i^ "-^^ ^^' '-^^' ^-5 



B 162. 



1. C om. — 2. C om. — 3. C ^j^.- - 4. A om. depuis sj:^j':''j. — 5. B l-^j' A 
--..I. — tt. B add. Jl. — 7. CA J^'. — 8. A om. dep. oXli Jj. — 9. A üy-^. 
— 10. C add. r-. —^1. A .,^w. -;j .r^. — 12. A om. ces trois mots. — 13. A om. 
ces deux mots. — 14. CA -^'. 



Apres la mort de Manasse, son fils Amoii lui succeda et regna 12 ans; 
il vecut 24 ans. 

A cette epoque, florissait le sage Alcman, qiii s'appelle chez les Arabes 

Loqman ' . 

En l'an .5 du regne d'Amon, naquit son fds .losias. 

De ce ■ tomps-lä, apres 348 ans, la prophetie sur l'Autol fut realisee'. * a ut v. 

* Apres la mort d'Amon, son fils Josias regna ä sa place pendant 31 ans. ♦ c i-28 v. 

En cette annee-lä, le Mage monta sur le tröne de Babylone et regna 
33 ans^ 

En r.ui (■) du regne de Josias, * prophetisait le prophete Soplionie, fds de ♦ h ifi2. 
Kouchi, de la tribu de Simeon. [A cette epoque] vivaitle pretre Hilkiya, pere 
du prophete .leremie. En l'an 13 du regne de Josias, le prophete Jeremie 
commenca ä prophetiser '. 

En l'an 31 du regne de Josias, le Pharaon boiteux (Nechao) monta sur le 
tröne en Egypte et regna pendant 6 ans. II tua Josias. Le fds de celui-ci, 

1. G. Sy.\c., 1, 403,,, (Eus. Chr., 11, 90 HU). Mich, le Syr., I, 92. V. le Qoran, 
Sarah xxxi, 11-19. — 2. II s'agit de la prophetie de Jeremie. — 3. Sous le nom de 
« Mage » il f.iut voir ici Cyaxare. V. Mich, le Svn., I, 90. — 4. Mich, le Syr., 1,90. G. 
Sync, I, 405. 



66 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [204] 

•*ö. ^y±t jUr ^_rl£j i:-- ^^ Lli diu "^(vi'U^ j_5*-j ^j^^ ir^'^j^. '^^^ ^r^J ^.' 

♦ C 12n. J3I jj Öw |V«;j'3 A,-„»j- ^ :Z^_ J^Lj diu pj|_y_ dlL ^ <3^ O- Jj 

*::jl3 (J-^C^l ^t« «..»^ c-U^j ^j^l jj^ ijLlij I — ^j ^_j"JäJi c~-> ij-c- <>>U ^ o- 



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A^ 



(rj^L--*— ' ^Ajü 



1. Hoc in B; C jIäjJ A Ij^,^.. — 2. C om. ces deux mots. — 3. A om. ces deux 
mots. — 4. A om. ces quatre mots. — 5. A \\. — 6. CA om. sU. — 7. A om. dep. 
B 162 V. — 8. B J«j|.>. — 9. A J-jL^-^j ^.j^j^^ \?^^- — ^0. Ici commence la lacune 
du ms. A. — 11. B au Heu de j donne Ls-*' (LsJ|). — 12. B add. L— " oX-U. — 13. B 
om. ces deux mots. — 14. C -y-,r-^~- B .^j^. 



C l-2',i. 



♦ B 162 V 



Joachaz, regna apres lui pendant trois mois. Puis le Pharaon, roi d'Egypte, 
revint, tua aussi Joachaz et etablit ä sa place son frere Joachim, .surnomme 
Eliacim, qui regna pendant 12 ans et vecut 18 ans'. 

En l'aa ' ',i du regne d'Eliacim, Nabuchodonosor nionta sur le trone ä 
Babylone et regna pendant 45 ans. La premiere annee de son regne, il attaqua 
Jerusalem, emmena en captivite uue partie de ses habitants et emporta tous 
les ustensiles et tous les vases du temple, selon la parole que Dieu avait dite 
au roi Ezechias, lorsque celui-ci se fut enorgueilli * de ces ;tresors] et les eut 
montresaux envoyes du roi Merodach. Parmi ces premiers captifs que Nabu- 
chodonosor emmena, cette annee-lä, il y avait Daniel avec ses compagnons, 
Ananias, Azarias et Misael. Nabuchodonosor les fit jeter dans une fournaise 
ardente; mais ils resterent sains et saufs, et leurs vetements ne furent meme 
pas enfumes. 

En Tan 5 du regne d'Eliacim, Nabuchodonosor tua le Pharaon boiteux 
(Nechao), roi d'Egypte, apres lequel Psammetique {Samiz-is) regna pendant 
17 ans. 

A cette epoque, le Pharaon devasta la ville de Menbidj situee sur l'Eu- 
phrate. Quand eile ful reconstruite, eile s'appela Hierapolis, c'est-ä-dire la 
ville des pretres ■. 



1. Mich, le Syr., I, 91-92. — 2. Mich, le Syr.. I, 93. 



[205] F^LIACIM. JOACHIM. 67 

iLil; c~. Uli o|>!l Js, ^l^ ^1 ^ ö^ j_^> ^:> jL.>'l ^'i Jj 

iJüc «cl '''ji>-'^x ^a;K, JlLj j^1^_ c^L. ^-i.'.:^ liJ-^ j^ j^* •>— - jj 
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Jjl a,l. ^ ö. Jr~^3 ' '"-^ L.y>--' du jUi t,U J\ \\^i dLUl ^^:::S--; 
4j-JoL J& <« ^_y-^"_ jL<j JäJI ^ ^^y. ^^^ ^--^^-^^ -^. Jr* ' C-''-'* 
^1 Ujl .sJ-1 j*l<!l LiJl^ c-:; jUj^ ^j/ l5-^^ 'V ^'j ''^ f^^ ^"^^ 



C 130. 



1. C om. ces deux mots. B -^j'.if.^- — 2. Ici se termine la lacune du ms. A. — 3. BA 
om. — 4. B XU Jb ji, LT J^j. — 5. C om. — 6. B ^^b A ^^j^.- — 7. Au lieu du 
passage depuis jS; le ms. A donnCj^^i^ J^ll'. — 8. B ~j>x^ ^ Jy A- -^s^y- ~ ^- '" 
commence la lacune du ms. A. — 10. C om. js. — 11. C ^^ B '^f^- — 12. C Ljp.. 
13. Ici se termine la lacune du ms. A. 



En Tan ' 8 du regne d'Eliacim et en Tan 5 du regne de Nabuchodonosor, * c 120 v. 
Nabuchodonosor attaqua Jerusalem pour la seconde fois et imposa un tribut 
ä ses habitants; mais Joachim contimia de regner ä sa place. 

En Tan 8 du regne de Nabuchodonosor, Joachin mourut, et son fils 
Joachin lui succeda; * c'est lui qui est nomme dans l'Evangile Jechonias'. «n iks. 
II regna pendant trois mois. Lorsqu'il se fut ecarte de robeissance qu'il devait 
ä son Seigneur, le roi Nabuchodonosor l'attaqua et Temmena captif ä Baby- 
lone, oü il restaprisonnier * pendant 37 ans, jusqu'äl'epoqueoü Evilmerodach 
succeda ä Nabuchodonosor. Evilmerodach tira Jechonias de sa prison, le 
fit asseoir k sa table et manger avec lui ; le fils de Jechonias epousa Suzanne, 
fille du pretre Hilkia et soeur du prophete Jeremie. 

Quand Joachin fut emmene en captivite, Nabuchodonosor etablit ä sa place 
son oncle Sedecias, qu'on appclait Mathanya"; on l'appelait aussi Jechonias. 
II regna pendant 11 ans et vecut 32 ans. 

En cette meme annee, le prophete Ezechicl fut emmene captif ä Babylone 

1. .M.\TTiiiEU, I, 11. — 2. II /{ois, .\xiv, 17. 



C 130. 



68 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [2061 

♦ A ri8. <,vj j 1^1 JL^J^ ^-^ ^■^■~'^. '•^ ö^ ^^' ^-^ (^J Ls-A^ dLl« (j^ '>^_»i>. Ä:^ 
: B 163 V. -^ ^^ ' iCjLJ VJ^^^ oO^'^ ^>^ ^ ^^ ^^' ^^" * ^J 

''^^L- Ji,r^3 i— <^ oO^i^ ''.J-^'^ ^^ ökr' ^'-^ ii-5 
Jj :>_^l diu LiJL^ diu ^ ^.i:^ ijUJI i--Jl J\ l^U^ (.U'lj ^^1^1 bl>Ü U;.! 

Jj^^lj j_y->JLJl ^::^ ^Ifc ,„^li. •jj^^.itj -Vjs-l O- ^j/äISu lili« 1^ ^ j_^i *^i ^-^ 

* c iiii. jUl * JiC^l 

i. C om. — 2. C ,^J=~.!. — 3. A Li. — 4. A om. ces deux mots. — 5. C j-^. — 
(). A om. dep. oX-'i j... — 7. A Ubl.^. — 8. A om. dep. y^^. J,. — U. A uJUj _JI 



..Ji^Jl. — 10. A ,.,U-L. — 11. C 



y -^ ^.-^^^.M. - 10. A ^U 



JJ U a_' 



ÜJ 



* A 148. avec les captifs israelites. En Tan 5 du regne de Sedecias * et en Tan 9 du regne 

de Nabuchodonosor, le prophete Ezechiel coramenga ä prophetiser. 
' B 1B3 V, La meme annee, * Astyage commenga k regner sur le pays des Perses et 

* c 130 V. occupa le tröne pendant * 38 ans ' . 

Le prophete Jereraie, connaissant par ses proplieties que le temple allait 
etre brüle et le peuple des Israelites emmene en captivite ä Babylone, prit le 
Tabernacle et TArche d'alliance que Moise avait dresses daus le desert, et les 
cacha dans une grotte, dont personne, jusqu'ä ce jour, ne connait l'empla- 
cement '-. 

A cette epoque, Hophra regna en Egypte pendant 25 ans. 

En Tan 9 du regne de Sedecias, le dixieme jour du dixieme mois, Nabu- 
chodonosor entreprit sa quatrieme compagne [contre Jerusalem] et l'assiegea 
jusqu'ä la onzieme annee du regne de Sedecias, roi des Juifs. En cettc meme 
annee, qui est la vingt et unieme de son regne, Nabuchodonosor s'empara 
de Jerusalem et brüla le Temple. 
c 131. * Le Temple, depuis l'epoque oü Salomon, fils de David, l'avaitbJiti, * jus- 
qu'au jour oi" il fut incendie, dura 534 ans. Jusqu'ä cette date on compte en 

1. Mich, le Syr., I, 96. — 2. Ibidem, I, 97. 



B 164. 



r207] SEDECIAS. JEREMIE. 69 



L? 



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^L ^ J dll* ^:tJ ^^ J (-*3 ^>^ t^^ ^¥> t5^ '^■^^^ ^J Wi-? 

1. A ^CUL — 2. CB J, ,_^o A Olli. — 3. A hjJ^ Io,0! U^^, 'jj^'. — 4. A ii%^ 

LI i U Jl> ^' !i^ kl" ^Cl- U,;^ LU^. - 5. A om. dep. ,.,LC. — G. C ,^t. 

— 7. Ici commence la lacune dans C, oü le i'ol. 131 v. n'est pas rempli. — 8. Ici 

le texte est corrompu (ms. B). V. Ted. de Cheikho, p. Og^. — 9. C'est-ä-dire : 

Dibre hayyamin, ou les Pnralipomenes. — 10. A om. dep. ^jIo 3^. — 11. A j'^ 



tout 22 rois de la tribu de .Inda, et ils regnerent au total pendaul iine periodL' 
de 518 ans et six mois'. 

Quand les Israelites furent emnienes captifs ä Babylone, Nebuzardan 
s'empaia du grand pretre Sophonie et d'autres chefs et grands du peuple 
ainsi qua de Sedecias, roi de Juda, et il les transporta ä Babylone oii il les 
fit tuer; il fit crever les yeux ä Sedecias et egorger ses fils; puis il lui fit 
tourner un niuulin ä bras. II etait alors äge de 32 ans. Apres sa mort on jeta 
son cadavre derriere le mur d'enceinte; et ainsi fut accomplie la prophetie que 
le Seigneur avait faite sur lui par la bouclie du prophete Jeremie -. 

* ( Kiant aux .liiifs qui resterent ä Jerusalem, ils prirent le prophete Jeremie *ic isiv.] 
et descendirent aupres d'Hophra, roi d'Egypte. * La, ils tuerent le prophete » b 164 v. 
Jeremie ([ui mourut et fut enseveli. II avait prophetise pendant * 38 ans. Son ♦ a hs v. 
livre contient 4.252 versets; le livre des Rois en contient 1.113 et le livre 
des Paralipomeues 3.503. 

Les Juils qui se trouvaient en captivite se saisirent ägalemcnt du pro- 

I. er. Mich, le Svii:. I. 07. — 2. Y. ,lt:iil';Mii:. xxii, 24-2«; cf. 18-10. 



B 165 



70 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [208] 

o-j iUHrj »_iJI ^ji <;o j^_j <- ^-y^i i^^' >-Vj^ l?:^ oioj |^_^ ^^ 

1^:=^ ^^1 Jl SjUiäJI 1_j«.»ä9 ■U-s- ^Is jj^ ÖA^ ^r^^^ ^J* Jt^ j^j -**J 

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ö- ^j^i ^L^ (^-C^.^ "'«XL J^ Jir^J öt"^ ö- J^ ^C^ cr'j^i ^J^ ^^ 
132. ^^1 i JU * ^^Ui^l ^ \^ jU ^1 

J^ ''p^ ^ ^c i:!dl c_ll ^ ^"Jl ^^.aiJSo diu ^ jdl;3 it„ ö- Jj 

.__^3 Itlji JZ^ ^U-Jl J ■VtliT;! jl5Cs ^^j J_^ ^^iJl p-iLJl jvUaJi CMi'i ^,-a-^ 

1. B JoL-w^ J'ecris « 50 » d'npres Mich, le Syk., I, 99. Cheikho : vJiX-U 'L^ liL-~.^ 
a.^^ ,_^^ Ju etc. (p. 99 penult.). — 2. A om. depuis ^^J^.s (B 164 v.). — 3. A 

,^\. — 4. A AjL=^ ^ ■ri'r-- — 5. Ici recommence le texte du ms. C. — 6. A om. 

dep. iJ-,. — 7. A om. dep. ^". — 8. A om. ces trois mots. — 9. B U^" J. A om. 



phete Ezechiel et le tuerent; il fut enseveli la-bas, daiis le tombeau de Sem. 
fils deNoe. II avait prophetise pendant28 ans. Son livre contient 4.376 versets. 
Peu de temps apres, Nabucliodonosor altaqua la ville de Tyr. II ordonna 
ä ses troupes d'entasser des pierres dans la mer pour arriver jusqu'ä la ville. 
Mais k cette vue, les habitants de Tyr jeterent k la raer tout ce qu'ils avaient 

» B iG.->. et s'enfuirent sur leurs vaisseaux. * Nabucliodonosor prit Hirara, roi de Tyr, 
et s'en retourna. Hiram vecut 50 ans, pendaiit les regnes des 21 rois de la 
tribu de Juda ' . Quand les troupes de Nabucliodonosor eurent quitte la ville 
de Tyr, le pays d'Egypte tomba entre leurs mains. Nabucliodonosor regna 
24 ans apres la destruction de Jerusalem et l'incendie du temple. C'est ä partir 
de Tan 22 de son regne que l'on commence ä compter les 70 annees de la 

' c n-i. captivite des Israelites * ä Babylone. 

En Tan 37 du regne de Nabuchodonosor qui est Tan 13 de la captivite, 
Nabuchodonosor lit cette grande statue d'or, qui avait 60 coudees de haut. 
C'est ä cause de cette idole que s'illustrerent Ananias, Azarias et Misael : ils 

1. Cf. JosEPHi Flwii Contra Apionem, \, 21 (Hiram = Eipoi^io;). Rusebii Clironicon, 
I, 51-54. M. leSyr., I, 99. 



[209] NABIJCHODONOSOR. BALTHAZAR. 71 

Ij^LäS ^,J^\ jUl jyl J * i_p;^J=' '^^r"^' 1-'-' «J ^Jjr^5 '-^ ^,-* t*-^'' '^'j " 13 165 V. 

v::^5C9 «lLUw JaUJI ^ t_i^ »^^r' y. —'^■^ ^^ ilr*^ \ ^^3 ^J^^ J-^-J^ 
j-«a5M jl JlS '''^-IxA ^y>^ ^1:^1 JD3 cLsl jJI iJDIj <, ^U- (^Jül ^Vl 

1. A ^JJ! J-oLa^yj 'jJ^U; UliU. i^ ^,^~'l '_3 Hf-!'. — 2. C , w^L-^J B , foyu-wjj 

A om. — 3. A om. dep. «JixJ!. — 4. B -ii« ►^ , U' A -«.^V^. — 5. A ,^U.1=L. — 6. A 
iJj"^!. — 7. C om. — 8. B Jjt~ä) .ilf ^3." A .>ju^ ^J-'l. — 9. A JUJic i*Jj s-^. — 
10. A ^^JJLJI >j:--^. — 11. A ^^^sA::^ L^.^j ,L^. — 12. C om. deux mots. — 13. A jjj 
kU' o-Clj-. — 14. A LU^t kwj J. — 15. A hySi' wLCJi vji^.sjU'. 



iurent jetes ' dans une l'ournaise ardente; mais ils demeurerent sains et saufs, ♦ u iC5 v. 
car Dieu les preserva de la flamme. 

A partir de cette epoque s'illustra, parmi les Grecs, Josephe {Yousi foux) , 
c'est-k-dire Esope [Yousfäs) le fabuliste'. 

Apres la mort de Nabuchodonosor, son fils Evilmerodach regna pendant 
une annee. En l'an 5 de la captivite, Balthasar monta sur le tröne; et c'est en 
la premiere annee de son regne que le prophete Daniel vit en songe la bete 
qui montait de la mer". En Tan 2 de * son regne, Balthasar fit un festin et ♦ c m v. 
pendant qu'il etait assis sur un siege eleve, * il se fit apporter les vases sacrös » ^ iw. 
qui avaient ete enleves au Temple du Seigneur, et but dedans. Mais ä peine 
avait-il bu dans ces vases, qu'une main parut sur la muraille d'en face ecri- 
vant le mallieur qui lui arrivait et le chätiment qui l'attendait. Voici ce qui 
6tait ecril : « Celui qui compte les cheveux de la tete (Dieu) * a conipte et du- * i* i«'i- 

1. G. Sync, I, 454- lEus. Chr., II, >)'i llp . iMicii. i,k Sm»., I, lüO. — 2. Cf. Dan., mi," 
1-3. 



72 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [210] 

"jA vit "C^' ^L- 'y^ L&iAl^j 'jJjLü ^ji^jJl yj (*v* *^' ij^ '^' i«*^' '*""' /)■» '" 

kiju '^4^_^3 JUb SyUa 'UJI L,'-i' cu.^3 j_5Jl l~«jl '^ij-i l-Cl vrijj ^^\^y dU. 

xJ^\ «^ ^>JI J JUL ^Js jLjJl 



■20 



1. B jrIJwJl A om. — 2. BA J»^. — 3. A om. — 4. A / r','^- — 5. Le texte est 
mutile. Peut-etre j^;^' ^ <^- — 6- B (A??. i'-^ ^ om. — 7. Codd. »^^^ A om. depuis 
Jo.' y. — 8. A i'j"^'. — 9. A om. trois mots. — 10. C ^.. — 11. B o==f A Lj-^yl . — 
12. A 'k^yi^S ^>S ^ Jr^-lr-' s^ <^- — 13. BA L«^. — 14. A om. — 15. A add. JS\. 
— 16. A S^)j^ iJ J-w.l. — 17. A ^iSt. — 18. C ^S^\ A om. — 19. A om. dep. 
^^^CJI. — 20. A fLJ!. 



nombre son royaume et dechire son voile (l'a prive de defense). » La meme 
nuit Darius, le Mede et le Perse, entra cliez lui, le tua et aiinexa sou 
rovaume ä celui des Medes et des Perses'... 

Darius, fils d'Assuerus {Ahchirücli)'-, commenga ä regner en Taii 28 
de la captivite. En la premiere annee de ce regne, le prophete Daniel fit une 

' c 133. priere, * parce qu'il voyait clairement que les annees approchaient et que les 
70 annees que Dien avait fixees pour leur esclavage ä Babylone toucliaient ä 
leurterme. Elles avaient commence, en effet, enla treizieme annee du regne de 
.losias, epoque oü le prophete Jeremie faisait ses debuts prophetiques. Ayant 
exauce la priere et les supplications de Daniel, le Seigneur lui envoya l'ar- 
change Gabriel et lui annonga ce qui concernait les semaines, la destruction 

B 166 V. de Jerusalem * et les rois qui rögnerent ä cette epoque et qui sont raentionnes 
dans le livre du prophete Daniel"'. En ce temps-lä, Daniel fut jete dans la 
fosse aux lions. 

1. Le texte de la fin de cette phrase est obscur. Peut-etre faut-il traduire : « parce 
que, par son ovigine, il appartenait ä ces deux familles » (= aux Medes et aux Perses)? 
— 2. G. Sync, I, 438,5 : AapETo«; 'Äouou^pou. V. Mich, le Svn., I, 105 : Darius, c'est-ä-dire 
Assuerus. — 3. Da.\., viii, 17-27; ix, 21-27. 



IM V. 



[2H1 DARIUS. CYRUS. DANIEL. 73 

^^ •■<^ ö- ^U Jl ^^. l^Ul ^- l^l< ^,xll i^Vl -i^l^l ^ dü^ (»^_ V 



V l'l'.l V. 



dbk U xc '-"ioL'- XwVI ,_.^ J JLIj ^^ ij'yj'^^ ^^ (> <^ül ö_il Jj 
^Jl (j-sr-^J '*^'' ,'^ril>**' ^^ ,_5— '' Jl-Ji-i ("L^ (_riyj'-^ ^^ iV ^^' ^^--— (jj 

'■*J>Ui J^.l^^ <J1 ^1)1 jui '-'JjVl ^1 JL-; /^ (.U ^jl J ^^^ 1.^3 

1. Au lieu du passage dep. ^^j^^ le ms. A ne doiine que _fi" ö-CL Jixi. — 2. A 
LL^!!. - 3. A w,.L,'. - 4. A J^- ^Oj ^.U L^Ji N!^-l ,5. A i-.iUl i.uJI. 

6. A om. deux mots. — 7. C om. j~,. — 8. A J.~.t o — 9 A i^ -ib r l^\ 

B iJb «— ". — 10. A Al^^\ i^<'. — H. B J^ A om. — 12. A om. trois mots. - 
13. A om. dep. '^j. — 14. B ö-CU! Jj f^. 



Cvrus le Perse se leva. II tua Astyage, roi des Mede.s, et Darius, roi des 

Babyloniens; puis il etablit Tempire des Perses eii Tau ;}1 de la captivite des 

Israelites. II regna * 30 ans. La prcmiere aiinee de son regue, il onloima * c 

d'affrancliir et de mettre ea liberte 50.000 captil's Israelites et il les envoya ä 

Jerusalem. Des ce momeiit il leur ordoiuia de robätir le Temple du Seigneur; 

mais ils en furent empeches par les peuples qui les entouraieut, jusqu'a la liu 

de lasixieme annöe de Darius, fds d'Hystaspe, qui est rau46 de leur captivite, 

comme il est ecrit * dans TEvangile de Jean'. Oue personue ue iieusc par * i' '<J' 

^ » I * \ I '.II 

consequent que les Jud's mirent 45 ans ä rebtUir ce Temple-. 

En Tan 2 du regne de Darius, Daniel fut jete, une seconde fois, dans la 
fosse aux lions pour avoir desservi et confondu les pretres des idolcs dans leur 
temple et pour avoir revöle * et public leurs artifices. Daniel tua le Dra<'on\ 

En l'an '.i du regne de Darius, le pioplietc Daniel jeüna pendant trois se- 
maincs, soit vingt et un jours; il conimcnQa ä jeüner le '1 du premier mois de 



l.iii v. 



\ IV.i V. 



C l:!i. 



1. Ji;a\, II, 20. — 2. Mich, le Svn., 1, 102. — 3. Mich. 1.1; Svii., I, lol. 

lATH. Uli. — T. \l. — 1-. 1. 




74 AGAPIUS. KITAB AF.-'UNVAN. 

•j.»,.,>.»i>.j iU ^j-^i >— ÄÜ "^.l^J ^.J^, -i^^ ^^ JLil^ jiSj (J;Lj Ö*'^-' (.ST^ I-^ 

^U '^<CLLtÜl Ia^ ^Ä; jlij jL^ j^U ^\j y^i "^^^-^L *^dLUl ''Äi^l 

* C 134 V. iij |V* jh^ '""'y^J f^' ^J^ J-^y " IjJI '»o«3 ._ä!I J ytj ^\ JLJIjs ^1 -V; 

1. BA A^ls K*. — 2. B J-j1»— 1 -^ .)! A om. — 3. A om. dep. ,.,'^5- — ^- ^ 
.,^**^ A .,Uy-. — 5. A »J^I. —6. BA ..^bU!. — 7. A s^ - 8. B a;-Ix3 J'. — 
9. A l,J-<:^ ^. aJ*3 l' '3äIL , i-lk^». — 10. B -J^^I-. — 11. A >UiaJt. — 12. H um. 
— 13. C l^y. A Li^. 



nisan (avril). Alors Dieu lui eiivoya Tauge Gabriel. Daniel s'affaissa et, saiside 
peur, tombu. Cette nißme aiinee, le propliete Daniel mourut, alors que les 
Israelites etaient encore captifs, et il fut enseveli ä Babylone. Daniel etaii de 
la tribu de Juda. Son livre contient 1.550 versets. 

A cette epoque-lä, proplietisait le prophete llabacuc, de la tribu de 
B 167 V. Simeon. * Ge fut lui que l'Ange prit par les cheveux, lorsque, monte sur uu 
äne, il portait aux moissopneurs leur repas. L'Ange duSeigneur l'emporla du 
c 134 V. pays de Jerusalem jusqu'ä Babylone, * aupres du prophete Daniel, qui se 
trouvait dans lafosse. Habacucdonna ä manger au prophete de cette collation 
qu'il avait emportee avec lui et qui etaitchaude. Eusuite l'Ange du Seigneur 
le rapporta dans le pays de Jerusalem'. 

A cette epoque, prophetisaient le prophete Aggee, de la tribu de Levi, et le 
prophete Zacharie, fils de Barachya. 

A la meme epoque, vivait le Mage Zoroastre (Azeradhoucht), auteur de la 
doctrine des Mages, qui consistait en l'adoration de l'eau, du feu, des Cle- 
ments, et en d'autres pratiques honteuses, qu'il ne convient pas de raconter 
dans ce livre. 

1. Daniel, xiv, 33-39 (d'apres les LXX et la Vulgate latinej. Cel episode appartient 
ä la partie Jeulerücanonique du livre de Daniel. 



[213] IIABACUC. AGGRE. CA.MBYSE. 75 

''J,\y] <}: ö- j^ m ^Ä-il J3VI 



k\ Jy^i jLjj J^.'-*3 ^^ V. tij ^^j 

1. C w,jiLi B , ^l.y.'^ A om. — 2. C ^i^f^} B jjjj/u' A om. — 3. A om. dep. 
_^ .it=)3' oXJ J ^j. — 4. C «_. — • 5. A add. 5A/». — 6. Ici commence la lacune dans le 
ms. A. — 7. C ^iy~i3 B . wiy*ä A om. — 8. B «.j^i^J. — 9. C ^y^Jjyi B ^,b^l. — 
iü. C om. — 11. B 5^—0. — 12. B ^li) . J. — 13. C add. .,U^i. 



B IC«. 



L. L.U • c 13.'.. 



Ell ce temps-la, parut la doctrine de Pythagore et s'illustrerent Simoiiide et 
Anacreon, inventeurs des luths et des guitares'. 

' En l'an 10 du Perse Cyrus, fureiit accomplies les soixantc-dix annees de ♦ b ins. 
la premiere captivite, qui avait eomiueiice eu l'an 3 de Joachim (ou Eliacini)'-. 

Apres la mort * de Cyrus, Cambyse, ou, comme disent les Hebreux, .\abu- ♦ c i^ii. 
chodonosor II monta sur le tröne. II regna pendant 8 ans'. 

A cette epoque, s'illustra Judith qui, par son stratageme, tua Holopherne, 
roi de Babylone. Le livre de Judith contient 1.268 versets'. 

Parmi les Israelites il y avait le grand pri^tre Josue, fds de Josedek; et ä 
Jerusalem, Joachim (Ifyäqhn)". 

Cambyse, en l'an 6 de sun regne, envaliit 1 Egypte, .s'en empara cL tua 
Amasis [Macjnousiyous], roi d'Egypte. Apres quoi le ro3faume d'Egypte cessa 
d'exister jusqu'en l'an I.") du rögne de Darius. 



1. Mich. LE Syh., J, 105. — 2. Cf. Mich, le Syr., I, 103-104. — 3. G. Sync, I, 4.57,,. ,, 
(Eus. Chr., II, 98 llij. Mich, le Syh., 1, 102-103. — 4. V. Mich, le Svr.. I. 103. — 
5. li/., I, 105. 



7ß AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [214] 

* P. 1fi8 V. J>-^\ j\j^\ * V 0' 0^3 pl<oJI j^\ ' ^r-^j-o— IJ «iäS 'J^J\ ^'i jj 

ÄJXs J jbl ^ J '^ j:^^! wr~^ jLj p i_r^j'-^ ^^^ 0^ "-^^ ^-^ Jj *-^ 

■o AI 

'•^-^^ c^^ c^J' ^^' ^^ Cf^ 'V->3 v>c)i ^^ -'^ J^ ^"^ ij 

1. B (-^.v~3. — 2. C , w-ij*^ B , ^-y*ä. — 3. B '_i.olxw. — 4. Ici se termine la 
lacune du ms. A. — 5. A jil(J!. — (3. C ,^^^.0-- B j^i=|^^o5. — 7. C^". — 
S. C ^j^^.:> B ^.v_^=.j,. — 9. A om. depuis ,L^'^H,-i J- — lO- H ^=;-'^y A ^d^/- 
- iL B Lcv^. A l-i^'f'. — 12. t' 't^' el inIVa. 



A cette epoqiie, Fansamous (?)' coupa la pierre qiii parlait, parce qu'il 
B 108 V. croyait trouver iledans ' les mysteres de la magie. 

Apres Cambyse, le Mage regna 3 ans et 7 mois; apres ce deniier, Darius, 
c 135 V. fds d'Hystaspe, regna * 36 ans. En Tan 2 de son rrgne, les soixante-dix aiinees 
t'urent accomplies; et en Fan 6, le 3 du mois d'adar (mars), la conslrucliou du 
Temple du Seigneur Tut achevee. 

A cette epoque, florissait le philosophe Democrite-. 

Apres la mort de Darius, son fds Xerxes ', c'est-ä-dire Assuerus (Akhcltl- 
fäcli), regna pendant 26 ans''. 

A cette epoque, se siguala le peintre Zeuxis^ 

A la meme epoque, vivaient la juive Esther et Mardochee, neveu du pro- 
pliete Jeremie, fds du grand pretre Barachya"; Mardochee etait l'oncle 
d'Esther. 11s etaient tous deux captifs, ä Babylone. 

1. B Qasmousy. — 2. G. Sync, 1, 471,, (Kais. Ch., II, 100 Hi). Mich, lk Syr., 1, 106. 
— 3. Dans le tuxle, plutot « Chosroes ». — 4. V. Mich, le Syr., I, 1Ü5. — 5. G. 
Sync, I, 470c(Eus. Chr., II, 102 Hd). Mich. leSyr., I, 105. — 0. Cf. Zacharik, 1, 1 : 
Zacliarip, lils de Barachya. Isaie. viii, 2. V. plus haut. 



♦ A 151). 
16». 



1215] XRIIXKS. M.VL.VCIIIR. ESDRAS. 77 

^^L-jl Ö-.A.* Js:- ^U. v^UJl ■' J^I^.-iJ>-l dlL. J.« ^^ ^-^1 ^^ jj 
.^U öUi A«; •■'J.j ^^j ^-Ll- XA*, y. Ol a.U3 5^ ^Ja, Js. ^^3 
ö- j^rif'jli ' -^ ^LJ ^_yjl ^^•»--'3 ot-^^ ol_^l c^-iÄi>ji 

_J3 l>Ü. Jii^l j. UVI3 ^J>J' ^r^ ""v^<-' ^^ t5^3'3 ^-^ bj-J ^''^ß *' 

1. A U^V-. _ 2. A ^Jb, - 3. C ^Jjrr^^ B j^^rr^^'- - 4. C; in B ^^'^'. - 
5. B om. — 6. B J> au lieu de «. — 7. B jj-^'- — 8. C fj^y B |^r^^'- — 9. C (_^.— ^ 
B ~--3'. Peut-ötre all? A om. depuis t^*:?. jj^.^- ~ 10. C 'j^,^. — 11. A om. trois 
mo7s. — 12. C _J' O^. — 13. C add. w-^lt et B o.-:.-". - 14. C jüi^^. B ^,J 
^^i>'. — 15. A om. — 16. A .^.-^ ^y- !i-j3. 



B 16',l V. 



En ce temps-lä, florissait le prophete Malachie, im des douze prophetes; 
il * prophetisait dans le pays de Juda. Apres sa mort * il ne se leva plus auc-iin 
prophete connii parmi les Israelites. * Le livre des Douze Prophetes contient 
en tout 3.G43 versets. Le livre d'Esther contient 60^1 versets. 

En Fan 1 1 de son regne, Xerxes {Akhclüräch) s'empara de la ville d'Athenes 
et d'autres villes nombreuses '. Son fils lui siicceda pendant deux ans et demi, 
et eut lui-meme pour siiccesseur Artaxerxes Longuemain, surnomme 
Ariyoukh", qui regna pendant 41 ans. 

Acette epoque, une pierre tomba du ciel dans le lleuve d'Ai'gos {Aiif/orh); 
son nom 6tait Afsis (At^?)'. 

En l'an 7 de son regne, le roi Artaxerxes ordonna au scribe Esdras de 
monter au pays de Juda et de rebätir Jerusalem; c'etait sous le pontiücat du 
grand pnMre Josue, iils ' de Josedek. * Cela fut explicjue et revöle ä Esdras. 
Esdras ecrivit tonte la Torah et les Prophetes de memoire, car il la savait par 
coMir; il s'altacha ögalement ä decrire et ä raconter commcnt le peuple etait 

1. G. Syxc, I, 476,0. Mich, li: Svn., I, 105. — 2. CI'. Mich, i.k Syr., I, 107, : .\rovik. 
— 3. G. Sv.vc, I, 483 (Kus. Chr., II. 104 llc). 



* A l.vi. 

• 11 ii;'.i. 

♦ c; Uli. 



C l.'!6 V. 
H IK'.I \ . 



C 137. 
B 170. 



78 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [216] 

^}Ji\ jJaLCI JD ^ ''^Jjr^3 ^^S tj^ ._j»-iJl oJlSj] k_ÄO " ^r^'3 \_i-a Ua.1 






8i 






^U .-^u '^t-^: '*^^ >^ui .^..iji^ji aju 



1. B add. ^^.j (^^.j"*)- — 2. C om. — 3. A b, .1. — 4. Ici commence la 

lacune du ms. A. — 5. C .^jAs^iy] B ^-.jJU-y'- — 6. CB ^\j-\- — 7. C .^JLAsjn B 

.^Jsi3j]t. — 8. B LjU ^^•. — 9. Ici se termine la lacune dans le ms. A. — 10. A J—,'. 

— 11. CB U^ A l 



parti de Babylone. II fut le quatorzieme grand pretre apres Aaron. Le livre 
d'Esdras contient 2.808 versets. 

A cette epoque, vivait le sage Empedocle dela Sicile. 11 alla voir et examiner 
le feu qui jaillissait en tourhlUons d'une caverne. Ne pouvant comprendre ce 
mystere, il se jeta dans la caverne; mais il oublia ses chaussures dehors. 
Ainsi il se trahit et üt connaitre qu'il ne possedait point les qualites que ses 
contemporains Ini avaient attrihuees'. 

A la meme epoque, se signalerent Democrite et Hippocrate qui etaient 
medecins ; Zenon et Heraclite'". 
c 137. C'est alors aussi que les Romains * envoyerent des messagers dans la 

B 170. ville d'Athenes : [ces messagers] copierent [les lois des Atheniens] * et ecri- 
virent d'apres elles les XII Tables^ 

Artaxerxes, en l'an 20 de son regne, envoya Nehemie, son echanson, rebä- 
tir Jerusalem; Nehemie resta ä Jerusalem jusqu'ä la fin de Fan 25 du regne 

1. Mich, le Syr., I, 106. Cf. G. Sync, I, 489^^ (Eus. Chr., II, 108 Hg). — 2. G. 
Sync, I, 482,„.,,;; 4843 (Eus. Chr.. II. 10(1 n.[;. Mich, le Syr., I, 10(1. — 3. G. Sync, I, 
484„_. (Eus. Chr., II, 104 Hs). Mich, le Syr., I, 100. 



[217] EMPRDOCLR. NEHF'MIK. ARTAXERXES. 70 

oli Jl -^J^b ^_AiJl bjl-uJI ^-^. j^3 es^^^ j'-''^ ^^^^ zJLJi^j\ j'ji 

jl; ^_^l] •^j<. jj ^_;-jJLJ1 c^ Jl L^J -w=. Ju^3 ^vJl j^^ ^ ^-^y. ^yr' 
i'^Jl ÖS: ^;i^3 ^. J 1*>>-^.1=^ c>J\ ^^ ^^\ ^.^ j^ b-^1 J^\ J ij- ^/^ 

/^3 ^Loi Ö_J^ J -'^^^Üäu.jL- ^j«J=l^ ^^j '^^>isl -»Jj jLjJl Sii j_) 

1. A add. ^" —^ ,l--; r-'- — 2. B add. wK^j A iJ^lsJ. — 3. A Lji^. — 

4. B c;iJ-J_jJ A !>'j-'^-J.. — 5. B s^l. — 6. A j_<5J. — 7. A 'JU. — 8. B ilJ A om. 

- 9. B I^Ü. - 10. A ^^s} jL^\ ^jjl. - 11. BA^! oXJi j^j. - 12. BA add. 

^\J. — 1.3. L,-U. — 14. BA --s-j:"— 15. C ,.,L_B .Iv^et ,.,L-.' A ,.,L_!. — 16. A J 

IL,..y.... 



,J' ^O j. — 17. C oXL-. — 18. A O-Wi-U. — 19. B jj^"^ A om. — 20. C ^li. 



d'Artaxerxes. Alors vivait le ministre du roi Artaxcrxes Aman TAmalecito. II 

se souvenait de la vieille inimitie et des guerres qui avaient separe jadis les 

Israelites et les Amalecites; il en gardait rancune. Et ii demandait au roi de 

faire perir et d'exterminer le peuple juif. En cette meme annee, fut achevee la 

construction de Jerusalem, avec ses rues, ses palais, ses citadelles : c'ctait 

sous le pontificat du grand pretre Joiada, fils d'Elisee. Lorsque Nehemie fut 

monte ä .Jerusalem, les .luifs n'avaient point de feu sacre * et ils n'osaient pas • c is: v. 

offrir des sacrifices ä Dieu avec un feu profane : ' ä l'epoque oü ils avaient ete * b i"" "■ 

emmenes captifs ä Babylone, ils avaient pris le feu sacre de Tautel du Seigncur 

et Tavaienl jete dans un puits qui sc trouvait dans un des faubourgs de la 

ville d'Apamee; ce faubourg s'appelait Ashin (?). L'echanson Nehemie sc 

fit apporter de la vase et de la boue de ce puits, soixante-quatorze ans apres 

qiic le feu y avait ete jete; il plaga cette vase et cette boue sur le bois * de * -^ '■'''^ ^■• 

l'autel; et le feu s'alluma'. 

A cette epoque, naquit Platou et se signala le sophiste Socralc dans la 

1. Mich, le Svr., I, 101». G. Svnc:., 1, 475. V. II Maccab., 1, 19-22. 



80 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [218] 

C138. "^Si-'l j^\^ '^^i-M-'l ^L^lj * C.Li -j_j-;y J^\ ^ jL-^'l j v-b jl^ ^M ^1^1 

«^woäJ Jb=o jL •c^j ''<..jj dÜUl ^3j jUU ^Juil o^ jUjJI dUi ^^ 
LJ^3 ^_^l ^y>-J>3 ^--1 c^ J>~-^ p.1^1:— -3 f»A-^rrr° '^^_Lr-^ ^. v^ 
B 171. ''^-Li^iyl .üjJj i^^ j '"^LJl '^jLU xi * .OJI ^_^ 4JJI J\ ^b^i-j 

•»-i-33 dlUl 

^LJI JLU3 ^11 L,jl ^1 J\ ^^^ j>.\ c^ ^^\ ;_iJ 

^«__^3 '-'^01 ^\ '-Vi -^13 '^i^ iij^ a.ui c.i.i^ji ji ^^C 

'C139. cAiLJl3 dLUL ^^^liJl "^bj_^' ^j (^yL**)' j*^^ j^j ^^lyj ■H.lyj * '''<^^^ 

1. B .L-^'b. — 2. C ,.^>9 -i-' B ,o^<i -iw'. , ^^ = xwveiov. — 3. A om. 
depuis jJj. — 4. A om. — .5. A J^ss sans O'^^^. — 6. A i^^. — 7. C JjIi-^I ^ 
^^Jtij. — 8. B ^=;-^j tjJ-^j. — 9. C om. — 10. B ^c^-Wt A add. . a~I, J,. ^ 11. A 
om. — 12. A 'U)^. — 13. A l^. — 14. B^^J^'. — 15. C fol. 138 v. n'est pas rempli; pas 
de lacune dans le recit. — 16. C ^\J^. 



ville d'Athenes. Comme il pervertissait les jeunes a^ens, on lui fit boire du 
C 13S. poison, et il mourut'. * Mais il laissa Piaton qiii divulgua ses actions ainsi 

que sa doctrine depravee et infame". 

A la meme (''poque, alors qu'Aman, ministre du roi, employait toutes les 

ressources de son esprit ä cliercher des ruses pour detruire et exterminer 

tout le peuple dlsrael, Esther et Mardochee se couvrirent de sacs et adres- 
B 171. serent ä Dieu leurs priores et leurs supplications. Dieu fit retomber * Ifs 

artifices de TAmalecite Aman sur sa propre tete : Arlaxerxes le fit tuer v\ 

crucifier. 

HiSTOIKE d'EsTHER, NIECE DE M.^RDOCHEE, NEVEU DU PROPHETE JeREMIE, 

ET d'Aman l'Amalecite, iministre du ROI Art.vxerxes. 

II est eciit que le roi Artaxerxes prepara un grand festin (m'i il reunit toutes 
C 139. les delices; il y convoqua ses notables, * ses parents et les chefs de son 

1. G. Sync, I, 491 (Eüs. Chr., 11, HO Hi). Mich, le Syh,, 1, 108. — 2. Cf. G. Svnc, 
I, 492. 



219] IIISTOIRF. DF.STIIF.R. 81 

'dUS <L_l:>-^3 ^j._ j <il VI ^1 ^y\3 ^^ ö« ^ -i^' f^- r^ ^-^ 

^^U._.3 ^l:>« Jl V^3 ^,^;^^^J oL<^" j( yl C^ <;^--l ^3 ^-^^-^ ^' 
^^ C<U1 ^3 13 ,J^ ^1 ,;| JU,3 l-^^^3 ^i_i IMjlj "'j:^ ijLI^3 ^>^l 

iU --^^j^ ■'•^^Li jjAitlj ^^„U^S ^^L^l ^^ Sl^l i> il^\ ^>V1 j. jl:^^.. 

1. A i^J^ J > J' wiCJ:: J A-U ^!. — 2. A ^_):J-. — 3. A ^. — 4. A (^_^-. — 
5. A i^J' o,.-, l^j'j. — 6. B A*i:j' A Ax^'. ^ 7. C s' — )!. — 8. A om. quatre mots. — 
9. A add. ttXs^.. — 10. BA ..,.^. — 11. A^^iü. — 12. B ü^-^ A aj-^j j^. — 
i;5. Hoc in A. In C j-v^ -'-v .r^. — 14. B om. J. ^r^. — 15. A depuis la note 39 : 

A Ulij'i. — 17. A depuis n. 16 : 'j^JJb ^^^ j^L ^,--=.i J 'jj'.::^^^. j' j--jJl lyAiiU. 
IS. A !i.=^. — 19. A ^.k:^' .,' Ui. — 20. A ,^«=. J. - 21. A Ij.lx^U. — 



V l.il. 



22. A^.^. 



armee. L'Amalecite Aman etait soii premier ministre et son iiitendant. Dans 
ce festin, lorsquc le roi eut joui ä satiete de toutes les delices et de tous 
les genres de plaisirs qn'il pouvait desirer, il so dit a hii-menie qn'il ue restait 
plus qu'ime seule jouissance ä sa disposition; c'etait que la reine Vachti 
revetit ses plus beaux atours et se preseniät pour lui donner a boire, ä lui 
et ä ses compagnons. En consequence, le roi fit dire ä la reine de se parer de 
fleurs et de se farder pour venir ä son banquet et ä celui de ses compagnons. 
Mais eile lui fit la plus vilaine et la plus cassante des reponses. * Le roi cn 
congut un tel chagrin qu'il en oublia tous les plaisirs de ee jour-lä et des 
annees de son regne. Temoins de son chagrin et de sa tristesse, ses com- 
pagnons et ses amis le quittereiit. Et Ton dit (jn'il ordonna de chasscr la reine 
Vachti de son royaume, et de choisir pour lui mille femmes, parmi toutes 
Celles de son empire. * Cet empire contenait 127 viües soumises ä son sceptre. 
11 envoya donc ses messagers ponr Ini choisir les femmes les plus remar- 
quables, autant qne possililc, ' par leur beauti', leur gräce et leur esprit. ♦ a i.-.i. 
(hiand le choix de ces femmes liitarrete, Esther la juive se Irouva parmi clles. 



i; i:i V. 



♦ C l.l'J V. 



82 AGAPIUS. KIT AB AL-UNVAN. [220] 

Ll_> ^^)^\ ^y ^^i^ t-- i)->^ er -^. j' ^^ ör» ^f-' >^'^J '^'^^ 

S^l j^ jLJ-^ jl ^1 p:'- jyS ^ c^^3 ''V^ Jrr* ''.jr-=^^ '^'^3 "^^J 

B 172. ^5A^' ^^^^ ü^ J^-H j^ ^^ (* il«c' ^c^^ >::^lX9 ' <1\^ i,^^\ ^ ,^r^^ ^^ 

^' ^iL^-3 ^^1 io,^;_^- j^l ^_>]^1 ^^\i 'J^^_j YL^j * U-^ 1,5^;. ^ Ul j 
,_;:^3 '"^"ü «wojLi >.jA«^ "'JL) o'^j,^^ (_5^ ^^ '•-^•^ if)-^ ti 0^ *r^ '^ f^.' 



G 14(1. 



1. C om. depuis ^.r*^^--=>-' ^. — 2. C om. — 3. B ^^^^:-~::^I. — 4. B om. trois mots. 
— 5. C j-:;^U A !j,U:;<.U. — 6. A om. depuis n. 2. — 7. B ^^ A om. trois mots. — 
8. A ^^^V-*^'- — 9. B add. ^U<' A %S .■ — 10. A ^c^^. — 11. A ^^. - 12. A add. 
oX-'i Jjü. — 13. A ^\. — 14. BA simplement oX-U' is. — 15. LyJ J'i ii'j 
ULI c^«-'-'' .il -V. >'j t''^ '^-5 ''"'''•'^' 'i^ij^ S^dj-'^ ^^- ^r" ^XIU» J, jl oXU3l 
Ip J jjL. — 16. A ii^. — 17. A om. deux mots. 



Le roi ordonna ensuile dB choisir, parmi elles, los cent femmes les plus heiles, 
les plus gracieuses et les plus intelligentes. On choisit ces cent femmes, et 
Esther se trouva parmi elles. Parmi ces cent femmes, il ordonna d'en choisir 
dix plus particulierement remarquables pour la beaute, la gräce et l'esprit. 
On en choisit dix, et Esther sc trouva parmi elles. De nouveau, il ordonna de 
choisir trois femmes, parmi ces dix. On en choisit trois, et Esther se trouva 

♦ \\ 172. encore parmi elles. * Il ordonna enfin de choisir, parmi ces trois, celle qui 

surpassait toutes les autres par sa beaute, sa gräce et son esprit. Et, parmi 
ces trois, Ton choisit Esther, niece de Mardochee, car aucune femme ne 

♦ c i'(0. la surpassait par la beaute, * la gräce et l'esprit. Le roi ordonna donc ä 

Esther de s'embellir et de preparer ses parures pendant trente jours, ä la 
suite desquels eile entrerait chez lui. Depuis le jour oü eile se presenta et 
devint reine ä la place de Vachti, Mardochee resta ä la porte du roi et ne la 
quittaplus. Aman, extremement atHige et preoccupe de cette attitude, employa 
la ruse et le mensonge pour prendre de l'ascendant sur le roi Artaxerxös; il 
lui dit : « Dans ton empire, ö roi, il existe un peuple ou plutot une petite 
troupe d'Israelites. » Et il ne cessa d'insister jusqu'ä ce qu'il eüt achete au 
roi, moyennant une somme d'argent determinee, qu'il lui offrit, [la t^te] de 



C l'il. 



[221] IIISTOIRF. DT.STFIER. «3 

J\ ^dlli J ^j ^j-^ jL.Jj •'■f>« ^_^ '^i-jyiJ'j '^^^ Or=.J ^ '^^' 
Jr'J^' (^ 'ö- ' ^^ o* ^^. 'j' (^>- ^^'^ ''^'-^ ,:r-^ j " ''^^ Cr^' cllfl 

i<L.ll ^^1 ^ ^^> a.U ^U iLUl dUr j dLUl J:i ^ U^ L^lj '^^LJ-l 
JlI^I Jl is.^^\ «i> ciLJI '^jL 03M.3 Aj^llJ <Ä^yi Jo_\aJI üaIc j>^"j 
V Laj jl«.JI U^ ^Ul -wij oLX]i j jl^' ^ LajI-ux-I J^ JVaÜ slL^lj 

1. A add. ij^-J:.. — 2. B l^Jj-i-''j A om. — 3. A I^^i»^ i-'^ J.'. — 4. A add. c^_j3t. 
— 5. A il^U^. — 6. A om. trois mots. — 7. A 5-^*9^. — 8. A J*i JJU B -^.i'j. — 9. A 
Ulü'j. — 10. AUj'. — 11. BA om. — 12. La Bible a iJ-J^; B J^\; A om. depuis 
J^j.. — 13. B ^b A ^U. — 14. A U^o.. — 15. BA ^y iJI ^j J< ■ 



tous les Israelites qui se trouvaient dans les villes de son empire. Le contrat 

fut passe entre lui et le roi et l'execution des clauses en fut fixee ä une date 

determinee avec precision. Alors les gouverneurs * de toutes les villes de ' B 172 v. 

Fempire re^urent, par les messagers d'Aman, l'ordre de tuer les Israelites 

qui s'y trouvaient * ä l'expirätion du terrae fixe, quand ils auraient re^u la * c \uo v. 

lettre. II fit preparer un gibet, * haut de 120 coudees, pour y pendre Mardo- * a ui v. 

chee; et il caclia ce gibet dans sa maison. 

Pendant ce temps-lä, deux eunuques d'origine turque, specialement 
afl'ectes ä la garde du corps, Tun nomme Bagathan (Ba'tluln) et l'autre Tareeh 
(Itnäh), ourdirent une conspiration et resolurent de tuer le roi, la meme nuit. 
Mardochee, oncle de la reine Esther, apprit ce projot et il en decouvrit des 
preuves evidentes, parce ([u'il etait assidu et attache au palais. II presenta 
donc ä Artaxerxes un rapport sincere et lui donna les preuves de la conspira- 
tion des deux eunuques. A la lombee de la nuit, le roi les fit survoiller. * 11s no • c i'.i. 
savaient pas que le roi etait au courant de leurs faits et gestes. Aussi furent- 
ils pris au moment oü Artaxerxes vit de ses propres j^eux les preuves qui lui 
avaient ete presentöes. Ils avouörent ; puis ' ils furent mis ;\ mort par ordre • u ns. 
du souverain. 



84 AGAPJUS. KITAB AL-UNVAN. [222] 

^y>^j - j. !i ^^ \a d3»,LJl jL=-i ^<tS ^ L^-'^ <Ä-^ ^ jlS L >_3; 

%j^\ J>\ jl ^li ^^ dLUl <J15C J -kil dlL-Ü ^Ui ^L>.J1 Iaa Lil^ U U 

«Li ''^Lf- -cJlc. jJüi JJji Aj'ljlx^^ __^U SIajÜL 

* c i'ii V. jL.ljJ * lilLJl JLLJ aJc ^^li-A, ij^ Jjl J03 i_^jj jUU <~lfr J)^i r-?^^ ^ 

jL.La Jlli ' \LjUj '^j^ dUJl ^„^i Ji=>-j blslx^ j>^. jl i5^" 1-^ ^ ^^^yJJ 
^^^ ^U Ju^_ jl JüUI l^J I'U-ULC JUJ ^ A, ''^^1 ^A>1 ^ <_iJ j 

* B 173 V. '*^ s_i4a) I J> .'•. <i "CiO (»LstL ' A=>-L \^ j_J-^J A_^iJ ^Ic- «JXuJl -T-l" »^_yj i^LUJl 
' A 152. 1-1^ oLUl *J JUi -Ü^J 0.yC" dUJl ^1 J)^J ilsLC '-MÄa Jyjj * iLA.Jl 

1. C om. — 2. A um. trois mots. — 3. A ,^^. J_; JU' ^^*f J, ^ oX-U' j^,L 

Ul; ^LC J ,1 Jli. oXLJI It. — 5. A -^'i^!' iJi. — 6. BA i3. — 7. A i->C .,1. — 
8. B ^iXUJ. — 9. C ^:^y — 10. A depuis n. 7 ^^lif; j'^j ^_5^1->*^' jl--!^ ^ J~' 

oX-U' iJ^ ii ^r-l^.. — 12. A -^^•^.- — 13. BA ?-'->. — 14. A ^jJii. 



i 



Ce qui concerne !e rapport de Mardochee fuf consigiie daiis le Livre des 
actes des Kois. 11 est ecrit que le roi, pendant une nuit d'insomnie oü il ne pul 
trouver le sommeil, se fit lire rhistoire des roffe. Le sccretaire poursuivü sa 
lecture jusqu'ä ce qu'il en vint ä Ihistoire de Mardochee et de son rapporl. 
Alors le roi dit au secretaire : « Quelle recompense avons-nous dounee ä cet 
homme? » — « Le roi ne l'a pas recompense du tout, » lui fut-il repondu. 11 
ordonna donc de lui rappeler cette affaire quand le matin serait venu, afin de 
recompenser Mardochee ; et ä ce moment le sommeil appesantit ses paupieres 
et il s'endormit. 

Le jour venu, Aman son ministre, qui entrait le premier chez le roi, se 
♦ c i'ii V. presenta : * « Quelle serait, ä ton avis, la digne recompense d'un homme que 
le roi desire distinguer et honorer? » demanda le souverain. — « Personne, 
plus que moi, n'a la faveur du roi, » pensa Aman; et il dit : « Voici, ö roi, sa 
recompense • il faut faire monier cet iiomme sur le cheval royal, lui placer ta 
propre couronne sur la tete; ensuite celui qui tiendra la bride de son cheval, 
♦'^i.'isV' * ayant retrousse ses vetements, le conduira autour de la ville, ' en criant : 



* C 1'.?. 



^223] HISTOIRE D'RSTIIKH. 85 

^1^3 dlUI -Ut ^ r>'-3 ^^ ti-^^ 'S ^^'^3 ^'-^ {^. -^^i ^'^^^^ J ''vL>^b 

^u-ji 1-u k.s ^^ ^\ ^y' c:^^^ -kj^i^\ iv^u ''L^i Li^ ''dibi JL Uj ■ 

'•'jli ^3J\ J^Vl ^y ^^AJ ^.> ji j^" ^dU U U C,b^l ^ Jili <k;A, 

jl ^ j^^ a.Ul ^U- i-^Uy ^ o^ jl ^^ ^^^o^ ^-^' ^'J^^1 ö- JV3 

1. BA add. .,'^'. — 2. A ^r-l^l- — 3. C jjj^ ^ j'J^ ^ °'"- "~ ^- '^ °"^- ^'^'^ mots. 
— 5. A O-^'i' - ''"• — *^- ^ °"^- ^ ^T^^X- — 7. A j hjx.'. — 8. A au lieu du passage 
dep. 1--1 ecrit J-~>'t~' ^ =^ ^^ o' (♦'^'- — ^- ^ °i"- t'eux mots. — 10. A depuis B 
17'. J-j'v-' ^ i-v» Ä;'—'' J- — 11- A add. U--' J^^. — 12. A ,U' et add. »J^. — 
13. BA j^,^_^^i.H. — 1',. A J.' J.---\ 



C IVJ. 



Voici la recompense de riiomrne que le roi veut distinguer et liniiorer! » — 
« Leve-toi donc immediatement, lui dit le roi, fais monter iMardocIiee sur le 
cbeval ruyal, place ma courdiine royale sur sa tete avec un ecriteau a son 
cou, prends la bride de sa monture et fais pour lui ce que tu as dit! » Aman 
sortit de chez le roi et fit pour Mardochee ce que le roi lui avait commaude. 
Lorsqu'il fut rentre chez lui triste et desole, sa femme lui dit : « Quoi de 
uouveau? * Pourquoi te vois-je triste et desole? » Et il lui conta Fliistoire. 
« De quel peuple et de quelle naiion cet hoiume est-il? » demanda la feiiinie. 
« C'est uu Israelite, » repondit-il. La femnie se rappela que jadis Dieu avait 
accorde son secours aux Israelites contre les Amalecites; et eile dit ä Aman : 
« Puisque cet hommc est du peuple des Israelites et que tu as dejä commence 
i'i tomber et ä t/humilier devant lui, regois douc los humiliations qui le soul 
arrivees. » Rnsuite Mardochee se rappela que le terme fixe entre le roi et Aman 
approchait, ' terme oü les Israelites dcvaient ctre massacres d'apres les • n i:'i. 
clauses du marchc. II lit alors prier la reine Esther de parier au roi et il 
repeta plusieurs Ibis sa demande sur ce sujet. 

La loi des rois perses voulail (pir quieoiique se presentait devaut le roi 



86 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [224] 

♦ c 142 V. dJyUI ö- j^ lÄA o^jLt Ul ^^1 cJLC» u^^l i> CiUlj i.!A& dUj * j^^Cs 
1^1 ju«; >i.Ü=Lr -^5 Ia^ Ui ^^ j ^^ ^_ "^ t^=^> 0^3 V-^ (^ -J-^' 
(V^VI ^Jl jü cU.L-l ^ <^b ^^^ >r*^, o)->^-; ^-^^-^ öi-^' ■^' '^lt^ J' 
^y^ J^^3 lOdUUl ^ -'^1 Ai ^ ^^1 ^li 1-U ^j '(n->^ ^M 

•A15-2 v.i6^-*^ ^^-^ jl ir.i^Ul ^^1 i^d^ i'^j^fU; di;l '2^- >U jUU i^Jii 

• C 143. O-^J * ^j^-Jl O-Jj 215>U.I1 j jy <:i.j ^Ü ^' 20;<^| ^,^1 ^^t^ 19 jy 

^>^3 •-'^dUUi j. l^->i^ i '^aJI c^>;j -2^1 Jl ^^3 J^'3 ^^J J^ 

26;<jui ^ ^ \^y^ c^ ji A« ^5^1 (.^jJi j ji^ Ui juu ^ ^ ■'•'i^ 

1. C yi^\. — 2. A dep. ^i^ ^r' ecrit tjxki) ^^LJ' 1^'^- — 3. A j'^ j'. — 4. C om. 

— 5. BA ,^l> C ,j^\j.. — 6. B >J^. — 7. A ^.^r^' j^- — 8. B O-o'. — 9. C «^' 
B p^\ A c.bl. — 10. C ^^f^ BA ^^CU' ^^'. — 11, A aI^j ^r*' iW j>i- — 12. BA 
jwiL. — 13. A add. jUU .'j ^^ — 14. A J-j^. — 15. C om. — 16. A om. — 17. C 
add. .Lj. — 18. A 'y_^. — 19- B om. deux mots. — 20. C om. — 21. BA om. deux 
mots. — 22. A om. trois mots. — 23. A J,l»jj A3lsr^- AM J,!. — 24. A om. deux mots. 

— 25. C add. S^}*--^ ^.- — 2b. BA om. deux mots. 



Sans etre appelö, eüt la tete tranchee par les bourreaux, k moins que le roi 
ne touchät de son sceptre celui qui paraissait devant lui '. C'etait lä ' le signe 
de la protection [royale]. Esther, qui se rappelait cette loi des reis (perses), 
craignait pour sa vie; mais son oncle Mardochee insistait aupres d'elle. 
Voyant ses lenteurs, il lui fit dire : a Si tu ne rachetes pas ta vie en sauvant 
le peuple du Seigneur, c'est-ä-dire les Israelites, le Seigneur qui est leur 
Dieu viendra gracieusement ä leur secours. Au reste tu es de ceux qui sont 
vendus par le roi, de ceux qu'Aman doit faire mourir. Ne t'imagine donc pas 
que tu pourras echapper. » Alors la reine Esther fit demander ä son oncle 

, '^^ ^- Mardochee * de jeiiner, de prier * et d'ordonner ä toutes les vierges d'Israel 
de jeüner en meme temps qu'elle, pendant trois jours et trois nuits. La reine 
Esther jeüna et pria pendant trois jours et trois nuits; puis eile se revetit du 

c 143. cilice, * se prosterna sur la cendre et pria, suppliant Dieu ä grands cris de la 
preserver [de la colere] du roi et de sauver son peuple de la malice d'Aman. 
Au quatrieme jour, quand son jeüne fut termine, eile revetit ses habits royaux 

1. V. Jos. FlAV. Antiq. Jtid., XI. 226 : itÄviv d ur; tiv« a(ö!;£iv S'jOAi'afvo; -irporstvEtsv xV 
ypüGYJv 5a€oov. 



C 142 V 



[225] HISTOIRE D'ESTHRH. 87 

J •u« l, — U-l ^_^ ljX»l=-l3 l^^j :ri.„<.j J^»?-3 ^^-^f"^^ (j V"^-* *^-J-J '^-^^ * — ^^ 

y> 'OUs.j 1a£ ^^Alt duUl ^jjc._ jl ^U cJlii .il::^l^ ^U dlUl ^ J15 
ilA_c- UaJ L«-Ij i__,^jj jUUj _^ Ji- -^ IaXc (j-»ji-j"3 tiUj ^^ V.'^^ V.-'J öL«^3 

JL.U3 jjt> Ua.1 Iji. j_5A:fi ci-LJI ^JoL::, jl ,^^^ >^-'^ diio-U- ^^^ «.iHJl IjJ Jl* 

1. A JU ^li^ij. — 2. C .J-^l) BA 1 V-?^L'. — 3. C om. — 4. C om. depuis , r;/-M 
A J-JÜI ^^ jU i^^ji}] B J.:;iü' ^-^l) (^w^Jl. — 5. C om. Ji. — 6. BA JL.. — 7. A om. 
— 8. C add. -^-i ,.f;». — 9. Ici commence la lacune dans le ms. A. — 10. H om. deux 
luols. — 11. Ici se termine la lacune dans le ms. A. 



et se presenta devant le roi, alors qu'il etait assis sur le tröne. C'etait une 

des femmes les plus jolies et les plus gracieuses. Les ofliciers se precipiterent 

pour la tuer. Mais le roi lui tendit son sceptre, ce qui etait chez les rois 

des Perses le signe de la securite. II accourut vers eile, parce qu'elle tomba 

sans connaissance par terre. Aiiisi le roi se leva de son tröne, la prit, mit 

sa tete sur sa poitrine et se mit ä la caresser au visage; et lui servant d'appui, 

il la plaga ä ses cötes sur son tnme. « Demande au roi ce que tu desires, » 

lui dit-il. c( Je demande au roi de venir demain diner chez moi, avec son 

ministre Aman, » repondit-elle. * II y consentit et, le lendemain, il dina cliez * •'• '''■' ^• 
. . ... ' B 1:.".. 

eile avec son ministre Aman. Le repas fmi, le roi dit ä Esther : « Demanile 

ce que tu desires. » — « Je demande au roi et ä son ministre Aman de revenir 

demain diner chez moi. » Le roi accepta; et le lendemain lui et son ministre 

Aman dinerent chez eile. Apres diner le roi lui dit : « Demande ce que tu 

desires. » Elle repondit : « Je demande que le roi et son ministre Aman 

dinent encorc cliez moi demain. » Le roi accepta, et le lendemain lui et son 

ministre Aman dinerent ciiez eile encorc une fois. Mais un rel'roidissement 

et un sentiment de Jalousie envers son ministre Aman se glisserent dans le 



88 AGAPIUS. KITAB Ar.-'UNVAN. [226] 

* C 144. g Jt£J l^;uU Ij-jJ; JUa-Ll-Jj l^'^Lo- Lij l^ * ^ Jr"^ »-^ -^ 0^ j>^" V^ L5b 
* B 175 V. iJa.-^ V, "^aj ^li lÄA >^L«9 ^^Si\ ^3 * <.li. ^o^ r>^\3 j J^\ <^ ^, -^J SU\ 

C^l *"Iä Ualj b^l «CÄi^l Jij «J JUi ^^ d-> »jlLJl '''ily ^vr^-' iJä-' '-^.J 

«_..«-»- üiX^j 4JvUl -1-.I is Ji*sj "^.^L^ o^j is^y H-^ "^i "«-»--j Ll— fr w-Üa.;' 

^ jUlA jl dUJl Ji «ijj '-S^y* j^^ V~^ ^^' ^^ J^.Lr-' t^i ^'^ 

1. A JL.'. — 2. A ^i^. — 3. C om. — h. C oJU A om. — 5. A add. ^'^i'^. ^. 

^CJi ^ %. ^ ^ ^OJI ^ Js J^. - (3. A bk-M ^H )y - 7. A 

Jü v^CUl siÄ, ^ U.U. — 8. A Jilw'. — 9. B U|_^ A Olli. — 10. A au Heu du pass. 
dep. slji donne Ualj .,ULJ JUj ^_,wiai.'L i^fjJ! AJJ^U. — 11. A add. c-^j. — 12. BA 
oni. — 13. C om. — 14. A \>s. .,'/ Ji. 



C l'j 



coeur du roi. Apres diner il dit a Esther : « Demande ce que tu desires. » La 
reine Esther repondit : « Quelle demande pourrait faire celle qui est sur le 
point d'rlre mise ä mort et de perdre la vie, * celle dont le peuplo va etie 
extermine? » Le roi, au comble de la tristesse et de l'allliction, lui dit : 
B 175 V. * « Mais qui donc a fait cela? » Elle lui repondit : « C'est celui qui est 
jaloux de toi a cause de moi et qui ne veut pas que tu aies une femme 
conime moi, — c'est ton ministre Aman que voici. » A ce moment la tris- 
tesse et Tairiiction lächereut tellement le venire du souverain qu'il dul 
s'empresser de sortir. Ensuite il sortit (des latrines) et vit Aman * se prosterner 
devant la reine Esther et lui baiser le bout des pieds'. Pris de Jalousie, le roi 
s'ecria : « Eh quoi! tu veux encore nous deshonorer? » Ainsi Dieu avait 
entendu la priere de Mardochee, agree son jeüiie ainsi que la priere de la 
reine Esther et de toutes les femmes israelites. Le roi donna des ordres 
pour qu'Aman füt pendu; et quelqu'uii lui ayant rapporte qu'Aman avait fait 
dresser un gibet, haut de 120 coudees, pour y faire pendre Mardochee, ' il 



\ \:,:i. 



C 14 



1. Le texte ajoute encore une fois : « Le roi le vit. luisqu'il sortit «. 




I.'ALPHABRT GRKC. 89 

JIäJ^jI ■'^cÜU J,xy\ J,yh!i\ C.JL1=J?;1 -J^ J^3 * li "'«• 

l<i. pj 1_^U"Ü ^yLll ^L ^^ Jj.\ v_iJli>- ^^_yjt^ ^^ J^ <-^ C- Jj 

jväjAauI-i O- *^)^JLtj *j>'j'3 ^w -^ jV< 

dUj Ji J J^C J ^V li^ Jir^J ^j' * ä:r'''Jr^ " ^^-^ Jkr^ ^-^ J-? ♦cur., 

öx. ^11 I3U- ^„..a^ ^ j_^_Ä)l '^j^vx-lj ^-^ ^j^-^ jl dUJ3 ' ^■^li>=- yis. tw VU I', iTG V. 
iÄA ^3 Vjl l,.. j^<.„ är'^'.^:^" j^ L5^' (^J ^-.-^^ ^^ ^. ,n" '3^3 Lr^/^ 

1. BA yc. — 2. A add, ^^i. ^'_j. — 3. C um. — 4. B ;^w,-J,'-5. — 5. B om. (' 
(^%j. — 0. B j^„.JA.U!. _ 7. B i~.-ui!l A s-Vxj oX-U W.C-U' ^^' oXJi Jjo vj 
(^j^A^ JJ^ ^j C^'-^-'j'' -'-'^ ^^'J( ^-i.-P' wCU 5J^ ^^=j J^NI ^^i o^Avi^-^^,'. — 
8. A ^jXJi ^j;. — 9. A om. dep. -"-*j .^. — 10. C Uk». A au lieu des trois mots ^Ji^. 
— 11. A C-i^f=. — 12. C om. depuis f^'^. Ici commence une lacune daus Ic ms. A. — 
13. C i^.-Ji. — l'i. C ^,yil B .,^1. 



ordonna que son ministre serait pendu ä ce gibet. C'est ainsi que Dieu sauva 
les Israelites et les arracha ä la perfidie d'Amaa l'Amalecite '. 

Apres Artaxerxes Longuemain, regna Artaxerxes II * pendant deiix ans"; ♦ ^ 17,; 
apres lui, Sogdianos regna pendant un an, et apres lui, Darius Nothos pendant 
19 ans. 

A cette epoquo, vivait Euclido, le geometre. 

En Tan 5 du regne de Darius, les habitants de l'Egypte se revolterent 
contre les Perses et, apres avoir ete sous leur joug pendant 124 ans, se don- 
nerent nn roi \ 

A la meme epoque, des flammes sorties du mont Etna consumerent un 
grand nombre de villes \ 

En ce temps-lä, les Grecs apprirent * vingl-quatre lettres ; ils n'en avalent ♦ c i-i.-.. 
que seize auparavant. * Cadmus et Agenor, qui etaient d'Egypte, etaient * u m; v. 
venus dans la ville d'Atlienes et y avaient apporte les seize caracteres, avec 
lesquels les Grecs ecrivirent tout d'abord. Voici ccs caractöres : 

1. Pour riiisloire d'Rstlier et Manlochec cf. .los. Ki.av. .1«/. JinL, XI, 184-268. V. 
egalementle Livre d' Esther. — 2. 11 faul lire « deux mois ». — 3. Mich, i.i; Svii., [, 109. 
— 4. G. Sync, I, 489,, ;Kus. Chr., II, 108 Mg). Mich, le Syr., I, 108. 

PATU. 011. — T. XI. — F. 1. ('■ 



90 AGAPIUS. KITAB AL-"UNVAN. [218] 

'A B r A E IRAN n PC T Y*(o 

UJVl \i^\ Ul IDa)! LL,^_ Li Iju! _y ^ jb Li- jÜ. 

j^j dUi A^ ^j -'Z0H\ i-JJ' jy^j ^y-J ^y^. ö^ y ti-^^ ^^Jw^Lsj ^1 

C l'.D V. J- d)l> U Jl * ^_^AS "Vjl l,.U j^'l ^J^l ,_5A3 ^-y Jj^\ (VS.-U; J^3 ^,^ 

ör'^Jt'^ (^-^^ vir* 

1. Le ms. C ne contient que les 16 lettres grecques sans la prononciation arabe et 
Sans les lettres correspondantes arabes. Tout cela se trouve dans le ms. B, oii il manque 
cependant F, <^ et w; pour V le ms. ne donne ni la prononciation arabe, ni la lettre corres- 
pondante. — 2. C ä-^iJj B ixiJjS. Ici se termine la lacune dans le ms. A. — 3. CBA 

-ij' ir'M- Ce n'est pas clair pour moi. — 4. A ^£p-'- — 5. C ^A.;.Ji B ^_J-jI3 A 
om. — 6. A cm. depuis ^J-^. — 7. A om. depuis ^j, mais ajoute : ä»Jj' i.U=Hl c:,^ 
Up. ^yuij. Ici commence une lacune dans le ms. A. — 8. C ^^-bl^. — 9. C *i. 
— 10. C . ^, ,^' B , ^,«i^t. — 11. C iiisr". 



A B 


r 


A E 


I 


R 


A 


N 


al-Alfa al-Bita 


al-Gama 


al-Delta 


Youta 


Qaba 


Lambd 


Nou 


1 ^ 


Z 


N 


is 


^r 


J 




n P G 


T^ \ 


<t> 11 










Bi Rau Sigma 


Tau 

U 













Ces caracteres s'appellent caracteres pheniciens. Puis Palamede, de la 
ville d'Argos', inventa quatre autres caracteres que voici : ZQHX. Eniin 
Siraonide iuveuta quatre autres caracteres, savoir : MEOM". On dit que les 
Egyptiens inventerent les premiers l'alpliabet et que les Plienicieus (rapprirent) 
c i'»5 V. apres eux. C'etaient les lettres que jadis Cadmus avait apportees * dans 
ce pays-lä. Ensuite les Grecs (apprireut l'alphabet) apres les Pbeniciens'. 

A cette epoque, [les Grecs] firent perir Socrate : ils lui firent boire du 
poison et il mourut. Apres lui s'illustrerent ses disciples Piaton et Epicure, qui 
enseignerent des doctrines diverses \ 

1. J'ometf , f^j' lO^ *1^® J^ "® comprends pas. — 2. Mich, le Svn., I, 108, 109. 
Cf. G. Sync, 1, 4906.7 (Eus. Chr., II, 110 Ug). Chr. Pasch. Migxe, t. XCII, col. 412. — 
3. G. Sync, I, 49I5.6, lo- 21-22 (Eus. Chr., II, 110 Ili et IIb). Mich, le Syb., L 110; cf. 108. 



[219] SOCHATK. ARTAXEHXKS. DAHIUS. 91 

Ä-i^l A^^\ ^£. bA.Ul eil." \y^i i^ * B 177 

O- ri-C' ''J«— ' jV ' 

1. C , ^^il B ^j:^f^- — 2. B ii.jSjS. — 3. C JlJ. — 4. BA donnent ce passage 
depuis o-CJi Jj plus bas : B fol. 177 v. ; A 153. — 5. B l^ia^. — G. C li»J B l}j>. — 

7. C .^' B ^\. — 8. B .^--. — 9. B Olli, deux mols. — 10. C ,.J=^'. 
11^ ^.^ 



Ell Tan 15 du roi Artaxerxes, Africanus {Afriquiyoiis) envahit le pays 
de Carthage [Carchedona) et s'en empara ; apres quoi on appela * ce pays * b i 
Afrique, du nom d'Al'ricanus '. 

Ensuite Artaxerxes II regna pendant 27 ans-. 

A cette epoque, eut licu le denombrement et le recensement des habitauts 
de Rome; ce recensement dura pendant trois ans; et il fut interrompu par 
suite de la fatigue de ceux qui le faisaient. 

En ce temps-lä, Nectanebo'' (Fastou), roi d'Egypte, s'enfuit en Etliiopie, 
parce qu'au rapport des augures, * des armees nombreuses devaient fondre 
sur lui. Certaines gens disent qu'il etait le pere d'Alexandre. 

L'einpire des Egyptiens fut aneanti pendant 42 ans, jusqu ä l'epoquc de 
Ptolem^e, uu des sorviteurs d'Alexandre, fils de Pliilippe. 

En l'an 4 du regne du roi Artaxerxes, Aristote, ägö de 17 ans, etait a 
l'ecole de Piaton *. • 

1. (;. .Svxc, I, 491, 5. Mich, le Syh., I, 111. — 2. Mich. i.e Svii., I, 112. — 3. II 
s'agit de Nectanäbo 11. V. (1. Sync, I, 486-487 (Eus. C/tr., II, 112 lls). Mich, i.i: Svii., 
I, 112. — 4. Mich, i.i; Svii., I, 112. 



' C l'iC. 



92 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [220] 

ijj ■ li-^jJlj A^l ^\j jAlx^\l j,\ - ^jALs iJjAi« \J^ vilL jUjJI diJi ^j 

' B177V. '^oL-H^ j ^>^-^^ ^^^. -^ ^^ Lij^ Jj;^ '"'^-i-« ''^. jL.>'^ ^'i (jj 
* C 146 V. dLL OCU j^ ^jYi <JI jj '"-'jt;^ -C- ■*;^J^ * ^'} ^xJ^ 4*-^ jv' 

Lxi« /j— ^J -U-oi- 'iLlj J^^ jljij Ja.J=J ö- ' \^j ^^'i jJ^U-J ö- /Hv^-t 

1. B -^^ Js. —2. B , ..a.ii. — 3. V !J-^I, B |J™.JL. — 4. Ici se termine la 
lacune dans le ms. A. — 5. C -Uj. — (i. C U^= A [~Jj. — 7. B om. A ijji. — 
8. C fj-'j=^- — 9. B ,5--,' A om. — 10. A om. quatre mots. — 11. A om. trois mots. — 
12. B s3J^ i; C !i.» J, %\. A om. — 13. AB om. dep. .,LC. — 14. A ^^ ^1. — 
15. A JJ. — IG. A 5/l~^ ^■-'^ .X.. — 17. C ^ .i.1--. ..^.^b A add. -^b.U' ..U. 



A cette epoque, Philippe, pere d'Alexandre, commenQa ä regner en Mace- 
doine; le nom de sa mere etait Olympias. En Tan V.i du roi Artaxerxes, 
iiaquit Alexandre, fds de Philippe, et mourut Piaton '. 

* B 177 V. * A la meme epoque, Manasse, fds d'Ezechias, roi de Juda, bätit un temple 

sur le mont Garizim, ä Timitation de celui qui se trouvait ä Jerusalem". 

* C 146 V. Puis Darius, fds d'Arsace, regna * pendant 6 ans. En la premiere annee de 

son regne, Alexandre, fds de Philippe, le Macedonien, monta sur le tröne. 

* A 153 V. II avait 20 ans. II regna d'abord sur Tllellade pendant 12 ans * et il vecut 

32 ans. II soumit beaucoup de contrees et, apres avoir fait perir trente-cinq 
reis, il s'empara de leurs Etats; son armee etait composee de cent vingt mille 
liommes; il avait trois coudees de haut'. 

C'est lui (pii fit la barriere pour arreter les invasions de Gog et de Ma- 
gog. A cette epoque, il rassembla et reunit des troupes k la tele desquelles 

1. Mich, i.e Syb., I, 112. — 2. G. Sync, I, 484,2., 3 ^Eus. Chr., IK 114 III et 1681). Mich. 
LE Syr., I, 112. — 3. Sur riiistoire legendaire d'Alexandre le Grand v. Pseido-Callis- 
THENES, III, 1-4; ed. C. Müller, p. 94-99 (Akri.^ni Anabasis et Indica, Parisiis, 1840. 
Scriptorum Graecorum Bibliotheca, t. XXVI). H. Meusel, Pseudo-Callisthenes. Nach 
der Leidener Handschrift herausgegeben von II. M. Jahrbiiclier für 'classische Pliilolo- 
gie. V. Supplementband. Leipzig, 1864-1872, p. 769-772 ila correspondance d'Alexandre 
avec Porus qui differe de celle d'Agapius; I'anecdote des elephants; le combat sin- 
gulier; il nest pas question du secours envoye par los Chinois). ^^ aussi les textes 



[221] HISTOIRE D'ALKXANDRE LK GRAND. 93 



L.*^ bjX..^ bj^j V ^,Äi iH" ,Äx» ^.^^^-^. "^^^J (nc^ J-*^^^-^^' 



4j is j^l L*j 



j.?jlr>» '-'^a (J ^^ j r*^ '■''>■> n^>^ ''^^ ^ "-^^ ^^■'' r*>^- 

1. A add. Li-'Jij. — 2. C om. — 3. A k j^"^^' ■ — 4. A i^l — 5. A l^'l. — 6. C 




14. B ^v> J A 'j^P 

17. C ,>U> J. — 18. A .S 



il envahit les l JifTerents^ pays, faisant la mierre aux rois du monde eiitier et 

' . . 1 * C 147 

s'emparant de leurs Etats. II arriva ' ainsi dans la contreo du Sind * et s en . g ,7^' 
empara; de lä il se prepara ä envaliirTlnde. 11 envoya donc une partie de ses 
troupos, et ä leur tele un de ses lieutenants nomme Seleucus, pour appeler les 
Indiens ä l'obeissance. Seleucus avait ordre d'obtenir leur souniission spon- 
tanee et, s'ils resistaient, de les conibattre. Arrive ä la frontiere de l'Inde 
— c'etait au commencement de l'hiver — Seleucus ecrivit aux Indiens ce 
qu'Alexandre lui avait ordonne ä leur egard, et leur fit porter sa lettre par 
trois notables de son armee. La lecture de cette lettre causa aux Indiens 
une crainte melee de stupeur ; nuiis ils repondirent negativement aux propo- 
sitions de Seleucus, * et lui firent savoir qu'il n'etait pas en etat de com- ♦ c üt v 
battre leurs troupes. Ils retinrent ses envoyes, jusqu'ä ce qu'ils eurent 
ränge leurs troupes ; apres quoi ils se mirent en marche ä la tete d'une niul- 
titude si nombreuse qu'on n'a jamais vu la pareille. Ils amenaient une foule 

des chronographes russes cliez ß. JIcmpuHö. ÄAeKcandpifi pyccKiixd xpoiiozpa- 
cßoßö, Moscou, 1893, p. 194-198; 309-313. Des exemples tires des auteurs arabes cliez 
T. NöLDEKE, Beiträge zur Geschichte des Alexanderromans. Denkschriften der K. 
Akademie der Wissenschaften in Wien, T. 38 (1890), p. 38, 40 (episode avec la Chine). 
La Version syriaque ciiez W. Bidch, The Histonj of Alexander the Great, Cambridge. 
1889, p. 87-92; 109-112 episode avecla Chine . La Version ethiopieiine cliez \V. Buur.i;, 
The life and e.rploits of Alexander the Great, London, 1896, p. 107-125; 172-180 
frelations avec la Chine); 367-371. 



94 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [222] 

' B 178 V. jl^ L; ^jajCVI J ^yX- ^j p^A** J^ ^y->^ (nV^ L^ düi jL<^ * 
. A 154. ^^ '^"^^ J ^b 0* ''^^i ^ ''^ "j^J ^^ * ^-^J-? fr^J ^ 

ly^^Li ^_-^)l dlli (».bl^ <,l:i: U; xJl jlU. j.. •^^^^^^ (.li-ii; V^. -^^ 

^^\j ^UJl '-Vl:.^ "--^3 olttJij ^\ j ^.1 J ^-^. -f5 j-cCVl Ob 
» c i'.8 V. ^}y b/^b ^!**-^ ^ y^J (n-¥ ^'^ t> "^i^ ' ^^-^ ö' ^ ^^»^^^ ''''^• 

1. B i-..:*-^M C i.^\ A ilü. _ii. — 2. A ^•>.j'k^. — 3. A add. ^^:S.J^\ Ü.,U. — 
4. A add. a<vIx>.. — 5. A ^^j. — 6. B ^U A J,;^^'. — 7. A J'-^.. — 8. BA i^jl»-' J. 

— 9. C Lü A ^,1-Ot \ß. — 10. A ix^^y J. — 11. C 8^..*=^. — 12. C c^UL-^. 

— 1.3. C add. i*;-^. — 14. CB om. 



♦ B 178 V 



d'elephants, du haut desquels ils combattaient. Ils rencontrerent Seleucus, qui 
n'avait pas bouge de son camp et qui n'eut pas le temps de ranger [ses troupes] 
en ordrr debataille. II sortit neanmoins avec sou armee, et les deux partis 
eu vinrent aux mains. Mais la cavalerie de Seleucus, prise de peur ä la vue 
des elephaiils, * se dispersa et retourna dans le camp. Seleucus ecrivit alors 

A lö'i. ä Alexaudre pour lui parier de sa Situation et de celle des Indiens, * de leurs 
elephants qui avaient mis en deroute sa cavalerie, et pour lui demander s'il 
fallait recommencer la bataille. 

c 148. * Alexandre, ayant lu la lettre de Seleucus, convoqua ses philosophes, 

leur cummuniqua cette lettre et leur demanda l'avis ä cet egard. Ils dirent 
d'un commun accord qu'il fallait s'abstcnir de la guerre pendant le reste de 
riiiver, pour rentreprcndre eusuite lui-meme. Alors il ecrivit ä Seleucus, 
chef de son armee, et lui ordonna de rester lä oü il etait, dans le pays du 
Sind, pendant le reste de l'hiver. A cette nouvelle, les Indiens, (|ui iie deman- 
daient qu'ä laisser les Grecs tranquilles, s'eloignerent. 

Alexandre profita de ce delai pour faire immediatement des preparatifs : 

il reunit les ouvriers qui savaient travailler l'airain et leur ordonna de 

c 148 V. preparer quarante elephants creux en airain, * semblables aux elephants des 



[223 HISTOIRE D'ALEXANDUK LF. GRAND. 95 

^\^\ ^jj i^u ^j=y z^i^c \^\ß oU-1 j g \b ' ^jj ^^ lt^' ^> * " ''^• 

Sjc^H * dl. Ol IaaIj 'iA:^ iLi^MJ_ll jlO '•JIa:^^! ^1 ^J 13-^^13 ^j:>Jl * c 149. 

_^ls J-._-CjJl J^ >,Xs. J._-Dl 4jL->U)1 "^.Us- IjJ ^^_I-^3 <JLj -Ül >^3 i-ÄC ij^_ 

1. A depuis n. 10 : ^,J-lC^I ^,Ij ^:b!j ^'t ^y^^' ^Oi-j ^r:Ow\^l U.U UU 

!_jUj. ^,^j ^ ;^r.\=^'i ^M' jV.'y jy^-^j '-=^- — 2. A ^\J. — 3. C !^.iLiJ. BA 
\Ah^.. — 4. A i*l^. — 5. A ü'J=. — 6. CA J'3-?J! B JU?-'!. — 7. A dep. '^__, 
donne sJ^ >^iJ' ii-^' ^'1 iLl_^Ij J'W' J ^.x^\^ jJ6 io'^ ^t lyii. — 8. C add. 
?^1CJ. — 9. A -_i-^.. — 10. BA J*::^. — 11. A ^^t. — 12. A add. s-;*^. — 
13. C add. jL^ B add. fi—. Cf. les premieres lettrcs du mot suivant. 



Indiens, et de les remplir de charbon. Les pieds de ces elöphants etalent de- 
montables * et pouvaient se monier [ä volonte] ; au-dessous etaient adaptees * b 179. 
des roues sur lesquelles ils pourraient avancer. Alexandre preposa des gar- 
diens pour empecher quiconque d'approcher d'eux et de les voir, parce qu'il 
avait ses raisons pour les cacher aux yeiix des gens. II ordonna aux gar- 
diens de se succeder sans Interruption dans leur emploi et aux ouvriers de 
faire les pieds des elephants solides et de menager des ouvertures sur leur 
dos pour pouvoir y introduire du feu. 

Les Indiens, voyant qu'il ne s'occupait pas d'eux depuis longtemps, espe- 
rerent gagner son amitie. 11s se mirent ä lui ecrire sans rien laisser paraitre 
de leurs craintes et entamerent des discussions en voyant qu'il avait des 
philosophes aupres de lui. Le roi de l'Inde lui fit un present ' nierveilleux et lui ♦ c iw. 
envoya une lettre dans laquelle il comblait d'eloges les philosophes indiciisqui 
etaient aupres de lui. Alors Alexandre ordonna ä ses philosophes de re- 
pondre. Une correspondance s'engagea entre eux et des divergences d'opi- 
nions ne tarderent pas ä se faire jour dans leurs rangs. Les deux rois entr^rent 
en correspondance pour organiser une reunion de ces philosophes. * Ils rappo- • n 179 \ . 
lerent dans leurs lettres cn quoi consistait le dissentiment cntre Socrale, 



96 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [224^ 

dUJÜ 
Iä5Ca vJJüi J jjcOYI ^^11 ''jc^SI diu üLj o;L<j 

•A 154 V. ,::.^-jl3 4u„.l| '^dU ^.^Ij i.>L.ll dU c-^lij * iJ^^\ dl> cJUjCi ;.^1| dLL.I| 
jjjilj >U1 j^ii-l U du rci^ i«Ul dU 'c~.:ajLÄ;lj <i„U]l dU ojj-i^^lj ^jjJl dU 

"BISO. ci,U3 * '-^^Ul JUI dl ^^jl^ ;<.UJ1 J_^ dU c^Lu-j yül '2jjl^ ''L-l 



1. CB (T^-^ 1/^ A om. — 2. B . i-^ l^iiU^i A om. — 3. C '»^s-^ A oni. — 4. A au lieu 

du passage dep. 'j^^j donne tij^ t.^Ä j._^" >^OjJ U^f~w5j. — 5. A J~J' oXU ^,!j 

jJL, ..j^. — 6. C om. deux mots. — 7. A ,^;^iii^l. — 8. B ^ l» oX^ j}i^^ 

^^'j ^" A J^^U ^H ^r^ J^i[ U ^O >j. - 9. A O-O. - 10. C O^Jj B O-^j 

A O^". — 11. B b'. — 12. A ,^,lk.'. — 13. BA l^v". — 14. C , ^. — 15. A 5>/ C 

,j;^j^. _ IG. B f'Lsr'l O-^-o^-"' U A om. — 17. C Xsi. 

\ 



comme nous l'avons explique, Hippocrate, Üemocrite, Aristote et leurs secta- 

c liov. teurs. On fixa la reunion des philosophes ä un jour et ä uiie heure, * pour 
expliquer cc dont ils avaient dispute. Et ils se reunirent ä cette fin. 
Voici la lettre du roi de l'Iude ä Alexandre sur ce sujet : 
« A Alexandre le plus graud des rois, de la part du roi de Finde et de tous 
ses sujets, salut! Que le boniicur, ö roi, t'enveloppe; que ta sagesse soit 

A lö'i V. parfaite ; * que ta sante dure longtemps ; que la terre t'appartienne tout entiere ; 
que Ion rang soit eleve; que la philosopliie fleurisse chez toi; que ton peuple 
soit soumis; que pour toi soit ouvert ce que le malheur ferme, et que pour 
toi soit ferme ce que le malheur ouvre; que toutes les choses desirables du 

* c 150. monde viennent dans ta main ; * que les coups de la fortune s'emoussent loin de 
toi ; que tu sois a Tabri des surprises du mal ; que la defense de ton royaume 
soit bien organisee; que par toi les esperances de tes sujets s'accroissent; 

» B ISO. * que des enfants d'elite viennent t'entourer; que ta vie soit raffermie par la 
quietude de l'.'ime tant que tu aimeras la vie et par la plenitude de Tintelli- 
gence jusqu'ä la fm du monde; que ta vie se prolonge dans la sante et que 
tes troupes soient victorieuses jusqu'aux frontieres de ton empire; que tu 



|225J IIISTOIIÜ-, DAl.EXANDHIi LK GRAND. 97 

^ L<1^\ >1 J ^^^i >;j '^^\ ^>^ j ^^ J>J ^^ '-^* ^^' 

jJl (.1^ bj^il ^l5C>=i.-lj ^lijl -'^.^^^ UaJI J^L-;Ij ^.jC^ii cl^^ (.>^1 ^U^" 

^jdl iv-^ ^j^l J3 Ä^ ^»-^ c^J^ * ■'-'>3 oL-)l JL^j J J:^y!^ ;(^j»ci50v. 

U ö^l dLH '''L,liJ3 L^-L,^ «. 1\, dU l;^c^ '^^^1 ^V ö« 0^"^^ -*-^'3 

^ j dU. jyCj ^ ^jVi ci^,ui ^.^ oLLj- aij jikui 'o^a^ ^^ul V3 * '■. i.-,i. 

d./Jl ^.U J jL^ ^,\ * ij^ ij-^3 ^bVl "LI J LiJ a5 diu iL^i jj>!l' 1! 18OV. 
jUl^ i^ßi L>o.j i^JUJl^ ^>^ dU ^ 3J\^ •■-'cV^Ul Ai. dU ^„ ^ 
Ul ^j\l «iUI dL^ ^V-^^ y.^i ^l?^* ^^ ^ '^-^^-' -^.-^^ S* 'r-*-^.-' 

1. B -O A ^^CJ. — 2. A J--^'. — 3. A om. — 4. BA om. — 5. A j^>". 

— 6. C h^.'sJ B L.-Jij A om. — 7. A om. depuis n. 6. — 8. C .^Oj J«:J? — 
0. C b'^j B b!^. — 10. C ik^ A om. — ILA depuis -'i donne :i%^ J tjU^. — 
12. A wCUt Jjy. — 13. A ^U^ B Jl^^t^ - 14. C om. - 15. A ^\yi\. - 
16. C j:i'^. 



parles avec Teclat de la sagesse ; que tu jouisses de ce bas monde avec tous 
ses biens; que ton pouvoir soit atlermi par le comble de ta puissance; que 
Dieu t'aide ä trouver des aides experimentes ; que tu reussisses * dans la jus- • c i.->o v. 
tesse de tes projets; que tes soucis soient vaincus par Texperience du gou- 
vernement; que tu sois mis ä l'abri des vicissitudes du sort ! Nous faisons ces 
voeux pour toi avec nos sujets et nous te prevenons par nos salutations ä 
cause de notre haute opinion de toi. On dit que la terre te donne le pouvoir 
sur ses contrees; que tous les peuples t'obeissent: que ton pouvoir est supe- 
rieur a celui des rois de la tcrre, tes contemporains; que le resultat [de tes 
entreprises] apaise l'envie de tes ennemis; que ton pouvoir ne peut etre abattu ; 
que tu regnes sur les peuples des quatre rois; * et que tu regneras ainsi jus- ♦ c löi. 
qu'a la fin des siecles, [grand] comme le roi qui s'est dejä eleve parmi les 
Perses, et puissant comme Nemrod, * fds de Chanaan, parmi tous les autres • n isn v. 
rois; cn sorte ({ue ton empirc brillcra de la splendcur des rois comme un 
eclair; que ses fondements seront solides comme les monlagnes; que ses 
liolocaustes brüleront comme le feu, et que sa force sera ferme comme le fer; 
([u'il vivra parmi les autres rois, jusqu'ä la fin des siecles, comme les quatre 
Clements : l'eau, Ic feu, la terre et Fair. » Teile etait la teneur de cetle lettre. 



98 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [226] 

* C 151 V. i5>(i-Vi ii-a * Jx, ÖSi j -^j-. 0_/>:i 

* A 155. A» U -C^l diu ^\ J-CX^-Vl L(1«X.JJ ijijVl jvJai^J ö^Jr'^ ^^ ,_^!j t^ 

^' U . . . sl^M^lj ^M^l Äjli. Co^J jJXJl ijisÄ) ^r~ojj *^1 jl-iaJ C^Jaf-li A.-j>_Jjl 

A. ^^ jjt jl xjjc \.. üLl Ü3JC- ij-^3 ^-^ 4-«3-Vs ÜJJJI3 L»jt^l 1^ jo i_5JJi "0 

1. A add. ÄcU^. — 2. C '_j-:=ü. — 3. C siJ^. — 4. A Uj*;. — 5. A i:~~.o. - 6. sie! 
— 7. A ,»s-Ot. — 8. A ^rr^' ^^3- — ?>■ A Jjlü. — 10. C^,^:^i BA j/=^'. — 
11. CA iL^^l. — 12. A i^,'^-*. — 13. A A^jU^. — 14. A i^y^^, ^^ jL 



Par ordre d' Alexandre ses philosophes repondirent, mais ils abregerent 
♦ c 151 V. une partie du titre du roi (de Tlnde), car * leur opinion sur ce sujet etait 
differente. 

Voici la reponse d' Alexandre : 
*A 155. « De la part d'Alexandre, le plus grand roi de l'epoque ' et de la terre, le 

soutien du monde, au roi de l'Inde. Tu as regu une splendeur sans me- 
lange ; tu es orue de la dignite royale et tu es arrive au plus haut degre de la 
vertu; tu es celebre par la grandeur de ta puissauce. Ouo sur toi soit une 
main qui te garde; que ton empire soit durable; que la terre te soit sou- 
raise ; que tu te debarrasses des rois anterieurs, et que le pouvoir tout entier 
te soit donne jusqu'ä la fin des siecles ! » 
*Bi8i. * Les deux rois, tandis qu'ils s'occupaient de leur correspondance et 

♦ C 152. * s'abstenaient de la guerre, ne dedaignerent point de se servir de ruses, 
Tun ä Tegard de Tautre, se tenant sur leurs gardes, et veillant sur l'etat de 
leurs affaires. 

Le roi de Finde entra cn correspondance avec le roi de la Chine; il lui lit 
savoir qu' Alexandre l'avait attaque, et lui raconta ce qui s'etait passe entre 
eux; il l'avertit de prendre garde qu'Alexandre ne l'attaquät, lorsqu'il aurait 
remporte la victoire sur (lui-meme); il lui demanda secours, assistance et 



227] HlSTülUE D ALEXANDRR IJ<: GRAND. 99 

-■jJl ^ ciÜ r^ ^^\ ^^_ jl l^; U ^'bCjlj ^'^ojUlj '^ojl^Jl <^b ' ^>^3 

"^L^ O^-^J 'uUiV f-iJJ * *^<;L;V1 ^J jAJCVI •> ij_i) j^ «U U ijlÜlj • C 152 V. 

•c-kÄJ '•* Jl •ci ^b>a ^^Äll jL«jJl t::..93 -^ '^■^^. ö^ <-^.J "^j-»^ ^y ^_l^' 

1. A J'^lj. — 2. A s,y . — 3. C om. — 4. A L^l. — 5. BA i}c. — H. C ajUw>!. 
— 7. A om. depuis IcJSjj. — 8. C 1^.. — 9. C om. A Ja..JI ^^U ^,1;^. — 10. Hoc in A; 
BC SfJJj. — 11. BA om. ,. — 12. BA om. deux mots. — 13. BA U au lieu du ~. — 
14. BA vs^l .^. — 15. Aadd. .,'. — 16. A ^J~^ '^1 J'-iJ. — 17. C i^.i X om. — 
18. A aJIx! .' J-'Lj. — 19. C om. Jl. — 20. A J^,. — 21. CB om. trois mots. — 22. A 



♦ C 15:J. 



appui, esperant ainsi avoir de la force et de la puissance pour siippleer ä 

sa faiblesse devant la grande force d'Alexandre, pour vaincre sa resistance', 

* pour le pousser ä-quitter son pays et ä s'^loigner s'ils tombaient d'accord ♦ c 102 v. 

et s'entendaient. 

Lorsque lo roi de Chine eut lu sa lettre, qu'il connut sa maniere de 
penser, ainsi que la justesse de ses desseins dont il ecrivait, et de sa demande, 
il lui envoya une reponse favorable; car il avait lespoir de retirer son profit 
de tout cela ; et il reconnaissait, dans sa lettre, les avantages de cette entre- 
prise. * II lui fit savoir qu'il commengait ses preparatifs, qu'il etait pret ä sc ♦ B isi v. 
mettre activement au travail ot ä y employer toute sa puissance; [en memc 
tempsj il lui demandait de Tinformer du moment oü il aurait besoin de son 
secours. 

Alexandre apprit * ccs nouvelles, alors qu'il avait dejä fait ses preparatifs ♦ c 153. 
et termine tous ses travaux. Peu de jours apres avoir annonce le depart, il 
partit avec ses troupes, arriva au pays de linde et fit halte au camp de 
Söleucus son lieutenant. 11 ecrivil au roi de l'Inde, pour Tavertir et l'inviter 

1. Litter. : « lui cassor les dents ». 



100 AGAPIUS. KITAB AF,- UNVAN. [228] 

^'^ *^^ ^^■^^1/; ^ «w^ i-jUwÜ ^h\j\ \j^ (väAs^I "UiJ ^^ >Lj 4oL<J Liaj 
' c 153 V. ilcj U ^!MJ»b (Vir^^ * '-'^J '*^(V^^ (^'3 rj^'j-'^ (>-="^ -S-'' "*>r^^ j'j 

♦Bisa. 12 4__J| ^^L^ * j_Xj, ^j^ ij^ i^^j^ _^,JaU; V •»JI ■CUl J «Uifrlj jXiCVl ""Ol 

jjjJ^"^] ij\j ^ ili U <uiju ^j~^^ ^-^ ^^ v-^ cJJi -Cfc JJ^JI »..o^L^ jlj 

^-J_£- Gi^j^ i^_juJ :>l;jl jAl5C-Vi jl^ *Ji >_^ jo Lo ATAstl; (Jff»^' *-^.J 
(J' iS^_i ij-^ '-~^' f*^ ^''-O^ jj-^' "*^' ^-^ J-^-^ — ° Cxr'.-i ^^. '^ ^^^-^'y 

villi iü jV-aJl .„.»-Lj SAäJ jÜaJLji X& Al« bjjjj X^\ ^.s-La J^^'^ jwj^l 

1. B ii Jl>. — 2. A depuis A 155 v. ^.j^' J,l ^.jtj öX-'i s/ js j'j,. — 3. A 
add. i^. — 4. A ,'J-iJ! ö-CU. — 5. A om. — 6. C om. — 7. A »*, <^^\ — 8. A add. 
j u^j^. — 9. A sJX^ et infra. — 10. »^'U. ^j~^^^ ^|y'j ,JwlC:^' J-, J,'. — 11. A 
iAL. — 12. A depuis i^U^' ^ donne s^L-i --y .,' J,' i~U to-j. JJij ,!. — 1.3. C 
aisly -Ic A [5»'^= p^^y J. 5»-C~»j Jj. — 14. A om. — 15. A ijSL^ ^' J.-^_; ,,' üi. 
— 16. A add. 'i^j~>. — 17. A om. dep. .y'. — 18. C ^^,.-^^1^'. 



• A 155 V. ä faire sa soumission; * sinon, il lui declarerait la guerre. II fit preparer les 

porteurs de la lettre; et Alexandre lui-meme se joignit.ä eux secretement, 
parce qu'il voulait voir de ses propres yeux Tendroit, pour letudier, pour 
combattre les Indiens quand il passerait ätravers leur pays, et pour apprendre 
leur Position et se rendre compte de leur Situation. 

Le roi de l'lnde les regut avec bienveillance et les combla de faveurs; mais 

* c 153 V. il les congedia vite, * contrairement ä ce qu' Alexandre aurait desire, et lui 

fit savoir dans sa reponse qu'il n'attendrait pas l'arrivee d' Alexandre, mais 

• B 182. qu'il paraitrait * avec ses troupes aupres de lui. Sur ces entrefaites le roi 

de rinde ecrivit et fit savoir au roi de la Chine l'intention qu'Alexandre 
avait congue, et lui demanda de venir plus vite avec le secours au sujet 
duquel il lui avait ecrit. Alexandre choisit pour son armee un endroit avan- 
tageux, ä la distance de 30 parasanges de la residence du roi de linde. 
Aussitöt arrive dans le camp de son armee, il pressa le depart et se mit en 

♦ c 154. marche avec une grande quantite de provisions et de vivres, campa dans * cet 

endroit-lä et poussa le roi de Finde ä s'approcher de lui, tandis qu'il attendait 
encore les secours du roi de la Chine. Apprcnant cela, le roi de l'lnde 



[229] HISTOIRF. DALEXANDRE LE GRAND. 101 

\_. ' ^L. i& L^ J_yl ^j^ x_,x_«. (jö^ij Si-V_j !s-^^_ 'S'^ v-.^ a:^J' ^_->-L^ 



^1 -uJI iLi gl '^'u-^ jiij '%J .siLL; i^xlCVI üJ .:u.lcj "^ciJ * ^^ . a is«. 

1. C om. deux mots. — 2. C ^ UvL» A om. — 3. A om. depuis jTj. — 4. A 
U/Ji^ yU. — 5. A iii^' J j-j^j /l^ »U.l> .,1 y'. — 6. A j-i'l Jj! J,j. — 7. C 

^■. - 8. A U-V. '--' j-^. ,-^J j^" >^' Oj^j ^^^-^^j jLJt ^.^ ^-^-1 ^1 Uli. 
— 9. C I^UJ ^^3. — 10. A ^. — 11. A J-^' ^CU. — 12. CB om. — 13. A J, 
äLä-'L Xxi. — 14. A om. deux mots. — 1.5. A .y^^. — 16. A .'-^' o^CU ilil. — 
17. A add. _, ^ülLi'. — 18. BA l^. — 19. A 1^:^^ ^'J-" j^r^' Ir^j- — 20. C o^-^b 
A jjUj et add. v^t^'' J^ J,. — 21. A om. doiix mots. — 22. BA , J^\ lli. 



ecrivit ä Alexandre une lettre menagante pour rintimider. Puis il partit ä la 
tete de ses troupes et campa ä la distance d'un mille de rarmee d'Alexandre. 
L'emplacement de soii camp etait plus bas que celui du camp d'Alexandre, 
qui etait sur une liauteur. 

Alexandre * lui fit savoir qu'il voulait aller ä sa rencontre le matin. 11 • n isn v. 
rangea en ordre ses elephants d'airain, les remplit de cliarbou et, dans la 
nuit, y alliimu du feu. II n'etait pas encore jour, que le feu allume produisait 
Tine chaleur si intense que personne ne pouvait s'approclier des elephants. 
Lejour venu, " le roi de Finde, qui s'etait leve degrand matin avec ses troupes, ♦ c i54 v. 
fut surpris par le stratageme : il s'approcha k l'improviste du camp d'Alexan- 
dre, ayant sur le front de son armee plusiours elephants, monles par des 
guerriers. Lorsque ses elephants se furent approches ' et eurent vu les ele- • -v nu. 
phants d'Alexandre, ils engagcrent un combat avec ceux-ci, parce que les 
cavaliers qui etaient sur les elephants croyaieut que c'etaient des elephants 
du Sind, ([ui n'etaient pas habitues au combat; et les Indiens les attaquö- 
rent imprudemment. Alors Alexandre fit pousser ses elephants par derri^re 
tout droit contre eux ; ils se inirent en niouvement et coururent sur lours 



102 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [230] 

•C155. '^'^\j^\ cJUUili * ^yl-i-»^ l;;.L..,i "*yi;i j S^iUl^ l,-.lt ji^xi ji jc^\ ÄJJ\ ^ 

* B 1S3. Ujü Llt' V i:>jL^ ^ ^r«^ ö^ '^'_^ dllw "ij i^j-^-— >" V ^Jr^ ^-i -^ ^|y 

^JCy!l ö^ ''oöJÜ .::J2i:L;U j|^"Vl '' J i-vJ: ^ aiäL^ Vi örL-S^^ ij- ^b Vj 

Ij^j j»,;lji '•^c.jL^ ji '-'j^i^ ö:^^ ^^(J*r^^ ^"^ t5-S'^ >^^ "-^-^ -^J 

it^ J3y ->i jvjJ JÜ9 «CiL- Ms /"-»^ (n-* '•^ 'f^ pA^C-ju. 'iJ^J d-^ jP^j 

1. B »_::,-2i._ji^ c^-^j A vJUilkiU. — 2. BC a::~^j. — 3. Codd. Uli. — 4. C om. 

— 5. A ■j:^j=^1 ,W' Or^ ^j-lC^}' i-li' ^Jb jo^»! ^CL ili! ci^o ULlü' ^! UU 

L^J"^-,. — 6. B =Ä^I A om. — 7. C om. — 8. A "iJj U^CLj jI Lj-L-, I^^jI. Jj 
j.;-^'! .jX-U f-C^ V i^^^j xu.'ji ^',_5 L,U ^J^ ^ ^jr' J-^ ^>s^ '^j^ ^j^ ^3^ß 
is-y~. J-^M ^t-CU j.-ijU (jjlfX-^^'j a^-jJ! ÜJ-i. ^. — 9. A add. i»ij_;. — 10. C .^|_;-^ 

A om. — 11. C ^5^1 3-;^ ^--H--' ^-^^'^'^ ß ••• J^--^' C^'^ ^ -^-' ■«-^^ O-"^ 
.^! ^iiCL» ^r' ^'■^- — 12. B i^elS' A om. — 13. A j v» JU y..' J, ^rA,*-^ 'y^- 

— 14. A Ä^fÄ. — 15. CB Lj;. — 16. A -i. — 17. C om. A Jij. — 18. Ces trois mots 
dans le ms. A. CB dep. L^j' donnent ^—--^.j^ ^r' ,«4r'' M-^" '-'-' k-*' ^'^• 



roues avec une grande vitesse, ä cause de la hauteur et de la pente de l'endroit. 
Les el^phants du roi de Tlnde ne tarderentä se jeter sur eux, comme ils avaient 
rhabitude de le faire pendant les combats, et frapperent de leurs trompes 

♦ c 155. les elephants d'Alexandre, * mais ils se brülerent et ils prirent la fuite saus 

♦ B 183. regarder en arriere * et sans qu'il füt possible ä leurs conducteurs de les 

arreter; souiTrant affreusement de leurs brülures, ils broyaient tous les cava- 
liers et pietons Indiens qu'ils rencontraient; cela jeta le desordre parmi la 
cavalerie iudienne, en sorte que le roi de Tlnde et ses troupes prirent la 
fuite. Les troupes d'Alexandre les poursuivirent dans toutes les directions et 
en tuerent un tres grand nombre. 

Sur ces entrefaites les troupes auxiliaires du roi de la Chine, agitees et 

extenuees, arriverent chez le roi de Finde, avec leurs betes de somme fa- 

* c 155 V. tio-uees. Ellrs s'arreterent dans le camp des Indiens sans raouvement * et sans 

ressources. Alexandre, qui ignorait leur Situation, s'imagina, apres avoir vu 

leur camp, que c'etait une ruse de lour part. 11 rassembla donc ses philosophes 



\^' 



[231] • HISTOIRF. D'ALEXA.XDUE LK GRAND. 103 

j»^>U ^ Jli il _^5Cdl j dUii j»A L_i UU-3 l;^! Jj viUj j ^'jjj ^ 

^^Vl fj>, <^y ^ ^U jl^3 ^1 * ^x JJ' pJ^ :l^-; ^- -J^' '^' ^ ^^^ * — ' Vc'i^" 

' [s^ij ^ yyJ ] JL;» Jjji ^ |»^i-kALUj <.L:i.| j^ ilj, J jc^JI dii, jl^3 

j jJj-OVI 4J ^'^ (J-*-'' J^ j '3^r^ ^'^«^.Ll.s- «^^ ^1 CÜi iltJi ^lj.5 

j»,;l_.3 p^jO J^iji Jl:i'l ^,.« Jii;^3 J^\ y^ L»-i S^L'JI cL_<3 Jtü\ ^ cJL_«Vl 
jXIjCVI JI3 ^^\ ^ j,v>3 ^Ij U3 6t2>\ ^ dL_Vl J ja:-CV1 ^'' j. ly^ 

1. C ^^p BA ^y. — 2. C ^li. — 3. C ^i'^'. — 4. A /T'. — 5. C ^1. — ü. C 

^_;_;^. — 7. A lix!' >j ^! JA}, ,ju-J *»;/!. — 8. A ^_^!yC-;. — 9. B 'i^_5 A 
^—ix^.. — 10. A ij'^-=' ,1/ ,'.Ä^Io U.'i. _ 11. A ^^ U Li-. — 12. A om 
13. A ^-i." Jl '^J:'. — 14. B »>l,t A «.->,!. 



et leur dit : « Vous voyez dejä avec quelle vitesse leurs renforts sont arrives 
et en quel etat d'epuisement nous sommes; [vous voyez] que nous avons 
moins de ressources qu'ils n'en ont. Hier, ä la tombee de la nuit, nous avons 
assiste ä leur massacre * et nous les avons fait perir. Mais ä pcine le jour * b iss v. 
s'etait-il leve, que leur armee est revenue plus norabreuse qu'auparavant. 
Quel est votre avis sur coci, sur notre Situation et sur notre position? » 
Tandis qu'ils etaient en train de reflechir, le plus äge de leurs philosophes 
dit : « .le crois * que nous devons les attaquer et les combattre mardi -a i.-.i; v. 
prochain. » * Or cette parole fut prononcee le mercredi, sept jours avant le » q p^ 
mardi . 

Le roi de Finde fut extremement alllige du secours des Chinois ä cause 
de leur misere et de la fatigue de leurs montures. Pour ce motu' il rassembla 
ses astrologues qui examinerent la meme question qu'Alexandre, concernant 
la Suspension de la guerre et la demande qu'il avait faite, d'examiner ce 
qui ctait meilleur et plus facile que la guerre. Leur lettre et leur demande 
s'accorderent avec le desir qu'avait Alexandre d'une Suspension d'armes, 
parce qu'il avait vu de ses propres yeux leur Situation. Alors il appela * ses phi- ♦ u,; v. 
losophes et leur dit : « Allez visitcr les ennemis, ecoutez-les, cngagez une 
dispute avec eux et täcliez de connaitre leurs intentions; ' puis nous agirons ♦ u isi. 



104 AGAPrUS. KITAB AL-'UNYAN. . [232] 

J jajCVI J Acl jli 2ji3 dUS j jaJC^VI ^\j^ '^y^ ö:f..^^ ^^ 
j»*jl! pjilj j»,JI ilill l.!>i^3 ij)^^ ^,\1\ f^jr^'^J <;U^3 -^Is^i^l ij^j ^^ Vl>j " ^i 

JjXjLJI j^äa J ^Ua* j^^ p^« J iy^Üi '•^MU) j-^ Ik» ''^ U^^ jA/^^ 

^«U '■'jj>Vl JU^ dUi J ^\J 'ijl l_^Ui lOp^lj pik:. jy_^\ ^ U.U 



♦ B IS'i \ 



»G 157 V. JtiJl lÄÄ j^ (^^3 ^^Jr^' T^J-^ UjtA^V iJUll j^" '''jl -*o y^ L=-Ua ' Cüi 

1. A om. deux mots. — 2. C om. Ji. — 3. A om. deux mots. — 4. A =--^-i. — 5. A 

A^ji, — 6. C ^JJ B UiJ. — 7. BA iJbU. — 8. BA add. i='J> J. — 9. C iJ^l — 

10. A ^^ ..^^bL<' ^^J^M \jx^ UU. — 11. BA U. — 12. A jl ^, JJ-C^I ^,L^-^'. — 

13. A add. v_.»=r'' J !),.> '^.. — 14. A dep. B 184 v. -"',.. — 15. A s; ,U. — lü. B 

,.,! .K-. — 17. A j.;.^. 



C 157 



en consequence. » Ils executerent Fordre recju; et apres avoir ecoute les 
Indiens, ils partirent, en les invitant ä venir trouver Alexandre. Alors les 
philosophes indiens les accompagnerent puur entendre la reponse d' Alexan- 
dre ä ce sujet. Or celui-ci avait prepare pour eux quelques-uns de ses notables 
et de ses cavaliers auxquels 11 avait suggere son dessein et ses paroles. 
La rencontre eut lieu dans ces conditions. [Les Grecs] raconterent aux Indiens 
qu'ils etaient tres aifliges * de la demarche d'Alexandre, de son arrivee chez 
eux et de ce qu'il avait envahi leur royaume, car les deux partis se trou- 
vaient dans une erreur evidente et dans un egarement manifeste, en se 
massacrant les uns les autres ä cause de ces deux reis. Ils agirent ainsi 
qu' Alexandre le leur avait ordonne, et leur donnerent sa reponse. 

En entendant ces paroles, les Indiens tomberent d'accord avec eux et 
dirent que c'etait egalement leur avis. IVautres (compagnons d'Alexandre) 
dirent : « Votre roi est tres puissant par sa Force pbysique et par son art de 
dresser les chevaux: et notre roi est petit de tailie et chetif, et il ne connait 
' B 18'. v. pas l'art de dresser les chevaux. Si vous avez les memes desseins * et les memes 
♦ A 157. desirs, engagez votre roi ä se battre en combat singulier 'avec notre roi, 
nous ferons de meme * ä l'egard de celui-ci, et Tun d'eux sera inevitablement 



C 157 V. 



f233] HISTOIRK D'ALEXANDRR LR GRAND. 105 

c'^y, Jj ly^r-ai^i jjc<LVI 'j^ ^»(,1:^ ^^y^^"^ (»Äi-l» ^'^'i J ^s», ^\ l_ji»tl j^J 

4j •''dLio V «Lojj «Jjjlj ^i-j-p-j jj:> <fL ^ "»A^l jl; "''U.b A_Lfr !;i_^l|j ^_$l_^l 



C 158. 



1. C Li!'. — 2. A add. ..^CM Ijj« ^,^s^I. — 3. A \i.' ^U. — 4. Ici commence 
une lacune dans le ms. C. — 5. A au Heu de deux mots \^^^. — 6. A oXJi jij> iJ. 

— 7. A , .Ur^l ,.». — 8. A oni. depuis J«. — 9. A .,^'^ k^I »»X^ J' LLs' ^■ 

— 10. A »S'LjJI »;^Ä^. — 11. Ici se termine la lacune dans le ms. C. — 12. BA ,1». — 
13. A add. ., X. — 14. CB om. deux mots. — 15. A lj»*x^!. — 16. A oJx3. — 17. C 
J--J. — 18. A wXU .U Ulj.) J ^JJ-^Sl ^C-; ,tj. — 19. A ä) ,L--. — 20. A '^Ivi. 

— 21. B U.U! .^xLiJ A IjrsbL) ,1 ty.o'y_3. 



vainqueur. Alors nous nous reposerons, nous et vous, de cette guerre et de 
celte calamile. » Les Indiens s'eloignerent apres avoir accepte ces conditions 
et ne doutant nullenient de la sincerite des Grecs ; cette coniiance les remplis- 
sait de joie, et ils disaient aux Grecs : « Mettons-nous au travail les uns et 
les autres! » Ayant pris la reponse qu' Alexandre avait faite ä leur lettre, ils 
partirent, sans avoir obtenu une audience de ce dernier. 

Lorsqu'ils furent arrives dans leur camp, ils lirent part a leurs compa- 
gnons de ce projet, qui cut Fassentinient general de la multitude. ils 
nc doutaient pas que la victoire ne füt au roi de Finde, leur maitre, si la 
rencontre avait lieu. Ce qui poussa Alexandre ä cette entreprise audacieuse, 
ce fut sa conviction qu'il nc mourrait qu'apres son retour et son arrivee ii 
Rome; il n'avait aucun doute ä cet egard : il se conlia donc ä lui-meme. 
Les Indiens ne cesserent d'insister aupres de leur roi jusqu'a ce qu'il eüt 
accepte de se battre en combat singulier avec Alexandre, et cela, t\ condition 
quc l'empire appartiendrait au vainqueur. * Ils cntrerent en corrospondance • n is... 
sur ce sujet, firent leurs Conventions et, il un conimun accord, remirent la 
rencontre au septieme jour, * qui, d'apres leur calcul, etait un mardi. * c üs. 

P.\TK. OH. — T. XI. — F. 1. 7 



106 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [234] 

* A 157 V. Jliä dLlc <. J^l ' ''Vt=-1 ^^^ ^!lj "•Üy aJ^\ Jij ^Al^l JLäs "^dU. d!^;i 

* C lös V. jX^VI "^'li-iy «Vi-li- J^ ^^ l5-SJ' ^^^ '-'dli-l^ (j"-''^' '-V * J-^^^Vl <] 

* B 185 V. ^<C_« j^l ^j^l;iJl vJ^^J ^■'•"oIä^I '^iji.ls-13 * A^y 

1. CB ajoulent ^o^vS ^^^=. — 2. A -^. — 3. B j^/31- — 4. A (^rr^'^' bj/!j- 

— 5. B... .—V. A J^! .,Ub .±\J\ ,k>. — 6. A add. ^_U -^'. — 7. Hoc in A. In BC 

J " W \ l ^— ^ 

^^uid.! Ji. — 8. C oXJ Ui. — 9. A c:,^;^-^^^' Jij. — 10. A om. — 11. A JS Jij 
,:c<iSi\ Jj ^ ^w^. — 12. A add. iJ! Lil. — 13. A .X .^ ^t5^ ^ ^-;Jt. — 14. C 
iJLi, J A i-otks. — 15. BC om. — 16. C is^l-v B i^Lv A om. depuis Ji. — 17. C add. 
jj!j_plj. — 18. A 5j->^U. — 19. A add. ^U. — 20. A ^= ^ U. — 21. A J, jo.U >!_j. 

— 22. A S^' ^IL! ■^, S-^\J ^.. — 23. A om. 



Alexandre ordonna k ses compagnons de lui preparer une lance courte, 

dans le maiiiement de laqiielle il etait liabile autant qu'il ne manquait jamais. 

Ensuite il suilit avec ses troupes, et l'autre arriva avec les siennes, et les 

deux armee.s sc rangerent en bon ordre. Les deux rois sortireut des rangs. 

Alexandre, qui parlait la langue des Indiens, dit au roi deTlnde : « Tu es un 

geant, tandis que je suis petit et clietif ; pourtant tu me crains et ma position 

t'epouvante ; tu as demande ä autrui du secours contre moi. » Le roi de l'Inde, 

irrite par ces paroles, dit : « De qui ai-je besoin d'implorer * le secours 

' K 157 V. contre toi? » Alexandre lui repondit : ' « Du cavalier qui est derriere toi! » Le 

' G 158 V. roi de Tlnde s'etant retourne pour regarder qui etait derriere lui, Alexandre 

lui perga la nuque d'un coup de lance : ainsi il lui porta un coup mortel, 

quand celui-ci tourna la tete. 11 tomba mort de son cheval * et ses compa- 

' B 185 V. o-Qons Temporterent. Les deux armees retournerent dans leur camp. 

Alexandre alors ordonna aux Indiens de venir le trouver et il leur tint ce 

discours : « Je n'ai Tintention ni de rester dans votre pays, ni de prendre vos 

biens ; je ne demande de vous que Tobeissance. Si vous m'apportez tous les ans, 

* c 159. ä pareil jour, un sac de terre * de votre pays, cela sera pour moi le signe de 



i; ir.9. 



[235: LA MORT D'ALEXAiXDRK LE GRAND. 107 

pAyl Uj •ÜUl ^^--3 j-n'^. ^^»=-=^ tj^ ^y.r-^'l? "''^ !>?n^3 ""^ia-^ (**.r"3 '~*^y O^l-S-^^ 
^IjJI ''iy <\ 13^13 pA.j>l ^J^ ''V^ b-'^^J ^1-^,3' JJC5CVI Jl l^^J *. 

«^^ J' -i^-^^ p'' i^^' er=" r>^^3 * ^^J^ ^^^. i '-Vi (n-^ '■'i-^J ,-■' ^3J^1 ' "f* »80. 
J_>i ,_,--i!l ijt'^ ^ ^^^'3 ''-'v,-j iJc>-3 il J^l ''__^ii ^,b ^^J3^~-.__ j»A Uj-i 

^^l-L>- Aä._ ^Is ^ÄJl ^'S»,Lm. ^3 '-'j»^Ul '•^'L.lc •«.Iä^I '"^oI^J '•''U-_/ Jii 

C>1>3 " («A^l lo Ao IjAäjÜ -'"O. i_j^l ^y\ ^\ ''^ Li-u. jl fl^y^ jl^Jl ^l*J ^_«^3 

1. BA U ^v.;^. — 2. C om. trois mots. B J^)!. — 3. A a-s 'jä^j^. — 4. A 0,%^ Jij. 

— 5. A om. deux mots. B Lyu^. — 6. A ^r-^'- — "■ B *^ ^ Ji*^, A »^ Jlxi^, 

— 8. Cyb. — 9. A >_4r^'. — 10. A ^r'jJ.l— — 11- C om. — 12. A J^y>\ sJ^U. — 
13. CB om. deux mots. — 14. A ^.ii ^l'Jij. — 15. C om. a-U, mais ajoute iiJ ^^. — 
16. C ^r-y'-J. — 17. C s)*--. — 18. C Ji^. — 19. A J^. — 20. A i-J' oX-U .^-. 

— 21. CB om. trois mots. 



votre soumission. Allez, choisissez-vous un roi et faites-Ie regner sur vous. » 
Ensuite Alexandre les quitta. Les Indiens, surpris de son langage, egayes et 
rejouis de son discours, retournerent aupres de leurs compagnons, et tout le 
monde se rejouit de la nouvelle qu'ils apportaient. Piüs ils porterent ä Alexan- 
dre des cadeaux, amasserenl punr lui les choses les plus rares de leur pays, 
lui envoyerent beaucoup de corteges somptueux et le comblerent de presents. 
Ils lui indiquerent Tendroit de leur pays oü les Chinois etaient campes et 
demanderent ä Alexandre de les traiter de la meme fa^on. Ils lui demanderent 
en outre de leur donner un roi ä sa guise. II y consentit et leur donna poui' 
roi celui d'entre eux * qu'ils avaient choisi. Ensuite Alexandre les quitta, par- ♦ ,; i^j 
courut le pays autourd'eux * et derriere eux, jusqu'aux limiles. Apres (|uoi ' B isn. 
il partit pour Babylone. 

Pendant cette marclie ä travers le desert, Alexandre sentit de la faiblesse 
et se trouva mal de la chaleur du soleil : il dcscendit de son clieval. Ses 
compagnons le mettaient ä l'ombre de leurs bouclicrs recouverts d'or. Mais il 
n'eprouva pas d'amelioration. Vers lafindu jour, il leur ordonnade Ic conduirc 
au village le plus proche. Ils firent comme il leur avait ordonnc, et il y passa 
la nuit. A Taube du jour, le mal s'clait aggrave : ' il dcmanda " le nom de , ^^ |',^*' 



108 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [236] 

' B 186 V. |j-j^.»JJaj jlj «Ulis \x^x^ jj l.»^ iLL- iJ-^C ^»! jl JUiJ ö- ^,-iX- ^'\ L.9 vilJU 

* C IBO V. ijAl^Vl J "CJJi * '^aL^ iJU, dlL ^^JÜl 

j»jl« t^^£- <üiÄl~l jLS ^Jl fu^yj] ^XC j»jl« As-IJ ij^ i_j£. ■Clij i-U^ iA, LoAs 

1. IjJii ,_$yb-lj «-llöj L--I j>l Jl ^_y_^,li*i:> ' ^-.Usj *Li]l Jt .--..Uj i_-j"jl 'y\ 



C 161. 



^>h,W u-uV) 



1. A -yy^"^. — 2. A oX)i..' J^iL^' B ^v^"'. — 3. B lii^ j. — 4. A add. a*-. — 5. A 
om. deux mots. CB •--^-! (_^jt et infra. >-^J,' = le lievre ■=^ S.a-iiic., c'est-ä-dire « fils de 
Lagos ». — 6. C ij'y.^ BA ^^yJSs. — 7. A Lj_;wV.V. — 8. C , ^^^ky>.> A ,yc^j;^J^. — 
9. BA om. — 10. A O..CI-. — 11. A om. 



ce village, et quand on lui rapporta qu'il s'appelait Roumiya al-Mada'üi 
(Ronte), il perdit tout espoir, persuade qu'il etait predestineque la mort 
devait le frapper ä Rome dans iine maison d'or. 

Se sentant vaincu par la maladie, il prit la parole pour faire son testa- 
ment; et comme il n'avait pas d'heritiers, il testa eu faveur de Seleucus, son 
lieutenant, qu'il designa pour lui succeder ä Babylone. La mort frappa Alexan- 
dre dans ce lieu. II avait vecu 32 ans dans ce bas nionde et regne pendant 
douze ans. On raconte qu'un de ses serviteurs lui lit boire du poison dans 

" B 186 V. cette localite et ainsi le fit mourir. * Ptolemee, qui regna apres lui, le porta 

' c 160 V. * ä Alexandrie et l'y ensevelit' . 

Lorsque ses officiers (litt, ses serviteurs) eurent appris la nouvelle de sa 
mort, chacun d'eux s'erapara de la contree oü il les avait etablis lieutenants : 
parmi eux, il y avait Ptolemee, fils de Lagos -, qui regna sur l'Egypte peii- 
dant 40 ans; Philippe qui regna sur la Mäcedoine et l'Antigonie; Demetrius 
qui regna sur la Syrie et l'Asie; Seleucus qui s'avanga contra l'Egypte en 

* c 161. Tan 13 de Ptolemee, fils de Lagos, qui conquit * la Syrie et, ayant poursuivi 
Demetrius jusqu'ä l'Asie, le tua. II fut maitre de l'Asie, de la Sj-rie et de 
Babylone oü il regna pendant 32 ans. 

1. Mich, le Syr., l. 115. — 2. Dans le texte : « fils d'une lievre », c'est-a-dire « fils 
de Lagos ». 



B 187 



[237] SELEUCUS. ANTIOCHUS LE GRAND. 109 

jU? i-Vju A^j '' Ujjs-l \)l jLu*^ jijJJ aJ^-5sJ1 w_ij Oii il ^j^r«Ajl ■ jlSj 

-r-j^tS 4„.1*.>- .»^-»^ j*j*Jl^! *^^Äj ^;i**i>- ^_^L_>l-^l -ü jjlJw^J Aj j 4.«> \)i-\.« Jä*.^J 

»Isis '"^i~«jj ÖA.« Jl '•'Öjsj _JUsI ^_i-^'l ^4^1 C f^J\ !j-Li-lj i^~Ui *3^>l 

JL, J^ ^\ iLw J,^ J p^Ja* jl ^ 

1. B |f.^_«.ijl A v-i-j^l. — 2. A ij— . — \^. A j''_^' .^t^'i ^JJ. — 4. A om. (rois 
mots. — 5. A Lj^^.• — 6- BA ►J.s. — 7. C »bA^jo^j au lieu des quatre derniers mots. 
— 8. A J^l. — 9. C I r^.^' et infra. — 10. A om. deux mots. — 11. C . foyJi~.t B 
, ^.>jIil_'. — 12. C dep. .\'j donne Ji^ju -;-:^. — 13. A om. trois mots. — 14. A ajoute 
ici iA^ . . 



A cette epoque, Autiocluis bätit Autioche et lui doiina son uom. 

Ence temps-lä, Seleucus bätit Apainee, Alep, Kiniiesrin, Edesse [ar-Rolid], 
Seleucie et LaoJicee'. 

Le celebre Simeon, fils de Jechonias, etait alors grand pretre des Juifs; 
il eut pour successeur son frere Eleazar'. 

En * l'an 9 du regne de Ptolemee, * Antiochus le Grand snbiuQua les ,*,'^','^'' 
.luifs : etant venu en Jndee oü ils habitaient, il les rendit esclaves. En l'an 1 1, 
Ptolemee Epiphane, a3fant envoye Scopas un de ses genereux', assiegea les 
villes de la Syrie et de la Judee et s'en empara. * Antiochus le Grand se porta * -^ i"'S v. 
ä sa rencontre, en Tan 11 du regne de Ptolemee. Antiochus fit cnsuite la 
guerre aux Romains qui le vainquirent et emmenerent comme otage, dans la 
ville de Rome, son fils Antiochus Epiphane. II convint de leur donner chaque 
annee mille talents d'argent'. 

I. CC. G. Sync, I, 519„.,o et 52085 (Eus. Chr., II, 116 Ilt: versio armcnia, f). Mich. 
i.E Sri!., I, 11«. — 2. G. Sync, I, 5125.^3; 525,3 (Eus. Chr., II, US Ilg; 116 IIv) : i:i'atov 
un? 'üvii'ou. Mich, le Svr., 1, 121. — 3. G. Sync, I, 537, j (Eus. Chr., II, 124 IIc) : Sia 
IxoTra crrpaTriYoÜ. —4. Mich, i.k Syh., I, 122. G. Sync, I, 537, 540-541 (Eus. (V;;-., II, 
124 Ilc et Hki. 



110 AGAPIUS. KITAB AL-"UNVAN. [238] 

* C 162. ^L_L_iH3 <Jj| ilLtU ^Js-ylsj] JU j^»^A>.lii. dlL \^ jtS- Öl' ö- jjj 

<_s^^ ^^jL*l .iM; (j ^r— ^^ i_rK?:.^^ '-'^-' i_r'^.-*-^. t^'-" 0^ j^ '^*~~' '-^ l?-? 

1. C JL. — 2. C l^iäis, B [;%~^, A om. — 3. B U^-. — 4. A om. depuis 
'L~, jj,j. — 5. A om. dep. ^-i!. — 6. BA om. — 7. C .,j^U_j~. ,j.;~'. — 8. C 
LsjiJ. —9. Aom. dep. ^i«. — 10. A om. — 11. C i.l-C^ , ^JöJ' c:^ ^j. — 12. A om. 
— 13. A add. ^^-^Xy" vj:^-o J'. — 14. A ^^^U. — 15. C^'Jj,L5 B j^Ul», A om. — 
16. C j^vJli-l, B ^_;-ilk-jt A om. 



* C 162. Ptolemee, en Tan V.\ ' de son regne, (it un traitc de paix avec Antiochus 

qui lui donna sa fille Cleopätre en mariage, et Ptolemee regut de lui la Syrie 
et la Phenicie comme dot ' . 

En Tan 17 de Ptolemee, Antiochus le Grand fut tue dans le pays de Perse; 
B 187 V. il fut lapide dans le temple d'un dieu. Apres lui, son fils regna * pendant 
12 ans '. 

A cette epoque, Simon ou Simeon adressa une priere ä Apollonius, chef de 

l'armee en Phenicie, promettant de lui donner beaucoup d'or. Lorsque 

c 162 V. Seleucus eut appris * par le rapport de son general Apollonius qu'il y avait 

beaucoup d'or dans le Temple de Jerusalem, il envoya une armee. Mais Dieu 

le chätia, et il fut mis ä mort''. 

En Tan \'M des Grecs, Ptolemee Philomctor monta sur le tröne et regna 
35 ans. 

A cette epoque, florissait Aristobule, qui traduisit [en gree] pour le roi 
Philometor la Torah'. 

1. Chron. Pascli. Micne, t. XCIl, col. 43:}-43G lEus. Chr., II, 124 Hm). Mich, le 
Syr., I, 123-124 et 123.,.,;. — 2. Mich, le Syr., I, 123. — 3. 11 s'ag-it du chätiment du 
chef de l'armee, Heliodore. V. G. Sync, I, 526.,_8 (Ka-ca 'A:ppixavöv) = Eus. Chr., II, 
124 Hr. Cf. Chr. Pasch., col. 436-437. Mich, le Syr., I, 123 et 124-125. — 4. Chr. 
Pasch., col. 437 (Eus. Chr., II, 124 Hu). Mich, le Syr., I, 127. 



[239] PTOLEMEK LAGOS. ANTIOCHüS EPIPIIANE. 111 

^l;_jJI ^ j^ i-iw ^^ij l^i iU ö, ^ J!^ LT^f*^^ o.- o^ jj 

Ijjijij c Lftii-I L^ * Cj^ijiOl ''iy^ ^"^k ö:^ ^'^ ^' ■' j^»^»- J' ^-3 -^^^ ♦ B 188. 
i__^ jl>>Vb yt." ^^b L^ ''^M:J-V1 dUi jL^''^j>l.u Lw. ^iJl L;_^ J\ Ul 

iij.^j i_^ J 'V^IL ^i^U ^aUI ^^ JI ^ ^j^ ^ <;U--1 U; 

1. C bJo-oJjl B b^a.vk33j! A om. — 2. A om. depuis ^-^^ --^' ^^ J-_3- — 3. ^ö. 
_ 4. C o,. — 5. A .,'**-. — fi. A om. trois mots. — 7. CB , .^j^, A om. — 8. B 
add. ^JJ'. — 9. A om. dep. B 188. — 10. A add. i-Wj. — 11. C j^^, A 
12. A om. sept mots. —1.3. C Ü=, B sUi, A »Uli. — 14. A ^t. — 15. C 
BA om. 



om. 



-'.'. 



En Tan 6 de Ptolemee et 137 des Grecs, * ä rindiction oü commen^a ä ♦ c igs. 
reguer Antiochus, fils d'Antiochus, — celui-lä avait ete otage dans la ville de 
Rome ', — Antiochus s'avanga pour faire la guerre ä Ptolemee, roi d'Egypte. 
Empeche par les Romains, il retourna en Judee et donna le souverain ponti- 
ficat' ä Jason (Sim'oun), frere d'Onias, fils de Jechonias. * Puis il le Iiii * b iss. 
enleva et le donna ä Onias, surnomme Menelas. Ce desaccord qui eclata 
entre eux, fut une cause de maux et d'atllictions pour les Juifs'. 

En Tan 14 * du reffne de Ptolemee et 145 des Grecs, ä la deuxieme indic- ♦ c ibs v. 
tion, Antiochus Epiphane monta sur le tröne et regna pendant huit ans. 
II envova un general de ses compagnons avec une forte armee contre Jeru- 
salem. S'en etant empare par ruse, le 25 du mois de kanoun 1" (dec), il 
entra dans le Temple et le souilla; il etablit sur l'autel du Temple la deso- 
lation et la ruine dont parle le prophete Daniel'. Cetait une statue de Zeus 
* Olympien. II plaga egalement une (autre) statue de Zeus Xenios, sur le monl » c uv,. 

1. V. I Macch., 1, 11. — 2. Litteralement « les vßtcmcnts (/.itwv) de graml pretrc ». 
-.3. G. Sync, I, 5443.8 (Eus. Chr., IF, 126 IIa). Mich, le Syr., I, 12'.. — 4. Daniel, 
IX, 27. Cf. la Version grecque : xai eui xb Upbv ß5£XuY,ua twv £pyi[x.a)aeiüv. 



112 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [240] 

♦ B 1S8 V, ^ 4j5C— . JO3 '^^UlJj) -^ ^-0 "yJtLKjl j^j».»-- (j;i ''Lä> jVI Lll« >>lli 

(fi'^" 1^"^.. (>$-*'' j>»-"^3 o"^'-^ (^''■•"i i^-*^' '-^ji Oj^ tT^^ '-^ -5 (^^y '^^ 
^^_^J-^ ^es^-H 1^-^' ü^^^yj jb_*^ ty^--i ii-*J^ jj^'b ^^ ^y^-:. c5-^' ^^^iJ 

l;^ jj' ji_^l "^ >lr>-j (^Ij "Clj '"^r^.-^ j^: ^j-^^ SmUI ^''^' Jl ^'(^J-« -J^^ U- 

'A 159. jl5 ^5-Ul (V-jJ^ '-^'■J L,'^3 * ^■'^J JiÄi^ls ^..»äJI «Cii-lji ,_Jai9 Sj,Ja)l dLÜ rtjJo jl 

♦ C 165. iy.u: ^rl A» ^ '^jU-Vi ^^J jjl«-'l 'U-^ i-*^lj l5>t.-i b-*'^:^^ (n^^b ^ ' (J'>'^' ' ij*^ 
* B 189. ^y^^ -i^ji^ JLO rcjio Jj * CjU ''M-^-C ClÄfr 

1. C *>,'=^. — 2. BA om. depuis r^-«.. — 3. C , ^^.i.^, B , „yi—r A om. — 
4. C ^.-Jüli. — 5. B L^jrJ, A om. — 6. B ^-'^j^., A v_.'.>'-v), C w.'il,jJ,. — 7. C om. 

— 8. A om. dep. Io.jj. — 9. A ^d.'jo3. — 10. A J^. — 11. A i~.virM o-Cb ^^- 
'L^J^]. — 12. C oX-U. — 13. A i-^^ ..J-H.J s.i.i.U »;-o.'l jj;!. — 14. A om. dcux mots. 

— 15. A 'i,.^\. — 16. B ci-i^ *>,, A -iJI ,.r* ^«. — 17. B ^,J' , -.»--b. — 18. B om. 
A luf. — 19. A 'iy^ 



Garizim '. U fil bniler les Livres de la Loi. II opprima toiis les Israelites jus- 
qu'a ce quils eurent marchc sur les traces [des gentils] et adhere ä leurs erreurs. 

• B I8S V. * Mais Mathathias, fils de Jean, fils de Simeon le pretre, de la famille de 

Jonadab, qui habitait ä Mod'im, se leva. II avait cinq fils : Jean surnomme 
Gaddis (Khaßs), Simeon appele Tarsi, Juda appele Macchabee, Eleazar Haii- 

* c 164 V. rän et Jonathan appele Hifous [Apphus). * Ils furent saisis de zele et d'ardeur 

pour defendre la Loi du Seigneur. Ils se revetirent de cilices et furent profon- 
dement aOliges. L'un d'eux arrive pres de cette idole, — on le prit pour le faire 
sacrifier, — il vit alors un Juif s'approcher pour offrir un sacrifice ä cette idole. 

♦ A 159. Enflamrae de colere, il le saisit et le tua. ' II tua le chef qui les obligeait ä 

sacrifier; apres quoi il detruisit cette idole et s'enfuit dans la montagne avec 

♦ c 165. ceux qui etaient zeles * pour la loi du Seigneur. Puis on prit un vieillard 

iiomme Eleazar, chef des docteurs de la Loi ; apres avoir endure de cruels 

♦ B 189. supplices, ilmourut; 'maisil ne sacrifiapoint, parcequ'il voulaitobserverlaloi. 

1. G. Sync, I, 531|Q : ev 0= Ilaijiapsia Aioc ;sviou. Eus. Chronicon, Versio armcnia, 1850 
(Schöne, II, 126) : In Samaria vero in monte Garizin Jovis hospilalis templum aedtfica- 



2A1] LE MARTYRK DE CÜAMOUXl ET DE SES FILS. 113 

^Li-ilj ^b A.U l^JL ^;liilj ^j=^ j i^>3 ^,^^1 -j'>^ ^^ c: '''^ 
A^ <- ^i^ j (vjJ ^'--j "^'^ J ^ J>- (n^ c^_-3 ^^ ^ r^ (^J ^^^ 

c^\ ^. is^^jU;. Ij^lJ >i^ ^-r^^ ^^J^ ^'J- Ji->'' ^^ Si 

1. A »!^L — 2. A U-*-'. — 3. C ^^.Jj*i.. — 4. A ^ys J,' Us^-^Uj. — 5. A depuis 
U:\»3 donne U.^^!J! ^^^ JjM! L)J^ ^.vb B om. ^^U (^. - 6. A add. i^J-^. — 7. BA 
^.-. _ 8. A J^ >oy' 1' o ►t^'- ~ 9- Trois derniers mots dans le ms. A. — 10. C 
om. deux mols, A add. U.)'^^' ^Ijj L^lJ ä^-= •-^'•^y^j;^»-^ w»'o'-i- ^*\- — 11. B iuJJ, 
A om. — 12. A om. dep. ^li)j. — 13. C om. — 14. B ^:^~^-'^. C om. — 15. A add. ^ 
. _,^UI. — 16. Dans le ms. C nous trouvons ce passage depuis ys^ un peu plus haut (le 
meme fol. 165 v.). — 17. BA L^. — 18. BA ^^i\=si. 



On prit aussi une femme, nommee Chamouni (Achmounith), et se.s sept 
fils; on les amena en presence du roi Antiochus et Ton fit subir separement 
ä chacun de ses fils des supplices divers : au premier on coupa toutes Ics 
extremites des membres, puis on le jeta dans une chaudiere; au second on 
arracha la peau de la tele; au troisieme on coupa * la langue. Quant au ♦ c les v. 
quatrieme, il dit au roi : « Pour moi la mort est un bien, parce que j'espere 
ressusciter, et je ne sacriüerai point aux idoles ». Apres la mort de ces sept 
freres, leur mere Achniounith mourut ä son tour. Ils furent ensevelis a 
Antioche. En leur memoire on bätit une grande eglise; en leur honneur aussi 
on faisait chaque annee une grande foire accompagnee d'une grande fete. 
Nous avons raconte ici leur histoire et leurs supplices, parce qu'ils furent les 
Premiers qui soufTrirent le martyre pour temoigner de leur obcissance ä 
notre Seigneur le Christ'. 

A cette epoque, les Juifs perrairent de transgresser le sabbat, pour com- 
battre [les ennemis] qui voulaicnt les attaquer ce jour-lä. 

bat; IIiEROxvMus (Schöne, II, 127 b) : Jovis Peregrini dclubrum aedilicat. Mich, le Svn., 
I, 125 : un temple ä Zeus llospitalis. Cf. G. Syxc, I, SiS^.c (Eus. Chr., II, 126 Hb). 
1. V. G. SvNC. 1, 531-5.32. Mich, le Syr., I, 124, 125-126. Cf. II Macch., vi-vn. 



114 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [242] 

* B 189 V. ^ •• " . ,11 •!• I( 1 • \ • I " " 1 * " • * ■ 

+ C 166. (j-* jr-^ ^^^ '*"^ c^ tj-" öy^ yi ö^ iy ö^-^^ ^ ~ *~~" '^J 

'i^jjs j^'i jj^-i-'^j jiji^yi diio" ^.* J^^ '■*>>„ ^-^ '<~-^\ ^^" Jj 

* C ifit! V. (<— ' /»•» ^-i-t "^»lUj A_Lw .^Aj /w^^ljiji ls~^ (V* iy^'ib '*^'~'3 *^"' *~^ (3-J 

^V '^^-' Ö^Jp" i^-^. kS-^ JJ^I öli •5^^ (j^ fy "" j_^-^_ ^AiLJl C-; 

*B 190. ^jjJl ^::^ jj Lfcjjij; wäJI LaiA.»- JtiJi z»^— U.ls CjUj «^U «Sjj (J..Ji ^jf- 



i^ji 



1. B ^. — 2. A depuis B 189 v. jU^H ,>iOi J^. — 3. C l~^. — 4. C 
5. A ^y — 6. C J.ffl=^\ — 7. A i.i Cik'. — 8. A depuis n. 7 i^^" .^Cb J^ — 9. C 
^«jüu' B ih'-^' A om. — 10. A depuis ,_^3j donne Jü ij'*^' .»'j »^ J^'' '=^y- 
— 11. A ^Jjxsjt cl^sia.. — 12. A om. deux mots. 



♦ c 166^ * En l'an * 148 des Grecs et 17 de Ptolemee, Mathathias mourut, et apres 

lui son fils Judas Macchabee devint gouverneur des Juifs pendant trois ans. 
11 fut fort et lutta pour la cause du peuple d'Israel. 

La meme annee, Judas purifia le Temple des idoles impures et des iniquites 
qui le souillaient ' . 

♦ c 166 V. En Tan 149 ' des Grecs et 18 de Ptolemee, Antiochus Epiphane mourut, 

frappe par une cruelle maladie, dans le pays des Perses. Antiochus (Eupator) 
regna apres lui pendant deux ans. 

* A 159 V. L'annee suivante, Antiochus envoya une grande armee ' de 120.000 hommes 

ä Jerusalem pour emmener le peuple des Juifs. Eleazar, surnomme Haurän, 

' c 167. vit un grand elephant; croyant qu'il portait le roi, * il s'avanga au-dessous 

de lui et lui perga le venire avec le glaive; l'elephant eventre tomba sur 

Eleazar qui mourut. Apres le combat, on rassembla les cadavres et on les 

* B 190. ensevelit * k Jerusalem. En les ramassant, on trouva dans les vetements d'un 

homme de Tor de ces idoles". Alors Judas Macchabee envoya trois miile 

1. G. Syxc, I, 532-533. Mich, le Syr., I, 1.30 — 2. Cf. II Match., xii, 40. 



[243] JUDAS MACCHABRR. 115 

^ p,^ j»;;^ G.cU j,_j,Jlj ^3^1 1_^U^ jL.jJl Öi-> jj ♦ c 167 V. 



3 



^■C^l 



JsLJl jj-j^l iA* ^ '',^,rt«' ^V^' lT;.-' ^c^J"^ '-'^' Ö'T" iJ^J^^ "-^-^ l^-' 
^1 UjJ:- (^Ij Ui ixJ:^^ ö,<3l ^.j ^L^ oO j.^JI ^_j_:^ J_t^ J'>. jJ (^-»J' 

c^ j ^JlII dLli ^li^ ' ^LCa3 öx, dlL* Lj ^^ Jl '^jj ' ^^j U> 
a;15C (.üj c^L j- ^ lj>_^_ <;lC UUU j^Uj j^Ul ^r-^r.^^' ■^^'^ ^b^^ ^-^1 
-c-Us jj-ji^^^i ^_jt^ ^_j ^'^_j-^_:!^ä:Ä; ^y ^^'UaI^j v_-»±!i J-^ J^b i^^ j^'^j;. 

i. B >.jX.U, C .„iT^j'- — 2. A om. deux mots. — 3. CB \^_) A om. — 4. C a:.:^!, 
B i-v»', A om. depuis k-, J.^. — 5. CBA (^.-jV- — *^- A J--^. — '. .^0:i in A. — 
8. A ^_j,yt, C -l^fj. — 9. A om. six mots. — 10. Ici commence une lacune dans le ms. 
A. — 11. C ^^^^^,_^, B ^„o,_^*^, A om. — 12. C i^. 







* C. 168. 
B 190 V. 



drachmes aux pretres de Jerusalem, les priant d'offrir un sacrifice pour ceux 
qui etaient morts, et d'interceder pour eux, car il esperait eii la resurrection 
des morts ' . 

* A cette epoque, les Romains et les Juifs se lierent par un traite de paix. • c le: v. 

En l'an 151 des Grecs, Demetrius Soter, fds de Seleucus, ayant quitte 
Rome, vint (en Syrie) et occupa le tröne de ses ancetres pendant douze ans. 
A cause de lul (ses soldats) tuerent Antiochus et Lysias, son confident -. 

A cette epoque, apres la mort du grand pretre Menelas, Alcimus Timpie, 
qui netait pas .liiif, devint grand pretre par simonie. A ce spectacle Onias, 
fils d 'Onias, * s'enfuit en Egypte oü il bätit une ville et un temple * a Fimita- *^^^^'^, 
tion de celui de Jerusalem. Mais Dieu frappa Alcimus l'impie et le fit mourir. 
On etablit ä sa place Judas Macchabee et, apres la mort de cclui-ci, Jonathan 
son fröre qui fut ä la fois gouverneur du peuple et grand pretre. II combattit 
Rachides, general de Demetrius, d le vaiiiquit '. 

1. Mich, i.i: Smi., I, 125. —2. M. r.i; Syh., 1, 120. G. Sync, I. 534^, ,(,. — 3. Wi^fi^. 
Peut-6tre Nicanor? V. Joseph. V\.\\.,Anl., Xlll, 4 sq. C.f. G. Sync, I, 534-535; 544- 
545. V. I Macch., ix. 



116 AGAPIUS. KIT AB AL-'UNVAN. [244] 

* C 168 V. ^J^ ^ ^O ^jM£-J\ j_^_j-A,Üa> C-^ Ijil Jjl?^. jj^'j ^ l/^J-^ .r-^ '-^ 

C-: jl ^1 JUb JU" ^^11 dUr siu»; l^il ^-3-^ .-^L^ ^ ^^"^ J^' V^' 0- ^'^ 



B If 



C 169. 



^^Ä**« 



ji^l J;-^J S^^ (j-'-' ö^^. ^rr' O^jJ^ ^'•i (jj 

1. CB (^^'. — 2. B ^_^iivo. — 3. CB (^o'- — '^- ^o'^- ^r».'-^'- — 5- B ^'• 
— 6. C add. ^ i)U. — 7. B j^^, JJ-..-/^'. — 8. Cod j^'^^J». — 9. B j^j»^. 



En Tan 160 des Grecs, Demetrius partit pour l'Egypte et s'en enipara. 
Alors le roi de l'Egypte lui donna en mariage sa fille Cleopätre. D'autres 
* c 168 V. disent qu'elle etait la fille ainee de Ptolemee * Evergete. Anastase (?), eveque 
de Rome, dit ä son sujet qu'elle accomplit la parole du prophete Daniel qui 
avait dit : « La fille de la ville du sud sera donnee au nord'. » Theodoret, 
eveque de Cyr, dit : « En celle que Ptolemee Epiphane donna en mariage ä 
Antiochus le Grand, fut accomplie [la parole prophetique de Daniel" »1, etc. ^ 

* B 101. En l'an 165 d'Alexandre, * Ptolemee Evergete monta sur le tröne et regna 

29 ans. 

♦ c 1611. * A cette epoque, Jean {Younän) devint grand pretre et gouverneur des 

Juifs. 

En l'an 167 des Grecs et 3 de Ptolemee, Demetrius, fils de Demetrius, 
[surnomme] Siderites*, fut tue, apres avoir regne pendant trois ans. 

Jonathan le grand pretre fut tue, en l'an 170, par la perfidie de Tryphon, 
chef de l'armee de Demetrius. Son frere Simon lui succeda pendant trois ans '. 

1. Daniel, xi, 6. — 2. V. Theodoreti Explanatio ad Danieleni, cap. xi, 6. Mig.vf,. 
Patr. Gr., t. LXXXI, coli. 1505-1508. — 3. Mich, le Syr., I, 129-130. — 4. Dans le 
ms., probablement le nom mutile d'« Alexandre ». V. G. SyN'c, 1, 552,3 : h xal iioripiTY,;. 
— 5.G. Syxc, I, 552; 555^ (Eus. Chr., II, 128 Hn). Mich, le Svr.. 1, 130-131. 



[245] JONATHAN. SIMON. 117 

tr"-» "^cTJc-i-*^ i-^.^ '^^ ^^^ '^Ö-j-XJI ^j jy^ d.» jL.j)l dUi jj * ♦ B 191 V. 

-u. V. (_«Vl ijij-£- jj-o ■^.^vtr'^ lF^^J i-Up- .sUj '"!-.lx. i_^j U,U ^^^J>-^-kii (ji-^ 

ij i_o j^CUi iy'D A;-^' * d^LJJ r-l/^^ jjlg«' Jj^JI jL= J^lijJI jiAc- lX.lj * G 170. 
•j^UuJI >i^-Vs- V. ^\ ijdl <Ual)l C-».;' "^^ d!0^ ijj 

1. C , ^j.v^^', B , ^(.viT^lt. — 2. C add. ^»i:!^. — 3. Ici se termine la lacune 
dans le ms. A, oü nous ne lisons que cette phrase : ^r^,^ (j'-^rl '*^^^'' LA*^ '"■^^ i^3 
X^J H-Hs •'^^~s^- — 4. A om. deux mots. — 5. BA '^=»-j:'.. — 6. C ^-^3JJ.3, B /r^j-^-^i A 
om. — 7. A iwJli. — 8. C ., « fi-i. — 9. Ici commence uiie lacune dans le ms. A. — 
10. CB .J=JLJ. 



A cette epoque, Ptolemee doiiua sa fille eu mariage * ä Demetrius, et ♦ c ig» v. 
[avec eile] le royaume d'Alexandre ' . 

En Tan 174 [des Grecs], Antiochus, frere de Demetrius, surnomme Sidetes, 
monta sur le trune de Syrie et regna pendant neuf ans. 

A cette epoque, Simon envoya au roi de Rome des tables en or et fit avec 
lui un traite [d'alliance] sur une table d'airain'. 

* A la meme epoque, le grand pretre Simon envoya .lean, son fils, -b un v. 
contre Cendebee (Qandoubyous), chef de Tarmee d'Antiochus. Lorsqu'il l'eut 
vaincu et qu'il eut detruit son armee, il adranchit les .luii's d'un esclavage 
qui durait depuis 28 ans; ils furent egalement aflVanchis du tribut. II est 
certain en effet que depuis le regne de Seleucus Nicator et le debut de l'ere 
grecque, les Juifs avaient paye le tribut * aux rois de S^'rie^ * c \:o. 

En cette ann^e finit la seconde histoire des Macchabees '. 

i. Chr. Pasch. Migne, t. XCII, col. M4 (lu;s. Chr., 11, 128 11p; vei-sio armenia, 
1879 k; Hieronymus, p. 129, 1878). — 2. V. I Macch., xiv, 16 sq. Cf. Micir. le Syr., I, 
131. Eus. Chr., II, 130-131; versio arm. et Hieronymus, 1880. — 3. G. Sync. I. 
545,;.2„. Mich. Le Syr., I, 126. V. I Macch., xv, 38 sq. et xvi. — 4. Mich, le Sv«., 1, 
12G. 



A ICO. 



118 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [246] 

l/1>™*: iJ"^ Ö'° Cyzr~^i -^ "^J Crr" \?~ <.5~" ö^ <x^i *^j -»oL «c- Jj 

* B 192. Jl j^ ^;_t>_-vJl J^^VI d)j.iJI cSj ^J\ Ujl j J3^.-^l ^ j^>'' ^'^ Jj 

y t*.Ä*vi2j -*—' 'wO y*-^ ^üt*-w A-L*-^ l'j^*^ .^ '?'"*^ l'j^ l't*^ v*j^ J f-^ L? ^ *-* ^-^ i5-/ 

' G 170 V. ^y^\ ^jyJ^^^^ Cf- i^yj^^ ^-^ f^3 "*^^^1-U- ^^^^^^J^l (^^j>i)l J>-^j' <J^ 

1^1; Uis |j^ I^..La1 ^b JiJpJ La^^I^J ^JÜJI C^\ ^\ _J>-_^i U- ^i XaS 

/t_^ j^ ^^ji, jii ^^jji dUi ^_jJi i>j\i _jS ^tjj * '■'-\^i ij'j'^y ^^x 

1. C om. —2. Bj^l. —3. C L«.. — 4. C ^'J^yü! |ji;,jt,B ^il^^^^^J! J^-il. —5. Cod. 
-isLw. — 6. C J-^l. — 7. Ici se termine la lacune du ms. A. — 8. BA L^. — 
9. C om. — 10. CjjJJ, BA j^>. — 11. A wi". — 12. A add. w-»i. — 13. A \^f. — 
14. Ici commeiice une lacune dans le ms. A. 



En l'an 177 des Grecs et 21 de Ptolemee, Simon, fils d'Onias, fut tue au 
mois de chebat (fevrier), et son fds Jean lui succeda; mais Ptolemee le tua. 
Jean etait celui que Ton surnomma Ilyrcan; il fut graud pretre pendant 
28 ans'. 
* B 192. ' De cette epoque datent les gouverneurs d'Edesse; ils remplirent leurs 

fonctions jusqu'au temps des autres rois qui etaient de la famille d'Abgar, 
roi d'Edesse'". 

En l'an 182 des Grecs et 17 de Ptolemee, Arsace, le Parthe, tua Antiochus 
' G 170 V. Sidetes. Demötrius, fds de Demetrius, son frere, lui succeda * pendant quatre 
ans. Apres celui-ci [Antiochus] Grypos (ö FpuTro';) regna pendant 12 ans \ 

Sur ces entrefaites Antiochus vint mettre le siege devant Jerusalem, dont 

il reduisil les habitants ä une gene extreme. Voyant leur lassitude, Jean 

♦ A iGo. ilyrcan * ouvrit le tombeau du prophete David, qui fut le plus riebe de tous 

les rois, et en tira 3.000 talents d'or; il en donna 300 taleuts ä Antiochus 

qui s'eloigna de Jerusalem. 

1. G. Syx'c. I, 548;.,, (Eus. Chr., II, 130 He et Hn). Mich, le Syr., I, 131; 127. — 
2. M. LE Syr., I, 126. — 3. G. Sync, I, 555,,,; 5535.^ (Eus. Chr., II, 130 Hi et Hk). 
Mich, le Syr., 1, 132. 




247] HYHCAN. ARISTOBULE. 119 

^jj^\ ^ Is. t^Alo ^j-AiJI C~JI ^.b Jjij »C171. 

^^j— ' ^^^~».U2j iJXLi \.j> — r» Ajuju 4oL 'Cw ^Jj 

j^JLj^I CiL, j:^ ^j 
•C- yis. 'CJUr ^J-_^4>9 (j-i-j-U'! ijj— J ^U ^-«—Tj ijL.3 iL ö- Jj 

^y ö, j^'LJj .^*jIj iL ^jl A» ^ i^\ Js. V3I cLUj bfcl^ jliCs ' Sa^Ij » b 193. 
jli ^iJl l:^._ !,_^1 -'^^jl jl^ Ai- ^<!3 * ^\^ ^iLj ^L<^1 jl^;:^! . c 171 v. 

1. C ^^>U^, B ^^ypß. - 2. B ^p^_^. - 3. CR ^ij~^. - 4. C ^-ji!^, B 
^wjijjy. — 5. C ^j^<~.jj^^ B (j*^. Ici se terniine la lacune du ms. A. — 6. BA .r— *^. 
A add. ^.y^. ^CU ^,.. _ 7. CA ^J J-w,', B ^^-Lvk„^t. _ 8. C J^. - 9. CB 



* A cette epoque, H^-rcan devasta la ville de Samarie; ensuite il la rebätit * B 192 v. 
et l'appela Sebaste. 

En cette annee qui est Tan 186 des Grecs, pendant laquelle Autiochus 
dtait monte sur le tröne et avait assiege Jerusalem, commence le comput 
des Tvrieiis '. ♦ C 171. 

En Fan 194, Ptolemee Soter monta sur le tröne et regna pendant 17 ans. 

Sur ces entrefaites Hyrcan, gouverneur des Juifs, partit avec Antiochus 
pour la guerre, et ils tuerent Indates, general du roi des Parthes^ 

En l'an 198, Antiochus Cyzicene monta sur le tröne de Syrie et reo-na 
pendant 18 ans. 

A cette epoque, il y eut un effroi et un tremblement de terre dans la ville 
de Rhodes; et le Colosse tomba '. 

En l'an 205, Jean Hyrcan mourut, et son lils Aristobule lui succeda pen- 
dant un an. " 11 fut grand pretre; il fut aussi le premier roi des Juifs, depuis » b 193. 
Ies484 ans que le temple avait ete incendie et leur rovaume detruit. ' Mais • c 171 v. 

I. G. Svxc, I, 548-549 (Eus. Chr., II, I.W llp, ut vers. arm., 1900). Micii. i.e Svit., 1, 
127. —2. G. Sync, I, 553^3.,^ : Si'vSav Tivi drpaTr.Yov. Jos. Flav. Antiquitates, XIII, 251 : 



arm 



xTv)v TÖv üacOoiv 5Tp«Tr,YÖv. Micii. I.E Syh.. I, 127. — .'?. füs. Chr., II, l.W-131 (vers. 
. et ilierun.l. Mich, le Svii., 1, 132. 



120 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [248, 

j^_jji j^ (^^^.. ^-^-^ Mf-j (»*^J j^j i^yi J 

^i_^*-Jlj ilüi-llj iJJÜl c-^L'^'^ t^*: 'r-^ ^-i-H i^^ ^-" 

aIsj viA,lJl *j^ ^^jj <^^-^l Lr^j-^ ■'^^ 0^ ^-^y j^.^r'^. (^ j^>^^ ^-^ ijj 

3 193 V. -sj- n •!• n * ■ • \ -\ "■ ' * 

^ö ^j-,JL |_^ j^ A—oi^ <L ^ ^ j»^ jj^ ^^ <:^i ^_L. -C-- Jj 

Je. iAj» jXUj iÜAA ij^^i j' -^ ^V ^yy^'-^^ _j-j-Jajl ^ji^ tr-*-^ l_Xl?C'^!! 

1. A om. quatre mots. — 2. A ^-^. — 3. A om. — 4. A om. — 5. B om. Ici commence 
une lacune dans le ms. A. — G. B , ^^liU». 



B 193 V. 



' B 193 V 
♦ C 172. 



Aristobule avait un frere appele Jean ou Alexandre et un autre appele Anti- 
gene; il tua celui-ci par ruse et par Jalousie. Et dans le Heu meme oü il avait 
repandu le sang de son frere, son propre sang fut repandu. Jean, leur pero, 
avait prophetise, en effet, qu'ils ne seraient pas tres bons dans le gouverne- 
ment. Leur pere etait un homme veridique, qni parlait sous l'inspiration 
de Dieu ' . 

En l'an 207, apres la mort d'Aristobule, Jean-Alexandre regna pendani 
27 ans. II gouverna le peuple d'Israel avec duret6, severite et rudesse. 

A cette epoque, Ptoleraee Soter fut chasse par sa mere, la reine Cleo- 
pätre, qui le priva du pouvoir. Ptolemee Alexandre lui succeda pendant lü ans. 

* En Tan 211 * des Grecs, commence le comput des Ascalonites, depuis 
la 208*' annee des Grecs ". 

En l'an 216 des Grecs et 5 de Ptolemee, Epiphane, chef de troupes, tua ' 
Antiochus Cyzicene, apres qu'il eut brüle ses presents. Philippe regna apres | 
lui sur la Syrie pendant deux ans '. 

1. Mich, le Syr., I, 127-128 et 132. —2. M. le Svn., I, 128. —3. Sur ce passage, 
cf. Jos. Flx,'., Am., XIII, 366-369 (Eus. Chr., II, 132-133 Hl et 1920-1923). G. Sync, 
I, 5.53, g.,g. Mich, le Syü., I, 134. 



[2',9j JliA.N-ALEXANDUK, AI.KXAXDUA. 121 

^^ W-J ^U C- J ij_j— 'CxL-. cÜa; ^i -^ ^i 

jU ^^_ '^^-Ül viUi ^^::^ LJä-J ^i^ (nr- 0^ L>ir^^ ör''^^ (^.^ "^ ^-^ 

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LUj JüäT ^1^3 j_^ «-r '^L.L. j:^^ j_5J1 JJi;- ljA:<^Vi >:>l»3 jXiCVI y^ 
L jjiii ^^ ^\Jli^\ aju |j^3 c/^ rr^ tl^ ^ JjUiJl ^^«53 ^,— ^ U-ls "^xJi 

1. C .,!. — 2. C^jl. — 3. B lu.. — 4. C aJ'^h' B hJ^y^.. Cheikho : LÜljl fp. 130). 
— 5. B l^j. — 6. C i^^pL. B ^vr^-. — 7. C om. — 8. B j J^- — 9. C j^jsli^ 
B (^-y'j>». — 10. B jsxJ — 11. B (^-jr^J^ '-s^" C om. 



C \-,-l V. 



Apres cela, en Taa 217, le royaume de Syrie cessa d'exister. 

En Tan 222 de leur ere, Ptolemee remonta sur le tröne. C'est celui qui 
VL'cut encore huit ans. 

De son temps, üii fit le recensement des liabitants de Rome. On en 
compta 470.300 (460..300)'. 

Ptolemee qui se trouvait lä-bas aussi fut brüle * par les Thraces'-. 

En Tan 230, Ptolemee Dionysius monta sur le tröne d'Egypte et regna 
pendant 30 ans. ' En l'an 5 de son regne et 234 des Grecs, Jean-Alexaudre ♦ n i't 
mourut, et Alexandra, surnommee Salina, gouverna pendant 9 ans. Elle 
obsorvait soigneusement les preceptes de la Loi et punissait ceux qui la trans- 
gressaient. Puis eile fit son fils Ilyrcan grand pretre. Mais lorsqu'il Tut elevö 
[ä cette dignile]; des rivalites eclatärent parmi les Juifs. Apres de nombreuses 
perturbations, il fut convenu au sujet des deux (fils d'Alexandra), que Ilyrcan 
serait grand pnHre et Aristobulc roi. Pompee, genöral des Romains, vint alors, 

1. Mich. lf. Svn., 1, 1.30 ou plutßt 134. — 2. Je croi.s qu'il laut lirc « par les habitants 
d'Alexandrie ». II s'agil de Ptolemee-Alexandre II tue par eux. \'. Bouche-Leclercq, 
Histoire des Lagides, II, p. 119-120. 

i'ATU. uu. — r. XI. — 1'. 1. 8 



122 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [250; 

L-_ ^_5aJI ^^Jl SS^ ^"^ ^J\ c^ rJJ«" f^^^ '^l5^ ^ (V" ^-^-^ '-^■^ ^^ 

1. C oin. depiiis f;^j. — 2. Ici se termine une lacune dans le ms. A. — 3. A om. 
quatre mots. — 4. A j^v—I \0 J^,. — 5. C , ^Jaü~.! B , ^iaüu'' A ,^yi£j!. — 6. A 
J.r^.! jjt C J:x. yj|. — 7. Probablement .^! = yivejxiov. — 8. B --j j-» A , r>-^ i-^>- — 
9. B ,.,^5!. — 10. A Uj.U is'.li J. iJ k.w V .'S'' c^-' '^P- .t' ^-''- — 11- A i^' a^ 
CB AJj^. — 12. B J^ A Olli. Ici commence une lacune dans le ms. A. — 13. C ^'1. 
— 14. C J^-,i B i;!. 



s'empara d'Aristobule et remmena encliaiiie ä Ronie. II etablit le grand 

* c 173. pretre HjTcan ä sa place. En l'an 14 de Ptolemee et 243 des Grecs, * Hyrcan 

commen^a ä gouverner et gouverna pendant 33 ans comme graud pretre '. 
" B IM V. * A cette epoque, les Romains devasterent Antioche, ville de Syrie, sou- 
mirent de nouveau les Juifs et leur imposerent un tribut; ils assujettirent de 
nouveau plusieurs villes. Puis ils donnerent aux Juifs des gouverneurs dont 
le premier s'appelait Antipaler. Cet Antipater, qui appartenait aux genlil.s, 
etait fils d'un hegemone qui se nommait Ilerode. Les Idumeens, c'est-ä-dire b'S 
enfants d'Edom, descendants de Loth, s'etaient jetes, pendant une de leurs 
expeditions, sur un temple d'Apollon qui se trouvait pres des remparts de la 
ville d'Ascalon, et avaient fait Antipater captif. Et comme le pere de celui-ci 
n'avait point d'argent pour le racheter et le delivrer, Antipater son fils resfa 

• c 173 V. ' entre leurs mains et partit avcc eux. Ce jeune homme, ayant retrouve sa 

liberte, prit pour femme la fille d'Arethas, roi des Arabes, qui s'appelait 

1. G. Sync, I, .5.5i)|3 sq. Eus. Chr., II, 134-13."). Mich, i.e Syh., I. 129-131 et 132- 
133. 



li UC) 



A inu V. 



[251] ANTiPATF.R. 123 

«jlC „^jt-Ls -'^>1äJI j^ ■i-i-i vjr'-' "^ *j «^■^^ -'^'^'^ J '*^^'-5 L*^ ^■^^•f^ '^ 
i^lsij is»i>-li (*j^U LijA-a jLj UdI 'JJi u'^=>-' /v«3 "^ r'v'^^^ r3^ j*"*?" J^-^ ts" 

^r'^y^j ^j>^3 ^^Jjji '-^^. "^'^^ 1-V^' ^> -^"^'3' *^ -J^ ^^'^ ^ l*ir* 

j jLs ^JJI _^3 j«T»-JJ "l^t:^^ (^ '^"-* ä'' ^'-»-'^ J-i-U <~«3J ^\ ijf^^ij^ " B Uir, V. 

j^L-li Jjc Al^ '^3 A™^ lj«-ä_^ l^-*J' U~I-V5t« rc. .,i>'l "j^j ' 

ij»LJaJi ^j^_/«j ^y~y. ~ <sy:r^ (*v;.^^ ü^. ^isli-* ^ Jlü>^ tV_ ^iUji i-CjI 

1. C !^j_jiä B 'ajjjI3. — 2. B ^y^\ ^r-. — 3. CB ^_jJJLJ. — 4. C ^^f B 
1,3^5. — 5. B ^ ^'U.. — 6. C om. depuis ^^i^yf^. — 7. C y,^= ,La. — 8. Ici se 
termine la lacune du ms. A. B ijii—. — 9. A «— sli— w'^i:. , ,l-5^-~^I , r^ J^!. lU 
,0^- — 10. A ^,Uj J ^,1^. — 11. Hoc in B; C ^\i:jt A om. — 12. C ^^yj.U B 
, ^_*jU A om. — 13. C , ^^y^j A om. 



Aritäh; * son nom ä eile etait Cypris'. II devint ensuite l'ami d'Hyrcan, » n lo:.. 
graiul pretre des Jiiifs, liitta energiquement en sa faveur et le soutiiit daiis ses 
demeles avec sou IVere. Puis il alla trouver, de la part d'Hyrcan, Pompee, 
g^neral des Romains. Et c'est pourquoi il devint aussi l'ami des Romains, 
qui l'aimerent et l'etablirent en leur nom procurateur des Juifs. .\utipater ent 
[quatre] lils de Cypris la juive (l'arabe) : Joseph, Pherora, Phasaöl et Herode, 
et une fdle qui s'appelait Salome. Quant ä Phasael et ä Joseph, ils devinrent, 
peu de temps apres, procurateurs des Juifs. Ouant ä Antipater leur pere, il 
mourut, empoisonne par un de ses echansons. * Son hls Ilerode se rendit a * c '"''• 
Rome et apres y avoir regu le pouvoir royal * sur las Juifs, il revint. C'est ♦ u lyi v. 
cet Ilerode qui vivait ä l'epoque du Christ Notre Sauveur; nous parlerons 
bientöt de lui et de sa famille". 

En l'an 259 des Grecs et 30 de Ptolemee, entrerent en fonction ceux qui » a ico v. 
sunt appeles ury-Toi (consuls) ; ils se nommaient Caius Julius et Marcus Antonius. 
Gelte meme annee, apres la niort de Ptolemee, Cleopätre en Egypte regna 
pendant 22 ans '. 

1. Köirpc; cliez Jos. Flav.; v. par exemple Xl\', 121. Kujtpi? cliez C Sync, I, 5O83, .,., : 
'AcaSiW/;? KÜTrpiSo? —2. .Mich, i.e Syh., I, 135-13Ü. Cf.G. Sync, I, 5ü8-5ü9. — 3. Mich. 
LE Syh., I, 131. 



124 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [252] 

•^jLLi]| J pjl ju^ ^_j -^^_^yi ^Ls lj<L ^^ jjl:^ Jj 
JjVi ^i— 11 j_^^ Äf-lUl j^li IjSlj >»j^l j_^l aaI»« -^LäJI jjj,\ c:^ ii'L&3 
c 174 V. ^y\ l_^ ^\^\ _jLJ\^ il j^j * Ö-3 iU «-^j j^'l ^_LäJl ^L:^ j., 

' A. .xJi Aju \*1jVi (»jj a,_:....1i vi-Uo" v::Ji>-ij ' \.^ÜaiVi ^^^ i-^ \jCi\ /»-^j 

'"Ä_u J^tr-3 -*^b ^•„L« •-'j'i *JV1 L_«iv ÖJI ^l;- ^11 >^| ^ '■*jj-Jl j_j-^ 
^l=>-j /j.^JLc-3 <>L«^lj' jy'j^ jj"Jä~ILw J Ij^r-^i^j C-5^ ._.—.>- <_lJi JJX" iJj 

1. A om. depuis Äi_ ^j. — 2. A om. — 3. A om. deux mots. — 4. C ajoute ici (.rr^w' 
^ wju^j i-fr'^'j •'™-' •l'^'^ ^"^'^'' omeltre. — 5. C iü~.. — 6. Le passage dep. .)j^.j) ne 
se trouve que dans le ms. C. — 7. C ^-S'Lk;^' B ^^fLCj"^'. — 8. A om. depuis ji—J'j 

jU!. Le ms. B abrege le recit. — 9. A i^~M oXi3 jjj-^- — 10. Le dernier passage 
se trouve dans le ms. B un peu plus haut. — 11. C ^^ya-^L. B ,^jL.1l^ A om. — 
12. CB%i A om. depuis l-^'l oXb J. — 13. C J'^J! A om. — 14. A om. 



C 174 V. 



En la 2" anuee du regne de Cleopätre, Pompee, general de rarniee ro- 
maine, l'ut tue dans un combat. 

Alors finirent les exploits des Macchabees. Les Juifs conclurent un traite 
avec les Romains et leur firent acte de soumission. Le promier livre des 
Macchabees comprend 2.766 * versets, le second 5.600. 
B 19G. * Depuis le debut des Macchabees, c'est-ä-dire depuis la 93° annee grecque, 
jusqu'ä la fin de leur histoire, on compte 168 ans. 

En Fan 5 du regne de Cleopatra et 264 des Grecs, commence le comput 
des Antiochiens. Cette annee commen§a le lundi apres l'annee bissextile. 

Depuis Adam jusqu'ä cette annee-lä il secoula 5'i61 ans '. 

En cette meme annee, les Romains jugerent opportun de convoquer leur 
Senat (nuj/.'K-n'roc,) qui comptait 320 hommes, et dont la reuniun s appelait 

1. Mich, le Svit., I, 132. 



[253] POMPEE. JULIUS CESAR. AUGUSTE. 125 

d'IS -i— « (_^~' j«^' ^_ ^^ „-j^ ^^ ys. ^^Äl' ■ ^_»JjiaLs ^ jb Uajj 

13 






1. BA -,.~^U C ,. _^j'-i.. — 2. C add. , -Jj. — 3. A depuis n. 12 de la paffe 
precedente , -:y:j'^ «'•o—' >-t^ -4 -"j^' 'jj^r^ c''"^^" O-Oi ^j. — 4. A om. — 5. A 
L^^ Lüi. — 6. A om. deux mots. — 7. A 'jy'i. — 8. A om. — 9. C -_^JJ^i B 
.^jjj^j A om. • — 10. C j~o B ~3 A om. Peut-etre s'agit-il du mois copte « mesori » 
= juillet-aoüt? — 11. A om. depuis '-i^'j. — 1:2. A om. dep. i^~- ^. — 13. Ici com- 
mence une lacune dans le ms. A. — 14. B il- .. — 15. C s,U B J,'-i. — 16. C ,-oJ B 
vkj et plus bas dans ce fragment. 



ßouW. Ils fireiil un de ces consuls dont nous avons parle, empereur : * c'etait * c ns. 
Caius Julius; [il regnal pendant quatre ans. II fut egalement appele Gesar, 
dans la langue des Romains, parce que sa niere etant morte tandis qu'il 
s'agitait encore dans son sein; on ouvrit les entrailles de la mere et on Ten 
retira; puis on l'eleva jusqu'ä sa majorite. II regna sur les Romains, ä Rome, 
' et il s'elevait au-dessus des rois, en disant qu'il n'etait pas ne comme ils * B I'jij \. 
etaient nes, et qu'il n'etait pas sorti par oii ils etaient sortis, voulant laisser 
entendre qu'il n'etait pas sorti par la voie que la pudeur cache. 

Le mois Quintilis, qui est le mois mesori (?), c'est-ä-dire tammouz, fut 
aussi appele, depuis ce temps-la, Julius (juillet), parce que ce fut en ce 
mois que l'empereur Julius commenga ä regner'. 

Apres la mort de Julius, en l'an 268 des Grecs, Auguste Gesar lui succeda 
pendant 56 ans et si.\ mois". 

Au sujet des deux jours qui manqueul an mois de cliclial % il est ccrit 

1. Mich, le Syu., I, 133 oii » le mois qlnan » est rapproche du mois palmyrenien 
qinian. Cf. infra, p. (255J. — 2. M. le Syr.. I. 134. — 3. Sur cette legende v. J. Malalae 
Chronographia, 183-187 (ed. Bonn.V Georgii Monaciii Chronicon, ed. de Roor, 1904. 
Lipsiae, I, 23-24. Cedk., I, 263-2«4. Mich, le Syr., I, 141-143. 



126 AGAPIUS. KITAB AL-UNVAN. [254] 

■ c 175 V. ^^— > jo ^JJl A^Ji\ Ljj A^l (j^' iJ;^ c^ ilr*-* (*r:^ (V-'^ ('3-'' ij*^ 

cJ^yX^ (V=^3 '^>^'^3 j>:r!3^ IjÄi^l d~-=- ^y> ^}j}\ >»f-^ 'LlJj'j iJ-Ul liUl 

■j-jjIäjJi f-^^j cs^l iJ'^Aj'' \xi j_LÜL <-«3j "C'-v« ",.« fJ^' '<-* Ll~>- «.»^ L>Uw« 

^^ÄJI dUi ^_yJJv* b-^^ f3j' t5^ ^^^3 pr~" (_r:.-' '-^-^-' fT^'3 -i^^jJ' j 

1. C »s»j,L:^. —2. C ^»J,.vJ B -yPfJ -y-r^- — 3. C tJi^L. — k. B om. — 
5. C ., JjLi B .^^J _ako. ~ (3. C J^ B ^»Lo. — 7. C Ij:;! B L^oi'. — 8. C U^ks 
B Uko. — fl. C , ^-,'■^^^'' v^r-^j ß C^^^oU^-". — 10. C i^-y. ß A^_^^i. — II. C Li! 



qu'a repoque de [Manlius] Capitolinus {Qabitai)), general de rarinec romaine, 
iine troupo de cavaliers ayant eiivalii sou pays, il liii fit la guerre et la vain- 
C 175 V. quit. * Mais un des generaux romains qui s'appelait Februarius (_Fn)urii)us) et 
d'autros homnies depraves fireiit de l'opposilion ä Oahiton et lui enleverent 
le pouvoir qii'il avait sur les Romains. Les cavaliers cnnemis, ayant entendu 
et appris quo QaJjiton venait d'etre revcxjue, accoiirurent et s'emparnrent de 

* B 197. Rome * pendant la iiuit. Les generaux s'eiifuirent avec Februarius et se refu- 

gierent au Capitole, lemple des idoles; ensuite ils euvoyerent dire ä 
Qabiton : « Nous f'avons offense et nous en sommes coupables. Rassembleles 
Romains du cöte oü ils pourront s'emparer du Capitole. Delivre-nous, et 
pous te ferons roi. » 11 rassembla alors une armee de Romains et, pendant 
la nuit, (attaqua) la ville de Rome de trois cötes et enferma les assaillants au 
milieu; puis les aj-ant tues, ainsi quo le chef de leur troupe, il regna sur 
les Romains. On se saisit de Februarius qui voulait livrer la ville ärenncmi; 

* c i7(i. * on le mil dans un filet ' , on le fit monter sur un äne, et on le frappait ä coup? 

de batons et de verges, en lui disant : « Agba, Frourie'! » ce qui signifie : 
« Sors, ö Chebät (fevrier)! » Ensuite on le jeta ä la mcr. Le roi ordonna que 

1. Gedr., I, 264, : '|iäO(.) öpuivw TrEpißtSXriae'vov. Chez Chahot « un filet » (M. le Syr., 
I, 143). — 2. « Agba » := 1x6«. V. J. Malalae Chronographia, 187 : £;i8i, (psSpouötpi, ö'nep 
i<5-\ TY| 'EXXrivioi •(Xliia i5rt'V^-*.^ti., jtEpiTiE. GEonr.ii Monachi Chronicon, I. 24 : t\iMt «heSpouapis. 
Idem chez Ci^on., I, 264e.7. C'est ä tort que M. Chabot dit : « Agbe » est sans doute une 
transposition pour «ttoiye (M. le Syr., L 143, n. 2). 



1! I'JT V. 



[255] f.EGENDR SUR FRVRIRR. 127 

_.^j^L ö, ^o J j^^. >-'^ l,'^-^ ij'3 w*"^-^-?^ r"^ l5^ -^' ^^ (.r*— '- ^^ 

jju jVj L«^ /r''^^''-5 """^ '^'~° ^T^ '- 'J^>~^J ^^' j^'^ ti ^-?^c^ ^^^'^ rjr-5 

^ju ojl Ja-j j ''isLi jj-^_ j' Jr*^ "^' ^'^ -»^^ ^^ r3-/'^ l5^ -"'^ j^ 3 • i: i'« v. 

LLjJ\ i.VA ^Ul /^ ''^Pa-i-jl <!li^ ^L ^Vl ^^>1 ^_^*^J ^r'^v. "^^L ^1 



i: ivis. 



1. C Ui B JL^. — 2. B om. — 3. B LL_ C iLi'. — 4. B vi-l J. — 5. B ~k^'. 
— 6. C Jl--'. — 7. B Ll-^l). — 8. Ici se termine la lacune dans le ms. A. — 9. x\ depuis 
s^Ci» ^jf ne donne que iCU ,.^=. — 10. CB '-i~U et '^Jj' A om. 



ce mois portät le nom de Februarius, pour que, chaque annee, son mauvais 
Souvenir füt un objet de mepris. 

Quant ä ce.s deux jours pendant lesquels avait eu lieu lattaque inopinoe 
de Texpeditinn ennemie, qui avait marche contra Rome, on les rejeta, parce 
que cet evenement avait eu Heu le 28 * du mois; mais on ajouta Fun de ces • b m: v. 
deux jours au mois de phibin (?) ' qui est temmouz (juillet), et l'autre au 
mois de kanoun II (janvier), en sorte que chacun de ces deux mois eut trente 
et un jours. Apres quelque temps, un autre roi regna sur les Romains et dit : 
« II ne convient pas que le mois de chebat, c'est-ä-dire fevrier, soit au milieu 
de Fannee. » * II l'enleva donc et le plaga ä la fin de Fannee avant le mois de » c i76 v. 
mars, qui est adhar. C'est lui qui appela un mois Julius, de son nom, et 
Fautre Augustus, du nom de son oncle. ^'oilä pourquoi chebat a deux jours 
de moins. Depuis cette epoque, les Romains n'ont pas cesse de tirer de 
mauvais augures au mois de chebat et de croire que le demon parait en ce 
mois et que les esprits malins y dominent. 

En Fan 8 du regne d'Auguste Cesar- et 275 des Grecs, en la I^G'' ' olym- • r, ms. 
piade, le rovaumc et le sacerdocc des Juifs furent abolis. 

1. Feiit-elre Ic mois copte « epiphi »? Cf. supra, p. [253]. — 2. Les evenemcnls 
dont il s'agit ä partir d'ici, sont egalement racontes daiis le commencement de la sccondo 
partie d'Agapius; mais la redaction du ms. de Florence est differenlo. 



128 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [256] 

* B 20Ö, Ulj Ä:_ v"!>^j ^Ji— ' |V«V^ jj^ '»^^ ^ ^j-'l 'i^^*^^^ il^^ (_r''^3^ int^ ^*j 

»c 177. «^^ ^\ J- * «-J vir*-J örf^i^-'^ ^^* J' ^sr- '^'^ '^^J^t7^^ S^ cK-^ lT'^-^ 

^ 1^\''^^ V JL« ^-iil ^y«. '^C-.l^Vl ^j U^ c-j <:;! ^"' jl% ^1:^3 o-^J^ |A 
**Vi ^j^_ il'b i-^^^J-»-»-'^ <) ^v« ''tj^. '^(^ ^-*^ Ji ^> ^^. ^-^-^ ^-^ V3 '^jv, 

*Alf.l. U-^.-'^^ ^. J^ ö- ö- ^r- ^^^V^^^ ji^ ^^1 * ^ ''''C^'^'J ^3 ^^ ^J^ ^ 

:,^^o5v. ^Q^_ * a)i x«^ ö^ ^i j,---^ jj^. :>^i ^^-^ ^2r^ jt^ * ^^j^ viO. 

1. Le rocit suivant so trouve dans le ms. B aux foll. 205-205 v. — 2. A om. deux 
mots. — 3. A lü' i\>S^- — 4- A om. trois mots. — 5. A ,.,U.j. — 6. BA l;"^'. — 7. BC 
,_,^j A -'-ii).. —8. A depuis ^^ ne donne que ,' J,' ^y.i^. — 9. B ^jU — 10. A om. 
— 11. BA -3JI. — 12. A Ij yi.. — 1.3. C .h'^=- — 1^- C Uw--I 'J^.' A U^'. — 15. A 

c; •• • -^ 



♦ B io.-). * Herode, fils d'Antipater, qui, commc noiis l'avons rapporte, etait de la 

race des gentils, regna sur les Juifs pendant 37 ans. Quant ä Hyrcan le grand 
pretre des Juifs, il fut emmene en captivite dans le pays des Parthes; ä son 
» c 177. retour, * Herode le fit tuer avec son fils Jonathan. Alors fut accomplie la parole 
de Jacob, chef des Patriarches, qui avait dit : « (Le sceptre) ne sera point 
öte de Juda, ni le legislateur d'entre ses pieds, jusqu'ä ce que vienne celui ä 
qui le royaume appartient et que les peuples attendent '. » 

Et en verite, c'est ä cette epoque, apres un court delai, qu'eut lieu l'ave- 
nement du Christ. Et de meme fut accomplie la prophetie de Daniel que 
Tarchange Gabriel lui avait revelee au sujet des sept et des soixante-deux 
*A KU. semaines qui fönt 433 (483) ans * et qui furent aclievees [en ce temps-lä; la 
premiere aunee etait] la sixieme du regne de Darius, fils d'Hystaspe, en 
laquelle fut terniine le Temple du Seigneur, en la ß.V ol\-mpiade. Depuis ce 

♦ B ■1K^ V. temps-la jusqu'ä ce qu'llerode coramencät ä regner, * tous les gouverneurs 

des Juifs etaient appeles Messies (oints), c'est-ä-dire grands pretres. Alors 

♦ c 177 V. * cesserent d'exister le sacerdoce et le gouvernement qu'ils se choisissaicnt 

jadis eux-memes dans leur propre milieu". 

1. Genese, xlix, 10. — 2. Agapius, II (l), p. 3-4 {P. 0., l. Ml, p. 459-460); lestextes 
correspondants sont indiques. 



[257] HKRODE. REGNE D'AUCxUSTE. 120 

I^U l^L (»::^j <,A;. c^.- l^y ;:/Jl ^_j VI *^l,— L ^C j.» ^1 c.^<ll ^iy^ 
'■'LlL:^ ^-lC ^ISlj ''-'^HL^jl ^li j^- ;:/.il ^_j 1U> _^i 'V^^^y 

t/AJ^ ^^ ^1^ <«;LJI iLjl '''^y^j '^^'-^' ^r-^^— ^J^ ^^ i> ^r^ «-»v"^ <^ Ji 

L^s^=^_ jljoi, J ,1^ Uy'l JLä,3 LjÜs ^^l| ^Vlj ^_r-«-i)^ Ujs.a=-1 ^_j^w, jl^ ^jLI| 
fjj' L5-*t '^^^^ -'' dU jl C^jUj ^,-a^ -yi i5CU-Jl >::iki -''U^yoL L^'l Mi "C 

1. B add. ^.^. — 2. A ,^..^vj. — 3. B 1^».=. j. A Li-, J. — 4. C om. — 5. C'est 
yiTojv. C i^jJ B iJ_5i:S' A om. — ß. B J^' '^C. — 7. A .^f^,. — 8. DA sJ^'j. — 9. CA 
.Jülk.,! B , r-'lkw,'. — 10. A om. — 11. A i^y^\ .^y — 12. B r-'Lk.,I. — 13. CB 
J-"^-^- — 14. A om. depuis J. — 15. A J.. — 16. Dans le ms. B il manque le fol. 20(i- 
206 V - 17. C jj^j A l^ Ji. - 18, A L^,U« J-i..' U^^^^c-' - 19. A U-^^J. - 20. A om. 
<lep- J'4?j- — 21. A ^sJ] ^Oi ,..-. 



Quand Herode eut regu des Romains la royaute et fut arrive dans le pays 
des Juifs, ils lui firent de ropposition. Alors il leur fit une guerre sans merci, 
detruisit toutes les murailles de Jerusalem et fit perir dans la ville im grand 
nomhre de Juifs; il s'empara des insignes sacerdotaux dont le grand pretre 
^eul pouvait se rcvetir. Herode les prit chez lui et les mit sous scelles; et il 
ne permit a personne d'etre grand pretre plus d'un an. Peu de temps apres, 
il etahlit grand pretre Aristobule, fds d'Hyrcan, frere de sa fcmme; ensuitc 
il le fit tuer et etahlit ä sa place Ilananiel. 

Eu Fan l'i du regne d'.Vuguste Gesar et 7 du regne d'llerode, Tempcreur 
Auguste marcha contre ' Anloine ', general de son armee, qui s'etait insurge * c its. 
contre lui et qui etait sous la domination de Cleopätre, reine d'Egypte. 
Auguste leur fit a tnus deux une guerre acharnee, les vainquit, s'empara des 
dcux fils de Cleopätre qui s'.ippelaient Soleil el Lune et les fit mourir. On dit 
que ces deux fils, nc pouvanl lui ecliapper, se tuerent de leurs propres mains. 
Le royaume d'Egypte cessa alors d'exister et tomba sous la domination des 
Romains ■'. 

1. Dansle ms. « Anliocluis ». — 2. V. Agapius, II (l, p. 4-5 7^. f'., t. VII, p. 'i60-'i61j. 



130 AGAPIUS. KITAB AL-'UXVAN. [258] 

• c 178 V. ^^' ^3-:-. »^jl * J^ J jyC ^5JJ1 ,_,-^l c_>J^ f j J^ 'j-»- j^;^^ ^'^ JJ 

bj S^^ (jj-^3 -"l?--!? 0:J-^ (j'-'J-c* (^-^ ct^^-Aj^ ^^ i> (>=r^J '^'^'' "^ i-JJ 
jjj.l__^l Jaä. dUi Ji L_J' ol^j IjLai LfcL^ ^^' i.1^^ ^rr^. LJoj ä:,_j-. UaJ 

1. Ce qui suit maintenant ne se trouve que dans le ms. C. — 2. Peut-etre de ^_^r«~u5 
H census »? — 3. C l^. — 4. C ,^-^ja>^j3. — 5. C ,^ii~~Jivj. — 6. C ; ■'l;^'^*~'^-■■ 



/._:.« v—. — 8. Ici recommence le ms. A. 



A cette epoque, il y eut un recensement dans la ville de Rome ; on en compta 
les habitants et on en trouva quatre millions cent soixante-quatre mille'. 

Auguste, en Tan 18 de son regne, envoya en Armenie Tibere, general des 
Romains, qui soumit aussi les Parthes et donna la liberte aux habitants de 
Samos ". 

A cette epoque, les Romains commencerent ä appeler bissextile le jour 
c 178 V. qui arrivait tous * les quatre ans; c'est-ä-dire : idus r.zh "ii /.-Aav^üv JMap- 
T'.iiv. Quant aux Grecs, ils l'appellent Btue^Tov'. 

En l'an 28 du regne d' Auguste, Herode bätit des villes, des murailles, 
beaucoup de forleresses; il bätit egalement une ville et Tappela Cesarce, en 
Thonneur de Cesar. Auparavant cette ville portait le nom de « tour de 
Straten^ ». 

A cette epoque, s'illustra Sexte, philosophe pythagoricien. [Juda] le Gali- 
leen et Sadoc, de la ville de Gamala, furent des imposteurs. Ils se revolterent 
et dirent : « En verite, il n'est pas permis de payer l'impot de capitation et 
de nous donner des maitres mortels''. » 

1. G. Sync, 1, 593s.„ (Els. Chr., II. 140 Ilp et versio arm. k). — 2. G. Sync, I, SOS, 
(Eus. Chr., II, 142 Hm). — 3. Agapius, II (11, p. 5-6 (461-462). — 4. G. Svxc, I, 595,., 
(Eus. Chr., 11, 142 Hx et versio arm. r). Mich, le Syr., 1, 137. Chr. Min., II. 44, 84. — 
5. Chr. Min., II, 44. Agapius, II 1), p. 6 (462). 



En Tan 42 du regne d'Auguste Cesar, 35 du regne d'Herode, 46 des 



[250 1 REGNE D'AUGUSTE. 131 

i_^ ö- (j-ij^v^ '-^ ^^j ^x^ cr^~^^ ^'^ <y ö^-^^ öt^ **"■" '^^ 

-ö- •^.ji....rj ijujlj iL ' L1LI3I -L- ^ ^j^\ ö- Jt jJl (J'j"^'^ Ij^^kjJjA »-Jj »0 179. 

dLl- CwL^jj '"ö- ••j/-j ^<L"-j ^U ^^_^j ^iVl i_^ ^LiJl öS: J\ ^i\ 

••■^^^1 J^gi y jl<3 (.U i„^ ^jjl ^L^ J^3 

1. C^»JL-U B liJjl. — 2. Ici recommence le ms. B. — 3. C om. — 4. CB IjJai tj^ 
A om. — 5. C ( wij^-o B i'-'jj^. A om. — 6. C om. ^j, A om. dcpuis ^jJJJl. — 7. C 
.,»A-J'. — 8. A om. — 9. BA om. — 10. Ici commence une lacune dans le ms. A. 
11- B (t?J. J- — 12. C i^^-M B ii—H. — 13. Ici se termine la lacune du ms. A. — 14. C 
; w-JfS B , ^J.}fi. — 15. B n'o.^'. -- 10. C ...k.U B , ^.kliw. — 17. B om. — 18. B 



1! ins V. 



C 17il. 



Antiocheniens, 309 des Grecs, * en la premiere indiction, en la 2'' annee de 

la 194" Olympiade, * Notre Seigneur et Sauveur Jesus-Christ naquit ä Beth- ♦ b ios. 

leem, ville de .liidee, Tupo ö/.tw x.x).avÄfüv 'lotwjap'.wv, le vingt-cinquieme jour de 

kanoun I'"' (decembre). Depuis Adam jusqu'ä cette annee-la il s'etait ecoule, 

au total, 5566 ans. Le dcbut de cette annee tomba un lundi. Selon le caloul 

des Grecs, ce fut le douzieme jour de la lune, et selon le calcul des Romains 

ce fut le seizieme jour. L'annee precedente en laquelle le Ciirist fut congu, le 

25° jour du mois d'adliar (mars), avait commence un dimanche. Selon le calcul 

lunaire des Grecs, ce fut le premier jour de Tannec, et selon le calcul des 

Romains, le cinquieme jour. En cette annee, la lune fut intercalaire '. 

L'annee * avant la naissance du Christ, Cyrinus, •Äyjj/.uv tyj? wy/tX-ZiTou (pro- */■ ';'-• ^■■ 
sident du senat)", assemblee qui gouvernait l'empiro, fut envove pour recen- 
ser la population de la Judee soumise ä la capitatiun. II elail G-aTo; (consul) 

1. Chr. Min., II, 44-45. — 2. G. Sync. I, 51)8,; : utio xr^^ (TuYx)'iTou 8ou)>ri; Kupivio; 



132 AGAPIUS. KITAß AL- UNVAN. [260] 

^^ J ^ il ^"ij^ ^>i. ^- J\ ^^1 ^-^ (»r^i fjj^ -^^' ^ ^ ^-^^ 
. c 180. J^ lÄA * «_J ^ l:L' y^ 0" ^:v.b >* v> ^^ '^(^- ^ j ^^^ ^^ ^-^' -^^ 



,\ ^ 



1. CB rJ=!J-J. — 2. jj^'*-^ B .,^.iLio^. — 3. ClJ' B "^J'. — 4. A depuis C 
179 V. \<'^J^, W- ^>-^" ^^V'"^-'" u-^^' J-^j' ^— -" k--' --'^^^" ^' ^3 
, ^U! , ^ J^!.. - 5. A ^^Cü. - 6. A add. 5jJbj. - :. B^o-C < A w^^i - 8. C 
, _,l>Ui.'J B , wUii' A , ^LAüJ. — 9. A om. trois mots. — 10. A om. quatre mots. — 
U. C j^Lol. — 12. A Ijj'U. .^i Jij^' ^^-- (^-/^' -^ ^y' ^5^ (_^)' *-' Jv'^.- — 13. A add. 
li^p i% K-. — 14. C , r^ljJj B -JLvjJ A JI. — 15. A ( -.^' ^^ ,.,' ^J! ^.XXä. — 
16. C U!^- B Uj^k... A om. - 17. A add. UU. - 18. BA ^0^!^l. 



en effet et faisait partie de ceux qiii se rassemblaient dans la ßcul-/; (senat). 
Or, commc chacun allait s'inscrire dans sa ville, Joseph, epoux de Marie, 
monta egalement pour se faire enregistrer dans la ville de Bethleem; et c'est 
alors que le Christ naquit. 

Le savant grec Longinus, qui rapportc lui aussi [les evenements de] cette 
epoque dans la troisieme partie de son livre, oii il traite de la guerre et de 
la victoire des Romains sur Antioche, ville de Syrie, ecrivit ä Cesar : « Des 
Perses, venus d'Orient, sont entres dans tes Etats et ont offert des presents 
au petit enfant ne ä Bethleem; quant a savoir qui il est et de qui il est fds, 
B ,'99' nous ne l'avons pas encore appris. » * Alors Auguste envoya ä Longinus * la 
lettre suivante : « Herode, le satrape (gouverneur), que nous avons etabli la- 
bas, sur les Juifs, nous ecrira et nous fera connaitre toute chose. » 

Quant au roi des Perses qui avait envoye les Mages, il s'appelait Pliaran- h 
soun'. En "an 44 d' Auguste, ces Mages vinrent aupres du Christ qui, au 

1. Chr. Min., 11, 45 : « Perisabur ». Micu. le Svit., 1, 142 : « Pir-Sabhour ». 



[261] NAISSANCE DU CHRIST. I,KS MAGES. 133 




1. C ^J~>\. — 2. C ^4>^ B ^4!j^3 A om. — :!. ^--Lj/' B , -Li^t. — 4. A UCsr-' Uli 
\^/'i Ji ^LOt üj ^^U^ ii_;iy'j. — 5. A depuis ^Oj_<5 donne J^l ^ !3-s^. 

— 7. C ^^^Uj! A ^jbLw.I. — 8. BC ajoutent ici deux mots J-oiJI y A om. — 9. A 

,*»^^ J! I^3j j^^U Ji ^._^I ^,1. _ 10. A l^^j U ^L^ o^^ jL^^r-- \-^^i 

iL«:;-.! ^jJ' vJUSjfJI ,J.3 -U. 



(lire de certains, etait alors äge de deux ans. Mais Cyrille et Africaiius avec 

d'autres racontent que le Christ etait äge de sept jours au moment de l'arrivee 

des Mages. Cette opinion est plus vraisemblable, car dans les images et los 

efTigies de beaucoup d'eglises, nous avons trouve les Mages et les pasteurs 

reprcsenles ä cöte du Christ et de sa mere Marie '. Nous avons aussi demontre 

que le Christ naquit en l'an 35 * du regne d'Herode qui regna pendant 37 ans. 

Si le Christ avait eu deux ans, * Herode aurait ete mort. Puis rEvano-ile ' ^ "•-■ 

raconte la fuite de Joseph avec le Chn'st en Egypte et son sejour de deux 

ans en Egypte, jusqu'ä la mort d'Herode et jusqu'ä l'avenement de son fils 

Archelaüs qui lui succeda. 

Herode, voyant que les Mages n'avaient pas lenu leur parole, envo3ra alors 
tuer tous les enfants de Bethleem et de la contree environnante, qui etaient 
äges de deux ans et au-dessous, seien les indications l'ournies par les Mages-. 

1. I,e ms. A dit : Dos gens racontent que le Clirist etait äge de deux ans. Quant aux 
savants, aux pliilosophes et a l'auteur de ce livre, ils disent qu'au moment de l'arrivee 
des Mages, le Clirist avait sept jours. C'est la verite evidente, parce que nous avons 
Irouve et vu dans les images, e'est-ä-dire les icönes, et les edigies qui se trouvent dans 
les sainlcs eglises, etc. — 2. Acapius, II (1), p. 9 {IK 0., t. VII, p. 4(J5). 



C. ISO V. 



C 181 



134 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [262] 

ijj 'f^-^ '*^'^" il?^^ >*-^ ^^* ^1^ ''^"^^ "-^-^ ö^ C-^- äir^J '*~-*^ J ''Ott^y^ 

♦B 200 V. 71^-— »Jl jl ^Ir-^l -*^" ^^Vj ij~^ ^y} 7^-'~~^^} CjL« ^-ij^ jl ^^--^1 -*^ ^'^ 

* A 162 V.' j^ j^ ^ ijtf^J "^^^ ^ilUj (J"-^J^C* ^-^ (j^ ij:f-^J A~»j- ö- ^ jjj jj 

1. A add. ^,-'jJ!. — 2. A w\^! o-iUj. — 3. A add. c>!jUJ! ^l — 4. A om. dep. 
^j,j. — 5. A om. dep. ^. — CA om. dep. 'i^—. — 7. A add. ^J"" ^jy^j^r" i-'j'- ~~ 
8. A add. »J-i-ij' «^1. — 9. A .il»<s— . — 10. A om. deux mots. — 11. A add. 
^y> x--!j ■_iw^ «^. — 12. C U H U"^ A Li^. — 13. A UjIj. — 14. C om. j. 



Quaiid la chaste Marie enfauta le Christ Notre Sauveur, eile etait ägee de 
treize ans; eile mourut ägee de 51 ans et cinq ans apres l'Ascension du 
Christ. 

♦ c 181. En l'an 307 des Grecs, * le 24 du mois d'eloul (septenibre), Jean, fils de 

* B 200. Zacharie, fut congu; 11 naquit le 24 * du mois de haziran (juin), en l'an 308 

des Grecs. 

Marie regut le message le 25 du mois d'adhar (mars), six mois apres la 
conception de Jean'. 

Neuf mois apres, en l'an 309 des Grecs et le 25 de kanoun !"■ (decembre), 
le Christ naquit ä Bethleem et il y fut circoncis, ä Tage de huit jours. Au im 
bout de quaranta jours on le porta au temple, et c'est lä que le vieillard 
Simeon le prit dans ses bras. C'est de la [aussi] que Joseph s'enfuit avec lui 
en Egypte. 

Nous avons dejä raconte qu'au moment de la mort d' Herode, le Christ 

* B 200 V. avait deux ans; * nous avons expose que le Christ naquit en l'an 35 * du 

* 181 V. r^nrne * d'Hjrode qui reo-na trente-sept ans. Si donc, au moment de l'arrivee 

-f A 162 V. ö 1 » r 

1. Chr. Min., II, 45. 



[263] NAISSANCE DU CHRIST. 135 

ÖJI JJX' J jl Jlsj o"-^->v::* ^^ ö^ -^ ^J'y^^ ^ '^^ OT--" C^} fr-*^' 

Ji <;! v_i— j; «-«— ' C-=- ^j -Ctj (3r~" *— '^ jL^ ^r^=-« jj^ Jj> ^_j3tJI ^jl jJl 

Uli /»^ Jli L. ^li. lAA jr^ ^j' ,3;' Tt— «Jl ji ^^-^i« ^v* *^J^ i_r-D^r~* >^'-« 

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ö. j jJj ^— Jl jl Uyj ^^;t— °-'^ '^b'-' jr'-AiLJl C.-; j ^ cTJ^?^' j' J^^ 

^--_Jl -Ü3 ■ ^M <:_JI ^j "cCU jj^ IzJL jrr^"' o'^-!^'-^ ^^ O-* jr:/'^3 ^^— »•=- 

1. A om. dep. JUj. — 2. A Jy. — 3. A JU U>U. — 4. A -Oj^ ^^1 I^U^ r.-^o' ^' 
^^1. — 5. BA om. depuis .'j. — ü. A JU L^Jj. — 7. A IjJiJ rr^i j' ij- — 8. C Ljü. 
— 9. C , cJJ!. 



des Mages, le Christ avait eu deux ans, Ilerode aurait ete mort. Ou dit que 
.l'aniiee oü les Mages eurent leur vision, [le Christ] se retira en Egj-pte, 
oü il resta pendant deux ans; que sur ces entrefaites, Joseph, apprenant la 
la niurt d'Herode, quitta l'Egypte, k)rsque le Christ avait dejä quatre ans : 
voilä Topinion d'un certain noinbre. Mais voici la verite : le Christ se retira 
en Egypte, ä Tage de quarante jours, parce que nous avons dejä deniontre 
qu'Ilerude mourut deux ans apres la naissance du Christ; et cela prouve qu'il 
ne resta en Egypte que pendant les deux dernieres annees de la vie d'Herode, 
car l'Evangile dit : « Joseph, ayant appris qu'Herode etait mort, quitta 
l'Egypte et se rendit ä Nazareth, oü le Christ fut eleve'. » L'Evangile dit 
[aiissi] * que les Mages vinrent ä Jerusalem * et s'informerent de la naissance * '^ -"'■ 

, . * ('. 182. 

du Christ; que les savants juifs apprirent ä Hörode, lorsqu'il les interrogea sur 
le meme sujd, que le Christ devait naitre ä Hethleem; qu'Herode envoya les 
Mages, pour prendre des renseignements sur le Christ. L'Evangile dit [enfin] 
que les Mages retournerent dans leur pays par un autre chemin et nc revin- 
rent plus aupres d'Herode-. Cela prouve que les Mages ne virent pas le Christ 
ä Jerusalem. Nous disons donc que le Christ naquit en l'an 'M) du regne 
d'Herode, deux ans avant la fin de son regne; que la mc^me annt^c oü le Christ 

1. Cf. Mattii., 11, 19-23. — 2. Cf. Matth., 11, 1-12. 



B 

1" A 103. 



136 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAX. [2G4] 

jl Uli "^.AcL J^ Tc-^-Jlj (».Is jJ^3 ■ •*— ä-i ^5>^.äJ J^ j' J Y i*^^. (*^ LT 

Vj U 1jJl5C- 1'a.a, Jlt ^^Ij p.15 ^ 'n^^Vl Jl ^Ul >; 



une 



1. C IjJ^M A add. >^rUs ^=. — 2. A om. depuis ^1--. — 3. Ici commence 
lacune dans le ms. C. — 4. B add. ^r^'. — 5. A add. c^^.~^! li-— .j U-J^^ l^j. 
— 6. A Jt ._^lk. — 7. A J^'. - 8. B s.^ ^CU.. — 9. A J**- ^. - 



10. A ^-LJ' ^^! J'- - 11- A '"'-'- ~^- 



naquit, Josepli et sa mere Marie le prlreiit et s'en allereut en Egypte, oü il 
resta pendaiit deux ans jusqu'ä la mort d'IIerodo; qu'llerude, aprös avoir 

• c 18-2 V. vecu 70 ans et en avoir regne 37 ans, mourut en l'an 44 du regne * d'Auguste l 

' B 201 V. Cesar, * qui est la 311° annöe des Grecs. 

G'est une des preuves que le Christ ' resta en Egypte pendant deux ans 

♦ A m. et que Joseph l'y emmena, * aussitöt apres qu'il eut ete porte dans les bras du f 
vieillard Simeon, qui avait dit par une Inspiration de l'Esprit-Saint qu'il ne 
goüterait pas la mort avant d'avoir vu le Christ Notre-Seigneur. Au temple 
il prit donc le Christ dans ses bras et pria le Seigneur de le laisser raourir, 
en disant : « C'est maintenant, Seigneur, que Tu laisseras mourir en paix 
Ton serviteur, parce que mes yeux ont vu le salut, que Tu as prepare pour 
tout le peuple, comme la lumiere qui eclairera les nations, et pour la gloire 
de Ton peuple dTsrael". » Ily a d'autres reeits dont TEvangile ne parle point. 
Simeon, etant debout, avec le Christ dans ses bras, rendit l'esprit. Les gens 
qui virent cette merveille, Simeon mort debout avec le Christ dans ses bras, 
raconterent ce dont ils avaient ete les temoins oculaires. 

1. Ici commence une lacune dans le ms. C. — 2. Luc, ii, 29-32. 



205] FUITF EN EGYPTE. MORT D'IIKRODE. 1,37 

ü'L.1 j j^3 '^Ia=- ia-lLi-l oJV ■»— 'ly ^ <£L«^3 -cji! liüi Aju ^ j,l::J3 ^"U 



2ir2 V. 



^ ; ^ 



1. A J' Lj'jo Jj ^^^ J.I t^i ji (^_j=r*'! ^,'. — 2. A JU. — 3. A JU ^JJ'. 
— 4. Aadd. .,a;L_ .^j! .j.. _ 5. B b/i. — 6. B ^^A. — 7. A L.U. — 8. A add. 
JL.J-£oJI. Ici se termine la lacune du ms. C. — 9. C om. — 10. A ajL-"'. — 11. BA »3^ 
Ai^3 1-Lj. — 12 C ^-.^r-'t. B v_^-''. A ^".- 13. A .,U; L-^ . j-Lo ^JI J'p Ju 
Jo ^.L. — 14. xli; ^^-- alL jJ^ i;:.L.> .^. — 15. A '^X^. — 1(3. A 5^/'i-^ =.-. 



La nouvelle parviut ä Herode apres le depart des Mages de Bethleem. 
Si le Christ avait ete äge de deux ans * avant sa fuite en Egypte, Herode eüt • B i'02. 
ete mort et n'aurait pas pu dire aux Mages : « Partez et informez-vous de 
l'enfant; et lorsque vous l'aurez trouve, revenez chez moi et faites-le-moi 
savoir, afin que j'aille l'adorer'. » 

Par consequent le recit de ceux qui croient que les Mages virent le Christ - 
ä Jerusalem est depourvu de verite. L'Evangile n'avait pas besoin de raconter 
les histoires dont nous avons parle. De ces considerations et d'aiitres sem- 
blables, il resulte que les Mages et les bergers arriverent du temps de la 
naissance du Christ, comme uos ancetres Font representc dans les eglises^ 

Herode mourut d'une raaladie amere et cruellc. On dit qu'il tua d'abord 
sa femme, ä la suite d'une dispute ([u'il eut avcc eile dans lo lit oü ils cou- • a i«:! v. 
chaient ensemble; finalement sa femme le querella si fort, (prihModc. hors 
de lui, se leva, prit son oreiller, * le plaga sur le visage de sa femme et ♦ h 202 v. 
resta assis jusqu'ä ce qu'clle füt morte. II tua eusuite sa illlc et plusiours de 

1. Matt., 11, 8. — 2. A add. « age do deux ans ». — 3. Ici se loiinino la lacuiir du 
ms. C. 

I'ATIV. Uli. — T. .\l. — l\ 1. U 



ses proches, parce quil rtait en proie ä un fort acces de folie. Ses entrailles 
se couvrirent d'ulceres qui lui causaient de violentes douleurs; ses pieds 
etaient tumefies par la goutte; son pubis et ses testicules se decomposerent 
et fourmillaient de vers; des ulceres terribles et persislants couvraieiit son 
Corps. Torture par la douleur et par la soufTrance, Herode prit un couteau et 
une pomme ; il se mit ä couper la pomme, esperant profiter de l'inattention de 

♦ C 183. ceux qui Tentouraient, pour se frapper * au cceur d'un coup de couteau. Mais 

ils s'en apercjurent et ne le laisserent pas faire. Ensuite il dit aussi ä sa 
soeur Salome et ä son mari : « Je sais que les Juifs feront une grande fete 
apres ma mort et qu'ils s'en rejouiront beaucoup. Rassemblons donc tous 
ceux qui sunt ici reunis, pour les mettre en prison et les tuer, afin que les 
Juifs, quand ils se rassembleront, me pleurent, de gre ou de force. » C'est 

♦ B 203. ainsi que mourut Herode * dans des souffrances atroces, et que Dieu le punit 

pour venger le massacre de ces enfants innocents, [massacre commis] par 
une mechancete et une inimitie audacieuse contre Dieu, qui est puissant et 
grand ' . 

Nous avons ecrit cela d'apres ce que disent les savants qui vecurent ä 
cette epoque. Mais [d'autres] disent que toutes ces epreuves le frapperent 
avant le massacre de ces enfants, avant ses actes injustes et audacieux 
contre Diea. 

1. Ar.APirs, II (1), p. 11-12 (P. 0., t. VII, p. 467-468). 



138 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [266] 

jlXi is-liJ'j "'\^^y^ JJ»-i "^y^i (»JV! SjJ; •^.oj oL'' '<»Jj--j «Jjjä^ T-'--*^ ^ 

» C 183. U-U ^\Si j ly^J ,y^^\ < ä.- * ^'^j^ <i^ ^y^ Ja.;-':..,.. . jl i\j\^ ^Ldl !»Li 

*^ jj ... . -s ei j^juJs« LäLä j»a j^^JJl Vyt »-^f '' ^^ if^ (Jy S (T^ C-''-^ 
oLo lÄXAj LI />! "'bj'-- jj=^^ ij-^ \yh^ ^y<^ ' oju^I Ijl U-iCJ 'j^iLij 

UJl i-Üb jl 13 j^ ■^\^^\ ^^ j i^i^ ^^jji L.jC;^JI Jli" ^_$iJ^^ ^_^ IjLäj 

1. A^, iJ. — 2. BA om. — 3. C om. — 4. A om. trois mots. — 5. A t^iwl. — 6. A 
^y^.. — 7. A ^^ßi\y — 8. C ^•^i. — 9. C^jU. — 10. A iii' »ULO. — 11. A 
u!jj.i. — 12. Ici commence une Jaeune dans le ms. A. — 13. B lyliü. — 14. B om. 



[267] HISTOIRR D'UERODE ANTIPAS. 139 

Jli ^^Si\ CÜi ~ ^^^slsJ>\ ij-^j^ ^ Cy'. ^ 'J^3 '^y-' r—' ci'^^J':^ ^^^3 ' ^ '"*■• ^• 
Jii t^^\ dUi <^\ ^_^_j ijy^j^ '^. fi^* (J^-5 V.^ Cr* " \^\ >* d^^MJi <y>\ 

Jü_Ls "»-i-l ■ i_^ L jj^v-A tJJ'' l5-^' ^-^ -JjjÜaJI (^*-" i^-*J' ^;^J' c/"^-'-C* 



1. C ^;^^:, B ^-^.-j^. - 2. C ^^>JL.t, B ^->i-'. - 3. C J^^^L.. - 4. ^.Jli^jl, 
B . ^.^LJ^.i. — 5. C ^Ji, B om. — 6. C , ^^J^, B -.—J-o. — 7. C , wA-^'. 
Ici se termine la lacune du ms. A. — 8. A .^CL>. — 9. A i\y\. — 10. A .,'j.*xj'. 
— 11. A ^-»J. — 12. A add. ,j^. — 13. CA om. ^Cb. — 14. Ms. J'^. — 15. B 
iJi^; i^^ Jt-;^ Jt-i' Jj. A JwUij' -:;=. i-ii J--^ J'vJ' Jj ^ ""!/• — ■'■''■ •'^ 
UUL. — 17. B },.^;^ ,.% A SjJi^ 1^--. — 18. A depuis '-4^1 donne ,' '-^'l-^ L^' 



.\ 164. 



184. 



Herode avait neuf femmes et [huit] fils : * de Doris, il eut Antipater qiii • c i83 v. 
fit perir ses freres et fut enfm tue par son pere; de Marie, fille du grand 
pretre Hyrcan, qu'Herode avait fait perir, Aristobule et Alexandre, qui per- 
dirent la vie par les intrigues de leur frere Antipater, et un autre Herode, 
appele Antipas', qui cpousa Ilerodiade, femme de son frere, et fit tuer Jean- 
Baptiste, parce que celui-ci Texliortait et le blämait d'avoir epouse la femme 
de son frere. Ilerodiade le haissait et ne cessait d'inventer des ruses pour le 
faire mourir. * Au jour anniversaire de sa naissauce, Ilerode ayant fail un • b 203 v. 
festin pour tous les grands de sa cour, Herodiade envoya sa fdle, * qui dansa * v im. 
devant le roi Ilerode. Celui-ci avec tous les convives fureut cdiarmes de sa 
danse. 11 s'etait auparavant entendu avec eile pour qu'elle deman<li\t la mort 
de Jean, promettant de lui donner sa tete dans un plat. Ilero<Ie jui'a donc 
de lui <lonucr lout ce * qu'elle lui demanderait, serait-ce la moitie de son • c. 184. 
royaume: et lorsque Herodiade lui eut demande la töte de Jean, il envoya dans 

1. Lc ms. « Antisronc ». 



140 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [268] 

^1^1 Jl <, C-»i3 •cU.äS •«[»jUJl 
jL^ ^_5Ä]1 ^'j ^^.i-l l/^3^ jj-aUI O;^ ^3^ ^'Li ^_^1 \J^iJi^i ^ <) jJjj iJ* 

*B20'i. <3|-LLi -»^ <! -O3J * KtS^ <;\^\ %y>-\ JJ>-\ ^S-^\ ^U ^r-y^i ^\yi'\ ^ -^J» 

>_^yic ol»^« t^Ä.'! yij ^^ ^^ij^ (_5-"— ;. i5-^'^ ^'-i 00^=/^^ "lylÄi J LCL« jU i^JJl 

>L.jjj Lls >l-3j^3 "^^-^ '^'^J ^-^ ^-^ li-*^' '"^(J'A^^ ijj-; "^ -'^■^3 ^^'-«-«J^ 
'''^^^^^Vl j _iÄ., ^i-il diu jj-=-Vl ^jr-^ i-* ^'^^-^ V^ 

1. A s-iaü. — 2. A adJ. ii*^ 3. — 3. Ici commence une lacune dans le ms. A. — 

■ 4. C i^^'^:^j:r^. - ö. C>'. - (i. C L'-b. B !-Ü.'. - 7. C j^^jbLit. — 8. C ^j, B ^,«. - 

9. , w^JLk-..'. — 10. B add. JS'. 11 faut voir ici « Chalcis >>. — 11. C j^kj/t.-*- — 12. C 

:)jj^, B :>jJ-^s. — 13. C ^^r'^J)k/l — 14. C ^y, B lii^j-'. — 15. CB ^^.'Sy^^. Ici 

se termine la lacune dans le ms. A. 



la prison uu de ses bourreaux, qui cmipa la tele de Jcan-Bapliste et l'ap- 
porta. Herode la remit alors ä la jeune fille, qui la prit et la porta ä sa mere. 
Herode-Antipas ' eut de Malkous" la Samaritaine Archelatis qui regna 
apres lui ; de Cleopätre la Jerosolymitaiae un autre llerode qui vecut en homme 
prive et Philippe qui fut mis ä mort par son frere, ravisseur de sa femme; 

* B 20',. * de Pallas, il eut Phasael \ (Herode) eut ensuite trois petits-fils : Aristobule, 
frere d' Alexandre ; Herode qui fut roi de Chalcis ' ; Agrippa surnomme Hcrode, 
qui fit tuer par l'epee Jacques, frere du Christ Notre-Seigneur, et fut ronge 

c 184 V. par les vers ; c'est aussi celui qui ravit * et prit le royaume de son onclc Herode. 
Ses enfants elaient Agrippa, qui lui succeda, et deux fiUes : Berenice et 
Drusilla. Drusilla epousa le procurateur (-PiyjacSv) Felix dont parlent les Actes 
des Apötrcs (ai Flpä^ei?). 

Maintenant nuus rcvenons en arricre pour racontcr qu'apres la mort 

1. Dans les mss. « Antigone ». — 2. MaX6oixr-|. V., par exemple, la genealogie d'Herode 
chez Jos. Flav. Ant. Jud., XVII, 19-22; De hello Judaico, I, 562. Mich, le Svn., I, 140. 
Chr. Min., 46. — 3. II me semble qua la traduction litt, de ce passage est celle-ci : 
« Phasael lui donna de Pallas Irois [petits]-fils qui furent en verite Aristobule », etc. 
(Perier). — 4. Dans les mss. le nom defigure « Qabdhäfrä »? 



[269] LES SUCCESSEURS DIIERODE. l',l 

^y ^ ^1 ^^ ^_Pa~i-jl diu ^ örT'jS "^«^ •C- j cl ' ^_;-_5J>L-ijl -u 

^»-1 Uail (jf-S^^r* jJa cjl ""(«Isl i^j Alfrj Ow ^^±!- j,--rij 'ioLUo'' •^L'jJl _L_ ' H io'i v. 

jj-Ul V« Ijj jLS "^ ^-;s3-'j <-o3J 0-^«j ' _-±^ OjL^ j^J-' ^-i (jj 
(Ji '"^•» t_rir -' Y^"*^ "U-läi- jj^j ^^"^ ^Lwl i^Ls-l v« jLojJl dlJi ,Jj 



B 205. 



1. B ^^.;"^__,i, A ^>^j\. — 2. C Ul. — 3. C p^^^j^ B ->L>j. — 4. A depuis 
O-Cb J-L; donne , fJ>J^k>\ >U. — 5. AB , r~ii. — 6. A Lj.eLJs. _ 7. B LjLJ, A 
LUJ. — 8. C ULot, B lv;-L'l, A i^-.^'. — 9. In B; C ^v-^, A U^'. — 10. B 
< -J — ,1, A , ,^aJl— .,'. — \\_. BC X~'. — 12. A i.;— wj(~..a j^~^.^ ,j' ^. ■■.'j. Dans 
le ms. B ce feuillet nianque. — 13. A A- •i-^'-'. 



d'Herndc, frappe des chatiments que nous ävons decrits, son fds Archelaüs 
lui succeda eu la 45^ annee du regne d' Auguste Cesar, qui est la * 312*' annee * B 204 v. 
des Grecs. A la meme epoque, Auguste nomma aussi Herode, appele Anti- 
pas', frere d'Arohelaüs, tetrarque des Juifs; il nomma Felix gouverneur de 
Trachonitide et Lysanias gouverneur d'Abylene". 

En ce teraps-lä, on fit un recensement (census) dans la ville de Rome; on 
en compta les habitants et on eii tronva * quatre millions cent un raille '. ' c is.i. 

C'cst alors aussi que, pour plusieurs raisons et pour les forfaits qu'il 
avait corarais, Archelaüs fut envoye en exil ä Vienne, ville de Galatie (de 
Gaule)'. Apres lui Kerode le tetrarque regna sur les Juifs pendant vingl- • 
huit ans. 

Auguste Cesar mourut en Fan 54 de son regne, ä l'äge de 75 ans. * Tibere * B 205. 
Cesar ful son .successeur pendant 23 ans et vecut 78 ans. 

1 Dans les mss. « Antigonc ». — 2. Acapius, II (1), p. 12 (P. O., l. VII, p. 468). 
G. Sync, I, 604. —3. Cf. Mich, le Syr., I, 141. G. Syxc, I, .593s.c (Eis. Chr.. II. l'.n 
Hp et versio arm.). — 4. V. Agapils, II (1), p. 12 (468) et surtout la nolc 3. 



I 



142 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [270] 



9 



IjLwiJl IaU-wJ Ö_-U li>^_^ cTir^ (^ (_r'^_-^^r' "-^^^ d" '^" "^-^ 'lij 

c 185 V. i^ ör'^'^' lt" ö* (^ (^^ -^ ^^y-'^^ ^^ t^' -^ '^-'^ "^^ '^-' 

^>l j. ^^k. O.A. ^j. jli ^Ä'l ^>t 'Vj ^^»^--^3 ^ ^.^' 

'0^^^ (_nyj^ ^^ 0^ ■^Jr;'' --/^- .-c^ l^_^i_y_ 
A 16'. V. iL ^^j ^Vl i~-^ * c- ji^Jl iM-v:_j (.^1 ^^ j^ Ujo. ^ ^1 i-Jlj 

j j^\ij ^U UJ3I ^L; J ^,^^3 i-.^ Or^^"^' tr- i>-5 '^^ ^P^'^ ^-*^-5 

1. C >jjC'i. — 2. Ici commence une lacune dans le ms. A. B manque i-galement. 

— 3. Ici recommence le ms. A. — 4. A . ^y^^. — 5. A om. dep. ^'. — 6. A .U. 

— 7. C 5.-' A .y.-. — 8. A. In C ^r^- — 9. In C b^!y. Jl faut entendre « Euxin ». 

— 10. A ^-.JiJ! cUwj J,!. — H. A tJ-^. — 12. A dep. ^J- ^^^^ donne i^ J,j. — 13. A 
j^sxit. — 14. C om. — 15. C om. trois mots. — 16. A iJ j%. — 17. A om. dep. jLC. 



En ce temps-lä, il y cut une grande panique et de iioiiibieux Iremblements 
de terre, pondant lesqucls 13 villes fvirent renversees ' . 

En l'an 7 du regne de Tibere, Pbilippe le tetrarque bätit une ville, qu'il 
appela Cesaree de Philippe. Herode bätit egalement Tiberiade, ä laquelle il 
donna le nom de Tibere Cesar. 
c 185 V. En l'an 14 * du regne de Tibere Cesar, qui est la Xil" annee des Grecs, 
Pilate qui etait de la ville de Pont (Bontos), dans le pays d'Euxin', fut envoye 
[en Judee] et se mit ä chasser les Juifs du pays de Tibere Cesar. 

L'annee suivante, qui est l'an 5535 depuis Adam et les origines du monde, 
A !(,', V. * l'an 75 des Antiochiens, ä la iln de la 20P olympiade, ä la 15° indiction, 
qui est l'an 15 du regne de Tibere Cesar, le Christ Notre-Seignenr, Age de 
trente ans, fut baptise par Jean-Baptiste, füs de Zacharie, dans le fleuve du 
Jourdain, le 6 du mois de kanoun II (janvier), un dimanche. Le Christ etait 
ne un mardi. 

1. V. Agapiüs, II (1), p. 13 (P. 0., l. VII, p. 469j. — 2. Dans le ms. le nom est ti-es 
mutile. 



[271] LA VIK DU CHRIST. CONCLUSION. 143 

«— Ä-S'J ^j^ OM;' J >^^„"^'Ij ZJ^^\ '^"^y^ 1-^ rt— _J1 'liJ — I iij^oM -y,^ »CISC. 

\yj\ (.lilj ^^Jl j_ll| j^lj :j\^\ ^\ ^3 -L^^ll l^lj 

(j'S-aS ^^ ^J\ c^il J-0 ^^« ^_>1ä)! IJJ,1 JjI Jj^ ^_Ä-a>j ^;-i»aj ^-^äj L »Aj 

1. c Olli. — 2. A J-NXJ L'.x..|. _ ;3. A add. ^-».U*^!. — 4. A depuis .^f^^ donne 
l^*:.^ ^J' i]j>!' L^^t ^lUili'j. - 5. C om. - G. A Li 1^. _ 7. C j^i^,P^ ^j^j, 
^^.'■^'' _-" S>^. '-'■^' '>::'^;r'' ^.tSÜ'i. — 8. A ^_o^t. — 9. C Olli. dep. liij. — 10. A 
-^ j-^- Ici recommence le ms. B. B om. — 11. AB Jj'^L — 12. C om. — 13. B J.^. 
— 14. B add. jJJ', A add. J'jüj A3'^r>« ii}\. — 15. B om. 



Le Christ, Notre-Seigneur et Maitre, ä partir de son bapteme et apres avoir 
jeüne pendant quaraute jours et quarante iiuits dans le desert oü il fut tente 
par riniposteur, se mit ä operer des prodiges et des miracles, * pendant trois • c m. 
ans et demi. Le premier miracle de Notre-Seigneur le Christ eut Heu aux 
noces de Cana en Galilee, lorsqu'il changea l'eau en un vin exquis. Ensuite 
il donna les dix beatitudes; il enseigna ä ses disciples la priere; il purilia le 
lepreux; il giierit les malades, delivra les possedes, ouvrit les yeux aux 
aveugles, rendit la parole aux muets et ressuscita les morts. 

■ Avec l'aide et le secours du Christ, les histoires, les recits et les contes de ♦ b 20G. 
rAncieu Testament sout iinis ; liuie la premiere partie du livre des origines 
du monde, qui narre les histoires, les contes et les recits du monde pendant 
les Premiers siecles et les äges passös, äge par äge; [qui raconte] les evene- 
menls heureux ou malheureux. de toutes les ^poques, c'est-a-dire les nou- 
velles, les faits et les descripLions depuis le commencement du monde et 
depuis Adam jusqu'äla flu de l'Ancien Testament, jusqu'ä raccomplissement 
par le Christ de tuutes les ligures qui le concernenl ' dans les Livres des • c i.sgv. 



144 AGAPIUS. KITAB AL-'UNVAN. [272] 

B 20« V. Aa-Vl ^y_ ^^ ^y_ äi^r^J "»—»i- j, 

jl^3 JL..JO- L3 cjIs^^V^ _^->^j <laäJ1 ,j^:-ss «-^; >1'.aä;3 ^^äJ LJI Ji\ \:x^ 
^\^ y. L j^_ u^i J>^i ^j^:> ^ \^ \^x ^J^ ^^->^^ ^^ ö" H^'^ ^ 

Uc vJ^ U ^ JUl ^ b^ ^3 (JUl Ui;l Sx, ^^3 Jl '^.k:.-Jj ::.i y^ Lj 
8<A)1 u jl ^\Ji\ c^J ^i (_Ux)^ ^„ ^ ÄlpJl ■».ül e^3 uvi 

1. Ici se termine le ms. A: il manque vraisemblablement quelques feuillets. — 2. B ■ 
j. ^Oi^. - 3. B ^^^3^ J. - 4. B Jjidt ^. - 5. C Jlj. - 6. C ^:^l. - 7. C | 
^A^.'. — 8. Les quatre derniers mots se trouvent dans le ms. C sur le fol. 302, mais 
ils y sollt bifTes. 



Prophetes et enfiii jusqu'ä l'epoque, au mois et au jour, 011 le Christ Notre- 
Seigneur monta au ciel : ce qui eut lieu le jeudi, 3 (2) du mois d'iyar (mai), 
parce que la Päque etait tombee, cette annee-lä, le samedi, 24 du mois d'adhar 
♦ B 206 V. (mars), et le jour de la Resurrectioii * le dimanche 2.") ' du meme mois'. 

A partir d'ici nous commenyous la seconde partie de rilistoire du Nou- 
veau Testament, depuis repoque de rAscensiou du Christ Notre-Seigneur; 
nous raconterons et exposerons tous les recits du Nonveau Testament; nous 
rapporterons les opinions contraires, les evenements et les faits qui eurent 
lieu dans le monde entier depuis cette epoque jusqu'ä nos jours. Puis nous 
raconterons, rappellerons et decrirons certaines choses qui existent et qui 
doivent arriver; nous poursuivrons notre recit jusqu'ä la hn du monde et 
jusqu'ä la consommation des siecles, d'apres ce que les Prophetes et les 
Livres reveles de Dieu disent ä ce sujet, parce que cela donne satisfaction ä 
la raison et se laisse soumettre aux regles de l'analogie, — si Dieu le veut! 

1. Ici finitle ms. A: il manque vraisemblablement quelques feuillets. — 2. Comparer 
le comput de Severe ibn al-Moqaira\ P. 0., t. III. p. 222-225. 



VIE DE SAINT LUC 

LE STYLITE 

(879-979) 
TEXTE GREG EDITE ET TRADUIT 

PAR 

pRANgois VANDERSTUYF 



A LA MßMOIRE DE MA MfiRE 
Philomene PRIAU 

JANVIER 1849 — MAI 1S81. 



PATi;. (iK. — T. M. — r. 2. 10 



Nihil obstat, 
R. GRAFFIN. 



PERMIS D'IMPRIMER 



G. LEFEBVRE, 

Vic. 2'en. 



Paris, le 3 Avril 1914. 



Tous droits r^serv^s. 



IiNTRODUCTION 



La premiere edition de notre FtV de saint Luc le sti/Iitc a ete donnee par 
les soiiis de M. l'abbe A. Vogt. Presentee au public comnie seconde tliese de 
doctorat es lettres', eile fut recueillie teile quelle, texte, format et pagina- 
tion, dans les Analecta Bollandiana de janvier 1909. Quelques articles que je 
publiai ä cette occasion dans les Echos d'Orient ä partir de mal de la meme 
annee determinerent les directeurs de la Patrolor/ie Orientale ä me demander 
de reediter ce texte pour leur collection. 

Si ä tous points de vue nion edition differe passablement de celle de 
M. Vogt, j'espere qu a l'examen on n'y verra ni presomption ni parti pris. 
Sans doute, je n'ai pu consulter le manuscrit lui-meme, mais la direction 
de la Patrolofjie y avait pourvu en mettant ä ma disposition d'excellentes 
photographies. 

Sauf les cas indiques plus loin (p. 7), chaque fois que je m'ecarte du 
manuscrit je le signale. .J'ai note egalement toutes les variantes qui existent 
entre mon edition et celle de M. Vogt. Une legon precedee d'un V est une 
le^on acceptee par M. Vogt et contre laquelle je m'inscris en compagnie du 
manuscrit; une lec'on precedee df MV est une legon du manuscrit conservee 
par M. Vogt et que je rejette; une legon precedee de M est une legon du 
manuscrit que j'^carte de concert avec M. Vogt. Je donne toujours la rai- 
son de ma preference quand eile n'est pas evidente par elle-meme. 

Dans les Analecta Bollandiana, t. XXIX, 1910, p. 488-490, le R. P. Van 
de Vorst, S. J., au cours d'une recension fort bienveillante de nies articles 
des Echos d'Orient, a fait sur le texte de notre Vie quatre remarques philolo- 
giques dout j'ai profite et auxquelles je renvoie par le nom de l'auteur (=J 22, 
39bis, 7;}j. 

De son cöte, M. l'archimandrite Papadopoulos-Kerameus a propose dans 
le BiisaHTiiicKiH BpeMCHHiiK'b, t. XV, p. 437-439-, quebjucs ameliorations 
au texte de M. Vogt. Je n'en ai eu connaissance (jue lorsque mon travail 

1. Bruxelles et Paris, 1909. 

2. II faul remarquer que le tome en question poite la date de 1908, bieii qu'll alt vu lejour en 1910. 
En 19U8, il eüt ete didlcile a M. Papadopuiilos-Koiameus Je reuvuycr ä iiies ailiilcs des tüchos d Orient 
qui eomniencciiMil :i parailic eii niai IWlo. 



148 INTRODUCTION. [4] 

de reconstitution du texte etait dejä termine. Parmi celles qui m'ont paru 
recevables, il y en avait deux que je n'avais pas encore effectuees, j^ 19 et 82 : 
j'en rends Hommage ä qui de droit en les marquant des lettres PK. Je dois 
aussi ä M. Papadopoulos-Kerameus le releve de quelques mots non catalo- 
gues dans les dictionnaires. 

Enfin, pour les renseignements de toute sorte qu'ils m'ont fournis sur de- 
mande, je dois un remerciement special aux Assomptionistes de Cadi-Keuy. 

J'ai täche que ma traduction tut ä la fois exacte, claire et suffisamment 
elegante, mais je ne me suis pas cru permis d'attenuer les expressions typi- 
ques, les redites de l'original, meme quand elles semblaient bizarres et fasti- 
dieuses, g 46, 52, etc. 

Les notes qui accompagnent le texte et la traduction sont relativement 
abondantes. Je mc suis mis ä la place d'un lecteur studieux qui consulte le 
texte grec ou la traduction et qui, chemin faisant, se posecertaines questions 
dont il n'a pas la Solution. Tout ce que j'aurais voulu trouver moi-meme dans 
un travail de ce genre, j'ai cru bon de Ic procurer ä autrui. J'ai reserve seule- 
ment pour l'Introduction l'examen de plusieurs points d'ensemble (ju'il n'etait 
pas commode de traiter dans des notes et que je distribue en cinq articles : 
1° Texte de la Vie de snint Luc : manuscrit et texte primitif, esprit general du 
discours ; 2° competence et veracite de l'historien; 3° Chronologie de la vie de 
Saint Luc; 4° Heu, auditoire, auteur et date du discours; 5" la Vie de mint 
Luc et les Synaxaires, la memoire de saint Luc. 

ARTICLE PREiMIER 

TEXTE DE L\ VIE DE SAINT lA'C : MANUSCRIT ET TEXTE PRIMITIF, 
ESPRIT GENERAL DU DISCOURS. 

« La Vie de S. Luc le stylite que nous publions est conservee dans 
un seul manuscrit, aujourd'hui propriete de la Bibliotheque nationale de 
Paris, fonds grec 1458 (olim Medic, Reg. 183.5). C'est un de ces grands 
manuscrits hagiographiques du xi'' siecle composes sur le modele des 
ouvrages du Metaphraste et divises suivant l'ordre des mois et des jours. 
Le manuscrit compte 247 feuillets de parchemin (40 x 26) plus un feuillet 
numerote 215"". La Vie de S. Luc est incluse eutre les feuillets 113'- 
132. Elle est ecrite sur deux colonnes, de quarante lignes chacune, en une 
belle ecriture tres reguliere et tres soignee. II est plus que probable que 
ce manuscrit appartenait ä quelque grand oouvent bvzantin. Malheureu- 
sement le copiste ne se nomme pas, Le dernier feuillet a ete mutile. II ne 
compte aujourd'hui qu'une colonne de 15 lignes. Peut-etre autrefois por- 
tait-il, comme beaucoup de ses semblables, le nom du copiste et du monas- 



[5] INTRODUCTIOX. 149 

tere ä la liii de cette derniere pago disparue et soigneusement coupee. 
Ce meme inanuscrit contient im certaiii uüinbrc de Vies, <^ntre autres la 
Vie de S. Daniel le stylite, doiit il est question daus notre texte '. » 

Tres boii calligraphe, le copiste a manque passablement «rattention. 
Souvent son orthographe est purement plion6ti({iie ; il lui ecliappe des per- 
mutatious de lettres tout ä fait inattendues, il ajoiite ou saute des lettres, 
des syllabes, des mots entiers. Plusieurs de ses fautes s'expliquent au 
mieux si on adraet qu'il a recopie en ecriture cursive un texte dejä redige 
en cursive et qui lui-meme derivait d'un manuscrit en onciale. A supposer 
que le copiste ait eu sous les yeux une ecriture semblable ä celle qu'il 
emploie lui-meme, bn concjoit fort bien (ju'il ait pu ecrire i/oycoTspou: pour 
äXoywTs'pa:, =i 48; en effot, les signes oj et a sont tres peu dilTerents d'aspect 
dans la cursive de notre manuscrit quand le jambage de Ta n'est pas colle 
etroitement au corps de la lettre. Dans la meme hypothese, il etait facile 
de confondre le v et le [;. dont le trace ne presente pas ici de caracteres dis- 
tincts appreciables, le v et Vu, l'u et W qui ne sont exprimes souvent que 
par un indecis petit trait de plume. Par contre, Tomission ou l'addition 
par notre copiste de ; devant s, ou reciproquement, denoterait im texte ante- 
rieur ecrit en onciale : C = G- Cette Observation d'ailleurs ne vise pas ä 
innocenter le copiste qui aurait du s'apercevoir plus d'une fois qu'il ecrivait 
de veritables enormites : il etait evidemment trop absorbe par le souci de 
sa calligraphie pour avoir le temps de beaucoup reflechir. 

Un nombre respectable de grattages prouve que toutes les fautes ne 
sont pas restees inapergues soit du copiste soit du reviseur. Ce dernier, 
dont l'ecriture est parfaitement reconnaissable, a meme comble plusieurs 
lacunes, mais sa revision a ete fort benigne et n'a guere ameliore le texte'. 

On trouve dans le manuscrit les abreviations courantes des mots ä'vöpu- 
ico;, Aa'j;ö, Qiöc, 'Ivico'jc, 'I(oavv/)c, Rupioc, jjt.r,Tvip, Q''jpav6;, iraT-zip, 77aTp;zpy/i;, 
TtveOjia, (TTaupdi;, ctüT/fp, employes seuls ou dans des mots composes. Les 
chiffres sont ecrits deux fois en abrege par de simples lettres, g 43 (voir n. 7), 
§ .")l (voir n. 7). Toutes ces abreviations sont indiquees par un trait horizontal 
simple, ou pointe, ou coupe au milieu par un asterisque. Fait remarquable, 
le signe d'abreviation surmonte parfois, tres rarement il est vrai, des mots 
öcrits en entier. C'est le cas de sjc.V/iat'x? § 26 (voir n. 1), de TTarp'.apyr.v g 45 
(voir n. 1), de Tp'.anovTo. § 39 (voir n. 3). 11 est invraisemblable qu'un copiste 

1. Vogt, l'ic de Saint Luc le stijlih'. dans les Aiialfclii Bvlhindiann, I. XWIII. jainior 1909, 
p. 6 sq.; la Vio de Daniel est 6dit6e, ibid.. t. XXXII (luU), p. 123-216. 

2. Les grattages n'ont presque Jamals et6 opäres ä fond et ont lalsse tres souvenl la trace des 
caracteres primitifs. Ils unl eu Heu queI(|uefois d"une maniere deconcertante; i 71, le copiste avail 
Äcrit £xx'/;y.fwv. apres grattagc on a e x/s/.püvl D'autrcs fois, on les devine ä .l'aspect rAp6 du par- 
chemin dans un vide qui n'a pas de raison d'6tre : c!5ö -rt, 9« »iv, ^ 1. D'une maniöre g6n6rale. nous 
n'avons relevc les grattages que lorsqu'il y avail un intörfit sp<5(ial a le faire. 



150 INTRODUCTION. [6] 

rencontrant im mot ecrit en entier et non marque du signe d'abreviation l'ait 
reproduit en entier et marque par surcroit du signe d'abreviation. Mais il est 
assez naturel qu'un copiste rencontrant une abreviation marquee de son 
signe ait commence par la resoudre puis y ait ajoute machinalement le signe 
d'abreviation qu'il avait sous les yeux, surtout s'il avait adopte comme 
Systeme, ainsi que cela parait avoir ete le cas pour les accents et les esprits', 
d'ajoiiter seulement apres coup tous les signes qui n'appartenaient pas au 
texte proprement dit. Nous aurions lä une nouvelle preuve que notre manus- 
crit depend directement ou indirectement d'un autre exemplaire. Dans celui- 
ci, les abreviations etaient plus nombreuses que dans le texte qui est par- 
venu jusqu'ä nous : elles ont naturellement ete resolues avec plus ou moins 
de methode, plus ou moins de bonheur, par les differents copistes, et ce 
fait explique plus d'une anomalie dans la transmission du texte. 

L'accentuation veut etre reguliere et complete", mais assez souvent un 
signe manque, ou est de trop, ou tombe ä faux. Par distraction, le copiste 
accentue frequemment tous les elements d'un compose susceptibles de l'etrc 
quand ils sont isoles; ainsi [A-flSs[i.tav § 4, irpöooopj;; ^ 14, irpoGeuippavai ^39. 
Cela est du en grande partie ä ce que beaucoup de syllabes sont separees 
les unes des autres dans l'ecriture et prennent ainsi l'aspect de mots dis- 
tincts, ce qui facilite bien des meprises rejouissantes; on a par exemple 
•/,ai v6v ^ l, /.al pi; ^ i), etc. '. Par ailleurs, des expressions que nous parta- 
geons sont ecrites en un seul mot : y-zTipo; g 3, äTrxpyvi? J$ 9, etc. 

Les esprits sont marques avec autant de soin que les accents, mais notre 
iota souscrit est toujours omis, sauf trois lois oü il est adscrit et fait songer 
cncore ä un texte anterieur en onciale : S>i ^ 20 //* princ, 85 in ßiie; päwv 

Le Systeme de ponctuation est ekphonetique; essentiellement compris 
en vue de la lecture publique, il coupe le texte en petits membres detaches 
qui se prononcent sans arret. Dans ce Systeme, le copiste met des signes 
de ponctuation lä oü nous ne mettrions rien, et il ne distingue guere entre 
la fin d'une phrase, d'une proposition ou d'une coupe oratoire, le signe le 
plus employe etant presque toujours le point. Je n'ai trouve qu'une lois le 

1. Voir ci-dessous la note :?. 

•i. Noter, (-onime tres conimcide puur eviter les qiii|irciquos dans la lecture publique, l'accentuation 
des dömonstiatifs ö (iev, 6 5e; dans d'autres combinaisons (i€v et Se sont pai'fois accenluös de m6nie. 

3. II est fort probable, ä mon avis, que les accents et les esprits ont ete marques apres 
coup. On con(;oil mieux ainsi que tant de mots aient deu.s; accents. Le texte 6tant deja ecrit. celui 
(|ui le relil pour l'accentuer et qui cherche moins a comprendre qu'a operer rapidement est lente 
de niettre un accent sur lout groupe de lettres qui ä prerniere vue parait en reclamer un. II 
voit xat et il accentue xat; s'apercevant ensuile qu'il y a po;, il accentue regulierement la derniere 
syllabe et on a xaipöi;. Devanl un mot douteux, il se garde de prendre parti ; ainsi il accentuera dou- 
blement iTuveXaSdv tec; le premier accent est mis comme si on avait o'.,vEXa6ov, lo second comme si on 
avait (TjXXagövts;. 'Voir ? 30, n. 8. 



[7] INTRODUCTION. 151 

point-virgule d'interrogation, ^ 52; c'est qu'ici I'interrogation ne ressor- 
tait pas suffisamment du contexte [^liiti-i t6 irAotapiov... TJveTvauvöp-svov ; ) commc 
lorsqu'on a dans la phrase un mot franchement interrogatif de sa nature. 

II V a des majuscules, mais leur emploi est tout ä iait arbiiraire. Elles 
ne commencent regulieremcnt ni les plirases ni les noms propres et c'est 
par Hasard ([u'on les y renconlre. A part quelques tres rares exceptions, 
elles sont toujours ä la marge et la plupart du temps elles commencent un 
mot au miliou d'une phrase, ou une syllabe au milieu d'un mot : jast-/ Aj to'Jtou; 
ToiTOi; § 7, 'iSv. Tip ovTw; | 10, ßou'Xrapcov ^ 11, Yerev/iijLs'vwv j< 12, ^>IllG■f^<jix•^ J^ 19. 
Nous sommes en presence d'un caprice ou d'un procede bizarre. Peut-etre le 
copiste, chaque fois qu'il reprenait son travail interrompu ä intervalles plus 
ou moins espaces, se payait-il le luxe dune majuscule des qu'il avait un 
commencement de ligne. 

Toutes les observations qui precedent tendent ä montrer que l'editeur 
se trouvant en face d'un Systeme factice peut sans hesitation y substituer le 
sien. Sauf dans des cas speciaux oü une exception s'impose, il n'y a donc 
pas Heu, parce que cela nous entrainerait trop loin sans la moindre utilite, 
de relever entre notre texte et le manuscrit les divergences qui naissent 
de l'emploi des majuscules et des abreviations, de la coupc ou de la liaison 
des mots, de la ponctuation et de Taccentuation. Mais nous signalerons 
toutes les autres divergences. 

Qu'on n'aille pas croire du reste quo les fautes de copiste sont telle- 
ment nombreuses que la physionomie du texte primitif ne soit plus recon- 
naissable et qu'on ne puisse s'ea prevaloir, presque toujours ä coup sür, 
dans les corrections necessaires. 

Une lecture attentive donne non seulement l'impression, mais la certi- 
tude, que l'original etait fort soigne, ecrit dans la langue des lettres de 
l'epoque (x" siede), c.-ä-d. a peu pres dans le grec des Peres du iv'" siecle. 
Sans doute, notre auteur emploie parfois des mots nouveaux, toujours bien 
declines du reste, mais ce sera force pour ainsi dire par la necessite d'etre 
bien compris, et il ne manquera pas de s'excuser : 7,el>.ap'Tr,v >iaTa'7T-/)'7ac ov 
ouTti) xaXeiv eÖo; tuoXXoi; t7, xoivf, i^ixXeXTto § 19; xov... ivopizvTx tzvts; Itt;... ov o': 
itoXWi JiÄt oYijjiuoe'.; ibwüTi/.ü Trpo^jp/jJiaTi ypwy.£voi TTcptyÜTViv xxtovo(/.z(ou(7'. ^ 53. 
Ainsi, de l'aveu meme du panegyriste, nous sommes dans ce monde un peu 
factice oü l'ecrivain et l'orateur peuvent employer, sans susciter d'autre 
sentiment que l'admiration, un langage qui n'est plus le langage usuel 
du peuple autour d'eux. Cette constatation devait etre retenue pour l'eta- 
blissement du texte, et nous en avons tenu compte en nous dirigeaut tou- 
jours d'apres la loi de ranalogie, en donnaut par consequent la preference 
sur les bevues du copiste aux le(jons qui sont garanties davantage par 
le style ordinaire de l'ecrivain. 



152 INTRODUCTION. [8] 

Notre Vie est un discours pronoiice devant im auditoire de personnes 
pieuses, et c'est un discours d'apparat. Rien n'y manque, ni l'exorde avec 
les protestations coutumieres d'insuffisance devant la grandeur du sujet, 
ni la peroraison qui deplore ä nouveau les begaiements impuissants de 
l'orateur et se termine par la doxologie obligee, ni les interpellations ä l'au- 
ditoire, ni les citations ou allusions vraiment nombreuses ä l'Ecriture, ni 
tout ce qui peut contribuer ä mettre en valeur la souplesse d\m bei esprit : 
comparaisons, antitheses', jeux de mots sur les noms propres", allite- 
rations', reflexions de philosophie et de psychologie elementaire ', peri- 
phrases pretentieuses pour remplacer le mot propre^; le style est tres 
redondant, les repetitions par synonymes frequentes; les amplifications 
sentent la rhetorique artificielle de l'ecole et de la chaire, les epithetes ne 
sont pas menagees : tout est merveilleux, extraordinaire, surhuniain, et si 
le miracle en cours est etonnant, le suivant ne Tost pas moins, ^ 52, 55 
in pie, etc. Nous sommes donc loin de considerer cette Yie conime un modele 
de litterature. II est vrai que l'auteur, en orateur qui se respecte, fait usage 
d'un cursus assez regulier et que Tabus des epitbetes et des synonymes, 
de möme que renchevetrement parfois fastidieux des complements, et aussi 
plusieurs variantes introduites dans les textes scripturaires'', peuvent pro- 
venir et proviennent en partie de la necessite d'assurer le balanceraent du 
rvthme '. Mais tout cela ne montre que plus clairement un ecrivain fort preoc- 
cupe d'effets litteraires tout de Convention. 

1. Voir siiiipleiiioiil la maivlie de la spcmide parlii', page siiivanle. 

2. 'AXümo; g 7; Ga-jtia'JTo; g G; EüöOriioc 'f, 57. 

3. 'EitiSoK,-/... |j.ET».So/,a; te xa'i Ttpoago),a: ? 22; za/üi; /.a),oüvt'. 'i 2."i : 7ui)iv TiiAT] (I 27; tTtiV»); niaxi; 
>ra<7»i; g 71, etr. 

4. 'O; ÖEiiii; § 13 el 61 ; oia qsi/.si no')liy.\: jf 48 ; i',k t'\y.6: 'i 54, elc. 

5. er. g 10, 14. etc. 

I). Voir ü 2. n. 1 (lo la trailiiclion aiii<i quo g 't. n. 2 et 4, i iO, u. 'i. g :J4. n. 3, | 52, ii. 8 <le la 
tradiicllon. 

7. Ce n'est pas ici le lieu d'i^Ludiei' a lond les procedes rytlimiques en usage dans noti'e l'/c. 
Notons seuleiiient ([u'uue leoture iiii^me rapide lera decouvrir cliez notre auteur un veritable l'aible pour 
le dachte a la fin des phrases. La pluparl du tenips nous y trouvons ni6me un double dactyle. Ou 
bien les deiix dactyles se suivent imna^diateraent ovti xaÖEo-Trixsv § 1 (cas le plus fröquent), ou bleu ils 
sont s6par6s par une syllabe accentuee zoü irovripoC 7r/s-j(iaTo; § 42 (cas tres rare), par une syllabe 
non accentuee icpai-ps.yj. npciXäfiTiouffa yaf,i:T\La-t l 36 (un peu raoins rare), par deux syllabes non accentuees 
h\-}]ify.zam l?aaxoij(i£voi | 5 (frequent), par deux syllabes dont la premiore est accentuee aJTwv [iinTiiri; 
Yevönevoc g 11 (rare), par Irois syllabes dunt celle du milii'U est accentur>e im-.rfivj^a i^aOiov \i.t-r,^yi-o 
'i 43 (tres rare)- Quand on aura elimine du discours toutes les finales qui pröcedent, on sera etonn6 
du peu qui reste et qui est ä partager entre difförenles combinaisons oü il sera souvent tres facile d'a- 
peroevoir encore l'influence rythmique du dactyle : xal eOitopc'a?! 14; -nh-K»; iu\itX-a\. 'i 18; zoiriJioxpäTopo; 
E^O'jffia; g 26; |iri äitofjyeTv § 18; äxdXoOÖMC ETtavsXöstv '^ 3; r/i/Mz iraÄivoiTTatv g 38; m^w Gaizo-jav); fuvf,; g 2. 
Je ne vois a ne point faire sa place au dactyle que les fins de phrase, liSY^XonöXet TaÜTr) vea 'I'wixt, 
l 53, el MV öXi'ya raOTa § 62. Ges excäptions, qui du reste offrent un rythme tres net pour compenser, 
ne sauraient empßcher de reconnaitre chez notre auteur le fälble que nous lui avons attribue et qui 
se fait jour d'une fagon tout aussi claire dans le corps des phrases. Partout il y a profusion des cadences 
favorites: elles sont parfois si rapprochßes. elles se reponrlent si bleu l'une a l'autre, que rertains 



[9] INTRODUCTION. 153 

La meme recherche se fait jour jusque dans la division et la marche du 
discours. 

Outre Toxorde ^ l-U et la peroraison j; Hö, Ic panegyrique se divise en 
trois parties : 

1 . La vir, >i U)-:U\. 

2. Les niinicles, ^ 37-77. 

'.i. La mort et les funerailles, § 78-84. 

La premiere partie suit naturellement l'ordre clironolog-ique et ne com- 
porte pas de remarques speciales. La seconde, qui est de beaucoup la plus 
long-ue, est trös caracteristique de la maniere de notre auteur. D'abord, 
uu niiracle hors cadre, parce qu'il ressemblerait da'vantage (!) aux miracles 
de Jesus-Christ : les peches miraculeuses. Puis : 

a) Miracles en faveur d'hommes, ^ 37-65 (guerisons de possedes, gue- 
risons d'autres malades, delivrance de prisonniers; antithese entre la gue- 
rison du clerc Euthyme qui pensait mourir et la mort du comte Cyr qui 
esperait guerir, saint Luc ayant annonce ä chacun le sort qui l'attendait; 
antithese entre la guerison de Florus au bout de sept jours et la guerison, 
seance tenante, d'un batelier). 

b) Miracles en faveur de femmes, § 66-72 (les paysannes sont formelle- 
ment opposees aux citadines, ^ 71, les femmes de haut rang aux femmes du 
peuple, l l-l). 

r) Miracles en faveur d'un groupe, =i ~'i-7~, d'abord en faveur de deux 
menages ' mis en Opposition, Tun obtenant la resurrection, l'autre la mort 
de son enfant; ensuite en faveur d'un pere qui amene son fds avec lui -. 

Dans la troisieme partie, la mort de saint Luc est notee d'un seul mot 
sans qu'on indique de quelle maniere eile est survenue : il ne faut pas laisser 
supposer que les saints sont sujets aux memes miseres que nous i't qu'ils 
sont vaincus dans une lutte inegale contre la nature. Non, leur mort n'estque 
ce « sommeil venerable auquel ont droit sans exception les saints, les justes 
et les ämes pieuses semblables aux anges », ^ 78, et qui les prend delicieu- 
sement ä la fin d'une vie de noble labeur. Le vulgaire meurt sans que üieu 
se preoccupe de l'heure qu'il laisse au hasard, niais saint Luc a benelicie 
d'une coincidence providentiellc dont l'orateur souligne complaisamment la 
signification : le stylite meurt sur sa colonne ä l'anniversaire meme du 
jour oü il y etait monte, en la fete d'un antra stylite, saint Daniel, Ji 79. 

D'apres l'ordre chronologique, le panegyriste aurait du raconter avant 

inorcoaux du pan('g>ri(|ue pourraient s'Oriii-e en prlilcs Meines |)arallelej, separables par le scns ol 
par la ponctualioii oraloire. Le iliscours toul enlier esl tMuiiiiie saturtS de cadenccs qiii rovicnnent 
sans Ir^ve, en parlii-ulier les deux daelyles collcs Tun a I'aulre oii söpares par deux syllabes non ac- 
centu6es. 

1. Les deux fois. rernarqucr l'expression w/ rij yanETi) iJ 7;i et 75. 

2. Tbv -jlov,.. iiiifto6[t.vmi ? 77. 



154 • INTRODUCTJON. [10] 

les funerailles la vision dont avait ete favorise le medecin Etienne, g 81, et le 
miracle dont lui-mcme avait et6 l'objet le joiir de la mort, ^ 82. Mais, en depit 
des honneurs magnifiques rendus ä la depouille du stylite, il n'eüt pas ete 
convenable que, pour saint Luc coiunii- pour le reste de rhumauite, tout 
semblät finir dans ce inonde par un cercueil. Aussi les deux faits merveilleux 
que je viens de rappeler terminent-ils le discours de maniere ä ce que 
l'auditolre reste sous une Impression de divine grandeur. 

On reconnait ici la conception, tres commune encore de nos jours, que 
le panegyriste se faisait de sa täche : donner de son heros l'idee la plus 
haute possible, saus toutefois manquer k la verite, et dans ce but citer 
seulement les faits qui paraissent honorables aux yeux des petits esprits, 
glisser sur les autres ou les passer entierement sous silence'. De fait, 
malgre ses longueurs, notre Vie est pleine de lacunes, et tout n'y est pas 
de prämiere clarte. On ne nous dit pas exactement le lieu de naissance de 
Saint Luc, ni le nom de ses parents, ni ä quoi il a passe sa jeunesse. Com- 
nient se fait-il qu'apres nous etre apparu comrae soldat, tout d'un coup 
il devient moine, puis pretre, et qu'aussitöt apres nous le voyons encore 
de Service dans l'armee? g 13 et 14. Apres avoir (juitte son pays pendant 
plusieurs annees, pourquoi y revient-il? ?; 21. Ses parents vivaient-ils encore? 
Leur mort n'est mentionnee nulle part. Quels sont ces vceux dont saint Luc 
s'acquitta envers Dieu lors de son passage ä Constantinople? ji 2.). 

II celebrait la messe parmi les soldats, mais ce detail est donne incidem- 
ment afin de relever que pour seule nourriture saint Luc prenait tous les 
sept jours la sainte Eucharistie et des legumes sauvages, g 14 in ßnc. On ne 
nous dit plus dans la suite qu'il ait jamais ofTert « le sacritice non san- 
glant )), et si, lorsqu'il faisait le muet k Saint-Zacharie, ou qu'il gardait 
les pourceaux a Lagaina, il lui cüt ete bien dilTicile de remplir cette fonc- 
tion sacerdotale, ne la reprit-il pas, une fois la semaine, selon l'usage litur- 
gique de l'epoque, quand il fut de retour chez lui, et surtout quand il fut 
devenu ä Eutrope le Pere spirituel d'une foule considerable de seculiers et 
de meines ■? Pres de Chalcedoine, il confessait, mais c'est encore incidem- 
ment que nous l'apprenons, g 56 et 61; incidemment, ä propos de sa mort, 
que nous "est signale le jour de sa montee ä la colonne, >i 79 ; incidemment que 
nous pouvons glaner quelques details sur ses occupations, sur la tournure 
aimable, enjouee et pratique de son caractere, etc. C'est toujours incidem- 
ment, en plein recit des funerailles, dans le but inavoue, mais transparent 

1. On avoue deux pensee> de defaillance chez sair.t Luc, mais dans les deux cas ce ne sonl que 
des pens^es, et on ne les rappelle qu'afin d'inti-oduiie deux intorvenlions surnaturelles des plus flat- 
teuses pour le stylite, g 24 et 30. 

2. Lp stylite saint Simeon le Jeune celebrait la messe et distribuait la communion a ses disciples 
qui montalent jusi|u'ä lui Tun apres l'aulre pour la recevoir. Cf. \'il(i Symeonis Jim., dans les Acta 
SoRct.. Mail t. V, p. aSfi. 



[11] INTROÜUCTION. 155 

Selon moi, d'expliquer pourquoi le saint n'est pas enterre ä l'ombre de sa 
colonne, qu'on nous renseigne sur les travaux qu'il avait cnirepris pour la 
restauration du couvent de Saint- Bassianus, >i 80. A quelle epoque etait-il 
intervenu pour cette bonne CBUvre? Nous en somnies reduits ä des conjoc- 
tures, et ainsi pour nombre de choses qui nous interesseraient au plus liaul 
degre. 

Sans doute, les renseignements que la Vie nous fournit indirectement 
ne laissent pas d'etre abondants et plusieurs sont fort instructifs, mais, rap- 
prochec de la facilite litteraire de Fecrivain, la maniere möme dont ils sont 
obtenus prouve que nous avons afl'aire non poini ä iiiie simple biographie 
([ui cherclie avant tont ä etre complete, mais a un vrai panegyriquc qui 
se permet de relever ou de negliger ä volonte certains faits. 

L'autcur ne s'en cache pas, il annonce des le debut que dans son heros il 
va montrer la nouvelle merveille de l'univers, ?$ 1. Plus Tavocat est babile, 
disert, grandiloquent, plus nous sommes en droit de nous demander s'il n'a 
pas fait son objectif de phrases creuses autant que sonores, ou si le recit, 
malgre son parti pris evident, ofTre des garanties süffisantes ä notre creance. 
C'est l'examen de coinpetence et de veracite qui s'irapose. 

ARTICLE DEUXIEME 

COMPETENCE ET VERACITE DE l'hISTORIEN, 

En depit des reserves justifiees que nous avons ete oblige de formuler, 
on s'aperci'oit vite, si on va au fond des choses, que notre Vie de saint n'a 
rien de commun avec tant d'autres oü ne se trainent que de lamentables 
banalites. Ici au moins, bien des dötails sont pris sur le vif par un liisto- 
rien tres documente, et, quand on a vecu (juelque peu ä Gonstantinople 
et ses environs, c'est un vrai plaisir d'apprendre de lui que de son temps 
il y avait dejä comnie aujourd'hui des nuees de moustiques et des pecheries 
ä Calamicli, des bandes de tortues dans les parages, ji "24 et 38, que le 
vent du Sud-Ouest soufTlait dejä assez fort pour demonter la mer, g 83, et 
que le courant du Bosphore vous menait pariois aux iles quand de l'Acro- 
pole vous pensiez aborder ä la colonne d'Eutrope, pres de Ghalcedoine, 
g52. 

L'auteur connait Byzance par le manu, ses öglises, ses couvents, ses 
höpitaux, son Hippodrome, ses statues, etc. Presque tous les pcrsonnages 
qu'il met en scöne regoivcnt leur signalement; nous apprenons d'oü ils 
viennent, quel est leur nom, de quelle grande famille ils sont, ^ 63, quel 
est leur metier, quel rang ils occupent dans la soci^te, quelle maladie les 
afflige, i'tc, etc. 



156 IMRODUCTION. [12] 

A l'occasion, on ne manquera pas de rappeler un sobriquet. On 
nous dira qu'une statue d'airain placee ä Textremite de l'hippodrome, pres 
de la partie appelee Sipsv^o, /« Fronde, etait designee par le peuple sous 
le nom de TCEpt^ur/ii;, le Deversenr, ?; 53; qu'un certain Basile, revetu de 
la dignite de magistros, etait surnomme 6 TvsTetvo;, le Coq, j; 47, et qu'un 
illoustrios du uoni de Jean etait appele ubusivement 'lou6-/i, la Crinihe, 
^ 71. 11 se trouve precisement que, de ces trois sobriquets, les deux pre- 
miers sont confirmes sans l'ombre d'un doute par les autres sources. Bref, 
un simple coup d'oeil jete 8ur la table des noms propres apprendra au lecteur 
quels renseignements de tonte sorte sont presentes dans notre Vie : dans 
les notes de la traduction, nous nous appliquerons nous-meme ä en faire 
ressortir l'interet et l'importance. 

Qu'on ne s'etonne pas de la documentation exceptionnelle de l'auteur : 
c'est untemoin oculaire. II est familiarise avec Constantiaople et la banlieue 
puisqu'il habitait la grande ville, fJ 82. 11 connait personnellement saint Luc, 
dont il a et6 un des intimes. Pendant vingt-sept ans, il a eu avec lui les 
relations les plus etroites, allant le voir frequemment, usant de ses conscils, 
le trouvant toujours pret k lui venir en aide et recueillaut ses confidences, 
^ 2 /'/; fine ; g S) et 84 in fine. « Que pas un de mes auditeurs ne doute, si peu 
que ce soit, en proie ä des pensees d'incertitude, ou ballotte par une lie- 
sitation trompeuse. Car ce n'est pas sans examen que nous avons accepte 
ces choses pour les inserer dans notre recit, assez simple, pourrait-on dire, 
pour nous attacher au petit bonhcur ä des faits incertains, entraine par 
rindulgence de notre esprit et la legeretc de notre intelligence. Non, ce 
n'est pas seulement apres avoir appris tout cela par d'autres personnes qui, 
elles, le savaient par oui-dire ou pour l'avoir vu, que nous pretendons etre 
cru; non, c'est pres de lui-meme, pres de cette beuche veridique dont 
nous avons ecoute les recits bien des fois, que nous avons puise notre 
indiscutable certitude. C'est que, pendant pres de trente ans, il ne s'en 
faut que de trois, la misericorde de Dien, par une bienveillance speciale 
de sa Providence ä notre egard, nous a fait la gräce de connaitre cet homme 
Celeste... », g 33. Par oü Ton voit ipie le biographe ne neglige rien de ce qui 
peut donner du poids ä son temoignage. 11 dit ailleurs : « Le medecin 
Etienne, jurant qu'il disait la verite, me racontait..., ^ 8L Aujourd'hui encore, 
on voit au nombre des vivants l'liomme qui a beneficie pour sa guerison 
d'un pareil bienfait, et ä qui ce miracle a rendu la vie... II ne cesse... de 
raconter ä tous les actes de Luc avec sincerite..., g 58 in fine. Et ({ue sert de 
se fatiguer beaucoup ä parier, lorsque les faits eux-memes d'une voix ecla- 
tante pretent une garantie naturelle ä la verite avec cette autorite directe 
qui n'admet vraiment pas la replique; lorsque beaucoup de ceux qui ont eu 
part ä ses bienfaits et qu'il a delivres vivent encore maintenant et rendent 



[i;i INTRODTir.TinN. i"' 

dl' vivf voix ä la verite un temoignagc d'autant plus fort et irrefutable 
qu'ils sollt iiombreux, d'autant moiiis suspecl i-t sujet a caution que la preuve 
par les faits est manifeste? » p, 35. 

Ghuse rcmanjuable et qui montre bien qu'on peut avoir confiance dans 
le panegyriste, la Yic presque tout entiere ne fait que rapporler des miracles 
operes par l'intercession de saint Luc; or, tous ces miracles, autant que le 
texte permet den juger, ont ete accomplis, alors que le thaumaturge 
etait sur la colonn«' d'Eutrope. L'auteur nous aurait donc seulement transmis 
des merveilles qu'il lui avait ete plus facile de contröler lui-meme. 

Par ailleurs, dans la partie du discours oü il est question de la vie de 
saint Luc avant son arrivee ä Eutrope, Tecrivain est fort sobre de rensei- 
gnements topographiques. C'est qu'il s'agit lä de notions qui lui etaient 
moins familieres : il est certes aussi au courant que lettre de son temps 
du theiitre des faits, mais ses connaissaaces ä ce sujet etant plus elemen- 
taires, il ne se hasarde pas ä donner des precisions qui risqueraient d'etre 
fautives. A travers ce procede transparait toujours son inclination ä ne 
puiser sa documentation qu'ä bonne source. Aussi meritera-t-il qu'on lui 
accorde la meme autorite qu'ä tout autre liistorien s'il s'agit d'histoire 
generale, et plus d'autorite qu'ä n'importe qui s'il s'agit de la vie memo 
de Saint Luc, d'autant plus que notre biographe est un esprit serieux qui ne 
s'en laisse pas facilement accroire. 

11 distinoTie entre les on-dit et les convictions solides ' et ne fait etat 
que de ces dernieres. Saint Luc prononce-t-il quelques paroles enigmatiques 
etfigurees, il les note avec soin pour en contröler l'accomplissement, §36. 
Si dans la forme il affectionne les mots pompeux, les epithetes ä grand 
fracas, il est neanmoins eunemi de tonte exageration materielle. 

C'est ainsi qu'il attenue frequemraent unc expression qui lui parait 
trop forte. II dira : « Notre p6re faisait des miracles cbaque jour... potir ainsi 
dire..., jJ 73; avant qu'il mourüt, on pouvait presque dire qu'il etait incorporel 
et immateriel... », ^ 78 //( ßue. Meme expression et meme idee, g 80. Il sait 
que quelqu'un est apparu ä saint Luc sous la figure de l'cvequc Michel de 
Ghalcedoine; pour son compte, il est persuadc que ce quelqu'un etait l'ar- 
ehange saint Michel : il note seulement sa persuasion sans la changer en 
alfirmation d'un fait dont il n'est pas absolument sür, g 30. II ne dira pas 
davantage que saint Luc est apparu ä Constantin VII Porphyrogenete comme 
saint Nicolas ä Constantin le Grand, mais, parce que ce n'est lä qu'une con- 
jecture de sa part, il dira : « pcut-etrc lui est-il apparu », § 55 in ßnr. II ne 
craindra pas non plus d'affaihlir l'impression produite par les miracles, en 
racontant que, malgre Tintervention de saint Luc, il a fallu sept jours au 

1. AeyeTa; Ti xal jtöTtiiTiutai. j) .il, 55; cl. {! i. 



158 INTRODUCTION. [14] 

candidal Florus pour etre debarrasse de la lepre, § 63; ä peu pres le meme 
nombre de jours ä une pauvre veuve de Byzance ou ä un charbonnier d'He- 
raclee du Pont, pour etre delivres des obsessions du diable, ^ 70 et 43. 
Notre confiance lui sera d'autant mieux acquise, lorsqu'il affirmera qu'Andre, 
prepose aux bains de Timperatrice Sophie, a vu le demon ceder, sans 
retard, aux priores de saint Luc, ^ 4^; que le magistros Basile Peteinos, 
j< 47, la femme de Tilloustrios Jean, ^ 71, Anne, pieuse personne qui demeu- 
rait pres de la Porte de Bronze, g 72, et George, llls de Serge, j< 77, ont ete 
gueris subitement; qu'un deuxieme Heracliote, vigneron celui-ci, ayant 
mange un morceau de pain beni par saint Luc, « vomit ä l'instant merae, 
voniissement extraordinaire, les vexations pernicieuses de rhomicide Be- 
lial », ^ 43 in ßne. ou qu'un batelier de Chalcedoine fut immediatement 
debarrasse d'un mauvais mal de gorge par trois coups de vin, avales sur 
Tordre du thaumaturge, contre la defense de la Faculte, ^ 65. 

Je n'entends pas afTirraer pour autant qu'il l'aille accepter ä l'aveugle 
tous les jugements de l'ecrivain. II nous dit, ^ 31-32, que pendant quarante- 
deux ans et plus, par les temps de gros orages et de tourmente de neige, 
les cinq croix d'airain dont etait surmontee la colonne du stvlife lanraient 
des eclairs, au niilieu de la nuit : il voit lä un grand miracle qu'il s'empresse, 
Selon sa maniere, de comparer au buisson ardent de Moise, ä la colonne 
de feu du desert, au char enflamme d'Elie et ä la fournaise de Babylone. 
On n'est pas oblige de le suivre sur ce terrain; rion n'empeche de preferer 
un rapprocliemenf plus simple avec le phenomene naturel connii des marins 
sous le nom de feu Saint-Elme, et de croire quo, si cette merveille ne s'est 
produite que pendant quarante-deux ans et quelque chose, au lieu de qua- 
rante-quatre, c'est que les croix d'airain n'existaient pas d'abord sur la 
colonne et y ont ete placees ulterieurement. II y a lieu de distinguer 
ici, comme si souvent en histoire, entre le fait et Interpretation du fait. 
Le fait en question n'est pas douteux (l'auteur le tient de Luc lui-meme, 
^ 33), mais son interpretation, qui n'etait peut-etre pas celle du saint, est 
sujette ä caution et eile provient eviderament du desir de rehausser le plus 
possible le prestige du bienheureux stylite. On peut raisonner de meme 
sur d'autres faits presentes comme prodigieux. 

A Calamich, des moustiques s'acharnerent sur le saint et le criblerent 
de leurs piqüres empoisonnees, ^ 29; comme la meme race, toujours nom- 
breuse aux environs, ne respecte pas davantage au xx° siecle ceux qui habi- 
tent ces parages, l'intervention des « brigands liomicides des le commen- 
cement » ne s'impose pas avec evidence. II y a bien aussi I'histoire de ces 
diables qui se divertissent la nuit ä assommer saint Luc ä coups de tortues, 
lui fönt une tete en capilotade et le rendent muet pour plusieurs jours, § 28 : 
on aimera peut-etre mieux attribuer ce mauvais coup ä de vilains droles 



iir.j INTIIODUCTION. 159 

(Uli n'auront pas eu de peinc ä troiiver des tortues dans h' pays, et quo l'obs- 
curitc aura fait preiidrc a saint Luc pour des csprits infernaux. Cependaiil 
cette exegeso n'est pas alisnlument neccssaire. 

En toiit cas, la plupari des faits rapportes semblent de hon aloi, ap- 
parentes ä ces merveilles bien autlientiques, bien simples, plus faites pour 
ödifier et soulager ([ue pour etonner, dont TEvangile et la vie de nos 
saints contemporains nous offrent taut d'excmples. C'cst un siguc de bnnne 
marque. 

Eu definitive, si, conformement au resultat de l'article precedent, Tauteur 
croyait avoir interet ä ue pas tout dire, s'il u'a pas tout dit, s'il a choisi 
parmi les faits ceux qui presentaient son heros sous le jour le plus favorable, 
flu moius u'avons-nous aucuue raison de nier un seul des faits qu'il rap- 
porte, saus prejudice do Tinterpretation ä donner ä chaeun d'eux. L'exameu 
de la ciirouologie va uous convaincre ä sou tour que le biographe est d'une 
precision materielle indisculable. 

ARTICLE TROISIEME 

CHRO.NOLOlilE DK LA VIE DK S.VIiNT HC. 

Par l'etude approfoudie du texte et par la comparaison des details precis 
qu'il fournit avec ce que nous appreud par ailleurs l'histoire byzantine, nous 
croyous etre arrive ä fixer la veritable Chronologie de la vie de saint Luc. 
Avant uous, M. Vogt, se basant aussi sur les textes et sur certains faits 
Iiistoriques, avait propose uuc Chronologie fort differente; c'est meme en 
examinant minutieusement son Systeme et en en remarquant les poiuts faibles, 
que nous avons ete amene ä essayer une autre Solution du probleme. Notre 
Chronologie tient par elle-nieme, inais, si nous nous coiitentions de rötablir 
saus discuter celle de M. Vogl, il resterait peut-etre dans l'esprit du lecteur 
un prejuge ä notre desavantage et un doute sur Tensemble. Nous allons 
donc traiter separement, d'abord de la ciirouologie de la vie de saint Luc 
d'apres M.Vogt, ensuite de ce que nous appelleious, ä juslc litre, croyons- 
nous, la vraie Chronologie de la vie de saint Luc. 

1) Chivnoloyic de In rie dr saint Lue iJ'aprh M. yoi/l. 

Laissons M. Vogt exposer lui-mcme son Systeme. II ecrit, p. 17, note ',i : 

« Les guerres bulgares arretees par la conversion de Boris, sous le 

regne de Michel III (865), uc reprirent i\ue vingt-huit ans plus tard, sur la fiii 

du retrne de Leon VI ', lors de ravenement au tröne de Bulgarie du tzar 

1. Sur In /in du iTgiif di- l.ran VI : ocito expressioii est Itigci-eiiienl inexufli.', puiüqiie le ri-giio ilo 
Leon VI solfiul ile 886 a 912, el i|ue k's guerres avcc los Bulgares recommenci-reiit en 893. 



160 INTRODUCTION. [16] 

Symeon (893-927). C'est donc entre cet espace de temps qu'il faut placer la 
date de naissance de S. Luc. La phrase enigmatique du panegyriste racon- 
tant le depart du saint, apres un combat terrible, fait penser ä la baiaille 
d'Acheloos ', 20 aoüt 917. Or, s'il en etait ainsi, S. Lue serait ne en 899. 
D'autre part, le stylite ötait ä Eutrope sous le patriarcat de Theophylacte 
(93.3-9.56). Comme il vecut en ce lieu quarante-quatre ä quarante-cinq ans, 
Vie, eh. 36 ', et mourut centenaire, nous .sorames amenes, par ce rensei- 
gnement, ä une date trös voisine de 899. L'allusion faite ä la maladie de 
Theophylacte au chapitre 19 ' semble se rapporter, au surplus, ä la derniere 
maladie du patriarche. Si donc S. Luc est monte sur sa colonne d'p]utrope 
vers 9,55-9.>6 et s'il y resta quarante-quatre ou quarante-cinq ans, nous 
avons, comme date de naissance, 899. A dix-huit ans, comme le dit l'ha- 
giographe, il fut oblige d'aller ä la guerre, et ce serait donc au combat 
d'Acheloos qu'il aurait assiste. » 

A la page .■)2, note 1, M. Vogt fixe de la maniere suivante « les princi- 
pales dates de la vie de S. Luc. II nacpiit vers 899. A dix-huit ans, il entra 
au Service militaire : c'est-ä-dire en 917, et assista probablement ä la 
bataille d'Acheloos, le 20 aoüt 917. Apres six ans de retraite, äge de 
vingt-quatre ans, il est ordonne pretre en 923. Vers 955-956, il s'en alla 
ä Chalcedoine, oii il vecut en stylite l'espace de quarante-quatre ä quarante- 
cinq ans. II mourut centenaire vers l'an 1000 ' ». 

On le voit, dans ce Systeme, tont repose sur la supposition ijuc saint Luc, 
äge de dix-huit ans, assista ä la bataille d'Anchialos, en 917. Sur quoi 
est basee cette hypothesei' Sur des expressions qui peuvent se rapporter ä 
plus d'une retraite devant les Bulgares : x,at aÜTo; ilc, t-/jv /.xt' avTwv (twv 
Bou'Xyzptov) e;t(7Tp«Tei5cv cuvECTpaTWiraTo, ö/.xwxaiSs'/ti'TOv eto? ä'vwv Tvi; r'k\.y.<.a.c, a'j- 



1. Les Grecs n'ont pas ete baltus par les Biilgaies ä Acheloos qui se tiouve en Tliessalie, mais a 
Anchialos. Sur la confusion faile par les cupistes lettres entre Acheloos et Anchialos, voir Tafel, 
De Thessalonkn, Berlin, 1839, p. 485. 

2. Voir paragraphe 79 de notre Odilion. 
3; Voir paragraphe 45 de nolre edition. 

4. Nous n'avons pas lrouv6 dans M. Vogt d'aulres arguiiienls que ceux-la pour etejer sun syslenie 
de Chronologie. II s'y reifere sans doute quand, ä projios d'un passage de Nicodonie le Synaxarisle : 
OuTO? ^To... xaTÖt r^v Trarptap^stav Se TciO öeo^uAäitTou, *jlo0 Yvrjrrto'j xov aOrou 'PtofAavfjO sv Itet ^tö', T,Tot 
919, xaTaY(5(i.Evo; ex Tfj? 'Avaxcj),^;, il ecrit, p. 8, note 3 : « La Vie ne donne pas de dafc pröcise pour la 
naissance. Nous verrons plus loin si ce renseignement pcut ^tre admis ». M. Vogt a mille fois raison 
de rejeter la data do 919 comme celle de la naissance de saint Luc, car eile se heurto a des impossi- 
bilit6s manifestes. Mais la marche de la phrase n'admet en aucuno nianierecette inlerpretation. D'apres la 
gramraaire, il ne peut s'agir que de la naissance de Theophylacte: de mßnie d'apres la chionologie. On 
flxe communöment le sacre de Theophylacte au mois de fOvrier 933 : il avait alors seize ans (cl'. 
Cedrenus, P. G., t. CXXII, col. 65). Or, 919 c'est presque 920, premiere annee du regne de Romain, 
et cela donne presque seize ans ä Theophylacte en 933 : vu les llottements de la Chronologie byzan- 
tine, il n'y a pas lieu de chicaner Nicodeme pour une annöe de difförence dans un calcul oü I'usage 
admet des impröcisions de langage qui permettent de compter comme faisant nombre une annee coni- 
raencße. 



[17] INTRODUCTION. 161 

ToO MsTa Y*p ~'';v ysyevviy.Evr.v ijüv ttoW.o) ntvö'jvw to'j tote tvo>,c'[aou cuppaysvTo; 

'jTCO(7Tpo(p/iv , § 11 et 12. Pour en tirer la conclusioii voulue, il faudrait 

que la bataille il'Anchialos füt la seule, depuis Tau 89:}, oi'i les Bulgares 
eussent fait reculer les Grecs. Nous verrons qu'il neu fut pas ainsi. 

Admettons cependant le bien-fonde de l'hypothese, et rapprochons-la 
des conclusions qui en sont tirees : saint Lue serait ne en 899, mort aux 
environs de Tan 1000. Ceci est impossihle. 

En elTet, d'apres Ihagiograplie, saint Luc inourttt le H decemhre, xaia -h 
xpwTr.v xat fiivÄ~.%-i toO Ac/.cp-Sp lou jx-zivö;, ji 79, nn jeiidi, — ejatttv: twv ■fiij.iQcii'v —?,; 
ioSwxSoc TuapTiV, j; 82. Or, en l'an 1000, le 1 1 decembre etait un mercretli ; 
en 999, ee fut un lundi; en 998, un dimanche. La premiere annee oü le 
I l decembre soit un jeudi est 990. Mais il n'y a pas moyen de faire mou- 
rir saint Luc centenaire en 990 et de l'envoyer ä dix-huit .ins ä la bataille 
d'Anchialos qui eut Heu en 917. 

Retrogradons. Kn l'an 1001, le 11 decembre etait un jeudi. Comme 
l'hagiographe declare que saint Luc avait depasse la centaine qnand il mourut : 
■/i^T) TÖv E/.aToijTov 'jTtsp^eSviwo; eviauTov, g 78, on pourrait etre tente de fixer sa 
mort en 1001, et ses dix-huit ans en 917; il serait donc inoit ä Vage de cent 
deux ans, tout au moins ä cent nn ans et quelque chose. Mais, outre que le 
texte grec, interprete strietement, signifie : « // renait (r,^7)) de depasser la 
centaine », et qu'une annee ou deux en plus paraissent forcer un peu l'expres- 
sion, voici (|ui detruit peremptoirement cette Interpretation. 

Le texte de la Vie afiirme que, quelques annees avant la nialadie dont il 
mourut (en fevrier 956), le patriarche Theopliylacte en avait contracte une 
premiere dont le guerit saint Luc. ji 45. En reconnaissance, il visita le stvlite 
« non pas une fois, ni deu.r, rnais wuvent », oO yap iirx; xal 51; ölVkx ■^zoXKxai;, >J 46. 
M. Vogt nous a bien dit, p. 17, note 3 : « L'allusion faite ä la maladie de 
Tlieophylacte au cliapitre 19 semble se rapporter, au surplus, ä la derniere 
maladie du patriarche ». Mais, a priori, s'il s'agit de la derniere maladie, 
puisque Theopliylacte ne s'en releva pas, comment veut-on qu'il soit alle 
remercier saint Luc d'une guerison qui n'eut pas Heu? Et puis le texte est 
des plus formeis, comme chacun en jugera par soi-raeme. L'auteur a l'air 
de craindre precisement que le lecteur peu au courant ne tombe dans une 
meprise : oO t-/!v xsXe'jTatav lifoi 8-^ xäi ivpö; 6avy.Tov T£Ae'jTvi<7ac7.v «pptücriav, iXkk 
TTiv irpö TÄUT/i; 7:p6 y_o6■^ta•^ t'.vcöv £Tviiju7.oacy.v aOrfo, « je ne parle pas de la derniere 
maladie, entendez bien, celle qui eut un denbuement mortel, mais de la pre- 
cedente, de celle dont il fut frappe quelques annees auparavant ». Le sens 
n'est pas contestable. Poursuivons. 

La derniere maladie de 'l'heophylacte dura deux ans'. Estimons seule- 

1. Ceorenus, P. G., t. CXXli, col. 68. 

l'.\Tn. Ol!. — T. .\I, — F. 2. il 



1(32 INTRODUCTION. [18 

ment ii deux les quelques anuees qui, d'apres Ic texte, separerent la premiere 
et la derniere maladie; mettons un an soulement, c'est bien peu, pour les 
nombreuses visites de reconnaissance faites k saiiit Luc. C'est au minimuiii 
un total de cinq ans qui doit separer la premiere visite ä Saint Luc de la 
mort de Theophvlacte, en fevrier 956. Nous voilä ramenes en fevrier 951, 
et encore faut-il supposer pour cela qu'ä peine arrive sur sa colonno, en 
decembre 950, saint Luc aurait gueri le patriarche et re?u sa visite. Mal- 
lieureusement, toutes ces coucessions ne servent ä rien. En ajoutant ä de- 
cembre 950 les quarante-quatre ou les quarante-cinq ans que Luc a passes 
sur la colonne d'Eutrope, nous obtenons 994 ou 995, et, contrairement aux 
donnees du probleme, au lieu d'etre un jeudi, le H decembre de 994 est 
un mardi, et celui de 995 est un mercredi. 

Cet argument est sans replique ; en voici un autre qui n'a pas moins 
de valeur. Aux environs de Tan 1000, saint Luc na pas pu mourir sur la 
colonne d'Eutrope puisque, ä cette date, la colonne etait detruite depuis dejä 
quatorze ansl Donnons des textes. Cedrenus ecrit : « L'indiction 15% en 
l'an 6494, au mois d'octobre, se produisit un grand trembleraent de terra : 
il s'ecroula beaucoup de maisons, des eglises et une partie de la coupole de 
la Grande Eglise de Dien que l'empereur repara magniilquement '... » 

Les memes expressions sont reprises par Glycas : « En l'an 6494, au mois 
d'octobre, se produisit un grand tremblement de terre... etc. » -. Je n"aurais 
pas ose ajouter de moi-meme : « Cette annee-lä, la colonne d'Eutrope fut 
jetee ä l'eau, et le stylite qui s'y tenait fut precipite dans les flots et s'y 
noya », mais Leon diacre s'est charge de cette triste constatation. Je cite 
tont le passage parce qu'il est interessant, et pour qu'on s'aper?oive bien 
qu'il s'agit du meme mouvement sismique. « Le soir etant venu oü la 
memoire du grand martyr Demetrius est fetee selon la coutume % survint un 
tremblement de terre affreux, tel qu'il ne s'en est pas produit de pareil en 
toutes ces generations : les tours de Byzance furent jetik's ä terre, la plupart 
des maisons s'ecroulerent et ensevelirent leurs babitants, les villages aux 
alentours de la ville furent rases jusqu'au sol et beaucoup de paysans perirent. 
II y a plus : la coupole centrale de la Grande Eglise avec l'abside de l'üuest 
fut ebranlee et jetee ä terre, l'empereur Basile mit six ans ä la rebätir. II y 
ent aussi d'atroces famines, des pestes, des secheresses, des inondations et 
des vents d'une furie desastreuse. C'est alors que la colonne d'Eutrope fut 
renversee par la violence des Horts et le solitaire qui s'y trouvait se noya dans 
la mer miscrablement '. » 

1. Cedrexl-s, P. C, l. CXXII, col. 16',i. 
•J. P. G., t. CLVIII, col. 576. 

3. II s'agit des v6pres qui, cliez les Grecs, se elianlent la veille des föles: c'6tait donc le 25 octobre. 

4. P. G., t. CXVII, col. 017-921. Le tremblement de terre, comme il arrive frequement, fut accom- 
pagne d'un soulever-ent de la mer; le d6sastre de Sicile et de Calabre eii decembre 1908 est präsent 



[lii INTRODUCTIOX. 163 

II s'agil bieii de notre colonnc deiioninK-e ioi ö sv toi; Eü-poTzivj 'tt'J^.o;, 
et. dans notre Vie, § 25, töv ... x.iovy., tov vj toE; EOrpoTriou /.Tr,aa<;iv. Cf. ^ 5.'). 
L'an 6494, iiidictioii 15'', octobre, fete de saiut Denidtrius, place cette cata- 
sti'ophe en lannee 986. Saint Luc n'y assistait certainement pas, car il mou- 
rut tranquillcment au soinmet de sa colonne, ^ 79 et 84. (]e fait lixe sa 
mort, au plus tard, le premier jeudi, I I decembre, qui preceda l'annee 
986, c'est j\ savoir en Tan 98'i. 

La conclusion s'impose : le .S3'steme de M. Vogt est contraire au te.\to 
et ü riiistoire. Voyons a le reniplacer. 

2) La rmic vhniiKiltKjic de In ric de saint Luc. 

Pour etablir une Chronologie serieuse de la vie de saint Luc, il faut tenir 
compte des donnees suivantes fournies pre^que toutes par le panegvriste. 

r Saint Luc est mort sur la colonne d'Eutrope avant le 25 octobre 986, 
puisque ä cette date la colonne d'Eutrope n'existait plus (voir plus haut, p. 18). 

2° Saint Luc est mort un 1 1 decembre, § 82 (voir le texte plus haut, 
p. 17). L'auteur insiste fortement sur cette date qui lui parait providen- 
tielle parce qu'elle unit dans une meme glorification deux stvlites, saint 
Daniel et saint Luc, § 79. Precisement ä cause de cela, on croirait volontiers 
que l'auteur du panegyrique a falsifie la verite pour obtenir un efFet ora- 
toire en choisissant cette date du H decembre, mais il nous donne lui-meme 
un moyen de contröler son afiirmation en disant que 

3° Saint Luc est mort un jeudi, ^ 82 (voir le texte plus haut, p. 17). 
Si donc, en admettant que saint Luc est mort un jeudi 1 1 decembre, les 
autres donnees fournies par le panegyrique se trouvent realisees, bien loin 
d'etre contredites, on aura lii un criterium de premiere valeur pour juger de 
la precision et de la veracite de l'auteur. Or, d'apres le panegyrique, 

4° Quand saint Luc mourut, il venait de depasser la centaine, § 78 
(voir le texte plus haut, p. 17). 

5° Saint Luc etait reste jusle quarante-quatre ans sur la colonne d'Eu- 
trope. En efTet, « le meme jour qu'il nionta sur le sommet de la colonne fut 
aussi le meme jour oü il passa de la colonne au ciel et se dirigea vers les 
demeures eternelles, apres quarante-quatre ans », h vi yap viy.£'fz tv;v äva- 
?7.'7tv £-1 To x.ä'pa; ToO /.lovo; £-0'."/fijZTO, £v a''jTr, rzX'.v "rx'JT/, T-flv ij.iz ■x&y.rAv iy. to'jtou 
TCpo; O'jpxviv y.ai tx? v/.iiat aovi; aicüviou; ifjT-J.lcHTO jjisTa ypövou; ivwu'jiou; TSTirxpa? 
Tcpo; -reijaxpxy.ovTx, § 79. 

6" Sur la colonne d'Eutrope, a) saint Luc a du passer ne scrait-ce qu'une 

;\ loiiles les iiiemoires; uiais il sera plus lopique de citor uii «xeniplo local. Kii juillel isol, lors du 
f(iand Irembleiiionl de terre qui fit tunl de victimos dans la rügion de Coiistantinüpli', la mer se lelira 
puur SM jeler eiisuite a l'assaut du rivage. La baie de Calamich, ipii occiipe la piar(' de laiicieii puil 
d'Eutrope, n'(5cliappa point ;i Celle rage des Hots, et des bai'ques l'urenl brls(^is sur la tüte. 



1(J4 IXTRODUCTION. [20] 

minime partie du regne de Constantin Porphyrogcnete, loquel s'^tend de 
912 ä 959, sTit T-^; ßafftXei'a? RwvjravTivou zvj ve'ou kxI xE^euTaiou, § 54. 

b) II a re?u des visites frequentes de Theophylacte, g 46, visites qui 
ont commence au moins cinq ans avant la niort du patriarche, soit au plus 
tard en 950 (voir plus Iiaut, p. 17 sq.). 

c) Dans une de ces visites, le magistros Basile Peteinos s'est rencontre 
avec Theophylacte, BxgIIhoc ... cuvaveXOuv zu -xTpiapy-zi tw TvivixaöTa Trpo; t6v 
ocwv ev Töi xiovi, § 4 / . 

7° Juste avant d'elire domicile k la colonne d'Eutrope, Luc avait fait 
pendant trois ans l'apprentissage de la vie de stylite dans son propre pays, 
Tpiffiv im ypövot; ... ev aOrö (tw ctüXu) ... Ste/.apTE'pv)5ev, § 23. Durant cet Inter- 
valle, il avait eu ä souffrir d'un hiver si rigoureux que la neige etait restee 
gelee pendant cent vingt jours, § 24 (voir le texte plus bas, p. 22). Cet hiver 
peut tomber quarante-cinq ', quarante-six ou quarante-sept ans avant la 
mort du Bienheureux. 

8° A dix-huit ans, Luc avait pris part, contre les Bulgares, a une expe- 
dition qui s 'etait terminee par une retraite malheureuse, g 11 et 12 (voir 
le texte plus haut, p. 16). 

La Chronologie proposee ne doit contredire aucune de ces donnees. 



Nous avons dejä prouve au paragraplie premier que saint Luc n'est pas 
mort les jeudis 11 decembre 1001, 990 et 984. La huitieme donnee ecarte ä 
nouveau les deux dernieres dates. 

Saint Luc n'est pas mort le jeudi 11 decembre 990. Dans cette hypothese, 
il aurait eu dix-huit ans en 908; ä cette date, les historiens ne rapportent 
aucune guerre entre Grecs et Bulgares. « Depuis la bataille de Bulgarophy- 
gos jusqu'ä la mort de l'empereur Leon (911)-, dit Jirecek, la paix entre 
Grecs et Bulgares ne fut troublee par aucun differend ^ » 

La meme raison ecarte le jeudi 11 decembre 984. Saint Luc aurait eu 
dix-huit ans en 902 : la treve entre Grecs et Bulgares etait commencee de- 
puis quelques annees. 

Ecartons ä la suite le jeudi 11 decembre 973. Saint Luc aurait eu 
dix-huit ans en 891; or, les Grecs et les Bulgares jouissaient alors d'une 
treve d'environ trente ans, inauguree par le bapteme de Boris (864), et 

1. Je dis quaranle-cinq el pas quaiaule-qiiatre, car saint Luc elant monte sur sa colonne irEutrope 
le 11 decembre, il y a lout un hiver, et par constiquent toute une ann6e, hors de cause. 

2. Plus haut, nous avons donnö la date de 912; c'esl celle de Geizer dans Krumdacher, Geschichte 
der byz. LiUeratur 2* Edition, p. 976. 

3. Jirecek, Geschichte der Bulgaren, p. 16'i. 



[21j INTHODUCTIOX. Ifi5 

roiupue par raveneiueiit du tsar Simeou eu 1)8."{ ' . La ineme (reve de 
treute ans fait ecarter successivemeiit les jeudis 1 1 decembre 9()2, 9.")(j et 9.")l, 
(jui nous meneraiont en 880, 874 et 869. 

Gontinuons notre revue jusqu'ä ce qu'il ne sdit plus possible au pa- 
triarche Tlieophylacte d'entrer cn relatioiis avec sjiiiit Luc ((i" donnee, b). 

Nous arrivons au jeudi 11 decembre 945 : cette date attribuerait dix- 
liuit ans a j^aint Luc en 863. Le prince Boris n'est pas encore baptise; il a 
repris les liostilites avec B^^zance, mais il faut dire que, depuis l'avenement 
de Boris (852) jusqu'ä son baptenie (864), rhistoire ne permet pas de mar- 
quer une vraie defaite des Grecs par les Bulgares -. 

Terminons en disant que Boris attendit, pour rompre avec les Grecs, la 
fin d'une treve de trente ans, conclue entre Omortay: et Leon rArnienien 
aux environs de 820. Impossible ä saint Luc, duraut cet Intervalle, d'assis- 
ter, äge de dix-huit ans, ä la retraite malheureuse d'une armee grecque 
devant les Bulgares. De la sorte, en vertu de la donnee huitieme, sont ecar- 
tes tous les jeudis 11 decembre, depuis Fannee 945 jusqu'ä l'annee 902 en- 
viron. Ils sont ecartes doublement, parce que, Theophylacte etant mort en 
956 d'une maladie contractee en 954, on ne peut raisonnablement placer 
au delä de 945 l'autre maladie, dont il fut atteint fpwlques annees aupara- 
vant (voir plus haut, p. 17 sq.). 

Brei', nous avons elimine, sauf iin, tous les jeudis 11 decembre qui sont 
tombes depuis 1001 jusqu'ä 902. Cet im est le jeudi 11 decembre 979; nous 
sommes en droit de conclure : saint Luc est mort le 1 1 decembre 979. Toute- 
fois cette date a besoin d'etre contrölee par les autres donnees du probleme. 

* 

La date du jeudi 11 decembre 979 (deuxieme et troisieme donnees) est 
conforme ä la premiere donnee d'apres laquelle saint Luc a du mourir avant 
986. Elle place la naissance de saint Luc dans le courant de 879, de sorte 
que, lorsqu'il meurt le 11 decembre 979, il est un peu plus que centenaire, 
conformement ä la quatrieme donnee. Elle fait nionter saint Luc sur la 
colonne d'Eutrope le 11 decembre 935, de fagon qu'il y reste juste quarante- 
quatre ans, jour pour jour, conformement ä la cinquieme donnee. Durant 
ce ti^mps, de 935 ä 979, conformement ä la sixieme donnee, a) Constantin 
Porphyrogeuete garde le tröne jusqu'en 959; b) rien n'empeclie saint Luc 
de guerir Tlieophylacte, au plus tard en 950, et de le recevoir plusieurs fois 
sur sa colonne, puisque le patriarcat de Theophylacte va de 933 ä 956; 
c) rien n'empeche que Theophylacte ne se soit rencontre sur la colonne avec 

1. JiiiECEK, oiir. eile, \>. 16->; Ceurenus, /', G.. l. CXXI, col. 10:)G; Thkopiiax. Coxtin., /'. <•'.. t. CIX, 
col. 177. 

■1. Jirei;ek, oin\ rili; \>. lö:t; Cedhenus, /'. (1., L CXXI, cdI. UfMi: Tiieopiian. Contin.. P. li.. I. CIX, 
col. 17RS(|. 



166 INTRODUCTION. [22] 

Basile Peteinos. En effet, d'apres les chroniqueurs byzantins, le magistros 
Basile Peteinos, franc coquin, tres infiuent ä la cour, organisa en 944, 
dans le palais meme, la conspiration qui renversa l'empereur Romain Leca- 
pene et aboutit ä donner le pouvoir ä Constantin VII Porphvrogenete '. 
En 961, il fut Fäme d'un autre complot qui devait detröner Romain II, mais 
qui fut decouvert ätemps". Entre ces deux dates, apres la premiere mala- 
die de Theophylacte, au plus tard en 950, Basile Peteinos a pu voir saint Luc 
sur sa colonne en compagnie de Theophylacte. 

Contrölons maintenant par la septieme donnee. L'histoire nous parle- 
t-elle d'un hiver extremement rigoureux, survenu au moins quaranta -cinq 
ans avant la mort de saint Luc, pendant les trois annees qu'avant d'arriver 
ä Eutrope il passa sur une colonne de Phrvgie, soit entre 9.'i4 et 932? 

Oui; nous lisons dans les chroniqueurs byzantins : L'indiction sixieme, 
M au mois de decembre, l'hiver devint si rüde que la terre en fut gelee pendant 
Cent vingt joiirs ». « Le vingt-cinq du meme mois (le mois de decembre), 
l'hiver deA'int insupportable et la terre resta gelee pendant crnt ringt jniirs », 
yeyove 5(^ei[Aa)v äipdpviTo; w(j7ä /.3uc7Ta>i).to9yivai t'/iv y/iv sttI yijispa; r/.xxov elV.oci'. Xotre 
biographe ne parle pas autrement : « Pendant cent vingt jours, une gelee 
tres forte empecha la neige de fondre », eip' -iifAEpat; exarov irpo; rai? si'xooi toO 
ctjioÄpoTKTO'j -rcayeTOu raurviv (tviv ytöva) ävzXtoTOv StaKpaToOvxo;, ^ 24. 

Or, l'indiction sixieme ayant laisse place en septembre ä l'indiction 
septieme, cet hiver commencja en decembre 933 et se continua jusqu'en 
avril 934'. La coi'ucidence est merveilleuse. Ajoutons que pendant le 
x° siecle, il n'est pas question chez les historiens, ä notre connaissance du 
moins, d'un autre hiver de cette espece, ce qui exclut ä nouveau les annees 
que nous avons ecartees. 

Passons ä la huitieme donnee. L'histoire enregistre-t-elle une grave 
defaite des Byzantins par les Bulgares, dix-huit ans apres la naissance de 
Saint Luc, soit d'apres nous en 897? 

Apres une treve d'environ trente ans, les guerres bulgaro-bvzantines 
venaient de recommencer avec l'avenement du tsar Simöon, 893. Cedrenus 
mentionne comme ayant ete' livree vers cette epoque la terrible bataille de 
Bulgarophygos oü les Grecs furent tailles en pieces par les Bulgares. 
« L'empereur (Leon VI), attendu que Simeon ne voulait pas observer la treve, 
resolut de lui faire la guerre et de le ruiner completement. II ordonna 

1. Cedrenus, P. G., t. CXXII, col. 56-60. 

2. Cedrenus, ibid., col. 76 sq. 

3. Cedrenus, P. G.. t. CXXII, col. 44-45; Theophan. Contix.. P. C. t. CIX. <ol. 433; cf. Simeon 
Magister, ibid., col. 805; GEOniilus Mon., ibid.. 969. 

4. Lebe.\u, Histoire du Bas-Empire, livre LXXIII, n° liv, edit. de 1832, p. 452. date cet hiver de 
Noel 932. Mais, comme le prouve ce qui precede el ce cpii suit, et aussi les dates en haut des pages, 
il V n la une faule i''inipression, et c'est 933 qn'il faul lire. 



[23] IXTRODl'C.TIOX. KiV 

donc de faire passer la mer ä tous les xxyaaTa et Osyary. d'Anatolie; il y joignit 
(raufres troupes en nomlire imposant, et les envova contre Simeon. » Le 
chef des troupes etait Catacalas, aide du patrice et prolovestiaire Theo- 
dore. « Simeon alla au-devant d'eux; la rencontre se fit a liulgaroplivgos : 
la kitte commen9a, les Grecs furent mis en deroute, et il s'en fit un grand 
carnage; le protovestiaire lui-meme perit honteusenienl; le clief des troupes 
et quelques autres purent seuls echapper, ä Bulgaropliygos '. » Tous les 
chroniqueurs repetent k peu pres les memes exprcssious ■. 

Dans ce recit, tout concorde au mieux avec notre Vir. Saint Luc etaul 
du theme Anatolicon', ayait ete naturellement incorpore aux troupes d'A- 
natolie qui precisement furent appelees ä marciier contre l'ennemi, selou 
la remarque formelle dßs chroniqueurs. La bataille se termina par un de- 
sastre : Luc fut un de ceux, peu nombreux, qui eciiapperent au prix de mille 
dangers, g l'2 (voir le texte plus haut, p. 16 sq.). 

Mais la date de la bataille? 11 sutfit de lire avec attention dans les 
sources l'histoire des lüttes entre la Bulgarie et Byzance, depuis l'avene- 
ment de Simeon, 89."}, jusqu'ä la bataille de Bulgarophygos, pour s'aper- 
cevoir que les evenements rapportes ont du prendre plusieurs annees. La 
treve conclue avec Boris est rompue sous de vains pretextes; les Grecs, 
tailles en pieces une premiere fois, s'allient aux Hongrois; les Bulgares 
sont ecrases ; Simeon repare ses forces en cachette, defait les Hongrois 
et oblige les Grecs ä lui rendre tous leurs prisonniers bulgares; on fait la 
paix; Simeon trouve bientöt un nouveau pretexte pour la rompre; les Grecs 
sont defaits ä Bulgarophygos; ensuite, c'est une paix qui dure jusqu'en 912. 

Je ne pense pas exagerer en reclamant quatre annees entieres pour la 
suite de tous ces faits, et je place la bataille de Bulgaroph3'gos en 897. Saint 
Luc, ne en 879, avait bien alors dix-huit ans. 

On me dira que je suis influence par la Vie de saint Luc. Et pourquoi 
pas? Puisque la Chronologie de notre historien est partout ailleurs d'une 
solidite et d'une rigueur admirable, pourquoi ne pas admettre son temoi- 
gnage pour fixer d'une maniere precise une bataille qui a eu lieu, ä n'en 
pas douter, aux alentours de 897, et dont les chroniqueurs bvzantins ont 
oublie de fournir la date exacte ^ ? 

Du reste, voici pour la these que je soutiens un conßrmatur inattendu. 
Apres les raisonnements fastidieux qui precedent, j'avais, ä mes risques et 
perils, date la bataille de Bulgarophygos, lorsque me tomba sous la main, 

1. Cedrenus, P. G., t. CXXI, col. 1144. 

2. er. Theophan. Gonti.n., P. G. t. CIX, col. 3T6-37T; Simeon Mag.. Ihirl., col. 764; Georgius Mon., 
ibid., col. 016. 

:i. 0£[iofco; Tüv 'AvaTo),ixä>v, dit le Synaxaire Ha finl'ra, page 32, -fn 'AvaToXrir. dit noiro l ie, i 10). 
4. On iie s'etoniiera donc pas que E. de Murall dans son p^ssai de ('lirnnuloin'i' Injzaiiliiw, Bäle et 
Geneve, 1S71, n'ait pas dato ccUc bataille. 



168 INTRODUCTION. [24] 

comrae par hasard, le livre si erudit et si bien raisonne de M. J. Marquart : 
Osteuropäische und ostasiatische Streifzüge... zur Geschichte des 9 und 10 
Jahrhunderts ' . Sur les Operations militaires de Simeon au debut de son regne 
jusqu'ä Bulgarophygos, M. Marquart fait des considerations qui ressemblent 
tres fort ä Celles que je viens d'exposer moi-meme, puls il ajoute : « La 
prise par les Agareniens de la forteresse de Koron de Cappadoce, qui est 
mentionnee par les chroniqueurs immediatement apres la defaite de Bulgaro- 
phygos, tombe, d'apres Tabari, en Tan 284 (7 fevrier 897-26 janvier 898)". » 
Du meme coup la bataille de Bulgarophygos est datee : eile eut Heu cn 897. 
M. Marquart arrive ä cette date en combinant les historiens grecs et les 
historiens arabes; jy arrive en combinant les historiens grecs et notre Vie 
de Saint Luc : il y a tout ä parier que cette date est la bonne. 

Nous concluons que notre Chronologie est ferme, qu'elle est juste, et, 
nous ne craignons pas d'ajouter, la seule juste. De quelque cöte que nous 
nous nous tournions, toujours nous sommes ramenes ä la date de 979 pour 
la mort de Saint Luc, et tout le reste en decoule. Cette date harmonise par- 
faitement toutes les donnees du panegyrique et eile est confirmee d'une fagon 
indirecte mais saisissante par ce que nous savons de Tiiistoire bvzantine. 

La Vie de saint Luc s'offre donc ä nous comme un document chronolo- 
gique de premier ordre. Des lors, quand, en dehors des chilTres dejä cites, 
eile nous en olTre d'autres, dont nous ne nous sommes pas servi jusqu'ä pre- 
sent parce qu'ils n'etaient pas d'un cmploi commode dans notre dissertation, 
nous nous garderons bien d'v voir des l'antaisies d'ecrivain, et nous les pren- 
drons pour l'expression exacte d'une verite histori([ue, quitte ä les interpre- 
ter dans le sens usuel qui s'attache aux chillros dans le calcul des vies hu- 
maines, s'il nous apparait qu'on ne peut pas les Interpreter tous au sens 
strict. De meme, si uiie expression qui a la pretention d'etre chronologique 
est obscure ä premiere vue ou tout au moins etonnante, il nous sera saus 
doute loisible de l'interpreter dans un sens clair et precis, si la grammaire 
admet ce sens et s'il est dans la tournure d'esprit du panegyriste. 

Or, en additionnant tous les chifFres donnes par riiagiographe, nous 
arrivons ä etre renseignes sur 78 annees 1/2 d'une vie de cent ans. 

Luc est ordonne pretre ä .24 ans acconiplis. 

II reste avec les troupes ? 

II passe ä Saint-Zacharie 3 ans entiers. 

— ä Lagaina 2 ans. 

— dans une grotte 2 ans 1/2. 

— sur une colonne de Phrygie . 3 ans. 

— sur la colonne d'Eutrope ... 44 ans. 

Total 78 ans 1/2. 

1. Publie ä Leir-ig, 1903. — 2. Ouv. ciU, p. 526. 



r.2-5] INTRODUCTION. 169 

D apres cela, nous resterions sans renseigneinent precis siir un.' periodc 

de vingt-deux ans. De la part d"uii auteur si minuticux quo Ic nölre, cclte 

lacune serait deconcertantc, mais aussi n est-elle point reelle. Oii nous dit en 

eilet qu'iine fois ordoime pretre, Luc resta parmi les troupes uii iiomhre 

d'annees ('(/al d celui marqiw plus haut, Itv. ypdvot; iTepoi? icxpi'OfAOi; twv rpoYeypaiA- 

(AEvtüv, ^ Pi. Le nombre marque plus haut est le nombre 24, t\ge de saint Luc 

lors de son Ordination.' Tout extraordinaire qu'il puisse paraitre, on acceptera 

donc le chiilre fourni d une maniere periphrastique par un biographe ami des 

circonlocutions ', et on aura ravanlage de savoir, annee par auuee, oii 

trouver le stylite. Plus d'hiatus. II n'y a qu'ä prendre au sens usuel les don- 

nees, vingt-quatre ans dans l'armee, trois ans entiers ä Sainl-Zacharie, deiLx 

aus ä Lagaina, deux ans et demi dans uue grotte, et trois ans sur la colonna 

de Phrygie. II suITit que Fannee soit commencee pour faire nombre. Gette 

maniere de compter amene quelque petit flottement dans les dates, mais 

c'est une maniere regue. Comme nous devons, afm de ne pas depasser cent 

ans et une fraction, gagner deux ans entre 926, date du retour de l'armee, 

et 935, date de la montee sur la colonne d'Eutrope, voici ä titre de specimen 

comment on peut organiser la Chronologie de 903 ä 935, 

Faisons naltre saint Luc en fevrier 879 : il aura vingt-quatre ans accom- 
plis en fevrier 903; il passe vingt-quatre ans, soit vingt-trois ans accomplis 
et quelque chose, parmi les troupes : cela nous mene en 926, mois de mars, 
par exemple. Un mois chez lui, et, de mai 926 ä avril 929, trois ans entiers 
ä Saint-Zacharie. De mai 929 k decembre 930, deux ans ä Lagaina; de de- 
cembre 930 ä avril 933, deux ans et demi dans une grotte; d'avril 933 ä 
novembre 935, trois ans sur la colonne de Phrygie. Naturellement, il faut 
encore prendre sur ces dates le temps, d'ailleurs fort court, necessaire aux 
deplacements. 

L'impression qui se degage de cet examen est que notre hagiographe 
n'avance rien qu'ä bon escient, et que tous ses termes, en taut qu'ils ont une 
connexion quelconque avec la ciironologie, veulent etre peses avec scrupule, 
et ont toute apparence d'etre I'expression rigoureuse de la verite. 

II nous reste ä coordonner dans un tableau d'ensemble les renseigne- 
ments chronologiques olferts ou supposes par notre Vic : cela nous fournira 
un coup d'ojil general sur toule l'existence de saint Luc. 

879 (dans le courant de l'annee, pour qu'en decembre 979 il soit un pen 
plus que centenaire, § 78). Naissance de saint Luc. 

897. Saint Luc ä Tage de dix-huit ans assiste ä la bataille de Bulgaro- 
phygos. II se fait moine, ji 11 et 12. 

903. Saint Luc est ordonne pretre ä Tage de vingt-quatre ans accomplis. 
II passe vingt-quatre ans an milieu des troupes, j^ 13 et 14. 

1. Cf. supia, p. s. On a un exemple fort rapproche de celui-ci dans t«;... I^piOiiov; aloSir,«!;. Ü 21. 



170 INTRODUCTION. [26] 

926. Saint Lue revient chez ses parents. Pen de temps apres son retour, 
eclate une terrible famine, g 15. Episode de Tcveche de Sebaste, ^ 17. Luc 
va passer trois ans entiers au monastere de Saint-Zacliarie dont le vieillard 
Pierre est le superieur, jJ 18 et 19. 

929. Saint Luc se rend ä Lagaina et so loue comme porclicr pendant 
deux ans et demi, ^ 20. 

9.30. Saint Luc revient dans son pays, et, pendant deux ans et demi, il 
habite une grotte qu'il s'est creusee dans la montagne voisine, ?< 21. 

933. Saint Luc regagne les domaines paternels et reste trois ans sur 
une colonne, g 23. 

Decembre 933-aYril 93 'i. Saint Luc subit un hiver terrible sur sa co- 
lonne, § 24. 

935 (fin de l'annee). Saint Luc va ä Constantinople, y visite les eglises, 
y accomplit ses voeux, et passe ä Chalcedoine, ^ 25. L'eveque de Chalce- 
doine est Michel, § 21. 

11 decembre 935. En la fete de saint Daniel stylite, Luc monte sur la 
colonne d'Eutrope, § 79 et 26. Constantin VII Porphyrogenete est empe- 
reur, Theophylacte est patriarche, § 54 et 45. 

Apres 935. Guerison de deux employes de l'imperatrice Sophie, ;^ 42. 

En 950, au plus tard. Premiere maladie du patriarche Theophylacte. 
II est gueri par saint Luc; en reconnaissance, il rend souvent visite au 
thaumaturge. Dans une de ces visites, il est accompagne de Basile Petei- 
nos, § 45-47. 

952. Gommencement des relations de saint Luc avec celui qui devait 
etre l'auteur de la Vie, ^ 33. 

954. Derniere maladie de Theophylacte, ?; 45. 

956 (fevrier). Mort de Theophylacte, ^ 45. 

Avant 959. Constantin Porphyrogenete fait mettre en liberte trois Occi- 
dentaux accuses faussement de vol, § 54 et 55. 

959. Mort de l'empereur Constantin Porphyrogenete. 

Entre 963 et 969. Demission de l'eveque Michel de Chalcedoine, ^ 26. 

Le jeudi 11 decembre 979, mort de saint Luc, ä Tage de cent ans et uu 
peu plus, apres quarante-quatre ans passes sur la colonne d'Eutrope, g 78 
et 79. Son corps est transporte au couvent de Saint-Bassianus, ^ 80. 

Vers 980, le 11 decembre. Panegyrique de saint Luc par un de ses dis- 
ciples. Voir Tarticle suivant, c). 

25 octobre 986. Tremblement de terre et raz de maree qui detruisent la 
colonne d'Eutrope. Voir plus haut, p. 18. 



[27] INTRODUCTIOX. 171 

ARTIG LE OrATnil-MF: 
LiEU, AunrroiuK, aitkiu et hatk du discoi hs. 

a) Dil fiit pronuncr Ic discoiirs. 

Quand le discours fut j)ronoiice, les restos de saint Luc reposaient au 
monastere do Bassianus, ä Coustantinople, ^ 80; il serait naturel de penser 
que le discours a ete prononce ä l'endroit meme oü le corps du stylite dor- 
mait Süll dernier sommeil. II n'en est rien cepeiidant. 

« Luc, dit le panegyriste, fut envoye vers la grande villc, la premiere de 
toutes les villes, je veux dire la ville royale..., ^ 25, etil alla vers la royale 
d'entre les villes, et tous les temples illustres de Id-bas, il les visita..., nli; 
iY.v.ci... MOLoui({bid.). Le corps fut transporte dans la ville royale..., g 80. Une 
veuve qui habitait au delä de la iner, ä gauche de la partie de Byzance qai est 
appelee l'Acropole, vers le pays des Thraces..., xspav t-?,; bxly.aGr,; e'jwv'jy.a -r,; toO 
Bui^avT''o'j ■/.«.'Xoujx.evTi? 'A-/.poTCO>.£(o; irpo? t7, ©pz/.öiv '/mocc, uint a hl)..., )>, § 69. 

Ce dernier texte est le plus fort; des aulres, il ne serait deja pas temc- 
raire de conclure que le discours n'a pas ete prononce ä Coustantinople, mais 
de celui-ci il serait arbitraire de ne pas conclure qu'il a ete prononce hors de 
la yrande et royale ville de lä-bas. Bien plus, les expressions employees ne sont 
justifiees que si le panegyrique a ete donne sur la cöte d'Asie. Alors seule- 
ment, Byzance est en face, separee par la mer, et, ä gauche de l'Acropole, 
s'etend la Thrace. 

Une fois sur la cöte d'Asie, on pense imniediatement au quartier d'Eu- 
trope oü saint Luc a passe quarante-quatre ans sur une colonne. De fait, le 
biographe nous dit : « Luc est arrive ici ä la suite d'une revelation divine 
qui lui disait : Va vers la colonne voisine de Chalcedoine, Celle des proprietes 
d'Eutrope, car c'est la que tu dois achever ta course et tes combats, ivTaüOa... 
TTapay^vcTa;.. . tcoo; tov TC'Xr,i7iov Xa7.x.-/i'5ovo: /.'/jvx tvi £v tou E'jTpo-i'ou /.Tr'y.xciv », g 2."». 
Reste a savoir oü se trouvait le quartier d'Eutrope. La question a ete 
parfaitement resolue des 1899 par le P. J. Pargoire dans un article sur Hie- 
ria '. Avec cette minutie de methode qui l'a toujours si bien servi, il a etabli 
que le quartier d'Eutrope etait au Calamich actuel, entre Cadi-Keuy (Chalce- 
doine) et Phanaraki (Hieria). La Vie de saint Luc, qu'il ne connaissait pas, eüt 
ete un eonfirmatiir de plus pour la justesse de son opinion. II y est dit ä plu- 
sieurs reprises que la colonne d'Eutrope etait proche de Chalcedoine, 'f, '2h, 
59, 61. Elle mentionne « un port artificiel bi\ti de grandes pierres », opij.ov 
Tivä •/£',ooTCOi-/iTov ix [Asya^.cov •/.xtstx.e'jx'Jjxc'vov 77cTpwv, ^ 83 in ßne, dans un contexte 
oü il faut que ce port soit le plus rapproche de la colonne de saint Luc : ce 

1. Il.üibi'iiii rviTKiuii Apxeo.ioni'K'cKUru IIiurinN Kl hl K'ihu- i;\ii i uiliiiid.iU. IS'i'-'. [>. -ü. 



172 INTRODUCTION. [28] 

ne peut donc etre le port d'Hieria, mais uniquemeiit le port d'Eutrope; eile 
mentionne encore le couvent d'Eutrope, -r,^ iwvriv, ^81, r/yv EuTpoTriou ^-Ey^"-''''!'' 
;j.ovy;v, g 83, Signale par las sources en meme temps que le port'. Naturel- 
lement, le couvent comportait une eglise, et c'est dans cette derniere sans 
doute.que le panegyrique aura ete prononce. 11 semble que, dans co cas, 
l'eglise devrait etre designee autrement que sous ces termes « l' eglise bätie 
(laus le monastere », t-?,; w«(^o;r/i[7.cV/ic UKkraia.; £v -er, fAovr,, ^81, expression qui 
parait supportable seulement si le discours a ete prononce ailleurs que dans 
l'eglise elle-meme. Pour eloigner cette difliculte on pourrait supposer que 
l'auteur, composant ä Constantinople oü l'expression venait d'elle-meme sous 
la plume, ne se sera pas apergu qu'elle conviendrait moins bien prononcee 
dans l'eglise d'Eutrope; nous aurions donc affaire ä un lapsus calami d'au- 
tant plus vraisemblable qu'il y en a sürement un autre, § 14, oü TCpoYeYpxj;.acvwv 
aurait du laisser la place ä T:oo£tpr.;xEvcüv. Mais riiypothese est superflue. En 
elTet, l'expression est mise sur les levres du medecin Etienne, lequel racoute 
une vision qui lui apparut de nuit, dans sa raaison, hors de Tcglise. II n'y 
a donc pas de raison qui exclue l'endroit le plus indique ä Eutrope, l'eglise 
du couvent". 

1. Ti öl E'JTp'jTtcou' ö XiiiT.v... enoiV.iev aOtov >,iti.£va EutpÖTiio? itfUTO'jnafJafto; xai ■/.■jaioTup h toi; -/frovoi; 
Irciiam zai ' k'ian-aai'j-y äviiveipsv oe zai tt,'/ [iovr,v. Cf. PsEUUO-CODINL-S, HotTpia KwvaTavTivo-jitÄsü)?, 
dans Preger, Scriplnres Orig. Coiist., II, Lipsia-, 1907, p. 2G7, n" 166. Le P. Pargoiie n'a pas men- 
tionne le monasterc d'Eutrope dans Tarticle rappelö plus baut; il ne pouvait connailre en 1899 le texte 
y relatif publie ulterieurement, et qui manque dans l'ödition de Migne du Pseudo-Codinus, P. G., 
l. CLVII, col. .V.18. La manieie dont parle notrc Vie fait supposer qu'il n'y avait encore qu'un seul iiio- 
nastere ä Eutrope au x' siecle. Tout donne ä croire que te couvent etail le in^me que celui bäti par 
Eutrope, entre 477 et 518. Si on suspecte l'autorito du Pseudo-Codinus qui ecrivait au x» siecle, on 
admettra au moins qu'il etait qualific pour savoir que le couvent navait pas ete bäti de son temps; le 
couvent etait alors d'un äge assez respeclable pour qu'on püt, dans un document d'histoire, le faire re- 
montcr au v ou au vr siecle; il n'y a donc pas de doute qu'il existät depuis longtemps ä I'arrivee 
de Saint Luc ä Eutrope. 

Le lecteur ne sera probablement pas laclie de lirc ici, ä la suite, rinseriplion de la pierre luumlaire 
d'Eutrope. On peut la voir encore ä Calamich dans la petite eglise grecque de Saint-Jean-Chryso- 
slouie, et il n'y a pas apparence qu'elle y alt ete apportee de bien loin. Elle compreiid trois distiques 
elegiaques graves par une main soigneuse sur un marbre qui a 2 melres de long et 0",81 de haut ; 

EÜTj/OTti'™ 71190: £i|j.i itepiypovo;, ^ yap ^irjöe'; 
Oüvoiia TT); öfeTT,; Ei-/sv äeiSöiitvov. 
"ÄTfOKS Moipiidv, Tt t'ov E'jTpoTCOv lipitxa«; ctvopa 
"O; J£p£v a [ioviäa; xpei; 5' etjmv OExaSa;; 
ll£Tpo; 6e yvü)To: OTa^spr,'/ jt/.iza -iiiZt y_apo(|»; 
ItTj^ev ÄTto^ÖeiiiEvü) TOÜTo yepa; ^apEX***''* 

Le marbre porte svirement ä7to^'j£t|XEvü). faule du lapicide pour äno^öitiEvw. 

2. Dans les Echos d Orient, j'avais suppose que le discours avant ete prononce en plein air, en face 
de la colonne. II n'y a lä rien d'impossible, mais j'avais base cette opinion avant toul sur une fausse 
Interpretation de evTaCöa wc äv ti; etiioi, 'i 25. 



[2!t] IXTRODUCTHIN. 173 

b) Audi tu irr. 

La peroraison tres soleunelle s'cxprimc aiiisi : « Voilä ce que nous 
t'oHrons,.. . nous, tes pauvrcs cnfnnts, enfants coupables sans douU', mais 
(jui ne sont pas des etrangers, qui depuis longtemps se sont confiös ä 
tes soins, qui maintenant encore s'abaadonuent ä toi, qui jusqu'ä la fin te 
garderont leur eutiere confiance, et qui, apres Dieu, placent en toi leurs 
esperances et leurs espoirs de salut... Souviens-toi de ion troupeau devant 
le Seigueur; ceux que tu souienais de tes avis spirituels, lorsque tu leur 
etais present de corps, mainteuant que tu es parti vers le Seigneur, ne 
les abandonue pas davantage », ^ 85. 

Des exprcssions de cette Ibrce conviendraieut moins ä des auditeurs 
quelcouques qui u'auraient point connu saint Luc ou qui u'auraient eu 
avec lui que des relations passageres. EUes s'expliqueiit au mieux d'un 
auditoire d'enfants spirituels pour qui saint Luc a ete et sera toujours, 
apres Dieu, le vrai pere : j'ai nomme les moines du couvent d'Eutrope qui 
avaient vecu et vivaient toujours ä Tombre de sa colonne, et ceux du monas- 
tere de Saint-Bassianus dont saint Luc etait nouveau tbndateur ' avec 
tous les devoirs que ce titre comportait; des uns et des autres, on peut dire 
qu'ils avaient ete ä son ecole. Ce discours s'adressant a un auditoire com- 
pose en partie de moines, on saisit mieux parce qu'elles gardeut tout leur 
sens les expressions « lUynite selon le inoiide », cc notoriete Selon le monde » 
qui tombent plus d'une fois des levres de Torateur". 

Mais il n'y avait pas que des moines d'Eutrope ou de Bassianus daus 
l'auditoire, puisque des la premiere phrase de Texorde l'orateur « proinet 
d'exposer Luc, la nouvelle merveille de l'univers, aux acclamations unanimes 
de tous, et de ceux qui le connaissent et de ceux qui ne le connaissent pas », 
qu'une pointe est lancee en passant, ^71, aux Constantinopolitaines, pointe 
qui n'aurait aucun sei, si la capitale n'avait fourni un contingent feminin. 
Dans Uli certain sens, tous ces auditeurs etrangers peuvent se dire les 
enfants et le troupeau de saint Luc, parce quo durant sa vie les uns sont 
alles ä lui comnie ä un pere, ^ 34, 38 //; ßne, etc., et que, apres sa mort, 
les autres se reclament de sa protection et de ses priores. La peroraison 
ne les exclut donc pas absolument bien qu'elle ait plus de relief, appliquee 
aux moines, disciples du stylite. 

c) Aiiteur. 

L'orateur me parait etre un des moines dont saint Luc etait le pasteur, 
mais il n'etait pas du couvent d'Eutrope A la mort du stylite. il lialiitait 

1. Voll- i M. n. 7; ji 89, n. .!. 

2. Koffaixöv i5i(i)iia, (i 71 Pt 72; c(. ji 'i7; xo^juxr, nifijavEi«, g 72. 



174 INTRODUCTION. [30] 

Constantinople, et il accourut en tonte liäte pour revoir son pere et retourner 
ensuite a sa residence habituelle, ji 82-84. Se tromperait-on de beaucoup, 
en pensant que Torateiir appartenait au couvent de Bassianus et qu'il y 
occupait une place importante? üignitaire d'un couvent dont saint Luc 
etait le patron, on comprendrait facilement qu'il ait eu avec lui des rela- 
tions continuelles pendant A^ingt-sept ans, g 33; que, saint Luc ä peine 
mort, il en ait regu la nouvelle; que, saus hesiter, il ait brave une mort 
presque certaine pour se rendre au plus vite pres de la depouille mortelle, 
et qu'il ait ete cependant oblige de rentrer immediatement ä Constantinople, 
saus doute afin de tont preparer dans son couvent pour rinliumation du 
bienheureux. Ajoutons qu'ä ce titre il etait qualifie plus que tont autre 
pour insinuer les droits de Saint-Bassianus ä posseder le corps de saint 
Luc, '^, 80, et pour proclamcr que la restauration de ce monastere etait une 
des grandes actions du stylite, une de celles qui protegeraient le mieux sa 
memoire contre l'oubli, ibid. 



d) Date du discours. 

« Ceux qui avaient eu la meme vie et le meme zele parmi les sueurs 
du combat, ceux que leurs actions et leurs miracles avaient fait briller 
d'une meme et identique fagon, il convenait que leur memoire füt aussi reunie 
pour une meme glorification dans un meme et seul jour, et que, sur la terre, 
une fete unique, commune ä tous deux, füt solennellement celebree par 
tous les fidcles, en l'honneur de ceux qui sont vraiment unis ä Jamals dans 
les tabernacles eternels », ^ 79. Ces paroles du panegyrique donnent ä entendre 
que, conformement ä l'usage liabituel, l'eloge de saint Luc fut prononce 
le II decembre, ä quelque anniversaire de la mort du bienheureux. 

En quelle annee ? La question devient plus difficile : le discours ne ren- 
ferme aucuno donnee positive qui permette de fixer une date. 11 est bien dit 
que Constantin VII, mort en 959, est le dernier empcreur de ce nom, 
connu de l'orateur, ^ 54; mais Constantin VIII n'etant monte sur le tröne 
qu'en 1026, cela nous laisse une marge de quarante-sept ans. Et si nous 
apprenons que saint Luc est la nouvelle merveille de riinivers, g I , ou que 
beaucoup vivent encore de ceux qui ont eu part ä ses bienfaits, ^ 35, c'est 
encore plus vague. 

Par une autre voie il semble pourtant possible d'arriver ä une precision 
süffisante, et d'affirmer que le panegyrique fut prononce le 1 1 decembre 
d'une des annees qui vont de 980 ä 985 inclusivement. 

Le 11 decembre 979 est exclu parce que c'est le jour meme oü mourut 
saint Luc et q'-e le discours fut prononce lorsque le corps du stylite repo- 



31] INTRODUCTION. 175 

sait ilejä ä Saint-Rassianus, ^ 80. Oiianf ä l'anneo 98G et aux suivantes. 
elles seraient excluos par la raison que je vais dire. 

üu n'a pas oublie que la colomie d'Eutrope fut delruitc le 25 octobre 
986'. Quand notre discours fut prouonce, la colonne existait encore. La 
destruction d'uno colonne qui pendant quarante-quatre ans avait servi de 
logement ä saint Luc etait, dans la circonstance, un l'ait assez sensation- 
nel pour etre indique, ne serait-ce que d'un mot ; ce mot fait defaut'. II 
y avait aussi niatiere ä completer par un trait pittorosque le beau mouve- 
nient oratoire de l'exorde : « Au milieu dune mcr orageuse, en plein air, 
et sans abri, il recevait sans flechir l'assaut des vents et des flots », s'ecrie 
l'orateur, fi 8. Quelle belle occasion de souligner qu'une Ibis, apres la mort de 
saint Luc, « la violence des flots renversa la colonne si bien que le stylite 
qui s'y trouvait se noya dans la mer » ! 

Enfin. il serait etonnant que, la colonne etant detruite, on füt venu 
de Constantinople au quartier d'Eutrope pour y celebrer avec pompe l'an- 
niversaire du stylite. Domicile exclusif de saint Luc ä Eutrope pendant 
quarante-quatre ans, eile etait, semble-t-il, la seule cliose capable de con- 
trebalancer dans Timagination dos fideles l'attirance qu'exergait naturelle- 
nient la depouille meme du saint confesseur, au couvent de Bassianus. Cela 
lu'amene ä croire que le panegyrique a ete prononce au plus tard le I 1 de- 
cembre 985. Si on n'avait Fair de vouloir reglenienter l'Esprit-Saint, le fait 
qu'un auteur, ami du merveilleux comme le nötre, n'a cite qu'uu seul mi- 
racle, arrive apres la mort de saint Luc, placerait le discours plutöt vers 
980 que vers 985. 

ARTIGLE CINQUIEME 

NOTRE TKXTE ET LES SYNAXAIRES. LA MEMOIRE DE SAINT LIC. 

Avant la publicatiou de M. Vogt, saint Luc n'etait pas tont a fait 
oublie; les Synaxaires avaient conserve sa memoire. Comme sur plusieurs 
points ils contredisent ou complelent notre Vif, il ne sera pas inutile den 
faire la critique. 

Nous allons donner deux textes de Synaxaires, tous les deux eniprun- 
tes ä l'edition du P. Delehaye'. Nous appelons S le texte fourni ä Deleliave ' 

1. CA. supra, p. 18 sq. 

•2. Ün objectera que si, au moiiiunl du discours, un slylite occupail oncoro la colonuf, il etait 
ciJiivenable que l'auteur lul adressät un Souvenir en passanl. Mais pröcisement l'exorde ne coniient-il 
pas un long et pompeux eloge de la vie stylite on ?en6ral et de la vio stylite a Eutrope en p:irlicu- 
lier? Indireoteiiient cclu faisait savoir a tous (|ue l'on etait plein iradminitioii pour le eontinuateur 
de Saint Luc. 

3. \)v,i,EHx\E, Syniuar. licclcs. ('.oiislaiiliiKij)., UruxeUes, l'.io:i. 

'.. Oiir. eile. col. 301-304. 



176 



INTRODUCTION. 



[32] 



par le manuscrit de Sirmond et qui, mises ä part de minimes differences, 
est identiquc au textus receptus de l'EgUse de Constautinople; nous appe- 
lons Ba uu texte que Delehaye a reprodiiit sous le meme sigle parmi les 
Synaxaria sclecta ' . II n'est pas douteux pour nous que ces deux textes de- 
pendent en definitive de notre Vie (V) ainsi qu'il resulte de leur teneur 
meme. Le tableau suivant oü les trois textes sont mis en parallele permet 
de se faire une idee juste ä ce sujet. 



S 



Ba 



r'jliTotj. 



1 Tr, a'jxr, r,;j.spa ' [J.v/;ij.r, 
TO'j uniox) -aTOOi "öv.cov 

TOS £V -o> h'jxpo-to'j 
(/.ovacTVipfco 

3 O'JTo; "ov s-i T-^; ßa^t- "O; '^j-r,a-f vt iv tci; ypo'vot: 

■Xeia? 'Pwitavoü toO ys- 'PtdaavoO ToCi Fesovto? 

povTo; 

4 /.at RtovcTavTivou y^,"-- ''•^-^ KüjvjTavTtvou toO Hop- 

ßpoü aÜTO'j TO'J 7:op<pu- yupoyevvviTou . 

pOyEVVIHTOU 

5 zal Tp(TOuuiov AeovTO? 

ToO TO^UTaxou, 

6 -iTpiap^oCvTo; ©coyu'Xz- 

XTO'J 

/ yvr.iio'j U'.ou aÖToC toO 
ßacüe'cd; 'P(du.«V'ji), 

8 O'JTO? i [Ay.x.zpioi; 

9 iy. yr,; avaTo>^cüv dpjy.oi- öippT-j sV. yr,; ävaTo).(I.v, 



KoüX.ä TO'J SV TOlc E'JTpO-tOU 
»^TtjAtTOU 

cf. j;; 42, //«/(' 1 de la tni- 
dtirtiun, 

cf. g 54, 



10 



TaTspe; tüiv i(p' •/; X'!ou 

ävaTo'XMv, jJ 10, 

Oe'jAaTO; TÖiv 'AvaTO>.i/.ü)V, r, tt,v —?,; 'AvxTOAvi? 

STTdjvufAiav ^a/o'j'ja ycopa, 
ibid. 



xyo 



'/}■'?" 



Le m^me jour, memoire de notre '7iiint Luc le nouveau slylile. 11 vecut ä l'epo- 

pere Luc, le nouveau stylite, celui du mo^ que de Romain l'Ancien et de Constanlin 

nastere d'Eutrope. II vivait sous le regne Porphyrogenete. Cc bienheureux etait ori- 

de Romain rAncien et de Constanlin son ginaire du pays d'Anatolie, du theme Ana- 

gendre, le Porphyrogenete, troisieme fils tolicon, de la localite d'Atyokome, de la 

de Leon le tres Sage, sous le patriarcat de Bande de Lampe-'. II etait Hls de Cliristo- 

1. Om\ eile, fol. 299, SOO. 

2. Le 11 decenibre. 

3. Notre tradue'on suppose le te.\te corrige. Voir plus bas, p. 40, n. 5. 



[33] 



INTRODUCTION. 
Ba 



177 



12 UIÖ5 X picTOipo'po'j xai yevvvijjia üxapyMv XpiCTOopo- 

Ky-Vr,;. pou ■/.al Rjcay;; 

1^{ Ox'jjj.xuTwv /.al CS— T<ov yev- 

14 SV a'jTXpXSl« ß'.O'JVTWV 



YEwpyi/t'o sTTtCT'oy.r, cyo/a- 



-OVTCüV 



IG 



/.ai GTpaTltdTlX.Y, /.OUSTwÄtZ 

)caT£t>.£Y[y.sv(i)v . 
"Ots O'jv ö Bou>.Yapwo? "Otj o'Jv ö Bou>.Yapi/.ö(; 



T70/£rA0C £/.lVr[9lf), 
18 TOTS Xal TOÖTOV £;; TYjV 

£/,(jTpaT£iav jl'XxEv r, Töiv 
•/.oscTO'jVTtüv -pocTac'.;. 
19 

20 SuppayEVTos o£ toO ävj-o- 

i7TaT0U £/.£lVOU 7T0>v£jJ(,0U 

21 "/.al -oa),ö>/ aup'.ai^cov y.x- 

Ta-£i70i(5öJv, xü-ro; ßi'z 

-£pi(7ü>0£l? 



■reoX£ao? £)C(.VTiOy), 



Oei?, —avTcov xocTa-£(jov- 

TWV, 



22 Tov [Aovr.pvi ßiov it-iayt- tÖv [Aov/ipri ßiov Oiradu, 

Tai. 

23 SEpy.zTtvov yiTcovo. iTEOiSa^.- 



cf. (7*jV/. 

ev a'jTapxeiy. . . . tov ßiov 

dtavüovTEC, //>/(/. 
YEwpyiJffi? e;/.-eipia? stticttI- 

av; 5-/olz!^ovT£;, t'ifV/. 
/.xl GTpaTiWT'./.rj y.ouTTw^ia 

y.aTa'Xsyo'ui.svot, (i»/. 
TÖv y.x-y. Bou'XYapcüv . . . 

7cd>>£(;(,ov, ^ 11, 
•/.al y.'jTÖ; ctc tviv /.kt' 

a'-iTÖJv excTaaretav cuvs- 

TTpaTEÖcaTO, i'ii'f/. 

ö/tTwxaiSsjcaTov etoc ay^v, 

toG tote TroAEjAOu Guppa- 
yavTOi;, g 12, 



cf. § 12, 

TÖv y.ov/)S'/i ßt'ov aijTvaijaGÖat 
Äepy.äTivov yiTöJva äadstaux- 



24 
25 



Ep[;.aTtvov viTtova tteoic 
),ou.£vo;, 

ÜTTcoTvtä'Cwv t6 sauToO TÜpia üirwTViaCwv. .. TÖ(7üi(i.a, g 13, 
j^po'vot; e$. £TCi yjii'^o'^ l^aETV), ibid.. 



Theophylacle, fils legitime du meme basi- phore et de Kaie, personnes dignes d'admi- 

leus Romain. II etait originaire du pays ration et de respect, qui vivaient dans 

d'Anatolie, fils de Christophore et de Kaie, l'aisance, s'adonnaicnt ä la science de la- 

l.ors donc quo la guerre conire les Bul- griculture et faisaient parlie de la garde 

gares eclata, l'ordre des chefs le requisi- militaire. Lors donc qu'eclata la guerre 

tionna pourl'expedition.Quand se fut livree contre les Bulgares, 11 ful requisitionue lui 

cette impetueuse bataille oü des milliers aussi sur Tordre des chefs, etant äge de 

et des milliers tomberent et qu'il eut dix-lmit ans. Ayant echapjie ä grand'peine 

echappe lui-meme ä grand'peine, il em- durant cette guerre alors quo tous avaient 

brassa la vie monastique. 11 faitdes progres pt'ri, il embrassa la vie nionastique, rcvßtit 

PATll. on. — T. XI. — F. i. 12 



178 



26 



INTRODUCTION. 

Ba 

Mexä Sl T&v eiy.ooTÖv ts- 
rapTOV ypo'vov ty;^ aÜTOu 
■/;AH«ac 



27 Kai 7:pox,di]/a; sv t-^ 

äcjCTlCEl., 

28 j^EipoTOVEiran irpeo-ßuTE- j^^EipOTOveixai -p£c€uTEpo; 



[34] 



Metz tyiv ou[j.TC'X-/ipto(;tv toS 

El'/.OdTOO TEXapTOU ^pOVOU 

«'JTOO, § 13, 
7:pö; Yjv (itpoxo-viv) ... /.y.- 

TavTVi'aai;, g 13, 
T/iV ToO iroEiS'jTE'pou y.^'pO" 

xwicn k^cL^vfiica, ^ 13, 



x.aTaTpuj(^tov auTO'j to 

(7{i)[XZTtOV 

30 y.al j^avipicco v/ictei's; 



piüV ßotpUTYlTl, 



(7l^'4- /Ca.T£Äz[J.a{^EV, ^ 12, eV, TE 

Tfj; Töiv (TiÄvipwv ßapur/i- 

TO?, ^14, 

T/;v £TrTav)[;.Epov ' o'.avjtov 
vv)(7T£tav, J:} 1 'i, 



31 wr.^iv ETspov -apE^ xr,; ix-ziSev ETfpov ecGuov vi [XfJvov [;."/i^ev ETEpov scOiwv TrapE^ 

t ' nii c\jvir TT«/".* T-Ti *• TT-f.ffVriii Ff i 



7rpoo-AOp.t,o[j.EV7i; Tuap 
(XÜtoö irpooipopai; /lal 



Tr,; 7vpo5)ioii.i"(oy.EV/ic 'j::' 



TYl? — COCXOalCjOy.EVYi; TCpOC- 

Oiopac [7.ETZ Aayzvwv 
öj[x.fov, /(.«l TocOra xara 
e; •^[«px; ' . 

32 Rat £7:1 (XTu>.ou ävaßa; lipo? toütoi; ituXov SofAr,- (7T'j)i0v r^orr/j'jäp.evo? [j.-/ix'.<itov 
■/caiTpEic ev aÜT(o Äta.?/.£- (jajAEVo; woeI TT/ijrtüv öjceI if/i/üv öuox.ai(^£/,x to 



auTOU Ttp&TCpopai; y.Exa 
^aj^r.vtov aypwov. Kai 
TaüTa..., jj 14, 



rpEi? I 



(7a;/.EVoc 



,';ti, 



Tpiirlv rät ypovot? ÄtvipjCE- ypdvot; EvaÜTw... ötExap- 

GEV ECTOJ; Ell' aÜTOiJ. TSpTl^EV, ^ 23, 

33 ÖEt'a? aür/i'/too; otovTi? ©Eta; te 'fow,; TptTOv tt,? ^wv/i? £X TptTOu OeoOev 



Eyovoj; 



a/.o'jua; 



YEYEVVlaEV/l? iitOUTtcOEt?, 



?$ 24, 



34 



e^ETkÖE, XEyoüffri?, w; o 



g l«, 



dans l'ascese et on l'ordonne pretre, il se un habit de peau et maltraita son corps 

Charge de fers et epuise son corps; pendant pendant six ans. La vingt-quatrieme annee 

six jours, il se Ihre au jeüne, ne mangeant de son äge etant revolue, il est ordonne 

rien autre chose que l'oblation Offerte par pretre; il se dompte par une foule de mau- 

lui et des legumes crus. II monte sur une vais traitements et par la pesanteur de ses 

colonne et y reste trois ans. Alors, il entend fers; il ne mange rien autre chose que 

une voix divine qui Tappelle : pour lui l'oblation qu'il offre, et des legumes crus, 

obeir, il vient ä TOlympe et. de son plein et cela tous les six jours ^. De plus, il se 

1. Sur i?ari(jiept(>, inraiinspov, £$ i\[i.ifai, vuir g 14, iiote 2 du texte, et la nole ci-dessous. 

2. « Tous les six jours », xaTi s? :fi(iE(sa; qu'il n'est pas possible de Iraduire par « tous les sept 
jours », coranie le demande la suite des idees. La legon du manuscrit est condamnöe par le 
contexte qu'elle reri incompröhensible et par les passages paralleles de 1' et de i'. La lecon primi- 



[35] INTKüDUCTION. 179 

S Ba V 

'AßpaajA, ToG TraxpixoCi -roO TCaxpt/.o'j ol'xou 'Jiroyiopyi- 

oi'y.Qu » ', 171V, Und. 

15.") Tvi; £V£Y''-*y-E'''';? zTCzca; S7rxv;(7TaTat rr; svEyy.a- 

y.svr.s, J; 25, 

.36 /.äI TÖJ •/.aAE'javT'. i-r,u.i- /.xi ... TW ... xa/oOvTi ... 

vo;, jx6(A£V0(;, ibidem, 

'■il /.«Tx'Xxjy.ßavei Tov Oauj;,- ij.iziS-fi Trpo; t'j 'O/.uu.-tov tcsoi; to '07vU[/.7:'.ov ... oio; 

7Ü0V, OSO? älTOTpSJ^Sl, ?; 1^7 

3(S liÖov ö); oia Ttva /.vipt.ov xal 7vi0cv ü; oix ■/./iij.ov li'Oov w; oiz T'.vx /IY1u,öv 

j/.ouijtov sfißxXojv T(ö Tiva i/touciov epißaTiCov roj sy.ouoiov ItAfiaTvWv tw tSiu 

(rTO[Ji.«T'.. (jTo'iJ.«Ti, ouTO) ÄtviYev. moij.oLT., ibid., 

.S9 Kai SV TY, ßacctXiö'. twv 'EvreüOev rpo; t-^v ßacw.iiJa EvTe'jOsv ...eitl ... twv ttq- 

ttqAcWv epyexai, täv ■tto^.swv irapz ÖsoC letov ... tviv ßadili^x ... 

TCe'aTTETxt iiTTO toO ©eoCi — £[z.7rf- 

Tai, § 25, 

40 £X Oet'*; acTTOxa'XuJ/ew? i^ «-oxaWtj/ew; Oei'a;, töff/. 

41 ' y.al uravTa vxov ayiov 77£p'.- tou; xavTa?... vaou?... U- 

vo(jTyi5«[ji.evoi; pou? Tr£pt£>.Ocov, ('6td., 

42 Xal TCLGTEl TOJ 0£äi TOC? SÜ^K? X.al TtGTc! ... TOt^ ... £'jy XC 

ärcoi^ou; Kupitp aTto^oü?, ibid., 

4.'{ xaxerOcV äiui T/)v Xx^v/.-/;- i-Ki tt, twv Xa>,y.r,SoV£'cDV etcI Ty;v töv Xa).x-/)Sovudv pirr 
o6•^x d'.a§a'!v£i, ■7vd>.£i ÄieS-/)" TpöiroT^iv ÄtETrepacsv, «6. 

44 y.Xl TÖi TTpOEUTOJTl TTJ? £y.- TW WpOSCTWTl T"^? EXsToE 

gr6, se met une pierre dans la bouche en bälit une colonne haute d'environ douze 
giiise de frein. Ensuite il arrive dans la coudees, et pendant trois ans il ne cesse 
reine des villes d'oi'i il passe ä Chalcedoine. d'y demeurer. Puls, entendant une voix di- 
Lä, il monte sur une colonne, et y accomplit vine qui lui dit par trois fois ; « Sors comme 
des milliers de merveilles. Apres quarante- Abraham de la maison de ton pere », il 
cinq ans passes sur la colonne, ayant bien abandonne le pays natal, se dirige vers la 
combattu, il emigra vers le Seigneur. montagne de l'Olympe, et s'etant mis de 

plein gre une pierre dans la bouche en 
guisc de frein, il passe la sa vie. De lä, 
c'est vers la ville imperiale qu'il est envoye 
par Dieu, ä la suite dune revelation divine; 
il visite tous les saints temples, s'acquitte 
avec foi de ses voeux envers Dien, puis il 

live iluit 6tn> zari äitra fifisfa;. L'auteur de la iiotice (ou le copisle) s'esl lalsse tioiiipei' par la leroii 
iii-igliiale do r, e5ar,ji£pov /»i^TEtav ay.oXäCEi (cf. ü l'i, nole 2 du texte), et ii'a pas vii ((ii'U aboutissait ä un 
contre-sens. 

I. Ba s'est rapproche icl de Gen. xii, 1; mals rinlluence de l' so fall encore sentlr dans les inots 
TO-j TtaTfi/oü oixrj-j, alors i|iie Ccii. lit toO o'ixoj tc-j naTpö; co-j. 



45 
46 

47 £v r, -/.iov. ■:Tpo<7£— iß«; 

48 



49 
50 



180 INTRODUCTION. 

S Ba 

•/."kfisicLi evTuywv Mi^avi'X 

Touvojjia 
xal cu[/,So'j>.ov to'jtov AaSwv 

iv/iXOsV £771 TOV yJ.ovx. 

'O-o'da o£ T£ip«TV)'pta /.ai 

<po€7)Tpa Ü'7r£;X£lV£V 

TW xaücwv. <iuy/.a'.Q[/.evoe 
y.xl TW TrayeTw tv)? vux.tci? 
cupnr/jyv'jjAevo? , }tpu[jLOJ? 
T£ xal öfißpoi; xal vt©e- 
TOt? TaXai7cwpoupi.£vo(;, 

51 OÜ ''JUVOCTOV £(JTl /.sy£'.v r, 

ypz(psiv. 

52 y.upuov 9au7.aTWv y.ÜTOup- Ta oe 'j— ' aÜTou y£vou.£va 

yoc y£yov£v OaüpiaTx 'J-EpSx'VEi x.at 

vo'jv xai oixvosxv. 

• ))} OcX £/.£lVOC TV) TO'J Xci- 

l 

CTO'J •j7r£[J.£lV£ yä.ClT'.j £Ü- 

](^rj j^.ov/i it;e-Xy)pwc£v . 

54 iE, ö)v x.ai ö T-fl? £)t(^yi[A;a: 

aÜTOu y.y.'.pöc of aTToxa- 
).uij/£u? eyvtopwfJr,. 

55 n£pi(jT£pa yap xaTaTTTaca 

56 -/.ai —flv x.xTx-a'jciv twv 

-oWvöJv xÜto'j — ovwv -so- 



[36] 



TrporJ7i)if)£v r/.x.Arifjix? 
Mij(^a.v]X £X£tvoc, ^ 26, 
cf. i'i/W., 
x-Aii^a/ci Tivi yp7ii7y.[/.£v0(;, //;. 

£7rt€xiV£l TCO /tlOVt, 11)1(1., 

ajXoi. iretpaT^pio, . . . /.oa «pdSy;- 

Tpa TTOf/tl'Xa T£/(.TXIV0V?£C, 

§ 29, 
öioafjL«; T-?;? 'J::o[AOV7i?, g 8, 
T(rix.au(TMvc'T£<Juy)!,ai6[A£voi;... 

■/.al T<I)-ay£Tw t7;?vuxto; 

(TupiTiViyvupLEvo; -/.pufioi; 

xal öpiSpoi; vifpETor; ts . . . 

Ta.'Xa'.TCojpoij[x.£VO?, j/ H, 
cf. 'passim, 



et". p(issi)n : note gene- 
rale de toute la Vie. 

cf. passim, 

x.aTz Tiva hiix'i... k~<s/A- 

>.'ji}*t.v . . . -pö T-flc Upä? 

V/.^%\JAXZ..., g 81, 
7U£pt'7T£pav ... /.XTaTTTÄ^av , 

ibid. 



passe dans la ville de Chalcedoine. 11 se presente au chef de cette eglise nomme Michel, 
prend conseil de lui et, se servant d'une echelle, il monte sur la colonne. Combien 
d'epreuves et d'epouvantails eut ä subir cet homme d'acier, brüle par la chaleur, glace 
par la fraicheur de la nuit, souffrant des irimas, des pluies, de la neige, il n'est pas 
possible de le dire ni de l'ecrire. Les merveilles qu'il a accomplies depassent Tesprit et 
la pensee, et tout ce qu'il a endure par la gräce du Christ, la priere seule le lui a per- 
mis. C'est pourquoi le temps de son emigration lui futaniionce par revelation : en eilet, 
une colombe descendit en volant pour lui predire ainsi la fin de ses nombreux travaux : 
en regagnant les hauteurs, eile signifia le trepas du juste. Releve de ses travaux et de 
ses sueurs immenses, il s'en alla vers le port sans tempetes, apres avoir passe quarante- 
cinq ans sur la colonne. 



37j INTRODUCTION. 181 

S Ha V 

u.YlvucaTa, TvaXiv tüv cl. ihid. 

£/.Är,[/.i«v ToO . 'i'.x.aio'j 
-po5ir/ivt«7Sv, Öte x.a'i töv 
äiASTpwv iifjTrcov y.y.i topü- 
Twv ävE^el;, 
.')/ TTpöc Tfjv i/tujAaVTOv aeTs'oTVi 

ÖcS TSTcapaV.ovxa tcevts /po- ypovou; [;.£ -Ivipüca; äv tw [astz ypovouc sviauc^cnj^ te't- 
vo'j; -V/^ptoija; ev tw xiovi. 7apa; Ttpo; Tsdjxpz'/.ovxa, 

/.lovt, f) 79, 

.")U x.xl x.a'Xto; iycüvi(jZji.evo? 

(iü -po; K'jpiov iiiSr,[i.-n'7E. tvi? -tc/UTO'j ävÖY,aiy.<; Tvpo; 

Kupiov, j; 81. 

Apres une comparaison attentive de ces trois textes, il iie parait pas 
possible de nier la dependance directe ou indirecte iion seulement quaut au 
fond mais aussi quaut a la forme. 

A premiere vue, il semble bien que uotre Vie a ete raise ä coutributiou 
par Ba. Toutes les expressions emplovees par Ba et par V ont dans V leur 
eontexte naturel. Ce n'est qu'en detacliaut uialadroitement un passage de 
r qu'on a pu dire par exemple que saint Luc s'etait mis uue pierre dans la 
boucbe, et qu'on n'a pas indique dans (juel but. Ajoutons que, dans notre 
Vie, la Chronologie se suit saus lacune, (andis qu'il est impossible d'etablir 
une Chronologie d'apres Ba. 

D'un autre cöte, tout ce qui se lit dans Ba se retrouve equivalemment dans 
y, sauf les points suivants. Ba contredit V en envoyant saint Luc au mont 
Olympe apres trois ans de vie stylite, puis en lui faisant passer quarante-cinq 
ans sur.la colonne d'Eutrope. De plus, Ba connait le nom du pays natal et des 
parents de saint Luc, sur lesquels V ne nous renseigne pas. Ces divergences 
et ces additious donnent ä entendre que Ba ne depend pas directement, et, en 
tout cas, pas uniqueuient de V. 

Si maintenant nous comparons S a Ba, nous remarquerons que S est 
beaucoup plus court, mais que le cadre de la notice est absolument le mdme : 
simple resume biographique; tous les miracles qui forment la grande partie 
de la Vie sont, comme dans Ba, signales d'un mot; la suite des evenements 
est identique : saint Luc est envoye au mont Olvmpe apres trois ans de vie 
stylite, on le laisse quarantc-cinq ans sur la colonne d'Eutrope, et, si on ne 
cite pas le nom de sa bourgade, on n'oublie pas de mentionuer le nom de ses 
paronts. 



182 INTRODnCTION. [38J 

Au point de vue de la fürme, S reproduit textuellement certaines expres- 
sions de Ba qui ne sont pas daiis notre Vie : (e/. y?,; 'Ä.vaTo>.wv) öp[j.w;j.evo; {Ba 
üipjxviTo) (9), 0T£ oüv ö Bo'j>,yapi-/.0(; TtoXejAo; sy.ivviÖv) (17), ' ß''a ■jrept'jCoOeic (21), 
^eipoTOveiTai ivpeTÖ'uTEpog (28), TSTaapa/'.ovT« irs'vTe ^povou^ it^vYiptoia; ev tw xiovi (58). 
Cela donnerait ä croire que S depend de Ba directement, mais il y a une 
difliculte. Certaines expressioiis de S sont dans la Vie sans etre dans Ba : 
ainsi /mi toOtov sc; tviv exsTpaTSiav ... de S (18) est ä comparer k y.yX aÜTo; ei; 
Tviv ... ez-sTpa-Teiav de V, alors que Ba donne seulement £i>./.eTai xal ou-ro;; S 
donne cuppaysvTo: 8k toC ävuirociTaTOu s/.eivou ivo'Xs'jxrju (20), et T lit toG tot£ 7:o>.£[;.ou 
cuppaysvTo; tandis que Ba n'a rien de semblable; x.a.l tw •/.aliimri ettojaevo; (35) 
de S repond ä /.ca... rCJ... xaXoOvTi eirö^aevoi; de V et n'a pas de correspon- 
dant dans Ba; 7rpo)cotj;a.; ev tyI i.r,y.-'n(ji\ (27) de S a au moins pour äquivalent dans 
V Trpo? -/iv (7üpoy.oT7-/iv) x.aTavT-ooa? lequel n'a pas de correspondant dans Ba; xal 
e^avi[;.spw v/i5TEta cyjj).7X,i\. (30) de S repond mieux ä t-/)v i7rTa-/i[j,£pov Ätavucov v/icTeiav 
de V que le simple s^ -/ippx? (31) de Ba ; nialgre son eclectisme, [j-oSev mpov 
Ttape^ T^; 7rpo(7/',op'(Oja£VV)i; Tvap' «ÜtoO Ttpoccpopa; y.y.i Xaj^avuv (ofy.öjv £(76; wv de S(31) se 
rapproche plus de [j.-n8hi £T£pov etÖicov xxps^ Tvii; ivpoTnofAiJ^ojAEwic ütc' a''jTO'j roou- 
(popa? Hai 'Xayzvwv «ypiMv, legen de V, que de y.viÄjv ETEpov ecÖiwv vi [j.o'vov ty,? 
■;vpo(j"/.o[i.i^0[7.£v/i; TTprjdcpopX^ [xstz layzvwv coy.üv, legon de ßrt. 

On ne peut penser que .S et Ba dependent directement tous les deux de 
la Vie, car on ne s'expliquerait pas que tous les deux soient tombes juste 
d'accord sur certaines expressions absentes de T, sur le meme arrangement 
des faits, et sur le meme chiffre de quarante-cinq ans au lieu de quarante- 
quatre, passes ä Eutrope. Une hypothese qui concilie tout, c'est d'admettre 
que S et Ba dependent tous deux d'une source commune. Celle-ci, tout eii 
empruntant presque toujours ses termes ä V, l'avait ramene ä une redac- 
tion plus breve, l'avait remanie, l'avait complete par des renseignements 
particuliers, ot par une Chronologie plus precise en apparence, plus indecise 
en fait. A cette source, ont puise presque textuellement Tun et l'autre S et 
Ba, sans s'interdire du reste des changements de forme par-ci par-lä ^ Ba v a 
puise plus longuement, tandis que *S' s'est niontre beaucoup plus succinct, 
ce qui ne l'a pas empeche toutei'ois d'accueillir certaines donnees que Ba 
n'a pas acceptees, ä moins qu'elles ne soient absentes de ce dernier par 
erreur de copiste^. 

Admise la source commune, quelle autorite merite-t-elle quand eile 
contredit ou qu'olle complete notre Vie? 

Etablissons d'abord les dates. Selon toute vraisemblance, notre \'ie a ete 



1. La diffeience de chiffre entre let.s provienl selon nous d'une taute de iopi>te. Voii' ji 14. note 1 
du te.\te et plus haut, p. 34. n. 1 et 2. 

2. C'est süremenlune faute de copiste qui a fait öerire a Ba 'attixw|i. Hxväo-j)v«(i7ni;. Cf. infra. p. 40. 
n. .1. On est autoris^ a en admettre d'antres. 



I 



[39] INTRODUCTION. 183 

(•omposee, nous l'avons dit, au plus tard le 11 decembrc US.). Le manuscril 
i|ue nous en possedons n'est pas l'original, mais il est d'uu äge tres respec- 
table puisqu'on l'attribue au xi" siecle'. .S date du xii'-xiii° siecle'; quant 
ä Ba, il remonte au xii" si6cle% mais sa notice est identique ä celle d'un 
manuscrit qua Deleliaye d^signe par Fa et qui est de 10(j;{\ II y a plus : le 
Synaxaire /•>/ ofFro sur presque tous los points une resseniblance si parfaite 
avec un synaxaire F que l'liypothese d'un original commun ä tous les deux 
s'impose d'elle-meme ; er, F est de l'annee 1050 ^ Des lors, la source commune 
de Ba et de V'est ä placer non seulement avant 106.'} mais avant 1050, peut- 
etre avant notre manuscrit de V, et, en toute liypotliese, pas longtemps 
apres. Nous avons donc lä un temoin aussi autorise que V, ou peu s'en faut, 
ä nous renseigner sur la vie de saiut Luc; en cas de contradiction ou d'addi- 
tion nous ne pouvons les departager que par la critique interne. 

Xous avons vu que la Chronologie suggeree par notre Vie est d'une 
solidite inebranlable, et concorde rigoureusemeut avec toutes les donnees 
fournies par le texte et avec ce que nous savons de l'liistoire byzantine. Si 
Ton admet, contre notre Vie, que saint Luc a passe trois ans sur une colonne 
avant d'aller a TÜlympe (oü il reste trois aus — et il faut cornpter cinq ans 
entre deux, dont deux ans et demi ä Lagaina et deux ans et demi dans une 
grotte — ), il ne sera plus ä sa place lors de l'hiver de 9;};{. Je conclus que le 
redacteur de la source commune a ete distrait en commettant cette inter- 
version. On doit meme dire que sa distraction a ete tres forte dans le meme 
passage; en elfet, l'expression Hhol; t£ cpwv?,; tsitov äxo'jca:, qui dans Ba sert 
d'introduction ä l'envoi au raont Olympe, provient evideniment de l'expres- 
sion ■zy.'jTr,; ty;: ipcüv^: iy. rpiTOu ÖsoOev y£y£v/;u.eV/i; kx.O'jtkjOsÜ (33), qui, dans notre 
Vie, separe le sejour sur la colonne de Phrygie de Tenvoi ä Chalcedoine; de 
plus, cette e.xpression qui, dans S, est devenue öeia; aOr/iV-oo? «ptov^? Yeyovw? (33), 
y est suivie immediatement de y.al tw y.iiKiayyc: siroasvo;, replique non douteuse 
de xal... Töj. . /.a/.ouvTi... sTtdaevoc (36), par lecjuel notre Vie envoie saint Luc ä 
Chalcedoine et nuUement au mont Olympe. II y a donc ici une suite de 
quiproquos amenes par le f'ait d'une premiere distraction. 

D'un autre cöte, si saint Luc est reste quarante-cinq ans accomplis 

1. \oii- plus haut, p. 4. 

•>. Analectu BuUaiul., t. XIW 1895, p. 408. La uotice de .S so lit aussi dans Ic Paris. 248Ö {.xir s.). 

3. Deleiiaye, ouv. eile, col. xxiv. Ba — Cod. /'ans. 1589. 

'i. Dei.ehave, ouv. eile, col. .xxi. fa = Cod. Paris. 1.590. 

5. Gf. Deleiiaye, ouv. eile, col. xx sq. /■■ = Cod. Med.-Laur., Sau-Marco 787. a Milii constat, ecrit 
k: V. üelehaye au sujet de ce manuscrit, Florentinum cxeiiiplar (= F) in oninibus fere, otiain si exler- 
nani lanlum faciem specles, Parlsiensi ( = fa} similliinuni esse, et eodeni loco, ex eodem prototypo, 
paiieis inlerjectis annis, eadem forsan manu e.\aratuin. Pioin excerptis ex codice Fa felic!ter ea com- 
plentur quae ex F proferre polui ». Ouv. eile, col. xxi. Le P. Delehaye regrette de n'avoir pas eu la 
faoilili:- d'utilisei- ä loisir et par cons^quent de citer plus souvent ce synaxaire. f s'6tend de seplembre 
H fi'vrier : il contioni donc une noliie do saini Lur le stylile. identique a celle de f-'n. 



184 liNTRODUCTIüX. , [40] 

au Heu de quarante-quatre sur la coloiine d'Eutrope, il n'est pas possible 
qu'il soit mort un jeudi 11 decembre et que soient encore remplies toutes les 
conditions chronologiques imposees par le panegyrique ; l'avantage, de ce 
chef, reste toujours ä notre Vie. II est bon de savoir que dans celle-c-i les 
cliifTres sont ecrits en toutes lettres : TSGcapac irpo? T£(;(7apax.ovT7. (58) ; dans Ba 
ils le sont en abrege : ^i-i'; rien de plus facile ä la source de Da d'avoir, sans 
y penser, ecrit [m' au Heu de y-S' . 

Quant aux renseignements sur le Heu de naissance et sur le nom des 
parents de saint Luc, la source commune est assez rapprochee des evene- 
ments pour qu'elle ait pu les transmettre ä bon escient sur des temoignages 
veridiques. La seule cliose etonnante, c'est que le panegyriste ait omis 
ces donnees qu'il n'ignorait sans doute pas, et n'en ait pas profite pour se 
livrer comme pour Alype et pour Euthyme ' ä uns Variation si facile sur les 
noms de Christophore et Kaie. Attendu que le texte de la Vie n'ofTre pas 
la moindre trace de lacune dans tout le passage, il y a eu peut-etre habi- 
lete de la part de l'orateur. En designant trop clairement Christopiiore et 
Kaie, il lui eüt ete plus difficile d'ajouter un trait au parallele entre Job 
et saint Luc, parallele qui est une de ses preoccupations favorites -. En 
citant prosaiquement le nom du Heu de naissance, Atyokome, il eüt proba- 
blement ete gene pour enumerer « les liommes admirables et de grand 
cceur » qui y avaient vu le jour\ En parlant en termes clairs du theme 
Anatolicon dont tout le monde connaissait la position et l'etendue, il se 
privait de l'avantage que lui procurait l'expression plus vague et plus solen- 
nelle, -h t-^v t-ä; AvxTOAr,; 'luvüvuy.ov E7cwvu[;,(av \%jo~j>so. }^«<>poc, § 10, de pouvoir 
placer saint Luc pres de Job ä titre de compatriote ! 

L'omission qui se remarque dans notre Vie'' etaiit ainsi justifiee, il 
n'y aurait Heu de mettre en doute les renseignements nouveaux, que s'ils 
ne cadraient pas avec l'ensemble du recit. 

Rien ä dire sur les noms de Christophore et Kaie. Y avait-il un 'Attixu^. 
dans le theme Anatolicon? Cette bourgade etait-elle, comme le demande 
Ba, assez voisine d'une ville appelee Aajj.Tv/i ', et, comme semble le demander 
notre Vie, d'une ville appelee SeSätoTv-; " ? 

1. Voir plus haut, p. 8, n. 2. — 2. Voir g 8, 10, 22, 28. — 3. Voir g 10. 

4. L'omission ]iar .s du lieu precis de la naissance n'a pas besoin d'etre justifiee, puisque nou;^ 
avons affaire a un rösume pour qui la menlion Ix yj); 'Ava-oXüv ötait sullisante. Par contre, 5 a en 
plus la niention Ttaxpiaf^oüvTo; OsofuWxTou ■[■vtiocou 'jioC aOtoC toü ßadiXs'u; 'PujjiavoO, absente de Ba; il 
a pu l'eniprunter ä la source commune; dans />'«, eile aurait t5t6 oniise comme inutile ou par un acci- 
dent de copie. J'attribue a une distraction l'absence de nap' aOtoO ou in' aOtoü apres rij; npoaxojitljo- 
[lEvrn; mais la legon 'Attixwjj. Bav&o//.äiuiri; est plutöt une marque d'ignoranee. Voir la note suivante. 

5. Le texte de Ba porte Bav8ou>.ä(i.mi; en un seul mot. Avec Fa il laut lire en deux raots Bivoou 
.VänTiri;; le mot ßixvSov (terme d'origine geraianique, en francais bände) designait le territoire qu'etait 
charg6e de garder une hantle ou division inllitaiie. 'At-joxwiiri ou 'ATj^xcipiov dependait donc de la 
division milltaire q ä tenait garnison ä .\öij.jrr,. 

*1. 'ETti'TXOTir,; Tivor... rr,; xaXo-jtievT]: IsSaTTr,;, ^ 17. 



L4ij INTRÜDUCTION. 185 

W.-M. Ramsay nous parle d'un 'ÄTuoicwaY) ou 'AT'joycopiov, bourgade 
de Phrygio, situec sur Ic Meandre, entre Motella (Modele) et Dionysopolis 
(Orta-Keuy) '. Lampö est bien connue^; de inenic Sebasto (Sebasly), siege 
d'un ("vr-ciie di'pi'ndant de Laodic^o cn Plirygie Pacatienne'. Toutes deux 
se frouveiit dans le thömo Auatolicon, eu Plirygie, et dans la regioii d'Atyo- 
konie ■'. Sous le terme barbare Attixojjjl, personne n'liesitera pas ä recunnaitro 
ÄT'jo/C(J[x.-/i, liou de uaissame de saiiit Luc. 

Pour en finir avec les Synaxaires, disons qu'un manuscrit du xii" siecle, 
apres avoir doune un texte identique, sauf quatre ou cinq vetilles, ä celui 
de S, ajoute le renseignement suivant : « On celebre sa memoire dans lo 
couvent de Bassianus qui se trouve pres du Deuteron et oü son saint corps 
repose '. » 

Tant que la colonne tut en place, le peuple, pour honorer la memoire de 
saint Luc, dut se partager entre le quartier d'Eutrope et le couvent de Saint- 
Bassianus. Quand la colonne eut disparu, sans doute les meines d'Eutrope 
continuerent chaque annee ä solenniser l'anniversaire du 11 decembre, 
mais, autant que nous le sachions, les documents sont muets. Quant aux 
fideles de Constantinople, il est fort probable qu'ils ne passerent plus la mar 
pour s'associer ä cet Hommage; ils prefererent se rendre aupres du tombeau, 
si bien que peu ä peu le couvent de Saint-Bassianus devint le seul endrnit 
oü on les invität oHiciellement ä celebrer le souvenir du stylite. 

Au xiii' siecle, exactement en 12Ü2, sont mentionnes les bätiraents de 
Saint-Bassianus ou du metochion des Elegmoi ". Ces bätiments etaient sis 
dans le quartier genois, par consequent dans le Galata actuel. L'expression 
(jui les designe est assez ambigue, puisque le couvent de Saint-Bassianus 
etait dans la Byzance proprement dite, au Deuteron', et le couvent des 
Elegmoi en Anatolie, dans le tlieme Opsikion*. La conciliation la plus na- 
turelle serait de supposer que ces bätiments produisaient des revenus dont 
une partie allait au couvent de Bassianus et une autre ä celui des Elegmoi ; 

1. Cf. W.-M. Ramö.w, Thf Cilies and liishoiirUs of Pliruffia. p. lil. l'i«, 580, 58'i, ii. 3, et 587. et 
The historical Geography of Asiii Minor, London, 1890. p. 136. 

2. Cf. K.\MSAY, The Cilies..., p. 227 sq., et The hisloi-iral Geography..., p. \:W,. 

3. Cf. Rams.w, The Cilie.^..., p. 581 sq., et The hisloriral <leography.... p.'i'Ki; II. C.ei.zeh, Lnge- 
drüelite... Texte der .\olitiae Episcopaluuiu. HtöO, p. 540. 

4. Le lecteui" s'en rendra compte facilenient en consultunt dans The <:ilie.i... de Ramsay la carte 
Wesl-Central Phnjgia, et en la comparant avec celle qui lermine l'etude de Geher intitnlec Hie 
(ienesis der bijzanlinisclwn Themenverfassung, Lipsiae, 189!l. 

5. TeJ.siTai 5^ r, aÜToC |Jiv>iixri vi zr, iiovrj -.vj iuiw Baiiavoü ti) oOir) -nlTiiivi t'jO Asutsf/J, evOi xai -a 
äyiov aOToO m,|ia iiiöxei7ai. Sijnaj:criu seleeta, Sa, dans Deleuaye, S;/»«./-. lUwslanl.. rol. 29'J-300. 
Sui' la dale du iiianusciit, voir Delehave, ibid.. viii. 

B. Ti o'izYinaTa ToC ätioj liiTir/oü t,toi toO [li-.'iyi'i'j -.wi 'E/EfiiMv. Cf. MiKl.OSICH et MCELLEn, .\ela el 
Diphmnla, (. IM. p. 5o. 

7. Voir plus lüin, ji 8o, ii. I 

8. er. A. l)Mrrmi:vsKV, T-jitizi. Kii^v, I8!i."., p. 715. 



186 INTRODUCTION. [42] 

ou encore que ces bätiments, propriete du monastere de Bassianus, avaient 
ete loues au monastere des Elegmoi pour lui servir de metochion. Cela insi- 
nuerait en meme temps qu'au xiii" siecle la memoire de saint Luc continuait 
ä etre fetee solennellement au Deuteron. Le fut-elle longtemps encore? 

Les ans ne respectent rien. Avec la memo impassibilite l)rutalp, ils ont 
jete bas les palais imperiaux et le port de Hieria, temoins des fetes profanes 
les plus legeres, aussi bien que le couvent d'Eutrope et la colonne, asile de 
tant de vertus. A-t-on laisse le corps de saint Luc jouir en paix de « ce 
sommeil venerable auquel ont droit saus exception les saints, les justes, les 
ämes pieuses pareilies aux anges »P^ 78. Du couvent de Bassianus comme de 
celui d'Eutrope tout vestige a disparu; si un nouveau fontlateur se levait 
pour rendre ä saint Luc, soit ä Calamich, soit au Deuteron, le Service qu'il 
rendit lui-meme ä saint Bassianus, ^ 80, il faudrait qu'il se decidät ä interroger 
les profondeurs du sol, et qui sait s'il parviendrait ä surprendre leurs 
secrets ' ? 

La litterature n'a guere ete plus demente ä notre saint. En dehors des 
textes que nous avons cites plus haut, nous avons en son honneur deux 
stiques, aux Menees du 1 1 decembre : 

npog "rvO; ävviv£y/.s tov Aoy/.äv i7TUA0c, 

Aouxa; Äe TÖv voOv itpö; Osöv, 7;po; ov Tps'yei. 

« La colonne a ('lere Luc vers les Itauteiirs; Lue u eiere son esprit vers Dieu, 
hui de sa course ». A notre connaissance, il n'existe pas autre chose^; c'est 
peu, et ce peu n'est pas tres connu, meme en Orient; un pretre grec ortho- 
doxe qui n'avait pas l'air d'un Ignorant et ä qui je demandais s'il avait 
connaissance, dans les Menees, d'un saint Luc stylite, m'a repondu qu'il y 
avait bien uu saint Luc evangeliste, un saint Simeon stylite, mais qu'il ne 
croyait pas qu'il y eiit un saint Luc stylite. 

Zoungoulilak. pri'^ d'Heraclee de la Mer Noii-c, fövrier I!II2. 



1. II se puuiiail que l'eglise acluelle de CalaDiicli, dediee, avuiis-nous dit, a Saint Jean Ctiryso- 
slome, soit a l'emplacoinent de I'ancienne 6glise du couvenl d'Eiilrope; eile est du siecle deniier, mais 
im rebälit voloiiliers les sancluuii-es sur leurs debris. Dans l'eglise de Calaiuieli. il y a un puits. 
ai'iaiT|jia, tel qu'il s'en rencontre Uaus beaucoup d'anciennes egiises byzantines. 

•2. La mise en pages dejä faite, M. Nau nous Signale que Luc le stylite est honore daiis l'eglise cuple 
jacobite d'Alexandrie. Le synaxaire redige au cninmenccment du xv* siecle par Michel de Malig cuiii- 
inemore sa mort au 1.") kihak. 11 dec. [P. 0.. III, 'iU8) et rcsunie sa It'gi-nde au 17 kihak, 13 dcc, joiir 
de la lianslalion de son corps a Constanlinople {iOid.. 'iT'i-.")) : « Luc. du pays des l'erses, deviiit coni- 
iiuiMdanl de ccnl soldats; il fut. en f|ualilc de pietre, superieur d'un couvent de l'Orient; il passa Irois 
ans sur une eolcinne, denieura dans une niontagne, pratiqua le silence et alla enfin dans un village 
voisin de Constantinople oü il passa quarante-.cinq ans sur une colonne. II guerissait lous les 
malades. Le patriarche le transporta ä Constantinople dans une egiise et pla^a son corps dans un coffre 
au-dessous des corps des sainis. » 



VIE DE SAINT LUC LE STVLITE 



I 



f. 113' 



Mr.vl ^v/.e.yJof'M la' ' . 
Bto? Toü öcio'j iraTpo; v;y.wv Aou/.z to'j £v toi; 

I . 'H aev ÜTCo'Qecic, irpo; t.v ö t?,; Ttapoüc/ir öy.YiyupEM; ' (ÜeVe'. 17/10-6;, w? /lav 
■j'iv)'Xr, TE xo.' (jLsyx/r, ~S>'' ovt; y.a6ecTyix.cV. Kxl yip t6 -/.aivov Oxüj/.x Tvj; otxiJU[XiV/;c, 
Aouxav, si; £ij^7ir/.tav [/.i'av xoiv?, zpoOaiva'. ■jväa'., toi; t' eIÄoc. '' Toi; t' äyvooC/^;, xaTeway- 
ys/AtTzt. 'H Se toO \eyovTOi; ^uvap-i;, t-^c i^iac ii76£V£ia; winrEp ai(;Oavo[/.eV/; ÄsiXia; t£ 
(po'Sto iruTTsVAoy.i'vr, , Trpö; Tr,v Tr,; ava§o).vi; citü'7r/;v w; iaipÄ'Xeia; cuvvfyopov | xaTaoEuyetv * 
cpw.£i, y.av ö TudOo; aOOic ävOä)asiv ßiJci^ETat /.xt twv ^ri: ouva[7.tv ' irpo; tov ).dyov aytSviuv 

1. Conformement au ms. oü eile occupe, f. 113", le somniet de la premiere culoiine. nous mettons 
cette date avant le titre mönie du discouis. Notre 17« ne coninience qu'au dernier liers de la coloniie; 
lis deu\ Premiers sont occupes par la lin de la Vie de Saint Spiridon. 

2. MV EJTp'jii;Vji{, amene par -nX; qui präcede, mais dans notie ]'ie (^ 25. 55). et ailleurs (voir lexle 
du PsEfDO-CODiNLS. Iiitrod.. p. 28, n. 1), on a toujours zi EÜTpoTtio-j, de möme qu'on a Ta Eü6oü).ov, 
ri 'Imötof o'j ; cf. 'i 48, n. 4 de la Iraduction. L'expression coraplete est -ä EOtpojtLOj z-rVina-a, 'i 25. 

1. — 1. 'Ojnöfupt? me parait avoir ici le sens de discoitrs et non point eelui de reiinion. On sait 
que Ttavrjyvfi; a aussi les deu.x sens. — 2. M tö. — 3. M dio ti avec grattage inlermedialre. et non 
E'.öoüTi Signale par V. — 4- M Sivai^eiv. 



Le 11 du mois de decembre '. 

VIE DK NOTRE S.VINT PERE LI C, LE STYLITE Dl QU.VRTIER d'eLTROPE ". 

Le sujet qui doit etije traite dans ce discours est veritablement d'une 
noblesse et d'une grandeur peu communes. En effet, proposer la nouvelle 

5 merveille de l'univers, Luc, aux acclamations unaniiiies de tous, et de ceux 
qui le connaissent, et de ceux qui ne le connaissent pas, voilä ce qu'on vous 
promet. Mais les Forces de l'orateur, comme conscientes de leur propre 
faiblesse et deprimees par les angoisses de la crainte, voudraient se derober 
et * cherclier dans le silence un refuge et uii avocat: ramour de son cöte »f. ii3> 

In oblige ä reagir, il encourage au recit de combats devant lesquels la parole 
est impuissante ; par l'ardeur enflammee de son zele, il cssaie de ranimer 

i.. — 1. Cette date est Celle uü luounil saiiil Luc et ou sc celtibre sa tniSinoire. Voir Introd., p. 19. 
— 2. Le quartier d'Eutrope, (•'csl-ii-dirr l'ensenible des Iravaux qu'Eutrope avuit fait executer el des 
propriett's qu'il possedail au Calaiiücli actuel, entre Cadi-Keuy el I'liaiiaraki. Voir Introd.. p. 27. 



190 VIR DE SAINT LUC LE STYLITK. [46] 

eyj^siosTv syneAe'Je-rxi, T-/i tyj; wpoÖujAiac? spiTCÜpto (^s'cei to veve)tpwu.£vov '' toj )vdY°u d'.avwxav 
[^•/■,Yav(ijji.evos to vcüÖpov T£ to'j >ioyicao5 r^ieyeipatv Wi tö «[aST^u toö voü /.at j^ajianveTs; 
sTTTEptouivov Seiy.vuvai /cal ÄiauyscTspov. Tau— r,? Se Tuyeiv tt,; yzpiTO? oüy. avOpoj- 
-iv/i; oIj7.ai tvoj; svvota? elvat xaTÖpOcofAX, al7,i ösia? *uva;j,£(ü? i'pyov /.cd -ccory/ßq 
(CpsiTTOvoi; Ä(öpov (pai-/iv '' av k'ywyE touti to syyeipvii;.a. "Osov yicp o exei'vo'j TTo'XuOp'JAviTo; 5 
ßioc, eTTi T(o Tuv 'jTTSoo'jöiv äytüvwv x,at ttovwv ü'ist ivOpwTrivri i^u\/a[ji.£i ij.sTpoupi.evo? vi -xpa- 
?a}iAÖa£vo?, t:o>j to iTuod-jiTOv -^al -j-ioxho^i £X.wv rapicTaTat, tocoütov, olfxa;, xai Toi; 
T-äyeiv em/e'.po'jG; irepl xüto'j /.al tcc xxt' xÜtov ävxypzoiecOx; ouc£Tn.y_a'pviTOv ' tw ovti 

Kx\ ÄuUX.XTdp^COTOV TCXVTVl ■KOl.py.^iV/ß-/]C!iTXi. 

2. 'A>i>.', ETTElTOp £ipr|TXl TTpd; T-fl? IvUTTO^TKTOU OQCpia? x.xl äV/iÖEtx? Ta Ttap' y.vOptOTVOt; 10 
ot^uvaT« ^uvaxa uocoa ©eco £lvai T£ xxl yivEoOxt, iväv Se 5wp-/)U.a t£"X£'.ov xvwQev -/.a-aSawov 
fV. TOÖ Twv «pojTiüV TCKTpo? /.«l yEypxTCTai ■/cal T7£T;wT£'jTat, Tv; iTviy^ Tcöv iyaÖwv tu vol 
TC'.'jTä)? T:e)va(jt))i;,£v y.al tou ttIoutou tüv ä^Öo'vwv owpewv ^avj/t>.(ii; ixavT'Xyiejxi 7kpo<;£"X6wy.£v. 
« Ha; yxp, (pviciv ', ö aiTÜv 7ka[A6xv£i, /.al ö (viTüiv eüpi5'/.£'., xai tw /ipouovT'. ivO'.yyi(j£- 
f. ll'i. Txi », ty;i; i(}/£üSo'j; xüöti; äx,0'jü) ipaTy.oucYi; (pojvvi?. | A'JTov to'Vjv TrpocTViSzaEvo; tq'j 15 
TTxpövTo; 'Xöyo'j cu'XV/i'TtTooa Tov i'^i^yTi y.xi "CtivTa Xöyov 0£oO, tov Trpo; Tvacav /.xTEuO'jvavTa 

5. M v£v£xpo[i4vüv. — 6. jVI »at H'i avec graltag'e eiilre les deux sjllahes. — 7. M c-jTimyii(,izm. 
2. — 1. *YiiTi'v, tout ä l'ait expl6tif comme le nionlre (fcfiu-/.o\i<rn: qui suit. 



une parole sans vie, de secouer la nonchalance de la pensee et de donner 
k Uli esprit emousse et vulgaire de la sublimite et de la pönetration. Un tel 
avantage ne saurait etre obtenu, je pense, par les forces de Tintelligence 
humaine; non, il faut que la puissance divine agisse et qu'elle dispense 
une faveur exceptionnelle pour une pareille entreprise. Gar, autant cetle 5 
vie si fameuse par la grandeur prodigieuse des lüttes et des fatigues, des 
qu'on la mesure on qu'on la compare aux forces humaines, apparait tout ä 
fait inaccessible et inimitable, autant, d'apres moi, ceux qui essaieront d'en 
parier et d'en relater les faits s'apercevront que c'est une täche reellement 
penible et pleine de difficultes. i" 

2. Toutefois, puisque, selon la parole de la Sagesse et de la N'erite in- 
carnee, ce qui est iinpossible aupres des hommes est et devient possible aupres de 
Dien ', et que tout don parfait descend d'en-haut, du Pere des himieres-, ainsi 
qu'il est ecrit et que nous le croyons, approchons, par l'esprit et par la fei, 
de la source des biens, et avangons-nous pour puiser avec abondance au is 
tresor des gräces infinies. En effet, quiconque demaiide reroit, et celui qui 
eherche trouve, et d eelui qui frappe on ouvre'\ comme je l'entends dire aussi ä 
1. ii'i. la voix qui ne ment pas. * Je mets donc le present discours sous la protection 

2. — 1. Luc, xviii, 27. Remai([iiei l'addition prosaiquc au texle inspire en vue d'oblenir un double 
dactyle. Voir Introd., p. 8. — i. .hic, l, 17. — 3. Matth., Vii, 8. 



Jü EXORDR. - DIVEKS ETATS DE VIE CMHETIF.WE. ü 1-4. ini 

Tax/eiav rpiSov y.yl ioöT-fl; änfOTocTVjV i^i^x^vi toOtov tov ei? Vwaivov TC50)'.£i[A£V0v vOv, £z" 
aÜTViv T-/)v (J'//iYri'5t"' v^i^'fl -ti'-i Tpe'^j/oaai, Tai; e»aivou y.Ä^vWra tüv jÜ/Gv T£f)xppT,-/.to; ir'.- 
/.ouoiai;, al; ypövov srel T'jyvov, '='ti toi; r?,^£ TvepiövTo; aOroD, ^roA-jTpöitw; rapxKO.ruca, 
/.xt -cipz Tto^-V/i T/jV TOUTuv evapyr] /.ai i^py-CTi/.-/!'; ^uvxaiv ^ixyvwvai ÄeÄ'Jv/)ji.«t . 
5 3. Su",7tüsvfcxTS 5= aoi jxix.sov ti toS — poKeiiy.evou <jx.oxo'j irapsy.SaTixtoTepov tov 

/oyov zYXVeiv x.x;, löc-sp ev -ivxJt'. Tw Siviyvi'ptxTi, ^txCuypxcpyiiTai TTpÖTspov Ta; rrAuTpo- 
TTO'j; iSsa; xto; [iiaiv atsEce;; tiov süssSw; xxTJt 0£Öv i^Y,v rpoaipoujAEVuv, e(6' oOtw: 

TC50; TV)V -50X£t[Jl,£'v/i-/ ÜTToOfiS'.V, /.XTÖ. T'/JV ÜroUySIlV, X/.0>.0'jOü)C E^TavEXOElV. "AC'.OV TOl- 

yxiouv Tr, Ofcrfsia Ttöv Ävi).(i>Or,(iou.£V(ijv ^.filoyiijjiEvw; i't/.a /.«l -/ouvc/öi; TTSOac^TioaWvOvT«; 
10 oÜTt); ErjTTo'yco; x.xTxvoYiTxi' T£ -«cxl i^iayvüv»'. t6 tco'.xD.ov x.at i^ixfpopov t'ä; wpo; oüpavöv 
'pfpoiiiTV;; 7ro"AiT£'a; x.xi ■/.x-ra'7Tx'<7Jcü;. Ral y«p oütüj; oiy.xi ivto: ito/ätxsÖ«'. "/P^"'' /.xTa 
TYiv ToO ;A£yx>.o-,4-/!p'j)io; IIxAo'j itvcuaaToppYiaova ' p-^civ, w; « x>.).yi ;y.£v So'^a r,).;ou, a),/-/; 
Äe 56;a <7eV/)V/i;, xal x>.>.yi Sq^ä äcT£'pwv xcT-zip yxp äcT£po; " Six<pep£t h Äo';-/i ». 

4. Kxl yx3 £i; x::Eipov x.xl ipi9[Aov ÖTTEpai-Ov ijTTspEx.Ta^vfTovTat * ttTv-äOo;, öVjt, tv;; 

3. — 1. M 7iv£j|jiaT'jc.f,!J.ovx, iiiol 11(111 tatalogue. PK. — 2. M äitet/oi;. 



ilu \'erbe de Dieu vivant et agissant, qui a dirige vers toute sorte de rüdes 
chemins et qui a fait monter vers le soramet de la vertu celui qu'il s'agit 
de louer ä cette heure, et je vais en venir sans tarder au recit lui-meme, 
confiaut avant tout dans le secours des prieres de Luc, secours que pendant 

5 longtemps, tandis qu'il etait encore de ce monde, j'ai eprouve de mille 
manieres, et dont une lougue experience m'a permis de reconnaitre sans le 
moindre doute la puissante efiicacite. 

3. Permettez-moi cependant de m'ecarter un peu du sujet veritable de ce 
diseours, et de commencer par vous depeindre dans mon recit, comnie dans 

10 un tableau, les multiples conceptions ou geures d'existence de ceux qui se 
sont dctermines a vivre selon Dieu dans la piete; apres cela, fidele ä notre 
promesse, nous reviendrons naturellement au sujet convenu. 

C'est qu'il vaut la peine, si on veut s'appliquer d'une maniere intelligente 
et reflechie au defile des faits qui vont suivre, de remarquer et de distinguer 

1^ exactement la variete et la diversite des genres de vie et des conditions qui 
menent au ciel. On doit deja, il me semble, les conjecturer de la parole ins- 
piree du grand apotre Paul : Autre est la splemleur du solcil. autrc In 
splendeur de la liine, et autre la splendeur des etoiles, car une etnile diffi-re d'mif 
etoile en splendeur ' . 

-" 4. Et en effet, ils forment une foule immense et qu'il serait impossible 
d'evaluer, tous ceux qui, devant le genre de vie et de conduite salutaire ins- 

3. — 1. I Cor.. XV. 41. 



10 



192 VIR DE SAINT LUC LR STYLITE. [^8] 

süusßwc, ä'^.sy.-Tw? Äty-T'/ip-ATai izS.tsa.'i ^irou^viv 5ief)evT0, /.ar' 'ipo? tüv £VT«X;7.«Tfc)v to'j 
vou.o^oTotj ßa^iTÄVTe; iräc/i xe mKOLX-fi 8C äapiSst'oc; ßtou tz v£vo;7,o9£TVi[i.£va (pu>vZ$avT£i. 
nXEtUTOi ^j y,xl 'jizefSoikicHoLi t<üv (■^e^oyjjivcov Ty;v i^Ovajxtv Si«7tupw irdOto TCpoOuptfy. te 
duvTOVw x.al CTTO'jS-fl Stey/iyEp[Ji.evYi Är/iywvidavTo' Li, cov ol rj,sv, oOx e'^u xocj/.wcov ÖopüSuv 
(iTpe^Ofievot, y.a'JzTrsp äy-avÖGv sv jxe^jW jjwp'TCVoa po^« Ä',E>.aij,t|;xv, [j.Y|0£[;-'av £)c t-ä? twv 
TTO^lwv cuvavx(7Tpo(pr,; C^J^tav vi ß>ixS-/iv •?cxpa(5£^z[A£vo'., oi os, t-/iv y.ovai^ix-flV ^laywyr.v 
ävaÄeSeyij.Evo'. ' -/.al noivoSioi? Tvv£uy.xTW^s äy£V/i? '' (j£[ji.voffpeit(öi; (juv«ye/a!^o[x.£VQi, Six 
TtociTYic Twv y-otXwv iSsai; Ät£>L9övT£; -rw 0£(o £Ü-/ipe5rA,cav £v;ot ^i, tov £p-/i;j.i/,ov aipsTtffxv- 
te; ßi'ov xöcjj.o'j T£ iTocvTE'Xd); iauTOu; j^wpicavxE?, ev £p-/)[jLia'.? /.ocl opEiri xal cr-vi>iaio'.? y.al 
Tai? T^; y7)? oxaii;, äTCOCTO>.f,iw; eitveiv, 7r);av(o(A£V0'. x.al f^taiTwasvoi, ^ti 7ro>>7.(üV SXi'Aewv 
^.afATCpöJi; EüSoxi'r/iTaV wv ExaTsowv v) -p«^i? w? o'vtw; siraivETT,, xai to tt,? £y.x5Tou 
yv(i)[7.vi; cptXoTCovov ojoxütw; ä^toOa'JpiacTov, ev ^'.a'popoi; j/sv ßiwv aipsiecw ' EivtTriöeujAac; 

4. — 1. PK propose vojioÖE^i'ac. (|ui est bien dans le sens mais iniilile. OsTta, qui se troiive dans 
II. Estionne, edil. Hindoi-f, bieii (lu'enlro ci'ochels, donne iin sens excelleiil : iiiise eii place, eliililis- 
semcnt, iiisliliiliiiii, de münie qiie Oetu; 11 piirait garanti ici par Ic r.vllinie, btorioö-vj htuici: rOpondaiil 
loniquement a xaivr,; Tto),iT£i'ac. — '2. M ivaSs&EiyiJiEvot. — 3. M iyyi'Kri:. — 'i. MV aij/STiViinv. C'esI 
ävidemmenl par suite d'une confusion qua V a noto atpEcreuiv comrae legon du iiianuscrit el a mis 
aipsTtVetrtv dans son texte. Avec nous, it aura voiilu ecrire aipsTSTtv qui est garanti par ßtuv aipe'TEic. 
l 3, tres classique, et qui continue au niieux une suite copicuso de dactyles toniques. C'esl xl^tzinx-izi: 
ß:Vjv, quelques lignes plus haut, qui a amenä le copiste ä ecrire aipsTiVs-riv. forme barbare. 



titue par Dieu soiis la nonvelle loi, oiit ete remplis J'un zele pieux, H qui ont 
mis toute leiir application ä le pratiquer sans defaillance, ont marche ä la 
trace des preceptes du legislateur, et dans une vie reguliere ont observe les 
lois avec une rigueur absolue. Mais un tres grand nombre se sont övertues 
ä faire plus qu'il n'etait commande, pleins d'un brülant amour, dun courage ^, 
soutenu, et d'une ardeur toujours en eveil; parmi eux, les uns meles aux 
embarras du nionde ont biille commc des roses odoriferantes au miliou dos 
epines, et le commerce de la multitudo ne leur a cause ni tort ni dommage ; 
les autres ont embrasse la vie monastique, se sont agreges religieusement 
ä la communaute du troupeau spirituel, et par la pratique de toute sorte de lo 
bonnes oeuvres ils ont ete agreables ä Dieu ' ; quelques-uns ont prefere la vie 
eremitique et se sont separes completement du monde : ils ont erre et vecu 
dans les deserts et les montarjnes, Jans les cavernes et les antres de la terre', 
pour parier avec l'apötre, et leurs nombreuses souffrances les ont couverts 
d'une gloire eclatante. Ge qu'ont fait les uns et les autres ' est vraiment i'' 

4. — 1. Comp. Gen., v, 22; Hebr., xi, 5. — 2. Hebr., xi, 38. nXavüuievoi a ete changö de place et 
on Uli a ajoutö xol SiaiTtiiiEvtii. ce qui donne trois dactyles de suite. Voir Introd., p. 8. — 3. L'auteur 
fait deux parts de ceux, fort iiombreiix, tcUiutoi Si, qui ont fait plus qu'il nYtait commande : on pre- 
mier lieu, ceux qui ont menö la vie commune soit dans le monde, soit dans les couvents; en second lieu, 
ceux qui ont ment* 1^ vie solitaire. 



^49] RXCELLRNCK DE LA VIR STYLITE, S 5. l'.KJ 

Te /.3C' 7r&>.'.Teu[J.X'7i Ji'.riYwviTi/.s'vüJV, zpö; £vx ^l cmtzvi x.ai )cV/;povo[Atav [/.{av TUVToe/ovTWV 

T-/JV ■jTOi/.iXoTpoTCOv [xe'ÖoSov Tvi? äpsTri? ^'jTZipSxKiuhy.i x.al vTrepa'/.C/VTtTxt aj-j-aTvO^povo); «yav 
StsyvwAOTei;, ^EVOTpo-w; eTCsr/i^euiavTO, oi', /.rl aÜTÖ t?,^ yr;; to Jtoivf, iräc ic«Tou;j.evov 
e'^aipo; w? ya[Aa{(^-/iVjv ärtoXiTTÖv-re; ev^iri-rrifia ;tocl t-/iv yEioS-zi SiaxpiSr.v äirap v/i^a'iy.evoi, £v 
TiT! TT'jloi; TTupYos'.isTiv r,TOt /.louiv tj7r£py.v£'7-r-/);ioi7'.v ei; jA-/i')i'.TTOv (iiJ'O? oXon; ^eruTOu; 
aETewaiiTXVTe; ' AaMoiq te ir-flCawvoi vtaOxivep opviÖE; tive; (pi>^E'pr,y,oi TfT) äs'pi te u.e'iov 

5. — 1. M oAiywTT'ji'. — -J. M oj (TouTwv); l'espiil iiidr ilonnc ä penser qu'on a cm liie ot, Ie(;on de 
V. Mais cet ol ne s'expliquc pas granimaticalemeiit : ori aurait ol oi£Yvü>x(iTE; commc sujet de iizt-.i]- 
5eu<javTo et aitiviot reslerait cn l'air. Lo sens et racceiil oraloirc indiquent iine seule pöriode depuis 
TTtiviot jusqii'a i^aiv-miiv/'A ; im a alois uiie pliiase qui lepond i)aifailcment, comrae il fallait s'y 
altendie, a u),:iTTOt oe... ötriYMvtTavtfj. Ni oJ de M iii 'A du V iie sont a gai'der. — 3. MV [leTeupr,- 
aavTs;, forme douteuse. taiidis qu'on a plus loin [jisTsupio-a;. 'jl 8. 



digne de louange et les labeurs preferes de cliacun d'eux meriterit une egale 
admiration, puisque, rivaux par la diversite des genres de vie, des occii- 
pations, des pratiques, ils s'accordaient ä coiirir vers le meme biit et le 
meine heritage * ile la vocation Celeste'. ' f- '"•'• 

5 5. Rares au contraire, tres peu nombreux, ceux ä qui ces lüttes et ces 
raanieres de vivre, poursuite dejä si variee de la vertu, n'ont pas sufTi, et qui, 
dans leur magnanimite, ont resolu de les depasser par des pratiques extra- 
ordinaires. Ceux-ci ont meme abandonne comme une demeure trop basse le 
sol terrestre que nous foulons tous sans exception; ils ont refuse de vivre 

10 sur terre, et se suspendaut tout entiers sur des piliers en forme de tour, 
je veux dire des colonnes qui s'elevaient ä une tres grande hauteur', ils y 

A. Voii' H6bi-., in, I, oü on lil zXr|(j£ü>; sitoupavto'j. Ici les deux mots sonl intervertis et on a la forme 
plus courle oOpavio-j, cc qui donne deux dactyles separös par deux syllabes doni la preniiere est ac- 
cenlufie. Voir Introd., p. 8. 

5. — I.Dans l'usage, utjJo; est moins prccis que zitov; il s'entend de tout objet ficliö en lerre. 
nioins large que haut, et capable de soutenir un certain poids, pieii, polenu, pilier, etc. II ötait impos- 
slble de ne pas employcr le mot <rTu>oc dans un discours oü il s'agit des .ilijlilps, mais oe mot moins 
pröeis est explique par xi'wv quo Uiut le monde, encore aujourd'hui. meme dans le peuple. entend au 
sens d'une vC'ritable Cdlonne. Les Opilhetes ajoutßes ä Tun e( a l'autre de ces mots onl ponr bul de 
sduligner qu'on na pas en vue des OTiJXrji de dimensions ordinaires. La colonne que saini Luc se 
bätit en Plirygie mesurait environ douze eoudees; c'est plus que süffisant pour meriter l'epithele de 
Iris lioiile que lui donne l'auteur, g 23, et qu'il donne aux autres colonnes de slylile dans le passage qui 
nous occupe. On ne nous dit pas — lous les auditeurs la connaissaient — la lianleur de la colonne 
d'Eulrope que Saint Tjue trouva lonle faile, mais il serail ätonnanl qne i'epilliele de /;r.s liaiilc ne s'ap- 
pliquäl jusle[iient pas a la colonne ilhisiree parle liöros du discours. QuanI aux dimensions en largeur 
de cette derniere. on peut s'en faire une id(ie en songeant que le cliapileau ölait asse/: vasle pour 
contenir, outre unecabane, plusieurs personnes ä la fois. Voir i 31, 47. C'est le lieu de remarquer que 
l'auteur dit toujours h a-dXui, ev zi'ovi (ü .">, 7 bis, 23. 'i', 63) et Jamals im otOXcpu, iiti xt'ovo;. Le stylite est 
consider6 comme emprisonnant sa vie iliiiis h' petit espace que lornie \:i plale-lorme (i W>) de la colonne 

PATR. OK. — T. XI. — K. 2. 13 



194 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [50] 

asTEVoi ital i'ajceuot TCT'/ivtöv SiV/iv evStaiTtoaevo'., t/jv iGxyyikov sv (7cö[AaT'. iro'XiTeiav xat 
TVjv u-ep avöpuTvov Äiaytoy/iv, ettI TV>.£i'GTOt? sTeGtv, ü::£p(pucü? ^tTjpjcecxv s^sta/.ouaevot. 

6. To'jTOJV Toivuv /cal TÖv TO'.ouTtdv 6au[/.a.5uov ävbpüiv TTpwToiyuvioTYi; x.al irpioTO- 
§a6[ji.'.o; ' ^ei/.vuTai te xal ^layivwffx.exai Su[;.ewv/i; o 6eto;, to y-sya 6«u[;.a t-ä; &i/.ou- 
ij.e'vvi;, 0?, äv TOI? xaTot tv)v [xeyzV/iv 'AvTioyeiav, tyiv eTC'.y.£-,tXr,[;.e'vviv ©so'jiroliv, tcV/igiz^ouiti 
Toirot; Tov uTtsppieyeOyi (ttÄgv w/i^apievo; äyöisi ts [;.£yt'(;Toi.; ayav ^laxpeij^a? y.al öxuy.xct 
|ji£t(^o<7; StaTiZjA^j^a;, j/.eyo. x.'Xe'oi; ipeTÖv /.al j^aptTcov, -apa -äciv ävÖpwTCoi; TrspiSöviTO? ä7:6 
"epocTuv [^.EXpi ~epzTCi)v y^c yeyovto;, «.-vjve'yxaTO . Kai u.jtöc toOtov aOOi? äxd'XouÖo;, 
[/.t[Ar)Tvi; 56x.t[Ji,o? i/.ii^ou w; tcö ' ovt! -Eip-zivw; y.al * (tiIcjütv); öp-oxpo-o; xal ö[j(,t6vupi.os o ev 

6. — I. llpuTrjSciÖ|iio:, luot min ralalogiie. PK. — 2. M to. 



oiit fixe leur nid, tels des oiseaux amis du calme. et au milieu des airs ils 
oni vecu sans toit, sans meubles, ä la fa^on de la gent ailee, vie angelique 
dans un corps, existence surhumaine, que durant de nombreuses annees ils 
ii'ont cesse de mener d'une maniere prodigieuse. 

6. De ces hommes, de ces heros si etoiinants, oii sigiiale et on reconnait 
comtne le protagoniste et le premier en date le divin Symeon ' , la grande 
merveille de Tunivers; lui, c'est aux environs de la grande Antioche sur- 
nommee la viUc de Dien, qu'il fixa sa tres haute colonne, se distingua _par 
de tres grands combats, brilla par des merveilles plus grandes encore, 
s'attira une eclatante renommee de vertus et de bienfaisances, et devint 
celebre parmi tous les hommes d'une extremite a Tautre de la terre. Apres 
lui vient ä son tour, imitateur veritablement eprouve et son emule par les 
memes pratiques et le menie nom', celui qui, sur la montagne appelee 

(cf. 'i 8). Le choix de la preposition .se justilie encoie par l'existeiice d'une balustrade qui courait 
autour de la plate-forme de fagon ä en faire unc sorte d'enclos. Notre auteur ne parle pas de ceUe 
balustrade parce que l'occasion lui a inanque, mais, dit le P. Delehaye, « il ne fauf pas se livrer a 
de longues recherches pour savoir que la plate-forme 6tait ontouriSe d'une balustrade ou garde- 
curps. A ces hauteurs, un faux pas, un acces de vertige ou de sommeil pouvait avoir di'S conse- 
quences fatales. Les tiistoriens nous parlenl bien de stylites tu6s par ia foudre, ou entrainßs par la chute 
de leur colonne; nous ne connaissons aucun exeraple d'un solitaire ä qui le pied manque et qui 
tombe de son piedestal » (Les slylUes, dans Compte rendii du troisieme congri's scientißque interna- 
tional des cathoUques, 5' section, Sciences hisloriques, Bruxelles, 1895, p. 221). 

6. — 1. Saint Symeon l'Ancien est le premier stylite aullientique. II v6cut pres d'Antioche de 
Syrie, la ville de Dieu (QeounoAi;, cf. ProcOpe, De /Edific, lib. II, cap. 10; lib. V, cap. 5; Cedre- 
Nus, P. G., t. CXXI, col. 705; etc.), dans les lieux appeles aujourd'hui Qal'at Sim'än (voir Delehaye, 
Les stylites, p. 198). II mourut en 460 {ibid., p. 192). — 2. Saint Symeon le Jeune vecut aussi pres 
d'Antioche de Syrie, au mont Merveilleux, qui s'elevait entre la ville et la mar (cf. Act. SS., Maii, 
t. V, p. 302). Saint Syniöon le Jeune mourut en 596 (Delehaye, ibid., p. 201). C'est par anachronisme 
volonlaire que l'auteur lui assigne la seconde place parmi les stylites; il n'a pas voulu manquer 
l'occasion d'un raj prochement ingönieux et d'uno periphrase qui lui permettait de signaler. sans le 
nommer, l'homonyme du premier Symöon. 



10 



1511 LES QUATRK PHEMIKHS STYMTKS, § 6-7. 195 

T(o OxuaxTTÖ) 'pepwvijy.d);; vi 'Tjvdjv'jjAco; O'JTW /.><.>.oi([j!.e'vt.) ö'pet iT<pö5px fixu'j.y.^TÜq c)ia>.aunj/a; 
£v T£ T:o>.tT£ia /.al 6a'ju.ai7iv. 

7. Mexa 8i TO'jTCj'ji; -rpiTo;, o ro? tpisu-oiTTXTOu ©exp/i'a; yv^Vio; 'J-'/ipeTvi; x.ai 

XarpeuT-fl?, ö :7po<p7)Ti!4WTaTOi; ivÄp ^avi-/i>. ;cal tüv toO FIvs'jjv.aTO; E:7i()u[/.ttüv voö; Oewp-/)- 

5 TC/.wTaTO? Äia(p£pövT(d; yvwpi'^STai, 6';, O-ö 0£'a; [lvi ö'^J-ifric, EpsOwOel; ' ttoWvZ/.-.;, o'j [;.-/iv 

raoTSÄTCJi; /m ir, fiaci/.iS'. tto^si -apouciaua?, -£pl tov s^ceice " £i(Tr7,£Ö(t£vov toO /.aXo'jyi- 
vou StevoO t-ä; SixoaiEcü; to-ov, l'vOa t6 ScocOeviov E-usV.V/ifai, ev üi|/-/i>,w ßouvü <jtu>,ov 
■::\Jfyov.S9^ Ä£iiia[ji.evo;, o? xai u-c'ypt "öc ^Eupo -zti x.xTatpav/i; /:xO£'cr/-,)i£'/, £v auTöi tou; 
10 'jT:£p(p'j£Tc iywvx; /.xl ttovo'j; Orrip Vjyov rji-/i'vuc£v. lipo? 5' aO toi; eip'/ip'vo;; '' xpici TSTap- 
To;, ö ipsoiovuao; -£cpux£v xuÖig "VW-io?, 6 tv); ä'XviQüJ; äX'j-ou y.axaptoTViTo; <; «pepw- 
-iuu.o;>> ' r, Guvwvuao; -/.al tö o'vti x-Vz-ypovojv-o; £-z;!.o;, 6';, -£p'. r/jv c.'./.£'!av -oiioiSy. x.al 

7. — 1. M »IpidiT^ici;. — 2. Notons. poiii' justilier la IniducUon, qvie choz les auteurs poslerieurs 
ä/EiiTc n'a souvent J'autre sens que Ixsi: id. ? 25 V«'s, 26, 49, 80. — 3. M Tipb; S'aJToü: eifTinevri?. — 
4. Omis par M, restituö sans indication par V, leqon garantie par la fin de g 6. 



Merveilleitse d'un nom significatif et bien approprie, a fait resplendir de trös 
merveilleuse fa(,"on sa vie et ses merveilles. 

7. Apres ceux-ci, en troisieme lieu, serviteur et adorateur sincere de la 
divinite en trois hypostases, homme tout rempli de prophetie, intelligence 

5 qui discernait si bien les desirs de l'Esprit, Daniel ' se fait connaitre avec 
avantage; pousse plus d'une fois par une voix divine, et non moins encou- 
rage par les sages conseils et les revelations du tres grand et premier 
Symeon, il apparut dans la ville imperiale, puis pres de l'endroit qui forme 
baie, lä-bas, sur le detroit appele Stenon, au lieu nomme Sosthene'". Daniel, 

10 sur une coUine elevee, bätit en forme de tour une colonne qui est restee 
visible ä tous jusqu'ä ce jour et oü, livrant ses combats surhumains, il peina 
plus qu'on ne saurait diro. .\joutons ä ces trois premiers le quatrieme, 

7. — 1. Daniel, Syrien d'origiiie, etait venu s'etablir non loin de Gonstantinople, la viile imperiale, sur 
la tüte eiiropöenne du Bosphore, au St6nia actuel, TtXr.ii'ov toO BjiJavTioy ev tw 'AviuXcii, dit sa Vie. D6- 
lenseur ardent de la füi de Chaicedoine d'apies la meme Vie, il rnüui'ut en 493 (Üeleh.we. ibid., p. 201). 
— 2. Le texte est assez diiricile, au nmius ä pi'emiere vue. Voici coiiiment je le comprends. 'Exei« ne 
dillere pas de ezii (voir note du texte). Aii6»oi; est un noni gtinerique qui s'appliqnc ä tous les deti'oits; 
ici il est dötermine par Tappellation restrictive Stevöv, qui dösigne (res souvent (voir 'i 73) le Bosphore, 
dans les auteurs byzantins. Un Tino; E!(Tit).e(i|jievo; ne parait guere pouvoir signifler autre chose qu'un 
lieu d l'interieiir diK/uel on navigiie, qui est haigne inferieureinent, ü iinlerieur diii/ufl entrc In mer. 
autreinent dit : im endroil qui forme hoie. I,e P. Pargoire a demonire ((ue Sdstlii'ue s'identifie aver 
Steuia lequel se tnnive sur Ja cute eiiroptieiiMe du Bospiiore, au Nord de Houuieli Ilissar, au niileii du 
detroit (cf. PAnooiRE, Anaple et Sosthene, dans le IIsnlicTin PyccKaro Apxco.ioruMCCKaro IIucTinyra 
BT> KoHCTaiiTiniono.Tfc, 1898, III, p. 60 sqq.). — Pr^cisöment, Stenia est sur une baie tnagniflque, bien 
abritee, la plus naturelle et la plus profonde des rives du Bosphore. De cette baie, St6nia n'occupe 
ipriHi poInt, jusliflant ainsi les expressions du biographe, telles que nous les avons interpr6t6cs. 



10 



1116 VIK DE SAINT LUC LE STYLITE. [52] 

-olis TTjv 'AÄptavo'j ■' xaXo'jp.evviv xriq twv [xeyxOüj7.ü)v nzcp^ayo'vcüv e-apy^ta;, ev x.iovt Tivt, 
^ozvou eX>.vivtxo5 ä(pi^püp.aTi. Tuyya.vovTi, TVjv ävaSairiv -otv)(ja[/.svo£, ev y.'jToJ tcj; tto'XXou; 
)cat [j.eyaXoug i^pÜTac y.ca -ovou? -ivu oepeTTo'vwg svEx.xpTepviffev. 
r. 11."). 8. 'Aivo i^£ I Tou ■repoTVXTopo? /cal TrpMTaywviCToO Sujasojvou, to'j :rpuTw; öeoety- 

JJ.2V0U x.a6viy£ij.6vo; Tri? Totx'JTVi; ^svorpÖTVou -opEta; y.a.\ o'ipy.voopiy.o'j oi.(ppetx? 7:e;xtcto; 
ä-apiO[xo'j[X£vo; ' ■/.y.-nxkifiTix:, xara tov xpiefA-reTOv /.ca [j.uptaO>iOv IwS, tov (XTto 'AbpocafA 
TOy.TVTov £v Tvi Tpacp-^ yevea'Xoyou[;.evov, 6 Trep'.tovi»;.;,o; xal -ci>ii9pu'XviT0i; TrocTvip ■«[i.üiv 
Aouy.«?, ö scapTepixuTaTo; &vtcü; äSaaa; tvi; ü-OfAOvyj; xal t-«; ipeT-^; ä/caTaywviOTO? 
äyo)viGT-/]c, ö T-fl; äv^peia; äitaGottpeTo; [^ay-zir/;; y.xl T7,q xxpTepia? ävz).töTOi; äOlviT-/]'?, ö 
Tüv iraOwv eücOevecTotTo; KaÖy.ipeTYi; y.al twv rVijzövcüv eÜTO'^ojTaTO? x.a.ra'XuTvf;, 6 t-ö; 
TjpzEeco; 9£wp-/;Tix(GTaT0? voü; /.o.; tt;; Ösiopia; ' 7:pa)tT'./t(JTaTo; öcpÖalfAo;, o; O'J ^iT^ov 
eSaooc iraTpi^Oi; aövov -iciav Tc ci)yyEV£i7,v )ca'. cuvviÖetav cpiliov ä-poTivaÖEiz yvwij.V); 

5. M ävSpiavrjü. Aulres exemples d'epentht'se echapp6e ä la plume du copiste. peut-iJtre sous l'in- 
fluence d'iine prononoiation populaii'e : ä|ji»aTo-j g 55, i^k<fO,ozi^lMi 'i 71. 
8. — I. M a7tocf.ii70|xo'Jn£vo;. — 2. M ösiop^a;. 



Alype ■', le bien iiomme, puisque son iiom insinue et rappelle le bouheur 
veritablement sans tristesse dont süremcnt il a Iierite ä bon droit; lui, ce 
fut dans son propre pays, dans la viile qui porte le nom d'Adrien, dans la 
province des valeureux Paphlagoniens, qu'il inonta siir une colonne, Sup- 
port d'une idole grecque, pour y souffrir avec un magnifique courage beau- 5 
coup de rüdes fatigues et de peines. 
f. 115. 8. A compter * de Tancetre et du protagoniste Synieon, qui le premier servit 
de guide dans cette marche extraordinaire, dans cette course de char vers 
le ciel, le cinquieme par ordre', sur la liste, pareil k Job qui reste sans 
reprocbe parmi des milliers d'epreuves est le cinquieme apres Abraham- dans io 
la genealogie de l'Ecriture, ce fut uotre pere tres celebre et tres illustre, Luc, 
ce vrai et tres dur diamant de la patience, cet invincible combattant de la 
vertu, ce lutteur indomptable de la virilite, cet athlete insaisissable de la 
lermete, ce vainqueur si valeureux des passions, celui qui terrassait les demons 
avec taut de vigueur, cet esprit si contemplatif en vue de l'action, cet «il si 15 
pratique pour realiser la contemplation ^ cet homme qui non seulement 

3. Alype {le sans-lrixiessc, (I'dii le jeu de mots) vivait au vir' siede (voir Delehaye, Les slyliles. 
p. 2ü2). 11 etait d'lladriauopdiis de Paphlaguuie. siege d'un eveche depondant de Olaudiopolis (aujoui- 
d'hui Bolou), dans le theme Boukellarion |cf. H.\Ms.vv, The liistorieal (ieiigraplnj of Asia Minor, 
p. 193; Gelzer, Ungedrüclile... Texte der Nolitix Episcopatuum, p. 539). 

8. — 1. II y a eu plus de cinq stylites avanl sainl Luc, et l'auteur en cite un autre un peu plus loln 
(i 11), mais il ne nomme ici que les quatre principaux afin de s'assurer l'avantage, auquel il tient fort 
(voir Introd., p. 40, n. 2). de eoinparer son lieros a Job. — 2. Voir Job (Seplante), xi.ii. 18, oü il esl 
dit de Job, dont on donne la genealogie, wa-e eiva; oOrbv nliiictov aub 'ASpaiix. — 3. L'auteur fait rentiar- 
quer que chez saii.t Luc la contemplation. au lieu de nuire a l'action, ne fait que l'aider de ses 
luraieres. 



[53] LUC, CINQUIKMF. STYLITK. S 8. 197 

v-ö.'.-s.-i ' yvi; T£ Jtal Twv -epl y/iv TcO-vwv ä-z.vTwv x.«l tcüv r.^ibis -itkiyyiavi, yj'i'i. 

/cal Tvi; "C«i>"'i'; aürriC i<peiSv;'<7x^ 'j-epipuö; xaTeippov7i'7£V, oü to iwjjia [aÖvov y.ETSWiwr; 

•/.ai 7:£pw).:wa; äv tw Tiepl röv v.wn. iJTcvw—oyiopti) ' x-ai ßoocyuTZTtd tot:w tä? te yx; 

/.al TÜv irepl yv]v -spi^-ouoacTfov [/.EyaXoippdva»; O-epapOsl; vm 'j-£pava€a.; tq «iüiix 
■' T-/;; ya[j(.at!^-/i/.ou Ta7:£ivcijc£w:. iAAx /.al [X.£cov -o'Xu/cX'J'^tovo; Oa/.zscTYi; a'iOpto? /.al 

zcTEyo? diÄXapTspwv, * tx; £X tiLv ävc'jAüjv /.al rwv xujjlktcüv ejaSoax; äTivzx.Tü); Seyo- 

rxjvo; TW -/.x'jaiüvi TS (Tuy/.xtojAEVo; täi; vi[A£pa.;, vj (pviiriv ■* r, Fp^O'/i, /.al tw 7:ay£Tw t-?;; 

vu/.t6; 'Tuy.ir/jyvuj/.evo; , xpiijAoi; xal ö'j7.€potc vi^etoV; '' te /.al TraysTOi; TalaiTTupouiievo? ' , 

r,A;a)car; TS (pXoyücEU'. /.al /.a'JGSCi y.a/.ovi/oOiAEvo;, £v ai^Epi T£ pisffov £vSia;Toii/.£vo; /.al 
lii rpö? Ta; £va£piou; äp7,ä; )cal s^ou^Tia; tcuxte'Jcov S;-/iv£/.ü;" oü xpo; aijy.a yäp /.al '7zs/.a 

3. M äTtEÄiiTtiv. — 4. M TrsvoTioyiipw. V i-.v)WkA xwpqj, correclion iiiutile; l'adjectif non catalogue 
iPK) TTsvujto'xwjiov se relrouvp ^ .fl et donne ici un sens i^xcellent. — 5. M 91TIV. — 6. vs^eroT;. — 
7. M TaXatnofiOÜtXtvo;. 



quitta saus defaillance de pensee le sol cheri de sa patrie, toute sa parente 
et le commerce de ses amis, meprisa la terre, tous ses charmes et tous ses 
agrements, mais qui, sans souci de la vie elle-meme, en eut un dedaiii Iii- 
crovable, puisqu'il ne se contentait pas de suspendre son corps daas les airs, 

5 de le reiifermer dans iin espace tres petit et tres etroit autour de sa co- 
lonne', de dominer fierement la terre et ses attraits, et d'enlever son corps 
ä un vil abaissement, mais restait au milieu d'une mer orageuse % en plein 
air et sans abri, recevait sans flecliir l'assaut des vents et des flots, le juur, 
bn'ile par la chaleur, comme dit l'Ecriture, glace par la fraiclieur, la nuit'^, 

10 soufFrant des frimas, des pluies, de la neige et de la gelee, maltraite par les 

'1. Personne ne verra dans ce pcUt es/iare aiiluur de la culuimc uns sorte d'enclos oü le Saint serail 
(Iiiel(iiiefois descendii se prumener. A moins de circunstances tout ä l'ait exceptionnelles tiu le bien 
general demandait un flechisscment ä la coutunie, tel Saint Daniel qiiittant sa eolonne de l'Anaple 
poui- aller defondre l'orthodoxie ä Conslantinople. un slylite ne descend janiais de sa eolonne; il y reste 
et il y meurt (voir Deliohaye, Les stylites. p. 226 sq.). L'expiession du panegyriste est suflisani- 
nient justifiöe par le fait que le chapiteau ou plate-forme de la eolonne la döbordait de tous cötäs. — 
.). On cunelura de ce passage que la eolonne de saint Lue, et il no peut s'agir dans I'cspece que de 
teile d'Eulrope, s'elevait ä pioximite de la nier. Möine conclusion ä tiier de ji 38, oi'i des filets sunt 
tendus pres de la eolonne, et de l'liistoire du pauvre stylite jete ä l'eau avec la eolonne en 'J8(j, viiir 
Intrnd., p. 18 sq. Mais contrairement ä l'opinion de M. Vogt (p. 11, n. 1), la eolonne ne se trouvait pas 
iirdinairement au milieif des flots : les Communications avec le stylite, que le röcit nous niontre si faci- 
les, n'auraient pas 6t6 fort commodes dans ce cas avec une Schelle (voir g 26). En faisant sa pari au 
style oratoiie, on tient compte tres sullisamment du texte si I'on adinet que la eolonne d'Eutiope, batie 
sur un des points de la cute, se Ininvait tantot, le plus souvent, sur Ic rivage, et tantöt, quelquefois, 
par vcnt du Sud-Ouest, au milien des fluls. Dans la baie qui se creuse entre Cadi-Keuy et Plianaraki, 
Selon qu'il y a vent du Nord ou du Sud-Ouest, la mer recule ou avanee facilement d'une centaine de 
nii'tres et plus. Le couvent d'Eutrope elaitä quelcjue dislance de la eolonne (voir g S'J, n. 6), mais, natu- 
rellement, hors des atteintes de la mer. Aujourd'hui oncore, 11 ne s'ölcve d'habitations qii'a une cer- 
taine distanco de la plage, et les jardiniers bnlg.ires defendent leurs polagers contre la mer des vents 
du Sud-Ouest par des haies de bramliages epaulöes de terrassenienls. — 6. Gen., xxxi, 'i(i. 



198 VIb: DE SAINT LUC LE STYLITE. [54] 

■7r,v -y.'Kriv. äxoGTo'X'./.cd? eiTVEiv, ivsÄe'i^e/.TO, iX'koi rpo; zk; äpj^ac, ivpö; xäc s^O'jcta;, 
— poc TO'j; xofffAOXpotTopx«; toS t/.Ötou; toö aicovo; touto'j, Tipö? ra 77V£U[;t,aTtxöc tti? 
TTovvipia; jv toi? STTOUpavio'.?, zal -pö; to'jtoi; Tvpo; xa; tyi^ i7apx.o; vi^ovii; x-al Tot; twv 
TiraOiov S'JC/iaOsJiTOu; STCxvacT/.uei;' wv to'j; ' jasv Trpoaauj^üjv 5TC>.ot; /.al ßo'XtGiv enTevou«; 
oe'/;(7£(i)5 ä-eTp£TC£TO, tocc oe Tat? t^? syxpaTeiac »«i äypuTrvi'a? ivevSoTOi? 5v<;TZ(jaG!. y.al 5 
Tat? of/ivexECi So^o'Xoyiati; y.al ij^a'Xj/.w^izt; y.xTs'Sa>>>.ev, öi' wv yaVfl'vTiV (jTaOepav itspis- 
■reoieiTo Tfi iauToö 'j/u/^vi IxaTspuSev. 

9. TouTO'j 07) ToO öaujiactou ivopös tv;v ä-' af/ß^ aypi te'Xou; ÜTVEpävSpwTTOv oia- 

ytöyviv y.aX t6v di;yy£).oi;iip.r,T&v ß{ov, w; £<p97iv eiuwv, ävaTaEacOa; -po6uy.O'jjj!.Evrj:, Se^oDta 

<j(pdoca To <popTt/.6v Toü syysipr.jxaTO?, ü? (Ar, xaT' e[/.viv ^uvxpiiv ov ivvoo'Jaevo? 7:6Öw xe 

115^. xal (po'So) Tov voöv woTTEp £v [z.£Taij(^;7.uo Ttvi [/.£pi'(o'pi£vo;" I ttoOm [j.£v, w; sjAol p.ä)v'Xov TÖV 10 

a>.Xci)v — pooriXEtv 'jTto>.oyi(^6[AEvo; t6 t'^cSe tt,? Sf/iy/JuEw; ö^eüöjaevov yp£o;, ÖTt y.al 

8. V TÖ;, mais la le^on du maniiscrit est excellente et la seule bonne; saint Luc combat contie 
les demons (tov? xospioxpäTopa? toQ <7xöto-j;) et contre la chair; il serail anormal que l'aiileur indiquäl 
les armes qui malent la chair et ne ilit rien de Celles qui repoussent les demons. 



ardeurs brillantes du soleil, vivant au milicu des airs et luttant sans reläche 
contre les pouvoirs et les puissances aeriennes. Ce n'est pas, en eilet, contre la 
chair et Je sang, pour parier avec l'Apötre, qii'il avait accepte le combat, mais 
contre les pouvoirs, contre les puissances, contre les detenteurs de ce monde et de 
ce siede tmebreux, contre les esprits du nutl habitants des sph'eres Celestes \ et 5 
aussi contre les jouissances de la chair et les revoltes violentes des pas- 
sions; les uns, il les eloignait par les armes de la priere et les traits d'une 
oraison prolongee * ; les autres, il les abattait en perseverant sans treve dans 
les privations et les veilles et en n'arretant pas ses doxologies" et ses psalmo- 
dies, deux moyens de procurer ä son äme une ferme tranquillite. 10 

9. C'est justement de cet homme admirable que j'ai Tintention, comme 
je Tai dejä dit, de retracer, depuis le commencement jusqu'ä la fin, la vic 
surhuinaine, l'existence angelique; mais je redoule beaucoup le poids d'une 
entreprise qui me parait au-dessus de mes forces. Aussi l'amour et la crainte 
f. 115^ se partagent-ils mon esprit qui hesite entre les deux. L'amour : car je refle- 15 
chis que c'est ä moi plus qu'ä d'autres d'entreprendre ce recit qui est une 

7. Ephes., VI, 12. — 8, Ell grec, noiis avons l'adjectif ixtsvTi; que nuu.~ reverrons accole a un mot 
signifiant priere, i 7'i, 75. L'auteur peut n'avoir en vue chaque fois qu'une priere prolongee, quelle 
quelle soit, mais il peut aussi viser ce ([ue la liturgie grecque appelle l'exTevii; : « Sörie d'invocalions 
prononc6es ä la suile l'une de l'autre. II \ en a deux. La plus courle commence par ces mols zX-itüs\i.i-i 
itivTs;; laplus longue debute ainsi : iifiiuov, 6 0eö; » (Leon Clüoxet, Des itoms liliirgiques en usage dniis 
l'EgUse grecque. Paris, Picard, 189,5). — 9. Ao^oXoff«. « Ce nom est donnö quelquefois au verset lila. 
naxpi, mais dans les livres liturgiques il designe toujours l'hymne S6|a Iv iil/ioToi; qui appartient prin- 
cipalement a roffice de l'aurore « (L. Clugnet, ibid.). On peut aussi enlendre par lä des lonanges 
a Dieu dont la formule varie au grS de chacun. 



[55] CE DISCOURS EST UNE DETTE DE RECONNAISSANCE, S 0. i'M 

TzlciaTO'i TÜv ä'/vXiov ä-r.vTuv öjjLO>.OYOÖ[Ji.ev cOepYEr7,(jOai, /.al iruY/.sxpoT-flffÖai itpo; a-jToO, 
f^/lXa^y; O'j tq7? xaxä 4'"X'''''i fl'-'-'i [■'•ovov iyaOoi;, uv O'jÄev xpeiTTOv r, TijAiwTepov, toT; 
Vi voOv r/ou(jiv, «aa', eo-Ttv öts x.«l £<p' wv XP^^*? "''*' ouvspyia? sveicr/ixei ' xaipd;, jcai 
a'jToi'^ Toi; /.ari (Jcoiaz Tiva ßtcixpO-eiav cuveic^epouciv (pdSw öe, w; xp£''TT0vx loyou 

5 —xvtÖ? tov ijtveo Xo'yov viycovKjasvov yivwotwv avbpa 6iot. t£ tÖ T'Ä? TroT-ixeiac KTcpo'fjiTOV 
■/.al t6 tqO Tpö-ou yepa; ÜTuepTEpov. "Oy.w; alpETwTEpov xar' £[ayiv yvtofiTiV xpi'va; [/,5[j.'|iv 
[jlöTXVjv 'JTTOCj^^etv ToX;/,"/); /.al irpoTCETeia? Tvapz tkjiv r.-sp ayvcoaücuv/i? ey/.Ar,0-flvai ps^Ou- 
[iiav xal «Ttyvi; öxvrpiav, Öappiöv -oi^x, -po; ySjTr,'/ =1:0.7:08 'jrMX'. t-);v «ywviav Tri; d ir,y/i(7e<o; , 
xüxriv sie 5'jvepyiav sTrixa>,si7äjU.evo? t/,v toO nv£ij[ji.y.To; ivs'pysiav vuv, yjv ixeivo; eCpsv 

10 TOTE Toii; ÜTCEpcpijsciv iyü(7iv a'jTtT) <7UV5— aaüvoucav /.at T:p6; TTc'px? osci&v Tr,; 7vp6; oupavov 
äyouTTi? ^£v-o; ävaoxi7£(i>; aüpLapco; xa.Teu6'Jvo'j<7Xv. 

10. TouTU Tofvuv TW y£vvatOT«T(i) xai xapT£puo)TäTw ivOpl -y.Tpi; y.iv -poir-flv r, 
TViV rü; AvaToV?,; g'uvojvuu.ov ETTuvuy.iav 'ka.yo\Jax ywpKi XiTTstpa te x.ai EÜepopo; tczvu 
1TS>,0'J53C y?; xal [/yiV/j: T'jyyavouca Ooc'jjxairtiüv /.xl jj.EyxOOj^.w-/ xv6pwv. Ebet * yap ovtw; xiv ' 

9. — 1. V Tv/cf-fiia: evsTT^^Xci, faule de lectui'e. 

10. — I. Omis par V, necessaire cependant pmir equilibrer la plirase. I.e nianiisi-ril |inrlail lüv, 
niais le second cercle de l'oni^ga a 6\6 gratte. 



dette ä payer; mi efTet, plus que di' lout aiilre, uous l'avouons ', il a ele notre 
bienfaiteur et iioirc reconfort, non seiilement, dis-je, par les bienfaits spiri- 
tuels qui sont certes les meilleiirs et les plus precieux, au moins pour les 
gens de bon sens, mais parfois aussi, lorsqu'une necessite pressante recla- 

5 mait du secours, par ces bienfaits qui procurent une aide a la vie corporelle. 
La crainte : car je sais que eet homnie est au-dessus de toute parole par ses 
combats ineffables dans un genre de vie inaccessible et mene avec une 
excellence superieure. Cependant il est preferable, ä inou avis, que quelques- 
uns me reprochent mon audace et ma presomption, et non point quon 

in m'accuse d'ingratitude nonchalante et de silence paresseux. C'est pourquoi. 
prenant courajj^e, j'aborde ce recit malgre mes angoisses, et je prie de me 
venir en aide maintenant la meme Force de T Esprit que Luc trouva jadis le 
soutenant dans ses combats gigantesques et l'acheminant aisement vers une 
issue heureuse dans l'ascension etonnante qui le conduisait au ciel. 

15 10. Get homme genereux et ferme eut pour patrie la contree dont le nom 

ressemble ä celui de l'Anatolie', terre tres grasse et tr^s feconde, mere 
d'hommes admirables et valeureux. II convenait en eilet qu'etant Tcmule d'un 
liomme aussi oopieusement eprouve que Job, son emulc par les souil'rances, 



9. — 1. Pluriel de modestie, suivant iin singiilier. On le retrouvera seul. i 41: apres un singulier, 
■f. 33 et 84, n. 1 et 3. 

10. — 1. Celle Periphrase dösigiie le llniMe Annliiliiini : >\\y l'eiidi'nit pr^cis de la naissance de 
Saint Lue. vdir Inlmd.. p. 40 ?,i\. 



10 



200 VIR DE SAINT LUC LE STYLITE. [56] 

Tov wjpiaÖXov 'I(i)ß ev te toT; naÖTiiAaci xxl toT? ä)>Yetvot; ä[;.a xal Tretpacti-ot; 
Tvi TT,; 'jxofAOvr,? icapTspo^Jiuyia Trapy.^vi'Xw'Ta.vTa, uapairlriutw? aÜToJ jcoivwv^cai -^al ty, 
T^; '■' TVÄTpiÄoc (7uvidvij[;Lw TtapcüVUf;.;?: xa.1 /'.'X-/;<t£i. DscTcpe; o' k'jtw y.aX yEvv/iTope; ümip- 
yov eüyevä;, xax' «.'jtov S-J) tov Sixatov "Iw6, twv itp' r,>,iou ivaTo'Xöv, iv (7U[j.[;.£Tp(;> 
7t£ptouC)t« wloÜTOU xal aÜTapx.eir. ypeuöv tov [ii'ov SiavüovTs;, fiOify'.-/.r,i £;7.ir£ipta; £7:t(jTr[(A-/i 
(jvo'XxCovte; y.al ^TpaTiwTi/.Y, /.ouCTW^ia ■/.aT«>^£Y6[-'-£voi. 'AvaTpa<p£VTa toivuv tov 6«.u[ji.z(jiov 
TOUTOV avÄsa /.al Trati5£i)0£VTa xaT-w; ev irai^eia /.ai vouOeciz Kupiou slzdavTr. t£ Trpo; 
■/i\iY.i%i [/STpov xx'. £t; äv^pa? r,S-/i TfXo'jvTa tviv t-?,; CTpaT£ia; i^uTv/ipETerv ä7r/i'p£iav ^ 

7rpO£(JTYl(7aVTO. 

11. Tov xaTOC ßou^yapwv TOivapoöv ■rtol£[-<.ov ävoto£o£Y[-«.£voi) toO t6t£ tsc (;/.r,7:Tpx ir,? 

2. M TT,; TT,;. — 3. II ii'y a aiicune raison de suspecter avec M. Vogt la leron iTtrjpstav qui esl un des 
mots favoris de notre auteur. Cf. i 14 (miiiiie contexte), 30, 43, (H, 85. Ce niol fait iniage cn presen- 
tant le Service mililaire commo iine corvße dont saint Luc se d^barrassa If plus löt i|uil put. On se 
gardera donc de lul donnor le scns A'eqiiipemeiil (V). 



les douleurs et les tentations supportees avec iine patience energiquo, il eut 
encore ceci de commun avec lui, d'avoir unc patrie de meme nom et de meme 
appellation. Ses ancetres et sps parents - etaicnt nobles, comnie Tavait ete aussi 
Job le juste, parmi les gens du soleil levant^ ; ils avaient des richesses en 
Proportion ' et ne inanquaient point des choses nöcessaires ä la vie. Ils s'adon- ^ 
naient ä la science de l'agriculture et faisaient partie de la garde militaire^. 
C'est pourquoi, lorsque cet homrae admirable, apres avoir ete nourri et eleve 
soigneusement (htns la doctrive et les enseignemcnts du Seigneur ", parvint ä 
Tage requis' et tut eompte parmi les hommes, ils le presentereiit ä raccom- 
plissement de la corvee militaire. lo 

II. l.,a guerre ayant donc ete entrepriso contre les Bulgaros par celui qui 

2. Les parents de suiul Luc s'appelaient (Ihiistophore el Ivale, V(]ir iMti'ciU., p. 'lO. — 3. Celle lois, 
le grec porte le pluriel ävoto).iüv comnie dans Job, i, 3. — 4. Les fipisodes de § lii cl 17 nous donnenl 
une idee de celte richesse. — 5. Une pailie de ce que possedaient Chrislopliore el Kaie leur veiuiit 
de l'empire et leur avait 6te concOdee comnie ^TpatiMTiza xTrinata, ii condition d'etre inscrils au rolc 
de l'armöe; de lä, la reuiarquc du biograplie : axpiTtuTixri xouoTU)5ia xata).£Y6ii.£voi (le niot xovoTuSta est 
delini par Ducange : 5Tpiit£U|xa öjiso ol 'PwpiaiM pivSov xi/.Xrianou'jt xai xaXoCai. (iloss. Graec. Sur ßivSov 
voir Inlroduct., p. 40, n. 5). La famiUc de saini Luc c(]nslituail (lonc une faniille militaire, (iTpaTiwTixö: 
olxo«, obligöe ä ce titre d'entrelenir »n de ses membres dans les arnices imperiales. C'est pourquoi, 
lorsque Tage a sonne pourlui, ils envoienl leur lils prendre du Service dans les legions. Sur tout ceci, 
voir BAMD.\i;n, Conslanliii Porphi/rogciirle, p. 287 sq.; Voar. Jlasilc I", p. 338 sq.— 6. Voir EjiIk's.. 
VI. 4. — 7. D'apres le paragraplic suivant, Tage rcquis devait 6tre alteint aux environs de dix-liuit 
ans. « Les Romains admettent dans le röle de leur armee les jeunes gens imberbes >>, dit l'hislorien 
arabe Ibn Hordadbeh, eile par 11. Gelzeh, Die Genesis der byzanlin. Tliemenver/hsstiiig. p. 115. 
S. Joannice fut incorporö ä dix-neuf ans {Act. SS., Nov., II, p. 334). II pourrail se faire <|ue pour saint 
Luc Tage de l'appel ait 616 devance ä cause de la gucrre conlre les Bulgares; en loul cas, il n'y 
avail 6videmmenl pas longtemps qu'il ötait enröle lorsque, äge de dix-liuil ans. 11 fut contrainl de 
niarcher ä l'ennemi. 



10 



i57] LUC, ENFANT, SOLDAT ET MOINE, § 10-12. 201 

T£'J<7XT0, ÖKTWxai^s'xxTOv sTO? xYuv T^? 7;>.'./.ia5 a-JTOÜ. 'Ecy-/iÄw; Äs Suo Tivz? <iuvr,0£i; 
TjCTpxTKoTa;, '7'jv/)>^'.-/.;<oTa; y.al ijuvecTiou;, £VTO>.a.; >.a§dvTa? izö T'.vo; e'jXa.SETTaTO'j 
l/ovxyo'j, i7Ti>).w Tivi ■7rpo(7/.a^£i^o[A£'vou /cal 0£oce6w? £0-/i'7Kyz^ovro;, itxl to'jtou; io 
£x.zij~/;; ■/.xTa[i.xv6ivcov •öjAEpx; awiyöii y.sv sO^ojaevou; ' , vriTTeixi; Se uyoAxCovTa; xal 
iauTOi: -po(j£'j(^ovTa;, touto'j; iCvfXwcEv £v /caAw, ty,^ | /.xVAicTr,; — o>.tT£ia{ a'jTÜv * f '"i- 
t(.if/.7)T'/); Y£VO[ji£vo;. 

12. McT« yap Tvjv Y£Y£vy)y.£vr.v cuv — oV/.<o /.tvS'jvw tou töte itokiiJ.OM ifjzzy.yiiroi 
'JTCOCTpoip'flv, opov 9£';j.£voc /,«6' ix'jTov äu.£TzO£TOv Tov [Aovflpv; ßiov iiTTca^acOri y.a.l 
jzr.jcsT'. )C0(;u.i/.(T) lyvifjiaTi Toj xo'cjau -£ptTo').£'J£'.v, ;:op£'j6£l; xpo; töv z-rfii-i-y. OeoXriTTTOv 
iiz'. ■hTsfX'j-z-ry aovz^ovTx, Tou; oUeio'j; x'JToJ XoYi(;[/.0'J; aTtexa/'j^j/ev, icap" w x.ai t/,-' 

11. — 1. M EÜ^^öaivo;. 



detenait alors le sceptre de la puissance romaine', Luc, lui aussi, partit en 
campagne contre eux : il etait äge de dix-huit ans. II se lia avec deux de ses 
compagnons d'armes qui etaient du meme äge et qui mangeaient avec lui ; 
tous deux avaient .re^u les legons dun moine tres pieux qui, fixe ä uns 

5 colonae, vivait dans une devote conteniplation ^. II les voyait cliaque jour 
prier Sans cesse, se livrer au jeüne et s'observer eux-memes ; il en dcvint Ipuv 
ennilc dans le bien ' et * leur imitateur dans cet excellent genre de vie \ * f- n«- 

12. Aussi' apres la retraite fort perilleuse qui suivit la guerre survenue 
ä cette epoque % Luc, qui avait pris ä part lui la resolution inebranlable d'em- 

10 brasser la vie solitaire et de ne plus promener de par le siecle son habit 
seculier, s'en alla vers ledit inoine, cet besychaste rempli de Dieu, et il lui 

11. — 1. Nous avoiis paili' plus lifuil de cello guerre coiilro les Bulgares enlreprisi' par Tein- 
peicur LiJon VI, voir Iiilrod.. p. liisq.,22 ssq. — 2. Alors que plus bas. g 12. ori a TiCMyx'svfii et que 
!J21 on a -fiGvxiZin, on a ici ifr,a\iyi.Z^i-/ pour marquer que le stylile contemple du liiiiif de sa colonne. 
I,e uioiiie-stylite en (|ueslioQ ost un hesijcliaste. « De rensemblc des texles, — el ils sont noinbreux, 
— oü se rencontre le ti'rme tl'hi'sijcliaste, il ressort avoc evidence qu'il avait dans le langage lUunas- 
lique une slgnlfication bien determinee, eorrespondant assez exaeteraent ä celle de moiiie-coiilriii/ila- 
<(/... Tou tes les indications... nous permettent de considerer rf,(jj/ia comme un degrc supörieur de 
la vie nionastique, reserve seulement aux cönobites les plus avances en vertu et en perfection... A 
I'.Vthos, le groupe des solitaires, inferieur de beaucoup par le nombre ä celui des cenobiles, ne lui 
ledait en rien pour linfluencc et la valcur. Et. parnii ces solitaires, la premiere place appartient, sans 
contrcdil, aux licsychastes. Ils formaii'nt une elitc parmi les uioines : on les considerait comine des 
maitres dans les voies de la spiritualite el de la m>sti<|ue. » Jean Bois. Les ilesyc/iasles avant (c 
.Wr« sii'cle, dans Eilios d'Orienl. oct. 1901, p. 2, 4, 7. — i. Gal.. iv, 18. — i. II n'ötait pas rare cbez 
les Byzantins de Irouver des soldats qui joignaient a l'esprit militaiie un goiil tres vif pour les pra- 
tiques de pönitence el de piete, tömoin le grand göneral du x* siede, Nicepbore Pliocas. Wnx- 
f.. Si;iiLuMliEHGEH, .Meep/ioie Plioras. Paris, iS'M, p. 313. 

12. — 1. Le Y«? de la pliraso gretipie ne doil pas signilier que saini l.uc ue «•onimcmja ses auslO- 
rites qu'apres avoir quilte l'armee, niais 11 ejrpUqiic eommeiit il ruil alors le sceau a ses desirs de vie 
mortifiee. — 2. A mots couverts, l'auleur fall ici allusion li la mallieureuse Ijalaille de Bulgarophygos. 
Voir liilnid.. p. 22 ssq. 



202 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [58J 

/cdp/iv Tr,? xecpscXyi; äTC/ceipaTO, SEp[7.auvov y'.TWva äp-tpiaffafisvo? (jiÄ-fl'poi; te tviv udcpx.a 
•/.aO-zilcdsai; cuv <poSco Ruptou ^ta r/iv TrpoGOÜGav a'jTw t'a? veoTviToc ä/cpöv /.ai rot; twv 
•nraOüJv ^uir/.aÖs'jCTou; ETvavacTaaei;, s-eyeipo[jLev7.; [^.aTviCTa toi? ev vEapa -rr, -fikv/J.x (j(ppi- 
y(j><7'.v. O'j [Ao'voi? Äe ro^c utovipoic ttiv ekutoü (puXaxviv /lal a.a(pz).£iav jtaTe-iTTE'jijEv, 
äX/.ä xy.l — poceuvat; ffuyvat? y.y.\ vriTTetai; TCoXXai; /.aci '/ajAEuviat; CT.'knfxi^ y.a.\ rr, >.otTr/i 5 
■ny.ij-ri T/.'XTipaywyi'z tyiv capxa >'.a>küj? y.aTEÄKixai^EV, 01' vijAEpwv etvtö. [j.exa'Xajji.ßzvcov Tpoipvi?, 
Tvpo; TW äyäliiw te x.al äpäo^w x.al [AOVOj^^iTtüV. äTi zai yuu.vrj7tQi^5tv topaico; elopt-evo;, 
y.aTÖt T7;v zTTO'TTo'Xtxviv — oAiTEtav r, [j.«>.7vOV, ciixEtOTEpciv EiTCEiv, y.frdiKry otayoiy/iv y.ai 
f^i'atTav. 

13. OijTw; ouv StETEAECEv üiTcoTt i z C<ii V jäiatw? To (jio[Aa L/.axpat; iciTiai; ' xal y.oLToiy- 10 
y^^ojv t(Tj(^upcö? •jTi'/.py.i; x.ax.ou^ia'.;, etcI ypovov i^asTrl tyiv TOiavoE [j.sTaStojx.div ävE'vooTOv 
xajcOTVdcÖEtav, y.exP'? av ^lEyvwjCY] ' * xaAw; t'/iv Goifx.x /laOuTCOTayeioav , ü;6£[/.i?, tco iweü[j.aTi. 

13. — 1. M aaiTEt'sti;. — 2. MV cii-ciw-/.ti. Le plus-que-parfait ne convient pas au sens; le subjonctif 
maique que l'action de la proposition principale s'esl conlinuee en vue d'atteindre le but propose, 
Sans dire formeüement — ce qui est im|ilicite — que ce but a 6t6 atteint (cf. iia; äv raÜTOc SiajtfiStdvrai 
9uXaxT|V... xareXiTte. Xknoph., III, Hell.. V, III, 25). 



ilecouvrit ses propres pensees'; la, il se coupa la clifvelure ', revetit un 
habit de peau, et avec des fers et avec la crainte de Dien il cloua sa chair^ 
pour parer aux ardeurs de sa jeunesse et aux revoltes violentes des passions 
qui s'attaqueut avant tout ä ceux qui sont dans l'exuberance du jeune äge. 
Les fers seuls ne furent pas charges de le garder et de le defendre, mais 5 
des priores l'requentes, des jeüues nombreux, des repos pris sur la dure, 
et toutes sortes de traitements rigoureux dompterent completement sa cliair; 
il ne goütait de nourriture que tous les sept jours et il avait pris cette belle 
resolution non seulement de n'avoir pas d'argent, pas de bäton, et de n'avoir 
qu'une seule tunique, mai.s cncore d'aller nu-pieds, comme faisaiont les 10 
apötres % uu plutöt, pour parier plus justemenl, ä la fac-ou et ä la maniere des 
anges '. 

13. II passa ainsi ä meurtrir durement son Corps par de longues absti- 
nences, ä le mater severement par de cruels traitements, un espace de six 

3. II n'est plus parle de ce stylite qui leste pour nous un inconnu. Ses relations avec deux soldats 
des troupes d'Anatolie permeltent de croire qu'il residait lui aussi dans le theme .\natolicon. — 
'1. C'etait le sigue de la consecration a Dieu. — 5. Cf. Ps. cxviii, 20. — 6. Voir Luc. ix, 3. — 7. Tout 
l'ensemble du recit donne rimpression que saint Luc profita de la debandade qui suivit ia defaite 
de Bulgarophygos pour cchapper au service niilitaire. L'auteur ne le dil pas de lacon formelle — 
nous avons alTaire a un panegyrisle, et meme ä cette epoque 11 n'etait pas recommandable de s'6tie 
soustrait a la caniere des armes par la dösertion (voir Rambaud, otiv. eil., i'J'i ssq.), — mais on 
le deduit, il me seiuble, assez naturellement du contexte. II y aurait injustice du reste ä taxer saint 
Luc de crainte elTemin6e devant les labeurs de la vie des camps; le regime qu'il avait choisi etait sans 
contredit beaucoup plus rüde que celui irapos6 aux troupes, niöme depuis la reorganisation de la dis- 
oipline par Basile I", 867-886. Cf. Gonstant. Porphyr.. Vitn Bnsilii. dans P. G.. l. CIX. col. 281. 



f59] LUC, ENFANT, SOLDAT RT MOINE. § 10-12. 203 

'l'fOVTl; yip -yii-Jy ajxw Ä'.z ir/etCTr,; 67ti[/.£A£ia; [ji.£t/.epi[jLV7)(AEV/) a/i t-/;v (jMjAaTUViv 
7.''j;7,'7iv [/.o;y,v ö(j-/iy.5pai 'Xajxßivsiv siriSofTiv, iroT^Xü (Aa'X^vOv 6= tyjv itveujAaTiX'flV yi>.t5ciav 

£X.T£IVQ[XEVV|V TOl: S U.7rpOi70£V /,ai TtpO/tQ— 71V £'jp{(7Ä£'.V ci'.TrpÖlTX.'J-OV TUpÖ? 7)7 (7UV £1tl/.0'jp{z 

()£iz y.«TavT7[(7x; To T£ Äo/.ijjLiov äa'jToCI Epyw xxTxy.xÖcov xal vixTaOappriiTac sv 0£(o tt, 
TTpoooO'TT; a'jTÜ Tri; irr/'jo; i/,xvoTVi-rt , Tflv toO TupecSuTepou y^etpoTOvixv iva-^EysTO.; (ieTr 
TVIV CUa7i7//;p(0(JlV TO'J JlXO'TTO'J T£TZ3TQ'J ypovo'j TTi; cwjAaTU-ö? vi'XiK.ia; a'jro'j. 

14. T-?;? a'jTr,? to'vuv y.al v.£Ti t/,v •/£tpoTOv;xv £you.cvoc cxlrpay^Y'^'' ''■''■'' /-5!./.ouy_;x? 
£/. T£ Tri; Tcöv r7t()r,pwv [iap'j-TiTO; x.al rr^; 0£ppi.aTiv7i; £Voötvito; »xl tä; e^ syiipaTEia; /.zl 
■fWj.vn-M:, '7x.)i-/ipÖT7iTo;, oOx sv/A'.ttev s^uTTVioeTouj/.svo; TT, TTpaTiojT'./.'/i sTT/ipet'z äTCi ypovoi; 



annees, ne cessant point d'exercer la meme rigueur jusqu'ä se bien assurer 
que sa chair, comme il convient, etait soumise ä l'esprit. C'etait on offet chez 
lui uiie pivoccupation soutenue par beaucoup (l'attent'Kin quo le corps seul 
ne s'accriit pas cliaque jour rcguliörement, mais que bleu plutöt l'esprit ne 

5 s'arretAt jamais dans sa marche en avant et qu'il progressät toujours saus 
encombre. Quand il y fut arrive avec la gräce divine et qu'il se fut reconnu 
veritablement eprouve, se confiant, eu Dieu, aux Forces süffisantes qu'il 
avait acquises, il regut Tonction sacerdotale dans la viugt-quatrieme annee 
revolue de sou äge selon la chair'. 

10 l'i. Or donc, apres son Ordination, tout en continuant ä se maltraiter, ä 

se tourmenter avec la lourdeur de ses fers, son habit de peau, la rigueur 
de l'abstinence et du coucher sur la dure, il ne cessa point d'etre employe 
ä la corvee militaire, un nonibre d'annees egal ä celui marque plus haut'. 

13. — I. L'iige canonique (jtait trente ans. et il etait defeiidu de le devancer. meme si le sujet avait 
des qualitäs exceplionnelles : « IIpeiSÜTepov npb tmv Tpiixovra irüv |j.ri yeipotovetffOai xäv Ttivu tj o avOptono; 
äSio; » (Canon XIV du eoncile In TniUo de (J92, dans Mansi, Coiicil. ampliss. coli., t. XI. [). '.)'i9). Peul-Ätre 
une restriction mentale du genre Je celle signalee plus loin, 'i 17. amena-t-elle eetle entorse au droit 
lanonjriue. Peiit-6lre aussi rev(>que cons^crateur fut-il pousse a cette dömarclie par le desir de rendre 
~erviee a un moine d'une vertu si eprouvee. Dans les deux oas. il s'agissait Sans doule de cherclier ä 
legaliser le plus tot possible aux veux du pouvoir public une Situation un peu louche; si le deserteur 
avail reussi jusquo-Iä a se cacher a l'autorit^ militaire. il suffisait d'une mauvaise rencontre pour tout 
romprometlre. Or en 903, dale de cette Ordination sacerdotale, l'ev^que et le nouveau prötre n'igno- 
raienl certainenient pas deux novelles. rödigees par l'empereur Leon et adress^es au i)alriarche 
lilienne de Constanlinople. entre 886 et 89:i par cons6i|uent. Elles deeretaient, 

La premiere : que, si un clere avait la l'olie d'eehanger le vtHement et donc la via ecclesiastique 
conlre le vetement et donc la vie söculiere, il fallait l'ubliger, meme de force. a reprendre I'liabit 
eeclesiastique, sans pour cela le retablir dans sa dignit^; 

La seeonde : (pi'un moiue, sous aucun pretexle. ne poiivail abandunner la iiiilice di\ ine pour elre 
iniorpocö aux troupes de l'empire, et que tout usage contraire devait cesser. (Zaciiaiu.^e vox Lin- 
c.KM'iiAi.. Jus Gi\rco-Rnmanum, I. III, Lipsiae. 1857, Imper. Leonis nov. 7 et 8, p. 78, 79). 

Appliquöes a notr<3 oas, ces deux novelles se prölaient faeilement ä l'interprfitation suivante : 
devenu prelrc et moine. Tun renforcant l'autre, personne ne saurait 6tre appelö sous les drapeaux. 
('.'est bleu ainsi, j'iniagine. (|ue conclut soit Saint Lue, soit r(;vö(iue, soit tous les deux a la fois. 

14. — 1. Trailui'llon exaete de la bizarrerie du texte grcc. On attendait itposipri|iävwv xf. toO itpoppriÖe'vTO! 



204 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [60] 

hiooii iffaptÖiAOt; xGvi iTpoyeypaap.eva)v, oüx ö(|/(.jv!Ov r;Tot ßa.oi'Xt./.ov 'Xap.Szvtov ctTVipeffiov, 
(ö; sOo? TOi; <rTpaT£iio[/.evoi; (^i^o^TÖai, ä/,).' £/. toö 7caTptx.oO oi/.ou rzcav t-/iv yrjpy.yiav 
e'/uv Twv Et; ^ciyov äva^oijJLKTwv irapejj^oj^s'vwv, e? wv aÜTCi; [Aev ei; oix.eiav Xf^'*"' O'joev 
o''j^ai/.(ic ävri>,i(;x£v x.ocTaxpw[Ji-£vo;, toi; r/. toO 5TpaTo5 öe Tts'vr.'Tt ' xai (ixopoOiri ra itpo; 
yopviyiav -poTx,a wapsi^Ej xaOoffov •ox'jo; siysv 'fl yeip «'jtoO xat S'jzop;'«?. Auto; ol ö\i- 

14. — 1. MV rtEvoic. Dans la prononcialion usuelle, la forme classique tcevki'ti (cf. itevinTMv g 15) 
ne se distingue (|ue pai' !'t final de la forme vulgaire tcsvgi: qu'un autcur comme le nülre n'eül pas 
employee, mais qiii n'etait pas pour effaroucher im copiste moins dölicat. 



Toiitefois, il no recevait pas la ration, je veux dire les vivres qui, au nom 
de l'empereur, sont distribiies selon Tusage aux soldats sous les armes, 
mais la niaison paternellc lui procurait touf ce que Ton fournissait a titre 
de depenses". Lui, de tout cela il n'employait Jamals rien au Service de ses 

äi/5p(S; § 30, 6 irpoppriOeic üsTpo? i* 42, lofi; itpoppriOeTai §53. 6 ^r,bü: 'AvSpea; j! 42 etc.), et on a «poTeypaiiiievMV ; 
c'est une bövue de l'ecrivain qui, tout occup6 qu'il etail ä ciseler ses phrases, a oublle qu'il rädigeail 
un discours et n'a fait attention qu'ä ce ([u'il avait ecril et non point ä ce qu'il avait dit. A moins 
que le copiste lui-meme ne soit responsable du lapsus, ce qui parait fort peu probable, puisque ce 
serait le seul excmple, sous sa plume. d'un mol complulement differenl mis a la place d'un autre. — 
Nous avons döjä explique le sens de cetto p6riphrase (voir Introd., p. 25) : c'est donc pendant ringt- 
qualre ans que Saint Luc, immc-diatement, ou peu s'en faul, apres sa pretrise, ne ressa d'vtre cmploye 
(I la cnrvie militaire. Cette rßapparition dans l'arraee ne manque pas d'imprevu apres une desertion 
qui parait indeniable. Que s'6tait-il donc pass6? Keduit ä des conjectures par l'adresse du biograplie 
qui glisse ici tres discretement. voici celle que nous proposons. üno fois nioine et pretre, saiut Luc 
crut iimtilc de continuer les mesures de prudence qui l'avaient mis jus<iue-lä ä l'abii des officiers du 
recrutement. II ue tarda pas a Otre reconnu; il eut beau exciper de sa <(ualite de prötre et de nioine : 
on n'eut pas de peine ä lui demontrer que, tout bon moine et tout bon pretre qu'il 6tait, il n'etait devenu 
l'un et l'autre qu'en fraude du pouvoir civil. Sa Situation ne differait pas de celle d'un esclave qui, ä l'insu 
de son mailre, s'est fait moine, clerc ou meme 6v6que, afin d'echapper a la servitude : un soldat 
n'est-il pas un esclave tant qu'il est astreint au sorvice? Saint Luc avait ('videniment negligö ce cöte 
de la question, s'il counaissait, outre les novelles 7" et &' signalees tout ä l'heure (g 13, n. 1), les 
9', lO' et 11» adressöes par le merae empereurLeon au müme patriarche Elienne. L'empereur y reglait 
qu'un esclave qui, ä l'insu de son maitre. deviendrait pretre, moine. ou meine eveque, serait ramenö 
de force ä son ancienne condition, sans qu'il püt d6sormais arguer comme autrefois de la prescription 
de trois ans (Z.^ciiAni.iE von Lingenth.\l, ibid.. p. 80-82). Je regrette de n'avoir pas de lextes analogues 
sur la desertion d'nn suldat, mais l'osprit de la lögislation nouvelle n'est pas douteux, et, eiicore une fois, 
un Soldat est bien un esclave, Saint Luc n'avait aucune raison decisive ä faire valoir pour excuser sa 
dösertion; tout au plus aurait-il pu en appcler ä l'ancienne legislation attestee par ces trois derniferes 
novelles, mais celle legislation venait precisement d'etre abrogee, D6sormais la qualite de moine et de 
prütre ne comptait plus juridiiiuement : il \ a lout Heu de croire qu'il fut apprehend^ par les autoritcs 
uiilitaires et revcrse d'otlice dans les troupes d'Anatolie. II y resta vingl-ipialre ans, ce ([ui le mena 
jus(iu'ä l'äge de (|uaraiite-liuit ans. Pourquoi jusipi'ä cel äge? Sans doute parce ((ue c't'tait alurs 
seuleiiient que l'ohligation du Service persoiinel cessait pour les menibres des familles mililaires. 
— 2. Le cas de saint Luc est notß cxpressement comme ne rentrant pas dans la pralique ordinaire. 
Quand M. Vogt 6crit dans son Busile I", p, 363 : « Le liien-fonds donne aux familles de soldals n'etait 
pas seulement destinö a obliger ces familles a fuurnir l'armeu de recrues nouvelles. Sur les revenus de 
la terre, elles devaient eutrelenir le soldat. c'est-a-dire l'öquiper et le nourrir », il lemoigiie d'un usage 
diametralement opposö a celui de nolre Vio, au moins pour ce qui est de la nourriture, S'il y a tvai- 
ment conllit enlre b's sources, j'opte sans li<^slter pour notre panegyrisle. 



[61J CHARITE DE SAINT LUC, § 13-17. 205 

■zilii Try eEayi'[x.£pov ' '"»txv'Jcov | v/iUTeiav, xaO' iy.r.nTry äjAs'jjMiTW? •/cupia-/.r,v ty,v yya.i[j.x- » r. im- 
xTov xfioMic yifn'y Xarpstav r/CT£>,wv /cal jr/i^ev e-rspov stOuov —oloic, zr,c 7rpoi7ito[/.i!^oacVri; 
üz' auToO xpO(j<popa<; x.at >,ayxvwv irptcov. 

Rai TotOxy. li.lv, Trepl ty;c iyx.paToij; a'jToC (^cdv;; /.at diry.piSwas'vvi; £/. irpwTVi; vilix.iy.; 

15. To oi, xepl Tr,v eXEyi[/,0(j'Jvyiv aOÖi; xal to 7.ty,v äxetvou (7U[/.icäÖss xai <pt^av9pw7rov 
(f.'.lx^j'Xyov TS /tai ot>.ö^£vov. IloXXz [a'sv xxl aXXa tto/Ak^oOsv yv^pidjAotTo. xai TS>t(Ji,flpi*, 
ÄYlXwcei 8k TpzvQTepov x.ai tq vOv pviÖr,(jO[y.£vov. 

2. MV jKTaiQjiEpov- Si cettt^ legon ötait exacte, eile contredirait la foniiule 8i' rijjiepwv In^a [iSTa/aa- 
Sivujv Tpfjffj;, ^ in, dont eile n'est qu'une reprise (äieiiXei) equivalente. Dans les deux cas, il ne penl 
s'agir que d'un jeüne qui dure six jouis pour so terminer le sepUeme; or le texte du ms. signifie un 
jeüne qui dure sept jours pour se lerniiner le huitieme. La correction que nous avons faito s'impose 
donc dejä par elle-m^rae, mais il y a mieux : eile est garantie formellement par la redaction parallele 
de .S, ä?ari[i£pu vYi^TTEia .7-/o).i?Ei, et peut-^tre indirectement par le texte de Ba, xara 'il ^,nifac. Voir, plus 
haut, p. 3'j. n. 2. Le copisle de F a sans doute ecrit iit-nT,^zfrj; sous l'influence de Si' r)|X£pir>v iTZ-a. 
Sans voir (lue, pour abuutir au meme seus, le contexte r6clamait chaque fois un chiffre dilTerent. 



besoins personnels; ce qu'on lui donnait pour son eiitretien, les pauvres 
et les indigeuts de Tarmee le recovaient gratuitement de sa main, dans 
la mesure de ses mo3^ens et de ses ressources. 11 perseverait dans sesjeünes 
de six jours, ' et chaque dimanche, sans faute, de ses mains innocentes il ♦ f. iiß- 

5 celebrait le sacrifice non sanglant, ne mangeant rieii autre chose que les 
oblations ' ofFertes par lui et des legumes sauvages \ 

Tout cela soit dit de sa vie mortifiee et de sa conduite parfaite des le 
premier äge. 

15. Parlons maintenant de sa pitie, de sa grande compassion, de son 

10 amour pour le procliain, pour ses freres et pour les etrangers. De toutes 
parts se presse une grande variete de preuves et de temoignages, mais ce 
que nous allons dire le montrera plus clairement. 

ü. En grec, itpo(7(fopi, terme tochnique de liturgie pour designcr ce quo nous appelons les saintes 
especes. — 4- A travers tout ce paragraphe, la Situation di( Saint Luc apres sa reincorporatiuu nous 
apparait tout exceptionncUe : il est soldat et il ne Test pas. II est soldat, puisqu'il est cmploi/e a tu 
(■(irvce militaire : il no Test pas, puisqu'il ne rccoit pas la sohle ordinairc, et qu'il a tonte facilite pour 
accomplir ses aust6rites et celebrer la messe chaque dimanche. II produit plutot reifet d'un aumOnier 
niilitalre. II est ä cioire que les agcnts de Tempire plus ou uioins bleu disposes par les vertus vrai- 
iTicnl licroiques de saint Luc et par l'ascendaiit involontaire i[W\ rn depit de. tous les reglemenls, 
l'habit monastiiiue et la dignite sacerdotale exerQaient sur les Bvzaiitins, s'6taient pr^tes ä uho Sorte 
de transaction. Les parents de Luc, fort riches, fort gönöreux et fort pieux (cf. g 16 et 17), prirent 
l'engagement, bicn qu'ils n'y fussent pas obliges en droit ordinaire, de subvenir a tous les besoins 
de leur fils, mais en retour ils obtenaiont ipie Luc serail aulorise u rcmplacer ce qui' nous appellerions 
le Service actif par le Service auxiliaire de l'aumönerie. 



20« VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [62] 

Aijy.oD ya'p ttots jxeyxXo'j xar' ixMO xaipoC ' y£y£vr,[7.svo'j /.«.Ta c/jv aÜTou Trarpi^a 
jcal ■TTo'XTiGiv äTropou,a£'vwv tix-ju irepi Tyjv ä.vayv(.!x(av Tpocpvfv, aÜTo; «pTt TOTe ÖTvöyuov ütio- 
cTpEij^a? I;c TO'j CTpaTQTTEÄou laOpa te i^ta'Xalvf'ra? /caö' 6"Xviv ty,v uaptywpov sheivviv /tat 
cuvaÖpoiaa.; ;ro>iUzpi6(J!.ov xXvido? TVSvvi'Ttov Ttspi [/.£ffx; vu-/.Ta; ävotcx; ts Ta{ 'jttq yviv 
xaTop&ipuyjAsva; ev 'Xa/.xot; airoövi'xa; tüv y£VVY)[AaTtov ', tüv aÜTOv y£vvr,Tdp(i)v [a/j 
yivtdC/CÖvTwv, iroXüyouv ^isStoxe it^tov toi; fj.sTp;oi; ' ei; Tescapa; [xoi^iwv yiT^ijcSai; * että- 
pi6(/.0'jaEvciv. Oü ciTOV Ss [Aovov 'Jtev£i[/.£ a£ya7.o(j/uj^(i)? , T/iv twv i^eojx.c'vdjv Tvapx[Au9ou- 

15. — 1. Kai' exEivo xaipo-j (id. g :ii) parait irregulier iiiais se trouve dans Tliucydide (cf. H. Estienne). 
Kaipoj est un genit. partitif. — 2. M yEvriijiÖTwv. — 3. PK propose [iiToot; qui est inutile: ne-piov au 
sens de mesure est cit6 par H. Estienne et par Sophocles. Ici, il me parait garanti par une allusion 
assez transparente ä Luc, xil, 42 : SiSövai z'n ijmy.hfwi. — 4. MV e!; Te^ruäpeav [loSiou; y_iXiä6Mv, indS- 
chifTrable; il y a lä une confusion de genitifs qui doil provenir de ce que les chiffres avaient ete 
Berits par des lettres (cf. pv g 43), et le mot [ioSioiv eti abrege. Le copisle a resolu tout cela au pelit 
bonheur. 



Une grande famine survint en ce temps-lä ' dans son pays, et beaucoup 
manquaient absolument de la nourriture necessaire. A ce moment, Luc etait 
ä peine de retour de l'armee; secretement il alla prevenir tous les environs; 
ayant reuni une grande foule de malheureux, vers miiiult, il ouvrit les 
magasins de recoltes menages sous terre dans des fosses, et, ä l'insu 
de ses parents, il distribua en abondance du ble; les mesures en mon- 
taient ä quatre mille muids^. Ce ne fut pas seulement du ble qu'il distribua 
liberalement pour soulager la detresse des malheureux, mais il leur donna 

15. — 1. \'ers '.l'2(),i)iii!^qiie Luc venail (■jitOYuovj de rentrer de l'armee. I?ien (|ue je la tienne pour cer- 
taine, je n'ai pas toim compte de celte famine dans la Chronologie de Saint Luc pour la bonne raison 
(|ue je n'en ai pas trouve ti'ace dans les liistoriens, et cela sc comprend. A propos de l'hiver de 'J33, le 
biographe eniploie des termes generaux qui s'appliciuent aussi bien ä Byzance qu'ä Atyoliome; ici, 
l'expression est specialisee : il s'agit d'une famine restreinte au pays de notre saint, dune de ces 
famines comme il y en avait tant autrefois ä cause de la difflcultö des Communications. Les hivers 
rigoureux ne connaissent pas de pareilles barrieres. — 2. 4.000 muids 6quivalaient selon diverses 
i^valuations ä 350 ou 2fiO hectolitres. ür, sous Basile I" (867-886), en un temps de disette, l'hectolitre 
de ble, autanl qu'un en peut juger, se paya ([uinze francs de notre monnaie (cf. CEnnuNUS, P. G.. 
t. CXXII, col. 108). L'aumönc distribu(5e par Luc reprösentait donc, au monicnt oü eile fut faite, envi- 
ron 5.250 ou seulement 3.850 francs; ce dernier chiffre est encore bien joli, siirtout si l'on pense qu'il 
reprösente uniquement le bl6 ä l'e.xclusion de ce qui fut donne au.x bestiaux. De plus, l'argent avait 
alors beaucoup plus de valeur quaujoiird'hui et sous Leon VI (886-yl2), a peu pr6s ä l'epoque de 
untre rcJcil, un iiegociant qui possedait 1.500 noniismata, soit 22.500 francs, s'estimait tres riche. XiXi« 
Tievtaxö-Tta voixiajiata... äTrtoXeffa... xat ccub [i£yä).ou tiaoutou xaTr,vnTTa si; iiy/^txzriw UTto/Eiav. Cf. DelEHAYE, 
Synax. Constnnlin., col. 722 sq., Synax. selecla. On voit, par notre episode, si la famille de saint Luc 
6tait riche et si les proprietes etaient vastes pour que le fils ait pu ainsi, sans donner l'eveil ä ses 
parents, entreprendre de pareilles distributions. Tout a l'heure, saint Luc obtiendra de son pere 100 
nomismata, soit 1.500 francs environ, d'un seul coup. Etail contemporainede Chrislophore et Kaie la trös 
noble dame Danielis dont la tres interessante liisloire montre quclles ricliesses etaient parfois ras- 
semhläes ä cette 6poque dans la niÄrae main (cf. Constant. PonPHYROu., \'ila Basilii, dans P. G., 
t. CIX, col. 241, 331-337). Sur la valeur des muids de bl6 et l'ävaluation de la monnaie vers l'epoque 
de Saint Luc, voir Vogt, Basile I", p. 119-123. 



[63] CHARITE DE SAINT LUC, § 15-17. 207 

'j.evo; svÄeiav, xXXoi. /.al yopTZdjx.aTX ■nxpiiye to'jtoi;, toi: jcTvfvec. ■" xxl ßoiici xpo; 
rooory e^iTvi'Ssia, t6 ÄxutTix.öv a^uv j/.sXüoviu.x «uveyü^ xai irXvipSv evapyw; to * ipicxov 
« ävGpwirou; xxl xtTiVvi " cusei;, Küpi£ », -/.xa toütou töv (ji.«/.xp;(T(/.öv /.aTvü; oücioö- 
u.£vo;' oixTipu.Qvo; xvOpcü-Qu to'j toi? 4"^ya? xt/'iVÜv, xaTx t6 ycYpstj-ty.svov ', oiy.TstpovTo;. 

i IG. OuTcü Toiv'jv y.eYaXo(ppQVijj; oilocppovr.cajxsvo; tou; toO 'Xiu.oü Toauy.aTt'y.;, ty, 

iXxpz [jiETaÄo'cst Tov toS elsou; x.al T?i; Tvxpxx'Xrlasiü^ sQepziveuffe ©eov, o; tv F.'jOLY^'ÜM'.i 
ötaopr/Vr.v ßoz' « rivecOs ot/.Ti'paove?, /i«Ow; «cxl ö Tva-r/ip üaüv ö oüpäv-o; o:x.T;p[J!.(üv 
äcTiv ». Toi; Si ytvv/jTOS'jiv aÜToO t/jv irpoTÖxoucxv -xpxivsTiv G— £p toutou irpo(Jv;y£v, 
■J7:epa'rco>k0yo'jacvoi; ' xa fJj'ovTa tqü toiou^e ^pipixTOi; svs/.a, t/.o-üv i/.pi§ä)?, (a'^'^ote 

10 apa w; /ixTacppovtov svw-iov «ÜTöiv (pÄveiTsti x.xl ■:7xpx.7.'J7r/iC£i Ta; sjceivcüv i|/'j/^x;. Ol ds, 
x.xi yap OTT/ipj^ov iyaÖol v.ai tov -rpo-ov itxvj sTtieDtsi?, icjAsvw; tö yeyovö; ■repoca-e- 
'k'cxvTO /.x'. to /.a>,ov spyov wc 0£w ipscxov £— /iveuav. 

1/. AÜtÖ; yo'jv ETI ToO Toio'jbs cxot:o'j T-fii; öt.—'kr,>j~o\j TCpoaipEOSCü; i~plc eyo'[/.£vo? 

5. M y.-ii-it'ji. — 6. M zTeivr). — 7. V ajoute roü, inulile dajis Ik synlaxe de l'auteur qui souvent inet 
d'abord iin substantif Sans aitirle pour le determiner cnsuile par iin conipleiiieiit accompagne de l'ai- 
liiMe. — 8. M Y£YpaY(/a(i|i.£vov. 

16. — 1. To-JToj 7i{ici<iT|Y£v recouvre un gratlage el termine la ligne; le signe -;- renvoie au bas de la 
culonno Oll on lit Jnsfano/oYOjfjiE- la ligne suivante commence par vo; qui n'a pas ole retonclie. Dp la 
Sorte on a iine suite salisfaisanle, et on le doit sans nul deute au reviseur, car les retouches sont 
dune autre niain. Le copiste avait passe du premier imp au second et avait continue par aTtoloto-Ju.t 
qui lient juste dans la place grattöe. Voir d'autres exemples de la mönie distraction g 25, n. 1; 39, n. 8; 
43, n. 1 et 3; 45, u. 2; 75. n. 5. 



aussi du fourrage propre ä la nourriture des betes de somme et de boucherie, 
eu cliantaut sans interruptioii, taiidis qu'il la realisait manifestement, 
rhymne de David qui dit : Hommes et animaux, tu les sauveras, Seigneur\ 
Par lä aussi, il s'appropriait parfaitement bleu la heatitude de Ihomme 

5 niisericordieux qui, d'apres l'Ecriture, prend pitie de la vie de son betail *. 

16. En traitant avec une pareille generosite les victimes de la famine, et 
en donnant avec joie, il sc montra le serviteur du Dieu de misericorde et 
de consolatiou qui dans l'evangile nous crie en termcs exprös : Suyez 
misericordleux comme votre Pere du ciel est niisericordieux' . Ouaiit ä ses 

10 parents, il leur donna avis de la chose comme il convenait, et leur ofl'rit les 
excuses qui s'imposaient pour avoir agi ainsi, prenant un soin extreme de. 
ne point leur sembler meprisant et de ne pas contrister leur äme. Ses 
parents, qui etaient bons et de raoeurs tres douces, accepterent volontiers 
ce qui s'etait passe et louerent cette bonne ceuvre comme agreablc ä Dien'. 

i:, 17. Luc vient ä peine de realiser ce que s'etait propose son insatiable 

3. Ps. XXXV, 7. — 4. Prov., XII, 10. Le texte a6t6 16g6rement retouche par l'auteur ile l'aenn a doniier 
des dactyles a la Iin de la phrase. Voir Introd., p. 8. 

16. — 1. Luc, VI, 30. — 2. Tout cet Episode met en relief l'esprit de dtScision de Saint Luc en nieme 
lenips que son habiletä mölee de boiilioiuie; l'episode qui suit n'est pas moins caraclerislique. 



208 VIE DE SAINT LUC LR STYLiTE. [64] 

•Aou. TT) XTtC, £>.£V)[y.0G'6vy)i; (ppovTf^i ÄixYiv TCupo; Tr,v eyxapStov TupoOecv äva-TOt^evoi;, oü)c 
e'ffTeysv -fiauyri t6 ETvatverov toSto iraöos /.at [Ax-^xpfjv -/.aTej^^eiv, ä'X'X' etcivo'.zv Tiva (jyvi- 
[x«T!<7äy.evo; a•/;ya^/aTal, 5i' -i^i; euTVopiav tivz ecpaupetv SuvTiOeivi itpo; rviv /.aV/jv Ty.UTr,v 
Trpayij.aT£iav aüxw (TuaT:pxTTOi»(TÄV. Kai öv)', -lÖavoi? tiit; /_:-/i(7i[ji.£vo; p-/i[Aaci 7:p6g xöv 
iauTOU -xTep« -po^aciv te ■Jvpo€a'Xo'[A£vo; ' , w; swi^x-Ottti; tivo? 8?,0£v öp£yci'|ji£Vo;, sy/.paTyi; | 5 
f. 117. yeveVöat t-^? xxloiiixsV/i; SeSacrv)?, £|aiT£iTai Tzy.f aüroij rr,; c'jv^Öou? /,zpiv -ap&j(^^; 
•/.at Xai/.ßzv£i ypuGtvou? £x.aTov, vj- /.ctl TuxpEuÖ'j afxa tu Aa€£iv roi; d£0(i!,£voi; oiaoiowfftv. 
Tw ö'vTi yxp £-i6u[/.ia. Trpo^riV aÜTw /.at e(p£ct; iz-dpaoTc; O'j TCpoi7/.aipou Tivo; iizic!y.oi:ri^ 
ETTiTuysiv, äl).a r^c £iro'jpy.vtou ;r/iTpoTrd>.£(i); /.at ä/.-/ipäTOJ itoxf/ixc [i-/i äxoTU/£iv. 

18. 'Ax-/i)tow? «^s TViV To5 TrpoTtxTopo; r,y.fov ASpaza, £^ sTCtTayjAaTo; Oeiou, t-^; 10 
oi/.£t'ac; yy;? te ;cai T'jyyEVEt'a; lAETaviorTeuiiv xat tou icaTpi/.ou ol'xou iJTCoywpviGtv, /.at tv;v 
TOUTOU Oxu[i,zi7a? dc[xa /.al i^-fl^coffa; ÜTCa/.o-/i'v, xöv jxeivou xpoTTOv [xeri r/j; zÜtö? UEXOtO-/]'- 
(7£ti);, u.aAVjv §£ xai Tuolü [Afti^ovo; Ttpcöuaia^ /.at TricTsco; jX'.;A£tTai. Rat, /.XTalt-wv y?,v 

17. — 1. MV itpoSaX/öasvfj:. L'aorisle est garanti par le correspondant xflTiiisvoc. 



charite, que, le souci de Taumöne embrasant comme d'uu feu le desir de son 
coeur, il nc soufTre point de contenir inactive cette louable et bienheureuse pas- 
sion, niais il imagine un stratageme de son invention qui, en lui procurant des 
ressources, devait l'aider dans son noble dessein. Avec des paroles persua- 
sives, ayant donne ä son pere comme pretexte que, desireux d'un eveche, 5 
I. 117. * il convoite celui de la ville appelee Sebaste', il lui demande, en vue de la 
caution habituelle, et il en obtient cent pieces d'argent", qu'aussitöt apres les 
avoir regues il distribue aux necessiteux. En fait, il souliaitait, il desirait tres 
ardemment non point d'obtenir un eveche de passage, mais de ne pas man- 
quer la metropole Celeste et son pontificat sans fin. 10 

18. II avait appris que notre ancetre Abraham, sur l'ordre de Dien, s'etait 
eloigne de son pays et de sa famille, et avait abandonne la maison pater- 
nelle'. Plein d'admiration non moins que de zele devant cette obeissance, 
il imite la meme conduite avec la meme confiance, que dis-je? avec encore 
plus d'empressement et de foi. II quitte le pays et les proprietes de ses la 

17. — 1. Sur Sebasle, voir Introd.. p. 4u sq. Pour iiuc le stratageme de saint Luc alt reussi aupres 
de son pere, il faul que r(5v(5cli6 de Sebaste ait ete vacarit, ou sur le point de l't^tre: c'ötait au.v environs 
de 926 puisque le fait se place peu de temps apres l'episode de la famine : aitpU it^6ii.vio;. On peut taxer 
Saint Luc de duplicit^, mais non point de Simonie puisqu'il n'eut Jamals llintention d'acheler l'öveche de 
Sebaste. Toutcfüis, (lu'il ait pense ä ce stratageme, et que son pere ait accepte seance tenante une teile 
proposilion, cela prouve que de pareils marches semblaienl toul naturels: au surplus Tcxpression de 
l'auteur. -tf,; ouvJjOou; x°<P''' '^''Po/^i'i- uiontre qu'ils elaient passes en habilude. La meme conclusion sc lire 
de deux aulres passages de notre Vie {'i .'iC et .iT), oü saint Luc et le clercEuthyme parlenl des arrhes u 
donner en vue d'obtenir un bönefice comme d'une cbose toute normale. .\u x" siede la simonie 6tait 
courante en Orient p'. en Occident. — 2. Environ 1.500 francs, voir g Ifi, n. 2. 

18. — 1. Voir Gen., xii, 1. 



I 

10 



[65] LUC A SAINT-ZACHARIR, § 18-19. 209 

TraTptpav xal jct-^tiv xädzv xe fs•■.f^yv^iixi /.xl <piX''a? -posrzQeiav /.xl cuv/iOeixv, 'XxOpa 
y-eTavadTr,!; tv;; xacTpi^o,; Y'"'^'^''-' "'^*"' ~po? fo 'OT^üfATTiov outw x.aXo'jj^.evov 7cepi§o-/iT0v 
opo? ctwoTp^j^ei. "EvOx —00 tivx Xaüoxv ' xxra'XaSwv, stt' ivd[/.aT'. toO [/.evx^.o'j irpcxp'/iTou 
7:po5ayopeuoij.£'v7iv Zayapiou, T'^v itwcpeuciv äÖeTvOucito; iy.v.^ou ToO UpoO ävopo; Ty/iiiari- 
- ^tTy.'., XiOov (ö; olx Ti^/a >:via6v iy.ouijtov ep.Sa'Xwv tw iotw i7T0[^.xti. 

19. ripoTsp/ETOc'. TOt'vuv T(o Tvic^s TT)? [Jtov^? TupoeuTtüTi, Osuo yepovTi FlsTpfa) TTpocayo- 
pe'jO[A£vq), TU rrpciopotT'.J'.w ■:rpo^/('X(d; ;ia.Tay.ex,0'7(jLY)U!.svw yapioy.aTi. Toutov iij[j.£V(o; oe^z- 
[jLevo; 6 ;Aa>4apiTYi; S/cavo; tw ts (^lOoaTi/Coi o'ij.aaxi ttiv zütoü /Miy.wriiy.i Trol'.rj;«v, Tar? 
ypetat? oia/.oveJv töv tyi? Xaupx; ■rea.TEptöv TrpoecTvicxTO, ■/.eX'Xap '!"/■,-/ ' /.xTaarvi'aa;, öv 
O'jToj xa>.5rv eOo; T70>.'Xoi; r?i icowri SixTvEXTco. EvOa Tpttüv stüv äpiGpic/v 5f/ivuc£V, Tfi 
toi«'jt-/i Siaicovty. äoV.vw; s^uiT7ipeT0Ü[/.evo; xxi f^ix[;.£vcüv ditouiriw? xwcpo;. Ta; [xsvtqi -eusei? 
/.ai spcdTvi'cei?, «i; TTpocxyeiv tw ■TTpoeuTwTi y.ai zxp' aÖTOö 7vau,§aveiv vjSou'XeTO, x'.vxx.i- 
O'!o) ypwjjiEvo;, f^ia Tvi; ev aÜTöi ypaipvi? irpooviysv £x.a(jTOT£, y.aT7. acaviciv /.xl to'jto to'j 

18. — 1. M Xiepav. 

19. — 1. M zac/yapiTrjv. 



aieux, toute Faffection et tonte riiitimite de sa famille et de ses aniis, et 
secretemeut il sort de sa patrie et s'eiifuit vers la celebrc montagne qu'ou 
appelle rolympe". La, il trouve quelque part iine laiirc qui doit sou nom 
au grand prophete Zacharie'; il se decide ä simuler le mutisme de ce saint 

5 homme ' et, comme uae sorte de frein volontaire, il se met une pierre dans 
la bouche. 

19. 11 se presente donc au superieur du couvent, un divin vieillard, du 
nom de Pierre', manifestement doue du den de prophetie. Ce bienlieureux 
homme raccueillit avec joie : la conduite de Luc n'avait pas echappe ä sa vue 

10 clairvoyante et il le chargea de subvenir aux besoins des peres de la laure 
en le nommant ceUihier, comme beaueoup ont l'habitude de dire en langue 
commune^. Trois annees s'ecoulerent ä s'employer diligemment ä ce service et 
ä rester muet de plein gre. Les questions et les demandes qu'il voulait adres- 
ser au superieur ou recevoir de lui se faisaieiit chaque fois au moyen d'une 

2. L'Olynipe de Bithynie, non loiii de Brousse. Cf. Ramsay, The Itis/orical (ieograpliij of Asin 
Minor, p. fi.'), 187, 201, etc. II 6lait celebre par ses imporlants nioiiiisteres. — S. D'apies la Vie di' saint 
.loannice, ce couvent se trouvait « aux pieds de lOlympe el pies de Kaloukomß ». Act. SS., Nov., 
. t. II, p. 370. — 4. Voir Luc, l, 22. 

19. — 1. Nous sommes aux onvirons de 926. Au siede precödent, il y avait (Mja ou au iiionastiTc de 
Saint-Zacluirie un higouiiifeue du nom de Pierre, et donl saint Joaiinice (7.")'i-8'i6) cimnut la morl par 
revelation (Act. .S.V., toc. eil.}. C'estdouc ä tort quo le 1'. Van den Cdieyn (/oc. eil., p. 32ti) identilie ces 
deux personnages. — 2. En effet, le terme nionaslique x£A).af,itri; n'appartiont pas a la langue classique 
qui aurait eniploye Ta|ii«. L'oflice de cellerier, un des plus en vue, ötail tont de conliance, et on n'eu 
changeait pas facilement le titulaire (Marin, Les Moinci de ConslanUnnple, Paris, 1897, p. RH) sq.). 
L'hig(jumene Pierre avait du y nouuuer Luc, llls d'un grand proprietaire foncier, A cause de ses 
qualitös pratiques vite reconnues. 

PATii. on. — T. XI. — F. 2. Vi 



210 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [66] 

irpocpvfTOU TCOiouu.evo?, -/cacl Sta-a^ei; üffauTw? ivTE^aiiSavsv. Tr,v jAev oOv ''ji:vipei7'!av -r?,? " 
etpvi[viv/i? Siay-ovia; ev oXatg -ÄjAepati;, ä>.a>.-/;'Tw rpoTTW yAcoT-rr.g oStu •TTOibiv, öic'jxevsv 
sy.TsT-iov im TpteTiav olr,v, Tat; ^e ye v^rt -airaic, e^u Tr,; wj'krii Tnq |J.ovr,; ec;£pjro|J-evQ;, 
i'j-vco; £^£Te>.£t TÖv xavova T'fl; -apaÄ£^o;jiv/ic irztjr,; äxo'XouOia?,' ojvöfou siviT-jy^^uv 
y.oücpviv' syovTO? ouvxjASVTiV s'voov toCtov ^(^copet'v. 

20. OuTW TOtvuv ^laxapTEpcov iv xafjiy.Ttp xottojv y.al irövcov -o'X/div y.xi to ty.c ütto- 
[/.ON-^? Äo)<,i[Aiov ETCtSewcvuwv TW -avT£-6:rT-/; 0£co, w ' i^-övoj ts'w? yivco(jy.oa£vo; -/iv, äva- 
yvuoiGÖrjVai toStov " cuiji€£'6riy.£ T:apx Tivo; Toiv ai^OTuv «Ütov, xapaSa'Xo'vTO? tw aova- 
(7T7ipi(ü ;(»:ptv i'y/r,Q, o; ävvi'yyeils tw t£ -poeGTöJT'. xai toi; XcTroi; [xovxCouci Ta Ttepl 
r. 117''. aCiTO'j. FvoCi; | ToiyapoSv oti syvw(j6-/i •/; Tr,c [/.eyi'cTr,; spyadix? aÜToO ['ixp'. tots 
ayvw<7T0? siriTT.Seuct; x.at Seica? [A-4:roTe itpö? /.svoSoaa; itzÖo; ütcö rr,; £/. twv fcotivwv 

2. M TEic. — 3. V zfjp\jf»iv; j'avais corrig^ en xop-jifinv. raais le manuscrit porte bien xoOipYiv et PK 
donne de ce mot une bonnc explication; il lappareiile au grec vulgaire X0Ü90V = ßaöü xai xoiXov 
■/ßfrip.a et il en rapproclie, dans le grec classi(|ue, xo^tvo;. Rappelons nous-möme qu'en gier vul- 
gaire y.o-jfäXoi signifie precisäment creiix darlire et que xoj^iov se dit dune den! creiisc. L'explicatiun 
est donc parfaite et se concilie mieux avee le contexte que xop-J9iQv. Par suite, ■/.o-jfi\ doit fitre consi- 
d6re comme un mot non calaloguö, niais il n'est pas vulgaire; l'auteur n'eüt pas manque de s'en 
excuser. coninie il vient de le faire pour v.OXixfi-rci uniquement parce que ce ternie n'est pas 
classique. 

20. — 1. M Ml, vuir lutrüd., [>. 6. — 2. .itix»pT£püv... toOtov. anacolutlie. Gl. »töw; |jl' ä/^i ev tüSe 
itÖTiicn T-jyyivo-jira, EuR., Hec, 970. 



tablette sur laquelle on ecrivait, et c'etait lä une autre imitation du pro- 
phete'; les ordres liii etaient transmis de meme. 11 s'acquitta du Service 
de ladite charge, en usant de celte sorte de langage muet, tout le long du 
jour pendant trois annees entieres; raais toutes les nuits il francliissait la 
porte du monastere et, se tenant eveille, il recitait touf TofTice canonique 
traditionnel ', dans un creux d'arbre assez vaste pour le contenir. 

20. Taudis qu'il perseverait ainsi dans des fatigues, des labeurs et des 
soufTrances sans nombre, et que le bon aloi de sa patience apparaissait de- 
vant Dien qui voit tout et qui seul jusqu'alors savait qui 11 etait, il lui arriva 
d'etre reconnu par une de ses connaissances qui etait venue au monastere ä 
cause d'uu voeu', et qui raconta son histoire au superieur et aux autres 
» f. 117". moines. Voyant* des lors quo Ton etait au courant de l'enorme travail auquel 

3. Voir Luc, II, 63. — 4. Saint Luc est fort empeche de reciter rolflce avec les meines, puisque. 
officiellement, il est muet! mais ne voulant pas omettre une pratique qui lui tient a cteur parce qu'ello 
est Iraditionnelle, il sort du couvent, la null, lorsqu'on n'a plus besoin de ses Services, et il peut ainsi 
satisfaire sa pi6t6 sans que les accents de sa voix le trahissent. « Suivre un ofTice de nuit en entier u, 
ä plus forte raison le röciter soi-meme, « est chose möriteire, depuis surtout que cet olTice a pris de 
si vastes proportions avec le nouveau genre de poesie ecclösiasliquc inaugure ou tout au moins mis 
en usage par saint Andre de Crete ». J.Pargoire, L'Eglise byzantine de 5'?7 a 847, Paris, 1905, p. 331. 

20. — 1. J'ai traduit sJxii par « i^ceii » comme § 25, raais ici cette traduclion ne s'impose pas; on 
aurait pu traduire aussi par « priere » comme g 21 ; toutcfois dans ce sens la Vie ecrit plutöt Ttpoosux'i- 



1« 



r67] LUC A LAGAINA, ü 20. 211 

v.x'/.api'jTr.To; i-xpOei^ O-oa'jsr,, Äia^.aOwv -zvtx;, vu/.Ttop ivsywpV/Tev £y.£t^ev XzOp* 
/.xl rpo; TSC y-äpvi toO Tottävou ' oOto> •/.xXoufievoo totvo'j -apeya'vETO. KvO* /.aTÄVT/fTa?, 
£v T'.vi y<üp''(d /.xA0U[/.£vw V ayxi v/] lAeTx Twv o:/.yiTopci)v i-rl [/.'.cOwiAXTi Tivi ßooy.eiv 
yoipox)^ i'rni^iovfict't. Kai toOto tto'.wv e—l ^pdvou? oüo oisTe'XeGev, t'^; aÜTVic xij.itofizfi- 
TTTO'j y.al ä-apxTowTou To7>tT£{a? £yö[;.evo;. 'Att so os -po; b'.aTpo<p'^v xOtoO xapi tüv 
äypoty.wv £X£iv(ov sT-äy.SavEv, eti o£ x.al tö toO jaw^O aÜToO (7uy.T:£<pa)V7)[A£'vov ttoiov, 
TCOpciiöu-evo; TTapa tv;v Sr.'Maix't di^ov £v tw v-'[;.£iv x'jtov ra ^wx -/yjCis'cTcpov ^ , T:zvTa 
iJ'.sS{Sou Tolc £vS££<7i, TOtc Ätä TT,? aÜT'fl? öSoO ^i£pyoagvoi;. 

:i. MV Kofjaiov. Contrairenieiil iiiix dniiiieos du texte, il n'y ;i pas de Lagaina, ni de liicalite de num 
■ ■qiiivalenl daiis les parages de Kot\/iiov üu Kottxiov, ville imporlante, siege dun archevechö, dans la 
Phrygie Salutaire, aujourd'hui Kutayali (cf. Bamsay, The liislorical Geogi-npliij nf Asia Minor, passim, 
inais surtoul p. I'i'i). Par contre, il y a une Lagania, et on avouera qiie. i)liiliil(igiquemeiit, c'esl tri-s 
apparenle ä Lagaina. appelee aussi Anastasiopolis, eii (ialatie Premii-ie; cfUe Lagania dont Teni- 
placement est a cherclier ä Bey-Bazar, ehef-lieu de eaza du vilayet d'Angora, fut pendant un cerlalii 
temps le siege d'un iveche suffragant d'Ancyre ou Angora (RamSay, auv. eil., p. 24; Gelzer, i'nge- 
(Irüclile... Tc.ric drr \nliH;r Episrnpnltnim, p. 537, 552). Or, dan.s les environs, avant d'aiTiver ä 
Lagania. en venant de l'Olympe de Brousse, so renconlre la ville de ToTiatov (Bamsay, oiir. eile, 
p. 181 et 240). Le passage etait des plus faciles de ToTtatov ä Koitaiov, puls a som equivalent KoTuaiov; 
il siillisait de la niuindi'e disiraclion, et si, eomme le prouve l'histüire, TorTxio; etait moins 
connu que Kotraiov, chez un copiste dislrait comme le nötre la meprise ne doit pas etonner; eile 
i'tonnera d'aulanl muins que quelques colunnes plus haut, dans le meine manuscrit (folio 108', col. 
1. Vie de saint Daniel), le meme copiste avait dejä eu ä ecrire KoTuatov. Aussi n'li6site-je pas ä croire 
que la lecon du maiuiseril esl faulive, et j'en donne une aulre raison. Si on llt Tottxi'j/, Tilineraire 
de Saint Luc est rationnel, alois qu'il ne lest pas si on uiainlient Kotjaivjv. II s'agissait en elTet de 
recouvrer un intogniln nialencontreusement devoile. II etait donc tout indiquö non pas de se rappro- 
clier d'Atyokoni6 (et c'ötait le cas si on se dirigeait vei's Ko-uatov oü l'on risquait d'eti-e plus vite 
reconnu), mais au contraire de s'en öloigner davantage. C'est ce que fit saint Luc: au Heu de descen- 
dre au sud vers Atyokonie, il prit ä Test de Sainl-Zacharie. gagna bientot la grand'route, la suivil 
jusqu ä ToTtaTov. puis continua jusqu'a Lagania. Cette deiuicre ville etait a une certaine dlstance ä l'est 
de ToTTatov, ee qui i'oirespond bleu ä l'exppession du biographe, wpo; Ta [ijfri toC ToTraio-j signillant 
aussi bicn au delü que en derä de ToTratov. Un coup d'u'il jete sur les e.\cellentes carles de Bamsay. 
Oliv, eil., p. 24, 178, 19ö, favorisera la coniparaison des deu.x itinöraires et pennetlra de prendre parti, 
si on se rappeile ([ue Atyokonie est sur le Mi^andre et qu'il n'y a pas de Lagaina ou de Lagania pres de 
KoT-jatov. En i'ösume, jusqu'a plus ample inl'orme, je corrige KcT-jaio'j en ToTraioy. — 4. M n).Ti<;iai<TTc(iov. 



il s'etait adonne incognito jusque-lä, et craignant que la passion de la vaine 
gloire n'entraiiiAt un honime entle par la satisfaction des louanges, ä l'iusu 
de tous il se retira de nuit, eu cachette, et se dirigea du cöte de la localite 
appelee Tottaion. Arrive lä, daus uu endroit nomme Lagaina- il convint 

5 avec les habitauts de paitre des pourceaux coatre salaire. II tit ccla pendant 
deux annees consecutives et s'en tint au meme genre de vie sans le moindre 
changement ni la moindre infraction. Ce quo les paysans lui donnaient 
pour nourriture et aussi la somme qui lui etait allouee comme paiement, se 
promenant le long de la voie publique quand ses betes paissaient tout au- 

10 präs, il donnait tout aux indigents qui passaient par la möme loute. 

2. Sur Toltaion et sur Lagaina, voir la nute du texte. 



212 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [68] 

21. Vlv TOUTOti; 8i£To3; •/i^y) '7jvTe)v£'(7a.vTo; ypivou, ~ph: Tr.v ioixv aOÖi? i)TC6<JTp£<|/£ 
— aroti^a, £v yj Trapavevop.fivog, ä-£>,6(ov ev Tivi TtA-zTriai^ovri ci'p£i (Tiv^Xaiov iauTw oiüp'j^j 
cxOTEivo'v, £v o) x.aTajidva? eIceIOuv x.al £y/.aTzyA£i(JTOv exutÖv — otr.cauEvo;, irl ypovouc 
^00 /.«l [/.vivai; eE äirpoiTO? to ■kx^x-om viTu^zCtov 5i£T£'7k£(j£v. "EvÖä "(lal rtÄejj.o; aüxü 
7:y.oa xwv Saiu.ovwv ävEopirwÖ-/; yaT-ExuTXTOc. Eivl XP'^'^'*'*' Y^^P ^viaucio^/ i/iicf/i; vu/Cto; 
oi Toö (jxoTO'j? TTpocTZTat ^uo '/.aTä xa'jTÖv, /.aÖzTTEp Tivei; it'jv£? [X£>>a.v£? x.7.1 Övipitobeis ' 
xaÖö ■ öliii; aOTO^i;, £^6y,ouv £— irpEyciv /.al ■7rpo^£TV£[jt,§aiv£'.v aürto, tw 5To'u.xTt [/.£yi>.« 
— £piYaiv£iv sttittiÄeuovtei; z.a'i wc ivpo; /.aTzTCOciv -/cxTäYEtv toOtov o^6"/.V/ipov ^/iÖEv 
So/C'.aä'^ovTEi;, ö ttev äxö iCEOKAri; £(p;CTxa£vo;, ö S' £T£ao; iv. 7:ooüv irapETVÖaEvo?, oili; Tr, 
Ttöv £Ü7Üv iravT£uyia x.al Tf, to'j CTaupoO navoTC'Xiz -/.aTaTpoTTOUjJisvo; äxETpc— £to. 

22. MfiTac Äk TYiv IxEivou TO'J "/povou TrapoTv/.viv, tt)?' TOtauTVi; ä-OTTavTE; EVEOpa;, 
ot /.uvcöv äyptwv äyoioJTEsot 6v;p£; /.«l /.r.uTwv ivöpoipovwv ('ifj-OTepoi iraAiv £-' a>,>,ov 
{i.Yl5(^av^(; TpoTVQV [7.eTaSaivoui7iv päov ' yzp «ei Tor? Tvi; -ovr,p;a; -ve'Jjazc.v ai xpo? 



10 



21. — 1. U ÖTifioiSri;. — 2. M zaiöo. 

22. — 1. JI fiiov. vdir Iiilniii., p. 6. 



21. Deux annees s'ecoulerent ainsi, apres quoi il retourna dans sou propre 
pays'. Uiie fois arrive, il se retira dans une montagno voisine, s'y creusa 
une grotte obscure oü il entra seul et se tint renferme pendant deux ans et 
six mois sans sortir du tout et adonne a la contemplation ". La, las demons 
lui livrerent une guerre acharnee. Pendant une annee, chaque nuit, las h 
princes des tenebres au nombre de deux a la fois, pareils, comme il convient, 

ä des cliiens noirs et sauvages, semblaient courir et se precipiter sur lui; 
constamment ils ouvraient leur gueule toute grande et avaient l'air d'essayer 
de l'entrainer pour le devorer tout entier, Tun se tenant ä la tete, et l'autre 
en arriere aupres des pieds '. Lui, avec Tarsenal des prieras et la panoplie de lo 
la croix, il les mettait en deroute et las repoussait. 

22. L'annee ecoulee, cette ruse est abandonnee, et ces betes plus sauvagas 
qua des chiens sauvages, plus cruols que das brigands assassins, se tournent 
vers un expedient d'autre sorte; il est toujours facile en effet aux esprits du 
mal da changer d'attaque pour nuire aux hommes. 

21. ^ 1. Oll ne iiuus dil pas puuiquui .saiiit Luc n-vienl dans suii pays apres uiie absence de 
cinq ans. Peut-6tre sonpere elait-il mort, etnotre saint eut-il ä regier la successiun. « Le fonds niilitaire 
ne ponvait Jamals passer ä nn lieiilier revfilu d'une qualite incompatiblo avec le Service inililaire : toul 
magislrat ou dignitaire (ä|iwiJi.atc/ö:). tout evöque ou clerc, etait absolunienl (Tcavil rpoTtw) exclu de ceUe 
Sorte de succession >< (Ramb.^uu, Conslanlin I'orpliyiogenele, p. 290), niais rien n'empechait saint Luc 
d'höriler des biens non militaires, nieubles et inimeubles. Nous le voyiins passer cinq ans dans son 
pays, dont Irois sur une colonne qu'il s'est bätie dans le domaine qu'il Icnait de sonpere, cf. ? 23, n. 1 : 
il avait donc hörite ^t disposait de sa fortune comme il l'entendait. — 2. Voir g 11, n. 2. — 3. La des- 
cripliiin insinue c|ue les atlaques du dciuon ont lieu pendant que le saint est conche. 



li'i LUC DANS UNE GROTTR, S 21-22. 213 

smgoV/iv- ivepwTüOjv ;j.eTa6o>.x'; t£ /.ai TrprjC^vO/.ai. <l>6£'.p(I)V TO'.yxpoOv 'rapy.oSöfüJV tcV/.Ouv 
a^retsov rpo(7£iri(pu-^vai xaO' olo'j to'j capxiou toO j/.ot/.y.p'Tou -y.pacxs'ja'CouTiv £-1 togo'jtov 
wrTTE, TrOTa;^ p, S'jvxTÖv a>.).(0? -u; ä-ogxns'.v r, i::0Tpe-eiv, «7.-?.%?* ivo/'jäpiOaov 
xitolki'i, ic, O'j y.al rr/jy«; i^uGipoprlTou; iyfi-jiaf^y.: tw toutou m'j.^i^rf/.i Gw^iMti TiapxTrXr,- 

5 5icü; tu TO'J 'lo)€ TTQV/ipo)' sV/,:'/' Tov i/tüpx ■/a>.£-7TWTy.Tov i-oTEAO'jTa;, -pö; rjv -eipaT- 
[y.ov [jt.£0' •ji:ep€arAQÜ(7V|c äs-:iiyj.^ ü-Q[/.ovr,c ö y.a/.apiTr,; s^' £v6: eT='pou /.'j/clov e'toui; 
ö>.oy.>.»ipov. 

2l}. MeTJ: täOtx i^£ tx yai.niT. toö TVctpa"Co^~o; tcei | pxWp'.a, xo-ou; £/. xottoj-/ 'f. 118. 
(ö(7-£o £-/. [ixOawv [ia6[;.i5a; «[/.eißsiv fiou>.o|A£vo?, toG toioOSe pev (77:-fl7.y.iou ' oj; e; i£p(.iv 

10 Tivwv iÄiJxuv [/.£a'j(7TaY<oy/;[J.£'voc i^izyi-an, Trlr.ciov eis to'j eit" Övo^.xt; AY,pTp;o'j " 
TO'J Tp'.<;a£Yi(7T0u (AapTupo; /.aÖupiov.Evo'j oi/.ou £ÜxTr,piou, toö £v -ü itaTpixo) XT'fl|J.aTi ' 



■iV 



:l 



•2. V eTtioovXr,/, mais la lpi;on du maimscrit donne un sens aiissi bon quo imfjvSi.r^-i et est ifiinuilie 
par l'alliteratioii |i£Ta«o>,ai... Trpo-jgo/.ai. — 3. TaJTa: se rappoitc incontestableinent a ?a£ij><r>v. Ce mol, 
quoique rögulierement masculin, s'employait si biiMi au feminin que les pnristes jugeaient bon de pro- 
tesler en rappelant l'usage correct : Tr,v yOsTpa /iyo-jai tivs; zai Triv zöpiv, tu 8s äpo-evtxw? tov xöjjiv äeyc 
zal TOV ^öeifa <;>; ot äp/«Toi. Phi'ynich. On trouve mr-me la forme feminine (yösifa, ^Osipav : MriSs sinr,; 
Tivi apai ?6£ipav aTt'o toö itMyMvo;. Joann. Carpatlii Kpise.; voir jöei; dans II. Kslionne. — 'i. M n'/odo-j:. 
V. qui li-ouve que o teile qu'elle est dans le maniiscrit. la pliiase isl inconiprehensible ». pn.po.'^e de 
llie lä.rci TÖ 5to>.jipt6|jiov, ce qui n'anange rien. On s'en tire a meilleuf marche en lisant lout simplemenl 
wATiöo-:, coiiime nous l'avons; fait, et en le considerant comme compl6ment de. äTcoEeeiv; avec Van do 
Vorst on sous-entendia regulieremenl toütuv. — 5. V novnipü. Nous avons garde raccentualion du 
inanuscrit qui se rolrouve l 29 et 49, et pas ailleui-s; dans ces Irois cas. eile est intenliiinni>lli\ cl insi- 
nue que le lerine est pris au sens physique. — 6. M Ixxsi. 

23. — 1. M smXai'ou. —2. M AruiiTft'rjj. —3. MV xvcTttari, Miais an oixo? eüxTinpto; signiße unc ehapelle 
forniant une consti'uclion separee, olxo;, Le terme v.rr,^3.-i. lepnnd scul au conlexle : il s'agit d'unc cha- 
pelle elevee au milieu <Ies domaines paternels. Si l'auleui- a\ail vnulu parier dune chapelle engagee 
dans d'autres baliments. 11 aurait eerit simplement eOx-rr)pn.v. 



Une troupe innombi-ahle de poux voraces se multiplio par leurs soins ' 
sur toute la chair du bienheureux ä tcl point quo, dans limpossibilite d'abou- 
tir autrement, il se debarrassait et se defaisait d'uu grand nombre d'entre 
eux en se raclant. II lui en advint par tout le corps des plaies fort penibles 

5 comparables au maurais itlcerr de Job -, et d'oü s'ecliappait un pus tres desa- 
greable. Cette epreuve fut supportee par le bienheureux avec une patience 
extraordinaire, durant le cours complct d'une nouvelle annee. 

2;}. Apres ces rüdes assauts du tentatcur, * il veut que les fatigucs suc- • i. ii«. 
cedent aux fatiffues comme des echelons ä des echelons, et il sort de cette 

10 grotte, tel que l'initie d'un sanctuaire mysterieux. Pres d'un oratoire qui 
etait dedie au tres grand martvr üemetrius et qui se trouvait dans les 
proprietes heritees de son perc ', il bätif tme colonne tres elevee d'unc hauteur 



22. — 1. I.c Incul [le laissait pas noti plus d'rlre U>ri appropi-ic a une epreuve de ce genre. —2. Voir 
Job, II, 7-8. 

23. — 1. .\ cau«- dl' raddiliiiu aOio-;, rexpresslon tv toi jtaipixüi XTriiiotf. aOToC ne peul signider que 



214 VIE DK SAINT LUC I.E STYLITE. [70] 

aÜToO TuyyivovTO?, i7tu),ov ÄojAViCKy.svo? [/.vi/.'.CT'jv cbael -r,ywv <)uci/.xtO£"/.a ' to 'j(];o; 
eyovxa, Tpicrlv sttI ypovoi? ävs'XOwv sv aüxcö ysvvaiwc Sie/.xpTep-oosv, 7:A£ii7Trji; Öti jJiz/.'.sTa 
TVEipaiTfAfnc H7.xw«ct T£ TTOAuTpoTCOi^ /.«l cjc'XvipaYtüYtxtc ä(popv)TO'.; ävsvOÖTto; 'JTTeVSy/.tüV. 
Ev6a i^'o xal t6 i:r,c re'XeioTZTYi? 'j7:o[/.ovri? aÜTO) yxpt(;[y.y. Trapa xri; OstoraTr,; Trpovoia; 
£owpriÖr,. 5 

24. Xw'vo; yzp TTOxe x.aTappaystevis -a.^i.iz'krfioüi -/.aT' sz-eivo itaipou ' T-?i; y_£t[ji.epivÄ; 
topa^ /cat £(p ■/;rx5pat? ey.y.TOV ivpo; T«t? eix.ci'Tiv to'j cfpoo poraToy TuaysTOu rauTviv avxAMXOv 
^ixxpaToüvTo;, w Tvi; ayav Sptfy.uTTiTOi; t& (7ap/C;'ov TCYiyvu[/.£vo; ö [y.xJcapiT-/;;, [Asyiox-/;; 
öÄuvr,; y.al 771/cpta? Tr]? eV, toO i}(iJyou; 3(.i(i0opt.£vo; oetvio? ivTe'AzßaTo' itpo; iöv xü loyi^y-oi 
■jT:0iÜMG7.^T0L y.s'X^x-^cxi ' xaQ' Exuxo'v, «o(7Te y'Xtapw yp/,<;z;j.£vov üi^xxi xviV xou y-pu^xaV lo 
X(d6evxo;^ TrotysToO ^taWirai ^ptf/.üxrixa. Ev oacp Äe xuiaOxx xü xoiuSs Si£>iOy£!^£xo 
xpoTvu, itapauxiica cpwvvi xt; iE oüpavou (p£po[/.£'vT, xpö; aüxov <pav£p(o; £^T,-,tou£-o" « Otto- 
[Asivov l'xt xal y.vi <po?o5 » TrapEyyucöcä t£ xal ■^xapaOappuvouca'. * Taux'o? xt;; ^tovÄ? äx 
xpiTou '' Ö£dÖ£v yEysvvipiEVY,; ä/iouxi(j6£i;, EÜOstdi; ävxÖappr/(7r? iva^ai-ypeixai tw TVV£U[;.axi' 
TT,; yäp /.apSta; aCixoO ^laOeppiavOEicri;' £vxcic aüxoij, irxpx Rupiou, oxuixixio? eiueiv, 15 

'i. M ö'jov.at'oE. 

24. — 1. Voir g 15, n, 1. — 2. M rizn^iv. — 3. (jie),CTf|Crai nc pcut guere s"expliquer que eonimi' iiifinitif 
exclamatif. Cf. i '»S, n. 16. — i. M y.fMa-xi.iallh-rji. — 5. M 7iafx6apü<.ou<T3(. — 6. V el; zfi-m, fauste 
lecture. — 7. M 3ia()Ep(iav6;q(nri;. 



d'environ douze coudees : il y nionte et, pendant trois ans, il y reste coura- 
geusement et s'expose sans faiblir ä d'innombrables epreuves, a des souH'rances 
tres diverses, ä des mortifications intolerables. C'est lä meme que la gräce 
d'une tres parfaite patience lui tut octroyee par la tres divine Providence. 

24. La neige, dans ce temps-lä ', toniba en grande quantite durant la sai- 5 
son d'hiver, et pendant cent vingt jours une gelee tres forte rempecha de 
fondre. Gette rigueur excessive gelait le corps du bienheureux; si grandes 
etaient la douleur et la souffrance que lui causait le froid, qu'il en devint 
terribleinent inquiet, et quo, son csprit defaillant, il coiirut meme - la pcnsee 
de se servir d'eau tiede pour fondre la couche de glace qui le torturait. Pen- lu 
dant qu'il remuait ainsi de telles pensees, soudain une voix venue du ciel 
se fit entendre olairement ä lui : « Patiente encore et ne erains rien », pa- 
role d'encouragement et de reconfort. La troisieme fois que cette voix 
divine vint t\ ses oreilles, eile lui rendit immediatement conliancc et ralluma 

soll (loniaine ii lui. Luc, domainc ijii'il tenuil de sou pi-re. rt iKnipiis le domiiine i/ui upparleunit ii son 
pire. Saint Lur iioiis i»<t donc represenle ici coninic ayanl succede ä son pei-e dans la piupiiele 
de ses biens. 

24. — 1. Sur cel hiver, dec. 933-niars ii34, vnir I'Introduotion, p. l'2. — i. Meme', j'm rendu ainsi 
le sens de rinOnilif exclamatif iie).sfr|(rai. II fallail que l'liiver fiit liien lerrililc, veut dire l'auteur, pour 
(ju'un stviitc aiissi ondurani :iil pu concevoir une parcillc idee. 



r71] TROIS ANS SUR UNE COLONNE, § 23-24. 215 

X'jxü yy.ii.-zo^, wcTe z,xi r/jv t^; eTTwsiji.e'vY); ;^iovo; äva/io^Yivai t>.vi6uv tov te Tiayerov 
Ä'.aluÖvivat y.al t6 i7(podpöv toO vjcj/o'j; ^ixr;y.i^x<jHryxi y.x\ [i.Y|X.ETi ^i^xoHx: toutov 
x'i'76r,'7iv TT,; S/C TO'j TTtx.poG y_ei[ji<ivo; £7tiytvo|;.5V7i; Sf'.(/.ijTviTo;. 

i 2."). 'Evts'jÖsv fcj; i/. <;8uva[jt.£w? S!;'> 5üva|/,iv xal äiro i^ö^vi; si; SöErv Trpoxo-xeiv ' 

i-pocx-dTTw; ETceiyoiASVo;, ettI ty;-/ jy.£YatXo7roXiv xal -pcor/r' xwv -cj'aswv 7.7:a.(;cöv, tv;v 
f}X(it>,i6z /ayw, 'j-ö Tou 0£oO ■jr.aj/.ueTxi, w; Tr,? aÜToQ -m-a. -y.w'jöfbii ttoci; aojTVipiav 
-o/.'XüJv oty.ovoy.oOrr/',: /,7.i bta^ayouTV); ^povota;. Oü yip £^ oi/i£tx; irpoÖEcew; ii ÖeV/fsEw? 
aüOdpjAViTO; EVTK'jOa, w; av Tic cCTO;, Tapxyiv£Tai, ÖXV e| i-oy.a'X'ji|i£(d: Ofia; xai Trpo- 

lii Tpo-r,? aTvoppr.TO'j T'ov [AETocSaciv — £— oiviTai, vr,? öciV.r,? öjy.fpr,? tov to-ov y.xi tov TpoTvov 
(pavepüi; i:po6v)Xa)(7y.5r)e xÜtöj x.xl -poTpoTva^riV e-ecOa; irxpEyyuüoT)? toioOtoi; tioI 

25. — I. AvvifiEw; sie, omis par M niais garanti par la synlaxc. rallusion a rEcriliin- ivoir nolp 
(li> la liadiiclioni et parle ji 53. — 2. M itpoxÖTcrtv. 



son courage; son coeitr se recliaiiß'a au dedans de Ini-meme, et Luc regut, pour 
parier avec David, Vaide du Seigneur, et sa cliair refJcurit^, car, pareille ä 
un rayon de soleil, la grAce divine brilla si bien sur liii que la quantite de 
neige accumulee disparut, que la glace fondit et que la rigueur du froid se 
dissipa; depuis lors il ne fut plus sen.sible ä la rigueur du cruel hiver. 

25. De lä, comme presse d'avancer saus encombre de foire en force, de 
splendeur en splendeur', il est envoye vers la grande ville, la premiere de toutes 
les villes, la ville imperiale, veux-je dire, envoye par Dieu dont la Providence 
dispose et conduit tout avec grande sagesse pour le salut d'un grand nombre. 
Ce n'est pas de lui-meme en etl'et qu'il a l'intention et la volonte de venir 
ici comme on serait tente de le dire, mais c'est ä la suite d'une revelation 
divine et d'un appel Interieur qu'il se deplace, et l'oracle divin, en lui desi- 
gnant clairement son sejour et son genre de vie, le poussait et l'encourageait ä 
obeir par des paroles telles que celles-ci : « Va, disait-il, vers la colonne voi- 
sine de Chalcedoine ■', celle des proprietes d'Eutrope % car c'est lä que tu 

■i. V(]ir Ps. .xxxvm, 4 et xxvii. 7. J'ai trailiiil par Luc (et iioii son rwiir ou sa cliair) rcciil l'aide, 
pour niieux repondre au texte du psaunie qui purte iSorfirfirtt , ce ([ui iiiclut unc piTjuniio roniiiie 
sujel. 

25. — I. Vnir Ps. LX.\xui. 8 et II Cor., m, 18. — 2. Chalcedoine. sur la c6te d'Asie, en face de 
Constanli[i(>ple, siege d'une iiietropole iiidöpendanle dans le theme Optimalon, aujourd'hui Cadi-Keuy 
(R.\Ms.\Y, The liislor. (ieogr. of Asiu Minor, p. 179; Gelzer, UngeilrüclUe Texte..., p. .")38). — 3. La 
colonne existait done avant laiiivee de Saint Luc, et la faeun dont eile est ici noniniee, dans un 
discours adresse ä un st\llte, donne a penser que c'elait une colonne ä usage de stylite. seil qu'elle 
eüt ete bätie specialement dans ce bul, soit qu'elle eüt 6te alTectee apres coup ä celle destination. 
Elle appartenail saus doule au couvent d'Eutrope donl le superieur la nieltail ä la disposition des 
moines qui, amateurs de vie aorienne, ötaienl reconnus aptes ä supporter un pareil genre d'existence 



2i6 VIE DE SAINT LUC LE STYLiTE. [72] 

pv{(Jt.aoriv « TCopeüou, t^'ftni, -p6; tov 7:>>vi(7tov Xa)i/.v)Äo'vo? y.iova. tov sv toi? Eutdoiviou 
« -/CTYi'jj.aaiv sjteice yap m oü töv iywvz cou toO opofio'j TEAeiwsai ». AStoTa^TW 
r. 118~. TOi'vuv I To'vw ■' -/.xl •rrfoOojj.w Au/^r) tw /.a>.(ii; x.xkoxi^'V'. yxifuiy £7:oj/.£vo^, äTravicTaTxi ' 
[j.EV TCapa5rp'?i[/.a, ty)? £V£Y;4ajj.£V7i;, ■repö; rflv ^ctciki^x Si to)v tto'Xcmv Trapayiverat, tq'j; 
iKviai T£ -avTa^ weptwvüfAOUi; toO 0eoy vocou; y.al i^OfAOu? iepoü? -epis'XOwv o-ouSy, /.«l 
-;'(;t£i — o/X-Ij -/.«v TO'JTOi? xi; ooeiXofAeva? eüya?, w; ösp;, Kupiw aTToSou; /.«l cuv-a^Ä- 
y.£Vo? TU) -/laÖ' £xz<jr/jv £/./,>,v)(jiav £(p£0"rüJT'. (iyy£>vW xa; T:aG'.v äyio;?, o'jtwi; äyyAT.ou-Evw 
■770^1 /.al yeyavu(jt,£V7i '^ Au/vi x/jV t-ä? y.ac'X'XtTTVi; eXiti^o; £[;.770p(av £7tayö[7.£voc £-1 tyiv twv 

Xa>.)C-/1^0V!(i)V [ATlxpo-oXtV ^l£-£'paG-£V. 

3. M Trtivrti. Le copistr a coni|)ris rä viü, ni;u< l'auleur neiiiplüif pa;- i'arlicle daiis ccs sorlcs d'ox- 
pl■ession!^. Vuir äfaÄ/'jiJiEvü) tcoSi, ;i la fin du paraftraphe. elc, rtc. — 4. V eitaviTtaTai, faiisse Icctiire. 
— 5. M yt-(am'jii.hi). 



dois achever tes combats et ta course. » Aussi Luc se decide-t-Il sans fai- 
r. 118'. blesse; 'dune äme ardente, il obeit joyeux ä celui qui a la bonte de l'appe- 
ler. 11 quitte aussitöt la terra natale et se dirige vers la reine des villes. 
La, il visite tous les temples illustres de Dieu et tous les edifices sacres avec 
beaucoup de zele et de foi; comme il convient, il sV acquitte envers le 
Seigneur des voeux qui le tiennent ', il dit adieu ä l'ange, patron de chaque 
eglise, et ä tous les saints ', puis, d'un pied joyeux, d'une äme radieuse, 
prenant avec lui pour cargaison la toute belle esperance, il passe la mer 
pour se rendre dans la metropole de Chalcedoine. 

avec profit pour leur äine. Daus les monasterfs ))\zanlins, des cellules enlieienient separöes du cou- 
vent 6taient reservees a ceux des religieux qui desiraieut mener la vie solilaire ou hesychaste (voir 
Jean Bois, art. cif., p. 3 et 5). A plus forte raison la meine prudente s'imposait-elle quand il s'agis- 
sait d'elire domicile pour toute la vie sur une colonne. Lorsque Luc tut envoye a Eutrope, e'cst evi- 
denimenl que la colonne ötait inoccupee, taute de pretendants sörieux : on ne domanda pas niieux 
d'accepter un nioine elranger, niais dejä eprouve, pour combler le vide et s'assurer une part ä ses 
mörites. Nous savons que saint Luc eut un remplagant apres sa niort. Voir Inirod., ]>. 18. 

4. Quels sont ces vtrux? On n'en reparle plus. Vu le eontexle, je suis porte a croire qu'il s'agil ici 
de vceux ilont furenl Tobjel les temples et les edifices sacres visites alors par saint Luc, vceux qui 
avaient trait a les embellir, ä les restaurer, etc. Le nioment etait bien choisi. a la veille de s'installer 
sur une colonne pour toujours (c'est la que tu dois achecer ta course), de disposer de toute sa for- 
lune au profit des 6glises et des monasteres dont on pouvait de visu constater les divers besoins. Le 
couvent de Saint-Bassianus avec son eglise tut appareninient le plus avantag6 dans cetle disiribution 
d'aumones genöreuses (voir plus loin, '( 80). J'adniels donc que saini Luc avait une fortune person- 
nelle quand il arriva a Constantinople, et qu'elle y ful consacree anx bonnps iruvres, Luc s'en remet- 
tant dösorniais pour toul ä la divine Providence. N'\ a-t-il pas un indice de ce depouillemcnt complet 
et volontaire dans l'expression dölicate qui lennine le paragraplie : II pril avec lui pour cargaison la 
tonte belle esperance et passa la mer! Tont ce qui reste a saint Luc en arrivant ä Eutrope, c'est la 
divine ospörance. Pouniuoi le signaler ici, si le depouilleinent complet s'etait dejä accompli en 
Phrygie? — 5. Saint Luc prend conge de lange et des saints de chaque eglise. parce qu'une fois 
sur la colonne d'Rlutrope sa vocation de stylite lui interdira de reparailre ä Constaiilinoj)le. Voir plus 
haut, i 8, n. i. 



[73J ARRIVEE AU QUARTIER D'EUTROPE, S 25-26. 217 

26. Xjxi/.a. St) tÖ) :tco£Ctwt'. Tvi? S/ceToe ivpocr.'XOev e)i/,>i-/icia; ' • Miy^ar,/ sxeTvo;, ö 
■Kolb; £V (70^;a /.xi C'jvjue; /.xl /.'jn ij.vl~r,T. ■ziirtq öiTiÖTriTO?, 6;, Äia tyiV 'j.eTeTTc'.Tx -poiyc- 
vo[;.evv;v iy.aTacraoiav xaTi; sx./.Xviaiai;, l/coucito; toO oty.jwj Opovou Oivoyupc? xxi toi; 
ßouAorxevot; toOtov Tvxpx/topEi, tt,; (piVc,; aürtTi y.ai, ^'jv/jOo'j; ■/la'y/iy.q x.sti irpay[;.oiT'Jvr,; 
j epwv. TouTij xpooTteccuv jcai Tr,; xOtoO Äe-flÖel;; eü/.xxavuy-TO'j «j/u/v;? /.al (7U[j.TCy.f)o'J5 -epl 
TuzvTa; ^laOeosw;, süjxapw? [aet' £Ü[A6V£ia; rÄ; aif/fcsw; i'Tuys, y.«l S-^', zpo? a'jToü toOtou 
TO'j -avtscou Tvaxpo; Tri; Trpoovix.Qucai; irpousuyar; w x.aipöj t£ )cxl tö) 7:py.Y;A«T'. 
Tvpe-oOcxt; iepoXoyiai; /.xTryr.^aU x-a^ Tcpoirtpöpco; eitaXeiipÖct;, ■An\j.xyJ. tiv. ;/pyiTx[y.evo; 

26. — 1. Aii-ilcbsus de la dciiiieie svllabe de ixxAritjio;, nous iivoiis le sigiic (!(• ivnvoi -^ di-ja icn- 
coiitre, i 16, II. 1. mais au bas de la eolonne on ne voll plus qu'un grallagc qui correspond a unc ligne el 
demie d'ÖL-rilurc. Apres coup, le iwiseur a du rayer sa noie coiiime superllue ; eji fall, daiis sa li'ncur 
acluelle le texte ne donne pas rimpressidii d'une lacune. 



26. Aussitot il se presentc lii-bas au chef de Teglise. C'etait Michel', 
celebre par sa sagesse, sa prudence et sa parure de saintete consommee, lui 
qui, ä cause du houleversement survenu par la suite dans les eglises, aban- 
donna de plein gre son propre siege pour le laisser aux amateurs, tant il 

5 avait vivaces Tamour et l'habitude du calrae et de la tranquillite. Tombant 
aux pieds de Michel, Luc lui expose sa priere; cette äme fort devote, ce 
caractere plein de Sympathie pour tous, accueille aussitöt sa demande avec 
bienveillance, et c'est ce pere tres saint lui-meme qui fait sur Luc les priores 
requises, les ceremonies appropriees & la circonstance et ä l'evenement, 

u> et les onotions convenables -. Alors, s'aidant d'une echelle pour la montee, 

26. — 1. Renseignement iniportant : l'eveque Michel etait ineoiinu de Lequien; d'apres noiro Chro- 
nologie il occupait le siege de Chalcedoine en 935; il le conserva jusqu'ä ce que le desordre survenu 
par la suile dans les eglises l'eüt engag(5 a donner sa dömission. L'allusion se rapporte de fagon 
assez claire a l'intervention maladroite de Nicephore Phocas (963-969) dans les affaires religieuses. Cet 
empereur sacrislain decröta, et quelques eveques eurent la faiblesse d'y souscrire, « qu'il fallait son avis 
ou son ordre pour eure ou consacrer quelqu'un eveque » (cf. GEonEMS, P. <!.. t. CXXII, col. 101). 
Apparemment, Michel de Chaleödoinc tut un de ceux qui resisterent, et il ne fut pas plus souple 
([uand Phocas, ayant eoneu le projet saugrenu de faire rendre aux soldats morls sur le champ de ba- 
laiUe les mömes lionneurs qu'aux niarlyrs, « pressa le patriarche et les eveques de se preter a cette 
mesure » (CEnnEijus, ibid., col 104). De pareils liraillemenls avec le pouvoir deciderent a la retraile un 
eveque celebre pur sa sagesse, sa prudence et sa parure de saintete consomnee, mais fori ami du 
calme et de In tranquillite. II laissa donc la place aux amateurs, entre 963 et 969 d'apres nous. 
Coniine eveque de Chalcedoine. il aurait connu saint Lue pendant une trentaint d'aniiäes. Les textes 
donnciit ^ilnpre.-^ion qu'il vivait toujiu-rs quand tut prononce le panegyrique. II ist encore question de 
lui un peu plus loin, 'i 3u. Le Synaxalre Ha le nientionnail mais ne permettait pas a lui seul de fixer 
nne dale precise. — ■>. Tout le reell donne ä penser que, pour se consacrer deflnitivement a la vie 
slyllte, il fallail lautorisation de riv(>(|ue du lieu, pröcauUon qui ne paraitra pas trop severe devant 
la diiriculte d'une pareille existence. L'eveque procödait ensuite ä des prieres et une onclion qui, 
d'apres notre texte, semblent l'aire partie d'un cer^monial traditionnel. De son cöt6, le P. Delehaye 
ecrit [art. eil., p. 213) ; « L'evangeliaire syriaipic de l'lorence contienl une table des le^ons. <^crite 
au XII' siede: celle-ci indicpie im (•vangile propre pciurle jnur mi un luoiiie monle ä la eolonne. » 



218 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [74] 

Trpb? Tvjv «voSov, OTiSaivE'. Oap(7a>>ew " toSI xal •/.eyapji.eV/i * 'j'ux.'?' "^"i' J^wvi, SitvXo'jv mlMw 
ävx^aSevixsvo? xpö; Sittw; £j(^6paivovTa; Äucjjiever;, Tov jj,£v ivpoc toc; (jap'/,ö; oiKJxaSEJiTou; 
6;t/.a? xai xtv-fiCEt;, tov 81 Tcpo; toc? evaepiou; TCOvvip«; ^f'/J^i "'"'' ""^'^ xocjxo/.pxTopoi; 
s^ouuias. 

27. 'A)iA' -P) Tipoc Tai; ep-TjaÖsig [jiv rjÄovac toö (j(o[AaTO(; itaT^tv Try.X/) ri6\ Trpo-,c«T£- 5 
loe'ß'XviTO TO'JTCi) -/.Oll irpojiaTe'XE AUTO ' , ttj TCa6o/.To'viü vvictecz -ttzt'/j t£ Tr, AO'.-fl ^xlvipa- 
yoi-nx j(^pr,(;a[jt.£'vu ypovov etvI ij'jyvo'v Tc /ixi (Avi'x'.dTOv üzoTa(;avT; t£ Tvarrvi (A-/iyav?j t6 
7£tpov T<o xp£iTTovi'" Y) ^£ TCpö; rjaiiy.ova; ^ l^-^-yi) i'-aiTOi TToXXz/.t; ivpo? tviv exsivoo 
y.asTEpfav ä/.pz^avTOv äviayupo; ^tiyßunix. aolI ä'>Ö£v/);, Tfi t-Ü; Ü77£p-/iifaviai; ävxt^£ia 
Ätä äXa"(ov£ta; -/.EjrpviijivYi cuv-flOu?, t-/)v -/iTTav oü (pEpouca, Tai; o.ÜTat'; £ivoivac;Ta(;£(7c ui 

2. M OapiaXaiü). 

27. — 1. M nfozoTx/iX-vTo. Li^ p.-q.-|i. e^l r^guliereiiient omplove dans nulie iiianuscril l:i |plupail 
des cas. Ainsi lious avons ävsoeosxTo ^ 8. eveitt^öx^i g !l, jipo/.aTsgeSAriTo jf 27. Tifo-jETEtazTO g .39, G5, 
Exexpi'« 'i i'K ETETa/.To g 'i2, TtapiJYfEXTO ji (14, exextjito g 72. Cela fail neuf cas jkmi iluulinix coniro sepl 
fXPmplPS non classiqiios : npoxaTrt.sVjTO i 27 , yzyiirizo § 3i), a'jYxexi'vTiTO ^ 43, itEputeicTÜxet J 48, xaTOt&EoexTO 
•^ .50 , &£5üvriTo § 69, ßE6rju).ejvTo g 55. Partni ceux-ci, dcux, § 27 et 56, soni 6carl^s par les exorapjes sem- 
blables regulier.^ el ne sont dus övidemmenl qu'ä une erreur du copiste que l'on peut admeltre 
aussi poiir les autres cas. Le copiste ötait d'autani plus pxpos6 a eouiiiieUrc des lapsus que la 
languo usuelle raccourcissail les formes du parfait el du p.-q.-p. Mais la lauguc de notie panögyrisle 
est lüut le conlraire de la langue usuelle, et il n'est pas ä croire que l'auteur se soit lui-memc permis 
de telles liberlös. — 2. M xptTTovi. — 3. Les deux accusatifs i?i6ova; et Sai[iova; sonI garantis par la 
phrase qui teiiiiiue le '^ 26 (ou on annonce une guerre contre la chair el conlre les puissances du mal) 
et aussi par le passage parallele de '( 8 in fine. Voir la note de la traducfion. 



Luc, d'un pas resolii et l'äme en fete, gravit la colonne ' et entreprend une 
double guerre contre deux ennemis haineux, l'une contre la fougue des 
assauts et des mouvements de la chair, l'autre contre la inalice des princex de 
Fail- et les puissances du deteiUeur de ce monde \ 

27. Mais la lutte contre les plaisirs passionnes du corps, il y avait dejä :> 
mis une fin et un terme, gräce aux jeünes mortels aux passions et gräce ä 
toutes les autres rigueurs continuees sans relAche pendant fort longtemps, 
et il avait par tous les moyens soumis le pire au meilleur. Quiint ä la lutte 
contre les demons, bien que souvent, ä cause meme du courage indomptable 
de Luc, eile se soit montree languissante et sans vigueur, l'insolence d'un lo 
orgueil pousse babituellement jusqu'ä la fanfaronnade ne supportant pas la 
defaite, les menies attaques, les memes assauts, — que dis-je? c'etait pire 

3. Saint Luc moiila sur la colonne d'Eutropc le II deceinbre 935. Voir Introd.. p. 21. Pour munter, 
11 s'aide d'ane cchelle et non de Vechdie; 11 est encore question A'une echelle. 'i 46. l'our l'historien, le 
fait interessant est qu'on ne peut arriver au sommel de la colonne qu'au moycn iVtitw echelle; qu'il y 
ait eu une echelle appropriee a cet usage comme tont donne ä le croire, cela hii Importe peu. De 
miinie, Theophylacte demande une echelle, la preniiere venue, pourvu qu'elle puisse le mencr oü il 
veut, aupres de saint Luc. Dans les deux cas, l'indätermination insinue aussi que l'echelle n'etait pas 
visible ä tous, ni a la portee de quiconque: on la remisail sans doute au couvent d'Eulrope. — 
4. Ephes.. VI, 12. 



1751 GUEHUK CONTRE lA ClIAIR KV LES DEMONS, § 27-29. 219 

•/.al -iöffßoTvaK . [;.a>,>.ov (Vi xxl /sipoot twv 7i:oTcp(-)v TvpoTSaVAet ivaliv, iratpixTat iTa>.tv 

2(S. "Aay. Yz: toj £7:iS/,vai. toOtov tm xtovi, ■rroi/.O.a «po^viTpa /.al ■rco>.uTs07:a re'.pa- 
Tr,:ix xaxoupyo); aÜTOupyoOvTE? /.aT' aüxoO £TCST-/i'Se'jov, si; äx-flfiix; Älo; ■/.%•. öei/.''r; 
TvzÖo? s(ji,6ä>,A£iv toOtov Ö-/ipt6a£V0'., /.'/TaAsOsiv aÜTOv xal /.aTarrj^eusiv ävÄii^Öj; £<pop;j.ü>VTe; 
STTSUüvTO, v'Jy.Tiüp STUEpvo'j.evo! , Ol TCjO c/.ötouc -^TpocTzTai xxl x.>y)povo'[7.oi, oü 'XiÖoi; 
vooj'j.svoi, oü ßo>-t<7i Ttol Twv sTTiTTi^eiiov, i/J.' ioTiiX'ji; [y-iapoi,-- Ticiv öcTpscy-o^EpiAoi?, 
r:v.\-r,Ms /.al >.'.9(iS-/i tpuTct -rr,v zvrtxuTCiav 'ißp\><j'y, v. /t'küi-iai \ rpocayopsOovTai. xaTx 
(jTO[Aa /.al /.axa xe'pa/.Ti? '' ß/.AAovTS; i^eiSw; /.al Tr, 7:u/.vrJTV)Ti. tt,; GUV£/6ta? tc>.-/;ttovt£; 

28. — 1. On allc'nUi-:iil uii zxi devani xaTa),e-kLv, iiuiit^ l'omissiori pc-ul s'i'xpliqun- paf aüviuleloii 
dont 011 a un cxemplo, '(, 27, in /ine. — 2. M iir.apoc;. — 3. Aprt's xaTÖt im allondiait deux aciiisalils 
mi deux gönitifs ; l'auleur a voulu varier ?a syntaxe, de inÄme qn'ä la (in de jJ 58 il i'inploi(! iizi 
Ipmporel avec le datif et l'acciisatif. Voir aussi 'i 51. 



qu'autrefois, — se dechainerent ä nouveau pour tourmenter de rechef cel 
homme si genereux'. 

28. Des sa montee ä la colonne, en elVet, divers epouvantails et des vcxa- 
tions variees furent mechamment prepares et mis en CBUvre contre lui, visaiit ä 

•' le jeter dans la crainte du decouragement ' et daiis des sentiments de frayeur. 
S'elanyant avec rage dans des attaques de iiuit, ceux dont les tenebres sont le 
domaine et le partcuje - se mettaient ä le lapidcr et ä le cribler de traits, non 
point avec des pierres et des projectiles ordinaires, mais avec d'impurs 
reptiles recouverts d'ecailles, aussi durs naturellement et aussi resistants 

Kl que la pierre, ce que nous appelons des tortues^; ils les lui lan?aient sans 

27. — 1. Dans toul ce paragraphe, la pensee est Ires claire, mais l'expression verbale est alam- 
biquee. L'autenr donne une dt'nomination commune aux combals quo Saint Luc entreprend de livrer 
soll aux plaisii'S, soil aux demons, et aux allaques qu'il a lui-niÄme a en subir. II appelle ces deux 
aspecis de la lutto r, npo; 5ai(j.ova; [ioi/.ri et r, mo; ts; rfio-th.:, IJ-i/l ; ü pouvail le faire puisqu'un combat 
suppose toujours deux adversaires qui tous les deu.x donnent des coups et en reooivent. Ür, dans 
nolre phrase, c'est le second aspect, c'est-ä-dire les coups portes contre saint Luc soit par les passions, 
soit par les d(5mons, que l'auteur a en vue dans la formule generale qu'il a choisie de preference a une 
autre parce qu'elle se modelail davantage sur le passage de l'Ecriture, Ephes., vi, 12. Des lors, on 
comprend qu'il puisse dire, ce qui ä premiere vue importerait contradiction, que, saint Luc ayanl 
declarö la guerre aux passions et aux demons lors de sa montee a la colonne, sa lulte contre les 
passions avait diija pris une fln et un terme, et que sa lutte contre les dömons, souvent languissante 
ä cause mfime de la fermete qu'il \ d6ployait, se ranimait parce que les dßmons ne supportant pas 
leur defaite lui livraient des assauls plus terribles que jamais. Entendez : Luc 6tait pr6t a comlialtro 
les plaisirs de la chair et les demons, mais sa rliair etait malee depuis Icmglenips et le laissa en paix; 
les demons su\ivent se montierent mous dans rattaipie paice que l'eners^ie de Luc leur en imposait, 
mais honteux de leur defaite, ils revenaient ensuitc a la cliarge avec d'autant plus de Iniie. 

28. — 1. Parmi les lentalions auxquelles sont sujets les lit'svchastes, saint Jean Climaque cite en 
p.irlicnlirr Tay-JiSia ou decouragement. Scala Paradisi, gradus Vi, Hspl ixriStai;, P. G.. I. LXXXVIIL 
<ol. 8.">7. — 2. Voir Ermig. Nicod.. cap. 20. — :!. II \ a l)eauconp de tnrtue- dans la resrion. Voir 
lutrod., p. 11. 



f. 11".'. 



f. IUI. 



220 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [76] 

jetkBnü(;, ivi touoOtov öbüvyi; -/.sei tco'vojv ävuicoiTTWv -spiscTYiiiav, öic-re tyiv lepiv 
IxEivviv y.ecpa>.y,v -/.cd toi? äYye^^oi; aiÄ£(jiu,ov >iav 'J-£p;7.6Tpov e^oy)cw9Tivai /.al ä^' vijxepaj 

29. O'J toOto 0£ aövov TO Se'.vov x.ay.oupyvif/.a /Cxt' a'JTO'j cucx-euaiavTE; oi iit' ü^yr,; 
ävOpwTVOXTo'vo'. AviOTai, Tvi; eTT'.SouX^? V/i^avTsc äirscTYisav, iT-T-a z.ai Tiva a'X'Xx irstpa- .-, 
TTipta «'jÖt? /.al (poo-/iTpa iro'.-/t;'Xa So>.tw; T£/.Ta.ivovTe; ' vüy.T&)p t£ y.al jy.EÖ' raepav oO/. 
äva"Xnrov irpocSa'XXovTe?. S'^vi/.iJCi; " yap -/.af Twa (^U'j(pi«. '' toSd'Xa ^laiposa -oo? -'X-?,f)o; 
äxeipov TiJTaijOai TrapaTJteua^ovTe; -/.y-Ta te toj TrpocÜTrou x-X', ayEhb•^ et7V£lv, >cy.(J' o7.ou 
Toü (7W[7.a,To;, £7rt7r>>y)fTeiv aüröv -/.al >,ixv äT-yEivw; y.aTaTpuyeiv Etp' iy.avov ypovov ' 

eTOTTEIXTOV, KVWOl'TTOV TOV ITOVOV £l7.7r0lo0vTa T(0 (jWU.aTl. TrOVr,pW? ^ y.X'J.WSTi 7.7.1 T'?i T05 lü 

i7T£ppocppovoc 'Iw6 ily/ioov. -/.al •7:'Xv)y/i — apaTiV/iotov, O'j x-at -rr.v äSafy.avTivviv y.apT£po(|/u- 
yTtav yEvvaio'tppovi vcTj £x.[ji,t[xoupi.£VQ?, Ttov eTr'.TtÖEpLEvwv ävtapdiv 0'jO£v r, p.tx.pa ippovTii^wv, 
Tvj TCpo(7£uy_ri nal Tr, oe'4(i£i . •irpo(j£)iapT£'p£i, irpö? O'jpavov EvaxEviCwv ix.aTa'rraucTw tw 
ß7i£j/.(/.aTi TYiv Ex.slOäv T£ po'/i6£ty.v £TCtx.a>,oü[ji.£vo; x.at <7Üv TW AautS Ta Toö A«ulS [ae'XwÄSv 

29. — 1. TezToivovTE; est la Icriiii ilii majiuscril. -i linissant la ligne i't y.-ar/mzz; i'diiiniciiijanl la 
ligiic suivanlc. L'exprcssion repond a <f66riZf,a. zai iteipatrjpia aÜTOupyoivTs; de 'i 28. TexTatvovTE; est 
d'aulanl meilleur que ce veibe esl souvont pris en mauvaise pari. La correclion de V re ^aivovte; 
est donc tont au nioins inulile; de plu.-;, eile lepond moins birn au cimle.xte; enfin, eile est impossible 
paice que la conjonclion te reste sans emploi daus la phrase. — 2. M üLixeia;. — 3. M Stoi^ua. — 
4. M xiiövov par mauvaise conformation du p. — 5. Voir ij 22. n. 4. 



pitie ä la bouche et ä la tete, et leurs terribles coups frequemmenl repetes 
hii causereiit des souH'rances et des douleurs si insupporlables, que cette 
respectable tete, veneree meme des anges, s'enfla d'une faQon demesuree et 
resta muette pi'iidant plusieurs jours. 

29. Mais ce n'est pas le seul horrible mefait qti'organiserent conti-e lui le.s 5 
brigands homicides des le commencement ' ; leurs machinations ne s'arreterent pas 
lä; au lieu de ceder, leur fourberie forgea eiicore d'autres vexations et divers 
epouvantails dont iiuit et jour ils ne cessaient de rimportuner. Des guepes 
et plusieurs varietes d'insectes venimeux s'eiivolerent par leurs soins en 
troupe immense contre le visage, on pourrait presque dire contrc tout le ki 
Corps de Luc ; leur mission pendant assez longtemps fut de le piquer et de 
l'epuiser par de cuisantes douleurs". Insupportable etait la soullrance causee 
ä ce Corps si cruellement tourmente; eile ressemblait assez aux soutTrances 
et aux plaies de Tinebranlable Job '. De celui-ci, Luc imitait d'un esprit genö- 
reux rirreductibie fermete. Ne se preoccupaiit pas ou presque pas de ces 1.1 
attaques importuiies, il perseverait dans la prierc et Toraisou, fixait conti- 
nuellement son regard vers le ciel pour en implorer du secours ', et avec 

29. — 1. Joa., VIII, 44. — 2. Les parages d'Eutrope (Calamich) sont encore infestes de nioustlques. 
Voir Intrnd.. p. II. ~- 3. VoIr .Tob, ii. 7. — 4. Voir Ps. nxx. 1-2. 



[77] APPARITION DE L'ARCHANGE MICHEL, S 30. 221 

£'.*; T/iV T(öv — o'Acy.Hov äTTOTDOTCviv i^j.iKb>o/,im-za. wSa ttv) SiayopeuovTz" « Kupto? (pcdTWjidg 
« •j.fju /.ai 5<oT-/(p f;.0'j, T'\a 'po€r,9rl50[;.xt ; Rupio? 'JiCipacTtiuTvi; ttj; ([wä; jaou, iicö t(vo; 
« f^eO.iaijti) ; sv Tfo syyi^stv eir' su.£ /.x/.O'jvxa; toO Dayelv Tse; capy.ai; |/,ou, ot 6).;€ovtc'i; 
« [/.£ x.al oi syÖpoi [AQU, a'jTol YiCÖevviGO.v sial e'-stov. 'Exv TrapaTa^'/irai l;:' E[.;,e Tvap£[ji.6o7>Y), 

■> « O'j ooSr,Hr,'7ixa'. r, y.apSt'a jaou. Eav e-avxTTY, är:' eui — 6Xeu.o;, ev xa'jTYi eyw iT-Tvi^to ». 
Kai y.ahiCf,^ toü? Ao'.uoü; nT:yo\'jySi^ luv/jOw; oieT£>^;i J/a7^jA0'J;, f^i' oXr^i vu/.to; /.ai 
TcaiYi; •fiu.Epa; a-aucTOv ü[ji.vo>>OY'-av >iai Äo^oXoyiav irpoij(p£p&)v 0ew, ivap' oO Tayeta; qt; 
ax>.tiJTa T^? äpwy^i; /.ai t^; £i:txo'jp''x; £7:£Tuyev. 

30. Nuj^^iov yap aÜTcp tcoT£ 7:po(7£uj(^oy.Evu) ijuvrlOu; /cal to'j; hxui-v/.au; [/.£>,cooouvti 

10 (]/aX[jLOij; £Cpi(7TXTai ti; öeö^Ev /.aTaTUcacpOst; £v öjX0i{6[AaTt toO ■TTpoppviOevTac ävÄpo';, lEpw- 
Taxou M.iy%rX «fvijjn, to'j twv Xa)./.-/i^ovitov Upzp'/ou äyyE^tovupLO'j viroi iyy£'Xoi«.6p(poii, 
TauTOV i^£ ©zvxt, xa; y.yy£X6(ppovo; ' . YMtiikj'jmi Se tov [j.£y;i7T0v t6t£ tüv iyyE^.'.xwv 
Tay[ji,ZT(i»v i.fjrri'^iTry TC«p£iVÄi Mtjr«v^X, tov tt,? Äuvxjaew; Rupio'j äpy_ KJTpzTViyov ' , ö; 
TZ X.XT' a'jTÖv ÄviÖEV ävYipwTa, TCÜi; £/oi, ','v/)(;«o; y.aX urpoctp'.'Xw; oiaiTuvSavöu-Evo;. ToO f)£ 

30. — 1. AyY^'öypwv, iiiiil null riilulogiiu. PK. — "J. M i(,y_i'jifii':i.yoi. 



David il cliaiitait les caiitiques de David qiii oiit trait ä la iiiisu en fuite des 
ennemis et qui parlent ainsi quelque part : Le Seigneur est ma lumicre et 
mon sauveur, qui retlouterai-je? Le Seigneur est le protecteur de ma vie, qui 
craindrai-je? Pendant que les malfaiteurs s'avancent coiitre nwi pour devorer 

:> mes rhaii's, ines perseeuieurs et 7nes ennemis chancellent eux-memes et ils s'abat- 
tent. Si Uli eamp se dresse contre nwi, mon cmur ne tremble pas; si un combat 
s'engaf/e contre moi, meme alors j'ai confiance''. D'ordinaire il contiiiuait 
comme de coutume ä reciter " ä la suite les autres psaumes ; et toute la nuit 
et tout le jour, il ne cessait d'offrir ses hymnes et ses doxologies ä Dieu de 

iK qui tres rapidemeiit il regut de Taide et du secours. 

."{O. Une nuit, en eiTet, taiidis qu'il priait ä son habitude et qu'il cliantait 
les psaumes de David, quelqu'un se präsente envoye de Dieu, sous la forme 
du tres saiut homme dont uous avons parle, je voux dire Michel de Chalce- 
doine, ce pontife au nom angelique, ä l'exterieur angelique, et, pour employer 

ij le meme laugage ', aux sentiments angeliques. 

J'en suis persuade du reste, celui qui apparut alors, ce fut Michel, le 
rommandant des bataillons angeliques, le general en chef de l'armee du 
SeitJfneur. llfeisnit^ de lui demander de ses nouvelles et commi-nt il allait, 

5. Ps. XXVI, 1-3. — 6. En grec ctixoXoyüiv, teriiie lochniquc puur signilier l:i lecilalioii dos psaumes 
verset par vorsei (orixo?; cf. g 43, ii. 6). 

30. — 1. Pour employer le mime langage, c'est-ä-ilire sans doulo en employant pour la Iroisieme 
fois un lormo dans la comiiosition duqiiel onlre le niol ifytlo',. — 2. 11 feignit : les anges no savent-ils 
pas loul ce qui so passo sui' la Icnc .' 



f. luv 



10 



222 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [78] 

TTocx; T-/1V -vjrji^ (7y.u6p&)iuw; äTCox.piv7.(A£vo'j jcy.l Tov £14 TÖiv Tvov/ipwv -veujxaTwv TO>,saov 
♦f. 119\ -fOTEivojAevou w; Ta|:ayr,v a-jTÖ) y.ai i^e'o; Earoioüvra, toO äyyeVjYxvou? ' äv^pö; s^sivou 
TTÄiv ä/.ouetv s^ci/iei Tvepix^apw? ävTicpauJcovTo;, w<;' « 'Eyol, ^"/loi ', oiaTravTo; [Aexa goO 
« sifAt pSatxco; ce^ h'.liäv r, cpoSsTcOai Tiva cpößov süOapoco; irpoTpe-Ofievo; '' . » Taut-/)? 
Ty,q Oei«? sfy-^aveia; -/.al äyye'Xta.; yeyEV/ify.eV/i; xc y.al -po^eijr^Eto-/)!:, -xpauTt/.«, ij/a'Xp.t/'.äii; 5 
£;TC£tv, j-' Auii^i OeioTepa öapcog irpoceiXvicpev £§o-/iO-/iO-/i t£ tw -veufAaTi -/.al r, cap^ 
aÜTOö iveOalev, t-^: Tupawr/.-?,? y-xi >,-/i(;Tpi-/.-^S Töiv äv9pwTC0-/.T0V0)v s-yip£iac ä:7a>.lay£r<77. 
-veuazTtov. O'Wti yäp npoffeyytirai toüt« vi 7:ap£voy_Ar,(;ai toC T^O'.tcoO to -x^y.-u^ -uiTol- 
[;.-fl/tact, T-flc -£tpa<7Tt/.x? ' y-a-ztcjoyta? -/.al -apotvia? a'jTwv Suvr.[/.ei /.pEiTTOvt s^oijTpaxi- 
oÖsic'/i; xai iTroii)40paxii7()£t(jr,; p.ax.pÖTx-ra. 

31. Texp'piov Ä£ (ja^e? -rÜ; TOtaur/i? ÖEUvic ivTiVfl'Aeu;, y.xl tÖ yeysvr.j^ivov ivspl 
avTov Esvov T£pz5Tiov, EVapys? 'jüv.So'Xov -yic avwÖtv iTriff/.ioii^ouor,? a'jxw ^wTOcpopou 

3. 'AYY£>."?»''ri;. mol non cataloguö. PK. Oii le relrouve jS 55. — '*. On aüendiait £»»i, mais on reli'ouvo 
ailleurs le prescnl du memo veibe au lieu de raorisle. Voir i 73. Reniarquer en oiilre le plöünastiie 
constitu6 par cpriJiv. — 5. MV le qui rend la phrase boilouse par manque d'iine auli'e pailicule copii- 
lative forrespoiidanle. — f). MV Tz(.ozftKoy.i-io-j. On pourrait a la rigueur garder cclle lei,;on el cxpli- 
quer : toi qui es exliorle en ce momenl. Mais il laut reniaiquer quo parlout (iJ 45, 50, 55, 60, 68, 77) 
l'auteur emploic le moyen, sauf jJ 63 ou nous lisons eüe'/ttiv eiv^i itpoETpsnev. Mais on voll du premier 
coup qu'ici l'aclif a ete emplove afin d'oblenir la cadonce l'avorlU- par les deux (Irois) daclyles loni- 
ques et d'avoir ainsi un pendant exael a iizi-^t-Kfi. La raison r\lhmique qui fait <ecrire l'aclif dans 
l'e.xception röclame le moyen dans le present passage. Voir nieme cadence, i-jTtetuöai itpoTpenöits- 
vo;ii40, lici6oef|Vai itpoTpEitETtti ? 77, Ol nun npoTpiniuv, npoTfEjtei. II faul ajouter qu'ioi la synlaxe, assoz 
rüde avec itpoTpEncipievou, est Ires coulanlo nvoc TtpoTpEnöiievo:. — 7. M TtapasTix?,;. 



le questionnant d'uii ton affable et cordial. Et, taiidis qua ces iiiterrogations 
Luc repoudait avec tristesse, exposant combien la guerre menee par les 
esprits mauvais lui inspirait de * trouble et de crainte, il lui serabla entendre 
une seconde fois cet homme ä l'aspect angelique lui repondre joyeusement : 
(( Pour moi, je suis toujours avec toi, disait-il, et je t'encourage t'erniement s 
ä ne Jamals craindre ni trembler. » Teile fut Tapparitioii divine et la proinesse 
quil'accompagiia; immediatemeut, — parlous avec lepsalmiste, — Luc, plein 
d'espoir e» Dien reprit courage, // [ut reconforte dans son esprit et sa chair 
refleurit^, debarrass6e des vexations tyraimiqucs et impitoyables des esprits 
homicides. Depuis lors, en etl'et, ils n'oserent absolument plus s'approcher de lo 
lui ni le tourmenter; bourreaux scelerats et forcenes, une puissance supe- 
rieure les avait relegues et bannis bieii loin. 

31. Temoignage manifeste aussi de cette protection divine, que le l'ait 
etrange, prodigieux, dont Luc fut favorise, clair symbole de Tillumination 
d'en-haut qui l'inondait de ses clartes, le reposait completement des fatigues i5 



3. Ps. xxvil, 7. La forme du texte a oto un peu modiflee au debut pour le niieux accommoder au 
conlexle. 



[79] LES CROIX DE LA COLONNE ILLUMINEES, S 31-32. 223 

tkly-ixi^Küi, Tov xr,; tx).-/!;?.; zT/.rlsEO); /.o'ttov x.oy.iiJr, ÄtavawauoJCYi; t6 ßzpo; ts röiv 
-övwv s'jy.apüi; 5-'.xou^'."C'j'j7-/i; /.al t6 tyj; i•/./|'i^;a? ^so; ^iy.'7y.e^a"Co'j'7-/i? ei? [AeyiiT-fl; 
a-JTO'j iVÄfifiYop''a; -«papLüOiov. HviV.y. y^f ■'^"^~- |ipovT*i xai a^-saTTxl tov äspx '7'poiJpo- 
Tssov cuvriXauvov V'^^^o? "^ ''-*• ^'jeW.x (TuväpoiAT,; ex. veiptiv xai ßapuTotTOK yeiacövo; 
:, %Mf7. TS. XXI ito'vTOv zTCxvTa (;uvexa>>'jTT0V, paybaiai; ßpoyvi? xxTx(pepoa£'vr,; r, -zAiv 
ytdvfj; TtoW.r,: Tt')>,>vzxt; xxTappYiyvufAevr,;, TOTe ^ix-/iv ävOpaxwv zOpoto; OeoOev 'jtcxv/i'- 
TTTovTO 0'. TEToajj.epoOev ' TCpoaTVETVYiyoTe; Tf, xe(pa7.idi toü xiovo; (jTaupo;, e^ öXyi? xaTesxeuaT- 
[xe'voi ya'XxoO, töffx'jTio; xai ö xaTs; rpocuivov X'jto'j xadtopuasvo; e^ ö[/.oia? üXt); 
7T£'|XTrT0; OTXupo;, ^la -xcYi? vuxTo? ^aSouyoOvTe; xxl xxTauYy."(ovT£? -rö to5 xt'ovoc 

1(1 CTeVCOTO/tOpOV ' Sci>[JLXT1.0V StXYlV TiajAXXiJtdV TVeVTXpiQfACüV, CTUTvOecriö»; •'' AXJATVpO'pOpO'JVTtOV 

Tzc T£ TT,; 4"^/"/;? xai to'j (7w[ji.xto? iTapi^iAou; aiffOvfoei; x'jto'j öiaOx'XTrovTojv xal cpwTO- 

31. — 1. TeTpa|jLep6'JEv, miil noii calalogue. PK. — 2. iTivMTröxwf'''', cf. 'i 8, ii. 4. — 3. StwXosiStj;, niot 
non catalogu6. PK. 



(l'une ascese rigoureuse, rendait aisement leger le poids de ses labeurs et 
dissipait ses craintes de decouragenient en lo comblant de consolation et 
de joie. Lorsque les tonnerres et les eclairs sillounaient plus impetueusement 
Tatmospherc, que, par l'action combinee des nuages et d'une tourmente 

5 epouvantable, les tenebres et la tempete couvraient entierement le ciel et la 
mer, tandis que tombait une pluie violente, ou encore qu'une neige abon- 
dante s'abattait par frequentes rafales, alors, pareilles ä des charbous, s'al- 
lumaient tout d'un coup sous la main de Dieu les croix d'airain qui ötaient 
üxees aux quatre cötes du chapiteau de la oolonne', et aussi la cinquieme 

lu croix de meme maiiere, plantee en face de Luc. Toute la nuit, elles etince- 
laient', elles illuminaient l'etroite cabaae ^ de sa colonne, comme l'auraient 

31. — 1. Le cliapiteau ou plate-forme (voir aussi i 46 et 84) ötait assez vaste pour contenii- plusieurs 
personnes. Tlieophylacte rend souvent visite ä saiot Luc et mange avec lui (§ 46); une fois, Basile P6- 
leinos partage leur repas d 47). On n'iniagine pas ces deux personiiages rompant le pain avec saini 
Luc, celui-ci sur sa plate-forme, et eux dans une position ridicule sur les degres de l'echelle. oü 
Basile eiit ele bien emp6chi' de rendre a saint Luc le service dont parle le texte. Apres sa mort, le 
Corps du stylite resle elendu sur la plate-forme. — 2. Fixees au sommet de la colonne, donc ä une 
hauteur respeclable, les cinq croix d'airain attiraient naturellement l'electricilÄ et brillaienl d'un öclat 
tres vif par les lemps d'orage. Voir Introd., p. 14. — 3. II est facile de se representer lous les Ser- 
vices qu'une petite cabane, si streite füt-elle. pouvait rendre ä uu pauvre stylite vivant littöralement 
entre le ciel et la terre, et quelquefois entre le ciel et l'eau. Elle servait jurtout de remise : les 
provisions de bouche, les ustensiles de menage (pot a eau g 39; essuie-niain i 42 etc.: morceaux de 
bois, cf. § 43), les livros de priere, tout ce qui ötail n6cessaire pour la c6I6bration des saints inysteres 
y trouvait asile. Peut-etre m6me qu'aux jours de inaladie ou d'intemperies exceptionnelles, le saint 
s'y refugiait moinentanömenl, niais il serait contraire ä l'intention du biograplie d'adniellre que saint 
Luc en faisait un usage liabitucl soit le jour soit la nuit; cela ne cadreriit aucuiieinenl avec la 
peinture qui nous est (aito au paragraphe 8. Par contre, il est vraiseniblable que. lorsque le saint 
invilait un ami de haute lignöe, comme le candidatos Floru«, a passer plusieurs jours avec lui sur la 
coluiine (g 63), il avait la complaisance de ne pas l'exposer aux intemperies ei de lui oll'rir un refuge 
dans la cabane. 



224 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [80] 

32. Ta.~j-7. TO'j y.aTa tov voij.o6eTViv Miose'x Oauaato; ' Tcepl tviv Trupl fjirapyavwöstcav 
ßaTOv 7roT£ y.xl (AYi^aaöi; /.aratp'XsyöerG-av TvxpaSet/OEVTo; xxt' oOdev aTiixoTep»., äü' oüi^s 
TV)? £v CTÄtü " TCupo; ouToSo'Xiai; £i; ÄTifAaytoYcav toO 7:plv ix-^TOU 'Xaoü 'lapavj'X -/.axi tcoXu 5 
(ZTtoi^eovTa, t"^; £[;.Trüpou te toO ©cdSiTou ^e'vn? vivioj^^eia? /.«.l Ätopeia? '' ■KXfoi.iik-i\<s\.'i re x.al 
/.aTzX'AYiT^a, y.al twv 3v wjpoc cpT^oyl TCspicuÖsvTWV Tpi(7apt9;7,tov veaviöiv tviv aÜTviv vi xxl 
[7.ei(^ova TvapaSoiOTTOiiav ^la^cö^ovra. Ral TaCra oux, ecp' •Äp'pxi; xwlv eüapiÖjjiviTOi; r. scaipot; 
öXiYQSToi; Ts^^ecÖevTa Te"Xo; sSe^aro, iXX' £iti TS'Tirxpy.^ovTx y.xl i^uo etsoi ^ xal u-'.y.pov ti 
f. 120. irpö? swipVEiTO cuvsyü; TepaTOvpyouu.sva.. Ral xa Tzxkxf. [xev | sy.etvx Tu:7t/.w; y.at cx-icjÖü? lo 
£T£)i£ixo TepaoT'.a, (jU[ji.€o'X'./tco? wpo^riVj'jvxa xa [j.e'X'Xovxx TtkeXadxi x^c vs'a; yzpixo; $£va 

4. M BiaSe'X'Tai. 

32. — 1. M. öaOjjiadTo;, avec gi'attage partiel du premier <t. — 2. V ex (jz-jIo-^. Le manuscril lit tres 
clairenient ev (jTii).o-j, mais otu termine la ligne el ),oj a et6 ajoutö au-dessus. apres coup, par le 
reviseur. La lecon que nous avons ecrite sur la foi du manuscril non eompl6t6 est garantie par l'al- 
lusion Evidente a Ex. XIII. 21 mi on lil i-i ttOXw irupö;. — 3. M. cncnfptix:. — 4. V ereTiv. 



fait cinq lampes; i'urniant colonne eii Lrillant, ellcs lui lechauiraieiil i't lui 

eclairaient los cinq sens de räme et du corps ', pour preluder, je pense, ä 

la joie et ä la spleiideur future dont la colonne devait etre pour lui la source. 

32. Ges faits ne le cedent en rien ä la merveille montr^e au legislateur 

Meise dans le buisson qui entoure de flarames ne se consumait pourtant s 

pas ' ; mßme, ils ne sont pas beaucoup moins morveilleux que cette colonne 

de feu qui eclairait jadis la marche errante du peuple d'IsraeP; ils ressem- 

blent et ils correspondent assez ä cette merveille du Thesbite conduisant 

son char au milieu des flammes''; ils presenteiit, et peut-etrc plus accuse, 

le meme caractere miraculeux que la flamme de la fournaise laissant sains w 

et saufs les trois jeunes gens\ Et cela ne se passa pas durant quelques 

jours faciles ä compter, ou ä de rares intervalles, pour se terminer ensuite, 

mais, pendant quarante-deux ans et un peu plus"', ces merveilles s'opererent 

f i.,o. continuellement. Or, les anciens prodiges * s'accomplissaient comme des 

figures et comme des ombres, symboles avant-coureurs de ce que seraient i> 
les merveilleux mysteres de la gräce nouvelle; ceux de notre temps s'operaient 

4. Les cinq sens de liime sont bien connus des inystlques byzantins qui dßsignent ainsi. comme prt-- 
seiitant une certaine analogie avec les cinq sens corporels : l'intelligence, la volonte, la memoire, 
rimagination et la sensibilitö. 

32. — 1. Voir Ex., iii, 2. — 2. Voir Ex., xiii, 21. — 3. Voir IV Reg., ii, 11. — 4. Voir Dan., in. 
15. — 5. Saint Luc 6tanl rest6 quarante-quatre ans sur la colonne, si le fait des croix illuminäes qui 
ne s'est produit que pendant quarante-deux ans et un peu plus est vraiment miraculeux, il aura et6 la 
röcompense de la patieoce admirable du stylite pendant les premiers temps; sinon, on dira que les 
croix n'ont ^16 placees au sommet de la colonne qu'un cerlain temps apres l'arriv^e de saint Luc. 
Voir Inirod.. p. 14. 



[81, L'ORATEUR MERITE CREANCE, ^ 33. 225 

y.ucT-fifta* Ta Si vuv 'JTCspip'jMi; Ev/ipyetTO Tvapzr^o^a, /.■x^i-io toi-; aiTorrat; XpwToO Äy.i 
y.jirrxi.; TTpÖTspov v] sv 7r.ipivat? y'XcJTca'; too ■Try.vTO'jpvo'j TTvaujAXTo? eTTi'poiTVicii;, tou 0eo'j 
Tt[;.cüVTOc xävTa.OOx tov ows^ov Osoarrovra x.xl C'jvi7ra[;.uvo-;To; 7.y7(ö toi? [/.cVictoi; ä-rwciv, 

<ö; ^UVXTOV ä^OpLOlOÜTÖai T0UT(O iraVTl Tpo'TTtp CJTOUÖz^OVTa. 

5 33. "Airep [AYi^xjj.ü; avii^eli; StaTTicTetTu twv ä)40uo'vTo;v, äaipiSo'Xiai; /.oywjxoT; ßaX'Xo'./.c- 

vo; v) SwTocyjy.üu -T^av/) TT£pnT>,avw[y.£vo;. Oü yip äSaTaviTTOj; raJTa T:apaoeO£y;7.evoi. TÖJbs 
TM 5iviyv)'[;.aTi cuv£Tz;aa=v, outcü ttw;, oj; av Ti; si-oi, äTcXüi; xxl co; sTuyjv äSsSaioi.; 
<7T0iy/i(;avT£; 7Tpxy[./.x(7tv, EÜy.o'Xiy. voö-; r, cppsvüv x-oucpoTViTi TrapopjiviOävTEc* oüo' e^ jTs'pwv 
Tivcüv u.o'vov, Twv ä/.o?i VI 6c'a irapeOvTicpoTMV, Ta TOizoe [7.£[;.a9-/T,co'T£; t6 "wtov sysivsoöca- 

lii piev, iTil' ti iy.t!.wj «'jtoO toü aij/eui^ou? cToj^aTo; (•5i,7iyo'j[y.i'vou -spl toutuv, TcoXAax.i; 
yeyovoTs.; «'jt-/i'x,ooi, t-Pjv TuV/ipoipopiav ävaj/.cpiirovfTviTOv ' äoE^zy.sOa. Kai yap iitl y^povoi; 
«Tve^öv Tpiax.ovTy., Tottov to'jtoi; jvoeovtwv, i^t' i'Asov 0cO'j äxt' vjdwJ.yy /.peiTTOva Tr,.; 
Trepi r.uMi -oovoia; STCtyvcova; tov s-'.yiiov ovtw; oLf^^-ih'iy /.%<. O'jpzvtov avrtpy. toutovi x.aTVj- 
Ctüßviasv, icuy.voT£oov w? £ix.o; Ttaoa§K>k>.QVT£4 aÜT'o x.al -'/. x.ad' 7;[J.a: ävaTtOsvai stwOo'TE; 

33. — • 1. M äv:c|i.^pi6ri7v;Tfj'/. 



il'uue maniere superieuremeat etonnante, comparables a cc que l'iil jadis 
pour les disciples qui avaieiit vu le Christ la descente, sous forme de langues 
de feu, de l'Esprit tout-puissaiit". Dieu honorait ainsi soii vrai serviteur et 
veiiait ä' son aide dans ses combats gigantesques, insinuant par lä qii'il est 

5 possible de devenir semblable au Christ' de toutes manieres, si on a de la 
tVrveiir. 

33. Ce qui vient d'etre dit, que pas uii auditeur n'eu doute si peu que 
ce soit, en proie ä des pensees d'incertitude, ou ballotte par une hesitatiou 
trompeuse. Car ce u'est pas sans examen que nous ' avons accepte ces choses 

Kl pour les inserer dans notre reeit, assez simple, pourrait-ou dire, pour nous 
attacher au petit bonheur ä des faits incertains, entraine par l'indulgence de 
uotre esprit et la legerete de notre intelligence. Non, ce n'est pas seulemenl 
apres avoir appris tont cela par d'autres qui, eux, le savaient par oui-dire 
ou pour l'avoir vu, que nous pretendons 6tre cru ; non, c'est pres de cette 

15 bouche veridique elle-meme dont nous avons ecoute les recits bien des fois, 
que nous avons puise notre indiscutable certitude. C'est que pendant pres 
de trente ans, il ne s'en laut que de trois, la misericorde de üieu, par une 
bienveillance speciale de sa Providenceä notre egard, nous a fait la gräce 
de connaitro cet homme Celeste, ange veritable sur terre. Fort souvent, 

0. Voir Act., II, 3. — 7. Je li'adiiis toOiw par le Christ pour ri'pundre ä Ilebr., vii. 7. L'auleur veut 
dire que le Clirisl-Ilieu couimuniqui'ra i'i ses vrai.s imitaleurs inr^me lo pouvoir de faire des mirai-les. 
Voir Marc, -vvi, 17. 

33. _ 1. Pluriel de niodeslii' ipii v.i i'-lre «iiivi loul ;i l'lieure il'iiii ^ingnlier. \'oir jJ 11, n. I. 
PATR. on. — 1. -KI. — f. i. 15 



226 VIE DR SAINT LUC LK STYLITK. [82J 

z-avTa w; TaTpl * /C'/l (ppovT'.CT'^ x,al -/c/ibeadv'. tvi? -flULeTepa? TaXatxwpo'j Cwfl!; nai -oT-iTSia:, 
y.al " Ä-/] /.al -povoviTYi Hio'jm twv eaoi ^^(^(pspdvTwv x.at 'Xui7iT£').0'JvTwv oü toic /.a-ra i|;uy7;v 
-vcuiAXTi/.oK äyaQoi? aövov, wv oüSkv TCpoTij;.ÖT£pov r, Ti|Jiia)T£pov toT; ye voOv ä^cu(;tv, iT,)/ 
£V!OTe ' /.al TOi"; xocTa awaa {iibXfü.iat. t£ -/.al -/psuiSEiri, cuyx,poToijvTa /.al /.xTxpTi^ovTa /.al 

TO'JTUV SCTIV 6'T£ ITUVTSIVÖVTOJV ' W: TX TTO^Jx -pÖi (JWTYjpia? ö^dv, £lJ)rap;(7TiaV ©£02 T£ /.al 

£Üxpe(7Ty.(jiv. 

34. Kxl yap, £'! ^ct -appyictairzu.evov et-£iv, öti xai /coivo; 1rpo^/or)TYl? xxl cppovTWTvi? 
xirocci TOi; -po'ji'jOcji iroou/.siTO iravTi ~ou o-^).0'^, to o£(j-oti/.ov wcTe xÄvipouc6xi T^dyiov £-' 
auTto /.al Si' aÜToO, oti' « töv ipyda£vov 7;pd; [i£ oü [;.v! £vt€x),w s^o) », xxl auQic to toS 
[i£ya>iOii riaöXou « Ti? äcÖEvet' xal oüx ä(j6£vü; » 'XeyQVTo;, « v; ti; Gicav^aAi!^£Txi. /.al qü/. 
£yai -uooOaai; » , /.al -y.'Kiv u, 'Eyjvi'jA'/iv toi; -äst ra Trzvra, l'vx xspi^ViCW tou; -a'vta; », 

2. M vai. — 3. M Evi'o, qui terniino la ligne. — 4. Si j'ai bien conipris cette ineidente assez four- 
mentöe, c-jyzpoTO-jvTa et xaTapTi^ovTa sont complements directs de ovivTetvövTiuv, genitif absülu dont le 
Sujet est To-jTuv = /('S clioses ulilcs ü la rie du corps. 



10 



comme de juste, iious iious rencontrions avec lui et nous avions l'habitude 
de Uli exposer tout ce qui uoiis concernait comme ä un pere preoccupe et 
soucieux de uotre vie et de notre conduite miserable. Bien plus, 11 prevoyait 
avec zele ce qui etait daiis mon iuteret et ä nion avantagc, non seulement eu 
Yue des bieiis spirituels de räme qui sont les plus estimables et les plus pre- 5 
cieux pour ceux au moius qui out leur bon seiis, mais parfois aussi eu vue 
de choses utiles et profitables ä la vie corporelle, clioses qui parfois uous 
fouruissent daus une graude mesure des elemeuts d'uue valeur effective, 
pour marcher au salut, pour louer Dieu et lui plaire". 

34. Aussi ai-je Taudace de le dire, Luc a pris soiu et s'est preoccupe saus k, 
exceptioii de tous ccux ([ui allaieiit ä lui : cela est clair pour tous, de sorte 
que s'accomplit eu lui et par lui la parole du Seigiieur : Cehti ijui vient ä moi, 
je 7ie le jetterai pas dehors', et celle aussi du graiid Paul qui dit : Qui est 
malade sans que je sois malade? ißii est scandalise .sans que Je brüle'-? et eiicore : 
J'ai ete tout ä tous aflu de les (ju(/iier /öh.v\ si c'est possible. En elTel, qui '■'' 
avait du ciiagria. et, s'il allait vers Luc toujours joijeux daus Ir Seigneur ', 
comme dit saiiit Paul, iie chaugeait pas aussitöt sou ciiagrin eu allegresse? 

2. La pensee est assez lourmeiitee. Si je la comprends bien, l'auteur s'excuse d'avoir reju une aide 
materielle de saint Luc, par cette considßration que le souci absorbant de la vie corporelle empeche 
de ser\ir Dieu avec l'entrain desirable el que den elre degag6 en partie est fori profitable ä l'avance- 
menl spirituel. A l'appui de cette idee, il Signale, en poursuivant, que saint Luc s'est inleress^ ä 
toutes sorles de miseres, tant corporrllcs que spirituelles. 

34. — I. .loa., VI, 37. — 2. II Cor., xi, 29. — 3. I Cor., ix, 22. Reiiiarquei- ladditiun prosaique si c'est 
possihh', El oTov te; t-lle loiiruil une finale a deux dactvies. Voir Inirud.. p. 8. — 4. Philip., iv, 4. 



183] LL'c; SOLLACK TOUTES LKS MISKRKS, .*> :Vi-X,. 227 

ei oio'v T£. Tic rx3 'Xuircuaivcic ä~/;3"/£T0 irpor aÜTOv, tov xzvtot: /.ätz lly-Oy/jV sv Kjpu.) 
yaipovTz, /.zl O';/. cj^cw; t/.v 7.'J-t,v e;; yapxv p.£T£'o7.A7v£v ; T'; -/•jOevÖiv -foa-/fp/_jTC) tö» 
^C/ciu.(u TOÜTw laTfö), icxi oO -zoLfvJi'j TÄv Oepz-iiav j<,aTa/.>.Y,y,ov (j/'jyÄ? t: /.al owiAaTo; 
e>.z[j.§zvcv ; Ti? Iv ivayicai; /.«jjiTrTdasvo; vi y.ivö'Jvoi; •::£pwTXTOÜ;j.£vo; xpocjTpcye to'Jtoj toj 

5 Oepfy.öi ßoviÖtö, xai oü .7:apaypyi(z.x TÖJv (;u[A<popMV x.xt TTEpWTzcEwv zvj'7'.v E'jpiT/.sv; ti'c £v 

aTTop''« I r, öpipzvia toutw 7:poi7£7rf:iT£ tw [Aiir/iTvi toO Tvarpo; Töiv öpo/avcöv y.y.\ /.pt-roO twv ' f- '-"' 
yr,Mv ' , /.al Ci-j -y.pauTz tou — a-rai/cotc aÜToO CTrXayyvii; uiOTrpeTTÜ^ tüv oeo'vrtov äT7£/.au£v; 
Tir £v yr.jöia /.al (TTSvo-y^wptj; Trapay-'X/iutv TrpocviYev, /.al oj -apx'JT'/.a Tr.c -pocY.xo'jcvi; 
T:po(;Ta(jta; xa; TiapajAuOia; aTrwvaTO ; Ti; iv ivopLiat: /.zl äy.apTiai; -e(popTi(7[A£'vo; TTpoT/fy- 
10 yi^e, y.al TÖ [izp'j (popTiov twv -eTTpayiAEvcov oü Occtto-/ äTr£T'0£TO', t6v £)vaopöv tt,; [/.s-ra- 
voi'z? /.al ij'jy.Trzfkia; i^uyöv vi ypTiiTTÖTviTo; ^ TpoTUW TCzp' aÜTO'j zvafk^da£vo? ; ti; ßacileij- 
civ r, Suvac-ai; 7Taoc!i£/.ooiixw; irooTEirs'XzCs ' T(o x.oivC) toötw /.al cwtvipiw irpocipuytoj, /.al 
O'j ^uvroaü): ^iz y^apzypLaro; ypau.(AZTt.jv tt,; tiu/!«; /.s'po? £"/.£tv/i; tz; ä^ecw.ou; Xücsi; 
iXzLtSzvsv; T^, (TuveXovTZ oavzi. ßwüTiz-oi; vi (j/uyi/.or; cuvzvrojv zTO-r.jy.aTtv oüy (I>; £i; 

15 l'.aEva yal'/Jviov ToJ cwr /ipicoi^E'. toutco 0£O'j Oepxirov-i, TTpoTtopaiCj-o, xal tviv ).öc;'.v -poTvr/.'/j- 
CZV TCüV x.z/.cöv £xoy.i'^£To; 

34. — I. M x-'p«'- — .-• ^' «veTiOsTo, fausse leclure. — 3. M xp»1'"otit(i:. — 'i. V wpoffsTtXaCs, l'ausse 
lecture. 



Qui, s'il etait malade et s'approchait de ce medecin eprouve, iie recevait pas 
sans tarder le remede convenable de l'ärae ou du corps?Qui, s'il flechissait 
dans les aiigoisses ou etait entoure de dangers et recourait ä son aide 
empressee, ne trouvait pas immediatemeiit une detente ä ses malheurs et ä 

.-> ses embarras? Qui, s'il etait besogneux * ou orphelin et tombait aux pieds de ♦ r. 120^ 
cet imitateur du Pere des orplielins et du juge des veuves'% ne recevait pas aussi- 
töt, comme un vrai lils, de ses entrailles paternelles ce dont il avait besoin? 
Qui, dans son veuvage ou sa detresse, lui a adresse sa priere et n'v a pas 
gagne ä l'instant la protection et la consolation desiree? Qui s'est presente 

lü ä lui Charge de fautes et de peclies et ne lui a pas confie au plus vite le lourd 
i'ardeau de ses crimes pour on recevoir, presente avec boute, le i'ardeau 
leger de la penitence et de sa compassion? (Jui, s'il avait oiTense les rois ou 
les puissants et s'est approclie de ce refuge salutaire ouvert ä tous, n'a pas 
regu ä l'instant, gräce ä une lettre ecrite par cette main venerable, un pardou 

15 liberateur? Pour le faire bref, qui, s'il etait dans des embarras materiels ou 
spirituels et s'est refugie comme dans un port tranquilie aupres de ce secou- 
rable serviteur de Dieu, na pas remporte la delivranco que reclamaient 
ses niaux? 

5. Ps. LXVII. G. 



228 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [84] 

35. Kai Ti Sei ttciVa« toj "Aoyuj y.z[AV0VTa t/;v l/. twv ' prijAZTojv (/.apTupi'av cuAAevEiv, 
aÜTcuv Twv irpayjj.zTwv ÄiaTtpuouoi; ßowvTwv /.al to tcwtov tt;? ä^/jOeta;; ocxoOev acu Trapa Tr,c 
oix.£''a.; '5uva[/,E(i>c ävavTippviTOV tu ovti. ■/.SÄTrjjAs'vtüv, ttoaA'ov te töjv eÜYipyETyifjisvwv " 7:ap' 

aÜTOV -/.OL'. (7£G(i)(7a£'vCOV jiUETl "/.«l V'JV TU ß;'tO TTSpiÖVTWV /.«t (^(ioV) OWVY, TTj äV/lOsiZ 

iTGOC[iapTupfj'jVTO»v TY, T£ TvV/iQ'ji. To iT^upov EyovTCüv * x,ai aa«j(^ov y.a.-t t"^ (pavspa tcov spywv 
ä::oS£{C£t TO äTraps'yYpaTrTÖv te y.«l avEiriX/iTTTov ; 

36. Ei (?£ [AS Ti; Ss'^aiTCi, tiov t:oa7.wv evz ', ty, ts «pi^ia^/ziOet ' /.picsi cuv/iyopoCvTa 
xal TV)v £Ü£py£i7iav <o; svöv ivaz.vjp'JT'TOVTOt, l/./.aWiJ/td /.äyco ti tüJv airoppTiTow eti /.al 
äuoy.pucptov . Ky.l yap aiviyfAiXTCdStö; T£ "/.rl •rcapaSo7vi)4ä); Ott' auToCf Ttvx ^E^Ey^aeva TroT.XatH.t; 
ä.K.vi'y.oa, zTCEp, CTOvacTi/.co; EiriTTViua; tov voCiv y.ixi <7r,y.Eict)CzrA£voc, eüpov evapyoi? ev toi: 
/.aipol; a'jTüv irETCV/)pw[;.£'va. Evia bi xot£ /.ai irpoipavöi; ävacpavbov äTCECpÖayyjTo, oü^ e/.wv 
•reoo; TaÜTa y.tvo'ji/.EVoc, KAlä rap' aAT^tov rolXaxi; 7rapx.Six!^6(i.£vo: /.al xxTxvayy.a!^oy.£voc 
Tfpoü'XeyEV, olov tteoI E'jTuyiac ti-^wv v) iiTOTUjj^^ia; , T^Epl urpox.oTvvic tu^ov yi 0'j(jToj^(a?, Tvepl 
i^wflC u.£'toou /.al TCpo6£(j[jt.i'ac OavaTOU xal Ttiv «aaojv twv to'jtoi; 7Tapa->.v)'7''6)c syövxwv, TTEpl 

35. — 1. M T(i). — 2. V ECiepyeTriiJisvwv, pcul-elrc' puiir se funfornirr ;i EOepyeTiidOai ^ 9, niais le< deux 
lürmes de parfait sont admises dans I'usage de la langiif. 

36. — 1. V i'va. incomprehensible; k/./.y.\\iii(a i'sl un iiidii-atil' et iiiiii um ^ubjünrlir. — ü. U ^i).a)i)fJ(ij, 



35. Et que sert de se fatiguer boaucoup ä parier pour composor im temoi- 
gnage avec des paroles, lorsque les faits eux-niemes d'uuo voix eclatante 
preteiit uiio garaiitio naturelle ä la verite avec celte autorite directe qui 
n'adniet vraimeiit pas la replique, kirsque beaucoup de ceux qui out eu pai1 
ä ses hienfaits et (ju'il a drlivres viveiit encore maiutenant et reudent de 
vive voix a la verite uu temoiguage d'autaut plus fort et irrefutable qu'ils sout 
uombreux, d'autaut moius suspect et sujet ä caution que la preuve par les 
faits est manifeste? 

36. Que si Ton me permet ä nioi, uuile parmi cette foule, d'appuyer de 
ma parole ce jugement veridique, et de proclamer les bienfaits de Luc autaut 
que cela est possible, je devoilerai moi aussi des choses qui sont encore 
secretes et cachees. 

Bieii souvent en effet, je Tai entendu prononcer des paroles enigmaliques 
et figurees; j'appliquais mon esprit ä eu deviner le sens, je les notais et je 
les voyais s'accomplir visiblement en leur tenips. D'autres fois, ses oracles i 
etaient mauifestement de toute clarte. Du reste, 11 ne se decidait pas de lui- 
meme ä parier ainsi, mais d'autres, bien souvent, usaient de violence pour 
lui arracher diffefentes predictions : tels ou tels seraient-ils heureux ou mal- 
heureux? reussiraient-ils ou d'aventure echoueraient-ils? combien de temps 
vivraient-ils? ä quelle date mourraient-ils? et autres clioses semblables au -' 
sujet desquelles les homraes aiment naturellement ä questionner et dont ils 



10 



[85] SON ESPRIT DE PUOPIIETIR, § 36. 220 

wv w^ ' äiTiTCav '^lAo-juTTsiv citiiOaciv ävOpwTCoi, « xai [AavÖzveiv irepl tco>.Xo"j Tro'.o'Jy.evo'. f)iz 
T-ouS"?;; TtOevTat. Fhpi toütwv oOv x.xl tüv to'.O'Jtwv iTCo'-sipav Tivy. y.ai ^o/.i[/.r,v tco»«/.'.; 
e'-fjtviffay.viv y.al T-flv i:X7;poc|>opiV.v sviotc /.xtx -Qf)x; eTToy.e'vr,-/ eocupov toi; y*? p'';;-'-«'^''' 
a-JTO'j TrpiJYvwaTt/.w; sir'/l/Co'XoüÖei tsc iupxy[j!,aTz" xal Y^p oüx viv zpyov v) ävövr,TOV uap' aÜTCiö 
:> pvij/.« irpoisvfyO'/iva; ' itote. OO irpo; xxoo'vTa; Äe [y.ovo^; x.xl pXeTvoy.c'voui, äV/a xal -rrpö; 

zTCOvTa; viSvi x.ai [*•/) irapdvTx; r, | to'j sv «ütw xaToiy.o'jVToi; nv£(jji.aTo; Ä'Jvxjy.'.; TTpoSTväiTTty-c;) ' i. Ui. 
TYi'Xocuyid? TTposTpejre itpoXajjMro'jffa yapicy.xTi. 

07. 'AXlx /.xlei loiTOv ■/;[Aac ö JtX'.po; /.xl £tcI t-/iv t(I>v xarx (Aspo; Qxuy.xTwv aÜTOv 
f}t/;'yo7'.v O'j yxp ^r; tx ei; xOtov rxpx ÖsoO TTcitpxyu.svx j^.övov VA^'.-ftyiXnfixi ^li. ^awj.y.aw., 

iii xX/.x y£ xal rä 5i' xÖto'j si; STc'pou; ^ix<p6pou; y£ycv/,7.5vx ypst'ov oxvspüi; xvxypx(pjcf)xi, oj; 
XV rti' x;/,(poT£p<üv ö Twv 6xu[/.xijuov Ö£o; Socxcör,, ö £vSoCxCo[A£vo; z£i /.aTx ycVeXv xxl 
yevcxv jv Toi; äy/jt: /cxl zvTu^o^xl^cdv x^tw; tou; ^o^x^ovtx; aÜTOv. 

08. A^iov 0£ irpo ys Tüjv xXIcüv x-zvtojv rpoTx'^xi to) ^fflyvf^.XT'. to (ActCiv T£ y.x'. 
£^at(j;ov TcpzijT'.ov, o TCxpaTC>.yi(ji<i); X'jtm twv S;(j-07t/.wv Ox'jazTojv i^sipyaiTXi, ).£y(t) "^r, 

•f. Omis dans V par oubli. — 'i. V jtfoev£/_Or,vxi, conortion iniitile: r,f,oaj.£(>eiv ).6yov psl classiqiie. 



poursuivent avec ardeur la comiaissance parce qu'ils y attachent uii graml 
prix. Ces predictions et autres pareilles, je les ai souvent soumises ä 
1 epreiive et ä la verification, et plus dune fois j'ai reniarque que laccomplis- 
sement suivait sans tarder. De fait, ses paroles, ä la fagon des propheties, 
• ne faisaient que preceder les cvenements, et ii iTarrivait pas qu'il proferät 
tiu mot saus efTet et saus resultat. Xnti seulement ceux qui etaient preseuts 
et qu'il voyait, mais ceux qui etaient dejä partis et ceux qui ii'etaieat pas 
preseuts' etaient atteints par cette pnissance de l'Esprit qui habitait en lui ' i. i:;i. 
et qui par la gräce prophetique lui devoilait l'avenir. 

10 37. Mais voici que dejä le temps nous invite ä raconter les miracles que 
Luc aussi de son cöte a accomplis; car il ne faudrait pas s'en tenir ä raconter 
les merveilles que Dieu a faites en sa faveur : il faut aussi relater clairemenl 
Celles dont d'autres que lui ont ete favorises par son intermediaire, aiin que 
doublement soit glorilie le Dieu des merveilles, lui fjui psI gloriflp toujours de 

I' generation en generation, pririni les saiiits ', et qui ä son tour rjlnriße digne- 
ment ceu.c ([{ti le glorißeiit ". 

38. Il est juste avant (oiis les aulres de mettre en tete de nolr-c recit le 
plus grand et le plus extraordinaire de ces prodiges, celui que Luc opera 
ä la maniere des miracles du Seigneur', je veux parier des poissons captures 

37. — I. Viiii- l's. Lxxxviii, 8; II Tlioss., i, 10. — 2. I Heg., ii, 30. 

38. — I. AlliisiDii :\n\ dcux iirr-|ii's iiii|-a<;iilciif.us. CuiiipuriT toul l'episode avoc Luc, v, 1-1 1, el 
Joa., XXI, J-li. 



230 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [86] 

zssl Tviv Tcöv iyßubi'i ä'ypxv Tr,; -'Xv)(jia{^ou5vic tote tu üxuIu) toutou iT:oynr,i;. Kai y^p 
(Tuvj'Sv) TO'j? Twspi TauTYiv iyjie'jovTa; iltet; k'v Tivi x.aipö, iiol'jv)[j.epQV irpocs'^ps'^av TCETrotYijAs- 
vo'jc Ev -/COTTW -oW.ö, Kriz/.TOus x.al x.evo'j: tt.c £>.7it'(oy.£'v/)c iletati SiaTc)vctv x.al ÄEvaTc 
Tau yspclv olV.7.Ä£ 7raXivo(jT£i'v Et; wv [j.£Ta(jT£i'Xa[;,£vo; ö Öeo'Xyitcto; oOto; iv/ip Evr, tqv ' ev 
a'JTOic TCpwTeuovTa, siptaviy.fi SviOsv TTpocTCoivfijEt ypTicotjAEvo; irEipadTixö; aÜTOV ivvipwTa" 
« Aiä TL, 'pvidiM', oüit TiVEy/.a; -/-.[Xlv iyÖ'Ja; iv txi; ::xpe'X9o'j(y«i; tolütäk: -Äpipai;; » 'O Se 
^iE§£€a'.oOTO [Jt.£6' 6p/.(j>v^ ä-o>.oyou[X£Voc, coc- « "H^yj TpixxovTa irV/.pEi; -/jjXcaxi iraf7,7.6ov, ev 
als, TCavvüyidv te * x,ai Travvi[ji.£'piov Ta>>anrwpo'Ju.£voi ^ y.al x.qitiwvte; si; ly.xTaia, oüö' Ö7.fc); 
oüSev la^sTv viS'jv/iÖvjjAEV, wc £)». Ty.'jTr.c t-^: iTTOT'jyfa; 'jiTspEwOat zxvtz; vif^-a; /.xl xvtti; 
TTiC ävaY/.xta; Tpo'^riC /.al /.a6" 0TT£p6o'Xr,v hX'.StijHy.i /.«■. if)'ja£iv n ■ irpo; ov ö cuu.-aOEOTa.- 
To? xaTTp ä— ox.pwajAEVO? irap'/iyY^^^sv '" xapx6y.ppuvuv iTvoOEsÖai jj.ev ttiv O/.i'itv a'jTOuc, 
ivx9*ap£tv ^£ y.al £'J6'j[J(,eiv, üj; to'j X.pt5T0'j otz -zxyo'jc onm o'jttco oojuqvtoc "* avTOi; 

W^vVjOoC lyÖ'JWV VAW OWT'JÜJV. 

38. — 1. MV Tüiv. inexplicable. — 2. '\<r,>jrt, voir ^ 73, I. — 3. V öf/o-j, faussc lecture. — 4. M 

T3lXl'.7trj(/p'jO|icVOl. — .'). M ■Ka^TTiftU'lVI. — G. M ÖÖTO'/TO;. 



dan> les filets ' qui ä cette epoque avoisinaient la colonne. 11 arriva donc 
une fois que les pecheurs qui travaillaicnt aupres desdits filets, apres plii- 
sieurs jours de guet'' et de grandes fatigues, ii'etaient arrives ä rien, et 
que, trompes dans leurs esperances de peclie, ils s'en retournaient chez eux 
les mains vides. Cet homme plein de Üieu fit venir Tun d'eux, celui qui etait 
leur i'lief, et usant, parait-il, dune feinte ironique, il iui demanda par maniere 
de taquinerie : « Pourquoi, dit-il, ne nous ' as-tu pas apporte de poissons 
ces jours derniers? » L'autre repondit avec i'orce serments pour se disculper : 
« Voilä dejä irente jours revolus que nuit et jour nous peinons et travaillons 
en vain sans avoir reussi a prendri- quoi que ce soit. Cet insucces nous 
prive tous meme ile la nourriture necessaire, et notre angoisse est extreme 
ainsi que notre decouragement. » Ce pere fort compatissant Iui repond par 
des encouragemenls; il leur' ordonne de laisser lä leur angoisse, de repren- 
dre coufiance et de se rejouir, ear le Christ, sans tarder, avant qu'il soit 
longtemps, va leur donner des poissons plein leurs filets. 

2. Filels, ?ens assez Irequent de i-o/jt dans le grec byzanlin (tf. Sophokles). Le mot est explique 
plus bas par cixtua. II s'agit ici de grands filets qui. montes sur des pieux tres longs fichäs au fond. 
forment une espece de grand parc ouvert d'un cöt6 pour laisser passer le poisson ; les parois laterales 
sonl immobiles, tandis que le fond se releve a volonte, mais il laut pour ce travail loute une Equipe 
de pecheurs. Des filets ainsi constituös ne sont que tres rarement clianges de place dans le courant 
d'une Saison, ce qui est conforme ä notre rfcit : quand saint Luc intervient, il y a dejä trente jours que 
les pecheurs installes pres de sa colonne n'ont rien pris. On voil encore des pecheries de ce genre sur 
toute la cüte qui fait face ä Constantinople. — 3. Le giicl, c'est-ä-dirc la faction ininterrompue d'un 
pecheurqui de jour et de nuit est assis au-dessus des filets sur un mal assez eleve pour Iui permettre 
de fouiller du regard toutes les eaux d'alentour et qui surveille l'arrivee des poissons de fagon a 
donner l'alerte en cas de besoin. — 4. Xoiis. A moi et aux nioines du couvent d'Eutrope : cf. ^ 39, n. 8. 
— 5. Liii... leur... Le palron est Charge de faire la commission ä ses hommes. 



10 



10 



87] MIRACLES. - PI^CHKS MERVEILLEUSRS, S M-W. 231 

3'.). Ral toCto EiTTWv tiiXo-^H u.h TrapsuO'j Odwc vi iyyeuo, m rpö; rociv -juv/iÖto? eyaiv 
i/.iy ^-fiTO ' , /.y.i oir^ioni t(o yAiHr" etiioiouci o£ to'Jtw /.y.'. TjrÄu.« paJio'J?, o) tsc; '.Epäti; yetp«? 
exeivo? e^e'piaTTev, ävTsiAajAevo;, w; to [^iv eü/oy/iOev üSwo ajCcTvo Öättov Tof; ^ix-tOo;: 
-poceTCippävai', t6 bs ye pzy.o; ev i'xpoii toütwv TTpoG-e-i^yi'ja'." irpoTETXTTe Äs to txvo: ■ 
ayaysiv a'JTÖj ex. twv äyp£u6v](70pi.svir)v lyÖ'jwv äTCO'^E/'.zTtüctv, tov äpiöu.'jv Tpizy.ovra^. Ky.; ö 
VJyo; Oa-TTOv epyov y=y£V/,TO '. "Ai;.a y«p tw pavTi.of)7iva.i t« öiV.tu« Tto to'j Si^aTO? äyia'7[jt.aTi 
/.7.'. tÖ [£pov pz/.o; £■/ y.ÜToi; TrpoTSxiÖEÖr.vai, TrapauTizr T;/.r,8o; iy9üto-> TuvSa^pajAVi/'.o; 
T'jvs'XvfcpGvi ~pö; [y.ETpov Tp'.z/.ovTa ipiÖ[;.0'jiA£Vü)V Tptaxouiwv', e^ wv i7;of5£/.zT(ijijtv, w; ttoo^e- 

TSTOf/CTO, 7:p0i7Y)'v£y/.£V TOÜ? TpiaX-ClVTÄ iyO'J«; X.aTa Tr,V TOÖ ÖECj^ÖpoiJ -aTpÖ? f(£ÖTCV£UCTOV 

-poppy.Tiv. I fpo; o'j; yJJli; 0£Qifopo'j[A£voc >!.al Ty;v to'j 6xu[y.aTQC | ^luXaciz'Cwv EÜepyeTiav * l- 1-1' 
£'Yy;'7£v ö i/.y.x.apiTr,;' « nop£'J8/iT£ -/.aTa Tayo; /.a' twv oHiTÖtüv •jf/.cov ev^oÖcV £'jc/||J£T£ Tia'liv 

39. — 1. M izE/piTo. — 2. £2;... TipodETtippävai, of. ^ 52, n. 6. — :i. Bien qii'ecril en toutes letlres, ce 
iiiot est surinonte dans le manusciit d'iin signe d'abröviation. Voir Iiitrod., p. 5. — 4. Le classicisme 
de l'auteur pousserait ä öcrire eveyevyiTo, cf. 'i 27. n. 1, iiiais la forme iey£v>iTo clle-mgme a pu Ätre 
consideree (!Onime classique en (ant qu'appuyeo au moiiis siir la Iradilion manuscrile de Xenoph., 
<'.!/r., III, II, 24 (d'apres Bailly, Diciionnain' Grec). La forme du maniiscril semble saraiilic par 
rexcellent cursus dactslique dont eile est la condition. On aurail pu sans doutc songei' a öciire 
E-j'ive-c/, mais le p.-q.-p. equivaut ici ä l'imparfait, et l'on troiive iöii'zvjTo... ävöuneaTpcjcv euiployes de 
la meme manlere, § 58. — 5. MV lisenl äpi6(iou|icvuv xpiaxodiiov Tpiäzovta. Aiiisi place, ce dernier mol 
fait conlresens : la dime de 3.'50 est 33 et non poinl 30. Pour cette raison. Van de Vorst propose de 
supprimer Tpiixovxa en le mettant entre crochets. Je prefere le transposer apre* (j-sTpov, ce qui donne 
une cadenre de deu.x dactvles-spondees conseculil's. Lu de cette maniere, le texte souligne que pro- 
portionnellenienl au chiffre Irenle (TpiäxovTa san^i articie) le nombre de poissons monlait a 300. Le 
copiste n'a pas compris pourquoi les deux nombres etaient separes; en les rassemblant, ce qui parai.s- 
sait ä premiere vue plus naturel, il a abouti ä une m^prise. 



39. Cela dit, il s'empresse de benir de leau dan.s iin vase qui lui servait 
d'ordinaire pour boire, et il le donne au peeheur; il lui donne encore un 
morceau d'etoire dont il essuyait ses mains sacrees ; il lui recommande d'as - 
perger tont de suite les filets avec cette eau benite et d'attacher TetofTe a 
leurs extremites, et il ordonne que des poissons ä prendre on lui apporte au 
plus tot la dime, soit un nombre detrente. Immediatement la parole produisit 
son elTet. A peine les filets eurent-ils ete asperges de cette eau sainte ' et 
retoffe sacree y eut-elle öte attachee, qu'une foule de poissons accourut et 
se fit prendre : proportionnellement au nombre trente, il y en avait trois cents. 
Fidele aux ordres re^us, le chef en offrit ' la dime, trente poissons, realisant 
ainsi la prophetie de ce divin pere inspire. Pousse de nouveau par Dieu ä 
reiterer le bienfaisant miracle*, le bienheureux leur dit : « Allez-vous-en vite, * f. I2i> 

39. — 1. M. a 111. : Celle chose sainle qu'ilait leau. Genll. cxplicat. E.xpression de memegenre g 47; 
vnir aussi {* 41. A noter que ayiaaii» conformement a la tradilion est röservö ä l'eau, tandis que eOXoYia 
s'eniploie surlout pour le pain niais aussi pour l'eau. Voir j) 41 et 71. — 2. Le grec porte le singulier : 
le sujel y est sous-entendu. mais facile a suppiger; le palron avait recu l'ordre d'apporter une dime de 
trente poissons: c'est lui qui, au noni de tous les piicheurs, TollVe a saint Luc. 



232 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [88] 

yiXkovi työua^, e| wv sveyxeiv äirooEy.aTwiTtv öfp£i"X£Tc TrsvTEicaioe/.« ''. » O'i y.ai ' ^px.[Ji.dvT£; 
)taT' aÜTy)v tviv wpxv ^exaTOv icevTYiiiovTa > c'jve)ia6ov <;ij^öux? x.xi zevte äj^^ov^Tc;* 
[AETi« ysipacc TrapEYs'vovTO . lipo; ou; 6 6au[xa<7ioi; z7TSX.p{vxT0, w;' a 'Eyu [A£v eiTTOV 'j[j!.rv i'va 
TMV äeV.x /.OfAtffai twv vüv äypsuOs'vTwv iyÖuwv, aÜTOt öe Tuapv/cooi" yEvovÖTE; s'va twv 
TpiKJtovT« 77pooviVcy/.aT£* £—£1 Äfi TouTO ouTco; ä€o!j V/i'tw; i^EtpyaTaGÖe, tew; -r/i (j'flij.Epov 
vö(A£'p3: ETEpa? äcypa;; oü*: eitite'j^ecÖe. OV/iv acOroui; jxev 5vi tou? i^Qua;, oilic eictaffaxc vOv, i:pö; 
äTCEfjLTCoXviaiv TÖ Tayo; äTto^ocÖE. EIÖ' cütw; (7uve>.9Övt£; z[j.a -avT£;, oeOte äptoTviaa-re 

6. V itevTe /.ai ör/a. Laccentuation du nianuscrit est preferable; eile correspond ä celle ö-jc/.«!- 
öe(xaj, g 23, adniise par V, et eile donne une des cadences favoriles de'l'auteur : deux dactyles separes 
par deux syllabes non accentuees. — 7. OV xai, tres bonne accenluation du manuscrit; id. g 55. V a les 
deux fois ol xai qui ne s'explique pas. — 8. M rruvd/aoov te;. V' aui/aSovTe:. « II esl... probable qu'il 
v a ici une lacune. Le saint venait de promettie aux pecheurs une nouvelle captuie de 150 poissons; 
la dime, celte fois encoi'e, devail lui revenir. Apres Ip passage que nous avons tianscrit, ncms enlen- 
dons le saint se plaindre de ce que, au lieu de la dinie, il ne reooit qu'uri poisson sur trente. Des cinq 
poissons que les pecheurs auraient apportes, le lexte ne dit i'ien » (Van ue Vorst). I,a lacune est 
evidente. L'auteur devail signaler aussi la capture des 150 poissons. C'est d'apres cela que j'ai essaye 
une restitution qui lient comple de tous les elements du manuscril et vise a la plus grande brie.vete 
possible. 'Exatüv Ttävxyi/ovta s'ecril en abr6g6 fv, forniule que le ms. eniploie plus loin. Cf. g 43, n. '. 
Les deux lettres pv ont pu facilement sauter apres (Spav. Le manuscrit a surement auvsXaSov (primi- 
tivement il a porliS awillaSov et le premier > est encore visible malgrö le grattage); le mot est suivi 
d'un point en haut conforme aux habiludes du copisle pour les petits uienibrcs de phrase et cela 
lendrait ;i insinuer que te? n'a pris place innuedialement que par erreur; I'accent qui est sur 6<jv et 
qui vient apres un autre accent sur vi ne peul ehe une ubjeclion, vu ce que nous avons dil plus 
haut (Introd., p. 6, n. 3) de la fagon bizarre doni laccentuation est parfois comprise dans notre 
manuscrit. La finale ov de awzlaSo-/ explique par homoiot61eute le passage forluit a {lyo',) tsc iietä.., 
ct. ^ IC. n. 1. — lt. M TTotppiixooi. 



et dans vos filets vous trouverez encore d'autres poissons dont il faut que 
vous m'apportiez la dime, quinze poissons ^ >> Et eux de coiirir, et sur Fheure 
meme ils s'emparerent de <150 poissons, et en tenant 5> dans les mains, 
ils se presenterent. Et cethomme admirable leur dit : « Moi, je vous avais dit 
de m'apporter un sur dix des poissons que vous venez de prendre, et vous, 
desobeissants, vous m'en offrez un sur trente. Puisque vous avez agi si 
etourdiment ', vousne reussirez plus d'autre peche aujourd'hui. Toutefois ces 
poissons meme que vous venez de prendre, depechez-vous d'aller lesvendre". 
Ensuite, reunis.sez-vous tous, venez prendre votre repas aupres de moi"; 

3. II y aura donc cette fois cent cinquante poissons, presque les cent cinquante-trois poissons dune 
des peches miraculeuses de l'Evangile (voir Joa., xxi, 3-14) rappelöes par le biographe. — 4. II serait 
invraisemblable en effet que des pecheurs si favorisös aient serieusement poussö la lösinerie jusqu'a 
ue pas donner une dime exacle. Ils auront sans doute presente seulement cinq poisson«, ou par suite 
dune niiSprise, ou pour soumettre le saint ä une. sortc d'epreuve et voir s'il se rendrail compte qu'il 
n'avait pas son du, proportionnellement ä la peche etfectuöe. De loute maniere, c'est une ötourderie, 
et eile reijoit son chätiraent. — 5. Toujours pratique, Luc fanden cellerier de Saint-Zacharie n'ignore 
pas que plus le poisson est frais, mieux il se vend. — 6. Voir Joa., xxi, 12. Aupres de moi, c'est-ä- 
dire pres de la colonra (le saint sera heureux de les voir manger de bon appetit), mais non pas sur 
la colonne, oü il n'y aurait pas assez de place puisque les fieres seront de la parlie. 



[89 MIRACLES SANS NOMBRE, i 41. 233 

-ap jaoi /.ZI, (payövTei; [/.cTa tüv adel^wv e/. twv ö'];ap((.iv, uv -:o; jAc TCpoT/iVEyy-ÄTe, 
HcO) TW TvowSvTi Öxuj/.x'n« (jt.eya'Xa y/jvw £''jYVtoi7.ov(i)? aO^apicTiav -poca^aTc. » 

40. To'Jtwv o'jtw; XevQevTwv re /.al irpx^öe'vTwv -zp' »jjtov -apa.öo'Cw Xöyt;) x.ai 
rpoTTtp, TuzvTe; e^£-/.zy/iijxv , to fJiop 7.ti-/c6v xxl itpocpr,Ti;'.(oTXTOv yzptcy.y. t-?;? [/.y.y.xpia; 
i/.sivvi; il/'j^vi; e/.9a(/.£oupi.cvoi. BeSxicüÖevTe; oOv äV.TOTS y.zl -'.^jTtoOcVTe; oi avOpcD-ot toi? 
rzpxfJo;ot; to'jtoi; OxyiAzTioi; /.al Tot; 'Xoyt'o'.; t/,; yzpiTo; toi"? e)nrop£uo[ji.evoi; sy. to'j 
TTOjAKTo; a'jToö, öirfiviitz TuveSaivj tt,; töjv iyÖviiov zysa; s^acToyoövTa; * äicoTuy/zv£'.v 
a'jTou;, -poG-vfp/ovTO y.£T' eüXaSf'!«; x.al -icTEto;, X0[/.iCo[A£vo'. -apä tyi; iyia; ' ix.civy;; /£ipö; 
TT^i fj.hi uSup äyiaijOev ■tvo Se zpTO^ cüloyTiGevTa" xai oüto) toi? iauTwv oi/.ruoi; wc ti ' 
Silixf Yl^'j TTfpiTiÖevTe?, (JaAi'Xo'j; oti jj-dliax-/. -r,; x\ii<XQ iitE^.auov. 

41. O'V/i. £v TO'jTOi; ^£ [/.övov T(o ^px-TTiz-oJ T'ooc oxoy.zi'.to — pö; 9y.'j7.otT'j'jpyia; 'Jpay.a 

■iO. — I. Le manuscril repetc zai nin^iio; y.'i\i.'.!:,'i\i.z-t'A nxpa tt,? i-,-!a;. — 2. ^1 ii;. 



avec les freres' vous mangerez de ces poissons que vous m avez ofFerts et 
voiis rendrez des actions de gräces reconnaissantes au Dieu qui seid fait de 
(/raiides rnerveilles^. » 

'lO. Ainsi parla-t-il et agit-il, paroles et actes merveilleux. Tous furent 

.. etonnes et la penetration ainsi que la plenitude d'esprit prophetique accordees a 
cette äme bienheureuse les remplit d'admiration. Depiiis lors, rendus inebran- 
lables; dans leur confiance par ces merveilles admirables et par les paroles de 
fjnice qui sortaienl de sa hnt(c/ir\ cos hommes, lorsqu'il leur arrivait d'etre 
assez malchanceux pour ne point preudre de poissons, venaient ä Luc avec 

10 piete et avec foi et ils recevaieut de cette main sacree tantöt de l'eau sainte, 
tantöt du pain benit : ils en mettaieut autour de leurs filets comme un deli- 
cieux appät et ils avaient la joie d'une peche tres abondante. 

41. Ce n'est pas ä cette occasion seulement que pour faire des miracles 

7. Les frircs, ce sonl les ruuines (voii' § 52) du couvenl d'Eulrope. Lc iioiu de freres que leur donne 
Saint Luc ne prouve pas absoluinent qu'il se considere comme etant membre de la meme communaute, 
maiä il a employe tout a I'lieui-e (cf. g 38, n. 4) un noiis signilicatif, d la IVon dont il organise poui- 
eux un repas en compagnie de peeheurs, tout, pies de lui, montre (juil jouit daus ce milieu d'une 
inlluence incontestable. Ailleurs, nous le voyons lui-meme enloure de moines d'Eulrope, g 52; il a des 
muines ä son service, g 50 n. 1; il dünne des ordres qui paraissent inteiesser le couvent d'Eulrope 
comme lorsqu'il commande dolfrir rUospitalitö ä un menage malheureu.x qu'il est ensuile oblige de 
faire rappeler, g 74. II ne parail pas exagerö de conclure de lä, en y joiguant la declaralion de la pero- 
raison, que saint Luc, apres avoir ete l'liuto du couvent sur la colonne, ne tarda pas, vu ses grandes 
qualites, son esprit pratique, sa saiutete consommöe et rexperience de son äge, ä en deveuir le con- 
-eiller temporel et le pere spirituel; dans la pratique, cela n'allait pas sans une cerlaine aulurilö qui, 
pour ne s'appuyer sur aucun titre hiörarchique, n'en ötait pas moins reelle. Mais nulle part saint Luc 
n'upparait lomme le superieur du couvent, et on ne voit guere un slylile clief riSel d'un nionaslere 
donl il iie pouvail suivre les exeioices et assurer par lui-meme la regularile. Sur le lilre li'abOe que 
^aint Luc se dünne ä lui-meme et qui pourrait l'aire Illusion, vyir g 55, n. I. — 8. Voir Fs. cxxxv, i. 

40. — I. V'jJr Luc, IV, 22. 



♦ f. 122. 



234 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. i90J 

ö Oau;j.a(7io; oürorrl -«r/ip e/.sj^^pviTO, — Hyut S-'n tw to'j EÜ'XoyviToii apTOU )cati tüj to'j 
■fiyicLGiJ.iwu u^aTO(;, — (z).Xä p,V|V ^ai toi; £v Äiacpopoti; vo(j7)[Aa,(n y.al TraO'öw.act luveyoae'voti; 
äviapoTg -/.«.t j^aT^eTCoT;, TVtGTet TrpoirepvojAe'voig aÜToJ y.at TTpoGTri— touti, tocT? aürai; £Ü>.oyizic 
Trpö; tarpeiav /.al OepaTteiav -/.e^pviaEvo;, exacTore tviv eüpwCTiav Oättov -rcapeiyeTo. Oüy. £v 
äppwGT7)[;.act ö£ xal 7ra6-fl'[j.ac! itwjj.o.ti/'.oI? [aovov T7.i; ÖEpaTCata; eivf/.'X-/;(76t xxl Suva'izsi XpiaTOÜ J 
Tiapaod^ci)? iTreosr/.vuTo, iXkk x.a.i Tr^.ewTou; äxo irveuj^.zTwv ävsoyouu.svou; ä/caOxoTwv rr, 
yzpiTi T7)C £v aÜTcji Tv.vivwc'Z'TVi; ToCi OeiC/u |]v£uij,xTo; evepyeia; e9spzir£U(T£V e? öjv i'Xiyo'j^ 
svTK^ai TcV) TuapcivT; 7vpoT£()u[Ay)[/.EÖa ^i-/iy:n[J!-a~', to'v t£ toO loyoy xopov E/.x.'XivovTEc /.at t6 

Öv5TCI(jT0V HaX OUC-ZpZ^E/.TOV Tbiv XoTtlliv ()-OTrT£'JOVT£;. 'Ap/.£(7£t Äs TCZVTW; TOl; £Ü7feiOw; ' 
■/.xl £ÜyVW[;.o'vw; TUICTEI TOt ■KIGT7. Xapy.^E^QJAEVOI.; £/. TÜV [/.Hipöjv Ta (J.£y«>,a •/.XTXjAaOEt'v 10 

xal £)c T(7)v öliyofjTcüV Ta iv'Xeiova y.xxy.iyzojjiacf.nhy.i, u(77i£p «tvo -/.pacTtE^ou t6 u'^y.rj^.y. xal 

£^ ö VÜ^(OV " TOV >£OVTa. 

42. ÄvOp£a; Tot'vüv zzl lleTpo: Tjpw-oi TrpoTVix.ovTOj: töjv >,ot7V(öv ttoo: tti'jtwijiv tt,; 

41. — 1. MV eOit'.Offi;, forme douteuse, cT. g 82, n. 9. — 2. M owj/uv. 

« 



ce pere admirable se servit de ce moyen efTicace, je veux dire, de pain henit 
et, d'eau sainte. Non, mais ceux qui accables de diverses maladies ou de 
malaises ennuyeux et penibles venaient ä hii avec foi et tombaient ä ses 
pieds, c'etait en se servant pour les guerir et les soigner des meraes objets 
benits qu'il leur rendait cbaque fois une rapide sante ' . Ce n'etait pas non 
plus seulement dans les cas de maladies et de soiiffrances corporelies que 
par l'invocation et la puissance dn Christ il operait des guerisons merveil- 
leuses, mais il guerit aussi de leurs esprits impurs im grand nombre d'ener- 
gumenes, par la gräce de l'Esprit divin dont la force residait en lui. Parnii 
eux, seuls qnelques-uns prendront place dans notre recit; nous le vnnlons 
ainsi pour eviter que notre discours n'importune, et parce que nous soupq'on- 
uons que beaucoup resteraient incredules ou ne croiraient qu'avec repu- 
gnance. II suffira pleinement, ä ceux dont la docilite et le bon sens ajoutent 
foi aux choses dignes de foi, de conclure des petites choses aux grandes et 
de deviner la multitude derriere Tinfime minnrite, de meme que la francje i5 
f- i2:i- revele l'etoffe et les fjriffes' le hon'. 

42. Andre et Pierre sont äjustetitre les premiers de tous pour garantir 



41. — 1. Remarquer le sens de eOXo-yiai = choses beniles: il est garanti pai- le conte.xte et se retrouve, 
g 68 el 71 = choses beniles constUuees par le pain et ieau (genil. explicat., voir 'i 39). On a l'expres- 
sion renversee : le pain de la hcncdiciion = le pain benit, g 43. — L'auteui' nole ici seulement le pain 
benil et l'eau benite parce qu'ils vicnnent d'etre, et sont le plus souvent, les inlermediaires naturels 
dont Saint Luc se sert pour ses miraclos. Ils ne sont pas les seuls; ailleurs, il est question de mor- 
ceaux de Tessuie-main et de la ceintuie de cuir du bienheureux (g 42, 70), d'une petite croix de bois 
confeelionneeseance lenante (g 43), et dans un ordre plus relev^, de prieres (g 68), jeünes (g 67), confes- 
sions (g 70). imposes ' l'int^resse, sans pi-ejndice des prieres du saint liii-meme et des exorcismes Ci 42). 
— 2. Voir Diog:en., V, 15, dans Leltsch et Schneidevin, Corpus paroemiogr. graec, t. I, p. 252. 



10 



[91j GUEHISOX ÜANDRE KT DE PIERRE, § hl. 235 

Tüv ÖayazTCüv p.apTUfiac, tüjv iy.Xoiv ö'vtj; ' i7:tTr,SciOT£pot tj y.xt ä^to-'.TTOTepo'. " , wooiy.:, 
(j-ral Sr, t^c cüceSoOc ßKCiXii^o?, ßiw /.al Xoyw ■/.£/.0i7U.-/ia=\-/;; y.y.t öi' iu-^oiv to it'.cto-/ /.ext-zi- 
asv/ic, r,r;Tivo: 77po; Tr,v toO XouTpo'j xau.ivairv e/./.a'jd'.v ecuTfflpaTc'.v ö p-flOei; Avöpex; eTE- 
xa/.To, ö'ffTt; TCO-£ «y.aOxpTw Sx'.jxoviw >.r,(p6cic y.y.i ' ycilizSic öi/ij/ipz: ' irpö; aÜToO ev/)- 

8c£'J£T0, TT?, fJl.£V TÖJ T7aO>.ai^0VTt TT'jpi T'/i; /.«(^.l'vO'J TCpOCX-QpptOvivx'., TT?, S= TOiS /.O'/lrZw:'. 

42. — 1. MV ö/Tw;, niais srntriSeiörcpoi el iJiomoTÖtep'A (V) ont besoin d'^tre appuyes sur un parti- 
cipe d'apres une regle que l'auteur appliquo conectement, cf. to<70jtov öv tio (ieysöei tö öaCiia g 58. — 
■2. M enirr,8eioT£poj... äScontotoTepo-j, incomprähensibles. — 3. Supprime Sans raison par V qui indique 
aussi ä lort Xr.^ei; ■/.«; /«).- conime la leron du manuscril. Le raanuscril lit toul ä fait comnie noiis. — 
4. M. uuTiiJLcpa:. 



le temoignage des miracles, etant plus qualifies que les autres et plus dignes 
de foi. En effet, Sophie, je veux dire la pieuse imperatrice. par la parure 
de sa vie et de son jugement merite doublement creance, eile qui avait preposc 
au Service du four qui chauffait son liain le susdit Andre '. Celui-ci aväit ete 
» saisi, et terribleraent, par un demon impur qui chaque jour le tourmentait, 
lui dressant des embüches tantöt pour le jeter dans la flamme ardente du 

42. — 1. Andre et Pierre rendent temoignage au pouvoir rairaculeux de saint Luc, en ce sens qu'ils 
onl ete gueris par lui (cf. i 66); ce temoignage par les faits, c'est-ä-dire la guerison elle-m6me. est 
d'autant plus fort qu'il est garanti par Sophie, la pieuse imperatrice qui merite doublement creance, 
par sa vie et par son jugement. D'apres la Chronologie que nous avons etablie, le miracle raconte ici 
n'a pu se produire avant le 11 decembre 935. A cette 6poque, Christophore, fils de Romain Lecapene 
el mari de Sophie, elait mort, depuis 931 au dire de Leo Grammaticus [P. G., t. CVIII, col. 1156), 
depuis 926 au dire de Cedrenus [P. G.. t. CXXII, col. 45). Or, Du Gange, dans ses Familiae Augastae 
Byzantinae (edif. de Venise, p. 125), dil i|up, Christophore une fois mort, Sophie fut chassöe du palais 
par son beau-pere ; et Lcbeau, dans son Histoire du Bas-Empiir [l. LXXIII, n° 53; 1. LXXIV, n° 42), 
avance quaussitdt apres la raort de son mari Sophie iut chass6e du palais et renfermee dans le monas- 
lere du Caniclee. Dans ce cas, il n'y aurait pas de place dans notre Chronologie pour le miracle en 
question. C'est que, dune pari, selon le contexte. Andre a ete envoye ä saint Luc, inoTTalevia, 
par l'imperalrice Sophie elle-meme qui garanlil ensuitc la veracile du fail, to itidTov nEy.TTi|iivrn ; d'aufre 
part, on n'admeltra pas facilement que, dans un couvent byzantin, Sophie ait eu ä sa disposition 
des hommes pour chaufTer ses bains. Mais Du Gange s'appuie sur un passage de la Vita S. Basilü 
Jimioris (Act. S.S., Mart., III, p. 23), qui dit simplement, apres avoir rapportä la naissance de Komain II, 
lils de limperatrice Helene '.A-J-rr, 8e tj AuvoCuTa 'E/.evti itpÜTri twv i'XXwv BaciO.iSiMv yjv y| yip Scutepa (ti;(i.6io? 
-a-j njTpö; aÜTrj; 'P(ü[iavo-j Sz'jSihpx -i.lzM'rfiaxax YJV r\ zt So^ia r) loü Xpiuto:f6pou, iy.ziioj -i.'>.vjTr,'jX'noi, 
■/.ar/i/e'/jir, Tr,; fia<7i>eia;. Gela ne signilie pas que Sophie fut chassöe du palais, mais quelle perdit l'influencc 
que lui donnait la dignitö de son mari. Quant ä Lebeau, il dopend de Du Gange, puisqu'il renvoie 
iiniqurment ä ce dernier. et les deux ne tont plus qu'un. Entre une conjecture de Lebeau et de Du Gange 
il I allirmation de mon biographe toujours si pr6cis, je n'hesite pas un instant, et je soutiens que Sophie 
ii^la au palais au moins quelques annoos encore apres la mort de son mari. La chose est d'autant 
phis vraiseniblablr qne Romain Lecapene, au dire des historiens, se lamenta sur la mort de Chris- 
Inphore plus que n'ont coutume de faire los ligyptiens (cf. Theoph,\n. Gontin., P. G., t. GIX, col. 437). 
Gurieuse maiiiere de le pleurer que de disgracicr safemmeaussitöt! Maisil sera naturcl d'envoyer Sophie 
au couvent le IG decembre 944, pulsque alors Romain Lecapene fut dötröne et enferme dans un mo- 
naslere de l'ile de Proti. D'ailleurs. cette derniere date m'esl indifferente; il me suflU que saint Luc 
ait pu sur sa colonne guerir. apres le 11 decembre 035, un cuiployc de l'imperatrice Sophie. La fagon 
dont parle le pani^gyriste incline » croire que Sophie vivail encore quand le discours fut prononce. Elle 
aurait eu quatre-vingt-dix ans environ, ce qui n'est pa^^ anormal, nuMiie i>t snrlout dans un couvent. 



236 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [92] 

ÖspjAot; u5a(j;v ivsLTtOTfvty-flvat. Toutov «TCoiTTa'XevTa irpö; ocÜtöv 6 (rnjisiocpopo; Se^ajxevoc -/.al 
xa /.ät' aÜTOV ävapiaOcov, 5;' 6V/i; j^iv vunric z/.aT«TCa'j(7Tot; eüyxi; /.ai y.scT'/ijf^Ti'iectv 
syprlffXTo Tupö: aTvorpOTuviv xal xTiroSitü^iv toO wov/ipou tcv£u[axto?. flptüiOsv öj tvic -irepi tt,v 
o^^uv aÜTOÜ 5£p[/.aTtv/i? eitouv " äTCO'jTo)ax.7;; ^uv/15 T[i.vi[Aa 'XaSuv y.ai paxoc 'Xivo'jv, iv w -a: 
iepa; /etpa; ä^£[;.aTT£V, toc dc')v'Xo t; cvi[jii/,iv9'.ov ä'iroffTo'Xix.öv jTCii^i^cooi tw Tca<jyovTt -/.al 5 

TO'jTOV e^£'7k£[JI.(];£V, £VT£l>.3C[X£V0; TO [J.£V T-fiC SepfiaTlV/i; aTCOCTO'Xwfl? CütYr,^ y.ÖjAJAX TOJ oixeiü) 
)cd>.1C(t) £Tt£[J.Sx).OVTX ßa!7Tai^£tV Ätic -y.VTOC, t6 0£ y£'.pip.a'/.TpOV, pä'/.lOV X'jTO'J ^ l7T3tUpQ£tOW; 

G'jyy.6<^M Trpo; ^tzoopst. xavi'jAaTa '(txl tou Tosyoi; £V vi"Xoi; öCXXo äXT^ayoü toO ßaA3!.v£io'j 
irpoTvilwcat, ev ol? * röivoi; (AzluTTa tv)v t-^c )t«T' aÜTOu ett'.Sou'X^c sva'apxv to ßpoTOxrovo-/ ' 
^atfiövtov TTETTor/iTat. Ka; to'jtojv outw; y^yvrr|[lJ^llo•^ Ott' ocÜtoO, y.TCViW.a'yri -xpay_pr,y.a tYi; in 
Tou -oV7ipo5 TVV£'J[7.«To; £V£pY£ia; ö i'vSpcoTCO;;, xa'v Ts'Xs'ia; ty)C sXeuÖfp'ia: ä7To)i£A«u^to; 
XpiCTtö Tr.v OcOxpj— Äi TtpocYiyiv E'jyaptTTiav /.al to» to'jtou yv^Tito 7.y.\ ÖaujAxcTr.) Oepx-ovTi. 
MeÖ' öv x.5lI i -popp7i6£t; rifTio; TouTou i7'JVTpo'fio; y.a.1 oiz-oSeutcotoc ", tÖ) Ojjt.o;w xal ■reapa- 
-Xviffiü) yct\iT:& itEipxTripup it£fi-£iVT(t)/.(öc -rr,; toO rov/ipoCi -rrvEÜjAKTo; -pooSrA-?,; /.ai 

ö. M. -JiTouv. — 6. 'Päxiov aÜToü (toC /cipoiiäxTpou) est. une apposilion restrii'livr. Voii- Ir note (1p I,i 
Iracluction. — 7. M ßpw-oxxdvov. — 8. 'Oiioäsuitoro; = qui scrt le mSme mailrn oii la ineme mailressc, 
se trouve dans Sophocles oü on lui donne un autre setis, presenle du reste comme douteux. 



four, tantöt pour le noyer dans les eaux chaudes et bouillonnantes. Andre 
est envoye vers Luc; le thaumaturge raccueille et, apprenant ce qui le con- 
cerne, tonte la nuit il ne cesse de faire des prieres et des adjurations - pour 
mettre en fuite et en deroute l'esprit mauvais. Au matin, il prend un 
morceau de la ceinture de cuir, ou ceinture aposfolique'', qui lui serrait les r. 
reins, et nn morceau de linge dont il essuyait ses mains sacrees; il les donne 
au patient comme uae sorte de demi-ceinture apostolique\ et il le renvoic 
apres lui avoir ordonne de placer dans son sein le morceau de l'apostolique 
ceinture de cuir et de le porter toujours sur lui; quanl a l'essuie-main *, il 
devait en couper une partie en petits morceaux qui auraient forme de croix, lu 
et, avec des clous, les attacher par-ci par-lä aux murs du bain, dans les 
endroits surtout oii la malicc du demon homicide lui dressait des embüches. 
La chose se passa ainsi : l'homme fut delivre aussitöt de Tinfluence du maUn 
esprit et, remis en possession de son entiere liberte, il rendit au Christ- 
Dieu, de meme qu'ä son fidele et admirable serviteur, les actions de gräces i:. 
convenables. Apres lui, le susdit Pierre, son compagnon au service de la 
meme maitresse, fut en proie de la meme maniere au meme et cruel supplice 

2. Je ne doute pas qu'il s'agisse ici de prieres liturgiques; cf. g 43, 44, 67. — 3. Cf. MaUli., x, 9; 
Marc, VI, 8. On n'y dit pas que la ceinture des apolres etait de cuir; on le dit au contraire de celle de 
Saint Jean-Baptiste, Matth., iii, 4; Marc, i, 6. — 4. Cf. Act., xix, 2. — 5. Saint Luc donne son essuie- 
main tout entier, ni^is il sullira d'en deconper une partie en pelits ijiorceaux. Meme procedc ä propos 
d'une possödöe, 'i 70. 



* 



[931 GUERTSON DE DEUX HERACMOTES, § 43. 237 

TTso; toGto St, to üo'.vov OesaTrerov '' iirsve/SEi';, T'/i; aÜTvi; e7:iu.e>.eia; x- y.ii OepaxEia; 
iiriTuyiov, r?,; Wn; sXcuÖapix; xxi irajT'/ipi«; t(T> TcpoTe'pw irapaf^o;«; iTts'/.au'jsv. 

'i3. — üv TO'jToi; ö£ /ial aexa toOtou:, x.as xtve; äypoTx; ^'jo. e^ 'Ilpa/.7.ciz? r?,; -po; 
Tov E'j^sivov /.eydjAsvov FlrjVTOv /.sipLeV/i; öppiuaevot, iv iTs'pu ÖzTepo; to'Jtwv /.aipü -/.al O'J 
x.xTa Ta'jTOv Trapxy'v'jVTai rso; toCitov tov (Asyav i77i7.£ioipo'pov — aTtoa Ac/u/.a-;, wv ö [aev, 
£v£pyou(i£vo; im -rjvviioiji iTvE'JaxTo;, aotovo; stt; %\u'jzo'i ixu>,ivSerTO ^(psi^wv, ävOpaxeü; 
Tr,v epyaciav 0:Tzpytov, ö ö' srepoi;, vuxTsp'.vöJ xal 'Co<p£p';J ' -^/latow^. Tuvavr/iOelc Epiv- 
vOi " xaÖ' ö(Jöv Tiva jrope'jojxevo;, Äi' oXyi; ' vu/.tÖc £)(.£tTQ rr; 'icn; äeptovi'a; y.al i/.'.v/iitot? r?, 
vz;/tr, iC£/.paTr;U.s'vo;, o; ä[jtx£Aou:y{a? sirir/iSsuay. y.aflwv [ASTVip/STO. Kai tÖv u.ev irpoTcpov 
wapiycvo'asvov x.«l Tviv toC | (jXo).ioO iJpz/.ovTO; STTtcup-Sacav aüxü r,cTpayw^o'jvTa dsivr.v • r, l:;-." 

U. (-Upaitelov = cUniquc, hupiUil. dispenstiire. mot non catalogu6. 

43. — 1. M vuy.TEpivw... Coyepci) qui ne peuvent se rapporter u 'EptwOi toujours feminin; de lä, tlans V. 
vjy.TEpiv^... ?'J9epä; il est plus simple d'aj'outer xaipw qui par tiaplograpliie est tombe facilemenl apres 
t,iifzpü>. \'oir '( ICi, M. 1. — 2. Orlliogruphe du ms. — :i. M öXtr. 



des attaques de l'esprit mauvais. II s'adressa ä ce commun dispensaire et v 
regut les meines soins et les meines i-emedes qui le delivrerent et le guerii-eiit 
aussi merveilleusement que le premier. 

43. Fait de meme oi'dre, mais posterieur. Deux paysans originaires 
d'Heraclee, Celle qiii est situee sur ce qu'on appelle le Pont-Euxin', vinrenl 
ehacun ä uns epoque differente, et non toiis les deux ensemble, se pi'esenter 
ä ce gfand tliauniaturge et pere, Luc. Quand il etait söus I'influence du 
malin esprit, le premier restait sans voix et se roulait peadant longtemps 
eu ecumant ; il (Hait cliarbonuier de soa etat. •< Pendant > les tenebres de 
la nuit, arrivait-il ä Tautre de renconlrer Erinnye- sur son cliemin, il restait 
tonte la nuit sans voix, aiusi que le premier, et sans muuvement, frappe de 
torpeur; lui, il avait appris et exergait le metier de vigneron. Le premier vint 
et depeignit avec feu quelles terribles vexations lui infligeait le ' tortueux ♦ f. m 
dragon. Le saint commenga par reciter sur lui les priores convenables et 
< appropriees', > puis seien son habitude il lui offrit le paiu benit ' accoutume 
et lui conseilla de manger. Ensuite, ayant de ses propres mains dispose en 

43. - 1. Iler:irl(i" du Pont, siege d'un eviVhö dcpendant, commc Hadrianopolis, de Claudiopolis (voir 
i'), dans le theme Boukellarion, aujourd'hui Eregli(R.\MS.\Y, The hist. Geography of Asia Minor, p. 191, 
197, 443. Gelzeh, l'ngedrüclite... Texte..., p. 539j. II y a beaucoup de forets daris la rögion et on y fait 
pas mal de cliarbon de bois (ivBpaxojroiia?) ; le pays est surlout celebre aujourd'hui par son importanl 
bassin houiller. La cullure de la vigne est fort delaissöe, quoiquo les raisins soient de boniu^ qualite. — 
2. Eririn\e. diiesse des (It-aux veiigeurs, iiiise ici au Service de la maliee du deiuori; plus bas, dans un 
m^ine eonte.xte, l'auleur ne parle ninme plus d'Erinnye mais seulement de Belial. — 3. Pas de prieres 
plus convenables que Celles fix6os par l'lilglise pour les exorcismes. Cf. '^ (il, n. I. — 4. Mot a mot : 
If pain de henediclion : id. plus bas; voir g 41, n. 1. 



238 VIE DE SAINT LUC I.E STYLITE. [94i 

e-rcyi'f£iav, £Ü/ai; jasv toc TvpcÖTa Tai? TTpocTi-z-Oucai.; y.oC\ <<xxTaA7v-fl>.0'.;>- ■* y.aTSirfiSev av/{p '• 
ETfsiTa zai Tcv TYJ? eüXoyiac aÜTÖv cuvflÖw; aprov TCpoEvsy/ia; (payciv TtapECKsuÄGev' a'JOi; os 
(jTauaoC! tuttov, r/. ti>(o; ^ü'Xou Try.paTU)(^ov7o; Txi; oix.siai? xaTai7'-4£uy.ca; -fi^nvt, eiriSiÄcdci 
TOUTu", Tti CTVjGei ^opetv evT£t,'Xa[A£vo;' CTtj^ov TS, Tov Tvpdjr^sipov £i; tity-h-i -nciai /.x-^öc 
xo'.vo'j ävä (jTdu.a irapaSef^oasvov, x7.Ta äpiGi^,av tcov exo-töv TC£VT-o'/.ovTa ' ij/xAjaüjv "AEyav 
8C öV/i; Tcacp'/iyyei'Xs t^; -/ippa;, tyiv cuv/iO-zi t-^; ävOpy.x.oiroua; ipjurjix^ aeT«y_£ipi"(6- 
y.cvov. Ta; ToiauTa; oüv E'jyi; xai svToli; to'j [i.£yz>,ou AoLc/.a 'XaSuv ö av6pcü7:o; £TTop£u()vi, 
Of^ov Oapoo; £VTeü6£V wpoc'XaSwv eTiTTiSo; ctüTVjpi'ou -/.al TuicTSO);- 05 [iST oü tto^^Xx; '^([ji-spa; 
yaipw-/ ü-£(7Tp£i|/ev EÜj^apicTtav ä7:ov£pi.cov x.^'p''' '^"^^ aÜToO OfpaTCSia; tw 0£öj y.:ct tijj 
to'jtou Ösiti) ÖepaxQVTi. 'OcauTO)? (Jyi "/.al tov jy.£T' y.ÜTÖv 77«payevd[/.£VOV oeurepov /.al t/iv 
vuxT£pivriV stviÖecv toO Beliatp äirayyeiXotvTa aETz T-flv eE eQou; £ijj(^-/iv tou T'Ä? EÜloyia; äpTOu 
(ji£T«>kaS£iv xpo£Tp£vj/aTO. Ral toStov AaSwv /.a; f|,aycov, -po; au.c-pov sasTov izxfy-yori^i.y. 

4. KaTa)i)iT|Xoi; nianque a MV; il faul cependant supprimer xai uu ajoulef im iiiot. Vu ses pre- 
mieres lettres, xaiaXXi^Xoi; a faciloment sautö enü'e xal et xaTETtjjSev. Voir g 16, n. 1. — 5. MV ävrip. 
mais le mot est determinö. — 6. V tgüto, rnauvaise correction, puisqu'il faudrait rapporter ce neutre 
ä TÜTiov qui est masculiii. — 7. Le ms. ecrit simplement pv surmonte du signe d'abreviation. Voir 
? .VI, II. 7. 



forme de croix un morceau de bois qui se trouvait par lä", il le lui donna et 
lui commanda de le porter sur la poitrine. Enfin, le verset qui se presente 
de lui-meme ä tous ceux qui prient et qui se transmet partout de bouche en 
beuche °, il lui prescrivit de le reciter selon le nombre des psaumes, cent cin- 
quante fois le loug d'un jour, tout en se livraiit comme d'habitude ä soii 
raetier de charbonnier. Avec le benefice de ces prieres ' et ces prescriptions 
du grand Luc, l'homme s'en alla rempli de la confiance diviiie que lui 
doiinaient Tespoir et la certitude de sa delivi'ance; quelques jours apres, il 
revint tout joyeux expriraer ä Dieu et ä son divin serviteur sa reconnaissance 
d'avuir ete gueri. II en Tut de meine du second, venu apres lui; il raconta 
comment il etaitattaque de nuit par Belial et regut l'ordre, lapriere habituelle 
terminee, de goüter au pain benit; ä peine en eut-il pris et mange qu'aussitot 

5. Un iiiurceiiii di' buis no va pas so promener loul soul sur une liaulr coluiinp de slvlile. II \ a 
peut-^lre ici l'indice d'une üfcupatiun manuelle a laquelle se livrait de tomps en lenip.'< sainl Luc. 
conformement ä la pratique de vie röclaniee des hesychastes : « Lorsqu'uii niüine, sous l'inspii'ation de 
Dieu, desire embrasser l'ötal d'h6sychasto, il doit en faire la demande au supöiieur, et celui-ci exa- 
niine si le sujet a bien les dispositions nöcessaires ä ce genre de vie, ä savoii- : l'habitude du recueil- 
lement et de la solitude, le goüt de la priere, des veilles, de la möditation et de l'etude des Saintes 
Ecrilures; il doit pouvoiv aussi s'occiiper (/iielgiie trnvail manuel » (Jean ßois. a)l. cit., p. 5). 
— 6. Ce verset est evidenuiient le Iraditionnel et si connu o6la Oaxpi xai Vtw xai 'XfiM nveOjiaTi xtX. 
Dans le langage liturgique, cttixo; ne designe pas seulement « quelques paroles extraites de l'Ecriture 
Sainte et lormant un tout complet, mais aussi nne phrase compos6e sur le modele des versets tiräs 
de la Sainte Ecriture ». L. Clugnet, oiiv. eile.'— 7. II s'agit des prieres que saint Luc a recilees et 
point de Celles que le nalade devra dire lui-nieioe. 



10 



10 



[95] GUKRISON DUN RNFANT, N V*. 2M 

ipOopoivoiov ji^äCviv tou jipo-ro/tTovou BeT-^ap tt.; eV.eivou ts TCOvr.pä? ävssyei'*? xal Tupy.v- 
>nfJo; /.pc'!-TOvi SuvacTEioc aüOwpov z7:a>.Xoty£is. 

44. ■ rixi; fJs Ti; a'jOi? A^oSs/.asTYi -/iv r.Xixiav aywv iTpo<;-ov£-/_0-/| tu on[;.eiO(po'pci) to'jTw 
5 iraTii- ä; •/.al y.ÜTo;, j-o -QvrjpoO itA-ziYel? 7:v£Uj;.aTo; j^yAEiVfö; Ott' a'jToö te Tupavvyjj^.cvo:, 

£v aÜTat; TaT; wpat; T-?i; EiravaGTacswi; eI'touv eirtOEGEw; kütoO 7;p-/)Vfl<; i'cpvw /.aTaivtTVTwv, 
w(7£l v£)cp6; «(pcüvo; £tcI tcoVj 5t£T£>.£i y.cd ävaioOyiTOi; icEijj.evo);- i(p' u irof/j-ja; ö Oectceciq; 
O'jto; TiaT-^ip TX,- £^ J'Oou; £Ü/ic Oöctto-; äTC-/i/'Xa^£ tov TCZc/ovTa irai^x T-^ic; TTix-pX; Tupavvi- 

10 Kxi TauTX [Ab £)ca(JTa u.ifwzdi n -/.cci Ai«v ' i^aicta Tiavxx, tö; toO 0£oO Suvxy.scü; y.al 

T-?!; ToO ÖEpzTtovTo; a'jToij x<='P''^°? Ä£tyjj.a pytcrov £[x.(pa£vovTx. 

45. T6 Sk -£ol TOV iou^iaov iraxpiappv ' 0£O9iJ)^a-/.TOv t£>.£'7()£v TEpa^rxiov -xpä tqO 

8. MV .7-jYtExivTiTo. La cadence fuuniie par la lermi du luaiiusciit n'est pas mauvaise: celle de la 
coriet-tiuii doiiiie Irois dactyles. La con-ectiüii elle-ai(ämo parait äimposer; voir ^27, n. 1. 

44. — 1. ).iav oubliö par V. 

45. — l. Bien qu'ecrit en enlier, naTpiipx.Tiv est surmonte par erreur du sis^ne eluile d'abreviation. 



il fut agite et secoue par im vomissement considerable ; il rendit aussi ä 
l'instant meme, vomissement extraordinaire, les vexations pernicieuses de 
riiomicide Belial et fut debarrasse sur Tlieure par une puissance plus grande 
de rinflut'iice et de la tyraunie cruelle de ce dernier. 

44. Une autre iois, uu enfant äge de douze ans fut presente ä ce pere et 
thaumaturge. Cet enfant etait aussi afflige d'un esprit malin qui le tyran- 
nisait durement; au moment meme de l'attaque ou de l'assaut, il tombait 
immediatement en avant, et, toi un mort, pendant longtemps il gisait saus 
voix et prive de sentimoiit. En reeitant sur lui los priores traditionnolles ', ce 
divin pere delivra aussitut lo mallieureux enfant de la cruelle tyrannio de 
Fadversairc. 

Les mcrveilles qui precodent, toutes et cliacune fort grandes et extraor- 
dinaires, fournissent une preuve eclatanto de la puissance de Dien et de la 
gräce accordeo a son sorviteur. 

45. Ouant au miracle dont lo celobre ' patriarclie Tlie(i|)liylactc fut favorisö 

44 _ 1. Kn Iradiiisaut e? SOoj; par trailUioimelles, et ci] enleiiduul qu'il s'agil de prieres coiisignees 
daus les livrcs lilurgiques, on ne risque pas de se Iroinpei' beaucoup, bieii que re.Npvossion ne soll- 
pas aussi caracterislique que cello dej! G7; voir la note 1 de ce deinier paiagiaphe. Mais on peut aussi 
ti-aduire tö? ii, eöou; eCyä; par : les prii-res que Luc arait coiilume de reciler daiis les cas de ce geni-e. 
Voll' une expression parallele, jJ 45, n. 5. 

45. —1. Celebre surloul par ses soandales. Qualrieme (ils de leinpereur Hoiiiain Lecapeiie, Th6ü- 
phylacle l'iil desliiie des son cidance au patiiarcat de Constaiilinople; il l'ut sacre et inlronisö ä l'üge de 
seize ans, le 22 fevi'ier'j:):!, et liiit le siege de Uyzance jusqu'au 27 levrier 956. II iiiuurul, a eelle dale, 
des suites d'uiie iliule i\f ilicval, de ce que uotre auleur ajipelle Iti dernU-re muliidie, laquelle dura 
deu.\ ans. Wiir Inliud.. p. IT. 



240 VIE DE SAINT LUC LE STYLIT E. [96] 

ÖevxiQoou Tratoo;, Ti'c apa TzxaxbooL^eh ey.tov <;«v> ' ivicyoiTO /.ai toi? «/.poocTai; TOGaOryiV 
T/,v ^-/ip-iav Tcpo^evTi^ai ' y-al sauTO) /taTa/cpictv oü Tr,v xu/^oüffocv eTviypzij/ai, t-^; toS TiovflpoO 
rJoÄou x.al ö/.v/ipoü, ToO TÖ TaXavTOV eic y^v xocTopu^avTo;, -/.aTy.^'/.-/); öfAOixv /.al TCxpaTTATi- 
i7tov ; R«i [AotltcTa Östuf^.a [AeytCTov, TCoHtöv Oau[;.a(7tcov töj pyeOei ttj; x^xptTo; TTxpa^d^to; 
'jTOpave(7TV))c6; \ '07:v)v;y.a yctp sir-^T-Ösv a'jTw ßapeta; «cOaveia; äppüoxiojxa, tcz';-/i; caxp«-^; 
siricrTYi'u,'/); /.al 6spa-£ix? zpeiTTov ^ Äeix,vu[A£vov xi/. toutou tyiv ttävtsat, äTvoyvwjiv aivixTo- 
I2:i. ajvov, — oü T-/1V xeXeuxatav T^sycd r^/l xal 7:p6? Qavaxov x£>ieu|xTi'7a'75'.v ''' äppwcxtav, y.ATva 
T-/)v TToo xx'Jxr,; aoo ypovtov xivojv £-i.5U[/.6aGav «ütw, [;.viö£v iTVOösouTav xv;; scyzx-/;;, iW. 
. 'ic-/iv xuy)(^zvo'jcav X'^ xe [iapüxYixt xwv ttqvuv /cal x-fl xou iraSou; o^uxvjxi, — w; ouv '/icOsTC/ 
Tvavxe^.-^ xriv äzoyvcdciv, ävxvEuciv ev xw Öavixu [Aviöajxw; k'^^ouiav, i/cexa; £/.':r=(x:r£i xp'jc 
Xüv öecire'ff'.ov iraxepa Aoujcxv, xr,; T^uTTvipa; äyysT^ia; xr,v •lup.cpopxv y.xayyeT^Xovxa; x.7.l x-?;; 
Ttxs' aüxo'j TTOocxaciai; sTttxo'jpiav e^otixo'jaevou;. 'O rii, xw cuv/jBsi )f_p-/i(;ay.evo; ipotpp.z-/.(p 
xöiv irpo(7£uj^wv, xov e^ sOo'j; i'pxov sTueuT^oy/i'aac Tipo; xov Ttaxpiapj^-flv E^eTCe[A(}*£, ö;' oi/.sia; 

2. 'Av manque dans MV. L'auteur emploie toujours correctement loptatif potentiel en racconipa- 
giiant de i'v. Cf. § 16, 25, 33, 55, 75. 82 bis. II est d'autant plus indique ici de r6tablir av qu'il est 
inclus dans iväs/oiro et que sa pr6sence araenait trüis l'ois de suite le son va, ce qui a facililö l'omis- 
sion; voir g 16, n. 1. — 3. M itpoEevicai. — 4. M üirepav£<sTYiy.w;. — 5. M /.piTtov. — 6. M TeXsur^joav. 



|jar ce divin p6re, qui supportera de bon coeur qu'en le taisaiit on fasse aux 
auditeurs uii tort tres considerable et qu'on se condamne soi-meme nou poiut 
ä la premiere peine venue, mais ä uiie peine semblable et pareille ä celle du 
serviteur mauvais et paresseux qui avait enfoui son talent sous terra "? Et 
certes, c'est un tres grand miracle et qui surpasse incomparablement beaucuup ^ 
d'autres merveilles par la graadeur du bienfait. Lors donc que Theophylacte 
eut ä souffrir d'une grave maladie qui, se montrant rebelle ä tonte la science 
et ä tous los remedes des medecins, indiquait par lä menie que tout espoir 
etait perdu, — je ne parle pas de la derniere maladie, euleudez bien, celle 
* f. 123. qui eut un denoueraent mortel, * mais de la precedente, de celle dont il liit lu 
i'rappe quelques annees auparavant, qui ne le ceda en rien ä la derniere et 
qui fut son egale par le poids des soufTrances et l'acuite de la douleur^ — 
lors donc qu'il s'apergut que tout etait desespere et qu'i7 n'y avait pas ä refuser 
de mourir\ il envoya des suppliants vers Luc, ce divin pere, pour lui annoncer 
la malheureuse et triste nouvelle et lui demander le secours de sa protection. 15 
Luc Selon son habitude employa le remede des priores; il benit du pain 

2. Voir Malth., xxv, 18. — 3. Sur celte avant-deniiere maladie, non relatöe par les autres sources, et 
sur les conclusions ä en tirer pour la Chronologie de saint Luc. voir Introd., p. 17. — 4. Voir Ps. lxxii, 
'i : oüx l<7Tiv iväveuffi; £v tw 9avätu. Quel que soit le sens exact de ce texte dans le psaume, on ne peiit 
guere lui donner dans notre Vie un sens different du nötrc. 'Avaveuu, refuser. amene regulierement 
le sens de « refus » pour dvivEum; 



[!»7] GUKHISON DU PATRIAHCHE TIIEOIMIYLACTE, Si 'lö-'.li. 241 

xaB*ypr,aa y.xi oxyuv aeTz irtTTEM;, Tri; Ixiita: Tayeta; x«pa wäsav Trpoc'io/.iäv 
zv6pa)-ivv)v -apa^ö;;««); STce'T'jj^^ev . 

46. 'Ex TXUT-/1; TU; Trapa^o^ozoioO Oepx-eta; rioTecü; Oepaorepa; 7ro6ov iyri/M:; irpo; 
■■> Tov T:£pi§6-/iTov TouTovl TTXTspa Aou/cäv, öppTi Tivt Oeo^cSscTepz -/.tv/iOEi;, et;' sziOuatav 

'svÖsov £Vfl>.u9£v, xn-icxa^xf. rov Tijxt'av Sicssvflv xEcpaV/iV 7TÖ[;.a -re irpö; 5t6(ax TrepiirrO- 
^xc6ai /.zl EvwTCio; eviüTTito, itpodwuov T:po; -poduitov, -/laTiÄeiv nxl (Tu>>7>a>.Yii7xt aer' aÜToO. 
Kxt ^-fl TW toiuSe ÄtaiTÜpw to6(;j iTjpo'jaevo; -/AiiAax.a '" x.aTxu/.EuaoO-^ivai OaTTov irposTaTTet, 
aeypi T-?; toO xiovo; y.e(pa>.iSo; ä(pi/.vo'j|j'.cV/iv, Si' -/i; ttiv äva*6ai;iv ^u/voTspov -oio'J[;.£vo; 
10 i/.xvd); töv svovTa ttöQov i^wctucaro, oO yzp axx^ x.al ol; «AT^a zo'X'Xzy.ic ivE^Jcov x.xl 
irpo50(/.iX-/i(7x; aÜTw xxi cuvscTiaÖel; /tai tu; äyiOT-/iTo; ^ xÜToO TTveijy.aTDCw; £[A<popr,f)£i;. 

47. "Ev6a x.a'i f)*up^aTo; tivo; x.aTa (juyx.'jptxv £tv/ix.o>.o'j9yi(7£V iväsysix, j;.£i!^ov toS 

7. V Yp»H^!*«"'0"'. coirection inulile puisque YP»iilia"« <i e» grec le uieiiie sens que lilterae en latin 
et se retrouve '(. 34 et 49 oü V laccepte; de plus, tpaniv-ä-^"" reste en l'air : il ne peut dependre ni de 
<TT,|iiva; qui ne signifle pas ecrire niais tout au plus sreller une lettre, ni de 5tä, car alors le sens 
ledamiTait le gi'nilif comme c'est justemcnt le cas avoc Ypaii|xäT(i)v. 

46. — 1. M eL — 2. M z/iiiiay.a. — 3. M iyiötiToc. 



comme de coutume ^ et l'eiivoya au patriarche avec une lettre de sa propre 
main" pour lui dire et lui conseiller d'en manger avec une foi inebranlable. 
Le patriarclic en prit aussitöt, en maugea avec foi, et contre toute esperance 
humaine il recouvra, 6 merveille, une rapide sante. 

5 46. A la suite de cette guerison merveilleuse, desireux d'une intimite plus 
etroite avec Luc, cet illustre pere, et pousse par un pieux mouvement, il en 
vint ä souhaiter, selon Dieu, d'embrasser cette tete venerable', de le baiser 
bouche ä beuche, de le voir face ä face, visage contre visage, et de s'entre- 
tenir avec lui. Or, dans l'ardeur de sa chaude affection il ordonna que fiit 

10 preparee au plus vite une echelle- qui piit atteindre jusqu'au sommet de la 
colonne. Cette echelle lui servit bien des fois pour monter et pour apaiser ä 
son aise ses sentiments d'affection, car ce n'est pas une fois ni deux, mais 
souvent, qu'il monta, qu'il pai-la avec lui, partagea son ropas et se nourrit 
spirituellement de sa saintete. 

15 47. C'est lä que le hasard ameiia aussi Taccomplissemenf d'un miracle 

5. Mot a niot : le pain huhiluel, tov il 56o\j; ipTOv, equivalent de tov e$ ouvriesia; i'pTov g 72, toü ouvViOovi; 
i'pTOu g 71; il faul iMilondre par lä le pain que Saint Luc, confonnenienl ä la remarque du biographe, 
■^41. avait rhal)itudc de biMiir et d'dlVrir comme remede miraculcux ä ceux qui imploraient son aide. 
La menie expression estemployOe pourl'eau, g 71. —6. II esl eiicoro queslloii delillrc i'crite par noire 
Saint sur sa colonne, i 50, et, d'une faQon generale, g H4. 

46. — 1. L'exprcssion ne nianque pas de bizarrerie, vu le cunlexte. Voir g ."«2, n. :'. — 2. Une 
echelle, et non lechelle, voir g 26, n. 3. Le patriarche peut Commander ä son entourage ou plutüf 
aux moines d'Eutrope qu'on apporle une Schelle, mais d'ordiniiire une 6clielle n'etait pas appliqu^c 
contre la colonne sans la permission du stylite. 

PATR. OK. — r. XI. — F. 2. 16 



242 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [98] 

k'pYOu tö xxpspyov £j7,ivop£v;<ia[/.evou toO to'ts TeOepanTeujx.evou. Bafft^stö; Tot rt; ' Toü'vojjia, 
iv/ip oü Ttöv äv(i)vij[y.(i)v •/ty.l icpavöiv, il>,a xal liav TCept(övU[jt.cüv -/.xi TTift^ö^wv, tu toS 
[AaY''^Tf^'-' iJ.i'Yio7M xari x.öcij.ov -/cleii^op-evoc ä^twaart, auvaveT^Owv t£) iraTpKxpj^^v) tw ' 
Tv.vtxaöTa irpö; töv ociov sv tw -/.tovi gdvegtioc te ;'.xl ö[AOTpzirs(^oc aÜTw yeyovt-lc, üc 
(/.era tyIv icTi'aciv äirovtiLaaÖai rot; /eipai; s^evjTev 6 p.axapiT'/i? Aoux,ac, TvpoÖijfAug ünvipe- r, 

TTjaraTO ItpÖ? TaUTY)V TTIV ÄtaX.OviaV ö [Aa.VKJTpO? OUTO?, O? /M t7i TMV TC£T£lVtOV '' — pOffTlYOpiy. 

7rapop,oiov TYiv 7rp05tüVU[AiÄV SKE/iTYiTO, 0?, vEcppixai? äXy/i^offi -/.£/cpaT'fl[A£'vo?, -/tat Tauraii; 
/lav £Trto^uvot;\ iivl j^povoi? rpiffi, tw toO äivov;[A[/.xTO? äytasf/.xTi, Trpo; Ospof7T£iav TTKJTüii; 
«TCE/^pvicaTO. Ä.X£nj/i[j.£Vo? yap i^ aijToO Ta •jr£pi tou; v£cppo'j; 7T£7rovvi>idTa [AEpvi, Ttxpa- 
y^pY)[;.a TT)? Twv irövwv öÄuvr,; ä7r/i>>Xzy/i, tov üttoXoittov zTravTa tyj? (^w^; aÜTou ypo'vov lo 
äjAEToyos Tri; TOiaÜTYi; Sia[7,£iva.; xa)ct6(7£(ü;. 

47. — 1. M ToÜTic- V seulemeiit ti;, ce qui ne reiul pas comple de tou. La partiiule tot se retrouve 
bien eciite, ? 55. — 2. M -ö, — 3, M jtETivöiv. — 4. M sTtuoJvoi. 



oü celui qui avait reQu uu Service recompensa la bonne oeuvre par uii hors- 
d'oeuvre ' de plus haute valeur. Donc, un nomme Basile", qui n'etait pas un 
inconnu ni un homme ohscMir, mais qui au contrairc etait fort celebre et 
fort illustre, hoiiorc qu il etait de la cliarge de innfjistros' si importaute seloii 
le monde, mouta un jour sur la eolonne aupres du patriarche qui s'y 5 
trouvait alors avec le saint et y mangea avec Ini a la meme table. Comme 
apres le repas le bienheureux Luc eut besoin de se laver les malus \ il regut 
ä cette occasion las Services empresses du magistros dont le surnom res- 
semblait ä celui des coqs^ Basile souffrait depuis trois ans, et tres cruelle- 
ment, de douleurs de reins : se servant avec foi de cette sainte ablution" ki 
comme de remede, il s'en oignit les parties malades autour des reins. 
Immediatement, il fut debarrasse de ses penibles souffrances et tout le reste 
de sa vie il ne ressentit plus les atteintes de ce mal'. 

47. — 1. Ilors-d wiirre, liaduclioii qui «■oiiseive ä peii pres le jeu de inot de l'original. — 2. La 
Suite du texte ne pennet pas de douter que l'indötermination de l'expression ne soit qu'un artifice 
de rlielorique aussi usite en grec qu'en franoais : it; = un cerlnin,... que vous connaissez bien 
(voir (; 60, n. 1, 83, n. 3). Nous avons fait connaitre ce Basile plus haut, Inti'od., p. 22. — 3. Mi-yi- 
oTpoc, titre lionoiifique cliez les Byzantins; en Occident, magister. — 4. Soin de proprete fort nöces- 
saire apres un repas, surtout ä une epoque oii l'on inangeait avec les doigts, comme c'est encore 
l'usage de beaucoup d'Orientaux. — 5. Coq. C'est le sens habituel de ireTSivö; dans l'usage courant 
de la langue. Donc : Basile le coq, ce qui, en frangais de meme qu'en grec, deuote un personnage 
actif, remuant, tout penetre de son importance. Le sobriquet donne ä Basile est conlirme par les 
sources : Baai'Xsio;... 6 nctcivo; rrivitposiiYopiav (C.edhenus, /'. C. t. GXXII. col. 56), Baoi/.€iov |xäyt<jTpov tov 
'kEy6\i.fiO't jiETSivöv {ibid.. col. 76, etc. etc.). — 6. Mol ä raot : cette chose sainte qu'Hail l ablution. G6nit. 
e.xplicat. ; cf. § 39, n. 1. On ne dit pas que saint Luc lui-m6me alt offert cette eau au magistros dont la 
confiance n'en app?rait que plus vive. Voir au contraire, § 77. — 7. Basile P6teinos mourut quelque 
temps apres la conjuration de 961 (Cedrenus, P. G., t. CXXH. col. 77). 



r991 GUERISON DR BASn,K PKTRINOS, !^ M. 24.5 

Kai TxOra jAc'v, ToiaOiTa /.xl TriTviz-aOry. tw ]hv^ihi\ Tuyyavov-ra, |y.i/.poi; x.ai oÜTi- 
Äy.voTc ■Xoyioic £7ri toooGtov eii-flcOw. 

■IS. I t) de' (AE [/.'.xpo'j S'.s),aOev ivape'XfIöv, sv [aetw /.e^aevov twv riiivi priOs'vTWv T£ /.a; ' f. i-.>:r 
-rdjv aOÖi; p7i6-/i';£'70at ix£7v'Xovt(ov , ct^ioGaup-acTOTspov TspzsTtov, toOto Tot vOv Ewxvx/aSwv 
•"' t£) XoyV (JuveAÖwv ÄtYiY7f(jO[;.a! . Kai aoi t-/iv ä-/.oyiv -/.al ty,v (»lavoiav, irxpa/.rAöJ, irpoÖü- 
[iw? cuvTetvare. 

Sspyiö: Tt; TO'jvoaa, tt; Os^iei ;jiv i'j'iouyo;, t-/iv xa^iv i^e y./.y.O'./.c); sv Tot; Tvi; 

MeyaV/ic /.aT£iX£y[/.£vo? £y.-,cXviC!a; 'jito^'.axövotc, £/. ypo'vwv ixavöjv tov tvjq; tov ocov 

-ioTtv )C£iCT7i|7.£'voi; cj/'/OTEpov T£ iTpo; auTov -op£UO|i.£vo? )cal -Etpxv ty;^ toutou öpaffTWW- 

10 TZTyi; buvzv.Eco; £v (^txcpdpot; Öaüy.aijiv si^Yiipw?, ouro? £C ixpocE^ix; xxl äSouXia; [j(.£;pa- 

x.'.coöou; T£ TTx'.Äiac ' TQiouTM öxvxrooo'pw TC£p'.7r£TCTa)/.£' -apa-TÜ[i.*Ti, jx.£Tä vi: y.llJlOU 

48. — 1. V jtaiöei'a;. conection iiuilile cpij change le sens. — 2. MV TtspiitenTtixii, p.-q.-p. irreguliei" 
qui n'esi pas dans le style de l'auleur, cf. ? 27, n. 1. Le parfait, qiii se relrouve. i 63, dans im m^iiic 
contexte, doniie une des cadences toniques preferees de Ti-irivain. Remarquer que ce verbe domine 
loute la phrase jusqu'ä nXrjYic : les parlicipes eXrjXjSü;, jt^tixü; s'y rattachent au moyen de fip comme 
4ve),6wv ä äfü)7eu>i7aTo, i 46; la phrase est assez longiie, mals raiileur alme les longues phrases et il 
\ ient de reprendre du soufTle I 



.Mais a des clioses pareilles et dune grandeur si remarquable cessons de 
consacrer des paroles mesquines et sans valeur. 

48. Cependant, ce que j'ai failli omettre ä mon insu et qui tient le milieu ' r. nr 
entre ce qui a dejä ete dit et ce qui reste encore ä dire, prodige encore plus 
■"' admirable celui-ci, maintenant qu'ayaiit pris haleine ' je reviens ä mou 
discours, je vais le raconter. Pretez-moi, je vous prie, une oreille et une 
intelligence empressee. 

Un nomme Serge qu'on avait fait eunuque et qui faisait partie du clerge, 

— il etait inscrit parmi les sous-diacres de la Grande Eglise^, — avait depuis 
10 nombre d'annees mis sa confiance dans le saint. II le visitait fort souvent et 

lexpericnce de diflerents miracles lui avait appris la puissance si eflicace de 

48. — 1. 2;uve)6ijv (et; e|j:autöv) : .sc remeltrc (d'une fatigue). Le discours est tres long: Torateur vient 
dr s'arrßter puur preiidre haleine; il fait remarquer qu'il est juste au milieu de son panögyrique. La 
foupure est en effet matöriellement exacte ä quelques lignes pres. Autre coupure de ce genre, g 66. 

— 2. .\utrenient dit, Sainte-Sophie que lout le monde connait, ä cote de l'Hippodrome. Le clergö en 
iHait fi>rl noiiibnux el en avait el(? fixe par Justinien (Nov. 3. c. 1) a 60 prelres, 100 diacrcs, no snus- 
iliucres, 110 lecteurs, 125 chantres, 100 portiers et 40 diaconesses. Lo nombre en augmenia encore par 
la suite. Dans cette foule d'eccliisiasliques, tous övidemment n'eta ent pas de premier choi.\ el n'övi- 
laient pas tout commerce peu reconunandable. Quant aux eunu(iues, n'ötaient exclus de la clöricature 
que ceux qui s'6taieiil miililös volontaireinent, niais non (loint les autres. Ainsi, d'avoir ete mutilt' par 
violence, cela u'empeclia poinl Ignace. Ic rival de Pliotius, <le dcvonir patiiarclic de Conslantinople. 
(V'uir des textes de canonistes grecs dans Rai.i.i et Potm. XOvTaYli« ^wv 6eiuv xai iefüv Kavövuv, .Vthenes, 
1852, t. ILp. 30, 114-116). Xotre Serge n'etait pas eunuque de naissance, t^ yOasi, mais t^ Osaii, c'est-A- 
dire qu'il l'ötait devenu, ce qui, vu sa qualitö de clerc el les lois canoniques, ne peut s'entendre que 
dune mulilaüoii (i|)('n';e par vingoancc (las de <aint Ignacp) nu sur l'avis des medocins. 



2/.4 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. ' [100] 

T'.vd;, -/.wjj.acTO'j ■' Te xyX jikoMmo'i TuyyavovToi;, sie Ao'you; xGTeiotj;, oiy. ^iT^et TtoVAa/Ci; 
£v tcoa'Xoi';, sV/i'Xu6oj;, ü? i/. »juvTpoipia; '^•flOsv x.ai iruvavacTpoip'^; oO xa>,r;i; cuvviOstav 
ecj^vjKw; x.al yvMpi[i.oTV)Ta irpö; aüröv, oi;, äiro Töiv äijTeiwv pYi(j.aT&)v l/tsivcov tcöv 
äloytac (X£ij.£|JTco[/.£'vojv, oia <7'jj/.6aiv£iv e'twOev, tlq 'Xoi^optag äloywTeca? ^ Toausl; xai 
(7/Cwy.[;,aTa, xtvo os tüv 'Xoi5opiidv y.y.\ cy.<i)[A(/.aTwv ei? üßpei; xy.l ä-ijxia;, äiro i^s tcov ." 
uSpscov xal xaTViyopiwv ä7:o[Aave'ic iKsivo?, /^£tp<iv ap;a; äi^wwv üc )cat [AsOri ßeSaxyeu- 
as'voc oivofpXuyix;, et; aa'aTiyxi; ;caT£V/iEe xal irXviya.;' Iv '.TTTCosTactw yocp toötov iaovcüt«.- 
Tov xaTeiTirupto; irspl ijL£C7V)[JLßpi.vviv topav Öspou? ßatÖeiav, twv ix'Xacov ttzvtcov 'jttvm '' fiaÖet 
•,caT£)(^oy.svwv, ext togoötov i'-atice tov xvSpwTTOv ä7r/)vw?'', rpv)v^ /.xTaßx'Xwv stt' sSzipou;' 
T/)v -£ /.ecpaVflv aÜToO Trpö? Tat.; »ravioi twv 07r£ffTptoy.e'vojv ' 7tCiVTiXw[/.aTa)v " Trpoffaiä^x; ii 
/».«'. Tuvs^c'ci TCpoi7/'.po'j(j£'7i XKi cuvTpt^ai; /.aTEz^a?, I^-s'ypiS av '" vi[j.i()vvitov " xat 

3. M xo|ia<jToü. — 4. MV aXrjYuiipoj^ iiüpüssible : a qiioi t;e rapporterait ce iiiastulin? öiir la 
confusion, cf. Iiill'od., p. ö. — 5. il Oreviov. — 6. M iiteivü;. — 7. M ey' iSäyoj;, el non £9' iSäfo-ji;, 
notation de V Exemple inlöressant d'aspiralion populairc a rapprocher de £9' D.Titoi, Rom., viii, 20. 
— 8. M OTteuTjxoiipiEvwv. — '.1. M TTovTjÄwiiaTMv. Ce 1110t MC se tiouve dans auLUin le.xique ; dcrive de 
tiovtO.o; = plnnclit'. lequel est dans Sophocles. il doit sigiiificr ici iiii planclitr de gros madriers. perce 
de troiis et place sous les bfetes pour les pröserver de l'humidite et <le la souilliire des urines. — 
10. Apres eiti tohoütov on attendrait plutöt m; du ürrzi aveo l'indicalif aorisle, iiiais iiixP'-' *^ t^^sl P'"* 
expressif en ce qu'il marque la conliimation iniiiterrompue de raction jusqii'au rösultat desire, 
rindlcatif indiquc qiie le resultat a ete obtenu. — 11. 'Hui'Ovyitcv au m^me seiis qiie Ti(ti6vrj;. ^ 58. 



Luc. Ol-, uiie legerete, une etouiderie, uu amusement de jeune liomme, le 
fit victime de laccident mortel que voici. II s'etait laisse aller, comme il 
advient soiivent dans les compagnies, ä des propos plaisants avec un mime, 
viveur et bouffon, qu'il frequentait et connaissait par suite, semble-t-il bien, 
d'une liaison et d'un commerce peu reconimandable. Le mime, apres avoir 
debute par ces propos plaisants pleins d'extravagance, passa, comme c'est 
rhabitude, ä des moqueries et ä des sarcasmes plus extravagants encore ; des 
moqueries et des sarcasmes, ä des injures et des outrages; apres les injures 
et les reproclies, le voilä qui s'emporte, qui passe aux voies de fait, et qui, 
tout transporte d'ivresse (car il etait saoul de vin), termiiie par des coups et 
des blessures. En effet, ayant dans une ecurie^ rencontre Serge tout ä fait 
seul, en plein midi — et c'etait l'ete de sorte que tous les autros dormaient 
d'un profond sommeil, — il frappa notre homme avec la plus sauvage cruaute, 
le jetant par terre la tete en avaut, la lui cognant contre les plancbes des 
boisages etablis sur le sol et la fracassant ä grand renfort de coups et de 
meurtrissures, jusqu'ä ce qu'eii ayant fait une moitie de mort il le laissa, 
sans voix et ä Tabandon, sur le fumier. Serge fut ensuite retrouve par ses 
parents, etendu comme un cadavre et ne respirant plus. 11s le releverent 



10 



3. Ne pas oublier qu'uii est pies de IHippodroMie. 



[101] GUERISON DU CLERC SERGE, S /'8-52. 245 

aiitdvov ä77epya<jocf;.evOi; spiifXfASVQv toutov stcI -Mi^iMc, /.k^Hi-ki^ , ov oi irpoo"fli40VTe;, 
GffTeoov e-jp-ziÄOTE? ücei vcicpov ;caTa/C£{jjLevov dtTCvouv, ÖpvivwiJois iive>-oy.5voi TCpo? to twv 
EüSoÄou vo(TO/CO[y.£tQV 'Jvo[/.a'(oaevov (popy.i^viv >.aSovT=; iTrooepoud'.v. "Ev9a d-h oi t-?,; 
txTiiy.-7); sTv;(JT-/)'u.ov£i; Tc'/v/i; öaaSoi/ eTwuva/Oe'vTei; y.ai toc /.xt' auTÖv ä/.piSd»? ^laoteJ/z- 
v.£voi i:T6 upcoTvi; -/ippÄ; -/.a' [J-^yj'-i tSÄdv/zi; uai7-/i; t6 zepioiieia; ' ' y.x\ Ocpy.Tceia; to 
7:xOo? /cpeiTTOv >'.3CTavo-/i'JavT£?, ä7i£tp-/iy.0T£? TravToOsv y.at Tr,; irpo; i^uvlv £>.7:ido? äirayo- 
peücavTE?, (öyovTO xxTaAtito'vTE; tO'jtov äv£i:ij^.£>.'/iTov, toi; Trpoi-flxoi/ci Ta irpo; /tyi5ciy.v 
£ÜTp£iri^£'.v il, «ÜT^; irpoTpEiLajZEvoi. Kai y^P '«'' '^^^^ ''"'^^ y.£(pa,V/iv aÜToS, — toi; p.iat- 
yovot; £y.£'VO'.? JCÄTaTsölaarrai ' '' ayf^.xai /.xl fWVTpifif/.aciv, — £;oyy.w9£',(jav xc't tT\; 

12. D'apres notre Vio {'i 'i8, 60, «3), itEpioSeia = lournee. visile, Irailemcnl du medetin qui visite; 
il vicnt de itepio&eJEiv = fain' sa lournee de mederin, visiler, traiter un malade, ü 56. — 13. M xaTtOXaTe. 
V zaTaTeeXajTtievYiv, restitution qui s'61oigne beaucoup trop des Clements olTerls par le manuscrit. Dans 
celui-ci, le premier te ost a la fin de la ligne; le second est au commencenient de la ligne suivante, 
precöde de 6>o qui est en dehors de la colonne et provient certainemenl d'une autrc plunie. Le nianus- 



en gemissant, le mirent sur une litiere et le trausporti'reut ä Tiiöpital dit du 
quartler d'Euboule '. La, les sommites de l'art medical se rassemblerent en 
Corps et ils s'interessöreYit minutieusement ä soii etat depuis le premier jour 
jusqu au septieme. Comprenant alors (ju'aucuu traitement ni aucun remede 
n'aurait raison du mal, absoluraent decourages et renon^ant ä tout espoir de 
le sauver, ils s'en allerent sans plus s'en occuper, apres avoir conseille ä ses 
parents de tout preparer sur l'heure pour ses fuuerailles. Et oii pouvait voir 
sa tete — les coups et les meurtrissures sanglantes 1 'ont fracassee — enflee 
par une forte fievre et presentant anx assistants un spectacle prodigieuse- 

4. « Lp quailier d'Euboule » au meme sens que « le quaiUer d'Euliüpc », voir plu.s haut, § 1, n. 2. 
Les deux expressions grecques se correspondent. Celle que nous avons ici se frouve confirmee par 
ailleurs : Ta 61 EvSovXm äxtioOriijav wapa EvSoüXou raTpixi'ou sv toT; xpövoi? 'louo-TiviavoO ToiJ ©paxö;, etisc otxo; 
aÜToü rjv {PsEUDO-CODiNLS. HiTpia KuvsTavT., IIL daus PnEGER, Scriptor. Orig. Conslant-, t. II, p. 254, 
11" 120). On lit imniedialemeul apri-s ibid.. n- 121) : Ta Se 'I<jiSwpo-j- 6 'IffiSupo; (xo£),?o; f.v tov EJ£oO- 
),ou xit avYifEipiv -cbv oixov aJTOü Y'lft»'-'»!^''»"' "«' "'"'ä''- Dans Thöophane, nous lisons : llaCXo; i/.eipoiovii6r) 
JnJdxoTto? 'AvTio/.Eia; 6 SevoSox»? ^"^f Ku6oOXo-j {!'. (1., t. GVIII, col. 384). Ces textes ne parlent pas 
oxplicitement d'un voo-oxoiierov, mais le dernier parle d'un ?£vo86xo?. Or, 5svüv, äquivalent de notre 
luiil höpilal, signifie aussi un 61ablissement oii l'on soigne los malades : Procope dit en etTet qu'entre 
les deux eglises de Salnle-Sophie et dr S^alnte-IriMic il y avail le $ev(iv de Sampson. ivBpiiitoi? äveiiisvo; 
aitopo-jiievoi; « xai vodoOji xa ei/aTa. II ajoute qu'on face de cet höpilal de Sampson. Justiuien fit 
construire deux autres {evive; dans les inaisons dites d'Isidore (frere d'Euboule, avons-nous vü) et 
d'.\rcade (PnocoPE, De Aedificiis, lib. I, eap. 2'. II n'est pas impossible que Vliöpital liati par Juslinien 
dans la maison d'Isidore fiU le memo que celui appel6 par notre auleur voioxoiiciov twv EOSouXou. Cela 
rvpliquerait iiue les proprii^ti-s d'Euboule el de son frere Isidore etaienl assez eontigues pour que, 
(listirigu^es a roilgiue par une appcllallou dilVerente, elles aienl reru dans la suite la uieuui döno- 
uiination globale, eelle du plus cölebre des deux frcres. II peut S(^ faire aussi qn'il s'agisse de deux 
liupitaux distiucts, qui en toutc hjpothose ne devaient pas etra eloignös de l'Ilippodronie el de öainte- 
^^ophie. Nous le savons de fagon nette pour le Uvüv d'Isidore, et on doit l'admettre egalement pour 
le wrjoy.o\xtXnv tiöv ECSoJXou : Serge, clerc de Sainte-Sophie, assomnu^ non loin des ^euries proches de 
rilippodrome. a uaturelloment (M conduil dans un höpital voisin. 



246 YIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [102] 

TCpYiCfAov^i; ' ' [7.eys6£i, ymH' Ü77sp6o>.-/iv e>v££ivov Oe'afAa TrpoSsSV/jy.ev/iv toi? ß>,e7rou9iv, jr/fTe 
♦ f. 124. [AVIV rJcpÖaXjXwv [j.-/iT5 pivwv (jf/iTS fÖTWv jr/iT' auToO ToO TrpoTWTVoij ß'XeTvojAs'vwv t6 ouvoj'Xov, 
i)v>.a TV) liav ÜTrepoy/.u -/.al ÜTvep [XSTpov iErjiÄr,i7£'. /.ai cpT^eYi^ov/i TcävTa Ta irepi aür/iv 
jxopi« (7uyÄa'Xu(p6'?ivai ' ■' xai äÖeaTa /.aTaOeäoOat. 

49. Tviv o'jv ToiauTviv öSuvvipscv x^^ikia.'t eiV/jopÖTe; oi toütou ooovTisTai -/.a'. Trpoffv)'- 5 
xovte;, ipopeiw toOtov ftirri>.TUi(j[Aevov ' äv£>.6[jisvot o'iV.ot ):xTa6i€x(ouG'.v eünTvioitö ^s Ttvi 
iT>.vicia^ovTi Tou ÖEQfy.axapo; ' ett' civdi;,aTi ' NixoXäou xaTa tvjv /.a7.ouu.evyiv Tuy/iv r^; 
TToXgw?, exetoe tew? xveovTa Ta 'i(sya.TCit. xaT« w£p;(jT5(ff!V aicoTiÖeastv, "Ev6a Svi /.xTa- 
x.£i'p,evoc TCOVYi'pw;* te |i£§>.yiy.£'voc ö'/m tw (j(6[AaTt, [Aiy.pöv avavvi(};ai; £/. tt,; ttootoÜs-ti; 
oöijvyi? £1.; evvoiav ä[;.u5pav -/iXÖev, ü^ £>>eY£v, Tr,? toD c;vi[A£io(popou TiaTpoi; vifAÜv Aousta '" 

crit ofTiait donc d'abord seulement xaTtts. Vu la place dont il disposait, le röviseur a complelö du 
niieiix qu'il a pu, en .<e conlentant du strict nöcessaire pour permettre l'intelligence du texte; il a 
comptö que le lecteur saurait sous-entendre de lui-m6nie la syllabe Ta qui manque. Peut-elre a-t-il 
cru que la forme xaraTJöXaTai elait reguliere, ou a-t-il omis le a parce qu'il avait coninience le 6 trop 
pres de la colonne. Tel que nous l'avons retabli, le texte est une reflexion par incise ä comparer ä 
v»Ox),ripo; iviyjiMti. qui au i 64 est en rapporl avec l^i-Mt (ici •^v... y.a-a-ihlaaxat, parlait = prösent). 
Cette incise se rattache mieux au contexte que celle du g 64, puisqu'elle expli(|ue le pourquoi de l'en- 
flure = noubUc:^ pus que la tele dont nous parlons est loule fracassee. Du leste, l'auteur dans ses 
lecits passe avec une extreme facilite des temps historiques au present; ix plus forte raison peut-il 
le faire sous foriue d'incise. — 14. M npidfiov;);. — 15. Cet iniinitit et le suivant ne s'expliqiient gucre 
que coninie inlinitifs exclainatil's. Voir plus haut, i 24, n. 3. 

49. — 1. M a7teXm(T(i£v((/. — 2. ©örjjid/.o'p = licureiu cn Dieu, mot iion cataloguO. PK. — 3. M (ovö().aTi. 
— 4. Cf. 'i 22, n. 4. 



f. lL"l 



ment lamentable : ni les yeux, ni le nez, ni les oreilles, iii meme le visage 
ne s'apercevaient aucunement, mais si enormes et si demesurees etaient 
l'enflure et l'inflammation que toutes les parties voisines de la tete etaient 
cachees et invisibles aux regards. 

49. A cette triste nouvelle, les tuteurs de Serge et ses parents l'enlevent '■> 
sur une civiere, puisqu'il est condamne, et I'emportent k la maison. Un ora- 
toire dedie au bienheureux Nicolas etait situe pres de lä, non loin de ce 
qu'on appelle « la Fortune de la ville » ' : on l'y depose par liasard respi- 
rant dejä la mort. Tandis qu'il est lä etendu, douloureusement alTlige dans 
tout son Corps, ses souflrances lui laissent iin peu do repit, et il lui passe ji 

49. — 1. II s'iigit il'une statue {i-ia'i.ixti.) que les sources a|i|iellent precisement comiiie notre auleui' 
TJxi TÖlsw! ou tt TvyTi -fi<i ho/em; (.\n'ONVMi, IlapaoTaTSi; (70vTO|ioi ypovixai, dans Preger, Script. Orig. 
Const., t. I, p. 42, n' 38; Pseudo-Codixus, llarpta..., II et III, dans Preger, ouv. cit.. t. II, p. 172, 
p. 257, n° 131). On l'avail dressee sur le Forum, parmi des acciamations enthousiastes (Anony.mi, out: 
cit., dans Preger, ouv. eil., p. 56. n" 56; Pseudo-Cüdinus, ouv. cit., dans Preger, ouv. cit.. p. 177, 
u" 56). Comme les auteurs ne parlont pas d'im quartier de la ville de Conslantino|)le qui se serait 
appele Tuxri et que, d'autre part, les niots t^; itö/ew; tont partie du nom meme de la statue = la 
Fortune de la rille, il n'y a pas Heu de forger un nouveau quartier pour y placer l'oratoire de Saint- 
Mcolas : on dira simplement que celui-ci ötait procho de la parlie du Forum oü s'elevait la TOxv) Tij.- 
TtoXetii?. 



|103! GUERISON DU CLERC SERGE, S 48-52. 247 

OaujjLaTOupyo'J i^uvaj/.EO); y.y.l tcxvEuÖ'j veuca; Ttvl töjv xapaTU/övrwv, w: ei/ev i^j/jjoc, 
/ipTYiv eTCi^r.Tsl t6 Tzyo; /.«■ y.z/.xjxov. Kxi S-Jj toutwv ■* sveyOevTwv, tcöv öjAjtaTtov aÜToO 
Sti veujjtaTOc auOi: [aöX;; y/p'Jiv äX>.OTpi«iC (jist' £7:'.t-/iS£'J'7£c.j; s/. Tr,i; ctpo^poTiTVi? keivvij 
oyy.(0(i£ü>; [A'.Äpov ivapavoiYYivai i^uv/iOs'vxwv, «'jToys'.pl /xzicaii yP^'W-*"*' ■''*^'^? ^'/.' 

.-. SuvzjAew;, -po; tov öc.ov, xu/AöOsv irepi/.pxTO'jy.cVo; xal 17.0 A;; -po? tt,v sy/eiprcv cuvep- 
Yoij[y.£vo;, -r/jv irocpa ua<7iv äTrdYvcüC'.v xivittojaevo;, xxl TxöTa 7vs'[;.7T£t ouv -ra/ei itoX/m 
Tüiv ir:oov:xdvTwv Äii tivo:. 

")0. '11; ^£ raOra ^s;ä[ji.£vo; d Oauiy-afito; i^iy^di Kai tqv £7:-/ipT-/i(A£'vov iTveyvM 
xtv^uvov', ■ £'/7:v£U'j£'. OeiOTEpot -r-7, xoO nv£upi,(XTQ; £p.TCV£d[y.£vo?, 7Tap£u6u iTE/AEi 7;po; 

10 xOtov ivT'Ypacpov -' ^ix yxpayiJ.aTO? tt,; Tijy.(a? «ÜToO /_£tpo; Siz tivo; Apy-aofou /.aXou- 
ac'vou aova/O'j, toO t6t£ tcoo; •jrr,p£(;'xv aüroü xaO£(;T-/i-idTo;. A-/i>.or Äe to'jtw öi' a'jTO-j 
xai !^w5-/i 9u)V?i> ' : •. priSixoTiicuTscTa (fr,(j«<;, w;- « O'j |/.r,v ov^ajAÜ; T£Övr;c;/i vOv, 
ei xai xaca ue "Ä oixou[jiev/i KTEtvot; /.aTezEiyETx;, £av [^.r, upoTEfov wapaYE^c'/l i^pd? (/.£ 

.">. M toOtov. 

50. — 1. M y.ivSuvMv. — 2. 'AvTtYpa?;ov a ici un sens non donne par les lexiques mais garaiiti par I'ely- 
mologie et le contexte : riponse ecrite. — 3. Mot omis par M ; expression complete, ? 57. 



une vague idee, ä ce qu'il racontait. de la puissance miraculeuse du thau- 
maturge, notre pere, Luc. Aussitöt il fait signe ä un de ceux qui sont lä, 
et autant que le lui permettent ses forces il demaiide au plus vite du papier 
et une plume : on les lui apporte. Ses yeux, aides, sur un nouveau signe, par 

5 des mains etrangeres, arrivent ä peine, malgre les efforts. ä s'entr'ouvrir un 
peu ä travers cette enflure prodigieuse; de sa propre main, il ecrit une 
lettre au saint en rassemblant toutes ses forces; soutenu de tous cötes, difli- 
cilement aide dans ce travail, il signale qu'aux yeux de tous il est perdu et 
il envoie sa lettre en tonte häte par un de ses parents. 

10 50. Quand l'admirable Luc la re?oit et qu'ä sa lecture il apprend Timmi- 
nence du danger, mü par Finspiration de l'Esprit divin il envoie aussitöt ä 
Serge une reponse ecrite de sa main venerable et conliee ä un certain moine 
nomme Arcade qui etait alors ä son service'. II lui dit par sa lettre et lui 
fait dire de vive voix, en tonte assurance : « Certainement non, tu ne mourras 

15 pas maintenant, meme si la terre entiere s'erapresse ä te tuer; il faut d'abord 
que tu viennes vers moi et que je te voie et que tu sois vu de moi. » Serge 

50. — 1. Sous peine üe inourir, ä brcve 6cheanco, de faini et de unsere, les styliles -soiit obliges de 
recourir aux sei-vices bönövoles d'ämes charilables : la proximite il'uii couvcnt leur assure d'une 
nianiere permanenle une aide indispensable, d'autant plus que pour obeir a leur regle « les aulres 
nioines doivenl toujours Icnioigner aux solitaires la plus grande cbarit6, la plus sincere d6f6rence 
et leur procurcr toul ce dont ils ont besoin pour leur entretien; car, s'ils vivent ä pari, ils conli- 
nuent cependanl a faire |iarlie du couvent » (Jean Bois, art. (it., p. 5). D'apres notre Vie (ici et ^ 65)' 
le Service du stylile etait assure ä Eutrope par un nioine qui en restait Charge d'une nianiere habi- 
tuelle. Nons connaissons par leur nom deux de ces domestiques de sainl I.iic : .\rcade et L6once. 



248 VIE DE SAINT LUC f-E STYLITE. [104] 

•/cat öeaiTtdjAa; ce /.aX BsaGyiiri ■rcap' s[/.ou. » Ta'jTvjv tyiv ^apo-oiov (i'yyikiol.'^ /.aSwv icfpa- 
XoO? (jwTVipcai; Eveyupov, 6 Tcapa iravxoi; dtvOpcoTTOu cye^öv äireYvwGjAEVoc Sspyio? y.al 
y.iJioov avaOapoTi'cxg tt,? öo'Jvvi; * vcxl ävaveüsa;, xf, sitto'Jsvi v'jx.Tt e^o^ev öpav x.ax' ovxp, 
u.a'XT^ov Ss y.xÖ' ü— ap, ei—siv oi/.EiÖTepov, '.EpoTtpe?:'^ Tiva yvipaiov •/.ai Tvept'Äo^ov Tvavu 
>.aj7,Trpo(pavw; eivci<p6evTa x.at T:poTp£Trd[j.svov aÜTw 5(_EipoupYt'a j^^pYi'caaOai i7uvto[xw, Ät' ." 
•^? SuvrOetr, '' Oauf/.acTÜx; taO/iderTOai. 

51. Ilpwia; Se ysvojj.evr,? •Ä'^/i, twv ivpo? 'Jiroupycav xal Oepxi:a''av x,aTevw7riov aÜToD 
■rcapesTiiJiÖTJOv, xr.v ysipa xaxa tou Tipoorijivou oei/tTixcö; xpia /.al (juveyö); xivwv oü/. 
ETiaü'TaTO, 5i' wv ' (jiovov, oÜ5(^t ^ (ptovai; äT^aV/iToi; y-oO. V£'J[j.ai7(,, t/jv y_£;poupytav toi? 
öpcüOiv eTrsTpeTTsv O'. oe, toOtov cppsviTtöi ßeöVoaÖai x«6'jTV07CT£'joxvTe?, xviv x'.voijijivr,v 
j^sioa <juve'cT£A'Xov, Tr.v TelEUTviv ocqv oCitw ÜTrovooCvte; £YYi'(oui7av. O ^e, xr,; i-^s^i.äj 

4. Consirurlioii interessante : gOiiitif d'eloignenienl; ivaSafaiiiTa; el ävavejffa; soni conslniils comnw 
des verbes d'^loignement, parce que Serge con^oit l'espoir d'6lre delivre de sa maladie. C'est ainsi 
que ivaTtveiv est employe comnie synonyme de Kaueoöai. — 5. MV öuvriöj) qui n'est pas regulier. L'op- 
tatif est garanti par l'exemple identique du g 17. Dans la prononciation vulgaire, S-jvriösi'ri, par la 
fusion des deux derniers sons i, se confond avec S-jvmSfj, d'ou facilitö de la corruption. 

51. — 1. Al' MV pluriel neutro nrf sensiim pour indiquer les mouvements repel6s de la main; cf. g 17. 
— 2. MV piovovouxi 1"' "6 me parait pas dünner dr sens. Voir la traduclion el la note. Le dalif instru- 
menlal 9(üvat;... au lieu d'un g6nitif coordonne ä mv est un changemenl de construction doni nous avons 
des exemples g 28, § 53. 



in 



considera cette joyeuse nouvelle" comme im gage de guerison certaine, et, 
bien que condamne ou ä peu pres par tout le monde, il reprit un peu de con- 
fiance et de courage eii face de son mal. La luiit suivante, il lui sembla voir 
en reve, ou plutöt en realite, pour. etre plus exact, un saint vieillard qui lui 
apparaissant entoure de gloire et brillant de clarte Fengageait ä se sou- 
mettre ä une courte Operation d'oü resulterait pour lui une guerison merveil- 
leuse. 

51. Des le matin venu, ceux qui le servaient et le soignaient etant pres 
de lui, il ne cessa de montrer sa figure d'un geste continuel de la main, et 
par lä seulement, et non point par des paroles bredouillees et des signes, il 
reclamait des assistants qu'on l'operät'. Ceux-ci le soupgonnant atteint de 
folie contenaient les mouvements de sa main et s'imaginaient que la mort 

2. A la reception de eette jojeuse nonvelle, Serge n'est cvidenniient plus a roratuirc Sainl-N'icolas : 
il a etö ramenö ä son domicile pour lequel il etait en route et oü aura lieu l'opöraliun. 

51. — 1. Ce n'est que par le va-et-vienl de la main vers la tele que le malade indique qu'il veut 
une Operation, mais ce n'ötait pas la un gesle dont il tut ais6 de surpreudre le sens; c'est pourquoi 
l'auteur l'oppose aux signes vöritables, veOiiaai, moins difliciles a saisir et que le i)alient n'a pas 
l'id^e d'employer, p. ex. parce qu'il s'imagine que les paroles dont il essaie d'aceompagner le balance- 
ment de sa main le rendent sufTisamment expressif. Comme par ailleurs les assistants n'entendent 
proförer que des sons inarticul6s, incompr6hensibles, ils considereut d'abord le gesle en question 
comme d^pourvu de signification el croient tout simplement ä un effet dn d(;iire. 



rio5] GUERISON DU CLERC S?:RGE, § 48-52. 249 

eipYÖjJiEVo; I xstpo'?. t-^v >,aizv räliv /.-.vöv äveviJoTO)?, T(T. öaouo Ty-fl^aTi ty;v TO;r;;v • f. 1-4^ 
£vv£ytov ■A7.x■^r-il■^i•^. Mö^'-C, U ttote toO Äpzy.ocTo; ev -j-r^x'-iOriTc'. yeviy.svoi, 'la-pöv T'.vy. 
TCpocy.xT^oOvrai tov t7,v TotAr.v xÜToupyriCOVTX- 6 Se, ^s'.l'z x.ai ^h: toü 9p'.-/.u^oy? o;-^-«- 
[AaTo? äy-e'vou ^uc/sOei;, irap-flTeiTo t6 eiriTotyp-a, p-e/pi? av aOro; e/.eivo; 6 äppwSTÖv to 

5 (T'.^-fl'piov a'^Toyaipl >.agu)v tm l«Tp(o stviSe^wx-sv . Tr„- ye'.poupyi'a; TOiyrpoOv i;poyüjp-/:5r.5r?, 
r7.-/;pou;-' /.sxzvr. Dao'>; '' t^eppeu'je cesr-OTO? i/öjpo; /.al S\i<7Mi^w; üysoT-ziTO-:, TvpwTa 
u.e-/ sy. uipo'j^ toj i^£;io'j, sireiTa Ss -/.al -roO eüwvöiAO'j. ivapxTrAr'Ticü; T-flv Tr,; ^/[({icu; -/.al 
•JypoT-ziTo; -/ivw^'.v zivoppsü.7avTo;''. Motiocsci" f^£ /.al äXoicpai: upo; Ospoc-eiav J-iT-zioaiw; 
y p-/;c7za£vo; s(p' Yi|X£p«? Tsccxpa/.ovxa ' , o:::tw tüv rü; yjipoupy lac p.wA(iTwWv ei? öXö-ziTa -reAe-xv 

10 E^YiXaxdTiüv. e<p£(jw tcoOou y.al TTi^rTeu; sptoc OspjATi; eTCsmepyeTa'. " tu Tr,; ia^ew?, w? 
ei/.o;, -ap' sXiTiSa wäcav sirtT'jyövTi, t^oo^i/Jm tc'aoiw" yp-/)c;a;x£vov Ä'.a-epäcxi -/.al tov 
vsoaTTSUT-^lv jüyapicTTipio',; pTifAaciv eücpr,[/.ix; ilw.rf.iy.i y.x\ p-eya/.Ovar evOa ^vj to ivapaö'.- 
;oTXTOV a'jOi? y.al irxpxTrXrlrTiov tou TcpOTapou 6a.'J[AaT0? y.xTxOexOr.vai XeyeTxi t£ /.al 

TIcTtlCTeUTZ'.. 

15 52. "\'AX yip TW TO'JTOV T"^? •/.a,'Xou[j(.£v/i; 'Ay.poTCoXew; iTroTt^.E'jcxvTa, ^\zTCspav 

3. V TcXiif?]:, maij; iiÄriprj«; donnaiil un sens satisfaisani = un ubci'S parrcnu (i malurile et ijiic le. 
piis remptit loiil enlier. il vaut autant le conserver, suitout qu'il est plus dillicile de voir coiiiment 
TtUpr,; aui-ail pu devenir itXripoy;. — 4. M e/xoc. — 5. 'ATtoppeO-iavTo; osl construit avec im accusatif de 
relalion = ruisselanl de levacualion. Cf. 'I[tfp« psiTu ^ila, Theocr., V, 124. — 6. M (itDTWffeot. — 7. Le 
ms. porle en abrege (i'. Voir § 43, ii. 6. — 8. Xpr,Tä|jievo;... £itei<rlp-/eTa; tu... E7tiT-..y.övTi, anacolulhe. Cf. 
Bou)6(i.evo; KOpo;... i5o|ev ai-zü,. Xenoph. Cijr., VI, I, 31. — '.I. M 7t).otou, CS qul suppose que nopaiiic,» 
est pris comme nom = TtopOtieiu- mai* "'^ donne pas de sens ici. 



approchait rapidement. Empeche de la main droite, Serge remuait maintenant * i i-"'' 
la main gauche sans s'arreter et par le memo geste reclamait iine rapide 
incision. A grand'peine reussit-on ä saisir le sens de ce manege. Un medecin 
fut appele pour pratiquer Tincision, mais, retenu par la crainte et la peur 

•> devant une aussi horrible tunieur, il refusait de s'executer, jusqu'ä ce que 
le malade lui-meme prenant le fer de sa propre main le lui eut doiuie. Pen- 
dant le cours de l'operatioti, d'mi ulcere regorgeant il sortit une cuvette 
d'humeur decoinposee et de liquide nauseaboiid, d'abord du cöte droit, 
ensuite du cöte gauche, qui se debarrassait ä son tour par evacuation de 

10 ces humeurs putrides; puis de la charpie et des pommades furent soigneu- 
sement employees comme remedes pendant quarante jours. Les inarques de 
Toperation n'avaient pas encore disparu complctement qu'uu desir afTectuoux, 
une amoureuse et ardente passion s'empara de celui qui avail ete gueri, 
on en conviendra, contre toute esperance : prcndre une barquc pour la tra- 

lü versee et s'en aller remercier, glorifier, exalter son sauveur avec des paroles 

de louange. Or, on raconte comme digne de foi qu'on put voir encore ici 

quelquo chose de fort mcrvcilloux et qui se rapprochait du premier miracle. 

:r2. Etant parli de ce qu'on appelle l'Acropole, des qu'il eut commence 



250 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [106] 

äTvapcau.evov irpo? aÜTto t£ tw ;/.£(yat*TzT<<) toG tvovtou ' yevdiAEvov, 7.ve(Awv evavTiOTViTi 
(juvavT7)(>avTe; oi tou ir'Xoiapiovi -/.aToyot tu poii^co xe toO peüjAaTo; xai toj (7(poop£j tou 
TTveufJiaTO? (pEpo[A£voi pxyi^aiü); te i7UV£>.a'jvQp!.£voi, «VTi T'Ö? irpö; XaT^x.YiSova xai tciV 
■/.iova ■TCOpsiac, tviv wpo; Ta; wl(70u;, x,at (avi ßo'AdjJievot, /».zÖoociv s-O'.vicavTO. Eti. oi to'ts 
ToC iT/oiap'>jii [AST3C iroXX'^5 t'^i; pu'Ar,; ßiaiwj xaTafpEpoj/s'vo'j', £•* toS x.iovo; TTpo/CuJ/a; 6 
5io5XTix.(OT0(.To; ey.etvo? öfpÖa'XiAo'c, ÜTCoSet/.vj; xoT; otÜTw -poijjAe'vouoi [Aovaj^^oi'; (p-flai ivpo; 
«ÜTOui;, -rii ^eipl SaxTu^oÄEixTwv « B^e'-ete to ->.oizpiov exeivo tö Trpo; tä; v/fffO'j; 
(( TOpo^oö; (TuvE'XauvrJiji.Evov ; ' sv aÜTÜ [Jt-oi i^oxei tov -/.Iviptx.ov ÜTrapyEiv Sepytov, o; 7:p6? 
« -/laag öo7//i'(ja; ^taTreoav, Toic ' Toiv svavTttov ävs'[iL(i)V /.ujAxci iVEpiTuywv, tou C/CO— ou 

52. — 1. V IlovTou ici Ol '(, 83, mais. dans les deux cas, si c'ötaitun noiii propre, l'auteiir reül accom- 
pagne ä son habitude d'un mot commo xaXou(i6vou; il signifle la mer propremenl dite par Opposition 
au dötroit du Bosphore. Voir la note de la traduclion. — 2. M xaTo.eEpö(i.£voi. — 3. Seul poinl-virgule 
d'interrogatlon de tout le ms. Cf. Introd., p. 6. — 4. MV tt|... y.C[i»Ti! 



la traversee et qu'il fut au beau railieu de la mer, les vents contraires 
assaillirent ceux qui montaient' la barque, et teile etait la violence du 
courant, teile limpetuosite du vent qu'ils furent saisis et rapidemeut entrai- 
nes, si bien quau lieu d'aller vers Chalcedoine et la coloune, ils deriverent 
Sans le vouloir du c6t6 des iles^. L'embarcation etait encore emportee aveo 
l'orce par la violence du courant lorsque, se penchant de sa colonne, cet oeil 
si pergant ^ fit sigue aux moines qui etaieut pres de lui ^ et leur dit en eten- 
dajit les doigts de la main : « Voyez-vous cette embarcation emportee rapi- 
demeut vers les lies? II y a lä, me semble-t-il, le clerc Serge qui etait parti 
pour veiiir vers nous, mais qui assailli par des vagues de vents contraires^ 

52. — 1. Remarquer le pluriel tres logique, apres un singulier qui relalt raoins, mais qui avait 
pour but de souligner fortement quel est le personnage principal de lout Tepisode. Voir f, 84. — 2. Le 
groupe des iles des Princes. Quand on prend une barque ä TAcropole, autrement dit ä la pointe du 
serail actuel (voir .1. Lad.^hte, Le palais imperial de Conxtuntinople et ses abords, Paris, 1861, p. 98 
sq.) pour aller ä Chalcödoine (Cadi-Keuy), si le courant est violent, comme c'etait le cas ce jour-la 
IUI le vent du Nord-I-lst etait de la partie, on longo la cöte d'Europe dans la direclion du Bosphore 
lissez longlemps pour 6tre sür que la force du courant ne jouera pas ensuite de mauvais tours. Alors 
seulement on met le cap sur la cöte d'Asie et la vraie traversee commence, SiaTtspäv iitap^ijievov, <i 
force de rames ou de volles : la dörivation se produit immödiatement. Si le batelier a bien calcule 
sa manoeuvre d'apres l'etat de la mer et la vitesse propre de sa barque, il est amene de l'autre cöte 
du d^troit en face de Chalcedoine au nioment oü il entre dans la mer proprement dite, en un point 
üü le courant n'a plus assez de force pour faire manquer le but; sinon, le courant l'enlraine bien loin 
ilans la mer et, si le vent du Nord-Est souflle un peu fort, l'embarcation derive meme jusqu'aux iles. 
— 3. Cet ail si jierranl : expression a rapprocher de eelie tele si chere, g 46, mais encore plus 
bizarre, vu le conlexte. La vue de saint Luc est si pergante parce qu'il est öclaire des lumieres 
d'en haut. Voir quelques lignes plus bas et g 57. — 4. Pres de lui, sur la colonne, puisque saint Luc 
ne leur crie pas mais leur dit. Les moines sont evideniment des moines du couvent d'Eutrope. — 
5. En forgant un peu, on aurail pu traduire par des rngues que souleraient des renis vonlniires, mais 
dans ce qui precöde et dans ce qui suit il n'est question que des vents et du courant, nullement des 
flots, contrairement ä la Situation döpeinte, § 83. KüiJia se dit aussi des vents, voir Plutarq., Pomp.. 2.5. 



10 



[107] TROIS OCCIDENTAUX TIRES DE PRISON, § 53-55. 251 

« e$-/iCTÖyTi<r£V. » üt Bi", y.aiTOi itefpav iT/5t'7Ty)v ~r,; TvpoffOÜiV); aÜTO) TtpocpviTi/.r,; 
et>>v)(poT£; Ä'.x(popw? yicpiTO?, ({'.CTai^Ovre; sTtl to'jToi: ävTairsxpivovTO, tö; ocÄ'jvaTOv eivxi '' 
©•/((ixvTec, iiro totoOtou 5ix<jr/([/.aT0i; tov y.'Xr,pi/.ov /.xTaÖpeiv Sspytov. Tvi yoOv STvaupwv 
•ÄjJLEp« yaTivlv/;? eüiAoip/iTxvTE;, tt,; ex. tcjv ive'rj.ojv ävtoa«!;«; "Jiac/.si^y.dOst'ff-A,;, e/. Tr,, 
•'• v/fcou ävz^xvTe: oi to'j irloiap'ou [Aeroyot, t/iv upog Xx/.jtnäova Tropsiav £Üf)ii€ö>.oj; 
£(jT£i7avTo, /.ix.eiOev ö iro'XXa/'.K; d-nXioOsl; Se'pyto^, Ttpo? tov octov TuxTepa Tvapxyevöi^.evo;, 
£itI >.£ztw I iravTO. xa to'jtu iruaSeSvixoTa Äiviy/fi7aT0. K.«'; ttävte; s^£TC'Xayyi(Jocv ol iitoü- • f. 125. 
cxvTc?, Äo^a'CovTE; tov iraoa^o^o. T£pi(jTia TET-oüvTa 0£ov, tÖv 5ovTa toixüttiv e^ouctxv 
y.al yxaiv toC; ävÖpwTroi; Tor? £7:' aÜTOv i;a(;av äva9£[j(.£V0t? 6).0Te).(j>; ~Jiv "Cwviv x.ai tviv 

1(1 i'kTzi^X TVlV TtpOT^OX.iaV TE -/.xl TTETTOlffviTlV. 

53. "Eti TOivuv £/. Ox'jjAXTiuv TTpö? ÖxüaxTx TTpoSxivovTSi; to; ex i^'jvz|A£a); sif 5'jva[/.i,v 
tos; TcooppviÖeiut icxi TxoTa TvpofjÖEivxi oii/. ö/,vr,T£ov. 

Tov ya"Ay.O'jv yj^.vov äv^pixvTa irxvTe; iute tov Tupo; Tto x/.pw toü Tr,; "lTkTTOopo[/tx? ' 

5. M 6 5£. — 6. 'Q; iSJvatov Eiv«t, aiiacnluthe qul rend m: explelif. Idem § 39. n. 2. Cf. Xifti; ötc... 
oOSev öfsXo; etvai, XiiNOPH.. Ci/r.. I, vi, 18, eile par Madvig. Synlajc de In tangite grecqup. g 159, rem. 4. 
53. — 1. 'iTuioöpoiiia — hippodrome. iKin calalogii6 dans les lexiqiies. Voll- note de la Iraduclion. 



a manque son but. » Les moines savaieiit fort bien par des experiences tres 
variees que Luc possedait ä uii haut degre le don de prophetie ; toutefois ils 
resterent dans le doute et ils repondirent qu'il etait impossible ä une pareille 
distaiice d'apercevoir le clerc Serge. Or, le lendemaiu, ou jouissait d'un beau 
temps, car le caprice des vents avait pris fiii : ceux qui etaient dans la barque 
quitterent l'ile " et se dirigerent tout droit vers Ghalcedoine; de lä on s'etait 
montre Serge plus d'une fois', et le voilä qui se presente ä ce venerable 
pere et lui raconte par le menu tout ce qui lui est arrive ! Tous les auditeurs • r. ij 
furent dans Tadmiration et ils lottaient Dieu. qui accomplit des actions extraor- 
dinaires et (jui avcorde une teile puissance et de tels dons anx hoinmes* lorsqu'ils 
lui ont abandonne completement leur vie entiere, leurs esperances, leurs 
desirs et leur confiance. 

53. Allans toujours de merveilles en merveilles comme de foirc m forcc' 
et ä ce qui a dejä ete dit ne craignons pas d'ajouter ceci encore. 

Vous connaissez tous cettt^ statue de bronze dont la nudite se dresse ä 
rilippodronie, au bout de TEuripe, du cöte de ce qu'on appelle la Fronde'"'. 

ij, line des ilcs dos l'iinces. — 7. Apri-s riiieideiil de la viillc, la vue (l'iiiie barcpie arrivaril des 
iles a inli'igue les iiioiiics d'Kutiope : ils oiit legaide, ils oiit deviiii- el ii'onl pas larde a leconiiaitre 
Serge. — 8. Mallh., ix, 8. L'auleur ajiiiilc v.ii /.ip;v, par (|ii(ii ilobtleiit Irois cadences interieures seiii- 
blables. Voir Introd., p. 8. 

53. — 1. Viiir Ps. i.xxxni, 7. — 2. 1 ne l'ois de plus, il ikhis sera peniils (ralllr(^i' ralli-nlluri snr l'exac- 
titude de nolr<' auleiir. Pour cela rapproclidiis soii texte de ce ipie nous lisons ailleurs : « ... £v toic ei; 
E'jfinov TOV -r,\j iTtTtoSfoiitou /iXxoi; aväpiiii ». Tiikoi'Hax. Gontin., /'. '»,, t. GIX, ool. 712, Le lenne 



252 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [108J 

EüpiTOu -/.aOt^puj^ivov -/.axa to p'poc t-/;; •m'k'M[j.irnc, SoavSdvv)?- ov ot ttoaVji xal ^njAw^et?, 
Ttü TvaoEjAoepei (ij(^-fl|J.a.Tt tx; irapopiwcew; ' TCapEtxai^ovTe?, i(5iwTi-/'.üJ irposp-oiAaT'. y^b^Livrji 
riEoiYUTr.v ■' •/.aTOVop.Ä^o'JTi ' . ToCtov irpo y povwv oü izoXk&'t vAaTtvivat (juiJ-SeSYiÄe -«pa 

2. MV Ttapoiii'jiwseM«. barbarisme. — 3. MV iceoex'JTTiv, leiMiio barbare ä l'egal de ve^sTOi? p. vifeTOl; 
g 8: TCcpixü'li i'st la forme que l'dn rencüntre dans les aiiteurs. L'äcrivaiii n'a pas l'inlenlion de soii- 
ligner un ■sitftyyTirJ qui serait populaire et im Tiepi/üiTiv qui serait distingue. Cesl le mot itepix-vTuiv 
lui-meme, dans l'application qui en est faite, qui est populaire. Voir la note de la traduclion. — 
'(. M y.aTavo|iiiiroj5i. 



Cette Statue, beaiicoup parnii le peuple, usaut du meme procede d'assimila- 
tion\ lui ont trouve une ressemhlance et, d'un terrae vulgaire, ils la surnom- 
ment le Deverseur '. 11 y a quelques annees, il advint que cette statue fut volee 

rare iTmotpoiii« <|ui iiiaiique dans Theophane est garanti par (Jedrenus qui «^eril : tTtYiei töv EOpmov 
■tri; titnoopoixi'a; (P. C, I. CXXII, col. 77). Nous savons doiic d'autre source qu'il y avait des slatiies 
dairain, ä V Hippodrome, le long de lEiiripe, EüptTtr);. Nous sonimes moins bien renseignes sur le 
sens exact du mot Eüpmoi;. A Rome, au Grand Cirque, on appelait Euripus un canal de trois mfetres 
de large « qui avait pour objet d'empScher les bßtes föroces de se jeter sur les spectateurs... II ne 
parait pas qu'un canal de cette sorle ait existe dans rilippodrome de Constanlinople... Parmi les 
statues de bronze, dit Ci^drenus (Ilisl. comp., l. II, Paris, p. 536), qui existent dans i'Euripe du 
Cirque, il en etait une, dit-on, qui avait trois tetes... II est evident qu'il ne pouvait y avoir de statues 
dans un canal d'eau vive. C6drenus doit avoir applique lä le nom d'Euripe, seit ä ce bassin qui 
existait sur la Spina et au milieu duquel on voyait sur une colonne la statue de l'impöratrice Irene, 
seit peut-6tre ä la Spina elle-mi5me, a laquelle M. de Hemmer {Constantinopolia und der Bosphoros. 
Pest, 1822, t. 1, p. 143) donne le nom d'Euripe ». (J. Labarte, oiir. eile, p. 53.) — La Spina elait une 
« Sorte de plate-l'orme de peu de largeur, qui occupait en longneur le centre de l'Hippodrome, et au- 
tour de laquelle tournaient les chars et les cavaliers dans les jeux du cirque » (J. Lauakte, ouv. eile. 
p. 12). D'apres Paspati (Bu!;avTivi 'AväxTop», p. 56), ^to (6 EupiTco?) 8po|iiaxo; ),i6ö(jTpu)To?, evüniov tüv 
ExaTeptüÖEv i5u/.i'ü)v xoy XaoC. L'opinion de Labarte qui s'harmonise tres bien avec le texte cito de 
Cedrenus, toü i'unou xpEyovTrj; öuov ISuvaTo xuxXov eitfisi tov eüpiTiov tt); iTiitoSpoiita;, semble aussi con- 
üvmie par notre texte. Si I'Euripe avail longe les deux cotes de l'Hippodiome, a droite et ä gauche, 
le panegyrisle toujours soucieux de jirecision n'eüt pas manque de spöcifier de quel cöte se dressait 
la statue en question, de meme qu'il dit que le corps de saint Luc a et6 depose Tcpö? -röi 6e?i(ö 
[lepei Toü ... vaoö, § 80. h'Euripe occupant le milieu de l'Hippodrome, il n'a a s'inquieter ni du cote 
droit ni du cöte gauche; il dit tout simplement que la statue (5tait au bout, pres de ce qu'on appelait 
la Fronde, donc ä l'extremite meridionale. .i L'Hippodrome etait de forme oblongue. L'extrömite 
meridionale, qui se terminait en hömicycle, portait le nom de Sphendonö, a<ffiS6iri : l'exträmile 
septentrionale 6tait rectiligne. Des gradins garnissaient les deux grands cötös lateraux et la Sphen- 
donö )> (Ladahte, our. eile. p. 45). — 3. Au terme figure (tjevSövyi l'auteur oppose un autre terrae 
figure nepixüxT,; : tous les deux sont basfo sur une simililude, une comparaison. — 4. C'est ainsi ((uc 
nous Iraduisons itepi/uTYi;. Ce mot est delini par Ducange (Gloss. Graec.) : Miinus in balneis publieis. 
La definition est assez vague. Je crois qu'il taut entendre par lä les garcons de bain ijui aulrefois 
comnie aujourd'hui (il s'agit des bains cliauds, cf. g 42, encore si en usage dans tout l'Ürient) 
aidaient le dient ä se bien laver. en lui versant de l'eau de tous les cotes. Le costume de ces 
messieurs n'a pas varie; il est pour ainsi dire impos6 par la fonction; c'est celui des baigneurs 
eux-memes : un simple linge autour des reins; colle par l'eau sur les cuisses, il prend la forme d'un 
calet-on. Teile apparaissait la statue nepi/OTri;de l'Hippodrome : •(■j\i.-j6'i xot öXwq xa'i h toi; ßpETvivot; 
8i6ü[j.oi; eittxexaXunnevov (Axü.WMl, ilapatr-riuEi; (juvToa.o; /povixai', dans Preger, Seriptnres Originiim 
Constantin., t. I, p. 64, n" 64). Le peuple, trappe de cette ressemblance, n'eut garde de laisser passer 
une si bonne occasion de plaisanterie : il surnomma la statue töv neptxÜTYiv le Derersear. M. Vogt 
a emprunte une autre explication a Lambecius : « Cetle-sfatue, dit-il. ... avait la tiHe coilTce d'un 



[109J TRÜIS OCCIDENTAUX TIHKS DK l'KISON, ü 53-55. 253 

7iv(ov 5)4 Tüiv £(j-£piwv (j(.epi5v i'j.Tzopix^ hnx.01. eiT'.^eSripy.oTcjv Tore ty, [/.eya^o-öXEi Taur/i 
vä'z 'Pwu.r,- Ola ^e (ju[;LgatV£'.v w; tx tcoX).« to'^'J/Cc, xpö? rr, iyvoi'z twv tcoW.öiv e/Övtcüv 
/.al TÖ aSir/.p'.TOv •/) ivx>>Y-/iTOV, e! xxl (AxX'.cta Tuyot S;' 'j-Ci']/ix; ysvEc'ix; Tiva iJ/iA-«? ', 
y,aT7iyopo'jVTa.i Tivg; il/euSöJ; av^pe; IxsiOev öpy.waavot töv apiQpv Tpsi;, w; to toiovi^s 
x£xVj^6te; •/».V/.O'Jpy/if/.a -txl ivrl xwv ai-riwv oi ivainot xaTxxpivovTxi T/iv £tp5tT-/iv •/.aTO'.y.stv, 
■/.al to'jtci oüjc S-' ö>.iyov /.y.tpdv, äXT^' ettI toicI * oy^sdoM svix'jtqi;. 

.■)'i. "EvOo. Ä-/1 yt'vexai /.al OaüjAx [AsyioTov TCapxTCVflTiov toi iva>.y.t ysyevflasvw axI irapi 
xxGiv z5o;j.evw Otto t'/j TCx(A;j.xy.apo; Ni)to>.3co'j £•? tou? irepi Ne-oTiavöv Tpeti; Äv^pxc, 9/.va- 
Tov, (0? lax'c, /.arx/tpiOevTa; s/. ßac/.xvta; /.xl cuc/csu-?)? (AXTaioopovcüV iv^püv stci ttjc toO 
u-eyxVju -axI tou tcütou yowTtxvwv [iaaO.s'wc K.(üv<7-:xvT'Voy aÜTOxpxTOpci;. Tov taov yxp /.«'. 

5. V fiXf,;, la|isus. 



par des gens des pays d'Occident, venus ä cette epoque pour leur commerce 
dans cette grande ville de la nouvelle Rome. Comme il arrive d'ordinaire, 
que l'ignorance de la foule s'accompagne d'iiidifference ou d'impassibilite, 
surtout si d'aventure quelqu'un a ete soupQonne meme ä la legere, ou accusa 

5 a faux trois hommes originaires de ces pays-lä' d'avoir derobe ce bronze. 
Ainsi, au licu des coupables ces innocents furent condamnes a vivre en prison, 
et cela noii point pour peu de temps, mais pour eiiviron trois ans. 

54. Alors, il se produisit uu tres grand miracle, comparable ä celui qui 
est dans toutes les bouches et qui fut opere jadis par le bienheureux Nicolas 

lu en faveur de Nepotien et de ses deux compaguons condamnes ä mort, comme 
vous le savez, sur les calomnics et les machinations d'hommes frivoles, au 
temps du grand et du premier basileus des chretiens, l'empereur GonstantinV 

casque et le coips nu. Les reins seuls elaient entour^s il'un volle, d'oii son nom, la TiepixOtri » (p. 39, 
note 1). Mais Lanibeclus pour en arrivei- ä cette Interpretation est oblige. et il l'avoue, de corriger 
«EpixOirii en Ttepix-JTo; (cf. P. G., t. CLVII, col. 524, note 11). Dire hi icsoiy.Orn n'arrange rien puisque les 
textes (notre Vie et TAnonyme. Preoeu, loc. cit., p. 61) portcnt tbv itept/ÜTriv, que la statue represen- 
tail un homme et non une femme, quo, parmi les mots qui slgnilient statue. ivSpiä; est masculin, aY«X(ia 
du neutrc, ce qui exclul lout diHermlnatif feminin, et que de plus le feminin de nipiyyz-n^ est regulie- 
rement itspix"";. L'expllcatlon iiueje propose n'offre au eontraire aucune de ces dillicuUes et repond 
au sens actif que doit avoir itepiyOTY-,; de par sa forme mÄme. — 5. En employant le demonslratif «Ott, 
l'auteur ne veut pas dire cette ville oii je suis maintenant et oii je parle, mais seulement cette rille 
que je viens de nommer implicitement en parlant de son hippodrome et de sa statue jcepixuxri?. II 
n'est doni' meme pas necessaire de supposer une bavne dans le genre de Celle i|ue nous avons relevee 
i l'i, n. 1. 

54. — 1. « Le miracle de salnt Nicolas auquel il est fall allusion est cehii ([ui est raconte dans les 
,lc<« du Saint (edites par Falconins : Sancli ^Vicolai... Ada prinüfieniii, Ncapoli, 1751, p. 30-34). Le 
nom de Nepotien y est cito, c'est Tun des Irois hommes condamnes ä mort et sauväs par le saint. u 
Ce renseignenient que je dois ä l'obligeanco du 1>. Van de Vorst indique dans quel sens 11 faut en- 
tendre l'expression xoii; neoi Ncuoxiav'ov xpai; avSpa; qui, tonte classique qu'elle est, n'en est pas inoins 
amphibologique. CJ. ol nspl 'Apyjoiv mi.iii.txpyoi = Arcliins et les pnlemarqiies. ses collegues, Xenoph., 
Hell., V, IV, 2. 



254 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [HO] 

oaotov TDoitov, £771 T-fl? ßx(it>.eta? RwvffTavTtvou ToSi v£0'j xxl xeTiEUTaiou, -/.al vOv oi TfeT; 
av8p£5 o'jTOi, -/.scör-iuep Ixeivoi TcpoTspO'J, siri tyj? eipz-Tvi?, m; dw;, ■/.xy.w/rfrJ.i'J'-A xxi i^iaTuo- 
po\j[/.evo; p,8a[i.d6cv ts -rwv SefffjLwv ^.Oiiv süpav SeSuv/ijAsvo;, s-rci Oec-v eüxTix-w; jcxTa^euyou- 
iiv i)C£T-/)pfai; ' TE y.a\ Ss-ziGeiiiv STrtaovot? to fteiov äv Äz/.p'j(7'.v e^>.iTCxpoS(7i' /tal [/.EcrtVr,? t/,? 
Toia'JTy); aiT-flCEw; Aouxä;, ö 7wsp'.6o-/iTo; o'jtocI TtaT-fl'p, Tcaptx'XafASzVETai, oiiivw TtpÖTspov 5 
aÜTOis aÜTOWTtxw? '" yvwpi^öjjievo;, e^ äxor,i; Äe |i.övov, ■rtoXT.wv SiyiyoufAEVcüV Ta xaT aÜTOv 
E^otiffia, ytv(i)(jy,op.£vo;. 

55. 'EvTaööix Ävi aoi icpoiE/ETE to toO Sf/iy/iaaToc r,5'.'7T0v Siriyo'jpiE'vw ' . O; aövov 
Y«o x.aO' iauTou; evvoo'jiy.EVOi ßouV/iv IßouXEÜoavTO itaX>.i(sr/iv, ä-oi7T£'>.).Eiv m; ■za.jia-:«. twv 
770O(T-/iy.ovTwv Tivx •/.aTxir/",vu'70VTa " TÖ /Coit' aÜTOu; ■' Spafü-a toutw Sy) tw yiotvC) TravTWv lo 
TrpoaoTVWTvi xxl /fo^e[JLdvt, wi; av Äia t/i; «ütoO xpovoia; xal 7:pd? tov [ix5i>.euovTx irpsi- 
f. 125'. |g£ia; Twv ä^i/.fov ^£(i[jiwv iiroluÖsiEV, vt '' aÜTin -rin vu/CTi, -/.aÖ' v;v Taüra £S£Soij>>£uvto ^ 
6'vap ETCKJTa? ö 6au[Aa(jio; vi (AaVAov ÜTcap, eitieiv ot)CEiüT£pov, toi? ivSpaciv sirl T-r,; £ipxT-fi? 
iTriipatvETai, irpo9u[;.07totüiv, T7apa.0app'jvwv, 7:xpÄau9oü[i£voc y.xl jXT.^aixco; T^uTTStcÖat irpoTos- 

54. — 1. M Ixerripia«. — 2. AJTOTtTixtü;, inot non cataloguö. PK 

55. _ 1. V StnyouiiEvoj, lapsus. — 2. M xaTa|xr,vOTovTa, mais l'a encore visible a i'te 16geremenf gratte 
et est devenu piesqiie un o. — 3. V xaO' aOToü;, lap.^u.'^. — 4. V 'Ev avec majuscule, niais la phrase con- 
tiiiue toujüurs : on n'a pas encore eu de proposilion principale. — 5. MV [J£6o-J).euvTo. Voir 'i 72. n. 1. 



De meme et semblable maniere, sous le regne d'un nouveau Constantiii, 
Jernier du nom-, ces trois hommes furent de nos jours, comme ceux-lä autre- 
fois, nialtraites dans la prison selon l'liabitude. Embarrasses et incapables 
de trouver nulle part un moven de briser leurs chaines, ils se refugient vers 
Dieu dans la priere. Supplications, invocations, se raelent avec instance aux 5 
larmes pour flechir la divinite, et, comme mediateur de leur demande, c'est 
Luc, cet illustre pere, qui est choisi, lui qu'auparavant ils ne connaissaient 
pas de vue mais seulement par oui-dire, car beaucoup racontaient ä son 
sujet des choses extraordinaires. 

55. Ici ecoutez bien mon recit : c'est le plus charmant de l'histoire. Apres lo 

reflexion, ils en etaient seulement ä s'etre decides tres ä propos d'envoyer 

au plus tot un de leurs pareuts ä ce commun defenseur et protecteur de 

tous, pour lui apprendre ce qu'on leur avait fait, et obtenir par ses soins et 

' f. 125>. sa mediation aupres du basileus d'etre delivres d'injustes chaines. Et voici 

que, dans la nuit meme oü ils avaient pris cette d^cision, cet homme admi- ir. 
rable leur apparaissant en reve, ou plutöt en realite, pour etre plus exact, 
se montre ä eux dans la prison, les console et les exhorte ä ne point se 

2. U s'agit de Constantin VII Porphyrogenete (912-959) : le fait se place donc avant celte 
derniere data et apres 935, puisque la renommee du stylite d'Eutrope s'est döjä r(5pandue, d'apres 
la suite du recit. 



[Hl] TROIS OCCIDENTAUX TIRES DE PRISON, S 53-55. 255 

TTOjAEVO?. « 'iSo'j Y'tPt «p'li'-v, oitw x.ofAti^wv üfAiv /ap«? süayyAi«, m? apa xüpiov ttj; TCXii: 
ßaiiXeco? iiroXuTpoxreiü? raytov ämTS'j^eTOs »" oirep ir«px-/_p-flu.a t-^; s'w ö tavtsy ouc-zi; cjv to) 
Xöyü) xai irapaSo^ov spyov tys'veTO. IlXvjv oTiTiep jcai toOto tu KaTairV/f/.Tw Tr,^£u.<pxveia; 
TOÖTTW (jyvei^paaev Oaup.z'ji.ov sptoTviOsi? yzp zatp' a'jTöiv tÖT£ -xpeu^ij" « 2'j ti; si ö Ta.'jTV)v 

-, T-/1V '7WT-/]pi7.v -/^[jlTv Tuap' s>.TTiÄa TCp'jTav£'jopi.£vo; " ; » äiTey.ptv7.T0" « 'Eyto et[Ai, ^-fl^a;, o 
TotTueivo; ä<5§a; Aouxa;, ö ev toi; IVJTpo-t'ou' Tw utovi TvpcKjx.aÖ-d'jxevo; * d- ot x.a'. '' TCapxu- 
Tty.a -AikviGV. ßaT'.Xix.f, tt,; eip/tT-«; iTCoX'jQevTE;. [leT* tcoXa^; ctcouÄ-Ä; -laTew? t£ x.al 
770o6uu.i*? TCfö; töv Oscweaiov av^pa (^tsTve'padxv, iirayye'W.ovTe; xa tou 0eo'j 6£ia 6xu[Aacix 
aST' E'jcpooTuvo; xai Öujavi^ix; äipxTOu '" /.al t-Ä;v Tvpo5-/i'<cou'7av iXTtoÄ'.ÄovTe; süj^^aptcrTiav t£» 

10 TO'JTQU Gei'w OsoxiTOVTi, TO itavu wapä^o^ov [/.z>vii7Ta /.y.TK-V/iTTOfAevo'. TYJ; Aaik Tr,v O'ltv 
evaoyoO; aOroGi Oewpi'x;, äxapaW.a'-ATOu Sjixvujiev/i; aÜTOii; ix. Tvi; -/.cn' ovap s-tcTaGta; 
»al sacpaveia;. AiÄco*5'. Se iravTw; eTToaevu; voe^v TOt; äTCepic'pyw; Txpa^£<^£y[/.i'voi; toc Hdy. 
Oa'jaaTa, ÖTt toi /cal tw ßaciAet x-xt« T'/jv y.ür/iv iyy£>.oipav7i '■ ivapo'ji'^av l'cax; £iV£(pzvY, /.xl 

6. M itfouTaviyönsv);, et non TtpiuOotvEudiJievo; Signale par V. — 7. M 'EuTfSJiiou. — ». M itpo(jza6:|j.Evoi;. 
— 9. Oi' xat, voir i 39, 7. —10. M äii9äTou. Voir g 7, n. 4. — 11. 'Eniorauia, au sens, garanli par retyinolo- 
gie, de : renne (inpres ile quel'/ii'iin. — 12. Sur ce mot, voir j! 3it, n. 3. 



chagriiier, « car, dit-il, je vicns vou.s apporter de bunues et joyeuses uou- 
velles, ä savoir que demaiti le basileus sans plus tarder vous accordera 
votre delivrance y>. Au lever de Taurore, la chose s'accomplit merveilleuse- 
ment comme il avait ete dif . Mais, — detail remarquable qui rehausse encore 

r. le cachet surprenant de Tapparition. — les prisonniers l'ayant questioniu' 
aussitöt : « Qui es-tu, toi, qui prends notre delivrance en mains contre toute 
esperance? », il repondit : « Je suis, dit-il, le pauvro abbe Luc', celui qui 
reste sur la coloune du quartier d'Eutrope. » Or, sur-le~champ un ordre du 
basileus les tira de prison. Remplis d'ardeur, de foi et d'erapressement, ils 

lü passerent la mer pour se rendre chez Tliomme divin, proclamerent les divines 
merveilles de Dieu avec une joie et un zele indicibles, et rendirent grAces, 
comme il convenait, ä sou divin serviteur, etonnes par-dessus tout, fait 
extraordinaire, de le voir clairement, de leurs yeux, absolument le meme 
qu'ils l'avaient vu lorsqu'il etait venu et s'etait manifeste ä eux en songe. 

15 Cela donne tres naturellement k penser ä ceux qui acceptent avec simplicite 
les miracles divins que Luc etait peut-etre apparu aussi au basileus et qu'en 
se manifestant sous les memes traits angeliques il avait negocie au mieux 
la dälivrance de ces hommes innocents, semblable en cela au grand Nicolas 

55. — 1. Saint Luo s'intitule lui-iacmu abbe, ä66ä?. U'apres le P. l'arijoiie (liglise liijzantine. 
p. 69), le mot 466ä; designe n'importe qucl rellgieu.\, meine s'il est jeune. II iie signitle « higoumine « 
que chez quelques oanonistes seulemeut, et encore quand ils s'inspirent d'uu original laiin. C'est 
donc un titre aiialogue a celui de l'ere que nous donnons a tous les religieux quels qu'ils soient 
et il n'y a rien a en tirer sur le;- attribulion.s de saInt Luc a Kutrope. 



Kl 



256 VIK DE SAINT LUC LR STYLITE. [112] 

O'jTW T-/1V ä^TOluTOWiTtv TÖiv «Owtov TO'JTwv ävSptov ipjj.oi^iw; £'repaY[;.«T£'j(raTo, JcaOzTCsp e^i 
To5 lisyÄTiou Nixo^aou xo toioütov ysyovevxt s^aiGtto; ''' iTTo'pr-xi te xai TveiriiTSUTai. Kat 
vap £vo; \<xX toO aÜToO TepaTO'jpYoOvro? 0£O':; '" iravuOevsi ^uvzjas'. xat Tot r^aloH ym vöv 
svspyviGsvTa epya rapzooca. 

ToCto uiv ouv TOioöTov y.7.\ oÜTw >a'av siataiov, STepov ^£ tO'jtou oüy. eXaTTOv. 

56. EuÖ'jp-'.o; Ti?TO'jvo[Aa., x,A-/ipi)c6? Tvi; Nea; oGtw x.a'Xouu.sV/i; sxJiXYiciac, 7üic;t£i ttoXT^yj 
r/i TCpc? TÖv OECxeffiov toutovI ' waTspa Aouy.av x,£-/.paTr,aEVQ; k ypövwv ly.avcov, irux.vrJT£pQv 
TUto? TTOÖ; aÜTÖv 7cap£§a),'X£ -, xa owEix TCavxa toütü) ttxvxoxe itiaxw? ävxTiO£;i.£vo; -/.xl xz; 
xwv t^iwv )ioy!iJ[;.<iv Evvoia; Si' £^xyop£'jC£w; ava-/.aXÜ7:xuv, o; % xaxz xtva /.a'.poCl tteoio^ov 
£v äoow(7xia ßapuxxx'/i xaxaxXtÖEl; xal Suc^op-zioa; u^oSptü? x-^ ■/.pxxat6x-/ixi xoO vo<7-/i|AaTO?, 
Ttapo. xöjv iv£pioÄ£'j£!v '' 'Xayovxwv aüxöv iaxpcüv äTr/iyop£uOv) irapi ivxvxwv X£ xiov ivpoc-/ix.ov- 
T(uv xal ■;vpo(T9i'X(ov (XTCeyvwirO-/). Opoi; xauxyjv xoi'vuv xviv )4a.X£n;£iyou(jav ivavxe^ri (XTCoyvtdciv 
otTTi^wv, sSou^iE'Jcaxo xo [x.£V xoC fia6pi.oO irpocov aüxw xayf^a SiXTzcäa'xi, ÜTiEp oO xal 
f. li'ti. I ya'oiv ippaßwvoc [Aepo; x; yp'jciou IxSii^ -/.axE^E^E/.xo % x-flv Se TTpo^oOcav xüxto -äuav 

13. M ai?£(jio);. — 14. M 6e<5v. 

56.— 1. V ToÜTov, fau.'ise leclure. — 2. V itapeSa^E; rimparfail est r6elam6 par le contexle. — 3. V m;, 
mauvaise correction puisqu'elle embrouille la suite en occasionnant ime virgule, au lieu d'un poinl. 
apre? äTOr'w<r6»i-. — 4- f*«'" ce mot voir ? 48, n. 12. — .'i. MV /.iTaSioe/TO. sürement fa\ilif. Voir ? 27. ii. 1. 



qui accomplit une merveille du meme genre d'apres un recit accepte pour 
digne de foi. C'est qu'un seul et meme Dieu opere les miracles par sa vertu 
toute-puissante, qu'il s'agisse d'oeuvres merveillcuses accomplies autrefois 
ou aujourd'hui. 

En tout cas, ce fait se passa ainsi et il fut admirable ä ce point. Cet ■' 
autre ne lui est pas inferieur. 

56. Un nomme Euthyme, clerc de l'eglise appelee la Nouvelle', etait 
anime depuis nombre d'annees d'une foi profonde envers ce dlvin pere, Luc. 
Tres souvent, il se rendait pres de lui, lui confiait toujours fidelement tout 
ce qui le concernait, et par la confession lui devoilait les pensees memes de 10 
son esprit. A une certaine epoque, cet Euthyme s'etait alite par suite d'une 
tres grave nialadie, et la violence du mal Favait mis dans un si triste etat 
(pi'il fut abandonne par les medecins charges de le traiter, et juge perdu 
par tous ses parents et amis. Voyant que son etat etait pres d'etre comple- 
f. 121; tement desespere, il s'etait resolu d'une part k vendre le benefice attache ä ''' 
sa dio-nite, — et dans ce but il avait dejä accepte ä titre d'arrhes une cer- 

56. — 1. n Basile I" eleva au Palais un sanrtuaire, la Nouvelle-Eglise (r, Jiia) solennellement 
inauguree le 1" niai 881 » (J. Ebersolt. Le grand Palais de Conslanlinnple et le Une des 
Ceremonies, Paris, 1910. p. 130). On sali que par n Palais ». ou « Grand Palais », ou « Saere Palais », 
il faul enlendre l'enserable des 6difices (palais, eglises, bains, etc.) compris entre l'Hippodrome 
et la mer de Marmara, au Sud-Est de l'Hippodrome. 



113] MC l'RKDIT LA C.UKRISON D'KUTHYMK, S 5(i-ö8.- 2b7 

TÖ Tayo; rpo; tov ociov, £^aiTO'j[/.£Vo; ä'y.a xal tviv -ap" aÜTO'j r:\t'ffj.'if-f\nvt 'iyyiXfO'J i\x- 
—oazy.Xr.'iy.'. xJTÖJ tüv E^ayve^OcVTCuv ttzaxi i7CpaXu.zT0jv. 

.)7. O OS Osofpöpo? övTtü^ oOto? iv'/;p, Töi oiopaTtx.ö ty;; vj'Uy^vi? [iX£j/.^/.aTi Ta y.ax' xütov 
■"> ÖeoOsv öewiy.svo;, dcvTiovi>>oi toütm rapeuÖ'j cfta xivo;, Rupou fJL£V t'^v TCpocviYopiav, x.Xr;0'.xoii 
oi /.od /iouSou/.Xewiou tyiv y.c,io(.^. Tpxvö)? ' vcal Sf/ppviV^/iv a7:09riV/.jx.£vo;, w;" « Oti Twsp oü 
TsOv/iCO) 'Xsywv "', t6 TCotpdv, m outo?, e'j icÖi^, äT-V sO^uj^t cpepiovjr^.w;, liijOu[/,'.£* 0£O'j y«p 
ÖcV/l'aaTi ~po? TYiv TrpoTEpav üyieiav o'jov oO-O) t«/wt7. teT-eico^ z-o/.aTÄGTaOvi'cvi' ivxiiO'jvat 
i^£ 6s>v/1'7'jv y.al TOV äppxSwva, ov eiXti^x;, t(o '^sr^oj/.OTi, jj.viSx;ji.äi; toö TZY;Ay.T6; wu ärea- 
10 TToXyiaiv 7, mi^-/in>.v x.xTxScSEyij.E'vo;" i^vfcvj yip tju y.y.l ev ä-o7,xijCEi T'Ä? e^ aÜTOU ypsiw^ou; 
ivay/.xi'a; [itwcpElEta!; ettI ^'povou; xtva; [;.5>.>.£i? yiVYi'cEcOai. T7,v ^i ys cuyy^eipvKJ'.v, 
•/jv öiö. ypa©-/i; iraV/ivai cot vjv £-E:^-/iT-/i'7a;, ^(017/i iptüvvi upo; •/i(X.a; £ppwi/.='vo; Twajy.ytv'j'y.s- 
vo; aTtoV/i' ']/•/). I) 

6. M -w. 

57. — 1. M Tpavbc. — i. 'A7t'j9»ivi[j.£vo;, to:... Xe^wv, |ileoiiasiiie. Cf. g 73, n. 2. — 3. "Sl 161 et nun rjOst 
Signale par V. 



taiiie somme d'argent, — d'autre pari ä regier et ä l)ieii mettre en ordre 
toiites ses affaires de fortune. De tout cela, par iin de ses intimes, il avertit 
aussitöt notre saint ä qui il demandait eu meme temps de lui envoyer par 
ecrit le pardon des fautes qu'il lui avait confessees jadis. 

57. Mais cet homnie vraiment inspire, qui du regard pergant de son äme 
eclaire de Dieu voyait ce qui conceruait Euthyme, lui repondit immediate- 
ment par Tentremise d'un nomme Cyr qui etait clerc et avait le titre de 
ronbouclcisios' . II lui disait en termes precis et formeis : « Tu ne mourras pas 
pour le moment, mon ami, saclie-le bien; aie bon courage pour bien porter 

In ton nom, Eutliyme-, car de par la volonte de Dieu tu vas bientöt et sans le 
moindre delai etre retabli dans ton aucienne sante; veuillc aussi rendrc les 
arrhes que tu as regues ä qui te les a donnees, et ae consens nuUenient a 
vendre ton benefice ou ä t'en dessaisir, car tu vivras et tu jouiras encore 
(juelques annees des facilites qu'il te procure pour les besoins de la vie. 

1:. Quant ä l'absolution que tu m'as demande de t'envoyor par ecrit, (''est de 
vive voix (jue tu la recevras quand tu viendras nous voir 'cii bonne saute. » 



57. — 1. KoyoouviXsiiio;. lili'c liorKiiiliciiie cliez les Byzaiiliiis. :miilu!<iie an mliiiulurias, eaiiierier, 
des Occidentaux. — 2. Jeu de mol sur Euthyme, ((ui sigiiilic de limi aiiirugc. — :t. Pluriel de modes- 
lie, ou mieux, saint Luc englobe dans ce pluriel les moines d'Eutrni«,' quEuthjuie avait eu l'occasion 
de connaitre dans ses fröquentcs visites au stylite. Tout ce passagc est fort interessant. I.'absolution 
par öcrit est presentöc ici coinme uiie institution loute naturolle et couninle. lUithvine y a recours 
Sans sourciller, saint Luc n'y voll aucun inccmvenient. el, s'il ne la donne pas, erst puur bien mun- 
trer a son penitent (|ue la mort n'est pas encoro proche; la inort menacant, il n'eilt pas nianque 
d'envoyer un billot d'absulution. Plus loin. ij (il, nous avons un texte encore plus reinari|uable ■ Cyr 
i>.vrri. OK. — T. XI. — F. 2. 17 



258 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [114] 

58. Taura toötov tov too'ttov sV-auTO. y.al jj./;VJ£Tai tw äTk£>.-wO£VT'. g/eöov -flpdvYiT! 
■/M ä-OL-^yiXkiTy-C -/.al tcov pr,(ji.aTwv to repa; * äpj^vi tyj; y.a.zx ;j.f/.p6v S'jpwTTia? tw 
äpowcToijVTi v.OLHi'jTXZxi. "A[J.x yap tu ixo'jT'.irÖTivat töjv ■ TOiwv^s y_:cpoT;oiwv i/.poaGEuv, 
ävaoo(ovvuT«i ttw; TcapaypyjjAa /.al ävaSiwffiteTa'., x.at ö yOe? /.ai TvpcV/iv £v vi/.poi; irapa 
ßpxyu x.arei'Xeyac'vo; •' aoOi; ev toi; (^cÜtiv xpT! tote Tvxp' e^Tit^a; sSei/.vuTO, xal 6 isapa 
Tuaciv äTur.yopEUjjivo; te x.al äueyvwGjisvo?, u? syyi^wv -Ji^-zi tw 6avaTw, Tuapabö^w; ä^airiva 
iroos ^o>-/iv ivOuiTECTpeipev '. Kai riV iSicHc/.: tote, /.aTK tov (J/a>.[;.(oSo'v, s'jXEpa.; [;.£V aÄicOs'vTa 
■/.>auÖ[Aov öavzTOU ic iT^Tti^o; irov/ipa;, tw Tvpwi Äe '7uvavaTE>.>.ouG«v ^coottoiov äyo.'X'Xia'Ttv 
■rcavTa yao E^ot'.citd; cjvE'^pxaEV ev TaÜTw toc Trapzi^oEa TEpzcTia. T-r, Trpoppr.iEi [aev r. ayys/'.a, 
rr, iyyET^ia f^E "Ä ■f'i.^\)''rn, rr, /,apy-Ov^ Äe r; ävappwffi;, t-^ ävapp(ö(7Ei ^k ■/; aiüTVipia, £x 
Ta'jT-/i; ^£ £>,tcI? ^ i/caTawx^uvTo;, -fl t-?;? Tupo? 0eöv sü/aptcTfa«; xal So^oloyia; ütcöÖeci?. 
Rotl v'jv öpäTai ET', pxpi ''«l c-/)'[/.Epov £•/ Toi; ^w'ii teTicöv ö TT,; TriTv'.xauTVi; aTro>iE>.auy.w; 

58. — 1. M -^liiiv (JvijTi el non -fjuievrirri Signale par V. ■•- 2. M xü. — 3. M /.aTriyeYiJiEvo;. — 4. V äv8-j- 
neijTfE}-;/, coireclion imitile et faussp puisciue l'imparfait est garanti par eSei/.vjTO. — 5. Si 6tonnante 
qu'elle paraisse, aprös les articles qiii procedent, l'absenee d'arlicle dovant äXnU est voulue. le mot 
n'etant d^terminp qirensuite. 



58. Tout cela fut sigiiifie et annonce de la sorte ä ce demi-morf dont f»n 
desesperait presque, et la fin des paroles marqua pour le malade le debiit 
d'uiie convalescence progressive. Eii etfet, des quil eut entendu ces joyeuses 
nouvelles, il reprit aussitöt des forces et revint ä la vie, et celui que la 
veille et Tavant-veille on classait presque parmi les morts, maintenant, et 
contre toute altente, apparaissait de nouveau parmi les vivants; celui que 
tous abandonnaient et doiit ils descsperaient comme dejä pres de mourir 
revenait ä la vie d'une maniere subite et prodigieuse. Ott put voir alors, 
comme dit le psalmiste, le soiw les ijcmisseinrnts de mort inriidre tjilc, parce 
qu'on redoutait uii malheur, et Ic niatiii sc Irrer VaUvijresse' vivifiante. De 
fait, il y eut ici d'un seul coup le concours remarquable de toutes sortes 
d'extraordinaires merveilles : apres la prediction vint l'annonce-, apres 
rannonce la joie, apres la joie la reprise des forces, apres la reprise des forces 
la guerison, et celle-ci engendra une confiance inebranlable qui amena les 

reooit sans s'y alleiidrc une absolution qu'il n'avait pas demandee. Le biographo. il est vrai. ne paile 
pas ici en teriiies t'oimels d'absoliitiou (icrite, mais cela s'entend, ä moins do supposer, el l'incoiivä- 
nient serait piie, que le stylite envoya l'absolution orale ä dislance a quelqu'un qui ne s'en doutait 
pas. On ne |ieul nier du resle qu'il ne s'agisse dans les doux textes de Tabsoliition saeramentelle. 
et on n'oubliera pas non plus (jue, dans les deux textes egalemcnt, l'absoluliun du prßtre ne tombe 
QU ne toniberait que sur les fautes deja accusöes, Celles non accusees ressortissant evidemment ä la 
misöricorde de Dieu. Les pönitents et le confesseur partagent la mßme maniere de voir: aucun 
Indice ne donne ä supposer qu'il n'en soit pas de no6me de l'orateur el de son audiloire. 

58. — 1. Ps. XX X, G. — 2. Saint Luc en efTet a d'abord prädit la guöiison d'Euthyme. et celui-ci 
n'en a re^u l'annonce qu'ensuite, par l'intermödiaire de Cyr. 



10 



[I15i r.UC I'UKDIT I.A .Molil DK CVK, S .V.mü. 2.iU 

cwr/iouoÄou; süs^oycTtV.; /.y.l ^''''i'^tj?'^'-' TspxTO'jpyia; avÖptoiro;, o;, eüyvtia'jvi -poOcTci /.al 
-i'cTEi hipiJ.OTV.^-r, x.aTEi'Xvijxy.e'voc, oü TTX'jSTai ra £/.£ivou ixst' £/C'7r>.-/;^£ti); eiy.ÖTw; Oaup.aCwv 
/.al xaTtv äi|;£uSü? of/iyo'Ji^.evo;. 

Ral TO'jTO [Asv TOio'JTOv /.al TOco'jTov ov TO) y.eyeOei to Oxiaa, (ö; twv a>./.ojv | 6au[/.aTwv • f. 121,' 
5 •j-£o>is''i/.evov, £}(5Tw xaTa iravTo; 7,oyo'j tx v./.r.—ripix. 

59. 'Ava/jj— TS'. Äe TzxKi^ stsiov, tä; «ÜTvi; Ti y.x\ [/.£'''^ovo; [AaW.ov oü^7.7.w; irro^sov 
ä/.Tr'Xr.CEO);' z7>V, £1 Äo/.ct, vouvsyöj; tviv ä/.oviv 'j-onyiTi /.«l to Tepa; aÜTtV.a 7:apxöo;tiJC 
hy.-ju.y.nin^i . "Ey£i i^£ w^5. 

Av/;p rt;, R2po? y.£v y,a>,oua£vo£, /c6f/.Y)c '^e to a^iwfAX, w? to3 TÖiv SvijAoctwv iicTCOiTTa- 

lu ciojv fjp'j'a'ju Tuyyavwv ' j— ci— tv:; — /;; y.y.Ti — /;v XaA/.viöova ßxci^tx^? ^.Etooopou yeiTvixi^iov 

TO'jTw T(o Oeoopöptd TTaTpt Aou/iz xy.l 5JV/i6oic £/. Tvii^TSu; -uxvoTEpov iTpö; äOtov TTÄpayivoaEvo; 

— zvTa T£ Ta /.aT' aÜTOv xütw irpoijy.vy.T'.Qc'y.cVO? /.y.'. tcj e/.etvou /.avövi tu~0'Ji/.£vo? £v — ac. 

/.al TTotvE'.O'ju.Evo; ', ÖTCYjVi/.a Ti? ävwaaXty. y.«l äppwTTta to'jtw owy.aT'./.-/) izortniTi^T.xi, 

59. — 1. M. wty/itm. — 2. STor/iioOv, au sens il'agencer des eleiiieiits, puis en göneral : (igenrer. ii 
lacUr et au muyen; au uioyen. saus conipli meiit dircct ■.s'agencrr. se conformer : c'esl notie cas. Au 'i 81. 
on a 9Ö6W ^\ixrii (TToixcfjioöoti. Ce sens de oToiyetoüv nest pas mentionne daus les lexiques, mais, dans 
nos deux passages, et il ii'y a aucune raison d'en suspecter la leclure, le contexte ötablit clairement 
la .signification: eile est confliiiice indirectcment par le sens de ffxoixeiWi;, II Macc, vii, 22, =r agen- 
cement <Ick rlrmrii/s. 



actions de gräces au Seigneur et les doxologies. Aujourd'hui encore 011 voit 
au nombre des vivants l'homme qui a beneficie pour sa guerison d'uu pareil 
bienfait, et a qui ce miracle a rendu la vie. Plein d'uue reconnaissance 
enipressee et d'une foi tres ardente, il iie cesse, comine il couvieut, d'admirer 
5 avec entliousiasme les actes de Luc, et de les racoiiter ä tous avec sincerite. 

Devant un pareil miracle si remarquablement grand et si superieur ä tous * r. i2ß' 
les autres, que toute parole avoue sa defaite! 

59. Toutefois, un autre se presentequi u'apparait nullement moins surpre- 
nant, et qui lest meme davantage. Mais s'il vous plait, soyez assez avises 
10 pouF continuer ä m'ecouter, et ä l'instant vous donnerez une admiration peu 
commune ä cette merveille. Voici le fait. 

Un homme du nom de Cyr et de la dignite de romes ' etait au service des 

postes publiques- et inspecteur sur la reute imperiale de Chalcedoine^; il etait 

donc voisin de Luc, ce pere inspire de Dieu, et, plein de confiance, il avait 

i'> l'habitude de le visiter tres söuvent, de lui exposer toutes ses affaires, de se 

diriger, de se conduire cn tout d'apres ses indications; quand il lui survenait 

59. — 1. KdiiT,;, litre honoriliquo chez les Byzanlins, äquivalent du cnmes, comte, des Occiden- 
laux. — 2. Mol a mot : de la posle (opö(jiou) des ecuries publir/iws, c'est-ä-dire de la posle ä qui les 
chevaux tHaient fournis par les iScuries publiques. Les particuliers pouvaient en effet se faire passer 
des nouvelles par des muyens a eux. Sur l'organisalion des posles bjzantines a Celle i5poque, voir 
VocT, lifisile I", p. 1G5 S(i. — :i. II La grande roule inilitaire ipii i'cmduisait dans l'iuterieur de l'.Vsie 
Minourc avait son point d'attarhe a C.lialci'doine ». Note de M. Vogt, p. 'i3 de son Edition. 



260 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [116] 

irapeuOü irpoiraveTiÖsi 8ix p,V'J[;.aTrj; tw -/.oivw iravTtov laTpü /.ai upovoYir?, tz TCspi toO 
vo(jviu.aTo;- /locl o; sOOem!;, w: e^ eöou; J^e iro>.'Xay_ou Tcoieiv, apTOv y.ai üi^wp eüXoyiat; /.aOa- 
viK^wv 5Ea«ei7T£7.).£ TW TTxcpvTt, --(.ai -irapeuöi) [ji.£Ta>ia(A€KVWv s^ äjxcpOTepwv xr? Tro9ou[j.£V7i; 
£"jp(oc7Tia; aTTElauev. 

60. 'Ev TOÜTQi? övTo; aCiToO xal t-^; :iapa toS i7-/)[X£io<po'pou -aTpo? urpovoviTty.-^? ewi- !i 
xoupias sTviTuyyxvovTO? ypovou te ttoTiIoO TrapntTvsucav-o? /carz Ttvo; ' viaipoCi irapioöov, 
äppaxTTta -ioiTzi-KTii yoCkiizwTiTi}, sv -(i xai t6 xr; "(w-^; xs'pa; äiteiXvKpev. 'Ävitoaevo; 
uJvTOt xal Tai; Äpi;x£t*ai; ö^üvat; 8a)cvo';7.£vo;, irpo(r)c«>.eiTai to'j; laTpöiv TCai^xg xal 
TrEptoÄEiaii;" -/pviTat TroixtXat?, iVEpl ■KoXkou ito'.o'jjaevo?, w? eixo;;, aTOTpoTiViv Toi5 vog-/i- 
u.aTo;. Oi 5e p/ifWiAÖ; äÖup-Eiv toütov 7rpoÜTp£':T0VTO ;^.viT£ Ttva m'vÄuvov öavaTYicpopov in 

ÜlVOTtT£U£tV ävSTTE'.OoV ßoU>>6[JI.£vdv T£ TOC TlkiUTiXia. Toij? TtpOC-fl/'.rjVTa; TtprjUSmT/.-Ä^'*' 

Äiaös'cOat T£ Ta /.aT' ol/.ov /.aTa tÖ ^oy.oOv ^lexwAuov. Auto; Ss ;j.iy.pov (ivavfl(|/a; öis 
roT£ x.al £■; (7jVai(jO-/](jiv eXSwv ava(Aipr,(JX.£Tat tov Oeiov OspaTCUT-ziv xxl ixTpöv £[A7:£ipo- 
TaTOv (xivocteXXei te tö tkj^o; Trpo; aÜTo'v, jcxTa^vj'Xa ivowov xa toO ttzOou; •ycal Tr,v 
cuvfl'öv) ÖEpaTvsiav eivii^viTwv. '•' 

60. — 1. M Ttivo;. Le ms. ne met pas la virgiilo apres itapcjtTteüsavTo; (V) niais bion api'es itepioöov, el 
c'esi la seiile bonne poncluation. — 2. Sur cc niol. voir ü 'i8, n. 12. 



une Indisposition ou une maladie corporelle, aussitöt il lui en donnait avis 
et il exposait ä ce commun medecin, ä cette comniune Providence, les details 
de son malaise; a l'instant, Luc, comme il cn avait l'habitude depuis long- 
temps, sanctifiait du pain et de l'eau par ses benedictions et les envoj^ait au 
patient lequel i'aisait usage aussitöt de Tun et de l'autre et recouvrait la 
sante desiree. 

60. Les choses allaient de la sorte, Cyr etait l'objet de la part de ce 
thaumaturge et pere d'une protection prevoyante, et do longs jours s'etaient 
espaces sur une certaine ' periode de temps, quand il contracta une maladie 
fort grave, celle precisement qui mit iin ä sa vie. Fort tourmente et tenaille 
par ses cruelles douleurs, il appelle pres de lui la troupe des medecins et 
se soumet ä divers traitements, tres desireux naturellement d'eloigner la 
maladie. Los medecins l'exhortaient ä ne point se decourager et lui per- 
suadaient qu'il n y avait aucun danger de mort ä redouter ; meme, comme il 
voulait faire ses dernieres recommandations ä sa famille et disposer pour \v 
mieux de ses biens, ils Ten empechaient. Or, un soir qu'il avait un pen 
de repit et qu'il avait repris ses sens, il se souvient du divin medecin, du 
docteur tres experimente; vite il envoie vers lui, le met au courant de sa 
maladie et lui demande le remede habituel. 



10 



60. — 1. Une cerlaine, c'est-ä-üiiv, vu le contexte, une tissez longue. Voir g 47, n. 



4171 



GUKRISOX DR FF.ORUS, § ß2-fi3. 2fil 



r. i-j 



61. AÜTÖ: ^k TfOLfOLu-i/.y. 'pavepäv xal C'jvTop.ov xr.v rr,? n/.uOpwTU?.? iTiocpzffcoj; r-o- 
■/.ii^iv ävT£^r>(ü<7£v aÜTÜ öeööev eaTtvewOsi;, oÖTWic iro); aiTreöv u X) /.».ipö?, u Te/.vov. 
« ToO OssiTj/.oO (iO'j TCxpcTTiv =T7i Oupai;- /.xl yäp -fl toO OavxTOu TrpoOe«[y.':* ra vöv e^jcrr,- 
« x£V eT0taa.(70v Ao'.irov 'iexutov -po; -rflv s'^o^ov, Tac».-. Te TCcpl toö oi/.ou cou TÖe eiz-ÖTz', 

.-, « xal TZ -epi Tvi; cvi? "{"JX-'ä? ' [Az'XwTa (ppovTicov, üs; 6s[;.i?, xal SiäOou tz xarx « 
11 iTzvTa xa^Xiö;- tSoü y«p xiyw ffoi "/iv <rijy/(op-/i(7iv c-ii;j.6pov ojv ' £TCpx(;a; xal s^Yjyö- 
« pjuca; i^-n xaxöjv SiSufAi, öappüv et? to •rc'XoyT'.ov D.eo? tv;; aT:£ipo'j ■/^•ncT6xr,T0q toi) 
« 0eou- [;.r,5el; o'jv -te s^airaTZTco xevoi: löyoi;, xaipo'v aot yzpi'CojAevo^ '(u-?,;, oO oOx 
« l'sTi* X'joioc. xal 'ifuyxyiayüi-^ ikTtici aa-rai'y.i; «£ «ÜTÖv ■" Sii | to ({.uite'. 9i).o(wov oüx 

10 « ä-oviv(0(TxovTx. » TauTa tq'jtov tov Tpo'itov xal irpoioyöpeuTai irap' aÜTO'j xal TCepz; 
£iV/)(pjv a^iz(j/£ucTov. ni(JTwÖ£i? yap 6 etpr.jxevo;'' ävr.p TO'JTOt; roi? Osoirveii'TTOi; p'/iy-adi 
Toij ■^jvsuu.aTOOo'pou Ttaxpo; xal ra xät' aüiTo'v, w; s'^o^e, ÄiaÖet';, [y.ex' od tco>.'j tov 
zvOpwTt'.vov 'JTTe^s'pyETai ßwv. 

62. Kai TaOTx [AEv xal tz to'Jto;? rtapaTCl-/i'cr;a TuapaSocz, -kIüi-vx t£ xat [Asyt'TTX 
15 TuyyzvovTa, Tr,v xaözpÖT'/iTa xy.i (paiSpoT-/iT« Tr,? [Aaxapia; exE'V/i; <\\iyr,i xal t6 ^lauye- 

61. — 1. M TizÖTct. — 2. Le iiKiimsriil portait d'abord iuy.rj, une autre niain a ajdule au-dejsu> im 
pelit ; oncial. — 3. M w. — 4. M o'jtozjsti. — 5. MV «a-jTbv, mais le refl^chi n'a pas de raison d'ölie 
puisque ce prononi depend d'un pailicipe qui se rappurte a un verbe ä la troisieme personne : 



61. Luc Uli renvoie aussitöt en guise de reponse, une claire, breve et 
triste sentence. Divinement inspire, il lui disait ä peu pres ceci : « Mon enfant, 
le temps qui doit te moissonner est ä la porte, car la date fixee pour ta mort 
vi(>nt d'echoir; prepare-toi donc ä t'en aller, prends au sujet de ta maison 

5 les arran<;ements convenables, pense surtout ä ton äme, comme il le faut, 
et regle l)ii'n ioutes tes affaires. Voici que de mon cote je te donne aujourd'hui 
Tabsolution des fautes ([ue tu as commises et que tu as dejä confessees', 
confiaut que je suis dans la riebe misericorde du Dien iniiniment bon. Donc, 
que personne ne te trompe par de vaines paroles ni ne t'accorde un delai de 

vie dont il n'est pas le maitre; que personne ne te seduise par de fausses 

esperances et que le desir naturel de vivre ne nourrisse pas ton espoir. » ' f. 12:. 
Voila comment Luc fit cette prediction, et l'evenement suivit saus le demen- 
tir. En effet, ledit Cyr ajouta foi ä ces paroles inspirees de notre pere iuspire, 
regia ses affaires comme il lui sembla bon, et, peu apres, la vie humaine 

1.1 lui echappa. 

62. Ces merveilles et d'autres semblables, fort nombreuses et fort ecla- 
tantes, fönt apparaitre manifestement de quelle clarte et de quelle limpidit6 
jouissait cette Arne bienheureuse , quelle perspicacitö et quelle lumiere 



61. — 1. Voir i :>1. n. S. 



262 YIE DE SAINT LlJC LE STYLITE. [118] 

iTTÄTOv y.ai otoToeiSe'iTTaTov roCi vo6; vj.oyyioc üirooaivovTa Tt^picTriCV s'xspa öe tivx 
T(I)v y.aÖ' STEpov TpoTCOv s^EtpyÄ'jjy.svtjjv Trap' «OtoO i^i' Evesyeix; ^pacTix-WTepa; «TCÖbst^t; 
iazi >jy.ff,i TT,; xpo; ©eov a.y.inw itappr,(;ia; aÜToS /.ai yvviciojTzT'/i; oaEiwcet)?' s; 
(üv bliyy. TaOTa. 

Ü3. 'Avfl'p Tt; T-^; pyaXoTTÖXew; y.y.l ßa^tT^iäo? oi/z/iTop öewvjf^.evo?, (I^lüipo; [Aev 
T-flv irpoc-ziyop'-av, xxvi^i^äTOi; 5e Tr,v i^iav, o'jj;. e^ eOte'XÜ)-/ timiov x.al ioavwv t6 yevo? 
xaTKywv, a>,>>a toi? /.aAou{ji.£'voi? SapavTa':ro;(£iJi ■jrpocv-j/'.iov, toj ' -:-^(; 'Xeivpa; yjxki-Kü 
7repfire'TUT(i)/.e voirrljAXTi, TTtcxei Ss oepo;v.£vo; Tvj irpo; tov onij.eiocpöpov toOtov rare'pa Aouy.av, 
T-fl ^uvajj.EV/1 xal öp-/) [^.sOwTav -/taxa Tr,v Öew-v ovtü); ä-doaciv, -apayive-rat TCpöi; aüxiv 
T'/iv Xfc-ziv aTjxyyEÜwv, to TraQo; äiroSetxvuwv, t/iv aicy^uv/iv äiroSupöy.evo; -/.ai T-rv 
OepaTueia-v ev -reÖMO) xaoSta; ettiCvjtöjv' ov ii^wv o Öxujaz'iio? ev tq!,ou*t(o ttzOei öuiroopTiTu 
TE xal ÄucEiSsi /.ÄTxffT'.x.TOv 6"Xov TuyyavovTa xai to ^uG'!aTov vi jAaT^Vjv äviaxov iiro- 
x>.ai6(ji.£vov ajj.a y.xi aifjyuvoy.tvov, -püTx [aev toi; H eOou; -afa/.).-/iTi)cot; te xy.t (sw.i^ciHr,- 



1(1 



63. - 1. M. TO. 



superieure possedait cette intclligencc. D"autres mervpilles, qu'il opera 
d'uiip nianierc differeiite en interveuant plus activement, sont iine preuve 
evidente de la liberte sans entraves et de la fraiiche familiarite de ses rapports 
avec Dieu. Donnons-en ces quelques exemples. 

63. II s'agit d'un homme signale comme habitant de la grande et impe- :, 
riale cite, — il s'appelait Florus, avait la dignite de candidatos', ne descen- 
dait pas d'une famillo obscure et inconnue, niais appartenait ä ceux qu'on 
appelle les Sarantapeoheis" — , fut atteint de la penible maladie de la 
lepre. Pousse par sa foi dans le thaumaturge et pere, Luc, — or la foi pcut 
transportcr h-s montagnes^, selon l'oracle veritablement divin, — il se presente ni 
ä lui, lui raconte sa douleur, lui fait constater son infortune, gemit de sa 
bonteet, le coeur tout triste, lui demande sa guerison. Le voyant, tout couverf 
des marques d'une si insupportable et si hideuse maladie, se lamenter et 
rougir de lionte ä cause de cette afTection opiniätre, disons plutüt incurable. 

63. — 1. KaväiSaTo;. liti-e lionoiifiqiie cliez Ics Byzanlins. — 2. Litteralement. les quaranle coudees. 
Sous riniperatrii-e Irene, a la lln üu viii' siecle. vivail dejä un Conslantin HifavTiTtrixo? (Tiieoph., 
I'. G., I. CVIII, col. 953). Les deux noms sont evidemment idenliques et l'element oapivTa au lieu de 
Te-soapaxovia prouve i|u'll s'agit d'une formation populaire; mais, dans notre auteur, la finale est plus 
savante que dans Tlieopliane. plus elymologiciue, plus pedantesque si l'on veul. snit qu'il faule atlri- 
liuor cette legere i-elouche a notio liagiographe suucieux de beau langage, el eela ne nous i^lonnerait 
pas, soit que les descendants de Gonstantin iapavtaTtTiXo; aient juge plus i-onvenable a la dignite 
croissante de U-ur l'aniille une llnale vrainient noble, et eeci ne nous Olonnerait pas davanlage. 
M. Vogt {ad Inc.) Imuve bien piobable une « identite d'origine avec la famille des Sarantinoi dont 
M. Schlumberger a publie quelques sceaux (ScHLUMnERGEn, SigUlogrnphie de ['Empire byzanlin, 
p. 6«G) ". II est dilli' .le de se prononcer parce que le mol Sarantinoi laisse de cote un sur deux des 
■ ■lements consliliilils de j;apavTajrf|-/sic. — ■'<■ Voir I Coi".. \ni, 2. 



11191 GUERISON DIN 15ATELIER, j! t)4-65. 263 

T'.xoi; a'JToO sr,7.7.<;'. -asstOasaüva;, p,^«.[Jit5; toOtov «TToy.vww.e'.v iV/.' vklmt eivxi 
irpoeTsauev. "EireiTa ^6 rrpocTCapxy.svetv -/iu-Epa; Ttva; ital -pocxapTfpeiv iv tm y.iov. 
iTVETpsTTcv -• £v x'.^ -po-/iyou[tsvu; ;j.ev tw (^paTT-flpiw (papi^.x-/.w t^; irpö; 06ov TrsTrappviciac- 
u.c'v/i; ■itpo(7£u;(r,; xÜtoö y_p-/ii77.;y.evo;, sttojasvw; ^e /-xl tw -luv/iOw; ^ z'jlnyicci; Tai? xap' 

5 aÜToa xaOrytai^oiAevw uSaTi --laO' r/.acT-flv STravTAsiv -apa/.e/.ej'räjj.evo; tw * iri^/O'/Ti 
Tx i;£-ov()0T7. /.xTzTT'./CTy. v.£/r, TO'j owaaTOc, '5t' 6awv r,aepw-/ erTa te^vEiü); ä7:o/.aOxp- 
OäVTa Tvi; T7o'Xu<jTi/.TOu AwSr,; e/ceivvi; iTue'i^sice /cai ävaxxivtcSjvTa tÖj wtjMxi Ttpo; Ta 
oineta £;e'u£[Ji.ij/e, Äo^zi^ovra [j.eYa7.xi; (pcovxic tov TCCioOv-:a 0£ov [XEyyAz 6au[/.«(j;Ä |^.ovov 
•/.al ävTi5o;i!^ovTa to'j; 5o;a!^ovT7.; xÖtov. Kxl '/jtq; [a£v o'Jtojc, räl tq'.o'Jtm vr^^r^y-aTi 

III ^(^a'XsTrtdTaTM toioötoi; T£ (papfAzzO'.; xai £t:i TocaiJTx'.c r.yipai? ~?,; rapa^öcou iV£p'.oö£!a;'' 
äTCo>,£>.au)itüc, TT,; ivap' £>.i:i5a 6£px-£ix; l-Ki-xf/vi. 

04. "ETepo; Se TIC, STvl tio/u /alEiriüTEpüj T£ xai ö;'jT£p(o ::aÖo'j; lujATVTwaaTi, Ta/ij. 
Tspa; 6t'. aaliuTa /.al i7'jvT0[xwT£pa? ' Tr? laTpEia; äirslauTEv , | öc £/. tv;; ■^il-:mr,; tw • f. 127 
iyi'w TwÄ£ tc6>^£u; Xa).y.Y)^ovo; xa>.ouix.£vr,; 6pjjw6[j.£vo;, — vxux>.Y)po? Tuyy^avet ' t6 etcitt,- 

2. V £ji£Tf.£i!/£v. correction inulile el condamnee par TtpoeTföTiev qui precede. — 3. V o-jvriOsi, mauvaise 
correclion : l'adverbe est meilleur que l'adjectif; il se rapporle regulierement au participe /.a8aYi«!;o(jev<|> : 
l'adjectif reclameiait une conjonction de coordinalion pour faire l'uninn avec le participe. — 4. M -a. 
— 5. Sur ce niot voir 'i 48. 11. 12. 

64. — 1. M (j-vvto|jiOTE>i;. — 2. M Tov-^ivi. Sur le preseiit voir 'i 'i.s. 11. 13. 



ladmirable Luc eoramenga selon sa coutume ä le reconfortcr par des paroles 
de consolation et de Sympathie, et l'engagea ä ne point se decourager, mais 
ä garder tout espoir. Ensuite, il lui ordonna de rester et de demeurer quelques 
jours pres de lui sur la colonne'. Durant ce tenips, il employa d'abord le 

;, puissant remede des prieres confiantes qu'il adressait ä Dieu; puis, ayant 
comme d'habitude sanctifie de l'eau par sa benediction, il prescrivit au patient 
de s'en laver chaque jour les parties du corps que la maladie avait marque- 
tees. Au bout de sept jours, Luc l'avait completement purifie de ses stigmatos 
deshonorants et il le renvoya chez lui le corps renouvele, et glorifiant. d'une 

10 voix forte, k Dieu qui seul fait de rjrandes merveilles' et qui ä son tour cjlorijie 
ceux qui le glorißent'' . Voilä comment dans une maladie aussi penible, de 
pareils remedes et un tel traitement suivi pendant un tel nombre de jours 
valurent k Florus une guerison inesperee. 

64. Un autre dans un cas de maladie beaucoup plus grave et plus aigue 

1.-. obtint sa guerison bien plus vite et d'une maniere bien plus cxpeditive. 11 * f- \-yr. 
ctait originaire de la ville appelce Gbalcedoine et voisine du saint. — nous 
avons aflairc ä un batelier de profession, — une lluxion maligne l'avait 

'1. Pendant ces quelques jours, saint Luc. tuujours plein de prevenance.s pour ses hötes (cf. % 74) 
ne dul pas manquer d'olfrir 11 I'lorus l'liospitalite de sa cabane. Voir i 31. n. 3. — 5. Ps. cx.wv, 4. — 
B. Voir 1 Re?.. U, 30. 



lu 



264 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [120] 

ÄsuL/.a, — p£iji7£w; ^pi.|j.eiac aijT(o xaT« Tovj TiOf'puyyo; £7ri.Sp7.;j.0'J(7Vi?, k'ixeVAa ■rcapic ßp«.5(^ü 
ty: TYi? öSuv/i? cuvsyei cipoSpOTViTi svaxojivi'yscOy.i. 'laTpiy.cttc to;'vuv s^ ivzyxv); ext[/-e'X£iat(; 
eauTÖv sx,So'jvai SiavoviÖsii:, oüSsv oüSa[AS; xr,; e; aCiTÜv 7uapa[;.uf){a; -ro -apzT^av äirüvaTO" 
TTTi-AV TOÖTO [Jiovov 7iaf/fyy£7,TO Trpi; a.'jTtiv, A'j^poiroctz t'.vi ivavTi TpoTvw ivapacpu'Xzca'jOai 
tÖ -/.aOoTiOu ir/j -/p-flGacÖai. AwÖojy.evo; ^e Tr,v vdaov ö wscaytüv er; to ;<'_etpov öi7Viu.£'pat 
■:rpox.6TrTOu<7av z,ai Tupo; Ozvaxov ßi'aiov äirapaiT'flTto? äxayouoav, t-^ TOcrauT-/j CTTEi/ticEt 
SiairopYiÖel? vi TueptiTTaTViÖet;, Trpö? toOtov tÖv Gtor^pLOv 'Xi[A£'va tüv 7to),UTp6-ot; iczOeoi 
yEiixa^oiAEvcüv y.aTa(p£uy£iv y.aliö; ijTvsAaSe Äeiv Tvpö; ov Äri y.ai Tvapayevoy-evo? (av) ouvr- 
aevö; t£ 5ia cxopiaTO; -poec6xt ^(ovviv x«i tö tou iräÖo'j; ffipoSpov ivaSi^acn, ä'XaXv 
TOi;^ veüfAaoi Sia ysipo? xal ^v.y.TVAv, Trpö; tG cpzpuyyt (rcjAEtMoei tö i7uv£-/_qv xal y.ixxii-^- 
yov xütÖv voG'/if/.a ciywv x«.T£[r/'Ivu£v. 

65. Fvo'ji; 8l siATretpoTaTO? oOto? tXTpo; ^Myü'^ ts -/.al ^(^[y.aTtov -rriv ü; £Tii ^jpoC 
iy.ij.rtC, 7.xxe7:dvo'j(jyy /-■xl xocTotyyo'jcav auTÖv STTf/.ivSuvov ävKyx.r,v, rapsuO'j T(I) x.aOuTTr.pE- 
ToGvTi cuv/;6w: xa^; toutou «^lay-cviai; E'TnTpsTvsi * [j(.ovk"(ovti, AeovTuo TO'jvo[7.a, tö rxyoi 
Tzxav.ayvy tw '-aayovTi ' owou äxpotTou -OTXptov itteiv. 'O öe, toi^ twv taxpeiv -olm'y- 15 
y£"X[x.a<7iv l-o;j.£vo; eti, sttI tcoT^ii — ap-/iT£iTO tö £77iTay[J.7.' ö §£ ÖaujAz^ioc a'jÖi; -XTr.p 

65. — ^ 1. M notpxo''"'- 



atteint au gusier et il s'eii fallait de peu que la violence continuelle de son 
mal iie FetouffAt. La necessite Tavait decide ä se confier ä la sollicitude des 
medecins, mais leurs soins n'avaient pas ete pour lui de la moindre utilite. 
Ils lui avaieiit e(>pendant prescrit, et c'etait tout, de bien se garder de Jamals 
prendre de boisson froide sous n'importe (juel pretexte. Le patient, lui, 5 
s'apercevait que la maladie empirait chaque jour saus reläche et le raenait 
irrevocablemeut a uue mort cruelle. Dans cette extremite, ne sachant ä quoi 
se resoudre et fort endiarrasse, il pensa qu'il ferait bien de se refugier dans 
ce port Oll ciierchaient le salut ceux qui etaient ballottes par toute sorte de 
miseres. II s'y rendit donc et , comnie sa bouche ne pouvait proferer une lo 
seule parole ni expliquer la viobMice de sa douleur, ce tut par des gestes 
muets de la main, en montrant son gosier ä Taide de signes, que tout en 
se taisant il indiqua le mal qui le tenail et le sulToquait. 

6."). Luc, ce tres habile medeciu des ames et des corps, recounait que 
Theure critique approelie oü cette dangereuse maladie etouffera Tliomme. 15 
Vite, il prescrit au moine qui etait habituelleuient ä son service ', un nomine 
Leoncc, de donner immediatement au patient un verre de vin pur ä boire. 
Mals l'autre, encore fidele aux ordres des medecins, refuse pendant longtemps 
d'obeir. Alors cet admirable pere s'irrite contre lui et d'une voix severe il 

65. — 1. Voir i r.o. n. 1. 



111 



il21j C.UERISON DE PLUSIEURS FRMMKS, ü (i(i-(i,S. 2ö5 

srA§p'.ar,'7a[A£Vo; /.ar' auToO cliv aOax-zipta npauy?,: Tzpiixxlt pi ao'vov iira; aXX' v/. 
rzizvj ^xSciv -/.al -lefv. Kai toütou Y£vou,evou /.al toO ttzc/ovto? reicQe'vTO; AaßovTo; 
TS x.al TT'.ovTo; aitzc /.xl äl; /.xi 8h y.at Tfiaseucavio; /.aOz rpocereTax-TO, r?i Tr,c ,wap- 
yi/.-?i; TpizSo; "(cü07:oiü ävepyäiV. /.7.1 ^uvacTe-'z -xpauToc r/jv pöJTiv /.xl tviv iTtaV/ay/iv 
Tvi? OavaTr,ipo'pou vöirou /.oy.ti^sTzi wv sücppOTUv/i " te ({/u/j,; y-[j.a xal cwaaro; i-^y.llo'j.i-JM 
m'Ti StxTTopE'JeTxi Tvpo; tz iSix, 5o;av aTio^iSo-j; tu ty;; So;/.; xai Töiv 6au|7.a.'7i&)v 0£tö 
xat TYiv TCoocvf/'.o'jcav süyap'.c-Tiav tw to'jtou 8ai)[;.a5';w OspzTCOVTt. 

66. Oü/. äv^pe: 6^k [;.ovov. i^z /.xi vuvaty.e? rr,? rap' aOroO yop-/)Youuivr,? eüepyeciat; 
/.rl Oaoz-eix; -tt'.ttw: -aocEXOoufrsc. ■Ka^x-DMumfi, mü.y). [j.h x.x'i icA'Xai /.xri ro^^o-j; 
x.aiso'j; /.xi ToÖTUOu;, OAiy«; f^£ £/. -o'/.lZi'i irpo? -ittui'tiv tüjv jvT-jvyavovTwv, £77ava>.a6wv 
TOJ Xöyti), TÖJ^£ ■repoTÖ/iGW Toj (^;r,y/i7.aTt. 

67. INIaoiav §£ y.x'. EipvNrv yp£uv irpö -«cöjv riiv Ximdiv 77poTz;ai tx vOv, w; -Epw- 
TOTs'pa; TüJv äX7.iüV Tvi? JTVi/.rj'jpix; y.aTr.^itojj.Evx;, O'iw xxt [;.£i!^ovoj fö? to'j 77£'.pacToO 
TTOv/iasa; TeTret'oxvTai, tov r, |j.ia jjiav /.al ' | rpciTT, Map(z;j., ^ou>.'.)cr,; T'j/r,? \x/oucy., " \. 128. 

15 yxli-O'j ■/.u^ii^HsXcoL'' TTVc'Jv.aTO; £-£ipz"C£TQ nweyü; £TCi6o'jA£'Joy.£V/; Trpi? -Sp T£ -/.x'. 

67. — 1. M xai y.x\. — 2. Kvpt£--8:i(Ta avec le g.'nitil'. Coiiiparer l'expressinn coninie. /-.TTäi^ai Oiivo-v. 



lui commaude de preiidre le vin et d'en boire iion seuleiiient une fois inais 
trois fois. Lä-dessus, le patient se laisse persuader : il prend et boit une 
premiere fois, puis une deuxieme, puis une troisieme, seien l'ordre doniie, 
et par l'action et la puissance vivifiante de la Trinite, principe de vie, il 

5 obtient aussitot la guerison et la delivrance de sa maladie mortelle. L'äme 
et le Corps pleins de joie, le pied allegre, il retourne chez lui en rendaut 
g-loire au Dipu de (jloire- et des miracles, et en remerciant comme il convenait 
son admirable serviteur. 

66. II n'y eut pas que des hommes, il y eut aussi des femmes ä venir 

iii vers Luc avec foi et ä participer ä la dispcnsatioa de ses bienfaits et de ses 
guerisons. Beaucoup certi's furent gueries ä dillerentes epoques et de diverses 
manieres, mais, sur le nombre, quelques-unes seulement me serviront ä con- 
vaincre les assistants ä la reprise de ce discours', et seront incorporees ä 
nion recit. 

ir. 67. Marie et Irene doivent prendre place ici avant toutes les autres, car 
(■lies ont plus que les autres beneflcie d'une assistance d'autant plus grande 
qu'elles avaicnt ete davantage eprouvees par la malicc du tentateur. La ' '■ '"-*' 
premiere d'entre elles, Marie, dont le sorl avait fall une servante, etait 

2. Voir- Acl., VII, 2. 

66. — I. Ici l'oratcur lail une ikmivi-IIi' |iiiusp (|iii coiiiip a pcu |irps on di-iix parlips t-gales Unit ce 
ipii siiil la iirandc- i-oupuiv du j! 'i8. 



10 



266 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [122] 

ßapabpov x.al ßuOov ■reo'X>.a/'.i? ütt' aÜToO cuv(i)6ou[ji.6v/i x.a'; Trpö? t6 -/.ay.ü; Oaveiv ^xTensiyo- 
asv/]- -^'tic 7.Ät(7Tä>CTa) -ittei Trpo; toütov tov TTveuaaTOOpdpc/v TraTspa x.y.i zoi-zcv uzvtwv 
xoocTaxviv Traoarsvoasv/i , tviv tvj g/.C/7.ioS Spzy.ovTO; zaT' aü-rr,; -'.xpzv sttiOe'tiv ooupo- 
u.irr, [J.B^!x. Äa-z.puwv aTrflyystle /.al ttj? £>.T:t"Co[;.£V/;? ä:To'X'jTpa><7£w; oüy. aTTETuysv. Kktt,- 
vTiua^ yip aijTr,v Tai"; s^ i'Öou? [epwTarai; eTrwSais -/.al iüycät^ irpo; äitoTpo-'/iv toCI 
Tri-/.ooö TrclsfA-ziTopo? ^oüg re Ta; T:poi7-/^-/.o'j(7a; auT-fl evTO>.y.?, S'.' üv vr.cTeiai; /.ai -pOGS'j- 
yxi; £-ayouTCVciv ecp' ■ÄjJ.epat; TcpcrsTaTTE Tecffxpzy.cvTa, Txr Errty.paTeia; O'jtw Ta'jrr.v 
Toü ßpoToy.TÖvou BsTi^ap i-'/i'X'Xacev . 

'H Äe Se'jTE'pa [xeTa TauT-/iv Eif/fvri, «rx^oivoGTpooou '' t6 tt,; spyauia? Ifouoa. imvr,- 
i^eupia, Tai? ö[Aoiai; £--/ip£iai; -/.al Tupavvi'Ji toö TTOVVipou 7:£pt7:£7TTW/.ura -/.xl -/y.Ai-KÖ); 
TaXatTTUoouaEV/), tw pucTYi twv TriioÜTwv T7pocE-£C£ (jij[A<fopwv '/iv EXEivo:, Tai; ii7ai; 
süyaf; y.al Tat; aÜToci; ivTOAy.t; u; Tviv rpoTEpav /.aTopptocac, Tr,? £>,£uÖ£pia.? /.al 
ctüTriiiai; woauTwc xaTViEiwcEv. 

68. 'ETEpa üi Ti; auOi; Tzaoi-'rVky «ütw yjvrl, -OTViwasv/i xai [J.tik Saxpuwv ä-ro-y- 

3. M «xo''"><'"pÖ9o;, accorde avec le mol precedcnt, inais ininlelligible. V dxcivoatfiSifov (eTtiTri- 
os-jp.ai = ?<> melier f/iii consisle (i rnnmlcr iiiic cnrile. expression moins naturelle que Celle fournie par 
notre le(;nn = /r mrlirr il cnmuletisf de iurdi'. 



tombee au pouvoir d'iin esprit mauvais (jui la tourmentait sans relache de 
ses embüches : souvent il la trainait vers le feu, un precipice, un abime, 
la poussant vers une mort miserable. Une foi ferme l'amena vers ce pere 
inspire, le commun protecteur de tous : avec lamentations et avec larmes, 
eile lui raconta los cruelles attaques que lui livrait le dragon tortueux, et sou 
espoir d'etre delivree ne fut pas de^u. En effet, Luc rccita sur eile les invo- 
cations et les prieres tres saintes qui sont traditionnelles ' pour eloigner le 
cruel adversaire, puis il donna ä cette femme les ordres appropries, lui en- 
joignant de veiller dans le jeüne et dans la priere pendant quarante jours : 
de cette maniere il l'arracha au pouvoir de rhomicide Belial. 

La seconde apres celle-ci, Irene, qui exergait le metier de tireuse d'eau-, 
et qup les memes attaques, les memes tyrannies du Mauvais assaillaient et 
tourmentaient durement, se jeta aux pieds de celui qui delivrait de pareils 
malheurs. Luc la fortifia par les memes prieres et les memes ordres que la 
premiere et lui obtint de meme delivrance et guerison. is 

68. Une autre femme encore se presenta ä lui. Timplorant avec larmes cn 

67. — 1. .J'ai Iraihiil ainsi parce (pie le pas-^age iiio parail lalre allu?iuii aux prieres fixees par la 
liturgie grecque (de la l'epilhete de tres saintes qui leur esl donnee, ^ai; ej eOou; UpMTirai:, cf. g 44) plu- 
töl qu'ä des prieres sans caraclere ofTiciel et que saint Luc aurait recitees a son habitude. On trouve 
dans l'Euchologe des Grecs plusieurs formules d'exorcismes. 

2. Mol ä mol : Cel'e qui rollte la corde (du puils. pour faire remonter le seau plein d'eau). Ce devait 
elre une vendeuse d'eau qui allait de maison in mai.son porler l'eau ([uelle avail elle-meme puisee. 



111 



[123 VEUVK DELIVREE DU DEMON, S ii»-'<»- 2«7 

■vÜMMCX, t'ir « H^v, TCiTo; ir^.r.poiJTai, (pr.ciV ', aviauTo; ä'^' r,; -^[aeso?, ipp'-/-'/) /-«i öiy-' 
« /,ai * ituasTÖ) TTSsiT/sOeica ^».'Xettcj; "Ä Ta/xiTutopo; wA'Xi TS ivso; wA'Xoii; taxpou? rpoij- 
« SpxjAOÜca T= y.ou. rpocavst/tocaT« , -7.3' oü^svo; -aiY.yopiav -rivx toO itaOou; 0'jda|Ai9f/ 
« oü^aaü; r,Suv/i6-/iv -rrcorj-opiTacOa'.' y.al vöv -''ttei -posi'i^paaov Öepjx-fl, t-^? -7.pa toj 

■' « 0£oC; ßor,9eia; ^'.a -r-^; <;•?,; eTTixoupi'a; -poc5eo[A£v/i /.al S'.i coO iMT-zipia; sit'.Tu/siv 
(( s>v-i"Cou<Tsc- » Tx'jTr,-/, ö cujjLTraSs'dTaTo; oOto; -/.aTOiz-Teipr^cy.; TvaTTip Tai? •repoTr./.o'J'jai; 
tüyai; TE yprAatJS-evo? /.at ty,? e'jVjyi'x; toO cuv/iOciu? apTou (/.ETxboii; /.al (payeW TtpoTpe- 
•iä[y.£vo: [aetoc Oy.poou?, £;£-£jai}/cv o'tV.a^e' yIti; [i.i-' 'JXiya; u-£'cTp£i!/£v r,|j.£'pa;, T'/jv 
ravTalr, TauTr,; i'jzmi-iy.'i /.al to'j ttzOoh; ä-alAayYiV y.-xy^iHvjix ' e'jyapwTO'jcz Te 

1" TCstu.— oW.a 5tä ttIs'.oviov VJyojv tcö Tcüx-öpt (")e(ij /.al tco a'jToO yvr.ciw Ospä-ovTi. 

69. "AW>V! zäXiv SV äXlü) /.aipw y-/ipa ti: yuv/)', Tr,v /caToi/f/iTtv 7ro'.0'j|7.£vvi Tuepav tt,; 
(JxAa<j(77i; S'jwv'jaa t-^? toO Bui^avTiou /.aAcuaevr,; 'Ay.poxo").Efo; -pö; ty, 0pz-/.fcjv /,wp«> 
Tvi Tüv TTOVY.pwv -vcUi/.zTtov aTTZTY, irsp'.TVETO'jcy. /.al ~'k7Mr, /.aTay.'jpiiuOsica T£ cooopw; 
'Jt;' aÜTÖiv, £-1 ypovov ö/.Tapr,viviaiov " oü ^ auv£ywp£TTO t6 rapaivav O'jte to» /tuvy.Oc'. 

'^ TU—W ToO Tiai'ou aozixy'.Qy.n^y.: TTa'jpoO oÜte [XY|V £1; vaöv Qclov ä;(7£7,£ii(j£i70at t6 (T'jvo^ov 
O'jt £Ti a'W.o TöJv yai'TTtzvor; TTpocrr/.o'vTCov cojt'/ioiwv t'jjaSoXwv sitceiv r, b'.aTCpä|;acOat 

68. — 1. il>T,U!v. Viiir ü 7:i. 11. i. — 2. M äitaYyD.O'jsa. 

69. — IM 6pa/.ti(üv. — 2. M o/.TatJir,vaiov. — '■\. M oj '^O. 



lui e.xposant son cas : a Voici trois ans passes, dit-elle, que les frissons et le 
froid d'une fievre penible me tiennent, malheureuse que je suis : j'ai depense 
beaucoup ä courir apres une foule de medecins et aucun n'a jamais pu pro- 
curer le plus petit soulagement ä mon mal. Maintenant je suis accourue 
brillante de foi : j'implore l'aide de Dieu par ton assistance et j'espere, gräce 
ä toi, obtenir ma guerison. » Ce pere tres compatissant en eut pitie; il recita 
les prieres convenables, lui donna du pain qu'il avait benit selon son habi- 
tude', lui ordonna den manger avec confiance et la renvoya chez eile. Quel- 
ques jours apres, eile revint annoncer qu'elle etait completement guerie et 
delivree de son mal, et par d'abondantes paroles eile rendit de multiples 
actions de gräces au Dieu sauveur et ä son veritable serviteur. 

69. Une autre fois encore, ä une autre epoque, une femme qui etait veuve 
et qui habitait de l'autre cöte de la mer, ä gauche de ce qu'on appelle 
TAcropole' ä Byzance, vers le pays des Thraces, tomba dans les pieges et 
'^' les embiiches des esprits mauvais. Us l'avaient tellement asservie que pcn- 
dant liuit mois il ne lui fut absolument pas possible de se marquer comme ä 
Tordinaire du signe do la croix sainte, ni meme d'entrer jamais dans une 
eglise de Dieu, ou encore de reciter ou d'accomplir quoi que ce soit des 



10 



r. 12! 



f. 128 



68. — 1. Mul il Miol hl (iidxr lirnih- i/ii t-tail Ir piiin linliiliirl. i'.W ( 'r i . n. I. i'l S 

69. -- I. Viiir j! :<-2. 11. 2. 



268 VIE DE SAINT LUC LR STYLITE. . [124] 

iSsSuvviTO % iXk' , £t y.ai itote toioöto ti T7rj'.r,Gy.'. J7V8)rjipvi(7e, Xt0a(7[xor; ZTCYive'ci ical 
5U7voT; eypwvTO xxt' aÜTvi?, [7.eTa ^oSviTpwv Ecai^i'wv -/.xi -/.tuttwv y.y.l ■jro'Xlwv i-ei'Xwv 
Ty.uTViv ^£iaaTouvT£: y.a\ twv xaOvi/.övTtdv äyaOöiv sQcov '' äiwOTpeTTOVTEC. AOtv] |y.o)^ic tvote 
TK xrÖ saDT/jV ivaT^ovirracjOat ^uv/i6£t<;a x.al wcivEp ev cuvaicÖvicji " ysvojAsvv) töv £TT/,pT7i- 
i;,£V(üV a'JT-?! y.axtöv, -po; tov x.otvov 7rpo(7TXTV)v tüv 7T£i.pa^0[X.£V(ov TvavTwv TuapayivETai, 5 
TYiv CTuacpoozv äcpviyouiAsvYi , tvjv ßta.v ä.'iy.yyiXkouaa. 'tal tv;v otz.£tav äTroöupoj/s'vy) ämo>.£tav. 
70. O Sl TC^oi; (7'j;7.T:aQ£'.av Ospao; /.ai -po; oi/.TOv dTOiaÖTy.To; ' oOto? ivar/i'p, ypi- 
(jT0[i.i[/.7i'Tw ypr, '7x6x71X1 y pcijJLEvo?, TTptjJTa [J.£V E^ayooE'Jcai xx'jxr, -zvxx xa -/.puOY, 7r£7rp«y- 
[AEva TupocExa^ev, Ecp' Ex.xaxw xouxwv «päpy.a/'.ijv E(papfj.d{^ov xö ^'.ä u,£xavQ{a; /.aX 'rnizdcti 
öpi'coc; xal ^eSoj/Cco;. "Etteix* t6 xaic yEOGiv aüxoS '" x.ax£yoy.£vov öäx-o; ei; £/.aay£io'j in 
ypEfav yo-/;[j,aT'''Cov iirt^''i^ü)(nv, EvxEi'XajASvo; aüxf, jcxxö. [AEpo; ixOrö /.axaxEjAEiv sie [AtJtpä 
x[/.ri[;.axa (jxaupoEi^to; xai? x£ O'jpau y.ai 6'jpi(7i wrcai? to'j xac'jxvi; oi/CYi'[Aaxo; xaOviXwTzi 
7vpoc£Tvi>.£youi7av ■' a[;.a xo xp^Tayiov övoy.a xy;? OEapjrt/i'^? y-upior/iTO?, ITaTpö; -/.al Tiou 
■/.al Ayioi» nvE'Ju.axo;. K7.I xouxwv ouxu yEy£VYi[/.£V(ov, o'j— 10 T;ap7))vOEv viij.Epwv Eirxi 

4, MV &eS-Jvj]to. \'oir (i 27. n. 1. Ici la chiite de raugiiienl e s'explique par le son ai = s qui pre- 
cede; la forme reguliere rttablil \iiie des cadences favorites de l'auteur : deux dactyles toniques 
separös par deux syllabes non accenluäes. — 5. M. eOviTiv, im graltage tres superflciel montre cepen- 
dant que la faule a el6 reconnue. — 6. M (rjvEoär.oei. 

70. — 1. V £Trji|iwTaTo;. lapsus. — 2. V aJTÖ, lapsus. — 3. M TtfosinO.iyvjaix. 



symboles salutaires en usage chez les chretiens. Que si parfois eile essaj'ait 
de faire quelque chose de ce genre, ils la lapidaient d'uiie fac^on sauvage et 
prolongee, reffrayaient ä Taide d'horribles epouvantails, de coups et de 
meuaces redoublees, pour la detourner, contre son devoir, de ses bonnes 
habitudes. Un jour qu'elle avait reussi ä graud'peine ä rentrer en elle-meme 5 
et ä prendre conscience pour ainsi dire des maux suspendus sur sa tete, eile 
arriva chez Ic commun protecteur de tous les eprouves, lui raconta son 
malheur, dit qu'elle souffrait violence et gemit de se voir perdue. 

70. Ce pere brillant de compassion et toujours pret ä la pitie imita la 
bonte du Christ. 11 commen(,^a par lui ordonner de confesser toutes ses fautes i" 
cachees, lui fixanl et lui imposant pour chacune un remede approprie, metanie ' 
ou jeiine. Ensuite, il lui donna un linge qu'il avait dans les mains et dont 
il se servait pour s'essuyer et lui prescrivit d'en couper une partie ' en 
petits morceaux qui auraient forme de croix et qu'elle clouerait ä toutes les 
per t es et fenetres de sa maison cn recitant en meme temps le nom trois fois 15 

70. — 1. Le mnt (iETotvoia se trouvant a cole de vrioTsia ne.peul signifier seulemenl pinilenve au sens 
large : il signifie une penitence bleu determinee el Ires en usage chez les Grecs, la (lErivoia, c'esl-ä- 
dire une « inclinalion ou prosternalion falle en signe d'humilile el d'adoration. Elle esl loujouis 
aceompagnee d'un sij,ae de croix el d'une courte priero qui varie suivanl les circonslances » (L. Cr.i'- 
ONKT, our. cite). — 2. Voir 'f, 42. n. 5. 



Il> 



l() 



[125] ■ I.A FEMMK Df-: .IRAN JOUBE, ji 71. 269 

xÜTr,? T£ AaX TOO Ta'jTVi; o;»7);j.aTO;, p.yi/.c'Ti To\u,r^«avTOC tou Ao-.tcoO itpoceYY'-C«'- 'w 

71. Fuvai^l Se yuvxtx.«; stt'.'J'jvxtcte'.v /.iv toi? Äi7i*|^fl[Jixci ;t*l toi? 6au(Aa'7i ;Tpeirw- 
^ecTXTOv', o;aai, /.«l ipao^iwTaTOv ■. 'EirwjvaTCTS'rOw'Tav to-'vjv T-fl s-,c r?,? ctypow;«; 
r,S-/i ji.vYiaoveufJe'G-/'/ xi tcoIiti^j? Toy/xvo'jTxi, '.xv £ici toutoj [y.s'ya (ppov^dx; ' öeA-ziTUTtv 
■/l yzp Osia /zpi; twv :xu.xtojv äcpiTiOTiiy-to; " sTViS'/i? Trxcat? ttzt-zi; Trpo'iTCaOsia; öi/a öixve- 
v=[A7iTa'. ' xxi ^Sf^up-zira;. FIpoTXTTJ'TOw TOiyxpouv, et So-ztai. Tr Sir,y/i(7£i r, y.xl tw y.ocjAtxw 
Äoxo'jcx 7cpo'>/ctv z;'.waxT'.. 'IWo'jnz :io\t yxp tiv:,;, Iwzvvou tojvo(ax, ya[ieT-/f, ov /.al 
'lo'jSviv •/.xTxy:T,'7Twtöi; rpoffayopsüouGiv, £ttI Su'itv r.as'pat? /.al si/.osiv wö'.ti öeiva'.; £v 
x.x'.oü ToO TOXSTO'j yx7.£-w; ijTTapxTTOu.evr, /.ai tcv Öxvxtov ä^ xOtv,; r,;A£pav e; r.aspa:, 

4. M. OT« suus l'innuence du mot suivant; la faule recuniiuf a donnii lieu a un grattage insufTisaTil. 
— 5. V Te>,Eiov, fausse leclure. On retrouve 7e).£ov, g 72, vers la fin. 

71. — 1. M irpcTtMOEffTaToi. — 2. MV ip(j.o?iaiTaTO/, forme barbare. — 3. M i-(o^rny.i!xc. aveo le 
premier o coUe irrögulierement sur le y et le f. — 4. M (i.vT,(iovrv9»iav). — :>. V [if((i:f(,rj;f,aai. — fi. M 
ä[i?i).oT:'|ji(i);. Voir g 7, ii. 5. — 7. M 3iavE(jiT,Tai. 



Saint du Seigneur Dieu, Pere, Fils et Saint-Esprit. Cela fut fait, et sept 
jours ne s'etaient pas encore ecoules que les esprits brouillons et ennerais 
fiireut mis en fuite, s'eloignerent completement de la femme et de sa maison 
et n'oserent jamais plus dans la suite approcher de cet endroit. 

71. Ranger des femmes ä la suite de femmes jusque dans les recits de 
miracles est fort decent, je pense, et tres convenable. A la suite de la paysanne 
dont nous venons de parier, rangeons donc maintenant les citadines, nieme 
si alles doivcnt en tirer vanite, car la gräce divine des guerisons, Ignorant 
toute Jalousie et toute preference, s'est distribuee et accordee ä toutes indis- 
tinctement. Plagons par consequent en tele du recit, s'il vous plait, celle qui 
parait l'emporter par sa dignite selon le monde, la femnie d un certain. 
illoustrio.s', du nom de .Jean, celui qu'abusivement on appelle aussi loube". 

71. — I. 'IDoüoifio?. titre hondrifique chez les Byzanlins, equivalenl de l'fV/u.s^m. illustre, des Ocei- 

denlaux. 2. Le texte dit que oe sobriquet se donne encore, itGOffarooeOouar/ : ii ne s'ensuit pas absolu- 

nient que Jean loube vivait toujours au momont du panegyrique; on peul continuer d'appeler quelqu'un 
par un sobriquet meme apres sa inort. Nous Irouvons dans les sources un nom exactemcnl sembla- 
ble, fall assez remarquable puisque le mot 'loOg») n'est pas grec; il correspond au laiin Jithn — en 
franrais, la eriniere, d'oü Jean la crinirre, a comparer a RUiuel ii la Houppc. Un certain Xios, fils de 
'WM, se rendit si insuppnrtable conmie gouverneur d'Achaie par ses malversalions et ses debauches 
que, Sans egard pour la saintele du lieu, les Alheniens le lapidercnl derriere l'aulel de leur eglise 
(Theoph. Contin., P. <;., t. t'.I.X. col. 'lUJ;. Ge Xiai. vivait sous l'imperatrice Zoe: il mourut vers '.115. 
Son pere etait-il le .tean 'IwSti dont parle nolreVie? En adniettant que Xi-r- fut Uqiide a trente ans, 
Saint Luc ötanl montö sur la colonne d'Eutrope en 9S5, soit vingt ans plus tard, il faudrait supposer 
d'apres la suite du röcit que l'illoustrios .lean eut un enfant vers soixante-dix ans eiiviron : il n y a 
rien diiupossible a cela. Que dans lautre source le sobriquet de 'Ioü6ri ne soit accompagn6 d'aucun 
aulrc notn, cela prouverait tont simplement que le prrsonnage elait bien connu, et que le sobriquet 



270 VIK DE SAINT LUC LK STYLITE. Il26i 

Yl jjwt'XXov, TofAWTepov eiireiv Seov, öipav ic, wpx; /.■/}. ■jTiyjAviv ix (jTiyirr,; y.apai^o/.O'jffo. *, 
TvitiTEt ojpo[A£V/i Tuol AY, , w? iTpo TToT^'Xo'j Stot TTeipa? iyo\j<jCt. -Xeicty)? ty,; svEpyoiicvi; ev 
TW ÖaujAasico Traxpi Aou/.z t'/jv yapiv Suvzjjlsgi;, 77s'y.7i£t — po; aÜTOV t6 tkj^o; lEatTOij- 
p'vvi ßo-/i'0£iotv £v xa-.pw •nrepicTacEw;. O Ss, toO ouvriÖDo; ap-rou /.al O^aToi; s'jXoytav 
äyizcac, s^aTtecTe'./e irpog a'Jr/fv. H ^e, toötwv ä^.opoTepuv (/.st' iuk7.^jiiy.i <j.irct.\y£o\i<jCi, ■> 
!'■ 1-^'- irxpEuO'j TÜv öxvaTTOÖpuv sz.£ivtov coäivtüv £— a'JffXTO, ToS ßpcoo'j; eüyepüi; y.a't älvcd^uvuc 
ä.-ciTey^ÖEvTo;' •ö'ti;, ttiv -pö; 6z-jaT0v WtcYiV ÖaTTciv ÄTToÖEiy.sv/i, yapjcv [xet' eücppocuvvi? 
äve'XaS'ev, eOyapiffTvjpioi? (ptovaii; KV£u<p-/i[Ji.oO(ja t'Jv (puAr'jcovTx tx vy,-iz Kupiov y.viTEpx 
TE £7;l T£V.vti> £'"jcppaivoa£V/jv isi/iV'JVTx, tÖv toütou yv/fcov OspaTCOvTy. jAa/.apr^ouTa '■' , S;' 
oü T^; c(OTY,ptac irap' e^-tti^t. -auav T^apstSocwi; ettetu^ev. lo 

72. SuvtättecÖo; i^-/] [y.Exa Ta'JTY,v £y(^o'y.£va ' , tvjv -/.CKTat/.Y;? T:Ep'.(pa.V£;a; E'jy.o'.jriSacav, 
yijv/i Ti;' ETEpa, TO'jvoy.a "Avva, /.ocfAUO'j [7.£v ä£iw[jt,aTOi; aj/.otpo?, ttigtew; Se xai T-fl? 

8. V 7t«(>aoo/.'j-j(Ta, lapsus. — ',). J[ |xa/.api4o'j(Tav. 

72. — 1. 'E^oiisvot. adverbe = <om^ pri-s. sc renconlre parlois dans los LXX. cf. Nuni., ii, 17; 
II Reg., XIV. 30, olc; ciU- par SopnocLics. — -2. M ti. 



Sur le point d'cnfanter, il y avait vingt-deiix jours qu'un travail douloureux 
la dechirait cruellement, et que, de jour en jour, ou plutüt, mieux vaut etre 
precis, d'heure en heure, de minute en minute, eile s'altendait ä une mort 
soudainc. Poussee par une foi profonde, car depuis longtemps eile avait 
grandement experimente la force puissante, qui chez Luc, ce pere admirable, s 
produisait la gräce, eile envoie vers lui en tonte häte pour lui demander du 
secours ä une heure diflicile. Lui, ä son ordinaire ilsanctifie, par une benedic- 
tion, du pain et de Feau •' et les lui adresse. Des qu'elle a fait usage de 
f. 12!). tous les deux avec piete, iminediatement ses douleurs mortelles prennent fin 

et eile met au monde son enfant, avec une grande facilite et sans souffrance. lo 
Deposant aussitöt la tristesse ressentie en face de la mort, eile se revet de 
joie et d'allegresse, ses accents reconnaissants louent le Seifjneur qui sauve 
les eiifants'' et qui rend la mere joyeuse au sujet de son enfant^, et ses benedic- 
tions vont aussi au vrai serviteur de Dien par qui le .■^alut lui avait ete pro- 
cure merveilleusement contre tonte esperance. is 

72. Bien pres de celle-ci illustre par sa notoriete selon le monde, plagons 
une autre femme, appelee Anne, qui, si eile n'avait aucnne dignite selon le 

avait appareiiiiiienl (Svinee toul a fait le viai nom. L-ehii de Jean, dans le langage courant. Du reste, 
nous ne tenons pas oulie mesure a ridenllficalion. bien qu'elle ne nous senible pas impossible. II nous 
suffit de noter que le nom de 'lmäi\, qui na Jamals pu 6tre fort eommun chez les Grecs, se rencon- 
lie dans rhistoire quelque temps avant sa mention par nolre auteur, et qu'il s'applique juslement ä 
UM personnage de famille assez honorable pour qu'un de ses membres alt ete gouverneur d'Achaie. 

:?. Mot ä mot : Ayant sanctifie la cliose benile qu'elait le pain et l'eau liabituelle. G6nit. e.xplical.; 
voir l :«i et 41. II y a ic' anticipation dans l'idee; le pain et l'eau ne sauraient etre eOoyiat qu'apri's avoir 
616 lobjel du rite qui les sanctifie. Voir g 39. — 4. Ps. cxii. 0. — 5. Ps. cxiv, G. 



10 



Hl 



1271 GUKRISON D'ANNE. S 72. 271 

•/.ara iuy/iv eÜJcXst'a; O'jrTi'i il'kv.TzrjU'jy.- ■/ift; Tr," /.XTOiV.-flTiv (aev tt/z/iitiov tt;; /.7.>.ccjr;ivr,; 
nu>.r,; Xa)^/.r,; ä)cey.-r/-,TO, vo'tw '^s [ist?«'« /MTy.'j/ifiiiijX /Cocl /pivov scp' i/.avov y.aTa/.ei- 
jAeVfl, rpo; tov xotviv OepaTO-jT/iv r/.TCs'y-ei, zifiTci y.ivo'jalv/i 9ep[7.r,, tüv 7:po(;-/i5iovTwv riv«, 
tÖ t-^; Xpoviac otppwaTta^ aÜT?,; ■rcolutoSuvov /.xt S'jiTiaTov f^i' aÜTOU (^-/iloTCOtoCfffa. Tov 
i/. cuv/iOsi'x? TOivjv äTTe'jVjy/iTa? aprov tö; eiwÖsv, scaTCOiTTeTAe; tido; auv/iv ö OaujAzaioi;. 
'H ^£, lyfjQ'jnoL Tuv £'j>.y.6eia 7:oA>.-fl xal ßsgpwyj^it« jv.stz -wtsio; xS'.(7tz)ctou, irxpa/_pr,[/.a 
T-«; £-iOuu!.ouy.sv/i; f)£p«-£ta; äTTs'T.a'jTev, t-^; -/Atv/i? OäTTOv s^avair-räcx /.xi tti? ä50£- 
vsi'a; xÜT-oc "?;; ypovi'xj ts'aeov eA£uO£po)8et'7a' r.ri;, ari6ev [;.£\7.-/i'7a'7a, irpö; tov Ö£oX-/;- 
TTOv f)£paTT£UTriV aÜTixa TvapayivETa:, T/jv -^zptv y.-/ipÜT*Tou'7a, t-/iv £'jepy£i7iav yyy.yjiu.vj'yx, 
T'/jv süyao'.iTTiav xütw !TpO'7zyo'jiTa /ixl tw 0£w Äo?xv /.al Tpo^x.'jv/iGiv /.vxiTe(;.-oii5a. 

7^{. Tüiv TO'.OÜTWV TOt'vUV TEpXCTlOJV y.xl OauaXTlWV, /txO' d/.ZTT-flV, tu; C-ITEIV, T£"ACiU- 

[Aevojv wapa Tvi? rrzvTa i^uvx[ji.£'v/i; evepyeiv ev G-ojAEto^dpw 0£oö Ö£p7.-ovTi yaptTo;, t-?,; 
w,a-/;c 7ip£ay. ' S'.x9eoua-fl; 7:xvtxj(^o5, TvxvTe:; (;uv£Tp£/_ov [Aexä ttiittew;, t6 /ixtx>.a-/i>,ov 
£V.acTo; )wu.'.(^ou.£vo; <pxpu.a)iov (j/u;(^ty.cöv ö[/.oiJ y.al ctoui.xTiy.oiv öi^uvöiv y.ai y.xy.oiauay, y.£0' 

73. — 1. V. fjuEpa, lapsus. 



moiide, ne le cedait eii rien pour la foi et la noblesse de Tänie. Elle avait 
son habitalion pres de la Porte dite de Bronze '. Uiie grave maladie la tenait 
couchee depuis assez loiigteraps, quand, poussee par uiie foi ardente, eile 
depeche un de ses parents ä ce commun medecin, pour lui apprendre que 
sa longue maladie la fait beaueoup soufTrir sans grand espoir de guerison. 
Get homme admirable benit donc du pain comme d'habitude - et comme 
d'ordinaire 11 le lui euvoie. Elle le re?oit avec grande piete et le mange avec 
une foi inebranlable : aussitöt eile obtieiit la guerison souhaitee et se leve 
au plus vitc de son lit, parfaitemeut debarrassee de sa longue maladie. Sans 
attendrc, eile se rend immediatement chez le medecin inspire de Dieu, pro- 
clame la faveur, annonce le bienfait, rend gräces ä Luc et adresse ä Dien 
gloire et adoration. 

7;}. De ces prodiges et de ces merveilles operees chaque jour, pour ainsi 
dire, par la grAce toute-puissante de Dieu, agissant dans le thaumaturge son 
serviteur, peu ä peu la renommee se repandait partout : aussi tous accou- 
raient-ils avec foi, et chacun remportait le remede approprie aux souffrances 
et aux infortunes soit de l'äme, soit du corps. 

Parmi eux, un homme qui liabitait dans les parages de ce qu'on appelle 

72. — 1. II lu^ s'iigil i)oiiit il'iiiir (Irs poilcs de la vlllc, iiiais a'iinr des piii-lcs ilu [Kilais itiiperial. II 
011 est pinio a cInuiuo instant dans riiistoire by/.antine. (Voir I'üegeh, Scriplori'S Orig. Constnnt.. II, 
p. 37,3, au mol XaXx^: Delehaye, Syna.i\ Eccles. Constanl.. eul. 1178. ,1. Labarto s'en est occup6 eii 
detail dans son ouvragedöjä cite, Le Palais imperial de Conslanlinople et sea aboids. Voir sa table aux 
niots C.hnlci- et Portes diins le piilnis impcrbit.) - 2. Viiir j! 'i."i, n. 5. 



272 VIE DK SAINT LUC \.E STYLITE. [128] 

wv y.a'. TIC ivvip, tviv xaTOi/.r.civ s'ywv iv toIc y.s'peiTi toö ■/.x'Xo'j[A£va'j i-TsvoO, 5'jv ty, 
yiyu.eTYi aO-oö irapayivovTat Tvpös tov i7epi€or,T0v ev bawj.xai Aoux.av, [i.£Ta [j.eyz'Xv); 
ÖXttj/ewi; xal öSüv/;i; ivayyeAVjVTe? t/;v STCsT^Goücav aÜTOi; ä(popr,Tov (;urj.(popzv. "EXeyov 
yxp, OTi, (pviciv"- « Äfj.ipoTs'ptdv -1117.(07 [XECTOv e/ovT£; X£i[A£Vov t6 [ßp£Cpo; £xt TT,? y.Tvivv,; £V 
•« TW -/.aSeuSetv, £C£y£p6£vT£; toö ü-vou y.ai ätcvouv e^eupöv-rf; aÜTo, Spop-aio'. -p6; r/jv (7-/)v 
« -/iWofAEV TZ vCJv bavkr.TOL, T^x^Etv ivTOAac ävx/.oyo'Jcac s^aiToujj-evoi toü toioötou aTupo- 
« diTTOu 7;apaT:Tt6[A«.To; hi/.y.. » 

74. 'O ^= cu[/.iraf)£'(7TaTo; -/.al yji(7TOjAiV/-,To; oOto; ^aTvip, (7U[ji.xy.0(r>v, w; £i/.o;, /.cd 
Traoau.uOoii7.Evo; to'jto'jc £~l xw f/.Eys'Sst t-^i; (JT^ivl/EWi;, §e£iwcac6at |j.£v -poiExa^e touto'j; 

2. 'EXeyov yap. oti ^risiv. Dans lelte e.xpression, cpriofv est d'autant plus bizarre qu'il est au singulier 
alors que eUyo-i est un pluriel garanli par le contexle. J'avais proposö de lire llcyo-/ väp öti- «tümv... 
« Ils lui disaienl donc : Comme de jusle... ». Le P. Van de Vorst propose iine auüe explication : 
<i Dans l'expression e),£yt,v yip Sri ifriTi'v. le dernier mot ne serail-il pas un simple pleonasme? La 
legende grecque du baptöme de l'enfanl juif (E. Wolter, Der Judenknahe, Halle, 187!), p. 36) nous 
offre ä peu pres les mömes niots : 'Itoivvric Siäxovo; Sir.Yi^ijaTo [lot Xetmv oti (fnah ev 'ASpaTea -ri nöXei 
rr,; 'Apfjievia; jioi'iivia Tt(io8äTwv üa'i r.'j'i.li. Le texte reproduit le Vindobonensis theologicus graecus 178, 
lol. 301; dans le \'iüdi>bonensis histuricus graecus 62, fol. 119, qui attribuc le ret-it a l'abbö Daniel, la 
meme leron se retrouve. » Le pleonasme s'explique tnrt bien par l'exemple fite; une Ibis averli, on 

peut rapprocher dans notre Yie : iy.ntvi iSöxei ... övTHpctuxovTo;, lo? eyii, friuiv, g 3il; TtpoarjXOev i-Kayyi'/.- 

Xojffa, (ö; ...(pT,fTiv, '( 68; a7to(pr,vaji£vo; w;...)£Ywv, g 57; mais l'exemple cit6 par le P. Van de Vorst est plus 
concluant paree que ?ti<jim se trouve immödiatement apres la conjonclion, avanl les paroles rapporlees. 
Que d'aulre pari on ail »riotv au lieu de i^ri n'est pas une dilficulte, puisque notre texte olTre plu- 
sieurs l'ois :fY)5i/ inteitale lä oii on altemlrail efii; voir les passages que nous venons de cilcr, aux- 
quels on pcul ajouter ävTipti-ra ... fr\'7i-/ l 3S. äitexpiva-ro ... tpriuiv g 75. Sur ces deux pninis, l'accord existe 
entre notre Vie et le te.xte rapporte par le P. Van de Vorst. Mais, difTicuIle non resolue, notre Vio 
dit vfini-, au singulier, quand il faudrait grammalicalemenl oaut'v au pluriel. Cela confirme la theorie 
d6jä insinuee par les observations prec6dentes, que <j,Yi(jiv est ä considerer comme une sorte de mot 
invariable, sans autre role que de souligner la citation qu'il accompagne, et qui peut s'employer aussi 
bien pour le singulier et le pluriel, Ic [)resent et le passe, un peu ä la maniere du « dil-il » des Beiges. 



le Stenon', vint avec sa feinme trouver Luc si celebre par ses miracles. 
Itemplis de tristesse et de douleur, ils lui annoncerent le mallieur afTreux 
qui venait de les atteindre. Ils lui 'disaient donc : « Nous avions notre enfant 
au milieu de nous, disaient-ils, dans notre lit, pendant que nous dormions; 
en sortant de notre sorameil, nous l'avons trouve sans souflle et nous sonimes 
accourus vers ta saintete; maintenaut nous te prions de nous donner les 
instructions qui conviennent dans une infortune aussi imprevue. » 

74. Ce pere tres compatissant et imitateur du Christ eut naturellement 
pitie de ces gens;il les consola dansleur grande allliction, commanda de les 
hospitaliser et de leur donner k boire et ä manger ', et tandis qu'eux ils fai- 

73.— 1. Le Stenon. c'est-ä-dire le Bosphore ou le clelroil jiar exccUence pour les H\zaiilins. Voir 
l 1, n. 2. 

74. — 1. Saint Luc na pu Commander ainsi qu'aux moines d'Eutrope (voir 'i 39, n. 7) et c'esi sans 
doule au monastere que le menage prit son repas : c'esI la que saint Luc l'aura fait chercher (npoc- 
xa).£(jdu.£vo;). 



10 



129 SORT DIFFKREM DK IJKl'X EXFAXTS, 5; 7;5-7r). 273 

xxi Äoö'flvai cpaveiv xai ■;TL£iv. 'Ev octo Äe Ta t?,; süto^ix; oOtoi (x.s-re'Xzaßavov, eJ^ ttio'J- 
su/viv £y.etvQ? i/.TSvvi [/.sfa oa/.p'jwv 1 eTpexsTO, tov 'C<^-ä; y.ai f)avzTOu ttjv £<;ou'7iav ' i- '-■'" 
's'yovxa e^£yu.evt^Q[/.svo; Küoiov rap' oj tq Qappstv äijipa>,w; XaScjv 7:pci; tyjv rr,; aiTYi'irew; 
tyJoa.'ji'i, yy.pi.£VTtü; xÜto'j; Trpoö)ca'X£(;a[A£Vog ecpvicJE' « Tlopeüscflc Ävi u.£T7. y_apa; x,al 

ö ft äya/X'.zGscü; otxaSe, ;A7iÄst/.{av äiAip'.So^ix? -ii ÖXti^Eci); lyay-vi; 4'vvoiav" to yap irawiov 
« üatüv oü te'Övviäsv, a>.X« xa.9£üS£i /cai. CT'" " *-^' '^^j '^'f' '^'''■' ^'^'^i' "koyta — t^TwOevTe; ' 
•/.Äi 7;op£'jÖ£VT£; (j.£Ti CTTOuÄ-Pii;, supov TQ TcaiStov dauTwv (^(iv y.al (paiöpov x.al ä.ATiojAevov. 
T£> §£ Tou Oa'J[j.aTo; ÜTvspoy/.w x.a,l Trapx^ö^u ■/.xTaTt'XaY£VT£;, jj.ct' jx-Tvlvi^ew; äu.x xal 
y^apä? ÜTre(jTp£i|;a.v ev «Yx^XtaGei x.apSta?, Äd^y.v /.zl jj.£ya)iOTCpeiveiav ävxTuep-TiovTs? 0£ö) tw 

10 iLVfxkx ij.o'vw TTOtoOvT! Qau[Azi7'.a i^'.ä irpoije'jyr,? xal 0£V)C£iü? tcov yv/i(7;co^ 0£pÄ-ovTtov aÜTO'j. 
"ii^Tuep O'jv TO'jTCii? TOi; tov TiaiSa TsOveÜTa OpriVoOii yov£'jG'.v £•/. vEx.pcov " i^wvxa nt' 
£vt£'jE£co? ^(O7;(p6pou yapi'CaTxi, outw? aiiÖte sTspoi;, o;? toOto >.ugit£>.vio'£iv viTri'TTaT'j, tö-/ 
ÖävxTov TO'j -xi^bi 7ipQViyop£U5ev — epi wv irpoiw j ö )iOyo; oriVoirst. 

75. Sidivw; yap ti? oiz.v)'Twp t"^; xsptcüvuiAOu XpuiroTro'Xsws cu-/ Tvi dauToS yaacTY; 

74. — I. V 7iiaT4-j6evts;, fausse leclure. — 2. M ixxvexfoiv, voir Iiitrcjil., \i. 5, n. 2. 



saient bonne chere, lui, il se mit ä prier longuement avec larmes pour disposer 
favorablement le Seigneur, maitre de la vie et de la mort. Des qu'il en eut 
vequ des assurances certaines sur le resultat de sa priere, tont radieux, il 
appela rhomme et la femme et leur dit : et AUez donc chez vous, joyeux et 
Contents; n'ayez plus une seule pensee de souci ou d'angoisse, car votre enfant 
liest pus mort, mais il dort et il vit'-. » Confiants dans la parole du saint, ils 
s'empresserent de partir, et ils trouverent leur enfant vivant, gai et sautant. 
Krappes de stupeur par un miracle si extraordinaire et si merveilleux, etonnes 
et joyeux tout ensemble, ils revinrent, dans l'allegresse de leur cceur, pro- 
clamer la gloire et la niagnificence du Dieu qui est seid d faire de graiides 
merveilles^, par la priere et l'invocation de ses vrais serviteurs. Or, de möme 
qu'ä ces parents qui pleuraient la mort de leur enfant, Luc le leur rendit 
vivant d'entre les morts par sa priöre vivifiante, de meme ä d'autres, sachant 
qu'ainsi il leur rendrait Service, il annonga la mort de leur enfant : c'est ce 
que montrera la suite du discours '. 

75. Un certain Sisinius, habitant de la celebre Chrysopolis ', vint avec 

2. Marc, V, 39. — 3. Ps. cxxxv, 4. — 4. Les deux miracles dont nous avons iei le räsumö moiili'enl 
sous un jouf piquant la charite affectueuse du stylile et sa facun expuditivp, pralique et pai'fois impri- 
vue, d'ai'i'anger les choses au mieux des inlerets de ses Clients. Sans doute, nous aurions prelVrti que 
l'enfanl de Sisinius füt gueri, mais ce n'est pas ce que deniandent les parenls, et. une fois qu'on 
naiteiidail pas sa guerison, le mieux, vu les circonstances, etait qu'il mourüt. 

75. — 1. Chrysopolis, aujourd'hui Sculari, sur la cöte d'Asie, en face de Constantinople, est c616bre 
par la victoire de Constantiri sur Licinius; c'ötait une ville du theme Oplimaton (R.vms.w, Tlie liisfor. 
Geography ofAsia Minor, p. 143, läfl, 204. Gelzeii. Ungedrückte... Tcxli\ p. .">;!8). 

i'.vrn. OR. — T. XI. — F. 2. l[j 



f. 12'-"'' 



274 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [130] 

T7a:ayivovTai tcoo; tov ivept§6-/iTov toOtov tqv ' ev Öau[z.aTOupyia'; exicYiacv 0£o5 ÖEpz- 
-ovxa Aou-/.av, TuatSCpv s/ovte; ettI rpisTiav oV/jv iv xAtv/) ße§)^-/i|7.6vov ev TuxpsTSi ucJjxaTo; 
ö^^OTE^et -/.ai tt^v-eIeE [j.c>>wv * äy.iv/icia. ÜEpl to'jtou '"' Ä£-/iciv wpO'jayo'j'ji SucwtcoOvte? tov 
ociov, ÖTCw; 7rapaxA-/i'7iv ex-tevö ivof/i'7-/iTai upo; Kupiov, öj? zv Taysoj; äryAT^ayei'-^ r?,; 
TrapoOcTi? ETCwSüvou (^ur,;. Bzpo? yäp aax -/.oci övsiSo? iTpO'J-/t£iTO toutoic ö Tral; ß>.eiv6[J.£vo: 
SV T05XUT-/1 /CÄX.üiv x£pt'|/opz TTOo? TE OspaTiEiav aÜTO'j x.al TCpo; ÜTUiripsGiav cöcäutco; £^aiTop/[- 
caoiv Ttoo; ou; äTCEy.pivaxo tö TTV£'j[jiaT09Öpov enE^vo gt6[i.x, TrpootyopEOov to ja6>,'Xov 
EaipavTiÄCdTÄ-ra^ : « Yloovjcn^i, (pv;(7iv ', EÜÖuf^.oOvTE;, rzcav ätp' ia'jTtov iOuu.iac ö[jLiy_'X-/;v 
« Ey.Tiva^aaEvof y.xi yäp a-jpiov ü[Aa;" ii-f-^oTEpov ° <;£7i£'-/)(7£i 6 Kup'.o?, t6 (JU[/.cp£'pov> 
« ExacTw ivpou.viOau7.Evo;, tov fyivTOt wat^a ■jTpo(7>^ajji6av6[X£vo; y.al tt,; |i'.«ia; «TTx'X'XxTTajv 
« ^u-fl?, u[7.a? Äe TYJ; etc' aÜTto W--/i; xal ^u(jy_^EpoO; 'jTC-/)p£Cta; £>,£u6£'pou; y.a6'.c-wv »" 
oTVEo TCxpÄ^o^u Tpöxco BötTTOv vi Aoyo? Epyov lyEVETo. T^ EZ10ÜC-/1 yap ■^u.s'py-, Tr,? OavzTou 
va^^ETCWTE'pa; ^w^; 6 irap£i[AEVOi; ttxi; äirri/Xaiy/i x-aTa Tr,v Ttpöppricriv ' -roü cni^-Eio^opou 

75. 1. M -^v. — 2. MV Toi-ü>v, mais rank^cödent itaiSiov et le verbe inaW.aYEi'ri reclament un 

singulier. — 3. V eiifaTtzüiaTa, correction noti juslifu'f, le mot du manuscrit venanl de ^faivw el donnaiil 
un tres bon seiis. — 'i. <l>Jicriv, voir % 73, n. 2. — 5. V r,(jiä;, fausse leclure. — 6. MV äiiqjoTepov Uäuztf. 
Mais il y a ime lacune tvidento : quatre participes au nominatif saus verbe ä un mode personnel! 
Cependanl le scns göneral est l'acile ä conjecturer. Pour la restitulion, j'ai tenu comple de ce l'ait que 
le manuscrit na pas port^ d'abord 6i\imiiyj-/, nials iiifi^o-,; c'esl apres coup qu'on a ajoule un petit o 
au-dessus de 9 et un - au-dessus du groupe fs. De i(j.fepOT qu'il venait d'ecrire, le copiste a passti 
facileinenl a ce qui suit a-j^ifipo-i, cf. 'i 16, n. 1. Dans notre texte, ijjKpÖTepov est un adverbe = de deux 
/(irons ü la /vis. dune double mdiiicrc : r^^o^L-rfiziG^on a le sens de fmivnir. fr6quent cliez les auteurs 
posterieurs. — 7. M nf6py;oiv. 



10 



sa femme vers cet illustre serviteur de Dieu, celebre par ses miracles, Luc. 
Leur enfant gisait daus son lit depuis trois annees entieres, paralyse de tout 
le Corps, iiicapablo du moindre mouvement. A son sujet, ils prierent et sup- 
plierent le saint d'adresser une longue invocation au Seigneur pftur quc 
l'enfant füt au plus tot debarrasse de la vie presente si douloureuse, car 5 
c'etait une charge en meme temps qu'une honte pour eux que cet enfant, k 
le voir dans de telles miseres accumulees, incapables qu'ils etaient de le 
guerir aussi bien que de le soigner. Et cette bouche inspiree, de leur repon- 
dre par une prophetie tres claire de l'avenir : « AUez-vous-en, dit-il, avec 
joie; secouez loin de vous tout nuage de tristesse, car demain, d'une double 10 
maniere, vous <serez pris en pitie par le Seigneur : ce qui couvient>, il le 
donnera ä chacun, car il prendra l'enfant pres de lui, le debarrassant d'une 
vie de miseres; quant ä vous, vous n'aurez plus ä vous chagriner ä son sujet 
ni ä lui rendre des soins penibles. » C'est ce qui s'accomplit, merveille eton- 
nante, en moin= de temps qu'il n'en faut pour le dire. En effet, le lendemain, 15 
l'enfant paralytique fut debarrasse d'une vie pire que la mort, comme l'avait 



L131] NüMBHKUX BIEXFAITS. GIJKRISOX DE GKOHC.E, S 70-77. 275 

Traxpo;' oi ot toütou yvw,-:ozi: zr,; ett' aÜToi asptav/,; ä'y.a /.'/l Oai^J/cw; y.al t^; spyti^ou; 
'»O'jAsiac 7i>-£uO£p(ö67icav. 

/6. E'rTsiö-^ ÖS, iraci tzvtx y'^'S^Ök'. '77:o'Jf^Äv TiÖejjievo: w; Xst^iToO u.iar.Tv,: xaTi 
TÖv [Aeyy.v a-ocToVjv, e/.zctw wpö; tzc air/fcei; isT.'k'j-^biC, /.od /.x-voüXr.'kiüi Ta? s/.Sy.Ccic 
irapsy^Eiv oü Tapr.TsiTO, — oü yxo riSoü),£TO Tiva >,uTCCi'ja£vov ä.ire>.9siv ■).-' y.ÜTOö o'jtc 
[A'/jv xaTY,(7ji'UjX[Aevov ä::o(jTpa|of,vai ' xal oL-zay.-o^, — r,v " O'jv tScTv to'j; oy).ou; iroTa- * r. l:«i. 
u,yiööv TTpo; aürov öcx^ipxi ouppe'ovTa; w; si; --/lyviv iEvy.ov'' ßp'jouoav y.al t-^v toO SiAou; 
iV.aoTov* oX£y[;.ovr,v ä7rwOo'Ju,£VQv. 

//. O lu7:o'jji.evoc yxp st; yapxv [/.sTsSaD.STO, ö äOu[;.üv si; s'jö'jjAiav jjisOi'ctxt'; , ö 

10 TTSvOwv TTapsfAuÖEiTO, ö (xcÖsvtüv öesars;«; äTCc'>.xuev, ö £v xiv^üvoic tv)v eT^EuOep^av e)i3!;[/.?a.ve, 6 

£v avzyi'.aic Tr;v cwTr.pi'av, fj sv xsipacj/oic t-/;v zTCo'XuTpojuiv, ö sv a.;y.xoTiaic r/jv asTzvoixv, 

a()i/.oji/,£vo; T/;v £xoi-/.-/)(jiv, o sv irepiSTacst -rv)v itpocTaciav, o sv xttooik t/jV /.■xlry 

suTVopiav, ö s'v ipptocxt'z t/|V xayetav ivappcoctv. jy.sO' (ov irpocEici xouTto Sfpyio; tu 

'6- — '■ ^1 äTirjcTTfa-pafv/ii. — 2. II faul (k'rire ^v avec minuscule. PK veut une majuscule, mais il 
faul remai-quer que jusqu'a pi'ösenl il ii'j a pas encore eu de proposilion principale : oO väp tiSoOeto... 
esl une incise; la proposilion principale est justement ^v o-jv... La parlicule o-jv est classique pour 
reprendre une pöriode interrompue. Cf. <i? oyv Vöe-o..., g 45. — 3. V ieivaöv, fausse lecture. — 4. V 
i%i<s-o-j; la legun du manuscrit est la seule bonne; ExauTov esl le second complement de iSeiv, ce qui 
donne une pensee Ires naturelle. Voir la Iraduclion. En öcrivanl ezdcTTOj on a une phrase incom- 
prehensible, car äiHoeoüjievov ne se rapporle plus ä rien et devrait au moins 6lre corrige en ctTrwBo-j- 
(is'vriv ; la lecon du manuscrit est encore garantie par la cadence ä deu.v dactjies dont eile esl la con- 
dilion. 



predit ce thaumaturge et pere, et ses parents fureiit delivres ä son siijet de 
soücis, d'angoisses et de Services absorbants. 

76. Parce qu'il avait ä coeur, eu tant que disciple du Christ, de sc faire 
tont (i tuiis\ ä Texeiuple du grand apötre, Luc ne refusait d'accorder ik per- 
sonne un resultat couforme et assorli ä sa demande : il ne voulait pas qu'on 
s'en allat triste d'aupres de lui ni qu'ou s'en retournät honteux de navoir 
pas reussi. Aussi pouvait-on voir des Hots de peuple se presser vcrs lui tous » r. \w. 
les jours comnie vers une fontaiue qui iie tarit pas et chacun eteindre l'ardeur 
de sa soif. 

77. En elTet, ratllige dcvenait joyeux, le decourage reprenait confiance, 
oelui qui pleurait etait console, le malade etait gueri; on obtenait d'echapper 
dans le danger, d'etre sauve dans les dilTicultes, d'etre delivre dans les ten- 
tations, de se repentir dans le p(§che, d'avoir satisfaction dans l'injustice, 
du secours dans les enibarras, une abondance magnifique dans la disette, 

ti un prompt retablissement dans la maladie. Faisait partie de ces foules un 
nomniö Serge, qui amenait avec lui son fils appele George, lequel soutl'rait 



III 



76. — I \uir I Cor., ix. 



276 YIE DE SAINT LUC LE STYLITE. il32; 

ToüvofAa', Tov eauToO ulov Feüpyiov övoaa^ojAsvov £7vi.'^cpou.£vo;, tci tcov 'Xeyou.ävtov yo'.pz^wv 
TTa^o? ^uufarov £v tw Tpay^viT^w Itav y^x>.£Trw; sj^ovTa. Toutov ioüjv ö f)au;xzcto^ p.£Ti: Jaxp'jtuv 
ü-ip Toö TsV.vou Tviv (-/.sTVipiav wpoTeivofAevov, (jTrXayj^^vicösl? o ev irzci ivavTOTe cuu-TraÖECTa- 
To:, Tx; i£pa? i^iv yjTfciic äTTovtTTTexa'. 7va.p£uÖu, aOrco ö£ tw Tuarpl toD 7ci(j;irrjvT0? t6 toioO- 
Tov üSiüz s-iooÖvivai ■:;poTp£7r£Tai" ötveo £X£ivo? ttictei öe^ajj.svo; y.al tö xpay/iAto toö r, 
Tuäoj^ovTO; TE/.vou •/.aTay£x[Ji£vo; £tc' ovojaxti Tvi; Tpicayiou öeapj^ia;, t-^; £Tri.6u|j!.0'j[A£'vv); 
ÖspaTceia; toO Tfaioö; (juv3C7:£}iau(7£v, tqü y_x)^E7rtoTaTou iraöoiii; £/.£(vou Trapxypviaa (puya^£u- 
Oc'vTO?. Kai Viv -SeTv tö ^KU'iTi.;cQv [;.ixp6v Ü7ra>v'XaTT0[/.evQV tote [A£l{ji^v;jj.a Tr),Y,po'j(J.£vov 
evapyd);, TrocTEpa IttI t£-/Cvw £ijippaivd[/.£Vov TTOpEÜETÖxi " irpo; xä i^ia sv cnyaXkixav. '\i'jy7iq y.oii 
(7tö[/.«To;, do^z"(ovTa x.al [AsyaXuvovTa K-upiov tqv TrotoLivra TixpzSo^a 6«u[Adi(Tta Äii toO lu 
yvr,(7(ou Hat ttictoü 6£paTcovTQ? aÜTO'j. 

78. 'Ev TOUTOi; ToTi; [;.eyLCTOi? TepaToupyr,pt.aG'. x.ai (J.EyaArjirp£7r£ct y.aTop9w[;.aiJtv etti 
'k'Küctxic öia— pe'ij/a; £TÜv T:£pidSoi; y.al öta/z[;.i]/a; w; viXto; äfiTiapiTkVi; Tor? 7:o'>.'ju.£p£^i 
yaptcp.aTiv, r.i^r, xiv sjtaTocTov Ü7rsp€£€r,y,w; EviauTOv y.at Tvpo; yvipa^ ffiÖa'ija; ßaO'jTaTOv, ö 

77. — 1. iM Tjvo(i.a mais un petit o a 6le ajoute au-dessus du t. — 2. Cet infinitif ne dopend pas 
de iSeTv, ce qui serail un solöcisme; c'est un infinitif d'apposition ä tö... |ji.E),(iäy](jia TtirjpoujjiEvov. Cf. toi 
svy' äxoüiaü' IVOi, jj.'?-, •\/v^om: [i' IceTv. EuR., //)A. (I Alllis. 10,")5. 



tres peniblement au cou de celle maladie opiniätre qu'on nomme scrofules. 
A la vue de cet homme qui melait de larmes ses supplication.s en faveur de 
son enfant, notre admirable Luc, toujours si plein de compassion pour tous, 
est pris de pitie. Vite, il lave scs mains sacrees et il commande de donner 
sou eau au pere meme du patient'. Celui-ci la regut avec foi et, l'ayant 
versee au uom de la divinite trois fois sainte sur le cou de son enfant malade, 
il obtint ce qu'il desirait, la guerison de son fils, qui fut immediatenient 
debarrasse de cette tres penible alTection. Et Ton put voir s'accomplir alors, 
legerement modiiie, le cantique de David : tiii pere joyeux au sujet de son 
enfant'- et s'en allant chez lui dans Tallegresse de son äme et de son corps, 
en louant et en glorifiant le Seijneiir qui opere des uierveilles extraordinaires '■' 
par son veritable et fidele serviteur. 

78. Apres s'etre illustre par ces tres grands prodiges et ces magni- 
fiques actions durant de longues periodes d'annees; apres avoir brille, comine 
un soleil toujours brillant, par la multitude de ses charismes; ayant dejä 
depasse sa centieme annee', et etant parvenu ä une vieillesse tres avancee, 



lu 



77. — 1. Soene amüsante non moins que tuuchante pai' la bonlioniie, la naivete et la prol'onde 
chai-ite qu'elle revele : Luc se lave les mains dans le but avou<5 d'otTrir au plus vite une eau benite a 
son contact ! Serge devait etre restö en bas de la colonne puisque saint Luc commande qu'on lui 
donne l'eau; le moine de service aura 6t6 Charge de cetle commission. — 2. Ps. cxii. 9. Le texte non 
niodifiö a etö cit6 pb;3 haut, ä la fln de g 71. — 3. Cf. Ps. l\xi, 18, et cxxxv, 4. 

78. — 1. L'expression est ä interpreter rigoureusement : eile est une dos bases de luule la clironü- 
logie. Voir Introduclion, p. 17 et 1!). 



t 



f. 130> 



-133j M()H T DE SAIM" LUC, S 7S-79. 277 

TÄr,t\', Ttari; 'j-EpTäio; y.ai tcxvtö; stcx'vou ivwTepo; Tr.aew^popo; Aouy.a? tov ira'jiv ayioi; 

•/.al i^t/.a;0'.; äv^pzsiv -/.al i5XYYe'>.oi; öfftoi? öcpei/ojicvov -rijAiov ü-vov öcico; xO'J7tvw.7£v. irpo; 

TÖv Twv XÄTä'pwv 5jcr-o?^ovT* Küpiov SV Tvvc'j[Aa-:i -/app.civi/.(ö icpoTywpYl'ja; TpavoTepöv te x.«'. 

ya'ia-wTEsov ttoO'jwxqv rSnt Traocwxov a'jTcT) ivpoTconrA-fixü;, o x-x' -po Tr,; toj crwiy.xTor 
■"■ äxÄ-ziaia; ty, ' icxp^f«. 'T/eSov ebcW, x.al ä.'j>,';z Au/;?;? tc x.xl voo; x.a()apoTr-i t<o [/.ovw 

x.aOx5Ü x-a^xpös; irpoca-n'yföv x.xl w/yivöasvc;. 

79. Tr,v §£ Tr: äs'.^WQ'j x.0'.u.-/i'7£co; aÜToG £7rt'7-/i[/.'0v r.j^-spav ;y.r, ti; xk/.öj; •j-OTTTc-jeTOj 

(juvTuyixf, Tivi Y^y-'^s''*' "''«■^^- ''»'^? >^0'~0'J? "^(^^ aXT^cüV xvf)pw-ojv i/.olo'jOiV.- i).la Oeiscvii; 

oi)covo[iL';a; i'pY^^ "''•^l'^''- '^'-'Y^'-'A^^'*^ "r.? xvwOsv -povoix? -pax.f)iv toOO' •.-OAr-rjov. 'Ev fi 
in yip r,[y.£pz Tr,v iva^ac'.v szi to x.-'px? t-jO x.iovo; s-oi-zi'Txto, h xü-r(, -a>,iv rauTv; Tr,v 

a£Ta?aciv ix. t'/^to'j irpö; oüpavöv x.al i-z; S/tards [iovx? aiwv/ju; in-vX-j-ti (Aera /povou; 

ävixuctxw'j; Te-Jiapx; ivpo; TSijcxpax-jVTa. A-k-fl Sä -/jv -/i >.a;y-px p-flixowv/i t?i? iepa; 

Ts^.cTv;; Azvir,7. tou aEyxAO'j 'Xay.TwTr.poc, twv sv -jtÄO'.; (^'.a).a[;.'i/zvTo>>/ rxTEptov Orsplxi^.- 

78. — I. Mut oublie par V. 



le thaumaturge Luc, qui est au-dessus de tout eloge et qu'aucune louange 
ne peut egaler, s'endormit pieusement de ce sommeil venerable auquel ont 
droit Sans exception les saints, les justes, les ämes pieuses pareilles aux 
ano-es ; il s'en alla en esprit d'allegresse vers le Seigneur qui commande aux 
peres', et il converse avec lui face ä face\ d'une maniere plus claire et plus 
nette, lui qui, decharne, pour ainsi dire, et immateriel avant le depart de 
son Corps, pur d'äme et pur d'esprit, s'attachait avec purete au seul pur, et 

vivait avec lui. 

9. Quant au jour memorable oü il s'endormit pour la vie eternelle, que 
personne ne soit assez simple pour supposer que le Hasard est en cause ici 
comme pour le reste des hommes. Non, il faut y voir l'efFet d'une divine 
economie, d'une rencontre menagee par la Celeste Providence. En effet, le • i. i 
möme jour oü il fit sa montee au sommet de la colonne fut aussi le meme jour 
qu'il passa de la colonne au ciel et se dirigea vers les demeures eternelles de 
■- lä-bas, apres un Intervalle de quarante-quatre ans'. C'etait la brillante com- 
memoraison de la sainte mort de Daniel, le grand flambeau si brillant parmi 
les peres qui ont brille sur des colonnes et brille aussi par leur maniere de 



30- 



2. L'inlention de lauleur ne semble pas douteuse ; Luc, qui avait commande en Unit qiic pi-re, 
relourne vers celui ä qui sont soumis meme les peres. Loraleur n'eüt (^vidomment pas parl^ ainsi s'il 
se füt simplement agi d'une paterniU; dhonneur, sans aulorit^ correspondanle. Luc a ^16 vraimeiit 
pere en ce sens qu'il 6tait xTr,-cus, fondatcm; du couvent de Saint-Bassianus (voir i 80) et en ce sens 
aussi qu'il e.xergail, avons-nous vii. une certaine autorite sur les moines d'Eulrope (voir ? S9, n. 7). — 
3. Voir I Cor., xiil, V2. 

79. — 1. Quaranle-quutre ans jour \h,ui jour cl non pniut iniaranlc-cinq ans coinnic diMMil les 
Synaxaires. Voir Inlrod., p. l:i el i'J sq. 



278 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [134] 

TCOVTO? £V TE TZOliTlioL ß''0U Jtai 9aU[A2CT(l)V 'XajJ.TTf ÖTT.TI., HXT« TÖV TTJWT/.V /.aS SiXaT-ZiV TO'J 

ä£)ie[j(.§piO'j jr/ivi; tspü; Teloujv.e'vv) ;cy.l CESxfffAtio; Tiijt.w[A£'vYi . "Etioetcev §' kjx to'j; oao- 
Tpd'rtou; -/M ö[AO^'/!')iOu? ' jv Tot; twv ii^ptoTüiV iywffi ysyeMViiAsvou; ror? ts x.xTOo6waaci zai. 

y.xl t7| aür^ VipiEpa cuvacpOviva'. xxl auvi^o^acO-ovat /.al [;,;av ä[ji(poT£pcuv iravriYuo'.v im yÄ? 5 
£7:iT£>i£t(j6o« xapi •iczvtojv TitoTöv /.äI -avriyupi'CsoOa; tüv i-j sroupaviot; o'vtw; f)x.7kZu.oi; 
<7uvvi[X[j(.6V(üv y.d y.od Tuv£u(ppaivo[y.eVü)V sö^po^v/iv y.al ^apäv äx,-öoxTov te /.al äviü'XaVo-rov. 
80. Tö 81 ffE^zoixiov /.al x-apTSpHCÜTaTov x'jtoO gwjj.«, tö tti!; i'jxyyEloj »J/'^/r,; ez-eiv/;; 
y.al äoaixavTivr,; äivä^iov (j-^-^'vwjJ.a, to, ;;.upoü ^Eiv ei-eiv, a'vatjxov tj y.xt äaapy.ov, ßziil;- 
/caT; TLfAal; /.al Sv)[jt.o(n'aii; Sopuepopixi,; T£ /.sei TupoöSoii; * [JiSTa TiXviOoij; 'Xajj.xa^cov nal y.'jpwv 10 
■tto'Xute'Xüv >.a;7.7rpi5; xal CcSxcfAiwc iv copto xa-aTeÖsipLEvov, TTpöi; rviv ßaiit'Xiäa jj.£Ta/<,o(Aw6£v 
£v T-fl ToCi ^iijTZiaiou Ba^iavoO zxtete'Ö'/i jjlovä TCpo.; tcI» Äe;t£) [^.ejei tou E/Ceise äveyr.ycpf/.Evo'j 

79. — 1. M onottXo-... 



vivre et leurs miracles, commemoraison saintenient celebree et religieuse- 
ment honoree le onze du mois de decembre ". Ceux en effet qui avaient eu 
la menie vie et le merae zele parmi les sueurs du combat, ceux que leurs 
actions et leurs miracles avaient fait briller d'une meme et identique fagon, 
il convenait que leur memoire liit aussi reunie pour une meme glorificatioii 5 
dans un meme et seul jour, et que, sur la terre, une fete unique, commune 
ä tous deux, fiit solennellement celebree par tous les fideles en l'honneur de 
ceux qui soiit vraiment unis k jamais dans les tabernacles Celestes et qui 
partagent ensemble une allegresse et une joie sans melange et inexprimable. 

80. Son Corps venerable et si dur ä la soufTrance, la digne depouille de m 
cette äme angelique et si pleine d'energie, ce corps qui, on pourrait presque 
le dire, n'avait plus ni sang ni chair, ce fut avec des Honneurs royaux et 
publics, sous la conduite d'une escorte en armes et d'une avant-garde, au 
milieu de flambeaux innombrables et de parfums precieux, que, solennelle- 
ment et respectueusement place dans le cercueil, il fut transporte dans la 15 
ville imperiale et depose au couvent du divin Bassianus, au cote droit de 
la vieille eglise qui s'y trouve bätie ' . Ce saint couvent, neglige depuis fort 

2. Voir Inlroducüon, p. 17 et lu. 

80. — 1. Conformömenl aux e.xpressions du panegji'iste, qui parle des li-avuux du cenerahle 
Bassianas, c'est saint Bassianus lui-meme qui avait bäti (entie 450 et 453 d'apres Act. SS., Oct. I, 
p. 81) le couvent qui portait son nom; mais Veglise qui s'y troiwail bätie (remarquer l'exactitude pru- 
dente du biographe) avait ete construite eu l'honneur du saint par l'empereur Marcien (450-457) itXTidtov 
Tij; ävt'a; "Awr)« Iv tm iieyu'pw (Delehaye, Sijnaxar. Constant., col. 127-128). Le quartier du Deutöron 
etait corapris entre la Porte Doree et la Porte de Selyuibria aujourd'liui Silivri-Kapou. Non loin do 
cette derniere porte s elevait l'eglise Sainte-Anne. Voir A. Van Millingen, Bi/zanlinr Conslantiiioph. 
L.ondres, 18'jy, p. 74 sq., avec la carte de la page l'J. 



[135] IL EST ENTERBE A SAINT-BASSIANUS, § 80. 279 

vxoO TraXatoO" vivTivx lAovviv lepzv, ijv.cXyiOeiffav tw ttoT-Xü /fdvo) /.ai ttso; to {i-/;y.£'Ti [Aovx- 
(jTYi'piov j^pYifAXTi^eiv ' cyiSfj^ x.aTavrflcaTav, äA>v« /:oc[Atx.ov YevecÖai naTaycöytov -/.iv^uveuo'j- 
^rav, ö Osoffo'po? o'JTo; iraTvip r,[Aüv Aouicä? irapx>.*6cdv 7JÄTpiapy!X.7i TupoTpoir?/ uavToiw te 
TpÖTCW rpo; C'J^Ty.iTiv /.al Tuy/.poTViC'.v £7k'.y,£>.vi(ja[ji.evo?, «ppovricr/fpiov x'JSt; w; to TCod-rapov 
■y'jySv ä— E'.pY^-'^'''^'^? ^^''^ KTviTtop o'jy virTov to'j irxXaiO'j ävaoaveli; " ev aÜT?; 7::oa'/i^i'i7TXTa 
x.«' TO'j; ToO ceßa'TjJi.iO'j ttovo-j; Bao-iavoO y.vi az-rx; ei; t£>o? ä-o'XsoOat /.a; >>ri9r, TravTa^.Ei ' 

80. — 1. M. /fr.jiXTiTi^eiv. — i. M. i/a^av:^;. — :i. M. navTe),»;. 



longtemps, en elait presque arrive ä ne plus s'appeler uu monastere et ris- 
quait de devenir une demeure seculiere, quand notre diviii pere, Luc, s'en 
L'tait Charge sur los Instances du patriarche -. Par tous les moyens, il s'etait 
occupe de le remettre en etat et de l'organiser : il en avait refait comme 
autrefois un Heu de recueillement pour les ämes et y etait apparu comme 
Uli nouveau et tres diligent fondateur aussi autorise en titre que rancien'. 

•J. Comme Theophylacte est le seul palriarche nomme dans la Vie (voir§ 45), c'est lui apparemmenl 
(pii est noMime ici, et cela cuncorderait aveö rhypolhf'-?e que nous faisons valoir dans la note suivanle. 
— 3. II est fort etonnant ä preriiiere vue que saint Luc apres avoir sejourne quaranle-quatre ans pres 
du monastere d'Eutrope, avoir fait partie pour ainsi dire de la coramunaute, en avoir re^u de multi- 
ples Services, en avoir et6 le pere spirituel, soit cnterrö ä Saint-Bassianus, et que les meines d'Eu- 
Irope acceptent celte apparente anomalie. C'est övidemment pour expliquer ce qu'il y a lä d'ötrange, 
que l'orateur nous parle, jusle en cet endroit, d'un fait qui aurait dii etre menlionnö plus haut, ä savoir 
que Saint Luc älait devenu ve'o; Y.xrtxuif, nouveau fondateur, du couvent de Saint-Bassianus. D'aprfes noire 
Vie, ce monastere 6tait en pleine decadence, ri^quant de ne plus pouvoir s'appeler un monastere et 
d'elre attribue ä des usages profanes. Sous l'influence de causes diverses, mauvaise administration, 
alienation des biens, etc., etc., les revenus etaient sans doute devenus insufflsants; par suite, il avaitöte 
impossible d'entrelenir les bäliments et d'assurer a ceux qui s'y presentaient a la vie religieuse le 
vivrc et le couvert, ainsi que I'exigeait la prudence des canons eeclesiasliques. C'etait plus qu'il n'en 
fallait pour tarir la source des vocations, puisque le nonibre des sujets ne devait jamais depasser les 
revenus. Sur les inslances d'un patriarche qui parait etre Theophylacte {voir la note precedenlc), saint 
Luc resolut d'assumer la reslauration materielle et morale du monastere. II n'epargna rien dans ce 
but (jtavToi'u Tpöjtt|)) : les bätiments furent repares et un capital süffisant, meubles ou imnieubles, garan- 
lit le recrutement regulier des moines en leur assurant ä l'avenir les ehoses necessaires a la vie. C'est 
a CCS cundiliuns seulement que, selon le droit en vigueur, saint Luc put devenir, au ineme litre que 
l'ancien, nouveau fondateur an couvent de Saint-Bassianus. {Sur le sens de /.xriTtop voir K. Khumdachkk, 
KTHTQP, Ein lexicograpkisclier Versuck, Strassburg, 1901)). La Charge n'allait pas sans quelques 
piivileges reconnus par le droit. Ainsi les regles ou typica des monasteres fondes ou reconstruits 
par eux dependaient en une cerlaine mesure des fondateurs : ils en surviillaient l'acconiplissement 
exact, designaient riiigoumene et les aulres dignilaires, admeltaient ou rel'usaicnt les sujels qui se 
presentaient, indiquaient de quelle maniere et par qui seraient administres les revenus pendant leur 
vie et apres leur murt. Une place d'honncur leur elait resorveo dans l'eglise; par une inscriplion ou 
une Image, leur memoire passait ä la posterite; enfin, s'ils le desiraient, ils etaient enterres dans le 
monastere, et, chaque annee, le jour anniversaire de leur morl, un Service funebro elait celebre pour 
|i' repos de leur äme. (Sur tont ceci, voir A. Ferhadou, Des Biens des monostrres ä Byzance. 
Bordeaux, 189G, p. 78-80, 119-125 et SAKKAAAPOnOl'AOi;, 'Ex/./riaiaffTixov St'xaiov Tr,; ivaToXixf,; ö(>Oo«(!|oj 
e/.y).r|iji»i;, Athencs, 1808, p. 257-28(>). 

Nous voyons bien maintenant pourquoi saint Luc a pu etre enterrti au couvent de Saint-Bassianus. 
Reste a savoir pnurquni il n'a point prefcre que son corp? reposät a Kutrope. La queslion n'ofrre de 



280 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. lJ36j 

■rtapaSo6r,vai. iXkot. TrpocOcl; xai toüto to |;.e'ytCTOv /.aTopöcüjjia toI? 'Xoi.-oi'i: TroAAot; /.ai 
'ka.ij.TZfo'i; xuzou T7)ieovex.TY)'p.«Gi xe x.al TrpoTapvi'jy.aciv, £i; Sd^atv [jiv öeoii, ij^u^tov Se cwTVioiav 
xal [j,^/vf;«v ä(;!epa(jTOv Tvi? ä^tojj.Wijj.ovEUTOu aüroO ToXtieta; x.xi ä4i£TCatvou Toj ovti, [Aa/.a- 

piOTVjTO;. 

81. ''\^tov ^£ TTpoi; ToT; sipvijAevoi; TvpocrÖeivxi jcxt toCto tq x-ax' ö'vap ivaoavev ^evov 

opa.(i,a, p.a'XX.ov os xacTz xiva Öeiav sx.xaXu'^Ösv äxox.3c>iUij;tv tote Trpo ßoa^EO; tczvu x.xiooö -Epl 

'• !•"• T-/)? ToO Oectteciou TTXTpoc T,ij.(ov xoiij.r,5Ew;. V;V ^v) x.ix.civoi I ipi.i5-fi),ti)? TOi; TtapoDci irpoviYo- 

pS'JCEV OTiiO X.y.TEÖEzQvl ^oSepÜ? äv^pt TlVl i7W(fipCl'5lJV7) G'JV ETTlElX.ElV. TuCöVTl Oo€cü T£ OeUO 



Loiii d'abandonner les travaux du venerable Bassianus a une ruiue complete 
et ä iin oubli eternel, Luc avait eucore ajoute ä la foule si brillante de ses 
autres merites et de ses autres superiorites cette belle actioii qui procurait 
la gloire de Dieu, le salut des ämes, et assurait le souveiiir bien-aime de 
sa memorable vie et de sa Beatitude vraiment diajne d'eloffe. 

81, 11 convient encore, apres ce que nous avons dit, de relater aussl cette 

vision extraordinaire qui fut apergue en songe, ou plutöt dans une revelatiou 

diviiic, trös peu de temps auparavant, et qui avait trait ä la dormition de 

f. 131. notre diviii pere, dormition que lui-mcme avait aussi predite tres clairement 

ilillkuUc que .-i lu sUlilet'St dfvemi l'undalcur de Sainl-Bassianus, (niand il (ilait deja Ihöle du couvenl 
d'Eutrope : il semble alors difficile d'admettre que saint Luc ait acceple d'etre ä la Charge de ce mo- 
nastere pour le reste de sa vie, puis se soit decide ä lui refuser sa depouille mortelle. La chose va 
lout autiement si saint Luc vient ä Eutrope dejä lie par un arrangement anterieur. Dans ce cas, les 
nioines d'Eutrope n'ont plus et ne peuvent plus avoir que le privilege de jouir de plus pres des magni- 
fiques exemples de cette vie extraordinaire, d'avoir part aux conseils, ä la direction du stylite, ce 
([ui du reste etait le plus important et meritait bien qu'on se constituät en retour ses gardiens el 
ses serviteurs. Or, le texte me parait insinuer que saint Luc etait fondateur de Saint-Bassianus 
avant d'arriver a Eutrope. En elTet, nous avons lu (g 25) que partant de Constantinople pour Chal- 
cedoine saint Luc avait pour cargaison la tonte belle esperance. L'expression n'a sa pleine valeui- 
qu'aulant qu'il s'est debarrassö enlierement de ses biens. Ce dcpouillement opere, impossible ä saint 
Luc d'assumer a Eutrope les charges imposees par la remise en etat du couvent de Saint-Bassia- 
nus, attendu qu'il fallait, d'apres le droit, assurer des revemis fixes au monastfere dont on devenait 
fondateur. 

Une autre expression du texle s'acconiraode au niieux de notre opinion. II est dil ici que saint Luc 
appanit dans le monaslere de Saint-Bassianus, ava9»v£i; iv aO-^, comme un fondateur aussi qualifie 
([ue le Premier. Sans doute iva^avef; pourrait signifier une prösence morale, mais l'addition de 
£v auT^ implique beaucoup plus l'idße d'une pr6sence phjsique. On n'admetira pas que saint Luc soit 
descendu de sa colonne pour aller visiter le couvent de Saint-Bassianus (voir | 8, n. 4), et par ailleurs 
il serait inconcevable que ce couvent el son (^glise aient ele les seuls oublies parmi les bäliments 
sacr^s visites par saint Luc durant son passage ä Constantinople (? 25). Tout m'incline donc ä croire 
que c'est en 935 que notre stylite apparut ä Saint-Bassianus, se rendit compte de son 6tat lamentable 
et que, pousse par le patriarche Thöophylacte, il accepta d'en prendre en mains la restauralion, 
en slipulanl qu'une place y serait r6serv6e pour sa sepulture. Une fois sur sa colonne, il continua 
de s'interesser ä sa fondation : son panegyriste, qui le visila si souvenl pendant vingl-sept ans, 
etait probablement, avons-nous dit (voir Introduelion. p. 29 sq.), un dignilaire du couvenl de Saint- 
Bassianus qui venait prendre les avis el les decisions du fondateur dans les queslions importantes. 



1371 SA MORT PREDITE AU MEDECIN ETIEXNE, ;; 81. 281 

^\)-/'ry CTO'./S'.o'jiy.ivu ', STSipzvw pv -poiaYooeuoy.svw, ly.Tfi/.vi; ^e T.£.-v.zoi\j.va<) ■:i/vn:, 
TzlrrnTiCoucx^i Te ~hv x«To;/.-fl5iv TT, aovvi -/.vATftU.m-i . Kai yap oOto^, t-/;v ä7,r,f)£iav opxw 
TTsocScSaiouaevo?, iupl Twv vu/.t<Lv, üj^D-eys- Yeysvviasvo; sv r/curz-jei, xy.6zr£3 TCep'.(7T£pav 
jQjpa/.e'vai ■ Xs'jx.-o'' "Äv >ta9xpü>-raTr,v Auj(^/;v toO Oeotpo'po'j -arpo; r.iAwv Ao'j/.ä, -JiTi; w; k 

■"> oüpavtou p.5v irpoTöpov (i'^ou; £i^d/.£'. /.aTevovc'j^Öai. itpo; Y'^'"^? '^ifäpä^w Äe T-fl? qr/co^otATifAev/;; 
e/.y.V/KTte; Iv Tr, jxov?, jcaraTiTacav -/.XTawaOca'. x.ai tov to'-ov i-y.VTa (fiy-fi: ' (pcuTisai, 
c;6' q'jTco; ' Xc:o§aTO'j(7av toT; rocl xpo; oüpavov x-jOi; r/iv xopiixv -ovr.'jay.vrn'i , äW O'jyl 
Tai? TTTc'pja Tau-/) ;^pwa=vflv, xai, ae'^pi toO {ii}(0'j? «pwTOoavw; Mnv.cyy. Siavoiyviva: 
TTxpeuOü tÖ •TTSpewjAa, ^.aaxpOTepa ^uto; äiy^'/i rsp'.aTTpaTCTOr/.cvo-;, y.a-. -y:J-r,^ svöov 

10 •«caö'juoSe^acÖa;- x.al auöi; Ta; oüpavoü ' i:ula? auY"''-^S'.(7[Aäi " 7:apa(>o?w äc^paXicOriva-. /.ri 

81. — I. XTOt/e'.'jvijiEvw, voir g 59, n. 2. — 2. 'Q; IXeve... Iwpaxi'vai... Gelte phrase ti'es longue parail 
n'avoir pas de proposition principale. II y a ici anacoluthe. « Quand l'auteur a le choi.x entre une 
pmposition avec w; intercalee sous forme de remarque ä cötö d'une proposition principale, et une pro- 
position principale avec une proposition objective, il melange quelquet'ois les deux constructions. 'ii; et 
IxOBai Xiyo-jai, v£<öt«-ov äirävTtov eOvetüv ei/ai tö afizt^o-,. HerOD., IV, 5 » (Madvig, Syntaxe de la langui- 
fii-ecijue. l 24G, n. 3). N'otre tournure revient donc ä eXq-ö iupaxsvai. Tout ce qui suit est tres cUiir ä la 
leclure niais un peu confus au point de vue de la syntaxe. Tons les infinitil's, sauf xaT£vT,vEy.6»i qui se 
rapporte ä iSözsi, dependent de 'i'i.f^t. A remarquer que les participes asfcigaToSoa/, noiriaaiievr,;, yow- 
[lEvr,-/, jöiaaiav, ne sont plus des appositions de it£pi(7T£pav sujet, mais de toOttiv (itepiTrcoav) complenaent 
de xae-./KoS£?a(76at ; rinfinilif oiavoiYf,vai avec ses annexes forme une proposition qui söpare la proposi- 
tion Ta'jTTiv... y.jfi-^TtvAla.n^i'X'. des participes qui s'y rapportent, ce qui amene devant ■xa-j-.tfi la presence 
de x«t pour unir les deux propositions. — 3. M 9stJY£i. — 4. Oütw? n'est qu'une annonce de toi? ico<r:. 
— 5. M oOvio-j p. oOpavirjü. A remarquer que l'auteur emploie regulierement o-jpa/ö; sans article; voir 
quelques ligncs plus haut et 'i 3. 'J. 2'i, etc. On ne songera donc pas a lire ici un adjectif. — (i. M 
Tuyx'/.ri'JiJ.rä . 



ä ceux qui etaient aupres de lui '. De cette vision iniposaiite fut tavorise 
im homme qui vivait daus la simplicite et la douceur, dirigeait sou äme 
Selon la crainte de Dieu, s'appelait Etieune, elait habile dans l'art medical 
et habitait utie maison ä lui pres du couvent. Juraut qu'il disait la verite, 

.1 Etienne racontait qu'eii pleine nuit il s'etait trouve en extase et qu'il avait 
vu, pareille ä une blanche colombe, l'äme tres pure de Luc, notre diviii 
pere ; eile avait semble d'abord descendre comme des hauteurs des cieux sur 
laterre; au-dessus de l'eglise construite dans le couvent ■, eile avait cesse 
de voler et avait illumine de clarte l'endroit tout entier; ensuite, niarchant 

10 dans l'air avec ses pattes, eile avait repris sa route vers le ciel, sans s'aider 
pour cela de ses alles; quand eile etait arrivee, toute resplendissante, au 
sommet du firmament, celui-ci s'etait ouvert aussitöt, avait brille d'une 
lumierc plus belle et plus eclatante et l'avait regue dans son sein; alors 
une fermeture merveilleuse avait assure les portes du ciel qui avaient repris 

81. — 1. Lrs rnoinc> d'Eulrope. — 2. s^ur Ic couvent et l'eglise d'Eutropc, voir Introd., p. 'i» el 
i 39, I). 7. 



282 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [138] 

(XTroxaTaffTvivai /.aÖ« -/.cd irpoTspov. Kai racuTa [xev -zk 7:p6 tvj; ispx? exSr)i;Li«? toO TvaviEpou 
0eo2 9epä7rovTO^ <I); i'XviGü)? irapa^o^a 6e«[j!,aTa irivia voöv, tö; si/.o;, x.aTXTi:)v7;TT0VTa xaTa 
TuoM xe t6 itiittÖv tt,; toutou ij.nc/. Tzx^fndia.; tto»?)«; evÄvijjiia; ' repo? Küptov toi; ttittoic 
ivavTtcpvi'Toj; -apaoTiT^oOvT«. 

82. To Se y.3CT' ' x'jT'/iv TYiv -/;[;.£pav rr,; £/.£ivou [/.«/apia; pt.eTX'JTä'JEw; irepl Y;[ji.iv ' i 
T£>>e(TO£v T£px(TTiov iTü>? ctv 7:apaG;oj7i'/ii7xtf/,t , TCo).X-^s yEi-f-ov EX.Tv'Xri^Etü^ ; Ttw? o' av xal 8u- 
vaiu,r,v ä^iw; r/i^iyiy/iiracÖxt, vtxw[;,£vo; tw ;A£Ya>.£'!w to'j 6aüjji.xT0?; FIejatttvi twv yi[/.£p<jiv 
T'^? eß^ou.z'^o; rcap-flv, oiV.oi i^e jjls x.x9"/;'[J,svo'; tote ty,; -£pl aÜToO ' (i.£TX(7Taff£a); £^a'!<pvvi; v; 
äyysXia xaTxXaßoOijx x.xi TCo'XXvii; äBufxt'a?, w; eix.o';, EjxirXviffaffa a^öi^py.. /.aTviivEiYE /.«tz 
Tx-j/oq £77' aÜTC'j TOö TÖ7C0U ^La.TC£Dz(javTX. 7rp6; r/iv Tvpoff/.'Jv/iTtv xal TQv äöTrafffjLCiv -/.al Tr,v 10 
aTToS'Xij^ouijxv E'JAoyiav toO 6xu[i,a.T0§p'JTQU ffxrlvou; exeivou yevsTOat xr,? te -axpi- 
y.-?i; x,vi^Etx; [J.yi5a(xw? äTvoXEicpÖvivai ' axI xooa'jr/iv (vi[ji,iav äSouV/irw; y.xi paö'jpiw? * scp' 
ex'jtÖv £TrtGTvr.5a<i6at. 'Q; Eiyov O'Jv Txyr>u(; '' [/.etx ij7to'ji^-fi; -oXXv); ^po|/.b> Tviv OxXacoav 

7. V ^/OYl|Jlla;, correction inutile et contlamnöe par II Cor., v, 8 : iy.or,\j.f,'sai i/. -vj TwfiaTo; x»! evor)- 
|j.ri<iat npb; tov KOpiov. L'allusion est manifeste. 

82. — 1. M xax. — 2. V itEpl ri|jiä;, raais le ms. poi'te r,ij.i suivi d'iin Irait ä interpreler comrae l'un 
veut; le datif est donc tout indiqu6; grammaticalement il est aussi bon que l'accusatif. — 3. lUpt ajroj. 
plus rare mais plus solennel que le simple gönitif. A rapprocher, -it-'n xr^aii tt,; ^äxv. tep', Sophoc, 
0. C, 423. — 4. M inoX'j^öyjvai. — 5. M paöü. Une aulre main a ajoule \t. et uii >igne d'abre\ latlon tacile 
ä comprendre apies le piemier adverbe. — 6. M Ti^o:. 



leur aspect accoutume. L'ensemble de cette visioii veritablement merveil- 
leuse qui preceda le depart sacre du tres saint serviteur de Dieu frappe tout 
esprit d'un etonnement naturel; les croyants y verront la preuve impres- 
sionnante'et incontestable de Tassurance parfaite avec laquelle Luc alla 
demeurer chez le Seigneur^. ■> 

82. Quant ä la merveille fort etonnantc dout nous fünies Tobjct, le 
jour meme de son trepas bienheureux, comment la passer sous sileuce, mais 
comment aussi pourrais-je la raconter dignement, valiicu que je suis par la 
•grandeur du miracle? 

C'etait le cinquieme jour de la semaine'; j'etais chez moi, lorsque la in 
nouvelle de son trepas vint tout ä coup me surprendre et me remplir comme 
de juste d'une fort grande tristesse. J'etais presse de m'en aller au plus tot 
sur les lieux memes, pour venerer, embrasser cette depouille miraculeuse 
et puiser ä cette source de benedictions, car comment n'aurais-je pas rendu 
les derniers devoirs k mon pere et me serais-je cause ce tort considerable i."> 
par legerete et nonchalance? Aussi vite que je pus, je m'empressai dans une 

3. Voir II Cor., v, 8. 

82. — 1. C'6tait dune un jeudi, detail de la plus haute impurtance pour la Chronologie de saint 
Luc. Voir Introd., p. 17 et 19. 



[139] LüRATEUR SAUVE Dl' NAUFRAGE, § 82-84. 283 

/.arAaSov y,v soeCpov aoo'^px cfpo^pwi; iy^Mitii.iTfy ■jzAtp [j.iyjö^v} /.ujaztiov xxi xX'Jöwv. aü-rr, 
T£ u,övr, r?! 6c'a oö^ov iu.-oioOaav -/.at TpojjLov toi; ßlsTTOuciv, ij.TiT.'^'I Tcpö? t6 TrXeöoxt Tcpoit- 
T/,v xav ÖTCWToOv ^uvajx-'vviv ycvriTecOa.i. OV^v, ä-x^ syw tv, to'j ttoOou iT).T,p{0CEi -poiiK5tu.c- 
vo? olo; rr, ts rpo6ü;7.(.> ty,; ötcouSt,? ÄiXTcüpw TCpoÖauei i'-XTeTrsiyoiAevo?, pnJfOxwSOvw; ' e(;.«'j- 

■> TCiv ä(A7. xal TO>-[j.r,pcü; tw eY/6tp-/i'[i.aTt icpoacTciSWcüy.i tt).cii!('p'.öv t£ TCapa.yp-5ia« [AtofJw'izjAevo; 

/.xi Tto^aulo'jv Tov [X'.'tÖÖv toi^ I <;vaiJTai? Wj; o{i>- Tü>'* iJt.o).i? x.aTa-e'.fici; ^ to'Jtouc »f. IST' 
ili'vi ^\jYr,Hii;, r>,; ^pwctof^O'j; i/.eiv/i; Oa\xTTix; '" otypiÖTriTO? /txTeTÖXjy.rjCa, Tr,; 'Cwvi; 
Tipoipavö; icp=i^ri'7x; xal OT-flsa; sv oÜTw yalcTtiuTZTco /.AÜdoivt, y.x'x töv OaujAziiov A(x6«- 
xoua, ev Oa>.a(j5V) t6 opjAvijAa. 

Kl 83. 'AitapavTs; oOv äirö t?,; y.aXoyv.evr,; 'A-,tp07v6>.eM; -p6? t-/;v EÜTpoTTtou "keya^i^ry 

7. M piij^uzivouvw:. — 8. M toi; tu (sans accenl), V Toi; tw, qui ne signifie rieii; il y a ici ime lacuiic 
evidente; eile s'explique il'autant mieux qu'elle s'est prqduite au tournant d'une page, Toi; finissanl la 
ligne, la colonne el la page, et tu commengant l'autre page. A remarquer que tw n'est pas accentue, 
detail qui a son iniportance. J'avais proposö toi; vaJToi; n6),i; xaTETrt'n!;, ce dernier mot etant emprunte 
ä une correclion de V, mais cette restitutiou ne rend pas compte de tw. PK propose toi; <vauT3it; 
ooü; oü>TU pi6)t; xaTaitsiöet; qui est sans conliedit bien meilleur et a l'avanlage, tout en donnant un 
sens plus coulant, de ne toucber qu'ä I'orlhographe de xaTamOEi;. Mais quelques mots plus haut je ne 
vols pas la n^cessite de lire avec PK TtoX^ariäuiov au lieu de TtoMajtXoüv. — 9. M xaTamöeT;, forme dou- 
teuse, cf. l 41, n. 1. V xaT£7ri6il;, correclion desormais inulile, voir note pr6c6dente. — 10. MV öaXiT- 
-iix;, forme doutense; on a correctement fniar-wy/, g 84. 



coursc rapide de descendre ä la mer. Je la trouvai tres fortement demontec 
par l'agitation violente des vagues et des Hots ; sa vue seule inspirait de la 
crainte et de la terreur aux spectatcurs; ä plus forte raison ne so preterait- 
elle aucunemeiit ä une traversee. Cependant j'etais invinciblement et tout 
entier ä raccomplissement de nion desir; un zele empresse, une ardente 
volonte m'excitaient ä me jeter dans le danger et ä tenter audacieusement 
cette entreprise. J'essayai de louer une embarcation et <quand en donnant 
aux bateliers> un multiple salaire j'eus reussi ä grand'peino ä m'assurer de ♦ i. i:ji' 
leur docilite, je bravai la fureur sauvage de la mer avec un dcdain tres mani- 
feste de la vie, et ce tut parmi les dangers d'une pareille tempete que, 
pour parier avec l'admirable Habacuc, je m'elanrai sitr la mer'-. 

83. Nous partimes doiic de ce qu'oii appelle l'Acropole pour lo couvent dit 
d'Eutrope, et nous avions dejä commence la traversee ', environnes de tous 



in 



■2. \'oir. Mal)., iil, 8. 

83. — !. Cette expression s'explique par ce que nous avons dit, i :)'2. n. -2. La situalion cependant 
n'est pas tout ä fait identique. Notre panögyriste est aux prises non seulemenl avec le courant du 
Bospliore, njais avec une mer couiplelement <lemontee par le von! du Sud-Unest. II y a lutte entre 
le courant du Hosphore qui desceiid du Nord-Est et los (lots de la Marmara qui sous l'action du 
vent du Sud-Ouest s'efTorcent de refouler les e'aux (|ui viennenl de la mer Noire; deux forces 
contraires s'enlrechoquent en un point appele par l'autonr la cunvergence des couranls. II ne faul 
pas ouhlier que nous sonnnes au mois de decenibre, a une i'poque de l'annee oü dans la region 
de Conslanlinoplo le vcnt du Sud-Oucst est frcquciil. et la mer de Marmara Ircs souvent furieuse. 



284 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [140J 

[Aovöv, y)§vi f^taTCspav ä'7rvip^«[/.ef)a, xo'X'Xai? [asv y.uazTcüv zypiMV £-«vaGTaG£<;(, TTT^aisTai; ^e 
yaXs— öiv äve'jy.uv EvavTitoceci TrepiffTÄTOujAevot." /.aTi de tci [xecaiTarov t'ö; ^laSacsw; toö 
— övTou ' ■/.axa'XaSövTe; x.ai, 3uv ävsy.u vo'tw ß'.aic)) /.)vU^wvi Ta T(Lv cooSpt)? /.fjoucpouaeviov ci; 
'ji^io^ y.upLaTcov nal t-^ 5ipoopoTv;Ti ", iruppoiK röv etcI toO totto'j pcij[;.zTwv TTspnraijOvTE;, t6t£ 
0-^ TCO ßuGco xxTaTcoO'flvxt aÜTZvöpu Tfi v/il ^•jG/toüi; £x.tvo'jV£'jO[j,ev, 7V0TE t/.£V iroo? [AeTEojpov 
üyo? TOI? xop'j'pQijjAEVOi? x.u[/,aiT'.v WC £t; o'jpavöv y.vxo£pd[j.£voi, -oxi Se ivpo; aÜTvji; rr,; 
ä€ui7i70u Tou; TCuÖ[A£va? 'jTkOppof^oöt/.EVoi Tvi a^oc^poTYiTi T'flc xatTaiyioo? xal iroö; a^viv y.ara- 
cpepo[;,evot. 'ÄTCEipr.xÖTEi; Totvjv Tcaovi; Tr,s £■/. irepivota; Tipoc GO)T-/ipt'av sTv-ii^o?, Ttpo; [^.fJMV.v 
Tr;V avcoOsv [ioriOstav olo'j; jädtou^ eTr£ppiij/ai/.£v. Rxi övi [^.eijuvi; t-^; TOiy-uxr,? Tvpo; 0e6v 
TcepiTTaTix.'^? i!t£Tnp''a? aÜTÖ; ö 6au[AaGto; o'JTOc xal ösoipöpo; Aouy.Z(; Ttaoo.'Xo'i/.SäveTK.'., 
7r«p' o'j, xap' e)>77iSa wäcav, ÖXttov y) Vjvo:, ü-Ep Xoyov £ppuc6yi*(/.£v. "Ap.a vap t-?, 
ETn/A'/icet y.y.1 •rcapay.)^-riC£i. tvi; Y)[A£T£pa; /.aTtdäüvoi» -/.pauy^? £xaz.oü(7a;, Taystav aÜTo? oti 
jj.a)vi(7Ta TTiv ETrinoupia.v vi[/.iv £7:puTaveu(7aTo ^i'.a'.Q ävTe'jisi'.v to yap ■rcXoiapi.ov, vsuaxT'. 
f)£'!(p x-al )cp£iTTovi xuocpvvi'jci Txc Tojv ivj'ij.wv /.al Twv x.u[;.zTtov £a€oAz; ßiai'a; 'j-sx^pa'ji.ov, 
T^apay^pvifAa ty; y^ xpo; riv üitviyojAEV -flyy'.ce y.ct\ Tvpo: op;^,ov tivx y^stpoTCOir.Tov £/. jj-EyyAtov 

83. — 1. V növ-o-j, viiir § 52, n. 1. — 2. V ■jqjrjSfoTaTr,, coiTecliüii imilile el conli'airf uux liabi- 
liides liltöraires de l'auleur qui raccorde rögulierement t; ä ce qui pröcede; xXuSuvi tc equivaut done 
ki a xat auv /."/Oowvi; il ne resle des lors que 'j-jpfotqc sans rrj 79oSpoTiTr| qui puisso 6tre compl6ment 

de nefi7i£<jovT£:. • 



cötes par des flots furieux et de violents vents contraires, quand arrives 
dans notre voyage au beau milieu de la mer, par suite d'w» fort reut du Siu/-, 
Joint au tumulte et ä l'impetuosite des flots qui s'elevaient ä une liauteur 
demesuree, nous fümes saisis par les courants qui convergeaient ä cet en- 
droit et en tres grave danger d'etre engloutis dans Tabime, passagers et 
embarcation. Parfois, nous etions souleves en l'air sur la cime des vagues 
qui semblaient nous mener au ciel; parfois, nous etions entraines jus- 
qu'aux profondeurs de Tabime par le dechainement de la tempete et nous 
descendions vers les enfers. Aussi, desesperant tout ä fait d'etre sauves par 
notre habilete, nous nous abandonnämes uniquement au secours d'en haut, 
prenant pour intermediaire de notre instante priere aupres de Dieu Luc lui- 
meme, cet homme admirable et divin. Grt\ce ä lui, contre toute esperance, 
ayant ä peine parle, nous fümes sauves mieux que nous ne saurions dire. 
En effet, au moment meme oü nous le priions et l'invoquions, il entendit 
notre cri d'angoisse et ses divines instances nous menagerent un secours des 
plus rapides. Sous les ordres et la direction meilleure de Dieu, Tembarca- 
tion, echappant aux attaques violentes des vents et des flots, se rapprocha 
immediatement du rivage vers lequel nous nous dirigions; nous allämes 

2. Voir Ex.. XIV, 21. 



141] i;ORATEUR SAUVE DU NAUFRAGE, § 82-84, 285 

/.aTic/.EUxou.c'vov ^ TTETOwv süOuSi/.cü; ' •/.OL-r./H-nu.vi xai Tri; irapaSoVj'J 'i'^Tr.pia; 'jtteo xXcav 

84. riEoicwÖs'vTe; Toivbv ä-ö Tr,; ivspiOTaTi/.?,; Jitei'vr,; Kvayxvi? to'j äTrapaiT/iTO'j y.iv- 
5'Jvou, y,aT£7^a€ov ' to Trxvce'SacTOv oc'/ivwast toO c-/iu.sio(p6pou ©eoO öepot'-ovTo; Aou/cä y.7.T 
«■JT-/1V jTt T'/iv )C£^x>-ti^a Toü xiovo^ )ca,Ta;c£i'[j(.evov 6vti(X<u; /.at xy.i; ipp^ousa.t; ü[jt.vwÄiai; te 
•/.al lAEAtoSiaic ü-ö tSv ett'.c'jvx/Öe'vtuv [aovx^ovtuv jcal Ioittcuv ivöpoiv Eij^aoüv eüceSöj; 
"csaipo'uiEvov T-aiATTaTi te TiAEi'cTai; 'Xxp.7:aÄo'jycu[;.Evov x.ai y.'jpoi? ■jcoAtj£'.t)E''7i.v, to; Eiy.o?, 
u.u3Cü^O'ju,£vov "• [JLEÖ' cov /.xl rijAEU Tov r,[«T£pov auTcöv ^ ivdOov £(p' i/.xv6v ü; öuvaTOv i(pa)- 
i;ico(7aL/.£9a ' riv EÜT^aSsta y.al (poSw ■7vol>>fü, Txi; rpoff-/i/.ov<iai; irpocic'jvr^ceoi xzl Tal? ttoOc'.- 

84. — 1. V zaT£),ä6rjji£.;, qui en elTet parait plus regulier grammaticalemcnt. .le in'eri tiens ceperi- 
danl au manuscrit parce que rirregularitö me semble voulue. Voir la note de la traduction. Tlcfi'jiabii- 
-ii... x«-£),aSov s'explique presque de la möme manieie que äitoitXrJo-avia... iitaf^äjiEvov... y£vÖ!1£vov... 
c7-..vav7»ioavTE;.... § 52. Meme Sans raison, notre auteur, quand il est en cause, passe parfois du singulier 
au pluriel : Siöoiza... öfio/.oi-oü.aEv, i 9; bien qu'il ne soit pas absolument identique, le cas 6tait bon a 
„uter. — 2. M-jfu8öu[ji£vov est nol6 dans H. Eslienne avec un doute sur la signification; ici, ledoute 
est lev6 par le oonte.Kte. — 3. M iofjzw, V laoTüv, qui tous les deux fönt solecisme. II faut ou aü™ 
ou oJTwv : nous preförons ce dernier parce qu'il fournit un bon hellenisme et que, dans un meme 
eontexte, § 46, ä^üxritücaro n'a pas de compläment indirect. — 4. M äsfuaitanäiit^a. 



aborder tout droit dans certaiii port artificiel bäti de grandes pierres % et iious 
fiimes merveilleusemeiit sauves contre toute attente. 

84. Apres que nous eümes ete ainsi delivres de l'angoisse pressante de 
cet inevitable danger, j'arrivai ' pres de la tres respectable depouille du 
thauniaturge et serviteur de Dieu, Luc; eile etait encore etendue, comblee 
d'honneurs, sur le sommet de la colonne; par les hymnes et les chants 
de circonstance, les moines et les horames pieux- qui s'etaient rassembles la 
o-lorifiaient devotement; de nombreux flambeaux brillaient alentour et 
comme de juste des parfums de toute sorte brülaient en son honneur. Mele 

3. Le rivage vers lequel on se dirige est celui ou se trouve le monastere d'Eutrope; le port 
doiit il sagit ne peut donc 6lre que celui d'Eutrope, et non point celui d'Hieria, ce qui diminuerail 
cunsiderablement l'importance du mirarle. L'ind^terminalion marquee par xni n'est ici qu'un artifice 
de rhetorique. Voir 'i 47, n. 2. 

84. — 1. Remarquer ee singulier suivant le pluriel : apres que nous cdmes ete ainsi dillvres 
(voir l 52, n. 1). L'auteur se separe ici tres nettement de ses compagnons de travers6e : si tous 
ont 616 sauves, lui seul monle sur la plate-forme de la colonne oü il trouve le cadavre. Le pluriel 
aurait laiss6 entendre que les bateliers y 6taient montös avcc lui ; ce n'etait gu6re possible vu qu'il 
y avait deja du niüiiile aulour du corps. De plus, noter que ce detail, s'il eüt 6t6 reel, n'entrait pas 
dans la perspective de l'auteur, qui avant tout veul niarquer la röussite dun projet dont il a eu, 
seid, l'idec uudacieuse ; malgr6 la tempötc, arriver coüte que coüte et le plus tot possible ä la colonne 
d'Eutrope. — 2. Les moines sont ceux du couvent d'Eutrope et peut-6tre ceux dos couvents d'alentour, 
en tout cas pas ceux de Sainl-Bassianus. ä Tcxceplion de noire panögyriste. Au nombre des liomnies 
pieux, Sans doute le mödecin Etienne, -j 81. Tout ee niunde-la n'est pas nöcessairement au sommet 
de la colonne. 



286 VIE DE SAINT LUC LE STYLITE. [1421 

VXi; TCSOlirT'J^SiJ'.V T-^V ÜTTSp TYli äwo'XuTplOOSW; TüJV 6a>.XTTlUV x.ivS'Jvcov £Üy_apiGT!av aÜTÖJ 

iroocKY^yo^'f'' ''•°'' '^''1^ ÜTiep T-^; [Ael'Xousvi; ccotyioix; UsTVi'ptov oir,<:\M' sv oi; t6 Oappslv 
f. 13-J. TTiaTöi; £'l).7)|(pÖT£? -/.xl Tsf? auToCi Tfpo; Kupiov EJicpocösV-Toii; TCpecSsi'a: sie ECpöbiov •/.ojj.wa- 
[/.Evot, T^v Tvpo; Ta oi/.eia Iivzvq^ov ETroiviGzaEÖa, veapy-v tviv [av/i[».7iv iel xarsy^ovie; twv 
e/.Ei'vo'j /.aTop9w[>.aTwv ^ xal Tiotx,i>.wv s'jspyeTr.aziuv, cöv ei; r,[;.a; cuiy-TTrOü; k'clpacsv sTt t£ n 
Ttepiwv ° SV crpx,! -/.ai [^.erä T7;v svOs'v^e r^.STXväcTeuciv. 

85. Ta'jTz GOt Tvap' vip.(iv, o) irxTe'pcdV laptüV ä/ipoTifi; x.al öoiwv sx\sy.Tcov aicpoÖtviov, 
Tfajv cöiv sürelöjv ts'/.vcov, tz 'j/i'Xä ij/s'XAWjxaTa ' , — teV.vuv, ai /.xl [;.ci)(ji.y)Ttov, ä).).' oü/. 
ä>.loTp(wv, col " Tupö TToHou [/.Ev ävaTeOetjAsvojv , £t(j5Ti'^£ üxi vjv coi £yx.a-ra'X£>i5i[/.;/.£v&)v xal 
[AE^pi TE^iOu; dXoiTj^^spw; ävxT£97)<;o[Asvtov y.al Ta; Tr,; ccuTVipia; £),7n'öx; x.al TcpoGöoxia^ i7.£Ta i,, 
0£ov £V coi 7cpoT£ivoj/.£vti)v, — [;.t)4päv 'J7t6[avv)i71v ;cxi oiv)'yv;5iv äi^-u'^pav tüv tcov Tio),^.^-/ 

5. M. /.»TtofÖMiiätwv. — 6. M. Ttep'i wv. 

85. — 1. M. il/r/.iTjiiTa. — 2. 'AUoTpiuv, <7oi : ponctualion du manuscrit. Y äX/.o-piuv crn. 



ä cette foule, nous aussi iious lui temoignämes notre amour \ aussi long- 
temps que possible, avec beaucoup de craiiite et de respect. Par des mar- 
ques convenables de veneration, par des embrassements afTcctueux, nous lui 
monträmes notre reconnaissance d'avoir ete arraches ä une mer dangereuse 
et nous le priämes de nous obtenir le salut ä venir. Tont cela produisit en r 
r. 132. nous une ferme confiance; nous emportämes comme viatique ■* sa mediation 
agreable ä Dieu et nous reprimes le chemin de chez nous, gardant toujours 
vivace la memoire de ses grandes actions et des bienfaits de toute sorte 
.dont sa Sympathie nous avait favorises durant sa vie dans la chair et apres 
son depart d'ici-bas^ ii 

85. Voilä ce que nous t'olfrons', ä toi le plus grand parmi les saints 
peres, le premier parmi les saints elus, nous, tes pauvres enfants, de faibles 
begaiements d'enfants coupables'-, sans doute, mais qui ne sont pas des 
etrangers, qui depuis longtemps se sont confies ä tes soins, qui maintenant 
encore s'abandonnent ä toi, qui jusqu'ä la fin te garderont leur entiere i.-, 
confiance, et qui apres Dieu placent en toi leurs esperances et leurs espoirs 
de salut; ce n'est lä qu'un rappel mesquin, un päle recit, un maigre expose 

3. Une fois que par le singulier j'arrivai l'auteur a 6cart6 une nieprise, rien ne I'empeche de 
leprendre le pluriel de modestie jusqu'ä la fin du paragraplie; notre amour ne parail pas inipliquer 
les bateliers qui avaient oppos6 tant de i-^sistance au voyage. Sur le pluriel de modeslie suivani 
un singulier, voir §9.-4. Evidemmenl la mer restail dangereuse. — 5- Allusion a l'intervention 
miraculeuse donl il vient d'etre queslion. 

85. — 1. Nous, c'est-ä-dire avant tout les moines d'Eutrope et de Saint-Bassianus qui assislaient 
au discours. Voir Inlrod., p. 29. Par un artifice de rhetorique, ils sont censt^s avoir parle par 
la beuche de Torate .r Charge en leur nom du pan^gyrique; ils s'excusent d'avoir mal r^ussi et se 
recommandent aux bons ofTices de leur ancien pere spirituel. — 2. Voir Deut., xxxii. 5. 



[143] PERORAISON, § 85. 287 

i'JpwTtüv •/.%'. y.sya^wv x.aTopOcjjp.aTwv iCy^vü); ' äfAcpx^vovTa, avz^ia [aev tt,; sr,; af/.'.t/.-/fTOu 
roXiTcia; /.al isET-^?, oü jxviv TcavTeXü; iröSV/iTa, ä>.),', ai ;tal i/.r.div krepov si; ö'vvi'7'.v 
f^jv7f;.£va ctjV£i(TcveY/tsiv, ä>,A' o'Jv tÖ ^0'jva.i. coipol; äfopaa?, xaTa t-/;v ivxpoifjiixv, öuvaj/.s'vot; 
= ;ij'jaiv£'.v co: tov /.xt ä^iav ö<p£i'Xoy.£vov sTCaivov. 'A)./' oj aiSxcijJ.y. zal T'.y.ia 0e(o xe<pa>vr, 

.'i /.al äyYi'5.oi; ai^ä'i'.u.Of, w tt,? ipexv;? kttzcvi; /.xÖapÜTaTOv /.e'.(A-fl).iov y.al twv yapiTjAaTwv 
Toij nv£'J[AaTo; Soytio^ [/.uptTCvoov, ü tüv 7uxpx6d^wv Öauy.axwv xal tüJv äcpOo'vwv lay.z'Twv 
Trr.yvi "/.«'. npr.v/i ÖcoSpuro;. u-siavyico to'j goCI irotu.vto-j ö'.x ttxvtoc Tpo; tov Küpiov, /.al ou; 
£T'. ijcdaaTixü? TTxptov vo'jÖetwv TCV£';[AaTi)t(I); ert£CTv)pi!^e;, to'jtou; ovi /.al vOv p.ETaGxi; /.al 
Tipo; 0£ov p.sxayupvj'ijac [A-fli^aaco; äTvAciTTOi; TrxvOaüjxacTE , uai; \iTod: oceI c'JVTvjpwv /.al 

10 77a'<J7); pvioy.Evo? ß'XäSvi? Tt /.xl xa/.iodsw; 4"^/r,4 a[Aa xxi cwjAaTo;, T-iar,; ETiiSo'jXr? /.al 
STCYipsia; £/6pwv e»7vUTpo'jjjL£vo; öpwjAsvwv /txl ^uiTjJ.evüiv äopxTuv /.ai, ttzg/,; TcspiCTaTjw? /.xl 
c^fx-popä; ■^ij-'.a; TAEuOspiov, t?,^ [i.5>.Aci'J7y;; cwTvipta; /.aTa^itosov /.xl ßx'it'XEia; oOpaviou sv 
X&WTw 'Iy)ijO'j t£> K'jp((o vijxiüV, w^ ri ^o'^x /.al tc, xpaTO; ouv tu IlxTpi /.at Aycco OvEiiaart 
v'jv itxl x£l /.al ei; tou; aiwvxc twv aiojvwv. Apov. 

3. V i^x-jftü;, mais (aiidij; que la locoii du niamis^cril donne iin sens excellent, celle correclion inlro- 
duil uno conlradiciiiin daiis le lexle. — 'i. M wi, voir Inlrod., p. t;. 



de tes abondantes sueurs et de tes grands travaux; si iios begaiemeuts sont 
iudigues de ta vie et de ta vertu inimitable, toutefois iie sont-ils pas com- 
pletement ä rejeter; car s'ils ne peuvent pas etre utiles ä autre cbose, au 
moius contribueront-ils, seloii ce que dit le Proverbe, ä fournir dex stijets ä 

:, de plus habUes^, capables, eux, de te composer le panegyrique dii ä tes 
merites. 

Maiiitenaiif, ü tete venerablc, precieuse devant Dieu, respectable aux 
aiiges, joyau tres pur de toute vertu, coffret odoriferaiit des gräces de l'Es- 
prit-Saint, 6 source et Ibntaine divine de miracles eclatants et de guerisons 

10 Sans nombre, souviens-toi toujours de ton troupeau devant le Seigneur; 
ceux que tu soutenais de tes avis spirituels lorsque tu leur etais encore pre- 
sent de corps, maintenant que tu es parti et que tu as emigre vers Dieu, 
oh! ne les abandonne pas davantage, ö toi, le tres adniirable! Par tes prieres, 
garde-nous toujours et delivre-uous de tout dommage et de toute infortune 

15 de l'äme et du corps, det'ends-nous de toute enibüche, de toute insulte des 
ennemis visibles et des adversaires invisibles; sauve-nous de tonte calamite 
et de tout malheur ; rends-nous dignes du salut ä venir et du royaume celeste, 
dans le Christ Jesus Notre-Seigneur, ä qui appartiennent la gloire et la puis- 
sance avec le P^re et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans tous les 

20 siecles des siecles. Ainsi soit-il. 

:i. Pi-ov., IX, 9. 



INDEX DU TEXTE GREG 



NOMS PROPRES ET PARTICULARITES REMARQUABLES 



a665,-, 111„ 
'ASpaoijJi, b'2g C'i||, 

ilfslofpiüv , 77,^ 
dyiocaaa, 87„ 98^ cf. 90, 
'Aopiavoij (tto),!?), 52, 
'AxpÖTToXi;, 105,. 123,, 139,,-, 
'AXuTTioi;, stylile, 51„ 
a^tcpoTEpov, adv., 130,, 
olvaöappEiv et 

ävotviUEtv, construits avec le 
genit. d'eloignement. lOi., 

oivävEuaii;, 96,^ 

AvaaTotaio;, empcreur, 28. 

'AvotoXt^, 55,3 

'AvaroXixcüV {ßiina tüiv), 23 n. o : 

32. 
'Aväps'«;, domestique de l'im- 

peratrice Sophie, 90,3 ^la 
'Avvot, guerie par saint Luc, 

126,, 

«VTiypa'fov, 103,,, 

'AvTid/Eia, 50^ 

«TToppEiv, construil avec un ac- 

cusatif de relation, 105,. 
'Apxoioio;, moine, 103,^, 

Attixiiiu., 33 Ba. 
'ATuoxtij|xv|, 40 et 41. 

Aruo/iopiov, 40 et 41. 
aütOTTTixoJ;, 110, 

B 

pivoov, 33 Ba; 40. 



Baaiovd; (saint), 41; 134,, 135^ 

|xo-//p 134,2 135, vad;, 135, 
Bkji'Xeio; 5 TtETEivdc, 98i,6 
BEAicp, 94„ 95^ 122^ 

lioüXvapot, 56,„ 
BuCavTiov, 123,., 



YEVEvriTO, 87„ 

rEiöpyioi;, gueri par saint Luc. 
132, 



AavivjÄ, stylite, 51,_ 133,, 
Aeuteoov, 41. 

ATiU-ylTSlOU (EUXTVipiOv), 69,^ 

oo;o>.OYi'a, 54,j 



Eipvivri, guerie par saint Luc, 
^ 121, 122, ^ 
si(jTrX£d(ji.6vo; TOTtoi;, 51. 
exEifjE = exeI, 5L 722.5 73, 102^ 
, 134,, 

e'xtevii;, 54,, 

' ni)>EY!J.oi, 41. 

'EXs'vri (auYOÜSTa). 91, n. 1 de 

la traduction. 

EV xiovt, £V (ITU).(;), 49. H. 1 do la 

traduction. 
t-KitjTdaiii, 111,, 

ETtl TOCotiTOV... UE/pii; «V, 1 00,,,,, 
ETTO^Vl, 8(3, 



'nipivvu;, 93_ 

Ktj6ouXoi; (iraTpixio;], 101, 11. 4 

de la traducL 
EuSouXou (toc), 101361 n. 4 de la 

traduct. 
EMüjjiio?, gueri par saint Luc, 

112„ 113, 
EtjXoYio, 9O3 94, 123, 126, 

Eu^ElVO; (TtÖvTOi;!, 93„ 

Eüpi-iTo; (tyji; 'l7C7To5po,ui«?), 108, 
EütoÖttio; (iTpwTO<77ta6apiO(;), 28 

n. 1. 
EücpoTTiou iti), 28; 72, 111„ 
— i^ovr,), 32 S; 139,„ 
l:pr,iu^ä^Eiv, 574 
£-/ö,uEva, adv., 126,, 



Za/api'ou (Xatipa), 65,, 
Zv-vtov, cmpereur. 28 n. 1. 

H 

^fii'övvjTOc;, 100,1 
'HpaxXsia (irpö? növTOv), 983 
ii<:u/a^uv, 08„ 
jjou/adivji;, 57„ 



©aujiaaTÖv (oooi;!, 51, 

©Eoocöpa, femme de l'empereur 
Romain, 91, n. 1 de la trad. 

fjEOaaxac, 102. 

©EoüTToXi; ( 'AvTidj^Eia ), 50- 



1. A moins d'indications contraires, cet inde.v renyoio k la page de riiit.roduclion, ou a la page, ä 
la ligne el aux notes du texte grec. 



[145] 

0£O3/uXaxTo;(itaTpiap/r,i; 1,16 11. 4 ; 
32 S; tiOn. 4:95,, 

OipaTTElOV, 93, 

©saSitr,;, 80^ 
ÖEUIOI, 48, 
(■)p5xc;, 123,2 



1 



I 



IX^OÜUTOIO«, 125,j 

'louSr, ^"I(oavvf,i;), 125,,, 
'louffTiviavo? (5 Wpa;;, 101 n. 4 

de la traduct. 
'IiTTroopofAia, 107,., 
'Iwotw/ii; l'Ioüovjl, 125g 
•l,ig, 52, 56, 69, 76„ 



INDEX DU TF.XTR GRFX. 
M 

uaYKTTpo;, 983 

Mapia, guerie par saint l>uc, 

J21., 
M^Y''^'; (ixxX/.Gi'a , 99j, 
uöTavoia, 124,, 
asTpiov, subst., 02, 
^h■/ar^l (ap/^(XYY£Xo(;), 77,3 
IMi/av-X 'lEp-ip/'/j; xöjv Xa/.xr,'>j- 

vii.)v), 36 ßa," 73, 77„ 
tiupwoeToöai, 141^ 
iMwcrj? iö voaoOiTr;?"), 80., 



KaX'/i, mere de saint Luc. 33 

.Set ßa. 
xavoiSixo;, 118, 
xaT ' IxeTvo xaipou, 62, 70, 
xsXXapiTr,?, 65^ 
xi'wv, voir ffTiiXo?. 
xdfjii'i;, 115g 
KoTuaiov, 67 n. ,3. 
xouSoüxXei'sio;, 11.3, 
xouiiT(.)5ia ((jTp«Tio)Tixr|i, 56, et 

note 5 de la traduct. 
xounäXo, 66 n. 3. 
xoucfY), subst., 66- 
xou'j)iov, 66 n. 3. 

XTY^Tlop, 135. 
xüiAa (ävEi/ou), 106g 
xupi£u£o6»i, construit avec le 

"•enit.. 121,. 
Kupo; (xoiAf,!!, ami de saint 

Luc, llSg 

Küpo; fx).ripixo';i, 113, 
RwvcTavTivoi; (TrpwTOi;', lOO,,, 
KdovGTavTivj? (TsXs'jTaTo;), 110 



AotY"'^« (/'''P'o^i, 67^ 
Aäutr,, 33 /?«; 40. 
Xs'ywv, expletif, 113, 

AsovTioi; (;j.ovay_ö?), 120,5 
AouxS; (6 iTuXi-:-/;!;), passilll. 

PATR. OR. — T. XI. — K. 



N 

Ne« (IxxXiriaia), 112, 

NsTco-cavo'?, sauve par saint 

Nicolas, 109g 
NixdXaoc (6 !x=Ya<;), lOOg 112, 
Xi/.oXaou (suxT'c'piov), 102. 



;£viüv, 101 n. 4 de la traduct. 
O 

Ol Tr£pi..., 109j 
'OXüuijriov [opo:;], 35 Ba; 6.5, 
OXu|.t7to(;, 35 iS. 
6tjiriYupi<; = discours, 45^ 
öfiooeoitoToi;, 92,^ 

n 

IlatpXoYÖvE?, 52, 

TTspi «ÜToü = genitif simple. 

138, 
irspiooeia, 101. iU\, 119,,, 

TtEplOOEÜE'.V, 112,1 

TEpiTwOi'vTE;... xaTEXaSov (sin- 

gulier), 14 13., 
n£p7_üTYi<; (ävopiä?), IO83 

TTETEIVÖ!;, 98, 

ÜE'Tpo?, higoumene de Saint- 

Zacharie, 6.5, 
Oe'^so?, domestique de l'im- 

peralrice Sophie, 90,., 

TtVEUlAaXOppVlf/lOV, 47„ 

itovripo;, 69. 
TTovvipwi;, 70,, 102,, 
2. 



289 

itovriXwu.«, 100,,, 
Ttpou.r,0fi(i8ai, 130,, 

TrpoO'iOpo, OI3 

!too)To6a9ijLio?. 5O3 

V 

■Pwaotvoc, 16 n. 4; .32.S'et Ba; 
91 n. 1 de la traduction. 



i)«pav:a:tvi/£i; I Ol), 118- 
^ESaOTVl (iTtisxoic-/-]), 64, 

ilE'ivto? u-o5iixovo;\ gueri par 

saint Luc, 99.-107, /Jassw". 
Se'PYio;, pere dun enfant gueri 

par saint Luc, 131,^ 
ilidivio;, secouru par saint 

Luc, 129,4 
lvi,t.a. (ßad^Xiffci). 91, etn. 1 de 

la traduction. 
Itevov (äiäSaui?), 51, 128, 
CTEvojTToyojpo;, 533 79,, 
^Stekävo; I iaTpo;\ 137, 
anyoXoYiTv, 77, 
5-ci'/o;, 94, 

CTor/EiouoOai, 115,^ 137, 
tTToXoEior,;, 79,,, 
cTuXo;, passitn, voir 49 n. 1 

de la traduction. 
SuaEwvr,;, l'ancien, stylile, 

50, 51, 52, 
SuiiEiov/];, le jeiine, stylile, 50, 

XiEvoovy] (ttJc 'iTtTToSpou.ia? ), 108, 

iwdöiVlOV, 51„ 



TETpaaEpoÖEV, 79, 

tJ;, 98, 116, 140,. 

TottäTov, 67, et n. 3. 

'V'jfJ\ -rfi TtöXEioc; (öiYaXuia), 102, 

•j)r,ai, expletif, 46„ 78386, IIL 
123, 128, ISOj. — p. Esrjv, 
78386, 123, I3O3— p. £>«(iav, 
128, 
sviffoK;, expletif, 11!., 
!p6sip, subst. femin., 69, 

19 



290 

«Wcöpoi;, gueri par Saint Luc, 

na 



XaXxyj (iruXr)), 1272 
Xa)>xy|Oov£i;, 35 Ba. 

XaXx-/iSövioi, 72j, 77„ 
X«)>xr,So)v, 35 S; 72, IO63 115,,, 

Xpidto^öpoc, pere de saint Luc, 
33 •S' et Ba. 

Xfi(7To;fo'po;. mari de Sopliie 



LNDRX DU TEXTP: GREG. 
Q 

w;, expletif, 87., 1072 l-^'a 



(x,ui'^c(Tov, 111, n. 10. 
i|jicpiXoii[jLtei;, 125, n. 0. 
'Avoptavoü, 52, n. 5. 
£-f' Eoä'fou;, 100, n. 7. 



Abreviatioiis, 5. 
Accentuation, ß. 



[voir Docpt'a), 91, n. 1 de la Anacoluthe, (Kv,, S?^,,, 105,,, 
traduction. | 107,., 137.,8, 



[146] 

Apposition restrictive, 92, 

Article oniis, 03,, voir la note ; 
723, voir la note ; 114,,, voir 
la note ; 137,(„ voir la note. 

Cursus, 8. 

Esprits, G. 

Gönitif explicatif, 87, 98^ 123, 
cf. 94, 

Grattages, 5. 

Infinitif d'apposition, 132^ 

Infinitif exclaniatif, 70,„ 102^ 

Iota souscrit, 0. 

Langue de Tauteur, 7. 

Negligences du copiste, 5. 

Ponctuation, 6. 



INDEX FRANCAIS' 
NOMS PROPRES ET PARTICUIARITES REMARQUARLES 



Abraham, 35, 52,„ 64„ 
Absolution par ecrit, 113,,,. et 

n. 3; 117, 
Achaie, 125 n. 2. 
Acheloos, bataille, 16. 
Acropole, C-onstantinople, 27 ; 

105^ et §52 n. 2; 123., 13»,, 
Agareniens. 24. 
Alype, stylite, 52, et § 7 n. 3. 
Anaple, 51 n. 1 ; 53 n. 4. 
Anastasiopolis,67n.3dutexte. 
Anatolicon (theme), 23: 32; 

40; 41; 55 n. 1 de i 10. 
Anatolie, 23 ; 32 ; 55,„ 
Anchialos, bataille, 16; 17. 
Ancyre, voir Angora. 
Andre, gueri par saint Luc. 

90,, 91, 
Ange prepose ä chaque 

eglise, 72„ 
Angora, 67 n. 3 du texte. 
Anne, guerie par saint Luc, 

12G„ 
Anonyme, 102 n. 1; 108 n. 4; 

109 n. 4. 
Antioche (de Syrie), 50, et n. 1 

et 2 de § 6. 
Arcade, moine, 103,,, 
Atyokome, 32; 40 n. 5; 41; 

67 n. 3 du texte. 
Aumönerie.miiitaire, 61 n. 4. 
Auteur du panegyrique : com- 



petence, documentation, 
veracite, 11 ssq. — Saper- 
sonnalite, 29-30. 

B 

Balustrade autour de la co- 

lonne, 50 n. de Ü 5. 
Bande militaire, 40 n. 5; 56 

n. 5. 
Basile I"', cmpereur, 58 n. 7; 

62 n. 2; 112 n. 1. 
Basile IL empereur, 18. 
Basile Peteinos, 20; 22; 20; 

98„, 
Bassianus (saint), 134,,. et n. 1 ; 

136,. — monastere et eglise, 

voir Saint-Basslanus. 
Belial, 94„ d5^ 122,, 
Bey-Bazar, 67, n. 3 du texte. 
Biens militaires, 56 n. 5; 68 

n. 1. 
Bois, 57 n. 2; 72n. 3; 94 n. 5: 

103 n. 1. 
Bolou, 52 n. 3 de § 7. 
Boris, 15; 20; 21; 23. 
Bosphore. 11; 51 n. 1 et 2; 106 

n. 2; 1.39 n. 1. 
Boukellarion (theme), 52 n. 3 

de S 7; 93 n. 1. 
Brousse, 65 n. 2 de § 18; 67 

n. 3 du texte. 
Bulgares, 15 n. 1; 16: 17; 20; 

21; 22; 33. 



Bulgarophygos, bataille, 20; 

22; 23; 24; 25; 58 n. 7. 
Byzance, 11; 18; 21; 27; 123,, 



Cabane sur la colonne, 79„ et 

n. 3. 
Cadi-Keuy, 27; 53 n. 5; 106 

n. 2. 
Calamich, 11; 14; 19 n. ;27; 

28 n. 1; 42. 
Caniclee, monastere, 91 n. 1. 
Cappadoce, 24. 
Catacalas. 23. 
Cedrenus, 16 n. 4; 17 n. 1: 18 

n. 1; 21n. 1 et 2; 22 n. 1, 

2et3; 23 n. 1; 50n. 1; 62 

n. 1; 73 n. 1; 91 n. 1; 108 

noie. 
Chalcedoine, ll; 16; 27; 35; 

36; 39; 71,^ et n. 2 de §25; 

72„ 106 n. 2; 107^ 119,,, 
Chapiteau de la colonne, 49 

n. 1: 53 n. 4; 79, et n. 1 : 

141,, 
Chase, lils d'un certain loubc, 

125 n. 2. 
Christophore, pere de saint 

Luc, 33: 40. 
Christophore, mari de limpc- 

ratrice Sophie, 91 note 1. 
Chronologie de la vie de saint 

Luc, 1.5-26. 
Chrysopolis, 129,„ et n. 1. 



1. .\ moins d'indications coiitraires, cel index renvoie ä la page do l-IntroducUun. ou a la pago, ä la 
ligne et au.\ notes de la traduction. 



292 



INDEX FRANCAIS. 



[J481 



Claudiopolis, 52 n. 3 de § 7; 

03 n. 1. 
Clugnet, 54 n. 8 et 9; 94 n. 6; 

124 n. 1. 
Colonne des styliles, 49,j et 

n. 1 ; 53 n. 4. 

— de Saint Luc Ji Eutrope, 
11; 18; 19; 20; 21; 31; 49 
n. 1; 53 n. 4 et 5; 71,- et 
n. 3 de ii25: 141,, 

— de Saint Luc cn 
Phrygie, 20; 24; 25; 26; 
49 n. 1 : 69„ 

Consecration du stylite ä sa 

vie nouvelle, 73^ et n. 2. 
Constantin le Grand. 109,.. 129 

n. 1. 
Constantin VII. 21; 22: 26; 

30; 32; 58 n. 7: 62 n. 2; 

110, 
Constantin VIII, 30. 

Constantin i'^pavT-inr^yo;, 118 

n. 2. 
Constantinople, 11; 19; 20; 

27; 51 n. I: 71- 
Courant du Bosphore. 106_, et 

n. 2; 139 n. 1: 140,, 
Croix üxees a la colonne, 14; 

79, et n. 2. 
Cyr, comte, ami de saint Luc, 

9; 115,,,,, 
Cyr, clerc, 113, 

D 

Daniel, stylite, 19; 51.etn. 1: 

53 n. 4; 133,,, 
Danielis. 62 n. 2. 
Date du discours, 30. 
Delehaye, 31 n. 3 et 4; 32 n. 1 ; 

39 n. 3-5; 41 n. 5: 50 n. 1 

et 2; 51 n. 1: 52 n. 3 de 

§ 7; 53 n. 4; 73 n. 2; 127 

n. 1; 134 n. 1. 
Demetrius (saint). 18; 19. 
— (oratoire de sainti. 

69„ 
Desertion militaire, 58 n. 7 : 

60 n. 1. 
Deuteron, 41; 42; 134 n. 1. 
Deverseur (le), statue, IO83 et 

n. 4. 



Dimensions de la colonne d Eu- 
trope et de Plirygie, voir 
49 n. 1. 

Dionysopolis. 41. 

Division artificielle du discours. 
9. 

Dmitrievsky, 41 n. 8. 

Documentation de l'auteur, 11 
ssq. ; 81.^, 84,„, 

Doxologie, 54,j et n. 9. 

Du Gange, 56 n. 5; 91 n. 1: 
108 n. 4. 

Dur6e du service militaire. 60 
n. 1. 

E 

Ebersolt. 112 n. 1. 

Echelle de la colonne, 53 n. 5 : 

73„, et 7'i n. 3; 97,,, 
Eclectisme dupanegyrisle, 10 

»sq. 
Elegmoi (metocliion dcsi, 41 : 

42. 
Enrölement des clercs et des 

moines, 59 n. 1 de § 13. 
Entretien des troupes, öO,,.,, et 

n. 2. 
Eregly, voir Heraclee. 
Erinnye, 93,,, 
Espace autour de la colonne, 

53- et n. 4. 
Etienne, medecin, 28: I373., 

141 n. 2. 
Euboule, patrice, 101 n. 4. 

— (quartier d'), 101^ et 
n. 4; höpital, 101, et n. 4. 

Eunuques (clercs), 99^ et n. 2. 
Euripe, partie de l'Hippo- 
drome, 107,„ et n. 2 de ^ 53. 
Euthyme, clerc, 112,^5, 
Eutrope, protospathaire, 28 
n. 1. 

— (quartier d'), 10; 16; 
18: 27; 28; 31: 45, et n. 2: 
72 n. 3 — couvent, 28 ; 29 : 
42;53n.5;74n. 3;89n.7; 
137, 139,3 -eglise, 28; 42 
n. 1; 137j, — monastere, 
28; 32— port, 27: 28; 141 
n. 3. 

Evangile de Nicodeme i,citation 
der), 75„ 



F 

Falconius, 109 n. 1. 
Familie militaire, 56 n. 5. 
Famine en Phrygie, 62, et n. 1. 
Ferradou, 135 n. 3. 
Filets de peche, 86, et n. 2. 
Florus Sarantapiches, 118,, 
Fondateur ititre de), 135^ et 

n. 3. 
Fortune de la ville, statue, 

102, et n. 1. 
Forum, 102 n. 1. 
Fronde, partie de l'Ilippo- 

drome, 107,„ et 11. 2 de § 53. 



Galata, 41. 

Galatie, 67 n. 3 du texte. 
Garde militaire, 56„ et n. 5. 
Geizer, 20 n. 2; 41 n. 3; 52 

n. 3 de § 7; 67 n. 3 du texte; 

93 n. 1; 129 n. 1. 
George, gueri par saint Luc, 

131,,,. 
George moine, 22 n. 3 ; 23 n. 2. 
Glycas, 18. 

Grande-Eglise (la). 99g etn. 2. 
Grecs, 17; 20: 21:22; 23. 
Grotte pres d'.Vtyokome, 68^ 
Groupement artificiel de cer- 

tains faits, sq. 

H 

Hadrianopolis, 52 n. 3 de .§ 7; 

93 n. 1. 
Helene, imperatrice, 91 note. 
Hemmer (de), 108 n. 2. 
Heraclee. 93- et n. 1. 
Hesychastes, 57„ etn. 2 de.ii 11 ; 

'.14 n. 5. 
Hieria, 27: 'i2: 141 n. 3. 
Hippodrome, 99 n. 2 ; 100 n. 3 : 

1(11 n. 4: 107,3 et "• 2: 112 

n. 1. 
Hiver rigoureux. 20 ; 26 ; 1(1,,^ 
Hongrois, 23. 
Hordadbeh ^Ibn), 56 n. 7. 



I 



Ignace, patriarche, 99 n. 2. 



149' 



INDEX FRÄNCAIS. 



293 



lies des Princes, loo., et n. 2: 

107,i et note 6. 
Inscription funeraire d'Eu- 

trope, 28 11. 1. 
loube, voir Jean Ioub6. 
Irene, imperatiice, 108 n. 2. 
Irene, servante, 121,. 122,., 
Isidore, frerc d'Euboule, 101 

II. 4. 
Isidore (proprietes d' , loi 



J 



Jean Climaque, 75 n. 1 de S 2S. 
Jean loube. 12.n,^, et n. 2. 
Jirecek, 20 n. 3: 21 n. 1 et 2. 
Joannice (saint), 56 n. 7: (i5 

n. 3 et n. 1 de .§ 19. 
Job. 40; 5.^,^ 56, 69^ 76,, 
Justinien, 99 n. 2: 101 n. 4. 



Kaloukome, 65 n. 3. 
Koron, forteresse, 24. 
Kottaion, 67 n. 3 du texte. 
Krumbacher. 20 n. 2 : 1.35 n. 3. 
Kutayah. voir Kottaion. 



Labarte, 106 n. 1: 108 n. 2 

127 n. 1. 
Lacunes dans la Vie, 10 sq 
Lagaina et Lagania, 24; 25: 

26; 67,, et n. 3 du texte. 
Lambecius, 108 et 109 n. 4. 
Lampe, 32; 40; 41. 
Laudiere, 41. 
Lebeau, 22 n. 4; 91 n. 1. 
Leon le Grammairien, 91 n. i. 
Leon VI, enipereur, 15: 22: 

59 n. 1 des 13: 62 ii. 2. 
L6on Diacre, 18. 
Löonce, moiiie, 120,, 
Lequien, 73 n. 1. 
Lettres ccrites par sainl Luc, 

83„ 97, 103,, 
Licinius, 129 n. 1. 
Luc (saint), passim. 



M 

Mansi. .59 n. 1 de Si 13. 
Marcien, empereur, 134 n. 1. 
Marie, guerie par saint Luc, 

121 . 
Marin, 65 n. 2 de S 19. 
Marmara, 139 n. 1. 
Marquart (J.), 24. 
Meandre (le), 41 ; 67 n. 3 du 

texte. 
Medele, 41. 
Merveilleux imonti, 50 n. 2; 

Metanie, 124,, et n. 1. 
Michel archangel, 77,,, 
Michel III, empereur, 15. 
Michel, eveque de Chalce- 
doirie, 26; 36; 73, et n. 1: 

''",1 
Michel de Malig, 42 note 2. 
Miklosich et Mueller, 41 n. 6. 
Motella. 41. 
Moustiques a Calamich, 14 : 

76, - 
Muralt (E. de), 23. 

N 

Nau, 42 n. 2. 

Nepotien, sauve par saint Ni- 
colas. 109,,, 

Nicephore Phocas, 57 n. 4; 73 
n. 1. 

Nicodeme le Synaxariste, 16 
n. 4. 

Nicolas sainfi, 109„ 111,,, 

Nouvelle-Eglise (,1a), 112, et 
n. 1. 



Olympe, 34: 35: 39; 6.53 et 

n. 2 et 3 de §18; 67 n. 3 du 

texte. 
Omortag, 21. 
Opsikion (theme), 41. 
Optimaton (theme), 71 n. 2; 

129 n. 1. 
Ordination sacerdotale, %e ca- 

noniquc, 59 n. 1 de S L3. 



Papadopoulos-Kerameus, 3. 4. 

Paphlagoniens, 52,, 

Pargoire, 27; 28 n. 1 ; 51 n. 2: 

66 n. 4; 111 n. 1. 
Paul, eveque d'.\ntioche, 101 

n. 4. 
Pecheries, 86 n. 2 et 3. 
Phanaraki, 27; 53 n. 5. 
Photius, 99 n. 2. 
Phrygie, 41 ; 67 n. 3 du texte. 
Pierre, higoumene de Saint- 

'/acliarie, 6.5^, et n. 1. 
Pierre, domestique de l'impe- 

ratrice Sophie, 90„ 92,„ 
Plate-forme de la colonne, voir 

chapiteau. 
Porte de Bronze, 127, 
Porte Doree, 134 n. 1. 
Porte de Selymbria, 134 n. 1. 
Preger, 28 n. 1 ; 101 n. 4 ; 102 

n. 1; 108 n. 4: 109 n. 4: 

127 n. 1. 
Procope, 50 n. 1 : 101 n. 4. 
Proti. ile, 91 n. 1. 
Pseudo-Codinus, 28 n. 1 : 101 

n. 4; 102 n. 1. 

Q 

Qal'at Siman, 50 n. 1. 
R 

Ralli et Potli, 99 n. 2. 
Rambaud, 5(i n. 5 ; 58 n. 7 : 68 

n. 1. 
Ramsay, 41 n. 1-4: 52 n. 3: 65 

n. 2: 67 n. 3 du texte: 93 

n. 1; 129 n. 1. 
Romain Löcapene, 22; 32: 91 

note 1. 
Romain II, 91 n. 1. 
Rome la nouvellci, 109, 
Roumeli-Hissar, 51 n. 2. 

S 

Saint-Bassianus, couvent, 27; 

29; ,30; 31; 41:42:72 n. 4 ; 

134 n. 1: 135 n. 3. 
Sainte-Anne, eglise, 134 n. 1. 



294 



INDEX FRANCAIS. 



fl50] 



Sainte-Irene, eglise, 101 n. 4. 
Sainte-Sophie, eglise, 101 n. 4. 
Saint-Nicolas, oratoire, 102, 
Saint-Zacharie, couvent, 24; 

25; 26; 6.i, et n. 1: 67 n. 3 

du texte. 
Sakellaropoulos, 135 n. 3. 
Sampson'^liüpitalde , 101 n. 4. 
Sarantapecheis ^les), 118^ et 

n. 2. 
Sarantinoi les), 118 n. 2. 
Schlumberger, 57 n. 4; 118 

n. 2. 
Scutari, voir Chrysopolis. 
Sebasly, voir Sebaste. 
Sebaste, 4Ü: 41; 64„ et n. 1 

de §17. 
Sens de Tarne [\es cinq), 80^, et 

n. 4 de § 31. 
Serge, sous-diacre, 99^-107, 

passiin . 
Serge, pere de George, 131 
Serviteurs du stylite, 103,3 et 

n. 1; 120,, 
Silivri-Kapou, voir Porte de 

Selymbria. 
Simeon TAncien (saint), 50, 

et n. 1 ; 51g 52, 
Slmöon le Jeune (saint), 10 

n. 2; 56,3 61 n. 2. 
Simeon, tzar. 16:21: 22; 23; 

24. 



Simeon Magister, 22 n. 3; 23 

n. 2. 
Simonie, 64 n. 1 de S 17 ; 112,,, 

113,,., 
Sisinius, 129,^ et n. 4 de § 74. 
Sobriquets, 12; 985, et n. 5: 

IO83 et n. 4; 125,2 et "• -■ 
Sophie, imperatrice, 91, et 

11. 1. 
Sosthene, localife, 51^ et n. 2. 
Spina de l'Hippodrome, 108 

n. 2. 
Stenia, localite, 51^ n. 1 et 2. 
St§non, detroit, 51^, et n. 2: 

128, et n. 1. 
Synaxaires grecs compares ä 

la Vie de saint Luc, 31-41. 
Synaxaire copte-jacobite, 42 

n. 2. 



Tabari, 24. 

Tafel, 16 n. 1. 

Theodore, protovestiaire, 23. 

Theophane, 101 n. 4: 118 n. 2. 

Theophane Contin.,21 n. 1 et 2 ; 

22 D. 3; 23 n. 2; 91 n. 1: 

107 n. 2: 125 n. 2. 
Theophylacte, patriarchc, 16: 

17; 18; 20: 21: 26; 32; 40 

n. 4; 74 n. 3: 95,5,5, et 

n. 1; 135 n. 2. 



Thesbite (le), 80, 
Thraces, 27: 123,, 
TortuesäCalamich, 11; 14; 75,„ 
Tottaion, 67 n. 3 du texte. 
Tremblements de terre ä Cons- 
tantinople, 18 et n. 4. 

V 

Van den Gheyn, 65 n. 1 de § 19. 
Van deVorst, 3; 109 n. 1. 
Van Millingen, 134 n. 1. 
Vent du Nord-Est ä Constan- 

tinople, 106,,, et n. 2: cf. 

53 n. 5. 
Vent du Sud-Ouest a Constan- 

tinople, UO^etn. 1 de § 83; 

cf. 53 n. 5. 
Vie de Daniel le slylite, 5 ; 

51 n. 1; 67 n. 3. 
Vie de saint Luc le stylite, 

passim. 
Vogt, passim, en particulier 

3; 15-19: 53 n. 5; 56 n. 5 ; 

62 n. 2; 108 n. 4; 115 n. 2; 

116 n. 3. 



ZacharisevonLingenthal,59n. 1 

de § 13; 60 n. 1. 
Zacharie, pere de saint Jean- 

Baptiste, 65^ 66, 
Zo§, imperatrice, 125 n. 2. 



TABLE DES MAXIERES 



INTRODUCTION P- 3-42 

i ArTICLE PREMIER. 

Texte de la Vie de saint Luc : manuscrit et texte primitif, esprit gexe- 



RAL DU DISCOURS 



4-11 



Description du ms 5 

Negligence du copiste 5 

Grattages et corrections 5 

Abreviations ö 

Accentuation ö 

Esprits 6 

Ponctuation ^ 6 

Majuscules 7 

Droit de l'editeur 7 

Purisme du panegyriste 7 

Sa preoccupation d'eiTets lilteraires 8 

Division et marche artificielle du discours 9 

Interversion voulue de certains faits 9 

Lacunes dans la narration 10 

Article deuxieme. 

Competence et VERAcrri; de i.'historiex 11-15 

Details pris sur le vif 11 

Documentation exceptionnelle 12 

Rapports personnels avec saint Luc 12 

Silences et attenuations prudentes l.'J 

Les faits et leur interpretation 14 

AllTICLE TROISIEME. 

Chronologie de la Vie de saint Luc. 15-27 

1) Chronologie de In vie de saint Lac d'apres M. Vogt 15 

Impossibilites radicales de ce Systeme condamne par le texte de la Vie. . . 17 

Et par riiistoire 1^ 

2) La vrnie Chronologie de la vie de saint Luc 19 



296 TABLE DES MATIERES. [152] 

Conditions ä remplir par une Chronologie serieuse 19 

Comment on arrive ä fixer lamort de Saint Luc au jeudi 11 decembre 979. . . 2Ü 

Cette data tient compte de toutes les donnees du Probleme. . 21 

Hiver rigoureux entre 932 et 934 22 

Bataille de Bulgarophygos en897 23 

Exactitude rigoureuse de tous les chiffres fournis par l'historien 24 

Tableau clironologique d'ensemble 25 

ArTICLE QIATRIEME. 

LiEU, AUDITOIRE, AI TEUR ET DATE DD DISCOURS 27-31 

a) Ou fut prononce le discours 27 

Sur la c6te d'Asie 27 

Au quartier d'Eutrope 27 

Dans l'eglise du couvent 28 

b) Auditoire 29 

Meines et seculiers 29 

c) Atitetir 29 

Enfant spirituel de sainl Luc, dignitaire du couvent de Saint-Bassianus. . . 29 

d) üate du discouis 30 

Un 11 decembre apres 979 30 

Et avant 986. Plutot vers 980 que yers 985 31 

Article cinquieme. 

NOTRE TEXTE ET LES SYNAXAIRES. La MEMOIRE DE SAINT LuC 31-37 

Comparaison synopliquc des synaxaires c*» et Ba avec la Vt'e de saint Luc. . 32 

Ressemblances et divergences des trois textes 37 

5 et ßa dependent dune meme source laquelle depend de la V7e 38 

Autorite de la source commune de S et de Ba quand eile contredit ou com- 

plete la Vie 39 

Memoire de saint Luc 41 

VIE DE SAINT LUC LE STYLITE 

ExoRDE 45-55 

§ 1. Faiblesse de Torateur 45 

§ 2. Dieu et saint Luc Faideront 46 

§ 3-4. Variete des etats de vie chretienne 47 

§ 5. Excellence particuliere de la vie stylite 49 

§ 6-7. Les quatrc premiers stylites 50 

§ 8. Saint Luc le cinquieme stylite 52 

§ 9. Par reconnaissance, Torateur aborde un sujet ardu 54 

Premiere partie : La Vie 55-85 

§ 10. Enfance de saint Luc 55 

§ 11. Soldat, il va combatlre les Bulgares 56 



[153] TABLE DES MATIERES. 297 

!i 12. Saint Luc moine. Ses mortifications 57 

§ 13/11 est ordonne pretre 58 

§ 14. Sajvie parmi les soldats 59 

§ 15-17. Sa charite envers les malheureux Ol 

§ 18-19. 11 passe trois ans dans la laure de Saint-Zacharie (54 

.§ 20. 11 passe deux ans ä Lagaina 66 

§ 21-22. II revient chez lui; dans une grotte, le demon le persecute. . . . GS 

§ 23. Trois ans'sur une colonne 09 

§ 24. Hiver rigoureux 70 

§ 25. Dieul'envoie au quartier d'Eutrope 71 

§ 26. L'eveque Michel le benit ä sa montee ä la colonne 73 

§ 27-29. Double guerre contre la chair et les demons 74 

§ 30. Apparition liberatrice de l'archange Michel 77 

§ 31-32. Les croix de la colonne illuminees 78 

§ 33. L'orateur donne ses titres de creance 81 

§ 34. Luc a console toutes les miseres 82 

§ 35. Voix des faits et des survivants 84. 

§ 36. Don prophetique de saint Luc 84 

Deuxieme PAnxiE : Les Miracles 85-132 

§37. Transition * 85 

§ 38-40. Peches miraculeuses 85 

§41. Clioix necessaire parmi les miracles 89 

§ 42. Andre et Pierre delivres du demon 90 

§ 43. Deux Heracliotes delivres du demon 93 

§ 44. Enfant delivre du demon 95 

§ 45-46. Guerison du patriarche Theophylacte 95 

§ 47. Guerison de Basile Peteinos 97 

§ 48-52. Guerison du clerc Serge 99 

§ 53-55. Trois Occidentaux tires de prison 107 

§56-58. Luc predit la guerison d'Euthyme 112 

§ 59-61. Luc predit la mort de Cyr 115 

§ 62. Transition 117 

§63. Guerison de Florus 118 

§ 64-65. Guerison d'un batelier 119 

§ 66. Des femmes ont ete aussi gueries par saint Luc 121 

§ 07. Marie et Irene delivrees du demon 121 

§68. F'emme guerie de la fievre 122 

§ 69-70. Veuve delivree du demon 123 

§ 71. La fcmme de Jean loube accouche heureusement 125 

§ 72. Guerison d'Anne 126 

§ 73-74. Luc obtient la guerison d'un enfant 127 

§ 75. II obtient la mort de Tcnlant de Sisinius 129 

§ 76. Les foules accourent ä saint Luc 131 

§ 77. Guerison de George, fils de Serge 131 

Tnoisiii.ME i'AiiTiE : La Mmti kt i.es Funerailles 132-143 

§78. Mort de saint Luc 132 

PATB. on. — T. .\t. — r. -2. 2ü 



298 TABLE DES ISIATIERES. [154] 

§ 79. La date de sa mort, 11 decembre, est providentielle 133 

§ 80. Saint Luc est enterre ä Saint-Bassianus 134 

§ 81. La mort de Luc, predite au medecin Etienne 136 

§ 82-84. Luc sauve du naufrage le panegyriste 138 

Sj 85. Peroraison. Qua Saint Luc protege ses enfants 142 

Index du texte grec 144 

Index FRANf;Ais 147 

Table des MATiiinES 151 



ERRATA 



Page 8 

— 11 

— 27 

— 28 

— 29 



40 
41 
50 
51 
51 
53 
59 
63 
64 
68 
69 
70 
74 
75 
78 
81 
83 

86 

89 
90 
92 



n. 6, au lien de % 16 lire Si 15. 

I. 28, — S 24 — S 28, 29. 

I. 35, — 61 — 64. 

n. 1, I. 17, lire vj -^k^ ilrfiU. 

1. 31, au lieu de 38 lire 58. 

n. 1, — § 89 lire §80. 

I. 10, — (35) — (36). 

n. 2, — 28 — 29. 

I. 6 supprimer la negalion pas. 

1. 6 et n. 1 et 2, lire Simeon. 

1. 3, lire xai. 

1. 8 et 52 1. 7, lire Simeon. 

n. 6 texte, lire 6. M. 

titre courant, lire Luc, pretre et soldat, § 13-14. 

n. 1 texte I. 6, au lieu de n. ... 3; ... n. 5, lire n. ... 4; 

n. 2 trad., au lieu de S 16 lire i 15. 

n. 1 texte de S 22, au lieu de paiov lire cSiov. 



11. 6. 



n. 3 texte I. 5, — 

n. 3 texte I. 2, — 

1.3, - 

n. 3 texte 1. 2, — 

n. 6 texte 1. 2, — 

n. 7 trad. 1. 1 — 

1. 10-11, — 

n. 2 texte, au lieu de 1 
n. 4 trad., — 8 

L 4, - 

n. 1 trad. 1. 7. — 
n. 4 trad.. — 



16 — 15. 

opai? — opf/.«?. 

§ 58 — § 53. 
50 — 48. 
7—3. 
ne lui a pas confie .... pour en recevoir, lire na 
pas depose .... pour recevoir de lui. 
lire 2. 

accordees lire accordee. 
§ e^lire % 43. 
2 12. 



[155] TABLE DES MAXIERES. 290 

Page 93 1. 7, supprimer -^xaipSJ^, ce qui, sans clianger le sens de laphrase, donne 
un texte tout a fait conforme au manuscrit. 'Epiwü? est donc ici au masculin 
comme dans la Vie de S. Gregoire de Nazianze : "liwpwv tov utov 'Epiwuv itva 
8a([jiova xoXadXYiptov ysipioffafAevov, Östi; «ütw £7rav£T£i'v£T0 oXeOpov. P, G., t. XXXV, col. 
249 c. 

— 94 n. 7 texte 1. 2, au Heu de 7 lire 8. 

— 97 n. 1 trad., — n. 2 lire n. 3. 
— ■ 103 1. 12, ///e < cftiiv?, ; irappyidiadTixwTaTa. 

— 104 n. 1 texte, supprimer cf. § 17. 

— — n. trad. 1. 4, au Heu de p. ex. lire p. e. 

— 105 1. 12, — v£paTr=vT;Jlv lire OspairsuTriV. 

— — n. 7 texte 1. 2, — 6 lire 7. 

— 109 1. 3, lire parce que l'ignorance chez la loule s'accompagne d'etourderie et de 

durete. 

— 109 1. 5, reparier le chiffre de renvoi 5 ä la ligne 2, apres Rome. 

— 110 n. 5 texte, au Heu de ^ 72 lire % 27. 

— 111 n. 10 texte, — n. 4 — n. 5. 

— 1221. 5, — Ics — les. 

— 122 1. 16, — OUT — oSt 

— 125 1. 11, apres certain supprimer le point. 

— 126, intervertir les noles k et 5 de la liaduction. 
Index, au mot ovavEustv au Heu de IOI3 lire IO43. 

— — «TTOppeTv, — 105(5 — 105g. 

^ — in\ TOffOüTov — 100j„.|, — lOOg.,,. 

— aitojCTixöj; — 110, — HO«- 

N. B. — Par inadvertance la traduction signale par un asterisque le commencement 
des feuillets du ms. seulement jusqu'au feuillet 123'. 



VIE D ISAAC 



PATRIARCHE D'ALEXANDRIE DE im A 689 



ECRITE PAR MINA. KVEQUE DE PCHAT 



TEXTE COPTE MlE ET TRADUIT EN FRWCÄIS 



PAR 



E. PORCHER 

PROFESSEUR \U PKTIT SEMINAIRE DE l'ARIS 



PATR. ÜR. — T. XI. — F. 3. 20 



Nihil obstat. 
R. GRAFFIN. 



PERMIS D'IMPRIMER 



G. LEFEBVRE 

vic. gen. 



Paris, le 3 avril 1914. 



Tous droits reserves. 



AVERTISSEMENT 



La Patrologie Orientale publie une flistoire den patriarches 
d'Alexandrie en arabe, editee et traduite en anglais par M. Evetts. 
Les lecteurs peuvent trouver quelque interet ä lui comparer des docu- 
ments coptes paralleles, qui leur permettront d'en contröler les don- 
nees historiques. Plusieurs de ces patriarches sont veneres comme des 

r 

saints dans l'Eglise copte et le sommaire de leurs vies se trouve dans 
le Synaxaire arabe Jacobite, publie par M. Basset dans la Patrologie 
Orientale. Nous nous occupons ici de Tun d'entre eux, Isaac, quarante 
et unieme patriarche, A. D. 686-689, dont la Vie arabe se trouve dans 
XHistoire des Patriarches, I, xvi \P. O., t. V, p. 21-26) et dans le 
Synaxaire, au9*jour du mois de Hatour (P. O., t. III, 267-268). 

M. Amelineau a edite et traduit une Vie copte d'Isaac dans le Bul- 
letin de correspondance africaine\ d'apres le manuscrit copte bohai- 
rique n° 62 de la Bibliotheque vaticane, dont Tuki avait fait une copie 
appartenant au musee Borgia, analysee par Zoega". 

Nous avons pu avoir, gräce ä la liberalite de M^' (Jraffin, une repro- 
duction photographique du Cod.'Vat. 62. fol. 211 ä 2''i-i, contenant la 
Vie d'Isaac, .sous la pagination speciale 1^1^ C'est ce texte que nous 
donnons ici, aide par I'edition de M. Amelineau, ä qui revient tout le 
merite d'une premiere publication. 

11 ne faut pas chercher dans cette Vie une oeuvre historique, teile 
qu'on la congoit de nos jours. Le but de l'auteur est l'edification des 
lecteurs, ou des auditeurs, qui etaient bien loin de nos preoccupations 

1. Histoire du patriarche copte Isaac, Paris, Ernest Leroux, 1890. 
i. Zoega. Catalogiis codicum coptornm, n. I.VII. 



302 AVEHTISSEMEM. [4] 

scientifiques modernes'. Des ecrits comme celui-ci nous fönt connaitre 
la pensee religieuse copte, qui olTre autant dinieret pour nous que 
les evenements materiels. 

Le heros a vu la conquete de l'Egypte par les Arabes, a ete en 
relation avec un des premiers califes (il est mort vers 688^'; mais c'est 
surtout un moine qui a vecu dans la laure de Saint-Macaire, qui a eu 
pour Historien un moine du meme monastere, Mina, lequel devint 
eveque comme lui, succedant ä Jean de Nikiou, un contemporain 
d'Isaac. L'ouvrage a ete copie par des moines. Les copies etaient lues 
en public dans les monasteres, comme le montrent les indications 
qu'on trouve en marge du manuscrit marquant le commencement ("»«» : 
lisez) et la fm (jyA : jusque-lä) de chaque coupure. 

Nous avons garde la division du manuscrit en paragraphes, et 
reproduit le texte du scribe, tel que nous l'avons lu, laissant aux mots 
d'origine grecque leur forme copte. Nous nous ecartons en cela de la 
methode de M. Amelineau qui a cru bon de retablir rorihographe clas- 
sique. De lä un grand nombre de lectures differentes, que nous n'avons 
pas citees generalement comme variantes, quand la lecture du Codex 
etait la meme que la notre. Seulement, dans la traduction, nous avons 
donne les mots grecs correspondants, et nous avons introduit quelques 
titres qui servent de points de repere dans une oeuvre qui n'est divisee 
qu'en phrases, ou meme en parties de plirase. 

E. PORCHER. 

Petit StMiiiiiaire de I':u'is. 

1. (In lit sur la premiere page du manuscrit, au-dessus du liti-e : cot « ÜAWUip, 
le neuvieme d'Athor; c'est le jour de la iVle du patriarche, oü sa 17V i'ut doiinee sous la 
forme d'un sermon. 

2. Les auteurs ne sont pas daccord sur l'epoque et la duree du patriarcat d'Isaac. 
Son patriarcat aurail dure deux ans et neuf mois ou trois ans, P- 0., V, 26; ou deux ans 
et 336 jours, cf. Pierre ihn Kaliib, C/iionicon Orientale, trad. Clheiklio, Paris. 1903, 
p. 131; outroisans et denii,y^. 0., 111, 208. — Si Isaac a ete ordoiine un dimanche 8 Kiliak 
(4 dec.) infra, p. [57], ce ne peut etre qu'en 684 ou 690. S'il est mort un mardi neuf 
Hatour (5 nov.), cf. Pierre ibn Rahib, loc. eil., ce ne peut etre qu'en 687 ou 692 ; il aurait 
donc ete patriarche de 684 ä 687, car 690 a 692 ne donnerait pas une assez longue 
duree ä son patriarcat; mais les jours de la semaine sont-ils authentiques? — [F. N.]. 



n^Af^HETi^cKorvoc. mt '\rn«^'^ üno?^tc fAKC^ aB^^a 

UH«A. T\mCSTA10C VltTt^CKOTIOC. mt -^"^^^^ nj^jA^^. 

n^KOTi. onro^ mA-^ un^oirot. tV^onou tntcjjrtKouson'' 
M^u VA^ ntör\A^CA2SH *'. uvtHAto ur\iUAnEC"Jonr 

1. Amelineau ecrit unmATfiAp^HC fn omettant niiy-^- — 2. A. lit oc^onAnoc et 
transcrit gac^^u^A^oc• Ici, et dans d'autres cas oü le texte semblait fautif, M. l'abbe Tis- 
serant. altache ä la Bibliotheque Vaticane, a bien voulu nous rendrc le $ervice de com- 
parer notre copie au manuscrit. — 3. A. : nitp t^UEVi (Cod. nep^^uET» . — 4. A. : 
EmAiHon- — 5. A. : E«Et^ErKi"Süno« (Cod. EnEt^EnKOwno«)- — 0- A. : nEunAjyAXv 



im. ^[i 



' r/e ([ito;) (hl !/rand patriarche (iraTpizp-/-/];) soint, nnhi-vpque (äpyieiticxoTCo;) (/p la • Fol. 211 
fjrande ville (tvöI-i;) d' Alexandrie, Abba Isaac, racontec (wTopeiv) par le Saint 
Abha Mina, Ip tres pieux (ÖGtoTaTo;) evdque (sttic/.otco;) de la rille (ir6>.i;) de 
Pcliati. Dans la paix (sip-/ivr,) de Dien. Amen. 

I. ExoRDE. — La commemoraison du patriarche honore excitant Tallö- 
gresse de mon cceur nous invite aujourd'hui, nies bien-aimes, ä exulier dans 
la joie spirituelle (irveuiAaTwov) et m'eutraine ä faire son eloge (iyy.iiiu.iw) sacre. 

Qui pourrait prononcer la louange du pastcur vrai («).-/if)ivov) et du pontifc 



304 MINA. — VIE D'ISAÄC. [6] 

Jjtrt <\?3^\ r3<^. A«-\oir«Jurt^ e?\o?s tcjt^o-r'Aims «lAtV^t 

'YtKKTsHClA. «1t 'Y^^^'Y ÜTIO^SC f^KO^. rttU X'^^^ 

Fol 211 ^^TOT uu^npAn- AVtOK V)A mt?\^;X^^"^^^. ^"^"^^ "« 
EiAricV)Hio'r «uji'^Ert. V)A rtw tiiA^jij rttu uh tic^ 

V)EU TTEt^rErtoc. onr E&iO?^ tie )3ETa onr^u^. Enrucx-^ 

1. A. : nA7\H«\«on- — 2. A. : n^x\ niunV). — o. A. : Et\oir25.»rnunV). — 4. A. :nHfO- 
— 5. rte est ajoute au-dessus de la ligne. — (>. A. corr. : tonriuoT- — 7. A. : TvE- — 
S. A. : oirpEii n^HMi- 



(äfliifdi) fidele et juste (Stxxiod'JvY)), qui a aime la vertu (iperfl) des son 
enfance, ainsi qiie la vie des saints anges {eLyyiKrj^), et qui, emule de leur 
vie, s'est rendu semblable ä eux? 

C'est ainsi qu'il se revela, brillant de teile fa?on (wcts), qu'on lui confia 
le soin de paitre les agneaux de l'eglise (r/./.>.Yi5;a) de la grande ville (ttäi;) 
d'Alexandrie, de l'Egypte entiere, et meme ([axXXov Äe) de tout ce qui est 
sous le ciel. 

Je n'aurais pas l'audace (To>^[;.av) de dire une parole de moi-meme. moi si 
Fol. 211 chetif (ili-iKSTdc). * Mais {ällx) ce que nous avons entendu et ce que nous 
^' savons, nous Tecrivons pour vous, leoteurs ou auditeurs, pour la gloire de 
Dieu et de ses saints. 

II. Naissance.Bapteme. Enfance. Jeunesse. Vocation. — Ce saint (xYto?),mes 
freres, etait de race (yevo?) egj^ptienne, originaire d'un bourg appele Picho' ; 

1. Equivalent du nom arabe Ramleh, c'est-ä-dire Le Sable. Le Synaxaire, P. 0., 
III, 267, dit qu'il etait d'uae famille de Bourlos; or Bourlos (Paralos) est dans les Dunes. 
L'ffistoire des Patriarches, P. 0., V, 23. le fait naitre a Shubra; or Choubra Tani est 
le pays d'Isaac le Chartulaire, dont il est parle plus loin, p. 37]. 



[7j SON BAPTKMK. 305 

ac^^j^nt 1^1 E'iÄ'r'2^^0 ÜTi^Ä?%OT t^onr^ßi. A'r 
uo-r-Y ervEc^^^n •JSit ic^J^K ehe ie^umta^^. ünE«^^AU -xie 

GiJ.xuo^ -KE EßiO?s vi'2S:e rtSE^oonr. «äe ^m^ fnonr 

J<'x^d^^«^ rt-SE r\E«^w^. e^j^i^^ ün^Evt^cKonoc rvnE vt^cHono 

EIEUUAt^. EO'T^'JUU^ y^E UT^r^A^O^O^OC V\E. 

(pAt "KE V)Ert yT2sm^^E«^<j"uc-' uvt^A^sonr e^ot^.^. 

nEU vtsTTnA E^o-rA&L. 'Y'^^^AC rtouoonrc«)C. oiro^ 
^TO-rujiu rt-ssiE r^Et^?iJ.?^. a^^tu^x EO'rc^3.1^^oc rtonr 
uums. ETSEU nA^\7E ürvsÄTNcr. 

O'TO^ ^IJUC EAVK^U tfOt^. ^ITErt TUFtTIA E^OTÄ^i. 

Atjjuiu) E^o?s V3E« onrcuH unfo^vinmon ec^-äua uuoc. 

1. A. corr. : oTon mmo-r- — 2. A. lil ä tort n^fAX.^ et transcrit n^pAiy»- — 
3. A. ecrit t au Heu de c six iois dans la meme phrase. 



ses parents etaient tres pieux; ils avaient beaucoup de hiens (uirapyovxx), 
des serviteurs et des servantes. 

II arriva, qu'ayant donne naissance a ce saint enfant, ils l'appelerent du 
nom d'lsaac, dont la signification (epp.vs^a) est la joie. 

Qiiand furent accomplis les jours oü on devait liii doniier le bapteme, 
d'apres les traditions (i^xpa^ooi?) des chretiens (J^pt(JT^y.vo?), ses parents l'ap- 
porterent devaut l'eveque (exioxoTvo?) de ce temps, qiii cfait un liommc ins- 
pire (Tr^sufAaTÖoopo?). 

Cehii-ci, en immergcant le sainf enfant dans le baptistere (•/.o)-uii.€i'9px) 
au nom du Pere et du Fils et du Saint-Esprit (irvcii[7.a), Trinite (rpta;) con- 
substantielle (öv-oouoto;), ouvrant les yeux, vit une croix (oTaupö;) lumineuse 
sur la tete de l'enfant, et commc (wc) pousse par le Saint-Esprit (mvj^x), 
il s'eoria d'une voix * prophetique (:rpo9-/iTix.6v) : « Tu es grand, Seigneur ■ Vo\. jij 
Dien tout-puissant (7i:xvTo/.pzTtdp); toi seul es grand : et sur tes desseins, 
personne ne nous interrogera. » 



Fol, J12 



306 MINA. — VIE D'ISAAC. [8] 

utK. uuort T^E^r^^«^m^ üuort'. 

ÄE OT'h.UJ^O« rnE ^"^ T\E. ^AS TAf V1A^<JUT^t. HOT 

niji}'^ riAf^X^E^E'rc )3Evi tths Ü'^'^. o-ro^ CEr^A^En 

CUH E'T'Stu UUOC. 

2?E UA^ECjiyiUTV» rv'2S:E ^^A« ÜT\dc EtJJCUAf «JUOin. 
iC5^Eri TlErtt^ JiJA E«E^. 

BnA^E^Ti^oKomm '^^.e häe T\^Ä?sonr e^ova&i Iqe« 
'YuAm. A'nwstJj vt'ÄE rtECjjio'Y e'Y^vi'^>i^. onoo^ V^eta 
^AViKonr'Ä^ riE^oonf. a^jjeus etäou rtvncV)A^. «eu 
rnuA^HUA. ^«Juc'ii.E ^' monoE^jij^H^s üuo<^. «"ÄE onron 

TIt&iE« E"i;X^ V^E« •^A^'i^HBi TIEUA^. EnrnAIT E^EUt EHA 
^'\ "IHit^ «At^. 

I.A. : UMOK- — 2. A. corr. : nientj^- — 3. A. corr. : ^oicnt- 



Ayant ainsi parle, le saint eveque (eTVT/.owo:) le rendit ä ses parents, en 
disant : <f Prenez cet enfant : car c'e.st im don (d'wpov) de Dien. II sera eii 
eflet Uli grand pontife (äp^tepeü?) dans la maisou de L)ieu, et on lui confiera 
des peiiples ().*oi;) nombreux. » 

Ayant entendii cela, ses parents eleverent leur voix en disant : « Que 
le nom du Seigneur soit beni, depuis maintenant jusqu'ä l'eternite'. » 

Lorsque le saint enfant eut grandi (-poz-öiuTeiv) en äge, ses parents le 
mirent ä l'ecole", et dans peu de jours il connut la valeur des lettres ainsi 
que les sciences ([AaOyi[x.a), si bien (wots) qu'il etait admire de tous ceux qui 

1. Ps. cxii, 2. — 2. On peut comparer le mot copte a«V^h&, ailleurs ajiI;h&, au mol 
egyptien pr-dnh, maison de vie, designant Fecole. II est d'ailleurs assez rapproche du 
mot iiArf^cEiiu, qui a le meme sens. 



9] SA JEÖNESSE. 307 

A-rivisc^ viÄE nEt-^so'Y eioi«-j YAonrcrrrEriHC üiu^onr. 

EFVEC^^An r\E UEVIECUan. * ECJO^ ^t^A?^^<^?^J.\>^OC'. JD^fAHC^' 

r\rt<Jufrioc. e^^o^ nEnAf;X^^ ^'^C^C'^?^ ^"^^ ^"*^^- '^^ 

Q-rO^ E1^ Et^ujOTl h>in W\)JiJ< EHEUULA-r. At^o-rujTi^' 
U^\7ßimC «-^UETUOrt^^OC E^O?%. Vl^jO^Tl UE« 3.^«^^^ 

uta^vYatsUOC TiAnocöH^HC \sir). Ec^E^riHcnE-rm ^a ^o-r^^ 
üuHrts. Ec^UHrt Er\scnrr\A?jc\ Et^E^^\7o^m Tio-rj^j^vin 

;)^'Jjiu EUErtECJun' Et^OnrtJU^ EcV)H1 OnrETV^CTOT^H VtAVIA 

rKEor», ^"^c VA^otJj tie T\ms«ij'\ V^eu nmoiAf^oc'\ 

1. A. corr. : 'TApno^vApioc du latin chartularius. — 2. A. ecrit A^OTUJriV)- — 3. A. 
ne traduit pas ces deux mots. — 4. A. : rttjun- — 5. Le premier e est ajoute au-dessus 
de la ligne. — 6. A. : n^mja"^ «nonApioc- 



l'nl. -212 
V. 



etaient k l'ecole avec lni et qiii voyaieut la science que Dieu lui donnait; 
tous ses condisciples s'inclinaient devant lui. 

Lorsqu'il fut rempll de science et de sagesse (uo^tx), ses pere et mere 
le mirent eiitre les mains d'un de leurs parents (ouYys^?), nomme Meneson, 
* adniinistrateur {chartularius) au Service de Georges, qui etait eparque ♦ Fol. 212 
(eWpyo^) au pays (/wpa) d'Egypte, afin que le jeune Isaac devint secretaire 
(iKiUirius). anpres de lui. 

Pendant qu'il fut dans cette place, il mena ouvertement la vie (ßto:) 
monacale (pvay^j;); recitant d'abord Ics psaumes (ij/x'Xjjiöc) par coeur (äTCOTr/Jvi'c), 
jeünant (v/iotsjciv) jusqu'au soir tous les jours, assidu aux synaxes (/ruva^i;!, 
portant (^opstv) en dessous une tunique de poils, et par-dessus celle-ci un 
vetement splendide. 

11 arriva uii jour que le gouverneur (ä'pywv) appela Meneson: il voulait 
faire ecrire une lettre (sm-TTo).-/-; ) urgente (ivaYy.aiov), et celui-ci etait le premier 



308 MINA. — VIE D ISAAC. [10] 

u^fw^' u^H E^oiTA^i •KAT^'ii.. riA^ft« nonr^o ur\^c>w 

ÄE E^fiiE onr T\^o un^dc o^eu. onr^^c^^n^ nw? 

EiAcjjE^^y^H^? 'Zi.E rt!SE r\sj^f;)(^<jun. E'ÄEn iEc^'X:mEf 

* Fol. 213 oTUJi. OTO^ ^«juc'ÄE Et^E^'ZwOK:^UA:c,m uuo<-j. tve^äj^«^ 

rt^t^. ÄE uj^j^t rtAK EVDO'rrt eo'ta^ rtvt^^KO^i"^v\^ 

i^A YWA^y^^J^^ rtAnr e-Ye^^cio^nh. eia mÄ^^onr c)dhic. 

1. u^^pH-^ a ete ajoute au-dessus. — 2. A. : mua nKO^n<Jun' 



des secretaires. Ne le trouvant pas, il entra aussitöt dans unc grande colere. 

Appelant alors le jeune Isaac, il lui demanda : « Oii est ton maitre? » 
Le jeune homme dit : « Je ne sais pas » ; et voyant que son visage etait 
triste, il s'adressa ä lui comme David le saint au roi d'Israel, en disant : 

« Pourquoi le visage de mon seigneur est-il triste? Commandez-moi : 
i'ecrirai la lettre (imnT'Ar,) comme vous le desirez. » 
Fol. -.'13 Etonne de sa reponse, le gouverneur (apjj^wv), comme (w;! * pour Teprou- 
ver (5o/.i[Az^eiv), lui dit : Va-t'en dans une de ces chambres (xoitwv); ecris-la, 
apporte-la, que je la voie. 

L'ayant ecrite, il l'apporta et la lui montra. Le gouverneur (ap/wv) ayant 
vu la lettre (ImsrdX-i)) ecrite par le jeune homme, en fut emerveille. 

« Donc (oux'^um) tu es de cette force, dit le gouverneur (zp/wv), et je Tai 
ignore jusqu'ä ce jour. Vraiment (iV/iOci?), tandis que Thomrae regarde le 



H SA VOCATION. 309 



uuo<^ uTSt o-rou ns^trt enV^t« nm^tT^^fsovi. t-ruox-Y 

EXE^^E-^YISC. Ät ««O«^ E«nj.E^3c ETSlErt T^E^EVA^'JJO'r 

Ovo^ riA'TOX'JiJ»^ Eds c^sui r\j^t^ r\E. e-tte^^e^sti^c 
McEEus j^n ^»ju. ÄE onr taas^h-^ ati ie inot rnAK<^&i^. 

A?^?^J. EA^tJj TI^UAT E'X;Ert OnTUH^i U^H^S. 

Et^V^En ijriETS^u n^otjj ovi ä^^^uj^'X eö^ots uTtAS3.rioc. 
AX<Jun ncA -^c^tu^ ?\A^.' 0X0^ j^nro^t jy^ ncHO-r^ 

1. Erreiir de copiste poiir xt- A. — 2. A. lil rtH tnEnniuoT; aussi il se croil 
oblige de substiluer nHfOV ä nHf<^- — 3. Sans doute pour jcaac- — 4. A. : nscHOT- 



visage, Dieu de son cöte (Sä) voit le coeur ' »; et ä partir de ce jour, le 
gouverneur Fetablit comme chef detous les secretaires. 

Et tous Taimaieut, tous le cherissaient (äyaTcav) dans le pretoire (pnpto- 
rinni) : on l'appelait le saint, ä cause de la sagesse (009';«) qui etait en lui. 

De leur cöte ()^owqv), ses parents le regardaient comme iin miroir, espe- 
raiit {tkT:ii} qu'il deviendrail maitre de tont leur avoir; et ils voulaient Ini 
trouver une femme, esperaut [ilizi;] voir des lils nes de lui. 

Ils ue savaient pas reellemeiit que la part d'Isaac etait non pas celle-ci, 
mais'd'etre etabli comme pere sur une multitude d'enfants. 

Mais {iXki) celui qui avait distingue Jeremie des le sein [de sa mere] 
distingua aussi ce saint («yio?) enfant. 

Cependant (■kIt,^) ses parents le prirent par la violence contre (rapa) sa 
volonte et le fiancerent. * Et ils attendirent le temps du mariage. Mais {8i) le ♦ Fol. 213 

V. 

1. I Rois, XVI, 7. 



♦ Fol. 21.'? 
V. 



310 MINA. — VIE DISAAC. [12] 

'Yut^uonA^oc. E<^tfs u^ut-rs urvdc riÄt rtA^^.^sO-r 
uuoc. 

2St T1tnUt\ UTlt<^^«JUi ^t lEC^UAX t^0^tfO^. «^tUT^jy^ 

tt c^sus. st cjurts. st COV1. SE m. st o^s. st ^h^s. ia^i 
'^ut^o-r^o' mt ^^Y- «jjrsAdsionr n^ vak^^ts ' rscors. )Dtvs 
TiÄStvit^. 0X0^ iDtsi Tst^rwio-r o-ruirsV) ntwt^. 

ÜA^ssn ort. TisATsocioTsOC «JJ^ t?iO?%. •x:t «^rsACsrss 
n-XLt Y^c^^HUA snt tsaskocuoc. 'Y^'^^i^ ^vsrso-r -i^t 
t^t^tnos vsAT^'JJonrjy. 

O-ro^ TSÄ?sssi ovs suj^rtrsHC tssatsociotnOC ts:"^ uuoc. 
•Ät TssKocuoc rsACsrss, rstu ittJjtvssö'rusÄ. ^h -z^t tis^s 

1. A. : nuenoTPO- — -• H faudrail hkiu^- — 3. A. : n^CQffMjiiA- 



jeune Isaac avait im grand attrait pour la douce vie monacale (pvayo?) : ce 
Saint enfant se rappelait le Seigneur s ecriant dans l'Evangile (£'jayYe"Xiov), et 
disant : 

« Celui qui aime son pere ou sa mere plus que moi, n'est pas digne 

de moi ' . » 

Et encore (walw) : « Celui qui laisse son pere, ou sa mere, ou sa femme, 
ou sa soeur, ou son frere, ou sa maison, ou son troupeau, ou son fds pour le 
royaume de Dien, recevra le centuple dans ce siecle, et, dans celui qui vient, 
la vie eternelle '. » 

L'Apotre (iTtöoToXo?) aussi (ttzIiv) s'ecrie : « La figure {a-/f,i).x) de ce monde 
(iiöfffio;) passera, mais je veux que vous soyez sans inquietude '. » 

1. Matth., X, o7. —2. Passim dansMatth., xix, 29; Marc, x, 30; Luc, viii, 8 et xviii, 
30. —3. I Cor., VII, 31, 32. 



13] SA M)CATIüN. .ill 

Oxo^ ov\ 'X:t nj^3^\ rttf^trt tilotrx ^isvcocuoc ^ivw 

Ü^-^ J^n Vit. ^7\7\A ^AVI tßiOT^ jotU mKüCJÜLOC nt. 

Hav 2^t t^t Ttt^UHS t^ut?%tiAn uuujoio. tvit^oonr • Fol 214 

TlE^O-rAßi. '2S:tU TtVCHOnO EIEC-JE^ETIS^nrum t?o«-^. Af-\i 

M^ujiO'T "KE YIJ^'TE^ArJ^TTiATI UUO^^ TIE EnO'Y^^'^'Y 

1. Lapsus evident au Heu de n5EnAf;)f^oc- A. 



Et Jean l'apotre (äirdaToVj; ) dit aussi (irx>.tv) : « Le monde (/idcjAo;) passera, 
avec sa convoitise (siriÖujAia). Mais celui qiii fait la volonte de Dieu vivra 
eternellement '. » Et encore : « Tont ce qui est dans le monde (xöcy-o?), la 
t'onvoitise (ETV'.Oü[/.!a) dt>s veux et la convoitise de la ciiair (/rzp^), choses im- 
possibles ä atteindre dans leur punition", tont cela n'est pas de üieu, niais dn 
monde (-/.dcaot;) ''. » 

' N'oila ce qne le justc medit(! (u-sX^xäv) tous les jours; et il se decide en * ^o\. i>ri 
son intt'cieur ä abandonniT la vanite de ee monde (/.oiji.o;) avec.ses preoccu- 
pations. 

Sur ces entrefaites, Georges IT-parque, dont le jeune liomme etail le 
secretaire {noUtrius), quilta son corps (nü^-x). 

Le gouvenieur (apx_"v) etant mort, comme le saint tiouvail l'occasion 

1. 1 Jean, ii, 17. — 2. Peut etre : <• qu'on ne peut punir autant qu'elles le merilent. » 
— 3. I Jean, ii, IG. 



312 MINA. — VIE DISAAC. [14] 

^Af'JLio'T. e'Y^rtJcir ty^srtijij'Y ^JD'J^ou. tijyoii ha«^ tV)OTn 

Hosnon t^E WAS »^On UTlJ^l^H'Y. A<^\ E^O?% V^Ert rtSH5 
«•iSE Y?^A?sOnr. iCJ^AK. UTVE<^;X^ ^^^ )^^^ ^^ E1EV10nrc-J 
EEUU 

ftlE ^'^. E1E WA-S riE riiUOrtA^^OC EICUA^^iOin. 

Mas EnAnpEfciA'T^'Juirtsrt monrcA^E. V^Ert risV^scs niE 

'YA^E^>^'. E'Tt-^AS V)A ^uoT rvsHC ncHonr^ rtsßiErt. V^eti 

* Fol 21. nonrcujiUA. EnoEf ^E?^y\sc Erisujionp e^taaÖ'^^ti viujonr 

E^iO^.. KATA ^^fH'Y E^c)^)>^0'r^-r 

ÄE^ SCÄE TErtds UKA^ TIEUAt^. HEnnAdS'JJOT riEUAC^ 

ßi'Y^iEfoc. OTO^ n^vironnuErtoc mE ^^t^at^a e^ota&v 

mE A&k&kA UAKA^t'^. 

1. A. omet nh)Hnt^ 2. A. : nApenH- — 3. A. : chox- oniet n- — 4. A. omet äe- — 

5. Le 5 a ete ajoute au-dessus de la ligne. — G. A. ajoute oc pour rendre au noni soii 
air grec. 

qu'il desirait (ettiÖuixji'v), il sortit du pretoire {praetorium), s'eu alla dans sa 
maison, et tut chez ses parents pendant quelques jours. 

Ceux-ci le cherissaient (äya-av) et l'exhortaient, craignant qu'il ne ([a-attcü;) 
disparüt de chez eux, voyant la grande ardeur qu'il avait pour le bieu (iyaOöv). 

Eafin (loiTOv) sur ces entrefaites, le jeuue Isaac partit de la maison, sans 
le laisser savoir ä aucun des siens. 

III. A ScETE. A Terenouti. — II s'eu alla vers la raontagne saiute de 
Scete, oü demeurent des choeurs {•/ppöi) d'Anges {a.jyiloc) saints de Dieu, qui 
sont les moiues ([Aovap?) benis, qui crucifient (cTaupwvstv) leur chair (<yifl) dans 
les souffrances de la vertu (apsTvi), portant la mort de Jesus tout le temps 

♦ Fol. 214 dans leur corps (cüjao.), * dans I'espoir (ä^in';) de la gloire qui leur sera mani- 

festee, selon (/.aTa) qu'il est 6crit: 

« Si nous sonllrons avec lui, nous recevrons aussi la gloire avec lui '. » 
i. Rom., VIII, 17. 



fl5] A SCRTE. 313 

rtnt«^ßiA?s. j^t^uA-r t^UHm? «onr^^^^, ^sTS^tn itt^A^t. 

Jii^^H^t tUA^«JU. A^Uiuj i^07\ Et^T^uu UUOC. 

2Je u<^^m"^ EiA'TEf nsj^'^ ' r\'X;E rtEK^ßiMonos y\6z. 

AnrjA^uiK n'2S;E rtE5CU0KUEK EUA^UJ. 

E^OnOAPi AßiJ^ [sie] "Z^^^X^Y^^^- "^t ^'^ Ö''^?''^ TIE^VIA^Ujins'^ 

Tide Et^QSUJ UUOC. 

fort Et^onoA^i. EnE nAiÄTsonr tie e^a^^^ j^ja^ok. 

1. A. : V:)Apo«^- — '2. A. : EnoTEpnjja"^' — 3. A. : nEnrtAjaiunv — 4. A. C.od. tf^A 

f»^EC1E. 

Etant alle ä Scete, il habita le monastere (pvaGTvi'piov) d'Abba Zacharie 
d'excellente memoire, pretre (TTpeoSuTEpo?) et hegoumene (•/;youy.£vo;) de la laure 
(A7.'jpa) sainte d'Abba Macaire, qui devint eveque (stvic/.qtco?) de la ville (1:07.1;) de 
Sais : un Komme saiiit, qui eut des visions et des revelatious. 

Lorsque le vieillard Abba Zacharie vit le saiut jeune homme veiiir vers 
lui, le Seigneur lui ouvrit les yeux, et il vit une croix ((itxuoöc) miraculeuse 
sur sa töte. 

A la Yue de ce prodige ineroyable (TiapzSo^ov), il l'iit grandement ^mer- 
veille, et s'ecria : 

« De meine que tes osuvres sont grandes, Seigneur, tes vues sont sou- 
verainement profondes '. » 

Et tandis (w?) qu'il se demaudait en lui-meme ce que deviendrait ce jeune 
homme, le saint vieillard Abba Zacharie eut une revelation soudaine dun 
ange (ayyslc;) du Seigneur, qui lui dit : « Voici que le Seigneur te donne 
(d^üpov) une grande gräce (j^xslZia^ixi) , dans la personne de ce jeune homme 

1. Ps. xci., 6. 



314 MINA. — VJE D'ISAAC. [16] 

Fol. 215 wy^c. onro^ u*yv ai^^ a^;)(^hc nrtiETiiCKOT\oc -r 

Was 'h.i t^At^co^uonr mon«^ ÜTHArrt^^oc häe 

T»)r)E2\?^0 -' E^OnrA^. A<^^A)t)S EU^^UJ, 

GlAC^J^lAATT^ «KE V^A^O^t^ ÜTUV^ET^T^O E^OTA&k VIAT 

r UE^oonr. Af-jCA'St tieuä«^ e^Bie tiec^o't'ssau catiOi«^ 
At^oiro^T\c^ EiE^EVio'T'Y. E^u<}< «onT^rAiimoc m^^. 

•ÄE VnE«-J^"Jn^ jo^lOlt^. vy^VtlEtJJEUS 2S^E OHT TTE. E^EfE 

rtErt^o^ ÜYttÄ?%o'r rtAJ^^t^. t<^t|j>^o'Y "^^ ulhttoc isic) 

EUOnOA&k E«&iVn<^. «ÄE «E TIsV^ETs^iO OIT^'-UUt TIE E^^OS 

6iJ^ Tij^iAT^onr "KE \ EiEfEno'Y^'Y A«^^E eIdotti eyvh? 

Tote j^ m^^^onr j^c^^uj?^ etiujlu^ E'^ujEirr»? niE 
m^uju\- j^c^ujiT^s rtonrjjjo^i nc^ioxPiErt. ^^f-\iA^ot^ e'äujcj 

1. A. omet ce mot. — 2. A. : v»V)e?\?^o- 



Fol. L>i5 qui vientvers toi : car (yäp) il sera pasteur des brebis du Christ, ft * patriarche 
(uy-Tpiapyri?) des eveques (s7uto-,cozo;). » 

lustruit de ces choses par Tange (äyyeAoc), le saiiit vieillard eut une 
grande joie. 

Apres avuir etf'' pres du saiiit vieillard Tespaoe de trois jours, il parla 
avec Uli de sa securite ; celui-t-i reiivoya aussitüt ä Tereaouti, dans la 
demeure d'uu de ses amis (äyaTv/ixo;), pour qu'il restät pres de lui jusqu'ä ce 
qu'il süt ce que les pareuts du jeuiie honime i'eraieiit de lui : il craigaait qu'ils 
ne ([ATiTtu;) le trouvasseut pres de lui, et qu'ils ne fissent du mal ä la sainte 
demeure ä cause de lui; car le vieillard etait un homme d'une grande 
notoriet(? . 

Le jeune homme, etaiit alle ä Terenouti, entra dans la maison de son 
hüte; ses fds lui dirent : « Notre pere est parti aux cliamps. « 

Alors (töte) le jeuae homme s'empressa de monter dans la grange, prit 
une Charge de foin, la plaga sur lui, et s'endormit. 



I'ul. 215 



[17] A TEREXOUTI, 315 

aC^LUTl^ E1A YH^uaui \ t^^H\ t^O?% V^ETI IKO^. ETIt«^ 

Ät vtiEc^'Y onrj^o?^ ' rtctu rt^Yt^. At^rvj^nr ethjjjot^ 
ucJJonr^En. ^h ETi^T^wonn EnȀ?%0'r. e^e ynnry\oc 

lE^OC A«^TJUUT '. 

OnrO^ EHA«^» E'Y'^^^'^M- ^^^'^ ET\i[A]?%0'r E^OnTJ^Pi. 

1. Le copisle a ecrit ce mot deux fois. — 2. ot est ecrit au-dessus de la ligne. — 
3. A. Cod. c?)ifHÄ- — 4. La prämiere lettre j a ete ajoutee au-dessus. — 5. A. ajoute 
un n : At^nuium- — ü. A. liciit A«^Äentj. 



II an-iva, quand l'homme fut revenu des champs : soii uoiii etait Joseph; 
il etait prötre (TTpecSüTepo;), et beaucoup attestent de lui qu'il tut confesseur 
(ö(ji.o>koy/iT-/i';), qu'ou le fit comparaitre au tribunal (ßvifJia) de l'impie (icsSviV) 
Cyrus', qu'on lui iiifligea un grand uonibre de coups, pour la confessiou 
(öjAoloyia) de la foi. 

Quand le pretre (■Koic&j^ifoq) donc fut revenu des champs, il mit son anesse 
dans l'etable, ' et s'empressa de monter a la grange, pour douner k Tänesse ♦ loi. 215 
une Charge de ibin; il vit Celle qui avait ete placee sur feniant, portant une ^' 
forme (tutco;) de croix (cTxupd?) lumineuse (|ui lan(,^ait des eclairs de lumiere. 

A la vue de ce spectacle (ö-rxcta) miraculeu\, le pretre (-psaSüTepo;) fut 
emerveillö. 

Et ctant alle observer et voir le saiiit eufant, il lui demanda : « D'oü es- 
tu, mon fds? » Celui-ci lui apprit le sujet (aiTia) de Taflaire. 

1. a.P. O., l. I, {>. 491. 

PATR. Olt. — T. XI. — V. 3. ;;l 



Fol. 216 
r. 



316 MINA. — VIE D'ISAAC. ris] 

Ef»JUC tc^'X:<JU ilUOC. ÄE TICUOnr UTldc. E'X:tVl' lA^E 

ürts^uvi^. onro^ n^s^^m t-Ätn ^ovA^t onrcuo'r. rttu 

icAAK s tßiO^ V)E« ntt^H^. ^Er^^^A^AU'Ju^tr^ eyi^'ä^juk 

Bnj^'TK'JU'^ "ivE «CJLicj 51'X:e rtEc^io^. EnEUTionr'iS^Eut^. 
Qnro^ A noiTfAjijt «i^u^ws riuionr vt^wß^s. Ei^nruEjJjT 

n^)r)E?^?^Oi ^ E^onr^ßi. 

* 6T\t*ii.H lonrcrrtHü^A ^ "i^E ^a». Enr«A)ETiV)iC^ eäeu 
noTEfHonr, EiJ^OTTiiJ^^uonr EßiO?% ^a rtSEnt^'rjjnA -^ rnE 

1. n a ete ajoute au-dessus. — 2. Sic. A. : Mnoxoxong«^ (Cod-. unoTO«^«^)- — 
3. A. ecrit rt^^)E^»^vO• — 4. A. corr. : crnH^EiA ne- — 5. A. lit ^•i\\ rtEn»«vu»A- 



Alors il prit la tete de reiifaiit, la baisa en disaiit : « La beuedictiou du 
Seigneur est sur la tete du juste ' », et encore (ira>.iv) : « Sur leur tete viendra 
l'eloge avec l'allegresse- », et le vieillard pretre l'cut pres de lui peudaiit 
quelque temps. 

IV. Les Parents. — Ranienoiis le discours au jour oü le jeune Isaac 
partit de sa maison, nous vous appreiidrons l'issue pour la gloire de Dieu. 

Ses parents rayant cherche et iie le trouvaat pas, ce fut un graad deuil 
avec des larmes frequeiites. 

Apres la joie premiöre, c'etait la tristesse. Quaiid ils eureiit explore tous 
les moiiasteres (tj.ova<7r/ipiov) sans le trouver, ils viureut ä Scete pour le cher- 
cher. Mais les saints vieillards se garderent de le leur decouvrir. 
Fol. 21G * Car {i-KiiH) c'est leur coutume (cruvöOaa) de supporter la peine les uns 
pour les autres, pour se delivrer mutuellement des convoitises (km^'^J.a.) du 
raonde (x6c|aoc), mettant toute leur Industrie (gttouÄy)) ä accomplir la parole du 

1. Prov., X, C. — 2. Is., XXXV, 10, et i.i, 11. 



[19] SES PARENTS. 317 

TTOC. J^nnAUOC-J Er\S^uaßi. EHAt^E^^O^ "i^E ilÄE TltA^^^H 
ET^SCKOnOC. "XE nVJWUJic ftlOnnAUE '\i^'^^0'^C\3<^ OTO^ 
UIO'TE^nEI^'^OT UTHUA E^OnTA&k. 

^ACA^t. «KECOn. EC^'2S:«JUK E&iO?\ UTlCASSi ÜT1SC»J^1H^. 

ÄE ^H E^r\A«9ET\ onrAT^onr e^oc^ ünAt^wY V^eu 

TIA^An. AnOK Y\E E1E«-JJ±)uart UUO^. 

1. La lettre t est au-dessus ä la fin de la ligne. — 2. A. i'crit Ä'|>connc- — 3. A. 



Sauveur (cwr/Jp) : « II n'est pas damour (äy^tir«) plus grand que celui-ci : 
que qiielqu'un donue sa vie ('j'^x,"/)') pour son ami ' . » 

Ses parents, voyant qu'ou ne le leur decoiivrait pas, s'en allerent ä 
Rakoti - pres de l'archeveque, et lui apprireiit Tairaire. L'archeveque, crai- 
giiant que (jjiyi'Tru?) ils u'informassent Tautorite (ä^oosia) et ne fissent du mal ;i la 
demeure saiiite, eiivoya une lettre {imi-coki)) ä Scete pour qu'on (iva) ne le 
laissät pas k l'ouest du fleuve. 

Le Saint vieillard Abba Zacharie, voyant les ombüclies du diable (Siä€o>.o(;), 
prefera d'accepter pour lui des miüiers de dangers (y.iviJ'jvoc) , plutöt que de le 
livrer de nouveau ä ses parents seien la cliair (xxTa cap^j, accomplissant la 
parole du Sauveur (crwr/fp) : 

« Celui qui regelt un enfanl comnie celui-ci en inun nom, nie regoit moi- 
meme \ » 

1. Jt'an. XV, l.i. — 2. Alexandrie. — 3. Matth., xvm, 5. 



318 MINA. — YIE D'ISAAC. [20] 

Fol. 216 fAW TVE A^if AAU. EOTÄCKnnHC ' T1E. TIE-ÄAt^ VlAtJJ. * !2S:E 

^<JJr^K dt uTiAiA?%o'Tr. uaj^je rtAv: etttjuo't ulttaua^o. 

annuaünoriono i^i A'irj^t rtuAonr. kaia ^fvi'Y tiA?^ 
•Äoc «ujonr «"X^E Yiono^ujiT. EnAir^'jurti onrrt )3En Tis 

^^x^o'r ETEUUAnr. rtonouH^ rtE^oonr «ja r riA&io^. 

S?^CA'2S:S Vt'X:E ^H E^OnTA&i tCAAK. «EU TIvV^ETs^sO 

A&if AAu, "ÄE TJLirtK AJüLono rtEUH^ j^A rtA^o^^- niAonro 

rt^l EfUAOno. ÄE OnrVJ^ AtJiJIEUOnOOn^T E^'JUO'T. CETIAAtT 
ri^EU^E A«. 

BlA n^V)E2s?%0 A^^AAU. C^J^EU EVIAi mOI^^ VUCAAK. 
Af-JEpUKA^ rt^MT EUA^i'JJ. EC-JUETl •X:E A ^l^A?^OT 

OTu^rt ' vt^^Htjj. Ecjjonrujiy E;)(^Anont^ t^o7\ I3ET1 '^uet 
uonA;X^^- t^^t rt^^OÄ^EiS: EnAnri e^^h^ ets:"^?-^. 

1. A. lit ACK^HMc el Iranscrit ackhhhc- — 2. A. lit oTum- 



V. Veture. Sejouk a Pamaho et DANS LA FAMiLLE. — Aj'Rnt Fase la tete 
du jeune homme, il le revetit de l'habit des moines ([xovap';); il appela un de 
ses disciples ([j.aO/iTV);) nomme Abraliam, qiii elait un ascete (äffzviTy;';), et lui dit : 
Fol. 210 * « Leve-toi, prends ce jeune homme, va-t'en ä la montagne de Pamaho ', 
et restez lä,jusqu'ä ce que le Seigneur touche ses parents, et je vous enver- 
rai chercher. » 

Ils se leverent et partirent, comme (/.aTa) leur avait dit leur pere. 

Quaud ils furent restes dans cette montagne un certain temps jusqu'ä six 
mois, Isaac le saint dit au vieillard Abraham : <f Leve-toi, viens avec moi 
chez mes parents, pour que je me montre ä eux; car en verite, si je ne me 
montre i:\ eux, ils ne me laisseront pas libre. » 

Lorsque le vieillard Abraham entendit ce langage d' Isaac, il eut une 
grande peine de cceur; il pensait que le jeune homme ouvrait son co3ur, qu'il 
voulait abandonner la vie monacale (^o^t/oc), ä cause des afilictions qui etaient 
venues sur lui. 

1. Quatremere a hi Panaho. qui a viO identifie avec Benha. 



j2ij SK.IOUR A PAMAHO. 31!) 

Tont A ' Y^^5^t?^?^o 0^-25:1 rteuj.«^ t^i^^ uuoc. "Ät 
UYA^tKO'x-'X^ rtCHO-x-. -xiE oiTHs ccV)Honn. TSlt ^H t^e 

EE^Bi^yL UT\dc. SE CEBi^E lEKvY'r;^" t^3.rtrtt^ACUOC ^ 

'CcV^HO-TT TA^ Q^E A^S'KOKSUJ.pVt UUOS ^^, OITO^ * l 
Ä^^EJÜLS EY^A^HT'. Ä^E^^EU ^^'\ E^^ivOKmA^SVl ÜUOK 
«*±)0^rV. nujlC C^«J.EUS ET\ET1UE\ eV^OITTA tfOC^. 

Mas -z^e «EU nw EHons uuuaonr. Ac^•2S:o^o'r via?^ n'2S:E 

TTSV)E?%?^0 E^OT^ßv -r 

1. A. omet ce mol. — 2. A. ajoute e : E0'rgE7^^^c• — 3. 11 faudrait ccIdhoti- — 
4. A. : HE^pACUOC (Cod. n^pACUOc). — 5. A. Ap? e^vie ^A£;H^• 



Ol. 217 



Alors (t6t£) le vieillard lui parla et dit : « Ne sois pas pusillanime dans 
les afllictions, car (yxp) il est ecrit que « l'affliction produit la patience 
« (Ü7:o(jiov/i); la patience produit l'experience (^o)ii[;.-/i) ; l'experience, l'esperance 
« {k\m;); et l'esperance n'est pas confondue ' ». 

(( Et maintenant, mon frere bien-aime, soyons patients (ÜTro[A6vetv) pendant 
ces Courts instants; car en verite il est ecrit : « Celui que le Seigneur aime, 
« il le forme''. » 

« II est encore (w^c'Xiv) ecrit : « Mon fils, si tu pars pour servir le Seigneur, 
(' prepare ton äme {^u-/ri) aux epreuves (Tvs^pacaoc) '. » 

' « Car il est ecrit : « Eprouvez-moi (f^o-/.i[Az^£iv), mon Dieu, et connaissez • Fol. Ji? 
« mou ca3ur ■'. » Si Dieu ne t'eprouve pas d'abord, comment saura-il notrc 
amour pour lui? » 

Ces paroles et d'autres semblables furent celles du saint vieillard. 

1. Rom., V. 4-5. — 2. Prov., iii. 12. — 3. Eccli., ii, 1. — 4. Ps. xxv, 2. 



320 MINA. — VIE D'ISAAC. [22] 

UUOC. 2S:E KJ^?^<^C Utn AK^Yc&iUJ VtHi. UJ VtJ^^UJn 

rtsßiEn vtc^Ji. onro^ AsonpA^i ~ rtc<ju«-j. e^jujiti ^Y^-^^t^T^E 
UTV^A uns'^rtV) «EviE^. e^o?^ ^^nEn nEt^uEnAr^^oc ". 

nonfEfHOnr. E'TEfUE^sEnArt V)En TlCA"X^t u^'Y- Ji^'J^iO'r 

Me onrou onnowoc vnE «Ef^m"Y. ca&iO?% ut^s^su^. 
JDE« OT^Aj±)S. UEmo? UT\Et^conrujwonr. 

3<^|i)EntJJ n'2S:E mÄTsOV iCAAVC Et^'JSUJ UUOC. ÄE 

1. Lire nciuK- — 2. A. eciit a^ota^f. — 3. A. : xiAnArAvoc- — 4. A. : tnniuv 



Le Saint jeune homme Isaac lui repondit en ces termes : « Tu m'as donne 
une bonne (yalü;) legon, 6 mon Pere saint. Non seulement (oü aovov) je suis 
pret ä te suivre, raais aussi ä mourir pour le nom de Notre-Seigneur Jesus- 
Christ, pour qui j'ai tout quitte, pour m'attacher ä lui, moyennant quoi je 
me rendrai digne de la vie eternelle, par sa bonte (äyaöö?). » 

Ayant entendu ces paroles du jeune homme, le vieillard eut une grande 
joie. 

Alors (tote) ils se leverent tous deux ensemble, et marcherent Tun avec 
lautre, meditant ([j.£>v£Tav) la parole de Dieu, jusqu'ä ce qu'ils arrivassent au 
pays du jeune homme. 

II y avait hors du bourg un eudroit (TÖlzui) appartenant u ses parents, oü 
habitait un vieux meine ([xovaj^o;); ils logerent dans cet endroit. le soleil etant 
couche. Le vieillard les regut avec joie, cependant (j/ivroi) il ne les reconnut 
pas. 

Le jeune Isaac l'interrogea en disant : « Sais-tu, mon Pere, si on a trouve 



l23] SKJOL'R DANS SA FAMILI.F.. 321 

ToniE ACjt^OTUJ nt'S^tJj '2S:t AT10VC T^t SC3.3.K. E^3.t^ 

K^n nt EVtt<^^An irt ^^?^o^eoc. eot^u^us vie t'^t^^o'Y 

Vdah^h ü^-^. o-ro^ "^MC)C" )D^'2S:'^onr v^riEt^cnrrrErtHC 
ivifO'T Y\E ^"^c iu^i. E^A'^on^uJ^^^ rtc»-"«^ ^^^ ^A^ot^. 

0X0^ ETAt^n^T EpOt^ A«^^^^^ EU^JiJ^JJ. A<^C3.2^^ 

riEUJ^«^ rt'2S:E 4^w E^onr^^ icj^AK ec^^suj üuoc. äe 
tCiSLE j^^'Xl^u^ rtonr^uoT urtEKU^o. iE C3<'^s i'^^j^s 

Q-ro^ E^A ns'i^sAK'Jurt i E^iO?^ ^sion«-^ j.c^c^.'äs ueu 

1. A. : ^noonoT- — 2. A. : o-ntuum- 



Isaac le secretaire? » II repondit : « Non, on ne l'a pas trouve; il y a iin 

grand deuil dans la maison du jeune homme, a son sujet; * car {-/.cd yap) * loi. 217 

depuis qu'il les a qiiiltes, ils se lamentent. » 

Alors (töte) il reprit en disant : « Je suis Isaac. » Et comme le vieux moine 
etait devenu stupefait, il se prosterna aussitöt devant hü, et il le fit jurer de 
ne ricn dire ä personne. 

II y avait un parent (TUYyevT,?) du jeune Isaac, un diacre (Siax.(.)v) nomnie 
Philothcc, homme craignant Dieu, et qui etait regarde comme [iic) un pere 
par tous ses parents. II l'envoya cliercher; celui-ci vint vers lui, et en le 
voyaut, il cut une grande joie. Le saint Isaac lui parla en ces lermes : w Si 
j'ai truuve gräce devant toi, parle [)Our moi ilevanf mes parents, afin (iv«) 
qu'ils ne me retiennent pas. » 

Et le diacre, l'ayant quitte, parla a ses parents '..., ils lui jurerenl. 

1. II semble qu'il y a ici une lacune dans le manuscrit. 



322 MTNA. — VIF, DISAAC. [24] 

«EU 0'r^E?\H?\. onro^ At^j:y"jn^ ti'2S:e onrdoÄt. wte 

UTionoEUS TS^t OT Vit E^onrnAJ^sc^. 

E'nAT'jijujiTii T^t V)En onn^xjjuLi. n^nrEU^ ati tie t^e 

Fol 2isT\E E^ßiE nSATlAW^. * E^ATua^V: ÜUO«-J ÜTIS-K^AK«^«. 

Oto^ ATÄuorts üuot^ )^)A^o^01r rtonrÄßiOT «E^oonr. 
^A^OTCS ÜTiEc^CAu 'X;E riE onrcAiE t\e )de« i^Ec^m^. 

c;XE5^on E-Äoc. "äe on^A^^E?^oc «iE ^'^ tie. 

llAt^cA'X:» uEU«JuoT r\E ««H EiE^rtoc^^s rtuo'r>^'r2^H. 
riAS "z^E «E rucAÄi EHAt^^^oionr rtuaonr. 

Se uji rvAso^. '\'\^o E^'JuiErt. ünEp^yC'^ ^^wnEn 

EIA^UET^AUAÖ E^EUCUOrtT ' AVK. OITT^E UTlE^u^O-r^Oir 

üu'JunEn. ^t^Ert tva^as ftuE^En^mA^^X'^^'^''^ ^- "^^ ^^^ 
iH^OT. CEViAcmr' y\;x<J^?\EU- 

1. A. : Ä^OTiunb- — 2. A. corr. : toTcon- — 3. A. : enEncuom- — 4. A. : «me- 
nEngTHAp^omA (Cod. «nEnEnj>mAf^omA!. — 5. A. ocrit cEnAnnm y^ux7^i^x■ 

Alors (xoTe) il leur decouvrit la cliosc. 

Ouand ils eureiit entendu cela, ce fut un cri de joie, une cxultation, et tout 
le village accourut d'un seid coup au sujet du jeune homme. 

Mais ses parents, voyant qu'il etait moine ([xovap'?), ne surent pas ce qu'ils 
devaient faire; se trouvant stupefaits, ils ne savaient pas cc qu'ils devaient 
dirc; d'autant plus {[LxkicTy.) qu'ils ne pouvaient rien faire cä cause du 
Fol. 218 serment * qu'ils avaient jure au diacre (^i-/xwv). 

Ils le retinreut pres d'eux pendant uu mois, jusqu'a cv qu'ils fussent ras- 
sasies de sa beaute ; car il etait beau de visage, ä dire presque (n-i^Bö-j) que 
c'etait un ange (ayyslo;) de Dieu . 

II parlait avec eux de choses qui etaient utiles a leurs Arnes (<]^uxin). 

Voici les paroles (ju'il leur disait : 

« Je vous en prie, nies parents, ne niettez pas votre coeur en cette 
richesse qui n'est pas stable : ne vous gloriliez pas de l'abondance de vos 
biens (üxapyovTx), car tout cela passe rapidement. 



r25] SR.IOUR n.WS SA KAMILLE. 323 

rtH EituonnEvi. yia^^h'Y a^\ e^iots ^sievi «Ef^io^^ 
^noTSoc ort E^BiHnt^. "äe otuhj^j rtcow Ef^EUKOT. 

«iiA<^51AT EOT^^^E^Onoßi^U nOT<J"mS. E^VIHOT E?-J^'J-»fcvC 

^tr^ECJJ^En^ e&lO?\ t^suacj. u^^-iEc^TJ^rt«^ E&kO?s V)Evi t^^ 

Erti^HOITS. 

U5 n^^UOI ErtAICA'Äl E^UJOV. E^E ^'\ E^2^Af^"2^EC^E 

UT^AS^'J^Ui. E^E «S;)(^E^Onr&iSJJL E^V)H\ßiS E'X^UJf^. 

* ä'T'ÄOC OTA E^&imf-J. "ÄE SCÄETA YV^E^OO'T EIA'T • Fol. 218 

■Ä^OC^. JJJJ^HECJJJiJE «J^cj ^A ^'Y- 5^^^ ö^^ ilCmOTCSJ^ ^ 

n^uionn i e^o?^ rtV)Hicj. 

CcIdhott r^^ "ÄE «jAfE rtArrE?\()C ündc. ^skot 

1. II i'audrait unEntn- — "2._A. ecrit ch- — 3. A. : cvnoTciA- 

« D'ailleurs (Vjtivov), ne laissez pas les choses temporelles detruire chez 
vous les choses eternelles; que les entrailles des pauvres se rassasient de ce 
qui est ä vous. » C'est aiiisi qu'il quitta ses parents, et qu'il se rendit dans 
le desert. 

On dit de liii que souvent, quand il dormait, il voyait un cherubin ecla- 
tant de lumiere s'approcher et etendre ses alles sur lui, jusqu'a ce qu'il se 
reveillät de son sommeil, et ainsi il le voyait monter dans les cieux. 

gräces inefTahles que Dieu accorde (yaoi^^ecöai) aux enfants des 
liommes! Venez, voyez la dignite de cet homme que les cherubins couvront 
de leur ombre. 

* On dit encore de lui que depuis le jour 011 il Tut mis au monde jusqu'ati * Fol. 218 
jour oü il s'en alla ä Dieu, jamais oeuvre de chair (cuvouci«) ne provint de lui. 

Car il est ecrit que Tauge [x-Y^iloi;) du Seigncur campe autour de tous 
ceux qui le craignent, et il les sauvera '. 

1. I'S. XXMII. 8. 



V. 



324 MINA. — VIE D'ISAAC. [26] 

TOIE nAC^E^>^A?s?^m. HEU mT\^O^MnHC EC^SSUJ uuoc. 
ÄE ^ THc]p»Auj AtJjV)OuV3EU. OlfO^ O« SSE lEKO'TmAU 

Ot'O^ EI^C^^ E^iHI TTSlUiO'T E^OTJ^&v mE ^'^. 
rtAt-J!2S:Uji UT^CAÄt UT1i^EO?\OrOC. !2S:E UO\ V1VH UT1^A«^E 

«EU T\^c. onro^ EiA«-\rtAT e^o«^ rt5S:E nEt^su^i UY\r\j^is 
Hotviou At^jjjuin^ V^A^o^f^ utvsV3E2s?%o A^ißiJ^ ^a^^a 

Gt-jnA'r TvE E^T\o?^H^^A nvitcrtHonr. E^^OT^ V^e« niuo 

EnOUO^S V^ETI O'TKUJll. «EU Onr^pE^. E'T'0'rO^EBl Enot* 

1. A. lit HÄAi HÄE et transcrit ha^ on äe- 



VI. Retour a Scete. Vie monacale. Epreuyes et graces. — Un mois 
apres son arrivee aupres de ses parents, ils lui accordaient ce qu'il desirait 
(€TCi9u[jt,eTv). 

Alors (tote) il chantait ((|/arA£ivj avec Ic prophete (Trpocp-/)TYi;), disant : « Par 
mon Dieu je passerai une muraille ' )>, et encore (tczIiv) : « Le filet a ete 
dechire ■ )),et de plus : « Ta main, Seigneur, a exerce sa puissance '. » 

Et quand il alla ä Scete, ä la sainte montagne de Dieu, il disait la parole 
du Theologien [Hioköfo-] : « Donnez-moi le desert avec le Christ. » Son 
pere spirituel (Tveuy.aT»c6v), en le voyant, eut une grande joie. 

Desormais CXonro'v) il resta pres du vieillard Abba Zacharie, lui donnant 
la main dans tous ses travaux, comme Josue servait Moise. 

II voyait le genre le vie {T<:o\:Tcici) des freres dans le monastere (p-ovy.- 

1. Ps. xvn, .30. — 2. Ps. cxxiii, 7. — 3. Ps. cxvn, 16. 



I'ol. 219 
r. 



[27, SA VIE MONACALR. 325 

^ujciE f\nEt-^E^ cj^Tijyj"^ nonroTi rt^&iErt. EnjoE« nsuoviAC 

Oto^ ort. riE o-t^eu^at^ t^e rt^E^i^E. Et^E^KOCum 

V:)En ns^uoT ^>^^o'r. tHie rvmrtj^ E^onrj^&v. o'ro^ tie 
UY^^t^^uj^Tt rtonruH^ ftn^-r )r)Ert vt^E-ÄUj^^. uA^s^iO-r 

EHCA^-Y ^TI^CTIHOIT. EtJJliiEU^^ UU^^O-T. Et^^'^^Ji) ^ 

^3.^ ET2S:tw JüLUOc. ÄE rtmi^-Y EnV^En ^mhot. e^^e 

IIaxuho't "i^E ^A^o<^ rt'X:E uEt-jcuHO-r. ETsrn nxf^ 
T\oxuH^ n;X?"'^''"- "^'^ ^ati^^ujc. o-ro^ siA«^ct"p 
uuujiot^ TiTitcrtHO'r eiV)E« r\sionoc. onoo^ nA<^^oT\ 

1. A. ecril nApenH- — 2. A. : tnAtjovoMg eRo»^- — 3. A. : ^^lup-js. 4. A. : ttjtf 



^TT-zfotov), marchant sous la sauvegarde de la regle, se depassant les uns las 

autres dans la vertu (ipeTr,), comme des arbres charges de fruits (/.apTro';). 

Ouaut au saint Isaac, merveilleuses etaient les vertus (äp£--/i)* qu'il manifesta • loi. -im 

en lui; si bien (woTg) qu'il surpassa tous ceux du monastere ([y.ovxcT-/)'prjv). D'une 

part il liumilia sa chair (uap^) par les labeurs des exercices monastiques 

(ä'cxTicri?) ; de plus, il etait doux et liumble, orne (/.o.ry.si'v) de tous les dons du 

Saint-Esprit. 

II ne dormait pas peudaut longtenips dans la nuit; bien micux (j^.zlXov Äs), 
Ic dimanclic (/.upia/.-/)') , il nc dormait pas du tout. II faisait le feu pour les 
freres, les servait, dressait la table, se rondant semblable au Sauveur 
(ijtüTvfp), qui disait : « Le plus grand d'entre vous, vous servira '. » 

Ses freres etaient venus vers lui, apportant une grande quantite d'argent 
(/pvijAa) et de vetements : il les distribua aux freres de Fendroit (to'xo?). 

1. Mallh., XX, 20. 



326 MINA. — VIE D'ISAAC. [28] 

rtco?sCE?% rtrucriHonr iH^onr. ETTiHO'r ^^fot^ tTd^ 

«•ÄE nonr\ujT unvtAi^KO«. "äe Ej^u^n f\iE ^caak. \ 
EJDonrvi E^UAHj^ujins nonoA^ üuujieti. b^s E^A^Eri^H 
rtono «^A^Et^J^E rt^t^. n^o«-j "ke ÜTtEc^i^uot^ tsie rtrtEt^ 
dies U^HI. 

Onro^ Vyirx iTXim^^E ndc haue mV)E?%?so E^onoA&i. 

^^W^ ElcV^HOin. 2^E UH Ttdc TIAEf OT^'Ju!^. E^^HEU 
lAJÜLE rtEt-JE^SASK E^'JiJiO'r. 

SsjjjArt'zioc ' ETiAiAr^oc ^^^ ^ rtAUErt^A'^. ts^e 

AT^^Of5SC^ E&iO?^ ^'^^- ^C'X:En ^ Ef-^V)EV1 ^HEÄl '^n^ 

ujujcjT An. -^riAir ta^ EVt^CA'ÄS Et^^ou^. 

EfATSou üio^«^. uA?s^c^A rt^2soroc riiE tucaV). mE 

'^t^K^sHCSA. 

1. A. : Äooc. — 2. A. ecrit icäe« nEt^JDEn- 



II etait la consolation de tous les freres, qui venaient le trouver pour rece- 
voir de lui un encouragement. 

Les freres du monastere re^urent cet ordre de leur pere spirituel 
(Trveu[v.aTt-/.dv) : « Si Isaac entre dans la demeure de Fun d'entre vous, levez- 
vous jusqu'ä ce qu'il parte » ; mais il ne le fit pas savoir ä lui, pour ne pas 
renorgueillir. 

Et quand le Seigneur eut apprls au saint vieillard ce qui devait lui arri- 
* Fol. 219 ver, il donna un ordre aux freres, * selon [x-xza.) qu'il est ecrit : « Est-ce que 
(;7.v)'j le Seigneur fera une chose, sans qu'il en informe ses serviteurs? » 

Si j'ai dit aussi de ce saint (ayio;), ö mes freres, (ju'il fut distingue des 
le sein de sa mere, je ne cliangerai pas; car je trouve l'expression con- 
venable. 

Quand il se fut applique aux ecritures (Ypa<pvi), aucune question (^T|TYiy.a) 
ne lui etait inaccessible, surtout les discours (^^oyo?) des docteurs de I'eglise 
(ejty.XriOia). 



[29] SA VIE MONACAI.K. 327 

Mt oxon ot^)ot?%^o •KE OTA V^tn nsTJ^o-v Tit. tonr 

un^criHO'r E^uovy^ rtEUA«^. äe so onrc^AHT^t^HC (v/V) 
uuon -i^oTNOc n)o«n<^. ^^^^ rvA^y^^vt^ TioirA^;X"^^^^^^ 

GnAXCJLAiEU 'Kl in3<\ ü'X;e rucnwonr. vtnonc^ uns 

IpAS Eld'JiJifn TIVtEt-jUnrCIH^^OTI E^iOTs «T1H EIEUTTJJJ^J^ 

ULJüL^JOT. y:ATJ^ ^?""V t^cjovioin. ^se EiPErtJ^nr ««i^E 
riM EiEÜYTO'rnAnr. onro^ rtH E^C'^^EJüL jj.Tto'TKA'Y- 

* ttlH E^O'TAßi "KE iCAAK, nA<^EfTV^OKOmm V^EVI rH J^ * Fol. 220 

'YoC^?^ iHf c «IE ;x"'^^- 

1. A. lit npAKO-f et trouve la preposition abusivc. — 2. A. oniet •^• 



11 y avait uu vieillard Jans la montagne, un graiid ascefe {iax.r,z'i]q), doiit 
tout le monde attestait les vertus (äpsr/ij. 

II arriva qu'en vovaiit le saint Isaac, il dit aux t'reres qui allaient avec 
lui : « Voici un Israelite, dans lequel il ii'y a point de ruse ' ; il deviendia 
archeveque de la ville de Rakoti et patriarche. II sera grand devant le Sei- 
gneur; et ses paroles parviendront jusqu'aux extremites de la terre habitec 
(oix,ou[ii.evvi). » 

Ell enleiidaiit ces paroles du saint vieillard, les freres furent eraerveilles 
et rendirent gloire ä Dieu, qui revele ses mysteres (lAucT-zi'p'.ov) ä ceux qui eu 
sont dignes, selon (xxtä) qu'il est ecrit : « Ceux qui n'unt pas vu verront, et 
ceux qui unt entendu n'onl. pas compris -. » 

' Le saint Isaac progressait (•rcpo)4o-T£iv) dans toutes les vertus (apsTvi); si « foI. :!2ü 
bien ((octs) (|u'on eutendit son eloge dans tout le pays (x^pa) d'Egypte. Un 
grand nonibre (juitterent le monde (y-öcfio;) pour se faire nioines ([/.ovayo';); 

1. .lean, 1. 47. — 2. Gl". Marc, iv, 12. 



328 MINA. — VIR D'ISAAC. [30] 

2^oc. Eo-TAs eBv02\ uV^hiot Tit. utnECJ^rt. ^i.\ trt^t^oi 

GiAc^CJLiituL «Kt •2^E A ^vj E^onrA&i. E^Ano^j^c;tc^t ^ 

\^^ ~ o'Tj.s "KE ort. ETtE<^^AU we iAurtw. ^3<s 2^e ot 
rEUOc E<^doc\ TVE. Et^o^ rt^^H^ E^M ■' E^onoABi. rtE onr 

E£iO?^ TTE V^EW I^E^ECSC rtn^AnCUOlO. VAA^ ETÄUi ÜUOC 
5SE ^C'X:E TlSArSOC 'ivSOCKO^OC. UTTE A^;X"EYTSCKOnOC 

jijujim EÄUJonr. 

hEn ^A\ A'T^'JU^'iS; ^ CAßiO^ «rtiEKK^^HCSA. AT^*^TTS 
«^EfEimOC. 

EiAt^^ «±)Afo<^. At^Ä^t^ vt;^?"^'^^^^^^- öTO^ üuo 

TIETTSCKOTTOC. rtCE1E«^Onnt^ E^AHT^AOC EITOlii. 

Mas UE USjyO^TT Vt'i^'JUfOn. E1A ^H E^OnPA^i iCAAK 

EVtonr EJDO'rn uT\oc. 

Uy\E TtSTVOnVi^OC Vf2:^SA^O?^OC J±JT1A'V^ ETTASÄrSOC. 
Et^E^Tl^UJJKOTnm JDtVI V1lA^E^Vi. 

1. Äc /jro ÄnonAEecttE. A. : Ej>AnonA^EC«Ai (Cod. EfAnocnA^tc^e)- — 2. A. : 
y.x\ (Cod. ke)- — 3. A. ecrit njöHfi iit^H- — 4. A. lit ATnoipÄ- 



entre autres, Meneson, pres duquel il avait ete autrefois secretaire (notariiis). 
Celui-ci, ayant appris qiie le saint avait renoncö (äxoTa^ecÖai) au monde 
(xoop;), partit aussi, et se fit moine (pvap?) aupres de lui. 

De meme uu autre, appele Janne, qui etait de race (y^vo?) illustre, et qui 
fut le compagnon du saint, appartenant ä Theresie (at'pjTi;) des maudits qui 
disent que depuis saint (ayto;) Dioscore ils n'ont pas eu d'archeveque ; par lä 
ils ont divise les eglises (s-/.x.V/i(7;a) et sont devenus heretiques (aipsTixo;). 

Quand il fut venu vers lui, il le fit cliretien (;(pi(7Tiavdc) et moine ([Aovajj^o?) ; 
il devint ifleme un saint (ayio;), si bien qu'il fut fait eveque (Itcicxoito;), et 
qu'on lui confia des peuples (>.a6;) nombreux. 

Tels furent les premiers dons (8<ipov) que le saint Isaac apporta au Sei- 
gneur. Le diable (Sta6olo?) pervers (rov/ipo?) ne put voir ce saint (ayioc) progres- 
ser (T7po-/.Ö7:T£iv) dans les vertus (ctpETr,). 



♦ Fol. 220 
V. 



[31] KPRRUVES ET GRACES. 329 

TimK:oT. UTtet^'^'XEU'Äou rt^tuc». ^t^ij^ut Titt^^uji 
ÄE E^E n^)3E?^7\o dort"! Art. V^En ttj^i n^^-^ ürso2\Euoc. 

Efot-j ^ uvimo?%Euoc. riEÄE y»V:)E^!^o «a«^. äe tia^h^» 
o-rjijH^^ riKornuArtiA. ^^t^Ts^^ ua^e riAK e^ua UTiEy:i«JLjn. 
;XrtA3ünon. 

6^At^i At^lAUE TVE^^iu^T ErtEnCA'SS UTTi)r)E?\?\0. Af-JEf 
Onoui ü'JSE r\EC-J^«xn TJEÄAC^ VIAt-^. ^SlE ^'J"?\ A^\KA^A 

f ^^m «rtsuAvt^EUCi ^ niE rtscriHonr. oto^ '\^^Ö'\ ^t 

1. A. : A ox2i.AJuu*n (Cod. Eox2i.Einun)- — 2. A. : ackhhhc (Cod. ÄCK5^Hci• — 
3. A. : EpA<^. — 'i. A. Cod. unmA- 



II ari'iva, peiidant que le saint etait endormi la nuit, qu'un deraon (^xiiy-wv) 
iui souffla dans les oreilles ; s'etaiit leve * dans son sommeil, il ne put plus • Fol. 220 
s'asseoir; il informa son pere de sa lutte (ird^ao;) (avec le demon) ; il en eut ^' 
une grande peine de cceur; et comme le vieillard n'etait pas experimente 
dans cette grande lutte, il l'envoya ä la residence d'un grand ascete (ad/tn- 
T-/]';) qui avait souffert beaucoup de peines de la part des demons (5a,tu.wv). 

Quand le vieillard le vit, le jeune homme Iui raconta la lutte. Le vieil- 
lard Iui dit : « Mon fils, je ue pourrai pas te donner un commandement 
{iMTolr,) k cause de ton pere, parce que tu es un enfant de coninuinautö 
(xoivor/ia) ; rnais {äXkx) va-t'en ä la residence de ton pere; ce qu'il te dira, 
l'ais-le ; j'espere en Dieu que tu auras le repos. » 

Etant revenu, il informa son pere des paroles du vieillard; son pere Iui 
repondit en ces termes : « Va, nettoie (/.aOapi^etv) les sieges des freres : et 
je crois que Dieu te donuera le repos. » 



330 VIE D'ISAAC. [32] 

OtO^ ^t-J^tT5 TT^C^'iS^ ^^^M t>^" O'TT^S^HriH. EW^'L.W 

riAiV^^a UTi.j^^^H'Y vtr «Ä^ion. tt^uA^ uujot rtuaov 

♦ Fol. 221 * äcjJ^ujiTn ^xt uo'ircon. EiAv^t rtu^oT rt'X:t «^criviox 
t^Kos. E^£vt ^ArtKO'r'2S:t vi^ok:^. EiA'r'2S:mK ursonr^uA^i 

^CAAK E^CA^A^OnO ftn^CVIHO'r. Et^t-JUJ'Ä^ «CA rtic^o? 
GlAt^i "KE E5SEVt OnrCi^AJi VIC^Ol 2SE Et^riAt^O'JSC. VIE 

OTort o'TA'ÄVJu V)Ert ^ECUH'\. Acy^7\oyx'i\^is eie<^'2S:s'2^. 
BniATviAnr -ke E^ot^ rf^E «vcrtHO'io utiav^wY. ate^ 

^O^E A«^^Efßi<JU^C E?iO?^. JÜLT\E ^7\S Ü^EI^UJO-T lA^Ot^. 

1. A. : Ä^doxv 



II accueillit cette parole paciiiquenient (eip-zivr,), puisque (iTzv.S-/,) toiijours il 
cherchait l'humiliation. II demeura daus ces sortes de souffrances pendaut 
six mois, puisant de l'eau pour eux la nuit, et nettoyant (/.aÖap(i^£iv) les sieges 
pendant la nuit. 

Apres cette liitte (röT^sp;) violente qiii pesa sur lui, Dieu lui fit lo doii de 
guerisons nombreuses. 
* Fol. 221 * II arriva uiie fois que les freres etant alles ä la campagiie pour avoir 
quelques raeuus combustibles, apres avoir accompli leur besogne, revenaient 
vers leur residence. Comme (üc) ils marchaient sur le chemin, le saint Isaac 
resta eu arriere des freres, cueillant des fleurs de montagne parfumees. 

Lorsqu'il fut arrive ä une plante odorante qu'il allait arracher, uns vipere 
qui se trouvait au milieu s'enroula autour de sa main. 

En le voyant dans cet etat, les freres pousserent un cri, pensant qu'il 
mourrait sur-le-champ ; alors (tote) il la rejeta, et il ne lui arriva aucun mal. 



• Fol. -J-Jl 

V. 



[33] CHEZ L'ARCHKVßQUE. 331 

GiATriAir Sb.t «'ÄE rucrtHonr tvtj^^^ujißi rt^^w^^. 

Anr^^lO-r ET\tCH1-f ATOX^JU^T üuot-^. 

Ka^A ^fH'Y E^^ T^dc "ÄOC y\ntc^ATliOCnO?^üC. O'TO^ 
ÜSCKOnOC K'JJ'Y ^^^ O'T^UJUi nCOt^OC. 2S:E «lEt^Alt^ 

HEU ncuacj. 

^o^m uo'r^E&iC'Jj EC^E^imo'in. 

2lt^JAJEntjj «SE n^OK HE iCAAK. At^E^O'TUJ» V)tTX 
Onr^EßiiO 5SE Ä«ox. yie. 

1. II y a quatre mots de trop, qui sont ä leur place deux lignes plus haut. — 2. Lire 



Ell voyant ce fait merveilleux, les freres se jeterent ä terre, et lui rendi- 
rent hommage. 

Vous voyez, mes bien-aimes, que ce saint (ä'yio?) enfant est devenu Timi- 
tateur des apötres (äirdcroXo;) ' ; il est devenu semblable ä eux, comme {y.a.-7x) 
l'a dit le Seigneur ä ses apötres : a Si quelqu'un garde nies commandements 
(ivzokr,), toutes les merveilles que j'ai faites, il les fera". » 

VII. Chez l'archeveque. — II arriva dans ce temps que l'archeveque 
(äpyiOTic/.oTvo;) cherchait un homme sage ('jocpo';), pour en faire son syncelle 
(o'Jyxe'XT.o;) et son secretaire {notnrius). 

' On le renseigna au sujet du saint Isaac. II l'envoya clierchei ä Sc6t6. * i'oi. 
Isaac se rendit ver.s lui, parce qu'il nc pouvait pas lui desobeir. ^ 

]. Cf. Acte, sxxviii, 3-6. — 2. Cf. Jean, xiv, 12. 

l'ATU. OK. — T. XI. — F. 3. ao 



332 MINA. — VIE D'ISAAC. [34] 

mtc^rtAT Epoc. KJ^iA ^^H*^ ETJ^nrc<JuiEU E^&vH^<^. 

EfiO?s. EJ^IEUJ^UOVtS UUO^. EiJ&iE ÄE <^Ef ^J^rAYlJ^rt ' 
UC^JU^C^^ JJLTIEJÜL^O nX^O'X^C. TIO'T^O TtFE^, V^EH TITSm 

ö^^onriAUOt-j riÄE rtEfjjÄ^.u-to'ri. "JS^e ^^s tie •KAnr^'ii. 
noTfo. ^H EiAnoE^^^o^Enrm loJ^'Äuat^. «äe rtsV)E?\»iiA\^i 

niE mc2\. 

Oto^ EnA'TUA'r E'\Er\tc"io?sH, fiÄE riH E^o^^ E^j^ionr 
EyvsAf;X"ETncKOTioc. TTE'isujo'r vtA«-j. TSE i^E^^x?^''^ rt^uaus ^ 

1. A. omet tj. — 2, A. lit nciut^, et traduit : se retira. II iaudrait jtcoas- — 3. A. 
omet iin- — 4. A. coi-r. : «oTpuuwi- 



L'archev^que l'ayant vu portant un vßtement miserable, lui demanda : 
« Tu es bien Isaac? » Celui-ci repondit humblement : « Je le suis. » 

II lui commanda (jceAeueiv) d'ecrire une lettre (sTriuTOAr,), pour voir si eile 
serait conforme (xaTa) ä ce qu'on enteudait dire de lui. 

Alors il ecrivit la lettre (i-KiGTol-n) ; il la manqua volontairement, pensant 
que pour cette raison (aiTta) l'archeveque le laisserait, et ne le garderait 
pas : car il aimait (äyaxav) la solitude. 

11 se rendait semblable au prophete (irpo^^nV/)?) David, qui se fit insense" 
011 face d'Achis, roi de Geth, apres que ses serviteurs l'eurent annonce en 
disant : « Voici le roi David, devaut lequel les lilles d'lsrael ont chante en 
chcBur (yopeuetv) : Saül a renverse des milliers; David, des dizaines de mil- 
liers'. » Mais de cette fagon il n'obtint pas ce qu'il voulait. 

Ayant vu la lettre (emcTolv)'), ceux qui entouraient l'archeveque (äpyis- 
:twxotco?) lui dirent : « Nous avons besoin (xp^'«) d'un homme comme celui-ci. » 

1. I Rois, XXI, 11. 



[35] eil KZ L'ARCHEVftQUE. 333 

unj^\fH'\. r\?^Hu i^f^tut hak 2S:t ;)(^rtACErt yi^iua tf^o^^ 

GiA^^viAno "KE fiÄE ^H E^onr^&k. äe uyaec^^ä^^vh 
EyiEc^ono<JujAj. r?Ar»sn ort a«^cVdh"i 'Y*J^^^c^^'^"\ ^tTvsc 

^AJiJt EU<S^;±)'JJ. Ü^^^fVi'Y JJim^uJU^ E^cV^HOT"! lr)Ert TIS 

Onro^ rvE2S;A«-j vtuH eio^s e^aio't 3üLr\Et^K»J^'\. "äe 

A?sH^UJC riAJiJHp^ ^H ETAHEVIE^Eim ^ ÜUO«^ ATlJiJA^rtS 
E^OC-J. ^^1E« 'Y'^^'^ '^''^ ^"V- ^^ ^''^? OT^uaui UT\AS^H'\ 

EnE^;X^sÄ üuoc-j. 

1. A. note que le manuscrit porte taA^ÄicV^e; il transcrit enAtjcVjE junetj-", rem- 
plagant n jiar u- — 2. A. ajoute nA«-)- — 3- A. transcrit «vyc^Hp- — 4. Lire enAtAEpE 
nsn- 



L'archeveque, ayaut su ' qu'il avait fait cela k desseiu, lui dit : & C'est * Fol 
bien, va-t'en, ecris de celte fagon : mais (jcXin'v) sache seulement que tu ne 
quitteras pas ce lieu. » 

Le Saint, ayant vu qu'il a'obtenait pas ce qu'il voulait, ecrivit de nouveau 
une seconde lettre [kmoTok-zi), qui etait tout ä fait merveilleuse. 

L'archeveque (äpj^te-t<rno-o;), l'ayant vue, eu eut une grande joie, commc 
riiomme dont il est ecrit dans l'evangile (e'jaYyeX'.ov) qu'il avait trouve la 
perle ' ; l'archeveque {-/.fyji.eT:iijyi.oitoq) s'ecria en disant : « Gomnie nous avions 
entendu dire, ainsi nous avonsvu'. » 

Et il dit a ceux de son entourage : « Vraimcnt (iV/iOüi;), mos fds, celui 
que nous avons demande (aiTeiv), nous l'avons obtenu par la puissance de 
Dieu : car c'est un homme comrae celui-ci dont nous avons besoin (xps'«)- " 

Alors (tot£) le jeune hommc^ fut alllige, car il ne voulait pas aller au 
milieu des hommes. 

1. Cf. MaUli., XIII, W. - -2. Cf. 1 Jean, i, 1. 



• Fol. -J-w 

V. 



334 MINA. — VIE D'ISAAC. [36] 

Il2\V5V1 At^CtUTIHIC «tJJL^t^. E^^E«-^E^ OnPA^iOl HE^OOnO 
EHEt^UEi ixUOt^-r 

* G^E ns.\ vyon un^i^w^. ^«-^üion üuo<^ ffSE nsi 

"HKOU. AnrAtt-J rVETI^CKOTtOC E'\v\0?\SC C3<\. C^H E^OTA&k 
•ii.E SCJ^AK rt^t^^On Y^E V)tVl TT^UOVtAC^H^^On VIEU rtE<^ 

OnrO^ Ü"lE<^VtJ^nr E^Ot^. EIA'TTE^AT^AmArt ETIO'TE^HOnr " 

Anr^AjJju Onro^ riE onron onr^'J^us t\e ETiEt^^Avt rsE 

O'rUAmOIT'Y T1E EUAJiJ^J-*. 

0"I^O^ VIE Ot^ E^0?^ ilE V)Ert O'T'HUS EnTUOT*^ ^?^M' 

1. A. : on- — 2. A. introdnit ncon- — 3. A. : EnoxfHOT- 



Avant beaucoup suppliö rarcheveque (zp/i£7:tV/.QTto;), il le persuadait ä 
peiiie ([Aoyii;) de le laisser partir. 

Seulement (itlvfv) il decida avec lui qu'il passerait pres de lui iin mois 
chaque ann^e, pour ecrire le reglement des fetes (dopTacT'./.-fl); et il le quitta 
en paix, et gagna le desert qu'il aimait. 
♦ Fol. 2-22 * Sur ces entrefaites l'eveque (£TCi(j/.oTroi;) de la ville (tvq'Xi.;) de Sais entra 
^' dans le repos (eteniel); on choisit son pere spirituel (ivveuiji.aTi/.o'v), et on le fit 
eveque de la ville de Sais. Le saiiit Isaac resta dans le monastere ((iovocs-nipiov ; 
avec ses freres. 

VIII. Chkz Zach.^rie, .V S.\is. — II arriva iine fois qu'il partit en (|uete de 
lui pour le voir : s'etant rencontres (äxavTäv) tous les deux, ils se rejouirent. 

Ol" il y avait un hommc, du noni d'Isaac, qui etait administrateur (chartii- 
larius) du pays (/wpa) d'Egypte, et qui avait une grande piete ; il etait d'un 



[37] CHEZ ZAClIAHli:, A SAIS. 335 

t — 

uuos. ^mA mA'\s n^^^AU) üvvah\. 

y\AujH^» '\0S rt^^KAUOC au ETIA^^'^ßi ÜTIASfH'^. VCA1A 
a^E^O-r^JU U-XlE TVS^UJiut. 'X:E 'YuA^'^ ETldc. * SSE ^H 

E^EKUAEfE^m üuo«^ sno^«^ «^uaih^c^ uavc. 

ac;i)"JTH EHA ^O'V^^ JA)UJiyt\. YVEÄE THETT^Cy^OTIOC 
VUCAAK TVEC^UA^MIMC. '2^E JÜLA^EmuJei^ ^? CTCOn 
UY\AtE'2S«xi^^- ^OTl^C UTE Ttdc TtEUUOnO'^ duj^Yl UAU 

O-rO^ ETS EfE TU^. O^S Ef AIOIT EnTIUA^^. ^HYIT^E 



village appele Chebronatheni ', et il avait une grande confiance dans l'eve- 
ffue (exic/coiro;), le saint Abba Zacharie. II alla le trouver, et le supplia en 
ces termes : « Comme (i-KuS-n) le roi m'a envoye chercher pour que je lui 
rende compte (loyoi;) des revenus publics ('^vipciov), je te supplie dans ce cas 
de prier le Seigneur pour moi, qu'il te revele ce qiii doit in'arrivpr, afin 
que (iva) je regle ma maison. 

Le Saint eveque (ärticxoTvo:) lui repondit en ces termes : « Mon fds, je ne 
suis pas apfe (ixavdg) ä une aiTaire comme celle-ci, comme tu le penses de moi. « 

* L'homme repondit : « J'ai confiance que le Seigneur te donnera ce que ♦ Fol. 
tu lui demanderas (aiTeiv). » 

II arriva, quand co fut le soir, que I'eveque (eiriV/toTco?) dit ä Isaac son dis- 
ciple (v-ocOyiW;) : « Prions ensemblc cette nuil, pour que (Öttw?) le Seigneur 
notrc Üieu nous revele ce qui arrivera ä cot homme. » 

Ktpcndant que tous deux etaient debout, priant, voici qu'ä I'instant toute 

1. Actuellement Choiihrti Tani. 



Fol. ii.\ 
r. 



336 MINA. — VIE D'ISAAC. [38] 

^Aitc^tf^tuipm unsonrujim^ mt y\6c V)trt oiruETS'JUf^. 

TlECJjnOT^O. At^t^A^ V3A TVid^^n E^O?\. 

. CcJDHonn TAf. "iS^E «i^oirrt^Aionr n«H E^onrAßi V)En 
nonr^Mi. "X^E Hiju^onr e^tiaviat i^'\- a?%h^ujic a 

T1CA'2S:S UT\^C<JJ1M^ 55:"^^ E^iOTs E'ÄErt VtAtAr^OC -^ "XE 

E^uav\ A^E^jAn ^ V)En ^MVionr 'Y'^^'V ö^'^^trt m^A^s 

1. Lire at-^xou- A. : Atj-f äou (Cod. at^äou). 



la demeure s'eclaira, et le vieillard ne futpas capable de supporter la lumiere. 
II tomba ä terre. 

Le Saint Isaac resta immobile, jusqu'a ce qu'il contemplät (Öeupeiv) vaillam- 
ment la lumiere du Seigneur. Et Tange [oi-^yekoc,) leur apprit ce qui devait 
arriver ä Thomme. 

L'eveque (eiriocoTro;) s'etant leve, dit au saint : « Tes bonnes oeuvres m'ont 
depasse, mon fils. » 

II repondit liumblement : « C'est Dieu avec tes prieres qui m'ont donne du 
pouvoir, mon pere. » 

Le Saint eveque {i-Kia-M-Knc) disait : « C'est ä cause de sa purete qu'il a Sup- 
porte la rövölation. Car (yzp) il est ecrit : « Bienheureux ceux qui sont purs de 
« cceur, parce qu'ils verront Dieu ' . » Vraiment (ix>lyiO«ü?) la parole du Sauveur 
((j(i)T-/ip) s'est accomplie dans ces saints {xyio(;), ä savoir : « Si deux d'entre 

1. Matth., V, 8. 



[39] A SCETE. 337 

* t^PiE ^"^^ rts^tn tionrsiAt^Eim' uuvAionr. tctj^^JUTit * foi. 223 
rtuionr ^^itn ha^u^t E^V)trt riu^Honr». 

n^^S^H'^ AC^t E&vO?% ^I10nc-J ÜTltc^SUJlT. A^^IA^t 

rvs«:)A<^E '. ^H tnecjjuti uuoc^. onro^ riAc^^orv T\e V^trt 
T^^uor^AC^H^^OT1 rttu rucuHonr. 

«oxtATs. onro^ viA«-\;X" v\^o^o'r u^^h*^ «onrArrE^soc 
«HE ^'Y- tc^'Y "O'^'Y ""^onr. Ec^^uji^EU ÜJJLUJio'r EJ^onrn 
ETtiAr'J^rt. 

Onro^ riE lEt^cnrnH^^A i^i «a^. EjjyujY\ fnE^^ irtSE 
^ooT r\it v\^^ü rt^onrA^i'. »^A«^E^ArtA;)(^ui^m h>^n 
OTKonr'JS^t üuAnujvxiTn ca&vo?s uy\^uor^AC^M^^or^. ec^e^a 
TtAmArt E^uju^ Art. 

acJ±)U-»T\S E^AT^^KOT E?OC^ «OTCOTI. T12S:E A^i&kA 
Aßi^AAU. V1EU A&kßiA TEua^r? ^ V^mt^'^ VIACKHnViC. 

EiAnri lyA^o«^. Air;x"^ Jdaioic^ rtvionruEnr^. at-seu 

^HOT EUA^^'JU. 

1. A. : tnoTrtAAipE^ntm ^Cod. tnoTnAEpeni«). — 2. A. : &<^nAj> en^ujAt^e. — 3. A. 
corr. : e«ota&. — 4. A. corr. : reiupr^oc. 



« vous se reunissent sur la terre ' pour demandnr (atreiv) une chose quel- » Fol. 223 
« conque, eile leur sera accordee par mon Pere qui est dans les cieux '. » 

IX. Encore X ScETE. MiR.\CLES ET PROPHETiEs. — Aiiisi ü quitta soll 
pere et regagna le desert qu'il aimait, et il deraeura dans le monastere 
((AovaaWpiQv) avec les freres. 

II les exhortait; eux le regardaient comme iin niiroir; il etait pour eiix 
comme un ange (ayyEXoi;) de Dieu, leur donnait du courage, les invitalt ä la 
lutte (xywv). 

Voici quelle etait sa coutume ((juv/;Oeix). Ouand il etait arrive aux jours de 
la sainte quarantaine, il se retirait (ävxjrupst'v) dans un petit local en dehors du 
monastere (;7.ova(7Tv{piov), oü il ne rencontrait (ä-TravTäv) personne. 

II arriva une fois qu'Abba Abraham et Abba Georges, les grands ascötes" 
(zotvjTvi;), se dirigerent vers lui ; quand ils fifrent arrivös, ils lui exposerent 
leurs idees, et trouverent beaucoup de prolll. 

1. JVlaUh., xviri, 1'.). — 2. er. P. ()., 1. III, p. 259-260, 541. 



V. 



338 MINA. — VIE D'ISAAC. [40] 

änrvytn«^. "iSE T\ErtsuJi akoteu onr nrxAtE^oonr. a^^e 

^OT'JU^ '^i ^H EIE rt^CTIHOnr OnO^JU UUOt^. T\E'Ä'J-»O10 

Fol 224 n^cj. "ÄE lEnrtJ^'T i^'^\ ATI. * i^w7\ e»x»sk ^\ ^uo^r. 

TIE'SJ^t-^ «UJOnr. "ÄE ^AT T\E ^H E1E ^ VISCTIHOnr O'T'J^U 

üuotjj. j^nr'Y^o E^o«^ äe fnEvirn» «ak «^^rtKOTÄS 

«'2S:UJi^1. Ü^O«-J 'i^^.E ÜT\E«^EfÄrtE^EC^E Tl'XiO'r Et^'iS:«^ 

uuoc. ÄE T^E^c^E rtvn t\e. fniAjijETt ^j^riK^O'r'^s^s f\l3TC» 

Oto^ EiJ^nr^ E&iO?s ^sioit^. A'TCJ^'ÄT V3A^o^o'r 
«onron r\T&iErt E^ßiE «ec^acktctc. onro^ rt^j^^E OTon 
onrns^y^ rt^yErtnonnc^^ fnAc-j V)A^ET1 O'ron w^^iErt. rtEU 
i^^uji^A vi;)^HUs. KAiJ^ ytCA'2S:\ UTV^EnrArrETsTon E^onr aBv ^ 

1. A. : Ej>»^» (Cod. ^w). Le texte porte bien Eg?\v nvec la preposition e demandee 
par A. — 2. A. : A«-jEp oTi" «A^r äe (Cod. ^^.jEp ot"« «äe). — 3. .\. omet c|>m, lit <^as 
^E^E et ecrit t^A\ he ete. 



Et ayant regarde dans Tinterieur de sa cellule, ils nevirent rien que quel- 
ques pains et un peu de sei; ils furent etonnes de son endurance. 

Ils lui demanderent : « Que mangez-vous ces jours-ci, notre pere? » II 
repondit : « Ce que mangent les freres. » Ils lui dirent : « Nous ne voyons 
* Fol. 22'i rien * que du pain et du sei. » II leur dit : « C'est \ä ce que mangent les freres. » 
Ils le prierent, disant : « Si nous t'apportions quelques olives! » Mais lui ne 
le leur permit pas (ävej^^esQai), et dit : « Ce qu'il me faut ä moi, c'est accepter 
quelques peinos de plus que les freres. « 

Et I'ayant quitte, ils dirent toutes sortes de choses sur son ascetisme 
(aaxYiffts), et un grand eloge de lui se faisait chez tous dans le pays (/wpa) 
d'Egypte, seien (xotTa) la parole du saint evangile (süayysltov) : « Une ville ne 
sera pas cachee, si eile est sur une montagne. Et on n'allume pas une lampe 
pour la mettre sous un boisseau.; mais on la place sur le chandelier (Xuj^^vta), 
pour quelle eclaire ceux qui sont dans la maison '. » 

1. Matth., V, 14-1.5. 



roi. -224 

V. 



[41] MIRACLES. 330 

Tims -^ 

KOTIOC : OTO^ riAC^^MT TTt. tt^OTUajiJ EUjiAiyr^ 1 lr)t« 
OnOUtTJ^T^'^O'V^. 

ArtOK TTt ^'Y- 

ac^ujiTTS "KE on V)Ert rtsE^oonr niE tts^ü e^o^ta^ 

r\^E TTErtOT'ÄAS. Jx ^M E^OITA^ iCAJ^K. ^E W^.^ E?iO?» 
ETTSKO-r-ÄS JJLUAU^<JLJiY\^ KATA nEC^CTTVIH^S^.. ^.nOETs ^ 
r\UJi&ijAj ÜÄE rtSCYlYTOX ÜTTOnrE?\ "-HK T1^5^t^. EHAt^E^ TUE 

^oo-r iH^o'rsi. rvEU ttsua^ K. ' tieu tisua^ r. «ja 

TTSUA^ E rtE^OO-r. EC^;X" HA^O-rUAU. JDETt TTSUA^ E 

riE^ooT rnE ^Ec^uE^A^o'^ruau. a'^'^ot^t a<^tiat 
EO-ms^^Y ^^"^^^ rtujisKL. EC^^H eVd^hs utte«^u^o. ^"^c 

SC5SEK ETATETIC e5\0?^ V)En TTsd^UATT V)Ert -^OT^Ot». 

1. A. omet les quatre derniers mots. — 2. A. : Avtp (Cod. ATp). 



Aussi (y.xiToi) on entreprit un grand nombre de fois de le faire eveque 
57r':(>/.oiro<;); mais il s'enfuit, voulant etre sans inquietude. 

Selon qu'il est ecrit : « i\estez tranquilles, et sachez quo je suis Dieu '. » 

11 arriva encore, daiis les jours de la sainte quarantaine de notre salut, 
que le saint Isaac s'en alla daiis la petite residence selon (/tarz) sa coutume 
(cuv/iösia), et (|iie les freres oublierent de lui porter du pairi. Ayant passe le pre- 
mier jour, puis le second, * puis le troisieme, jusqu'au cinquieme, restant • i'ol. -nk 
sans manger, au cinquiemo jour de son jeüne, il regarda et vit une grande 
tablette (tcax^) de pain placee devant lui, comme si on l'avait apportee du 
four a l'instant meme. 

Alors il se leva, fit uiic priere (TCfoc2u;^7i), rendant gräces ä Dieu; il prit un 
petit morceau de pain et mangea. Le lendemain, il emporta le reste au 
monastere (y.ov«(r-r/ipiov) et le donna aux freres, qui en mangerent. 

1. Ps. XI.V, II. 



340 MINA. — VIE D'ISAAC. [42] 

mtn ^'\. Acjds rto-TKonrÄS eßiOTs V^tn Tts^utK At^OT^A^u. 

TVA^umm tT2S:HrV rt^UA^. \1^0«^ "i^t A«^^tTT T1S^ujß\ 
E^CUOT tt^'Ä'JJi uuoc. "Ät J^TtVI«^ «M? t^O?^ V)tV1 OC^'^^- 

Oto^ ort. ÄE ' tj±)UJiT\ r\Ttntr\cujntu t\cwjs. rtt^rA 
^o«' mt HKA^^ t^E^t«to'rouoT. um n3.s«i<^Mfs 

V^tn nÄsw^fEtjjV)UjnEBv rt«ST^^o^H^MC «iE njym». 

1. A. omet ÄE- — 2. A. : mArAwon. — 3. A. : Enovtn. — 4. A. : n(^t' 



Les freres riiiterrogerent en disant : « Oü as-tu trouve ce pain tendre ? « 
Mais il leur cacha l'afTaire en disant : « On me l'a apporte d'Egypte. » 

S'etant demande les uns aux autres si quelqu'un d'eux (m. ä m. de vous) 
cette semaine (£gSojj.!z;) lui avait porte du pain, ils ne purent trouver personne 
qui lui en eiit porte; ils surent aussitöt que Taflaire venait de Dieu. 

Comme (xaTa) il est ecrit : « Voici que ceux qui sont mes serviteurs se 
rassasieront ; vous, vous aurez faim. Ceux qui sont mes serviteurs boiront; 
vous, vous aurez soif. » 

Et encore : « Si vous m'obeissez, vous mangerez les bonnes choses 
(äyaOGv) de la terre. » 

Est-ce que ([/.vi) ce prodige ne surpasse pas möme celui du saint prophete 
Fol. 225 (wpoy/iTyii;) Elie, quand Tange {aiy^ikoq) lui apporta du * ciel un pain", quand il 
^' eut extermine le» prophetes (itpo^iriTTi?) de l'ignominie? 

1. Is., Lxv, 13. — 2. Cf. 111 Rois, xix, 6. 



* Fol. 225 



[43] PROPHKTIES. 341 

acjiJ^rvs -i^E ort rto-Y^t^oonr. A^^i vyj^^ot^ ü-^t iaa^^ujti 

Me ^ lEt^c-rvtMWA IE. E;i)nEU^fE«^^EUC\ Emn^«^ Ide« 
Tim^c^X''^- '^^^^ ^M^ö^ E^^nt^ Ec^E^ ^^^ u'2S:\'Ä. 
GnA<^^ ^Afo<^ Acj'ju2%\ ÜTi^^v\E ü^o^<^. Ac^E^^tuß^ 

E^Of^. TIE-ÄE TISATsO-r VIA^^. ÄE TVA^^JT ESOIpua^ EE^UO^A 

O-ro^ ^ TisxvM^c 6\ o'TC^ou rt^msu. A<^TJjn<^ 

ÜJüLOK EE^uortA;^^^ ^ ^'^''^ TisÄ?^0'r cujieu eti^C3.'2^^ 

TIe-äa«^ «^<^. "^Sle ütie^e^^o-^. ats^a. ua«}e r\AK 

cj^^s^s rtEUH^ '^no'r j^c^ij^uo\. 

2?E uErtErtcA ^^E^^uo-r rf2S:E tiek^^^^. ^'^'t ^?^^ "^ 

1. A. omel n. — 2. A. lit encore nt. 



U arriva encore iin jour qu'Orion, eveque f eriu/ioiro;) de Sais, quand il 
n'etait que lecteur (ivayvuiirr,;) et pas encore eveque, vint vers lui pour rere- 
voir sa benediction. C'etait la semaine (ig^ojAz?) de Päques ' ; sa coutnmo 
((juvvi6eia) etait de ne pas s'asseoir du tout dans le temps de Päques, mais 
d'etre debout en travaillant de ses mains. 

Etant arrive chez lui, lejeune hemme prit le filet qu'il avait en mains et y 
travailla; il lui dit : « Mon pere, je voudrais me faire moine (u.ovay6?), mais les 
larmes de mon pere ne me le permettent pas. » 

Alors le saint (y.yto;) eut une extase; il se redressa subitement, et lui dit : 
f( Orion, il n'est pas possible que tu sois moine (pva^d;). » 

Quand le jeune homme entendit cette parole de lui, il fut effraye. Le saint 
dit : « Ne t'effraie pas! mais (äUa) va-t'en et obeis ä ton p»>re, jusqu'a Theurc 
de son repos. Celui qui m'a parle tout k l'heure, m'a appris qu'apres la mort 

1. Ce qu'on appelle en Occident la Semaine sainte. 



342 MINA. — VIE D'ISAAC. [44] 

l\3<\ 1^^ ii^ YWÄt.OT' c»JiJi^EU E^»x»onr. rtnoncj in^w 
Fol. 225 oir^t^HrtH Et^'Y"^^'^ u^'Y "=" y^^"^^ ^?""V tncV)Honn. 

UErtErtcA rtA^. a^-^^u^vis «äe rvEt^i'xi'i uT^^^A^^v:or^ 

Onro^ ^uic EA ^-^ E^jj^o^T\ rtiJ^uot-j. j^c-^^ etiec^uo 
rt^^c^H^mrt. ^H E^oirj^fei "ke ^caj^k. n^tj^^EU^j» uuocj 

TTE V)En Y\^JAjuJY1^. 

GiAt^vtonri "KE eeuio« uuot^. At^uonr'Y EnE<^»ijH^t 
uo'r E^ujo-r nw^onr. TiE'iSiJ^t^ ü^vi E^onr^&k ic^^K. '^^ 

1. A. : Atjgiu?\v — 2. A. omet ce mot. 



de ton pere, tu devras arriver ä une fonction (xi^i;) elevee » ; il signifiait 
l'episcopat (siri5/.rjno?), dont il se rendit digne. 

Voilä ce que le jeune homme entendit dire au saini; il le quitta, et 
Fol. 225 retourna ä sa maison dans la paix (eip-zivo), en rendant gloire ä Dieu, * selon 
^' qu'il est ecrit : « Les esprits (ttveujax) des prophetes {-po^n-rrii) sont soumis aux 
prophetes ' . » 

X. MoRT DE Zacharte. Son eloge. — Apres cela, son pere spiritnel 
(-v£'j(;.xTiy.ov) Abba Zacharie, le saint eveque (etcwkotcoc), tomba dans la maladie 
dont il devait mourir. 

Et comme Dieu Tavait renseigne d'avance, il revint ä son monastere 
([ji.ovoc(jTr)piov), et le Saint Isaac le servait dans sa maladie. 

Etant sur le point de se reposer (en Dieu), il appela tous ses fils comme le 
patriarche (TCXTpixppc) Jacob, et les ayant tous benis, il dit au saint Isaac : 

1. I Cor., XIV, 32. 



[45] MORT l)F. ZACIIARIE. 343 

GiAHTKoct^ V^EU onrrts^'Y niA^o. 3<'x^'^3^^ jo^iErt 

rtEt^io-^. KE r^^ CE^^» UTTEC^UEir^. riEUrtSJ^^^H^^ E^J^t-^A^ 
äT'ÄOC On E^&iHlf-^. "X^E E^E O^TOrt OnOUA^HIHC 

vnA«-j ' r\E, Ac-jE^'X^'JLi&v ftono'jutrii. EiA«-ji ^3< tisIdets^sO. 

AC^;^^ ^^M*^^*^ E'^S^'JLit^. CAIOIC^ AC^rtAnr Ü&kO?s, At^'Y 

<juonr u^'\. ■ A'^^ujiTn V)A ndriEÄu-it^ snE yiec^suji* 
Me cro^i KE CTTvtrEViHC mAt^ on' V^tvi yi^kocuoc. 

^C^^V\^ ÜUO«-^ E^^EC^S e)3^HS ETIAS^uarU nonouai. E1E 
•\uET&kE2\?^E ^E. E^A^C^J^HEU E«BiH"l«-J. A«-J3ÜLKA^ ÜUA 



ujlli2. 



1. A. ecrit mo^^- — 2. A. corr. : At^Ef iiKAg EUAta"»- 



F.il. iii; 
r. 



« Mon fils, si tu viens ä etre eleve, souviens-toi de tes freres. » En disant 
cela, il signifiait la gräce qui devait I'atteindre. 

Lorsqu'il t-ut cesse de doiiner ses avis ä ses fils, il remit son esprit (irvsöjia) 
dans las mains du Seigneur, ayant autour de lui de grands saints («yio?) de 
Scete. 

L'ayaiit enseveli avec de grands Honneurs, ils le deposerent aupres de 
ses peres. En fait (/.al y^-pK o'^ celebre sa memoire et les prodiges qu'il a faits 
pendant sa vie. 

On raconte ä son sujet qu'il avait un disciple ([AxOnr/i';) qui devint malade 
de la vue. 11 alla chez le vicillard; celui-ci posa ses mains sur sa töte : aussi- 
töt il reeouvrn la vuc, et reiidit gloire ä Dien, ' et resta sous la dependancc ♦ KoI. 2-jii 
de son pere jusqu'au jour de sa morl. 

II avait aussi um pareul ( nuy^erfic) dans Ic monde (/.öcao;), ä qui il arriva de 



344 MINA. — VIE D'ISAAC. [46] 

ujmi. o'To^ tiAc-ji ^A ' Y\^)3t?s?^o E^oiTA&k- u'Ä^t T\icon 
E^At^r^A'r uß\o^». -s^^'^^o t^o?^ tt^-ÄUi uuoc. •2S:e 
unifw^ tnA ^'\ TituAK n^s rtw?. «ä? Vda rtj^con. 

Mt o'Tort onr^uju^ "^^t on t«-jjijoT» )deti '^t^o^sc q.^s. 
ETTE<^fAr» Tit rt'ju^rtoc. rtt onrV^tT^j^sf^ vvt ff2S:^^\. Ä 

1. A. : l^A- — 2. A. : jxnjl. 



tomber dans cette menie infirmite, savoir la cecite. L'ayant appris, il en eut 
une grande peine ; il renvoya chercher. L'autre vint vers lui dans la montague 
de Scete. Le frere qui avait recouvre la vue alla trouver le saint vieillard, et le 
supplia en disant : « De meme que Dieu et toi avez eu pitie de moi, ayez pitie 
de mon frere. » 

Le sainl vieillard, les voyant pleurer tous les deux, eut une grande peine 
de coeur. Apres leur avoir donne une part des raysteres (jAUGTvipiov) sacres, il 
prit le linge {mappa) avec lequel il tenait lo calice (7:or/fpiov), et le passa sur le 
visage de riiomme. 

Sur-le-champ il recouvra la vue, comme s'il n'avait eu aucun mal. Alors il 
se jeta ä terre et lui rendit liommage; il retourna k samaison en louant Dieu 
qui fait ses miracles. 

II y avait aussi un homme habitant la ville (ivdXi?) de Sais, et qui s'appelait 
Georges ; c'etait un jeune homme robuste. Le diable (Äta€o>.o;) lui fit faire 
une chute(i:apaTtTto[iia), et personne ue le sut, sinon Dieu seul, qui connait les 



[47] ELOGE DE ZACHARIE. SES MIRACLKS. 345 

JJLUOf-^. KAI^ ^f^'^ t1cV3H0T1 jotn 'i\A'X^\'2^. Ät AT 

-rrtOT 'h.i uuo<^ ««st rttc^so-^. AnrtYit^ t^uj^ unitrtic 

KOTIOC t^OTJ^Bi J.^&iA r^3<^^^\AC. 

J^TOT^JU^T UUOC-^. ET^SU^ ET'Ä'JJ UUOC. !2SE HEYI'Y^O 

EiEKAr^ocnrnvi e^^ek'Y^o uTidc e^j^e TtEri^H^s. e^^e 

^C-^ujEr^OT "ÄE OT TTE E^AC^^'JUT^^ UUO«-^. TTEQSuaonr 

•SE lErtEUs J^rv. rt^ot^ a ^^^ khti E^J<uot^. uttj^hot^ 

^A^Ot-^'. J^cj1vjuV1«-\ rt'Y^'^^^'^ J^t^nua&i^ E^^HV' EÄtuc^. 

c<j<non«-^ At^oT'JS^iJ^s. ^ujcäe UTTE«-^jyujrn ettim^c^. 

1. A. : EcjcHT- — 2. A. : iyAfO«-j- — 3. A. : ehjpHi- 



Fol. 22(J 

V. 



choses cachöea corame les choses manifestes, * et aussitöt Dieu ie punit, ♦ FüI. 226 
comnie il est 6crit dans David : « Le pecheur a ete pris daus les oeuvres de 
ses mains ' . » 

En se levant de bon matin, ou trouva Tenfaut etendu, desseche comrae 
un mort; alors (Äe) ses pareuts Temporterent et ramenereiit ä la residence du 
Saint eveque (stvicxo^to?) Abba Zacharie. 

L'ayant rencontre (äirav-rav), ils se jeterent ä ses pieds et lui rendireiit 
liommage; ils pleuraient en disant : « Nous supplions ta saintete (äy^'^'^J"''! ) 
qu'elle prie le Seigneur pour notre fils, afin qu'il soit gueri. » 

11 leur demanda ce qui lui etait arrive ; ils dirent : a Nous ne savons pas. » 
.Mais Dieu Tavait dejä averti, avant leur airivec 11 se leva sur-le-champ et 
pria pour l'enfant; aussitöt il fut gueri, comnie (tb;) s'il n'avait eu aucune 
maladie. 

1. Ps. IX, 17. 



346 MINA. — VJE D'ISAAC. [48] 

•ÄE lEvin^A^E^ E^'-^ßi rtißiErt. EiAK'X:o'iO'r WAr\. ^nri 
riAt^ u^^H-^ ^^nsAT^oc^o?^oc E^o-rAßi tiie t\;xc ' 4- 

acJ±)VJ-iT\^ '2^E UErtEVtCJ^ OnOA&kOT TIE^OOnn. SC'2S:Er4 EHA 
E^ßiE TlEt^2SSU^»J"^'2S: i^07\ JdE« rVA^KOCUOC rtE^T^MOIT. 

nEUTijyA. rti uE«Enc«Jut^. rtiEt^j^uort^ n-^EKK^^HC^^. 

Ei3^0'rj^&i. 

1. A. omet quatre mots, ecrit ensuite Avem — 2. A. : mhe^^c- 



L'eveque (s-ic/co-os j lui dit : « Garde-toi du peche que tu as fait ; ne le fais 
plus, pour que ce mal ne t'arrive pas. » 

Mais ses parents, entendant cela, fureiit etonnes de ce qu'il avait dit, ne 
sachant ce qu avait fait leur llis;ils prierent le saint vieillard, en disant : 
« Nous conserverous tout ce que tu nous as dit » ; ils le quitt^rent en rendant 
ffloire ä Dieu. 
Fol. 227 * Ainsi il etait honore de tous ; on le glorifiait comme les saints apötres 
(äitö(7TO>Lo;) du Christ. 

XI. L'.vRCHEVEQUE Jean. Sa mort. S.v succession. — II arriva, un mois 
apres que son pere etait niort, ([u'lsaac se trouvait dans une grande peine 
de coeur, ä cause de cette Separation d'avec ce monde (xdc[z.o<;) vain. A ce 
moment le saint archeveque (äp/'.exi'rx.oTjQ;) Abba Jean pria Dieu de lui reveler 
qui serait digne de lui succeder et de garder la sainte eglisc (Uy-lnaia.) . II eut 
dans une vision (opa(j.a) cette revelation : « Envoie chercher ä Scete au 



r. 



Fol. 



[Wl l.'ARCIlKVftQUK .IRAN. 347 

ac;ii<j"Ti^ V^tu nsE^ooT e^eujuat, Af^onreu^rt wm 
Tjonr^o ' ncA T\iA^;)(;viErncKoyvoc E«^^E<^E^Av\AmArt e^o<^. 
KE TA^ rtE^Af-jE^ ^3.\ rtonruH^ vicoti. ec^svh jült\^a^ 
2^HEy\^CKoy^oc ^a^o^^. e^^e iEf-^ArAr\H eV^oitva e^o<^. 

^^ATI Q^-E UTIWrfO ETEUUAnr WE. A&i'i^ET^A^SU^. OnPO^ 

«AjAnruoT'Y t^ot^ ort "äe atsAUh^^'. 

GuAiro^ u;)^A?sioir?\Afsoc tia?^ va'äe ^ujui ^ uua^ 
uono'Y-^ f t AiJAviAcsoc y\E. HEU iCAAK «EU rtonojijH^^. 
OTO^ ^lAfE n^nfEiu^^mrt ih^<^ '^t^ rt;y^^Hci\Avtoc. ke 

TA^ )3En ^Et^Af^^M EIA^^t E^J^HUS. A<^^^n01t^ EE^ T1E1 

^ujoT nr^iEKK?^MC^A• vuciaio^oc At^KA^o'r''. onro^ 

A«-\E^ J>AnUHJJ^ UT^E'^^'JUOnr UntA^;XHET\iCKOnOC. 

1. A. : nx^- — 2. A. : rtjaofn- — 3. Ces deux mots ont ete ajoutes en marge. — 4. A. 
corr. : a&2wE?\A^j^. — 5. Al-amir. — ü. A. : a^jkavöait- 



monastere (jy.Qva5T-/i'pi.ov) d'Abba Zacharie, le moine (;^.ova/oi;) ascete (äcx-ziT-zf;) 
Isaac : c'est lui qui sera ton successeur (S-.aSoyo?) . » 

Aussitut il se leva, puis l'envoya chercher. Lorsqu'il fiit venu vors lui, il 
ne le laissa plus partir, jusqu'au jour de son repos. 

II arriva dans ces jours que le roi manda l'archevöque (äpyieirtezoiro;) 
poui- avoir une entrevue (äiravTäv) avec lui. En effet (-/.a). yap) il faisait venir 
de temps en temps l'archeveque (ip^/'teiT'cxoitoi;) chez lui, en raison de rafl'ec- 
tion (äyi-Yi) qu'il lui portait. Lc nom de ce roi-lä etait Abd-el-Aziz, et un 
l'appelait encore l'Emir. 

II avait commu cliartuUtiros (r//u/7H/((;<».v) di'ux liuiiinies pioiix, " Atliuuast^ • l'oi. 
et Isaac, avec leurs fils : tont le pr^toire {prxtoriiini) etait renipli de clire- 
tiens (^picTiy.vö;). 

PATB. OR. — T. XI. — F. 3. 23 



348 MINA. — VIE D'ISAAC. [50] 

cujiitu viÄE suj^^^CJLJin ATS ' ^'J^^ot^ iH^onr. ^Sit rnonr 

0X0^ tTJ^nOTASÜLE TtOT^O t^&^Hnt^ ^MC)C^M t^o?^- 
tn^t^i E^AKO'^ Ac^üiori üuot^. onro^ ^nr^^ua üy\E<^ 

^^H'Y ET^nnAUOt-j E&iO?\ ^tiE« rtdc. 

Ovo^ HE onron o'r'2^^Ay:<Jur\ sse rE^J^rsoc. ^^\ 3.^ 

E^Enwnru^rt E'\uEiAf;)^HE^Enrc n^^A ^onruauj ü^'^. 

I.A.: OT». 



Car (y.ai yzp) dans les jiremiers tenips (äpy/i) de son arrivee en Eg^'pte, il 
avait entrepris de faire du mal aux eglises (r/./.lrcia), il avait bris6 les croi.x 
(oraupd;) et i'ait beaucoup de misere aux archeveques (äpyi£7;ii/.oTvo;j. Mais Dieu 
qui punit (eiviTtiAav) le Phaiaou d'autrefois, iutimida aussi cet autre dans un 
songe, en disanl : « Prends garde a toi vis-a-vis de l'archeveque (äp/i£-w/.o- 
xo;) », et il en vint ä l'aimer (äya.-!:?.^) comme un ange (ayye'Xos) de Dieu. 

II arriva quo, pendant qu'il se trouvait lä, l'archeveque (zpy_ie7;icy.oT:o;) tut 
malade de la maladie dont il devait mourir. Les magistrats (ä'p/wvj, l'ayant 
appris, vinrent tous vers lui pour prendre des nouvoUes et recevoir sa bene- 
diction. 11s le trouverent dans une grande soulfrance. 

Le roi, informe ä son sujet, le laissa partir. Quand il fut arrive ä Rakoti, il 
entra dans le repos. On deposa son corps (cüifAa) dans l'öglise (tötto;) de saint 
(ayio;) Marc, qu'il avait bätie. II avait dit qu'on mit ä sa place Isaac, comme 
il en avait ete instruit par le Seigneur. 

Mais il y avait un diacre (6\i/.a>v) appele Georges, qui convoitait (e-töupiv) 



[51] MORT DE L'AKCHEVftQUE. LA SUCCESSION. 349 

U'^E&k'KouAC. tnronrujjAi iö^rtno' onr^'-ußi n<5^^j^ rtsKJ^ 

ri^UAVlt^Jii'JJO'rjiJi. ^«^C ÄE ATKiU EfOC^ E2iO?% ^^"lEU 

tJj^S TAE nS^H'Y t^^ ^<5C «JJc«^1c^ E^IEUE^Ü'TH&i )^3< 
EWE^. \CA1X ^^wY ElcV^HOnn. ÄE OT'^UAU^ YtCVlOt^ ^^ 

^jc^^ot^. Tide ds ßiO'Y üuo«-^. 

1. A. : E^fAJJLio- 



le pontificat (äp/iepeu;) contre (iratpy.) la volonte de Dieu, * celui par qui les rois ♦ Fol. 228 
sont rois. II persuada les eveques (eTCi'oioTvo?) qui s'etaient röunis lä, de lui 
donner l'archiepiscopat («py istviiixotco;) ; mais il ne tarda pas ä recevoir la puni- 
tion de son iniquite {rrapivojAo;). 

L'ayaut t'ait pretre (upia^uTsoo;), ils lui irapoäerent l'etole (gto'ayi), pensant 
le faire archevuque (äp;^ie7ci(j/.o7io;) au milieu de la semainc (iß^o;^.^.;) : ils vou- 
laient accomplir uu ac;te contre (Trapy.) les canons (xoovwv). Aussitöt Tarchi- 
diacre (äp^iÄizxojv) s'ecria du sanctuaire, comme (wc) s'il avait tHe poussö par 
Dieu : « II u'en sera pas ainsi, que nous fassions un acte contre les canons 
(/.a-/(6v); mais attendons juscju'au dimanciie (jcup'.y./.v)'). » 

C'est ainsi que le Seigueur l'empeclia d'ötre consacrö pour l'eternite, 
Selon (/.aTy.) qu'il est ecrit : « L'lionime de sang et de ruse est ex6cr6 du Sei- 
gueur ' . » 

Et daus CO jour-lä, les grands (5v6ques (stcioxotvo;) vinrent ä Rakoti, ayant 

1. Fs. V, 7. 



350 MINA. — ME D'ISAAC. 1521 

mE nono^o. E^^onnEn vuetisckotioc ^a^o<^. ^mA mE 

Fol 2H8CJE3ÜH 2^E rHU WE^OTVtA^A^t^ '. 

Onno^ EiAnr^^o^ E&kA&inr?%»J^rt. e^e ^h E^onrA&k 

iCAAK. ^EU^^ SirEUj»^r»OC. E'^UE'^^ E^uaßi UTtAl^H'Y AH. 

OTO^ I3EU v\'Ä^mi^povV)0^)r)Ei. ncA ^^^oc rtrEu^^rsoc. 
V1E ono^ujut nE E^Ac^dt TAUoc. 0x0^ on. «js^e onrort 
AnoAt«^ nc^A^, OTO^ Aiocodui EiJ'J«^. u^^pw eia ^^ 

COITICJ. EHE ^H E^OlOA&i iCAAK rVE. 

acJ±)UiTH «KE JQETI TVE^OOir Vf^K^T^^AKH E^OnOA^i. 

1. A. cori'. : n^u ne EnoTHA^Aja^- 



appris quo l'arclievrqiio (io/isTicKOTro;) etait niort, et voulaut servir t-elui que 
le Christ avait choisi, c'cst-u-ilire saiut Isaac. 

Comme ils trouverent les autres, qui leur etaient subordonnes, d'accord 
avec Georges, il}' eut iine division au niilieu d'eux. 
1 ui. jL's * Aussitut arriverent ä Rakoti des deleguös du roi (|ui devaieut lui ame- 
ner les eveques (sutexo^o;), afin (tva) cju'il süt qui ils allaient instituer. 

Quand ils arriverent ä Babyloue, le saint Isaac servail Georges sans 
penser ä un evenement de cette sorte. 

Quand ils eurent fait des enquetes sur la vie (ßios) de Georges, ils trou- 
verent un grand nombre de griet's (a-Tia) contre lui; surtout (p.7.1ii7Ta) que 
c'etait un homme qui avait contracte mariage (•^oi[i.oc) ; que, de plus, il avait 
des fds tres mauvais; de cette fagon, il fut expose ä la moquerie; aussi, on 
decida de proniouvoir celui que Dien avait choisi, c'est-ä-dire saint Isaac. 

II arriva qu'au jour du saint dimanche (•/.ufia/.vi), pendant que tous les 



[53] COXCUHHKXCK. i.l 

moTioc un^Arsoc ct^rsoc. 

o'T^E^iC'Ju EC^t^^HO-TT 10S ^^uAic^. onro^ E^^ ec^jaj^htn. 
^HY\TiE )oErt onrEl;Ay\mj. ■ x ws^Ar\OQ k^^^ e'2S:uac^. 

e&lO?%. *äe j^I^joc. aI;^oc. aEioc visua^ w «^r\ocio?NOC '. 

r\EU TisA^;)^'Juu AnrEU«^ CAJoo'rn UYi^UAViE^^<^onrj^s 
E'TÄ'Ju üuoc ''. ÄE ^A^ VJE 'ib.Anr^'K u^e^ i. 

Vyin iisE^oonr EiEUUAnr. a^^e^ o'rrts^'Y ^)^^^ trtiE 

TUCVCOrVOC. rtEU nSKT^H^VKOC. Vt*2S^E TT^UAmOT^ nA^^X*^"- 

MiET\SCKOy\OC 2^E. ATAUOrn Ü^H E^OXA&i ^CAAK ^ 

I.A.: n^tn^cKonoc- — 2. A. : tEAinriA (Cod. E?,AnitiA!. — 3. A. : mHp«^- — 4. A. : 
nAnocno?\oc. — 5. Ici commencc une lacune dans la traduction. A. — (i. A. : KTp^oc 
(Cod. KTfj)' — "!■ Le manuscrit porte ^Ar^noT^^Ap^c- A. . ^ApTo?sApioc (Cod. ^ä?\to?\a 
pic'i« — 8. A. omet les quatre derniers mots et ecrit le suivant ATtp E<-jpi"TER' 



Inl. ■2-2:i 



eveques {immo-noi) avec une foule de laiques (Xao;) de Babylone, de Rakoti et 
de tous lieux (/up«), etaient rassembles dans Teglise (to-o;) de Saint-Serge, 
le Saint Isaac entra, portant sur lui un vetement miserable. Pendant qu'il 
priait, voici que soudain (s^arr'.vaj la lampe (97.V6?) se brisa sur lui, et Tiiionda 
tout entier; sur-le-champ, la foule s'ecria : « liest digue (ä';io;), il est digne, 
il est digne, le treizieme apötre (xmavAni), Isaac l'archeveque (ipjrieicwnoTüo;) . » 

* Aussitöt les eveques (etcit/.oxo;) et les magistrats («pz/ov) le saisirout et ' \'>'\. -i-i'i 
Famcnerent dans Tintcrieur du sanctuaire, en disant : « Voici le nouveau 
David. » 

Ce jour-lä il y eut une grande fete donnee aux evöques (imcM-o;) et aiix 
clercs (•/Avipiy.oi;) par le pieux magistrat (apywv), seigneur (xOp'.oi;) Isaac le char- 
tulaire (chartularius). 

Les eveques (im>j/.0T!0i) prirent le saint Isaac, et le placerent au-dessus 



352 ÄIINA. — VIK Ü'ISAAC, [54] 

UTtS&i ^^^^M JÜLUO«^. OXO^ EHAXIA^UJO-r t^A10t> 

tia;X^^' ^^^ ^^ TTtnsuin. yit'X.j.«^ viuao-r, 7l^ ^^s 
O'T'X'JuBi «^<juus r\E. 

1. Cequi suitesitraduitpar A. — 2. A. : nt Entp ^Ejponomon iCod. ^((^poT2iomon)' 
— 3. A. : ATOTiun- — 4. A. : mwiMU)' 



deux contre (irapx) sa volonte, en disant : « C'est le Saint-Esprit qui t appelle , 
c'est le Saint-Esprit qui te consacre f/sipoTovew), comme il est ecrit : « Dien, 
tt notre Dien, t'a oint d une huile de joie, de preference ä tous tes compa- 
« gnons ' . » 

Le lendemain on revela la chose au roi; on l'informa de tont ce qui etait 
arrive. Il ordonna qu'on fit venir les deux devant lui. 

Quand ils furent debout en sa presence, il vit que Georges portait sur 
lui le vetement du pontificat, tandis que le saint Isaac avait Fhumble vete- 
ment des meines {[j.Q'^a.yoi) . 

11 dit aux eveques (e^wicoTCo;) et ä la foule : « Lequel de ces deux desirez- 

vous? » 

Ils crierent tous : » C'est ce moine (aova/ö;) : c'est lui notre pere. » 11 
leur dit : « C'est un homme miserable. » 

1. Ps. XLIV, 8. 



^55] ELECTION. .m 

^CÄtrt iEc^ut^x:o'r'25Ls oTYYJ^fötrtoc tt^nonr&kHOTi v\t. 
rtwj^T^oc T^t. r\A^<^'2S:'J" üuoc vvt. "Ät uo^ rtH^ un^ 

G^A'Y'CUJl"^ tu •ii.t vtÄt vtttTi^CKOTioc neu T\^UHjy. 
ATt^AT1A^tuA^^■z;s^^ uuo^^ tio'S'jj üuoc. 

2?E VJEK^AT rttUJ^VC Enrt«i)»AATl^ tr\TAKO. TSlt t^^OTUiiy 

o'TO^ rij^^fvi'^ Ä rntinc"/Cor\oc ^^\^ rt^tuuo e'^utn 
o-TOH&k V^ert onrssujv:. 

Bj. ^\7w tic)3Honn ' äu^k t^o^ t'Ä'^«-^. tst onr^^Av: 
Koc At^^iOK«^ onro^ At^d^H üuo<^. tt^t^ti ^^^M- ^At^m 

Oto^ yias^h'^ V^tTi onr>\f'Trt.\7oc vtiE ^^. «tu onro 

1. A. Cod. c^H TcbHOTT- — 2. A. omet ce mol. — 3. A. ecrit E^nAdoc-j- 



* Aussitöt les eveques (äTriV/.oTi:');) et les magistrats (ap;^_Mv) redoublerent * r..!. 220 
leurs cris : « C'est im prophete (TOotp-ziV/i^) de Dieu ; depuis son eiifance, il est 
vierge (TuapOsvos) et pur. » 

Mais Georges lui disait : « Doniie-moi le tröne (Öpo'vo;); je te donnerai des 
richesses (yjrl^Lx). y> 

Ayant entendu cela, les eveques (sTr'c/.fjicoi;) et la foule ranathematiserent 
(^ivaOsjaaTi'CEiv) en disant : 

« Que ton argent avec toi aille en perdition ' ; car tu veux te procurer 
la faveur ('^wpsa) de Dieu par des richesses (/„pvif^«) » ; ainsi les eveques (sTttiüo- 
7:0;) l'exclurent du sacerdoce d'une maniere absolue. 

Alors s'accomplit sur lui cc qui est 6crit : « II a ouverl uiie fosse (7,aV.-^o?) 
et il l'a creusee : il tombera dans la fosse qu'il a faite'. » El encore : « Celui 
qui s'elevera, sera abaisse; et celui qui s'abaissera, sera eleve ■'. » 

XII. Elüction. Vik episcopale. — Ainsi par le sulfrage (<j'r,9o;) de Dieu 

1. Act., VIII, 20. — 2. Ps. VII, 16. — 3. Luc, .\iv, 11 ; wiii, 14. 



Fol. 230 
r. 



354 MINA. — VIE D'ISAAC. [56] 

r\r\itKK2\HCsÄ. 

'Ya^ot ^;X'^?^' toT^'Jtius r\t t^^'^HK t&io?s. V)trt '^co 

1. 5/c. A. Cod. riÄXtf^ipo2xom«- — 2. Feul-etre de tonoTyipyiTvi«, vicaire. A. pro- 

pOSe AnOKf^HHC' 



et le consentement (ofAÖvoia) du peiiple CXao;), le saint Isaac fut eleve en hon- 
neur etdignitö et fut ordonne (/eipoToveiv) archeveque (äp/t£7ria/.07iic;). 

Oh! quelli' fut la joie et Tallegresse dans tout le pays (/wpa) d'Egypte! 
1 1)1. 230 ' Les foules se porterent en cha3ur (/^ooeueiv) au-devant de lui, chaque village 
'• changeant sa population pour celle du voisin, ä l'orient et ä Toccident du 
jleuve, depuis Bahylone jusqu'ä Rakoti. 

II etait accompagne d'un grand nombre d'eveques (£-t(7/.oiro?), qui tous 
s'etaient reunis a lui, pour l'etablir sur les eglises (vAySkriG'.y.). II y avait parmi 
eux Jean, eveque de Pchati, qui etait prepose ä l'episcopat (iT^iiMirn) de la 
haute region (äVo /üpa), homme accompli dans la sagesse («rooia) de Dieu et 
des hommes: avec Gregoirc, eveque de Kais, qui etait prepose aussi aux 
eveques de la hasse region (/.zto) y/opx) ; avec tous les eveques (sTTtwoTto;). 

11 arriva, lorsqu'ils furent parvenus a la ville de Rakoti, que toute la 



[57] IXTRONISATIOX. 355 

o't^uim^ EfOTi. onro^ ä't'ävjuk e'X:'^«-^ ÜT\t^EU«Ajs mE 

'^UEIAf^^SE^E'rC. VCÄ1A VtSKA««^« r\AT10CnO?s^KOV1. 

O-ro^ E^A«-\()^ uyisE^»^s«jt ^ ^sie« ^'\. ec^"«^. heu 

O'TO^ «H EnV)E« TtsEWSCKOTi^on. At^^^^Ai rtujonr eJd^hs^ 
vio-rnouoc E^^E TUcrtHO'r E^^nra^^C^^^^ ' t>^" «otua 

rtu^UiTl^. OTO^ VICEEfUETsEIAn hf^n rt^rf A^H E^OITA^. 

ot^o^ ort monos^s movcnrrtAH^c tieu «o'rE^HO'r. 
Ef^CA'JSt VAEiHJuonr «onruH^ rtcon. t^'Y^X^^ Ti^^onr 
eIdO'WI E^.\7ßi^0C rtrts^EU^SHi. 

1. A. omel les trois derniers mots. — 2. A. : wn^tp jaija- — o. A. : hytn tukocuoc- 
— 4. A. : tiVjpHv — 5. A. lit tp-rc^^A^in et corrige : tpHC'r;/Ai^fem- 

foule sortit au-devant de lui, les clercs {/Ar.pwo?) portant les evangiles {süxy- 
yeliov) et les croix (o-raupo?), des encensoirs et des cierges ardents, et psalmo- 
diant (i}/a>.X£'.v) devant lui, jusqu'ä ce qu'ils l'eussent introduit dans la ville. 

C'est ainsi qu'il fut ordonne (ystpoToveiv) areheveque (äp/u-ic/.oxo^) le huit 
de Choiak, un jour de dimanche (•AUfiax-/)'), et qu'il fut etabli sur le tröne (Opovo;) 
apostolique (xt^octoXi/öv) de Tevangeliste (eüayye'Xtcr/i'?) * saint JMarc, le flam- ♦ Fol. 230 
beau qui a brille sur nous ; ainsi fut celebre sur lui le Service du pontificat 
(ipj^tepeu;) Selon les Canons (xavwv) apostoliques (äi:o(jT0>.i)4Öv). 

Ouond il eut regu de Dicu le pouvoir de Her et de delier, il brilla sur le 
monde (jcociao;) entier; ä ceux de sa maison episcopale (e-n:i(j)iox£iov), il laissa uno 
loi (vrjp;), a savoir que les frrres vivraient tranquillement (viTu/zi^e'.v) dans leur 
residence, et (pi'ils s'oecuperaient (jz-eXeräv) des saintes ecritures (yfxfii); de 
plus qu'ils auraient leur Conference fTüvx^i;) les uns avec les autres; il y parla ■ 
aver eux un grand nombre de fnis, et leur fit envier la vie (ßio?) des moines 
de Scete. 



Fol. 231 



356 MINA. — VIE D'ISAAC. [58] 

sc^AK Eio^ r\Af^vitr\5CKorvoc. j^t^ Ö''^?^M ^'^^^ ^'^ 
«Ätjj. Ti^ATi^uoT V1'^A?^(30 rtonruH^^ rt^H'^. C0Y1 rt^Pitn 

rtEU TisÄ^oi. ETisc<JuuA rtTiox*^ rnE vv^c. 

E&io^, j^^ft oTf^o*^ A^uorts üuo«^. HEU onr^A^s. V^Ert 

1. A. : «A^JitpA-f • — 2. A. : fct-jMM'T' , 



Quand les autres eveques (eTct'uxoTtoi;) et les moines ([lovxp';) des monas- 

■ teres (pvotffTYipiov) eurent appris que le Saint Isaac etait archeveque (d.pyu- 

Tii'fjitoiro;), ils vinrent le trouver et se prosternerent (7:po(7>cuvciv) devant lui; ils 

connaissaient en effet (ü)?) sa grande sagesse (cotpia) et son ascetisme («(T/cviiti;), 

et il etait un modele (tutco;) pour eux dans les boiines oeuvres. 

Ce Saint (ay.oc), mes bien-aimes, Dieu lui donna (-/^apt^eoOai) des gräces 
de guerison de beaucoup de sortes. Toutes les fois qu'il devait monter ä 
l'autel pour faire l'oblation (irpoctpepetv), depuis le moment oü il allait com- 
Foi. 231 mencer Toffrande (äva.(popa) * sainte, ses yeux versaient des larmes jusqu'ä ce 
qu'il eüt termine le service. Et quand il etait arrive ä Tinstant oü le Saint- 
Esprit vient sur Tautel, il voyait (Oewpsrv) le Saint-Esprit venant sur Thostie 
(Quciot), changeant le pain et le calice dans le corps («röiy-x) divin du Christ. 

Pendant que ce saint (ayio?) voyait cette grande revälation, la crainte 



lol. 231 

V. 



[59J PIKTK. FOL /l-:i,R. o57 

A ^'^ Atitrt rttUTi^j. noTAr^oc unj^s^H^Y e<^ot3.^. 

O'TO^ rtA^t ntc^vio'Y^c ÖS Tto'Tuasns üy^k:"^'Y "^^'^"-' 

ryxA E^onr^^i. uc^^^h-^ uvt^vts^'^^ ä^auacsoc. utunsco 

Ac^iAC^o no'TUHjJj E^o?\ V)En nonr^E^ECsc. A^Ertonr 
eJdoxti ETimA^*^ E^coTTJun. i\ii TJEndc mc ^X^- ^^^ 
onron UEn a<^'Y'^'^^ rtuiox. ^AnviE^^uJonrns -ke TiAf-\ 
"i'juTT^ uu'juonr E^o<^. V)En TTJSimiJ^o'rE^AnA^EUAni^m 
r\Tiox^E^ECtc uum uu'^oir ^^o7\ ^\iin t\s^uoi. ' E^Ä 

^OT^E ■^'T^X"- OnrO^ EIA ^"Y En«-\ EloOnO« EOTISUU 

E-ruox'Y ^^öc^ "^^ TiCArtAiyo. a^^'^^uc «otuh^ Iqe« 
ntUA EiEUUAir. He ^ujui. He c^sus. He «su^'^. He 

1. A. : t&ui'^- — 2. A. corr. : guicnt- — 3. A, : «A'-jjaon- 



s'emparait de lui, avec la joie; aussitöt son visage envoyait des rayons (äiCTiv) 
de lumieie, de sorte (wore) que tout le monde admirait, en disant : « Dieu 
nous a rendus dignes d'iin saint (ayio:) d'une pareille saintete. » 

Et son esprit (voö;) etait lumineux ä l'egard des dogmes fSdyiAx) saints, ä la 
facou du grand Athanase et du sage Cyrille, dont il etait le successeur 

Et quand le saint Isaac sortit d'Egypte, il ranieua uii grand nonibre 
(d'hommes) de leurs heresies (atpsstc), pour les faire rentrer dans la vraie 
foi de Notre-Seigneur Jesus-Christ. 

II donna le bapteme aux uns, et regut les autres ä lui, pendant qu'ils ana- 
thematisaient {ä^a.Hiii.axC^iiy) eux-memes leurs heresies (aipsci;), par la vertu de 
la gräce * dont Dieu l'avait favorise (x^api^ecOat), (!t de ses paroles qui sauvaient * i"'- -'i 
les ämes ,i<\i\>yi)). Et Dieu Tayant conduit dans un bourg nomme Psanacho, 
il baptisa dans ce lieu-la une grande multitude, hommes et femmes, grands 
et petita. 



358 MINA. - VIE D'ISAAC. 60] 

Q'TO^ ACjiJ^wTH u^^riAnr ÜT^^A^^c^on. tc^^oit&k neu 
GnATEVt^-j 'K^ ^'^^^^' ^^^^^ rinEc^?\A?s En^yujn ei^e. 

A^^S A^OU Et^'JS^'JU ÜUOC. "ÄE n^OK OV'ib.^KEOC ndc. 
«EU T\STTrt<3^ E^Onr^ßi. A«-J1H^«^ UY\^^UJU^ J^«-JCOC^. 

ht« '^onrnonr ^^«^<x»iyEU «äe T\t;)(^fuju. E^CJ^)3on^u 

Um^uau^. Af-jÜlOVl CA101CJ. J^Cj^u^Ts ETVEt^H^ Et^'^UJOIT 
Ü^-^. «EU ^^7« E^OXaBi. 

^^ATlACtOC "KE T1^;X^^'^^'^^^P^^^. ^^ EliJcrtE^J^Ofn 

1. A. : AtjujÄttco- — 2. A. lit ?,AKKon et transcrit ?xavkoc- 



Et il arriva qu'au moment du repas (aptcTov), comme il etait ä table avec les 
eveques (eTTtoxoTCo;) qui Taccompagnaient, on fit entrer un honime vivement 
torture, l'interieur en feu, de sorte que s'il buvait im plein vase (laytov) ' d'eau, 
il se trouvait comme s'il n'avait pas bu du tout, ä cause du grand feu qui etait 
au dedans de lui. 

Quand ou Feut amene pres de lui, il leva ses yeux au ciel, et poussa un 
gemissement, en disant : « Tu es juste (Äwaio;), Seigneur, et tous tes juge- 
ments sont droits". » 

Le Saint patriarche (itaTpiapy-zi;) , ayant pris une coupe de vin, la signa 
(^ippayii^stv) au nom du Pcre, et du Fils, et du Saint-Esprit, la donna ä 
riiomme; et il but. 

A rinstant meme, le feu s'eteignit ä l'interieur deThorame; il fut enrepos 
aussitöt, et se rendit ä sa maison, eu rendant gloire ä Dieu et au saint. 
Fol. 232 Athanase le chartulaire, dont nous avons parle, * causait de la peine ä ce 

r. 

1. ou lagena. — 2. Tobie, in, 2. 



f61j DON DE GUKRISONS. 359 

•i>.E rtJ^t^rtHonr eij^ko vt^onro. At^t^Koir'x^t rt^m 
rtÄ^j^rtAcsoc y\s;xA?\ioir7^A^toc '. EK'Sua iiuoc rt^t^. 

2Je EJAJtun EKTIA^^ tn;X^' 4^" EIAt^l^EUCOS. E'XEn 

1. A. omet ce mot. — 2. A. corr. : EUAjytu- — 3. A. corrige : ttjx^iu — 4. Ce mot 
nous fait penser au grec u£[jiv^(j9ai, equivalent aucopte Ep^^iiETi- A. Cod. jLinEpEpnxuit|)m- 
— 5. A. Cod. ^A?\ni"?»Ap»oc- 



Fol. 232 

I'. 



Saint (ayo;); car en realite le pouvoir {ilo'jnioi) etait en ses mains; et lo vieillard 
fonliaii a Dieu sa sollicitude. Subitemeiit Atlianase fut puni de son infide- 
litepai- le Seigncur. Dieu eiivoya uiie maladie sur son fils aine, de sorte qu'il 
fut pi('s de la mort ; son pere fit venir un grand nombre de medecins : la gue- 
rison ne lui vint pas ; biou pbis (aaUov), il allait deperissant davantage. 

Atlianase, le cujur tivs deprinie, clierchait du soulagement pour son fils; 
il neu trouvait poiut. 

Et de plus (laus cos circonstances il ne se lappelail i-ieu; el autour de Uli 
ötaient assis tous les notables (ip/wv) de la villc (tcoai;). 

Or il arriva dans cettc uui(-lii quo le Seigueur 'fit celte n'-vi-lalion ä l'ai- 
clieve(|ui' («p/isTC'T/'.oTro:) : « Kuvoic quelqu un deuuiin i\ Athanase le cliartu- 



360 MINA. — VIE D'ISAAC. [62] 

6iA rvtT\ATfSA^;X"C uot*^ tn^tnscKOTioc^. ac^hä 
äcjtfonrua ftiS^E aBi&lA r^Hrofsoc. tc^'2S^uji üuoc. äe 

KCUJOnrn^ ÄE T^Al^uJUt "ÄOm EIEKUETArSOC. UHY^UJC 
O'ir^AVIlJ.C^A YIE T^AtOnOUAn^. fnEt^u^lEU^^JUH^ UUE^UM^ 

tt^C'JUO'm JÜl^M ElOnOTJUCj «EU ^'\. "SE ^H EIA^^S^Ot^ 

vußiErt. 

1. A. Cod. EHACjEflXTUl^""' — ^- ^ • ^EUJJLAI- — 3. A. : HAU^ÄT- — 4. A. : tn^E 

TucKonoc- — j. A. corrige : EKCu«oxn- — 0. A. : ajäo^j. 



laire; tu lui diras : Si tu crois au Christ qui m'a etabli sur sa sainte Eglise 
(£/.)t>.r,oia)j alors le Seigneur fera ä ton fils la gräce de 4a guerison. » 

Le Saint s'etant rappele ' la rev6lation, appela son disciple ( pt.a6-/iW;) : u Y 
loi. 232 a-t-il un eveque ici? » II repondit : o Oui; ' il y a ici Abba Georges, et Abba 
Gregoire, et Abba Piamot Feveque de Damictte. » 

Le patriarclie, avant appele les eveques, leurappril cc qu'il avait vii dans 
la revelation. 

Abba Gregoire lui repondit en disant : v. Tu sais que cet liomme est irrite 
contre ta saintete. Cette apparition ne sorait-elle point (u.-/i'ww:) une Illusion 
( (pavTacia) ? la legende ne devenant pas realite et nous causant du mal. » 

L'archeveque repondit, comnie (ü;) conscient de ce qui se passait entre 
üieu et lui : « Ce que je vous ai dit, dites-le avec confiance (irappr.Gi'y.) devant 

1 Traduction de Ept^UExr .substitue au texte. 



[63] PARDON DES IX.IURES. 361 

GnA'Tj^t rv'juo'r kj^ij^ 4^?^*^ E^At^'ÄOC. J.nri trtH^ 

^^E|^J^V1 T^S'l^?\do J^UJiY»^ ÜTIA^H^^. EßiOrw ^^HEVt TtSA^ 

rtEU Ki^^?s?\OC * rtEU »rTl^imC. HEU CEnrH^OC. ' Fül 233 

Id^ 5iErtdA?sJ^'r2s: rtn?En^cKor\oc'. •2S:e lErt'Y^o E^uinEn. 
^mA rnEnErtV)UJivi'2S^ ' ETH^^^yC^ErtiCKOTtoc. vnEf-ji^^&k^ 

JJL^'Y E'2S<JJt-j V\1EC^O'r'2S:3<i. «ÄE OTH^ "lErtrtAJÜ'iSEUQSOU 
Art ffSOnOU^I eV^OVSI Eäujc^. E«&iE nSTlEI^'JJO'r E1AVA 

1. A. ajoiite tTXiu uuoc- — 2. A. ecrit me nEitV)ai«X' — '■'>■ A. : athäue 

EnmAHflAp^XHC- 



tout le monde. C'est saint (ä-;<.o:) Marc, le saint Evaugeliste (süaYyeXicrr,;), 
qui vous conimande. » Ils partirent comme il leur avait dit, allerent ä la 
luaisou d'Atlianase, et le tiouvereut pleurant sur son fils : ils lui direat ce 
ijue rarclieveque leur avait dit. 

Athanase repondit, et dit : « En verite (iX-flOü;) si la guerisoii arrive ä mou 
lils par l'archeveque, je croirai en lui comme en Athanase, et eii Gyrille * et» loi. usa 
eu Ignace et en Severe. » 

Alors Atlianase et sa femme so jetereut aux pieds des eveques : ft .\ous 
vous prious d'engager Tarciieveque ti prier üieu puur lui aiiu qu'il soil sauv6 ; 
ear, en vöritö, nous ne pourrons pas regarder vers lui, ä cause des mau.\ que 
uüus lui avons faits. » 

Les eveques ('staut partis. apprirent au saiut patiiai'ilit' lO (pfavail dit 
Atlianase. 



362 MINA. — YIK D'ISAAC. " [64] 

tnsMA^do E^At^J:y'J"T^^ unonr^yH^^ i^o"^ ^\iErt inAf2)C"E 

mCKOrVOC. AT^^IOnr E'ÄEVI TVOT^O )r)A UEt^dAT^Air^S:. 

EnrE^Eim uo'^^crnrrnjiJiuH EßiO?\ ^^ioi«-j. 

ITe-ÄE TVSA^^^HErtSCKOYlOC flAiJAVIAClOC. '2S:E TIA^H^S 
A^E^ E^OK. IC^^ETA ^OOT ÜTIE^-Y ^^^^^ «-^EKKT^HCSA. 

♦ Fol. 23S * «jSE 4^H etY tV^onru e^^ Ert -^ekkt^hcsa. ^^"^ EjDonru 

Oto^ sc!2SEn T^iE^oonr eieuuA'tp. a yua^^X"^^^^^^ 
Y\oc ^^T\s EtJjiAmonn^ moit^ rtAiJAriACsoc. e^-j'Y'^''^*^ 
viAt^ u'^^M'Y vtonoArrETsOC «ie ^'\, 

1. A. : in^iiA. — 2. A. : iisiiAnKon- — 3. A. : e«-i«fOT5nj- — 4. A. : tnAt^iyi"n>. 
— 5. A. : EmAmoxn« 



Alors (TdTe)rarchevöque se rendit au lieu oü etait l'enfant ; il se tint debout 
au-dessus de lui, fit une priere (süp) sur lui, et le signa (ccppayt^eiv) de sa 
main sainte. 

Aussitöt Feiifaiit se dressa liors de son lit, comme s'il n'avait pas ^te 
malade du tout. 11 dit qu'ou lui apportät ä manger, car rpellemeut depuis le 
jour oü il etait tombe malade, il a'avait goüte a rieu. 

Athaiiase et sa femme, ayaiit vu la guerison de leur fils par rarclievßque, 
se jeterent le visage cuutre terre a ses pieds, lui demandant (aiTarv) pardou 
(auyyvtoy.vi) . 

L'archeveque dit ä Athanase : « Mon fils, garde-toi ä partir d'aujourd'hui 
Fol. 233 de faire du mal ä FEglise {iy.y.7.r,':iot.)\ * car celui qui agit contre TEglise agit 
contre le Christ. » 

Et depuis ce jour-lä, l'archeveque fut honore par Athanase, qui le venera 
comme un ange (ayyE>>o:) de Dieu. 



[65] RAPPORTS AVEC F.K ROI. 303 

Q'iruMu^ yicoT\ j^j^c-^uonr'Y «^^. «nonr^EUCt ueu 
rionoE^MO'r. rnonrEfC.'rm^;)(^\A^. E^ßiE äe A nmnr^o viAnr 

acjA)<x»Y\s 'h.^ vtonrcoTT e^e ^TETiitui Efcirrt<j^?.sc. x^\ 

1. Pour nAffHCJA- — 2. A. corrige : euajmiu. — 3. A. Cod. crmw^iA- 



Et l'archeveque park avec Athanase, pendaiit que la confiance existait 
entre eux, de rEvangelion d'Alexaiulrie, pour qu'il s'interessät ((piTkOJcaT^eiv) ä 
cette eglise parce qu'elle tendait ä tomber de vetuste (ypovo;). 

Et par la gräce de Dieu il la releva et Toriia avec une grande magui- 
iiceiice. 

C'est aussi daus soii temps que les Gent se reunireut ä Alexaiidrie, ce (jue 
n'avaieut pu faire les archeveques qui etaieut avaut lui ii cause des eniiemis 
de notre foi. 

XIII. Rapi'orts avec le ROI. — Dieu lui doiina eiicore une sauvegardc 
vis-a-vis du roi des Sarrasins {nniv)\ il eii etait lioiiore liauteiaeiit, comme il 
riiouorait. 

Un grand nombre de fois il l'appela cliez lui, pour qu'ils [lusseiil s'asscoir 
et converser {aw^ujj.a.) eusernble, parce que le roi avait vu un grand nombre 
de guerisons operees par lui. 

11 arriva une fois, comme notre pere 6tait en ceremonie icuva^ic), que le roi 

PATK. ÜR. — T. XI. — F. i. -l'i 



364 MIMA. — VIE D'ISAAC. [66 

Fol 234 tc-jcm? u'X:t * nonr^o rttu ntt^uvijjj ih^«^. ^t^s cj^5iO?^ 

Af^X"^""^^^^^^^- ^M^ö^ t^AIC^ fiStTI THUArtt^JJJ'JUO'T^^. 
CA^A^O-IT ÜUO<^ ECY riOU'Y n^<^. 

At^Txiui. onro^ Acjj'Xioc vtonrAii vtrtvs e^uoj^» sieua^^. 

2S:E UAJ^E TIAV: UDnO-^ EV\<A^;)^viEV\tCKOT\OC VIVJt. EC^O'ITUJijaj 

EEU^. E^^E ' 'Y'^'^^^'^^C; EIK^J'Y ^^^M- "^^ ^^"^ ^^ ^^\ 

EnCA'X;^ rtEUA«^. V^E« mUUJST EIEC^O^S EfAI«^ ^i'X;'Jut^. 

Q'TO^ ETAC^OIT'JU'JJ EO10*JU^r\2 uy^^ujiiH EJ^OTTI. Ä 

TVOT^o riAir E'^T^nrriAUic ecuo*^^ eBio?^ e2S:ujicj. ^ 
onr^o-^ d^nt^. At^^»J"T. V:)Ert o'inA^^^H rtEU nw Ei^rtEUAf-\. 

ÜHE ^?\i rtAnr ETIldua^n EßiO?% E&iH?% ETAOT^O ÜUATAIt-J. 

^'^^M^'^^ eV^oitvi ' EHEc^vn. Ac^rtKOT VA^E^^ '^^o^. 

A«-JEf 3ÜH^^H'Y rtOnO^Ef^UUJOnn, UnEt^JJJ'2S:EU'2S:OU ÜCA'2S;^ 
l3En n^E^OO'T EHEUUA'T. ATi Vt'X:E «1»;)^ A?s10ir?sAf IOC. 
At^^UJl?^ EV^OnOTI ^A^Ot^. "Ä^E VnOIT'ÄEUTlEC^J^mi. A«-J 

1. A. ajoute äe- — 2. t ajoute au-dessus. A. — 3. A. : tgoTn- 



Fül. -j-.i'i viut eil passant * avec toute soii escorte ; il viiit eu deliors de la porte de 
Feglise (v/.y.'kr.cioL) , regarda daiis l'iiiterieur et vit l'arclieveque debout ä l'au- 
tel; des flammes reiitouraient, et uiie Vertu (Äijvaaic) liimineuse etait derriere 
lui, le fortifiaiit. 

Le i'oi ayant vu cette grande apparition, fut emerveille ; il dit ä Tun de 
ceux ijui raccoiiipagnaient : « Va-t'en, appelle l'arclieveque pres de nioi. » 
11 voulait savoir ce qu'il eu etail de la Vertu (^üvx[j.i;) qui l'entourait, «juel 
etait celui qui parlait avec lui, dans la voie oü il se teuait. 

Or, ayaut voulu euvoyer riiomme dans l'interieur, le roi vit la \'ertu 
(iJüvaf;.^) marclier sur lui. La erainte le saisit; il s'enfuit prestement avec ceux 
qui l'accompagnaient : aucun autre que le roi u'avait vu l'apparition. 

S'etant liäte de rentrer dans sa maison, il se coucha de peur et fut conime 
Uli homme mort, saus pouvcir parier ce jour-lä. 

Les cliartulaires vinrent en häte vers lui pour s'informer de sou etat; 



167] RAPPORTS AVRC LE ROI. PRODIGKS. 3G5 

•^s^tut^' tc^tnKOi Ec-ju^<jurt? üitn '\^o'Y. tiAnr^trtc^ t^&\t 
rtEt^^A?^ " nAT E^o«^. onro^ tiAnrcuAitu axe^^^h^». ■ 

;)(^MEr\tcKonoc. ETAt-jt -z^e ;^A^ot^. A«-j^Enc^ e^^'äuji uuoc. 

2^E UnrnJ^no EIEKO^l E^AIK ^^'ÄETI n^UAVtE^JJJuao-Y^J^S, 

AKCJ^TS^t rtEJüL rt^u UTimAnr eheuua't. se nsu he ^m 

EH Am Air E^OtJJ. tc^O^< EfAlt^ ECKV^k'. Ef^Ot r^O^T'JUSn^ 

mionr^o. TS^E EtCA'x^i rtEU r\Artoio'\. ha^e n^Af;x"^^^^ 

KOrtOC OS VIAHEUS AH T^E. E'^'^SlOU EIO^S Ef A^C rtEUA«^ 
rtCHOnr TIS&iETI. E^A<^A?%HS EÄEU TtiUAVIEf JjyuAOT^i. 
U^^H'^ ort ÜTlASKECOn. 

YIe'2S:e no-r^o vtA<^ ort \ «xie cov\ rn^Ert EnEx:nA^«ju?^ 
E-xiEH nsuAVtEf^u^onru^s. 3(;nAnr ETtEKnono-Y- tte'2S:e nsA^ 
;y^wEr\\CKor\oc. «äe ce. 

TOIE Af^E^^^H^S rt2S:E nO-TOfO. nE'2S:AC^ ÜTSSA^^X"^ 



1. Lire AxXEMtj. A. — 2. A. : ECKH^K• — 3. A. omet 



OJt- 



lol. iVt 



ils le trouverent couclie, malade de pour. Comme ils lui demaudaient la 

cause [al-ix) de cette maladie, il leur revela l'evenement (jue sesyeux * avaieiit * ''"'• "-■^'' 

vu. Avant entendu, ils furent dans Tadmiration et reudireut gloire ä Dieu. 

Le roi, envoyaiit Tun d'entre eux, appela l'archevt'que ; et quand il fut 
arrive, il le (juestionna en disant : « Au moment ou tu etais debout ä Tautel, 
avec qui as-tu parle ä ce moment? ou quel est celui que j'ai vu debout ;\ cMe 
de toi, tout lumiere et feu? » 

Le Saint archeveque repondit, et dit au roi : « Je parlais avec mon Dieu. » 
L'archeveque n'etait pas saus coniuiitre la Vertu (|ui ötait avec lui cette fois- 
lä, comme toutes les fois qu'il moulait ä Tautel. 

Le rui continua : « Toutes les fois que tu t'approclies de l'autel, vois-tu 
Ion Dieu? » L'archeveque repondit : k Oui. » 

Alors(TOT£) le roi i'ul ctonn6 et dit a l'archeveque : « Votre l'oi est grande, 



366 MINA. — VIE D'ISAAC. [68] 

^"V- 'Y^^'^ "^^ AiEUS "Ät n^OK t^S'^T il^H tTtUUAnr. 
• Fol 235 OnrO^ »CiS^E« YTiE^OOT EIEUUA'T At^*^uar\i VIOT^uaUi 

«iPiErt E1E«-jnAJ±JE E^UJOT. 

äcjy*JLJlTlS "KE nOTE^OOT. E^E TtOT^O hylTi A7\^3<n 

'^^AV.s. E^Af^Ko^c ü&kE^i V)Ert n^E^ooir^ rt^E tec^ue 

ÄSÄ. A<^0?st^ eV^OITVI EYIEt^Hl. UTIEt^;^^ ^<J-»U^ T' EV^Onort 

1. A. : miuTEn; omet h)A- — 2. A. corrige : eköocs- — 3. A. : «ä^^he- — 4. A. : 
megOT- — 5. A. omet ce mot. 



ä vous autres chretiens (/pi(iTiavo;). Et je croyais jusqu'aujourd'liui que 
Abba Jean qui etait avant toi etait grand devant Dieu, mais maintenant je 
sais que tu es le Pere de celui-la, et que tu es plus eleve que lui aupres de 
Dieu. » 
" Fol. 235 Et depuis ce jour-la, il * deviut un homiue prophete dans l'esprit du roi, 
'■ qui Tappelait a tout instant patriarche, et le conduisait dans tous les cheniins 
oü il devait aller. 

Mais le saint etait adlige de ce (|u'il ne le laissait pas demeurer dans sa 
maison episcopale {imam-nnio'i) ; -car il aimait toujours la vie tranquille. 

11 arriva un jour, pendant que le roi etait dans la ville de Helouan ', qu'il 
iit bätir ä neuf dans les jours de son regne, qu'il appela l'archeveque, prit 
sa main, le mena dans son palais, sans laisser entrer avec lui aucun honinie 

1. Sur la rive Jroite du Ail, pres de Memphis. 



[69] RAPPORTS AVEC LR HOI, PROniGRS. 367 

UH-^. Et^^UJ«C t^-^ Un^E-ÄUJi^^ HH^C^. KAHA TIE^OC ' 

Er\H EMAcrtAnr E^^^Aonf. 

O'TO^ WE-iSAC TIAt^. •2S:E ^A^EU KEKOnr-ÄS * Ef E TtATlTIA 
«AS E&iO?. r4V:)H1 T1E. ^SIE«' 'Y^O'Y. rt^E VtM EIAmAnO 
E^UJOT. «EU «H E^ASCO^UOT. OnrO^ At^Ji^uarv^ ft-XLE 

y^OT^o V)En o-rrtt^-Y utjuu^. etac-jc«jj^eu EriAs fnonc 

rtTEC^C^tUS. 

1. A. : n^E«oc- — 2. A. : ^^ntu- 



Fol. -iiiö 



de ceux qui le servaient; il le conduisit dans une de ses chambres (xai-cSv), 
et le laissa seul : et le roi s'en alla dans son cheniin. 

Or la femme du roi vit de grandes troupes d'anges (iyyaXo?) ([ui se trou- 
vaient dans la chambre (-/.otTwv) avec le saint archeveque ; et eile vit une 
grande lumiere, ä l'instar de flambeanx (laii-Kxq) ardents, et des vetements 
blancs les recouvraient. 

Le saint patriarche Isaac etait au milieu d'eux. Ils louerent Dieu toute 
la nuit, Selon la coutume (eöo:;) des cliretiens. 

Et quand le momont de la lumiere arriva, eile informa le roi de cc (pi cllo 
avait vu. 

Et eile lui dit : « Peu s'en est fallu * que je perdisse connaissance par • r..i. 235 
frayeur, aprös ce que j'ai vu et entendu. » Et le roi fut dans un grand eton- 
nement, apres avoir appris cela de sa femme- 



368 MINA. — VIE D'ISAAC. [70] 

eV^ot«' miKotTJun. "äe rnEt^TJußi^ e'X:<juu ueu mn 

ÜULH;^. Et^^O'TTIT ETtAl)r)E^»?\0. EHTCA'Ät V^E« "10'r2S;m 
^CJJJUJiTIS "ivE IrjEU TUCHOnr EIEUUAT. At^i UÄE 

onr^ujiu^ Ec^iAivionn. e&koTs V^eta i;X"^?^ ürt^cA^AKH 
S10C. rtE onr^xpHcn^AUOC he V)En TtE«^j±jEUj±)t. 

1\1e onromAt-j'' üuAnr rt^w^s &i. vtsonoA^ rtE oirort 

onrTirtA h'keu'jjiti viEUAf-j. Tit;x^"^ "^^ A'^^'JJT^ e^^wus. 

6nSSfc.H UT1E<^^'Ä^EU'25:OU V\E^ ^AS V)En ^t^CjC^?**^. 
E^&kE 1^0^ ÜWEC^^UJil. «XlE Onr^^^HCI^AnOC T\E EC-J'XlHK 

i. A. oniet eVjoTn- — 2. A. : un^Kuu-^. — 3. A. : nt OTmA^-j — 4. A. : Ä<^ni"n- 



Alors (tote) 1p roi lui dit : « Je Tai fait entrcr seiil dans la chambre (xoi- 
tM'i), pour qii'il prie pour nous et nos fils »; mais ßi) eile lui jura : « J'ai vu 
une grande multitude rassemblee pres de ce vieillard; ils parlaient ä leur 
Dieu dans leur priere. » 

Alors (Ti-ce) il le laissa partir le lendemain : le roi en vint ä lui rendre 
gloire; le roi bätit aussi des eglises (U'/SK-nnia.) et des monasteres (aovxirT/ipiov) 
de meines (y-ovap:) autour de sa ville (tc6>.ic), car il aimait (äyaTiav) les chre- 
tiens (ypinTtavöc). 

II arriva dans ce temps-lä qu'un liommc lionore vint du pays des Sar- 
rasins : c'etait un chretien par son culte. 

11 avait deux fils : Tun avait un esprit (rvsöjAx) demoniaque avec lui ; l'au- 
tre avait fui en Egypte, voulant renier la foi du Christ : car il ne pouvait pas 
le faire dans sou pays (xwpa), par crainte de son pere, qui etait un chretien 
(yptcTiavo?) parfait. 



r. 



^71] RAPPORTS AVF.C LH ROI. PRODICxES. 369 

n^Hfs e;X"'^^' ^" E^Eft T\mrtA ' rt-z^tu^Au ntuA«^. s&t 
t^o'r'X:At. t<*E^E •2S:E At^cujntu «^st ^An^rsoc rtit ^\7'^ rtt. 
E^ot^ V^En o'rrt^^'Y rt^A^V ^"^^ A£i:Zi.E?^A"^^c. e^^^e "äe 

«E O'TC'rrrETIMC Ü^At-J TtE- EIAt^^E^Cj E^^E Tl^'X^m^ 
^Af 0<^ \ A<^^AUO<^ E^f^E ^^^ r\\^tr\ ETAt^^ E^eiH^O'r. 

ot^o^ At^^ortt^ ^^ocj V)ETt onrn^^-^ «E^onroi. «eu 
r\c<ju<^ ft^Ec^^Ac^oc^. AtJj^^u^ Vdeu onrÜKA^ ft^H^. 

Ot^O^ T\E'X;AC-\. 2^E TtEKCnOC^ E^?>^^ ^ ESSUJK VtA^H^». 

1. A. : ^^H EHE 0Tn«A- — 2. A. omet ces deux mots. — .3. A. : j>Äpotj. — 4. .V. : 
eV)phv 



* Son pere, aprt's l'avoir poursuivi sans le trouver, se mit eii roule et ' loi. -im 
vint en Ko'vpte [loiir (iv?.) le rencontrer; il le Irouva ayant renie sa foi, et 
choisi la part de Judas plulVit i|ue celle du Christ. 

Le-pere du jeuuc lionime avait amene en Egypte son jeune lils chez 
lequel etait l'esprit du demon, pour que (iva.) les eveques d'Egvpte priassent 
pour son salut : car il avait entendu dirc que c'etaient des saints (iyto;) 
de Dieu. 

Ouand cet liomme clireticn (/pi'i-r'.avö;) vint en Egypte, il y i'iit re^u avec 
unc grande joie |iai- Abd-('l-.\/.iz : car il etait ini de ses parents («iuyysv/)';). 
Intorrogö sur le but de sun voyagc, il rinlornia de tüus les motifs pour les- 
(|uels il etait venu. On Ic n-rut avec un grand cinprossement et de grands 
honneu rs (-<.[>:ii). 

Alors (Tore) rhomme vit t\\u' son lils ne l'eeoutait pas, pour se convertir : 
il [ileura avec unc grande dnuicur de ca?ur, et dit : ic Que ton sang retombe 



370 MINA. — VIE DISAAC. r72] 

SC'X:tT1 '^nono KOS riJAjtuUO E^OS, Vjtn Y\X\ EUJVI. UtU ^H 

t^rtHonr. 

loi. 231, on^^\fEn^•z^OEyTscKonoc. <\?a\ e*^e onr eBvots yse V^Ert 
rts^E^ECSC riiE rtsAiJ^^E. ET^-riAUOt^ i^i "äe onrEYSSCKO 

y\OC YVE. UYSEt^EUS «XE OnO^E^E^SKOC HE. A<^Ert TIEf^^M^S 

O'TO^ ETACJE^ ^AS rt-SE TVSÄCE&iHC HETISCKOTIOC E^EU 
UJ^T. ÜV\E<^^'2SEU'2S:OU «TATsdof-J. A?\?\A ri3.fE T\mn3. 

t^^uJ^o'r -^V^ics uTisAT^o'T. t«^^)^^ uuot^ ATI EEU^o^^• 

OtO^ nA«^OS rtEUKA^ VI^HT n'2^E m^UJUS EJÜLAJi)'^. 

o'To^ ETAtJjnAir t^ot^ rt*ÄE Tsonr^o. e^e TiEt^^o okeu. 
TSE'JS^At^ «Atjj Ät ox TlE^^o^^ ^ uuok. 

ToiE Ä TTSfujius lAuot^ E-^EnsA ^^^E hs^^aaRl. eta«^ 
^svis «Kt riÄE noxfo. •X:e thu wi nsEvtscKOTioc eieu 

UA-r. AITTAUOC^ ÄE ^^A nSOxßvE^^EnO'rt^S VVE. A^^E^ 

1. A. corr. : ox ne enjyon- 



sur toi, moa fils : a partir de ce moment, tu es un etranger pour moi, dans 
ce monde (aiwv) et dans le monde ä venir. » 

Comme il cherchait iin öveque saint, pour qu'il priät pour le jeune 

Fol. 'J3fi liomme, il sc trouva lä un faux evöque (ij/euSos-icxo-o;), qui * etait de Theresie 

"" (aipact;) des Acephales : comme oii lui avait dit que c'etait un evcque, il ne 

savait pas que c'(5tait un heretique (aipsTiz-o:) : il lui amena son fils pour qu'il 

priät pour lui et (ju'il tut sauve. 

Ayant fait ainsi, cet eveque impie (i(jsS-/i?) ne put le guerir; mais l'esprit 
mauvais tourmentait l'enfant sans lui laisser le repos. 

L'liomme eut une grande douleur de coeur; le roi, l'ayant vu le visage 
triste, lui dit : « Qu'est-ce que tu as? » 

Alors (tote) rhomme lui apprit la raison (airix) de ce fait. Le roi lui ayant 
demande : « Quel est cet eveque-lä? » il lui apprit que c'etait celui de 



[73] RAPPOE^TS AVEC F.E ROI. PRODIGES. 371 

Toit 3. no'T^o o'T'Ju^n V^tvi 'Yonrnonr tms «a«^ uti? 

SHC y^X^- EKEE^^uoi uvtEy^&iuav: uT^s^J<?^()o. 

UTTCUOT no'T^A^ n^jC^'J^u. OTOn rtsßiETI ET^.nrn^.T 

a Tt^fjuu» -njurtcj cAionc^. A'^cJ^'^M etiechi. \z)X 
rtEndA?^j^'r'2S^ UT\\A^2^HEr\^CKOTioc. j^tjjonr^j^i üuo<^. 

V)En iEc-j;)(uj^A. 

I.A. : ETCiunn- 



Fol. 237 
r. 



Niouberchenoufi : Thommc fut attriste, quand on lui apprit quc c'etait un 
heretique («ipeTtxö?) . 

Alors (tote) le roi envoya sur-le-champ chercher le saint patriarche Isaac; 
quand il fut arrive devant le roi, celui-ci Tinforma an sujet de l'enfant malade, 
et sur la maniere dont son pere s'affligeait ä cause de lui. 

11 prit un peu d'huile, et fit dessus une priere; il en oignit 1 enfaiit, cn 
disant : « Au norn de mon Seigneur Jesus-Christ, tu feras ä ton serviteur la 
gräce de la guerison. » 

* A l'instant meme, le demon (SxtjAtdv) sortii de cliez lui, sous la forme ♦ roi. 237 
d'une flamme de feu. Tous ceux qui le virent furent emerveilles, et rendirent 
gloire k Dieu. 

L'homme se leva aussitöt, se jeta par terre aux pieds de l'archeveque, 
lui rendit Hommage, et lui donna des parfums de choix, qu'il avait apportes 
de son pays (x^pa). 



372 ML\A. — VIE D'ISAAC. [74] 

tt^t^tim rtonrcuoT E&kO?% ^^it« Y\^A^2^vitnscKüT\oc. 

Kaia ^fw-^ tiAt^'ÄOc nos^E Y\tvic"Jnvi^ riArA^oc. 
•js^t ^H t^ut^ uuos. EtJJtutu^^^f^ rt'X:E tia^ujt. onro^ 

UtntrtcA riA^ 'h.^ Ä ' ^atioitoh t&io?\ Ioeti rt^cA^AKVj 

t^oK. onro^ rt^oc^. f~\6\ ^o'\ uuon. ntu tievitaa^'Y- 
HfiS^t T\onr^o rtujono. "Xit AnoK utrt üt^ArATiArt 

I.A. : «A^ EA- 



Le patriarche lui dit de grandes paroles siir le fondement de la foi en Je- 
sus-Christ, et sur le salut de son äme (J"JX,'fl)- 

Et rhomme pieux pria l'archeveque d'ecrire pour lui revangile (eüxyys'Titov) 
Selon (-/.aTä) Jean ; il lui fit une priere (i'jyrl) pour des pains d'eulogie (vAoyLa.), 
demandant une benediction de la part de rarcheveque, pour qu'elle füt pour 
lui nne protection pendant loute sa vie; et il s'en alla, en louant Dien. 

C'etait conforme (x.aTz) ä ce qu'avait dit notre bon (iyxöo!:) Sauveur ('7WT-/)'p) : 
« Celui qui m'aime, mon Pere l'aimera, et moi-meme j'habiterai en lui'. " 

Apres cela, des Sarrasins, haissant notre foi, allerent trouver le roi, et 
accuserent rarcheveque en disant : « Vuici que tu fais honneur ä Isaac et tu 
Fol. 237 le regois * chez toi; et lui, il a en horreur nous et notre foi. » 
^' Le roi leur dit : « Moi, je l'aime (iya-av); car je sai? par ses actes que 

1. Jean, xiv, 23. 



♦ Fol. 2 

V 



[75] RAPPORTS AVEC LE ROI. IIABILETK. 373 

o'vo^ ^drton y\'2S:ujic^ ' rtA«. nAicA'JS:^ t^E^tn'ÄUJ üuujcio 

E1ET1'2S^UJ UU'XiO'T HAK ^ArtUt^UHS VtE. SE ^X^'*^^?^ 

c^onou^u rtEUAK ^s ws^iHrtATS:. HEU nmnruau EnEViJDm«-^. 
AdrtE mEt^^s cnAnr^oc. 

G^UiV\ Af-\vxjntUE^ <^At. ^E ' A^^EUt «AK. "ÄE ^<^5i 

rts&iEn E^A^^'2S:o^o'r ^ viak. ^^ArtUE^nonr'X: riE. 

^tJjE^O'TUJl r»'2S:E TTO-V^O TVE"X^A«^ HU^Onr. 1^^ AMOK 

'YrtA^ET TitiEn^m loErt y\At^u^6i ^a\. 

Q-rO^ CA^Olf-J. AC^JÜLOV'Y Erti^^ATs^OTTsA^SOC TlETSLAt-J 
nuiO'T. -ÄE E^Onr'JUJJ^ «IE T\STlAT^tA^2)C"C ^ET TAA^HT- 

rnEq^onruJU tieuhs. e^'juyv c^E^ÄrAWArt ' üuoi. onro^ 
änrE^onrua rfXiE nt^ r\;)(^A?\ionr?%A^mc. TiE^Siu^onr 

1. A. : EXuitj. — 2. A. omet ce mot. — 3. A. omct ce mot. ayant lu tAp^EVii- — 4. A. 
lit EnAnxoT; no est au-dessus de la ligne. — 5. A. : E^^EfAPAnAn. 



c'est un homme de Dien, et qu'il nous est soumis; les paroles que vous dites 
sont des mensonges. » 

Mais Ils lui dirent : « Si tu veux savoir qu'il nous deteste, nous et notre 
foi, et que les paroles que nous te disons ne sont pas des mensonges, tu feras 
en Sorte qu'il mange avec toi, ä la meme table (ivtvx^), du meme mets qui s'y 
trouvera, et sans qu'il fasse le signe de la croix (TTxupd;). 

« S'il ne le fait pas, sache que toutes les choses que nous avons dites 
sont des mensonges. » 

Le roi repondit, et leur dit : « Je vous convaincrai de cette fa^on. » 

Et aussitöt, il appela les chartulaires et leur dit : « Je veux que le pa- 
triarche contente mon co3ur, qu'il mange avec moi, s'il m'aime (ryx-xv), 
mais sans tracer la croix. » 

Les deux chartulaires repondirent et direnl au roi : « Nous autres, ehre- 



374 MINA. — VIE D'ISAAC. [76] 

* Fol. 238 * tTlSO'Tuau n^o^Ti. iE «^VlAOnr^JU riEU^K. t^n^^ET 
TAEK^HI. SCÄC X^^X^^ ^^ '• ^^ lErtUETt ATi. ÄE 

^cjE^oiT'iji YHJLionr «"ÄE Tionr^o V)En o'r'X:ujm. "äe ^ 
-^nA^fEc^onruju rtEUWi. oto^ 'Y^^'^C^^^ ^'^ ^^^ ciat 

•x:EU'Sou rtE^ox«Ju rtj^«^. E^BvE vjs'is^ujm EiEnV^wn^ 

^C^KXiWS OTVI rtO'TE^OO'r. EIA Ttt^^^^WET^^CKOWOC s. 
•ÄE EC^rtA'XlEUTtJAjm^ ÜnOT^O. KA1A lEt^CITYlH^^Ä. E^^ 

EtJj^Eucs. rtEU TTO-r^o. HEU Ti^uHjjy iH^t^. rtEU rtm^^^Y 

1. A. ajoute xe ici et l'omet apres les trois mots suivants. — 2. A. ometce mot. — 
3. A. au lieu de mt ni lit «ni- — 4. A. : tni ^ejjicv — 5. A. corr. : KAn^cKioJi- 



tiens (x.pt5Tixvo;), nous ne pouvons pas manger, sans tracer la croix aiipara- 
* Fol. -238 vant. Si tu laisses l'archev^que tracer la croix * d'abord sur les aliments, 
'■ alors il mangera avec toi, et satisfera ton coeur; si tu ne le laisses pas, dans 
ce cas nous ne pensons pas qu'il mange avec toi. » 

Le roi leur repondit en colere : « Je le ferai manger avec moi, et je ne 
le laisserai pas tracer la croix ((jTaupd;); s'il le fait, je le tuerai. » Et ils ne 
purent lui repondre ; ä cause de la colere qui etait en lui, ils se turent. 

Or il arriva, un jour que l'archeveque (äpyiemc-zoTro;) etait alle faire visite 
au roi, selon sa coutume (wv/iöe;*), qu'il etait assis avec le roi, et tout son 
entourage, avec les principaux parmi les Sarrasins, et une foule de notables 
(xpycöv) de l'Egypte. 

L'archeveque etant assis, on apporta une corbeille (icavioy.tov) de dattes 
magnifiques devant le roi. 



r77] RAPPORTS AVEC LE ROI. IIABILETK. 375 

n^^ujus. <\?As E^A r\STtnA e^ota^^ jünosi üuot^ E'Ä'jut^. 

uons ÜTTiKAVt^CK» ' V)E^ o'ry\<5.no'r^rsÄ e^e nsßiErt^ 
T\V)Hit^. rvE^SAt^ uTioT^o. "XE E;)(^o'iruau^ nij^onruju ^\x)>^ 

'Ilonr^O "i^E UTlE«-^EUt E^H E^A<^Ai<^ rA'X:t yHA^;)(^WETHC* fül. 238 

ytKA'^. rtEU ns^uoi UT\A^A'2^oEon eha ^'\ ^tionr 
rtEU^j^c^. 

^c^E^OTUJ n'SE nonr^o e'^'JS^^ju uuoc nx^. äe 
n?uu-»ST EiEKOTA^f-j onrujju uuAir. onro^ etj^xkhti 

E&iO?\. 

I.A. omet u- — 2. 7\A est ajoute au-dessus. — 3. Le scribe a ecrit deux fois enic- 



Le roi commamla ä l'archeveque de manger le premier. 

Le Saint, plein de sagesse (ffo^o:;) dans les choses divines et liumaines, sur 
qui reposait le Saint-Esprit, ä l'instar du prophete (TvpocpvfTn;) Daniel, etendit 
aussitöt sa luain droile; tres habilement (luavoupyia) il prit la corbeille oü 
etaient les dattes, et dit au roi: « Tu veux que je mange dans quel sens? par 
ici ou par lä? dans cet endroit ou dans cet autre ? » 

Le roi ne savait pas ce tju'avait i'ait l'archeveque. ♦ Toi. 238 

Les ciiartulairös et les uotabK'S (apywv) comprirent ce (|u'il avait fait, et 
furent enicrveilles de sa grande iiitelligeiice et des dous incrovables (TrapxÄo^o;) 
que Dieu lui avait faits. 

Le roi repondit et lui dit : a Mange du c6tö que tu veux » : et i|uaiid om 
eut fini de manger les dattes, le roi laissa partir l'archeveque. 



376 MINA. — VIR D'ISAAC. [78] 

Qnro^ TiEÄE nonr^o fin^;xA?^no'Tr?sA^toc. neu ruA^ 

nE'2S:E TlOT^O rt'JUO'TO «Ät HA^ n^H*^ ^^^^ WSCIJ^nT 

foc. vifÄUJOT HAt^ 2S:E untn^s^nr et^c^^^ yvtc^iH&k eyh 

"K rtCAHCA mt T\iKAniCKl ' t«-J'2S:<JU uuoc. 

2?t AKonru-ij^ mAoir»jJiJüL üy\asuvjust it tia^ua. ^An 

tJj'Y ^t ^vj EiAt^'\'J"onr ntu ^uot rt'ii.ATimTs tu 
Fol. 239 TT^o^vjiHC üntu^o ' rtruonr^uaono vtit rti;^''^^^^^^ mu. 

numnofijuoir üie riJCA^AKHTioc. 

1. A. corr. : KArtJCKJon- 



Le roi dit aux chartulaires et aux notables, eii se flattant : « Je Tai fait 
manger sans le signe de croix (ffxaupoc). » 

11s lui dirent avec empressement : « II n'a pas mange sans faire d'abord le 
signe de croix. « 

Le roi leur dit : (< Comment a-t-il trace la croix? » 11s lui direiil : « Au 
nioment oü il a avance son doigt vers les quatre cötes de la corbeille, en 
disanl : « Veux-tu que je mange par ici ou par lä? dans cet endroil, ou dans 
« cet autre? » il a trace la croix sur les dattes ä ce moment-lä. » 

Alors le roi fut emerveille, et dit : « Vraiment je n'ai jamais rencontre un 
liommc aussi sage (co(p6;) que celui-ci. y> 

Dieu, qui avait donne gloire et gräce au prophete (-Trpoip/.TYi?) Daniel devant 
Fol. 239 * les rois des Chaldeens (XaX^aio?) et des Perses (DspaT,;), rendit gloire ä ce 
Saint (xyio;j devant les rois des Sarrasins. 



[79' UAI'I'()1{TS AVKC I.K ROI. CKIEK. .iTT 

Cuj^EU mA'XlUJ E^uj-itTI. ÜnA^KE^«JuBi ^IJ^^H^^. 
ac^uarit UmCHO-r E1EUUAT. Ä TJOt^^O U'^UA^O'^ 

rtOC. rtEU ^AHcV^Ai. Et^^AUO ÜUOCJ EYH^H^. E^ATEf 
KOnr-i^^ n'X;E niETUCKOTVOC ' mE ^EC^;^^?''^ ^- t^^t TTuacK 

ÜTi^uuj^T üuo;^^. HEU r\^;)(^^onoc. e^^e "äe tia'tjjj'äeu 
•Äou Art HE Ecm». EßiO?^ ^tiEn nox^o n^UA'T^'juiAn^Ä- 

^A1Ef-JE^ ^S^Wn« HEUAt^, 

Gti^'J:^» onrosi ^ nonrpo öh^ Eni;^'^?^ E^EUUA'r. ns 
^vjonr Art. 
TiE. «EU Ytonr^o virncA^AKHnoc ". E1E novf o n-^UA'r^'xi 

lArHA rjE. Tl^^EI 2vE E1E ^^A ^rH«J^ ' '^^X^^?'^ ^^- ^"^^ 

1. Le scribe a ecrit deux fois enj 2. A. : -f^iupA- — 3. A. : mucApfAKHJioc- — 

4. A. : t^Ä njjy^' 



Le rui lui reiidit gloire eu l'appelaiit toujours du nom de Patriarclie 
(TraTptzp/;/);), ä cause de la grace de Dieu qui etait eu lui. 

Ecoutez que je vous dise une aulre chose etounaute. 

II arriva dans ce temps-lä que le roi de Macuurie euvoya des delegues ä 
l'archeveque, avec des lettres, Finformant de la mauiere dont avaient dimi- 
uue les eveques (s-i(jy.oTCo;) de sou pays (x^pa), ü cause de la loagueur du che- 
iniu et de la duree (/povo:) du vovage, parce qu'ils ue pouvaieut pas passer, 
par ordre du roi de Maurutaiiie, jusqu'ii ce que la paix (sip/iv/i) se lasse avec 
lui ' . 

II y avait, eu effet (sireiS-/,), deux reis etablis sur ces pays-lä (^oipa); tous les 
deux etaientcliretiens (;(picTiav6c), mais {xü.x) ils n'etaieut pas eri paix (sis-ziV/)) 
Tun avec l'autre. 

Car l'uu d'eux, le roi de Maurulaaie, etait eu paix avec le roi des Sarra- 

1. L'IJistoire des Putriarches remplace la Maurotanie par la Xubie et la Macourie 
par l'Abyssinie, d'. /-•. 0., V, 24. — Le scribe a pu soiiger ä ki Mauritaiiie et au Maroc. 



378 MINA. — VIE D'ISAAC. [80] 

* Fol. 239 j>t-it Y\onr^o. * tiAt^tu\ tTiH Entnl3Hiono. At^t^ uka^ 

A«^c)r)AS n^AncV)A\. UTlO'TfO n-^UAnr^uaiATISA. Et^-^ 

codrts viAt^. rtEU c&lu-». V)Ert nE^^CA•2S^^ rt-^r^A^H 
E^onoA^i, y\A2\m ort Et^^sui üuoc. 2Se rt^^JunErt ^An 

UTE iE«-j>\/nr;y^H. riEU nmA^"^ rtof ^02:^0^00 fnE TijijHfs 

LlErtErtc^c. ac^cV^as ua^^ ' ort EjijiEUEfKO'^m ^ y\ns 
^ujus niE TisoTfo EicAnjAjms. E^^OTcm^ E^o?^ ^\nErt ^ 

lEC^^y^Uj»^^. EirnHOnr E^^E TAOnOETlSCKOTlOC '' "i^E «rtE 
' nSEKKT^HC^A E^J±)Af-JE. mEKSSEU Onm^J^'Y ^^S^^^O HAK 

Vdateti ^^. 

BlAnOEU^ "KE EHA^ rt'2S;E HErt'ÄA'ÄS ÜTlETirtA^'Y. AnOEf 

!2i.sA&vA!^m V3A y\»A^2^viEnscoTioc. V^A'iErt Tionrpo E^TÄuji 

1. A. on- — 2. A. : nnicApfAKHUoc — 3. A. : omet nx<-[- — 4. A. : EjaTEiiEpxu<?\VE?n 
(Cod. EfKui^ixin). — 5. A. : ^^tem- — 6. A. : rtoTEnicKonoc- 



siiis; Tautre, celui du graud pays de Macourie, n'etait pas en paix avec le roi 
des Sarrasins. 
* Fui. 239 II arriva, quand rarcheveque eut lu les lettres du roi, * que, connaissant 
leur contenu, il eut une graiide douleur de coeur, au sujet des eglises {ey.y.l-n- 
aion); aussitot il ecrivit des lettres au roi de Maurotanie, lui donnant des con- 
seils et des instructions, par les paroles de l'Ecriture (yp«?"/)') sainte, ajoutant 
encore (ttäIiv) : « Et vous etes chretiens (j^piGTiavo;) tous les deux. » 

Apres lui avoir adresse beaucoup de paroles pour affermir sou äme (»j/u/;/!) 
dans la foi orthodoxe (öpOö^o^o;) du Fils de Dieu, il lui ecrivit ensuite de ne 
pas empecher (xwAueiv) les gens du royauine d'en haut de passer par son pays 
()(^ti>pa) en venarit pour leur eveque, afin que les eglises (sx,y.>/)Gia) ne devins- 
seiit pas desertes; il en aurait une grande honte devant Dieu. 

Les ennemis de notre foi, ayant appris cela, calomnierent {S'.xSxklii^) l'ar- 



i 



-81| RAPPORTS AVEC r.E ROI. CONFLIT SOULKVK. 379 

«'^UAKonr^sA- onouj^rt vi^An^tuv\^uj&k vnA<^. neu 

uouon ^As. 3.7^-^A A<^t^ TTXiEonoua^Y^ urtonr^o rt-^uj^ir 
^ujiiAusÄ. tt^^Y codns r\3<^ E^^t«^t^^\^HnH. neu rto-r^o 
vH'\uAKonr^\A ntriTSiA'Ss. 

* üfE^A^i ^A\ ^»jun\ uj rvoT^o. ctn^t^ ono^Hi ^ fui >io 
nonr»Jui. vACETJuonrno'r e^^h^ E'X:ujn unonrE^Tto?%Eum 
rtEUJ^vi. 

Gha Tvonr^o cjuieu ehas At^'X:'Jwm eua^o. onro^ 
V)Ert '^onrnonr At^oiruj^r\. ü^An^Euri^<Ju&k e^ako^^- vieu 

^AHCJOA^ ÜTAtJJ. JAjj^ TI^AnoronrCIATsS '• EAt^cV^AS HAt^ 

unAs^w^. 

ÄE V)ETi ^^onrnoir ehoitvia^o^ e^ok. «•2S:t nA^«-jAs 
u^ms Ü1HS. yiEU nA\cV)A^. ia^e nsAf;)^HETi\CKonoc 

1. A. : ÄTroxcnA?%50C' 



cheveque devaut le roi, en disaiit : « Nous t'informons, 6 roi, que le roi de 
Macourie a envoye des dölegues avec des lettres ä Abba Isaac, l'archeveque. 
pour qu'il etablisse sur eux un eveque, qu'ils emmeneront dans leur pa3rs 
(ywpx). Non seulemeiit cela; mais celui-ci a aussi envoye un messagc au roi 
de .Maurotauie, lui eonscillant de faire la paix (etp-fl'vy)) avec le roi de Macourie 
notre ennenii. 

* « Si cela arrive, ö roi, ils ne reroul qiTua scul cceur; ils se leveroiit ' i'oi. 
contre nous pour nous combattre (-oA£r7.o'jv). » 

Lorsque le roi eut entendu cela, il entra dans une grande colere et sur-le- 
champ il envoya des delegues ä Rakoti, vers l'augustal, avec des lettres de 
lui, ecrites en ces termes : 

« A rheure oü arriverciul cliez toi ces messagers et ces lettres de ma part, 
saisis Tarchev^que, et envoie-le-moi en toute hate. » 



iw 



XI. — F. i. 



380 MINA. — VII-: D'ISAAC. [82] 

EiEcjrt^^o^ ^Afo<^. vnEc^u^?\^ fnEc^j^^^E )piw ncH<^^. 

Qto^ eia'ttc^o^ rfiSE «scV)j^s üie nox^o. ^'vx^sus 

ix^w E^onrA&v nj^p;)^HErs^CKonoc. ec^^otvjt V^Ert ^ek 

K?\HCSA. riE ^E&i'i^OUAC «HE TASTTJ^C;^^- HO'T'XlAt VnE 

n;^c IE ^ 

Ul •X:E OnOHf TIE TVS^H^S. «EU T\mKA^ ft^HT EIJ.«^ 

jijujins. iirssE^oonr E^EUU^nr. Joeti nj< TTEnTiA^-Y 
iiuATj^ionr Art. X7\t\i< rtEU cron n^ß^En E^AXEUs 
E^Ef-J^^^vy'^ ÜTiA^onrcsÄ V^AiEn t^-Y- c^e^ ^"^^ nw^OT 

E'2S:En YVOTUArtEC'^O'ir. ETEU^ AVI "i^E OT IE lE^^EISA 

V^A^EV1 noir\>o. 

Onro^ EiAnriATsOc^ JOEVI o'irs'i*c. axots«^ E&iA&k'r?%ujirt. 

^UJIC '2S:E EnortA)30^&kE<^. 
* Fol. 240 ' äcj^UJiTtV E^E nSAf;XVlEY\VCOTTOC t^OnTAßi HAT^HO'TT 

Envsuji. Et^uo^s V)Ert rtvn2sAivA «iE ßiA&inr?NUJirt. e^e 
Eus "ÄE onn Y\E^nA^uayts üvtoiTUAnECUionr. 

1. A. : nt- — 2. A. omet uo el ecril ujjttt ha«-j- 



Le roi avait forme en lui-meme ce projet, qu'aii inoment oü il parviendrait 
vers lui, il liii enleverait latete par le glaive. 

Quand les lettres du roi arriverent, on trouva le saint arclieveque en reu- 
uioii dans l'eglise (l/.K'Xr.Gix) : c'etait la seraaine (e6äo(7.a;) de la Päqiie (irxG/a) 
du salut du Christ. 

Oh! combieu grand fut le dcuil, avec la peine de coeur, qui eut lieu ce 
jour-lä, non seulement chez ceux de notre foi, mais encore chez tous ceux qui 
connaissaient sa grande iiitimite avec Dien ! Tous etaient en deuil au sujet de 
leur pasteur, ignorants qu'ils etaient de son grief (aiTta) A'is-ä-vis du roi. 

On le fit monter ii la hMe et on Temmena k Babylone pour le mettre ä 

mort. 

* Fol. 240 * II arriva, lorsque le saint archeveque etait monte sur son Aue, avan^ant 

^' dans les rues (■rc'XaTsTa) de Babylone, (pie toute la foule marchait avec lui, 

d'apres la coutume [m-rffitM] , jusqu'a ce qu'ils connusseut ce qui arriverait ä 

leur pasteur. 



[83] RAPPOHTS AVRC f,E UOI. LES SOUTIENS DU PATRIAHCHE. 381 

nonriAso. 

Onro^ HAt^uj^'T E^^JiJonr ' r\E Enruo";ys UEuiJ^f-\. onr^t 
CA lEt^onrmAU- otas ca nE<^'2^AdH £^0*2^0^ üuoc tia«^. 

lETlUOli^r" HEUAK. UUOrt ^7^\ JUnrVEI^U^Oir nAIA^OK. 

äc^j^EHoiT^ TS^E ^ ^^'Ju^E^t vtsu E^EiEnji)or\ lz)En tüa? 

3«-^t^onruji rt2S:E ^h EncAonrmAU. riE oirV)E?^?%o Y\t 
h>^r\ TiEc^cuon. yteäa'^ sse ahok we kh^a. ^h eia'T'Y 

^Ertc^' •X;E TTET^OC. TTAl KEOXAt riE UA^KOC. TTA^H^t 

«rrtHCioc. ^c2S:En mE^ooir etaxi^eucok. et^e« n^^o 
vioc'' vi'Y'^tnAf;X"^?^'^^' ^tn^oTi vieuax: Jdevi uujst 
rtsßiErt E^Ex:^^A^uJl?^ e^ocj. äeu nou'Y ulhe^e^^o'^. 

tTii!2b.H ^n^^l^^J^^C E^iO^s V^E« HAifOUTt^^ OXO^ CErtA;)(^AK 

1. A. : epooT- — 2. A. : ETErtuoujj- — 'S. On a ajoute au-dessus ecjäiu muoc- — 
■ 5. A. : penE^-j- — •>. « ajoute au-dessus. — 7 . A. ecrit e&o?^ äe «TA^pounJ- 



Et comme il marchait avec empressement vers le rui. il vit deux hommes 
de haute stature, portant (oopeiv) des vetements blancs. doiit aucune languc 
de chair («izp?) ne pourrait dire la gloire et le prestige. 

II les voyait marchant avec lui, ruii a sa droite et lautre ä sa gauche, et 
lui disant : 

« Ne rrains pas, patriarclio (-y.-f:y.fyric) fidelc ; voici i|ue nous marchons 
avec toi ; aucun mal ne t'arrivera. » 

II leur demanda : « Oui ctes-vous, vous qui ctes onvironncs dun tcl exces 
de gloire? » 

Celui de droite, qui avait l'aspect d'uii vieillard, repondit en disant : « .le 
suis Cöphas, celui qu'ou appelle Pierre ; cet autre est Marc, mon üls veritable 
(yv/ico:); dopuis le jour oü on t"a place sur le tröne (Qpövo:) pontifical (i^yj-i^vj;), 
nous sommes avec toi dans tous les chemins oü tu marches : prends courage, 
ne crains pas. 



382 MINA. — VIE D'ISAAC. [84] 

j^nrnj^ir Epoc-^ ^^c "ÄE Et^c^^ÄS «eu ^^noTort- a?\?s3^ 

ÜnonOEUt EmA2S:^0 ÜTl^^^ßi. 

acjijujint 'h.i EnAcjrtAir EY\^Arioc üie ^'^. «tu 
^A?% riAnr on. eth^ v\av\ocio?sOC. etuo^s eV^otti 



r. 



Fol. 241 « Comme tu finiras cette annee, et que tu seras place aupres ' de tes 
peres dans la paix (eip-/iV/i), apres avoir accompli l'oeuvre de la vie monacale 
(pvaj(^öc) et pastorale, le Seigneur voudra que tu portes (©opstv) rembleme du 
confesseur (6[j.o'Xoyy)t-4c), ü pasteur saint. » 

Quelques-uiis des freres moines (pva^oc) le virent paraissant (wi;) parier 
avec d'autres; mais [ällx) ils ne connurent pas le fond de la chose. 

Quaiul il l'ut arrive au pretoire, on avertit le roi ä son sujet, que lar- 
(dieveque etait venu; il ordonua qu'on Tamenät seul devaut lui, avec l'in- 
teution de lui faire du mal. 

Mais il arriva, en voyaut le saint (ay.o;) de Dieu, et la grande gloire qui 
l'entourait, qu'il fut stupefait; ses yeux virent les deux apötres (y.mczo'ko;) 
marchant avec lui, tout de lumiere ; il fut dans une grande stupeur, et la 
crainte le saisit. 



[85] RAPPORTS AVEC LE ROI. FIN DU CONFLIT. 383 

^HCSÄ. tTAC^^ET n^HT ÜT^OT^O. AC^^tUCS V^AnOlCj. 

* Onro^ TiA^^m. •X:E tjAjujin üionTtn i^HTionr rirt^oir 
^uaonr. neu ns^virtJüiturt e^^hi. uv\E^t^s ^ujonr;^. «xe 

Onr V\E EHEIEVinA'ÄOt^. YVSnrtA rAf E^OnOAßi riAICA&kE 

i^vinonr. h^in '^oxnonr eteuuait. rirtw EnEHEnriA 
Iha a ttoit^o ^eti nsA^2)C"^^^^^^"^^- tc^-xuxi uuoc. 

•ÄE 'Y'lA^KO JÜLUOK: Ü^'Y. heul TtSUJiO'r EIKUJi'Y E^OK. 

rnEKjjynEu;Xuirv e^os Joeh ^h E^^riA^ErtK t^o<^. 

An. V^ETi ^H E-Yc^onrn uuocj. tieäe tiot^o nA<^. äe 

I. A. : ^Aii SIE UE«UH? nt- — 2. on ajoute au-dessus. 



Ful. i41 

V. 



Quand son coeur se fut rafTermi, il dit a l'archeveque avec douceur : 
« Sont-elles des verites, les paroles qni m'ont ete dites de toi? » 

Alors (tots) il rendit compte (xKoloyCCtc^oLi) au roi avec une grande confiance 
(irapp-/)';??.); ayant satisfait le coeur du roi, il s'assit pres de lui, selon qu'il est 
ecrit : 

« Je vous donnerai uu csprit (Tvv£'j[;.a) de sagesse (TOfpia), ä laquello ils ue 
pourront contredire '. » 

' Et encore (■KctliM) : « S'ils vous conduisent devant les rois, et les gouver- • i-oi. j'.i 
neurs (•öyep.cov), n'ayez pas d'inquietude sur cc que vous dcvre/ dirc; car 
rEsprit-Saiut vous enseignera ä cette heure-lä ce que vous direz". » 

Ensuite (sWx) le roi iuterrogea l'archeveque, en disant : « Je t'en cou- 

1. Cf. [,iie, x\i, 15. —2. Luc, .\ii, 11, 12. 



V. 



roi. 

r. 



384 MINA. — VIE D'ISAAC. [86] 

urtmAno t^^sci t)r)onrn ^a^o^'. rt^u rtt t\a\ t^ubj^js 

Tont TTE'Ät ^H Eijonr^f^ r\A^;X^Er\scKoy\oc ünoT^o. 
T\^c HE. TiOT^o mt rtsonr^'juonr. ^a\ e^e nsonr^ujionr os 

Ke rAf ?\AS EIAKTIA-r E^u-IOT. CEUOJJJ^ rtEUHS TICHOnr 

242 nS^ETI. E^&iE ^AS *JÜ T^OT^O Af E^ E^OK CA&vOTn ' VI'^EK 

KTsHC^A. JÜLnEf-YllKA^ «AC ATI. "^S^E OnOH^ ^H ET^^^^^Ö 

Onro^ EHA Ttonr^o cuj^eu ehas moi?^ üti\a^;Xvje 

TVSCKOTAOC ^^tf^O'Y EUAJ^UJ. 

I.A.: l^Apov 



jure, par Dieu et par la gloire qui t'eaviroiinc, ne me caclie rien sur les 
choses que je vais te demander. » 

Le Saint repondit : « Je ne te cacherai rien des choses que je sais. » Le 
roi lui dit : « Au moment oü tu es entre chez moi, quels sont ceux qui mar- 
chaient avec toi ?.J'ai vu deux hommes marchant avec loi, environnes avec toi 
d'une grande lumiere, comme je n'en ai jamais vu de pareille: s'ils n'avaient 
disparu, j'allais mourir aussitöt de frayeur. » 

Alors (tote) le saint archeveque dit au roi : « Ces deux iiommes que tu 
as vus, sont des disciples ( [j-äÖtit-^'c) du Christ, le roi des rois, celui par qui 
les rois sont rois. 

« Or (jcat yzp) ceux que tu as vus marchent avec moi en tont temps ; c'est 
♦ Fol. 242 pourquoi, ö roi, prends garde * ä TEglise (ejc-AV/ic'a), nc lafflige pas; car, en 
verite, celui qui afflige TEglise, afilige Dieu. » 

Quand le roi eut entendu cela de la part de Tarcheveque, il eut une grande 
crainte. 



[87] MALADIE, MORT ET SEPULTURE. 385 

rt^^trt. Af-\u^uin^ n!X:E nsA^;x"^"^G^^"^^c;. o-ro^ At^b^cs 

^SHI. AIO^ ^'^^f^M A-TEpTlEC^JJJEUUJ,^. iyAlE TtBc 2SEU 
T\EC^«:)m\. 

3.f;X"^"^^^^^^c, EnnAWlO'rT. riA-r^Eucs V^J^^o^cJ «äe 
^AnuHVA) rtÄrsoc ETonrA^i. eie ^AnEYYscK:onoc riE- 
rtEU ^AHK^^H^SKOC. «EU ^ArtuortA;^^^- 

I.A. : Atjo^vt^- 



Apres cela, le roi oommanda au saint archeveque de bätir uue eglise 
dans la ville d'Helouan, qu'il avait fondee '. 

XIV. Maladie, MORT ET SEPULTURE. — LoFsqu'il eilt aeheve l'eglise de 
toute magnificence, l'archeveque tomba malade et souffrit vivement : on 
informa le roi; il eut le cojur afüige, et le laissa partir; on le fit monter et 
transporter ä Rakoti; il adora dans le lieu (toivo;) consacre ä saint Marc. 

II etait malade et souflVait. Ses freres spirituels (ttveujaxti/cöv) du monastere 
(y.cvacTr,ptov) de Scete Tayant appris, vinrent vers lui, et firent son Service, 
jusqu'ä ce qua le Seigneur le visität. 

II arriva, quand le saint et venere archeveque fut sur le point de se repo- 
ser (an Dieu), qu'il 3' avait assis autour de lui une grande quantite de saints 
(y-yio;) qui etaient des ev^ques (iTciaxoTro?) , des clercs (ic>.Y)pixo;), et des moinas 
(jAOva/o;). 

C'est aiusi qu'il remil son esprit (ttveOjax) entre les mains de Dien, lui, 

\. CA. I>. 0.,\. 2l^. 



386 MINA. — VIE D'ISAAC. [88] 

Tütt^con 3LiTinAi\v:ovi. u^^wY rtsu^CH^ tij^t^^^uji 
vtrtEc^'X^'iS; E'Ätn ntn&vj^?s rtsAK'JJ&k rttt^sujin. 

h^in Y\\c"JUA rttu mcno«^ vnt y\6g. 

UT\Ai^sA^;)(^vic A^i^A su^AHnwc Yyin moYvoc uv\^Ärwc 

3JlAfKOC. 

Onro^ TiEt^c'JJiuA l3Aioitn ^^^en tvska^s. ntt^nriA 

1. A. : mtpEnoT'^' — 2. A. : Et^EpnfEc&EVEsn- 



l'archeveque lidöle et le confesseur (öpjVjyflrr,;), le neuviöme joiir d'Atlior. 
♦ Fol. 242 * Celui qui l'ut digne de mettre ses mains sur ses yeux, fut Abba Jean, 
Teveque de Terenouti, son fröre spirituel (irv£U(;.aTu6v), ä l'instar de Joseph 
qui mit ses mains sur les yeux de Jacob son pere. 

Quand on l'eut enseveli avec gloire et honneur, les eveques et tous les 
clercs passerent toute la nuit ä chanter des psalmodies (4äX)v£iv) autuur de 
lui ; et quand le matin arriva, une grande foule du peuple (>.ao;) se rassembla 
et celebra sur lui Toffice sacre ; tout le peuple participa au corps ((7ci[j(.a) et au 
sang du Seigneur. 

Ensuite on deposa son corps (<;w(ji.a) pres de son collegue, le patriarche 
Abba Jean, dans le lieu (totto:) consacr6 ä saint Marc. 

XV. Peroraison. — Son corps (icö[ji.7.) est pres de nous sur la terre; son 
esprit (irveujAa) est pres de Dieu dans les cieux, intercedant (TvpsaSeueiv) pour 
nous. 



[89] PEROUAISOX. 387 

V:)A'2S;«JUC^ V1Sr\AT^SAf2)C^^ ^^^^ n\T\^O^HnHC' VItU VISA 

«IJas e^e rvsujonr e^yv^eyvv vtj^<^ ' vtEU y\e<^\<^i n^rA^oc 
rtEU TunrtA E^onrA^i ji)A eyie^ «ie hsehe^ iH^onr.AUHTi. 

l. A. omet ces deux mots. — '2. A. : EpnfEntin saa<^ Cod. fcpnptnjn . 



Et nous croyons qiie toiis les saints viendront au-devant de lui, patriar- 
ches (ivaTpiap;^-/);) et prophetes (irsoip-ö--/);), apötres (aTTosToXoc ) et tous les saints. 

Et il nous arrivera ä nous tous d'ohtenir la misericorde par ses saintes 
prieres (sOy-o) cn Jesus-Christ notre Seigueur, ä qui appartient (-oeiteiv) la 
gloire avec son Pere plein de bonte [i-^xhi;) et avec l'Esprit-Saint dans tous 
les siecles des siecles. Amen. 



PATR. OK. — T. .\1. — 1. 3. 2ü 



INDEX 



iMÜMS DE PERSONNES 



A^-KETsAi;?«, A&T^ET^Äi^^c. Abd-el-Aziz, 

49. 71. 
APifAgAvi. moine, 20; abbe, 39. 
Ä»ÄttAC^oc, patriarche, 59, 63. 
AWAvtAcioc, cliartiilaire, 49, (iO. 
A?\AViHp, l'Emir, 40. 
AnA<|>E, les Acephales, 72. 
rtiufrjoc, eparque, 9, 13. 
TEiuprioc, TEiufn, abbe, 39, 62. 
rEii»fr»oc, 4(). 
reujpr^oc, diacre, öO. 
rpHropjoc, liveque de Kais (AnonpnMc':' , 

5(). i>->. 
2i.?ocKOpoc, patriarche, 30. 
^A^Ap^Ac, abbe, puis eveque de Sais, 14, 

15, 19, 26, 44, 47, 48. 
jATiriH, moine et eveque, 30. 



srnAnioc, patriarche, 63. 

^CAAK, patriarche, passim. 

»CAAK. chartulaire, 36, 49, 53. 

^uicHc^, pretre, 17. 

lujAnnHC, patriarche, 48. 68, 88. 

suuAnnHC, eveque de Pchati (Jean de Ni- 

kiou), (AnoipjnHcV), 56. 
5u»AnnHC, eveque de Terenouti, 88. 
KirpiTiT^oc, K<p^?»?\oc, patriarche, 59, 63. 
KTpoc, patriarchi melkite, 17. 
jjiAKApi, abbe, 14. 

jjLEnECvun, chartulaire, puis moine, 9, 30. 
jAHiiA, eveque de Pchati, 5. 
n^Awon, eveque de Damiette, 62. 
CETHpoc, patriarche. 63. 
'^»r.o«Eoc, diacre, 23. 
uup^uujt, eveque, 43. 



A^OMS BIBLIQUES 



A^OfC. 34. 
2i.A«5H?\, 78. 

Ä-A-Tja^, 10. 

H^>^AC, 42. 

5AKi"P>, 44. 88. 

JEpElllAC, 11. 
IHCOV, 26. 
50X2>.AC, 71. 



5ii»A«nHC, 12, 74. 
liucHc^, 88. 

KH<^A, 83. 

WApKOC, 57, ()3, 83. 
viiunccHC, 26. 
nEipoc, 83. 
CAOir?\, 34. 

^ApA^", 50. 



NOMS GEOGRAPHIQUES 



&AEvx».iun, 52. 53, 56, 82. 

TE«, 34. 
KAiC, 56. 
UiAKOTpiA, 79. 



MATpOnASlSA: 79. 

njox&EpjaEitoxt^», 72. 
nAUAgo, 20. 
nsjyo, 7. 



[911 



INDEX. 



389 



ncAMÄiyü, 5i). 

nujA'J^. 5, .")0. 

pAKO-f. 5, J9, 29, 50, 52, 53, 50, Ü5, 81, 

S7. 
CAi. 30, 43. 40. 
^A»Jl1A•|, 02. 
HEpErtOT-j, 10, 88. 
3^HU5, 0, 29, 40, 42, 56, ,59, 71. 
lyiHn. 14, 18, 19. .33, 45, 40, 48, 57. 87. 



gA?\&Al(, A?\RAIt, 08, 87. 

ÄERportA«Hm, 37. 

n»ETArrE?^ioJi «te pAKO*^, 05. 
nonoc vin^Anoc WApKOC, 50, 87, 88. 
nonoc uniArioc ctprjoc. 53. 

nEpCHC. 78. 
CApAKHnoc, 05, 78, 79. 

^A?%2^E0C. 78. 



VARIA 



Ant;H&. 8. 

AnOTp^THC. 5(;. 
AnrroTcnA^^j, 81. 
?\AKon, 00. 



OHjjK^ut, 61, 02. 

^ApnoTJ^Ap^oc, ^A?vniu?^Ap^oc. ^A?^nox 
?%Ap<oc, 9, 30, 49, 53, 00. 75. 



CITATIONS BIBLIQUES 

I Rois, XVI, 7 [page 11 ,. — x.\i, 11 [34]. 
Tobie. III. 2 ,00]. 

Ps., V, 7 [51]. — vir, 16 [55]. — ix, 17 [47]. — xvii, 30 [26]. — xxv, 2 [21]. — 
xxxiii, 8 [25]. — xLiv, 8 [54]. — xlv, 11 [41]. — cxii, 2 |8]. — cxvii, 16 [26]. — 
cxxiM, 7 [26]. 

Prov.,iii, 12 [21]. —X, 6 [181 

Eccli,. II, 1 [211. 

Is., XXXV, 10 [18]. — LI, 11 IIS]. — i.xN , 13 [42]. 

-Matth., V, 8 [38]. — v, 14-15 [40]. — x, ,37 [12|. — xviii. 5 [19]. — xviii, 19 [39J. — 
XIX, 29 [121. — XX, 26 [27]. 

Marc, IV, 12 [29].-- x, 30 [12]. 

Luc, VIII, 8 [12]. — XII, 11-12 [85]. — xiv, 11 [55]. — xviii, 14 [55]. — xviii, 30 [12]. 

Jean, i, 47 [29]. — xiv, 12 [33]. — xiv, 23 [74]. — xv, 13 [19]. 

Act., VIII, 20 [55]. 

Rom., V, 4-5 [21]. — viii, 17 [14]. 

I Cor., VII, 31-32 [12 . — xiv, 32 [44]. 

I Jean, ii, 16 [13j. — ii, 17 [12]. 



^p 



TABLE 



I. — Exorde [5] 

II. — Naissance. — Bapteme. — Enfance.— .leunesse. — Vocation . . [6] 

III. — A Scete. — A. Terenouti [14] 

IV. ^ — Les Parents [18] 

V. — Veture. — Sejour ä Pamalio et dans la famille [20] 

VI. — Retour a Scüte.— Via monacale. — Kpreuves et gräces .... [26] 

VII. — Ciiez l'arclieveque [33j 

VIII. — Cliez Zacharie ä Sais [36] 

IX. — Kncore ä Scete. — Miracles et proplieties [39] 

X. — Mort de Zacharie. — Son eloge [44] 

XI. — L'archeveque .lean. — Sa mort. — Sa succession [48] 

XII. — Elcction. — Vie episcopale [55] 

XIII. — Rapports avec le roi [65] 

XIV. — IVlaladie, mort et sepulture [87] 

XV. — Peroraison [88] 



AMMONAS 

SUCCESSEÜR DE SAINT AMOINE 

TEXTES GREGS ET SYRIAQUES 

fiDITES ET TRADUITS 



PAR 



F. NAU 

PROFESSEUR A L'.NSTITUT CATHOLIQüE DE PARIS 



fATH. OH. — T. X]. j.._ 



Vi 



26 



Tous droils i'userv6s. 



INTRODUCTTON 



L'edition de la version syriaque des lettres d'Ammonas, par M. Rmosko 
(/'. 0., t. X, fasc. 6), a attire notre attention sur les textes grecs paralleles 
edites ä Jerusalem ; nous en avons d'ailleurs trouve quelques autrcs ä la 
Bibliotheque Nationale de Paris et il nous a paru bon de reunir ici tout ce 
qui nous reste d'Ammonas, Tun des disciples et le premier succasseur 
d'Antoine, archimandrite, puis eveque egyptien, du iv" siecle. 

A. — L'\t]TEUR. — Dans les traductions latines et syriaques, tous les noms 
de raeme racine se permutent; on trouve donc souvent Amon, Ammon, Amoun, 
Amonas, Ammonas, Amraonios, Piammon, Ammoi, mis Tun pourl'autre. II n'est 
pas impossible qu'il y ait eu quelques permutations analogues dans les textes 
originaux dont les plus anciens manuscrlts conserves sont du x* ou xi° siecle, 
mais, pour nc pas tomber dans l'arbitraire, nous laisserons tous les textes, 
conserves dans le texte grec original, qui ne portent pas le nom Ammonas, 
pour ne retenir que ces derni(U's'. II est possiblo encore ici qu'il nous reste 

1. En sus de la dillurence dos noms, on peul voir d'HÜleurs quo cos inoines so i'öp:irtissenl sui' 
plusieurs g^nerations : !• Amnion, fondaleur du nionarliisme ii Nitrie, contemporain d'Antoine qui a 
vu son ämo niontcr au oiel. P. L.. t, LXXIII, 1099-1100; Butlei-, II, 2(i-29 (voir Siglca. p, 402). — 2» et 
3° Ammonas, disciple d'Antoine, dimt Rufin a vu le successeur I'ityrion, et Amoun, le tueur de serpents, 
dont Rufln a vu aussi le successeur. Nous proposerons de raltacher a Ammonas la liegende consignße 
sous le nom du dernier, infra, p. 426, — 4", 5° et 6° Amoun, sup6rieur d'un monaslere pakhomien de 
.3,000 uioines, vu par Rufin, /'. /,., t. LXXIII, col, 1153 (oü le latin le nonmie AnuDonas) ; Preusclirn, p. 27 
(voir Sigles. p. 402). — Animonios de Nitrie le jeune, vu par Ruiin, P. L.. t. LXXIII, col. 117ö, cf. 1143; 
Preusclien. loc. rit., p. 84. — .Vmmonios, disciple de Pambo (f 371-374), nomrae 6 napwi»);, parce qu'il 
s'est coup6 une oreillf pour ne pas 6lre fait eveque par Timothee (381-5), P. L., t. LXXIII, col. 1103; 
Butler, loc. eil., p. 32-34. — 7", 8°, 9" Trois .\mnions, ä peu pres conleniporains des trois pr6c6dents, 
mais venant de regions c.xcentriqucs : — Ammon enire a Peboon (Thebaide) en 352, qui va Irois ans 
plus tard a Nitrie, puis ä Mexandrieou il devient eveque peut-ütro d'Antinoe. C'(^st lui qui anrail Ocrit 
apres 384, ou njÄme apres 399, la lettre sur Theodore et Pacöme bien connue, cf. Ladeuze, Lt Ccnobi- 
lisme palihnmien, Paris, 1898, p. 108-109. — Amnion de Rliaylliou, disciple de Sisoes; cf. /*. G., I. LXV, 
col. 397, 400; on peut ridontifier avec Ainmonios qui aöcrit l'histoiredes moines Ines en 377, ä Rhaylhou 
et au Sinai. — Piammon de Diolcns vu par Rufln et ä qui Cassien dödie son discours XXIV, cf. P. 1... 
U XLIX, col. 1089 ei t. LXXIII, col. 117(1 (oii il est aussi nomme Animona) et Prcuschen, lov. eil.. 
p. 94. — A cos inoincs il laudrait ajoulei- le prtHrc Ammonas et les diacres, inoines ou evöques Am- 
mon, Ammonianus et Ammoiiius mentionnes par. Saint Athanase, cf. table P. 0., l. XXVI. col. 14()4. 
Isidore de P(51use 6cril aussi a plusieurs .Vmmonius et Amnion, cf. fable /'. G.. I, LXWIU. i ol, 1701. 
Notre enumöratioii a d'ailleurs cliarice d'ßtre incomplete, car, dans Ic ms, lloislin 127, l'ol. .s, ^al)hl^ 



394 INTRODUCTION. [92] 

des ecrits ou des paroles de pliisieurs Ammonas, mais nous rapporterons au 
meme disciple d'Antoine tous les textes qui portent le nom d'Animonas et 
qui n'impliquent pas de contradiction, car, s'il a pu exister plusieurs iiioines 
de ce nom ä peu pres contemporains, il n'est pas probable que plusieurs 
aienl eu simultanement assez de celebrite pour voir leurs paroles coiisignees 
dans les recueils des la fin du iv° siecle. 

Ammonas mena d'abord la vie monacale ä Scete; un frere des Cellules l'y 
visita (Apophtegme 4). II y passa quatorze ans ä prier Dieu de lui accorder 
de vaincre la colere (Ap. 3). II alla trouver Antoine, dont la caverne lui fut 
miraculeusement indiquee (Ap. 7), et Antoine lui prophetisa qu'il ferait 
des progres dans la crainte de Dieu (Ap. 8). Comme on place la mort 
d'Antoine vers 356, on doit placer la rencontre des deux saints avant 350. 
Ammonas semble s'etre attache des lors ä Antoine ; il le suivait au desert 
(Ap. 12) et il dirigea apres sa mort (356) le monastere de Pispir, sur la rive 
droite du fleuve en face de Bouclie (cf. Rufin, iiifra, p. 424). II avait coutume, 
comme son maitre, de s'isoler dans le desert d'oü il ccrivait aux freres; on 
racontait qu'il avait fait perir un basilic (A. 2) et I'auteur de VHistoria nioiui- 
rli<n-inn a consigne, de ce prodige, une redaction tres amplifiee recueillie dans 
ces parages (Rufin, infm, p. 426). Le monastere de Pispir possedait sans doute 
alors comme aujourd'hui, sur la rive gauche du Nil, des dependances qui 
necessitaient parfois lapresence de l'abbe Ammonas, et l'apoplit. 0, dans sa 
double redaction, nous a conserve un incident de l'une de ces traversees'. 
Saint Athanase, refugie parmi les moines jusqu'ä la mort de George, eveque 
intrus d'Alexandrie, en 362, eut ainsi l'occasion de connaitre Ammonas et 
d'admirer ses exhortations aux moines (//(/';•«, p. 455) et ses conseils aux 
novices [infra, p. 474); il lui donna la consecration episcopale. Le nouvel 
eveque exerga la juridiction sur les laiques (Ap. 8) en meme temps que la 
juridiction sur les moines (Ap. 10) avec une egale bonte; les persecutions de 
Lucius, qui poursuivait les moines jusque dans les deserts vers l'an 373, 
l'obligerent ä se cacher. C'est sans doute ä cette periode (vers 380) qu'il faut 
rapporter ses relations avec Poemen (Ap. 13 ä 15), car Poemen semble 

Agathüii, monliiiniiant les moines cölebres, |ilfice apres saiiit Anloiiie xai töv äSSäv 'Ap-iioüv lov ttj; 
Nrixpia; xai töv iSSSv IlaOXov töv Tij? 4>(ÄTr);, xat töv Ö66äv 'A().|ioiJv töv tt|{ 'ApaSiat t^? AiyuTtTou, xai töv . 
öSSäv Miü); tric 0r,6aiäoi; ... xai töv äS6äv 'A|ji[j:tüviov töv XsveupiTnv ; le prämier .A.mmoun esl noire ii° 1; 
mais nous ne savons oii placer les deux autres. II faut noter aussi que Ammoes, P. G., 1. LXV, 
col. 125-128, est parfois, dans cerlains nianuscrils, nomm6 Ammonas; cf. infra, p. 409. V. aussi Ammo- 
nios, P. 0., III, 276 et X. 203 (au 20 Baschnes). Ce dernier est .iVnmionius de Thone. cf. W. E. Crum, 
Theological Texts, O.xford, 1913, p. 162-16't. 

1. 11 s'exerce ä la patience en attendant le bac. C'est ce qua fait encore le R. P. M. JuUien, au 
meme endroit : « Le batelier est sur l'autre rive : sait-on quand il lui plaira de venir nous passer? 
Nos chameliers le helent de loutes leurs forces, jelanl des poignees de sable dans l'air, comme ils 
fönt au desert. C'est en vain... Nous faisons parade d'indifforeiice indigene et, pour tromper l'ennui, 
nous pr6parons lianquillement le diner. » LEgyple, Lille, Desclee, 1889, p. Iu2. 



[93] INTRODUCTION. 395 

avoir vecu au commcncement du v° sieclo ' ; un r(''cit, P. G., t. LXV, col. .'{ßC), 
n. 183; /'. /.., t. LXXIII, col. 98.'}, n. 16, le mel mömc en relation (vers 
4.52) avec un nioiue de S3Tie (Palestine?) exile par Tempereur Marcien, 
comme nous avons vu, dans les Plerophories, P. 0., t. VIII, p. 102 A 103, 
Pior en relation, ä la meme epoque, avec Pierre l'Ibere. D'ailleurs, 
Rufin a vu Poemen ä Pispir, P. L., t. XXI, col. ,517-. Quelques-unes des 
lettres d'Ammonas peuvent etre rapportees ä cette periode : les meines 
de Pispir eux-memes, fatigues par quelque vexation, voulaitmt quitter leur 
monastere (Ap. 5; Lettre grecque IV). Enfin, ä l'epoque de la rcdaction de 
Vllistoria monachoritm — c'est-A-dire avant 39() si eile a d'abord ete 
redigee en grec par Timothee, ou avant 403 si eile a d'abord ete redigee en 
latin par Rufin', — Ammonas etait mort et Pityrion lui avait succede 
(Rufin, infra, p. 424). 

L'Eglise grecque fait memoire d'Ammonas le 26 janvier et le samedi 
veille de la Quinquagesimc (samedi tTic, Tupiv-^;) qui est consacre aux 
ascetes. Theodore Studite, dans l'office de ce jour, l'appelle 'Afy-awvai; ö 
iwsufiixToipopo;, et ontrouve ensuite le distique suivant : 

Zwr,i; 'AjAjy.wva^ V7)|y.a TrXyipoJTai; airav 
Zw/iv sipeGpev outuote TuTiVipoutAev/iv ' . 

B. — Les textes. — Nous renverrons, par la lettre A, ä r(Jdition donnee 
ä Jerusalem dont voici le titre complet : 

TOT OSIOV nATPOS HMQN ABBA AMMÜNA EniSTOAAI FIENTE, AÜO- 
SnASMATA TTNA, ivVI TA SQZOMENA AnO^töEEMATA EK SINAITl- 
RülN RaAIKQN lA' KAI IZ' AIONOS, META TUN nAPAINETIMlN 
RE*AAAION ES lEPOSOATMITIKOV KQAIROS lA' AIQNOS. — NYN 
TO nPinON ERAIAONTAI TOO ATrOTSTINOV MONAXOV lOPAANI- 
TOY°. — EN IEPOSOATMOI2, TVnOIS IIATPIAPKIROT TYnoriW- 
*EIOV, l'.)ll; in-8'', 32 pages". 

1. Oll |icnl 1p faii-e vivre, par exeniplc, ilo .i&i ä 452. 

■1. Ilisl., 11, 8 : Vidinius Poemen et Joseph in Pispiri qui appellabuliir iiions Antdiiii. 

:i. M. Pieusclien tient que VHistnria monachonim n d'abord 6[6 iJcrili' oii Uilin par Hufin. pnis Ira- 
duite en grec. Dom Butler tient qu'elle a d'abord ete öcrile en grec par Tiiiioth6e, puls traduile eii 
liilin par Rufin. The laiisiac llislonj, I, Cambridge, 1898. p. 208. — En toul cas, les versioiis syriaques 
proviennenl de texles grecs. — Si l'on admet que le voyage de Hufin n'esi pas une liclioii, .\minonas 
(Slait mort lorsque eelui-ci a parcouru l'KgypIe en 391. ou .385, Buller, loc cit., t. I. p. 202. 

'». D'apres le prologue de Tedition de Jerusalem. — Le syna.xaire de Constanlinoplo, editi' par le 
H. \\ Delehaye, Bruxelles, 1902, porte au 26 janvier la mention 'Aixiiuvä; (et 'Aixwväc) dv e!piivr„ |i. 'i2(;, 
1. 36 et 38. — 5. Gel auleur, encore pen connu, est un actif edileur, qui a ileja rendu le -.eiviec de pu- 
blier les leuvres de Tabbi'^ Isaie (29 discours, fragnients, reeits. (!8 preeepte.'i), Jerusalem. 3 fr. — II 
vient dYditer, dans la AVn Sion, 1911-1912, la vic de saini Kutliyme. öcrite par Cyrille de Scytliopolis 
(lirage a pari, 2 fr.l.— G. L'ouvrage «si dedi6 au monaslörc de Saint Jean-Baptisto du Jourdnin e( a sou 
ancien an-himaiidrili' Urögoire. 



396 INTRODUCTION. [94] 

1. Apophtegmes tjrecs. — Ce sont des anecdotes ou de bonnes paroles 
redigees en grec des le iv" siecle, dont le nombre a ete en augmentant 
jusqu'aii viii" siecle. Ils ont ete traduits en latiu et en syriaque des le 
v° siecle et il nous en reste des manuscrits syriaques du vi" siecle. 

Le nombre et l'ordre de ces recits varie avec les recueils. On arrive 
bientöt ä distinguer un recueil par lieux conimuns, oü l'on groupe ensemble, 
par exemple, tous les apophtegmes relatifs ä la charite. Ce recueil commen- 
Qait, dans chaque chapitre, par ecrire les paroles dont les auteurs etaient 
designes, en commen(jant toujours par saint Antoine et en suivant ä peu pres 
ensuite l'ordre alphabetique. C'est la disposition du livre V latin des Vitae 
Patrum ou Verba senioruin, Migne, P. L., t. LXXIII, col. 8,55 ä 988, et celle 
d'un grand nombre de manuscrits grecs, par exemple des manuscrits de Paris 
Coislin 108 et 127. Certain auteur a ensuite partage ce recueil en deux, en 
ecrivant d'abord, par ordre alphabetique, toutea les paroles dont les auteurs 
sont nommes, et ensuite, dans une seconde partie, les paroles anonymes : tel 
est le manuscrit de Paris Coislin 126 dont la premiere partie (auteurs connus 
ranges par ordre alphabetique) a ete editee par Cotelier, et reproduite 
par Migne, P. G., t. LXV, col. 71 ä 440, tandis que nous editons la seconde 
(paroles anonynies) dans la Revue de VOrient citretieii, 1907, p. 43, 171, 
393; 1908, p. 47, 266; 1909, p. 357; 1912, p. 204, 294; 1913, p. 137, etc. 

Nous reproduisons les Apophtegmes, edites par A d'apres le manus- 
crit 448 du Sinai, du xi" siecle (ä peu pres identique au Coislin 126 
du x° au xi" siecle edite par Cotelier). Nous avons tenu compte de Tedition 
Migne et de plusieurs manuscrits de Paris ' . 

II. Version syricujue des Apophtegnies. — Nous ajoutons cette Version ä cause 
de son ancicnnete, d'apres un manuscrit du British Museum, add. 12173, 
du vi" au vii° siecle, qui melange les apophtegmes aux recits de Pallade et 
de Rufin. Cette version syriaque des Apophtegmes a ete compilee, vers 650, 
par le moine nestorien Hananjesu, dans le Paradisus Patrum syriaque edite 
par P. Bedjan et par W. Budge (voir aux sigles). Nous utiliserons ces deux 
editions. Les versions confondent les noms Ammonas, Ammonios et Ammon, 
nous editons donc ici quelques recits supplementaires dont l'attribution 
ä Ammonas, disciple d'Antoine, n'est pas certaine, mais seulement possible; 
nous n'en avons pas fait etat plus haut lorsque nous avons resume sa vie'-. 

III. Deux extraits de la version syriaque de VHistoria monachorum de Rufin. 
— Le premier (sur Pityrion) nous apprend qu'Ammonas est le successeur 

1. Ou Irouve des apuphtegmes d'Aiiiinonas daiis lous les manuscrits intilulös (jeronticon ou Pnleii- 
con; le ms. 1599, du xii« siecle, les contient tous, fol. 21'-2'i. Le ms. 873, fol. 18h', porte l'apopht. 1 : le 
ms. Coislin 257, fol. 109, porte les ap. 7, 9, 11. Voir d'autres manuscrits aux varianles. 

2. L'ap. 4 est conserv6 dans une traduction copte, cf. p. 404, n. 3. 



[95] INTRODUCTION. 397 

d'Antoine; nous reproduisons les eJitions de MM. Bi-djaii et Budge. Le 
second coiK-erne Ammoiin et nous le rapportons encore ä Ammonas parce 
qu'Ammoun vivait ä la meme epoque ' et dans la meme region qu'Ammonas-; 
de plus, le texte original est sans doute le latin qui ne distingue pas toujours 
les diverses formes de ce nom; enfin, tout le recit semble etre une redaction 
legendaire qui doit etre rattachee ä Fapopiitegme 2, lequel raconte com- 
ment Ammonas tua un basilic. II semble donc permis d'identifier ces deux 
hommes de meme epoque, de meme region, qui operent des prodiges analogucs 
et qui porfent en somme le meme nom. Nous editons ici la version svriaque 
inedite qui est contenue dans le seul manuscrit du British Museum, add. 
14597, datede l'an 569. 

IV. Ze.? lettrrs. — A, p. 7 ä 17, edite cinq lettres, d'apres le manuscrit 
n" 464 du Sinai', fol. 242 ä 246, du xvii" siecle. Nous avons trouve les lettres 
3 et 4 dans le manuscrit grec de Paris, suppl. 28, fol. 288. Deux nouvellcs 
lettres (6 et 7) nous ont ete fournies par le manuscrit Goislin 370, fol. 183 
(lettre 6), et suppl. grec 28, fol. 288 (lettre 7). Un fragment de la lettre 7 se 
trouve dans A, page 28, d'apres le meme manuscrit du Sinai', fol. 241\ 

'V. Les instnictions d\\.mmonas. — 1° Nous editons d'apres les manuscrits 
de Paris, grec 2500, fol. 200\ et suppl. grec 1319, fol. 127, un extrait des 
Instructions sur les quatre choses qui empechent Thomme de se repentir''. 
Dans le second de ces manuscrits, cette piece est immediatement suivie, sans 
aucune Separation ni aucun nouveau titre, de 19 exhortations quo nous editons 
en consequence ä la suite. 

2° Exhortations (chapitres parenetiques). — Ces dix-neuf exhortations ont 
ete traduites en latiu par Vossius, d'apres deux manuscrits de Rome; Sanrti 
Patris Epliraem sijri opera oinnia... nunc reccns latinitate donata, Anvers, 1610, 
p. 383 a 385. Vossius confond Ammonas avec Ammon de Nitrie ^ Le texte 

1. Rufin. qui ecrit, de 402 a 40'i. ce qu'il est cense avoii' vu vers 39'i, Prcuschon, loc. eil., p. 'lo'i. dil 
qu'il a vu d'uno part le successeur d'Aiiimonas, infro, p. 424, et, d'autre pari, Ic succcsseur d'AiiiiDnun, 
infra, p. 428. Ammonas et Ammoun sont donc confemporains. 

2. Ammonas et Ammoun vivaioni tous dcu.\ en (Basse) Thebaide. II est dilTicile de poiissor I'approxi- 
mation plus loin. On place le niont de saint Antoine en face de Beuche, vers 29° 8' de laliludo. mais 
il n'est pas sür qu'.Vmmonas ot Pityrion ne doivent pas 6tre portes plus au sud, ä Gebet ct-Ter p:ir 
exeniplp, Butler, loc. eil., II, 199. D'autre part, Ammoun semble devoir 6tre placö plus au sud. mais 
Bufin ne respecte pas toujours Tordre geographique, cf, l'reuschen, loc. cit., \i. 207-208, et nous pou- 
vons aussi rapprocher de Gebel et-Ter ou inÄme de Bouche le berceau de sa lögende. 

3. Celle piece est mentionnöe par Fabriclus, Bibl. graeca, ed. llarles, t. IX, p. 260. Klle liguro 
encore dans le ms. 3781 de l'Athos, du ,\vii' siöcle, CntnI. Lambros, Cambridge, 1900; dans les mss. 
43 et 4'i Hcginae du Vatican, fol. 173 et 141; dans le manuscrit 'il8 de Moscou du x'" siecle. fol. 4'i: 
cf. Vladimir, Dcsrripliim siislemali<iue des manit.'icrit.s ilc tu hibtioihvque sijnodalc df .Mo.tcnii, Moscon, 
1894, p, 627, et dans le ms. \f>'t. I'iil, 19-22. de Viennc; cf, Lnmbecius, liihliolheca. cd, Kollar, Vienne, 
1776, I. IV. p. 318. 

4. Fabricius en fail aulanl, loc. eil., I, IX, p. 260: mais I. V, p, 724, il lidcnlific avec .\muion. 



393 INTRODUCTION. [96] 

grec a ete edite par A d'apres le manuscrit de Jerusalem, de la collection de la 
Croix, n" 13, du xi' siecle, fol. 198 ä 203. Nous avons releve les variantesdes 
trois manuscrits Coislin 303, 370 et 283. Les deux premiers ne renferment 
que quatorze chapitres au lieu de dix-neuf ' et le troisieme contient une redac- 
tion qui diirere bientöt de la redaction ordinaire au poiiit qu'il nous a fallu 
souvent la citer integraleraent aux variantes. Nous citons encore, aux 
variantes, une partie de la redaction du ms. suppl. grec 1319, fol, 137\ 
3° et 4° Ces deux piöces, qui renferment des conseils ä ceux qui veulent 
vivre dans la solitude ou qui commenoent ä servir Dieu, sont contenues dans 
le seul manuscrit de Paris, Coislin 282, fol. 161 a 164". 

VI. Nous terminons par deux frag ments, le premier edite par Ä, p. 28 ä29, 
d'apres le manuscrit 464 du Sinai, du xvii" siecle, fol. 255 a 256; le second 
conserve dans les manuscrits de Paris, Coislin 108 et 127, ä la suite de 
Tapophtegme 1. Ce sont des exhortations dans le genre des conseils ä 
ceux qui commencent ä servir Dieu. 

On remarque que le syriaque, lorsqu'il est conserve, est en general une 
traduction fidele du grec. 11 nous a servi, lorsque nous avions plusieurs 
manuscrits grccs, k etablir le texte. Voir surtout la lettre grecque 4, pour 
laquelle un manuscrit grec presentait plusieurs lacunes. 

Les diverses pieces grecques que nous editons n'ont pas un sujet homo- 
gene; les phrases hachees et sentencieuses des conseils aux moines, qui 
imitent souvent le parallelisme des livres bibliques, n'ont presque rien de 
commun avec la forme des lettres. Nous avons pu relever cependant quelques 
points de contact et la difference de sujet pcut sutTire k expliquer la diffe- 
rence de forme. Nous ne connaissons pas non plus les etapes de la tradition 

pere de 3.000 moines en Thebaide, contemporain de Hurin. — Les exhorlations figurent dans les 
mss. 1083, 3081, 5457 de l'Athos; dans plusieui-s mss. de Jerusalem, dans les manuscrils 177, fol. 207, 
et 180, fol. 353-360, de Moscou, cf. Vladimii', loc. ciL, p. 198. — Elles ont ete Iraduites en arabe, 
cf. ZDMG, t. LI (181)7), p. 459 (ms. de Strasbourg, öcrit en 901 de notre ere, fol. IM-fi). 

1. Le ms. 156 de Vienne, fol. 36-41, en contient dix-sept. Gf. Larabecius. Bihliollieca. ed. Kollar, 
1. IV, Vienne, 1776, p. 326. Sur ces dilKrences cf. infra, p. 471, n. 1. 

2. Le ms. de Paris, suppl. grec, n" 652, fol. 281, porte « Methode d'Ammonios l'asironome pour 
fabriquer un astrolabe ». L'incipit T6 ij.£v e'w Soxeiov, 6 nzfiiyti tä tOiiitova est celui de Touvrage qu'on 
altribuc d'ordinaire a Nicöphore Gregoras. cf. Calalogus codd. asirologonim graecorum, III, cod. 
Mcdiol., p. 7, 18, 20. On attribue encore a .\mmonius et ä .Jean Philoponus la descriplion de l'astro- 
labe qui commence par El ßou>,£i Y'vtosy.etv tyjv toü äatpoXiSou [ie&oSov, 6dit6e par Hase, Rhein. Museum, 
VII, 158. Cf. ibid., II, cod. Ven., p. 1; IV, cod. Ital., p. 33; VI, cod. Vindob., p. 3. C'est peul-6lrc lä 
l'ocuvre d'Ammonius; celle de Jean Philoponus debute par Tif)v ev tw ä(TTpo),ä6(u Trj; Eniyave;»; et a etö 
cdit6e par Hase, Rhein. Museum. VII, 130-156. Quel (pic seit cet « Ammonius l'astronome ». dont l'cxis- 
tence est atlostee par Etionne il'Alcxandrie, Calat. codd. astr. gr., II, cod. IV»., p. 182 et VII, cod. 
Germ., p. 123, n. 1, il n'a aucun rapport avec nos moines. — Le manuscrit grec r, ii, 6. de l'Escurial, 
du XV" siecle, contient un feuillet d'Ammonas (fol. 54), « sur l'amour du Seigneur », cf. E. Miller, 
Calaloguc des mss. grecs de VEscurial, Paris, 1848, p. 196. 



[97] INTRODUCTION. 399 

litteraire qni nous a transmis ces documents; on voit dejä par les lettres — 
qui sont cumpilees, ecourtees, allongees dans Ihs manuscrits grecs — et 
surtüut par les exhortations, dont nous avons releve au moins trois redactions 
difTerentt'S, que les ecrits d'Ammonas, ä cause meine de leur sueces, ont 
eu cliance d'etre fort maltraites. Le plus sür est donc d'editer tout ce qui 
nous est conserve sous sou noni, apres nous etre assure toutefois qu'on 
n'en trouve pas l'equivalent dans les ouvrages les plus repandus comme le 
Codex regulnnnn, /*. L., t. CHI; saint Jeröme, ibid., t. XXIII: Cassien, 
ibid., t. L; saint Athanase, P. G., t. XXVIII; saint Basile, ibid., t. XXXI; 
Saint Ephrem (trad. Vossius). 

C. — HisToiRE LITTERAIRE. — Du H '' au v" siecle, Isaie l'egyptien cite les 
exhortations'; Zosime y renvoie explicitement '. Du v'' au vi"^ siecle, 
la legende syriaque de Miles, eveque de Suse, raort vers 340, raconte 
qu'il a ete passer deux ans en Egypte « ä cause de la renommee du bien- 
heureux Amounis, disciple d'Antoine ». Rentre en Perse, il vit un serpent 
nomme i^o- (lairTri; = äu-;?, cf. infra, p. 426, 1. H); il commanda et « aussitöt 
le serpent creva depuis la tete jusqu'ä la queue ». Bedjan, Acta tnartynon, t. II, 
Paris, 1891, p. 265-266. Cet anachronisme semble base sur les recits, infra, 
p. 426 il 432. Plus tard, Isaac le Syrien cite explicitement I'apophtegrae 7. 
Le grec d'Isaac, qui n'est qu'une traduetion du syriaque, porte Ammoun au 
Heu d'Ammonas, parce que les Syriens, nous l'avons vu, confondent ces 
deux formes'. Vers cette meme epoque, les lettres etaient traduites en 
syriaque et il reste, de cette traduetion, un manuscrit de l'an 534 '. Du vi" 
au vii" siecle, Dorothee cite l'apophtegme 10^ et Jean Climaque fait allusion 
ä l'apopht. F'. Au ix" siecle, Thomas de Marga cite dix lignes de la lettre 1 
et unc phrase de la lettre 5, cf. infra, p. 433, 449, d'apres la version syriaque 
qu'il iutroduit ainsi : « il convient de citer ici la parole de saint Amounis, 
ascete et eveque elu dans l'eglise de Dieu, qui a ecrit dans l'une de ses lettres 
ä ses disciples' ». Les lettres ont ete mises sous le nom d'Antoine, comme 
M. Rmosko a eu le merite de le decouvrir. Ammonas a ete popularise surtout 



1. A (voir les Sigles, p. 40i) fait d(3 frequeiits rcnvois ä ledilkin de JiTUsalem, l'Jll. — Jligne, P. (1., 
t. XL, col. 1103, en a edile uno traduetion latine. G'est Toeuvre d'Isaie mort en l'aicsline le 11 aonl 
'i8K: cf. /'. ()., I. \\U. p. 164-165. —2. Exhurtalion 12; of. infra. p. iüti. 

J. 'O liaxoipio? E/.eivoc 6 'A(i.|xoOv 6 ayio;, öte äicyjXBE itpo; xöv aTTcaaiAOv toü i^iov jieyiXo'j '.\vtuvtoj, xat 
6nXav»i6T| TT|v öSöv, ß),£it6 T! £iit£ ufo; Tov Oebv xai nöXiv ti eTcoirjscv avT<7> ö 0£Ö;. Isaac de Ninive le Syi'ien, 
Sdito par Niiephore. Leipzig. 1770, p. 233. 

'i. Sur la date des manuscrits syriaqnes, cf. ed. Kmosko, p. [3] a ["]. — .">. Cf. infra, p. 'i08. 

(i. 'Ev Eip^TT, TieörjOEi;. ?d6ov xo).a!;ovToc oeooixE' i 51 iv xeXXij ripejitüv yoSov Kupiou te'toxev. Oi/ oÜTu? 6 Tipötepo; 
t6 SixaoTr.piov. ü; 6 Ssütepo; to toj xpitoO xpiTrjpiov SiSoixev ; « Celui qui est niis au.v fers dans une prison crainl 
le juge: celui qui vil dans une cellule, au desert, enfantc la crainle.du Seigneur. Le proinier ne craint 
paslelribunal aidant quolo secoiul crainl lejugenient du juge(supr(5nie). n P. (1.. t. LXXWIII, col. 1113. 

7. Libcr superiorum, ed. Bedjan, l'aris, 1901, p. 27U. 



400 INTRODUCTION. [98] 

par los collections d'Apophtegmes et par leurs traductioiis. Paul Euergetinos, 
par exemple (f 1054), a insere dans sa compilation ' tous les Apophtegmes 
d'Ammonas qu'il a trouves dans une de ces collections. Un peu plus tard, 
Jean, patriarche d'Antiochc sous Alexis I Comnene (lOSl-1118), resumait 
les exliortations d'Ammonas dans son recueil ascetique conserve dans le 
ms. 241 de Vienne, fol. 1-13 r -. 

D. — Objet de LA. PRESE>TE EDITION. — Eu sus dc son interet documen- 
taire et de la comparaison qu'elle permet d'etahlir entre le texte original et 
sonancienne traduction syriaque, lapresente pul)lication montrera l'iinportance 
de rhellenisme des le debut de Tascetisme egyptien. C'est probablement en 
grec que le second successeur d'Antoine, Pityrion, a tenu « de nombreux 
discours » ä Rufin {infra, p. 4"24), mais c'est certainement en grec que son 
premier successeur Ammonas parlait et ecrivait. Moyse rEthiopienlui-meme, 
contemporain d'Ammonas, ecrivait en grec ä Poemen et aux moines'\ C'est 
en grec qu'avait ete compose le premier monument eleve au monachisme egyp- 
tien : en ecrivant la Vie de saint Antoine, saint Athanase avait remercie les 
moines de l'appui qu'ils lui avaient pretö et avait cree en Occident un courant 
de vive Sympathie qui devait conduire aux recits de voyages en Egypte et aux 
anecdotes conservees, en latin et en grec, sous les noras de Rufin, de saint 
Jeröme, de Pallade. En Egypte meme, il est probable que saint Athanase a 
trouve des imitateurs et que ceux-ci ont ecrit en grec et non en copte, car 
dans la presque totalite de l'Egypte, apres plusieurs siecles d'occupation 
grecque, le copte avait moins d'importance que la langue bretonne n'en a 
aujourd'hui en France. Ce petit negre, comme l'appelle M. Amelineau ', etait 

1. luvaytüY'n tüv 6eo?96yywv prijxiiTüjv..., Athenes, 1901. Paul iiiodifie un peu les textes qu'il eile. 

2. Cf. Lambecius, Bihliotlieca, Vienne, 1778, V, 223; Fabricius, Bibl. graeca, ed. Harles, t. V, 724; 
l. IX, 260. 

3. Ses ecrits ont, avec ceux d'Ammonas, dos points de conlact qui s'expliquent peut-etre pur une 
formalion commune; citons : 1° Coislin 283, fol. 219 : Aoyoi toO it&i Mwüiem? toü h Sx^^tt-, npo; töv 
a66ä noi|ieva itpoxpaitivTo? itap' aOtoü vp^^"'- Incipit : flpÜTov (j.ev äa-nd^otJiat Tr)v (Turripiav irou Iv tw toO 
©eoO föScj) xai wopoxaXm Tva xeXeio; lo;j eis tö c-jopeoTetv tin 6eüi... 2" Ibid., fol. 226 : ÜEpi ivzoX&v. Incipit : 
'EiTTa xEcpäXaia XÖYwv ausiTTeiXcV ö äSSä; MwOff?]? Ttji aSSi not[jLEvt, xai 6 ^u^atrawv auxä p*jfT8^(j£Tat ötub TiaffT); 
xo>,äij£(i);... 3" On trouve des chapitres analogues dans le ms. gree 873, fol. 3'i8': Movse öcrit ä Poemen : 
Ma TEdoäptDV TtpaYliaxwv r) '{'U/iQ (iiaivEtat, (XTivi iazi'i t'a HEpiTraxEiv ev jvöXei xai [ir] 9u).äu5Eiv toÜ; öi6a).|X0Ui;, 
xai TÖ Yvwoiv ej^Eiv [iexa yjvoiixö; xai to exeiv <pi),iav [lexi evSö^uv... 4° Moyse a ecrit aussi pour les novices, 
Coislin 283. fol. 227 : Aöyot toü ä66ä MtoOffsco! uepi xoTauxätjSM; äpxapiuv (iova^wv. Incipit : UpüTov (jiev 
TTjv TanEivofpooOvTiv, eToi|ioi övTEc EV TtavTi läfu) 6 äxoüouEv Xeyeiv ouY/iüpriaov... Voir Migne, P. L., t. LXXIII. 
col. lOTi, sept chapitres de Moyse ä Poemen; leur traduction syriaque se trouve dans Bedjan, Parad. 
Patrum, Paris, 1897. p. 745-746 et dans W. Budge, The Book of Paradise. Londres, 1904, p. 647 (trad.. 
p. 849). 

4. « Au fond, l'ögyptien n'esi que du petit negre plus precis, mais procödant d'une maniere analogue. 
Et le copte fait de m6me. » OEavres de Schenoadi, t. I, fasc. 1, Paris, 1907, p. xxx. « Schenoudi n'a ä 
son Service qu'une lan-;ue vieillie ä la v6rit6, mais qui ressemble, malgrö tout, de tr6s pres ä Celles 
qu'emploient cncore les negres dans l'intörieur de l'Afrique, oi'i un mSme sufTixe dans la meme phrase 
peut reprösenter jusqu'ä trois sujets diffärents. « Ibid., p. vi. 



[99] INTRODUCTIOX. 401 

le patois des humbles qui comptaient peu et n'ccrivaient pas. « Pense aiix 
illustres Peres (egyptiens) combien ils etaient simples (7:tö; icf-.ojTai wr,p;^ov), 
dit Silvain, et ils ne savaient quo quelques psaumes », />. 0., t. VIII, p. 180'. 
C'esf ainsi que la ßiblc entiere n'a pas encore cte traduite chcz nous en brcton. 
C'est apres le triomplie definitif du concile de Chalcödoine seulement, c'est-ä- 
dire apres le regne de Justin I", que les monopliysites jacobites, refugies dans 
les monastefes comme autrefois Athanase, ont eu l'ingenieuseideed'opposer la 
langue etle monde coptes ä la langue et au nionde grecs qui les opprimaient. 
C'est dans le courant du vi« siecle que l'eglise d'Alexandrie, grecque 
jusque-lä, est devenue copte, pour trouver dans le sentinient national un 
appui contre les representants de l'empereur et du concile de Chulcedoine^. 

Nous ajouterons unc table des noms propres et des matieres pour servir 
de concordance entre les diverses pieces de cette publication, une table des 
mots syriaques avec les mots grecs qu'ils traduisent et quelques remarques 
lexicographiques pour completer les dictionnaires. 

Je remercie tout particulierement M. TAbbe Fr. Vauderstuyf qui a bien 
voulu corriger la derniere epreuve, frangais et grec, du present travail. 

F. Nah. 

1. Cf. P. L., f. LXXIII. col. SX9 (ms. L, fol. W). Theodoro de Pheniic ayant dit ä Macaire (|ii'il avail 
(rnis e.vrellents livres donl il s'ödifiait ainsi que ses amis, le vieillard lui repondit que c'etait bien. 
mais qu'il valait niicux ne rien posseder. Kt Tliöodore a vendu ses vohimes pour en donner le prix 
aux indigents. — Macaire disait encore qu'il n'est pas besoin de beaucoup parier quand on prie, il 
suffit d'ölendre souvent les mains et de dire : « Seigneur, aie pitie de moi comme tu le veux el (■(ininie 
tu le sais. » Ibid., col. 942 et P. C... t. LXV, col. 269. II n'ötait besoin pour cela d'aucune bibliolheqne. 

2. C'est alors qu'on a fait de nombreuses traductions et cree de nombreux apocryphes et pseudepi- 
graphes. On ne doit Jamals admeltre, sans dömunstration, qu'un texte ecciesiastique copte est ante- 
rieur au vi" siecle. 



SIGLES 



I. — DANS LE GREG 

A = edition de Jerusalem, 11)11. 

B = Paris, Coislin 303; x" siecle. 

G = Paris, suppl. grec28; w" siecle. 

D = Paris, Coislin 370; x= siecle. 

E = Paris, Coislin 283; xi" siecle. 

F — Paris, Coislin 126; x'^-xi' siecle. 

G = Paris, Coislin 282; xi" siecle. 

n — Paris, grec 2500; xV siecle. 

1 = Coislin 108; xi'' siecle. 

J = Coislin 127: xi' siecle. 

K = Paris. Supplement grec 1319; xvi'-xvii'' siecle. 

P = Ms. syr. 201 de Paris (pages 447 ä 450) ; xiii" siecle. 

M = Migne, Palrologie grecque, t. LXV. 

P. 0. := Patrologia Orientalis. 

II. — DANS LR SYRIAQUE (p. 410 ä 432) 

L =: Manuscrit syriaque de Londres add. 12173; vi^-vii" siecle. 

M = Migne, Patrologies. 

N = Manuscrit syriaque de Londres add. 14597, date de 569. 

P = Preuschen, Palladius und Rufinus, Giessen, 1897. 

Be^ Bedjan, Paradisus Patrum, Paris, 1897. 

Bu= Budge, The Book of Paradise, Londres, 1904. 

L'accord de Be et de Bu est designe par B. 

Nous rcnverrons dans les notes k Dom Cuthbert Butler, The Inusiac histonj of 
Palladius, Cambridge, I, 1898; II, 1904 (Texts and Studies de J. A. Robinson, t. VI), et 
ä Erwin Preuschen, Palladius und Rufinus, Giessen, 1897. 



* [. _ AnO*0ErMATA «Ap. 24. 

t 

rispl TOu äSSä ' Ajji.(/.a)va ' . 

a'. 'A^eT^tpo; ■r,^iax-fi'ji töv äS€äv 'A[ji.;/.fdvav >,£'ytDV Eitcs [/.oi" p^jy.a. Ral ' >.£Y£t ö 
YEpwv "YrtayE, iroir,(70v tov >.oyi5[/.ov cou ' lo^Trep ol /.axijOpyoi ttoioüciv oi övTe? ev r7i 

5 (puAax,-?, • e-/tsivo'. yap £pwTCüGi.v äsl tou; ävOpüitou;, t:oO e^Tiv ö viyajj.tov /.al tote ep^ETXi, 
/.xl äivö Tvi; Ttpo^SoJCta; x'Xaioucr'.v. OOtw ' xal 6 [/.ovotyö? öcpei'XEi ^lauxvTO^ Ttpoire^eiv /.y.l 
elsyye'.v T-/iv iauToO vJ/'jyyiv^, xxl T^sysiv''" oüai j/ot. ttoj; syw TCxpacTnvai tm ßviaaTi toS 
XowTO'j, )cy.i Ttü; syoj aÜTÜ äTvAoyvicscoOT.'. ; Eav o'jtw; iji.£>-£T-/,<;'/;? ^ixtcxvto;, S'jvxcy.i 
TcoO-Tivxi". 

in ß'. "P'Aeyov tcesi toO äSSa 'A[/.jj.(i)va oti xal ßacXtC/iOv a7:s)4T£iMe. 'Atve'XOwv yap ei? 

TTlv £07;[/.ov * avT'Xr,iJxt 'j^cjp äxo 7^a)tx.ou, xal tScov tov ßxTiT^iij/.ov, eßx'XEv sauTov' ettI "* l''f- 1" i'°' 
TCpoTio-ov, 'XEytdv Küpie, vi*' eyco e^w äitoÖzveiv, vi outo?. Kotl £Ü9ea); 6 ßacc'Xi'j/.o; ev — 7| 
i^uvaixet TCiCi XpicToEf SuppscyT). 

1. Tiü-e du ms. Coislin 120 =F; P.G., l. LXV, col. 120 = M. — 2. um. IJ. — 3. oo-j tov ),oYia(iöv A. 
— 4. oÜTu? MIJ. — 5. 7cpo(rE-/eiv t^ lauToü '('^XTI ^^- — ^- MFIJ : (1. xai X.) XeYwv. — 7. aOtdv M. — 8. ü M. 



SuR l'.VBBE AmMOXAs'. * A p. 24. 

1. Un frere interrogea l'abbe Ammonas, disant : « Dis-moi une parole »; 
et Ic vioillard dit : « Va et tiens le raisonnement que tiennent les scelerats 
qui sont eii prison. Ceux-ci eu eflet deraandent toujours aiix hommes : Oi'i est 

5 le gouverneur et quand viondra-t-il? et ils pleurent d'apprehension. De 
nieme le moino doit toujours s'appliquer, reprimander son äme et dire : 
Malheur ä moi! Gomment pourrai-je me presenter devant le tribunal du 
Christ, et comment pourrai-je me defendre? Si tu medites toujours aiusi, tu 
peux etre sauve. » 

lu 2. On racontaii de l'aljbe Ammonas qu'il avait tue un basilic. Ci>iume il 

allait en effet au desert * pour puiser de l'eau dans un etang et qu'il voyait un * i' f. i: r. 
basilic, il se prosterna la face ä terre et dit : « Seigneur, Tun de nous deux 
doit mourir », et aussitöt le basilic, par la vertu du Christ, creva. 

1. Nous conservoiis roi'drc des ('dilioiis. L'iirdrc cliinnoloi^iquo serait : 1" il Sfel^, 4, l:!, 14, 15; 
2" discipli' d'.Vnloiiie, 7, S", 12; 3" successeur d'.\iitiiitn', 1, 3, ."), G, '.i, U ; 'i" ovßipie, S''. U\\ y l'rudii;e 
k'gendaii'i'. 2. 



10 



404 AMMONAS. [102] 

Y'. ETxev ö aS€a; 'A[x(i(jjva?, OTf 8iy<.a.Ti<7(sa.fy. '(rn i-Koi-ffja. £v Sxr-si, 5£0[Aevoc to'j 

S'. AiviYViöaTo Ti; tüv OaTepwv, oti- ■^v ti; y^'P"'' tcv£u[A7.ti^ö; " £i; xä Ke^lia, «po- 
pwv (|/ta9iov, xal äir£'X6wv waplSaXE tiTj äg?a 'A[Ji[;.wva. ElSs 5e a'jTiv ö Y^P^^^ (popouvxa 
TÖ AtyJiov, -/.al T-SYEi'' a'jTÜ" ToC-ro oü^av <J£ w9e'X£r. K.at -ÄpcüT-zi^v aÜTOv'^ IeY^v Tp£t; 
■XoYwpi h-f\wici [J.e'\ •/) to TCE>-ÄC£5Öa.i '^ ev Txt? £p-öpu'\ vi i'va äiTE^Ow im ^=V/is " 
oso'j oüSei? t;.£ sutYivwoxei ' * vi Iva SY^^leicü) e^u-äutÖv '" üc, xeAAiov, y.al pi^£Vi aTry.vr/i'ffw -" 
Ali S'jo ecÖtwv. Ae'Yei aürw ö agßa? 'Ajj.|J.a)va;- OüSev eV. xiiv Tpitiv"' <;u|AO£'p£i ot'. TOir,- 
C7.1, aXkk \i.SXkm /.aOou el; to v.tK\<.m cou, )iai £a9t£ [A;/.pov Ka9' -/if^ipocv, xai £y_£ StaTvav- 
t6? tov IdYov Toö Te'Xcövou Iv tyI xotp^iV. cou, ;tai öüvaccai (j(D6r,V(xi. 
A p 25. * £'. 'A^E^ipois cuve'S-/i 6Vn]^i; £v tw totuco ocÜtöjv, x.al Öe'Vjvte; xo-TaAiweiv aÜTOv, ämvil- 
Öov 77p6? TOV ä€6äv 'A[j.fX(ovav. Ra\ ihm ö -^ifio^ /.aTEirT^EE, v.al if^MV aÜTOu; 7;apa ty/V 

9. J om. xoü öeo'j. — 10. A oiii. vuxto; xal r,iJL. — 11. uovixö; MFJ. — 12. ^laeov ),ey" •'• — l'^- ^^ ''»'^'J- 
d YJpwv— 14. (loi MF. — 15. ■nXä'^tabai MF. — IB. ev tt; lpTi(ii|> J. — 17. im ^eviteiav .1. — 18. Yivtü<jx£i 
J. — 19. äauTiäv MF. — 20. äitovTM .1. — 21. o-j3' eva ix touimv J. 



3. L'abbe Ammonas dit : « J'ai passe quatorze amiees ä Scete ä prier 
Dieu, nuit et jour, de m'accorder de vaincre la colere. » 

4. L'un des Peres raconta qu'il y avait aux Gellules ' un vieillard 
spirituel portant une natte; il alla rendre visite ä l'abbe Ammonas. Le vieil- 
lard, le Yoyant porter la natte, lui dit : « Gela ne te sert de rien. » Et le & 
vieillard Tinterrogea, disant : « Trois pensees me tourmentent : ou de m'avan- 
cer dans le desert; ou d'aller en pays etranger oü personne ne me connait ; ou 
de m'enfermer dans une cellule et de ne voir personne, ne mangeant qua tous les 
deux jours. » L'abbe Ammonas lui dit : « II ne te convient de faire aucune de 
ces trois choses, mais reste plutöt dans ta cellule ; mange un peu chaque jour; lo 
aie toujours dans ton ca3ur la parole du publicain', et tu peux etre sauve''. » 

♦ A p. 25. * 5. Une epreuve arriva aux freres dans l'endroit oü ils habitaient ; comme 

ils voulaient l'abandonner, ils allerent pres de l'abbe Ammonas et voilä quo 
le vieillard naviguait et qu'en les voyant marcher le long de la rive du fleuve 



1. On trouve frequemment menlion du desert de Scetö, du dösert des Cellules et enriii du dösert et 
de la montagne de Nitrio. Scete etail ä si.\ milles des Gellules et ä une joui-n6e de marclie de Nitrie: 
Butler, loc. cit., II, p. 188-189. Vers 30° 20 de latilude et 28° de longilude est, se trouvent les six lacs 
du Natron dans la vall6e du mÄme noni (ouadi Natroun). Le natron (melauge de sei marin et de 
carbonate de soude) 6tait utilisö pour la moinlfication et, plus tard, pour la fabricatiun du verre. II est 
naiurel de placer le d6sert de Nitrie en cet endroit. On place le d6sert des Gellules vers le sud-ouest, 
au dcla du lleuve saus eau, vallt^e large de trois Heues, parallele ä celle du Natron, oü coulait peut-6tre 
jadis une branche du Nil. Enfin, on place en general Sc6lf5 dans le prolongement, vers le sud-est, de la 
vall6e du Natron, bien que cetle localisation präsente quelques diflicuU6s. Ct. Mimnrcs scientißques 
des savants composant llnstitut dEgypte, t. I, 8», Paris, an VIII, p. 223-256; VEgyple. par le R. V. 
M. .Tullien, Lille, 1889, i-. 36-56; Butler, loc. eil., II, 187-190. — Macaire semble placer Sc6t6 pres du 
niarais, « juxta paludeni », P. L., t. LXXIII, col. 982. -,2. Luc, xvni, 5. - 3. Co recit semble exister 
en Copte, W. E. Grum, Catalogue des mss. coptes du British Museum, n" 216. 



10 



[103] I. - APOPFITEGMES GREGS. 3-7. 405 

o;C_6-/iv^- ö^suovTa? tqO 7totx[/.o0, eIite toi; vauTa.t;- liulni i^j.i ii- Tr,v y^v. Kai /.aXsca; 
Toü; iÄ£>.(pou? "■' eirev aüxoi;' 'Eyw stfAt 'A[JL[i,(i>va{ ivpoi; ov SeXsre g).9eiv. Kai irapaxa^.s'ca; 
aÜTüiv Tx; /.apoix; eTVOi/i-rev aÜTOu? üirooTpeij/ai oOev s^-Ä>.öov. Oü yas sr/e to ' TTpavaa »Ff. 17' 
(r.pijav (|/uy_v;;, äW.a 6>.i'|[v'' ävÖpwTCivr.v. 

c . 'H>>0£ -rroTS ö äßSä; 'A[;.[A<dvx; irepacat " ' tov -rvcrauiov, y.xl eups to TcopG^Eiov"* 
(pi>.oxaXoJ[i.£Vov " ' , y.x: TCapjjcaös'cOr, aÜTto^"" xal iSov a)>Xo <7Xz;(po; eii; tov toisov •fl>,Og 
xat iTzioxm to'j^ (jUvcIvTa;"" ävOpÜTCOu;, x.al >v£ycuciv aÜTor AsOpo xai irv, äS6a, ■jrepacov 
[/.£0' -öpjv. 'O 5e )^ey£!, d [/.-h'"' £i; t6 Sr.jz.o'jwv iropOi/.Etov ^''', o'jx. ävaSxtv«). Elys Äe SeV 
p.-/;v 6al>.;tov, ical £y.a6r,T0 tcXs'xwv '" cE'.piv, xai -xXiv Wmv aÜT/iv Itn; oG yEyovE t6 tcocÖ- 
[AEwv-*, x.ai ouTw; £TOpac7£v. ESa>.ov ouv aÜTw oi xi^eX^oI [AETZvoiav''", XE'yovTE;- Tt to'jto 
ETVor/lffa;; Kat AsyEi a^Toi; ö yEpwv* "Iva ij.vi -xvtote c-ou^a^ovTo; toD >vOyio'Li.oS T;sai- 
TVXTcL. 'AX>.a y.x\ toOto ÜTviÄEiyry.a eoTiv iva jxetz xaTacTäceu? ßaSr((üpt.EV tviv öSov to'j 

0EOij. 

C. 'A7t7)>,ÖE ttote''^ ö 䀀äi; 'A[;.piü)va? TvapaSa^Eiv t2> äSßx 'Avtüjvioj jtal £TrXav/i9-fl 

22. Sy6av MF. — 23. xaXeVa; aÜToü; A. — 2'i. OXi'l'iv M. — 25. Tiepdaai M. — 26. Tiop9(iiov F. — 27. Sic 

AJ; ifi>oxa)ii|iE'vov MF; AI. : itefiXoxaJrKisvov. — 28. «Otö J. — 2'.t. Sic J; .\M : ävta;. — :iü. Eini A. 

31. iiJixov F. — 32. [iET. ol dS. — 33. 'ATrrjXOe Tioie A. 



il dit aux nautoniers : « Debarquez-moi ä terre. » Pui.s, appelant. les freres, 
il leur dit : « Je suis Tabbe Ammonas, pres de qui vous desirez aller. » Puis, 
il encouragea leurs coeurs et il les fit retourner ä Tendroit dont ils etaient 
partis; car il ne s'agissait pas * dun prejudice pour räme, mais d'uue trilni- »Ff. i7v 
■"> lation huraaine ' . 

6. L'abbe Ammonas vint un jour pour traverser le fleuve; il trouva que le 
bac etait prepare^ et s'assit pres de lui. Voiläqu'une autre embarcation vint en 
cet endroit et passa les hommes qui etaient lä, et ils lui dirent : « Viens, 
toi aussi, abbe, passe avec nous. » Mais il dit : « Je ne monterai que dans le 

10 bac public. « Or il avait une botte de jeunes pousses (de roseaux) et il se 
mit a tresser le jonc et ä defaire son ouvrage, jusqu'a ce que le bac arriva ä 
partir et ainsi il passa. Les freres lui firent reverence et lui dirent .■ « Pourquoi 
as-tu fait cela? » Et le vieillard leur dit : « Afin de ne pas toujours marclier 
avec l'esprit presse ^ » G'est encore un enseignement ä auivre la voie de 

15 Dieu avec calme. 

7. L'abbe Ammonas alla un jour ä la reucontre de Tabbe Antoine; il sc 

1. Cf. Lethe v, 2, in/ru, p. 'i47. — 2. 4'iXoxa).ri|i£vov. Ce iiiot a cunduit a deux trailiirliiiiis diirSrentes 
en syriaquo, cf. in/";«, p. 413; on Ic Irouve incoie dans passago suivaiit : Ainrnun de Rliavlliou dit a 
Sisoös : "Otäv ävaYivii(rx(ü Tpa^iriv, OeXei 6 ).0Yta|iö; |j.ou 9iXox(iiii(iai ).(5yov, ivo k'/w ei; eit£p(iTY)|ia, Migne, /'. 
G., t. LXV, col. 397; rult animus npparare sermonem, iil liubeam ad inlerrngnlionem, ibid.. col. 3U8. 
Villi anima mea ornare sermonem, nl paralus sim ad inlernij^alri respondcre, I'. L., t. LXXIII, col. 
908 (lla»\ l»ssf--3 ^'^ ■^^ ^l low» : U::» ^£Ni^ .-saq- V=j. Hodjaii, p. 875. — 3. V. .siipni. Inlicid.. 
p. 39'i, Hüte 1. 



406 AMMONAS. [104] 

Triv ö^ov, >cal jcxOtca;^* £)coi[A-/i9yi (jiixpov. Rai ävacxa; £)c'" toü ütvvou -/i'j^aTO "' tw 0£cÖ 
TiEvcoV As'oi/.ac ffou, Rüp'.e ö ©eo; aou, (a-/i äTro>.6'G-ij? to Tt>.a(i(xa gou ''. Rai tö^9-ij aÜTw 
ü;^* yelp ävÖpuTCOU, -/cpeixocfAEvri evc toG oüpocvou, Ss'.jcvüouitx aüxw T-flv ör^ov, sco; ov ■ri'kHe 

■/.OLl SUTYl JtaTOt TOO GTZTi'kT.iorj TOU äSSa 'AvTCOVlOU. 

7)'. TouTtp TU äS§^ 'AiJ.[i(ova TcpostpriTeuTEV ö ä.§6ac 'AvTwvio; IsycdV oTi "Eysi? irpo- 5 
xotj^ai si; tov ^o'Sov toO ©eoO. Kotl ii'/iyxyt'i a'jxöv e^co toO jce^fou y.<x.\ e^e'.^ev aÜToJ >vi6ov ■''■', 
x.ai eItuev aÜTw' "YSpiffov tov >.i6ov toOtov x.al tuiJ'^v aÜTÖv. 'O Si eitoi'yiffsv oütu;. Rai 
lifEi aÜTw äS§ä; 'AvTwvtoi;- Mri i'XaV/'iGev ö )iiOoi;; 'O ^e eiTvev Oü)(^i. Rai >.eyei 

' F f. 18 r. aÜTÜ ö äSSa; 'Avtwvio;' O'jtco /cal oü •/.aTX>.a§£iv * [/.s'XTieii; toutou toü (AeTpou'"' o x.xl 

£Y£V£T0. npoe-/.oi|/£ yotp ö iSSac 'A(Jt.[;;.wvac oÖTu;, wc aTuö Tioüvic äyscOdr/iTO; ir/iX£T! lo 

♦ A p. 2G. ei^s'vai Tr,v xay.iav. 'Ev oi; * yEvojxevou aÜToO etc'.cxo'tvoü, upoTrjVsyx.ov ^ a'jTw Trap- 
Oe'vov 'XaSoOoav ev yacTpl, y.xl lifO'JOi^ aÜTcp- 'O Seiva eTUOiV.aev aÜTO ''", ^oc, aÜToT; 
STCiTijxiav". 'O 8i (79payioa; äÜt-?,; t-^iv x.oiX^av, sjceT^sucre SoOvivai''* a'jT-fl s^ !^'jya? «^iv- 
^ovtcijv", leycov Mr.TvoTE, ü; äiVäp)(^£Txt y£vvy)cai, äTroOiv/) vi aÜT-/i r, t6 TraiSiov, xal 
r^.-/l Evo'/i x-/iS£u6'^v«i. AeyouiTiv aÜTM ot xaT' xürr,? svtuj^ovte?" Tt toüto £TT0'7)Ga;; 66c 15 
aÜTOi; eiriTip-iav . 'O 8l liyii aÜToi;- B>^£TC£T£, äSsTiCpol, OTi syyj? stti toO öavscTou, -/.al 

34. y.aer,aa? A. — :«. Olli. A. — 36. eü^aTo MF. — 37. Cit(5 par Isaac le Syrien, cl'. Inlmilucliun, 

p. 399. 38. Olli. F. — 311. XiOoiv F. — 40. toüto to |XETpov MF.. — 41. TtfoorivsYxav M. — 4J. inoiricre toöto 

MF. — 43. ETiaiiJtiov A. — 44. 8o9eivai A. — 45. (Jl^,6a)vifc)V F. 



trompa de route, s'assit et dormit un peu. A son reveil, il implora Dieu, 
disant : « Je t'en prie, Seigneur mon Dieu, ne perds pas ta creaturo. » 
Et il vit comme une main d'homme suspendue au ciel, qui lui montra le 
chemin jusqu'au momeut oü il vint et se tint pres de la caverne de Tabbe 
Antoine. ^ 

8. L'abbe Antoine prophetisa ä cet abbe Ammonas qu'il ferait des 
progres dans la crainte de Dieu. II le conduisit au dehors de la cellule, et 
il lui montra une pierre et lui dit : « Injurie cette pierre et frappe-la. » 
Quand il Teut fait, l'abbe Antoine lui dit : « La pierre n'a-t-elle pas parle? » 
11 repondit : « Non. » Et l'abbe Antoine lui dit : « Toi aussi, tu en arriveras lo 

Ff.isr. * ä ce degre » ; ce.qui eut lieu. Car l'abbe Ammonas progressa tellement dans 
la perfection qu'il ne soupgonnait plus le mal, ä cause de sa grande bonte. 

♦Ap. 26. Par exemple, ' lorsqu'il fut devenu eveque, on lui amena une vierge (reli- 
gieuse ?) qui etait enceinte et on lui dit : « Un tel a fait cela ; donne-leur une 
penitence. » Mais, lui signant le sein, ilcommanda de lui donner sixpaires de 15 
draps, disant : « De crainte, lorsqu'elle arrivera ä enianter, qu'elle ne meure 
eile ou son enfant et qu'on ne trouve rien pour l'ensevelissement. » Geux qui 
ötaient intervenus contre eile lui dirent : « Pourquoi as-tu fait cela? Donne- 
leur une penitence. » Mais il leur dit : « Vous voyez, freres, qu'elle est proche 



10 



[105] I. - APOPHTEGMES GREGS. S-10. 407 

Ti eyw Ey_«i> "' Tioir^ax'.; Ral äiTsXucev a'JT-/;v, xal oCi<t ST0>.p.y,'7e'< ö yEpwv vcx-raxpivat Tiva. 

9'. "E),iYov —£01 a'jToO, OTi Tivs; •fl'XOov 5i/.xijGv;va!. irxp' a''jTcd. 'O os yepuv sy.wpo- 

■jtoiet- xai t^oü y"JV/; ti; EG-rvi tc'Xviitiov aÜTOö, x.xl Tu-^im' Outo? 6 y-?'^'^ iraW; ecTi. "Hx.O'j- 

<j£v Oliv a'jTvis^' ö ys'pwv xai (pwvr.ox? aÜTviv Xsyer Ildoou? y-oTTOu; l770'//)'7« ev txi? spv)[/.oi? 

i'. IloTe 6 i^j€ii 'Aapiuva; •flT.Oev^" dg to'-ov ye'j'jzc'ia'., x.al r,v ixsi ai; s/ojv ''/r,]j:r:i 
•/.OLKn^r y.al cuvj'St) elScTv tyiv yuvxT/ca vm ilüikHtl-i dg to ksX'Xiov tqu äde'X(poij tou üSpi^o- 
[j-svou ■' ' . MaSdvTs; O'jv 0'. oix.oviv-rc; äi; tcv TO'TkOv r/.etvov e-rapayOy.cav, y.al cüv/iyOri^av ''" 
wcxe öioj^ai xÜtov sjt toS -/.e^Aiou. K.al yvovxEi; '^ oti ö ewicrxOTO!; 'A[/.[Aü)vzc e:; tov tÖtcov 
sx.srvGV e^TT'.v, £).Oo'vT£; TCy.p£x,z').£i7Xv ■ 7.Ü-0V, ö'ttcoi; -apaysv/iTat cüv aÜTOi?. Q; iJe syvw'''' ♦ F f. 18 ' 
ö i^£l(p6s, XaS'tüv TTiV yuMar-/.a =/.puij/£v si? iriSov [Xc'yy.v. n«,pxy£voa£V(JU rJa toO TTA'/fOo'j;, 
ei'^öv ö äS6«; Au.u.wva; to -/Evdy.svov, x.al Sii tov 0eöv £C)t£Tra(j£ to Ttpixy[Aa" v.%\ äiaeX- 
Ötijv E/.zö'.<7£v ''' Eiravw TOö TCi9ou, /.y.i s/CsXsuijg ^-/iTriO^vai to /.eIaiov. 'Q^ ouv Ey-zi^zif/icav 
•/.z\ O'jy E'jpov TViv yuvxi/.a, e'.ttjv ö äSSac ApipLuvä;' Tt eitti to'jto ; ö 0£Ö: iruyywpvjGai ■^'' 

'i6. ex« äf<i MF. — 47. aOriiv A. — 48. iTtoXetrai F. — 49. Le ms. 1259 A, du xiv« sii'cle. porte iine 
r6(laction difTerente, fol. 162 : "E),£y&v Ttepi toü äSSä 'Ajjtiiöjva öti tive; ^X6ov Sixaoaoöac nap' aÜTüi, ri 
).a),ii<jai' 6 YEpuv pLupov iauTÖv enobt. Kai iöo-j ti? Y'^^i '^Ti t^lff^ov aÜT^; D.eyev Oöto; ö yepuv, uaXo; laTiv. 
'H/oufftv O'JV a'jT>i; 6 Y^Pw^, ^ai ^wWiaac J-syet auTr/ Ilöffou; xÖTto-j; xat j^povo-j; eiiotTjda £v t^ £p^[xto vfx. tt] 
(ja)>6Tr|Ti TauTT) xTr.fftofiai. xat Sia oi. oi xaxo> xixtoTov yjvaiov, iyia ur.ijiipov äno/.ioai aOTr,v. — 50. "HX6ii 
TioTS ö ä&Sii 'A(i. MF. — 51. tov r/°^'^0' '^^^ xaxi^v 9»)liJlv M. — 52. F oin. xai (7jv. — 53. yvö/Te; F\ — 
54. Y^ü M. — 55. Exä6rii7£v A. — 56. ijUYX<''P''i'-' ^I- 



de la mort; puis-je donc agir autrement? » Et le vieillard la renvoya sans 
oser condamner personne'. 

9. On racontait de lui que certains vinrent lui demander de les juger; 
mais le vieillard simulait la folie. Et voilä qu'une femme vint pres de lui et 

5 dit : « Ce vieillard est fou. » Le vieillard lentendit, l'appela et lui dit : 
« Que de travaux j'ai accomplis dans les deserts pour acquerir cette folie! et 
voilä qua cause de toi je devrais la perdre aujourd'hui ! » 

10. L'abbe Ammonas vint un jour en un endroit pour manger, et il y avait 
lä certain (frere) qui avait mauvaise renomraee : il arriva que la femme vint 

10 et entra dans la cellule du frere qui etait mal vu. A cette nouvelle, ccux qui 
habitaient en cet endroit furent indignes et se reunirent pour le chasser de 
sa cellule. Lorsqu'ils surent que I'eveque Ammonas etait en ce lieu, ils 
vinrent lui demander * de les accompagner. Lorsque le frere s'apergut de cela, * f f. is v 
il prit la femme et la cacha dans une grande jarre. L'abbe Ammonas, ä son 

15 entree avec la foule, vit ce qui ötait arrive, mais, envuc de Dieu, il cacha la 
chose : il alla s'asseoir sur la jarre et ordonna de fouiller la cellule. Ouand 
ils eurent cherche et n'eurent pas trouv6 la femme, l'abbe Ammonas dit : 
« Qu'est-ce que cette affaire? Que Dien vous pardonno! » 11 pria et les 

1. Cf. iiifra, p. 456, 3. 

i'.\TH. OK. — T. .\l. — r. 4. 27 



408 AMMONAS. [106] 

EiTTSv a'j-cö" ripöce/E iieauTio, äos'XtpE. Ral touto eiTkWv, äveycopvicev ' ' . 
• A p. 27. * ta'. 'HpuTrIOv) ö äS€a; 'ApijJ.cova; ti ''* ecTiv vi öoo; 'Ä ffTevJi ^^ x.at teÖ'Xijaij.svvi ; Kai 

äTTOKpiÖEt:; £l7:£v" 'H höbe, r, ctsvvi^' xal TsOTitfApLs'v/i .auTVi ecTt" Tö [itz^jTÖai to'j? 'Xoytc- 
[y.oü? £y.uTO'j xai y.öiVTfiv 5ia -zw 0£ov xa laia OeV/ffiaTaf x.al toOto £CTI tö « iÄoii ■/i[;.£i'^ 5 
. äipvfjtaij.Ev TcavTa -/.ai •öxo'XouÖvicapLEV (70i ». 

iß'''". \SiKm\ iraps'SaXov tu 䀧^ AvTWvfo), y.al etTCOv otuTÜ pfj[j.a "' toO Aeuiti- 
xoO. 'E^viT^ÖEv o'jv ö Y£ptdv ei; T^öv £'pyi[/.ov, xai 7i-/to>.ou9riG£v aÜToJ "" ö iSSäi; 'A[/.[j.ti)va? 
y-pucp-?, EiSoj; t/jV iruvviÖEiav aÜToG"^. Kai [/,o(.x.puvai; iro)vU ^ ' ö y£'pcdv cxa^ si; 7tpoG£U)(^r,v "^ 
1'ypa.^e <pMV?i [y.£yä>v-/; '*"• 'O 0£o;, äTCo'cTc'.'Xov tov IVIwcriV ^ ' , xal St^ot^ei [/.£ t6 pvit/.a*' 10 
TO'JTO. Kai r,\^i^ aÜTw"" (Jicovt) Xy.'k'j'jGX tj.n' auToO. Eittev oüv ö a6Sac ' AjU-jj-iüva; , 
OTi" Tviv (/.SV cpwvr.v riy.o'jTa ' " , tviv Äs 5üvaij.iv toO 'Xoyou oüy. £[i.a06v. 

iy' ''. 'Effye naicto;'' i äoeX^ö? toü äSSö. Ootpievo; Q-fiT.^ [JiSTa Tivoi; i'^u toö xeX- 
Itou aÜToO, ö §£ ä€Sa; not[Ar,v oüz. 'l^ikv xal ävaffxa; £<puy£ irpi; tov äSßicv 'A[j.[x,ü)V?.v, 

57. Citi' par Dorothee, P. G., 1. LXXXVIII, col. 1693 : Ti £jroiT)<;£v 6 ävio; 'Afi|xuväc öte riXSov oi 
ä6£),9oi Ixeivoi TapatjdoiiEvoi, xai Xs'yovjoiv aCiTö)" AE'jpo ß).ejt£, ä66ä, öti yjvii eiTiv eE; xö xeXXiov Toü8e toO 
äSsXfOÜ, TTÖffJiv eüoTtXayxviav ESti^aTO, Ttouriv «■y«'"!^ iayvt r\ äyioe "l'^X'! EXEivr)!... — 58. t!? MF. — 59. i\ ttevti 
686; J. — 60. P. G., t. LXV, col. 84. — 61. pr,|j.aTa A. — 62. a^Tov A. — 63. A om. eiSü« tt|V tr-jv. ad. — 
64. itoXuv K. — 65. A om. utö; ei; Ttpoff. — 66. 9(i)vr)v liEyaXriV A. — 67. Muüo^v M. — 68. xa! 8i5a5(5v |jloi 
TM ^r\\).rm K. — 69. om. K. — 70. M add. t»)v XaXo-Jaav (jiex' aüxovi. — 71. /■". C, t. LXV, col. 317. — 
72. "E. TtoTE llar.aio; M. 



renvoya tous, puis il prit la main du fräre et lui dit : « Fais attention, frere, » 
et, disant cela, il s'en alla. 

* 11. Gomme on demandait ä l'abbe Ammonas quelle est la voie etroite et 
resserree ' , il repondit : « La voie etroite et resserree consiste ä dompter 
ses pensees et ä supprimer, pour Dieu, ses propres volontes; c'est en cela 5 
que consiste le : YoUä quenous avons tout abandonne etque 7wus t'avoits suivi'-. » 

12. Des freres vinrent trouver l'abbe Antoine et lui dirent une parole du 
Levitique. Le vieillard alla donc au desert, et l'abbe Ammonas, connaissant 
son habitude, le suivit en cachette. Le vieillard, apres s'etre beaucoup 
eloigne, se mit en priere et cria ä haute voix : « O Dieu, envoie Moyse, et il 10 
m'exposera cette parole. » Et il lui vint une voix qui parlait avec lui. Or 
l'abbe Ammonas dit qu'ä la verite il entendait la voix, mais qu'il ne saisissait 
pas la portee du discours. 

13. Paisios, frere de l'abbe Poemen, etait familier avec quelqu'un en 
dehors de sa cellule. L'abbe Poemen, qui ne le voulait pas, alla se refugier 15 
pres de l'abbe Ammonas ' et lui dit : « Mon frere Paisios est familier avec un 



• A p. 



1. Matth., VII, 14. — 2. Mattli., xix, 27. — 3. .\mmonas ötait donc plus ancien que Poemen. II 
demeura ä Sc6te avant d'aller trouver saint Antuine. 



[1071 I- — APOPHTEGMES GREGS. 11-ir,. 409 

xal Uyii aÜTw ''• rTaiTio; " i äi^s).cpö? [/.ou k'yet ivpö; Ttvx <syj.civi, x.al O'jz. ävairauov.ai. 
AeyE'- X'JToi ö iSßa? Apiauva;' noiy/ov, ä)CiiY)V ^vi;. "VTraye, x.zOou Et; xo /.eHiov cou 
>cal 6e; ei; t/;v /.apoi'xv cou ' ', ö't'. YiI^vi sj^st; EviauTov hi tw [AV/fjj.aTt. 

5 Ö>,ov Tov ypovov aÜToCi ßacToc^wv ä^tv/iv, xal oüy * EÜpw/CEi x«Tev£Y/.Erv tÖ Se'vi^pov" ecti. fJs ' -^ P- 28. 
äXTiO; l'v.TVEipo; TO'j x.o'xTEtv, xxi iivo öT^iycov'' xy.TKfps'pEt t6 Se'v^sov. "ET-syE ^e Ty;v ä;iv7iv 
eivai TTiv Äiixpiciv. 

ie". EItce Trzl'.v (ü IToiir/iv), oti sTiEysv ö äßSa^ Aay.wvä;, oti" "Ectiv avOptdTCo;, 'j^ 
TCOiEi E/.aTÖv E-cv) EV TW xelT^ioj, xal oü [xavOzvEt TTÖj; (JeT ev toj xe'X'Xi'w -/.aOicai '". 

73. oin. A. — 74, üariaioi; M. — 7."i. Oe? t^ xapoia c7ou A. — 7G. P. G., l. LXV, col. 33^. — 77. ri'i.iyo-i 
A. — 78. P. G., t. LXV, col. 345. — 79. xaö^cai A. 



tel, et je ne vis plus tranqiülle. » L'abbe Ammonas Iiii dit : « Poemen, tu 
vis encore ! Va t'asseoir dans ta cellule et mets dans ton coeur que tu es 
dejä depuis un an dans le tombeau. » 

14. L'abbe Poemen rapportait encore la parole suivante de l'abbe 

5 Ammonas : « Un homme porte une hache durant toute sa vie et ne * trouve pas ♦ a p. 
ä abattre l'arbre ; mais 11 en est un autre sachant couper qui l'abat en quel- 
ques coups. » 11 disait que la hache etait le jugement. 

15. (Poemen) rapportait encore que l'abbe Ammonas disait : « Tel homme 
passe Cent annees dans une cellule sans avoir appris comment il faut demeu- 

10 rer dans une cellule ' . » 

1. Le manuscrit Coislin 127 attribuc trois autres apophtegmes a Ammonas : 1° P. G., t. LXV, 
col. 113, n" 16 : "EXeyov TOpi aÜToO ('AyäSuvo?) xai toü äSSä 'Afj.|jiuvä (le texte imprimö porte 'A|jloOv). 
Lorsque les deux vieillards vendaient quelque cliose, ils faisaient le prix, puls ils prenaient ce qu'on 
leur donnait; lorsqu'ils achetaient, ils payaient le prix demande sans raot dire — 2° Ibid., col. 125, 
n» 5 : 'EUyev ö äoSii; 'A|j,[j.Mvä; (le texle imprime porte 'Aniiwr,?). II va avec Betimes (Vitimis) voir 
rabbe Aehille. Gelui-ci leur demande d'on ils sont. Ils n'osent dire <i des Cellules » et röpondcnt 
« de Nitrie ». Ils voient que le vieiUard travaillait sans en avoir besoin pour que Dieu ne puisse lui 
reprocher de rester oisif. — 3° Ibid., col. 128, n" 5 : 'Ekyov 3ia tov ä66äv 'A(X|j.(<jväv (le texte imprimö 
porte 'A(ji(ioüv). II vecut deux mois avec une mesure d'orge. II alla trouver Poemen, etc. Cf. pour la 
fin Ap. syr. infrn. n° 17. p. 419. Le dernier seul, qui ne peut ötre rapporle au premier Amnioun de 
Nitrie, a quelque cliance d'appartenir ä Ammonas. 



10 



410 AMMONAS. [108] 

II. — Version syriaque des Apophtegmes. 

uJ T2nr^ .^coi "iljpr^a ^cv^or^ rdar^ -ilniL ' rdwr^ 
.OYix.ajj on.^ >1\ .cal T>jrsf ^-n acn .cnn rdwr^:\ rdio^^ivS 

rd-Ä—iT^TX /^"iJTar^a ''^ocn^ol ^rd:LT\ '^coA ^^^x:73:^ 

co-l rdj-Srsf rsLiA^rcTa \rc^ yur^a-n *Pj^ "^"nja 'TQcuarsf'n 
jj— a_x!73 '.^^ .l'\n T^"H iuacp rdiÄcn ^^j^_ .r£L>x_\^iv3 

^•n-i-v. . I 1 T, r^T__Qa_i-3nrcf:> 1 ^o^ar^ rSÜurcf ''■■linrsr 
rc^ I L-L- 3 rcTco-lrcLl rdircf äjcä^v^s :vä ♦ ..^.pfv^t^^-t 

1. L fol. S'-; Be p. 489; Bu p. 466 (B = Be + Bu) M, Patr. Lat., t. LXXIII, col. 860. 
— 2. Be add. r~- — 3. L om. oi^ ^iojo. — 4. tv-^ L. — 5. ,^qjoA B. — 6. ^oo,La3( Bu. — 7. om. 
B. — 8. ^(o B. — 9. ^I, t. LXXIII, col. 807,porte l'ap. 2 que nous n'avonspas retrouve en 
syriaque : Abbas Ammon veniens in deserto ad quemdam locum liaurire aquam vidit 
basiliscum; et jactans se in i'aciem suam dixit : Domine, aut ego moriturus sum, aut isla 
bestia. Älox basiliscus per virtutem Dei dissipatus est. — 10. Be p. 798 et 944: Bu p. 685: 
M, t. LXXIII, col. 893. La seconde partie ne figure que dans Be reproduit par Bu. 



i . Un frere interrogea l'abbe Ammoun ' et lui dit : « Dis-moi une parole 
qui me fasse vivre », et il lui dit : « Va (et) raisoiine coinuie les lualfaiteurs 
qui sont en prison : ils interrogeiit ceux qui viennent pres d'eux et ils disent : 
Oü est le gouverneur" et quand vient-il ici? et ils tremblent ä cause de la 
crainte de l'attente. C'est ainsi que le solitaire doit toujours considerer, se 5 
reprimander et dire : Malheur ä moi ! Comraent pourrai-je nie presenter devant 
le tribunal du Christ, et quelle reponse pourrai-je ■ lui faire? Si tu niedites 
toujours ainsi, tu peux etre sauve. » 

*2. Voll- aux vuriantes, note 9. 

3. L'abbe Ammoun^ dit : « J'ai passe quatorze annees ä Scete ^ ä prier lo 
Dieu jour et nuit de m'accorder de vaincre la cölere. » 

1. Amiuuneni M. — 2. Judex M. — 3. Aminünas M. — 4. Sic M. 



10 



[109] II. — APOPIITEGMES SYRIAQL'ES. l-'i. '.11 

rsL-^a-x-x ^o^rsf rsLnrsf rdj-^ J,^in :^-\!nr£r rdürcf 

vrcT^cvÄA jcncvlx cni J^t\ rcliSaaaa rSlxjAa rcTcaArdl rsfaco 
aoa tsIjuj cora rcTaco .n \ \ tiiä:\ »^t^ In^rcT rsla-x» 
jcn rsf;\cn rdJrsf .cn'i_\j-9:\ rd\^\cC73 ^:^ vyrcT Irsf-H^iu 
aocn ^-XAln rsljivLjja rcr-\3j\, ^jax"n vyrtf'n Irsf^iuiui 
» T> N r^-nrdiL . »-*ApVt -v*^ rdia.co .r^T\rdx-a r^xw caiox 
.coivjjaiin vyr^ joIä ; A>.r(^q.p<Vin iur^mJjjj Irtmcrxar^ 

* <^-t^ rcTacn iurcf'n rsf^oorarsf ^ JiircT rcTaoa ' ' rslxiuiin 

11. L fol. O'-; Be p. 617: Bu p. 559: M, t. LXXIII, col. 915. — 12. |K-.i^B. — 13. |i^:^i; 
piA"o_ Be. 



Lrs frl'res dirent : « Pourquoi Tabbe Amnioun a-t-il ete jusqu'ä quatorze 
annees sans vaincre la passion de la colere; puisqu'il nous a dit qu'il ne ces- 
sait pas jour et nuit de prior üieu dans la douleur et dans les larmes pour 
qu'il liii aecordät de vaincre cette passion? » 

Lc vicillard dit : « C'est parce qüe cette passion excessive l'entrainait dejä 
ä cause de sa Constitution; mais il est certain qua les passions et les demons 
Ic combattaient comme un geant et un heros. C'est ainsi que les demons 
combattent contre les Peres, avec force et ardeur, chacun selon sa mesure; 
et autant (les Peres) brillent par la patience, c'est-ä-dire par Tendurancc, 
10 autant la lutte se prolonge avec eux. » 

4. L'un des Peres racontait qu'il y avail aux Cellules un vieillard et il 
avait un o-pand ascetismc et il (Mait vetu d'unc natte. 11 alla prrs de I'abbe Ami- 
moun, et celui-ci voyant qu'il etait vetu d'une natte ', ' lui dit : « Cela ne te . i, r ,•, 
sert de rien. » Et (l'autre) l'interrog'ea cl dil : « Trois pensees me tourmen- 



v° a. 



I. Cum pcrroxissel ad abbutcm .\nimoiiaiii, vidit ouni aljbas Ainiiiooas uteiilcui maUa M. 



10 



412 AMMONAS. [110] 

rsfTUJ rslircf dÄ*rsf iuaaaa .jurdü Anja'rsT rdla /r^iuljia 

— — ■ ♦ \ • 

.rdi-nrdl '•' jcocu^Tj3.i"n r^"\air^ \^r^a Ir^ncaj-:! coiv3.flo 
^_ci^rsf acD rdir^ ; ^ocnA ■iljorsfa rdür^ ^cai ^cur^ r^Tjaa 

^^iuJ . ,^^cufiainjjJT\ »cical ^Cnr^a ^cut^ rdi3a I^ooo^VÄaTÜ 
«lojjJL rsUr^ :r£!xajT\ rs^Tjaocvw rsf^cvn^ coa "\j\^ rcTacn 

14. ,^a< B. — 15. jjojoi. Co; ...■iivi B. — 16. om. Be. — 17. om. B. — 18. c^i L. — 
19. B add. ns^.^.^. — 20. t^i ^^^ B. — 21. Be p. 838: Bu p. 713. — 22. ^=^( toi. Bu. — 
23. -oi-uai^aj. Bu. — 24. c^i Bu. 



tcnt : ou d'aller au desert, ou de partir en pays etranger, ou de m'enfermer 
dans une cellule, de ne voir personne et de manger une fois tous les deux 
jours. » L'abbe Ammoun ' hii dit : « Tu ne dois faire rien de tout cela; mais 
va, demeure seulement dans ta cellule, mange un peu chaque jour, et aie 
toujours dans ton ooeur la parole du publicain : Dien, aie pitic de moi qui suis s 
nn pecheur'-, et ainsi tu peux vivre. » 

5. Une epreuve arriva aux freres dans l'endroit oü ils habitaient; et ils 
voulaient l'abandonner. Et ils allerent pres de l'abbe Ammoun, et voilä que 
lui-meme naviguait dans un navire, et il les vit aller siir la rive du fleuve et 
il dit au nautonier de le debarquer ä terre. Et il appela ces freres et il leur io 
dit : « Je suis Ammoun, pres de qui vous desirez aller. » Et il leur persuada 
de retourner en leur place, et il les consola et il leur dit de prendre courage; 
car il n'y avait pas dans cette affaire de prejudice pour l'äme, mais c'etait 
une tribulation humaine. 

1. ."Vmmonas M. — 2. Luc, xviii, 5. 



15 



10 



[111] II. — APOPHTEGMES SYRIAQUES. 5-7. 413 

.coJ ~*^c3^a :r£fHii\^ rsfi-i\*73-:\ rsT^u^nn^ ml ^Ajjjivia:i 
^^.rcfxi ^acn rsf-in^^T^ '^^rcf rcT^-vursT rcT^ uqfyt rcTcna 
.^^ox "H.3_x Irclarsf ^rcT vSrCf rcTi^ .coA ^-ilTarsfa ^coarcT-xna 
rsfiv_i_i_a-Qj_a ^T,iai. ^r^^ rdln^-^ .^ocoi -liTarsfa rslixa 
T^\ncv\^ jcocdx ^:\ rcfacn iurcT .t^rsT -ialx rdl ^cufia:73:\:> 
ku3^^rcr:\ rdinTvx ♦.rsf-vu:» J-^^^a rcfacn ''caivia .r£l9^:\ 
r^_ijr^ ca_i o—k-iTanr^a .•" "i n \, ^Tucoa .joa '"^r^dvuSjQo 

^" — - — - — ♦ ♦ ^ ♦ 

25. L fol. 172- ; ße p. 842: Bu p. 716. — 26. ^e^io u^ i;.^:«»; L. i^ a pu conduire, 
par faule de lecture, ä iv^. — 27. om. Bu. — 28. \^i L. Ce mot a conduit ä |JL>. — 
29. ^N-r Bu. — 30. t^\ Be. — 31. Be add. o«. — 32. i^^ u=c Ba. — 33. Bu add. p(. — 
34. L fol. 15^ Be 619; Bu 560. La seconde partie figure dans Migne, P. L., t. LXXIV, 
col. 380. — 35. Mo; Be. 



6. L'abbc Ammniin vint un jour pour traverser le fleuve, et il trouva qii'on 
prcparait la barque qui passe les bagages (sk L; B porte : qui passe les 
hommes), et il s'y assit. Et voilä qu'il vint unc autre l)arque qui passait cer- 
taines personnes (sicL; B porte : qui passait des femnies), et ils rappeb">rent 

5 et lui dirent : « Viens, toi aussi, abbe, passe avec nous. » Et il repondit et leur 
dit : « Si ce n'est pour passer dans la barque publique, je ne passe pas. » Or il 
avait avec lui une botte de ieuilles (de palmier), et il se tint ä tresser le Jone 
jusqu'ä ce que la barque fut prete, et alors il passa. Et les fröres lui fireut 
reverence en disant : « Pourquoi as-tu fait cela? » Le vieillard leur dit : « Afin 

10 que je ne marche pas toujours avec l'esprit press^ et troublc. » C'est donc lui 
cnseignement k suivre la voin de Dieu avec calme. 

7. L'abbc Ammoun alla un jour pres de Tabbe Anleine ' et il sc trompa de 
route, et il s'assit un peu ol dormit. Et il se Icva de son sommeil et il pria 

1. L öcril .Vnlonis; B poito Antonios. 



414 AMMONAS. [112] 

♦,r^cairsf rd^-oin vyi!73 rdird rc^\'n .•riorda rdcalr^ oloo 
iicCnon \rduja jcpö i i \. r^^a ."'CAy^lin^ "^aai^ rdi 
T<* t >a-X-3 cn 1 *73 A.^ i\aoD rdklii rdürd •\3':\ rs^Turd 
All ^^^pojaa r£r^r£f:\ rdinn^ '.rdiinard coi iiacn rd.cuil73a 

T^ crajaSr^a .r^calr^ Wjaoa cantd^n Vyi iur^-n ."H^TarcTa 

r^-acn rdSrdaJ "ix^ .^^^TlTarda rdärsfa. cn-cvjja ^rd^TA^ ^ 

Lf. 16 rsl^rsf coJl T—lTarsfa :i^a_Äcn "a n \. »_."n aco " .da-xjj^a 

.r^r^ i ^ m r^-T-x^a rsfijacu .\l^^q ♦.r^-acra r^ÄvjJcvx^aA 
rsf^orC^t^fy) ^^o ^cv^ard tdard ^"^^ «nT^rcTa .rdr&cn rdacna 
^ ; cia^a-iivfc^ia cniaa .rdivxxn ^ «x-XiT^ r^ ^' oa^oni^'n 
iv_iL3T\ r^-n—w rdiüaiua coi cva-vp r^BjxcaSrs^ rdac!aT\ 
»^cdn-jaj .rsLico rdjT-xcuoo 7\ n \, ^'J-B «.co-l ^•^inrda 
co-l »^cdiuj:\ uja^a .cbjoo'xaJ cia.>jiui w*:\ aco .T^^a-nTlTa 

36. ;.^i--^^ Be. — 37. ;^ B. — 38. Be add. o,i.. — 39. B om. t^i ^t. — 40. om. B. 
— 41. o,L<^. B. — 42. >^^ Bu. — 43. ^. B. 



Dien et dit : « Je t'en prie, Seigneur Dieu, ne perds pas ta crcature. » Et il 
leva ses yeux et il vit, comme une main d'liomme qui etail suspendue au- 
dessus de lui dans le ciel et lui montrait le chemin, jusqu'ä ce qu'il arriva et 
sc tint au-dessus de la caverne de I'abbe Antoine. 

8. Quandil fut entre et Teulvu, I'abbe Antoine luiprophetisa ' et dit: « Tu 
grandiras dans la crainte de Dieu. » Et il le fit sortir en dehors de la caverne, 
L f. 16 et il lui montra une piorre et il dit : « Injurie cette pierre etfrappe-la. » * Et il 
le fit. Et I'abbe Antoine lui dit : « Toi aussi, tu arriveras ä ce degre; et tu 
supporteras une charge et un opprobre considerable. » Et il en fut ainsi. Et 
I'abbe Ammoun progressa et, ä cause de sa bonte, il ne connaissait pas le 
mal. Dans son etat de pcrfection, lorsqu'il futeveque, on lui amena une vierge 
qui etait enceinte et on lui dit : « C'est un tel qui a fait cela; qu'ils reQoivent 
une penitence. » Mais lui, il lui signa le sein, et il commanda de lui donner six 



10 



15 



r a 



10 



1. Abbali Ammona prophelavit abbas Antonius M. 



[113] II. — APOPFITFGMFS SYRIAQUES. 8-9. 415 

:\aj33 \ ^on^n rslico culn .cn^cvl aacn iur^-rx ^^oa 'coi 

rCf^cu^njjT^i nj\^ rcTacn rcllin .ourd! ^an2:\ rdbjoo nUT^t^ 

rdxircf a^Td":\ .fy> i loJ^arsT rdnrsf J-^^ aacn '^^"ilnr^ 
r^coa ..a-inji, r^ vyr^ rcTacn r^lTacoina ♦.jcoo.tn^vp ^oja-^j-n 
1" rd-n-x» ' r£ljcn:\ ♦.cb^'vn.iü * r^"x!73r5^T\ r^-n.3J rsf^iur^ 
.qa^n n i\\ '^t^-iinr^ tvä rsfnj^ ciailnx-a .acn rsfxvi.v^ 

♦/cb-oaar^-n o^ 

4'i. itiaiisi, B. — 45. ooo, B. — 4(). iQi> wo, u-M>; Be. — 47. iloj^o B. — 48. Dans nos 
trois textes syriaques l'apopht. 8 ne fait qu'un avec le n" 7. Oii trouve ensuite aussitot 
dans L l'apopht. 23. oh-^m oo, |oo) p»i^-io ^oio. Ce nous est une raison de plus pour rapporter 
les trois au meme personnage. — 49. L fol. 107 ; Be p. 809 ; Bu p. 693 ; M, P. L., t. LXXIII, 
col. 956 B. — .50. ijjoj Be. — 51. po, Be. — 52. ipo; Be. — 53. m^. Be. — 5'i. ö^^u, i-o,^ B. 



paires de draps, et il dit : « De craiiitc, lorsqu'elle enfantcra, qu'ellc ou reii- 
fant ne meure; cela leur servira pour la sepulture. » Ceux qui etaient pres de 
lui ' Uli dirent : « Que fais-lu lä? impose-leur une penitence. » II leur dit" : 
« Vous voyez, mes freres, (jue c'est uii danger de mort; que puis-je donc 

5 faire '' ! » et il la renvoya. Et le vieillard ne presuma pas de juger quelqu'un,, 
car il ctait plein d'une misericorde et d'une honte sans limitc envers tous les 
hommes. 

9. On racontait de l'abbe Ammönis ' que certains vinrent plaider devant 
lui, et il ne pretait pas attention, comme s'il n'entendait pas. Et voila qu'uiic 

10 femme dit ä sa voisine'^ : « Ce vieillard est i'ou. » Et le vieillard rciilendit 
lorsqu'elle parlait ä sa voisine, et il l'appela et lui dit : « (^)ue de travaux j"ai 
accomplis dans le desert pour acquerir cette folie; devrais-je done aujourd'liui 
la perdre ä cause de toi .' » 

1. Accusatores M. — 2. Respondit episcopus M. — :i. M ajoutc ; sulliciL dolor inicm luibol ol 
confusio. — 4. De abbale Ammone M. —5. Ad muliercm juxla se stantcm M. 



* L f. 1« 
1- b. 



416 AMMONAS. 114] 

r^aco ^r^-n ♦.tuj rdwr^ J>i^ r^aco iur^a .-'•'rdür^ 'jax 

^ocdIä '^rslsar^ cvx^^nr^ oäo .^^rdursf aa3T\ cniulAl W^a 
jCT3aja"n"\Li':i ciüÄ^r^a .cmln^r^ ^oa rsfivÄa'n.n ^^-Oax-a 
^_cv^r^ T^jacvl^:\ *' ci3l*r^ oäo .coiulp ^ oaa rdwrdi 

^OOT^lX Jlt^T\ .rr>rt(V>>qrC^ O^T^ «,000 ^i» '' rd!9jXßflL3r^ 

da— kJC-Lo '"^jda rcT^ivjTill ch^rvT. ♦.^^rdwr^ am äL -n-ÄO 

^^r^T^ aca TV3.i.n *;p-\tn ''^aoa ^cvioT^ r^r^ AÄ^vaorsfa 
cai!73 J^ ^'^^^ J^a /''rdj-ixcuial cntcvTs r^cairsf «ILiso 

rslicn ^'aco rsfilTa ."i^arsfa ^cv^arsf rdarsf rdi^a .oursf ^^ 
^olPÄs TJsar^a .ai^a /^^^taJ %j3ccixj r^coirsf \^aiv|V3^:> 
•x^arcTa "rslyrsf aoa-n cnx.r£!a owrcT rcT^Tjjia .noA ^ootIä 

55. L fol. 18; Be p. 594; Bu p. 542. — 56. Be add. i^^o-i.. — 57. m-^ Mii B. — 
58. B om. ^.( oö,.. — 50. pi| Be. — 60. Be add. ooo,. — 61. n'W. Bu. — 62. ^3nnm«»; B. — 
6.3. ori, w B. — 64. om. B. — 65. n-^l B. — 66. jo^l;. Be. — 67. om. B. — 68. w 
oöi B. — 69. lotssv ^».^.^0 p;^om\ ov-^m3 Bc. — 70. jt^o Be. — 71. aj.io B. — 72. oöi (-/i Bu. 



♦ L f. IH 
1- b. 



10 



15 



10. L'abbe Ammoun vint un jour en un endroit pour manger avec les freres ; 
et il y avait lä un fröre sur lequel il y avait un mauvais renom; or il arriva 
*• qu'une femme vint et entra dans la cellule de ce frece et, lorsque tous les 
hommes qui habitaient en cet endroit s'en aper^urent, ils furent indignes et 
se reunirent pour chasser ce frere de sa cellule. Et, lorsqu'ils apprirent que le ^ 
bienheureux eveque Ammoun etait lä, ils vinrent lui demander d'aller avec eux. 
Ouand le frere s'en apergut, il prit la femme et la cacha dans une jarre. 
Apres qu'une grande foule se fut rassemblee et que l'abbe Ammoun eut com- 
pris ce que ce frere avait fait, il cacha la chose, en vue de Dieu : il alla s'as- 
sooir sur la jarre et il ordonna de fouiller la cellule. Ils cbercherent et nc lo 
trouverent personne lä, et l'abbe Ammoun prit la parole et dit : « Qu'avez- 
vous fait lä? Que Dieu vous pardonne! » Puis il pria et il leur dit de sortir 
dehors; enfin il prit la main de ce frere et il lui dit : « Prends garde ä toi, 



[115] II. — APOPHTEGMRS SYRIAQUES. 10-12. 417 



j-^ 



.^^■n rdjj-Harsf jco rdj_>3T\ IrC^nm ^'J rsfivi-rsf 









10 



15 



jcncuJKLx-a .oa_»_icv.^rsr rC^arsf ^^^cd rdürcT ^'a^rsf 

.rdjcn rsl:7a_^i\_9 oialio :rslx.cCn.l ^i\cd \•^x^ rsfcoirsf 
'^rcfaco dl>i>3:\ rdlj3:\ t-ilnrsfa »_cv>3r^ ^-»cor^ r£fT\co ^"n 

73.^ Be p. 776; Bu p. 670; M, P. L., t. LXXIII, col. 927. Revue de l Orient 
Chretien, 1909, p. 365. — 74. om. Bu. — 75. -o, |.o,o Bu. — 76. L. fol. 78; Be p. 718; 
Bu p. 627. — 77. Be add. lit.^. — 78. u/ B. — 79. om. L. 



frere » ; et, apres avoir dit cela, il s'en alla et il ne voulut pas le faire con- 
naitre. 

1 1 . On (lemaiula ä uii vieillard ' : « Quelle est Ja voie etroite et resserree'- ? » Le 
vieillard prit la parole et dit : « La voie etroite et resserree consiste ä domp- 

i ter ses pensees et ä supprimer, pour Dieu, ses propres volontes; c'est lä ce 
qui a ete dit : Voilä que nous avoiis taut ahandonne et (jue noiis t'ncnns suivi'. » 

12. Des freres vinrent pres de l'abbe Antoine et l'interrogerent sur le 
livre du Levitique. Le vieillard sortit au desert, et l'abbe Ammoun, qui connais- 
sait son halntude, le suivit en cachette. Le vieillard, apres s'etre beaucoup 

10 eloigne, cria ä haute voix et dit : « ü Dieu, cavoie MoNse pres de moi et il 
m'exposera cette parole. » Et aussitöt se fit enteiidre une voix qui parlait 
avec Uli. iXotre päre Ammoun raconta cela et dit : « J'ai eiileiulu la voix qui 
parlait avec lui, mais je n'ai pas saisi la portec du discours. » 

1. IiUeiiogatus est sene.\ M. — 2. Miitlh., vn, l'i. — 3. Maltli., xi.\, 27. 



418 AMMONAS. [116] 

rdla '^^rsfxjrsT ^jax craJ rcTacp Tt^cuj-:! r£lT\acvx- ^fmmrda 

..^^ci^rcr rdarsf rtfaco ■i!73«f:\ .^'^t^aS rtlnrcf ^^T^rcT 
.cn^cvA>3-T>il ojAJcin rdla «.rdslir^ vjxfloa^xl cT3X.rd3 rd^"Ti 

x-a-x-n o-srcT i>_ir^';\ :^ cv>sr£f rslarsf A_»_äco ^H^arsf 



80. L fol. 109; Be p. 524; Bu p. 493; M, P. L., t. LXXIII, col. 971 et t. LXXIV, 
col. .385 (paraphrase). — 81. ^os B. — 82. ^iü| B. — 83. L fol. 154: Be p. 750; Bu 
p. 651; M, P. L., t. LXXIII, col. 922. — 84. v^,^ Be. — 85. L. fol. 154; Be p. 637; Bu 
p. 573. 



13. Pai'sis', frere de l'abbe Poemen, avail lie amitie avec quelqu'un cn 
dehors de son monastere, et Tabbe Poemen ne le voulait pas; il se leva, 
recourut ä l'abbe Amraoun- et lui dit : « Mon frere Paisis ' a des signes 
d'amitie avec certain, et je ne suis pas tranquille. » L'abbe Ammoun^ lui dit : 
Poemen, tu vis encore ! Va t'asseoir dans ta cellule et mets dans ton esprit 
que tu es dejä, depuis un an, dans le tombeau. » 

14. L'abbe Poemen rapportait encore la parole suivante de l'abbe Am- 
moun* : « Certain homnie passe tout le temps de sa vie en tenant en main 
une hache pour couper unarbre, et il ne peut pas l'abattre; tandis qu'il en est 
un autre, sachant bien couper, qui coupe et abat l'arbre en trois coups. » 11 
disait que la hache etait le jugement^. 

15. L'abbe Ammoun disait donc : « Tel homme passe cent annees dans 



In 



10 



1. Paysius M; syr. : Päsis. — 2. Ad abbaten! Ammonam M. — 3. Ammonas M. — 4. Ammün M. 
— 5. Ou « le discerneinent » ; discretionem M. 



[117] II. — APOIMITEGMES SVUIAQURS. 13-17. 419 

r^ ^^^r. t<^«vi«\1 ri r^\ cucn'n tt^acn n^r^ ^^-n ^^":^c^ .rdlsocij 
V iurcluinrcr caxai3 JaxiOn r^acoi-^ r^\*'^-^ 
5 «IniLcui Ax ..^«ToB rtl3rt:i ^cv^rtT '"T^rtT ^Mrifi- 
.r£riu3-,-\Ä3 rsri^4s*\.^ "^c* .^11 T£!l"a rdiiTTJ "n2a>3-:\ ^Jcn 

♦/^illpa rsfa^rsT ^acal J^^ rdl ^*7V>3 iurcT '.cars %jxxiaa"n aöo 



86. ^jL B. — 87. L om. i;^ ^(.o. — 88. ^; Be. — 89. L lol. 31; Be p. 53(i; Bu 
p. ÖOi. M, P. L., t. LXXIII, col. 970; P. G., t. LXV, col. 326 sous le nom d'Anub. 
Analogue ä FApopht. XIV. — 90. om. B. — 91. -^i B. —92. j^ Be. - 93. F. fol. 98; 
Be p. 880; Bu p. 960 de la traduction qui est faite sur Be; M, P. L., t. LXXIII, 
col. 93(), et P. G., t. LXV, col. 128 (Ammon de Nitrie). — 94. ^j_:.i^ Be. — 95. Be 
add. ,iu-^. 



une cellule, et n'apprend pas comment il faut que le solitaire demeure dans 
sa cellule, ni comment il y reposera, ne serait-ce qu'un jour. « II disait que la 
maniere de vivre et la belle conduite du moine etait de se reprimander cons- 
tamment. 

5 16. L'abbe Ammoun ' iuterrogea l'abbc Poemea sur los peusees impures 

que l'homme engendre et sur les vains desirs. Et l'abbe Poemen lui dit : 
« Est-ce ijue la hacke sc (/loriße saus celiii ijui coupe par son iiioyen'-? Toidonc, 
ne leur tends pas la main et ils s'evanouiront. » 

17'. L'abbe Ammoun dit' : « J'ai dit ä l'abbe Poemen : Si je vais ä la 

10 cellule de mon voisin ou s'il vient pres de moi pour une cause quelconque, 
nous craignons tous deux de parier, de crainte qu'une parole etrangere ne 

1. AmniiJii M. — 2. Is.. x. l'J. — 3. Le present cliapitre a OU' luis a la suite d'un ineiiu fait 
concernaiit Animoii de Nitrie. /'. G.. I. LXV. coL 128. inais c'est a toi'L car Ammon de Nilrie ötait 
conleniporain il'Aiitoine et non de l'oemen. Le manuvciit Coislin 127 altiibuo d'ailleurs le present 
chapitre a Wniiuvä?, cf. si//j/a, p. 40'.). — 4. Veiiit abbas .Viiiiiioii ad abbaloiii l'aslurem el dioil ei M. 







10 



420 AMMONAS. [118] 

♦.T^-n^-vo "poi. dl^jt^-n rdjiur^ ■'''rslaco »__t^ coA rdircT 

tvyjj^n TSLi-l^ rsfujTx ^^cOarsT T^larsT rcTacn ^-x^arcT 
iuojj:\ :rS^ ^■n »_r^ .rdwrsf t/yj\^^ rsll Ical •'n^nrsfa 

rslj»inJT\ :cnJ T_!73rsfa ^^o^rsf rdnrdl ^^Jrsfi, ^rdwrsf 

• — — ♦ 



96. 1^.^ Be. — 97. iJii»! Be. — 98. ^oo,. oop(o Be. — 99. ov^ L. — 1. Mit.ia L. — 
2. aoajupo^ Be. — 3. öun^i Be. — 4. L fol. 89'; Be p. 491; Bu p. 468. — 5. loo, -^lo 
B. — (). co( ai_. B. — 7. L fol. 87' (ä la suite du chap. precedent); Be p. 7.31; Bu p. 
637. — 8. Be add. ^. — 9. om. Be. 



s'introduise. » Le vieillard lui dit : « Tu agis bien; car la jeunosse a besoin 
d'etre reservee et attentive. Je lui dis : Comment agissaient las vieillards? 
II me dit : Las vieillards prograsserant at arriverant ä la capacite de parier ; 
car il uy avait plus en eux rien d'etranger qui püt sortir de leurbouche. Je 
lui dis : .S'il m'etait necassaire de parier avec le prochain, veux-tu que je 5 
parle d'apres las Livres (saints) ou d'apres les paroles des vieillards? II ma 
dit : Si tu na peux pas garder le silence, il vaut miaux que tu parlas d'apres 
les paroles des vieillards, et non d'apres les Livres; car il est dangareux 
qu'un homme parle sur les Livras (saints) ' . » 

18. L'abbe Ammoun racontait qu'il vit un enfant qui riait et il lui dit : 10 
« Ne ris pas, frera, sinon tu chassas la crainte da Diau de ton ärae. » 

19. Un frere intarrogea l'abbe Ammoun et lui dit : « Pourquoi un homme 
travailla-t-il et demande-t-il une chose, sans que la chosa qu'il demande lui 

1. Gf, infra. p. 472, Ammonas del'end aussi de scruter les Ecritures. 



10 



[119] 11. — APOPHTEGMKS'SYKIAQURS. 18-21. 421 

rdJ'n j<n rdJrsf ^^^ fv> ^ rsll r^xn'n "^oaa lOLü^jn ^cuii^ 

♦ ♦ ♦ 

''noix^a "^orcT^ rsfacn^i Ird^-Xi-n ^rsf jcna^urcT rdiÄcn •'PJJ'^^ 

\ •-- — — ♦ • 

rdLjLxS auL,cviaa T^rcT J-x ^o-^orsT rdnrcT rcTacn ''-i^arsr 
T^a .Äv_.acn rd-»lL ^ivJ ^iujj-i '^t';vÄn ! ocLkLxjajoor^ ^•:\ 



10. om. B. — 11. -ö, woio B. — 12. ^ijo iaux Be. — 13. ^p». B. — 14. ^^oj^o uovhj 
Be. — 15. Be 868 (cf. p. 563); Bu p. 521. — 16. om. Bu. — 17. ^ po(. ^-^i ^ Bu. — 
18. om. Bu. — 19. pol Bu. — 20. dv-c^i i.o,. Bu. — 21. Be p. 815; Bu p. 697; M, P. G., 
t. LXV, col. 176. — 22. \.^j.^i Bu. 



soit donnee? » Le vieillard lui dit : « N'as-tu pas lu combieu Jacob apris de 
peine pour recevoir (Rachel) ; et il n'a pas regu celle qu'il demandait, mais 
Celle qii'il ne demandait pas. II a continue ä travailler et ä peiner et il a re(,u 
enfin celle qu'il aimait '. II en est de meme du moine qui a jeüne et veille et 
5 qui n'a pas regu ce qu'il demandait; il travaille ensuite dans le jeüne et les 
veilles et il regoitla gräce qu'il demande. >> 

20. L'abbe Ammoun vint uu jour pres des freres, et les freres lui deman- 
derent la faveur de leur dire une parole utile. Le vieillard repondit et leur dil : 
(1 II nous convient ä tous de marcher avec regularitö dans la voic de 

10 Dieu. » 

21. L'abbe Ammoun racontait au sujet de l'abbe l'aphnoutis le simple de 
Scete" : « Lorsque je descendis lä j'etais jeune, et il ne nie laissa pas y 

1. Cf. Lettre syriaque xi, .5-6, ou .Jacob osl aiissi proposf'; en cxoiiiple; infrn. Vil, 'idii. 

2. /'. (1., t. LXV, col. 176 : EIuev 6 ö6oä; Küöai|jiuv :iepi xoO iSodt HafvouTiou to'j llctipb; Tijc Ixritsto;, 
mais cel abbi' l'^iidaiiiidn nc so renconlri' pas aillfurs. 



* L r. 11". 

1- b. 



* L r. IG 

r» b. 



422 AMMONAS. [120] 

•^»a .rClirsT crylTSTx tia r£fiulj3:\ rsf^noa aJjJAi-TCfa rdilln 
rcrnrcr':\ \^r^a rdAlaa aJ rsUlrcT o-ä a_i2n J-^ rdn-ßo 
TSl_A-n vy-k-lnn ^crs:\ IrsLicn «ijar£f:\ cd-3..x-cuu cLA_.r£r 

tVÄ 28^oT> t^o^oTSf Td3r£f:> cDOj-^xJii r^aca ^^rdi-ivx^j 

Oj_Ä_x_l73 rsüa IrslircT tupIo rdircf *^T£ij3 rcTncu Ax":\ '.t^rsf 
rd-a-KT Ä\_iT^a .ti1L>xj:äJ arsT rtli.j>ii2 ajA^floa^x a3i.cuj 
^-A i P -t T- n ♦ 1 . r Vi r Vi :xä ^ya-x-o-ji rsTocn 'jcoaiv-.rsf 

23. iLtufi Bu. — 24. ^*.x^^^ Bu. — 25. m^;:^; Bu; toS e/.epoü M. — 26. Be p. 829; 
Bu p. 706. — 27. L fol. 16; Be p. 533: Bu p. 499. — 28. ^olo po(o o,j^.ia^i oo, loo, ^vn*jo 
L (L rattaclie le present chapitre ä l'ap. 8 siipra). — 29. ^ ,;:oi^ L. — 30. lo^o, L. — 
31. u^l Ij. — 32. ^ ^ . Lvitv i L. 



demeurer, disant : Durant ma vie je ne permets pas qu'une figiire jeune qui 
ressemble ä celle d'une femme demeure ä Scete '. » 

22. Le disciple deFabbe Ammouii racontait que : <t Le vieillard sortit de nuit 
et il me trouva endormi ä rentree de la cellule, et le vieillard se tint debout 
pres de moi en se lamentaiit sur moi et eii pleurant, et