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Full text of "Patrologia orientalis"

= CNJ 




5.1 \ 







PATROLOGIA ORIENTALIS 



TOMUS VICESIMUS SECUNDUS 



kir^/iit 




R. GRAFFIN — F. NA.U 



PATROLOGIiV ORIENTmS 



TOMUS VIGESIMUS SECÜNDUS 



I. — BASILE RADU. 

VOYAGE DU PaTRIARCHE MaCAIRE d'AnTIOCHE. 

II. — IGNAZIO GUIDI. 

Les Homiliae Gatiiedrales de Severe d'antioche. Home- 
Ues XCIX ä CHI. 

III. — DE LACY O'LEARY. 

The Arabic Lii-e of S. Pisentius. 

IV. — JEAN BAKOS. 

Gregoire Aboulfaradj dit Barhebraeus. Le Candelabre 
des Sanctuaires . 

V. — A. VAILLANT. 

Methode d'Olympe. Le De Autexusio. 





PARIS 

FIRMIN-DIDOT ET C'% IMPRIMEURS-EDITEURS 

LIBRAIRIE DE PARIS, 56, RUE JACOB 

1930 



BR 



VOYAGE DU P ATRIARCHE 

MACAIRE D'ANTIOCHE 



eb 



TEXTE ARABE ET TRA33UOTIO]Sr FRANC AISE 



PAR 



Basile RADU 



SUPERIEUR DE l'eGLISE ROUMAINE DE PARIS 

Professeur ä la Faculte de Theologie de Chijinäu (Roumanie). 



PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 



AVANT-PROPOS 



Le texte que uous entrepreiioiis de faire connailre contient les relations 
de voyage du patriarche Macaire d'Antioche, ecrites par son fils, l'archidiacre 
Paul d'Alep. 

Le patriarche Macaire occupa le siege patriarcal du 12 novembre ' 1647 
au 12 juin 1672, apres le patriarche Euthyme de Ghio. Les dettes laissees 
par son predecesseur etaieiit enormes et troublaient le coeur du noble 
patriarche qui se preoccupait de ne pas laisser peser sur lui la responsabilitö 
dune teile Situation. 

Comme l'a decrit son fils, la Situation etait intolerable : les sommes 
empruntees augmentaient de plus en plus, par suite des interets ; d'ailleurs 
le patriarche ne trouvait personne qui püt l'aidor ä resoudre ce probleme. 
A l'interieur de son patriarcat il ne pouvait compter sur ses ouailles, etant 
donne la domination turque, les impöts eleves que la population payait, 
l'avidite des gouverneurs et des pachas, et d'autres motifs peut-etre que son 
fils ne Signale pas. II fallait donc un secours urgent et considerable des 
chretiens d'Europe, des princes qui excellaient encore par leur generosite 
issue de Tapplication de la doctrine chretienne, princes qui, nonibre de fois, 
avaient soutenu l'Eglise d'Orient par l'envoi de sommes importantes. Le 
patriarche devait s'adresser ä eux. Mais pour cela il lui etait necessaire 
d'aller en Europe. Les princes et l'empereur dont il pouvait attendre un 
secours etaient : Basile Lupu, prince de Moldavie, Bogdan FImilnitzki, 
halman des Cosaques, Matthieu Bassarab, prince de Valachie, et Alexis 
Michailovitch, empereur de Moscou. 

Pour arriver jusqu'ä eux, il lui fallait entreprendre un träs long voyage, 
prendre les mesures necessaires, afin d'assurer l'ordre durant son absence de 
Damas, et choisir un interimaire digne de la place qu'il devait occuper pendant 
un si long sejour ä l'etranger. Autant de dilTicultös ä surmonter. Macaire se 
decida enfin ä partir et entreprit ce long voyage qui dura sept ans, de 1652 
ä 1659; c'est le recit de ce voyage que nous publions. 

II semble opportun de donner au lecteur quelques details. 

1. Lire : 12 novembre 7156 (1647), non pas 12 decembre. Cf. Dicüonnaire d'hisloire 
et de geographie, article Antioche, col. 700, qui porte la date de 12 decembre. 



4 AVANT-PROPOS. W 

Dans riutroduction, Paul d'Alep montre avec quelle ditriculte il s'est 
resolu ä prendre des uotes sur le voyage de son pere, le patriarche Macaire 
d'Antioche. II indique aussi le motif pour lequel ce distingue patriarche devait 
recourir ä la generosite des princes de Moldavie, de Valachie et ä rempereur 
de Moscou : les dettes laissees par le patriarche precedent etaient si lourdes, 
qu'on ne pouvait les payer. Paul d'Alep donne ensuite un abrege de l'his- 
toire du patriarcat d'Antioche et decrit l'activite de son pere comme metro- 
politain d'Alep et comme patriarche d'Antioche. La visite de son diocese. qua 
le patriarche fit avant son depart, est d'une grande importance, pour l'etude 
du christianisme h cette epoque. Ensuite, l'auteur donne un aper^u sur les 
dernieres annees du ministere de son pere et des renseignements sur lui-meme. 

II entre apres cela dans la description proprement dite du voyage. 



Le patriarche, accompagne de son fils et d'une suite nombreuse, partitde 
Damas le jeudi soir 9 juillet 1652, et apres avoir traverse l'Asie Mineure, 
il arriva le l"'' septembre ä Bor, puis ä Gonstantinople le mercredi matin 
20 octobre. 11 fit un sejour de quelques raois dans cette ville, puis il la 
quitta le lundi soir apres l'EpipIianie, il prit le bateau et arriva le dimanche 
ä midi ä Gonstantsa oü il debarqua avec les personnes qui l'accompagnaient. 

Le mercredi matin 12 janvier 1653, il partit de Gonstantsa et se rendit 
ä Mäcin oü il s'arreta le dimanche. Le lundi, il loua un bateau pour aller ä 
Galatz oü il arriva dans l'apres-midi. 

Re?u par le representant du prince Basile Lupu, il fut conduit ä l'eglise 
de Saint-Demetrius '. 

De lä, il se dirigea le mercredi vers Jassy, oü il arriva le mardi soir, 
25 janvier et descendit au couvent de Saint-Sabas. Quelques jours apres, 
le dernier lundi de janvier, le patriarche eut une entrevue avec le prince 

Basile Lupu. 

Le jeudi .'5 fevricr, l'hegoumene du couvent de Golia l'invitait ä venir 
chez lui. Le mardi matin 8 fövrier, le patriarche se rencontra de nouveau 

avec le prince. 

Pendant son sejour en Moldavie, il visita les couvents des Trois llierar- 
ques, de Galata, de Barnowski; il celebra des offices et des raesses dans 
dillörentes eglises et couvents, assista ä d'aulrcs ceremonies du culte et 
participa ä des ßvenements tres importants pour l'histoire du pays, surtout 
a la guerre entre Basile Lupu et Matthieu Bassarab. Le P' septembre il se 
trouvait encore ä Jassy. 

1. Lire : Sainl-Nicolas. Paul d'Alep a fall une confusion. 



[5] AVANT-PROPOS. 5 

A cause des evenements qiii so deroulaient sous ses yeux, il demanda 
au nouveau prince, Georges Etienne, le successeur de Basile Lupu, la per- 
mission de partir pour la Russie. Les troubles de la Russie du sud le force- 
rent d'abandonner momentaiiement soii projet et il passa an Valachie le 
22 novembre. 11 traversa les villes de Rftmuic et de Buzäu, arriva ä TAr- 
ffoviste le 29 novembre 1653, et descendit au couvent de Stelea. 11 fut tros 
bieii regu par le prince Matthieu Bassarab et le metropolitain Ignace. II 
assista plus tard aux funerailles du prince Matthieu et ä l'election du nou- 
veau prince Constantiu. II celebra la fete de Piques et partit pour la Moldavie 
le deuxieme dimanche apres la Pentecöte (27 mai). 

Le G juin, il quitta Jassy pour se rendre en Russie, en traversant la 
Moldavie dans la direction de Soroca. Le samedi 10 juin 1654, il passa le 
Dniester, qui formait la frontiere entre les Cosaques et la Moldavie. 



II entra dans la ville de Räscov oü il fut regu par les pretres, la population 
et le commandant militaire de la citadelle. De \ä, franchissant le sud du 
pays des Cosaques, il se dirigea vers Kiev, accompagne des soldats du 
hatman Hmilnitzki. Avant d'y arriver, il se rencontra avec le hatman qui 
se preparait ä faire la guerre ä la Pologne. Le patriarche Macaire visita le 
couvent de Petcherska et la crypte des reliques des saints, le mardi avant la 
fete des saints Apötres. Le vendredi, il fut invite par la superieure des reli- 
gieuses ä celebrer la messe dans le couvent. Ce meme jour, apres les vöpres, 
et le samedi matin, il y eut une ccremonie de requiem pour les morts. 

II repartit le jour meme dans la voiture de l'Archimandrite du couvent 
de Petcherka et arriva k l'eglise de Sainte-Sophie ä Kiev oü il fut regu par 
le frere du metropolitain Sylvestre, les eveques et les hegoumenes des 
couvents. Puis il visita la ville, accompagne par le metropolitain et le clerge. 
II visita, sur l'invitation de l'hegoumene, le couvent de Saint-Michel et, le 
mardi 3 juillet, l'eglise de la Dormition de la Vierge. 

Apres avoir parcouru un long chemin par des villes et villages, il arriva 
au couvent de la Trinite, fondation de Basile Lupu, prince de Moldavie, 
suivant ce que dit Paul d'Alep. 11 quitta ce couvent le lundi 17 juillet; le 
mercredi, il atteignit Korop, frontiere entre les Cosaques et les Moscovites. 
Le jeudi matin, deux ans apres son depart d'Alep, en la fete du prophete 
Elie, il partit pour se rendre ä l'invitation de Ryr Nikita, gouverneur de 
Putivl, qui lui avait envoye des messagers. Arrive dans cette ville, il 
celebra des Services religieux selon l'usage : Putivl etait la frontiere entre les 
Moscovites et les Cosaques. 



6 AVANT-PROPOS. [6] 

Le luiuli matiii 24 juillet, il quitta Putivl, et apres avoir traverse 
quelques villes et villages, il entra, le mercredi matiu 2 aoüt, dans une 
tres grande ville appelee Kaluga. De lä, il prit le bateau pour remonter 
le fleuve Oka, le vendredi 1 1 aoüt. Le jeudi suivaut, il partit de bou matin 
pour Kalomna, oü il parvint le meme jour. 

Macaire fut re^u dans la ville par le clerge et les habitants et fit des prieres 
pour la famille imperiale. II y celebra, le 29 aoüt, la fete de la Decollation 
de Saint Jean-Baptiste. 

Le 1" septembre, on fit memoire de saint Simeon le Stylite, qui fut fetee 
par les Moscovites avec une pompe extraordinaire. 






L'entree ä Moscou eut lieu le samedi 26 janvier 1655. Le patriarche y 
resta longtemps, entoure des notables de la suite de l'empereur Alexis. 11 cele- 
bra la fete de TEpiplianie avec les memes ofiices qu'en Moldavie et enValachie. 

Paul d'Alep decrit ä cette occasion les coutumes du pays, et raconte les 
evenements historiques : le siege de Smolensk, la guerre avec la Pologne, 
le conflit du patriarche Nicon avec Fempereur, le retour du premier ä Moscou, 
övenements dun grand interet qui eurent lieu le 3 fevrier, deuxieme samedi 
apres son entree danä la capitale. 

Le patriarche y fut regu par l'empereur, et chaque menibre de la famille 
imperiale lui offrit des cadeaux. Quelque temps apres, Macaire fit une visito 
au patriarche Nicon de Moscou. 

Le 20 fevrier, l'empereur et le patriarche Macaire se rendirent ä l'eglise 
de la Nativite de la Vierge et de sainte Catherine pour entendre la messe et 
commemorer la fete d'Eudocie, fille ainee de l'empereur. L'archeveque serbe 
participa ä ce service divin qui fut magnifique. 

Le jeudi de l'abstinence du fromage', le patriarche Nicon invita Macaire 
et l'archeveque serbe ä celebrer une messe dans la grande eglise en memoire 
des defunts patriarches et mötropolitains de Moscou. Paul d'Alep donne 
des dötails sur le patriarche Nicon, sur l'origine de la famille imperiale russe 
en commen^ant par l'histoire du tsar Ivan. 

La guerre entre l'armee russe et l'armöe polonaise commandce par Radzivil, 
le siege de Mogliilev et d'autres faits occupent une tres grande place dans 
son r6cit. 

Le 17 mars, l'ompereur celöbra la fete de saint Alexis. Le temp.s s'dcoulait 
et on approchait de PAques. Macaire fit de nombreuses visitos, celöbra 
l'ofTice du dinianelie des Mamcaux, puls la fete de PAques en grande solennite 

1. C'est-ä-dire le dernier jour avanl le jeüne du Caröme oü les fideles peuvent user 
de laitage. .Abel Couturicr, Cour.s de litiin^ne, II, p. 229, Paris, 1914. 



[7] AVANT-PROPOS. 7 

avec le patriarche de Moscoii. Paul d'Alcp decrit minutieusement les nom- 
breuses eglises qu'il a vues, ainsi que la vie religieuse des Moscovites. Le 
deuxieme samedi apres la Pentecöte, le patriarche de Moscou invita Macaire 
ä l'eglise des Archanges, pour la commemoration de la mort du tsar Ivan et 
de ses deux fils, enterres du cöte droit du sanctuaire. 

Les 8, 10, 11 et 12 juillet, il celebra des offices, et le 19 juillet, il fut 
invite par Nicoii ä l'eglise des Archanges pour une ceremonie de requiem 
eil memoire du defunt empereur Michel. 

Ici, nous trouvons une tres interessante description du couvent de 
Saint-Sabas. 



Apres 6tre reste si longtemps ä Moscou et avoir visite la plus grande 
partie des öglises et des couvents, Macaire partit pour Novgorod le samedi 
4 aoüt, accompagne de l'archevüque serbe, d'un interprete, etc.. 

II y fut tres bien regu. 11 visita le couvent de Saint-Georges, ä trois verstes 
hors de la ville. Le metropolitain sortit au-devant du patriarche, ainsi que 
les pretres et les diacres, vetus de leurs ornements liturgiques. Macaire 
baisa les icones et bönit le peuple, puis il entra dans la ville et fut conduit 
ä l'eglise de Sainte-Sophie que Paul d'AIep decrit dans cette relation de 
voyage. Comble d'honneurs, il visita le palais metropolitain et hors de la 
ville le couvent de Saint-Antoine, que l'auteur decrit egalement. Apres avoir 
parcouru encore une verste, le patriarche visita un autre couvent dedie ä la 
Dormition de la Vierge. Le mardi matin, franchissant encore quatre verstes, 
il arriva au couvent de Saint- Barlaam, oü il celebra les matines, le 29 aoüt; 
puis il alla au couvent de la Resurrection et du Saint-Esprit. 

Le 1" septembre 1655, il se trouvait ä Novgorod. A cette occasion, la 
veille, on celebra en grande solennite les vepres de la fete de saint Simeon 
le Stylite d'AIep. Paul d'AIep nous donne les details de cette ceremonie. A 
cet Office participerent : l'archeveque serbe, le patriarche d'Antioche, les 
archimandrites des couvents de Saint-Barlaam, de Saint-Nicolas, de Saint- 
Antoine, du Saint-Esprit, chacun assiste de deux diacres. Apres le poly- 
chronion, on apporta de l'eau benite et le patriarche Macaire aspergea les 
notables et le peuple. Le lendemain matin, on celebra la messe. 



Le jeudi 20 septembre, Macaire retourna ä Moscou d'oü il s'etait absente 
quarante-sept jours. Le mardi matin 1" octobre, fut celebröe la fete du jour. 

Paul d'AIep raconte la guerre du tsar avec les Polonais sous le comman- 
dement de Radzivil et la quatrieme victoire du tsar Alexis. 



8 AVANT-PROPOS. [8] 

Le patriarche feta la saint Nicolas avec une tres grande solennite, 
accompagne du clerge et en presence d'une nombreuse assistance. Aucun 
evenement historique n'echappe ä Paul d'Alep. II decrit la rentree du tsar 
ä Moscou et la raaniere speciale dont il fut re?u par le clerge, les notables 
et rarmee. A cette solennite participa aussi le patriarche Macaire ainsi 
qua sa suite. Le tsar recut les ambassadeurs du roi des Francs. Le tsar etait ä 
Smolensk quand il regut la visite d'un ambassadeur de Venise, arrive en 
Russie par le port Archangel et venu expres, etant donne la Situation dans 
laquelle se trouvait sa patrie : les guerres avec les Turcs, etc.. Le patriarche 
Nicon invita le patriarche Macaire ä une messe celebree dans la cathrdrale 
en presence de l'empereur et de l'imperatrice. Sur Tinvitation de l'empe- 
reur, Macaire benit Timperatrice. Paul d'Alep decrit le palais patriarcal bäti 
par Saint Pierre, le premier metropolitain de Moscou. II montre la religiosite 
du peuple et depeint les vetements des moines et du clerge. L'inauguration 
du nouveau palais patriarcal fut I'occasion d'une tres grande ceremonie oü 
l'empereur et le patriarche Nicon echangerent des cadeaux. A Noel, Macaire 
se trouvait encore ä Moscou. II y participa avec le patriarche Nicon k la 
messe celebree en presence de l'empereur et de l'imperatrice. 

Paul d'Alep decrit les guerres entre les Moscovites et les Polonais : le 
siege de Kamenetz, la prise de Lublin, la defaite de Potovski qui fut lait 
prisonnier, la defaite des Polonais ä Vilna, etc.. 

Le patriarche Macaire, avec l'aide dun interprete, eut une entrevue avec 
l'empereur dans le nouveau couvent que celui-ci avait fonde ä quarante 
verstes de Moscou, couvent dödiö ä saint Sabas le Petit. Les notables vinrent 
saluer le patriarche. A l'entree de l'öglise, l'empereur lui-mcme et un archi- 
mandrite le re9urent et le conduisirent dans l'eglise. II y eut un oHice 
special ä l'issue duquel l'empereur l'invita chez lui, pour l'entretenir de 
diverses questions concernant la Situation du patriarcat et le voyage en Russie. 
Paul d'Alep fait une description detaillee du couvent. Le patriarche resta 
encore ä Moscou oü il celebra des messcs et des oillces, puis sur Finvilation 
de l'empereur, il ofhcia liors de la ville. Un service divin fut celebrc ;\ Tocca- 
sion de la Saint- Alexis, fete de l'empereur, qui y participa. 



Le dimanche 23 mars 1656, le cinquieme dinianche du Can-nie, Macaire alla 
faire ses adieux au patriarche Nicon, son dejjart ne pouvant 6tre ajourne, 
apres une si longue absence. Avec sa suite, il se rendit ;\ Bielov, puis ä 
Bolkhov, oü il celebra la fiHe de Pi\(jues. Le mardi suivaut, il se preparait 
ä aller ä Putivl, quand il rc^ut une lettre d'Alexis datee du soir du 4 avril, 
dans laqnollc il etait invilö ü retourncr ä. Moscou, l'empereur ayant eu le 



[9] AVANT-PROPOS. 9 

vcudrcJi saiiit dans l'eglise iiiie disciissioii avcc le patriarclie Nicon, sur 
Tattitude de ce dernier vis-ä-vis de lui. 

Macaire quitta Bolkhov le mercredi apres Päques et descendit au couvent 
de Saint-Cyrille qu'il avait liabite duraut son sejour ä Moscou. II s'y trouvait 
quaiul viut uiie ambassade d'Elienne, prince de Moldavie, pour faire acte de 
soumission ä Tempereur de Moscou. Gelui-ci l'accepta, apres avoir cousulte 
le patriarclie d'Antioche. 

Le dimanche de la Samaritaine, Macaire, sur rinvitation du patriarclie 
Nicon, se rendit ä la cathedrale pour participer ä la consecration de .Joseph, 
archeveque d'Astrahan. La messe fiiiie, il retourna au couvent, accompagne 
de Nicon. II participa plus tard ä Moscou ä un synode oü fut discutee la 
question du bapteme des Polonais. 

L'empereur, devant partir pour une expcdition contre les Polonais, 
demanda la benediction du patriarohe Macaire. Apres avoir atteint une dis- 
tance de quaranta verstes de son couvent et cinquante verstes de la ville, 
l'empereur ecrivit au patriarche une lettre autographe qu'il signa « votre pere 
spirituel, l'empereur Alexis ». 

Le dimanclie apres l'Ascension, Macaire celebra une messe dans la cathe- 
drale avec le patriarche Nicon. 11 en fut de meme le jour de la Pentecöte. 

Le patriarche Macaire et le patriarche Nicon consacrerent une eglise 
Selon le rite grec. A cette occasion, ils echangerent des cadeaux consistant 
en images et en ornements sacres. Le mercredi suivant, le patriarche 
Macaire fit ses adieux ä Nicon, quitta Moscou le jeudi 29 mai, accompagne 
de soldats, dans une voiture dont l'empereur lui avait fait cadeau. Le jeudi 
12 juin, il arriva ä Putivl, distant de cinq cents verstes, quinze jours apres 
son deparf. La fut celebree une messe le troisieme dimanche apres la Pente- 
cöte. Le patriarche quitta cette ville le 16 juin. 

De Putivl, passant par Korop, il se dirigea vers Kiev oü il arriva le 
samedi 28 juin. II fit visite au metropolitain de Sophia qui s'y trouvait. Paul 
y vit le Portrait du patriarche Joachim d'Antioche. Le mardi, Macaire prit 
conge du metropolitain et se rendit le soir au couvent de Petcherska oü il 
resta jusqu'au lundi, puis il partit dans la direction de la Moldavie en 
passant par differentes villes et de nombreux villages, dans lesquels il s'etait 
arrete la premiere fois. 

II arriva le vendredi 15 aoüt ä Räscov, qu'il quitta le lundi suivant. 



Le jeudi 21 aoüt 1656, le patriarche traversa le Dniester et entra ä Jassy 
le 23 aoüt. Le lundi l'' seplembre, il etait encore ä Jassy (le prince de 
Moldavie etait Georges Etienne). Macaire y resta jusqu'au mercredi 8 octobre, 
jour de son depart pour la Valachie. 



10 AVANT-PROPOS. [10] 

Le dimanche 19 octobre, il arriva ä Focsaui et le lundi passa ä Rämnic. 
Le vendredi 24 oclobre, le metropolitain du pays, Etiemie (1648-1668), ainsi 
que les boiars, sortirent ä sa rencontre et eu cortege le conduisirent au 
couvent de Stelea oü il avait dejä ete regu pcndaiit son premier sejour ä 
Tära:oviste. 

Le patriarche visita les couvents, les eglises et les villes les plus inipor- 
tantes du pays : le couvent Curtea de Argech, le couvent et la ville de 
Cämpulung, les couvents de Cozia, de Dintr'un lemn, de Bistrita, de 
Arnota, de Crasna, de Strehaia, de Gura-Motrului, de Täntäreni, la ville et 
le palais de Po'iana, ^de Filias. de Craiova, les couvents de Bucovät, de 
Jitianu, les villages de Brätäsani et de Bräncoveni. 

II cel^bra la fete de Päques en Valachie. 

Puis il visita la grande ville de Bucarest, le village et le palais de Dobreni 
le 1 '' septembre 1657, ensuite le couvent de Comana, le village et le palais 
de Värästi, les couvents, de Negoesti, de Plätarästi, de Gäldärusani et de 
Snagov. 

Macaire participa au plus grand evenement de Tepoque, le detrönement 
du prince Constantin et l'avenement au tröne du prince iMihnea. 11 se retira 
ä Cämpulung ä la suite des evenements qui se produisirent dans le paj's : 
l'incendie de la ville de Tärgoviste, etc. Le patriarche celebra ä Bucarest les 
fdtes de Päques, de TAscension et de la Pentecöte. Paul d'Alep decrit ensuite 
les ditTerents endroits oü le patriarche et lui se sont rendus pour obtenir des 
subsides. Le 1°' septembre 1658 le patriarche etait ä Pitesti. 

Le depart de Bucarest eut Heu le 9 septembre. La description du cou- 
vent de Slobozia lenachi, l'arrivee ä Galatz, et d'autres evenements historiques 
comme l'invasion des Tatares en Hongrie, la revolte de Hassan Pacha, etc.. 
sont decrits en detail. L'arrivee ä Galatz eut Heu le vendredi soir 17 
septembre, et le depart le 13 octobre 1658. 



Le patriarche arriva par bateau ä Ismail et de lä par la iner Noire, passant 
par Constantsa, Varna, etc.. atteignit Sinope (parcourant ainsi une distance 
de mille quatre cents milles selon le calcul des gdographes) le premier 
jour du careme de Norl (16 novembre). 11 y feta TEpiphanie. II ([uitta cette 
ville le samedi matiu, dernier jour de janvier, passa pur Tocat, Sivas, Cosaröe, 
quePaul d'Alep decrit minulieusomeiit, et, traversant l'.Vsie Mineure, il arriva 
au fleuve üjihau et dans la ville de Zeitoun. 11 ne cclöbra pas la f6te de Pi\ques, 
hätant son voyage pour arriver ä üamas. 11 passa d'abord par Kiliiz 
et arriva le jcudi soir 21 avril 1659 ä Alep oü il fut re^u par le metropolitain 
de la ville et saluö par Ryr Melece, mötropolitain de Tripoli, Kyr Nicolas, 



[11] AVANT-PROPOS. 11 

metropolitain d'Akkar, Kyr Neophyte, mötropolitain de Laodicee. Les habi- 
tants d'Alep portereut plainte contre leur metropolitain qui s'etait mal coiiduit 
ä leur ögard peiidant l'absence du patriarche. 

iVJacaire quitta Alep le 21 juin et arriva ä Hama, puis ä Homs oü il fut 
re^u par le metropolitain de cette ville (un second Ariiis. d'apres le dire 
de Paul d'Alep). Enfin il arriva le vendredi l"' juillet lü^y ä Üamas oü le 
metropolitain de Sidon (Saida), celui de Beyrouth, celui de Baalbek et celui 
de Tripoli viurent le saluer. Le patriarche visita le couvent de Sednaya, le 
l'' septembre. 11 prepara le saint chreme pendant la semaine sainte. Paul 
d'Alep donne la description detaillee de cette prcparation. 

Un evenement important eut Heu : ce fut la convocation d'un synode 
destine ä juger le metropolitain de Homs, Ibn Amich, pour certains delits 
graves. Melece, metropolitain de Tripoli, Philippe, metropolitain de Beyrouth, 
Jeremie de Sidon, Nicolas d'Akkar, Neophyte de Laodicee, Gerasime de Zab- 
dani, Gregoire de Hauran et tous les pretres de Damas y participerent. 

Apres un sejour d'un an et quatre jours ä Damas (du 1°' juillet 1660 au 
4 juillet 1661), Macaire se rendit le 3 juillet au couvent de Sednaya et visita 
le diocese. II revint ä Alep le 7 mai, apres avoir cel^bre les Päques ä Hama, 
oü il consacra Neophyte conime metropolitain. 

Le recit de Paul d'Alep se termine ä la date du 15 juillet 1661. 



En resurae : Macaire commenga le voyage le jeudi soir 9 juillet 1652. 
Partant de Damas, il arriva ä Constantinople le 20 octobre 1652. 11 resta 
dans cette ville jusqu'au lundi soir apres l'Epiphanie, puis il s'embarqua et 
arriva ä Constantsa le dimanche apres midi. Le mercredi 12 janvier 1653 il 
quitta Constantsa et le lundi 17 janvier apres-midi arriva ä Galatz, qu'il quitta 
le mercredi. 

II arriva k Jassy le mardi soir 25 janvier, le 22 novembre il alla en Vala- 
chie, puis passa en Moldavie le 27 mai 1654; le 6 juin, il quitta Jassy pour 
se rendre dans le pays des Cosaques. Le samedi matin 10 juin, il traversa 
le Dniester et debarqua ä Räscov. 

II passa ä Kiev, puis ä Moscou et retourna par le meme chemin ä Räscov, 
le 15 aoüt 1656. 

Le 23 aoüt il antra ä Jassy. Le dimanche 29 octobre 1656 il arriva ä 
Focsani et le lundi passa ä Rämnic, visita la Valachiepour la deuxieme fois, et 
partit par Galatz en Orient, le 13 octobre 1658. II s'embarqua pour Sinope, 
traversa l'Asie Mineure et entra ä Damas le vendredi 1"' juillet 1659. 

Le reste du temps, il l'employa ä visiter son diocese et ä regier les affaires 
qui etaient en retard par le fait de sa longue absence. Le manuscrit en 
donne des relations jusqu'au 15 juillet 1661. 



12 



AVANT-PROPOS. 



[li 



1° Im Chronologie et Ja correspondance des heures. 

Pour son recit, Paul d'Alep emploie l'annee ecclesiastique qui commence 
par le mois de septembre et compte les annees de la creation du nionde ä la 
maniere grecque, 5508 ans de la creation jusqu'ä Jesus-Christ, plus les 
annees apres la naissance du Christ. Pour savoir la date correspondaute, il 
faut döduire des annees mentionnöes par lui, 5508 s'il s'agit d'une date avant 
le V septembre, et 5509 pour une date qui depasse le 1" septembre jusqu'au 
l"'' decembre. 

Pour les heures de la journee, il se sert de la methode employee par 
l'Eglise, enipruntee au Nouveau Testament et en usage en Orient. 

Voici le tableau coraparatif des heures : 



Les heures 
occidentales 

6 matin 

7 . . . . 



9 

10 

11 

12 midi 

1 apres-midi 

2 

3 . 

4 

5 



Les heures 
Orientales. 

. 12 

1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 
. 10 
. 11 



Les heures 
occidentales 

6 soir. . 

7 . . . . 

8 . . . . 

9 nuit. . 

10 . . . . 

11 ... . 

12 minuit 
1 . . . . 



Les heures 
orientales. 



12 
1 
2 
3 
4 

r. 

6 
7 
8 
9 
10 
11 



Voici les noms des mois employes par Paul d'Alep avec leurs correspon- 
dants dans notre calendrier : 



Iloul 




J-^.' 


septembre 


Tichrin elaoual 


J.^' 


U^-J^. 


octobre 


Tichrin essani 


JW^ 


^■J^ 


novembre 


Kanoun elaoual 


■J.^ 


jy"^ 


decembre 


Kanoun essani 


^JUJI 


üy^ 


janvier 


ichbatii 




Liii 


fevricr 


Adar 




,b! 


niars 


Nissan 




r>W 


avril 


Yar 




^' 


mai 


Ilaziran 




Jßr- 


juiii 


Tamouz 




*• 


juillet 


Ab 




wl 


aoüt. 



[13] AVANT-PROPOS. 13 

Le nonibre des jours est compte romme dans le calendrier Julien : mois 
de ;iO et 31 jours; le mois de fevrier de 28 et 29 jours selou quo l'ann^e est 
bissextile ou non. 

2° Les manuscrits et leur valeur. 

Nous connaissons des copies en entier et des Fragments de copies du 
voyage du patriarche Macaire d'Antioche, sans connaitre roriginal. 

Les copies sont : 

i. Le manuscrit de Paris, conserve k la Bibliotheque Nationale sous le 
n»60I6. 

2. Le manuscrit de Londres, conserve au British Museum sous le n" 802- 
805. 

3. Le manuscrit de 1700, conserve au Musee Asiatique de Leningrad 
sous le n" 33, dans la coUection du patriarche Gregoire IV d'Antioche. 

4. Le manuscrit qui se trouve ä Moscou dans les archives du Ministere 
des Affaires etrangcres, copie sur le manuscrit de 1700, en 1859. 

5. Le manuscrit du Musee Asiatique de Leningrad, autrefois ä l'Institut 
des Langues orientales, copie sur le manuscrit de 1700, en 1847. 

6. Le manuscrit de la Bibliotheque Publique de Leningrad, copie aussi 
sur le manuscrit de 1700, en 1849. 

7. Le manuscrit d'Alep, qui se trouve aujourd'hui ä Alep. 

8. Le manuscrit incomplet appartenant ä A. E. Krimski, qu'il a acquis du 
couvent de Sednaya, mentionne par Mourqos dans son ouvrage ' . 

9. Le manuscrit vu par Senkovski ä Aintour dans le Liban, chez Arid, 
manuscrit ecrit en caracteres syriaques, comme c'est l'habitude chez les 
Maronites. Cette Information est donnee par Mourqos et par Archiva Romä- 
neascä. 

De ces neuf manuscrits nous en connaissons sept, les deux autres sont 
sans grande importance : Fun etant un Fragment, l'autre, d'ailleurs introu- 
vable, ecrit en caracteres syriaques. Des sept autres manuscrits, trois etant 
des copies du manuscrit de 1700, n'ont pas une grande valeur scientifique. 

II reste donc le manuscrit de Paris, celui de Londres et celui de 1700. 
Etant donne que Mourqos a fait sa traduction sur les trois copies du manus- 
crit de 1700 et qu'il signale des lacunes qu'il comble d'apres la traduction 
anglaise de Belfour ■, les trois manuscrits donc sont incomplets. Celui 
de 1700 sur lequel ils ont ete copies est aussi incomplet et ne peut servir 
ä grand'chose. Nous avons compare le texte du manuscrit de 1700 avec 

1. IlyTeuiTeoTuie aiiTioxiiicKaro naxpiapxa Manapia bT) Pocoiro b^ iiojioBiin-fe XVII BtKa. 
MocKBa 1896, V, p. 177 seq. 

2. Belfour, The Travels of Macarius palriarch ofAntioch, London, 1829-1836, 2 vol. 



14 AVANT-PROPOS. [14] 

celui de Paris et cette comparaison prouve l'inferiorite du manuscrit de 
1700. 

Le manuscrit de LonJres, d'uue tres belle ecriture neskhi, est aussi plein 
de lacunes, consistant en Tomission des textes grecs et arabes. D'apres la 
comparaison que nous avons faite, le manuscrit a de nombreuses fautes d'or- 
thographe, ce qui en rend la lecture difficile. 

Le manuscrit de Paris raste seul. 11 sert de base ä notre travail; nous le 
croj^ons le plus complet et sans beaucoup de fautes. 

II serait trop long de faire ici une comparaison detaillee des raanuscrits que 
nous avons indiques. C'est l'objet d'un travail ä part'. 

Le manuscrit n" 6016 dela Bibliotheque Nationale de Paris, contenant le 
voyage du patriarche Macaire, forme un seul volume. La reliure en cuir, sans 
ornementations importantes, est moderne, faite plus tard que le manuscrit, 
qui date probablement de la fin du xvii" siecle. II contient 311 folios en 
ecriture neskhi sur papier ordinaire. La feuille comprend 22 centimetres de 
long sur 15 centimetres et demi de large. Le texte comprend 16 centimetres 
trois quarts de long sur 11 centimetres un quart de large, avec 25 lignes ä 
la page. 

Au commencement, sur la premiere feuille, on trouve : ySs:-] j^' iJ Jü 

deux fois, avec la signature probablement >— -^t*- ^_5A-=^, puis sur le premier 

folio, le numero du manuscrit 6016 ajoute par la bibliotheque au moment de 
Tacquisition, et ä cöte quelques mots indechilTrables. 

Le premier folio verso commencc par les mots : ^=-|Jt jIM ^ et le folio 
SM'" finit par Ujb aD ^^Ij. 

Selon la place que la description occupe dans le manuscrit, il peut se par- 
tager en plusieurs parties : 

1° L'introduction et l'histoire abregec des patriarches d'Antioche depuis 
Theodore Balsamon jusqu'ä Macaire, son ministere comme metropolitain 
d'Alep et patriarche d'Antioche, jusqu'ä son depart pour Constantinoplc 
(fol. i'o-ir»). 

2" Le döpart d'Antioche, la traversee de TAsie Mineure, le sejour ä Cons- 
tantinoplc, le depart et Farrivöe en Moldavie (fol. 12'" ^— 28'" 1. 5). 

:}" La description detaillee de la Moldavie (fol. iH'" 1. 6 — fol. 50" 1. 5). 

4" Le röcit du sejour en Valachie (fol. 50'° 1.6 — fol. 64'" 1. 14). 

5" Lc voyage dans la petite Russic jusqu'ä Kiev et dans la grande Russic 
jusqu'ä Moscou, Novgorod et leurs environs, le retour ä Kiev et en Mol- 
davie (fol. 64'" 1. 15 — fol. 262" 1. 8). 

1. Cf. Basile Radu, Voyage du patriarche Macaire, etude preliminaire, Paris, 1927, 
p. 17 seq. 



[15] AVANT-PROPOS. 5 

6° L'entree en Moldavie que le patriarche ue fait que traverser, puis la 
description Je la Valachie (fol. ^262'° 1. 9 — fol. 293^° l. 1). 

7° Le voyage de Galatz ä Sinope, puis ä Unieh, la traversee de l'Asie 
Mineure, l'arrivee ä Damas, l'accueil fait par la population et le clerge, las 
dispositions prises ä cause de sa langue absence, la visite du diocese, etc. 
(fol. 293'°-3H'"). 

l,e manuscrit est de deux copistes, sans date et sans nom de scribe. Onne 
saurait airirmer avec certitude que la premiere partie soit l'original ecrit par 
Paul d'Alep. U reste ä en etablir l'identite, d'apres les textes ecrits par lui, 
qui se trouvent ä Leningrad ou ailleurs. 

La premiere partie coinprend les folios r''-230'°, la deuxieme les folios 
231™-311"'.Les titresetles notes marginales sontecrits parle deuxieme copiste ; 
cela indique que le premier n'avait pas mis les titres, se reservant de les ecrire 
ä Teuere rouge, comme on le voit sur quelques pages : fol. 113'°, 134'", 
135'''' etc. Le deuxieme copiste a comble cette lacune, en ecrivant les titres 
dans la premiere partie ä Teuere noire et dans la deuxieme ä Teuere rouge. 

Quant aux espaces libres qu'on observe, les uns doivent marquer la 
Separation des chapitres, par exemple : fol. 4", 4'°, 11'° etc.. ; d'autres sont 
reserves aux textes grecs ou russes que Tauteur avait Tintention de mettre et 
dont il a donne la traduction, exemple : fol. 81''°, 111™ au bas de la page, 112''° 
au haut et au bas de la page, 115'° au haut et au milieu de la page. 

Les titres ä Tinterieur du texte et les noms propres sont ecrits ä Tencre rouge. 

La langue employee dans le manuscrit est le dialecte d'Alep, avec beau- 
coup de fautes de grammaire et de syntaxe, des raots dialectaux, rares, d'au- 
tres usites par Tauteur dans le sens de Tepoque. C'est pourquoi le texte 
devient difficile ä lire et ä traduire. Le lexique est tres varie et tres interessant. 
II contient encore des mots turcs que Tauteur emploie pour certains termes 
qui ont besoin d'etre expliques, des mots grecs en caracteres grecs, quand 
il cite des phrases entieres, et en caracteres arabes, des raots parfois estropies, 
des mots roumains pour lesquels il forme le pluriel selon le type des qua- 
drisyllabiques de la langue arabe : J=.i pl. .LLi; ,1) pl. c^L^; des mots estro- 
pies, ex. : ^^j5Cjjj<^ Jt pour ^^^-^ j^j^^ qu'on trouve plus loin, fol. 26r°, ecrit 
correctement ;yUja (Uman, une ville en Russie) qu'il öcrit plus loin yUjI. II 
serait trop long de faire une comparaison entre differents mots incorrects 
que Paul d'Alep emploie dans son ouvrage. 



L'importance de Touvrage de Paul d'Alep, si nous laissons de c6te les 
exagerations de chiffres que nous trouvons un peu partout, reside dans le 
fait qu'il raconte ce qu'il a vu avec exactitude, parfois en detail, parfois tres 



16 AVANT-PROPOS. [16] 

succinctement. La descripiion des evenements historiqiies, des paj^s, des 
regions, des villes, des villages, des eglises, des palais, des maisons, de 
riiabillement, des moeurs, est faite avec precision. G'est pourquoi cette 
Oeuvre constitue un document externe de l'epoque d'un tres grand interet 
pour l'etude de l'histoire. 

3° Les tradtictions et hur valeur. 

FjB raanuscrit du voyage du patriarche Macaire a ete traduit ä diverses 
epoques sur des manuscrits diirerents. De nos jours, nous connaissons des 
traductions faites sur le texte arabe et des traductions d'apres ces traduc- 
tions. 

1. La traduction anglaise faite par Belfour, The Travels of Macarius, 
Patriarch of Antioch, London, 1829-36, 1 voL in-4°, d'apres le manuscrit de 
Londres. 

2. La traduction russe de tout le manuscrit, faite par Mourqos, nyxe- 
uiecTBie aHTiüiilcKaro naxpiapxa MaKapiü Bt PoccIk) wh no.ioBiiH'fe XVII 
B'bKa, oniicaHHoe ero cbiHOMbapxii^iaKOHOM'b naB.ioMT>A.ieniicKiiM'b, nepe- 
Bo^-b c'b apaöcKaro MocKBa, 1896, d'apres les trois manuscrits de Russie : 
1847, 1849 et 1859. 

3. La traduction roumaine faite par G. Popescu-Ciocänel pour une partie 
du manuscrit de Paris, publice d'abord dans « Buletinul Geografic » An. 
XXIX, n" 2. Bucarest. 

Les traductions faites sur les traductions anglaise ou russe sont frag- 
mentaires. En dehors de celles qui sont mentionnees par Mourqos, pour la 
partie concernant la Moldavie et la Valachie, nous avons les traductions 
suivantes : 

1. La traduction roumaine du premier voyage en Moldavie et en Valachie, 
faite d'apres Belfour, par l'historien roumain B. P. Häjdau, dans la Revue 
« Archiva Istoricä », T, 59-111, Bucuresti, 1865. 

2. La traduction de C. Negruzzi, d'apres Salaviev — qui ä son tour l'a 
faite d'apres l'anglais — sous le titre : « Cälätoria arabiilui patriarh Macaric de 
hl Ahp hl Mosern, prin Moldova si Tara liomäneascä », publice dans la Revue 
« Archiva Romäneascä », lasii, 1862, editiunea a doua, p. 140-164, tres 
incomplcto. 

3. La traduction roumaine d Emilia Cioran, faite d'apres Belfour sous 
le titre : « Cäläloriile patriarchiilui Macarh de Antiochia hi Tnrüe Homane I6r>3- 
1658 », Bucuresti, 1900. Cet ouvrage contient le premier voyage du patriar- 
che en Moldavie et en Valachie, reproduit d'apres la traduction de B. P. 
Häjdau, avec certaincs correclions, et son deuxi6me voyage en Moldavie et 
en Valacliie, apres le retour de Moscou, fait sur le texte de Belfour. 



[171 AVANT-PROPOS. 17 



D'apres la comparaison que nous avons etablie, ces traductions n'ont pas 
une trös grande valeur, parcc qu'elles sont faites seulement sur certains 
manuscrits qui, eux-memes, n'out pas une valeur certaine. 

La traduction de Belfour abonde en lacunes et en fautes de traduction, 
concernant ridentification des noms propres, des termes ecclesiastiques 
eraployes par l'auteur assez frequemment pour la description qu'il fait : en un 
mot, il a laisse de cöte les difTicuItes serieuses qu'il rencontrait dans le texte 
et les passages qui lui paraissaieut inutiles. 

La traduction de Mourqos est meilleure sous tous les rapports. Le 
traducteur s'est efforce de reudre tout le texte; niais, comme il utilisait des 
manuscrits contenant des lacunes, il lüt oblige de traduire d'apres Belfour 
les passages qui lui manquaient, croyant que celui-ci donne dans certains 
endroits la traduction entiere du texte arabe. Ainsi s'explique pourquoi les 
lacunes que nous trouvons dans la traduction de Mourqos sont aussi nom- 
breuses que Celles de la traduction de Belfour. 

II a utilise seulement les manuscrits mentionnes par nous, sous les n"' 4, 5 
et 6, manuscrits abreges, negligeant le manuscrit de Londres qui, en depit 
de ses lacunes et de ses fautes, represente un instrument de travail utile 
pour la comparaison, de meme le manuscrit de Paris qui 6tant complet et 
bien ecrit est un instrument de travail plus precieux encore. 

La traduction roumaine, faite par G. Popescu-Giocänel, pour le commen- 
cement du recit, jusqu'ä l'arrivee du patriarche ä Phanar dans la ville de 
Constantinople, et pour la derniere partie du manuscrit concernant la fin du 
voyage en Valachie, quand le patriarche fut de retour de Moscou, est sans 
valeur, parce que l'auteur, sans parier de ses fautes de traduction, identifie 
tres mal les noms propres et ne connait pas les termes employes par Paul 
d'Alep dans ses differentes descriptions. 11 passe sur les difficultes d'une 
maniere tres legere, de sorte que sa traduction ne peut etre d'aucun secours 
aux historiens. 



Le texte arabe de ce voyage n'a jaraais ete public, peut-etre pour le motif 
que Toriginal n'a ete trouve nulle part. Les traducteurs, n'ayant eu que 
des copies contenant des erreurs et des lacunes constatees par eux-memes, 
n'ont pas ose entreprendre un travail qui, au point de vue scientifique, 
n'aurait eu aucune valeur. 

Gonstantin Bacha a public un fragment du manuscrit de Paris, collationne 
avec celui d'Alep, dans un livre intitule : ^-^=s^' i^j'-j^^"" ^^^^M' '^j'^ ij^ ^^ 

PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 2 



18 AVANT-PROPOS. [18] 

« Extrait du voyage du patriarche Macaire d'Alep ». Ge livre contient la 
premiere partie du voyage, selon le manuscrit de Paris, onze folios et la der- 
niere partie, quand le patriarche retourna ä Damas, venant de Russie, selon 
le manuscrit de Paris, ä partir du folio 303" 1. 1 — folio 311'" 1. 10. 

Le texte est plein de changements ä chaque page. L'auteur a voulu corri- 
ger les fautes d'arabe de Paul d'Alep, supprimer certains mots inutiles et 
en ajouter d'autres. 11 a eu tort, parce que pour donner toute sou importance 
au manuscrit on doit le laisser tel quel : au point de vue linguistique, 
c'est un document remarquable. 

Le texte que nous publions est celui du manuscrit de Paris, coUationne 
avec celui de Londres et celui de 1700. 

Les notes que nous donnons au bas des pages sont necessaires pour l'in- 
telligence du texte et de la traduction. Pour ces notes, j'ai utilise en premiere 
lio-ne Celles que j'ai trouvees dans les traductions susmentionnees, et 
d'autres tirees des ouvrages äcritsen roumain et en frangais par M. N. lorga, 
professeur ä l'Universite de Bucarest, et qui Ferment, pour la partie du voyage 
en Moldavie et en Valachie, de precieux Instruments d'information. 

Basile Radu. 

Paris, 29 decembre 1926. 



J.^J Uj ^X>^\ J3VI l^-^.Vl A>._jJl 4)1 p; * ♦ fol. 1 V. 

jUI 'bCJ Iv^^jj (>j"Vl J^j ^U* ^: '-V-'J '*^^ üi^ l5-^^ "^ -^^^ 
jJuJlj ^ß^\ ^3^r*-^J ^ b^'^^J •^'-*-'=-^ ^ l^isu^_ V 1>.»1 OjUJ ^:>\ LjI »Ul L*:l_5 
j_^ llu^ ^jli^Üj JjliJlj JUjLilj -^UJi ^J ^^3 V^^J V^ jTr^^ «-^ ij ^^li 

jUjVl ^_L- ^-^ \\j-^ ^j-y jVi jljl J^ es* '-^^ ^t*^ '*^-^ "S*^ ts^r'i '^jif. 
^^j^\ ^jkSVl ^ji^iiJl v>lJ ^ Ü >^ il ^i ^_^1 ^^yS^\ er^ J^ 

^j>ji '^ ^^."^j>!i f^^i :^i ^ü^vi 4,^kü ^yß\. J J ^/s\ 

1. L om. ^;oa^; add. : ^i\^\ ücj jJiJ. Le manuscrit de Lgrd de 1700 omet le 
titre. Dans une des copies conservees au Musee Asiatique sous le n" 932 on trouve le 
titre : J^'^l JJ! ^^wJ-H3! p^lj ^^^'j ^\ *->. — 2. Lgrd 1700 om. \^jy 



' kxi nom du Dieu unique, eternel, sans commencement et perpetuel. » foi. 1 v° 
Nous lui demandons secours. 

INTRODUCTION 

I. MOTIFS DU VOYA.GE. 

Louange ä üieu qui a orne le ciel et l'a eleve sans colonnes, qui a 
etendu la terre et l'a faite pour l'habitation des hommes et pour la croissance 
des fils de notre pere Adam, de sorte qu'ils sont devenus des peuples innom- 
brables et s'y sont multiplies. Ils y ont construit des villages, des villes et 
des cites dans chaque climat, contree et region, au sud, au nord, ä l'orient 
et k l'occident. Louange digne de sa souverainete et qu'il convient de pre- 
senter ä sa divinite toujours, en tout temps, continuellement, perpetuelle- 
ment et dans tous les siecles. 

Ensuite, moi, humble serviteur, celui des hommes qui a le plus besoin 
de la misericorde de Dieu raon Seigneur, Paul, appele archidiacre ou diacre 
orthodoxe d'Alep, j'etais fils legitime du pere le plus distingue, le plus saint, 
le tres honore et tres estime Kyr, Kyr Macaire, patriarche d'Antioche, fils 



20 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [20] 

pJj 1a> ^. ■d.alJi iiJVl <J^ .S^J ^J :jr^ß '■^Vi J_^^\ ^^3^\ ^--Jl XA 

^^9 ._odl Cb |_^1 JlLUL P•^^l ^y- t^^ ^j:^ J-« i' 1-^1 i^.-^ -üi!! Jas |_^ .Ai. 
••L. ^Ij-Ol ^^ CjU i~.Ä^l «JIjsl J-U Zj^^ vSl^J ,_5^ CiLtl^ il_^ J -^^ ^[j 

Ui ^Lill (3^^ ö)_A^ A:Uy_ Cr^ _ja ^JJl »llJl k_i|^l ^~;^^1 i^lLVI lSjhJ\ 
SjaUI -»o_ <r^ls f;l ^^^l j^J,\ a^jcj a._xJ! ^1^ ^\y>-\ Qu U Sju <J f^ju cJ 

^ f^Jo, JL Ijlj Vj V GbjIX, C>.>1, V ^jj:>Jlj ^Ji\j ^>ül ^^U1 ^1_^ ^]| 
(^_^LJ1 ij'j^^] ^ dU^iaJl («^p:^! ^lo- Xu, ^^ilj-eljl j^j^l ^_5-_;iOl i^Ac cJl^ 

1. L habet : L-jx-^^». 



du defunt prt'tre Paul, fils du prctre Abd-Elmasili, El-Protos, connu sous le 
nom de la famille de Za'im. J'ai ete öleve dans rintimite la plus continuelle 
avec lui, et nulle autre compagiiie ne me plaisait tant que la sienne, parce que 
toujours, depuis le temps oü je fus sevrö par la mort de ma mere, il endura 
pour moi bien des fatigues, et je n'eus autour de moi nul autre qui dissipät 
mon chagrin. Je me nourrissais de ses paroles reconfortantes, buvaut toujours 
l'eau de ses instructions douces qui desalteraient. Je lui obeissais en toutes 
choses, et oü il ctait, j'etais toujours en sa compagnie, tout le temps sans me 
separer de lui. 

Lorsqu'il fut elu et devint metropolitain d'Alep pendant douze ans et 
apres qu'il fut eleve au siöge du palriarcat d'Antiocbe de Pierre, siege de 
premier rang, qui est etabli aujourd'liui dans la ville de Damas de Syrie, 
il nc cessa de le diriger pendant un ccrtain temps, dominant la Situation 
par ses jusles conseils et sa ferme volonte, jusqu'ä ce quo la main de la 
Providcnce le conduisit a travers des pays lointains, des villages, des iles, 
non comme un spectateur qui se promenc, ni comme un visiteur, niais force 
par les diniculics du temps, poussö par la necessit6 et non de son bon 
gre et cela lorsque nombreuses etaient les dettcs qui pcsaicnt sur le siege 
patriarcal, dettes laissües par le defunt patriarche Kutliymo de Chio. Ellas 
avaient augmenir par Taccroissemeiit de nonibreux inlerets, au point que les 
lidelcs n'eurent plus le moyen de les payer parce qu'elles s'etaient clevres 



[21] INTRODUCTION. 21 

^1 ^^r-VI d)li jj^ iUtJJ C=-lj >— iv^i ^r^*l 1-*-* ^^ Lr?^ S^3 All^ vi-U-U ^^^J»!^ 
J.X;I ijlw ^v«-" (5^ ^Ua- V3 !>^i A»-l Vo XAäJ Vj \L^^ dAJi Xfr 'O Aäj Ai 
(Ju-Jl ljii>U ^y«»jJl ^(Japtil pc_jl»jl tÄi ^,»-~Jij <»-»X)l -UaSj AsJlj -K>c)\ -^U^ ^-»?JJ * i'ol. 2 r 

(♦(^LILL- A,li-5 (»jJj:> ""All >»lil ^2^j_^j-t^ ^s^LäSI ■iJUVIj AJistJI <CljjJl A;-^^ iV-^J^r^^ 

^ Liü jiLa)' j_gll»-'j |_5i>^ Aa-l _jA^ ^■^=" j^ A-' ^^-^ ■^^ i^^ '— ^J J-IfrLi 

a;L''j AJy -^JJ ^^lib ir-^** -"^ lȀiLJi J-iliJl 'r'i.'^'^^i f^r^^' r"^^ >*J j.S~*"-J t^-^J 

1. L habet : tjl^~.j.. 

considerablement. II fut rendu perplexe par cette Situation precaire et en 
eprouva une inquietude intolerable, mais il ne trouva ä cela ni remede, ni 
secours, ai Solution. II se mit ä faire effort et s'engagea dans la voie de 
l'endurance * et de la perseverance. II se proposa de partir et de s'engager " loi. 2 r-, 
sur les routes penibles et difficiles qui menent aux sentiers agreables, je veux 
dire les mers immenses et debordantes, qui ne sont autres que les gens 
aux vertus elevees et aux caracteres exquis, secourables aux malheureux et 
gönereux envers les suppliants. Ce sont les rois assistes [par Dieu], victorieux, 
et les princes, les voivodes pieux, celebres par leur vraie religion et leur 
loyale fidelite — que Dieu eternise leur dynastie, conserve eternellement leur 
empire, affermisse leur existence et les soutienne dans l'horizon de leur haute 
Situation! [II voulait] demander ä l'excellence de leurs bienfaits et de leur 
generosite d'acquitter ses dettes et de l'aider ä affermir la religion. J'ai vu 
en ce temps-lä que je devais etre pour lui un compagnon capable de partager 
la fatigue et la peine du voyage et de la route. Nous nous sommes prepares 
avec I'aide de Dieu et nous nous sommes decides ä partir. 

C'est alors que Tun de mes arais intimes, vraiment sincere dans son affec- 
tion et son amitie pour moi, le frere respecte, cultive, excellent, honorable, 
unique de son temps et de son epoque, je veux dire le diacre Gabriel, fds 
du defunt Constantin Assäyegh, d'une integrite et d'une education parfaite, 



22 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. |22] 

f^ ^Ji ^'^•5J ^L-c—* '-^^ (>*^ (xj:: ^kA^\ j\ jUJl >_)^VIj jj^^UJI j».Ul_j A.U1 
aJLsJI Xii J-ÜäÜ Iaj_^ ^\ i%i\ j^\ iL^ b,>>" k-i-sjlj LlLc- Sj^^ ül^ 
fcLaJl ii^ f^ C>J j^^;! -ül Cjj->Cs.\3 b»jy.jj ^_:»U.'V1 CjIjUI ^^ l^ «.w>_ L» 

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d'une Science superieure, m'exprima le desir de me voir coraposer une liistoire 
qui contiendrait la relation de notre voyage jour par jour durant tonte notre 
absence, la description des diverses choses des pays que nous devrions 
parcourir pour que tous pussent controler Texactitude des recits qu'ils enten- 
draient ä ce sujet et des allusions qui y seraient faites. Je ra'excusai aupres 
de lui, m'avouant incapable d'executer pareil travail et depourvu des qualites 
qui convenaient ä ce but, c'est-ä-dire l'art de la syntaxe et du style et la 
bonne ordonnance des phrases, que possedent les ecrivains de talent, les 
seigneurs honorables. Je lui demandai de m'exerapter de ce qui m'etait 
impossiblo, surtout parce que nous voyagions avec fatigue et avec häte. 
II n'accepta pas de moi cette excuse, iasista dans sa demande et y persevera. 
Alors je reveillai mon energie, je tendis ma main vers le but, non pour me 
classer dans la liste des bistoriens, mais pour allirmer les cboses noinbreuses 
qu'on niait aux rapporteurs et que personne ne croyait, car on pensait que 
l'auteur, les rapporteurs racontaient des legendes qu'ils inventaient; je 
voulais constater de mes propres yeux la veritö de leurs recits et ronlendre 
de mes orciiles. De fait, cette v6ritö fut confirmee chez moi, non seuloment 
en partie, mais tout entifere, c'cst-A-dire quo je la remarquai de mes propres 
yeux quand nous partlmes pour le pays des cbretiens. Alors nous vimcs tout 
ce que nous raconterons, c'est-ä-dire tout ce que nous constatümes dans le 
cours de la route et pendant notre söjour lä-bas, jusqu'ä notre relour dans 
notre pays oü nous 6crivimes. Car cela avait toujours etd ma pr^occupation 



[23J INTRODUCTION. 23 

^Uai-V'j S»ä!' ,_....,•>■ JLi Lo ^i ^ k::«i!i)j "VäUi^i ^ ^r— ■" '-• c:*«-»^ isO-^ 

'^ ».«... i., i "^ iJ5 /j^ is' iS') r^— ' ^3 JsIäU Lfc^j ^^Lu "U^^' jt>o jl *> L>-lj 

O jV'^^'s — »^ i,j,^3s>:Jij bLuuJl JU^L>-j/ ij i_iL^j Vi /w« <-i _r^-^ ^ (n* '•^' ^1/^ J * i'oi. -i v° 

tJLoj aJUVI Tt-at-^j 'CLjJi jj~=-3 x__^'ul<J' oivLöJ'j /»ij-«»Vi jLLri Llils'j ^i^^ ^jij 
(ijyül k^JascJj jVi jJi ciijJi 1 flJU- -\i« >>Lüi i4-t,«^ 'CjAjw ijjI-^^ iV ' j^y' 15' 

ÄIj-Uo iSyaJl jlo ^*^ \£. ,1.äJL *ÜI JuaiJI ^i is'^" iS-sl-^jlj Vjl ^^XiLi 

des raoii enfance, de lire et recueillir les chroniques. Je les ai longuement 
parcourues et m'y suis appliqiie de toutes mes forces; j'en ai rassemble tout 
ce que j'ai pu, y employant tout mon zele et mon pouvoir. Je souhaite que 
cela soit un agrement pour le lecteur et uri divertissement pour l'esprit, et que 
le Dieu Tres-Haut soit loue par ceux qui TecGuteront * et le liront quand ils * loi. 2 v 
auront comprisles descriptions, les recits interessants qui y sont renfermes, et 
que les cliretiens en retirent toutes sortes de biens. Ils apprendront ce qu'il y a 
ohez ces croyants de nobles coutumes, leur application ä la beaute de la devo- 
tion dans la plus large perseverance et leur recherche de la perfection dans 
la pratique des jeünes et des prieres successives, la purete de leurs sentiments 
religieux, la sincerite de leur foi, la droiture de leur conduite, la limpidite et 
la purete de leurs intentions, de leur conscience et de leur generosite, c'est- 
ä-dire ce que nous decrirons et preciserons plus tard : c'est ce que nous 
avons pu voir de nos propres yeux, puis nous le commenterons. Mais j'ai 
aimö, pour honorer mon pere, ä citer d'abord les patriarches d'Antioche qui 
l'ont precede et qui furent dans la ville de Damas de Syrie, depuis les temps 
les plus anciens jusqu'ä maintenant : nous demandons l'assistance et le 
secours de Dieu le Tres-Haut Createur, dont grande est la dignite. 

II. — Transfert du patri.vrcat d'Antioche a Damas. 

Nous commencerons d'abord avec la direction du Tres-Haut, dont l'ex- 
cellence est parfaite, par examiner les causes de l'etat du patriarcat dans 
la ville de Damas de Syrie. Lorsque fut 6lu mon appui, monseigneur le 



24 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [24] 

>_A^ Ap-V <\-s>t.^~Jl CUl jLiI o_^ ^ yt> [a, J "0_^l i>(s ^_!^ ^[sl^ Jüil 



patriarche sur cette ville, comme il en sera fait mention detaill^e par les 
nouvelles coniiues, je consultai tous les livres du palais patriarcal, puis ceux 
qui sont dans les maisons des notables chretiens, pour trouver les causes 
du deplacement du patriarcat de la ville de Dieu la grande Antioche, ä 
la ville bien protegee de Damas. Mais je ne parvins pas ä mon but et je ne 
contentai pas mon desir. Je passai alors ä l'examen des chroniques ancien- 
ennes, poursuivant le but propose et recherchant le motif et la cause, jusqu'ä 
ce que m'apparüt ce que fit le roi Az-Zäbir Bibars Al-Boundouqd;\ri, sultan 
celebre d'Egypte ', lorsqu'il se dirigea vers [Antioche] en Tan 666 de l'hegire, 

1. La Syrie, conquise par les Arabes sous le califeOmar en 635, l'ut reconquise en 9ü9 
par les Byzantins sous Nicephore Phocas. Ehsuite eile passa dans les mains des diffe- 
rents chefs revoltes, puis eile fut conquise en 1084 par les Turcs seleucides qui la 
perdirent pendant la premiere croisade, 3 janvier 1098. On fonda la principaute d'Antioche 
sous Bohemond. En 1187, le Sultan d'Eg-ypte Saladin conquit la plus grande partie de la 
Syrio. Le 19 mai 1268, eile fut conquise par le sultan Bibars. Apres, eile passa sous la 
domination des Mamelouks qui reculerent devant l'invasion de Timourleng. Lc sultan 
Selim I conquit la Syrie, qui depuis cette data resta uns provincc turquc. 

Le territoire conquis par les Chevaliers de la premiere croisade forma le royaume de 
Jerusalem, la principaute d'Antioche, le district d'Kdesse et de Tripoli. Au patriarcat 
d'Antioche apparlenaient la principaute d'Antioche et les deu.K districts et en 1191 on 
ajouta ä la conquete l'ile de Chypre. Le premier patriarche latin elu vers 1100 fut Bern- 
hard, eveque d' Athesie, originaire de Valence, et le dernier fut Christian qui inourut devant 
l'autel en martyr quand Bibars conquit Antioche. La ville fut occupee et les eglises 
devastees. Lespatriarches latins continuerent seulement nominalement. 

Les patriarches grecs, apres Jean IV, residaient a Constantinople ou dans un diocese 
quelconque du jialriarcat. Au xiii° sieclc ils residaient probablement en Bitliynio. Sous 
Michel Paleologue (12G1-1283) le patriarche Euthyme vint ä Constantinople. Apres 12ü8, 
Antioche eut de nouveau ses patriarches avec la rösidence k Damas. Le Quien, Oriens 
Christianiis, II, 756-776. 

Apres la conquöte de Bibars le patriarcat d'Antioche fut transfere ä Damas. Pour 
cela on tint un synode compose de chretiens et de 7 prelals : les metropolitains de 
Ilauran, de Baälbek, et les cvöqucs de Zabdani, de Sednaya, de Ma'ahiula, Yabroud. de 
Qära et un tres graiid nombre de chretiens. Manu.<<crit du Musee Asialique de Lenin- 
grad, n" 29, pag. 180, 1. 20-23. Sur la conquöte otlomane ci'. Divtionnairc d'hist. et de 



[25] INTRODUCTION. 25 

^ »Jt Lo 'ijS^j] <)Lw-J /t-~^J C ■ "C— ^ LftA^aS jl L»J J»yJL«Ji r->ö^ jUaA~- 

Ij-ic i-L^J V~ ^^j' '*^i'^*' ^/■■^^ iV* ' '*^^ T^ ily '^^^ lJ"^*" (.S^ J <)?■■■< rc-JJIjJl 

IjJl »-'S'a^ J LUj^ I Js^J jl-»V' jjJia) Ijifcl "^ A^L^ Ol -r J>ä j'-^J «-^ ^^ 

iJJIäJI \y>^ jl Ijiljlj /«Li i'^" IjJc ^i-^Jl /«ISls Aiilis ^,-i -»j-ifr J^_ IajI-^ss.- jlj 

jl^^lj («L'Vli i^Vlj J^lj J'UlJlj Jlj^VI l^j (^ lj.Ul Jt _^ ^y ^iJ jUI 

Uyi'lj JUl |_^ ijj^^^l If-jlo [js^lj LiJl j_^jl (j-0 A>3l Lji*.l ^ l_^j Ij) J 
LS* "-^^J X ^•^"'^J lB^ 3 w^ (*r J''"^ ^r"*^ jl)-0 |»jyAi-[j LLäI <i b^r^'J 'v-"3 ^-^ 
'U'^stT Vj \_jVi AjL^ij' V (j^j-Jlj ^>*^' iy* Y^^-? ^l^V lJ-"*^- 1-«3 >=>-1 t^-jJ"" 



comme il est ecrit dans les chroniques, sans que s'y attendissent ses habi- 
tants, car il vint d'Egypte en häte et descendit au debut du mois de 
ramadan. Un groupe de ses habitants alla ä lui, demanda gräce et proposa 
des conditions qu'il n'accepta pas et il marcha contre eile. II la conquit le 
samedi 7 de ramadan. 

Oll a dit : lorsqu'il descendit devant eile, lui et ses generaux ainsi que 
ses soldats s'imaginerent qu'elle ne pourrait etre conquise qu'apres une annee 
entiere et que son siege serait sans profit. L'armee resta trois jours devant 
ses murs et voulut installer les balistes pour le siege. Les soldats dresserent 
les echelles en bois contre les remparts et monterent, mais ils ne trouve- 
rent personne ä combattre. Ils occuperent donc la ville pendant la nuit ä 
l'insu de ses habitants. Ils pillerent les biens, les effets, les chevaux, les 
chameaux, les esclaves [hommes et femmes] en quantite indescriptible et incal- 
culable. Ils ne recueillirent nulle part un butin aussi riebe, et ils tuerent plus 
de quarante mille habitants. Ils incendierent ses eglises celebres dans le 
monde entier, les detruisirent completement, reduisirent en esclavage le 
reste de ses habitants et les emmenerent en Egypte oii ils trouverent l'ordre, 
la protection et le bonheur. Une autre histoire dit : ce qui arriva ä Antioche 
et ä ses habitants, de dominage et de mallieur, les langues ne peuvent le 

geographie, vol. III, col. 635. Sur le transfert du patriarcat d'Antioche ä Damas, cf. Die 
Ueberträgung des griechischen Patriarchats von Antiochien nach Dainascus in XIV 
lahrhundert dans la Revue de Paderborn : Theologie und Glaube, 1911, t. III, p. 372- 
379, cite dans le Dictionnaire d'hist. et de geogr., col. 631. 




26 VOYAGE DU PATRIARCH E MACAIRE D'ANTIOCHE. [26] _ 

^ foi. 3 r». ,:^j UjLi'^jj.j l^_L:^ (.Aftj l^ 1>I ^j=,j UjL'^3 Ij^ c/ C*- ^'^' * ^-5-^' I 

•*l/3 f!^. ^* fl^"^'' ^-^-3 ^-^ "-^^ i^-i -^^^ lS^'^J 
^i. .:^*J ilj JLLH 1.;* ^ jl^ JlijüVl dili ^^ jl ^ ^-Ij ^b«Jl ^Jl 

JO J^ jjfrl jl ALL=- ^S^lj A^l C^Lij ^1 cJC ^ ^Aä AäJIj jL5C!1 Jkjü 

v-iU; ■ü ^Jü >UsiL. Ulzu Liojlr p^ a=-1 jl Zj^j3 "^jI JI-i-«-*i ojlkJI Jj^ 

'r-~' (^ "^t/^ r^.-'Ly" ^,'J iJ; ^„1 '-^■i i_iiL-5i J^ 1^ o^ ^^*1 S-^3 l-^ (V^ 

Cr* lS^ (n^^^"*?^ ^-^ '----^J (^^ rn^ '-'■^ ^^J ii-*-«j (v''^ -H-^ ij-^-^^^" '^-*-^ ■UjAs 
Ju,U j^*..„«i>-j <c- 4jU ^yi 4ju^ ö. ^Jl /»jiV j*»— "j '^jl <jL*jL»jj i_jVl ö- ö» 
liwjl" •'Aäs-Ij (3iy^l ^j ^»-»f-' ji OAjö-U C^^,^ L>-*J'j "^-^ >_*.äl;I ^JüI /«Ul 
^^JjVI <iLL;l <^jlL ^i ^t j> k.Si>l\ lÄA .jucJ^ U^ -(3:^=^' t5^ Ci^>ii. 

1. L habet : ^^f:^^!. 

♦ foi. 3 r. decrire, ni les manuscrits les contenir, * parce que le [vainqueurj a d^passe 
toutes les bornes en frappant la ville, eii la detruisant, en chassant ses 
liabitants, en ruinant les eglises et en rasant les vestiges, en dispersant les 
cliretiens tant en Egypte que dans d'autres pays. Nous en avons assez dit 
lä-dessus pour la conviction du lecteur, 

Pour ces raisons, je fus convaincu que les chretiens n'eureiit plus la 
force d'y retablir le siege du patriarcat selou l'usage habituel, et il me 
parut evident que la cause de ce deplacement provenait de cette Situation 
troublee. Lorsque je fus arrive ä la certitude apres beaucoup de peine et' de 
travail, une autre decision fut renouvclee en moi et je redoublai d'ardeur, je 
cherchai ä savoirqui fut le premier des patriarches ä Damas. J'esp6rais trouver 
une histoire continue et detaillee oü serait mentionn^e la succession des divers 
titulaires et la duree du sejour de chacun d'eux. Je ne Tai pas encore rencon- 
tree, mais j'ai vu des histoires separees dans leslivres anciens et vöridiques, 
qui contenaient la mention de tous, la duree du gouvernenienl de chacun d'eux 
jusqu'änotre epoque, et leur totalitö, je veux dire de Tannee 6874 d'Adam ä 
l'annöe 7156 de la cröation du monde, l'annee oü mon pöre fut elu patriarche. 
Je me suis efi'orcö de r6unir ces parties söparees, d'en faire une histoire con- 
tinue et exacte. J'ai donc prcscnte avec soin dans le recueil la nicntion des 
Premiers patriarches d'Antioclic depuis saiiit Pierre, clief des apötres, jusipi'a 
Elie et Christian ', patriarches laliiis, qui furenl patriarches i\ Anliochc, lors- 

1. Sur VA'ic et Cliristian, cf. Le Quien, Oriens Chrisliamis, vol. III, col. 1161-1162. 



[27] INTRODUCTION. 27 

L? CäI A^lkil ÖA^ j,^L-Jl l^ptii U i^Vy^ Ajuj .jyJ o-j -tW^'' -u-pcü 

i_gj (»-^l^yj j_/uJI ^>Lj iolL;! -^läJI "»^ül ö-u ^ic- (S%_^ lij^^j üjj>ijül Jj^ 

ftL«-vc- ^"x-j^i »j'ä-Jo a> a^- jt-j i^ ^ i-Jp *Aji) a^-A5nJL -^jLj>-i ^j^Ac *j.*^l ^«Aj^ i'y^J 
1. L habet : jy^.j^j. — 2. L habet : ^j^^'- — 3. L add. "^. 



qu'elle fut conquise par les europöens frangais en l'an 1274 de rincarnation 
divine et dans l'an... de la creation du monde. Et apres eux, lorsque les 
musulmans conquirent la ville d'Antioche comme le mentionnent les histoires 
de TEglise que nous avons traduites du latin, on n'a pas connu les patriar- 
ches qui y siegerent, exeepte quatre qui sont : Theodore Balsamon', men- 
tionne dans le code des canons grecs, d'abord diacre et bibllothecaire de 
Sainte-Sophie, la grande eglise de Constantinople, et apres un certain temps 
elu et consacre patriarche sur la tres grande ville de Dieu, Antioche, et sur 
tout rOrient, puis Joachim en l'an..., ensuite Hierothee en l'an..., enfin 
Athanase en l'an... - Apres ceux-lä nous n'avons pu retablir Thistoire des 
patriarches d'Antioche, ni avec les chroniques europeennes, ni avec les 
grecques, ni avec les arabes. Leur fin eut lieu le jour de la conquete du roi 
Az-Zähir, comme nous l'avons mentionne pour la ville d'Antioche. 

Depuis cette epoque, les informations manquent completement, parce qu'il 
n'a pas paru un nouveau chroniqueur pour continuer l'histoire des savants de 
la religion chretienne, tout cela par suite des nombreux soucis et chagrins de 
la captivite et de la misere qui frapperent les chretiens. J'ai vu cela ä la lin 

1. Theodore IV Balsamon dans Le Quien, op. cit., vol. III, col. 763. II occupa le 
siege du patriarcat d'Antioche entre 1185/1191 — apres 1195. Diciionnaire d'histoire et 
de geographie, vol. III, col. 699. — 2. Hierothee, Le Quien, op. cit., vol. II, col. 76. Joa- 
chim I", Le Quien, op. cit., vol. II, col. 76. Dans le Dict. d'hist. et de geogr., ces trois 
patriarches sont omis, parce qu'ils n'ontpas de dates (col. 699). 



28 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [28] 




V "^V i-Uai /»< JiS Aj «.i."..'..J i.5_,Ä»j lIlS «CUa-j «Ua». ^Xc- 

Aj^ ».j^ (j^ ic* vi^ij /gi^ (»LiJi ^,^i 4J)A*) LS^Ji) I fl '^j V« Jjl Ulj 

iJjCfc <i JiÄ) (_UjIJ>ii^ di^i^iül /•jj>^l Jaio CiojL" IAs- CuJi Co Ä.>5^,LJ1 

1. L habet : Jj.U:ir°. 



d'uu ancien livre « la grande Encyclopedie » faisant partie des livres de Qärä, 
ecrite par le moine Pimen k Damas, qui l'avait terminee le 18 avril de Tan 
fol. 3 v°. 6724 * d'Adam qui correspond [dans le comput] des Arabes ä la fin de Dhoul- 
Iliddjat de l'an 604, c'est-ä-dire au temps du grand patriarche Simeon 
d'Antioche '. 

Voilä ce que j'ai pu röunir dans Ics livres d'histoire de l'Eglise et ce que 
nous avons trouve dans nos livres et dans les histoires des Latins. 

J'ai reuni tout cela et an ai fait un livre ä part pour instruire tous ceux 
qui le consulteront, parce que je ne puis ici le rcproduire, de peur de sortir 
du sujet que nous nous proposons. 

III. HiSTOIRE DES PATIUARCHES d'AnTIOCIIE. 

En ce qui concerne le premier patriarche qui a röside dans la ville de 
Damas de Syrie, j'ai vu dans certains livres du palais patriarcal une tres 
ancienne liistoire ecrite par le feu patriarche Michel. II dit ceci : 

1. Const. Baclia donne quelques dates sur les trois patriarclics que l'aul d'Alep laissc 
sans date : Balsamon resida ä Conslantinople et iiiourul en 1202; .loachim de memo jus- 
qu'aux croisades en 120'i, ensuite il parlit pour Nicc-c, vint ä Antioche et y resta jusqu'en 
1212, sous la protection du prince Bohumond IV. Hiorothee suivit Joachim et resida ä 
Nicee avec le roi et le patriiirche de Constantinoplo. 11 mourut en 1220. ;\tlianase qui fut 
avant Balsamon resida a (lonstantinople et vint \\ Anlioclic en lUil pour benir le mariaffe 
de l'Empereur grec Emmanuel avec la soeur du prince d'Antioche Bohemond III et resta 
ä Antioche jusqu'en 1170 lorsque des grands troubles curenl licu dans cetle ville (i'^i-., 
p. 13, note 1). 



[29] INTRODUCTION. 29 

.A^JjääJI (3~*-^ OjliaJl C>jL^\ L« jJo 

oL._) (j-^ /"-^^ f^l; (J^ lAVV o-, ^ LS_^_^^ jJ^jIä-^ jj»j^y>ti jjc jusj 

1. L habet : Jj^C 

« Debüt de rinstallation du patriarcat ä Damas la bien gardee. 

« Lorsque le patriarche Ignace ' mourut ä Chypre, fut installe patriarche 
apres liii Pacome ■ metropolitaiii de Damas. II y siegea pendant deux ans et 
fut depose. A ce qu'il semble, c'est lorsque le roi Az-Zähir fit sa conquete, que 
Ignace s'etait enfui d'Antioche ä Chypre oü il mourut comme il a ete dit. » 

Mais revenons ä notre sujet. 

Apres Pacöme, MicheP devint patriarche en Tan 6877 de la creation du 
monde. II resta sept ans et mourut le 17 aoiit Tan 6881 de la creation du 
monde. Pacöme s'installa patriarche apres lui. II resta deux ans et fut 

1. Pourignace, cf. Le Quien, Oriens Christianus, vol. II, col. 166;Dictionnaire cPhist. 
et de geogr., vol. III, col. 699, qui le met sous le nom de Ignace Illavant novembrel344- 
avant 1359. En ce qui concerne sa fuite ä Chypre, Const. Bacha dit que le recit de 
Paul d'Alep est faux, parce qu'il participa en 1341 au synode de Constantinople contre 
Gregoire Palamas. Cela resulte de Tepitrc lue par le metropolitain de Tyr au synode 
qui s'est tenu en 1351. 11 vivait encore et fut expulse de Constantinople sur l'ordre de 
Jean Cantacuzene. II mourut en exil et n'alla pas ä Chypre qui etait soumise aux croises 
(s J_, p. 15, note 1). — 2. Pacöme, connu sous le nom de Pacöme I, occupa le siege du 
patriarcat d'Antioche Irois fois : 1» avant 1359-1368; 2" aoüt 1375-milieu 1377; 3° avril 
1378-19 dec. 138(5. Dictionnaire d'hist. et de geogr., col. 631 et 699. Cf. Le Quien, op. 
cit., col. 767-788. Ici il faut une petite rectification en ce qui concerne la date de 19 decem- 
bre proposee par M. Karalevskij dans le Dictionnaire d'hist. et de geogr. 11 s'agit de la 
lecture d'apres les manuscrits de Paris et de Londres qui est : ja^J^ ^a-b' change en ä-'j 
J^ — 19, mais en realite c'est 9 decembre. — 3. Michel I" occupa le siege de 1368-17 
aoüt 1375, Dictionnaire d'histo're et de geogr., vol. III, col. 631 et 699. Le Quien, op. 
cit., col. 767. D'apres la date indiquee par Paul d'Alep, 6881, comme l'an du deces du 
patriarche Michel 1, en retirant 5508 parce que nous sommes avant septembre le com- 
mencement de l'annee ecclesiastique, il nous reste 1373, mais d'apres la duree de son 
patriarcat qui est de sept ans, il faudrait admettre la date de 1375. 



30 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE DANTIOCHE. [30] 

Ji*u iwi ö- jLj ^^^ ^it ^^gs oUj ^^^^ (»i^li j;^j ^1 
^ i> C-?;- C:^ ^ '^-^- ^^-^ '-^.^ ö: ' ^}^ ^yj^. f^J=^^ ^^-^!j 

-7- Li Ajuj ^^^ .^°" " Jj~-^ ''^~-> i^^'"'' ÖL/^ i_a-jo-^ 1s-0i_5 r-UJ AjuJ Ujj_ ^r~'' ^-^i 
H^'i -^J^J A_J501 iJ^j ATV-^ i_^J dU_^" -«LLw |_gj i5^r?- ^ ^r-^^ *'!3 ^-*t -'^ 

ö- ö- dJjLJl ^1 ^ «-Ir ^ ciüi ._^_5 ^/fi^A) vIjIMoj A:_L»jLJ iLw j_^ (_/L;^ 13)^ 

1. L habet : (T^v-*. — 2. Lgrd 1700 habet : fj'^\ quelques lignes plus bas, nous 
lisons correctement ^^J. — 3. L habet : S^}^^^. — 4. L habet : Jj'-^^r', — 5. L 
habet : Jj^^s::^. — ü. L habet : Jj.Wr'. 



depose aussi. Puis vint le patriarche Marc' de Constantinople k Damas. II 
resta deux ans et niourut le 10 avril Tan 6886 de la creation du monde. 

Apres lui, Pacöme devint patriarche. II mourut le 9 decembre de Tan 6895. 

Niles- devint patriarche apres lui. 11 mourut le 11 janvier en Tan 6903. 

Puis fut installe le dernier patriarche MicheP, llls de Michel le metro- 
politain de Bosra, le dimanciie 7 fevrier de l'Enfant Prodigue en Tan 6903 
du monde, seize jours apres la mort du patriarche Niles, six ans et un mois 
apres la mort de son pere Michel, metropolitain de Bosra, et vingt et un ans 
et demi apres la mort de son oncle Michel, patriarche d'Antioche. 11 est Tauteur 
de ces informations et las a ecrites de sa main. II a vu ce qui se passa sous 
Tamerlan qui pilla ses orneraents, las objets mobiliers et l'argent de Teglise. 

1. Marc I" occupa le siege du patriarcat au milieu de 1377-10 avril 1378. Diclion- 
naire d'histoire et de geogr., col. 631 et 699 ; cf. I.eQuien, op. eil., qui l'appellc Marc II, 
vol. II, col. 767. On voit donc qu'ici les dates sonl donnees d'apres la traduction russe 
de Mourqos. — 2. Dans les deux nianuscrils, il y a une erreur de copiste, car nous 
lisons Niles. D'apres le texte il s'agil d'une seule Icllre mal falte, v_^rä la place de J. II 
occupa le siege patriarcal au döbut de 1387, jusqu'ä la date indiquee par Paul d'Alep : 
11 janvier 1395, D/<-</o/!/zn//e<i7(/s/. etdegeogr., col 031 et 699. LeQuien,o/). cit.,vo\. II, 
col. 768. — 3- Connu sous le nom de Michel II, occupa le siege patriarcal le 6 fevrier 
1395-18 avril 1412 C). Dictionnaire d'hist. et degeogr., col. 631 et699. Le Quien, op. cit., 
vol. II, col. 768. La date de 18 avril, d'apres les deux manusorits de Londres et Paris, 
doit ötre rectiüce en 8 avril, parce que par confusion on a \\xy^ ^'^ au lieu de ^^'o 
Hfi dont il faut tenir compte. 



fül. 4 1- 



[31] INTRODUCTION. 31 

L^j L^ üA. Jaj^ i^K^ i_y. j^j^^^ ^-^ ^^ -^3 -(^^ ^-^ lS*-"'-? ^.^-**~^'3 ■~i'^^ 

Js^ ^y OA=^JJ IH ...ö- jLj ^ J^l" j^S j_g9y Aji «Ct i_^^ Jaiü L*A» Jjk— «3 
lji,ojl" ^Jl^U-^o. cJ^kJl fj^^^ ^-^ -!^ V-'J ^■^^'" iwj^=^ ^ jvJi Jo_Uj 

JUÜ 'L_»i- 4oL»-jj .„iVl <u. <-w JjVi j_y^ J^:Lw« 
Aa-I «oL^^j ^Vl '*^ o- JjVl (3ir~^" /^^" -^=-"Vl j^ C.-;*-'^ ...'^^ öW^ -ff^ ' 

^ ^1 >l^ >1 ^l:^ ^j ^li^Vl pil_^. ^ 4^^1 A^l ^:-;- fJi^ ^%'3 
•^i jL«J ^J^'O^j "^^ ^ 4^>J^ ^^Vl ^>3l ^.^ ji^ i^rc ö^ 

1. L habet : J-.''^;-". — 2. L habet : (_/•'/• 



II s'enfuit a Chypre en l'an 803 de l'hegire et ecrivit cela le 9 aoüt de l'an 
6912 du monde. Nous avons copie ces dates dans un manuscrit ecrit de sa 
main, comrae nous l'avons raentionne. 11 porte apres lui I'ecriture d'une autre 
main. U mourut le 8 avril, l'an 69... J'ai trouve ä la fin d'un ancien epistolier, 
faisant partie d'un legs pieux, dans Mahradat la bien gardee, I'ecriture du 
defunt patriarche Michel, et comme date le commencement de decembre 
l'an 6905 du monde. 

Apres lui, Pacome ' de Hauran, ancien raetropolitain de Homs, deviat 
patriarche, le dimanche 1"' juin l'an... * II mourut le dimanche 9 octobre l'an * foi. 4 r. 
6921 de la creation du monde. 

J'al trouve aussi ä la fin d'un ancien livre ceci : en l'an 6933 du monde, 
mourut monseigneur le patriarche Kyr Joachim'- d'Antioche, et dans un autre 
livre que Kyr Marc ^ ocoupait en 6935 le siege du patriarcat d'Antioche. II 

1. Les auteurs de la Chronologie despatriarches d'Antioche, Jean Ajjeymi etBraik, sc 
sontservis de Paul d'Alep. Diclionnaire d'hisl. el de geogr., uol. 631 et 699. Ce Pacome 
est connu sous le nom de Pacome 11. Le Quien le compte comme Pacome 111, parce 
qu'il a suiviPäcömell. C'est une erreur. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 768. —2. Joachim 
occupa le siege ä une date inconnue. li mourut en 6935 (1427). On prutend que Joachim I 
resta jusqu'en 1424-1425. Diclionnaire d'histoire et de geogr., col. 631 et 699. Si nous 
admettons la date finale, 1427 est plus probable. Cf. Le Quien, op. eil., vol. II, col. 768, 
qui l'intitule Joachim III. — 3. Marc II. On peut etablir seulement la date de 1427 de 
Paul d'Alep. Diclionnaire d'hist. et de geogr., col. 631 et 699. Le Quien, o/;. 67^, 
vol. 768, le connait comme Marc. 



32 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D ANTIOCHE. [32] 

CJj^ia) ^_,LijU' _^J ^jJjS-.My\ (dijijisi ^jljVLs ^r^J *...'. ^?.i}^.„,oil OjjJaj i_i-.4j -S 
Uajjis <C)A^ ^ ->tJ Jyi Alf- /»-«^^ )«.«.:>wJl jLa 'CL=>- ^j L LiL£«lj bj4,»ji)l Hj-^wÄ 

^y-A^] "y c.^>zLi L« A* ^o Ijj'V A..:.k:la,...äH dÜ« L=-jj 'LjJ ^^^ j^ i^-^l 

iiJ__,iPaJI J^JJ ''-^[/J j^,^^ c^^.^b S^ ^-^-' ^^3 A,:.k.'^...äll '-^L'i/^ i_l"_y 
0_;i^iaJl (J-JJJ (J"3^i •i^^ ^^J ^_}p j'^"''' (J'JJ-^— L'3 (J^j'^^^ ^*^ " JjAlN--Vl 

liJy^ia (Trl^. -TT '^J-J V'^^>' JI/^ (J"J^JJ3-='3 JjjaJI (j-jlTjjj-i ^ ^\L^')I\ 

1 äJi <lJ (_iJu-J' JU.U /wJKjij '»jUj' *oL>ji— rj i_j"Vi ■cu- a^i^ ^^9 liüij (vXijji 

1. Lgrd 1700 habet : «.i. — 2. L habet : ij^J-LC^l. Lgrd 1700 habet : ^jJoC^II. 
— 3. Lgrd 1700 habet : l'il*, erreur du copiste. 



vivait au temps de Kyr Joseph patriarche de Gonstantiiiople, de Kyr Philothee 
patriarche d'Alexandrie et de Kyr Theophile patriarche de Jerusalem. En l'an 
6943 du monde, Kyr Dorothee ' de Sednäya la bien peuplee et öveque de 
cette ville etait Fadministrateur du siege d'Antioche. Pendant sa vie, eut Heu 
le 8° concile chez les Europeens dans la ville de Florence, — concile auquel 
assisterent Jean, empereur de Gonstantinople (qui n'etait pas encore conquise 
par les musulmans), Kyr Joseph patriarche de Gonstantinople ainsi que tous 
les prelats, Antoine metropolitain d'Heraclee representant du patriarche 
d'Alexandrie Kyr Philothee et Isidore metropolitain de Kiev et de tous les 
pays russes, le representant du patriarche d'Antioche Kyr Dorothee dejä 
raentionne, Dorothee de Monemhasie representant de Kyr Joachim patriarche 
de Jerusalem, — cn Fan G948 du monde qui correspond k l'annee 1448 ■ de 
FIncarnation et ä Fan 843 de Fhegire. Ge patriarche est mort le jour de la 
fete de la Nativite de la sainte Vicrge le 8 septembre G9(i0 de la cröation du 
monde, qui correspond au 10 chaban de Fannee SöS de Fhegire. 

ID orothee I, l'iS't/'Jö — 8 septembre 1451. Dictionnaire d'histoire el de^eogr., col. 
532 et (39!). I'our les dötails cf. Le (hiicn, op. eil., vol. U, coL 778-770. — 2. L'an 1448 
doit ßtre corrige en 1440. C'est une erreur du copiste dans les deux manuscrits : celui 
de I^ondres et celui de Paris. Mourqos et Const. iJacha admettent 1440. Const. Uacha, 
op. CiL, p. 17 note. 



lol. 4 v". 



[33J INTRODUCTION. 33 

Ö,X)I Ujj iJjUl j^-^sa 'iA!J3 JL.Ü l^l- ö- jLi-^V >_.-La!l Xf ^y_ Ldl jl^ 

jlji. li-«j tl.»-^^ j^.^* "'cT^VJ ^J^rr; üLr^ O"'^ -5 ^-''^- '^'■^ r^'-^- r*5 
i_yyjl>^«j -^J^f*-* ' «■^' r^|y3 ls"'-^" ■_-^°-'' "^tJ^jUt^j bLo- j'_/^ rl/'b ^-'."^i' 

,_,Ljli>io A^S^LJl ^i 'U^l l«.ljo-J -v*r-^J jLCfr („ÜL-I jj-jjL- 'I3 Ijls ^ä-wl 

1. L habet : ^r-^y- - 2. I> liabel : ^•^h-'. — 3. L habet : J)'^.". — 4. L habet : 
JjU^'. — 5. L habet : Jj^s^'. — i>. Lgrd 1700 habet : f^l-.j.i. 

La communaiile elut apres lui comme patriarche de la ville de Damas de 
Syrie le pere Kyr Marc, rcveque de Sednäya, le mardi, jour de la fete de la 
saiule Croix, au commencement de l'annee 6960 de la creation du monde, en 
presence des seigaeurs les prelats : Joachim metropolitaiii de Bosra, Cyrille 
metropolitaiu de Beyrouth, Marc metropolitaiii de Ilosn, Jean metropolitain 
d'Eucliaites, Ephrem metropolitain de Hama, Micliel eveque de Zabdäni, 
Joachim eveque de Yabroud, Macaire eveque de Qärä, Arsene eveque 
d'Akkar, etc.. Ils lui donnerent comme nom de patriarche celui de Michel'. 

En l'an 7006 du monde, pendant le mois de septembre, le siege patriarcal 
etait dirige par Kyr Dorothee ", connu sous le nom de Ihn Säbouni. 

*En l'an 7032 de la creation du monde, Kyr Michel Ihn al-Mäwardi occupa ♦ loi. 'i v°. 
le siege d'Antioche\ 

1. Michel III. 14 septembre 1451/56. Diclionnaire d'hist. et de geogr., col. 633 et 700 ; 
cf. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 770. Const. Bacha eile une lettre adressee par les 
patriarchesMarc d'Alexandrie, Michel d'Aatioche et Joachim de Jerusalem au Pape Pie II, 
par Fintei-mediaire de Moise Djabalat, en datc du mardi 11 avril 1459 \iy-~', p. 20 et 21, 
note 1 . — 2. Dorothee II Ibn As-säbouni, avant l'i84 — apres löOO. Diclionnaire d'hist. et 
de geogr., col. 636 et 700. Le Quien, op. cii., vol. II, col. 770. Const. Bacha adlrme qu'il a 
trouve un evangeliaire arabe dans la bibliolheque du Saiut-Sepulcre sous le n° 11 ecrit 
en l'an 7008 (1500) au temps du patriarche Dorothee d'Antioche [i^^. 22, note 1). Nous 
remarquons la dillerence de dates entre les donnees historiques et la data de Paul d'AIep 
7006 (1497). 

La Serie des patriarches est interrompue dans l'exposo de Paul d'AIep. Le Quien 
donne, apres Dorothee I", Michel II, Theodore V, Marc et Michel IV. Op. cit., vol. II, 
col. 770. Karalevskij donne les patriarches suivants : Dorothee I, Michel III, Marc 111, 
Joachim II et Michel IV. Diclionnaire d'hisl. el de geogr. , art. Antioche, col. 633-034 et 700. 
3. Michel V, Ibn al-Mäwardi, vers 1523/1524 — apres juillet 1529. Diclionnaire 
d'hist. et de geogr., col. 037 et 700; cf. Le (^uien, op. cit., vol. II, col. 770. 

PATn. OB. — T. XXU. — V. 1. 3 



34 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [341 

^»JL»^ ^3 JjXis^Vi (V-^U; ^r-5j ^gi.lg.','? — aJI L« 11 ^ jL«' 1^^ »i-*-'j JIS3 
,_j>IjJ ^j,.,t«.a OAjvj ^jL^ iV ' iV^^^Z^r*"^ 'OjUaJl jLi-l C»ji-)l UaIa jeJl 

l.LgrdLi)'. 



En l'an 7049 du moiide lui succede au siege d'Antioche le patriarchc Kyr 
Dorothöe'. II fut destitue dans le syuode qui out lieu k Jerusalem pour des 
chosesqu'il commit et des actesillicites. Ils le remplacereut par Kvr Joachim. 
Cela eut lieu au temps de Jert^raie [patriarchej de Gonstantinople, de Kyr 
Joachim [patriarche] d'Alexandrie et de Kyr Germanos patriarche de Jerusa- 
lem, quitinront un synode contre lui, lorsqu'ils visiterent Jerusalem ^. 

En Tan 7062 du monde, le titulaire du siege d'Antioche fiil Kyr Joachim ' 
et, ainsi qu'on nous en a inforrae dernierenient dans le pays desciiretiens, on 
a dit de lui qu'il resta patriarche soixaule-dix ans. 

Ici se termiuont les renseignements historicpies sur les patriarclies defiinls, 
qui siegereut dans la ville de Dama«. Et ce fut avec une peine inou'ie que je 

Const. ßacha, en se basant sur deu.< manuscrits qu'il citc, coiulut que ce palriartlie 
Michel Ibii al-Ma\vardi occupa le siege J'Anliocho avaiil la data meiitionnee par Paul 
d'Alep. Dans la bibliollieque de Paris dans un ancion livre arabe sous le n" J47, on 
li'ouve le noni du patriarche Michel d'Antioche au 19 mars 7030 (ir>22 ;, et dans la biblio- 
llieque de Londres uu livre syriafjue 418 oii Ton Irouve le litre du patriarche Michel : 
Michel patriarche de la ville de Dieu, la grande Antiocheet lout l'Oricnt, le 10 novembre 
7042 (1533). 11 a vecu apres celte dalc. Cela resuUe d'un livre ancion de llosn qui l'ul 
Irouve par Louis Chcikho oü estla dato de 7047 1539i aloccasion d'unc dispute pour la 
IV'te de Päques (>ii— , p. 22. note 2). 

1. Dorothce III, '( — 1.Ö30/1531. Diclionndire d'hisloire el de genier., col. ü30 el 700. 
Cf. aussi Le Quien, op. eil., vol. II, col. 770. — 2. Pour la visilc de Jerusalem, Consl. 
Bacha, 5»^—, p. 2.3, nole 1. — 3. Counu sous le nom Je Joachim 111, compeliteurcn 1,')27, 
l.")30/l.'")31 - avanl nov. 1534. Üictionnaire d'histoirc et de geogr., col. 630 et 700. 
Le Quien, op. cit., vol. II, col. 770. En ce qui concerue le leuips de son regne, il exislc 
vraiment une confusion avec Joachim palriarche d'Alc.\andric, comme observe Mour(|os 
dans son livre « Voyage du patriarchc Macaire » (cn russe), vol. V, p. 187. 



[35] IXTRODUCTION. 35 

^lk;Vl 'V^-li" J- '-SjJlA ^ ^JLÜ j^^3 -^bj ^Vl ^«--- O- ^3 * » fol. 5 r 
As-1 ^3^^^ i;Lk^ *lsl ^_$a)I 'U«.p» ^.L ^:t^'^ '-'3.^ 0^_;-!^« (*r!>;. ''^ ^'^.J* -^"'^ 

J=-V dUij "C-lp 'L-'JJ c.^ •^ «-»•i^ ^^-^•' c/"^^ L^^ '^'^'^ '^^'' '-5*-' 

'iC:L-yj ^j.;L^ -^.^Aüll i_*3 ^l ''Lxc (^jlfr S^'i <sSi üj-^ ^-» v_iJiÄ; (j^ 'Ji^J 

1. Lgrd 1700 adJ. v. — 2. L omet ^/. — 3. L habet : J:!^^:'. — 4. LgrJ 1700 
habet : loj.::^.. 



röunis ces renseignements, täche que je n'ai accomplie qu'avec l'aide de Dieu. 
Celui qui trouvera apres nous d'autres documents siir eux, qu'il les ajouteä ce 
recueil. 11s seroiit pour lui des intercesseurs dans eo monde et dans Teternite. 

A la suite de cela viendra le raste de l'histoire des patriarches. C'est uu 
recueil metliodique dont les parties se suivront les unes les autres telles que je 
los ai redigees, ou telles que je les ai trouvees. Je l'atteste par le Dieu dont 
j'implore l'aide. 

En l'an 7051 du monde, mourut le patriarclie d'Autioche Michel', celui 
* qui partit pour visiter Jerusalem en l'an du scliisme (?) qui eut Heu parmi les * fui. 
chretiens, Tan 7047, laissant l'interimaire Kyr Joachim - metropolitain de 
Beyrouth connu sous le nein de Ihn Djoum'at, qui fut metropolitain ä ßeyrouth 
pendant onze ans. 

De son temps eut lieu le saint concile local ou il reunit tous les prelats 
pour le muriage des fdles chretiennes. lli determinerent la dot, l'argent 
comptant, les biens immeubles, etc.. et ils excommunierent quiconque deso- 
beirait ä ce qu'ils decreterent. Cela l'ut public sur le linteau de la porte de 
la grande et ancienue eglise de saint Gyprien et sainte Justine. 11 fit paraitre de 

1. :Michel VI Sabbägh, avant 10 novembre 1534-1542/1543. Dictionnaire d'hisloire et 
de geogr., col. G37 et 700: Le Quien, op. cit., vol. 11, col. 770. — 2. Joachim IV Ibn 
Djoum'at, competileur de 1540, 1542/43 — apres fevrier 1575. Dictionnaire d'histoire et 
de geogr., col. 037 et 700. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 77, le met comme Joachim V 
a 1564. II faut remarquer qu'il y a une difference d'uii an enlre la dato du texte et cellc 
qui est proposee par Karalevskij dans son article. 



36 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [36] 

>L>-j jbCs IÄA3 iiyi Ciwir Zj^ij=~ •v^jlLJl ^'^\ ^j-° ^="^j 'UoAi)l ,_5^-50l 

A.,S^iaJl 1^9 (»Islj ilfcj "^J V^ y^J iV^ ll-AJ ^=- /v"'---''!^-^ «Ji J% ,5'' iC-^ '-^ 

js-*.x>j '»»Ls ^■..' " As jjS-Wil ^ykÄjl i_Ljbni« Oj^laJl /»«J-_^I (j>ij ^-^ ^•— ^ iS*-'' 

jlj^ i% ^\ j^-Ul p3l_^ »^-'i/K^^ lS*^ I**" '^ ö*-^-? l/'^-'-' ^yj?" LS* önr-" 

1. L habet : ^}^' . — 2. Lgrd 1700 habet : 'L^y.. — 3. Lgrd 1700 hul)Cl : i^L-. — 
4. L habet : JjU-;.-*. 

la pari de trois patriarches des anathemes comme confirmatiou de ses paroles. 
C'etait un hommc superieur qui resta patriarche trente-lrois ans. II y avait eu 
entre lui et Ihn Hiläl ', eveque de Qärä, unc contestation pour le patriarcat et 
le susdit Ibn Hiläl mourut longtemps avant Ibn Djoum'at, qui finit sa vie 
apres lui en Tan 7084, et fut enterre ä Damas. 

A sa place fut mis Macaire de Hama, eveque de Zabdani. II regut Ic nom 
de Michel' et resta au patriarcat quatre ans, puis il fut depose ä la suite de 
querelles dont il fut l'auteur. Les discordes et los intrigues durerent un an 
parmi les chretiens. 

A sa place devint patriarche l'an Dorothee,nommc Daou, nietropolitain 

de Tripoli, qui re^ut le nom de Joachim '. 11 partit pour los pays chretiens oü 
nous allämes et oü nous vimes son portrait. II revint et fut patriarche douze ans. 
Le patriarciie Miciiel de Ihuna mourut quelques aunces avant lui dans l'ile 

1. Macaire II ihn lliläl, antipalriarclie, 1543 (?!-15,')0 {^>\. — 2. ISIicIiel VII, avant juin 
1576-25 deceinbrc 1502 — 4 janvier 1593. Dictioiuiaire d'hisLoire et de gcoffr., col. ()37 
et 700. Le Quicn, op. eil., vol. II, col. 771. — 3. Joacliim V Daou, antipalriarclie. avant 
25 niai 15S1 - 7/17 octobre 1592. Diclionnaire d'hisLoire el de geo^r., coL 639 et 700 Le 
Ouicn, op. eil., vol. II, cul. 771. le noiiime Joachim VI. Joacliim fit des voyages en lliissic 
pour faire des coUcctes. II Iraversa la Moldavie et donna ä Georges Mogliila, quand lelui- 
ci elait evdcjuc de RSdiiuli, une icone en 1587, qu'on conserve encore dans le couvent 
de Sucevila. Son voyage ii Moseou ne fut pas heureux, parce qn'il ne fut pas rcgu 
comme les autres patriarches. N. lorga, Islaria IJisericii Ronuine, vol. I, p. 258. Paul 
d'Alep a vu son porlrait a Kicv. 



[37] INTRODUCTION. ."i? 

ji ^'l LS^^_^ ^^ *.Uo •C- xaju -^ ^I ~Ü)3 [VJ'i dJLL»_) '-*tr^ T J^-*-*-) 
A^-l <-^^^r^'l ,_5ä («Islj O^ '-^^. ^-^^J i^J j-*J (j^=^-=- jL^-« ir:^'^ -rr ^y^-^ 
jljj' iiUlS <~j.-j ^■f'-Al« ÖJ^r^ '^^' ls' p-i» o'^'-^^ ^-^ ^^r-^ aLsj C^ _^,-tfr 

1. Lgrd 1700 habet : l^-i. — 2. Lgrd 1700 habet : Vt -r. 



de Rhodes oii il fut enterre. Le siisdit patriarche Joachim partit poiir le pays 
de Hauran. II y fut tue comme martyr et enterre lä-bas. Apres lui, le siege 
resta pendant une annee entiere sans patriarche jusqu'ä ce qu'on eüt elu ä sa 
place Kyr Joachim metropolitain de Homs, qui est Ihn Ziäde '. Joachim resta 
patriarche onze ans et perdit la vue. Sa grandeur prepara dans son temps le 
Saint chreme et le consacra selon l'usage le mercredi saint - de l'an 7102 du 
moude qui correspond ä l'an 1003 de l'hegire. Lorsqu'il devint aveugle, l'agi- 
tation contre lui alla en augmentant au temps du Clieikh Georges Ihn Samou- 
rou. A sa place fut elu patriarche Kyr Dorothee connu ' sous le nom de Ihn 
Al-Ahmar, le Damasquin, qui l'avait consacre de son vivant metropolitain sur 
la maison patriarcale. Puis Ibn Ziäde partit pour l'Egypte et mourut dans 
le couvent du Mont Sinai' et il y fut enterre. Le patriarche Dorothee resta 
patriarche huit ans. II mourut dans le village de Hasbaya ä Wadi at-Tim et y 
fut enterre. 

On mit apres lui Athanase ', nomme Ibn DabbAs, le Grand, metropolitain 
de Ilauran. II resta patriarche huit ans. Dans son temps il y eut des desordrcs 

1. Joachim VI Ibn Ziade, avant fevrier 1593-1004. Dicdonnaire (Thhtoire et de geogr., 
vol. III, col. 639 et 700. Le Quien, op. <■/(., vol. II, col. 772, le nomme Joachim VII. — 
2. C'est une errcur, parce qu'on preparo le chreme le jeudi saiat, non pas le 
mercredi. Cf. Manuscrit de Leningrad n° 29, p. 185'", I. 10 oü le patriarche Macaire 
donne jeudi. — 3. Dorothee IV ibn AI-Ahmar, 1604-1612. Dlciionnaire d'histoire et de 
geogr., vol. III, p. 640 et 700. Cf. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 772. — 4. Athanase 11, 
Ibn Dabbäs, avant fin aoilt 1612-1620. Dictionnaire d'histoire et de geogr., vol. III, col. 
640 et 700. I.c Quien. op. eit., vol. II, col. 772. Apres Athanase il faut placer Ignace III 
Atiye, 10/24 mai 1620 — vers avril 1634 {ibid.). 



38 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [38] 

r^ Ls'y ö^ J^^ hr^ JJ^^J ö-^ '^L.j, ^i jUj ^.:^ jLr -^^J^Jl ^ (.l»'j 
C^. cT^Lr^ es* J-i'^i "^y^ ^yj^. ^J jbj^ OLr^ lt-^!^ "4^' ^-^ --'^J 

<^_^VI <,< .l.^j J^ l^^..^! jl ^1 ^^Vl J^\ dUi ^UVj --. ^ ij^ 
3j_^l i..Lt)l ^>U1 dUr j^L^ c>" ö;' öi-^^ >-• ^Vl x^ Jl iilkVl 
ij-ljl i^; ^ß <CjL U^_. Iji»i3 r^ ^ ^ry,j j,;^_^_„JJ Cä^ jl^ a;1 Jp^V 

1. Lgrd 1700 habet : 1..^ ^i. — 2. Lgrd 1700 habet : f^^S'.r^-=. — 3. Londrcs : 



et des intrigues nombreusos jusqu'a ce qu'il mourüt pendant lo grand Caromo 
loi. 5 V. dans la ville bien protegee de Tripoli. II fut entcrre dans le couvent * de Kel- 
tiii en dehors de cette ville. 

Apres lui son frere Cyrille', metropolitaiii lui aussi de Hauran, devint 
patriarche ä sa place dans Tripoli, le dimanche de la Samaritaine. Le meme 
jour, fut consacre Ignace metropolitaiii de Sidon, connu sous le nom 
de Atiye, comme patriarche de la ville d'Antioche, dans la ville de Constau- 
tinople par Timothce sans qu'on coiimit la consecratiou de Ihn Üabb;\s ä 
Tripoli. Ignace vint comme patriarche ä Damas et entre lui et le susdit Cyrille 
eclaterent des disputes et des (juerelles norabreuses et repetees et il eu 
resultade serieux dommages pour les clirctiens, durant sept ans. On fut obligö 
de rcunir tous les prelats du diocese d'Antioche cliez remir Fakhreddin' 

1. Cyrille Dabbäs, aiitipalriarche, 10 24 mai lU20-l(i27. Dictionnaire d'hisloire el de 
geogr., vol. III, col. 640 et 700; cf. LeQuien, op. cii., vol. II, col. 772. — 2. Fukhreddiii 
II 1585-1635). L'emir ma'nide Qorijmas laissa apres sa mort iiii lils .Igö de deuze ans. 
Sa mere, pour le souslraire au.\ poursuites des Oltomans, I'eleva au KasrawAn dans la 
ramille de Kliäzin. Aprns la mort de son pure il fut ('inir a sa place. Lammcns, Syrir, 
Beyroulh, 1021, p. 71-72. — Le sultan MouradlV (1623-1640;, le conquerant de Bagdad, 
vouluten finiravec rinlocile vassal ma 'nide Ahmad-pacha, gouvcrneur deDanias, cH'al- 
taqua avee des forces cunsiderables. Ali, Ic lils de l'emir, fut surpris ä Wddiliaim el 
succomba vaillammenl. Les forleresses lombaient l'une aprös Laulre. II se röfugia a 
Chäqir Tiroün. Apres une resistance, il dul se livrer ä renucmi. Enchatnö, il fut conduil 



[.•50 1 INTRODUCTION. 39 

\a}^ jij-«' '^v^j i^"*"*^. Ct'^'^t'-^ ^—^ -^' JP3 (♦r*-' j )-^=^i '-^ (J ^«Ä^^-Ü 
^LaI 'L-jj ^^ jL-? 'VJi L»— - v'-*'i»Ji ir'V''Jl 'y^ -»«.Ic- ij^»»=-5i "ivi ^-^^y^ i;'^'j 



Ibn Ma'an, gouvernenr de ce pays Syrien, tres connu, car il sympathisait 
beaucoiip avec les clirolieus et eprouvait beaucoup de pitie pour eux. Avec sa 
permission ils tinrent un synode dans levillage de Ar-Räs pour examiner leurs 
opinloiis ä tous deux et pour faire prevaloir la plus juste d'entre elles. Cyrille 
desirait eela. Mais lorsqu'ils kü euvoyerent iin messager pour l'iaviter a 
assister au synode, il ne voulut pas se presenter. II avait fait eprouver aux 
chretiensde Damas beaucoup de pertes d'argent. Mais avec l'autorite de Temir 
on envoya le chercber et i'aineuer de Force de Damas. Ils tinrent contre lui 
un synode et deciderent sa deposition et son eloignement en s'appuyant sur 
des dispositions imperieuses des saints canons et surtout parce que c'etait arrive 
sans le consentement des habitants du diocese et a cause du mal et des preju- 
dices qu'il avait causes aux chretiens en general. Ils ecrivirent la minute de ce 
synode local et ce qu'ils y deciderent en fait de canons et de lois en suivant 
les synodes anterieurs. Gela est jusqu'ä present dans la bibliotheque du 
patriarcat et aussi chezThumble qui ecrit ces ligues. Quant au susdit Cyrille, 
l'emir Fakhreddin Ibn Ma'an se courrouga contre lui et l'envoya en exil ä la 
celebre grölte du moine pres du village de Hermel au pays de Ar-Räs ; \k fut 
son tombeau en l'an 7135 du monde. Le synode confirma le patriarcat pour 



ä Damas et puis ä Stamljoul. A la suite d'une victoire remporlee au Liban par son 
neveu, l'emir iNIolhem, il fut condamne ä mort. Ses idees etaient Ircs personnelles et 
aucun ne put com'prendre la grandeur de ses projets. 

Avec son neveu Temir Ahmad, s'eteignit sa dynastie en 1697, parce que celui-lä ne 
laissa pas de posterite. Lammens, op. cit., p. 88-90. Cf. aussi N. lorga, Geschichte des 
osmanischen Reiches, vol. III, p. 470. Sur les sultans de l'epoque et la table chrono- 
logique de l'emir, Lammens, op. eil., p. 9. 



fol. r" 



IM VOYAGE DU PATRIARCIIE :\IACAIRE D'ANTIOCHE. [40] 

j_j>-UJl ^y-^\ J=^ J^^ r^ 'aJüUIJI »_)_/=- \-^\\ j_59_5 ■,-■- •< " i-^ l5'"1>*' 

OLij-iJ' ItAT J!jJ_;^| ^_jS Ä>^ ^ C/^J ^'^3 ^^ iS-^3 Vif" '^y^ ^ viiJi; ^ \a 

lyj lv-'__^j 'C-csii^'l ArUas-j \^X_ß\ aJI^Ij ^-^JVl "uJl«;' "j— =- ■,.« l^j«^ U lj-,l ?iü-^ 

1. LgrJ 1700 habet : A..iUicM. — 2. Lgrd 1700 om. j_„^iUl. — :\. Lgrd 1700hal)et : 
\ If r, — 4, Lgrd 1700 habet : ^^^-Vj, — 5, L habet : i^yLi^. 



Ignace. II resta ä gouverner le siege pendant sept ans, au debut de la guerre 
Ottomane avec l'emir Fakhreddiu Ibn Ma'an dcjä menlionne et pendant les 
troubles qui survinrcnt alors dans le pays. Et tandis que le patriarche Ignaco 
fuyait de Sidon ä Beyrouth en se cachant sous iin deguisement militaire, los 
Druses le tuerent ä mi-chemin pres dn fleuve Ad-Daniour, sans le reconnaitre, 
en l'an 7143. II rendit son äme et fut cntcrre au-dessus de Beyrouth dans un 
village appele Cliouefat. 

Aussitot la nouvelle arriva ä Damas et de Iti a Alop par des oourricrs a 
Ryr Melece, [tnetropolitain (FAlep, connu sous le noin de Karmö, de llaaia, 
qui avait dte moine dans le couvent de Saint-Sabas k Jerusalem et qui de la 
vint ä Alep. Par aniitie pour lui et ä cause de ses enseignenient.s aninies, les 
babitants d'Alep le conduisirent ä Damas pendant la vie du patriarche Atba- 
nasc Ibn Dabbas et avec Icur approbation celui-ci Teint metropolilain sur 
cux, le jeudi 12 fevrier de l'an 7120. Alors il rcvint a Alep et y rosta nietro- 
politain pendant vingt-deux ans. 11 fit paitre son troupcau dans les päturages 
Toi. 6 r" du salut comme il fallait " et apres que la villo d'Alep eut ete appauvrie en 
chrcli'Mis, dopuis de nombreuses annöes — on n'cn connait pas le nombrc — 
les fidelcs y vinrcnt de tous les pays, de toutes les rrgions qui renlourent, 
lorsqu'ils entendirent la bcautö de ses enseignemcnts divins et ses paroles 



[VI] INTRODUCTION. '.1 



a' 



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eS Uy , •'• c- ^n i-\^ i!y^^^ ,_,JtJl ^U^l OJAJ JoOj \fj^ "^.^Ä..*^! /^^ ^_LJ>- 

^\ ,l^LAi ^A iL«~)l ^y^53 ^jr^- ^ j_j3-»wJl (j-^^'^i ^l^'^i^JI ilij A»3 



(w? 



1. I,grd 1700 omet ^!. — 2. I>grd 1700 haltet : ^^'. — .i. Lgrd 17uO habet 
U!. — 4. [.arid 1700 om. i. 



cxcellentos, ainsi que ses sermons vivlliants. Ils s'y transplantereiil, ils y llcu- 
rirent et produisirent des fruits, progresserent, et se miiltiplierent. llenrichit 
la pauvrete de leurs ämes par les richesses spirituelles, il les rendit heureux 
par sa bonne administration temporelle ; il bätit iine maison episcopale 
merveilleuse, d'iine construction soignee, pourvuede nombreuses eommodites, 
aux murs eleves, splendide par son ensemble et solide sur ses bases. 11 la coii- 
sacra aux prelats qui lui succederent. Puis il y eut entre lui et Cyrille, le 
patriarche Ibn Dabbäs, des querelles nombreuses et des pertes considerables 
pour les chretiens. II subit pour cela des peines diverses : il fut emprisonnö 
dans la citadelle d'Alep pendant douze jours ; il fut oblige de partir pour Cons- 
tantinople, afin d'oLtenir des ordres imperiaux. 11 continua ä depenser ses 
forces et ä faire des demarches jusqu'au jour oü le susdit Cyrille fut tue, 
comme nous en avons ci-dessus mcntionne la cause. 

Apres la mort du susdit patriarche Iguace, comme nous l'avons expli- 
que, et Tarrivee des messagers de Damas eliez lui ä Alcp, des son election par 
les Damasquins, il se rendit chez eux. 11s le firent patriarche et le nommercnt 
Euthyme. Lorsque commencercnt ä paraitre dans le diocese les eclairs de ses 
lumiercs qui brillerent ä l'horizon du ciel de la religion chretienne, les soleils 
de ses vertus par Televationde sa lumiere, il fit beaucoup d'elTorts pour rendre 



42 VOYAQE UU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. 42] 

•r-!>La]l jjj]^ 'jisJ—J ^XaS- |»AjLä;J (»t^y j'3 -^aJI ^v|3 ^^->ci\ ■»— -=^ <1l^ j1 
^ '*Jj ij^ i 1 Ojilj J^jJlL« »L [)i_r« (V» ''J ly'jr^ ^ *o>-*J 2s .....i b-»^ Ajc -V-iJl 

^.Jä. iJ^^^iJL «J Aj£.j <. js^' JD il ili. <-Ül J^l fir^' kS-^^J (_r4y. L^J^^^ /t'J 

Ajk^L "«.»..J^Jl ,_|-»J.=J (V-LijjV> uL" ji-« yi-^ Jv< ir.Ä»-l jlS |_$Ä)' J»->a*Jl (_5JsLJl 

1. L»rd 1700 habet : .0^'. — 2. L»rd 1700 om. ^•■^'. — .!. Lord 1700 : .,-.\''. 
— 4. Lgrd 1700 habet : k>j^^- 



heureux toiit son diocese par sa bonne administration et par 1a droiture de son 
jugement, pour les diriger et les conduire tous daiis le chemiu de la vertu. 
Peu de temps apres, uii mallieur lui arriva, une maladie connue le frappa et 
la mort le saisit. II etait depuis sept mois au patriarcat, mais son espoir nc 
fut pas deQU, pas plus que ses previsions, parce que, comme l'a annonce Celui 
qui est toute sagesse, le fils veridique naitra pour la vie et de ses verLus on 
recueillera les fruits de justice. Et cette parole fut accomplie exactement par 
ce pere vertueux et ses deux fils, c'est-ä-dire ses deux elöves qu'il avait 
adoptes et qu'il avait engendres par l'esprit, comme Fa dit l'Apötre. Dans les 
deux rangs et dans les deux endroits il les laissa ä sa place, savoir le prämier 
d'entre eux le pretre Jeau, fds du pretre Paul, le genereux, respecte, que 
Dieule sauvegarde et cternisc sapresence, car il l'avaitloue et desiguö coramc 
metropolitaind'Alep, apres avoir (juitte celtc ville et — combien etait beau ce 
poste! — ])arce qu'il Tairaait beaucoup. Des sa jeunesse il etait son tdeve, il 
l'ordonna diacre, curö et pretre, il Televa au rang de confcsseur. Le deu.\ieme 
pretre etait Melece deCliio, le peintre, qu'il fit venirdu couvenl de Saiiit-SAbäs 
de Jerusalem pour dccorer l'öglise avec des icones, puls il üt de lui son 
successeur, le consacra patriarclie pendant sa vie et lui donna le nom d'Eu- 
th3'me',au momentdesa pro])re mort. Ces deux fds suivircnt son clicmin beni, 

1. Eulhyme II Karme, debut de mal 1(W4 — debul de decembre 1(534. Dk-tion/iaire 
d'hist. et de ^eogr., vol. III, col. (i4l et 700. Cf. Le Quicn, op. cit., voL II, col. 772. Sur 



Ä-0 



['i3i INTKOÜUCTION. 43 

X__^-C) iA-^JÄM <-0»-wJ \_»üj LflISl iiy^S^\ ^iäjls} jlliVl jl-\* ''^'^_y '*-*-*^ -"^ 

4j„l| (j-bj jl^^ -"^-^ C_^ »ji^^j Ia«^13 U-ijl Lb^Üj Ias- U«-J Ixii -u»Ji 

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<.Uj ^Vi «.-ww Aj^ 7-tii t-.~Ls]i A-£. Ajj -s j»Jli .„^Is- J I ^1 V« jl5 Li L11I3 

Li^ 'J'Jis^ *jJ^ j>^ jj^A.JI ^-Ulj ~^y_ ;^JpJI IjjU^l-lj jJ^^wÄ— Jl ^'L 
1. LgrJ 1700 habet : J.»l. — 2. Lgrd 1700 habet : L^. 



ilsse conformerent ä ses bonnes indications et ä ses heureuses orientatlons, 
ils furciit hcureux et eontenterent leur troupeau en le rendant heureux. Sa 
mort arriva lo jour de la föte de la Circoncision, au commencement de Tannee. 
Quo Dieu lo Tres-Haut* ait pitie de lui et lui accorde sa misericorde ! ' fui. ts v- 

Apres lui fut iiistalle comme patriarche Euth3ane le Chiote', le magna- 
nime, au mois de decembre l'an 7142. II resta au patriarcat treize ans moins 
quelques jours. 

IV. — Macaire elu mktropolitain d'Alet. 

En ce qui concerne la question des habitants d'Alep, les pretres, les 
notables, le clerge pieux avec les autres chretiens se reunirent le jour de la 
lete de la Croix, au commencement de l'an 7144 du monde, dans le palais 
metropolitain. 11s elurent le susdit eure Jean, mon pere, nonime metro- 

la vi(> du patriarche Euthyme Karme, cf. manuscrit n" 30, fol. 25'°-.35''°. C'est une bio- 
graphie tres interessante mais incomplete. Macaire, patriarche d'Antioche, l'auteur de 
cette biographie, disciple de Karme, aurait pu ajouter encore bien de choses tres utiles 
sur la vie religieuse et sociale qu'il connaissait tres bien. — 1. Euthyme III le Chiote, 
fin decembre 1634 — debut de decembre l(>'i7; apres lui vient Macaire III Za'im, 12/22 
decembre 1647 — 12/22 juin 1672. Diciionnaire d'hist. et de geogr., col. 642 et 700; 
cf. Le Quien, op. eil., vol. II, col. 773. Ici il faut rectifier la date de Felection du 
patriarche Macaire. qui change aussi la dale de la mort du patriarche anlerieur. II 
s'agit seiilemenl du mois, mal lu par Mourqos dans son ouvrage : le Voyage du pa- 
triarche Macaire, vol. V, p. 193, 1. 20. II a lu 12 decembre. En realite, d'apres les manus- 
crits de Paris et I.ondies fol. 2, 1. 4 et Constantin Bacha, Extrait du voyaye du 
patriarche Macaire d'Alep (en arabej, 1916, p. 54, nous lisons : c^W' ^yiJ jj^i.. 



44 VOYAGE DU PATRIARCIIR MACAIRE D'ANTIOCIlli. [441 

i^^ ^^J\j U^ >,J ^j^ \y\^ il^ örr^"^ J^i J^Vlj <Li^ljVij <^<i\ 

■^JJ •u.U. C^=>>-'' >W lA^jj -^ bSj i;^<)j ^Vl jlji JjVI ^;^.__,^" ^ 
A.I i% ^k. f^lij :^j ^_5l Cj>.^_^1 b^^3 Ojy- ^_U ^_5Afr Li^^ üCyi^ <.l.^ 

LUl jLi ^iJJu <,ui^ 4_i„ ^ic ^i,i S-\. L;l^k, l^^ ^islj jj^-3 jlsjj ■^J 
ut ujj;;- ^ jUj ^jj- J.O.-3 .«..Ij joj._, A_^ij ^UjüI _^ ^)U" "0)1 LUj 

1. Lgrd 1700 habet : jj^^. — 2. L habet : ^. 



politain avec le consentenient des prcHres, des grands, des notables et 
des aiitres chretiens ensemble. 11s etaient d'accord et contents. 11s l'en- 
voyerent avec la caravane ä Dama& et le firent accompagner de pretres et 
de laiques. Apres son arrivee cn bonne sante et en securite, le palriarche Kyr 
Euthyme consacra moii pere seigneur metropolilain d'Alep, le dimanclic 
27 octobre, et ä cause de sa graiide amitie et en consideraliou du defunt son 
iniliateurct soneducateur, ille lit catholicos, inspecteur de son diocese, cxar- 
que, c'est-ä-dire son representant, son gerant sur le pays d'Amad et ses envi- 
rons et sur Antioche, le siege du patriarcat, et ses environs. On lui permit de 
celebrer la messe s'il y vcnait. Puls il revinf, ainsi que ses compagnons, ä 
Alep avec une grande joie. Les chrötiens l'accueillirent et le re(,nirent avec 
bonheur, respoct et allegresse. II y rcsta niötropolitain pendant douzc aus 
cntiers, suivant les traces des seigneurs anförieurs, qui onl uuc renomniee 
excellentc. 11 conduisit les chretiens dans les jjAturages du salut, accomplis- 
santtous les commandetnenis du Dien Trcs-Ilaut sans döfaul. II Ics dirigea par 
son habilete et soii liciireux gouvernemcuL II inaiclia coiumc ceux qui Tont 
precede, ou micux encore, il augiuenia le bien-6tre et le lionlieur plus que 
par le passe, lorsqu'il couvrit les clireliens de son aile cotuiue Faiglc couvrc 
ses petils. 



[451 INTRODUCTIOX. 45 

f\jiJü\ ^_jl»ji ^.iL^jli idJLjl ^jLiJl 1 es\yh «.^»j- C-^-^p-3 jyf" "^ tc^ j'Aä: aJ, _U 

^^^_Ä~— Jl 'Uij i:^<3lj j|_,^-Jl -uji ^Vl jv^jwj Jh;-^'' ^'^ lS-^ "-^-^ äiT^^ ij:^^^ 
JDj jIaoJI <Äi_i j— s-J ^" j^j"^ j^ ^^ ij^ e^.-^^^^^-J "i^-'^b '^J^^ V^'' 1*'° 

,>ÄlJi ji^-LLw ^^'j lyJI iJjK (J-^j jl jJl jIJ^Vij AäJi iJ^iJ' 5s_/_)t IJjJl olAi Ö-U 

1. Lgrd 1700 om. I*f^ a;;_ ^r;^-, L. — "2. L a la note marginale : .IkLJl Xj\ 
|.f1 ^i. Jl :>ly. — 3. Lgrd 1700 habet : ^'j;-'— 'j. L om. a--jJj;j ,~^. — 
5. Lgrd linbet : 1700 l-i. — «. L habet : y^.^^. 



V. — Arrivke du sl'lt.vn MouR\n a Alep en 1049. 

Ell Tan qnatre de son episcopat qui eet Tan 7147 du moiide et 1049 de 
l'hegire, le siiltan Mourad arriva de Constantinople ä Alep avec une ariuee. 
II y eutra le jeudi 12 juillet, avec rinteution de partir pour la ville de Bagdad 
aiin de la conquerir. Toutes les cotnmuuautes chretiennes sortirent et le re^ii- 
rent avec diverses etolTes de qualitcs precieuses en les deployant sur les bords 
de la route; elles avaient avec elles leur pöre et seigneur metropolitain, les 
pretres et les autres chretiens avec les dillerents corps de metiers, depuis Khan 
Toumän jusqu'ä la place du Midän. Ge jour fut un jour celebrc qui comptera 
dans la vie des peuples et qui sera mentionne dans les äges futurs jusqu'ä la fin 
des siecles. La sultane europeenne, son epouse, l'avait devance de trois jours 
avec son cortege de carrosses. II resta seize jours ä Alep. Ce fut beau, comme 
un reve, parce que par sa presei>ce l'abondance arriva, tont devint fertile. La 
ville n'eut besoin de rien malgre les nombreux soldals qui raccompagnaient 
et qui ressemblaient par leur multitude ä la pluie tombante. Puis ils se diri- 
gerent tous vers la ville de Bagdad par milliers qui depassaient la mesure et 
les nombres, jusqu'ä ce qu'il y arrivät par sa puissance. II hissa sur eile le 
drapeau de la victoire et de la gloire; il y resta quaranle jours, l'assiegeant 



46 YOYAGE DU PATRIARCHE MACAlRE D'ANTIOCHE. [46] 

r„l. 7 r. iy^Jl -üjLJ' jLi-Vl ocbj L.-^ >_i^l Aä. ,»jiU.=- lilj U^ J.L ' J jU 

•(t:^ -^^ fj-*^' j>-^' i^j i^yj ^ *_ji~a; <.:-^:l ? .....ä.ll ^^ .lilj •'LLi^ lylis 

«All <Ui..j ^1 JijLil Aj^j ^^^^1 jl^ A=- LL-T^ lcJ*o aL JI J>^3 Uj 

A« A^y_5 ^Ul ^ ^^ül j.^- ^ ' Jl^J J'^' ^'^^ c^„ ^ ^J- \jy 

1. Lgrd 1700\yJt, erreur du copiste. — 2. Lgrd 1700 : J,LJ'. —3. Lgrd 1700 : J^^. 
— 4. Lgrd 1700 habet : ys.^. — 5. Londres habet -'.s^ pro a»/». — 6. L habet : J^^,j, 
erreur du copiste. — 7. Lgrd 17U0 habet : .i^vA.s. 



sans negligence et sans preoccupation, et il la conquit et s'en rendit niaitre de 
loi. 7 1°. la main * deGuzel Pacha par la Force. Il fit passer beaucoup de ses habitants au 
fil de l'epee. Les uouvelles heureuses qui annongaient la victoire se repaii- 
dirent dans tous les pays. Tous le feterent sept jours avec une grande joie, 
puis il reviat ä son siege victorieux. II resta ä Coiistautinople une demi- 
aunee et mourut, devenant l'habitant de Teternite. Apres lui regaa son l'rere 
le Sultan Ibrahim '. 

En l'an cinq de Tepiscopat de mon pere, le 9 aoiit, vint ä Alep le pere et 
seigneur patriarche Kyr Euthyme de Chio et aprös lui ses amis. II ordonna 
le eure Joseph d'Alep nietropolitain d'Akkar et de Ralibe et l'envoya dans 
les pays des chretiens habiles et vastcs. Lorsque celui-ci arriva ii une ville 
uomniee Putivl ^ pres de Moscou et Korop, il passa dans la misericorde du 
Dieu Tres-Haut et dans la sociöle de son Maitre. Le seigneur patriarche resta 
ä Alep presque cent jours entiers et, apres avoir pergu la dime, il en sortit le 

1. Apres le sultaiiMourad, occupaletröne le sultan Ibrahim, qui n'a pu joucr \c rüh^de 
son predecesseur a cause de sa vio dcsordonnee. i\ la suite d'uiie conspiratioa enlre les 
Boustaiidgi-Bachis et WaHdos, le sultan fut fait prisonnicr et executö etle bourreau regut 
TiO ducats. Teile fut sa lin. — l'our les aulres details de son regne, sa cour, sa person- 
nalitc^ son temps, cf. N. lorga, Gesrhichte des osinnnischen Reiches, vol. IV, p. 35-53. 
— 2. Putivl etait la douane entrc les Cosaques et Moscou. Quiuonque venait d'un pays 
elranger devait y passer. Ihdetinul Coinisiuinei Mo/iiimeiUelor Istoricc, Bucuresli, an. 
Y, 1912, p. 113. 



[47] INTRODUCTIÜN. 47 

JyÄM^ 4jVc^ ->tJui. "^«Jli. Ijijlc-J bU.j- Jl i,\Ss.^JJ "C^ii-^ lij -OlJl 5,^Ji»- 

„Ujjl Sjl)J j^j-^ |JU-Ü \lC" ö- ^ |_gJi jJUll ij>j}aj> ^ <«,LJI <cJI j_2J3 

o>l-> ijuj (_V-=^ /^ T .-J '* — •'-».^j <ij5 j»yl< ■^_Ji»Ji "^ ^^ iV"" *— "^-^ <wJäJi 
jj^lj ^L;J1 r^^ ULLJas A^ A^ ^.rVl JL^Vl ^y j^-^i «cül jL»^VJ j^ -u;' 
^^iU.JI ^« I03 J^r^lj ijr^'^. ^^'^^^'^ olj-^-J^j J-^Jlj ^-.-»idl - ^ ...."l l.j JL.i:ll 

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Jtäl< UuAs L»^l (jlS IAA (jV A.Xi.»j Vo"! Sj JiÄ) C~,:>- «U-JjuJl 

1. Lgrd 1700 habet : ^j^J^^^. 

mardi 22 novembre de Taiinee. II partit avec Sa Grandeur mon pere, et moi, 
je raccoinpagnai. Nous lui fimes nos adieux ä Hama et nous revinmes 
onrichis de ses benedictions. 

VI. Le PELErtIN\GE A JERUSALEM. 

Dans la septieme aiineo de son episcopat, c'est-ä-dire en l'aii 7150 du 
monde, il partit pour le peierinage de la sainte ville de Jerusalem en compagnie 
de soixante personnes d'Alep, parmi lesquelles il y avait des pretres et des 
diacres. Ce fut un beau peierinage qui restera memorable dans les siecles 
fulurs. NousTavons accompli avec joie et allegrcsse spirituelle, avec glorifica- 
tiou et celebration de messes, avoc la louange et les prieres qui s'unirent pour 
la psalmodie et le chant. Nous faisions avec les liabitants de Jerusalem une 
grande, nombreuse et abondante caravane. Ils nous suivaient ; ils marchaient 
si nous marcbions, et s'arretaient quand nous nous arretions. 

A Qärä nous les quittämes et nous nous dirigeämes vers Yabroud oü nous 
visitämes ses eglises majestueuses dans le monde, les cellules de saint Conon 
le jardinier, des excavations dans une rnontagne, je vcux dire celuiqui empri- 
sonna les demons dans les cruches. Ses jardins sont nombreux et celebres, ses 
fniits sont delicieux. Comment n'en serait-il pas ainsi ils sont cites et loues 
dans la sainte Bible oü l'on dit : « comme des jardins ä Pamphylia », rar 
tcl etait son nom dans l'ancien tenips. 



lül 



48 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [48] 

C.\j^\ J3I <-;.Al'l i-^ ^jjj Vj-U. jVl iU_Jl ^bJI ii^U Jl Lrl 1^3 
^l=«!l ._^L^ cTJ-:?-^*^ -'^^ u-:.-*^' -^.^-5 '^^ t^"^-^ ^j'-^Ji\ Iaa„=>-j >!£;• 'jU 

^c^^l Pj._j (.1 ^Ji >j~-j JL«)I J-»'--' Sjy ij.^JI U-\-^ ä*^^ J-"^ ^:'^ V-'3 

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d;i^l j 11 ^VL Ljc^Ij j-io ji^ j_5-b («LiJl J^i •^3^5« Ji\ l:jl LjI ^.r 

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'J3^^ LlL^j ji^ ULLaj Uj ■'^j^-.jU AäII l,Ji J^yi ^''3 j_^'^ <c>_-v« ^^j^ols 
-c l,;^; Cid ji^ il ^\si\s J> l,^_/J^ L,Li-U!l ^Vl \ ^\ ,s^J^\ ^»-»■r- Jj-^^. 
cllr Li^ cJLL ^13 i«)^r^3 i^j J^; ^ (*^^ ^5"^. ^-^.-*-^j If^^^V ^2j~Lw «-.^ 

1. Lgrd 1700 om. ,U. — 2. LgrJ 1700 habet : l^^=. — 3. !-grd 1700 habet : j^.-'U=. 
4. Lgrd 1700 habet r^.^O. — 5. Lgrd 1700 habet : b^,Ä-. 



De lä nous sommes venus k Seleucie de Syrie qui sc nomme aujourd'hui 
Ma'loula, oü nous avons visite Teglise sainte de la prerniere marlyre, sainte 
TlK.'cle ', (son corpsy est cache), et le couvent de Saint-Serge leThaumaturge. 
Les eaux de cettc ville sont abondantes et jaillissantes. 

De lä, nous sommes alles vers le fort de SeduAya dans le but de visitcr la 
Vierge, la maitresse du monde, la reine du genre liumaiii, la mere de Jesus- 
Clirist attendu; nos ämes ä Tinstant en furcnt ranimees et toutes nos peines 
dissipöes. 

Ensuite nous sommes alles äDamas la bien gardee par le chemin de Menin . 
Nous nous sommes rcnconlres avcc le pere scigneur patriarche. Ses liabilants 
nous re^nirent joyeusemcnt, touä se rejouirent de nous voir et i'urent Contents 
parce que tous s'attendaioiit ü nutre venue. 11s nous (Irent descendre dans la 
demeurc du patriarcat florissant, avct' tous les hoimeurs. Nous restämes clicz 
eux presque dix jours * et uoiis les (juillAines cu nous dirigeant vers la ville de 
Siylioun [= Jerusalem]. Pour y arriver, nous marcliAmcs couragcuscment. 
Notre arrivde coi'ncida avec celle de son scigneur l'lionorc, i;'est-;\-dirc de Sa 
Grandeur le patriarche Kyr Theophanc, parce qu'il ctait absent depuis sept 
ans, pour la röparcr et pour la rostaurer. U nous traita avec tous les soins 

1. En CO qui foncerne saiiilc Thecle on petit consuUor C. Mnrinescu, la Catalogne et 
l'Ar/iicnie au Iciiipx de Jacques II 1 r2'.tl-i;i27). I'-nvoi par le roi Üchime des reliques de 
sainte Thecle a la calhudrale de Tarragone, Paris, 1923, p. 11 seq. 



[49] INTRODUCTION. 49 

^IjVij oljl'_-iJl iil^ Sjlj LL^j jL^; ^ j£^ ^ -S^' ^c-^1 A-t JIS3 i^lsVl 

^^jl_^l dUi j_5)yj' LjÜsj ^j~«^. lU jL. ^_;-|.->^' ^.^ i^» Luilj jliC J53 ■U-AüJl 

IjJj:; ,_i^i ^_^'l3 (v-lijjl jV« ^>v^ '-ly' "*^^ "^ ---»iJl /»_y3 "»oj-O |j^' J^^.i 
»y^ ^^-JJl Ai-Vl ^3 ^j-Ui^l !i^x.Ul *t-— :^ i^j ^L'-^-? t/^' «-IäJI A>1 ^ä^ lÄÜi:-i3 

<»_>äJ1 4^11^3 l_^»'jl 'Oj.i[,3 (^-jLI C-Ä^is -^lial^l U jAS j»j^,L£. ^^^ \ciyi3 /i*-JL 
iiiJÜl ^--i^'i «^ 'l*-^'l tJLcj ^ Ii£.j)l ^ d)y_^kJl A^l ^,5C±,J I_3±AA;1 Jj "^Äxll 

LLrj..l! »js ll:>-,=>-3 4.L»js. iLcj3j v^jjji Aj'LsJ U.,,..' » 'i u^La-i j»^j »»Ji Iäa -93 

AlX-j /v< 'UlÜl ^J—=' ^^ lr*^==^ J^J ^-'^^ ^j,As- ^1 Jjj>-=]| ^v-^;-«^ ("^yj 

J>i^|j ^|_p^[5 jV^^'i ^>i JIjL^^VI <>ii i^iVli k-i-'J^lai^i 

1. Lgrd 1700 om. ^^^o^Jl. — 2. L habet : '-j»^'^ ^^^~' pro ^^ 'i^^^^~'■ — 3. L 
habet -.y^'^.- 

et tous les lionneurs. J'aurais souhaite que ce sejour füt plus long; c'etait 
la fete des glorieuses Päques, lo 10 avril. Nons avons visite tous les couvents 
et lieux saints et nous desccndimes dans le couvent de Saint-Säbäs, deux 
jours. Nous avons parcouru les couvents de cet Ouadi qui fut decritsans men- 
songe et qui contenait quatopze mille cellules creusees dans le roc comme nous 
l'avons constate sufTisamment de visu. Le jcudi apres le dimanche de saint 
Thomas, nous quittames Jerusalem et nous revinmes äDamas. Nous y enträ- 
mes lo matin du dimanche du Paralytique. Au grand matin nous assistämes 
dans son eglise ä la sainte messe, et le dimanche d'apres, qu'on appelle la 
Samaritaine, notre Maitre celebra la messe avec la permission de monsei- 
gneur le patriarche, qui lui ordonna de faire un sermon pour le peuple. II s'in- 
clina devant son ordre avec obeissance et soumission, il leur parla autant 
qu'il put et leurs ämes se rejouirent et furent soulagees par ses paroles. 11s 
admirerent scs conseils animes et doux. 11 termina le sermon par un remercie- 
ment ä raonseigneur lo patriarche, avec les voeux fervents et les meillcures 
paroles. Dans cö meme jour il ordonna diacre le lecteur, riiumble historien 
que je suis. Nous fimes nos adieux ä tous et nous allämos vers notre villo. 
Nous partimes de Jerusalem avec Kyr Maxime, le catholicos de Georgie. 

Le jeudi de l'Ascension nous enträmos ä Alep oü fut reserve un bon accueil 
ä Sa Grandeur le metropolitain de la part de ses sujets et de scs commu- 
nautes, avec la plus grandc ceremonio, avec honneur, respect et consideration. 

PATR. OR. — T. XXII. — 'F. 1. 4 



50 VOYAGR DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [50] 

J t5*j JLiVij :,_f>^J\ "U-aiw 'L<Jj iy^ jS ^ «dJI ^^y^ 'Ly^' ü-^ ^-^y 

jc ^jJL;' L^ j^Jl i% ^ ^^-'>— '' '^ ts'^. j^ r^^J p-^J '^^ ^-*-* ls'J 
^\ ^ \y\ jl ^\ /.UiJ j^~^^ oaJI jv- 4j^ Cn^p- lyilsj lj-lr^_ V-?^*^ ^^ 

1. L liabot : ^r~=-. — 2. I.grd 1700 habet : 'ju^J. — 3. Lgrd 170(1 um. J^j^^ 



Nous traversämes la ville d'Alep — que Dieu la sauvegarde de tout mal 
pt mallieur! — ferlile par son bon marclu'' et par sa prospörite; eile etait dans 
uno parfaitc justice et equite. Le gouverneur eu ces jours-lä etait Ilouseiii 
Pacha, le fds de Nassouh Paclia. Nous n'avons jamais vu Tinjustice ä cotte 
cpoque. 

Dans cette annöe 011 forma lo projet de faire venir de Perse l'eau de samav- 
iiiar, commc on le faisait depiiis longtemjjs, pour faire disparaitre les sautc- 
relles, car eu cette annce il cn panit uu uraiul nombre. Malhmireusement, 
on ne trouva pas de cette eau. 

Lorsque les envoy(5s revinrent et TapportiTcnt, iis la lircnt monter dans 
Uli vase au-dessus de la porto du raaqAm du dicikli Abou-Bakr, parcc qu'il la 
surveillait afin qu'elle ne passAt pas sous un toit, ui sous un linteau de porte. 
Alors il ordoiina do sortir ä sa roncontrc i\ tous ceux qui se trouvaiont dans 
la ville : musuhuans, chretiens <'t juifs. Les musulmans s'avancereut b^s pro- 
miers en louant, puis Ins chrötions chantaicnt en grec ; ils marcliijrent autonr 
de Tenceintc de la ville imi ordre parfait, jusqu'ä ce qu'ils rcusseut ajiportee et 
suspendue ä la porte du maqftni. Ils la recurcnl dans des vases de cuivre par- 
dessus la ])orle [dudit niaqäm]. Nous partiincs cnsuite devant [I'cau] jusqu'a 
Ol' cju'ils montasseiit avec clb" ä la citadelle. Ils la moutörent au-dossns de la 
piirle de la ciladelle et la suspendircut sous Tauvent du minaret saus la faire 



51] INTRODUCTIÜN. 51 

^^Ijl >J_>^ ■^'^ ij^ (J~^ "^' >j '^J JjjLaxJl jAÄ) ^vi~^ Jii-^l ijS OLaJ 

• ^>-^iH ^k. iJ-Uii Uj'3 JlAtVIj "U-^-j-a LiUl ^Is LJJ is^^y ij^ l^j-iii- k_.l»- 

y lS'-J -i'*— --i rj-" ^r~^ *iLw iAj JsLij' /oi Aa-I * «j ^lUSj -X-J-j»- [g^'J V -Ol Jl 
»y A_)U Aju :r-^ij j»>A j iiil«Jl5> "Cjjjj 4..£^1 *^ /'*-*T^3 A^lc- Aj__ \ JlS. 4ji — > ^r"^' 

1. L om. 5»li^. — 2. L add. : 5^. 



passer sous les portes de craiate que son pouvoir * ne tut detruil et que ses ♦ foi. 8 1' 
efTets utiles ne fussent perdus. A l'epoque de l'eclosion des sauterelles et de 
leur vol dans Fespace, on remuait le vaso de cette eau gardee et il arrivait 
un nombre coiisiderable d'oiseaux nommcs samarmar. Lcs sauterelles tom- 
baient lcs unes apres les autres jusqii'ä ce qu'il n'en restät plus une seule. 

Description de cct oiseau : il est noir et petit comme un moineau. — Le 
pacha ordonna de ramasser dans des sacs les sauterelles ecloses autour du 
territoirc d'Alep et surtout du cute du sud. II imposa cette Obligation aux 
paysans, aux habitants de la ville et ä ceux qui vivaient dans les environs. Ils 
ramasserent quatorze mille sacs et les firent jeter de main d'homme dans 
le puils hnuar en face de la porte de la citadelle. 

Dans la neuvieme annee de sonepiscopat, vint ä Alep unedeuxieme fois le 
pere et seigneur patriarchc Ryr Euthyme. Nous le regümes ä Hama avec joie 
et rejouissance. 

Son eiitree, qui eut licu le 1°'' fevrier, redoubla la joie des chretiens et 
obligea Sa Grandeur inon pere ä me marier. 11 me maria le dimanche de 
l'Enfant Prodigue, le 17 fevrier ; j'avais l'ftge de dix-sept ans. II recueillit 
aisenient la dime de ses sujets selon l'usage et partit ceut jours aprös. II se 
dirigea le 17 mai vers Hama et Tripoli en bc\te, puis il revint k Damas. 



52 VOYAGE DU l'ATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [52] 

A.jj; ^^^^ ^yy^\ Sj>_^\ A—Jl |»Aj <LiJ__^ jj^ ^^ cdWl cJI jj.. ^93 

oj^^l 7-!>Lsl ^3-Aj^" jo jl ^Is ix^3 aJ^Lw ^1 «.vi-j _yb in!^'^ ^-*^ j^ iV 

^jS\ »1^ \Xa «_^ Jij 4.J«^ ^U» j^-v. J-^Ül ^„„^ il A^äJI ^JüJI J^"^'' 

Jll" 'UU lj,J?_^lj 1_^j:^ As ^\yi\ ijy^ ^^.r"3 ^^:^^ ^Uä'l ^i <1« li«.*~ Uü 

j_^JJi o\JhiJ\ ^\ ^fcL 1^ ^jtf-3-? '^'^■' '--^'~: yy ^-*-^ ^'^ A^i "«JLJI 

UL jj—s^ ^_/ lyol=- |_y 'a; ^^Ä-'I ,_1äJ13 jjäJI S^O >_Jj:^ v. ^^^ a« jl^ a;V 
1. Lgrd 1700 om. iL" i*^,. 



VII. El.ECTION AU PATIilARCAT. 

Au commencement de la treizieme annee de son episcopat, le seigneur 
patriarche Euth^^me tomba gravement malade. Tous desesperereiit de lui. Les 
pretrcs et le clerge se reunircnt, lui firent Tonction sacrec et lui demanderent 
qui le remplaccrait s'il vcnait ä mourir. II leur repondit — que Dien le tieiino 
cn sa raisericordo! — en leur faisant part de son espoir et de sou desseiii : 
« Si vous voulez un organisateur habile, ne mettez comme patriarche per- 
sonnc autre que le metropolitain d'Alep. » II termina par cet avis judicieux, 
par Texcellente parole du saint Evangile : « Ic disciple sera considere comme 
son maitre ». II a fait comme son predeccsscur, c'est-ä-dire celui qui l'avait 
consacre — que la misericordo de Dicu soll sur lui! — II elut [mon percj 
mötropolitain. 

Lorsqu'ils eutcndirent prononcer cettc parole, ils furcnt enchantös, et 
IUI hätc ils öcrivirent et lui presentörent cette lettre. II la signa pendant 
qu'il etait dans cet etat [grave] et ils l'envoyerent avec un messager au 
mötropolitain. Ils lui rccommanderont de presser son döpart et de liater son 
arrivee. Lorsquf; le messager arriva a Alep, il ne trouva pas le metropolitain, 
qui etait döjä parti i\ cause de nombreuses injustices et de prüjudices commis 
par b' gouverucur Qara Hassan Paclia, cpii abusait de l'espionnagc (chan- 
tagf) et de la taxation illegale. II etait parti du pays de Ma'arra et de llanak 
i\ Killiz. Le messager ne cessa de s'informer de lui en le cbercbant jusqu'ii 
(•(' qu'il i'üt alteint son but. Lorsqu'il l'cut rcncontre, il lui rcmit teile lettre; 



[53] INTRüDUCTION 53 

^y5C^ ^Ij {>1>J1 jUll JU ^ ytj 1a> ^lül $>Ü^1 Uj Ü As "»jI dJ/^1 A 
'<^ ^* iJi. ^ ^i^l v-w-lC. juiir ^^T ^fcU i;a>3 lUj ^sU^ y-d ^jl U3 

^^2^" ^ j_$iü ÜJ d;e^l '^^y, j-^'i Ir^^L ^3V1 ilL^ "^1^ ^^'^i 6^=> 
A.ÜL iL«!lj |»Ju ■^-.^jJl .::ä;' Uo >U Jy^ "V3 ^'L ji^ ö|^kJl l^^as^ >l;ULil3 J3VI 

Üli3 JL::» ^\ L.— jtjL'3 j^SJ JJ^ J3liaJL JjJ^t; ">Ü3 j*Ja«il _,LiJl lÄ* ^ 
ili jj-j^^A^l /«jj-^^JI ^"^^3 v^^w^ j-yjl>v. j»^l t^ääjI) Jj_jÄd! I_^^>;^l f.J^'V^ 

1. Lgrd 1700 om. !j^. — 2. Lgrd 1700 habet : Li^U. — 3. Lgrd 1700 habet: ^\. 



il la lut et apprit ce qu'ou lui voulait. Ge desir lui causa une grande peine, 

surtout quand il sut la gravite de la maladie qiii avait atteint le patriarchc ; 

il ue voulut pas partir et cnvoya ime reponse poiir s'excuser. Lorsque le 

patriarchc apprit son refus, il se courrou?a. Pendant qu'il (Mait ä Tagonie, 

il ordonna de lui envoyer uue deuxieme lettre en lui faisant savoir, qu'au cas 

oü il refuserait de veiiir, il serait interdit. A l'arrivee de cette deuxieme lettre, 

il se crut oblige d'envoyer la reponse * qu'il arrivcrait sans retard. Ainsi il ♦ m. s v 

se dirigea malgre lui vers Damas, avec moi qui ne le quittais jamais. 

Lorsque nous arrivämes ä la ville de ilama, nous trouvämes un autre 
troisieme eourrier avec une lettre pour nous demander de la part des pretres 
et des notables de Damas, [lettre] conforme en substance ä la premiere lettre 
elle-meme, annongant la mort du patriarchc la nuit de 11 octobre et sup- 
pliant Sa Grandeur le metropolitain de venir sans retard de peur qu'il ne restät 
exclu du testament et — Dieu nous garde de ce grand danger! — qu'un 
retard ne fit eclater des disputes, des querelles et des intrigues, etant donnc 
surtout qu'au moment de la mort du patriarchc, on avait obtenu le trunsfcrt du 
pouvoir et l'acte authentique au nom de Macaire conformcment au testament 
du defunt Euthyme. 



54 VÜYAGR DU PATRIy\rxCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [54] 

1;a3-3j ijL- aüJ Lx^ L^jb'li ^^{:^Li ^t-.UuJi ,__ya.o.5^ ji__,i2^3 ^^-jj'^l« »jj-^1 iU^- 

o'y-^y'y^ ^-^ j'^ L*^^ ^•^ L'^" J*--*- '--^■u u^' jL?^ ^— ^'^. ^ L'j~^ ^j 
lä|y A^LUVi ijjJI ,3-1^3 ^J>i *-^.i;^ ^y-^^ "^^^ i^b J^jLJ jL'^ jl/i" 
•Cw *oUj ._i>l «jL- O.- ■o'^-^' cjir"*"" Jt"" .j~~^ lS" ls' w t?"'^ Ct. ij^^-i3 

1. L habet : ^^^^\ Lgrd 1700 a la forme correcte : Lilj,X~.i. — 2. La la nolc margi- 
nale : llfX 40—. 

Alors ä Damas ctait pacha Mahomed Paclia Kupruli ' Ic respectc, qui 
devint apres grand vizir. De peur aussi que ropiiiion publique ne se divisät 
el qu'il ne surgit de nouvelles complications, ils demanderent de faire venir 
avec lui le metropolitain de Hama, Melece, et le nietropolitain de Iloms, Phi- 
lothee. Ils parlirent avec nous et nous trouvämes, ä Sednaya, Kyr Joseph, 
metropolitain deOärft. Nous enträmes ä Damas de bon matin. Kyr Gregoirc, 
metropolitain de Ilauran, y etait. A lunanimitc ils elurcnt [monperej patriar- 
che et le consacrerent pour le diocese d'Antioclie. II s'oleva et devint chet' 
par I'inspiration vraiment divinc le 12 novembre l'an 7156 de Texistence du 
mondc perissable". 

1. Sur le grand vizir Kupruli, cf. N. lorga, Geschichte des osmanischen Reiches, vol. 
IV, p. 8ii-i0(i. — 2. Nous reproduisons ici un resume qui nous donne une idee de la 
valcur des ouvragcs composes jusqu'a present sur riiistoire des patriarclies d'Antioclie. 
Le premier auleurd'une liste syslematique des patriarclies melkites d'Antioclie est Atlia- 
nase 111 Dabbäs qui ecrivit probablement en arabe vers la fiu du xvn'' siecle et Iraduisit 
son liisloirc des pntriarclujs dAnlioche en grec lilteraire en 1702. Cet ouvrage qui se 
base sans le dire sur Eutliycliius Yahyä, le patriarche Macairc 111 et son fils, rarchi- 
diacro Paul, est encore inedit et se conserve ä la bibliotheque nationale de Vienne sous 
le n" 71, l'onds grec. 

Le bollandiste Pierre van der Bosch ' Boscliius) a insere en tcte du tome IV de juillet 
des «.'Vota Sanctorum », Anvers, 1725, un Tnictaliis hislorico-chroitologicusde patriar- 
chis Antiochensibus, dans lequel il discute la Chronologie des titulaires grecs, jacobites 
et lalins, jusqu'ii l'öpoque de Jean IV inclusivemcnt, compose d'apres les soiirces con- 
nues ä celle epocpie. Ce travail est le premier essai serieux de Chronologie. II a ete 
depasse par le dominicain LeQuien, dont le deuxieme volume de VOriens Christianus, 
public a i^aris en 1740, renferme (col. (100-776) une serie aussi compicle que possible 
depuis Saint Pierre jusqua Cyrille \'l 'rän;\s d'un cöte et Sylvestre de Cliypre de l'autre. 
Son travail resle encore aujourd'hui la base de toute etudo ultericure. Dictionnairc 
dhist. et de g<'ogr., col. (>07, et sur les autres details, col. ()98. 

La liste des palriarches d'.\ntiocho qui a le plus de valeur aujourd'hui a ete composdo 



[55] INTKOÜUCTION. ' 55 



Plus tard on rassembla uii synode pour se consulter et pour deliberer: 011 
fixa la totalite des dettes inscrites daus les registrcs, c'est-ä-dire de cclles que 
laissa apres sa raort ce patriarche. On trouva uu total de six mille piastres y 
compris les interuts. Puis 011 fixa d'accord ce qu'oii avait depense pour soii 

par Ouspensky d'apres le Taklikon de' Jean Ajjeymi et Tliistoire des palriarches d' Antioche 
par Braik, et publice dans Tioudxj de lAcaderaie spirituelle de Kiev, 1875, p. 385-480. 

On peut rapproclier de ces histoires des patriarclies d'yVntioche composecs par Paul 
d'Alep, Athanase Dabbäs, Jean Ajjeymi et Braik, l'ouvrage similaire du patriarche de 
Constantinople Constance 1 : IhciTiöv h 'Avtio/ei'ix TtdTpupyeu'rävTwv publie dans Ko>v7r»vn'vou 
A. Toj aTTo ^Sivatou •;rotTpio(p;^ou KwvUTavTivoureoXEoi; Bioypacpi'a xxi (jÜyYP'"?"' "' «t^ao'OVEi; par 
Th. Aristoklis, Const., 1866. 

Voici la liste des patriarches dont 11 a ete question jusqu ä maintcnant, sans laisscr 
de cöte les patriarches dunt Paul d'Alep ne parle pas dans son introduction. 

Theodore III Haisamon, entre 1185/1191 — apres 1195. 

Simeon II Ibn Abon Saibe, avant 120() — apres 1235. 

David, vers 1242 (?) — apres 1247. 

Eutliyme 1, avant 1258 — au plus tard 1273. 

Theodore IV de Villehardouin, juin 1275 — vers 1283/1284. 

Arsene, vers 1283/1284 — environ entre 1285/1290. 

Cyrille II, environ 1285/1290 — peut-etre 1308. 

Denis I, vers 1309 (?) — apres 131(i {?). 

Cyrille III ? ? 

Denys II ? ? 

Sophrone ? ? 

Ignace II, avant novembre 1344 — avant 1359. 

Pacume P', premiere fois, avant 1359-1368. 

Michel I"', 1308 — 17 aoüt 1375. 

Pacome \"\ deuxieme fois, aoüt 1375 — milicu 1377. 

Marc I", milieu 1377 — 10 avril 1378. 

Pacome P"', troisieme fois, avril 1378 — 19 deceml)re 1386. 

Nicon, debut de 1387 (?) — H janvier 1395. 

Michel II, fevrier 1395 — 18 avril 1412 (?). 

Pacome II le Haouranite, 1'-'' juin 1412 {?j ^ 9 octobrc 1412. 

Joachim P'', ? — 1424-1425. 

Marc II, 1426/1427 — ?. 
Dorothee I", 1434-1435 — 8 septembre 1451 
Michel III, 14 septembre 1451/1450 ?) 
Marc III, 1456 [<) - 1457/1458 



56 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [56 

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Cl' ijLMS A.LAs i-V^ ^s_5 JoUiJL ^LjV Iaj-AÜJ ij^pw LxA.»jä) "U^j-Ja« SJLc »„«Yl jy-OI 



cnterrcraent et ses obseques et pour Tobteution du firman du pacha au nom 
du nouveau patriarchc selon l'usage, plus ce qu'on avait depense pour fixer 
cela dans l'acte legal avec le conscntement de tous, c'est-ä-dire de tous Ics 
chretiens du diocese, cela pour mettre fin aux conteslations et oppositions et 
pour prevenir le retour des clioses anterieures. Le montant de cette derniere 
depense fut d'environ quatre mille piastres et la somme totale des dettes 
fixee k dix mille, puis on la convertit en faveur des creanciers avec les 
intörets et en peu de temps eile monta ä plus de treize mille. En nantis- 
sement de cette somme, on mit en gage quatre mitres : l'ancienne, la grande, 

Joachim II, avant 20juin 1458 — apres 1°' juin 1459. 

Michel IV, vers 1470/1474 — avant 1484. 

Dorothea II Ihn As-SAbbouni, avant 1484 — apres 1500. 

Michel V Ibn Al-Mawardi, vers 1523/1424 — apres juillct 1529. 

Dorothee III, V — 1530/ 1531. 

Joachim III, compätiteur des 1527, 1530/1531 — avant novembre 1534. 

Micliel VI. Sal)bagh, avant 10 novembre 1334 — 1542/1543. 

Joacliim IV Ibn Joumma, compctiteur des 1540, 1542/1543 — apres fevrior 157."). 

Macaire II Ibn Khilal, antipatriarche, 1543 (?) — 1550 (•*). 

Michel VII, avant 17 juin 1570 — 25 dciccmbre 1592 — 4janvier 1503. 

Joachim V Daou, antipatriarclie. avant 25 mai 1581 — 7/17 ocLobre 1592. 

Joachim VI /.iäde, avant fevrier 1593-1604. 

Dorothee IV Ibn Al-Ahmar, 1004-1612. 

Athanasc II DabbAs, avant fin aoüt 1()12-1620. 

Ignace 111 'Aliyc, 10/24 mai 1620 — vers avril 16.34. 

Cyrille IV DabbAs, antipatriarche, 10/24 mai 1620-1027. 

Kulliymc II Karme, dcbul mai 1634 — debut decembro 1034. 

Kulhyme 111 le Chiote, fin dccembre 1634 debut decembre 1647. 

Macaire III Za'im, 12/22 dccembre 1647 — 12/22 juin 1672. Dufiimnairr d'/iisloire 
et de geoj^r., vol. HI, col. 699-700; cl". Le Quien, op. cit., vol. II, col. 759-766. 

A uliliser avec les corrections proposees pour chaquc patriarchc decrit par Paul 
d'Alep. Pour riiistoire des palriarclies d'Antiocho en dehors des sources citees par 
M. Karalevskij dans son elude publice dans le Diclionnaire d'histoire et de geograpliie, 
on trouvora des dölails tres intcrcssanls dans le man. n° 29, p. 180-191. pour les 
palriarclies a parlir de Theodore Balsamen jusqu'a Mauaire, et dans le manuscrit n" 30, 
fol. 17"-35'°, pour les palriarches i\ parlir de Joachim Ibn Djoumma. Les deux manuscrits 
sonl composes par le patriarche Macaire d'Antioche. IIs se Irouvcnt actuellemcnt au 
Mnsöe Asiatique de Leningrad. 



[57] INTRODUCTION. 57 

^^„<3'j ^»-'.-»^'l «ujVI Cjlf^ül 'y*j' -^' j^^-^«Ji i-LJI IJ-A ^_j,lfcj ioljj Li!l ^.i^ 

ol^l ül^j ^>UI ^L Jl iiUl^ ltA.113 <^_Jl, C;M--1^JI J^> 

v--^=>-3 ^-i^^ jo^-*-« ic-*^ <-_<il.».J; (f— ^j ^1 ji».SLA~iji *^-^ ^r^' "^^^ [rij^i 

LILjJI rJU 'cJlJI t^jAjJl ^v^ j_j-LJ>l!3 "C^ d;-iU Uj-^ i.A_Jl ^^ JjljJ ^^ •»Jl j»,' 
^1 i[i-j ijijj -^J^, (^ ^^ «ü-i-»^^ ^Jlj VjA«^ j^A ^_gJl j«LiJl Ä03L- |_^)1 (J^jj 

^_^^-i^£■ ^^' (V^I^J OJ_J=^il (j-kr~3 liia-^lj jlS-l ''JaLil ^-S „-oLjJl »^1 ^^gSj 

ij«3„^Uji iiL»^3 LiLiL-l VjAjljj -^J j-' l5^ dA^llll (JuIsLaJI 4^U>- Jl 

^^ S ^JäÜ Ji,Lr;^ ^L^l iA^o-l;' A.:,^ ij^^3 ^^y -^ J^^-> ^^' -5^ |V 

1. L habet : lyjl, uri-eur du copiste. — 2. L habet : JjIä^'*. — .!. L habet : > ^>j_j, 

crrour du copiste. — 4. L habet : ll;^. — 5. L habet : -1='-^, erreur du copiste. — 
G. Lgrd 1700 om. ^^^^ . 

Celle d'Alep et Celle de Constantinople, avec le reste des chasubles et les 
vases du culle. Ensuite monseigneur le patriarche cnvoya ses beiiedictions 
et .ses voeux, selon Tusage, dans tous les pays. 

Le 21 novembre 11 elut et ordonna pretre Michel, fils du pretre Bechara 
d'Alep, qui avait ete eu sa compagnie, comme metropolitain d'Alep, et l'appela 
Metrophane, et il l'y envoya. II consacra avec lui son humble historien archi- 
diacre, c'est-ä-dire chef des diacres, sur les deux villes de Damas et d'Alep et 
sur tous les pays arabes, et il partit. 

VIII. — Visite de son diocese. 

II partit pour visiter le couvent de Sednätja, pour s'y prosterner et demander 
ä la sainte Vierge ses meilleurs dons. II arriva ä Seleucie de Syrie, c'est-ä- 
dire k Ma'aloula et ä Pamphvlia, c'est-ä-dire ä Yahnntdet ä Qdrä. II revint aux 
villages d'Ain Et-Tineli* et de Bakhet et dans le reste du diocese de üjabat 
Assal. 

Le 5 fevrier, il choisit et consacra ä Sednäya evöque de Yabroud et de 
Ma'aloulale pretre Ibrahim deDeir Atiye, horanie vertueuxetermite, et l'appela 
Athanase. 

Apres la visite, il revint ä Damas, et ordouna pretre et eure son disciple, 



fol. !i r" 



58 VOYAGE DU PATRIAUCHE MACAIKE D ANTIOCHE. |581 




^M « r:^<^\ .% J 



üaj «^J^y^-iJ ^-^--= eS^^ (»LtJl jM; ,_^^>_ i-" <^J Jl\y>-\ ^liJ-j <Qj^ ».«äJ <U,^\ 

^j J^'^J ^^ \'>i ^-^ ^'1 '•j-^j a"^."^' ^' ^ ^^ '■-^ '' ^\i -'^j.-iJl j>l.j 
l^i^j jLt ^\ jlfrj Ao »*:;=-l3 |,=ti» jr^'^ '**~~^ (j~*^ ls^^ (^' JL^j ^^r-; ^^-'^ '*-^3 

l^li ij^^Jl IäJ ^ij ^"L ^^Ij JyioKAS. ^ ^ "yS. ^^ 'iS.jy,^\ ^\^ -^^ ^'^ 

örr-'' J'i ^"^ ö^ J^ ^3 ä.-**^ ^^^ l5-^ ^-A-J ^'j^V'^ J^ ^J cri-V-*^ 

1. L liabut : >--iJ', errcur du copiste. — 2. I. habet : ^ iy^^y erreur du copiste. — 

3. Lgrd add. : ^. — 4. F. habet : jj^V-'i erreur du copiste. 



le diacrc Gabriel d'Alcp et lui donna le rang darcliimandritc, c"csl-ä-dirc 
chef des couvents, et l'envoya comme exarque, c'est-ä-dire son rcpresentant, 
au pays de Georgie avec des persoiiuages en sa compaguie. 

Le () jiiillet, monseigneur le patriarclie sortit de Damas pour visiter son 
diocose, pour ramasser les dinies et pour voir l'etat de ses fideles en dehors 
du pays de Damas, c'est-ä-dire ^idoi} (Saida) et Bcj/rnuth, et dans le district de 
Cliouf. U passa cette nuit dans le villago de Uiiiiäs; de lä il se rendit a .1(7«, ä 
Qaroun, ä Maclir/aral, ä Kafar Milbi; de lä il retourna ä Sidon (Sa'ida), ou il entra 
un jeudi. Puis il monta a lliinih el h Ahnili et revint ä Sidmi (Saida) oü il resta 
douzejours. 11 en sortit et vint ä Wadi Leimoun, puis ä Barnye (= Berti?), ä 
Kiipir Px'il, h Kiifiir l[(ilt(i. puis eucore A W((di Leinmun, et de lä aux villages de 
lirrsi, Anbei, lUhujUn, village de röuiir Millicni, et se rencontra avec lui. I']iisuile 
il revint ä Anbei, biC.li<irif('\ i\ Mezrda, ä Ain-Qnne, ä Amatmir, hlietrr. ainsi qu'ä 
iV(7if(, celebre par sa citadellr oi'i s'etaitcache l'ömir l'\iklireddiM lorsqu'il yfut 
assiögö par Kudjuk Ahmed Paclia de Hamas qui le prit et l'envoya ä Constan- 
linople oü il iut tue. Puis il alla ä liäadran et de lä ;\ El-Kliraihc, ä Kl-Mdascr, 
ä liclliiiin. ä i'ie'i'dis, de lä ä Unvaiil; oü nous avoiis vu liäs-ol-Ain, de lä ä Ain- 



[59] INTRODUCTION. ' 59 

aäVI V; ^Ajj :jU>yJl J\j ^a)I Jl ^^ <üli.»_Jl ^>lj a;Jj j^ ^Ij ^_^ ^Ij 

Ls-jj 4^ L^Asj ^Ul jL y_:> ^\ Lrlj Is^ r^ J3VI -v^VI jljj If--^ ^ Ll-j^j 
^^läfr^ ^)l lj;^3 ^v~r^ (3' 1— ^J'j jL:^' J-f^ oä. L:X~; ^_5)1j ^_jiJI a^s Ji\ 
^Jt JjYI J^VI jlji cUij If-^^ (»Aljii It-ir^' -^ b->oA5j! y^i~^ ^9 L-Aüj 

Jl Lx.li>3 ^M^^ '^ i^ ^^^'^r^b ^'-j"^'' ä-L^- ^-'^ ä*^' ^' J ^>j 

UHi^j jj^^'3 j»-'Lj L'^LiL-l f;^'^. ^»-^ (*(-'L'^-' ^^-^'^-^ |_^Y-_-=>i._JI ^o jlLs-3 L.J1 

1. L habcl : ^ ij^.j^- — '^- I^g^d 1700 habet : I^j. — 2. L habet : voläi pro .^ }ss.. 

— 3. Dans le manuscrit de Leningrad de 1700, apres : L^^JI Jl »Usj, manque toute 
la description du voyage, les dernieres preparatifs pris par le patriarche Macaire, la 
traversee de I'Asie Mineure, le sejour ä Const'antinople et la description de la ville, 

Zahalta, ä Bessine, ä Brili et ä Mii-Wazieh, ä Sainaqanich, k Ed-Deir et ä Clwuei- 
fat oü il celcbrala messe le neuvieme dimanche apres laPentecöte. 

II entra ä Beijronth la bien protegee le 21 aoüt et je me rendis apres Päques 
a Alcp, j y restai un momeat, puis je revins ä Damas. Ensuite j'allai le rejoindrc 
ä Beyroutli, oü je me suis rencontre avec lui. Nous en partimes le 21 septembre, 
iious montämes la montagne de Kesnran, puis arrives au villagc de Bekfaya et 
ä El-Ml>cndt('h, nous celebrAmes la messe dans son eglise le premier dimanche 
de Saint Luc. Nous arrivämes au couvent de Mar-EUas oü nous celebrfimes la 
messe et nous partimes pour le village de Clioner et pour Beskinta au pied du 
mont Liban oü nous celebr;\mes la messe dans l'eglise. De lä nous partimes 
pour Kefcv Akab et nous dimes la messe dans la nouvelle eglise apres sa con- 
secration et la decoration de son sanctuaire et cela le premier dimanche 
d'octobre. Nous retournämes ä El-Mhaidteh, oü nous 'celebrämos la messe 
deux autres fois, puis nous arrivämes k Bekfaya et nous descendimes k Beyroutli 
le vendredi 16 octobre et nous sortimes de la ville en compagnie de son 
metropolitain Joseph. 

Nous nous embarquämes le 18 octobre et le matin nous arrivämes au port de 
Tripoli oü nous debarquämes. Et tous les chretiens vinrent au-devant de nous 
en compagnie de leur metropolitain Kyr .Joachim et nous accueillirent avec 



fol 



60 VOYAGE DU PATrxIARCIlE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [60] 

^>i; v_5yaJ ^5-'^'' klfir-*-*" JJ^'-^ «3^^'"^ -^^ V^ '-fV^J ^-'' ^^-»-"3 1-V^ jj*= 
v ^JS^Ü bA. ...Jl J*»-.} A^ jU <i ll^AS) ,»ia£Jl ,^yuu jL ,o Vjl Ijjjj ÜJv^' 
jLo__Jl c.9jJl ^i ^ L^'jJ ij'^ fJ^i»^ _/-5 ^*3 ^ LLwA}_5 JjjJläJl ^i ^'1 LLo"1 
j>i ^-^^ ^-5^ ^-^ j'V ^^y. -^'^3 ^^tr* ^'J L^l^aJ^j T-liJÜlj ^\s>^')i\^ ^^tr" 

Ijl^ flr^ v^ Ij^jlcj Ijo ^i LIs-jj Ijj Lu-Aj'j \]j^ (_rL'' ^-^—^ ^.s jJ' L^~^3 

des ('glises etc.. Gelte parlie est resumee en quelques lignes : U'JLa..>j . .JU^ ^." \~-^ 

'lire nc) |lc\ J^t j,„.^l-' Ui! L.;Nl Mc\ 



' fol. '.I V 




Ja^i!! .fJ v^'. Apres il poursuit son recit avec : Si\ J, qui se trouve dans le manuscrit de 
Paris au fol. 27". 1. 19. 
1. L habet : JjWr. 



bonheur et joie. Nous enträmes dans la ville, puis nous celebrämes la messe 
ledimanche des Gadareniens '. Nous montämes k Häret El-Djabal et nous celc- 
brAmcs la messe * dans l'eglise de Saint-Michel le jour de sa fete, le 8 novem- 
bre. Puis nous paiiimes pour la visite du couventde la sainte] Vicrge ä Kcftin 
oü nous celebrAmes la messe. 

IjC dimanclie 19 novembre il consacra metropolitain de /'///■ d Sidmi le 
pretrc Elie Marmeniti et l'appela Jeremie. Nous sortimes de lä le jeudi 
20 novembre pour inspecter le district de Kouru, puis nous vlsitilmes premie- 
rement le couvent de Mar Ya'ifüb le üecapite et nous y celebrämes le jour de 
la löte de l'Rntree de la Vierte dans le Templc. Ensuite nous viumes k Deir 
bclineiil oü nous celebrimes la messe. C'est un grand couvent royal. Nousy 
vimcs k cette epoque Ics grenadiers, les poiriers, Ics pommiers et pruniers 
en lleuis cl ayant dejh iioue des fruits mangeablcs, parce que les arbres de 
la cöle produisent deux fois par an — que Dieu soit b(''ni! — Nous sortimes 
du couvent et nous arrivftmes au villagc de (Jalhat, de lä ä Fiijd oü nous c6le- 
bränies la messe; puls nous arrivämcs au village de Ik-trdni cölebre par ses 
copisles, et nousy celebrämes la me.ssc le dimanclie. Nous allämes au couvent 



1. 11 est trös diirioilc d'idenliflcr lo mol .*-> .AiÄ^I. 

U--J 



[61] INTRODUCTION. öl 

1^3 L-^ ^l|j Mi-J^ ^\ l:-.k* 1^3 <u.<^ Ij. LJlj lf_U.U; !sj_j^ll j_^l i^i ^11 

>lc.l ^j üjIjU j^ ^^ j-»3 ijf- j~s- *JI j_ii^LJ'3 (j--VlJl üj^jL-Lj;- ^.5 ^)1 

j_ji,Ui ^_^ J\ C.3 A:.!li.i| ^^j Jl l;:,3L3 ^1 J ^yi jU ^^ JI3 ^*l3>^ 

<C.3 ^=>c5jl <=-3 Alt <jj^l bJw- ^j ^ l:*.Ü:?3 CjUi:^ i^!^ ly^J ^■''^ ^-^^ i_5'l '^•^3 

^b JJ^'^ J^ ^3 ^>J o-^^J -^^V-J^ x^ Ij. LL^ ^,i:U ^1 l;:>jl^j 

Ü l3iLL^l3 ijj-JI ^li&l vil-s- jL'J J^ C^ jyJ^\ ^Jlj l-LU-yiS ^\i ^>_jS, 

^]lj jUio ^1 ljl.3 ^^gk ^JJuJI i;9 Vy ^\b L«3^ ^1 ^3 '>-*i ^j=^^b (n~* -"^Ij 
^!1 Lrl3 j^ ^1 l;:>3bj bjL^ll '^11 LL0..J3 ^ji JI3 J-> ^^3 jli^~i ^13 jjj> 

^y^ ^l" UjVl jl^ CiL" ^1_^ ^^ ^'^Iji^ "^3 

1. L add. : J' h^^^. vjU. 

de la Vierge du Ras pres de lä et nous y celebrämes la messe. Noiis partimes 
poiir Badiya et nous revinmes ä Bctram, de lä au village Atni'oun counu par ses 
savants et nous y restämes une semaine. Nous partimes pour Kafar Akka et 
pour Kt'sba, et le saint couvent de Hamatourah. Le chemin qui y conduit est 
tres difllcile, il est creuse dans une montagne au sommet de laquelle on voit 
cncore le couvent de Saint-Georges. De lä, la route va vers le pays de 
Beharre. Nous sortinies et nous arrivämes au village de Kafar Caher et au cou- 
vent de Saiiit-Elic pres du llcuve. Nous revinmes ä Deir Belmeiit, puis nous 
allämes au couvent de Natour, de lä ä la ville d'Enfeh, ä Hdindt et nous mon- 
tftmes ä Deir Saidat-en-Nouriye jusqu'ä Wijj-el-Hadjar, de lä ä Bordj et ä Hdmät. 

Nous retournämes ä Tripoli oü nous passämes les fetes de Noel et de 
TEpiphanie. Nous sortimes et descendimes ä Batroun ainsi qu'ä Abrin, ä Kafar 
Heida, ä Kefour au pied du mont Liban oü sont les nids des aigles. — On en 
prit pour nous un, dont nuus tirämes la graisse. — De lä, [nous allämes] ä 
Douma, ä Toula le village du chef Ali, ä Bekhaa:-, ä Gherzouz-, ä Chikhan, ä 
Djhail, ä Ghaz-ir, nous revinmes ä Barbara. Nous retournämes ä Abrin et arri- 
vämes au couvent de Kefloun, nous passämes le nähr Qadicha (le fleuve saint) 
et nous y cölebrämes la messe le mardi du careme. De lä nous retournämes 
ä la ville de Tripoli, le lendemain mercredi. 

Nous fimes nos adieux aux Tripolitains et nous sortimes de chez eux le 
jeudi de la deuxieme semaine du careme. Nous nous dirigeäraes vers le pays 



62 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIlE. [62J 

1^ LJlj '»_5-j ^'Ij '»i~-i- i_5-*l Uij c_j~a]l ^^ ^bl j^Vl jl^' Ij) Lwjjj ^j^\ ^^ 

"ys. ^Ai. Lo.s>^j j^'^ Jl Lu Ll^^j "^'^b ki-J^i A»-Vl jU U Ll-asj "jZjkA^- 

< «bt.'l 4jl»äJi "j.« "j^ "i 1 j»ti Li« UjÄ^^p-j '*-^*-j (C^l ij'-^j i_ji »=- 'yy3 '-•■Hyi ■—jj-^ 

jU A JS i^ L^ASJ lÜL» ^'1 Ijo-j LUj UajiJl Jl_5 A....'... „M ~Jl ll=>-JJ CJ"^^ lJ* 

1. L habet : JjL^- — ^- L habet : \j^^::^. — 3. L habet : -'o.l pro -l>,'. 



ii.l. iiir 



d'Akkar et nous arrivftmos ä BijcrzJa, de lä, ä 'Anja, ä Djahrdil qui possede unc 
ölegante egliso oü il y a uiie source d'eau courante qui jailüt sous la table du 
sanctuaire et coule ä l'exterieur et guärit les malades. Nous y celebrämes la 
messe le deuxieme dimanche du caremo. Nous arrivümes SiKlianiqdh et ä Ralihch 
oü nous restümcsdeux semaines. Nous v celebrämes la messe Ictroisieme et le 
quatrieme dimaiiclies. De lä,uous partimes pour 'Aiath et uous reviiimes ä Ain 
Ya'fjüb et ä Rezhina qui etait en ruiues. Nous retournAmes ä Rahbch et sortimes 
le lundi de la cinquieme semaine du careme. Nous allämes ä Sisnidi. ä Boucida, 
puis nous revinmes ä Saßta. nous y dimes la messe daus la grande cglise de 
Saint-Michcl. dans le celrbro Huurdj, le cinquieme samedi. Nous revinmes ä 
Sisnielt ' oü nous celebrAnies la messe le cinquieme dimanche. Et nous allAmes 
i\ Tainwiirhi, h Marmaiiita, ä VJ-Uosii oü nous visitämes ri']loilc du malin 
(= Venus), sa citadelle, et de lä, ä Anaz. Nous retonrnämes pour la visite du 
couvont de Saiiit-Groy(/es Haminit. Nous celebrämes la messe le dimanche des 
Rameaux et le lundi saint nous partimes pour le village de Wrlmli. Le mardi 
Saint nous enträmes ä Aphioitn. 

Le mercrcdi saint, 21 mars, nous enträmes ä Ihuiutli et nous celebrämes 
la f(Hc de Päques qni fnt süperbe. Le jcudi ■>') aviil, il y consacra le prclre 
Atalah rAmadien m6tropolitain d'Amad et de ses environs et il l'appela 



[63] INTRODUCTION. ' . ö3 

jLLs-Ij •*Jly*lwl __^9ü düij ^_}^3ii^' iL*— J '^~L Uj A^i ^_^Lfc C\Jl^ ^J•^')|\ <iix£- 

j^^l- Y3 jAA U-j^j *;. Jj ■»"='=- — ^^ ''.>*^. r^ ^-^ o'f^Vj ^^ — '^ nAi^ j-i- "^'3 
aJ ^iils IjJali C«^ A.«p-1 Jal Jl AjuJ J' AjiLji <Jj <-Li "yt j ».Jv-TILs^I i_.r>-»^ <Ul« 

1. L habet : weLv'lj ^^^1 pro o/r^.^W -^-r-'' ^"• 



Theodose, cela d'apres sou merite et sur le choix et consentement des habi- 
tants, et il le leur envoya. 

Quant ä TafTaife du susdit metropolitain d'Alep et k ce qui eut Heu dans son 
eveche ä rinspiration de rEanemi du bieu et TAmi du mal, et ä ce qu'Il sema 
— quo Dieu le confonde ! — de paroles, de querelles eiitre lui et les fils d'Alep, 
ceux-ci adresserent au patriarche des reclamations et des plaintes indignecs 
contre lui au sujet de sa negligence ä Icur egard, de son manque de conve- 
nauces et de son peu de zele pour Tadministration de l'eglise et de son Insu- 
bordination vis-ä-vis de son clief ainsi qu'ils en avaient ete charges. A cause 
de cela les chretiens ne pouvaicnt lui obeir, le calme et la tranquillite ces- 
serent parmi eux, parce qu'ils avaient dit qu'il n'avait pas suivi le chemin de 
son maitre, ni la conduite de son predecesseur. Cela peina beaucoup le sci- 
gneur patriarche qui en fut tres courrouce. II envoya lui adresser un blamc 
et d'apres les dispositions anciennes le priva de la diguite de metropolitain, et 
le suspendit, puis apres l'interdiction il l'excommunia en lui disant : « Pen- 
dant ma vie et apres ma mort sois exeommunie et eloigne de Dieu. » A cause 
de cela l'eveque s'eveilla de son ivresse, de l'erreur de son ignorance, il se leva 
et, quoique malade de chagrin, alla le trouver ä Hamah. II [le patriarche] I'ac- 
cabla de reproches amers. [L'eveque] confessa ses fautes, so repentit de toüt 



64 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [64] 

LAsi l;l^ jljjül ,_^.a.»^ JLf^j 'jt.^ jL-^ -*^, ^J^ J5 ("f-j .-*^' -^»^ '^^ o^ 

l^ /.UI3 Ujl LjVI Mf\ ö- CjIs j\yj;=~ ^ J3I c_^, ^^^3 w.'^ lS^' ^^ '^3 

»=cJ ^J^ lA^^-U 7t^.^~Jl J«i-i -V^ »j.. Ijl« TT^P'J isLjIi-Vi r^^' '-*^ j' lS" ^"^ 

^2^ Iji« lyjlj Ci^ ^Vl •c- ^ ^^1 jl5Ci VU )1 oj-^^' ^-*^ i^ jn^ ^•^-'-J^ ^ 

SjLi- (^Lal^J jbj. (»(^ ^_>-*--t *JUiS ij',-*^'j •vJ'-LCj Lj bjja£-l ^^UlJ 

ibi.iov». jlj3 |»^3 "C^ jlkjül p.j3 ^i ja> ^Us Ax>j oJ pAjL:i-l3 1^1 U?^ ^J3 

1. Lire : a'^s^, comme dans le manuscrit de Londres. 



CO qu'il avait commis, et reparlit. Par les soins dos deux metropolitains de 
llamah et Iloms qui iiitercedaient toujours pour lui, il jura de renoiicor au viii 
et aux boissons enivrantes et ä tout ce qui avait ötc rapporte sur son coinpte 
et de faire une soumission respectueuse. Puis il sigua de sa propre maiu 
rcngagoment de s'abstenir de tout ce qui avait ete meutioniu; coutre lui et 
demanda pardou de tous ses torts. Alors [le patriarchej le benit, lui donna 
labsolution et lui pardonua. 

Alors il l'amena ä Alep et y entra le 1''' juin 7158 de untre pere Adam. II 
resta un certain temps jusqu'au retour complet du calme ; il en sortit le jour de 
la lutc de l'Entröe du Clirist au Teniplc et sc dirigea vers Damas oi'i il entra 
le 1 1 fövrier. II regia avec les pnHres, les notables et le clerg6 le couipte de 
ce qu'il leur avait envoyö dans ce voyagc, ccla faisait plus de six niillc pias- 
hv's. 11s payerent une part de la dctte, capital et intörels. 

I.c r(!li(iuat de la detle ne cessa d'augmenter au point d'cntrainor la perte 
des eglises et aulrcs (!ili(ices qui furent laissös aux gouvorueurs des villcs. 

Le Icndcmaiu d(^ la iele de Pentccotc, le )} juin, il consacra metropolitain 

de Iloms le pretre Ibrahim fds (rAmicli de Killiz et l'appela Atlianase — il 

lui. mv. Olli ete plus conviiiaiili' de le iionuner Arius, * cnnunc je Tai döjä dit — ceci 



[65] INTRODUCTION. 65 

^^.U- J I |\-> [^j („äL. L.« jj^' ^'.' ^-^5 iJjjIjI *(I--) l^j j-*^ OuJij !sjL-äI1 
L,»^ Jj liJ^ij^^ll Ia=-i «^.Ij'lJtAj Uj^j (♦j'^^C' '*^3 l,«^«X- /;*-*• f"*^ <^ij ft^\jhjfj 

Co IjÜJ \J^ <! (•-»Jj dJ^i^LJI -uji «iXlli *LiJI |_^ CoU- Ul j^\ j^j, jüj 
jLi-l iJ j^5Ci.-^ 4jiLp. )iji' J I ^^^ >^^-/'^^ -*— J^ -^ ;^i *^- ^.i ^"i ,_s»J 

ÜU iJ; jj^J *^ 'H;>?=^' ^.^ (Jf>'^ ''^ ü"^ rh**^^ ^i\^ {SJ^ f^-'^ '-^^. '^^, 
r-J^i- (^Jlc ^^J>^_ JOJ U_,C. _ytc ^' j_5!l ^LiJI Jjkl ^!^ A CJl SÄA ^^J 

1. L. habet : ^■»-^• 

avec le consenteraent et le choix des habitants. Peu apres, Satan sema entre 
lui et eux Tivraie de la durete de coeur et de la haine. 11s echang^rent des 
propos malveillants plus nombreux que par le passe. Tout cela fut cause par 
leur mauvaise conduite et leur ingratitude envers lui et peut-etre meme les 
intrigues qu'il fit pour obtenir sa consecration, parce qu'aussi ni lui, ni eux, 
u'avaient dans leurs coeurs des intentions pures. Monseigueur le patriarche 
fut degu k leur sujet; suivant ce qu'on avait cru, il avait voulu les... ' parce 
qu'ils etaieut tous deux d'Alep, pour augmeuteren eux sa gloire. Ce recueil 
donnera de nouveaux details sur cela. 

Abchir Pacha etait alors gouverneur de Damas. Le patriarche se rencontra 
ayec lui et lui ofTrit un cadeau qu'il accepta et lui fit l'accueil le plus hono- 
rable. 

Apres cela un groupe d'habitants de Gaza vint chez le patriarche se 
plaindre de l'attitude houteuse de certains d'entre eux, qui quittaient leur reli- 
gion les uns ä la suite des autres. Et cela ä cause de l'impöt foncier qui leur 
etait demande : cent quatre-vingt-cinq uoms j etaieut astreints par celui 
que le pacha de Damas envoyait comme d'habitude en insistant parce qu'il 
etait Charge de percevoir leurs impöts du reslant de la province de Syrie. 

Cette annee-lä, l'impöt foncier des habitants de la Syric atteignit treize 

1. ^-iHi, nommer son vicaire, son successeur, ne paralt guere convenir. 

PATR. OR. — T. XXIl. — F. 1. 5 - 



66 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [66] 

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LiL. ^i U^ ljA=- l-iyi (V^^ isLL-Vlj *j«sL]l iÄfc jc-li c)_jisJI -uül v-i^^b ^ '-^ 

1. L add. : »^s liä~.lj. 



piastres. On nommait pour Timpöt foncier de Jerusalem et de sa province et 
sur les...' , susmentionnes ungraiid aga iiidependant, avec de nombreux cava- 
licrs, leur rcclamant les impöts sous les nonis mentionnes. Los pauvres gens, 
tous tant absents que presents, iie depassaient pas trente. lls declarerent au 
patriarche leur pensee, qu'ils n'avaient personue qui s'apitoyät, diminuät et 
rcduisit ces noms eu exces, et que si Von ne le faisait pas, ils decamperaient, 
abandonncraient leur domicile, et quitteraient leur rcligiou comme d'autres 
l'avaient fait. II s'apitoya sur eux et il eut peur que leur eglise aux autiqucs 
colonnes byzanliues, qu'avait bi\tie saint Porpliyrius sou raetropolitain, uc füt 
abandonnee par eux et ue tombat en la possessiou d'autres peuples. 11 eut 
donc pitie d'eux, il commenga t\ s'occuper de leur allaire et il retrancba ccul 
quaranta et uu uoms de la liste iusciile sur le registre imperial. Aprös cela, il 
leur remit unc lettre de rcconimandation pour le vizir Abcliir Pacha, parce 
(jue Ic paclia de Syric etait cliarge de la reduction des inqjöts fonciers et des 
impöts mobiliers suivant ce qu'il jugnrait bon. Le patriarclie depensa pour 
cette allaire et pour la reduction deux mille piastres, en se gardant ce qui a 
6t6 dit anterieuremeut. Ils lui promirent quo s'ils triomphaient dans leur 
espoir, ils lui euverraient ce quil avait depensö pour eux, mais par la suite, ils 
])rouv6rent qu'ils ölaienl ingrats, parce qu'apres lui avoir euvoyc uno faible 

1. Ici manquG uii innl. 



[67] INTRODUCTION. 67 

^,i-u2.__ jl^ r^L- J^j ^\ ^UV _^A3 «WA-! l^;l lylij -uäJI ly^lj •u.iJl dU;' ^^^ 



^^jlt U--I jjj-^J 'S.^ JaiLlj -Vf'j -^3 fV3 -^^ -*-t*" (*~*^ c*^^' '-\^ ^;^l»fol. ur 
jj^ Jj^\ ijÄ t>f^3 iJj^M JaI ^c- SiSS'j C»^l ^^ ■u.-.i^ ijli J^l j^3 
^iJdi /^^ L«.»j>j IjjLLxT Li/i fc_s^ I ir"^ ,*-'j' _p"3 Oat ^_^ (_LaI \£ /jJ'^ij "»„^sj-j 

4)1 ^.Oj ^l/llj ^^Vl v^> «^ dÜi jl4 lyt^ 4ri>Jl -^1 ^"^ ^Ulj ^V 

4j,c. /»)aJ1 jLs jj-^Vlj k_Ä.l5C)l üi^j ^UjJl Äs'zi-, i^LLu _;-ä)1 UjJ 4j «JLaI; ,_5Jlc. 

CXjyl^ i^^iÄÜ "^l-U-^yj ^j^^ tV^ jLX- ^^jyJl ök^ ^J'\Lii\ -ufr ^_y_ i^jj 
1. L om. j«^'<c. 



partie de ses depenses, ils mangerent le resto eu le regardant comme une 
aumöne; et lui, parce qu'il etait uu homme simple, il les croyait. Dös le 
debut, ils disaient qu'ils avaient des frais et ils se moiitraient menteurs dans 
leurs paroles. 

Leshabitants de Daraas furent jaloux alors de ce bienfait et ils lui dirent : 
« Le raieux est que tu nous rendes service ä nous tes fideles ä Texclusion des 
autfes.' » II s'interessa ainsi ä eux, il s'elTorga et s'appliqua et deduisit cent 
vingt* noms; et quinze noms des habitants de Qärä et aussi des habitants de * foi. ii i» 
Ma'arouniye, trente des habitants de Yabroud, trente-cinq des habitants de 
Deir Atiye. Cela coüta de quatre ä cinq mille piastres. Ils ramasserent une 
partie de cela et laisserent le reste ä la charge du seigneur patriarche et cela 
lui fut demande comme une bonne oeuvre. II remercia Dieu de l'avoir rendu 
digne de ce bienfait par une haute faveur du Donateur. Et ces charges nou- 
velles aggraverent sa dette et il eprouva beaucoup de soucis de l'accroisse- 
ment des interets. 

Le dimanche 13 octobre de Tan 7159, il ordonna le pretre Farah le Beyrou- 
thin metropolitain de Beyrouth, avec le consentement de ses fideles et 
sur leur demande; il l'appela Philippe suivant leur choix et le leur envoya. 

Le jour de la fete de l'Epiphanie, il consacra catholicos de la residence 
patriarcale de Damas le pretre Salomon fils du pretre Fardjallah l'Alepin, 



L5-t 



68 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [68J 

^J._iJ..J^^ »L-j llftl^5 CUJ "0 Ci.^3 <CLiLAj A* JJL4^_ <:1^J1 ^.'>^' (^^ 

.^1 ^ UjUjIj l^'Uö j_y_AJl JlC- j/^\ ^^J^\ xJl ^Vl >L- U^ 
^^Vlji V^i ^ J-^-»^ (^i^-ir-^^ '^'-^ ^?- ^-»^Uj -^J^'^^ ^'-^'Ij -V^- ^5^l^Vl 

^j^;:-iJL- jl:^b <^lr^^ r^'^ ;^ s?'^:^^ ^•1ja:<^V1 d^^Jl ^.„^3 ^.\ ^ -\^..:^\ 



apr^s sa vie monacale et son Ordination comme diacre et pretre. II l'appela 
Sylvestre. 

Le 10 janvicr, il consacra metropolitain de BAalbek le pretre Azarias le 
Tripolitain, l'liegoumene du couvent de Notre-Dame I'honoree connuc soiis 
le nom de Nolre-Dame de Ras au village de Betrain, du consentemenl de sos 
habitanls, et il le leur cavoya. 11 l'appela Aiitoine. 

Le dimanche de saint Tliomas, 6 mai, il consacra, apres son retour de 
Georgie, son disciple, rarchimandrile Gerasiine, niölropolitain de Zebdaui 
et de Ferzol. 

IX. — • PREPARATirS DE VOYAGE. 

Lorsque le seigneur patriarchc vit raccroissement des dettes pour le siöge 
d'Auliochc et raccumulalion des inlertHs, il rassembia tous les cliretiens ä Danias 
ainsi que les prelres et le clerg6 et les consulla. Leur avis fut ä l'unanimile 
de se diriger vers le pays des chretiens[= FEurope] pour arriver ä son bul : 
cela au moment meme oü le Voivode Baslle, prince deMoldavie, lui adressa un 
niessage pourl'appeler chcz lui et lui promit de l'aidcretde luipayer ses dettes, 
parce qu'il etait toujours dispose ä faire de bonnes actions de ce genre. 11 
avait acquitle la dctte du Saint-Sepulcre, ccllc du patriarcat de Cons- 
tautinople et celle du palriarolie d'Alcxandrie. IjC palriarche ful alors de son 
avis. 11 choisit ce mönic Sylvestre qu'il nomma catholicos, pour le reniplaccr. 



[69] JNTKODUCTION. 69 

^i ^Uä ibUj ^lliä (.ülH ^ Jp jl^ ^v C^U l^_ UL ^1 jl4 i_^ ^-ir jl^ 

tTj^r-L^ jljijj iA=. <)6^1 ^J,y J^jli jy^UaJl ^_y.j^,l,jA- j^aJI ^U ^ <Ui 

|»ftjUsa-lj VjJJJIj 1^1 »U^^ dUi) jl^ A^jj jl<t ^^J, ^ ' ^^.o^l ^ ToJ.llv 

J>\ JJ^ ^jy^\ i>^ f^j ^'>^ ^-i «^J (j'jXy^ *^J v^ "^.-'^ (^^ '^ 
iU^j «J (»AjU^lj l^_Ul 1^1 .Li^_ düij Ui>lj ^1> ^ i\}^ ^\ 14. 

1. L om. jt^. 



II quitta Damas le jcudi 11 fevrler de l'an 7160 d'Adam et de l'högire 1062. 
II entra le 20 du meme mois, vendredi matin, ä Alep pour la deuxiöme fois. 
Abchir Pacha y etait gouverneur, parce qu'il avait ete destitue de Damas. Le 
patriarche alla ä sa rencontre, lui fit un cadeau qu'il accepta. Le pacha le 
regut avec tous les honneurs. II celebra la fete de Päques ä Alep et cette meme 
semaine il apprit la mort de Sylvestre frappe de la peste. 11 envoya poiir la 
gerance, d'apres les canons, le metropolitain Gerasim. 

Le dimanche de la Toussaint', apres la Pentecöte, le 13 iuin, il consacra ^, , 
metropolitain d'Akkar et de Rahbeh le pretre Naser de Homs * avec le consen- 
tement et k la demande des habitants ä leur arrivee dans la ville d'Alep. II 
l'appela Nicolas. Trois jours apres, il consacra metropolitain de Tripoli et 
de sa province le pretre Michel fils de Muhana l'AIepin et cela du consentement 
de ses habitants, et il le leur envoya. II l'appela Melece. 

Apres cela, avec l'aide de Dieu, nous commengämes le projet que nous 
avions forme d'ecrire cette histoire. 



1. L'eglise grecque faittomber en cejour la fete de tous les saints qui, ayant corres- 
pondu aux gräces de TEsprit-Saint, sont parvenus au sejour des bienheureux. Abel Cou- 
turier, Cours de lititrgie grecqup.-melkUe, II, j). 326, Paris, 1914. 



70 . VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [70] 

^uä Uj ij^*^b "'-*^ (V* '*-«V''o U ^«.aaj» l.v»-ij -UI*=>- u»*j^ <.".i ? i)- ? .>..flii "Cj-Vo ^5ti 

U-Jj ÄjJ Jl v>aJl LLjjj (J"Ui jl« iC^i -^-i:-j »»:•" vlUl /»ij ^jUjyi <-i[>j ''^»v>~« 



1. L om. A~<s^. — 2. L habet : Jl. — 3. Lire : -V.-=f'' 



PREMIERE PARTIE 



LIVRE PREMIER 

VOYAGE EN ORIENT 

I. — Depart d'Alep. 

Avec les meilleures pensees et les intentions les plus justes, monsei- 
fol. i2r". S"^""" '^ patriarclie pcrsövera dans sa resolution de se rendre ä Constanti- 
nople. Nous fimes donc nos preparatifs, nous emportämes des cadeaux et tout 
ce dont nous aurions besoin, et nous plagämes notre confiance dans l'appui du 
Tres-Haut. Le patriarclie — que Dieu lui accorde une longue vie ! — partit 
d'Alep le jeudi soir 9 juillet ' pour Lftdaqiye et Djebcl afin de percevoir los 
dimcs et revenir ä Antiochc. Je sortis — ■ moi, son humblc Iiistoriographe — 
et nos aulres compagnons, au point du jour le mardi de la feie du jiropiictc 
Elie, et nous arrivAmcs avant le soir ä un village appele Ma'nvretaku-än. A 
Taube nous nous levAmes et nous arrivämcs ä lUtrim et k Glidtnirin, un villaa:c 
dans le voisinage de Djiasr EI-Djadid sur le bord d'Al-Asi, et nous y pas- 
si\mes la nuit. Nous entrAnies ä Aiitioclie le jeudi 22 juillet et nous assistämes 
ä la messe le septii-mo diiiianclie aprrs la Pentecöte. Nous partimos pour 
visiter le couventdo Saint-Siuieon le Tluuimaturgo, le Marin, sur ranciennect 

1. II faul corriger : 8 juillel, d'apros le man. de Leningrad. Mus^e Asialique, fonds 
arabe n" 17, coli, du palriarche Gregoirc IV, fol. 3, — aulographe de l*aul d'Alep. 



[71] PREMIKRE PARTIE. — LIVRE I". 71 



J^v-^ 



i^.«j»- (T'jij ilAC-1 UjJai LJ jjA)_^.— I jU ^-AJiJ' <— O i^gii- <»o_Jo^^l (3i^ l_S^ 

i^g^^Jl^ljlj "Uj^-l ■*. LLäj ^r*^' ^rr^^ crt-^^ ^^-'^ LJ^jj ^L -u ytj c.jjl 
*A^1 ^1^1 ^jl >sjj_Jj ^pt=- «.Ls is^lj tr^.*-^ "^»-^ V ö"^ LS^y*^' <~^i ^J| 

1. L otn oXJ ^JJt. 

droite voie romaine qui avait ete rouverte ä celte epoque, mais qui avait etö 
oubliee depuis longtemps. Et combien de f'ois dans les annees passees, lorsque 
nous visitions ce saint couvent, on nous menait par le chemin de Somceidiye ä 
l'eglise de Saiiit-Spiridon sur le lieu oü ses ennemis avaient coupe les tetes 
de ses änes. Nous passions la nuit dans le village de Zeitouniye et de lä nous 
nous dirigions sur le couvent par un chemin trrs dilTicile et ä travers une 
grande foret. Quant ä ce chemin-lä, il est tres aise, droit et proche; combien 
de fois monseigneur le patriarclie l'a-t-il demande d'apres les indications 
qu'a donnees le saint? II ne fut ouvert et connu que cette annee. Louange 
ä Dieu, car nous nous sommes egayes et nous avous passe l'apres-midi dans 
le grand couvent du saint, qui y avait men6 une vie d'anachorete pendant 
sa jeunesse; et sa colonn(? qui subsiste encore est haute de six coudöes. Et 
nous y avons entendu les vigiles et la paraclisis dans l'eglise catholique'. Lä 
il y a sept eglises, la plupart sont en blocs de pierre et le mnr a quatre portes 
dont la plus grande donne sur la mer de Souweidiye. Ce mur est bien fortifie. 
Le fleuve Al-Asi descend de Test dans le fond de la vallee; on le voit quand 
il se Jette dans la mer pres de la moatagne d'Al-Aqra et les navires s'y appro- 
visionnent d'eau. Aprös avoir celebre la messe, nous retournAmes ä Antioche. 
Le jeudi 29 juillet monseigneur le patriarche vint ä Antioche oü il resta six 

1. Dans les villes, l'eglise oü Feveque a son tröne, la cathedrale, est dite communement 

l'Eglise catholique. Mais on appelle aussi catholiques les autres grands edifices du culte 

, constamment ouverls ä tous les fideles, 1. Pargoire, VEglise bijzantine, Paris, 1923, p. 83. 



» fol,12v' 



72 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [72] 

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i_i^ 1^1, L*jj [:i^_ ^l^ oLsJI ^Is v:u;o} «uai^wU Ll^j ,>*=-"j i^^^ ij^ iSJ^ 
,JY" -r-^ /*;b '■:^-^' c_^. ^•5' (_5^ Uä—sIj j^^^jJi U__JI jUt-j- ^' ^~f- LäLsj ^U 
^ 15*3 ^rr^ (j:f^ ^ t^tr ^^ i5*-5 f-'-^^ Li-U^Us. X£. ^^'LJl ^ Ujlj J\ 



jours et cclebra six fois la messe. Nous louAmes pour Adana uue monture et 
nous sortimes de lä, la veille au soir du jeudi 5 aoüt. Nous arrivämes le matin 
k Beylän et dans Tapres-midi ä Alexandrette, c'etait la veille de la fiMe de la 
Transfiguration. Les Chj'priotes nous regurent avec les plus grands honneurs. 
Nous assistämes aux vigiles dans leur cglise et au moment de « l'entree » 
' loi. i-2v°. * tout le clerge s'avanga, regut la benediction, se vetit et se se plaga en cercle 
ä l'entree suivant ses habitudes en chantant : « lumiere eclatante ». Le matiii 
monseigneur le patriarche c6le])ra la messe. Nous partimcs de lä le soir et le 
samedi matin nous arrivämes ä Pdyds oü monseigneur le patriarclie c6lebra 
la messe le huitieme dimanche apres la Pentecöte aiusi que le lundi et le 
mercredi. 

Nous partimes de lä le soir, et le matin nous nous arriMäines ä Dji.sr Alhanids 
et nous arrivämes apres ä Qarn Qapou. Le (ihemin est cffraj^ant, c'cst un 
döfile etroit et redoutablc. Le matin nous arrivämes ä l'aubcrge Qourt Qoläq ou 
« l'oreille de loup », ainsi nommde parce (pie dans Tauberge existe une 
mosquee avec denx coupoles ressemblant exactemcnt ä des oreilles. Nous 
partimes ä minuit en compagnie de dix-huit fusiliers chretiens de Päyäs. Au 
pointdu jour nous cnträmes ä Missisa, ayant la forteresse de Hayyät ä notre 
droitc. Nous en partimes ä minuit et traversämes le pont du fleuve Djiliäii 
qiii s'appelle TcliiliAn. Nous arrivämes ä Addiio le samedi matin 14 aoüt et 
nous descendimes dans les jardins chez les nnircs du rite grec. [Adana] est 
une grandc ville dans laquellc il y a beaucoup de jardins et chaquo jardin. 



[73] PREMERR PARTIE. - LIVRR I ^ 73 

üAc-lä i_o jLwj jLivJl Zjyj\ j>i^~> TtJjlj y^ iAcls iUjuji «^>LvlL* "j* ^6>\ jt_j 

Äi. I «.^Ä^ ,_jl ^^ öj^r~^3 ^^^' "^ V^ ^'t^J *^'^' 15^' ■^^ i**' *-«='j^' c5^ iV 

LJj JaäUJI ^ ÜU- |_^lc Liaa-J UL »^ jli- Jl ^^'1 (J-3 Lo"!j *LÜ1 /y> jl«^' 
JIjaVI (Ua£-1 l^ Ll^-is «U-Üi« <iJ C-Dj ^ÄÄ^3 ij-j,/»-^ i^jj cUJ^ J_J^ L~1^J 4~i.fr 
^^jy>- y^ ^y^ jV j_^l j^ 1^' j^ (J'^-'J^ ^.-^ viiJ^XJI iJä ^Jä Uat-alj 
L-V£J ^r"*-" '--*^ (^* ij_^(-lJl JLä«j ^2^;^ '^^.^ .^'y ^^^^ 1^» Liaa- ^»jiail ci-» ^i 

jl j^^ci^j jTT-jj^i ijli- (_$1 jlä-tip. j_gli LUsj w>r^' iJ^-? -^"^ *^ 0>*;-'' i^-^-^aJ^ ^V 



contient plus de trois ou quatre Cents orangers semblables k des möriers. La 
locatiou Je chaqiie arbre etait d'un quart de piastre. Quant aux limons doux 
et aux orangers, ils sont tres nombreux. 

Monseigneur le pafriarchepartit pour Tarsons et pour le village de Timor, 
pour Dj'afar Pächa et pour les villages chypriotes qui les entourent, afin de 
percevoir ses dimes. II revint ensuite t\ Adana et de lä nous partimes pendaiit 
la nuit de 29 aoüt eii compagnie de l'aga des Turcomans de Syrie. Nous arri- 
vämes avant midi ä l'auberge Bairam Pächa et nous campämes sur le bord de 
la riviere Djäqot. Nous partimes le soir et nous marchAmes toute la nuit ä tra- 
vers des bois et des terrains pierreux. La nuit etait sombre et nous eprouvA- 
mes de grandes terreurs et le matin nous arrivämes ä la forteresse de Kolak. 
Puis nous traversämes Qozloq Khan, c'est-ä-dire « l'auberge desnoyers », parce 
que tout autour il y a de nombreux noyers. Nous fimes halte avant midi ä Täkir 
qui est la celebre Aylat de ibn Ramadan. Ensuite nous partimes le matin et 
nous traversämes Soultdn Khan, laissant ä notre droite la forteresse d'Anä- 
chah. Nous passämes sur Agh Koprou, c'est-ä-dire « le pont blanc ». C'etait la 
limite entre les rois circassiens et les ottomans. De lä, nous traversämes Q/rr/ 
Kädjy, c'est-ä-dire « quarante gues », parce que nous passämes ä gue quarante 
fois. Avant midi nous arrivämes k Djiftä Khan, c'est-ä-dire « l'auberge du 
marie ». II est certain que ces chemins sont impraticables pendant l'liiver par 
suitede leur etroitesse, du grand nombre deruisseaux et de rivieres. Nous nous 
arretämes pendant deux heures et, apres, nous nous levämes pour nousdirigcr 



74 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [74] 

eljujyl _^r'=-' '-^j firA-Ct <.LUi ij-Llr LoJj jvyii-i a-^-s 'i/^-^ ^ '--^ ^^ j^-»^" ^j-^ -*-* 

■»-.aS ^Aj tLijJ' IaLL^J iS-^ 'U-iit <iLL« /»iJl ilÄjt ^ ll^^lsj Oj— ^"^SM Ly^J 
fol. 13 r". )«-Jjl ^eJ^Jl (♦Ä.Ul (Ji.i3/ ^-a^j Ijj i^Ji Joj ^^^ VtJ^J Lij^ LaL«I <~ii-^ *!„=- 

il^yl L*_w-^" jUj _^-£- Ullis wJIjAj IJ.S» t_„>L£- jjjb i„L»jt« L3 ,*lS ^^^»-»^ * _,Ä>di 

M»-^ Jo-jJ ^JjUl ^j.Aj' AJjjLa^ i_,JLi- "Jj^ Jl/?"' iS^ j_i~«ls^ '-Lr-'i ._JlJJl (^■«{^^ 
Ij. (j=_-*Ji ^j;w-Ä~_Jlj >_^1 iUi' '«JUl <o.^L •uJit "k-Ls^ ^_ykj >U ^i-lj Ijl^; ^vCr^ 

lS"^ tn^ '^^ ls* (V ^"^j '-[^ (3—=^' l'yjj j^-äXä lijJjJ |j^ ^jj_i ^_^' ^U 
1. L habet : .^ ?->-=>•', erreur du copiste. — 2. L habet : i^y^^- 



vers l'aubcrgc Mohammed Päclia, c'est-ä-dire Yenky Khan on Olcn Koiichlouq. 
Le soir arriva sans que nous Teussions atteinte. Nous campämes pres de 
maisons de Turconians, parce que, comme nous l'avons mentionne, nous 
etions accompagnös de leur aga et nous passAmes cette nuit-Ki chez eux. Nous 
nous levämes le mercredi matin 1^'' septembre, comnieucement de Tan 7161, 
pour nous diriger vers AI-Bor. Nous marchämes dans ce pays qiii justifie Ic 
nom de Bor'. Sur un espace d'iin jour en largeur et eii longueur, il n'y avail 
aucune lierbe vertc : eile etait brülec el noirc. Pendant celle journee, nous 
cndurAmes une grandc fatigue jusqu'A ce que nous arrivassions !o soir. G'est 
uu joli village oii la vie est bon marche, dont les caux sont abondantes et les 
füi. i:ii ". vignes nombreuses. Toute cliose y est bon marche et* le rat! de viande en 
poids d'Alep coüte quatre osmani, uu ratl de pain trois, uu ratP de vin vieux 
superieur cinq osmani et de vin nouveau un osmani. II y a beaucoup de verjus. 
11 y a aussi une raerveilleusc i'abrique de poudre avec des roues semblables a 
de grandes norias mucs par l'eau; les vis se relövent et des marteaux desccn- 
dcnt sur des augcs cn bois raugees et pilcut la poudre. Uu seul liomme suHil 
pour manceuvrer pendaut la jouruec el un aiitre pendant la nuil. C'esl une 
belle iuvention avec des resultats heurcux et peu de fatigue. Les clirclicns 
d'ici parleut turc; ils sont tres pienx. Ils nous firent doscondre ehez eux et 

1 Bor on arabc sijjnifie un Heu non cuUivö. — 2. Ratl correspond h 2564 grammes. 



[75] PREMIERE PARTIE. — LIVRE 1-. 75 

cäT SjIjU ^^ Ir-^^l -*-«; y^ jJ[5\ -^j-VI »y <^hj l/jc'^^ -'^'^^ <~»äJ1 i^\ 
<.3T-a JjAji /v^t" iXiJi -*J«^ A^ 4.U Lojj (•Li '*-jL«J' »aaIä Ll»ji_5 ia». ü ,. j.^-> <ijU 

Jll3 jlSj i^L- jj^r^ jIjJÜ jljJI ^r~^£- (Jl *— tc- /v« |^5sJl) ll« jv^j-L-;! jLoy 
LijAJj LJ lii-lAi jl5 U JÜautJij ^J^i ,<^?c- /v« <j ll-wls Aij^s:^ lj^J'J ^_y^i ^'y^ 

|J! ^~a«JI LLsj ^1=- caÜj \_5ja«!I ^i-LLij «jIä-^ (^jLJI ^.Lc VJ L— iil a.« Ll_)1j 

1. L habet : l.ijJl. — 2. L habet : loljS. C'est une forme derivee de C-.li = essence, 
substance, personne, individu. — S.Lhabet : UL;. — 4. L habet : .Uj s^. — 5. L habet : 
.Uj jJ. Erreurs du copiste dans les deux cas. 



nous re?urent tres bien. Nous celebrämes la messe dans une de leurs eglisos, 
dediee ä saint Eugene et ses compagnons, le treizieme dimanche apres la 
Pentecöte ; c'est une grotte sous un tres petit minaret. Nous restämes chez eux 
huit jours et nous partimes la veille de la fete de la Naissance de la sainte 
Vierge, le 8 septenibre, escortes de Turcomans payes qu'on avaitenvoyes avec 
nous depuis le soir jusqu'au milieu de l'apres-midi du lendemain pendant vingt 
lieures. Ce fut une longue etape, un long detour et une terre brülee. Nous 
endurämes une graade chaleur et une soifqui faillirent nous faire perir, nous 
et nos animaux. Nous desesperämes de nous-memes et, gräce ä la sollicitudodu 
Createur le Tres-Ilaut et ä Tintercession de la sainte Vierge sa mere, nous 
pümes arriver pendant l'apres-midi dans un village de Turcomans appele 
Qirwän; nous etions presque sans connaissance et surtout nos montures 
[etaient öpuisees]. Nous nous jetämes immediatement ä l'eau jusqu'ä ce que la 
vie nous füt revenue. Et c'est dans leur village que nous nous sommes arretes 
vendredi. Le soir nous partimes avec eux par des chemins terribles. Le lende- 
main nous arrivämes ä l'auberge Qara Pouiidr. De Djifta Khdnlnons passämes 
par la voie imperiale de Constantinople et de lä vers le Kluln Mohammed Pächd, 
Yenky Khan, de lä par Erekli vers Qara Pounar. Nous partimes de lä avant 
minuit et nous arrivämes ä Umil avant midi et nous en partimes le soir. 



76 VOYAGE DU PATIIIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. |76] 

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l^j (t-'-*^'' ^ "-^ »^~*' r-J-^ ^^ Jj*-»' O^ <UAiLJl iJoLJl Lü 1^3 Ij^Lä 
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*li« ^Ac ^^^?v^" ^~-^J ,^r-^ AÄisli L"o |cJl |^lÄ-iyi3 (^»ij!3 »UJi «-»i^ ^V« ^. f»-^ 



II. — ICONIUM. 

Le dimanche 11 septembre, le quatorzieme [dimanche] apres la Pentecöte, 
avaiit midi, nous entränies ä Iconium oii iious cclebrämcs la fete de la Croix, 
dans une eglise — de nolre communaute grecque — dont le toit est en bois. 
Ensuite nous partimes poiir visiter le couvent de Saint-Cliarilon, doat la feto 
est le 26 septembre, il etait ä pres de deux heurcs de cliemin. Toute la 
construction du cuuvent, de ses egüses et de ses collules est en pierre de 
taille tiree de lamontagne. L'eglise principale est grande, haute et construile 
en pierre ainsi que ses sanctuaires. Derriere l'autel il y a une grotte, dans 
laquelle on accede par des marches, oü le saint s'est cousacre a la piele. La, 
il y a une pierre longue scmblable ä un oreiller; on nous apprit que c'ctait 
son oreiller. Dans cette dglise il y a aussi une tombe sur laquelle est ecril cn 
grec : « de la descendance de celui qui est ne sur la pourpre » . Nous calculAmes 
la date contenue dans ce chronogramme et trouvämes cinq cents ans. De mOme 
sur la porte de Teglisc est sa date en grec. Les autres öglises du couvent sont 
petites. Un peu liors du couvent, il y a une ancicnne grotte oü Ton desccnd par 
des marches. G'cst lä que les voleurs einprisonnereut le sainl. Il en fit sourdre 
pour eux une grande source miraculeuse tres agrcable. Nous y pass;\ni('s la 
nuit du mercrcdi dont le lendemain etait le 15 septembre. Pendant la inalinre 
nous retournftmes dans la villc. I^es murailles sont grandcs et il y a des edifices 
extraordinaires, des sculpturcs, dos statucs qui somblaient parier. Nous par- 
times pour visitcr la f(mdation Mölln Khdn de Mollil KhandkAr. II y a la des 



[77] PREMIERE I'ARTIE. - LIVRE I". 77 

,_i:^ L.I3 ,_ii-y; U^ j:>-J3 ^^^>j ^y^-S. '^^^ r*3 ^ 'JV*^^^ ;^jL^ (»f:''^ 

L,^ ^^\ l^ LJ3 ^J^ ^\:ii ^U3j >i.ljU^3 •'L.L^.t^r' ^'^ r^ ^ '^■*'^ "^ "^-^ 

j^ U«- ^_ ^1 t^J^J ^ J^ y ^*'^- V^ i^ '-'A^ '^ ^^^ -'^ ^'-5 "^ 
1. L habet : !jUl, erreur du copiste. — 2. L habet : o/"'^^- — 3. L habet : JJ,U^r^ 



edifices extraordinaires; les chandeliers soat en argent et en or, les lampes 
prises dans le tre~or des empereurs sont nombreuses. Un seul chandelier [orne] 
' de toules sortes de fleurs pese quatre-vingt-dix oqqas d'argeat et d'or. Les • foi. isv 
inarches pour monter k sou tombeau sont en argent. Pres de cc tombeau est 
celui du moine son compagnon qui porte lui vetement et un grand turban noir. 
La balustrade de cet escalier est un morceau de raarbre transparent et ajoure 
tout intact ', semblable t\ des ciselures d'argent. [En voyant ces splendeurs] 
tous ceux qui entrent dans cet endroit sont stupefaits. Le chef (däda) et les 
autres derviches aiment beaucoup les chretiens et les meines. Ils nous ont fait 
entrer et nous avons regarde non sans crainte. Quant ä la race desTurcomans, 
eile est niaudite, c'est pourquoi on ne les laisse pas entrer. Ensuite, nous 
etant rassembles avec le juge d'Alep et avec une caravane de la meme ville, 
nous partimes en leur compagnie le jeudi et nous arrivämes le matin a Lädäk 
qui estappele dans les synaxaires Lycaonie. La, il y a une grande eglise dediec 
ä Saint Michel, des edifices byzantins et beaucoup d'eglises. Nous partimes de 
cet endroit vcrs le soir, et le matin nous arrivämes dans un bourg appele Al- 
gham. A sa sortie se trouve le bain Qaploudja, d'eau thermale, et ä sa proximile 
il y a l'eau froide. Nous partimes le soir et nous arrivämes le samedi matin 
18 septembre au vlUage de Aq Chehr connu par la tombe du celebrc Djoha'. 
Nous partimes le soir et nous arrivämes. le matin ä Saqlah, le premier dimanche 

1. Salimi : sens inconnu. — 2. C'estle Khodja Nasser Eddin. 



78 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [78] 

i B.^ Ual LU L»J3 ,_ü-a)l Js- Axj J3JI A;>-V' jLi ^~- ^ La— alj A...i,c- Lu U^j 

*--lc- «c« Luij iilAjiJl LiL ^^^.ai- jli- ^1 LLo'Ij 1>Ü ^Lo jli- jLs Lacj «uix. Lj,'^ 
i^LiäJI UjU LjI j»)' >Ü ij^ jl jU^ ijU l;jr>.j ^^ 1.$^, 1^ ör''^^ IIä-^Ij 

lj^-»l !sjj.«jt< AjJ Jl ULsJ «iäJIJ Li« LUJ LLUi t-L^J (J'äIi ^ L»J3 L-L« jJajia— .Jl 

1. L habet : l^st^. 

apres la fete de la Croix. Nous partimes ä mliiuit et le matin suivant nous ar- 
rivämes ä ße/«?f/o//. Le cliemin de Saqlah k Beläidon consiste en ponts.eten 
une Chaussee. De lä nous passAmes l'etape de Khan Bcijaz- pendant la nuit, puis 
nous arrivftmes le matin ä l'auberge de Kliosrcf Päclul d'oü nous partimes le 
soir. Le mercredi nous arrivämes ä Seyyid (ilidzy. Nous en partimes pendant la 
soiree et nous arrivämes le jeudi 24 septembre ä Eslaj Chehr, connu pur ses 
melons jaunes trös doux. On los suspend et ä cause de leur durete iLs se cou- 
servent jusqu'ä l'hiver. Nous y sejournämes le vendredi et, nous etant leves le 
soir du mcme jour, nous arrivämes le matin ä ßo; Hciiijuk. Nous en sortimes 
lesamedisoir et nous arrivämes le lendemain ä /}f(;of//w/i,ledeuxiemedinianclie 
apres la fete de la Croix. Le cliemin du commencement jusqu'ä la fui est 
elroit, ä droite il y a une montagne et une forrt, et ä gauclie un cours d'eau 
dangereux. Nous partimes le soir et nous arrivämes le lundi matin ä Ycnlaj 
Chehr. Nous passämes la nuit par l'etape du Khän-Aq-Bezeuqa . Ensuile nous 
quittämes la caravane de Constantinople et nous passämes la nuit dans l'au- 
berge. Le mardi matin nous la quittämes et ä midi nous arrivions dans un 
village prospere dont le nom est Bä Zdwenk. [Ce village se trouve ä] moitiö 
cliemin entre Yenky Chehr et Brousse. Nous y avons goüte du lait turc, 
d'un goüt inelTablc, du pain et des melons. II y a aussi une fontaine d'eau 
douce, froide, cxcellente. 



(79] PREMIERE PARTIE. - LIVRE I '. 79 

^1 li UjVl ^L^j ^*x^ ^LOl ^l- Lii j»,.Ul; li^^U" c^^lj ör— ^' -^ «j^ 

<._Ljü1j o/ll liyJlj Jiyi Jjl ^ A-^1 diy^kil \:^ \^\j ^\:i U dUÄ^j 

L>yi ^<-l ^L> ^\ j^-w^-i^Jl *^j l^jj^l JjVl ^i/^ ^J^' c^\ ^L-^3 

aj j_yjl^\ LL^3 ^^^ liijl^i 'liLjCll jL-; ^_^'l l^Uj ,^£UJ1 jUJl lf,_L. ULjilj 

\jL^ U 1_^ ^%3 jUäiJlj ^ii\ ^>i ^_5-H j»' A. : .W : W.,.öH J\ U^ üÄ* j^j 

1. Lire: 'jjuJCJ!. 



I. 14 r" 



HI. — Brousse. 

Nous enträmes ä Brousse le soir du meme jour, mardi, c'est-ä-dire le 
28 septembre. Nous descendimes ä Fe/iAi/ A'/irf«, chez les Alepins ; nos coeurs se 
rejouirent de les trouver, Nous passämes cette nuit chez eux. Le mercredi 
nuitin le clerge et les notables de Brousse arriverent au klian et nous mene- 
rent au quartier de l'eglise de Qaya Bacluj dediee ä Notre-Dame — eile est 
restauree ainsi que toutes les eglises. On revctit monseigneur le patriarche du 
mandyas des le commencement de la rue; le clerge et les diacres nous regu- 
rent avec des cierges et des enccnsements. Les chantres chauterent jusqu'ä 
notre entree dans Teglise. On mentiouna d'abord le nom des empereurs 
[chretiens], puis celui du patriarche d'Antioche et de tout l'Orient deux fois, * * lui.iir 
puis on termina la litanie. On nous logea dans une maison prcs de Teglise. 
Le samedi matin 2 octobre, on nous emmena avec les Alepius au bain Esky 
Quploudja oü nous nous baignämes dans son eau chaude naturelle. De la nous 
ailämes au jardin des chtUaigniers. Nous revinmes le soir et chantämes les 
vepres la veille du troisieme dimanche apres la fete de la Croix, dans l'eglise 
mentionnee. 

De Brousse ä Constanlinople, ensuite dans le pays de Valachie et de 
Moldavie et dans les pays voisins, on n'a pas l'habitude de chanter les vigiles 
comme dans notre pays, mais quand il y a une grande föte, on les c6lebre 
pendantla iiuit avant le Service de minuit. On retarda l'encensement jusqu'ä 



80 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [80] 

'j^_La« jiyai_Vi ^y fj_^l 'jJJ-^J (V^*^ v^-^ (V^r*^ l_^-^j jjjlS ji_^^UJl 
^1a9 J^ ^^lyl j^i <-±c ^ b^jr^y^ ij bj'j-4; 6f^' V^^ "^^J i^' -'^^^ 'vJ 

UUI3 ^_^1 J_^l lyjj 't'-'-^^ -'Ji>' "-!>% l^"^' y S-^^ C-T^-^ -5^ fAÄlJI jl j»l£.l 

jyJl J_^ Jk^l I».* Ae^=^l ^^1> y-^ iM-^ t^» viJJjij cJa^ JÜ»! j"yij ^'jl 
jj;U)l ijJw. mJI .s% c^^ (_s»j ^ d^LJl l'J^ ^-vS jj^^l -v^V' j>^3 \t*'}y5 

lsA^\ Jk£. U Ullas («J^J^ -*^ vi^Vlia-i ^L_J1 LI3 J lirJj :>jL»»jJ UäI s-LJI -CC- ^JI 4) 

i>l ^^ Uj [^ p^Jy.; y«. ^-uJl JAI5OI3 üMJl l_j.o:it^_j ^jjyjjVi ^3^ ^jVl 
1. L habet : ^^Jua^. — 2. L habet : lyV.- — '^- ^ habet : .^y^S, erreur du copiste. 



« Eternel, je t'invoqiie », jusqu'au moment de la « Gloire », en attendant que 
le monde s'assemblät. Dans la litanie on fit mentioii. du noni de monseigneur 
le patriarche d'abord, et apres des metropolitains. A rcntree, tous les pretres 
presents recevaieiit la benedictiou et revetaient des cliasubles suivant leur 
habltude et tournaient cii passant fi l'entree deux par deux en chantant : 
« lumierc eclatante ». C'ost iin signal pour les pretres qui tournent ä Tentrce 
le soir, qu'ils celebrcront une messe le lendemain. 

Remarque. L'archipretre ou le prelat est celui (pii rccite les psaumes 
des vepres et aussi « lumiere eclatante » et « rends-nous dignes, Seigneiir » et 
« maintenant laisse ton serviteur en paix » et de meme dans les matines les 
psaumes du matin, ensuite « gloire ä celui qui nous a fait voirla lumiere » etc.. 
Ce meme dimanche matin, monseigneur le patriarche celebra la messe. Dans 
tout pays grec, on commence par le canon et apres le septieme chant et les 
synaxaires, on dit a. Tout cc qui respire », l'Evangile et « O Dieu, sauve ton 
peuplc ». Le prötre Sorten portant Tevangeliaire que l'archipretre baise, ainsi 
que tous les assistauts, puis il va avec Tevang^liaire chcz les femmes aussi et 
s'en retournc pour encenser. Quant aux hcures, rlicz IcsGrecs, elles sont sup- 
primees, exccpte la premiere des matines, et ils lermincnt le Service et lepretre 
olHciant les dit ä voix hasse. Dans le pays des Cosaques et des Moscovites, ou 
les dit comme chcz nous; le diacre sort avec le saint corps devant les 
prötrcs et eux dcrrierc lui. Dans tous ces pays, exceple Moscou, les fidelcs 



[81] I'RF.MIRRK PAIVI'IK. — l.iVKK I". 81 

IjUjbl IjAi-l Ij-l^-L, ■u-;5C!l ^ Jir^^'^ o^^ ^yC^l 0% JAt L i>LJI üJjt J^ 

Lil cl^j Ifio 1^*3 U-^U ^^5Co «l.«^ ^\ L^Ai-l J3VI J^i^-i^" ^1^' ^~Ji c_y_j 
'L f>ljl ij!>l' •Cv-lfc \._ 3^,0 villi J*.=^V3 L'aaU; U.3 ^--^ ij-^— ^',J r^-*^'' i^*— ^: 

olSlj "Cp dh.i^i2JI -uJl '_^J-^ ~!^' -V>V1 ^r't— j i^Jäft /»U^ j^j J-*-*'„ 1.5-^ ■^-'^ 

^»^:l_~:^ JI i^gi ^^b iUio ' ^lLs.1 l.a.1 %yj:. lH,:l!l CÜj Ca.1 «JLjLL. ^^ Ij) ^j-oij • loi.uv». 
L-jy -j Lull« /w« j»«j ^r^ jj-il— Jl ».Aj Jjji iVi/~^ ^,-it ,_git" l«)j>i ("_y„J 

■ 1. L habet : ►JU^», erreur du copisto. 



presents dans l'öglise entreiit pour recevoir le pain benit de la main du prelat 
Oll du prctro, meine los femmcs et les enfauts vers lesquels il sort pour leur en 
distribiier. 

Le samedi 9 octobre, on nous iuvita aux baiiis de Yenky Qaplondja, qui sont 
comtne Bohräm Pächti et Moustafa Pächä ä Damas et ä Alep. Nous avons vu 
la source de cette eau bouillaute. Elle sort d'uu rocher et ses vapeurs s'elevent 
jusqu'au ciel, son odeur est sulfureuse et il est impossible d'y plonger la 
main. On peul y echauder une poule et y faire cuire des-oeufs, comme nous en 
avons ete temoins. Pour les bains on y ni6lange trois quarts d'eau froide afiu 
dela temperer. Cebain est spacieux. Le quatrieme dimanche matin, lespretres 
et les grands du quartier Baliq Bäzar inviterent monseigneur le patriarche ä 
celebrer la messe dans leur eglise dediee ä saint Jean TEvangeliste. II y alla 
cclebrer la messe — Feglise est aussi rcstaurce. La veille du mardi, les habi- 
tants du * quartier de Damir Qapou Finviterent aussi ä leur eglise et il y cele- ' i'oi. r. v°. 
bra l'office de l'eau benite seulcment et il passa la nuit chez eux. 

Le mercredi 12 octobre, c'est-ä-dire le seizieme jour de nolre sejour ä 
Brousse, nous en sortimes. Les grands, apres nous avoir fait leurs adieux, vin- 
rent avec nous jusqu'ä Moudania. Les habitants vinrent tous ä la rencontre de 
monseigneur le patriarche ä une grando distance. Ils nous regurent dans leur 

PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 6 



82 VOYAGE DU PATUIARCFIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [82] 

<1^w.>äC "UJLä« JjL« ^^1 jiJJ^j <*Jit i*ji »Aj ^,^>tJI 4li- ~l£. \i-jVl (giyjS 
S_,> »>-? *_-0 jl__,k*JI i>Ü j^jLi 4™JS jj^,.±C- j.»l; Ijjj _r*^^ '^'^ lS^ Ia^I IAs- 
'^jj V^i '^[/.•^' ^-f^i jj-AÜjl J^l ly; jJi-Ä«3 '-'J^' V"^ l^"^' 1^'^^'' f^' 1.5^ 
^-ij JJ^ LLÜ^ uj _»-,»- jU A,...J5 ~M L1«j IJ.». A..äJa' ^5*3 i/JJ-'J '' -''^ A»....'S 
jU "^y^ ö-^ K.'.-Sa'\s..'un Jl ^Ja^3 ys&Jl ^j Jj..'.."l /^Jjri»'.' « US iLjy -jLxJI 

^c9 ""/«* UJj (JJ (»„ÄaS) U l»^ls iv '♦-'j'j L— v-U ,_L« ..tfc ^ITl j1A£« Uj iiSASj 
•ÜjTJ OjU=J t=*Ji T^J Ir*-^ <Lal£ Lic- (»Is Jij Vi LoJJJ i ".,.,.,•>■ U »=«Jl <Ua-».U^ 

1. L habet : ^i>,ji. — 2. L habet : ^.jj, erreur du copiste. 

grancle öglise dediee k la Dormition de la Vierge. Le diacre mentionna 
d'abord le nom du patriarche de Gonstantinople, puis celui d'Antioclic. II ne 
mentionna pas leur metropolitaiii Clement — que Dieu efface son nom du livre 
de la vie! — parce qu'il est arrogant et hai par le peuple, surtout parce qu'il 
n'est pas venu ä la rencontre de monseigneur le patriarche ä son arrivec. Pour 
cela, nous ne nous sommes pas arretes longtemps et nous n'y avons pas 
cölebrä la messe. Son peuple nous honora bcaucoup, parce qu'il est trrs reli- 
gieux. Nous tumes logcs dans lu maison de l'arc honte Krichy Kourty sur le 
bord de la mer. C'est une grande promenade. Picsque toutes les maisons de 
Moudania sont jolies el la plupart sur le bord de la uier. Ici il y a pres de 
vingt eglises. Rt Jans le palais metropolitain il y a uue petite eglise de 
la Transfiguration et au-dcssous une fontainc sacree. Le Mont Atlios y est 
peint ainsi (jue tous ses ouvents. Nous y avons visitc l'eglise de Saint-Theo- 
dore, qui csl trös belle, et cclle de Saint-Gcorges. Nous ii'eümes pas le 
temps de visiter Ics autres eglises parce ■ que nous etions presses de nous 
einbarquer pour Gonstantinople avanl la tempßle de saint Demetrius. On loua 
pour nous une barque pour huit cents osniaui el nous partimes de li lo vcn- 
«Iredi Ki oetobre. Apres avoir rame sur une distance de douze milles, vcrs le 
soir on jcta l'ancre et vcrs minuit nous reparlimes. Nous arrivämes au milieu 
de la mer; tout a coup une grando tempete se leva et l'agita. MWo. fut si 
viulentc (juo nutrc barque f'aillit couler ä cause des grandes vagues. 



[83] PUEMIKRK PARTIE. — LlVRli 1". 83 

liJjJaJl ljx!~. LwU- Sj^J '-'^ liLlLj>t) Li ^13 ^jäx (jiuu L^ijj Lu.»ü u_ji3 LLäIJij 
^^Si\ "i^*^! (3"'^" (^j^^ (VNi *x-L_> ^äLw >1)j^I l;^_^]aUu.lj jjyi^i iJ=*3 jU^li-i ^^r-*^ 

^1=- llliJl ^y_ oü »_Ä^ ^M JjS-UJi w«Jl jT-L-^ ^j^ JJ^J^ (3* LUJI3 ;^ ^ U-0 • fül. 15 r". 

1. L habet : U*~,, erreur du copiste. 



Nolre raison s'eiivola de nos tetes, nous plourämos, nous nous lainen- 
tämes et nous desesperämes de nous-memes. Nous nous fimes des adieux les 
uns aux autres et confessämes publiquement nos peches. Monseigneur le 
patriarclie lut sur nos tetes la priöre du pardon et de la remission ; nous atten- 
dinics la mort d'un moraent ä Tautre. Mais le Greateur — que son nom soit 
exalte! — qui ne delaisse pas ses serviteurs, ne nous abandonna pas; gräce 
ä rintercession de la sainte Vierge sa mere, qui est le refuge et l'assistance 
de tous ceux qui sont dans la detresse, puis de saint Nicolas, saint Simeou le 
Thaumaturge, le Marin et l'Alepin, de saint Georges, chevalicr sur la terrc et 
siir la mer, de saint Demetrius dont la fete s'approchait — car cette tempete 
est redoutce de ceux qui naviguent avant ou apres sa fete — les flots s'apai- 
serent. Apres une grande fatigue et une graiide crainte, les matelots ranierent 
vers la terre et carguerent les voiles apres que le mät eut failli etre brise par 
la violence de la tempete. Nous n'osions pas croire ä notre salut quand nous 
sautäraes ä terre; nous etions dans un etat miserable. Le lendemain matin ils 
nous conduisirent ä force de rames ä l'auberge du celebre Bouzbouroun . La, on 
jeta l'ancre et nous trouvämes plusieurs navires restes ä l'ancrc de peur de 
cequi avaiteu Heu. Nous restämcs ä Bouzbouroun * depuislesamedi matin jus- » loi. iji 
qu'au mardi ä minuit ; quand le vent se fut ameliore, on mit ä la voile et nous 
arrivftmes le matin dans Ic villago dont le nom est Qäterli. Nous sortimes pour 
en visiter l'eglise dediee k sainte Cyriaque. Le soir nous vinmes dans un 



84 VOYAGE DU l'ATRlARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [84| 

J\ A.:.U:U iW i^jlL j^i l^j ^^ jVl ly^b ^jVi ^\ J3^\ iy^ ^Jßi 

ijjXjCjl^ ^_5:iil 1 j/ ^ü; jVl Ji Lv^"3 i,i>^ ^ jVl J^ jJ>3 ^^"^ I*' ^^. 
^ ^^ Ü jl<3 JjYl ^^J- jj^r^ l-jVl (._^. S_^^ -uJais^l öxJl li^^j 
dy^Jl .::^ o'^^ ^'^ w;L J^b ^^U)^ J>^^ ;^ ^>J C*^" -!>r^ «^^^ ■:yjl 
^:.>,:W...«11 SyJ^\ ^j.r-r'}'. J' J^ VJ^ ^y. Cr' ^^^^ -^' 4^A*^ ^^ ^^^ 

_.;^1 ^Laj *^1 j^-^sä!! ^ (V-^^„ 'Sr^ ty dJ_;i^l li-v~« aj^ J^jls Jä^ 
1. Lire : ^^. — 2. L habet : *J,IL>. 

village florissant sur le bord de l'ile mentionnee dans les synaxaires et dans 
l'histoire sous le nom d'ilc Prot)', oii « la prämiere », et soii nom maintcnaat 
est Biriiidy-i. A Tinterieur se trouvc le cimetiere des patriarches de Constan- 
tinopole jusqu'aujourd'iiui. II y a aussi trois eglises dediees t\ la sainto Vierge, 
ü Saint Demetrius et k saint Georges. Nous partimes ä minuit et arrivames le 
matin ä Scutari. Nous nous dirigeämes vers Ghalcedoine et Kamm EI-Arm- 
mahh oü Tut deporte saint Jean Chrysostonie. Jusqu'ä present eile i'st coinme 
uno prosqu'ile et porte le nom de Qady Keuy, c'est-ä-dire Clialcedoine. 



LIVRE DEUXIKME 

VOYAGE A GONSTANTINOPLE 

1. EnTHEE A CONST.VNTINOI'LE. 

NousentrAmes dans la villc de Constantinople le mercredi matin 20 octobre. 
Dcpuis notre depart d'Alep trois mois s'etaicnt ecoulcs. Nous descendimcs A 
la mctochie du Saint-Söpulcrc a l'entree de la porte de Qnhrn pres du palais du 
patriarclie. Monseigneur le patriarchc avail envoye unc lettre au patriarohe 
Paisios de Constantinople et aux raetropolitains pour Icnr demander, selon 
l'usage ancien, la permission de venir dans la ville de Constantinople. On le 
lui permit, parce (piil avait fait son dcvoir au contraire de ses predecesseurs, 
et ils cnvoyerent toul de suite la permission dcmandee. Alors monseigneur 
|p patriarclie Icur lit demander des le soir la permission de sc prescnter 
clicz eux. Le jeudi matin, lis mötropolitains vinrcnt cliez lui et le condui- 



[85] PREISIIKRE PARTIE. — LIVRE 11. 85 

^"V.A— j i^i»t>.Jl |_;-L»JÜl_5 4j^l ^p-Vlj J^^ .Xs-\^\ jllfco -».ULi^l ^Ul \^ J^i 

<Uä3 lijL5Cc. "CjlLJl Aa-1 «»Jjljj (J-UJÜI !>_;Jni3 iS.sLC' ^_.^~50 ^»i.V'j i_L>aVl /^ dJjLlJ 

^.:...k:la....äll c}jijLJ\ JjJ_j VI J^^l ..j^^ ^^ ^^ Ci^y^y] ^ d)jLi y^ UJj 

cJjJaJl jj-t.„.^L ^.O J' »J^Lft, AJ'l^lj ^^li!l ^iLj ^^~^i ^^^ '*~V^3 jLlaiJl ^^ 

■cU». Ljl«3 ,_;ä«> 1^'^»= «-« lÄäUaTj j»j-^]^S V« jo^iaJl Vjij !s^Lä)i j^l5sjl j;:^^^ 

Jl ijAiu.» jl ^1 (♦f'^^ Ajjlkjlj (♦(^lA? ^jislS «..4,i.> jLS A.^ JjUAx.<i.i j'^'b 



sirent au palais du patriarche. Lorsqu'il cntra par la porte. deux pretres Ic 
re^urent, Tuu avec l'evangeliaire, l'autre avec Tieone et le diacre avec l'en- 
censoir, tous dans leurs ornements sacerdotaux. II baisa Tevangeliaire et 
l'icone selon l'usage, et le diacre rcncensa. L'un des metropolitains lui donna 
une Crosse d'argent et les chantres chanterent « l'jVxion » jusqu'ä leur entrce 
dans l'eglise patriarcale dediee ä saiiit Georges. 

Pendant qu'il baisait les icones qui sont sur les portes du sanctuaire, le 
patriarche de Coustantinople descendit, entra dans l'eglise vetu du mandyas 
et se pla?a sur son tröne. On plaga monseigneur le patriarche dans un trönc 
vis-ä-visde lui et le diacre dit : » Ayez pitie de nous, Dieu, selon Votre grandc 
misericorde. » Ils mcntionnerent Alexis, l'erapereur des Moscovites, Timpera- 
trice Marie, Basile prince de Moldavie, son epouse Catherine, Matthieu princc 
de Valachie et son epouse Helene, ensuite Kyr Paisios patriarche de Coustanti- 
nople et Kyr Macaire patriarche d'Antioche. Les chantres chanterent pour 
chacun « Seigneur, ayez pitie de nous » trois fois. 

Le pretrc termina le Service et les patriarches desccndirent de leurs tröne~, 
se serrerent la main reciproquement et marcherent ensemble. Devant eux 
marchaient deux personnages portant de grands chandeliers d'argent avec des 
cierges de cire blanche ; les metropolitains les suivaient et ils monterent au 
divan (salon) du patriarche. Ils se mirent ä table, tmdis que les chantres 
chantaient. Le patriarche de Gonstantinople se comporta vis-ä-vis du patriarche 



86 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [86] 

• ful. 15v». ._1^^_ V ^-i ^^\ jlylj J^Vl ^y^ ^ l_^Asj * ^ÜaJVl >" ^_g-.! ? :) ? .. , ll| Jji 

i»j^ Aa-l_j i^lS i^Lliu '_""■ joj L«^ ^»jSyj LJi u-ji.i>- j»j'LLi*j sUj »jti ijj-jij ssiUi 

lj.,L«ju JLaD JUao Jki-A, jü LojJI XiJ ^O^LJl \^ L»-i ^Lwi ^^li- A£- IjJls 
^S Ijjbj l_^Ail l^li-^3 r-^J^ Ä.>-»i- ^\ |_5^lL;M) ljl«3 CjLj V3I |_5i_iaJa-Ji.i) ■»JlL^ 
w^Uj V J*=>tJl |J»L»jÜI ^pn jl AjuJ ^''.^ i_fl->aJ *.ä->ö jlSpaJl v_)__r'4 Ij-iia^lj j:>i*a:\l 

1. L habet : Ai^lkJ'. — 2. L liabel : J.=.^l. 

d'Antioche avec une grande solennitö et beaucoup d'honneurs et de sentiment. 
fül. i5v". * On nous presenta tant d'ospeces de plats et de sortes de vins qu'on ne peut 
Ics decrire. Ce fut un grand jour doiit on se souviendra toute la vie! Vers le 
soir, ils desceiidircnt, chanterent les vepres et nous firent leurs adicux, Mon- 
seigneur le patriarchc se rendit ä la metochie avec des metropolitains cl 
des pretres devant et dcrriere lui avec les Qapi Kehaia ' de Moldavie et celui 
de Valachie et d'autres encore, jusqu'ä ce qu'il les eüt benis. Alors ils s'en 
retournerent. Les notables des chretiens venaient et le saluaicnt. La veillc 
du dimauche des Gadarenicns, monscigneur le patriarche partil pour Feglisc 
patriarcale ä la suite d'une invitation qui lui avait ete adressce selon la cou- 
tunie. L'un et l'autrc revetirent le mandyas et fircnt leurs priores. Devant 
chacun se tenait debout une pcrsoiuie porlant un chandelier avec un cicrge 
decire blanche, depuis le commencement du Service jusqu'ä laiin. Jji- kalhisma- 
d(! psaumes ful lu par un diacre place entre les dcux patriarches. Au moment 
de la « (Iloirc » les pretres firent au patriarclie de Constantinople <lcs gcnu- 
fk'xions, une prciniere fois, une deuxieme l'ois, puis se tournant vcrs le pa- 
triarche d'Antiociie. firent cinq paires de genullcxions. ils mircnt leurs cha- 
subles et marcherent h l'entrce cn se rangeant prös des deux patriarches eii 
demi-cercle ; le diacre encensa les portcs du sanctuairc {\ distance, les 
dcux patriarches, les prötres el los lideles qui ötaicnt dans le clioeur. 

1. Une Sorte d'ambassadeur de Moldavie et de Valachie qui rösidait a Constantinople. 
— 2. Le psautier est divise eii 1'.) katliisma et chaque kutliisina comprendun nombre 
variable de psaumes. 



[87] PRRMIRRR PARTIE. — LI VRE U. 87 

jl^^Ü jji>Jl ^L^!l jjlfr J jviafr Oj.-^. ,_5,-Jl jjJ^ y '>*irl S-^' bj^-'--.^ 
Pt^-V-^: lj^=->3 J<.rr^l 1^-^ j' J j^'^ j^-' J^i^-r^ JJ^^ ^>«-. V^^ bj^^j 

L, j»j:l^^ i>U)l pii^ A»j L;__^i, Ui ^lAi" ^b lyl^ j^^;! ^Mä säaj ^J^"^ 

jLsi \^[5 *jji»A». k_*«^lj j^^AäJLT p-t.»-i!l \JiA«j>.^ij 4w_»I>Jl r'J'^ 1^' f^i^'^J 

J^ jL<j jl^ JL)%" |_grl li Vj.; -cyC—JI v4/i^^J iA.A>JI ^xjj '*.:.k: ! a. , .a'H ö_x, 
j^l jIjJI JiiwV <£J3 JjJj üUj y» \±^3 Jji) b-Ufr ^_5)i ^IL'VI ^: .ia : k...flil -»^Ij 



IJ^ 4^1 



1. L habet : Jb. 



Les pretres commencercnt ä chanter « lumiere eclatante » ä haute voix, 
ciisuite le diacre rocommenga ä encenser les deux patriarches et les pretres 
firent des saluts aux patriarches, deux ä deux, puis ils entrerent dans le sanc- 
tuaire et oterent leurs vetements sacerdotaux, car c'est leur habitude pour 
toute veille de dimanche ou de fete principale. Ces pretres appartiennent aux 
eglises des quartiers qui sont autour du patriarcat. Cela est le signe qu'ils se 
prepareut ä la sainte messe comme nous l'avons dit. Apres la flu du service, 
leur benediction simultanee et leur sortie hors de l'eglise, precedes de deux 
ohandeliers garnis de cierges et tout le peuple se tenant debout, un de ccux 
qui portaient les chandeliers dit ä voix forte : 

« De Sa Saiutete Paisios, archeveque do la villc de Gonstautiuople, la nou- 
velle Rorae, et patriarche cecumenique, pour beaucoup d'anuees », trois fois. Le 
patriarche leva la maiii droite et benit le peuple. L'autre porteur de chandelier 
dit egalement : « Macaire le bienheureux, patriarche de la ville de Dieu, la 
grande Antioche et de tout TOrient », et on repondait : « pour beaucoup d'an- 
uees )), trois fois. Lui aussi leva la maiu droite et benit encorc le peuple. 
Ensuite ils oterent leur mandyas et le patriarche de Constantinople enimena le 
patriarche d'Antiochechez lui en haut et ilsdinerent ensemble. 11 l'accompagna 
jusqu'ä la porte de la maison et rentra chez lui, parce que son Arne n'etait 
pas orgueilleuse. 



ful. icr 



88 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [88" 

jUji jL>i 'CjiOl Ujj j»r iAjc ^slLiVlj i_,oi-i)l ^U dljLi j jjlJ_jiVi ^y" ^j^_ 

Alt ^Ji [§'"" j 1%-*-^ J*' iV» ^Li>_iJi üj-j U..".-.,' Usj — 'i ^'\ i «..— ) 1^ ' .^ ■^~l~i»Ji 



1. L habet : Ujü3'. — 2. L habet : j^.'i^.. — 3. L om. 



Ce meme dimanche au malin, nous revinmes ä reglisc : les mctropolitains 
en sortirent vers la cour de la niaison, allerciit vers lui et Ic rev(Mircnt du 
mandyas, puis ils entrerent dcvant et derriere lui daiisreglise, uu chandelierle 
precedant, jusqu'ä co qu'il cüt bcni son peuple et se füt assis sur son tröne. 
Apres « Tout ce qui respire «, le patriarche de Constantinople dcscendit, 
fui.ic.i-. baisa * les iconcs, benit Ic peuple, puis le palriarclie d'Antioclie fit de nirme, 
ensuitc deux ä dcux, les prdlats et le reste du peuple ; parce que daus tous les 
pays de rite grcc, la Moldavic et la Valachie, il ne reste pas une personnc 
q)ii ne halse les icones le matin. A la fin de la messe, apres avoir pris le paiu 
benit, meme les enfants et les femmes — car celle-ci est l'liabitude dans nos 
pays — on sort de l'eglise apres la messe. Apres les raatines ils sortcnt tous 
et reviennent dcux beurcs apre.'^. 

Quand ou cncense i\ alleluia, le diaere deseciid pour eaceuser le patriarche 
ä son tröiic, eiisuite il rcQoit de lui la benödiction pour la leclurc de rKvari- 
gilo. II encensc les portes du sanctuaire et les icones, entrc et prend 
rcvangeliaire de la main du pretre et sort par la porle du nord vers la chaire 
qui estdccecötö. Les cliantres clianteul loiiguoment « pour beaucoup d'annecs, 
Seigueur », aliii de donner au diacre le lemps de descendre de la chaire. Alors 
il vient pr6s du palriarclie pour lui presentcr l'evaiigöliairo. Ils los diacresl 



89] PRKMIEUR PARTIE. — LIVRE II. 89 

i^Ul ^2rO jj--*^' '^^^ '-^ Jf ' ö^j (^^'^ ^^ ^"^ J;^' ö^i \^^ i.MJl 
^UVl jaL<II 'iWj Jf-V dUi i^L^j li^j A^lj d^UI J>1 J.J 4rLr^'' 

(VJ (^_^1 JI-CcI Jki-1 ^^.«3 \.^^\ sÄa iJr-i ^3 j.!>l._; üs^lj Üal j!>l£-Vl AjcJ 
\aLxJi i^LJso L»iJ oJj J63 Li3J^3 -Uäv-ij LlJ'Iä; (J^I "^j ^r^' ic* öl^^ — ^ '-^ 

Jj SJhJi\ ~~\ -\_ä)1 i^UL^ yc3 ^LoJÜl ^5A.^j jLt""^^ 'Jj^-'' -^^ •»-^l^j ^IaöJI 

Ijijlv- L« Liajl I Juleis ?y^' '-^ iS' J'-'^J &ii"^^^3 j»ji'ui>s^l I*j^iAj Ij-ijw (C^ju »Aj^jJlo^ 



ajoutent ä la ßn de la litanie : « catechumenes, sortez », c'est la moitie de la 
litanie — synaptic — c'est-ä-dire lorsqu'on prononce la fiii : « encorc et 
cncore demandons au Scigneiir la paix, pour son aide, pour le salut de Sa 
Saintete. pour le salut de tout le monde, pour cette saiute demeure, pour le 
patriarche et pour les empereurs et pour leur aide » et « avec sagesse », et 
tout cela pour quo le pretre puisse lire la priere. 

Apres la conclusion : « encore et encore en paix, pour cette eglise, pour 
la salubrite de l'air, pour ccux qui voyagent sur la mer, pour notre salut et 
l'aide » et « avec sagesse », tout ceci se dit pour que le pretre finisse la priere. 

Leur attitude reservee et leur humilite sont grandcs, leurs genuflexions 
jiisqu'ä terre sont frequentes, je parle des pretres grecs qui officietrt ä la 
messe, priiicipalement au moment de la communion. Le diacre portant le saiiit 
Corps prononce le nom du patriarche. A la fin de la messe les deux patriarches 
distribucnt du pain benit, chacun d'un cöt6. A leur sortie de l'eglise, les porteurs 
de chandeliers disent egalement ce qu'ils avaient dit le soir, et les Janissaires 
du patriarche les precedent continuellement avec des... et des bätons. Dans 
le meme jour, il y eut encore un repas et nous nous cn retournämes le soir. 
La veille de la feto de saint Demetrius, nous assistämes aux vepres dans 
Teglisc de la metochie de Saint-Georges. Le matin, le patriarche envoya chez 



90 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [90] 

Ia^X ^j^ j^*-jJü)I i-U i^ üÄA _.-£• ^l^j^l p^ij ^Lj '^L»j'' |_5^i (^^^ ä=r^" 

i_-:.<jl ^l xs. ^\ oL^^l (»L«! ^y ^jy^^ i^-l^J '-*^ 'S.^tv^i "-^^ >^^: i^i 
_j^ drf^i ^^j lAriJi ---f- LS* ^-^3 ^-^' "-^y^ r*^" </-> ^>- i>:^ 

J; ^,11« ,3-^ ■äk.lliUj »ij i_.li-i j»«k« <.6j r-J->o Ia». i^gJlfr ^2^^ t5^Lr^ ^-^ (>: 
1. L habet : Jo;^-^^ — 2. L habet : ^4)=^^- 



lui deux de ses metropolitains, le protosyncelle et Tardichiacrc, pour le con- 
diiire ä l'eglise ; et apres la messe, il Temmena dejcuner avec lui. 

HcnKtiriue. Tous nos freres grecs, oü qu'ils se trouvent, fönt maigre ä l'oc- 
casion de la saint Demetrius, depuis le l" octobre jusqu'au jour de sa feto, 
ainsi qu'ä la saint Michel, depuis le i " novembre, c'est-ä-dire pendant huit 
jours. Ils jeünent pour beaucoup d'autres saints dont nous parlerons si 
teile est la volonte du Dieu Tres-Ilaut. 
fui.iGv". * Voici la description de l'eglise patriarcale de Constantinople, dedice ä 
saint Georges. Devant eile il y a la cour d'une maison autour de lacjuelle sont 
des arcades du cöte du nord; les secretaires du patriarche ont lä leur habita- 
tion. Devant l'eglise il y a un grand peristyle 011 l'on deseendpar des marciies. 
Fille [l'eglise] est catholique, avec trois parties, toutc cn voiUes avec unc 
deaxieme porte dans le peristyle du nord. Dans cette partie se tiennent les 
femmes; elles ont une porte de sortie sur la rue. L'6glise a trois sanctuaires 
et est imposante. Les Stalles du clioeur depuis le devant du sanctuairejus([u'ä 
la porte de l'öglise sont sur d'autres rangs egaux, et derriere il y a encorc 
«rautres rangs, et de mcme tont autour. Le tröne du patriarche est dans le 
rang de droite dos Stalles, il est trcs cicve, avec dos uiarches; il est incrustö 
d'un Iravail tres fin. Vis-ä-vis, dans le rang de gauche, il y a un tröne pareil 



[91] PREMIKRK PARTIE. - LIVRE 11. 91 

^loLjJI Ulj 'U-AiuJI ^LäJl ^5 ^•aJi <j1o_ ■üJAlJi iJjLi f,^^ j'^^ if^^ j^ 
jb ^\ *.— J-Ol 'li-9 J^.. -C z\j^' s-^-^-U ^'1>^ ^l; ^LjÜI JJ^\ LLs ^j 

V. Jji=l 'l^^ "Sr^J JoL,-JtLj j*;^!^;-;' 0_^ |_^iül J~>^\ <-^ ^ \>JyJZA^ ^Ul 

aJ»..«' iJZa (V-ii ^*J ü«— ~« i>jx^^ (_5*-J' ijL>>o i^C« ^,,<i.»-l -='*!}-» ^^-'jj (»^ly' *-.>aJ 

jL,L^ (^T^^J ij^ Cjijj-u >^Lr^ O")^' ^^i>^ \^i j^^ ^.L^ jmj>] Ijii-ij Lko "C^L- 
Ulj 'O f^iV-xio; Me^y^we'^c'K *J^ ^jlx^j 4.-1! *y^-^" (^ÄJl ^^.»ijlj J-iJl ^clc-l ^f.<,s>- 



mais plus bas pour tout patriarchc cn visite. L'iconostase est vaste. Les icones 
des portes du sanctuairc sout tres grandes, dies ont ete peintes ä Moscou. 
L'icone de saint Georges, d'un travail artistique, est placee ä droite de la 
sainte Vierge. Les chandeliers sont grands. Le lustre, qui s'appelle « choros », 
est en cuivre jaune, ouvrage cisele, travail de Venisß, qui ressemble ä celui 
du Saint-Sepulcre. Les sanctuaires sont vastes. 

Derriere le sanctuaire ä gauche, il y a une porte pour la bibliotheque; de 
lä on sort derriere l'eglise dans une cour qui aboutit ä la rue, cela pour 
rendre service aux pretres qui ainsi n'ont pas k sortir devant les gens. 
Dans l'arc cintre du sanctuaire meridioual sont les iconces d'Abraham et 
de Melchisedek; la barbe de celui-ci est blanche et plus longue que celle 
d'Abraham, sa tüte est enveloppee de rouge comme le prophete Daniel et ses 
cheveux sont tombants. 11 est vetu d'une chasuble comme saint Gregoire, 
eveque d'Armenie, d'apres le rite armcnien, il porte des ornements brodes 
d'or. II tient entre ses mains une sorte de navire blaue rempli d'une liqueur 
rouge comme du vin. II y a lä aussi comme trois pains blancs ronds qui por- 
tent des croix, c'est-ä-dire sur le pain et sur le vin qu'il a offerts ä Dieu. Au- 
dessus on lit Finscription : « lejuste Melchisedek ». Au-dessus du sanctuaire 
sont les peintures du patriarche d'Alexandrie, le Christ se tenant devant lui 
sous la forme d'un jeune gargon sous une coupole portee par des colonnes, 
avec son vetement dechire. II lui dit : « O Seigneur, qui a dechire ton vete- 



92 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [92] 

J>^ bj^ ■^^/'=^i ^y^. j^ ^J bj^ ö^ Jt* 'S.'H ^^*' J— «1 -^^J 

♦ fol. I7r. Ij^U ■^_-'^9- (^jlj>-i (^ di-jLij «jlji- iJi-U!l \^ ^Ic 4_^<3l sJLa i^i ~sj 

(^_-^j ^_^ i3:.-^'' AU>-ijVl ljlf>-J lijli-ils i^L« "^dJ^lj ü i^^ÄuJI Lila J^^-^S iL_a-l 

j_y'lj % IjLOj AÄ;;=t-=> SaaLlH 4^i3l K^_J^\ 'a.^ «»J ^Ul Jjjc^lj ^_yVl v^L" 

4j jt--^l IjA-*- Ijlsij ^JJl i_j^l>i]| i_Ä-Ä." <)i-b JoA». iJäLs '»iJjäJl iÄA iJi" ^jj 

1. L habet : Jus->. — 2. L habet : jU>t. — 3. L habet : ^j^]. 



mcnt? » El la reponse sort des levres du Seigneur : « C'cst Arius, cclui qiii 
est tombe dans la bouche la plus ba^^se de l'Enfer. » 

Quand le prctre se lave les mains dans un petit bassin en marbre avcc 
reservoir, l'eau lustrale s'ecoule au-dessous dans un autre bassin supporte 
par une colonne. On a peint une icone semblable aussi dans toutes les eglises 
de Constantinople et de ses environs et aussi il y a le bassin susmentionne. 
La chaire est placee au nord au-dessus du tröne du patriarche d'Antiochc, 
comme nous l'avons dit. 

Dans un coin de l'cglise, a droite de l'entree, il y a une chambre avcc des 
f<ji.i;r. fenctros* grillagees ou sc tronvcnt les corps des saints. Nous demandAmcs ä 
nous prosterner devant eux et ä baiser leurs reliqucs. Ils nous llrcnt entrer 
et les arclionfes vinrent, apporlant les clefs. Ils rompirent les sceaux 
et ouvrirent los trois obAsses. Dans la premiöre, le corps de sainte Thöo- 
phanie, rimperatrice, ötait dans un 6tat parfait, comme eile etait, avcc sos 
vetements et ses souliers aux pieds — nous les avons baises. Ensuite le 
corps de sainlc Asmonee, la mere des sept Macchaböcs, femme äg6e, dans 
un etat parfait avec ses vetements boutonnös ä la fat^on des vetements 
curopeens. Dans la troisicme chAsse, le corps de la sainte martyre Euphi-mic, 
en parfait etat, mais saus tcte. Dans un coin de cetle chambre, ily a une cage 
en fer, dont l'entn'c osl au milieu de la colonne, c'est 1j\ qu'a 6te attache et 



[93] PREMIERE PARTIE. - LIVRE 11. 93 

IjSLk.« j^^'i ^..^ySJI lj.ilcl |»j;l J' C« d.'_,A'>>' '^^3 '^-'Jy. ^Jr^J^ ^'^'^'' '*'*-^' J^ ö'~r^^^ 

^J^3 

j^ jl_^.-»Jb <4;i/^' ^jy^ L^lj d/kJI ^-It üji-^b (^-'^'j vjU'jVl ^it J.,U^J1 
^L ioLäJl ,_^_jia.«l jj^J '-^ir^^ ^^ ijri 'j'^ "ULiL)! J^_^ia.«l A.^ ^^\ C •t-^^äT 

jJuJÜi v-JIäJi ^J5j J>>_yJi ,_jL ^)^ Jl ^.w-LiJlj ^y/ _iSVi 1 äJLZi <l..»j ij_^J 



flagelle Notre-Seigiieur Jesus-Christ. Sa couleur tire sur le vert. Au-dessus 
il y a une lampe allumec jour et nuit. Nous avons baise la relique. Uue des 
personnes presentes nous apprit que l'autro moitie se trouvait ä Rome et 
qu'elle l'a baisec. Ils remirent los sccaux ä leur place et nous sortimes. 

Rcmavque. Ce sont les pröposes de l'eglise patriarcale qui ont la garde des 
tresors et non le patriarche lui-meine. Ils regoivent les legs pieux, mais les 
dettes sont ä la charge du patriarche. Le palais patriarcal et le divan sont ä l'ex- 
terieur plus haut ; ils dominent Galata, Sculari et la mer . etc. ; . . . il y a une porte 
secrete qui mene k la metochie du Saint-Sepulcre, car entre le palais patriar- 
cal et la metochie du Saint-Sepulcre il y a une porte de la ville dans le 
rempart intcrieur . On a l'habitude, quand on ferme les portes de Constantinople, 
le soir, de donner les clefs k l'aga de Janissaires, c'est pourquoi, ä cause de 
l'eloignement de l'endroit, on n'ouvre les portes que le matin. Parfois nous 
venions frapper ä celte porte secrete et nous entrions dans l'eglise. 

La demeure des prelats est ä gauche du patriarche vers la porte. Sur sa 
droite demeurent le clerge et les chantres, pres de la porte du sanctuaire; 
de meme le c6te du nordest reserve aux pretres et aux diacres. Sur la porte 
du sud il y a une icone du cherubin arme du glaive flamboyant. 



94 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [94] 

^J^\ i%si •L-_<3 LL^U. J^\ ^.•■}a:!a....fl1l Syji^\ J^j\ jjUlj ^\ J^\ <dJj 
je* |»jJ<.«.2>-l Uj>.«Jä)J ^lAiJl U,Ua-_i jli (»j-oA» A^lsr^l liUT ^ OUA ^UXJl A^Jb A_L^ 

(J«1j^ ^_>i>^j JU«.Ü L'-Cä ^\ lyU dJy_^kJl L'A.»- ij"^-^ \^^y^s=-v )ijpxJ\ Ä^—ixJI 

0£6(pi'Xo? ev "XpwTw TCKJTO? ßaGtTieü; ptü[/.aTojv x.al aÜTOx-pa-rtop' /y,»_.=>c.-_Jl ^3JJy 

♦ foi.ivv». ojjl^ j!>l] Ajuj i^LJl w-Lsjt iijL»£ V« j^l lijti ^U-j ^_5AÄI!1 »^ jj 

0£O(pO,oc ß«i7i).s'jc p(.)rj.-/uov x.al ' a'JT0/.pzT(ü3 ia5va jLxJI ^__,=>-VL -j'li »JL <u^' Ac. 

1. L habet : j'jjjb, erreur du copiste. — 2. L oni. xai. 

II. — QouM Qapou. 

La veille du dimanche du Riche et de Lazare, le patriarche de Constanti- 
nople invita notre Maitre ä l'eglise pour les vepres. 

Dans ce memc jour, le patriarche lui cnvoya la permission, portant sa 
signature ainsi quo Celles des prelats, l'autorisant ä celebrer la messe dans 
Tcglise de Saint-Jean-ßaptiste ä Qoum Qapou, d'apres Tliabitude des 
patriarclies. II ordonna aux pretres des autres eglises de cc quartier de 
ne pas celebrer la messe, mais de s'assembler tous dans l'äglise mentionnöc 
pour assistcr k la messe celebree par monseigneur le patriarche. Ils viiirent 
immediatement chez nous des le soir pour Tinviter ä celebrer la messe le leu- 
demain : Ic dimanche matin nous descendimcs dans une barquo et fimcs le tour 
derriere le Serail du Sultan, ün nous fit voir la portc de Ronianus nienlionnöc 
dans les synaxaires. Maintenant eile est fermee etpres d'ello il y a une source 
d'eau mervcilleuse que visitent les pelorins chr6tien.s, i(^ jour do hi 'l'ransli- 
guration. 

• fcji. 17 v°. « Tlif'ophile croyant au Christ roi des Grccs et empereur ' ». * Le cötö de 

cc mur fiiit partic de la construction de rempcrcur Thcophilo et son nom est 
ecrit jusqu'a maintenant en grands caracteres grecs : « Theophile roi des 
Grecs et empereur ». Pres de Qoum Qapou, parmi les tours qui sont sur la 
nicr, on nous lit voir la tour de renipercur Lron lo Sage, dans laquelle il y 

1. Celle jjlirasc csl iiiulil«'. 



J^_,kJI |>;-fM Crr"^ i>yr~^'^ ^^ ö:^ ^ pv"^ •^^^ ^-*^ ^'r' ^ ^^^^ ff 



95] PREMIERE PARTIE. — IJVP»E II. 95 

jl J\ Uj Vj Cwb ^Si\ ^ L^^j;. l^-.^ jl^ ^>1 ^_5AJ •^^ j^ "^^ Ij^i 

^ -ui ^3 U^l'L V^^— ^. ^' i-»^*3 o"-^'"^' vl_^bl j—l y> (Jit !yi|.i9 ^aL, j^L 

l.,.jS^\3 (»t-jj^ ijb j3jJ L^3 j~:Ü jv«>a:& i^j IjL.Lr^ -^J lj..Lc3 j»j!3':.« ^1 lijA^I 
^ jy^ J>\.J> \^X^\ ^\ ^It di;i|j IaJI, l:<;3 iA.Jl j»--l ^b ^bl 

1. L habet : J-i'-s^r:^. — 2. L habet : ■^Jd\jJ:JS\. 



avait un miroir raerveilleux qui fut brise par Michel, fils de ce Theopliile. 
Pres de cctte tour il y a une ancieiine mosquee. On dit que c'etait une ^glise 
qui etait habitee par saint Jean Chrysostome. Nous coiitinuämes notre route, 
jusqu'ä ce que nous fussions sortis du port de QouniQapou. Le nom de Qoum 
Qapou ötait autrefois Kondoskale. Tous las chreticns et le clerge nous atteu- 
daient. Ils allerent au-devant de monseigneur le patriarche et le firent entrer 
dans l'eglise avec des cierges et des encensements, avec tous les Honneurs 
possibles ; une grand'messe y fut celebree. 

On a l'habitude dans tout ce pays, petidant l'hymne de « l'Axion », d'ap- 
porter au patriarche des prosphoras; il les prend entre ses mains l'unc apres 
l'autre et fait avec elles le signe de la croix sur le calice et sur la patene k la 
memoire de celui qui les a ofTertes et dit : « Grand est le nom de la sainte Tri- 
nite. » C'cst ce qu'on appelle « panagia », ce qui chez eux a une tres grande 
importance. On la porte en voyage comme viatique pour tenir Heu des sacre- 
ments, lorsqu'il arrive un accident, un naufrage ou uu danger de mort. Apres 
avoir regu le pain benit, tous les assistants mettaient de l'argent sur le pla- 
teau. Ils emmenerent ensuite le patriarche dans leurs maisons et lui offrireut 
un dejeuner. Apres avoir passe chez eux deux nuits, nous partimes pour 
visiter les autres eglises : la seconde eglise est dediee ä la Vierge surnoni- 
mee « du desert », la troisiöme, dediee ä sainte Gyriaque, sur la porte de 



lul. IS I' 



96 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [96] 

J> ^j% o^jVi '^ J^ ^-^'1 (v-^ ^ 4— .Wlj :>A^ ::.l;_^U;j olJjVlV^ 
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lul. IH r 



1. L add. : -o.vaJi. — 2. Lire : .S-^y^- 



laquclle est In cröatioii des cieux et de la tcrrc, c'est-ä-dire de « Tout ce qui 
respire »; la quatrieme, d(5diee ä saint Nicolas. Dans toutcs ccs eglises il y a 
des lustreset des symboles neufs. La cinquiemc, d^diee ä la sainte Vierge, est 
contigue ä l'eglise armenienne. — Les Armeniens out deux eglises ä Qoum 
Qapou. — Le mardi 2 novembre, le jour de la fete du sacrifice, nous nous 
rendimes devant la porte du S6rail oii nous vimes en personne Sa Majestö le 
Sultan Mohammed — quo Dien le preserve! — avec sa garde et ses soldats a 
son entrec et ä sa sortie de Suiute-Sopliie. Puis nous y enträmes pour la visiter 
dans toutes ses parties et ses lieux solitaires. Nous montdmes au second 
ctage, puis au troisieme oii nous vimes des colonnes de porphyi'c, vertes ou 
couleur de styrax ou de lapis-lazuli, et d'autres couleurs de marbre mcrveil- 
leuses et brillantes. Nous vimes aussi ses balnstrades de marbre allant d'uiie 
eolonne ä Tautre, portant des traces de croix, ainsi quo les dalles et les mar- 
bres; ses pierres precieuses, la fontaine sacrec et les amphorcs de marbre 
transparent. Cliacune de ecs ampliores, quatre hommes n'auraient pas sulli A 
les cntourcr, taut ellcs elaienl enormes; leurs orificcs etaicnt etroits. Nous 
admirAmes la magnilique blanchcur de son marbre, la hauteur de la coupole, 
rimao'e de Notrc-Seit,nieur Jdsus-Glirist benissant au haut de la voilte et 
du sauctuaire ainsi que la multitude des croix sur les inurs et sur les balu-^- 
Irades, les categories d'icones, les fetes ' de Notrc-Scigncur au haut des 
Cüupolcs, la Variete des couleurs de la inosaique divcrscmcnt colori6e, le 



[971 PlUiMlKKK PAKTIE. - LIVRK II. Wl 

Jiat \^~^ V J^'i ^JL«3 lj<C.jL-i \j^J 1^'^ ^^'^^ O"'^' jU-^ (viic-3 ^1^,1 »-^3 

*li>-^'l ^iaMjJ ijLjJL j^i-JI a.».a-! jlkiül »j^,*Ji «L=- ^^-^ Lja-yL" L^-Jt« l^J 

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K.jitS-^:>- ZJ^^Y^>- i^LJUjj ijl^^ij J^y~= TT*" ("""-^ ly* 'Oii-l^j v*^- ^^ ^ULa>- 



jLk,l il Ä^la- jjlv« »^ 



1. L habet : ^ULa»., orreur du copiste. 



grand nombre de ses portes, la grandcur des croix d'airaiii, la ninltiludc Je 
ses fenetres — et que dirai-je? — il n'est pas possible ä l'esprit hiimain de 
decrire toutes ces beaules en detail ' . 



III. ^ At-Mridan. 

Do lä, nous partimes pour visiter la mosquee du defunt Sultan Ali med, 
connu par ses rebellious. Las dalles sont en marbre brut, non poli. 

Nous contemplämes ensuite le panoraina de Constantinople, eonnu dans 
le monde entier, At-Meidän, ou Hippodrome. Nous vimes une cbose adnii- 
rable sur une pierre, le nouveau UikUi lach. Cet obelisquc est un monolithe de 
couleur brique rougeätre grave sur les quatre cötes d'images, de figures 
d'animaux symboliques et d'enigmos philosophiques. II repose sur quatre 
cubes d'airain. Au-dessous d'eux est un soubassement blanc d'une seule piece, 
dont la longueur, la largeur et la hauteur sont de quatorze empans de cliaque 
cüte. II porte des figures sur ses quatre cötes. Qhaque cöte diflere des autres, 
et sa hauteur de la base jusqu'en haut, c'est-ä-dire en comprenant la colonne 
et le piedestal, est de la hauteur des minarets de la mosquee du Sultan Ahmed. 

1. Sur Teglise de Sainle-Sopliie (!l siir los autres eulises de Conslantinople, cf. 
Charles Diehl. Mniuinl d',irt byzantin. Iudex, p. 'JIG, vol. II, Paris, 192ü. 

PATR. On. — T. XXII. — F. 1. 7 



98 VOYAC.R Dl' PÄTRIARCHF: MACAIRE D'ANTIOCHE. [98] 

4JD vlJjl« O^.-« -LL-Ic- t^Iä-' V -^»-«^^ ^•^'^^ ^^-^ jlAiü A,_ää!| iAA \C. A^J 
AäTI? iijJ,»^ ,S'l~=- i;"JJ Z^y^ K-.\j ^3 ^_^Ä<t ^y«^ (_5-'^ ''^J^'^ iVi -J »^''-^ >1jM>' 

jL»l£- jUaL.' {•i3-_J' jl l«.»ij Jv— >^ iA»-lJl ciij>-J 'CA^ll >l;l(^ ^^^ »5>tJ Ij^Uil 

<y>Jl dUr ^ <,j^\i IjJli-j :l,LJ1 jl l^^^j a=-1jJ1 di:^)! lÄ* jVl ^^-^ L».li CJJ 

^•aJIj ^- jv' :^y^^'^ J^ ''^^^ ^^V3 ^^^ ü^^^ J -- jVl Jl <--kk-i.l| 

C_ä)1 o'4=^V i^l^li ^_5J1 J;.i.-^,i_uJ! Ji-Jo i^JJl yb ^iliJlj 
Ji-b |j^3 rJ^ (j^ JoilJI (jÄoVl c^^v^l; '\^ ^Vl jl_y_-*Jl J«^ J ^_»-«' Ljs-I 



A un jet de pierre de cette chose admirahle, ii y a une grosse colonne de 
bronzo, torse eii trois, comnie s'il y avait trois serpents ou dragons enroules 
les uns autour des autres. A son sommet il y a trois trtes de serpents tendues 
on avant, les giieules ouvertes vers les trois cötes de la ville ; la mäclioire de 
Fun est hrisee. On pretond que le defunt sultan Osman l'a brisee avec une 
massue. Elle pmlege conlre les serpents depuis le temps de rempereur 
Gonstantin, pour les empecher d'entrer dans la ville. Lorsque cette mächoire 
fut cassee, on dit que les serpents entrercul dans la ville par ee cöte, mais 
qu'ils ne firent pas de mal. 

A un jet de pierre de l'obelisque il y a aussi une antre tour construite cn 
pierre ap[)i'lee aussi IHkiU Täcli. 

Nous partimes pour visiter les tombeaux des sultans ottomans, depuis la 
conqucte de Constantinople jusqu'aujourd'liui, avec le tonibeau du sultan 
Mourad et de ses dix-neuf enfants tous ötranglös, enfin celle de sa niöre Keuse 
HAson. Nous circulAnies parmi lours tombes. Au-dessus d'clles, il y a des 
lampes d'or et des objets rares qui etonnent l'osprit. Le gardien, pour un 
pourboire, conduit les visiteurs a rinterieur. 

Les tombes du sultan .Mustafa et du sultan Ibraliim sont dans un autrc 
cimotiere pres de la muraille de Sainte-Sopliie sur le cliemin du Diwan. Rllcs 
sont bätics n\ marbrc trös blaue, tres epais ä l'exterieur et ncuf i\ l'intörieur, 
d'un aspi'(;t agreable pour les spectateurs. Vis-ti-vis d'ellcs il y en a une autre 



:9(il PRKMIKHK PAHTiFv — IJVKK ll, 99 

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semblable. G'est lä que passe le chemin du Diwan et qua soiit les scribes des 
requetes, puls ceux qui echangent les turbaiis, c'est-ä-dire * des... et autres ä ♦ foi. isv 
leurs proprietaires. 

Ensuite nous partimes pour aller voir Asidn Khane. G'est une eglise basse, 
ancieniie; il y en a une autre elevee avec coupole au-dessus d'elle, aj^ant 
encore des figures en mosaique, puls [des Images] de Notre-Seigneur et des 
quatre Evangelistes, qui existent jusqu'aujourd'hui. Dans l'eglise basse il y 
a des animaux sauvages, dont quatre lions, les uns d'Algerie, les autres de 
notre pars, quatre pantheres de divers pays, un chacal, un renard, trois 
loups, une hyene, une tele d'elöphant ancien, l'image d'une giraCe anciennc 
avec un crocodile ancien. Dans cette eglise basse tres veneree, dediee ä 
Saint .Jean-Baptiste, on voit encore les Images en mosaique bien conservees. 
On pretend que c'etait l'eglise de Saint-Jean Chrysostome. Pres d'Aslän est 
]}jclji) Khane. Sur sa porte est suspendue une tres grande botte et une autre 
semblable sur la porte de Top Khane, ainsl que d'autres curiosites. 

IV. — Le Serail. 

Ensuite nous enträmes dans le Serail — que Dieu en protegc les habi- 
tauts! — A l'intcrieur de la cour est une eglise appelöe aujourd'hui Silf'ili 
Khane; rien n'en a encore cte detruit, son autel et toutes les autres choses 
sont festes en etat, mais ses portes sont fermees. 



100 VOYAGK DU FATRIAHCHE MACAIRE D'ANTIOCHEl. [100] 

_Jlj _/LJ\ bUsS jj-_^ d.-^ LUl ioJI j^Aj ij^«J^ ^^ -^ (^^ ^*^JJ 

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Ia_,.>^ jl^ ^:]\ ^Aj jLujcJl Lr-^ jU |V-1 j_5->^ i,r:i-^ *-r^ '^^ ^^ OtiJ 

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Ji-^ '^^ jy ^ JoAäJI Ia^^Ls .W-n ;• >Ü lyl^J C)iaii 't'L''"^ ^^ ^''-* 

^i ^3j _^^il diL.li ■''j.U:>^...» Ij.L:1 ^11 J^l^ ^L<r ^äa ji (.jjl Uj^l 

«L_^J1 l;-u« d'b^"^ (_r^-> '^' ^-^ ls^""^'^ l/UUl 

1. L habet : ^LIjLvJi.M. deux mots reunis: erreur du copiste. — 1. \. om. ^'i. 
— 3. I. habet : ^^J^Ji-i. 



Nous arrivi'iiiies ä la celebre 'coupole, la Sublime Porte, oü siegent les 
juges de l'arniee et les sept vizirs. Le Sultan les regarJe par une fenötre, 
c'est \k qu'ils composent le Diwan ponr le monde entier. Entre le Serail et 
Saiute-Sophie il y a une petite eglise dediee ä saint .lean-Baptiste, celle que 
l'empereur .lustinien avait bAtie avant Sainte-Sopliic et oü il sc reposait. Elle 
est restee dans son etat. 

Nous vimes aussi le troisieme Dikili Tdclt qui est dans Tawouk Bazar pres 
du i)ain de la Walide et le Klian des ambassadeurs. Ce sont des niargelles 
superposees et s'elevant fort haut, dans le ciel, mais elles ont 6te fendues par 
le fcu, c'est pour cela qu'on les a cerclees de Ter. On pretend qu'un certain 
juif a döclare ä un certain sultan ottoman que des ompereurs grecs y avaient 
caclie des tresors, alors il ordonna de l'incendier et robclisque se i'cndit. On 
craignit qu'il ne tombAt, c'est pourquoi on le cercla de fer de haut en bas. 
Les Grecs nous apprirent ([ue cet obölisque est celni que fit dresser l'empe- 
reur Constantin le Grand et qu'il deposa dans les fondations douzc ori\ncs 
ot certaiiies rcliques de iXotrc-Scigneur .lesus-Chrisl. 

Ensuite nous virnes la tour Ariel llaz-ar, l'une des plus grandes des tours 
nifnlionnr-es; eile est oonstruite en marbre blanc sculpt6 oü l'oii voit des 
ciiti.v, des anges et des prötrcs depuis le haut jusqu'en bas. Elle est creuse. 
Elle est situ6c dans le quartier d'Assamala. 



[101] PRRMIERK PARTIR. — I.IVRK II. IM 

^\^^ ^^i^^ J^\i <>\ ^y}^^ Or-"."^'' '-'^-"^^ '-'-^ '^^^ l/" f-?-^^ '^^■^ 

ij^ L^ iJiCft 4^L»J.JI ^^ yy ^At -cü yi£. ^'L ys.lii ^>lfc yy J\jS^\ ^^\y 
%j^j^^\ ^5[_vJl j^ jl Jr-V ctUisj bA^I -IJ \>Xj. ^Lt -::*>^J3 ,^f"' ^'^ ^ ^^ 

A* oJU ,_5b ^l l^li-b '»^1 sj_j^-uJl ^5l^_;^ ^5^^ ^^ lS'-'^' -^^ ^■^:?' ^^^ 

jb^L JÜ2.U «U jL?C >::^l^ l^l ^^^^ 



Nous demandames aux Grecs oü se trouvait reglise des saints Apötres. 
Ils nous repondirent qu'elle etait ä l'interieur d'Esky Serail, reservee aux 
femmes. Nous avions vu cette eglise quand nous etions an mer, *pres dc»ioi. lui 
Galata, aux environs de Scutari. Elle est haute et reniarquable par ses douze 
coupoles. Elle est pres de la mosquee de Soleinian; nous la distinguions, 
mais lorsque je vins pour la retrouver, je la perdis de vue ä cause du mur 
tres eleve du susdit Serail. Cette eglise est au milieu sur le sonimet d'une 
des sept coUines de l'interieur de Gonstantinople, c'est puurquoi on voit le 
haut de cette eglise dopuis Galata et de Scutari. Elle est peut-etre plus haute 
(jue la coupole de Sainte-Sophie, ainsi (jue nous la vimes pour la premiere 

Ibis en entrant ä Gonstantinople '. J'appris par le tailleur de Esky Serail 

que l'interieur en est demeure en Ijon etat, que les peintures et les icones 
en mosaique existent encore sur les murs et que personne n'ose entrer au 
Serail sans un g:uide de connaissance. Nous demandämes aussi oü etait 
l'eglise de Ghalcopratia. On nous repondit ([u'elle se trouvait sur la place 
de la mosquee du sultan liayazid. 

V. — Mosquee de Soleiman. 

Nous partimes eniln pour voir la grande et celebre indsqin'-e de Soleiman, 
uns des merveilles du monde ä cause de la multitude de ses colonnes de por- 

1. Six niuls douteux. 



102 VOYAGE DU PATRIARCllE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [102] 

jl-ulj U^lcj jLOI jyU\ l,,]=>i;j ^.:=^V1 .^iii-ilb ^'U-Jl [A^\_^t. s^ jJUli 

^\j ^jk. ^1 ^ dJ^JiJl o^ jy j'P _jAj A*?M jlUJl ^l^ ,_^ ^*:^' (*■" 
Orr^'r— 3 -^^i --L^r: ^-5 "^"^ ^-^^ w"^*^ t5^^ ^:^ J".^ i^ ^-^' ö^ ^!>' f"' '-'^ 

^^i-Jl (3^ ^L^^ ^^\ Ja-J ^9 <:;,L<JI ■U^Jl ol^-- (_5)1 J; V *J><. J\ Üi^i-lj <.Ü 

viJÜii J^3 Üal i-~^ lj.j •^;j..U ■> - . i ..... i ^ iLJI li-<^3 ä=r''~'^ ^*-^ än"'^:-? C^-* 



pliyre, de couleur vert pistache, et de la diversite de la couleur de scs 
grandes dalles, de sa hauteur et de ses miiiarets elances. Dans lu cour, 
il y a une coupole haute en marbre et des colonnes pareilles; Teau descend 
du toit parce que ces colonnes soat creuses et l'eau en sort par un dispositif 
merveillcux, — eile est plus doüce et plus agrcable que celle d'Alep. 

Nous vimes ensuite la inosijuce du Sultan Mohammed qui est au delä du 
palais patriarcal au Plianar, sur le sommet d'une colline. Nous descendimes 
du Phanar daus une barque et nous partiraes vers Khä>i Kcuij oü nous 
ctions invites. 11 y a la beaucoup de raaisons de juils et de chretiens. Nous 
visitämes son eglise dediee ä sainte Parasceve. On invita monseigneur lo 
patriarche ä prior sur la tombe de Pavlachi ' qui etait le Qapou Kehaia de 
iJasile, prince de Moldavie. Lorsqu'il l'eut trahi, le priuce envoya le tuer. 
On nous mena dans sa dcmeure, quo dis-j(>, duns son palais merveilleux 
öituc au milieu de la mer, construit sur de grands pilotis suivant Thabitudu 
des constructions de (]onstaiitinoplc. A l'interieur il y a des cndroits et des 
chäteaux qui rayissent l'csprit, uii bain tont en marbre, des jardins agreablt^s 
ä voir, une conduite d'eau en mosaique de dillercnlcs coulcurs et ügalement 

1. N. lorga, Vasile Ltipu m iiriiin.'or al inipura/idir de rasdril, liiieurcsti, l'.)!.'-!, 
pag. 28. Les ministres des priiiccs di" Moldavie ä Constantinople avaient lein- residence non 
loin de la Corno d'Or, au-dessus dit quartier de lialala dans le Boydan-Serail ou palais 
de Moldavie. II y avail aussi la residence dos princes de V'alachic souvent menlionneu 
dans des voyagcs a (loiislaiiliuoplo el grAcc a ces mcnlions nous connaissons l'endroit 
Uli SU Irouvail ce palais. .\ ciMii de ce p:iiais il y avait une pelile egliso en style byzantin. 
Non loin de Bugdan Serail il y avait Vlali Serail la residence des envoyes des princes 
de Valachie, avee une pelite ej^lise. Buleliniil Com. Mon. /sl., lOKi, p. U-IS. 



[ins PREMIKRK PARTIK. — MVRF, II. 103 

^rrt -^ ls' ^'^-y *ii-^'' j^ J^^ ^ l;jAi^lj aJ ^\i ^ o LJji j»r ^^c-Jl ^it ^_yu 

jV ^lj_Jl ^J jl-*--< ^i j'-V J' -^-^ ^^' ll«iL>J ^Jl ^ C'L» ^ ^>-^ (V 

Ir^ 0*3 (nr^ T^'^'J -^^ J^ ^^yy^ V^J <iiji='::'_ ^Ül * -Uä^ jlkL_ll i^,-:s=- iU-'ful.lyi 
jUaL- ij.>-_^l j'j ^^yL- i.50 Üi-J jV* "Csltc J"_,rC- i^kW jV—J (V»ÜaC.l Ja^l U 

IajA> UL i^gJI .5^.« 

d-»- <;U- ^jv' ^5]l jv' <;u*jyi ^1 j 4ja,u!i ^iij UL „y«' iu^ ^_^(1 ü^: i^j 

^>tö i_$^l »sIa^j Jfv'^ ^ (j-^ *'■*-" '-J^^ ■ClisjUl ^ ^^J ^[y>i\ lj.l«ju 



unc eg'lise, et tout cela surplombe la mer. Nous descendinies enfin dans une 
barque qui nous conduisit ä Fextremite de la mer de Galata. Nous enträmes 
alors dans la grande riviere d'eau douce jusqu'au bout, de lä nous montämes 
pour visiter la fabrique de poudre de Kai' Khdiic semblable ä celle qua nous 
avons vue ä Bor, merveilleuse avec des roues se mouvant par l'eau. Get 
endroit s'appelle Käylnit Khniih. 

Nous sortimes de lä sur la terre forme et nous nous dirigeämes vers Aq- 
Mi'iildn ou le champ de tir des fleciies, oü il y a une colonne dressee dans ce 
but. Ce cliamp de tir est une place verdoyante et d'une vue delicieuse, qui 
domine Constantinople en face. C'est lä que les cliretiens celebreut les 
Päques avec joie. On nous apprit alors que l'annee derniere, Sa Majcste 
le Sultan Mohammed* — que Dieu le garde! — vint et dressa sa tente avant * foi. i^v 
la fete et eut du plaisir ä les regarder. II y prit un tel plaisir qu'il leur donna 
deux bourses de mille piastres turques. Nous euträmes ensuite ä la Takieli da 
Silalular du sultan Mourad, qu'il a fait construire recemment. 

VI. — ■ Galat\. 

De lä nous descendimes au quartier de Qdsim Pdclid, puis ä Galata, ensuite 
ä Top Khane, puis ä Ters Klianh oü Ton construit des navires. Nous vimes ä 
Top Khane des canons qui peuvent conteuir cliacun un homme et d'autres 
Canons ä trois chambres. Nous revinmes ensuite pour voir les navires mer- 
veilleux de l'Aiigletorre et de la France et nous nous en retournämes. 



104 VOYAGE DU PÄTRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [104] 

i^ÖI Ijllp-j <klU]l |^> ^,r-?'-'?" -''^ '*~r^ lS* l/-*^3 -^^ (^ tr^. j' ^-^j"^' »-'^ 

ijl« ^ lUaxJ ijJa^VI ^-^:> ^ j«I.'jL-.Vl L^-J-^ ^pi^J ^' ^J-*J* AjaAi!! jLxJI_J 
r"J^ ^,«I-V« jLsj iiUI ^.„-o- byVl '_^^J ij^A.Jl <U~xJl ^^13 "''iJaii.ll ^1 (»j^Ä^ 

L»-ij »M «^«-..»-'l aJVI i^lj jg^' i*—! ,e^ '*~^' *—•-$ |J' U--k< Ijl«) 

1. L om. ... »-ol^ jU. — 2. L habet : iaijüt. 



La veille du dimanclic, nous chantämcs Ics vepres daiis la metochie et le 
patriarche de Constantinople onvoya ä mon perc une permission commc la 
premiere poiir qu'il püt aller Ic Icndemain celebrer la messe dans l'eglise de 
Saint-Georges ä Galata; les pretres et les notables de ce quartier Tinviterent 
aussi. Le lendemain matin nous chantämes les vepres (= matines?) dans la 
chapelle de la metochie. Nous partimes avec eux dans une barque vers 
Galata et l'eglise mentionnee; saivant l'habitude ils vinreut ä sa renconlre. 
11 y celebra une grand'messo, qui fut suivie d'un grand repas. Et moi je 
partis pour visiter les aulres eglises de Galata. 

La premiere eglise est celle de la Vierge, Chrysopigi, ou « la source 
d'or » ; ä l'interieur ily a cette source, uu puits d'eau oü Ton rcpresente dans les 
icones « la Vierge assise dans une piscine », de cette source jaillit une cau 
guerissant les malades. Cette eglise est vaste et ä l'interieur il y a deux 
grands ciiandeliers de cuivre jaune. On nous apprit que le patriarche Karmc' 
fit faire les chandeliers de l'eglise d'Alep d'aprös leur modele. Le tout est 
im ouvrage de Venitiens. Au dedans il y a aussi une icone vcneree. 

De lä nous nous rendiines ä une troisieme Eglise dediee i^i " c'est-ä- 

dire la Mere misericordiense de Dieu, et ä saint Jean le Theologien, dans 
laquelle il y a trois grandes icones de Gröte. On y voit une peinture de 
l'Apocalypse de saint Jean et les sept chaires, au-dessous dcsquelles ses deux 

1. I'lulliyiiu' Karmc, cüinmencemetit de inai l(i.J'i-au coinineacomeiil de dec. 1()34. 
— 2. Mnnqiie le iiuil grec. 



105: PREMIERR PARTIK. — I.IVRE IL 105 

<^j,yjVl jj_>li^ Ji" j^ c^\^ pJit 4™^ ^\ L^ [^i 4.A^Jo' i^i J:.^ L^j 

^1 Lrl (v" l«jl-?-^ I^j rc-;— vJ^ ^^"-4-- (^1 (_5^ ^vi/^ '^.'-' *— r^ ls^' ^r^ f' 

j_j.b i»~.l;' <_~:^ ^1 J ijri^y^ -»^ (^' cS^ '*^^" *~^ UjL=-l lj.3 jl-ujiJl U3-y__ 
^U-U 'UfcJ^ '^^J^^^:J zX^*^\ zXy^ i^y^i ^y^i >^±ä]1 ^»^«^^^^^3 ^aJJi jU jv-i 
l^j^ l-V^J '^^ lS* ^>^ ^^ Jji*" * ^^^ ■«i/ÄJl E^^ *™r^ 1;aaU j»." ^jli>- ♦ fol. 20 r 



disciples Fenlerrorent. Noiis entrftmes dans Teglise, l'uiie des plus grandes 
eglises orthodoxes de l'empire, qui est maintenant en la possession des 
Jesuites fran^ais. Elle est ancienne, tres haute, toutes ses peintures sout en 
mosaique coloree, les fetes de Notre-Seigiieur sont expUquees en grec. 

II y a un clocher eleve et ancien. 

Nous partimes ensuite vers la quatrieme eglise, voisine de la precedente, 
dediee ä Notre-Seigneur Jesus-Christ, ä l'interieur de laquelle il y a uns Fon- 
taine sacree. Nous nous dirigeämes ensuite vers une cinquieme, dediee ä saint 
Üemetrius. Sur le mur de la porte est peint : « Tout ce qui respire », c'est-ä-dire 
glorifiez le Dien du ciel, toutes les creatures, les animaux, le ciel, le froid 
et la neige etc... '. 

Nous visitämes une sixieme eglise, dediee ä la sainte Vierge, situee aussi 
pres du rempart. Une septieme eglise est dediee ä saint Jean-Baptiste; ä 
l'interieur il s'v trouve une fontaine sacree. Une huitieme eglise est dediee 
ä saint Nicolas, ensuite une neuvieme est dediee ä saint Jean Chrysostome. 
Toutes sont en poutres avec des toits ornes de symboles, le lustre est 
dore ä l'interieur et ä l'exterieur. Nous vimes ensuite l'eglise des Frangais 
qui avait ete incendiee. * Elle egale Sainte-Sophie par sa hauteur, sa grandeur, * fol. 20 r 
sa forme, ses peintures ä Tinterieur et ä l'exterieur en mosaique doree ainsi 
que les fetes de Notre-Seigneur. Au-dessus de la porte est l'icone de la 

1. I^s, cxLviii, 1 et seq. 



106 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [106] 

jcij A..:,.L.:L äH ^ (»Jic- Jlj^ ^A»- ,_5>'Üi J;i/^' ^>-^^ (_§* ;_5J' LxijVi ^iJj 

jUl c~iDj (*1 v"'^ 'tj.J^ b'^^ i«^ ,3^^ ^1/=- (V- '^-^■-■- 'b «-äLUI \jj^^ LiL 

^Dj ^Ül ^^^^' lyis ;j.ijl ost^lj jl_;-»Äj C'^ii-3 J^j— ' t^"^'^ ij^ L«..ltj jjl^l 

J^ ^bj VI jU3 ^^ 'U LJ jUL Ijil; JWL; ^<l3 li^M; ^^^ ^Ül y L% ' cJU 

1. L habet : ^j=^ pro C^Jla., 



Dunnitioü de la Vierge en mosa'ique; sur ses murs toutcs los inscriptions 
öont europeeiines. A l'interieur il y a quelques petites eglises en ruiue 
aujourd'hui et abandonuees, qul appartiennent aux Frangais. 

VII. L'iNCENDIK UE CoNSTANTI NoPI.E . 

Le mardi soir lü novembre, uu grand iuceudie eclata ä Gonstantinoplc. 
II dura jusqu'a mcrcredi soir. Tuut le centre de la ville Tut brüle, c'est-ä-dirc 
les marchös, les iialles, cl l'incendic gagna le quartier de Qoitni Qa]>ou, puis 
Onzuiin Triiarrlii, cusuite Mciilaii Qdlir Clioiilinuii . A ce qu'on pretend, le feu 
a ravage de quarante ä oiuquaate mille boutiques et vingt-ciuq mille maisons 
d'habitatiou, trois cents foursApaiii, uu grand nuinbre de bains et Ircntr-deux 
caravanserails. Kluin EHnusri/ fut hriilö avcc tout cc qu'il contenait ainsi 
que le Khan ilr Hiri/ l'ärlid. Les sapeurs et los soldats de la garde se voyaieut 
impuis'sants ä oouibatlre i;elto devastation; ils appclorent le peuple ä Taidc. 
Lo l'ou volail d'uue place ä l'autre comme un oiseau. — Ouant aux cinietiores 
et aux fontaines do niarbre, ils sont en trös grand nonibre, de meme dos 
sommets de miiiarols. — iNous avions vu liiov des marcliös, des caravanse- 
rails, des 6difices, et le malin la terre etait devenuc desorle, le spectateur on 
plourait. Tout ce qu'il y avait autour etait i^ dnploror — que Dien cousorvo 
la prosperite de nolre pavs! Aussitöt apres, on invita les iiabitants ä rocons- 
truiro; il ue s'ocoula pas um luuis tpic loul reviuL a son aucieu etat, qu'il y ait 



[107] PREMIERE PARTIE. - EIVRE II. 107 

i j tjJL« („L-UJI i^j^ L«jL»-l L) _j Lu jj3 i-*~Ji \ .' vJ Ll«j a^I»- 

O.531Ä (»J^ 'LgjAj ly«_,.«.=" J'^^^^ iAi>- aJU. OL.it> »J iAj ^x— «Jl ljj..,^w ^\ Ai. ,c-*5 



A=- 



1. L habet : J^l 



cu ou non d'incendic ou autre chose semblable. Goramont poiivait-il en ctre 
autrement sous l'empire? En ce jour j'ai visite la sainte et celebre eglisc de 
Saint-Nicolas dans Aya Qapoit, ou la porte de Sainte-Euphemie, qu'on a trans- 
formee en mosquee. De \k j'ai visite Teglise de laVierge, au-dessus et ä l'in- 
terieur de laquelle il y a une celebre fontaine sacree qui guerit les malades. 

Le jour de la fete de saint .Jean Chrysostome, je suis parti pour Top Khane 
et de lä j'ai loue une barque et me suis dirige vers Qiz-Qoulesy ou « la tour de 
la fille ». Elle est bätie sur un petit rocher au railieu de la mer vis-ä-vis de 
Scutari et noiis avons bu de Teau douce de la fontaine qui est lä. Nous nous 
dirigeämes ensuite vers QacJi/ Keiit/ ou Chalcedoine. J'ai visite son eglise 
dediee ä Notre-Seigneur Jesus-Christ; c'est une voüte ä ooupoles tres hautes 
en pierres anciennes. Ensuite je suis revenu a Srutari et ä Top Khane et a 
notre quartier au Phanar. 

Le samedi soir du commencement du careme de Noel, nous chantämes les 
vepres dans l'eglise de la metochie. Trois jours auparavant, le clerge et les 
notables du quartier de Qoum Qapou vinrent aussi chez monseigneur le 
patriarche et lui apporterent une permission de leur patriarche et l'invi- 
terent ä celebrer la messe, pour la deuxieme fois, dans l'eglise de la Vierge 
dite « du desert », cela parce qu'ils etaient heureux de sa venue et que 
l'incendie general dont nous avons parle arriva pres d'eux sans leur causer 
de dommage et parce qu'ils croyaient qu'ils avaient ete epargnes gräce ä 



108 VOYAGE DU PATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [108] 

•j^ t^l,/-" (^ir-; -''Jr— *'*' i^Lr-^^ ^^' -^ '-^'^ i^^ j^ (3* L^-^ L»,o 'ij.p Jljjbl 
•fol. 20v%^^l ^_gifc jU-jJ! ^ j^VI jI-VäJI >_»^ Ijo- J_j^ oÜLa ^^1 jV * ^^iaiV) 

LAä^ j_^I L'jjlc r ^j)^' n l*jVl (•_») j_^l (»AAIä LUilj Uij« jJ-Iaj jLjJ *Ja£. 

j-jj aJäJI bÄA J^ ^3 ^J^^ 6y3 .^r-i)^ ^J^ Jy iS-^^ '-^^ ^y '^-^ L?*J 

üAj' iV ls^-^J L'ü>-i ^rr^ ._~.La Liy *ju^ "ülc «üb A.wJji * — -S jlS ^Ji^ 
1. L habet : asjJ. 



l'efficacite de ses prieres. Nous partimes avcc cux tlimanche matin par mcr 
dans iine barque. Nous cütnes ä supporter bien des terreurs chaque fois que 
uous nous rendioies par mer ä cet endroit-lä derriere le Serail coiiim sous 
foi.2ov«. le nom de Bournou Serail. La mer y est elTrayante* ä cause du courant de la 
mer Noire qui arrive par le drtroit dans la Mediterranee. Combien en elFet de 
navires y ont fait naufrage! Lorsque nous arrivämes chez eux, ils nous 
regurent en grande procession : on celebra ensuite une grand'raesse. Nous 
reslämes chez eux jusqu'au inercredi U) novnmbrc et nous retournAmes ä 
notre quartier. 

Nous demandc\mes oü etait l'eglisc Pammacaristos', c'cst-ä-dire la Merc 
de Dieu on trois personncs, la bienhcureuse qui est relatee dans la clironiquc 
grecque que nous avons traduilc en arabc : eglise qu'ils ont trausrormcc 
en un palais patriarcal, apres Teglise des saints Apötres. Elle est sur unc 
colline en haut du quarlii r du Pliauar el i'ii haut du |)alriarciit. I^lle est entrc 
ce quartier et la mosquee du Sultan iMoliaianiod ä lui-clu'iniii. La mosquee 
aujourd'hui est belle el ä rintericur il y a de nonibreuscs sources aneiennes. 
Beaiicoup nous ont appris (|ue dcrriöro Onzoun Tcliarehi, pres de KliAn 
Wiilidi', il y a une pelile mosquee, une ancienne eglise, uvec une haulc 
conpolc carröc, au-dessus de laqucUe il y a une croix qui tanlcH se voll, tantot 
SB cachr (Icpuis On/.onn 'rdiarclii : je n'ai pas cessr de la eherclier el j'airivai 

1. (iiiarlcs iJioliI. /'An hi/zaiiiiii, V(j1. II, ludox, p. ',(10. 



!109] PUEMIERR PARTIE. — IJVRR II. l09 

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•CJ^__^J jviaC Jli_j-Ij ^l-\i' jljJI ^U jL?3 dLUI ^Jada~9 ^j /^ j^l \yS.j 

1. L habet : ^-jLu^j, erreur du copiste. — 2. L habet : ^^j^yij. 



pres d'elle. L'eglise est encore en son etat pritnitif; j'ai vu cette croix en 
nombreuse compagnie ^ et nous nous en retournämes emerveilles. 



VIII. Le nUAUTIEH d'AsS.VMATA. 

Jeudi, les pretres et les notables du quartier d'Assamata, avec la per- 
missioii de leur patriarche, vinrent inviter monseigueur Ic patriarche ä 
celcbrer la messe chez eux. Nous partimes eu leur compagnie dans une 
barque par mer, ä enviroii seize milles de leur quartier; quant au peri- 
metre de Constantinoplc, on pretend qu'il e.st de dix-liuit milles. C'est une 
langue de terre qui s'avance dans la mer, c'est pour cela que les trois quarts 
sout maritimes. L'autre quart va de la porte d'Andrinople jusque derriere le 
Phanar. Tous ces tcrraius sont en vignes, en jardins et en pistachiers. — On 
nous regut en processio^i et nous celebrämes les vepres chez eux la veille du 
prcmicr dinianche du careme de Noel. Le lendemain matin, nous celebrämes 
la messe dans l'eglise de l'empereur Constantin le Grand. Cette eglise est 
tres anoienne, tres viineree, haute, en pierre, avec voüte, et ä l'interieur il y a 
une iconc de Notrc-Seigneur Jesus-Christ et une de la sainte Vierge, celle de 
Saint Nicolas et celle de saint Jean-Baptiste, toutes tres grandes et anciennes. 
On pretend qu'elles datent du temps de l'empereur Constantin. Ce jour il y 
out une messe, une grande solennite etl'ordination d'un diacro. Nous baisämes 
la main droite de rompereur Constantin qui est en os jaune comme de l'or. 



HO VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [HO] 

JuL^I i_^ (_r'j^3 o^.>~?"' (*i'*-^-/j J^*-=^' -^"^i^ ili-L« Vi U^Mj \.:.h.'.h....ä]\ ^}S 

a„„.:.k)1 üäa |»^_j1j ^ |»^iK^)j jL«!^ -s!^^ (3^ ^v^l ^^ o^jl ,<CJ^'I Aa5>m jlL-L 

rol.21r°. ^Ji\ ^3^« >IU jjkj jAä;I3 _jä]I ^ iC-^-1 k_iia=>3 LlI=-I V« ' ».^La ^JÜl ^_r'3AS 

4 :> ^3 _,=-^ jL i_Ji <u..l__^l3 SA._J1 <_J5 ■dblj ^jLU 'U.Ji ' ^e*3 (_r'3"^'y^ 

1. L om. ,_,Ao. — 2. L habet : ^, errcur du copiste. — 3. L habet : ^j^^ar-J!, 
erreur du copiste. 



Rien ne m'a enchante daiis les eglises de Constantinople et des cnvirons 
comme les melodies des petits enfauts et leurs chants : « Dieu saiiit » aiix 
öpitres et « alleluia » ä TEvangile, « Seigaeur, ayez pitie », pour toutc la 
litanic; leurs mölodies sont bcUes etdouces. 

Ce quartier d'Assamata portait daus Tantiquitd le nom grec de Psamaliit 
et en turc celui de quartier de OarAman. Lorsque le sultan Moiianimed con- 
quit la ville, 11 fit venir ses habitants du pays de QarAniAn, les fit habitcr lä 
et leur donna cette eglise et pour cette raison eile porta leur nom. Dans cette 
Psamatia il y avait une prooession d'anges, lorsque apparurent les heretiques, 
lui. 21 r. qui disaient : « * sanctifie seit celui qui s'est fait crucifier pour nous » et 
l'enfant Tut enleve dans les airs, et il descendit en disant : « glorifie soit celui 
qui ne meurt pas », selon qu'il avait eiitendu la glorification augelique. 

Apres la messe et le repas, nous partimes pour visiter les autros dglises 
d'Assamata. La dcuxieme 6glise est dödiee ä saint Nicolas, eile est belle; 
la Iroisieme est une Eglise de la Sainte-Vierge ; la qualrieme est cclle de 
Saint-Gcorges, eile est ancienne, les voütes sont en picrre et les dalles sont 
egalemontancicnnes. Inlerieurement il y a surle mur l'image de saint Georges 
en mosaiquc doree, tres ancienne, d'une cxeculioii mcrveilleusc. Oii y trouvo 
eiicorc une source miraculeuse. Dans cliaque 6glise de Constantinople il y a 
toujours iiiie source miraculeuse. Nous baisAmcs le corps de sainte Anastasie 



[inj 1>11EMIKRE PARTIE. - T.IVHE II. lll 

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cJl^ (_5Aj '■^^J ^y '^^■^ J^ ^\ ^^-^ ^^ <->^" 6^3 isj' u^^ ^.^ 

1. L habet : i!_j~.', erreur du copiste. — 2. L lial)et : l>-^-J, errcur du copiste. — 
3. L habet : ^yi, erreur du copiste. 

qui delivre [les hommes] de la magie. Parmi toutes les eglises de Constan- 
tinople y compris celle du patriareat, il n'en existe pas de plus ancienne du 
temps des empereurs chretiens que cette eglise du quartier de Qarämän. 

IX. — Les SKi>T Tours. 

Nous restäiues chez eux jusqu'au luudi matin 23 novembre, et nous 
partimes pour aller vers Yhilj Qoul'e ou les sept tours. II 11 y a dans les 
murs de Gonstantiiiople et dans ses tours, rien de mieux construit et de plus 
solide. Ils consistent en tröis murs conceulriques. Nous sortimes de Top 
■Qapou pour aller au cimetiere cliretien oü il y a une source miraculeuse, 
uonimee dans les synaxaires Zoodohopigi, ou la source de la vie, appar- 
tonant en propre ä la Mere de Dieu, dont la fete se termine le premier 
veudredi apres Päques. On l'appelle maintenant la source miraculeuse de 
MIonrjli. Nous descendimes pres de la source, nous bümes de son eau 
sainte qui guerit les malades. La les chretiens fetent le lundi de la Resur- 
rection, en mangeant, en buvant et en se divertissant. Nous passämes par 
la porte d'Andrinople et revinmes ä notre quartier du Phanar. Je partis 
pour visiler la source de Blacliernes; eile est maintenant ignoree, se trouvant 
dans le quartier Baläta vis-ä-vis de Khäs Keuy, au-dessus du quartier du 
Phanar. J'entrai dans une maison habitee par des bohemiens. C'etait Teglise, 
mais de ses tracos on ne voyait que peu de choscs ; la source sortait d'un 



112 VOYAGE DU PATKI ARCHE MACAIRK ü ANTIOCHE. [112J 

jv-üJi ^ ji^ wjiv o* r-'^ '^'•^ fyr^^^ '^' "^^ W"-* <>• -r*"*-^ '^ <_~lO 

K:y.-,.\s-^\ Ijiiy-j j^ l-^jLjj i-^^'^ "^-r^J (»'" t>:r^ '^-«-^ i5*J i^j^-xJl ^UJl 

ij-Uj; iJ_^^3 JU::=-I3 (j-^-^ l^ jUas l*-^ (v-j-« Jf-V ly; jj--^. j' ^4Ar il^ 

füi.aiv. Au^Jif^ ^liC bliafrij jJi\ y\j ^ ^L^ (»,;^ J^j 'l^. ^/»; j»r^ ^y^-JJ 
L>jj A .. :.J j :L...äH ^ ^^ ^'^' (jir^" oir^J ,*^^' >* i-?"*''' ijr-"'"^ C.y-' 



1. L habet : , ^y*)J. 



Souterrain qui etait dans la sacristie de l'eglise. Je sortis de cet eiidroit-lä et 
je visitai Teglise de Saint-Demetrius dans le quartier mentionnc, eile est 
grande et vaste; puis l'eglise de la Sainte-Viergo oü nous baisämes Ticona 
percee par la lance et d'oü sortait le sang. 

La veille du jeudi 25 novembre, nous celebranaes les vigiles de la fete 
de sainte Catherine dans l'eglise de la mctochie. On fit venir l'econome du 
couventdu Mont-Sinai, le prcHre Sophronios, avcc l'autorisation du patriarclie 
d'y celebrer la messe k l'occasion de la fiHe de cette sainte. II y out la messe 
et unc solennitc, puis Tordination d'un diacre. Et ainsi la veille du deuxieme 
dimanche du carOme de Noel, des le matin, nous assistAincs aux vigiles, 
puis a la messe dans l'öglise patriarcale, ear monseigneur le patriarclie avait 
döcide de partir et de faire ses adieux au patriarclie de Constantinople. Apres 
lui.iiv la messe celui-ci l'iuvita ;\ monter cliez lui. 11s se dircnt adieu * Tun i\ l'aulre 
en pleurant — cliacun d'eux pria sur la töte de l'autre - — et il lui doiuia dos 
lottros de recommaudation pour les emporeurs et leurs sujets. 

X. — Lk Bcspiiomi:. 

I.c lundi 29 novembre, nous sortfmes de Constantinople et nous montämes 
dans une barque. Nous nous dirigeAmes vers Ndocliory ou YenUy Keity pour 



[113] PREMIKRR PARTIE. — IJVRR II. 113 

jli.^ Iäaj -V^b jLL^Vij 7r_^l ^^^ V"— ' '*-''^b iX/C' iL»— «^ ^V ^r*^^ CjIjUp 

|J1 Aja,U)l V.3 1-^ ^it^ 4J ^^^Jlj j^J.5 \^ J-C5CwVI '«Ali ^^iJl .3»-wVI ^,Ä) 

f}^3 "lJ^"^ — '3 *--'j-'L« >1jLi__,.«2J jyjsij Cj*^} f-Li ^iUUJij 1JI1.AJ i5^ (^J_>*"J'^ 
<-i)j ,j-;;'J jL.ib ^^>^ 1^9 i^J^>-jiL t_5' Üji LjI jv' ^'i ^-i-3 ^...«Ls-j Ol*>j 
l»jLs3 (^-»L'^' jV j»s>jLo.cl JlJalj p.ÄU, 4.IJI ^1.5! ^J^^jJ- ^-^33 i^JJ-iJ^'3 tiJ^^,^)^ 

^_g« ^1-^' c!j.UJI 1;a--. J...C LU jLo j^s. o J-ä-rl jl^ J3VI j_j«l^ ^ (j-*^ 
i^lr ^1-^ S'^^ i^"-'"^ ^y. '^^"L'3 !sj3.3A.».li Aj^öJl) IL- jUj ^_=-^=>- jL« -jA^II a_w-jS 

A...£. «0 |^.il.JI .j^l^Jl »y^ \.o «ji^ll J.=-l 4.,Ü3 !sJ_c. jlj! "VjiJ jL j<.. AÄll Ä .:s ^ 
<~~LWl ^ ^j-|ji)l l;^,-ii=-j O^VI LLii JjVl OyO jts^ (^.sli- _;3A._^^w^ tr-'-'^^ 
<>.äc Ji-i^i/'l >--fi Jj« ■^jij \\ Lj.iäJ_5 ijj.5-U.Sl i^£!l iXÜl ^\ ^Js. ^ "dUJl 

1. L habet : o'-j'^s, erreur du copiste. — 2. L habet : ^ jl;™j, erreur du copiste. 



louer uu navire et aller dans la mer Noire an Moldavie, car il n'etait pas 
facile pour nous de voyager par lerre vers Andrinople pour deux motifs : 
premierement ä cause des frais, car le prix du louage des voitures etait de plus de 
cinq Cents piastres; deuxiemement k cause de la neige, dela pluie et du froid. 
G'est le detroit de la mer Noire creuse dans l'antiquite par Alexandre. Le 
passagc y est tres dilTicile. De Galata ä Neochory ä droite et ä gauche il y a 
des villages, des maisons, des chäteaux, des serails imperiaux, des jardins, 
des vergers, des lieux agreables, des bains, etc.. Nous descendimes ensuite ä 
Neochory daus la maison du DaJian Rais dont le surnom est Kälekäri et 
Teodori. Son fils s'appelle Djazaghäki — qua Dieu prolonge leurvie! — car 
leur large hospitalite envers nous et les etrangars ne saurait sa decrira. Le 
troisieme dimanche du careme de Noel, c'est-ä-dire le 5 decembre oü tom- 
bait la fete de saint Sabas, monseigiieur la patriarcha celebra la messe dans 
Teglise de Saint- Georges et da Saint-Sabas dans ca village. Lo lendemain 
lundi, il c6lebra la messe dans Teglise de Saint-Nicolas, le jour de sa fete. La 
veille du quatrieme dimanche du carema de Noel, qui coincide avec la fete de 
Saint Spiridon, le II decembre', nous celebrämes les vigilas et nous assistames 
ä la messe dans la troisieme eglise, dediee ä la sainte Vierge, dans la village 
susmentionne. Nous y vimes l'icone d'or de Crete si merveilleuse qu'on ne peut 

1. C'est une erreur du copiste; il faut lire : le 12 decembre. 

PATR. 015. — T. XXII. — F. 1. 



114 VüYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [114] 

^j j^ r^} ^UljLji .^U i._^^ b^^ «^_^^> Lr^bi .---^ o^l <=-Lj d>Jl li-v 
^i^ *Jj mH ^U y ^a5 dUJij ij^^l "L-^^il ^ UiVjl jj.^ j^ 
j^* (»jT^lc ^,wj- jJ>j ^^ « oyLu <iLU <^L^ y l_jL^j i_^C i^g-lt JjVi jy^ 

L lyiil j/i->l llilH ;^3 oMiJl v-UJ 1;>^>1 w._j^ <e->^^ ^^V^ ^-; ^1^ 
<^^llj ^^11 J'\i ij \^\ jLC ^ ^_5^^ j^jJl ^_^J1 liix^3 ^;_^_i5 J 

^jJL A^\ ixJ\ ^U jv-l ^b y^i jtOl iJjt Jyj j»A_;^ jJcC)I\ jl l_3^j 



la decrire. Les trois eglises susmentionnees sont construites en poutres et 
on planches. Le lundi soir, monseigneur le patriarche celebra dans cette egüse 
les vigiles funeraires d'apres nos usages poiir la defunte Mira, femme de hadj 
Abdallah, fils du pretre Mansour, en presencc de ses fils; de nieme il celebra 
la messe poiir eile, le mardi matin 14 decembre. 11s firent en sa memoire une 
ofTrande de ro/y/w orne de dessin, avec le vin et le pain suivant loiir coutume. 
Ensuite nous embarquämes nos bagages dans Ic bateau par un vcnl favorable 
du sud (nothos), attendu par les navires de la mer Noire se dirigeant vers le 
Danube pour importer des cereales. Le soir de ce meme mardi on mit i\ 
la volle dans deux barques et nous rcnconträmes ledit bateau restö A l'ancre 
dans un endroit portant le nom de Qavu Tarli en Iure, c'est-ä-dirc « le rocher 
noir », pres de l'entree de la mer Noire et dudit dctroit, du second des forts 
que les Turcs ont bätis, parce qu'avant d'arriver il Neochory vons apercevez 
h votre droite et A votre gauche deux graiids forts. 11 y a lä deux autres forts 
et au-dessus d'eux sur le sommet d'unc coUine deux grandes forteresscs 
anciennes en ruines. On prctend qu'elles ont cte bi\ties par Alexandre. Au- 
dessus de cet endroit, il y a un couvent qui porte le nom de la Dormition de 
la saintc Viergc, en grec .Mavromolos, c'est-ä-dirc le couvent du roclier noir. 
.l'allai le visiter. 11 sc trouvc au sommet d'une colline, et est habite par 
quarante moines. L'eglise est grande et ancienne; ti l'extörieur il y a une 
♦ toi.T2r: grande source miraculeuse, tn>s agreable, qui guörit les malades. * Au-dessus 




I115J l'UKMIKUK PAr.TIK. — MVIIK II. 115 

{_$y>-l UjL=>-l A™vJ>Jl iJki-O 

^j^^\ ^Ji V!>tLr ^y^^i yzJi\ ili ^ «L-Jl cJl^3 ^_^U l;-*.*«^ U LljI J" 

^i ^yS -^ t-LkA3 ''■^''■'f^ ^y^^ ^J^^i v_Ä«aU TtjJ ^Isj Vi jJJ i_^^ jffS «Ü. jl 

jlii^l j. ^^> ^;l^ J>\^ ^j\ o^<;l ^Ul a,l;- ^3 ^Ull ^i JJUl ^ 
jy ^_5A3 ^;Lr^ ^'-'' — »-'' '»jtJJI i_^l jLOI ^^> <,L3tlL ^5^1 13^.3^ •ik^Ül -yA j^-^^ 
^ Ü>;3 «t-^ ^^ ^SI^JI ^ cJLa i,L:A>.3j Ij; l^^jlj ^^^ ^<l 

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,_^ j& ULi <,jjj<^Vl3 (vüjjlj 4>.^lJ2;l d^> Jl« ^*c-l V Jjji -^ (j::^^ 
^ L^ dUJi3 j>^ ^»jLju "UaU a) Uj "^üLl ^j a;I Jp-V U \^\li dUj 



d'elle, sur Ig mur, il y a Timage de la Viorge Pandanasa, la Thaumaturge, 
Gonnue par la guörison des maladies. II y a egalement une autre source 
miraculeuse ä l'interieur de Teglise. 

Eusuite nous montämes dans le bateau. Le ciel etait serein, les etoiles 
brillaient; Ic capitainc decida de mettre ä la voile ä minuit, qnand sondain se 
leva im vent violent qui soudla en tempete, et une neige abondante tomba 
d'iine nuit ä l'autre. Dans ce temps les quatre navires qui ätaient sortis du 
detroit iirent naufrage. Avec l'aide de Dien, on conduisit notre navire avec 
adresse vers le village appcle Tlierapia au-dessus de Yenky Keuy oü ils 
jetörent l'ancre. Nous trouvAmes ä cet endroit plusieurs navires mis ä l'ancre. 
Nous descendimes dans une maison chreticnne — il y en a lä cent vingt — 
parmi lesquelles il n'y avait pas une seule maison turque. II y a lä une eglise 
dödiee ä Saint Georges, celui qui assiste les hommes par ses miracles. Chaque 
fois que quelqu'un d'entre eux quitte la religion, il l'aneantit, c'est pourquoi 
il n'y a pas [d'apostats] parmi cux. 

llemarqae. Nous trouvämes le patriarche de Constantinople vetu de son 
mandyas. Les insignes qui sont sur sa poitrine et aux pieds sont d'un couleur 
bleue et non rouge comme ceux des patriarclies d'Antioche, de .Jerusalem 
et d'Alexandrie. Nous en demandämes la cause et on nous repondit qu'il 
n'avait pas le droit d'en porter de rouges parce qu'il est archeveque. Nous 
vimes ses metropolitains vetus de la meme fagon. Quand il est present dans 



116 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [116] 

cäTj "-'JloIä^ oUiUl er^-' -'^ Vrtv^' ^tr" ^-V. -r*^ ö^y. (rr^-'-''^ ^li-iJi 
^Lä)l ^Ul ^ ^iJy^^. LJj^b ^^^li jL:=iJl ^}^^ J^y} ^ ^b -<^'^ "Sr^J 

•^^ Je Ji-i:> CJ^^J Sjj-5 A:Jll)ij -^=J^ Jy '>~;^^ ^^ (_5^ ^5^1 '*^'jJ-=' (>« 

IjX-a^j ^j-IaäII ^l ^J |v' ^^ ^ ^^-:r^ "Jä^:^ jyOj (_r^3 olP^ JliCil aLL- 

1. L habet : ^1. — 2. L habet : Jjl^srr'. 

Teo-lise, personne n'est vetu du mandyas. Et nous vimes de meme les 
metropolitains de Valachie et de Moldavie et leurs eveques ainsi que le 
metropoliliiin de Russie, ses eveques et les hegoumenes de son pays, parce 
que les patriarches d'Orient se revetent specialement de vetements rouges. 
Remaniuc. Nous vimes, dans toutcs les öglises de Constantinople et envi- 
rons, peint sur la porte du nord du sanctuaire un clierubin aux pieds rouges, 
tenant dans sa main un glaive flaniboyant, ou Tarchange saint Michel avec 
un mort sous ses pieds. Dans les eglises de Moldavie, de Valachie et des 
Cosaques on peint sur la porte du sud Timagc de l'archidiacre Etienne avec 
l'encensoir; deuxiemement, on ne connait le uom du patron de l'eglise que 
par son icone [peinte] sur la porte au-dcssus du mur; troisiememont, la peinture 
de son icone ä Tintericur k droite de la saintc Viergc; quatriemenient, l'iconc 
de la fete de Nolrc-Scigneur ou cellc du saint qui tonibe en meme temps que 
ga fßte — eile est exposöc sans cesse sur le proscynetaire jusqu'ä la fin de la 
semaine et chacun en entrant la baise — ; cinquiememcnt, des lampes d'argent 
suspendues devant Ticonostase et la porte du sancttiaire et brillant continucl- 
lement; sixiemcment, l'iconostase completc; septiemement, ä la place du pain 
bönit on prcsentc dans la soirec des plateaux de colybes de toules sortes de 
couleurs et de dcssins et des fleurs belies et merveilleuses. A la fin de la 
messe les pretres pricnt sur elles pour l'Amc du mort eton les distribue avec 



fol.-22v° 



[117] PREMIKUR PARTIK. - LIVRE II. "7 

bj/jjl \J\Jh '<L^ j d^Jl i;a^ ^^ JjVl j_yi^ ^i^ ^L. ^^\ (.^.. jl 

l;_,ja^ <^l j^l ^J diliij -U>^ aJ=.-3 pJ^ J^ V. ö^ 0^3 Oij^ "J^J 

o._^H ^l^^^l dll;" j* ^ j^ ^'U^ jl^j LLJ'^ilt -— *■ J^-J-' ^^Z" l5V' t3^-'^' 
^- |^:U .11 ^_>~^„l; ^ <J>J1 J-J ^:)M^ -S:^ Jj^b^.J ^--?J^ ^^ j^ ^'j 

i^j^j j=j^_ j»^. ^j pt^j^ ^ ^\^ ~^i '^\-^ "^t^ ^y^^ ^-v 'j>t="^ ^^^ 

1. L habet : jljjl, erreur du copiste. 

du vin, du pain et du caviar. Huitiemement, on reraarque que le parrain du 
nouveau-ne apporte de l'huile ä l'occasionde la grande ceremonie du bapteme, ' 
parce que nos freres grecs fönt une grande ceremonie pour le bapteme avec une 
grande depense d'argent, * [en donnant] de grands cierges pour l'eglise et [en ' fui. 22 v", 
en distribuant aussi] aux assistants. En Moldavie et en Valachie on fait plus 
encore, on resle tete nue du commencement du service jusqu'ä la fin. On fait 
egalement une grande ceremonie pour les funerailles de leurs morls. 

Mais revenons ä notre sujet. 

Le vendredi 17 decembre, monseigneur le patriarche celebra la messe 
dans Teglise de Therapia, et il porta le saint chreme. II y faisait grand froid 
et il avait ffele tres fort. . La veille du dimanche des saints aieux de Notre- 
Seigneur, nous assistämes ä la vigile du dimanche. Le patriarche celebra 
aussi la messe et roffice de l'huile sainte. Suivant notre habitude, nous 
lümes l'Evangile en quatre langues : en persan, en turc, en arabe et en grec. 
Plusieurs personnes des navires ä l'ancre y assistaient. 

La veille du vendredi ou paramonie de la fete de Noel, le patriarche de 
Constantinople Kyr Paisios invita le patriarche d'Antioche, lui envoyant une 
permission avec sa signature et celle de la plupart des prelats — parce 
qu'ils aimaient beaucoup monseigneur le patriarche et ils avaient peu de 
sentiment religieux pour leur patriarche et les uns pour les autres — pour 
que les deux patriarches celebrassent la messe ensemble, car ils lui dirent : 



118 VOYAGE DU PATRIARCIIR MACAIRE D'ANTIOCHE. ;118] 

l;X£. ^!>LJI J^^ ^A_ä_' i^X» O^-i^«." Ulis- (V-=^ '^' 'j^^ (v"^ A,L^ ^O^IaJl 
S^i^ ^p-l ^J iS^J C-ii^J »Li'Jlj oL^lj-Ji »-»-s-J iiljJl w-' =~ OlijüiVl OjUaJl 



« 11 est heiireux quo tu aies ctö retardc afin de celcbrcr la messe de Noel chez 
nous et que les fideles reQoivent les saints mysteres dans ce jour de Noi'l de la 
main de monseigneur le patriarche. » 



Xi. — 



KllCE DIVIiN A LiOiNSTAMINOPLE, 



ll.partit dans unc barquc accompagne des pretrcs qu'oii lui avait envoyes 
et nous arrivämcs vendredi de hon matin. Nous desceudimes dans la demeurc 
de Cyrille d'Alexandric — devenu plus tard patriarche de Constantinople 
— demeurc unique par sa beaute, bätie par lui-meme, ornee de marbrc, 
de faience et de cristal, situee dans la partie la plus haute du palais patriar- 
cal. Le patriarche n'a pas riiabitudc d'assistcr aux heures du matin de la 
paramonic, mais on los rctarde jusqu'au jour. l^e Icndemain matin los dcux 
palriarchcs descendircnt enscniblc dans l'eglise, revctus de leurs mandyas, 
avec leurs orosses; les chantres commencerent les heures et les propheties. 
A la Iccture de chaque Kvangilc aux heures, rarchidiaerc desccudait la 
cassolette k la main et cnccnsait les patriarches et los iconcs suivant l'usage. 
'I'outcs les heures et les sticheros etaient chantöes. A la fin de la ncuvicmc 
hcure, le canonarque ou clief des ciiantres mcntionua pendant le polychro- 
nion le nom du patriarche de Constantinople, ensuitc celui du patriarche 
d'Antioche. puis regut la bcnödielion selon l'usage. Ils ne finirent la messe de 
Saint Basile que vcrs le couchcr du soleil (.'i. On ne fait pas de vigile. Apres 
avoir distribue lo pain bi'nil, Ii's deux patriarches sortircnt ensemble de 



rii9] PREMIF.RR PARTIE. — I^IVRE II. 119 

Ijll^y'i ^ xj^ ^y^-^ j^3 (»vJ_^=^ j>^VIj 'C;X'l3 -CjlkJI j»;- (»^"L:-».: 6-^^ 
JpL-JL jJ^ ^& ^_5:-.'ij ^«J^ 'l^j ^rit ^-'^ ^-^ 3^b jj-^ ^"^ ^j-^. LS''-' 

.jAc (_5Afe dUi ul^3 ^Xa L^ ^JÄ^ yu£ ^'13 or^^-'b -^ <if-^ -J^ (^"'-3 
■-My_yj jL^l^'^ V-:3 S^^ >-Jj ^ ^^ ^^"^^ ^^' -^'-^J ^\ f'^i öir^^^ 

J^ A;jlkJl3 «cü^ ÜA=>.3 ^^__^ ^ ^l=- 'J^ C.ya: ^1^3 <J^j; 1*^3 Jj^l ^^ 
1. L om. ....lij ^^i^ ^'l. — 2. L habet : li^j. 



l'eglise en benissant d'abord les fideles. Le porteur du chandelier d'argent 
dit pour tous les deux le polychronion, puis ils sorlirent avec leurs raandyas 
et leurs crosses et allerent au salon et los Jaiiissaires marchaient devant eux 
avec leurs bätons (?). 11s s'assirent sur deux trönes en velours, revetus de leurs 
mandyas; les mctropolitains, les pretres et les notables se plaeerent autour 
d'eux. Sur la table etaicnt ranges des (lacons de cristal remplis de vins de 
differentes sortes et d'eau-de-vie, douze vases de vin, douze plateaux de 
biscuits, douze assiettes de poraraes et de poires, douze assiettes de eonfitures 
indiennes; tout cela selon le nombre des douze apotres. 

Le patriarche de Constantinople but le premier et le chantre chanta pour 
Uli le polychronion, ensuite il dit pour les metropolitains et pour les 
autres assistants — et ici ils sont en fete. Le patriarche d'Antioche iit de 
meme ainsi que les prelats et les autres assistants; et il leur distribua 
* des biscuits. Nous montämes ensuite au refectoire au-dessus du salon; * foi. 23 r° 
il a plusieurs fenetres qui donnent sur la mer et d'autres vues agreables. 
Chaque patriarche etait assis sur un tröne et les metropolitains k droite et 
a gauche. Nous nous levänies ensuite et nous allämes nous coucher. 

Lorsque la pendule placee dans le palais patriarcal sonna dix lieures de 
nuit, le patriarche de Constantinople vint lui-meme appeler monseigneur le 



120 VOYAGE DU FATUIARCIJE MACAIRE D'ANTIOCHE. [120J 

jl^^l ^ jjj\^ lAi^lj Mi-i ^^_^^ll3 jj-^U ^jjl:LJjJI jl jv' w,Ül ^ 

<_^L«_^ >JU-^ — -»■^- U3j Op 4JI.-Ü1 (»LoJ |C y=-l *-j3 '^--'J^ rV i't-^ Jl' fj" V ^^'^■"' V^J^ (**"^J 

1. L add. : j. — 2. L habet : .^Lj'ja-», erreur du copiste. 



patriarche et tous deux descendirent dans l'eglise. Les chantres du patriarche 
et leurs compagnons presents chanterent du commencoment jusqu'ä la fin 
du Service, longuement et d'une voix agreablc. Apres la septieme [odel, les 
deux patriarclies descendirent et baiserent l'evangeliaire et donnerent la 
brnediction au peuple conimc nous l'avons dit anterieurement. Et l'archi- 
diacre du patriarche de Gonstantinople encensa pendant la neuvieme [ode]. 
Ensuite le deuxieme diacre ainsi que le troisieme entrerent, regurent la böne- 
diction des deux patriarclies en faisant des genuflexions. Ensuite j'entrai, 
moi, Tarchidiacre du patriarche d'Autioche, avec le deuxieme diacre, et nous 
fiines de memc. Puis apres nous, entrerent les grands economes des patriar- 
ches d'Antioche et de Gonstantinople, aprös eux deux protosyncelles, 
ensuite trois autres prctres pour completer le nombre des sept pretres. 
Nous etions cinq ou six diacres. Les intendants de l'eglise plac^rent sur 
lautel dans ce jour une aulre paire de chandeliers d'argent plus grands de 
deux pics et donii que les premiers que nous avons mentionnes, et uno autrc 
])aire de chandeliers avec des supports, une grande croix et une paire d'even- 
lails (ripidions). 

Et ainsi on plaga une grande table devant la porte de l'öglise sous Ten- 
droit Oll sont les corps des saintes. Us y exposörent difTorents calices, patcncs, 
cnccnsoirs et chaMdeliers d'argent precieux, c'estun plaisir pour les spectateurs ; 
parce qu'ici oiit liiabitudc de sc tenir les sccretaircs du patriarche pour 



I 



[121] PKEMIERK PARTIK. — LIVRR II. 121 

VjJ ^^>y^_ l^li -v*j <~^\ Jy^x» ^jr^n Aß^^ ^ (" 'y-^-; ^^ ^^^ ^"^ 

i^sUI v-^^ öir'^'^ ^J Sr^'^J <;jlkJl (^->^j "U-JiJl Cj^^y^ J-« ^J^' j^lrH^ 

' i^lklj ^_g:.)g;)g..,.äil dja. (j-1-^ jJii' 

^ \^^t) "^"^ (nr-l^ Cy "^J^^^ yj^J v^ -^b 1-^ -*i. ls* iJ^^^ jUl^l 
1. Note marginale. — 2. L habet : v^'!^, erreur du copiste. — 3. L om. i-aj. 



ins€rire les revenus de l'eglise. Apres « Tont cc qui respire », les patriarches 
descendireiit, baiserent les saintes icones et apres eiix les metropolitains, les 
pretres et les fideles firent de meme. 

XII. — Mksse des patriarches de Constantinople et d'Antioche. 

A la premiere heure, l'ecclesiarque vint et etendit des tapis avec du drap 
rouge dans le sanctuaire etsur le tröne patriarcal, depuis la porte imperiale du 
sanctuaire jusqu'au milieu de l'eglise, c'est-ä-dire entre les trones des deux 
patriarches et d'un tröne patriarcal ä l'autre. On pla^a au-dessus deux tröncs 
occidentaux (europcens) en velours rouge avec des clous argentes. Ensuite 
uous sortimes du sanctuaire, c'est-ä-dire les archidiacres des patriarches de 
Constantinople et d'Antioche, tenant les chandeliers ä trois branches dans 
nosmains etnos orarions cnrouleessurnos epaulesgauches; puis deux diacres 
sortirent, chacun avec une croix, et les patriarches descendirent ensemble 
de leurs trönes. Ils firent longuement leurs priores devarit les icones avec 
des genuflexions jusqu'ä terre, puis ils benirent le peuple et vinrent s'asseoir 
sur leurs trones. Et la troisieme rangee de diacres sortit portant les mitres 
des deux patriarches sur des plateaux couverts de serviettes [lamees] d'or. 



122 VOVAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHR. [122] 

fol.23v°. iä\jjt "yj^^ 4jBjL o'*-«'^ <«~(.J>J JoAa- 4Jw»^ Xi jLxs ^.U.'.yz all ^Ij' L«'j 

j«i Y« Ä^ljj c^' /»-« Jy-^ v*J * — '^' J^^ta-jij ^fJlSJl _vvJu ,J>L>v^ CjL«_;i't« 
La ^ ,^t*^j ■u-.U-i ^Mli «OaJI <»tib J^lj Jo j^;_-\._ ^_5Atj Ual jl>o l?^j 

Jjls j»jj *{--}^ /j-« 'LUi-Ul:: •ik^jliaJl j^Oj ;^^1 |V *— <u^ l_^' J AiJaJ Ajlk. dya; 
j[^Jaxi ^yjsj.!« __^_5 ^__"1 jiya« ^^"llil ^^ JjVl 1_^ A.U.S- jLji ,^U>-J U 

1. L habet : L^l^sr^.^ erreur du copiste. 



♦foi.23v. La mitro ' du patriarcho de Gonstantinople est un ouvrage neuf * avcc 
vingt-quafii' oniements brodes et entoures de perles et de pierrcs prc- 
cieuses. Elle est etroite du bas et large du haut. Deux pretres sortireut chäcun 
avcc un paquet (rornements, puis trois diacres et un pretre d'un cöte 
et trois de l'autrc. Ensuite les metropolitains presents vinrent suivant leurs 
rangs et firent ä chaque patriarche une genuflexion et leur baiserent la niain 
droite, tandis que les patriarclies se soiilevaient legerement de leurs trönes. 
Ü'abord deux metropolitains entrerent ensenible : le premier Kyr Ignace 
metropolitain d'Epiiese et Kyr Methode metropolitain d'IIeraclee", puis ils 
partirent. Vinrent ensuite Kyr Anthime metropolitain de Cyzique ' et Cyrille ' 
metropolitain de Nicomedie, puis Kyr Gabriel metropolitain de Ciialcc- 
doine et Kyr Neophyte '^ metropolitain d'Andrinople, ensuite Kyr Parthcne 
metropolitain de Mityleno et Kyr Gabriel metropolitain de Philippopolis '', 
ensuite Kyr Philotee metropolitain d'Agalliopoulos ' et Kyr l*ancrace metro- 
politain de Marone", jusqu'.-^ cc qu'ils eussent parfait le nombre de dix metro- 
politains ou einq rangees. 

1. La mitn; ou fouronne f, ijn'tp« est une coifl'urc en forme de l)onnct spheriquc, 
ornee de broderies et de pierrcs precieuses et surmontee dune pelile croix. A. C.oulu- 
rier, Caurs de liturgic, vol. I. p. 88, Paris, 1912. 2. I.c Quien, Oriens Christianiis, 
I, col. 1118. — ;>. Op. eil., I, col. 7(>li. — 4. Op. eil., I. col. .")0S. — ,">. Op. eil., I, 
ccd. 1179. — 6. Op. cit., I. col. IKJl. — 1. l/eglise d'Andrinople avail l'övi^ehe d'Aga- 
thopolis. Dp. (it., I, col. 1171. — 8. l'robablemcnl MapiivEia, une ville de la Tlirace 
prcs de la mer de rArchii)el. (>p. eil.. 1, col. ii!t,"i. Les noms autres des metropolitains 
sont dilUciles ä identilier. 



[123; PRRMIKRK PARTIE. — LiVRE II. 123 

,_^LJIj ^jLC^II 1SX.J jL<Cs jJUI ^LiJlj A^U- <^U^ JjL ^jjLJj i^oj lj._ 

^_5jU>=-:.-.VI ^■.)?: U .,.,fl1l Ij — Jj (^'ilc- i_-~=- Zj^^ jj^ ^__^^ J;^j ^="'^' ls'' f^-r::''^ 
I^jLj^ IjJo jvftj iy_jL^j L^3 j_j-.i)l 1^? 'j-^rri-J -!>•*■-" -Jv^ ^Lr^ ,j-:"^ j^ (»r^3 

-"ou Jiy- ^y' A.'t all .>jj "w (^<i ^l.'a.73...fl)l *Lo UlJ (e'lc- -V) <«3 y <=-U>- i^O ^c^ 

<p-l" ..LkiL—iül 1«__J ^V=-3 iV-^^'-^i (V-« ^y^ jj-ül) 4..«^,^^« <»-i lijuj.0 jX.ä)| ^^ 

U-^J Aju "yA O^UaJl «j>o LUojj lll=»l UJLaJj ä.« »jl jLSojIjI LJ-Vj ^»j <_«L»JÜl 
1. L habet : »jUj, erreur du copiste. 

Ils entrerent daiis le sanctuairc avec leurs diacres et revetirent leurs ornc- 
mcnts sacerdotaux. Les diacres comraencerent ensuite ä rovetlr les patriar- 
clies deux par deiix et se revetirent b. leur tour. Ghaque diacre de la deuxieme 
rangee prescntait les ornements iin ä un; chaque diacre de la troisieme rangee 
tenait ä la main les chandeliers ä trois hranches, la croix et l'encensoir et 
encensait chaque ornement de loin en disant les stiques sur les aubes et les 
autrcs ornements jusqu'ä la fin. Nous revetimes le patriarche d'Antioche en 
silence selon Fusage. Ils revetirent le patriarche de Constantinople de l'aube 
par-dessus le veston en fourrure de zibeline. Ils furent longs h se revetir. 
Les patriarches benissaient chaque ornement en levant la main haute. 
Los manchettes ' du patriarche de Constantinople out, avec des anneaux 
d'argent, des bandes de soie puur les attacher au vötement. Ils benirent 
le « saccos « plie et ses boutons-grelots avec des bandes pour les boutonner 
ensemble des deux cötes. Et on met un mince mouchoir sous les chaines 
des icones pectorales. Dans le pli de l'omophorion sur la poitrine, on met 
un mouchoir d'or visible des deux cötes. Lorsqu'on mit la mitre du patriarche 
de Constantinople, on lui enleva le kallous et on s'y attarda. 

Apres avoir beni le peuple, ils s'assirent sur leurs trönes en silence. Puis 
nous, les archidiacres, tenant les chandeliers ä trois branches ä la main, avec nos 
compagnons, nous nous inclinämes de loin dans la direction des patriarches. 

1. A. Couturier, op. cit., p. 81. 



124 VOYAGR DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [124] 

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^I) l',..,...' I Jls ^.'.JaIJj..,öll jol)A-J;jlj ijjj'^ f«y'-« l>Ai>-l ^' UU' OjUaJl uSjLj 
S?"JJ (VaJI J^'J JL»-^I i-^-> (^jI^iHLJ (.X'Lr^ »_i«-i>vÄ j^>.^i ij-lAiül ^^1 ^1 

jUaiJI vilo j_^L^li J' |V^^ ■«jC.LJIj j_j«j.*_5CL!i ^_i«X>Äji vilU 'L»^i ^ij jL».iA) 
1. L habet : i~üaik^M, erreur. Lire : juLÜ^wL)!. — 2. L : Ls-»^!, erreur du copiste. 



Nous allämes ä la porte du sanctuaire et nous nous inclinämes aussi devant 
les prelats. Deux d'entre eux sortirent ensemble et, les precedant, nous 
nous approcliämes des patriarches et nous fimes une inclination de tete avec 
eux. 11s baiserent la main droite des patriarches et s'arreterent chacun d'un 
cüte; puls nous nous inclinämes encore et allämes en chercher deux autres 
et ainsi de suito, jusqu'au dernier. Chaque groupe de cinq s'arreta ä la 
main droite du patriarclie de Constantinople et ä gauche da patriarclie 
d'Antioche et tous etaient revctus de chasuble saus icone pectorale. Ensuitc 
les sept pretres sortirent et s'arreterent plus haut d'un cötc et de l'autre. Ils 
ne se rangerent pas en cercle, mais en long jusqu'aupres des chandeliers et 
nous nous arretAmes au-dessus d'eux, pres des portes du sanctuaire, tenant 
les chandeliers ä trois brauches, et nos compagnons portaient les croix, 
jusqu'ä ce que les chantres eussent acheve lours chants. 

Les patriarches benirent pour la deuxieme fois. Nous rc(;'umes aussi leur 
bcnediction. L'archidiacre du patriarclie de Constantinople dit la grande 
litanie. Ce fut lui aussi qui dit l'livangile et porta le saint corps. 
fui. 2'ir C'est riiabitudc* dans tous ces pays et les pays de l'iuterieur, avant quo 

le diacre rccile les litanies jusqu'ä la fln de la messe, qu'il reste tele nuo 
III tenant le chandelier ä trois branciies dans la main gauche, l'orarion dans la 
main droite et la face lournee vers le nord. II mcntionna le nom de rcmpc- 
reur de Moscou, Alexis, et de l'imperatrice Marie, de Basile prince de 



[125] PREMIERE PARTIE. — LIVRE II. 125 

"Eti Ssofz-efia ÜTuep toS TraTpo; IA5sJfc -.'.la.'Ja..ili ^i -Cc ^-^_ j'^J t-^^i ^^^ (.s~-~*J 
■/.%'. äp-(^UTCi5X0TC0u ■flfJi.äiv riaiiyioi»'. 

"Eti ^sojieOa ÜTrep toö irarpo; x.otl waTpiapyou -äij-wv Mxxapicj AvTio^eia;" Ale- jv' 

Ju-p-LlVl jV ij.3jL" J' j-ju ^n f^}^ Li_9jj *y^. ^^ 'Jcs>\ <a^jj j_^l-v-J;ji 

Jy>- ^pc «ÜaJa^äÜj ^jlkjJl ,-»Y'i''^3 OjLkJl J' lÜli^ 'CjivJlj (»j^lJi \äJ iiSj IwO 
<jt« /»'^'■S C-^Uji _..JjJ ^SLkiilj i_$jl>o^l> A_„oL»Ji iT^J iUlASJ iV'JJ-* !S-Aj_LJ| 

1. L om. 'Eti Sso'fxsöa... — 2. L om. "Kti S£o'|j.59a... 



Moldavie et de Matthieu prince de Valachie. Quand il mentionnait le nom du 
patriarche de Gonstantinople, il disait ainsi : « Nousprions encore pour notre 
pere et notre archeveque Paisios. » Ensuite en mentionnant le nom du patriarche 
d'Antioche il dit : « Nous prions encore pour notre pere et notre patriarche 
Macaire d'Antioche. » II inclina la tete, avant et aprös la litanio, vers les deux 
patriarches; puis nous recümes la benediction de loin. Nous enträmes dans 
le sanctuaire avec les pretres. Nous sortimes pour « Fentree » : deux archi- 
diacres avec deux evangeliaires suivis de deux seconds diacres avec deux 
encensoirs et precedes des diacres portant les chandeliers ä trois branches et 
les quatre chandeliers d'argent. Chaque archidiacre et son compagnon 
passerentpres de son patriarche, et nous nous arretämes de loin vis-äi-vis d'eux. 
Ils baiserent les evangeliaires et nous dimes : « Avec sagesse, debout ! » Nos 
compagnons leur presenterent les chandeliers ä trois branches. Ge ne fut 
pas par les patriarches mais par les raetropolitains et les pretres que fut dit 
le « sauvez-nous ». A leur entree, les deux patriarches baiserent les icones 
du Seigneur et de la sainte Vierge selon l'usage ; nous et les pretres, nous les 
precedions, puis venaient les patriarches et apres eux les metropolitains. Le 
patriarche de Gonstantinople encensa deux fois l'autel tout autour, precede 
de l'archidiacre avec le chandelier ä trois branches; le patriarche d'Antioche 
et son archidiacre tournaient avec lui. Et il n'encensa pas devant la porte 
du sanctuaire selon notre usage. Les metropolitains et les pretres dirent les 



12(i VOYAGE DU PATRIARCHK MACAIRE D'ANTIOCIIE. [126] 

dllJ^j iJoUl j^ djl^^j ^j>^ JL«^^^ Vt^j t^. j^ ^^^ -^3 ^^ vr^ 
t.JÜl j_;-_^^l ^^3 xA^iyi ^^jL^i^l <«-^- ^yi-^ a"J^jl tX^rf"' «-^J^ (/J Ir« i^''^" 

^_^^^ .^) |_^3J iJU-i ^ .-iij ^iL'Vlj ^^ß ^ <-^^3J h-^'^^ ^'^ -*-^J 
4jbl ii^jJÜl ^U ^b d)ll* ^J^ <-„»i-; L> jj^ <_-».> AJjlkJl <_Ä-S3 !»;■■ ^-«-p» l^-Ip-) 
j_j^lAJijl ^3 J- "V^jlkJl -u^ olj^^b '^'^^ Vj-^^ ^j^ ^^ ^'-^ S'^'' 'y-'jj 

1. L habet : ^^. — 2. L habet : j^L^^x)', erreur du copiste. — 3. L habet : 
cXy^L — 4. L om. 'jÄp^. — 5. \j om. xai... — (i. habet 6 SsuTepsuiov. — 7. 1^ habet : 
itavaYi'''TaTou. — 8. L habet : [T^'- 

Iropaires et les kondakions, mais iion pas dehors. Pendant le « Dieu saint », 
au trisagion, il fit sur l'evangeliaire le signe de la croix avoc le cliandelier a 
Irois branches et vers la fin il flechit le genou gauche jusqu'ä terrc.ct baisa 
Tautel et fit de meme une seconde fois. Au premier « Dieu saint », on etei- 
o-nit un ciers-e du chandelier ä trois branclies, et au deuxic'me « Dieu saint », 
on Talluma, et au dernier « Dieu saint », les deux patriarciies sortirent par la 
porte pour benir le peuple. Les cliantres röpondirent de dehors d'abord au 
diacre aux paroles : « Seigneur, sauvez tous les homnies pieux »; puis ä 
rarchidiacre : « et exaucez-nous » ; troisicmcment, au troisieme diacre. Puis le 
patriarche de Constantinople partit et monta k son tröne 6leve et s'y tint 
debout. Le patriarche d'Antioche sc tint debout ä sa gauche. Et on lui mit 
aussi un tröne et ils s'assirent en meme tcmps. Les mt^tropolitains se tinrenl 
debout, cinq d'un c6te et cinq de lautre, autour de la deuxirme marche, et les 
pretres autour de la troisiöme marche. Los chandelicrs i\ trois bracchcs 
(Jtaient tenus par les patriarciies. L'arcliidiacre du patriarche de Constanti- 
nople s arrcta ä la porte iinpörialn et dit : « De Sa Saintetc Paisios patriarche 
cjücumönique fpour bcaucoup d'annees' » ; puis rarclieveque, c'est-ä-dire le 
ni6lropolitain d'Lphese, qui .se tenait debout ä la gauche du patriarche do 
Constantinople, Ic dit aussi. Apr6s avoir fini, le patriarche de Constantinople se 
souleva leif^rementdc s(ju tr(iue et le bAnit avec l(> chaudeliorA Iruis branches. 



[1271 PREMIERE PARTIE. — LIVRR II. 127 

Manapwj toö (jiax,apioTxT&u * -aTcizpyou t^? jj-ey^Ari; ^U^Vl jjSl-VJijl Jlj 5i-*j^j 'rol.a'jv» 
(")eou7:d"A£w; 'k-^tw/üx^ v.yX i^y.nr,^ 'AvaroX^? ' • 
"Ub dJjlj JkÄ-U-r ■^i-l^ -Ctj ^liaiVl ^j-"" ^ ^iljJi 'U^l^l jl_^ lyils (V 

l_^lsj Ü.iljJI >^,w-..=- (V^^ L?^ |**>*-^J •^-~«U-LI| 1—3^ JjL. j^^Si.^'Vl Ijiai^l (v' cj«? 

(_j-Ujüi Jj_I) Lj-J U5»->^js -;iV«->— ji ^ 1.-3 "..-..LäJi Um^ Ai.Ls Ajuj /v^^' 
1. L om. Maxapt'üu... — 2. L habet : äJL'X — 3. L om. iroXXi... — 4. L habet : ^^^JI. 



Apres lui l'archidiacre du patriarche d'Antioche dit : « De Macaire le 
bienheiireux * patriarche de la graiide ville de Dieu, Antioche, et de tout»|o|.24^ 
rOrient. » Puis le metropolitaiu d'IIeraclee, qui se tenait debout ä la droite 
du patriarche d'Antioche, le dit aussi. Quand il eut fini, le patriarche se leva 
legerement et Ic beult aussi avec le chandelier ä trois brauches, de memo 
les autres metropolitains et prctres qui etaient k gauche du patriarche de 
Coastantinople. II se souleva legerement de son tröne et les benit, puis les 
autres metropolitains et pretres qui etaient ä la droite du patriarche d'An- 
tioche. Et il fit de meme. tls donnerent les omophorions aux archidiacres qui 
les mirent sur leurs epaules selon l'usage. Et ils dirent a soyons attentifs », 
« avec sagesse », « soyons attentil's » avant que le lecteur dise la pericope 
de FEpitre, puis « avec sagessc », apres « soyons attentifs », ils les disent 
toujours ainsi dans le pays des Moscovites. Et le patriarche de Gonstantinople 
ne mentionna pas les noms des empereurs suivant notre habitude et les metro- 
politains ainsi que les pretres ne dirent pas : « boaucoup d'annces pour lo 
, patriarche ». Celui qui lit l'Evangile, s'il est archidiacre ou diacre, encense 
1 la porte imperiale et prend l'evangeliaire des mains du pretre. Apres la 
benediction du patriarche, il sort par la porte du nord comme nous l'avons 
dejä mentionnö, vers la chaire, et apres avoir fini, les chantrcs s'attardent 
j beaucoup ä diro : « pour beaucoup d'annees, Seigneur! » en attendant que 
' le diacre soit descendu et ait donne l'övangcliaire au pretre. Le deuxieme 



128 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [128] 

Cäjjj C^_l >lls i^ r^J S^^ (v' Li^^-sj -Cic-lj c)j.LJl ^ OjlLJl ^jj i^l^^l 

ü^lt jV li^j^j jjac-lj Lj'Iäjj ^jj^_LJlj e$^^ Jlxclj 4_wJ501 üäa Jö-I -yi j»r 

r^y>z.~-'J A:'l>v« (^ki>-A~j A=-Ij j^ LJ5 jj^3 TTJ'^ rV~*"^ L>?V''^~' ^ *— «L-iJl 



1. L habet : .iy;_y^j*)!, erreur du copiste. 

diacre dit : « Disons tous », et l'archidiacre du patriarche d'Antioche dit : 
« Catechuinönes, priez le Seigneur ». Le troisiöme sortit ensuite et s'arrcHa 
deliors. L'archidiacre du patriarche de Constantinople dit de l'interieur, avec 
le chandelier ätrois branches ä la main suivant l'habitude, du conimencemcut 
jusqu'ä la fin de la messe : « Vous qui etes catechumenes, sortez. » Et l'archi- 
diacre dit pour la deuxieme fois : « Vous, catechumenes, sortez » etant 
tourne vers le dehors. Le troisieme lui repondit du dehors : « O cateclm- 
menes, sortez. » Et celui du dehors dit : « Qu'il ne restc pas de catechumenes 
ici. » Et celui de l'interieur dit : « Mais vous tous les lideles ». Et celui du 
dehors dit : « Encore et encore prions en paix le Seigneur », puis le reste 
de ia litauie, la mention des noms des patriarches et des empereurs et 
« secourez-nous » , et « avec sagesse » . Puis un aulre entra et sortit en disant : 
« Encore et encore », ensuite « pour cette eglise, pour la salubrite de l'air et 
pour ccux qui voyagent et pour notre delivrancc », et « secourez-nous », et 
« avec sagesse ». C'est l'habitude que les diacrcs ne sortent pas tous, mais 
cliaque fois que Tun dit la litanie, un autre entrc et un autre sort, jusqu'au 
dernier. Et le patriarche ticiit le chandelier ;\ trois branches et la croix et 
SOS mains benissent comme d'habitude. Le patriarche de Constantinople 
encensa ä l'exterieur de la porte, puis tous ceux qui sont dans le sanctuajre. 
11 se l.iva les mains dans un bassin en se scrvanl d'uno aiguiere d'argent, 
mit ronuiphorioii et alla fi la prothese; il fit beaucoup de genullexions et les 
prolongea jusqu'au momcnt de Icvcr le voilc qu'il donua A rarohidiacrc. Oii 



fol. 25 r 



[129] PRRMIKRE PARTI K. — LIVRE 11. 129 

La,j d^Ulj ^^Iä)I "C^lj «»JjlLJlj l^Jäi_ Vjl ^J^i (»r i_,*UiJI ^J ilWlj 

^jlaiJj l^-/ ^^jl>>j^ itf^' iT''-*--' iS*^J i^J'^'i»^^ J— :>eJ| (»IAs C^,»-^^ U_j v_,owiJl 

j^-Vl ^Vl l;^^ A-^Jl JjLtj JcC^JI ^l ^j^ >V ^■..U:U...'^\ JjJ Uj 

j»^">L^ »^,ouÜl j^gJ^ r^y. -^J l/r^ (n*jf*'J (.s^ \yX^ SJhJ>\ jy>a_ Ajuj js^Uii 
-Vltj w;__^U LltLUs Ju.5o o.ls_3 i^jüi ^,^„=>- ^x_) i^jl>j^ij k:u=>-^ U Lii- |»j;oyj 

1. L habet : IjvS'J, erreur du copiste. 

mentionna premieremeiit notre patriarche et les metropolitains ainsi que les 
pretres presents, les empereurs [chretiens] et le reste du peuple. Et moi, je 
sortis devant le saint corps avec le chandelier ä trois branches, accompagne 
d'iin deuxieme diaore avec un chandelier pareil et deux diacres en troisieme 
ligne avec des croix. Les pretres sortirent chacun avec un evangeliaire ou le 
voile d'un calice, uiie cuillere ou autre chose. Des que sortit l'archidiacre 
du patriarche de Constantinople, il mentionna le nom de son patriarche et 
* moi je mentionnai le nom du notre, puis chacun des pretres mentionna le ♦ foi. 25r°. 
patriarche ou le peuple. Les fideles s'inclinerent jusqu'ä terre pendant le 
passage du Corpus Domini devant eux et [cela est ä remarquer] surtout en 
Valachie, chez les Cosaques et ä Moscou. 

Lorsque le patriarche de Constantinople arriva k la derniere marche 
de la porte du sanctuaire, il regut le saint corps et nous mentionnämes les noms 
des deux patriarches. Le patriarche d'Antioche prit le calice. On n'eventa pas, 
avec le voile porte par le diacre, les tetes des patriarches selon l'usage. 
Apres l'encensement du patriarche, ils firent beaucoup de signes de croix 
sur leurs visages. Apres leur priere, la benediction sur le peuple et sur nous, 
je sortis, le chandelier ä trois branches ä la main, selon l'habitude, et je dis : 
« Completons notre priere au Seigneur. » Lorsqu'il benit les pains, il n'enleva 
pas sa mitre (couronne). II mit l'omophorion, enleva la mitre (couronne) et 
la posa sur l'autel, en disant les paroles sacramentelles : « prencz, mangez 
ceci... », puis il fit un signe de la main sur le saint pain et le benit '. Apres 

1. Litt. : « tandis qu'elle est benie, debout noii benie ». C'est un texte douteux. 

PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 9 



130 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [130J 



6jU\ lir^.^ ^UjüI Jy >1 <)U^ Jl Vjl l;^i Ui ._J^ J5Cj ^l<]| Jy 

J\^^\ Jjl j^^3 t>J>^ l>^ (V^-^3 '-^^„ '^' y^ _^C^^J Jj^^'j ^>^^ t^-'l 
Ujj ^l^ v_)ji.. ^il ^:.>^:L.>.ä'l Jlsj lj_^ ^;^^ x_,:i c^jl il ,^5::=^ di-iji ^V 

^ÜaiVi _^_^_jX_l (V-C-UJ ^-*-| b^^J V*^ t ^^ U : k öH Vjl ^jt ^jl "C-w ^^^ 

1. Note marginale. 



avoir dit : « Surtout », il s'attarda beaucoup dans la mention des ehret iens et 
des serviteurs, Tencensoir ä la main, etc. 

XIII. — Elevation he la panagu a Constantinople. 

Les metropolitains, les pretres et les fideles et tous ceux qui le desiraicnt, 
presenterent beaucoup de panagia pour qu'il les benit, au-des.sus du calice 
en forme dd croix, comme nous l'avons mentionne au conimencement, jusqu'ä 
ce que Ic diacre eüt fini de mentionner les diptyques des patriarches. Et 
l'archidiacre dit : « Et de ce que chacun [a en esprit], et de tous et de toutes », 
en enticr. Les chantres lui röpondirent de l'cxtörieur. Lc calmc extröme et 
la piete qu'on observe dans ces paya grccs, en Valacliic, clicz les Cosaques 
et ä Moscou, sont indescriptibles. Tous s'inclinent jusqu'a terrc, dcpuis le 
communcement jusqu'ä la fin de la messe, au point que si une aiguille tom- 
bait on rcntondrait. Alors le palriarche de Constantinople dit : « Souvenez- 
vous, Scigneur, de tous les prelats loyaux et justes, qui s'attaclicnt ä volro 
parole de verit6. » Puis lc prcmicr de ces metropolitains, colui d'Eplicse ä sa 
droite, dit : « Souvciiez-vous, Seignenr, en prcmier Heu, du patriarche de 
Constantinople », en entier. On ordonna apres au grand econonie du patriarche 
d'Antioche de mentionner le nom de notre patriarche. Chaque mötropolitain 



[1311 PREMIKUI-: PARTIE. — LIVKE II. 131 

jj j^lj A^ljj oiLii <v^l pT jv^^L;- ^1 ^IkVI \ij>^_ <^jj ^U^ JUjüI 

riatTiou Tou TtavaYiüjTdtTOU xat O'lx.oup'.evtxoij 7raTpiKpj(^ou iro'X'Xa. zx 'ivn 
■\- 'IcüavYi/iiou AT-e^avSpeia;, Ma/.apiou 'ÄvTtoyeia; Ilaiijwu "l£poGo'Xu|J,wv 

JiCjJl >_)l_^i hy^3 !s3)^<Cü jj-U_Ül ^^ ^„.otiJl ^l& ot^lr^^ ^J V"^" -^.J 
^^.Ja:.k>..i)lj (_/'-»-i)l J^:> (^' ^"V 1^-uJl i^^_^^l 1-^^^ ^'^.^ ö^-^ ^' j^yii L« 

t^lij \^y ^jy>- (^^5^ ^>^ l_^^^^oj p^3j ^y-i^. fjj^ ^^^ (^t^f'-i cnr:^^ 

-Ls-Ij J_^J /^•i^'j (J^J^ ^r-^ OLiÜiL« (_Ufr jj^r"*^' clr°J J~-ä!| j^ Jj^. ^ 
^_gk_5 J^l j_^La^j'V1 (j-b ^^ ^_^ jv* JjliJ' ^5::=- ^,iJ_U.lj ^^ jl-ü. -uij 
j»^ ,^ Vj ^AS U ' *ÖJ^c** J:r^ Cf ö^ -^. 'J^ "^"^ if^k^^i-J^^ (j-1 j Mol. 25 V». 

1. L om. ITaiffiou... 

de droite mentionna le nom du patriarche de Constantinople, et les cinq de 
stauche, celui d'Heraclee et ses compagnons, mentionnerent le nom du patriarche 
d'Antioche, jusqu'au dernier, et de meme les pretres Tun aprös l'autre. Puis 
rarchidiacre dit les diptj'ques des patriarches : « [Souvenez-vous] de Sa 
Saintete Paisios, patriarche oecumenique, beaucoup d'annees. De Joannice 
d'Alexandrie, de Macaire d'Antioche, de Paisios de Jerusalem », — puis 
il mentionna les pretres et les metropolitains oflTiciants. 

Apres la fui [des diptyques] et la benediction des patriarches sur le peuple, 
le diacre sortit pour reciter les litanies, sans fermer les rideauxdes portes du 
sanctuaire. — Ges portes sont sculptees et dorees. — Puis le diacre entra 
et le patriarche de Constantinople retira sa mitre (couronne) et la posa sur 
l'autel. II fit beaucoup de genuflexions et il dit : « Aux saints, les choses 
saintes ! » Alors nos freres grecs se decouvrent la tete et descendent de leurs 
Stalles. Avant de communier avec le [saint] corps et avec les saints mysteres, 
il fit beaucoup de genuflexions et s'humilia longuement, puis flechit le genou 
pendant longtemps et il demanda le pardon pour communier. Ensuite il dit la 
priere sur la tete de Farchidiacre et du protosyncelle, parce que depuis qu'il 
fut [elevö au rang de patriarche] jusqu'ä present, *il n'avait pas encore c6le- * foi.25v. 
bre la messe, ni prie sur eux. Puis il donna la communion aux metropolitains, 



132 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIüCHE. [132] 

Lj>üJ \jx±J>:C^^ \yO (♦j*;-<>f ^-Oj JU-lJI >_-' l=» ^^ (n'-S^i J^r-"^' I^^J -*— >J1 J^ 

/prjj U^.5J b!>i^l \±aZs>- i^i^ Xs.^ \^ ^ '^J^. i-P i_.»>t^l i^gAc ljlJj_Jj>l 
Üa_i« ^UaiJI "d^l ^y ^: .. k: k.>,äll r^ IjAi-lj jv^'Va. ly^J^'i l,^^^^ ^\ *^(->^ 

<;jlkJl jj.^ ^5CJ1 \j\AJA J\ \y^ ^ ^J^\ i>" J\ j^jÜVl iv^^ 
1. L habet : vJl^t^lSo^L;. 



aux pretres et aux diacres. Le patriarche d'Antioche communia avec le saint 
Corps et les saints mysteres et les donna ä ceux du cöte gauche. Ainsi tous 
s'humilierent et flechirent les genoux jusqu'ä terre, faisant beaucoup de 
genuflexions; ils demanderent pardon longuement. 

Puis le patriarche de Constantinople se lava d'abord les mains et on lui mit 
sa mitre (couronne) ; il donna la communion des saints mysteres k trois per- 
sonnes hors de laportc imperiale, etc. 

Le patriarche d'Antioche se lava encore los mains et donna la communion k 
trois personnes ä la porte du nord. 

Enlin ils sortirent et se placerent sur Icurs tröncs, les archidiacres devant 
eux avec les chandeliers ä trois branches, puis chaque patriarche distribua 
du pain benit [au peuple]. Lorsqu'ils eurent tcrinine le scrvice, ils entrerent, 
prccödes par uous, daus le sanctuaire et sc devetirent de leurs ornements. On 
omporla la mitre (couronne) du patriarche de Constantinople, sur un plateau 
d'argent recouverl d'un mouclioir [brode] d'or, au palais patriarcal. Ils 
monterent au refectoire preparö pour la reception des mdtropolitains et de 
tous les notables. Ils y restferent jusqu'au soir, puis descendirent pour les 
vrpres, c'est-<^-dire samedi soir. 

La veille du dimanche apri's Noel nous dormimes chez lui et le matin 
assistiimes aux matines, ensuile k la messe, puis nous allAmes k table. Nous 
avons dormi aussi chez lui la nuit du dimanche au luudi. Le lundi matin. 



[133] PREMIERE PARTIE. - LIVRE II. 133 

j ■«^IjJ ■cjjlk. Ju-jlj j1a)I jrj^ ''*• rJ^3 ^ fjlyj ''~t^ ^^ : .)-?:!g...äli 
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j-L-a J' ^3_r^^ l;^,..:^^ <«^1 'U.dxj lii^ aJ UJ^ j_5)1 Lfl JjVl jyl^ ^1 .u^l 

^_j-yu^^]^3^ d)>JI l;ju~. Aj^ Jl H >U LJlj ^IkJI Ji A^l UJ J 

Vjl .Li Lii-i ^^-Ül (._^l J jl^ ^^jJI OJa^Jl jl^ ^JJjlj ^i ^-O^ ^=1=- 
1. L habet : .5,b. 



monseigneur le patriarche lui fit ses adieux et retourna avec le patriarche de 
Constantinople ä l'eglise et dit adieu a l'eglise. Celui-ci l'accompagna hors 
du palais et envoya devant lui ses metropolitains, tandis que ses diacres et ses 
pretres soutenaient sa traine. Les capidjis marchaient devant lui avec leurs 
bätons, jusqu'ä ce qu'ils l'eussent fait descendre dans une barque. 

Ils lui firent des adieux une seconde fois et s'en retournerent. Ensuite 
nous partimes pour Yenky Keuy. Nous y restämes jusqu'au vendredi matin, 
dernier jour de decembre. Nous allämes vers Thmipia, rejoindre notre bateau, 
et le vendredi soir nous assistämes auxvepres. Samedi matin qui correspond ä 
la fete de la Circoncision, le 1" janvier, la messe fut celebree dans l'eglise 
de Tendroit; nous celebrämes ensuite roffice des vepres le soir, c'est-ä-dire 
la veille du dimanclie avant l'Epiphanie. La veille au soir, le protosyncelle 
et les prelats du patriarche de Constantinople vinrent chez monseigneur 
le patriarche dans une barque avec une permission flatteuse en disant que 
Dieu l'avait empeche de leur faire visite pour la troisieme fois et assister au 
Synode. Kyr David le metropolitain de Gatitsa etait parmi nous ; il etait devenu 
metropolitain le jour meme oü nous enträmes pour la prämiere fois ä Constan- 
tinople, tandis qu'il se rendait par mer ä son siege, mais comme nous il avait 
ete empeche par l'absence totale de vent. 



♦ fol. 2(1 



134 VOYAGE DU PATRIARCH K MACAIRE D'ANTIOCHE. [134] 

Jl<Jlj «CjJl; iiUl w~^ a_.j5CÜ b^:s3 '^^A:^^ ^■-^r-' ^y"^' \y^3 l-^V (J«IaIII 
j\JLJ^U «_AJs i!>Ui j*lJ>- -Ct ^^U- ^a".l?^)?..,äl| jlSj A_^^^ v_i-S3J c-^,»-t!lj 

AJKsl (JiJslij AJljlj <l3J (Jlc- ■»JaAijl ^5^.j t*aj^ 4 — J5 ^ jv^ajI ifj^ij — ' j)-*J1>v«3A)I 

Ja— .J ^ <_LjL- 4-i re. Jl A_JS 'LLUJI jj-0 Jjlt U ^.^iJI |«S iii-j KJ, «All 

l^gkj Liil lj9_^ jl JjIäJ IjAi-b UjiYjl jJäIj <^ J^ ^ Ij. jIäT 'IacVIj ^r^l 

^iJlj yi>3 "Ui ^^ j_5lialk_ä)l Jul=- Jafrjli JjJ p)' 1^^ J_^ -UbLilj »!>lxJI IÄa 

^^ JSJju jL; (JM*'^^ dJniaJI ut-S A«j jl ^ij JljJ^I i^lc- lkc-3 '*~-V^ 

'"' 4>''J '^J"'^^ O^J^ Uj^JI ^1 jj»^LaJI ^J~^^ AJ-i- »IäJ 5-U /»Islj c/.>^y 

1. Note marginale. — 2. L habet : ^. 9j-U=. 



XIV. Le SYNODE DE CoNSTANTINOPLE QUI EUT LIEU PENDANT NOTHE SEJOUIl. 

Le dimanche matin nous vinmes au palais patriarcal, nous vimos tous les 
membres du clerge nous attendant et ayant t\ cause de nous retarde la messe. 
Ils se porterent k la rencontre de monseigneur le patriarche et le lirent entrer 
dans l'öglise suivant l'habitude avec le mandyas, la crosse et les cierges. 11 
se tint debout sur son trone. Le patriarche de Constautinople etait lä. A la 
fin du Service, le didascalos Sirigue, hegoumöne de l'eglise Clirysopigi de 
Galata, le savant de son epoque, le plus capable de ses conlcmporains et 
de son temps, le defenseur de la foi orthodoxe, monta en chaire. 

II exhorta beaucoup et, en pleurant, il dit : « Qu'est-ce que cette agitation, 
ce trouble, ce desordre dans l'Eglise de Dien? Lorsque saint Jean Ghrysostome 
revint d'exil, il fit un sermon oü il compara l'Eglise du Christ ä un navirc au 
milieu de la incr que les eiinemis attaquent de tous cötes et que nous, ses 
enfants, ä rintcrieur nous allons encore l'aire sombrer. » 11 insista beaucoup 
sur ces paroles et ce sujet, puis il descendit. Le patriarche de Constautinople 
se leva alors et se tenant debout devant son tröne pröcha ainsi : « Aprös 
foi.2nr. l'assassinat du patriarche Partiii-ne, Kyr Joanuice lui succöda* et resta un 
certain temps [en cette dignite]. Alors vint Cyrille Spanos ou Kousa, metro- 



[135] PREMIERE PARTIE. ^ LIVRE II. 135 

^y V <:^ j. Vj s^ Ujj j, V ^U- li^l >_üj L. ^>Ji ^.MS ^^1 'If- Uj 
L i^3 _^,J_^ ^:. ^^ <« oy^. (J ^j c^J ^'^' c^"^ ^r^. <^^ (Vtr^ "^^ 
jl^ ^-iJl jjjViL, j^^l ^_^Lrl A^ 1j^L:1j ^ j^^ ^j^j^ ^ (»*-^J^ 

öw jIaI, (v^,jy'ij J-ci-»-b >^U iLo—'J^ ^-^^ V^-'J f (n'^i^ y^-b (j^^ 
lJ C^_^a^. ilcj 4JI j^l ^. A,:.t^:}^...öH Jl 'U-j xxJl jsÄ* Jl (>U'U c^ ^Vl 

lj:ojl^lj L^jV y> i^-UI i^J) isyiÜ jl -a* t^^; ^J^S f^^y. ^j"V OlA* 

1. L habet : (j*'-*^', un mot qui a provoque des confusions jusqu'aujourd'hui dans 
toutes los traductions. 

politain de Tärnova, et on le deposa. Lorsqu'il vint au palais patriarcal, per- 
sonne ne se presenta devant lui, ni des prelats, ni des pretres, ni des 
laiques, parce que tous le haissaient. II y resta trois jours et parce qu'il 
n'avait rien ä donner au vizir et aux autres [dignitaires] de ce qu'il leur avait 
promis, on le deposa d'une fa^on tres humiliante et on installa Athanase connu 
sous le noni de Patallaron, ancien metropolitain de Thessalonique. Ensuite 
il devint patriarche apres la deposition de Cyrille d'Alexandrie au temps 
du Sultan Mourad, puis il fut depose. II alla aupres de Basile prince de 
Moldavie, qui lui donna une eglise et un couvent ä Galatz' et tous leurs legs 
pieux, ensuite les sujets des villes de Bräila et Ismail et leurs dimes, estimes 
ä six mille maisons ; il y resta tout ce temps. Puis il partit pour Constanlinople 
sans la permission du prince et redevint patriarche, comme nous l'avons dit, 
contre Cyrille Kousa. Lorsqu'il n'eut plus de quoi contenter les gouverneurs, 
il resta seulement quinze jours et fut depose. II se refugia encore en Molda- 
vie. Les prelats et tout le clerge eleverent au patriarcat Kyr Paüsios', 
metropolitain de Larissa, avec leur libre consentement, apres lui avoir fait 
retroceder son siege de Larissa et ses dimes pour douze mille [piastres] en 
faveur de celui qui l'occupa apres lui. » II est notre ami et nous sommes venus 

1. Cf. B. Radu, Voyage du patriaiche Macaire d'Antioche, etude pieliininaire, p. 13, 
Paris, 1927. — 2. Paisios alla en 1G50 en Russie en passant par la MolJavie. II fut 
d'abord metropolitain de Larissa, puis patriarche de Constantinople en 1652, apres neuf 
mois. Apres son abdication il s'etablit ä Lesbos. Le Quien, Oriens Christianus, III, 
col. 195 et I, col. 339-340. 



136 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [136] 

i_^l_5 --ii>M jLJi jo 4jL) ^ \l=- ^c,J3\ LLs-Ls lÄjj Ol iAi-l vj l'iJl ^,ju- ^IjI 

pAäiJÜ jVI ^\ JUJI iÄj6 j_5k. (.Uli A-^|y -UjÜj Cuij ^r^i^l? ^^-jOi :>^\y, ^UJl 

tX^r^W ^-*^ j^_5 *t^ ^'■^„ ^cr '^-' ^'"^ t^ 1*:^ ^ ^^LJI ,r-^^-^ 
jv-iU yt d-=- jsAlt ^1 ^^^-r^ -«i-^^ vc^b dU-i^ *iiUl J>\ c^^_ ^ ^ ^bj*^^ 

l^J^J «J-J-t^-r U'^r^'^^-J '*-V^' ^JJ ■^^-^ L,^»^ o^' cT^ ^-'j ^J 1.5^^-^=^ 
ol ^:k ... i .H OjlkJI jloii ^ ^yy,^ tc^ t'-^ '*^ 0^ ^^i^ ö*^'-? C-/^^ '*"'* 

l^g-^ Ual ^^^jJUs-l 4j| CjL"j Vjl o-^ (T-^^ lS*^ '*.^1jj ^-^Ir* j\/^ ^-^ ^^ 

uljj *'>äJi i_^ tlr^j d^\ ^J^. ^3^^ ^r^ Jr« 4_^L l^iip ir^-^i i^yy-^ 



dans son temps. C'est un homme venerable et humble. II est ami des grands et 
des petits, modeste, son äme n'est pas orgueilleuse. II resta dans cette Situa- 
tion jusqu'ä maintenant. Monseigneur Cyrille Spanos habitait dans la maison 
dun homme äge qui travaillait contre lui et Ic patriarche depose Joanuice lui 
aussi habitait uns autre maison ä Galata. Et moi, humble historiographe, 
j'allai chez lui lä oü il habitait cache et coilfe d'un turban l)lanc. Les prelats 
et le clerge tinrent un synode et pronoiicerent sur kii I'anatheme et la 
malediction parce qu'il avait commis des actes abominables qu'on enregistra 
dans les archives du patriarcat de Constantinople. 

Le protonotaire ou le premier des secretaires alors en donna lecture 
publique dans la chaire sur la töte des notables. Apres, le patriarche de Cons- 
tantinople fit un sermon ä ce sujet, et dit en siibstance : « Ce Cyrille ' appele 
anterieurement..." contre le metropolitain de Corinthe et la tue pour lui 
ravir : 1° son siege; 2° pour occuper aussi le siege de Philippopolis quand le 
prelat etait encore en vie, sans la permission du patriarche de cello epoque, 
mais avcc la puissance des gouveriieurs; ."{" il occupa aussi le siege de 
Chalcedoine par la puissance des gouverneurs; ''i" il devint aussi mötropolitain 

1. II est connu sous le iiorn de Cyrille III : loannicio siibrogalur Cyi illus 111, quem 
calalogus cognomiuaUim Spanuin fert l'uisse(]uc Tarnobi iiielrojjolitam. KOpiX/o; h Tapvo- 
6ou evxXriv 2i:avo<;, ac viginti dies sedisse, :?,[Ji£pa? eixost, Dosilhcus vcro liunc Coriiillii quon- 
darn mctropolim gessisc. Qum vero episcopi translatioiieni ejus pi-obarenl, ejeclus l'uilet 
in cxilium missus. — Ce patriarclie n'esl j)as menlionne par Le Quieii ;'i Philippopolis, ni 
a Chalcedoine, mais seulemeiit a TArnova. Le Quien, op. cit., II, col. 339 et 1236. — 
2. Mol doutoux dans les deux manuscrils. 



[37] l'REMIRRE PAUTIR. -^ LIVRR 11. 137 

c^j U «c— wJl ^frL^I jV üj^j *-v=^ ^jr^3^ vr*^^ ^"V "^^-^ 

p^j^l; .__> ^ ^1 ^_^^ Ai-L 'J\ iß ^ U c^ ^j |»--l; -ki^ (*-i ^^ 
jU C.lj ^^ j^l Ulj C^J^. ^;.^^ j-i-rl Ul lt:.j p^j ^ ^U^ ^ -^.-^1 

Ijj^^ C«3^5>M _^J "Ulj Ül^l Ai-l jj-«^ 



de Tärnova; 5°il devint patriarche. » Le fait qu'il fut la cause du meurtre de 
Cyrille d'Alexandrie ' du temps du sultan Mourad, obligea ä prononcer Taua- 
theme et rexcommunication contre lui, parce que le saint synode ne l'avait 
pas approuve. 

L'usage parmi les prelats de Constantinople est que si Tun d'entre 
eux devient d'abord metropolitain dans uiie ville, puis est elu pour un autre 
siege et si dans ce temps-lä il arrive qu'il prenne un troisieme siege, s'il est 
depose, il tombe au rang d'arkhiereus et il n'a pas le droit d'occuper un autre 
siege conformement aux nouvelles lois — et c'est comme pour le mariage 
dans leurs idees. Et s'il devient patriarche et occupe un quatrieme siege, il 
devient comme celui qui epouserait une quatrieme femme ; il est alors ana- 
thematise et excommunie. 

Apres que le lecteur fut descendu de la chaire, le patriarche de Constan- 

1. On trouve Cyrille Lucaren 1594 comme syncelle dans la Russie polonaise pour 
appuyer Basile Oslrog contre les uniates. II fut en relation avec les orthodoxes de 
Lembcrg qui se grouperent autour de l'eglise de la Dormition, fondation d'Alexandre 
Läpusneanu, rebätie par Pierre le Boiteux et les boiars Stroici, continuee par Jeremie 
Movila. 

Pour la deuxieme fois nous le trouvons comme exarque en 1599. En 1620 il etait en 
Valachie atlaquant les catiioliques sur les deux points : la procession du Saint-Esprit et 
le Purgatoire. Pour son entretien. le Prince lui donna le grand village de Segarcea du 
district Dolj. En 1622 il etait patriarche de Constantinople, chef de l'orthodoxie qu" il a 
troujjlee plus tard par ses opinions calvinistes resultant de ses relations avec son protec- 
teur diplomatique. N. lorga, Istoria Bisericii Romane, vol. I, p. 254-257. 

Sur sa profession de foi, sur les protectcurs de Cyrille Lucai\ cf. N. lorga, Geschichte des 
osmanischen Reiches, vo\. IV, p. 23-29. A la suite de l'intervention de Bairam Pacha qui 
voulait mettre fin ä cette crise, en profitant de l'absence du guerrier sultan Mourad qui se 
trouvait en Asie, le fit deposer le 7 juillet 1638, le fit executer et fit jeter son corps dans la 
mer. Enfin un synode eondamna sa profession de foi. N. lorga, ibid., p. 29. 



138 VOYAGE DU PATRl ARCHE MACAIRR D'ANTIOCHE. [138] 

fol. 2Gv'. LAfr ^ji='=— ' JUi- ,Ji-tJl lJ*Jt>3 »5C0 r^^y, ij-^J (.Lki^j JU ijib LS_^^ >^^->^ ^ ^1 

^UajVi d)_;iiJl L'a^ V. I^^AJs j»jil J' C.j^,Ä^ 03^, üA£.L-^^ ^ (JS _^ l;^^^_Ä-j_5 

ij^_^lj Uj^^ \j^UJl <Cjlia^ "^^JJ vJU-iai-l (V jj_jS_j-«Vlj (J~ij_^^M ^y j^j 

SJaJ!i\ -Kc- ,j~-^ yij. V (»Aj (.rjXy.y^^ öLr^ (»r* ^^ "^'-5^ (ni^^ ^-^•^ 
^j'jyjL^^>i CJ^\ jl^ jjjIj (»;i 15^="^! -»^ L-jj i^^Wlj pTi^ v^-^ *>^^..-> 

1. Lire : ^vJJi. 

tinople pronoriQa l'anathemecontre lui (C3'rille) conformement ä une feuille de 
papier qu'il liit eii disant : « Moi, je ne suis pas devenu patriarche par la 
richesse et la puissance des gouverneurs, mais par votre consentement a 
* tüi 2(1 V. tous. * Ce miserable travaille ä notre ruine etä notre perte; quiconque l'aidera, 
sera anathematise. » Ensuite on demanda ä monseigiieur le patriarche d'An- 
tioche de ranatliematiscr aussi. II prononga un sermon eii arabe, qu'uu iiiter- 
prete expliqua, cela pendant une heure. II I'anatliematisa, lui et tous ceux qui 
lui preteraient leur aide, tandis qu'il portait I etole et Tomopliorion. On donna 
ensuite le papier aux metropolitains presents qui le lurent et anathematiserent 
Cyrille Tun apres I'autre, vetus de leurs etoles et omopliorions, au nombre 
de douze, ainsi que les dix que nous avons dejä cites. II mauquait le nietro- 
politain d'AgathopouIos. Ils ne cesserent pas d'liabiter clicz le patriarche. 
Le patriarche ne celebra pas la messe toute l'annee si ce n'est cinq ou six 
fois; lorsque a lieu une Ordination de prelat ou d'högoumene ou de pretre, il 
donne la permission ä plusicurs prelats d'ordonner d'apres leurs usages. 
II y avait encore trois autres prelats. ä savoir : David metropolitain de 
Gatitsa', Ciiristophore metropolitain de Saloua'-', Gabriel ('veque de Üimitria- 
dos'. Apres avoir fini, ils inscrivirent ccdeuxieme synode dans le registre du 
patriarcat, sigu(^ aussi par monseigneur le patriarche et ensuite par tous 

1. Je tie peux pas ridcntifier. — 2. Probablement Solona, autrefois Ampliiss.i, 
dcpendant de la melropolie d'Alhcncs. Le Quien, up. ca., II, 22(1-227. — 3. Prubablcmenl 
Dimitrias iiientioiine par Le (^uicn, op. ca., II, lll. 



[139] PREMIERE PARTIE. — LIVRE II. 139 

\^j^ ^ikül oy>\j\ ^J ^ Jl ^(^J' ^^" J ö^ ^'^3 '3M>-^ ^r^ f 

C=;j ;i)li ^^ ^' ^^j ^^ü^i^^H 
^j .^1 U;j c^lj "CjiCjl Ljj ^«^ jj-^3 Vv^: ^J ^^^ ^'-^ ^"^-5 
A-£ ^Ü ^ v^.-^ l_^j jl^„-^^ ü^ (^^ ^^> (»^' J^^J -?-\^^ ^> es* 
^jj ^LLll ^ is^UI <iiUl J:^ -^j -U.5J x^^3 -UJ ^^^" >_;y: ^ ^>IJ1 
5>U, bJCöl 'jyjjVl i\J3 ^3V1 ^Ul ^ j*l<il ^ -^J ^^ ^>J1 

jjji^ ijA^i Oi^^ 0^^^ s^ ^>^^ (^ ^--^ (~^^ ^^> l/^ ^ ö^j '^^ 

1. L habet : ..y .j^t, erreurdu copiste. 

les prelats mentionnes. Ils se leverent pour aller ä table. Nous restämes 
dans le palais patriarcal jusqu'au mercredi tnatin, paramonie' de l'Epiphanie. 
Les deux patriarches descendirent dans Teglise de bon matin et les cbantres 
commeiicerent roflice des heures qu'ils firent suivant l'ordre de la para- 
monie de Noel et aussi le polychronion pour les deux patriarches. Apres la 
messe, le patriarclie fit de Teaii benite en se servant selon l'habitude d'un 
vase de porcelaine et il aspcrgea l'eglise et le sanctuaire. Ensuite il vint pres 
du patriarche de Constantinople et ils s'aspergerent reciproquement. 

Monseigneur le patriarche, debout ä son tröne, aspergea tous les grands 
prelats et le reste du peuple. — Tous etaient dans le calme le plus grand. — 
Ils allerent ensuite au diwan (salon) et firent un service d'apres l'ordre de la 
veille de Noel en buvant des coupes de vin et en faisant des voeux. Quand 
eut sonne la dixieme heure de la nuit, les patriarches descendirent dans 
l'eglise et commencereut le service de l'eau benite, apres que le prelat eut fini 
la premiere heure et lesmatines. Avant « Dieu saint », quatre diacres sortirent 
avec quatre pretres, deux par deux.' Ils regurent la benediction des deux pa- 
triarches, puis ils entrerent et se revetirent de leurs ornements. Ensuite 
l'ecclesiarque mit pres des trones des patriarches une table couverte d'une 
nappe brodee d'or et dessus un vase de porcelaine contenant de Teau, comme 
ils avaient fait la veille. 

1. Le jour de jeüne qui precede les fMes de Noel et de lEpiphanie est appele « para- 
monie » ^ iiapa|jiow^. A. Couturier, op. cit., vol. I, p. 119. 



140 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [140] 

j_5--_,^l ^j^_ ^\s- \yi^i ij>z^\ o"^=r^^ -*^-' vr:^^ (nr-t'-' ■^:'. *^^J J^i 
jsJLo «>yij ,>=»->^ JlJ:1_^JIj Ojyy^\ Vr*! ^'^ 0-JJ>^-*J^J p-' J ..V,%...i\\ 
jJL^ »Ul (.U' lyij -C^ i>Wl3 <!L»^ ^ ^J ^^ JKr^l ^^.J t^^-A^^"^^ 
Cj=>1 <l>yi\ ^i jjy^Vlj J~i)>JI ^^W~iJl \j~J} =LJ1 Sy^. ljX;l pT pjuyii 

Jaul 7rpwT0i|;a>.TYi? '-^jAj t^;:^^^^ "-^J^ f^"*^ ^^, (jr"J^^ l/^-' 1^5^ tT^-'^-^^^ '"*'•-' 

^>iJ >> (.' j\^ ^%' \- J^ J^ ^Ul >: .U-3 i^Ul «^- J<:431 ^l^V 

♦ fol. 27 r. ij^V ^j_j^l Jjl ^ Ö^V' ^ "^ O^^J ^;lkJ! |v' -^«-^ ^^-r üi^l .--->' 
1. Note marginale. — 2. L a^^j, apres ^rpwTolaXTric 



XV. — Rite de L'EpIPHA^■IE et office de l\. ■'j benite a Constantinopi.e. 

Ou plaga devant la table trois chandeliers d'argent avec des cierges de 
cire blanche. Les quatre diacres sortirent du sanctuaire, les premiers tenant 
des croix ä la main et le troisieme l'encensoir. Ils se rangerent ä droite du 
tröne du patriarche de Gonstantinople, le deuxieme diacre tenant dans sa 
main droite l'omophorion et l'etole deployes. Le quatrieme se tenait ä 
o-auclie, avec l'euciiologe et un bouquet de basilic. Les trois pretres se 
teuaient devant l'eau, laissant trainer leurs cliasubles. 11s commencerent 
ensuite l'oirice de l'eau benite. 11s revötirent le patriarche de Gonstan- 
tinople de l'etole et de l'omophorion; lui il mit aussi son latieh'. Le cano- 
narque ou chef des chantres commenga ä chanter. Le premier cliantre, 
c'est-ä-dire le « protopsaltc », chanta d'abord les morceaux connus sur unc 
m6lodie douce et ils les repeterent. C'est lui qui dit les prophelies. L'archi- 
diacre enccnsa au moment de la premierc « Gloire » les portes du sanctuaire 
suivant l'usage et vint pour encenser l'eau de tous les cöt6s trois fois, ensuite 
fui.27r°. les denx patriarches * selou l'liabitude, neul' fois chacun d'eux, puis les 
meiropolitains et le clerg(5 seulement qui se tenait debout depuis un hont 
du chreur jus(iu'i\ l'autre. 11 se tourna vers Ic ponple, l'cncensa ä droite et 

1. Le latieh est un voile noirtres leger qui couvre le kallous et descend sur le dos, 
oü il se partage en trois bandes. Abel Couturier, Coitrs de lilurgie, vol. 1, p. 7S. 



[141] PREMIERE PARTIE. - LIVRE II. 141 

^3J V-^ Cr« 4ri^^ ^-^!j ^A^^ c^^ i^ ^^' '^' cf^ ^-^ j^l.x^,Vl 
J,L V C^b jl^3 ^-^1 ^ djl ^iJl (v^ ^IJ ^jy^jjbj J-:^Vi lyj .Ul (.U- 

dbl; Orir^^ ^^ ^'^^ -'^^^'-' -^-5 ^-^ ^^' ^"^'^ ^ "^^^ ^"^' '^^^ ^ 



ä gauche de loin ainsi qu'ä la fin [de la lecture de la pericope] de l'epistolier. 
L'archidiacre encensa de nouveau Feau unc deuxieme fois ä l'alleluia. Le 
patriarche descendit de son tröne et se tint debout devant l'eau, lut l'Evan- 
gile tete nue et benit ensuite le peuple. II ne le benissait pas ordinairemcnt 
si monseigneur le patriarche ne levait pas la main droite avec liii, et ils benis- 
saient ensemble. Pendant que l'archidiacre recitait la litanie : « pour qu'on 
benisse cette eau, etc. », le patriarche faisait le signe de la croix au-dessus 
de l'eau du bout des doigts trois fois et il benissait le peuple trois fois. II dit 
ensuite la grande priere et ä ; « Vous etes grand, Seigneur, et Vos oeuvres 
sont merveilleuses », trois fois, il benit encore trois fois le peuple. Et ä : 
« Preserve tes serviteurs nos empereurs croyants », il les benit encore trois 
fois. Puis, apres la coiiclusion, il prit la croix, en plongea d'abord le sommet 
dans l'eau, ensuite le reste, et la fit sortir une premiere fois et les chantres 
chanterent : « Dans le Jourdain », en psalmodiant jusqu'ä la fin. Ensuite, il la 
plongea une deuxieme fois et ils psalmodierent une deuxieme fois, puis il la 
plongea une troisieme fois et ils chanterent une troisieme fois. Pendant ce 
temps, Tarchidiacre tenait ä la main un vase d'argent pour recueillir l'eau 
qui tombait de la croix, lorsqu'il la sortait de l'eau. II aspergea en forme de 
croix avec le basilic. d'abord dans la direction de l'orient vers le sanctuairc, 
puis vers l'occident, puis vers le sud et vers le nord. II entra ensuite, aspergea 
le sanctuaire, l'acathiste et le depöt des corps saints; il sortit en se dirigemt 



142 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIKE D'ANTIOCHE. [142] 

i;ji ^j/ („r^^" jl 1^^ JLt ^j»IA£)Ij j^UjÜI ^jsjys^ ^l ^ lj^>-_^5 olJ_^Vl 

C__«L>_ij "UlJi C^ls o'"'Ji (V viJlj'' fl^sj ,jä» f>y-^ ^J^'^J ^rr* L?'^ ljll_;iJJ 
j^jXj j^^ Lacj iji^_^' ^ /po ll~.-Ä«3 ijjjlcj ^'_^^J jr^^ ^'^ (C-'' '^ '— 'JjJ 

j-US»u.l Jis- |_5-Wi3 jlc-iJl /»-^v« 

1. L habet : ^j^^Jl^^L. — 2. Note marginale. Lgrd 1700 habet : »ät ^U^ 
b^^j .5_j-v^l. — 3. Le manuscrit de Leningrad de 1700 commence ici. 



vers le patriarche d'Antioche, Tasporgea et l'autre aussi. Puis il monta ä 
son tröne et s'assit, tandis quo l'archidiacre teiiait le vase avec de l'eau. II 
commen^a ä asperger les prelats, les pretres, le clerge et le reste du penple 
avec le plus grand calme, avec de l'eau de ce vase. Ensuite les deux patriarclies 
vinrent, baiserent les icones et sortirent par la porte du chceur du uord. 
Pendant la messe et avant la fin de la procession du saint corps, il envova un 
prötre avec co vase pour asperger les femmes. 11s sortirent cnsuitc de la 
messe et monterent au refectoire vers midi. Ils se fircnt des adieux mutuels 
pour la troisieme l'ois. Le patriarche de Constanlinople envoya ses rapidjis 
devant lui, les diacres et les prelats, au bord de la mcr. Ils nous firent leurs 
adieux et s'en retournerent. Nous partimes daiis la barque et uous passAmes 
par Yenkij Kcmj et arrriv;\mes k Tlievapia, en nous liAtant parce (jue le ventdu 
sud dtait träs l'avorablc. Nous assistAmes ;\ la messe le dcuxiemc vendredi 
de TEpiphanie. 

XVI. — Emi'1,\cement dv hktikut i;t cki.m oii iiit cukuse 

l'All Al.KXANIIHK. 

Le navire lova l'ancre apres midi et nous arrivftmes avec les autres navires 
(lui jctrronl raucre pres du Phanar, — c'est un endroit connu. C'est ici 



[143J PREMIERS PARTIE. — LIVRE II. 143 

j\ IfJl ^1^1 ^-*^^ Jf-V viI]J3 i^cj C-jj jUä»3 C9 j Jf« J^^*^ (^J-*^^_ J^LiJI 

r-^1 iÄA * jv-l) -^e^lj jl^b <-^ JJ-5 '*-'-' ^3 1-*^ v-*^ '^^^ -^b ^^ ^^1 ♦ fol.27v*, 
jUaiJl .>% ^1 »JiaJj l; JaJl ^ ^ iji-^'j (^^p-i ci-« "»oUJX ^^^i-Mj jl ^i-Uals 

1. Lgrd 1700 a la note marginale : 4-^^ L^j^^i.. — 2. Lgrd 1700 om. ...'nyj. 

qu'Alexandre a creuse le detroit pour faire coramuniquer la mer Noire 
avec la Mediterranee. II tailla une montagne, travail qui etonne Tesprit 
huniain. Nous debarquämes et nous montämes sur le somniet d'iine montagne 
oü il y a une colonne splendide, en marbre blanc, dressee par Alexandre, 
sur laquelle il y a une inscription ecrite en grec ancien que personne ne peut 
lire. Le chemin pour y monter est tres difficile. Nous descendimes et mon- 
tämes au village du Phanar situe pres de lä. Nous y contemphimes l'ancienne 
et grandiose tour qui date de l'epoque d'Alexandre. Sur le sommet, il y a 
trois phares, plus grands que les torches qu'on allume la nuit, avec du gou- 
dron, de la poix, de Thuile, etc. pour y conduirc les navires, car la mer — 
Dieu nous garde! — y est tres dangereuse, son nom en est une preuve. Cet 
endroit et le village portent le nom de * cette tour, Phanar. Les chretiens ont ♦10I.2-V 
ici une eglise dediee ä saint Georges. Nous y lümcs la neuvieme heure et y 
chantämes les vepres. 

XVII. DoBROUD.I\. 

Puis nous mimes ä la volle le veudredi soir ; nous naviguions par le vent 
favorable du sud. Mais il augmenta tellement que nous faillimes faire naufrage, 
mais avec Taide de Dieu, nous arrivämes le dimanche ä midi apres l'Epi- 
phanie au port appele en grec Costanza et en turc Kustendje. Nous sortimes 
les bagages. Ici il y a uu douanier. Apres avoir eu l'intention de marcher 



144 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [144] 

■yj>y Liüj S^ iUlL'' ^ Jolj \S\ A...\k:]a,.>i]l ^ üLäLs L ÄL.f- j>^ ^'^ *-^fV^ 

ÄAsj CjtiJ^ "l^bj'^ '-*^ v~^ "^ .x~*^^ (V^'j -^jIj "^^ A..:...i a :L...fl l l ^ ÄsL_Ji _jäo 
LJlc jl^ _^ -OÜL i\Ji\^ k_ijCs I-Lit« ji^ i^^b ^-^ ^o^ •^:J vlr-3 tJ^'V^ ^ i3*-«^ 

IJijfc ajLs jV ^JLvi^ jU A^ (JJ jj^jj^ -*-* *^jO^ '"•'^ "-i/r' (3*'' _ t:* ^3 
1. Lgrd 1700 oni ,' ^J>. — 2. Lgrd 1700 om. ...l\). 



trois Cents milles, d'entrer dans le Danube et d'aller oii Moldavie, nous descen- 
dimes ici. — La distance que nous parcouriunes de Constantinople jusqu'ici, 
etait de plus de trois cents milles. Nous y resti'imes deux jours, ayant le 
vertige par suite de la frayeur causee par l'agitation des flots au point que la mer 
embarquait et que tantöt nous descendions comme dans une vallee, tantöt nous 
remontions comme sur une montagne. On dit que le tour de la mer Noire est de 
buit mille milles, de sorte que depuis le moment oü les navires entrent dans le 
Danube, ils y parcourent cinq mille milles, environ la distance de Constan- 
tinople jusque-lä et meme plus; mais la navigation est tres diilicile ä cause 
des meandres et des detours, parl'ois du manque de profondeur et de la 
presence des pirates. Apres tout cela, le vont nous etait favorable. Et 
comment aurait-ce ete — que Dieu nous garde! — s'il nous avait et6 
contrairc? 

ün nous montra dans le voisinage de cc port presque cent vingt navires 
naufragös, avec leurs equipages et leurs cargaisons, la nuit oü nous avons 
essuyö la tempüte prös de Bouzbouroun avant la tempete de sainl Demetrius. 
Voici la description de cette mer, d'un bout A l'autre. Elle est dans une 
vallee et ses bords sont de bautes collines. Ses ilots n'ont pas de remous, 
mais restent dcdans de sorto (jue nous avons vu ses bords des deux cötös et 
il s'en faut de peu qu'ils soient invisiblcs. Elle n'est pas vasto comme la 
Möditerranee et ses bords oü se briscnt les Ilots sont bas. A notre droite 
etait Trebizonde, Siuope, Gastamouni, et le port de Mingrelic, c'est-t\-dire de 



[145] I'RKMIKRR PARTIE. — MVliR II. 1« 

jV /^^wL_. ^ii- IjUl J>j gl jVl L>.> ^1 ^A3 ■U-;^ ^>^ (*■' ^.-^^-3 <-^^> 

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L_^<C^l3 j_»^-uJl L_J1 ^ ^X ^' (^* >r-^^3 ;_r-^ ö* ^y^^ ^'^ lS^^ tn''^ (Vr*r^3 

iÜsj ^Ijl j_5'' 1-™^J ^'1^*1 j_yl-= ^-=^ i,^^" l*jVl ^L^ \s>t:s^^ ^ '^J='i 
,::^\ 7-L«s ^\ ^y ^ jl ■^j^ü ->y', otl^Jl Jj.» ^Ij o L.JI3 !s_j.-a^ 1^. ^kü' V 
J^\ y, ^Jh l^_5 l;_jk!l j^ ia^3 ^^ ^~^j V^^ -'^ ijrr^r-* V l?*' ^r"^ 

1 1, haljcl : riiJ', erreur du copi.ste. — 2. L : l^-.;. — :t. LgrJ 1700 om. '.^.b. 



Gcorgie. Dcvant noiis eu face, la vülc de KafTa, le pays des Tatarcs et du Khan. 
A notro gauclie etaient la Turquio d'Europeet la Silistrie, puis la Dobroiidja, 
c'cst-ä-dire le pays oü noiis etions entres. Tous ses ha])itants sont des Tatars 
musulmaiis, car le sultan Mohammed, apres avoir conquis ce pa3's, en a 
expulse los chretiens et l'a peiiple de Tatars, pciiple haissant les chretieiis. 
Beaucoup d'entre eux sont de Qaramanie et de notrc pays; et cela pour 
döfendre les bords du Danube contra leurs ennemis chretiens, parce qua c'est 
tili pavs de plaines qui se trouvo ä la frontlerc de Tiirquic d'Rurope o\\ face du 
Danube, de la Moldavie et de la Valachie. Tous ont leurs maisons construites 
sur le bord du Danube en chaume et en bois. Nous resti'imes deux jours dans 
le susdit port et louämes cinq voitures et di.\ chameaux ä deux bosses. Les 
chameaux de ce pavs sont commc cela, nus, saus bäls, l'ete et Thiver. Nous 
primes en locatiou aussi une voilure ä un clieval pour monseigueur le 
patriarcho. La locatiou de cliaque voiture jusqu'au Danube etait de quatre 
Cents osmani. 

Nous quittämes Constantza le mercredi matin 12 janvicr et nous traver- 
sämes des terrains bas sans voir de cailloux. i^e soir, nous doruiimes dans les 
voitures prrs d'un village ou en i'aso campagne jusqu'au samedi matin. Nous 
arrivämes ä un village de Bulgares chretiens appele lylilsa au milieu du 

PATR. 011. — T. XXtl. — F. 1. 10 



140 VOYAC.E Dl' PAtRIARCIlE MACAIRE D'ANTIOCHK. ri46] 

♦ lol. Jsr. JljlJ^iaJl isla- ^It Ajj.-^;^ ^.Jui- ^,^ jLLaJl Ijj \^^ Jt^J ("^^Vl jv-*^ ^j^ ,3*3 

Jli ixl ^_^i| LL^jj l,;^ Lrl jv' <.l^ jl«!^« ^xs. ^jLsJlj ■u-p l^;3 r^jj-J 3yi 



JJaiuiho; il y a uii cliemin de teric jusqu a lui. 11 est sous la jiiridiction 
ioi.28i°. turque. Nous avons vu des croix* de bois dressees sur les bords du cliemin 
et au-dessus de leurs tombes. La, il y a une eglise. Les habitants elevent des 
troupeaux de porcs. Nous partimes de lä et arrivämes dans une ville appelec 
Mäciii sur le bord du Danube, ville de quatre cent viugt maisons de Bul- 
gares cliretiens. LUe est la derniere localite de la juridiction turque dans lo 
pachalik de Silistrie. 11 y a des douaniers et un juge. Nous nous y arrt-- 
tämes le dimanclie de la Ghananeeune. Le lundi matin nous louämcs lin 
bateau. Nous y montämes, ot nous reniontAmes ä force de rames le couiant 
du lleuve. Dans cette ineme semaine la glacc avait fondu apres i\üon y 
avail i'ait passer des voitures et courir des clievaux. 



\ L'-?«.U ü »3- ^ 






J 



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L,V1 IjV3 JVj'. ^1 JS9i' ^ dUl l^^U! ly^^i y U^i Jjl ^j ^bl jy\i 



1. L^rd 1700 a Ic titre : .A-;=i«M iü. LL^^ aä.^. 



DEUXIEME TARTIE 



LIVRE PREMIER 

VOYAGE EN MOLDAVIE 

I. — Entuke kn Moijiaviic. Galatz. 

Dans Tapn-s-midi nous arrivämes ä Galautz, c'cst-ä-dire (iaialz, oü com- 
monce la juruliction de la Moldavie. Lo Daiuibe y est tivs grand, tivs pro- 
lond et si largo qu'ä certains eiidroits on iie peut voir d'une rive ä lautre et 
qu'une flache ne le traverserait pas : on ue peut bien entendre d'une rive ä 
l'autre. Entre Macin et Galatz sur la rive gauclie, il y a une ville et une for- 
teresse musulmanes appelees Bräila, qui auparavant faisaient partie de la 
juridiction de Valachie et qui ont ete retrocedees ä Tenipire turc. Elles 
etaient sur la frontiere du pachalik de Silistrie. Nous nous dirigeämes 
ensuite vers Galatz dans l'apres-midi du meme lundi 17 janvier. Des notrc 
arrivee, on envoya informer le gouverneur avec un cälaras on courrier. Les 
autorites, les prrtres et les autres habitants de la ville vinrent a la rencontre 



ikü VOYAGE DU PATUlAItCIII-: MACAiRK DANTlOClIE. 'm\ 

^j^^i jL ^1 ^k <--i J\ bjJ^lj SJ^\ \:XyJ lyV AiJl >l ^j <^\i 

J ^. jUi^Ü Ü^.^3 Jjl ^i jj^VU^L 1^ ^^jl ^^\ jUJ l^jlj ^H 
LtL^ J_5l jl^ lÄft3 ^^UJI ^'1^- ^^1 ^-^Lh^VI x_l^ lyji jx^l JL-Jl; l^ 'ijy. 

l \u>-J\ i^lüj >-LJIj «-•^i;j (v"^'-H S'^'' ^^.i::-.' (♦' ^j-::-' j_^i 'Vi l^j 

1. Lgrd 1700 : Jy. — 2. Lgrd 1700 : .-i^>jij. — S. Lgrd 1700 : UlU.^j. 



tlo monseigneur le patriarchi'. Ils remmeiierent ä Teglise do Saint- Demetrius 
construito recemment par Basile le grand prince, lequel la legua k Athanasc 
Patallaron', patriarclio de Constantinople, dont noiis avons parli' plus liaut. 
Lorsqu'il partit poiir Constantinople poni- la dcuxiemo fois ot qu'il devint 
patriarcbc, Ic piint-e se fäclia contie lui ol en fit don aux moines dn Mont 
Athos". Cc Patallaron, des nolre arrivee en Moldavie, partit pour Moscou 
parcc que lo prince etait tres irrite contra lui '. 11 )' resta un an et dcmi, 
vint au pays des Cosaqnes et mourut Ic troisienie jonr de Päqnes. On fil 
sonner los cloclies, c'est-ä-dire les dociies dairaiii : c'etaient les premieres 
([uc nons i>ntendions cliez eux — quo Dien nc nous prive pas de Icnr joli 
son! — a l'entree de monseigneur !e palriarclie dans l'eglisc et k sa sorlie, 
Selon l'usago. 

Nous clianlanics pour Uli « l'Axion ». Ensuite los prötres le rcrurcnt 
rev(Mus de leurs ornements sacerdotaux, avoo des cicrges et des enccnsoirs, 
il ils dirent : « soyez misöricordieux pour nous, o Dien », cfc. Ils mcntion- 

1. II reslii cn Moldavio de l(>'i2 ä l(i.">4. ayant pour ri'sidence le couvenl de Saint- 
Nicolas, qui possedail des donations faites par rempcreur de Uussio, Ali'xis. \. lorfj-a. 
Inloria Bis. lin/ini/ip, vol. I. p. 2',)(1, ,'>l'i-.il."). V.f. Le (.)^mcn, Oririis (^hiistin/iiis, I, col. 
33:i-;H9, Convorhiri l.ilcrnn-, an. WIM. p. 1015 el XXIV, p. .{O. - 2. .\presla niorl do 
l'atellarios. — .i. II parlit pour la llussic avec des recommandalions de iJasilc l,u])u, donc 
rallirmalioii de Paul d'Alep n'est pas exacte. l*our de plus amples rnnseignoments 
eoncernanl röpoque de liasile Lupu, voir la rlironique de Miroii Costin : MironiCoslini 
Chßoniion lerriie Moldavino <ih Aiironr Pii/iripr, cdidit D' lüigenius Harwinski, liucu- 
resliis, li»12, avec une laMe des malicrcs. 



fol. 2Sv' 



[14rtl DKUXIKMK PARTIK. — 1-TVIlK 1'. I'i9 

■^.Jas ».w^lj c}Ja^\ li-U- ^^^ J' Lwb i>Ls 1^1^ ^.^1 ^« j^"jtt .;,_^ Ü-Oj^; "C^^^ 

'^^VLj vj>>' t^,-:^j -bjAjCVl ;<jik. ^^Lij ^'-^r-^"' ä:-t-^' -S^ ^^'■^" -^'^' 

^^Ljl ^^^ \!<^\ij ^^Jül <..ÜaJl •i.JijtJl jLLaJI '^^^jjj ^lij ols^«-< C^yi^ V"* 
J tX\__;i <*ü V ^JJ ^jÄ—« Jt=v'' '"H-*^ U^,-»^ *ti/^ ;^L''^ i-*r*T"3 '-*f~ p-!==j" 

1. I.grd 1700 : 4''-)j. II scmble que dans le manuscrit de l'aris ce niol a ele ecrit sur 
an autre, car si nous retirons le 'i! et le , final, nous avons la Icion corrcde. — 2. L 
habet : Jj'-s::r'. — 3. L habet : «t-jj. 

nerent soii uom, ensuite celui du jirinco et de sa feiuine. Ils linirent le Ser- 
vice et recitereiit le polyclironioa pour le prince, sa femme et son fils, 
Selon l'habitude coustante ä la fiu de cliaque ollice. Puis monseigiieur le 
patriarche sortit, avant tout le luoiide, precede des cierges. 11 s'arreta ä la 
poite de Teglise et heiiit jles hommes et les femmes], taiulis qu'ils sortaient 
Tun apres l'autre, selon leur Iiabitude. iNous restämes ([uclque temps dans le 
presbvtere de cette eglise, pnis nous y retournames le soir, apres (jii'on eut 
sonne toutes les cloclios eu comniemoration de la IV'te des saints Atlianase cf 
Cyrille, patriarchos d'Alexaudrie. Nous assislämes aux vepres et le len- 
demain aux matines; nous sortinies et revinnics pour la messe. Nous sor- 
limes apres ([uatre heures et deniie. 

Dans celte ville de Galatz il y a liuit eglises, la pluparl cn pierre : 
deux dedieesä la sainte Viorge, deux ä saint Nicolas, deux ä Saint Dcuietrius, 
une il saint JMicliel, la liuitienie ä sainte Parasceve et ä saint Georges. La plus 
grande d'enire elles est dödiee * ä la sainte Vierge. Elle est tonte en pierre moI. 28v" 
polie avec trois coupoles liautes, elancees, sur les sommels desquelles il y a de 
grandes croix dorees. A l'interieur, il }' a uii Ires grand clochcr, avec des 
ineurtrieres de guerre. Elle a ete construite ä m'uf par un boi'ar chretien grec 
de la tbrteresse de Braila'. Le mercredi, nous partimos de Galatz dans des 

1. Cette eglise fut bälie par deux Koumains en l(i'i7. CC. Melchisedec, i\o/ilc isioricc 
si archeologice, |>. 311-oi(i. 



150 VOYACR nu PATUIARCIIE MACAIRK I) AXTIOCIIK. [150] 

[iSisjj IIä.Uj- ^JJv?-J r>J^^_y^ iS^\ ZX^iJi ^ 0"=^' (j* '-fv*' ^J^' ^y.. ^^ 

j aLCsJI ji ^\yj\ ^\ j>-y^^_ ijf=^\ («vis^ c-'^^ '"•^■^ --^ oiiLi/^ ^^ 

iLÄ-j C-'^L- «jjl jIaä^ l:.J:^ (»." Ijijlüj A*«j i^'l Uc-Uy üjJJI ^.joI i^j LuVi 
jl p," j»,.l^l J^ ^^r-'b ^.'^ -^'"^^J ^ ^-x- \'. ^r-ß^'^^ J^'^J' W^ '^r^ <5^ 
•L-^ ^.^ ^•^" V -^"^3^. '^'>— ' ^ J^'^ J^J^. ij^ ^f^ ^-*-r' 'Sr^J 'r^ ^'rv=" 



voiturcs ä chevaux quoii nous avait donnccs. ()n plafa nos bagages clans 
des chars ä bijeul's qu'on avait envoyes devant nous. Le pärcalab de Galatz, 
cn valaque, ou soubachy, 011 gouverneur, sortit avec les autorites et les 
boiars de la villc pour nous accoinpagner assez loin, puis ils s'en retour- 
ncrent. Nous marchAmes pcndant quatre heures en compagnie des cava- 
liers ou guides qui avaient ete desigues pour nous et nous descendimes dans 
un pciit village. 

Nous nous levämes le lendemain au point du jotir qui etait le jeudi de la 
f'etc de Saint Euthymc le Grand, et le soir nous arrivämes dans un grand 
bourg, c'est-ä-dire une ville noinmce Ivesti-Tecuciu', sur unc grande rivierc. 
On y trouve trois eglises avec des cloclies ä leurs portes. Le pärcalab de cettc 
ville nous procura des voiturcs et des clievaux de la part du prince; il nous 
donna aussi un guide. Celui qui etait venu avec nous retourna avec la voiturc 
et les chevaux, car teile est leur habilude : dans tonte villc il y a un relais de 
voilures et de clievaux. Nous sortimes de lä et, assez tard le soir, nous arrivä- 
mes dans unc autre grande ville appelee Bärlad. 11 y a trois eglises : Teglise 
de la Saintc-Vierge, construite en pierre nouvellemont par le priiice, l'eglisc 
de Saint-Demctrius et cellc de Sainte-Cyriaque. 

1. I'.i) rualilc il y a ilctix villcs. (i'cst uik^ loiirusioii de l'aul J'Alcp, «iii il l'uul altrilnicr 
ä ses nolcs qui onl servi ii la redaction duliiiitive. CI'. U. lladu, \'()i/(if;(' ((u palrtarc/ic 
MiHdire, rliidr prrliiniiuun-, Paris, 1027, p. 77. 



[151] DKUXIRME PARIIK. - l,l\l!l', 1'^ 15.1 

lj^>UJlj jUiJI ^j o_^ jU-l 

i%j ;-Mi)l :>% J [^^ jl:^\ :>% Ji\ 1^ iV»i -i^^'' 2i-^ ^'^-r-: "^^ ^'^i 
^dl ^l^V aUj :^UU ol;_^>L^ ^^'j ^y.^:5 >^^ Cr- ^<~=-" J' J>*^ 
Tcl^^ll ^^^. ijLs ijU^J'j jb U j^\i ^-\^S ^^' J^i^J pvr'^ ^^. '^' ~t^=- 
jlkÄJl ^k ij_^<.-i.. -^:J (j-*^-^ ö^ jn-~j^ •■r'r^J -L-Jl ^ a-ox. ^Ic ii3A.^>t 

OjjLU tjyl^ ^jjxJ,^ CiLäJ^I ijl« v^jU" '^ p^ O^'lj jLiiJl 'LJ iLs Uu 
Cls,! Li^ '*-t,.-»=^ *^yj iS^J-i i^Lr-=: ^-^"^b o^^. ^^ '^^^ ''"-^ (*^-^^ c^^'' 
»^'L L«l_5 !s^j j_j^l ^,^^ 'Sr^v; -K?* 'LiiVlj Isjj ■^^^ ^y^, i)'j'-iy (n*:-*^J 

1. Nolo marginale. — 2. Lgrd 1700 habet : -O. — .S. Lgrd 1700 habet : j_y^-". 
eiTuiir du copiste, — 4. Lgrd : 1700 om. ... ^. 



II. — J.iis .MAisoNS i;t l'iiabillkment i:.n iVJoi.hwie i:t k.n V.vlaciiii;. 

Les maisons de ce pays, depuis Muciii jusqu'ea Moldavie, Valachie, lo 
pays desCosaques jusqu'ä Moscoii, sunt conslruites en poutrcset en planches. 
Le toit est en double appentis et baut puur qut' la neige n"y reste pas. A 
l'interieur des maisons il y a des chaiscs tout autour et une table, comme 
dans les maisons des Europecus, dressee sur un pied central. Le mobilier se 
compose exclusivement de tapis et de carpettes deployes contre les murs. 
Dans cbaque niaison il y a un four — et en dehors de ce four une espece de 
mur carre d'argile verte ou rouge, de faience cbez les riclies, pour empecher 
lafumee, s'appuyant sur deux colonnes et au-dessus il y a une poutre en fer 
— nommee dans leur langue couptor. II y a de nombreux l'ours. Pendant 
l'hiver les maisons sont plus cbaudos que les bains. 

Les femmes de Moldavie et de Valachie sont vetues d'un costume 
comme celui des Europeennes.. Elles portent les cheveux tresses, roulcs sur 
leur tete en forme de gimblette, et recuuverts d'une coilfe blanche, et chez 
les riches d'une coiffe rose et par-dessus d'un volle egalement blaue. Toutes 
portent des manteaux-voiles bleus d'Alep et les riches des manteaux-voiles 



fol 



152 VOYAGE DU PATRTARCUR MACAIRE D ANTIOCHE. [152] 

^:uJl ^^' i_5^ y^^ ^ _j-f^. ij^J (♦y-'ji-' lS^ ^y^^-* jy^" t«*^'»^ ^!axj 

_jX-sJI i>l ^ Ulj A-jtlj \A^ ij^} p^Lr «-.«f-j ''(n-'i-' ^^**^ Jj^'^J r^^^j jL^! 

A^U-Ü jLS »LoL c-I^j^ ^-*-=- «--Ij ->— ^ fc-iv«^ wL_-!>lj 

2!1|-. \^ A,_ij_ J^>^ ijUaJ jj^£-J "^jl jUaiJI tii-_j (♦^^=* jl Aj LS LJ JijLkJ J 

UaIa jV A,<LiJI ^1 ^^^^-Li ^-.1 _^ >T jljL ^1 LiJl -u. Lrlj ^bl j^lS 
1. Lg-rd 1700 Olli. ■^-'ij.. — 2. [.grd 170(1 add. ^U. — .!. I. haliel : .^~j. ,. 



de Firouwse cii Hoiu iioiro, et(\ Lcurs fillcs portcnt cgalcment les chcvcux cn 
trcsscs, roules sur latclc, mais sans coilfes, et ccla pour faire iiiie distinctiou 
eiitre les filles et Ics fommes. Les enfants sont nus, on ne les liabille pas du 
luut, ils sollt laves matin et soir ä l'eau ohaudc ; les jours do neige on les 
frotte souvent avec de la neige. Toutes les femmes ont le visage decouvert, 
meme la princessc. 

Les veuves, ä Constantinople et scs environs, portent sur lcurs tetes un 
bonnet jaune-orango. Les veuves de Moldavie, de Valachic et des Cosaques 
ont leurs bonnets et leurs vetements noirs comme des religieuscs. A Moscou 
elles portent des vetements de lainc noire tres ampli^s et longs, avec des 
manches tres larges. 
fol. 29 r. Rfvonons ä notro sujet. La juridiclion * du prince de Moldavie comprend 
vingt-quatre districts et chaqiie clief-lien de ccux quo nous avons mentionnes 
est la ville du district. 

III. — Vasi.li. 

Nous quittämes BArlad, apres avoir re^u de nouveau des voitures et des 

clievaux, le samcdi matin vingt-deux janvicr. Nous arrivämes le soir k unc 

. aulre grande ville appelci' Vaslui ou la residcnce du prinoe', parce que c'clait 

1. I,c prince de Moldavie avait encore d'aulres residences ; ä llusi, ä Roman et ä 
lldrliiu. Mclcliisedec, Cro/iicn llnsilor, p. 17. 



[1531 DEUXIEMR PARTIE. — LIVRE I". 153 

j«.jij <«.jl '*'''Lr:=-j '^"^^: ö* '^'-5 '^^ ä~^ ^L:i»l dUjj a>1 i^o ^jIaj a-^-I ^-^^ 

^i, dilij) (n^*r" tlr**^."*^^ '^^^'^J-J -iy^ (♦«^^■^ ^.'-^J ^Ll« Iajja,_ U _^^.bj 
liLÜ^ yt>j L?"^* '''-iy^ ^ •^jjj^'j v**-^^ OJwJI Üjj-»^ c-^iL-V JajUJl jy ^^ l,A 

^J ^_^l i^J) »ji-U- ^ J 'U^ J^~a; j»A3 -*-Ji _j>J :>^1 ^.J ^Ljj jLs- 
(v*^JJ ^Lolj «d^ClJlj ^r-^==^'^ jUCjl (♦fj^^^i; |V ^j'äJ' ^jJ'LiLij (»j-'^.'-«^ <}j^\ JyJ 

^M. IjfJj f-^J^- ■^^Vl j^j pi-^^j (V" (n-^jU-i (v" >>J1 ^^' (vlr^^. ^'^ 



o 

:>ll.;i^ 



i. Lgrd 1700 habet : UL 



ici, il y a cent soixante ans passes, prcmicrcment la capitalc de Moldavie 
au tcmps du Voivode Etiennc. C'etait un licros connu dans la gucrre et 
redoute de tous. II fit quarante-quatre cxpediüons ou campagiies contre les 
Turcs, les Tatars, les Polonais et les Hongrois. II les battit un graud nombrc 
de fois, de sorte qu'il devint celebre et fut craint de tout le monde et cela 
gräce ä sa fmesse et ä sa belle intelligence. Parnii les constructions qu'on lui 
doit et ses bonnes ceuvres on conipte quaraiüc-quatre ' couvents et eglises de 
pierre. A N'aslui il y a ses palais, son bain, ses promenades, puls la grande et 
haute eglise elevee avec ses coupoles elancees et tres hauLes'. 

Tout autour de cette eglise, il y a des arcades et des arcs cintres ä l'inte- 
rieur desquels sont des peintures et des icones de tous les saints. Sur la porte, 
au-dessus du mur inferieur, est peinte la scene du jugement deruier eu or et cn 
lapis-lazuli, puis le portrait de Moise couduisant Anne et Gai'phe et les autres 
Juifs au Seigneur. Ce sout des peintures laides. Apres elles, il y en a d'un 
autre genre; ce sout des peintures de Turcs coitles de turbans et de mous- 
selines blanches, vetus de grands caietans de diverses eouleurs, avec 
de longues manches derriere eux, avec leurs couvertures de laine jaune, 
cnsuite leurs derviches et derriere eux et parnii eux des demons qui les 
chassent et se moquent d'eux. Satan est devaut coilFe d'un bonnet long. 
L'un des demons se moquc ilc lui et fait tomber le bonnet de sa tele. 

1. X. Dobrescu, htoiiu Bisericii Romane in ser. XV, Buciiresli. A lafin, il enumei-c 
les eglises d'Etienne. — 2. L'eglise de Vaslui fut batie en ikm selon son inscription. 
Melchisedec, Noiite islorice si (ircheologice,p. 133. 



154 VOYAGE DU PATHIAKCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [1541 

^w-_Jl -CJl üj_^ Ijj; Mti ^j LJl <C_=- ^j lyu^^ ij_^^ IjJ^b ^IJij -<^lj 

^^ ^yL' 1^1 rj^J ^5*^ ^-^^ l5~'-^ »^^ V.-5 
LJl ^»^i::^-« ''— '^^."^'^ -^^ ^'^j. J-j"^'' f-^' f'—'^ ""^ f' ^"^^ ^•*-*' i_ri^-5 
.iUl ^y^::^-. C^J ^Lj J^.1^-; ^^\ (v-I'lj (»yD ^'Lj -L^.h ^^ J^^i 

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ijL»^ ^.^„Ä^ -^^.^rf^*^ ^-^L; jOaJI di— JI La^»* i-AoJw^ A^Ji«^ 4__0 l,,; J ^.»o 

1. L habet : <:; ,lj.i.LC)L. — 2. Lgrd 1700 om. ... ^^. — :!. Lgrd 170Ü om. -V.i 
w^'^yj^l. — 4. Lgrd 1700 om. v~i^. 

L'interieur de l'eglise est rcmpli de peiiiturcs. La construction en csl belle. 
Sur le plaioud de la coupole il y a la peintiire de Notre-Scigneiir Jcsus- 
Clirist. Ün y voit aussi la place du tröne du prince. A l'interieur de la 
porte il 3' a uae graiidc cloche. 

Les eglises de ce pays se composent de trois parties : la premiere partie 
est hors des portes, reservee aux feinmes; la deuxieme partie est partagee par 
wxv mur et une porte pour les fideles, et latroisieine paiiie aussi avec un mur 
et une porte est reservee au prince et ä sa suite. L<^ cliceur est dans les ab.sides 
du nord et du sud d(> reglise avec des stalles. II y a encore d'autres eglises. 
Les Armeniens en out une. .\ous y sejouruämes 1(> dimanelie de Zacliec On 
noiis donna des voitures el des clievaux de poste. Nous sortimes de lä le 
lundi matin. 

IV. Sc.\NTKI\. 

Nous arrivAmes le soir dans un anln^ pdit village appele Sc;inteia. iNotre 
marelie avait ele phis rapide (pie eell(^ des oiseaux. Nous avions traverse sur 
notre chemin avec nos voitures une riviere gelee (|ui a nn grand pont (Mi 
pierre'. Lä, il y a une grande (^glis(^ ueuve — eonstruitc par le susdit prince, 

1. (>c puiil est idenüque|ä celui om s'esl livree la balaille entru les Turcs et Etienne Ic 
(irand, il est appele <> podul Inall •>. II a ete reconslruit au temps de Basile Lupu par 1« 
lialman Gabriel, le frcTc du prince, cii KiSli. Eniiiia Cioran, Colutoriile PaliiarhuUn 
Macnrie, p. 7. 



1155] DKUXIKMK PARTIK. — I.IVRK 1^ 155 

'jLLa; jtJiyL^ jUU. jLi ^jLC-IjL 4„..Asä]l ^\ ^fr JUl Jo ^ ^^_.Lv!l 

^ jlr .vi' jlSj LLuI r-l—j 1^ \Ls-Js- |V (vlij" ^1-LjJ ^lla_jiS IjjJ k_^A!L <-,lii» 
^ ,_LJ>Jl (jiiiJ V- lajl) ,__)Jsi»D USj i^ksalj C^Si.U (C-'»-^- ?i:.Ajl jJ>tÄj uS jl Aju 

^e!^ (t:-^ 'S-f^ "*■*:-? o'-^' »-^^-^jj («^' — '^ij C'lilUül J>\ jjtij lyLs AÄi^ ^j\ 
1. Lf^Ttl 17U0 om. ... IJj^^y^. — 2. Lgrd 1700 om. ... Jij. — .i. L om. ,~ki. 



ami dos bonnes cpuvres, qui aime la construclion dos eglises daus lo iiiondc 
cnticr — dedieo ä sainte Parasceve' avoe dcux coupoles haiitcs clancens, et 
dcux croix dorecs. A rinteriour, ricoiiostase et le erueilix sout g-rauds. 
Nous sortiraes de lä le mardi raatin; et, cette nuit-lä, il s'etait levi- mi vent 
violeut avec im froid intense qui gcla la tcrre et la boue et toute la glaise oü 
nous nous enfoncions. Le sol devint dur et il tomba sur nous uue neige 
abondante. 

C'est une ctape rüde et bien connue, })arce qu'il u"y a qu'une seule roule 
* ä lrav(>rs uue foret immense et daugereuse. L'apres-midi, apres nous etri' 
eiifonces dans la neige, la clialeur commencja et la neige foiidit. Nous nous ' 
enfoncions dans la boue jusqu'au poitrail des chevaux dans uu terrain saun 
jaunc. C'etait la derniere etape et la plus dillicile. Los chevaux s'arrelerent 
apres un immense ellort. Nous arrivämes dans Tapres-midi pres dun grand 
vivier appele dans leur langue helesteu'-. 11 a ete construit par la main des 
liommes, par les voivodes et les princes, pour elever du poisson. 1! a ete allectc 
comme un legs pieux au couvent de la Saiute-Vierge, counu sous le nom de 
Barnowski. 

Les boiars avec des chevaux vinrent cliez monseigneur le patriarehc et 
chez nous. Nous montämes [ä cheval,] et ils nous conduisireiit pres dun moulin 



l'ul.-29v" 



1. C'est l'eglise des Saints-Archanges de Scänteia. — 2. L«; VoTvode Barnowski a l'ait 
faire un elang qui porle sou nom jusrju'aujourd'iiui. iMichail Kogälniceanu, ('ronicele 
liomnniei seil Lcinpisetele Moldnviei si Viilahid, Bucuresci, 1872. I, p. 284, 



156 VOYAGE DT PATlüARClIK MACAIRE D'ANTIOCHE. '156] 

-^rr^ 'Wi]l jlxJI .z^jj l^L ^ c— ^ <>,;:^ ^'^^ ^'^j J^. S^ ^jj *^ 
jl^ lÄ*j 1»^ dLJI ^l ^[^ ^IjUU ^i_j,J j^^x^il dLJI ^L^j '^Ulj 

J r^ <;ls>l^ I^jL^o jl |v*Uji Ju.jl LJ^_^ ^/=^'l ^> ^viJl ül^ U Jlij 

jji ^ lllil L'j ^ji^Ül ^^_ |_5J; bJw«. ÜL-. ^ ^J: \^/^^ jL^loj ^UOl 
V'^f- jU-a!lj jL<3l ,j-:^'>^' -^^~=»- 'y.» L'r^ -*^^ ö^ -*^: >*J J^»-^'^ '^^'^'^ 

1. Lgrd 1700 om. .. — 2. L habet: JjL:^'. —■\. Lgrd 170U habet : -i, pro i:. 



qui est aussi un legs fait au susdit couveiit. De lä, ils firent montor monsci- 
gneur le patriarche dans uno voituro princiero ä six «^hovaux blaues, et 
moi, liumble historiograplie, j'ctais assis ä la portierr tenaiit la erossc 
d'argeiit. Le representant du princc, Jean le Sloudjer, c'(>st-ä-dirf daus Icur 
langue oassab-baclii du princc, vint ä notrc rencontre, car il nons avait 
accompagnes dopuis Jerusalem ui'i nous uous etions rcncontres, lorsqu'il 
fut envoye par le princc pour calculer les dettos du Saint-Sepulcre et 
Celles du couvent de Suint-Micliel. Kulin il passa cliez nous a Alep avec la 
somuie nientionnec. Sa Graiideur le nu-tropolitain cunnu du pavsl avec les 
autres boiars et l'armee allerenl a la rencontre de nionseigneur le patriarche. 
Le princc n'etait pas ä la residence. 11 s'ctait rendn ;'i Sucoava pour faire 
la paix entre llmilnitzki el les (^osaques avec la Pologne'. Lorsqu'il refut de 
Galatz la nuuvelle de notre ariivee, il envoya des ordres pour nous recevoir 
en grande ponipc ol tous les licgonnienes sortircnl ;\ sa rencontre avec des 
voitures. De ti'(^s loin, rcjouissaut les spectateurs, on peut apercevoir les 
coupoles des eglises et les croix etincelantes des couvents. Lorsque nous 
arrlv;\mes au ccl^bre couvent de Galata (jui est tres loin de la ville, on 
sonna les cloches petites et grosses jusqn'ä cc quo nous nous cloignassions 

1. [,e 7 janvier 1053, Basile Lupii .s'eliiil rencontre avec Timothcc lliniliiilzki pour 
faire la paix entre les l'olonais el los C'.osaques. Ilumiuzaki, Docnnu-ntc pvivitoarc la 
hloriii lioninnilor, Bucuresli, 1885 et 18117. vol., IX', p. IS. et vol. V. p. 14. 



:i57] 13EUXIKMI-: PARTIE. — LI VRE I-. 157 

JlJl j»io jj^J^j i_r^^ ^'' ^^~^ jL^aiJl jc* ^'1 Ji'l Öa^ (_5]1 Llä-ij 

jl ^11 ^^jIs, ^U-iJlj ^_^J.i:^». ^L-iJlj ^LäJL j>L<01 -rj^i \J:^\ ^iCJi^ ■C^yL^l 
^li-^s jl ^1 -^1 ^t:r-^' '\>L^ ^,,yl^\^ e/^'^—' L-^-J «-'— ^'Vl SJsJ\ l;j — ■ oL^' 

1. I, habet : ^UU^r, erreur du copiste. — 2. Lire : J-\^'. — •!. I.grd 1700 om. U J'j '^. 



d'elles, de möme devant le couvent de Saint-Georges, qui est en la posscs- 
sion des moines du Mont Sinai, ou fit la meme chose et Ics troupos se ran- 
gerent sur notre passage. 

V. — Jassy. 

Nous onträmes dans la villc de Jd.ssf/, capilalo de la Aloldavie, lo mardi soir 
25 jauvier. Tous les couvents et toutes les eglisos sonnercnt lours cloclies, 
ce qui produisit uu grand vacarme. On nous conduisit devant la porte ilc 
Feglise du couvent de Saint-Sabas et de Saint-Micliel. On aida monseigneur 
le patriarche ä descendre de la voiture. Nous le revetinies du niandyas, les 
pretres sortirent avec Tevangeliaire, et le diacre, avec lencensoir et des 
cierges, marchait devant eux. Monseigneur le patriarche baisa l'övangeliaire, 
le diacre Tencensa, les chantres chantörent « l'Axion » jusqu'ä ce qu'il fü( 
arrive au milieu de Teglise sous le lustre, oü il fit le signe de la croix. 
Ensuite il baisa le? portes du sanctuaire, les icones du Seigueur et de la 
sainte Viergc, les autres saintes icones sur les portes du sanctuaire, puis 
Ticone de saint Gregoire le Theologien dont nous avons ct^lebre la feto ; 
eile etait placee sur un proscynetaire eleve, coiivert d'un tapis, comme nous 
l'avons dit, dans toutes les eglises des pays grecs. II monta ä son trüne et le 
diacre dit : « Ayez pitiö de nous, 6 Dieu, etc... » et mentioaua le nom de 



' fol. 30 r 



158 YOYAGE DU PATRIARCME MACAIRE D'ANTIOCIIE. [158J 

-iUb^ i-vJjj Lj/I^ LUa-^'lj [~^jJiiji J' — ^ («iijtJl ijj — Ji |»-wi v cKlaJi IJA.-W ^\ 




^-c S,-jlju'l ^i.l„_M ^^ -\xi jv 



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^jji ^iyC^ VI ^'i^jVi «^ j3 ß^j y^ ^>v i^i-^'i Jii j^ <-^<'i 

^l*Ä^ J^;"^. j'-^^*-'^ ^ _/:^Vl LJ dÜA2j j»A^^ülj j»p_^-U3 |_5-=- j^i ^ Jr' 3'.'^ 
JA. Jk-lx« LLc-V^J O^^ u'^AIäj j\>45 ^iJ Jj-^''j ^%iJi (_59 L«lj Jj^— ; ^r^^ 

1. Lürd 1700 habet : o-.Ci.J'. 



iiionseigncur Ic patriarclio, celui du graud priucc, le Voivode ' Basile, la 
priiicesso Cathoriin' ot son fds, In Voivode lüieunn. Eiisuite on dit lo poly- 
eiiroiiion pour \o priucc, puis « Seigueur, [gai'dez pour bcaucoup d'anuces] », 
• lui. 3ur. et il bcuit les fidelcs. Nous sortimes de reglisc, ' lui eu mand3^as avec la 
Crosse. On le lil descendre dans la cellule de riicgouniene et tous les boiars 
viurent le saluer. Ensuite, on sonna Ics elocbes la vcillc de jeudi ä cause 
de la fete du transfcrt des reliqucs de saint Jean Clirysostonie. Nons 
assistämes aux vepres saus vigiles. Apres avoir sonne dix lieures de uuit, 
on sonna encore les elocbes; nous enträmes dans Teglise et nous termi- 
uftmes le matin l'ofTice des malines. 

Hcinaniiie. Dans lont le pays de Moldavie, de Valachie, des Cosaqucs 
jnsqu'ä Moscon,,on reste dans l'eglise du commencement ä la lin du service, 
le soir et le nialin, dans toutes les saisons, la tote nue, surtout devant le 
patriarciie, lo prölat, les hcgoumencs, le prötro, parce que dans ces pays 
on portc des calpacs de drap avec de la fourrurc; de mome leurs princes ot 
Icurs boi'ars. Les femmes des boiars portent aussi on Moldavie des calpacs 
de Velours rouge avoc de la /ibeline. En Valachie et cliez les Cosaqucs 
olles n'en portent ]>as, niais une coifTe blanclio; los plus riclies en onl nno 
couvertc de porles. 

1. Basilo Lupu avanl d'clrc prince elait « vornic ». Nous le Irouvons avec cc nom 
dans la d(j!(''f^alion <|iii so rendit h (lonslanlinciplc prnir domandor narnnwski rninine 
prinic de Mcddavie. Kopf, f.rf., I, p. 2iKi-297. 



[1591 DEUXIEME PARTIE. — EtVRE I". , 15'J 

jUVl ^U Ji Vjl <:X^\ ^J> >--: cl^LJl '^.^^, U ^Ui ^\^\ Ulj 

^j^Jy ^^>i.'l L,. . U . ; J' \Si. C.I;U A^lj ^^ Ul^3 AJs\ J- «--.<^J1 

jlS jl Jl.jlc.1 A_;U- _j^i.' Ol l«j-,i>L.^ U ^lAiLU Ij.J31ä.>j ^IcL« ZjV^ ij- -^»= (^ 

>::.j jji ' ^\s- JJLs '»__isjj v,,..Ii»ü jo^ ^-"^ iV" J^ ^' j^i/^' (j*!?^ 
1. I. haLct : j^^-T-]. — 2. Lgrd 1700 habet : .U. 



Le pretre, avant d'encenser le patriarche, encense Ic trone du princo. 
Toutcs Ics vnilles ot les lendemains de fetes, pendant toutc la mosse, on ticnt 
alliimc devant le tröne de moiLsoigiieur le patriarche un cierge dans uii 
cliaudelier elegant en bois dore, du cominencenieiit ä la fin de la messe, des 
qu'oii descend aux matines. Apres « Tout cc qui respire », si c'etait uu 
jour de fete ou un dimanche, il baisait I'icone du patron de la fete ou les 
icones saintes que Tarchidiacre portait devant lui, de meme apres le Ser- 
vice, on la portait devant lui, jusqu'ä la sortie de l'eglise, jusqu'ä ce que le 
peuplc sortit ainsi que les femmes ; chaque i'ois qu'un fidele sortait, il la bai- 
sait, ensuite il la donnait ä Fecclesiarque. 

Apres le coup de la troisienie heure, on revenait ä la messe et on n'en 
sortait que vers la sixieme lieure, que ce füt la fete d'un saint, ou sa 
mort ou la fete de Ptupies. Avant de sonner les cloches pour la messe, on les 
sonne pour la prothese, c'est-ä-dire que quiconquc a un don ä faire ä 
l'eglise, c'est le moment convenable. 



IbO VOYAGE ])Ll I'ATIIIAHCIIF. MACAIHE DANTlOCIlE. [160J 



LL« jL» A_v-lS k_ä-S 



i_ii^j 



IL- jL. Sj»-? ^Js- Jy-a^ ^Lä)l <jf>- j^ A»-l3 ^.L LJ3 ^li-'i -^jU^ IjJl.-».:>- ^-ä^- 

j'>UI iAA „jLS «..«^ bjlc ,_<_js- 



Note mars-inale. Lerd 1700 habet : lUaxJ' ^ l-L ,U ,.-; 



VI. — Description de i.'eglise de Saixt-Sabas. 

Voici la description de ladite eglise ' : 

\l\\o est toute eil pierre iiiterieuremeut et exterieurement. Elle n'a qu'uno 
poile du cöte du sud sur laquelle il y a Timage de saint Sabas suivant lo 
style de toiites les eglises de ce pays. 

Elle est longue et « catholique », ses murs et sa hase sont solides avec 
deux graudes coupoli's turqucs, c'est-ä-dire semblahles a celles de cliez nous, 
i'xtremement grandes. Elles sont iiniques dans tout ce pays, car le döfunt 
(|ui les a bäties, du nom de bMiachi, etait originaire de Constantinople et 
postelnic des princes de Moldavie. Dans la circonförencc di- cliaque coupolo, 
il y a trei/c fenrtres ä lucarnes rondes. Elles sont tres grandos. Le leviHc- 

J. IUI 102") des Cirecs d'originc l'ünl roconstruire. pur l'afcliilecle Gregoire de Cons- 
tantinople. Teglisc de Saint-Sabas sur des principes absolument diffcrents des principes 
moldaves. I'^llc rappolle phitöl certaiiies eglises de Constantinople, niais avec une loiir- 
deur de formes sur[)r('nanl<; siirloiit -en ce qui concernc les tambours bas des tours. 
l/orniMiionlation est niclangee et prcSscnle certainsdetails orientaux. >s. lorga et Cleorges 
IJal>, IWrl Hiiunuiin, i'aris, i;)'22, p. 363-36'i. L'arciiitecle du couvcnt de Saint-Sabas de 
.lassy enl un domaino en N'alacliie pres de Sloliozia lenaclii faujoiird liui la ville de 
Slobozia^ aulrofois centre coniniercial sur Ic Harägan. Dan.s celte ville le'prince .Matlliieu 
avait liati nur t'-glise. N. lorga. Islorin liisoiicii Ronuiiir, viil. I. p. 2S."). 

Sur l't'glise de .Saint-Sabas, voir les inscriplions publiees par N. lorga dans : Ins- 
rriptii t/iii liisericili: Jiii/iiiuiifi, liueuresli, 1908, p. i:{7-l'il. 



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[lull DEUXIEME PARTIE. — IJVRE I'. lül 

dü-oj jjLJi«.» ,_*äaJI >1)U.L^ J[S jl._*La (^Mt ^g5j dLILiI« a^ ^ ^_.».jt!l 

„SjJl ijij aJÜI 4^1j ijjjaijl j»i As-lJl A^ls LxUIj liai« <C-.J>J| ■rrüs^ «^«J» 

di]-oj i,-uJlj x^'l ^y'} ^jl^ j_y'lL_jy JJ^LOI 4j>.j ^ (n-vfJ (^ ^ "^ '^^Jrfj'. 
Ib liL-Jl jc-;_^ iV-*-^^ ^Jrf-^ '■^" i^'-? '*^i^^ !>-^ iff^ ilMJl üÄa it''-^ »-«f- ^^ 

l) "Ci L >i=-' ^p-i iS~'^ *-JuJi i^^oJl ^ <,liliuj i_j vi-«-U A^-»!« i_.-ii>- -J-^Uf-j 'KJb 
jUa-Äjl ^O jV (C-'!_/^l /»—' iajLÄJl j»^ ^-^l (V—JJ iS^J^ '*-^*^ lS''^-5 " L^ *-^^ 

j_j-_^'Vl pT Cj.vJ[} üjLa)I L.Jj ._ fl AT; 'CjX!! ^_^'j t^o^ är"_ ^5'^-^ lS^L^ '*^'^ 

iXjl -UtVI "^JiLjil >_;l_yl Jj.j i^^ÄJI (_Ä^!li ^yi^ ~iÖi y^ .5>ÜI iÄA 1^1-5 



' lül. 30 V» 



(3-t 



1. Lgrd 1700 habet : ^,LU. — 2. Lgrd 1700 habet : b^.<JJ jl i.o^. — 3. Lire : J-Cp'' 
au singulier. 



ment de fer-blanc qul les recouvre etincelle de loin au soleil. Sur leur 
sommet il y a deux grandes et immenses croix dorees. Le toit de l'eglise est 
egaleraent couvert entierement de fer-blanc. L'une des coupoles est au-dessus 
du chcieur et la deuxieme au-dessus du narthex avec deux pilastres seulemenl; 
devant eux, du cöte de l'entree est l'iconostase sur laquelle il y a les icones 
du Seigneur et de la sainte Vierge. Ce modele est reproduit dans toutes les 
eglises du pays. En arriere du pilastre droit, est le trone eleve du prince, 
avec une coupole et des colonuettes de bois. II est tourne vers Test. Eu face 
sur le second pilastre est un autre tröne plus bas, soit pour son fils, soit pour 
la princesse. A droite est le tröne öpiscopal contre le mur, parmi les 
autres Stalles, car tout autour du mur *il y a des Stalles. A droite du tröne "foi. 3ov» 
episcopal, se tiennent debout les deux hegoumenes et les pretres, ensuite le 
clerge pres des portes du sanctuaire et de l'autre cöte. 

Le lustre, appele par eux « clioros », est tres grand. II est suspendu ä la 
coupole au-dessus du choeur. II se compose de vingt-quatre pieces dorees ; 
ä Tinterieur, il y en a un autre petit en forme de coupole. L'iconostase dans 
toutes les eglises de ce pays est divisee en trois parties : celle au-dessus 
des portes du sanctuaire oontient toutes les fetes de Notre-Seigneur; celle 
au-dessus de la premiere contient l'iniage du Seigneur vetu du sacos et 

TATn. 011. — T. X.\II. — F. 1. 11 



1G2 VOYAGE DU FATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHR. [162J 

JU^ "wej CjULfr jLS Aj1A=-} ^_^jL«i vi-LjLi «d.lo' aJj ia:>- ,«— 'Us ij-^^w)' to'j 
^ji-U jP^ ^-^»f^J '"*f" L?^ _^*-5 ö^ (-> -^'^1 ^ TTj'i <5* T y^ oS~~,^\ 

<!V ^1-^ is;^^ ''-'J k^i«!^' ijji iV ^b^r^ J'^ A-^uc- <CäJj ciJJ-o ^^—J-^ '*-'3 

ii~^>- U>^ ^r^j lS-'^J A>iAr>L> lAs- jLS ctL-iLi; Jij!>lr ~Lä]i a......:.nJi Ja,U.. «j 

Aa) i_L— * iJ.>-Ujj olij-äjw :ij-*~-« oLi '*jlL«s' ^^ xsijAS. (^^JJl (C-'uu C-?^^'^-''*'^ ^"^ 
~y 'r-* ü^ A.^«jjäjL «cij jL« L-^i^ij vJ-UÄS j_^jL»jii i.iL_iLJi <>_.».»- JuJÜi -kjlstll ^sj 

1. L om. 'ij^'j- 



coiffe de la couronne, assis sur un trone, ayant ä sa droite et ä sa gauche 
las apötres debout, mais toujours l'image de saiiit Paul ä sa gauche et cello 
de Saint Pierre ä sa droite; la sainte Vierge et saiut Jean sont autour de 
lui. Au-dessus de cette partie, il y a au milieu la poiuture de la Trinitö 
avec des proplietes de cliaque cöte et le crucifix au-dessus. 

Lc sancluaire est tres spacieux. 11 a trois fonetres avec des lucarnes roiulos 
et de hauts barreaux'de fer. Au nord du sanctuaire ou va par des niarcjics 
dans le mur vers la cliaire qui est tres haute, toute construitc eii picrrc 
sculptee. La coupole a egaleruent sa croix. Au-dessous d'elle sont des 
colonnes de picrre cylindriques. II y a de nombreuses eachettcs pour los 
ustensilcs du l'uglise et les autres objets du cultc pour le cas oü il survicn- 
drait une terreur. 

Daus lo mur meridioiial de reglise, il y a Irois griindi's reutMr(^s avec dos 
barreaux de fer et des lucarnes rondcs. Pres de la porte oü est le tombean de 
Icnachi qui la construisit avec art, est uuc fcurtre bouchöe par des icoucs et 
un cierge consacre ([ui brüle. 

Üaus le mur du uord il y a ciuq l'ouölres avec dos hicaruos rundes. Le sol 
est pave avec des carreaux de briques, car depuis Brousse jusqu'ä IMoscou, 
l;i plupart des cglises sont pavees en briques. Les icones sont sur los portes 
du sancluaire. C'osl unc habitudo dans tous ccs pays de represenler Notre- 
Scigneur au iniliiu rt, ^ul• un vasle tableau, louto la Passion, ou bion les 



[163] DEUXIEME PARTIR. - LIVRE 1". 163 

c— j (^-/"'"J ^J ü-C~Jl ^^\ '-'J-=^5 ^^>- u^jJ' ji L»-»-^ '*w«ii ijä)^' J13 vJl 

>_äsM j^-«j ^^ ojlL; >1j!>U)I "C^^l ^y: A.V3 üAlJl i'^1 "üL^ VC «™j501 ^L.t^l 

^L ^ jv,,-Ji.lL^_3 Us._l ^lii_J_^ jV*-^-^J ^j^»-i^ •*~-lxJi jA^ >(£•! J^ ^ «LJI 
^i^Vlj ■u-^Ol rJ^' A=-ljJI jlL ^Jj <u.^5C!l ^U J^>U _^ i^r^^y'^ -rj. ^'j 

>1j'jIaS <ia— J ^j lS^ <«^o^ ^'^^^^ "^^'^ iS^ (j-^ '-^r" ^"-^ ^"Ir* TT^ J-*J ^/-"^ 

jO ^Li i>it ^3 ^^ ^jA.. f>jiJI j^ Jj_/-U •LLit« ^lj^3 P^Liw ^_$\ 

i'>Ul JS-Üt JSjjil "»-.«J- ^iüJOj t-^=- /yt ijjA) U3 JjjjJl ^'"^l? »-^=-3 JoAs- jvjllJl 

"Oji. b^lj-^ (^-\r'^ ->\' V ^'-^J (n-'-'^ lS^ y--^ (^ -j-^ »^"^^ dLJI ^\ 

1. L habet : Jj'^°- 

apötres aiitour de lui et autour de Tiniage de la sainte Vierge, vingt-quatre 
strophes de l'ucathiste, ou les prophetes, et toujours l'icone de saint Nicolas et 
de ses miracles, Celles de saint Sabas et saint Michel patrons de l'eglise, 
ä sa gauche l'icone de Notre-Dame et aussi l'icone des Trois Ilierarques. 
La place oü se tiennent les femnies — car eile est dans la partie la plus haute 
du fond de l'eglise et est garnie de treillis en bois — a aussi une iconostase. 
Leur sortie se fait par une porte de l'eglise dans le mur. 

Le clocher est contigu ä la porte de l'eglise. II a deux portes : la premierc 
qui meue k l'exterieur de l'eglise et l'autre au couvent. C'est une grande 
tour carree, tres haute, tres solide, toute en pierre. Au milieu, il y a de petites 
ouvertures ou chambres, des cachettes pour les provisions dans les temps de 
detresse; il y a beaucoup de marches; tout en haut de grandes arcades en 
surplomb. Les cloches au nombre de cinq sont suspendues ä son plafond. 
La plus grande a ete fondue ä Dantzig; toutes ont leurs battants en fer. 
Toutes les cellules du couvent et de ce qui l'entoure sont construites en bois 
conime dans tous les couvents de ce pays. 

La veille du dimanche du Pharisien et du Publicain — qui coincide avec 
la fete des Trois Ilierarques, reservee pour la fete onomastique du prince 
qui fit bätir le couvent ä leur nom; le jour de leur fete, on oll're un repas 
princier aux riches et aux pauvres reunis ensemble — nous cliantftmes les 
vepres dans l'eglise du couvent. Nous assistämes egalement aux matines. 



164 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [164] 

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y»- ^3 ^iJJLÜ lijijlc- *.'■ Ljo iiUJi ^.ws- iL'li'iiVi »jji^».=- Ju_JLr -Vx> i^Ui ^„_=- 

».^a^j jjVUjJl .:Uä;' iSjjA J^ lj5j.9 <iia' A. 1__,9 «J Ij.«-^^ i^LsiJVI ^L±JI iL? 

^L j~9 _^'='-^ (^-*J' _^*J Jir* ■^^^'^ Sr^-J L$'^ 'r^'^-^J '-^tH'^ C^5>cr l^ij.« ijlij 
■».„^Kll ^ 'jJJ-^ (V-^^ Lr^' j-Mii^} jUaiJl i>l. ^?j i^^ojjLiJI J,^ ^y\J\ 

f^_>-j| v'aS>J I ojLo-M' U (C-^ -U£-3 A>-i <^C ^O gS 

^-Ia iv'" '»jt-Ui ^it viJJ-oj .^c-^^ (j"^'^' 'y^^-' (**^^-^ y-* '-^'•^ 0^ (♦■'•'^^ 

J>V ,^^*ä]!j »co-iJlj jl^l «-« i_^^:iVl J^ 'O^L kLS^ i^'j-^ f^' '^ lS* '■^^' 

^.ia ij-U^lj VSsL50l JjJ IjIa. JJVI *-iy^^ \iX^ 3^1^ -^ J ^^-'-— )l -,^j>_ -XoJl jl 

~lt J' (J— jJl "iJLLJl joi'jl jV ^>^>Jl ^5*'j'-J jpt-aJl ^j <£.iJ5j.Jl •j-.>|^l JiS- 

,__a- «UUl jV-isi d^aJl li-* — • Jlij \!^Iä]Ij idJ_^UI l'At- ^io J dl.Jl i-L^ 

1. Lgrd 1700 om. ...js". J. 

'ivii. 31 r°. * Oll retarde le baiseraent de rövangeliaire jusqu'ä la septleine ode et aussl 
la lecture du synaxaire. Ensuite nous sortimes des nialinies, seloii Tusagc, 
apres avoir baise toutes les icones. Nous retournämes ä la messe. Pour la 
lecture de rRvangile que le diacre fait avec elegance, on place sous Ic lustre 
un triskelioa, au-dessus duquel on raet uii tapis brode d'or. [Le diacre] 
uiet son etole, au-dessus du tapis, sous l'evangeliaire, et fait trois fois le 
signe de la croix. C'est lui ([iii caceuse la porte imperiale pendant le 
« cheroubicon ». En Moldavie et en Valacbie, les pauvres retourneut daus 
Teglise le soir des dimanciies et fetes, lorsqu'ils entcudcnt la graude cloclic. 
Rptnairiue. Quand on cliante les « lieatitudes », on sonne la grandc cloclie 
ainsi qu'ä laneuvieme ode, ä « l'Axion », ä la messe tonjours, puis aux matincs 
et ä la messe. La princesse, femmo du piince, envoya ce jour des plateaux de 
« colybes » princicrs ä chaque couvenl, dos olTrandos, des cierges et du vin 
])Our la fete en riionneur du prince. Apres que nionseigneur le palriaiiln' 
eut dislribnö du pain b(''nit, le pretrc et le diacre descendirent, cncensercnt 
los oH'randes cüulcnues daus les plats et les vascs de vin, les « colybes » 
avec du miel, puis les plateaux du prince, enfin monseigneur le patriarclie et 
los assistanls Monseigneur le patriarclie recita la prioi-o du « colybe » sui- 
vaut l'usagc, et mentionna le iioni du prince, de la princesse et de lour lils, 
Mui avaient olTcrl cos dons. 



[165] DEUXIKME PARTIi:. — LIVRK I". 165 



3 



jUaiJl oU oJaJl C-ff-lj-< A.ä>o 



"VjMj j»AiJju ^«.»-1 ^ tÄj <)jU>:>Jj (_JI juf->i "y-^Ai- ^lAiL« <C/J>c>.i>J LUV (_5Ä)I i.iL_Jl 

1. Lgrd 1700 habet : »jU. — 2. Lgrd 1700 om. ...^^3,^^ ^^. — 3. Note mar- 
ginale qui manque dans le man. de Londres et celui de Leningrad. — 4. Lgrd 1700 om. 



Quant ä la föte des a Trois Etoiles », oii la celebre dans le couvent de 
Saint-Sabas ä l'adresse d'un honime qu'on appelle Basile et qui portait 
auparavant le nom de Moustal'a, turc de pere et de grand-pere'. II etait 
originaire de Geumuch Khane". Nous vimes chez lui un veritable sentiment 
religieux et un zele ardent pour la foi, une liostilite manifeste pour ceux 
d'une autre religion. II accorda la preference au nom de son patron Basile, 
Saint de la fete, sur ceux de Gregoire et Clirysostome, parce qu'il s'appelle 
« le Grand » et qu'il y en a des milliers dans les pays de Moldavie et de 
Valachie. L'apres-midi, nous vimes arriver Son Altesse le Prince et on sonna 
cn son honneur toutes les cloches de la ville, et le soir il fit prevenir monsei- 
gneur le patriarche qu'il le recevrait chez lui le lendemain. 

VII. — Entrevue du patri.vrciie avec le prince de Moldavie. 

Ce lundi matin qui tombait ä la fui de janvier, le boiar Jean le Sloudjer, 
lieuteiiant du prince, qui etait venu au-devant de nous avec une escorte 
de cinquante soldats ou Janissaires en habits rouges, etait arrive dans une 

1. Basile Lupu, lui-m6me fils d'une Roumaine, Irene, mais aussi de l'aga Nicolas, 
peut etre un Roumain venu avec Radu Mihnea d'au delä du Danube, mais aueun d'eux 
ne voulait pas passer pour Grec. N. lorga, Histoire des Etats Balcaiiiques ä l'epoquc 
moderne, Bucarest, 1914, p. 56. — 2. Localite au sud de Trebizonde. 



'fol 31 



166 VOYAGE DU PATRIAIICIIE MACAIRK D'ANTIOCllE. [KiOj 

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LjIj biUI v^-^ ■ul->i l;!^ -*<!L^l ^j-«9lj pAj Jj3 ^\ ^[!h^ ^,J^^ ^-*— ' '_>!> 

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v°- Lp-J^^ Ale- ctU-Oj {Sj^^ f*** ^"^ '~^' f»''' O^S^ ^lia* «J LUx- ljji*.».s- /jäJj 

1. LgrdlVOO om. ...^^~^. — 2. Lgrd habet : iJUil. 



voiturc princiere trainee par six chevaux gris. II y fit monier monseigncur 
Ic patriarche apres que nous l'eümes revetu du-raandyas selon l'usage. I^lt 
moi, j'etais toujours assis ä la portiere tenant la Crosse deboiit. Les soldats, 
deux par deux, nous precedaient jusqu'ä co qnc nous fussions entres au 
palais — « courte » dans Icur langue; les troupes etaicnt alignees aupres de 
l'escalier du diwan. On aida alors ä descendre de voiturc monseigneur le 
patriarche, puis il monta ä l'etage tandis qu'on lui tenait les paus de son 
vetement et moi je le precedais, suivant l'usage. Tous les notables sortirent 
au-devant de lui pour le recevoir dans le salon extörieur, ensuitc dans un 
autre. Le prince' sortit de son salon particulier situe ä l'intericur et lui 
baisa la main; ä son tour monseigneur le patriarche, suivant l'usage, Ic 
baisa sur la töte, lui donna la benödiclion et ils s'assirent. La joic qu'il 
eprouvait de le voir et Tairection qu'il avuit pour lui. lui arracherent des 
larmcs par deux fois. 
♦fol. :!iv°. Tous nous lui fimes des genuilexions* jusqu'ü tcrre, nous lui baisänies 
la main droite, puis l'autrc, et de memo qiuuid nous sortimes. 11 resta assez 
longtemps ä causer avec lui et ä lui tcHnoigner son afl'ection, sa gratitude et 
ses sentiments devouös, puis [le patriarche] le bi'nil, lui lit ses adicux el 
sortit. On le fit montcr de nouveau dans uno voituri' pour le raniener au cou- 
vent. 

1. Apres Moise Vodä, il occupa le trönc sous le regne du sullan Moiir.ul, avec i'appui 
d'Abaza Pacha de Silistrie. \\"g., Lfl., 1, p. 300. 



[I(i7| ÜEUXIKMK PARTIK. — LlVllK I-. 167 

li^sJ! 1;a_. ^^ AoA^I «0 11,^3 y^:, LJs^ JaLil ^^ Jjl y^ (_gÄ)l LÜl t-L^j 

Jj L»-.*^- i'^l iAA 1^ fV'^^^ t_A~=>- ij^^ia^ >»jU>t«j ^jLkiM jy>t>.3 1^9 C->IS Ijji^>^k3-J 

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^-Cl A...VA jL^aiJl (.iL; UaA jLi-l 
"^«Lfr »L'LJ -S — ■ "jJl^lc. (C.5JJ f>^^3^^ uii3- AitÄ 3*f~ /♦lajt*Jl 1.A»— Jl AjAA bj ».»s iAAj 

LaJ^u» ^_yj r-jÜa i—voj ^r"-^ jL^ jjJ ö^V <'\^ 4.j>D^9l A^Sli 4-At L^ ^^ 

^4«A)^ ^*^3 f-^ .^r'"*' ^ 7"c-L«s^ j ft ■■■■9 

1. Notes marginales qui manquent dans le man. de Londres et de Leningrad. — 
2. Lgrd 1700 om. ...sjjj. — 3. Lgrd 1700 habet : ^^y-J. 



Le mardi matin 1"^' fevrier, nous allämes lui remettre les cadeaux de 
monscigneur le patriarche. Tous etaient sur des plateaux recouverts de ser- 
viettes brodees selon l'habitude de tous ces pays, meme pour le cadeau 
consistant en paiu. Lorsque nous eiilrftmes dans le grand diwan, le Sloudjer, 
representant du prince, vint assiste d'un secretaire. II ecrivit le nom de tous 
ces cadeaux, les uns apres les autres. 

VIII. C.'^DEAUX FA.1TS AU PIUNCE DE MoLDWIE, [a SA FEMMe] ET A SON FILS. 

Voici la liste des cadeaux faits ä Son Altesse le Prince : une paire d'oreillcrs 
brodes ä carreaux roses, deux boites de sucre candi, une boite de savons 
musques, deux boites de savons de toilette, des savons ronds d'Alep, un pot 
de conütures de gingembre, un pot de confitures de myrobolan, une boite de 
fruits europeens confits, dos parfinns, des ainandes, de la quassia, des raisins 
secs, des boutargues, des dattes, des abricots, des pistaches salees et non 
salees, etc.. 

II entra en les presentant au grand logothete ou secretaire, ensuite on 
nous fit entrer chez lui. [Le prince] se leva de son trone par respect pour 
monseigneur le patriarche, nous lui fimes de profonds saluts, tant ä notre 



168 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [KW] 

J\ Ij^j li^ y. U diu ^jS ^^IkVi SJ^\ j\ %ß ^rL<)lj V>- J l.U;i 
iJo-j ~Ju »;fc3 dJJJ^ ^"^vj ^UL^ "CV liAi-ij Cijlp Lil J ^^^^ ^jlsJ^lj ^,=-V 

•CA^ Lui J' 'diu ^^3 ^:.JJ ^>Li^^ LLs>- J^^ jy>- dUii ALI i.VA3 LUs dü-Oj 

A SU- ^» Li-^ LLij ^Ij Jji 'jU^ oLJua/i y llUx- dJj-o» •c^,^ Lo>-ä.U oli" 

llLi^i J LAjjLi' Vjl o^.i i5-^-' _^ ^^^^^3 jj-^—j ^,.»^1 (_U.s>M ^l^, lS"^ 13" 

-U^Ä« LUj^Jl C'A* dU-Oj Ü^i JL=- ^ ^^-^ ä'^ O^läJ t^J ^-\ ^y>~^^ 

\x^^=~ <c5CJj _y.oVl /^r*^ ^.-^J ^-^j dUi ^v-tj O:^"^- iJ*"^-5 '^ -^y*;-? j^^'^. 

UJ:jj3 i^-^jj L^L'-^J i5-^JJ (»l-Ä^ jjJ-^ 1^ liLlAA c-j'03 t^" ^^ '— ^f*"^, ^. r-' 
iJL-sj jjj ij'^^j öy^ .^-^J j?^" CJ^^'" *-' ""^jI^^J *o-Oij <_».»i£- ^^Li.;j ijli- 

^^^.iJl ^^j -^L^i-Ij ^.L-U ^^\ U jMH ^ f^l ^Ij <,l^j dUi ^3 JLOI 

1. LgrJ 1700 om. ...J^.-V*j. — 2. Lgrd 1700 om. yj^^. — 3. Lgrd 1700 om. .^Ji^ 
...JoA». — 4. Lard 1700 om. ...C-j!^., 



arrivee qu'ä notre sortie. Ils lui presenterent les cadeaux dans leurs plats, 
tandis que le secretaire disait : « Le patriarche d'Antioche presente ä \'otre 
Altesse teile 011 teile chose » jusqu'ä la fin et il le remercia beaucoup. Nous 
repartimes et emportämes pour son fils le Voivode Etienne, qui habitait seul, 
des cadeaux semblables : unc paire d'oreillers brodes ä carreaux roses, etc... 
ensuite nous presentämes des cadeaux k la princesse sa femme. Nous lui 
fimes aussi de petits saluts au comniencenieut et ä la fiii et nous lui baisAmes 
la main droite, taudis quVlle etait assise sur un trönc, portant uu calpac eu 
Velours rouge garni de zibeline; son « kehaia » entra d'abord et la consulta, 
puis nous entrAmes. Elle nous remercia aussi et sc leva de son trönc au 
moment de notre arrivee. Voici les cadeauv offerts ä la princesse : un voilc 
brodö d'or, de l'encens de styrax, de la creme de Jasmin, etc. Nous fimes 
parvenir ä tous les boi'ars des presents semblables, mais cc fut en pure perte. 
Ilelas! combien je regrette notre fatigue. Les cadeaux consistaient en toilc 
k carreaux roses, de l'ötoirc k ceintures et ä turbans, des lapis extra, des 
serviettes persanes, indicimes, de Gaza, avec des mouchoirs brodes d'or, du 
Sucre, du savon de ladanum, des amaudes, des pistaches de plusieurs sortcs, 
etc. et k la fm tout fut perdu, lorsque Hasile ful vaineu et (pi'ils furcnt mis 
en döroutc. Dans la journee du jeudi '■) fevricr, Guzcl Efeudi ou le papas 



[169J DEUXIKMR PARTIE. - LIVRE 1". l<ii> 

yyCn y^^ ^j ^^j^ji; u. ^\ ^-oi J3> dj^\ ^^ p^ tl J.U1 jJ\i- 

U« j^C j!i^ ^y^ ^\j^ '^J^ p." v'^ öri^'' '^"r- i-^ ^Ji ^ -^-^ ^-^3 

•^j_ji-JL=>j _^ ^ jo JJ:- 

1. Notes marginales qui manquent dans les man. de Londres et de Leningrad. — 
2. Lgrd 1700 habet : ...ii.o. — 3. L om. ^J. — 4. Lgrd om. ...ü-o sjj;^. 



Theodosi, hegoumene du couvent de Golia', vint inviter monseigneur le 
patriarche. 

IX. — Rations allouees en Moldavie a monseigneur le tatriarche. 
Le couvent de Golia. 

Voici le detail des rations que nous alluua Son Altesse le Prince, ce qui 
dans leur langue s'appelle inertic : quatre pains blancs pour monseigneur le 
patriarche et deu.v pour sa faniille, six oqqas de vin tin, et quatre oqqas 
pour sa famille, une oqqa de beurre fondu, une oqqa de pain, six oqqas de 
viande pour sa famille, une oqlye de cierges de cire jauue, une de graisse de 
viande, deuxvoitures de bois par semaine, puis de Targent pour les depenses 
journaliercs, et si nous avions cu des clievaux, ils nous auraient alloue de 
Torge et du foin. 

1. II nous faut cncore citer reglisc de Golia, une de plus importanles de Jassy. 
Rcconstruite ä remplacemcnt d'une ancienne eglise par Basile Lupu, eile tut terminee 
se\ilement en 1660 ; eile possede quatre tours d'inegale grandeur qui trahissent l'influence 
russe. II faut remarquer le principe de couvrir cliaque voüte individuellement, principe 
ignore jusqu'ä present en Moldavie. 

L'ornementation de ce qu on voit cncore des parlics superieures de l'edifice est de 
meme d'une influenae Orientale ou russe et est gauchcment executee. On ne peut plus 
juger des fa?ades, car leglise a ete conipletement enveloppec d'une nouvelle construc- 
tion de style italien dans le courant du xviii'^ siecle. N. lorga et G. Bals. VArt Roumain, 
Paris, 1922, p. 371. Cf. N. lorga, InscHptii, vol. II, p. 161 seq., Bucuresli, 1908, 



170 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [170] 

A-aL^ IJoA»- <^y^ (^-^1 vilJl i^^ LL«^^Ij (j^a^i« !sA._JI j»--l ^ic ^ (^Ä)l 
fol. 32 r". Ulj ' -_«-dl ^ C^Utjj «Uiilo **L ^<j1 LxL" JoA^ -y j,Ul ili. * ^ ^lij i^l^Jl 

j^ >U.l i_^JJl j_jlJ3 ^ l^> l_^«^l ij*-^l ^^ t^ '*^^^ jLx9 |»^9y ^\ jLLJl 

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\b> *i3tJl AjLa i^tiU C'ÄptJl O^j <l_LlL« ^»ij ^»Jll« CUä^tJl ij^.=>:^ e5 



1. L habet : ^J^lj. — 2. Lgrd 1700 om. ...LoU-J_.. - 3. L habet : tß}. — 4. Lgrd 
1700 habet : ^j.CaJI. — 5. Lire : i.Ui. 



Le couvent de la Sainte-Vierge appartient ä la princesse, la femme du 
prince, qui l'a fait construire recemment sur le modele du couvent du prince. 
Nous nous y rendimes en voiture et uous nous y prostern;\mes. De loiu 
foi.32i». il a un aspect de grande beaute. Les eoupoles* qui eu sont tres liautes sont 
d'un fer-blailc qui brille commc de l'argent et surtout au soleil. Los croix 
qui les surmoiitent sont enormes et tres belies, elles brillent d'un grand 
eclat par l'or dont elles sont revetues. Elles sont plus liautes que deux taillcs 
d'homme. 

Voici la description de l'eglise : l'exterieur et l'interieur sont en pierrcs 
de taille tres hautes, la voüte aussi, car nous avons vu beaucoup de couvents 
en Moldavie et en Valacliie et de vastes eglises jusqu'ä Moscou, toutes en 
pierres non taillees, petites et enduites de cliaux ä Texterieur et ä rintericur. 
A la longue la pluie et la neige les ont degradecs. (^)uant au style, c'est une 
conslruetion en pierre de taille. Personue au nionde n'a excelle dans l'art de 
construire des eglises et des couvents en pierres taillöes et sculptees comme 
Ic Voivode Basilc, car il fit venir ä cet egard des maitres de Pologne. Toute 
la corniche de cette oglise est sculptöe avec arl et sous Tauvent tout autour 
sont scnlptöes de grandos ötoiles de pierre. Elle ressemble par sa cons- 
Iruction aux eglises de llanak avec des sculptures ä l'extöricur. Elle u 



[171] DEUXIEME PARTIF.. - I.IVUR I". ITl 

<.U)I ^ jU_ 1^13 Ij^jli- ^jZi dL^ ^.L^ ijL-t o^i iy^3 ^J^ ^:.^^ ^■'^ 

Vj !-*>=- Ai-Ü "US ijy3 i^j'-»^ O^i-^ l-*f" Jijis dicLi oMj j.aJi <)l£ (^^^ Jt* 

JL^l je ^sJ^\i -^UHl /^ iJ^lj jilJ^ jl;>_b ^_5J _^ i_r=j>Jl 1^13 ^r^^^ J^^ 
<u,L-k^il ^y fnü-^^^ ^^j' r>" i'j^^ j^ ö^ '^^^^ j'rr?^ t^-lr^^ ^b 



deuxportes, une au nord et une au sud. On entre par une porte occidentale. 
Elle est longue, « catholique », composee d'unseul compartiment, partagee en 
deux parties par uu mur et une secoude porte. La partie rcservee aux femmes 
est au-dessus de la voüte du susdit peristyle; eile aun escalier de l'exterieur 
tres elegant et bien eclaire par plusicurs fenetres ä lucarnes rondes. Au- 
dessus du choeur, il y a une haute et vaste coupole au-dessus de laquelle en est 
une autre d'une hauteur extreme. Au-dessus du nartliex, il y en a une sem- 
blable. Elles sont octogonales. Le sanctuaire est tres haut avec trois fenetres 
tres longues, etroites, surmontees de lucarnes rondes. Au-des^is du sanc- 
tuaire, il y a une tres jolie coupole et entre la coupole du choeur et la 
coupole du narthex il y a un comble merveilleux en forme de navire ren- 
verse. Toute la toiture est en fer-blanc brillant. On monte par des marches 
en Spirale pour aller dans une quatrieme coupole au-dessus du lieu oü se 
tiennent les femmes; c'est la place des horloges. II y a cinq croix grandes 
et majestueuses auxquelles on ne saurait comparer les croix des autres 
pays et que Tor fait etinceler plus que le soleil. 

Au-dessus de la coupole du narthex est la premiere et au-dessus de celle 
du choeur est la deuxieme. Entre elles et le faitage sont placees deux croix 
et au-dessus de la coupole du sanctuaire est la cinquieme. Le choeur est en 
deux absides, Tune au sud et l'autre au nord. Les trönes sont des merveilles 
de l'art, en cypres tourne et sculpte ä jour. [La princesse] les fit venir de Cous- 



fol. 



172 VOYAGE DU PATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. |J72] 

,_Lo U Jju UUl ia~-^i i5'^' i^-^i^ '^■**^ <_/' -^ eS* ^-t-^' ,r-'J lS^^ düÄSj 
^l_y_!>Ü f-jA^3 A^l_^3 J' is^Ll] Jjl (j-Vj '^'^" (JrL^ V~^ (3* ^^"^'^ -'^t* 
jiL=>- _^U J^*Ä< |_)j«^ ^A-al f<Y^ "./•'^ *-* 1— o 1 »C- i_^laa>S "wL^IJ ^lLi_j«^l UIJ 

jjbij A-_)i olT ^bi t_Ä-5 j' ij*-.^ -cx-ji -ucVi '-'j^yi ^L jy ^-Uu ^J^-u, 

J„v)l Jyj Ja^^l j_^ Jj^bl ij_^3 «UVI !AcVl ~l^b Ja^-yi 1^ -i_Jlj i^U^li 

^.Ifr <U>-j t-»»Ä£- )>^2i-i »Sl-Ä LSt-P lS"^ r^^^ _^v' -*>---' *J»ii Uij C)»-L-2Ji 
1, Lgrd 1700 om. .■.^^. — 2. Lire : J-C^'!. 



tantinople ainsi que le tröne cpiscopal qui se troiive ä rextremite de rabside 
du choeur du sud. Le tröiK.» du prince n'est pas acheve, las dalles en marbro 
blaue ne sont pas terminees. Oii les a fait venir de Marmara pres de Cons- 
tantinople. La grande nef est entierement en marbre blanc; ce qui sur- 
prend le spectateur c'est que cliaque morceau est deux ou trois fois plus 
grand que les tombes des Europeens d'Alep, les dalles sont plus mince-; 
quant aux colonnettes et aux montants des portes, on etait en train de les 
tailler et de les polir. Combien je regrette de ne les avoir pas vues finies. VA 
quelle peine et quelle difTicultö n'a-t-on pas eues a vaincre, pour le? faire 
venir de Galatz dans des charrettes trainees par des boeufs, sur des chc- 
mins ctroits et diniciles. L'iconostasc et Ic Symbole sont des travaux mer- 
veilleux et rares. Nous n'avons jamais vu chose parcille. C'est Touvrage 
loi. :!j V". incomparable d'un liabile peintre ; * nous n'avons pas eneore vu uii talent 
egal au sien, au point que ses omvres surpassent celles de la Crete. li a 
quatre söries avec des arceaux : celle qui est au-dessus de la porte du sanc- 
tuaire reprösente toutes les fctes de Notro-Seigneur; la deuxieme, les niiraclcs 
de Notre-Seigneur; la troisieme, les ap^tres et Notre-Seigneur au milieu; la 
([uatri6me, la plus baute, les prophetes et Timage de la Trinite au milieu et 
au-dessus de timl le crufillx. Ouant a ricone de Nnlre-Seigneur, il est assis 
snr un tröne, vrlu (11111 u saco » vert, merveilleux. Autour de lui siir la cor- 
liicbe sont les fetes de iXotre-Seigueur. L'icone de la sainte \'ii'rge est Ires 



[173] DRUXIEME PARTIF. — LIVRE I". 173 

<xj\ y^j ^LäJI <«;L^ Ia^ -ujj3 ^ ü-cül \>yiA L.I3 <.-u-Jl il^V^3 j^^-l^ 

^ C-ijlj U<j^l jj j5''-»= Ai-L^ ,_AJi L»A£-U.^j LA) L'j ^-c-jAjJi O«) /owic-j 
'C^_V1 SÄa -Cfc ^!l 4j[_^,-k».li Lt^ C^ cAr* J^ *^^J 1^^^ ^^ jV V*L'^^ 

JoLjJI ^1».;1 C^-^J ^'-S -^' ""-AA« Ajas \^ Jk. jLj ^IjjibVl iÄft (»IaÜj JUt-Ü CiJili 

(_)>v»jJi Loij jL5 ''-lis (^^^' A-j'-w.«-i i»jlo vi-UJ-Sj ^-»-=>-i -^ »>o \A,Iä^ <-las tn 
lj,li-b ^_5)l <— l5vJi ji*^ jV3 kjJJ-o ^_^jJi J'jjj <Uj>tc ^3^' is^lAfri (C^^ ^-^ If^ 
ij^Si i^lstCj |»jj«-^.o^ /|A-j Jjül OL«-»-» ,_-A-Ul ^j ».i ciüÄS yy^ Ui-jkÄi 'L_Jl jli^j 
XÜl 'ijy^ ^j^jsJI 'Jli >ltl ^j ^y^ iL»_w»-i-3 ^Vl <">!;■ ül_p Ai-I jj.-äJI jl 

1. l^o-rd 1700 om. ...>3j<. 



ancienne, c'est une oeuvre d'art; autour d'elle il y a vingt-quatre strophes 
de l'acathiste; les mains et les bras sont en or pur. La princesse döpensa 
beaucoup en son honneur, aar son fils le Voivode Etienne', etant tombe 
gravement malade, Tut prösente ä cetlo icoue et ä l'instant il fut giieri. 
Devant ces icoiios brüle coiitiimellemeiil uiie lampe d'argeiit dore. Devant 
les portes du sanctuaire il y a quatre chaiideliers de cuivre jauiie plus brü- 
lant et plus beau que Tor, travail de Dantzig — on racoute qu'ils out coütö 
leur poids d'argeut — couverts de drap rouge; parmi eux il y a deux autrcs 
grauds chaudeliers en argeut. Le sanctuaire du haut en bas a de magni- 
fiques peintures en feuilles d'or. Depuis le narthex exterieur de Teglise 
jusqu'ä rinterieur et ä la place des femmes, il y a des representations de ce 
genre en feuilles d'or, les chceurs des anges, tous les saints et les miracle?. 
On dit que le peintre a touche trois mille cinq cents piastres. Dans le haut 
de la coupole du chreur, il y a une grande image doree de Notre-Seigneur, 
et dans le haut de la coupole du narthex celle de la sainte Vierge; le lapis- 
lazuli tient lieu de chaux, tant il est abondant. Derriero le trOne du 
prince, dans un angle, il y a le portrait en pied du Voivode Basile. II porle 

1. Le Voivode Basile eut deux femmes. La premiere fut la fille du vornic Bucioc, la 
princesse Theodosie, avec laquelle il se maria en 1618. An. Ac. Rom., sec. i.et. ser. 
II, XI, p. 133. Apres la mort de la premiere en 1039, il eiivoya le postelnic lenaclii 
Catargi au pays des Cosaques, qui lui trouva la princesse Catherine avec laquelle il se 
maria. Hurmuzaki, IV^ p. 505; IV', p. 073; Kog, Let., I, p. 309-310. 



174 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [174] 

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j_j-LÜl (ji* |*y^ ^yiJ j_5-^ '_^y ö^-"^' '^''^' ^y>-^i [^ybjS ^Ish— j^j-äT} 

^^•^ l5* ^^^ i^^ -'^=^^ (_T'^"*^3 '-'J^^ ^Lr-^^^ (*•" ^.-"^ IJjjIä jv" ji-^s^J l-*f- j_5'l* j-*J 



un manteaii avec de la fourrure de zibeline et tient dans sa main la susdite 
eglisc; il la presente ä Notro- Seigneur qui le benit, ayant les anges autoiir de 
lui. Derriere lui est sa femme, uae princesse circassienne, vetue d'un man- 
teaii de brocart d'or et de zibeline avec ses bijoux d'or, portant un calpac de 
zibeline. Derriere eile se trouvent ses filles, l'une nui est en Pologne, Tautre 
qui a ete mariee au fils de Hmilnitzki ' le Gosaque depuis peu de tenips. 

Plus bas qn'elles se trouve le Voivode Eticnne^ et ses trois freres qui 
moururent en Russie, tous ricliement habilles; on dirait que ce sont eux en 
personne. Ensuite nous sortimes de l'eglise pour aller ä table. Puis nous 
nous levämes et moutAmes dans le majestucux et vieux clocher, tel qu'il 
n'y en a pas, en Moldavie ni ailleurs, de plus haut, de plus large, ni de plus 
vaste. 11 est tres eleve et etroit. Nous retournämes au couvent et nous assis- 
t;\mes aux vepres. Le dimanche de l'lMifant Prodigue nous entendimes la 
messe dans notre couvent. 

1. Le rapport de l'ambassadeur Dell Ilayc sur le iiiariago de la (illo du VoivoJc 
Basile avec Ic lils du liatman des Cosaques en dale de 14 oct. 1().")2, se Irouve dans 
Ilurmuzaki, V-, p. 2. I.c mariage eut lieu le 1"' septembre 10r)2. Sa Gräco le llospodar 
donna ä sa fille une doldc vingt mille tlialers sans compter le trousscau et on onlre denx 
niillc ducals, un carrosse et beaucoup de cliariots el d'autres objols. Iliirinuzaki, vol. 111, 
suppl. II, p. 33 seq. 

Kn fevrier 1045, Movila, selon les invitations failcs au 1" novcmbre 1G44, arriva et 
avec les prelats inoldaves ainsi qu'avec Ktienne, metropolitain de Valacliie, benit Ic 
mariage de Marie, lille du Voivode Basile, avec lanus Rad/iwill, le princo litiuianion 
calviniste, mariage que les boi'ars picux, comme les freres Cantacuzenes, csliniaicnl 
dangercux pour r,4nie do Tepouse el indigne pour le prcslige orthodoxe du pays. 
N. lorga, Lstoria Bixcricü liontänc, I, p. .il.i. 

2. Le Voivode Ktienne etail le seul lils de (,!atliorino avec Basile. Lautre lils, Jean, 
mourut ä Conslanlinople en Iß.'59. 11 elail trrs aime de ses |)arenls. \'oir l'inscription 
slavc sur la clu\sse de la sainle l'arascevc reproduilc par Melchisedec dans : Notite 
islorice si (irclu'ologicc, p. 171-173. 

Pour la niorl de Jean, cf. Kog, Lelopisete, \, p. .'SO'.). 



[175] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE 1". iT> 

jvAiÜI «Iq^L t jlJa^ ^yjijuX- _3 LjI \^ A.l.io'U. ..oll "y^ 'CjA.« V« !s K-=>-.5 U) (3"ä>- 

1. Note marginale qui manque dans le manuscrit de Leningrad. — 2. I.grd 1700 
habet : j\jjij\iK 



X. IIeNCOMRE du P.VTRI.VRCHE d'AnTIOCIIE AVEC BaSILE, PRINCE DE MOLDAVIE. 

Le mardi matiii 8 fevrier, fete de saint Theodore Stratelate, Son Altesse 
le Prince euvoya faire dire ä monseigaeur le patriarche de se preparcr ii 
1 . venir le voir. Vers midi le Sloudjer vint chez lui avec une voiture sans 
roues, appelce dans leur langue « sanie », c'est-ä-dire traineau, car il 
etait tombe beaucoup de neige et il avait gele. Tandis que les voitures 
ä roues ne pouvaient circuler, celle-ci nous trainait rapidemcnt et saus 

Isecousses. Les gardes marchaient devant nous. Nous enträmes au palais et 
arrivämes chez [le prince], qui etait seul dans l'appartement. [Le patriarche] 
lui donna des lettres de recommandaliou de PaTsios patriarche de Constanti- 
uople, de Joannice le patriarche depose et du patriarche de .Jerusalem. 
Ghaque fois * que le grand logothete avait üni la lecture d'une lettre, [le prince] ' 
se levait de son siege et otait son calpac. Et monseigneur le patriarche 
lui donna uu cadeau de prix, ä savoir : la mächoire inferieure de saint Basile 
le Grand, jaune, dure et lourde, brillante comme de Tor et dont l'odeur est 
plus parfumee que l'ambre; ses dents et ses molaires y etaient restees fixees 
Sans s'ebranler. Nous avions acquis avec peiue cette relique ä Constanti- 
nople des parents de Kyr Gregoire, ancien metropolitain de Cesaree. Nous 



Ibl. 33 r" 



170 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [176] 

c-i-j l'Xl- O'j""' iV' '*"^~*t*" T^ tlr ^""^ (V* ?,r^ ctD-Oj i_,Jtij /«J^jAj i ^'^ 

Ij) ^yr'y '■^s~' ^ j-^' '*->-'^ ji (_yLr^'* ^^J3 ÖT^"^ Uic-ij r:^ Jl 

^ (J*'J--- — ^' /«— «^' e/i^J^-' ->^Lijl (j^.--' ^r^' (V iAiUJI Lwlia—.;! iAAljÜl 
.i_^ ^ "Was ^ «CwAUI Ä]ä.UJ1 ^ rc_**wJl «J ASji ^rf=^ '**^ (»-J ->J^Lt!l H^ 

1. L habet : !oU.. 



l'avons achotee pour une somme dargent et d'or ainsi que les autres ä diffe- 
rents endroits : dans le noinbre des choses veiierables, des reliques de Nolrc- 
Seigneur Jesus-Christ, des reliques des saints et illustres apötres, car oii pout 
tout trouver dans la reine des villes. 

Voici la liste des reliques que uous avons acquises u Gonslantiuoplc conlrc 
de l'or : un peu d'huile suintee par le corps de saint Demetrius, un peu de 
sang de saint Georges, un fragment du front du saint apötre Philippe, dos 
vertebres de la mart^'re Anastasie qui delivra les homnies de la niagie, une 
inolaire du martyr Ilermolaüs, le doigl de saint Auxence Tun des ciuq com- 
pagnons, la müchoire de saint Basile le Grand, une partie d'huile suiutöe 
par le corps de saint Anloine le Grand, du sang de saint Anastase le 
Persan, du front de saint Cyprien et de la martyre Parascöve, une des cötes 
dos (juaraiitc martyrs, des reliques de saint Severianus de Sei'djar de notre 
pays, uu doigt de rarchidiacro Etienne, un doigt de saint Theodore Stra- 
telate, du sang de saint Blaise cveque de Sebaste et de saint Eusthate le 
martyr, un doigt du martyr Mama, quohjues morccaux de picrre du saint 
(]alvairc, teints du sang de Jesus-Clirist, quelques debris du bois de la vi'aie 
Croix, de couleur noire comme l'eböne lourd. 

Nous les avons essayees au feu, et cllcs devinrent coninie elles sont; 
uous les en avons sorties : elles se rcfroidirent et revinrent i\ Icur rlal. Nous 



I 



fl77] DEUXIEME PARTIE. — UVRE I-. 177 

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j«,' |»y!L«.c-l j^^j 1»^ "»„Ij ^~^ ^i^j l»^jUi«3 fJ^*'^ ojÜaj ^ «J l5C=-lj jsAjJJ; ^-sm 

J^-UJIj ^jJlj kLs^\ jj-^-z^J ^jLi\ \j[.}Jji ^^>\_j^\ jl_y_-01 ^1 «k« r-^ <;1 
L _^._J I »jl,aij ^.Ua^ 'diS ^,*^Lw(u j.,L>i>t^l 5"-' j-* c^^ jA/^l »5 iA v-^3 JaS v^^l} 

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r^slff- üÄa jV U^äSj j_g::=- ^oVl ^2.*;^ ^'^ o^^'^^. ^^^^^^^ jj^^JI ».».»^s- Oo'oj 



(V 



U: 



1. Lg'i-J 1700 oni. ...la.o sis^ l^, de la page precedento. 



les avons essayees dans l'eau : elles descendirent au foiid. Elles etaient 
enfermees dans une boite ronde, travail de Finde, artistement sculptee, 
ouvrage tres fin, enveloppöe de coton, et par-dessus une etoffe de brocart d'or 
couvrait la surface de la boite placee dans une bourse rouge rose, avec des 
ficelles solides en soie bleue. Lorsque le prince la vit, il fut tres surpris, puis il 
eprouva une joie extreme quand monseigneur le patriarche lui dit : « Ceci 
est ä Votre nom et qu'il Vous garde. » II lui donna aussi une fiole de saint 
chreme. [Le prince] prit en affection monseigneur le patriarche, il lui parla 
d'autres patriarches grecs d'avant lui, et il lui revela la peine que son coeur 
avait ressentie de leurs procedes. Ensuite ils sortirent cnsemble pour se 
rendre au salon exterieur, oü etait dressee une table princiere avec des plats 
d'argent et d'or, des cuilleres et des fourchettes. II s'assit a la place d'hon- 
neur sur une chaise en velours rouge aux clous d'argent, puis on plaga k sa 
droite pour monseigneur le patriarche une autrc chaise. [Le patriarche] 
benit la table et le prince, puis prit un morceau de pain, le trempa dans les 
mets et se leva. Tons les boiars presents se leverent, il fit le souhait de 
däi'man' selon l'usage et tout le monde s'assit^. Tons les plats etaient 
recouverts d'assiettes pareilles qu'on n'enlevait qu'au moment de manger, 

1. C'cst-ä-dire : « puisse le ciel vous permetti-e de toujours offrir un pareil repas ä 
vos hotes ». — 2. Sur les banquets des princes, cf. D. Cantemir, Desciierea Moldovei, 
p. 114 seq. 

PATR. on. — T. XXII. — F. 1. 12 



Toi 



178 VOYAGE DU FATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. . [178] 

i-Li? »A3 ^yj^ iT-^^ l5^ (3?^"^^ Ö^- <jLL>U öy^, 5i-*->LJJ jp=^ l3^,,^a=-l U,o 

iJlSlJ *ju.»j>- '.Äi^aJl ^Ai. 4j JOJ JaXu Ai-l (v' vl^»>v^ "^ 4^|JJ AjtJsJ iJJ_Jl ^_Ä:£•I 

33 v°. ij Jj" Ai-L ^p-1 ("M^J j*^^ <Ji\M «-ajj jy>L«a]l V« XsX ri^-Xi ^Ll /»^Ic- AjUji 

JUs <J o^y^yi^ U aJ OIp (J^jI >ii!>ii ^_J:J:~ lc-3 <«ljij Lä^I Ajyi. ».J-sl» j^ <lLJij 

yS. V«J r:l-*Ji __;-& iV*^ 'V,.ä.'l Ulj |»jju-tt.»- *yiv«iuJl liÄ«i jt-A^ 'j^)--' U-OJ |»AA=>-J 

1. L om. Uai ^r^^icj. 



parce qu'on a chez eux rhabitude, en apportant des plats ä table, de les 
tenir couverls. L'« ächdji » ou megas kellarios, c'esl-ä-dire le cuisinier cn 
clief, lorsqu'il apportait iin plat accompagne des garrons, le preseatail au 
prince el eii ötait le couvercle. Si le plat plaisait au prince, il le plagait 
devant lui eu silence, prenait iiiie fourchette et eu remuait Ic contemi de 
l'assiette, en inangeait, ensuile il lui en presentait un autro. Si le prince 
n'en voulait pas et levait les yeux', alors Ic cuisinier allait le mcLtre sous la 
table. A sa gauclie se tenait iin gargon debout, bien liabille, qui prenait les 
• rui.33v". assiettes * et les mettait devant Son Altessc; un autre gargon prenait les 
assicttes d'argent, puis en mettait nne autre d(>vant lui, l'essuyait et la 
remottait. Le « silihdar », c'est-ä-dire le grand spätar, avec la couronne 
incrustee de pierreries, se tenait, eeint d'une cpee et le sceptre princier ä la 
niain, debout toujours ä ?a droite. L'ecliansdn et son garc^'on se tenaient 
di^bout toujours pres du prince. Devant celui-ci il y avait un vase vn bois ä 
trois pieds, haut, contenant de l'eau. ün y meltait des bouteilles (>u crislal 
avec diverses sorles de \in, df l'eau-de-vie et <\t' la liiere, l'i'cs de lui il y avait 
uni> table ciiuverlc d'nni' napp(\ blauelie sur laquellc ctaicut des verres cn 
cristal, des tasses eu argeut et en porcelaine. Ou vcrsait ä boire au prince 
daus un verrc et i'i nionseigncnr le patriarche dans un aulre. Chaqn(> fois 
([u'ils avaient bu un verre, tous les convives S(^ levaient; les autres buvaieul 

1. Kn signc d'/ihniiitio, geste cncore en usnge dans les Etats barbaresques. 



fl79] DKIJXIEME PARTIE. - LIVRE !'■•. 179 

■^.ojJI ^}^y'\ ^ L«lj JsU <A^ju V3I AS3-I0 JD ^JJ ^Ul A-laju^ JO L.OJ ^^ 
^^ ^<-»^ ^^Ij^I Ü-^ 'r'-^ ''*^^ 'j -5 *-*'^^ lS"^ 'H-'^ j^b ^^^^'3 i-jyj \y[>3 

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■Op^lll iL_«L«_ij '*-i^j ,_5^^-^j »-» (n^.^ »^-^JJ ^sjlxjJi cS^~~^ ^is u UI3 
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JiJL:.,- i_^l j^^-JI >:Jlj Vj c l/Ai-1 d^ijlc I»;- a;_^I jVjI a=-V jlOl 
lj_.lt3 '>~lt d-LiaJl L'-Uw djjlij SjoLJI i^ifc lji..Ä_5 ^UJ L_Ji 1^1 Xs-y <tj^j^lj 

^-xJl jJI •«-»-yLil J Lrlj '>^.i3J 



1. L a deux fois ces deux mots. — 2. Lgrd 1700 habet : 



r 



daus d'autres verres et d'autre vln. Lorsque l'echanson lui donnait im verre, 
il le goütait d'abord, puls le lui donnait. Les antres dignitaires appointös se 
tenaient debout et les « postelnics » ä cote de lui avec des bätons d'argent. 
Chaque fois qu'il avait bu plusieurs verres de vin, il buvait un bol de biere, car 
eile etait froide; et apres avoir bu on mettait le verre daus l'eau ou on lui en 
donnait un autre. A la place oii le prince est assis, ou son füs, ou la princesse 
et tous les boiars, les grands dignitaires appoinles de Moldavie, de Valachie 
et du pays des Gosaqucs, il y a toujours une icone au-dossus de la tete avec 
un rideau, et un cierge qui brüle continuellement devant ricone. 

Moi, je tenais la crosse et je restais devant eux avec mes compagnons et 
les pretres et les diacres peu nombreux du palais. Son Altesse le Prince fit 
signe au « postelnic », qui nous conduisit ä la salle oü nous avions dejeune ; 
un des garcjons de la maison du prince tint la crosse, ensuite je revins et la 
lui repris. On ne cessa d'apporter des assiettes pour remplacer celles qui 
etaient mises et cela jusqu'au soir. 11 se leva et Ton fit la priere pour la table et 
monseigneur Ic patriarchc benit le prince et la table et lui fit ses adicux. 
Nous partimes cn voiture pour le couvent. 

Quant ä la modestie du prince, ses connaissances, sa perfection, sa belle 
intelligence, ses etudes dans les ouvrages anciens, modernes et turcs, son 
habilete dans la discussion, nulle intelligence humainc no saurait les reunir. 
En verite, il etait comparable aux premiers rois de la Grece, memo il les sur- 



180 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE U'ANTIOCHE. [180J 

OjLkJl « ^ ^^^ e-'-o^l '*-^j ^^ \r^ Ijl^ LJ jJI i_5s iJil; cJl^ «cJ^ jV 
jUJIj ^LiljU-Vl jl ,_5::=-j jj^ Jali Sj^'aJIj ^UiClIj /-l^^Jl^ j^*^b ^^'j aJjILJIj 

dl_j-U L^lj L'jJl ^t-«f- ^ •~J3^f" jLx5 JjjLll ÄLk>j LLsjU di'j ^r'-^i^-^ jl ö^^ "^ 
i»^U^ v^lf-V '-iiJij jc-^ c^__S\ is«.«^>j <>J^U-3 Aj^i5s,,»j U^»-^' Uj'Lvj U^oIj i-Cä».!! 



passait ', parce que sa parole faisait autorite dans Ic monde entier a cause de 
sa generosite et de sa bieiifaisauce, non seulemeiit eiivers les patriarches, las 
metropolitains, les pretres, les moines, les laiques, les cglises, les couvents, 
au point que les « agas », les negociauls, les Turcs, les derviches et les 
marchaads ne juraient que par lui. Mais il etait deteste par eux le plus 
souvent; il ne m'est pas possible de reunir cela ni tout oe que l'ou disait ä ce 
sujet. II etait connu dans tout le monde. Les empereurs et les seigneurs de 
Moscovie recevaient ses lettres avec respect et traitaient avec tous les hon- 
neurs celui qui en etait porteur, et cela parce qu'ils avaient appris avec quel 
zele il faisait construire des eglises et des couvents et faisait du bien ä tout 
le monde. Le roi et les seigneurs de Pologne- faisaicut de meme, Hmilnitzki 

1. Sur la personnalite de Basile Lupu et son influence en Orient, M. N. longa dit : 

« On trouve du temps de Matthieu et de Basile vers la moitie du xvii'' sieclo des 
prelats (|ui mentionnent ces princes a la place des Cesars, Basile juge entre les moines 
du rnont Sinai, rempli egalement de donations rouinaines, et le patriarche d'Alexandrie. 
II nomme ä Jerusalem des cliefs du palriarcal choisis parmi les moines qui l'entourcnt 
(tcl apres Thcopliane, Paisios qui passa des longues annees en JNloldavie et en Valachie). 

" Les patriarches d'Alexandrie eux-memes vivent par la gräce de Basile qui payait aussi 
le tribut du Mont Atlios. La grande eglise de Constantinople, dont il couvreles detlcs, se 
soumet ä l'administralion du prince magnanime et en re^oit unc nouvelle conslitulion. 
Les nietropolilains grecs sonl contraints a sc rcndre dans leur diocesc, cessanl Icurs 
inlrigues haliiluelles aupres de la Porte, ils se declarent preis a acccpler la punitioii du 
prince pour leur inobedience eventuelle. Les palriarclics selevcnt et tombcnt par sa 
Yolonle et Tun d'entre les Cirecs les plus lellres, Atlianase Palellarios, longlemps abrile 
dans un couvenl de ("lalalz, ecriten vers lieroiques les louanges de ce « nouvel .\cliille ", 
qu'il di'clarc considerer comme successeur des empereurs et clicfs de la chreticnte 
Orientale. 

(( Les princes rouinains et surlout Basile faisaient et defaisaient les patriarches, don- 
nant par exemple ;i .Jerusalem des chefs religicux pris dans les monastercs dedies des 
environs de Jassy ». N. lorga, tlistoire des Etats Bidcaniques ä l'epoque moderne, 
Bucuresli, IDl'i, p. 57 et 72. Cf. N. lorga, Vasife Lupu ca urnii'itoi- iil impäralilor de 
rasiiril, Bucuresli, 1913, pag. 21-27. 
■ 2. Le Tzar de Russic le nommait le riche et poli prince de la Moldavie. Papadopol 



[181] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE l". 181 

j^ÜJ[5 jU-Uij k_)^_^l U'_j jvjjLJo i_Ji> *J <«_Jsj ^r"^" ^■'•^^ ^wwjA.« ^_y-^ i-jy!: (»J ^r** 
As^lj in". ' (.Ir^'j j^"^' (3* -"t^:*: "*^b ^J^ (^v* ^>^~^^i 

1. L habet : i^-Uc. — 2. L habet . avant ^. 



et les Cosaques prirent sa fille, le Khan des Tatares encore plus, Fempereur 
d'Autrlche, le roi de Hoiigrie et les Venitiens. 

II fit imprimer dans son temps beaucoup de livres ecclesiastiqucs, 
d'ouvrages la'iques et de commentaires, en Moldavio, chez lui, dans la languc 
valaquo, parce qu'autrefois les sujets lisaient le serbe, c'est-ä-dire le russe, 
car depuis la Bulgarieet laSerbie jiisqu'en Valachie et enMoldavie et jusqu'aux 
pays des Cosaques et jusqu'en Moscovie, * tout le monde lisait le serbe ; tous ' iv.i, 3'i 
leurs livres sont ecrits ainsi. La langue du peuple de Moldavie et de Valachie 
est le valaque. 11s ne comprennent pas ce qu'ils lisent, c'est pourquoi il bätit 
pour eux pres de son couveut un grand College' en pierre et fit imprimer 
pour eux des livres dans leur langue. Les Serbes, les Bulgares, les Cosaques 
ainsi que les Moscovites ont une seule et meme langue avec des difförences 
suivant les epoques, mais la langue de leurs livres est la meme pour tous. 

Calimach, Gheorghe Stefan, p. 74. En iü50 Basile rcQut l'indigenat polonais. Engel, 
Geschichte der Moldau, p. 269. L'eveque de Gnesen Mattliieu Liubenski le rcmercie 
pour ses Services. Cf. E. Cioran, Ciilcttoriile patriarhuhii Macaire, p. 17. 

1. Le College fonde par Basile ä Jassy avec son premier recteur Sophronios Pociatcki, 
recteur de Kiev, avait comme objets d'enseignement : la grammairc, la rhetorique, la 
dialectique, rarithmetique, la musique, la geometrie, raslronomie et la theologie. N. 
lorga, Istoria Bisericü Romane, vol. I, p. 30S-.300. 



182 VOYAGE DU PATRIAllCHE MACAIUE D'ANTIOCHR. [182] 

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1. Note marofinale. Lo-rd 1700 habet: J~^U v_t-C_J! ^)i ü.^. — 2. L om. 



^• 



XI. DesCUIPTION de l'eGLISE des TrOIS HlERARQüES. 

Le mcrcredi matin 9 fevrier, le prince lui envoya par sou Sloudjer, 
parce qu'il s'interessait ä tous ses actes, un mautelet de drap noir double de 
zibeline et un cafetan de salin, avec de l'argent pour ses depenses, et lui 
promit de payer sa dette enti^re. Du palais jusqu'au couvcnt 011 apporta ces 
cadeaux sur les bras. La veille au soir du samedi du carnaval, il n'y eut pas 
pour le memento des morts de solennite dans les eglises selon l'usage. Dans 
la journce du samedi, rbegoumene du couvent qui a pour patrons les Trois 
llierarques, iuvita monseigneur le patriarche : nous y allämcs en caleche. 
Cc couvent est unique et magnifujuc ', il a l'aspect dune ciladelle et est 
entoure d'un rempart de pierre. Au-dcssus de la porte est le cIocIkm'-, et 
riiorloge de la ville entierement en fer avec de grandes roues. Les cloclies 
sont susptiudues par en haut sur un echafaudage en bois; il y a une celluli" 
au milieu. Une corde en fer penetre par le plafond au-dessus jusqu'au bord 
de la grande cloche; i\ ce fd de fer est attaclie un lourd marteau de fer. 
jjorsque vient le temps de sonner, une longue pii'ce de bois sort par la 

1. Le couvent des Trois llierarques fut bäli cn 1030 et dediö an Moni Allios. Sur les 
inscriptions des Trois llierarques, cf. N. lorj^a, Inscriptii, vol. II, Bucurcsli, lüOS, p. l'iO. 
— 2. Le clochcr du couvent des Trois llierarcjues fut demoli, niais on conservo l'ins- 
cription qni nous apprcnd qu'il fut hAti en 7146 (1638, le (i avril . \. lortja, Jnscriptif, 
vol. 11, Bucurcsli, p. 150. 



[183] DRUXIKMK PAIITIE. - LIVRR I '. , 183 

^5l AU.JI <<^\^ \^j\s>~ \^\j ^i j;.LJl ^jay>^\ ^y^' Oo_r=*- "-^ r^-^^ ^^ ö^ 



feiiötrc Je la tour et le plus leger mouvemeut sullit ä mouvoir la petitc cloclio 
suspcndue par son sommet au dohors — • ou Tappelle « avertisseur » — ou 
pour avertir les geiis et qu'ils ecoutent, piiis eile s'arrete. La corde do fer est 
tiree en bas paY les roues, le marteau s'eleve et descend sur le bord de la 
cloclie; eile se met ä sonner et est entendue de tonte la ville. 

L'eglise est au milieii du couvent'; eile est toute en pierres de taille et 

1. Voici l'etat actuel de l'eglise : 

« L'eglise des « Trois Hierarques » peut elre consideree comme le chef-d'ceuvre le plus 
remarquable par la richesse et par ses ornementalions. Neanmoins, eile ne peut rivaliser 
avec la sombre elegance des eglises de la belle epoquo, la maniere exuberante dont ses 
murailles sont couvertes d'ornements indique une decadence du goiit. l.cs proportions 
cependant sont harmonieuses et plus reus.sies que Celles des öglises des cinquante annees 
qui l'ont precedee. 

« Les dispositions exterieures de l'eglise ne different guere de Celles que nous connais- 
sons des la belle epoque de notre archilecture, si cc n'est Tadjcnction d'une deuxieme 
tour sur le pronaos, de meme hauleur que celle du naos et ä socles pareils, c'est-ä-dire 
une etoile ä douze pointes reposant sur un soubassement carre. 

« Autrement, memes fcnetres, petites au naos, plus grandes au pronaos et surlout ä 
l'exonarthex, möme corniche en cäble qu'ä Dragomirna. Ce qui fait l'originalite de la 
bätisse, c'est la decoration sculptee qui la revet en cntier avcc une teile profusion qu'il 
n'y a pas une pierre qui ne soil travaillee. Les motH's les plus divers s'y rencontront et 
s'y coudoient : Motifs geometriques, motifs floraux, rinceaux d'allure occidentale, 
inolifs renaissance, ornements arabes, byzanlins, persans et surtout caucasiens. Les 
creux sont colores en azur et les reliei's sont dores. Plus de vingt bandes decoratives 
ä Sujets tous ilifTercnts se superposent du socle ä la corniche superieure et couvre comme 
une passenienterie continue toute la faijade. Sous la corniche, dcux rangees de petites 
niches ä arcades trilobees et en accolades couronnent ce parement; le rang inferieur est 
Supporte par de pelites colonneltes renilees, pareilles aux colonnettes russes du 
XVI 1° siegle. Le champ des niches est orne de vases persans garnis de Heurs. 

n Deux larges bandes de marbre noir a rinceaux graves en creux et dores acoom- 
pagnent ä la hauteur de la naissance des voütes le cable tors de la corniche mediane. 

« A linterieur la paroi de l'exonarthex est pareillement couverte d'ornements sculptcs. 

« L'eglise possede les trois compartiments, exonarthex, pronaos et naos, ces deux 
derniers separes par une paroi ä trois arcades supportees par deux piliers ä soction 
octogonale. 



184 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [184; 

XJ>} ^r' '' «>J Vi «--^i JaSM Ijj Uj Jji«,'l ^y'^ ^_U-5 ^U-aJl j3t'**'^ oÖ^*^ 

JU-i i-^ ^_5-'^ '--'Li ^l ^}o Jji} ^J^-^i lS"^ f^'-i^ ^-^^ 'T — =^ *^^^ Cr* 
_jj ^i jLOI IÄäj ^M> ^jUi; t5^' j^^ ^^ St^^ lüUJl j_^j ^J^ 
A-^1 oJjuJl ij_»-^ ^^'1 i^<3l ^L JjS^ >^jJllH öj-^ i>ltl |^«_5 v_^U^ 



tout son exterieur sculpte avec art, qui stupefait Tesprit du visiteur. II n'y a 
pas l'espace d'un doigt qui ne porte de sculpture et les corniches au-dessous 
de Tauvent avec deux bandes de pierre noire sont aussi sculptees. Elle a 
deux coupoles tres hautes. Ou entre dans Töglise par deux portes suivant 
rhabitude du pays, une au sud et une au nord. Au-dessus de chaque porte, 
il V aune fenetre haute et etroite avec des lucarnes rondes. Dans le mur de 
l'ouest, il y a deux autres fenetres avec des lucarnes semblables; cet endroit 
est une voiite en croix. Dans le haut, il y a l'image de la Trinite. Au-dessus de 
la porte de l'ouest, il y a la peinture du jugement dernier plus belle quo celle 

« Les absides sont eclairees chacune par trois fenetres. 1,'ornementation interieure est 
egalement des plus riches. Dans le pronaos, quatre niches ä baldaquin placees sur 
les oöles sud et nord abritent les pierres tombales de la famille princiere et ä l'entree du 
naos, abritee par une construction dune grande richesse, se trouve la cliässe de sainte 
Parasceve. 

« L'eglise a ete entierement restauree sous le regne du roi Card I" par rarcbitecte 
frangais Leconte de Xoüy qui a aussi restaure Teglise episcopale d'Arges de Yalacbie, 
dont l'eglise des Trois Hierarques est le digne pendant en Moldavie. 

« Tandis que les grandes lignes d'architecturc et des parties conslruclives respectenl 
la tradition moldave, rornementation par contre nous montre des intluences toutes 
nouvelles et oü nous ne pourrons meconnaitre ni rinilucuce Orientale venue du sud, 
ni linfluence russe qui sc traduit surlout par les colonneltes des petites arcades qui se 
trouvent sous la corniche. 

" Larcliitecte de ce bei edifice est connu, il se nommait lenachc ou lonasco) Etisi de 
Conslanlinople. On se trouvait donc devant un probleme du mömc ordre que pour Dima, 
l'arcbitecte de Dragomirna. Un maitre meridional connaissant rornementation de 
rOrienl musulman ainsi que celle du Caucase et rornementation russe se servait pour- 
tant encore de maitres ma(;ons ou tailleurs de pierre au courant de la tccbnique gotiiique. 
Los nombreux signes lapidaires rjaon Irouve aux Trois Saints en sont une preuvc. 

« L'intluence russe s'est traduile surlout dans la döcoration peinle. Basilc Lupu avait 
demande au grand prince de Russie de lui envoyer des decoraleurs et ce sont des 
peinlres du corps imperial de peinture qui vinrent dans ce but ä Jassy. On connait les 
noms, ils appartiennent aux premiers de celte etile. Celle peinture primitive a malheu- 
reusemcnl disparu. » N. lorga et G. Rals, /'Art Roumain, i'aris, l'J22. p. 3(j4-3ü7. 



[185] DRUXIKME PARTIE. - LIVRE 1-. 185 

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^\s. cJ^^j^ jy^\ (^!Mi ^ ■c„ä)I ^LjI. jjä*_ (»t^^ („rJJ i3^ tl^^rrt'J^ ■^ -5 
1. Lgrd 1700 habet : ^^\. — 2. Lgrd 1700 habet : IhUj. —3. Lgrd 1700 om. 



que nous avons vue ä Vaslui, et des Turcs avec leurs vetemonts de difTerentes 
coldeurs, coifFes de leurs turbans et de leurs hauts bounets. 

Sur les autres murs, il y a des peinturesde « Tout ce qui respire » et toutes 
les creatures du monde eutier, depuis Thomme jusqu'aux animaux domcs- 
tiques, betes sauvages, des oiseaux, des arbres et toutes les plantes, de 
quoi emerveiller les visiteurs. Easuite « gloriliez Dieu dans ses saints, avec 
les cymbales et les iifres, les jeunes hommes et les jeunes filles et tout le 
genre humain et les musiciens », d'apres leur rang, et « de toi se rejouit », 
« les jeunes lilles et les rois et les juges » seien leur rang; tout est en or et 
en lapis-lazuli. 

A l'entree, au-dessus de la porte de Touest de l'eglise sont representes les 
Trois Hiörarques — eile est bardee de fer, couverte de sculptures et de travaux 
d'art. Par eile on accede au narthex. Dans ses murs, ily a des niclies oü sont 
les tombeaux des fds du prince et de sa premiere i'emme, * la princesse, recou- * ini. 34 v 
verts de rideaux d'etolTc de soie brodee et de brocart d'or ; au-dessus ily a des 
lampes en argenl consacrees qui brülent jour et nuit ainsi que des chandeliers et 
des cierges. II y a quatre fcnetres avec des lucarnes rondes, deux dans chaquc 
mur. [On y trouve aussi] le portrait du prince et de la princesse defunte 
qui a ete peinte de son vivant, puis ceux de trois fds morts successivement en 
Russie, VL'tus richement et coifTes de leurs calpacs ornes de zibeline et d'ai- 
grettes. A gauche de celui qui sort par la porte dans le mur, est peinte 



ISO VOYAGE DU l'ATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [186] 

^_:s^lc j^^ ^ (^jpJl j_5)l i^li^AT J' pA^-^3- (3^^' ^ i^-^f?" k:^'^ v^.!/^ 

1. Lgrd 1700 habet : Ji^a J,l. 

l'eglise tenue dans la main du prince sur laquelle sont representes les Trois 
llierarqiies qui rolTrent ä Jcsus-Clirlst, qui, enloure de ses anges et de ses 
apötres, le benit. Dans la haute codpole du narlhcx est suspendu uu lustro 
en cuivre, tres grand, artistique. Dans cet endroit il y a aussi des images 
rares, surprenantes, telles qu'il m'a ete impossible de le retenir en depit de 
mes elTorts. On entre vers le choeur entre deux colonnes, deux pilastres 
octogonaux sculptes et peints en vert pistache, qui ne different pas de la 
pierre verte; cnlro elles, il y a des rameaux (?) d'or de haut en ba.s'. 



1. Nous citons ici l'opinion du voyageur Analole Demidov, pour donncr une idöo de 
ce que pensaient les etrangers de ce monument. 

« Jassy n'est point comme Bukliarest, riclie ori eglises; soit que los hoyars nioldaves 
des temps passes eussenl moins de mefaits a cxpier quo ceux de la N'alacliie, soit que la 
foi alt manquc, la capitale de la Moldavic ne compte pas un grand nomljre d'ödiliccs 
religieux, mais encore. parmi ceux qui existent, faut-il rcmarquer une elegante oglise, 
monument trop ciiricux pour qu'un voyageur puisse oul)licr d'cii faire monlion. I<'lle est 
entourec, selon l'usage du pays, d'un monastere spacieux autrcfois fortilie et consacrc ä 
trois saints : sainl Basile, sainl Jean Chrysostomc, ßossuct oriental, et saint Gregoire le 
Theosophe, y sontäla fois reveres. L'eglise est construite en heiles pierres, deux tours 
clancees la surmontent. La surface entiere de rödifice est recouverte d'arabesques d'unc 
admirable variete, sciilptecs en reliof, sur ehaque assise de pierres; ses fenfttres etroites 
ne laissent penetrer a rinterieur qu'iino faihle himiore qui lulte a pcine avec c(dlcs des 
lampes religieuses, allumecs nuit et jour sous ses trois nefs. Des fresquos d'une naivete 
remarqual)lo rocouvrent les somhres murs du sancluaire. Fondee par le ^'oevodc Basile 
vers l'an l(')'2'2, celte riebe cUapelie i'ut dabord toule dorec a rinterieur, mais trois fois 
rinccndie et )e pillagc vinrent la ravagc^r au temps des incursions des Tatares: sans 
comptcr qu'cn 1802 un tremblement de terre faillit la ruiner enlieremenl. L'eglise des 
trois saints, Trcsplietitili, tel est le nom qu'on lui donne ä Jassy, a possede autrcfois un 
triisor proeieux doiit cpielqucis debris subsistent encore. L'un des [jIus curieux debris est, 
Sans conlredit, hi collcctidii de lahlcaux brodt^s par bi ]ii-incosse Tbdodocde, feniine de 
Basile, le pieux fondaleur. l^es ouvrages dune rare pcrfcctioii reprösentent en grandcur 



fl8] DEUXIEiNIE PARTIE. — LIVRE l". IS7 

;-_^ ^LU^j ^Urjlj rJ-^'l ^b _r»^^ o'-»^ '»^'T" <.U^1.5j AtL-ill ■■r-rr^ v^-^ ^-'-J 

•y-jw ^Jitj i^jbjji ii-L^ ^ j^._ V .---Ät ^v^ "^y ^-^ "^ ^^ ly-j -'■*^^ 

j-jUl Ji-ji-i« (j^J f^j Ia-u«1^j "uJit ü^kj |_5Li)l JslWI ^ jp-uJl i^ß--,^! 

Jk...Ä. "»^jli-J A.li-l.i JjAl^ f^-^J-* V^J l^-J ^.^ f''^-^ C"-'"^- ^^ C ^^ 



Le tröne du prince est derricro un pilastro tounie vers rorient, commc 
dliabitudc, avec de haiites marches, et iine coupole. Tout est eu feuilles d'or 
d'iin tres beau travail, rinterieur est en velours rouge, les marehes et le sol 
sollt couverts'en drap rouge. Au sommet de la coupole est une croix et au- 
dessus deux aigles merveilleux, (ju'on prendrait pour un ouvrage d'orfevre. 
A la droite du tröne dans le mar du sud, il y a une grande arcade, dont les 
colonnettes sont en niarbre blaue, recouvertcs de sculptures d'art ; on y 
monte egalement par des marches de marbre. Au milieu est la chässe dont 
rinterieur et l'exterieur sont en velours rouge, orne de clous d'argent, avcc 

naturelle la princesse elle-meme, habile artiste, qui a su donner un air de via ä ses por- 
Iraits d'or, de soie et de velours; vienl ensuite son fils, l'aine de sa race et de ses vinst- 
sept enfants. Le costume de boyard qu'on retrouve dans cette naive representation, tient 
beaucoup plus du vetement hongrois que de l'habit oriental. On conservait aussi dans 
cette riebe basilique le portrait du Voevode lui-meme; mais cette image, derobee par 
une main inconnuc, Tut enlevee du sanctuaire il y a vingl ans. Tout d'abord, le clerge qui 
avait la garde du trcsor, fut accuse de cette fraude que juslifiail en quelque sorte la grande 
quantile de perles dont la royale brodeuse avait parsemc la robe et le bonnet de son noble 
epoux. Mais si le portrait de Basile a expie un larcin infame, la riebesse de son vetement, 
il est heureusement dcmeure intact sur une fresque qui permet de contempler les traits 
du Voevode dans le plus pieux de ses triomphes, ä l'instant memo oü l'eglise etant 
acbeviie, il la porte toule entiere dans sa main, pour la consacrer a ses Irois patrons qui 
le l)enissent du baut du ciel. Ce n'est pas tout; une fois ce temple erige, Basile dans son 
ardeur chretienne resolut de le sanctifier encore. Depuis longtemps, les rcliques de 
sainte Venerande, profanees, etaient au pouvoir des Turcs : Basile sut les racbeler des 
mains des infideies: les resles vencrables furent apporles en triompiie sur la terre 
chretienne et le Sultan lui-meme ne dedaigna pas de les accompagner jusqu'aux confins 
de son empire. Teile est du moins la sainte legende expliquee par deux compartiments 
de peintures qui surmontent la chässe d'une riebesse remarquable oii sont exposees les 
reliques, objet de la veneration des fideles. >> N. lorga, Tapiteriile Doamnei Tudosca, 
Bui. Com. Mon. Ist.. An. VlIL fasc. 32, Bucuresti, 1915. 

i> A la suite de la restauralion recente, il ne reste presque rien de ce que le pieux 
fondateur a fait en depensant tanl d'argent avec les meilleurs artistes de Russie pour 
glorifier en Moldavie son nom, comme le Voevode Neagoe la fait en Valachie. Son 
epouse, artiste, s'est appliquee a faire des tapis et des rideaux d'un aspect merveilleux 
comme aujourd'bui on n'en fait presque plus. » N. lorga, ibid. 



188 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRR D'ANTIOCIIE. [188] 

^l>^A..ijl *»»jAiüi -\._*- '^ uSjLTj lj-^^>c — s U b»i>LZä ,_„5tt o"^'J *-^ w>-«L_»j y»js-l 

j»-Ä« ^,W,Läil JaiU- (^93 ijl(i3 vAJ Asy' »_«AJ3 A^3 ^IjUJ Lj"«i Ji-li«3 cil'i »~&j 
Ujj 1*3; U- 'J jV ^_ÄäI« |_5J; üXi- (_^l ij^'l Lfcj^,^Ia=-l >_i03 Laj-Ls^ JUo-3 IjjIj^ 

^..^ »S3 ^u^3>ii^ CjU33^=>t^ A..!.h''f?,,,ei| jJjLJi (T'^-'lj J •— ' ,'»-' >l,'la>Llo ^^1 ,>ol3 AJU-ij 
^jJ dUi ^^3 ^r-y^b (»ia^ oUnkxi \>\ß ^^Jy=- J^ (3*3 l/L*^^ i^ ^■^■^'^ jj—'J 
1. Lgrd 1700 om. U/i Lo. 



une seiTurc merveillouse qu'on ouvrit devant nous. Nous nous prostcrnüincs 
et baisämes le corps de sainte Parasceve' la Bulgare, la Nouvelle, qui a etc 
transportee de Gonstantinople de l'eglise du patriarcat, du depöt des corps 
des saintes, dont nous avons baise les reliques, comme nous l'avons dejä dit. 
On a paye du patriarcat plus de deux ou trois cent mille [piastres] pour 
les remettre en bon etat et ccla fut impossible. Elle est, comme pendant sa 
vie, couverte de volles en tissubrode et d'aulres choses. Au-dessus d'cUe sont 
suspendues des lampes d'or et d'argent qui brülcut jour et nuit. Sur le mar 
de l'arcade sont representes son supplice, le Heu oü eile fut enterree, et le 
detail de son transport par les Turcs jusque-Iu. C'est une reuvre artistiquc. 
Lorsque les prelats apporterent son corps, le prince designa ses capidjis 
pour Taccompagner par surcroit d'honneur et pour se rendre pnr cc'a plus 
glorieux. 

Le choeur, comme celui de l'eglise du couvent de la princessc, forme 
deux absides rondes au nord et au sud ; les trones ajoures, en cy[)rcs et en 
ebene, sont artisliques, travail de ('onstantinoplc; le trönc episcopal est 
le premier. Dans cliaque choeur est un lutrin incrusle dos et d'ebeue 

1. ("f. \. hirga, Inscriptii, vol. II, p. 150-15.'5, Rucuresfi, lOOS. Les reliques de la 
s.iinle Parasceve, qui a souiferl le martyre en Scrhie, fureul appjrlees de C-onslanli- 
iiople avec la henrdiction du palriarclie Parlhenc. La cliasse fut acconipagnee par Irois 
melropolilains : Joanniee de Ilcraclee, Parliiene d'Andrinople el Thcopliane de Palaio- 
patrai. Le prince lui-meme et parmi les prelats du pays Euloge de Roman et Georges de 
Husi sortirent ä la rcnconlre des reliques ä Galalz el ä Ismail. Basile lui-iiirme allail 
derriire ellcs. \. lorga, Istorin Biscricii Itomiinc, vol. I, p. 1507-308, 



ri89] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE I-. 189 

■uLs ^i& ö- ,^rr^ jj"^^^ ^' iJ-^'-<'3 CjLJIc oläj-i.»-« ^.liol iA* ^.^«3 ^^^; 

^1=.^; vAcLi; ixjjl ' JoLjll "-"'j-:^ f^-^i i^j^^: jl^L-i o'^y^ ^ -^.^ ls'-5 

jU i^il3 "O^Üa. i>l:!l <Jiä.lj üJ..Jlj AlJl ij.il UI3 ^^Lu aJ U Ij^ ^^,ä^ * loi. 35 r. 



i_^.55 4jaS JjLij>v„Ä« j»^ Viü 



Jl_j 



1. Lire : J-C^]!, au singulicr. 



seulement, un vrai plaisir pour la vue, et recouvert en drap rouge. La 
coupole du choeiir est tres haute et au plal'ond est pciut le Christ qui benit. 
Les coupoles de cette eglise sont claucees et hautes. On y voit suspendu le 
grand lustre compose de seize pieces toutes en argent dorö et cisele, d'un 
ai't surprenant. Daus rintcrieur il y a en un autre en forme de coupole avec 
des arcs. 

Dans les murs de chaque choeur il y a deux fenetrcs avec des lucarnes 
rondes. Devant les portes du sanctuaire il y a quatre chandeliers de cuivre 
jaune sans pareils dans leur dessin et leur fabrication, puis deux autres 
grands en argent. ])e meme le symbole a quatre series merveilleuses * sans 'loi. ssi- 
pareilles, l'icone de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, l'icone des 
Trois Hierarques et celle de saint Nicola^. EUcs ont ete faites ä Moscou en 
arnjent et en or ' . 

1. JLi.squ'aujourd'liui on ne connaissait pas exactement l'auleur des Images dcreglisc. 
M. Sylviu Dragomir a decouvert ä Moscou une seric de documents pubHdS dans les 
Annalcs de TAcademie de Bucarest. 

Nous donnons ici quelques details : on a acheve l'eglise, les murs, les cellules, la 
Irapeza et le clocher cn avril 1G38, et la consecration eut lieu un an apres, en mai Iß.'ä'.i. 
A Celle cpoque, l'eglise n'avait ni icones, ni peintures murales. 

Pareille cliose est arrivee ä l'eglise du Voivode Neagoe : Curtea de Arges, qui fut 
consacree en 1.517, neuf ans avanl rexeculion de la peinture. D'une lettre du 13 septem- 
bre 1(338 adressee ä Feodor Feodorovitch Liliacev, nous savons qu'il avait liui l'eglise et 
qu'il avait en Russie ses peintres pour faire l'iconostase et le crucifiement selon notre 
coutume ccclesiastique. II envoya la lettre par Fintermediaire de Isaie Eustalievitcli 
Camarasul, laissant ä son appreciation le sein de diriger son messager et, en echange, 
son nom sera mcntionne aus Services dans rarchevechc nouvellement bäti. 

La peinture des icones fut vite terminee, car le 12 juillet 1639 le prince ecrivait 
par son messager au Tzar : « Nos hommes qui executent ce travail, apres l'avoir fini, qu'ils 



190 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [190] 

i_)j-o ^Ji ,1j Ij 4ji) j/ ij j*«a)i wij iAlJi aJ«ü ^sJI ^Ic- igSj L^i ._^j ij-iy. f*r>*" 
J)j^x IjiV lyi~j^ Vj l^rüi^ij Vj M-^l 4„JiCJI üÄA A^jLj A_^ Jj^^ "^j f!Mi.H Vj 



1. Lgrd 1700 habet : ^idsr". — 2. LgrJ 1700 habet : \ 



'c*r*9"* 



Le sanctiiaire est tres beau et elegant. Autour de son abside il y a diffe- 
rents arcs entremeles pour ronier, tous dores en feuilles d'or. Dans la pre- 
miere place il y a trois fenetres avec des lucarnes rondes et les colonnettes qiii 
les entourent sont aussi en feuilles d'or. Au sommet de la voüte il y a l'icone 
de la sainte Vierge. Les peintures et les Images ä l'intörieur du sanctuaire et 
ä l'exterieur sur les murs sont en feuilles d'or et en lapis-lazuli, d'une beaute 
incomparable. Devant la porte du sanctuaire il y a une tres grandc lampe 
d'argent. Tout le monde est d'accord pour dire que ni en Moldavie ni en 
Valachie, ni cliez les Cosaques, il n'y a une eglise qui egale celle-ci, ni par 
rornementation, ni par la beaute, car eile emerveille le visiteur. Dieu la con- 
serve jusqu'ä la consummation des siecles! Ses chandeliers d'argent, ses 

retournent chcz nous, car par la gräcc de Dieu, l'eglise est achevee et nous altendons seu- 
lement pour l'orner, les ornementalions qu'on execule dans ton empire orthodoxe tres 
grand. » Le 29 decembre 1039 les icones etaient a Jassy, ou tout au moins une partie. 

La peinture de l'eglise fut execulee par des peintres de Moscou. En 1648 le prince 
s'adressa pour la deuxieme fois aü Tzar par rinlermediaire des messagcrs : Eustrathic 
Mitnin, le moine Silvestre et deux boTars moldaves, avcc le peintre Micolai, afin de 
demunder des |)eintrcs pour executer la peinlure di3 l'öglise des Trois llierarques. A la 
suile de la lettre du inois de mai quo Basile avait envoyöe au Tzar, sa demande fut 
salisfaile et renipereur lui cnvoya deux peintres : Sidor Prospeev et Jacob Gavriluv. Au 
commenccmenl de juillet les peintres se trouvaient ii Jassy, conime nous le savons par 
la lettre du 19 juillet. Lc travail comnaenga l't^te de 1641. 

Le promier peintre est connu comme un des meiUeurs de l'epoquc, le deuxii'ine 
Test moins. f^e deuxieme peintre mourut et Basile domanda en döccrnbre ip'on lui on 
envoyät un autre. I>e Tzar lui en cnvoya encure deux. Ils commencerent le travail en 
fcvrier 1042 et retournerenl avcc son messager, Michel Ivanov; le 17 aoüt ils se trouvaient 
il la fronliure moscovile. 

Pour les delails cf. Annales de PAcndeniie Rouniaine, t. .\\XI\', Mem. See. ist. 
« Iconografi rusipenlru bisericilc moldovene », p. 1081-1092 et Bulelinul, An. V, Uucu- 
rcsti, p. 110-114. 



[191] DEUXIEIME PARTIR. — F.IVRE I". l'Jl 

jLC«j <iilÄ^3 'ü'>ls_5 ^-^'i 1^ ^1 «.~»^3 -^j-^'j u-=-^.' c^^ •vJ^j (J^ii ^-^j' 

■TzX JjL' jlS jV 1^03 j»— ' o'-^ (j"J-^ Äjjl ^Jui' 1^9 o_^LJi Uj — i v*^-'-/ '-^j-^j^ 

ljl[^H) LL«.li3 ^_yljJLJl li^-^=>-3 *~-~L50J IJJs-i jl ^)l ^^«;;-»f- ^^J\^\ \y-j^ '»-^ L^l 
1. L^Tcl 1700 habet : li^-'L^'- 



volles brodes d'or avec des pierres pröcieuses, ses chasubles, ses aiibes, ses 
caliccs, ses lampes, tous ses vases sont iuappreciables. Le dallage taut ä 
riiitei'ieur rpi'u l'exterieur est de marbre bbuic et noir aiusi qua toute la 
construction de ce couvent, les cellules et les chambres. Le refectoire a 
la voüte eil piorre. Un peu plus loiii, pres des bains, est le g-rand College 
construit pur le prince sur le bord du graiid etang — helesteu — ou vivier. 
La veille du dimanche du carnaval, nous assistämes aux vepres dans notre 
couvent et le lendemain aux matines. L'hegoumene du celebre couvent de 
Galata', dedie ä rAscension, bäti par le Voivode Pierre, vint y inviter mon- 
seigneur le patriarche. Monseigneur le patriarche partit en « sanie » trainee 
par quatre chevaux noirs, parce qu'il etait tombe beaucoup de neige et qu'il 
faisait grand froid, au point que nos ongles semblaient s'envoler. G'est ä une 
heure et dcmie loin de la vlUe. Lorsque nous approchämes, on fit sonner 
toutes les clocbes jusqu'a notre entree dans l'eglise. Nous assistämes ä la 
messe et apres nous niontämes au refectoire. 

1. Les documerils nous apprennenl que c'est une construction due aux arcliitecles 
ti-ansylvains. Dans une lettre du 24 juin 1577 le Voivode Pierre annonga aux habitants de 
Bistrista qu'il voulait bätir un couvent pour la gloire de Dieu. II demanda ä celte 
occasion quinze ou seize homines. Ce sont peut-elre les premiers archilCLtes qui cons- 
truisirentle couvent de Galata, aujourd'hui en ruines, dans la vallee. 

Le Voivode Pierre bätit dans le troisienie regne l'aulre couvent de Galata, qui exisle 
aujourd'hui. Kog, Le/., I, p. 236: N. lorga, coli. Iliinnuzaki, XV, p. üGi), cf. le document 
en dale de 24 juin, 1577; Buletinul, An. V, Bucuresti 1012, p. 28-29. 

Pour les autres details du couvent de Galata, cf. N. lorga, Inscriplii, vol. I, 
p. 299 seq. ; vol. I, p. 15-16. 



192 VOYAGE DU PATUIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [192] 



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1. Note marginale. Lgrd 1700 habet : ...aA.^. 



XII. COUVENT [et KGLISe] DE GaLATA. 

Voici la description du couvent et de l'eglise : 

II est tres grand et entoure d'iiiio clöture en bois, aiiisi que les cellules et 
les cliaml)res : il fait plaisir ä voir et il est gai. De lä on a vue sur le palais et 
Tetang [appele dans leur langue] helesteu ; tous les couvcnts ainsi que la 
ville sont devant nous. 

L'eglise est construite eu pierres et en briques et a deux coupolcs elancees. 
Elle a deux portes, l'une au sud et l'autre au nord ; au-dessus de cliaque porte 
est une fenetre haute. Dans le mur de Tonest il y en a deux antres ölevees. 
En entrant par la porte occidcntale vers l'ouest, dans la douxieme [partie de 
l'eglise], il y a quatrc grandes fenetrcs; c'est le nartliex, qui a unv seulc 
coupole. En entrant entre les quatre colonnettes octogonales, le bi\timent est 
en pierre jusqu'au choeur. Au-dessus de la deuxiöme coupole est suspendu le 
lustrc. Devant le pilastre de la cnlonne de droite est le tröne dorc du defunt 
prince, avcc une coupole surmontee dune croix et tont aulour deux aigles. 
Au-dessus de leurs totes il y a deux couronnes toutes dorees eu feuilles d'or. 
Le tröne episcopal est ;\ sa droite. Vis-ü-vis, sur le niur est le portrait 
du Voi'vode Pierre, de la princesse, sa fenime, et de sa fille, tous coiffes de 
diademes. Ils portent I'öglise en l'offrant au Christ qui, entoure de la legion 



[193] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE P-. 193 

^r^J iS^JJ ^j ö" ^-^ Äf-L^ o^^ iyli-lJ>3 l^jli-j A^l_^_ i^JLi>- <i iJj_LJI ijyij 

4jaj ÄAa-lj J^jj^^ (»fSyj C>_}J^\ j^jij 4^_X-JI .sL^VI AJÜlj Ja^_^l ^^^ AlJlj 
1^3 <L-Äfc A^La. :1,La-U ,_^i- ^_AtUji ^[jujl ^J^yi .-)l_yj («1-^3 v^.3 c5^1) 

ciJ-JI (_g-tl^ '^ji» ,3* ,_5J| ■A.^I_jxJl A-J OLa-*^ OLijiL« «liU^Ä« b^\ß ^' (j*J_>^' 
t/J^^ UO* L?^ '^.'•^ '*^_/J 'SJ~^.? J^ t,Xs-\y\ >litl;_^-a-« jtJä« jLi jto^l 

y K ..>. o L« Jj^l C^_w ^;*C- öy (J i^-VJl A-3-J1 AjVi "^1 KiX> \i ijy^ ■U.-^.j»- Jj^^oa 

1. Lire : J_C^t, le singulier. 



des anges et de la sainte Vierge, les benit. Lo choeur est en forme de deux 
absides, au nord et au sud. Le sanctuaire est grand * avec trois fenetres »foi. ssv. 
surmontees de lucarnes rondes coloriees. Les deux choeurs ont six lucarnes 
rondes. Au-dessus de l'autel est un baldaquin en bois avec des colonnettes, 
ä l'interieur et ä l'exterieur il y a des ornementations de Pologne avec des 
fleurs et des lis, tout en feuilles d'or, d'un aspect magnifique. Une lampe 
egalement en bois dore y est suspendue ; on ne peut la distinguer d'un travail 
d'orfevrerie veritable tant eile est bien faite. Le symbole a deux series [d'icones] 
seulement : la premiere comprend les apotres avec le Seigneur au milieu d'eux, 
la deuxieme, les fetes de Notre-Seigneur surmontees de crucifix et au-dessus 
des nimbes : Tun en argent, l'autre en er. Devant les portes du sanc- 
tuaire il y a quatre chandeliers en bois dore d'un merveilleux travail'. Dans 
le choeur il y a deux lutrins ajoures, sculptes, dores. Entre les colonnettes, 
derriere le tröne du prince, il y a deuxgrandes icones moscovites magnifiques. 
La premiere est celle de saint Demetrius et sa jument foulant aux pieds le 
cheval de Lios, le sang sort de ses narines comrae du feu, la lance du saint 
est brisee en morceaux; il tient un glaive dans sa main. Le verso est 
entierement peint avec l'inscription : « Verbe de Dieu, fils unique, 
eternel, immortel », choses trop subtiles pour que l'intelligence les puisse 

1. Notre mobilier religieux dans ses exemplaires simples a des formes populaires et 
originales, tandis que les frontons et les trones charges d'ornementations et de dorures 
sont d'origine Orientale byzantine. Buletinul C^ n. Mon. Ist., An. 1915, p. 55-68 et 69. 

PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 13 



194 VOYAGE DU PATRIAHCHE MACAIRE D'ANTIOCHR. [194] 

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1. Note marginale. Lgrd 1" 



embrasser. L'autre icone qui est en face est celle de saint Georges et 
derriere eile est celle de la Nativite. Dans le haut il y a les choeurs des 
anges, les saints, et la sainte Vierge tient sur ses genoux un vase blanc 
et long au milieu duquel est le Seigneur entoure de beaucoup de rayons de 
soleil. Ensuite nous celebrämes les vepres. 

Nous retournämes ä notre couvent et les cloches ne cesserent de sonner 
jusqu'ä ce que nous nous eloignassions d'elles. Le clocher est au-dessus de 
la porte du couvent. 

XIII. — Couvent de Barnowski. 

Le jeudi de la semaine de l'abstinence du froraage, l'hcgoumene du 
couvent de la Dorraition de la Vierge, connu sous le noni du Voivode Bar- 
nowski', vint inviter monseigneur le patriarche. Nous partimes chez lui en 
« sanie » avec des chevaux ä lui. Moi, j'accompagnais toujours monseigneur 

1. Le prince Barnowski conslruisit ä Jassy en 1627 l'eglisc de la Dormition de la 
Vierge qui diffcre aussi tolalement du type moldave. L'eglise est lange et relativement 
trapue; eile a deux tours basscs dont l'une est placee au-dessus de l'entree. Les voütes 
sonten calotles spheriques. L'exonarthex supporte par des piliers est ouvert. Les petites 
niches ornementales ont perdu leur caractere moldave, de m6me les feniHres qui ont 
encore des moulures gotliiques, mais leur forme generale ne Fest plus ni celle des petits 
motifs orncmentaux qui s'y sont ajoutös. N. longa et G. Bals, FArt Roumain, Paris, 
1922, p. 364. On conserve ä Barnowski le portrait du fondateur et de sa fenime. N. lorga, 
Inscriptü, p. 129, Bucuresti, 190iS. 



[195] DEUXIEME PARTIE. - LIVRE l<". 195 

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^ \^ \^ \,^u^ ^J^iLJlj ÖjJUäIIj ^UJlj ^-OL Uk. jli jLU ^-_»i>. jv^^j 
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^J^l, J^\ '^ß^ (r*^*-=^ ^^ l5^ "^-^-y-J (3^^ ^J^ f^ t/^, ^-^ lS*-? 
1. L om. ^.li. — 2. L habet : »-iä-M, erreur du copiste. 



le patriarche quand il voyageait, dans la voiture et dans la sanie : la Crosse 
devant lui et les hegouraeaes des couvents se tenant ä sa droite et ä 
sa gauche. 11 benissait de ses raains le peuple dans les marches et dans les 
rues, tandis que les Turcs nous regardaient. Nous enträmes au couvent. 
L'eglise a deux hautes coupoles octogonales, rondes. Voici la description 
des coupoles du couvent de la princesse : il a une toiture en dos d'äne elevee 
comme celui-lä. Au-dessus du sanctuairel il y a une coupole haute, elegante. 
Toutes les coupoles sont surmontees de cinq grandes crolx dorees. Les 
coupoles, la toiture et le faitage sont recouverts de fer-blanc qui brille 
aussi. Ce travail remonte au temps du prince Basile, parce qu'au commence- 
ment la toiture etait en bois et fut incendiee ; on la changea au temps des 
Tatares pour qu'elle ne brülät pas, ni ne füt volee. 

A Jassy il y a des bains construits par le Voivode Basile sur le modele 
des bains turcs avec des coupoles, beaucoup de marbre et des chambres trös 
jolies'. Nous avons pris des bains plusieurs fois. 11 fit construire encore dans 

1. Sur les bains en general voir Tarticle du Buletinul Com. Mon. Ist. oü on decrit 
minutieusement les bains de l'epoque deMatthieu Bassarab et de Basile Lupu. Les bains 
mentionues par Paul d'Alep et qu'il a vus ä Jassy, n'existent plus, ayant ete demolis en 
1894. Par les relallons succinctes que le voyageur donne, il est presque impossible de 
nous faire une idee de ce qu'etaient les bains d'autret'ois. 11 donne plus d'informations 
sur les bains de Valachie pendant le regne de Matthieu Bassarab, mais ses renseigne- 
ments sont insuffisants. Hcureusement un document de Matthieu Basarab en data du 
20 avril 7150 (1642) du registre du couvent de Cälädrusani, qu'on conserve ä l'Aca- 
demie Roumaine de Bucarest sous le n" 2077, nous donne une idee complete de ce 
qu'etaient les bains ä cette epoque. Quand Paul d'Alep a vu les bains, ils etaient 
röpares et en l'etat decrit par le document. Buletinul Com. Mon. Ist., An. 1910, p. 89-92. 
Gf. N. longa, Inscriptii, vol. 11, p. 149. 



196 VOYAGE DU PATRIARCME MACAIKE DANTIOCHE. [196] 

,_Ja>u (»LfcÄJI \y>S>L^ '*ol=>J 

fol. 36r°. i^i/^ ■■*'^' ^^ V^ A_-1>J[) 

JyDS JjVI (♦— ä)ls r-J^ lJi>-0 ^JS^ <>\ Vi ^S"«" 'f^'f^J f^' ''^'' i5*J 

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ij »-ö ' j *-a^ '*^_>^J ij^J 5^' 1?' i>=*-*^" (♦>" ' — Jl i^-äsv« jLs.^ ^»'J Ouj-'i'_|3 ('•-*--J 
^J_^ jUal- aJjS LJj ,_yä-ji j_)^ i5^ k-^'j y^j y,' '"*^ ^r*^ (^-^' ''^yi ^^^^yy. 

1. L. Jjk^l, erreur du copiste. — 2. Lgrd 1700 om. -.-i^^, «-J-» ^y — 3. L 
habet : tjy^. 



son palais, pres de la maison de la princesse, un bain en carreaux de faience, 
et un autre bain tres elegant pour son usage personnel et le sien avec beaucoup 
de marbre et aussi des bassins. L'eau y etait apportee de l'etang par des 
voitures. Quand il fut vaincu par ses ennemis, la troisieme fois, alors que le 
palais 6tait vide, on chaufTa ce bain pour l'aga du Tresor. Nous y avons pris 
des bains plusieurs fois. De Constantinople et en degä on chautTe le bain 
avec du bois. 
foi. 36 r°. * L'eglise a une porte a Toucst. 

Elle a trois parties. Elle est toute en pierre blanchie ä la chaux k l'intörieur 
et k l'ext^rieur. La premiere partie est pour les tombes. Le narthex a une 
autre porte. La, sont les tombes des princes et des boiars. Un lustre ölcgant 
y est suspendu ainsi que des lampes, des chandeliers, des cierges et des 
icones. Au-dessus est la place oi'i se tiennent les feninies. ün entre ensuite 
dans le cho:!ur. Au-dessus est le portrait du Voivodc Harnowski, fonda- 
teur de cc couvent. 11 est repröscnte mont6 sur un cheval blanc. Lorsque le 
Sultan Mourad le fit tuer, le portrait öclala. Au-dessous de ce portrait est son 
tröne, oü il se tenait debout, eutiörement dorä. Uu lustre artistique est 
suspendu ä la voüte du choeur el renfermc un petit lustre de prix en cuivre. Le 
clioeur de niöme a des absides (Mrculaircs. L'iconostase est trös grande et les 



|-197l DKUXIKME PARTI K. — LIVRE 1". 197 

A::<ijVI ^r'^a^^ -aJLJIj ^j Jj^^ ^^ ■^'^■^ jn* u^C^J^ w-^j;^ 1^ ^'1 -\w.l_^l Ulj 

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Jls Uij A^^-01 ij^ jIjcäII ^ ^j^ jj& l^ IjyiJlj j^-ü)! oLwüaJlj ■>iC!>U 
^_5JUU ^c-^1 v_..äJ1 dUJI 4)1 ^_ Jy. J ^"Vl Jl (»^U-i; j^ l^ji Sj^Ij ys» 

1. Note marginale. — 2. L habet : !jJ-i3l. 



icones sont entierement moscovites, d'une grande valeur. Les elegantes colon- 
nettes des portes du sanctuaire ressemblent ä des ceps de vigne sculptös, dont 
les branches sont d'or et les grappes vertes. Le dallage est rouge comrne 
la brique. La porte du sanctuaire est entierement ajouree, doree comme 
dans les autres eglises. Le baldaquin de l'autel est comme celui du couvent 
de Galata. Le pave de l'eglise est en dalles noires. Le clocher, extreme- 
ment solide, est tres haut. 

XIV. — Ordre de la friere qu'on dit pour le prince a chaque repas. 

Nous montämes ensuite au refectoire. Les invitös, ä chaque table, com- 
mengaient toujours par boire ä la sante du prince. Monseigneur le patriarche 
SB levait, tenant la coupe ä la main, et disait : « par l'intercession de Notre- 
Dame la Vierge, toujours Vierge Marie », et tous repondaient : a par leur 
intercession, ayez pitie et sauvez-nous, Seigneur », puis « par la puissance 
de la croix » et ils repondaient de meme. Et : « par les prieres des anges 
et les legions des saints et des martyrs » comme il est specific dans le 
missel, ä l'office de la prothese. Lorsqu'il en disait une, ils repondaient : 
« par leur intercession » jusqu'ä la fin. Ensuite il dit : « Que Dieu accorde au 
souverain qui aime le Christ, le Voivode Basile, la sante et la gräce ainsi 
qu'ä sa femme et ä son fils! » 11 pria beaucoup pour lui, puis il but la coupe, 



198 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRR D'ANTIOCHE. [1981 

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Yl[A<Lv Tcarpoi; ivaTepwv ivoifAEva uoip.evwv Kai (puTiOtTTE «'tov Et; Tio'X'Xa sV/i. Tov AsGroTviv. 

'yLoA A-s-jäj *-^ ^^r*" '^ rw)^ ^•^^y^^ j^ ^•^^ '*-^ '-• j"^ 

♦ fol. 36v°. öl_y,>» t>N^ .j|^..5 f_^. Jj ^5» (_U» j^^ JjäÄJi (_5L"l9 dUI S^-aa- ji J^l 

1. Lgrd 1700 om. OÜUa*j. 



tandis qu'il se tenait debout, et apres s'assit, et nous restions deboul. Chaque 
fois qu'il buvait, il s'asseyait, et ainsi jusqu'ä la fin. Ces couvents, c'est-ä-dire 
le couvent de Saint-Sabas, celui de Galata, celui de Barnowski, sont des legs 
pieux appartenant au patriarche de Jerusalem. Ils burent ä sa sante, de la 
maniere dont nous avons parle, tandis que monseigneur le patriarche restait 
debout jusqu'ä ce qu'il eüt fini de prier pour lui et apres il s'assit. A la 
fin, ils dirent pour lui le polychronion : « Que le Seigneur accorde de nom- 
breuses annöes ä notre tres saint et bienheureux pcre, le pasteur des pas- 
teurs, et : « [Seigneur] » ; gardez-le pour beaucoup d'annees. Seigneur, [gardez 
pour beaucoup d'annees notre] Maitre et Pontife », puis « pour Kyr Macaire 
d'Antioche et de tout l'Orient », comrae le polychronion pour le priuce. Nous 
buvions ä sa sanle, debout. Le soir, nous descendimes celebrer las vßpres 
avec de graudcs gc^nuflexions. Nous retournämes ä notre couvent en voiture, 
parce que Ic patriarche n'a pas l'habitude de sortir sans niandyas et sans 
voiture. 

Le vendredi matin, nous vimes Son Altesse le Priuce lorsqu'il sortait en 

procession et allait faire visite au mötropolitain du pays appelö Barlaam, 

qui ctait malade. 

'foi.3Gv°. Rcmarcine. Son Altesse le Prince Basile tenait * un divan chaque jour, 

mais celui du saniedi etait special pour jugcr los brigands; il mettait i^i 



[199] DEUXIEME I'AIITIR. — LIVRE I". 190 

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Ajujl "yt JS\ Jus A^ Ü3j~^i '^ (V* .^'^ *-^ ie^~«ls jLa (IT'*" (I^* ^J U-— ^J 

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IäC- A.IS IAA )c«j ,»-UJl /«lAS r-^p^ (♦»"r '-' l5^^ iLJ'j ■^,5-' (»j-^ "iv"^ ' 

*jS^J pA^rr^J (»fjlil ^»iai jA) Js=fr} ^1^1 ^_J^l^ Vj 'La- >ii »j;L:.J pAU Ulj ^ 

/y>v<l UJ »_iJl i^JATI ,a^ 



mort les uns et mettait en liberte les autres, car Dieu le Tres-Haut n'a pas 
cree sur la surface de la terre un peuple plus mechant que celui de Moldavie : 
tous les habitants sont des voleurs et des assassias. Pendant le temps que 
Basile fut prince, presque vingt-trois ans, on compte qu'il a mis ä mort plus 
de quatorze mille voleurs, cela d'apres les registres. II ne faisait pas executer 
un coupable des son premier crime : d'abord, il le faisait fouetter et marquer 
au fer rouge, il faisait publier soa crime, puis le mettait en liberte. En cas de 
recidive, il lui faisait couper une oreille ; la troisieme fois l'autre, la quatrieme 
fois il le faisait executer. — Nous avons vu chez eux une chose, dont Dieu 
nous preserve! — leurs pretres etaient chefs des bandes. — Malgre tout cela 
il n'en venait pas ä bout. Quaat ä leurs femmes et leurs fiUes, elles n'ont ni 
pudeur ni honneur. II [le princel etait fatigue de leur couper le nez, de publier 
leurs crimes et de les noyer par milliers ; il demeura impuissant. 



TABLE DES MATIERES 



AVANT-PROPOS 3 

INTRODUCTION 

I. — Molifs du voyage 18 

II. — Transfert du patriarcal d'Antioche ä Damas ". 23 

III. — Histoire des patriarches d'Antioche 28 

IV. — Macaire 6lu metropolitain d'Alep 'i3 

V. — Arrivöe du sultan Mourad ä Alep an 1049 45 

VI. — Le pelerinage a Jerusalem 47 

VII. — Election au patriarcat 52 

VIII. — Visite de son diocese 57 

IX. — Pröparatifs de voyage 68 

PREMIERE PARTIE 
LIVRE PREMIER 

VOYAGE EN ORIENT 

I.. — Depart d'Alep 70 

II. — Iconiuni 76 

III. — Bi'ousse 79 

LIVRE DEUXIEME 

VOYAGE A CONSTANTINOPLE 

I. — Entree ä Constantinople ; 84 

II. — Qoum Qapou 94 

III. — At-Meidän 97 

IV. — Serail • . 99 

V, — Mosquee de Soleiman 101 

VI. — Galata 103 

VII. — L'incendie de Constantinople 106 

VIII. — Le quartier d' Assamata 109 

IX. — Les sepl tours 111 

X. — Le Bosphore 112 

XI. — Office divin ä Constantinople.. 118 

XII. — Messe des patriarches de Constantinople et d'Antioche 121 

XII. — Elövation de la panagia ä Constantinople 130 

XIV. — Le synode de Constantinople qui cul lieu pendant nolre söjour 134 

XV. — Rite de l'Epiplianie et ollice de l'eau beulte ä Constantinople 140 

XVI. — Emplacement du Detroit et celui qui fut creuse par Alexandre 142 

XVII. — Debroudja 143 

DEUXIEME PARTIE 

LIVRE PREMIER 

VOYAGE EN MOLUAVIE 

I. — Entröe en Moldavic. Galatz 147 

II. — Les niaisons et rhabillemont on Moldavie el en Valachie 151 

III. — Vaslui 152 

IV. — Scänteia 154 

V. — Jassy 157 

VI. — Description de l'Rglise de Saint-Sabas ISO 

VII. — Entrevuc du patrianhe avic le priiicc de Moldavie 16'' 

VIII. — Gadeaux l'ails au prince ilr Moldavie, |a sa femnie] et ä son flls 167 

IX. — Rations allouöes en Moldavie a monseigneur le Patriarclio. Le convent de Golia 169 

X. — Rencontre du patriarche d'Antioche avec Basile, prince de Moldavie 175 

XI. — Descripli(jn de l'Eglise des Trois lliärarqucs 182 

XII. — Gouvent [et eglisol de Galata 192 

XIII. — Couvent de Uarnowski ■ .■ 194 

XIV. — Ordre de la priere qu'on dit pour le prince ä chaque repas 197 



LfiS HOMILIAE CATHEDßALES 



DE 



*- ■V . 



SEVERE D'ANTIOCHE 

TRADUGTION SYRIAQUE DE JACQUES D'EDESSE 



(HOMELIES XCIX A CHI) 



Patr. on. — T. Xxii. — F. i. 14 



1 



LES HOMILIAE CATHEDRAEES 



DE 



SEVERE D ANTIOCHE 

TRADÜGTION SYRIAQÜE DE JACQUES D'EDESSE 
(suite) 



HOMELIES XCIX A CHI 

EU)ITEES ET TRADUITES EN FRANCAIS 



PAR 



IGNAZIO GUIDI 



NIHIL OBSTAT 

R. GRAFFIN 
Parisiis, die 6" Maii 1929 



PERMIS D'IMPKIMER 

Paris, 17 Maii 1929 
V. DUPIN 

V. y 



AVERTISSEMEiXT 



Les bomelies XGIX ä CHI de Severe d'AiitiocIie que nous publions seloii 
la traduction de Jacques d'Edesse sont editees d'apres le ms. Add. 12 159 du 
British Museum qui seul nous les a conservees. II existe uae traduction latine 
de riiomelie C sur sainte Drosis dans A. Mai, Scriptorum veterum nova cnllectio, 
Rome, 1825-1838, tome IX, pp. 750 ä 754. On trouve aussi dans le meme 
tome aux pages 726, 727 et 738 neuf Fragments grecs de Thomelie Gl et aux 
pages 731 et 733 quatre Fragments grecs de l'homelie CHI, que nous repro- 
duisons en note k la place correspondante du texte syriaque. 

Nous tenons ä remercier ici M. Maurice Briere qui a bien voulu mettre 
la derniere main ä ce travail et se charger de revoir toutes les epreuves de ce 
i'ascicule, ce qui m'etait d'ailleurs rendu impossible par suite de l'etat de 
ma vue. 

1. GüIDI 



L = British Museum Add. 12 159. 



)\A.U t^^^U )'«^bo 



> |l.a9 nnm . o p -t>-LL( .-..ots-il Uja-^o;^^^ »^ l»i^> |Lti^x^^^ ova> oöi .-INi»; |jo<i^ "*o. 



L fol.il'J 

r a. 



ioju.;; )^....^^^..l^; jKjLJi ^-^ IbaJtioj *.-K.iuLio )joi {.ioo^j ^^i^^^-2>o •jj/ JA*© 

1. L in margine : i*--v3-, \biU.. _ 2. L ;« murginc : «^v"»- — 3. Ms. <S/. 



HOMELIE XCIX 

SlU L'\NNIVEIiSAinE DU .lOUR DANS I.E(,)UEL, PAH LA r.RACE DE DiEU, 
IL (SeVEKe) RE^UT l'oRDINATION (7_6'.pOTOVl7.) ET FUT PROMU A l'ePISCOPAT ' . 

Aujourd'hui quelques-uns de ceux dont le goüt - est porte vors la chair 
5 et qui sont eblouis par les apparences ((pavTX(7ta) des choses exterieures, s'ima- 
ginent peut-ötre "que je deborde de bonheur et que je suis dans la joie, 
parce que je suis arrive ä ccjour *qui achevema quatrieme annee d'episcopat' ' *Lfol. 219 
Pour moi, je reconnais que je dois des actions de gräces ä üieu qui, a cause 
de sa charite (cpt/.avÖpcüTtia), iic m'a pas seulemeiit appele ä cette (digaite), « 
10 souleve le pauvre de la terre et a releve rindigent du fiimier\ comme chante 
David, mais (qui) m'a eucore donne abondamment le ternps pour nie preparer 
au repentir, afin que je ne perisse pas avec mes pcches et que je ne dechoie 
pas de la vie heureuse. Je tremble cependant et je redoute le jour present, 

1. Note mai'ginale de L : Cinquieme annee. Les homßlies XCIX ä CHI ont donc ete prononcecs du 
•i novembreSie au 5 novembre 517. Gl'. P. 0., XV, 771. — 2. Litt. : « Ic gosier ». •- 3. Le 5 noveinbrc 
516.— 4. Ps. C.XU, 7; cf. I Rois, 11, «. 



10 



208 SEVERE D'ANTIOCHE. [8] 

^j^ «j.ia--o./ oilouiLi/ JSocL--i ^'"ii-^^ :ipö7? /-/ rr* ^°*^? t-^)-=^/ 

""«s^s^; ^_^o« l^jöCi». iK-^7 )l ^3 :Ul ^^^ K— tOixo |j/ ^-wA^ )^;/ 

l, "« -N« )..j.-.» ^j jLs>i :jlaJoi3 loJu.»; jl a ^ - .«.. * vi ^ ^-io toopoj'l/ }il 
JJj Ua-/ :)Li/ ^'^iwfc^Jlso |j/ ^otlo )_uooitoo oö« j-oam^ )jio« ^^ioo :l»Kj 



en le voyant revenir periodiquemont chaque annee dans la revolution du temps, 
ä l'exemple de ceux qui, debileurs d'une somme d'argent qu'ils auraicnt 
empruntee, lorsque les interets ont egale le capital et que de la sorte leur dettc 
a double, redoutent le jour du rcmboursement quand il est prescnt. Je crie 
les paroles de Jeremie, pleines de gömissements, dans römotion secrcte de r> 
(mon) coeur et je dis : L'ete est passe et la moissnn est passöe; et nous, )i()us ite 
som7nes pas saures. Je suis brise, je suis dans Vobscurite, je suis dans le doute, 
je suis nppresse de douleurs comme wie femme qui enfante' . 

Car tandis que Dieu, comme je Tai dit, ä cause de sa charite (9i>aMGp<oTCia) 
m'a souleve de la terre, moi qui 6tais pauvre, je ne me suis pas redressc lo 
cn meme temps par les pratiques de lu perfotiou avec celui qui m'a soulevö. 
Pauvre jusqu'ä present en fait de bonucs ocuvrcs, je suis cloue au sol, et je 
restc assis en bas, n'ayant pas i'ait mourir ces membres- qui sont sur la terre, 
selon ravertissemcnt de Paul, ni rendu mon äme ölevöe et libre. Mais je mc 
suis enorgueilli de l'oiiction öpiscopale, et je suis demeure dans la fange des v, 
passions charnelles, et de ce fait j'ai perdu la fniesse de mon odorat intcUectuel 
et je Tai laissee disparailre, de sorte que je ne puis plus percevoir la suave 

1. J(ir. (LXX), VIII, 20-21. — 2. Col., Ill, 5. 



[9] IIOMELIK XCIX. 209 

)pj3>i, . u •); )la3nntTn.°>JJ pö/ jü/ y^/ .,_l- ^-.^sis^ jjüoio pJfco ^ 

)^aiLÄL*3)-3o oC^ «-o^a/ op ^io )ot; o6i jJ / •Jv-Q-»jJ o»!^ -oN-a/ ""^^Sj^S^^ 
u ^xjJ^ .-jK^^iLis^oo )K_.;ai.Ä jlaSaiXÄi-^jJ; oöi ^/ o^ voj'j .-jj^o.^-io 
jKö^ jloVaXia-s; ^ oow/ .."^.^^»^ chjxälj JJ; och V*^»^/ .o)-.K.jo K-o 

)1q-.JJl^ JO» jJ .s-0|äj3LAQ.--^^ ^0«oK-/ JV-C*JO .O H° li l-^ 00| wO^ -.t-^i« 

o« lai^o .vöja^as ).:»a.-^aL^ p6/j j-tau./ .j-t-o.^oo jotSs ^ ^ jJ/ -.JjoCi. 
y/ .Kj/ i^iLioj jÜL,/ OCH ...•^*>n; |jV-/ w«Vä>/ -.Jjiaio lo-io^i ^»6/ )^lo; 

1. L in iiKirfiiiw : afiwjjia. — 2. JI^. Ua^om^U, 



, lol. 2U) 
r b. 



odeur des clioses Celestes. Que me reste-t-il, sinon ä pleurer, ä m'agenouiller 
en meme temps, ä me eacher et ä examiner a quelle fin me conduiraient ces 
(fonctions) honorifiques, si nous apportious une complete negligence. Oue ' 
l'episcopat soit une manifestation d'oeuvres spirituelles et non pas une dignite 

5 dont on puisse s'elever et s'enorgueillir, conime beaucoup Ic pcnsent, nous 
Tapprenons des Livres sacres : Si quelqu'un, dit (Paul), desive la diijuite d'eveqnc, 
il desire de honnes oeuvres'. Cette parole fait connaitre * que cette (dignite)' 
doit etre desiree non pas par celui qui n'a pas encore reyu cet honneur, mais 
par celui qui Ta dejä re?u, et qui, compte parmi les eveques, doit desirer et 

10 souhaiter un episcopat actif et elficace. Gar meme celui qui n'a pas cncorc 
oLtenu cet (honneur), s'il est riche cn bonhes oeuvres-, est purifie en lui-meme, 
ü est eclaire dans ses pensees, il n'est pas enivre de la folic de la cupidile; 
mais, mcmesi l'honneur lui vient, il le fuit, parce que personue iie Ic preiid pour 
liii-ineme, nuiis lorsquil ij est appele de Dtew', comme dit le sage Paul; et, k 

15 celui qui l'appelle, il dit comme Moise : Desitjne un autre qui soit cnpahle, que 
tu enverras''. Au contraire, si quelqu'un, vide des belles manifestations et des 

1. 1 Tim., III, 1. — 2. Cf. I Tim., vi, 18. — 3. Cf. Hebr., v, 4. — 4. Ex. (LXX), iv, 13. 



L fol. 21'J 
1- b. 



210 SEVERE D'ANTIOCHE. [10] 

V^'ji ^-Xoiii. v-^«»^ v^l' \-^ l ö'^^ «a^o •.)-»/? )o^ j^^w^ ^«^p 
jyH '\.? yooi^ oolo ;p>.ljD )ooi ^f^A ^; fä .jKjL^ f^lüD |ooi >o^ -Jooi 

♦jooi v^"); jJ 

:oi^ VI « n >o |V,.'>,^o j-^a...^^ u^^fDo :|qjl.^ )l|-.^flp |laSL^«l>C^ )^'.l-3 



10 



travaux de la perfection, desire la dignite d'eveque, ilest cerlaiii que celui-lä 
veut revßtir la pelisse episcopale comme une peau de liou et ne desire pas les 
bonnes oeuvres. Gar, s'il desirait oelles-ci, il les aurait d'abord pratiquees 
eil partie; et, les ayant dabord pratiquees et etant ä son tour saisi par ces 
oeuvres memes, il serait purifie ; et, une fois purifie, il ne dcsirerait pas un 5 
simple honneur sans action. 

Gar moi, j'affirnie que la dignite episcopale ressemble ä une maison ipie 
Ton bi\tit, qui s'eleve en hauteur, qui est bientot pres d'etre achev6e et qui 
va etre couverte de solives et de planches. De menie donc que celui qui 
bi\tit une maison, qui arrivc ü la partie superieure et qui luonte peu ä peu, lo 
ne deracine pas et ne brise pas ses fondations, mais prend grand soin et 
pour celles-ci et pour la conslruction qui (avance) peu ä peu et la rend bien 
forte et solide, pour qu'elle puisse soutenir Ic poids qui va reposer sur eile; 
de möme celui qui arrive ä la diguitö d'öveque doit prendre soin des premiers 
degrös, comme des fondations et de la construction, (et cela) par les ceuvres ir. 
elles-niemcs et non par la parolc sculenieut, de sorte qu'il cliante avec les 



[11] IIOMELIE XCIX. 211 

)jL3o.o .-^otVJ )^-o/ U^ U«; ^i<;; vcu« 7^ .joJLi.'Kj )^/ jia-oxi.; 

^«^JLS ^--jo ;vJ^ ) I . I -^N vs/ Jis-^ l^l^jJij. «3/ ^oj "^3 ^ioo .-vaNjNj 
.'oV-2L^^lffi-:>a^ yO-OJLj yooujis^ ^o^ä; jln-vinm .'^/; )f.Ao-^; l-ta-»( •'P«* 

^; ■ ■^t'^'v .j-».©» ^i-äjLjo jloVou yoljjo .Jt-^oo «-OKiis^ la-*.J -ou^o 
.•o^t )N-fcji\ ^ovirni; ).3aia.fn ,« °>)1 <x^ ^{f •j-^'» '"^>->^30« vOO^>^ ^--» 



chantres, qu'il veille avec ceux qui veillent, qu'il lise avec les lecteurs, qu'il 
serve avec ceux qui servent, * qu'il prie avec ceux qui prient, qu'il offrc * Lfoi.219 
le sacrifice raisonnable avec ceux qui l'offrent, qu'il s'applique ä toute 
espece d'oeuvres ascetiques avec ceux qui s'y appliquent, qu'il coure avec 

5 ceux qui courent la bonne course et que de celte maniere il fortifie ceux 
qui ne courent pas d'une fa(?on inceitaine', qu'il combatte avec ceux qui 
combattent dans les lüttes, et que de toutes parts il rende plus solides et 
qu'il afTermisse ä tout instant et les fondations et la construction, afin 
qu'elles puisseut soutenir le poids de l'episcopat qui leur est impose, de 

10 crainte que — comme pour la maison de celui qui dans les Evangiles 
(EüayYE^'a) est nomme insense, lui qui l'avait bätie sur le sable — la pluie ne 
descende sur (cette maison spirituelle), les torrents ne viennent et les vents 
ne soufflent — cela indique les lüttes necessaires des tentations — et qu'ils 
ne battent cette maison, et que celle-ci ne tombe et que sa ruine ne seit bien 

i.i grande". 

Pour pouvoir porter les vertus de l'episcopat, l'eveque doit donc soutenir sa 
maison par tous ces degres, ainsi que par des cedres et des cypres de haute 
taille (eüdTaövis) qui s'elevent en hauteur et qui repandent une odeur suave, 

1. Gf. I Cor. IX, 26. — 2. Mallh., vil, 26-27. 



212 SEVERE D'ANTIOCHE. _ [12] 

jK-.^; j^'^o -.pö/ )^t^ ou^>; I^Xo lot^ :)..wL^^^ y^OtoK^/; oo| \jts.^ 

ooi )l^ ' -^^ :)jK^ ^o<.y^ ^^? 1^^-=^ U^^U. \°^l ^••^^^^^^Q-^ ^ 

'^^O ^^ Ir^^-^l K°^ -yn\ '^t-^ -.Vi . (V> vM^/? ^.»^oi jJ^^Lo ^sA^lf 
OOI -JK.*^ .^oioK^/ jooM; <^;'j )ju7;o -.mOi )^'/ ^/; oiia^'t^ ^/ -.vicovs 
'^ii^ i^KliL^o jJLs.K^so ^oiSo f-ib^j o)^ 'j;/ .)^.ol.>o ch^ V-^'*^! )^I-^! 
jooiJ; ^;'j ). 1»/ >-•/;; «-oIsl^o )oot vla'^ ^o :>xoa^a3 ,^^oi ol^ *-V^ 
oCb. ooi ^oC^ ^''^s.^s.io yjä :)ooi wJ^:a väsq^*^ ia^ :)^o n m ««^Z w.oioK-./ '" 
jooi oK.b j^KjuVo-o^ ^i:^?* f^ K*^'^ ^ '-M^ )r-=^! )-°^^.^ )<^ ooi.L> 
)lo ..^ova'/ ^^JujJ vfoova ^'^o ^ibo; |jLaL>/ ^oC^s K^o'oi >j.£ \n\ ; :v-^/ ^ 
'^i^jo .-jj/ iJ»/ I . t f>o )-si ^t^oj ••«^i' t-=>ffl.' • » '^ '« ^^oi t^ Ju| 
Fol. 210 . ;VKJ)^09 .-va^|j |jy^a^; JJLO; OttV) >d/; ,'f-.^,^ ^ot | ^^.v!o .jLw^ ^^ 



Lfol 



parce que (cos degTLis) reposciit sur lui ä l'excmplc Je solivcs. C'cst ä propos de 
telles solives que, dans le Cantique des Cantiques, l'epoux, qui est le Christ, 
dit ä sa propre epouse, rF.glise : Les solives de iiotre maison sonl. des cedres, Ics 
planches de notrc toil sonl des cypri's '. 

Comprenez-vous comment l'epoux a appelc « nolre maison » cette maison 5 
placee sous les solives dont il a ete qucstion? Par consrquent avez-vous 
en meme tcmps recherche necessairement quelle est sa graudcur, et quelle 
doit etre cette maison dans laquelle le Christ vient habiter? N'est-ellc pas 
construite et affermie en tout teraps par tous ces (dcgres)? Paul n'envoyait-il 
pas ä Tito de tels (avis) en indiquant et en prescrivant quel doit etre lo 
l'eveque, se donnant lui-meme en tout pour modele de bonnes oeuvres'-? lit 
n'ecrivait-il pas les memes clioscs aux Corinthiens, en disant : J'di ete toul d 
tous, (iflii de saiiver cntierement les Iwmmcs'' ? Et que persounc, en entendant cos 
(paroles), ue pense de moi quo j'afFirme quelque chose de grand et de gravc, 
Lfoi.aiy et qui döpasse * les forccs. Car il est facile d'apprendre quo les choses ditcs is 
^ **■ p;ir FApötre sonl confirmöes par la natura memo des faits; h savoir que celui 

1. Canl.. 1, Ki. — 2. Tito, li, 7. - 3. I Cor., I.\, 22. 



[13] IIOMELIE XCIX. 213 

♦|ju,5 K-^l yooou vOi^tJ» «-«j .-vQJÖCli. ).Ä3.a4 )°°«J? jJLau./ ..jböj U-? k*-.li 
laS. ..'^^s^i? j^o n fn . °> jl 06. ^jL*3po ^3 -.soa^ Iva:* vj V*^ ^/ 

^>^ .-v^oi; ^iö ,^>:so .S^Juio jV).^ po .-»^".i. 1-^; ^-Ao»o ^jpo 
.•).Ji_s^.'bO)wi "^i%.ouoa:i>. )-3t-Q-^ Kz-^l ^1^0 ••>^o<; voo»^»«^ It--^/ r^? 

^^a\\ yOl...^ ..v-ocö^/ JJL^:^ ot^j v cn . v^ Jla ^; K-.W-1 ;>^CHn\v> 
:-oi-.aoj-wJ ^>^? «^/ ^^'/ .vooow )^o'p>.o .yon— Vjo .yOj)-^ J.j^--^^o 



qui devient chef doit faire la fonction de ceux qui lui sont subordonnes, en 

Sorte qu'il leur serve de modele, pourqu'ils sacheiit etre subordonnes au chef. 

S'il vous plait, en effet, laissons un peu de cote l'evöque, et arrivons aussi 

au ffeneral dans notre discours. Pourra-t-il convaincre les soldats en leur 

5 donnant seulement par la parole et par le commandement l'ordre de s'arnier, 
ou plutöt (ne les convaincra-t-il pas mieux) s'il s'arme en meme temps qu'eux 
et fait ce qui est propre au soldat, decochant les fleches, tantöt couraut 
(ä leur tetc), tantöt courant avec eux, et entrant siniultanement dans le com- 
bat contre les ennemis, et, pour le dire simplement, etant leur compagnon 

10 dans les rangs et partageant cgalement leurs dangers (xivr^uvoO en grande 
partie? Gar, s'il ne fait pas cela, mais s'il donne ses ordres avec un esprit 
süperbe et dominateur, se servant de sa langue, parlant peut-etre elegamment 
(ä-cTHcws), faisant retentir ses paroles, mais cachant ses mains sous sa chlarayde 
(yTiaps), ses subordonnes se moqueront bien de son ordre, ils porteront 

15 envie ä'son salut qui est sans danger (xivSuvo?) et meprisable, ils s'eloigneront 
et ils s'enfuiront. Et s'ils le voyaient menacer et ajouter quelqu'une de toutes 



214 SEVERE D'ANTIOCHK. [14] 

♦ )J^OL.po. .|J jla^v^No .-jK-jt^-sV^. ,jio 

);oV3 '''^O. oM. ^ :|ä^JJ 66. V-^i-iöj oöj )— 2^io^ oi^ o/ O^a^jJ K*» o/ 

^^jl^o tyOJLio»/; oö) )m . n\ yooi-^o-^ ^äuco-iöo |,i aom .5 o/ jLü--^ vooi.^cl^ 
yOJÖi;^ yO, 't.M; vooi^ ojjj; ^^oi ^o<^ "'^^o :|äX)_s ous yt^.too ^o; 
)l)j jiaSLi-w ^^oi ^i Q^ yjj 1^«»-. '"'^^-.aoi .j uN'N .«-otö,-./ N-.^lj 
Lful.220 y>ot*if>f> 1 % I jJIS« ^'^^ ,Jo :oiSL^ oC^ >&.^'U ).a a ^ -> ..|loK-,lK^ ^^ 
)jLO»a3 yQLflQ_2ü ji-^^J-^ -.jjLßiaS; J-Ä^oS OtS. K-^O ^JLSioo yS> :|^2l^ vOJOI 

♦ )ir>,, .\>o "^ii^ |K.^OLaiw 



les manieres qui sont (rapanage) de i'autorite, c'est peut-etre contre liii, au 
lieu des barbares, qu'ils tireraient leur epee, ne consentant pas ä sc soumettre 
ä un orgueil vain et non militaire et ä une audace qui ne preiid pas les armes. 
Et corament serait-il supporte par les vaÜTn; ou matelots ou par le pilote 
qui conduit le navire, ce vaüitV/ipo; ou proprietaire du uavire qui raste 5 
assis sur la ivpwpa ou extremite du navire, et commence (ä donner) ses 
ordres ä haute voix sans toucher avec eux aux cordagcs ou au gouvernail, 
ni soulever avec eux le bois du müt (äp(A£vov), ni aller et venir partout sur le 
navire, ni (faire) tout ce que doivent faire ses subordonnös ? 11 est douc certain 
I, fui. 220 pour tous que, s'il ne prend pas ' exactement tous ses soins, son navire 10 
'""• sombrera dans la mar; et ces matelots, Tayant laissö sur le pont daiis 
Tambarras et sans aucun moyen de salut, conficront aux flots leur propre 
salut. Et de daux choses l'une : ou bian il perira lui-mßme avec son navire, 
ne pouvant pas supporter celte perta et s'attacliant au profit du com- 
merce; ou, enfin, lui aussi, il sera un de ceux qui naviguent sur l'eau, qui lo 
jugent agreablc de vivre (cette) vie sans espoir et qui endurent de frequentas 
angoisses sur la mar. 



[15] IIOMELIE XCIX. 215 

• --'>« /. V^xm-io )lo;)— :^t^ )— ^iC^K OCH |.i0CLO ^o )K-a.j»Jil ^ 'j-a^j 

06. ^»2*too jJLojLiLieLJLio; ^J^oi );Oi.J> clS. -.^Jib. )iQ-.o,-oj 0/ )Vio'o;, ^^io 

|^;oQJi )J0«; OtJi. jL^o :v^^^2Üo JS.-0 ^-=^'jJ oisKs "^'üo»; och ^.>--® 
:)iQJL5^;lkio loDbwJ^jo |laau,v-o jlo^-^'S.o voots; ^-^oi :-oioK-./ |ä^; 



Apres avoir entendu ces (paroles), ne reconnaissez-vous pas clairement 
que le chef doit faire et accomplir les (offices) propres ä ceux qui sont ranges 
sous lui, saus dedaigner ni mepriser les degres de ceux qui lui sont soumis, 
et sans se tenir loin de leur travail comme d'une chose partiellement extraor- 

5 dinaire et etrangere. Tel est donc notre etat, quand on le compare et qu'on 
rexamine avec la condilion (du general et du proprietaire d'un navire). 
Lorsque je dis « notre (etat) », je veux parier de (l'etat) de cliacun, plutöt 
que de celui d'un grand nombre, dont je suis le premier. 

Celui qui, du groupe des chantres, a ete inscrit parmi les lecteurs, 

lu fuyant comme un piege les hymnes et l'office de la nuit, ne croit-il pas avoir 
trouve la liberte, parce qu'il est sur son lit toute la nuit et qu'il dit : « Je 
vais me lever maintenant », tandis qu'il laisse echapper le ronflement de sa 
gorge? Et cet autre qui, des lecteurs ou des chantres, est passe aux 
diacres, fait-il quelque cas du chant ou de la lecture? Ne recherclie-t-il pas 

1^' hypocritement les fonctions du diaconat, pour le (seul) fait qu'il soit revetu 
d'une tunique splendide et qu'il soit orne et resplendissant d'un vetement 
de lin somptueux et remarquable que (le diacre) porte sur l'epaule ? II oublie 



216 SEVERE D'ANTIOCHE. [IG] 

)K~j^-3; l-^r^ ya-OL^fli; ^ö( ^^ 0001 ^^'^ jUo«..^ ^^; yi^l •. )~>V)^; 

1° b. 

jbKl^a^ .-^..J^:>cL^ )V^^ )~^t-3! W-^J ioA; '^i^j ).2cl3o ) K:>clX...wiJio 
IV-o-«!^; .•)-üLj.»a.ji vA^^^o V-^ ^^? vQJÖi^ yOO|.-^^w./ |.^Äoo .- y » .;iK.^ 

jjV^/ |.^Q^ va.ajxLj; ^^^K^ .-ji.,^«^; j^'oi; |vy> no );oi JKjl^aaI %2l^^ 
)ot,.fciol oöi .•jJL-t-o OCX .-jJJocHtoo 001 jla-ovi .-jt^/t-s 6(J^; |ju'; ^»-o; 



10 



que cela est le symbole des alles qui denotent l'agilite, la rapidite et la 

mobilite des armöes (ang^liques) qui servent' et qui sont incorporelles. Je 

connais aussi beaucoup de sous-diacres (Ü7uo5iz-/.ovoc) qui rougissent de ce 

degre ; et si ce n'elait pas pour leur nourrituro qui leur vient des distributions 

journalieres", ils fuiraient, comme un deshonneur, la charge d'allumer les a 

lampes de la maison sainte. Ils ne songent pas ä ce que, si ceux qui servent 

♦ L foi. 220 les rois sur la terre et portent les lampes (\ix^.t:x(;) en leurs mains * ou acconi- 

' ''■ plissent un service quelconque, (pris) parmi ceux qui ne sont pas en vue et 

qui sont vulgaires — et combien de fois n'a-t-il pour but que de satisfaire 

le ventre! — sont röputös heureux, et, pour ceux qui sont au dehors, sont n' 

resplendissants et tres beaux, parce qu'ils ont part ü l'honueur qui est attaclie 

ä la maison royale, ceux qui servent le Cröateur de Tunivers et le Roi des 

rois jouissent d'un honneur beaucoup plus grand — on ne pcut möme pas 

dire ä quel Intervalle et ä quelle distance — et ils jouiront d'une gloire plus 

in'ande, lorsque, en öchange de ce service et de la place (occup6e) ici-bas i.'> 

dans l'Eglise, ils recevront une autrc place dcvant le jugc de toule la cr^a- 

tion, dans ce temple spirituel, qui est saint (et) admirable par la justice \ 

1. Cf. Jli'bi., I, l'i. — 2. N'ole marginale ilc L : Les diaria sonl les doiis (|ue les clercs (xXripixoi) 
regoivenl üo la comaiuuaute (xoivöv) du l'öglise. — 'i. Cf. Ps. lxiv, 5-(J. 



10 



15 



[17J IIOMliLlE XCIX. 217 

^pcü^i v^^Jo*^ yoo«' "^"'^ -"r^l r^ t-^? pö'po oitCi>w^s^oj oö« .•)1q.q-.;>js 

ooi jL^l :<3uK-/ ^.flo jJ jVo^wj; :).>o<^ jJj»-««; )^i^* ^^H? ^? -ö«; 

:)oot v2L^O»-io j^-^uot-D jl^^jJ; oöi :oöi yO^O)/ :|^a:>o; s>oiq— / ooj :)-..m,.a 
oi-^v^; .^oiö^)-2 ,|JS«.jk::>aAl );oi^ -.looi jw^^^ov^ )ly» n . |.3JLlIX3o ).^»oi^; ^öi 

io^ )^pO ^^^O .)jL30( J > . »>ä.3 t~«-^ O^fro .^ ^\VlI^ )oO| ^.^^K^ 

^ i^^* ^l y^i -^^^l -.otioi^ i-io)lo 'yO>oijJ ^^^ -.V^/ y^ Uq-^ 
j-iaoj ,t-=>-;i^o -l-^i^ vOO>-«Kn"-i« .vO»oiJJ jl^Ji^o« öv3o,V3 '^.aL.DQi». '.J-^-^ 
• .oi^^i l-^^jt^ voj/ ^Q^?/ Ui-"^^? ot-3o,V3 ^^»^LÄO^ ^"^ ^~^ ^^ .voioi/ 

•:')^o.:>cL^ l^po ^-Q-S; I^lsl./ 
Ja.^r>rf. -o>/«^ J..>..> > o; ).^aA. OOI >n°>'«> •.j^aiLoa.K^jJo j-jüLtuoS. '^^^ ^^ 
•)« - ' ^; jjoi .s^om-La^.^ oC^>j ^3 -JlS^iui^iLl; ^« ).^a^L^ .oKji ^öio 
)-:)0-X-3; vQl-iöi ""^o^ ss/ •.>ä.^^o )lo«ao>_flD ]i; )öi.^aA ^^; ^öi '^; cuoi 



au sujet duquel David chaute eii Jisaut : Ueurcux cni.r (jui habitent dans ta 
maisoii, ils te (jlovlßc.ront eternellement' ; et : Heureux reliii quo tu as choisi et 
(fue tu as conduit ; il liahitera duns tes portiqucs '. 

Et qiie (la cliarge) d'allumer les lampes du teraple de üieu u'appartienne 

5 nuUement ä ceux qui sont petits noii plus qu'ä ceux qui sont meprisables, 
je le montrerai clairement ä I'aide des Livres sacres. Car c'est le grand 
prelrc qui a ete oint le premier, le frere de Moise, Aaron, qui etait revetu 
de la robe {a-:ok-/i) sacerdotale resplendissaute d'or et de pierres precieuses, 
qui recevait Tordre de faire ce Service lui-meme de ses propres mains. 

10 Dans les Nombres, en olfet, il est ecrit ainsi : Et le Seirjneur parla d Moise 
en disant : Parle d Aaron et tu hü diras : Lorsque tu placeras les lampes de 
cöte, c'esl sur le devant (-pocwirov) du chandelier que les sept {lampes) devront 
eclairer. Et Aaron fit ainsi; c'est d'un seul cöte, sur le devant (Tipo'dWTuov) du chan- 
delier, qu'il en alluma les lampes, comme le Seicjneur l'avait ordonne d Moise'. 

15 Mais ä nous, pretres et eveques, le nom de pretre et d'eveque suffit ainsi 
que le tröne, et nous avons totalement oublie de vaquer ä (notre) Service. 
Cet exemple, ä savoir d'etre conuu par les noms sans l'action, a passe 

1. Ps. Lxxxiii, 5. — 2. Ps. LXiv, 5. — 3. Nombres, viii, 1-3. 

I'ATH. OR. — T. XXII. — F. 2. 15 



10 



218 SEVERE D'ANTIOCHE. [18] 

Lfoi. 220 ,^m.*^£DJJan.tf ..^^Ifln . •>co ^a^o ji«^^ >o»-= >*j/ >sjo .»..au^ voou^/ 

v" a. * ■ 

.^::>o.>> It— ^a/ '^J./ yoots-ic Ijchä» JIolS;,» )KiL\ )Jo -.^ ))^.ftoo )-.I:i^^ 

oöi^^o )la->^M oöiJ^ )»-*^/ !-*■—; )i^o; yOo»-.V)^ Kj/ .^C^I-.^ jjLiO^ 
|la-:aeL-.....\ .Vio ).ji3oV^ ioaiai ]J; -.Kj/ s^*!— )l)i )l^i. loJ^; -.^K^/ 

1. L in miirgine : o-xo^auTr);. 



L foi. 220 aussi il ceux qui sont la'iques ; et si par hasard quelqu'uii ' cntre freqiiemmcnt 

^° '^- ä l'eglise, il se nomme Tyo'XxaT-/); ou perseverant, et il s'enfle et se prevaut 

de cette appellation, tandis quo iious ne le voyoiis meme pas la nuit et qu'il 

ne va jamais avec uoiis aux oratoires des martyrs, des qu'il a seulemeul 

fait avec nous les priores du soir. s 

Mais tu diras en tout cas que tu chautes en ton particulier. Sors douc de 
la ville, fais preuve de force parfaitemcnt et conformemcut ä la loi, et appli- 
que-toi au depart philosopliique. Pourquoi inelauges-tu ensemble les deux 
genres de vie, celui qui est propre au nioiiaslere et celui qui est propre ä la 
ville, qu'on ne peut pas confondre dans les oeuvresPCar taut que tu es dans '" 
la ville, tu es tenu de venir ä l'eglise pour ne pas reiiier la compositiou et 
la coordinatiou des membres, pour rendre complet en tout temps le corps du 
Christ', lequel est rassemblöe des fidcles, pour ne pas rompre le lien grAce 
auqucl subsiste l'union du Saint-ßsprit, conime dit Paul. Üu bien ne Tentends- 
Lu pas dire : Un seul mri)s {rt] im sciil rspril, commc aussi voiis avcz clr appclvs i"» 
ä unc seale esperance de votre vnnüioii-? Pourquoi, en te monlrunl. iic nous 
es-tu pas aussi prolitabie par ton excmpb'? Ne penses-Ui pas ä inon eganl 

1. er. i':pli.. IV. in. — 2. Kpli., n, '1. 



10 



[19] HOMELIE XCIX. 219 

)L«/ '^i.NSv^ JJ jl/ ..j-^JI^jL-s; |Kju,i_3o )K..JL^; .-6» )loLb.,o )K.x:>eLA^.^ 
^iö ).JLioj uJ^ i^"^ i^o -.Ulsjo )^,.*aö; ^V^L;>ieL^ Jj/ >i.^- .jJ/ .jm*!^^ 

)K«iii. => .2 . o jif^l^o ^t^/o .j.Jüo K_o j'^SL^ voo^ °-=^r^ )i<^t-»? JL^J— '^j 
)^x jjLio y ^ s^»Q.jo >6^;i jJ .'Viö/; )Lfioa:>aj ^'jLxo oot^ ^_<l..lX^o .-«ju^-a--; 

«^ ♦~*~^ *^ .ars^^!— 1/ |.3tJij \.>a{<s\ ^J^(s\ »3/ onio; 00t )bn n m ^s/ 



Llül,220 
V b. 



que, plus que toi, je me rejouirals dans le service et la priere particuliere 
et Separee qui se fait dans la trauquillite? Mais je ne trouble pas l'ordre, 
mais je sais distinguer les lieiix et les temps, et je n'ignore ni ce que 
veulent la pliilosophie et la solitude, ni ce que promet la vie que les chre- 
.-. tiens menent dans le monde ainsi que la fete et Tassemblee dans l'eglise qui 
sont communcs ä tous les agos. Je passe sous silence ceux qui ont choisi pour 
eux-memes la vie monastique, tant hommes que femmes, qui disent et qui 
ecrivent dans leurs lettres et dans leurs manuscrits : « un tel qui est revetu du 
sac », « une teile qui porte (des chaines) de fer », « un tel qui est reclus », 

10 et qui oublient que le Legislateur dit : Qw ta inain (jauche ne suche pas ce 
que fait ta main droite'. 

Teiles sont lattention et la sollicitude que nous portons sur les noms, et 
non sur les actions. Tous les hommes, pour ainsi dire, cherchent ä passer 
pour etre tels, et non ä Fetre. La cause de tout cela remonte ä la tete, ä 

1"' l'eveque, ä cause duquel les autres membres aussi ont ete corrompus. Gar si 

moi je me prooccupais * des actions et non des noms seulement, les autres eux- » l foi. 220 
memes s'en preoccuperaient. Or maintenant si quelqu'un m'appelle « eveque », 

1. MaUli., VI, 3. 



V>1j. 



10 



i;20 SEVERE D'ANTIOCHE. [20] 

^; oJ^ ;>« I i', n I I «Vi f>m »q/ vju/ y/ ^; )-i^oi -Uy-^l v^o«^ yCOtJ^ 

-.sOl^jJoJlcD ^IVl ^-«^Ol ».IV) ^Q-.tJ JJ/ :v£Q^Di)Lv^)3 o/ ■-^*^■^Ow^ <^ ffft . o.| . "xl ^ 

ql^ .oiX o'j^ > « f>nr>'°>v> l^'C^o {....jl^V ^^ot oi^,^; l-^Voi o^i; )jl./ ^/ 
:v^'|j )y-o ^ .ii )^ m\^ V^' )i.o°>o> n(T>.«^JJ vJLi/ yj; :jj/ K_.ooi '«.»l. ^j 
vOJoi jJ^iCLulj )-^'j; J~.»a2L0 a\o :6j-.)^^/ Jiiä-i.; jKsuOOol )t-a-./j JKääoI;© 5 
)lo I > V i t w'S . vXj/ y/; .-^CDOVS ^Vs ^^ j,>t v>>v> vS/ jo« ««.^ ..^-..iCL.^» 
JVA-/j ^\oiio .| t ,« > , fl ys/ Jiaio».j> öu» '^j )?ot-=> '^l' )i"»-2^ lt-=^'^ •'^^' 
oöi\ oiS. ^^£S.1jc>o }i .l-^ois jflft*^^; )lo I .\>.tO)Oo :äxooU/ ,^»Kjs ^^j och 
♦ y^«v>.^'f); vQJCH ).^'j ^-io .•) n .°>ff)o j...b«^p. oi^ y^-Al^ jis/o •.^o-.I^ooj 

"^s-^^io Jis/o .jjjLiojLio y~>-sl )oi .'llot » t n» )iaJOia\ v\..,.'f>; oot )U^; ^-io 
oöi '^.;o .-«.^'po) o6i oi^ "^j./ .•K'a..floo,ll/i s^öi )I«i>n««v^« J^^.^v>^ii 



et nou « archeveque (äij^ieTitdx.oTro;) » ou « patriarche (xaTpizo/vi;) », s'il 
retranche de moi ces deux syllabes (cuA'XaSx;) ', j'en souffre comine quolqu'uu 
(lont on couperait les extremites des membres principaiix et necessaires de 
son Corps. Maissi je savais que, lorsqu'on desire ladigiiite d'cvöquc, oiidesiro 
de belles ceuvres, et que raugmentation d'honneur est une auymentatiou r> 
de travaux et non une reuoiicialioii aux degres auterieurs de la hiöiarcliii^ 
necessairement le diacre aussi saurait (jue, lorsqu'on desire le diaconat, ou 
dösire une belle ojuvre, et il cn irait de la nieme maniöre pour le pretre 
ögalement, en sorte que les l'onctions honorifiques qui viennent s'ajoutcr 
ensuite et l'ölevation dans l'ordre sacerdotal ne depouillcnt pas colui qui est i» 
honore et ne le privcnt ni le vident des degros anterieurs. 

11 faut dire, en efVet, aussi ä ce sujet la (parolc) de Paul : Pairc inw innis ne 
voiiloDs /Kis iioiis (Irilouiller, mais nous revetir pdr-dcssiis ilc viHement ante- 
rii-iir)-. Car ce n'est ni parce que nous avons revetu le ministere de la 
prßtrise par-dessus le degre precedent, que voici que le diacre a disparu, ij 
ni non plus parce le ministörc du diaconat a cte ajoutö, que le cliantre 
s'en est alle et que le lecteur s'est öleint. Cetle seule (personne) est lout 
cela, obligöc d'accomplir l'ceuvrc propre ix tout. Et si (celte pensce) ötait 

1. I,es doiix sjihibes : ip/i ou äp>;ri;. — 2. II Cui'., V, 'i. 



[21] IIOMEI.IK XC.IX. 221 

• .j^.a_./ )ooi ^.ODoll^Oo ^ <XDOV3 "'^o ^^ •.) ...» > v>; ^^ >°t-^? °^ ]^~'-^^ 
^,^SJ^ )-^')-3 -.^cxsi ^^.|J^ JV-^ic^ ^<3l^ O |I/ .^'Ooi y «^ a' l^s.:i»o jopcLius o)^ 

^-i> ]Ls>l .-K-a..*.'^ jj jia.3Q_n_i5Q.*^/; )_iwVt ^-^-j» ^t^j ^ ^ ^ o<~3 
'Violj Ju/ y.-/ )K*io^Ä s-öt jLo Iv-s; i-«~^ öC^-; 'i^^' ^"^^ "^ jlS^aSLCo/ 



!JI 



1. L m margine : ^^Z- 



(reellempiit) dans notre esprit — je veux dire les comptes ä rendre et le 
proces terriblo qui aura lieu dcvaiit Ic tribunal du Christ — necessairement, 
lorsqu'uu honneur nous est ajoute, nous ne serions pas cnfles par les 
noms; inais, fixant les regards sur le fardeau, nous nous trainerions sur 
la terre et uous songerions avec tremblement : « Que nous arrivera-t-il donc 
de lä au jour du jugement? » 

Que ferai-je donc? Comment ne pas gemir et (ne pas) pleurer amere- 
ment, pour n'avoir pas jusqu'ici touche aux choses qui sont devant les 
propylees de l'episcopat, et mis le pied sur le senil? Gar combien grandc 
est la puissance de la premiere parole, pour ainsi dire, que nous adressons 
au peuple, lorsque nous crions : « La paix soit avec vous tous » ! Et com- 
bien j'en raste eloignö! Ou plutöt ((j-äUov Äs), je ne me la suis meme pas 
representee en songe. Car, pour ce qui lui est propre, cliacun doit * etre » l roi.-22i 
paisible, faisant preuve de mansuetude et de douceur envers son prochain, 
i:. suivant la (parole) dite par les lils de Jacob ä leur frere Joseph : iVows sonum-s 
des gens pai.sibles et les serviteurs ne sont pris des espions ' ; et suivant celte 

1. Gen. (LXXj, xlii, 11. • 



10 



222 SEVERE D'ANTIOCIIE. [22] 

)jL^:>aj» )i.io)Kio v£0Q^a3 ^io; ooi -öi ^-/o .JjL^ljLio K-ooi w.K*7 U~ß-x 

V-H )— .*JLiOj CHJL-AO .sAJU^b^S ^i. Q.^Ot; JuLOl »I^ . • | loi-lViö^ ^.-.3 o/ 

■)^*!— ^oioK-/ ;a,J^^ U^jl^ o^ -.JJL** ;-,JLi6 jof^j )i^^! ^J oö< 
.•06. ^XMJi; Vö"»«; jlö-s^i; v-^SJlJ; )jLa-/ -U**. .^-iili. .|1 1 ..>-oioK-| joovJ; 

_^^0| ^*J5 -S^'^l ^^^'J ^ ^-^OJ^O .|-O0JuS; ^^Oi^ K_0 vj .j^»/ 

^3 .•,~a.^ vOouVl ^io jl^iw )^-,o .laSs jJiJi; j^iäiai. yCiJÖC^ ^-)-,-fla>jJj 

K-)j)j;o )jLS,-a^ s-otoN-/; jj^-l^^JL^; )-^J^ «hVa^ )jL*iaA |-sjJ; ^6| t— =» 
I— .iwaiL .•^.■.. i'tv»; l-^^OA ^ ,^^ jjjLlisa^o .'w^'» D-Jlä) )ooj v-o(oK-/ 






10 



parole) qui est chantee par le prophete David : Avec ceux qui luüssent In 
paix, fetais jjaisible' : et encore suivant ce qui est dit par Paul par maniere 
de conseil ou d'avcrtissemeut : Couiez apres la pai.v avec tout le momlc ; et : 
Que la paix du (Uirist demeure daiis vos coeurs ^. 

Quant ä celui qui annonce la paix ä TEglise de Dieu, il est teuu d'ötre r, 
non seulement paisible, niais encore pacifique, afin que dans les coeurs de 
scs auditeurs il puisse faire la paix, la tranquillite et le calnie (sücTä- 
ÖEta) de la maniere (de faire). 11 reprrsonte, en eilet, Ic Christ, le grand prclre 
supreme% selon la parole de l'economie, celui fjui est mediateitr eiitre Üieu 
et les liommes'', celui 7»/ a pacifie par le sang de sa rmi.r. conimc dit l'Apötre, 10 
sdit ce (pii est siir hi lerre, snil ee mii est dans le eiel"; « er qui est sur la 
terre », d'une part, parce qu'il a reuni les autrcs pcuples ä Israel et qu'il a 
fait des deux (categories) une scule Egiise, appelaut egalemont et avec un egal 
lionneur ceux qui (faisaicnt partie) de ces deux (categories); et « ce qui est 
dans le cid », d'autre pari, parce qu'il a reconcilie le P6re cöicste avec le is 
gcnre liumain tout entier, qui ötait son adversaire et qui iHait justcmcnt 

1. Ps. cxix, 7. — -2. Hol)!-.. XU, l'i; Col. m, I.".. — :). t:r. Ilebr., iv. \ii. — 't. I TiiM.. ii, :.. — 
5. Gol., I, 20. 



* L lol. J21 

rb. 



10 



123] HüMRLIE XCIX. 223 

• .jooi t-^/ .-. ■» .^/ ot^^; Jim "^^ ).i.A.ji ^fJäil^ yooui^/; v^ö«! "^^^-^ 
J.J06. ys> .jjuji ».^7 )ji^)L-s Ua-./ .J-W -^-7 )j»^. .^>. "^^Doi joau/ 

)i.o^.oi|_^; K„o )jLa-/ .-oü^ JÜLfici."-. ^; jJ .-jy^i '^^ooS. K_JliQ.a„flo 
.\^,.>J r:^®*! yoöu— / ).*.-« K.— io .-^oaj jK^o-« la^o .-^^-^tsj jioJLXJotj 
)q1«U oiJLi>i .).3 onm « °i / du.» ^; ).au.7 .^--^o»^ |.d;).V^J^ s^oioK.-/ Jjl./ 

)l|:L ^ .flO )K>.ö; "^^o :|^ö(!^ )^*^^* jlaä» ^_io )J.!iO;o ^«^^^ ^oioK*/ 



odieux, et qu'il a tire du ciel les anges qui (le) glorifient : V,]oire ä üieu dans 
les hauteurs et paLc sur la terre, boniie volonte {vAokm) panni les Iwinnies '. C'est 
pourquoi, eii faisant connaitre que ceux qui sont pacifiques tiennent sa propre 
place, il disait : IIciireiLv les pacißques, parre f/uils seront appeles flls de Dien '-, 

5 comme s'il avait dit : « Parce qu'ils riie ressembleront. » 

Comment douc suis-je paci/lque'' Coinmeut ferai-je la paix cliez les 
aulres, lorsque je n'ai pas procure cette paix ä moi-meme, et que je n'ai 
pas cucore obtcuu que riiomme exterieur soit en paix avec rhomme iuterieiir, 
la chair convoitant contre l'esprit, et l'esprit etant en Opposition contre la 

10 chair ' sans pouvoir la vaincre, de sorte qu'il est submerge par le debor- 

dement des plaisirs * et qu'il se laisse aller ä la colere et qu'il incline ♦ l foi. 221 
vers les passions, leurs sceurs? Oü est le patriarche en cela? Oü est 
rarcheveque? Que son earaclere de ciicf sc nionlre en son temps! Que son 
caractere de chef domine les passions honteuses, et qu'il ne soit pas domine 

15 par elles servilement! Qu'il se soigne lui-meme tout comme un serviteur, lui 
qui soigne los aulres ! 

Vous voyez combien nous sommes loin de la designation de pacifique; 
cette (designation) est tres vaste et pleiue de beaucoup de sens divins et eile 
exige beaucoup de sueurs et de grands combats pour etre expliquee correc- 

1. Luc, n, 14. — 2. Matth., v, 9. — S. Gf. Gal., v, 17. 



rb. 



224 SEVERE D'ANTIOCIIE. [24] 

.•ts-,)jL^^jL5o vju/ ^a„«_flD jooM vJO^s loL^; s-öi v*^ Q^ ••J-'Lj^; )^ooi~« U'y-^}^ 

^j paliJ :K-.jju. ' iL V > JJo K_)v-~i> ^cojQJo >*.^j1Nj )i tvA^-^i yj «JjJ 
.t ^'v ; ol^ -.JÜilmv ^otöjf^a:» vO-JÖi j^^V yOJoi ^a^'^jo :|.^opo ^■».'i.i.N 

vS)wJo > m •>'! ; ^; ^6i .jjf^jjo ).A^^..^ajL^o Jl i'..\ |->Or-^ oj^ ^a^^^oo 
t^^ri^ jjj Jjoi^o :v^oiq^N.aJ Jlai^;oKjLao\o :^^.^; oöi^ )^o;V |>viv>m-> 






10 



tcment et eile est, iin peu ardue ä comprendre. Car le pacifique qui Test non 
seulement dans la parole, mais (encore) et dans la conduite et dans Ic 
regard et dans Tatlitude {nyliJ.T^}, et en ce qu'il dislinguc quelle est la paix 
veritable et quelle est celle qui ne Test pas, prend soin de donncr la paix 
aux autres. En elTet, avoir des scntiments paisibles envers tout le monde, s 
ce liest pas le propre du pacifique. Comment ? Mais nuUemcnt. Car le fait de ne 
pas nous cmouvoir et de ne pas nous elever .d'uue maniere vive et brusquc 
contre celui qui vit dans la debauelic, si cela arrive, mais de fermer et de 
dctourner les yeux et de tulcrer les aniours pernicicux de la passion ', ce 
n'est pas le propre du pacifique, mais, au contraire, de celui qui augmenle n 
et niiiltiplie le combat de la passion, et livre ce malheureux ä unc corruption 
complete et ä la perte. Mais le fait de reprendre celui qui est tombc, de 
le piquer ä laide de remedes qui linstniiscnt, de le conduire äla connaissance, 
d "avoir pitic (de lui) de celte faeon, d'etcindrc rinoendic de la concupiscence, 



1. N(jle iii.-irginjile de L : La pliiase qui dil : « ol de tulerer les amouis pcrnicieiix de la concupiscence » 
siiit, poiir la forrp du sens, la ntigallon M qui est devant >»'|t^ (nous t-niouvoii); et pour que lu 
saclies oc qui est dil, je le le mels scIon la lon-e de son sens : « car le fait de ne pas nous öniouvoii' 
et ile ne pas nous clever contre celui (|ui vil ilaiis la debauche et de lolever los auiours pernicieux 
de la coucupisci'Mce n'esl pas le picjprc du pacilique n. 



[25] HOMKIJK XCIX. 225 

)la^ot-i ya.^£a.Jo •■)l.a.«n> ^ ^oia^öiÄJo ) j^Jo 0^-^'? öt-^oCi^QJ^ 7^V° 

I >o ^r.Y ^ I " -;j ^-JL.;i-i -Joot po"po ^oj |oo» »')— jK-^U )»oi ia^ ^s 
|j>a--V c*-K-/ v-^ J!«« .«^! }->^i-'^ ^o^^■■l jJ .1-^^^^! ^jj? I~— "-^ .v— unaJo 

jK^Ä-aJ^K.^ )K-«.äLjLio jJsVK^o .v-wi.3u"ä1 jjLÜtaiiciio |.Ä)V'aao •.JJ „ Q. 'tv> o ^^ 
^^..^^io -.^j >o^i5a^ .|lQ_ov!Äi.io s^ota^ . ^'^l.o |;»i ^iö ^j )t— ^ It-«*-^ °^! 

'^ÜO.o :|JLw^ vOOt\ "^11 JJL^OA; ^j -o« .UiOA; -ex )lQ.aS.io .-j-^-oi 
.oj-N-/ jJ^^n n fp )jL*Aj ..Jj/ yoj/ ).3lL-j ch.j> ooij |jl2u/ iojoKaI. ^oo^^^ 
s-oi jjODJoS JJ;; OCH Jloj^jo l-St-o; j.^/ v*oioK_/; och; Joi^jJ '*'^- jij o« 

1. L ('n marginc : l-^'- 



de le delivrer et le sauver de la folie, et de meltre le calme dans son äme, 
cela est bien veritablement l'oeuvre du pacifiquc. 

Avant en vue cette pensee, David chantail : Qkp le jiistr me reprennc et 
tue reprimamle aix'c nüsericurde, mais (jue VkuHe des peclieurs ii'ui(/»c pas ma 
tele'. Car la misericorde et la paix consistent en co quo tu viennes * en adver- '^J^*'^"' 
saire contre les passions pour les retrancher ; que tu soulüettes l'arrogant et 
Torgueilleux par des procedes qui humilient et quo par des raoyens et par des 
artificcs reniplis d'instruction et de sagesse, doucement et non tont a coup, 
tu lui fasses courber son haut front; que tu ne reprennes pas l'avare, d'un 
coup, en une seulefois, pour lui enseigner le renoncement, mais que d'abord 
tu lui parles sur les procedes et les profits justes et qu'ensuite tu en tires 
ot en extraies la matiere (ilV/i) de sa passion, et que tu Texhortes ä partager 
avcc les indigents, et quo tu lui fasses entrevoir le profit spirituel, 
le royaume des cieux. Mais donner le pouvoir aux passions et les passer 
15 toutes sous silence, pour les cacher en soi, c'est le propre d'une paix negative 
qui ne connait pas Dieu, de la (paix) qui est la mere de la guerre et de la 



In 



1. Ps. CXL, 5. 



226 SEVERE D'ANTIOCHE. [26] 

JJL-Jl )jO) ^^i^JUiCL^ ^3 Joi:^ ^iO )^3CS-i. oi\ K-./ jJ; )LiO OCH .-^OtoK-./ 

.K^ooi ))lw ).A^^^; jJLiUL ^ .-)^.fiDÖ^aj, _}Ls ^ol!^; •Jooi v^/ ^o; )ooi ^;'po 

.'00(1> I^OlS^; U^^l Q^ .'yOa^ j-j/ 00|1> uCb^^« ).JL«.Jl .'yOSL^ )j/ ^cl^Ia. 

J^iLl ^V ^^!,\» oC^ ts^l jooiJ ).v> •>«>/; ^l -.J-LaJi. .t ^X\ ^; Oi\ ^;'j 
1-3'^; '^''^? l-^oaLCo/« .-jlajL»;«.^ K.ikJ o/ )^)^ s^iXL^ ooi V-o-^x ooi >n'=^'t1^> 
f^^ mI^oo/ .^^.^oi Jv^-w^o .-Jln*) ') ).■>«■ Nslo .'^).Im) vp-iö<; jl^xaJL^ oo«l 

jjLOL |jL.7 •.l^m.o« )j.ja3 ia\ K^jj^^ ^>; ^^ K^/ :)K . . -m |KS.bo 



10 



discorde, qui nepeutpas nepasetre divisee et nepas chancelerelle-memed'iuu' 
certaine maniere; car rien encoro ii'est bien ferme t|ui na pas de fondements 
(■11 Dien. C'est contre une pareille paix quo David se prömiiuissait cn disant : 
Je portais rnvir aii.r nieclutiits, votjant la pdij' des jwclinirs'. C'est ä cela qiic 
iious conduisent aussi les parolos de notrc Dieu et de nolre Sauveur Jesus- s 
Clirist qui a dit : Je vous laissc la paix, je vuus donm- iiia pai.c; iion miiimc Ir 
monde la donne, je roii.s In dmine'-. 

I^e pacilique doit avoir egalemcut uiie lenue (cy-fiii-y.) eonrormc aux oeuvres. 
(jar Taccoption des pcrsonnes ou hypocrisie sullil a iinplaiitcr dans los 
üuios des spectateurs un faux air {'lyr.^a.) de combat, ii los faire toniher lo 
stir l'obslacle et ä los mcncr daus la fosse. Car, ö un tel, lorsque tu nioiitres 
par des vetcments noirs une fausse apparence {'7yr,ij.x) de piöte (sucESeta) et cpie 
tu laisses pousser la li.irbc et que tu baisscs les paupieres et que tu legardcs 
vers la Icrre, rn prcnant une appareuee de tristesse (pii ii'existe j)as, tandis 
(pie tu coMVüites los bieus d'aulrui et quo tu es plus ])t(Mnpt a les ravir ij 
que les hiiips de IWraliif' . commc le dit In parole du pi'opliete, et tandis que 

1. I's, lAXU, :j. — 2. Jc:iii, XIV, 27. — J. llah. (1,.\X), l, «. 



[27] llOMKLIE XCIX. 227 

5 ^^oi lo^ |Kii_Ki. JIa-1).-;; ^-^ot Iol^^jo .'ItJ^J k-).io.Js^o K-)j^.\ci3j» 

1^' y-./; :)K.>A;nt |ts.*^VN»i yjiaj );,:-« ^-ioo '^VJ^.Äiio j-iL^ ,^ ^ ^s 
\^<,ol l(x^o :)_aioo jjLio *^/ »^Jo vSoKj |.-».i)-3; ^-/ )»V*? J^-» 
K-|.i)a_au« loL^j; >ö>,l.j oötjo -.JJL** t-=L!iwj ^o{ j^JsJi. ..o^ajo o^i^ ooo« 



1. Ms. >*»>^o- 



tti es avide d'amasser de rargent, quelle paix donncras-tu ä ceux dont tu es 

le chef ? Au contraire quelle * guerre ne jelteras-tu pas parmi eux? * i- 1""'- 2-' 

C'est le propre du pacifique non seulement de s'ingenier ä enseigner 
integralement et convenablement ce qui a trait ä reiiseigneiuent de la predica- 

.-. tion en ce qui concerne la mauiere de sc conduire, mais encore de resoudre 
savamment et convenablement les (questions) qui, dans les Livres sacres 
sont censees presenter ä tout monient des contradictions, d'accorder les 
(doctrines) de l'Ancien Testament (Aia6r;/,-/i) avec celles du Nouveau, comme 
les cordes differentes d'une seule cithare qui produisenL une seule helle 

in Symphonie, et qui montrent que le Dieu des deux Testaments (AiaO-/)V.a;) 
est un et ferment la beuche athee de Marcion et (celle) de Manes, le miserable 
pere des Manicheens. Mais tirer par les paroles de la verite, comme par 
les mains, les heresies (atpeaets) opposees qui se dressent en adversaires les 
unes contre les autres et «lui se detachent de chaque cöte et surgissent les 

15 unes des autres par des opinions qui se heurtent, par cxemple celle de Sabellius 
et celle d'Arius, celle d'Eutyches et celle de Neslorius, les trainer de-ci de-lä 
etlesmener ä la voie intermediairc de la foi orthodoxe dont, aveugles, ils sont 
dechus et tombes, c'est encore Tceuvre du pacifique et de celui qui sait reunir 



228 SEVERE D'ANTIOCIIE. [28] 

^)^-»; ^6j "^^^ioo ..^alo Jts!^l; l\.j>.°i* jjLioS ^0 gaoo-.»/ ^; pal-Kj 
.•j-.^.flp)^,Ji.a\ C)t-.tJLli ..,^; )L3ci^o/ .jL3i;S.as jji.VJ |J •.|_«JOo/; -oi ^3 -ojo 

jooi o>0; j.io oö».^ Ju*.» joi!S.)J )).I-« p .v.*xl».o ^-*»-io vaoa-io-^^jnj; ),^V 
r a. 

•:«ö|.^K^/ JLL.OJL v*'^^u^; o:^ -.^^«^l^; vOJÖ^ |^./ 



1. Ms. »-»■ 



sagement ceux qui sont divises. Que Sabellius, en elTet, soit couvert de 
confusion devant la seule essence (oOat«) de la Sainte Trinitc, et qu'il pretexle 
et apporte en vain la division de la divinite qui n'existe pas ! Qu'Arius lougissc 
de la belle distinclion des trois hypostases et, parce qu'il y a une seule et 
meine essence (oü-riz), qu'il n'apporte pas la confusion! Qu ßutyches rejollc '■> 
rimagination ((pavTa-rix), en voyant qu'on confesse une seule nature de Dicu lo 
Verbe qui s'est incarnc (en prenant) la chair laqucUe est de la mcnie essence 
(o'j'jta)quc la n('>tre cl est aiiimce jjar une ;Time raisonnable et intellectuelleetqui 
n'cst pas divise par la dualite des natures apres l'union ! Qu'il s'approche aussi 
et qu'il se rennisse ä l'liglisc celui qui trem])lo et d^raisonne dans les raison- lo 
nements horribles de Neslorius, en voyant que Dicua soullcrt dans cc qui etait 
capable de soull'rir — il est clair que c'est dans la chair — et que le meme 
est resle impassible! Ce sont (\ä) les niarques des paciiiqucs. Car anatlie- 
I, loi. 222 iiiatiscr * seulemcnt (l'unc manicre non raisonnable par ignorance et par 

manque d'inslruction, crier en orthodoxes, s'exalter avec de grands mols, i:« 
parier en maitre comnie tles reniparts d'unc ville et ncgliger le salut des 
autres saus tendre la inain f> coux qui sont dans l'erreur, cela n'est pas propre 
aux paciiiqucs. 

Parce que moi je suis depourvu de toutes ces heiles qualites qui ont 6te 



[20] MüMKLIR XCIX. 229 

»SliüsK^o ..j-i^^v^ ).// >-)^*/ :^:)a>i.Lo jlgSonm «.'ri/; )^Vl Kj>.i 1q\j yOJÖCix 
)K2^^.>c jJ; li'i'l jia^, .)^iö; v-.JLJa3jolj |j/ ^m.qi>oo •.yon N n ' bw |j/ 

^^oi^ yaai»^3 loS. i— ^x |;oi ^''^^-^^io .)iK^..io jÄbv-^oji laS>o |lQ_i-.l io^ 
jlajLj/ K-icu-.V^o jio^Lj..^^^ .Jo)^«J ^^i^; jooiij «öC^ .).-«'^>a-«^? )i.QJt^^ico 



1. L in miirfjiiir : >=^'/; 



enumerees (et) qui doivent se trouver en ceux qui se lieiinent devant les 
propylees de la digiiite episcopale, je vöus prie tous et je vous supplie de me 
preter des larines (et) des priores, afin qu'on ue me demande pas de rendre uu 
compte deficitaire de chacun, et afin que, ä quelque niomeut que ce soit et 

5 (iiK'mcj eu retard, j'aie mes regards (tounies) vers le repentir et vers unc 
iiisigne conversion. Gar c'est pour cette raison que je me suis servi differem- 
meut envers vous tous des choses qui ont ete dites, parce que c'est sur moi 
que repose le risque (xi'v^uvo;) des choses qui vous concernent tous. Eu faisaut 
cela, en elTet, vous recevrez la recompense d'en haut et le royaumc des cieux; 

li puissions-nous tous l'obtenir par la grAce et par la charite (o-.XxvOpw-ia) 
du Üieu grand et notre Sauveur Jesus-Christ, ä qui sied la louange, la gloire 
et la puissance ainsi qu'au Pere et ä l'Esprit saint et bon et vivilicateur, 
mainlenant ettoujours et Jans les siecles des siecles. Ainsi soit-il! 



\\»f Ulio 









1. L in margine : dpoTi;. 



HOMELIE C 

Sun LA M.VRTYRK SAINTE DrOSIS'. A LA FIN DE l'hOMKLIE EST LX AI'l'EL 
(d'aPRES LEQUEL) IL FAUT QIE CHACUN OlERE CE Qu'lL PEl T TOUH ACHKVKU 
LA COUVERTIRE (lE ciboriltin) DU SAINT AUTEL. 

A ceux qui poscnt la question : « Quelle est la puissance de la parole .-, 
divine qui dit : Rcpcntcz-vutis, le roijaunic des cieii.r .s'cst apiivoilH''? » il est bon 
de leur inontrer la tres vaillante vierge Drosis et de s'abstcnir de parier; 
car ce cpio tu pcux voir devaut tes yeux, il est supcrflu de le montrcr par 
la langue. Va\ ell'ot, lorsquc tu vois unc jcune lillo, tres jeunc — et que 

1. II y a lieii ilo roiiiaii|iiei' quc, landis que saiiiLo Oio.sis Olalt fOU'e chez los Grccs Ic 22 scptonibro 
(AilaSancInriim. I. XLVI, pp. 300-:i02), cllc 6tait fölee ä Antioche le Vi dec-enibre, cf. /'. 0.. I. X. p. l'iO, 
La piL'senlc lioiiielie est doiu- bicii ä sa place cnliP la pieccdenle pronoiiotSo le 5 noveiiibre .'iKi el la 
suivanlp consacrüe ä la Naiivilr. Sur saiiik' Drosis, voir sa vio dans Si'tccI niirnidrcx nf Inilij wumen 
odidcd by A. Sndlli Lewis, syi'iac toxi V> - >^j and Iranslalion pp. 7ii-7G [StuiHii xiiiai/irii. L\X, 
London, 1011(1) el son panegyrique par sainl Jean Glirysosloine dans /'. (1.. I. I,, col. fis.i-GO'i. 



10 



[31] HOMELIE C. 231 

jK-ioaü ^io jjioi; :)l-^; \-il V^/ U^oo :)L<^^^ ^'^^^! )^*-*^i h-'.i? V— «?^ 
^-.^-oi; o« V-.^ ^Qj|-)t^! -i-'r^M l-i^'^^ )-"^'/ ^^? :|-a*aj l^-i-^A 

vS/ :looi l^ji-iLb. ^^oCSjls; :)joi J.iOLS*N; JLäiiOi yOOiis.aii loo» |-*^jj.io; 

♦l-^-Sot; )laiNv> ).:>euLloo )..a..V-o 



dis-je jeune? — sortie ä Tinstaiit de Tage de l'enfance, nee sur la 
pourpre royale — car eile etait la fiUe de Trajan qui regnait alors sur les 
Komains — * elevee dans le palais royal, dejä maitresse des <jz.-?i-T<3y. ' i' i'uj- i- 
ou sceptres paternels eii qualite d'heritiere, oriiee de toutes les fleurs de 

5 ce monde, comblee de tous (les biens), inondee meme de toute espece (ysvo;) de 
delices qui seduisent et troublent les sens avides — (lorsque tu vois une 
teile jeune fille) courir au deh'i de tout cela (ÜTOpTpsyco) comme si c'etait pous- 
siere et songc, voler au-dessiis (ijTC£ptTCTa[7.at) des choses d'ici-bas, aller tout 
d'un coup jusqu'ä la vocation du Christ et s'attacher entierement aux espe- 

1" rances Celestes et ä la demeure bienheureuse; corameiit ne dirais-tu pas, non 
pas que le royaume des cieux s'est approche, mais plutöt (|y.aUov Se) que le 
Yoici proche et present? 

Car de meme que, au sujet de ceux qui sont les csclavcs des plaisirs 
hontcux, il est dit qu'ils sont sous l'empire du peche, selon ce qui a ete ecrit 

'■"' par Paul aux Romains : Que Ic peche ne regne donc pas dans votre corps mortel, 
de Sorte que cous lui oheissiez dans ses conroilises', de la meme maniere ceux 
qui dans leur intelligence sont saisis par les pensees diviiies et Celestes, 



1. Rom., VI, 1-2. 



232 SEVERE D'ANTIOCHE. ^ [32] 

^■».^;'K^ |..«.:>eLii-a; vOJÖt )iQL^^^.':\o .'joi^jJ a:>o..i>..o/ jloA^jj; )JLj .'JjlSlI; 

)lfn\>n\ oC^ ^;KJ\^o vOOi^ jL-3^t-lo ")oo(l; .'j-i»»/ ^^^>>^! ^*^o< JJL« ^'^..^J,^ 5 

• .)-.oC^ jjL*.^«^ yK_o>.Vl vv>2>ÖJ;o :joi)^ ^ ?! ^-«^oi ^oC^oo 'jK^iX^eui 
Lfoi. 222 jooi_i '^JL.',.^/ ..^la_a2^io jljl; V''^^ V*i^/? V-»"^ '^^ ^>o .^0^3 

1. I, in miirgine : ^>|^.^*■ — 2. M?. loow«- 



(qui), Selon la parole du meme Paul, ont ofTert ä Dieu, comme des armes de 
justice, leurs mciahrcs' et non moiiis eucore les Operations de TAmc et ((|ui) 
sont assiniiles, pour l'accompUssemcnt dos ordres royaux, aux arniecs 
Celestes au sujet desquelles le propliete David clianle : Ikhiissez Ic Sci(/ni-in\ 
riius tdutfs SOS annres, vaus srs iiiinistrcs, ijin faitcs .s(( volonte'', lors niiMuc :. 
qu'ils vivciit eucore cette vie terrestrc, fönt ([ue le royaume des cieux ieur 
soit proclie, ils sont sous son empirc, en monlrant une conduite qui convicnt 
aux esprits Celestes et iatellectuels, döji ils y sont partis et passes, ils le 
portent au dedans d'eux-menies et ils rentourcnt; c'est cc (|ue uoiro 
Sauveur dit a ses disciples : Car voici, In rhijnc de Dien rsl tui dcildiis de lo 
vous'\ 

Kn effet, que le regne de Dieu et (le royaume) des cieux c:onsistc en occi, 

que nous voulions et fassions les choses Celestes et tout ce que Dieu veut, et 

quo nous melions nos pensees avcc la volonte divino, c'est ce qu'a aussi attoste 

le modele (tütto:) de la priere, grande et digne de Dieu (ÖsoTrpETi-^;), que notre is 

'L foi. 222 Sauveur nous a laissöe. Car apres avoir dit : * Que Ion rhcjne arrive, nous disons : 

I. C.l. Ilorn.. \i. l:!. —2. l's. eil, 21. — i. Luc, xvii, 21. ? 



[33] HOMEME C. 233 

6i_N-./ ^*o<o;o.. \ .3 «ocolo— 1 ÖC^; oöt ^/o .'j<x\jl yy°>'ii; ^-.\cH ^ 
.'^Ij yOJCH )ln\ v.... ^ UiojL^j jjLa-/ .l-oCSx )jl*j5, ^jiio ^s.;/ "^Ow ss/ 



Que ta volonte soit falle egahment sitr ta terrc comme au cieV, faisant connaitre 
que le regne de Diou consiste en ceci que, k l'exemple d'une ville bien regie 
par les lois (vo'ao;), rüme soit eprise et dominee par les choses qiii plaisent 
ä Dieu et comme si eile elait tout entiöre sujette ä lui seul et soumise ä sa 

.-, seigneiirie, ne songeant k rieu qui soit etranger, en sorte que la volonte 
divine soit accomplie egalement sur la terre par nous comme eile Test au 
ciel par les armees qui y soiit, et en sorte que, encore ä cet egard, il n'y ait 
qu'un seul regne qui vienne depuis le haut jusqu'ä ce qui est en bas et qui 
depuis ce qui est en bas jusqu'ä ce qui est en haut presente de la conti- 

10 nuite et de l'union dans la docilite (eü^v£l96^«) et l'accord de ceux qui en fönt 

partie. Gar c'est en ceci, et en rien autre, que consiste la (parole) : Que 

Ion regne arrive, que ta volonte soit faite egalement sur la terre conune au ciel. 

Mais nous devons bien comprendre que le regne de Dieu et le royaume 

des cieux sont aussi diderents Tun de l'autre que celui qui regoit parce 

15 qu'il s'associe et celui qui est regu par le fait de l'association. Gar c'est 
i\ cause de Dieu qui regne sur nous, habite en nous et est regu par le 
fait de l'association qu'un seul et meme objet est appele et nomme « le 

1. Matlh., M, 10. 

PATR. 011. — T. -XXU. — F. 2. ]g 



vb. 



234 SEVERE D'ANTIOCHE. [34] 

•:«)o).'^; |iQ->\.>o yo-a.«^^ 6C^ 
)-.o(L^ |jL^>^»; jicx.Qj oC^ol^o :vfn,...iy>o;; KJsl^^U/ jlon^^ );oi ^^ ^^ 
)»i^JSs.io l^ai. ^'^^! -öl jloA^io^o :l'ioul/ 'öiJLSuJLso :KloK.io t^..)^'^.«>. ß 

* L foi. 222 ♦j.-JSftjL» )io"i\v> op ^^ il/ vni.\^;o •.!',.-«,/; voKj/ ^^)-^ t-»-^ «-» 
iooi liaXM^oo y^|.äa^; y^l oi^; -l^'^h. Uv^ ^°<^ öw>K^/; ^^""^ -ö^ 
''^^ )<£Q-di; QU» ^ VI Im »;3; jooi wM.aA^o; U'y-^l jo^i K^/ )a:>o •.oi^.I^^ 

1. M?. o3iao (s(f)- 



regne de Dieu », tandis que c'est ä cause de ceux qui en fönt partie et sont 
associes par la gräce divine et par rillumination, ou ä cause des armces qui 
sont dans le ciel, ou ä cause de nous qui avous des peusees Celestes, que 
(ce seul et meme objet) est designe « le royaume des cieux ». Et Matthieu 
l'atteste eu disant que nolre Sauveur dit aux tlisciples : Prechrz cn disant : 
Le royaume des cieux s'e>it approche'; et Luc (l'attesle), eu ecrivant que le 
meme (Sauveur) commanda aux memes (disciples) ä ce mönie (sujet) : Dites- 
leur : Le regne de Dieu s'est approche de vous^ . 

Lorsque Drosis a fait partie de ce roNauiiie et qu'ellc a goüte saus se 

rassasier toutc la lumiere de la volonte divin •, qu'ellc a cte 6clairee en clle- 

meme et qu'elle a foule aux pieds le royaume qui sc traine sur la poussiere, 

eile prononce une parole qu'on voit (et) qui dit par ce qu'on voit : « Hepentez- 

i.foi. 222 vous, car vous voyez que * le royaume des cieux a pris en moi et que döjä il 

^° '^^ est venu parmi vous. » 

En eilet, celle (jui ctait maitresse de la tcrrc, de toutc (la tcrre) pour is 
ainsi dire, et (qui) rögnait siir eile, quelle autre chose pouvait la convaincre 
de tout mepriscr d'un seul coup, sinon ccllc demeure et ce repos des 

1. Mntlh., x, 7. — 2. Luc, x, 9. 



10 



10 



III 



[35] HOMELIE C. 235 

j>lw. OJL^S J;<h\ t-SO .JJ U^ IC U L jLw^O |.V,Jl^ oÖ) yj jj / .-^lisJi ^äO ^OiSj 

loü^o \flDoV3 ^''50 ^ joot oJLL-^oo ..oiK-o^jK^ Ofcia'lo je« po;'iv.ieo Joo« 
'j-^i^-oo U.^^<ja-,p loi^; -6t .-K-J j;o« );/ «^cx |V»a .Jooi p6| ou^su 

JOOI ^-/ ^ij OCH It^V«'» V^? ^ ^-^0«-=' ^/» ji C^O -U-iAXi \l<x£S^ 

yoouoot-so :oooi ^-icy'K,^ jLoil^o JjL^ia* yo^ f^oiaJLao iUäIil^o yooC^ 
'^^*i^^-^ ^^».^'Sj ^a\o( io^ ^ :oooi ^_«^>1« {.iw?/ ^^o :ooo» ,_,äi)^olKio 
^äi-^lKio jtoii:^ vs/ joot jJ ..jjboov^; ycuoi jjoö)-» yo^^c |j>i ^»-p6o 
^OÄ jJjo |v i. A Jv^^ .j-^a^iö |j^o/o |jiaii.io )j«i^7 ^a^-? ---o« 

^>I-.fr>.io; ^^o<; ^cx^VJLa; ooi .•) ^ .,.ii. yCS > oD;'j ^Jseuöwj ."^^-oot jjLio 

^.^^^A/ 'l-io..!^^ oj/j j^ÄQjLi) ^a o/ röiio»^/ K.*^ ^ j^^^-^ vöOuSij ^<^^ 
«CH ^-ia:^^; |-^Ä>).^UL2uso :.bcLflCL»iio |?i«ai.j |la-.lvJ^i«L3 o/ :!sJ:<Jx4.U/o 
K-)*,-.ts-. ^^oi^; ^-«^o( r^jLibo y\/>'i ;o ,_iJo«.;ia; ^^o<; )-fc^iaaLSo :|.3^ii; 



1. L i'n margine : UyoL^x. 



cieux?Et tout homme, voyant cela et en etant ötonne et stupefalt dans son 
esprit, reflechissait necessairement et se disait ä lui-meme : « II est donc vrni 
ce royaume des cieux reconnu par las chretiens. Et si meme dans la vie d'ici 
ils n'avaient pas de gages de Tespoir de Tau-delä, s'ils n'etaient pas eclaires 

5 par une certaine lumiere Celeste et divine, s'ils n'etaient pas transport^s dans 
leur esprit, s'ils ne quittaicnt pas la terre, pour etre conduits vers ce qui 
est en haut et pour habiter en quelque sorte dans les demeures superieures, 
ce ne seraient pas les reines qui se laisseraient aussi convaincre de prendre 
en echange de la pourpre royale et de la puissance royale une simple espe- 

10 rance saus fondement. » 

Quoi donc? U nous faut croire le Christ qui, par l'intermediaire de ce que 
l'on voit, montre la verite de ses paroles qui sont meme au-dessus de la foi. 
Car le fait qu'une jeune fiUe quitte la maison paternelle, attiree et seduite ou 
par la beaute d'un jeune homme, ou par de grandes richesses, par le 
bonheur, par les autres illusions ((pavTacta) du monde et par l'attrait de ce qui 
est propre ä charmer et ä seduire, ce par quoi le sexe (ys'vos) feminin surtout est 



1° a. 



236 SEVERE D'ANTIOCHE. [36] 

jN-jLQ.*^kio ,_-u6i ^j^ V*^ jjlioj :^'Kio :jV^.ts.io -.«ajitoo );oi ^^>^Oojo 
|Ui « .y\. ^ajö( . v^ :)j^oö ^^ :)tPQV>i ^^ :^.2Lla> jj |K,i^^LaL^K.mv>. ,jlo 

•Lfoi. 22ä pej-iOL^j ^/; -.« );)ji J^^^^— .! r^^o® '^^i ""^.A^; )-«H^/ )t-*^J vooi^-j ''^ 



facile ä prendre, on peut le trouver egalement dans les recits anciens et aussi 
dans le temps qui nous a pr6c6des, et memc ;i uotre (epoque) il y a neces- 
sairemeut de nombreux mauvais exemples de ce geiire. Mais que le fait que 
la vaillante Drosis en arrive k des travaux volonlaires, ä une religion inusitee, 
et ä la foi (S6y[^.a) des chretiens qui lui demanJc de mepriser des dieiix ■' 
nombreux qui sont rcuommös, mais qui n'exislent pas, qui enseigne la chas- 
tete et la force dans le reste de la perfeclion et qui, ä cause de cela, est 
poursuivie, pers^cutee, tourineatee — car laquelle de ces choses penibles et 
insupportables n'endurc pas (la foi des chretiens) de la part des lois (vdjxo;), 
de la part des rois, de la part de ceux qui ont la charge des commandemcnts h> 
et des adminislralions, de la part de ceux qui organisent les reunions de 
1 |-,,| .,03 soldats et de la part meine * des usages des aucctres (repandus) partout et du 
' ^- culte des demons qui, pour ainsi dire, tenait l'univcrs? — (que Drosis ait fait 
cela), c'etait Tccuvre de ce feu dont le Christ disait dans les Evangilos 
(Eüayveliac) : Je suis venu jeter un fcu sur la terre, et combicn je voudrais (ju'il \'> 
fut dejcl allume' ! 

Ce feu, tombii dans l'ilme de la raartyre, brüla et cousuiua donc toutes les 
pens6es terrestres et mondaines corame de la paille; et apres qu'il eut enve- 

1. Luc, .MI, v.l. 



[37] ■ HOME LI K C. 237 

yS «K-^U ^; 6tSj:ii. :h.:^\'lo jN-:^ iaio^ lyJ>pl jJLiioS^o U^x^il 

oj:bw.w j-xo» .-j-a'^Kio jj^^OÄti Mts^i^— p .-«xi/ K^ Vioj'fcooo 
voS^ :K:Xjl_^/ jK^iOt^j «-.ö» V--^v:^ )o-^ .^-JL*a^ l ... %>n oHJ..i.o 
) ' -■ ^; V-.^ j^ÄJi : |oC55v ^ K^ii/? r-^U U^ 7-/' U»--/ r:*! 

:looi j.-:^ Uo.*Ji >-.ojo;aJ^i ^; 'j»).3j ^j jN^iai^i ^ :ioo« U^'i^^^ 



1. Ms. 13ft»3- 



loppe et saisi tout son esprit en l'entourant, ä Texemple du buisson que Moise 
voyait etre en feu et ne pas brüler', apres qu'il eut fait monter en haut 
une flamme brillante et qu'il fut monte cn haut, il fit monter la jeune fillo 
comme un oiseau dans les airs et l'eleva jusqu'au ciel. Desormais tout 

5 occupee et attachee aux beautes d'en haut, eile etait insensible ä ce qui 
l'attirait vers la terre. 

En observant soigneusement ces faits, on admire certes combien le Christ 
a fortifie et renforce notre natura. Eve, en eflet, fut la preraiere formee", ou 
plutot {i7.aXXov 81}, pour parier comme le Livre, construite par Dieu; car le 

10 nom de « construction » montre que la creature etait quelquc chose de fermc 
et de solide, et que celui qui la crea ne la fit ni delicate, ni faible, ni enervce, 
mais forte de la meme mauiere que Thomrae; eile avait, pour ainsi dire, 
les premices et la nouveaute de la nature; eile se plaisait dans la demeure 
du Paradis divine et heureuse et exempte d'angoisse ; et eile se nourrissait 

15 librement de tous les arbres ; mais eile avait la defense de goüter du fruit 



1. Ex., III, 2 — 2. Gen., 11, 22, 



r» b. 



238 SEVERE D'ANTIOCIIE. [38] 

)-,Äi»; -.looi l^iCLA "j-ÄOioj \ -w^ öi^ ssiol^/; o« yo^J ya:^ );oCi^^wio 

♦ ,_«]ii.j)i )-,.aL:iC^o u^a-lS.^/ 6 

*Lfoi.22! vk^^o :|lv^ lo.oi "'^ÄA./ |lo;K-«^>©j JbÄ^ la\o )oo« * w.*,I»-ioo :^A.äL:»^^b^ 
jK •■• I N^\ ...^ JLlaj K^Vo^jo )K.> j L X a>^<.^ )1q).,^o ).^^Vaso '|.£Q-.;t-au3? 



d'un seul arbre, pour examiner si la liberte de son esprit acceptait l'obeis- 
sance. (Dans cet etat) le Calomniateur la trompa et lui pcrsuada de manger 
malgre la loi (vo[ao<;) ; et lorsqu'elle fut tombee par suite de la pente glissante 
de la voluptö, il l'entraina vors la terre; et, apres qu'clle se fut tournee vers 
la cliair, il la fit esclave du peche. Pour cette cause, avec Adam qui s'etait 5 
associe ä eile dans la transgression de la loi (vo'[/.q;), eile entendait (dire) : 
Tu CS poussiere et tu retourneras en poussiere ' . 

Mais Drosis, vraiment admirable, a etö de la meme nature que iious, 
laquelle a vieilli dans les pech6s, a 6te foulee aux pieds par les demons 
i>foi.223 cnnemis, comme dit David — J'ai vieilli par mi toiis mes eiineniis' — * etait lo 
'"' ^' afl'aiblic et fut languissante ä l'egard des travaux de la pcrfection; eile vivait 
somptueusement et mollement, ainsi que dans le Paradis, dans les deliccs et 
les fastes de ce monde mcnsongers, passagers et semblables ä un songc, 
lorsqu'elle demeurait dans le palais royal de son pöre et qu'elle ne voj^ait 
aucune plante plantöe lä qui l'elevAt vers Dieu ou qui renferm(\t un plaisir 15 
conforme ä la loi. (Dans cet 6tat) le dömon tortueux ne la trompa pas et nc 
Tentortilla pas, lui qui, pour ainsi dire, vole adroiteniont tous les hommes, 
meme ceux qui dans Icur coeiir se vantent d'etre invincibles. 

1. Gen., III, Ui. — 2. P.S. VI, 8. 



[39] liOMKLlE C. 239 

^wiXot jjüL^ ^/ :aA:)w^.^c^o aaL^^^liLitOL^ ) a.q>.'jo;o -.Ijä^d )^K.2l:»o;o 

il i ' ^ - s ; IfSajio Jla^'i :|jia_a;^; )ia-jLS.i6o jlo^VÄio jjsy n ^ ölJ:s^ loo» 
tjpcL^io j-^po; \.^Ä.3> ioV^ÄA loi^o :\^'» jL^l!s\ U^^o \.^il ^j 

10 oftocii ,_s ^,..^..^00 :s..j;^; l-*.3aA; Jt-o.,jJ :s^^; jL^'—? Ij»— oj-s '{iaaLä^io 
s^oi ö ^tn . . ^; llo-üLAo )oiio.K-3 :«oiäXioj j^ioo; "^s-^v-ioo o(i.OL>^ii.'*.io "^^.^o 
^öi ^^ yNyt'i \ \ » '^ o l-^na^J^ ^li -.y-j^ot ^£Lä.la9 |.i.soi •Jooi o^L.Bs.^ 
')^»/ ^ '^o; '^s ^^;o :|K*Jo'^ jK^C-sj-ias ^«.b; ]iols.Q v^*/ .jL^ö» 



Car que n'y avait-il pas qiii füt capable treutrer eii liitte avec un esprit bicn 
affermi? D'un cöte la splendeur et laboudance de l'or ne (le) combattaieiit-ils 
pas, tandis que d'un autre cöte combattaicnt et attiraient ä eux l'eclat et le 
prix des pierres precieuses et aux couleurs variees, capables de corrompre et 

5 de seduire meme des yeux qui regardent chastemeut et non (seulement) selon 
leur propre loi (vojao;)? D'un autre cöte ne s'elevaient-ils pas en guerre contre 
(l'esprit) le luxe royal des votements, la grandeur et la beaute des edifices, 
(beaute) qui du sol arrivait jusqu'au toit et qui rivalisait avec l'aspect fleuri 
(eüavOia) des champs ? Nabuchodonosor, roi des Babyloniens, enorgueilli dans 

10 son esprit par de telles choses, dit aussi une fois : N'est-ce pas Babijlone la 
gründe, que j'ai bätie comme residence royale par la puissance de ma force {et) pour 
la gloire de ma majeste^ ? Et aussitöt ä l'instant möme, pour l'orgueil et pour 
Tarrogancc de ses paroles, il fut condamne ä la stupidite et ä la folie de ses 
pensees; tellement cela est capable de faire dechoir du bien meme une peasce 

15 affermie! Parlerai-je de la table sur laquelle abondaicnt des mets princiers 
recueillis de partout, de la terre (et) de la mer,-qui, par leur rarete et leur 

1. Dan., IV, 27. 



240 SEVERE D'ANTIOCHE-. [40] 

jK^'n I, \ ^Ö! j a>p \ s£>l ylS^k-^ioo :|K.^v^ oi!^ ^^pto ^oiK...Tiii 

w iJü » .^i )J.^mN :)KjL>^ ^öi^ ^dojlJl :y|js^» . ;• i ■>; ) ts.»jLJL£a^cu<^^o 

^ K_o oi^ ;|mi ^ j-icLi. ^'iSsJ ^^; «öt 'jla>>->*o Jln. ^^ :\s>}Z*j 

* L foi. 223 )-■ ' tx) }.^ iq i S |..«^oö^o -^j^ ^^j «ö» öi^oo rjjLäojtio \1j Kj,^ Iol^j 

v» a. 

jjiau/ :)»i.\ )KjUdw.K:Mo )K>o^ .»V ^^ouK^/ )joi oi^; ^^oi :)K^,J^ 
^ ■«. r fc.^ )^A)o)^^o j « n >\ o/ i// > nömi; ^oC^; :^oC^ ».n « * <=> joou; 

wUL^^ u.^? ^1 |:m^ :c)iJ;a^ jK'^okjio oü^; )1^.) ji^^^ 1-^^ l-^c^; 

♦ ) I « I V< yOOi^ J^wJ^) ^-iC^OI jK^öo-. 

.-ötK-d^U; |tX\^ K:\i.f> j.i>x>A,aio .-öi^LL«^ ^ p?^ )K.,UL>..^')'Kbe ^^\oi 

1. L in margine : Ua««»3»o. 



10 



penurie et la difTiculte de les trouver, augmentent Tappetit et c^aressent souvent 
nicme un venire austere et temperant, ä plus forte raison (un venire) gour- 
mand? Enumererai-je le grand nombre des satellites (^opuoopoi), Telite et la 
gloire qui vienl de toute nation et de (toule) race (ysvo;), lout le Service de 
*Lfoi. 223 l'appartement des femmes et tout ce qui *ä Texlerieur remplit Timaginalion .■> 
(■pavTa^ia) d'elonnement et de frayeur, les habitudes des scrvantes du nirme 
i\ge, la parure, les ornements, clioses que les femmes aimcnt et rcchcrchent 
h ce point qu'il leur serail plus facile d'oublier quelquefois de respircr l'air . 
üu de boire et de manger, plutöt que de les (oublier)? C'esl ce qu'attcstc 
aussi le prophete Jeremie, en ^crivant aiusi : L'cpousc oublier a-t-eUe ses lo 
ornements et la inerge sa ceinfure? Mais mon priiplc m'a nuhJir jx-ndanl des joiirs 
snns nombre '. 

Mais Drosis n'oublia pas, ou plulöt ((/.«».ov ^e) par lä meme qu'ellc avait 
connu Dieu, eile ne sc souvint plus et oublia m6me ä son propre sujel qu'ellc 
ctait femme, ayant fcrme les ycux ä loutes les chosea sensibles, ayant fix»'; i5 
sur le ciel les yeux de son csprit, ötant partic lout ontiöre vors les choses 

1. Jer., II, 32. 



^41] HOMELIE C. 241 

^oi . loo. )^; kio "^ox, ^\o., wöi.j> . kijJL "^o:^? ^'^oi i«>^ iCis^ 

5 ^)cui. .lo.cn jtOLJiXio )1V; ^io V^ ^so .^Jisu-iU/ U-oV )ä^ )ja* 

,0 jL:b.JL:^ -.IV^J -laJLba-oC^ :K-:ioa:» wc^oi,.^ :iV^/ ^Q^a3 ;ai>o 
)Jo ))-;jo |v*-- vQ-x^io/ OCH :)v.xu^ ^ o«*tV^ t* .^J-o^A/ )1qji-!;! 

1. L in marginc : V^> *»* ^^::*»01 o-o» 14-»- tujiTtavov. 



d'en haut, ne s'appliquant qu'aux choses d'en haut, cherchant les choses d'en 
haut, oü le Christ est assis ä la droite de Dieu'. Pour cetle cause, eile ne 
l'entendait pas, comme Eve, (dire) : Tu es ierrc et tu retourneras ä la terre-, 
— mais : « Tu es ciel et tu monteras au ciel ». Pour celte cause encore eile 

5 monta, s'elevant comme une colombe sur des aücs spirituelles. Lorsqu'elle 
sc trouva en dehors des demeures royales, eile fit peu de cas d'elie-meme et 
se cacha secrelement avec les vierges qui menaient la vic humble et ascetiquc 
du monachisme et professaieut le christiauisme alors ploin de dangers 
(xi'vrWo;). Etant leur compagnc dans la vie severe du monacliisme, dans la 

10 conduite pure, dans l'espoir cn Dieu, et, ä la fin, dans la coursc du martyre, 
course qu eile accomplit pour son äme, eile a dit avcc Paul : J'ai acheve ma 
course, j'ai ganU ma foi, j\ii obtenu la couronne de justice', tandis qu'elle a 
confie ici son corps venerablc, cet Instrument (opyavov) de l'esprit des athletcs 
fort et courageux et poiut paresseux, ou plutöt (jy.äl'Xov 8i) prompt et vii et 

15 pret. Mais, par son esprit, eile s'est jointe pour vivre en societe avec ces 
ämes, lesquelles, d'une maniere semblable ä la sienne, combattirent vaillam- 

1. er. Col., m, 1. —2. Gen., in, 19. — 3. II Tim., iv, 7-8. 



10 



242 SEVERE D'ANTIOCHE. ' [42J 

'Lfoi.223 )K^^,) io-^^aa «a^^ww.; It.^^i'» o/ .-^.V "»•. * |lo)K.<oo; jl.:>ä^ ^oi^V<^^ 
^^i..^^^ :K-.)j,-» ),.m...a; Iv-co/ ^^ ^VKjl^ O ^oi^iet^,; ^ ^ o) .^^K^^/ 

]y~>^l .•]J^s}L:M )l<lSJi^O jjUOÖlN.,.^ yO^^ |jLiu.V •.)»*V^ ^,^1/ ^A^'flot ^6i 

,)L»o MO^wJ öu^ K^K'S,; ^^"^oio \jo\^ io^ :^ ^^^-^^ )K^V-0«^ o/ 



* L foi. 223 ment et valeureusement, et par les travaux de la perfcction * laissörent leur 
^° '^' Corps se dessechcr comme une peau de tambour, ou le firent mourir dans les 
tourments (endures) pour la religion (eüosSsia); c'est avcc cos (ämes), une fois 
qu'elles sont joyeusement dclivrecs du licn de la chair — car alles preme- 
ditaient (et) attcndaient cette delivrance — que des chefs spirituels et des 5 
armecs angeliques montent cn meme temps (au cicl) et chantont en memo 
temps et, comme avcc Celles qui imposent d'une certaine maniero dos 
couronnes, ils chantent cet liymne de victoire, designe deja on pou de mots 
par le prophete David, qui dil ainsi : Los chcfs (ivu)i(rrciü en tele, aprh ceux 
(jui chantent, au niilieu des jeunes ßUes hattant den lamboiirins' . lo 

Püurquoi donc nous-menies, (^n cntendant cela, ne ddsirons-nous pas, mrmi' 
cn retard, ä quelque momcnt quo ce soit, los avanlagos du ciol, vors losquols 
se dirigo la course des ämes raisonnablos ot leur marclio naturelle vers lo 
haut? Et, au contrairc, comme si une Arne de porc ou d'un animal quolconque 
nous 6tait dchuc, regarderons-nous vcrs lo vciitrc et vors cc qui est au- is 
dossous de lui? 1<A d'une maniere döraisonnablo oubliorons-nous notrc rcs- 
somblanco avec Diou? No nous appliquorons-nous pas i.\ la patiencc ni h 
uno conduite pure, et n'aurons-nous pas un i)ou d'ostimo aussi pour la 
virginitd,pourlapreparatioiiaux dcmcures c6lcstes, ä cctte vie decohabitation 

1. Ps. Lxvn, 26. 



♦Lfol.224 
r" a. 



|431 IIOMKLIK C. 243 

|J )jui/ V"=! )-=^ t-'-^'^'^ :c)i.*^au jJ^-^iK-sj }L2>1 :)K~a*Ju3 'ot-K-/ |)» 

♦jjuj^aa^ ^ K-/ |;öj ^».2« 

1. Ms. OM^»/- — 2, L /;! margine : »ajoi ll»o. 



avec les anges, et k la grandeur des delicos qui sont preparees ä ceux qui vivent 
dans la piete (süis'gsia); ce qii'il nc nous est pas facilo, an verite, noii plus de 
comprendre par rintelligence : Cc n'est pas monte, en effet, dit Ic Livrc divin, 
dans le cceur de V komme ' . 

5 Ce n'est pas ainsi quo nous celebrerons la commemoraison de la martyre. 

Gar la veritable commemoraison des martyrs consiste dans l'imitation de leur 
perfeclion. C'est pour celte raison aussi que nous faisons cette (commemo- 
raison) et que, commemorant les (martyrs), nous celebrons leurs fetes, c'est 
afm que par la commemoraison et par l'imitation de la patience, de la vail- 

m lance, de l'espoir ä cause duquel les sonffrances du temps prcsent nc comptcnl 
pas en comparaison de la gloire qui doit eire revelee en nous'-, nous devcnions 
parfaits, nous secouions bin de nous le sommeil des preoccupations mon- 
daines, nous apprenions quelle fin visent les choses des chretiens, et que 
nous nc soyons pas inopinement empörtes nus, indigents, laids, n'ayant 

15 aucune provision pour le salut. 

Tu loucs, dis-moi, 6 femme, la virginite * de Drosis; aie reellcment de ♦ ^ foi. 224 
l'emulation pour ce que tu loues, afin que tu obticnnes le Christ en qualite 
d'epoux; car tu as entendu pour toi Paul qui dit : Je vous ai fiances ä un muri 

1. I Cor., II, 9. — 2. Rom., vili, 18. 



244 SEVERE D'ANTIOCHE. [44J 

Oi^K^/ JKn . >°i a\;o -.^Kj/ )pö| );oi ^; )»3m .)-wOfOO j^^^uso )£v.*-»f^ 

oöi io^ JJ .|J/ .Ji.m™3j jLojj/ '"^.^.io V*^ ux:»)^iLio :^Uj oöt lo^ »s/ 
|,.=i..» :oo .Jyiii.s «-Iv-a-i^ )la-i^^; )K.ioQji.\ >^/ .K.-)»-.K-o .^#^^p.*U jKSlj 
K^ jK^l; o6i •.ooi |i,n-»QjL.; ^Uj oöj V*--^ v^ .jlaio o/ |l.Q, -r» .» ro w..:^ 
).iOQ— K:s •.jin-^OA OOI vS/j ^^s^^^^o .001 ) > n ^n > JJm y^f jJ/ .-V^j-ioS. s-\ H' 

♦)t^°>:y). .]J JjL^C^Q^ >p^><^^ö jJo ..^Klm^oo jLau-.Kio ^^io 
)_^o)po '^i.o ').-^aii>s^ j— ^.soji ^^-^j :)l;owa^ ^}joi ö/ fco/ ^cctS^Aio 
m6i 0/ .Jinim^a^ 001 .^.»^oipo ^^o •.j.eoLl^a.a^ »^ouo-» )f_2Lb^^ •.fcs. ' ..., ff) -s/ 

1. L m margine : uoia.ia^. _ 2. L (Vi marginc : ^h 



uniqiie, pour vous presenter au (]hrist romme une vierye pure' ; et : Celle qiii 
n'est pas mariee soncje aux rhoses de Notrc-Scif/neur, aßn d'etre sainte et de 
Corps et d'esprü'-. Mais tu dis quo cola estgrand, et que cc n'est pas facilc ä 
faire correctemcnt; en parliculier cc n'est pas trop grand pour les änies qui 
sollt frappees de l'amour de Dieu. Du moins charge-toi du joug du mariage, s 
inais conserve-le honorablement en le gardant cliastement; et, si ton mari est 
parti de ce monde, nc t'arrßte pas ä un socond (mari). Que si tu (regardes) h un 
sccond (mari) — car il est permis pour la necessile de la ehair — nc te laisse 
pas aller vers un troisieme, surtout si tu as depasse dans les annöes I'ägc de 
la jeunesse, et si la vieillessc ou la mort approclie de loi. Car si le second lo 
(mari) <'st permis, pour le troisieme je nc peux rien dirc sinon <|u'il n'est 
pas permis, parce que mcme la pcrmission es