= CNJ
5.1 \
PATROLOGIA ORIENTALIS
TOMUS VICESIMUS SECUNDUS
kir^/iit
R. GRAFFIN — F. NA.U
PATROLOGIiV ORIENTmS
TOMUS VIGESIMUS SECÜNDUS
I. — BASILE RADU.
VOYAGE DU PaTRIARCHE MaCAIRE d'AnTIOCHE.
II. — IGNAZIO GUIDI.
Les Homiliae Gatiiedrales de Severe d'antioche. Home-
Ues XCIX ä CHI.
III. — DE LACY O'LEARY.
The Arabic Lii-e of S. Pisentius.
IV. — JEAN BAKOS.
Gregoire Aboulfaradj dit Barhebraeus. Le Candelabre
des Sanctuaires .
V. — A. VAILLANT.
Methode d'Olympe. Le De Autexusio.
PARIS
FIRMIN-DIDOT ET C'% IMPRIMEURS-EDITEURS
LIBRAIRIE DE PARIS, 56, RUE JACOB
1930
BR
VOYAGE DU P ATRIARCHE
MACAIRE D'ANTIOCHE
eb
TEXTE ARABE ET TRA33UOTIO]Sr FRANC AISE
PAR
Basile RADU
SUPERIEUR DE l'eGLISE ROUMAINE DE PARIS
Professeur ä la Faculte de Theologie de Chijinäu (Roumanie).
PATR. OR. — T. XXII. — F. 1.
AVANT-PROPOS
Le texte que uous entrepreiioiis de faire connailre contient les relations
de voyage du patriarche Macaire d'Antioche, ecrites par son fils, l'archidiacre
Paul d'Alep.
Le patriarche Macaire occupa le siege patriarcal du 12 novembre ' 1647
au 12 juin 1672, apres le patriarche Euthyme de Ghio. Les dettes laissees
par son predecesseur etaieiit enormes et troublaient le coeur du noble
patriarche qui se preoccupait de ne pas laisser peser sur lui la responsabilitö
dune teile Situation.
Comme l'a decrit son fils, la Situation etait intolerable : les sommes
empruntees augmentaient de plus en plus, par suite des interets ; d'ailleurs
le patriarche ne trouvait personne qui püt l'aidor ä resoudre ce probleme.
A l'interieur de son patriarcat il ne pouvait compter sur ses ouailles, etant
donne la domination turque, les impöts eleves que la population payait,
l'avidite des gouverneurs et des pachas, et d'autres motifs peut-etre que son
fils ne Signale pas. II fallait donc un secours urgent et considerable des
chretiens d'Europe, des princes qui excellaient encore par leur generosite
issue de Tapplication de la doctrine chretienne, princes qui, nonibre de fois,
avaient soutenu l'Eglise d'Orient par l'envoi de sommes importantes. Le
patriarche devait s'adresser ä eux. Mais pour cela il lui etait necessaire
d'aller en Europe. Les princes et l'empereur dont il pouvait attendre un
secours etaient : Basile Lupu, prince de Moldavie, Bogdan FImilnitzki,
halman des Cosaques, Matthieu Bassarab, prince de Valachie, et Alexis
Michailovitch, empereur de Moscou.
Pour arriver jusqu'ä eux, il lui fallait entreprendre un träs long voyage,
prendre les mesures necessaires, afin d'assurer l'ordre durant son absence de
Damas, et choisir un interimaire digne de la place qu'il devait occuper pendant
un si long sejour ä l'etranger. Autant de dilTicultös ä surmonter. Macaire se
decida enfin ä partir et entreprit ce long voyage qui dura sept ans, de 1652
ä 1659; c'est le recit de ce voyage que nous publions.
II semble opportun de donner au lecteur quelques details.
1. Lire : 12 novembre 7156 (1647), non pas 12 decembre. Cf. Dicüonnaire d'hisloire
et de geographie, article Antioche, col. 700, qui porte la date de 12 decembre.
4 AVANT-PROPOS. W
Dans riutroduction, Paul d'Alep montre avec quelle ditriculte il s'est
resolu ä prendre des uotes sur le voyage de son pere, le patriarche Macaire
d'Antioche. II indique aussi le motif pour lequel ce distingue patriarche devait
recourir ä la generosite des princes de Moldavie, de Valachie et ä rempereur
de Moscou : les dettes laissees par le patriarche precedent etaient si lourdes,
qu'on ne pouvait les payer. Paul d'Alep donne ensuite un abrege de l'his-
toire du patriarcat d'Antioche et decrit l'activite de son pere comme metro-
politain d'Alep et comme patriarche d'Antioche. La visite de son diocese. qua
le patriarche fit avant son depart, est d'une grande importance, pour l'etude
du christianisme h cette epoque. Ensuite, l'auteur donne un aper^u sur les
dernieres annees du ministere de son pere et des renseignements sur lui-meme.
II entre apres cela dans la description proprement dite du voyage.
Le patriarche, accompagne de son fils et d'une suite nombreuse, partitde
Damas le jeudi soir 9 juillet 1652, et apres avoir traverse l'Asie Mineure,
il arriva le l"'' septembre ä Bor, puis ä Gonstantinople le mercredi matin
20 octobre. 11 fit un sejour de quelques raois dans cette ville, puis il la
quitta le lundi soir apres l'EpipIianie, il prit le bateau et arriva le dimanche
ä midi ä Gonstantsa oü il debarqua avec les personnes qui l'accompagnaient.
Le mercredi matin 12 janvier 1653, il partit de Gonstantsa et se rendit
ä Mäcin oü il s'arreta le dimanche. Le lundi, il loua un bateau pour aller ä
Galatz oü il arriva dans l'apres-midi.
Re?u par le representant du prince Basile Lupu, il fut conduit ä l'eglise
de Saint-Demetrius '.
De lä, il se dirigea le mercredi vers Jassy, oü il arriva le mardi soir,
25 janvier et descendit au couvent de Saint-Sabas. Quelques jours apres,
le dernier lundi de janvier, le patriarche eut une entrevue avec le prince
Basile Lupu.
Le jeudi .'5 fevricr, l'hegoumene du couvent de Golia l'invitait ä venir
chez lui. Le mardi matin 8 fövrier, le patriarche se rencontra de nouveau
avec le prince.
Pendant son sejour en Moldavie, il visita les couvents des Trois llierar-
ques, de Galata, de Barnowski; il celebra des offices et des raesses dans
dillörentes eglises et couvents, assista ä d'aulrcs ceremonies du culte et
participa ä des ßvenements tres importants pour l'histoire du pays, surtout
a la guerre entre Basile Lupu et Matthieu Bassarab. Le P' septembre il se
trouvait encore ä Jassy.
1. Lire : Sainl-Nicolas. Paul d'Alep a fall une confusion.
[5] AVANT-PROPOS. 5
A cause des evenements qiii so deroulaient sous ses yeux, il demanda
au nouveau prince, Georges Etienne, le successeur de Basile Lupu, la per-
mission de partir pour la Russie. Les troubles de la Russie du sud le force-
rent d'abandonner momentaiiement soii projet et il passa an Valachie le
22 novembre. 11 traversa les villes de Rftmuic et de Buzäu, arriva ä TAr-
ffoviste le 29 novembre 1653, et descendit au couvent de Stelea. 11 fut tros
bieii regu par le prince Matthieu Bassarab et le metropolitain Ignace. II
assista plus tard aux funerailles du prince Matthieu et ä l'election du nou-
veau prince Constantiu. II celebra la fete de Piques et partit pour la Moldavie
le deuxieme dimanche apres la Pentecöte (27 mai).
Le G juin, il quitta Jassy pour se rendre en Russie, en traversant la
Moldavie dans la direction de Soroca. Le samedi 10 juin 1654, il passa le
Dniester, qui formait la frontiere entre les Cosaques et la Moldavie.
II entra dans la ville de Räscov oü il fut regu par les pretres, la population
et le commandant militaire de la citadelle. De \ä, franchissant le sud du
pays des Cosaques, il se dirigea vers Kiev, accompagne des soldats du
hatman Hmilnitzki. Avant d'y arriver, il se rencontra avec le hatman qui
se preparait ä faire la guerre ä la Pologne. Le patriarche Macaire visita le
couvent de Petcherska et la crypte des reliques des saints, le mardi avant la
fete des saints Apötres. Le vendredi, il fut invite par la superieure des reli-
gieuses ä celebrer la messe dans le couvent. Ce meme jour, apres les vöpres,
et le samedi matin, il y eut une ccremonie de requiem pour les morts.
II repartit le jour meme dans la voiture de l'Archimandrite du couvent
de Petcherka et arriva k l'eglise de Sainte-Sophie ä Kiev oü il fut regu par
le frere du metropolitain Sylvestre, les eveques et les hegoumenes des
couvents. Puis il visita la ville, accompagne par le metropolitain et le clerge.
II visita, sur l'invitation de l'hegoumene, le couvent de Saint-Michel et, le
mardi 3 juillet, l'eglise de la Dormition de la Vierge.
Apres avoir parcouru un long chemin par des villes et villages, il arriva
au couvent de la Trinite, fondation de Basile Lupu, prince de Moldavie,
suivant ce que dit Paul d'Alep. 11 quitta ce couvent le lundi 17 juillet; le
mercredi, il atteignit Korop, frontiere entre les Cosaques et les Moscovites.
Le jeudi matin, deux ans apres son depart d'Alep, en la fete du prophete
Elie, il partit pour se rendre ä l'invitation de Ryr Nikita, gouverneur de
Putivl, qui lui avait envoye des messagers. Arrive dans cette ville, il
celebra des Services religieux selon l'usage : Putivl etait la frontiere entre les
Moscovites et les Cosaques.
6 AVANT-PROPOS. [6]
Le luiuli matiii 24 juillet, il quitta Putivl, et apres avoir traverse
quelques villes et villages, il entra, le mercredi matiu 2 aoüt, dans une
tres grande ville appelee Kaluga. De lä, il prit le bateau pour remonter
le fleuve Oka, le vendredi 1 1 aoüt. Le jeudi suivaut, il partit de bou matin
pour Kalomna, oü il parvint le meme jour.
Macaire fut re^u dans la ville par le clerge et les habitants et fit des prieres
pour la famille imperiale. II y celebra, le 29 aoüt, la fete de la Decollation
de Saint Jean-Baptiste.
Le 1" septembre, on fit memoire de saint Simeon le Stylite, qui fut fetee
par les Moscovites avec une pompe extraordinaire.
L'entree ä Moscou eut lieu le samedi 26 janvier 1655. Le patriarche y
resta longtemps, entoure des notables de la suite de l'empereur Alexis. 11 cele-
bra la fete de TEpiplianie avec les memes ofiices qu'en Moldavie et enValachie.
Paul d'Alep decrit ä cette occasion les coutumes du pays, et raconte les
evenements historiques : le siege de Smolensk, la guerre avec la Pologne,
le conflit du patriarche Nicon avec Fempereur, le retour du premier ä Moscou,
övenements dun grand interet qui eurent lieu le 3 fevrier, deuxieme samedi
apres son entree danä la capitale.
Le patriarche y fut regu par l'empereur, et chaque menibre de la famille
imperiale lui offrit des cadeaux. Quelque temps apres, Macaire fit une visito
au patriarche Nicon de Moscou.
Le 20 fevrier, l'empereur et le patriarche Macaire se rendirent ä l'eglise
de la Nativite de la Vierge et de sainte Catherine pour entendre la messe et
commemorer la fete d'Eudocie, fille ainee de l'empereur. L'archeveque serbe
participa ä ce service divin qui fut magnifique.
Le jeudi de l'abstinence du fromage', le patriarche Nicon invita Macaire
et l'archeveque serbe ä celebrer une messe dans la grande eglise en memoire
des defunts patriarches et mötropolitains de Moscou. Paul d'Alep donne
des dötails sur le patriarche Nicon, sur l'origine de la famille imperiale russe
en commen^ant par l'histoire du tsar Ivan.
La guerre entre l'armee russe et l'armöe polonaise commandce par Radzivil,
le siege de Mogliilev et d'autres faits occupent une tres grande place dans
son r6cit.
Le 17 mars, l'ompereur celöbra la fete de saint Alexis. Le temp.s s'dcoulait
et on approchait de PAques. Macaire fit de nombreuses visitos, celöbra
l'ofTice du dinianelie des Mamcaux, puls la fete de PAques en grande solennite
1. C'est-ä-dire le dernier jour avanl le jeüne du Caröme oü les fideles peuvent user
de laitage. .Abel Couturicr, Cour.s de litiin^ne, II, p. 229, Paris, 1914.
[7] AVANT-PROPOS. 7
avec le patriarche de Moscoii. Paul d'Alcp decrit minutieusement les nom-
breuses eglises qu'il a vues, ainsi que la vie religieuse des Moscovites. Le
deuxieme samedi apres la Pentecöte, le patriarche de Moscou invita Macaire
ä l'eglise des Archanges, pour la commemoration de la mort du tsar Ivan et
de ses deux fils, enterres du cöte droit du sanctuaire.
Les 8, 10, 11 et 12 juillet, il celebra des offices, et le 19 juillet, il fut
invite par Nicoii ä l'eglise des Archanges pour une ceremonie de requiem
eil memoire du defunt empereur Michel.
Ici, nous trouvons une tres interessante description du couvent de
Saint-Sabas.
Apres 6tre reste si longtemps ä Moscou et avoir visite la plus grande
partie des öglises et des couvents, Macaire partit pour Novgorod le samedi
4 aoüt, accompagne de l'archevüque serbe, d'un interprete, etc..
II y fut tres bien regu. 11 visita le couvent de Saint-Georges, ä trois verstes
hors de la ville. Le metropolitain sortit au-devant du patriarche, ainsi que
les pretres et les diacres, vetus de leurs ornements liturgiques. Macaire
baisa les icones et bönit le peuple, puis il entra dans la ville et fut conduit
ä l'eglise de Sainte-Sophie que Paul d'AIep decrit dans cette relation de
voyage. Comble d'honneurs, il visita le palais metropolitain et hors de la
ville le couvent de Saint-Antoine, que l'auteur decrit egalement. Apres avoir
parcouru encore une verste, le patriarche visita un autre couvent dedie ä la
Dormition de la Vierge. Le mardi matin, franchissant encore quatre verstes,
il arriva au couvent de Saint- Barlaam, oü il celebra les matines, le 29 aoüt;
puis il alla au couvent de la Resurrection et du Saint-Esprit.
Le 1" septembre 1655, il se trouvait ä Novgorod. A cette occasion, la
veille, on celebra en grande solennite les vepres de la fete de saint Simeon
le Stylite d'AIep. Paul d'AIep nous donne les details de cette ceremonie. A
cet Office participerent : l'archeveque serbe, le patriarche d'Antioche, les
archimandrites des couvents de Saint-Barlaam, de Saint-Nicolas, de Saint-
Antoine, du Saint-Esprit, chacun assiste de deux diacres. Apres le poly-
chronion, on apporta de l'eau benite et le patriarche Macaire aspergea les
notables et le peuple. Le lendemain matin, on celebra la messe.
Le jeudi 20 septembre, Macaire retourna ä Moscou d'oü il s'etait absente
quarante-sept jours. Le mardi matin 1" octobre, fut celebröe la fete du jour.
Paul d'AIep raconte la guerre du tsar avec les Polonais sous le comman-
dement de Radzivil et la quatrieme victoire du tsar Alexis.
8 AVANT-PROPOS. [8]
Le patriarche feta la saint Nicolas avec une tres grande solennite,
accompagne du clerge et en presence d'une nombreuse assistance. Aucun
evenement historique n'echappe ä Paul d'Alep. II decrit la rentree du tsar
ä Moscou et la raaniere speciale dont il fut re?u par le clerge, les notables
et rarmee. A cette solennite participa aussi le patriarche Macaire ainsi
qua sa suite. Le tsar recut les ambassadeurs du roi des Francs. Le tsar etait ä
Smolensk quand il regut la visite d'un ambassadeur de Venise, arrive en
Russie par le port Archangel et venu expres, etant donne la Situation dans
laquelle se trouvait sa patrie : les guerres avec les Turcs, etc.. Le patriarche
Nicon invita le patriarche Macaire ä une messe celebree dans la cathrdrale
en presence de l'empereur et de l'imperatrice. Sur Tinvitation de l'empe-
reur, Macaire benit Timperatrice. Paul d'Alep decrit le palais patriarcal bäti
par Saint Pierre, le premier metropolitain de Moscou. II montre la religiosite
du peuple et depeint les vetements des moines et du clerge. L'inauguration
du nouveau palais patriarcal fut I'occasion d'une tres grande ceremonie oü
l'empereur et le patriarche Nicon echangerent des cadeaux. A Noel, Macaire
se trouvait encore ä Moscou. II y participa avec le patriarche Nicon k la
messe celebree en presence de l'empereur et de l'imperatrice.
Paul d'Alep decrit les guerres entre les Moscovites et les Polonais : le
siege de Kamenetz, la prise de Lublin, la defaite de Potovski qui fut lait
prisonnier, la defaite des Polonais ä Vilna, etc..
Le patriarche Macaire, avec l'aide dun interprete, eut une entrevue avec
l'empereur dans le nouveau couvent que celui-ci avait fonde ä quarante
verstes de Moscou, couvent dödiö ä saint Sabas le Petit. Les notables vinrent
saluer le patriarche. A l'entree de l'öglise, l'empereur lui-mcme et un archi-
mandrite le re9urent et le conduisirent dans l'eglise. II y eut un oHice
special ä l'issue duquel l'empereur l'invita chez lui, pour l'entretenir de
diverses questions concernant la Situation du patriarcat et le voyage en Russie.
Paul d'Alep fait une description detaillee du couvent. Le patriarche resta
encore ä Moscou oü il celebra des messcs et des oillces, puis sur Finvilation
de l'empereur, il ofhcia liors de la ville. Un service divin fut celebrc ;\ Tocca-
sion de la Saint- Alexis, fete de l'empereur, qui y participa.
Le dimanche 23 mars 1656, le cinquieme dinianche du Can-nie, Macaire alla
faire ses adieux au patriarche Nicon, son dejjart ne pouvant 6tre ajourne,
apres une si longue absence. Avec sa suite, il se rendit ;\ Bielov, puis ä
Bolkhov, oü il celebra la fiHe de Pi\(jues. Le mardi suivaut, il se preparait
ä aller ä Putivl, quand il rc^ut une lettre d'Alexis datee du soir du 4 avril,
dans laqnollc il etait invilö ü retourncr ä. Moscou, l'empereur ayant eu le
[9] AVANT-PROPOS. 9
vcudrcJi saiiit dans l'eglise iiiie disciissioii avcc le patriarclie Nicon, sur
Tattitude de ce dernier vis-ä-vis de lui.
Macaire quitta Bolkhov le mercredi apres Päques et descendit au couvent
de Saint-Cyrille qu'il avait liabite duraut son sejour ä Moscou. II s'y trouvait
quaiul viut uiie ambassade d'Elienne, prince de Moldavie, pour faire acte de
soumission ä Tempereur de Moscou. Gelui-ci l'accepta, apres avoir cousulte
le patriarclie d'Antioche.
Le dimanche de la Samaritaine, Macaire, sur rinvitation du patriarclie
Nicon, se rendit ä la cathedrale pour participer ä la consecration de .Joseph,
archeveque d'Astrahan. La messe fiiiie, il retourna au couvent, accompagne
de Nicon. II participa plus tard ä Moscou ä un synode oü fut discutee la
question du bapteme des Polonais.
L'empereur, devant partir pour une expcdition contre les Polonais,
demanda la benediction du patriarohe Macaire. Apres avoir atteint une dis-
tance de quaranta verstes de son couvent et cinquante verstes de la ville,
l'empereur ecrivit au patriarche une lettre autographe qu'il signa « votre pere
spirituel, l'empereur Alexis ».
Le dimanclie apres l'Ascension, Macaire celebra une messe dans la cathe-
drale avec le patriarche Nicon. 11 en fut de meme le jour de la Pentecöte.
Le patriarche Macaire et le patriarche Nicon consacrerent une eglise
Selon le rite grec. A cette occasion, ils echangerent des cadeaux consistant
en images et en ornements sacres. Le mercredi suivant, le patriarche
Macaire fit ses adieux ä Nicon, quitta Moscou le jeudi 29 mai, accompagne
de soldats, dans une voiture dont l'empereur lui avait fait cadeau. Le jeudi
12 juin, il arriva ä Putivl, distant de cinq cents verstes, quinze jours apres
son deparf. La fut celebree une messe le troisieme dimanche apres la Pente-
cöte. Le patriarche quitta cette ville le 16 juin.
De Putivl, passant par Korop, il se dirigea vers Kiev oü il arriva le
samedi 28 juin. II fit visite au metropolitain de Sophia qui s'y trouvait. Paul
y vit le Portrait du patriarche Joachim d'Antioche. Le mardi, Macaire prit
conge du metropolitain et se rendit le soir au couvent de Petcherska oü il
resta jusqu'au lundi, puis il partit dans la direction de la Moldavie en
passant par differentes villes et de nombreux villages, dans lesquels il s'etait
arrete la premiere fois.
II arriva le vendredi 15 aoüt ä Räscov, qu'il quitta le lundi suivant.
Le jeudi 21 aoüt 1656, le patriarche traversa le Dniester et entra ä Jassy
le 23 aoüt. Le lundi l'' seplembre, il etait encore ä Jassy (le prince de
Moldavie etait Georges Etienne). Macaire y resta jusqu'au mercredi 8 octobre,
jour de son depart pour la Valachie.
10 AVANT-PROPOS. [10]
Le dimanche 19 octobre, il arriva ä Focsaui et le lundi passa ä Rämnic.
Le vendredi 24 oclobre, le metropolitain du pays, Etiemie (1648-1668), ainsi
que les boiars, sortirent ä sa rencontre et eu cortege le conduisirent au
couvent de Stelea oü il avait dejä ete regu pcndaiit son premier sejour ä
Tära:oviste.
Le patriarche visita les couvents, les eglises et les villes les plus inipor-
tantes du pays : le couvent Curtea de Argech, le couvent et la ville de
Cämpulung, les couvents de Cozia, de Dintr'un lemn, de Bistrita, de
Arnota, de Crasna, de Strehaia, de Gura-Motrului, de Täntäreni, la ville et
le palais de Po'iana, ^de Filias. de Craiova, les couvents de Bucovät, de
Jitianu, les villages de Brätäsani et de Bräncoveni.
II cel^bra la fete de Päques en Valachie.
Puis il visita la grande ville de Bucarest, le village et le palais de Dobreni
le 1 '' septembre 1657, ensuite le couvent de Comana, le village et le palais
de Värästi, les couvents, de Negoesti, de Plätarästi, de Gäldärusani et de
Snagov.
Macaire participa au plus grand evenement de Tepoque, le detrönement
du prince Constantin et l'avenement au tröne du prince iMihnea. 11 se retira
ä Cämpulung ä la suite des evenements qui se produisirent dans le paj's :
l'incendie de la ville de Tärgoviste, etc. Le patriarche celebra ä Bucarest les
fdtes de Päques, de TAscension et de la Pentecöte. Paul d'Alep decrit ensuite
les ditTerents endroits oü le patriarche et lui se sont rendus pour obtenir des
subsides. Le 1°' septembre 1658 le patriarche etait ä Pitesti.
Le depart de Bucarest eut Heu le 9 septembre. La description du cou-
vent de Slobozia lenachi, l'arrivee ä Galatz, et d'autres evenements historiques
comme l'invasion des Tatares en Hongrie, la revolte de Hassan Pacha, etc..
sont decrits en detail. L'arrivee ä Galatz eut Heu le vendredi soir 17
septembre, et le depart le 13 octobre 1658.
Le patriarche arriva par bateau ä Ismail et de lä par la iner Noire, passant
par Constantsa, Varna, etc.. atteignit Sinope (parcourant ainsi une distance
de mille quatre cents milles selon le calcul des gdographes) le premier
jour du careme de Norl (16 novembre). 11 y feta TEpiphanie. II ([uitta cette
ville le samedi matiu, dernier jour de janvier, passa pur Tocat, Sivas, Cosaröe,
quePaul d'Alep decrit minulieusomeiit, et, traversant l'.Vsie Mineure, il arriva
au fleuve üjihau et dans la ville de Zeitoun. 11 ne cclöbra pas la f6te de Pi\ques,
hätant son voyage pour arriver ä üamas. 11 passa d'abord par Kiliiz
et arriva le jcudi soir 21 avril 1659 ä Alep oü il fut re^u par le metropolitain
de la ville et saluö par Ryr Melece, mötropolitain de Tripoli, Kyr Nicolas,
[11] AVANT-PROPOS. 11
metropolitain d'Akkar, Kyr Neophyte, mötropolitain de Laodicee. Les habi-
tants d'Alep portereut plainte contre leur metropolitain qui s'etait mal coiiduit
ä leur ögard peiidant l'absence du patriarche.
iVJacaire quitta Alep le 21 juin et arriva ä Hama, puis ä Homs oü il fut
re^u par le metropolitain de cette ville (un second Ariiis. d'apres le dire
de Paul d'Alep). Enfin il arriva le vendredi l"' juillet lü^y ä Üamas oü le
metropolitain de Sidon (Saida), celui de Beyrouth, celui de Baalbek et celui
de Tripoli viurent le saluer. Le patriarche visita le couvent de Sednaya, le
l'' septembre. 11 prepara le saint chreme pendant la semaine sainte. Paul
d'Alep donne la description detaillee de cette prcparation.
Un evenement important eut Heu : ce fut la convocation d'un synode
destine ä juger le metropolitain de Homs, Ibn Amich, pour certains delits
graves. Melece, metropolitain de Tripoli, Philippe, metropolitain de Beyrouth,
Jeremie de Sidon, Nicolas d'Akkar, Neophyte de Laodicee, Gerasime de Zab-
dani, Gregoire de Hauran et tous les pretres de Damas y participerent.
Apres un sejour d'un an et quatre jours ä Damas (du 1°' juillet 1660 au
4 juillet 1661), Macaire se rendit le 3 juillet au couvent de Sednaya et visita
le diocese. II revint ä Alep le 7 mai, apres avoir cel^bre les Päques ä Hama,
oü il consacra Neophyte conime metropolitain.
Le recit de Paul d'Alep se termine ä la date du 15 juillet 1661.
En resurae : Macaire commenga le voyage le jeudi soir 9 juillet 1652.
Partant de Damas, il arriva ä Constantinople le 20 octobre 1652. 11 resta
dans cette ville jusqu'au lundi soir apres l'Epiphanie, puis il s'embarqua et
arriva ä Constantsa le dimanche apres midi. Le mercredi 12 janvier 1653 il
quitta Constantsa et le lundi 17 janvier apres-midi arriva ä Galatz, qu'il quitta
le mercredi.
II arriva k Jassy le mardi soir 25 janvier, le 22 novembre il alla en Vala-
chie, puis passa en Moldavie le 27 mai 1654; le 6 juin, il quitta Jassy pour
se rendre dans le pays des Cosaques. Le samedi matin 10 juin, il traversa
le Dniester et debarqua ä Räscov.
II passa ä Kiev, puis ä Moscou et retourna par le meme chemin ä Räscov,
le 15 aoüt 1656.
Le 23 aoüt il antra ä Jassy. Le dimanche 29 octobre 1656 il arriva ä
Focsani et le lundi passa ä Rämnic, visita la Valachiepour la deuxieme fois, et
partit par Galatz en Orient, le 13 octobre 1658. II s'embarqua pour Sinope,
traversa l'Asie Mineure et entra ä Damas le vendredi 1"' juillet 1659.
Le reste du temps, il l'employa ä visiter son diocese et ä regier les affaires
qui etaient en retard par le fait de sa longue absence. Le manuscrit en
donne des relations jusqu'au 15 juillet 1661.
12
AVANT-PROPOS.
[li
1° Im Chronologie et Ja correspondance des heures.
Pour son recit, Paul d'Alep emploie l'annee ecclesiastique qui commence
par le mois de septembre et compte les annees de la creation du nionde ä la
maniere grecque, 5508 ans de la creation jusqu'ä Jesus-Christ, plus les
annees apres la naissance du Christ. Pour savoir la date correspondaute, il
faut döduire des annees mentionnöes par lui, 5508 s'il s'agit d'une date avant
le V septembre, et 5509 pour une date qui depasse le 1" septembre jusqu'au
l"'' decembre.
Pour les heures de la journee, il se sert de la methode employee par
l'Eglise, enipruntee au Nouveau Testament et en usage en Orient.
Voici le tableau coraparatif des heures :
Les heures
occidentales
6 matin
7 . . . .
9
10
11
12 midi
1 apres-midi
2
3 .
4
5
Les heures
Orientales.
. 12
1
2
3
4
5
6
7
8
9
. 10
. 11
Les heures
occidentales
6 soir. .
7 . . . .
8 . . . .
9 nuit. .
10 . . . .
11 ... .
12 minuit
1 . . . .
Les heures
orientales.
12
1
2
3
4
r.
6
7
8
9
10
11
Voici les noms des mois employes par Paul d'Alep avec leurs correspon-
dants dans notre calendrier :
Iloul
J-^.'
septembre
Tichrin elaoual
J.^'
U^-J^.
octobre
Tichrin essani
JW^
^â– J^
novembre
Kanoun elaoual
â– J.^
jy"^
decembre
Kanoun essani
^JUJI
üy^
janvier
ichbatii
Liii
fevricr
Adar
,b!
niars
Nissan
r>W
avril
Yar
^'
mai
Ilaziran
Jßr-
juiii
Tamouz
*•
juillet
Ab
wl
aoüt.
[13] AVANT-PROPOS. 13
Le nonibre des jours est compte romme dans le calendrier Julien : mois
de ;iO et 31 jours; le mois de fevrier de 28 et 29 jours selou quo l'ann^e est
bissextile ou non.
2° Les manuscrits et leur valeur.
Nous connaissons des copies en entier et des Fragments de copies du
voyage du patriarche Macaire d'Antioche, sans connaitre roriginal.
Les copies sont :
i. Le manuscrit de Paris, conserve k la Bibliotheque Nationale sous le
n»60I6.
2. Le manuscrit de Londres, conserve au British Museum sous le n" 802-
805.
3. Le manuscrit de 1700, conserve au Musee Asiatique de Leningrad
sous le n" 33, dans la coUection du patriarche Gregoire IV d'Antioche.
4. Le manuscrit qui se trouve ä Moscou dans les archives du Ministere
des Affaires etrangcres, copie sur le manuscrit de 1700, en 1859.
5. Le manuscrit du Musee Asiatique de Leningrad, autrefois ä l'Institut
des Langues orientales, copie sur le manuscrit de 1700, en 1847.
6. Le manuscrit de la Bibliotheque Publique de Leningrad, copie aussi
sur le manuscrit de 1700, en 1849.
7. Le manuscrit d'Alep, qui se trouve aujourd'hui ä Alep.
8. Le manuscrit incomplet appartenant ä A. E. Krimski, qu'il a acquis du
couvent de Sednaya, mentionne par Mourqos dans son ouvrage ' .
9. Le manuscrit vu par Senkovski ä Aintour dans le Liban, chez Arid,
manuscrit ecrit en caracteres syriaques, comme c'est l'habitude chez les
Maronites. Cette Information est donnee par Mourqos et par Archiva Romä-
neascä.
De ces neuf manuscrits nous en connaissons sept, les deux autres sont
sans grande importance : Fun etant un Fragment, l'autre, d'ailleurs introu-
vable, ecrit en caracteres syriaques. Des sept autres manuscrits, trois etant
des copies du manuscrit de 1700, n'ont pas une grande valeur scientifique.
II reste donc le manuscrit de Paris, celui de Londres et celui de 1700.
Etant donne que Mourqos a fait sa traduction sur les trois copies du manus-
crit de 1700 et qu'il signale des lacunes qu'il comble d'apres la traduction
anglaise de Belfour â– , les trois manuscrits donc sont incomplets. Celui
de 1700 sur lequel ils ont ete copies est aussi incomplet et ne peut servir
ä grand'chose. Nous avons compare le texte du manuscrit de 1700 avec
1. IlyTeuiTeoTuie aiiTioxiiicKaro naxpiapxa Manapia bT) Pocoiro b^ iiojioBiin-fe XVII BtKa.
MocKBa 1896, V, p. 177 seq.
2. Belfour, The Travels of Macarius palriarch ofAntioch, London, 1829-1836, 2 vol.
14 AVANT-PROPOS. [14]
celui de Paris et cette comparaison prouve l'inferiorite du manuscrit de
1700.
Le manuscrit de LonJres, d'uue tres belle ecriture neskhi, est aussi plein
de lacunes, consistant en Tomission des textes grecs et arabes. D'apres la
comparaison que nous avons faite, le manuscrit a de nombreuses fautes d'or-
thographe, ce qui en rend la lecture difficile.
Le manuscrit de Paris raste seul. 11 sert de base ä notre travail; nous le
croj^ons le plus complet et sans beaucoup de fautes.
II serait trop long de faire ici une comparaison detaillee des raanuscrits que
nous avons indiques. C'est l'objet d'un travail ä part'.
Le manuscrit n" 6016 dela Bibliotheque Nationale de Paris, contenant le
voyage du patriarche Macaire, forme un seul volume. La reliure en cuir, sans
ornementations importantes, est moderne, faite plus tard que le manuscrit,
qui date probablement de la fin du xvii" siecle. II contient 311 folios en
ecriture neskhi sur papier ordinaire. La feuille comprend 22 centimetres de
long sur 15 centimetres et demi de large. Le texte comprend 16 centimetres
trois quarts de long sur 11 centimetres un quart de large, avec 25 lignes ä
la page.
Au commencement, sur la premiere feuille, on trouve : ySs:-] j^' iJ Jü
deux fois, avec la signature probablement >— -^t*- ^_5A-=^, puis sur le premier
folio, le numero du manuscrit 6016 ajoute par la bibliotheque au moment de
Tacquisition, et ä cöte quelques mots indechilTrables.
Le premier folio verso commencc par les mots : ^=-|Jt jIM ^ et le folio
SM'" finit par Ujb aD ^^Ij.
Selon la place que la description occupe dans le manuscrit, il peut se par-
tager en plusieurs parties :
1° L'introduction et l'histoire abregec des patriarches d'Antioche depuis
Theodore Balsamon jusqu'ä Macaire, son ministere comme metropolitain
d'Alep et patriarche d'Antioche, jusqu'ä son depart pour Constantinoplc
(fol. i'o-ir»).
2" Le döpart d'Antioche, la traversee de TAsie Mineure, le sejour ä Cons-
tantinoplc, le depart et Farrivöe en Moldavie (fol. 12'" ^— 28'" 1. 5).
:}" La description detaillee de la Moldavie (fol. iH'" 1. 6 — fol. 50" 1. 5).
4" Le röcit du sejour en Valachie (fol. 50'° 1.6 — fol. 64'" 1. 14).
5" Lc voyage dans la petite Russic jusqu'ä Kiev et dans la grande Russic
jusqu'ä Moscou, Novgorod et leurs environs, le retour ä Kiev et en Mol-
davie (fol. 64'" 1. 15 — fol. 262" 1. 8).
1. Cf. Basile Radu, Voyage du patriarche Macaire, etude preliminaire, Paris, 1927,
p. 17 seq.
[15] AVANT-PROPOS. 5
6° L'entree en Moldavie que le patriarche ue fait que traverser, puis la
description Je la Valachie (fol. ^262'° 1. 9 — fol. 293^° l. 1).
7° Le voyage de Galatz ä Sinope, puis ä Unieh, la traversee de l'Asie
Mineure, l'arrivee ä Damas, l'accueil fait par la population et le clerge, las
dispositions prises ä cause de sa langue absence, la visite du diocese, etc.
(fol. 293'°-3H'").
l,e manuscrit est de deux copistes, sans date et sans nom de scribe. Onne
saurait airirmer avec certitude que la premiere partie soit l'original ecrit par
Paul d'Alep. U reste ä en etablir l'identite, d'apres les textes ecrits par lui,
qui se trouvent ä Leningrad ou ailleurs.
La premiere partie coinprend les folios r''-230'°, la deuxieme les folios
231â„¢-311"'.Les titresetles notes marginales sontecrits parle deuxieme copiste ;
cela indique que le premier n'avait pas mis les titres, se reservant de les ecrire
ä Teuere rouge, comme on le voit sur quelques pages : fol. 113'°, 134'",
135'''' etc. Le deuxieme copiste a comble cette lacune, en ecrivant les titres
dans la premiere partie ä Teuere noire et dans la deuxieme ä Teuere rouge.
Quant aux espaces libres qu'on observe, les uns doivent marquer la
Separation des chapitres, par exemple : fol. 4", 4'°, 11'° etc.. ; d'autres sont
reserves aux textes grecs ou russes que Tauteur avait Tintention de mettre et
dont il a donne la traduction, exemple : fol. 81''°, 111™ au bas de la page, 112''°
au haut et au bas de la page, 115'° au haut et au milieu de la page.
Les titres ä Tinterieur du texte et les noms propres sont ecrits ä Tencre rouge.
La langue employee dans le manuscrit est le dialecte d'Alep, avec beau-
coup de fautes de grammaire et de syntaxe, des raots dialectaux, rares, d'au-
tres usites par Tauteur dans le sens de Tepoque. C'est pourquoi le texte
devient difficile ä lire et ä traduire. Le lexique est tres varie et tres interessant.
II contient encore des mots turcs que Tauteur emploie pour certains termes
qui ont besoin d'etre expliques, des mots grecs en caracteres grecs, quand
il cite des phrases entieres, et en caracteres arabes, des raots parfois estropies,
des mots roumains pour lesquels il forme le pluriel selon le type des qua-
drisyllabiques de la langue arabe : J=.i pl. .LLi; ,1) pl. c^L^; des mots estro-
pies, ex. : ^^j5Cjjj<^ Jt pour ^^^-^ j^j^^ qu'on trouve plus loin, fol. 26r°, ecrit
correctement ;yUja (Uman, une ville en Russie) qu'il öcrit plus loin yUjI. II
serait trop long de faire une comparaison entre differents mots incorrects
que Paul d'Alep emploie dans son ouvrage.
L'importance de Touvrage de Paul d'Alep, si nous laissons de c6te les
exagerations de chiffres que nous trouvons un peu partout, reside dans le
fait qu'il raconte ce qu'il a vu avec exactitude, parfois en detail, parfois tres
16 AVANT-PROPOS. [16]
succinctement. La descripiion des evenements historiqiies, des paj^s, des
regions, des villes, des villages, des eglises, des palais, des maisons, de
riiabillement, des moeurs, est faite avec precision. G'est pourquoi cette
Oeuvre constitue un document externe de l'epoque d'un tres grand interet
pour l'etude de l'histoire.
3° Les tradtictions et hur valeur.
FjB raanuscrit du voyage du patriarche Macaire a ete traduit ä diverses
epoques sur des manuscrits diirerents. De nos jours, nous connaissons des
traductions faites sur le texte arabe et des traductions d'apres ces traduc-
tions.
1. La traduction anglaise faite par Belfour, The Travels of Macarius,
Patriarch of Antioch, London, 1829-36, 1 voL in-4°, d'apres le manuscrit de
Londres.
2. La traduction russe de tout le manuscrit, faite par Mourqos, nyxe-
uiecTBie aHTiüiilcKaro naxpiapxa MaKapiü Bt PoccIk) wh no.ioBiiH'fe XVII
B'bKa, oniicaHHoe ero cbiHOMbapxii^iaKOHOM'b naB.ioMT>A.ieniicKiiM'b, nepe-
Bo^-b c'b apaöcKaro MocKBa, 1896, d'apres les trois manuscrits de Russie :
1847, 1849 et 1859.
3. La traduction roumaine faite par G. Popescu-Ciocänel pour une partie
du manuscrit de Paris, publice d'abord dans « Buletinul Geografic » An.
XXIX, n" 2. Bucarest.
Les traductions faites sur les traductions anglaise ou russe sont frag-
mentaires. En dehors de celles qui sont mentionnees par Mourqos, pour la
partie concernant la Moldavie et la Valachie, nous avons les traductions
suivantes :
1. La traduction roumaine du premier voyage en Moldavie et en Valachie,
faite d'apres Belfour, par l'historien roumain B. P. Häjdau, dans la Revue
« Archiva Istoricä », T, 59-111, Bucuresti, 1865.
2. La traduction de C. Negruzzi, d'apres Salaviev — qui ä son tour l'a
faite d'apres l'anglais — sous le titre : « Cälätoria arabiilui patriarh Macaric de
hl Ahp hl Mosern, prin Moldova si Tara liomäneascä », publice dans la Revue
« Archiva Romäneascä », lasii, 1862, editiunea a doua, p. 140-164, tres
incomplcto.
3. La traduction roumaine d Emilia Cioran, faite d'apres Belfour sous
le titre : « Cäläloriile patriarchiilui Macarh de Antiochia hi Tnrüe Homane I6r>3-
1658 », Bucuresti, 1900. Cet ouvrage contient le premier voyage du patriar-
che en Moldavie et en Valachie, reproduit d'apres la traduction de B. P.
Häjdau, avec certaincs correclions, et son deuxi6me voyage en Moldavie et
en Valacliie, apres le retour de Moscou, fait sur le texte de Belfour.
[171 AVANT-PROPOS. 17
D'apres la comparaison que nous avons etablie, ces traductions n'ont pas
une trös grande valeur, parcc qu'elles sont faites seulement sur certains
manuscrits qui, eux-memes, n'out pas une valeur certaine.
La traduction de Belfour abonde en lacunes et en fautes de traduction,
concernant ridentification des noms propres, des termes ecclesiastiques
eraployes par l'auteur assez frequemment pour la description qu'il fait : en un
mot, il a laisse de cöte les difTicuItes serieuses qu'il rencontrait dans le texte
et les passages qui lui paraissaieut inutiles.
La traduction de Mourqos est meilleure sous tous les rapports. Le
traducteur s'est efforce de reudre tout le texte; niais, comme il utilisait des
manuscrits contenant des lacunes, il lüt oblige de traduire d'apres Belfour
les passages qui lui manquaient, croyant que celui-ci donne dans certains
endroits la traduction entiere du texte arabe. Ainsi s'explique pourquoi les
lacunes que nous trouvons dans la traduction de Mourqos sont aussi nom-
breuses que Celles de la traduction de Belfour.
II a utilise seulement les manuscrits mentionnes par nous, sous les n"' 4, 5
et 6, manuscrits abreges, negligeant le manuscrit de Londres qui, en depit
de ses lacunes et de ses fautes, represente un instrument de travail utile
pour la comparaison, de meme le manuscrit de Paris qui 6tant complet et
bien ecrit est un instrument de travail plus precieux encore.
La traduction roumaine, faite par G. Popescu-Giocänel, pour le commen-
cement du recit, jusqu'ä l'arrivee du patriarche ä Phanar dans la ville de
Constantinople, et pour la derniere partie du manuscrit concernant la fin du
voyage en Valachie, quand le patriarche fut de retour de Moscou, est sans
valeur, parce que l'auteur, sans parier de ses fautes de traduction, identifie
tres mal les noms propres et ne connait pas les termes employes par Paul
d'Alep dans ses differentes descriptions. 11 passe sur les difficultes d'une
maniere tres legere, de sorte que sa traduction ne peut etre d'aucun secours
aux historiens.
Le texte arabe de ce voyage n'a jaraais ete public, peut-etre pour le motif
que Toriginal n'a ete trouve nulle part. Les traducteurs, n'ayant eu que
des copies contenant des erreurs et des lacunes constatees par eux-memes,
n'ont pas ose entreprendre un travail qui, au point de vue scientifique,
n'aurait eu aucune valeur.
Gonstantin Bacha a public un fragment du manuscrit de Paris, collationne
avec celui d'Alep, dans un livre intitule : ^-^=s^' i^j'-j^^"" ^^^^M' '^j'^ ij^ ^^
PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 2
18 AVANT-PROPOS. [18]
« Extrait du voyage du patriarche Macaire d'Alep ». Ge livre contient la
premiere partie du voyage, selon le manuscrit de Paris, onze folios et la der-
niere partie, quand le patriarche retourna ä Damas, venant de Russie, selon
le manuscrit de Paris, ä partir du folio 303" 1. 1 — folio 311'" 1. 10.
Le texte est plein de changements ä chaque page. L'auteur a voulu corri-
ger les fautes d'arabe de Paul d'Alep, supprimer certains mots inutiles et
en ajouter d'autres. 11 a eu tort, parce que pour donner toute sou importance
au manuscrit on doit le laisser tel quel : au point de vue linguistique,
c'est un document remarquable.
Le texte que nous publions est celui du manuscrit de Paris, coUationne
avec celui de Londres et celui de 1700.
Les notes que nous donnons au bas des pages sont necessaires pour l'in-
telligence du texte et de la traduction. Pour ces notes, j'ai utilise en premiere
lio-ne Celles que j'ai trouvees dans les traductions susmentionnees, et
d'autres tirees des ouvrages äcritsen roumain et en frangais par M. N. lorga,
professeur ä l'Universite de Bucarest, et qui Ferment, pour la partie du voyage
en Moldavie et en Valachie, de precieux Instruments d'information.
Basile Radu.
Paris, 29 decembre 1926.
J.^J Uj ^X>^\ J3VI l^-^.Vl A>._jJl 4)1 p; * ♦ fol. 1 V.
jUI 'bCJ Iv^^jj (>j"Vl J^j ^U* ^: '-V-'J '*^^ üi^ l5-^^ "^ -^^^
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j_^ llu^ ^jli^Üj JjliJlj JUjLilj -^UJi ^J ^^3 V^^J V^ jTr^^ «-^ ij ^^li
jUjVl ^_L- ^-^ \\j-^ ^j-y jVi jljl J^ es* '-^^ ^t*^ '*^-^ "S*^ ts^r'i '^jif.
^^j^\ ^jkSVl ^ji^iiJl v>lJ ^ Ü >^ il ^i ^_^1 ^^yS^\ er^ J^
^j>ji '^ ^^."^j>!i f^^i :^i ^ü^vi 4,^kü ^yß\. J J ^/s\
1. L om. ^;oa^; add. : ^i\^\ ücj jJiJ. Le manuscrit de Lgrd de 1700 omet le
titre. Dans une des copies conservees au Musee Asiatique sous le n" 932 on trouve le
titre : J^'^l JJ! ^^wJ-H3! p^lj ^^^'j ^\ *->. — 2. Lgrd 1700 om. \^jy
' kxi nom du Dieu unique, eternel, sans commencement et perpetuel. » foi. 1 v°
Nous lui demandons secours.
INTRODUCTION
I. MOTIFS DU VOYA.GE.
Louange ä üieu qui a orne le ciel et l'a eleve sans colonnes, qui a
etendu la terre et l'a faite pour l'habitation des hommes et pour la croissance
des fils de notre pere Adam, de sorte qu'ils sont devenus des peuples innom-
brables et s'y sont multiplies. Ils y ont construit des villages, des villes et
des cites dans chaque climat, contree et region, au sud, au nord, ä l'orient
et k l'occident. Louange digne de sa souverainete et qu'il convient de pre-
senter ä sa divinite toujours, en tout temps, continuellement, perpetuelle-
ment et dans tous les siecles.
Ensuite, moi, humble serviteur, celui des hommes qui a le plus besoin
de la misericorde de Dieu raon Seigneur, Paul, appele archidiacre ou diacre
orthodoxe d'Alep, j'etais fils legitime du pere le plus distingue, le plus saint,
le tres honore et tres estime Kyr, Kyr Macaire, patriarche d'Antioche, fils
20 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [20]
pJj 1a> ^. ■d.alJi iiJVl <J^ .S^J ^J :jr^ß '■^Vi J_^^\ ^^3^\ ^--Jl XA
^^9 ._odl Cb |_^1 JlLUL P•^^l ^y- t^^ ^j:^ J-« i' 1-^1 i^.-^ -üi!! Jas |_^ .Ai.
••L. ^Ij-Ol ^^ CjU i~.Ä^l «JIjsl J-U Zj^^ vSl^J ,_5^ CiLtl^ il_^ J -^^ ^[j
Ui ^Lill (3^^ ö)_A^ A:Uy_ Cr^ _ja ^JJl »llJl k_i|^l ^~;^^1 i^lLVI lSjhJ\
SjaUI -»o_ <r^ls f;l ^^^l j^J,\ a^jcj a._xJ! ^1^ ^\y>-\ Qu U Sju <J f^ju cJ
^ f^Jo, JL Ijlj Vj V GbjIX, C>.>1, V ^jj:>Jlj ^Ji\j ^>ül ^^U1 ^1_^ ^]|
(^_^LJ1 ij'j^^] ^ dU^iaJl («^p:^! ^lo- Xu, ^^ilj-eljl j^j^l ^_5-_;iOl i^Ac cJl^
1. L habet : L-jx-^^».
du defunt prt'tre Paul, fils du prctre Abd-Elmasili, El-Protos, connu sous le
nom de la famille de Za'im. J'ai ete öleve dans rintimite la plus continuelle
avec lui, et nulle autre compagiiie ne me plaisait tant que la sienne, parce que
toujours, depuis le temps oü je fus sevrö par la mort de ma mere, il endura
pour moi bien des fatigues, et je n'eus autour de moi nul autre qui dissipät
mon chagrin. Je me nourrissais de ses paroles reconfortantes, buvaut toujours
l'eau de ses instructions douces qui desalteraient. Je lui obeissais en toutes
choses, et oü il ctait, j'etais toujours en sa compagnie, tout le temps sans me
separer de lui.
Lorsqu'il fut elu et devint metropolitain d'Alep pendant douze ans et
apres qu'il fut eleve au siöge du palriarcat d'Antiocbe de Pierre, siege de
premier rang, qui est etabli aujourd'liui dans la ville de Damas de Syrie,
il nc cessa de le diriger pendant un ccrtain temps, dominant la Situation
par ses jusles conseils et sa ferme volonte, jusqu'ä ce quo la main de la
Providcnce le conduisit a travers des pays lointains, des villages, des iles,
non comme un spectateur qui se promenc, ni comme un visiteur, niais force
par les diniculics du temps, poussö par la necessit6 et non de son bon
gre et cela lorsque nombreuses etaient les dettcs qui pcsaicnt sur le siege
patriarcal, dettes laissües par le defunt patriarche Kutliymo de Chio. Ellas
avaient augmenir par Taccroissemeiit de nonibreux inlerets, au point que les
lidelcs n'eurent plus le moyen de les payer parce qu'elles s'etaient clevres
[21] INTRODUCTION. 21
^1 ^^r-VI d)li jj^ iUtJJ C=-lj >— iv^i ^r^*l 1-*-* ^^ Lr?^ S^3 All^ vi-U-U ^^^J»!^
J.X;I ijlw ^v«-" (5^ ^Ua- V3 !>^i A»-l Vo XAäJ Vj \L^^ dAJi Xfr 'O Aäj Ai
(Ju-Jl ljii>U ^y«»jJl ^(Japtil pc_jl»jl tÄi ^,»-~Jij <»-»X)l -UaSj AsJlj -K>c)\ -^U^ ^-»?JJ * i'ol. 2 r
(♦(^LILL- A,li-5 (»jJj:> ""All >»lil ^2^j_^j-t^ ^s^LäSI ■iJUVIj AJistJI <CljjJl A;-^^ iV-^J^r^^
^ Liü jiLa)' j_gll»-'j |_5i>^ Aa-l _jA^ ^■^=" j^ A-' ^^-^ ■^^ i^^ '— ^J J-IfrLi
a;L''j AJy -^JJ ^^lib ir-^** -"^ lȀiLJi J-iliJl 'r'i.'^'^^i f^r^^' r"^^ >*J j.S~*"-J t^-^J
1. L habet : tjl^~.j..
considerablement. II fut rendu perplexe par cette Situation precaire et en
eprouva une inquietude intolerable, mais il ne trouva ä cela ni remede, ni
secours, ai Solution. II se mit ä faire effort et s'engagea dans la voie de
l'endurance * et de la perseverance. II se proposa de partir et de s'engager " loi. 2 r-,
sur les routes penibles et difficiles qui menent aux sentiers agreables, je veux
dire les mers immenses et debordantes, qui ne sont autres que les gens
aux vertus elevees et aux caracteres exquis, secourables aux malheureux et
gönereux envers les suppliants. Ce sont les rois assistes [par Dieu], victorieux,
et les princes, les voivodes pieux, celebres par leur vraie religion et leur
loyale fidelite — que Dieu eternise leur dynastie, conserve eternellement leur
empire, affermisse leur existence et les soutienne dans l'horizon de leur haute
Situation! [II voulait] demander ä l'excellence de leurs bienfaits et de leur
generosite d'acquitter ses dettes et de l'aider ä affermir la religion. J'ai vu
en ce temps-lä que je devais etre pour lui un compagnon capable de partager
la fatigue et la peine du voyage et de la route. Nous nous sommes prepares
avec I'aide de Dieu et nous nous sommes decides ä partir.
C'est alors que Tun de mes arais intimes, vraiment sincere dans son affec-
tion et son amitie pour moi, le frere respecte, cultive, excellent, honorable,
unique de son temps et de son epoque, je veux dire le diacre Gabriel, fds
du defunt Constantin Assäyegh, d'une integrite et d'une education parfaite,
22 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. |22]
f^ ^Ji ^'^•5J ^L-c—* '-^^ (>*^ (xj:: ^kA^\ j\ jUJl >_)^VIj jj^^UJI j».Ul_j A.U1
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(3^ (^j tlr^^ ls^ ^r^^" >^^ ^„rr^ Uj^' «l»^*^ o^i (.^--^J (jtr^J^*^' ^-H/f «s*
(c-L^j Aj'ajbLi ^^l; L. v::.Iä^ jl ^1 \^E^ lyj l^Jlälj l^jlS jl A^j l^-Ua, j^^-l
^^^iä^-V L» fj;\ 'cXmski ».^»äJI /v>J *-^ (T**^' ir*J "Cä-ö ^j^ ^::«1jj o«a-- L>t.c>=.^
c-j* U-o j_^l iJiXs^ U ^;_U U Tt-^lj ^-.=>c».w*!l ^M, j^gll Laj \.,3> \^\ ijj
j^U lÄA jl^ il t^-^j ^^M; ^1 liAfr jl Ji\ d)l> L;i.lslj j;^! üL_. j^ l;jcc
d'une Science superieure, m'exprima le desir de me voir coraposer une liistoire
qui contiendrait la relation de notre voyage jour par jour durant tonte notre
absence, la description des diverses choses des pays que nous devrions
parcourir pour que tous pussent controler Texactitude des recits qu'ils enten-
draient ä ce sujet et des allusions qui y seraient faites. Je ra'excusai aupres
de lui, m'avouant incapable d'executer pareil travail et depourvu des qualites
qui convenaient ä ce but, c'est-ä-dire l'art de la syntaxe et du style et la
bonne ordonnance des phrases, que possedent les ecrivains de talent, les
seigneurs honorables. Je lui demandai de m'exerapter de ce qui m'etait
impossiblo, surtout parce que nous voyagions avec fatigue et avec häte.
II n'accepta pas de moi cette excuse, iasista dans sa demande et y persevera.
Alors je reveillai mon energie, je tendis ma main vers le but, non pour me
classer dans la liste des bistoriens, mais pour allirmer les cboses noinbreuses
qu'on niait aux rapporteurs et que personne ne croyait, car on pensait que
l'auteur, les rapporteurs racontaient des legendes qu'ils inventaient; je
voulais constater de mes propres yeux la veritö de leurs recits et ronlendre
de mes orciiles. De fait, cette v6ritö fut confirmee chez moi, non seuloment
en partie, mais tout entifere, c'cst-A-dire quo je la remarquai de mes propres
yeux quand nous partlmes pour le pays des cbretiens. Alors nous vimcs tout
ce que nous raconterons, c'est-ä-dire tout ce que nous constatümes dans le
cours de la route et pendant notre söjour lä-bas, jusqu'ä notre relour dans
notre pays oü nous 6crivimes. Car cela avait toujours etd ma pr^occupation
[23J INTRODUCTION. 23
^Uai-V'j S»ä!' ,_....,•>■JLi Lo ^i ^ k::«i!i)j "VäUi^i ^ ^r— ■" '-• c:*«-»^ isO-^
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des raoii enfance, de lire et recueillir les chroniques. Je les ai longuement
parcourues et m'y suis appliqiie de toutes mes forces; j'en ai rassemble tout
ce que j'ai pu, y employant tout mon zele et mon pouvoir. Je souhaite que
cela soit un agrement pour le lecteur et uri divertissement pour l'esprit, et que
le Dieu Tres-Haut soit loue par ceux qui TecGuteront * et le liront quand ils * loi. 2 v
auront comprisles descriptions, les recits interessants qui y sont renfermes, et
que les cliretiens en retirent toutes sortes de biens. Ils apprendront ce qu'il y a
ohez ces croyants de nobles coutumes, leur application ä la beaute de la devo-
tion dans la plus large perseverance et leur recherche de la perfection dans
la pratique des jeünes et des prieres successives, la purete de leurs sentiments
religieux, la sincerite de leur foi, la droiture de leur conduite, la limpidite et
la purete de leurs intentions, de leur conscience et de leur generosite, c'est-
ä-dire ce que nous decrirons et preciserons plus tard : c'est ce que nous
avons pu voir de nos propres yeux, puis nous le commenterons. Mais j'ai
aimö, pour honorer mon pere, ä citer d'abord les patriarches d'Antioche qui
l'ont precede et qui furent dans la ville de Damas de Syrie, depuis les temps
les plus anciens jusqu'ä maintenant : nous demandons l'assistance et le
secours de Dieu le Tres-Haut Createur, dont grande est la dignite.
II. — Transfert du patri.vrcat d'Antioche a Damas.
Nous commencerons d'abord avec la direction du Tres-Haut, dont l'ex-
cellence est parfaite, par examiner les causes de l'etat du patriarcat dans
la ville de Damas de Syrie. Lorsque fut 6lu mon appui, monseigneur le
24 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [24]
>_A^ Ap-V <\-s>t.^~Jl CUl jLiI o_^ ^ yt> [a, J "0_^l i>(s ^_!^ ^[sl^ Jüil
patriarche sur cette ville, comme il en sera fait mention detaill^e par les
nouvelles coniiues, je consultai tous les livres du palais patriarcal, puis ceux
qui sont dans les maisons des notables chretiens, pour trouver les causes
du deplacement du patriarcat de la ville de Dieu la grande Antioche, ä
la ville bien protegee de Damas. Mais je ne parvins pas ä mon but et je ne
contentai pas mon desir. Je passai alors ä l'examen des chroniques ancien-
ennes, poursuivant le but propose et recherchant le motif et la cause, jusqu'ä
ce que m'apparüt ce que fit le roi Az-Zäbir Bibars Al-Boundouqd;\ri, sultan
celebre d'Egypte ', lorsqu'il se dirigea vers [Antioche] en Tan 666 de l'hegire,
1. La Syrie, conquise par les Arabes sous le califeOmar en 635, l'ut reconquise en 9ü9
par les Byzantins sous Nicephore Phocas. Ehsuite eile passa dans les mains des diffe-
rents chefs revoltes, puis eile fut conquise en 1084 par les Turcs seleucides qui la
perdirent pendant la premiere croisade, 3 janvier 1098. On fonda la principaute d'Antioche
sous Bohemond. En 1187, le Sultan d'Eg-ypte Saladin conquit la plus grande partie de la
Syrio. Le 19 mai 1268, eile fut conquise par le sultan Bibars. Apres, eile passa sous la
domination des Mamelouks qui reculerent devant l'invasion de Timourleng. Lc sultan
Selim I conquit la Syrie, qui depuis cette data resta uns provincc turquc.
Le territoire conquis par les Chevaliers de la premiere croisade forma le royaume de
Jerusalem, la principaute d'Antioche, le district d'Kdesse et de Tripoli. Au patriarcat
d'Antioche apparlenaient la principaute d'Antioche et les deu.K districts et en 1191 on
ajouta ä la conquete l'ile de Chypre. Le premier patriarche latin elu vers 1100 fut Bern-
hard, eveque d' Athesie, originaire de Valence, et le dernier fut Christian qui inourut devant
l'autel en martyr quand Bibars conquit Antioche. La ville fut occupee et les eglises
devastees. Lespatriarches latins continuerent seulement nominalement.
Les patriarches grecs, apres Jean IV, residaient a Constantinople ou dans un diocese
quelconque du jialriarcat. Au xiii° sieclc ils residaient probablement en Bitliynio. Sous
Michel Paleologue (12G1-1283) le patriarche Euthyme vint ä Constantinople. Apres 12ü8,
Antioche eut de nouveau ses patriarches avec la rösidence k Damas. Le Quien, Oriens
Christianiis, II, 756-776.
Apres la conquöte de Bibars le patriarcat d'Antioche fut transfere ä Damas. Pour
cela on tint un synode compose de chretiens et de 7 prelals : les metropolitains de
Ilauran, de Baälbek, et les cvöqucs de Zabdani, de Sednaya, de Ma'ahiula, Yabroud. de
Qära et un tres graiid nombre de chretiens. Manu.<<crit du Musee Asialique de Lenin-
grad, n" 29, pag. 180, 1. 20-23. Sur la conquöte otlomane ci'. Divtionnairc d'hist. et de
[25] INTRODUCTION. 25
^ »Jt Lo 'ijS^j] <)Lw-J /t-~^J C ■"C— ^ LftA^aS jl L»J J»yJL«Ji r->ö^ jUaA~-
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comme il est ecrit dans les chroniques, sans que s'y attendissent ses habi-
tants, car il vint d'Egypte en häte et descendit au debut du mois de
ramadan. Un groupe de ses habitants alla ä lui, demanda gräce et proposa
des conditions qu'il n'accepta pas et il marcha contre eile. II la conquit le
samedi 7 de ramadan.
Oll a dit : lorsqu'il descendit devant eile, lui et ses generaux ainsi que
ses soldats s'imaginerent qu'elle ne pourrait etre conquise qu'apres une annee
entiere et que son siege serait sans profit. L'armee resta trois jours devant
ses murs et voulut installer les balistes pour le siege. Les soldats dresserent
les echelles en bois contre les remparts et monterent, mais ils ne trouve-
rent personne ä combattre. Ils occuperent donc la ville pendant la nuit ä
l'insu de ses habitants. Ils pillerent les biens, les effets, les chevaux, les
chameaux, les esclaves [hommes et femmes] en quantite indescriptible et incal-
culable. Ils ne recueillirent nulle part un butin aussi riebe, et ils tuerent plus
de quarante mille habitants. Ils incendierent ses eglises celebres dans le
monde entier, les detruisirent completement, reduisirent en esclavage le
reste de ses habitants et les emmenerent en Egypte oii ils trouverent l'ordre,
la protection et le bonheur. Une autre histoire dit : ce qui arriva ä Antioche
et ä ses habitants, de dominage et de mallieur, les langues ne peuvent le
geographie, vol. III, col. 635. Sur le transfert du patriarcat d'Antioche ä Damas, cf. Die
Ueberträgung des griechischen Patriarchats von Antiochien nach Dainascus in XIV
lahrhundert dans la Revue de Paderborn : Theologie und Glaube, 1911, t. III, p. 372-
379, cite dans le Dictionnaire d'hist. et de geogr., col. 631.
26 VOYAGE DU PATRIARCH E MACAIRE D'ANTIOCHE. [26] _
^ foi. 3 r». ,:^j UjLi'^jj.j l^_L:^ (.Aftj l^ 1>I ^j=,j UjL'^3 Ij^ c/ C*- ^'^' * ^-5-^' I
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^^JjVI <iLL;l <^jlL ^i ^t j> k.Si>l\ lÄA .jucJ^ U^ -(3:^=^' t5^ Ci^>ii.
1. L habet : ^^f:^^!.
♦ foi. 3 r. decrire, ni les manuscrits les contenir, * parce que le [vainqueurj a d^passe
toutes les bornes en frappant la ville, eii la detruisant, en chassant ses
liabitants, en ruinant les eglises et en rasant les vestiges, en dispersant les
cliretiens tant en Egypte que dans d'autres pays. Nous en avons assez dit
lä-dessus pour la conviction du lecteur,
Pour ces raisons, je fus convaincu que les chretiens n'eureiit plus la
force d'y retablir le siege du patriarcat selou l'usage habituel, et il me
parut evident que la cause de ce deplacement provenait de cette Situation
troublee. Lorsque je fus arrive ä la certitude apres beaucoup de peine et' de
travail, une autre decision fut renouvclee en moi et je redoublai d'ardeur, je
cherchai ä savoirqui fut le premier des patriarches ä Damas. J'esp6rais trouver
une histoire continue et detaillee oü serait mentionn^e la succession des divers
titulaires et la duree du sejour de chacun d'eux. Je ne Tai pas encore rencon-
tree, mais j'ai vu des histoires separees dans leslivres anciens et vöridiques,
qui contenaient la mention de tous, la duree du gouvernenienl de chacun d'eux
jusqu'änotre epoque, et leur totalitö, je veux dire de Tannee 6874 d'Adam ä
l'annöe 7156 de la cröation du monde, l'annee oü mon pöre fut elu patriarche.
Je me suis efi'orcö de r6unir ces parties söparees, d'en faire une histoire con-
tinue et exacte. J'ai donc prcscnte avec soin dans le recueil la nicntion des
Premiers patriarches d'Antioclic depuis saiiit Pierre, clief des apötres, jusipi'a
Elie et Christian ', patriarches laliiis, qui furenl patriarches i\ Anliochc, lors-
1. Sur VA'ic et Cliristian, cf. Le Quien, Oriens Chrisliamis, vol. III, col. 1161-1162.
[27] INTRODUCTION. 27
L? CäI A^lkil ÖA^ j,^L-Jl l^ptii U i^Vy^ Ajuj .jyJ o-j -tW^'' -u-pcü
i_gj (»-^l^yj j_/uJI ^>Lj iolL;! -^läJI "»^ül ö-u ^ic- (S%_^ lij^^j üjj>ijül Jj^
ftL«-vc- ^"x-j^i »j'ä-Jo a> a^- jt-j i^ ^ i-Jp *Aji) a^-A5nJL -^jLj>-i ^j^Ac *j.*^l ^«Aj^ i'y^J
1. L habet : jy^.j^j. — 2. L habet : ^j^^'- — 3. L add. "^.
qu'elle fut conquise par les europöens frangais en l'an 1274 de rincarnation
divine et dans l'an... de la creation du monde. Et apres eux, lorsque les
musulmans conquirent la ville d'Antioche comme le mentionnent les histoires
de TEglise que nous avons traduites du latin, on n'a pas connu les patriar-
ches qui y siegerent, exeepte quatre qui sont : Theodore Balsamon', men-
tionne dans le code des canons grecs, d'abord diacre et bibllothecaire de
Sainte-Sophie, la grande eglise de Constantinople, et apres un certain temps
elu et consacre patriarche sur la tres grande ville de Dieu, Antioche, et sur
tout rOrient, puis Joachim en l'an..., ensuite Hierothee en l'an..., enfin
Athanase en l'an... - Apres ceux-lä nous n'avons pu retablir Thistoire des
patriarches d'Antioche, ni avec les chroniques europeennes, ni avec les
grecques, ni avec les arabes. Leur fin eut lieu le jour de la conquete du roi
Az-Zähir, comme nous l'avons mentionne pour la ville d'Antioche.
Depuis cette epoque, les informations manquent completement, parce qu'il
n'a pas paru un nouveau chroniqueur pour continuer l'histoire des savants de
la religion chretienne, tout cela par suite des nombreux soucis et chagrins de
la captivite et de la misere qui frapperent les chretiens. J'ai vu cela ä la lin
1. Theodore IV Balsamon dans Le Quien, op. cit., vol. III, col. 763. II occupa le
siege du patriarcat d'Antioche entre 1185/1191 — apres 1195. Diciionnaire d'histoire et
de geographie, vol. III, col. 699. — 2. Hierothee, Le Quien, op. cit., vol. II, col. 76. Joa-
chim I", Le Quien, op. cit., vol. II, col. 76. Dans le Dict. d'hist. et de geogr., ces trois
patriarches sont omis, parce qu'ils n'ontpas de dates (col. 699).
28 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [28]
V "^V i-Uai /»< JiS Aj «.i."..'..J i.5_,Ä»j lIlS «CUa-j «Ua». ^Xc-
Aj^ ».j^ (j^ ic* vi^ij /gi^ (»LiJi ^,^i 4J)A*) LS^Ji) I fl '^j V« Jjl Ulj
iJjCfc <i JiÄ) (_UjIJ>ii^ di^i^iül /•jj>^l Jaio CiojL" IAs- CuJi Co Ä.>5^,LJ1
1. L habet : Jj.U:ir°.
d'uu ancien livre « la grande Encyclopedie » faisant partie des livres de Qärä,
ecrite par le moine Pimen k Damas, qui l'avait terminee le 18 avril de Tan
fol. 3 v°. 6724 * d'Adam qui correspond [dans le comput] des Arabes ä la fin de Dhoul-
Iliddjat de l'an 604, c'est-ä-dire au temps du grand patriarche Simeon
d'Antioche '.
Voilä ce que j'ai pu röunir dans Ics livres d'histoire de l'Eglise et ce que
nous avons trouve dans nos livres et dans les histoires des Latins.
J'ai reuni tout cela et an ai fait un livre ä part pour instruire tous ceux
qui le consulteront, parce que je ne puis ici le rcproduire, de peur de sortir
du sujet que nous nous proposons.
III. HiSTOIRE DES PATIUARCHES d'AnTIOCIIE.
En ce qui concerne le premier patriarche qui a röside dans la ville de
Damas de Syrie, j'ai vu dans certains livres du palais patriarcal une tres
ancienne liistoire ecrite par le feu patriarche Michel. II dit ceci :
1. Const. Baclia donne quelques dates sur les trois patriarclics que l'aul d'Alep laissc
sans date : Balsamon resida ä Conslantinople et iiiourul en 1202; .loachim de memo jus-
qu'aux croisades en 120'i, ensuite il parlit pour Nicc-c, vint ä Antioche et y resta jusqu'en
1212, sous la protection du prince Bohumond IV. Hiorothee suivit Joachim et resida ä
Nicee avec le roi et le patriiirche de Constantinoplo. 11 mourut en 1220. ;\tlianase qui fut
avant Balsamon resida a (lonstantinople et vint \\ Anlioclic en lUil pour benir le mariaffe
de l'Empereur grec Emmanuel avec la soeur du prince d'Antioche Bohemond III et resta
ä Antioche jusqu'en 1170 lorsque des grands troubles curenl licu dans cetle ville (i'^i-.,
p. 13, note 1).
[29] INTRODUCTION. 29
.A^JjääJI (3~*-^ OjliaJl C>jL^\ L« jJo
oL._) (j-^ /"-^^ f^l; (J^ lAVV o-, ^ LS_^_^^ jJ^jIä-^ jj»j^y>ti jjc jusj
1. L habet : Jj^C
« Debüt de rinstallation du patriarcat ä Damas la bien gardee.
« Lorsque le patriarche Ignace ' mourut ä Chypre, fut installe patriarche
apres liii Pacome â– metropolitaiii de Damas. II y siegea pendant deux ans et
fut depose. A ce qu'il semble, c'est lorsque le roi Az-Zähir fit sa conquete, que
Ignace s'etait enfui d'Antioche ä Chypre oü il mourut comme il a ete dit. »
Mais revenons ä notre sujet.
Apres Pacöme, MicheP devint patriarche en Tan 6877 de la creation du
monde. II resta sept ans et mourut le 17 aoiit Tan 6881 de la creation du
monde. Pacöme s'installa patriarche apres lui. II resta deux ans et fut
1. Pourignace, cf. Le Quien, Oriens Christianus, vol. II, col. 166;Dictionnaire cPhist.
et de geogr., vol. III, col. 699, qui le met sous le nom de Ignace Illavant novembrel344-
avant 1359. En ce qui concerne sa fuite ä Chypre, Const. Bacha dit que le recit de
Paul d'Alep est faux, parce qu'il participa en 1341 au synode de Constantinople contre
Gregoire Palamas. Cela resulte de Tepitrc lue par le metropolitain de Tyr au synode
qui s'est tenu en 1351. 11 vivait encore et fut expulse de Constantinople sur l'ordre de
Jean Cantacuzene. II mourut en exil et n'alla pas ä Chypre qui etait soumise aux croises
(s J_, p. 15, note 1). — 2. Pacöme, connu sous le nom de Pacöme I, occupa le siege du
patriarcat d'Antioche Irois fois : 1» avant 1359-1368; 2" aoüt 1375-milieu 1377; 3° avril
1378-19 dec. 138(5. Dictionnaire d'hist. et de geogr., col. 631 et 699. Cf. Le Quien, op.
cit., col. 767-788. Ici il faut une petite rectification en ce qui concerne la date de 19 decem-
bre proposee par M. Karalevskij dans le Dictionnaire d'hist. et de geogr. 11 s'agit de la
lecture d'apres les manuscrits de Paris et de Londres qui est : ja^J^ ^a-b' change en ä-'j
J^ — 19, mais en realite c'est 9 decembre. — 3. Michel I" occupa le siege de 1368-17
aoüt 1375, Dictionnaire d'histo're et de geogr., vol. III, col. 631 et 699. Le Quien, op.
cit., col. 767. D'apres la date indiquee par Paul d'Alep, 6881, comme l'an du deces du
patriarche Michel 1, en retirant 5508 parce que nous sommes avant septembre le com-
mencement de l'annee ecclesiastique, il nous reste 1373, mais d'apres la duree de son
patriarcat qui est de sept ans, il faudrait admettre la date de 1375.
30 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE DANTIOCHE. [30]
Ji*u iwi ö- jLj ^^^ ^it ^^gs oUj ^^^^ (»i^li j;^j ^1
^ i> C-?;- C:^ ^ '^-^- ^^-^ '-^.^ ö: ' ^}^ ^yj^. f^J=^^ ^^-^!j
-7- Li Ajuj ^^^ .^°" " Jj~-^ ''^~-> i^^'"'' ÖL/^ i_a-jo-^ 1s-0i_5 r-UJ AjuJ Ujj_ ^r~'' ^-^i
H^'i -^J^J A_J501 iJ^j ATV-^ i_^J dU_^" -«LLw |_gj i5^r?- ^ ^r-^^ *'!3 ^-*t -'^
ö- ö- dJjLJl ^1 ^ «-Ir ^ ciüi ._^_5 ^/fi^A) vIjIMoj A:_L»jLJ iLw j_^ (_/L;^ 13)^
1. L habet : (T^v-*. — 2. Lgrd 1700 habet : fj'^\ quelques lignes plus bas, nous
lisons correctement ^^J. — 3. L habet : S^}^^^. — 4. L habet : Jj'-^^r', — 5. L
habet : Jj^^s::^. — ü. L habet : Jj.Wr'.
depose aussi. Puis vint le patriarche Marc' de Constantinople k Damas. II
resta deux ans et niourut le 10 avril Tan 6886 de la creation du monde.
Apres lui, Pacöme devint patriarche. II mourut le 9 decembre de Tan 6895.
Niles- devint patriarche apres lui. 11 mourut le 11 janvier en Tan 6903.
Puis fut installe le dernier patriarche MicheP, llls de Michel le metro-
politain de Bosra, le dimanciie 7 fevrier de l'Enfant Prodigue en Tan 6903
du monde, seize jours apres la mort du patriarche Niles, six ans et un mois
apres la mort de son pere Michel, metropolitain de Bosra, et vingt et un ans
et demi apres la mort de son oncle Michel, patriarche d'Antioche. 11 est Tauteur
de ces informations et las a ecrites de sa main. II a vu ce qui se passa sous
Tamerlan qui pilla ses orneraents, las objets mobiliers et l'argent de Teglise.
1. Marc I" occupa le siege du patriarcat au milieu de 1377-10 avril 1378. Diclion-
naire d'histoire et de geogr., col. 631 et 699 ; cf. I.eQuien, op. eil., qui l'appellc Marc II,
vol. II, col. 767. On voit donc qu'ici les dates sonl donnees d'apres la traduction russe
de Mourqos. — 2. Dans les deux nianuscrils, il y a une erreur de copiste, car nous
lisons Niles. D'apres le texte il s'agil d'une seule Icllre mal falte, v_^rä la place de J. II
occupa le siege patriarcal au döbut de 1387, jusqu'ä la date indiquee par Paul d'Alep :
11 janvier 1395, D/<-</o/!/zn//e<i7(/s/. etdegeogr., col 031 et 699. LeQuien,o/). cit.,vo\. II,
col. 768. — 3- Connu sous le nom de Michel II, occupa le siege patriarcal le 6 fevrier
1395-18 avril 1412 C). Dictionnaire d'hist. et degeogr., col. 631 et699. Le Quien, op. cit.,
vol. II, col. 768. La date de 18 avril, d'apres les deux manusorits de Londres et Paris,
doit ötre rectiüce en 8 avril, parce que par confusion on a \\xy^ ^'^ au lieu de ^^'o
Hfi dont il faut tenir compte.
fül. 4 1-
[31] INTRODUCTION. 31
L^j L^ üA. Jaj^ i^K^ i_y. j^j^^^ ^-^ ^^ -^3 -(^^ ^-^ lS*-"'-? ^.^-**~^'3 ■~i'^^
Js^ ^y OA=^JJ IH ...ö- jLj ^ J^l" j^S j_g9y Aji «Ct i_^^ Jaiü L*A» Jjk— «3
lji,ojl" ^Jl^U-^o. cJ^kJl fj^^^ ^-^ -!^ V-'J ^â– ^^'" iwj^=^ ^ jvJi Jo_Uj
JUÜ 'L_»i- 4oL»-jj .„iVl <u. <-w JjVi j_y^ J^:Lw«
Aa-I «oL^^j ^Vl '*^ o- JjVl (3ir~^" /^^" -^=-"Vl j^ C.-;*-'^ ...'^^ öW^ -ff^ '
^ ^1 >l^ >1 ^l:^ ^j ^li^Vl pil_^. ^ 4^^1 A^l ^:-;- fJi^ ^%'3
•^i jL«J ^J^'O^j "^^ ^ 4^>J^ ^^Vl ^>3l ^.^ ji^ i^rc ö^
1. L habet : J-.''^;-". — 2. L habet : (_/•'/•
II s'enfuit a Chypre en l'an 803 de l'hegire et ecrivit cela le 9 aoüt de l'an
6912 du monde. Nous avons copie ces dates dans un manuscrit ecrit de sa
main, comrae nous l'avons raentionne. 11 porte apres lui I'ecriture d'une autre
main. U mourut le 8 avril, l'an 69... J'ai trouve ä la fin d'un ancien epistolier,
faisant partie d'un legs pieux, dans Mahradat la bien gardee, I'ecriture du
defunt patriarche Michel, et comme date le commencement de decembre
l'an 6905 du monde.
Apres lui, Pacome ' de Hauran, ancien raetropolitain de Homs, deviat
patriarche, le dimanche 1"' juin l'an... * II mourut le dimanche 9 octobre l'an * foi. 4 r.
6921 de la creation du monde.
J'al trouve aussi ä la fin d'un ancien livre ceci : en l'an 6933 du monde,
mourut monseigneur le patriarche Kyr Joachim'- d'Antioche, et dans un autre
livre que Kyr Marc ^ ocoupait en 6935 le siege du patriarcat d'Antioche. II
1. Les auteurs de la Chronologie despatriarches d'Antioche, Jean Ajjeymi etBraik, sc
sontservis de Paul d'Alep. Diclionnaire d'hisl. el de geogr., uol. 631 et 699. Ce Pacome
est connu sous le nom de Pacome 11. Le Quien le compte comme Pacome 111, parce
qu'il a suiviPäcömell. C'est une erreur. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 768. —2. Joachim
occupa le siege ä une date inconnue. li mourut en 6935 (1427). On prutend que Joachim I
resta jusqu'en 1424-1425. Diclionnaire d'histoire et de geogr., col. 631 et 699. Si nous
admettons la date finale, 1427 est plus probable. Cf. Le Quien, op. eil., vol. II, col. 768,
qui l'intitule Joachim III. — 3. Marc II. On peut etablir seulement la date de 1427 de
Paul d'Alep. Diclionnaire d'hist. et de geogr., col. 631 et 699. Le Quien, o/;. 67^,
vol. 768, le connait comme Marc.
32 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D ANTIOCHE. [32]
CJj^ia) ^_,LijU' _^J ^jJjS-.My\ (dijijisi ^jljVLs ^r^J *...'. ^?.i}^.„,oil OjjJaj i_i-.4j -S
Uajjis <C)A^ ^ ->tJ Jyi Alf- /»-«^^ )«.«.:>wJl jLa 'CL=>- ^j L LiL£«lj bj4,»ji)l Hj-^wÄ
^y-A^] "y c.^>zLi L« A* ^o Ijj'V A..:.k:la,...äH dÜ« L=-jj 'LjJ ^^^ j^ i^-^l
iiJ__,iPaJI J^JJ ''-^[/J j^,^^ c^^.^b S^ ^-^-' ^^3 A,:.k.'^...äll '-^L'i/^ i_l"_y
0_;i^iaJl (J-JJJ (J"3^i •i^^ ^^J ^_}p j'^"''' (J'JJ-^— L'3 (J^j'^^^ ^*^ " JjAlN--Vl
liJy^ia (Trl^. -TT '^J-J V'^^>' JI/^ (J"J^JJ3-='3 JjjaJI (j-jlTjjj-i ^ ^\L^')I\
1 äJi <lJ (_iJu-J' JU.U /wJKjij '»jUj' *oL>ji— rj i_j"Vi ■cu- a^i^ ^^9 liüij (vXijji
1. Lgrd 1700 habet : «.i. — 2. L habet : ij^J-LC^l. Lgrd 1700 habet : ^jJoC^II.
— 3. Lgrd 1700 habet : l'il*, erreur du copiste.
vivait au temps de Kyr Joseph patriarche de Gonstantiiiople, de Kyr Philothee
patriarche d'Alexandrie et de Kyr Theophile patriarche de Jerusalem. En l'an
6943 du monde, Kyr Dorothee ' de Sednäya la bien peuplee et öveque de
cette ville etait Fadministrateur du siege d'Antioche. Pendant sa vie, eut Heu
le 8° concile chez les Europeens dans la ville de Florence, — concile auquel
assisterent Jean, empereur de Gonstantinople (qui n'etait pas encore conquise
par les musulmans), Kyr Joseph patriarche de Gonstantinople ainsi que tous
les prelats, Antoine metropolitain d'Heraclee representant du patriarche
d'Alexandrie Kyr Philothee et Isidore metropolitain de Kiev et de tous les
pays russes, le representant du patriarche d'Antioche Kyr Dorothee dejä
raentionne, Dorothee de Monemhasie representant de Kyr Joachim patriarche
de Jerusalem, — cn Fan G948 du monde qui correspond k l'annee 1448 ■de
FIncarnation et ä Fan 843 de Fhegire. Ge patriarche est mort le jour de la
fete de la Nativite de la sainte Vicrge le 8 septembre G9(i0 de la cröation du
monde, qui correspond au 10 chaban de Fannee SöS de Fhegire.
ID orothee I, l'iS't/'Jö — 8 septembre 1451. Dictionnaire d'histoire el de^eogr., col.
532 et (39!). I'our les dötails cf. Le (hiicn, op. eil., vol. U, coL 778-770. — 2. L'an 1448
doit ßtre corrige en 1440. C'est une erreur du copiste dans les deux manuscrits : celui
de I^ondres et celui de Paris. Mourqos et Const. iJacha admettent 1440. Const. Uacha,
op. CiL, p. 17 note.
lol. 4 v".
[33J INTRODUCTION. 33
Ö,X)I Ujj iJjUl j^-^sa 'iA!J3 JL.Ü l^l- ö- jLi-^V >_.-La!l Xf ^y_ Ldl jl^
jlji. li-«j tl.»-^^ j^.^* "'cT^VJ ^J^rr; üLr^ O"'^ -5 ^-''^- '^'■^ r^'-^- r*5
i_yyjl>^«j -^J^f*-* ' «■^' r^|y3 ls"'-^" ■_-^°-'' "^tJ^jUt^j bLo- j'_/^ rl/'b ^-'."^i'
,_,Ljli>io A^S^LJl ^i 'U^l l«.ljo-J -v*r-^J jLCfr („ÜL-I jj-jjL- 'I3 Ijls ^ä-wl
1. L habet : ^r-^y- - 2. I> liabel : ^•^h-'. — 3. L habet : J)'^.". — 4. L habet :
JjU^'. — 5. L habet : Jj^s^'. — i>. Lgrd 1700 habet : f^l-.j.i.
La communaiile elut apres lui comme patriarche de la ville de Damas de
Syrie le pere Kyr Marc, rcveque de Sednäya, le mardi, jour de la fete de la
saiule Croix, au commencement de l'annee 6960 de la creation du monde, en
presence des seigaeurs les prelats : Joachim metropolitaiii de Bosra, Cyrille
metropolitaiu de Beyrouth, Marc metropolitaiii de Ilosn, Jean metropolitain
d'Eucliaites, Ephrem metropolitain de Hama, Micliel eveque de Zabdäni,
Joachim eveque de Yabroud, Macaire eveque de Qärä, Arsene eveque
d'Akkar, etc.. Ils lui donnerent comme nom de patriarche celui de Michel'.
En l'an 7006 du monde, pendant le mois de septembre, le siege patriarcal
etait dirige par Kyr Dorothee ", connu sous le nom de Ihn Säbouni.
*En l'an 7032 de la creation du monde, Kyr Michel Ihn al-Mäwardi occupa ♦ loi. 'i v°.
le siege d'Antioche\
1. Michel III. 14 septembre 1451/56. Diclionnaire d'hist. et de geogr., col. 633 et 700 ;
cf. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 770. Const. Bacha eile une lettre adressee par les
patriarchesMarc d'Alexandrie, Michel d'Aatioche et Joachim de Jerusalem au Pape Pie II,
par Fintei-mediaire de Moise Djabalat, en datc du mardi 11 avril 1459 \iy-~', p. 20 et 21,
note 1 . — 2. Dorothee II Ibn As-säbouni, avant l'i84 — apres löOO. Diclionnaire d'hist. et
de geogr., col. 636 et 700. Le Quien, op. cii., vol. II, col. 770. Const. Bacha adlrme qu'il a
trouve un evangeliaire arabe dans la bibliolheque du Saiut-Sepulcre sous le n° 11 ecrit
en l'an 7008 (1500) au temps du patriarche Dorothee d'Antioche [i^^. 22, note 1). Nous
remarquons la dillerence de dates entre les donnees historiques et la data de Paul d'AIep
7006 (1497).
La Serie des patriarches est interrompue dans l'exposo de Paul d'AIep. Le Quien
donne, apres Dorothee I", Michel II, Theodore V, Marc et Michel IV. Op. cit., vol. II,
col. 770. Karalevskij donne les patriarches suivants : Dorothee I, Michel III, Marc 111,
Joachim II et Michel IV. Diclionnaire d'hisl. el de geogr. , art. Antioche, col. 633-034 et 700.
3. Michel V, Ibn al-Mäwardi, vers 1523/1524 — apres juillet 1529. Diclionnaire
d'hist. et de geogr., col. 037 et 700; cf. Le (^uien, op. cit., vol. II, col. 770.
PATn. OB. — T. XXU. — V. 1. 3
34 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [341
^»JL»^ ^3 JjXis^Vi (V-^U; ^r-5j ^gi.lg.','? — aJI L« 11 ^ jL«' 1^^ »i-*-'j JIS3
,_j>IjJ ^j,.,t«.a OAjvj ^jL^ iV ' iV^^^Z^r*"^ 'OjUaJl jLi-l C»ji-)l UaIa jeJl
l.LgrdLi)'.
En l'an 7049 du moiide lui succede au siege d'Antioche le patriarchc Kyr
Dorothöe'. II fut destitue dans le syuode qui out lieu k Jerusalem pour des
chosesqu'il commit et des actesillicites. Ils le remplacereut par Kvr Joachim.
Cela eut lieu au temps de Jert^raie [patriarchej de Gonstantinople, de Kyr
Joachim [patriarche] d'Alexandrie et de Kyr Germanos patriarche de Jerusa-
lem, quitinront un synode contre lui, lorsqu'ils visiterent Jerusalem ^.
En Tan 7062 du monde, le titulaire du siege d'Antioche fiil Kyr Joachim '
et, ainsi qu'on nous en a inforrae dernierenient dans le pays desciiretiens, on
a dit de lui qu'il resta patriarche soixaule-dix ans.
Ici se termiuont les renseignements historicpies sur les patriarclies defiinls,
qui siegereut dans la ville de Dama«. Et ce fut avec une peine inou'ie que je
Const. ßacha, en se basant sur deu.< manuscrits qu'il citc, coiulut que ce palriartlie
Michel Ibii al-Ma\vardi occupa le siege J'Anliocho avaiil la data meiitionnee par Paul
d'Alep. Dans la bibliollieque de Paris dans un ancion livre arabe sous le n" J47, on
li'ouve le noni du patriarche Michel d'Antioche au 19 mars 7030 (ir>22 ;, et dans la biblio-
llieque de Londres uu livre syriafjue 418 oii Ton Irouve le litre du patriarche Michel :
Michel patriarche de la ville de Dieu, la grande Antiocheet lout l'Oricnt, le 10 novembre
7042 (1533). 11 a vecu apres celte dalc. Cela resuUe d'un livre ancion de llosn qui l'ul
Irouve par Louis Chcikho oü estla dato de 7047 1539i aloccasion d'unc dispute pour la
IV'te de Päques (>ii— , p. 22. note 2).
1. Dorothce III, '( — 1.Ö30/1531. Diclionndire d'hisloire el de genier., col. ü30 el 700.
Cf. aussi Le Quien, op. eil., vol. II, col. 770. — 2. Pour la visilc de Jerusalem, Consl.
Bacha, 5»^—, p. 2.3, nole 1. — 3. Counu sous le nom Je Joachim 111, compeliteurcn 1,')27,
l.")30/l.'")31 - avanl nov. 1534. Üictionnaire d'histoirc et de geogr., col. 630 et 700.
Le Quien, op. cit., vol. II, col. 770. En ce qui concerue le leuips de son regne, il exislc
vraiment une confusion avec Joachim palriarche d'Alc.\andric, comme observe Mour(|os
dans son livre « Voyage du patriarchc Macaire » (cn russe), vol. V, p. 187.
[35] IXTRODUCTION. 35
^lk;Vl 'V^-li" J- '-SjJlA ^ ^JLÜ j^^3 -^bj ^Vl ^«--- O- ^3 * » fol. 5 r
As-1 ^3^^^ i;Lk^ *lsl ^_$a)I 'U«.p» ^.L ^:t^'^ '-'3.^ 0^_;-!^« (*r!>;. ''^ ^'^.J* -^"'^
J=-V dUij "C-lp 'L-'JJ c.^ •^ «-»•i^ ^^-^•' c/"^^ L^^ '^'^'^ '^^'' '-5*-'
'iC:L-yj ^j.;L^ -^.^Aüll i_*3 ^l ''Lxc (^jlfr S^'i <sSi üj-^ ^-» v_iJiÄ; (j^ 'Ji^J
1. Lgrd 1700 adJ. v. — 2. L omet ^/. — 3. L habet : J:!^^:'. — 4. LgrJ 1700
habet : loj.::^..
röunis ces renseignements, täche que je n'ai accomplie qu'avec l'aide de Dieu.
Celui qui trouvera apres nous d'autres documents siir eux, qu'il les ajouteä ce
recueil. 11s seroiit pour lui des intercesseurs dans eo monde et dans Teternite.
A la suite de cela viendra le raste de l'histoire des patriarches. C'est uu
recueil metliodique dont les parties se suivront les unes les autres telles que je
los ai redigees, ou telles que je les ai trouvees. Je l'atteste par le Dieu dont
j'implore l'aide.
En l'an 7051 du monde, mourut le patriarclie d'Autioche Michel', celui
* qui partit pour visiter Jerusalem en l'an du scliisme (?) qui eut Heu parmi les * fui.
chretiens, Tan 7047, laissant l'interimaire Kyr Joachim - metropolitain de
Beyrouth connu sous le nein de Ihn Djoum'at, qui fut metropolitain ä ßeyrouth
pendant onze ans.
De son temps eut lieu le saint concile local ou il reunit tous les prelats
pour le muriage des fdles chretiennes. lli determinerent la dot, l'argent
comptant, les biens immeubles, etc.. et ils excommunierent quiconque deso-
beirait ä ce qu'ils decreterent. Cela l'ut public sur le linteau de la porte de
la grande et ancienue eglise de saint Gyprien et sainte Justine. 11 fit paraitre de
1. :Michel VI Sabbägh, avant 10 novembre 1534-1542/1543. Dictionnaire d'hisloire et
de geogr., col. G37 et 700: Le Quien, op. cit., vol. 11, col. 770. — 2. Joachim IV Ibn
Djoum'at, competileur de 1540, 1542/43 — apres fevrier 1575. Dictionnaire d'histoire et
de geogr., col. 037 et 700. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 77, le met comme Joachim V
a 1564. II faut remarquer qu'il y a une difference d'uii an enlre la dato du texte et cellc
qui est proposee par Karalevskij dans son article.
36 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [36]
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jlj^ i% ^\ j^-Ul p3l_^ »^-'i/K^^ lS*^ I**" '^ ö*-^-? l/'^-'-' ^yj?" LS* önr-"
1. L habet : ^}^' . — 2. Lgrd 1700 habet : 'L^y.. — 3. Lgrd 1700 hul)Cl : i^L-. —
4. L habet : JjU-;.-*.
la pari de trois patriarches des anathemes comme confirmatiou de ses paroles.
C'etait un hommc superieur qui resta patriarche trente-lrois ans. II y avait eu
entre lui et Ihn Hiläl ', eveque de Qärä, unc contestation pour le patriarcat et
le susdit Ibn Hiläl mourut longtemps avant Ibn Djoum'at, qui finit sa vie
apres lui en Tan 7084, et fut enterre ä Damas.
A sa place fut mis Macaire de Hama, eveque de Zabdani. II regut Ic nom
de Michel' et resta au patriarcat quatre ans, puis il fut depose ä la suite de
querelles dont il fut l'auteur. Les discordes et los intrigues durerent un an
parmi les chretiens.
A sa place devint patriarche l'an Dorothee,nommc Daou, nietropolitain
de Tripoli, qui re^ut le nom de Joachim '. 11 partit pour los pays chretiens oü
nous allämes et oü nous vimes son portrait. II revint et fut patriarche douze ans.
Le patriarciie Miciiel de Ihuna mourut quelques aunces avant lui dans l'ile
1. Macaire II ihn lliläl, antipalriarclie, 1543 (?!-15,')0 {^>\. — 2. ISIicIiel VII, avant juin
1576-25 deceinbrc 1502 — 4 janvier 1593. Dictioiuiaire d'hisLoire et de gcoffr., col. ()37
et 700. Le Quicn, op. eil., vol. II, col. 771. — 3. Joacliim V Daou, antipalriarclie. avant
25 niai 15S1 - 7/17 octobre 1592. Diclionnaire d'hisLoire el de geo^r., coL 639 et 700 Le
Ouicn, op. eil., vol. II, cul. 771. le noiiime Joachim VI. Joacliim fit des voyages en lliissic
pour faire des coUcctes. II Iraversa la Moldavie et donna ä Georges Mogliila, quand lelui-
ci elait evdcjuc de RSdiiuli, une icone en 1587, qu'on conserve encore dans le couvent
de Sucevila. Son voyage ii Moseou ne fut pas heureux, parce qn'il ne fut pas rcgu
comme les autres patriarches. N. lorga, Islaria IJisericii Ronuine, vol. I, p. 258. Paul
d'Alep a vu son porlrait a Kicv.
[37] INTRODUCTION. ."i?
ji ^'l LS^^_^ ^^ *.Uo •C- xaju -^ ^I ~Ü)3 [VJ'i dJLL»_) '-*tr^ T J^-*-*-)
A^-l <-^^^r^'l ,_5ä («Islj O^ '-^^. ^-^^J i^J j-*J (j^=^-=- jL^-« ir:^'^ -rr ^y^-^
jljj' iiUlS <~j.-j ^■f'-Al« ÖJ^r^ '^^' ls' p-i» o'^'-^^ ^-^ ^^r-^ aLsj C^ _^,-tfr
1. Lgrd 1700 habet : l^-i. — 2. Lgrd 1700 habet : Vt -r.
de Rhodes oii il fut enterre. Le siisdit patriarche Joachim partit poiir le pays
de Hauran. II y fut tue comme martyr et enterre lä-bas. Apres lui, le siege
resta pendant une annee entiere sans patriarche jusqu'ä ce qu'on eüt elu ä sa
place Kyr Joachim metropolitain de Homs, qui est Ihn Ziäde '. Joachim resta
patriarche onze ans et perdit la vue. Sa grandeur prepara dans son temps le
Saint chreme et le consacra selon l'usage le mercredi saint - de l'an 7102 du
moude qui correspond ä l'an 1003 de l'hegire. Lorsqu'il devint aveugle, l'agi-
tation contre lui alla en augmentant au temps du Clieikh Georges Ihn Samou-
rou. A sa place fut elu patriarche Kyr Dorothee connu ' sous le nom de Ihn
Al-Ahmar, le Damasquin, qui l'avait consacre de son vivant metropolitain sur
la maison patriarcale. Puis Ibn Ziäde partit pour l'Egypte et mourut dans
le couvent du Mont Sinai' et il y fut enterre. Le patriarche Dorothee resta
patriarche huit ans. II mourut dans le village de Hasbaya ä Wadi at-Tim et y
fut enterre.
On mit apres lui Athanase ', nomme Ibn DabbAs, le Grand, metropolitain
de Ilauran. II resta patriarche huit ans. Dans son temps il y eut des desordrcs
1. Joachim VI Ibn Ziade, avant fevrier 1593-1004. Dicdonnaire (Thhtoire et de geogr.,
vol. III, col. 639 et 700. Le Quien, op. <■/(., vol. II, col. 772, le nomme Joachim VII. —
2. C'est une errcur, parce qu'on preparo le chreme le jeudi saiat, non pas le
mercredi. Cf. Manuscrit de Leningrad n° 29, p. 185'", I. 10 oü le patriarche Macaire
donne jeudi. — 3. Dorothee IV ibn AI-Ahmar, 1604-1612. Dlciionnaire d'histoire et de
geogr., vol. III, p. 640 et 700. Cf. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 772. — 4. Athanase 11,
Ibn Dabbäs, avant fin aoilt 1612-1620. Dictionnaire d'histoire et de geogr., vol. III, col.
640 et 700. I.c Quien. op. eit., vol. II, col. 772. Apres Athanase il faut placer Ignace III
Atiye, 10/24 mai 1620 — vers avril 1634 {ibid.).
38 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [38]
r^ Ls'y ö^ J^^ hr^ JJ^^J ö-^ '^L.j, ^i jUj ^.:^ jLr -^^J^Jl ^ (.l»'j
C^. cT^Lr^ es* J-i'^i "^y^ ^yj^. ^J jbj^ OLr^ lt-^!^ "4^' ^-^ --'^J
<^_^VI <,< .l.^j J^ l^^..^! jl ^1 ^^Vl J^\ dUi ^UVj --. ^ ij^
3j_^l i..Lt)l ^>U1 dUr j^L^ c>" ö;' öi-^^ >-• ^Vl x^ Jl iilkVl
ij-ljl i^; ^ß <CjL U^_. Iji»i3 r^ ^ ^ry,j j,;^_^_„JJ Cä^ jl^ a;1 Jp^V
1. Lgrd 1700 habet : 1..^ ^i. — 2. Lgrd 1700 habet : f^^S'.r^-=. — 3. Londrcs :
et des intrigues nombreusos jusqu'a ce qu'il mourüt pendant lo grand Caromo
loi. 5 V. dans la ville bien protegee de Tripoli. II fut entcrre dans le couvent * de Kel-
tiii en dehors de cette ville.
Apres lui son frere Cyrille', metropolitaiii lui aussi de Hauran, devint
patriarche ä sa place dans Tripoli, le dimanche de la Samaritaine. Le meme
jour, fut consacre Ignace metropolitaiii de Sidon, connu sous le nom
de Atiye, comme patriarche de la ville d'Antioche, dans la ville de Constau-
tinople par Timothce sans qu'on coiimit la consecratiou de Ihn Üabb;\s ä
Tripoli. Ignace vint comme patriarche ä Damas et entre lui et le susdit Cyrille
eclaterent des disputes et des (juerelles norabreuses et repetees et il eu
resultade serieux dommages pour les clirctiens, durant sept ans. On fut obligö
de rcunir tous les prelats du diocese d'Antioche cliez remir Fakhreddin'
1. Cyrille Dabbäs, aiitipalriarche, 10 24 mai lU20-l(i27. Dictionnaire d'hisloire el de
geogr., vol. III, col. 640 et 700; cf. LeQuien, op. cii., vol. II, col. 772. — 2. Fukhreddiii
II 1585-1635). L'emir ma'nide Qorijmas laissa apres sa mort iiii lils .Igö de deuze ans.
Sa mere, pour le souslraire au.\ poursuites des Oltomans, I'eleva au KasrawAn dans la
ramille de Kliäzin. Aprns la mort de son pure il fut ('inir a sa place. Lammcns, Syrir,
Beyroulh, 1021, p. 71-72. — Le sultan MouradlV (1623-1640;, le conquerant de Bagdad,
vouluten finiravec rinlocile vassal ma 'nide Ahmad-pacha, gouvcrneur deDanias, cH'al-
taqua avee des forces cunsiderables. Ali, Ic lils de l'emir, fut surpris ä Wddiliaim el
succomba vaillammenl. Les forleresses lombaient l'une aprös Laulre. II se röfugia a
Chäqir Tiroün. Apres une resistance, il dul se livrer ä renucmi. Enchatnö, il fut conduil
[.•50 1 INTRODUCTION. 39
\a}^ jij-«' '^v^j i^"*"*^. Ct'^'^t'-^ ^—^ -^' JP3 (♦r*-' j )-^=^i '-^ (J ^«Ä^^-Ü
^LaI 'L-jj ^^ jL-? 'VJi L»— - v'-*'i»Ji ir'V''Jl 'y^ -»«.Ic- ij^»»=-5i "ivi ^-^^y^ i;'^'j
Ibn Ma'an, gouvernenr de ce pays Syrien, tres connu, car il sympathisait
beaucoiip avec les clirolieus et eprouvait beaucoup de pitie pour eux. Avec sa
permission ils tinrent un synode dans levillage de Ar-Räs pour examiner leurs
opinloiis ä tous deux et pour faire prevaloir la plus juste d'entre elles. Cyrille
desirait eela. Mais lorsqu'ils kü euvoyerent iin messager pour l'iaviter a
assister au synode, il ne voulut pas se presenter. II avait fait eprouver aux
chretiensde Damas beaucoup de pertes d'argent. Mais avec l'autorite de Temir
on envoya le chercber et i'aineuer de Force de Damas. Ils tinrent contre lui
un synode et deciderent sa deposition et son eloignement en s'appuyant sur
des dispositions imperieuses des saints canons et surtout parce que c'etait arrive
sans le consentement des habitants du diocese et a cause du mal et des preju-
dices qu'il avait causes aux chretiens en general. Ils ecrivirent la minute de ce
synode local et ce qu'ils y deciderent en fait de canons et de lois en suivant
les synodes anterieurs. Gela est jusqu'ä present dans la bibliotheque du
patriarcat et aussi chezThumble qui ecrit ces ligues. Quant au susdit Cyrille,
l'emir Fakhreddin Ibn Ma'an se courrouga contre lui et l'envoya en exil ä la
celebre grölte du moine pres du village de Hermel au pays de Ar-Räs ; \k fut
son tombeau en l'an 7135 du monde. Le synode confirma le patriarcat pour
ä Damas et puis ä Stamljoul. A la suite d'une victoire remporlee au Liban par son
neveu, l'emir iNIolhem, il fut condamne ä mort. Ses idees etaient Ircs personnelles et
aucun ne put com'prendre la grandeur de ses projets.
Avec son neveu Temir Ahmad, s'eteignit sa dynastie en 1697, parce que celui-lä ne
laissa pas de posterite. Lammens, op. cit., p. 88-90. Cf. aussi N. lorga, Geschichte des
osmanischen Reiches, vol. III, p. 470. Sur les sultans de l'epoque et la table chrono-
logique de l'emir, Lammens, op. eil., p. 9.
fol. r"
IM VOYAGE DU PATRIARCIIE :\IACAIRE D'ANTIOCHE. [40]
j_j>-UJl ^y-^\ J=^ J^^ r^ 'aJüUIJI »_)_/=- \-^\\ j_59_5 ■,-■- •< " i-^ l5'"1>*'
OLij-iJ' ItAT J!jJ_;^| ^_jS Ä>^ ^ C/^J ^'^3 ^^ iS-^3 Vif" '^y^ ^ viiJi; ^ \a
lyj lv-'__^j 'C-csii^'l ArUas-j \^X_ß\ aJI^Ij ^-^JVl "uJl«;' "j— =- ■,.« l^j«^ U lj-,l ?iü-^
1. LgrJ 1700 habet : A..iUicM. — 2. Lgrd 1700 om. j_„^iUl. — :\. Lgrd 1700hal)et :
\ If r, — 4, Lgrd 1700 habet : ^^^-Vj, — 5, L habet : i^yLi^.
Ignace. II resta ä gouverner le siege pendant sept ans, au debut de la guerre
Ottomane avec l'emir Fakhreddiu Ibn Ma'an dcjä menlionne et pendant les
troubles qui survinrcnt alors dans le pays. Et tandis que le patriarche Ignaco
fuyait de Sidon ä Beyrouth en se cachant sous iin deguisement militaire, los
Druses le tuerent ä mi-chemin pres dn fleuve Ad-Daniour, sans le reconnaitre,
en l'an 7143. II rendit son äme et fut cntcrre au-dessus de Beyrouth dans un
village appele Cliouefat.
Aussitot la nouvelle arriva ä Damas et de Iti a Alop par des oourricrs a
Ryr Melece, [tnetropolitain (FAlep, connu sous le noin de Karmö, de llaaia,
qui avait dte moine dans le couvent de Saint-Sabas k Jerusalem et qui de la
vint ä Alep. Par aniitie pour lui et ä cause de ses enseignenient.s aninies, les
babitants d'Alep le conduisirent ä Damas pendant la vie du patriarche Atba-
nasc Ibn Dabbas et avec Icur approbation celui-ci Teint metropolilain sur
cux, le jeudi 12 fevrier de l'an 7120. Alors il rcvint a Alep et y rosta nietro-
politain pendant vingt-deux ans. 11 fit paitre son troupcau dans les päturages
Toi. 6 r" du salut comme il fallait " et apres que la villo d'Alep eut ete appauvrie en
chrcli'Mis, dopuis de nombreuses annöes — on n'cn connait pas le nombrc —
les fidelcs y vinrcnt de tous les pays, de toutes les rrgions qui renlourent,
lorsqu'ils entendirent la bcautö de ses enseignemcnts divins et ses paroles
[VI] INTRODUCTION. '.1
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eS Uy , •'• c- ^n i-\^ i!y^^^ ,_,JtJl ^U^l OJAJ JoOj \fj^ "^.^Ä..*^! /^^ ^_LJ>-
^\ ,l^LAi ^A iL«~)l ^y^53 ^jr^- ^ j_j3-»wJl (j-^^'^i ^l^'^i^JI ilij A»3
(w?
1. I,grd 1700 omet ^!. — 2. I>grd 1700 haltet : ^^'. — .i. Lgrd 17uO habet
U!. — 4. [.arid 1700 om. i.
cxcellentos, ainsi que ses sermons vivlliants. Ils s'y transplantereiil, ils y llcu-
rirent et produisirent des fruits, progresserent, et se miiltiplierent. llenrichit
la pauvrete de leurs ämes par les richesses spirituelles, il les rendit heureux
par sa bonne administration temporelle ; il bätit iine maison episcopale
merveilleuse, d'iine construction soignee, pourvuede nombreuses eommodites,
aux murs eleves, splendide par son ensemble et solide sur ses bases. 11 la coii-
sacra aux prelats qui lui succederent. Puis il y eut entre lui et Cyrille, le
patriarche Ibn Dabbäs, des querelles nombreuses et des pertes considerables
pour les chretiens. II subit pour cela des peines diverses : il fut emprisonnö
dans la citadelle d'Alep pendant douze jours ; il fut oblige de partir pour Cons-
tantinople, afin d'oLtenir des ordres imperiaux. 11 continua ä depenser ses
forces et ä faire des demarches jusqu'au jour oü le susdit Cyrille fut tue,
comme nous en avons ci-dessus mcntionne la cause.
Apres la mort du susdit patriarche Iguace, comme nous l'avons expli-
que, et Tarrivee des messagers de Damas eliez lui ä Alcp, des son election par
les Damasquins, il se rendit chez eux. 11s le firent patriarche et le nommercnt
Euthyme. Lorsque commencercnt ä paraitre dans le diocese les eclairs de ses
lumiercs qui brillerent ä l'horizon du ciel de la religion chretienne, les soleils
de ses vertus par Televationde sa lumiere, il fit beaucoup d'elTorts pour rendre
42 VOYAQE UU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. 42]
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Ajk^L "«.»..J^Jl ,_|-»J.=J (V-LijjV> uL" ji-« yi-^ Jv< ir.Ä»-l jlS |_$Ä)' J»->a*Jl (_5JsLJl
1. L»rd 1700 habet : .0^'. — 2. L»rd 1700 om. ^•■^'. — .!. Lord 1700 : .,-.\''.
— 4. Lgrd 1700 habet : k>j^^-
heureux toiit son diocese par sa bonne administration et par 1a droiture de son
jugement, pour les diriger et les conduire tous daiis le chemiu de la vertu.
Peu de temps apres, uii mallieur lui arriva, une maladie connue le frappa et
la mort le saisit. II etait depuis sept mois au patriarcat, mais son espoir nc
fut pas deQU, pas plus que ses previsions, parce que, comme l'a annonce Celui
qui est toute sagesse, le fils veridique naitra pour la vie et de ses verLus on
recueillera les fruits de justice. Et cette parole fut accomplie exactement par
ce pere vertueux et ses deux fils, c'est-ä-dire ses deux elöves qu'il avait
adoptes et qu'il avait engendres par l'esprit, comme Fa dit l'Apötre. Dans les
deux rangs et dans les deux endroits il les laissa ä sa place, savoir le prämier
d'entre eux le pretre Jeau, fds du pretre Paul, le genereux, respecte, que
Dieule sauvegarde et cternisc sapresence, car il l'avaitloue et desiguö coramc
metropolitaind'Alep, apres avoir (juitte celtc ville et — combien etait beau ce
poste! — ])arce qu'il Tairaait beaucoup. Des sa jeunesse il etait son tdeve, il
l'ordonna diacre, curö et pretre, il Televa au rang de confcsseur. Le deu.\ieme
pretre etait Melece deCliio, le peintre, qu'il fit venirdu couvenl de Saiiit-SAbäs
de Jerusalem pour dccorer l'öglise avec des icones, puls il üt de lui son
successeur, le consacra patriarclie pendant sa vie et lui donna le nom d'Eu-
th3'me',au momentdesa pro])re mort. Ces deux fds suivircnt son clicmin beni,
1. Eulhyme II Karme, debut de mal 1(W4 — debul de decembre 1(534. Dk-tion/iaire
d'hist. et de ^eogr., vol. III, col. (i4l et 700. Cf. Le Quicn, op. cit., voL II, col. 772. Sur
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['i3i INTKOÜUCTION. 43
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Li^ 'J'Jis^ *jJ^ j>^ jj^A.JI ^-Ulj ~^y_ ;^JpJI IjjU^l-lj jJ^^wÄ— Jl ^'L
1. LgrJ 1700 habet : J.»l. — 2. Lgrd 1700 habet : L^.
ilsse conformerent ä ses bonnes indications et ä ses heureuses orientatlons,
ils furciit hcureux et eontenterent leur troupeau en le rendant heureux. Sa
mort arriva lo jour de la föte de la Circoncision, au commencement de Tannee.
Quo Dieu lo Tres-Haut* ait pitie de lui et lui accorde sa misericorde ! ' fui. ts v-
Apres lui fut iiistalle comme patriarche Euth3ane le Chiote', le magna-
nime, au mois de decembre l'an 7142. II resta au patriarcat treize ans moins
quelques jours.
IV. — Macaire elu mktropolitain d'Alet.
En ce qui concerne la question des habitants d'Alep, les pretres, les
notables, le clerge pieux avec les autres chretiens se reunirent le jour de la
lete de la Croix, au commencement de l'an 7144 du monde, dans le palais
metropolitain. 11s elurent le susdit eure Jean, mon pere, nonime metro-
la vi(> du patriarche Euthyme Karme, cf. manuscrit n" 30, fol. 25'°-.35''°. C'est une bio-
graphie tres interessante mais incomplete. Macaire, patriarche d'Antioche, l'auteur de
cette biographie, disciple de Karme, aurait pu ajouter encore bien de choses tres utiles
sur la vie religieuse et sociale qu'il connaissait tres bien. — 1. Euthyme III le Chiote,
fin decembre 1634 — debut de decembre l(>'i7; apres lui vient Macaire III Za'im, 12/22
decembre 1647 — 12/22 juin 1672. Diciionnaire d'hist. et de geogr., col. 642 et 700;
cf. Le Quien, op. eil., vol. II, col. 773. Ici il faut rectifier la date de Felection du
patriarche Macaire. qui change aussi la dale de la mort du patriarche anlerieur. II
s'agit seiilemenl du mois, mal lu par Mourqos dans son ouvrage : le Voyage du pa-
triarche Macaire, vol. V, p. 193, 1. 20. II a lu 12 decembre. En realite, d'apres les manus-
crits de Paris et I.ondies fol. 2, 1. 4 et Constantin Bacha, Extrait du voyaye du
patriarche Macaire d'Alep (en arabej, 1916, p. 54, nous lisons : c^W' ^yiJ jj^i..
44 VOYAGE DU PATRIARCIIR MACAIRE D'ANTIOCIlli. [441
i^^ ^^J\j U^ >,J ^j^ \y\^ il^ örr^"^ J^i J^Vlj <Li^ljVij <^<i\
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A.I i% ^k. f^lij :^j ^_5l Cj>.^_^1 b^^3 Ojy- ^_U ^_5Afr Li^^ üCyi^ <.l.^
LUl jLi ^iJJu <,ui^ 4_i„ ^ic ^i,i S-\. L;l^k, l^^ ^islj jj^-3 jlsjj ■^J
ut ujj;;- ^ jUj ^jj- J.O.-3 .«..Ij joj._, A_^ij ^UjüI _^ ^)U" "0)1 LUj
1. Lgrd 1700 habet : jj^^. — 2. L habet : ^.
politain avec le consentenient des prcHres, des grands, des notables et
des aiitres chretiens ensemble. 11s etaient d'accord et contents. 11s l'en-
voyerent avec la caravane ä Dama& et le firent accompagner de pretres et
de laiques. Apres son arrivee cn bonne sante et en securite, le palriarche Kyr
Euthyme consacra moii pere seigneur metropolilain d'Alep, le dimanclic
27 octobre, et ä cause de sa graiide amitie et en consideraliou du defunt son
iniliateurct soneducateur, ille lit catholicos, inspecteur de son diocese, cxar-
que, c'est-ä-dire son representant, son gerant sur le pays d'Amad et ses envi-
rons et sur Antioche, le siege du patriarcat, et ses environs. On lui permit de
celebrer la messe s'il y vcnait. Puls il revinf, ainsi que ses compagnons, ä
Alep avec une grande joie. Les chrötiens l'accueillirent et le re(,nirent avec
bonheur, respoct et allegresse. II y rcsta niötropolitain pendant douzc aus
cntiers, suivant les traces des seigneurs anförieurs, qui onl uuc renomniee
excellentc. 11 conduisit les chretiens dans les jjAturages du salut, accomplis-
santtous les commandetnenis du Dien Trcs-Ilaut sans döfaul. II Ics dirigea par
son habilete et soii liciireux gouvernemcuL II inaiclia coiumc ceux qui Tont
precede, ou micux encore, il augiuenia le bien-6tre et le lionlieur plus que
par le passe, lorsqu'il couvrit les clireliens de son aile cotuiue Faiglc couvrc
ses petils.
[451 INTRODUCTIOX. 45
f\jiJü\ ^_jl»ji ^.iL^jli idJLjl ^jLiJl 1 es\yh «.^»j- C-^-^p-3 jyf" "^ tc^ j'Aä: aJ, _U
^^^_Ä~— Jl 'Uij i:^<3lj j|_,^-Jl -uji ^Vl jv^jwj Jh;-^'' ^'^ lS-^ "-^-^ äiT^^ ij:^^^
JDj jIaoJI <Äi_i j— s-J ^" j^j"^ j^ ^^ ij^ e^.-^^^^^-J "i^-'^b '^J^^ V^'' 1*'°
,>ÄlJi ji^-LLw ^^'j lyJI iJjK (J-^j jl jJl jIJ^Vij AäJi iJ^iJ' 5s_/_)t IJjJl olAi Ö-U
1. Lgrd 1700 om. I*f^ a;;_ ^r;^-, L. — "2. L a la note marginale : .IkLJl Xj\
|.f1 ^i. Jl :>ly. — 3. Lgrd 1700 habet : ^'j;-'— 'j. L om. a--jJj;j ,~^. —
5. Lgrd linbet : 1700 l-i. — «. L habet : y^.^^.
V. — Arrivke du sl'lt.vn MouR\n a Alep en 1049.
Ell Tan qnatre de son episcopat qui eet Tan 7147 du moiide et 1049 de
l'hegire, le siiltan Mourad arriva de Constantinople ä Alep avec une ariuee.
II y eutra le jeudi 12 juillet, avec rinteution de partir pour la ville de Bagdad
aiin de la conquerir. Toutes les cotnmuuautes chretiennes sortirent et le re^ii-
rent avec diverses etolTes de qualitcs precieuses en les deployant sur les bords
de la route; elles avaient avec elles leur pöre et seigneur metropolitain, les
pretres et les autres chretiens avec les dillerents corps de metiers, depuis Khan
Toumän jusqu'ä la place du Midän. Ge jour fut un jour celebrc qui comptera
dans la vie des peuples et qui sera mentionne dans les äges futurs jusqu'ä la fin
des siecles. La sultane europeenne, son epouse, l'avait devance de trois jours
avec son cortege de carrosses. II resta seize jours ä Alep. Ce fut beau, comme
un reve, parce que par sa presei>ce l'abondance arriva, tont devint fertile. La
ville n'eut besoin de rien malgre les nombreux soldals qui raccompagnaient
et qui ressemblaient par leur multitude ä la pluie tombante. Puis ils se diri-
gerent tous vers la ville de Bagdad par milliers qui depassaient la mesure et
les nombres, jusqu'ä ce qu'il y arrivät par sa puissance. II hissa sur eile le
drapeau de la victoire et de la gloire; il y resta quaranle jours, l'assiegeant
46 YOYAGE DU PATRIARCHE MACAlRE D'ANTIOCHE. [46]
r„l. 7 r. iy^Jl -üjLJ' jLi-Vl ocbj L.-^ >_i^l Aä. ,»jiU.=- lilj U^ J.L ' J jU
•(t:^ -^^ fj-*^' j>-^' i^j i^yj ^ *_ji~a; <.:-^:l ? .....ä.ll ^^ .lilj •'LLi^ lylis
«All <Ui..j ^1 JijLil Aj^j ^^^^1 jl^ A=- LL-T^ lcJ*o aL JI J>^3 Uj
A« A^y_5 ^Ul ^ ^^ül j.^- ^ ' Jl^J J'^' ^'^^ c^„ ^ ^J- \jy
1. Lgrd 1700\yJt, erreur du copiste. — 2. Lgrd 1700 : J,LJ'. —3. Lgrd 1700 : J^^.
— 4. Lgrd 1700 habet : ys.^. — 5. Londres habet -'.s^ pro a»/». — 6. L habet : J^^,j,
erreur du copiste. — 7. Lgrd 17U0 habet : .i^vA.s.
sans negligence et sans preoccupation, et il la conquit et s'en rendit niaitre de
loi. 7 1°. la main * deGuzel Pacha par la Force. Il fit passer beaucoup de ses habitants au
fil de l'epee. Les uouvelles heureuses qui annongaient la victoire se repaii-
dirent dans tous les pays. Tous le feterent sept jours avec une grande joie,
puis il reviat ä son siege victorieux. II resta ä Coiistautinople une demi-
aunee et mourut, devenant l'habitant de Teternite. Apres lui regaa son l'rere
le Sultan Ibrahim '.
En l'an cinq de Tepiscopat de mon pere, le 9 aoiit, vint ä Alep le pere et
seigneur patriarche Kyr Euthyme de Chio et aprös lui ses amis. II ordonna
le eure Joseph d'Alep nietropolitain d'Akkar et de Ralibe et l'envoya dans
les pays des chretiens habiles et vastcs. Lorsque celui-ci arriva ii une ville
uomniee Putivl ^ pres de Moscou et Korop, il passa dans la misericorde du
Dieu Tres-Haut et dans la sociöle de son Maitre. Le seigneur patriarche resta
ä Alep presque cent jours entiers et, apres avoir pergu la dime, il en sortit le
1. Apres le sultaiiMourad, occupaletröne le sultan Ibrahim, qui n'a pu joucr \c rüh^de
son predecesseur a cause de sa vio dcsordonnee. i\ la suite d'uiie conspiratioa enlre les
Boustaiidgi-Bachis et WaHdos, le sultan fut fait prisonnicr et executö etle bourreau regut
TiO ducats. Teile fut sa lin. — l'our les aulres details de son regne, sa cour, sa person-
nalitc^ son temps, cf. N. lorga, Gesrhichte des osinnnischen Reiches, vol. IV, p. 35-53.
— 2. Putivl etait la douane entrc les Cosaques et Moscou. Quiuonque venait d'un pays
elranger devait y passer. Ihdetinul Coinisiuinei Mo/iiimeiUelor Istoricc, Bucuresli, an.
Y, 1912, p. 113.
[47] INTRODUCTIÜN. 47
JyÄM^ 4jVc^ ->tJui. "^«Jli. Ijijlc-J bU.j- Jl i,\Ss.^JJ "C^ii-^ lij -OlJl 5,^Ji»-
„Ujjl Sjl)J j^j-^ |JU-Ü \lC" ö- ^ |_gJi jJUll ij>j}aj> ^ <«,LJI <cJI j_2J3
o>l-> ijuj (_V-=^ /^ T .-J '* — •'-».^j <ij5 j»yl< ■^_Ji»Ji "^ ^^ iV"" *— "^-^ <wJäJi
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Jtäl< UuAs L»^l (jlS IAA (jV A.Xi.»j Vo"! Sj JiÄ) C~,:>- «U-JjuJl
1. Lgrd 1700 habet : ^j^J^^^.
mardi 22 novembre de Taiinee. II partit avec Sa Grandeur mon pere, et moi,
je raccoinpagnai. Nous lui fimes nos adieux ä Hama et nous revinmes
onrichis de ses benedictions.
VI. Le PELErtIN\GE A JERUSALEM.
Dans la septieme aiineo de son episcopat, c'est-ä-dire en l'aii 7150 du
monde, il partit pour le peierinage de la sainte ville de Jerusalem en compagnie
de soixante personnes d'Alep, parmi lesquelles il y avait des pretres et des
diacres. Ce fut un beau peierinage qui restera memorable dans les siecles
fulurs. NousTavons accompli avec joie et allegrcsse spirituelle, avec glorifica-
tiou et celebration de messes, avoc la louange et les prieres qui s'unirent pour
la psalmodie et le chant. Nous faisions avec les liabitants de Jerusalem une
grande, nombreuse et abondante caravane. Ils nous suivaient ; ils marchaient
si nous marcbions, et s'arretaient quand nous nous arretions.
A Qärä nous les quittämes et nous nous dirigeämes vers Yabroud oü nous
visitämes ses eglises majestueuses dans le monde, les cellules de saint Conon
le jardinier, des excavations dans une rnontagne, je vcux dire celuiqui empri-
sonna les demons dans les cruches. Ses jardins sont nombreux et celebres, ses
fniits sont delicieux. Comment n'en serait-il pas ainsi ils sont cites et loues
dans la sainte Bible oü l'on dit : « comme des jardins ä Pamphylia », rar
tcl etait son nom dans l'ancien tenips.
lül
48 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [48]
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'J3^^ LlL^j ji^ ULLaj Uj ■'^j^-.jU AäII l,Ji J^yi ^''3 j_^'^ <c>_-v« ^^j^ols
-c l,;^; Cid ji^ il ^\si\s J> l,^_/J^ L,Li-U!l ^Vl \ ^\ ,s^J^\ ^»-»■r- Jj-^^.
cllr Li^ cJLL ^13 i«)^r^3 i^j J^; ^ (*^^ ^5"^. ^-^.-*-^j If^^^V ^2j~Lw «-.^
1. Lgrd 1700 om. ,U. — 2. LgrJ 1700 habet : l^^=. — 3. !-grd 1700 habet : j^.-'U=.
4. Lgrd 1700 habet r^.^O. — 5. Lgrd 1700 habet : b^,Ä-.
De lä nous sommes venus k Seleucie de Syrie qui sc nomme aujourd'hui
Ma'loula, oü nous avons visite Teglise sainte de la prerniere marlyre, sainte
TlK.'cle ', (son corpsy est cache), et le couvent de Saint-Serge leThaumaturge.
Les eaux de cettc ville sont abondantes et jaillissantes.
De lä, nous sommes alles vers le fort de SeduAya dans le but de visitcr la
Vierge, la maitresse du monde, la reine du genre liumaiii, la mere de Jesus-
Clirist attendu; nos ämes ä Tinstant en furcnt ranimees et toutes nos peines
dissipöes.
Ensuite nous sommes alles äDamas la bien gardee par le chemin de Menin .
Nous nous sommes rcnconlres avcc le pere scigneur patriarche. Ses liabilants
nous re^nirent joyeusemcnt, touä se rejouirent de nous voir et i'urent Contents
parce que tous s'attendaioiit ü nutre venue. 11s nous (Irent descendre dans la
demeurc du patriarcat florissant, avct' tous les hoimeurs. Nous restämes clicz
eux presque dix jours * et uoiis les (juillAines cu nous dirigeant vers la ville de
Siylioun [= Jerusalem]. Pour y arriver, nous marcliAmcs couragcuscment.
Notre arrivde coi'ncida avec celle de son scigneur l'lionorc, i;'est-;\-dirc de Sa
Grandeur le patriarche Kyr Theophanc, parce qu'il ctait absent depuis sept
ans, pour la röparcr et pour la rostaurer. U nous traita avec tous les soins
1. En CO qui foncerne saiiilc Thecle on petit consuUor C. Mnrinescu, la Catalogne et
l'Ar/iicnie au Iciiipx de Jacques II 1 r2'.tl-i;i27). I'-nvoi par le roi Üchime des reliques de
sainte Thecle a la calhudrale de Tarragone, Paris, 1923, p. 11 seq.
[49] INTRODUCTION. 49
^IjVij oljl'_-iJl iil^ Sjlj LL^j jL^; ^ j£^ ^ -S^' ^c-^1 A-t JIS3 i^lsVl
^^jl_^l dUi j_5)yj' LjÜsj ^j~«^. lU jL. ^_;-|.->^' ^.^ i^» Luilj jliC J53 ■U-AüJl
IjJj:; ,_i^i ^_^'l3 (v-lijjl jV« ^>v^ '-ly' "*^^ "^ ---»iJl /»_y3 "»oj-O |j^' J^^.i
»y^ ^^-JJl Ai-Vl ^3 ^j-Ui^l !i^x.Ul *t-— :^ i^j ^L'-^-? t/^' «-IäJI A>1 ^ä^ lÄÜi:-i3
<»_>äJ1 4^11^3 l_^»'jl 'Oj.i[,3 (^-jLI C-Ä^is -^lial^l U jAS j»j^,L£. ^^^ \ciyi3 /i*-JL
iiiJÜl ^--i^'i «^ 'l*-^'l tJLcj ^ Ii£.j)l ^ d)y_^kJl A^l ^,5C±,J I_3±AA;1 Jj "^Äxll
LLrj..l! »js ll:>-,=>-3 4.L»js. iLcj3j v^jjji Aj'LsJ U.,,..' » 'i u^La-i j»^j »»Ji Iäa -93
AlX-j /v< 'UlÜl ^J—=' ^^ lr*^==^ J^J ^-'^^ ^j,As- ^1 Jjj>-=]| ^v-^;-«^ ("^yj
J>i^|j ^|_p^[5 jV^^'i ^>i JIjL^^VI <>ii i^iVli k-i-'J^lai^i
1. Lgrd 1700 om. ^^^o^Jl. — 2. L habet : '-j»^'^ ^^^~' pro ^^ 'i^^^^~'■— 3. L
habet -.y^'^.-
et tous les lionneurs. J'aurais souhaite que ce sejour füt plus long; c'etait
la fete des glorieuses Päques, lo 10 avril. Nons avons visite tous les couvents
et lieux saints et nous desccndimes dans le couvent de Saint-Säbäs, deux
jours. Nous avons parcouru les couvents de cet Ouadi qui fut decritsans men-
songe et qui contenait quatopze mille cellules creusees dans le roc comme nous
l'avons constate sufTisamment de visu. Le jcudi apres le dimanche de saint
Thomas, nous quittames Jerusalem et nous revinmes äDamas. Nous y enträ-
mes lo matin du dimanche du Paralytique. Au grand matin nous assistämes
dans son eglise ä la sainte messe, et le dimanche d'apres, qu'on appelle la
Samaritaine, notre Maitre celebra la messe avec la permission de monsei-
gneur le patriarche, qui lui ordonna de faire un sermon pour le peuple. II s'in-
clina devant son ordre avec obeissance et soumission, il leur parla autant
qu'il put et leurs ämes se rejouirent et furent soulagees par ses paroles. 11s
admirerent scs conseils animes et doux. 11 termina le sermon par un remercie-
ment ä raonseigneur lo patriarche, avec les voeux fervents et les meillcures
paroles. Dans cö meme jour il ordonna diacre le lecteur, riiumble historien
que je suis. Nous fimes nos adieux ä tous et nous allämos vers notre villo.
Nous partimes de Jerusalem avec Kyr Maxime, le catholicos de Georgie.
Le jeudi de l'Ascension nous enträmos ä Alep oü fut reserve un bon accueil
ä Sa Grandeur le metropolitain de la part de ses sujets et de scs commu-
nautes, avec la plus grandc ceremonio, avec honneur, respect et consideration.
PATR. OR. — T. XXII. — 'F. 1. 4
50 VOYAGR DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [50]
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1. L liabot : ^r~=-. — 2. I.grd 1700 habet : 'ju^J. — 3. Lgrd 170(1 um. J^j^^
Nous traversämes la ville d'Alep — que Dieu la sauvegarde de tout mal
pt mallieur! — ferlile par son bon marclu'' et par sa prospörite; eile etait dans
uno parfaitc justice et equite. Le gouverneur eu ces jours-lä etait Ilouseiii
Pacha, le fds de Nassouh Paclia. Nous n'avons jamais vu Tinjustice ä cotte
cpoque.
Dans cette annöe 011 forma lo projet de faire venir de Perse l'eau de samav-
iiiar, commc on le faisait depiiis longtemjjs, pour faire disparaitre les sautc-
relles, car eu cette annce il cn panit uu uraiul nombre. Malhmireusement,
on ne trouva pas de cette eau.
Lorsque les envoy(5s revinrent et TapportiTcnt, iis la lircnt monter dans
Uli vase au-dessus de la porto du raaqAm du dicikli Abou-Bakr, parcc qu'il la
surveillait afin qu'elle ne passAt pas sous un toit, ui sous un linteau de porte.
Alors il ordoiina do sortir ä sa roncontrc i\ tous ceux qui se trouvaiont dans
la ville : musuhuans, chretiens <'t juifs. Les musulmans s'avancereut b^s pro-
miers en louant, puis Ins chrötions chantaicnt en grec ; ils marcliijrent autonr
de Tenceintc de la ville imi ordre parfait, jusqu'ä ce qu'ils rcusseut ajiportee et
suspendue ä la porte du maqftni. Ils la recurcnl dans des vases de cuivre par-
dessus la ])orle [dudit niaqäm]. Nous partiincs cnsuite devant [I'cau] jusqu'a
Ol' cju'ils montasseiit avec clb" ä la citadelle. Ils la moutörent au-dossns de la
piirle de la ciladelle et la suspendircut sous Tauvent du minaret saus la faire
51] INTRODUCTIÜN. 51
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1. L om. 5»li^. — 2. L add. : 5^.
passer sous les portes de craiate que son pouvoir * ne tut detruil et que ses ♦ foi. 8 1'
efTets utiles ne fussent perdus. A l'epoque de l'eclosion des sauterelles et de
leur vol dans Fespace, on remuait le vaso de cette eau gardee et il arrivait
un nombre coiisiderable d'oiseaux nommcs samarmar. Lcs sauterelles tom-
baient lcs unes apres les autres jusqii'ä ce qu'il n'en restät plus une seule.
Description de cct oiseau : il est noir et petit comme un moineau. — Le
pacha ordonna de ramasser dans des sacs les sauterelles ecloses autour du
territoirc d'Alep et surtout du cute du sud. II imposa cette Obligation aux
paysans, aux habitants de la ville et ä ceux qui vivaient dans les environs. Ils
ramasserent quatorze mille sacs et les firent jeter de main d'homme dans
le puils hnuar en face de la porte de la citadelle.
Dans la neuvieme annee de sonepiscopat, vint ä Alep unedeuxieme fois le
pere et seigneur patriarchc Ryr Euthyme. Nous le regümes ä Hama avec joie
et rejouissance.
Son eiitree, qui eut licu le 1°'' fevrier, redoubla la joie des chretiens et
obligea Sa Grandeur inon pere ä me marier. 11 me maria le dimanche de
l'Enfant Prodigue, le 17 fevrier ; j'avais l'ftge de dix-sept ans. II recueillit
aisenient la dime de ses sujets selon l'usage et partit ceut jours aprös. II se
dirigea le 17 mai vers Hama et Tripoli en bc\te, puis il revint k Damas.
52 VOYAGE DU l'ATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [52]
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1. Lgrd 1700 om. iL" i*^,.
VII. El.ECTION AU PATIilARCAT.
Au commencement de la treizieme annee de son episcopat, le seigneur
patriarche Euth^^me tomba gravement malade. Tous desesperereiit de lui. Les
pretrcs et le clerge se reunircnt, lui firent Tonction sacrec et lui demanderent
qui le remplaccrait s'il vcnait ä mourir. II leur repondit — que Dien le tieiino
cn sa raisericordo! — en leur faisant part de son espoir et de sou desseiii :
« Si vous voulez un organisateur habile, ne mettez comme patriarche per-
sonnc autre que le metropolitain d'Alep. » II termina par cet avis judicieux,
par Texcellente parole du saint Evangile : « Ic disciple sera considere comme
son maitre ». II a fait comme son predeccsscur, c'est-ä-dire celui qui l'avait
consacre — que la misericordo de Dicu soll sur lui! — II elut [mon percj
mötropolitain.
Lorsqu'ils eutcndirent prononcer cettc parole, ils furcnt enchantös, et
IUI hätc ils öcrivirent et lui presentörent cette lettre. II la signa pendant
qu'il etait dans cet etat [grave] et ils l'envoyerent avec un messager au
mötropolitain. Ils lui rccommanderont de presser son döpart et de liater son
arrivee. Lorsquf; le messager arriva a Alep, il ne trouva pas le metropolitain,
qui etait döjä parti i\ cause de nombreuses injustices et de prüjudices commis
par b' gouverucur Qara Hassan Paclia, cpii abusait de l'espionnagc (chan-
tagf) et de la taxation illegale. II etait parti du pays de Ma'arra et de llanak
i\ Killiz. Le messager ne cessa de s'informer de lui en le cbercbant jusqu'ii
(•(' qu'il i'üt alteint son but. Lorsqu'il l'cut rcncontre, il lui rcmit teile lettre;
[53] INTRüDUCTION 53
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1. Lgrd 1700 om. !j^. — 2. Lgrd 1700 habet : Li^U. — 3. Lgrd 1700 habet: ^\.
il la lut et apprit ce qu'ou lui voulait. Ge desir lui causa une grande peine,
surtout quand il sut la gravite de la maladie qiii avait atteint le patriarchc ;
il ue voulut pas partir et cnvoya ime reponse poiir s'excuser. Lorsque le
patriarchc apprit son refus, il se courrou?a. Pendant qu'il (Mait ä Tagonie,
il ordonna de lui envoyer uue deuxieme lettre en lui faisant savoir, qu'au cas
oü il refuserait de veiiir, il serait interdit. A l'arrivee de cette deuxieme lettre,
il se crut oblige d'envoyer la reponse * qu'il arrivcrait sans retard. Ainsi il ♦ m. s v
se dirigea malgre lui vers Damas, avec moi qui ne le quittais jamais.
Lorsque nous arrivämes ä la ville de ilama, nous trouvämes un autre
troisieme eourrier avec une lettre pour nous demander de la part des pretres
et des notables de Damas, [lettre] conforme en substance ä la premiere lettre
elle-meme, annongant la mort du patriarchc la nuit de 11 octobre et sup-
pliant Sa Grandeur le metropolitain de venir sans retard de peur qu'il ne restät
exclu du testament et — Dieu nous garde de ce grand danger! — qu'un
retard ne fit eclater des disputes, des querelles et des intrigues, etant donnc
surtout qu'au moment de la mort du patriarchc, on avait obtenu le trunsfcrt du
pouvoir et l'acte authentique au nom de Macaire conformcment au testament
du defunt Euthyme.
54 VÜYAGR DU PATRIy\rxCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [54]
1;a3-3j ijL- aüJ Lx^ L^jb'li ^^{:^Li ^t-.UuJi ,__ya.o.5^ ji__,i2^3 ^^-jj'^l« »jj-^1 iU^-
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lä|y A^LUVi ijjJI ,3-1^3 ^J>i *-^.i;^ ^y-^^ "^^^ i^b J^jLJ jL'^ jl/i"
•Cw *oUj ._i>l «jL- O.- ■o'^-^' cjir"*"" Jt"" .j~~^ lS" ls' w t?"'^ Ct. ij^^-i3
1. L habet : ^^^^\ Lgrd 1700 a la forme correcte : Lilj,X~.i. — 2. La la nolc margi-
nale : llfX 40—.
Alors ä Damas ctait pacha Mahomed Paclia Kupruli ' Ic respectc, qui
devint apres grand vizir. De peur aussi que ropiiiion publique ne se divisät
el qu'il ne surgit de nouvelles complications, ils demanderent de faire venir
avec lui le metropolitain de Hama, Melece, et le nietropolitain de Iloms, Phi-
lothee. Ils parlirent avec nous et nous trouvämes, ä Sednaya, Kyr Joseph,
metropolitain deOärft. Nous enträmes ä Damas de bon matin. Kyr Gregoirc,
metropolitain de Ilauran, y etait. A lunanimitc ils elurcnt [monperej patriar-
che et le consacrerent pour le diocese d'Antioclie. II s'oleva et devint chet'
par I'inspiration vraiment divinc le 12 novembre l'an 7156 de Texistence du
mondc perissable".
1. Sur le grand vizir Kupruli, cf. N. lorga, Geschichte des osmanischen Reiches, vol.
IV, p. 8ii-i0(i. — 2. Nous reproduisons ici un resume qui nous donne une idee de la
valcur des ouvragcs composes jusqu'a present sur riiistoire des patriarclies d'Antioclie.
Le premier auleurd'une liste syslematique des patriarclies melkites d'Antioclie est Atlia-
nase 111 Dabbäs qui ecrivit probablement en arabe vers la fiu du xvn'' siecle et Iraduisit
son liisloirc des pntriarclujs dAnlioche en grec lilteraire en 1702. Cet ouvrage qui se
base sans le dire sur Eutliycliius Yahyä, le patriarche Macairc 111 et son fils, rarchi-
diacro Paul, est encore inedit et se conserve ä la bibliotheque nationale de Vienne sous
le n" 71, l'onds grec.
Le bollandiste Pierre van der Bosch ' Boscliius) a insere en tcte du tome IV de juillet
des «.'Vota Sanctorum », Anvers, 1725, un Tnictaliis hislorico-chroitologicusde patriar-
chis Antiochensibus, dans lequel il discute la Chronologie des titulaires grecs, jacobites
et lalins, jusqu'ii l'öpoque de Jean IV inclusivemcnt, compose d'apres les soiirces con-
nues ä celle epocpie. Ce travail est le premier essai serieux de Chronologie. II a ete
depasse par le dominicain LeQuien, dont le deuxieme volume de VOriens Christianus,
public a i^aris en 1740, renferme (col. (100-776) une serie aussi compicle que possible
depuis Saint Pierre jusqua Cyrille \'l 'rän;\s d'un cöte et Sylvestre de Cliypre de l'autre.
Son travail resle encore aujourd'hui la base de toute etudo ultericure. Dictionnairc
dhist. et de g<'ogr., col. (>07, et sur les autres details, col. ()98.
La liste des palriarches d'.\ntiocho qui a le plus de valeur aujourd'hui a ete composdo
[55] INTKOÜUCTION. ' 55
Plus tard on rassembla uii synode pour se consulter et pour deliberer: 011
fixa la totalite des dettes inscrites daus les registrcs, c'est-ä-dire de cclles que
laissa apres sa raort ce patriarche. On trouva uu total de six mille piastres y
compris les interuts. Puis 011 fixa d'accord ce qu'oii avait depense pour soii
par Ouspensky d'apres le Taklikon de' Jean Ajjeymi et Tliistoire des palriarches d' Antioche
par Braik, et publice dans Tioudxj de lAcaderaie spirituelle de Kiev, 1875, p. 385-480.
On peut rapproclier de ces histoires des patriarclies d'yVntioche composecs par Paul
d'Alep, Athanase Dabbäs, Jean Ajjeymi et Braik, l'ouvrage similaire du patriarche de
Constantinople Constance 1 : IhciTiöv h 'Avtio/ei'ix TtdTpupyeu'rävTwv publie dans Ko>v7r»vn'vou
A. Toj aTTo ^Sivatou •;rotTpio(p;^ou KwvUTavTivoureoXEoi; Bioypacpi'a xxi (jÜyYP'"?"' "' «t^ao'OVEi; par
Th. Aristoklis, Const., 1866.
Voici la liste des patriarches dont 11 a ete question jusqu ä maintcnant, sans laisscr
de cöte les patriarches dunt Paul d'Alep ne parle pas dans son introduction.
Theodore III Haisamon, entre 1185/1191 — apres 1195.
Simeon II Ibn Abon Saibe, avant 120() — apres 1235.
David, vers 1242 (?) — apres 1247.
Eutliyme 1, avant 1258 — au plus tard 1273.
Theodore IV de Villehardouin, juin 1275 — vers 1283/1284.
Arsene, vers 1283/1284 — environ entre 1285/1290.
Cyrille II, environ 1285/1290 — peut-etre 1308.
Denis I, vers 1309 (?) — apres 131(i {?).
Cyrille III ? ?
Denys II ? ?
Sophrone ? ?
Ignace II, avant novembre 1344 — avant 1359.
Pacume P', premiere fois, avant 1359-1368.
Michel I"', 1308 — 17 aoüt 1375.
Pacome \"\ deuxieme fois, aoüt 1375 — milicu 1377.
Marc I", milieu 1377 — 10 avril 1378.
Pacome P"', troisieme fois, avril 1378 — 19 deceml)re 1386.
Nicon, debut de 1387 (?) — H janvier 1395.
Michel II, fevrier 1395 — 18 avril 1412 (?).
Pacome II le Haouranite, 1'-'' juin 1412 {?j ^ 9 octobrc 1412.
Joachim P'', ? — 1424-1425.
Marc II, 1426/1427 — ?.
Dorothee I", 1434-1435 — 8 septembre 1451
Michel III, 14 septembre 1451/1450 ?)
Marc III, 1456 [<) - 1457/1458
56 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [56
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cnterrcraent et ses obseques et pour Tobteution du firman du pacha au nom
du nouveau patriarchc selon l'usage, plus ce qu'on avait depense pour fixer
cela dans l'acte legal avec le conscntement de tous, c'est-ä-dire de tous Ics
chretiens du diocese, cela pour mettre fin aux conteslations et oppositions et
pour prevenir le retour des clioses anterieures. Le montant de cette derniere
depense fut d'environ quatre mille piastres et la somme totale des dettes
fixee k dix mille, puis on la convertit en faveur des creanciers avec les
intörets et en peu de temps eile monta ä plus de treize mille. En nantis-
sement de cette somme, on mit en gage quatre mitres : l'ancienne, la grande,
Joachim II, avant 20juin 1458 — apres 1°' juin 1459.
Michel IV, vers 1470/1474 — avant 1484.
Dorothea II Ihn As-SAbbouni, avant 1484 — apres 1500.
Michel V Ibn Al-Mawardi, vers 1523/1424 — apres juillct 1529.
Dorothee III, V — 1530/ 1531.
Joachim III, compätiteur des 1527, 1530/1531 — avant novembre 1534.
Micliel VI. Sal)bagh, avant 10 novembre 1334 — 1542/1543.
Joacliim IV Ibn Joumma, compctiteur des 1540, 1542/1543 — apres fevrior 157.").
Macaire II Ibn Khilal, antipatriarche, 1543 (?) — 1550 (•*).
Michel VII, avant 17 juin 1570 — 25 dciccmbre 1592 — 4janvier 1503.
Joachim V Daou, antipatriarclie. avant 25 mai 1581 — 7/17 ocLobre 1592.
Joachim VI /.iäde, avant fevrier 1593-1604.
Dorothee IV Ibn Al-Ahmar, 1004-1612.
Athanasc II DabbAs, avant fin aoüt 1()12-1620.
Ignace 111 'Aliyc, 10/24 mai 1620 — vers avril 16.34.
Cyrille IV DabbAs, antipatriarche, 10/24 mai 1620-1027.
Kulliymc II Karme, dcbul mai 1634 — debut decembro 1034.
Kulhyme 111 le Chiote, fin dccembre 1634 debut decembre 1647.
Macaire III Za'im, 12/22 dccembre 1647 — 12/22 juin 1672. Dufiimnairr d'/iisloire
et de geoj^r., vol. HI, col. 699-700; cl". Le Quien, op. cit., vol. II, col. 759-766.
A uliliser avec les corrections proposees pour chaquc patriarchc decrit par Paul
d'Alep. Pour riiistoire des palriarclies d'Antiocho en dehors des sources citees par
M. Karalevskij dans son elude publice dans le Diclionnaire d'histoire et de geograpliie,
on trouvora des dölails tres intcrcssanls dans le man. n° 29, p. 180-191. pour les
palriarclies a parlir de Theodore Balsamen jusqu'a Mauaire, et dans le manuscrit n" 30,
fol. 17"-35'°, pour les palriarches i\ parlir de Joachim Ibn Djoumma. Les deux manuscrits
sonl composes par le patriarche Macaire d'Antioche. IIs se Irouvcnt actuellemcnt au
Mnsöe Asiatique de Leningrad.
[57] INTRODUCTION. 57
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^1 i[i-j ijijj -^J^, (^ ^^ «ü-i-»^^ ^Jlj VjA«^ j^A ^_gJl j«LiJl Ä03L- |_^)1 (J^jj
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ij«3„^Uji iiL»^3 LiLiL-l VjAjljj -^J j-' l5^ dA^llll (JuIsLaJI 4^U>- Jl
^^ S ^JäÜ Ji,Lr;^ ^L^l iA^o-l;' A.:,^ ij^^3 ^^y -^ J^^-> ^^' -5^ |V
1. L habet : lyjl, uri-eur du copiste. — 2. L habet : JjIä^'*. — .!. L habet : > ^>j_j,
crrour du copiste. — 4. L habet : ll;^. — 5. L habet : -1='-^, erreur du copiste. —
G. Lgrd 1700 om. ^^^^ .
Celle d'Alep et Celle de Constantinople, avec le reste des chasubles et les
vases du culle. Ensuite monseigneur le patriarche cnvoya ses beiiedictions
et .ses voeux, selon Tusage, dans tous les pays.
Le 21 novembre 11 elut et ordonna pretre Michel, fils du pretre Bechara
d'Alep, qui avait ete eu sa compagnie, comme metropolitain d'Alep, et l'appela
Metrophane, et il l'y envoya. II consacra avec lui son humble historien archi-
diacre, c'est-ä-dire chef des diacres, sur les deux villes de Damas et d'Alep et
sur tous les pays arabes, et il partit.
VIII. — Visite de son diocese.
II partit pour visiter le couvent de Sednätja, pour s'y prosterner et demander
ä la sainte Vierge ses meilleurs dons. II arriva ä Seleucie de Syrie, c'est-ä-
dire k Ma'aloula et ä Pamphvlia, c'est-ä-dire ä Yahnntdet ä Qdrä. II revint aux
villages d'Ain Et-Tineli* et de Bakhet et dans le reste du diocese de üjabat
Assal.
Le 5 fevrier, il choisit et consacra ä Sednäya evöque de Yabroud et de
Ma'aloulale pretre Ibrahim deDeir Atiye, horanie vertueuxetermite, et l'appela
Athanase.
Apres la visite, il revint ä Damas, et ordouna pretre et eure son disciple,
fol. !i r"
58 VOYAGE DU PATRIAUCHE MACAIKE D ANTIOCHE. |581
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örr-'' J'i ^"^ ö^ J^ ^3 ä.-**^ ^^^ l5-^ ^-A-J ^'j^V'^ J^ ^J cri-V-*^
1. L liabut : >--iJ', errcur du copiste. — 2. I. habet : ^ iy^^y erreur du copiste. —
3. Lgrd add. : ^. — 4. F. habet : jj^V-'i erreur du copiste.
le diacrc Gabriel d'Alcp et lui donna le rang darcliimandritc, c"csl-ä-dirc
chef des couvents, et l'envoya comme exarque, c'est-ä-dire son rcpresentant,
au pays de Georgie avec des persoiiuages en sa compaguie.
Le () jiiillet, monseigneur le patriarclie sortit de Damas pour visiter son
diocose, pour ramasser les dinies et pour voir l'etat de ses fideles en dehors
du pays de Damas, c'est-ä-dire ^idoi} (Saida) et Bcj/rnuth, et dans le district de
Cliouf. U passa cette nuit dans le villago de Uiiiiäs; de lä il se rendit a .1(7«, ä
Qaroun, ä Maclir/aral, ä Kafar Milbi; de lä il retourna ä Sidon (Sa'ida), ou il entra
un jeudi. Puis il monta a lliinih el h Ahnili et revint ä Sidmi (Saida) oü il resta
douzejours. 11 en sortit et vint ä Wadi Leimoun, puis ä Barnye (= Berti?), ä
Kiipir Px'il, h Kiifiir l[(ilt(i. puis eucore A W((di Leinmun, et de lä aux villages de
lirrsi, Anbei, lUhujUn, village de röuiir Millicni, et se rencontra avec lui. I']iisuile
il revint ä Anbei, biC.li<irif('\ i\ Mezrda, ä Ain-Qnne, ä Amatmir, hlietrr. ainsi qu'ä
iV(7if(, celebre par sa citadellr oi'i s'etaitcache l'ömir l'\iklireddiM lorsqu'il yfut
assiögö par Kudjuk Ahmed Paclia de Hamas qui le prit et l'envoya ä Constan-
linople oü il iut tue. Puis il alla ä liäadran et de lä ;\ El-Kliraihc, ä Kl-Mdascr,
ä liclliiiin. ä i'ie'i'dis, de lä ä Unvaiil; oü nous avoiis vu liäs-ol-Ain, de lä ä Ain-
[59] INTRODUCTION. ' 59
aäVI V; ^Ajj :jU>yJl J\j ^a)I Jl ^^ <üli.»_Jl ^>lj a;Jj j^ ^Ij ^_^ ^Ij
Ls-jj 4^ L^Asj ^Ul jL y_:> ^\ Lrlj Is^ r^ J3VI -v^VI jljj If--^ ^ Ll-j^j
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UHi^j jj^^'3 j»-'Lj L'^LiL-l f;^'^. ^»-^ (*(-'L'^-' ^^-^'^-^ |_^Y-_-=>i._JI ^o jlLs-3 L.J1
1. L habcl : ^ ij^.j^- — '^- I^g^d 1700 habet : I^j. — 2. L habet : voläi pro .^ }ss..
— 3. Dans le manuscrit de Leningrad de 1700, apres : L^^JI Jl »Usj, manque toute
la description du voyage, les dernieres preparatifs pris par le patriarche Macaire, la
traversee de I'Asie Mineure, le sejour ä Const'antinople et la description de la ville,
Zahalta, ä Bessine, ä Brili et ä Mii-Wazieh, ä Sainaqanich, k Ed-Deir et ä Clwuei-
fat oü il celcbrala messe le neuvieme dimanche apres laPentecöte.
II entra ä Beijronth la bien protegee le 21 aoüt et je me rendis apres Päques
a Alcp, j y restai un momeat, puis je revins ä Damas. Ensuite j'allai le rejoindrc
ä Beyroutli, oü je me suis rencontre avec lui. Nous en partimes le 21 septembre,
iious montämes la montagne de Kesnran, puis arrives au villagc de Bekfaya et
ä El-Ml>cndt('h, nous celebrAmes la messe dans son eglise le premier dimanche
de Saint Luc. Nous arrivämes au couvent de Mar-EUas oü nous celebrfimes la
messe et nous partimes pour le village de Clioner et pour Beskinta au pied du
mont Liban oü nous celebr;\mes la messe dans l'eglise. De lä nous partimes
pour Kefcv Akab et nous dimes la messe dans la nouvelle eglise apres sa con-
secration et la decoration de son sanctuaire et cela le premier dimanche
d'octobre. Nous retournämes ä El-Mhaidteh, oü nous 'celebrämos la messe
deux autres fois, puis nous arrivämes k Bekfaya et nous descendimes k Beyroutli
le vendredi 16 octobre et nous sortimes de la ville en compagnie de son
metropolitain Joseph.
Nous nous embarquämes le 18 octobre et le matin nous arrivämes au port de
Tripoli oü nous debarquämes. Et tous les chretiens vinrent au-devant de nous
en compagnie de leur metropolitain Kyr .Joachim et nous accueillirent avec
fol
60 VOYAGE DU PATrxIARCIlE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [60]
^>i; v_5yaJ ^5-'^'' klfir-*-*" JJ^'-^ «3^^'"^ -^^ V^ '-fV^J ^-'' ^^-»-"3 1-V^ jj*=
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j>i ^-^^ ^-5^ ^-^ j'V ^^y. -^'^3 ^^tr* ^'J L^l^aJ^j T-liJÜlj ^\s>^')i\^ ^^tr"
Ijl^ flr^ v^ Ij^jlcj Ijo ^i LIs-jj Ijj Lu-Aj'j \]j^ (_rL'' ^-^—^ ^.s jJ' L^~^3
des ('glises etc.. Gelte parlie est resumee en quelques lignes : U'JLa..>j . .JU^ ^." \~-^
'lire nc) |lc\ J^t j,„.^l-' Ui! L.;Nl Mc\
' fol. '.I V
Ja^i!! .fJ v^'. Apres il poursuit son recit avec : Si\ J, qui se trouve dans le manuscrit de
Paris au fol. 27". 1. 19.
1. L habet : JjWr.
bonheur et joie. Nous enträmes dans la ville, puis nous celebrämes la messe
ledimanche des Gadareniens '. Nous montämes k Häret El-Djabal et nous celc-
brAmcs la messe * dans l'eglise de Saint-Michel le jour de sa fete, le 8 novem-
bre. Puis nous paiiimes pour la visite du couventde la sainte] Vicrge ä Kcftin
oü nous celebrAmes la messe.
IjC dimanclie 19 novembre il consacra metropolitain de /'///â– d Sidmi le
pretrc Elie Marmeniti et l'appela Jeremie. Nous sortimes de lä le jeudi
20 novembre pour inspecter le district de Kouru, puis nous vlsitilmes premie-
rement le couvent de Mar Ya'ifüb le üecapite et nous y celebrämes le jour de
la löte de l'Rntree de la Vierte dans le Templc. Ensuite nous viumes k Deir
bclineiil oü nous celebrimes la messe. C'est un grand couvent royal. Nousy
vimcs k cette epoque Ics grenadiers, les poiriers, Ics pommiers et pruniers
en lleuis cl ayant dejh iioue des fruits mangeablcs, parce que les arbres de
la cöle produisent deux fois par an — que Dieu soit b(''ni! — Nous sortimes
du couvent et nous arrivftmes au villagc de (Jalhat, de lä ä Fiijd oü nous c6le-
bränies la messe; puls nous arrivämcs au village de Ik-trdni cölebre par ses
copisles, et nousy celebrämes la me.ssc le dimanclie. Nous allämes au couvent
1. 11 est trös diirioilc d'idenliflcr lo mol .*-> .AiÄ^I.
U--J
[61] INTRODUCTION. öl
1^3 L-^ ^l|j Mi-J^ ^\ l:-.k* 1^3 <u.<^ Ij. LJlj lf_U.U; !sj_j^ll j_^l i^i ^11
>lc.l ^j üjIjU j^ ^^ j-»3 ijf- j~s- *JI j_ii^LJ'3 (j--VlJl üj^jL-Lj;- ^.5 ^)1
j_ji,Ui ^_^ J\ C.3 A:.!li.i| ^^j Jl l;:,3L3 ^1 J ^yi jU ^^ JI3 ^*l3>^
<C.3 ^=>c5jl <=-3 Alt <jj^l bJw- ^j ^ l:*.Ü:?3 CjUi:^ i^!^ ly^J ^■''^ ^-^^ i_5'l '^•^3
^b JJ^'^ J^ ^3 ^>J o-^^J -^^V-J^ x^ Ij. LL^ ^,i:U ^1 l;:>jl^j
Ü l3iLL^l3 ijj-JI ^li&l vil-s- jL'J J^ C^ jyJ^\ ^Jlj l-LU-yiS ^\i ^>_jS,
^]lj jUio ^1 ljl.3 ^^gk ^JJuJI i;9 Vy ^\b L«3^ ^1 ^3 '>-*i ^j=^^b (n~* -"^Ij
^!1 Lrl3 j^ ^1 l;:>3bj bjL^ll '^11 LL0..J3 ^ji JI3 J-> ^^3 jli^~i ^13 jjj>
^y^ ^l" UjVl jl^ CiL" ^1_^ ^^ ^'^Iji^ "^3
1. L add. : J' h^^^. vjU.
de la Vierge du Ras pres de lä et nous y celebrämes la messe. Noiis partimes
poiir Badiya et nous revinmes ä Bctram, de lä au village Atni'oun counu par ses
savants et nous y restämes une semaine. Nous partimes pour Kafar Akka et
pour Kt'sba, et le saint couvent de Hamatourah. Le chemin qui y conduit est
tres difllcile, il est creuse dans une montagne au sommet de laquelle on voit
cncore le couvent de Saint-Georges. De lä, la route va vers le pays de
Beharre. Nous sortinies et nous arrivämes au village de Kafar Caher et au cou-
vent de Saiiit-Elic pres du llcuve. Nous revinmes ä Deir Belmeiit, puis nous
allämes au couvent de Natour, de lä ä la ville d'Enfeh, ä Hdindt et nous mon-
tftmes ä Deir Saidat-en-Nouriye jusqu'ä Wijj-el-Hadjar, de lä ä Bordj et ä Hdmät.
Nous retournämes ä Tripoli oü nous passämes les fetes de Noel et de
TEpiphanie. Nous sortimes et descendimes ä Batroun ainsi qu'ä Abrin, ä Kafar
Heida, ä Kefour au pied du mont Liban oü sont les nids des aigles. — On en
prit pour nous un, dont nuus tirämes la graisse. — De lä, [nous allämes] ä
Douma, ä Toula le village du chef Ali, ä Bekhaa:-, ä Gherzouz-, ä Chikhan, ä
Djhail, ä Ghaz-ir, nous revinmes ä Barbara. Nous retournämes ä Abrin et arri-
vämes au couvent de Kefloun, nous passämes le nähr Qadicha (le fleuve saint)
et nous y cölebrämes la messe le mardi du careme. De lä nous retournämes
ä la ville de Tripoli, le lendemain mercredi.
Nous fimes nos adieux aux Tripolitains et nous sortimes de chez eux le
jeudi de la deuxieme semaine du careme. Nous nous dirigeäraes vers le pays
62 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIlE. [62J
1^ LJlj '»_5-j ^'Ij '»i~-i- i_5-*l Uij c_j~a]l ^^ ^bl j^Vl jl^' Ij) Lwjjj ^j^\ ^^
"ys. ^Ai. Lo.s>^j j^'^ Jl Lu Ll^^j "^'^b ki-J^i A»-Vl jU U Ll-asj "jZjkA^-
< «bt.'l 4jl»äJi "j.« "j^ "i 1 j»ti Li« UjÄ^^p-j '*-^*-j (C^l ij'-^j i_ji »=- 'yy3 '-•■Hyi ■—jj-^
jU A JS i^ L^ASJ lÜL» ^'1 Ijo-j LUj UajiJl Jl_5 A....'... „M ~Jl ll=>-JJ CJ"^^ lJ*
1. L habet : JjL^- — ^- L habet : \j^^::^. — 3. L habet : -'o.l pro -l>,'.
ii.l. iiir
d'Akkar et nous arrivftmos ä BijcrzJa, de lä, ä 'Anja, ä Djahrdil qui possede unc
ölegante egliso oü il y a uiie source d'eau courante qui jailüt sous la table du
sanctuaire et coule ä l'exterieur et guärit les malades. Nous y celebrämes la
messe le deuxieme dimanche du caremo. Nous arrivümes SiKlianiqdh et ä Ralihch
oü nous restümcsdeux semaines. Nous v celebrämes la messe Ictroisieme et le
quatrieme dimaiiclies. De lä,uous partimes pour 'Aiath et uous reviiimes ä Ain
Ya'fjüb et ä Rezhina qui etait en ruiues. Nous retournAmes ä Rahbch et sortimes
le lundi de la cinquieme semaine du careme. Nous allämes ä Sisnidi. ä Boucida,
puis nous revinmes ä Saßta. nous y dimes la messe daus la grande cglise de
Saint-Michcl. dans le celrbro Huurdj, le cinquieme samedi. Nous revinmes ä
Sisnielt ' oü nous celebrAnies la messe le cinquieme dimanche. Et nous allAmes
i\ Tainwiirhi, h Marmaiiita, ä VJ-Uosii oü nous visitämes ri']loilc du malin
(= Venus), sa citadelle, et de lä, ä Anaz. Nous retonrnämes pour la visite du
couvont de Saiiit-Groy(/es Haminit. Nous celebrämes la messe le dimanche des
Rameaux et le lundi saint nous partimes pour le village de Wrlmli. Le mardi
Saint nous enträmes ä Aphioitn.
Le mercrcdi saint, 21 mars, nous enträmes ä Ihuiutli et nous celebrämes
la f(Hc de Päques qni fnt süperbe. Le jcudi ■>') aviil, il y consacra le prclre
Atalah rAmadien m6tropolitain d'Amad et de ses environs et il l'appela
[63] INTRODUCTION. ' . ö3
jLLs-Ij •*Jly*lwl __^9ü düij ^_}^3ii^' iL*— J '^~L Uj A^i ^_^Lfc C\Jl^ ^J•^')|\ <iix£-
j^^l- Y3 jAA U-j^j *;. Jj ■»"='=- — ^^ ''.>*^. r^ ^-^ o'f^Vj ^^ — '^ nAi^ j-i- "^'3
aJ ^iils IjJali C«^ A.«p-1 Jal Jl AjuJ J' AjiLji <Jj <-Li "yt j ».Jv-TILs^I i_.r>-»^ <Ul«
1. L habet : weLv'lj ^^^1 pro o/r^.^W -^-r-'' ^"•
Theodose, cela d'apres sou merite et sur le choix et consentement des habi-
tants, et il le leur envoya.
Quant ä TafTaife du susdit metropolitain d'Alep et k ce qui eut Heu dans son
eveche ä rinspiration de rEanemi du bieu et TAmi du mal, et ä ce qu'Il sema
— quo Dieu le confonde ! — de paroles, de querelles eiitre lui et les fils d'Alep,
ceux-ci adresserent au patriarche des reclamations et des plaintes indignecs
contre lui au sujet de sa negligence ä Icur egard, de son manque de conve-
nauces et de son peu de zele pour Tadministration de l'eglise et de son Insu-
bordination vis-ä-vis de son clief ainsi qu'ils en avaient ete charges. A cause
de cela les chretiens ne pouvaicnt lui obeir, le calme et la tranquillite ces-
serent parmi eux, parce qu'ils avaient dit qu'il n'avait pas suivi le chemin de
son maitre, ni la conduite de son predecesseur. Cela peina beaucoup le sci-
gneur patriarche qui en fut tres courrouce. II envoya lui adresser un blamc
et d'apres les dispositions anciennes le priva de la diguite de metropolitain, et
le suspendit, puis apres l'interdiction il l'excommunia en lui disant : « Pen-
dant ma vie et apres ma mort sois exeommunie et eloigne de Dieu. » A cause
de cela l'eveque s'eveilla de son ivresse, de l'erreur de son ignorance, il se leva
et, quoique malade de chagrin, alla le trouver ä Hamah. II [le patriarche] I'ac-
cabla de reproches amers. [L'eveque] confessa ses fautes, so repentit de toüt
64 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [64]
LAsi l;l^ jljjül ,_^.a.»^ JLf^j 'jt.^ jL-^ -*^, ^J^ J5 ("f-j .-*^' -^»^ '^^ o^
l^ /.UI3 Ujl LjVI Mf\ ö- CjIs j\yj;=~ ^ J3I c_^, ^^^3 w.'^ lS^' ^^ '^3
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SjLi- (^Lal^J jbj. (»(^ ^_>-*--t *JUiS ij',-*^'j •vJ'-LCj Lj bjja£-l ^^UlJ
ibi.iov». jlj3 |»^3 "C^ jlkjül p.j3 ^i ja> ^Us Ax>j oJ pAjL:i-l3 1^1 U?^ ^J3
1. Lire : a'^s^, comme dans le manuscrit de Londres.
CO qu'il avait commis, et reparlit. Par les soins dos deux metropolitains de
llamah et Iloms qui iiitercedaient toujours pour lui, il jura de renoiicor au viii
et aux boissons enivrantes et ä tout ce qui avait ötc rapporte sur son coinpte
et de faire une soumission respectueuse. Puis il sigua de sa propre maiu
rcngagoment de s'abstenir de tout ce qui avait ete meutioniu; coutre lui et
demanda pardou de tous ses torts. Alors [le patriarchej le benit, lui donna
labsolution et lui pardonua.
Alors il l'amena ä Alep et y entra le 1''' juin 7158 de untre pere Adam. II
resta un certain temps jusqu'au retour complet du calme ; il en sortit le jour de
la lutc de l'Entröe du Clirist au Teniplc et sc dirigea vers Damas oi'i il entra
le 1 1 fövrier. II regia avec les pnHres, les notables et le clerg6 le couipte de
ce qu'il leur avait envoyö dans ce voyagc, ccla faisait plus de six niillc pias-
hv's. 11s payerent une part de la dctte, capital et intörels.
I.c r(!li(iuat de la detle ne cessa d'augmenter au point d'cntrainor la perte
des eglises et aulrcs (!ili(ices qui furent laissös aux gouvorueurs des villcs.
Le Icndcmaiu d(^ la iele de Pentccotc, le )} juin, il consacra metropolitain
de Iloms le pretre Ibrahim fds (rAmicli de Killiz et l'appela Atlianase — il
lui. mv. Olli ete plus conviiiaiili' de le iionuner Arius, * cnnunc je Tai döjä dit — ceci
[65] INTRODUCTION. 65
^^.U- J I |\-> [^j („äL. L.« jj^' ^'.' ^-^5 iJjjIjI *(I--) l^j j-*^ OuJij !sjL-äI1
L,»^ Jj liJ^ij^^ll Ia=-i «^.Ij'lJtAj Uj^j (♦j'^^C' '*^3 l,«^«X- /;*-*• f"*^ <^ij ft^\jhjfj
Co IjÜJ \J^ <! (•-»Jj dJ^i^LJI -uji «iXlli *LiJI |_^ CoU- Ul j^\ j^j, jüj
jLi-l iJ j^5Ci.-^ 4jiLp. )iji' J I ^^^ >^^-/'^^ -*— J^ -^ ;^i *^- ^.i ^"i ,_s»J
ÜU iJ; jj^J *^ 'H;>?=^' ^.^ (Jf>'^ ''^ ü"^ rh**^^ ^i\^ {SJ^ f^-'^ '-^^. '^^,
r-J^i- (^Jlc ^^J>^_ JOJ U_,C. _ytc ^' j_5!l ^LiJI Jjkl ^!^ A CJl SÄA ^^J
1. L. habet : ^■»-^•
avec le consenteraent et le choix des habitants. Peu apres, Satan sema entre
lui et eux Tivraie de la durete de coeur et de la haine. 11s echang^rent des
propos malveillants plus nombreux que par le passe. Tout cela fut cause par
leur mauvaise conduite et leur ingratitude envers lui et peut-etre meme les
intrigues qu'il fit pour obtenir sa consecration, parce qu'aussi ni lui, ni eux,
u'avaient dans leurs coeurs des intentions pures. Monseigueur le patriarche
fut degu k leur sujet; suivant ce qu'on avait cru, il avait voulu les... ' parce
qu'ils etaieut tous deux d'Alep, pour augmeuteren eux sa gloire. Ce recueil
donnera de nouveaux details sur cela.
Abchir Pacha etait alors gouverneur de Damas. Le patriarche se rencontra
ayec lui et lui ofTrit un cadeau qu'il accepta et lui fit l'accueil le plus hono-
rable.
Apres cela un groupe d'habitants de Gaza vint chez le patriarche se
plaindre de l'attitude houteuse de certains d'entre eux, qui quittaient leur reli-
gion les uns ä la suite des autres. Et cela ä cause de l'impöt foncier qui leur
etait demande : cent quatre-vingt-cinq uoms j etaieut astreints par celui
que le pacha de Damas envoyait comme d'habitude en insistant parce qu'il
etait Charge de percevoir leurs impöts du reslant de la province de Syrie.
Cette annee-lä, l'impöt foncier des habitants de la Syric atteignit treize
1. ^-iHi, nommer son vicaire, son successeur, ne paralt guere convenir.
PATR. OR. — T. XXIl. — F. 1. 5 -
66 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [66]
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(J^iT LJ jUa — «j jj-*-« ^LLLJl ^^-vl ^ lyS> u,^ Lo.^1 jvujlj xs-\^^ AjU j»,^
(_Jjt(b Jjl (väjijjJlj T-i_^=>iJi ■)-aä....i ^ ^iijL« >»LiJi oll [yi LiL ...til ojj^U f»}JLi ^
LiL. ^i U^ ljA=- l-iyi (V^^ isLL-Vlj *j«sL]l iÄfc jc-li c)_jisJI -uül v-i^^b ^ '-^
1. L add. : »^s liä~.lj.
piastres. On nommait pour Timpöt foncier de Jerusalem et de sa province et
sur les...' , susmentionnes ungraiid aga iiidependant, avec de nombreux cava-
licrs, leur rcclamant les impöts sous les nonis mentionnes. Los pauvres gens,
tous tant absents que presents, iie depassaient pas trente. lls declarerent au
patriarche leur pensee, qu'ils n'avaient personue qui s'apitoyät, diminuät et
rcduisit ces noms eu exces, et que si Von ne le faisait pas, ils decamperaient,
abandonncraient leur domicile, et quitteraient leur rcligiou comme d'autres
l'avaient fait. II s'apitoya sur eux et il eut peur que leur eglise aux autiqucs
colonnes byzanliues, qu'avait bi\tie saint Porpliyrius sou raetropolitain, uc füt
abandonnee par eux et ue tombat en la possessiou d'autres peuples. 11 eut
donc pitie d'eux, il commenga t\ s'occuper de leur allaire et il retrancba ccul
quaranta et uu uoms de la liste iusciile sur le registre imperial. Aprös cela, il
leur remit unc lettre de rcconimandation pour le vizir Abcliir Pacha, parce
(jue Ic paclia de Syric etait cliarge de la reduction des inqjöts fonciers et des
impöts mobiliers suivant ce qu'il jugnrait bon. Le patriarclie depensa pour
cette allaire et pour la reduction deux mille piastres, en se gardant ce qui a
6t6 dit anterieuremeut. Ils lui promirent quo s'ils triomphaient dans leur
espoir, ils lui euverraient ce quil avait depensö pour eux, mais par la suite, ils
])rouv6rent qu'ils ölaienl ingrats, parce qu'apres lui avoir euvoyc uno faible
1. Ici manquG uii innl.
[67] INTRODUCTION. 67
^,i-u2.__ jl^ r^L- J^j ^\ ^UV _^A3 «WA-! l^;l lylij -uäJI ly^lj •u.iJl dU;' ^^^
^^jlt U--I jjj-^J 'S.^ JaiLlj -Vf'j -^3 fV3 -^^ -*-t*" (*~*^ c*^^' '-\^ ^;^l»fol. ur
jj^ Jj^\ ijÄ t>f^3 iJj^M JaI ^c- SiSS'j C»^l ^^ ■u.-.i^ ijli J^l j^3
^iJdi /^^ L«.»j>j IjjLLxT Li/i fc_s^ I ir"^ ,*-'j' _p"3 Oat ^_^ (_LaI \£ /jJ'^ij "»„^sj-j
4)1 ^.Oj ^l/llj ^^Vl v^> «^ dÜi jl4 lyt^ 4ri>Jl -^1 ^"^ ^Ulj ^V
4j,c. /»)aJ1 jLs jj-^Vlj k_Ä.l5C)l üi^j ^UjJl Äs'zi-, i^LLu _;-ä)1 UjJ 4j «JLaI; ,_5Jlc.
CXjyl^ i^^iÄÜ "^l-U-^yj ^j^^ tV^ jLX- ^^jyJl ök^ ^J'\Lii\ -ufr ^_y_ i^jj
1. L om. j«^'<c.
partie de ses depenses, ils mangerent le resto eu le regardant comme une
aumöne; et lui, parce qu'il etait uu homme simple, il les croyait. Dös le
debut, ils disaient qu'ils avaient des frais et ils se moiitraient menteurs dans
leurs paroles.
Leshabitants de Daraas furent jaloux alors de ce bienfait et ils lui dirent :
« Le raieux est que tu nous rendes service ä nous tes fideles ä Texclusion des
autfes.' » II s'interessa ainsi ä eux, il s'elTorga et s'appliqua et deduisit cent
vingt* noms; et quinze noms des habitants de Qärä et aussi des habitants de * foi. ii i»
Ma'arouniye, trente des habitants de Yabroud, trente-cinq des habitants de
Deir Atiye. Cela coüta de quatre ä cinq mille piastres. Ils ramasserent une
partie de cela et laisserent le reste ä la charge du seigneur patriarche et cela
lui fut demande comme une bonne oeuvre. II remercia Dieu de l'avoir rendu
digne de ce bienfait par une haute faveur du Donateur. Et ces charges nou-
velles aggraverent sa dette et il eprouva beaucoup de soucis de l'accroisse-
ment des interets.
Le dimanche 13 octobre de Tan 7159, il ordonna le pretre Farah le Beyrou-
thin metropolitain de Beyrouth, avec le consentement de ses fideles et
sur leur demande; il l'appela Philippe suivant leur choix et le leur envoya.
Le jour de la fete de l'Epiphanie, il consacra catholicos de la residence
patriarcale de Damas le pretre Salomon fils du pretre Fardjallah l'Alepin,
L5-t
68 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [68J
^J._iJ..J^^ »L-j llftl^5 CUJ "0 Ci.^3 <CLiLAj A* JJL4^_ <:1^J1 ^.'>^' (^^
.^1 ^ UjUjIj l^'Uö j_y_AJl JlC- j/^\ ^^J^\ xJl ^Vl >L- U^
^^Vlji V^i ^ J-^-»^ (^i^-ir-^^ '^'-^ ^?- ^-»^Uj -^J^'^^ ^'-^'Ij -V^- ^5^l^Vl
^j^;:-iJL- jl:^b <^lr^^ r^'^ ;^ s?'^:^^ ^•1ja:<^V1 d^^Jl ^.„^3 ^.\ ^ -\^..:^\
apr^s sa vie monacale et son Ordination comme diacre et pretre. II l'appela
Sylvestre.
Le 10 janvicr, il consacra metropolitain de BAalbek le pretre Azarias le
Tripolitain, l'liegoumene du couvent de Notre-Dame I'honoree connuc soiis
le nom de Nolre-Dame de Ras au village de Betrain, du consentemenl de sos
habitanls, et il le leur cavoya. 11 l'appela Aiitoine.
Le dimanche de saint Tliomas, 6 mai, il consacra, apres son retour de
Georgie, son disciple, rarchimandrile Gerasiine, niölropolitain de Zebdaui
et de Ferzol.
IX. — • PREPARATirS DE VOYAGE.
Lorsque le seigneur patriarchc vit raccroissement des dettes pour le siöge
d'Auliochc et raccumulalion des inlertHs, il rassembia tous les cliretiens ä Danias
ainsi que les prelres et le clerg6 et les consulla. Leur avis fut ä l'unanimile
de se diriger vers le pays des chretiens[= FEurope] pour arriver ä son bul :
cela au moment meme oü le Voivode Baslle, prince deMoldavie, lui adressa un
niessage pourl'appeler chcz lui et lui promit de l'aidcretde luipayer ses dettes,
parce qu'il etait toujours dispose ä faire de bonnes actions de ce genre. 11
avait acquitle la dctte du Saint-Sepulcre, ccllc du patriarcat de Cons-
tautinople et celle du palriarolie d'Alcxandrie. IjC palriarche ful alors de son
avis. 11 choisit ce mönic Sylvestre qu'il nomma catholicos, pour le reniplaccr.
[69] JNTKODUCTION. 69
^i ^Uä ibUj ^lliä (.ülH ^ Jp jl^ ^v C^U l^_ UL ^1 jl4 i_^ ^-ir jl^
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|»ftjUsa-lj VjJJJIj 1^1 »U^^ dUi) jl^ A^jj jl<t ^^J, ^ ' ^^.o^l ^ ToJ.llv
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iU^j «J (»AjU^lj l^_Ul 1^1 .Li^_ düij Ui>lj ^1> ^ i\}^ ^\ 14.
1. L om. jt^.
II quitta Damas le jcudi 11 fevrler de l'an 7160 d'Adam et de l'högire 1062.
II entra le 20 du meme mois, vendredi matin, ä Alep pour la deuxiöme fois.
Abchir Pacha y etait gouverneur, parce qu'il avait ete destitue de Damas. Le
patriarche alla ä sa rencontre, lui fit un cadeau qu'il accepta. Le pacha le
regut avec tous les honneurs. II celebra la fete de Päques ä Alep et cette meme
semaine il apprit la mort de Sylvestre frappe de la peste. 11 envoya poiir la
gerance, d'apres les canons, le metropolitain Gerasim.
Le dimanche de la Toussaint', apres la Pentecöte, le 13 iuin, il consacra ^, ,
metropolitain d'Akkar et de Rahbeh le pretre Naser de Homs * avec le consen-
tement et k la demande des habitants ä leur arrivee dans la ville d'Alep. II
l'appela Nicolas. Trois jours apres, il consacra metropolitain de Tripoli et
de sa province le pretre Michel fils de Muhana l'AIepin et cela du consentement
de ses habitants, et il le leur envoya. II l'appela Melece.
Apres cela, avec l'aide de Dieu, nous commengämes le projet que nous
avions forme d'ecrire cette histoire.
1. L'eglise grecque faittomber en cejour la fete de tous les saints qui, ayant corres-
pondu aux gräces de TEsprit-Saint, sont parvenus au sejour des bienheureux. Abel Cou-
turier, Cours de lititrgie grecqup.-melkUe, II, j). 326, Paris, 1914.
70 . VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [70]
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1. L om. A~<s^. — 2. L habet : Jl. — 3. Lire : -V.-=f''
PREMIERE PARTIE
LIVRE PREMIER
VOYAGE EN ORIENT
I. — Depart d'Alep.
Avec les meilleures pensees et les intentions les plus justes, monsei-
fol. i2r". S"^""" '^ patriarclie pcrsövera dans sa resolution de se rendre ä Constanti-
nople. Nous fimes donc nos preparatifs, nous emportämes des cadeaux et tout
ce dont nous aurions besoin, et nous plagämes notre confiance dans l'appui du
Tres-Haut. Le patriarclie — que Dieu lui accorde une longue vie ! — partit
d'Alep le jeudi soir 9 juillet ' pour Lftdaqiye et Djebcl afin de percevoir los
dimcs et revenir ä Antiochc. Je sortis — ■moi, son humblc Iiistoriographe —
et nos aulres compagnons, au point du jour le mardi de la feie du jiropiictc
Elie, et nous arrivAmcs avant le soir ä un village appele Ma'nvretaku-än. A
Taube nous nous levAmes et nous arrivämcs ä lUtrim et k Glidtnirin, un villaa:c
dans le voisinage de Djiasr EI-Djadid sur le bord d'Al-Asi, et nous y pas-
si\mes la nuit. Nous entrAnies ä Aiitioclie le jeudi 22 juillet et nous assistämes
ä la messe le septii-mo diiiianclie aprrs la Pentecöte. Nous partimos pour
visiter le couventdo Saint-Siuieon le Tluuimaturgo, le Marin, sur ranciennect
1. II faul corriger : 8 juillel, d'apros le man. de Leningrad. Mus^e Asialique, fonds
arabe n" 17, coli, du palriarche Gregoirc IV, fol. 3, — aulographe de l*aul d'Alep.
[71] PREMIKRE PARTIE. — LIVRE I". 71
J^v-^
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1. L otn oXJ ^JJt.
droite voie romaine qui avait ete rouverte ä celte epoque, mais qui avait etö
oubliee depuis longtemps. Et combien de f'ois dans les annees passees, lorsque
nous visitions ce saint couvent, on nous menait par le chemin de Somceidiye ä
l'eglise de Saiiit-Spiridon sur le lieu oü ses ennemis avaient coupe les tetes
de ses änes. Nous passions la nuit dans le village de Zeitouniye et de lä nous
nous dirigions sur le couvent par un chemin trrs dilTicile et ä travers une
grande foret. Quant ä ce chemin-lä, il est tres aise, droit et proche; combien
de fois monseigneur le patriarclie l'a-t-il demande d'apres les indications
qu'a donnees le saint? II ne fut ouvert et connu que cette annee. Louange
ä Dieu, car nous nous sommes egayes et nous avous passe l'apres-midi dans
le grand couvent du saint, qui y avait men6 une vie d'anachorete pendant
sa jeunesse; et sa colonn(? qui subsiste encore est haute de six coudöes. Et
nous y avons entendu les vigiles et la paraclisis dans l'eglise catholique'. Lä
il y a sept eglises, la plupart sont en blocs de pierre et le mnr a quatre portes
dont la plus grande donne sur la mer de Souweidiye. Ce mur est bien fortifie.
Le fleuve Al-Asi descend de Test dans le fond de la vallee; on le voit quand
il se Jette dans la mer pres de la moatagne d'Al-Aqra et les navires s'y appro-
visionnent d'eau. Aprös avoir celebre la messe, nous retournAmes ä Antioche.
Le jeudi 29 juillet monseigneur le patriarche vint ä Antioche oü il resta six
1. Dans les villes, l'eglise oü Feveque a son tröne, la cathedrale, est dite communement
l'Eglise catholique. Mais on appelle aussi catholiques les autres grands edifices du culte
, constamment ouverls ä tous les fideles, 1. Pargoire, VEglise bijzantine, Paris, 1923, p. 83.
» fol,12v'
72 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [72]
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^ 15*3 ^rr^ (j:f^ ^ t^tr ^^ i5*-5 f-'-^^ Li-U^Us. X£. ^^'LJl ^ Ujlj J\
jours et cclebra six fois la messe. Nous louAmes pour Adana uue monture et
nous sortimes de lä, la veille au soir du jeudi 5 aoüt. Nous arrivämes le matin
k Beylän et dans Tapres-midi ä Alexandrette, c'etait la veille de la fiMe de la
Transfiguration. Les Chj'priotes nous regurent avec les plus grands honneurs.
Nous assistämes aux vigiles dans leur cglise et au moment de « l'entree »
' loi. i-2v°. * tout le clerge s'avanga, regut la benediction, se vetit et se se plaga en cercle
ä l'entree suivant ses habitudes en chantant : « lumiere eclatante ». Le matiii
monseigneur le patriarche c6le])ra la messe. Nous partimcs de lä le soir et le
samedi matin nous arrivämes ä Pdyds oü monseigneur le patriarclie c6lebra
la messe le huitieme dimanche apres la Pentecöte aiusi que le lundi et le
mercredi.
Nous partimes de lä le soir, et le matin nous nous arriMäines ä Dji.sr Alhanids
et nous arrivämes apres ä Qarn Qapou. Le (ihemin est cffraj^ant, c'cst un
döfile etroit et redoutablc. Le matin nous arrivämes ä l'aubcrge Qourt Qoläq ou
« l'oreille de loup », ainsi nommde parce (pie dans Tauberge existe une
mosquee avec denx coupoles ressemblant exactemcnt ä des oreilles. Nous
partimes ä minuit en compagnie de dix-huit fusiliers chretiens de Päyäs. Au
pointdu jour nous cnträmes ä Missisa, ayant la forteresse de Hayyät ä notre
droitc. Nous en partimes ä minuit et traversämes le pont du fleuve Djiliäii
qiii s'appelle TcliiliAn. Nous arrivämes ä Addiio le samedi matin 14 aoüt et
nous descendimes dans les jardins chez les nnircs du rite grec. [Adana] est
une grandc ville dans laquellc il y a beaucoup de jardins et chaquo jardin.
[73] PREMERR PARTIE. - LIVRR I ^ 73
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jl j^^ci^j jTT-jj^i ijli- (_$1 jlä-tip. j_gli LUsj w>r^' iJ^-? -^"^ *^ 0>*;-'' i^-^-^aJ^ ^V
contient plus de trois ou quatre Cents orangers semblables k des möriers. La
locatiou Je chaqiie arbre etait d'un quart de piastre. Quant aux limons doux
et aux orangers, ils sont tres nombreux.
Monseigneur le pafriarchepartit pour Tarsons et pour le village de Timor,
pour Dj'afar Pächa et pour les villages chypriotes qui les entourent, afin de
percevoir ses dimes. II revint ensuite t\ Adana et de lä nous partimes pendaiit
la nuit de 29 aoüt eii compagnie de l'aga des Turcomans de Syrie. Nous arri-
vämes avant midi ä l'auberge Bairam Pächa et nous campämes sur le bord de
la riviere Djäqot. Nous partimes le soir et nous marchAmes toute la nuit ä tra-
vers des bois et des terrains pierreux. La nuit etait sombre et nous eprouvA-
mes de grandes terreurs et le matin nous arrivämes ä la forteresse de Kolak.
Puis nous traversämes Qozloq Khan, c'est-ä-dire « l'auberge desnoyers », parce
que tout autour il y a de nombreux noyers. Nous fimes halte avant midi ä Täkir
qui est la celebre Aylat de ibn Ramadan. Ensuite nous partimes le matin et
nous traversämes Soultdn Khan, laissant ä notre droite la forteresse d'Anä-
chah. Nous passämes sur Agh Koprou, c'est-ä-dire « le pont blanc ». C'etait la
limite entre les rois circassiens et les ottomans. De lä, nous traversämes Q/rr/
Kädjy, c'est-ä-dire « quarante gues », parce que nous passämes ä gue quarante
fois. Avant midi nous arrivämes k Djiftä Khan, c'est-ä-dire « l'auberge du
marie ». II est certain que ces chemins sont impraticables pendant l'liiver par
suitede leur etroitesse, du grand nombre deruisseaux et de rivieres. Nous nous
arretämes pendant deux heures et, apres, nous nous levämes pour nousdirigcr
74 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [74]
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fol. 13 r". )«-Jjl ^eJ^Jl (♦Ä.Ul (Ji.i3/ ^-a^j Ijj i^Ji Joj ^^^ VtJ^J Lij^ LaL«I <~ii-^ *!„=-
il^yl L*_w-^" jUj _^-£- Ullis wJIjAj IJ.S» t_„>L£- jjjb i„L»jt« L3 ,*lS ^^^»-»^ * _,Ä>di
M»-^ Jo-jJ ^JjUl ^j.Aj' AJjjLa^ i_,JLi- "Jj^ Jl/?"' iS^ j_i~«ls^ '-Lr-'i ._JlJJl (^■«{^^
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lS"^ tn^ '^^ ls* (V ^"^j '-[^ (3—=^' l'yjj j^-äXä lijJjJ |j^ ^jj_i ^_^' ^U
1. L habet : .^ ?->-=>•', erreur du copiste. — 2. L habet : i^y^^-
vers l'aubcrgc Mohammed Päclia, c'est-ä-dire Yenky Khan on Olcn Koiichlouq.
Le soir arriva sans que nous Teussions atteinte. Nous campämes pres de
maisons de Turconians, parce que, comme nous l'avons mentionne, nous
etions accompagnös de leur aga et nous passAmes cette nuit-Ki chez eux. Nous
nous levämes le mercredi matin 1^'' septembre, comnieucement de Tan 7161,
pour nous diriger vers AI-Bor. Nous marchämes dans ce pays qiii justifie Ic
nom de Bor'. Sur un espace d'iin jour en largeur et eii longueur, il n'y avail
aucune lierbe vertc : eile etait brülec el noirc. Pendant celle journee, nous
cndurAmes une grandc fatigue jusqu'A ce que nous arrivassions !o soir. G'est
uu joli village oii la vie est bon marche, dont les caux sont abondantes et les
füi. i:ii ". vignes nombreuses. Toute cliose y est bon marche et* le rat! de viande en
poids d'Alep coüte quatre osmani, uu ratl de pain trois, uu ratP de vin vieux
superieur cinq osmani et de vin nouveau un osmani. II y a beaucoup de verjus.
11 y a aussi une raerveilleusc i'abrique de poudre avec des roues semblables a
de grandes norias mucs par l'eau; les vis se relövent et des marteaux desccn-
dcnt sur des augcs cn bois raugees et pilcut la poudre. Uu seul liomme suHil
pour manceuvrer pendaut la jouruec el un aiitre pendant la nuil. C'esl une
belle iuvention avec des resultats heurcux et peu de fatigue. Les clirclicns
d'ici parleut turc; ils sont tres pienx. Ils nous firent doscondre ehez eux et
1 Bor on arabc sijjnifie un Heu non cuUivö. — 2. Ratl correspond h 2564 grammes.
[75] PREMIERE PARTIE. — LIVRE 1-. 75
cäT SjIjU ^^ Ir-^^l -*-«; y^ jJ[5\ -^j-VI »y <^hj l/jc'^^ -'^'^^ <~»äJ1 i^\
<.3T-a JjAji /v^t" iXiJi -*J«^ A^ 4.U Lojj (•Li '*-jL«J' »aaIä Ll»ji_5 ia». ü ,. j.^-> <ijU
Jll3 jlSj i^L- jj^r^ jIjJÜ jljJI ^r~^£- (Jl *— tc- /v« |^5sJl) ll« jv^j-L-;! jLoy
LijAJj LJ lii-lAi jl5 U JÜautJij ^J^i ,<^?c- /v« <j ll-wls Aij^s:^ lj^J'J ^_y^i ^'y^
|J! ^~a«JI LLsj ^1=- caÜj \_5ja«!I ^i-LLij «jIä-^ (^jLJI ^.Lc VJ L— iil a.« Ll_)1j
1. L habet : l.ijJl. — 2. L habet : loljS. C'est une forme derivee de C-.li = essence,
substance, personne, individu. — S.Lhabet : UL;. — 4. L habet : .Uj s^. — 5. L habet :
.Uj jJ. Erreurs du copiste dans les deux cas.
nous re?urent tres bien. Nous celebrämes la messe dans une de leurs eglisos,
dediee ä saint Eugene et ses compagnons, le treizieme dimanche apres la
Pentecöte ; c'est une grotte sous un tres petit minaret. Nous restämes chez eux
huit jours et nous partimes la veille de la fete de la Naissance de la sainte
Vierge, le 8 septenibre, escortes de Turcomans payes qu'on avaitenvoyes avec
nous depuis le soir jusqu'au milieu de l'apres-midi du lendemain pendant vingt
lieures. Ce fut une longue etape, un long detour et une terre brülee. Nous
endurämes une graade chaleur et une soifqui faillirent nous faire perir, nous
et nos animaux. Nous desesperämes de nous-memes et, gräce ä la sollicitudodu
Createur le Tres-Ilaut et ä Tintercession de la sainte Vierge sa mere, nous
pümes arriver pendant l'apres-midi dans un village de Turcomans appele
Qirwän; nous etions presque sans connaissance et surtout nos montures
[etaient öpuisees]. Nous nous jetämes immediatement ä l'eau jusqu'ä ce que la
vie nous füt revenue. Et c'est dans leur village que nous nous sommes arretes
vendredi. Le soir nous partimes avec eux par des chemins terribles. Le lende-
main nous arrivämes ä l'auberge Qara Pouiidr. De Djifta Khdnlnons passämes
par la voie imperiale de Constantinople et de lä vers le Kluln Mohammed Pächd,
Yenky Khan, de lä par Erekli vers Qara Pounar. Nous partimes de lä avant
minuit et nous arrivämes ä Umil avant midi et nous en partimes le soir.
76 VOYAGE DU PATIIIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. |76]
[^ ^_,r^J «J^l \lLa>j JjXl ^jls- (^.sl^-J X_,-^ajJl •V* ^t ^.1^1 -*^1 (•^_ _^ iJ-fs
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*li« ^Ac ^^^?v^" ^~-^J ,^r-^ AÄisli L"o |cJl |^lÄ-iyi3 (^»ij!3 »UJi «-»i^ ^V« ^. f»-^
II. — ICONIUM.
Le dimanche 11 septembre, le quatorzieme [dimanche] apres la Pentecöte,
avaiit midi, nous entränies ä Iconium oii iious cclebrämcs la fete de la Croix,
dans une eglise — de nolre communaute grecque — dont le toit est en bois.
Ensuite nous partimes poiir visiter le couvent de Saint-Cliarilon, doat la feto
est le 26 septembre, il etait ä pres de deux heurcs de cliemin. Toute la
construction du cuuvent, de ses egüses et de ses collules est en pierre de
taille tiree de lamontagne. L'eglise principale est grande, haute et construile
en pierre ainsi que ses sanctuaires. Derriere l'autel il y a une grotte, dans
laquelle on accede par des marches, oü le saint s'est cousacre a la piele. La,
il y a une pierre longue scmblable ä un oreiller; on nous apprit que c'ctait
son oreiller. Dans cette dglise il y a aussi une tombe sur laquelle est ecril cn
grec : « de la descendance de celui qui est ne sur la pourpre » . Nous calculAmes
la date contenue dans ce chronogramme et trouvämes cinq cents ans. De mOme
sur la porte de Teglisc est sa date en grec. Les autres öglises du couvent sont
petites. Un peu liors du couvent, il y a une ancicnne grotte oü Ton desccnd par
des marches. G'cst lä que les voleurs einprisonnereut le sainl. Il en fit sourdre
pour eux une grande source miraculeuse tres agrcable. Nous y pass;\ni('s la
nuit du mercrcdi dont le lendemain etait le 15 septembre. Pendant la inalinre
nous retournftmes dans la villc. I^es murailles sont grandcs et il y a des edifices
extraordinaires, des sculpturcs, dos statucs qui somblaient parier. Nous par-
times pour visitcr la f(mdation Mölln Khdn de Mollil KhandkAr. II y a la des
[77] PREMIERE I'ARTIE. - LIVRE I". 77
,_i:^ L.I3 ,_ii-y; U^ j:>-J3 ^^^>j ^y^-S. '^^^ r*3 ^ 'JV*^^^ ;^jL^ (»f:''^
L,^ ^^\ l^ LJ3 ^J^ ^\:ii ^U3j >i.ljU^3 •'L.L^.t^r' ^'^ r^ ^ '^■*'^ "^ "^-^
j^ U«- ^_ ^1 t^J^J ^ J^ y ^*'^- V^ i^ '-'A^ '^ ^^^ -'^ ^'-5 "^
1. L habet : !jUl, erreur du copiste. — 2. L habet : o/"'^^- — 3. L habet : JJ,U^r^
edifices extraordinaires; les chandeliers soat en argent et en or, les lampes
prises dans le tre~or des empereurs sont nombreuses. Un seul chandelier [orne]
' de toules sortes de fleurs pese quatre-vingt-dix oqqas d'argeat et d'or. Les • foi. isv
inarches pour monter k sou tombeau sont en argent. Pres de cc tombeau est
celui du moine son compagnon qui porte lui vetement et un grand turban noir.
La balustrade de cet escalier est un morceau de raarbre transparent et ajoure
tout intact ', semblable t\ des ciselures d'argent. [En voyant ces splendeurs]
tous ceux qui entrent dans cet endroit sont stupefaits. Le chef (däda) et les
autres derviches aiment beaucoup les chretiens et les meines. Ils nous ont fait
entrer et nous avons regarde non sans crainte. Quant ä la race desTurcomans,
eile est niaudite, c'est pourquoi on ne les laisse pas entrer. Ensuite, nous
etant rassembles avec le juge d'Alep et avec une caravane de la meme ville,
nous partimes en leur compagnie le jeudi et nous arrivämes le matin a Lädäk
qui estappele dans les synaxaires Lycaonie. La, il y a une grande eglise dediec
ä Saint Michel, des edifices byzantins et beaucoup d'eglises. Nous partimes de
cet endroit vcrs le soir, et le matin nous arrivämes dans un bourg appele Al-
gham. A sa sortie se trouve le bain Qaploudja, d'eau thermale, et ä sa proximile
il y a l'eau froide. Nous partimes le soir et nous arrivämes le samedi matin
18 septembre au vlUage de Aq Chehr connu par la tombe du celebrc Djoha'.
Nous partimes le soir et nous arrivämes. le matin ä Saqlah, le premier dimanche
1. Salimi : sens inconnu. — 2. C'estle Khodja Nasser Eddin.
78 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [78]
i B.^ Ual LU L»J3 ,_ü-a)l Js- Axj J3JI A;>-V' jLi ^~- ^ La— alj A...i,c- Lu U^j
*--lc- «c« Luij iilAjiJl LiL ^^^.ai- jli- ^1 LLo'Ij 1>Ü ^Lo jli- jLs Lacj «uix. Lj,'^
i^LiäJI UjU LjI j»)' >Ü ij^ jl jU^ ijU l;jr>.j ^^ 1.$^, 1^ ör''^^ IIä-^Ij
lj^-»l !sjj.«jt< AjJ Jl ULsJ «iäJIJ Li« LUJ LLUi t-L^J (J'äIi ^ L»J3 L-L« jJajia— .Jl
1. L habet : l^st^.
apres la fete de la Croix. Nous partimes ä mliiuit et le matin suivant nous ar-
rivämes ä ße/«?f/o//. Le cliemin de Saqlah k Beläidon consiste en ponts.eten
une Chaussee. De lä nous passAmes l'etape de Khan Bcijaz- pendant la nuit, puis
nous arrivftmes le matin ä l'auberge de Kliosrcf Päclul d'oü nous partimes le
soir. Le mercredi nous arrivämes ä Seyyid (ilidzy. Nous en partimes pendant la
soiree et nous arrivämes le jeudi 24 septembre ä Eslaj Chehr, connu pur ses
melons jaunes trös doux. On los suspend et ä cause de leur durete iLs se cou-
servent jusqu'ä l'hiver. Nous y sejournämes le vendredi et, nous etant leves le
soir du mcme jour, nous arrivämes le matin ä ßo; Hciiijuk. Nous en sortimes
lesamedisoir et nous arrivämes le lendemain ä /}f(;of//w/i,ledeuxiemedinianclie
apres la fete de la Croix. Le cliemin du commencement jusqu'ä la fui est
elroit, ä droite il y a une montagne et une forrt, et ä gauclie un cours d'eau
dangereux. Nous partimes le soir et nous arrivämes le lundi matin ä Ycnlaj
Chehr. Nous passämes la nuit par l'etape du Khän-Aq-Bezeuqa . Ensuile nous
quittämes la caravane de Constantinople et nous passämes la nuit dans l'au-
berge. Le mardi matin nous la quittämes et ä midi nous arrivions dans un
village prospere dont le nom est Bä Zdwenk. [Ce village se trouve ä] moitiö
cliemin entre Yenky Chehr et Brousse. Nous y avons goüte du lait turc,
d'un goüt inelTablc, du pain et des melons. II y a aussi une fontaine d'eau
douce, froide, cxcellente.
(79] PREMIERE PARTIE. - LIVRE I '. 79
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aj j_yjl^\ LL^3 ^^^ liijl^i 'liLjCll jL-; ^_^'l l^Uj ,^£UJ1 jUJl lf,_L. ULjilj
\jL^ U 1_^ ^%3 jUäiJlj ^ii\ ^>i ^_5-H j»' A. : .W : W.,.öH J\ U^ üÄ* j^j
1. Lire: 'jjuJCJ!.
I. 14 r"
HI. — Brousse.
Nous enträmes ä Brousse le soir du meme jour, mardi, c'est-ä-dire le
28 septembre. Nous descendimes ä Fe/iAi/ A'/irf«, chez les Alepins ; nos coeurs se
rejouirent de les trouver, Nous passämes cette nuit chez eux. Le mercredi
nuitin le clerge et les notables de Brousse arriverent au klian et nous mene-
rent au quartier de l'eglise de Qaya Bacluj dediee ä Notre-Dame — eile est
restauree ainsi que toutes les eglises. On revctit monseigneur le patriarche du
mandyas des le commencement de la rue; le clerge et les diacres nous regu-
rent avec des cierges et des enccnsements. Les chantres chauterent jusqu'ä
notre entree dans Teglise. On mentiouna d'abord le nom des empereurs
[chretiens], puis celui du patriarche d'Antioche et de tout l'Orient deux fois, * * lui.iir
puis on termina la litanie. On nous logea dans une maison prcs de Teglise.
Le samedi matin 2 octobre, on nous emmena avec les Alepius au bain Esky
Quploudja oü nous nous baignämes dans son eau chaude naturelle. De la nous
ailämes au jardin des chtUaigniers. Nous revinmes le soir et chantämes les
vepres la veille du troisieme dimanche apres la fete de la Croix, dans l'eglise
mentionnee.
De Brousse ä Constanlinople, ensuite dans le pays de Valachie et de
Moldavie et dans les pays voisins, on n'a pas l'habitude de chanter les vigiles
comme dans notre pays, mais quand il y a une grande föte, on les c6lebre
pendantla iiuit avant le Service de minuit. On retarda l'encensement jusqu'ä
80 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [80]
'j^_La« jiyai_Vi ^y fj_^l 'jJJ-^J (V^*^ v^-^ (V^r*^ l_^-^j jjjlS ji_^^UJl
^1a9 J^ ^^lyl j^i <-±c ^ b^jr^y^ ij bj'j-4; 6f^' V^^ "^^J i^' -'^^^ 'vJ
UUI3 ^_^1 J_^l lyjj 't'-'-^^ -'Ji>' "-!>% l^"^' y S-^^ C-T^-^ -5^ fAÄlJI jl j»l£.l
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i>l ^^ Uj [^ p^Jy.; y«. ^-uJl JAI5OI3 üMJl l_j.o:it^_j ^jjyjjVi ^3^ ^jVl
1. L habet : ^^Jua^. — 2. L habet : lyV.- — '^- ^ habet : .^y^S, erreur du copiste.
« Eternel, je t'invoqiie », jusqu'au moment de la « Gloire », en attendant que
le monde s'assemblät. Dans la litanie on fit mentioii. du noni de monseigneur
le patriarche d'abord, et apres des metropolitains. A rcntree, tous les pretres
presents recevaieiit la benedictiou et revetaient des cliasubles suivant leur
habltude et tournaient cii passant fi l'entree deux par deux en chantant :
« lumierc eclatante ». C'ost iin signal pour les pretres qui tournent ä Tentrce
le soir, qu'ils celebrcront une messe le lendemain.
Remarque. L'archipretre ou le prelat est celui (pii rccite les psaumes
des vepres et aussi « lumiere eclatante » et « rends-nous dignes, Seigneiir » et
« maintenant laisse ton serviteur en paix » et de meme dans les matines les
psaumes du matin, ensuite « gloire ä celui qui nous a fait voirla lumiere » etc..
Ce meme dimanche matin, monseigneur le patriarche celebra la messe. Dans
tout pays grec, on commence par le canon et apres le septieme chant et les
synaxaires, on dit a. Tout cc qui respire », l'Evangile et « O Dieu, sauve ton
peuplc ». Le prötre Sorten portant Tevangeliaire que l'archipretre baise, ainsi
que tous les assistauts, puis il va avec Tevang^liaire chcz les femmes aussi et
s'en retournc pour encenser. Quant aux hcures, rlicz IcsGrecs, elles sont sup-
primees, exccpte la premiere des matines, et ils lermincnt le Service et lepretre
olHciant les dit ä voix hasse. Dans le pays des Cosaques et des Moscovites, ou
les dit comme chcz nous; le diacre sort avec le saint corps devant les
prötrcs et eux dcrrierc lui. Dans tous ces pays, exceple Moscou, les fidelcs
[81] I'RF.MIRRK PAIVI'IK. — l.iVKK I". 81
IjUjbl IjAi-l Ij-l^-L, ■u-;5C!l ^ Jir^^'^ o^^ ^yC^l 0% JAt L i>LJI üJjt J^
Lil cl^j Ifio 1^*3 U-^U ^^5Co «l.«^ ^\ L^Ai-l J3VI J^i^-i^" ^1^' ^~Ji c_y_j
'L f>ljl ij!>l' •Cv-lfc \._ 3^,0 villi J*.=^V3 L'aaU; U.3 ^--^ ij-^— ^',J r^-*^'' i^*— ^:
olSlj "Cp dh.i^i2JI -uJl '_^J-^ ~!^' -V>V1 ^r't— j i^Jäft /»U^ j^j J-*-*'„ 1.5-^ ■^-'^
^»^:l_~:^ JI i^gi ^^b iUio ' ^lLs.1 l.a.1 %yj:. lH,:l!l CÜj Ca.1 «JLjLL. ^^ Ij) ^j-oij • loi.uv».
L-jy -j Lull« /w« j»«j ^r^ jj-il— Jl ».Aj Jjji iVi/~^ ^,-it ,_git" l«)j>i ("_y„J
■1. L habet : ►JU^», erreur du copisto.
presents dans l'öglise entreiit pour recevoir le pain benit de la main du prelat
Oll du prctro, meine los femmcs et les enfauts vers lesquels il sort pour leur en
distribiier.
Le samedi 9 octobre, on nous iuvita aux baiiis de Yenky Qaplondja, qui sont
comtne Bohräm Pächti et Moustafa Pächä ä Damas et ä Alep. Nous avons vu
la source de cette eau bouillaute. Elle sort d'uu rocher et ses vapeurs s'elevent
jusqu'au ciel, son odeur est sulfureuse et il est impossible d'y plonger la
main. On peul y echauder une poule et y faire cuire des-oeufs, comme nous en
avons ete temoins. Pour les bains on y ni6lange trois quarts d'eau froide afiu
dela temperer. Cebain est spacieux. Le quatrieme dimanche matin, lespretres
et les grands du quartier Baliq Bäzar inviterent monseigneur le patriarche ä
celebrer la messe dans leur eglise dediee ä saint Jean TEvangeliste. II y alla
cclebrer la messe — Feglise est aussi rcstaurce. La veille du mardi, les habi-
tants du * quartier de Damir Qapou Finviterent aussi ä leur eglise et il y cele- ' i'oi. r. v°.
bra l'office de l'eau benite seulcment et il passa la nuit chez eux.
Le mercredi 12 octobre, c'est-ä-dire le seizieme jour de nolre sejour ä
Brousse, nous en sortimes. Les grands, apres nous avoir fait leurs adieux, vin-
rent avec nous jusqu'ä Moudania. Les habitants vinrent tous ä la rencontre de
monseigneur le patriarche ä une grando distance. Ils nous regurent dans leur
PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 6
82 VOYAGE DU PATUIARCFIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [82]
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•ÜjTJ OjU=J t=*Ji T^J Ir*-^ <Lal£ Lic- (»Is Jij Vi LoJJJ i ".,.,.,•>■U »=«Jl <Ua-».U^
1. L habet : ^i>,ji. — 2. L habet : ^.jj, erreur du copiste.
grancle öglise dediee k la Dormition de la Vierge. Le diacre mentionna
d'abord le nom du patriarche de Gonstantinople, puis celui d'Antioclic. II ne
mentionna pas leur metropolitaiii Clement — que Dieu efface son nom du livre
de la vie! — parce qu'il est arrogant et hai par le peuple, surtout parce qu'il
n'est pas venu ä la rencontre de monseigneur le patriarche ä son arrivec. Pour
cela, nous ne nous sommes pas arretes longtemps et nous n'y avons pas
cölebrä la messe. Son peuple nous honora bcaucoup, parce qu'il est trrs reli-
gieux. Nous tumes logcs dans lu maison de l'arc honte Krichy Kourty sur le
bord de la mer. C'est une grande promenade. Picsque toutes les maisons de
Moudania sont jolies el la plupart sur le bord de la uier. Ici il y a pres de
vingt eglises. Rt Jans le palais metropolitain il y a uue petite eglise de
la Transfiguration et au-dcssous une fontainc sacree. Le Mont Atlios y est
peint ainsi (jue tous ses ouvents. Nous y avons visitc l'eglise de Saint-Theo-
dore, qui csl trös belle, et cclle de Saint-Gcorges. Nous ii'eümes pas le
temps de visiter Ics autres eglises parce â– que nous etions presses de nous
einbarquer pour Gonstantinople avanl la tempßle de saint Demetrius. On loua
pour nous une barque pour huit cents osniaui el nous partimes de li lo vcn-
«Iredi Ki oetobre. Apres avoir rame sur une distance de douze milles, vcrs le
soir on jcta l'ancre et vcrs minuit nous reparlimes. Nous arrivämes au milieu
de la mer; tout a coup une grando tempete se leva et l'agita. MWo. fut si
viulentc (juo nutrc barque f'aillit couler ä cause des grandes vagues.
[83] PUEMIKRK PARTIE. — LlVRli 1". 83
liJjJaJl ljx!~. LwU- Sj^J '-'^ liLlLj>t) Li ^13 ^jäx (jiuu L^ijj Lu.»ü u_ji3 LLäIJij
^^Si\ "i^*^! (3"'^" (^j^^ (VNi *x-L_> ^äLw >1)j^I l;^_^]aUu.lj jjyi^i iJ=*3 jU^li-i ^^r-*^
^1=- llliJl ^y_ oü »_Ä^ ^M JjS-UJi w«Jl jT-L-^ ^j^ JJ^J^ (3* LUJI3 ;^ ^ U-0 • fül. 15 r".
1. L habet : U*~,, erreur du copiste.
Nolre raison s'eiivola de nos tetes, nous plourämos, nous nous lainen-
tämes et nous desesperämes de nous-memes. Nous nous fimes des adieux les
uns aux autres et confessämes publiquement nos peches. Monseigneur le
patriarclie lut sur nos tetes la priöre du pardon et de la remission ; nous atten-
dinics la mort d'un moraent ä Tautre. Mais le Greateur — que son nom soit
exalte! — qui ne delaisse pas ses serviteurs, ne nous abandonna pas; gräce
ä rintercession de la sainte Vierge sa mere, qui est le refuge et l'assistance
de tous ceux qui sont dans la detresse, puis de saint Nicolas, saint Simeou le
Thaumaturge, le Marin et l'Alepin, de saint Georges, chevalicr sur la terrc et
siir la mer, de saint Demetrius dont la fete s'approchait — car cette tempete
est redoutce de ceux qui naviguent avant ou apres sa fete — les flots s'apai-
serent. Apres une grande fatigue et une graiide crainte, les matelots ranierent
vers la terre et carguerent les voiles apres que le mät eut failli etre brise par
la violence de la tempete. Nous n'osions pas croire ä notre salut quand nous
sautäraes ä terre; nous etions dans un etat miserable. Le lendemain matin ils
nous conduisirent ä force de rames ä l'auberge du celebre Bouzbouroun . La, on
jeta l'ancre et nous trouvämes plusieurs navires restes ä l'ancrc de peur de
cequi avaiteu Heu. Nous restämcs ä Bouzbouroun * depuislesamedi matin jus- » loi. iji
qu'au mardi ä minuit ; quand le vent se fut ameliore, on mit ä la voile et nous
arrivftmes le matin dans Ic villago dont le nom est Qäterli. Nous sortimes pour
en visiter l'eglise dediee k sainte Cyriaque. Le soir nous vinmes dans un
84 VOYAGE DU l'ATRlARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [84|
J\ A.:.U:U iW i^jlL j^i l^j ^^ jVl ly^b ^jVi ^\ J3^\ iy^ ^Jßi
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^:.>,:W...«11 SyJ^\ ^j.r-r'}'. J' J^ VJ^ ^y. Cr' ^^^^ -^' 4^A*^ ^^ ^^^
_.;^1 ^Laj *^1 j^-^sä!! ^ (V-^^„ 'Sr^ ty dJ_;i^l li-v~« aj^ J^jls Jä^
1. Lire : ^^. — 2. L habet : *J,IL>.
village florissant sur le bord de l'ile mentionnee dans les synaxaires et dans
l'histoire sous le nom d'ilc Prot)', oii « la prämiere », et soii nom maintcnaat
est Biriiidy-i. A Tinterieur se trouvc le cimetiere des patriarches de Constan-
tinopole jusqu'aujourd'iiui. II y a aussi trois eglises dediees t\ la sainto Vierge,
ü Saint Demetrius et k saint Georges. Nous partimes ä minuit et arrivames le
matin ä Scutari. Nous nous dirigeämes vers Ghalcedoine et Kamm EI-Arm-
mahh oü Tut deporte saint Jean Chrysostonie. Jusqu'ä present eile i'st coinme
uno prosqu'ile et porte le nom de Qady Keuy, c'est-ä-dire Clialcedoine.
LIVRE DEUXIKME
VOYAGE A GONSTANTINOPLE
1. EnTHEE A CONST.VNTINOI'LE.
NousentrAmes dans la villc de Constantinople le mercredi matin 20 octobre.
Dcpuis notre depart d'Alep trois mois s'etaicnt ecoulcs. Nous descendimcs A
la mctochie du Saint-Söpulcrc a l'entree de la porte de Qnhrn pres du palais du
patriarclie. Monseigneur le patriarchc avail envoye unc lettre au patriarohe
Paisios de Constantinople et aux raetropolitains pour Icnr demander, selon
l'usage ancien, la permission de venir dans la ville de Constantinople. On le
lui permit, parce (piil avait fait son dcvoir au contraire de ses predecesseurs,
et ils cnvoyerent toul de suite la permission dcmandee. Alors monseigneur
|p patriarclie Icur lit demander des le soir la permission de sc prescnter
clicz eux. Le jeudi matin, lis mötropolitains vinrcnt cliez lui et le condui-
[85] PREISIIKRE PARTIE. — LIVRE 11. 85
^"V.A— j i^i»t>.Jl |_;-L»JÜl_5 4j^l ^p-Vlj J^^ .Xs-\^\ jllfco -».ULi^l ^Ul \^ J^i
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cJjJaJl jj-t.„.^L ^.O J' »J^Lft, AJ'l^lj ^^li!l ^iLj ^^~^i ^^^ '*~V^3 jLlaiJl ^^
■cU». Ljl«3 ,_;ä«> 1^'^»= «-« lÄäUaTj j»j-^]^S V« jo^iaJl Vjij !s^Lä)i j^l5sjl j;:^^^
Jl ijAiu.» jl ^1 (♦f'^^ Ajjlkjlj (♦(^lA? ^jislS «..4,i.> jLS A.^ JjUAx.<i.i j'^'b
sirent au palais du patriarche. Lorsqu'il cntra par la porte. deux pretres Ic
re^urent, Tuu avec l'evangeliaire, l'autre avec Tieone et le diacre avec l'en-
censoir, tous dans leurs ornements sacerdotaux. II baisa Tevangeliaire et
l'icone selon l'usage, et le diacre rcncensa. L'un des metropolitains lui donna
une Crosse d'argent et les chantres chanterent « l'jVxion » jusqu'ä leur entrce
dans l'eglise patriarcale dediee ä saiiit Georges.
Pendant qu'il baisait les icones qui sont sur les portes du sanctuaire, le
patriarche de Coustantinople descendit, entra dans l'eglise vetu du mandyas
et se pla?a sur son tröne. On plaga monseigneur le patriarche dans un trönc
vis-ä-visde lui et le diacre dit : » Ayez pitie de nous, Dieu, selon Votre grandc
misericorde. » Ils mcntionnerent Alexis, l'erapereur des Moscovites, Timpera-
trice Marie, Basile prince de Moldavie, son epouse Catherine, Matthieu princc
de Valachie et son epouse Helene, ensuite Kyr Paisios patriarche de Coustanti-
nople et Kyr Macaire patriarche d'Antioche. Les chantres chanterent pour
chacun « Seigneur, ayez pitie de nous » trois fois.
Le pretrc termina le Service et les patriarches desccndirent de leurs tröne~,
se serrerent la main reciproquement et marcherent ensemble. Devant eux
marchaient deux personnages portant de grands chandeliers d'argent avec des
cierges de cire blanche ; les metropolitains les suivaient et ils monterent au
divan (salon) du patriarche. Ils se mirent ä table, tmdis que les chantres
chantaient. Le patriarche de Gonstantinople se comporta vis-ä-vis du patriarche
86 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [86]
• ful. 15v». ._1^^_ V ^-i ^^\ jlylj J^Vl ^y^ ^ l_^Asj * ^ÜaJVl >" ^_g-.! ? :) ? .. , ll| Jji
i»j^ Aa-l_j i^lS i^Lliu '_""■joj L«^ ^»jSyj LJi u-ji.i>- j»j'LLi*j sUj »jti ijj-jij ssiUi
lj.,L«ju JLaD JUao Jki-A, jü LojJI XiJ ^O^LJl \^ L»-i ^Lwi ^^li- A£- IjJls
^S Ijjbj l_^Ail l^li-^3 r-^J^ Ä.>-»i- ^\ |_5^lL;M) ljl«3 CjLj V3I |_5i_iaJa-Ji.i) ■»JlL^
w^Uj V J*=>tJl |J»L»jÜI ^pn jl AjuJ ^''.^ i_fl->aJ *.ä->ö jlSpaJl v_)__r'4 Ij-iia^lj j:>i*a:\l
1. L habet : Ai^lkJ'. — 2. L liabel : J.=.^l.
d'Antioche avec une grande solennitö et beaucoup d'honneurs et de sentiment.
fül. i5v". * On nous presenta tant d'ospeces de plats et de sortes de vins qu'on ne peut
Ics decrire. Ce fut un grand jour doiit on se souviendra toute la vie! Vers le
soir, ils desceiidircnt, chanterent les vepres et nous firent leurs adicux, Mon-
seigneur le patriarchc se rendit ä la metochie avec des metropolitains cl
des pretres devant et dcrriere lui avec les Qapi Kehaia ' de Moldavie et celui
de Valachie et d'autres encore, jusqu'ä ce qu'il les eüt benis. Alors ils s'en
retournerent. Les notables des chretiens venaient et le saluaicnt. La veillc
du dimauche des Gadarenicns, monscigneur le patriarche partil pour Feglisc
patriarcale ä la suite d'une invitation qui lui avait ete adressce selon la cou-
tunie. L'un et l'autrc revetirent le mandyas et fircnt leurs priores. Devant
chacun se tenait debout une pcrsoiuie porlant un chandelier avec un cicrge
decire blanche, depuis le commencement du Service jusqu'ä laiin. Jji- kalhisma-
d(! psaumes ful lu par un diacre place entre les dcux patriarches. Au moment
de la « (Iloirc » les pretres firent au patriarclie de Constantinople <lcs gcnu-
fk'xions, une prciniere fois, une deuxieme l'ois, puis se tournant vcrs le pa-
triarche d'Antiociie. firent cinq paires de genullcxions. ils mircnt leurs cha-
subles et marcherent h l'entrce cn se rangeant prös des deux patriarches eii
demi-cercle ; le diacre encensa les portcs du sanctuairc {\ distance, les
dcux patriarches, les prötres el los lideles qui ötaicnt dans le clioeur.
1. Une Sorte d'ambassadeur de Moldavie et de Valachie qui rösidait a Constantinople.
— 2. Le psautier est divise eii 1'.) katliisma et chaque kutliisina comprendun nombre
variable de psaumes.
[87] PRRMIRRR PARTIE. — LI VRE U. 87
jl^^Ü jji>Jl ^L^!l jjlfr J jviafr Oj.-^. ,_5,-Jl jjJ^ y '>*irl S-^' bj^-'--.^
Pt^-V-^: lj^=->3 J<.rr^l 1^-^ j' J j^'^ j^-' J^i^-r^ JJ^^ ^>«-. V^^ bj^^j
L, j»j:l^^ i>U)l pii^ A»j L;__^i, Ui ^lAi" ^b lyl^ j^^;! ^Mä säaj ^J^"^
jLsi \^[5 *jji»A». k_*«^lj j^^AäJLT p-t.»-i!l \JiA«j>.^ij 4w_»I>Jl r'J'^ 1^' f^i^'^J
J^ jL<j jl^ JL)%" |_grl li Vj.; -cyC—JI v4/i^^J iA.A>JI ^xjj '*.:.k: ! a. , .a'H ö_x,
j^l jIjJI JiiwV <£J3 JjJj üUj y» \±^3 Jji) b-Ufr ^_5)i ^IL'VI ^: .ia : k...flil -»^Ij
IJ^ 4^1
1. L habet : Jb.
Les pretres commencercnt ä chanter « lumiere eclatante » ä haute voix,
ciisuite le diacre rocommenga ä encenser les deux patriarches et les pretres
firent des saluts aux patriarches, deux ä deux, puis ils entrerent dans le sanc-
tuaire et oterent leurs vetements sacerdotaux, car c'est leur habitude pour
toute veille de dimanche ou de fete principale. Ces pretres appartiennent aux
eglises des quartiers qui sont autour du patriarcat. Cela est le signe qu'ils se
prepareut ä la sainte messe comme nous l'avons dit. Apres la flu du service,
leur benediction simultanee et leur sortie hors de l'eglise, precedes de deux
ohandeliers garnis de cierges et tout le peuple se tenant debout, un de ccux
qui portaient les chandeliers dit ä voix forte :
« De Sa Saiutete Paisios, archeveque do la villc de Gonstautiuople, la nou-
velle Rorae, et patriarche cecumenique, pour beaucoup d'anuees », trois fois. Le
patriarche leva la maiii droite et benit le peuple. L'autre porteur de chandelier
dit egalement : « Macaire le bienheureux, patriarche de la ville de Dieu, la
grande Antioche et de tout TOrient », et on repondait : « pour beaucoup d'an-
uees )), trois fois. Lui aussi leva la maiu droite et benit encorc le peuple.
Ensuite ils oterent leur mandyas et le patriarche de Constantinople enimena le
patriarche d'Antiochechez lui en haut et ilsdinerent ensemble. 11 l'accompagna
jusqu'ä la porte de la maison et rentra chez lui, parce que son Arne n'etait
pas orgueilleuse.
ful. icr
88 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [88"
jUji jL>i 'CjiOl Ujj j»r iAjc ^slLiVlj i_,oi-i)l ^U dljLi j jjlJ_jiVi ^y" ^j^_
Alt ^Ji [§'"" j 1%-*-^ J*' iV» ^Li>_iJi üj-j U..".-.,' Usj — 'i ^'\ i «..— ) 1^ ' .^ ■^~l~i»Ji
1. L habet : Ujü3'. — 2. L habet : j^.'i^.. — 3. L om.
Ce meme dimanche au malin, nous revinmes ä reglisc : les mctropolitains
en sortirent vers la cour de la niaison, allerciit vers lui et Ic rev(Mircnt du
mandyas, puis ils entrerent dcvant et derriere lui daiisreglise, uu chandelierle
precedant, jusqu'ä co qu'il cüt bcni son peuple et se füt assis sur son tröne.
Apres « Tout ce qui respire «, le patriarche de Constantinople dcscendit,
fui.ic.i-. baisa * les iconcs, benit Ic peuple, puis le palriarclie d'Antioclie fit de nirme,
ensuitc deux ä dcux, les prdlats et le reste du peuple ; parce que daus tous les
pays de rite grcc, la Moldavic et la Valachie, il ne reste pas une personnc
q)ii ne halse les icones le matin. A la fin de la messe, apres avoir pris le paiu
benit, meme les enfants et les femmes — car celle-ci est l'liabitude dans nos
pays — on sort de l'eglise apres la messe. Apres les raatines ils sortcnt tous
et reviennent dcux beurcs apre.'^.
Quand ou cncense i\ alleluia, le diaere deseciid pour eaceuser le patriarche
ä son tröiic, eiisuite il rcQoit de lui la benödiction pour la leclurc de rKvari-
gilo. II encensc les portes du sanctuaire et les icones, entrc et prend
rcvangeliaire de la main du pretre et sort par la porle du nord vers la chaire
qui estdccecötö. Les cliantres clianteul loiiguoment « pour beaucoup d'annecs,
Seigueur », aliii de donner au diacre le lemps de descendre de la chaire. Alors
il vient pr6s du palriarclie pour lui presentcr l'evaiigöliairo. Ils los diacresl
89] PRKMIEUR PARTIE. — LIVRE II. 89
i^Ul ^2rO jj--*^' '^^^ '-^ Jf ' ö^j (^^'^ ^^ ^"^ J;^' ö^i \^^ i.MJl
^UVl jaL<II 'iWj Jf-V dUi i^L^j li^j A^lj d^UI J>1 J.J 4rLr^''
(VJ (^_^1 JI-CcI Jki-1 ^^.«3 \.^^\ sÄa iJr-i ^3 j.!>l._; üs^lj Üal j!>l£-Vl AjcJ
\aLxJi i^LJso L»iJ oJj J63 Li3J^3 -Uäv-ij LlJ'Iä; (J^I "^j ^r^' ic* öl^^ — ^ '-^
Jj SJhJi\ ~~\ -\_ä)1 i^UL^ yc3 ^LoJÜl ^5A.^j jLt""^^ 'Jj^-'' -^^ •»-^l^j ^IaöJI
Ijijlv- L« Liajl I Juleis ?y^' '-^ iS' J'-'^J &ii"^^^3 j»ji'ui>s^l I*j^iAj Ij-ijw (C^ju »Aj^jJlo^
ajoutent ä la ßn de la litanie : « catechumenes, sortez », c'est la moitie de la
litanie — synaptic — c'est-ä-dire lorsqu'on prononce la fiii : « encorc et
cncore demandons au Scigneiir la paix, pour son aide, pour le salut de Sa
Saintete. pour le salut de tout le monde, pour cette saiute demeure, pour le
patriarche et pour les empereurs et pour leur aide » et « avec sagesse », et
tout cela pour quo le pretre puisse lire la priere.
Apres la conclusion : « encore et encore en paix, pour cette eglise, pour
la salubrite de l'air, pour ccux qui voyagent sur la mer, pour notre salut et
l'aide » et « avec sagesse », tout ceci se dit pour que le pretre finisse la priere.
Leur attitude reservee et leur humilite sont grandcs, leurs genuflexions
jiisqu'ä terre sont frequentes, je parle des pretres grecs qui officietrt ä la
messe, priiicipalement au moment de la communion. Le diacre portant le saiiit
Corps prononce le nom du patriarche. A la fin de la messe les deux patriarches
distribucnt du pain benit, chacun d'un cöt6. A leur sortie de l'eglise, les porteurs
de chandeliers disent egalement ce qu'ils avaient dit le soir, et les Janissaires
du patriarche les precedent continuellement avec des... et des bätons. Dans
le meme jour, il y eut encore un repas et nous nous cn retournämes le soir.
La veille de la feto de saint Demetrius, nous assistämes aux vepres dans
Teglisc de la metochie de Saint-Georges. Le matin, le patriarche envoya chez
90 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [90]
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1. L habet : Jo;^-^^ — 2. L habet : ^4)=^^-
lui deux de ses metropolitains, le protosyncelle et Tardichiacrc, pour le con-
diiire ä l'eglise ; et apres la messe, il Temmena dejcuner avec lui.
HcnKtiriue. Tous nos freres grecs, oü qu'ils se trouvent, fönt maigre ä l'oc-
casion de la saint Demetrius, depuis le l" octobre jusqu'au jour de sa feto,
ainsi qu'ä la saint Michel, depuis le i " novembre, c'est-ä-dire pendant huit
jours. Ils jeünent pour beaucoup d'autres saints dont nous parlerons si
teile est la volonte du Dieu Tres-Ilaut.
fui.iGv". * Voici la description de l'eglise patriarcale de Constantinople, dedice ä
saint Georges. Devant eile il y a la cour d'une maison autour de lacjuelle sont
des arcades du cöte du nord; les secretaires du patriarche ont lä leur habita-
tion. Devant l'eglise il y a un grand peristyle 011 l'on deseendpar des marciies.
Fille [l'eglise] est catholique, avec trois parties, toutc cn voiUes avec unc
deaxieme porte dans le peristyle du nord. Dans cette partie se tiennent les
femmes; elles ont une porte de sortie sur la rue. L'6glise a trois sanctuaires
et est imposante. Les Stalles du clioeur depuis le devant du sanctuairejus([u'ä
la porte de l'öglise sont sur d'autres rangs egaux, et derriere il y a encorc
«rautres rangs, et de mcme tont autour. Le tröne du patriarche est dans le
rang de droite dos Stalles, il est trcs cicve, avec dos uiarches; il est incrustö
d'un Iravail tres fin. Vis-ä-vis, dans le rang de gauche, il y a un tröne pareil
[91] PREMIKRK PARTIE. - LIVRE 11. 91
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Ulj 'O f^iV-xio; Me^y^we'^c'K *J^ ^jlx^j 4.-1! *y^-^" (^ÄJl ^^.»ijlj J-iJl ^clc-l ^f.<,s>-
mais plus bas pour tout patriarchc cn visite. L'iconostase est vaste. Les icones
des portes du sanctuairc sout tres grandes, dies ont ete peintes ä Moscou.
L'icone de saint Georges, d'un travail artistique, est placee ä droite de la
sainte Vierge. Les chandeliers sont grands. Le lustre, qui s'appelle « choros »,
est en cuivre jaune, ouvrage cisele, travail de Venisß, qui ressemble ä celui
du Saint-Sepulcre. Les sanctuaires sont vastes.
Derriere le sanctuaire ä gauche, il y a une porte pour la bibliotheque; de
lä on sort derriere l'eglise dans une cour qui aboutit ä la rue, cela pour
rendre service aux pretres qui ainsi n'ont pas k sortir devant les gens.
Dans l'arc cintre du sanctuaire meridioual sont les iconces d'Abraham et
de Melchisedek; la barbe de celui-ci est blanche et plus longue que celle
d'Abraham, sa tüte est enveloppee de rouge comme le prophete Daniel et ses
cheveux sont tombants. 11 est vetu d'une chasuble comme saint Gregoire,
eveque d'Armenie, d'apres le rite armcnien, il porte des ornements brodes
d'or. II tient entre ses mains une sorte de navire blaue rempli d'une liqueur
rouge comme du vin. II y a lä aussi comme trois pains blancs ronds qui por-
tent des croix, c'est-ä-dire sur le pain et sur le vin qu'il a offerts ä Dieu. Au-
dessus on lit Finscription : « lejuste Melchisedek ». Au-dessus du sanctuaire
sont les peintures du patriarche d'Alexandrie, le Christ se tenant devant lui
sous la forme d'un jeune gargon sous une coupole portee par des colonnes,
avec son vetement dechire. II lui dit : « O Seigneur, qui a dechire ton vete-
92 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [92]
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♦ fol. I7r. Ij^U ■^_-'^9- (^jlj>-i (^ di-jLij «jlji- iJi-U!l \^ ^Ic 4_^<3l sJLa i^i ~sj
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4j jt--^l IjA-*- Ijlsij ^JJl i_j^l>i]| i_Ä-Ä." <)i-b JoA». iJäLs '»iJjäJl iÄA iJi" ^jj
1. L habet : Jus->. — 2. L habet : jU>t. — 3. L habet : ^j^].
mcnt? » El la reponse sort des levres du Seigneur : « C'cst Arius, cclui qiii
est tombe dans la bouche la plus ba^^se de l'Enfer. »
Quand le prctre se lave les mains dans un petit bassin en marbre avcc
reservoir, l'eau lustrale s'ecoule au-dessous dans un autre bassin supporte
par une colonne. On a peint une icone semblable aussi dans toutes les eglises
de Constantinople et de ses environs et aussi il y a le bassin susmentionne.
La chaire est placee au nord au-dessus du tröne du patriarche d'Antiochc,
comme nous l'avons dit.
Dans un coin de l'cglise, a droite de l'entree, il y a une chambre avcc des
f<ji.i;r. fenctros* grillagees ou sc tronvcnt les corps des saints. Nous demandAmcs ä
nous prosterner devant eux et ä baiser leurs reliqucs. Ils nous llrcnt entrer
et les arclionfes vinrent, apporlant les clefs. Ils rompirent les sceaux
et ouvrirent los trois obAsses. Dans la premiöre, le corps de sainte Thöo-
phanie, rimperatrice, ötait dans un 6tat parfait, comme eile etait, avcc sos
vetements et ses souliers aux pieds — nous les avons baises. Ensuite le
corps de sainlc Asmonee, la mere des sept Macchaböcs, femme äg6e, dans
un etat parfait avec ses vetements boutonnös ä la fat^on des vetements
curopeens. Dans la troisicme chAsse, le corps de la sainte martyre Euphi-mic,
en parfait etat, mais saus tcte. Dans un coin de cetle chambre, ily a une cage
en fer, dont l'entn'c osl au milieu de la colonne, c'est 1j\ qu'a 6te attache et
[93] PREMIERE PARTIE. - LIVRE 11. 93
IjSLk.« j^^'i ^..^ySJI lj.ilcl |»j;l J' C« d.'_,A'>>' '^^3 '^-'Jy. ^Jr^J^ ^'^'^'' '*'*-^' J^ ö'~r^^^
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jJuJÜi v-JIäJi ^J5j J>>_yJi ,_jL ^)^ Jl ^.w-LiJlj ^y/ _iSVi 1 äJLZi <l..»j ij_^J
flagelle Notre-Seigiieur Jesus-Christ. Sa couleur tire sur le vert. Au-dessus
il y a une lampe allumec jour et nuit. Nous avons baise la relique. Uue des
personnes presentes nous apprit que l'autro moitie se trouvait ä Rome et
qu'elle l'a baisec. Ils remirent los sccaux ä leur place et nous sortimes.
Rcmavque. Ce sont les pröposes de l'eglise patriarcale qui ont la garde des
tresors et non le patriarche lui-meine. Ils regoivent les legs pieux, mais les
dettes sont ä la charge du patriarche. Le palais patriarcal et le divan sont ä l'ex-
terieur plus haut ; ils dominent Galata, Sculari et la mer . etc. ; . . . il y a une porte
secrete qui mene k la metochie du Saint-Sepulcre, car entre le palais patriar-
cal et la metochie du Saint-Sepulcre il y a une porte de la ville dans le
rempart intcrieur . On a l'habitude, quand on ferme les portes de Constantinople,
le soir, de donner les clefs k l'aga de Janissaires, c'est pourquoi, ä cause de
l'eloignement de l'endroit, on n'ouvre les portes que le matin. Parfois nous
venions frapper ä celte porte secrete et nous entrions dans l'eglise.
La demeure des prelats est ä gauche du patriarche vers la porte. Sur sa
droite demeurent le clerge et les chantres, pres de la porte du sanctuaire;
de meme le c6te du nordest reserve aux pretres et aux diacres. Sur la porte
du sud il y a une icone du cherubin arme du glaive flamboyant.
94 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [94]
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0£O(pO,oc ß«i7i).s'jc p(.)rj.-/uov x.al ' a'JT0/.pzT(ü3 ia5va jLxJI ^__,=>-VL -j'li »JL <u^' Ac.
1. L habet : j'jjjb, erreur du copiste. — 2. L oni. xai.
II. — QouM Qapou.
La veille du dimanche du Riche et de Lazare, le patriarche de Constanti-
nople invita notre Maitre ä l'eglise pour les vepres.
Dans ce memc jour, le patriarche lui cnvoya la permission, portant sa
signature ainsi quo Celles des prelats, l'autorisant ä celebrer la messe dans
Tcglise de Saint-Jean-ßaptiste ä Qoum Qapou, d'apres Tliabitude des
patriarclies. II ordonna aux pretres des autres eglises de cc quartier de
ne pas celebrer la messe, mais de s'assembler tous dans l'äglise mentionnöc
pour assistcr k la messe celebree par monseigneur le patriarche. Ils viiirent
immediatement chez nous des le soir pour Tinviter ä celebrer la messe le leu-
demain : Ic dimanche matin nous descendimcs dans une barquo et fimcs le tour
derriere le Serail du Sultan, ün nous fit voir la portc de Ronianus nienlionnöc
dans les synaxaires. Maintenant eile est fermee etpres d'ello il y a une source
d'eau mervcilleuse que visitent les pelorins chr6tien.s, i(^ jour do hi 'l'ransli-
guration.
• fcji. 17 v°. « Tlif'ophile croyant au Christ roi des Grccs et empereur ' ». * Le cötö de
cc mur fiiit partic de la construction de rempcrcur Thcophilo et son nom est
ecrit jusqu'a maintenant en grands caracteres grecs : « Theophile roi des
Grecs et empereur ». Pres de Qoum Qapou, parmi les tours qui sont sur la
nicr, on nous lit voir la tour de renipercur Lron lo Sage, dans laquelle il y
1. Celle jjlirasc csl iiiulil«'.
J^_,kJI |>;-fM Crr"^ i>yr~^'^ ^^ ö:^ ^ pv"^ •^^^ ^-*^ ^'r' ^ ^^^^ ff
95] PREMIERE PARTIE. — IJVP»E II. 95
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^ -ui ^3 U^l'L V^^— ^. ^' i-»^*3 o"-^'"^' vl_^bl j—l y> (Jit !yi|.i9 ^aL, j^L
l.,.jS^\3 (»t-jj^ ijb j3jJ L^3 j~:Ü jv«>a:& i^j IjL.Lr^ -^J lj..Lc3 j»j!3':.« ^1 lijA^I
^ jy^ J>\.J> \^X^\ ^\ ^It di;i|j IaJI, l:<;3 iA.Jl j»--l ^b ^bl
1. L habet : J-i'-s^r:^. — 2. L habet : ■^Jd\jJ:JS\.
avait un miroir raerveilleux qui fut brise par Michel, fils de ce Theopliile.
Pres de cctte tour il y a une ancieiine mosquee. On dit que c'etait une ^glise
qui etait habitee par saint Jean Chrysostome. Nous coiitinuämes notre route,
jusqu'ä ce que nous fussions sortis du port de QouniQapou. Le nom de Qoum
Qapou ötait autrefois Kondoskale. Tous las chreticns et le clerge nous atteu-
daient. Ils allerent au-devant de monseigneur le patriarche et le firent entrer
dans l'eglise avec des cierges et des encensements, avec tous les Honneurs
possibles ; une grand'messe y fut celebree.
On a l'habitude dans tout ce pays, petidant l'hymne de « l'Axion », d'ap-
porter au patriarche des prosphoras; il les prend entre ses mains l'unc apres
l'autre et fait avec elles le signe de la croix sur le calice et sur la patene k la
memoire de celui qui les a ofTertes et dit : « Grand est le nom de la sainte Tri-
nite. » C'cst ce qu'on appelle « panagia », ce qui chez eux a une tres grande
importance. On la porte en voyage comme viatique pour tenir Heu des sacre-
ments, lorsqu'il arrive un accident, un naufrage ou uu danger de mort. Apres
avoir regu le pain benit, tous les assistants mettaient de l'argent sur le pla-
teau. Ils emmenerent ensuite le patriarche dans leurs maisons et lui offrireut
un dejeuner. Apres avoir passe chez eux deux nuits, nous partimes pour
visiter les autres eglises : la seconde eglise est dediee ä la Vierge surnoni-
mee « du desert », la troisiöme, dediee ä sainte Gyriaque, sur la porte de
lul. IS I'
96 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [96]
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Ij, <;yjlj -ukxJi A ii. iW Jl<ii jljJl »-;yj3 Ij^ >1&1 ^ j:i\ \->^J\ * iLcV^3
lul. IH r
1. L add. : -o.vaJi. — 2. Lire : .S-^y^-
laquclle est In cröatioii des cieux et de la tcrrc, c'est-ä-dire de « Tout ce qui
respire »; la quatrieme, d(5diee ä saint Nicolas. Dans toutcs ccs eglises il y a
des lustreset des symboles neufs. La cinquiemc, d^diee ä la sainte Vierge, est
contigue ä l'eglise armenienne. — Les Armeniens out deux eglises ä Qoum
Qapou. — Le mardi 2 novembre, le jour de la fete du sacrifice, nous nous
rendimes devant la porte du S6rail oii nous vimes en personne Sa Majestö le
Sultan Mohammed — quo Dien le preserve! — avec sa garde et ses soldats a
son entrec et ä sa sortie de Suiute-Sopliie. Puis nous y enträmes pour la visiter
dans toutes ses parties et ses lieux solitaires. Nous montdmes au second
ctage, puis au troisieme oii nous vimes des colonnes de porphyi'c, vertes ou
couleur de styrax ou de lapis-lazuli, et d'autres couleurs de marbre mcrveil-
leuses et brillantes. Nous vimes aussi ses balnstrades de marbre allant d'uiie
eolonne ä Tautre, portant des traces de croix, ainsi quo les dalles et les mar-
bres; ses pierres precieuses, la fontaine sacrec et les amphorcs de marbre
transparent. Cliacune de ecs ampliores, quatre hommes n'auraient pas sulli A
les cntourcr, taut ellcs elaienl enormes; leurs orificcs etaicnt etroits. Nous
admirAmes la magnilique blanchcur de son marbre, la hauteur de la coupole,
rimao'e de Notrc-Seit,nieur Jdsus-Glirist benissant au haut de la voilte et
du sauctuaire ainsi que la multitude des croix sur les inurs et sur les balu-^-
Irades, les categories d'icones, les fetes ' de Notrc-Scigncur au haut des
Cüupolcs, la Variete des couleurs de la inosaique divcrscmcnt colori6e, le
[971 PlUiMlKKK PAKTIE. - LIVRK II. Wl
Jiat \^~^ V J^'i ^JL«3 lj<C.jL-i \j^J 1^'^ ^^'^^ O"'^' jU-^ (viic-3 ^1^,1 »-^3
*li>-^'l ^iaMjJ ijLjJL j^i-JI a.».a-! jlkiül »j^,*Ji «L=- ^^-^ Lja-yL" L^-Jt« l^J
A«i^ A3>-l3 t'^^'" "^J^^' i_S*-5 ^■^-'*^' Lf tS^^^ -T'^^^ i-J^J *— .»et IjJJtLij <^IAS
K.jitS-^:>- ZJ^^Y^>- i^LJUjj ijl^^ij J^y~= TT*" ("""-^ ly* 'Oii-l^j v*^- ^^ ^ULa>-
jLk,l il Ä^la- jjlv« »^
1. L habet : ^ULa»., orreur du copiste.
grand nombre de ses portes, la grandcur des croix d'airaiii, la ninltiludc Je
ses fenetres — et que dirai-je? — il n'est pas possible ä l'esprit hiimain de
decrire toutes ces beaules en detail ' .
III. ^ At-Mridan.
Do lä, nous partimes pour visiter la mosquee du defunt Sultan Ali med,
connu par ses rebellious. Las dalles sont en marbre brut, non poli.
Nous contemplämes ensuite le panoraina de Constantinople, eonnu dans
le monde entier, At-Meidän, ou Hippodrome. Nous vimes une cbose adnii-
rable sur une pierre, le nouveau UikUi lach. Cet obelisquc est un monolithe de
couleur brique rougeätre grave sur les quatre cötes d'images, de figures
d'animaux symboliques et d'enigmos philosophiques. II repose sur quatre
cubes d'airain. Au-dessous d'eux est un soubassement blanc d'une seule piece,
dont la longueur, la largeur et la hauteur sont de quatorze empans de cliaque
cüte. II porte des figures sur ses quatre cötes. Qhaque cöte diflere des autres,
et sa hauteur de la base jusqu'en haut, c'est-ä-dire en comprenant la colonne
et le piedestal, est de la hauteur des minarets de la mosquee du Sultan Ahmed.
1. Sur Teglise de Sainle-Sopliie (!l siir los autres eulises de Conslantinople, cf.
Charles Diehl. Mniuinl d',irt byzantin. Iudex, p. 'JIG, vol. II, Paris, 192ü.
PATR. On. — T. XXII. — F. 1. 7
98 VOYAC.R Dl' PÄTRIARCHF: MACAIRE D'ANTIOCHE. [98]
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^•aJIj ^- jv' :^y^^'^ J^ ''^^^ ^^V3 ^^^ ü^^^ J -- jVl Jl <--kk-i.l|
C_ä)1 o'4=^V i^l^li ^_5J1 J;.i.-^,i_uJ! Ji-Jo i^JJl yb ^iliJlj
Ji-b |j^3 rJ^ (j^ JoilJI (jÄoVl c^^v^l; '\^ ^Vl jl_y_-*Jl J«^ J ^_»-«' Ljs-I
A un jet de pierre de cette chose admirahle, ii y a une grosse colonne de
bronzo, torse eii trois, comnie s'il y avait trois serpents ou dragons enroules
les uns autour des autres. A son sommet il y a trois trtes de serpents tendues
on avant, les giieules ouvertes vers les trois cötes de la ville ; la mäclioire de
Fun est hrisee. On pretond que le defunt sultan Osman l'a brisee avec une
massue. Elle pmlege conlre les serpents depuis le temps de rempereur
Gonstantin, pour les empecher d'entrer dans la ville. Lorsque cette mächoire
fut cassee, on dit que les serpents entrercul dans la ville par ee cöte, mais
qu'ils ne firent pas de mal.
A un jet de pierre de l'obelisque il y a aussi une antre tour construite cn
pierre ap[)i'lee aussi IHkiU Täcli.
Nous partimes pour visiter les tombeaux des sultans ottomans, depuis la
conqucte de Constantinople jusqu'aujourd'liui, avec le tonibeau du sultan
Mourad et de ses dix-neuf enfants tous ötranglös, enfin celle de sa niöre Keuse
HAson. Nous circulAnies parmi lours tombes. Au-dessus d'clles, il y a des
lampes d'or et des objets rares qui etonnent l'osprit. Le gardien, pour un
pourboire, conduit les visiteurs a rinterieur.
Les tombes du sultan .Mustafa et du sultan Ibraliim sont dans un autrc
cimotiere pres de la muraille de Sainte-Sopliie sur le cliemin du Diwan. Rllcs
sont bätics n\ marbrc trös blaue, tres epais ä l'exterieur et ncuf i\ l'intörieur,
d'un aspi'(;t agreable pour les spectateurs. Vis-ti-vis d'ellcs il y en a une autre
:9(il PRKMIKHK PAHTiFv — IJVKK ll, 99
JWl ^3_,& ^j ji^.AJl Jp^ bfcU^ l^ ^>l !>A=>.lj I^LII.3 J,!^U1 <*>â– !i-H-^
^Uj ^jl j^.lj '»•^•^^^^ j'-^^ ^f ^J><" "^^^3 ^'■^^ ä^-5 "^L^-l^ (*r^ ^^'^ C1-'
j£ j.l«^ iji:^ L|^ <;l;^ ö^l«^^ ^^^J v-*-^'^ (*-* '^-r^ ^^ V^ l^**•^ '"^^ '^->:t^
4 :^ \;.^^ S=^'^^3 V^^ i'^ r'-J"^ *"^'' »^^ M^=^-»-'' klr-J^ l5^^ '-^•^ ^'^ f
A.IU ^.b ^■•L i,. u^3 IiA^La3 ^-i' ^'~- ^jr^ u j^^ -^.j <^ ^^^ jVi i,;_j-w„
ajlLu V.ly.^ i3^~^3
semblable. G'est lä que passe le chemin du Diwan et qua soiit les scribes des
requetes, puls ceux qui echangent les turbaiis, c'est-ä-dire * des... et autres ä ♦ foi. isv
leurs proprietaires.
Ensuite nous partimes pour aller voir Asidn Khane. G'est une eglise basse,
ancieniie; il y en a une autre elevee avec coupole au-dessus d'elle, aj^ant
encore des figures en mosaique, puls [des Images] de Notre-Seigneur et des
quatre Evangelistes, qui existent jusqu'aujourd'hui. Dans l'eglise basse il y
a des animaux sauvages, dont quatre lions, les uns d'Algerie, les autres de
notre pars, quatre pantheres de divers pays, un chacal, un renard, trois
loups, une hyene, une tele d'elöphant ancien, l'image d'une giraCe anciennc
avec un crocodile ancien. Dans cette eglise basse tres veneree, dediee ä
Saint .Jean-Baptiste, on voit encore les Images en mosaique bien conservees.
On pretend que c'etait l'eglise de Saint-Jean Chrysostome. Pres d'Aslän est
]}jclji) Khane. Sur sa porte est suspendue une tres grande botte et une autre
semblable sur la porte de Top Khane, ainsl que d'autres curiosites.
IV. — Le Serail.
Ensuite nous enträmes dans le Serail — que Dieu en protegc les habi-
tauts! — A l'intcrieur de la cour est une eglise appelöe aujourd'hui Silf'ili
Khane; rien n'en a encore cte detruit, son autel et toutes les autres choses
sont festes en etat, mais ses portes sont fermees.
100 VOYAGK DU FATRIAHCHE MACAIRE D'ANTIOCHEl. [100]
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«L_^J1 l;-u« d'b^"^ (_r^-> '^' ^-^ ls^""^'^ l/UUl
1. L habet : ^LIjLvJi.M. deux mots reunis: erreur du copiste. — 1. \. om. ^'i.
— 3. I. habet : ^^J^Ji-i.
Nous arrivi'iiiies ä la celebre 'coupole, la Sublime Porte, oü siegent les
juges de l'arniee et les sept vizirs. Le Sultan les regarJe par une fenötre,
c'est \k qu'ils composent le Diwan ponr le monde entier. Entre le Serail et
Saiute-Sophie il y a une petite eglise dediee ä saint .lean-Baptiste, celle que
l'empereur .lustinien avait bAtie avant Sainte-Sopliic et oü il sc reposait. Elle
est restee dans son etat.
Nous vimes aussi le troisieme Dikili Tdclt qui est dans Tawouk Bazar pres
du i)ain de la Walide et le Klian des ambassadeurs. Ce sont des niargelles
superposees et s'elevant fort haut, dans le ciel, mais elles ont 6te fendues par
le fcu, c'est pour cela qu'on les a cerclees de Ter. On pretend qu'un certain
juif a döclare ä un certain sultan ottoman que des ompereurs grecs y avaient
caclie des tresors, alors il ordonna de l'incendier et robclisque se i'cndit. On
craignit qu'il ne tombAt, c'est pourquoi on le cercla de fer de haut en bas.
Les Grecs nous apprirent ([ue cet obölisque est celni que fit dresser l'empe-
reur Constantin le Grand et qu'il deposa dans les fondations douzc ori\ncs
ot certaiiies rcliques de iXotrc-Scigneur .lesus-Chrisl.
Ensuite nous virnes la tour Ariel llaz-ar, l'une des plus grandes des tours
nifnlionnr-es; eile est oonstruite en marbre blanc sculpt6 oü l'oii voit des
ciiti.v, des anges et des prötrcs depuis le haut jusqu'en bas. Elle est creuse.
Elle est situ6c dans le quartier d'Assamala.
[101] PRRMIERK PARTIR. — I.IVRK II. IM
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jb^L JÜ2.U «U jL?C >::^l^ l^l ^^^^
Nous demandames aux Grecs oü se trouvait reglise des saints Apötres.
Ils nous repondirent qu'elle etait ä l'interieur d'Esky Serail, reservee aux
femmes. Nous avions vu cette eglise quand nous etions an mer, *pres dc»ioi. lui
Galata, aux environs de Scutari. Elle est haute et reniarquable par ses douze
coupoles. Elle est pres de la mosquee de Soleinian; nous la distinguions,
mais lorsque je vins pour la retrouver, je la perdis de vue ä cause du mur
tres eleve du susdit Serail. Cette eglise est au milieu sur le sonimet d'une
des sept coUines de l'interieur de Gonstantinople, c'est puurquoi on voit le
haut de cette eglise dopuis Galata et de Scutari. Elle est peut-etre plus haute
(jue la coupole de Sainte-Sophie, ainsi (jue nous la vimes pour la premiere
Ibis en entrant ä Gonstantinople '. J'appris par le tailleur de Esky Serail
que l'interieur en est demeure en Ijon etat, que les peintures et les icones
en mosaique existent encore sur les murs et que personne n'ose entrer au
Serail sans un g:uide de connaissance. Nous demandämes aussi oü etait
l'eglise de Ghalcopratia. On nous repondit ([u'elle se trouvait sur la place
de la mosquee du sultan liayazid.
V. — Mosquee de Soleiman.
Nous partimes eniln pour voir la grande et celebre indsqin'-e de Soleiman,
uns des merveilles du monde ä cause de la multitude de ses colonnes de por-
1. Six niuls douteux.
102 VOYAGE DU PATRIARCllE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [102]
jl-ulj U^lcj jLOI jyU\ l,,]=>i;j ^.:=^V1 .^iii-ilb ^'U-Jl [A^\_^t. s^ jJUli
^\j ^jk. ^1 ^ dJ^JiJl o^ jy j'P _jAj A*?M jlUJl ^l^ ,_^ ^*:^' (*â– "
Orr^'r— 3 -^^i --L^r: ^-5 "^"^ ^-^^ w"^*^ t5^^ ^:^ J".^ i^ ^-^' ö^ ^!>' f"' '-'^
^^i-Jl (3^ ^L^^ ^^\ Ja-J ^9 <:;,L<JI ■U^Jl ol^-- (_5)1 J; V *J><. J\ Üi^i-lj <.Ü
viJÜii J^3 Üal i-~^ lj.j •^;j..U ■> - . i ..... i ^ iLJI li-<^3 ä=r''~'^ ^*-^ än"'^:-? C^-*
pliyre, de couleur vert pistache, et de la diversite de la couleur de scs
grandes dalles, de sa hauteur et de ses miiiarets elances. Dans lu cour,
il y a une coupole haute en marbre et des colonnes pareilles; Teau descend
du toit parce que ces colonnes soat creuses et l'eau en sort par un dispositif
merveillcux, — eile est plus doüce et plus agrcable que celle d'Alep.
Nous vimes ensuite la inosijuce du Sultan Mohammed qui est au delä du
palais patriarcal au Plianar, sur le sommet d'une colline. Nous descendimes
du Phanar daus une barque et nous partiraes vers Khä>i Kcuij oü nous
ctions invites. 11 y a la beaucoup de raaisons de juils et de chretiens. Nous
visitämes son eglise dediee ä sainte Parasceve. On invita monseigneur lo
patriarche ä prior sur la tombe de Pavlachi ' qui etait le Qapou Kehaia de
iJasile, prince de Moldavie. Lorsqu'il l'eut trahi, le priuce envoya le tuer.
On nous mena dans sa dcmeure, quo dis-j(>, duns son palais merveilleux
öituc au milieu de la mer, construit sur de grands pilotis suivant Thabitudu
des constructions de (]onstaiitinoplc. A l'interieur il y a des cndroits et des
chäteaux qui rayissent l'csprit, uii bain tont en marbre, des jardins agreablt^s
ä voir, une conduite d'eau en mosaique de dillercnlcs coulcurs et ügalement
1. N. lorga, Vasile Ltipu m iiriiin.'or al inipura/idir de rasdril, liiieurcsti, l'.)!.'-!,
pag. 28. Les ministres des priiiccs di" Moldavie ä Constantinople avaient lein- residence non
loin de la Corno d'Or, au-dessus dit quartier de lialala dans le Boydan-Serail ou palais
de Moldavie. II y avail aussi la residence dos princes de V'alachic souvent menlionneu
dans des voyagcs a (loiislaiiliuoplo el grAcc a ces mcnlions nous connaissons l'endroit
Uli SU Irouvail ce palais. .\ ciMii de ce p:iiais il y avait une pelile egliso en style byzantin.
Non loin de Bugdan Serail il y avait Vlali Serail la residence des envoyes des princes
de Valachie, avee une pelite ej^lise. Buleliniil Com. Mon. /sl., lOKi, p. U-IS.
[ins PREMIKRK PARTIK. — MVRF, II. 103
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^>tö i_$^l »sIa^j Jfv'^ ^ (j-^ *'■*-" '-J^^ ■ClisjUl ^ ^^J ^[y>i\ lj.l«ju
unc eg'lise, et tout cela surplombe la mer. Nous descendinies enfin dans une
barque qui nous conduisit ä Fextremite de la mer de Galata. Nous enträmes
alors dans la grande riviere d'eau douce jusqu'au bout, de lä nous montämes
pour visiter la fabrique de poudre de Kai' Khdiic semblable ä celle qua nous
avons vue ä Bor, merveilleuse avec des roues se mouvant par l'eau. Get
endroit s'appelle Käylnit Khniih.
Nous sortimes de lä sur la terre forme et nous nous dirigeämes vers Aq-
Mi'iildn ou le champ de tir des fleciies, oü il y a une colonne dressee dans ce
but. Ce cliamp de tir est une place verdoyante et d'une vue delicieuse, qui
domine Constantinople en face. C'est lä que les cliretiens celebreut les
Päques avec joie. On nous apprit alors que l'annee derniere, Sa Majcste
le Sultan Mohammed* — que Dieu le garde! — vint et dressa sa tente avant * foi. i^v
la fete et eut du plaisir ä les regarder. II y prit un tel plaisir qu'il leur donna
deux bourses de mille piastres turques. Nous euträmes ensuite ä la Takieli da
Silalular du sultan Mourad, qu'il a fait construire recemment.
VI. — ■Galat\.
De lä nous descendimes au quartier de Qdsim Pdclid, puis ä Galata, ensuite
ä Top Khane, puis ä Ters Klianh oü Ton construit des navires. Nous vimes ä
Top Khane des canons qui peuvent conteuir cliacun un homme et d'autres
Canons ä trois chambres. Nous revinmes ensuite pour voir les navires mer-
veilleux de l'Aiigletorre et de la France et nous nous en retournämes.
104 VOYAGE DU PÄTRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [104]
i^ÖI Ijllp-j <klU]l |^> ^,r-?'-'?" -''^ '*~r^ lS* l/-*^3 -^^ (^ tr^. j' ^-^j"^' »-'^
ijl« ^ lUaxJ ijJa^VI ^-^:> ^ j«I.'jL-.Vl L^-J-^ ^pi^J ^' ^J-*J* AjaAi!! jLxJI_J
r"J^ ^,«I-V« jLsj iiUI ^.„-o- byVl '_^^J ij^A.Jl <U~xJl ^^13 "''iJaii.ll ^1 (»j^Ä^
L»-ij »M «^«-..»-'l aJVI i^lj jg^' i*—! ,e^ '*~^' *—•-$ |J' U--k< Ijl«)
1. L om. ... »-ol^ jU. — 2. L habet : iaijüt.
La veille du dimanclic, nous chantämcs Ics vepres daiis la metochie et le
patriarche de Constantinople onvoya ä mon perc une permission commc la
premiere poiir qu'il püt aller Ic Icndemain celebrer la messe dans l'eglise de
Saint-Georges ä Galata; les pretres et les notables de ce quartier Tinviterent
aussi. Le lendemain matin nous chantämes les vepres (= matines?) dans la
chapelle de la metochie. Nous partimes avec eux dans une barque vers
Galata et l'eglise mentionnee; saivant l'habitude ils vinreut ä sa renconlre.
11 y celebra une grand'messo, qui fut suivie d'un grand repas. Et moi je
partis pour visiter les aulres eglises de Galata.
La premiere eglise est celle de la Vierge, Chrysopigi, ou « la source
d'or » ; ä l'interieur ily a cette source, uu puits d'eau oü Ton rcpresente dans les
icones « la Vierge assise dans une piscine », de cette source jaillit une cau
guerissant les malades. Cette eglise est vaste et ä l'interieur il y a deux
grands ciiandeliers de cuivre jaune. On nous apprit que le patriarche Karmc'
fit faire les chandeliers de l'eglise d'Alep d'aprös leur modele. Le tout est
im ouvrage de Venitiens. Au dedans il y a aussi une icone vcneree.
De lä nous nous rendiines ä une troisieme Eglise dediee i^i " c'est-ä-
dire la Mere misericordiense de Dieu, et ä saint Jean le Theologien, dans
laquelle il y a trois grandes icones de Gröte. On y voit une peinture de
l'Apocalypse de saint Jean et les sept chaires, au-dessous dcsquelles ses deux
1. I'lulliyiiu' Karmc, cüinmencemetit de inai l(i.J'i-au coinineacomeiil de dec. 1()34.
— 2. Mnnqiie le iiuil grec.
105: PREMIERR PARTIK. — I.IVRE IL 105
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l^j^ l-V^J '^^ lS* ^>^ ^^ Jji*" * ^^^ ■«i/ÄJl E^^ *™r^ 1;aaU j»." ^jli>- ♦ fol. 20 r
disciples Fenlerrorent. Noiis entrftmes dans Teglise, l'uiie des plus grandes
eglises orthodoxes de l'empire, qui est maintenant en la possession des
Jesuites fran^ais. Elle est ancienne, tres haute, toutes ses peintures sout en
mosaique coloree, les fetes de Notre-Seigiieur sont expUquees en grec.
II y a un clocher eleve et ancien.
Nous partimes ensuite vers la quatrieme eglise, voisine de la precedente,
dediee ä Notre-Seigneur Jesus-Christ, ä l'interieur de laquelle il y a uns Fon-
taine sacree. Nous nous dirigeämes ensuite vers une cinquieme, dediee ä saint
Üemetrius. Sur le mur de la porte est peint : « Tout ce qui respire », c'est-ä-dire
glorifiez le Dien du ciel, toutes les creatures, les animaux, le ciel, le froid
et la neige etc... '.
Nous visitämes une sixieme eglise, dediee ä la sainte Vierge, situee aussi
pres du rempart. Une septieme eglise est dediee ä saint Jean-Baptiste; ä
l'interieur il s'v trouve une fontaine sacree. Une huitieme eglise est dediee
ä saint Nicolas, ensuite une neuvieme est dediee ä saint Jean Chrysostome.
Toutes sont en poutres avec des toits ornes de symboles, le lustre est
dore ä l'interieur et ä l'exterieur. Nous vimes ensuite l'eglise des Frangais
qui avait ete incendiee. * Elle egale Sainte-Sophie par sa hauteur, sa grandeur, * fol. 20 r
sa forme, ses peintures ä Tinterieur et ä l'exterieur en mosaique doree ainsi
que les fetes de Notre-Seigneur. Au-dessus de la porte est l'icone de la
1. I^s, cxLviii, 1 et seq.
106 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [106]
jcij A..:,.L.:L äH ^ (»Jic- Jlj^ ^A»- ,_5>'Üi J;i/^' ^>-^^ (_§* ;_5J' LxijVi ^iJj
jUl c~iDj (*1 v"'^ 'tj.J^ b'^^ i«^ ,3^^ ^1/=- (V- '^-^■-■- 'b «-äLUI \jj^^ LiL
^Dj ^Ül ^^^^' lyis ;j.ijl ost^lj jl_;-»Äj C'^ii-3 J^j— ' t^"^'^ ij^ L«..ltj jjl^l
J^ ^bj VI jU3 ^^ 'U LJ jUL Ijil; JWL; ^<l3 li^M; ^^^ ^Ül y L% ' cJU
1. L habet : ^j=^ pro C^Jla.,
Dunnitioü de la Vierge en mosa'ique; sur ses murs toutcs los inscriptions
öont europeeiines. A l'interieur il y a quelques petites eglises en ruiue
aujourd'hui et abandonuees, qul appartiennent aux Frangais.
VII. L'iNCENDIK UE CoNSTANTI NoPI.E .
Le mardi soir lü novembre, uu grand iuceudie eclata ä Gonstantinoplc.
II dura jusqu'a mcrcredi soir. Tuut le centre de la ville Tut brüle, c'est-ä-dirc
les marchös, les iialles, cl l'incendic gagna le quartier de Qoitni Qa]>ou, puis
Onzuiin Triiarrlii, cusuite Mciilaii Qdlir Clioiilinuii . A ce qu'on pretend, le feu
a ravage de quarante ä oiuquaate mille boutiques et vingt-ciuq mille maisons
d'habitatiou, trois cents foursApaiii, uu grand nuinbre de bains et Ircntr-deux
caravanserails. Kluin EHnusri/ fut hriilö avcc tout cc qu'il contenait ainsi
que le Khan ilr Hiri/ l'ärlid. Les sapeurs et los soldats de la garde se voyaieut
impuis'sants ä oouibatlre i;elto devastation; ils appclorent le peuple ä Taidc.
Lo l'ou volail d'uue place ä l'autre comme un oiseau. — Ouant aux cinietiores
et aux fontaines do niarbre, ils sont en trös grand nonibre, de meme dos
sommets de miiiarols. — iNous avions vu liiov des marcliös, des caravanse-
rails, des 6difices, et le malin la terre etait devenuc desorle, le spectateur on
plourait. Tout ce qu'il y avait autour etait i^ dnploror — que Dien cousorvo
la prosperite de nolre pavs! Aussitöt apres, on invita les iiabitants ä rocons-
truiro; il ue s'ocoula pas um luuis tpic loul reviuL a son aucieu etat, qu'il y ait
[107] PREMIERE PARTIE. - EIVRE II. 107
i j tjJL« („L-UJI i^j^ L«jL»-l L) _j Lu jj3 i-*~Ji \ .' vJ Ll«j a^I»-
O.531Ä (»J^ 'LgjAj ly«_,.«.=" J'^^^^ iAi>- aJU. OL.it> »J iAj ^x— «Jl ljj..,^w ^\ Ai. ,c-*5
A=-
1. L habet : J^l
cu ou non d'incendic ou autre chose semblable. Goramont poiivait-il en ctre
autrement sous l'empire? En ce jour j'ai visite la sainte et celebre eglisc de
Saint-Nicolas dans Aya Qapoit, ou la porte de Sainte-Euphemie, qu'on a trans-
formee en mosquee. De \k j'ai visite Teglise de laVierge, au-dessus et ä l'in-
terieur de laquelle il y a une celebre fontaine sacree qui guerit les malades.
Le jour de la fete de saint .Jean Chrysostome, je suis parti pour Top Khane
et de lä j'ai loue une barque et me suis dirige vers Qiz-Qoulesy ou « la tour de
la fille ». Elle est bätie sur un petit rocher au railieu de la mer vis-ä-vis de
Scutari et noiis avons bu de Teau douce de la fontaine qui est lä. Nous nous
dirigeämes ensuite vers QacJi/ Keiit/ ou Chalcedoine. J'ai visite son eglise
dediee ä Notre-Seigneur Jesus-Christ; c'est une voüte ä ooupoles tres hautes
en pierres anciennes. Ensuite je suis revenu a Srutari et ä Top Khane et a
notre quartier au Phanar.
Le samedi soir du commencement du careme de Noel, nous chantämes les
vepres dans l'eglise de la metochie. Trois jours auparavant, le clerge et les
notables du quartier de Qoum Qapou vinrent aussi chez monseigneur le
patriarche et lui apporterent une permission de leur patriarche et l'invi-
terent ä celebrer la messe, pour la deuxieme fois, dans l'eglise de la Vierge
dite « du desert », cela parce qu'ils etaient heureux de sa venue et que
l'incendie general dont nous avons parle arriva pres d'eux sans leur causer
de dommage et parce qu'ils croyaient qu'ils avaient ete epargnes gräce ä
108 VOYAGE DU PATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [108]
•j^ t^l,/-" (^ir-; -''Jr— *'*' i^Lr-^^ ^^' -^ '-^'^ i^^ j^ (3* L^-^ L»,o 'ij.p Jljjbl
•fol. 20v%^^l ^_gifc jU-jJ! ^ j^VI jI-VäJI >_»^ Ijo- J_j^ oÜLa ^^1 jV * ^^iaiV)
LAä^ j_^I L'jjlc r ^j)^' n l*jVl (•_») j_^l (»AAIä LUilj Uij« jJ-Iaj jLjJ *Ja£.
j-jj aJäJI bÄA J^ ^3 ^J^^ 6y3 .^r-i)^ ^J^ Jy iS-^^ '-^^ ^y '^-^ L?*J
üAj' iV ls^-^J L'ü>-i ^rr^ ._~.La Liy *ju^ "ülc «üb A.wJji * — -S jlS ^Ji^
1. L habet : asjJ.
l'efficacite de ses prieres. Nous partimes avcc cux tlimanche matin par mcr
dans iine barque. Nous cütnes ä supporter bien des terreurs chaque fois que
uous nous rendioies par mer ä cet endroit-lä derriere le Serail coiiim sous
foi.2ov«. le nom de Bournou Serail. La mer y est elTrayante* ä cause du courant de la
mer Noire qui arrive par le drtroit dans la Mediterranee. Combien en elFet de
navires y ont fait naufrage! Lorsque nous arrivämes chez eux, ils nous
regurent en grande procession : on celebra ensuite une grand'raesse. Nous
reslämes chez eux jusqu'au inercredi U) novnmbrc et nous retournAmes ä
notre quartier.
Nous demandc\mes oü etait l'eglisc Pammacaristos', c'cst-ä-dire la Merc
de Dieu on trois personncs, la bienhcureuse qui est relatee dans la clironiquc
grecque que nous avons traduilc en arabc : eglise qu'ils ont trausrormcc
en un palais patriarcal, apres Teglise des saints Apötres. Elle est sur unc
colline en haut du quarlii r du Pliauar el i'ii haut du |)alriarciit. I^lle est entrc
ce quartier et la mosquee du Sultan iMoliaianiod ä lui-clu'iniii. La mosquee
aujourd'hui est belle el ä rintericur il y a de nonibreuscs sources aneiennes.
Beaiicoup nous ont appris (|ue dcrriöro Onzoun Tcliarehi, pres de KliAn
Wiilidi', il y a une pelile mosquee, une ancienne eglise, uvec une haulc
conpolc carröc, au-dessus de laqucUe il y a une croix qui tanlcH se voll, tantot
SB cachr (Icpuis On/.onn 'rdiarclii : je n'ai pas cessr de la eherclier el j'airivai
1. (iiiarlcs iJioliI. /'An hi/zaiiiiii, V(j1. II, ludox, p. ',(10.
!109] PUEMIERR PARTIE. — IJVRR II. l09
j^ xjU-L -da..™!! ■LIä^ ÖJ>.ljl3 "Cj^ dJ^^^^l l;.c- Ij^jÄ lyl ,_rr*^^ CJ'--'
ö^ j^ ^J\ ^ j:ß J> 1»,::^^^ U-i^ jvAa:^. ^jJL ^^-^ 'J\ ^>^u» (nl^
LL=3 Oj^L-j lj'».Uilwl« ^^ J*^' ^-^=^J (j^'~'3 \^J^ i^-^'Jj^' ^"*^ «-^-J j-^' ^
.IjLwA» Ias- jLS . ji^LLi«^ jl->.»j^!l L>-v J^^ i'j-ilj ^'^y^l jU iyi.'3 s-dJl 'Cji;^
•CJ^__^J jviaC Jli_j-Ij ^l-\i' jljJI ^U jL?3 dLUI ^Jada~9 ^j /^ j^l \yS.j
1. L habet : ^-jLu^j, erreur du copiste. — 2. L habet : ^^j^yij.
pres d'elle. L'eglise est encore en son etat pritnitif; j'ai vu cette croix en
nombreuse compagnie ^ et nous nous en retournämes emerveilles.
VIII. Le nUAUTIEH d'AsS.VMATA.
Jeudi, les pretres et les notables du quartier d'Assamata, avec la per-
missioii de leur patriarche, vinrent inviter monseigueur Ic patriarche ä
celcbrer la messe chez eux. Nous partimes eu leur compagnie dans une
barque par mer, ä enviroii seize milles de leur quartier; quant au peri-
metre de Constantinoplc, on pretend qu'il e.st de dix-liuit milles. C'est une
langue de terre qui s'avance dans la mer, c'est pour cela que les trois quarts
sout maritimes. L'autre quart va de la porte d'Andrinople jusque derriere le
Phanar. Tous ces tcrraius sont en vignes, en jardins et en pistachiers. — On
nous regut en processio^i et nous celebrämes les vepres chez eux la veille du
prcmicr dinianche du careme de Noel. Le lendemain matin, nous celebrämes
la messe dans l'eglise de l'empereur Constantin le Grand. Cette eglise est
tres anoienne, tres viineree, haute, en pierre, avec voüte, et ä l'interieur il y a
une iconc de Notrc-Seigneur Jesus-Christ et une de la sainte Vierge, celle de
Saint Nicolas et celle de saint Jean-Baptiste, toutes tres grandes et anciennes.
On pretend qu'elles datent du temps de l'empereur Constantin. Ce jour il y
out une messe, une grande solennite etl'ordination d'un diacro. Nous baisämes
la main droite de rompereur Constantin qui est en os jaune comme de l'or.
HO VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [HO]
JuL^I i_^ (_r'j^3 o^.>~?"' (*i'*-^-/j J^*-=^' -^"^i^ ili-L« Vi U^Mj \.:.h.'.h....ä]\ ^}S
a„„.:.k)1 üäa |»^_j1j ^ |»^iK^)j jL«!^ -s!^^ (3^ ^v^l ^^ o^jl ,<CJ^'I Aa5>m jlL-L
rol.21r°. ^Ji\ ^3^« >IU jjkj jAä;I3 _jä]I ^ iC-^-1 k_iia=>3 LlI=-I V« ' ».^La ^JÜl ^_r'3AS
4 :> ^3 _,=-^ jL i_Ji <u..l__^l3 SA._J1 <_J5 â– dblj ^jLU 'U.Ji ' ^e*3 (_r'3"^'y^
1. L om. ,_,Ao. — 2. L habet : ^, errcur du copiste. — 3. L habet : ^j^^ar-J!,
erreur du copiste.
Rien ne m'a enchante daiis les eglises de Constantinople et des cnvirons
comme les melodies des petits enfauts et leurs chants : « Dieu saiiit » aiix
öpitres et « alleluia » ä TEvangile, « Seigaeur, ayez pitie », pour toutc la
litanic; leurs mölodies sont bcUes etdouces.
Ce quartier d'Assamata portait daus Tantiquitd le nom grec de Psamaliit
et en turc celui de quartier de OarAman. Lorsque le sultan Moiianimed con-
quit la ville, 11 fit venir ses habitants du pays de QarAniAn, les fit habitcr lä
et leur donna cette eglise et pour cette raison eile porta leur nom. Dans cette
Psamatia il y avait une prooession d'anges, lorsque apparurent les heretiques,
lui. 21 r. qui disaient : « * sanctifie seit celui qui s'est fait crucifier pour nous » et
l'enfant Tut enleve dans les airs, et il descendit en disant : « glorifie soit celui
qui ne meurt pas », selon qu'il avait eiitendu la glorification augelique.
Apres la messe et le repas, nous partimes pour visiter les autros dglises
d'Assamata. La dcuxieme 6glise est dödiee ä saint Nicolas, eile est belle;
la Iroisieme est une Eglise de la Sainte-Vierge ; la qualrieme est cclle de
Saint-Gcorges, eile est ancienne, les voütes sont en picrre et les dalles sont
egalemontancicnnes. Inlerieurement il y a surle mur l'image de saint Georges
en mosaiquc doree, tres ancienne, d'une cxeculioii mcrveilleusc. Oii y trouvo
eiicorc une source miraculeuse. Dans cliaque 6glise de Constantinople il y a
toujours iiiie source miraculeuse. Nous baisAmcs le corps de sainte Anastasie
[inj 1>11EMIKRE PARTIE. - T.IVHE II. lll
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cJl^ (_5Aj 'â– ^^J ^y '^^â– ^ J^ ^\ ^^-^ ^^ <->^" 6^3 isj' u^^ ^.^
1. L habet : i!_j~.', erreur du copiste. — 2. L lial)et : l>-^-J, errcur du copiste. —
3. L habet : ^yi, erreur du copiste.
qui delivre [les hommes] de la magie. Parmi toutes les eglises de Constan-
tinople y compris celle du patriareat, il n'en existe pas de plus ancienne du
temps des empereurs chretiens que cette eglise du quartier de Qarämän.
IX. — Les SKi>T Tours.
Nous restäiues chez eux jusqu'au luudi matin 23 novembre, et nous
partimes pour aller vers Yhilj Qoul'e ou les sept tours. II 11 y a dans les
murs de Gonstantiiiople et dans ses tours, rien de mieux construit et de plus
solide. Ils consistent en tröis murs conceulriques. Nous sortimes de Top
■Qapou pour aller au cimetiere cliretien oü il y a une source miraculeuse,
uonimee dans les synaxaires Zoodohopigi, ou la source de la vie, appar-
tonant en propre ä la Mere de Dieu, dont la fete se termine le premier
veudredi apres Päques. On l'appelle maintenant la source miraculeuse de
MIonrjli. Nous descendimes pres de la source, nous bümes de son eau
sainte qui guerit les malades. La les chretiens fetent le lundi de la Resur-
rection, en mangeant, en buvant et en se divertissant. Nous passämes par
la porte d'Andrinople et revinmes ä notre quartier du Phanar. Je partis
pour visiler la source de Blacliernes; eile est maintenant ignoree, se trouvant
dans le quartier Baläta vis-ä-vis de Khäs Keuy, au-dessus du quartier du
Phanar. J'entrai dans une maison habitee par des bohemiens. C'etait Teglise,
mais de ses tracos on ne voyait que peu de choscs ; la source sortait d'un
112 VOYAGE DU PATKI ARCHE MACAIRK ü ANTIOCHE. [112J
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K:y.-,.\s-^\ Ijiiy-j j^ l-^jLjj i-^^'^ "^-r^J (»'" t>:r^ '^-«-^ i5*J i^j^-xJl ^UJl
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füi.aiv. Au^Jif^ ^liC bliafrij jJi\ y\j ^ ^L^ (»,;^ J^j 'l^. ^/»; j»r^ ^y^-JJ
L>jj A .. :.J j :L...äH ^ ^^ ^'^' (jir^" oir^J ,*^^' >* i-?"*''' ijr-"'"^ C.y-'
1. L habet : , ^y*)J.
Souterrain qui etait dans la sacristie de l'eglise. Je sortis de cet eiidroit-lä et
je visitai Teglise de Saint-Demetrius dans le quartier mentionnc, eile est
grande et vaste; puis l'eglise de la Sainte-Viergo oü nous baisämes Ticona
percee par la lance et d'oü sortait le sang.
La veille du jeudi 25 novembre, nous celebranaes les vigiles de la fete
de sainte Catherine dans l'eglise de la mctochie. On fit venir l'econome du
couventdu Mont-Sinai, le prcHre Sophronios, avcc l'autorisation du patriarclie
d'y celebrer la messe k l'occasion de la fiHe de cette sainte. II y out la messe
et unc solennitc, puis Tordination d'un diacre. Et ainsi la veille du deuxieme
dimanche du carOme de Noel, des le matin, nous assistAincs aux vigiles,
puis a la messe dans l'öglise patriarcale, ear monseigneur le patriarclie avait
döcide de partir et de faire ses adieux au patriarclie de Constantinople. Apres
lui.iiv la messe celui-ci l'iuvita ;\ monter cliez lui. 11s se dircnt adieu * Tun i\ l'aulre
en pleurant — cliacun d'eux pria sur la töte de l'autre - — et il lui doiuia dos
lottros de recommaudation pour les emporeurs et leurs sujets.
X. — Lk Bcspiiomi:.
I.c lundi 29 novembre, nous sortfmes de Constantinople et nous montämes
dans une barque. Nous nous dirigeAmes vers Ndocliory ou YenUy Keity pour
[113] PREMIKRR PARTIE. — IJVRR II. 113
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<>.äc Ji-i^i/'l >--fi Jj« ■^jij \\ Lj.iäJ_5 ijj.5-U.Sl i^£!l iXÜl ^\ ^Js. ^ "dUJl
1. L habet : o'-j'^s, erreur du copiste. — 2. L habet : ^ jl;™j, erreur du copiste.
louer uu navire et aller dans la mer Noire an Moldavie, car il n'etait pas
facile pour nous de voyager par lerre vers Andrinople pour deux motifs :
premierement ä cause des frais, car le prix du louage des voitures etait de plus de
cinq Cents piastres; deuxiemement k cause de la neige, dela pluie et du froid.
G'est le detroit de la mer Noire creuse dans l'antiquite par Alexandre. Le
passagc y est tres dilTicile. De Galata ä Neochory ä droite et ä gauche il y a
des villages, des maisons, des chäteaux, des serails imperiaux, des jardins,
des vergers, des lieux agreables, des bains, etc.. Nous descendimes ensuite ä
Neochory daus la maison du DaJian Rais dont le surnom est Kälekäri et
Teodori. Son fils s'appelle Djazaghäki — qua Dieu prolonge leurvie! — car
leur large hospitalite envers nous et les etrangars ne saurait sa decrira. Le
troisieme dimanche du careme de Noel, c'est-ä-dire le 5 decembre oü tom-
bait la fete de saint Sabas, monseigiieur la patriarcha celebra la messe dans
Teglise de Saint- Georges et da Saint-Sabas dans ca village. Lo lendemain
lundi, il c6lebra la messe dans Teglise de Saint-Nicolas, le jour de sa fete. La
veille du quatrieme dimanche du carema de Noel, qui coincide avec la fete de
Saint Spiridon, le II decembre', nous celebrämes les vigilas et nous assistames
ä la messe dans la troisieme eglise, dediee ä la sainte Vierge, dans la village
susmentionne. Nous y vimes l'icone d'or de Crete si merveilleuse qu'on ne peut
1. C'est une erreur du copiste; il faut lire : le 12 decembre.
PATR. 015. — T. XXII. — F. 1.
114 VüYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [114]
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L lyiil j/i->l llilH ;^3 oMiJl v-UJ 1;>^>1 w._j^ <e->^^ ^^V^ ^-; ^1^
<^^llj ^^11 J'\i ij \^\ jLC ^ ^_5^^ j^jJl ^_^J1 liix^3 ^;_^_i5 J
^jJL A^\ ixJ\ ^U jv-l ^b y^i jtOl iJjt Jyj j»A_;^ jJcC)I\ jl l_3^j
la decrire. Les trois eglises susmentionnees sont construites en poutres et
on planches. Le lundi soir, monseigneur le patriarche celebra dans cette egüse
les vigiles funeraires d'apres nos usages poiir la defunte Mira, femme de hadj
Abdallah, fils du pretre Mansour, en presencc de ses fils; de nieme il celebra
la messe poiir eile, le mardi matin 14 decembre. 11s firent en sa memoire une
ofTrande de ro/y/w orne de dessin, avec le vin et le pain suivant loiir coutume.
Ensuite nous embarquämes nos bagages dans Ic bateau par un vcnl favorable
du sud (nothos), attendu par les navires de la mer Noire se dirigeant vers le
Danube pour importer des cereales. Le soir de ce meme mardi on mit i\
la volle dans deux barques et nous rcnconträmes ledit bateau restö A l'ancre
dans un endroit portant le nom de Qavu Tarli en Iure, c'est-ä-dirc « le rocher
noir », pres de l'entree de la mer Noire et dudit dctroit, du second des forts
que les Turcs ont bätis, parce qu'avant d'arriver il Neochory vons apercevez
h votre droite et A votre gauche deux graiids forts. 11 y a lä deux autres forts
et au-dessus d'eux sur le sommet d'unc coUine deux grandes forteresscs
anciennes en ruines. On prctend qu'elles ont cte bi\ties par Alexandre. Au-
dessus de cet endroit, il y a un couvent qui porte le nom de la Dormition de
la saintc Viergc, en grec .Mavromolos, c'est-ä-dirc le couvent du roclier noir.
.l'allai le visiter. 11 sc trouvc au sommet d'une colline, et est habite par
quarante moines. L'eglise est grande et ancienne; ti l'extörieur il y a une
♦ toi.T2r: grande source miraculeuse, tn>s agreable, qui guörit les malades. * Au-dessus
I115J l'UKMIKUK PAr.TIK. — MVIIK II. 115
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^ L^ dUJi3 j>^ ^»jLju "UaU a) Uj "^üLl ^j a;I Jp-V U \^\li dUj
d'elle, sur Ig mur, il y a Timage de la Viorge Pandanasa, la Thaumaturge,
Gonnue par la guörison des maladies. II y a egalement une autre source
miraculeuse ä l'interieur de Teglise.
Eusuite nous montämes dans le bateau. Le ciel etait serein, les etoiles
brillaient; Ic capitainc decida de mettre ä la voile ä minuit, qnand sondain se
leva im vent violent qui soudla en tempete, et une neige abondante tomba
d'iine nuit ä l'autre. Dans ce temps les quatre navires qui ätaient sortis du
detroit iirent naufrage. Avec l'aide de Dien, on conduisit notre navire avec
adresse vers le village appcle Tlierapia au-dessus de Yenky Keuy oü ils
jetörent l'ancre. Nous trouvAmes ä cet endroit plusieurs navires mis ä l'ancre.
Nous descendimes dans une maison chreticnne — il y en a lä cent vingt —
parmi lesquelles il n'y avait pas une seule maison turque. II y a lä une eglise
dödiee ä Saint Georges, celui qui assiste les hommes par ses miracles. Chaque
fois que quelqu'un d'entre eux quitte la religion, il l'aneantit, c'est pourquoi
il n'y a pas [d'apostats] parmi cux.
llemarqae. Nous trouvämes le patriarche de Constantinople vetu de son
mandyas. Les insignes qui sont sur sa poitrine et aux pieds sont d'un couleur
bleue et non rouge comme ceux des patriarclies d'Antioche, de .Jerusalem
et d'Alexandrie. Nous en demandämes la cause et on nous repondit qu'il
n'avait pas le droit d'en porter de rouges parce qu'il est archeveque. Nous
vimes ses metropolitains vetus de la meme fagon. Quand il est present dans
116 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [116]
cäTj "-'JloIä^ oUiUl er^-' -'^ Vrtv^' ^tr" ^-V. -r*^ ö^y. (rr^-'-''^ ^li-iJi
^Lä)l ^Ul ^ ^iJy^^. LJj^b ^^^li jL:=iJl ^}^^ J^y} ^ ^b -<^'^ "Sr^J
•^^ Je Ji-i:> CJ^^J Sjj-5 A:Jll)ij -^=J^ Jy '>~;^^ ^^ (_5^ ^5^1 '*^'jJ-=' (>«
IjX-a^j ^j-IaäII ^l ^J |v' ^^ ^ ^^-:r^ "Jä^:^ jyOj (_r^3 olP^ JliCil aLL-
1. L habet : ^1. — 2. L habet : Jjl^srr'.
Teo-lise, personne n'est vetu du mandyas. Et nous vimes de meme les
metropolitains de Valachie et de Moldavie et leurs eveques ainsi que le
metropoliliiin de Russie, ses eveques et les hegoumenes de son pays, parce
que les patriarches d'Orient se revetent specialement de vetements rouges.
Remaniuc. Nous vimes, dans toutcs les öglises de Constantinople et envi-
rons, peint sur la porte du nord du sanctuaire un clierubin aux pieds rouges,
tenant dans sa main un glaive flaniboyant, ou Tarchange saint Michel avec
un mort sous ses pieds. Dans les eglises de Moldavie, de Valachie et des
Cosaques on peint sur la porte du sud Timagc de l'archidiacre Etienne avec
l'encensoir; deuxiemement, on ne connait le uom du patron de l'eglise que
par son icone [peinte] sur la porte au-dcssus du mur; troisiememont, la peinture
de son icone ä Tintericur k droite de la saintc Viergc; quatriemenient, l'iconc
de la fete de Nolrc-Scigneur ou cellc du saint qui tonibe en meme temps que
ga fßte — eile est exposöc sans cesse sur le proscynetaire jusqu'ä la fin de la
semaine et chacun en entrant la baise — ; cinquiememcnt, des lampes d'argent
suspendues devant Ticonostase et la porte du sancttiaire et brillant continucl-
lement; sixiemcment, l'iconostase completc; septiemement, ä la place du pain
bönit on prcsentc dans la soirec des plateaux de colybes de toules sortes de
couleurs et de dcssins et des fleurs belies et merveilleuses. A la fin de la
messe les pretres pricnt sur elles pour l'Amc du mort eton les distribue avec
fol.-22v°
[117] PREMIKUR PARTIK. - LIVRE II. "7
bj/jjl \J\Jh '<L^ j d^Jl i;a^ ^^ JjVl j_yi^ ^i^ ^L. ^^\ (.^.. jl
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i^j^j j=j^_ j»^. ^j pt^j^ ^ ^\^ ~^i '^\-^ "^t^ ^y^^ ^-v 'j>t="^ ^^^
1. L habet : jljjl, erreur du copiste.
du vin, du pain et du caviar. Huitiemement, on reraarque que le parrain du
nouveau-ne apporte de l'huile ä l'occasionde la grande ceremonie du bapteme, '
parce que nos freres grecs fönt une grande ceremonie pour le bapteme avec une
grande depense d'argent, * [en donnant] de grands cierges pour l'eglise et [en ' fui. 22 v",
en distribuant aussi] aux assistants. En Moldavie et en Valachie on fait plus
encore, on resle tete nue du commencement du service jusqu'ä la fin. On fait
egalement une grande ceremonie pour les funerailles de leurs morls.
Mais revenons ä notre sujet.
Le vendredi 17 decembre, monseigneur le patriarche celebra la messe
dans Teglise de Therapia, et il porta le saint chreme. II y faisait grand froid
et il avait ffele tres fort. . La veille du dimanche des saints aieux de Notre-
Seigneur, nous assistämes ä la vigile du dimanche. Le patriarche celebra
aussi la messe et roffice de l'huile sainte. Suivant notre habitude, nous
lümes l'Evangile en quatre langues : en persan, en turc, en arabe et en grec.
Plusieurs personnes des navires ä l'ancre y assistaient.
La veille du vendredi ou paramonie de la fete de Noel, le patriarche de
Constantinople Kyr Paisios invita le patriarche d'Antioche, lui envoyant une
permission avec sa signature et celle de la plupart des prelats — parce
qu'ils aimaient beaucoup monseigneur le patriarche et ils avaient peu de
sentiment religieux pour leur patriarche et les uns pour les autres — pour
que les deux patriarches celebrassent la messe ensemble, car ils lui dirent :
118 VOYAGE DU PATRIARCIIR MACAIRE D'ANTIOCHE. ;118]
l;X£. ^!>LJI J^^ ^A_ä_' i^X» O^-i^«." Ulis- (V-=^ '^' 'j^^ (v"^ A,L^ ^O^IaJl
S^i^ ^p-l ^J iS^J C-ii^J »Li'Jlj oL^lj-Ji »-»-s-J iiljJl w-' =~ OlijüiVl OjUaJl
« 11 est heiireux quo tu aies ctö retardc afin de celcbrcr la messe de Noel chez
nous et que les fideles reQoivent les saints mysteres dans ce jour de Noi'l de la
main de monseigneur le patriarche. »
Xi. —
KllCE DIVIiN A LiOiNSTAMINOPLE,
ll.partit dans unc barquc accompagne des pretrcs qu'oii lui avait envoyes
et nous arrivämcs vendredi de hon matin. Nous desceudimes dans la demeurc
de Cyrille d'Alexandric — devenu plus tard patriarche de Constantinople
— demeurc unique par sa beaute, bätie par lui-meme, ornee de marbrc,
de faience et de cristal, situee dans la partie la plus haute du palais patriar-
cal. Le patriarche n'a pas riiabitudc d'assistcr aux heures du matin de la
paramonic, mais on los rctarde jusqu'au jour. l^e Icndemain matin los dcux
palriarchcs descendircnt enscniblc dans l'eglise, revctus de leurs mandyas,
avec leurs orosses; les chantres commencerent les heures et les propheties.
A la Iccture de chaque Kvangilc aux heures, rarchidiaerc desccudait la
cassolette k la main et cnccnsait les patriarches et los iconcs suivant l'usage.
'I'outcs les heures et les sticheros etaient chantöes. A la fin de la ncuvicmc
hcure, le canonarque ou clief des ciiantres mcntionua pendant le polychro-
nion le nom du patriarche de Constantinople, ensuitc celui du patriarche
d'Antioche. puis regut la bcnödielion selon l'usage. Ils ne finirent la messe de
Saint Basile que vcrs le couchcr du soleil (.'i. On ne fait pas de vigile. Apres
avoir distribue lo pain bi'nil, Ii's deux patriarches sortircnt ensemble de
rii9] PREMIF.RR PARTIE. — I^IVRE II. 119
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J^ A;jlkJl3 «cü^ ÜA=>.3 ^^__^ ^ ^l=- 'J^ C.ya: ^1^3 <J^j; 1*^3 Jj^l ^^
1. L om. ....lij ^^i^ ^'l. — 2. L habet : li^j.
l'eglise en benissant d'abord les fideles. Le porteur du chandelier d'argent
dit pour tous les deux le polychronion, puis ils sorlirent avec leurs raandyas
et leurs crosses et allerent au salon et los Jaiiissaires marchaient devant eux
avec leurs bätons (?). 11s s'assirent sur deux trönes en velours, revetus de leurs
mandyas; les mctropolitains, les pretres et les notables se plaeerent autour
d'eux. Sur la table etaicnt ranges des (lacons de cristal remplis de vins de
differentes sortes et d'eau-de-vie, douze vases de vin, douze plateaux de
biscuits, douze assiettes de poraraes et de poires, douze assiettes de eonfitures
indiennes; tout cela selon le nombre des douze apotres.
Le patriarche de Constantinople but le premier et le chantre chanta pour
Uli le polychronion, ensuite il dit pour les metropolitains et pour les
autres assistants — et ici ils sont en fete. Le patriarche d'Antioche iit de
meme ainsi que les prelats et les autres assistants; et il leur distribua
* des biscuits. Nous montämes ensuite au refectoire au-dessus du salon; * foi. 23 r°
il a plusieurs fenetres qui donnent sur la mer et d'autres vues agreables.
Chaque patriarche etait assis sur un tröne et les metropolitains k droite et
a gauche. Nous nous levänies ensuite et nous allämes nous coucher.
Lorsque la pendule placee dans le palais patriarcal sonna dix lieures de
nuit, le patriarche de Constantinople vint lui-meme appeler monseigneur le
120 VOYAGE DU FATUIARCIJE MACAIRE D'ANTIOCHE. [120J
jl^^l ^ jjj\^ lAi^lj Mi-i ^^_^^ll3 jj-^U ^jjl:LJjJI jl jv' w,Ül ^
<_^L«_^ >JU-^ — -»■^- U3j Op 4JI.-Ü1 (»LoJ |C y=-l *-j3 '^--'J^ rV i't-^ Jl' fj" V ^^'^■"' V^J^ (**"^J
1. L add. : j. — 2. L habet : .^Lj'ja-», erreur du copiste.
patriarche et tous deux descendirent dans l'eglise. Les chantres du patriarche
et leurs compagnons presents chanterent du commencoment jusqu'ä la fin
du Service, longuement et d'une voix agreablc. Apres la septieme [odel, les
deux patriarclies descendirent et baiserent l'evangeliaire et donnerent la
brnediction au peuple conimc nous l'avons dit anterieurement. Et l'archi-
diacre du patriarche de Gonstantinople encensa pendant la neuvieme [ode].
Ensuite le deuxieme diacre ainsi que le troisieme entrerent, regurent la böne-
diction des deux patriarclies en faisant des genuflexions. Ensuite j'entrai,
moi, Tarchidiacre du patriarche d'Autioche, avec le deuxieme diacre, et nous
fiines de memc. Puis apres nous, entrerent les grands economes des patriar-
ches d'Antioche et de Gonstantinople, aprös eux deux protosyncelles,
ensuite trois autres prctres pour completer le nombre des sept pretres.
Nous etions cinq ou six diacres. Les intendants de l'eglise plac^rent sur
lautel dans ce jour une aulre paire de chandeliers d'argent plus grands de
deux pics et donii que les premiers que nous avons mentionnes, et uno autrc
])aire de chandeliers avec des supports, une grande croix et une paire d'even-
lails (ripidions).
Et ainsi on plaga une grande table devant la porte de l'öglise sous Ten-
droit Oll sont les corps des saintes. Us y exposörent difTorents calices, patcncs,
cnccnsoirs et chaMdeliers d'argent precieux, c'estun plaisir pour les spectateurs ;
parce qu'ici oiit liiabitudc de sc tenir les sccretaircs du patriarche pour
I
[121] PKEMIERK PARTIK. — LIVRR II. 121
VjJ ^^>y^_ l^li -v*j <~^\ Jy^x» ^jr^n Aß^^ ^ (" 'y-^-; ^^ ^^^ ^"^
i^sUI v-^^ öir'^'^ ^J Sr^'^J <;jlkJl (^->^j "U-JiJl Cj^^y^ J-« ^J^' j^lrH^
' i^lklj ^_g:.)g;)g..,.äil dja. (j-1-^ jJii'
^ \^^t) "^"^ (nr-l^ Cy "^J^^^ yj^J v^ -^b 1-^ -*i. ls* iJ^^^ jUl^l
1. Note marginale. — 2. L habet : v^'!^, erreur du copiste. — 3. L om. i-aj.
ins€rire les revenus de l'eglise. Apres « Tont cc qui respire », les patriarches
descendireiit, baiserent les saintes icones et apres eiix les metropolitains, les
pretres et les fideles firent de meme.
XII. — Mksse des patriarches de Constantinople et d'Antioche.
A la premiere heure, l'ecclesiarque vint et etendit des tapis avec du drap
rouge dans le sanctuaire etsur le tröne patriarcal, depuis la porte imperiale du
sanctuaire jusqu'au milieu de l'eglise, c'est-ä-dire entre les trones des deux
patriarches et d'un tröne patriarcal ä l'autre. On pla^a au-dessus deux tröncs
occidentaux (europcens) en velours rouge avec des clous argentes. Ensuite
uous sortimes du sanctuaire, c'est-ä-dire les archidiacres des patriarches de
Constantinople et d'Antioche, tenant les chandeliers ä trois branches dans
nosmains etnos orarions cnrouleessurnos epaulesgauches; puis deux diacres
sortirent, chacun avec une croix, et les patriarches descendirent ensemble
de leurs trönes. Ils firent longuement leurs priores devarit les icones avec
des genuflexions jusqu'ä terre, puis ils benirent le peuple et vinrent s'asseoir
sur leurs trones. Et la troisieme rangee de diacres sortit portant les mitres
des deux patriarches sur des plateaux couverts de serviettes [lamees] d'or.
122 VOVAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHR. [122]
fol.23v°. iä\jjt "yj^^ 4jBjL o'*-«'^ <«~(.J>J JoAa- 4Jw»^ Xi jLxs ^.U.'.yz all ^Ij' L«'j
j«i Y« Ä^ljj c^' /»-« Jy-^ v*J * — '^' J^^ta-jij ^fJlSJl _vvJu ,J>L>v^ CjL«_;i't«
La ^ ,^t*^j ■u-.U-i ^Mli «OaJI <»tib J^lj Jo j^;_-\._ ^_5Atj Ual jl>o l?^j
Jjls j»jj *{--}^ /j-« 'LUi-Ul:: •ik^jliaJl j^Oj ;^^1 |V *— <u^ l_^' J AiJaJ Ajlk. dya;
j[^Jaxi ^yjsj.!« __^_5 ^__"1 jiya« ^^"llil ^^ JjVl 1_^ A.U.S- jLji ,^U>-J U
1. L habet : L^l^sr^.^ erreur du copiste.
♦foi.23v. La mitro ' du patriarcho de Gonstantinople est un ouvrage neuf * avcc
vingt-quafii' oniements brodes et entoures de perles et de pierrcs prc-
cieuses. Elle est etroite du bas et large du haut. Deux pretres sortireut chäcun
avcc un paquet (rornements, puis trois diacres et un pretre d'un cöte
et trois de l'autrc. Ensuite les metropolitains presents vinrent suivant leurs
rangs et firent ä chaque patriarche une genuflexion et leur baiserent la niain
droite, tandis que les patriarclies se soiilevaient legerement de leurs trönes.
Ü'abord deux metropolitains entrerent ensenible : le premier Kyr Ignace
metropolitain d'Epiiese et Kyr Methode metropolitain d'IIeraclee", puis ils
partirent. Vinrent ensuite Kyr Anthime metropolitain de Cyzique ' et Cyrille '
metropolitain de Nicomedie, puis Kyr Gabriel metropolitain de Ciialcc-
doine et Kyr Neophyte '^ metropolitain d'Andrinople, ensuite Kyr Parthcne
metropolitain de Mityleno et Kyr Gabriel metropolitain de Philippopolis '',
ensuite Kyr Philotee metropolitain d'Agalliopoulos ' et Kyr l*ancrace metro-
politain de Marone", jusqu'.-^ cc qu'ils eussent parfait le nombre de dix metro-
politains ou einq rangees.
1. La mitn; ou fouronne f, ijn'tp« est une coifl'urc en forme de l)onnct spheriquc,
ornee de broderies et de pierrcs precieuses et surmontee dune pelile croix. A. C.oulu-
rier, Caurs de liturgic, vol. I. p. 88, Paris, 1912. 2. I.c Quien, Oriens Christianiis,
I, col. 1118. — ;>. Op. eil., I, col. 7(>li. — 4. Op. eil., I. col. .")0S. — ,">. Op. eil., I,
ccd. 1179. — 6. Op. cit., I. col. IKJl. — 1. l/eglise d'Andrinople avail l'övi^ehe d'Aga-
thopolis. Dp. (it., I, col. 1171. — 8. l'robablemcnl MapiivEia, une ville de la Tlirace
prcs de la mer de rArchii)el. (>p. eil.. 1, col. ii!t,"i. Les noms autres des metropolitains
sont dilUciles ä identilier.
[123; PRRMIKRK PARTIE. — LiVRE II. 123
,_^LJIj ^jLC^II 1SX.J jL<Cs jJUI ^LiJlj A^U- <^U^ JjL ^jjLJj i^oj lj._
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U-^J Aju "yA O^UaJl «j>o LUojj lll=»l UJLaJj ä.« »jl jLSojIjI LJ-Vj ^»j <_«L»JÜl
1. L habet : »jUj, erreur du copiste.
Ils entrerent daiis le sanctuairc avec leurs diacres et revetirent leurs ornc-
mcnts sacerdotaux. Les diacres comraencerent ensuite ä rovetlr les patriar-
clies deux par deiix et se revetirent b. leur tour. Ghaque diacre de la deuxieme
rangee prescntait les ornements iin ä un; chaque diacre de la troisieme rangee
tenait ä la main les chandeliers ä trois hranches, la croix et l'encensoir et
encensait chaque ornement de loin en disant les stiques sur les aubes et les
autrcs ornements jusqu'ä la fin. Nous revetimes le patriarche d'Antioche en
silence selon Fusage. Ils revetirent le patriarche de Constantinople de l'aube
par-dessus le veston en fourrure de zibeline. Ils furent longs h se revetir.
Les patriarches benissaient chaque ornement en levant la main haute.
Los manchettes ' du patriarche de Constantinople out, avec des anneaux
d'argent, des bandes de soie puur les attacher au vötement. Ils benirent
le « saccos « plie et ses boutons-grelots avec des bandes pour les boutonner
ensemble des deux cötes. Et on met un mince mouchoir sous les chaines
des icones pectorales. Dans le pli de l'omophorion sur la poitrine, on met
un mouchoir d'or visible des deux cötes. Lorsqu'on mit la mitre du patriarche
de Constantinople, on lui enleva le kallous et on s'y attarda.
Apres avoir beni le peuple, ils s'assirent sur leurs trönes en silence. Puis
nous, les archidiacres, tenant les chandeliers ä trois branches ä la main, avec nos
compagnons, nous nous inclinämes de loin dans la direction des patriarches.
1. A. Couturier, op. cit., p. 81.
124 VOYAGR DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [124]
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^I) l',..,...' I Jls ^.'.JaIJj..,öll jol)A-J;jlj ijjj'^ f«y'-« l>Ai>-l ^' UU' OjUaJl uSjLj
S?"JJ (VaJI J^'J JL»-^I i-^-> (^jI^iHLJ (.X'Lr^ »_i«-i>vÄ j^>.^i ij-lAiül ^^1 ^1
jUaiJI vilo j_^L^li J' |V^^ ■«jC.LJIj j_j«j.*_5CL!i ^_i«X>Äji vilU 'L»^i ^ij jL».iA)
1. L habet : i~üaik^M, erreur. Lire : juLÜ^wL)!. — 2. L : Ls-»^!, erreur du copiste.
Nous allämes ä la porte du sanctuaire et nous nous inclinämes aussi devant
les prelats. Deux d'entre eux sortirent ensemble et, les precedant, nous
nous approcliämes des patriarches et nous fimes une inclination de tete avec
eux. 11s baiserent la main droite des patriarches et s'arreterent chacun d'un
cüte; puls nous nous inclinämes encore et allämes en chercher deux autres
et ainsi de suito, jusqu'au dernier. Chaque groupe de cinq s'arreta ä la
main droite du patriarclie de Constantinople et ä gauche da patriarclie
d'Antioche et tous etaient revctus de chasuble saus icone pectorale. Ensuitc
les sept pretres sortirent et s'arreterent plus haut d'un cötc et de l'autre. Ils
ne se rangerent pas en cercle, mais en long jusqu'aupres des chandeliers et
nous nous arretAmes au-dessus d'eux, pres des portes du sanctuaire, tenant
les chandeliers ä trois brauches, et nos compagnons portaient les croix,
jusqu'ä ce que les chantres eussent acheve lours chants.
Les patriarches benirent pour la deuxieme fois. Nous rc(;'umes aussi leur
bcnediction. L'archidiacre du patriarclie de Constantinople dit la grande
litanie. Ce fut lui aussi qui dit l'livangile et porta le saint corps.
fui. 2'ir C'est riiabitudc* dans tous ces pays et les pays de l'iuterieur, avant quo
le diacre rccile les litanies jusqu'ä la fln de la messe, qu'il reste tele nuo
III tenant le chandelier ä trois branciies dans la main gauche, l'orarion dans la
main droite et la face lournee vers le nord. II mcntionna le nom de rcmpc-
reur de Moscou, Alexis, et de l'imperatrice Marie, de Basile prince de
[125] PREMIERE PARTIE. — LIVRE II. 125
"Eti Ssofz-efia ÜTuep toS TraTpo; IA5sJfc -.'.la.'Ja..ili ^i -Cc ^-^_ j'^J t-^^i ^^^ (.s~-~*J
■/.%'. äp-(^UTCi5X0TC0u ■flfJi.äiv riaiiyioi»'.
"Eti ^sojieOa ÜTrep toö irarpo; x.otl waTpiapyou -äij-wv Mxxapicj AvTio^eia;" Ale- jv'
Ju-p-LlVl jV ij.3jL" J' j-ju ^n f^}^ Li_9jj *y^. ^^ 'Jcs>\ <a^jj j_^l-v-J;ji
Jy>- ^pc «ÜaJa^äÜj ^jlkjJl ,-»Y'i''^3 OjLkJl J' lÜli^ 'CjivJlj (»j^lJi \äJ iiSj IwO
<jt« /»'^'■S C-^Uji _..JjJ ^SLkiilj i_$jl>o^l> A_„oL»Ji iT^J iUlASJ iV'JJ-* !S-Aj_LJ|
1. L om. 'Eti Sso'fxsöa... — 2. L om. "Kti S£o'|j.59a...
Moldavie et de Matthieu prince de Valachie. Quand il mentionnait le nom du
patriarche de Gonstantinople, il disait ainsi : « Nousprions encore pour notre
pere et notre archeveque Paisios. » Ensuite en mentionnant le nom du patriarche
d'Antioche il dit : « Nous prions encore pour notre pere et notre patriarche
Macaire d'Antioche. » II inclina la tete, avant et aprös la litanio, vers les deux
patriarches; puis nous recümes la benediction de loin. Nous enträmes dans
le sanctuaire avec les pretres. Nous sortimes pour « Fentree » : deux archi-
diacres avec deux evangeliaires suivis de deux seconds diacres avec deux
encensoirs et precedes des diacres portant les chandeliers ä trois branches et
les quatre chandeliers d'argent. Chaque archidiacre et son compagnon
passerentpres de son patriarche, et nous nous arretämes de loin vis-äi-vis d'eux.
Ils baiserent les evangeliaires et nous dimes : « Avec sagesse, debout ! » Nos
compagnons leur presenterent les chandeliers ä trois branches. Ge ne fut
pas par les patriarches mais par les raetropolitains et les pretres que fut dit
le « sauvez-nous ». A leur entree, les deux patriarches baiserent les icones
du Seigneur et de la sainte Vierge selon l'usage ; nous et les pretres, nous les
precedions, puis venaient les patriarches et apres eux les metropolitains. Le
patriarche de Gonstantinople encensa deux fois l'autel tout autour, precede
de l'archidiacre avec le chandelier ä trois branches; le patriarche d'Antioche
et son archidiacre tournaient avec lui. Et il n'encensa pas devant la porte
du sanctuaire selon notre usage. Les metropolitains et les pretres dirent les
12(i VOYAGE DU PATRIARCHK MACAIRE D'ANTIOCIIE. [126]
dllJ^j iJoUl j^ djl^^j ^j>^ JL«^^^ Vt^j t^. j^ ^^^ -^3 ^^ vr^
t.JÜl j_;-_^^l ^^3 xA^iyi ^^jL^i^l <«-^- ^yi-^ a"J^jl tX^rf"' «-^J^ (/J Ir« i^''^"
^_^^^ .^) |_^3J iJU-i ^ .-iij ^iL'Vlj ^^ß ^ <-^^3J h-^'^^ ^'^ -*-^J
4jbl ii^jJÜl ^U ^b d)ll* ^J^ <-„»i-; L> jj^ <_-».> AJjlkJl <_Ä-S3 !»;■■^-«-p» l^-Ip-)
j_j^lAJijl ^3 J- "V^jlkJl -u^ olj^^b '^'^^ Vj-^^ ^j^ ^^ ^'-^ S'^'' 'y-'jj
1. L habet : ^^. — 2. L habet : j^L^^x)', erreur du copiste. — 3. L habet :
cXy^L — 4. L om. 'jÄp^. — 5. \j om. xai... — (i. habet 6 SsuTepsuiov. — 7. 1^ habet :
itavaYi'''TaTou. — 8. L habet : [T^'-
Iropaires et les kondakions, mais iion pas dehors. Pendant le « Dieu saint »,
au trisagion, il fit sur l'evangeliaire le signe de la croix avoc le cliandelier a
Irois branches et vers la fin il flechit le genou gauche jusqu'ä terrc.ct baisa
Tautel et fit de meme une seconde fois. Au premier « Dieu saint », on etei-
o-nit un ciers-e du chandelier ä trois branclies, et au deuxic'me « Dieu saint »,
on Talluma, et au dernier « Dieu saint », les deux patriarciies sortirent par la
porte pour benir le peuple. Les cliantres röpondirent de dehors d'abord au
diacre aux paroles : « Seigneur, sauvez tous les homnies pieux »; puis ä
rarchidiacre : « et exaucez-nous » ; troisicmcment, au troisieme diacre. Puis le
patriarche de Constantinople partit et monta k son tröne 6leve et s'y tint
debout. Le patriarche d'Antioche sc tint debout ä sa gauche. Et on lui mit
aussi un tröne et ils s'assirent en meme tcmps. Les mt^tropolitains se tinrenl
debout, cinq d'un c6te et cinq de lautre, autour de la deuxirme marche, et les
pretres autour de la troisiöme marche. Los chandelicrs i\ trois bracchcs
(Jtaient tenus par les patriarciies. L'arcliidiacre du patriarche de Constanti-
nople s arrcta ä la porte iinpörialn et dit : « De Sa Saintetc Paisios patriarche
cjücumönique fpour bcaucoup d'annees' » ; puis rarclieveque, c'est-ä-dire le
ni6lropolitain d'Lphese, qui .se tenait debout ä la gauche du patriarche do
Constantinople, Ic dit aussi. Apr6s avoir fini, le patriarche de Constantinople se
souleva leif^rementdc s(ju tr(iue et le bAnit avec l(> chaudeliorA Iruis branches.
[1271 PREMIERE PARTIE. — LIVRR II. 127
Manapwj toö (jiax,apioTxT&u * -aTcizpyou t^? jj-ey^Ari; ^U^Vl jjSl-VJijl Jlj 5i-*j^j 'rol.a'jv»
(")eou7:d"A£w; 'k-^tw/üx^ v.yX i^y.nr,^ 'AvaroX^? ' •
"Ub dJjlj JkÄ-U-r ■^i-l^ -Ctj ^liaiVl ^j-"" ^ ^iljJi 'U^l^l jl_^ lyils (V
l_^lsj Ü.iljJI >^,w-..=- (V^^ L?^ |**>*-^J •^-~«U-LI| 1—3^ JjL. j^^Si.^'Vl Ijiai^l (v' cj«?
(_j-Ujüi Jj_I) Lj-J U5»->^js -;iV«->— ji ^ 1.-3 "..-..LäJi Um^ Ai.Ls Ajuj /v^^'
1. L om. Maxapt'üu... — 2. L habet : äJL'X — 3. L om. iroXXi... — 4. L habet : ^^^JI.
Apres lui l'archidiacre du patriarche d'Antioche dit : « De Macaire le
bienheiireux * patriarche de la graiide ville de Dieu, Antioche, et de tout»|o|.24^
rOrient. » Puis le metropolitaiu d'IIeraclee, qui se tenait debout ä la droite
du patriarche d'Antioche, le dit aussi. Quand il eut fini, le patriarche se leva
legerement et Ic beult aussi avec le chandelier ä trois brauches, de memo
les autres metropolitains et prctres qui etaient k gauche du patriarche de
Coastantinople. II se souleva legerement de son tröne et les benit, puis les
autres metropolitains et pretres qui etaient ä la droite du patriarche d'An-
tioche. Et il fit de meme. tls donnerent les omophorions aux archidiacres qui
les mirent sur leurs epaules selon l'usage. Et ils dirent a soyons attentifs »,
« avec sagesse », « soyons attentil's » avant que le lecteur dise la pericope
de FEpitre, puis « avec sagessc », apres « soyons attentifs », ils les disent
toujours ainsi dans le pays des Moscovites. Et le patriarche de Gonstantinople
ne mentionna pas les noms des empereurs suivant notre habitude et les metro-
politains ainsi que les pretres ne dirent pas : « boaucoup d'annces pour lo
, patriarche ». Celui qui lit l'Evangile, s'il est archidiacre ou diacre, encense
1 la porte imperiale et prend l'evangeliaire des mains du pretre. Apres la
benediction du patriarche, il sort par la porte du nord comme nous l'avons
dejä mentionnö, vers la chaire, et apres avoir fini, les chantrcs s'attardent
j beaucoup ä diro : « pour beaucoup d'annees, Seigneur! » en attendant que
' le diacre soit descendu et ait donne l'övangcliaire au pretre. Le deuxieme
128 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [128]
Cäjjj C^_l >lls i^ r^J S^^ (v' Li^^-sj -Cic-lj c)j.LJl ^ OjlLJl ^jj i^l^^l
ü^lt jV li^j^j jjac-lj Lj'Iäjj ^jj^_LJlj e$^^ Jlxclj 4_wJ501 üäa Jö-I -yi j»r
r^y>z.~-'J A:'l>v« (^ki>-A~j A=-Ij j^ LJ5 jj^3 TTJ'^ rV~*"^ L>?V''^~' ^ *— «L-iJl
1. L habet : .iy;_y^j*)!, erreur du copiste.
diacre dit : « Disons tous », et l'archidiacre du patriarche d'Antioche dit :
« Catechuinönes, priez le Seigneur ». Le troisiöme sortit ensuite et s'arrcHa
deliors. L'archidiacre du patriarche de Constantinople dit de l'interieur, avec
le chandelier ätrois branches ä la main suivant l'habitude, du conimencemcut
jusqu'ä la fin de la messe : « Vous qui etes catechumenes, sortez. » Et l'archi-
diacre dit pour la deuxieme fois : « Vous, catechumenes, sortez » etant
tourne vers le dehors. Le troisieme lui repondit du dehors : « O cateclm-
menes, sortez. » Et celui du dehors dit : « Qu'il ne restc pas de catechumenes
ici. » Et celui de l'interieur dit : « Mais vous tous les lideles ». Et celui du
dehors dit : « Encore et encore prions en paix le Seigneur », puis le reste
de ia litauie, la mention des noms des patriarches et des empereurs et
« secourez-nous » , et « avec sagesse » . Puis un aulre entra et sortit en disant :
« Encore et encore », ensuite « pour cette eglise, pour la salubrite de l'air et
pour ccux qui voyagent et pour notre delivrancc », et « secourez-nous », et
« avec sagesse ». C'est l'habitude que les diacrcs ne sortent pas tous, mais
cliaque fois que Tun dit la litanie, un autre entrc et un autre sort, jusqu'au
dernier. Et le patriarche ticiit le chandelier ;\ trois branches et la croix et
SOS mains benissent comme d'habitude. Le patriarche de Constantinople
encensa ä l'exterieur de la porte, puis tous ceux qui sont dans le sanctuajre.
11 se l.iva les mains dans un bassin en se scrvanl d'uno aiguiere d'argent,
mit ronuiphorioii et alla fi la prothese; il fit beaucoup de genullexions et les
prolongea jusqu'au momcnt de Icvcr le voilc qu'il donua A rarohidiacrc. Oii
fol. 25 r
[129] PRRMIKRE PARTI K. — LIVRE 11. 129
La,j d^Ulj ^^Iä)I "C^lj «»JjlLJlj l^Jäi_ Vjl ^J^i (»r i_,*UiJI ^J ilWlj
^jlaiJj l^-/ ^^jl>>j^ itf^' iT''-*--' iS*^J i^J'^'i»^^ J— :>eJ| (»IAs C^,»-^^ U_j v_,owiJl
j^-Vl ^Vl l;^^ A-^Jl JjLtj JcC^JI ^l ^j^ >V ^â– ..U:U...'^\ JjJ Uj
j»^">L^ »^,ouÜl j^gJ^ r^y. -^J l/r^ (n*jf*'J (.s^ \yX^ SJhJ>\ jy>a_ Ajuj js^Uii
-Vltj w;__^U LltLUs Ju.5o o.ls_3 i^jüi ^,^„=>- ^x_) i^jl>j^ij k:u=>-^ U Lii- |»j;oyj
1. L habet : IjvS'J, erreur du copiste.
mentionna premieremeiit notre patriarche et les metropolitains ainsi que les
pretres presents, les empereurs [chretiens] et le reste du peuple. Et moi, je
sortis devant le saint corps avec le chandelier ä trois branches, accompagne
d'iin deuxieme diaore avec un chandelier pareil et deux diacres en troisieme
ligne avec des croix. Les pretres sortirent chacun avec un evangeliaire ou le
voile d'un calice, uiie cuillere ou autre chose. Des que sortit l'archidiacre
du patriarche de Constantinople, il mentionna le nom de son patriarche et
* moi je mentionnai le nom du notre, puis chacun des pretres mentionna le ♦ foi. 25r°.
patriarche ou le peuple. Les fideles s'inclinerent jusqu'ä terre pendant le
passage du Corpus Domini devant eux et [cela est ä remarquer] surtout en
Valachie, chez les Cosaques et ä Moscou.
Lorsque le patriarche de Constantinople arriva k la derniere marche
de la porte du sanctuaire, il regut le saint corps et nous mentionnämes les noms
des deux patriarches. Le patriarche d'Antioche prit le calice. On n'eventa pas,
avec le voile porte par le diacre, les tetes des patriarches selon l'usage.
Apres l'encensement du patriarche, ils firent beaucoup de signes de croix
sur leurs visages. Apres leur priere, la benediction sur le peuple et sur nous,
je sortis, le chandelier ä trois branches ä la main, selon l'habitude, et je dis :
« Completons notre priere au Seigneur. » Lorsqu'il benit les pains, il n'enleva
pas sa mitre (couronne). II mit l'omophorion, enleva la mitre (couronne) et
la posa sur l'autel, en disant les paroles sacramentelles : « prencz, mangez
ceci... », puis il fit un signe de la main sur le saint pain et le benit '. Apres
1. Litt. : « tandis qu'elle est benie, debout noii benie ». C'est un texte douteux.
PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 9
130 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [130J
6jU\ lir^.^ ^UjüI Jy >1 <)U^ Jl Vjl l;^i Ui ._J^ J5Cj ^l<]| Jy
J\^^\ Jjl j^^3 t>J>^ l>^ (V^-^3 '-^^„ '^' y^ _^C^^J Jj^^'j ^>^^ t^-'l
Ujj ^l^ v_)ji.. ^il ^:.>^:L.>.ä'l Jlsj lj_^ ^;^^ x_,:i c^jl il ,^5::=^ di-iji ^V
^ÜaiVi _^_^_jX_l (V-C-UJ ^-*-| b^^J V*^ t ^^ U : k öH Vjl ^jt ^jl "C-w ^^^
1. Note marginale.
avoir dit : « Surtout », il s'attarda beaucoup dans la mention des ehret iens et
des serviteurs, Tencensoir ä la main, etc.
XIII. — Elevation he la panagu a Constantinople.
Les metropolitains, les pretres et les fideles et tous ceux qui le desiraicnt,
presenterent beaucoup de panagia pour qu'il les benit, au-des.sus du calice
en forme dd croix, comme nous l'avons mentionne au conimencement, jusqu'ä
ce que Ic diacre eüt fini de mentionner les diptyques des patriarches. Et
l'archidiacre dit : « Et de ce que chacun [a en esprit], et de tous et de toutes »,
en enticr. Les chantres lui röpondirent de l'cxtörieur. Lc calmc extröme et
la piete qu'on observe dans ces paya grccs, en Valacliic, clicz les Cosaques
et ä Moscou, sont indescriptibles. Tous s'inclinent jusqu'a terrc, dcpuis le
communcement jusqu'ä la fin de la messe, au point que si une aiguille tom-
bait on rcntondrait. Alors le palriarche de Constantinople dit : « Souvenez-
vous, Scigneur, de tous les prelats loyaux et justes, qui s'attaclicnt ä volro
parole de verit6. » Puis lc prcmicr de ces metropolitains, colui d'Eplicse ä sa
droite, dit : « Souvciiez-vous, Seignenr, en prcmier Heu, du patriarche de
Constantinople », en entier. On ordonna apres au grand econonie du patriarche
d'Antioche de mentionner le nom de notre patriarche. Chaque mötropolitain
[1311 PREMIKUI-: PARTIE. — LIVKE II. 131
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riatTiou Tou TtavaYiüjTdtTOU xat O'lx.oup'.evtxoij 7raTpiKpj(^ou iro'X'Xa. zx 'ivn
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1. L om. ITaiffiou...
de droite mentionna le nom du patriarche de Constantinople, et les cinq de
stauche, celui d'Heraclee et ses compagnons, mentionnerent le nom du patriarche
d'Antioche, jusqu'au dernier, et de meme les pretres Tun aprös l'autre. Puis
rarchidiacre dit les diptj'ques des patriarches : « [Souvenez-vous] de Sa
Saintete Paisios, patriarche oecumenique, beaucoup d'annees. De Joannice
d'Alexandrie, de Macaire d'Antioche, de Paisios de Jerusalem », — puis
il mentionna les pretres et les metropolitains oflTiciants.
Apres la fui [des diptyques] et la benediction des patriarches sur le peuple,
le diacre sortit pour reciter les litanies, sans fermer les rideauxdes portes du
sanctuaire. — Ges portes sont sculptees et dorees. — Puis le diacre entra
et le patriarche de Constantinople retira sa mitre (couronne) et la posa sur
l'autel. II fit beaucoup de genuflexions et il dit : « Aux saints, les choses
saintes ! » Alors nos freres grecs se decouvrent la tete et descendent de leurs
Stalles. Avant de communier avec le [saint] corps et avec les saints mysteres,
il fit beaucoup de genuflexions et s'humilia longuement, puis flechit le genou
pendant longtemps et il demanda le pardon pour communier. Ensuite il dit la
priere sur la tete de Farchidiacre et du protosyncelle, parce que depuis qu'il
fut [elevö au rang de patriarche] jusqu'ä present, *il n'avait pas encore c6le- * foi.25v.
bre la messe, ni prie sur eux. Puis il donna la communion aux metropolitains,
132 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIüCHE. [132]
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<;jlkJl jj.^ ^5CJ1 \j\AJA J\ \y^ ^ ^J^\ i>" J\ j^jÜVl iv^^
1. L habet : vJl^t^lSo^L;.
aux pretres et aux diacres. Le patriarche d'Antioche communia avec le saint
Corps et les saints mysteres et les donna ä ceux du cöte gauche. Ainsi tous
s'humilierent et flechirent les genoux jusqu'ä terre, faisant beaucoup de
genuflexions; ils demanderent pardon longuement.
Puis le patriarche de Constantinople se lava d'abord les mains et on lui mit
sa mitre (couronne) ; il donna la communion des saints mysteres k trois per-
sonnes hors de laportc imperiale, etc.
Le patriarche d'Antioche se lava encore los mains et donna la communion k
trois personnes ä la porte du nord.
Enlin ils sortirent et se placerent sur Icurs tröncs, les archidiacres devant
eux avec les chandeliers ä trois branches, puis chaque patriarche distribua
du pain benit [au peuple]. Lorsqu'ils eurent tcrinine le scrvice, ils entrerent,
prccödes par uous, daus le sanctuaire et sc devetirent de leurs ornements. On
omporla la mitre (couronne) du patriarche de Constantinople, sur un plateau
d'argent recouverl d'un mouclioir [brode] d'or, au palais patriarcal. Ils
monterent au refectoire preparö pour la reception des mdtropolitains et de
tous les notables. Ils y restferent jusqu'au soir, puis descendirent pour les
vrpres, c'est-<^-dire samedi soir.
La veille du dimanche apri's Noel nous dormimes chez lui et le matin
assistiimes aux matines, ensuile k la messe, puis nous allAmes k table. Nous
avons dormi aussi chez lui la nuit du dimanche au luudi. Le lundi matin.
[133] PREMIERE PARTIE. - LIVRE II. 133
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Vjl .Li Lii-i ^^-Ül (._^l J jl^ ^^jJI OJa^Jl jl^ ^JJjlj ^i ^-O^ ^=1=-
1. L habet : .5,b.
monseigneur le patriarche lui fit ses adieux et retourna avec le patriarche de
Constantinople ä l'eglise et dit adieu a l'eglise. Celui-ci l'accompagna hors
du palais et envoya devant lui ses metropolitains, tandis que ses diacres et ses
pretres soutenaient sa traine. Les capidjis marchaient devant lui avec leurs
bätons, jusqu'ä ce qu'ils l'eussent fait descendre dans une barque.
Ils lui firent des adieux une seconde fois et s'en retournerent. Ensuite
nous partimes pour Yenky Keuy. Nous y restämes jusqu'au vendredi matin,
dernier jour de decembre. Nous allämes vers Thmipia, rejoindre notre bateau,
et le vendredi soir nous assistämes auxvepres. Samedi matin qui correspond ä
la fete de la Circoncision, le 1" janvier, la messe fut celebree dans l'eglise
de Tendroit; nous celebrämes ensuite roffice des vepres le soir, c'est-ä-dire
la veille du dimanclie avant l'Epiphanie. La veille au soir, le protosyncelle
et les prelats du patriarche de Constantinople vinrent chez monseigneur
le patriarche dans une barque avec une permission flatteuse en disant que
Dieu l'avait empeche de leur faire visite pour la troisieme fois et assister au
Synode. Kyr David le metropolitain de Gatitsa etait parmi nous ; il etait devenu
metropolitain le jour meme oü nous enträmes pour la prämiere fois ä Constan-
tinople, tandis qu'il se rendait par mer ä son siege, mais comme nous il avait
ete empeche par l'absence totale de vent.
♦ fol. 2(1
134 VOYAGE DU PATRIARCH K MACAIRE D'ANTIOCHE. [134]
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1. Note marginale. — 2. L habet : ^. 9j-U=.
XIV. Le SYNODE DE CoNSTANTINOPLE QUI EUT LIEU PENDANT NOTHE SEJOUIl.
Le dimanche matin nous vinmes au palais patriarcal, nous vimos tous les
membres du clerge nous attendant et ayant t\ cause de nous retarde la messe.
Ils se porterent k la rencontre de monseigneur le patriarche et le lirent entrer
dans l'öglise suivant l'habitude avec le mandyas, la crosse et les cierges. 11
se tint debout sur son trone. Le patriarche de Constautinople etait lä. A la
fin du Service, le didascalos Sirigue, hegoumöne de l'eglise Clirysopigi de
Galata, le savant de son epoque, le plus capable de ses conlcmporains et
de son temps, le defenseur de la foi orthodoxe, monta en chaire.
II exhorta beaucoup et, en pleurant, il dit : « Qu'est-ce que cette agitation,
ce trouble, ce desordre dans l'Eglise de Dien? Lorsque saint Jean Ghrysostome
revint d'exil, il fit un sermon oü il compara l'Eglise du Christ ä un navirc au
milieu de la incr que les eiinemis attaquent de tous cötes et que nous, ses
enfants, ä rintcrieur nous allons encore l'aire sombrer. » 11 insista beaucoup
sur ces paroles et ce sujet, puis il descendit. Le patriarche de Constautinople
se leva alors et se tenant debout devant son tröne pröcha ainsi : « Aprös
foi.2nr. l'assassinat du patriarche Partiii-ne, Kyr Joanuice lui succöda* et resta un
certain temps [en cette dignite]. Alors vint Cyrille Spanos ou Kousa, metro-
[135] PREMIERE PARTIE. ^ LIVRE II. 135
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lj:ojl^lj L^jV y> i^-UI i^J) isyiÜ jl -a* t^^; ^J^S f^^y. ^j"V OlA*
1. L habet : (j*'-*^', un mot qui a provoque des confusions jusqu'aujourd'hui dans
toutes los traductions.
politain de Tärnova, et on le deposa. Lorsqu'il vint au palais patriarcal, per-
sonne ne se presenta devant lui, ni des prelats, ni des pretres, ni des
laiques, parce que tous le haissaient. II y resta trois jours et parce qu'il
n'avait rien ä donner au vizir et aux autres [dignitaires] de ce qu'il leur avait
promis, on le deposa d'une fa^on tres humiliante et on installa Athanase connu
sous le noni de Patallaron, ancien metropolitain de Thessalonique. Ensuite
il devint patriarche apres la deposition de Cyrille d'Alexandrie au temps
du Sultan Mourad, puis il fut depose. II alla aupres de Basile prince de
Moldavie, qui lui donna une eglise et un couvent ä Galatz' et tous leurs legs
pieux, ensuite les sujets des villes de Bräila et Ismail et leurs dimes, estimes
ä six mille maisons ; il y resta tout ce temps. Puis il partit pour Constanlinople
sans la permission du prince et redevint patriarche, comme nous l'avons dit,
contre Cyrille Kousa. Lorsqu'il n'eut plus de quoi contenter les gouverneurs,
il resta seulement quinze jours et fut depose. II se refugia encore en Molda-
vie. Les prelats et tout le clerge eleverent au patriarcat Kyr Paüsios',
metropolitain de Larissa, avec leur libre consentement, apres lui avoir fait
retroceder son siege de Larissa et ses dimes pour douze mille [piastres] en
faveur de celui qui l'occupa apres lui. » II est notre ami et nous sommes venus
1. Cf. B. Radu, Voyage du patriaiche Macaire d'Antioche, etude pieliininaire, p. 13,
Paris, 1927. — 2. Paisios alla en 1G50 en Russie en passant par la MolJavie. II fut
d'abord metropolitain de Larissa, puis patriarche de Constantinople en 1652, apres neuf
mois. Apres son abdication il s'etablit ä Lesbos. Le Quien, Oriens Christianus, III,
col. 195 et I, col. 339-340.
136 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [136]
i_^l_5 --ii>M jLJi jo 4jL) ^ \l=- ^c,J3\ LLs-Ls lÄjj Ol iAi-l vj l'iJl ^,ju- ^IjI
pAäiJÜ jVI ^\ JUJI iÄj6 j_5k. (.Uli A-^|y -UjÜj Cuij ^r^i^l? ^^-jOi :>^\y, ^UJl
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uljj *'>äJi i_^ tlr^j d^\ ^J^. ^3^^ ^r^ Jr« 4_^L l^iip ir^-^i i^yy-^
dans son temps. C'est un homme venerable et humble. II est ami des grands et
des petits, modeste, son äme n'est pas orgueilleuse. II resta dans cette Situa-
tion jusqu'ä maintenant. Monseigneur Cyrille Spanos habitait dans la maison
dun homme äge qui travaillait contre lui et Ic patriarche depose Joanuice lui
aussi habitait uns autre maison ä Galata. Et moi, humble historiographe,
j'allai chez lui lä oü il habitait cache et coilfe d'un turban l)lanc. Les prelats
et le clerge tinrent un synode et pronoiicerent sur kii I'anatheme et la
malediction parce qu'il avait commis des actes abominables qu'on enregistra
dans les archives du patriarcat de Constantinople.
Le protonotaire ou le premier des secretaires alors en donna lecture
publique dans la chaire sur la töte des notables. Apres, le patriarche de Cons-
tantinople fit un sermon ä ce sujet, et dit en siibstance : « Ce Cyrille ' appele
anterieurement..." contre le metropolitain de Corinthe et la tue pour lui
ravir : 1° son siege; 2° pour occuper aussi le siege de Philippopolis quand le
prelat etait encore en vie, sans la permission du patriarche de cello epoque,
mais avcc la puissance des gouveriieurs; ."{" il occupa aussi le siege de
Chalcedoine par la puissance des gouverneurs; ''i" il devint aussi mötropolitain
1. II est connu sous le iiorn de Cyrille III : loannicio siibrogalur Cyi illus 111, quem
calalogus cognomiuaUim Spanuin fert l'uisse(]uc Tarnobi iiielrojjolitam. KOpiX/o; h Tapvo-
6ou evxXriv 2i:avo<;, ac viginti dies sedisse, :?,[Ji£pa? eixost, Dosilhcus vcro liunc Coriiillii quon-
darn mctropolim gessisc. Qum vero episcopi translatioiieni ejus pi-obarenl, ejeclus l'uilet
in cxilium missus. — Ce patriarclie n'esl j)as menlionne par Le Quieii ;'i Philippopolis, ni
a Chalcedoine, mais seulemeiit a TArnova. Le Quien, op. cit., II, col. 339 et 1236. —
2. Mol doutoux dans les deux manuscrils.
[37] l'REMIRRE PAUTIR. -^ LIVRR 11. 137
c^j U «c— wJl ^frL^I jV üj^j *-v=^ ^jr^3^ vr*^^ ^"V "^^-^
p^j^l; .__> ^ ^1 ^_^^ Ai-L 'J\ iß ^ U c^ ^j |»--l; -ki^ (*-i ^^
jU C.lj ^^ j^l Ulj C^J^. ^;.^^ j-i-rl Ul lt:.j p^j ^ ^U^ ^ -^.-^1
Ijj^^ C«3^5>M _^J "Ulj Ül^l Ai-l jj-«^
de Tärnova; 5°il devint patriarche. » Le fait qu'il fut la cause du meurtre de
Cyrille d'Alexandrie ' du temps du sultan Mourad, obligea ä prononcer Taua-
theme et rexcommunication contre lui, parce que le saint synode ne l'avait
pas approuve.
L'usage parmi les prelats de Constantinople est que si Tun d'entre
eux devient d'abord metropolitain dans uiie ville, puis est elu pour un autre
siege et si dans ce temps-lä il arrive qu'il prenne un troisieme siege, s'il est
depose, il tombe au rang d'arkhiereus et il n'a pas le droit d'occuper un autre
siege conformement aux nouvelles lois — et c'est comme pour le mariage
dans leurs idees. Et s'il devient patriarche et occupe un quatrieme siege, il
devient comme celui qui epouserait une quatrieme femme ; il est alors ana-
thematise et excommunie.
Apres que le lecteur fut descendu de la chaire, le patriarche de Constan-
1. On trouve Cyrille Lucaren 1594 comme syncelle dans la Russie polonaise pour
appuyer Basile Oslrog contre les uniates. II fut en relation avec les orthodoxes de
Lembcrg qui se grouperent autour de l'eglise de la Dormition, fondation d'Alexandre
Läpusneanu, rebätie par Pierre le Boiteux et les boiars Stroici, continuee par Jeremie
Movila.
Pour la deuxieme fois nous le trouvons comme exarque en 1599. En 1620 il etait en
Valachie atlaquant les catiioliques sur les deux points : la procession du Saint-Esprit et
le Purgatoire. Pour son entretien. le Prince lui donna le grand village de Segarcea du
district Dolj. En 1622 il etait patriarche de Constantinople, chef de l'orthodoxie qu" il a
troujjlee plus tard par ses opinions calvinistes resultant de ses relations avec son protec-
teur diplomatique. N. lorga, Istoria Bisericii Romane, vol. I, p. 254-257.
Sur sa profession de foi, sur les protectcurs de Cyrille Lucai\ cf. N. lorga, Geschichte des
osmanischen Reiches, vo\. IV, p. 23-29. A la suite de l'intervention de Bairam Pacha qui
voulait mettre fin ä cette crise, en profitant de l'absence du guerrier sultan Mourad qui se
trouvait en Asie, le fit deposer le 7 juillet 1638, le fit executer et fit jeter son corps dans la
mer. Enfin un synode eondamna sa profession de foi. N. lorga, ibid., p. 29.
138 VOYAGE DU PATRl ARCHE MACAIRR D'ANTIOCHE. [138]
fol. 2Gv'. LAfr ^ji='=— ' JUi- ,Ji-tJl lJ*Jt>3 »5C0 r^^y, ij-^J (.Lki^j JU ijib LS_^^ >^^->^ ^ ^1
^UajVi d)_;iiJl L'a^ V. I^^AJs j»jil J' C.j^,Ä^ 03^, üA£.L-^^ ^ (JS _^ l;^^^_Ä-j_5
ij^_^lj Uj^^ \j^UJl <Cjlia^ "^^JJ vJU-iai-l (V jj_jS_j-«Vlj (J~ij_^^M ^y j^j
SJaJ!i\ -Kc- ,j~-^ yij. V (»Aj (.rjXy.y^^ öLr^ (»r* ^^ "^'-5^ (ni^^ ^-^•^
^j'jyjL^^>i CJ^\ jl^ jjjIj (»;i 15^="^! -»^ L-jj i^^Wlj pTi^ v^-^ *>^^..->
1. Lire : ^vJJi.
tinople pronoriQa l'anathemecontre lui (C3'rille) conformement ä une feuille de
papier qu'il liit eii disant : « Moi, je ne suis pas devenu patriarche par la
richesse et la puissance des gouverneurs, mais par votre consentement a
* tüi 2(1 V. tous. * Ce miserable travaille ä notre ruine etä notre perte; quiconque l'aidera,
sera anathematise. » Ensuite on demanda ä monseigiieur le patriarche d'An-
tioche de ranatliematiscr aussi. II prononga un sermon eii arabe, qu'uu iiiter-
prete expliqua, cela pendant une heure. II I'anatliematisa, lui et tous ceux qui
lui preteraient leur aide, tandis qu'il portait I etole et Tomopliorion. On donna
ensuite le papier aux metropolitains presents qui le lurent et anathematiserent
Cyrille Tun apres I'autre, vetus de leurs etoles et omopliorions, au nombre
de douze, ainsi que les dix que nous avons dejä cites. II mauquait le nietro-
politain d'AgathopouIos. Ils ne cesserent pas d'liabiter clicz le patriarche.
Le patriarche ne celebra pas la messe toute l'annee si ce n'est cinq ou six
fois; lorsque a lieu une Ordination de prelat ou d'högoumene ou de pretre, il
donne la permission ä plusicurs prelats d'ordonner d'apres leurs usages.
II y avait encore trois autres prelats. ä savoir : David metropolitain de
Gatitsa', Ciiristophore metropolitain de Saloua'-', Gabriel ('veque de Üimitria-
dos'. Apres avoir fini, ils inscrivirent ccdeuxieme synode dans le registre du
patriarcat, sigu(^ aussi par monseigneur le patriarche et ensuite par tous
1. Je tie peux pas ridcntifier. — 2. Probablement Solona, autrefois Ampliiss.i,
dcpendant de la melropolie d'Alhcncs. Le Quien, up. ca., II, 22(1-227. — 3. Prubablcmenl
Dimitrias iiientioiine par Le (^uicn, op. ca., II, lll.
[139] PREMIERE PARTIE. — LIVRE II. 139
\^j^ ^ikül oy>\j\ ^J ^ Jl ^(^J' ^^" J ö^ ^'^3 '3M>-^ ^r^ f
C=;j ;i)li ^^ ^' ^^j ^^ü^i^^H
^j .^1 U;j c^lj "CjiCjl Ljj ^«^ jj-^3 Vv^: ^J ^^^ ^'-^ ^"^-5
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5>U, bJCöl 'jyjjVl i\J3 ^3V1 ^Ul ^ j*l<il ^ -^J ^^ ^>J1
jjji^ ijA^i Oi^^ 0^^^ s^ ^>^^ (^ ^--^ (~^^ ^^> l/^ ^ ö^j '^^
1. L habet : ..y .j^t, erreurdu copiste.
les prelats mentionnes. Ils se leverent pour aller ä table. Nous restämes
dans le palais patriarcal jusqu'au mercredi tnatin, paramonie' de l'Epiphanie.
Les deux patriarches descendirent dans Teglise de bon matin et les cbantres
commeiicerent roflice des heures qu'ils firent suivant l'ordre de la para-
monie de Noel et aussi le polychronion pour les deux patriarches. Apres la
messe, le patriarclie fit de Teaii benite en se servant selon l'habitude d'un
vase de porcelaine et il aspcrgea l'eglise et le sanctuaire. Ensuite il vint pres
du patriarche de Constantinople et ils s'aspergerent reciproquement.
Monseigneur le patriarche, debout ä son tröne, aspergea tous les grands
prelats et le reste du peuple. — Tous etaient dans le calme le plus grand. —
Ils allerent ensuite au diwan (salon) et firent un service d'apres l'ordre de la
veille de Noel en buvant des coupes de vin et en faisant des voeux. Quand
eut sonne la dixieme heure de la nuit, les patriarches descendirent dans
l'eglise et commencereut le service de l'eau benite, apres que le prelat eut fini
la premiere heure et lesmatines. Avant « Dieu saint », quatre diacres sortirent
avec quatre pretres, deux par deux.' Ils regurent la benediction des deux pa-
triarches, puis ils entrerent et se revetirent de leurs ornements. Ensuite
l'ecclesiarque mit pres des trones des patriarches une table couverte d'une
nappe brodee d'or et dessus un vase de porcelaine contenant de Teau, comme
ils avaient fait la veille.
1. Le jour de jeüne qui precede les fMes de Noel et de lEpiphanie est appele « para-
monie » ^ iiapa|jiow^. A. Couturier, op. cit., vol. I, p. 119.
140 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [140]
j_5--_,^l ^j^_ ^\s- \yi^i ij>z^\ o"^=r^^ -*^-' vr:^^ (nr-t'-' â– ^:'. *^^J J^i
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^>iJ >> (.' j\^ ^%' \- J^ J^ ^Ul >: .U-3 i^Ul «^- J<:431 ^l^V
♦ fol. 27 r. ij^V ^j_j^l Jjl ^ Ö^V' ^ "^ O^^J ^;lkJ! |v' -^«-^ ^^-r üi^l .--->'
1. Note marginale. — 2. L a^^j, apres ^rpwTolaXTric
XV. — Rite de L'EpIPHA^■IE et office de l\. ■'j benite a Constantinopi.e.
Ou plaga devant la table trois chandeliers d'argent avec des cierges de
cire blanche. Les quatre diacres sortirent du sanctuaire, les premiers tenant
des croix ä la main et le troisieme l'encensoir. Ils se rangerent ä droite du
tröne du patriarche de Gonstantinople, le deuxieme diacre tenant dans sa
main droite l'omophorion et l'etole deployes. Le quatrieme se tenait ä
o-auclie, avec l'euciiologe et un bouquet de basilic. Les trois pretres se
teuaient devant l'eau, laissant trainer leurs cliasubles. 11s commencerent
ensuite l'oirice de l'eau benite. 11s revötirent le patriarche de Gonstan-
tinople de l'etole et de l'omophorion; lui il mit aussi son latieh'. Le cano-
narque ou chef des chantres commenga ä chanter. Le premier cliantre,
c'est-ä-dire le « protopsaltc », chanta d'abord les morceaux connus sur unc
m6lodie douce et ils les repeterent. C'est lui qui dit les prophelies. L'archi-
diacre enccnsa au moment de la premierc « Gloire » les portes du sanctuaire
suivant l'usage et vint pour encenser l'eau de tous les cöt6s trois fois, ensuite
fui.27r°. les denx patriarches * selou l'liabitude, neul' fois chacun d'eux, puis les
meiropolitains et le clerg(5 seulement qui se tenait debout depuis un hont
du chreur jus(iu'i\ l'autre. 11 se tourna vers Ic ponple, l'cncensa ä droite et
1. Le latieh est un voile noirtres leger qui couvre le kallous et descend sur le dos,
oü il se partage en trois bandes. Abel Couturier, Coitrs de lilurgie, vol. 1, p. 7S.
[141] PREMIERE PARTIE. - LIVRE II. 141
^3J V-^ Cr« 4ri^^ ^-^!j ^A^^ c^^ i^ ^^' '^' cf^ ^-^ j^l.x^,Vl
J,L V C^b jl^3 ^-^1 ^ djl ^iJl (v^ ^IJ ^jy^jjbj J-:^Vi lyj .Ul (.U-
dbl; Orir^^ ^^ ^'^^ -'^^^'-' -^-5 ^-^ ^^' ^"^'^ ^ "^^^ ^"^' '^^^ ^
ä gauche de loin ainsi qu'ä la fin [de la lecture de la pericope] de l'epistolier.
L'archidiacre encensa de nouveau Feau unc deuxieme fois ä l'alleluia. Le
patriarche descendit de son tröne et se tint debout devant l'eau, lut l'Evan-
gile tete nue et benit ensuite le peuple. II ne le benissait pas ordinairemcnt
si monseigneur le patriarche ne levait pas la main droite avec liii, et ils benis-
saient ensemble. Pendant que l'archidiacre recitait la litanie : « pour qu'on
benisse cette eau, etc. », le patriarche faisait le signe de la croix au-dessus
de l'eau du bout des doigts trois fois et il benissait le peuple trois fois. II dit
ensuite la grande priere et ä ; « Vous etes grand, Seigneur, et Vos oeuvres
sont merveilleuses », trois fois, il benit encore trois fois le peuple. Et ä :
« Preserve tes serviteurs nos empereurs croyants », il les benit encore trois
fois. Puis, apres la coiiclusion, il prit la croix, en plongea d'abord le sommet
dans l'eau, ensuite le reste, et la fit sortir une premiere fois et les chantres
chanterent : « Dans le Jourdain », en psalmodiant jusqu'ä la fin. Ensuite, il la
plongea une deuxieme fois et ils psalmodierent une deuxieme fois, puis il la
plongea une troisieme fois et ils chanterent une troisieme fois. Pendant ce
temps, Tarchidiacre tenait ä la main un vase d'argent pour recueillir l'eau
qui tombait de la croix, lorsqu'il la sortait de l'eau. II aspergea en forme de
croix avec le basilic. d'abord dans la direction de l'orient vers le sanctuairc,
puis vers l'occident, puis vers le sud et vers le nord. II entra ensuite, aspergea
le sanctuaire, l'acathiste et le depöt des corps saints; il sortit en se dirigemt
142 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIKE D'ANTIOCHE. [142]
i;ji ^j/ („r^^" jl 1^^ JLt ^j»IA£)Ij j^UjÜI ^jsjys^ ^l ^ lj^>-_^5 olJ_^Vl
C__«L>_ij "UlJi C^ls o'"'Ji (V viJlj'' fl^sj ,jä» f>y-^ ^J^'^J ^rr* L?'^ ljll_;iJJ
j^jXj j^^ Lacj iji^_^' ^ /po ll~.-Ä«3 ijjjlcj ^'_^^J jr^^ ^'^ (C-'' '^ '— 'JjJ
j-US»u.l Jis- |_5-Wi3 jlc-iJl /»-^v«
1. L habet : ^j^^Jl^^L. — 2. Note marginale. Lgrd 1700 habet : »ät ^U^
b^^j .5_j-v^l. — 3. Le manuscrit de Leningrad de 1700 commence ici.
vers le patriarche d'Antioche, Tasporgea et l'autre aussi. Puis il monta ä
son tröne et s'assit, tandis quo l'archidiacre teiiait le vase avec de l'eau. II
commen^a ä asperger les prelats, les pretres, le clerge et le reste du penple
avec le plus grand calme, avec de l'eau de ce vase. Ensuite les deux patriarclies
vinrent, baiserent les icones et sortirent par la porte du chceur du uord.
Pendant la messe et avant la fin de la procession du saint corps, il envova un
prötre avec co vase pour asperger les femmes. 11s sortirent cnsuitc de la
messe et monterent au refectoire vers midi. Ils se fircnt des adieux mutuels
pour la troisieme l'ois. Le patriarche de Constanlinople envoya ses rapidjis
devant lui, les diacres et les prelats, au bord de la mcr. Ils nous firent leurs
adieux et s'en retournerent. Nous partimes daiis la barque et uous passAmes
par Yenkij Kcmj et arrriv;\mes k Tlievapia, en nous liAtant parce (jue le ventdu
sud dtait träs l'avorablc. Nous assistAmes ;\ la messe le dcuxiemc vendredi
de TEpiphanie.
XVI. — Emi'1,\cement dv hktikut i;t cki.m oii iiit cukuse
l'All Al.KXANIIHK.
Le navire lova l'ancre apres midi et nous arrivftmes avec les autres navires
(lui jctrronl raucre pres du Phanar, — c'est un endroit connu. C'est ici
[143J PREMIERS PARTIE. — LIVRE II. 143
j\ IfJl ^1^1 ^-*^^ Jf-V viI]J3 i^cj C-jj jUä»3 C9 j Jf« J^^*^ (^J-*^^_ J^LiJI
r-^1 iÄA * jv-l) -^e^lj jl^b <-^ JJ-5 '*-'-' ^3 1-*^ v-*^ '^^^ -^b ^^ ^^1 ♦ fol.27v*,
jUaiJl .>% ^1 »JiaJj l; JaJl ^ ^ iji-^'j (^^p-i ci-« "»oUJX ^^^i-Mj jl ^i-Uals
1. Lgrd 1700 a la note marginale : 4-^^ L^j^^i.. — 2. Lgrd 1700 om. ...'nyj.
qu'Alexandre a creuse le detroit pour faire coramuniquer la mer Noire
avec la Mediterranee. II tailla une montagne, travail qui etonne Tesprit
huniain. Nous debarquämes et nous montämes sur le somniet d'iine montagne
oü il y a une colonne splendide, en marbre blanc, dressee par Alexandre,
sur laquelle il y a une inscription ecrite en grec ancien que personne ne peut
lire. Le chemin pour y monter est tres difficile. Nous descendimes et mon-
tämes au village du Phanar situe pres de lä. Nous y contemphimes l'ancienne
et grandiose tour qui date de l'epoque d'Alexandre. Sur le sommet, il y a
trois phares, plus grands que les torches qu'on allume la nuit, avec du gou-
dron, de la poix, de Thuile, etc. pour y conduirc les navires, car la mer —
Dieu nous garde! — y est tres dangereuse, son nom en est une preuve. Cet
endroit et le village portent le nom de * cette tour, Phanar. Les chretiens ont ♦10I.2-V
ici une eglise dediee ä saint Georges. Nous y lümcs la neuvieme heure et y
chantämes les vepres.
XVII. DoBROUD.I\.
Puis nous mimes ä la volle le veudredi soir ; nous naviguions par le vent
favorable du sud. Mais il augmenta tellement que nous faillimes faire naufrage,
mais avec Taide de Dieu, nous arrivämes le dimanche ä midi apres l'Epi-
phanie au port appele en grec Costanza et en turc Kustendje. Nous sortimes
les bagages. Ici il y a uu douanier. Apres avoir eu l'intention de marcher
144 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [144]
■yj>y Liüj S^ iUlL'' ^ Jolj \S\ A...\k:]a,.>i]l ^ üLäLs L ÄL.f- j>^ ^'^ *-^fV^
ÄAsj CjtiJ^ "l^bj'^ '-*^ v~^ "^ .x~*^^ (V^'j -^jIj "^^ A..:...i a :L...fl l l ^ ÄsL_Ji _jäo
LJlc jl^ _^ -OÜL i\Ji\^ k_ijCs I-Lit« ji^ i^^b ^-^ ^o^ •^:J vlr-3 tJ^'V^ ^ i3*-«^
IJijfc ajLs jV ^JLvi^ jU A^ (JJ jj^jj^ -*-* *^jO^ '"•'^ "-i/r' (3*'' _ t:* ^3
1. Lgrd 1700 oni ,' ^J>. — 2. Lgrd 1700 om. ...l\).
trois Cents milles, d'entrer dans le Danube et d'aller oii Moldavie, nous descen-
dimes ici. — La distance que nous parcouriunes de Constantinople jusqu'ici,
etait de plus de trois cents milles. Nous y resti'imes deux jours, ayant le
vertige par suite de la frayeur causee par l'agitation des flots au point que la mer
embarquait et que tantöt nous descendions comme dans une vallee, tantöt nous
remontions comme sur une montagne. On dit que le tour de la mer Noire est de
buit mille milles, de sorte que depuis le moment oü les navires entrent dans le
Danube, ils y parcourent cinq mille milles, environ la distance de Constan-
tinople jusque-lä et meme plus; mais la navigation est tres diilicile ä cause
des meandres et des detours, parl'ois du manque de profondeur et de la
presence des pirates. Apres tout cela, le vont nous etait favorable. Et
comment aurait-ce ete — que Dieu nous garde! — s'il nous avait et6
contrairc?
ün nous montra dans le voisinage de cc port presque cent vingt navires
naufragös, avec leurs equipages et leurs cargaisons, la nuit oü nous avons
essuyö la tempüte prös de Bouzbouroun avant la tempete de sainl Demetrius.
Voici la description de cette mer, d'un bout A l'autre. Elle est dans une
vallee et ses bords sont de bautes collines. Ses ilots n'ont pas de remous,
mais restent dcdans de sorto (jue nous avons vu ses bords des deux cötös et
il s'en faut de peu qu'ils soient invisiblcs. Elle n'est pas vasto comme la
Möditerranee et ses bords oü se briscnt les Ilots sont bas. A notre droite
etait Trebizonde, Siuope, Gastamouni, et le port de Mingrelic, c'est-t\-dire de
[145] I'RKMIKRR PARTIE. — MVliR II. 1«
jV /^^wL_. ^ii- IjUl J>j gl jVl L>.> ^1 ^A3 â– U-;^ ^>^ (*â– ' ^.-^^-3 <-^^>
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L_^<C^l3 j_»^-uJl L_J1 ^ ^X ^' (^* >r-^^3 ;_r-^ ö* ^y^^ ^'^ lS^^ tn''^ (Vr*r^3
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,::^\ 7-L«s ^\ ^y ^ jl ■^j^ü ->y', otl^Jl Jj.» ^Ij o L.JI3 !s_j.-a^ 1^. ^kü' V
J^\ y, ^Jh l^_5 l;_jk!l j^ ia^3 ^^ ^~^j V^^ -'^ ijrr^r-* V l?*' ^r"^
1 1, haljcl : riiJ', erreur du copi.ste. — 2. L : l^-.;. — :t. LgrJ 1700 om. '.^.b.
Gcorgie. Dcvant noiis eu face, la vülc de KafTa, le pays des Tatarcs et du Khan.
A notro gauclie etaient la Turquio d'Europeet la Silistrie, puis la Dobroiidja,
c'cst-ä-dire le pays oü noiis etions entres. Tous ses ha])itants sont des Tatars
musulmaiis, car le sultan Mohammed, apres avoir conquis ce pa3's, en a
expulse los chretiens et l'a peiiple de Tatars, pciiple haissant les chretieiis.
Beaucoup d'entre eux sont de Qaramanie et de notrc pays; et cela pour
döfendre les bords du Danube contra leurs ennemis chretiens, parce qua c'est
tili pavs de plaines qui se trouvo ä la frontlerc de Tiirquic d'Rurope o\\ face du
Danube, de la Moldavie et de la Valachie. Tous ont leurs maisons construites
sur le bord du Danube en chaume et en bois. Nous resti'imes deux jours dans
le susdit port et louämes cinq voitures et di.\ chameaux ä deux bosses. Les
chameaux de ce pavs sont commc cela, nus, saus bäls, l'ete et Thiver. Nous
primes en locatiou aussi une voilure ä un clieval pour monseigueur le
patriarcho. La locatiou de cliaque voiture jusqu'au Danube etait de quatre
Cents osmani.
Nous quittämes Constantza le mercredi matin 12 janvicr et nous traver-
sämes des terrains bas sans voir de cailloux. i^e soir, nous doruiimes dans les
voitures prrs d'un village ou en i'aso campagne jusqu'au samedi matin. Nous
arrivämes ä un village de Bulgares chretiens appele lylilsa au milieu du
PATR. 011. — T. XXtl. — F. 1. 10
140 VOYAC.E Dl' PAtRIARCIlE MACAIRE D'ANTIOCHK. ri46]
♦ lol. Jsr. JljlJ^iaJl isla- ^It Ajj.-^;^ ^.Jui- ^,^ jLLaJl Ijj \^^ Jt^J ("^^Vl jv-*^ ^j^ ,3*3
Jli ixl ^_^i| LL^jj l,;^ Lrl jv' <.l^ jl«!^« ^xs. ^jLsJlj ■u-p l^;3 r^jj-J 3yi
JJaiuiho; il y a uii cliemin de teric jusqu a lui. 11 est sous la jiiridiction
ioi.28i°. turque. Nous avons vu des croix* de bois dressees sur les bords du cliemin
et au-dessus de leurs tombes. La, il y a une eglise. Les habitants elevent des
troupeaux de porcs. Nous partimes de lä et arrivämes dans une ville appelec
Mäciii sur le bord du Danube, ville de quatre cent viugt maisons de Bul-
gares cliretiens. LUe est la derniere localite de la juridiction turque dans lo
pachalik de Silistrie. 11 y a des douaniers et un juge. Nous nous y arrt--
tämes le dimanclie de la Ghananeeune. Le lundi matin nous louämcs lin
bateau. Nous y montämes, ot nous reniontAmes ä force de rames le couiant
du lleuve. Dans cette ineme semaine la glacc avait fondu apres i\üon y
avail i'ait passer des voitures et courir des clievaux.
\ L'-?«.U ü »3- ^
J
^
L,V1 IjV3 JVj'. ^1 JS9i' ^ dUl l^^U! ly^^i y U^i Jjl ^j ^bl jy\i
1. L^rd 1700 a Ic titre : .A-;=i«M iü. LL^^ aä.^.
DEUXIEME TARTIE
LIVRE PREMIER
VOYAGE EN MOLDAVIE
I. — Entuke kn Moijiaviic. Galatz.
Dans Tapn-s-midi nous arrivämes ä Galautz, c'cst-ä-dire (iaialz, oü com-
monce la juruliction de la Moldavie. Lo Daiuibe y est tivs grand, tivs pro-
lond et si largo qu'ä certains eiidroits on iie peut voir d'une rive ä lautre et
qu'une flache ne le traverserait pas : on ue peut bien entendre d'une rive ä
l'autre. Entre Macin et Galatz sur la rive gauclie, il y a une ville et une for-
teresse musulmanes appelees Bräila, qui auparavant faisaient partie de la
juridiction de Valachie et qui ont ete retrocedees ä Tenipire turc. Elles
etaient sur la frontiere du pachalik de Silistrie. Nous nous dirigeämes
ensuite vers Galatz dans l'apres-midi du meme lundi 17 janvier. Des notrc
arrivee, on envoya informer le gouverneur avec un cälaras on courrier. Les
autorites, les prrtres et les autres habitants de la ville vinrent a la rencontre
ikü VOYAGE DU PATUlAItCIII-: MACAiRK DANTlOClIE. 'm\
^j^^i jL ^1 ^k <--i J\ bjJ^lj SJ^\ \:XyJ lyV AiJl >l ^j <^\i
J ^. jUi^Ü Ü^.^3 Jjl ^i jj^VU^L 1^ ^^jl ^^\ jUJ l^jlj ^H
LtL^ J_5l jl^ lÄft3 ^^UJI ^'1^- ^^1 ^-^Lh^VI x_l^ lyji jx^l JL-Jl; l^ 'ijy.
l \u>-J\ i^lüj >-LJIj «-•^i;j (v"^'-H S'^'' ^^.i::-.' (♦' ^j-::-' j_^i 'Vi l^j
1. Lgrd 1700 : Jy. — 2. Lgrd 1700 : .-i^>jij. — S. Lgrd 1700 : UlU.^j.
tlo monseigneur le patriarchi'. Ils remmeiierent ä Teglise do Saint- Demetrius
construito recemment par Basile le grand prince, lequel la legua k Athanasc
Patallaron', patriarclio de Constantinople, dont noiis avons parli' plus liaut.
Lorsqu'il partit poiir Constantinople poni- la dcuxiemo fois ot qu'il devint
patriarcbc, Ic piint-e se fäclia contie lui ol en fit don aux moines dn Mont
Athos". Cc Patallaron, des nolre arrivee en Moldavie, partit pour Moscou
parcc que lo prince etait tres irrite contra lui '. 11 )' resta un an et dcmi,
vint au pays des Cosaqnes et mourut Ic troisienie jonr de Päqnes. On fil
sonner los cloclies, c'est-ä-dire les dociies dairaiii : c'etaient les premieres
([uc nons i>ntendions cliez eux — quo Dien nc nous prive pas de Icnr joli
son! — a l'entree de monseigneur !e palriarclie dans l'eglisc et k sa sorlie,
Selon l'usago.
Nous clianlanics pour Uli « l'Axion ». Ensuite los prötres le rcrurcnt
rev(Mus de leurs ornements sacerdotaux, avoo des cicrges et des enccnsoirs,
il ils dirent : « soyez misöricordieux pour nous, o Dien », cfc. Ils mcntion-
1. II reslii cn Moldavio de l(>'i2 ä l(i.">4. ayant pour ri'sidence le couvenl de Saint-
Nicolas, qui possedail des donations faites par rempcreur de Uussio, Ali'xis. \. lorfj-a.
Inloria Bis. lin/ini/ip, vol. I. p. 2',)(1, ,'>l'i-.il."). V.f. Le (.)^mcn, Oririis (^hiistin/iiis, I, col.
33:i-;H9, Convorhiri l.ilcrnn-, an. WIM. p. 1015 el XXIV, p. .{O. - 2. .\presla niorl do
l'atellarios. — .i. II parlit pour la llussic avec des recommandalions de iJasilc l,u])u, donc
rallirmalioii de Paul d'Alep n'est pas exacte. l*our de plus amples rnnseignoments
eoncernanl röpoque de liasile Lupu, voir la rlironique de Miroii Costin : MironiCoslini
Chßoniion lerriie Moldavino <ih Aiironr Pii/iripr, cdidit D' lüigenius Harwinski, liucu-
resliis, li»12, avec une laMe des malicrcs.
fol. 2Sv'
[14rtl DKUXIKMK PARTIK. — 1-TVIlK 1'. I'i9
■^.Jas ».w^lj c}Ja^\ li-U- ^^^ J' Lwb i>Ls 1^1^ ^.^1 ^« j^"jtt .;,_^ Ü-Oj^; "C^^^
'^^VLj vj>>' t^,-:^j -bjAjCVl ;<jik. ^^Lij ^'-^r-^"' ä:-t-^' -S^ ^^'■^" -^'^'
^^Ljl ^^^ \!<^\ij ^^Jül <..ÜaJl •i.JijtJl jLLaJI '^^^jjj ^lij ols^«-< C^yi^ V"*
J tX\__;i <*ü V ^JJ ^jÄ—« Jt=v'' '"H-*^ U^,-»^ *ti/^ ;^L''^ i-*r*T"3 '-*f~ p-!==j"
1. I.grd 1700 : 4''-)j. II scmble que dans le manuscrit de l'aris ce niol a ele ecrit sur
an autre, car si nous retirons le 'i! et le , final, nous avons la Icion corrcde. — 2. L
habet : Jj'-s::r'. — 3. L habet : «t-jj.
nerent soii uom, ensuite celui du jirinco et de sa feiuine. Ils linirent le Ser-
vice et recitereiit le polyclironioa pour le prince, sa femme et son fils,
Selon l'habitude coustante ä la fiu de cliaque ollice. Puis monseigiieur le
patriarche sortit, avant tout le luoiide, precede des cierges. 11 s'arreta ä la
poite de Teglise et heiiit jles hommes et les femmes], taiulis qu'ils sortaient
Tun apres l'autre, selon leur Iiabitude. iNous restämes ([uclque temps dans le
presbvtere de cette eglise, pnis nous y retournames le soir, apres (jii'on eut
sonne toutes les cloclios eu comniemoration de la IV'te des saints Atlianase cf
Cyrille, patriarchos d'Alexaudrie. Nous assislämes aux vepres et le len-
demain aux matines; nous sortinies et revinnics pour la messe. Nous sor-
limes apres ([uatre heures et deniie.
Dans celte ville de Galatz il y a liuit eglises, la pluparl cn pierre :
deux dedieesä la sainte Viorge, deux ä saint Nicolas, deux ä Saint Dcuietrius,
une il saint JMicliel, la liuitienie ä sainte Parasceve et ä saint Georges. La plus
grande d'enire elles est dödiee * ä la sainte Vierge. Elle est tonte en pierre moI. 28v"
polie avec trois coupoles liautes, elancees, sur les sommels desquelles il y a de
grandes croix dorees. A l'interieur, il }' a uii Ires grand clochcr, avec des
ineurtrieres de guerre. Elle a ete construite ä m'uf par un boi'ar chretien grec
de la tbrteresse de Braila'. Le mercredi, nous partimos de Galatz dans des
1. Cette eglise fut bälie par deux Koumains en l(i'i7. CC. Melchisedec, i\o/ilc isioricc
si archeologice, |>. 311-oi(i.
150 VOYACR nu PATUIARCIIE MACAIRK I) AXTIOCIIK. [150]
[iSisjj IIä.Uj- ^JJv?-J r>J^^_y^ iS^\ ZX^iJi ^ 0"=^' (j* '-fv*' ^J^' ^y.. ^^
j aLCsJI ji ^\yj\ ^\ j>-y^^_ ijf=^\ («vis^ c-'^^ '"•^■^ --^ oiiLi/^ ^^
iLÄ-j C-'^L- «jjl jIaä^ l:.J:^ (»." Ijijlüj A*«j i^'l Uc-Uy üjJJI ^.joI i^j LuVi
jl p," j»,.l^l J^ ^^r-'b ^.'^ -^'"^^J ^ ^-x- \'. ^r-ß^'^^ J^'^J' W^ '^r^ <5^
•L-^ ^.^ ^•^" V -^"^3^. '^'>— ' ^ J^'^ J^J^. ij^ ^f^ ^-*-r' 'Sr^J 'r^ ^'rv="
voiturcs ä chevaux quoii nous avait donnccs. ()n plafa nos bagages clans
des chars ä bijeul's qu'on avait envoyes devant nous. Le pärcalab de Galatz,
cn valaque, ou soubachy, 011 gouverneur, sortit avec les autorites et les
boiars de la villc pour nous accoinpagner assez loin, puis ils s'en retour-
ncrent. Nous marchAmes pcndant quatre heures en compagnie des cava-
liers ou guides qui avaient ete desigues pour nous et nous descendimes dans
un pciit village.
Nous nous levämes le lendemain au point du jotir qui etait le jeudi de la
f'etc de Saint Euthymc le Grand, et le soir nous arrivämes dans un grand
bourg, c'est-ä-dire une ville noinmce Ivesti-Tecuciu', sur unc grande rivierc.
On y trouve trois eglises avec des cloclies ä leurs portes. Le pärcalab de cettc
ville nous procura des voiturcs et des clievaux de la part du prince; il nous
donna aussi un guide. Celui qui etait venu avec nous retourna avec la voiturc
et les chevaux, car teile est leur habilude : dans tonte villc il y a un relais de
voilures et de clievaux. Nous sortimes de lä et, assez tard le soir, nous arrivä-
mes dans unc autre grande ville appelee Bärlad. 11 y a trois eglises : Teglise
de la Saintc-Vierge, construite en pierre nouvellemont par le priiice, l'eglisc
de Saint-Demctrius et cellc de Sainte-Cyriaque.
1. I'.i) rualilc il y a ilctix villcs. (i'cst uik^ loiirusioii de l'aul J'Alcp, «iii il l'uul altrilnicr
ä ses nolcs qui onl servi ii la redaction duliiiitive. CI'. U. lladu, \'()i/(if;(' ((u palrtarc/ic
MiHdire, rliidr prrliiniiuun-, Paris, 1027, p. 77.
[151] DKUXIRME PARIIK. - l,l\l!l', 1'^ 15.1
lj^>UJlj jUiJI ^j o_^ jU-l
i%j ;-Mi)l :>% J [^^ jl:^\ :>% Ji\ 1^ iV»i -i^^'' 2i-^ ^'^-r-: "^^ ^'^i
^dl ^l^V aUj :^UU ol;_^>L^ ^^'j ^y.^:5 >^^ Cr- ^<~=-" J' J>*^
Tcl^^ll ^^^. ijLs ijU^J'j jb U j^\i ^-\^S ^^' J^i^J pvr'^ ^^. '^' ~t^=-
jlkÄJl ^k ij_^<.-i.. -^:J (j-*^-^ ö^ jn-~j^ •■r'r^J -L-Jl ^ a-ox. ^Ic ii3A.^>t
OjjLU tjyl^ ^jjxJ,^ CiLäJ^I ijl« v^jU" '^ p^ O^'lj jLiiJl 'LJ iLs Uu
Cls,! Li^ '*-t,.-»=^ *^yj iS^J-i i^Lr-=: ^-^"^b o^^. ^^ '^^^ ''"-^ (*^-^^ c^^''
»^'L L«l_5 !s^j j_j^l ^,^^ 'Sr^v; -K?* 'LiiVlj Isjj ■^^^ ^y^, i)'j'-iy (n*:-*^J
1. Nolo marginale. — 2. Lgrd 1700 habet : -O. — .S. Lgrd 1700 habet : j_y^-".
eiTuiir du copiste, — 4. Lgrd : 1700 om. ... ^.
II. — J.iis .MAisoNS i;t l'iiabillkment i:.n iVJoi.hwie i:t k.n V.vlaciiii;.
Les maisons de ce pays, depuis Muciii jusqu'ea Moldavie, Valachie, lo
pays desCosaques jusqu'ä Moscoii, sunt conslruites en poutrcset en planches.
Le toit est en double appentis et baut puur qut' la neige n"y reste pas. A
l'interieur des maisons il y a des chaiscs tout autour et une table, comme
dans les maisons des Europecus, dressee sur un pied central. Le mobilier se
compose exclusivement de tapis et de carpettes deployes contre les murs.
Dans cbaque niaison il y a un four — et en dehors de ce four une espece de
mur carre d'argile verte ou rouge, de faience cbez les riclies, pour empecher
lafumee, s'appuyant sur deux colonnes et au-dessus il y a une poutre en fer
— nommee dans leur langue couptor. II y a de nombreux l'ours. Pendant
l'hiver les maisons sont plus cbaudos que les bains.
Les femmes de Moldavie et de Valachie sont vetues d'un costume
comme celui des Europeennes.. Elles portent les cheveux tresses, roulcs sur
leur tete en forme de gimblette, et recuuverts d'une coilfe blanche, et chez
les riches d'une coiffe rose et par-dessus d'un volle egalement blaue. Toutes
portent des manteaux-voiles bleus d'Alep et les riches des manteaux-voiles
fol
152 VOYAGE DU PATRTARCUR MACAIRE D ANTIOCHE. [152]
^:uJl ^^' i_5^ y^^ ^ _j-f^. ij^J (♦y-'ji-' lS^ ^y^^-* jy^" t«*^'»^ ^!axj
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1. Lg-rd 1700 Olli. ■^-'ij.. — 2. [.grd 170(1 add. ^U. — .!. I. haliel : .^~j. ,.
de Firouwse cii Hoiu iioiro, et(\ Lcurs fillcs portcnt cgalcment les chcvcux cn
trcsscs, roules sur latclc, mais sans coilfes, et ccla pour faire iiiie distinctiou
eiitre les filles et Ics fommes. Les enfants sont nus, on ne les liabille pas du
luut, ils sollt laves matin et soir ä l'eau ohaudc ; les jours do neige on les
frotte souvent avec de la neige. Toutes les femmes ont le visage decouvert,
meme la princessc.
Les veuves, ä Constantinople et scs environs, portent sur lcurs tetes un
bonnet jaune-orango. Les veuves de Moldavie, de Valachic et des Cosaques
ont leurs bonnets et leurs vetements noirs comme des religieuscs. A Moscou
elles portent des vetements de lainc noire tres ampli^s et longs, avec des
manches tres larges.
fol. 29 r. Rfvonons ä notro sujet. La juridiclion * du prince de Moldavie comprend
vingt-quatre districts et chaqiie clief-lien de ccux quo nous avons mentionnes
est la ville du district.
III. — Vasi.li.
Nous quittämes BArlad, apres avoir re^u de nouveau des voitures et des
clievaux, le samcdi matin vingt-deux janvicr. Nous arrivämes le soir k unc
. aulre grande ville appelci' Vaslui ou la residcnce du prinoe', parce que c'clait
1. I,c prince de Moldavie avait encore d'aulres residences ; ä llusi, ä Roman et ä
lldrliiu. Mclcliisedec, Cro/iicn llnsilor, p. 17.
[1531 DEUXIEMR PARTIE. — LIVRE I". 153
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^M. IjfJj f-^J^- â– ^^Vl j^j pi-^^j (V" (n-^jU-i (v" >>J1 ^^' (vlr^^. ^'^
o
:>ll.;i^
i. Lgrd 1700 habet : UL
ici, il y a cent soixante ans passes, prcmicrcment la capitalc de Moldavie
au tcmps du Voivode Etiennc. C'etait un licros connu dans la gucrre et
redoute de tous. II fit quarante-quatre cxpediüons ou campagiies contre les
Turcs, les Tatars, les Polonais et les Hongrois. II les battit un graud nombrc
de fois, de sorte qu'il devint celebre et fut craint de tout le monde et cela
gräce ä sa fmesse et ä sa belle intelligence. Parnii les constructions qu'on lui
doit et ses bonnes ceuvres on conipte quaraiüc-quatre ' couvents et eglises de
pierre. A N'aslui il y a ses palais, son bain, ses promenades, puls la grande et
haute eglise elevee avec ses coupoles elancees et tres hauLes'.
Tout autour de cette eglise, il y a des arcades et des arcs cintres ä l'inte-
rieur desquels sont des peintures et des icones de tous les saints. Sur la porte,
au-dessus du mur inferieur, est peinte la scene du jugement deruier eu or et cn
lapis-lazuli, puis le portrait de Moise couduisant Anne et Gai'phe et les autres
Juifs au Seigneur. Ce sout des peintures laides. Apres elles, il y en a d'un
autre genre; ce sout des peintures de Turcs coitles de turbans et de mous-
selines blanches, vetus de grands caietans de diverses eouleurs, avec
de longues manches derriere eux, avec leurs couvertures de laine jaune,
cnsuite leurs derviches et derriere eux et parnii eux des demons qui les
chassent et se moquent d'eux. Satan est devaut coilFe d'un bonnet long.
L'un des demons se moquc ilc lui et fait tomber le bonnet de sa tele.
1. X. Dobrescu, htoiiu Bisericii Romane in ser. XV, Buciiresli. A lafin, il enumei-c
les eglises d'Etienne. — 2. L'eglise de Vaslui fut batie en ikm selon son inscription.
Melchisedec, Noiite islorice si (ircheologice,p. 133.
154 VOYAGE DU PATHIAKCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [1541
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ijL»^ ^.^„Ä^ -^^.^rf^*^ ^-^L; jOaJI di— JI La^»* i-AoJw^ A^Ji«^ 4__0 l,,; J ^.»o
1. L habet : <:; ,lj.i.LC)L. — 2. Lgrd 1700 om. ... ^^. — :!. Lgrd 170Ü om. -V.i
w^'^yj^l. — 4. Lgrd 1700 om. v~i^.
L'interieur de l'eglise est rcmpli de peiiiturcs. La construction en csl belle.
Sur le plaioud de la coupole il y a la peintiire de Notre-Scigneiir Jcsus-
Clirist. Ün y voit aussi la place du tröne du prince. A l'interieur de la
porte il 3' a uae graiidc cloche.
Les eglises de ce pays se composent de trois parties : la premiere partie
est hors des portes, reservee aux feinmes; la deuxieme partie est partagee par
wxv mur et une porte pour les fideles, et latroisieine paiiie aussi avec un mur
et une porte est reservee au prince et ä sa suite. L<^ cliceur est dans les ab.sides
du nord et du sud d(> reglise avec des stalles. II y a encore d'autres eglises.
Les Armeniens en out une. .\ous y sejouruämes 1(> dimanelie de Zacliec On
noiis donna des voitures el des clievaux de poste. Nous sortimes de lä le
lundi matin.
IV. Sc.\NTKI\.
Nous arrivAmes le soir dans un anln^ pdit village appele Sc;inteia. iNotre
marelie avait ele phis rapide (pie eell(^ des oiseaux. Nous avions traverse sur
notre chemin avec nos voitures une riviere gelee (|ui a nn grand pont (Mi
pierre'. Lä, il y a une grande (^glis(^ ueuve — eonstruitc par le susdit prince,
1. (>c puiil est idenüque|ä celui om s'esl livree la balaille entru les Turcs et Etienne Ic
(irand, il est appele <> podul Inall •>. II a ete reconslruit au temps de Basile Lupu par 1«
lialman Gabriel, le frcTc du prince, cii KiSli. Eniiiia Cioran, Colutoriile PaliiarhuUn
Macnrie, p. 7.
1155] DKUXIKMK PARTIK. — I.IVRK 1^ 155
'jLLa; jtJiyL^ jUU. jLi ^jLC-IjL 4„..Asä]l ^\ ^fr JUl Jo ^ ^^_.Lv!l
^ jlr .vi' jlSj LLuI r-l—j 1^ \Ls-Js- |V (vlij" ^1-LjJ ^lla_jiS IjjJ k_^A!L <-,lii»
^ ,_LJ>Jl (jiiiJ V- lajl) ,__)Jsi»D USj i^ksalj C^Si.U (C-'»-^- ?i:.Ajl jJ>tÄj uS jl Aju
^e!^ (t:-^ 'S-f^ "*■*:-? o'-^' »-^^-^jj («^' — '^ij C'lilUül J>\ jjtij lyLs AÄi^ ^j\
1. Lf^Ttl 17U0 om. ... IJj^^y^. — 2. Lgrd 1700 om. ... Jij. — .i. L om. ,~ki.
ami dos bonnes cpuvres, qui aime la construclion dos eglises daus lo iiiondc
cnticr — dedieo ä sainte Parasceve' avoe dcux coupoles haiitcs clancens, et
dcux croix dorecs. A rinteriour, ricoiiostase et le erueilix sout g-rauds.
Nous sortiraes de lä le mardi raatin; et, cette nuit-lä, il s'etait levi- mi vent
violeut avec im froid intense qui gcla la tcrre et la boue et toute la glaise oü
nous nous enfoncions. Le sol devint dur et il tomba sur nous uue neige
abondante.
C'est une ctape rüde et bien connue, })arce qu'il u"y a qu'une seule roule
* ä lrav(>rs uue foret immense et daugereuse. L'apres-midi, apres nous etri'
eiifonces dans la neige, la clialeur commencja et la neige foiidit. Nous nous '
enfoncions dans la boue jusqu'au poitrail des chevaux dans uu terrain saun
jaunc. C'etait la derniere etape et la plus dillicile. Los chevaux s'arrelerent
apres un immense ellort. Nous arrivämes dans Tapres-midi pres dun grand
vivier appele dans leur langue helesteu'-. 11 a ete construit par la main des
liommes, par les voivodes et les princes, pour elever du poisson. 1! a ete allectc
comme un legs pieux au couvent de la Saiute-Vierge, counu sous le nom de
Barnowski.
Les boiars avec des chevaux vinrent cliez monseigneur le patriarehc et
chez nous. Nous montämes [ä cheval,] et ils nous conduisireiit pres dun moulin
l'ul.-29v"
1. C'est l'eglise des Saints-Archanges de Scänteia. — 2. L«; VoTvode Barnowski a l'ait
faire un elang qui porle sou nom jusrju'aujourd'iiui. iMichail Kogälniceanu, ('ronicele
liomnniei seil Lcinpisetele Moldnviei si Viilahid, Bucuresci, 1872. I, p. 284,
156 VOYAGE DT PATlüARClIK MACAIRE D'ANTIOCHE. '156]
-^rr^ 'Wi]l jlxJI .z^jj l^L ^ c— ^ <>,;:^ ^'^^ ^'^j J^. S^ ^jj *^
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J r^ <;ls>l^ I^jL^o jl |v*Uji Ju.jl LJ^_^ ^/=^'l ^> ^viJl ül^ U Jlij
jji ^ lllil L'j ^ji^Ül ^^_ |_5J; bJw«. ÜL-. ^ ^J: \^/^^ jL^loj ^UOl
V'^f- jU-a!lj jL<3l ,j-:^'>^' -^^~=»- 'y.» L'r^ -*^^ ö^ -*^: >*J J^»-^'^ '^^'^'^
1. Lgrd 1700 om. .. — 2. L habet: JjL:^'. —■\. Lgrd 170U habet : -i, pro i:.
qui est aussi un legs fait au susdit couveiit. De lä, ils firent montor monsci-
gneur le patriarche dans uno voituro princiero ä six «^hovaux blaues, et
moi, liumble historiograplie, j'ctais assis ä la portierr tenaiit la erossc
d'argeiit. Le representant du princc, Jean le Sloudjer, c'(>st-ä-dirf daus Icur
langue oassab-baclii du princc, vint ä notrc rencontre, car il nons avait
accompagnes dopuis Jerusalem ui'i nous uous etions rcncontres, lorsqu'il
fut envoye par le princc pour calculer les dettos du Saint-Sepulcre et
Celles du couvent de Suint-Micliel. Kulin il passa cliez nous a Alep avec la
somuie nientionnec. Sa Graiideur le nu-tropolitain cunnu du pavsl avec les
autres boiars et l'armee allerenl a la rencontre de nionseigneur le patriarche.
Le princc n'etait pas ä la residence. 11 s'ctait rendn ;'i Sucoava pour faire
la paix entre llmilnitzki el les (^osaques avec la Pologne'. Lorsqu'il refut de
Galatz la nuuvelle de notre ariivee, il envoya des ordres pour nous recevoir
en grande ponipc ol tous les licgonnienes sortircnl ;\ sa rencontre avec des
voitures. De ti'(^s loin, rcjouissaut les spectateurs, on peut apercevoir les
coupoles des eglises et les croix etincelantes des couvents. Lorsque nous
arrlv;\mes au ccl^bre couvent de Galata (jui est tres loin de la ville, on
sonna les cloches petites et grosses jusqn'ä cc quo nous nous cloignassions
1. [,e 7 janvier 1053, Basile Lupii .s'eliiil rencontre avec Timothcc lliniliiilzki pour
faire la paix entre les l'olonais el los C'.osaques. Ilumiuzaki, Docnnu-ntc pvivitoarc la
hloriii lioninnilor, Bucuresli, 1885 et 18117. vol., IX', p. IS. et vol. V. p. 14.
:i57] 13EUXIKMI-: PARTIE. — LI VRE I-. 157
JlJl j»io jj^J^j i_r^^ ^'' ^^~^ jL^aiJl jc* ^'1 Ji'l Öa^ (_5]1 Llä-ij
jl ^11 ^^jIs, ^U-iJlj ^_^J.i:^». ^L-iJlj ^LäJL j>L<01 -rj^i \J:^\ ^iCJi^ ■C^yL^l
^li-^s jl ^1 -^1 ^t:r-^' '\>L^ ^,,yl^\^ e/^'^—' L-^-J «-'— ^'Vl SJsJ\ l;j — ■oL^'
1. I, habet : ^UU^r, erreur du copiste. — 2. Lire : J-\^'. — •!. I.grd 1700 om. U J'j '^.
d'elles, de möme devant le couvent de Saint-Georges, qui est en la posscs-
sion des moines du Mont Sinai, ou fit la meme chose et Ics troupos se ran-
gerent sur notre passage.
V. — Jassy.
Nous onträmes dans la villc de Jd.ssf/, capilalo de la Aloldavie, lo mardi soir
25 jauvier. Tous les couvents et toutes les eglisos sonnercnt lours cloclies,
ce qui produisit uu grand vacarme. On nous conduisit devant la porte ilc
Feglise du couvent de Saint-Sabas et de Saint-Micliel. On aida monseigneur
le patriarche ä descendre de la voiture. Nous le revetinies du niandyas, les
pretres sortirent avec Tevangeliaire, et le diacre, avec lencensoir et des
cierges, marchait devant eux. Monseigneur le patriarche baisa l'övangeliaire,
le diacre Tencensa, les chantres chantörent « l'Axion » jusqu'ä ce qu'il fü(
arrive au milieu de Teglise sous le lustre, oü il fit le signe de la croix.
Ensuite il baisa le? portes du sanctuaire, les icones du Seigueur et de la
sainte Viergc, les autres saintes icones sur les portes du sanctuaire, puis
Ticone de saint Gregoire le Theologien dont nous avons ct^lebre la feto ;
eile etait placee sur un proscynetaire eleve, coiivert d'un tapis, comme nous
l'avons dit, dans toutes les eglises des pays grecs. II monta ä son trüne et le
diacre dit : « Ayez pitiö de nous, 6 Dieu, etc... » et mentioaua le nom de
' fol. 30 r
158 YOYAGE DU PATRIARCME MACAIRE D'ANTIOCIIE. [158J
-iUb^ i-vJjj Lj/I^ LUa-^'lj [~^jJiiji J' — ^ («iijtJl ijj — Ji |»-wi v cKlaJi IJA.-W ^\
^-c S,-jlju'l ^i.l„_M ^^ -\xi jv
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^jji ^iyC^ VI ^'i^jVi «^ j3 ß^j y^ ^>v i^i-^'i Jii j^ <-^<'i
^l*Ä^ J^;"^. j'-^^*-'^ ^ _/:^Vl LJ dÜA2j j»A^^ülj j»p_^-U3 |_5-=- j^i ^ Jr' 3'.'^
JA. Jk-lx« LLc-V^J O^^ u'^AIäj j\>45 ^iJ Jj-^''j ^%iJi (_59 L«lj Jj^— ; ^r^^
1. Lürd 1700 habet : o-.Ci.J'.
iiionseigncur Ic patriarclio, celui du graud priucc, le Voivode ' Basile, la
priiicesso Cathoriin' ot son fds, In Voivode lüieunn. Eiisuite on dit lo poly-
eiiroiiion pour \o priucc, puis « Seigueur, [gai'dez pour bcaucoup d'anuces] »,
• lui. 3ur. et il bcuit les fidelcs. Nous sortimes de reglisc, ' lui eu mand3^as avec la
Crosse. On le lil descendre dans la cellule de riicgouniene et tous les boiars
viurent le saluer. Ensuite, on sonna Ics elocbes la vcillc de jeudi ä cause
de la fete du transfcrt des reliqucs de saint Jean Clirysostonie. Nons
assistämes aux vepres saus vigiles. Apres avoir sonne dix lieures de uuit,
on sonna encore les elocbes; nous enträmes dans Teglise et nous termi-
uftmes le matin l'ofTice des malines.
Hcinaniiie. Dans lont le pays de Moldavie, de Valachie, des Cosaqucs
jnsqu'ä Moscon,,on reste dans l'eglise du commencement ä la lin du service,
le soir et le nialin, dans toutes les saisons, la tote nue, surtout devant le
patriarciie, lo prölat, les hcgoumencs, le prötro, parce que dans ces pays
on portc des calpacs de drap avec de la fourrurc; de mome leurs princes ot
Icurs boi'ars. Les femmes des boiars portent aussi on Moldavie des calpacs
de Velours rouge avoc de la /ibeline. En Valachie et cliez les Cosaqucs
olles n'en portent ]>as, niais une coifTe blanclio; los plus riclies en onl nno
couvertc de porles.
1. Basilo Lupu avanl d'clrc prince elait « vornic ». Nous le Irouvons avec cc nom
dans la d(j!(''f^alion <|iii so rendit h (lonslanlinciplc prnir domandor narnnwski rninine
prinic de Mcddavie. Kopf, f.rf., I, p. 2iKi-297.
[1591 DEUXIEME PARTIE. — EtVRE I". , 15'J
jUVl ^U Ji Vjl <:X^\ ^J> >--: cl^LJl '^.^^, U ^Ui ^\^\ Ulj
^j^Jy ^^>i.'l L,. . U . ; J' \Si. C.I;U A^lj ^^ Ul^3 AJs\ J- «--.<^J1
jlS jl Jl.jlc.1 A_;U- _j^i.' Ol l«j-,i>L.^ U ^lAiLU Ij.J31ä.>j ^IcL« ZjV^ ij- -^»= (^
>::.j jji ' ^\s- JJLs '»__isjj v,,..Ii»ü jo^ ^-"^ iV" J^ ^' j^i/^' (j*!?^
1. I. haLct : j^^-T-]. — 2. Lgrd 1700 habet : .U.
Le pretre, avant d'encenser le patriarche, encense Ic trone du princo.
Toutcs Ics vnilles ot les lendemains de fetes, pendant toutc la mosse, on ticnt
alliimc devant le tröne de moiLsoigiieur le patriarche un cierge dans uii
cliaudelier elegant en bois dore, du cominencenieiit ä la fin de la messe, des
qu'oii descend aux matines. Apres « Tout cc qui respire », si c'etait uu
jour de fete ou un dimanche, il baisait I'icone du patron de la fete ou les
icones saintes que Tarchidiacre portait devant lui, de meme apres le Ser-
vice, on la portait devant lui, jusqu'ä la sortie de l'eglise, jusqu'ä ce que le
peuplc sortit ainsi que les femmes ; chaque i'ois qu'un fidele sortait, il la bai-
sait, ensuite il la donnait ä Fecclesiarque.
Apres le coup de la troisienie heure, on revenait ä la messe et on n'en
sortait que vers la sixieme lieure, que ce füt la fete d'un saint, ou sa
mort ou la fete de Ptupies. Avant de sonner les cloches pour la messe, on les
sonne pour la prothese, c'est-ä-dire que quiconquc a un don ä faire ä
l'eglise, c'est le moment convenable.
IbO VOYAGE ])Ll I'ATIIIAHCIIF. MACAIHE DANTlOCIlE. [160J
LL« jL» A_v-lS k_ä-S
i_ii^j
IL- jL. Sj»-? ^Js- Jy-a^ ^Lä)l <jf>- j^ A»-l3 ^.L LJ3 ^li-'i -^jU^ IjJl.-».:>- ^-ä^-
j'>UI iAA „jLS «..«^ bjlc ,_<_js-
Note mars-inale. Lerd 1700 habet : lUaxJ' ^ l-L ,U ,.-;
VI. — Description de i.'eglise de Saixt-Sabas.
Voici la description de ladite eglise ' :
\l\\o est toute eil pierre iiiterieuremeut et exterieurement. Elle n'a qu'uno
poile du cöte du sud sur laquelle il y a Timage de saint Sabas suivant lo
style de toiites les eglises de ce pays.
Elle est longue et « catholique », ses murs et sa hase sont solides avec
deux graudes coupoli's turqucs, c'est-ä-dire semblahles a celles de cliez nous,
i'xtremement grandes. Elles sont iiniques dans tout ce pays, car le döfunt
(|ui les a bäties, du nom de bMiachi, etait originaire de Constantinople et
postelnic des princes de Moldavie. Dans la circonförencc di- cliaque coupolo,
il y a trei/c fenrtres ä lucarnes rondes. Elles sont tres grandos. Le leviHc-
J. IUI 102") des Cirecs d'originc l'ünl roconstruire. pur l'afcliilecle Gregoire de Cons-
tantinople. Teglisc de Saint-Sabas sur des principes absolument diffcrents des principes
moldaves. I'^llc rappolle phitöl certaiiies eglises de Constantinople, niais avec une loiir-
deur de formes sur[)r('nanl<; siirloiit -en ce qui concernc les tambours bas des tours.
l/orniMiionlation est niclangee et prcSscnle certainsdetails orientaux. >s. lorga et Cleorges
IJal>, IWrl Hiiunuiin, i'aris, i;)'22, p. 363-36'i. L'arciiitecle du couvcnt de Saint-Sabas de
.lassy enl un domaino en N'alacliie pres de Sloliozia lenaclii faujoiird liui la ville de
Slobozia^ aulrofois centre coniniercial sur Ic Harägan. Dan.s celte ville le'prince .Matlliieu
avait liati nur t'-glise. N. lorga. Islorin liisoiicii Ronuiiir, viil. I. p. 2S.").
Sur l't'glise de .Saint-Sabas, voir les inscriplions publiees par N. lorga dans : Ins-
rriptii t/iii liisericili: Jiii/iiiuiifi, liueuresli, 1908, p. i:{7-l'il.
=J
[lull DEUXIEME PARTIE. — IJVRE I'. lül
dü-oj jjLJi«.» ,_*äaJI >1)U.L^ J[S jl._*La (^Mt ^g5j dLILiI« a^ ^ ^_.».jt!l
„SjJl ijij aJÜI 4^1j ijjjaijl j»i As-lJl A^ls LxUIj liai« <C-.J>J| ■rrüs^ «^«J»
di]-oj i,-uJlj x^'l ^y'} ^jl^ j_y'lL_jy JJ^LOI 4j>.j ^ (n-vfJ (^ ^ "^ '^^Jrfj'.
Ib liL-Jl jc-;_^ iV-*-^^ ^Jrf-^ '■^" i^'-? '*^i^^ !>-^ iff^ ilMJl üÄa it''-^ »-«f- ^^
l) "Ci L >i=-' ^p-i iS~'^ *-JuJi i^^oJl ^ <,liliuj i_j vi-«-U A^-»!« i_.-ii>- -J-^Uf-j 'KJb
jUa-Äjl ^O jV (C-'!_/^l /»—' iajLÄJl j»^ ^-^l (V—JJ iS^J^ '*-^*^ lS''^-5 " L^ *-^^
j_j-_^'Vl pT Cj.vJ[} üjLa)I L.Jj ._ fl AT; 'CjX!! ^_^'j t^o^ är"_ ^5'^-^ lS^L^ '*^'^
iXjl -UtVI "^JiLjil >_;l_yl Jj.j i^^ÄJI (_Ä^!li ^yi^ ~iÖi y^ .5>ÜI iÄA 1^1-5
' lül. 30 V»
(3-t
1. Lgrd 1700 habet : ^,LU. — 2. Lgrd 1700 habet : b^.<JJ jl i.o^. — 3. Lire : J-Cp''
au singulier.
ment de fer-blanc qul les recouvre etincelle de loin au soleil. Sur leur
sommet il y a deux grandes et immenses croix dorees. Le toit de l'eglise est
egaleraent couvert entierement de fer-blanc. L'une des coupoles est au-dessus
du chcieur et la deuxieme au-dessus du narthex avec deux pilastres seulemenl;
devant eux, du cöte de l'entree est l'iconostase sur laquelle il y a les icones
du Seigneur et de la sainte Vierge. Ce modele est reproduit dans toutes les
eglises du pays. En arriere du pilastre droit, est le trone eleve du prince,
avec une coupole et des colonuettes de bois. II est tourne vers Test. Eu face
sur le second pilastre est un autre tröne plus bas, soit pour son fils, soit pour
la princesse. A droite est le tröne öpiscopal contre le mur, parmi les
autres Stalles, car tout autour du mur *il y a des Stalles. A droite du tröne "foi. 3ov»
episcopal, se tiennent debout les deux hegoumenes et les pretres, ensuite le
clerge pres des portes du sanctuaire et de l'autre cöte.
Le lustre, appele par eux « clioros », est tres grand. II est suspendu ä la
coupole au-dessus du choeur. II se compose de vingt-quatre pieces dorees ;
ä Tinterieur, il y en a un autre petit en forme de coupole. L'iconostase dans
toutes les eglises de ce pays est divisee en trois parties : celle au-dessus
des portes du sanctuaire oontient toutes les fetes de Notre-Seigneur; celle
au-dessus de la premiere contient l'iniage du Seigneur vetu du sacos et
TATn. 011. — T. X.\II. — F. 1. 11
1G2 VOYAGE DU FATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHR. [162J
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1. L om. 'ij^'j-
coiffe de la couronne, assis sur un trone, ayant ä sa droite et ä sa gauche
las apötres debout, mais toujours l'image de saiiit Paul ä sa gauche et cello
de Saint Pierre ä sa droite; la sainte Vierge et saiut Jean sont autour de
lui. Au-dessus de cette partie, il y a au milieu la poiuture de la Trinitö
avec des proplietes de cliaque cöte et le crucifix au-dessus.
Lc sancluaire est tres spacieux. 11 a trois fonetres avec des lucarnes roiulos
et de hauts barreaux'de fer. Au nord du sanctuaire ou va par des niarcjics
dans le mur vers la cliaire qui est tres haute, toute construitc eii picrrc
sculptee. La coupole a egaleruent sa croix. Au-dessous d'elle sont des
colonnes de picrre cylindriques. II y a de nombreuses eachettcs pour los
ustensilcs du l'uglise et les autres objets du cultc pour le cas oü il survicn-
drait une terreur.
Daus lo mur meridioiial de reglise, il y a Irois griindi's reutMr(^s avec dos
barreaux de fer et des lucarnes rondcs. Pres de la porte oü est le tombean de
Icnachi qui la construisit avec art, est uuc fcurtre bouchöe par des icoucs et
un cierge consacre ([ui brüle.
Üaus le mur du uord il y a ciuq l'ouölres avec dos hicaruos rundes. Le sol
est pave avec des carreaux de briques, car depuis Brousse jusqu'ä IMoscou,
l;i plupart des cglises sont pavees en briques. Les icones sont sur los portes
du sancluaire. C'osl unc habitudo dans tous ccs pays de represenler Notre-
Scigneur au iniliiu rt, ^ul• un vasle tableau, louto la Passion, ou bion les
[163] DEUXIEME PARTIR. - LIVRE 1". 163
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"Oji. b^lj-^ (^-\r'^ ->\' V ^'-^J (n-'-'^ lS^ y--^ (^ -j-^ »^"^^ dLJI ^\
1. L habet : Jj'^°-
apötres aiitour de lui et autour de Tiniage de la sainte Vierge, vingt-quatre
strophes de l'ucathiste, ou les prophetes, et toujours l'icone de saint Nicolas et
de ses miracles, Celles de saint Sabas et saint Michel patrons de l'eglise,
ä sa gauche l'icone de Notre-Dame et aussi l'icone des Trois Ilierarques.
La place oü se tiennent les femnies — car eile est dans la partie la plus haute
du fond de l'eglise et est garnie de treillis en bois — a aussi une iconostase.
Leur sortie se fait par une porte de l'eglise dans le mur.
Le clocher est contigu ä la porte de l'eglise. II a deux portes : la premierc
qui meue k l'exterieur de l'eglise et l'autre au couvent. C'est une grande
tour carree, tres haute, tres solide, toute en pierre. Au milieu, il y a de petites
ouvertures ou chambres, des cachettes pour les provisions dans les temps de
detresse; il y a beaucoup de marches; tout en haut de grandes arcades en
surplomb. Les cloches au nombre de cinq sont suspendues ä son plafond.
La plus grande a ete fondue ä Dantzig; toutes ont leurs battants en fer.
Toutes les cellules du couvent et de ce qui l'entoure sont construites en bois
conime dans tous les couvents de ce pays.
La veille du dimanche du Pharisien et du Publicain — qui coincide avec
la fete des Trois Ilierarques, reservee pour la fete onomastique du prince
qui fit bätir le couvent ä leur nom; le jour de leur fete, on oll're un repas
princier aux riches et aux pauvres reunis ensemble — nous cliantftmes les
vepres dans l'eglise du couvent. Nous assistämes egalement aux matines.
164 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [164]
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1. Lgrd 1700 om. ...js". J.
'ivii. 31 r°. * Oll retarde le baiseraent de rövangeliaire jusqu'ä la septleine ode et aussl
la lecture du synaxaire. Ensuite nous sortimes des nialinies, seloii Tusagc,
apres avoir baise toutes les icones. Nous retournämes ä la messe. Pour la
lecture de rRvangile que le diacre fait avec elegance, on place sous Ic lustre
un triskelioa, au-dessus duquel on raet uii tapis brode d'or. [Le diacre]
uiet son etole, au-dessus du tapis, sous l'evangeliaire, et fait trois fois le
signe de la croix. C'est lui ([iii caceuse la porte imperiale pendant le
« cheroubicon ». En Moldavie et en Valacbie, les pauvres retourneut daus
Teglise le soir des dimanciies et fetes, lorsqu'ils entcudcnt la graude cloclic.
Rptnairiue. Quand on cliante les « lieatitudes », on sonne la grandc cloclie
ainsi qu'ä laneuvieme ode, ä « l'Axion », ä la messe tonjours, puis aux matincs
et ä la messe. La princesse, femmo du piince, envoya ce jour des plateaux de
« colybes » princicrs ä chaque couvenl, dos olTrandos, des cierges et du vin
])Our la fete en riionneur du prince. Apres que nionseigneur le palriaiiln'
eut dislribnö du pain b(''nit, le pretrc et le diacre descendirent, cncensercnt
los oH'randes cüulcnues daus les plats et les vascs de vin, les « colybes »
avec du miel, puis les plateaux du prince, enfin monseigneur le patriarclie et
los assistanls Monseigneur le patriarclie recita la prioi-o du « colybe » sui-
vaut l'usagc, et mentionna le iioni du prince, de la princesse et de lour lils,
Mui avaient olTcrl cos dons.
[165] DEUXIKME PARTIi:. — LIVRK I". 165
3
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1. Lgrd 1700 habet : »jU. — 2. Lgrd 1700 om. ...^^3,^^ ^^. — 3. Note mar-
ginale qui manque dans le man. de Londres et celui de Leningrad. — 4. Lgrd 1700 om.
Quant ä la föte des a Trois Etoiles », oii la celebre dans le couvent de
Saint-Sabas ä l'adresse d'un honime qu'on appelle Basile et qui portait
auparavant le nom de Moustal'a, turc de pere et de grand-pere'. II etait
originaire de Geumuch Khane". Nous vimes chez lui un veritable sentiment
religieux et un zele ardent pour la foi, une liostilite manifeste pour ceux
d'une autre religion. II accorda la preference au nom de son patron Basile,
Saint de la fete, sur ceux de Gregoire et Clirysostome, parce qu'il s'appelle
« le Grand » et qu'il y en a des milliers dans les pays de Moldavie et de
Valachie. L'apres-midi, nous vimes arriver Son Altesse le Prince et on sonna
cn son honneur toutes les cloches de la ville, et le soir il fit prevenir monsei-
gneur le patriarche qu'il le recevrait chez lui le lendemain.
VII. — Entrevue du patri.vrciie avec le prince de Moldavie.
Ce lundi matin qui tombait ä la fui de janvier, le boiar Jean le Sloudjer,
lieuteiiant du prince, qui etait venu au-devant de nous avec une escorte
de cinquante soldats ou Janissaires en habits rouges, etait arrive dans une
1. Basile Lupu, lui-m6me fils d'une Roumaine, Irene, mais aussi de l'aga Nicolas,
peut etre un Roumain venu avec Radu Mihnea d'au delä du Danube, mais aueun d'eux
ne voulait pas passer pour Grec. N. lorga, Histoire des Etats Balcaiiiques ä l'epoquc
moderne, Bucarest, 1914, p. 56. — 2. Localite au sud de Trebizonde.
'fol 31
166 VOYAGE DU PATRIAIICIIE MACAIRK D'ANTIOCllE. [KiOj
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v°- Lp-J^^ Ale- ctU-Oj {Sj^^ f*** ^"^ '~^' f»''' O^S^ ^lia* «J LUx- ljji*.».s- /jäJj
1. LgrdlVOO om. ...^^~^. — 2. Lgrd habet : iJUil.
voiturc princiere trainee par six chevaux gris. II y fit monier monseigncur
Ic patriarche apres que nous l'eümes revetu du-raandyas selon l'usage. I^lt
moi, j'etais toujours assis ä la portiere tenant la Crosse deboiit. Les soldats,
deux par deux, nous precedaient jusqu'ä co qnc nous fussions entres au
palais — « courte » dans Icur langue; les troupes etaicnt alignees aupres de
l'escalier du diwan. On aida alors ä descendre de voiturc monseigneur le
patriarche, puis il monta ä l'etage tandis qu'on lui tenait les paus de son
vetement et moi je le precedais, suivant l'usage. Tous les notables sortirent
au-devant de lui pour le recevoir dans le salon extörieur, ensuitc dans un
autre. Le prince' sortit de son salon particulier situe ä l'intericur et lui
baisa la main; ä son tour monseigneur le patriarche, suivant l'usage, Ic
baisa sur la töte, lui donna la benödiclion et ils s'assirent. La joic qu'il
eprouvait de le voir et Tairection qu'il avuit pour lui. lui arracherent des
larmcs par deux fois.
♦fol. :!iv°. Tous nous lui fimes des genuilexions* jusqu'ü tcrre, nous lui baisänies
la main droite, puis l'autrc, et de memo qiuuid nous sortimes. 11 resta assez
longtemps ä causer avec lui et ä lui tcHnoigner son afl'ection, sa gratitude et
ses sentiments devouös, puis [le patriarche] le bi'nil, lui lit ses adicux el
sortit. On le fit montcr de nouveau dans uno voituri' pour le raniener au cou-
vent.
1. Apres Moise Vodä, il occupa le trönc sous le regne du sullan Moiir.ul, avec i'appui
d'Abaza Pacha de Silistrie. \\"g., Lfl., 1, p. 300.
[I(i7| ÜEUXIKMK PARTIK. — LlVllK I-. 167
li^sJ! 1;a_. ^^ AoA^I «0 11,^3 y^:, LJs^ JaLil ^^ Jjl y^ (_gÄ)l LÜl t-L^j
Jj L»-.*^- i'^l iAA 1^ fV'^^^ t_A~=>- ij^^ia^ >»jU>t«j ^jLkiM jy>t>.3 1^9 C->IS Ijji^>^k3-J
Sas-Ij SJj-Ij l^-«^ Üj^aJI «jJ^l 'U^l i^ i_^"0
^-Cl A...VA jL^aiJl (.iL; UaA jLi-l
"^«Lfr »L'LJ -S — ■"jJl^lc. (C.5JJ f>^^3^^ uii3- AitÄ 3*f~ /♦lajt*Jl 1.A»— Jl AjAA bj ».»s iAAj
LaJ^u» ^_yj r-jÜa i—voj ^r"-^ jL^ jjJ ö^V <'\^ 4.j>D^9l A^Sli 4-At L^ ^^
^4«A)^ ^*^3 f-^ .^r'"*' ^ 7"c-L«s^ j ft ■■■■9
1. Notes marginales qui manquent dans le man. de Londres et de Leningrad. —
2. Lgrd 1700 om. ...sjjj. — 3. Lgrd 1700 habet : ^^y-J.
Le mardi matin 1"^' fevrier, nous allämes lui remettre les cadeaux de
monscigneur le patriarche. Tous etaient sur des plateaux recouverts de ser-
viettes brodees selon l'habitude de tous ces pays, meme pour le cadeau
consistant en paiu. Lorsque nous eiilrftmes dans le grand diwan, le Sloudjer,
representant du prince, vint assiste d'un secretaire. II ecrivit le nom de tous
ces cadeaux, les uns apres les autres.
VIII. C.'^DEAUX FA.1TS AU PIUNCE DE MoLDWIE, [a SA FEMMe] ET A SON FILS.
Voici la liste des cadeaux faits ä Son Altesse le Prince : une paire d'oreillcrs
brodes ä carreaux roses, deux boites de sucre candi, une boite de savons
musques, deux boites de savons de toilette, des savons ronds d'Alep, un pot
de conütures de gingembre, un pot de confitures de myrobolan, une boite de
fruits europeens confits, dos parfinns, des ainandes, de la quassia, des raisins
secs, des boutargues, des dattes, des abricots, des pistaches salees et non
salees, etc..
II entra en les presentant au grand logothete ou secretaire, ensuite on
nous fit entrer chez lui. [Le prince] se leva de son trone par respect pour
monseigneur le patriarche, nous lui fimes de profonds saluts, tant ä notre
168 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [KW]
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iJL-sj jjj ij'^^j öy^ .^-^J j?^" CJ^^'" *-' ""^jI^^J *o-Oij <_».»i£- ^^Li.;j ijli-
^^^.iJl ^^j -^L^i-Ij ^.L-U ^^\ U jMH ^ f^l ^Ij <,l^j dUi ^3 JLOI
1. LgrJ 1700 om. ...J^.-V*j. — 2. Lgrd 1700 om. yj^^. — 3. Lgrd 1700 om. .^Ji^
...JoA». — 4. Lard 1700 om. ...C-j!^.,
arrivee qu'ä notre sortie. Ils lui presenterent les cadeaux dans leurs plats,
tandis que le secretaire disait : « Le patriarche d'Antioche presente ä \'otre
Altesse teile 011 teile chose » jusqu'ä la fin et il le remercia beaucoup. Nous
repartimes et emportämes pour son fils le Voivode Etienne, qui habitait seul,
des cadeaux semblables : unc paire d'oreillers brodes ä carreaux roses, etc...
ensuite nous presentämes des cadeaux k la princesse sa femme. Nous lui
fimes aussi de petits saluts au comniencenieut et ä la fiii et nous lui baisAmes
la main droite, taudis quVlle etait assise sur un trönc, portant uu calpac eu
Velours rouge garni de zibeline; son « kehaia » entra d'abord et la consulta,
puis nous entrAmes. Elle nous remercia aussi et sc leva de son trönc au
moment de notre arrivee. Voici les cadeauv offerts ä la princesse : un voilc
brodö d'or, de l'encens de styrax, de la creme de Jasmin, etc. Nous fimes
parvenir ä tous les boi'ars des presents semblables, mais cc fut en pure perte.
Ilelas! combien je regrette notre fatigue. Les cadeaux consistaient en toilc
k carreaux roses, de l'ötoirc k ceintures et ä turbans, des lapis extra, des
serviettes persanes, indicimes, de Gaza, avec des mouchoirs brodes d'or, du
Sucre, du savon de ladanum, des amaudes, des pistaches de plusieurs sortcs,
etc. et k la fm tout fut perdu, lorsque Hasile ful vaineu et (pi'ils furcnt mis
en döroutc. Dans la journee du jeudi '■) fevricr, Guzcl Efeudi ou le papas
[169J DEUXIKMR PARTIE. - LIVRE 1". l<ii>
yyCn y^^ ^j ^^j^ji; u. ^\ ^-oi J3> dj^\ ^^ p^ tl J.U1 jJ\i-
U« j^C j!i^ ^y^ ^\j^ '^J^ p." v'^ öri^'' '^"r- i-^ ^Ji ^ -^-^ ^-^3
•^j_ji-JL=>j _^ ^ jo JJ:-
1. Notes marginales qui manquent dans les man. de Londres et de Leningrad. —
2. Lgrd 1700 habet : ...ii.o. — 3. L om. ^J. — 4. Lgrd om. ...ü-o sjj;^.
Theodosi, hegoumene du couvent de Golia', vint inviter monseigneur le
patriarche.
IX. — Rations allouees en Moldavie a monseigneur le tatriarche.
Le couvent de Golia.
Voici le detail des rations que nous alluua Son Altesse le Prince, ce qui
dans leur langue s'appelle inertic : quatre pains blancs pour monseigneur le
patriarche et deu.v pour sa faniille, six oqqas de vin tin, et quatre oqqas
pour sa famille, une oqqa de beurre fondu, une oqqa de pain, six oqqas de
viande pour sa famille, une oqlye de cierges de cire jauue, une de graisse de
viande, deuxvoitures de bois par semaine, puis de Targent pour les depenses
journaliercs, et si nous avions cu des clievaux, ils nous auraient alloue de
Torge et du foin.
1. II nous faut cncore citer reglisc de Golia, une de plus importanles de Jassy.
Rcconstruite ä remplacemcnt d'une ancienne eglise par Basile Lupu, eile tut terminee
se\ilement en 1660 ; eile possede quatre tours d'inegale grandeur qui trahissent l'influence
russe. II faut remarquer le principe de couvrir cliaque voüte individuellement, principe
ignore jusqu'ä present en Moldavie.
L'ornementation de ce qu on voit cncore des parlics superieures de l'edifice est de
meme d'une influenae Orientale ou russe et est gauchcment executee. On ne peut plus
juger des fa?ades, car leglise a ete conipletement enveloppec d'une nouvelle construc-
tion de style italien dans le courant du xviii'^ siecle. N. lorga et G. Bals. VArt Roumain,
Paris, 1922, p. 371. Cf. N. lorga, InscHptii, vol. II, p. 161 seq., Bucuresli, 1908,
170 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [170]
A-aL^ IJoA»- <^y^ (^-^1 vilJl i^^ LL«^^Ij (j^a^i« !sA._JI j»--l ^ic ^ (^Ä)l
fol. 32 r". Ulj ' -_«-dl ^ C^Utjj «Uiilo **L ^<j1 LxL" JoA^ -y j,Ul ili. * ^ ^lij i^l^Jl
j^ >U.l i_^JJl j_jlJ3 ^ l^> l_^«^l ij*-^l ^^ t^ '*^^^ jLx9 |»^9y ^\ jLLJl
La^3 lt,Ul «olt ^9 L»^«JS- Cjii»!!« ^P''^' <J^'-^J 7:J^ />■' *- ■>-Jl «^i-^ IsAAj
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\b> *i3tJl AjLa i^tiU C'ÄptJl O^j <l_LlL« ^»ij ^»Jll« CUä^tJl ij^.=>:^ e5
1. L habet : ^J^lj. — 2. Lgrd 1700 om. ...LoU-J_.. - 3. L habet : tß}. — 4. Lgrd
1700 habet : ^j.CaJI. — 5. Lire : i.Ui.
Le couvent de la Sainte-Vierge appartient ä la princesse, la femme du
prince, qui l'a fait construire recemment sur le modele du couvent du prince.
Nous nous y rendimes en voiture et uous nous y prostern;\mes. De loiu
foi.32i». il a un aspect de grande beaute. Les eoupoles* qui eu sont tres liautes sont
d'un fer-blailc qui brille commc de l'argent et surtout au soleil. Los croix
qui les surmoiitent sont enormes et tres belies, elles brillent d'un grand
eclat par l'or dont elles sont revetues. Elles sont plus liautes que deux taillcs
d'homme.
Voici la description de l'eglise : l'exterieur et l'interieur sont en pierrcs
de taille tres hautes, la voüte aussi, car nous avons vu beaucoup de couvents
en Moldavie et en Valacliie et de vastes eglises jusqu'ä Moscou, toutes en
pierres non taillees, petites et enduites de cliaux ä Texterieur et ä rintericur.
A la longue la pluie et la neige les ont degradecs. (^)uant au style, c'est une
conslruetion en pierre de taille. Personue au nionde n'a excelle dans l'art de
construire des eglises et des couvents en pierres taillöes et sculptees comme
Ic Voivode Basilc, car il fit venir ä cet egard des maitres de Pologne. Toute
la corniche de cette oglise est sculptöe avec arl et sous Tauvent tout autour
sont scnlptöes de grandos ötoiles de pierre. Elle ressemble par sa cons-
Iruction aux eglises de llanak avec des sculptures ä l'extöricur. Elle u
[171] DEUXIEME PARTIF.. - I.IVUR I". ITl
<.U)I ^ jU_ 1^13 Ij^jli- ^jZi dL^ ^.L^ ijL-t o^i iy^3 ^J^ ^:.^^ ^â– '^
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JL^l je ^sJ^\i -^UHl /^ iJ^lj jilJ^ jl;>_b ^_5J _^ i_r=j>Jl 1^13 ^r^^^ J^^
<u,L-k^il ^y fnü-^^^ ^^j' r>" i'j^^ j^ ö^ '^^^^ j'rr?^ t^-lr^^ ^b
deuxportes, une au nord et une au sud. On entre par une porte occidentale.
Elle est longue, « catholique », composee d'unseul compartiment, partagee en
deux parties par uu mur et une secoude porte. La partie rcservee aux femmes
est au-dessus de la voüte du susdit peristyle; eile aun escalier de l'exterieur
tres elegant et bien eclaire par plusicurs fenetres ä lucarnes rondes. Au-
dessus du choeur, il y a une haute et vaste coupole au-dessus de laquelle en est
une autre d'une hauteur extreme. Au-dessus du nartliex, il y en a une sem-
blable. Elles sont octogonales. Le sanctuaire est tres haut avec trois fenetres
tres longues, etroites, surmontees de lucarnes rondes. Au-des^is du sanc-
tuaire, il y a une tres jolie coupole et entre la coupole du choeur et la
coupole du narthex il y a un comble merveilleux en forme de navire ren-
verse. Toute la toiture est en fer-blanc brillant. On monte par des marches
en Spirale pour aller dans une quatrieme coupole au-dessus du lieu oü se
tiennent les femmes; c'est la place des horloges. II y a cinq croix grandes
et majestueuses auxquelles on ne saurait comparer les croix des autres
pays et que Tor fait etinceler plus que le soleil.
Au-dessus de la coupole du narthex est la premiere et au-dessus de celle
du choeur est la deuxieme. Entre elles et le faitage sont placees deux croix
et au-dessus de la coupole du sanctuaire est la cinquieme. Le choeur est en
deux absides, Tune au sud et l'autre au nord. Les trönes sont des merveilles
de l'art, en cypres tourne et sculpte ä jour. [La princesse] les fit venir de Cous-
fol.
172 VOYAGE DU PATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. |J72]
,_Lo U Jju UUl ia~-^i i5'^' i^-^i^ '^■**^ <_/' -^ eS* ^-t-^' ,r-'J lS^^ düÄSj
^l_y_!>Ü f-jA^3 A^l_^3 J' is^Ll] Jjl (j-Vj '^'^" (JrL^ V~^ (3* ^^"^'^ -'^t*
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J„v)l Jyj Ja^^l j_^ Jj^bl ij_^3 «UVI !AcVl ~l^b Ja^-yi 1^ -i_Jlj i^U^li
^.Ifr <U>-j t-»»Ä£- )>^2i-i »Sl-Ä LSt-P lS"^ r^^^ _^v' -*>---' *J»ii Uij C)»-L-2Ji
1, Lgrd 1700 om. .■.^^. — 2. Lire : J-C^'!.
tantinople ainsi que le tröne cpiscopal qui se troiive ä rextremite de rabside
du choeur du sud. Le tröiK.» du prince n'est pas acheve, las dalles en marbro
blaue ne sont pas terminees. Oii les a fait venir de Marmara pres de Cons-
tantinople. La grande nef est entierement en marbre blanc; ce qui sur-
prend le spectateur c'est que cliaque morceau est deux ou trois fois plus
grand que les tombes des Europeens d'Alep, les dalles sont plus mince-;
quant aux colonnettes et aux montants des portes, on etait en train de les
tailler et de les polir. Combien je regrette de ne les avoir pas vues finies. VA
quelle peine et quelle difTicultö n'a-t-on pas eues a vaincre, pour le? faire
venir de Galatz dans des charrettes trainees par des boeufs, sur des chc-
mins ctroits et diniciles. L'iconostasc et Ic Symbole sont des travaux mer-
veilleux et rares. Nous n'avons jamais vu chose parcille. C'est Touvrage
loi. :!j V". incomparable d'un liabile peintre ; * nous n'avons pas eneore vu uii talent
egal au sien, au point que ses omvres surpassent celles de la Crete. li a
quatre söries avec des arceaux : celle qui est au-dessus de la porte du sanc-
tuaire reprösente toutes les fctes de Notro-Seigneur; la deuxieme, les niiraclcs
de Notre-Seigneur; la troisieme, les ap^tres et Notre-Seigneur au milieu; la
([uatri6me, la plus baute, les prophetes et Timage de la Trinite au milieu et
au-dessus de timl le crufillx. Ouant a ricone de Nnlre-Seigneur, il est assis
snr un tröne, vrlu (11111 u saco » vert, merveilleux. Autour de lui siir la cor-
liicbe sont les fetes de iXotre-Seigueur. L'icone de la sainte \'ii'rge est Ires
[173] DRUXIEME PARTIF. — LIVRE I". 173
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XÜl 'ijy^ ^j^jsJI 'Jli >ltl ^j ^y^ iL»_w»-i-3 ^Vl <">!;■ül_p Ai-I jj.-äJI jl
1. l^o-rd 1700 om. ...>3j<.
ancienne, c'est une oeuvre d'art; autour d'elle il y a vingt-quatre strophes
de l'acathiste; les mains et les bras sont en or pur. La princesse döpensa
beaucoup en son honneur, aar son fils le Voivode Etienne', etant tombe
gravement malade, Tut prösente ä cetlo icoue et ä l'instant il fut giieri.
Devant ces icoiios brüle coiitiimellemeiil uiie lampe d'argeiit dore. Devant
les portes du sanctuaire il y a quatre chaiideliers de cuivre jauiie plus brü-
lant et plus beau que Tor, travail de Dantzig — on racoute qu'ils out coütö
leur poids d'argeut — couverts de drap rouge; parmi eux il y a deux autrcs
grauds chaudeliers en argeut. Le sanctuaire du haut en bas a de magni-
fiques peintures en feuilles d'or. Depuis le narthex exterieur de Teglise
jusqu'ä rinterieur et ä la place des femmes, il y a des representations de ce
genre en feuilles d'or, les chceurs des anges, tous les saints et les miracle?.
On dit que le peintre a touche trois mille cinq cents piastres. Dans le haut
de la coupole du chreur, il y a une grande image doree de Notre-Seigneur,
et dans le haut de la coupole du narthex celle de la sainte Vierge; le lapis-
lazuli tient lieu de chaux, tant il est abondant. Derriero le trOne du
prince, dans un angle, il y a le portrait en pied du Voivode Basile. II porle
1. Le Voivode Basile eut deux femmes. La premiere fut la fille du vornic Bucioc, la
princesse Theodosie, avec laquelle il se maria en 1618. An. Ac. Rom., sec. i.et. ser.
II, XI, p. 133. Apres la mort de la premiere en 1039, il eiivoya le postelnic lenaclii
Catargi au pays des Cosaques, qui lui trouva la princesse Catherine avec laquelle il se
maria. Hurmuzaki, IV^ p. 505; IV', p. 073; Kog, Let., I, p. 309-310.
174 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [174]
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^^•^ l5* ^^^ i^^ -'^=^^ (_T'^"*^3 '-'J^^ ^Lr-^^^ (*•" ^.-"^ IJjjIä jv" ji-^s^J l-*f- j_5'l* j-*J
un manteaii avec de la fourrure de zibeline et tient dans sa main la susdite
eglisc; il la presente ä Notro- Seigneur qui le benit, ayant les anges autoiir de
lui. Derriere lui est sa femme, uae princesse circassienne, vetue d'un man-
teaii de brocart d'or et de zibeline avec ses bijoux d'or, portant un calpac de
zibeline. Derriere eile se trouvent ses filles, l'une nui est en Pologne, Tautre
qui a ete mariee au fils de Hmilnitzki ' le Gosaque depuis peu de tenips.
Plus bas qn'elles se trouve le Voivode Eticnne^ et ses trois freres qui
moururent en Russie, tous ricliement habilles; on dirait que ce sont eux en
personne. Ensuite nous sortimes de l'eglise pour aller ä table. Puis nous
nous levämes et moutAmes dans le majestucux et vieux clocher, tel qu'il
n'y en a pas, en Moldavie ni ailleurs, de plus haut, de plus large, ni de plus
vaste. 11 est tres eleve et etroit. Nous retournämes au couvent et nous assis-
t;\mes aux vepres. Le dimanche de l'lMifant Prodigue nous entendimes la
messe dans notre couvent.
1. Le rapport de l'ambassadeur Dell Ilayc sur le iiiariago de la (illo du VoivoJc
Basile avec Ic lils du liatman des Cosaques en dale de 14 oct. 1().")2, se Irouve dans
Ilurmuzaki, V-, p. 2. I.c mariage eut lieu le 1"' septembre 10r)2. Sa Gräco le llospodar
donna ä sa fille une doldc vingt mille tlialers sans compter le trousscau et on onlre denx
niillc ducals, un carrosse et beaucoup de cliariots el d'autres objols. Iliirinuzaki, vol. 111,
suppl. II, p. 33 seq.
Kn fevrier 1045, Movila, selon les invitations failcs au 1" novcmbre 1G44, arriva et
avec les prelats inoldaves ainsi qu'avec Ktienne, metropolitain de Valacliie, benit Ic
mariage de Marie, lille du Voivode Basile, avec lanus Rad/iwill, le princo litiuianion
calviniste, mariage que les boi'ars picux, comme les freres Cantacuzenes, csliniaicnl
dangercux pour r,4nie do Tepouse el indigne pour le prcslige orthodoxe du pays.
N. lorga, Lstoria Bixcricü liontänc, I, p. .il.i.
2. Le Voivode Ktienne etail le seul lils de (,!atliorino avec Basile. Lautre lils, Jean,
mourut ä Conslanlinople en Iß.'59. 11 elail trrs aime de ses |)arenls. \'oir l'inscription
slavc sur la clu\sse de la sainle l'arascevc reproduilc par Melchisedec dans : Notite
islorice si (irclu'ologicc, p. 171-173.
Pour la niorl de Jean, cf. Kog, Lelopisete, \, p. .'SO'.).
[175] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE 1". iT>
jvAiÜI «Iq^L t jlJa^ ^yjijuX- _3 LjI \^ A.l.io'U. ..oll "y^ 'CjA.« V« !s K-=>-.5 U) (3"ä>-
1. Note marginale qui manque dans le manuscrit de Leningrad. — 2. I.grd 1700
habet : j\jjij\iK
X. IIeNCOMRE du P.VTRI.VRCHE d'AnTIOCIIE AVEC BaSILE, PRINCE DE MOLDAVIE.
Le mardi matiii 8 fevrier, fete de saint Theodore Stratelate, Son Altesse
le Prince euvoya faire dire ä monseigaeur le patriarche de se preparcr ii
1 . venir le voir. Vers midi le Sloudjer vint chez lui avec une voiture sans
roues, appelce dans leur langue « sanie », c'est-ä-dire traineau, car il
etait tombe beaucoup de neige et il avait gele. Tandis que les voitures
ä roues ne pouvaient circuler, celle-ci nous trainait rapidemcnt et saus
Isecousses. Les gardes marchaient devant nous. Nous enträmes au palais et
arrivämes chez [le prince], qui etait seul dans l'appartement. [Le patriarche]
lui donna des lettres de recommandaliou de PaTsios patriarche de Constanti-
uople, de Joannice le patriarche depose et du patriarche de .Jerusalem.
Ghaque fois * que le grand logothete avait üni la lecture d'une lettre, [le prince] '
se levait de son siege et otait son calpac. Et monseigneur le patriarche
lui donna uu cadeau de prix, ä savoir : la mächoire inferieure de saint Basile
le Grand, jaune, dure et lourde, brillante comme de Tor et dont l'odeur est
plus parfumee que l'ambre; ses dents et ses molaires y etaient restees fixees
Sans s'ebranler. Nous avions acquis avec peiue cette relique ä Constanti-
nople des parents de Kyr Gregoire, ancien metropolitain de Cesaree. Nous
Ibl. 33 r"
170 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCIIE. [176]
c-i-j l'Xl- O'j""' iV' '*"^~*t*" T^ tlr ^""^ (V* ?,r^ ctD-Oj i_,Jtij /«J^jAj i ^'^
Ij) ^yr'y '■^s~' ^ j-^' '*->-'^ ji (_yLr^'* ^^J3 ÖT^"^ Uic-ij r:^ Jl
^ (J*'J--- — ^' /«— «^' e/i^J^-' ->^Lijl (j^.--' ^r^' (V iAiUJI Lwlia—.;! iAAljÜl
.i_^ ^ "Was ^ «CwAUI Ä]ä.UJ1 ^ rc_**wJl «J ASji ^rf=^ '**^ (»-J ->J^Lt!l H^
1. L habet : !oU..
l'avons achotee pour une somme dargent et d'or ainsi que les autres ä diffe-
rents endroits : dans le noinbre des choses veiierables, des reliques de Nolrc-
Seigneur Jesus-Christ, des reliques des saints et illustres apötres, car oii pout
tout trouver dans la reine des villes.
Voici la liste des reliques que uous avons acquises u Gonslantiuoplc conlrc
de l'or : un peu d'huile suintee par le corps de saint Demetrius, un peu de
sang de saint Georges, un fragment du front du saint apötre Philippe, dos
vertebres de la mart^'re Anastasie qui delivra les homnies de la niagie, une
inolaire du martyr Ilermolaüs, le doigl de saint Auxence Tun des ciuq com-
pagnons, la müchoire de saint Basile le Grand, une partie d'huile suiutöe
par le corps de saint Anloine le Grand, du sang de saint Anastase le
Persan, du front de saint Cyprien et de la martyre Parascöve, une des cötes
dos (juaraiitc martyrs, des reliques de saint Severianus de Sei'djar de notre
pays, uu doigt de rarchidiacro Etienne, un doigt de saint Theodore Stra-
telate, du sang de saint Blaise cveque de Sebaste et de saint Eusthate le
martyr, un doigt du martyr Mama, quohjues morccaux de picrre du saint
(]alvairc, teints du sang de Jesus-Clirist, quelques debris du bois de la vi'aie
Croix, de couleur noire comme l'eböne lourd.
Nous les avons essayees au feu, et cllcs devinrent coninie elles sont;
uous les en avons sorties : elles se rcfroidirent et revinrent i\ Icur rlal. Nous
I
fl77] DEUXIEME PARTIE. — UVRE I-. 177
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l^_-lp-J Cwl.5 ÜiUI k_.w^ «J IfciJ ^^UJl Aii-ljVI Ä;;/»^ l^lsj k_Ä9JJ («ÜaJI J
r^slff- üÄa jV U^äSj j_g::=- ^oVl ^2.*;^ ^'^ o^^'^^. ^^^^^^^ jj^^JI ».».»^s- Oo'oj
(V
U:
1. Lg'i-J 1700 oni. ...la.o sis^ l^, de la page precedento.
les avons essayees dans l'eau : elles descendirent au foiid. Elles etaient
enfermees dans une boite ronde, travail de Finde, artistement sculptee,
ouvrage tres fin, enveloppöe de coton, et par-dessus une etoffe de brocart d'or
couvrait la surface de la boite placee dans une bourse rouge rose, avec des
ficelles solides en soie bleue. Lorsque le prince la vit, il fut tres surpris, puis il
eprouva une joie extreme quand monseigneur le patriarche lui dit : « Ceci
est ä Votre nom et qu'il Vous garde. » II lui donna aussi une fiole de saint
chreme. [Le prince] prit en affection monseigneur le patriarche, il lui parla
d'autres patriarches grecs d'avant lui, et il lui revela la peine que son coeur
avait ressentie de leurs procedes. Ensuite ils sortirent cnsemble pour se
rendre au salon exterieur, oü etait dressee une table princiere avec des plats
d'argent et d'or, des cuilleres et des fourchettes. II s'assit a la place d'hon-
neur sur une chaise en velours rouge aux clous d'argent, puis on plaga k sa
droite pour monseigneur le patriarche une autrc chaise. [Le patriarche]
benit la table et le prince, puis prit un morceau de pain, le trempa dans les
mets et se leva. Tons les boiars presents se leverent, il fit le souhait de
däi'man' selon l'usage et tout le monde s'assit^. Tons les plats etaient
recouverts d'assiettes pareilles qu'on n'enlevait qu'au moment de manger,
1. C'cst-ä-dire : « puisse le ciel vous permetti-e de toujours offrir un pareil repas ä
vos hotes ». — 2. Sur les banquets des princes, cf. D. Cantemir, Desciierea Moldovei,
p. 114 seq.
PATR. on. — T. XXII. — F. 1. 12
Toi
178 VOYAGE DU FATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. . [178]
i-Li? »A3 ^yj^ iT-^^ l5^ (3?^"^^ Ö^- <jLL>U öy^, 5i-*->LJJ jp=^ l3^,,^a=-l U,o
iJlSlJ *ju.»j>- '.Äi^aJl ^Ai. 4j JOJ JaXu Ai-l (v' vl^»>v^ "^ 4^|JJ AjtJsJ iJJ_Jl ^_Ä:£•I
33 v°. ij Jj" Ai-L ^p-1 ("M^J j*^^ <Ji\M «-ajj jy>L«a]l V« XsX ri^-Xi ^Ll /»^Ic- AjUji
JUs <J o^y^yi^ U aJ OIp (J^jI >ii!>ii ^_J:J:~ lc-3 <«ljij Lä^I Ajyi. ».J-sl» j^ <lLJij
yS. V«J r:l-*Ji __;-& iV*^ 'V,.ä.'l Ulj |»jju-tt.»- *yiv«iuJl liÄ«i jt-A^ 'j^)--' U-OJ |»AA=>-J
1. L om. Uai ^r^^icj.
parce qu'on a chez eux rhabitude, en apportant des plats ä table, de les
tenir couverls. L'« ächdji » ou megas kellarios, c'esl-ä-dire le cuisinier cn
clief, lorsqu'il apportait iin plat accompagne des garrons, le preseatail au
prince el eii ötait le couvercle. Si le plat plaisait au prince, il le plagait
devant lui eu silence, prenait iiiie fourchette et eu remuait Ic contemi de
l'assiette, en inangeait, ensuile il lui en presentait un autro. Si le prince
n'en voulait pas et levait les yeux', alors Ic cuisinier allait le mcLtre sous la
table. A sa gauclie se tenait iin gargon debout, bien liabille, qui prenait les
• rui.33v". assiettes * et les mettait devant Son Altessc; un autre gargon prenait les
assicttes d'argent, puis en mettait nne autre d(>vant lui, l'essuyait et la
remottait. Le « silihdar », c'est-ä-dire le grand spätar, avec la couronne
incrustee de pierreries, se tenait, eeint d'une cpee et le sceptre princier ä la
niain, debout toujours ä ?a droite. L'ecliansdn et son garc^'on se tenaient
di^bout toujours pres du prince. Devant celui-ci il y avait un vase vn bois ä
trois pieds, haut, contenant de l'eau. ün y meltait des bouteilles (>u crislal
avec diverses sorles de \in, df l'eau-de-vie et <\t' la liiere, l'i'cs de lui il y avait
uni> table ciiuverlc d'nni' napp(\ blauelie sur laquellc ctaicut des verres cn
cristal, des tasses eu argeut et en porcelaine. Ou vcrsait ä boire au prince
daus un verrc et i'i nionseigncnr le patriarche dans un aulre. Chaqn(> fois
([u'ils avaient bu un verre, tous les convives S(^ levaient; les autres buvaieul
1. Kn signc d'/ihniiitio, geste cncore en usnge dans les Etats barbaresques.
fl79] DKIJXIEME PARTIE. - LIVRE !'■•. 179
■^.ojJI ^}^y'\ ^ L«lj JsU <A^ju V3I AS3-I0 JD ^JJ ^Ul A-laju^ JO L.OJ ^^
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JiJL:.,- i_^l j^^-JI >:Jlj Vj c l/Ai-1 d^ijlc I»;- a;_^I jVjI a=-V jlOl
lj_.lt3 '>~lt d-LiaJl L'-Uw djjlij SjoLJI i^ifc lji..Ä_5 ^UJ L_Ji 1^1 Xs-y <tj^j^lj
^-xJl jJI •«-»-yLil J Lrlj '>^.i3J
1. L a deux fois ces deux mots. — 2. Lgrd 1700 habet :
r
daus d'autres verres et d'autre vln. Lorsque l'echanson lui donnait im verre,
il le goütait d'abord, puls le lui donnait. Les antres dignitaires appointös se
tenaient debout et les « postelnics » ä cote de lui avec des bätons d'argent.
Chaque fois qu'il avait bu plusieurs verres de vin, il buvait un bol de biere, car
eile etait froide; et apres avoir bu on mettait le verre daus l'eau ou on lui en
donnait un autre. A la place oii le prince est assis, ou son füs, ou la princesse
et tous les boiars, les grands dignitaires appoinles de Moldavie, de Valachie
et du pays des Gosaqucs, il y a toujours une icone au-dossus de la tete avec
un rideau, et un cierge qui brüle continuellement devant ricone.
Moi, je tenais la crosse et je restais devant eux avec mes compagnons et
les pretres et les diacres peu nombreux du palais. Son Altesse le Prince fit
signe au « postelnic », qui nous conduisit ä la salle oü nous avions dejeune ;
un des garcjons de la maison du prince tint la crosse, ensuite je revins et la
lui repris. On ne cessa d'apporter des assiettes pour remplacer celles qui
etaient mises et cela jusqu'au soir. 11 se leva et Ton fit la priere pour la table et
monseigneur Ic patriarchc benit le prince et la table et lui fit ses adicux.
Nous partimes cn voiture pour le couvent.
Quant ä la modestie du prince, ses connaissances, sa perfection, sa belle
intelligence, ses etudes dans les ouvrages anciens, modernes et turcs, son
habilete dans la discussion, nulle intelligence humainc no saurait les reunir.
En verite, il etait comparable aux premiers rois de la Grece, memo il les sur-
180 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE U'ANTIOCHE. [180J
OjLkJl « ^ ^^^ e-'-o^l '*-^j ^^ \r^ Ijl^ LJ jJI i_5s iJil; cJl^ «cJ^ jV
jUJIj ^LiljU-Vl jl ,_5::=-j jj^ Jali Sj^'aJIj ^UiClIj /-l^^Jl^ j^*^b ^^'j aJjILJIj
dl_j-U L^lj L'jJl ^t-«f- ^ •~J3^f" jLx5 JjjLll ÄLk>j LLsjU di'j ^r'-^i^-^ jl ö^^ "^
i»^U^ v^lf-V '-iiJij jc-^ c^__S\ is«.«^>j <>J^U-3 Aj^i5s,,»j U^»-^' Uj'Lvj U^oIj i-Cä».!!
passait ', parce que sa parole faisait autorite dans Ic monde entier a cause de
sa generosite et de sa bieiifaisauce, non seulemeiit eiivers les patriarches, las
metropolitains, les pretres, les moines, les laiques, les cglises, les couvents,
au point que les « agas », les negociauls, les Turcs, les derviches et les
marchaads ne juraient que par lui. Mais il etait deteste par eux le plus
souvent; il ne m'est pas possible de reunir cela ni tout oe que l'ou disait ä ce
sujet. II etait connu dans tout le monde. Les empereurs et les seigneurs de
Moscovie recevaient ses lettres avec respect et traitaient avec tous les hon-
neurs celui qui en etait porteur, et cela parce qu'ils avaient appris avec quel
zele il faisait construire des eglises et des couvents et faisait du bien ä tout
le monde. Le roi et les seigneurs de Pologne- faisaicut de meme, Hmilnitzki
1. Sur la personnalite de Basile Lupu et son influence en Orient, M. N. longa dit :
« On trouve du temps de Matthieu et de Basile vers la moitie du xvii'' sieclo des
prelats (|ui mentionnent ces princes a la place des Cesars, Basile juge entre les moines
du rnont Sinai, rempli egalement de donations rouinaines, et le patriarche d'Alexandrie.
II nomme ä Jerusalem des cliefs du palriarcal choisis parmi les moines qui l'entourcnt
(tcl apres Thcopliane, Paisios qui passa des longues annees en JNloldavie et en Valachie).
" Les patriarches d'Alexandrie eux-memes vivent par la gräce de Basile qui payait aussi
le tribut du Mont Atlios. La grande eglise de Constantinople, dont il couvreles detlcs, se
soumet ä l'administralion du prince magnanime et en re^oit unc nouvelle conslitulion.
Les nietropolilains grecs sonl contraints a sc rcndre dans leur diocesc, cessanl Icurs
inlrigues haliiluelles aupres de la Porte, ils se declarent preis a acccpler la punitioii du
prince pour leur inobedience eventuelle. Les palriarclics selevcnt et tombcnt par sa
Yolonle et Tun d'entre les Cirecs les plus lellres, Atlianase Palellarios, longlemps abrile
dans un couvenl de ("lalalz, ecriten vers lieroiques les louanges de ce « nouvel .\cliille ",
qu'il di'clarc considerer comme successeur des empereurs et clicfs de la chreticnte
Orientale.
(( Les princes rouinains et surlout Basile faisaient et defaisaient les patriarches, don-
nant par exemple ;i .Jerusalem des chefs religicux pris dans les monastercs dedies des
environs de Jassy ». N. lorga, tlistoire des Etats Bidcaniques ä l'epoque moderne,
Bucuresli, IDl'i, p. 57 et 72. Cf. N. lorga, Vasife Lupu ca urnii'itoi- iil impäralilor de
rasiiril, Bucuresli, 1913, pag. 21-27.
â– 2. Le Tzar de Russic le nommait le riche et poli prince de la Moldavie. Papadopol
[181] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE l". 181
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As^lj in". ' (.Ir^'j j^"^' (3* -"t^:*: "*^b ^J^ (^v* ^>^~^^i
1. L habet : i^-Uc. — 2. L habet . avant ^.
et les Cosaques prirent sa fille, le Khan des Tatares encore plus, Fempereur
d'Autrlche, le roi de Hoiigrie et les Venitiens.
II fit imprimer dans son temps beaucoup de livres ecclesiastiqucs,
d'ouvrages la'iques et de commentaires, en Moldavio, chez lui, dans la languc
valaquo, parce qu'autrefois les sujets lisaient le serbe, c'est-ä-dire le russe,
car depuis la Bulgarieet laSerbie jiisqu'en Valachie et enMoldavie et jusqu'aux
pays des Cosaques et jusqu'en Moscovie, * tout le monde lisait le serbe ; tous ' iv.i, 3'i
leurs livres sont ecrits ainsi. La langue du peuple de Moldavie et de Valachie
est le valaque. 11s ne comprennent pas ce qu'ils lisent, c'est pourquoi il bätit
pour eux pres de son couveut un grand College' en pierre et fit imprimer
pour eux des livres dans leur langue. Les Serbes, les Bulgares, les Cosaques
ainsi que les Moscovites ont une seule et meme langue avec des difförences
suivant les epoques, mais la langue de leurs livres est la meme pour tous.
Calimach, Gheorghe Stefan, p. 74. En iü50 Basile rcQut l'indigenat polonais. Engel,
Geschichte der Moldau, p. 269. L'eveque de Gnesen Mattliieu Liubenski le rcmercie
pour ses Services. Cf. E. Cioran, Ciilcttoriile patriarhuhii Macaire, p. 17.
1. Le College fonde par Basile ä Jassy avec son premier recteur Sophronios Pociatcki,
recteur de Kiev, avait comme objets d'enseignement : la grammairc, la rhetorique, la
dialectique, rarithmetique, la musique, la geometrie, raslronomie et la theologie. N.
lorga, Istoria Bisericü Romane, vol. I, p. 30S-.300.
182 VOYAGE DU PATRIAllCHE MACAIUE D'ANTIOCHR. [182]
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J_^ ^3 'Ol A'i-jlJl l." >^»i 0;lL) >li!>Uil (v-l ,e^ J* (^-*^'l ^iLJl y^ iT-'-'
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i^lcl ^ ,_,Ju-i- aJÜ^ ^ <£ljt« j^'ljjjlj jLS ,_ül3ij '^j'-^^-s" AjIjo- Vo ^^3 «CA^M
^jU>- o'^j-i' i_~l>- :>*£- y Lij jl=- oü "*AJLt' AiAs- ooLs- «i^ -»«j;-» ^-— ^'' (_y_y^
1. Note marofinale. Lo-rd 1700 habet: J~^U v_t-C_J! ^)i ü.^. — 2. L om.
^•
XI. DesCUIPTION de l'eGLISE des TrOIS HlERARQüES.
Le mcrcredi matin 9 fevrier, le prince lui envoya par sou Sloudjer,
parce qu'il s'interessait ä tous ses actes, un mautelet de drap noir double de
zibeline et un cafetan de salin, avec de l'argent pour ses depenses, et lui
promit de payer sa dette enti^re. Du palais jusqu'au couvcnt 011 apporta ces
cadeaux sur les bras. La veille au soir du samedi du carnaval, il n'y eut pas
pour le memento des morts de solennite dans les eglises selon l'usage. Dans
la journce du samedi, rbegoumene du couvent qui a pour patrons les Trois
llierarques, iuvita monseigneur le patriarche : nous y allämcs en caleche.
Cc couvent est unique et magnifujuc ', il a l'aspect dune ciladelle et est
entoure d'un rempart de pierre. Au-dcssus de la porte est le cIocIkm'-, et
riiorloge de la ville entierement en fer avec de grandes roues. Les cloclies
sont susptiudues par en haut sur un echafaudage en bois; il y a une celluli"
au milieu. Une corde en fer penetre par le plafond au-dessus jusqu'au bord
de la grande cloche; i\ ce fd de fer est attaclie un lourd marteau de fer.
jjorsque vient le temps de sonner, une longue pii'ce de bois sort par la
1. Le couvent des Trois llierarques fut bäli cn 1030 et dediö an Moni Allios. Sur les
inscriptions des Trois llierarques, cf. N. lorj^a, Inscriptii, vol. II, Bucurcsli, lüOS, p. l'iO.
— 2. Le clochcr du couvent des Trois llierarcjues fut demoli, niais on conservo l'ins-
cription qni nous apprcnd qu'il fut hAti en 7146 (1638, le (i avril . \. lortja, Jnscriptif,
vol. 11, Bucurcsli, p. 150.
[183] DRUXIKMK PAIITIE. - LIVRR I '. , 183
^5l AU.JI <<^\^ \^j\s>~ \^\j ^i j;.LJl ^jay>^\ ^y^' Oo_r=*- "-^ r^-^^ ^^ ö^
feiiötrc Je la tour et le plus leger mouvemeut sullit ä mouvoir la petitc cloclio
suspcndue par son sommet au dohors — • ou Tappelle « avertisseur » — ou
pour avertir les geiis et qu'ils ecoutent, piiis eile s'arrete. La corde do fer est
tiree en bas paY les roues, le marteau s'eleve et descend sur le bord de la
cloclie; eile se met ä sonner et est entendue de tonte la ville.
L'eglise est au milieii du couvent'; eile est toute en pierres de taille et
1. Voici l'etat actuel de l'eglise :
« L'eglise des « Trois Hierarques » peut elre consideree comme le chef-d'ceuvre le plus
remarquable par la richesse et par ses ornementalions. Neanmoins, eile ne peut rivaliser
avec la sombre elegance des eglises de la belle epoquo, la maniere exuberante dont ses
murailles sont couvertes d'ornements indique une decadence du goiit. l.cs proportions
cependant sont harmonieuses et plus reus.sies que Celles des öglises des cinquante annees
qui l'ont precedee.
« Les dispositions exterieures de l'eglise ne different guere de Celles que nous connais-
sons des la belle epoque de notre archilecture, si cc n'est Tadjcnction d'une deuxieme
tour sur le pronaos, de meme hauleur que celle du naos et ä socles pareils, c'est-ä-dire
une etoile ä douze pointes reposant sur un soubassement carre.
« Autrement, memes fcnetres, petites au naos, plus grandes au pronaos et surlout ä
l'exonarthex, möme corniche en cäble qu'ä Dragomirna. Ce qui fait l'originalite de la
bätisse, c'est la decoration sculptee qui la revet en cntier avcc une teile profusion qu'il
n'y a pas une pierre qui ne soil travaillee. Les motH's les plus divers s'y rencontront et
s'y coudoient : Motifs geometriques, motifs floraux, rinceaux d'allure occidentale,
inolifs renaissance, ornements arabes, byzanlins, persans et surtout caucasiens. Les
creux sont colores en azur et les reliei's sont dores. Plus de vingt bandes decoratives
ä Sujets tous ilifTercnts se superposent du socle ä la corniche superieure et couvre comme
une passenienterie continue toute la faijade. Sous la corniche, dcux rangees de petites
niches ä arcades trilobees et en accolades couronnent ce parement; le rang inferieur est
Supporte par de pelites colonneltes renilees, pareilles aux colonnettes russes du
XVI 1° siegle. Le champ des niches est orne de vases persans garnis de Heurs.
n Deux larges bandes de marbre noir a rinceaux graves en creux et dores acoom-
pagnent ä la hauteur de la naissance des voütes le cable tors de la corniche mediane.
« A linterieur la paroi de l'exonarthex est pareillement couverte d'ornements sculptcs.
« L'eglise possede les trois compartiments, exonarthex, pronaos et naos, ces deux
derniers separes par une paroi ä trois arcades supportees par deux piliers ä soction
octogonale.
184 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [184;
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tout son exterieur sculpte avec art, qui stupefait Tesprit du visiteur. II n'y a
pas l'espace d'un doigt qui ne porte de sculpture et les corniches au-dessous
de Tauvent avec deux bandes de pierre noire sont aussi sculptees. Elle a
deux coupoles tres hautes. Ou entre dans Töglise par deux portes suivant
rhabitude du pays, une au sud et une au nord. Au-dessus de chaque porte,
il V aune fenetre haute et etroite avec des lucarnes rondes. Dans le mur de
l'ouest, il y a deux autres fenetres avec des lucarnes semblables; cet endroit
est une voiite en croix. Dans le haut, il y a l'image de la Trinite. Au-dessus de
la porte de l'ouest, il y a la peinture du jugement dernier plus belle quo celle
« Les absides sont eclairees chacune par trois fenetres. 1,'ornementation interieure est
egalement des plus riches. Dans le pronaos, quatre niches ä baldaquin placees sur
les oöles sud et nord abritent les pierres tombales de la famille princiere et ä l'entree du
naos, abritee par une construction dune grande richesse, se trouve la cliässe de sainte
Parasceve.
« L'eglise a ete entierement restauree sous le regne du roi Card I" par rarcbitecte
frangais Leconte de Xoüy qui a aussi restaure Teglise episcopale d'Arges de Yalacbie,
dont l'eglise des Trois Hierarques est le digne pendant en Moldavie.
« Tandis que les grandes lignes d'architecturc et des parties conslruclives respectenl
la tradition moldave, rornementation par contre nous montre des intluences toutes
nouvelles et oü nous ne pourrons meconnaitre ni rinilucuce Orientale venue du sud,
ni linfluence russe qui sc traduit surlout par les colonneltes des petites arcades qui se
trouvent sous la corniche.
" Larcliitecte de ce bei edifice est connu, il se nommait lenachc ou lonasco) Etisi de
Conslanlinople. On se trouvait donc devant un probleme du mömc ordre que pour Dima,
l'arcbitecte de Dragomirna. Un maitre meridional connaissant rornementation de
rOrienl musulman ainsi que celle du Caucase et rornementation russe se servait pour-
tant encore de maitres ma(;ons ou tailleurs de pierre au courant de la tccbnique gotiiique.
Los nombreux signes lapidaires rjaon Irouve aux Trois Saints en sont une preuvc.
« L'intluence russe s'est traduile surlout dans la döcoration peinle. Basilc Lupu avait
demande au grand prince de Russie de lui envoyer des decoraleurs et ce sont des
peinlres du corps imperial de peinture qui vinrent dans ce but ä Jassy. On connait les
noms, ils appartiennent aux premiers de celte etile. Celle peinture primitive a malheu-
reusemcnl disparu. » N. lorga et G. Rals, /'Art Roumain, i'aris, l'J22. p. 3(j4-3ü7.
[185] DRUXIKME PARTIE. - LIVRE 1-. 185
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^\s. cJ^^j^ jy^\ (^!Mi ^ ■c„ä)I ^LjI. jjä*_ (»t^^ („rJJ i3^ tl^^rrt'J^ ■^ -5
1. Lgrd 1700 habet : ^^\. — 2. Lgrd 1700 habet : IhUj. —3. Lgrd 1700 om.
que nous avons vue ä Vaslui, et des Turcs avec leurs vetemonts de difTerentes
coldeurs, coifFes de leurs turbans et de leurs hauts bounets.
Sur les autres murs, il y a des peinturesde « Tout ce qui respire » et toutes
les creatures du monde eutier, depuis Thomme jusqu'aux animaux domcs-
tiques, betes sauvages, des oiseaux, des arbres et toutes les plantes, de
quoi emerveiller les visiteurs. Easuite « gloriliez Dieu dans ses saints, avec
les cymbales et les iifres, les jeunes hommes et les jeunes filles et tout le
genre humain et les musiciens », d'apres leur rang, et « de toi se rejouit »,
« les jeunes lilles et les rois et les juges » seien leur rang; tout est en or et
en lapis-lazuli.
A l'entree, au-dessus de la porte de Touest de l'eglise sont representes les
Trois Hiörarques — eile est bardee de fer, couverte de sculptures et de travaux
d'art. Par eile on accede au narthex. Dans ses murs, ily a des niclies oü sont
les tombeaux des fds du prince et de sa premiere i'emme, * la princesse, recou- * ini. 34 v
verts de rideaux d'etolTc de soie brodee et de brocart d'or ; au-dessus ily a des
lampes en argenl consacrees qui brülent jour et nuit ainsi que des chandeliers et
des cierges. II y a quatre fcnetres avec des lucarnes rondes, deux dans chaquc
mur. [On y trouve aussi] le portrait du prince et de la princesse defunte
qui a ete peinte de son vivant, puis ceux de trois fds morts successivement en
Russie, VL'tus richement et coifTes de leurs calpacs ornes de zibeline et d'ai-
grettes. A gauche de celui qui sort par la porte dans le mur, est peinte
ISO VOYAGE DU l'ATRIARCIIE MACAIRE D'ANTIOCHE. [186]
^_:s^lc j^^ ^ (^jpJl j_5)l i^li^AT J' pA^-^3- (3^^' ^ i^-^f?" k:^'^ v^.!/^
1. Lgrd 1700 habet : Ji^a J,l.
l'eglise tenue dans la main du prince sur laquelle sont representes les Trois
llierarqiies qui rolTrent ä Jcsus-Clirlst, qui, enloure de ses anges et de ses
apötres, le benit. Dans la haute codpole du narlhcx est suspendu uu lustro
en cuivre, tres grand, artistique. Dans cet endroit il y a aussi des images
rares, surprenantes, telles qu'il m'a ete impossible de le retenir en depit de
mes elTorts. On entre vers le choeur entre deux colonnes, deux pilastres
octogonaux sculptes et peints en vert pistache, qui ne different pas de la
pierre verte; cnlro elles, il y a des rameaux (?) d'or de haut en ba.s'.
1. Nous citons ici l'opinion du voyageur Analole Demidov, pour donncr une idöo de
ce que pensaient les etrangers de ce monument.
« Jassy n'est point comme Bukliarest, riclie ori eglises; soit que los hoyars nioldaves
des temps passes eussenl moins de mefaits a cxpier quo ceux de la N'alacliie, soit que la
foi alt manquc, la capitale de la Moldavic ne compte pas un grand nomljre d'ödiliccs
religieux, mais encore. parmi ceux qui existent, faut-il rcmarquer une elegante oglise,
monument trop ciiricux pour qu'un voyageur puisse oul)licr d'cii faire monlion. I<'lle est
entourec, selon l'usage du pays, d'un monastere spacieux autrcfois fortilie et consacrc ä
trois saints : sainl Basile, sainl Jean Chrysostomc, ßossuct oriental, et saint Gregoire le
Theosophe, y sontäla fois reveres. L'eglise est construite en heiles pierres, deux tours
clancees la surmontent. La surface entiere de rödifice est recouverte d'arabesques d'unc
admirable variete, sciilptecs en reliof, sur ehaque assise de pierres; ses fenfttres etroites
ne laissent penetrer a rinterieur qu'iino faihle himiore qui lulte a pcine avec c(dlcs des
lampes religieuses, allumecs nuit et jour sous ses trois nefs. Des fresquos d'une naivete
remarqual)lo rocouvrent les somhres murs du sancluaire. Fondee par le ^'oevodc Basile
vers l'an l(')'2'2, celte riebe cUapelie i'ut dabord toule dorec a rinterieur, mais trois fois
rinccndie et )e pillagc vinrent la ravagc^r au temps des incursions des Tatares: sans
comptcr qu'cn 1802 un tremblement de terre faillit la ruiner enlieremenl. L'eglise des
trois saints, Trcsplietitili, tel est le nom qu'on lui donne ä Jassy, a possede autrcfois un
triisor proeieux doiit cpielqucis debris subsistent encore. L'un des [jIus curieux debris est,
Sans conlredit, hi collcctidii de lahlcaux brodt^s par bi ]ii-incosse Tbdodocde, feniine de
Basile, le pieux fondaleur. l^es ouvrages dune rare pcrfcctioii reprösentent en grandcur
fl8] DEUXIEiNIE PARTIE. — LIVRE l". IS7
;-_^ ^LU^j ^Urjlj rJ-^'l ^b _r»^^ o'-»^ '»^'T" <.U^1.5j AtL-ill ■■r-rr^ v^-^ ^-'-J
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j-jUl Ji-ji-i« (j^J f^j Ia-u«1^j "uJit ü^kj |_5Li)l JslWI ^ jp-uJl i^ß--,^!
Jk...Ä. "»^jli-J A.li-l.i JjAl^ f^-^J-* V^J l^-J ^.^ f''^-^ C"-'"^- ^^ C ^^
Le tröne du prince est derricro un pilastro tounie vers rorient, commc
dliabitudc, avec de haiites marches, et iine coupole. Tout est eu feuilles d'or
d'iin tres beau travail, rinterieur est en velours rouge, les marehes et le sol
sollt couverts'en drap rouge. Au sommet de la coupole est une croix et au-
dessus deux aigles merveilleux, (ju'on prendrait pour un ouvrage d'orfevre.
A la droite du tröne dans le mar du sud, il y a une grande arcade, dont les
colonnettes sont en niarbre blaue, recouvertcs de sculptures d'art ; on y
monte egalement par des marches de marbre. Au milieu est la chässe dont
rinterieur et l'exterieur sont en velours rouge, orne de clous d'argent, avcc
naturelle la princesse elle-meme, habile artiste, qui a su donner un air de via ä ses por-
Iraits d'or, de soie et de velours; vienl ensuite son fils, l'aine de sa race et de ses vinst-
sept enfants. Le costume de boyard qu'on retrouve dans cette naive representation, tient
beaucoup plus du vetement hongrois que de l'habit oriental. On conservait aussi dans
cette riebe basilique le portrait du Voevode lui-meme; mais cette image, derobee par
une main inconnuc, Tut enlevee du sanctuaire il y a vingl ans. Tout d'abord, le clerge qui
avait la garde du trcsor, fut accuse de cette fraude que juslifiail en quelque sorte la grande
quantile de perles dont la royale brodeuse avait parsemc la robe et le bonnet de son noble
epoux. Mais si le portrait de Basile a expie un larcin infame, la riebesse de son vetement,
il est heureusement dcmeure intact sur une fresque qui permet de contempler les traits
du Voevode dans le plus pieux de ses triomphes, ä l'instant memo oü l'eglise etant
acbeviie, il la porte toule entiere dans sa main, pour la consacrer a ses Irois patrons qui
le l)enissent du baut du ciel. Ce n'est pas tout; une fois ce temple erige, Basile dans son
ardeur chretienne resolut de le sanctifier encore. Depuis longtemps, les rcliques de
sainte Venerande, profanees, etaient au pouvoir des Turcs : Basile sut les racbeler des
mains des infideies: les resles vencrables furent apporles en triompiie sur la terre
chretienne et le Sultan lui-meme ne dedaigna pas de les accompagner jusqu'aux confins
de son empire. Teile est du moins la sainte legende expliquee par deux compartiments
de peintures qui surmontent la chässe d'une riebesse remarquable oii sont exposees les
reliques, objet de la veneration des fideles. >> N. lorga, Tapiteriile Doamnei Tudosca,
Bui. Com. Mon. Ist.. An. VlIL fasc. 32, Bucuresti, 1915.
i> A la suite de la restauralion recente, il ne reste presque rien de ce que le pieux
fondateur a fait en depensant tanl d'argent avec les meilleurs artistes de Russie pour
glorifier en Moldavie son nom, comme le Voevode Neagoe la fait en Valachie. Son
epouse, artiste, s'est appliquee a faire des tapis et des rideaux d'un aspect merveilleux
comme aujourd'bui on n'en fait presque plus. » N. lorga, ibid.
188 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRR D'ANTIOCIIE. [188]
^l>^A..ijl *»»jAiüi -\._*- '^ uSjLTj lj-^^>c — s U b»i>LZä ,_„5tt o"^'J *-^ w>-«L_»j y»js-l
j»-Ä« ^,W,Läil JaiU- (^93 ijl(i3 vAJ Asy' »_«AJ3 A^3 ^IjUJ Lj"«i Ji-li«3 cil'i »~&j
Ujj 1*3; U- 'J jV ^_ÄäI« |_5J; üXi- (_^l ij^'l Lfcj^,^Ia=-l >_i03 Laj-Ls^ JUo-3 IjjIj^
^..^ »S3 ^u^3>ii^ CjU33^=>t^ A..!.h''f?,,,ei| jJjLJi (T'^-'lj J •— ' ,'»-' >l,'la>Llo ^^1 ,>ol3 AJU-ij
^jJ dUi ^^3 ^r-y^b (»ia^ oUnkxi \>\ß ^^Jy=- J^ (3*3 l/L*^^ i^ ^■^■^'^ jj—'J
1. Lgrd 1700 om. U/i Lo.
une seiTurc merveillouse qu'on ouvrit devant nous. Nous nous prostcrnüincs
et baisämes le corps de sainte Parasceve' la Bulgare, la Nouvelle, qui a etc
transportee de Gonstantinople de l'eglise du patriarcat, du depöt des corps
des saintes, dont nous avons baise les reliques, comme nous l'avons dejä dit.
On a paye du patriarcat plus de deux ou trois cent mille [piastres] pour
les remettre en bon etat et ccla fut impossible. Elle est, comme pendant sa
vie, couverte de volles en tissubrode et d'aulres choses. Au-dessus d'cUe sont
suspendues des lampes d'or et d'argent qui brülcut jour et nuit. Sur le mar
de l'arcade sont representes son supplice, le Heu oü eile fut enterree, et le
detail de son transport par les Turcs jusque-Iu. C'est une reuvre artistiquc.
Lorsque les prelats apporterent son corps, le prince designa ses capidjis
pour Taccompagner par surcroit d'honneur et pour se rendre pnr cc'a plus
glorieux.
Le choeur, comme celui de l'eglise du couvent de la princessc, forme
deux absides rondes au nord et au sud ; les trones ajoures, en cy[)rcs et en
ebene, sont artisliques, travail de ('onstantinoplc; le trönc episcopal est
le premier. Dans cliaque choeur est un lutrin incrusle dos et d'ebeue
1. ("f. \. hirga, Inscriptii, vol. II, p. 150-15.'5, Rucuresfi, lOOS. Les reliques de la
s.iinle Parasceve, qui a souiferl le martyre en Scrhie, fureul appjrlees de C-onslanli-
iiople avec la henrdiction du palriarclie Parlhenc. La cliasse fut acconipagnee par Irois
melropolilains : Joanniee de Ilcraclee, Parliiene d'Andrinople el Thcopliane de Palaio-
patrai. Le prince lui-meme et parmi les prelats du pays Euloge de Roman et Georges de
Husi sortirent ä la rcnconlre des reliques ä Galalz el ä Ismail. Basile lui-iiirme allail
derriire ellcs. \. lorga, Istorin Biscricii Itomiinc, vol. I, p. 1507-308,
ri89] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE I-. 189
■uLs ^i& ö- ,^rr^ jj"^^^ ^' iJ-^'-<'3 CjLJIc oläj-i.»-« ^.liol iA* ^.^«3 ^^^;
^1=.^; vAcLi; ixjjl ' JoLjll "-"'j-:^ f^-^i i^j^^: jl^L-i o'^y^ ^ -^.^ ls'-5
jU i^il3 "O^Üa. i>l:!l <Jiä.lj üJ..Jlj AlJl ij.il UI3 ^^Lu aJ U Ij^ ^^,ä^ * loi. 35 r.
i_^.55 4jaS JjLij>v„Ä« j»^ Viü
Jl_j
1. Lire : J-C^]!, au singulicr.
seulement, un vrai plaisir pour la vue, et recouvert en drap rouge. La
coupole du choeiir est tres haute et au plal'ond est pciut le Christ qui benit.
Les coupoles de cette eglise sont claucees et hautes. On y voit suspendu le
grand lustre compose de seize pieces toutes en argent dorö et cisele, d'un
ai't surprenant. Daus rintcrieur il y a en un autre en forme de coupole avec
des arcs.
Dans les murs de chaque choeur il y a deux fenetrcs avec des lucarnes
rondes. Devant les portes du sanctuaire il y a quatre chandeliers de cuivre
jaune sans pareils dans leur dessin et leur fabrication, puis deux autres
grands en argent. ])e meme le symbole a quatre series merveilleuses * sans 'loi. ssi-
pareilles, l'icone de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, l'icone des
Trois Hierarques et celle de saint Nicola^. EUcs ont ete faites ä Moscou en
arnjent et en or ' .
1. JLi.squ'aujourd'liui on ne connaissait pas exactement l'auleur des Images dcreglisc.
M. Sylviu Dragomir a decouvert ä Moscou une seric de documents pubHdS dans les
Annalcs de TAcademie de Bucarest.
Nous donnons ici quelques details : on a acheve l'eglise, les murs, les cellules, la
Irapeza et le clocher cn avril 1G38, et la consecration eut lieu un an apres, en mai Iß.'ä'.i.
A Celle cpoque, l'eglise n'avait ni icones, ni peintures murales.
Pareille cliose est arrivee ä l'eglise du Voivode Neagoe : Curtea de Arges, qui fut
consacree en 1.517, neuf ans avanl rexeculion de la peinture. D'une lettre du 13 septem-
bre 1(338 adressee ä Feodor Feodorovitch Liliacev, nous savons qu'il avait liui l'eglise et
qu'il avait en Russie ses peintres pour faire l'iconostase et le crucifiement selon notre
coutume ccclesiastique. II envoya la lettre par Fintermediaire de Isaie Eustalievitcli
Camarasul, laissant ä son appreciation le sein de diriger son messager et, en echange,
son nom sera mcntionne aus Services dans rarchevechc nouvellement bäti.
La peinture des icones fut vite terminee, car le 12 juillet 1639 le prince ecrivait
par son messager au Tzar : « Nos hommes qui executent ce travail, apres l'avoir fini, qu'ils
190 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [190]
i_)j-o ^Ji ,1j Ij 4ji) j/ ij j*«a)i wij iAlJi aJ«ü ^sJI ^Ic- igSj L^i ._^j ij-iy. f*r>*"
J)j^x IjiV lyi~j^ Vj l^rüi^ij Vj M-^l 4„JiCJI üÄA A^jLj A_^ Jj^^ "^j f!Mi.H Vj
1. Lgrd 1700 habet : ^idsr". — 2. LgrJ 1700 habet : \
'c*r*9"*
Le sanctiiaire est tres beau et elegant. Autour de son abside il y a diffe-
rents arcs entremeles pour ronier, tous dores en feuilles d'or. Dans la pre-
miere place il y a trois fenetres avec des lucarnes rondes et les colonnettes qiii
les entourent sont aussi en feuilles d'or. Au sommet de la voüte il y a l'icone
de la sainte Vierge. Les peintures et les Images ä l'intörieur du sanctuaire et
ä l'exterieur sur les murs sont en feuilles d'or et en lapis-lazuli, d'une beaute
incomparable. Devant la porte du sanctuaire il y a une tres grandc lampe
d'argent. Tout le monde est d'accord pour dire que ni en Moldavie ni en
Valachie, ni cliez les Cosaques, il n'y a une eglise qui egale celle-ci, ni par
rornementation, ni par la beaute, car eile emerveille le visiteur. Dieu la con-
serve jusqu'ä la consummation des siecles! Ses chandeliers d'argent, ses
retournent chcz nous, car par la gräcc de Dieu, l'eglise est achevee et nous altendons seu-
lement pour l'orner, les ornementalions qu'on execule dans ton empire orthodoxe tres
grand. » Le 29 decembre 1039 les icones etaient a Jassy, ou tout au moins une partie.
La peinture de l'eglise fut execulee par des peintres de Moscou. En 1648 le prince
s'adressa pour la deuxieme fois aü Tzar par rinlermediaire des messagcrs : Eustrathic
Mitnin, le moine Silvestre et deux boTars moldaves, avcc le peintre Micolai, afin de
demunder des |)eintrcs pour executer la peinlure di3 l'öglise des Trois llierarques. A la
suile de la lettre du inois de mai quo Basile avait envoyöe au Tzar, sa demande fut
salisfaile et renipereur lui cnvoya deux peintres : Sidor Prospeev et Jacob Gavriluv. Au
commenccmenl de juillet les peintres se trouvaient ii Jassy, conime nous le savons par
la lettre du 19 juillet. Lc travail comnaenga l't^te de 1641.
Le promier peintre est connu comme un des meiUeurs de l'epoquc, le deuxii'ine
Test moins. f^e deuxieme peintre mourut et Basile domanda en döccrnbre ip'on lui on
envoyät un autre. I>e Tzar lui en cnvoya encure deux. Ils commencerent le travail en
fcvrier 1042 et retournerenl avcc son messager, Michel Ivanov; le 17 aoüt ils se trouvaient
il la fronliure moscovile.
Pour les delails cf. Annales de PAcndeniie Rouniaine, t. .\\XI\', Mem. See. ist.
« Iconografi rusipenlru bisericilc moldovene », p. 1081-1092 et Bulelinul, An. V, Uucu-
rcsti, p. 110-114.
[191] DEUXIEIME PARTIR. — F.IVRE I". l'Jl
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ljl[^H) LL«.li3 ^_yljJLJl li^-^=>-3 *~-~L50J IJJs-i jl ^)l ^^«;;-»f- ^^J\^\ \y-j^ '»-^ L^l
1. L^Tcl 1700 habet : li^-'L^'-
volles brodes d'or avec des pierres pröcieuses, ses chasubles, ses aiibes, ses
caliccs, ses lampes, tous ses vases sont iuappreciables. Le dallage taut ä
riiitei'ieur rpi'u l'exterieur est de marbre bbuic et noir aiusi qua toute la
construction de ce couvent, les cellules et les chambres. Le refectoire a
la voüte eil piorre. Un peu plus loiii, pres des bains, est le g-rand College
construit pur le prince sur le bord du graiid etang — helesteu — ou vivier.
La veille du dimanche du carnaval, nous assistämes aux vepres dans notre
couvent et le lendemain aux matines. L'hegoumene du celebre couvent de
Galata', dedie ä rAscension, bäti par le Voivode Pierre, vint y inviter mon-
seigneur le patriarche. Monseigneur le patriarche partit en « sanie » trainee
par quatre chevaux noirs, parce qu'il etait tombe beaucoup de neige et qu'il
faisait grand froid, au point que nos ongles semblaient s'envoler. G'est ä une
heure et dcmie loin de la vlUe. Lorsque nous approchämes, on fit sonner
toutes les clocbes jusqu'a notre entree dans l'eglise. Nous assistämes ä la
messe et apres nous niontämes au refectoire.
1. Les documerils nous apprennenl que c'est une construction due aux arcliitecles
ti-ansylvains. Dans une lettre du 24 juin 1577 le Voivode Pierre annonga aux habitants de
Bistrista qu'il voulait bätir un couvent pour la gloire de Dieu. II demanda ä celte
occasion quinze ou seize homines. Ce sont peut-elre les premiers archilCLtes qui cons-
truisirentle couvent de Galata, aujourd'hui en ruines, dans la vallee.
Le Voivode Pierre bätit dans le troisienie regne l'aulre couvent de Galata, qui exisle
aujourd'hui. Kog, Le/., I, p. 236: N. lorga, coli. Iliinnuzaki, XV, p. üGi), cf. le document
en dale de 24 juin, 1577; Buletinul, An. V, Bucuresti 1012, p. 28-29.
Pour les autres details du couvent de Galata, cf. N. lorga, Inscriplii, vol. I,
p. 299 seq. ; vol. I, p. 15-16.
192 VOYAGE DU PATUIARCHE MACAIRE D'ANTIOCHE. [192]
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1. Note marginale. Lgrd 1700 habet : ...aA.^.
XII. COUVENT [et KGLISe] DE GaLATA.
Voici la description du couvent et de l'eglise :
II est tres grand et entoure d'iiiio clöture en bois, aiiisi que les cellules et
les cliaml)res : il fait plaisir ä voir et il est gai. De lä on a vue sur le palais et
Tetang [appele dans leur langue] helesteu ; tous les couvcnts ainsi que la
ville sont devant nous.
L'eglise est construite eu pierres et en briques et a deux coupolcs elancees.
Elle a deux portes, l'une au sud et l'autre au nord ; au-dessus de cliaque porte
est une fenetre haute. Dans le mur de Tonest il y en a deux antres ölevees.
En entrant par la porte occidcntale vers l'ouest, dans la douxieme [partie de
l'eglise], il y a quatrc grandes fenetrcs; c'est le nartliex, qui a unv seulc
coupole. En entrant entre les quatre colonnettes octogonales, le bi\timent est
en pierre jusqu'au choeur. Au-dessus de la deuxiöme coupole est suspendu le
lustrc. Devant le pilastre de la cnlonne de droite est le tröne dorc du defunt
prince, avcc une coupole surmontee dune croix et tont aulour deux aigles.
Au-dessus de leurs totes il y a deux couronnes toutes dorees eu feuilles d'or.
Le tröne episcopal est ;\ sa droite. Vis-ü-vis, sur le niur est le portrait
du Voi'vode Pierre, de la princesse, sa fenime, et de sa fille, tous coiffes de
diademes. Ils portent I'öglise en l'offrant au Christ qui, entoure de la legion
[193] DEUXIEME PARTIE. — LIVRE P-. 193
^r^J iS^JJ ^j ö" ^-^ Äf-L^ o^^ iyli-lJ>3 l^jli-j A^l_^_ i^JLi>- <i iJj_LJI ijyij
4jaj ÄAa-lj J^jj^^ (»fSyj C>_}J^\ j^jij 4^_X-JI .sL^VI AJÜlj Ja^_^l ^^^ AlJlj
1^3 <L-Äfc A^La. :1,La-U ,_^i- ^_AtUji ^[jujl ^J^yi .-)l_yj («1-^3 v^.3 c5^1)
ciJ-JI (_g-tl^ '^ji» ,3* ,_5J| ■A.^I_jxJl A-J OLa-*^ OLijiL« «liU^Ä« b^\ß ^' (j*J_>^'
t/J^^ UO* L?^ '^.'•^ '*^_/J 'SJ~^.? J^ t,Xs-\y\ >litl;_^-a-« jtJä« jLi jto^l
y K ..>. o L« Jj^l C^_w ^;*C- öy (J i^-VJl A-3-J1 AjVi "^1 KiX> \i ijy^ ■U.-^.j»- Jj^^oa
1. Lire : J_C^t, le singulier.
des anges et de la sainte Vierge, les benit. Lo choeur est en forme de deux
absides, au nord et au sud. Le sanctuaire est grand * avec trois fenetres »foi. ssv.
surmontees de lucarnes rondes coloriees. Les deux choeurs ont six lucarnes
rondes. Au-dessus de l'autel est un baldaquin en bois avec des colonnettes,
ä l'interieur et ä l'exterieur il y a des ornementations de Pologne avec des
fleurs et des lis, tout en feuilles d'or, d'un aspect magnifique. Une lampe
egalement en bois dore y est suspendue ; on ne peut la distinguer d'un travail
d'orfevrerie veritable tant eile est bien faite. Le symbole a deux series [d'icones]
seulement : la premiere comprend les apotres avec le Seigneur au milieu d'eux,
la deuxieme, les fetes de Notre-Seigneur surmontees de crucifix et au-dessus
des nimbes : Tun en argent, l'autre en er. Devant les portes du sanc-
tuaire il y a quatre chandeliers en bois dore d'un merveilleux travail'. Dans
le choeur il y a deux lutrins ajoures, sculptes, dores. Entre les colonnettes,
derriere le tröne du prince, il y a deuxgrandes icones moscovites magnifiques.
La premiere est celle de saint Demetrius et sa jument foulant aux pieds le
cheval de Lios, le sang sort de ses narines comrae du feu, la lance du saint
est brisee en morceaux; il tient un glaive dans sa main. Le verso est
entierement peint avec l'inscription : « Verbe de Dieu, fils unique,
eternel, immortel », choses trop subtiles pour que l'intelligence les puisse
1. Notre mobilier religieux dans ses exemplaires simples a des formes populaires et
originales, tandis que les frontons et les trones charges d'ornementations et de dorures
sont d'origine Orientale byzantine. Buletinul C^ n. Mon. Ist., An. 1915, p. 55-68 et 69.
PATR. OR. — T. XXII. — F. 1. 13
194 VOYAGE DU PATRIAHCHE MACAIRE D'ANTIOCHR. [194]
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1. Note marginale. Lgrd 1"
embrasser. L'autre icone qui est en face est celle de saint Georges et
derriere eile est celle de la Nativite. Dans le haut il y a les choeurs des
anges, les saints, et la sainte Vierge tient sur ses genoux un vase blanc
et long au milieu duquel est le Seigneur entoure de beaucoup de rayons de
soleil. Ensuite nous celebrämes les vepres.
Nous retournämes ä notre couvent et les cloches ne cesserent de sonner
jusqu'ä ce que nous nous eloignassions d'elles. Le clocher est au-dessus de
la porte du couvent.
XIII. — Couvent de Barnowski.
Le jeudi de la semaine de l'abstinence du froraage, l'hcgoumene du
couvent de la Dorraition de la Vierge, connu sous le noni du Voivode Bar-
nowski', vint inviter monseigneur le patriarche. Nous partimes chez lui en
« sanie » avec des chevaux ä lui. Moi, j'accompagnais toujours monseigneur
1. Le prince Barnowski conslruisit ä Jassy en 1627 l'eglisc de la Dormition de la
Vierge qui diffcre aussi tolalement du type moldave. L'eglise est lange et relativement
trapue; eile a deux tours basscs dont l'une est placee au-dessus de l'entree. Les voütes
sonten calotles spheriques. L'exonarthex supporte par des piliers est ouvert. Les petites
niches ornementales ont perdu leur caractere moldave, de m6me les feniHres qui ont
encore des moulures gotliiques, mais leur forme generale ne Fest plus ni celle des petits
motifs orncmentaux qui s'y sont ajoutös. N. longa et G. Bals, FArt Roumain, Paris,
1922, p. 364. On conserve ä Barnowski le portrait du fondateur et de sa fenime. N. lorga,
Inscriptü, p. 129, Bucuresti, 190iS.
[195] DEUXIEME PARTIE. - LIVRE l<". 195
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^J^l, J^\ '^ß^ (r*^*-=^ ^^ l5^ "^-^-y-J (3^^ ^J^ f^ t/^, ^-^ lS*-?
1. L om. ^.li. — 2. L habet : »-iä-M, erreur du copiste.
le patriarche quand il voyageait, dans la voiture et dans la sanie : la Crosse
devant lui et les hegouraeaes des couvents se tenant ä sa droite et ä
sa gauche. 11 benissait de ses raains le peuple dans les marches et dans les
rues, tandis que les Turcs nous regardaient. Nous enträmes au couvent.
L'eglise a deux hautes coupoles octogonales, rondes. Voici la description
des coupoles du couvent de la princesse : il a une toiture en dos d'äne elevee
comme celui-lä. Au-dessus du sanctuairel il y a une coupole haute, elegante.
Toutes les coupoles sont surmontees de cinq grandes crolx dorees. Les
coupoles, la toiture et le faitage sont recouverts de fer-blanc qui brille
aussi. Ce travail remonte au temps du prince Basile, parce qu'au commence-
ment la toiture etait en bois et fut incendiee ; on la changea au temps des
Tatares pour qu'elle ne brülät pas, ni ne füt volee.
A Jassy il y a des bains construits par le Voivode Basile sur le modele
des bains turcs avec des coupoles, beaucoup de marbre et des chambres trös
jolies'. Nous avons pris des bains plusieurs fois. 11 fit construire encore dans
1. Sur les bains en general voir Tarticle du Buletinul Com. Mon. Ist. oü on decrit
minutieusement les bains de l'epoque deMatthieu Bassarab et de Basile Lupu. Les bains
mentionues par Paul d'Alep et qu'il a vus ä Jassy, n'existent plus, ayant ete demolis en
1894. Par les relallons succinctes que le voyageur donne, il est presque impossible de
nous faire une idee de ce qu'etaient les bains d'autret'ois. 11 donne plus d'informations
sur les bains de Valachie pendant le regne de Matthieu Bassarab, mais ses renseigne-
ments sont insuffisants. Hcureusement un document de Matthieu Basarab en data du
20 avril 7150 (1642) du registre du couvent de Cälädrusani, qu'on conserve ä l'Aca-
demie Roumaine de Bucarest sous le n" 2077, nous donne une idee complete de ce
qu'etaient les bains ä cette epoque. Quand Paul d'Alep a vu les bains, ils etaient
röpares et en l'etat decrit par le document. Buletinul Com. Mon. Ist., An. 1910, p. 89-92.
Gf. N. longa, Inscriptii, vol. 11, p. 149.
196 VOYAGE DU PATRIARCME MACAIKE DANTIOCHE. [196]
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fol. 36r°. i^i/^ ■■*'^' ^^ V^ A_-1>J[)
JyDS JjVI (♦— ä)ls r-J^ lJi>-0 ^JS^ <>\ Vi ^S"«" 'f^'f^J f^' ''^'' i5*J
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^J_^ jUal- aJjS LJj ,_yä-ji j_)^ i5^ k-^'j y^j y,' '"*^ ^r*^ (^-^' ''^yi ^^^^yy.
1. L. Jjk^l, erreur du copiste. — 2. Lgrd 1700 om. -.-i^^, «-J-» ^y — 3. L
habet : tjy^.
son palais, pres de la maison de la princesse, un bain en carreaux de faience,
et un autre bain tres elegant pour son usage personnel et le sien avec beaucoup
de marbre et aussi des bassins. L'eau y etait apportee de l'etang par des
voitures. Quand il fut vaincu par ses ennemis, la troisieme fois, alors que le
palais 6tait vide, on chaufTa ce bain pour l'aga du Tresor. Nous y avons pris
des bains plusieurs fois. De Constantinople et en degä on chautTe le bain
avec du bois.
foi. 36 r°. * L'eglise a une porte a Toucst.
Elle a trois parties. Elle est toute en pierre blanchie ä la chaux k l'intörieur
et k l'ext^rieur. La premiere partie est pour les tombes. Le narthex a une
autre porte. La, sont les tombes des princes et des boiars. Un lustre ölcgant
y est suspendu ainsi que des lampes, des chandeliers, des cierges et des
icones. Au-dessus est la place oi'i se tiennent les feninies. ün entre ensuite
dans le cho:!ur. Au-dessus est le portrait du Voivodc Harnowski, fonda-
teur de cc couvent. 11 est repröscnte mont6 sur un cheval blanc. Lorsque le
Sultan Mourad le fit tuer, le portrait öclala. Au-dessous de ce portrait est son
tröne, oü il se tenait debout, eutiörement dorä. Uu lustre artistique est
suspendu ä la voüte du choeur el renfermc un petit lustre de prix en cuivre. Le
clioeur de niöme a des absides (Mrculaircs. L'iconostase est trös grande et les
|-197l DKUXIKME PARTI K. — LIVRE 1". 197
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^_5JUU ^c-^1 v_..äJ1 dUJI 4)1 ^_ Jy. J ^"Vl Jl (»^U-i; j^ l^ji Sj^Ij ys»
1. Note marginale. — 2. L habet : !jJ-i3l.
icones sont entierement moscovites, d'une grande valeur. Les elegantes colon-
nettes des portes du sanctuaire ressemblent ä des ceps de vigne sculptös, dont
les branches sont d'or et les grappes vertes. Le dallage est rouge comrne
la brique. La porte du sanctuaire est entierement ajouree, doree comme
dans les autres eglises. Le baldaquin de l'autel est comme celui du couvent
de Galata. Le pave de l'eglise est en dalles noires. Le clocher, extreme-
ment solide, est tres haut.
XIV. — Ordre de la friere qu'on dit pour le prince a chaque repas.
Nous montämes ensuite au refectoire. Les invitös, ä chaque table, com-
mengaient toujours par boire ä la sante du prince. Monseigneur le patriarche
SB levait, tenant la coupe ä la main, et disait : « par l'intercession de Notre-
Dame la Vierge, toujours Vierge Marie », et tous repondaient : a par leur
intercession, ayez pitie et sauvez-nous, Seigneur », puis « par la puissance
de la croix » et ils repondaient de meme. Et : « par les prieres des anges
et les legions des saints et des martyrs » comme il est specific dans le
missel, ä l'office de la prothese. Lorsqu'il en disait une, ils repondaient :
« par leur intercession » jusqu'ä la fin. Ensuite il dit : « Que Dieu accorde au
souverain qui aime le Christ, le Voivode Basile, la sante et la gräce ainsi
qu'ä sa femme et ä son fils! » 11 pria beaucoup pour lui, puis il but la coupe,
198 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRR D'ANTIOCHE. [1981
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Yl[A<Lv Tcarpoi; ivaTepwv ivoifAEva uoip.evwv Kai (puTiOtTTE «'tov Et; Tio'X'Xa sV/i. Tov AsGroTviv.
'yLoA A-s-jäj *-^ ^^r*" '^ rw)^ ^•^^y^^ j^ ^•^^ '*-^ '-• j"^
♦ fol. 36v°. öl_y,>» t>N^ .j|^..5 f_^. Jj ^5» (_U» j^^ JjäÄJi (_5L"l9 dUI S^-aa- ji J^l
1. Lgrd 1700 om. OÜUa*j.
tandis qu'il se tenait debout, et apres s'assit, et nous restions deboul. Chaque
fois qu'il buvait, il s'asseyait, et ainsi jusqu'ä la fin. Ces couvents, c'est-ä-dire
le couvent de Saint-Sabas, celui de Galata, celui de Barnowski, sont des legs
pieux appartenant au patriarche de Jerusalem. Ils burent ä sa sante, de la
maniere dont nous avons parle, tandis que monseigneur le patriarche restait
debout jusqu'ä ce qu'il eüt fini de prier pour lui et apres il s'assit. A la
fin, ils dirent pour lui le polychronion : « Que le Seigneur accorde de nom-
breuses annöes ä notre tres saint et bienheureux pcre, le pasteur des pas-
teurs, et : « [Seigneur] » ; gardez-le pour beaucoup d'annees. Seigneur, [gardez
pour beaucoup d'annees notre] Maitre et Pontife », puis « pour Kyr Macaire
d'Antioche et de tout l'Orient », comrae le polychronion pour le priuce. Nous
buvions ä sa sanle, debout. Le soir, nous descendimes celebrer las vßpres
avec de graudcs gc^nuflexions. Nous retournämes ä notre couvent en voiture,
parce que Ic patriarche n'a pas l'habitude de sortir sans niandyas et sans
voiture.
Le vendredi matin, nous vimes Son Altesse le Priuce lorsqu'il sortait en
procession et allait faire visite au mötropolitain du pays appelö Barlaam,
qui ctait malade.
'foi.3Gv°. Rcmarcine. Son Altesse le Prince Basile tenait * un divan chaque jour,
mais celui du saniedi etait special pour jugcr los brigands; il mettait i^i
[199] DEUXIEME I'AIITIR. — LIVRE I". 190
j^yls ,j=y^ jV^r*f^ J^^' j"^ jUüül i">^ JaI ^ ,j-?='^ kJ'S^'^ '*f^J (^ (^^"
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mort les uns et mettait en liberte les autres, car Dieu le Tres-Haut n'a pas
cree sur la surface de la terre un peuple plus mechant que celui de Moldavie :
tous les habitants sont des voleurs et des assassias. Pendant le temps que
Basile fut prince, presque vingt-trois ans, on compte qu'il a mis ä mort plus
de quatorze mille voleurs, cela d'apres les registres. II ne faisait pas executer
un coupable des son premier crime : d'abord, il le faisait fouetter et marquer
au fer rouge, il faisait publier soa crime, puis le mettait en liberte. En cas de
recidive, il lui faisait couper une oreille ; la troisieme fois l'autre, la quatrieme
fois il le faisait executer. — Nous avons vu chez eux une chose, dont Dieu
nous preserve! — leurs pretres etaient chefs des bandes. — Malgre tout cela
il n'en venait pas ä bout. Quaat ä leurs femmes et leurs fiUes, elles n'ont ni
pudeur ni honneur. II [le princel etait fatigue de leur couper le nez, de publier
leurs crimes et de les noyer par milliers ; il demeura impuissant.
TABLE DES MATIERES
AVANT-PROPOS 3
INTRODUCTION
I. — Molifs du voyage 18
II. — Transfert du patriarcal d'Antioche ä Damas ". 23
III. — Histoire des patriarches d'Antioche 28
IV. — Macaire 6lu metropolitain d'Alep 'i3
V. — Arrivöe du sultan Mourad ä Alep an 1049 45
VI. — Le pelerinage a Jerusalem 47
VII. — Election au patriarcat 52
VIII. — Visite de son diocese 57
IX. — Pröparatifs de voyage 68
PREMIERE PARTIE
LIVRE PREMIER
VOYAGE EN ORIENT
I.. — Depart d'Alep 70
II. — Iconiuni 76
III. — Bi'ousse 79
LIVRE DEUXIEME
VOYAGE A CONSTANTINOPLE
I. — Entree ä Constantinople ; 84
II. — Qoum Qapou 94
III. — At-Meidän 97
IV. — Serail • . 99
V, — Mosquee de Soleiman 101
VI. — Galata 103
VII. — L'incendie de Constantinople 106
VIII. — Le quartier d' Assamata 109
IX. — Les sepl tours 111
X. — Le Bosphore 112
XI. — Office divin ä Constantinople.. 118
XII. — Messe des patriarches de Constantinople et d'Antioche 121
XII. — Elövation de la panagia ä Constantinople 130
XIV. — Le synode de Constantinople qui cul lieu pendant nolre söjour 134
XV. — Rite de l'Epiplianie et ollice de l'eau beulte ä Constantinople 140
XVI. — Emplacement du Detroit et celui qui fut creuse par Alexandre 142
XVII. — Debroudja 143
DEUXIEME PARTIE
LIVRE PREMIER
VOYAGE EN MOLUAVIE
I. — Entröe en Moldavic. Galatz 147
II. — Les niaisons et rhabillemont on Moldavie el en Valachie 151
III. — Vaslui 152
IV. — Scänteia 154
V. — Jassy 157
VI. — Description de l'Rglise de Saint-Sabas ISO
VII. — Entrevuc du patrianhe avic le priiicc de Moldavie 16''
VIII. — Gadeaux l'ails au prince ilr Moldavie, |a sa femnie] et ä son flls 167
IX. — Rations allouöes en Moldavie a monseigneur le Patriarclio. Le convent de Golia 169
X. — Rencontre du patriarche d'Antioche avec Basile, prince de Moldavie 175
XI. — Descripli(jn de l'Eglise des Trois lliärarqucs 182
XII. — Gouvent [et eglisol de Galata 192
XIII. — Couvent de Uarnowski ■.■194
XIV. — Ordre de la priere qu'on dit pour le prince ä chaque repas 197
LfiS HOMILIAE CATHEDßALES
DE
*- â– V .
SEVERE D'ANTIOCHE
TRADUGTION SYRIAQUE DE JACQUES D'EDESSE
(HOMELIES XCIX A CHI)
Patr. on. — T. Xxii. — F. i. 14
1
LES HOMILIAE CATHEDRAEES
DE
SEVERE D ANTIOCHE
TRADÜGTION SYRIAQÜE DE JACQUES D'EDESSE
(suite)
HOMELIES XCIX A CHI
EU)ITEES ET TRADUITES EN FRANCAIS
PAR
IGNAZIO GUIDI
NIHIL OBSTAT
R. GRAFFIN
Parisiis, die 6" Maii 1929
PERMIS D'IMPKIMER
Paris, 17 Maii 1929
V. DUPIN
V. y
AVERTISSEMEiXT
Les bomelies XGIX ä CHI de Severe d'AiitiocIie que nous publions seloii
la traduction de Jacques d'Edesse sont editees d'apres le ms. Add. 12 159 du
British Museum qui seul nous les a conservees. II existe uae traduction latine
de riiomelie C sur sainte Drosis dans A. Mai, Scriptorum veterum nova cnllectio,
Rome, 1825-1838, tome IX, pp. 750 ä 754. On trouve aussi dans le meme
tome aux pages 726, 727 et 738 neuf Fragments grecs de Thomelie Gl et aux
pages 731 et 733 quatre Fragments grecs de l'homelie CHI, que nous repro-
duisons en note k la place correspondante du texte syriaque.
Nous tenons ä remercier ici M. Maurice Briere qui a bien voulu mettre
la derniere main ä ce travail et se charger de revoir toutes les epreuves de ce
i'ascicule, ce qui m'etait d'ailleurs rendu impossible par suite de l'etat de
ma vue.
1. GüIDI
L = British Museum Add. 12 159.
)\A.U t^^^U )'«^bo
> |l.a9 nnm . o p -t>-LL( .-..ots-il Uja-^o;^^^ »^ l»i^> |Lti^x^^^ ova> oöi .-INi»; |jo<i^ "*o.
L fol.il'J
r a.
ioju.;; )^....^^^..l^; jKjLJi ^-^ IbaJtioj *.-K.iuLio )joi {.ioo^j ^^i^^^-2>o •jj/ JA*©
1. L in margine : i*--v3-, \biU.. _ 2. L ;« murginc : «^v"»- — 3. Ms. <S/.
HOMELIE XCIX
SlU L'\NNIVEIiSAinE DU .lOUR DANS I.E(,)UEL, PAH LA r.RACE DE DiEU,
IL (SeVEKe) RE^UT l'oRDINATION (7_6'.pOTOVl7.) ET FUT PROMU A l'ePISCOPAT ' .
Aujourd'hui quelques-uns de ceux dont le goüt - est porte vors la chair
5 et qui sont eblouis par les apparences ((pavTX(7ta) des choses exterieures, s'ima-
ginent peut-ötre "que je deborde de bonheur et que je suis dans la joie,
parce que je suis arrive ä ccjour *qui achevema quatrieme annee d'episcopat' ' *Lfol. 219
Pour moi, je reconnais que je dois des actions de gräces ä üieu qui, a cause
de sa charite (cpt/.avÖpcüTtia), iic m'a pas seulemeiit appele ä cette (digaite), «
10 souleve le pauvre de la terre et a releve rindigent du fiimier\ comme chante
David, mais (qui) m'a eucore donne abondamment le ternps pour nie preparer
au repentir, afin que je ne perisse pas avec mes pcches et que je ne dechoie
pas de la vie heureuse. Je tremble cependant et je redoute le jour present,
1. Note mai'ginale de L : Cinquieme annee. Les homßlies XCIX ä CHI ont donc ete prononcecs du
•i novembreSie au 5 novembre 517. Gl'. P. 0., XV, 771. — 2. Litt. : « Ic gosier ». •- 3. Le 5 noveinbrc
516.— 4. Ps. C.XU, 7; cf. I Rois, 11, «.
10
208 SEVERE D'ANTIOCHE. [8]
^j^ «j.ia--o./ oilouiLi/ JSocL--i ^'"ii-^^ :ipö7? /-/ rr* ^°*^? t-^)-=^/
""«s^s^; ^_^o« l^jöCi». iK-^7 )l ^3 :Ul ^^^ K— tOixo |j/ ^-wA^ )^;/
l, "« -N« )..j.-.» ^j jLs>i :jlaJoi3 loJu.»; jl a ^ - .«.. * vi ^ ^-io toopoj'l/ }il
JJj Ua-/ :)Li/ ^'^iwfc^Jlso |j/ ^otlo )_uooitoo oö« j-oam^ )jio« ^^ioo :l»Kj
en le voyant revenir periodiquemont chaque annee dans la revolution du temps,
ä l'exemple de ceux qui, debileurs d'une somme d'argent qu'ils auraicnt
empruntee, lorsque les interets ont egale le capital et que de la sorte leur dettc
a double, redoutent le jour du rcmboursement quand il est prescnt. Je crie
les paroles de Jeremie, pleines de gömissements, dans römotion secrcte de r>
(mon) coeur et je dis : L'ete est passe et la moissnn est passöe; et nous, )i()us ite
som7nes pas saures. Je suis brise, je suis dans Vobscurite, je suis dans le doute,
je suis nppresse de douleurs comme wie femme qui enfante' .
Car tandis que Dieu, comme je Tai dit, ä cause de sa charite (9i>aMGp<oTCia)
m'a souleve de la terre, moi qui 6tais pauvre, je ne me suis pas redressc lo
cn meme temps par les pratiques de lu perfotiou avec celui qui m'a soulevö.
Pauvre jusqu'ä present en fait de bonucs ocuvrcs, je suis cloue au sol, et je
restc assis en bas, n'ayant pas i'ait mourir ces membres- qui sont sur la terre,
selon ravertissemcnt de Paul, ni rendu mon äme ölevöe et libre. Mais je mc
suis enorgueilli de l'oiiction öpiscopale, et je suis demeure dans la fange des v,
passions charnelles, et de ce fait j'ai perdu la fniesse de mon odorat intcUectuel
et je Tai laissee disparailre, de sorte que je ne puis plus percevoir la suave
1. J(ir. (LXX), VIII, 20-21. — 2. Col., Ill, 5.
[9] IIOMELIK XCIX. 209
)pj3>i, . u •); )la3nntTn.°>JJ pö/ jü/ y^/ .,_l- ^-.^sis^ jjüoio pJfco ^
)^aiLÄL*3)-3o oC^ «-o^a/ op ^io )ot; o6i jJ / •Jv-Q-»jJ o»!^ -oN-a/ ""^^Sj^S^^
u ^xjJ^ .-jK^^iLis^oo )K_.;ai.Ä jlaSaiXÄi-^jJ; oöi ^/ o^ voj'j .-jj^o.^-io
jKö^ jloVaXia-s; ^ oow/ .."^.^^»^ chjxälj JJ; och V*^»^/ .o)-.K.jo K-o
)1q-.JJl^ JO» jJ .s-0|äj3LAQ.--^^ ^0«oK-/ JV-C*JO .O H° li l-^ 00| wO^ -.t-^i«
o« lai^o .vöja^as ).:»a.-^aL^ p6/j j-tau./ .j-t-o.^oo jotSs ^ ^ jJ/ -.JjoCi.
y/ .Kj/ i^iLioj jÜL,/ OCH ...•^*>n; |jV-/ w«Vä>/ -.Jjiaio lo-io^i ^»6/ )^lo;
1. L in iiKirfiiiw : afiwjjia. — 2. JI^. Ua^om^U,
, lol. 2U)
r b.
odeur des clioses Celestes. Que me reste-t-il, sinon ä pleurer, ä m'agenouiller
en meme temps, ä me eacher et ä examiner a quelle fin me conduiraient ces
(fonctions) honorifiques, si nous apportious une complete negligence. Oue '
l'episcopat soit une manifestation d'oeuvres spirituelles et non pas une dignite
5 dont on puisse s'elever et s'enorgueillir, conime beaucoup Ic pcnsent, nous
Tapprenons des Livres sacres : Si quelqu'un, dit (Paul), desive la diijuite d'eveqnc,
il desire de honnes oeuvres'. Cette parole fait connaitre * que cette (dignite)'
doit etre desiree non pas par celui qui n'a pas encore reyu cet honneur, mais
par celui qui Ta dejä re?u, et qui, compte parmi les eveques, doit desirer et
10 souhaiter un episcopat actif et elficace. Gar meme celui qui n'a pas cncorc
oLtenu cet (honneur), s'il est riche cn bonhes oeuvres-, est purifie en lui-meme,
ü est eclaire dans ses pensees, il n'est pas enivre de la folic de la cupidile;
mais, mcmesi l'honneur lui vient, il le fuit, parce que personue iie Ic preiid pour
liii-ineme, nuiis lorsquil ij est appele de Dtew', comme dit le sage Paul; et, k
15 celui qui l'appelle, il dit comme Moise : Desitjne un autre qui soit cnpahle, que
tu enverras''. Au contraire, si quelqu'un, vide des belles manifestations et des
1. 1 Tim., III, 1. — 2. Cf. I Tim., vi, 18. — 3. Cf. Hebr., v, 4. — 4. Ex. (LXX), iv, 13.
L fol. 21'J
1- b.
210 SEVERE D'ANTIOCHE. [10]
V^'ji ^-Xoiii. v-^«»^ v^l' \-^ l ö'^^ «a^o •.)-»/? )o^ j^^w^ ^«^p
jyH '\.? yooi^ oolo ;p>.ljD )ooi ^f^A ^; fä .jKjL^ f^lüD |ooi >o^ -Jooi
♦jooi v^"); jJ
:oi^ VI « n >o |V,.'>,^o j-^a...^^ u^^fDo :|qjl.^ )l|-.^flp |laSL^«l>C^ )^'.l-3
10
travaux de la perfection, desire la dignite d'eveque, ilest cerlaiii que celui-lä
veut revßtir la pelisse episcopale comme une peau de liou et ne desire pas les
bonnes oeuvres. Gar, s'il desirait oelles-ci, il les aurait d'abord pratiquees
eil partie; et, les ayant dabord pratiquees et etant ä son tour saisi par ces
oeuvres memes, il serait purifie ; et, une fois purifie, il ne dcsirerait pas un 5
simple honneur sans action.
Gar moi, j'affirnie que la dignite episcopale ressemble ä une maison ipie
Ton bi\tit, qui s'eleve en hauteur, qui est bientot pres d'etre achev6e et qui
va etre couverte de solives et de planches. De menie donc que celui qui
bi\tit une maison, qui arrivc ü la partie superieure et qui luonte peu ä peu, lo
ne deracine pas et ne brise pas ses fondations, mais prend grand soin et
pour celles-ci et pour la conslruction qui (avance) peu ä peu et la rend bien
forte et solide, pour qu'elle puisse soutenir Ic poids qui va reposer sur eile;
de möme celui qui arrive ä la diguitö d'öveque doit prendre soin des premiers
degrös, comme des fondations et de la construction, (et cela) par les ceuvres ir.
elles-niemcs et non par la parolc sculenieut, de sorte qu'il cliante avec les
[11] IIOMELIE XCIX. 211
)jL3o.o .-^otVJ )^-o/ U^ U«; ^i<;; vcu« 7^ .joJLi.'Kj )^/ jia-oxi.;
^«^JLS ^--jo ;vJ^ ) I . I -^N vs/ Jis-^ l^l^jJij. «3/ ^oj "^3 ^ioo .-vaNjNj
.'oV-2L^^lffi-:>a^ yO-OJLj yooujis^ ^o^ä; jln-vinm .'^/; )f.Ao-^; l-ta-»( •'P«*
^; ■■^t'^'v .j-».©» ^i-äjLjo jloVou yoljjo .Jt-^oo «-OKiis^ la-*.J -ou^o
.•o^t )N-fcji\ ^ovirni; ).3aia.fn ,« °>)1 <x^ ^{f •j-^'» '"^>->^30« vOO^>^ ^--»
chantres, qu'il veille avec ceux qui veillent, qu'il lise avec les lecteurs, qu'il
serve avec ceux qui servent, * qu'il prie avec ceux qui prient, qu'il offrc * Lfoi.219
le sacrifice raisonnable avec ceux qui l'offrent, qu'il s'applique ä toute
espece d'oeuvres ascetiques avec ceux qui s'y appliquent, qu'il coure avec
5 ceux qui courent la bonne course et que de celte maniere il fortifie ceux
qui ne courent pas d'une fa(?on inceitaine', qu'il combatte avec ceux qui
combattent dans les lüttes, et que de toutes parts il rende plus solides et
qu'il afTermisse ä tout instant et les fondations et la construction, afin
qu'elles puisseut soutenir le poids de l'episcopat qui leur est impose, de
10 crainte que — comme pour la maison de celui qui dans les Evangiles
(EüayYE^'a) est nomme insense, lui qui l'avait bätie sur le sable — la pluie ne
descende sur (cette maison spirituelle), les torrents ne viennent et les vents
ne soufflent — cela indique les lüttes necessaires des tentations — et qu'ils
ne battent cette maison, et que celle-ci ne tombe et que sa ruine ne seit bien
i.i grande".
Pour pouvoir porter les vertus de l'episcopat, l'eveque doit donc soutenir sa
maison par tous ces degres, ainsi que par des cedres et des cypres de haute
taille (eüdTaövis) qui s'elevent en hauteur et qui repandent une odeur suave,
1. Gf. I Cor. IX, 26. — 2. Mallh., vil, 26-27.
212 SEVERE D'ANTIOCHE. _ [12]
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Fol. 210 . ;VKJ)^09 .-va^|j |jy^a^; JJLO; OttV) >d/; ,'f-.^,^ ^ot | ^^.v!o .jLw^ ^^
Lfol
parce que (cos degTLis) reposciit sur lui ä l'excmplc Je solivcs. C'cst ä propos de
telles solives que, dans le Cantique des Cantiques, l'epoux, qui est le Christ,
dit ä sa propre epouse, rF.glise : Les solives de iiotre maison sonl. des cedres, Ics
planches de notrc toil sonl des cypri's '.
Comprenez-vous comment l'epoux a appelc « nolre maison » cette maison 5
placee sous les solives dont il a ete qucstion? Par consrquent avez-vous
en meme tcmps recherche necessairement quelle est sa graudcur, et quelle
doit etre cette maison dans laquelle le Christ vient habiter? N'est-ellc pas
construite et affermie en tout teraps par tous ces (dcgres)? Paul n'envoyait-il
pas ä Tito de tels (avis) en indiquant et en prescrivant quel doit etre lo
l'eveque, se donnant lui-meme en tout pour modele de bonnes oeuvres'-? lit
n'ecrivait-il pas les memes clioscs aux Corinthiens, en disant : J'di ete toul d
tous, (iflii de saiiver cntierement les Iwmmcs'' ? Et que persounc, en entendant cos
(paroles), ue pense de moi quo j'afFirme quelque chose de grand et de gravc,
Lfoi.aiy et qui döpasse * les forccs. Car il est facile d'apprendre quo les choses ditcs is
^ **■p;ir FApötre sonl confirmöes par la natura memo des faits; h savoir que celui
1. Canl.. 1, Ki. — 2. Tito, li, 7. - 3. I Cor., I.\, 22.
[13] IIOMELIE XCIX. 213
♦|ju,5 K-^l yooou vOi^tJ» «-«j .-vQJÖCli. ).Ä3.a4 )°°«J? jJLau./ ..jböj U-? k*-.li
laS. ..'^^s^i? j^o n fn . °> jl 06. ^jL*3po ^3 -.soa^ Iva:* vj V*^ ^/
^>^ .-v^oi; ^iö ,^>:so .S^Juio jV).^ po .-»^".i. 1-^; ^-Ao»o ^jpo
.•).Ji_s^.'bO)wi "^i%.ouoa:i>. )-3t-Q-^ Kz-^l ^1^0 ••>^o<; voo»^»«^ It--^/ r^?
^^a\\ yOl...^ ..v-ocö^/ JJL^:^ ot^j v cn . v^ Jla ^; K-.W-1 ;>^CHn\v>
:-oi-.aoj-wJ ^>^? «^/ ^^'/ .vooow )^o'p>.o .yon— Vjo .yOj)-^ J.j^--^^o
qui devient chef doit faire la fonction de ceux qui lui sont subordonnes, en
Sorte qu'il leur serve de modele, pourqu'ils sacheiit etre subordonnes au chef.
S'il vous plait, en effet, laissons un peu de cote l'evöque, et arrivons aussi
au ffeneral dans notre discours. Pourra-t-il convaincre les soldats en leur
5 donnant seulement par la parole et par le commandement l'ordre de s'arnier,
ou plutöt (ne les convaincra-t-il pas mieux) s'il s'arme en meme temps qu'eux
et fait ce qui est propre au soldat, decochant les fleches, tantöt couraut
(ä leur tetc), tantöt courant avec eux, et entrant siniultanement dans le com-
bat contre les ennemis, et, pour le dire simplement, etant leur compagnon
10 dans les rangs et partageant cgalement leurs dangers (xivr^uvoO en grande
partie? Gar, s'il ne fait pas cela, mais s'il donne ses ordres avec un esprit
süperbe et dominateur, se servant de sa langue, parlant peut-etre elegamment
(ä-cTHcws), faisant retentir ses paroles, mais cachant ses mains sous sa chlarayde
(yTiaps), ses subordonnes se moqueront bien de son ordre, ils porteront
15 envie ä'son salut qui est sans danger (xivSuvo?) et meprisable, ils s'eloigneront
et ils s'enfuiront. Et s'ils le voyaient menacer et ajouter quelqu'une de toutes
214 SEVERE D'ANTIOCHK. [14]
♦ )J^OL.po. .|J jla^v^No .-jK-jt^-sV^. ,jio
);oV3 '''^O. oM. ^ :|ä^JJ 66. V-^i-iöj oöj )— 2^io^ oi^ o/ O^a^jJ K*» o/
^^jl^o tyOJLio»/; oö) )m . n\ yooi-^o-^ ^äuco-iöo |,i aom .5 o/ jLü--^ vooi.^cl^
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♦ )ir>,, .\>o "^ii^ |K.^OLaiw
les manieres qui sont (rapanage) de i'autorite, c'est peut-etre contre liii, au
lieu des barbares, qu'ils tireraient leur epee, ne consentant pas ä sc soumettre
ä un orgueil vain et non militaire et ä une audace qui ne preiid pas les armes.
Et corament serait-il supporte par les vaÜTn; ou matelots ou par le pilote
qui conduit le navire, ce vaüitV/ipo; ou proprietaire du uavire qui raste 5
assis sur la ivpwpa ou extremite du navire, et commence (ä donner) ses
ordres ä haute voix sans toucher avec eux aux cordagcs ou au gouvernail,
ni soulever avec eux le bois du müt (äp(A£vov), ni aller et venir partout sur le
navire, ni (faire) tout ce que doivent faire ses subordonnös ? 11 est douc certain
I, fui. 220 pour tous que, s'il ne prend pas ' exactement tous ses soins, son navire 10
'""• sombrera dans la mar; et ces matelots, Tayant laissö sur le pont daiis
Tambarras et sans aucun moyen de salut, conficront aux flots leur propre
salut. Et de daux choses l'une : ou bian il perira lui-mßme avec son navire,
ne pouvant pas supporter celte perta et s'attacliant au profit du com-
merce; ou, enfin, lui aussi, il sera un de ceux qui naviguent sur l'eau, qui lo
jugent agreablc de vivre (cette) vie sans espoir et qui endurent de frequentas
angoisses sur la mar.
[15] IIOMELIE XCIX. 215
• --'>« /. V^xm-io )lo;)— :^t^ )— ^iC^K OCH |.i0CLO ^o )K-a.j»Jil ^ 'j-a^j
06. ^»2*too jJLojLiLieLJLio; ^J^oi );Oi.J> clS. -.^Jib. )iQ-.o,-oj 0/ )Vio'o;, ^^io
|^;oQJi )J0«; OtJi. jL^o :v^^^2Üo JS.-0 ^-=^'jJ oisKs "^'üo»; och ^.>--®
:)iQJL5^;lkio loDbwJ^jo |laau,v-o jlo^-^'S.o voots; ^-^oi :-oioK-./ |ä^;
Apres avoir entendu ces (paroles), ne reconnaissez-vous pas clairement
que le chef doit faire et accomplir les (offices) propres ä ceux qui sont ranges
sous lui, saus dedaigner ni mepriser les degres de ceux qui lui sont soumis,
et sans se tenir loin de leur travail comme d'une chose partiellement extraor-
5 dinaire et etrangere. Tel est donc notre etat, quand on le compare et qu'on
rexamine avec la condilion (du general et du proprietaire d'un navire).
Lorsque je dis « notre (etat) », je veux parier de (l'etat) de cliacun, plutöt
que de celui d'un grand nombre, dont je suis le premier.
Celui qui, du groupe des chantres, a ete inscrit parmi les lecteurs,
lu fuyant comme un piege les hymnes et l'office de la nuit, ne croit-il pas avoir
trouve la liberte, parce qu'il est sur son lit toute la nuit et qu'il dit : « Je
vais me lever maintenant », tandis qu'il laisse echapper le ronflement de sa
gorge? Et cet autre qui, des lecteurs ou des chantres, est passe aux
diacres, fait-il quelque cas du chant ou de la lecture? Ne recherclie-t-il pas
1^' hypocritement les fonctions du diaconat, pour le (seul) fait qu'il soit revetu
d'une tunique splendide et qu'il soit orne et resplendissant d'un vetement
de lin somptueux et remarquable que (le diacre) porte sur l'epaule ? II oublie
216 SEVERE D'ANTIOCHE. [IG]
)K~j^-3; l-^r^ ya-OL^fli; ^ö( ^^ 0001 ^^'^ jUo«..^ ^^; yi^l •. )~>V)^;
1° b.
jbKl^a^ .-^..J^:>cL^ )V^^ )~^t-3! W-^J ioA; '^i^j ).2cl3o ) K:>clX...wiJio
IV-o-«!^; .•)-üLj.»a.ji vA^^^o V-^ ^^? vQJÖi^ yOO|.-^^w./ |.^Äoo .- y » .;iK.^
jjV^/ |.^Q^ va.ajxLj; ^^^K^ .-ji.,^«^; j^'oi; |vy> no );oi JKjl^aaI %2l^^
)ot,.fciol oöi .•jJL-t-o OCX .-jJJocHtoo 001 jla-ovi .-jt^/t-s 6(J^; |ju'; ^»-o;
10
que cela est le symbole des alles qui denotent l'agilite, la rapidite et la
mobilite des armöes (ang^liques) qui servent' et qui sont incorporelles. Je
connais aussi beaucoup de sous-diacres (Ü7uo5iz-/.ovoc) qui rougissent de ce
degre ; et si ce n'elait pas pour leur nourrituro qui leur vient des distributions
journalieres", ils fuiraient, comme un deshonneur, la charge d'allumer les a
lampes de la maison sainte. Ils ne songent pas ä ce que, si ceux qui servent
♦ L foi. 220 les rois sur la terre et portent les lampes (\ix^.t:x(;) en leurs mains * ou acconi-
' ''â– plissent un service quelconque, (pris) parmi ceux qui ne sont pas en vue et
qui sont vulgaires — et combien de fois n'a-t-il pour but que de satisfaire
le ventre! — sont röputös heureux, et, pour ceux qui sont au dehors, sont n'
resplendissants et tres beaux, parce qu'ils ont part ü l'honueur qui est attaclie
ä la maison royale, ceux qui servent le Cröateur de Tunivers et le Roi des
rois jouissent d'un honneur beaucoup plus grand — on ne pcut möme pas
dire ä quel Intervalle et ä quelle distance — et ils jouiront d'une gloire plus
in'ande, lorsque, en öchange de ce service et de la place (occup6e) ici-bas i.'>
dans l'Eglise, ils recevront une autrc place dcvant le jugc de toule la cr^a-
tion, dans ce temple spirituel, qui est saint (et) admirable par la justice \
1. Cf. Jli'bi., I, l'i. — 2. N'ole marginale ilc L : Les diaria sonl les doiis (|ue les clercs (xXripixoi)
regoivenl üo la comaiuuaute (xoivöv) du l'öglise. — 'i. Cf. Ps. lxiv, 5-(J.
10
15
[17J IIOMliLlE XCIX. 217
^pcü^i v^^Jo*^ yoo«' "^"'^ -"r^l r^ t-^? pö'po oitCi>w^s^oj oö« .•)1q.q-.;>js
ooi jL^l :<3uK-/ ^.flo jJ jVo^wj; :).>o<^ jJj»-««; )^i^* ^^H? ^? -ö«;
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j-iaoj ,t-=>-;i^o -l-^i^ vOO>-«Kn"-i« .vO»oiJJ jl^Ji^o« öv3o,V3 '^.aL.DQi». '.J-^-^
• .oi^^i l-^^jt^ voj/ ^Q^?/ Ui-"^^? ot-3o,V3 ^^»^LÄO^ ^"^ ^~^ ^^ .voioi/
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Ja.^r>rf. -o>/«^ J..>..> > o; ).^aA. OOI >n°>'«> •.j^aiLoa.K^jJo j-jüLtuoS. '^^^ ^^
•)« - ' ^; jjoi .s^om-La^.^ oC^>j ^3 -JlS^iui^iLl; ^« ).^a^L^ .oKji ^öio
)-:)0-X-3; vQl-iöi ""^o^ ss/ •.>ä.^^o )lo«ao>_flD ]i; )öi.^aA ^^; ^öi '^; cuoi
au sujet duquel David chaute eii Jisaut : Ueurcux cni.r (jui habitent dans ta
maisoii, ils te (jlovlßc.ront eternellement' ; et : Heureux reliii quo tu as choisi et
(fue tu as conduit ; il liahitera duns tes portiqucs '.
Et qiie (la cliarge) d'allumer les lampes du teraple de üieu u'appartienne
5 nuUement ä ceux qui sont petits noii plus qu'ä ceux qui sont meprisables,
je le montrerai clairement ä I'aide des Livres sacres. Car c'est le grand
prelrc qui a ete oint le premier, le frere de Moise, Aaron, qui etait revetu
de la robe {a-:ok-/i) sacerdotale resplendissaute d'or et de pierres precieuses,
qui recevait Tordre de faire ce Service lui-meme de ses propres mains.
10 Dans les Nombres, en olfet, il est ecrit ainsi : Et le Seirjneur parla d Moise
en disant : Parle d Aaron et tu hü diras : Lorsque tu placeras les lampes de
cöte, c'esl sur le devant (-pocwirov) du chandelier que les sept {lampes) devront
eclairer. Et Aaron fit ainsi; c'est d'un seul cöte, sur le devant (Tipo'dWTuov) du chan-
delier, qu'il en alluma les lampes, comme le Seicjneur l'avait ordonne d Moise'.
15 Mais ä nous, pretres et eveques, le nom de pretre et d'eveque suffit ainsi
que le tröne, et nous avons totalement oublie de vaquer ä (notre) Service.
Cet exemple, ä savoir d'etre conuu par les noms sans l'action, a passe
1. Ps. Lxxxiii, 5. — 2. Ps. LXiv, 5. — 3. Nombres, viii, 1-3.
I'ATH. OR. — T. XXII. — F. 2. 15
10
218 SEVERE D'ANTIOCHE. [18]
Lfoi. 220 ,^m.*^£DJJan.tf ..^^Ifln . •>co ^a^o ji«^^ >o»-= >*j/ >sjo .»..au^ voou^/
v" a. * â–
.^::>o.>> It— ^a/ '^J./ yoots-ic Ijchä» JIolS;,» )KiL\ )Jo -.^ ))^.ftoo )-.I:i^^
oöi^^o )la->^M oöiJ^ )»-*^/ !-*■—; )i^o; yOo»-.V)^ Kj/ .^C^I-.^ jjLiO^
|la-:aeL-.....\ .Vio ).ji3oV^ ioaiai ]J; -.Kj/ s^*!— )l)i )l^i. loJ^; -.^K^/
1. L in miirgine : o-xo^auTr);.
L foi. 220 aussi il ceux qui sont la'iques ; et si par hasard quelqu'uii ' cntre freqiiemmcnt
^° '^- ä l'eglise, il se nomme Tyo'XxaT-/); ou perseverant, et il s'enfle et se prevaut
de cette appellation, tandis quo iious ne le voyoiis meme pas la nuit et qu'il
ne va jamais avec uoiis aux oratoires des martyrs, des qu'il a seulemeul
fait avec nous les priores du soir. s
Mais tu diras en tout cas que tu chautes en ton particulier. Sors douc de
la ville, fais preuve de force parfaitemcnt et conformemcut ä la loi, et appli-
que-toi au depart philosopliique. Pourquoi inelauges-tu ensemble les deux
genres de vie, celui qui est propre au nioiiaslere et celui qui est propre ä la
ville, qu'on ne peut pas confondre dans les oeuvresPCar taut que tu es dans '"
la ville, tu es tenu de venir ä l'eglise pour ne pas reiiier la compositiou et
la coordinatiou des membres, pour rendre complet en tout temps le corps du
Christ', lequel est rassemblöe des fidcles, pour ne pas rompre le lien grAce
auqucl subsiste l'union du Saint-ßsprit, conime dit Paul. Üu bien ne Tentends-
Lu pas dire : Un seul mri)s {rt] im sciil rspril, commc aussi voiis avcz clr appclvs i"»
ä unc seale esperance de votre vnnüioii-? Pourquoi, en te monlrunl. iic nous
es-tu pas aussi prolitabie par ton excmpb'? Ne penses-Ui pas ä inon eganl
1. er. i':pli.. IV. in. — 2. Kpli., n, '1.
10
[19] HOMELIE XCIX. 219
)L«/ '^i.NSv^ JJ jl/ ..j-^JI^jL-s; |Kju,i_3o )K..JL^; .-6» )loLb.,o )K.x:>eLA^.^
^iö ).JLioj uJ^ i^"^ i^o -.Ulsjo )^,.*aö; ^V^L;>ieL^ Jj/ >i.^- .jJ/ .jm*!^^
)K«iii. => .2 . o jif^l^o ^t^/o .j.Jüo K_o j'^SL^ voo^ °-=^r^ )i<^t-»? JL^J— '^j
)^x jjLio y ^ s^»Q.jo >6^;i jJ .'Viö/; )Lfioa:>aj ^'jLxo oot^ ^_<l..lX^o .-«ju^-a--;
«^ ♦~*~^ *^ .ars^^!— 1/ |.3tJij \.>a{<s\ ^J^(s\ »3/ onio; 00t )bn n m ^s/
Llül,220
V b.
que, plus que toi, je me rejouirals dans le service et la priere particuliere
et Separee qui se fait dans la trauquillite? Mais je ne trouble pas l'ordre,
mais je sais distinguer les lieiix et les temps, et je n'ignore ni ce que
veulent la pliilosophie et la solitude, ni ce que promet la vie que les chre-
.-. tiens menent dans le monde ainsi que la fete et Tassemblee dans l'eglise qui
sont communcs ä tous les agos. Je passe sous silence ceux qui ont choisi pour
eux-memes la vie monastique, tant hommes que femmes, qui disent et qui
ecrivent dans leurs lettres et dans leurs manuscrits : « un tel qui est revetu du
sac », « une teile qui porte (des chaines) de fer », « un tel qui est reclus »,
10 et qui oublient que le Legislateur dit : Qw ta inain (jauche ne suche pas ce
que fait ta main droite'.
Teiles sont lattention et la sollicitude que nous portons sur les noms, et
non sur les actions. Tous les hommes, pour ainsi dire, cherchent ä passer
pour etre tels, et non ä Fetre. La cause de tout cela remonte ä la tete, ä
1"' l'eveque, ä cause duquel les autres membres aussi ont ete corrompus. Gar si
moi je me prooccupais * des actions et non des noms seulement, les autres eux- » l foi. 220
memes s'en preoccuperaient. Or maintenant si quelqu'un m'appelle « eveque »,
1. MaUli., VI, 3.
V>1j.
10
i;20 SEVERE D'ANTIOCHE. [20]
^; oJ^ ;>« I i', n I I «Vi f>m »q/ vju/ y/ ^; )-i^oi -Uy-^l v^o«^ yCOtJ^
-.sOl^jJoJlcD ^IVl ^-«^Ol ».IV) ^Q-.tJ JJ/ :v£Q^Di)Lv^)3 o/ ■-^*^■^Ow^ <^ ffft . o.| . "xl ^
ql^ .oiX o'j^ > « f>nr>'°>v> l^'C^o {....jl^V ^^ot oi^,^; l-^Voi o^i; )jl./ ^/
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)lo I > V i t w'S . vXj/ y/; .-^CDOVS ^Vs ^^ j,>t v>>v> vS/ jo« ««.^ ..^-..iCL.^»
JVA-/j ^\oiio .| t ,« > , fl ys/ Jiaio».j> öu» '^j )?ot-=> '^l' )i"»-2^ lt-=^'^ •'^^'
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♦ y^«v>.^'f); vQJCH ).^'j ^-io .•) n .°>ff)o j...b«^p. oi^ y^-Al^ jis/o •.^o-.I^ooj
"^s-^^io Jis/o .jjjLiojLio y~>-sl )oi .'llot » t n» )iaJOia\ v\..,.'f>; oot )U^; ^-io
oöi '^.;o .-«.^'po) o6i oi^ "^j./ .•K'a..floo,ll/i s^öi )I«i>n««v^« J^^.^v>^ii
et nou « archeveque (äij^ieTitdx.oTro;) » ou « patriarche (xaTpizo/vi;) », s'il
retranche de moi ces deux syllabes (cuA'XaSx;) ', j'en souffre comine quolqu'uu
(lont on couperait les extremites des membres principaiix et necessaires de
son Corps. Maissi je savais que, lorsqu'on desire ladigiiite d'cvöquc, oiidesiro
de belles ceuvres, et que raugmentation d'honneur est une auymentatiou r>
de travaux et non une reuoiicialioii aux degres auterieurs de la hiöiarcliii^
necessairement le diacre aussi saurait (jue, lorsqu'on desire le diaconat, ou
dösire une belle ojuvre, et il cn irait de la nieme maniöre pour le pretre
ögalement, en sorte que les l'onctions honorifiques qui viennent s'ajoutcr
ensuite et l'ölevation dans l'ordre sacerdotal ne depouillcnt pas colui qui est i»
honore et ne le privcnt ni le vident des degros anterieurs.
11 faut dire, en efVet, aussi ä ce sujet la (parolc) de Paul : Pairc inw innis ne
voiiloDs /Kis iioiis (Irilouiller, mais nous revetir pdr-dcssiis ilc viHement ante-
rii-iir)-. Car ce n'est ni parce que nous avons revetu le ministere de la
prßtrise par-dessus le degre precedent, que voici que le diacre a disparu, ij
ni non plus parce le ministörc du diaconat a cte ajoutö, que le cliantre
s'en est alle et que le lecteur s'est öleint. Cetle seule (personne) est lout
cela, obligöc d'accomplir l'ceuvrc propre ix tout. Et si (celte pensce) ötait
1. I,es doiix sjihibes : ip/i ou äp>;ri;. — 2. II Cui'., V, 'i.
[21] IIOMEI.IK XC.IX. 221
• .j^.a_./ )ooi ^.ODoll^Oo ^ <XDOV3 "'^o ^^ •.) ...» > v>; ^^ >°t-^? °^ ]^~'-^^
^,^SJ^ )-^')-3 -.^cxsi ^^.|J^ JV-^ic^ ^<3l^ O |I/ .^'Ooi y «^ a' l^s.:i»o jopcLius o)^
^-i> ]Ls>l .-K-a..*.'^ jj jia.3Q_n_i5Q.*^/; )_iwVt ^-^-j» ^t^j ^ ^ ^ o<~3
'Violj Ju/ y.-/ )K*io^Ä s-öt jLo Iv-s; i-«~^ öC^-; 'i^^' ^"^^ "^ jlS^aSLCo/
!JI
1. L m margine : ^^Z-
(reellempiit) dans notre esprit — je veux dire les comptes ä rendre et le
proces terriblo qui aura lieu dcvaiit Ic tribunal du Christ — necessairement,
lorsqu'uu honneur nous est ajoute, nous ne serions pas cnfles par les
noms; inais, fixant les regards sur le fardeau, nous nous trainerions sur
la terre et uous songerions avec tremblement : « Que nous arrivera-t-il donc
de lä au jour du jugement? »
Que ferai-je donc? Comment ne pas gemir et (ne pas) pleurer amere-
ment, pour n'avoir pas jusqu'ici touche aux choses qui sont devant les
propylees de l'episcopat, et mis le pied sur le senil? Gar combien grandc
est la puissance de la premiere parole, pour ainsi dire, que nous adressons
au peuple, lorsque nous crions : « La paix soit avec vous tous » ! Et com-
bien j'en raste eloignö! Ou plutöt ((j-äUov Äs), je ne me la suis meme pas
representee en songe. Car, pour ce qui lui est propre, cliacun doit * etre » l roi.-22i
paisible, faisant preuve de mansuetude et de douceur envers son prochain,
i:. suivant la (parole) dite par les lils de Jacob ä leur frere Joseph : iVows sonum-s
des gens pai.sibles et les serviteurs ne sont pris des espions ' ; et suivant celte
1. Gen. (LXXj, xlii, 11. •
10
222 SEVERE D'ANTIOCIIE. [22]
)jL^:>aj» )i.io)Kio v£0Q^a3 ^io; ooi -öi ^-/o .JjL^ljLio K-ooi w.K*7 U~ß-x
V-H )— .*JLiOj CHJL-AO .sAJU^b^S ^i. Q.^Ot; JuLOl »I^ . • | loi-lViö^ ^.-.3 o/
■)^*!— ^oioK-/ ;a,J^^ U^jl^ o^ -.JJL** ;-,JLi6 jof^j )i^^! ^J oö<
.•06. ^XMJi; Vö"»«; jlö-s^i; v-^SJlJ; )jLa-/ -U**. .^-iili. .|1 1 ..>-oioK-| joovJ;
_^^0| ^*J5 -S^'^l ^^^'J ^ ^-^OJ^O .|-O0JuS; ^^Oi^ K_0 vj .j^»/
^3 .•,~a.^ vOouVl ^io jl^iw )^-,o .laSs jJiJi; j^iäiai. yCiJÖC^ ^-)-,-fla>jJj
K-)j)j;o )jLS,-a^ s-otoN-/; jj^-l^^JL^; )-^J^ «hVa^ )jL*iaA |-sjJ; ^6| t— =»
I— .iwaiL .•^.■.. i'tv»; l-^^OA ^ ,^^ jjjLlisa^o .'w^'» D-Jlä) )ooj v-o(oK-/
10
parole) qui est chantee par le prophete David : Avec ceux qui luüssent In
paix, fetais jjaisible' : et encore suivant ce qui est dit par Paul par maniere
de conseil ou d'avcrtissemeut : Couiez apres la pai.v avec tout le momlc ; et :
Que la paix du (Uirist demeure daiis vos coeurs ^.
Quant ä celui qui annonce la paix ä TEglise de Dieu, il est teuu d'ötre r,
non seulement paisible, niais encore pacifique, afin que dans les coeurs de
scs auditeurs il puisse faire la paix, la tranquillite et le calnie (sücTä-
ÖEta) de la maniere (de faire). 11 reprrsonte, en eilet, Ic Christ, le grand prclre
supreme% selon la parole de l'economie, celui fjui est mediateitr eiitre Üieu
et les liommes'', celui 7»/ a pacifie par le sang de sa rmi.r. conimc dit l'Apötre, 10
sdit ce (pii est siir hi lerre, snil ee mii est dans le eiel"; « er qui est sur la
terre », d'une part, parce qu'il a reuni les autrcs pcuples ä Israel et qu'il a
fait des deux (categories) une scule Egiise, appelaut egalemont et avec un egal
lionneur ceux qui (faisaicnt partie) de ces deux (categories); et « ce qui est
dans le cid », d'autre pari, parce qu'il a reconcilie le P6re cöicste avec le is
gcnre liumain tout entier, qui ötait son adversaire et qui iHait justcmcnt
1. Ps. cxix, 7. — -2. Hol)!-.. XU, l'i; Col. m, I.".. — :). t:r. Ilebr., iv. \ii. — 't. I TiiM.. ii, :.. —
5. Gol., I, 20.
* L lol. J21
rb.
10
123] HüMRLIE XCIX. 223
• .jooi t-^/ .-. ■» .^/ ot^^; Jim "^^ ).i.A.ji ^fJäil^ yooui^/; v^ö«! "^^^-^
J.J06. ys> .jjuji ».^7 )ji^)L-s Ua-./ .J-W -^-7 )j»^. .^>. "^^Doi joau/
)i.o^.oi|_^; K„o )jLa-/ .-oü^ JÜLfici."-. ^; jJ .-jy^i '^^ooS. K_JliQ.a„flo
.\^,.>J r:^®*! yoöu— / ).*.-« K.— io .-^oaj jK^o-« la^o .-^^-^tsj jioJLXJotj
)q1«U oiJLi>i .).3 onm « °i / du.» ^; ).au.7 .^--^o»^ |.d;).V^J^ s^oioK.-/ Jjl./
)l|:L ^ .flO )K>.ö; "^^o :|^ö(!^ )^*^^* jlaä» ^_io )J.!iO;o ^«^^^ ^oioK*/
odieux, et qu'il a tire du ciel les anges qui (le) glorifient : V,]oire ä üieu dans
les hauteurs et paLc sur la terre, boniie volonte {vAokm) panni les Iwinnies '. C'est
pourquoi, eii faisant connaitre que ceux qui sont pacifiques tiennent sa propre
place, il disait : IIciireiLv les pacißques, parre f/uils seront appeles flls de Dien '-,
5 comme s'il avait dit : « Parce qu'ils riie ressembleront. »
Comment douc suis-je paci/lque'' Coinmeut ferai-je la paix cliez les
aulres, lorsque je n'ai pas procure cette paix ä moi-meme, et que je n'ai
pas cucore obtcuu que riiomme exterieur soit en paix avec rhomme iuterieiir,
la chair convoitant contre l'esprit, et l'esprit etant en Opposition contre la
10 chair ' sans pouvoir la vaincre, de sorte qu'il est submerge par le debor-
dement des plaisirs * et qu'il se laisse aller ä la colere et qu'il incline ♦ l foi. 221
vers les passions, leurs sceurs? Oü est le patriarche en cela? Oü est
rarcheveque? Que son earaclere de ciicf sc nionlre en son temps! Que son
caractere de chef domine les passions honteuses, et qu'il ne soit pas domine
15 par elles servilement! Qu'il se soigne lui-meme tout comme un serviteur, lui
qui soigne los aulres !
Vous voyez combien nous sommes loin de la designation de pacifique;
cette (designation) est tres vaste et pleiue de beaucoup de sens divins et eile
exige beaucoup de sueurs et de grands combats pour etre expliquee correc-
1. Luc, n, 14. — 2. Matth., v, 9. — S. Gf. Gal., v, 17.
rb.
224 SEVERE D'ANTIOCIIE. [24]
.•ts-,)jL^^jL5o vju/ ^a„«_flD jooM vJO^s loL^; s-öi v*^ Q^ ••J-'Lj^; )^ooi~« U'y-^}^
^j paliJ :K-.jju. ' iL V > JJo K_)v-~i> ^cojQJo >*.^j1Nj )i tvA^-^i yj «JjJ
.t ^'v ; ol^ -.JÜilmv ^otöjf^a:» vO-JÖi j^^V yOJoi ^a^'^jo :|.^opo ^■».'i.i.N
vS)wJo > m •>'! ; ^; ^6i .jjf^jjo ).A^^..^ajL^o Jl i'..\ |->Or-^ oj^ ^a^^^oo
t^^ri^ jjj Jjoi^o :v^oiq^N.aJ Jlai^;oKjLao\o :^^.^; oöi^ )^o;V |>viv>m->
10
tcment et eile est, iin peu ardue ä comprendre. Car le pacifique qui Test non
seulement dans la parole, mais (encore) et dans la conduite et dans Ic
regard et dans Tatlitude {nyliJ.T^}, et en ce qu'il dislinguc quelle est la paix
veritable et quelle est celle qui ne Test pas, prend soin de donncr la paix
aux autres. En elTet, avoir des scntiments paisibles envers tout le monde, s
ce liest pas le propre du pacifique. Comment ? Mais nuUemcnt. Car le fait de ne
pas nous cmouvoir et de ne pas nous elever .d'uue maniere vive et brusquc
contre celui qui vit dans la debauelic, si cela arrive, mais de fermer et de
dctourner les yeux et de tulcrer les aniours pernicicux de la passion ', ce
n'est pas le propre du pacifique, mais, au contraire, de celui qui augmenle n
et niiiltiplie le combat de la passion, et livre ce malheureux ä unc corruption
complete et ä la perte. Mais le fait de reprendre celui qui est tombc, de
le piquer ä laide de remedes qui linstniiscnt, de le conduire äla connaissance,
d "avoir pitic (de lui) de celte faeon, d'etcindrc rinoendic de la concupiscence,
1. N(jle iii.-irginjile de L : La pliiase qui dil : « ol de tulerer les amouis pcrnicieiix de la concupiscence »
siiit, poiir la forrp du sens, la ntigallon M qui est devant >»'|t^ (nous t-niouvoii); et pour que lu
saclies oc qui est dil, je le le mels scIon la lon-e de son sens : « car le fait de ne pas nous öniouvoii'
et ile ne pas nous clever contre celui (|ui vil ilaiis la debauche et de lolever los auiours pernicieux
de la coucupisci'Mce n'esl pas le picjprc du pacilique n.
[25] HOMKIJK XCIX. 225
)la^ot-i ya.^£a.Jo •■)l.a.«n> ^ ^oia^öiÄJo ) j^Jo 0^-^'? öt-^oCi^QJ^ 7^V°
I >o ^r.Y ^ I " -;j ^-JL.;i-i -Joot po"po ^oj |oo» »')— jK-^U )»oi ia^ ^s
|j>a--V c*-K-/ v-^ J!«« .«^! }->^i-'^ ^o^^■■l jJ .1-^^^^! ^jj? I~— "-^ .v— unaJo
jK^Ä-aJ^K.^ )K-«.äLjLio jJsVK^o .v-wi.3u"ä1 jjLÜtaiiciio |.Ä)V'aao •.JJ „ Q. 'tv> o ^^
^^..^^io -.^j >o^i5a^ .|lQ_ov!Äi.io s^ota^ . ^'^l.o |;»i ^iö ^j )t— ^ It-«*-^ °^!
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s-oi jjODJoS JJ;; OCH Jloj^jo l-St-o; j.^/ v*oioK_/; och; Joi^jJ '*'^- jij o«
1. L ('n marginc : l-^'-
de le delivrer et le sauver de la folie, et de meltre le calme dans son äme,
cela est bien veritablement l'oeuvre du pacifiquc.
Avant en vue cette pensee, David chantail : Qkp le jiistr me reprennc et
tue reprimamle aix'c nüsericurde, mais (jue VkuHe des peclieurs ii'ui(/»c pas ma
tele'. Car la misericorde et la paix consistent en co quo tu viennes * en adver- '^J^*'^"'
saire contre les passions pour les retrancher ; que tu soulüettes l'arrogant et
Torgueilleux par des procedes qui humilient et quo par des raoyens et par des
artificcs reniplis d'instruction et de sagesse, doucement et non tont a coup,
tu lui fasses courber son haut front; que tu ne reprennes pas l'avare, d'un
coup, en une seulefois, pour lui enseigner le renoncement, mais que d'abord
tu lui parles sur les procedes et les profits justes et qu'ensuite tu en tires
ot en extraies la matiere (ilV/i) de sa passion, et que tu Texhortes ä partager
avcc les indigents, et quo tu lui fasses entrevoir le profit spirituel,
le royaume des cieux. Mais donner le pouvoir aux passions et les passer
15 toutes sous silence, pour les cacher en soi, c'est le propre d'une paix negative
qui ne connait pas Dieu, de la (paix) qui est la mere de la guerre et de la
In
1. Ps. CXL, 5.
226 SEVERE D'ANTIOCHE. [26]
JJL-Jl )jO) ^^i^JUiCL^ ^3 Joi:^ ^iO )^3CS-i. oi\ K-./ jJ; )LiO OCH .-^OtoK-./
.K^ooi ))lw ).A^^^; jJLiUL ^ .-)^.fiDÖ^aj, _}Ls ^ol!^; •Jooi v^/ ^o; )ooi ^;'po
.'00(1> I^OlS^; U^^l Q^ .'yOa^ j-j/ 00|1> uCb^^« ).JL«.Jl .'yOSL^ )j/ ^cl^Ia.
J^iLl ^V ^^!,\» oC^ ts^l jooiJ ).v> •>«>/; ^l -.J-LaJi. .t ^X\ ^; Oi\ ^;'j
1-3'^; '^''^? l-^oaLCo/« .-jlajL»;«.^ K.ikJ o/ )^)^ s^iXL^ ooi V-o-^x ooi >n'=^'t1^>
f^^ mI^oo/ .^^.^oi Jv^-w^o .-Jln*) ') ).■>«■Nslo .'^).Im) vp-iö<; jl^xaJL^ oo«l
jjLOL |jL.7 •.l^m.o« )j.ja3 ia\ K^jj^^ ^>; ^^ K^/ :)K . . -m |KS.bo
10
discorde, qui nepeutpas nepasetre divisee et nepas chancelerelle-memed'iuu'
certaine maniere; car rien encoro ii'est bien ferme t|ui na pas de fondements
(■11 Dien. C'est contre une pareille paix quo David se prömiiuissait cn disant :
Je portais rnvir aii.r nieclutiits, votjant la pdij' des jwclinirs'. C'est ä cela qiic
iious conduisent aussi les parolos de notrc Dieu et de nolre Sauveur Jesus- s
Clirist qui a dit : Je vous laissc la paix, je vuus donm- iiia pai.c; iion miiimc Ir
monde la donne, je roii.s In dmine'-.
I^e pacilique doit avoir egalemcut uiie lenue (cy-fiii-y.) eonrormc aux oeuvres.
(jar Taccoption des pcrsonnes ou hypocrisie sullil a iinplaiitcr dans los
üuios des spectateurs un faux air {'lyr.^a.) de combat, ii los faire toniher lo
stir l'obslacle et ä los mcncr daus la fosse. Car, ö un tel, lorsque tu nioiitres
par des vetcments noirs une fausse apparence {'7yr,ij.x) de piöte (sucESeta) et cpie
tu laisses pousser la li.irbc et que tu baisscs les paupieres et que tu legardcs
vers la Icrre, rn prcnant une appareuee de tristesse (pii ii'existe j)as, tandis
(pie tu coMVüites los bieus d'aulrui et quo tu es plus ])t(Mnpt a les ravir ij
que les hiiips de IWraliif' . commc le dit In parole du pi'opliete, et tandis que
1. I's, lAXU, :j. — 2. Jc:iii, XIV, 27. — J. llah. (1,.\X), l, «.
[27] llOMKLIE XCIX. 227
5 ^^oi lo^ |Kii_Ki. JIa-1).-;; ^-^ot Iol^^jo .'ItJ^J k-).io.Js^o K-)j^.\ci3j»
1^' y-./; :)K.>A;nt |ts.*^VN»i yjiaj );,:-« ^-ioo '^VJ^.Äiio j-iL^ ,^ ^ ^s
\^<,ol l(x^o :)_aioo jjLio *^/ »^Jo vSoKj |.-».i)-3; ^-/ )»V*? J^-»
K-|.i)a_au« loL^j; >ö>,l.j oötjo -.JJL** t-=L!iwj ^o{ j^JsJi. ..o^ajo o^i^ ooo«
1. Ms. >*»>^o-
tti es avide d'amasser de rargent, quelle paix donncras-tu ä ceux dont tu es
le chef ? Au contraire quelle * guerre ne jelteras-tu pas parmi eux? * i- 1""'- 2-'
C'est le propre du pacifique non seulement de s'ingenier ä enseigner
integralement et convenablement ce qui a trait ä reiiseigneiuent de la predica-
.-. tion en ce qui concerne la mauiere de sc conduire, mais encore de resoudre
savamment et convenablement les (questions) qui, dans les Livres sacres
sont censees presenter ä tout monient des contradictions, d'accorder les
(doctrines) de l'Ancien Testament (Aia6r;/,-/i) avec celles du Nouveau, comme
les cordes differentes d'une seule cithare qui produisenL une seule helle
in Symphonie, et qui montrent que le Dieu des deux Testaments (AiaO-/)V.a;)
est un et ferment la beuche athee de Marcion et (celle) de Manes, le miserable
pere des Manicheens. Mais tirer par les paroles de la verite, comme par
les mains, les heresies (atpeaets) opposees qui se dressent en adversaires les
unes contre les autres et «lui se detachent de chaque cöte et surgissent les
15 unes des autres par des opinions qui se heurtent, par cxemple celle de Sabellius
et celle d'Arius, celle d'Eutyches et celle de Neslorius, les trainer de-ci de-lä
etlesmener ä la voie intermediairc de la foi orthodoxe dont, aveugles, ils sont
dechus et tombes, c'est encore Tceuvre du pacifique et de celui qui sait reunir
228 SEVERE D'ANTIOCIIE. [28]
^)^-»; ^6j "^^^ioo ..^alo Jts!^l; l\.j>.°i* jjLioS ^0 gaoo-.»/ ^; pal-Kj
.•j-.^.flp)^,Ji.a\ C)t-.tJLli ..,^; )L3ci^o/ .jL3i;S.as jji.VJ |J •.|_«JOo/; -oi ^3 -ojo
jooi o>0; j.io oö».^ Ju*.» joi!S.)J )).I- « p .v.*xl».o ^-*»-io vaoa-io-^^jnj; ),^V
r a.
•:«ö|.^K^/ JLL.OJL v*'^^u^; o:^ -.^^«^l^; vOJÖ^ |^./
1. Ms. »-»â–
sagement ceux qui sont divises. Que Sabellius, en elTet, soit couvert de
confusion devant la seule essence (oOat«) de la Sainte Trinitc, et qu'il pretexle
et apporte en vain la division de la divinite qui n'existe pas ! Qu'Arius lougissc
de la belle distinclion des trois hypostases et, parce qu'il y a une seule et
meine essence (oü-riz), qu'il n'apporte pas la confusion! Qu ßutyches rejollc '■>
rimagination ((pavTa-rix), en voyant qu'on confesse une seule nature de Dicu lo
Verbe qui s'est incarnc (en prenant) la chair laqucUe est de la mcnie essence
(o'j'jta)quc la n('>tre cl est aiiimce jjar une ;Time raisonnable et intellectuelleetqui
n'cst pas divise par la dualite des natures apres l'union ! Qu'il s'approche aussi
et qu'il se rennisse ä l'liglisc celui qui trem])lo et d^raisonne dans les raison- lo
nements horribles de Neslorius, en voyant que Dicua soullcrt dans cc qui etait
capable de soull'rir — il est clair que c'est dans la chair — et que le meme
est resle impassible! Ce sont (\ä) les niarques des paciiiqucs. Car anatlie-
I, loi. 222 iiiatiscr * seulemcnt (l'unc manicre non raisonnable par ignorance et par
manque d'inslruction, crier en orthodoxes, s'exalter avec de grands mols, i:«
parier en maitre comnie tles reniparts d'unc ville et ncgliger le salut des
autres saus tendre la inain f> coux qui sont dans l'erreur, cela n'est pas propre
aux paciiiqucs.
Parce que moi je suis depourvu de toutes ces heiles qualites qui ont 6te
[20] MüMKLIR XCIX. 229
»SliüsK^o ..j-i^^v^ ).// >-)^*/ :^:)a>i.Lo jlgSonm «.'ri/; )^Vl Kj>.i 1q\j yOJÖCix
)K2^^.>c jJ; li'i'l jia^, .)^iö; v-.JLJa3jolj |j/ ^m.qi>oo •.yon N n ' bw |j/
^^oi^ yaai»^3 loS. i— ^x |;oi ^''^^-^^io .)iK^..io jÄbv-^oji laS>o |lQ_i-.l io^
jlajLj/ K-icu-.V^o jio^Lj..^^^ .Jo)^«J ^^i^; jooiij «öC^ .).-«'^>a-«^? )i.QJt^^ico
1. L in miirfjiiir : >=^'/;
enumerees (et) qui doivent se trouver en ceux qui se lieiinent devant les
propylees de la digiiite episcopale, je vöus prie tous et je vous supplie de me
preter des larines (et) des priores, afin qu'on ue me demande pas de rendre uu
compte deficitaire de chacun, et afin que, ä quelque niomeut que ce soit et
5 (iiK'mcj eu retard, j'aie mes regards (tounies) vers le repentir et vers unc
iiisigne conversion. Gar c'est pour cette raison que je me suis servi differem-
meut envers vous tous des choses qui ont ete dites, parce que c'est sur moi
que repose le risque (xi'v^uvo;) des choses qui vous concernent tous. Eu faisaut
cela, en elTet, vous recevrez la recompense d'en haut et le royaumc des cieux;
li puissions-nous tous l'obtenir par la grAce et par la charite (o-.XxvOpw-ia)
du Üieu grand et notre Sauveur Jesus-Christ, ä qui sied la louange, la gloire
et la puissance ainsi qu'au Pere et ä l'Esprit saint et bon et vivilicateur,
mainlenant ettoujours et Jans les siecles des siecles. Ainsi soit-il!
\\»f Ulio
1. L in margine : dpoTi;.
HOMELIE C
Sun LA M.VRTYRK SAINTE DrOSIS'. A LA FIN DE l'hOMKLIE EST LX AI'l'EL
(d'aPRES LEQUEL) IL FAUT QIE CHACUN OlERE CE Qu'lL PEl T TOUH ACHKVKU
LA COUVERTIRE (lE ciboriltin) DU SAINT AUTEL.
A ceux qui poscnt la question : « Quelle est la puissance de la parole .-,
divine qui dit : Rcpcntcz-vutis, le roijaunic des cieii.r .s'cst apiivoilH''? » il est bon
de leur inontrer la tres vaillante vierge Drosis et de s'abstcnir de parier;
car ce cpio tu pcux voir devaut tes yeux, il est supcrflu de le montrcr par
la langue. Va\ ell'ot, lorsquc tu vois unc jcune lillo, tres jeunc — et que
1. II y a lieii ilo roiiiaii|iiei' quc, landis que saiiiLo Oio.sis Olalt fOU'e chez los Grccs Ic 22 scptonibro
(AilaSancInriim. I. XLVI, pp. 300-:i02), cllc 6tait fölee ä Antioche le Vi dec-enibre, cf. /'. 0.. I. X. p. l'iO,
La piL'senlc lioiiielie est doiu- bicii ä sa place cnliP la pieccdenle pronoiiotSo le 5 noveiiibre .'iKi el la
suivanlp consacrüe ä la Naiivilr. Sur saiiik' Drosis, voir sa vio dans Si'tccI niirnidrcx nf Inilij wumen
odidcd by A. Sndlli Lewis, syi'iac toxi V> - >^j and Iranslalion pp. 7ii-7G [StuiHii xiiiai/irii. L\X,
London, 1011(1) el son panegyrique par sainl Jean Glirysosloine dans /'. (1.. I. I,, col. fis.i-GO'i.
10
[31] HOMELIE C. 231
jK-ioaü ^io jjioi; :)l-^; \-il V^/ U^oo :)L<^^^ ^'^^^! )^*-*^i h-'.i? V— «?^
^-.^-oi; o« V-.^ ^Qj|-)t^! -i-'r^M l-i^'^^ )-"^'/ ^^? :|-a*aj l^-i-^A
vS/ :looi l^ji-iLb. ^^oCSjls; :)joi J.iOLS*N; JLäiiOi yOOiis.aii loo» |-*^jj.io;
♦l-^-Sot; )laiNv> ).:>euLloo )..a..V-o
dis-je jeune? — sortie ä Tinstaiit de Tage de l'enfance, nee sur la
pourpre royale — car eile etait la fiUe de Trajan qui regnait alors sur les
Komains — * elevee dans le palais royal, dejä maitresse des <jz.-?i-T<3y. ' i' i'uj- i-
ou sceptres paternels eii qualite d'heritiere, oriiee de toutes les fleurs de
5 ce monde, comblee de tous (les biens), inondee meme de toute espece (ysvo;) de
delices qui seduisent et troublent les sens avides — (lorsque tu vois une
teile jeune fille) courir au deh'i de tout cela (ÜTOpTpsyco) comme si c'etait pous-
siere et songc, voler au-dessiis (ijTC£ptTCTa[7.at) des choses d'ici-bas, aller tout
d'un coup jusqu'ä la vocation du Christ et s'attacher entierement aux espe-
1" rances Celestes et ä la demeure bienheureuse; corameiit ne dirais-tu pas, non
pas que le royaume des cieux s'est approche, mais plutöt (|y.aUov Se) que le
Yoici proche et present?
Car de meme que, au sujet de ceux qui sont les csclavcs des plaisirs
hontcux, il est dit qu'ils sont sous l'empire du peche, selon ce qui a ete ecrit
'â– "' par Paul aux Romains : Que Ic peche ne regne donc pas dans votre corps mortel,
de Sorte que cous lui oheissiez dans ses conroilises', de la meme maniere ceux
qui dans leur intelligence sont saisis par les pensees diviiies et Celestes,
1. Rom., VI, 1-2.
232 SEVERE D'ANTIOCHE. ^ [32]
^■».^;'K^ |..«.:>eLii-a; vOJÖt )iQL^^^.':\o .'joi^jJ a:>o..i>..o/ jloA^jj; )JLj .'JjlSlI;
)lfn\>n\ oC^ ^;KJ\^o vOOi^ jL-3^t-lo ")oo(l; .'j-i»»/ ^^^>>^! ^*^o< JJL« ^'^..^J,^ 5
• .)-.oC^ jjL*.^«^ yK_o>.Vl vv>2>ÖJ;o :joi)^ ^ ?! ^-«^oi ^oC^oo 'jK^iX^eui
Lfoi. 222 jooi_i '^JL.',.^/ ..^la_a2^io jljl; V''^^ V*i^/? V-»"^ '^^ ^>o .^0^3
1. I, in miirgine : ^>|^.^*■— 2. M?. loow«-
(qui), Selon la parole du meme Paul, ont ofTert ä Dieu, comme des armes de
justice, leurs mciahrcs' et non moiiis eucore les Operations de TAmc et ((|ui)
sont assiniiles, pour l'accompUssemcnt dos ordres royaux, aux arniecs
Celestes au sujet desquelles le propliete David clianle : Ikhiissez Ic Sci(/ni-in\
riius tdutfs SOS annres, vaus srs iiiinistrcs, ijin faitcs .s(( volonte'', lors niiMuc :.
qu'ils vivciit eucore cette vie terrestrc, fönt ([ue le royaume des cieux ieur
soit proclie, ils sont sous son empirc, en monlrant une conduite qui convicnt
aux esprits Celestes et iatellectuels, döji ils y sont partis et passes, ils le
portent au dedans d'eux-menies et ils rentourcnt; c'est cc (|ue uoiro
Sauveur dit a ses disciples : Car voici, In rhijnc de Dien rsl tui dcildiis de lo
vous'\
Kn effet, que le regne de Dieu et (le royaume) des cieux c:onsistc en occi,
que nous voulions et fassions les choses Celestes et tout ce que Dieu veut, et
quo nous melions nos pensees avcc la volonte divino, c'est ce qu'a aussi attoste
le modele (tütto:) de la priere, grande et digne de Dieu (ÖsoTrpETi-^;), que notre is
'L foi. 222 Sauveur nous a laissöe. Car apres avoir dit : * Que Ion rhcjne arrive, nous disons :
I. C.l. Ilorn.. \i. l:!. —2. l's. eil, 21. — i. Luc, xvii, 21. ?
[33] HOMEME C. 233
6i_N-./ ^*o<o;o.. \ .3 «ocolo— 1 ÖC^; oöt ^/o .'j<x\jl yy°>'ii; ^-.\cH ^
.'^Ij yOJCH )ln\ v.... ^ UiojL^j jjLa-/ .l-oCSx )jl*j5, ^jiio ^s.;/ "^Ow ss/
Que ta volonte soit falle egahment sitr ta terrc comme au cieV, faisant connaitre
que le regne de Diou consiste en ceci que, k l'exemple d'une ville bien regie
par les lois (vo'ao;), rüme soit eprise et dominee par les choses qiii plaisent
ä Dieu et comme si eile elait tout entiöre sujette ä lui seul et soumise ä sa
.-, seigneiirie, ne songeant k rieu qui soit etranger, en sorte que la volonte
divine soit accomplie egalement sur la terre par nous comme eile Test au
ciel par les armees qui y soiit, et en sorte que, encore ä cet egard, il n'y ait
qu'un seul regne qui vienne depuis le haut jusqu'ä ce qui est en bas et qui
depuis ce qui est en bas jusqu'ä ce qui est en haut presente de la conti-
10 nuite et de l'union dans la docilite (eü^v£l96^«) et l'accord de ceux qui en fönt
partie. Gar c'est en ceci, et en rien autre, que consiste la (parole) : Que
Ion regne arrive, que ta volonte soit faite egalement sur la terre conune au ciel.
Mais nous devons bien comprendre que le regne de Dieu et le royaume
des cieux sont aussi diderents Tun de l'autre que celui qui regoit parce
15 qu'il s'associe et celui qui est regu par le fait de l'association. Gar c'est
i\ cause de Dieu qui regne sur nous, habite en nous et est regu par le
fait de l'association qu'un seul et meme objet est appele et nomme « le
1. Matlh., M, 10.
PATR. 011. — T. -XXU. — F. 2. ]g
vb.
234 SEVERE D'ANTIOCHE. [34]
•:«)o).'^; |iQ->\.>o yo-a.«^^ 6C^
)-.o(L^ |jL^>^»; jicx.Qj oC^ol^o :vfn,...iy>o;; KJsl^^U/ jlon^^ );oi ^^ ^^
)»i^JSs.io l^ai. ^'^^! -öl jloA^io^o :l'ioul/ 'öiJLSuJLso :KloK.io t^..)^'^.«>. ß
* L foi. 222 ♦j.-JSftjL» )io"i\v> op ^^ il/ vni.\^;o •.!',.-«,/; voKj/ ^^)-^ t-»-^ «-»
iooi liaXM^oo y^|.äa^; y^l oi^; -l^'^h. Uv^ ^°<^ öw>K^/; ^^""^ -ö^
''^^ )<£Q-di; QU» ^ VI Im »;3; jooi wM.aA^o; U'y-^l jo^i K^/ )a:>o •.oi^.I^^
1. M?. o3iao (s(f)-
regne de Dieu », tandis que c'est ä cause de ceux qui en fönt partie et sont
associes par la gräce divine et par rillumination, ou ä cause des armces qui
sont dans le ciel, ou ä cause de nous qui avous des peusees Celestes, que
(ce seul et meme objet) est designe « le royaume des cieux ». Et Matthieu
l'atteste eu disant que nolre Sauveur dit aux tlisciples : Prechrz cn disant :
Le royaume des cieux s'e>it approche'; et Luc (l'attesle), eu ecrivant que le
meme (Sauveur) commanda aux memes (disciples) ä ce mönie (sujet) : Dites-
leur : Le regne de Dieu s'est approche de vous^ .
Lorsque Drosis a fait partie de ce roNauiiie et qu'ellc a goüte saus se
rassasier toutc la lumiere de la volonte divin •, qu'ellc a cte 6clairee en clle-
meme et qu'elle a foule aux pieds le royaume qui sc traine sur la poussiere,
eile prononce une parole qu'on voit (et) qui dit par ce qu'on voit : « Hepentez-
i.foi. 222 vous, car vous voyez que * le royaume des cieux a pris en moi et que döjä il
^° '^^ est venu parmi vous. »
En eilet, celle (jui ctait maitresse de la tcrrc, de toutc (la tcrre) pour is
ainsi dire, et (qui) rögnait siir eile, quelle autre chose pouvait la convaincre
de tout mepriscr d'un seul coup, sinon ccllc demeure et ce repos des
1. Mntlh., x, 7. — 2. Luc, x, 9.
10
10
III
[35] HOMELIE C. 235
j>lw. OJL^S J;<h\ t-SO .JJ U^ IC U L jLw^O |.V,Jl^ oÖ) yj jj / .-^lisJi ^äO ^OiSj
loü^o \flDoV3 ^''50 ^ joot oJLL-^oo ..oiK-o^jK^ Ofcia'lo je« po;'iv.ieo Joo«
'j-^i^-oo U.^^<ja-,p loi^; -6t .-K-J j;o« );/ «^cx |V»a .Jooi p6| ou^su
JOOI ^-/ ^ij OCH It^V«'» V^? ^ ^-^0«-=' ^/» ji C^O -U-iAXi \l<x£S^
yoouoot-so :oooi ^-icy'K,^ jLoil^o JjL^ia* yo^ f^oiaJLao iUäIil^o yooC^
'^^*i^^-^ ^^».^'Sj ^a\o( io^ ^ :oooi ^_«^>1« {.iw?/ ^^o :ooo» ,_,äi)^olKio
^äi-^lKio jtoii:^ vs/ joot jJ ..jjboov^; ycuoi jjoö)-» yo^^c |j>i ^»-p6o
^OÄ jJjo |v i. A Jv^^ .j-^a^iö |j^o/o |jiaii.io )j«i^7 ^a^-? ---o«
^>I-.fr>.io; ^^o<; ^cx^VJLa; ooi .•) ^ .,.ii. yCS > oD;'j ^Jseuöwj ."^^-oot jjLio
^.^^^A/ 'l-io..!^^ oj/j j^ÄQjLi) ^a o/ röiio»^/ K.*^ ^ j^^^-^ vöOuSij ^<^^
«CH ^-ia:^^; |-^Ä>).^UL2uso :.bcLflCL»iio |?i«ai.j |la-.lvJ^i«L3 o/ :!sJ:<Jx4.U/o
K-)*,-.ts-. ^^oi^; ^-«^o( r^jLibo y\/>'i ;o ,_iJo«.;ia; ^^o<; )-fc^iaaLSo :|.3^ii;
1. L i'n margine : UyoL^x.
cieux?Et tout homme, voyant cela et en etant ötonne et stupefalt dans son
esprit, reflechissait necessairement et se disait ä lui-meme : « II est donc vrni
ce royaume des cieux reconnu par las chretiens. Et si meme dans la vie d'ici
ils n'avaient pas de gages de Tespoir de Tau-delä, s'ils n'etaient pas eclaires
5 par une certaine lumiere Celeste et divine, s'ils n'etaient pas transport^s dans
leur esprit, s'ils ne quittaicnt pas la terre, pour etre conduits vers ce qui
est en haut et pour habiter en quelque sorte dans les demeures superieures,
ce ne seraient pas les reines qui se laisseraient aussi convaincre de prendre
en echange de la pourpre royale et de la puissance royale une simple espe-
10 rance saus fondement. »
Quoi donc? U nous faut croire le Christ qui, par l'intermediaire de ce que
l'on voit, montre la verite de ses paroles qui sont meme au-dessus de la foi.
Car le fait qu'une jeune fiUe quitte la maison paternelle, attiree et seduite ou
par la beaute d'un jeune homme, ou par de grandes richesses, par le
bonheur, par les autres illusions ((pavTacta) du monde et par l'attrait de ce qui
est propre ä charmer et ä seduire, ce par quoi le sexe (ys'vos) feminin surtout est
1° a.
236 SEVERE D'ANTIOCHE. [36]
jN-jLQ.*^kio ,_-u6i ^j^ V*^ jjlioj :^'Kio :jV^.ts.io -.«ajitoo );oi ^^>^Oojo
|Ui « .y\. ^ajö( . v^ :)j^oö ^^ :)tPQV>i ^^ :^.2Lla> jj |K,i^^LaL^K.mv>. ,jlo
•Lfoi. 22ä pej-iOL^j ^/; -.« );)ji J^^^^— .! r^^o® '^^i ""^.A^; )-«H^/ )t-*^J vooi^-j ''^
facile ä prendre, on peut le trouver egalement dans les recits anciens et aussi
dans le temps qui nous a pr6c6des, et memc ;i uotre (epoque) il y a neces-
sairemeut de nombreux mauvais exemples de ce geiire. Mais que le fait que
la vaillante Drosis en arrive k des travaux volonlaires, ä une religion inusitee,
et ä la foi (S6y[^.a) des chretiens qui lui demanJc de mepriser des dieiix ■'
nombreux qui sont rcuommös, mais qui n'exislent pas, qui enseigne la chas-
tete et la force dans le reste de la perfeclion et qui, ä cause de cela, est
poursuivie, pers^cutee, tourineatee — car laquelle de ces choses penibles et
insupportables n'endurc pas (la foi des chretiens) de la part des lois (vdjxo;),
de la part des rois, de la part de ceux qui ont la charge des commandemcnts h>
et des adminislralions, de la part de ceux qui organisent les reunions de
1 |-,,| .,03 soldats et de la part meine * des usages des aucctres (repandus) partout et du
' ^- culte des demons qui, pour ainsi dire, tenait l'univcrs? — (que Drosis ait fait
cela), c'etait Tccuvre de ce feu dont le Christ disait dans les Evangilos
(Eüayveliac) : Je suis venu jeter un fcu sur la terre, et combicn je voudrais (ju'il \'>
fut dejcl allume' !
Ce feu, tombii dans l'ilme de la raartyre, brüla et cousuiua donc toutes les
pens6es terrestres et mondaines corame de la paille; et apres qu'il eut enve-
1. Luc, .MI, v.l.
[37] â– HOME LI K C. 237
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1. Ms. 13ft»3-
loppe et saisi tout son esprit en l'entourant, ä Texemple du buisson que Moise
voyait etre en feu et ne pas brüler', apres qu'il eut fait monter en haut
une flamme brillante et qu'il fut monte cn haut, il fit monter la jeune fillo
comme un oiseau dans les airs et l'eleva jusqu'au ciel. Desormais tout
5 occupee et attachee aux beautes d'en haut, eile etait insensible ä ce qui
l'attirait vers la terre.
En observant soigneusement ces faits, on admire certes combien le Christ
a fortifie et renforce notre natura. Eve, en eflet, fut la preraiere formee", ou
plutot {i7.aXXov 81}, pour parier comme le Livre, construite par Dieu; car le
10 nom de « construction » montre que la creature etait quelquc chose de fermc
et de solide, et que celui qui la crea ne la fit ni delicate, ni faible, ni enervce,
mais forte de la meme mauiere que Thomrae; eile avait, pour ainsi dire,
les premices et la nouveaute de la nature; eile se plaisait dans la demeure
du Paradis divine et heureuse et exempte d'angoisse ; et eile se nourrissait
15 librement de tous les arbres ; mais eile avait la defense de goüter du fruit
1. Ex., III, 2 — 2. Gen., 11, 22,
r» b.
238 SEVERE D'ANTIOCIIE. [38]
)-,Äi»; -.looi l^iCLA "j-ÄOioj \ -w^ öi^ ssiol^/; o« yo^J ya:^ );oCi^^wio
♦ ,_«]ii.j)i )-,.aL:iC^o u^a-lS.^/ 6
*Lfoi.22! vk^^o :|lv^ lo.oi "'^ÄA./ |lo;K-«^>©j JbÄ^ la\o )oo« * w.*,I»-ioo :^A.äL:»^^b^
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d'un seul arbre, pour examiner si la liberte de son esprit acceptait l'obeis-
sance. (Dans cet etat) le Calomniateur la trompa et lui pcrsuada de manger
malgre la loi (vo[ao<;) ; et lorsqu'elle fut tombee par suite de la pente glissante
de la voluptö, il l'entraina vors la terre; et, apres qu'clle se fut tournee vers
la cliair, il la fit esclave du peche. Pour cette cause, avec Adam qui s'etait 5
associe ä eile dans la transgression de la loi (vo'[/.q;), eile entendait (dire) :
Tu CS poussiere et tu retourneras en poussiere ' .
Mais Drosis, vraiment admirable, a etö de la meme nature que iious,
laquelle a vieilli dans les pech6s, a 6te foulee aux pieds par les demons
i>foi.223 cnnemis, comme dit David — J'ai vieilli par mi toiis mes eiineniis' — * etait lo
'"' ^' afl'aiblic et fut languissante ä l'egard des travaux de la pcrfection; eile vivait
somptueusement et mollement, ainsi que dans le Paradis, dans les deliccs et
les fastes de ce monde mcnsongers, passagers et semblables ä un songc,
lorsqu'elle demeurait dans le palais royal de son pöre et qu'elle ne voj^ait
aucune plante plantöe lä qui l'elevAt vers Dieu ou qui renferm(\t un plaisir 15
conforme ä la loi. (Dans cet 6tat) le dömon tortueux ne la trompa pas et nc
Tentortilla pas, lui qui, pour ainsi dire, vole adroiteniont tous les hommes,
meme ceux qui dans Icur coeiir se vantent d'etre invincibles.
1. Gen., III, Ui. — 2. P.S. VI, 8.
[39] liOMKLlE C. 239
^wiXot jjüL^ ^/ :aA:)w^.^c^o aaL^^^liLitOL^ ) a.q>.'jo;o -.Ijä^d )^K.2l:»o;o
il i ' ^ - s ; IfSajio Jla^'i :|jia_a;^; )ia-jLS.i6o jlo^VÄio jjsy n ^ ölJ:s^ loo»
tjpcL^io j-^po; \.^Ä.3> ioV^ÄA loi^o :\^'» jL^l!s\ U^^o \.^il ^j
10 oftocii ,_s ^,..^..^00 :s..j;^; l-*.3aA; Jt-o.,jJ :s^^; jL^'—? Ij»— oj-s '{iaaLä^io
s^oi ö ^tn . . ^; llo-üLAo )oiio.K-3 :«oiäXioj j^ioo; "^s-^v-ioo o(i.OL>^ii.'*.io "^^.^o
^öi ^^ yNyt'i \ \ » '^ o l-^na^J^ ^li -.y-j^ot ^£Lä.la9 |.i.soi •Jooi o^L.Bs.^
')^»/ ^ '^o; '^s ^^;o :|K*Jo'^ jK^C-sj-ias ^«.b; ]iols.Q v^*/ .jL^ö»
Car que n'y avait-il pas qiii füt capable treutrer eii liitte avec un esprit bicn
affermi? D'un cöte la splendeur et laboudance de l'or ne (le) combattaieiit-ils
pas, tandis que d'un autre cöte combattaicnt et attiraient ä eux l'eclat et le
prix des pierres precieuses et aux couleurs variees, capables de corrompre et
5 de seduire meme des yeux qui regardent chastemeut et non (seulement) selon
leur propre loi (vojao;)? D'un autre cöte ne s'elevaient-ils pas en guerre contre
(l'esprit) le luxe royal des votements, la grandeur et la beaute des edifices,
(beaute) qui du sol arrivait jusqu'au toit et qui rivalisait avec l'aspect fleuri
(eüavOia) des champs ? Nabuchodonosor, roi des Babyloniens, enorgueilli dans
10 son esprit par de telles choses, dit aussi une fois : N'est-ce pas Babijlone la
gründe, que j'ai bätie comme residence royale par la puissance de ma force {et) pour
la gloire de ma majeste^ ? Et aussitöt ä l'instant möme, pour l'orgueil et pour
Tarrogancc de ses paroles, il fut condamne ä la stupidite et ä la folie de ses
pensees; tellement cela est capable de faire dechoir du bien meme une peasce
15 affermie! Parlerai-je de la table sur laquelle abondaicnt des mets princiers
recueillis de partout, de la terre (et) de la mer,-qui, par leur rarete et leur
1. Dan., IV, 27.
240 SEVERE D'ANTIOCHE-. [40]
jK^'n I, \ ^Ö! j a>p \ s£>l ylS^k-^ioo :|K.^v^ oi!^ ^^pto ^oiK...Tiii
w iJü » .^i )J.^mN :)KjL>^ ^öi^ ^dojlJl :y|js^» . ;• i ■>; ) ts.»jLJL£a^cu<^^o
^ K_o oi^ ;|mi ^ j-icLi. ^'iSsJ ^^; «öt 'jla>>->*o Jln. ^^ :\s>}Z*j
* L foi. 223 )-■' tx) }.^ iq i S |..«^oö^o -^j^ ^^j «ö» öi^oo rjjLäojtio \1j Kj,^ Iol^j
v» a.
jjiau/ :)»i.\ )KjUdw.K:Mo )K>o^ .»V ^^ouK^/ )joi oi^; ^^oi :)K^,J^
^ ■«. r fc.^ )^A)o)^^o j « n >\ o/ i// > nömi; ^oC^; :^oC^ ».n « * <=> joou;
wUL^^ u.^? ^1 |:m^ :c)iJ;a^ jK'^okjio oü^; )1^.) ji^^^ 1-^^ l-^c^;
♦ ) I « I V< yOOi^ J^wJ^) ^-iC^OI jK^öo-.
.-ötK-d^U; |tX\^ K:\i.f> j.i>x>A,aio .-öi^LL«^ ^ p?^ )K.,UL>..^')'Kbe ^^\oi
1. L in margine : Ua««»3»o.
10
penurie et la difTiculte de les trouver, augmentent Tappetit et c^aressent souvent
nicme un venire austere et temperant, ä plus forte raison (un venire) gour-
mand? Enumererai-je le grand nombre des satellites (^opuoopoi), Telite et la
gloire qui vienl de toute nation et de (toule) race (ysvo;), lout le Service de
*Lfoi. 223 l'appartement des femmes et tout ce qui *ä Texlerieur remplit Timaginalion .■>
(â– pavTa^ia) d'elonnement et de frayeur, les habitudes des scrvantes du nirme
i\ge, la parure, les ornements, clioses que les femmes aimcnt et rcchcrchent
h ce point qu'il leur serail plus facile d'oublier quelquefois de respircr l'air .
üu de boire et de manger, plutöt que de les (oublier)? C'esl ce qu'attcstc
aussi le prophete Jeremie, en ^crivant aiusi : L'cpousc oublier a-t-eUe ses lo
ornements et la inerge sa ceinfure? Mais mon priiplc m'a nuhJir jx-ndanl des joiirs
snns nombre '.
Mais Drosis n'oublia pas, ou plulöt ((/.«».ov ^e) par lä meme qu'ellc avait
connu Dieu, eile ne sc souvint plus et oublia m6me ä son propre sujel qu'ellc
ctait femme, ayant fcrme les ycux ä loutes les chosea sensibles, ayant fix»'; i5
sur le ciel les yeux de son csprit, ötant partic lout ontiöre vors les choses
1. Jer., II, 32.
^41] HOMELIE C. 241
^oi . loo. )^; kio "^ox, ^\o., wöi.j> . kijJL "^o:^? ^'^oi i«>^ iCis^
5 ^)cui. .lo.cn jtOLJiXio )1V; ^io V^ ^so .^Jisu-iU/ U-oV )ä^ )ja*
,0 jL:b.JL:^ -.IV^J -laJLba-oC^ :K-:ioa:» wc^oi,.^ :iV^/ ^Q^a3 ;ai>o
)Jo ))-;jo |v*-- vQ-x^io/ OCH :)v.xu^ ^ o«*tV^ t* .^J-o^A/ )1qji-!;!
1. L in marginc : V^> *»* ^^::*»01 o-o» 14-»- tujiTtavov.
d'en haut, ne s'appliquant qu'aux choses d'en haut, cherchant les choses d'en
haut, oü le Christ est assis ä la droite de Dieu'. Pour cetle cause, eile ne
l'entendait pas, comme Eve, (dire) : Tu es ierrc et tu retourneras ä la terre-,
— mais : « Tu es ciel et tu monteras au ciel ». Pour celte cause encore eile
5 monta, s'elevant comme une colombe sur des aücs spirituelles. Lorsqu'elle
sc trouva en dehors des demeures royales, eile fit peu de cas d'elie-meme et
se cacha secrelement avec les vierges qui menaient la vic humble et ascetiquc
du monachisme et professaieut le christiauisme alors ploin de dangers
(xi'vrWo;). Etant leur compagnc dans la vie severe du monacliisme, dans la
10 conduite pure, dans l'espoir cn Dieu, et, ä la fin, dans la coursc du martyre,
course qu eile accomplit pour son äme, eile a dit avcc Paul : J'ai acheve ma
course, j'ai ganU ma foi, j\ii obtenu la couronne de justice', tandis qu'elle a
confie ici son corps venerablc, cet Instrument (opyavov) de l'esprit des athletcs
fort et courageux et poiut paresseux, ou plutöt (jy.äl'Xov 8i) prompt et vii et
15 pret. Mais, par son esprit, eile s'est jointe pour vivre en societe avec ces
ämes, lesquelles, d'une maniere semblable ä la sienne, combattirent vaillam-
1. er. Col., m, 1. —2. Gen., in, 19. — 3. II Tim., iv, 7-8.
10
242 SEVERE D'ANTIOCHE. ' [42J
'Lfoi.223 )K^^,) io-^^aa «a^^ww.; It.^^i'» o/ .-^.V "»•. * |lo)K.<oo; jl.:>ä^ ^oi^V<^^
^^i..^^^ :K-.)j,-» ),.m...a; Iv-co/ ^^ ^VKjl^ O ^oi^iet^,; ^ ^ o) .^^K^^/
]y~>^l .•]J^s}L:M )l<lSJi^O jjUOÖlN.,.^ yO^^ |jLiu.V •.)»*V^ ^,^1/ ^A^'flot ^6i
,)L»o MO^wJ öu^ K^K'S,; ^^"^oio \jo\^ io^ :^ ^^^-^^ )K^V-0«^ o/
* L foi. 223 ment et valeureusement, et par les travaux de la perfcction * laissörent leur
^° '^' Corps se dessechcr comme une peau de tambour, ou le firent mourir dans les
tourments (endures) pour la religion (eüosSsia); c'est avcc cos (ämes), une fois
qu'elles sont joyeusement dclivrecs du licn de la chair — car alles preme-
ditaient (et) attcndaient cette delivrance — que des chefs spirituels et des 5
armecs angeliques montent cn meme temps (au cicl) et chantont en memo
temps et, comme avcc Celles qui imposent d'une certaine maniero dos
couronnes, ils chantent cet liymne de victoire, designe deja on pou de mots
par le prophete David, qui dil ainsi : Los chcfs (ivu)i(rrciü en tele, aprh ceux
(jui chantent, au niilieu des jeunes ßUes hattant den lamboiirins' . lo
Püurquoi donc nous-menies, (^n cntendant cela, ne ddsirons-nous pas, mrmi'
cn retard, ä quelque momcnt quo ce soit, los avanlagos du ciol, vors losquols
se dirigo la course des ämes raisonnablos ot leur marclio naturelle vers lo
haut? Et, au contrairc, comme si une Arne de porc ou d'un animal quolconque
nous 6tait dchuc, regarderons-nous vcrs lo vciitrc et vors cc qui est au- is
dossous de lui? 1<A d'une maniere döraisonnablo oubliorons-nous notrc rcs-
somblanco avec Diou? No nous appliquorons-nous pas i.\ la patiencc ni h
uno conduite pure, et n'aurons-nous pas un i)ou d'ostimo aussi pour la
virginitd,pourlapreparatioiiaux dcmcures c6lcstes, ä cctte vie decohabitation
1. Ps. Lxvn, 26.
♦Lfol.224
r" a.
|431 IIOMKLIK C. 243
|J )jui/ V"=! )-=^ t-'-^'^'^ :c)i.*^au jJ^-^iK-sj }L2>1 :)K~a*Ju3 'ot-K-/ |)»
♦jjuj^aa^ ^ K-/ |;öj ^».2«
1. Ms. OM^»/- — 2, L /;! margine : »ajoi ll»o.
avec les anges, et k la grandeur des delicos qui sont preparees ä ceux qui vivent
dans la piete (süis'gsia); ce qii'il nc nous est pas facilo, an verite, noii plus de
comprendre par rintelligence : Cc n'est pas monte, en effet, dit Ic Livrc divin,
dans le cceur de V komme ' .
5 Ce n'est pas ainsi quo nous celebrerons la commemoraison de la martyre.
Gar la veritable commemoraison des martyrs consiste dans l'imitation de leur
perfeclion. C'est pour celte raison aussi que nous faisons cette (commemo-
raison) et que, commemorant les (martyrs), nous celebrons leurs fetes, c'est
afm que par la commemoraison et par l'imitation de la patience, de la vail-
m lance, de l'espoir ä cause duquel les sonffrances du temps prcsent nc comptcnl
pas en comparaison de la gloire qui doit eire revelee en nous'-, nous devcnions
parfaits, nous secouions bin de nous le sommeil des preoccupations mon-
daines, nous apprenions quelle fin visent les choses des chretiens, et que
nous nc soyons pas inopinement empörtes nus, indigents, laids, n'ayant
15 aucune provision pour le salut.
Tu loucs, dis-moi, 6 femme, la virginite * de Drosis; aie reellcment de ♦ ^ foi. 224
l'emulation pour ce que tu loues, afin que tu obticnnes le Christ en qualite
d'epoux; car tu as entendu pour toi Paul qui dit : Je vous ai fiances ä un muri
1. I Cor., II, 9. — 2. Rom., vili, 18.
244 SEVERE D'ANTIOCHE. [44J
Oi^K^/ JKn . >°i a\;o -.^Kj/ )pö| );oi ^; )»3m .)-wOfOO j^^^uso )£v.*-»f^
oöi io^ JJ .|J/ .Ji.m™3j jLojj/ '"^.^.io V*^ ux:»)^iLio :^Uj oöt lo^ »s/
|,.=i..» :oo .Jyiii.s «-Iv-a-i^ )la-i^^; )K.ioQji.\ >^/ .K.-)»-.K-o .^#^^p.*U jKSlj
K^ jK^l; o6i •.ooi |i,n-»QjL.; ^Uj oöj V*--^ v^ .jlaio o/ |l.Q, -r» .» ro w..:^
).iOQ— K:s •.jin-^OA OOI vS/j ^^s^^^^o .001 ) > n ^n > JJm y^f jJ/ .-V^j-ioS. s-\ H'
♦)t^°>:y). .]J JjL^C^Q^ >p^><^^ö jJo ..^Klm^oo jLau-.Kio ^^io
)_^o)po '^i.o ').-^aii>s^ j— ^.soji ^^-^j :)l;owa^ ^}joi ö/ fco/ ^cctS^Aio
m6i 0/ .Jinim^a^ 001 .^.»^oipo ^^o •.j.eoLl^a.a^ »^ouo-» )f_2Lb^^ •.fcs. ' ..., ff) -s/
1. L m margine : uoia.ia^. _ 2. L (Vi marginc : ^h
uniqiie, pour vous presenter au (]hrist romme une vierye pure' ; et : Celle qiii
n'est pas mariee soncje aux rhoses de Notrc-Scif/neur, aßn d'etre sainte et de
Corps et d'esprü'-. Mais tu dis quo cola estgrand, et que cc n'est pas facilc ä
faire correctemcnt; en parliculier cc n'est pas trop grand pour les änies qui
sollt frappees de l'amour de Dieu. Du moins charge-toi du joug du mariage, s
inais conserve-le honorablement en le gardant cliastement; et, si ton mari est
parti de ce monde, nc t'arrßte pas ä un socond (mari). Que si tu (regardes) h un
sccond (mari) — car il est permis pour la necessile de la ehair — nc te laisse
pas aller vers un troisieme, surtout si tu as depasse dans les annöes I'ägc de
la jeunesse, et si la vieillessc ou la mort approclie de loi. Car si le second lo
(mari) <'st permis, pour le troisieme je nc peux rien dirc sinon <|u'il n'est
pas permis, parce que mcme la pcrmission est renfermce et comprise dans
cerlaines limites et n'admct pas une cohabitation sans frein.
Tu loucs, un tel, la martyre ([ui nieprisa la gloire royale et Irs biens.
Montre rcellement ta louange (>cleo;); donne de tes bieiis aux pauvres, ou \h
— ce qui est dilTcrent et d'un mörite moindre — ne convoite pas les
1. II Coi-., XI, 2. — 2. I Coi'., VII, 3!i.
[45] HOMELIE C. 245
^ )>-«U JL-il/i ^^Ä )Lio^? -.^«Häai. )r— s/ "^jU \^ .yOuJ'dl ,^~^ö:sll
) ■•<-/ -.^J^o ^.i^VS jJ P *^ ^^.°>« f>'i yoooij ^^? jloVai^xoj v*^
5/ Kj/ v£OLS.la.:>o :|....tv>; o^^s.icuCiOl.» jjüoti )jcL^)-3j ^ ötlaLJLxm.a fl ... >n\
)_io^'^ l-^t^f VQJÖ»!^ ^^ scOl^^IdIo .'\lsif ^ox 3Übv-*J^l JJ;o •JN.io-^-.
1. Ms. wl-<uieo-«"..viX. _ 2, L (H margine : oiS^a ^wil--
10
choses d'autrui ; inais egalement tiens-toi loin de ce qui a ete derobe ou pris
injustement; ne va pas avec de telles choses, de peur que tu ne paraissos
devant le juge alors qu'elles sont en ta possession, car elles te seront
altribuees et t'entoureront, meme si tu ne vcux pas; et tu desireras alors
los cacher ou les eloigner de toi, et tu ne le pourras pas. Car les Images^
(eixojv) de nos actions s'attacberont ä nous, sans se separer de nous, comrae les
ombres s'attachent aux- corps.
Tu loues, ö exceUeat, la patience de la servaute du Christ dans les
lüttes sacrees; quo ce que tu loues t'apprenne et t'enseigne donc, quand
roccasion l'exige, u supporter les igaominies pour la religion {i'jaiSnx), ä
confesser devant les hommes la saine foi, ä ne pas changer avec les circons-
tances, a louer d'uue part ceux qui ont lutte jusqu'au sang', et ä suivre
d'autre part* la religion (e'WeSei'a) qui n'etait celebree que par la langue et ' L foi. -is'i
qui etait louee avec emphase, et cela quand c'etait permis. G'est par ces belies
furmes de la perfection et par ces äviOejAa ou voeux de uotre homnie Interieur
1. Cf. H6br., XU. 4.
246 SEVERE D'ANTIOCHE. [46]
^^; vOJÖi ^^.^ ^; )jiäa^ .).m\o o; JLl2S^ öt!^ ya^^;.^KJ; .'sm . fno»
h^^li ^-j^ot ^~i>e oj/ jJo -.ll'^K^o ^^ ^o; ^^\oi ^:^ .)j/ *^^/ Q-,^
|joj 1q\ :\JkJ ^oi)^oo )^^^ '^"^ ^^ vOoC^j .öt^ "^toj «ou^ J yOOi\
:yO0ilcb«^ ^^av!n>oo yOoilcL^« > »^ ^'no tK^^co «, ^ao ^->^6ii l-i>-*t-A jl^-^oi
I I viXcLw^o jioJLfiojJo :^i>vimSjL^ )1;0(xd; )lof.^>^/o )ia>\«. maaao
sm.^2L^ f'^^s; ^^-^»3 ^M#^oi :^^oJSsju^ v£aji^^9; |K2lS..:;ljl^ j^>.^o^oo
|>o)m^ .-KliaA.U/ K-,|.^^.ot3 |K^iJ2^ )1;'ojJsj ^/ Ijöa* J^s-o o/ jJjV^j
)K^N^,) ia\ ,£>l ßl ',iQ.JS.:ä If-Sx^ lo^ Q^; ^-o ^cn .•K'«m'>.l/ jl ^^;
^ .'1)1^3 l->^io |..«I^>Js>^o ^'^.^^j )-»^ot-3 Iql^iw»^^s~^ >^ö<)^ .'|mo_w t-*-^; 7~*/
que la vaillante Drosis veut qu'on lui tresse des couronnes de louanges
(•-t>.e'o?). Pourquoi donc parle-je des choses interieures, attendu que personne
de ceux qui possedent n'a bien voulu lui faire don des bicns exterieurs et
superllus? Car tous les hommes et toutes les femmes accourent frequemment
ä ce temple saint; ils fönt leurs prieres et presentcnt leurs demandes, et, se r.
rejouissant de l'aide et de l'intercession de la niartyre, ils obtiennent des
guerisons et de la santö et des faveurs diverses de toute esp6ce (yevo;), que
chacun demande d'obtenir. Mais personne ne fait altention ä la table venerable
du Saint ministere sacerdotal, ni aux colonnes d'argent placees aupres d'elle
qui soutieniicnt la coupole (/ifAtGipxToa) sitiiee au-dessus de leurs tetes, qui est lo
nue, laide et informe, qui a etc simplcnient figurec par des xxvovs; ou barres
de fer comme dans une representalion synibolique, mais qui n'a pas eto recou-
verte d'argent. En veritä, ce n'est pas seulement au point de vue de la beautö,
mais aussi au point de vue du us'Sa; ou de la gloire adorable, ;\ ce qu'il me
semble, que (cette coupole) a 6te jugee et imaginöe par ceux qui ont construit is
les saintes eglises. Elle reprcsente la forme (c/oy-a) du cid, s'ölevant grAco
aux arcs ainsi que gri\ce a la couronne pour former la calotte circulaire d'eu
haut, se trouvant suspendue cn l'air et se terminant en son centre semblable
♦ L rol.22'i
V a.
[47] HOMELIE C. 247
öi-lo-«!» vQJo« ^ )a.^J^? io^» U^-/ .-JL^'i'tV) )•, » ion\ )-»-iö;j «-61 jKiwviai
••|-<i^ \i v^JÖi jiäX-».*. iaio^i ,5_i*ia„»lo )-oa* o^sj .•,,_l-- ^*jot-*aio
^ ^%^ q)^ o^ po .)K-J )^|j»; JV^'^ )^-.; 'jijls .j-ioi ^/; ji^^.,
o^kio 1,-wj/ ojlSj) ^j ^» ).io oö» Joo» ooi.-l^ooj ).io oöi jlcuLJL^Vio |ooi
J.iioö; ji^a ^ OL^ ^jKa .jiojjösj It-^^o^ jl^l -Uoi ^ ^'j^m^
vffloVÄ ^^o ^ ..looi JvAioKio jiosiaji la\ )j>;oi sAjJJo :yKju,.ia^ 11/
1. L in margine : Usioß. — 2. Ms. Uaioeoa.
au nombril, afin de moulrer que nous qui accomplissons les f'onctions sacer-
dotales sous (cette coupole) nous nous tenons ä l'interieur du ciel ä Texemple
des armees incorporelles et que nous celebrons mysterieusement les saints
olTices. Et personne cepeiidaut n'a condescendu k apporter pour une teile
5 ojuvre pieuse l'ofTrande il'une livre (liTpx) d'argent; et pourtant si chacun de
ceux qui meme possedent peu avait donne une (livre) seulement, le donateur
ne se serait pas apergu de ce qu'il donnait, tandis que ce qui serait recueiili
ensemble de la part de chacun arriverait en realite ä parfaire, et amplement,
la (somme) sufTisante. * J'omets, en effet, de dire que meme un seul (fidele) *Lfoi.224
10 pourrait offrir le tout, un de ceux qui sont couches sur des lits eleves et
qui prennent leurs repas dans des plats d'argent portes par de nombreux
serviteurs.
Que dirai-je encore des femmes qui toutes, se rendant au bain, sont
conduites avec des objets d'argent (du poids) de beaucoup de livres (XiVpa),
15 et sont portees au milieu des places sur des Qpovo^ ou sieges cgalement
resplendissants d'argent, ä tel point que meme les mors des mules n'en sont
pas depourvus ? Et puis si une fille de roi venait dans notre ville, et si eile
etait ici fiancee ä quelqu'un en vue d'un mariage, chacune de vous necessai-
v a.
248 SEVERE D'ANTIOCHE. [48]
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10
t5
rement, s'empressänt de se mettre soi-meme plus en vue aupres de celle qui
va se marier, apporterait comme cadeau ä la chambre nuptiale ce qui serait
le plus precieux de tous les bijoux d'or ou des objels de grand prix. Mais
pour la martyre qui renon9a au royaume terrestre et devint la ülle du Roi et
Pere Celeste et devint l'epouse du Christ, tu es paresseuse, tu es negligente, •'•
et tu hesites ä donner quelqu'ua de tes objets. Mais etends (la main)
et donne joyeusement et ne te retiens pas. Tu obticndras de richos rdcom-
penses — car son epoux n'est ni ingrat ni indigent — ä tes enfaats il
donnera la sante, bieii plus precieuse que de uoinbrcux talents, la (inessc de
l'esprit pour les etudes, et les autres choses par lesquelles les parents se lo
rejouissent de leurs enfants. A ton mari, il donnora egalemcnt, avec une bonne
sante, Fabondance des gains-honnetes, ä (ta) maison (et) ä (tes) biens la
benödiction et la grAce d'en baut, et, apres tout cela, apres le depart d'ici-bas,
Ic royaume des cicux. Puissious-nous tous l'obtenir, par la grAco et par la
misericorde et par la charite du Dieu grand et nolrc Sauveur Jösus-Christ, i*
ä qui sied la louange, la gloire et la puissance avec le Pere et l'Esprit tres
Saint, maintenant et toujours et dans les siecles des siecles. Aiiisi soit-il !
llio, \'^]^
L fol. 2
v'h.
;-l.iia«j ^■0)0&u^» .^— J» K>.i l^^j».^ o/ I^V-. N^kj ^i.
jk.,»^ I; K.O oiK^i).^o ijJ^C^^^o )oC^; v|-<3l^! l---^^^ ^^; 0|ibs.^wi.^ 'oul^l
|.^).L»; I n./ :).>J^3 y-l [.*. I •«• 1.5 ^^ ^6|i/o ^>^i/o «.^1^;^/ :).A^o)-:3
[xt'l .w<^ wM-slkiil |->aji; jK^a-^Litl ^; )f_7 .uC^ sA.2u£Q.j |io i.m\!.Q.^;
•HOMELIE Gl 'Lroi.2-24
v h.
SUR LA N.VTIVITK OU L'EpIPHA^ME , QUI EST LA CINQUIEME (SUR CE SUJEt).
Voulaiit celebrer l'objet de la preseiite fötc, qui est la desceate du ciel vers
nous de Dieu le Verbo, sa venue respleadissante et sa manifcstation sur la
5 terre — en vertu de laquelle, parce qu'il s'est incarne (en prenant) uue chair
veritable et de la meme essence (vjnix) que la nötre, il s'est manifeste, il est
apparu et il a vecu avec les liommes en tant qu'homme, de sorte que les
disciples qui Tont servi et ont vecu avec lui, sont appeles les temoins
oculaires et les ministros memes du Verbe', lequel ne pouvait pas apparaitre
10 ni tomber sous Ic sens de la vue — comment aurai-je la Force sulTisante
pour le louer? Quelle gloire convenablc trouverai-je, et quelle langue fera
connaitre (tout) cela? Je ne trouve qu'une parole ecrite dans les Evangiles
1. Luc, I, -J.
PATR. on. — T. XXIl. — F. 2. 17
250 SEVERE D'ANTIOCIIE. [50]
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|.xuwOiX; ^; yOL^iX).^ .'I^oIil; ^6< ^^ jo^lSfo -.^oi^ ^j->)lw )iy » m ..o
1. Ms. ov^.-
(E'j'/yYs'^ta) qui sc häte et s'efforce de s'elever vers le haut et de rivaliser
avec le fait lui-meme, et qui cependant avoue ouvertemeut avoir ete sur-
passee par le prodige lui-meme; cn efl'et, une multitudc de la railice
Celeste et une troupe d'anges apparurent aux bergers, et on entendit qu'elles
disaient au sujet de la merveille de l'etonnante naissauce selon la cliair du â– '
Verbe inerte : Gloire ä Dien dans les liaiiteurs'.
Examinant la puissance de cette parolo, condcnsc'e dans la brii^vetc de
l'expression, autant que j'ai la Force de rimagincr, moi qui suis petit et
qui vois peu, et commc dans une goutte et dans les ombres je me repre-
senterai et j'essaierai de dire comment je vois l'esprit des anges qui pro- n
noncörent (cette parole) et ce qu'ils me semblent dire par eile d'une mauiöre
developpöe. En voyant cette gloire digne de Diou (OEO-pE-/)';), dont l'cnfant nö
de la Vierge est l'objet, et cn voulant nous-mcnies la celobrer et la louer, iious
voyons que les gloires de la terrc sout pauvrcs et dcfcctucuses et que toule
parole liumaine et qui se prösentc sur la terre reste bien en arriöre de ce is
qui convicnt, ou plutöt (aäW.ov Si) qu'elle tombe bicn loiii. l*ar suitc nous
1. Luc, II, l'i.
I. fol. •2-15
1° a.
[51] IIOMELIE CI. 251
«ö» )K>«a.aji)^ )jj;oi ^j .pi/ )j>.;/ ""«Js^jo )^.^Jü/ JLs l^s ^*!io .-JlaLj
t-.- 3 P ■Jou'^JJ ^iö» ^^J ^_io i.-K,-; '|.ioo";iao JK^OAti ..K^JLij^,^flo
1. Ms. ooi. — 2. L in imirifine : ^l-'-'>cli pw lvi,^Aa ^ä..«d» UmoV-»»» Uo t^a l»on vn.,»^ oa»)
U, .ll^boi »,» |I,<i.»*^Ä^ iS/ ül •_U'<^ U»^= |..«»_-aD Cv^H^^ ^a^Xs o^ -.lovi^H l-sooVaca Itwoa.l. ^i«
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j^l, .lta«»*Cv»» 4»'^^» ■l'saSa^, uio^ . Usw .^;o ^.» .^;»|ev» t-^i |e\^^ lo»::--»^«. ^^(»^.s -.U'«^ U*^'^»
pensons que cette gloire qui est cliantee dans les hauteurs par les esprits
imraateriels et intellectuels d'en haut est ä peine tres conforme et tres
convenable ä ce mystere qui maintenant s'accomplit et se passe sur * la ' L fui. 225
terre, non pas celle qu'ofl'rent les ordres (xa^K) des anges, ni encore ceux
5 des archanges, ui des trönes, ni des domiuations, ni des principautes, ni
des puissances, ni des armees (celestes)', mais celle des cherubins eux-
memes qui sont au-de?sus de tout ordre (tz^i?), et de ceux qui en appro-
chent.
Pour cette raison, en elTet, (les anges) ne dirent pas : « Gloire dans la
10 hauteur » au singulier, ou « dans le ciel », mais (ils ont dit) au pluriel :
a Gloire ä Dieu dans les hauteurs qui sont plus hautes que tout' », mon-
trant par le superlatif que cette gloire qui est enoncee est plus haute que
1. Gol., I, 16. — 2. Traduction du superlalif. Note marginale de L : II faut savoir que cette
expression « dans les hauteurs » qui fignre dans cette phrase que nous disons : « Gloire ä Dieu dans les
hauteurs » ne figure pas seulement au pluriel dans la langue grecque, mais aussi avec un certain
superlatif de Texpression qui ne peut pas ötre rendu dans cette langue syriaque. Voici cependant la
portee du mol qui figure dans le texte grec (ev iy^azoii) : « Gloire ä Dieu dans les hauteurs qui sunt
plus hautes que tout ». C'est de cela que le docteur a parle quand il a mis le superlatif; car dans la
langue grecque tous le.s mots sont dits de trois manieres. ön les nomme ainsi : preniiere forme
(np'jjTÖiuTco;), par comparaison (compaiatii), extension (superlatif); par exemple : liaut, plus haut, et
haut par-dessus tout.
10
2.52 SEVFiRE D'ANTlOCHE. [52]
• .oooi ^'^iö/j ^^>:>eL^; 'v-..^ ^/ Jooi j)»)Kio jo>.^yi^; ^.^1 ^ jjoio . ■)L>^a::>alA
^{) 'j.-^V-^; ^••! )^oo; .ou^^; jlSoo; ^^ j^t-^; oilS.^a_2LAl {ls^J^sl^
^^6( )K.<JL^ooi, jj ^£D)jiL.fioojJ -.j^^a«-^ )..:>CL.^; );oi ^^^ 'ol^o^sIcq^cl^
^:)cLcQ.j3froo \\^K^ ^..K^^o .-JJ^^/ jla b^ JL«^ ^»<J^oi ^»^ ^.K.. (h^ ^.su^ho; 5
•t'^ooiLoL^ a.»)^ ^^j^Slso .'sOOiwJ^«^ s^w.„«jiK^o oK.!^;
^01 t-3 v>oi -.ou^f jl^o; ^^ l-'V^o; oiK.A>a.:tjLl j'^.'^^i ^'^•.^sot ^6i
..PÖ/ ).V^ |jLO t-*^ ^^ oi^3 JoC^jJ j-iOOpäCLi jK^O -mU ^ÖÜ^ 6«-.ts.-/
I. Mai', Scrlp/uriim vcteniin nai'a cnllertio, l. IX, 73S : 'Am yöyou pi. TsTtov 5s Kupio-^ vorireov ir.i
Toü Tipox£i(jievou, T«; lyYi^oOsa; äuXou? oCijiac, Ttapi Ta; a).)a; ouvc<(J.ei; aOTj, xai it),=ov Tf,? Oeia; (lETO-jcia;
xal Oecopiac äTro)>auO'j(7a;, xai toü IxeiOev voepoO xat äTtopprjt&u q;wTÖ;' toüto-j yäp evExa v.ai Opövo; aOx'/ü xii
xa0c5pa xo/eTTat ta Xspc/uStpi' m; 5ii Tr^c nei^ovo; xai T;>£i'.Tipa; E>),äu.4'£M; xaTa tö wvaTov, oiovci iynaOc^o-
(isvou xal £vavX7cx-,/(i|jivou xai eiiiiloyupoüvTo; aOtot?.
toutes (les autres). C'est la gloire qii'Ez(5cliiel aussi ccouta eii lui-memo,
lorsqu'elle ctait chantee par les cherubias, et cela lorsqu'il etait initie
comme dans une vision. II dit, en efTet, les avoir entendus dire : liriiic soll
la fjhire du Seigiiew de son lieu'. Par « Heu du Seigiieur >> il faul euteudrc,
ä cause de ce qui a ete mis precedemment, les iHres (o'ki'a;) imiuateriels qui s
sont plus rapproches de lui que les autres arni(5es (Celestes), et jouissent bicn
davantage de la societe et de la contemplatiou (Oeupia) divines et de la lumic^'rc
intellectuellc et inefTable qui (vicut) de la. Car c'est ä cause de cela uicnic
(juc les chcrubius sont encore appeles sou Iröue et son siege, conimc, si
du fait d'une Illumination plus grande et plus parfaite, autant qu'il est lu
possible, (Dieu) etait assis et sc reposait sur eux et dcmcurait toujours
auprcs d'eux.
Getto (expression) : liihiic suit hi tjloirc du Sci(/iici(r de son llru, est donc
absolunient la incme quo cellc-ci : (Uoiir n Dini dmis les Inuilciirs. « Toufc
naturc crööe, dit-il, en eilet, est (trop) inicricure pour gloriliiT (ui hönir Dieu. i5
Mais ils le böniront, s'ils ont quclque cliose de plus convcniiblc, tic pn'fci'cncc
1. l5zdcli., III, 12.
I, fol. 2-25
r" 1).
10
[5.!| HOMIiLIK Cl. 253
OÖ1 jUjij vQJÖt -.JJ^; vQJÖ« yOCfS.» ^iO \^K^ jajl i-.K_.J yO^SM vOC*\
wöi ^:mo . -yoooo ^v,jlj ).Vf.^) oiKdoji U-^-l .o im.i wJ^b>^o f_.K_.;o ).^o*^«
.-JLuooit^io l^oi.oj; oiioou^ |;ot «^^^ yO^vaLjo .-yois^Kj yoaLS.oiJ jLm^cLOo
-.©V-- jj'i^/ vQJoi yOoü^D ^io ""^^.iJ^ "ool ^^1 ^so .o»--». ).^o'^^; jlä^^M
1. Ms. ;-»/•
ä tous les autres, ceux qui oiit obtei.u une place qui est dans la Iiauteur et
qui est plus elevee, ä tel poiiit qu'ils seront appeles « le Heu du Seigueur ».
Et par le fait qu'ils sout associes * ä la gloire divine et en soat illu- 'l foi. 225
niines, ils pourront douner eu retour et rendre en echange de cela gloire,
5 benediclion et louange (xlioq ä celui qui leur a domie la lumiere intel-
lectuelle, tout conime des eaux qui, recevaut la lumiere du soleil, eclairent
egalement en retlechissaut la lumiere; car, de cette maniere, il arrive que
Dieu lui-meme est gloriüe en quelque sorte par sa propre gloire. » C'est
quelque chose d'analogue que le sage Paul ecrit aussi aux Romains, au
10 sujet de ceux qui avaient regu la participation et le don du Saint-Esprit
et priaient, lorsqu'il dit : L'Kxpril lui-mcme deniaiide et prie par des soupirs
inexpriinablrs ' .
Et les anges qui apparurcnt aux borgers, ayant eu vue la gloire inexpri-
mable de 1' Emmanuel, jugeant mesquin et blAmant, pour ainsi dire, toute
15 louange (nXäo;) et (toute) gloire et (toute) parole qui (se rencontrent) parmi
les hommes, tournerent leurs regards vers les armees qui sont dans la hauteur,
et Ik encore ayant tourne leurs regards au-dessus do tous les autres, ils
1. Rom., vni, 26.
1- b.
• L fol. 2i5
v a.
254 SEVKRb; D'ANTIOCHE. [54]
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oöi .jt-oi/ ^»4*0 oJ^ol/ ^t-o ^~.lt.-oiJ ).*isLj ^ioj .•vQ.«i^ojJ ou»jlI3
1. Ms. o-3^»^. _ -j. I, in muiginc : Is^oS- — 3. Mai, o/i. r//., t. IX, 726 : 'Ano "/öyo-j pä. Kai
xaivöv [AEv TÖjXOv [jLdXa eixotw: tö EOaYyiXio/ npOffrjyopiVfrev, ünrj twv Trpofr.Twv evapytSc npoypapsv xai Tcpoa-
vaf(i)vr;6'iv, tö aEi vei^ov xai [ir|5e7COTE Yr,p!ioxov, xaidt xb ev it>.a?i ve.(iixov ypa|J.|xa TtaXaiuOt'v (lE'yav öe e^y)
Tjv TÖjjioV 7t(i; yip oO (lEya, jtpäyiia to<toütov ECiayyE).i!;6iiEvov ; xal |/.Eya xai iE'.iyaotov eheItiep xati llaü).ov
6|j.o),oyou|XEvi.); jjiEya iaxi to Trj; EOoeSEiai; [luaxiip'.ov xal iJ>,).ijü; Se |i.Eya; 6 Ta Tc')£ia zo|ii?(uv, o'J)'_ w; eti
Ttaiuiv, a).X' öii (iEydDoi; triv \(,-0Tr,v r./.ixiav (ia6r,(i,aTa.
nionterent en courant vers ce qui est, pourrail-ou dirc, Ic sommct ot la tele
des ordres (tä^i;) qui servent et qui soiit Ijienheureux, ils jugerent que la
glorification (So^oXoyia) la plus grande de toutes ctait quelquc chose de petit el,
comme s'ils eussent cte dans le besoin apres que tout eut ete epuise et iini
poureux, ils crierent ce qu'ils avaieiit trouve : Gloirc ii Dieu dans Jes Itauteiirs. 5
C'est par des (voies) opposees qu'il vient celui qui est haut et charitablc
par nature; il descend au-dcssous de son essence dans la mesure oü il
savait que nous eu avions besoin, nous qui avions besoin d'ßtrc sauves; et
ayant oharge le prophete Isaie de predire le mystere de rincarnation qui est
au-dessus de toute intelligence et de toute parole, il lui dit : l'rcnds-ldi un lo
(jrand totnos' nriif et rcn'.s dcdaiis avrc uiie ecriture Inimaine : « Qu'on se liäte de
Lfoi.22.'i faire le partaye du hutin, rar c'est pruclie- ». * C'est bieu convenablement qu'il a
donne le noni de « tonios nruf s> i\ TEvangiie (EüayyeOviov) qui fut claircmcnt
ecrit et preche d'avance par Ics Propiiutcs, qui est toujours jeune et ne vieillit
1. Sävere base les d(5iluctions qu'on \ii lin^ siir lo niot tö|jio; de la vci-sioii des SepUiiilo cl sur
son sens ölymologi([ue, (|iii osl « scciloa » ; un a donc priiferö gaidrr li' iiml « l<iiiiiis » iilulol que
traduirc par « livre «. — 2. Isait-, viil, 1.
[55] HOMKLIE CI. 255
«öl )ts-fc.flOQ^aj )K.a-.Kj Aa^t-a ."o'jjo ^oN-io JIä/o ^ois^'too ^:5>^.X3;
061 oo( I.J5; o^ ^.jw^ l~tau/ .)lmv).a^ V^/ ^; )^» .Klot^/; l^öJS^j
.•l-A-/ _y.J-i-o ^^O. >^1 jl; .-jj/ pö/ ^j )j/ .-^o^l jJ; UiO^Ä^
oo.oto .^j/ p6/ Sx U; -ö( la\ jo-l JJ^/; ^j j.i/ .'»Ot^ jJ? ^^«i t^o)i/o
1. Mai', Oji. cU., I. IX, 7211 : 'Aiz'o to-j «ütoO >(5you. 'AU' 6 (i.£v tov oütü) ii;yav Toiiov ypacfiot iv6poj7tou
vpä-pEiv TW Tcpo^itT, nposETÄTTEv, novovo'j/l Xe'yMv, (jiriSev äsior);, oi o-ji05, (iviSe Tcpb; t6 OeTov xai et^paaiov toO
liUTtripiou fOiTTMV xai ansuSwv itpixsaOai t^; ä?i«{ toü Ttpäyiiaxo;' xai (■'«; Ttepi 0eoü |i£),).wv a7tayY£/.),£iv, zat
£7ci!;r,TMv bt'.a xivöc pr.jjiaTa y.al v-,ri|iaTa xai (i^ eüpiffxtov, ivaYXaiu; öxvriiTa; ypi<j/a'." ypäfipiaffiv xac ^r,|j,aGCv
avöpwitivo!? d'ji YP''fS" itapaxO.iueTac Xi'av äxoÄoyöw; xai (pO,av6pä>nta? xat toöto olxovO|xwv £t yap ö toü 0eoO
Aöyo; xaTaoE6r;x£v ei; tö y^veoSat ocvöpMTto;, [i:?] a7to6iX>.MV tö sivai 0eö;, itiü? av6p(D7iivot; ypi(jiu,a(jiv inr,-
S'Wjev tä 7T=pi lauToO ypä9eiT6at le xai 6iayy£X).e<T6a'. ; ov ydp /j £vav9pt,)Tr"/]r7t; oOx £Tp£'^£v oüie y)A).otü>tT£v &üt£
£(i£iü)(j£v, Ttü)? e.u£).),£v iXaTTOüv iw/^? av9po)7tou ypa(fr] Te xxi Jtpofopi, to uttftiQptov q^üv toü Eüayy£>io« (pEpoyua
x»)fjy|ia; — 2. L w margine : ^U
Jamals, comme la lettre de la Loi ecrite siir les tables laquelle est tombee en
desuetude. « Le tomos, dit-il, est grand »; en effct, commcnt ne serait-il pas
grand cet(Evangile)quiannonce une teile rcalite? graudet digne d'admiration ;
car, en verite, selon la parole de Paul : Sans contredit, le myslere de la piete
5 (süirE'Seia) est grand'. Et il est encore autrement grand, celui qui apporte
des enseignements parfaits, non pas comme (ä des enfanls", mais) comme
ä ceux qui sont grands par l'Agc intellectuel, celui par qui nous avons
entendu clairement : 11 a ete dit aux anciens : « Tu ne tueras point » ,• mais
moi je dis : Ne te mets pas en colere contre ton pvoeliain en vain (eix-?,). // a ete
10 dit encore : « Tu ne cotnmeltras pas d'aduUere » ,• mais moi je dis : Ne regarde
mime pas celle qiie tu convoites. Sogez parfaits comme volre Pere Celeste est parfaii' .
Mais ce tomos qui est si grand, il ordonnait cependant au prophete de
recrire avec une ecriture humaine; il disait, pour ainsi parier : « N'aie pas
1. I Tim., III, Iti. — 2. Le traducteur omet ici des mols, ce qui rcnd le texte obscur. landis qu'il
est clair dans I'original grec- — 3. Cf. Walth., v, 21-22, 27-28, 48,
v'b.
256 SEVERE D'ANTIOCHE. [56]
Kj/ ^^..a^mO .-Kj/ i'l^ l)]ii oiIojl^^mK.^, ,jJo oila^ot!:^ lo^ fS jj^|
.-Kj/ ...•> t Vi jJo )o».iäjio jK^öiSs ^♦•^ JJ-^ ^/ j^Lso .-a^^KliLia^
• JoC^ ^oioK^/ )ooi~i; <^öv^ }y-x jj f^ :)-JtJ',^ joou; v«ö(^ )^>wwi~j )oi^;
jJo 'o|l^^-A.JU^^ jJo :o|K.2L^<»bJi jJ 'jioXJLi^^K^; ^-"^^ °°*^ .0|K^«^^;
.-|^]1^ V^?! MjOlIfiOO .^^ jK.«^ va.i>^w^o/; jK-o^o'^ )lojoi.a\; .').Jüf_3; 10
L rol. 225 v^öl )K ..f> ^iilo .-{-»io)^ VLa-CD; l'y^o'l K^t-lo; ^/ oC^ 0001 ^>^ i^^:'^?
•>Oi^ 0001 ^.«.^fJii^ ).^o'peL3;
);a^ jJ; J^-o "'^•^^^ .j mv^o^ jJ/ V^/ j-jiKs o^ ^j Jjiio '"'^i&.^s^o
1. Ms. Ha*i;3Cvioi {sie). — 2. Mai, op. eil., t. IX. p. 726 : Kai (iet' öXiya. Ji'.a ti 61 |jiri fii6/ov s'.uev,
a).),a vöfiov (s(f); ineiTiEp nii 7:poq;viT<iv yofci; O'j'ts e-Jai'Y£^''i'''^ Ä aTK)ijT6).Mv xatiXoyos r|pxr,i£ tö näv xf,;
öecnfeTteoTiTV); ünEpoxT,;, f| Toüc tv); EvavOpwTiviaEio; Xöyou; £vvor,(j£o6ai xai tiTisiv, i).),a to tioXagcftov, xoi osov
äxpo'.; ent'^aOffat oaxTO)oi; xal fif ay^Et toiaw TiepiXaSeTv.
peur, ö im tel, pas meme en considerant la divinite et rincorriiptibililc ' du
mystere et en t'appliquaiit ä atteindre cc qui est adequat k la realitc ; cn
tant quo tu dois parier de Dieu, tu cherches des paroles et dos expressions
divines sans les trouver, (et) c'est necessairement ä contrc-cojur quo tu vas
ocrire; je t'ordonnc d'ecrire avec des lettres et avec des paroles liumaincs, :,
dirigeant meme cela d'uuc maniere tres convenable et (trös) cliarilahle
(ipO.avOp Witwe). En elTet, si le Verbe de Dieu est descendu puur sc faire
liomme sans cesser d'etre Dieu, comment dedaignerait-il qu'on ecrivit et
qu'on annongät cc qui le conccrnc avec des lettres humaiiies? Cur celui ijue
rincarnation n'a ni cliange, ni modifie, ni amoindri, commeut devail-il ('Ire lo
aniüindri par Fecriturc ou par la prononciation de la parole humainc, qui
nous apporto la predication salulaire de rEvangile (KüaYyelwv) ? » C'est ce
qu'atlestent les anges eux-mcmes qui, comme je Tai dit plus baut, voyaient
i,i(ii.2J5 " 11" enfant couclic dans une orcclic et lui adressaient la gloire qui est daus les
^°''' liauteurs. i.i
Ktpourquoi ne dit-il pas « livro )>, inais tomos? — Parcc que ni le cbicur des
1. I,e grec porlo «fpauTo;. 11 i'Sl püs>il)U' ipio Ir liailmiriii- all cniirniiilii i'c iinil avec äyOapTo?
ijui iiü (luiiiie pa.s UM boii si'ii.'^.
[57T IIOMKIJE Gl. 257
)jp,Q^ oCi^a\, ^a_£0 I..M...N«; o/ ).j y ..3L 'nnv> ; o6i |jlJL3 )J o/o -.UüJ; -oi
K^ a^NJmia\ . • | ioJLJLJV^tooj JiicL^ o/ .•joCS.)! K-.).2> .-61 )ia-::^Ji^io;
.•jü/ vSojL^ ;a-J^^ otKii^, J^V-s? U>o^o Jlio^J j^oilia^s )) | .poj-ia^o
V-K,; oci :).ia^;; ),»5 oöi ^a- vs/ jjoii^io .«aojx-j Jjoioi^j jjjaioa^o
^ olSsj/ ■jloJLXJV^ts.io; ,^-^010 :oucot.^ icH-lil/o ,^.i. ).ai*^'^o|l v»a^ ^io
^/j K^o ^-I^oi .Ni.Q-iL- ^^; ^-^01 ^ojiio .-JIJJL^ jK^J-^/ vS/ .^;
)_^^sI2::i. .loot )i^j )Lj/ V^Iüo ).iaS.i. oot jLs/o -J^- )^- "^^^o -oot ^ISoKj
)a:-*io ja^":^:» m^imV ^ o-^ -.Vio/ ^-j );oi .oocm ^^to.Kio; vCljch
w Ji.,^0 jooi V.010K.-/ j^Iis^ ^^jo; j^^io p :>*.aju. ^^j ^•^o«? I®««
^•sv jjioi^ ).iop. uw^/; :)ooi V^/ jjojlis^s^o :s-ö.oij ,_-^o« ^oC^S; Ijo.-*/
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^ iooi öv-Mj l-ioa ..jaJi)^ oKa.l/o ■>^'^^^/ t-'^ P«i C)^^^
Prophetes, ni la foule des Evangelistes oudcs Apötres, u'est capable de com-
prendre et de dire tonte la realite de cette sublimite digne de Dieu (ÖeoTTpeTr';^;)
ou les parolcs de Tincarnation, sinon en petitc partie et dans la mesure oü
quelqu'un toucherait seulement du bout des doigts et ne prcndrait qu'un
5 tout petit Fragment (Toaoc). C'est pour cette cause que Jcau, le fils du tonnerre,
qui plus que tout autre fit de la theologie et fut eclaire dans son intelligence,
et qui, d'une maniere tres sublime, a ecrit ce qui sc rapporte ä Fincarnation,
enterminant la redaction de (son) Evangile, disait aussi : // /y a encarc beaucoup
d'autres clioses {parmi) tout ce qua fait Jesus; si on les ecrivait en detail, je ne
1" pense pas que le monde meme püt eontenir les Uwes qu'on ecrirait'. 11 a dit cela,
non seulement lorsqu'il montrait la quantite de ce qu'a fait Jesus, attendu
qu'il etait le Verbe qui (existait) avant les siecles et la puissance qui regissait
tout ce qui est venu ä l'existence — c'est pour cela qu'il disait : Man Pere
afjit jusqu'ä pvi-sent, [et] nun aussi j'ayis'- — mais encore lorsqu'il en fait con-
1-^ naitre la grandeur que rouie de ceux qui vivent dans le monde n'etait pas
capable de percevoir.
Car tout cela u'a ete revele et ecrit qu'autant que c'etait comprehensible
pour nous. Et on dirait — et bien justement — que meme tous les Livres
1. Jean, xxi, 25. — 2. Jean, v, 17.
f
r° a.
258 SEVERE D'ANTIOCHE. [58]
)k*jL-o? )lcLJCH.3 y.Aa3; «i**2i>w-.j )kVi.^>o^o.-).ieCSLji j^iL* ^i )N.^ :\ ^o
lVio7 ^^-oi .K^i^ jJ j^-w^- -"«Si^ioo j-ioS;^ l^ü- .«^ Kj^ßt ^; )i^
);OI .v-.\ ^JUöl IVs^J ^J -öl .«-Ki^^ O-to j^Koj )ju.^S .-^j/ )i7 )oi
)N-l|.i«C^ .j-s/ 5/ voj/ K^^ ^ooila..\>o»N^. .JJo ^ooila^iü^ ^^^^ -.oo«
)jLa„3Qji; w.öii •)•) - '^ - Vspo. .Jlijo •.vOO|-»Ä^— ^^:^/ | ^>-.^ OQ . j. : ) -.«^v^^?
.«poi/ jl .c*-t-a^ )-floa.iaJ; fcs.*J wöi .«*i N-./ |-^^io ).*Do;o jöi^-j K*3
.«tCiv^OO yjl^io/ ^^VliSO K*3 ^ito I^KJ; )j-V^ -.^-iOA ^ ",^010
inspires de Dieu, ea comparalson de toule la science divinc, ne tiennent que
la place (tz^i?) d'un toinos quelconque et d une petite partie du livre entier.
11 semble en vcrite que notre Sauveur meine predisait cela par le prophetc
des Psaumcs, et qu'il faisait connaitro d'avance sa venuedans la cliair ainsi que
la repudiation du service ancien et figuratif ä l'aide d'holocaustes, et son s
remplacement par Texercice du sacerdoce spirituel et veritable de (son) corps
Saint; et il disail ä son Pere : Tu inis vaulu ni sacrifice, ni offvamle, mais tu
ni'as foniu' iin coriis ; tu ii'as a(/iTc ni liolovaustes, iii {sacrißccx) pour Ic peclic.
Mors fai dit : Voki, je vieiis; c'esl ä mon sujrt qu'il r.sl ccrit en tele du livre*.
Lfoi.22üCcs (mots) : Tu m'as forme un corps, siguifient ceci : a * Les sacrifices et les lO
'"^" holocaustcs, dll-il, ([ui ctaient accomplis selon la Loi (vojao;), tu les as abolis,
6 Pore, h cause de leiir caraclere üguralif et de leur imperfection et, ;\ leur
place, tu as inaugurc la venue de mon incarnation qui est plus mysterieuse
que tout et l'exercice du sacerdoce de mon corps qui est parfait et ne manquc
de rien, parce qu'il possöde la römission des pechös et une purilication com- la
pletc, ce que la Loi (vÖ(ao;) ne pouvait pas operer. Ges choses, des le com-
mencement, sont ecrites et predites ä mon sujet en töte du livre, c'est-ä-dire
1. IlObr., X, 5-7; I's. XXXIX, 7-8.
10
[59] HOMELIK CI. 259
yooi^ ^ioo ).*aio ^io ^\lx pj -.l^iolo ooot ^j'»; ^ÄJJJ 'j^io ^io;
).iKjj oj^a ia3\; ^-/ .yCij/ oiiöji )jl-> ,-«o -.J-sKj); )jq:>.j | n«> -3 ^-'
oti» oöj .-^»-.fcoo <^oio;a^JS-3 |..^^i.^fl\ oi^; K.O oöt .•jK-.Oi!^ )ts^»-.j
I ■^\;;«\ . Ji-s. / .-jKi.^jo jJ^ocLSL^; jtsj:jL^io ))Soä..^jp ,^oi!^^ ^o^.^^/
. I ..» . ^l )^_^::>Q.iLbe )Ki.t-? I-^^^ l-"«^ .)-.io)l lol^i |.*3o;o ).jl-«i^
.•i-a^ ^o K*.3 a^ ^io joo» o.-to; .--Oi-)— )ju^^^^ ).^.XQ..^^^o / oöj
dans Uli /.c'paXziov ou chapitre et dans une section, » appelant « une tele du
livre » tous les Livres qui predisaient ä son sujet, parce que tous egalement,
et non seulement un seul, predisaient sa venue dans la chair.
C'est pourquoi donc Luc aussi a ecrit que, lorsqu'il apparut apres la
resurrection d'entre les morts ä des hommes qui marchaient sur la route,
ayant commence par Moise et par tous les Prophhles, il leur expUquait dans
tous les Livres ee qui le coueernait'. Cependant par « tous les Livres » il
designa une petite section du livre etun chapitre, en comparaison de tont le
livre de la scicnce divine, lequel en vcrite n'est connu que du Christ seul,
en qui se trouvent tous les tresors Caches de la sagesse et de la science'-, comme
Paul l'a ecrit aux Colossiens . Car de ces tresors il n'en est descendu jusqu'ä
nous qu'une parcelle qui peut etre comparec ä un chapitre (xe<pz>.atov) et ä
un toinos, et cette (parcelle) n'est pas saisie par tout le monde, mais
plus par les uns, moins par les autres, selon qu'il appartient ä chacun par
15 suite de sa preparation et de sa purification ä l'egard de la contemplation
(Oecopix). Jean l'Evangeliste (EüaYyeXicTvi?) aussi a vu dans l'Apocalypse que ce
livre de la science parfaite etait ecrit au dedans et au dehors, et qu'il etait
scelle de sept sceaux qui signifient la perfection du secret; il dit ä son sujet :
: 1. Luc, XXIV, 27.:— 2. Col., Il.'iS.
10
10
260 SEVRRE D'ANTIOCHE. [60]
r° b. • * * ^
p; K^3 o6i .-oC^ oiioJLio jioa^io '^^io ji-i/ »J .•!-.;/ ^-/ ^-V? '^'^>^.'
jlaio ^i.; .-«Q— K_fcioo ^-^3^^^; -öi )Kj.Ji y^l° ^-=»^0 K_)v-t>^ >&w_5i
).-;:ja.X^ ^-; ^oixaS .IKio*^ ,-.^ ,5*^l/o 'y^io/ -y^^l '''^^ ^^i»^? o«
JLjüCLioa^ ouioi .Jooi ^j^-,/ )^lj.\a3; j^>^t~.; ooi J-sKa^ ^ s^-Ks jjoi
)!,_-. j rftNAi^^ y.\ O.Ä .-looi >i^iaji »s/ j;o( ^^^io .•oi^; ^^oi yoal-^
Et personne dans Ic viel, ni sur la terre, ni sous la lerre, ne pourait ruurrir,-
excepte celui qm a remporle sur la mort la victoire d notre place, h Hon de la tribu
de Juda. Ic rejeton de David'. Et celui-lä est le Christ, au sujet duquel le
'Lrui.22u patriarclie Jacob disait eii proplietisaiit : 'Juda est uii jcinie Hon; lorstjHc tit as
' ^' ploijr tes (jeitoH.r, tu a.\ dorini funtinr im Han'-. C'est ä cause de (sa) royaute qu'il ^
lui donue le nom de Hon; et lui-memc, en verite, apres avoir completcmcnl
ploye ses genoux, s'etre couclie, s'etre endormi du somiueil (qu'il a dormii
pour nous et etre mort, il a moutre quc par sa resurrcctiou il a regne et
prevalu sur la mort (jui avail regne sur Tunivers. De son cötö Paul ecrivait
aux Hebreux en ces tcrmes : Car il est iiotnirc ijur \(ilr(--Si'ii/nciir s'est lerr 10
de Juda ' .
C'est celui-lä qui nous a ouvert le livre de la science qui etait complete-
mnnt fcrme, dont un seul tomos est descendu vers les liommcs. Fax elFet, nous
ninlmeltons quc celui-lä, ainsi que ceux qui, comme Isafe, etaient charges,
en plus d'ecrire et de dire, de monli'er aussi aux aulres cc qu'il y avait dans i5
ce {tomos). C'est pour cela (pfil entendait cneoro : Vrcnds-Ioi im i/i'anil tninns
neu f. Ouebpies oxcniplaires out : l'rcmls-toi un Ininus du (/rund (oiirr(i(/e) ncuf'.
Par lä il est elaircmcnt iiKHitre qu'il parle du graud (ouvrage) nenf, du
1. Apoc.,v, 1, 3, 5. — 2. C.eii.,xi.ix, '.1. —3. llrlir., VII, l'i. — '1. C'esI, m rll'ol, lainiuiinc loron de
li : TÖ|iov xaivoj [uyx/.'j\>.
10
[61] HOMFJJE Gl. 201
^^io -Iv^ )-3»o ]l^^ ).m^oo^CS. ot^ y£>l ouioj oot .'t-ic/ oKo.Kj; )ooi
|L:dfio ioi^; y^l .^*; |m>OQ.^ JK-ötS^ ^\o(^ oi\j> '"^'^JJ ^^^loxio jJ;o
•:>)L.<J^o« oöt
)J.o I » i^»Kj>o; 'jtC^iJ^ •"»-^^^ o_.vlo .|l>-sj ')K.«c^iji »i.\» ^/ K-^jLi^^^j
^ioj y.-./ p ^-iLÄieo :^!^l/ JjlJJLjls; )-^!Q->-^ oC^^>^ ^i.o :)iQ.bo ^^jX
|K^^-«; \y.<\ fS :J^ jooj ^*.— ./ )i,-D ""^io'/ OCX ']lyJi "^^^..äJl J-^V-o? U<"J
oöi -.jjo^^^ jl^« n ..K.^ ^l^^ wooi ^^ix^xi^ jjLSoio :^ooi ^■*».\!co
1. [, (';; marginc : U^^' — i. Mai, «/J. (77., 1, IX, 720 : 'Ano toO ocJioO /cyju. Trv aaia'j £/ ~f,ooi|j.;oi;
mystere qui devait etre ecrit dans ce tomos, ä cause duquel il a egaloment
appele le tonws neuf et grand ». Caril est notoirc que tout toinus dans lequel on
doit ecrire est generalement neuf et non ecrit; (il suit) de lä que, si quelqu'un
des Prophetes regoit aussi l'ordred'ecrire sur un livre, c'est d'une part un livre
5 par rapport ä nous qui ne savons rien et qui n'avons pas du tout part aux
clioses divines, et c'est d'autre part un tomos par rapport au livre superieur.
Mais voyons pourquoi Isaie regoit l'ordre d'ecrire dans le tomos avec une
ecriture humaine. Qu'oii se lidte, dit-il, de faire le partuge du butin, cav c'est
proche'. C'est la cause de l'incarnation divine qu'il met en evidence dans les
10 commencements memes. Car parce que par le peclie d'Adam la mort est entree
cn s'insinuant et a prevalu sur le genre (ye'voi;) liumain tout cntier, et quo le
Calomniateur, emportant(son) butin commea la suite d'une victoire (rernportee)
cn guerre, nous possedait desormais, alors que nous faisions les oeuvres du
peclie et que nous portions ainsi un malheureux tribut au tyran (rüp^vvo;), celui
1.^, qui a dit au sujet des enfants d'Israid qui fabriquaient des briques eu Egypte
1. IsaVe, VIII, 1,
10
262 SEVERE D'ANTIOCHE. [62]
USn.^jo yOOi.3|^ ^"^ ^^ ^^ :)t •>!^ :& vooi^ ^^pi vQJÖi ^^ ^^..\:^lll
yojöi lijZx ^_ioj .-^».1/ ^^; | fn » ^ o^o lo^ vs/ ooi -.voj/ vjsoVS*/?
J^).a.',-M; ')lQ-fc.aJ f^2 o(!^ ooi jcü^wk^^o .-jooi .SM,too |V-*V^ )^■=^ u^;')
ysLtJfJi mÖi ^"^^^j Q^ ßl •'^;o^o ool ^S> p .-^oiöj).^ ^o^^^wü^o )jK^w>..J^
^_./ )->>.ijl voo»^ öi..^^o .'voj/ ^^^S )K»iJV-:»o-^'^^-^ oilb^ü p -.^
1. Mai. op. (■//., l. IX. 727 : 'Anb ).(5yo'j pi. IIpC;vr)[jLr,v 7toir,5ai ToOtiTti oiavoii/|V ÄaSi'ov yöp f||J.ä; aTtb Toü
StaßoXou xat twv SaifjLÖV'iv, toi; ctTCOffToXotg 5t£V£tti£v,'E{; Tcäaav Tr^v 0[XOU[j,£vy)v xaTa[j.spiffa; aÜTO'JC, xat xaiaoisXöjv
waTrep x),7ip(üToü; yäp xai äyye/.ou; Tai; ^/.x>.V)'7tai; ertiTiriTa; xai IxdTTot T(7)v TitrrTfuv, xat acpopiffa; upö;
ifjÄaxrjV, xKTä tb EiprjfiEvov, opäTE [i/, xaTacppovrjqTiTE Ivb? Tmv |j.i/.piüv toutw/ ae'yü) yap üaiv ÖTi o'i «yyE/.oi
aOcüiv £v oCpavoT; SiawavTÄ; fjj.s'ito-jdt tö npöiruTtov toü naTpö; |jou toü iv oüpavoT;' TaüTa xaTiönEiye töv
'Il<7aiav ypa^Eiv (isxä xäyo'j; ijo'/'/.oü /Eywv, TiapEdTi yap, t'jOteotiv aÜTb tö Epy';v sfEUxriXE xai Eni 60fai; Ecrriv.
et qui ^taient les esclaves de Pharaon : J'ai bicn ru rinnnilialiini de »ton pciiple
Lfol. 220 * qui est eil Egijpte, et j'ai eiUendu Ic cri quc Ini fönt pousser ccux (jui le pcrse-
entent par le tvavail, ear je eonnais sa doideiir et je suis descendu pour Ic delivrer',
lui-meme s'est peiiche aussi vers toute notrc race (ylvo;), persccutee par les
demons qui la persecutaient par uii dur travail, et par la prophetie il montre
qu'il sc liMe lui-meme promptement et rapidcment pour enlever le Maliu et
le d(ipouill(!r du butiu que nous ötions uous-memes. C'est pourquoi il disait
aussi dans les Evangiles (Eüayyelia) qu'il est venu pour Her le fort et lui
prendre ses armes \ nous faisant encore connaitre qu'il se hAtait, dit-il, non
seulenient pour enlever le butin, uiais aussi pour en faire la captivile, c'est-
ä-dire le partage; ear, apr6s nous avoir pris au Calomniateur et aux dömons,
il nous a partages entre les Apötres en les repartissant sur toulc la terro
habit^e; il leur a partagö la terre comme en tirant au sort, il a (Habli les
anges sur les Egliscs et en a attribue ä cliaquo fidclo pour le garder
comme il a etc dit : Voi/ez a «p pas uu'priser un seul de ees petits, ear je vous '^
iii
1. Kx., 111. 7-8. — 2. Mallli., XII, 2'.i.
[63] HOMELIE CI. 263
.s-oioK-./ j^Vl ^^^ Joto -.^"j-o )oj 'j^Jtl^ O0(; ^» QJOI .V-^ v^'t'f -.V^/
c^o :i.-^^ o/yo; pö/ ^3 :}^jLib. oi\^ :^^i.-oo« )jiio ti-iojj jü/ ^j y/
jooi ^o^o^^~./; oöti jJ .)jLi>>^ ,-*.\oi \.jJi>^l )oo> ^_aa)^..ioj «ojlL-Kj )jjo(
jootJ) )ooi ^K^ o(.3) oöi .-^ifts^t OCH JlL^j; JJ^N^S oi^ jJ / -.ooi ou>
^ä*.lflo . '^.y'ft« ^ji^^/ ^iw; y^l .'y^^iN^j ^j^oc^iwo .•jK^i.U »Sl^-^U;
y^l :oooi ^^K^; vOJÖi jj'^a^D; yOO|..<iI^^ ^; ..^'^_ooc j^i.H^-coio Jootl
K.*|i^"^o .l^j-SL^ ..)L*iJi/ )oo« V|^ ooot ^«*.^^V^ op ^io )o(j ^~<I^/ ^^^j
oKb ^\oi p 1-«^^/ ooi; ).^'. •.\-»'i-'l ^t-^;o ).a „ »jL S> ^ jjooi ^/o .|-Of.d;
vb.
(Zts r/ue leurs anges dans les cieuac voient continuellement la face (icpouwTCov) de mon
Pere qui est dans les cieux ' .
11 pressait Isaie d'ecrire ces choses avec beaucoup de rapidite, en disant :
Car c'est proche, c'est-ä-dire : « Voici, le fait est imminent; voici, il est aux
portes. » Et si quelqu'uu dit : « Pourquoi a-t-il donc trompe le prophete en
disant : Car c'est proche? C'est non pas immediatement, mais apres un espace
de cinq cents ans et davantage, que (Ic Verbe) s'est fait homnie et qu'il a
accompli la prophetie » ; que celui-lä reflechisse bien dans quel temps Isaie
recevait ainsi cet ordre; ce n'etait pas dans celui oü il etait lui-meme, mais
c'etait dans l'espace de temps qui devait suivre, oü allait se realiser ce qui
etait dit dans la prophetie. Gar teile est la prophetie, que l'esprit soit ravi et
qu'il demeure avec les choses futures comme avec celles qui sont presentes et
actuelles. II apparait donc qu'Isaie, etant en presence de ces evenements
qui devaient avoir lieu comme de ceux qui etaient dejä presents, entendait
justement et veritablement cette (parole) : Car c'est proche.
Mais: Constitue-moi aussi, dit-il, en qualite de temoins, "des hommes dignes ''^'^°l-^-''
de foi, le pretre Urie et Zacharie, ßls de Barachias'-. Comme une pensöe simple
1. Matlh., xviu, 10. — 2. Isaie, viil, 2.
264 SEVERE D'ANTIOCHE. [64]
)mni^i 061 )->V2fS.o -.loot yoCa^o 061 )ji-3>-3; oöi 'K.<o )->^o]l .01.^0^^ V-^^j ')oo<
v^ooi . >ö, 'n; ^-<^o<; )t-^<^Do ))^,^d \'r^4 l<^^, y-'l -'jooi ^.^u«,/ j->-2J9
^•&^o wujji V*^«-*; oö< ^^; JJjQ.^ ^/ J^^ojlo |JLo.i^a^o(.^o .-yj^jK.^
).flQ>0Q.^^^1 oöi yQ.«^^^oJj •JoO( |_3'i o^olw^^o^-.j^o'^ \\^ K^j'^lS^io :'»-•«-*.
^^ |_;o/ .)ooi «otK^m^o JJL2J ^^o (..fioa^oj ^^ ^ .-jooi o&s.3,Kbo jl,-^
).^DQ.M.J; jKoo; -.looi yC>|.Ia^ ).^a^eu y-^U. °ö< jiojoi^ ^^^!^Qq\ p :t-*-^^
^»,*5 j^^äJu^ y/ JJ/ )JV— / JÜLio ..looi y^oioK-./ )...^.aJ; ^j JL-pj Joo» jJ.iCLio
l^jfl^a^D; yOoC^; yOodaJL^o^froo -.JoOÖjl; yooi^^; ^« vCXH^joa*. v^/o .|oo<
)j;oia^ ^) j.^^; :)^|.yr^bw ^ojoK,*/ joC^; l'Ol.o-J V^ )-»'o/ t-^^ y/ •1°°'
jioioj •,)^)j:..2üo j « mgvij ^>J^oi jj^öia^ ^>o; -.K^j'^otJ JL).^boo -JoC^;
1. Ma'i, op. eil., t. IX, 7"27 : 'Ajto toü aOroü y.tiyou. A;!|ai Ttpoeiprivai tö EOaYyAiov, t6 ev tw xaiviTi töhc«)
YpO(CpÖ[JL£VOV, ÜTtÖ v6[1.0-J Xal TTpo^'/lTüiv [JLapTUpO-J[J.£V0V. 0*'pia; [XEV Y^P Tr,V xa-ri v6[I0V i£p(i)[I£VOC, TÖV TOÜ vö[iou
TUKOv £nXr,pou. Zot/apia; Ö£ npofiJTy); Ü7täp-/MV xi ä),).o >i t>\j- Ttpop/ira? üixe'YpafE; xal Twv T:pa,'^[i.ixutv aÜTiöv EvöeiE'?
YivETaf et Y*P O'jpca; [aev ^wriofio; 0£oü, Zct/apia; 0£ (JL"'T(tJ.r, 0£oO, (paiviTttt (7af(J5; w; e-t Tüv a7tO(ivir)(iov£UfJ.aToiv
tmv TrposprjTiXMv xal vofiixwv tb jw; t6 öeTov xii; xaxi ^\l^yxiXl■r>■^ iXrfiiix; £?EXa(i']/£v. — 2. Mai. op. eil., t. IX.
727 : 'ATtö ToO aOioü Jöyo'j. Bapa/io-j 5s uib; wv Za/api'a; toü £7tMvj[JiO'j Tfj; £0).OYi(x? t^; toü HioO, or,>,or n).f;?£;
EÜ).oY''«? Eivai To xrip'jYfJ-« tö e'JaYY£).ix6v toI; TtiaTEiiouaiv.
et qui est sous la main, il veut qu'Isaie, en ecrivant cela, prenne avec lui l'rie
(|ui excrcjait le sacerdocc en ce temps-lä et Zacharii' qui tenait la place (tx^i;)
(l'nn propliete', afin d'honorer d'une maniore grando et veneree les clioses
predites et de les faire croire et de les coiifirmer. Et dans un sens qui est plus
rempli de mystere, plus vrai et particulierement plus digne de l'csprit, il s
voulait desiguer l'Evangile (Eöxyya^iov) qui ötait äcrit dans le lamos neuf,
auquol rendaient tenioignagc la Loi (vop;) et les Prophötes. Car Urie, en ac-
complissant l'exercice du sacerdoce legal, tenait la place ' de la Loi (vi'jao;),
et Zacharie, qui efait proplicte, quelle autre chose symbolisait-il sinon les
PropiuHes? Et la siguification des nonis eux-memos '' Pst aussi une dönions- lo
Iration des l'aits; car si Urie c(juivaut en Iiebren" ä « lumierc de Dien » et
Zacharie ä « memoire de Dien' », il apparait clairement que c'est par cos
mentionsde la Loi et des Prophetes qu'a iiriilc la lumierc divine de la veritö qui
1. (Jii sail (jue le Zacliaiic (|ui csl iiiciilioiinü dans Ic vcrsct il'lsalo, el au sujol duquul oii in'
coniiait riim de pröcis, est qualifie de propliöte par los Peres grecs. — 2. Lo grec a tüho; qm^ Ic
tiadudniii- a di"! cnnfondre aven töijio;. — '.i. Les mtits n significaliuii n cl « niuiues », iii'-ccssaires poiir
1 iiitellii;cncc (In passai;e, nian(|iienl dans In grec de Mai. — 'i. Proprciiicnl : « dmil Dioii so rappclle «
UU Oe6(ivT,i7TO;, liiais riiilci-[i|-i'l;iliiiii li'adilioUTii'llc es| liiiMi inrmi/riii l)i>inini na |J.v)i]iri Hsoü.
L fol. 227
i'° a.
[65] IIOMELIE CI. 2G5
♦^. ivi .ö>^; vQJOi^ |K...^^^o/ jlojo'p oul^/ jKsioj»
^/ yOOtJ^^^^^^J vQJÖi .J-jT^ .U--^; ^! oöii Jo« ll— .J^^-^ jjioio -.(.^Do^iaj;
10 oöi oiJLQÄio ..0001 ^i-iö/ •.>*.ajL- ycL^ jio^ ""^o» a-.)—,!/ ^j -.j-ockS. ^iö/
yj |l/ ••oj.-JL-Q.^-io jooi W.010K«./ ^*; jjL-io ^^aXnjoJ^ JJL^J? jooi »-»J^!
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.-jjLiCLiOiio )jü/ w..\ ,_3LJiw J;ö»JO .j^io )l^--< Ijjij OÖI |.£a^o^C^ «ooKaj;
est dans l'Evangile (Eüayy£>^^ov) ; d'autre part, Zacharie, etant fils de Barachias
qui est le synonyme de « benediction qui vient de Dieu », indique qua la
predication de l'Evangile est pleine de benediction pour les croyants.
Ce Symbole (tutto;) et (cet) arrangement (tx^i;) du temoignage dont nous
j parlons, Notre-Seigneur aussi les a accomplis lui-meme dans les Evangiles
(EüayyeXia). Ayant conduit Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, il fut
transfigurä et il resplendit plus que le soleil, voulant leur montrer un peu de
sa gloire divine, comme une petite etincelle. II apparut parlant avec MoTse et
avec Elie, montrant par lä que sou incarnation et l'Evangile (Eüayye'Xtov) qui
'0 l'annouce, ont pour temoins la Loi (v6[ao;) et les Prophetes; car Moise appa-
raissait personnifiant la Loi (vöp;), et Elie (personnifiant) les Prophetes. Luc
dit aussi ä leur sujet que, lorsqu'ils apparurent sur la montagne avec Jesus,
ils parlaient de son depart (luil allait accomplir ä Jerusalem'; * et qu'etait » l lol. 227
son depart, sinon la consomraation de l'economie, qui etait la croix et la '^° ^'
ib resurrection d'entre les morts qui la suivit? Ainsi donc Isaie, lorsqu'il etait
sur le point d'ecrire le tomos du nouveau et grand mystere, entendait aussi :
Constitue-moi, en qualite de temoins, des Iiommes dignes de foi, le pretre Urie
1. Lue, IX, 31. â– â–
PATU. Oll. — T. X.XU. — F. 2. 18
266 SEVERE D'ANTIOCHE. [66]
K!i^^ .JK« '»i lo^ K^v^o .^\o( «Kd ).^^Nji/ pö/ jj^o |)^:j JJ/
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öi-K-,/ ••'l^a.ioa^ K*o o/ )i-3^? ^'^^ääm Jn'm"» .)i»s Jo-o^ -.vA^io; y^l
iKloJS^i./ )K_.k.^^^ ^-.b^ "l-«-iOt-o oöi |mv>oJ )q-«; ^''^Si^^aoi ^A.io .jlKj/
• •
1. Mai, op. eil., t. IX, 727 : 'Atto toü Xoyou pd. llpocpiiTiv pir)v triv OiOTÖxov 7t«0£vov xa>.ci, £v tü)
ä<niäi;e<T6«i TTiV 'EXicräßsT 7tpofr,T£Ü50oav ä^ eiimvoiac öeioc, to tSüü yip aTiö toü vCv |j.axapioü<Ti' fjiE Trisai ai
yeveai, xa'i tö toutoi; litöjiEvo. — '2. Ms. rr"»- — 3. L in margine : ui^iSt^ ,5 .- ^ohmo^ xih-^'? t'oi l«*
et Zacharie, qui signifient et attestent la Loi (vov.o^) et le clioeiir des Propht'tes.
Mais vo^'ons ce que dit Isafe apres ces (mots). Et je m'approchai de la
prophetesse, et eile conntt et enfanta un ßls'. 11 appelle « prophetesse » la Mörc
de Dieu, la Vierge, qui prophetisa eu vertu d'im desseiu divin cn saluaiit
Elisabeth : Car, voici (jue desormais toutes les ijeneralions nie diroiit hienheu- 5
reuse'-, et ce qui suit.
II m'arrive de m'ötonner beaucoup comment le prophete, ayant entendu :
l'reiids-loi un <jrand tonws neu/', u'ait pas dit : « Et je pris le tnnios », mais : Je
m'approchai de la prophetesse, nous faisant moiiter jusqu'ä unc graiidc peiisöe,
et (iious apprenant) (jue le nouveau tomos est la prophetessc, la Mere de Dieu, lo
la Vierge. Et comment? G'est moi qui le dis. Dieu forma Adam de la terre;
puis, apres avoir coupe une de ses cötes, la lui avoir otöe et l'avoir remplacec
par de la chair% comme ilest ecrit, il crda Evc; la fomme donc est une section
de riiomme, c'est-ä-dire un tonws\ Par consiupient, puis(]ue Eve, le prcniier
toinos, a vieilli a cause du peclie, unc fois qu'elle Tut condauinee ä enfanter les '^
1. IsaVe, VIII, 3. — 2. Luc, i, 48. — 3. Cf. Gen., ii, 21. — ',. Note marginale de L : Traduit du grec
en syriaiiue, le inul qui' iiuus disoiis "öiio; sc dit IßaaS isection).
10
Lrul.227
[67] ( HOMELIE CI. 267
ooi )mv>a^ |oü^ ^'i^^ )^<^''-^l l-^ -S*^ i-'^U jJ^«~a-^^; K!^» .,..1/ ^
J^)l,^o K^Jova^I .-K'tv»» ).>oi^ ),^Si-j.\o .'oi^ |oo( K.jCS, JKa;^^^) jKiä^o
.jl^-M ^^ouiVK^o .'jot^^lo jf'ui.d/ ji«'^ ).nL^ai öu^w>/o .-K-ijoC^ lo^)33
:)&s,..iUüootK^ "ot-a KJ IjlSlI; :)oi^ )M^>.bo om I öu^ ^^ Ji-fiQ-^ t^
K-i|iqX .■toL^o. ß V ffiSl/i oöi OOI 'JLlsoi; jJLSu/ :)oo( vi .!nv> )1o.^,_m ^t-o
ot^ -.ouio t-st'^ U'r^l >>-W oliso ',^l/o ,^^^^^^,1/; jjj.fco ;K-.|»nrfi'=^J^o>o. .jlo
)K^; c*Vj ^ v^; -K-^-o I— o; ^ ßl .|i..aL^j !:>.;; * ^ ^;
10 jooi otoKio )jü/j l^tsjLS ^ .-jÜL^^jL^ ot\ )ooi ^ ->\Ni> K_|oiSi\o fts_j-,oV^
^V-ji-^^-iO ts_.)_Jü/ ^ ,^J Q_»01 .\^\ « 1 I OOI JÜUJS.^ ^/ -jrftNrt.^^ ^
^ « \ n ^; )K-.:»iKi. »KlaJsoo .j.-otSis ooi JJL^^ ^^o^'j-ioo "^.-x^.ftooo
1. L in margine : laiailao .iäo|j •^^«pa. ;»|^M ifn."fYia\ ^l.v^^ -.lt.;- ^;.^U pm oot l^a* 3/
— 2. Ms. ov^- — 3. L, m margine : -io^^ >*"w « ^N» «^o^iJi »^w oii.tv.( tlii-viio» lev*»«.»»^ ^jaiii to-v
enfants dans les angoisses, c'est au poiat de vue de la guerison que la Mere
de Dien, le nouveau tomos, a etc envisagee, apres qu'elle eut ete purifiee par le
Saint-Esprit et qu'il ne se trouvait en eile rien de ce qui estvieux et qui est la
peine du peche. Elle servit k renfantement diviu d'une maniere admirable,
" nouvelle et digne de Dieu (ÖeoTtpeTcöi;), eile est uu tomos ä la fois nouveau' et
admirable, et doublement nouveau. D'une part, Dieule Verbea pris d'elle une
chair qui possede une äme intellectuelle, et il s'est uni cette (chair) hyposta-
tiquement, attendu que la (chair) a subsiste ä l'instant meme oü eile a ete
unie; car eile ne subsistait pas avant I'union, en sorte que c'est celui qui s'est
incarne sans changement et sans division qui passe ainsi pour avoir ete con^u
et avoir ete enfante, et que ce n'est pas un autre homme en dehors de lui. Et
d'autre part, (il a regu cette chair) non pas * d'une setnence virile, mais du »lioi 227
Saint-Esprit qui, en dehors de toute concupiscence, operait cette conception
d'une maniere creatrice et divine, tandis quo cette (conception) etait ecrite
dans le tomos avecune ecriture humaine, selon la revelation prophetique, c'est-
ä-dire tandis que cette conception divine est depeinte -, representee et figuree
d'une maniere humaine, et qu'elle attend qu'elle ait grandi peu ä peu et qu'elle
1. Note marginale de L : De meme le inot que nous disons l*-»- (nouveau) sc dil encore en grec
par deux expressions (Xsgi?) : veo; et naivö^ — 2. Note marginale de L : Cliez les Grecs, dans l'usage
de la langue, « ecrire » est mis pour u peindre ». C'est pourquoi, on peut donc prendre, si on veut,
« öcrire avec une ecriture humaine » au lieu de « peindre avec une peinture humaine •>.
10
r° b.
15
268 SEVERE D'ANTIOCHE. [68]
•>).^uoi3 061 )olSo ^t-^/; Ua-»/ -'i^ji^; ^ö(;
yjs rj^ov^o jL.iki»/ 001 |I/ J^)i>lx^. .jJ r^^; ^-«^^ ^""^^ ^oC^^ t-ics
^^ v^t^O 'Ji -^ •" •"" |-^f»3 sSIoKa./ o->K-3; y.^1 ^J^ )ia^^ Öl-S 5
061 .-Jju.tJS )— oj j-^wJ^^^lij-S Jooi .-otoK-/ ,^-j jjoi .ji-s» ji,--. ). m>o a^
.jL^^öj-i jpö/j -« jLo l-,_3 ^/ .-jK^oJ^ lo^ »^Vr^? ••^'^Si.^io |jL:u_s;
•:*)jL^»:i^ ^oioal».j )jL*t^ )^0'; ou-^; U^-*l -.jt-^
1. Ms. ;-mN-
se soit developpee, de sortc que lex jours ou olle devait enfanter fnrent arcom-
plis', comme dit le Livre sacrc, pour celle qui couQut d'unc maiiicre digne de
Dieu (OsoTtpsTtüii;) et qui enfanta d'uae maniere plus digne de Dieu, parce qu'elie
est ä ce point et mere et vierge.
G'cst par tous ces etats qui nous soiit propres, et sans en omettre (uu seul), -
eu ofTet, qu'est venu le medecin et le sauveur, lujunt ixa-licipr de In niönic
maniere que nous, comme il est ecrit, mi sniiti et ä la cliair'-, et a^-ant evite
seulement la ressemblance dans le peche, aliu quo, dans toutcs les (conditions)
oü nous sommes, il nous mcnageftt le salut et la guerison.
Dans certains livres donc il y a : Ef je ni'approclHii de la prnphetesse ; et dans ,0
d'autres : Et il sapprorlui de ht praplirlcssc'' . Ce (mol) : Je m'approcliai,
indique que c'cst Isaie qui s'approche de la conteniplation (6ewpia) et de la
revelation du predige, tandis que l'autre (mot) : II s'approciia, montre que
c'est celui qui lui a dit : Prcnds-toi uii fjrainl toinos neuf. VA celui-ci elait le
Paraclet (llxp«)c'X-/iTo;), le Saint-I"]sprit, qui parle par les Prophetes, qui s'cst 1-,
approchö de la Vierge, seien cette parole qui dit dans les Evangilcs (EOay-
yilia) : Le 'Saint-Esprit virndra siir toi\- c'est pourquoi (Isaie) ausäi ajoutc
ensuilc : Et eile connit et enfanta im ßls, pour nionlrcr (|ue c'cst du Saint-
Esprit möme que (venait) la conception.
1. l.iic, II, 6. — 2. er. Ilöbr., II, 14. —3. Isaio, VIII, .i. — '1. I,uc, i, 3.5.
10
V" a.
[60] HOMKrjE CI. 2Ö9
p -.JQ.-* )-o-,Kn. I mVK a^ v-*-^ oöt .jioJ^^s^ioj ).jl^ csi^o -.loo» i'j— t-«"^ )»o«
O^ '-rr^ JJULXJLS V^^ ^-^O .\\.2> Ol^O .i'V-^/ j-A^-t'r-^ K.AIL0 •.^ji.^L^ ^V^;'
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V .K. ?* *» vOJÖt»3 ,K^).^^ ^f^ .oi^K..^ jla^d..^^ 001; ^^ OÖI .-^«.a^
C'est tres veritablement et propremcnt et bien ä propos qu'il est ecrit : Elle
enfanta uii fils, car c'est ä cela que visait tout le but de reconomie. En efTet
Eve, l'ancien tomos, apres avoir enfaute Caüi, dit : J'ai acquis im hoinme',
et non « un flls ». De lä (il suit) que nous naissions desormais en qualite
5 d'liommes et non de fils, parce que le peche etait maitre et puissant, et qu'il
nous eloignait de (toute) parente avec Dieu. Mais le nouveau tomos, c'est-ä-
dire la Mere de Dieu, enfanta un fds. C'etait necessaire pour nous, en effet,
et nous avions besoin du Fils qui est Dieu par natnre, qui nous fait cadeau
de la gräce de l'adoption * dont nous etions depouilles. *L foi. 227
10 Comment ne rougissent-ils pas, en entendant cela, les petits des oorbeaux
de Nestorius, car ses dogmes (^6Y[Aa,Ta) sont des corbeaux qui sont impurs,
et qui, en ce qui les concerne, obscurcissent la lumiere de la science de
Dieu? En effet, celui qui, par nature, est Dieu de Dieu, et le meme qui,
Selon la chair, est ne en qualite de Fils, ils affirment que celui-lä acquit
15 par gräce la plenitude de Tadoption du fait du bapteme dans le Jourdain.
Comment donc me ferait-il des lors cadeau de ce dont il (ne) 's'est enricbi
lui-meme (que) par gräce? Par consequent il sera ränge d'abord avec ceux
1. Gen., IV, I.
V a.
270
SEVERE D'ANTIOCHE.
[70]
.^Ao^d ^A^'f^ ^^a^ .y-o A * ^^^..aLiX; yC
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)^«^ö(^ O^S^S^eLbo I 'i°>\ V) ^ ojjj jl; ^oi^o .-j-Ju.^ vooj!^ K^; ^öi^ öi.^
10
qui sont bien traites (eüwaöew) et non avec ceux qui sont bienfaisants (güepyeTew) :
notre Sauveur sera sauve avec nous; et quelle confirmation rccevront les
paroles divines qui disent : AujounV hui il vous est iie uu Sauveur qui sauvera
so» pcnple de ses peclies ' ? Car celui qui est n6 en qualite de Fils et de Sau-
veur, n'a pas besoin d'uno autre additiou pour etre parfait; et, de plus, le 5
(fait) de sauver n'est pas pour lui une qualite qui est acquise ou ajoutee, mais
qui est en lui par essence (oüoi'a).
Pourquoi (ne rougissent-ils pas) ceux qui professent rimagination (oxv-
xxnia.) d'Eutyclies qui est ä elle-meme sa loi (aOvovdy.o;) et qui regardciit conime
loi (v6;j.o;) ce qui leur parait? D'une part la nögation de la veritö Icur est lo
commune, et d'autre part i!s (sc) diviseut en une quantite de sectes de
croyance fausse, comme chacun peut le monlrer. Et, bien qu'ils soient des
gens qui sont dans Terreur, mtime dans cette erreur ils sc vautcnt encore de
u'avoir pas de clicf- et de n'obcir ä aucun des maitres de la tlieologie et des
interpretes des mystcrcs de TEglisc. 11s sont bcaucoup moins raisonnables ij
que les smiterelles qui u'ont pas de nn'', selon le provcrbe; si en vcrite cellcs-
ci partcnt en bon ordre ä un seul commandenient, cux, au contraire, ils
expliquent leur Imagination les uns d'une fagon et les autrcs d'une autre
1. Maüli.. I, 21 : I,uc, ii, 11. — 2. Les 'Ax£>aXoi. — 3. Prov., xxx, 27.
10
[71J HOMELIE CI. 271
^io '''iioCi^ t^ );o«o :);,J; joot ).i*i |JV*.i ^-J )-JLO; ).ioä-.l ^i ol^
"^Ss-^oeo :jl-iU^ NO0CH.J ).xl1.;j ^; )j.(ii\VitsjL^ ^j» ^/ ).i30t :||.X^^ oo.oi
^i. loo( |jS5v )jLio •.)K-J:io; )kicu*iJ JJLJ^C» ^ ^l :)iaio |.*JVi ^^J
fagon, comme cela leur vient ä l'esprit et comme des ivetpoxpir-/)? ou interpretes
de songes qui nagent.
Est-ce qu'ils ne rougiront pas du nouveau tomos, je dis de la Mere de Dien,
la Vierge, qui a ete separee de notro race (yEvcj;) et choisie pour ainsi dire en
qualite de temple saint, pour le ministcre et raccomplissement de Feconomie
qui a lieu pour nous, (cette Vierge) de qui germa l'Emmauuel?
Ne montent-ils pas en courant vers Adam et Eve, les premiers parents,
c^ cause de qui nous sommes restes dans le besoin de la guerison, *qui a*^J°|;^'-'
eulieu par l'incaruation et riiuraanation? Et reconnaisseut-ils manifestement
que ce qui devait etre gueri, cela a ete pris? Car si (le Christ) ne voulait pas
veritablement passer par les limites de notre nature, et cela lorsqu'd est
venu meme dans ces (limites) en restanl au-dessus de la nature, de sorte
que, Selon la parole de Paul, comme par im seid komme le peclie est entre
(laus le moiule;et -.par la desobeissance dun seid liomme heaucoup ont ete pecheurs,
de meme aiissi par Vobeissance d'itn seid beaucoitp seront remlus justes' ; et :
Puisque la mort est venue par nn komme, e'est par uii komme aussi quest veniie
la resurrection des morts-, pourquoi fallait-il tont ce cycle de l'incarnation?
1. Rom., V, 12, 19. — 2 I Gor., xv, 21.
10
272 SEVERE D'ANTIOCHE. [72J
JK— .Kioo )^r> . rf.v ),oi )lo-,_..a,«>; ^6| ^'^si.o .-jloJLJLJVsKioj )»;q— )jo( oJ^
_y.-/; ^..*J ^^cx .I^V*; ^-^oi ,„fcio )l)j l^-T*© U^^ ^-~=>° *'^°-*^ la^~^
«-6( ^l jmtviN labwj K-j-^^ai.; •.vofco/ ^«^^^ ^^^-oo» ^-^oi ^
o6^j «öl» -.^j yo^^l.^ .oo.oi |i5^-»Jso jKjLiojo •,vo^J/ ^;*^^^>»-^ )-a-,boj
jöiSs yOOi-K-/ i->^ jl .^^SSs-JV^i-/ oCi»wi; jioiV-! jJ-=^ .-ooa.i-; oC^;
|K.2l^ ^Offlo? ^^^^-^^ V**° •Uooi )Jj jiV*? )-"^^*>^-^? *^-*5 ^^^^
p jK-tOiDo ^j );qj .-j-v:»©; U^ It-^^^ 1^./ 1^! -« '^:>. .-^ooilaiaLioo;
(Pourquoi fallait-il) qu'il monträt avec fourberie cette Imagination diiricilc et
prolongee ? (Pourquoi fallait-il) qu'il passät par la conception et la naissancc
et les autres (etats), lesquels en verite devaient etre montres comme dans
des hallucinations, par lo moyen de choses qui sont incroyables, ou plutöl
(ptaXXov li) par le moyen de choses qui ne peuvent pas etre; car l'usage de 5
la nature presente une demonstration de la verite et non de l'imagination
((po.vTa'jia) ?
Connaissant donc ces choses, sachez clairement que vous rcgimbez
contre les aiguillons', comme il est ecrit, et soyez une portion excellenle
ou plutöt (;j.aUoM Se) (soyez la portion) meme de Dieu. En cfTet, il est bien 10
qu'on dise aussi de vous : La portion du Sci(jnpur est Ic peuple de Jacob, {et)
la part de .vm heritaf/e est Israel'-; car vos dieuxne sont pas comme notre
nieu\ Je vous tisse^ encore ceci du meme livre; car les ennemis de !a
verite sont saus intclligence et la vigne de leur doctrine vient de la vignc
de Sodome, sur laquelle les nuages du Seigueur ne röpandirent pas de pluie. u
mais du feu et du soufre, lorsqu'ils descendirenl sur eile ' ; et les reproches
qui sont empruntös au Livre inspire de Dieu, ils les rendent sans fils et ni6rcs
de fruits non parfaits et qui ne viennent pas cn leur temps.
1. Acl., IX, 5. — 2. Deut., XXXII. 'J. — 3. Cf. Doiil., xxxil, :U. — 'i. Ce mot indique que la suite
est formte de diverses citations. - 5. Ct. Deut., xxxii, 32; lizöch., xxxviii, 22; Gen., xix, 24.
L fol. 2-28
r a.
10
[73] IIOMELIE CI
.•|....,« t>ft\ . .. ^'> I JLoIa; ^/; üLw/
• ^ »V^ )K*A*^;ot jLs-p. öiio ^o .-^ ^JA jloJLicuoi; llj-U )K-jol;
^>nnin ^JU, »s/j w.« -.Uio .)Ls; )j)i; )l»-- ).xtLioa^V )K-J jJLsiouo Uio
jL^oopCLS |K,..niAl; s^öi v*oi vs/ -.^^»^ ) nfn^o It«^ ^^^ ^^^^ .).^a*.^
1. L in mar^inr : ^i-^il^» loi'mS ..Iajo. Iia^s IcaU-boa i ^^yi -.V-mI ^.om3^->o. — 2. L i'n margiiie :
Par combien de bouches, 6 mes freres, pourrions-nous donc glorifier
comme il convient le Christ qui nous a donne la confession orthodoxe de la
foi et nous a delivres de toutes les teuebres heretiques? Quelle ofirande
porterons-nous au nouveau tomos du grand mystere? Quoi? Ceci : que, nous-
5 memes aussi, nous soyons de nouveaux tomos, separes ' de tout amour et de
toute societe mauvaise, et, autant qu'il est possible, completement unis ä
Dieu, ayant ses saintes - lois (voi;,o;) ecrites en tout temps dans nos coeurs
et scellees * par les bonnes o3uvres, avec toute (notre) force et (notre) appli- * L Pol. 228
cation, parce que nous dcsirons aller jusqu'ä la hauteur d'oü le Christ est
descendu. Car c'est lä que nous entraine et que nous fait monter egalement
cette parole : Gloire ä Dieu dans les hauteurs et pai.v sur la leire, banne volonte
(eü^oxta) parmi les hommes^ . A lui soit la louange dans les siecles des
siecles. Ainsi soit-il!
1. Note marginale de L : II dit « coupes » parce que les T6(io; en langiie giecque sont dils
« sections ». — 2. Note marginale de L : Sacrees. — 3. Luc, ii, 14.
10
^
^^U JU, [^U
;|r>^ot:äv ^«s-iittio -TDO-io^^^o .-umo.N^mj |>Va; U>' |i'''^1" ^^.i.
oi^sjL» ) iv^. f«tvs >^oiolSw/j ;o)N-ae/;o :)oi!^; )j...,. IV) o6i JAoio — «3J3
)_g)iv^t\ ^^-^ ■»J ..^cu.«]./; ^\oi Ji.iäJ^ JJL..^ oV^*».ia^ »■..a*. >o io :oiK*js
a>;*j )1; W-JS.01 ooot y *^'..; :)ooi _y . m.V) )j»I^)a3 Iv^ii^; tj^ö^i^; oöi
^ojüsjö ^v-.,.. )oouj jl/ :vO<Hi5s-; j-flooioj ^)a*:flD ^ v^ "^aj )^ä^:>^j
10
HOMELIE CII
SUR LE GRAND DOCTEUR DE LA YERITE BaSILE, ET GrEGOIRE
LE THEOLOGIEN (6eO>iOyoc).
Moise, le niinistre de Dieu, qui a recu le temoignage qu'il eiait ßdelc dam
taute sa maisoii' et qu'il pouvait condiiirc sehn la justice les paroles" qui lui 5
avaient ete conPices, ayant reru la Lei {wu.o<;) (ecrite) sur les tablcs (et) liniilce
aux dix commandemeuts qui rcnfermaient ce qu'il ne faut pas faire et ce
(ju'il faut faire, de sorte qu'aucune des actions qui (se prösentent) dans le
monde ne tombe eu dehors de Icur legislation (vo-j-oOecta), mais de sorte que
tout soit renferme daus la Icncur du pclil nouibre de ces paroles diviues; lo
(Moise), ctant descendu du sommet de la moutagnc du Sinai, exposa cette
(Loi) dcvant Israid et la lui proniulgua. Kt, apres la marclie (dans le dcscrl)
pendant quarante ans avec scs Instructions et scs enseigncnients, comme il
se trouvait dösormais quelque part (xou) sur les bords du Jourdain, il pensa
1. Ilcbr., ni, 2; Nombres, xn, 7. — 2. cr. Prov., viii, 8.
lu
r b.
[75] HOMELIR CIL 275
>'' a]« ,o« ,i->>-5;o |.«\:>at>o ),^^ -'U')— )-flop ^^? >-/o •JK.au.J^aii )ooi
. ' -'^-t'- -Joot pö/ jooi j')-M vjoql^cl3 >sl öila^ t^; >.«6( .jf^.to )-*.JU>0)0
^■AotS. jL^g^^N la:>0f-3 ^ o<^; oöi .jlcDar^oj ^^l |.2Kj\ otoucL». -.jjio^o
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• .wOicüL»; jK^ocL. yooi^ 01,2 Iflfi jootlio .0{.^eL\ jooMo ».l^'o^ vOJÖt )jöi^
1. Ms. ^o*-"^.
qu'il convenait — ou plutot ([y.aA).ov Ss) disons ce qui est plus vrai — il regut
de Dieu Fimpulsion de developper les commandements de la Loi, de mani-
fester iine parcelle de la richesse de l'Esprit cache dans la lettre' et de faire
sortir, ainsi que d'un noble sein, un enfant parfait et (venu) en son temps.
5 II fallait, en effet, il convenait que ce füt apres que la Loi s'etait approchee
du Jourdain qu'elle füt expliquee et qu'elle apparüt spirituelle. Paul, ayant
cela en vue, disait aussi : Gar nous savons que Ja Loi est spirituelle'.
Apres avoir donc acheve cet expose developpe et etendu et cet enseigne-
ment de la Loi, Moise appela le livre oc repetition de la Loi » (AeuTsp ovojaiov) ;
10 brisant en petits morceaux et reduisant en miettes ces dix maximes de la Loi,
comnie s'il s'agit de pain, il en nourrit copieusement l'auditeur, et il niontre
que la lecture de ce (livre) n'est pas moins profitable ä ceux qui sont chefs
qu'ä ceux qui sont sous un chef, disant ainsi : Et * quand il sera assis sur (Ir »Lfol. sis
Irönede) son commaudemeiit, il ecrira pour lui dans un livre cette repetition de la
15 Loi aupres des pretres {de la tribu) de Levi; et quelle soit avec lui, et quil >j lise
tous les jours de sa vie, afin qu'il apprenne d craindre le Seigneur son Dieu, d
1. er. II Cor., m, 6. — 2. Rom., vii, 14.
276 SEVERE D'ANTIOCHE. [76]
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^'^k_«~soi ^;'j; -.t-^/o \fs, nXm°\> y »'mv> jLscLfiO; jloja'io )lo|<, ^{» i
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ji^oöo^ yooi.1^ .•on,°>i\ o«^ [yLsi joouto -.oi^aä^ ^oioK^/ joou; I-LSl'/
1. L ('« marsine : '^^•
observer tous se.s comniandements et ä mettre ces prcccptes cii j/ratiqur, rifin r/i/c
soll coeur ne s'cfevc pas au-dessus de ses [ihres, de sorle qu'il nc s'ecarte des roin-
maiidements iii d droite iii ä f/auclie'.
Voilä ce que Moise dit d'une fa^on generale lorsqu'il commande ;\ tous Ics
chefs. Mais, pour les eveques, laLoi, d'une part, est le commandement de Paul 5
lequel est limite brievement a peu de mots qui indiquent des sens nombrcux
et importants, et dit : // faul diinr ijue l'eveque soit. irreprochable. iiinri d'inii:
seulr feinine, vi(jilnnt, pur, modcste, /inspilalicr, rtipnhir d'instruire'-, et (le rcste)
qui va de pair avec cela.
II y a, d'autre part, une rcpetition de la l^oi dans la conduite et la i"
parole de Basile et de Grcgoire, (parole) qui a beaucoup etendu et developpö
par les faits memes, autant qu'il est possible, le sens de la Loi sacree, et
qui est niise pour Icur instructiou et leur direction devant lous ceux (jui
vculent s'instruire.
11 fallait donc, selon l'avertissement du grand Moise, que tout evequo, i5
lorsqu'il est assis sur (le trone de) son commandement, öcrivc pour lui cettc
repetition de la Loi öpiscopale, pour qu'ellc soit avec lui et qu'il y lise pour
lui-möme tous les jours de sa vie, afin qu'il apprenne ;\ craindre le Seigneur
1. Deut, (LXX), XVII, 18-20. — 2. I Tim., iii,2.
[77] IIOMELIF. eil. 277
.««Qj^ßos yOofSj t^^oo^ .-oio«!^ )-Vi<^ "^^sw-i-^clS. ^'^Ij; UaL./ .«-ojö— j
♦ JIni mN o/
5 •_-n'j.T^ }j/ ^Soi.iö ..s-I^j IV^o; \^o K~o oVXLJio l^oaioj _)a_*:j»; oi:>o^;
/jLicQ-. ^/; -öiü^ .jj/ v^j; )K '.« ^«o -.I^Uota yO-JO) )jLä^Q-.j )K.. ni'^ ^
.•)lIl.-^ ^»-^ v«^°«? )* «^" )-i?o«Q^-s ••^».i'O |ia^C^sJL:x"; ^-/ ;a-2i^^
,..,i>n Jt-A'/o ?oi^/ JJ^o-* <^^ >'i-^>öö .-«Ao^C^o s^oV— 7 «jäj iaS.
'" ui.i-.Vi ja.« m K-.OOI jjLloo :K.-ooi );"» ^^;; ^-^oi ,-.^ V'*^ ^iö cl!^ M>roi.228
v° a.
son Dieu (et) a observer tous ses commandements, afin que son coeur ne
s'eleve pas au-dessus de ses freres, de sorte qu'il nc s'ecarte des commande-
ments ni ä droite ni ä gauche.
Mais moi, redoutant la copie de cette repetition de la Loi (placee) devant
5 moi, et voyant que ma conduite combat et lutte contre cette legislation
(vo;zof)eGia), je detourne mes yeux de l'exemplaire de ces enseignements sacres,
et je trouve agreable aujourd'hui encore de me polir et de m'aiguiser seule-
ment, ainsi qu'avec une pierre ä aiguiser, avec la vcnerable commemoraison
de ces hommes saints, et d'effacer et de rejeter loin de moi une partie de la
10 rouille du peche qui est vieille, qui rongc et qui consume pou ä peu et d'une
fa^on cachee.
*Gar si je marchais par de semblables (chemins) et si je possedais cette ♦ L foi. 2-2ii
epee ä deux tranchants qui leur etait propre, qui coupe les passions de la
chair, gräce aux vertus actives, et qui, par la parole de l'esprit, passe dans
1^ l'enseignement et penetre dans les ämes materielles et bien grossieres,
Sans leur causer de douleur, ma (conduite) se trouvant en contact avec leur
(conduite) pourrait accomplir la lettre des Proverbes, et, ä la fin, me pro-
■2ü
v° a.
278 SEVERE D'ANTIOCHE. [78]
JL-iofKiO vOOPpo,^ jLs/j .-jK-Ö;© I^^aI^^O u.Jl2llS. ÖC^ )j/ ^^ JLa.^'lT);
jK-cL«! ^"^oi ^io v-Kj/ l^tJ^^o Kj/ ^jU |.Aio\ .^^CK -.oiIql^ \jI "pö/o
^^Jo •.j.MjOo Iv-o^^ j.,^^^) y^l :yOO|.JVSo;; j-^o^^ )KS»wk*) ioV.o3.ii;
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^^^.. )^^^eL^o )^.2k:2.»3 U'r^l yo^.^ Jis/; vQJÖio 'JVa^j 'oC^.«; ^; ) l > l n
pe/ iJj.io ^ )-.iui/ sS/ j;oi .^^:s.i.KjLio JJ jj^.jj jJLJ^o .joC^;) y/ jJ/
ii>
eurer uii avantage ; car il est öcrit : Lc fer aigulse le [er ' . Au contraire
tandis que je cours le risque (xwWo;), comme je Tai dit, d'cHre consuniö et
detruit par la rouille du peche, ces Peres dout nous celebrons la comme-
moraison, feront rofTico de la pierre ä aiguiscr, (ces Peres) vers lesquels
je tire, pour ainsi dire, ainsi qu'au moyen de cordes, mon äme oppressee et 5
malheureuse, qui ne consent memc pas ä faire leur commemoraison ä cause
du reproche (qu'elle merite), mais qui rampe sur la terre, se cache, tremblc
comme si eile fuyait loin des travaux de la pcrfection, et a peur de faire
quelque bien par liasard (ttoü) et meme en rougissant. Et je lui dis ceci :
« Pourquoi t'cn vas-tu et fuis-tu ces bons exemples, ö toi, craintive et lo
mallieureuse? Viens, allons vers ces statues (iv^piavTa) de la religion {txxsiSucn) ,
au jour de lour commömoraison, comme eu uue frte veneree et splendide,
soyons rcmplis de /elc pour quelqu'une de leurs bellcs actions, et desirons
leurs semblablcs ricliesscs, en sorte quo nous so3'ons la posscssion de
Dieu; car tous los liomnies sont la crcalion de cclui qui les fait, mais il is
n'y en a qu'un petit nombre qui soiont sa posscssion et cc sont ceux qui eu
fait et en parole ne connaissent rien aulrc cliose (juc Dieu cL ne sont pas
1. Prov., XXVII, 17.
10
[79] HOMELIE CIL 279
.^JLw ^'â– ^â– ^1' jJ .U'y^l ^JJiC V-^ )-*V^0 -^^ uUUO .^^! )<3<^ )^pO .)oO|
♦^j-.otv>'»>o y^; jvi>\
^«^oio :. « mn^s^o ^^.^cu^'K.:^ Jt-'^^/ jLC^^^o j-^'^; )la.*^'^o jlaJOiS yo.^i
•>)jL^).^o jLiJL^ot^ yCiouK-./; vojoi^ .■jloj.oo^.:^ Iol^ '
a\M vOJot »K_3 |juL^<^ ^ojfjo -.v^oiVJ yIk-»:i»jKi v.qjöi 1q^; "'^>w*jo) ^j";
joog jK^joi.^ )iow«_Mt .■oi^oa^a ^v^uji jl^'oi!^ iJ^^; oöC^ ^!.)!° »'^ooi
>a^.. N .3 ),nN^ ^coojo^ » « f> )1; mÖi j^dasojoiio/t aSo •.)..*~aJ o(.^jl jKjiot!^
L fol. 22.S
V» b.
v°b.
asservis aux passions deshonorantes. C'est ce qu'Isaie disait aussi dans sa
priere : Selyneur, notre Dien, possede-noiis; Seigneur, en dehors de toi nous ne
connaissons aitcitn autre (dieu) ; nous celebrons ton nom\
« Difficiles, d'une part, en effet, sont les oeuvres et les fatigues de la per-
5 fection, surtout Celles (jui sont tout ensemble determinees et ordonnees par
le sacerdoce et la charge pastorale des brebis raisonnables et Celles (encore)
qu'il est impossible d'enumerer; mais d'autre part, gräce ä ces personnages
zeles et illustres qui les ont mises au point, (ces regles de perfection) pous-
sent ä les imiter ceux qui sont ncgligents * et paresseux. *l 101.22s
10 « 11 faut donc que par notre esprit nous courions vers eux, et que nous
nous mettions avec zele ä la suile de ceux qui avec science ont fait paitre le
troupeau du Seigneur, ces vaillants combattants des lüttes sacrees, qui aspi-
raient ä soufTrir pour le Christ, qui apprenaient, par ceux qui avaient com-
battu, ce que signifie : Je parlais dans tes niartyres en presence des rois, et je
15 ne romjissais pas ^ et qu'il faut que celui qui porte dans sa bouche les paroles
divines ait l'energie des martyrs et qu'il soit tout pret ä soufTrir. Gar c'est
pour cette raison que le prophete a donne le noni de « raartyres » aux
paroles divines, et non pas pour que nous proclamions et exaltions avec
1. Isaie (LXX), xxvi, 13. — 2. Ps. cxviil, 46.
280 SEVERE D'ANTIOCHE. [80]
v^ m , Vi; jL.)a. jjo^o^V^ J^) •>.!'> ^-»-.^^ y> » > » ■^\ ^1 jooiJ .'oio'fjo o-atl^
• .^^$&.^äj ^ ^*^oio .'li'fXi jtC^^^o^ ^^ \i ^ ).cocLbK..«.°>|-oo .-jloJL^; po;o \^U>
)oo(Jo .'I^JLi j-K-^^V/ jbLwO .-;f-aL^>l^ {JLsj^o •'V^4' )~'^ ^>~fcMt ^; w^'^oi
|..i.r>a-«-^ .uk.ao()K^D/ jlcLco/ lo^ •.v.»>°iii 5/ .^Kj/ )o<.vp wJ^oi ^
♦j ^'.'n.M ^\ ••> flpj. yoou^o -.JjL^M oöi |.^ocu>.2 '..«^ .N«, r. ^bA... tp )la.i riTwA
1. L in murgine : xaTtri),£u(jai.
la langue seulement une Orthodoxie (öpGoSo^i'a) depoiirvue de (tout) risque
(xiv^uvo?), et que nous soyons revetus bien modestement d'uu faux masquo
d'acception de personne (TrpoawTroV/nJ/ta) et d'liypocrisie, que nous trafiquions
de la parole de la verite, et que nous disions ceci et gardions cela sous les
dents, que nous soyons asservis aux occasions, que nous vivions une vie de j
lievre, et que nous craignions et tremblions, de peur que, par hasard (iroü),
quelqu'un de nos voisins ne s'apergoive de notre Orthodoxie (öpQoi^o^ia), que
nous courions des risques (y.iv6\vo:) et que, pour cettc raison, nous obscrvions
de quel cutö vont pencher les aü'aires.
« Toi, ö mon (\me, malade de ces (maladies), häte-toi vers los medccins, w
(vers) les Images (eatov) de Basile et de Grögoire (jui, par oubli et n^gligence,
sont cfTacees en toi; aujourd'hui cncore represente-les de nouveau en loi-
niemc; ne t'öloigne pas de leurs ligures divines; ressemble-leur de toute ta
force autant qu'on peut alteindre üi leur resscmblance. Car si niaintcnant tu
no los fixes pas dans ton esprit volontairement, (de fai^on qu'elles soient) i'»
immuablcs et iuebranlables, tu les verras, contre ta volonte, dans la tristessc
et dans la doulcur du ca3ur, dress(5es devant toi, non pour etre iniitees, mais
pour accuser, au jour du jugemcnt, et tu soull'riras de leur part des condam-
nations.
« Gar, en veritö, celui qui a menace terriblcmcnt parle propliete i'^zöchiel, ü
lol. 229
r° a.
[81] HOMELIR eil. 281
)'^; ^i^oi lo^ »,«•>'> ci'mo y.!'^! -Jp; lo^ l'P; K^>^o :).Of-X^ l-^h^ K.i^^
) I Vi ,^ ^ jKji_^ia^ )ln^»mj> p .jooi ^')^ jljai^j jK-uoKjupo opUjU *i-
)lp^ . -«(N.'Nf )K.«.iyafl-> .-jooi >r> . I m Iv^o-«« ^'^>>^ ^'^..^31^00 .-jooi . ° i > °>
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J.A3.; 'jiv*; )V|— t-s oö» JV^qa^o .'Ioo) ]ylx on«^V/; |-uu*^o |K.SJr ,^ii*^— »
' po/ »3/ jooi j^i'lioo »3/ .•vfloa^as ^ON |j/ l|.iö >oq- ''^jj; «öj ^ .-loot
•>|ooi oNJs <d/ )oo(
.-ufro/ j^jfroo )f.a')..^ t^ s^K^ooi I-Oa^; utJL^L«^; jxsj oC^^ ^1 .^J^/
1. L in marginc : \^^ r^ "^i^v
(lisant : Je jiigerdi entre brebis et brebis et entre b^lier et belier ' , t'examinera et
te demandera en presence de ces beliers puissants quel (profit) tu as retirö ä
etre devenue le chef d'un tel troupeau, et ä t'enorgueiUir du tröne palriarcal ;
et il te dira comment Gregoire, qui etait ä la tcHe de la petite hourgade
:, â– de Nazianze, alors qu'il etait tout courbe sous le poids d'une extreme ' L foi. 229
vit'illesse et des cheveux blancs, et qu'il avait desormais besoin d'un bäton,
etait pourtant afllige et abattu par les soucis de toutes les eglises; (comment),
fle lui-meme, il se rendit k la ville imperiale; (comment) volontairement il
se raelait aux adversaires, renversant, pendant une periode de dix ans, les
desseins pleins de ruses et de querelles des heretiques (aSpsTiz-oi), et montrant
dans sa pureto la noble beaute de la verite ; (comment) ä cause de cela il
etait traine (devant les tribunaux), tandis qu'on le frappait et qu'on langait
des pierres contre lui, et tandis qu'il pcnsait et disait et ecrivait avec Paul
cette (parole) : Tous les jours je meitrs'.
« Mais toi, tu dormais tout le temps de ta vie, te repandant dans les
honneurs et te complaisant dans le tröne (öpo'vo;); tu as fait peu de cas des
injures (lancees) contre moi, et tu n'as pas ose remuer les pieds en dehors
du seuil, comme on dit, et si peut-etre tu as remue le pied, du moins tu
1. Ez6ch., XXXIV, 17. — 2. I Cor., xv, 31.
PATR. OR. — T. XXII. — F. 2. 19
282 SEVERE D'ANTIOCHE. [82]
typojK.^ jo^^o )j_«'; ^^eo :)j->,; ^o*)^ fj >>»°iii 0/ ^^^oaI ^>\oi ^
jLdi; )lV-ä-JL^vO ))S>-i>jJS>\..«,.<ij )loJ^>^>.^o ).^aA; v-O^^^ai^; |v> «'cpo
.')ooi V > f> !q \£oa^ili ^"^01) vpn .'^o io^ ^^^ö^o öt^o^; ^oi .•^coQ-.^.«-op)-a
la\ )ooi «^sJÜa oi)0^ j^^w^ yoL^ p .-oöi; j^f^ooi vff>o ^^Jo) ;a^o la^o
J.^5o|_3, jp jooi .^oioK_>/ s&l .'V^tCL^^a^ jooi f_aS,K.^ |_.ia.ca3)_3 po .•)°>.<..fO 10
mI^s.^/) v^öi . • ) ron v> I ^CLOO; oöi lo^ «J )1/ -'jooi i'j.^ )oo( ^'^«m'^^o >oa^
•>)i.f^/ ^ö^ yos^ o.oop> .-jKjL.t.:» );o^ yOSL^ ^*3;'it
1. L in maiffine : l-a-'»«
n'as pas (reniue) la langue qui est restee a rintcrieur dos dcnts saus oser et
Sans se mouvoir dans dos circonstaiices qui demaudaiont lafranchise (Tcxpp-/ii7ta)
(dulangage); ou bieii, si eile s'est remueo, ce n'eiait pas (pour dire) des
choses profitables, mais (des choses) telles (ju'il eüt ete plus utile qu'elle ne sc
remuät pas. 5
« En enteadaut cos choses, 6 mon ämc, lors([ue le jugement aura licu
— et ellos seront ditos par le juge et Dien cn preseiice de toute la crcatioii
raisonnablo — qu'arrivera-t-il de toi? Oii te traineras-tu et te caclieras-tu?
Comtnent supporteras-tu d'entendre ces (paroles), toi qui ne Supportes pas
qu'on te compare et qu'on dresse devant toi la figure et la force vaillante et 10
gigantesque du grand Basile, avec laquelle il parlait ä Valens enragö pour
les choses d'Arius, et A Modeste son gouverncur ('jTrotsp;)? Avec la parolc, il
offrait son cou a Tepöe; el, ayant rcgu Tordre de demeurer en exil (s;optx),
il sc mettait cgalenient en route promptement de lui-möme, ne faisant pas
attention a celui qui menagait et qui terrifiait par des terrcurs quotidicnnes, 15
mais (bien) ä celui qui a donn6 la loi (vojao?) que voici : Quaiid an vous persecu-
tera da7i.s ccttc ville, fityez ddns cctia niitir'.
l. Mallh., X, as.
[83] HOMKLIE ClI. 283
^ * '* ' ^ * r° b.
'"^oxj jLj_."j oo) .-j»...^! «^jlio; otts^s^o y-./j «fcoo/ .-jjot '^inoN; )jbo-«"a3o
>xj/ ^^/ ■•jlaaaj; oi^^« |,.i,cq,^.i «^oiol^s^ o.^bs.j; .■j.^t.So.fiDaLS.^^ )joot
''^i>-^,.''=\ Vi jLspü s^uLo»^ ) J.yii>vi\; )jj ^/ .•K...)iflQ.a.^>.^o J^j vi . "^ ..
I" )K,*JV^a_3 ^^wi^\io )3u,-,_»* jia,^^ i-^o jöt'» )J / .•yooi-^i^ yn « mo K-o
« * Et que dirai-je de la coiiduite pure de cette vie ? Comment supporterons- * L fol. 2
iious d'etre examines et compares ä ce (saint), lorsque, selon la parole du
prophete Malachie : Le Juge entrera comme le feu du creuset et comme l'herbe de
ceux qui lavent, et s'assiera, fondant et purifiant comme de Vargent et comme de
5 Vor' ? N'est-ce pas comme du plomb que la scorie de nos actions sera enlevee,
ou, comme du petit bois et de Therbe, ne deviendra-t-elle pas comme de la
poussiere et de la cendre? Prends et lis l'homelie prononcee par le Maitre sur
la (parole) : Fais attention ä toi-meme'', et tu verras un esprit de philosophie qui
est assis sur la forteresse meme de la chastete, pour ainsi dire, comme un roi;
10 et non seulement il commande et preside avec sagesse et avec ordre aux sens
et aux Operations de chaque membre, comme ä des serviteurs qui portent la
lance (^opuoo'po?), maisil guette etobserve d'un regard penetrant et fatigue par
l'attention les mouvements memes des pensees, et il examine et il regarde d'un
cöte etdel'autre, de peurquepar hasard(7vou) quelquemouvementviolent d'une
15 pensee inconvenante ne s'elance et ne sorte de la (pensee)principale, et, pour
ne Tavoir pas retenu et reprime, il ne commette inlerieurement, par suite de
1. Mal. (LXX), III, 2,3. — 2. Ilomclie sur le texte du Deulöronome, xv, 9 : ripiäere/s oeautü, P. G.,
l. XXXI, col. 198-218.
I, Ibl. 2iy
V" a.
284 SEVERb; D'ANTIOCHE. [84]
K^ jaLwJ 061; ^-'i.otJ a^ .-oot; ^--^o«j ^.j-io j); t^-J "^5-^ .•..*^4J-*l/
•:>V-m}jo
A . J.oVn^ .-J^I^Nj .K-j.-u»/ j-io^^^ |oo< U^^ ^^ -.lÄJ^ ^l )J/ '?'^--^ ''
)jj^>a3o JJÜJ^^ ia^t^ ^3 :<*^-? ^'^«' i'^^'^ ^"^? ^^^^ .M<Hi/
yOOuK-/ ji/ )'-H ^^. .JJ nQ-O-V^ «^ ^^*^ )o^ iJ ••°°o' vOO^-K-/ j^oC^
)t^^;a_fco ..c*i M l-^^T^^ ^ajo^ü ..)^■^JL..v>.. ^^^aLiOJ ^"^.01 ^
..ooot ^-Ji3Ö|fcoo )j,:i.a« Ki.j.ieL30 :oooi ,^')— ).iaS^i; ^; vOJÖC^
1. Ms. oCi»-
10
la violonce du mouvement, « un peclie qui n'a pas de tömoin et qui n'est pas
re.vele et qui (raste) inconnu ä tous les hominos, jusqu'^ ce que vioune celui
qui connaitles secrets des tenebres et qui manifeste los peusees des coeurs ' ».
Car il me convient de nie servir des paroles memes de Basile, puisqu'il
n'est pas possible en vcrite que nous moutrious et exprimions ses propres •>
(pensees) sinon par ses propres (paroles).
De lä (evTeOÖEv) il etait egalemeut revere de tous ccux qui faisaient partie
de son troupeau et de tous ceux qui pratiquaient la philosopliie et qui s'adon-
naient ä la vie moiiacale, non seulenient des liommcs, mais aussi des femmes,
Icur rcpondant comme un medecin, comme un 6crivain, comme un docteur, 1"
comme un pere, k tel point que ses propres reponses, ötant comme des
rev(5lalions et des preceptes de Dieu, ne laisscnt absolument rien sans
o-u^rison, mais qu'elles sont tout un code de salul; et le fait de s'en ecarter
^ ...
et de s'en detourner un tout petit peu, meme pour ee qui somble juste,
constituc un danger (»{v^uvoc) manifeste et une pente glissantc qui mfene ä la \:>
fosse.
i,rni.229 Quant ä ceux * qui vivaient dans le monde et qui ötaienl aux priscs avec
1 (;f_ yj_ (;^ i. XXXI. lol. l'.l'.)-2()0 : 'A|iäpTU.;ov{(rw t^v 4|iocpT!av tlpYiijato, «yvuotov iti«nv, ew; äv DÜr] 4
iitcxa>.'JjiTuv xa xf-jini toO (jxotou;, xai ijavepüv xi« pou),o; tüv xapöiüv.
10
[85] HOMELIE CIL 285
)^;,^ ^*a-,iJÄ yoooij JJj ^6« .-jooi jl^jLiö .-jooi ^CU^jKiO K-)-CQ-«.JlCO ,j
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les affaires, en leur adressant frequemment la parole, il les avertissait et il
leur apprenait ä ne pas se laisser surprendre par le flot de la matiere (uVo),
mais de depasser en courant ce qui passe en courant et de s'appliquer aux
choses futures et durables. Le fait accompagnait la parole : ceux qui ctaient
5 riches se döchargeaient du poids de leur fardeau, et, bien congedies, ils
quittaient le monde en toute securite ; et ceux qui avaient faim etaient nourris.
Ainsi, ä une epoque oü la famine atteignit une fois le pays de Cappadoce et
011 tous les (habilants), et en particulier les pauvres, soufTraient de la faim et
perissaient, il ouvrit sa bouclie ' pour (prononcep) la parole de Dieu, selon le
10 precepte qui est dans les Proverbes, et aussitöt les greniers de ceux qui
faisaient le commerce du ble s'ouvraient, (greniers) sur lesquels etait la
serrure qu'on ne peut fracturer, ä savoir celle de l'avarice ((pilapyupi'x), qui ne
s'ouvrait et n'obeissait qu'ä la main pleine dor, et qui ne repondait pas s'il
n'y avait pas de monnaie ; et alors le ble, repandu abondamment dans tout 1«
15 pays, coulait comme des sources et personne ne manquait de nourriture.
Mais voilä pour (Basile). »
1. er. I'iov,, XXXI, 8-9.
,286 SEVERE D'ANTIOCHE. [86]
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Quant a Ignace revetu de üieu (dso^dpo?), qui marcliait sur des hauteurs
plus grandes et cela en tant que martyr, il instruisait non seulement son
propre troupeau; mais, lorsqu'il allait en toute häte vers la ville de Rome, et
(cela) pour les lüttes du martyre, ou plutöt {[lSIIw ^i) vers la ville supörieure de
Jerusalem, il ecrivait encore par lettres ä ceux qui l'avaient vu ä son passage 5
ce qui lui semblait (convenable), et ses commandements ctaient unc loi (vojao;)
immuable; car les paroles des saints agissent et fönt agir.
Etmoi, parce quo je n'ai pas exercö mon äme par les travaux actifs, je nc
convaincs pas mes auditeurs. C'est pourquoi, lorsquc je vous avais parle
precedcmment d'un pelit don d'un peu d'argent qui püt seulement sulTire ä lo
couvrir Ic denüment et la nuditc de la table venerable dans unc des saintes
cglises ' — et quel (but) imaginerait-on qui fül plus convenable quo celui-ci
I f^,i 2211 * ou plus revere et venerable? — je n'ai pas pu vous bien convaincre. Mais
^"''- les uns ecoutcrent et louerent ma parole, en agitant la main et en faisant
cadeau d'une langue elogieuse ; d'autres, par quclquc petit don, inontrerent i.i
liypocritement de ramour pour mon amitie; car s'ils avaient songc qu'ils
1. Cf. pp. 46-48 la flu de riiomölic sur Drosis.
10
[87] IlOMELIR CIL 287
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♦^.^N-^ei^ j^po i-Q^; ^-*^oi Jr^-sÜN
1 L in margine : a— *i-l-/.
donnaient ä Dieu, necessairemeat ils auraient estime petit ce qui (leur) parait
grand. Un plus grand nombre s'est prevalu aussitöt de Texemple de la veuve
qui fut approuvee et louee pour l'offrandc des deux quarts d'as seulement',
Sans savoir que par eux eile avait donne toute sa fortune puisqu'elle vivait
s dans la mendicite; et ceux-lä, imitant (cette) petite quantite (prise) sur le
grand superflu qu'ils ont, ignorent combieu ils restent en arriere et se
tiennent eloignes de l'intention de cette femme digiie d'eloge.
Et comment cela ne releve-t-il pas de la misere et ne donne-t-il pas Heu ä
une grande accusation (icaT-ziyopia), vu quo Moi'se, dans les debuts de la
10 connaissance de Dieu, alors que, comme en figure, il s'occupait de ce qui
n'etait pas encore acheve, donnait le comniandement de faire des offrandes
pour la construction du tabernacle ä des gens difTiciles en quelque sorte
parmi ceux qui avaient rapporte de l'Egypte un esprit grossier; et l'abondance
des offrandes coulait comme un torrent, soit de la part de ceux qui donnaient
li seulement, soit de la part de ceux qui aussi executaient avec eux les travaux,
ä tel point que meme ceux qui recevaient (les offrandes) disaient ce qui est
ecrit : Le peupk apporte beaucoup plus quil ne faiit pour les tmvan.v que le
Seigneur a eommande de faire''.
1. Marc, XII, 42. — 2. Ex. (LXX), xsxvi, 5.
lü
288 SßVERE D'ANTIOCHE. [88]
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jia im'iv^ yC>oi^i>^^.io ^j yojö« .),-aI>. 6t.K>/ jjLiVo? vooupo;; -.jbcu
joi::^» jicLJü/ Kicu-i-so Ji oi ^ « ^ -.«auie j^sKjj -öi .c*\ K-^ jj-o^;
j^0)0 Jjd/ ^^a^ '.jj^o/o 'jJ^ojsJkl )^)^« o6^ .|..>>^iL^ >«.aju. ^jooV^o ^i
♦ ^ ■»^e/ .^-«^OL^^ ^OL^^Vo ,^>Sjl3o j-noi .|jl^(^
Mais nous, qui sommes les ministres de la grAce et du Testament (Aiaöwv))
qui ne vieillit jamais, en nous adressant ä vous-memes qui avcz regu l'adop-
tion, qui etes les heritiers de Dieu et les coheritiers du Christ', qui n'etes
pas en route vcrs la Terrc promise, mais qui vous hätez vers le ciel meme,
parce que la resurrection et la vie future, heureuse et immaterielle, sontprc- 5
sentes au bout de peu de temps, serons-nous sipusillanimes et, moins encore,
Lfoi. 230 nous conduirons-nous comme s'il n'y avait aucun espoir *que quclque chose
de bon füt rendu ä ceux qui douuent gönereuscment? ü mauque de foi!
O pauvrete de mes paroles! G'est Toeuvredc la commemoraisoa de (ces) saints
de venir au secours (de ce manque de foi) et de parfairc ce qui manque, et "^
je ne rougis pas de rcndre solennel mon blAme ä cause d'eux. Gar iHre blAmc
dans la vie presente procure un avanlage, tandis que l'etre dans la vie future
cause un dommagc et un malheur inconsolablc. Puissions-nous en etrc dclivn's
parla grAce et par lacliarite (cp^xv^ptoTir/) de notre Dieu graud et notrc Sauvi'iir
Jösus-Christ, ä qui sied la louange et la puissance, ainsi qu'au P^re et au 1,-,
Saint-Esprit, mainlcnaut cltoujoursetdans les sieclesdes siecles. Ainsisoit-il!
1. a. Hoiri., vin. 17.
10
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ouS, l-^^po )-jioi ) I "i »'/ )-j/ '>&^ |Jo •.s^iö^Lro ^^ yn « m; o6i )iaa_.i.;
HOMELIE cm
SlR l'EpIPHAMK, QUI KST LA. CINQUIEME (SUR CE SU.IET).
Apres vous avoir bieu des fois parle sur cette fete et, selon les faibles
moyens qui sont en moi, vous avoir fait les rellexions philosophiques (scpO.o-
5 ijöffioa.) qui me sont venues (ä l'esprit) et avoir epuise, pour ainsi dire, toute
Tüiroc-adi; ou rcssourccs de ma pauvrete — si en vcrite Ton peut parier des
ressources de la pauvrete — je voulais me taire sans i'aire aucun reproche
au lien d'indigence qui est sur mes levres, et je ne sais comment la voix de
celui qui crie dans le desert meut en ce momeat ma langue; le heraut et le
precurseur de Dieu le Verbe fait que la parole court en avant de Tintelli-
gence qui s'attarde; de nouveau Jean lui-meme fraye dejä un chcmin meme
aux intelligences, lui qui est envoye comme un ange devant la face (irpo^w-ov)
du Seigneur' pour etablir d'avance et preparer la voie de notre salut.
1. Cf. Matth., XI, 10; Mal., lU, I,
290 SEVERE D'ANTIOCHE. [90]
^oioK^/ V'>.^|_y^,oi :)^'oi^ |jt_oad; LioK^ K^'o^ v^ jj/ V-"-^ ^^ Qt^
.■joC^) oiKx^po\ oooi > ./..^ -JtOM; ^oiäsJL u>^ oooi > .«N.^'ots.ao ^^
10
Je vois que le Jourdain lui-meme roule des flots de lumiere plutöt que
(jAaW.ov r,) d'eau et qu'il s'eleve en vagues de science, saus que je sache
comment supporter (cette) lumiere; et c'est ä propos que je crie les paroles du
centenier: Je iic siiispas digne que In cntres sous mon toit'.
Car, si je m'etais elargi moi-nieme par la rectitude du precepte divin s
— en effet, comme il est ecrit, son precepte est bieii Inrye- — si je pouvais
ouvrir toute grande la bouche de mon intelligence et atlircr l'Esprit', et si
Lfiii. 2.iii j'etais la villc situee sur une montagne', 'c'est necessairement que les con-
raiäs du (leuee f|ue je recevrais en moi rejouiraient la villc de l)ieu\ comme
le dit quelque part (itoj) en cliantant le prophetc David. 10
Comment un fleuve d'une teile lumiere, en enlrant dans une petite
maison tres etroite et malpropre et sans clart^, n'ohscurcira-t-il pas et
n'eteindra-t-il pas, par son graud eclat, les yeux reniplis de beaucoup de
büue? üu memo n'inondera-t-il pas, n'arrachera-t-il pas et nc de-racinera-
t-il pas tout? Par consequent la presence de la scule liumidit^ et d'uuc i5
1. Matth., VIII, 8. — 2. Ps. cxviii, 'jr>. — :i. Cf. Ps. cxviii, 1:!1. — '1. Cf. Malth., v, l'i. — 5. Ps.
XLV, 6.
[91] HOMELIE cm. 291
•:MOijK.io %»o; "^S ^ioj «öii •')->-^^ '^■■«Jl^
oÖt,^ ^/ jj/ .-JJOI ) j >0L^>^C5 tO^M^^^ O^ .-OIJiOJLllLbO; jbcLJl ^^OO jiopOO jLwtfO
10 ♦^-fto.;
^..j \s^Oi .vO^CLtUl^.1 ^i^; ^6t öt-.K../ jK.»^..; 'J^cujo V-^^ |.^oj;
1. Ms. w^-
seule petite goutte suffira k eclairer ma petite maison tout entiere, ä tel
point qu'elle semblera faite de lumierc, l'enduit de boue etant desormais
Cache, parce qu'elle sera eclairee de toutes parts.
Mais, tandis que je detourne mon esprit et qua je m'on vais, ne me trouvant
5 pas en force en face de la hauteur des flots du Jourdaiti qiii montent eii
vagues, je vois que Jesus lui-meme y est baptise, lui qui baptise dans le
Saint-Esprit et dans le feu' ; je m'eleve avec la flamme diviiic par une ascen-
sion qui s'eleve en baut, je suis tout entier comme un oiseau, et c'est en bas
que je vois la lumiere menie qui ä l'instant me semblait haute, apres que je
10 suis monte vers celui qui a ete pour moi la cause de (cette) elevation, qui
donne l'espiit, r/«i est aii-dessus de tonte priiicipaute et puissance et vertu et domi-
nation, et de tout noin ijaoii peut nommer, non seulement dans le siecle present,
mais aussi dans le siecle ä venir'-.
Car c'est le propre de l'esprit et du feu de se porter en haut, et (celui)
1.^ de l'eau de couler en bas vers les endroits profonds et de jaillir dans un lieu
profond et (situe) en bas. Mais, parce qu'il appartient k (l'element) superieur
de vaincre, (l'eau) aussi a monte, une fois qu'elle se fut melee avec le feu
1. Cf. Matth., III, 11. — 2. Eph., i, 21.
* Lfol.230
v"a.
292 SEVERE D'ANTIOCHE. [92]
|jL3u/ jV-^Q-^-SO [^iOy^ >3loKjl./ ^^ JICL^^ Öi.20 tjlo»-.^.. f_»3 pLSJ « ji'f'Mb^
jjLau./ :|K..<Uüoo|1^0o ) » °> I ^^ ).,«^^; OlS, ^^; l'y-^O^ ''y^l ^jODOl^oS;
et Tesprit; tandis qu'elle coule en bas, eile enfante en haut; et, de ceux qui
sont enfantes, eile fait des fils du Tres-Haut, ä cause de celui qui est venu
d'en haut et du ciel, est descendu vers eile, (y) a ete baptise et lui a donne
toutes ces (qualitcs) divines et sublimes.
Mais je nc sais pas de quelle maniere, moi-meme aussi, apres m'etre ••
•Lfol.230 envolc en haut jusqu'ä (coltc) hautour par la parole, * et m'etre eleve avec
^° '''• la sublimite de la divinitc autaiit qu'il est possiblo, tout i'i coup je suis parti
pour la profondeur de Icconomie, et j'ai vu cclui qui est au dela de tout
descendre vers l'eau et (y) etre baptise. Mais, parce que c'est le mßme qui,
d'une part, eternellement et sans commencement, c'est-;\-dirc iiidependam- ki
ment du temps, a ete engendrc par Üieu le Pere, en taut qu'il est la spli-nilritr
de la f/loirc et riinai/c de la sttbstance' de celui qui l'a cngciidre, (et) qui,
d'autre part, a aussi participe ä notre essencc (oöiria) ä la fin des temps
par la naissance, et a participe de la meine maniere i/ne iioiis an sarnj et d
la rliair'-, comme Paul l'a dit, et h uiie chair qui u'est pas d6pourvuc d'une is
Arne iulellectuelle, en sorte qu'il regoive corapletement la ressemblance avec
nous, ne manquaut absolument que du peche, tandis qu'il ticnt du Saint-
1. 116br., 1, a. — 2. Hubr., ii, l'i.
[93] HOMEI.IE cm. 293
)o(AjJ )-.)^j 'jKAcKja ^Jioo jju.^^ )— o» ^ioj -öt ^j o»^ h^l '. ' } . m' ..
ßo |l»->l».v> K-^jJ:^ JKIi».^ jouSs; •, nnS>o; Jju^ao l^-.J I^ojlo »-^o
J^J^ii»; ^"^oio .-jbojXJo otKi>.^Cy5; -ö« jfcC^.^ sS/ ouK*/ )K.-Uk^^ts^.
jtCis^ joö^ '^'ü^^Ooj y^lo :^o«»i. )^Ot.\ ^/o .ylöis-io '•'üi.:!»^; ,_*^oC^
.•K-*J 001; l-ictJ iw..^ qA .jpoU jJ j-Äieoi» ^iö lo^ ..^ooi-3 la-*l
y^l .'^pa'^ ).^Q-fcj)» yOJÖi laio,ja -.j-^o» w» ioi^ .^/ It^.i ai^K.lm.iaV
^ oüS. ^ o(!^ ..oC^ Kj/ t-^-/ )uuVi> t^o .»;Ka1 "^v^ |j:.io; )^)-« ^j
^«^^Jx^c; •.K».|jL-_s, . •^m^l/ jtsjiJLaio ^-*!^<H^ ^/ Joi^ wwJljlI *äjoV3 '"^o
jo.oi K...)ji3^^^^K t >ft. .jJj KuO "^ki.^v^o :)K.Juf ^-^01; ^^ )i\'»'nV)o .w-JUil
Esprit et de la Vierge ce qui convient k Dieu et ce qui est excelleiit ; pour cette
raison, puisque TEmmanuel est un de deux natures, sans confusion, ä savoir
la seule hypostase et la (seule) nature incarnee de Dieu le Verbe, (il s'ensuit)
nccessairement qua la parole qui se rapporte ä lui et lä signification sont
5 aussi uaes et iudivisibles, et que ce qui est en bas se reunit avec ce qui est eii
haut. Et, meme si tu cours vers le haut, et (cela) afin que tu parles de Dieu
le Verbe, tu comprendras que celui-ci s'est fait homme, et, sans le savoir,
tu descendras, d'une fa^on inaperQue, aux profondeurs dela charite (cptlavöpwzia)
et tu t'etonneras du prodige. Et möme si tu descends dans ton esprit avec les
10 mesures de l'aneantissement, d'une part tu n'arriveras pas jusqu'au fond, car
tu ne parviendras pas ä comprendre combien il est descendu; et, d'autre part,
tu seras souleve vers le haut, ä l'instar de ceux qui se baignent dans la mer,
comme par la poussee de l'eau, et en prenant rhomme tu trouveras neces-
sairement que le meme est Dieu. Meme si volontairement il s'est fait pauvre
15 dans une condition inferieure, tu trouveras qu'il est superieur; il est capable
de prendre (pour lui) les choses humaines, parce qu'en verite il s'est fait
homme sans changement, et il n'est pas susceptible d'etre domine par une
seule d'entre elles, parce qu'il est Dieu qui leur etait inaccessible meme avant
294 SEVERE D'ANTIOCHE. [94]
♦ L fol. 230 *:i>0 »»-3 o/ \y-X >0^iO JJ ^ ..sJUwJ» ' '"^s^^jlIä )N-Ju/ ^o«!Sjl\ sS>l "Ijoo
jiwVi ^-^aOfloLs; ^*/j yajöi «s/o .Jla^^-» »K-s ^_ioj JjlJLO; |1qjl.»^^ Jjov^
V*^ ^iJiC^ .K-.)jL.;poo \.'^l^ omvia ©V^/ ^-«^«i? r^ö» «s/o .-o-.^'U/ ^
|_L^',j Ua-/ .)j-.;; oä jL*-— ; ).ioQj..i 'yo n co '<itsj ^^oi ^/;; vOJÖt l-ö.m.3
>n «mio y>o(aA,^S.^o oipo )1|j .-Jv^/j ^äo^Sj )K^^; jl ^öi jLo Iv-^
ojj^Vooo )^}.-2 V.« Hm'i; ^^ oi^oL^
jJ Usl."/ o/ -.IjuVoo vOJÖCS. )jü/ uOclL-V joou ^-1— "^^Joi Ua-.*/
OÖÜ^ «-01Q.0JQ-3 ^^j^^ .-,001-.»), ^iOj ^/; vQJoCb. yOj/ ff^O «X>ajÄ2ü 1
■^^^^kio; mÖi jlojai.; io^js^; yOJÖl .vfOO^^^J )looi!^j jj^i." po ^^k^ •'^j i . 'mv>
Lfoi. 230 rincarnation. Gar, par le fait qu'il s'est mcarn6, par lä meme il a accept^ * de
^° " soufTrir toutes les (choses) humaines, saiis rien öter ou diminuer de tout
ce qui etait en lui par essence (oüdi'a). Pourquoi, en effet, s'eloigiierait-il aussi
de ce qu'il est Dieu? Qu'ils soient douc dechires et aneantis, ceux qui divisent
ce meme (Christ) par la dualite des natures apres l'union, ainsi quc ceux qui â– >
en apparence {ayym) ont eu des opinions orthodoxes et ceux qui ont dit
(ces choses) par acception de personne (Trpo(7wiro7.r,ij/i'a) et hypocrisie ! Gar de
tels individus seront coupes en deux morceaux au jour terrible du jugemenl,
comme le veut la parole certaine (ät{/e'j5-/i'?) de notre Sauveur laquelle dit : Son
mailre viendra et le mettnt en pihces, et plarcrti s<i pari avec ceux qui out cf/unl 'o
aux personues et [ai'ec) les lii/porrites '.
Gomment donc serions-nous charitables envers ces hypocrites? Ou
commeut n'excommunierions-nous pas et n'expulscrions-nous pas ceux qui,
en ce qui les concerne, ont coupe en deux cet un, notre Seigneur et notre
Dieu J6sus-Ghrist? üu, tandis que nous nc supportons pas l'insulte qui nous is
est faite ä nous-memes, pour quel motif pardonnerions-nous ä ces insnltcurs
de la diviuite? lls ont pris pretcxte du manquo de dignite {'j.ix.io-^i-tioi)
accepte, afin de nous venir en aide, par celui qui volontaircmcnt s'est
1. cf. Mnilli.. XXIV, r.o-r.i.
5
Ui
[95] HOMELIE CHI. 295
|lajK.^^K.bo;o IIolaa/; ^^oC^o .)IclJLJLJV^^^^t |jl.;£ol^. ,JJo \^i iflr^
I -•, '^ '" •.ojdouo a,^^K-3 oi^o oiJSio \u,Jkjl ) I «ii\ -.IxjI Kl:>a^'i ^6i
Iju-^V); )jlil^'£oo (jl^cLs |.^C^Jm£ooo '.jjL^t^ Jlwi^o^so jioJ-si oöi ^^■•;
^^ ^V^öo .JJL^^A |^oi;o X^li jloo^o |.^b.coo/ K.^^ j^^"^ o«..:» ^-'-'>:-"
^Q,«.JiflQ )j/ .'joü:^ y-,1 ooi t^ ooi ^; >ä.^eLlji •.jjLiV^ y^l jj^iio^Oia^ ')ju.;
jib p .-jiJioi a»a-:aL-Ji; ^ö( ) i'°>>oo .'w.io^ Kj/ )!'/ frsj/o ^^a^7 T""^^! l-*/
^ ^ * * • r° a
1. Le sens demande -^-^loo.
aneanti lui-meme ' , pour detruire le grand et insoluble mystere de l'incar-
nation ; ils ont assigne et attribue en propre ä la nature humaine ce qui se
rapporte ä la gucrison et ä la condescendancc charitable; ils ont I'ait un
elranger du medecin, qui, ä cause de sa pitie, s'est penclie de la hauteur
5 surceuxqui etaient malades; qui, alors qu'il n'est pas susceptible de Solution
et de coupure et qu'il n'est nuUement sujet ä la coupurc blasphematoire de
ceux-lä, est aussi venu au bord du Jourdain; (qui), apres avoir accepte pour
lui-meme, comme homme, le bapteme de Jean par l'eau, a place dans ce
(bapteme) meme, comme Dieu, notre propre purification qui (a Heu) par le
10 feu et le Saint-Esprit; qui se mele ä l'eau sensible de la source intellec-
tuelle de la vie, dans la lumiere de laquelle nous avons vu la lumiöre^, lorsque
nous avons vu en eile, comme dans un miroir, l'unique essence (oOcfa) et
divinite du Pere et du Saint-Esprit; (qui) penche, comme homme, la tete
vers le Baptiste, et le meme entend, comme Dieu, la (parole) : C'est riioi qui
15 ai hcsoin d'elre baptise par toi ei c'est toi qui viens d moi; et (qui) repond cette
(parole) : Laisse faire maintenant^ — empechant ce qui est tres lointain et
en dehors * de ce qui convient aux paroles de l'economie, ä savoir que la ' L loi. 2:?i
grandeur de sa divinite füt manifestee (alors) parmi nous.
1. er. Philipp., n, 7. — 2. Cf. Ps. xxxv, 10. — 3. Matth., in, 14-15.
10
296 SEVERE D'ANTIOCHE. [96]
• • * * • •
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1. L in margine : li*o»».
Les choses qui sont ainsi composees ensemble et unies les uiies aux
autres d'une maniere conforme ä la fois ä la divinite et ti Teconomie, puisque
le mutne etait Dieu et homme vöritable, qui doiic oserait les diviser entre
les deux natures d'une fagon blasphematoire et ignorante? Mais — 6 mer-
veille! 6 profondeur de r^conomie qui est incomprehensible et qui öclaire a
de toutes parts du fait de l'abondance de la charite (9t7^a.vOptox£a)! — Jean
appelait- enfaiUs de vipere.s' ceux qui venaiont au baptemc, Iparce qu'ils
(â– 'taient lombes jusque dans ramcrtume des reptilcs venimcux et qu'ils en
etaieut dejä venus ä la nature des betes sauvages. Et Jesus, qui ne connait
pas le peche, veiiait au bord de l'eau comnie Tun de ceux-lä, (lui) ä qui m
David disait en le regardant des le commencement avec des yeux de pro-
ph6te : C'esl toi qui as brise les letes des dragons sur l'eau, c'est toi qui ns
ecrasi les letes du dragon^. En elTet, le drai/on, landen che/' et le serpent, le
Caloinniateuv^ qui fit sortir Adam du Paradis, et les demons places au-dessous
de lui qui, eux aussi, sont justcment appcles dragons, en taut qu'ils ont avec ir.
lui uiie seule et möme volonte, qui ont beaucoup de tßtes, qui sont en
nombre 6gal aux passions, et qui ont exerce leur empirc sur rhuinidilo de
1. Mallh., III, 7. — 2. Ps. lAxiii, 1H-1'(, — .'!. er. Apoc, xx, 2.
[97] HOM^LIE cm. 297
1^ ö« J/ ..^K*7? 1-^ oo« ) * I ;• 1 •> Qt^o .|jp/; l^^o .^ ot-o— jlöo^
Oi^ ^jJi. .jotS^ ^l ^ Ot^ jbö ^ .>Ö.QJu. ]i'l ).^\\\ jjoi ^^ä^s-^OO
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^3 ooi jl/ .yooi^; )-Xx3 ^K-.*/ Joou ool JJo ..'^a^cfu |l a ii ,. -^ i U>'^
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.JLlsoi ,)JL^JJ).^ |oo( ol^ \fiDa\aS jooi jol^JM jfOt^ fS .^^t ^/ •J'^yAo
,jL;oo(>> K.ikA .yoKli ^\ \ ..,. > > V>\ ,yol^M^ |...,i>>>ft-); y^^oN ./ t-*-^ v O*N a
^— * ,V-^^ yoü^s .JJk^nio jp» K-^ .|V|— V-» JIä/ .l^■3^ ^^^-^ .)äjl-* |)o»Lfoi.23i
♦ ^ ^ • • • r** b.
la vie des hommes, ainsi que sur la mer, et, en quelque sorte, ont change
la nature (humaine) en leur propre mechancet^, nous montrerent serpents
et enfants de viperes, et non hommes que nous sommes, mais ce que nous
sommes devenus lorsque nous sommes tombes malades du peche.
5 C'est pour cela que Jesus vient dans le monde, tandis qu'il le remplit
comme Dieu, et qu'il y entre comme horame; c'est pour cela qu'il est venu
au bord du fleuve du Jourdain, pour qu'il tuät les totes diverses {izoXuayß-rii)
de la mechancete, et pour que nous ne soyons plus leurs enfants; mais lui-
meme, puisqu'il est la seule tete et le seul principe de l'Eglise, il nous mon-
10 trera enfants d'une seule tete par le bain divin de la regenöration ' , n'etant
plus varies comme enfants de plusieurs (tetes), mais etant simples et vöri-
tables comme (enfants) d'une seule (tete). En raontrant cela, Paul ecrivait aux
Galates en ces termes : Car vous tous qui avez ete baptisds dans le Christ, vous
avez revetu le Christ. II n'y a plus ni Juif ni paieri, il 11 y a plus ni esclave ni
15 lihre, il n'y a plus ni homnie ni femme; tous, en effet, vous etes * un dans le Christ 'Lfol.231
Jesus-. Et dans les Evangiles (Eüayye'T^ta) notre Sauveur dit lui aussi ä (son)
P6re au sujet de ceux qui croient en lui : Aßn qu'eux aussi soient un en nous '.
1. Cf. Tile, III, 5.-2. Gal., in, 27-28. — 3. Jean, xvii, 21.
PATR. OR. — T. XXII. — F. 2. 20
5
298 SEVERE D'ANTIOCHE. [98]
\la^^J^ ^loiö joot yo^ ..|oc5t sAi.>i6 V^)l/ ^f^ J-^-^^a/ ^; ^-^oi jLlo
.JiiolSu JL-.J ^'^iso -Jooi pö/o 'It^M.^ t-*^! -öl •*.qjl-.; o(N-.v1ai Jt-^-*/ iQ-»QJio
•:>)oC^; otxofod )»«>•> ^'^^«3 )>.~Jo •JKjlsu^ jK^VojJ )K>*.o
;). I . •> >v ISJiöjo jKiö; jK-CxU jooi s-oiots-./; V*^^ )-^ o« '^^^J^
|J.-<a^jo joC^S; )^»--. .JJ? öl-ts-,/ jnV)n\^;o jloniai. ^-; ^o .eu^i'K.i)OL^
y^ ^'^oo .-cH-aL-V-al^ ,.^^^0 yoa^^ j)o .'JV-iö/; -6» )— .äoj/j {I n .» -»i ^/ lo
.vO0iia^.j ^io "«.uaiw^J vOoC^D; ^^io .).v,.iaX •*>; -"r^l P oCi^; j^jJ
1. Mai, Script.urum relciiim nova colli'dio, t. IX. 733 : 'Ano Äoyo'J PT • näv [lev yap ei ti [iSTs'wpov
x»l inepo^pu, xai ßo'jvw xai öpsi napiiv.a?oiJi£vov ^pövriij.a, t'o £Üo(yf£).i'<civ £?'o(;.»).t<7i, [lEtpia TtatSsüdav ippoveiv'
Tiäv 6s xoi).ov zat eic ßdiOo; Tuyxä'OV dy/ota; t)eoO, xai ^äpayfi itpoasoixo?, ävw TZfK'i.rfiui-c%\. öii Tyi; ETti ità ¤vT«
idYi; x),riiJSü); xai Stoa<jxa).ia; xai Eniyvoiieü);. ^ 2. Ms. ov.l^«(- — 3. Mai, np.. eil. I. IX, 733: 'ATto toO aOxoü
"/.öyou. 'A'/./.i (iriv xai xi (jito).ia syivEro e!; aOOsiav, Tiivcuv -mv Tipoo-XExXriiiivü)/ ävÖE/.oasvw/ xrj; a/oXiönito; TÖ
Tj); «AYiOsia; e09ü.
Jean, prr'chant ä l'avauco et etaiit precurseur du Verbe et criant les parolcs
dites auparavant par Isaie, faisait egalemeut connaitre ä ravance que par
le bapteme Jesus appelle ä un seul et memo Jionneur et il disait : Toute vallec
scra remplie, tonte montagne et (tonte) colUne seiviil abaissees, ce qiii est tor~
tueiix serit redrcsse, rc qui est rahoteux [scra cli(tnfft') eii clicnüns apUinis, et •"•
toute chair ucrra le sulut de Dien ' .
Ru efTet, tout ce qui ötait d'esprit süperbe et hautain, et qui etait scni-
blable ä une colline et ä une montagne, l'Evangile (EüayYeXiov) Ta aplani,
en appreuant et en enseigiiant ä penser avec moderation; et toute depression
et ce qui est dans la profoudeur de rignorance do Dieu, et ressemble ä lo
une vallee, a 6tö combl6 par la vocation 6gale en tout point, par l'ensei-
gnement et par la connaissauce, selon la prophetie de Jeröniie laquelle dit : Et
jtersonne n'ensei<jnera ä son prociiain, ni personne ä son freve, disant : (]onnnis
le Sei(/netir; rar lous nie connaUnint, du petit jusiju'au i/rand'-.
Mais, en vörite, les clioses tortueuses put etö cgaleinent redressöcs, is
1. Isaie, .KL, 4-5; Luc, ill, 5-U. —2. Jei-., .\x.\I, 3'i.
10
[99] IIOMELIE cm. 299
.•looi )L.oöt ji .^j Ijoi .)»^Jij oilo^U .'lla^aA-^s.:^ ^Sl^^ yo^i^ Q.'a..^
.•jivxf>\vi oöi )-.a-ü, ^'^Ss.N Iä^ä |-,po -t^-./ .-j-^X*/ t-io/ ^t^ü; I^J^-«/ JIol^^
^^1^ ^aju> K^./; OÖI .-JLjL^f^ l-xoi; jJ.>.^\ -.'r^l ^; )°>.«.«> Jl/^s^ <%v\/<.
jjöo ^K.^^ oiloj^ i\>o ool )jlo( vd/; oöi; .'Vr^'l U-*-:>^l ^oioju>^^f .')jL^
').^wk^jL ^cDci\a3 |;oi^ joilfiDo .ji,a^<o joü^; jJ^O^^ «^.s .'OiIojü/ K.:>CLM,t..3
*^'!^_OOI )jO| ^-iO ^ -JO^; j^^^OO wOloK-./» OÖI .'j— oij ).aur..XDO -.Viö/ »J
•>)^oV^o jooi )i «t'nvi |l/ .)n<Y>'°> •, i.'finv» jj -.{ju-jI ''^>->*'»
V-o--«^ INJi^LX^ .s>ö.oi jKoÄji )K.-«VoJJ -JKjLjuja ^^>J^oi >2>l )^;oi ^_io
• JjjLji- Ki^-»; ^_io ^i ual/;o :)bäxk>.; jK.'.lSNoiK^o, .JJo jK-iULJL.jlKio, ß
1. Mai, op. eil., t. IX, 731 : 'Atiö löyou py'- Töv tai; XEjia),xi; 7co),üv, töv npüiov vor,TavTa xa Ttoixi'/.ov
Trjc icovr,pio; xal naTspa iti^ri; (JxoXiott)TO!" |ia/,aipav 3e cpriui T^öi» ™5 äyiou riveiJaiTo; 5'jva|i'.v, v^v xaTTiYayev
T/liToü; Eici TÖ üStop, xä; -co-j opcxxovTO(; TUVTpc6ou(iav XEtpaXä?, -^^ ert xal vOv oi iepit; tyiv eve'pyeiav T>i aOtoO
q;i),av6fM7iioi xaTayouci, 5ia X6-(a\i Weoü xai evT£u?ew;' x»i [xapTupei toÜtw FlaüXo; JiyMV xai Triv (lä/aipav ToO llvfj-
HaTOC, ö eoTi pjjiia OsoO' -uauTriV oi xai Seoeko? q SpaxMv oO)( uTtO|j.£vei ti^v Toiiriv, iX)it xai SpaitETY); yivExat xai (p'jya;.
— 2. Mai, op. cit., t. IX, 733 : 'Ait?) xoO aüioö ).6you, Tä; yap äSdcTou; twv eövtov t];jyäg, xai Tpa-/uv6ei(Ta;
it. Trjc oei5i5ai(i.ovta;, 6 äTtoutoXuö? äiMOEuue Xöyo;, xai Xeia? EipyiiraTO" xai toüto oOx Iy. t^; oixEt'a; 6wa;ji£w;,
aXX' iiceiST] Tcätra ffap? etSev tq awxrjpiov to-j HeoO, louiEaTt 0£Öv e[j.Dav(J5; £),6övTa, x:ri SEi^avta Si' aOtüv tcSv
k'pywv w; EffTt ffWTI^p.
parce que tous ceux qui ont ete appeles ont choisi pour eux-memes, au
lieu de la tortuosite, la droiture de la veritc. Et ceci n'aurait pas lieu, si,
corame l'a predit Isafe, le Seigneur n'avait pas porte l'epee sur le serpent
tortueux, qui fuit, qui a beaucoup de tetes, qui le premier a ete malade ' d'une
5 mechancete variee et (qui) est le pere de la tortuosite". II appelle « epee »
la puissance du Saint-Esprit, que Jesus fit descendre sur l'eau, qui brisa
les tetes du dragon^, dont, meme maintenant, las pretres fönt encore descen-
dre refTicacite par sa charite (cpO.avGpwTCta) au moyen de la parole de Dieu
et de la priere. C'est ce dont temoigne l'Apotre Paul, en disant : Et l'ept'e
10 de l'Esprit qui est la parole de Dieu''. Le dragon, craignant donc cette (epee),
ne soufTre pas d'etre coupe, mais il change de lieu et devient fuyard.
De lä (il suit) que ce qui est * raboteux a etä egalement cliange en chemins '
aplanis. Gar ce sont les ämes des nations, lesquelles ne pouvaient etre foulees
aux pieds et atteintes, et qui s'etaient endurcies par la religion des demons,
1. Le grec a vorj^ai ; Jacques a du lire : voovisai. — 2. Isaie, xxvii, 1. — 3. Ps. Lxxiir, 13-14. —
4. Eph., VI, 17.
'^ L fol. 23
v° a.
300 SEVERE D'ANTIOCHE. [lOOJ
• .)-.K.>k^ ]L*^ ^^ o^ ');o<o .^aj/ i't-^^ )K v.a.Ao •.ISJa,); )KA.wb.>^ui )^C^.^o
)i/ K-,)-.^S_^; joC^jJ ^; aJOi ••joCS^j ou-oia3 )>-« V-m^ ^^>3j ^^oo .jj/
jjfLdu ^^>^-^; )if)tv>>0[\;o .•|.vim',»o jjf^ jjjc^jo .■|j:jl..do lt->V^oo j;«.!»
^X~«>SI^ nOOI^ h^—ly ^A^OI ^^O -'^-J-M > . Vl\t \i |Vo.flDJJo .-s^ .'..
yo-iöi I 1 ü \ ^^ jj/ ^Kl& .j-tJ^^fl^w ycu/ yeL0.jLJi v*9«^ l'^t^ voo«^
.-^^A^obJji ^io|j oj/ ^/ vooj^ V?^9« J^/? vQJÖ« ^^s^^io po'/ ^; jjLio .jjVJI
1. Li« margine ,
10
que la parole apostolique a recherchees et quelle les a aplanies; et cela
non par (sa) propre puissance, mais parce que toute chair a vu le salut de
l)ieu\ c'est-ä-dire Dieu qui est clairement venu sauver et a montr^ par les
faits mömes qu'il est le Sauveur.
Comment donc, ayant obtenu cela, sommes-nous les uns k l'egarJ des s
autres des gens en quelque sorte tortueux, amers, durs, fourbes dans la
maniere de faire, envieux, inventant des injustices les uns contre les autres,
trainant devant le tribunal parfois mßme ceux qui nc doivcnt rien, les
livrant aux fers et les depouillant de ce qu'ils ont au point de les laisser
nus? Je garde le silence sur les langues qui accusent en vain le prochain, n»
je passe en courant sur Touie qui se plait ä boire, comme du lait, les
calomnies et les injures, et qui ne sait pas qu'elle remplit les oreilles de
charbons ardents. Que dirai-je de ceux qui, pour ainsi dire, ne s'accordent
pas avec eux-mömes? Us sont tantöt paisibles et tantöt durs, hier flatteurs
et aujourd'hui süperbes; un jour ils sourient et un autre ils sont dilliciles ir>
h aborder et durs; ils se rejouisscnt et s'attristent sans motif; ils fönt
1. Luc, III, C.
[101] HOMELIE cm. 301
.•K-.|ju;j.io ^o..v> ^ )laÄtjaio; .•K-jLau.V« ^-^03*000 '^lA*? -•^^^^^
.')..>nHv>; >..öi^ jJ^C^boeL» ^^.mN'nVo .s^'»» )Kji-V-fio )N-.aAAl i^^j
jLjLajj \tsJiLX^, ß jioAjlo ^; )Lsöj; .-sa^ V'^J^ )Ka\oij jKit^
lo\o .-^-^jl IjldV; «Ol )ia*XJi lo^ ^; ^»K-s ''llf-^ ^ U«? v^J««
I •'• \; ^-::^0i -I-Juii la*I-j )laioV-;o )la*Juo;o )la*3;; ^-I^o« |^1^)1
JK^jl .j^jo^ jiaS>j jla*Jj; |ir*iOio .po'/ )Vaio).io .UjV^» * l^ö, '
I. L (ft margine : rf^y — 2. Ms. l^a»V««- L in margine : \t>'^-^-'x>-
10
L fol. 231
vb.
hypocritement parade de pauvrete volontaire et poursuivent l'avarice (cp^ap-
yupia); ils feignent d'une maniere trompeuse la purete et ils sont impurs
dans leur esprit; ils courent apres lavaine gloire et louent par la parole ce
qui est modere ; ils ont grand soin de leur habillement et de leur barbe, de
baisser le front et, pour le dire en general, de temperer les choses futiles
par un mouvement doux et de regier les pas de leur demarche, mais ils n'ap-
portent pas meme une legere attention aux mouvements et aux ardeurs
desordonnes de l'äme et de ses lambeaux honteux et meprisables. Y ajoute-
rai-je ceux qui sont maintenant ä l'eglise, et qui vont ensuite ä la folie
des (courses de) chevaux et aux theätres (SsaTpov) de la mollesse comme (ä
ceux) de la durete et de la cruaute des betes sauvages; toutes choses qui
se partagent en passions contraires, et qui tirent d'un cote et de l'autre et
mettent en pieces l'ünie malheureuse * de Thomme? Citerai-je les psaumes et *ljoL231
les chansons de debauche, la priöre et le blaspheme, les gemissements et
15 les rires sans retenue qui s'echappent en bouillonnant comme d'une mar-
mite (placee) sur le feu?
Ces malices variees et dilTerentes appartiennent ä ce serpent sinueux et
10
302 SEVERE D'ANTIOCHE. [102]
^qjl. yoj/ , ,';o Vr=>*i )-iJ^ ^^^'^^^t '^■'■'^o« -'oöi; ll-i^^ )j^V; j^^- .^ch-K-/
h'9\,ll :x;J;»a-j -oiaiiaui ^ |i.5<i^J 1^- J^Q^ ^-"^^^ v®^/ \^>^
)■»>. / :);oij )l;o JL^i. .jlo 'j.t^..'».. «.^«; |joK*.zi;^ ri'iou/o KJ*jQ-»/o ^
l U -^»^ ^ ..|oK_Jü ^O; joojij «o^^ .)-*^CLii; )l.cil>\v> \ yOoJ^».lo ..yoV-ia.;^!
1. Ms. U^a--
tortueux; ce sont les enfants de ses nombreuses tetes que Jesus, le Dieu
grand, a brisees et ecrasees sur l'eau. Fuyous donc ces (tetes), fixons
les yeux sur la noblesse (süysveia) de cette tete unique de laquelle nous
sommes nes spirituellement, et poursuivons l'unite et la simplicite de la verite.
Vous voyez comment une seule petite goutte des flots du Jourdain a s
inonde, arrose et eclaire nia petite maison seche, sans humidite et sans
clarte, pour que, dans la mesure oü nous comprenons, nous puissions dresser
encore cette table devant vous; en elargissant reellement ä votre tour
cette (table) parmi vous, vous ferez demeurcr dans vos Arnes une lumiere
abondante et vous obtiendiez le royaume des cicux; puissions-nous tous i«
l'obtenir par la gräce et par la charitc ((pi).av6pü)^£a) du Dieu grand et notre
Sauveur Jesus-Christ, ä qui sied la louange, avec le Perc et l'Esprit
saint et bon et vivificateur, maintenant et toujours et dans les sieclcs des
siöcles. Ainsi soit-il!
I
TABLE DES NOMS PROPRES SYRIAQUES
(Cette table et les suivantes renvoient ä la pagination placke enlre crochets.)
/
R3, m,^ 95,
97,, I02„
_jo.| 38, Rl„ 66,, 71,j Sl(i|,
y=H°t 27„ 28j 70,,
^!o( 6.1,., fi',, . ,, 6(i,
^l^^l S„ 61„ 72„ 71,
ly^ ^( 38, 61„ 62„ 9K„
lov^N 7,.,, &, 0„
;8„40„41,_„42„48,3 50,51, n. 2,
° 5-7-11 '-8-iu-ia
85, 86,., 87„ 88.,_^,
95,0 962 9^4 985.S 99„.7 ^OO^ 10-'2-.j
— «s^ (dans I'expression ovs\ p.)
— \^t |o^ 92g
— Iisijo lovSiv 28. 49, 983.5
Mv 6.V„
^^^•-'^ 66,
U-i/ 26,3
-"^'1 27,, 283 82^
l^'l 8, W3 98,„
MVva^! pvi; 8S3
U^; 51, 60„ 61, R:!,.„.„.„ 65,3 ""a ß8„
78,3 93^ 99,
"^'^ 39,,
- ^^^39, â–
1^- 663 ßS,,, 69,.,3.,.„ 7O3
1^^ 63,, 01„
-Jon .\ . m -. 71., 763 80, 82^, 81.,
)tOs,oNj 50„ 66„.„ 68,., 71, 93, cf. OK.,
^
UiU^, 97,
'a>a.ia^.V^ 74, 76^ 80, 8I3
"4-).^)-. 52, 80,3
st
â– a^ajU^t 31,
r=! 7« 17, 22, 253 263 .3-3 38, 42- 6O3 90,
U6„
. fvs . ,r^r,',t ;30
46,
wm.^.'^lo 82„
I..001. 6O3 ,, ji
(..loov. 97„,
.^a^ BaptistC 89,,, 96. 9<, cf. 9.i,
^a. Evangelistc 59,, 65,
I vi%?; 1^ oö, ,j.^a.i .57
l-ua., poo. 66 n. 3 67 11. 3
— Ujo-, Itv^a- 51 n. 2 73 n. 1
— c^po. 07 n. 1
. qrogj 21,,
Apötrc 65,
patriarche 21,3 60, 72,
99, 102,
PP) 63,3 «^''.-T-o-,, 615,
102„
304
TABLE DES NOMS PROPRES SYRIAQUES.
[104]
^
pQ^ VO
)0
Jjoio '.*j.,
17„,
37.. 30, 65,,_„ 74, 75,
^
)^»a.ia4^aj 27„ 28g 69^
|tOi>io 10, 50. 57|„ 98,
— loCü- |Ni-io 67. 89g
^'j^ Ol,, 62, 87,„
'8-12
ano^^-j;«» 27,, 28,
yjOjÄ 72„
t^ioio 51 n. 2 66 n. 3
71«
53, 60. 65,
79.
— loiSv 1-po 75|j 7
^Ä.;^ 02^
^o^Vio 27g
^--^ '23.g 18,„ 21, 223., 31g 35„, 36
37g 41, 43,3 44, 4S, 48^ 59, 60, 73,
79g 883 97,„
— ^«OA-* |.,.*»jLyi 9'
wü^ 34,
Vk,
t^
1-8
,Ä)o;^ 65j
U^-^ 26, 29g 32g.,3 M, 48,3 58, 6S,
Wz *«13 9
— Udo'^ 56„
^o^VS 62,
«^
Uoi •2^\, 53g 75^ OO7 99, 102,^
,99,
t*-i^|iV3 68„
.«o^os 8„ 0„ 12, 18„ 20,,, 22, 31,, 32^
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II
TABLE DES MOTS SYRIAQUES ETRANGERS
OU REMARQUABLES
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n. 3 67,.,.,, 68„ 692., "2 ^33.4 n- 1
30(i TABLE DES MOTS SYRIAQUES ETRANGEKS OU REMARQUABLES. [106]
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[107] TABLE DES MOTS SYRIAQUES ETRANGERS OU REMARQUABLES. 307
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10-11
III
TABLE DES MOTS GREGS GITES DANS LES 3ISS.
avoiOsfjia cf. 45,3
a.\w)\iix 9 n. 1.
Äpoiii? 30 n. 1.
6p!)V0( cf. 47,j
xaivdt 67 n. 3.
R
x»7tY)X£3(jai 80 n. 1.
xaviöv 46j
XiipäXaiov 68,5
N
vauxXyjpo; 14^
vaüxai Mg
vEo; 67 n. 3.
n
iTSTpiap/T); »2
wpwpa 14^
aeßoii; cf. 46^
(TK^itTpa 31^
o/oXadTii? 18 n. 1.
TÖfAo? 66 n. 3; 73 n. 1.
TUjJtTTOlVOV 41 n. 1.
uirodTaais" 89.
IV
TABLE DES CITATIONS DE LA BIBLE
ANCIEN TESTAMENT
Genese
II, 21 ' 66
— 22 37
lU, 19 38, 41
IV, 1 6'J
XIX, 24 "2
XLII, 11 21
XLIX, 9 60
EXODE
in, 2 37
— 7-8 62
IV, 13 9
XXXVI, 5 87
NOMBRES
VIII, 1-3 17
XII, 7 74
Deuteronome
XV, 9 83
XVII, 18-20 76
XXXII, 9 72
— 31 72
— 32 72
I Rois
II, 8 7
PSAUMES
VI, 8 38
XXXIX, 7-8 58
XXXV, 10 95
XLV, 5 90
LXIV, 5 17
— 5-6 16
LXVII, 26 42
LXXII, 3 26
LXXIII, 13-14 96, 99
LXXXIII, 5 17
CII, 21 . 32
CXII, 7 7
CXVIII, 46 79
— 96 90
CXVIII, 131
CXIX, 7
CXL, 5
Proverbes
VIII, 8
XXVII, 17
XXX, 27
XXXI, 8-9
Cantique des Cantiques
I, IG
ISA'lE
vin, 1 54,
2
— 3 66,
XXVI, 13
XXVII, 1
XL, 4-5
12
Jeremie
II, 32 ....
VIII, 20-21
XXXI, 34..
EZECHIEL
III, 12
XXXIV, 17 .
XXXVIII, 22
Daniel
IV, 27
Habacuc
I, 8
39
26
Malachie
III, 1
-2,3
NOUVEAU TESTAMENT
Matthieu
1,21 .
III, 7
— 11
III, 14-15 95
V, 9 23
— 14 90
— 21-22, 27-28, 48 55
VI, 3 19
— 10 33
VII, 26-27 11
VIII, 8 90
X, 7 34
— 23 82
XI, 10 89
XII, 29 62
XVIII, 10 63
XXIV, 50-51 94
Marc
XII, 42 87
Luc
I, 2 49
— 35 68
— 48 66
II, 6 68
— 11 70
— 14 23, 50, 73
in, 5-6 98
— 6 100
IX, 31 65
X, 9 34
XII, 49 36
XVII, 21 35
XXIV, 27 59
Jean
V, 17 57
XIV, 27 26
XVII, 21 92
XXI, 25 57
Actes des Apötres
IX, 5 72
Romains
V, 12, 19 71
VI, 12 31
310 TABLE
VI, 13 32
VIT, 14 75
VIII, 17 88
— 18 43
— 26 53
I CORINTHIENS
II, 9 43
VII, 34 44
IX, 22 12
— 26 11
XV. 21 71
— 31 81
II CORIXTILIENS
III, C 75
V, 4 20
XI, 2 44
G.\L.\TES
III, 27-28 97
V, 17 23
DES CITATIONS DE LA BIBLE.
[110]
I, 21 ...
fipH^SIENS
.. 91
.. 18
.. 18
. . 99
IV, 7-8 , .
II TlMOTHEE
41
IV, 4 . . .
— 16 ..
VI, 17 .
II, 7 ....
TiTE
Philippiens
.. 95
97
II, 7 . . .
I, 3
— l'i
Hebreux
COLOPSIENS
.. 51
22
92
. . 16
I, 16 . ..
— 20 ..
II. l'i ...
68, 92
III, 2 ....
. . 74
IV, 14 ...
oo
o
V. 4
9
3 . . .
I TlMOTHEE
.. 22
9-1
VII 14
. . . 60
58
\II 4
45
— 14
'22
II 5
V, 1, 3. 5
XX. 2 .
Apocalypse
III, 1 ..
9
76
— 16 . .
VI. 18 .
. . 55
. .. 9
.... CO
.... 96
CITATION DES PERES DE L'EGLISE
Saint Basile le Grand P. G., t. XXXI, col. 199-200 , . 84
p
TABLE DES MATIERES
Pages.
llomelie XCIX. — Sur l'anniversaire de la consecration de Severe 7
Homelie C. — Sur la martyre sainte Drosis 30
Homelie CI. — Sur la Nativite ou l'Epiphanie 49
Homelie CIL — Sur Basile le Grand et Gregoire le Theologien 74
Homölie CHI. — Sur l'Epiphanie 89
TABLES
I. — Table des noms propres syriaques 103
II. — Table des mots syriaques etrangers ou remarqaables 105
III. ^ Table des mots grecs cites dans les manuscrits 108
IV. — Table des citations de la Bible 109
V. — Citation des Peres de l'Eglise 111
THE ARABIC LIFE OF S. PISENTIUS
l'ATH. OR. — T. XXII. — I- 3. 21
THE ARABIC LIFE OF S. PISENTIÜS
ACCORDING TO THE TEXT OK THE TWO MANUSGRIPTS
PARIS BIß. NAT. ARABE 478S, AND ARABE 4794
EDITED WITH EN&LISH TRANSLATION
BY
DE LACY O'LEARY
D.D., Lecturer in Bristol University
INTRODUCTION
The life of St. Pisentius exists in five recensions :
(A.) —7 An Arabic version in Paris Bib. Nat., Arahe 4785 whicli was
copied for Amelineau from a source unknown. As being the füllest narra-
tive it is the text given below, according to folios 97 to 215 of Amelineau's
manuscript.
(G.) — An Arabic version in Paris Bib. Nat., Arabe 4794, earlier and
briefer than the preceding. This, numbered in folios 122 b. to 16-3 b. is given
below in its variants from the preceding.
(B.) — A Bohairic text published by Amelineau (Un eveque de Keß au
VIII" siede, in Mein. pres. et lus d Vlnstitut egypf., II. (1889), introd. 261-332,
text and trans. 333-423). This has two numberings, ff. 124-159, and also
pp. 1-71, where p. 1 == to 124 a, p. 2 =^ fo i24-b, etc. The page numerals
are cited below in noting parallel passages.
(S.) — A Sa'idic version published by E. A. Wallis Budge {Coptic Apu-
crypha in the Dialect of Upper Egypt, Lond. (1913), — text 75-127, trans. 258-
391), from the manuscript Brit. Mus., or. 7024 of date A. D. 985.
(D.) — An Arabic version in Paris Bib. Nat., Arabe 478 b, but as this
appears to be only a second copy of (A) above it does not need further
attention.
The four first named coutain a considerable amount of common material,
most of which appears in its füllest form in A., though S. interpolates a
number of scriptural illustrations and other matter of a homiletic character.
In A., after the introduction (97"-104''), the incidents are arranged in 55
« Wonders » numbered 2 to 5G (there is no number 26). In all the versions
the matter is set forth in the form of a homily to be read on the saint's
festival, 13 Abib (= 7 July).
The following table shows the relative contents and arrangement of the
four versions A., C, B., and S.
318
INTRODUCTION.
[61
WONDER
Introiluction.
1 Vision of a pillar ol' llre.
2 Devil cast out of a boy.
o Woinati lielped in child-birtli.
4 Brothei- and friend visit the saint.
5 Elias comrorts him in sickness
ti Fisli procured for sick nionk
7 Walor risos in well
8 Tlic Saint's fingere burn
9 llis asceticism.
10 llis i'ocitations.
11 Two women at tbe well.
12 Visitor sees Pisentius recitin^'
13 Scorpion stings him
14 Angels call Pisentius.
15 IIo is niade bishop.
16 llis epislle to the diocese
17 Watei- given in the desert
18 The harsh overseer.
U) Pisentius' ecstasy at mas.s.
â– 20 Shepherd and the eheeses.
21 Ilyaenas attack John
22 Tlio marriageable youlh
23 Calf maiked with a cross.
24 Demoniac boy
25 Tbe jealous husband
26 (noue bears this niiuiber)
27 Soldier templs Pisentius
28 X criminal priest
29 Another eriniinal pi-icst
30 Prii'sl who spils in cbui'ch
31 Serpeut in the mountain
32 Convei'.se with the dead.
33 Sinl'ul man and sick son
31 Man briiigs wile with quinsy
'.Si riio l)oastrul man
.36 The repudiated wife
37 Walei- given to Theodofe
3x Tho saint savcd from demons
30 Serpent in tbe mountain
III Ib' l'orgets to cat food
11 Thicf dctoctcd
12 llis trials as a bishop
13 Uari'ou uoman bears son
II Woiuan unablc to feed baliy
ir> l',|ii|ilianius Visits Pisentius
10 Tlic Partners
17 l'isoiitius' trials as bishop
IS .><igii ihat prayer is heard
r.i Visionen St. VIctor's day.
.â– )(i Pisentius' asceticism.
51 Ile lills a bücket at thr «rll
hisi-iple lills a hucket
Wariied of deatli : bis dcath
54 Miracle of liis shroud
55 Portion sent lo anotlier
56 Vision at liis tomb.
l.'onchision.
A.
97.a-
104.a-
105.b-
lOC.a-
107.b-
llO.a-
I14.b-
116.a-
llT.b-
118. b-
P23.b-
124.a-
127.b-
129.a-
129.b-
131.a-
134.a-
136.b-
140.b-
141.b-
142.a-
145.b-
147.b-
I48.b-
149. b-
151. b-
löö.b-
158.a-
159.b-
161.a-
166.a-
167.b-
174.b-
178.a-
179.a-
ISO.a-
185.b-
ISO.b-
lS7.b-
188. a-
IHS.li-
ISO.b-
l'.KXa-
lOl.a-
192.a-
194.a-
lOn.a-
107. a-
109. b-
201.a-
201. b-
202. a
205.a-
211. b-
212. b-
213.1)-
214.a-215.
C.
[122.b-123.a]
129.b-133.a
129.a-129.b
I23.a-127.b
142.a-144.b
127.b-129.a
129. a.
148.a-149.a.
149.a-151.a.
133.a-ia'..b
152.a-153.b
151.b-152.a
135. b-
I36.a-Ml.a.
Il6.a-118.
145. b 146. a.
lll.a-142.a
Kil.b
151. a
1112. a-16-;
163.a-163.b.
15-20
20-21
21-22
22
2-8
8-9
9-13
13-15
15
22-28
28-29
36-38
51-55
38-43
43-45
45
45-48
48-50
29-33
50-51
55-62
33-36
62-64
20.b-22.a
32.b-33.a
22.a-24.b
24.b-28.b
33.b-34.a
35.b-36.b
39.a-39.b
40.a-41.b
42.a-43.a
43.a-44
46.a-49.b
57.a-61.b
62.a-63.a
63.b-65.a
65.b-66.b
66.l>68.b
69.a-74.a
74.b-76.a
77.a-77.b
tVl-65
6.1
70-71.
78.a-79.a
(79.a-81.a.l
;.S a sl.l,
[71 INTRODICTION. 319
The introdiictorv portion in A. giviiig information about Anba Pisentius'
liome, pareutago, etc. contaiiis some material not found elscAvhere : especially
we are told that he was for soven years in llie monastery of Anba Maqär
south of mount Shama (= Jemc, cf. fo. 102 b), ^^^ E. Crum (inZ. <1. Deutsch.
Movf/. Gesell. 1914, 176) suggests that Maqür { U») is an error for Jj^, and thus
tlie reference is to the Phoebammon monastery, and so in fo. 97 b. and in 106
the place is naraed Psamer-Psiianicr i»t;.o.-i.j fo. 10 b). Tlie greater part of
his monastic life was spent in mount el-Asfts, i. e. Tsenti near the Der ol-
Baliri. « From tho life of Andreas, we gather that the Gebel ei Asäs em-
braced the series of monasteries lying belween Danfik and Nakädah. Thus
it would He mainly, as the Si/naxarium teils us, in tlie diocese of Keft. At
the present day the name El Asäs seems however to designate generally
the mountain between the Theban necropolis and the Tombs of the Kings
and thus to have usurped that of « the Hill of .lerne ». » (W. K. Crum in
Winlock-Grum : Monastery of Epiplinniiis at Tliebes, Part I, N. Y. 1926. 108).
Pisentius was born about A. D. 568 and was admitted a monk by Elias
the head of the Phoebammon monastery at Jeme, probably NE. of Medinet
llabu. After dwelling some time in a « cave » or deserted tomb in the 'Xavi^:,x
of this monastery he moved to another which lay to the south of the monas-
tery (cf. 103. a), and later again to a Community on mount El-Asas (106. a).
Elected bishop of Qift he was consecrated by the patriarch Damianus at
Alexandria, probably in .598. He retired into the desert during the Persiau
invasion of 616-627.
Of the 56 « Wonders » in the A. text, 21 are peculiar to it (i. e. 2, 3, 18,
19, 28, 29, 34, 36, 37, 40, 41, 42, 43, 45, 46, 47, 50, 51, 52, 55, 56). Of
these, however, 2 may be only a variant of 33 which occurs also in B : pos-
sibly 3 and 43 are variants of the same incident : 28 and 29 are closely
related : 37, 51, and 52 may be variant accounts of 7 which occurs also in
B. and S. : 42 and 47 seem to be portions of one narrative : whilst 31 (also
in ß. and S.) may be a variant of 39 (also in C).
For the most part the C. text gives a briefer account of the wonders rela-
ted in A., only fo. 158. a- 160. b. contain any passage of considerable length
which is without parallel in A. The arrangement, however, is quite dif-
ferent. Of the 56 wonders recounted in A. only 18 are given in C. but the
repetitions and variants which serve to increase the A. text do not appear.
The incidents, according to the numbering used in A,, occur in the foUowing
Order : 1, 9, 12, 8, 5, 17, 32, 39, 11, 7, 38, 48, 14, 15, 23, 20, 53, 54. Pro-
bably the A. text has been arranged with an attempt at a roughly chrono-
logical Order, 1-14 giving incidents for the period before Pisentius' episco-
pate, 15-53 those after his Ordination as bishop, with some (e. g. 31, 32)
which had been overtooked in the previous group. The Omission 9-26
320 INTRODUCTION. [8]
suggests that ihe Classification and numbering in A. was the work of the
copyist.
The material in C. is as follows :
122 b- Introductory (later band)
122. b- Vision of pillar of fire. (A. lUlJ.b-lO.i.b.)
123. a- Asceticism of Pisentius. (A. 118.b-123.b.)
127. b- A visitor sees Pisentius reciting. (A. 127.b-i29.a.)
129. a- Pisentius' fingers burn like candles (A. 118.a-l I8.b.)
129. b- Elias Visits Pisenlius when ill (A. H0.a-114.a.)
133. a- Watcr given in the desert (A. 136.b-140.b.)
136. a- Pisentius converses with a mummy (A. 167.b-173.b.)
141. b- Serpent on the mountain (A. 187.b-188.a.)
142. a- Two women meet him coming from the well (A 124.b-126.b.)
144. b- Water rises in the well (A. 116.a-117.a. and 201.b-202.a.)
145. b- Water given miraculously (A.186.a-186.b.)
146. a- Sign that prayer is heard. (A. 197.b-199.a.)
148. a- Angels call Pisentius. (A. 129.b-134.a.)
151. b- Calf marked with a cross. (A. I48.b-I49.b)
152. a- The shepherd and the cheeses (A.142 b-145.a.)
154. a- Pisentius warned of bis deatb. (A.205.b-210.a.)
158.b- He gives advice to bis disciples (unique)
160. b- His death and burial. (A. 210.a-212.a.)
162.b-163.b. Conclusion. (A. 214.a-2I5.a.)
The ortbography of C. dill'ers from that of the modern band of A., i is
very seldom with the diacritical point, the dots below e. are gencrally written,
and similarly the points ovor s. Tbis ortiiograpby is reproduced below :
where A. gives ^Hs and C. '^>}^ tbis is not treated as a variant, but when
bLU, ^3 etc. aro citod in variants they are written as in C.
The Bohairir Tat is ncarcr to A. but inucb briefer. It conlaius 27 out
of the 56 wonders related in A. and tbese are for the niost part in the sanie
Order, thus I, 2, 9, 10, II, 12, 1:5, 5, 6, 7, 8, 14, 15, 30, 33, 16, 20, 22, 23,
24, 27, 31, 17, 32, 35, 48, 53. It contains nothing not also found in A. but
bas several itenis not found in C, viz. 2, 10, 13, 6, 3U, 33, 16, 22, 24, 27,
31, 35, and of Ihese 6, 16, 22, 24, 27, 31 occur also in the Sa'idic.
The Sd'idir Teil is noarest to A. both in its material and in the ordcr of
its arrangemenl, ibus 4, 5, 1, 6, 7, 8, 14, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25,
27, 31, '.8, 'i9, 51. Of tbese 4, 21. 25, 'i9, 51 de not occur in C. er H. :
6, IC), 22, 24, 27, 31 are also in 15, liut not in C. In no case docs matter
not in I). occur in both C. and S. The Sa'idic is inlerpolalod with a grcat
dcal of boiniletical matter, e.g. 29.a-31.b. story of Jacob, 37.a-38.b com-
parison to Moses, etc.
[91 INTRODUCTION. 321
As für tlie form in wliicli tlic narrative is expressed, it is of eoursc easy
to say tlial it is barharous aiul bad Arabic. That may be admittcd and is
very rnuch as inight be expected. Unfortunatcly it is not a true reproduc-
tion of Egyptian dialcct as those who wrote Arabic did not write the lan-
guage as they spoke it, but tried to write an artificial literary languagc
according to the ruies of granimar devised by the ancient grammarians of
Kufa and Basra and totally inapplicabie to the living dialect. This text is
\vritten by one who tried to imitate the literary language with which he
obviously was unfamiliar and the result is füll of solecisms and crrors.
üccasionally, e.g. in the confusion of persons, it betrays its Coptic original,
but niost often the errors are those likely to be niade by an imperfectly edu-
cated denizen of Lower Egypt (for this is indicated) attempting to imitate
the literary language with which he was unfamiliar.
fol
«foi.'.t? a. <l»y j-i«-j Jl-r 4JJI j^ j_^a:; j^iyi ^«OVl ^AiJl ^jjl) jjVlj ^Vl '^^
LVI ''j pJ^l •'ty^'>J' ^^--J^ Ot«"^' d^' cy^J^' V-"^^ "^^ "^^-^ tr^-
Ul oL;1 ^Ul xcj 4.11 Alt ^;UJ1 J<. p<J\ Li^VI j- LJ ^1 ^yC)l
A.üI-"Vi '•-ö *.»liÄX-l k_.>_Ä^ Jlij (_/l-Vl (J-fj <«l-i J-^ UJU JD ^JJI '(_j"jL;~w.
ö'b. i"^l L« jyC- * '^<1>1 Xt a!^1 ccliJij -'c^i^ ^^ ■'^yUlj -Lb" ex, "^^
/.IjI <c1 j^g::^- >i'Lr?<**3 *y^. VL*iilj ^yoÜ» ^Iä£j ::j\ji <>_-^_ ^ a^I i^^^f^l Uj
il^>L- Ijl^ ^jUjJI dUI JJUaiJlj Ai<j>IJI <fj\ <^^^\\ ^.bUlj <^:)1
1. C. 122, b. (later band). — 2. C. ^J^ J-=.lj. — 3. C.^^ {sie). — 4. C. ^'^\. — 5-5. C.
omit.— 6-6. C. omil. — 7-7. C. wü-l —8. C. ^~y)^ v^^^^'j voV."^' ^ r^t^. Un=»-'.>^-
iXi_ ii w-ju.o. — 9-9. C. om. — 10. C. then passes to... sjJ'j .IT (103. b. bclow)
B. S. havc briefer introductions, cf. 98. b. below.
* fol. 97 b. Mn the name of the Fatlier and of the Son and of the Holy Spirit One
God. We begiii by ihe help oI' God Most Iligli and ^villl liis exccllent assis-
tance the life of our holy spiritual father, tho good, faithful, blessed one,
eminent amongst the sainis, ihc bright star wlio was honoured amongst,
the elect in all senscs with God and men, our father Anba Pisentins, who
was a hermit in mount Shama and in niount cl-Asas, and according to bis
merit was found svorthy of the olhce of bishop over the city of Qift and
il3 districts. May the blessing of bis prayers and interccssion acceptable
• fol. u8 a. before God * be with us. Amen.
At bis hands God performed mighty decds and excellcnt wonders and
marvellous works and miraclcs, so that be raised the dead and heard divine
tiiings and reacbcd the ranks of the kingdom of heaven by bis inlellig(Mice.
And after bis deatli in tbis ascetic career and in thcse pious, pure, and
angebe devotions and lofty spiritual virtues, iiis blessed disciples and spiri-
tual sons began to follow bis virtuous and pure life, their bearls and minds
lol. 98 a.
[11] PROEMIUM 323
jy£. ZjJ<>i (*rj^i (^J^ re-oLa^ C^Uälj AXiliJl <r^,.w ^\^[»-jy\ Üijlj ^y^\>^il}\
JI3 jl ....^ ^5^1^ Oly-Ji <y>_ ^ J^L<3l i-JklJI (j-jj^ijl'" LjI p>^^^ ^VI _^J'
K^z^i LJ«3 \jJ:j^ 4J jl^ ^ßS]\ ^jj_j^jlr Ul ^Vl J^-^ (J-aIJ1 j,X^V1 <-J1_)
(Irr*^ ^^1 ^^^ C>^ »_*'-; 1 ^j-i ^j^ ^r^ jjbl j«_jJl (3 «Ca-Uj f^^-*J^ ^■^'tfj 1^^— ä!I
^Vl j * ^_^J1 (j-j^;:— t: ^^ ^} ^^' ts^ Cr-^' '^y' cri-^' ^l^ir moi. 98 b.
<U-3
1. B. « the Christ-bcaring Anba Piscntius ». B. then passes to 104. a. below.
vied in light with lanterns and the eyes bf their intellect Mere enlightened
by his exhortation and teaching.
The noble father Anba Theodore, the perfect monk from ihe desert of
Scetis in the Wadi Hubaib came out from the desert going towards the Upper
land and went to the neighbourhood of mount Shama and dwelt in the
monastery of Abu Abfara {=^ Phoebammon) Djoj, with tiic vigilant Abba Elias
until *our holy father Pisentius came at the time of his youth to the monas- ' fol.98a.
tery already mentioned and asked for the clothing of the monastic habit.
And the father Anba Elias received him by a revclation from the Lord, and
clothed him with the holy habit in the presence of Anba Theodore who was
to him a dircctor and teacher and companion until his death and his
partner in the character of this life füll of all the glory of the great fathers
who became his disciples in mount el Asas, and they are Anba Yusas (^
Musas) and Anba John who did not leave him until the completion of his
life. And his death took place on the thirteenth day of the month Abib, in
the peace of the Lord. Amen.
The subject of this feast füll of all spiritual gladness and heavenly joy,
my beloved, is the commemoration of the holy anointed Elias indeed, our ^ |.^| ^^j^
father Anba Pisentius, the chief amongst * bishops. And it is füll of the
324 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [12]
As -Ufr j.^__ ^ ^c_^j piUJ L-Ji ^'Üsj ^^^j ^,^ Jy-Jl jJ^3 ry^i >-'V'. "V"^'
(„Ixj ,*J-*-'' Aäo^I joäJI ^LsJl ^^\ ji, Ais-lüj -ciy^ i«ju' ^p>ji\^ o_^ *(iL»^
iyi)l ^::^ (y^' ^LaJI ^_;ij'Vi jlLsl ^1 )ijy,^\ iJ,\^^J\ «JUI JjUijillj jL<C^
■uJWl v^"^' ^ liy ^'j-*^'' cLirly^ Lrjjjl ^^^^1 juJI JUö jjlOl o>^l
ful. '.IVI a. Ü _Vi-l' (jJJÄSj U J^^^LJl * lAfrVl (»1-^" L-a> U-^3 L-a^ Ü OjL?j A^jjjyiJl
c-.,AA di;i jisj j__5jL ^c-^i j^i :>jii jUi duui v_^i ^jii ^lyi ^1 c>^
,_$iJl J^l dl— »i j^i. ^1 ^lis-jlj ^"A^jlj jjjUj (_^j-« ^3;^ v_j[_;=Jd ijlji^
Ulj v^-i^. t,UJlj l~Jl jj Jals jl^l ö^, IftLJy IjäL«J; ^v-«-iJl j Vx^^JlÖl ^iijuiCs.
light of splcndour and heavenly glory above all the days of the year. And
\ve find mankind in general exult. and rejoice, and the beasts of the field
pasture and disport themselves, and the birds of the sky sing and give glory
on the feast day. His blessing cnfolds them and the grace of bis prayers
and intercessions possessed of saving excellence and glorious memory
spread to every place, and the lofty spiritual virtues extended to the ends
of the earth provide them the lamp which shines Avith the oil of unders-
tanding and heavenly wisdom. In truth cur hearts are merry to-da}',
O thou who didst strive in the teaching of the sound faith which confesses
and preaches the doctrine of the Lord Christ, thy prayers directed us
♦ lüi. yy a. and were to us a fortress and stronghold against the enemies * opposed
to US as they were füll of the saving perfumes of paradise. So let us
take to ourselves the words of the noble prophet Icarned in the scrip-
Uircs, the blessed king David, tho fathor of Christ in the body, who soid :
« Thou didst guide thy peoplc like sheep by Mosus and Aaron, and ihou
didst direct them to thy holy mountain, the niounlain wliich thou didst
obtain for thyself by thy own riglit band »'. Tluit is the holy mountain of
cl-Asas to which came th}^ prayers and which thy abundant teaching illumi-
uated, for the sun's rays and brighlness are during the day limc only, inui
in Llie evening and night tlicy pass away, bnl light and brighlness was on
inonnt el-Asas wlicn God favonrcd it witli ihe presence of lliis pnrc saint
1. Ps. 77. 52-54.
fI3J r^RORMIUM. 325
^Aiyi ^a£)I Ua A_Äi A.UI ^^ j^ ^j-L-Vl ol-r" J ^-^' ^^"j J>^' ^v;
c-U^ <äj:l. L».l;Ij oj^-. li^.^ii" ,^1^1 L jVl * U^j L.li ^i_5 LuliL-1 ^^jU3 • foi. 99 b.
J^V ^ji:^ LjI ^.-»^'^ l^;! ^_^\ i] x^ ^ ;5-Ul ^1.^1 c^,Ol ^Vl l-i*
Ü <C5t«j "C-Ä^l -^W: ^'••^ j-*>3 /^!l-=5 '-^ijj iAi_^3 10^13 U-Ijwj U U jo <il
i^Ul3 <jCJI i^l Jl ji^Ji U 0-V3 J~J1 L;-A>3l ji\ ^ß ^_^\ <\jL^_
jVl UaU as3 a^aäJI 'CcLLio ^J-aV (^Äil L^'^j (rr'^^J "U-aUI Oc^^ ^\ Li^L::»-!.
^j i/ÄÄ) >-^a="3 7"»^^ >-^r^ z»*!*^ iV-^' iV-^-*^' ^ijj-^ -Uä.Ji aJi IAA (j*fol. 100a.
our father Anba Pisentius, and brightness and illumination were perpetually
upon US both by day and by night. May he intercede for us that the Lord
may heal our sicknesses and eure our infirmities and pardon us cur offences.
*Now, O my beloved, our hearts are glad and our souls cheerful at -hea- * foi- 99 b.
ring the voice of the apostles warning us and exhorting us at all times
and awakening our minds by urging us to the commemoration of this father
the perfect and blessed one whom \ve commemorate to-day, our holy father
Anba Pisentius, because he was to us a father and teaoher and director
and bishop and shepherd and peace maker, and united us with the bond
of love by bis love to us and by bis acceptable devout prayers whereby wo
have been enriched and the way has been opened before us to the ascetic
life and angelic Service. And so we know that he is amongst us glad and
happy to-day, witli all of us at our assembly in bis holy church and in
our great hope without disappointment for bis holy intercession. And
here uow in this * glorious feast come the ranks of the saints whom God «loLioüa.
invited to gladness. And, on account of their coming, came the holy king
David, the excellent reciter and collector of admirable mclodies, in whose
band is the spiritual harp of divine praise, who trills and reeites within the
ranks of tiu' fathers and saints, as befits liis glory; and so it is said : « The
Company of tho righteous shall be in remombrance for ovor and ever, and
their hörn sliall be oxaltod with glory '. » And olsewherc it is said : « The
1. Ps. 111.9.
326 THE LIFE OF S. PiSENTlUS. [14]
jy_^_ jj^b AstJL j.L>_ ^^j A.VI ^i UjMj 5sjoi_r j_^_ 45:."^^ rr* ^'^
jji^^_ ^ ^y^ ^\ ^~^ jt:) J 4^3__,iJl jU jjo «^j <A=>iJl (JI4 y«._ jUl
♦fol.lOOb. jjv^b iLLsl t^lj (j «JJI _^ A>MJ ^jià ¤Jl ^^jA^i:U>.J iJäj ^t-»^lj ^J^^; jj^Vfl
bLUij üLiLslj <wAi J ^_^1 yb L^cj jLriV^ 0^'— • j u^'^^^i l-U^I O^J'*!.
righteous shall be exalted like tlio palm treo and spread abroad llkc the
cedar of Libanus, they who are planted in thc courts of tho houso of our
God'. » And others recite saying : « Rejoice, ye righteous, in tlie Lord,
and bi" uplifted, all ye upright in heart '. » « For the righteous rejoice
■lol.iuöh.in spirit and melody belits the upright In heart. God is glorified * in the
presence of his elect'. » And elsewhere it is said : « Praise and salvation
are in the dwellings of the righteous, wonderful is the. Lord in his saints
and eleet and pious ones '. » Elsewhere it is said also : « Rejoice, ye
righteous in the Lord, and make confession of his holy remembrance ^ »
And also it is said : « Praise the Lord with a now song, for his praise is in
the congregation of thc saints". » And : « Know that the Lord hath choscn
his elect with glory to-day, let all the saints rejoice, for they are praising %\ith
glory and exulting upon their seats : and let them magnify God with their
throats. » Verily I havc bccn glad at thy sweet melodies and spiritual
liymns, O thou singer David the prophet, to-day in th(> conimeinoration of
Ihia holy saint the blesscd Anba Piseiitius, and we and all the faithlul who
■fül.Kiia. are assembled with us in this holy church * kcep fcstival to our holy fathcr
Anba Pisentius, and glorify God in his bolovcd and admirable commemora-
tion, espccially the children of this church and his disciples and all Ihe
1. l's. 91.12. — 2. I's. 32.11. — 3. Ps. 33.1. — 4. Ps. 117.15. — .5. Ps. 96.12. —
ü. Ps. 149.1.
[15] PROEMIUM. 327
JJU^iJlj <^a!Ij j»5C>JL j^-.j^ 0>Jlj ^11; J:i^^ v^ATjVl ^UVL ^^J^:^
As,U\ jl:i^l j>Jl ^Mj j. UJl ^jV ^^ ^^^ -^ rr^J V^jJ^ ^:'^^
vJUJl i^l ^lyOl^ »^- Vl.^U;3 ip-r:^J ^->^^ ^^^ T'^'^^J >T'^-''^^ '^^
1^ \_^ UVlj Juji jy- ^ ^>J1 pl-v Ol-ij * (n^Lj- ^1^1 .^i^lMoi.ioib.
jaU)i j^---JI M--. LA^i \i^\ ^IjjVl ^Ij olj^l W.J U^Vj ^.wJl p,-*Ä^ J
u^ P^j Jj (V" j/^ ^^ tf*--^ ^'^' J^ ^^'^ C^^ *" -^ ^^^^ "^^ ^
j,^! JUl ^-v^ x^_:»l jji ol^ ^ aLj^3 lÄA l;^o Ap« <li^L UJicj y.
jl^i; ^jt-^ LjI ^_a£!1 LJ jl^Är jl <ü>Jl p,;;^ ^Jitj ^_^1 ::,>:il jül
A^l^ ^^\ ^ LJ ^Wl ^b jfliJl vt^i^ y i^ -)^ ^^ ^^i Jt*^
monks of his holy monastery who perform service to him to-day with great
joy, all clolhed in bright garments and in the habit of angels, who share in
the orthodox faith and adhere to purity and virginity, adorned with wisdom
and meekness and lofty spiritual virtues. And their church is like the
heavenly paradise with the odours of choice incense going up to the Lord
of Lords, and pure fragrant perfumes, and its lamps and candles glow like
bright shining heavenly stars. And, in fine, it is the likeness of the church
of the first-born, which is the heavenly Jerusalem of those who mingle the
sound of their canticles and the sweet * melody of their hymns with the 'folioib.
ranks of the apostles and prophets to cause sweetness with them in their
holy Company. And especially is there the Lord of heaven and the Spiri-
tual God, our God and Saviour Jesus-Christ, who says in his holy gospel :
« Where two or three are gathered in my namc, I am with them and in
their midst'. » Truly he is so, and great indeed is the glory of our
monastery, and noble its rcpute, so that all the monasteries of the world
have not so great an lionour. It descrves such respect as this, for it is
written : « The memory of the righteous is an exccllent recollection-. »
And when they commend the just, the nations exult and increase their joy.
Verily the commemoration of our holy father Auba Pisentius is a plea-
sing commemoration and joyi'ul recollection : it is like perfume diffuscd and
1. Matth. 18.20. — 2. Prov. 10.7.
'fol.lO-2li.
328 • THE LIFE OF S. HSENTIUS. [16J
^t_^j jLfliJlj ^5j|_;JI j dJLJl Q^j «^IäJI J jLä^I ^^ ytj r^y>t^^\ ^jjs>- JL
J.s^'V jjl_j.»_'l Zjj>d^ jjl kj-LJ^ /*t*^ ■uJLjj 4.!Ucl L^-ljj L.J^'1 ijjij ^^.^1
jlii^ll 'L'Vlj jUI ^Vl lÄA S^ jL,%" «C^IJI j^^- |,.<.l ^_^- L<^ -d^Hj ijljJJIj
aILä-^ >_jyl Li i_„.^.^ (^■^'_^ ^ijy-^ "S^f! lJ'° i**"^ . v*Lr' (j*'-'-^^' „r*^^' ^'' ^-*-^!Mj"3
Ul A,wwi (^-^ ij^^ ay}-3» Tz-^j (_mo ^_!l Als- 7f ip-.i /»Li »ji j_iAi!l y-*o ^i,«
UI03 A.«Js5>Jl3 |»^1 ,_ü? V« ijLi^i «yLsi )«j>.wl [aS^ JUMs (»Li iAic. ki»>^3 ^LLl
fol.io2a. fragrant ambergris, and whenevor the day and his name occurs * it causes
sweelness in the mouths of all the faithful and those who hear it : they invoke
his excellent prayers in the time of trouble, and invoke his blessed name
as they sow seed in their fields and gardens, as it is the grace of interces-
sion in the rest of the Christian race. He was the raost excellent of monks
in the communities and the joy of the ascetcs in the descrts and solitary
places, thf chief clder and pattorn of l^aders, by his deeds a benefactor,
and the teacher of all raen as concerning the kingdom of hcaven. There-
forc assemble with us to-day all of you, O sons of spiritual philosopliy who
liave indeed put on crowns of generosity and purity and virginity, so that
we, the thrce disciples, may disclose to )^ou the life of this holy father the
blossed chosen one, the main part of his lif(^ from one niouth, as tlic Lord
iui.iM2ij. * sa3'S in his holy gospel that from the mouth of two or thrro witncsses every
Speech shall be established and every Statement vcrilicd; and you have
obviously reliable witnesses in heaven as we were wilh hiin, in the bcginning
of his monastic lifo and until his burial wo did not leave liim but, were devot-
ed to his service, for we were his sons and disciples, I the poor Theodore
the monk by name, from the desert of Scetis in the Wadi Ilubaib. The
Lord, — glory bc to him, — willed my going up to the Upper Land and I
was led to the rcgions of niount Shama and dwell in the monastery south
of that mountaiii, wiiirh is known as llie monastery of the holy xVbu Bifam
10:!b.
[17] PROEMIUM. 329
<LLi e/J^;^ ^^^ tj^-y Ljt^ jj-^. j^ ij~^' ^'"^^ ^'^ ^' -'•^^ '^^ ^^ *''"' "'^'''
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1. C. to 122. 1j. — i)/-» 5'.J,j O-^l-r--'' »;?^'l '->■» ä-^^' -^'J^-' -^-'j J'^'' ^^ '_;-^j =*--j
(123. a) _;»j wL! 5_fki' ü^ j.j^K X^M ^j.U ,1^. j^JJiJt ._o:.0!_j s^j! i,*.U_5 Lwrv
5_j^-' .Jl^liU ^üiJ' C. then passes to i~J U ^s.z (cf. 105. b. below).
(Ephraem) Djoj (= eTo^-Joor.o?) with a falber perfect, elect, and virtuous,
whose name was known as Anba Elias, and tarried with liim a few days so
that I miglit hear bis discourses füll of the fragrance of understanding and
wisdom, and wbilst * I was tbere be brought to us a young man who asked 'loi. io.3a.
to become a monk, bis name was Pisentius, and tbe eider received bim with
great joy witbout examination or scrutiny. And so I said to bim : « O my
boly fatber Anba Elias, wben I was in tbe desert of Scetis I saw tbat tbe
fatbers tbere used to examine tbe men wbo came to tbem in searcb of tbe
monastic life before they received tbem into tbeir Company. » And be
answered me saying : « Tbe case is so, O beloved brotber, were it not tbat
God, — blessed be be, — bad revealed to me tbe virtues of tbis cbosen youtb
and declared bis coming to me six years ago, and disclosed to me wliat
would be bis devotion to God, and tbis youtb is Pisentius wbom tbou dost
now beliold witb tby eyes. He will be a blessed bishop and deserve from
the Lord * — blessed be he, — a high rank and exalted habitation, and will ♦ toi. 103 b.
be conversant with mystic laws and learn by beart the ordinances and con-
vince by words of truth in wisdom, as the canons of our fatbers tbe apostles
bave commanded. » Tbus tbis boly eider informed me of tbe great propbe-
PATR. OR. — T. XXII. — F. 3. 22
330 THF LIFE OF S. PISENTIUS. [18]
(vJaC- JsLl^ |«-U3 (V-'-' <«'— ' (V' J-^ C'^jl (**^ iV» !s^>— ij >— *r*^ '^ «-^^ elf* ^l^i'
* fol. 104 a. *J«--«-=" 5sjU ^XjuJ "ySA Jl ll. <) (JJ-alij "U^A^- <»l«i3 -'^'j^ jy3 L-wl vJlJJ ^1
dJllfc jJJl J^\i^ «o J'U L_JI ^^1 ^LäJI ^ «iiiL^ !s3>l' ^^ j,\l,^ LU2..J UU.
cies before heputon him the Iioly lial)it of inonasticism, and after he hail put
on him that pure habit, he coiiverseJ willi mc about their raeaning, saying :
« This youth's father is of a village kiiown as Shubra (Pshemira?) of the noine
of Ermeut aiid when he was seven years cid he learned with great readiness
all knowledge of the scriptures, and learned by heart twelve books, and
continued reciting them without breaking his fast. And bis father liad a
fcw sheep and they appointed him their shepherd : and when they gave him
fcii.iu'ia. food every day they sent him out to act as shepherd until the time * of
evening. And he took all his food and gave it in alms to the poor. And
lie continued every day fasting and praying and assiduous in meditation.
He learned by heart from early morning until evening, then he went home
and ate bread with his father. And when he had fmished eating bread he
went out alone to a secluded place and spread out his hands and kept vigil
as he prayed, and liuinl)ling himsell" before God Most High he praised and
glorified him from niglilfall until morning. And he continued this ascc-
ticism assiduously without breaking his fast from when he was fourteen
years cid until he had completed twenty years. May his prayers be willi
US. Amen ».
flf)] THE FIRST WONDER. 331
iyi^\ j_}j\ iJ> Jlis i^^Li-l jy^^ jj^=^' jL~^ ''<*j> JD5 A^Ul ^^_ Ijj.»^ ^\Ji
i_j,^l Ijut l3A*Lt._ LXJ i"»jL^| V> "*^c ^1 ^jl. MJli' '^l«:^!. '-'Jl*" '^l'l
L^ 'M3AJ.IÜ Jli],VI ^ ^«j <L,lL <,Ül ^l^^l ^y]j Ul olj J^' l^ jUl
c-i-L UJ ^1 Jls Lsslj jj^ ,_^^ ^^V <! c~ls3 (i«j o^i ■»■»-« cJ-^oz^ lil L«lj
^Ül ^!Ld ^"9^ -^) «Uä; jl/Csl ^^i? (j ^^ J^ (J^^ 7-^^ f^Vl !sÄA ^Jl
1. S. 32. b. (continueil from 114. Ij. bolow). R. 1-2. " Let us continiic. Wo must teil you
tlie wonders wliich God has done at tlie Iiands of our lioly l'alher Anba l'isentius froin bis
inlancy". — 2. From tbis ß 2. closcly likc abovc te.xt. — 3. B. "a liltle boy" iand so
Singular tbroiiuboutj "like bimscll". — 4. B. " to llie liltle boy wbo was wilh bim".
S. " to Ibe otbcr young meu wbo were fecding shecp witli bim". — 5. S. 33. a.
— ()-{j. B. "No". — 7-7. S. "and hc cried to bcaven". — 8. B. "Anba Pisentius. —
9-9. B. omit. — 10-10. B. « my brolher ». — 11. .S. « tlie pillar of fire » — S. tben refers
to tbe fire Moses saw in tbe bush, to Samuel called in bis cbildbood, and cites Psalm
99. — then (f. 33 b.) [passes to Wonder VI. (cf. 114. b. belowj B. « and were greally
astonished » — then B. passes to Pisentius learning the Psalter (cf. 118. b. below).
— 12. Ppciiliar to this text.
The ßrst Wotider of the hob/ Anba Pisentius.
May his intercessioh be irith us lo our last breath.
It is Said of this saint that ouce he was keeping the sheep of his father,
and God opened the eyes of his heart and the perception of his mind and
* he saw a pillar illuminated before liim. And there were with him otlier
. boys who kept their sheep, and he said to tliem : « Do you see the pillar of
fire which is before us? » — and they said to him; « We do not see
anything. » And that saint made hunible prayer to God Most High saying :
« Lord, open the eyes of these boys that they may also perceive the pillar
of fire as I perceive it. » And at once God answered his prayer and opened
the eyes of the boys and they perceived it as he also perceived it.
And when I was conversing with him one day I said to him : « Why
didst thou become a monk? » He said : « When I reached these days the
enemy of all good instilled into my heart unclean ideas and laboured for my
destruction as with other ruined men, so I prayed to the Lord, — ■blessed
ri)i.ui4ij.
lo 1.104b.
332 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [20]
♦ Ibl.l05a. (^il j^:*LJ'V oJ L_ p^All !>Ul3 f,v^J J^j—; ^Iä--- ^__^I ^1 lS-I^I U L«lj ^j;;^V'
jUVi iv^ j^ «Ij-^^j o|y L«^ Ux^is l;l Ji A^AjüJI i^_!L 4iJV jj5c) Ijjw^l
\< A.ii- ^_3 v^J^^^l O.Jj Alcj JiÄJl A^ i»AXj Uj lj>v-ly iji A....fl : (j'aläü jl i\j\
.UsL AäJI ^j "Vj^UJI üÄa ^1 «üjlsl Jj ^J[^}j (v;!^ ijUiiL
1. C. 123. a. ... A.^M U jJv^. — 2. C. ^-'i)I 1^.j1. — 3. C. ...C â– ^. — 4. i;i,äj. - â–
5. C. Ji^Ss J. — 6. C. c^'_3^ (i;'^^ oX-Jj »^^~^o^''■>'•~• a^' .i'-^ — C. then passes to...
!-M ,1s' (cf. 118. b. below).
» fol.iosa. be he, — with petitions and humbled myself * saying : « Lord God, do not
deliver me to this envious foe the destroyer, for I am tho work of tliy
hands. » And I went to the holy church and prayed to the Lord, — blessed
be he, — saying : « O God if it be tliy will tliat I should be a monk, them
delight my heart with hearing chapters from the books, let them be appro-
priate to the holy life which I am contemplating. » And when I read it
happened that the way was made smootli and acceptable to its seekers.
And I heard in the epistles of the blessed Paul who said : « I have
learned that those who love God he Iielps in cvery saving work ' » And in the
holy gospel also it is said : « He who desircs to save his life shall lose it'\ »
And there arc olher sayings recitcd. And with that I dcparted secretly
' fui.ioäb. without informing my parents and brothcrs. » * And that day was the holy
Sunday \vhcn tiic holy Anba Elias put on him the monastic habit and I recciv-
ed hira according to the cuslom of the brothcrs. And he continued serving
God unceasingly. And when 1 saw his virtuos I was grcally bencfitcd by
his Society with greal spiritual yoarnings and did not Icavc him until the end.
And to our Lord be glory always.
1. James. i.lO(y) — 2. Matlli. 10.39.
[21J THE THIRD WONDER. 333
T/ie second Woiuler of the holtj Aiiba Piscnlius,
null/ his prayer hc with us.
One day I was silting with the holy Anba Elias and they brouglit to him
a youth whom a dovil afflictod. And he callod on the holy Anba Pisentius
and Said to him : « Pray for him and sign him with the sign of the cross, and
he will bc cleansed and reliovcd. » And with that the holy Anba Pisentius
signed him and at once the devil which was in that stripling cried out with
a loud voice * saying : « little Pisentius, thou dost banish me from my » foi. loea
dwelling which was assigned me. » And the devil went out of him in haste.
And another day the holy Anba Pisentius was gracious to me and con-
versed with me saying : « Let us remove to mount Shama. » And we arose
in haste and went to that mountain and thercfore he staycd sixteen years in
the mount of Abu Maqaram {= Phoebammon) Djoj (= eTcriMooo-B) which is
mount Shama, and continued serving God with all his might.
The tliird Wonder of the hojij Äiibu I'isciitii(.s.
May his intercession bc with us for ever. Amen.
j^nd he had as friend one of the philosophers in the city of Erment svhom
hc had known since he had been with him in the school, and this man had an
3.S4 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [22]
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ouly iLmglilcr. Ami wlicii llic liour camc for lior to bear child she rcmain-
fui.Kiob. ed * ihrce days labouring- to givo birtli and was unable to give birth, and
her parcnts dcspaircd of her as being at the point of dcath. Forthwith the
young woman's father arose and went down to mount Shama, he was in
great sorrow and grief and hc feil prostrate at the feet of" the holy Anba
Pisentius, and he weeping said : & O holy man, be merciful to me and take
pity on my only daughler, for I havc but onc daughter, and death is near and
within a little while she will leave this world. » Thcn cur father Anba
Pisentius entered into bis (cell?) and prayed to God speaking with great
carnestness and liumility, and weeping with grieved heart : and hc took a
sinall qnantity of water and prayed over it and signed it with the sign of
the cross and gave it to the young woman's father saying : a Go and give
her tliis watcr in faith and it will bc that when she drinks it God will relieve
' foi.io-a. her " and give her rest. » And at once hc started out from the saint's pre-
scnce in firm faith, and wcnl to liis daughler. And at bis arrival he asked
sjiying : « Is she still alivc? » And they said to hini : « Yes. » Thcn hc
went in to her with that water and gave it to her, and she drank it in faith.
And at once she gave birth to a male child, and they called bim by the namc
of llie holy Anba Pisentius. And the report spread abroad greatl}'^ in the
city and all its cnvirons. And when hc saw that thcre was no bencfit to
bim thcrcin because of the empty glor}"^ of men, and he fcared that bis labour
would be in vain, he conversed with me again saying : « Let us go to the
[23J THP: FOURTIl WONDER. 335
(j-L-Vl 0!^-=- («'' '*-^*l C-t^ LllLlj LJL« dL'i -UtJ ^fj_X_ÄU i.O>l.3 ^^tw_A? r-_j--i ♦ Ibl. I(i7b.
<>JUa]l |»y)L»Äl ("r'f" ij (n^ <-i:>_; j»vL*r" ä"^ (^->^_ j_^..-*-^^ '-^ j^ jj-aIJi
_^1 ^L>-j ■C^Ä-Ä'3 XjU>-l -UijLiiJ A—äJL ü^i^l Ä.Uy <JI ^r"^a=- ^J'U'VI J-^ \>\js- ij
^_j guaij ujJI iÄA ^u jv '^^.^^ ^} ^_ ^^. t>^j ^^^' \i:>\2J\3
1. S. 22 a. — 2. S. 22 h. — 3. S. « Und il not been for Ihc cares of tlic woild
which have occupied us for several days past, we would have passed this way before ».
mount of el-Asas, and there we sliall find a new deseit of Scetis, as its monks
are pious, serving God with the Service of angels for their purily ; and
one cannot describe their piety and devolion and good works, they had no
limit nor any equal, for they are holy eiders * and angels in bodily form. » 'foi. in^b.
So we arose and set out by the will of God for the holy mount el-Asas, and
this Saint served in the excellent way of their mode of life and imitated them
in all their righteous works and devotions. And he remaiiied three years
dwelling in mount el-Asas, and served God in the excellencc of their maniicr
of life and according to the rute.
The foitrth Winider of the holy Piseiitiiis, mrn/ his j)raijer he irith us.
One day when he was a monk, before he was called to the office of a
bishop, he was alone in a cell on mount cl-Asas and there came to him that
day his brother according to the flcsli to visit and get ncws of him, and
in his Company was another man, a sound believor in the Lord. And they
met with him cariy in that place, * and he asked them : « Have you any busi- «fol. losa.
ness in this country? » And when they had received blessing from his pure
hands they answered : « We have come for a visit to thee, and to enquire
about thy state, and that we may enjoy thy blessing, O holy father. Nov.'
the cares and the business of this world have not let us devote ourselves
336 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [24]
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i^j lXjjV \j^- ^Oj w.J^ (.^i-; iiAL:! J^3 o-;.-^'^ r»;^' ^^ J* ^'^y-
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>l,iJU«l3 üXc |V '^t-^ i^^j (j"J^— --; ^^ ^^ ^. '-t^ (^'^ tj;^''^ illfU ■«JUj-j
' fül.ioiia. ^1 ■'LJ;! ^^ j * _^ Ijoj 4^As ^_^ UJls 7^'LJl S^\ J^ Lsij U3 iJ-jLLw- Ui
1. S. 23 a. — 2. S. omit. — 3. S. 23. b. — 4. S. Jeremiah.
to visit ihee, hut for many days we have been longing to see thee, and
also we have a little business in this country. But pray for us, O father,
tbat God may dircct us and make smoolh our way uutil we have finished
our business and then we will return to thy holiness if God so wills for
US therein, and to rcceive blessing from thy pure paternity brfore we
return to our dwelling. » The saint ansvvercd and said : « Set oul in the
peacc of the Lord. Jiut take care of your souls, O bcloved excellent sons, for
• loi. 108b. this World " which we are in is only vain deceit, and our slay in it is bricf,
they will not let us remain in it pcrmanently. So guard your souls in the
villages, that ye have no intercourse with a bad woman, nor take usury from
the poor, and if at any tinic yc have a debt against anyone, do not trouble
him nor dcal harshly with him, unlil God grant him sonie subsistence so that
he may rcpay you. But kcep waU li over your souls and guard your hearts,
so that God may have mercy 011 you according to Ins great mcrcy. » And
they answered him saying : « Pray for' us, our holy father Anba Pisentius. »
And forthwilh they wcnt out from las prcscncc and went on their way and
glorilicd God for the words of advicc and wholcsomc instruction they had
hcard from our holy father Anba Pisentius. Aud when they wcnt away
• foi. iiüia. the ascetic father arose standing nn bis fcct and began to recitc ' llic book
of the prophet Isaiah from ils beginning. And bis brollici' and liif olher
[25] THE FOURTII WONDER. 337
ujij "Cj^Is ~ -t- jli- I — Is- b»j«.«_w UJ A^oüäf. <]ifljj jj.Swwj jAj) ,5«-Ji l~<ji vL- ^^ A:^
IaJ ^Ui ^_r*r^ '-*^" '"''-'' (sici ^r'*^' f'^ M3 *^^^ L-'^^-^'J ^J^^' (V A^ tlr^ (C^
^^1 ^^ ij^ jl ^1 !sl>.>L;>_ J3 ^^Vl UjJj Ua.1 LJäs ^JI JLjJj- ^^ »jMii LJal
^j-U ,_5^^ jA Ul dlrj%" (v^" jl (Jl di)_jU jl _j~^ (J li'l .^r-ij L^i ^l> jV« *J
«^«-s- w>S>:J Ai>.'- ; C !sjL_i- (»vJ! J1j_,-J>- -\J ^I JIsXä UJ JläJ ijA^ Ja ^J^J
jjaio jlS "lol i_}.s-y IAA (V-jliL—o L'l L^i JU" L jlj lilpM jL«»j <^^" (^gJJl ^5-^"
1. S. contrition. — 2. S. 24a.
man who was with him weiit on and executed their business according to
the advice of the saint wlio liad askcd thc Lord to prosper their way for
them, and they returned to him with haste at the first (hour) of the day, and
he was standing in liis cell and reciting in quiet and peace and great watchful-
ness. When they heard him they sat down outside his cell and they said :
« It is unsuitable that he should lack completing on onr account, as will
be the case if we call to this saint. » And he stood reading until he ceased
from his recitation, and finished his prayer. xVnd when he finished the
book of Jeremiah they stood iip to knock at the door, and he began also
the recitation of Ezckiel the prophct and they sat down again and observed
politeness and did not call him until he finished the book of the prophet and
completcd it and was silent, for it was the time of evening. And with
that * they knocked at the door and he answered them, he being inside, • foi io3b
saying : « Bless me. » And he examincd them from a small window and
said to them : « IIow long have you been here ? » And they said to him :
« We came about dawn and we did not presume to call to thee until thou
didst finish thy reciting. » Then at once did he weep and beat upon his
breast and said to them : « Believe me, I have sufTercd great loss to-day, and
all my labour in which I have laboured is void and in vain. » Indeed our
father Anba Pisentius said this because he loathed empty glory and did not
wish that anyone at all should know that he recited or prayed. Now you
338 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [26|
^L>! L jVI piJc J^_ jl Jb jl -cJl A>.1 pLc jl J^_ j^ jjj JJsUl aäJI
^jU LjVI J Jaj-iJl Jli L»^ ^y^ J^ J wJ^l -^ ^sy^ IjJk ^ Jr-L-^' ö^
•fol.llOa. t5~*^-''^-^ * t5^^ -^'^ «iJlLrJ ^L>* (^''
•^1 Lm <'%a jj-jliL_^ Ui ,j-|.-*^ a-w.U>l!I <._jäc-V1
^LfcA, ^jl Ji J^ ^^b ytj <,.>o j^ ^l^ ^1 <._^ÄfrVl iJjfc UaJ ^\yj^\
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JU- L;l3 jXll ^jl \^ ^ ^J\ ^Ü^l U Iil3 "du L!U Jl^^l i^Aiib ^\^\J\
1. S. 24. b. — 2. S. 25. a. — .3-3. S. «he became a bishop». — 4. B. 15 conlin.
from 118. b.) « once he had a pain... » C. 129. b. ... C. 129. b. bL .ys ^i ji \j>^.
^j j!,. — 5. C. om. — 6. C.,j[<'. — 7. C. om. — 8.C. om. — 9.B. 16. —10. C.
ÜL — U-U. C. JUa.' BS. « the brcthren ». —12-12. C. \Jjx, ^ ^.O B. « so Uiat
Uie brcthren should not know«, S. « because he did not wish anyone to know ». —
13-13. C. omit. — 14. S. omit.
know, lieloved, that tlic saints scek only tlie glory of God at everv time,
as said that blcssed onc amongst thc proplicts, David : « 1 liavc lovcd ih}'
fdi.iKiii. coininandmcnts, do tliou look upou me * and Iiavc mcrcy on mc'. »
The (ifth Wüiulcr of Ihr hahj Aiilia Piscntiiis,
may his praijcr bc ailh u.s. Amen.
Hear also this wonder wliich took place al liis liands wlien he was a
mnnk, before ihc l.ord liad raiscd liim to tlie office of thc cpiscopate, that
God may he gh)rilicd. NN'hilst Im was in seclusiou alonc hy liiinsclf in his
cell, it happcned to him to suffer an injury in his spieen on the (third) day
after tlie feast of thc holy Easter, and nonc of the brother monks knew that
hc was ill, but lic had said to them : « Pray l'or me, that I may go to thc
inonastery of cur father Ephraim to enquire alter the State of our falhcrs
liiere, and if thc Lord grant mc a journey I will return loyou. » And tlius
1. Ps. 118. 131-132.
[27] THK FIFTII WONDKR. 339
a, j.ii pJ ^-1 <) oi^. ^j\ j^_ at, j,j^i ^j\ ^i:^ j ^^j~^ ^^-^ ^^y
^^U1 Uj ''^Jaü ^ii- jl Ijl li,.^ jl IjlS« ^- jl ^j^ >V1 2^j_5^1 1-vA
jvj^ ^A^;- ^"C;^- li ö^. ''(J "^^ ^jp-Vi !s^ ''(>ir* >*J ''J''^ ^r^ (_rt-^^
<:UAi^l ^)y^ U-Vi ^i^ Uv" J^^-^^ C^"^ V«^"^ Ls^* C^."^' C^ ö^ S^"^''
1. c. +J,. — 2-2. C. »»^= ^-- ^--J^iJ'. — ■^- S. 25. b. — 4. C. .UL. —5. C.
130a. — '6. C. '»Jü S. « the brethren made no enquiry because they supposed ». —
7. C. .,X.. — 8. C. I^Uj. — i). C. J. — 10-10. C. ^,t. — 11. C. + ^j. —
8-12. B. " saying' ». — 13-13. B. om. -- 14-14. C. iJ' jl. .,^01, B. om. — 15-15. C.
J^\ .,U .jJj. — 16. B. om. — 17. S. -f « the priest ». — 18. C. aj.U-». —
19. C. ■i-JJaJ- — 20-21. B. « But when he had left the brethren the Lord sent
the saints to visit and console him ». — 22. C. ~^l — C. omit to UU S. « Now
observe the wonderful acts of God, all the days he had passed lying on his bed sick,
during which the holy men did not minister to him, until the very day when ». —
23. B. « when the brother monk came to him ». S. « Now when the brother went to
him he found the door of the little cell where he lived open".
he spoke for ihis reason, that they might not know at all that he was ill.
And if anyonc asks and says : a Why * was this onc ill ? » then let him read in ♦ loi. iiob.
the book of the righteous .Job and find that the Lord says to him :
« 1 liave not done this thing to thee for any other reason than that thou
mightest appear chosen or righteous and appear just before me'. » And
when the saint had been ill a whole weck and the brethren supposed that he
was not in his cell, they conversed one with another saying : « Lo, Pisenda
delays and is retarded, let us visit him lest it be that has been taken ill on
the road and sickness is heavy upon him, and trouble and pain, and he is
unablc to get up. » So with that they sent a brother to his cell to make
enquiry. And when he came, by the providence of God, — observe, O bre-
thren, this divinc miracle, — all the days he had been lying sick confined to
his bcd, the saints were ministering to his service until * that day when the 'fui.iua.
brother came to him and when he reached his (place) the brother found the
door of the little cell wherein he was open, and by the providence of God
1. Job. 40.8 (?).
f.jl
340 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [28]
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cSß diJi J jii '•^- sjjl^j ^1 l ^ dbl ^Cb- -ijUjI -^^Vl 2ö_^L: _^
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1-2. C. j^'-^ ji' ^-ÄJ S^-\, ^,' •!^. »-^ r^>^' w-M' --^y ■•V.-' ^■'--^'' jO^ —
S. « by the opportunity afforded by God as soon as he liad pulled the cord of the door
he cried out to the dweller inside according to the rulc ». B. « by the providence
of God the prophet Elias was beside liim ». — 3. B. « when the brother began to
knock to enter and said to announce himself, « Bless me », Elias the Tishbite having
sccn the brother who knocked wished to retire but the holy Anba Pisentius took
hold of him ». fo. 17. — 4. C + ._.Ul t^ , .^ ^Uj. — 5-5. C. ^^\ ,'i'. a.^ Jl^
• ■-^' y C c ^ ^ ■■■■I
ft^ ,^^^jsr~?. i.'S.{k.= Jä!.> f' _»sj , ^jjux«^ ül >»-o-«J. — 6. S. 2ü. a. — 7. C. ^1= J'Js.
— 8. C. 4-^»> — 9-9. C. J->_J5 .JU^Sj. — IQ. C. 130. b. — C. !j.:^l J '-t^-t^' c^i
^^^jo-i-^ B. " and said, Bless mc». — 11. C. ^j^- — 12. C. O-CAtt'ju- .^-o. — l.'j.
C. ^U' -jU. — 14. C. om. — 15. C. U. — 16. C. + J. — 17. C. + J.:^'. —
18-18. C. ^~3 J.
found opportunit)- and drew the latch, and called with liis voice according to
the rule of ilie mona.slic brelhrcn, saying : « Hlciss me, O niy l'ather. » And it
happencd at ihat lime thal liiere was prcsent with our falhcr Anba Pisentius
the great one amongst ihc prophets, the holy Anba Elias the Tishbite who
was of mount Carmel, and he was with him lo console him and enquire aftcr
his condition, for God, blcsscd be bis namc, had sciit him on purpose to
proeure him relief from his sulFerings. And the brother stood outside tiie
door a long timc and called out beforc cntoring, and that grcat one amongst
tlic prophets, Elias, sluod np rcady to depart from him : tiicn the holv Anba
füi. Ulli. Pisentius took hold of him and entrealcd him ' saying : « I du not sufTer theo
to leave me without consoling me a little more. » ^^'hen that brother who
was Standing at the door and observed, did not see or hear any reply at all
[29] THE FIFTH VVONDER. 341
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^nJiLj2o^;l o:^ L Ujjl j. Ia^I '-'^^Jl jl^ ^3 j_^l.^ "8^^ I'a^I Jl J^x
1-1. C. U! >_.^!1. — o. c. j'i'x-J- —3-3. C. L^is .i,.A^. — 4-4. B. om. — 5. C.+
^J j. — 6. C. ,V^. — 7-7. C. w^'Jj^. — 8. S. 26. h. — 9-9. C. om. — 10-10. C. ^Oj
,yJI Jii ^f^ ^*iJ' ^IjuUS j.^:v_;j Lo j,;£ ijJ'-^ j'-^ ,j;->J' iT;'-^-^'- — 11-12. C. .,'
.^.JbA^Jl. — 13. C. yj. — 14. B. om. — 15-15 C. S^i JJ -i'^l ^J.5 ^j;!, U
^j:,.^^^ .LftJI , ,:>] _js Lvj jlij Jii ,i! .-»j .s-u^. — 16. B « füll of joy » («pA»«?).
— 17. B. 18. — 18. C. ^ii\. — 19. C. J.^!j_j». — 20. C. om. — 21. C. Uc —
22. C. + ^0.>. — 23. C. ^J yii'. — 24. C. om.
from anyone, he opened the door withoiit any permission and found the
two saiiits sitting together, that is th(3 lioly Anba Pisentius was lying down
and the holy Anba Elias was sitting beside him to confort him and enquire
after his State. He was lying down and the holy Anba Elias sat beside him
to comfort him and converse with him and relieve him in his sufTerings. And
when the brothcr entered he asked a blessing from both of them, and he
drew back and was unablc to look directly upon the face of Elias because of
the rays of light radiating from liis countenance, for he shone like the
lightning, as it is writtcn, « The righteous shall shine like the sun in the
kingdom of their father '. » * Tlien the holy father Pisentius was angry with Moi.ii2a.
the brolher saying : a This is not the good manners of monasticism and the
ways of the brethren, to entcr without permission. If to-day there had
been any great man herc thou wouldest not have been able to enter to him
without permission. » And the brother answered sayiug : « Forgive me,
holy father, for I have waited. I was standing at the door and calling
1. Malth. 13.43.
342 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [30]
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v::.,l» '"^^l^iLij ^_^j j_gifc 1^^ o=>=-^j isA._ vSiC» -Co ^\ - ^\ l (sie) öi Si
3t2V*^^.
1. C. + AS. — 2. C. om. — 3-4. C. ^/) j>\ J J>J. — 4. C. ^_
5. C. ^ic jAiJ '^. — G-G. C. 0^-9- .jXbj. — 7-7. C. J^ _^U^i ^f->J^)! ^^J:>
bJbls L^T. — B. « Elias the Tishbite ». — 8. C. 131. b... Ms. — 9. C. ^. — 10. C. om. ^.
— 11. C. Jh=^^^~-'.— 12. C. J.— 13. S. 27. a. — 14-14. C. om. —15-16. C. om. — Ki. C.
>^ iX^ ^y' ^j^\. — 17-17. C. -:'iJt JI9 ^'^' .y^ ^^ i^-^J' ^^^ C--^ "*^ c'"-?
<^' L| ^»!yi. — 18-18. C. s-'j'^ w-»;J'. — 19. C:. JU-M. — 20. C. om. — 21. C.
J^!. — 22. C. om. — 23-23. C. Jj! ^^xJU l-V» Ji-. — 24. C, vJl^j ^^^^ l^. — 25. C.
U,Jjü. — 26. C. om. — 27-27. C. om. — 28. C 132. a. .-l'^ljjj. — 29. B. " like one
who comes from a banquet » B. 19. — 30-30. — C. Jj.' C^jIjU ^^iU. — 31. C.
J .y. — 32-32. C.j.
and was there a long time : so I thought to myself saying, Perhaps tliou
art in pain and not able to get up, and so I ventured to enter to see aftcr
thee. » And Anba Elias the prophet answercd and said : « This is the decrec
of God and his will. Perhaps this brother descrves our salutation becausc
of his correct conduct, or the Lord would not permit him to seo
this favour. » ^^'hen the holy prophet Elias had said this at once he arosc
'lüi. 11^1). and dcpartcd, and when * he had gone out tiie brother said to our holy
father Anba Pisentius : « Whencc is this man? — iie in whom is great gracc
and upon whoiu is ilowing hair? — indecd, my father, I havc never scen
anyone who resembled him, he is so chcerful and füll of glory : and I say to
thee, O my father, when l took his iiand and raiscd it to my face and kissed
it, there came into my soul and body great strength and heavenly grace,
indeed my happiness was incrcased and the joy of my heart 'niultiplied so
ihat 1 was likc o'.ie excited willi wine. And 1 say, Tliat iioiy man is
[31] THE FIFTH WONDER. 343
j._jU1 iicuo^i JU- li L, Ju.Ub ^^>U1 ^O '°jl J \ ^ ''"V* -^"^
^Vl ^LI^ jVl .^i^U ''JLI ""'^IV ^Ul A:^ ^- ^i '-'»pAtl ^ gu^.:„.)l
•23^U1>1 U ^.AiJl ^„J. ^SS\ ^\ -^J\ ^Ail LJO p^xt j^ i;i ^^^>
1-2. C. om. — 3. C. om. — 4. C. "^j ibi^^. — 5. C. ^'i ij^'i!. — G. C. om. —
7-7. C. ^Ji^. — 8-8. C. oX^U ^^ L^=.^! ^^^'^l l.v» _,V=! ^ Ji\ aU! J,,;^;. —
9. S. 27. b^- 9. C. .).. - 10-11. C. ^'iJl j^.U^ JU U. - 11. C Uai. - 12. C. ^^ .
— 13. C. om. - 14. C. U^^~L<'. — 15. C. + Ul. — 10-17. C. JiUl. - 17. C. 132. b. -
17-18. B. C. omit. — 19-19. B. C. omit. — 21-20. C J bijli. — 21. C. + ^'vc. — 22. C
om. C. 23-23, C As.\A J.^ L-.' »^.5 B. S. also «Abraham ».
not of this mountain, indeed I have never seeu him before in this country,
nor have I ever seen anyone hairy like him. » And the blessed father Anba
Pisentius answered saying : « Assure me that thou wilt keep this speech a
secret andconcealit without * revealing it to anyone, and I will make known 'loi.
to thee who is that one about whom you ask. » The brother said : « I assuie
thee, O my father, unless necessity urge me after a long lime, I will not
reveal this secret to anyone. my father, wilt thou not listen to the arch-
angel f^aphaelwhen he spoke to the righteous Tobit and said; As for the
king's secret, be careful to conceal it, biit as regards the works of God be
careful to declare them to his glory as is their due '. But I know that thou
batest the glory of men because it is vain. So teil me now the truth of the
matter about that one of noble countenance, who was the man illuminated
with great glory, and I will not disobey thee, O my father. » Then answer-
ed the thirtcenth apostle, our holy father Anba Pisentius, and said to the
brother : « W'hen I deparled from you to go to the brolher who is in the
1. Tobit. 12.7-8.
ll:!a.
344 THE LIFE OF S. PISRNTIUS [32]
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^^1 Ijjt, _^,^ Jj aJs ^_$j«rj UJifc L>-^ 1^^ lÄA "'^4 ^Vl ^».«— ' l-oAJ '""js-^
1. C. ^5.0. — 2. C. «JUj'y. — 3. C. JA~ov. — 4. C. wi*^. - 5. C. om. —
6. B. « I Said, I will not go tliere lest... » Ib. 20. — 7-7. C. ^^ tT^"'' <^ â– ^^'â– â–
!jo.I ^fiG J_5 ^>\^. — 8-8. C. J, aD! vj:J'^ ^ ao._j]! jj:^' U'j ^^/ »J c^>»^
— 9. C. >_5'J.-orJ. — 10-10. C. ^)' J ■^t ^. — 11. B. nAcn?.H«. so S. — 12-12. C.
j --^^^ <;t'"j- — ■^3. B. « andas for (this...) ». — 14. C. w^'^L — l.j. C cm.
— 16-17. C. J^\ — B. om. — 17-18. C. LU r"- — 19- ^- "^- ^- ^'^'^- J' before
S"/. — 20. C. 133. a. — 20-21. C. om. ~ 22. C. + L^J' Ji^ ^l —23. C."^.
— 24. C. ^k — S. 28. a. — 25-25. C, om. — 26. S. 28. b. — 27. B. « from the
eider ».
>foi.ii:?b. monastery of the lioly Anba Epliraem* I fouud my boJy exlreiiiely woak auJ
I feared lest as I went an accident might befall ine and I be taken ill on tlic
road. Now my intestines sufTered violent pain and caused me great anguisli.
From your departure until now I saw no-one, until thou camest to me at
this present hour. And when my pain became severe by the urgcncy of the
disease of my intestines I asked the Lord to grant me healing. And when
the Lord took notc of my weakness and considercd my loneliness, he sent
one of his elect, and I teil thee, my brother, that this man from whom thou
didst seek a blessing and whose band thou didst grasp to-day, he is Elias
the Tishbite, the mastcr of niount Carmcl, he who weiit up to hcavcn in a
chariot of firc. But I ask thee, my brother wlio love.st God, that thou
fci, ii'i.i. wilt not disclose this sccrcl to any man in my life * tiiat my hcart may not
be distressed. » When the brother heard this from liim he was very glad
and his heart was consolod, and he did not disclose this secret to any man
[33] TUE SIXTll WONDRR. 345
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•jA ÜA~=- Joe.»Jj1j 1a=- <.i^ JlJsj <j,>.j Alil jjj (j-L-Vl JLä. ^*._*aIj ^1 jo
1-1. C. om. — 2. B. « tlie day wlien Ihe Lord took the saint. » — B. then passes
to 114. b. below. — 3. C. sy.'-% L:it,l. — 4-4. C. Ij,^l Lü_t. — 5-5. C. om. —
6. C. ».d.!. — 7. C. ^-A^ c* ■^- — 8-8. C. ..., i^. ,a ^-iS . — 9-9. C.
^_j*ii »U.^'. — 10. C. +^ii^.. '— 11. C. ...j Jj. — 12. C. + Jus ^,*J. ~ 13. C.
■ya^-ju IjjW! S^LJIj JOUsr' w^'-f, ^ J-s:"^. *i-J ^ lO^^ U^S''~^ '«_-'"^! U»jl Ulj Jjlisr'^lJ'
[cf. 136. b. below.] C now passes to Wonder XVII. — 14. S. 29. a — 32. b. Inserted
matter giving Scripture instances of men seeing God and of how all things are possible
to him wlio believes. S. then passes to Wonder I. ^Cf. 104. a. above — 15. B. 20. —
S. 33. b. continued from 104. b. above. — 16. B. «in the mountain of the town of Tsenti».
until the day when the cleigy of the city of Qift came and took the one found
worthy of all honour and raised him who was tiuly deserving to the rank of
bishop, so as to take him to the father patriarch the holy Anba Damianus to
ordain him bishop for the see of their city.
You learn then, beloved, as to him who knows the ruius of the monas-
tic life and observes them perfectly and without negligence, Christ, wiio
tries the hearts and reins, loves him and sends to him his saints and elect to
console him in pain and distress. And not the saints only, bot he saw God
face to face, in so far as it is possible to see him, according to his deserts.
May the blessing of this saint and of all the saints* who have pleased the -lu!. ii4b.
Lord by their deeds be witli us and with all the sons of baptism. Amen.
The sivth Wonder of Ihe holij Anba Pisentius. May lu's intercession
be uitit all Cliristians for euer. Amen.
There was a brother monk in mount el-Asas who was very ill and Ins
PATR. GR. — T. SXir. — F. 3. 23
:m THE LIFE OF S. PISENTIUS. [34]
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J.!^_ ^Aä]| JO "^Lj> Liyi 'Srv^"^' "U-kJI 4j_j=.:^VI iAjILi «Ul <:>-j ^jji 'V.Jb <^t
1-1. S. « to the holy man ». — 2-3. B. om. — 3. S. « lie had not yet become a bishop».
• — 3-4. S. om. — 5-5. B. S. omit. — 6. B. ue.vto.v. — 7. B. « about noon ». S. 34. a.
<< für it was the time for filling tliu water pots willi water ». — 8. S. « let not
liis lieart be gricved » (rep.). — 9. S. « leaping out ot' the watcr and tlirowing ilself
about ». — 10. S. « at the very place where the blessed A. P. wenl to the river to fill
liis waler pot the fish came to the bank, — now it was the ciirrcnt of tlic water flood
body wasted away by the lengtli of bis Jiseasc. And one day lie longed for a
liltle bit of fish and said to our holy father Aaba Pisentius wlio was a monk
at the time : « O my fatlier, iiideed I long l'or a little bit of lish, but therc is
none. » And the holy Anba Pisentins said to him : « Porhaps God will give
lliee tliy rcijuest to-day as thou hast asked. For the prophet said : Gast
thy care upon the Lord and he will provide for ihcc and sustain ihee as
' I"! iir.n. thou dost need, for he docs not cver suffcr th(^ rigiitcons lo pcrish. » * And
Ihc holy Anba Pisentius went to Uli liis jng witli water, it was in the
days of the increase of the Nile, and the saint was Walking along and bcsce-
(•hing God Most High, saying : « O God, do not pormit tlic heart of tliis
brother to bc gricved, but if it be thy will, graut liini bis hearl's dcsiro. »
And whcn he went upon the bank, all the earlli was covcrcd with water and
(Inodod, becausc il was a year of a great Nile. And our holy father Pisentius
o])served and saw a ginat lish swimining on the surface of the water, — O
whata great divino niiraclc, — and just where Ihr saint was he inlondod to
"{) down lo the waler and draw the lish to land, but tlic slream seized iL and
cast il on ihc bank wilhout Iroidile or dilliimlty, al Ihn very spot where llie
[35] Till': SINTI I NVONDKR. 347
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Ja-V <A)I JU ^Ai>l AjJl ^r'^Ül »J7I3 ^^J-« j^ j^ ^y>^A yt. Lo v^'^^Jl
^jllL_^^ Ul L_;l U,J * AA=J1 -yJI ^j^l; ,*>ily ATiljl .^^^ ^ .„..-.äS <*y 'lol.llGa.
'U L, ._._^ blkclj "^-Ic^,^- Jij ^ ^\^z^\i ^^\J\ j-Vl J^l j.. A,lll Jl ^li,
**a)I *--' t, A.U»<& i^ATü ^Ua^ ?t>„«j>- cAJ 4_^»>^ ^»31 Jjl ^^^l>swfl ft-Ä uo '^j V^>tJ |V_3 bU,<w3
and the force tliercof which tlirusl it along and slranded it at lliat place. And whilst
A. P. ... ». — 1. S. 34. b. — 2. B. passes lo Uö.a. below. — 3-3. S. om. — 4. The
Scripture reference much enlarged in S. 34. b — 35. b.
Saint was filling liis jug, as he Iias declareJ to us by his owu trustworthy
inoulh, * aud forthwith he took it and went with it to the brother and gave 'i"'- n-^b.
it to liim saying : « Take this lish and rejoice at the favour and liealing,
verily God has given thee the desire of thy lieart as thou didst ask, just
as he sent food to Daniel the prophet when he did not expect it, so it is
hc who gives thee this fish and does not pcrmit thy sadness of heart on
nccount of what you asked truly and by grace, as said that blessed one
amongst the prophets, Mar David ; « The Lord is ncar all those who call
on him, he is pleased with thoir supplications and delivers tlicm out of
all adversity ' ». And when the childrcn of Israel asked for flesh at the band
of Moses, he prayed God for them and he gave them their desire, because
the prayer of the righteous is very powerful ; and does miracles, as it is
written. Verily Moses the law-giver of the old covenant asked God on behalt
of his people and iie poured forth to them according to their desire, and the
law-giver of the new covenant * also, oiir falber Anba Piscntius, prayed to • loi iiiia.
God for the brother monk, and he answered him and accepted liis prayer,
and gave to him according to his desire and request, and did not distress
liim. As it is written : The Lord sliall grant tiieo all thy petitions and accept
thy prayers and perfect thy joy-'. May the Lord have mercy on us. Amen.
1. Ps. 144.18. — 2. Ps. 20.5.
' IV.l
348 THE LIFE OF S. PISENTlUS. [36]
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k_ix-i J^V '^ ijj>-^ <»9-i ij^'l (_5J1 ^jl jl j-^'l V ^1 ^J L Jb cJI 'Us J Ji3
1. C. 144.1). ... ^o i-i/j«.^ y^ i.x3i _.^ iji Ai; U J.-ij, and Ihcn continues as horc. —
2. C. + 5-^lx." is ÜL — 3-4. S. om. — 3-5. C. -v^. X». — 6. C. from hcre reads- i.^'^
^i .n-O w;., \j iijli üJj k™j, sbiUJI J ri45. a.l , :K? >L,J! iJi-c OUsJI .i'i",
...»-^.rf!Ä>' ^= \ji,j3 U.U !_jl, Uj yj^^i^j! f_ji.^' UiAs^. I«Aj_j C. then continues lo' .LS'j
185. b. below. — 7. B. « because the place was remote ».
The seventh Wonder of the hohj Anha Pisentius.
! Hear again,'^my brothers and beloved, tliis great wonder of thosc repor-
ted of the holy Anba Pisentius in the days of his monastic life before his
episcopate. It happened one day that he wen! to the well from which the
brethren drew water in order to fill his jar, and when he reached the well wil h
his jar to fdl it, as we have said, he found that he had forgotten to take wilh
*fii.iir,b. him the bücket aridrope' * and he stoodand praycd lo the Lord, — blessed bo
],e, — the Most High, according to the cuslom of the monastic brotherhood,
he said in his hcart : « O Lord, thou knowest that 1 cannol go back on my
1. (C. text) He had forgolten lo take il and lic did not know liow lo fill his j.ir, and
the waler was far away from bis cell, and it was llie lime of evening. And be slood in
praj'er and sprcad out bis bands saying, « Lord, consider nie in the distancc of tbc
read, andl see tliat the night draws near, so direct mo by the cxcellence of thy will. »
And as be prayed thus, bebold the well feil and tbc water overllowed unlil it reached
Ibe top and be proceeded lo fill bis jar. And be wcnt to bis cell and rejoicod groatly
and praiscd (lod. And when tbc brclliren beard aboul tbis cvcnt wliicb liad happened
they wcnt l<i tln- inonntain and began to teil the brclbrcn \\\n> wcrr in solilude abonl
wbat lliPV liad seeii And wln'n lbi\v ceascd from llicir spccch...
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[37] TUE SEVRNTd WONDRR. 349
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1. B. the sheplicrd saw Ihat Pisentius' «appearance was like that oi an angel >■.
B. llien passes lo Woiider VIII. (118. a. bclowj. — S. 37. a. Inserts homiletic matter.
footseps again, because of the weakness of (my) body, l)ecause of the weakuess
of (my) body (sie) to bring the bücket and the rope. O God, Lord Almighty,
comraand the water to rise from the bottom of the well to the top until it
reaches the brim, so that I may fiU my jar with it aud I can devote myself
to thee the rest of the daj^s of my life. Für thou didst command the great
one, thy apostle Peter, saying, a Conie to me Walking upon the water ». And
when he had finished his prayer he said, Amen. The water rose from the
bottom of the well until it reached the brim, and so the saint lilled his jar
from that water. Then the saint said to it : « Tiie Lord, — blessed be he, —
it is he who commands thee, O water, to sink to the bottom until * thou art noi. \iia.
at thy resting place. » Then the water began sinking to the bottom, des-
cending from the brim of the well. Beiiold, there was a shepherd who pas-
turcd his sheep in the thicket and he approaehcd the monlh of the well and
saw the water desceiid, going down to the bottom of the well until it returned
once more to its former level. To whom shall 1 liken thee, thou truly
blessed saint, our father Anba Pisentius? — Thou art liko Moses the law-
giver who dividcd the sea and led the children of Israel acrdss in the midst
so that they walked on dry ground. So thou, our father the holy Anba
Pisentius didst raise thy fame to the heighls of heaven. In thee truly was
350 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [38]
*fui. 117 b. Uju jlSj l^_p JJ ol—i-oJl Jt t5'Ä]l jj-~ij.l!l J («:^' (sie) -*-*^-»J^ * aaUt.JI
iJ^J\ JL:.VL. *^IJ pJLc-Hj ^-^>jjl ^-^U.iH; jütjlj Jl:A'ij ^Uj\l örr'^^'^
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1. S. " by llie hand of ». — 2-2. S. « a lioly man ».
fiilfilled tlie saying of the book which states lliat, « The righteous sliall
have an everlasting remembrance ' . » Who is able to honour thee as is thy due,
loi. 117 b. O holy onc * great champion amongst tlie saints, who knew things hiddea
before their existing, and understood abstruse things by songs and parabk'S,
and (understood) monasticisni by spiritual and divinely learned interpreta-
tions and lofly visions and useful holy allcgories and exphxined (hem accor-
ding lo their inner secret meaning? And ho spoke the truth to everyone
Avithout partiality, as it is written « I >vill dcclare th\' testimonies before
kings and not be ashamed »- etc. And to our Lord be glory for ever. Amen.
'riic cif/hth Wnmlcr of llir Imh/ .\nliii l'iscnlius.
Aow also by the grace of Gud wc will iclatc to you, O brothers and
beloved, another wonder wc have liiaid froiu tliose who are establishcd in
truth and righteousness. Therc was a man IVoiii our country who lold us
•idi. iisa, concerning our fathcr * F'isentius saying : One day I went and obtaincd bis
blessing, and as i went out froin hiui I uict Anba l']phraeni and he said to
mc : « Hast thou heen blessed b}- the youiig I'isentius? » 1 said to him : « yes,
O niy father. Bat thou art the chicf father and great saint. « Ile answcred
aml said lo nie : « Verilv iIkui hast obtained great blessing and cnjoyi'd
1. I's. 111. (i. — 2. l's. US. 'i(i.
[39] THE NINTII WüNDEIi. 351
iJjk J^ ,3 jUI iÄA aL,^ jl ^,-i~a]l üaJ-w 'LpJI |_5a]| ,_^\ iJjt. jjt L. ^^;
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•ful. IIS I
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1. B. 22. (continued from 117. ai. — 2. S. « one day ». — 3. S. om. — 4. S. om. .
— 5. B. 15. « It is said also of our lioly fatlier A. P. that when lie spread out
liis liands to pray ». — 0. B. 22. passes to Wonder XIV (129. b. below). B 15. +
« Wlio could imilale liim in the constant exercises to which he gave lümself? »
— B. 15. llien passes lo 110. a. above. S. no\v. passes to 132. b. below — 7. B. 2.
— 8. C. 123. a. Lb itjl bi jl5^ and thcn continues hcre. — 9-9. C. om. — 10. C,
rä'Ji. - 11. C. ^.,155. — 12. C. + J.
perfect gracc becaiise thou hast been in contact witli liiin. It was at thc
beginning that whilst he prayed the watcr rose from tlie well to the top. »
Then lie said to me also : « It happencd one night that we saw a fire
burning in bis cell, and we wondered and said one to another : « Lei us
see what cause has happened to the liltle Piscntius that he has lighted a
fire at ihis late hour. » And one of us climbed on a high wall to observe
bis abode, and saw bim standing at prayer witb bis hands spread out to
heaven * and bis ten fingers were blazing like ten lamps brightly sbining »loi. iisb.
witb liglit. May the blcssings of tbis saint bc witb us lo our last breath.
Amen.
The iniitli Wonder of our hohj father Anba Piseiitius.
May the Lord liave merci/ on us bij his prayers for ever. Amen.
In the bcginning of bis mouastic life the father monics reported piety of
bim from thc perfect ascetes who dwelt witb bim. lie learned by beart the
book of psalms perfectly and used to go out in the bot season in the days
352 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [40]
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Uilj ^<^j <£:t j \J> 1^^ J=i^3j *^Ut ^- ^^Ul ^. A^l Vj jUl aJ
LJl.- ^.Ij^l 2'''J1.I 25,^^^ ^1 24 J, 23,^.| J S-^^ ,^_ 22^^ 21 ^-^^.^ J ^
30,^3 ^. ^— 50^1^3 ^\ 28 j^. ^ ^^^ iU^ C>»; ^- ^^^-^l^ >-.
öl J\ J-^J 34^_LJI ^^1^1 33^ ^\ -Si^^y^- 32 j ^_^, ^^, 3ILJ3
1. C. .r^. — 2. C. +j=^y —3. C. om. — 4. C. o^-.— °- — 5-5- C- -^^ ^-V. ^i- —
6. C. L^^ iot ^. - 7. C. om. - S. C. U^iii.--^ - i». C. Jl - 10-10. C. .bsi ^,'. -
11. C.y — n. C. .»L —13. C +-VS. — 14. C. jU!. — iS.B. 3. — l(i-16. C. ^s L-ij. —
17. C. bi. s^U)! »Jj."«.A.^V — 18. C. + ^. — 19. C. i^l^. — 19-20. C. obls J, iJini.
*^
— 21. C. J Uli. — 22. C. 123. b. — 22. ^^ ^^J. — 23. B. "and saw liim in
such a State". - 24. C. ^.,-. - 25. C. ^»^. - 2(i-27. C. ^Qi ^^^\ ^^^ ^ilj J
i.-ixz J, 3.:^". — 28. C + oX-b. — 29. C. J^j^i J^H.- — 30- 1^- « ^hcn the
brolher approached about an arrows' cast he heard him recite the psalm ». — 31. C.
^1. — 32. C. oj^'- — 33-33. C. om. —34. C. i.>U)\ J^ ^^31.
' fol. ll'.ia
of the inundation of the Nile when the mountains would become bigger
because of the burning heat, and stand in one place and keep vigil where
there was no man and no-one observed him. And he used to liang upon his
neck a great stone, and remained standing until lic had recited all the
psalms he had learned by hcart before he laid do>vn that * stone upon the
ground, so that the soles of his feet were scorched by tho severity ofthat
burning heat, to such a degree that all those who saw him said that he
slood on burning stones.
And one day it happened thal a monk camc lo visit iiim and converse
witii him, and he sougiit him in ins cell and diil iml lind him : and he followed
his traces unlii he found wherc iie had gone down into liie Valley where
he stood and prayed according to his custom, until his eycs wcre dim with
blood from ihe weight of ihal slonc and (the bloodi feil from his face. But
tiie Saint did not eeasc reciting Ihe iiundred and fifty psalms nnlil iie said
(( 1 glorify thec, () Lord, in merry aiul judgement and will sing and teach
^41] TIIF, MNTH WONDER. 353
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J^ ^ V3 30^1^1 JU 20^1 J^ 29^1 ^^ V ^Ä!l <J^1 2K,^LJ, 27,^^
1. C. Jacj. - 2-4. B. om. — 3. C. iJ^t ^yl\. — 5. C. vJUs-H. - 6.^. — 7-7. C.
om. — 8. B. "and sat upon it". — 9. C. üläÖ. — 10. C. ^-^J _j»j ^^1^1 ~^l »K UIj
!ji.=. >_^.^.. la.'ji.^ !^ ^J! ii\^\ jj.». — 11. C. _Jäi J»:> -v» ^"^ — 12. B. om.
— 13. B. + « and of greaT courage ». — 14. C. j. — 15. C. om. — l(i-16. C. om. —
17. C. places U=. after Jl^j. — 18. C. 124. a. - 19. C. ^O Jy'. — 20-20. C. U»jJt^
^'J^j^. — 21. B. 4. — 22. C. (^..jjb:~L-j. — 23. C. om. — 24. C.^LO^I ^j ->^0
^Cli ^j,. _ 25-25. C. om. — 26. C. O-ij. — 27. C. om. — 28. C. + 4.^«^!. —
29-29. Com. — 30. C. om. — 31. C. om. — 32. C. om. — 33. C. ^._^h^^^.. — .34. C.
b, — 35. C. ^/ '^Ij.
.-ä.1
in the way of the saints'. » And when he came to « O Lord as » he loöked
about, he turned and saw the brother monk and at once hastily dropped the
stone from his neck upon the ground and hastened to meet him. And the
brother said to him : « Believc me, * O my brother, I wonder mach at this "loLimb.
great Service wliich thou doest and my mind is aniazed at the thought how
thou art capable of the patience and endurance of the hardship of this stone ;
and thou art in great heat, and Standing barofoot withont a shoe on thy feet.
Verily, O my brother, there is my shoe on my foot, but my sole is scor-
ched as though one were Standing on coals of burning fire. See, O my brother
Pisentius, what thoughts occured in thy heart that thou dost attain the
patience for this fire and for this great service which no man is capable of
enduring, not the like of this painful standing and the patience which is
therein. » And the holy Anba Pisentius answered saying to him : « If man
is not patient of all sufferings in the days of his youth, thcn how * will he do 'i\.i.i2oa.
1. Ps. 100. 1.
354 THE LIFE OF S. PISRNTIUS. [42]
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j <\ -OUI3 3\uUi "^'(1-:^ J ^L,L<)1 <LI:J1 Jt ^-A>) •■■'•^^Ul '-'-'jUVl <:U
1-1. B. « for llie sloth wliicli is in Ihe liearl of man does not let him rcmom-
ber God ». — 2. C. om.^. — 3. C. s.^^. — 4. C. JU. — ."i. B. EfArf^oc — (J. C.
124. b. om. a. — 7. C. -\ij. — 8. C. i;^ky — 0. C vi — 10. C. om. j. — 11. C.
.Ua„/u.n jB, ^IJlj. — 12-12. n. « docs not let Wm fcel or Ihink God exists ». — 13-13. C.
üjUilL). — 14. C. Ji^. — 15-15. C. om. — 1(). C. UJlxs. — 17. C. w-l-^;'.. — 18-18. C.
om. — 19. C. om. — 20. C. ixx^. — 21-21. C. om. — 22. C. 3^-^.. — 23. C. lio.
— 24. C. OiU. — 25. C. om. — 26. C. + IS. — 27. C. ^^U. — 28. C +Li'. —
29. B 5. — 30. C. A.=r*3t. _ 31. C. 125. a. + 5 iJUl — 32. C. om.
toil in tlie days of his olcl age and advanced life wlien liis body falls and his
strengtli dociines? And let this be known to thee, ihat the heart happens
(o be forgetful and unable to remember what sins it has done. As said the
boly Anba Kvagrius the hermit, there are three devils co-operating
one with another, and tlie three do not disagree. The lirst of them is tiie
devil which indamcs the lirc of lust in tlie body of a man at all times, and
leads him to deeds of sin and fornicalidii. And the second devil is he who
niisleads the lieart and veils i( w ilh a covering and it is not able to rccovcr
from its woes and does not remember God as exisling at all, until it has
committed in aclion the sin it liad pnrposed. And tiie ihird is the devil of
ii.i^iii). disrespect Nvhich hardcns the face of man so thal he is not able to see * what
ofTences and sins he does. And now thou didsl siippose that I did a great
Service, but this diics not amonni to anything in comparisnn wilh ihc S(u-vices
ofour holy fathers of formei- times. It is said couccrning the holy Collnthiis,
the man trnlv soniul in monasticism and ])crfect in all virincs and conduct,
that for a long time and for all the days of life, von would lind that he
[43J TUE NINTII WUNDER. 355
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''>'A>1 ^l^ l,<jA; V ^1 <^\ 25<v,-A.Jlj ^^jül <JU:.J1 i^Ul Aii^l ^It -^air
1. C. ijL-y. — 2-2. C. om. — 3. C. + ^s. — 4. B. « Of Abba C. >.. — 5. C.
i.ijy^. _ 6. C. + ^r'- — 7. C. J-^l~5. — 8. C. om. — 9. (".. B. om. — 10. C.
A)]. — 11. C. om. j. — 12. C. ^j^jJ]. — 13-14. C. l^-J. — 14. C. 125. b. — 15. C.
)j^. _ 16. C, ,.,' .r^. — 17. C. om. — 18. C. ^\. — 19. B. G. — 20. C. ^). —
21. C. ^^^U. — 22. C. ^^^.lif i^ij. — 23. C. J>3^.-?^. — 24. C ^j OA-li. —
25-25. C. om.
fasted for two days at a timc, and he sitling at peace spmi hair cloth and
his face was turned towards the sun all day as it sliifted iintil itset, he did
not alter the direction of his face towards it, and he did the work of his
hands. And they testify of him that he fasted a whole woek at a time up
to the sabbath day in the month Bauneh before iie took food and broke his
fast. And again it is said concerning a brother in « the Garden of Monks »
(which is) the desert of Scetis, * one ofthe eiders of fornier times, that he 'lui. i-2i;
stood forty days erect upon his feet in the sun, he did not retire to the shadc
at all, and when the sun set each day he spent the night upon a bramb'o
with thorns and prayed until the dawii broke. He continued standing in the
sun without ceasing, so let tliere now be no surprise about Pisentius, nor
let it be said that he did any act of grcat fortitude, but maj^ we deservc to
see one another in the world to come and in the life which endures for
ever, and see that I pass over ihe llery river which llows before the just
Judge and approach to make obeisanco before the Lord with submissive
face and goodly report, — that is indeed the acceptable excellent service
and the great righteousucss which not everyone secures. The heat of the
356 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [44]
fni.i2ib. '^jL-i^ f^» ^L« lil J>.\ L * ^-^^ ^ rv^ -^^ f^"^ ^^ "^ ^j~^\ ^}'j>- ,_rr^
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'foi.i22a. ^'(J^" ""''iJ ^»■^^" ^°^1 viAr^U ^-^»-3 dirj%j dlrly-s j dl^_ * ^^AJl üÄa jLaJI
1- C. .„.s^- — 2. C. otn. — 3. C. j'-J^' B- « it would not be like a single day
passed in tormcnls ». — 4. C. + •S}-^ f^j- — ^"^- ^- "'"• — ^- ^- ^y?.--^'- —
7. C. _j3j. — 126. a. — 8. C JjIC. — 9. C. JU=.ij. — 10. C. + >,^«JL —
11-11. C. om. — 12-13. C. om. — 13. C. ^-. — 14. C. oii~J. — 15. C. ..o.. —
15-16. B. « ralhcr than that he be cast into toments at the moment when lie gocs
from Ulis world ». — 16. C. U.o^ Jo^. — 17-17. C. om. — 18. C. ^^ ■^J\j^\. —
19. C. + OJ^. — 20. C. ^3-H. — 21-21. C. ^Xi%. — 22. C. ^>. ^j^.. —
23. C. ^^. — 24. B. 7. — C. 1^«^^.
Mol. 121b. sun is nothing compared with the fire of hell : believe me, * my brother,
if a man were his whole life standing in the sun and the sun never set at
all on a single'day, it would not be as his standing in the torments of the
fire of hell, that wiiole life of his standing upon oarth would not be its equi-
valent. If a man were to stand the length of the days of his life so as to
endure standing and patience in dillieulties and hardships, and all tlie
pains of hunger and thirst and fasting and praycr and vigils and, in fine,
were he to itcar all sulVering» nntil his blood poured forth for the sakc of
the l.ord, he would not find mercy hefore iiim in the day of his judgcnient;
better for hini to be oxenipt from falling into the sins of this world than
to be conducted to the eternid punisiunents unlil the oblivion wlüch has
110 rcmembrance and is not consoled for ever. » And tlie brother answered
saying : « Tlion indeed art singular. I do not suppose therc is a monk of
the inonks of this land wlio is likc ihoe in tliy prayors and recitations and
'foi. 122 a. all tlic Services wliicli tluiu doest. 1 do not ' kiiow aiiy who is awaro
of any such service as I saw theo now perform, and I suppose that
thy hcart is grieved because 1 observed thee when Mkhi wast doing it : but
[.'.5J THE NINTIl WOM)EH. 357
j.^-V ^1 ^^\ ^v -'J ji\ ^ "-'i,^;- ^;ii d^\ ^^\ j\ VI "'dUi '^uv
JJl^VI ^ÄA d^a* jl ''^J^.. jl V '^^^-J 4t^ <Sy ^•^^^ (> '■tr^ ^'
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^ c^ ^-ijUVI ''^'^J>c^, ^Jj ^Ul din'j c^l dUi 22 j» V p5C;l»
1. C. 12().b. — 2-2. C. om. — .3-3. C. L^^^ y^!! 'jj, ^.^.L! ^ ^'j ^1 l)
-ü'j. — 4. B. -f- « Indced I will not disclosc it to anyone lest I grieve Ihy heart ».
— 5. B. « When thou doest any otlicr work lo purify thy body, that will sufTice to
crown thee ». — 6-6. C. oX'^^ ^ ■-^^'^^ ^j- — '• C. om. — 8-8. C. w>^l
^lli ^JIjj^!. — 9. C. + owV). — "lO-lO. B. om. — 11. C. om. — 12. C. + -^^1. —
13. C. Jisr^-t U. — 14. C. JU. — 15. C. om. — 16. C. «.^j'JjJl!. — 17. C. !yy U.
— 18. C. om. — 19. C. 127. a. — 20. C. om. — 21. C. om. — 22. C. om. — 23. C.yt^'.
— 24. C. om.
pardon me, for l kiiow that thou dost not desire anyone to know what is
thy conduct, but I will keep this secret to the day of my death. And if thou
didst no Service save thy chastity and virginity, it would sußice for these
crowns to adorn tlieeon that account. » And he, the one perfect in all virtues
answored and said : a Verily, I have observed these tasks in vain : when a
man worships God a little it is repugnant to liim for anyone to observe
him, because the service he performs becomes worthless ' : forthe monk who »foi. 122b.
does it before bis namc is made known is he who is benefited by it. But thou
hast shown regard to me above my deserving and didst say to me tliat vir-
ginity saves. Hear what the Lord says in the holy gospel, niay he who
reads understand; hear also the dread rebukes füll of distress which he said
to the foolish virgins who knocked at the door and said : « Lord, Lord, open
to US » : and he answered tliem saying ; « Verily, verily, 1 say toyou, I know
you not. ^^'atch therefore, as ye know not that day nor that hour' ». Man
1. Luke 13.25.
358 TUE LIFE ÜF S. PISEXTIUS. [46 1
•rol.123a.jUVl 'p.'- jV >1 * .^ ''^Ul (.L<^lj .^^ V^^^ C^O jV ^<;l-- ^J
ctUÄ) j > > <;lj>t — . ^-"^/b rtJU 'U-o.Ä jl_5 i^-ÄZ— « ^'1 i-Xs-j 4 aj /»-i^Jj o'^^ Juju
jj-Ü! -Ci^ ^i^' ^^<,\ ijii jUVl "-Uj«! """^^l ''oL'>^j ^^L«! ^-sj is-'^»' ''^o'" J^\
rc__JI C^\j ^-J^ H^-^J A.»Ji£. 0_^^) «»Jl O-l».^" (5^1 LS*^'"*'-^ ^-aUI '0 Jläs
(viiJi _jJ.iLl| Ua jVl A_i. j^ '-'^^JJL'l ''-^lÄA ^j^ ~-<».».^ i^^JJl '■'' ^JVl (V-i^Jlj
■»foLiasii. J^' L« ^_-~.=- j_yjJ[.JI LL=- ^j U >_j_^l <ulsl i_$Ä!l tJLJI JjjJIj dA^UI -VjUI
1. C. JU!. — 2. C. ^Ik.U. — 3. C. «^ÜjIjL — 4. C. Aj'-^«o.. — 5. C. JJt so B.
— 0. C. J'jJ!. -so B. — 7. C. J.LC^w'. — S-9. B. « for it is wrilten, Thcre are roads
which men call right hut lliey lead to ihe pit of hell ». — 8-10. C. hix. — 11. C. i;. —
12. C. ^y l_5 ^UL A'!. — 13-13. C. '-^"U X^. — 14. C. om. — 15. C. om. — 1C-1(1. C.
i.'\S^\ ^^>. — 17. C. -^i) ^! b. — 18. C. JSj,./. — 19-19. C. Olli. — 20. C. + ^^^.
— 21-21. C. om. — 22. C. om. — 23. C. -\- , ^jLu^o C. tlien passes to wonder X. (belowi.
— 24. B. «lieard from therighteous one, our holy fatlier » A. P.
niay not boast of any of llie righteous acts lie does in tliis world until bis
Standing before God witbout sliame wben lii,s account comes up, for tbe
• loi. 1-:; ;i. jiidgement of men is one tbing, tlie judgement of God is anotber. * For
man does a work and supposes in bimself alone tbat he is satisfactory and
ibat bis work is sabitary, but tbe Lord, — blcsscd be be, — reckons it as
Void before bim : and anotber man works and snpposes tliat it is useless
according to men, but God sees bim favourably and reckons it a salutary
work. And wbo is lic wbo knows tbe secret of tbe Lord so long as be con-
ceals \[.' » And tbe monk said to bim : « Bolieve m(! tbat to-day I bavc
bccn lilb'd wilb great blessing, and iiave becn as tbougli I saw Christ llie
Lord in tlie city of David. » And so be went out from bim and lie gloriiied
(iod for ihe salutary speech and divine t(>aching ho had hcard iVoin ihis saint.
\\ hl) now is Hke tliis great pious ascctic saint and nprigbt mastor whom iho
•fui.ij:Uj. L(ird raised up for ns in onr lio'.y niountain? ' As tbe book said wilb rcfercncn
to liim by tlie iiiouth of David tbe kiug and clioscn prophct, tbe fatber of
our Lord Jesus Christ according to the budy, saying : « lilcssed is tbe man
[47] Tili: TI-:NTil WONDEH. 359
. \^1 L«-.«^ "CljX^ [l^s-y ^Js\ <:.:.. t^i iLL^j j ^.L' (^Ä)l ^^\ j^ .^JJIäJI iJr^.JJ
^ ^^^y-jllL-^ Ul Jy^jiJI j (V^l ij-'.-^ X_^U]1 <._^5T*Vl
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JÜÄ. U Uj ^^(._y_ ol^ '"^^ '^^ Jus« ''^jl^ ^«_ ^^ ^_^'l I^-'JU^ '"-'XtJ
Juä> ^1 <i^l üjUJl J ^L * jl^ il jUjll düi j tL»^ L:^_y_ J-^;! ÖLi. Moi.i24a.
LjI a^IäJLj »LVl vii-lr J jj-aUI J^äJI |j.ot»:j>EJl is^Vl c>l_^^} ^^;iai^ v^ Jf-V
1. B. fo. 8. « and it happeneJ after he Iiad learned the psalter by heart (9.) C. (127. a.).
— 1-2. C. J^ y}--^ ij'^''*^^- — 3- C. om. — 4. C. s_jLv)< C. %\ ii.^ 127. b. — 5. C.
,y_p!. — "()-6. C. )^i^ ^. — 7. C. Lo>!l. —8. C. ■^^.^. — 9. C. -j^Ü. —
8-10. B. om. — 11. C. om. — 12-12. C. .U >. — 13. C. + ,i. — 14-14. C. j.
— 15. C. + ,-J ,i~. — C. tlien passes lo 127. b. below.
Avlio fears tlie Lord, wlio is careful in his commamlinents aiul liis ways'. »
IWay the Lord have mercv on us all by his prayers. Amen.
'The IciUh Wonder of llic great saint (unonj/st the saints, Anha Pisciitiiis.
May the blcssiinj of his prayers he irilh us. Amen.
When this saint had learned by heart the book of the psalms perfectly
in his breast, he begaa to learn the twelve Icsser prophets, and by favour
of the Holy Spirit wliich was witliin him, he finished learning at the end of
twelve days; he used to learn a book of a prophet every day. And when he
began the message ofthe gospel of John he completed it in the same time.
He was *then dwelling in the norlhern district in niount el-Asas, that which 'â– foi.i2'in.
is over against the road. And at that time there was great ease and tran-
quility upon the earth because of the sweetnoss of his savour and the prayers
of the brethrcn assembled in the holy mountain in those days, and especially
of our holy father Anba Pisentius, by wlumi onr [loor Innd was resplendent
1. l's. 111. 1.
360 TUE LIFE OF 5- PISENTIUS. [48]
[^jj>j 'ij^ ^jUs jS^\i^ 'hj.l'iW lji% >lij^3 oLiI <j (_5-Ul ^j-jlil— j Ul _ja£)I
.^yj\ L« Aj'M^ j>^' ^jl".' : l-^l L— =1 (Tr^^ -jaIÜ ^c ^jUJI ■^^^ä^VI
U^ A-JLs- ' •^"1^1 ;_ijLi> 'ajjLw JI ;«=>-jj <r^3- "'^Uj c« oU T^p- M3
1. H. passes to Uj. — 2-2. ß. « l'rom his cave save when >>. — 3. B. 10' C.
(142. a.) '^ ^::<' ,1^ L iü! ,'^^1 i.Uljo ^!, ^\b ^1 a-L^" Ijjf ^^ , ^a£.M ^.■^' .,LC
\ ' >■■. O • -^ ■• > ^ ■.■v^ w *• ^ ^
...J.S UJj ^ .\xj U-M ,1$^ ^iaiüj. ^ 3-4. B. « tliey prayed, they drew water, they
walked together again meditating until each had entered his abode ». — 5-(). C. ~. f^
b'j ääI. _^j ^I ^ L»^ ijjÄ J^!_5 AJ. U> ^. — 7. C. 142. b. — ^.3\f\. — 8. C.
Uli (Jj_^M >. — 9. C. 5_5^. — 10. C. ^y^. — 11. C. aJ> ^^15" LoJ A.JI. — 12. C. j^y.
— 13. C. omit j. — 14. C. ^^jj- — 15. C. ^-^t^- — ^^- ^- iv)^*^"
and shining, and so much the more was his help to cur province witliout
exception. May the Lord have mercy on us by hisprayers. Amen.
'The cleventh }Yoiuler uf the great saint our falhcv Anba Pisenlius.
Maij his praijer he trith us. Amen.
And when these noble beneüts and diviue favours were complete he
devoted himself to fasting, and prayer, and nieditation, and acts of mercy.
'fol. i-j'ilj. He did not 140 ont ' from tho gate of his onclosuro savc wlicn he lilled liis jar
with walcr, and thcn he wtsnt witii the brethren sharing willi them in prayer
and ri'cilalion until eaoh of them reached his cell. And one day wiien he went
out and had fühul his jar and was r(nurning to his cell he chanced to nicct
two wornen sitting and when they saw him tiiey hastencd running to liiin
lo iiieet him and to receive blessing from his pure hands. And one of them
had a headache and dislortion in her hcad and face, so tiiat her cyes pro-
liuded and slarted out from lii'r face, and the other liad liie diseasc of the
dropsy and was all discoloured. And when tliej' saw tiie saint tiiey praised
[49] THE ELKVENTH WONDER. 361
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Ja, '20^1^ ^-1 ^_^ ^l_^ ^\ i ,j^^ 19^-( ^ 18^-^- ^^^ \1^^\ 4^^^( ^1
^\ Jj^ ^ ''% g J^ ■•'V^ ö* ^^.' ''.^■' ö^i' "^' ^b > v^ÜJI
3'^iLLJl ^^ g jl^ 37^1 ^I^YI äjlr U * 315 ^yi ^^ ^-^^^ j^^ ^| 35 jpibl. I25b.
1-1. C. li~;u."iil. — 2. C. sJUi!^,. — 3. C. om. — 4. C. vJ^Ij-s-". 6. C. om. — 6. C.
ijjAÄi. _ 7. C. + U'. — 8. C. om. — 9. C. i^ix.^!. — 10. c:^rA=. — 11. C. om. —
12. C. + ü^. - 13. C. Ifeli. — 14. B. u. -j-oprH C. + ^^;lijj ^j^ j>^ ^^. —
15. C. ^^. — 16. C. ^J:~^;>l — 17-17. C. bj» ^ — 143. a. — 18. C. Jlis slty^!.
— 19. C. ^!. — 20. C. «J^J- ^. — 21. C. litj. — 22. C. Jjt. — 23. C, ^^j. —
24. + j_;~J-^^l — B. « But whiat power is there in my littler.ess? ». — 25. C. +
^^.CJ'. — 26-27. C. omit. — 27. B. 11. — 28. C. ^!. — 29-30. C. !jL^. ^CJ
^/. — 31. C. Uli. — 32. C. ^>l jUi! ^[3. — 33. C.'om. .. — 34. C. J''^^ —
35. C. ^v^ J,!. — 36. C. i.i^. — 37-37."C. om.
with pleading and importuned him very much. And he covered his head
with his cowl and cast away his jar froru off his Shoulder and fled from
them. Then that dropsical wonian *dragged herseif after him and she fainted '^1.1253.
and feil down on the carth and was not able to run after him. But that
one who had a distortion did not cease running after him until he cried to
her with a loud voice saying : « What have 1 to do with thee, cursed
one ? — and why dost thou come to me to-day, thou cursed one ? « And she
answered saying : « I am ill, O my father, with severe pain : stop a while
and lay thy pure hand on my head, I believe it would heal me from disease. »
And he said to her : « What power have I ? — I am the most contemptible
one in the world. Go to the brethren that they may pray over thee that
thou mayest recover and be healed of thy pain, for I am a poor one, mise-
rable and wretched in sins. » And he did not cease running from her, and
he came to the entry of his cell and shut the door, *Then that woraan who *fui. 125 b.
was ill with the headache said : cc Indeed I am not worthy to touch thy
PATR. GR. — T. XXII. — F. 3. 24
362 THE LIFE ÜF S. PISENTIUS. [50]
Ij^J Xc- kJ^-st— «3 ''IjPUi) !s_^'1 (_^ ' ^^ÄJl tj^_/-' tj-« C^j»-^^ A_^A9 (c-r')-« li--.»-
OUkj A^iyi ^'^^Vl ^A^l ^jjb J;Vlj Ji\ '^p^l ^)Uj J.JI a.1^ 1^3
^..^^ :^,Uj ^'\^j j jl^ 21^_y|^ ^^,^ j 21^, 20^l^_j 19^^^^ ^ ,I^Y1
<J 28^^^ 27^, ^^1, ji 20^^., 2r>Lj_j ^3t_L-^ 24^;! 23^_^l^ ^^,| ,^^.
'fol.l26a.33^^ 32^ 31^^^L.j ^.uJl ^j^l 3*'> ^" lyi w)L« <-J^k. vLJ-JI 2',I^|^Y1 *
1. C. om. — 2. C. JJJ^ — 3. B. + « holy ». C. om. — 4. ß. « and 1 know ». —
5. B. « him ». — 6. C. J^.'iJ — 7. C. om. — 8-8. C. ^J^- — 9. C. o-'/»'-'»''
^y^-^-i, Lil i~v„) jij iül J l^JUL) «L'^ift viX-l-' .j'j ^»Ä^ y^ lüJl ^ iU' vj,^. JjJ
v^J-Ä — 10. C. ^.'^' A-W,. — 143. b. — 11. C. ft~j^. — 12. B. om. — 13. C.
L^li ^ lA^y — 14. C. Aar^~^. — 1.-). C. ^U. — 16. C. <ij\^y — 17-17. C.
om. — 17-18. B. » o-rant mc healing ». — 19. C. om. — 20. C ,Ijj^)I. —
21-21. C. om. — 22. C. O-^U,. — 23. C. ^„^^ a^j. — 24. C. om. — 25. B. 12.
— 20. C. >0.>U. — 27. C. >_^3-!!. — 28. C. om. — 29. B. 12. — 30. C. ^^ â–
— 31. C. ^;5',Lo. — 32-33. C. i^. — 33-35. B. « and if >-. — 34. C. -jr^iLr. —
36. C. .j:^~»J -^^l- — 37. C. .%J. — 38. C. om. — 30. C. om.
hands, father, and I swear that 1 am not fit to approach thy hands because
of the many sins which I havo committed, » but sho took a little of the sand
where bis feet had trodden And she collecled some of the sand which was
in his path in her veil and sprinkled her face and her forehead with that
sand, and said : « In the name of the Father and of the Son, and of ihe Holy
Spiiit, One God, and by the prayers of our holy father Anba Pisenlius the
mau of God, may the Lord grant nie the gracc of healing. » And at that very
hour the woman recovered froni her headachc and l'roni the scourge which
was in her head and face and became whole, and she gave glory to God and
the holy Anba Pisenlius. And when she returned to the place where she had
'foi. i2Ba. böeri *,the woman with the dropsvwho had fallen down said to her : « Didst
thou overtake the saint and gct a blessing froni his hands? — if so, and if
thy band touched his band, then lay it on my face, I also believe in God
that I shall rccover by the louch from my evil fortunc and be healed of
[51J THE ELEVENTIl WOiXDEH. ?,C>:i
J,^^\ -'^ ^^\i ■''\ij\ Jk. J^J ~^\ ^ ^y\ ^J\ •uUL ^j\ Uj Ua^j
cil>^ J J^^ ^ü\ J ^ 'V> J>:. r* ^^^ ^»^ '"'^'^ CS* ^^ cr;^^ ^-^^
'^oJ.1 ^-Ül J,J j. i'^.:^^ "S^jJ jl "«J^l ^ ^1 vsojj "»Uj ^Ul jUj
^•j 31^-l^t^ ^^3 30^^ ^<^ ^yjj 29^ 28 j ^;^^ 28^| ^^s^\ ^^
1. C. J6\. — 2. C. om. — 1-3. B. « I also ». — W. C. ioJI. — 5-6. C. om. —
7. B «. 1 diJ not cease. » — 8. C. lj,U. — 9. C. s.;,^-^. — 10-12. B. « and as I liad
not been ablc to toucli him ». — 11-12. C. J-H^l ,-si!. — 13. C. 144. a. — 14. C. .
OU-isj. — 15. C. ^yöi'^\ Jäj. — 16. C. I:)j»j. — 17. B. « and I thank God I am
relieved from ». — 18. C. vj:,-i=L. — 19. C. \^'~. — 20. C. l^jUl. — 21-21. C. om.
— 22. C. i— jji, aDIj ^.^ 'j'. — 23. C. ^JiiU. — 24. C. + Jis. — 25-25. C.
\~^ ^JU. L.J OoiäJi. — 26. C. + ^J)\ ^b (_^,-. — 27. C. O'/^- — 28-28. C.
Uiir ^jJl. — 29. C. Uity. — 30-31. C. ^Jlj ;=^JI l^. — 32. C. om. -^ 33-.33. C.
iju*?.. — 34-35. jV-;J J.' ^z-^'i- — 35-36. C. J^^l .jJJ'i U^j a13' JJ-''^^- j**j
the sickness which lias befallen nie. » Then she said to her : « He did not
cease from flight until he entered his cell and shut the door, and when I saw
that I was not able to overtake him I gathered some of the sand on M'hich
his feet had trodden and sprinkled it on my head and face, and I thank the
Lord for his grace which he has given nie, for my head is healed and the
scourge is relieved from it and its pain is removed and I am made well by
his prayers. » And that other woman in the grealness of her faith in God
and his saint said to her : « Give me also a little * of that sand. » And she 'foi.i26b.
took some of it and swallowed it. And when it entered her entrails her navel
was contracted and all the filthiness that was in her stomach went away,
aud at once her pain was healed and she was purged by his prayers, and
the rest of her body was clean and she was whole from her sickness. And
both of them arose, praising and glorifying God, and went away to their
houses, and took with them a generous blessing. And after this event it
happened to that woman who was healed from the headache that she had a
3ß4 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [52]
J u^^i "^jL^J 1^^. (*) yj ^^' 'Sr'* '''^^ -^ ^^ "^"^J <ä.ä..':Jl '»a-j ^
^^j»>_-ü)l *|jil ^ä;' ^jx, l^« '"'cLj.. ^JJI Ju^l villi ^ <j>\ O-Äi-1 ^Uis JL^
*fol. 127a. Ji.=>nl3 K^J3 JLc U-iu«-« L5-i-*3 <J^-J «1;A1«1 jc^ As-lj C-i-^l (_^>o J 4jl A)»)l
LjD L« ^I^Loj f*Y^3 ^^yJ (_o-^ jV^Vi i^_^i i'j* J^sLiu ^jl". ! ...,. o Lji Lji .<.)^«II
jiJljuS Uj^I Ji- LA»jfc.isj_5 (/»'^ A»-3>c> LfciÄ-aAjJ i_^LajJl_} . a tlälllj ij^pjl IjJ^li
j 4>-?J l-S • /4-^i LoliL-i i^jiAjj lUsi^i ._>yi ^fl.t.' Aj'LLUj
1. C. l^ jli' _JI «y^l .jU^'^j U^!_^-» _J. — 2. C. J l^) Jii=. — 3. C. 144. b.
— 4. C. j. — 5. C. 4" l-^.' — B- 13- " when shc put this saint's sand in her house,
— O wonder. God who exalts and makes manifest his elect,... » — (5-6. C. ^. —
7. C. om. — 8-8. C. ^ i^ä-j. — 9-9. C. \^^~^i. — 10. C. om. — 11. C. C-'Jv»!.
— 12. C. v_>LiGI lJJ^ J v_,Aj Jj I^ju^^ -oJJLH ,15' i^ii V ^'.^5^j »/r.^ C-'k'j
.„3uL..M JXJl ^^ •'rr^^^- — t;. then passes to U) J-ij — 116. a. above : — B. to next
wonder 127. b.
little son, and for a long time past he had not walked, and he was emaciated
and could not speak. Then his mother took some of that sand which she
had brought with her from under the foot-steps of ihe saint, she tlirew it
into water and warmed it and with it bathed her little son, and he also was
cured by that water; and his parents declared to us that before a single week
foi. i27a. had passed * his legs were made straight and he walked properly on his
feet, and the tie of his tongue was loosed and he spake quite plainly.
And all these things wliicii the great holy father our fafher Anba Pisentius
did are equal to the mighty deeds of the pure apostles Peter and John and
the rest, as they used to take rags and bandagos and put them on Paul's
body and apply them to the diseased, so they were healed and their sicknes-
ses were cured and pains ceased'. It has reached us also that Peter used
to give healing, and thus also these two women, when they took the sand
with righteous faith, had a safcguard wherein was the healing of their
diseases. By the blessing of his prayers and intercessions may the Lord
eure our diseases and heal our iufirmities. Amen. Kyrie eleison.
1. Acts 19.12.
[53] THE TWELFTH WONDRR. 365
foI.127b.
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31
1-1. C. 127. b, line 3.... ^^ »'y»^' ^ f^ -y^i — ^- continues fo. 13. —2-2. C.
^LT. — 3-3. *— jlü »Jowj UU 8|l*:i.! >xi^> sa:^ Ji y^^ ^ ^r'^*'; -"-^ '-^'j- ~' '*■^•
Lb.. - 5. C. + ^C. - 6. a UjU ^^jl. -7. C. ^^. - 8. C^^.by!. - 9. B-
inoxiujvn mt nfo me ne^jUA.' — 10. C. ^^j^^- — 11. C. + -^i. — 12. C. ^üs*».-
— 13. C. »,UJi ^O'i. — 14. C. jkxX — 15. C. t^. — lü. C. Ii!j. — 17. C.
..._j _J! ..jJuj iJjJ c^j^ >-:uX!i' Uj l_yb _.»j A:;3li wsäjj »jjx. Jä.^. — 18. B.
« the prophet embraced him ». — 19-20. C. -^j^^^ — 21. B. 14. — 22-22. C. om.
— 23. G. om. — 24. C. bJb'. — 25. C. 128. a. om. — 26. C. +j. J-'.'-»^^'-- —27. C. om.
— 28. C. Jjl9>a-. — 29. B. « Arnos, Micali, Joel... » —30. C. '-^^j. — 31. C. Ur=j.
* The twelflh Wonder of the great salnt Anba Pisentius. ♦foi.i27b.
It happened one day that this saint was reciting the twelve lesser pro-
phets, namely our father the holy Anba Pisentius. There happened to be
present one of the brethren who was a wayfaring stranger : and the saint
began the recitation of the first prophet Hosea, and the brother heard that
he recited carefully and so he sat down outside the door of his little cell
and listened to him. There was a small grating in that door and light came
out through it. And that one looked througli to the inside of the cell to
see how his task proceeded, and he was there reciting and the prophet Hosea
was Standing beside him : and when he finished the recitation of the pro-
phecy the prophet kissed him on his head aud ascended up to Jesus
Christ the God, and his head was shining like ' the rays of the sun. Then he *foi. i28 a.
began the recitation of the prophecy of the prophet Joel, and Amos, and
Micah, and Abdaius, and Jonah, and Nahum, and Habacuc, and Sophoniah,
366 THR LIFE OF S. PISENTIUS. [54]
3
Mol. 1
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1-2. C. ^z^P^' ^r' i^.-'-^' -^^^ jL<^ ■w!^J' ^ ,U ^li ^.»lyt. — 3-3. C. j.JiJ
IjXs _ylJt ^M j.x^^. — 4. C. >J^^~N. — 5. C. ^ j^ ^ij'^\ JJ^. — 6. B. « the
prophet embraced him ». — 7. C. om. — 8-8. C. Ijj -^L'i. ..s (JAjI. — 1>. C. , »--'
Ij'. — 10. C. j:j,~.. — 11. C. oni. — 12. C. om. — 13. C. + w^U'. _ i/.-U. C. om. —
15. C.gJjJI. — 16. C....^* sy.^. — 17-17. Com. — 18. Com. — 19-19. C. om.— 20-20. C
^ J»ü. — 21. C ^JfC. — 22-22. C w:)U ^ Jlc JIL ,Lol ,'. - 23. C (128. b.)
^_^ JL ^ iiU j^lJ! >lj.ä ^,J sJ^ .,'~Jl JS' .\' JyJj ■>^' »J-''J '•^sTT—' sj._ij Jj
^f.^ ~\~s^j s,U>^i:5 jy l:^J^ J i;jU- JJ.lj !Jj-_5 JJsUl ^~Jl Jv,iijj »^;;> J^l
~jjJi,U J,*6 .,^ jJj.Li. Uj s^ä^I. ^_J;^j. — 24. C ÜlüJ. — 25. C ^jo "^ 'jjr .,' iXa>\^. Uj.
nnd Haggai, and Zacliaria, and Malaclii. And the brotlier bore witness
about the twelve prophets, ihat each prophet whose prophecy he recited
was present, that prophet was preseiit aiul continued so uiitil tlie saint
finished liis prophecy, and then the prophit kisscd liis head and ascended
up on high. And wlien tliat bruther suw it lie began to beat upon bis breast
and say : « Woe is nie, for I am monk only in name, not as this man who is a
monk indeed, perfect in the monastic ruie and in the sound purpose which
the saints adopt, because of the greatness of bis purity aiul the humility
of liis heart, and excellent is bis life and disposiliou. « And the brother did
not address hini ut all that day because he said in Ins heart : « IJehold, if
'foi.ijsij. he knows * that I have seen this revelatiou und this wonder bis griel' will
be the more increased and he will say : Sinee you kiiow this little matter
which was disclosed to you, then therc is no profit thcrcin to nie and I have
lost (the reward) of my work. » And when the brother wcnl up counlry iie
lold the brelhren this story and ihey said to hiiu : « This great service does
f55] THE TIlIirrEENTH WONDEIl. 367
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1. C. ^iJI. _ 2. C. .^^J. — 3. C. om. - 4. C. + C^l. — 5. C. »^3! ^i>. -
— (5. C. öm. — 7. C. -VsU. — 8. C. ^ki'. — 9. C. w-;:^^'. — 10. C. om. —
11. C. om. — 12. B. « when he raised his liands in prayer » ... B. then passes
to 118. b. above. — 13. C. sbUJ jjJj i:.^o .^i^ — 14. C <i.l«xi^. — 15. C. i-^^,-
— 1(5. C. om. — 17. C. 129. a. — 18. C. 129. a line 3 continues w',ä=. — C. 15.
contin. from 118. fi. — 19. C. om. — 20-21. B. om. — 22. C. S.-J\. — 23. B. om.
— 24. C. f» Li Ji-Ui U .j:^.)*^ ^ — 23. C .»t-Cb-. — 2(;. C. ^n,. — 27. C.
l.uLv i^^^^ J,. — 28. C. ^--s-"-'. — 29. B. om.
not amouiit to anythiag in comparison witli tlie great Services he has per-
formed. If thou hadst had a little patience until he stood to pray thou
wouldest indeed have seen the great wondcr wliich is reported about this
blessed one, cur father Pisentius, that at every prayer his ten fingers are
kindled with fire like ten lamps. » Who now resembles him in the numerous
Services whicli he per''ormed continually with great courage. * May the Lord ♦foi.i29i
have nierc}' on us by his prayers to our latest breath. Amen.
The tliirteenth Wonder nf the f/reat pure saint our father Anba Pisentius,
may his intercession preserve us from the enemy. Amen.
Hear, O my brethren and beloved, this great vsonder wliich happened
to that greatest of saints our father Anba Pisentius. One day as he was
Standing to prayer, behold, a scorpion stung him. But he did not cease
from his recitation until the pain spread to his bowels from all the poisou
of that scorpion, for the scorpion was large and deadly, but he stood and
'fol.l30a.
368 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [56]
^dJd ^JU::*Vlj ^1 dUi ^^ 3^j| ^^^ s^Ji i,^^ ^l^ i jj^l ^j-
■foi.i29b. ^dUi <£■^j^j ^■!iJ3yUi\ jUI dlAr 1^^ ^aJLJIj lüJL •U«. ^\ * ^!s^l xj-üI
^Lj cS^ iJS (J iiläzjij "CÄJjJ <u.3»j ^Ji. isJj>tfc)j A.ul i-c—.,^ ijjj «jL.,»j>- /^i^'
fwl^ls 4jti Ui ^_jUl»~o ^jUL—o j-jlZj—j JLr* ^j'!)^' ijjljj ' rc_oLi« |*,j-*ob_5 j^A^ri^
1-1. C. om. — 2. C. jJü. — 3. C. J"ill. — 4-5. C. tj^ ^^^-.o.. — 5. C. JU:;:^!^.
— 6-7. C. om. — 7. B. passes to HO. a. abovc. — 8-8. C. ^J. — !). C. om. —
10. C. om. then passes to HO. a. above. — 11. B. 21. — C. 148. a. -«^Oi. ... j^!
J JJJI J^ ^s,ÄJl ü ... *jl — 12. C. — 13. C. .XJ^a '.>l_j. — 14. B. 22. — 15. C.
om. — 16. C. \JLLi. — 17. C. »aj ^Ji*xi.». — 18. C. om. — 19. C. om. — 20. C. om.
— 21. C. + J l^)Uj SAic J\ .^, 'y' Jij. — B. 23.
endured with patience and endurance in that sufTering witli much fortitude.
And when the Lord observed bis patience and endurance at that bitter
•fol.i29b. mishap * he favoured hini with healing and health from that inilammation
and made all bis pains to cease. And be began to magnify God and to praise
bim for bis niercy to bis creatures and bis oversigbt over thein at cvery
time and every bour. May the Lord have niercy on us by bis prayers and
forgive us cur sins. Amen.
The fourtfcntli W'ondcv ofthe c/reat saint onr falhcr Aiiba Piscntius.
May tili' hlcssiny of the Lord savc us from the enemy. Amen.
And alter this bc rose in the middle of tbe night and sprcad out bis
hands to heaven. And as be stood at prayer be bebeld a wondcrful vision
of angels of light. Bebold, three angels appeared to bim in tbo likeness of
nionks clotbed in boly white garmenls of ligbt and they were goodly in
aspect and in tbeir hands were keys, and they called bim three times,
'foi.isoa. « PIsentius, 'Piscntius, Piscntius. » And he answered them saying : « Bless
^571 THE b'OUHTEEXTH WONDER. 369
y. '-'di-U dJ^I ^Jül '^ jV <- ::-^il ciiii ^MJ ^Ü, ^ jyC- >l^ JVI3 ''<-l^
lyl ''-^-k^l i:^^ ' '^Miyt dUi j^ ^"(>^' ^ <-^ ^:;^b j^^' ^^ cfi-'^'^ ^ß 'foi.isob.
l;l 32;,^l 31,j^ J 30 ^_| ^ 29 j^ _^ '.'SU JUI ^J>)1 >^U, J ^.3
^6^ A^L ^V JiDl ^3^1 1^ 35^^, 35., ^ 34^J,uJI ^1 33^^^X_J1
1-1. C. j,xi ^i^L U. - 2. C. .j^'. - 3. C. J!. - 4. C. ^a:^. - 5. C. +
Ljl. - (i. C. om. — 7. C. 148. b. - 8. C. U^-v^. — 9. C. + ^CJ ^biJI
. ^Lx^ lo. - 10. C ..L.J. - 11. C. 13. om. — 12. C. ^.,U. - 13. C. om. -
14. C. Uy. — 15-15. C. B. om. — 16. C. + oi.-b. — 17. C. om. — 18. C. jVa.
— 19. C. om. — 20. C. + ^,"^1. — 21. C. j^^. — 22. C. .^9^. — 23. C. ,U. —
24-24. C. om. — 25. B. om. — 26. C. Uy. — 27-28. C. B. om. — 29. C. li.U v_.UU.
— 30. C. om. — 31. C. 1j.>. — 32. C. om. — 33. C. ^j'-''. — 34. C. om. —
35-35. C. j^. — 36. C. ^^'.
me. » And then ho observed them and said to tliem : ft I swear by your
Coming to me tliat I deserve not your arrival, for I am your unworthy servant
who soon will be roiled in the grave. » And they said to him : « Know that
the Lord hath sent us to thee with this message, and he commits to thee the
keys of the orthodox churcli, so now receive them in thy hands, for it is
God, hallowed be bis name, who entrusts thee with feeding bis rational
lambs and watching over bis church which he has purchased as bis beri-
tage by bis pure blood poured out for it. So now do not be disobedient to
tbe command which is given thee, for be who commands thee therewith
is the Lord most holy, in order'that thou mayest be a shepherd to bis con-
gregation, so do not hold back from it. Behold, *the clergy of tbe church will 'foi. 130b.
come to morrow in searcb of thee, for the Lord has appointed thee a shepherd
to pasture ihe Hock of bis rational lambs, for be who has given thee charge
over them is tbe Good Shepherd who Icft tbe ninety-nine on tbe mountain
and went in searcb of tbe lost sbeep. » Then be said : « Whence is tbis
office to me ? — I am a wretched miserable sinner unfit for this heavy bur-
370 THR LIFE OK S. PISENTIUS. [58j
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jj jil J Ijl '^"*Jyi|. '^is ^-'(j-U-i)! LI LJsj Jaiä j_;"liC!l J.»^U ,j-1jJ]| J |.-^"V
1. C. siit. — 2. C. 149. a. — 3-3. C. wS~0. — 4. C. om. — 5. C. ik.1. — 6. C.
J^iJ. — 7. C. + jjy^.- — ^- ti- oni- — 3- tl- om- .J- — 10- ^- 'iP'—J c^'- —
11. C. om. — 12-12. C. ^yi.>. — 13. C. om. — 14. B. 24. — lij-iö. C. ^Uj bii.
— 16 C. om. B. contmues « it is said... not » treating wonder VI. as separate. —
17. C. + J, B. ninÄfA2xE^coc me jy^HT. — LS. C. om. — 19. C ^^c. — 20. C. om.
— 21. C. ,^;^y^p. — 22 B. c. and ordainod him.. >.. — '->3. C. + oJ.)i. — 24. C.
den, for I am in distress and unable tn give answer for my miserable soul,
how can I answer i'or the sonls of otliers? Do you suppose, brethrcn, that
the command ye bring me is a slight responsibility ? But I pray and ask you,
O fathers and beloved, wlien yon approach the Lord, ask for me who am
a miserable wretch so that tliey may prepare the way for me that I may per-
â– loi.i.'Jia. fect the promise *of my monasticism. But as for the task of the episcopate,
it is not suited for my lowlines'^. » May the Lord have mercy on us i)y iiis
praycrs and forgivc us our sins. Amen.
The, ßflccnlli Wonder of the f/rcdl sdiiit Aiilui Piscnliiis.
May the Luid hure nierri/ on iis In/ lii.s praijcrs diul j(iv<iirc us oiir .sins. Aincii.
For it is said in « the Garden of Monks » wliich is ihe desert of Scetis,
concerning a brother whose name was Theodore, tlial ihe brethreu urged
him that they might ordain him deacon. Tiiey pieaded witli him and then
they said, « Thou art to serve in tlie sacred rites and bcar tlie clialice only,
and communicate us as the deacon. " And he said : « Unless the Lord ap-
. » Inl. l:nij.
[59] THE FIFTRENTH WONDER. 371
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OUl JJUiJl '^-•^^^ 23^^, W^.,- J j,tO| J^J\ \^ jl^ V.-,( .ML^^, ^\
1. C. ^. — 2-2. C. ^^j^. — 3. C. 149. b. — 4. C. Uy. — O-ö. C. j. —
6. C. .^.U j™^ ^. — 7. C. V=.- 8. C. om. - 9. C. j^'^. — 10. C. UjU. —
11-11. C. UJ.' jy J' 1^1 ^^..^. - 12-12. C. om. - 1.3. C. ^. ,^..--/;. - 14. C.
+ ^j:^ jl — 15. C. jX. — lü. C. ^y-M. — 17. C. ja=U. — 18. C. ^ijj-^j)^^-
- 19. C. ^ ^Ul iiL. - 20. B. 25. - 21. C. b' U-^ll. - 22-22. C. om. - 23. C.
+ JiG ,^^1 i.jU^. — 24. C. om. — 25. B. tßkOT. gA ha^ ^Rhotj xinA^fH-f
me -^nAEjc wtfAniKon. — 20. C ^^/.- — 27. C. j> -■»; ^^;^:'. ^,1. —28. C.
4^^^-^. — 29. C. om. — 30. C. ^j^^.- — 31. C. om. — 32. C. o-^'- — 33- f..
add. 3- — 3't. C. 150. a. — 35-30. C. om. — 37. C. -^'. — 38. C. ^^=- — 39. C.
prove ine and is good to my soul I will not do that spontaneously and of
my own accord. » Then he prayed to the Lord saying : « O Lord, show me
the truth of this matter, should I hold aloof from this Service, or dost ihou
approve * my Service? » Then God opened his eyes at once and he saw mo1.!:u b.
a pillar of fire Standing erect from earth to the height of heaven, and a
voice cried to him from above saying : « If thou, O Theodore, art able to
Support the like ofthis pillar offire then go and be ordained. » And when
the holy Theodore saw this wonderful sight he took heed to himself not
to serve in the holy rites lo the day of his death. And now, beloved, if
this perfect man adorned with all lofty spiritual virtues, refrained from this
olHce and did not of himself consent to tliis promotion which was assi-
gned him, though he was worthy of it, how much the mon' L tlie mise-
rable sinner who am indeed unworthy to unloose the sandal of his feet.
Verily a brother in the desert of Scetis has told us concerning this same holy
Theodore, that there was not found in his time a man like him in the 'i'o'- i32a.
372 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [60]
JbUl lÄA jl^ ^Ulj 'CjLc. (j~^3 ^^jy ^^ J 'yi'_ j^^ "^J J -^y.. tj-^
Oj^Jl ^;;ij M ^jaJI JI i^a. jl AiU^ ^Jl '^Li u^j^ is^^j M
<jyj<)i <^yij ^-ii-vi ^^ jit '^«>~J^. !>5-^y <aJ* ^'^j <.üi j ,>~^i
*fol.l32b. dii ^^,5^^ j^ ''^^ '-^ A.:.k:l^...a11 OA. d^^ l^>.^_ jJiJl (.M^ 24ji;j ^-^ *
1-1. C. om. — 2. C. bU. — 3. C. + sJ-s. — 4. C. ^ ^!. — 5. B. « abstai-
neU l'rom functions similar to the holy priesthood of whicli he was not worthy «.
— 6. C. om. — 7. C. j^. — 8. C. om. — 9. C. ^-. — 10. C. om. — 11. C.
ij^oj. — 12. C. s^rOI. — 13. + Ijjs. — 14. C. om. ^. — 15-16. C. aj v-J^U
^l^JI ^ j..^}\ ^! ^A ^..U ^^ U ^^^' ^.»j /^. -'ij ^ ly^r^l ^^jj-^j ^^.^'
»^ t>_j*=. !.>U. — 17. S. 40. a. C. iA^j. — 18. C. Ij>.li! ^. — 19. C. ...j Uiw! !j^^-~aj
— 20. C. J! o-^-J ^r--» ''^ »w^^^ v^t^ U-U lis i^-v. — 21. C. -i^.
^^i;^^ Sjj^J J^M .^j) ^1 mU^ i^^P' jL ^.- — 22. C. 150. b. i^-^. — 23. C.
24-24. C. ^U. — 25. C. -:^^'. — 26-26. C. kiä ^:j^ J\ w lylj »jJ^i-l
».j.äj.äj ,! '..>l,l UJ..
l?-'^«^ j' 'J-'.l'
purity of his life and the excellence of his Service. And this great servant
was fit, but he abstained from serving in this minor office. And who am
I, the unwortiiy and laulty in the world, that they taice note of me at
all for the like of this great responsible and lofty office? « But when
the Lord, blessed be he, willed to advance him to this lofty rank
and apostolic olfice according to his deserving, because iie loved solitude
greatly, he went and hid iiimself. When the God-loving clergy sought
him in the desirc to take him and scat him on the episcopal throne and
at the head of the clergy as he deserved, they found him liiddeii in the toinbs
'foi.i32i). on mount Shama. And when they laid hold of him he cried with a * loud
voice and said the words of the great onc, .lohn the putriarch of tlie city
of Constantinople; « How have I desired thee, solitude, were it not tliat
they called upon mc I would have bcen satisfied witii thee. » Then tiiey
brought tiie suint and scntcd him upon the episcopal throne, witiiout his
[61] TEIE FIFTEENTH WUNDER. 373
8^b y>" -(v^ ^3 ^Vl 1a* J ^<:, ^1 c^ ^U ^^1 ^^ ''^U,
jij'j ^^ji- : . . ui ^_-ü)l L^V Ali;; U ^_^\ '"JU^ ^1 ^ÄJl ^* i> ;i^" ^
^•1 Ulj dUip j lyl <xJI <i^ li y^ ^^j^;;—- cTJ^^--^. cTJ^^—^ ^1^ ^*^*
a;I ^yJJj- ^'^^c-~JI ^-~;. ^>j J\ ^U>1 ^^ c-üij (^=>=-= Or-j v::-^ • ^>^3
1-1. C. JUs. — 2. S. 30. b. — 3. C. Jc^y — 4. C. + ^. — 5. C. om. — 6. C.
l«li. — 7. C. L."i!lj. — 8-8. C. lj;x:o jTi! — '.)-9. (cf. 133. a. below) C. omit. S.cites
Ps. 45.10., then continues as here. — 10. S. 41. b. (after account of discourse
between the clergy and Apa CoUutus in 40. a.) « And the holy Apa Colluthus questioned
him saying — 11-11. S. « wliich is tliat of the chieF of the aposlols. » — 12. 42. a.
— 13. S. « my abode ». — 14. S. « nothing can happen without God. » S. then expands,
citing. Ps. 109. 4 : 2.7.
seeking it; he had not desired the honour, but it was the honour which
sought for him. And they who went after him bore witness to ns that he
Said; tc Were it not that I feared to be disobedient to him who comman-
ded me, I would not listen to you in this matter, even if you had taken my
head Crom my body. » And the clergy said : « Let us ask the holy Anba
Colluthus about this wonderful matter, and say to him : Whom do you
think has givcn command? » And the holy Anba Colluthus spoke with our
father the holy Anba Pisentius, and he said to him : « A little while before
the clergy came in to me, about nightfall, *a voice called to me and said to*foi. i33a.
me in a vision three times, « Pisentius, Pisentius, Pisentius, behold the clergy
of the church come in search of thee, so do not decline the office which God
and Peter the head of the angels have conferred on thee. Do not disobey
them, but rise up, follow them, and let not the church be a widow. And
when 1 heard this from him, behold the clergy were already coming to me
and calling me. So I arose and went in tlieir Company and cast all my anxiety
upon my Lord Jesus Christ and in my knowledge that there is nothing good
374 THE LIFE OF S. l'ISENTIUS. [62]
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1. C. continues from 132. b. above. — 2. C. »W ,-0. — 3. C. Lü. — 4-4. V..
om. — 5. C. J-i. — 6. S. » A. P. took his scat ». — 7. C. om. — 7-8. S. om. —
8. C. om. — 0. S. « witli perfecl heart >.. — 10. C. om. — 11-12. S. om. — 12-12. B.
28. (( In his countenance God showed great grace ». — 13. C. a^ a-u' **xjj. —
14. S. « God ... — 15. C. om. — S. « likc Joseph ». 42. b. — 16-17. C. ^^ J.
— 18. C. ^. — 19. C. om. — 20. C. as'-^. — 21. C. i^' J^"^ wl^'^. — 22. S.
om. — 23. C. 151. a. — 24. C. ^}^. — 25. B. contin. 29. « so that he miglit by them
give alms to the poor ... B. then passes to wonder XXX. 61. a. below. — 26-27. C.
:>ac ^.^Ks^- jJ4>. ^. — 27. C. omit j. — 28. C. *^*^ J^ ^jJl >=.t ^JU. — 29. C.
^Ul. — 30. C. -f _j. — 31. C. om. — 32-32. C J/j. — 33. C. yL. — 34. C.
Jl. _ 35-36. C. ,_,Uj^I. — 37. C. a~.L) ..,15". — 38-38. C. k^ ^. — 39. S. « accor-
ding to the canons of the apostles ...
save what he commauds. As ihe wise oiie, Paul, the tongue of sweet
savour, says : « Let no man seek to assume honoiir for himself, but lei it
come to him from the Lord'. » And so they seated him upon the episcopal
Mol. 133b. throne of the city of Qiift and its envirous 'meritoriously and perfectly as he
deserved, and the Lord Jesus Christ gave him abundant grace of presence,
so that no man was ablo to gaze upon his face for fear and droad of his
countenance, and the grace of God appeared in his face. Who could relate
the miracles of this saint, or connt liis many acfs of benevolence and charity
which he did for the populace and those oppressed by poverty? — and this
not only in the land of Quft, but he spread happiness amongst all who had
recourse to him from every countrv, he received and helped them in the
matlers for which they had recourse to him. And all they brought him every
year from the monasteries, according to what was obligatory by the usages
1. Heb. 5. 4.
[«3] THE SIXTEENTH WUNDER. 375
^^jL.j '^ jj '«jl^j-l o> '^Ji ^\ ^ ^-LUl ;5J^ I5^b ^^ä\j 0^1 JU
L^^r^' tV^^ wJv«-i)l (*;-"^ (J^ aJI^j Jo-.;1 ^^»jt ^Uj "CjLt A-.^j '*ä_p-3 ^_^l *ful. i:i4b.
L« k_....»- ^..-iaJl LiiaiJl ^liCrj! -s. \yc> i-v5sA X-Ils (^=^_yj \^ <*r^^ y^3 ■^°-''
1 C. -|- .li-r J.) ,i i^-' _.*Jj j'-> L'i. — 2. C. 'iJi;:*^'- — 3. C. om. — 4. C. om.
— 5. C. jJJI. —6. C »y^^.. — 7. C. om. —8. C. ^*9-. — 9-9. C. 1j.äI Jbo J^. — "
10. ^^ (?) B. inserts matter as in 133. b. alove. — 11. C. UjUar-', lylT. — 12-13. C.
j^.. — 13. C. om. j. — 14. C. ^3. — l.j-l."). C. 1^1 ^i^.^ ^t. — 16. C. j'jj--''.
— 17. C. ^J f^^y — 18. C. .Ji^x^jl — 19. C. + o^Uli!'. C. then passes
to 149. a. below. — 20. .o-^' — 21. .^W. — 22. S « with exceeding great care ».
of the episcopate, he sent privately to godly men who feared the Lord
that they might spend it all on the needs * of the poor, and you know also "loi. 134 a.
the amount ofthe abundance which they brought to him before those days,
that he collected in large quantity and began to distribute charity from it,
and sent it to all towns and villages for those in poverty until it came to the
city of Aswan. And in the time of drought also when the poor lacked bread
and did not find food, he was not indifferent to any one of them and did
not forget them at all, as ye know. May his blessing be with us. Amen.
Tlw sixteenth Wonder ofoiir lioli/ father Anba Pisentiiis.
In course of time as our holy father Anba Pisentiiis was pasturing the
flock of sheep which was bis charge in the power and fear of thö Lord,
his anxiety and the height of his zeal increased : he sent a letter to all the
people * who were in the diocese of Qift, in which he rebuked and upbraided 'ioi.i34b.
them saying thus : Cease from committing great sins, as it is said that God
376 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [64]
^L pA-UXij ^^i y^X jv?^ J^'^J lÜasJI Juju ^ ^ V"^*-*. *^' J^ J^
^'Ij ^Li ps-^" Vj ^t-^ ^j^ (.5*=*—'" "Vi *-«-=v'' (j-* '(^ ^' ij-^J »-.AüJI <— U"
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vJJj ^ (♦--'1) (^-^J isUaäe)i Cjiy> ji ^^yS^^ »Jt L»3 <1«) ,^ ij^ (»Ij ivV'J J^^
ffoi.i35a. "Ui |_i^^ J _p -cl j»W ^_i^^l U3 (n*^^ ^iT^J b^ '-»— J^ rr* inr^ •r'J^^ * ->^^
1. «i-^Xjj. — 2. B. « and niake us sulTer together, for he will not blush 'n^rt-
Äiy^nvl before an old man. » The letter given in B. is the same substance as abovc.
but more briefly worded. That in S. is to the same effect but different in its details
and in its scriptural illustrations » S. 43. b. continues as in 13 b. a. below.
is angry with him who commits siiis, and he will bring on you the barbarians,
and will afilict you, and will cause a pitiless nation of conquerors to opprcss
you, men in whom is no mercy, who will not spare an old man nor have
pity on a young man. Also he will bring on you drought and famine, thirst
and distress. Grievous were the misfortunes which he brought on Pharaoh
in times past, so that he overthrew him and his wise men in the sea and
destroyed their memory, and made them perish utterly and caused them to
die, not wthout curse, as it is written, The death of the sinners is miserable '.
And 3'et you are addicted to sins and offences and arc in discord like the
'foi.Una. peoplc of Sodom and Gomorrha, thosc upon whom the * Lord rained from
heaven firo and brimstone and overwhelmed them. And 1 warn you that
unless he had done righteously according to tlic greatncss of his merc}',
that there should not bc a second flood upon the carth, you would havc
found all the world destroyed by a flood, as he did with the sons of the
giants who rose up and rebelled, and he condommed them to everlasting
pnnishmcntand cast them into the dcpth of the pit in the abyss of darkness.
.Vnd as for you, your olfences and sins are very much more than theirs.
1. P. 36. 38 (?)
[65] THK SIXTEENTH WONDER. 377
Vi (v*^ jy^i^j (v*^V3l l;^ '_J-*-^. f-^-^ ^Vlj lyL-üj l_j;_^j \y^' ^ui i>l »jUjI ^
ij^i'L jl Vj-*^. ^J .l'V'"^'-5 ^y^.. ö;.-^' ^ '■•^J «^^"^^ viU-oj Ifl^-uu ^Ä)l
LÜaiJI jiÄA t^UVj (j-iJM] •»^Jl »l'Vl ^L<"j^3 •s^^ J^^ (^ (Vj^^J jyi'
lii ^^Vl jj^>- |J il l^l^ LiVl iÄA jl ^Jl jU J^ K\i\ JU" Ui jjC) jyi Uj
1»^ ^_iL L j_j,b Ij^AiTj p^LUai- ^y- [)*fvj * l_yjij" J Ul S^\ düÄJ >Ui lil 'foi. 13(13.
Behold, you covet, and fornicate, and act wrongly, and the fathers amongst
you know of the fornication of their sons and condone them, and do not
instruct and exhort them and make them marry with reputable women
according to the usage of people who are obedient and chaste. And so it is »foi. 130 b.
that they become partners with them and take pleasure in them and approve
them in their rebellious deeds and ofTences and commit sin. As the apostle
wrote saying, « Do not abstain from deeds of sin only'. » Bot they are glad
and take pleasure in those who do them, and thus fathers also with those
who do so and mothers also know that their daughters commit fornica-
tion and consent with them in deeds of fouluess and acts of wickedness
destructive of the soul. And because of these very sins God has forsaken
and forgotten them, and will deliver them to the ferocity of the barbarians,
and bring on them all trials and sufTerings. And I say to you, as God said
by the tongue of the prophet, that for all these things if they (ye) do not
accept correction, then he will bring on you severe plagues of diverse
kinds without any remedy. Further also I bear witness to you, not as a
prophet or apostle but as a fellow man not worthy of the priesthood which I
exercise, I do not commend you in this if ye do not change and turn awav
from your sins. * So repent of what ye have done in the past and each one of »foi. 136 a.
you bring forth fruits meet for repentance, and bewail often, and let fasts
i. 1 Thes. 5. 22 (?)
PATR. OR. — T. XXII. — F. 3. 25
378 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [66]
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11 ^^1 J>1 1% A.U V^ i ^J ej-i-:^! -^" ü-J^^;— r: ^'^ o-:.-^^' '"^^J
1. S. continues 43. b. — 2. S. 44. a. much expands this commendation to mcrcy and
cites the parable of Lazarus and Dives. — 3. S. Ihen onives general encomium upon Anba
Pisenlius (45. 1». — 40. a.) and proceeds to next wonder. — B. 37. passes to (he encycli-
cal letter of Damianus (142. a. below.) — 3. C. continues here Irom .3 (144. a) :
133. b jr,. B. 51. from 167. a. below. — S. 46. a. — 4. C. om. — 5. C. -|- ^.'i.
— 6-7. C. l*'^. — 7. B. « to Egypt » — <S. B. « the Perstans. » S. « e««oc. lliat is
to say, the Persians. » — 9-9. C. J-o. ^Is. — 10-10. C. i^y^^,:^. L)' ^^^-i" ^j^ j'j
JjJ^t ji. — 11-11. C. i^;!i-- -Ji^ -^'^. — 12. B. <c my father put the bisho-
pric in order, all the goods found there he gave to the poor, and we went away.
increase in your mouths ahvays and do mercy, for mercy is better tlian
wisdom. Now the third angel present in the fire with God was the angel of
mercy, and mercy is that which protects nien l'rom death and does not permit
them to draw near the darkness. » And also he said about mercy : « Have
recourse to mercy. » And he said also : « Seck mercy rather than gold, and
as far as it is in thy power give alms and do acts of mercy, and remcmber
the conflagration of the Ninivites because olthc scantiness of their mercy. »
And this is the text of what he wrote to the people who wäre in his diocese.
May his blessing save us from the accursed enemy. Amen.
"fol. 136b. * The seventeenth Woiidrr of our fnlltcv the Itulij Anba Piseiitius.
Again it was in the time when God scnt on iis the people of the bar-
barians because of our olfences and sins that our holy father Anba Pisenlius
hid hiinself in mount Shama from the Persians who at that time did not
hold Qift. Then I, the humble .lohn, was bis servant and oompanion in his
[67] THE SEVENTEENTH WONDEH. 379
llis-W Lft-^' Li>-xJ ^_i:it« aJ ['^[R^ vi..:- L>_,;3 U Li^jl LL Ia.va) AäSL»- 'jj
o^V'j ^iIäJi «;Lj <,Üi IjAä^3 ^_>-^f^j J>*^ ^ Li-aj'lj jVl ivUÜ Cjbj:^! /'■'-^
.-J^l ''1^ 'tL-*"' ^^*^' (-tM** 'l.-^"^^ ^ H^!3 '^-*--' (t'' dlLafr )«Sjl aJ Jls jl 'fol 137a.
^VLUJI -'py jL._^l oLli j ^AüJI ^1 J\ J\ btl^ dJl> jl^ Ul |jL5Ca
1".^^ l;xt ^ 'y ibl '*L ^;V ""Llii .^ c, j. j»)^^ l;x^ jl^ ^iJI ''Ul
^<l ^.1 i^L <:^ L^A V3 <.Ü1 ^U. ''^^J J Jlij '2^1 ^l^U ii'Ul 1'^
He saidto me : Jolin, my son, do not he sad because we abandon our liome, the Lord
our God will not abandon us, he will take care of us and bring us back to our abode,
and all the goods we have given to the poor, Christ the God (52) will return to us with
increase. » Wlicn we reached mount Gimi we hid ourselves there. Night and day
my l'ather prayed God to save us as well as the people from servitude to those cruel
gentiles. It was at the beginning of their Coming to Egypt and. ...»
1. C. Ü«,-- 'j,vd.U J ^,j.C A=^U J^"^ ^'ij ^! p\ j,. — 2. B. « and when we
had waited a long time in that place. » — \\. S. Now that was what happened in that
case also. And when he had departed to his hiding place I myself went with him
and we remained in that place where we had hidden ourselves. . — 4. C. om. — 5-6. C. '
.-• jAi. — 7-8. B. om. — 8. S. « 1 said » : S. makes no ref to the other priest present.
— 9. B. S. om. — 6. C. Ut ijiJ jb' Ussli y_y)\ (.I.X5 ^ i^Li, ^^ ^j, l>.>^,
._5 U! ^ Ux^ ^jJt iy ji J\ l) U! ,j:^lliij U*^ }^ ^jJI _ 10. c. +
12.
U. — 17. C. JX'Ü
11-11. C. om. — 12. C. ^)..'-i3'. — 13. C. + ^;jlL>.. — 14-15. C. om. — 16. C. om.
needs. And we filled our vessels witli water aud put them by the dwell-
ing place where we were concealed so that we might find them at our need
in all our conceahnents. Now take note and attend to what I say and wonder
and glorify God who doeth won'ders and signs in his saints, as he did to
the children of Israel in tiraes past by the band of Moses the chief prophet
when he said to him, Lift up the rod which is in thy band, strike therewith
*the rock and the waters flowed out for the people to drink. And there 'foi. 137 a
was a priest who came to my fatber the saint at that time. The little water
that was with us was exhausted and there was none left and we said to
my fatber : « O father, we have no water left. » And my fatber answered
and said to me : « God bas not forgotten us and will belp us, my son. I
trust in God that he will supply all that is needful for us, for he bas told
US, Do not be anxious about the morrow, for every day bas its sufficient
380 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [68]
^_jyS~j> ,Js3 \y^- -*.»-j5 l-?ä.'.'.^l ' «>tAj jUo^^^ <3^yuj\ Xj>iiiJl C~>ü L^l KSz^\
'foi 137b. ^LA.J /.lü 'Ul ^^Ij Jo J d!>Ul «J JliLi 'L« _^iv^ Jjjjj '"'^b -^^ f'y^y*
J5C> -kxj- a;I jLü ^'^ij\ cl»la)l ^1 '^cT^:.^ lJJj c5-^^ '"''^ -'^'-^. "^j jf- ^\
dU^. 21^ 20^j| j\ 19^ (_^| 18^-JI 16^_j,^ 17^)1 j^- If-L^ ^ ^_ ir.^j
^Xa ^ >3^/^\ \^ "^(^^ ij J^ Mi iijJLj' "•^^ jl JJ ij^ ^''•01 j_^1:ä; Lj '-'""Jlt
1. C. a;£ iJ'^. — 2. C. LI)'. — 3. C. om. — 4. C. om. — 5. C. iyU. — 6. This priest
only mentioned in A. text. — 7-7. S. om. — 8. S. gpA«M.En B. om. — 9. B. om.
— 10-10. S. om. — 11-12. B. om. — 12. C. oJ-"^. — 13. C. U,l — J^j\ sji3i J
aUI alLI IjI (124. a.) ^\f_ \J^ _y>- — 14-14. S. « God visils us if we observe iiis
dispensations. )> — 15. C. _y^.^. — 16-16. C. J^i ^j" i.,'^- — 17. S. ^^A>^Mu^2i.ocâ–
18. C. wsJ'. — 19. C. v-t.^. — 20. C. jU!. — 21. C. j^y — 22. C. om. j;. —
23. C. om. j. — 24. C. om. — 2,5-25. S. <. for God ». — 26. C. om. — 27. C. ^-Ji^
«JL. — 28. C. om.
evil'. » And in the case of the prophet Elias the Tishbite also in thc desert
ravens brought him bread at dawn and brought bim meat at evening, and
again when be rested under the tree known as bartbman and slept he awoke
and found unleavened bread placed by bis head and a vessel füll of water
'137b. *and the angel said to him : « Rise, eat, and driiik the water ». So Elias
arose and ate the bread and drank the water and went in the strenoftb of
that food forty days and forty nights without again cating bread or drinking
water". It was he who sustained Elias the prophet witii supernatural food
because he followed him with all bis heart. So we also wiien God visits our
weakness and concealment and 'sees our hearts directed in bis love he takes
care of us, as said the prophet David : « Gast thy bürden on the Lord and he
will sustain thee and care for tbee. » And our Lord Jesus Ghrist to whom
be glory, says in bis holy gospel that your heavcnly Father knows what ye
need before yc ask of bim. And when my father had said this to me he
I.Math. 6. 34.-2. 111. Heg'. 19. 8.
[69] THE SEVRNTEENTH WONDER. 381
' J^ ''^ -»^ ö- ^i-^ Vt^3 "'J^ '-'J^'^J ^V^ '^^ ^ '^'"^ V*
üJk.^ jl^ ^ Ul Js_^ jl^j ^J^j^ f^.l '^''^' Ci'^. (^^ j^J <Lä)1. IJ>1* J *^^
U.J J JU- •'^2^* c^l ^j^: VI >i;. ^^V JulOl ^_^V1 (._^. ^^i ^>. p)U Ul«
1. C. om. j. — 1-2. B. <■and lefl me alonc «. — 3-6. B. om. - 40. C. om.
— 5. S. « stretched myself ». — 6. C. ^^pi^'' c^.J-^ ^jr^ ^r*=^^ ^ J^^- —7-8. B. S.
om. — 9-10. B. om. — 11. C. om. — 12. C. ^Jj — B. « a füll hour and ... »
— 13. C. J-JO y^. — 14. C. -|- .\i ja \i^j ^■^■- ~ ^^- ^- °'"- ^ ^'^- ^- °™- >'
— 17. C. L.(.j. — IS. C. J.;i-. — 19. C. ^■S'/. — 20. C. J^/- — 21. C. jj^'-
— 22. C. -f J'. — 23. C. ■J:^::^il —24. C. .\Lj\ — B. -f- « lioly ». — 24-25. B. S.
« tliree days ». — C. -f- ^^'. — 26. C. om. — 27. C. ^_.. — 28. C. U^. —
29. C. 134. b. Li.. — 30. C. iiL A-UL; *JI U \x\^ ^y ^/^V- ~ ^^^ ^- °'"- ~"
32. B. S. om. — B. -f <. the .dder ». — 33. C. om. - 34. C. i-cj'^J. — 35. C.
doparted from nie. As for me I cast myself upon the earth and spread the
cool sand upon niy stomach and threw myself upon * the ground, soorched 'lui. issa.
greatly by thirst and by the severity of the heat. Then my father was a
long time absent at a distance from me by himself, and he returned and
came to me, and his eyes füll of light shone like stars of heaven, and he was
cheerful witli a cheerfulness like one enlivened by wine, and said to me :
« John, I perceive that thou art faint with thirst. Go to the place where
the vessels of water are and drink. » And 1 answered him saying : «
father, the vessels have been empty since the third hour-yesterday, there
is no water in them and we have nothing in our abode at all. » And my â–
father used to fast three days in succession, and frequently when his body
was free from sickness he fasted the whole week, he did not break his fast
on the sabbath day. Then he said to me again : « John, why art thou of
so little understanding? — go to the water and drink and quench thy
thirst, for I perceive that thou art faint from thirst and * this pain of thirst *ioi- i3tb
382 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [70]
J^ J d-*=^ A-«_y jl (»_y ij '*'^ IÄ5Ca JLäJI ji-iafr kiJ.~lt ^»-a ^ Jüj «jifli
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foi.i39a. ^£J a; liyy '3^;1 <^i ''ä:^lj-!l j 'LJi jl ^1 * "U Jli 1-^ J •"Jl^ Uj
^_ IjTaaU ^^^1 A,_jÄfr"Vl dllr >_L^j JäZwI V ;^iJI ,^1 l:=>-_y_ t'l 1,1 ^_ ^^
U .UC3VI ^^<3 ö-=- Ji O^ '"^Uj ^l\l=i^ J^\ ^ Ul 1^ ^ O^Atl
1. c. .j^-U^. — 2-2. c. oX~'Uj. — 3-3. c. ^jü jU-"l ^.-U
. .X-fl-J .
4. S. tlOJJLO^EHHC. — 5. C. IJs. ^,x^ J.=.L >^aJ J L> UU IjJ. jl^ 'i'-' ^i^x." ^r'
— 8. C. om. — 9. C. JoJ^. — 10. C. om. — 11. C, + ^^j' b ^J. — 12. C. ^x-j^'.
— 13. C. ^::,J!« i;;™J. — S. « in one of tlicm w liicli we have lorgotten ». —
14-14. C. ~j:^^. — 15. C. vJuJL^. — 16. C. om. — 17. C. L'^'. — 18. C. nm. —
19. C. oX-b 0.»Jj»Li. U.
has come upon thee. » And I said to him : « Yes indeed, (J t'ather, I ihirst
and am laint. But I teil thee in tnilli tliat wlien tliou didst retire to tlic
recesses of the desert and conie back to ine I saw thy face üUcd with light
like the face of Moses the prophet, and my courage was restored and thirst for
water departed froni me. » And he answered and said to mc : « Is tlie thirst
of the deserts thus difiicult to thee, just for a day or two whilst we did not
find water to drink? how much more severe is it to thosc who arc; in tlie
torments of hell and the fire of Gehenna, and tlie worm which does not
sleep, where is the dense darkness and the liery river which llows bcfore
the true Judge, the one before whoin each one of us will tremble indeed i*
niy son, talling into the hands of the living God is very dreadful and
♦ioi.i39a. lerrible; * I suppose the water is in the vcssels and thou hast forgotten it, and
a remnant remains in them. » Now 1 the wretchcd John who am unwortliy
to relate this miracle which 1 saw witii my eyes and myself perceived, — I,
wretched and despicable because of my sins, when I went wlicre the vessels
were, 1 declare to von, O beloved, willi Ihr fear that would seize any of
[71] THE SEVENTEENTll WONDER. 383
^ ^\:J> \j^ ^'^j -^^bi^ j^\ 'V ^.ül 'Ul SSii j^i '^J 'L, 'i.y^
"^^ i.jU. ^ "^a::^^ ^-^j ^' c?:' â– '^- ^^'^' ^^^ ''^^^ '''0>'^
J:-^ k\jl, j^3 i^l AoUi (^r-^ _^ ' r^-r-*^^ P>~' —'^^ ij K>\j>^\ ^^_ ^
^'\ 'a:>.^I ^.-^'j c>^-J' .-Xi-Vl L-^V ^1 <JU1 A^jUl J;U=iJl ^^ ^
\. C. 4- v^ b!j. -^ 2. C. om. — 3. B. oni. — 4. C. ^ü! JS:J'. — 5-7. C. !jU
J,^l| U J.;> !.«.^. — (1. B. remn. -- 7. C. om. — s!" C. ^'i.. J^,3'. — 9. C.
j.i c'] l. ^ii. — 10. C. i.x,^l. —11. C. !.UU. — 12. C. U. — 13. C. Ü.U ^i;UU.
— 14. C. om. — 15. C. + -xj\ — B. « my son ». — S. om. — lü. C. om. —
17. C. y,j>.. — 18. C. ].^^^^.. — 19. C. ly^.. — 20. C. + J^I ^-=. — 21-21. C.
j^J' — B. then passes to wonder XXXII. (1()7.6. below) S. gives expanded paraphrase
(49. b. — 50. a.) of foUowing passage fcl". 140. a. below). — 22. C. Jlü. — 23. C. ^j~J'
U.l. - 24. C. 135. b. omit .. — 25. C. continues 166. a. below.
US, tliaf l found Ihe vessels füll of water to the brim, and tliat water which
was in tliem was white like snow and very good like the river Gehon which
llows. And I asked him saying : « O sir, father, see whence is the abun-
dance of this water? » And he said to me : « John, silence is necessary.
For he who feeds tiie young ravens sustains them without their sowing or
reaping or gathering into barns, * he lias given iis this water as suste- »foi.isgb.
nance, and all who cast their burdens on the Lord Jesus Christ, on them he
bestows grace by his command and considers their needs as is required.
As it is written in the prophet Jereniiah who says : « Blessed is the man
who trusts in the Lord and the Lord is his conlidence, he shall be like the
tree planted beside the waters, his root shall not fail but holds fast in the
earth and grows ' . »
Indeed what shall I take and what shall I leave of all the blessed and
exalted virtues of our father the perfect and holy bishop of great glory, to whom
1. Ps. 1. 3.
'fül.l40b
384 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [72]
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140 a. «J^ «äSIjj "Sr:!/ (^jj J^j S^' '^J-' J "^'j' -''-^ l5-^' 'J^'t; Sr^ * ^''
Ojlj ^b>0 Li \Lms^\ ^ J^Ju jLsj «du ^Vl Iaa ^^'^i aJJI JJ jij «UJ
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^1 iL jl ^^1 ^ J^l jjj, V ^1 «Cj-eJI AllfcUtJ; Jai. .^yyi^lj ÄjLi^l *i-i=- |»k.|
^1 l^,rf^ ^y^ Lilil) IaLc^^j Ll^l Lftli-LftLi jJl j_^Vl \X) <J^j-o L*l^
(j"j b _ : , Ul (vJ^i (j-".-^ _r^ ^^1 Aj^jÄfcVl
the generous Lord gave signal favours, and God conferred on liim great
gifts and bestowed them right up to the end? To whom sball I compare
»fni.uoa. this great blessed one amongst the saints Anba Piscntius? — I ,* compare
him to Abel who was llie first high priest and was approved and ofTered
up bis oblations and sacrifices acceptabie to God, and God accepted bis
oblations. Tbis father was like bim accepted, he was a father to the fatberless
and the mouths of the widows blessed bim; he was a leader to travellers,
a host to strangers, a giver of food to the bungry, of water to the thirsty,
and of clothes to the naked, — may a blessing bc on the womb tbat bare
hira and on the two breasts wbich suckled him. And if I wished to do justice
completely to bis proofs and bis wonders and virtues 1 would need a scribe
like Moses the prophet so as to make known bis story and explain the
greatness of bis miraculous wonders which no one could relate completely.
But the deeds wbich we have seen with our eyes and heard with our ears
'foi.i'iob. WC describe *toyou, O lovers of Christ and lovcrs of instruction. May the
Lord have mercy on us by bis prayers. Amen.
Hir ('i(/ltli'e>illi Wonilcr of the (jreat saint Anba Piscntius.
Mai/ liis lilcssinf/ fw uitli us for orcr. Amrii.
And one of bis miracles and wonders is this which i wish to relate and
siiall dcscribo to \ou. Tliore was a man, an oversoer and surveyor, wliose
141a.
[73] THE EIGHTEENTIl WONDER. 385
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l^^ jC^ ^Si\ <u:=lil j^ ^jlj jU -^U yt L.I jOiLlL Ou»^ i^iJl ö^^~^^
naine was Damianus. He laid many charges upon the helpless peasants
and took away land marks from the grass fields when he measured thetn
by the pole and measuring rope. And the holy Anba Pisentius many times
reproved hini that he might seek forgiveness, and he did not listen but
persisted in deeds of iniquity by unjust violence, and was very insolent,
and made no amendment of his sin, but measured the earth with unjust
measure by omitting * and clipping, and in the hardness of his heart »foi.uia.
did not take heed at all to what God said by the tongue of Isaiah, that one
of great sweetness amongst the prophets, when he said : « Woe to him
who joins house to house and unites iield to field so as to seize those whicli
are near'. » And one day there came to the presence of our father the
bishop all the chief men from the country districts and the eitles, and that
overseer surveyor entered, and two slaves accompanied him. And when
the Saint saw him he said to him Avith Indignation and threatening: « O
thou ravenous wolf, believe me, all the ravenous wolves eat their prey of
the cattle, whilst thou dost ravage the souls of men. But I protest by the
Son of the livinff God who shed his divine blood for us, he will not pardon
thee but will destroy in the measure of life, because thou dost take pleasure
in the afiliction of the poor whom thou hast treated with severity. » And
Le sobbed and trembled at the judgement which the saint pronounced upon
1. Isai 5. 8.
386 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [74]
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d-a)l (JäJ rtj-LJI Jki-U Jl Sr?'y. v^^-jiJ^ ^3 ,_juiJl ^Ifr jJI ;t^3 S^Ls I^J
^01.142 a. lilj i^J^^iyy^ \^* (5-^^ TT^J-JI jJä l?;»!! ^^1 ^1 <£.iÄjl ^k^ _r^J /»^^
iafl— 4jli jy'jlll.-^i Li _jAIJ1 („ÜL-Vl l«l rtiJ-Jl ^J^ Ajuisj ^^y" ^j-'jJl bLill
/oiJI •Cj.xJI ^,jA:»cJ\ \t^\y ij^i ^l^r*^ (^^1 v_jy>Jl '^'IJl (Vl ^ »»Jj (j^ ^>=«)'
1. npoct^ÄfUi. — 2. ispoiTsTov.
♦fol.uib. him * and at oiicc his slavRs took him away to liis liouse in fear and terror,
and that merciless liard land-agent died betöre tlie montli liad completed
its days, as the pure propliot, tlie holy Anba Pisentius, liad pronounced
judgement lipon him. May his prayers be with us. AmiMi.
Till- iiiiK'tccnlh Wunder of lln- liuli/ Anba Visi'iilius.
Maij his ijruijer be with us.
1 should like to iuform you et' this uiiracle which God displaved at tlie
hands of liis saint the holy Anba Pisentius. Onco it happened tiial he oll'ered
the holy sacrifice in the church and celebrated the great liturgy for the
congregation. And wlien he liad (inished mass and all the people drew
near with great awe, ho stood tliere at the door of the sanctuary and
read prayer and laid hands upon tiie people. And when he lurned his face
towards the cntrancc to the sanctuary to show the paten, he looked and
Till. v'i2a. observed Iruly the veil sprcad over * the altar, which is the corporal, and
behold power Irom abovc raised him and put him upon the altar, and the
holv bisliop Anba Pisentius feil terrilied with l'oar in the midst of the
sanctuary, and for a long liiiie lay prostrate upon tiie eartli in fear, unlil
the Son of God took from liim liic fear which overpowered him. And with
mucli huinility he laiil an oalli upon tlie clergy wlio served with him that
'fol. 142 b.
[75] TUR TWENTIRTH WONDEH. 387
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jV a:,J^ ji J lj;jIa»J_J ^jLlJI <)U_^ -k-a^Jl ^1 ÜJJc ^^.c "C,^ J.^J\ AjjAl^^Vl
4:,^ 13^-^=- LJj •^^äJ\ ,j-jl:.: ■L'l L^l J^5 (^JJl y»3 l/^^'^ ^^ J=^^*
i)Ky\ ''j* J^J lilj ''ü-Cfr ^^ ^\y\^ J>-\ ^yJ- jl -Uli ^ ^^-c. ^^1 vjJJi j
1. C. 152. a. — »XLi J.! L.I Ji_, iA.O ^j ^^JU _jjj ..Lj^' ^c=x.) ^s i^j'^*^' '-^^'j
3JO£ y^s^. Lii)'_5 ij^v fLJ' j.,.— ." .\,;c ,/» V..2/» ,.-' .■•'_jä'- — 2. S. unnAC^A. —
— 3. S. + I. oC the cily of Qil't. » — 4. C. .> U»^-'^ — 5- ^- om. — 6. C. om.
the}' would not teil anyone this seciet in the days of bis life. May the
blessing of his prayers aiid petitions preserve us from the wicked enemy.
Amen.
'Thv tweiitielli Wnnder of the lioly Anba Pisentius.
Mail his iiitnrrssion he a-ith ns. Amen.
By your love for God, O brethren, wc relate to you that wlien the days
of the holy fast drew near the patriarch sent * a festal letter to all Uppernüi. i'.2b.
Egypt to warn the bishops and clergy and all the orthodox, saying to them :
a Be prepared, because the days of the fast draw nigh, and know Nvhen it
will be the fast of the forty days and when the feast of Easter. » And the
patriarch Anba Damianus, archbishop of the city of Alexandria, sent clergy
to Upper Egvpt with a festal letter and they delivered it in every city. The
blessed Anba Damianus was he who had ordained our fatlier Anba Pisentius
bishop. And when the God-loving clergy of the patriarch were present
witli our father Anba Pisentius and had received blessing at his band and
M^ere seated, that same day it happened by the providence of God that other
dignitaries were sitting with hini. And behold a man from the northern
388 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [76]
o;l J).^ J _^3 Ut dU^ji J^ ^1 yiZ^ l;L>^ y>5 <^ (._yjl >jU Jyl ^^U
AijS jl n^ IjXa jUd dLlfr -liy:. *.Jai. jo LJ k-^1 Jl /^ rJ^ l5Aj '-'''*^ CJ::^^
4-4. S. -|- Damianus. — C. 152. a. continues. — ö. C. ~-^. — 6. C. JU. —
7-7. C. ^Ur**!. — 8-8. C. om. — 9. C. ^^»x.-JI. — 10. C. /J L^J ul. —
11. C. ...j. —12. C. + [_^. — 13. C. iJL-i. — 14. C. w-"^'. — 15-15. C.
om.
* 101.143 a. country wlio was a shepherd * in the ueiglibourliood came tliat day to llie
cell to obtain a blessing tVom liini. Then came llie opportunity by the
providence of God. The door was open and so he threw himself down
bowing beneath the feet of our father Anba Pisentius in the assembly of
the patriarch, and after he was before the l'eet of the pure saint he raised
bis head and drew near to take iiis band and to kiss it. And the saint
looked in his face and drew away his band froni bis embrace, and cried
with a loud voice saying : « Who has permitted this rebellious trangressor
to enter liere ? Go out hence, tliou wretched one condemned before God;
deserving of stripes is thy person. Go back, O .lohn, and send bim away. «
Then l took bim by the band to turn bim out, and when I iiad thrust hini
out of the door I asked him saying : « What hast thou done to-day the eider is
♦loiViiMi. thus greatly angry with thee? * I say to liiec to thee thal the whole day
has been cheerful and conversing pleasantly until thou didst enter to hitn.
If thou hadst not done an evil decd to-day, explain wh}- his anger is kindlod
against thee like fire whilst the clergy of the patriarch are sitting with
him. Now confess what thou hast done, as it is wrilten : « Confess your
[77] TlIK TW KNTIKTH WUNDER. 389
3j. c-U -^JL ''Jlii '^Ul ^^\i '"'(»O ^„ ^<1 u^. ^ (X:-: ^^!j
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J501 .-LU, 4)1 aJb 1^1 '''W >IJU" '"^^1^1 ^-y;. ^Ü ^i ''"^^l ^ "^^^iLu
1. C. + ^^i. — 2. C. ^.U. — 3-3. C. ^J' ^- ^^). — h-k. C. ^JJy-
— 5. C. + ^1 U — 6. C. ^y — 7. C. 'JJ. — 8. C. + Jij. — S. nEjujomE.
— <i. C. ^J. — 10. C. ^f^,.. — 11. C. A.^. — 12. C. + ^oJk. — 13-13. C.
^J-5. — 14-14. C. Lo .^y. Ji. — 15. C. j-:^ . — 1(5. C. ^X-^. — 17-17. C-
^j-o vj:.-jI oX-*^' J _y'. — 18. C. + j!,)'. — ly. C. ^Jl«i. —20-20. C. t^^ j^l
wM) ij j! ji AJ^ ,.^! J-IiJ!. — 21. C. ^!. — 22. C. om. — 23-23. C. v_t.O
^. — 24. C. j.)l. — 25. C. .^Lr^'j- — 26-26. C. ^^f.- ^J^ •^i^' ^ AM ^,U ^^-
sins one to aiiother and pray one tbr auotlier thal tliey may be forgiven'. »
And tlie shepherd answered and said : « Would that I had died before I
rose from my bed to-day. I was pasturing my sheep in this thicket and
a woman of my acquaintance came by and I Held her and laid ^^ith her, and
I supposed that the eider would not know it, but the Lord has laid bare
my soul so that as soon as he looked attentively in my face my secret was
disclosed and it warned me that he knew what I had done, and violent
sorrow seized * me and fear was in my bowels and I was ready to fall upon Mol. i44a.
my face from terror at the door, ready to fall to the earth prostrate. »
And he had a Utile cheese with him in a basket and he said to me : « I ask
thee to thee to take this little cheese and put it for food before the men who
are with thee : Since I brought it here do not reject it, lest it be a grief to
ray heart. » And I said to him : « I cannot take this thing from thee
unless the eider command me, lest he rebuke me. » He answered me
saying : « I adjure thee by God, take them all that thou mayest present those
1. James 5. IG.
3<»0 THE LIFE OF S. PISENTIUS. 78]
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cheeses and give thern in alms to tlit- poor for inc » Wlien he swore
to me. I feared for the oath of the Lord, and took from him tlie cheeses
and mingled thein with other cheeses which we ha 1 and which had been
'foi lUb. brought to us tliat day, and said in ray heart, ' a I will not let the eider
know it at all. » And when the evening came and the place was free from
men. he rose to present food to the clergy and said : o If any-one brought
any cheese to-day bring it to me set before the clergy. » And I put before
him the cheeses with which 1 had mingled the cheeses of the shepherd.
And when he looked at them he said to me : k Bring me a dish. » Then
he reproved me by this parable saying : « Bchold, to-day there was a man
whose eyes were open and his sight good, in him was no darkness, bot he
veiied his eyes by night and day walked like the blind though he had sight
and the use of his eyes. Would not every one of those who saw him
reprove him saying : As God has giveu thee light, whv dost thou love
the manner of the blind and ofthose who walk always in darkness? » And
•foi. r.sa. I assure you, when * his speech to me had been with this parable, then he
picked out all the cheeses whicii the shepherd had given me and set them
apart in the dish. And he said to me : « These cheeses, I say, belong
[79] Tili-, TWRNTIKIII WONDER. 391
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»^lyij iJji-*'' s,L_l f* i*U ^xlkj U_j "'r'.'-'^j) c^-=*-j- ^' ''''G" continiios al 205. b. —
.i. S. + « tliou lind liim and.. » — 4. S. « lo A. W ». — 5. S. « do not atlempt to
anoinl my head willi Ihc .siiiner's oil ». — (i. S. -|" " ''i !''■'* episllo ». —
7. S. « again, le.st tliere be a liltliy fornicator liko l'',sau » (Heb. 13.16).
to the shepherd wliom I told tliee to drive away to-day, aiid wlicti thou
didst drive him away tliou didst take theso choeses from him. Seo how
thou dost rescmblc Gelia/i vvho was scrvaiit to Elislia llic prophet when
the leprous man went away and he broiight him back and took from him
two talents ol" silver and two changes of garments. Observe how Klisha
cursed liim and laid the disease of Naaman tho Syrian ou bis body. So
now arise and take this cheese and return it to its owner wherever you may
find him. If it be not until midnight thou hast Orders not to return to this
place until thou give it back to him. » And I said to bim : « I ask pardon,
O father * but when I turned him away he swore by an oath to me and 'loi. i'i&b.
caused my heart to fear. So I was afraid because of the oath by the Lord
and took from him. » And he answered me saying : « Lot not the sinner's
oil anoint my iiead, for the wise man Paul of sweet tongue said thus to
the Corinthians : I wrote you this epistlc that ye do not keop Company with
fornicafors, avoid them'. Again : Fornicators and foul persons and
adulterers shall the Lord judge aiul punisb'. And : .\o fornicator shall
inherit the kingdom of God. Go quickly and give back to him his cheese,
perhaps we may be able to save his soul from the devil because be is Ignorant
1. 1. Cor. 5.9-11. — 2. lieb. 13.4.
392 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [80]
*fol. 146a. •öt* Cxf^^ '^^^ 'C>Lä>
^]j>-J i^'-Jl (3^^" (J— ^ /»* i^ 1_3 «^'^J OLi;)!. '^ ^JiJ^i «ol-Ul _L» Ij^^^ IjjlS
Zw« ',5-^ L_s'3-/*^ >-' ^''^ lT* ijij-Ä'i i^'-i' iyA^I »:uloi UJ} Lijji 'yx.^isy\ /»iÄa
'fol. 146
1. S. « the cvening of the samc day. « — 2. S. » Ye must kiiow that oiir righteous
father A. P. was inspireJ by the iloly Spirit and was a righteous man : and if [ye
suppose] that he was not
and unfortunate. » So I went away and gavo them back to lüm tliat night,
and returned to my place as my holy father directed me. So ye know
that he was guided by the Spirit.
'fhc ticenlij ßrst Wonder of onr holi/ fathrr Aiiba Pisentius,
* fol. 146 a. may his prayer ' he ivith us all. Amen.
Hear also this other narrative and wonder and glorify God. One day
it happened that my father sent me on urgent business to the distriot of
mount Shama, and it was very late beforo I returned and the evcning was
far advanced, and as I weut up the read two hyenas distressed me,
and 1 was ridiug a beast, and they drew near me until they were
springing al ihe beast, and they also scattered düng. And I said in my
heart : « After a iittle vvhile they will come near my foot. » And thereupon
1 cried out saying : « Have mercy on me, O Lord, by the prayprs of my
holy father and rescue me from the mouths of these wickod hyenas. » As
soon as I finished my prayer they ran away without doing me any härm
at all, and were as though sorae one had driven them ofT after disappoinling
•fol. 146 b. them greatly * when thoy were very fierce, as soon as they heard of the
[81] TUR TWI'NTY 1<1IIST WONDKIl. 393
«iTji ,i^=- .<•.'?£■jUu l^^^ij ^_)L^i i^Lsi i^LU cJUa ^yi C^A-KÖS L»Jj 7c_-iJ' v«
A..DI jjl ^^^j ^-^jj -_i_j=- ^J ^j-» (^-^^^ 'S'-^' t--^U '^b ;^^J tiy ;lr° (^-'^
dUU <\i>)l <0^1 A;i_^U ^i^^jl ^jl:.:..„.; Ul ^_-ü!l ^J <JI l (»^.1)1 JJls U3
LJl -.lAiJl .'I Cji^>"^' f»j.«»-«-»- 'j-'^z-^JJ (vüc- iIj*-^ >_jliAJl As-l T J~^ 15*^"
^1 ^JjAr»-y ^aJI J\ cX=^i LJ3 -lojl^l <Li.>:!l pUl ^" sl_j3] ^^ (^"^^ *^"^
JuL^Vi Jl ^.IjJL c..l^J diJi X;^j jli^l ^ ^^ ^ ^'^'^ S * J^. ^'^ ^->i]| 'foI.l'.7a.
dljlj ^^'lä 0=-ls b>-^ l J Jlij j;^j.5t!l jV (jAc ^^1 As ^1 lilj l^jl (_j>J
JJ. Vj ■»J'jLt /;~=- vil-'j i»"'^' '*-^ '*-i_^5 4^Li -..AäJI IÄa "^ |»i«.^ £ -i J3 jl
1. S. <( a number of wolvcs ». — 2. S. « I was obliged to abandon tlie beasl on
whicb I was riding ». - 3 S. « (I found) bcr (llie beasU, and Ihß holy man was... —
k. S. « a certain prophet ».
eider. And as I proceeded theiico a littlc way wolves drew uear and
scattered dust in the air above my hcad as 1 rode upon the beast, and fear
and terror seized on me and I callcd unto God saying : « O God, the God
of my lioly fathcr Anba Pisentius, as tlioti didsl savc nie from llie byenas
so save me from the niouth of these wolves. » And the speech was not out
of my mouth when one of the wolves screamed witli a loud voice, and they
botii bioke away, by the prayers of my iioly father Anba Pisentius. Tben
al once I reached mouut el-Asas and glorilied God for what bad happened
to me, bccause he liad saved me from the mouths of tliese abominable
ravenous beasts. And when I ontered tiie monastery I found my holy father
Standing and reciting * the twelve minor prophets. Then I brought in the * loi. i'iTa.
beast to the stable to tie it up, and my father was high above me on the
tower and' said to me : « O John », and I answcred bim saying, « Bless
me, my father. » And he said to me : « Did I not teil thee, if night reaclied
thee thou shouldest not go until the early morning of the next day. The
wild beasts very nearly slew thee, were it not that God had mercy on tiiee. »'
Observe, my beloved, this Saint knew everything before it happened
biit he concealed the exccUence of Ins d(WOtion and did not soek to get
PATR. on. — T. XXK. — F. 3. 2Ü
394 tllF, LIFE OF S. PISENTIUS. [82]
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jl o'=-Jl ^ J^' ti-'J' i-Jvä> Ajli ^Oy" jlj ^j oAJj jl jx-Ä^I jj«3llJ*_o Ul L.-|l
'fol. I48a. ^L-Ii dUlfc /j—ÄiJ ^'«-^^' Lo ^~=- <; «^-Äi' ^^^ ^_A, |j A.J^\ Cls ^j As JD
1. S. adds citation I. Thess. 2. 6. — 2. S. « of. the lown of (jilt ».
honour from men, IVom 3^011 ov fiom any otliers. Now I ^\â– oulJ like to teil
you all lli(> (leeJs of tliis blessed and fortunato eldcr, biit tlio oxplanation
would 1)1' too long aiul tlio narrativo vorboso : bat as tbc holy book lolls
US : « Tlio wnrks of God are excellont, display ilioni to gWe bim gloryV »
Toi. i'.7li. Tbereforc I robitc to you a little * of tbe manv, becausc of tbc virtuos of tbis
boncured mau, and tlieu our discourso will bc llnisbed.
Till' tircntij sccoikI Wninlcr af oiir hohj falhcr Atifui l'iscnliiifi,
null/ Iris inlcrccssinii lic icilli u.s. Anten.
One day tbere was present witb bim a mau from tbc disiricl of Qift and
bis son wbo was travelling witb bim.
Tbe youtb bad reacbed the age for marriage. Tbey botli cntcrcd and
tlirew thcmsclves at bis feet, and tbe saint said to the youtlTs fathcr « Wby
hast thou not found a wonian as wife for tby son ? » Now tbat man was
oftbepeople of ibe eastern land. Tbc man auswered and said : « falber,
up to now be is but a cliild, lie has noi rcachcd knowledge, alt-bougb be
is polite and well bred. » Our holy fatber Auba Pisentius, the accuratc oue,
Said : « Tby son is a fornicator, and Iherc is fruit Iberefrnm, if bc will
• ini. i'iSm. \)\\\ say Ibe triilb. » Tbc mau said to bim : * « If be bas eommilled foriii(\nli(iu
I will dclivcr bim inio tby bands to dcal witli bim as thou secst lit. » And
1. Tobit 12. 7.
[83] TUE TWENTY SECOND WONDKR. 395
^JJ\ J J3VI ii^Vl dlilr ^^ dUL Jl c~l^^ o;l U J JlSj ^jtiyi ^1
Ijjji^ JJ>-\ (_$.Ül yi. Ajl d'-Oj ^It A,Ji._ l^_ J i^^JJls j>is cl ^j JU cJlj
^»^itl J^l (^^L^ ÜLoJ' ^L'l i^L >0 i^AIi ^ l-VA cU c.^ j_5il (jl^' V dliV
>_j^^ i^il V ^M -u-Üä'I. Ijj ^j -^' (»1-i ti Ij] <f^33l (^>^^ c-».»— oM jU diu,
^^li- Afr <,Ül dUua> !>liJ Jaia <ca;' Vj <^J^\ ij''y^ ij ^ l<^ ^t "^iS^. c_s*^
A^Lt «Jj JD (^^p-^ <ia=- ^j dilj -Ax, Jal^j 7r^3j)l> ''^^"^ L< ^'^ C^^ dliV <--aJ
Ajüii^j ""Ji d)ji /*:;*f^ '^y^y '^y^. '^'^ "^^-J ^Lr°'^ (s*f~3J;. r ls! ^-^ '-'■?" "^' "^^
^iäi^lj ALiil l;l ! 41.15 »M^ c.!^ Jlij i-ifv'' ^'-^ ^U-Ii 'U-Jjuj -Cl ._o:il" ^i, ^^/^aiü}
(_j L^^ 4JVI ^J\ /»>L-, (,-^1 <i JlÜ-j jj-jLl-^ Li L-_=l ^-*-äJl Llj dLjjLi j^
1. S. adds citation Deut. 22. 29 (LXX).
the righteous prophet, answcred aiid said to me {sie) « Wlien thou dost.
out(>r thy villago, the first womaa thou lucetest 011 tho road as thou goest,
the daughter of such a oue, in lier womb is that which will bear wituess
against ihy son that it is he who has laken away her virginity. Do not
suppose that I have said this to thce altogether 011 my own account, bat
pious men reliablo of speecli have informed mc ofit. So now, ifyouhear
mv advice, marrv him wilh her since hc ha.s had iiitercourse with her. I
am unwilling for him to draw near uiitil he marry he because of what is
in the law of the Lord, and let him not do wrong lest God punish thee for
the loss of bis soul : for if thou join him in marriage and he fall into sin
again his sin will be on hiraself alone, so do not pcrmit any delay, lest Mol. i'is ii
before Christ's tribunal he say; I had not committed fornication were it
not that my falber did not raarry mc to a woman : and on thee will lie the
whole blame of his fornication and sin because thou art remiss in training
and educaling bim, as we are told of the priest Eli that he was negligent
and careless in training and instructing his son. » That man answered and
said : « Every word thou hast said to me I will observe and remember and
do, because he who is disobedient to thee is disobedient to the Lord Christ,
as the word of life is abundant from thy Ups. » And the boly fathcr Anba
Pisentius said to him : « Go, in peace. May the Lord God be with the two
396 TUE LIFE OF S. PISENTIUS. [.S4j
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Tol.U'.i b. ijil^VI Jo ^ liLlJl JL * '^'^y^ <Js. iA. ^AüJI A^ jUl i,Oj OL) '"^
1-1. C. ilj iJl- i^jr- '^^ i-—^' ~J^ ■"' l3^''' ^'^'J- — ^- ■^- o'^EgE. — ;!-'». c.
UU >U. — 5. C. om. ^. — 0. C. om — 7. C. ^ii_^' ^,^11. — S. C. + j^^ —
9. C. AJ^i ^. — 8-9. jjL«|>PMi HOTCOPT Jiü'riugkiy. — 10-10. C. fJS' ,'/ '-^j' jjL
I ' I -l ^ c ^
.... {y ^ • ^ > »^ ^ •> .. ..
of you in every saving deed. » And at tliat they d(>parted from hiiii aiul did
as lie directed them, and tlieir liearts found rest by tlic pra3'ers ol' llds saint,
(may they) he with us. Amen.
'fui.i49a. 'pjif, ji,;,i,f,j ilijrd Wonclcr of oiir fallier ' llic linlij Aiiha l'iscntiiis.
Mdji liis iiili'vrcssidii (iiid lih'.ssiiif/ he irilli us. Aiiicii.
One day our fathcr the lioly Anba Piscntius weiit to thc viUagc to visil
its chui'ch, aiul afler he had communicated llio congreffation he returned lo
' DD
Iho monastery. And as he was going in ihc way bcside ihc canal, one of
the peasants brought to liim a cow which behmged to liini that hc niight
sign it witii llic sign of tiie cross. No\v observe the power of God and
you will niarvel. The cross wiiich the saint signed with iiis finger on the
womb of the cow outsidu penetrated into her as far as her child, and a
proof is that when she brought forth they found (he cross whicli the saint
had signed upon her from oulside plainly marked on liie Utile calf to which
slie gave birth, white as wool or as thc snow in whitencss. And everyonc
•fui. i'.'.il(. Uli whoin Ihn saint laid liis band and niade ihe sii-n of ihc cross iic * receivod
[85] TUE TWENTY FOUllTH WüNDKR. 397
Jlä L«^ rc_w_Jl e-_^_ (_pJI diu. JL_. UjO ;>^aJ1j "»oyJL ÜjJLIj ^j-^ll^^w; Ul
.V|^ AS U k_.--s- jlk^ <; 0- j-i-t j^'l iS^»i ,^-Ä "Üi lj^^=-^ f_y_ '^^•i j^
^ li Jb iyl JU? •jäJI 1-1* '«oUsl jLj ^^^1 •J >L'ls il_^l tj-:.-^' '-^^ .j~^ ilr?"
lol. l.Mia.
1. C. x^H (152. a.) ,f--.= U^!l .K 'i^-" J^^', ^-S^ ^^^.' — ^r^" ----*^ *-^
.;»,J
Lr = >^ ^K '--" u"-^3 '»••-j;^ 4-J-;:;' -r-^-^-'' ■—--- ^ -*-^:-
.J. U ,X ,^,Jj i,«,vk-o ,! i-l'l s'1.1 Ji .LC o-iW-^-'' ..U^^lj. G. llicn
passes to l'j2. b. (above). — 2. B. « in tlie fire ».
relief froni all sickiiesses and infirmities and diverse pains. Come now,
all yc iipright in lieart, to tlic Lord and liis saint Anl)a Pisontius and ask
liim witli rcpentance and tears to pray to the true ki ng Jesus Christ, to
wliom bc praise, as he said. You, beloved, do all that I liavc enjoined
von so that he may have mercy on us in the day of judgenicnt, f'or it is
iearful and dreadful to fall into the hands of God. May the prayers of lliis
Saint avail us for ever and ever. Amen.
T/u' tucnty fourth Wonder of oiir futhcr the liolij Anlia l'isentliis.
Maij Ins iutercessio)) he toitit us. Amen.
One day they brought to him a boy agod twelve years in whom was
a devil, as bis father told us. And the boy's father asked him * saying : »fol. löoa.
« father, sign him with the sign of the cross, für the jiun which is in
him is a cruel jinn. » And the saint asked the father saying : a llow
long has this jinn come to him ? » And the father said : « Since he was
seven years old. I swear by thy acceptable prayers, O father, that it
often casts him to the earth and he staggers like the cameis, and his eyes
are fiUed with blood from the seveiity of wliat takes hold of him, and very
•fol. 15"1)
♦n.i. IM
398 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [86]
jUUl ^_j> 'U ^-c L ^LUL ^ij UxJl Jl J^il J Jl^j b>._^. U ^b.v diu
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Jl «^j _jt.ü üjJj o'fv'' ^^-^ -^^ ^'^■^ «j^ ö;' ö^ jlia^r^^ r^l (.r'-J^—r: ^'^
1. B. '■llie foul of ablulion in ». — 2. S. » and I made Anba Elisha Ihe presbyter
and overscer of tlie place go to llic sanctuary ».
ofteii every one despairs of him and our hope of his eure is chccked. But
\\G say that lliou wilt master him. So now act righteously, lovingly,
and mercifully. » At oncc he callcd for me, John, and said to me : « Go
inlo the cliurch and bring me a lillle of the water froin the fönt of the
congregation tiiatl may make ihe sign wilh it on the chiUl, for I perceive
that the devil Irics him greatly. » So I weut into tlie churcii, as niy lioly
♦fol. i..ub. falher ordered mi', and hllcd for him *a litllc measure of watcr from the
fönt which was ncar tlie altar and brought it to my fatlier the holy Anba
Piscntius, and he made the sign of the holy cross lipon it in the iiame of
ihe Father and of the Son and of the Holy Spirit, One God. Then he
said to the man : « Take ihy son home aud atthy arrival give him somc
of lliis holy watcr which I give thoe from the church fönt, aud believe in
lli(! Lord witli strong faith. He will be healcd from the evil ailliction
which vcxos him. » I\Iy holy father advised this man to give him to
drink from the water which was in his iiaiid, and so the devil would go
away in haste. And men wondered at thal father and related that the holy
Anba Pisenlius had cast out the devil from ihe son of such a one. And
whcu that man look Ins son to bring him homo, as he informed us when
•fo'. i.Ma. ■he rcturned to us and said « When I weut from you I gave him to drink of
thal water and then the devil cast him to the ground and threw him down
for a while and cried out in him saying : « Piscntius, dost thou mark
il. i;,ili.
[87] TUE TWKNTY KIKTII WONDEU. 399
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J ii_^_^l s^^IäJI -cÜI by j,,<J 4.Ü1 j^.«^ A^l JjO ^ "OJl i^j^ jl jUVi
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^1$ ^il jlkjül jV <"~^3J J>1 j-o L-lf-j v"^ l/:^)^ ^-^^ f^:. -^^^ J^
cLi i^Lp-JI oüi ^.li; J ^^1^ |»,^Ma ^j-»::-l. ^^ J^ j ^^^ ^^ -^^=- ^=^'
1. B. Ihen passes tu wonder XXVII. — 155, b. liuluw. — 2. S. « and Uic man accuscd
me with thy fingen and expcl mo i'rom niy dwelling? » Aiul at oiice he
departed I'rom tlie youth who was purilied from liis disease caiised by the
jiiin. » Aiid US for niy lioly father Anba Pisentius when he hcard from this
mau (lie said), « Everything is obediciit to the believer, and espccially the
^valLâ– ^ from the tank at the altar eures evcry one who has conviction in true
faith. Do not suppose, O man, that the gift of God is given to everyone like
bis warning, but the power of God is actually present in bis holy church,
and in those churches which heal all those who visit tliem with upriglit
failh and righteous hearts. But I am too hiimljle for such functions as
these. B And when he had said * these words, this man went away from 'foi.i:,
him and glorified God and bis saint Anba Pisentius. May bis intcrccssion
protectus. Amen.
The twenty fij'lh Wondcr af mtr fitthrr Anixt Pisentius.
May Im intercession he icitli iis and jimlrct iis [mm the irirl.rtl cnciny. Amen.
One day it happcned that jealousy entered the lieart of a man towards
bis wife, for the devil who hates all that is good and ever has a grudge
towards the human race, seeking its destruction, had instilled into the
beart of that man doubt eoncerning bis wife, that some stränge man had
I b
400 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [88]
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•■^^-u ^:.i:>.Ji ^3 j ^<^Ji ^11 ^) jyi u j^Ji ^Ji JU" a ^\ ^\ dL^s
was innocent of tlie impurity cliarj^ed against liimaboul tliis woman ».^ 1-l.S.om. —
2. S. " in «. — 3-3. S. « cast thy dispute upon mc. I will avcngc llicc, sailli Uie Lord ».
lain with her. But ihat woman was innocent ofall tlie siispicion wherewith
the man suspected her, as the story will inform us when we proceed to the
'fai. 152a end. Then that mau* cast oul his wife from liis hoiise bccausc of tlie evil
in his hcart concerning her. And his father and mother both took great
pains as far as they could imagine to reconcile the mind of the husband
and makc him live with her, even according to that whicli Salomon spoke,
« The heart of the husband is füll of jealonsy'. » Finally the matter came
to the ears of the clergy of his village who had made him an assislant
in the administration of tlie lioly mysteries, and the clergy informed our
father Anba Pisentius concerning the matter. Then the saint sent a message
saying : a Troublc thyself, I will find for thee the reconciliatlon wliich is
neccssarv. » And the husband spread abroad rnmours throughout ihe
village and wenl about from place to place tlireatening and saying : I will
nevcr again go to Pisentius, whal liatli Pisentius to do with my affair?
Now the man was a nativc of the lown of Qift. And during the time he
•foi. is-'b. was utlering ihese words he became * morc and more angry. And when the
sun was about to depart to its place of sunset that day, hc laid down at
night, — and he laid down in the night and God who spake by the tongne
of the propliet saying : Ifthou dost not make clcar lliy rcquest 1 will make
it clear to thee, sailli llie Lonl : vorily I say toyou, find judgement is inine
1. I'rov. (i. 34(?')
[8i)J rHI<: TWF.MY J'II'TII \V()NlJl';i{. .'.Ol
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U jiL^lj •«-.s^ »i-al L^_^, ^, 5i^l (J Jläj j«|JI lil v::-=>-^;i>is ^Ul ^»c-^^ \^\ jl-«jJI
A.,U-V Aj-LÜl ^IJJI lÄA J ^:;V (_j«>-j jx ^^.^„ V ^o^— ri ^-^^ I— iü-'VI j^.;l
1-1. S. « and he began to suffer great tormonts ». — 2. S. om. — .i. S. « niy
ratliLT ». — 4. S. « for I teil tliee lliat ». — 5. S. « and help me ». — (i. S. om. —
7. S. « tliou dost nol takc me. — 8. S. om. — 0. « S. since he saith, take mc lo â–
A. I'. the bisho]), if ho is to live let us persuade ourselves to de as he saith. «
and I am tlie rcwarder. Ile brought a severe disease and sore pain upon
the man in tlie night and his torments became grievous from the severity
of the pain which came to him in his abdomen, and he began to cry witii
a loiul voice saying : « Take me to our holy father Anba Pisentius, for all
these pains have come upon me on his account. O my father, do an act of
kindness to me, for I am brought to the straits of death and its pangs. And
if ye do not take me to him I shall not find any relief at all. » And his father
and mother despaired of him, and their hearts were certain that he would
die. And they said that ifhe * die or live it is necessary that we content 'lui. i;.3a.
his heart and comfort his soul in that for which he hath appealed to us,
perhaps if we bring him to him he will sign him with the sign of the cross
and he will be relieved of his torments. And that was at the beginnine:
of his episcopate, and they brought him to my father who at that time was
still a solitary in the mountain, and they knocked at the door and I went
out to them. And his father said to me : « John, do an act of kindness
and ask a favour of the ekler for us, for my son is sick and near death. I
believe by God that if he signed him with the sign of the cross he would
be delivered from his sufferings. » And he asked me himsclf and said to
me : n Bring me to my father the bishop Anba Pisentius and he will heal me
from my suifering, for I am in this severe pain on his account. » Indeed
fol. 15
402 TUE LIFE OF S. PISENTIUS. [90]
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Mol. läiH. ^U dlA. ^r ^ U|l (.yl \j ^^Ij ^ji * ^ ^As" a:^ Ia^L ^U iJ>U
IJLa jl ^J <) JUi J^Vl ^1 dliil^l pJ JU ^U ^^^ jl j-i- j\ ^ U-Ol iJ^
'fol. 153b. the son cried to mc with a loiid voice and said to me : « O John, * do an act
of charity and love, and carry information about me to the eider, becaiise
death is near and is overlakiiig me, bohoKl, you see it is evident that if
you do not admit me I shall die outside your door. » And ^vhcn 1 heard
this man and his soii I went to my holy father and tohl liim and he said
to mc : « Leave liim nntil he shows good manners, he is ignorant of culture. »
And I answered liim saying : « If I leavc liim a little he Avill be dcad,
for there is but a little breath in bim. As I perceive, O my holy falber,
he has learned his manners sulUcicntly and more. » And he said lo nie :
« Let him come in. » And wlien he entered, he and bis father, he feil doNvn
prostrate at the feetofonr fatiier a long time, and my father said to him :
« Arise, ignorant of cultnre. » And the man answered and said : « As
"Ol. 15',;,. God liveth, If I have to lie tbrce days prosirate at tby fect, * I \vill not raise
up my hcad nor ever rise nntil tiiou hast pnt tby bands on mc. » Tlien my
father grasped llie top of bis head and raised him up and said to him : « Uise,
deficient in manners. Bchold the Lord bestows hcaling on tbce if thou
wilt obcy mc. » And he said to bim : « I s\vcar by tiie dilTirully wliicii
befel me and yonr prayers wliicli set me free from it, that if I rcmain in
this World a ycar or two, all tho days of my life I will nevcr disobcy liiec. »
And my father said to him : « This wliich has happencd to thee is because
of tby wife whom Ihon didst treat unjustly and acling rashly didst suspect
and abandon bor wilboiit cause, for she is iiinocenl of liie matter of wliicli
[91] TUE TWKNTY FIFTII WONDEU. '.03
^1^1 ^ j^^3 ^^ ö^^.. ^^ ^^ "^y ^.^ "^ ^-^^ lij C <,^ ^yt IjJfr ^
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L<y"j-j -j_j!1 LäJj iXljj jA bAifr J^-o kJ^r^'j '''^ d'jLr ^> J^VI ^^1 dlä)U-l C..ii;
1. S. nitoTHE. — 2-2. S. « God shallmake her acceplable to tliee and if shc incliiie
to lliee and conceivo and brinp: forth a male child to thee, the report spread about
her is not true, and beb"cvc mo, she is a free woman. If however slie shall bear thee
a daughter ». — 3. S. + « bat hath defilcd her marriagc ». — 4. S. inserts Nu. 5. 12. sqq.
— 5. S. « from thc saint ».
thou didst suspect her. And I say iinto thee also, in order that thy heart
niay be set at rest and at peace concerning thy wife, — for men, my son,
consider the outward appearance only, and tlie Lord, blessed be he,
looks on the heart, — whcn 'thou dost rclurn to lliy housc, takc back 'fol. i5ib.
thy wife and be reconciled to her, and do thou forgive, and cast all thy
care ou the Lord Jesus Christ. They have informed nie, O my son, that
she hath conceived by theo. Now if thou restore her to thy house and
she give birth in due course and bear a daughter, then I say to thee do
not remain willi her, but cast her forth from the house, for she is not free
from the suspicion wherewith thou hast suspect her : but if she bear a son,
she is guiltless and free and blameless. And if these words do not satisfy
your heart and please your soul and thou wouldest make her take an oath,
then, O my son, let her take oath, I do not forbid thee. Indeed, my son,
1 know that shc is innocent. » And the man said to him : « O my father,
my .soul is satisfied with her since * thou hast spoken to me about her, and Mui.iösa.
I shall be disobedient to thee no longer. Then he received a blessing and
departed from him, he and liis son, and went home and glorified God and
his Saint our father Anba Pisentius. And when he returned home he was
404 TUR LIFE OF S. PISENTIUS. [02]
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n.ii.iöGa. jUl Ol y^i^ C^. oU "'jl^ '<.U1 '^^■^=:^''i K^^\ \y^')>\ i-^ L^j l^^»-!
1. S. « antl ». — 2. S. 4- « wlio was like an apostlc ». — « more wonderfui than the
iiUier, ;.nd llie selling l'ree of tlie liody of Uic (74. a.) liusband of a woman on whosc
navcl a spcll liad bcen casl by the power of Satan ». — .'5-3. S. « lliy wonderfui lifo,
() Ihou anMl of Ihc Lord of miglit ». — 4. S. « tlie Lord ». — 5. B. commences
here.
reconciled tu liiswile and she bare him a malu cliild accordiiiL;- lo t!ie word
of ourholy fatlicr Aiiba Plseulius, and the cliild was named after tlie sainl
Piscnda. And they dwelt wllh one another reconciled lo llie day of thoir
dcath. Tlic Saint did tbree very wonderfui miraclcs, he saved tliis woman
from unjust suspicion, he healed the man from disease, and the heart of
her husband whom he made pleased and satisfied and rescued them from
the power of satan, and restorcd the married to union one with another.
•M.v.,hh. *Great is thy commemoration and life füll of all perfection in the kingdom of
Almighty God. If 1 desircd to relate all the mighty decds and wondcrs
- which God did at lliv hands from tliy childhood until thy monastic life, and
the eures which God beslowed upon the sick by thy prayers during thy
episcopate, which thou didst not desire any man to know, there is no one
who could reckon them or describe themeasily, or reach tlieir öndcompletcly.
May the Lord have mcrcy 011 us all by his prayers. Amen.
The hrciihj scvrnlli Wundvr of ouv Imhj fallier Aiiliii l'isriitUts,
111(11/ lux iiilcrci'ssion he iritli us iill. Anirn.
•ioi.i.-.ii;i. *IIear also this great wonder and glorify God. ünc day a man came to
[93] TIIK rVVlixTY SKVKNril WON'DKR. 405
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S^. ''^<^aU1 <^i1 ^l^b iA>.3 ^^Alll je JU '^U.13 V (.1 ^^--^'1 y. > <:i
1-1. B.S. oinit. — 2-3. B. om. — 3-4 B.S. om. — 5. B.S. « thirty » so this text below.
— G. B. om. — 7-7. B.S. om. — 8-8. B. om. — 0. B. « our falber A.P. ». — S. « thy â–
fallier-liood ». — 10. S. « if tliere was anyone wliom tliou couldest cause to give me
Ulis small sum, I would give it to tlic man ». — B. « and give somelhing for liim ».â–
— 11-11. S. n piji.nEX.i"pA n Roj^ne B. « foreign ». S.B. « who dwelt ou mount Teilaj
(B. -fTvox. = ^^'^:>, Nilopolfs). — 12. S.B. om. — 13. S.B. om. — 14-l'i. S. « in which
he brought lier ». — 15-15. S.B. om. — 10. S. om. « to my falber ». — 17. S.B.
« bim ». — 18-18. B. « wben tbe man arrived near llie boly A.P. be found bim in tbe
monaslery of ... — S. « And tbe day wben be came to tbe boly A.P. was tbat in wbich
llie bisbop bad gone inlo liie boly congregation of ... — 19. B. « tjio boly Synaxis ... —
S. « tbe Calliolic Synaxis ...
Iiis presencc aiid aiskcJ liiiu saying : « Do an act of cliarity to mc and hclp
me. » And tliat man \va.s templing him : and he said to him : « I owe a debt
to a ceitain man, its total is sixty six dinars, and he pressos me greatly,
asking for it, but I have nothing to discharge his debt. And 1 have an
only son whom he has taken and put in custody and cast into prison, and
he intends to make him his slavc. And I beseech thee, O father, to have
pity on mc and give something in order that I may ranson my son therewith. »
And that man was a soldicr of foreign stock from a distant village. And
wlven it was told bim of our father that he gave alms freely, he arose, hc
and his wife, and planned to lest him * whethcr he gave alms or not. So •lüi.ir.iib.
hc put his wifc in a boat and sent her towards the Sa'id, and left with her
thirty six dinars wrapped in a napkin in the ship, and went up alone to test
the Saint and find out tlie trutb of what was told him about him, whcther
it was correct or not. And when he asked for the saint hc found that he
was in the iioly churcli in mount el-Asas and was celebrating mass, as it
was the fcast of the father patriarch Anba Scvorns, arclibisliop of the cily
400 TUE LIFE OF S. PISENTIUS. [94]
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^L— 1 jil (jji O« Lä^t LIsjI »J6 <.^i i_JjL^ ^y^ jL_>i (»i Ojj_j /»^ i^jj ji i_j»l>s^
1. B. « he remained there unlil hc came out of the monastery ». — 2. S. « he sat
down until A.P. came out from the congregation when Iie cast himself al his feel». —
2-3. B. « he remained in thehisliop'shouse ». — 4-4. S. « whereof I have alroady spoken».
' — 3-4. B. The man entered, saluted our i'ather and said to him the words we liave
already related. — 5-5. S. « the place of Plsentius is not a place for jesting ». B. « Tliis
is not the place for jesting, niy son ». —6-6. S. « at the place of the fcrry ». 13. om. —
6-8. B. om. — 7. S. -\- « in her liand > . — 9. -|- tliou hast brought me to (tempt) ». —
9-10. B. « they do not belong to thce ». — 9-11. S. om. — 12. B. « innocent ». S. om.
— 13-15. B. om. — 14-15. S. om. — 16. B.S. om. — 17-17. B. « rest >.. S. « there
would be no mercy for thee ».
of Antioch, on tliat day. So thereupou ho sat down outside the church
until our holy falhor finisliod tlie mass, and at his Coming out of the church
he joined hini and asked him accordiug to wliat was in his hcart. And
wlien our father had heard the soldier he said to him bv the intcrprctcr :
•rui.ir,7;i. « This is not a suitable phice for jesting and sopliistry. Go away * and take
the ihirty six dinars from thy wife w]io is in the sliip al the port of Dama-
min. Behold, they are with her tied iip in a napkin, it is they wherewilh
thou wouldest tempt me, and dost not disclosc tlie fact, ihat ihou didst
ohtain tliem by shedding the blood of that man wliom thou didst kill, and
didsl take them from him, and didst bring them to give in alms for thy
soul. And I say unto tliee, verily, if one gave all the wcalth of the worhl
in alms for thee, it would not avail thee anything, nor obtain mi-rcy hom
God at all, unless thy blood is shed as thou didst shed thy neighbour's
blood, for it is written that he who sheds man's blood, liis blood sliall
also be shed in roturn, for man is created accordiug to tlie likoness of
God. ' And that soldier supposcd tiiat the matter would be hidden fiom
1. Gen. IX. 6.
[95] TIIK TWENTY I'IC.IITII WOXDKU. 407
■r^ '*-^ IÄa ^^AlsJl «.»-. L».lj "i^jji..»^ 3 ij.l»l; As-Ij Is-Jj ^1 jv^ Jj -^.-'^'
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.^^\ -kl'LlL l;ULi^ U ^i-ij ' Mol. 158 a.
jl AT^lc c-;o5 J^,-i-JI Jjt>l ^j* LJ JDj !sjJä /r^'f' ^•^ (^^ *^-^ ij (3^"'
1-3. S. « and wlien tho man lieard thesc words ho marvellcd exceedingly, l'or Iie
thought Ihe matter would be hidden l'rom the new Elisha, he did not know that the spirit
which spake by the apostles was tho sanie as that which spake in tlie saints ». — 2. B.
om. — 3. B. « all the sainls ». — 4. S. « Anba P. ». — 5. S. « bis house ». — G-G. B.
« the words of the saint ». — 7. B. « giving glory to God ». — 8. B. contin. 166. b. below
— 9-9. S. '( ye know that at the bcginning of this encomium 1 did not l'ail to say that
the blessed ». — 10-10. S. « was ondowed with the gift of the spirit ». — 11. S. +
« of men ». — 12-12. S. « so that no man ein get i'uU knowledge there of ».
our falhcr tho new "Elisha, aud did not know tliat onfi spirit speaks in all. MüI. UTb.
And wlien the soldier heard this from him, he went out from the man of
God and was weeping in grief, aud he went to Ins wife in great sorrovv
of heart and told her all that had happeued to him with the blessed holy
fathcr Anba Pisentius, and what he had heard from him. So know,
my beloved, that our father tho great saint Anba Pisentius was a great
prophet, as the narrative presents him in the disclosure of this book, aud
that we do not err commemorating him. For every man who had recourse
to him, he knew why he came to him by roason of looking on his face.
Nevertheless he hated vain glory and concealed his devotion, and no man
is able to describe the extent of his virtuos. May the Lord have mercy on
US by his prayers ' and forgive us our sins by his interceedings. Amen.
The twentij eifjkth Wonder of uiir father Anba Pisentius.
One it happeued to me that I was sitting with him and there was a
priest of the Eastern pcople whose custom it was to go to him frequcntly
Mol. ir.sa.
408 THE LIFE OF S, PISENTIUS. [96]
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and visit him. And tlie saint conversed witli mc about liim (saying) : « I
lieard a voice one day whicli said to me concerning liim that if such a one
comes to you to-day do not receive liim with tliee, because he is a criminal
and is in great uncleannes. » And as he was saying this to nie, bchold,
that man, the priest, canie and knocked at the door calling, but the saint
did not permit anyone to open the door to him for a long time and was
obdurate in that. As for mo, I saw him incline bis bead and sign to me
as to who was outside the door. And I stood bei'ore my father and asked
•rui.ir,8i]. him * saying : « O my father, dost thou bid me open to him?« Ho said to
mc : « Go and say to bim, Confess first the uncleanness in which thou
dost live, and afterwards I will convcrse with thee. » And great was
his fear and grief whcn he hcard that spoech. Then he stilTened bis neck
and hardcned his heart and sworc a «reat oalh which caused fear to thosc
who heard it, and said : « I am not in any uncleanness as thou dost assert. »
Then the holy Anba Pisentius said to him : « Hc, by wbosc name thou liast
sworn, will put thce to sbame and reveal tiiy alTair to all men that they
may peroeivc and considor. » And a fcw days after the people of his city
suspected that In; niet with a woman and wcnt to her, as usual, to slecp wilh
her. But God, — blessed be he, — d(>sired to put him to sbame and makc
•fni.i.v.ci. bis alfair known to all men. * So he took ofi" bis clothcs and slcpt with Ihm-
that night. And tbercnvith God bestowed slnggish slecp on him and he
slumbcrcd and slept until tb(! darkncss before the dawn broke, and that
[91] THE TWENTY NINTH WONDER. 409
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jl iL« jj pXjM L'JäT ^äJI ^VI j_jJl!1 düj A..--.3^ 'CisJ ^-äJL lilj 4,^« ^IjAä^j
woman with whom he lay roiised him with great anxiety and said to him :
(( Awake from thy sleep and get up quickly, for the dawn has already brokon
and appeared. » And he was agitated and put on the silvery garment of
the woman as God moved his heart, and went to the church and entered
the sanctuary. And when the clergy saw that silvery garment of the woman
upon him they seized him and cast him out of the church and beat him
many blows, and they went to that woman's house and found there his
clothes with the woman, and that caused great scandal and the matter
became notorious to everyone, and they all thanked God Most High that he
had disclosed the sins of that *wretched man at the band of our father the «loi.i.vjb.
holy Anba Pisentius. May the Lord have mercy on us by his prayers.
Amen.
The ticenty ninlh Wonder of our father Anha Pisentius,
may his intercession he icith us. Amen.
One day I was sitting with him again, because I was his servant all
the time. And behold another priest of the people of a certain village
near was accustomed often to resort to the saint and to converse with
him. And he severely censured that other priest of whom we have already
told you. And God revealed to our holy father about him saying : « Take
heed to thyself about this other and keep far from him, because he is in
PATn. on. — T. XXII. — F. 3. 27
410 THE LIFE OF S. PISENTIUS. 198]
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sLS^.»_} o[/>Ji3 ■:^uJl ^yldSi lA ■,Ä >_j'aC- Ajil jj ^J C'yJl l„L3 JI ^^«—1
a State of wickedness and obscenity likc tlie fornicr on(>. And wlien
»lui.icoa, that priest * came to the door of the coli wliore we worc, believc mo,
O my bretliren and beloved, we perceived the odour of a veiy loatlicsome
stench. And our fatlier the blessed eider said to me : « Have you over
perceived tliat a smell issues from him like tliat from dead hodics, and for
along time past it has dilTused its odour from this man? » And ho rcproached
as he stood at the cntrance of the door and said to him : « Go to thy house
and rcmove thy smell and cleanse thyself, and repent sincerely of thy
Avickedness with Aveeping and sorrow and many tears. » Thcn (hat priest
swore solemnly so as to cause fear to those wlio iieard and said : « From
the day my wife died I have ncver defded my body at all with fornication. »
■f(ji. ir.ob. And the saint said : « I believe tliat the eye of God which * never sleeps
condcmns thee and decrees thy condemnation, ihat thou raayest confcss
Avhat thou hast done unwillingly. » Believe me, my brelhren, that before
men slcpt lhat night God sent the very dread rulcrs to ihat disobedicnt
priest and great fear Struck him so that he was tortured in evcry part and
he was in sore torments as they pricked him with spears and pikes. And
he was distrcssed in mind and arose camc and feil prostrate at the feet
of our fatlier Anba i'iseiitius and confessed to him saying : « Uehold, to-day
it is three years that I have beeii in uncleanness and venture on the servicc
of holy rites and the other offices of the sancluary. » And whcn iie had
[99] TUE THIRTIETH WONDER. 'ill
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j»,il ^^1 -v~Ä.Jl *J2*)1 ^lj.i)l UIä ^3 jVl b_^y^. (** ^-^^ LS^*^^ '""^y^^l ^J^\
1. B. -f- « l'rom liis moulh ». — 2. B. « during the celebration of the sacred
mysteries ». — 3. B. om. — 4. B. « lie caiised liim lo be brought to tlie place where he
was silting and the holy A. P. said to Ihis priest ». — 5-5. B. otn.
confessed his sin before all the conoTeg'ation therc did not remain to liini
more than twenty fivc days, as the saint iiad decreed to him, nntil he
* perished and was cast into the torments of hell as he deserved, where "foi. leia.
he is not relieved for ever. And we, brethren, let us ask the Lord by the
prayers of this great saint amongst the saints, our father Anba Pisentius,
that he forgive us our sins and save us froni the temptations of the cral'ty
foe by his prayers and pleadings and intercessiou. Amen.
The tliivlieth ^yonder of our father the hohj Atiha Piseiilius,
may his intercesston be icith us all to our last breath. Amen.
Hear, my brothers and beloved, this miracle which he did and
concealed, and give glory to our Lord Jesus Christ. And that was that
one day that saint looked and perceived onc of the priests expectorate and
spit before the altar. And the saint stood up and commanded them to call
to him that priest * at the entrance of the court of the sanctuary. And when
he came before him he said to him : « What is this great boldness that
thou didst venture to spit before the altar of the great Göd, the Dread One?
Teil me now what they have just said in this glorious holy rite ? — do they
ful. KU 1).
412 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [ICOj
CjjILJI â– ^J^ t/3-^ (.r'i-^' (_r'J"^ iyP^ "^^ ^y^. <v}^ j,>=v~^_ rrt'b^^j (v^jjLiJij
■»jiS^ li-*'' *^'J ""^-Sy O-l* ii-X;>-i_5 "*iu2> (i-aj liU^ _r^' j— S jl _ls-V.^ Ajjj "j,.;
'fol.lG2a. -,|jiJ| L,JJ:iI LJj -Vj^VI /«_y <,jÄ~«i> CU-JI <Jls- t'-Cfr ^,-^2^J 1=" ._-s>lj ,r— -^' J^
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j^ ^jv-* S^"^^ Jlr-^'i <cj>ijJI J^l^l '(^^ '-'^. (.5^ Ir" c/-*^^ ^J-' ^'
Jj ^^\ j*>ol jUs C-Sj-Dj aX^S) li-aj (»itlJ^ 4^i,Ijm ^Isjl (_j jJlM iA/" l*^ '*-"^'
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>L'ls Lij c^i^ ''c~i^ 'üjj "iJic "ül iycj ij\y^ iJ-^3 ''jvc^ ^^>-^ („rr-^^^ r*^'
1. B. « spat likc lliee in tlie sanctuary ». — 2. B. « he went away and died ». —
3-3. B. « upon the bread and the chalice. » — 4-'i. B. « and died ». — 5. B. •^cTttAE^c.
— G-6. B. <i that liis life mlglit be restored lo him ».
not say that thou art he betweeii whose hands stand the angels and
archangels tliousands and thousands and countless hosts, the cherubim and
Seraphim whoall cry with one voice saying : Hol}^ holy, holy, is the Lord of
Sabaoth, the Lord God of hosts, heaven and carth are füll of thy great
glory? — and didst thou not know who are they who stand between thy
hands ? Believe ine, another priest like thee who spat once perished forthwith.
And once it happened that a priest who was a monk came and was present
'ioi.ic2a. with US on the evening of the sabbath and the morning* of the Sunday, and
W'hen the mass began Ibr us we requested that priest to offer the oblations
and consecrate and when he reached in the mass the place wherc he invoked
the Holy Spirit secretly to come down upon the oblations set forlh and
the divine mysteries, he was inaLtentive in iiis heart as will happen to men
at times, and had phlcgm and expectoratod and at once he becarac dund)
and deaf and was not ablc lo move at all aiul leaned liis head backwards
and reuiained lifeless and did not speak. And so 1 called for tlie priest
Elislia to come and go up and finish tiie mass. And when we had finished
mass ihe brethren asked me to pray for the brolher priest tlnil he migiit
be madc well and his allliction removed and iiis mind and heart restored
tu him. So at once 1 praycd saying thus : « Lord, ü Almighly, thou
[101] THE TIlIRTlETll WONDER. 413
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M. B. « Lord God, Crcalor of all, Falhcr of our Lord Jesus Christ ». — 2-2. B.
« llic life ». — 3. B. om. — 4-4. B. om.
knowest'the weakness and imperfection of (human) naturc and its errors ; »iui.iti2b.
restore, Lord, the hcart and mind of this brother lo him so tliat he may
inform us about his misfortune, that \ve also may take care of ourselves all the
rest of the days of our life. » Then there came to me a voice from heaven
and Said to me : « By thy pleadings and prayers his mouth is openod that
he may inform tliee what lias happened to him, and why it came, and what
is his offence. But hasten with thy questions to him, for judgement has
been passed on him by the Lord, and indeed the angels are already near
to take away his soul ; so be prompt now in thy questions to him and do
not delay the angels who are ready to carry him away. » And wheii 1
heard this indeed great fear and dread took hold of me and great grief of
heart seized me, and 1 was like a man in the midst *of the deep of the sea, "foi. i63a.
with the waves dashing him to remotc depths. Therewith I began to
converse with him saying to him : « What hast thou done to-day? — and
what is the crime which thou hast commited that this has befallen tlice ? —
confess thy fault, for our God is merciful and just. » And that priest
answered, all his body shuddering with fear, saying : « O sir, father, pray
that the mcrcy of our God may reach me. Verily by the fear which 1 have
and the penalty which has come I do not know of any evil which I have
done save this only, that forgetfulness came on my heart, as is the way
414 THE LIFE OF S. PlSEiNTIUS. [102]
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Mol. 1118 b. ^5-l;l jl Lis- «J lil oiÜS '.ii«" (♦•^.^i jl J»..~Jl ^'3-*^j'j 1^1^ CjyiL-\ ^li- O^I
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1-1. B om. — 2. B « in church and espccially... ».
with men, aiicl 1 spat and did not know lipon whom it feil, and at oncc
my mind failed and and my tongue speech and my head turni'd backward
•loi. 163 b. so tliat I no longor knew any man at all. And wlicn thon didst pray * for
me my senscs becamc calm and allowed mc to talk willi thee. » And I
Said to liim : « Tridy many mon in the world are men by nature but likc
tlie beasts in ignorancc and scanty undersLanding, they do not hucd
wbere they are, and thy reason is responsible -wlien tlicrc is a going fortli
I'rom thy mouth. Disposc thy lif'e as is litting and rcmember the word of
the worJ of the Lord whcn he spakc by the mouth of David tho prophct,
tlial « man \vho is in liononr dolh not know and is like tho Ijeasts without
reason and has imitated thcm' ». Thou wast standing at the altar and tliou
didst spit and expectoratc and didst not know that wlien thou didst
cject spittle from thy mouth thou didst hit the wiiig of the cherubim (sie)
and he Struck thee with bis wing, and I suppose thy judgement went i'orlli
•fiii. ir,'i;i. from God, and so, thou iiast incurred * condemnation. » And at oucc lic
sent for bis family and IViends to bring a beast of bürden and remove hiiu
to bis house and in the Space of three days he left the body and died. And
our fatiier great saint Shenute said in one of his sermons that it is not
p(;rmitled that any of the clergy spit before the altar, nor may they blow
the nose to purge the unclcanncss of their lieads, nor may any of the clergy
1 P.'^. 'i.s. 20.
[103] TIIK TIIIRTIETII WONDER. 415
•ii_^j '».:;lJ:^ j?-^" 1— Ä^ (t-^j «üLcl ^Laj A.:'bj <»..„_jL; /'_^j isj_j^j <^Äj j^ U <i,ji, ic/ib.
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iAs-lj J03 ll. Xs~\>i ^O lj~U ^,_Äa Jl C'j'Vlj ILkiJl ^__P j^< ,_yÄJ UU3 jJÄj".
1. B. then passes to wonder xxxiii. cf. 175. a. below.
wear shoes on their fcct in thu Siincluary or in tlic church, nor may tliey
convcrse at all in the church atlhc time of prayers or of llie sacred oiTices
because of the angels present there. So now, brethron, consider what
soine of US have done, and let us boware lest there overtake us what has
overtaken others, and let men observe thoir conduct * and recognise what 'loi. Küb.
isdefective and his needandraisc up bis soul and bis condition and improvc
bis conduct and knovv his will and right conduct before the apostles comc
from God to seek for bim tliosc dinicult divine paths which he did not
know and whicli we have never travelled. For there are people who commit
sins and after their fall and bumilation they submit their souls to death.
And they who die fear and are cast away in the grave where the worm
and creeping things eat them, and especially that sore disgrace which
will happen to every one of us when we leave this world, because we are
füll of sins and offences. Now he who is without confession of his sins
to the clergy is ready to perish and who is he in this dreadful descrt
'wherein we are who is found safc from sins and offences? And our father »idi. iiwa.
the prophet the blessed Anba Pisentius has taught us that a priest departed
from his body because he ejected spittle before the altar through carelessness
and ignorance. And so whensoever we speak or spit, because of the
greatness of the sins and offences which bürden every one of us, and every
416 THE LIFE ÜF S. PISENTIUS. [104]
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'fol. 165 b. ^y,.„s>zi>^ ^^— iji^ 3 Crr^^ v_— xJI ifr CjlsJI jLwVl j^iUia Aj^lj p^J >J— J U
Oi'^'-' ^^ (_^ (n^ jy^ti. '*^ öy^^J -'^■^^ t^*?-^ äi/^'i ör-'j-' öi/^'^-i
LS'
womau also, they approach with lack of revercnco and -with lack of the
fear of God and without life to the holy living mysteries, and receive them
unworthily and without the permission required of Christ in every place.
And they are defded with various kinds of crimes, for there are people who
commit fornication with those who are not theirs, and others whooppress one
another, and detain what does not belong to them, and others who swear
perjured oaths for shamcful profit, and others are astrologers and
sorcerers, and others are quarrclsome, and others havc intercoursc with
Mol. '65 b. males, and others hate one another without cause, and others * bring false
chargcs against one another before powerful and unscrupulous judges so
as to cause their goods to be wasted, and they laugh at and deride one
another and ridicule the creatures of God who made them in his own
image and likeness, and likcn them to dogs and pigs. And he says
that they who commit these crimes are called Christians and yet are not at
all worlhy of tlic oblation. Bul all these faults bring down on us the
wrath of God and inflict on us all these troubles and miseries. But I have
(lesired to cast a liltlc ofTering into the treasury enriched by the mighty
decds and wonders whicii this- groat one amongst the bishops, Anba
•loi.iofia. l*isentius, did so * that all men gathered in this holy church may contemplatc
the favours of his glory and dignlty, and that his blcssing may cncircle us
andaccompany usuntil we grow old. I allirm, bclovcd, that he did not
love the glory ofour empty repntation, bul the glory and excellenl sorvice
[105] THE [THIRTY] FIRST WONDER. 417
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^ L,j jIaI. ^ 1>1 2-1^" jjS\ lAi jl^ 23lJ_j ^;^ ^^L At-V, V jl ^W 22^1
1-2. B. « and afterwards ». S. « another time ». — 2-3. B. « he spcnt many days
concealed on mt ähue. S. « he led a peaceful life of meditation on mt. ähue. —
,1-4. B. om. S. « fleeing from before the Persians, and he departed in the mountain not a
little way to pray ». — 5. C. 135. b. continued from 139. b. above. v_^^! a' JU l^ 1-^»
,^j["i^_ Li!. — 6. C. + sjX).i. — 7-7. B. >( he prayed by the way ». C. ^\ iji^
i.j^ .y % i^^ i^\j ii Ji»j J iD! ^iU. - 8. C. JUS". — 9. C. ^Dl. — 10. C.
>j.xx^_. — 11-12. C. om. — 11-17. B. om. — 12-13. S. om. — 14-15. S. om. — 16. C.
lij. — 17. C. 5^ woU*),. C. then passes to 167 b. — 18-21. B. om. — 18-19. S om.
— 20-21. S. om. — 21. C. .,_j5^'ij. — 22-23. B. « I have faith that Christ the God will
not leave it in this neighbourhood. » S. « But I have faith in God that he will not...
— 23-24. S. « when the morning was come I looked the space of an arrow's flight ».
which is in heaven with the Lord who loved him. May his blessing and
prayers bc with us all and deliver us from the enemy. Amen.
The [thirty] ßrst Wonder of ihe (jreat saint Anba Pisentins,
maij Ins intercession be with us. Amen.
At the tinae when our holy father was concealed in mount Shama for
fear of the Persians he went from us a little distance in ordcr to pray
alonc. And when he stood three or four hours he went in the mountain
* and prayed everywhere, and no one knew how many were the prayers 'foi.icfib.
which he made by day and night, but God alone. He made four hundred
prayers by day and three hundred by night. And he observed me and
Said : « John, take care of thyself and be watchful for I found to-day
a large serpent in the mountain, and it cannot be far from us at all. But
verily God will not suffer it to draw nigh. » And when it was early next
418 ' THE LIFE OF S. PISEXTIUS. [106]
'i'oi. 167 a. ,r~rU v:u-« rj^^ tjr-"'' ^•^ >^-*f"JJ c--i.<i lil L<l <-^ (jtr*-*^^ j^^JJi 'Vj.*
Uj ^b J^y ^V j~:Jlj A^Vl ^3a;j xjs^^JI a-^JIj UiVl J^- S^\3 A <^<->^
1. B. « \ve looked before us tlie distance of an arrow ». — 2. B. « upon a rock ». —
3. S. « upon a rock ». — 4-4. B.S. cm. — 5-7. S. om. — 6-0. B. om. — 8. B. om. 1-13. —
9. B. « why üidst tliou not tliink of the words of «... — 9-10. B. « whose efllcacy thou
knowest. Hast thou not lieard >>. — 11. S. « the wisc ». — 12. B then passes to Wender
XVI. er. 136 b. above. — 13. S. then passes to 197. a. below.
day, aiid it was clear at dawn as far as oiil' could shool au arrow, I saw tliat
llien; \vcro maiiy birds and viilLiires on the sidc of tliat raoimtain. Aiid at'
thattho saiiitcalled meandsaid : « I supposc, John, that God lias dostro}'od
the scrpcnt. Go and sce why thosc birds arc coUected therc. » And wheti
iui.iii:a. I wcnt I round * that scrpent Hung asidc dead. Ami I \vcnl and l(dd niy
fatlier aLout it saying : « lic ylad, O fallier, ibr God has dcstroyed the
serpcnt. » And he replied and said to me : « ü nij' son, oousidcr the
seriplures and scc wiiat is tlierein, and understand how David tlie prophct
says : Thon hast madc the Most High a rc'fugc for thce, and no evil shall
draw nigli thee nor any plague comc near thy dwelling, for he shall givc
iiis angels chargc over thce and thou shalt trample on the asp and iIk;
basilisk, and trcad upon the lion and tho serpcnt : bccausc he has rclied on
mc and 1 shall dclivcr hirn ' . « May the morciful Lord God protect us and savc
US l'roni the cvil one, and hy hispraycrs may he pardon us cur sins. Amen.
I. I's. so. 9-!'i.
[107] THE THIRTY SFXOND WONDER. Un
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:''^jb pJi-]l ^^1 1:^1 Jl^' A^" ^^j^i ^.. J Jl^' ^-^^^ er. ''d:^.J^^ er' r^. ^-?^
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uyj 'V^^ V-' ^'c^."^' ^-^ ^^^ '^""^^ '^'^"^ ^^ '^^>H. ^ ^-.J
1-1. B. « One day it happened Ihat my falher was still witli me in mount Jimi » —
Ulis following- aftcr Wonder XVII. B. then omils to. 1. nest page. — 2. C. 135. b. UU
3-3. C. ij^h. - 4. C. t3^. - 5. C. ^jiy - 6. C. ^)y,^. -
Uv. — 8. C. ^W^-l. —9. C. (.o. — 10. C. ■jj^\. - 11. C. js b Ui. -
7. C.
c
,Uy. — b. L,. .^.^Nsr^-'l. — y. L.. ^
12. C. U. —13-13. Com. —14. C. wo.y-J.. — 13. C. Ji. — 16. C. + -'i. —17-17. C.
' The Ihiiiij seniml Wonder uf oiir höh/ father Aiiba Pisrntius,
inny his prai/ers and hlcssin;/ lic uilh u.s. Aiiicn.
Hear, O rny brethrcn and bcloved, ihat I may relatc to you sonie fcw
of the luany miracles, as I caiinot describe them all, but only as I seo you
desirous to hear and understand the word of God Most High, I Lull you a f(!w
casy things. One day our father was hiding in mount Shama becausc of
the Persians, and it was the first day of the holy Lent. Ile said to me : « O
John, our father the great prophet David has said that this is the timc
wherein devotion for God should be : ' and Paul the apostle said. In the time
acceptable to thee and in the time of salvation I help thee, and this is the
acceptable time, this is * the day of salvation'. my son, it behovos
all men who have sense to understand to have a space of life to do what is
necessary for salvation, and now God has given us these days as the time for
the salvation for our souls. So rise now and foUow me that 1 may show thee
1. i's. Ü8. 13 (V) — 1. 2. Cos. 0. 2.
»l'ol. 167 b.
'ful. U')Sa.
420 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [108]
j^_iJ ^ J^yj, ^\r^^5 (^^ V ^^ö^. ^-^^ ^,J^ ''jr^ ''(^"' 'S^^ '(^
x^\ ^ f\S Jp-V 'Ulj o^l ^ jr~^\ ^^^-^ rj'. ^ j ^JJ^lzJJ '' ^ *^ ij^
jl ^^ ^ j,j jO^I V i'^Uj ^^Vl .::^- i',,iJLi« jK. '«Jl J^Jl J J^.j
I. B. « my father arose and went bel'ore me meditating on the scriptures
inspired by God ». — 2. B. « My falber said to me; John, my son,- arise... >> —
C. + j. — 3. C. J^^:^.. — 4. C. om. — 5. C. ,.,X). — 6. C. ^:' ^iU. — 7. C.
jj.CJ. — 8. C. j.'y. — 9-9. C. i wj^ ^^' ^*3 J^ii; C,--. (»j^ J?" ^5 c^rr'^ ■^■»^'
4X.» l;l^ ,lij .j^l ^. — 10. C. Ji. — 11. C. Jar--. — 12. C. only. — V.i. C. .. —
14-14. C. om. — 14-17. B. « when we had walkcd about Ihree miles we came to an ciili y
likc a door wide opcn » (.^0). — 1,5-lG. C. omit. — 18. C. om. — 10. C. l~;'. — 20. C.
J-^Iä. — 21. C. ^^jj\. — 22. C. jU-^ ^j*. — 2.3. C. ^! JLL ij~:i' s,^^^ ^^'\ —
24-24. B. om. — 25. (".. ,.f..~^.. — 26. C. om. — 27-28. C. J^i bL. — 28. C. .:n,.
— 29. C. -t- f^i.'. — 30. C. om.
my resting place and tliat tliou mayest retarn mourning wiili mc and come
to visif me every sahbatli day with a little food and wator for the sustenance
of the body. » And tlien this couragcous man endowed wllh all virlues
in bis conduct arose and wcnt out on the mountain to a place conccated
beneatb the ground, and I did not know where ho intended to conduct me
and when we had gonc along tbat subterranean passage, it might be about
ihrce miles so far as 1 could rcckon, we proceeded in tlic darkncss and
•foi.ifisb. the rocks along* the passages dcep in the eartli. My father went ahead a
little and came before mc to a great door and a place which was very light,
and when we entered that place we found there six pillars cutout of the rock
and these bore up the stone ceiling. Its widtli was fifty two ells, and it
was four square, in length, and breadth, and lieight, and inany mnmmies
cast about. And in the lower part, if you face those ways, you smell the
I
[109] THE THinTY SECOND WONDfill. 421
L^ LaL^jj j^\ ÖX- -'CI^U -JU i'%' ''jLOl ^ ^_ c.\ 'olj^VI dUr
'"'ji,C ^Ul J^U * -'j. ^ÄJl J3VI ^1 jl^j j^^^l ^^^>^1 'ö:^ ^V-ioi.iG9a.
1 C ^1,^'^'. — 2-2. C. a.oj! ^CJj Jl LUj) UU. — 3. C. Ua^.!. — 4. B. om.
— 5. C. + U. — G. C. om. y — 1. C. ^^JJI JjiJ". — 8-9. C. om. fo. 137 a. — 10. C.
J^^'^^.. — 11. C. äJ^U'. — 12. C. om. — 13. C. om. — 14. C. aalC. — 15. C. tx^^..
— 10. C. ^jI. — 17. C. om. — 18. C. + ^^-x ^^^. — 19. C. ^.i. — 20. C. ^1. —
21. C. omT— 22. C. + ^\. — 23. C. om. — 24-24. C. JS:^\ ^r= Ji U ^^}^ b
_5^ J! j"^! ^^li i^.^lJ! >l^^I tjJ. ^ aJ j/l ^A-M. — 25-26. C. ^.^ y^ J.
— 27-27. C. ^ LJJ! 5JJ. 1^^. — 28. G. om. — 29. C. \^\s6. — 30. C. ^,^i_5 Jis.
— 31-31. ^'iJ'U - 32. C. U~^. - 33. C. -|- ^^. - 34. C. ^,^^1. - 35. C. + J'
oJour of those mummies from a distaiice of ihree miles. And we took
tliose mummies and cast them one on another and made more room.
And we found the earth which was on tlie mummies to be soft like
potter's clay, and the iirst mummy which was * inside the door was'foi.uwr
wrapped in a royal shroud, and so I suppose he had been a great man;
and I noticed that his hands and feet were wrapped up separately one
by one. And our father said to me : « Consider how many years have
these been dead, and from how many countries they came. » And I said
to him : « Yes, sir, thou knowest that better than I. » And he said to
me : « Go out now and stay in thy own place, with watchful eye consider
thy soul and meditate within thyself, my son, how this world is nothing
at all, but is illusory with all its inhabitants and soon shall we abandon
it. Be careful and sollicitous about thy frail soul, keep fast continually
and recite thy prayers, doing so in the way I have taught ihee, and do not
cease therefrom until the sabbath day. » When he spoke thus to me I knew
ii.
422 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [110]
'^J <>_ji<. db. i'^l olj^V! ''dür i*^U^I <i »j^j 8<i ^Ajj ^\ ''i^ii.1
jl; i>LJl ^%i^Jij jUVI J -'y. 29^^ ^^j, ^jQ^i j os^,^ ^^^^^,, ^^^__^^
*fol. i:o:i. U Ul jUVI "'-'jV ^U^l jUiL.^ 4^1_^1 öCl j * _jA ^ p,^J -'UliJI iÄA Jl
J^ J^ J> '^'^y ^ — ^' '-^ J ''^JLS ^-3 ^'^Li J^- L ••'■'c ^.L jJUl JjU
L^ ^-IH jKJl -»2dUi j, ^> " jl Jl «'^^3 dLll .^1 ^^ Jl •''■'^;>lj
1-1. C. -v^' Js w-j!y O-xk ^'j J.^-i ^ (137, b) ^i^^J^I o-;'> '^'^- — 2. C.
om. ~ 3. C. jlt^. — 4. C. J^jj ^. — 5. C. UU. — 6. C. syiJ. — 7. C. «'y^. —
8. C. om. — 9. C. b';. — lo. C. + <^vr^. — 11. C. om. — 12. C. om. — 13-13. C.
om. — 14. C. i*iä>.. — 1,5. C. -^is.^. — 16. C. om. — 17. C. + i^x.^u>. — 18. C. om. —
19-19. C. om. — 20. C. + ^\-^ \j.' . — 21. C. + ^1 L). — 22-22. C. om. — 23. C. om.
— 24. C. ^"1*. — 2.-). C. ^j. — 20. C. om. — Tl. C. ^li-. — 28.. C. ^ ^' ^.. --
29-29. C. ^:-^ jj^^'j- — 30. C. J^.ocH. — 31. C. om. — .32. C. »^«sr'!. — 33. C. ^j. —
34. C. ^Jl L'j?. — 35. C. ... — 36. C. aJ ,U. — 37. C. om. — 38. C. l i-- !^l<' ^. —
39-39. L. ^1 b i^l-c ^-o. — 40-41. C. j. — 42. B. << accordinj^' to llie inslruclion.s ol my
holy falhcr A.P.C. i^' ^.^^^ ^^y J} o--~''j.
ihat he was going away, and so I gave careful attention and porceivcd a
'loi.iiwb .i'oll of parchment unrolled, and niy father spread it ont and read and * Ibund
tliere the namcs of tliose dead werc written in that roll, and Ibrtliwitli lie
roUed it up and gave it back to me and I restored it to its fornicr place. Tlien
1 bowed bel'ore liim and took leave of liim and went away. And lic liad
warncd me sajäng : « ruy son, be careful witli thy soul ; pray to God tliat
he have mercy on thy frail soul. Tliou hast seen, O my son, all the?e dead
cast aside to warn us that we shall bc like thcm. Soiue of them arc those
'fui. 1711 a. who are gnashing their teeth, others arc ' in the outcr darkness, others are
in torment and in the pit füll of fire and brimstone, iheir abode in the lowest
hell, and some of then\ arc in the river of Uro and have never bcen ablc lo
gel out to this prcsent timc, and some ol them are in placcs of reposc because
of thcir works, for when mau leaves the world what is past is linished. »
And whon he had said this to nie I said to him : « falber, pray for me and
remcmbcr me unlil 1 relnrii lo thee. » And 1 went to wbere wc had cntcred
[111] THE TIIIRTY SECOND WONDER. 423
2J_^LJ1 ^^^\ ^ L-X<, L, jAiLj "-''Lc 'v,^ >::...U JjVi c^\ jl^ l.-'3 V
JJil "^yi-:^lj <^JÜj| ^J_r^jVI (»^^^ -''^«i i-;.J v_i^ (_5.U^ p.?'l '^-^V j^;_^l U .^,_::-
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-^>ui _^i ^ cJi ^1 jL;>ü -' jui -'"'^ ^-^ ^^ ^Uj ^ o-^^. ^ui
1. C. lU. -- 2-2. C. i^-Cv-- o.^^ JcT^'' Jr- ^^\^i JJ".^ ^ Sz^i ='->^' c^^- —
:5-,'i. B. « he commanded two measures ». — 4-4. B. « and he measured it and s:iid : ^^'hon
thou comcst ». — 5-5. B. om. — G-8. B. pni. — 7. C. ■^■j.j^. — 8. C. C-»*—. — '■>. ('. ^.
— 10. C. Lo'- — 11- C. + J. — 12-12. C. om. B. « O. sir, father ». — i:5. C. J-:x' ^y'.
— 14. C. X). — 15. C. a's^. — K3-1Ö. C. om. — 17. C. 0.-*V -^s ^-J^- — 18. C^.
o,^. — l<)-20. B. « talking with my father as the pLice was dark ». †” 20. C. ^J'lj-
— 21. C. .t-^b ÜL — 22. C. w-Jl ja !-^'j .LC^i =-- .i-'-^->'j -.-;'. — 23-23. B. om.
— 24. C. XV- - 25. C. Ul. -1 20. C. ) ^.^-s\\^ ,>\ bU .XU' ,,,Ur^!l, ...i.CJ!
J Jj;j. — 27. B. -4- « niy l'ullicr ». — 28. B. -f « It said lo him : I am ol' ihe Iown
of l'h'mcnL ».
tho place wliei'O we were. And when it was thc first sabbatli I fillcd tlie
jar witli watcr and took what woutd sufllcc of moistened wlieat, for he liad
ordcred nie lliat he mlght have half a measiire of wheat according to the
allowance for the holy Lent and its provision by night; and he had told me
saying : « Come to me every sabbath and supply me with moistened wheat
and water unly without any baked bread. » And I took the jar of water
and the moistened wheat and went to the place where my father was, and
when I drew near the door of his resting place I heard one who was weeping
with great grief of heart and asked my father saying : « Do an act * of kindness 'lol. i7o b.
to me, blessed eider, and pray to the Lord for me that they may release
me froni the torments in which 1 am and not cast me into them again, for
I am greatly exhausted. » And l supposed it was a man Avho had come
to him to make confcssion. So 1 sat down in the dark silently whilst my
father conversed wilh thc mummy, the one I mentioned as being near the
door, he it M'as who was conversing with him. And he asked him many
wnrds and said to the mummy : a From what land art thou? » And
^24 THE LIFE OF S. PISENTIÜS. [112]
'^*-'l " ^J^•^. ^>l* 'S^^* '^ "^y) y (>« i.?;' MlÜ jL«^ ü^" <^_-^ j^r« ^' '^ J'^
I.e. + J JUi ^U^-C .^y>>- w^-^^ ^^ b! (138 b.) .JuJi ii. — 2-2. C. JliÜ
Ujj ^1. — 3. C. i^r'i'.jj^. /'■— 'i- C. i^laJ.. — 5-5. C. ,j«i^^ ij'-^-:^ 'y^- — <)• B.
om. — 7-7. C. ,.,,0.-.^^U ^ i,»j. — 8. C. ^^--w'' so B. — 9-9. C. ...-CJ"^. B. « No ».
,_j»^~/^_yj^ ^ j^»j. — ö. V... ^-;^~-»." so 13. — y-v». L.. (^
— 10. C. Iciv. — 11. C. ws^y. — 12. C. ^j.-^. — 13. B.C. om. —14. C. om.
— 15-15. C. ü ]i Ulj. — 16. C. j^. — 17. C. ^yL.. — 18. C. om. — 19. C
(jli^jj. _ 20. C. Uä!. — 21. C. om. — 22-22. C. j. — 19-23. B. om. — 2?. C.
4- ■JL^i. — Ik-'i:^. C. .,Ui! J.U. — 2(J. C. om. — 27. C. om. — 28. C. ^^'. —
' -' ^ ^ O \ â– '
29-29. B om. — 30. C. .i"^' jLU. — 31. C. ,.J»„^. — 32. C. om. —33-33. C. ..
he Said : « I am from the town known as Erment. » And my fallier
Said : « Who was thy father? » And lie answerod liim saying : « Ilis name
was Agrikolos, the name of my mother was Eustathia. » And my father
Said to him : « What gods did they serve? » The dead man said to
him : « They served an idol in the water whose name was Poseidon. »
•fui.171 a. And my father said to him : « Didst thou not hear * beforc thy death
that the Saviour had come into the world? » And he said to him :
« O father, my parcnts were pagans, and I also was of their belief and
foUowed their customs. Woe is me, O father, wonld that they had not
brought me into the world, or that my mother's womb had been my tomb,
and that my mother's bowels had been burst for cver. This is what happcned
to me, O my holy blessed father, 1 teil thee father, that when 1 reached
the compulsion of death thcre first appcared beforc me the governors of this
dark world to accuse me, and they said to me : « ^^'hcre are the faults thou
didst commit, and the evil decds which thou hast done?-may there come to
thee Abu Sidan whose servant thou wast, in whom ihou didst trust, and
on whom thou didst rely and say to him, Thou art a god : let him come to
[113] THE TUIRTY SECONÜ WONDER. 425
^-^J ^J^ ^^^. Ij^.J Vj^^ i V-^r^--' ^-^^ ^ (*»■>>- V!^'
i^ JL<iL _^l '"J J.I« OjJl Co,l> ^I-Uä)1 ^ J^\ jl J |_^,,^ 9jUU
22j^lj ^:iy^ Xil Uj j»^;lÄc 21_^l 20^ 19JLL, bliaiJl J<! J;^U ^^1 i^l!
3^^jl '-^-'^1 J\ sif-L, jIa£. jyC,_ j^ ._^ '■^'^diifc c^jj ^_^i:)l <JLiJl
1-2. C. Jb!j Lnj^. - 1-3. B. Olli. — 4. C. -,U^I. _ 5. C. .»jU^;.. — 6. C.
O^ ^Jir^.i- — '^- ^- U"-}- ~ ^- ^- °'"- -5- ~ ö- ^- ''-^- — 1^- C- om. — 11. C. +
^1 J. — 12. C. ^^%. — 13-13. C. ^.y - 14. C. om. — 1.5. C. x.^j. — 16. C.
Ujlsj^j ki. — 17. C. L^iLj. — 18. C. om. — 19. C. om. — 19-20. B. « who has been ».
— 20. C. om. j. — 21. C. vooo- — 22. C. om. — 23-24. C. om. — 25. C. J^^^jK
— 26. C aJ'. — 27-28. C. S'-^' ijLjj. — 29-30. C. U a^_^, ^.J ^J. — 31-32. B.
« each of a different form ». — 33. C. + oXIj. — 34-34. C. om. B. « how many
powers wliicli chastised ». — 35-35. C. ^^-^s-'' >_^o.> ^^ .j|;="^t JJj! J,-'.i.!
^] ^j iJlj. — 36. C. Ji_l. — 37. B. « hundred ». ^
save thee from the torments whicli will befall thee and happea to thee. »
Thus they spoke to me * and in tlieir hands were hooks of iron sharpened »fji. i7ib.
like the points of javelins, and they thrust them in my inner parts and stuck
them in ray ribs and gnashed their teeth at me. And after a little they
granted me to perceive with the eyes of my body and I saw death snspended
in the air in many forms and varied species. Then they extracted my soul
from my body, they, the angels of wrath who had that ofTioe, they who are
without pity, attached me to the tail of a ghostly black horse and drove
him towards the west. Woe to every sinner like me! flow hard are their
punishments, how severe their chastisements! O would that they had not
sinned or had never been brought into the world. sir, father, they
delivered me to the pitiless and harsh tormentors, in whom is no mercy,
who made torments of various kinds, every one his own kind. And there
were many wild beasts * in the way, and how many were the spectres there. *ioi.i72a.
And when they cast me into the outer darkness I saw there a deep hole
whose depth was four thousand cubits, and it was füll of poisonous ereepiuc
P.\TR. OR. — T. XXII. — F. 3. 28
»g
426 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [114]
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r
l;_^l l l£^ *«; ^^\ -'*Jls "-^liJo-lj •i^u ^IJJI viüi 1^ cl^xiL Vj '-'■^^s-lj
1. C. lj.lv». — 2-2. B. om. — 3. C. + j^. — 4-4. C. om. — 5. C oXli-. —
G. C. .,'—3^1. — 7-7. C. om. — 8. C. ,ja^^. —9-9. C. om. — 10-10. B. om.— 11. C. ii..
— 10. C. 5^1^''. — 12. C. 4- v^CL\ — 13-13. üli:.:^-^ J, J/"^!. — 14. C. om. — 15. C.
Vi. — 16. C. -I- wCb-. — 17. C. LjUs'. — 18. C. om. — 19. *«=.,«. — 20-20. C. ^1.5.
— 18-21. B om. — 21. C ^jJiM. — 22-22. C om. — 23-23. C ii. — 24. C + J.
things some of tlieiii had seveu lieads, anJ all tlieir bodies liad projecting
stings like the stings of scorpions, and some of thnm had tecth like tlie
teeth of gnashing pigs going out of their moiiths; their Iciigth was half a
cubit each tooth, and lliey hurt with tlioso lectli ; and I saw liiere vipers
hiding with double faces, each of them witli a face like tlie face of a weasel
and their teeth piercing like the teetli of a lit)ness, aiid 1 saw there a great
worin of very dreadful form, its length was a luindred cubits, its thickness
'idi. 17-21). fifty cubits, and its mouth like the nioutli of a crocodile ; and it had tecth * like
the teeth of a sharp saw. Aiid they took me and cast me before the dreadful
beast which never resta but eats us for ever, and all the mouths of the
beasts are round about him : when he tills his mouth, then all the beasts
fill their mouths at the sanio liine, and the pain of the sting of the scorpion
is nothing at all compared with the teeth of that one, for the pain of the
scorpion makes ils torment last a day or two days, but the pain of that one
does not abate or diminish or cease for ever. » And my father answered and
Said to him : « From the day of dealh uutil now do they give theo uo rest nor
relax this torment a single hour?» And the mummy said : « Yes indeed,
[115] THE THIRTY SECOND WONDER. 427
''w'l-Ull Jl\ (v*J-VjJ J^Vl ^_y__ *^JUi J\ vIU^I ^'^ <l£L ^t ^^ p.?:^)! * -^J- Toi. 173 a.
^\Xßi\ J ^j.>.^j Liuj U ^iJJa-\ vjlJJI lÄA J ^^ ^y^ C^l Uj ^1^1^ L^
'-'jl Z^j^ '^^ ^ ^ jUl (.l^_UI l^^xJUlj ''-'^ I^^U "^U^ ''CrJ^j-
1^^'i^ Uj '-M^ i'^^- i'^V <^\j ^jA^j^. "'^ ^U '-VUI J^l '•'j.J
1. C. -(- ü- — ^- " evcry Saturday and Sunday. VVhen Sunday is over \ve
are thrown back into the torments wo deserve so tliat \ve may forget the yea we
liave been in the world. When we have l'orgotton the pain of that tormcnt we
are thrown into another more painful ». — 2-2. C. a^^Jj. — 3. C. om. — 4. j_i. —
5. C. -\- jo. — 6. C. ^» AiL, r^Lö'. — 7. C. om. — 8. C. Lj;*)!. — 9. C. om. —
10. C. + ^ t^r^'^j^l — 11-11. C. ^iyM.. — 12. C. ^. — 13-1,3. B. « and I came "
to Ihee ». — 14-14. C. ii Li! UU ^j^^ ^^'^^ c^'- — 15-15. C. ^-^j' ^ ^Jt
^;! U JÜl. B. om. — 16. C. + ^C). — 17-17. B. om. — 18. C. -f- Ji. —
19-19. C. ^ ^XS. - 20-20. C. s^y ^1 ^j6.\ 'i»ii. — 21-21. B. « my father said «.
— 22. C. j^^^.«^ Lot. —23. C. p=.^. — 24. C. -f- ^j. — 25. C. om. — 2G-2Ü. B.
om. — 27.. C. ^^'[3. — 28. C. vJ:^U.
father, they have pity on all those who are in torment and give them relief
on the night of Sunday, because it is the resurrection of Christ, and they
give them relief from * hell from the ninth hour of the sabbath until the end Mui.iT.sn.
of Sunday, then they return to torment as they v^-ere. And w^hen I had spent
many years in this torment they took me again and cast rae back into the
forgotten torment so that it never ceases. And when thou didst pray for
me, the Lord commanded those who were charged with my torment and they
ceased from me and unfastened the fiery bit from my mouth so that I was
able to speak to thee with my mouth and in the grief of my heart. And
now, father, behold, I have related to thee what torment I have endured ;
for God's sake pray for me that they may have pity on me, for I am greatly
exhausted and fear lest they cast me again into that torment. » My father
answered him saying : « The Lord who is merciful and compassionate will
deal mercifuUy with thee according to the greatness of his mercy, so sleep
428 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [116]
^(^ ^J^ >^'^S '^S^^VI j_y^ '(^'-^" ^.-^J rc_w_Jl ''-*t— '' Cj-Vä. '>^_JÄt'Vl ÜÄA
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^^Ij pjiJl j;Jj i_5_j^ j-> Ji j '-*,^. ^_^b cT^'^ Cf' V^. ö^j j^ J-^
1-1. C. h^\ J .*i- jd\. — 2. C. sJU>|; ^il ^>' L». — 3. C. + j. — 4. C. +
^1^. — (rep.). —5. C.j. —6. C. oj~o ^y. —7. C. om. — 8. C. + ^L*p!. — 9. C.
^1 L). — 10-10. C. v--^j ^•^- — 11-11- C. ^-Uj. — 12. C. + ^. — 13. C. J.=^'.
— 14. C. + ^. — 15. C. ^:l b. — 16-16. C. om. — 17-17. C. ^CO ^^L. ^kj J
ij^ "^j wül. U v-S"!. — 18. C Ihen passes to wonder XXXIX, cf. 187 b. below.
'lüi. 173 b. now as thou art until tlic day of tlie general * resurrection wlien the dead
arise and thou will arise with the rest. » And God is the witness of my
Statement, that with my eyes I boheld that dead man lie down in his place
wlicre lie liad been before, and when 1 saw this miracle 1 glorified the Lord
Christ. And I called out before entering, according to tiie rule of the
bretiiren, saying : « Bless me. » And I entered and kissed the hands of
my master and father. And he said to me : « John, how long hast tliou
been here?- hast thou lieard anyone talking with me? I said to him : a No,
my father. » He said to me : « How is it that thou hast lied as Gehazi
lied, he who lied to Elisha when he said to him, Thy servant did not go
anywhere'. Butassurediy thoudidstsee something or hear a speech. Conceal
it. If thou relate it to anyone in the time of my life 1 will exclude thee from
participation in the life-giving mysteries. » So for this reasoa I concealed
♦loi. i7'iii. this * saying and hid this secret, and did not reveal it to an3^one to this day.
Verily, Ihou arl like tiie prophet Elisha, O my father Anba Pisentius, for when
Ihou didst touch tiie bones of tlie dead man lie lived and stood upriglit, once
more. And who could describe tiie wonders he did evcrywhero and concealed
from men? (but tiio I.,oi'd always revealod tliem), save he wiio is wcighly
1. IV lieg. 5.25.
[117] THE TIIIRTY THIKD WONDER. . 429
LJ i^-^ AJ^JI "^ ^^ J ^_J ^^iJI ,_ft^jt^l jjb l;l iiÜÄ5 ijäju j^Xfr Ij^
dljLJl Jsj-jL«.'! IÄa * <"^^^ IjJUj j^Ül ^lo V« *^r^2i>- A»3 d'jL-JI jv^»Ä/> >l>AALi *f,,i, 17 1b.
ijl (W?Ä) >I1;-*Y^I iv^'j*-^ ,J' (V^^J" LA^Ai>-Lj ify^ ^ *-^' '--^1 (5" J' ^-J-^l
j»jAä)i Iäa '" "' j a",..,'I iAA 'Ijj A^ i»>v„»iiLj (♦^^»Jilj^ ».>A=-5 j»>-J'Lli)' >i.w».j-5 j*5>.>iji
jV* ^-".y' (V^JaJlÄJj '*J>JLaJl ^y>^As Zj'^^-^ •—'y' (»>-Ja«>J <x^_ ^1 ^'■^a^ A-« o*^ i3
jU^I IÄa ^ ijijVl jj^ <AjLä)l w)l»Vl !sÄA )«-,«.j- "w«; ^^j^i jJoiJl ^jjUo" Z«;;*^
(j»jlXL--j L'l -v^iäjJl (rl"*^^ LjV jyMlSlj -dlill Aj^jäC-Vi *rol. 175a.
in knowledge, excellent in wisdom, like Basil and Gregory. I have only
stated this speech briefly as men need, from a great varied mass, it is
not at all possible lo make it complete becauso of tlie many successive series
one after anotlier, since I am a feeble one wlio liavc not mucli understanding.
But I bear witness to you all about tlie blessed one, and you are present
from all parts and receive tlie benediction of this * blessed holy saint, cur ♦foi. iT'ib.
father Anba Pisentius, and take it with 3^011 to your homes. I strive with
desire to relate to you this slight selection, that his pure potent prayers
may protect your steps, and bloss your children and all j^our going about,
and all your cattle, and deliver you from the plague this year : and that
this Saint may intercede for all who are present in his church, and that the
Lord may give you the wliolesome desires of your hearts, and that your
Lord may preserve you from all temptations of the crafty i'oe, and from all
troubles whicli occur upon earth, at this time and for ages and-ages, and
for ever. Amen.
The thirty third Wonder * of our fallier tlie (jreat saint Aiiha Pisentius, Mol. nsa.
may liis prayers he irith us. Amen.
I teil you that when we were talking one day with John his disciple and
saying : « Didst thou not see anything eise of the things related of this
430 TUE LIFE OF S. PISENTIUS. [118]
A,^ ^J^:i^ \^ '^ 7^^ -^ ^ 1^'-^ ^li^l Uvjb J A^" J j_,-;.-^^ ^-^ j^^
lj«:>ö 1^1 -CiU ^^3 (*:i=^ (^-^^ ^-*^ y ö'*-' ^'^ '^^->'- "r'^^ ^^ '-^.^ i^
x^ iJui c^^j a5 di;l (tJi«; j^ UV -Uli ob Ji u. c-;l i;^l ^^'^ ^^l -»^^
jl>i\ U (._y_ c^li J ^iiS\ 'Jlli ^U*l j^ c^y; >^->i jfr (^, ^j >^'^
ffol. 175b. <; j\ Jk5 c-'^Ja •Vjwj * ^UL l*5ls j">is 1-lft y> ^J l MJls «cJUj cJ^ ^\ U-_y,
Ul ^,-^1 djLJl j^;iJl Jl l.ÄA ^a!j ^Jil "-^Jojl ^_5) jy, y^3 AoU ^ Vj^Ä^
^ybj C^ jt£- Ä«jji ^aJ iijJ^ jV (jf-*^^^^ .^^wLiJl <u!>l.j 'U^_^_ ^r^ (.rJ^^^-^— ti
^^^ Vj ^y^ V J^y> \ '^^3 cb-^' t>^ bVj ^>y C-^^- -^^-^ "'^•'^ ^^"^ '^'^
»^ ^1 VJI ^ p-U Vj '^ä?=^l c^^ ö* '^ \ % Ir*^ C5^ ^-^-^ j Vi
jj-U UjJI j j»r jl Jy:U _jA3 ^MJls" ^jllL---; Ul pii*.^l "'^.-*^^ ^Ti^ ^^^ **r^-
1. B « it liappened one day that I was with our holy father A. P. as one entered to
receive his blessing. I asked him saying : « my father, wlio is this man seeking thy
blessing? » — 2-2. B. « Behold ->. — 3. B. + « and fourteen nights ». — 4-4. B. om. —
5. B. om. — 0-6. B. om. — 7-7. ß. om.
Saint whicli thou didst not writc in this book? — teil us what lic said to
theo \\\\en concealed with him in mount Shama. » And John answcrcd
saying : « Who is able to relatc what Services he pcrformcd? » So 1 asked
him saying : « Relatc what thou didst scc only, for we know that thou
wast brought up with him from thy ciiildhood, and there was not any of
his deeds concealed from thy holincss. » And he said : It happencd one
day that I, the despicable John, went and asked him saying : « my
•fei. i-öb. father, so-and-so is standing at the door * and witli hipi li" has brought a
child carried upon a bcast of bürden. And he said to me ; 1 wish to
bring this child to the clder, the blessed saint Anba Piscnlius, that he may
sign him wilh the sign of the holy cross, for now it is fourteen days that
he has been sulTering grcat pain, and he crics day and night continually,
but there is no disease in him, nor lever, nor chill, nor is there any sorc
visible in the body, nor is he possessed of spirits, and wo do not know
al all what ails him. » And our father the great saint Anba Pisentius
sighing answered saying : « In the world are many men who have no
discernment and. they do not perceive why the distress of tliis poor
ill!)| TUE TIllllTY TIIIRD WONDER. 431
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^j^Ji Uj dL)l A^AsI ^,'^lj 'ä-Ä^j -tj'A^ «I-äI •0 iT^üJ yi Li üilji '>Lj <da) ^
1-1. B. om. — 2. B. c^KOimort. — 3. B. niAnvoTC
wretched one comes, and what sins he has committcd so tliat hc has passed
thesc fourteeii days in sore paiii, * and as his father has committcd sins, 'foi. i76a.
God has brought his sins upon his son so that God might cause his hcart
to sufl'er for it, and has distressed his bowels and inembers with burning
pain. » And I answered saying : « O father, I have heard that his father
was a well favoured man in whom was mercy and who gave alms. » And
the Saint said : « Verily yo have read and do not understand what yu
read. Ilear what the iioly gospel says : Ye see men outwardly righteous,
but their inner parts are füll of filth ' : the servants of this man inform me
concerning his State that he slandered a poor man before one of the mighty
princes; it is now fonrteen days since ho did this sin and slandered this
poor man. Let him know now that the day he did this the plagne camo
upon his son. ,And this child ate and drank * at the time of his supper witii nui.nc b.
his parents and slept at night; and at midnight he awoke from sleep and
said : « I am thirsty », and there was a jug of water at his head, and it
was observed to lack a cover, and there went into the mouth of that jug
a little lizard, and when the boy took the jug of water to drink, then
that lizard went down into his stomach and entcrcd his entrails : » Then
1 Said to him : « Do an act of ria-hteousness and kindness and bid me admit
*t5'
1. S. Matth. 23. 28 sqq.
432 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [120]
i<i^l dlrl^.U; 'LLlII aJ ^ <.U1 ji; (^^<!l .^Ul; oll <:»-j U lil dlll JU; ^.Ul
Jifr -^ Ijj» 3J^'^ ^^J '-*^ ob '^j-r' J o*Ti. o^^>^^ ^■^ ij^ •^^ W ''^-' li"*^^
«Jaij" jjb j_j^l jJlj Jp-^ ^"Vl Jiis 1a=- J^\ o-^-^ ^j^^ -^^ '-^ -^ '-'y^'^
1-1. B. om. — 2. B. xinjKArKEJ^^o«.
him to thee, I believe if thou wilt sign him with the holy cross God most
high will heal him by thy pure prayers. » Therewith he gave command
saying : « Bring iiim hither. » And -when thal man eatercd, bcaring his
son upon his Shoulders, he was suffering great pain and cried out with
'rüi.i-7a. a loud voicc, and when the child saw * the father he said to him, (and he
was crying), « O sir, father, Anba Pisentius, have pity on me because I
sufTer greatly. » Believe me, O my brethren and beloved, I saw that his
tears reached down his cheek boncs until they came to the boy, because
of the greatness of the pain displayed whilst that ravenous beast gnawed
his entrails. And the fathcr's heart w-as grieved with grief greater than
.i that of his mother and he said : « O sir, holy father. I have sinned. Do
thou plead to the Lord for my son, as he is uear deatli and thou knowest
that he is my only son. » The boy was just at the poinf of deutli, and
was very handsome. And the father said to the man, the boy's parent :
« Art thou able to guard thysclf and bc prudcnt from to-day instead of
*iui. 17-b. acting ignorantly ever again?» * The man, the boy's father, said to him:
« Yes indeed, my holy father. » And thereupon my fatiier commanded
them to open the door of the church and bring in the child and lay him
down outside the veil of the door of the allar. And our father wcnt in to
the altarfora long while and prayed to the Lord earnestly and interceded
•Toi. 178 a.
[121] THE THIRTY FOURTH WONDER. 433
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^2,^ l'lj ^^^ '^j j l^J^ j^^ij j\ ■^ Jiäj jLjI -ül U- Ji ^_^_ ::j\i jb
1. B. « the fönt of purification » eng^ n^H wniefAnE^on. — 2. B. then passes to
the pastoral letter 134 a above.
for the boy. Then he took a little from the tank of water of the congrega-
tion and drew it out and with iiis hand gave it to the boy to drink. And
God is my witness, brethren, that the boy did not move from his place
nor walk a single Step forward or backward, but as he drank that water
it happened that when it reached his stomach hc opcned his mouth and
he vomited out that lizard, and it was alive, and instantly he was healed
of his afiliction and was delivered from his pain. And when the father
saw it he was amazed and praiscd God tlie Father of our Lord Jesus Christ
*that he did the like of these brilliant miracles at the hands of his saints and "foi. nsa.
chosen elect law-givers. Tlien he feil prostrate hefore our holy father
and was blessed by him and glorified him and took his son and went to his
house, and he glorified God and our hoy father Anba Pisentius. And this
is a little from what I lay before you, 1 the poor John his disciple, in
Order that you might credit me, as I saw it with my own eyes when I was
serving him. May his blessing be with usto our last breath. Amen.
The thirtij fourth Wonder of our father Anba Pisentius,
may his intercession be with us fnr euer. Amen.
One day there came to him a man who said : « My wife has a sickness
434 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [122]
*loI.l/Hb. ^1 J ^^J,J üÄa IjjLsI jlj ZjJ^i [fLi-zS \^j>i^->- j Jvl-3- j_j^_ 5^ ^t^^ ^^^
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jl Jlfc aaU aJJIj c~L»^j o)U Ji Lo dU 4JJI Jk»i)3 dU-o j_^ y^^i V^ Cj^
*fol. iT'.i a. L>J-!j ,3=/ i3 '^'^ ^3J T^p-3 ci»^! (V ^r}-i JLo i^Ls ^^^ jj-» C^ ^L"^^'
IIm j^C" ■ccljLi jj-jl;:-L»— j Ul ^->-ä)l LjV jyD^'j ■»■„^IäJI ^y>-s.'^\
Mol. i7csb. in her neck and I am distressed in heart lest it be a quinsy * in her throat
and it choke her and she die. Bat if that happen to her, it is better for
her me to die before her, for she is a blessed woman, my father, and
has provided for me very well, -o And our holy father did not answer iiim
nor speak a single word until tho man had said all that was in his heart,
and iie bore patiently witii him. Then he closed his eyes as he sat and
dozed a little while. And there were peoplc sitting with him. And when
he opened his eyes he said : « I snppose 1 havc been asleep a little
while. » Then he turned towards the man wlio has asked him about his
wife and said to him : « Do not be anxious about thy wife, for she will
recover from all thc; sickness which iias befallen in her neck. But if
Ihou ask to die before her, the matter will be so, God will do to theo
as thou hast asked, and thou wilt 1)0 favoured. » And God is my witness
that the woman recovered of her sickness before the end of the moiitli.
»roi.i79a. And her hus])and went away on a journey ' on the road, and as iie wcnl
a viper bit liim suddcnly, and at once he feil dead, as the snint iiad
foretold him. May the l^ord forgive us our sins by his prayers. Amen.
T/ie thirUj fißh Wondrr <if nur Imh/ fathrr Anlia Piseiiliits,
mal/ his iutcirrssidu he iiilli us. .\nicii, .\)iini, Anten.
Hear also tliis wondcr which took place according to what was lohl
US, and as the peoplc of our country heard it. I rememb(;r that I,
[123] TUE TMIliTY FIFTII WONDRR. 435
'L -0 Jls" pJbC::;, jj ^J jl J^J l^J ^b Uj ^^l^ L, l^j ^1 Vj (050. jj c-U
JfJ aJ JU' .^^ ^'V ^J <) '-'JL: >l^ jj^j * A.AJ; j»i Lja)1 bi* J jl ^J noi.i7.jb.
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<kr">Ls c^ii «eis ^^.wo. JusJl J ^.-*^ ^-^ Jf*-_r: >^-V^ ij^ '-^^3 "-^Ji:^)' (^
JIS U^ ..iL^. ^>l^ jl<i J^Jl ^i U "L.^ jy 411 U^, ^ ^/ U Ul_5»roi.i8oa.
1. B. « and stayed a füll hour ». — 1-1. B. om. — 2. B. « to day ». — 3-3. B. om.
— 4-4. B. om. — 5. B. om. — 6-6. B. om. — 7-7. B. om. — 8-8. B. « when that man
perceived his meaning he said : As God livelli >-. — 9. B. « the water ». — 10-10. B.
om. — 11. B. -|- «ArAwon-
the unworthy John, may teil you of it. A man was present with our holy
father the great Anba Pisentius,in the month of Mesre, and he received
a blessing at his hands and sat a long while. And he was silent, neither
didmy father speak a word. And when the man perceived that my father
did not speak, he said to him : « My father, great sorrow * comes upon 'loi.iT'jb.
this World and enduring grief. » My father said to him : « Why ? » The
man said to him : « Because the river Nile has not increased and has not
flooded this year. God has not prospercd us with his help and mcrcy
by making the Nile flood this year, so we shall die, wc and our childrcn,
and our cattlc. » And the pure prophet, the new Moses, answcrcd and
said : « Art thou also one ofthose who need water? thou hast mach corn
and as much grain as thou rcquirest. » And that man denied and said :
« The Lord knows that if the Nile does not come I shall be the lirst of all
men to die. » The saint, füll of all grace and discretion and discernment
indeed said : « I found a holy eider in the mountain, his name was
Colluthus, and he at all times prayed and said; O Lord, thy will be done.
And we, when we do the will (of God), even though the Nile does not
flood, * God will not let us lack anything. » And as for that man, his speech *foi. isna.
was with great pride. My father said to him : « May you live to eat
'fol
436 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [124]
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1. B. om. — 2-2. B. « with great pride ». — 3. B. then passes to wonder
XLVIII cf. 197. a. below.
what in your house this 3'ear. » And tliat man said to him : « Tliorc yet
remain fiftv years my life. » And he Avent out froni us and great and
wonderful prido upliftcd liim. And God is my witness, O my brethren
that bcforc six montlis liad passed lie dicd, according to what my father,
the truly great prophet, had i'oretoUl 1ü liini. May the Lord liave mercy
on US by bis prayers and l'orgive us our sins. Amen.
The thirti/ .v/.r/A ]y()inl('r i/f the i/rnil. saint our father Aiiha Pisoiitiiis,
iiiaij his iiilcrrcssiiin he irilh us far crrr. .\iiu'ii.
Ilear also, my bretliren, and belovcd this gr(>at uarrative. There was
t.jI. isiib. a woman, dissolute and * vicious oi' lifo, married to a man, and she liated
him. And afler sonic timc, as sho was in infidelity and wickedness, she went
out of her iiousc one (hiy vcry lato at nigiit bct'ore tlie sun rose, and w(>nt
to the monastery oftlic lioly anil glorious Gross, which a woman may
not enter or pass througii. WIhm ihat womau rcached il shr bcgan to
shout, and the wanton made mucli clamour saying : « ü latlirr, do me an
act of charity and give iieod to licar th(> stalcment of my wrong. » And
at the time whcn our fatlicr went out IVom tlir tower and walked upon the
[1251 TUR Till KT Y StXTH WONDEU. 437
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stairway to go down to tlie Iower part of tlic monastcry \ve lieard her cries
and declaration : and at that my father called to me saying : « Come, John,
go down and see what is the matter with that angry woman, and also hear
what shc says. » So 1 wcat out, and with me was an eider a priest, who
was Walking *with us, and we said to her : « What conduct of thine is this, »foi. isia.
that thou makest all this outcry ? » She said : « My husband has repudiated
me, I have by liim fivc childrcn and hc has cast me out of his house and
deprived me of food and support, me and my children, and I desire of your
pity that you present my case to the father bisiiop that he may summon
him to his presence and he divorce me or be rcconciled to me and I to
him. » Tlien we went in to our father and told him about her complaint.
Then he said : « This is a dissolute woman, but send and bring her
husband here so that I may know from him and hear his excuse. » So
WC sent and summoned him, and when her husband was present my
father said to him : a Why hast thou repudiated thy wife? » And he said
to him : « I suspect that she is unfaithful and has had intercourse in
adultery with a man other than myself. If thou wilt summon this man
before thee and make him swear and reassure me, then I will be reconciled
to her and take her back * to my house. » And at once he sent and Tui.isi b.
summoned to his presence that suspected man, and when he came before
him he feil prostrate at his fect and stood (and) strctched his band to take
the band of our father the bishop to kiss it. But the saiut kcpt his band
at his side and did not let iiim touch it, but said to him : « Depart from
438 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [126]
cJlj J^l J Jy j,<! ~^ diiCl^; JsytUl Jsl^VI dUr l^ J:lJ ^JÜI dUi j^l5C)l
'fol.I82 a. jj-O jLsJ ^-al Ji jl^ A^J jV ^[^ ^JS\ CUJl il^^^VI dll" «-. J'Vl * J^l As
«-Ai»« __;Jj;-tJl villi k_j_;^l 1-^1 '^L=- \C ijJLj' jl ^^ "y, ^Ul r-jli- bV>-_^l JläJ
^\ U Jy ^t^l JjUI JJUI y a) Jl£J A^l ^_^ftUI il^Vl dUl. ^Ui U
JjUJ J^l !>U l'-vJx- ^1 ^^ o^ /)-• -ia^ ^ (j-''^^ ^•^ '^^•^ ^ w>-*^' j\ ^ \j>
U ji ^"Vl ^^ L jyl liUj JliLi J=-Jl diJi U U,^ dll^lj LJl ^ jl;
Miji.i82b. lÄA ,3 jVi L,l-\s •c»;^ (_5iJl viUi^ v-i^b ' Jt-'^^ '-'y (,>i «J Jli lj;i^jl j^-»Jl
mc thou unclean and adultorous one. The Lord God who dostroyed by
the javelin which was in the hand of Phineas tlie priest, he who thercwith
slew the fornicator, will soon destroy thee. But teil me the truth and
thou wilt be saved, — what hast thou done with this man's wife? — lest
anger come upon thee and God make the earth to open its mouth and
swallow theo, like Dathan and Abiram and all iheir pcople. And this is
not for thoe only, but for all whose State is like thine. » And his eyes
glowed upon liim like a blazing fire when h(^ looked at him and he knew
'lol. i8-2a. what he had done * sinfiilly with the unfaithful and dissolute woman. New
his face was pale and like the colour of salfron from fear of what he saw
in the countenance of the saint and righteous one, so that he urinated
along his legs. And my fatlier aiiswered and said : « Gast hitn out of the
door without enquiring furthcr about his State, for thal wicked one has
disclosod all tlial he did with Ihat dissolute woman. » And he said to
him : « thou rebellious and unelean hypocrite, teil us truly without
lying, only wiial tiiou didst to her yesterday before Coming to us, lest I
say, Let fire come down i'rom heavcn and consunie theo Ibrlliwitli. » Then
that man said : « ü l'ather sir, I will teil thee all that I Ikivc done and
make know whal 1 have committed. Judgement is thine, and in thy hand
is poNver to punish me for the sins which I have done. » My fathcr said
'fui is-21). t(i iiiin : « Say the truth 'and confess before us the olfence tiiou hast committed
[127] THE TIIIUTY SIXTH WONDEK. 439
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V.^ t5*3 f^J ^'^'^' "^. cT" '^J l^^iLs ^\ J «Üajjl JsÄa ^liCjl •y, <a\ (JIä."
j_j! jj^_ J^i'. ^_/^J t5^' ''^ 1^-^-^ H-r^^^J C.K,X1.9l As ^ ^LaJ JlSjil j
V3 (_5?-3jJ ^J i>_i.U-l <ü>^i' OAp-3 ^;1 1^ cJliJ lÄA j_jA L.3 IjJ cALi ^_^>lijl IjJ
C!lj— Aj-1 ^Jjks-[^_ J All ^j-A£J1 (^!i»)l rc^XJl] IÄa !s^ j_i=-3 aJ JJl ^ : ..^.
now in this world that we may punish thee canoaically as is laid down
for tho man who has had intercourse with a married woman, according
to what is decreed in tlie holy canons. Let it be so that thou conceal
thy sin here and disclose it in tlie day oi' judgement, that great and dread-
ful day when the rulers of darkness shall attack thee and the avenging
angels of hell disturb thee. » Then that man answered and said : « I will
spcak to thee, my father, as though I stood before God and his angels. »
Then that man confesscd llio whole truth that Satan, the enemy of all
good, dcceived my lieart with the wicked thought that I should commit
fornicatiou with this woman, so I sent for her wilh this purpose, and
talked with her, and she said to rae; « My husband has made me swear
that I should not be uufaithful to him nor dcÜle his bed, nor dishonour my
body with a stränge man. * And so I am not able to do this deed lest ne *foi. i83a
discover me aftor the oath he forced mc to swear. » And when she had said
this I went away from her and thanked God Most High and was content
and glad of heart because God had saved me from committing this sin,
atid I acted honcstly with her. Again accidentally I mct her passing in
the path and she said to me : « I have considered and another plan (came
to me), and I know ways whercby I shall be safe. » And I said to her :
« What is that? And she said to me « I have found a way to swear to
my husband and he will not deteet me at all. I will say to him, 'In truth,
before this holy altar, no one has ever lain with me save thou', then I will
A40 TUE LIFE OF S. PISENTlUS. [128]
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^ <:^3 .-J-Jl vi^ Ji 1^ ^_5)1 '«j" ^^^ iilj C-^-' (-5'-^ f^-^ V'^.-5 '^-^ LS^'
Toi. 18'iii. ^j^j ^^3 i^J ^^;J »^'1 /«"r^"-"" i-V ^"^ ^"*i. r-5 ^-"^ 'l/; '•^^ ^^ "^^
>_fl,Ui L^ ^Jl j_yUoi |\* 15'=^--^" (^ (P' J'^J' L-''--»^ *-<>-i.=>- Üi il^Vl "^J cJlü
^1 ^ ^JJl lÄj) c:.U' Lo l;l JI3I Ul l;U LU c^ jl <0 ^15 Jo jUj!l j^
bow down upon my i'ace and say secretly in my heart, I liave had carnal
intercourse with such a one', and I shall be justified.' Tlien it happened
Toi. 183b. to US what 1 confessed to thce, and God has disclosed * it. » Our father
Said to liim : « Hast thou done this sin Ij}' night or by day ? » The man
Said to him : « By night and by day. I do not conceal anything from
thee, by God, whatever I have done to-day or yesterday in the new Israel
up to the prescnt monient, and what 1 did yesterday thou didst know
before sending for me at all. » My father said to the husband : « Indeed
thou hast heard with thy ears all her decds, kccp quiet until the man go
in to her and plead with her. And my fallier arose and went out and
1 went with him outside to the place of the Gross, and the clergy of Qift
went with us, and the man who had lain with the woman, and her hushand,-
so that we were all assembled inside the monastery. And we all stood
still, and my father said to the woman : « Behold, the soul of thy husband
was glad wlien this man said that he was innocent concerning thee and
"loi. is'r :i. did not draw near ' and art tliou able also to set bis heart at rest and drink
the holy oil and swear to liim that thou art free from this suspicion? —
if so, then I will undertake tiiat he be rc^conciled with thee. » And the
woman spake to liim augrily like Jezebel, wlio was not ashamcd at Rlias
the propliet whnn lie camc to her at a certain time, but said to iiim : 'l'hou
art Elias aml I am Jczebi'l; <t I havc said to this one whom God destroy
before thi; sun set to-day, that 1 swear to thee in whatever place you
[129] THE THIRTY SIXTH WONDER. 441
U ijiU !sl^>U Jlsj iA^ L-^l <v)jL_Ls Co)Jl Oowj ' ^i)l ^,Ja:^ ^iUji X£j Jl»;j » fol. 18'i b.
üjjb J^ 4._^ C-J ^i jiil lilj ^ ^Ül dUl O^l iJjfc jV <H^" jl (JJ-^-
L*J_; c-^j üjl-^ <J' ^'^Vl ^" c-.-Ji-~« ^yi^' i5J-^' "^3 V-* "^^ "^J 'W*'^
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^1 dUj XfrJ ».._j Jls Iff-jjj p~iJlj •U-IäJI J^ l^ J»S U »-»ä; ül^Vl ^JJljJ ♦f,,l. 185a.
*t; -r*-J ^.JT-'J \^j^^ pjWi ^1 l^_ ^y^\ j'j '*''*^-^ ty '^•Ir^J ^Lr*"^' ^.^-^
clioose and I will drink llie holy oil. » And my father said to her :
« When I send and present to thee the holy oil, art thou willing to drink
it? » She said : « Yes verily, O father. » And he sent to the blessed
priest Elisha saying to him : « Bring thn holy oil and come. » And
therewith came the priest * and he had with him the oil. And our father * fol. isi b.
took it from his band and said to the woman : « Perhaps thou art not able
to drink for this oil has caused many to perish, and 1 suspect that thou
art not clear from this charge, nor unblameable, nor able to take the oath. »
And that woman advanced boldly and took in her band the vessel wherein
was the oil and came near to breaking it because of her insistence in taking
the oil. Then my father turned to the man who had been with her and
said to him : « Come hither and teil us the truth before this assembly as
to the word which thou didst say to us when thou didst enter the church
and go before the altar, — • what hast thou done with this irapudent
adulteress ? » — And the man drew near and disclosed all that he had done
to the Avoman in impurity and foulness, and her husband stood by and
heard. And thereupon * Im commanded the woman to be beaten and driven 'fol. i85a.
from before him, and that they should take her to the governor who
would disgrace her and make her infamous and cause her to be a warning to
others. Thus he expelled her from the country so that she did not return.
And he said to her husband : « Art thou desirous to marry another woman so
that thou hast no peace ? » The man said to him : « 1 tun n'pentunl by the
power of God and by the biossing of thy prayers. I will nol marry another
PATR. OR. — T. XXII. — f. 3. 29
442 , THE LIFE OF S. FISENTIUS. [130]
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*foi. 185b. V«} 4JI j^l^Ä) U (♦j^Jajoj ^y"„ '^ ^^L-Jlj i^,iLiJI jLt> i^i^lj oUijVl (<^^j
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I.e. 14.5. a. v_.-;JI "^ j-.' '».u^L j^l b j.3j.,^ (Lüj JiU , -,,,^ib Li' ,15;
, -, »x_l™ — j ^*oJJü' s.' o-'^y »j;.,ois.i j' ^j »xJ i.)_jj' U^j — 2. C. , ^L~^'" —
3-3. C. om. — 4. C. + li'j. — 5-5. C. om. — <>. C. oni. — 7-7. G. om. — 8. C. ,^3
^'' ^-- ^>^-
woman to tlie da)- of my death. » And he was steadfast aiid was not
joined in marriage to a woman until the day o( his death in fact. Great is
thy glory, Anba Pisentius, great holy father amongst the fathers,
faithful shepherd who didst rnle the (lock of Christ. Thou wast a father
to the orphans, judge to the widows and distressed, one who cared for the
•foi.issb. poor and wretched, who direcled them * and received them when the}^ had
recourse to him. And who at this time is like thee in the excellence of
thy Service and thy care, in the purity of thy pastorate and abundanoe of
thy pity to the poor, thon chastc virgin and law-giver whom God
appointed shepherd of his congregation? May tlie Ijord have mercy on us
by his prayers, and forgive us our sins. Amen.
The thirty scvenih Wunder af our father the fjrcal sdinl, Aiiba Pisentius,
may hin inlrrcession be with us for rver. Amen.
Saint Theodore said : One day it happened that 1 was going with him
from mount Shama to the moiiastery of the Iioly Anba Moses to take
*foi. i8ß;i. advico according to our custom, and I proceeded * that day and reached
theretravelling upou the road, and as we returned the heat was very severe
[131J THE TllIRTY SEVENTH WONDER. 448
j^l >Ul3 ^[si\ ^^ jAj '^:> Jl^b (vJät P-^-^ ''>JJ^ (_5!1 (_5'tÄ_ '—^3J J^
ifr «L. ■Oi ^^ly ■c^_ ^ '■^«Jliaii '"^^^1 ->oVI (_5!1 djLJl jj-jAÜl ^rU^^ jJLUI
1. C. c-*-^- ~ 2. C. (J.Lü — 3. C. 4- ^X^^. — 4-4. C. v_::,.iiJj .^_,yAi J,l U
Ijl^ .,__pr' ^!^! -o-v-:^ ^^'. — 5. C. j. — 6. C. om. — 7-7. C. ^^vAJ' y^ .
— S. C. ^äJ'. — 0. C. ^Jl. — 10. C. om. — 11. C. ,,L:i.j~.^. — 12- '
13. C. wJdL' ^ilij ioM^ J^_5 j,J.l, _,^n. _ 13. c. ali^y _ 14. c. + j».
— 15. C. w-i^. — 16. C. om. — 17. C. o-is. — 18. C. 146. a. — 19. C.
Ol-*9.>. — C. tlien passes to L— -jI ^'-^- — 197. a. below.
lipon US ihat day and I was Walking with him and 1 was consumed with
thirst until my spirit nearly left me. And he grieved very much and his
heart was pained with distress and sorrow, and he sighed deeply for my
sake. Then he went away from me a little distance in another direction
and stood and prayed to God with great humility and earnestness, saying :
« O God, do not give my heart this great sorrow beyond ils power, do
not let me remain the rest of the days of my life thus afflicted with great
sorrow about that soul who are perishing on my account. Thou knowest,
Lord, that for my people I go, yet whilst his (m}^?) hands are outspread
do thou grant him what is asked for the service of those who obey the
commandments of the Lord and do his holy and blessed precepts for ever.
Amen. » And he turned on his right band and saw a vessel of water
at the head of the mount *very clear and about it much grass. And then »foi. iseb.
he caine to me and took my band and raised me and led mc to the vessel
of water, and I drank of it and was satisfied, and greatly praised God
whose name I served, who doeth wonderous signs by his saints, and 1 reco-
vered my heart and was restored by that water until sunset. And we
♦fol. 187 a
444 THE LIFE OF S. PISEXTIUS. [132]
aToj aJI L^*f»-j (V^ i_J^ ^^^ • iV ^^^ ^ -*^J f'i^^ \r~^ •-'^rT^'^"^ ^--'^ 1/
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<-Ji Ol ''^J^j^^l ^>- VI ''^JL- <i)l Jl ^aLi <-• ^\ <- '
'" «OAi-
1. C. — i»JJ; .:_)Jä, 5,,:^' 5Jkj.Lis^. ^xS" oX»~j J-^l ,141. b.i iibi^ ^^ fS)
J^! J^ ,1 J, JLij oXb ^s ij:iUj. — 2. C. om. — 3. C. om. —4. C.>_^Aj. —
5. C. om. — 6-6. C. L.Ua.») jj^'^\ Ul C^lj^. — 7. C. om. — S. C. OJj JT j, jjt»
iju. !y.^. — 0. C. om. — 10. C. + !J^. — 11. C. ^U ^! ^^. — 12. C.
Ijijjo bi/. — 13-13. C. om.
returned to our cave in peace. Believe nie, O brethren, lovers of God, tliat
he read the four gospels ten times, and then we left our dwelling until M'e
returned to it again. May his blessing be witli us and enfold us all. Amen.
The thirty eightk Wonder of the (jreal saiiit Anbn Pisentius. May the
Lord hdvr nicrrij 011 iis hi/ his prayers and preserve us from the enemy. Amen.
«foi.isTn. My holy father said to me : * « Many times it liappened that I went out
t(i the wadi aiid fa.sted a wholc \ve(3k up to tlie sabbath bcforc 1 ceased.
And it ölten liappened that that mountain was füll of many fierce wild
beasts and hungry lions who terrihed me and thrcatcnod to tear my cntrails,
but I knew that thoy were diabolical phantoms. \nd I used to lift up my
. : hands and pray fo God, and at onee he sent his angel and scattered them
all before me. d Believe me, my dear children, that two hyaenas used to do
him Service and often rcsorted to his cave, bat when he knew that there
was härm in the matter and feared that he might lose the reward of his
work, he prayed to God most high not to send those wild beasts to him
1133] THE THIRTY NINTFI WONDER. i/.ä
^-jl"- . LI (OiJl ^_^.ü)l L^V jy:>^lj ^ül <,^^:>^V1 ' '101.1875.
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^22 ^11^1 21 _,^, •^o^^ ^, i'.i^l^ ^^ Uj '8^1 JUW ^l:^J ^JJl aii
L ^yj^ sAAlil 23l_<) ^^^,_^,^ ^ ^_jj^ ^jl ^i oA^y ^^^Ü ^'>lr A^
1 C. om. — 2. C. JU. — 3. C. om. — 4. C. s^txJ! l-^J- J-- , V -^-^ ^"^ '"-^J- ^^e"
to 5. below. — 5-6. C. ajjIh.- >^JU. J,1 aüj ^;;! ^:^,b js \i j. — 6. C. ^'y. —
7. C. ^f^i-. — 8-8. C. -,j^.-. — 9-9.' C. ii ^.i^ ^C. — 10. C. UU. — 11. C.
^js^j. — 12. C. + '-\=.. — 13. C. om. — 14. C' om. — 15. C. + J^l. — 16. C. om.
^. _ 17. c. + JJ!. — 18-18. C. om. — 19. l'or ^^y — 20. C. ^. —21. C. J
— 22-22. C. om. — 23. C. U^ J'. — 24. C. J^^l — 25. C. om. — 26. C. o
— 27. C. Ja3. — 28. C J-.^ J.3 j^'j -J->-^ v_i'^ tr^^ ^c'>
fol. 188 a.
.â– -3.
im.
again, and they clid not return to him afterwards. May his prayers
protect US from the crafty one to our last breath. Amen.
* The thirty ninth Wonder of our father the yreat saint Anha IHsentius. Mni.isvb.
May the Lord luive niprcy oit us by his prayers. Amen.
It happened to me one day that he was in tlie inner desert praying and
serving God most high with all heart according to his custom, and I looked
round and saw a very dreadful great serpent, never was seen one resembling
it or like it, and when I saw it I was frightened, whilst lie continued
Standing in prayer and making petition to God most high and supplication
on account of the fear of the serpent. And at once the Lord answered him,
he who had answered the prophet Daniel, and when I returned to him to
enquire about liis welfare three days later 1 found the serpent cast aside
dead, and I went forth in order to see it. Believe me, brethren, its length
was six cubits and a span, and its face was like the face of a cat, and it • u>\.ma.
44G THE LIFE OF S. PISEMIUS. [134]
Äclfl^L ^^2^b -*--"^' (J"J-^J b:>__^l «CarJlj '*(_5«»'V1 •^^_^" diil "-'^^^Jl 'aUäII
»foi.i88b. yi U ^-^ * jil' jl JJ ^J^ LjI J«;' ^I ^ Jlä ^_g;l l .„-^ ^_$V ll iJ .jjläi
^j^^j C-j^Vl JU.5 Jl J l3-^ I-ÄXäJ ^t— all JI3I )1 ^-^-sl Ulis wL'i^ L< !1
1. C. ^J! iJ.^i JU U. — 2. C. om. — 3. C. Lki. — 4. C. t»s'^l. — 5. C. passes
to ,^ ,^' j-iL^j- l''ä4. b. above. — (J. AVr, repeated.
liud tliickskiu on its body and its appearance was very dreadf'ul eveii to
the flies. And I said in my heart : Is there any other serpent like it save
the one which was in Babylon in ancient times? And there was in truth
fulfilled concerning this saint Avhat is written : « Thou shalt tread upon the
viper and the basilisk, and trample on the lion and serpent'. » May the
Lord forgive us all our sins by the intercession ol' this saint. Amen.
Till' fortieth W'onder <if mir liolij fallier Aiiba Pisentins.
M(ii/ tlie Lord havc niercy 011 ii.s nud pnnhiii us our sins. Amen.
He conversed with me saying : « I teil thee, Ü my son, that I tiave
moistened bread with water six times before eating it. » And I said to
him : « Why, O my latlier? » He said to me : « Thou knowcst that we
pray belbre eating as the perccpt is laid down l'or us in the canons, and
therefore 1 pray before eating bread. And my mind iias been snatched
*foi.i88b. up above the heavens * as 1 have leaned slanding to pray in the time of
the morning, and so it has liappened to me at the cnd df the week that the
bread becomes dry as 110 one eats it. » May Ins lilessing he wilh us.
Amen.
1. Ps. 90.13.
[135] TUE l'ORTY FIRST WONDER. '.47
^w-viJl LjV <^J1 («^J^ \r^J -W-Jl iV *-^ ij"^ jL-i^ ti.^r" f^ ■^^■^ ^.' j^
..AL-j jL::ÄL 1_^ JjLJl i^^i _oJi]l J^jli b_^l •»] >^^lj ^LWl vjJJj ,__.
^1 viJLc ,_5i^lj -^liC 1^1 üA^; L_5C) <iJ'Ai.l ^_5JJ| (_;-K)l ^j jL-iVl 1^1 M-^lä c
J^-,1 J ^\ Jlsj vjDi ^U y> U ■Uiifc -C-k^ lyV diJai>. dU ^i^ ^U' * 4JUI »fül.l89a.
^bCil ^i ^J:=- A,A-iJI ^1-JJl dUi J Jjj Jj «uJafr <_v.a^3 ÜJo-O 4j^ Ao 4JJI
,Ll»Ua>- «-.«.s»* ^j Jl uj
Tlie foiiij ßrsi Wonder of our father Anba Pisentius. May tlir Lord
deliver us hy his prayers from the crafty one to our tatest breatlt. .hnen.
One day also a man stole a cup of silver from the cliiircli and took it
away. But God revealed to our father the saiiit about that cup and made
clear to him its secret. And the saint sent and called the thief secretly
and asked him saying : a O thou man, restore the cup thou hast taken
away that it may be put back, and I will pray to God for tliee to * the most *foi. issa.
iiigh that he may pardon thee thy sin, for it is a great scandal. » Then
he denied and said : « Never have I stolen in all my life. » And tliereupon
my father the holy Anba Pisentius delivered sentence saying thus to him :
« The Lord God against whom thou art bold and hast stolen property of
his house and injured it, he will take vengeance on thee without mercy and
break thy neck and destroy all thy body. « Believe me, my brethren, that
in the day when he thus gave judgement, God sent down on liira severe
punishment and great chastisement, and there was no cessition from those
severe torments until he brought the cup to him and was prostrate at
his feet and confessed his fault and his sin. Tlien he was set free by the
prayers of this saint. May the Lord pardon us all our sins.
448 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [136]
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^Vl ^1 J\ -krULj <rl_^ L^^^ <JVI ^J\ ^ cM^ U U Ui p*l;.Ü=^
:fo,i89t, * The forty secotid Wonder ofour father Anba Piscntiiis.
May his intercession br irith us for cccr. Anicii.
I was conversing with him one day and I said to him : « O father, give
thy seif rest and relax a little, because thou art in great exhaustion by the
excessive crowding of men about thee every day from morning to evening,
and tliey do not let tliee lie down for a Single liour, and in the night also
there is no rest ever allowed thee, as we see by the pallor of thy face
and the weakness of thy body. Dost thou think thyself a sinner more
than aiiv who dwell on the earth?» And he answered saying : « Rnow that
the work of a bishop is a great responsibility, for a man enters one day
and he is inlbrmed that a man has committed fornication, or it is reported
concerning a woman that she has forsaken her husband and commits
♦foi. woa. ' adultery with another, or there is complaint about the clergy, or about the
raonks tliat thcy are irregulär in their life, or act for the glory of their
Order. Is it not compulsory that I act strictly lowards thcm in justice
and do to them whal tiie holy canons command, — lest God ask me about
them and tax me with sins because I iiave neglected them? » May the
Lord God have mercy on us by his prayers and petitions to our last breath.
Amen.
I
[137]
THE FORTY THIRD WONDER. 449
fül. l'.IÜl).
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T/ie /â– (>;â– <(/ third Wonder of our fatlier Anha Piseiitiii.s.
One day there was present with him a great noble and he was very sad
of lioart aii.I prayed him ^aying : « O sir, father, 1 do not know what to
do with my wealth and the ahundance of my substance, for every year 1
give many alms. But God has not granted nie a son. If thou wilt pray
for me that my wife may bear a son * I will give many favours to the poor ToLiaob.
and benefits to strangers, and will do well to all men to the day of my
death. » And the saint entered into his cell and prayed over a little waler
and gave it to him, then gave him two dates, and said to him : « Give
them tothy wife, let her eat, and let her drink this water, and thou also do
not be neglectful in thy house but repel doubt, and the Lord God will give
thee the desire of thy heart. » And 1 swear to you, my brethren and
beloved, that at that lime next year God most high blessed him with Lwo
male children, and he bore them in his bosom and brought them to my
father the Saint and said to him : * Take this wealth and bestow it in alms. »
And our father the saint answered and was angry because he would not
accept a fee for the gilt of God and his grace, and he said to him : « Take
this wealth of thine and give alms of it as thou hast vowed to God most high
*in thy soul and in the Lord's presence : and it will be better for thee in Mol. loi a.
thy dwelling if thou pay the tax on thy house and do not invent excuses
450 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [138]
Ul l^Üt j ^;;:r^^ ^3 ,/r"^' w>_^!l ^^ J.^ ^->^' (_P jl^ (_5^ '-^ ^j-*Jj'3
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iind neglect wluit is enjoineJ tlice, lest your grief grow greater before all
whoobserve tliee. » Mayliis blessing embrace us all forever. Amen.
The fortij fourtli Wniider of our fallier Anbn Pisentius.
Hear also tliis wonder wliich tliis holy father Anba Pisontius displayed
before bis death, and give praise to the Lord onr God Jesus Christ. Therc
was a woman who bare a child and the milk dried in her breasts and they
became black and hardgreatly until both her breasts were likc great bosses
of brick, and their tops were chapped. Then her father and her husband
'füi.iyi b. despaired of her, they expected ' her death, and brought her before our
holy father and sought blessing at bis hands and said to hini : « O father,
do an act of kindness and charity for us and pray over a little oil and give
it to US llial we may anoint this young woman with it, as her breasts have
swoUen and also she is near death; look on her with the eye of pity.
Now we have becn with her niany days and we take her child round to
women who give suck tliat they may give it milk lest it di(>. » And al
once he sent the ])riest to the entrance of tlie altar and he took a portion
of rag and pierced il and moistened it with the oil of the lamp and the
wick at the altar and bronghl it to iier and touched liei' and made the
sign of the Gross on her saying : « In the name of the Fathi'r, and of the
Son, and itf tlu' Holy Spirit, one God. May hr hestnw irmedy for all
[139] THE FORTY FlFTIl WONDER. ''5i
ci^Üj -u=,^l il^VI ^- ^.at Ij. l^^-^3 m 1^4,1 j!i\ oU;- ^aUI ^j)1 ^
j.J^\ JjL-1 Jl 1,.a;^ ^3^ .^1 ^_5::^ os^ jJJl Oj^j ^j^b lAt^'^ Cr* ^.•^' '^L^
j^l J\ j^\ jlkJl j^ L-^>3 UlL^ jlyU, ^Jl Ü p*:, ^^AiiJl ii^ <*li^.
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'fol.l92l).
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«iC--. Jl UL»} jl^j ^_^ L^ ^x:=^ jl iD'ib cJl^ ü-^ jV -c^^^ J^j <)1^1
the disease of those who aro anointed with this oil in perfect faitli and
repentance. » And they brought the pierced rag * moistunrd witli tlie * fo'- '92 a.
holy oil which our father liad blessed and anointed her, and that sick
Avonian at once had her breasts healed from disease, and at once the teats
gave forth milk so that it llowed down to the ground from her breasts,
and the child sucked from her without injury and' was not hindered or
checked. And all who saw her wondered and praised God andmagnilied
him. May the Lord by the intercossion of this saint give us grace by
the pardon of our sins and guard us from the accursed devil for ever and
ever. Amen.
The forty ßftli Woiider of the holy Anba Pisentius.
May his intercession be irith us. Ainen.
The holy Theodore said : One day, I was sitting in the Company of my
father the holy and great Anba Pisentius in mount Shama and there was there
agreatdevotee, * a leading saint whose name was Epiphanius, whoserved God »toi. 192 b.
without ceasing with all his heart and was celebrated everywhere. And
it happened to him one day that he was on a visit to observe his condition
and that we might enjoy blessing from him. And it befell when we reached
his abode that my father began to call to him, whilst yet outside thedoor,
aceording to the canons of the ehurch and the brotherliood, « Bless me. »
452 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [140]
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*foi. 193a. 1*^^ tnlp"^. (*^^. Lr:^* p_^j-»J1 jj^Lä)! jV ,jUl ^jli^ ^j^ _jA:ö ^} y» Ju>.»3
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C-J ^J\ >Uls ^ vJ^is y^ ^\ i^-^Lr« (^ i-^^' LS*^ <tLA->i X^ Ia»U ^^1
Then we cntcred and tlic liol>' father Aiiha Pisentius was reciting from \\\c
book of Jeremiali, the great prophet; and Anba Epiphaiiius also was
reciting from the epistles of Paul the apostle, änd my father came forward
to the door of the cell within which Epiphanias was standing and reciting,
and my fatlier looked into the inner part ofthat cave and he saw two men
'foi. i9:tn. silting upon the stone bench, and then he * paused reciting at the entry of
the door, as the canon observed does not permit them to approach one
another until they have finished reciting. And wlien the holy Epiphanias
had finished reciting the epistles of the Apostle Paul, my father the holy
Anba Pisentius went in to him and they saluted one another and that man
who was sitting before them both : then they prayed and sat down and that
man who was sitting tliere went away from them. And ! enterod to them
and asked a blessing from them. And they were sitting by one another
talking about the great thiugs of God and the joyful gifts which he bestows
upon bis chosen friends because ofthe sufforings which they endure for his
holy name. And when they had spokcn about the great things of God for
a long time they talked about the holy scripturcs which God has inspirod,
»foi, 103 b. then they rose up and saluted one another * and Epiphanius departed to
another place. And when we entered into his cell my hcart was rellecting
anxiously and I threw myself at the feet of our father Anba Pisentius and
Said in much anxiev : « I will not cease to lie prostrate at thy feet unlil
thou fulfil for me my requesl. « And he iniornicd me saying : « 1 will not
[141] TUR FORTY SIXTH WONDER. 453
•^._Jü!l * iilt J» üÄA ^1 oJI ».UtV "Vjl _»-Ul ^1 ^^^Ij A^3 «JJUj Üj%" ^«~»^ *fol. 194a.
Vdiilj IjijiC x^l j \ßJ j:i\ Jj^\ viUJ^j \?-'^y '^. (j-i-^' '•^^ xaaU "uJl
, 'j,^! Uju« ^Jä^^ ^\ y,^^ iS^ApfWj ISa^Cj-M-^J j^^Ä.*-*«)
conceal f'roiu thee what thou dost ask rae about. « And I said to him :
« My holy father, who is this so very bald man who has been thiswhile
^vith thec and did kiss thee on the mouth, both thee and Epiphanius, and
did disappear from us ? » And after a ^vhile he said to me : « Üidst thou deserve
to see him? » And I said to him : « Yes indeed, my father. » (He said) :
« Verily thou hast obtained great favour and hast received signal blessing,
for this was the great one among the apostles, Paul ; he was sitting beside
Epiphanius until he finished reciting all his epistle, then he kissed him and
ascended up on high. First do thou know, O my son, *that this is the *fol.i9ia.
custom of the saints, and when a righteous man is reverent in his heart
and mind and takes part in intercourse with the saints, then each one of
the saints is present with him whilst he recites their words, that saint is
present with him until he has finished his recitation and theu he kisses his
mouth and departs from him. And if he who recites is a man deserving
to see the saint, that saint will look at him with his eye face to face. And so
with the chapters which are read in church, they stand by and hear them
and give praise and glorily. » May his prayers be with us. Amen.
the forty sixth Wonder of Anba Pisentim.
One day as we were in mount al-Asas there came a multitude to get
his blessing, and they talked with him about the pains of their hearts and
454 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [142]
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Jlsj jJ-jLLLw^ Lil j^AiJl OjLJl rc-iJ! ,_;U-U jLi AjU »i- Ijj __^l /w» x^^
Avhen he had blessed them he perceived that they were distressed in their
•foi.i94b. minds greatly, 'and he knew by the spirit that they wanted to ask him
about a matter, but he made as though to rise and depart. And they took
hold of liim and entreated him. Now at that time there was a monk with
him, and there was also the priest Musas, head of the monastery of Anba
Samuel which was known as the monastery of as-Sunad, and they said
to liim : « O holy father Anba Pisentiiis, we have come to thee that thoii
mayest do us good and sign us with the sign, do not be annoyed there by, as
the Spirit of God inspires thee. » He said to them : « From what district
are you? » They said to him : « These two are from the neighbourhood of
Aswan, and the two others are of the people of Safat Rashin. We are all
in partiiership wilh onc aiiother and work together, we all share in goods
and carry them by ship and journey to a remote country, and no one of us
Mol. Uttii. enjovs any prefereuco over bis coinpanioii ; *and we went on our journey
a year and eigiit inonths, and God made an opening for us and prospered us
witli great proüt in return of increase. vVnd we are going back to our
homes in peace and bear two thousand dinars and have tied them up in a
purse and have entrusted them to a man selected from amongst us who is
our eldcst : and he took them and denies them to us and says, « Some time
you took from the purse five hundred dinars. » And the clder, the
Ijlessed holy Anba Pisentius, answered and said : a Tiiis is the truth.
In my hearl I said, if it were a strauger who was the thief then lie would
[143] • THK FORTY SIXTH WON D RR. 455
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1. A-Jb — 2. '4^_j.
have takeii all. » And ihis has troubled my Cather. His face became sad
and he continued to go to and fro in the place. And our holy father Anba
Pisentius went to another place by himself alone to pray, and then he
returned and said to them : « Indeed the bundles of the men have been
plundered altogether. » * Then he took that man by the band and led him Mol. 195 b.
apart by himself alone and said to him : « There is no profit to thee in
treachery to thy brethren, and the curse of God will fall upon thee. »
Then he increased his noise and shouting saying : « father, whilst
this money was in my hands I could not do anything of this. » And when
the Saint saw that the man had determined in his heart not to disclose
anything he turned to three of the crew and called them to his side and said
to them : « Take the three roUed up bundles of clothes which are in the
pots which are in the church and untie them and take from them a roll
and you will find in it the gold of this head man and his clothes. » And
they untied it in faith and found the gold in the place of which our holy
father the Anba Pisentius had toLd them. And one day * they went to him Mol. i96a.
in mount Sharaa and informed him of it, but he secluded himself and stayed
many days concealed from the people, as he did not desire to make any
of these things known, because he hated the empty praise of men and
loved the approval of God alone. May his blessings and prayers embrace
US all and the children of baptism. Amen.
♦101.1961
456 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [144]
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*fol.l97a. Jyl p." >ii;iiji jj^" ^J \ Jyb * t/^'j t^^"^ Sr** i^^^ V-r^^ (J^ (^'-*-*^ *r*^
The furly seveuth W ander of mir faUier Aiiba Pisentius.
May Itis praijerhe iritli us. Amen.
Oiie da}^ again he conversed with me, the uiiworthy Jnlm, and said to
nie : « Believe me, my son, I endured many troubles at tlie beginiiing of
niy entering inio this ofTice of the episcopate. For I found many who had
married a sister's daughter, and some who had married Iwo sisters, and
some who considered lawful the intercourse with a mother and with her
♦lol. 196b. daughter, * and 1 found that many nien were ignorant and did not know about
God, and do not believe in the day ol resurrection, and do not take heed,
nor act caiofuUy. They are iike the beasts and agree with them in
wickedness and ignorance : even the clergy and the chief of the people.
And men did not call me a man at all, but calied mo the muddled lunatic
who docs not know what he says : and if 1 forbade them, the clergy bring
them nearcr (to me), and i bade the clergy also that they go away and
fOieck the people whom 1 forbade. They call me « Pisentiun » and
Pisenda » who is one of the interfering busy-bodies who does not know
what he says. They call me six names and speak in stränge speech ?o
as to vex my heart. IJut I refer all my anxieties to the Lord in wliom I
•lol. i'.iTa. rely and liope and 'say :« O Lord, thy will be done. » Then also I said that
Pisentius is not injured by the conduct of these foolish ones, nor does he
[145] THE FORTY EIGIITH WONDER. 457
t^! 'j'^*-:. (»v^-y ^_j-i< *^j»--; ö^'y3 ^^ •— !^' iTt^ly ö>^j 7^--— *J1 ü^ljl
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MJj 19|jV ^' ^J '^^^ ''^JJ "^J^' JfrJI J '-OL-j <jC ^ (.U- 1^*
1. C. ^fXj' ajU j^ jj.^^ sj.^f wb'--c a;-^ ^_^_^xwu.^j Li! Lj! .!i'j. — 2. B. om.
— 3. B. om. — 4-4. C. ^y\ ^f^- — 5., B « and now, is God satisfied with us or
not? ». — 6. C. LUx). — 7. C. + ^Yi. — 8. C. ^U ^^,>!l.. — 9-9. C. om. — 10-10. C.
w'.^ss^:'.. — 11-11. B. om. — 12. C. J-Jbj. _ 13. C. "boU. — 14. C. o-j^j —
15. C. ^ «^- — 16. B. « far from his abode ». — 17. C. v_aiy. — 18. (-. J. —
19. B « änd^old ... C. ^^3- (146 b) ^JJ' ool o'yJI iil L,. w,j b JUj l^U x>>; k^ ^
at all heed their speech. Ma}^ the will of Christ and the law of the Lord
prevail and the canons of his church be accepted, and let them do against
me whatsoever they will : I am ready to be patient and to endure in all
they say against me until the Lord turn their hearts to him and finish their
lives. » May the Lord have mercy on us by his prayers and forgive us
oursinsand be gracious to us. Amen.
T/)e fortjl eiylitli Wonder of Anba Pisentius.
It is said of our father the holy Anba Pisentius that he conversed one
day freely with the brethren saying : « We carry out our customs and
Services according to our power, and pray and fast strictly that God mav
have mercy on us and accept us, but I will not cease from prayers *and *foi.i97b.
humble supplications to the greatness of his generosity until I know that
he has mercy on us and our prayers are answered and our ofTerings
accepted. » Then he rose from his place and went a little way into the
PATR. OR. — T. XXII. — F. 3. 30
458 THE LIFR OF S. PISENTIUS. [146]
<OJI jl l^ ^(^'j ii-^l>^^ ^-^* -^j 'jliCJI 'Mäa J <*o1 ^ ^^_ -'^^^ LaIa ^
•fol.lii8a.Aiac ^^<_iLUi- '^'^Jl * ^^jil ^^^^ <.L>1 -»-»fJ ''*f^r-^. f^^ '"^J^ ^3 '"''^^
(_^U.wU5 ^-ir^' /*-*—' -^ *" ^^u '..^...^ L iA>vjb aJ (Jvfi^ "Ct.*? Ä_ik»*vj b-A**o ^.cL-
^'*>_j^l (j^ ^"^iJU As U di) j_^ >-i^j "'^"^-k^i «-^^^ ^^J-i'j viirij-Ls ^IäI-Ij
3'L*'U JjLlI., J. 30 j5^ SO^yi jL^i ^^ ^.j^ 2<J^^^1 ^^_j ^^^ -\
1-1. C. !.>! Jlij J^Lo. NLJj Ijl^ rr^.-=^.-" V*^ ^^' =' >— ülj. — 2. B. « forty ». —
3. B. « and forty nights ». — 4. C. o-^-li. — .5. C. ^vo. ^1. — 6-7. B. om. — 8. C.
cm. j. — 9-9. C. ._^w^ii^ J^ Jj. — 10. B. « the fortieth ». — 11. C. ^ O-r^^ ^il
0XJ.5 ilij Ujj iJ ^i^ O^Ji-ji' •!-'. — 11-16. B. « his thoughts in heaven ». — 12. C.
Aij^^. — 13. C. ^>. — 14. C. ^Lu. — 15. C. om. — 16-16. B. om. — 17. C. +
Ji _j» !jI^. — 18. C. om. — 19-20. C. ^^y^-^,-:>, i^-y^-^^- — ^0-21. C. om. — 21. C.
iDi v_,Lp^t. — 22-22. C. ..iXu.lL ^01^^. B. om. — 23. C. aJlL. —24-25. C.j*j iUt
Ji. — 26-27. C. ^^ U ^ S.J i^bic ,^l. — 28. C. jfi. — 29-29. B. om. C. ^!
J5'. — 30. C. -^ Ui. ^,j\i-j. — 31. C. UU ^.
mountain and stood and prayed while the heat was severe by day and
night, and he did not cease until fourteen daA^s and nights were completc.
He stood without ceasing and his hands were spread out, he did not draw
them back at all (saying) : « Even though my soul leave my body I will not
break my fast nor move from iiere at all until he show me a sign in this
place and in the midst of this valley, so that I know from it that God
answers our prayers and has mercy on us. » And whcn it was the
fourleenlh day, he still remained on his feet and prayed, and it was in the
'foiiitsa. month Bauneh. And whilst he was standing making humble praycr and
all his attention was directcd towards ' ,the Lord, his mind was wrapped
up for an hour and he heard a voice saying to him : « Pisentius, the
Lord haS heard thy petition and answered thy prayers, and a sign is given
thee, and what thou hast asked from the Lord shall be granted, and thou
art favoured. He will show theo a spring of water in this place where thou
art Standing and tliere shall be a clear and lasting sign always for all
fol. 11)8 b.
[147] TUR FORTY f'JGHTH WONDKR. 459
•^jl J\ '^'Ul J>yj>3 ■»-.-vs '^'oäiJ '^jV* >j..jl*„.;1 |_^; 'JU y» Lj^j a;UL
^_Aä]l lÄA ^^ ^L^ ■"'As y_j jjij >l i>l^l J ^il_5 ''^^3 -C^j 'j_j)l ^^1
»Jbj jvJl: — • t-Ai) AJitA) /»;-'Jl »ojfc^ \/i ■— -'^' >-Jr' j' lS-J' Jji-i '"^J^ ^-«
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^"jjbLi As Lv^ ■■.„.■11 c~^3 1a3- O-avIsl)' Ll»-!, ^Jötll LI J>J L^-L».»- »„.■xJsj yj
1-1. C. bl_5 >Ll5rJ! Ijj. ^U^ ij^ ^-.it Ji. — 2. C. vJUs-' w-iiiJ' Ji lfcl& vU _j»^!
aJIä.. — 3-3. C. J:,-^.-2>- ~JI > astj js_j^r l^. — 4. C. -|- Ul. — 5-5. C. Aüä .i^'j-
— 6. C. JU. — 7. C. ^jjb. — 8. C. ^^ — 9. C. Ai.>U. — 10. C. a*~J ^^J
»LjLij. — 11. C. .^J'LLLj ^jLLj J-Hj^. R then passes to 207. a. below. — 12. C. ^
ixxsr>^ AZȀ. o^.>v',. C. tlicn passes to 199. a. below.
generations of the world, to all who take its water in faith. » Aiul as he
stood at prayer the earth parted beneath his feet and the water burst forth
iintil it reaclicd his knees : bat he conlinued in prayer without stopping.
So the Saint was answered as David the prophet said : « The Lord is near
all those who call upon him with upright heart, and he gives joy to the
righteous and meek and answers them in prayer and delivers them from all
'their troubles, and perplexities'. » Whois like thee who didst send up__, ^^^ ^
the svveet perfume of thy prayers to God, thou mayest bo counted as
resembling Elias the Tishbite whose prayers rose up to the heavens? Thou
verily art equal to the upright Abel from whom the Lord accepted sacrifices
and oblations because they were with upright heart. Who is abie to
reckon thy miracles and the multitude of mighty deeds which God vouchsa-
fed at thy hauds and which brought glory ? And as to the miracles which
thou didst in thy life, as well as those which were after thy death, no-one
could count their number or write down their suni. But I, the poor John,
have greatly ventured and have written a few of those which my eyes
1. Ps. 144.18.
460 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [148]
*fol. 199a. aJUI '^_)^\ JiJUiäJI JaJbj (^|yl J * ' J^^sUail iläJl ^yi\ ^ ij'(:i\ AJIjw— 3 i^Lfr
j_^ U3 Jjc UJ I^ILaIj "^Jaii •^4^_-U ^Ic '^"ULi-Vl ''^J ^1 '^1 il«-.5 L&lj jjtj
^^ ^Lö (S^^JJ ^-^_/*j LJjwj lü— I _^l -c^ ^v'^^j ^y^' 'CjLL-.i ^ /•Isl )_ä fl" .. ' i
4)1 i^,^^ij J^[>^^ iüswj jlyi»Vl J^ji\ LlU ^1^ UäjLs- AUti-J i}S\ i^_^_ "Cji^
Au..»e£. ^Ll. A*Lij JDj UjA£. .^aÄ.V ^^rr^ «^I^J l.-*^ ,_iU>tcj byblii ot^J ^-^, ^^^
*fol. 199 b. /»Isis L-Jl ^1 <«JJ z-''^^ ^3;^ uP '•^.-^iVl J jo jJb ii A^k.li. jl^^l ^^ ^^-5
^^i\^\ j >«JÜ? Ji Ul \i\j (_ji^j t^jl^l (i ^J ^.5 ->-^J is-*^. (J jAj %>'^ b^~-l
Äji-Vl (^i^ L« j-*^ (n^'j' "-^v^ "^ 'y^ (^-i^jJ^ ^^•i ''■^ '^^^ (_5^ u^^i
. /y^\ Lm jj-^' ^"^j Ai'LL? o''-^' ^-i (j jl->— Jl
1. (147. b.) continues ,_,"^l Ij-* J-i^ ^j-' j~^ ij^' jt^. ^f- -^ cL*^' ^ ^1^' i.>y_5
vJlJlS' J>/ ».0^1 [148. a]. — 2. C. + J~._^_5. — 3. C. + ^j^/. — 4. C. ^y' ^^^^^ '-^j
Ojj^^O! C,.~.l)j i^j i.^lyCJlj A*xJ' C. then passes to 129. b. above.
'foi. 199a. have Seen and my ears liave heard from righteous God-fearing men "in
their Statements, and how great and loft}- were the virtuos which my
fatiier practised in the days of his glorious monasticism before he was
raised to the rank of the episcopate. If I were all tongue I could not do
it for you completely and perfectly. When he had completed thirty years
as a monk God called him to the dignity of a bishop over the city of Qift
and its environs, and after he became bishop he exercised the episcopate
another thirty three years as bishop and guide and good shepherd,
guarding his people, and God gave him power and his fear to observe the
Canons of our fathers the holy apostles, and hc observed the canons and
God did conspicuous signs and splendid miracles at his hands and so many
mighty deeds thal one could not reckon their number. And he gave
•foi. 1991). evidence by displaying miracles 'and disclosing hidden secrcts, when he was
at all times in the oases. And once he was in need of water and rcmained
a whole week without finding it. So he slood in the oasis and praycd,
and as he recited in the oasis it began to flow until that oasis was filled
with it, and they filled the tanks and wells with cnough for the brethren
dwelling in that niountain. May his prayers and blcssings be with
US. Amen
[149] THE FORTY NINTII WONDER. 4ßl
«üy "uJU- i^U^^ ^Ü=>l <ä5Ij cXiij ' A,ji]l j^y^^lj •^jUI Jj^l ^ '"^^r'T^ J-ä)1 -^01.2003.
^ JV-'J k_jL»»«j V ^j^ \x\^^\^ JjsiiJl Jkia- Vj-^y ui{y3 l^^»c— j '^Lr*'' ".Lr*"' f^3
a.äJI j^\ jl^Jb) A^ (._y__ lÄA jl jvUr L ^_y-jl:..;.,...-..: ^jI:l:,._^ «J * J^_ Jy ■'roi.2oob.
j^wAäIIj jl^Vlj IajJüI^ LjLöVI *"VJa J— jÜ -»All JL ,_$a)1 _^A3 o-^I^JJ ;>; ^r^ â–
T/(e forty ninth Wonder of Anba Pisentius.
May his blessing he jcitli us. Amen.
As he was hiding himself in the desert he prayed, and was upon a steep
rock until the day break came. And he heard loud voices until all the
mountain was shaken by those voices with singing and praise, and all the
inountain was filled with lightnings and mighty * thunderings and a pure ''oi. 200 a.
and extremely sweet perfume was difTused. Then i stood still and turned
my attention and perceived in all the air angels in lofty spiritual ranks and
in companies who praised and sang, wearing the garments of glory and
dignity with splendour indescribable, and there was light and heavenly
glorv. Amongst them were the fathers and apostles, and patriarchs, and
saiuts, and hermits, and ascetes, and athletes, and soldiers of the Lord
of heaven, and the Son of God was present amongst them with his mother
the pure Virgin. And when he beheld this he feil prostrate on his face
from fear, so that his spirit was near departing, and he continued to make
humble prayer and petition to God Most High with all supplication that
he would show him what this thina: was. And a voiee cried to him from
above and said *to him : « Pisentius, Pisentius, dost thou not know that *iol. 200 b.
this is the festival which commemorates the noble martyr Victor son of
Romanus? — he has asked God and he has sent these pure ones and
462 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [150]
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J^l J,_A;V1 A;l3 Jj^IaII ^i J\i jljl
*fol. 201a. . (j-jl " . ■■■>•■; Li' f»;;^^ lT;.-^ j_^-_»i>JI "^jä^VI
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martyrs and righteous and saints to come to liis cliurcli and visit thee, and
has made thee wortliy to see tliem and enjoy their blessing, because thou
art the holy Anba Pisentius. » And he glorified God aud his saints and
marvelled at ihe greatness of God Most High and his compassion and love.
And he told the brethren these great things when they were present with
hini, and said to them : « Great is the glory of the martyrs who have endnred
trials and poured out their blood Ibr the name of Jesus Ciirist our Lord,
lo whom be glory and honour and worship now and always and for all the
ages, for ever and ever. Amen. »
*foi.2oia. * TAr fifticlh Wonder of the (jreat saint Anhn Pisrnfius.
Believe me, my brethren and beloved, this saint learned by heart tliirty
of the books of the church and continued to recite them up to his death.
lle fled for ten years before the barbarians, those were the Pcrsians, and
he was for a third of the ycar, four months, concealed and no-one knew
where was his place except the priest Musas and Anba Elias who was of
tlic rnonastery of as-Sanad and Abu Yuhannas his disciple who was of
mount Shama : aud very many times he showed himself to the priest Anba
Andreas the head of the rnonastery of the Holy Gross. And this is the
discoiirse which he wrotc, and which I endeavour to write also, I the
soldier of God Most High. And indeed if 1 wrote all the mighty deeds and
[151] THE FIFTY FIRST \VOM)KR. 463
^Lp^I J^j ^>ijOl J^j J^_ J^l 'j6 lA^iil J^\ ^'IäJIj l^ ^\ ' ^J^lj Toi. 201b.
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X;t3 Jt^Vl3 ^^^^^3 ^J<^\ J^ ^\ * Jl\ t$-*^. ^^ ^' t/^ ^^ ^-^^ -*^^ Toi. 202 a.
exploits * which he performed, and the miracles he displayed, the discourse »loi. 201b.
would become too long and the oration protracted, so the dcscriber would
be tired and the liearer would be wearied. But I am content with reporting
this brief discourse and have abstained from length of Illustration, that if
a man worshipped God with all liis heart the Lord would give him every-
thing he asked, t'or the Lord Jesus Christ, who is yesterday, to-day, and
for ever God of the spirits of the fathers and prophets and apostles and
saints, doiug signs and wonders by their hands, iic is the God of trutii. To
hini be glory for ever and ever. Amen.
The fifty ßrst Wonder of tlie lioly Anba Pisentius.
Our father conversed with me saying : « I have often gone to the well and
had with me my jar to fiU it with water, but I did not find the bücket there
at the well. And I lifted up my hands to God * Most High in prayer and * 101.202 a.
supplication and entreaty. And thereupon the water rose from the bottom
of the well and came up to the top, and I filled my jar with it and prayed
that it should be again as it had been before. Then I took up my jar and
went away in peace. » By the prayer of this great saint may he forgive
US our sins for ever. Amen.
464
THE LIFE OF S. l'ISENTIUS.
[152J
'fol.202b.
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^ ^J\ %"%. i_$iJl ^^1 -c^ j jj~«Vi ^LJl •^J._^*^j Zj^~^ ^Iä; 'OJl •>^y i^JJl
1. S. « his patience ». — 2. S. « his innocency ».
5. S. « and the oflice ».
0-3. S. om. — 4. S. « Samuel ».
The ßj'tij second Woiuler of oiir father Anba Ptspntius
Mai/ Ins iiitercession be iritli us and sace ns from ilie rrafli/ foe. Amen.
« And it happened to me also that I went to the well on a certaiii day.
And it was the season of great heat, and I had not taken with me that day
a roj>e. And I found a certain aagel shining greatly, and in his hand a rope.
Tlien we prayed together, and he filled my jar with water. Then we prayed
•lüi.-iü'jij. again according to our ciistoms * and he took the handle of the jar with me
until 1 put it upon my Shoulder and iie went away. And when 1 looked
behindme I perceived that it was truly an angel of the Lord, and I glorified
God for it and gave great thanks to his great holy name, and 1 wcnl to my
abode in peace. » To whom shall I compare thee, O thou blessed niaster
our father the great Anba Pisentius? Indeed thou art like the patriarch
Jacob, he of wiiose sulTerings God took note and remembered his generosity, j
because of his purity, and gave liim inheritance in the laud of life. Thou
art like also to Joseph the righteous, on whom God bestowed a royal crown
Thou art like Aaron on whom God bestowed the olTice of the priesthood,
and Samuel the failhful overseer over the priests of tlie Lord, he whom
•foi. 211.1 !i. the Lord filled witii the ' spirit of prophecy from his childhood. And thou ;
art like also to the blessed sons of Jonadab who observed the commandments ;
[153] THR FirrV SKCOND WONDRR. ^6'>
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JJL-LJL5C <JUi^ j ^1*3 A,.^l Oti^Ldl ^>b <::^jJl ^''y-. ^-^^ -^^^J
of their father. Thou didst enter the paradise of grace by thy lofty
Spiritual understandiug, and didst eat ol' the tree of life. And thou wast
of o-racious speech by the wisdom of Christ the God, and ateacher in the
knowledge of the holy mysteries. First thou didst seek the kingdom of
God and bis righteousness, and generous gifts were added to thee, and
Spiritual gifts bestowed upon thee, and at thy hands were wonders and
raighty works so that thou didst put to night the Ganaanites and didst
conquer the devil and his-army of M'arriors and the rebellious ones. And
thou didst perservere in the truth of the wisdom of the informing and
leading upright fathers, and didst acquire all the divine sciences, and
didst understand all the evangelical parables and explain them in a living
way, until thou didst ainaze with thy wisdom all the ' earth and its great '
ones. Truly thou art the benefactor whom God formed in our generation,
and the champion whom he honoured in our time and age. And in thy
prosperous time ihere were many chief men loving the poor, as with our
father Pakhom. And God sent forth blessing like the light and judgement
like the noon-day, and thou didst observe the ordinances of God and do
bis will, and thou didst obtain from bim great excellence so as to intercede
for all the world, and didst exhort everyone to return to God by devout
weeping and sincere repentance. Thou didst make creatures return to
God their creator, and didst rescue them frora impiety, and raise the
fallen, and heal the sick by thy righteous prayers, and didst exorcise
lol.203b.
4G6 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [154]
*M.-ma. j^[^ ^ j^^ ^LJI j^l_^ ,^;^j^ j\^ ^^^ j ^£_|j i^\^^J\ ' aJÜI
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ojyi i^UJIj «L,.«^! JLfrVL «i-i^Jl ^_^ OJS3 *J^J1 ^2;J1_^Ij A^Vl ^_j_~.l_jJl JwwJl
•loi. liofia. evil demons, and wast exalted to divine honour bv thy lol'ty discourses ' of
Spiritual things, and didst excel in tlie knowledge of tlie secrets of bis
wisdom, and the difTusioii of thy perfume was like the cedar of Lebanon,
and like ibe perfume of tbe trees of pai-adise, and was spread abroad
to every place by tbe gifts of the Lord Jesus Christ. Of thy miracles
all towns and villages werc^ proud. Thou wast a law-giver like Moses
the chief of the prophels. thuu who wast exalted to the higbest
degrees of wisdom, like tbe righteous apostles and noble propbets : O thou
wbü didst spread out wings to spiritual flights like the eagles, aud didst
aseend above the beavens by excellent strivings in the perfection of upright
life and glorious Service. Thou didst obtain divine assistance and spiritual'
graces, as God enligbtened the eye of thy soul and cloansed tbe unders-
tanding of thy mind, and thou didst observe tbe ligbt of the angelic spirits
'i()i.-2ii'j I). and didst enter by tbe doors of generosity into * the blessed paradise,
and didst love tbe Lord thy God, and he loved thee and magnified thy
reputation before all men, and glorilied theo, because thou didst build
tby bouse on tbe solid rock which is not moved, Jesus Christ our Lord,
and didst plant there tbe orthodox faith for ever. In thy days the oases
prospered , all the world was made trancpiil by tb}^ supplications and
prayers, the Egyptian provinces boasted of thee, and tby excellent report
reached the land of .Syria, as thou didst act perfcctly in accordance with
tho divine law and the apostolic canons and didst in truth achicve accep-
table works and godly Instruction by the mcrit of tby slriving in tbe
[155] THE FIFTY TIURD WUNDER. 467
Or"
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JbUlj ^/^'Ij (i'54. b.) ^^l ojS'^' ct*^^' r^' '-^^' ^''•^^' r ^'-' '^^^'
ii'^] i]\J> ii>^! w^ljJI. C. continues 2. below. — 3-3. C. om. — 4. C. om. — 5. C.
J. _ 6. C. + yi:^''. Ij"^!. — 7. C. om. ^.^, ^^l — 8. C. ^Jij^.
Service of tlie poor and knowledge of the destitute, and thy greatness of
compassion to all who had recourse to tliee. And thus tliou didst find
perfect blessing from God * Most High, and didst finish thy course and hold muI.sose
fast the faith, and the crown of righteousness was placed on thy head, and
thou didst sow seed for thyself in Sion and a posterity in Jerusalem. May
the Lord have mercy on us by his prayers and forgive us our sius now and
for ever. Amen.
The ßfty third Wotnler of our fatlier Aiiba Pisentitts.
May his intercession be with us. Amen.
Hear now, O holy fathers and beloved Christian brethren, the completion
of the life of this beloved saint. When the Lord, — blessed be he, —
saw fit to remove him from this transitory world and transfer him to the
abode of those who rejoice, where is no grief or sorrow or mourning, the
abodeofthe patriarchs, and saints, andprophets, because he was an apostle
like the apostles, a prophet like the prophets, and a priest of the Lord
like Moses the prophet and Aaron and Melchisedec the priest of the Most
468 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [156]
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d)>ii.l 37^ ^1 36,-y^^j 33j^j 34^^ ^ ,^^- ^^| 33^,^ 32^| Lwlj
1. C. .^Ui. — 2-2. C. U=.y L.I jb'J ,s bl,. — 3. C. jUj. — 4. C. + ^-Oj. —
5-5. C. ^ lijl ^yj c:^y. — 6-6. C. J-_^ ^ ,_^»:)"^'. — 7. C. om. — 8. C. + V.
L,,|._9.9. C. :)1)! tjj.. -10. C. +IJv ^^t^-11. C. j. -12. C. Ui.-13. C. ^^t.
— 14. C. 4- U. — 15. C. Jyü!. — 16. C. ^JJ' l^Us ^.hW-'-^- ~ ^■'-l^^- ß- o"^- — fl
19. C. IjJ.. — 18-20. C. ^ i^W- — 21. C. omT- 22. C. ^^y^_. — 22-23. B. « sliining â–
like the sun, Standing in thc court, and singing' to God ». — 24. C. ^^^J^jj. — 25. C. ^
l^U. — 26-26. C. c:^^ CjJ.^^^'. — 27. C. Ai^U. — 28. C. ^J-^_f-- — 29. C. om.
— 30. B. + " Simon ». — 31. B. + « the servant and apostle of Jesus Christ )■. —
31-32. C. c^^'j. — 33. C. om. — 34. C. ^y.. — 35. C. om. — 36. C. ^y'- — 37. C om.
♦fol. 20B;
>njl.2n
|j. High, it happened one day * iny father w^as sitting in bis cell alone at rest
and there was no one at all with him except myself, he said to me : « O John,
I suppose that niy days are drawing near to migrate from this transitory
World and to go the way of all my fathers bofore rae, and the Lord calls
for nie this year. » And 1 answered ium saying : « God forbid this to be,
that God bring upon ihe country of Egypt this grievous loss, that this
mountain and all this land be made desolate. Wliat didst thon see,
father, that tliou dost givc this news? » lle said : « 1 saw this night that
all the greal ones of the orthodox bishops canie to this monastery, and
with thom Peter and Paul, and when I saw them 1 tlirew myself prostrate
foi. 2oüa. at their feet * and Peter Idok inc by my band and raised me upupon my feet
and said to me : Dost thou know who I am? » And 1 said to him : « No,
my Lord. » And he said to me : « 1 am Peter, and this my brother whom
thou dost see is Paul the apostle, and these others who are present are
[157 TUE FIFTY THIRD WOiNDEH. 4ftO
j^ '^Sy-^i ^JUl Ua ^ -'^13.3^1 -u-:_i) '"^djji.-:^ 'L-^ 'j^r*=^ ".iJUVl
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^3l;l dl! c-U ^^''UU jVl •^i.ji^b L:^_y_ •" l J JlSj '^"^Ua^ <^3 JC^l3 ^_^
1. B we have been senl to tliee by our master Christ to lead tliee to us, so that thou
mayest arrange thy alTairs for the road whicli will lead thee to this life, to put thy
church in order so as to come to us, for the time is short. Know that there are the
sorrows of the end (67) and no benefit will be left in the world. Provide for the journey,
for it is decided that we come to thee soon, the thirteenth day of this month ». B
then passes to 208 b. below. — 2. C. om. — 3. C. ^7 j^är-^'. — 4. C. J—or^l. — 5. C.
om. — 6. C. ^X.£. — 7. C. *^!j. — 8. C. w'^. — 9. C. om. — 10. C. ^. — 11. C.
(j.asr'.. — 12. C. ^yj>. — 13. C. i\\. — 14. C. Jvri^ül. — 15. C. om. — 16. C. om. —
17. C- Lol.— 18. C. om. -10. C.'+.^.Ac. — 20. C. ^jiii. — 21. C. vj>^. — 22-22. C.
om. — 23. C. l^^! ^^-^^ J^-'— 24- (- ^y- — 25. C. om. — 26. C. l^. — 27. C.
om. — 28. C. ^^. — 29. C. SJiy. — 30-30. C. jUji. — 31-31. C. 0~J;c. — 32. C.
om. — 33. C. J—^' ^ -^-^j^ '^' J^^ ^r^ i-^-
bishops come to warn thee to be ready for thy departure from this world
and to receive thee to life with us. Now thy departure is near, so observe
whati say to thee at this time, for this is the time of the latter end, thou
wilt find rest for ever. So be careful now and strive to save thy soul and
take with thee the provision needful for the dißicult and dreadful way. »
And when he said this to me 1 said to him : « May this never be, O father, »
— and he said : « The decree is written and the judgement passed that I
must go to all my fathers, but my *infirmity is prolonged, and do thou be *fo'-'-^'J'^b-
my attendant until I go forth from this wretched world. » And when he
came to bis last sickness whereof he dieJ, he continued in bed and suffered
much. And when it was the first of the month Abib of the fifth indiction,
bis illness grew more and bis pain increased and he called me and said to
me : « John, thou knowest that 1 told thee not to permit anyone to take
470 THE TJFE OF S. PISENTIUS. [158]
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^ ^bl ^ jl^ Uj 35^- 35^3 b.^^ :!4^J ^, 34,^ S^_ ^\ J d\i
1. c.'i!. — 2-2. C. ^-;--9- — '^»ri.- — 3-3. C. i~= cJs ^aJI ^,liJ' J, ^AJj. —
4-4. C. om. — 5-5. C. om. — (i. C. ^-i^i. — 7-7. B. « tlie Theophorus ». — 8-8. Com.
— 9. C. jU! ^JJI (for jjiJi .U3!). — 10-10. B. « which spreads before Christ ... —
11. C. J^^'. — 12. C. om. — 13. C. om. — 14. C. ^\ ^Uj'^t SJJ^. — 15. C. + l-^J^.
— 16. C. ,\i^'^\ ?JJ>^,. — 17. C. om. — 18-18. C. ^I-Ol ^^\.. — 19. B. + « which
Ihou hast done for the Saviour «. — 20. C. ^!. — 21. C. J^\^^- — 22. C. ^.Is. —
21-22. B. om. -23. C. + ^LJ^L -24. C. + ...j^^.. -25. C. ^X-'i. - 26. B.
70. passes to 210. b. below. — 27. C. + ^V — 28-28. C. om. — 29. C. + ^J'. —
30. C. om. — 31. C. om. — 32. C. om. — 33. C. -f- i^\ O^Sj. — 34-34. C. ^-^ik-
— 35-35. C om.
my body away to another place or remove it from the tomb which I designa-
ted. Let them bury it in this mountain and not remove it to another towii,
whether the city of Qift or any other, » Then he prayed and ofTered
supplication and said : « O martyr of Christ, Ignatius, Gonie to me and
strengthen my l'aith : bring the crown which does not decay, with the rest
of the athletes. Be with me until I reach the river of iire which flows
•loc -Mia. before *the just judgc, where thcre is great and very dreadful fear. » And I
said to him : « O my father, after the penances thout hast endured in the
World, and fastings, and prayers, and fatigues, and long vigils, dost thou
fear the river of fire? » And the blessed ono answered and said : « Who is
safe from crossing the fiery river? — I say to thee that if an angel came from
heaven he would not escape its crossing before Coming to the earth. » And
he informed mo : « I shall cross it on the cvcning of the thirteenth day of
the month Abib. » Tlieii he said to me : « Be very careful of thyself,
my son John, and do not be disturbed. » And when it was the eighth
Till', FHTY TIIIRI) WONDRR. 471
Ai- ^jLJl '••^iJlj ^^^r '' c-^^' ^sr- ''-^^ ^-^ cr^ ' ^'f<'i-2"'b.
Jüla-I '■' iijjij ^^ '^ «^«.Äj ^Ij i^-*^ dll^^' C.;o '_i-p »^'j V^_ ^
ji oJJi pT j3_^i IIa j.^ ^^ > dU ^Ji ^>i ^ ji ai A; ^U '"^^_
^jVi l^. dli-^jl ^1 l:.U^l: iii^j ^>V1 (.jV â– ''VJ^* ^- ^ ^^3 '^''ur-5^J^ ^r^^
j»^ 20^,^1 ■'V"^J^^ "'^'jv^ ^>^^ '"^^J ^3>^ ^"^3^ j '^Vy^' ^^
1. C. om. B. 65. i< It liappened when the Lord wisheJ to Iraiislato liini from this
abode and take him to the land of the living, the abode of prophets and aposth s,
he had a vision on the first day of... » — 2-2. B. om. — 3. C. om. — 4-4. B. « who is
here? » — 5. C. ^:^l. — 6. C. om. — 7. CS. om. — 8. C. ^J.~.jy.. — 9. B. om. —
10. C. ^_sj3Jüixi.' v-t5CJj. B. then passes to 205. b. above. — 11. CS. om. — 12. C Lil.
— 13. C ^J-l^y. — 13-14. S. om. — 14. B. 67. continues herc from 208. a. below.
— 15. C ^L^y. — 15. S. « Moses » ter. — 16. C + ^y. — 17. C ^^sji'j. — 18. C
_|_ J Ijl. _ 19. c. om. — 19-20. S. om. — 21. C (^jl— '1. — 22. C f^^i-Jl — 23. C
^jaJil^J!. — 24. C -^^'j. — 25. C ^jJ instead of ..3. —26-26. C i^fi^\ a^-^J/.
— 27. C ^j^... —28. C X%i,. —29. C om. —30-31. S. om. — 31. B. passes to 210. a.
below. - 31. C (^.jU! ^t. — 32. C MjU. _ 33. C jl. — 34. C + ^1 l> —
^„Jl-j'. — 35-35. C ^y~^.
night of the month Abib he called mc again and said to nie : « O John,
hast thou anyone with thee? » And I said to him : « There is no-one with me
'except the priest Moses and the priest Elisha who are come to enquire *f(.i.207b.
about thy health and hear news of thee. » And my father called for Moses
and said to him : « Moses, may thy conduct be as is approved. Thou
knowest hovv thou hast been brought up by me. Take care of all my
books and papers and keep them carefully for thou will have need of them.
Thou hast no escape from bearing this bürden. » Then he turned to the
priest Elisha and said to him : « O Elisha, rule the brethren. Observe
the rules which thou hast learned and keep to the observance of the bell
at the appointed times. Supervise the brethren that they may make their
prayers as directed in the monastic rule, in order that they may refresh
their souls and strive with anxious care. » And Elisha answered and said :
« My life has approached * my fathers, and if thou dost go before me, O my *foi.208a.
father, it were better that I should die with thee. Now if the pillar on
♦fol.208b.
472 THK LIFE OF S. PISKNTIliS. [160]
AjiljJI -^.^l fj, f^J^ vib_LiL- C~-.Aj ^siL-j C^ j' ^jj>- viA-U. ^-^ *-t^
dll« ^^iLLiJj ^ii.Ja>; ^jä! LlWj ''^'1 ^jl^- J^ l-O jU^' (Jj "^iÄll) O-W^lj
"^::,U * JU '5*lij Hl dU. >l,a^i jl ^ j. ^^J JUJ Ul L ^U '-iLi^ dU
20^_a! J^\ ^^Li-o 'Vj^^^-t^ '^. 13* ^^J c^^^ »-^'J ''^" ^W ^^^ ^:-^^-'
28^1 lÄ* 27U Jii Uj ^Ü ^^^ Jl 2.-,_^-| ^\ ,— ^Ylj -25^ ^^^, \^
1. C. J-i. — 2. C. ^.I^i. — 3. C. j_^.ij. — 4. C. + J,-. l). — 5-5. C. ^Mj!=J a**-"^
UJlsrJj -a>j oXiJ 0;9 J-ü -Jl^j' '-''j. — 6. S. adds quotation Ps. 15.8. — 7. C. om.
— 8-8. C. om. — 9. C. -|- wl. — 10. C. -f Ias. — 11. C. ^j-. — 12. C. bJ^. — 13. C.
,_^-j. _ 14-14. C. JJl ^~i\ li ^U ^;liU.U LjI L). — 15. C. om. — 16. S. om. —
17. C. J-Sj. — 18. C. om. — 19. C. ^^xl^. /?/•, so S. — 20. C. om. — 21. C. ajü. —
22-22. C. om. — 23. S. « to me ». — 24. C. om. — 25. C. om. — 26. C. w^'-^- —
27. C. Ui. — 28. C. Lu.j!. — 29. C. + j.!^-OI U* Jx-. — 30. C. om. — 31. C. om. —
32. C. Lsj- — •^■^- C. om. j. — 34. C. lot.
wliich we are established be taken away, then comes the down-fall of mount
«l-Asas. Where shall we find one who will be shepherd in thy place,
my lord and holy father, if thou dost depart? We had no fear when thou
didst guide and direct thy ship to the tranquil port and thou hast prepared
thyself and will never be disturbed, as David the prophet said. But wo
shall miss thee and lack thee, we are orphans from to-daj'. » And the
clder, my holy father Anba Pisentius, answered and said : « Verily, there
does not remain to me moro than live days in this world from the tlürd
hour to-day. » And I said to him : a What is it that has happencd to
thee ? — do thou teil us, O father. » And he said to me : « Before I conversed
'foi.208b. with thee a heavy sieep * feil on me and i saw a ghostly man who stood before
me and said : « Pisentius, Pisentius, prepare for thy journcy, for therc
do not remain to thee more than five days in this world, and thou comest
to US. » And when ho had said thus he went away from me. So now,
behold, I go to all my fathers. » And when my holy father had said this
to US a great outcry and weeping arose amongst us, for we all knew that
209 a.
[161] TUR FIFTV THHU) WONDRR. 473
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J :,>; j5C! %^l ^;Uij <_:>^11 lö^;^ ^ dj\ ULj '5.iU,l iSJiUi ^U^l
1. C. om. S^. « good ». — 2. C. Jjjii. — 3. B. « a father ». — 4. C. om. — 5. C.
^j*^J- — 6-6. C. ^j^^'l ,J)_;U .V^j). — 7. C. AjyUj. — 8. C. 5=-;.^:^^ j_^?L.Jl. —
9. C. äJtj then passing to IjI.U 309. b. below. B. « He continued and said lo us : Why
do ye weepy— You distress me, for I ought to go to my holy fathers who finished
their life before me », — then to 207. b. above. — 10. S. + « even to the cap upon bis
head «. — 11. S. + « unto whom all praise be given ». — 12. S. om. » to my holy
fatter A. Pisentius, who arrayed himself in Christ ». — 13. S. om. — 14. S. « devote
ourselves to the will of God ». — 15-15. S. om. — 16. S. « the valiant deeds of ihis
just man ».
we were to lose a mercifal and compassionate father, orthodox and upright,
a comforter to all who were in any kind of grief, one who guided in the
way of repentance every sinner, and consoled all who were in need, when
they sought him, with covering for their bodies, and gave ihem food when
in hunger, I declare to you before God that when iny father heard that the
Persians were approaching there remained to him in the house * no property, »foi. 209a.
buthespent all his possessions on the needs of the poor, and the alms which
•he gave with his own hand and those which he commanded us to distribute
tothe destitute and which he sent to the upright people in every place and
caused to be distributed to those in need, of these no man could reckon
the amount, only God can count the sum of his generosity. And I, the
wretched John, said : « Perhaps, my father, thou knowest that we shall
afterwards go back to our dwellings once more, for nothing remains for
US. » And my father answered and said to me : « Yes indeed we shall go,
my son, and for all that we give to the poor God will restore to us
double. » And what shall I relate, and what leave out, further of his
PATR. GR. — T. XXII. — F. 3. 31
474 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [162]
noi.209b. 4JU1 dU;- ^Uj "i^-^l Cj) j^l 3L-;1 Uj '^Ui " ^j^\ <[iij ,_^| 1<^U
iiU.j>. a;I ^ <^ Jlt ^Li:, 'OpJj L ^^ i^Vj 1>^ jil ^^^j ■'^.15C:ö (J3
jÄäT w-;1 '^'ij-« >t£ JÜdl (._jJl j j_^.-^l VJ-^ -^^ ''"^' ^J '"^^(j '^j>^'
1-1. C. « the consiJeration of the laying' down the body ». — 2-3. C. U. B. « when he
reached the 8"^'' of Abib bis soul was in ecstasy and lie spent 3 days and 3 nights ». —
3. C. ij^^- — 4. C. inserls here c.-\j "^ ,1 \ys^ ^j>. J J^i ^^^ /*J ^.j^ w^i'_3 ^'^l-
Ji ^ bij -^-wi>l^. _j» U^^j Jw^ 0.0 s^JU ^jJ-vH .,1^JI ^x 'I ^J— wsrf ^JrJJ lj.=..t
...>lilj Aäl > aJai.. — 5. Cj^j LjJt-j^. — (j. C i-' J.^0! ^^^ JU-J Jj. — 7. C '»^"-^j. —
8. C. 157. b. — 9-y. C. Jij^ ,^--^- — 10-iO. B om. — 10. C. .^. —11. C. + jlT. —
12-12. C. om. — 13-13. C. om. — 14-14. C. Jlia v^. — 15. B. « my holy father ». —
16-19. B. « my time is drawing near, lo morrow ». — 16-17. C. -JL^ijS j-s. — 18. C. ^jäj^j.
— 20. C. om. — 21-22. C. om. (cf. insertion above). — 21-23. B. « Crod will come to seek
me ». — 22-24. C. ijj- jl ^^\>. — 25. C. 'iL *^x.ol. — 26. C. ^^^. — 27. C. + ^^.Jj.
— 28. C. jL-us.. - 29. C. J »»r-^' ''•^•^ j:r- vj ^^-^ -^'j ^-^ ^~^J v.^'-'-H s_:^'-^=^ ■ij' J
Li'j J.U. B. " he has made my account ». S. « my speech is taken away ». — 30. C. -j-
j,s. — 31. B. « and >> said to bim «.
Avonderful and virtuous and generous lifo .* Hut let us turn lo his wonderful
•ioi.209b. death and impressive decease. * Wlien our father saw us weeping he
kept silence and remained all that night unconscious and did not speak
with any one of us at all : he remained three days gazing with his eyes
open, he did not talk, or cat bread, or drink water, nor did he change his
side, l)ut lay prostratc in his (-eil like one dead. And in the twelfth night
of Abib he called nie saying, « John », and 1 answered him saying : « Bless
me, O father. » Ile said to me : « 1 percoive that I am leaving the body
and my death will be in the night at sun-set on the thirteenth of Abib
be careful that no-one takes away my body to anotlier place than thnt
which 1 designated to thee, as I told you before. These three days during
which I have been lying here and have not conversed with you I havc
♦fol. 210a. beeil present willi God * from the ninth hour yestcrday, and I am sure that
the Lord will have mercy on me. » The priest lilisha answered and
21ü b.
[163J THE FIFTY TlllUD WONDRK. 475
^^j\ du liy. ^jV oyJI ^ •^^~-., JjUj -'L^l L ^^ ^1 -JUj '^jLJl
Uj i-Iap^I ^ ''^^-r-^^ '-'-S-Jl fl-^ ._i-^1 t/^ 'V ^^ o^V ^\ ^
>1 ^_^j ^^^3M ^ ^^ ^ ^ ö- ^ ^^1 C^' ^^ jß J^l
"lS^ lS*"^^*^- r ^' ^ l5'J~^ Ij.«-W (»>US i5''>^' " 'r**^ /w^l»- Ajm lylS
IJ^ 38 ^^^_^ ^''Ijy-l ^^!s>i l piil ^^Ulj v^_ V L J.^ ^1 ^ l_^yL>j
1. C. j^^jLJ!. — 2. C. + J. .'5. C. ^1. — 3-5. B. « strengthcn Ihy heart with a
little bread and water ». — 4. C. Li.. — 5. C. .,U. — ß. B. « three «. — 7. C. %)3.
— 8. C. om. — 0. S. <. this word ». — 10. B. « unlil I break my fast before the Lord
Jesus Christ my king ». B. then passes to 206 b. above. — 11. C. om. — 12. C. y^
("■r*^ v_5'r.— • C 158, see Appendix below. — 13-14. S « and break my fast with him ». '
— 15. S. « to me : now there wäre ». — 16. S. « 0. .lohn, thou knowest ». — 17-18. C.
160 b. ^\ ^jp-' ^.- — 1'3-19. C. XK' !^i. — 19. B. « he said to me also; John.my
son thou knowest ». — 20. C. -\- y — 21. C. Li. — 22. C. om. — 23. C. juij;~,l.
S. + « and town of ». — 24-26. C. ^■^i\ ^^ ilx?! Jjfj ^'-'^^^ i_£?~- ~ 25. B.
« I have nothing in my hand ». S. « wherewith to bury my body ». — 26. C. Li, j.
— 27. C. ^ ^Jj. — 28. C. om. — 29-29. C. J ^J.; Jü. — 30. C. Jü^t."—
31-32. C. ^Xi. — 32. C. ^. — 33-33. C. J^.x- ^^f! ÜJ ^^^^ ■— 34. C. ^..
— 35. C. om. j. — 36. C. ^^\. —35-37. B. om. —37. C. LyiU. — 38. C. J.
said : « Do a favour, father, and take a litlle nourishmeiit : it is now
four days since thou hast tasted anything. » And he answered and
said : « I will not taste anything henceforth : 1 say unto you that I shall
not break my fast until I depart to the Lord Christ, to whom be glory. «
And when the dawn broke on the morning of the thirteenth of the month
Abib he said to the priest Elisha and the other eiders who were sitting
with him : « my brethren, you know all my affairs, that there does not
remain to me any of the property of the bishopric of Qift, I do not retain
any of it at all. I have nothing save a single dinar which I have gained
by the work of my hands in the days of my monasticism and have kept
to'thisday in orderthat my coflinmaybeof the work of my hands that I may ♦fol.2iob.
not be put to sliame by those who come after me, that they may not say
of my, He did that which is unseemly. Do you, O brethren, bury my
476 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [164]
'-^^Ac -Cjt^l (Tr^^ Jj^-^" '^■^^ C-''-^' '^■^ '<^ ^^ ^-^-^ '"^-^ •y^ -'^'^^
J^ l'^A^Ij J^ liybj j^l ._^- J^V AiJ^Wl ^LjJI ''j. jLOI *^'>ll.l3 ^cÄiL-
1^ Ji: LJj ''^j l '^O^l U^ ^i '^As" liyt 1^1 JL- pT '-»L, Ia^I (vl5C,
'foi.2iia. ^jjj ä;"^^-3 ^"^^ r^ * ^^^^-5 ^'"•^'-^ "^'^^ 'V-^' W^^ ^>^ ^■^- r^
j LJl 26 ^j J 25^1 24^ ^_,J ^^\^ -n^^ ^^ 23^1^, 19^>^| ^^1
^o^JlJI '29 Jl iUJi^^lj 28^_^| ,,,_^ s^LJL^ v^^ V^ Jr« ^^ '^^^ f^'
1. C. + ^'J— ^. — 2. C. om. — 3-3. C. Sj-JÜüt UdI^ iJ. — 3-5. B. « and mantle
and liturgical vestment ». — 4. C. ^'jjsi- — 6- B- « '"ter me in Ihe place of which
I inform thee, and do not let anyone take my body from its resting place to tlie
town of Quft » (cf. 206 b.). — 6-8. C. >J. — 7. S. " where thcy will bury me ». —
9-9. C. i.^ ^v vju-'i ^_CJ-'l. — 10. S. « will work at il according to his good pleasure ».
— 11. S. « Saying, Tliis wall miisl be tlirown round (the grave) ». — 12. (;. (^x-^;.
— 13-16. C. wC' c^ji S's JU ^s \i\^ J^äJi J*X) J^ 4^~;V- — 13. B. passes to 209. b.
above. — 13-14. B. 70. (contin. from. 207. a.) « He did not speak any more to anyone.
When morning came the place was full of people insilo and out. He passed this
day like one wlio had received extreme unrtion ». — Ij. B. « I have finished the Lord's
command and am ready ». — 16. C. -\- -;JV'l U?^. — 17-18. B. om. — 19. C. om.
— 20-21. C. ^U. — 12-21. S. « Anba P. tlic lioly bishop (had saidl thcsc things he
cried out to us and spake w. rds to each of us ». — 21. B om. — 22. C. i-'l. — 23. C.
J^l,. — 24. C. ^J i. — 25. C. 4- ^1. — 26. C. '—^ J. — 27. S. + « in the fifth
" ^^ V?
year (of the indiction) ». — 28. C.^UiM. — 29. C. om. — 30. B. om.
body with this dinar for a coflin, do not put on me aiiything save a shroud,
aud the cowl wherewith 1 was clothed for my monastic life, and put on
me my cap, and girdle and tnnic, no more, and shroud me and bury me.
And I say that therc is an enclosure which is ploughed up, the place
is füll of ravenous wolves bccausc the fence is neglected, each one knows
the evil desire of his own heart but there is nono to rebuke him. » And
when the father had said ihus he was still for an hour and did not s|)oak
at all. Then he spoke again : « I come, O Lord, as thou dost command
me. » And when he had said this he madc the sign of the holy cross three
•foi.211 a. times and said * : « In the name of the Father, and of the Son, and of the Holy
Spirit, One God. » And he opened his mouth and gave up his spirit inti)
the band of God at evening of the thirtcenth day of the inonth Abib. .\ih1
WC took up his holy body and carried il to the altar in the holy churdi
[165] THE FIFTY FOURTH WONDER. 477
l^ ''4_U1 dllr LJlj ^lUjl U .^..^ -iiL4?' ^UVl ^J^^ ^»1 5<^aU1 'wJl
^* _^l 'U„b Ij^As '"lÄA Jjuj Aili^cL-o J„3-L»Jlj ''^E-oLdl a]^ ''^|>^^j ^bly^
«j'L-ijJij atU _.!£;) ^iT^' j-*>»'i kjjl=»o' «-,<ij>- V« L-Äliiaj ^"Ulii iilLLü»- U ^.ii^ »fuLsii b.
jl lu5C«j Vj c» itJo ^I A)_jäcV1 i-\> j,i^V i^U».lj ^"^1 \ \yL>^\
1. C. J*^' ^. — 2-3. B. om. — 4. S. + « and we made it rcady l'or burial ». —
5. C. U! ^.I. —'6-7. C. ^yiJ. — 7. C. ^fy — 8. C. J 4..1ji. — 9. B. « to the
glory of God in relation to his dealh. When morning came \ve celebrated the lioly
sacrifice, and when we had received the Body and Blood, and had received the .
pax, as he had told us, we buried... » — 10-11. S. « and afterwards we (82 b.)
partook of the holy offering over him ». — 11-12. C. '-^-^av»^. — 13-14. C. a-s. —
15. C. pj. — 16. S. ends here. —16-17. C. om. - 18. B. 70-71. different ending. —
17-19. C om. — 19. C + Uj. — 20. C. om. — 21. C. U-.^.
w'hich is in mount el-Asas and put it in a cofTin as he had commanded us,
and remained there all night reading and dinging hymns with canticles
and songs of praise as was befitting, and alter that they consecrated over
him. Then they brought him to the mountain and buried him in the place
of which he had told us that we should dig his grave there that he might
remain watching (over us), and we buried it there early on the fourteenth
day of the month Abib. May the Lord have mercy on us by his prayers
and forgive us our sins by his petitions and save us from all the attacks
of the crafty foe by his intercessions and ' his holiness, and may he unite "^1.2110.
US with him at length and make us share the paradise of those who have
received grace, henceforth for ever and for all eternity and for ever and
ever. Amen.
The fifty fourfh Wonder ofAnba Pisentius.
Hear, my brethren and beloved, that I may relate to you this wonder
which is due to him, and which we cannot omit. They were shrouding
his holy body and I drew near, I the least of his disciples, and I took a
'fol.212a
12
16
478 THE LIFE OF S. PISEXTIUS. [1661
• cAsj .I^j-»J1 ''vT-Jjisj ^(.5^ rcilJlj (J-S^i* (^j)^ 'V*^ M ö^ ';^^ |_$Jv~>- JL,
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1)1 Ua>- )«-A*- U yiij 4^Ai«Jl ATljXua. U.»^^ ^'^I '—^^y X5 ■— '„r^! ^ P--Ul jj (e<-='^
1. c. + ^). — 2-2. C. A*Ji3 ^U U!j >^, ^b- .,15' Uj. — 3. C. ^jii^ J^ ->'j.
— 4-4. C.j^lä. — 5. C. om. V=^j. — 6. C. J^^. — 7. C. om. — 8. C. ^\. —
9-9. C. om. — 10-10. C. jU.. — 11. C. ,. — 12-12. C. O'.S'jJ ^)\ Jt JJi;-' UU.
— 13-13. C. om. — 14-14. C. om. — 15. G. om. _,. — 16. C. om. — 17. C. Je —
18-18. C. c_jJ*M. — 19. C. +y.. — 20. C. axJI a^y'.
portion of the purple rolle J up uiider his feet that I might procure a blessing
for myself. And when I rose up next day to go by night to the ciiurch a
scorpion stung nie on the foot, and its poison spread through all my body
â– foi.2i2a. and caused pain in all* my body untii its venom spread to my heart and my
stomach opened and 1 was near death. And I said : « Perhaps the hoiir
of death has come to me, so let them bury me with my father the great
Anba Pisentius, for he said to me that when I find the Lord pleased with
me I will not be negligent in sending forth prayer that I may take thee
with me. » Thcn I thought of the torn olf j)iece and tiie strip of purple
stufT wliicli I took from his shroud, and I sent for it and brought it immediately
and tied it in the place where the scorpion had stung : and God is my
witncss that I was healed instantly so that I suHered no pain from the
scorpion and had no hurt. May the Lord have inerey on us by his holy
prayers and forgive us allour sins. Amen.
[16V] THE FIFTY FIFTH WüNDKR. 479
>*J ^-^^•^. ^J' (j-jlU™^ Ul j_^,AiLl| L^V j_^_jj|j A^liJl \y>^)J\ ' Mol. 212 b.
.'j^i <J^JI <rUL UlLi- U
o»"a!1 J '»Uj Jl >^ i^l ^^Uj A^^ll 3<;-lij j. '^'^Ul ^_^. jl^ Uj
^^^ ^; '^v::oJai; di;l cu.«^ a-l l:^_y^ 'H, »jy;, ^^ ^j_,_j -i^^iL::^! ^ jl^ J^_^
'"cXr cij i ^^<J\ e^J^Vlj djUl i'^^l ..XIUJ 9^ ol_^jl -'^«Uj
^ ci£i 11 U i'^^ is^jjj i-"^^ ^ ^^i^j '^^r^^. ^"l>^ ^^ '"'J^J
l>i/^, jj Uj ^^^ J^r*-^3 ^;>^' vJ^;-aU' jl ^'1 JJs ^^Ij sTJI ASjl »^1.2133.
c-it jl v:u. L1 jl lL>.^^ L j_^ Jlsj Ia=- <*>3 ALilj JU.___^I dUi O^l >Ulc !>^aä)I
1-1. C. om. — 2. C. =-.U!. — 3. C. (wy:^— J o'~:'-"^' V^^' 0''jj. — 4-4. C. if^^ â–
.liu..;:-! jay . — .-). C. i-i jlT JJ jUi aJ. _ 6. C. + ^. — 7. C. X». — 8. C. vJljJ^I.
— 9-9. C. om. — 10-10. C. jL^^'i!!. — 11-11. C. ^^..~^. ^Il^; (162. b) ^b .t. —
12. Com. j. — 13. C. 4- i.|^jj'. — 14. C. om. — 15. C. om. j. — 16-16. C. ^J-^.
— 17-17. C. i.;^-'_5 kJ J ^.Ü! ^JI c.^1^ Ji bt 'u-!. — 18. C. om. j. — 19. C. ^U lÜj.
*The ßßy ßfth Wonder of our holy father Anba Pisentius. May tlie Lord have ^01.212 b.
mercy on iis and forgive iis our sins by his powerful prayers. Amen.
When it was the seventh day after the death of the master and the
mourning for the blessed one, there came to me as I was at the burial a
man who had the dropsy and a very bad swelling and said : « O John, I
hear that thou didst cut off a piece of the cloak and of the purple from the
shroud of the blessed eider and holy bishop at the time of his burial, I
implore thee by his holy prayers bring them to me and wipe them all over
my body : perhaps God will have mercy by his prayers and heal me from
my disease and the swelling in my body. » Then I said to him : « Do
thou lie down and rest a little until the crowds depart and disperse. »
*And as the crowds did not cease thronging i dissuaded the man. And »foi. 2i:?a.
his pain became very acute and he said to me : « O John, whether I die or
live, for the sake of God Most High bring them to me and wipe them on
my body and let me get up and go away home. » Then I brought them
before him and wiped his body with that cloak and purple strip and said
480 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [168]
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iUj ^_y__ jl^ U_5 ^i JjupI jj Vij ii-4-; ^Ij ^ l;l ^^1 (J lii Jls'j o^Vl
1. C. O'lA-^js- — 2. C. ^'. — 3. C om. — 4. C. — jj-y^-^r!. — 5. C. + O^Jj. —
6-6. C. omit. — 7-7. C. j'jji^ -i^^ ^J^k-^ _5^' ^c^'^. j* ^3 ^^'- — 8- C. ^ «-^-/j
i3lj. - 9. C. J^Lj!. - 10. C. jUj. - 11. C. liL». Wr^. - 12. C. -v^.. — 12-13. C.
0.;tjLaj lii.)! ^.. ä^jl U Ji C. then passes to 214. b (below) wä»~.'^!j ^»3t ^^^r-J-^J^'
^^y:^-^) Ul .jSj\ (163. 8). — 14. C. ^!.
« In the name of the Father, and of the Son, and of the Holy Spirit, by
the prayers of our holy father Anba Pisentius may healing come to thee. »
And at orice the man arose completely healed from his disease and proceeded
to walk to his abode. And when he had walked as far as one could shoot
an arrow he sat down and discharged all his detilements and diseased
matter upon the earth, and went on to his iiouse completely healed,
fji.2i3b. praising God Most High and his saint our father Anba * Pisentius. May
the Lord have mercy on us and heal our inürmities by his prayers and
forgive us our sins. Amen.
Thn ßfhjsixth Wonder nf our father Anba Pisentius.
Hear also this wonderful narrative. There was a man who feil into
unbelief. And some trustworthy failh ful and upright peoplc related
and Said : « We have seen the cross at the cnd of tho month, its shaft
Standing at the door of the tomb. It diflused sweet perfume like incense
spread abroad. » And that man of little laith answered and said : « Unless
I see it wilh my eye and touch it with my band I shall not believe. » And
[169] THE FIFTY SIXTH WONDER. '.81
dUr jj ^Vl AA.ÄS«- ^^ jl ir-*-^ ''^^ ^f^ ..,-Ul -Cc- ^_ülj -*-'-«_y, ^L>- »rol.214a,
j-^j 4jui_^l iJ_;^Vl ^-*^'' /^ .-«-3^ (^-*J' ö^^ '-^ ^^ Lr^ ^•^ *-*•*
i_L5) ^>iJ^H Ij^^l UlaT üLjLöI j Lä^IJ k_j^l ^ LiJaC. Jlsj 'Cj.mS !>ic-l) J^f^'
Vj ^Ur "Olli ^^ y^^ ^L ^y ^js^ M'^ CfrLiLij aiJQsi. l;LlLi- U ^^j "Cly^^
when it was in the second month after the death of the saint a great multitude
assembled to be blessed, and the same day that man of little faith was
present and standingby *the cross and it appeared to him and he endeavoured »loi. 214a.
to see the truth of the matter, and at that hour behold the place where the
name of the saint was written under the cross was split and there issued
forth sweetly perfumed balm, very excellent, like milk flowing from the
breasts of a woman suckling a child. And the man cried with a loud
voice and said : « Great is the Lord and marvellous in his elect. Come and
see the cross and how holy myrrh flows from it. » Meanwhile the crowds
thrust forward and took of that balm and bore it away in their garments
and turbans, and gave glory to God and to his saint Anba Pisentius.
And these wonders and mighty deeds, O my beloved brethren, I, the
poor unworthy John his disciple, have selected out of many and do not
relate the rest which he did after his death. May the merciful Lord God
have pity'on all the race of those whom he has created, and have merey ♦foi.2i4b.
upon US by his prayers, and forgive us our sins by his pleadings and
intercessions, for we believe that he is near God, and may he never forget
US whom his right band has planted. thou blessed one amongst the
saints, who dwellest in the mansions above whither thou hast been exalted,
may thy prayers cause the mercy of God to descend upon us all, and may
482 THE LIFE OF S. PISENTIUS. [170]
j»5Cu*=. djL>j ^■'^::^ J^^ ^-^i -i*— '„ '>*3 (j-J^^^— r! ^^ ilrrf*^^ li (rr'^^
Iä^I >V>J^ '^C^^3 ^-^-*-« '^•«JL- 0.3^3 lij^ L\y.\ A*»]l 'lÄA j»5CiLj *i,^3 (*^-Cr
12a, 1_5 j,^Ul ^^ ^Ij jljl J^3 "jVl j. I-Llk^ U >Lj (.Ulj ^,gi "Jl
öt*^ w^Jl ^>• c>l~: jIaU! ^ i_rt-*^' ^-^ ^^ ^=r^^ J-*^' ö" ^^J ^^-»^^„ ^^«r'J^
n(cf.2io.a. ' '
above).
1. C. Iß3. a. ... k^. j^. — 2-2 C.j6.^\ JU J wJj>3l t:v» Ji^ ^)l. — 3. C. ^/:>L^L
— 4. C. .-Cü'. — 5-5. C. *n'=-1jj'j. — 6. C. oni. — 7. C J^Wl. — 8. C. j^r-.'^^-^.J ■—
9. c. JLJj. — 10. c. + j^*M J. — 1 1-11. c. J?" X' /»;i.j A J-'J j=y^'j v>'' c^^'. J
Ldr b.v^ i^j^' ^li^jij^Wi jr ^A»- *.yi)i O'UUiJ! oi^ i'i^^ *.-Mj) ^.^^j i«^''
^jUj (163 b) J^^l *JuCJI i.m ^A [^ JU^I iJ>)l JlJ^l ^^^;;^ ^j-^*J' L^^^^^j
JUpt LjUj L3^!!J U^llj ^>)l Ljjj ^CbUlj i^.^l ;l^JV ;j/< J-;:^^! ^y
j^J.ä3l -j^lj. — 12-12. C. om. — 13. C. O^r- — l^-l''- C- ^r^- — 15. C. >^-.i
.^ .^-1 jj"^l Jl ^j>i A^=-j l;i= v^l. end of C. lext. — IG. Cf. A. 210. a. above.
thy prayers prevail. O beloved Christian brethren who are assembled here to
receive of the blessings of this saint, great araongst the saiiits, Anba
Piscntius, may he streich fortli bis haad lipon you all and bless you all,
both great and small, who celebrate bis feast here, for many years and for
long peaceful times. And may you be safe, healthy in your bodies and
Mol. 21.^ a. in * your souls, pardoned of sins and offences by bis intorcession. And
may the prayers of our Lord and Saviour Jesus Christ keop you by bis
divine power to the last and forgive us our sins now and ahvays and for
ever and ever. Amen.
Coniplete and ünisheJ is the liomily of tlie great saint tiie perfect bishop
amungst bishops, Anba Pisentius. May the Lord have mercy on us and
delivcr us froni the crafty foe by the prayers of Ibis great powerful saint.
In the peace of the Lord. Amen.
-c f.iüSa. * And now, O childrcn, rellect and do not permit any to divert you from
the pure orthodox upright faith. Let us not foUow evil vanities lest satan
[171] THE FIFTY SIXTH WONDRR. 483
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Oj-, jUl J50 J._^li ^1 j^ aJIj d>i^ jUVI ^A, (JpUIj 1^1 \_^jj:s>.-
Ijjb J ^jjjV U;! is^l l Ij^jl 'C^_>l.j «Dl If^ j_jdl LÜaiJl ,_$V_^ ^ai. y^j
>,..>..'gt^ L« As-I J^ (^jUfj U!l ^1 v-jkl j^ ^jir^3 ^y^ ^y ls^ <-^ "*'*-' (^^'
.ljjbÄ> ^_j:o- \j^ ^ÜL i-tAs-t^j ^juj, j^ ^_ <;V ^_yj KJl J-W .
1-1. repeated sie, by error.
prevail over us, do notlet that short time be prolouged forus upon the earth,
lest he bring us to eternal torments and \ve fall by the snares of the wicked
and niischievous devil who from all eternity hates our species, and is at
alltimes eagerly desiring to divert us from the commands of God, that we
may fulfd the evil lusts of our hearts. So let us shun evil deeds, let us
shun evil deeds (6is), which estrange man from God and his angels, and donot
let the devil sow his evil worldly desires in your hearts, those are the
great sins and unclean defding evils, perjury, hatred, stubbornness, slander,
mischief, fornication, selfishness, vice, and the blasphemy which is lack
*of faith and the desire of unlawful gain. These estrange those who do *c.f.i5sb.
them and remove them from God. I have instructed and enjoined you to
avoid pride and self-exaltation which lead men to destruction and estrange
them from God. So woe to every man who dies and is involved in those
sins which God and his angels hate. Consider, brethren, that we do
not remain in this world, but after all we die and our final lot is that we
go to God, who rewards each one according to his past deeds, whether
they are good or evil. And, my beloved sons, this swiftly passing world
deserves all weeping and lamentation because it deceives all who foUow it
and deludes men in many ways until they pass away.
INDEX OF PROPER NA.MES
(A) ENGLISH.
Aaron, brother of Moses — 12. 152, 155. .
Abdiyüs(, ^jjy-!i),theprophetObadiah — 53.
Abel, 78, 147.
Abib, month — 11, 157, 158, 159, 162, 163,
164, 165.
Abiram, 126.
Abraham, monastery of Anba Abraham —
26, 31, 38. A « monastery of tlie holy Abra-
ham tbe anchorite » was restored by the
sons of Zacharias in A.D. 698, site un-
known(Crum : Monastery of Epiphanias,
111). « throughout Ihe Jeme documenls
Ihe |AovaiiTiipiov of Saint Phoebammon is
eonstantly mentioned, the same word
being employed wliere it is called the
•monastery of Apa Abraham » [ib. 127).
« Since bishop Abraham, wlio governed
the monastery of Saint Phoebammon,
was Pesenthius' contemporary, it niay be
asived whether the two monasteries were
not one and the same ». {ib. 111).
Agricolaos, name of mummy restored to
life — 112.
bll-Asas, mount ^= Tsenti, north of tiie hill
of Jeme which lay beliind the town of
Jörne near the modern Medinet Ilabu —
10, 11, 12,23,33,47, 81.93, 141,100,165.
Alexandria, 75.
Arnos, the propliet — 53.
Andreas, Anba, head of the monastery ol
the Holy Gross' (cf. Salib below) — 150.
Anlioch, 93.
A&wän, 03, 142.
Babel, Babylon — 13'i.
Basil, St. — 117.
Bauneil, month — 43, 146.
Hifum = Phoel)ammoQ — Ki, in the temple
ruins of Deir el-Baliri, cf. Djoj.
Ganaanites, 153.
Caramel, 28, 32.
Colluthus, Anba — 42, Ol, 123. b. —
hermit, contemporary of A. Pisentius.
Gonstantinople, 60.
Gorinthians, 74.
Damianus, (i) an official employed in le-
vying laud tax — 73.
— (b) Patriarch of Alexandria who ordai-
ned Pisentius — 33, 75.
Damamin, 94.
Daniel, the prophet — 35.
Dathan, 126.
David, the psalmist — 12, 13, 14, 26, 35,
46, 08, 102, 106, 107, 147, 100.
Djoj (~ ^i], epithel applied to the monas-
tery of Bifam or Phoebammon (cf. above)
— 11, 16, 21.
Easter, 75.
Eli, 83.
Elias, (i) the prophet Elijah — 11, 28, 29,
30, 32, 68, 128, 147.
— (ii) Abba Elias, head of the monastery
of St. Plioebammon at Jeme — 11, 10,
17, 20, 21.
(iii) monk — 150.
Elisha, (i) the prophet — 79, 95, 116.
— (ii) a priest, friend of Pisentius and prior
of bis monastery — 100, 129, 159, 163.
Ephraem, 26, 31, 38.
Epiphanius, hermit — 130. 140, 141.
l"'rmont. nome of — 18, 21.
Evagrius, hermit — 42.
Eustathia, 112.
Ezekiel, the prophet — 25.
Gehazi, servant of Elisha — 79, 110.
Gelion, river — 71.
Gomorrha, 64.
Gregory, St. — 117.
Ilabacuc, liie pnijjliel — 52.
|1731
INDEX OF PROPER NAMES
485
Hahib, Wadi, in the desertof Scelis, cf. U.E.
White : New Texls front the Monastenj
ofSl. .Macariiis, N. Y. 1926, 273 — 11, Ifi.
Haggai, the prophet — 53.
Ilosea, 53.
[gnatius the martyr, invoked — 158.
Isaiali, Ihe prophel — 73.
Israel, children ol' — 35, 67, 123.
Jacob, Iho Patriarch — 152.
.leremiali, tlie prophet — 25, 71, 140.
Jerusalem, 155.
Jezebel, 12«.
Job, 127.
Joel, the prophet — 53.
John, (i) Ihc evangelist — 42, 52.
— (ii) the disciple of Pisentius and nar-
Tdtor of bis life — 67, 69, 70, 71, 76,
81, 66, 89, 90, 105, 106, 107, 116, 117,
118, 121, 123, 125, 144, 156, 157, 158, 159,
161, 162, 165, 167.
— (iii) Patriarch of Constantinople — 60.
— (iv) AbbaJohn— 11.
Jonadab, 152.
Jonah, the prophet — 53.
Joseph, 152.
Lebanon, 14, 154.
Lent, 167. b.
Malachai, the prophet — 54.
Maqar = Macarius — 21. b (for Bil'am =
Epiphanias).
Melchisedek, 156.
Mesre, 123.
Micah, the prophet — 53.
Moses, (i) the law-giver — 35, 37, 67, 70,
72, 123, 154, 155.
— (ii) a priest who attended Pisentius —
142, 150, 159.
— (iii) Abba Moses, monastery of — l'W.
Naaman, 79.
Nahum, the prophet — 53.
Nile, — 39, 40, 123.
Nineveh, 66.
Obadiah, the prophet — 53.
Pakhom (= Pacomius) — 153.
Paul, the Apostle — 20, 52, 79, 107, 140,
141, 154.
Persians invade Egypt —66 105,107, 1.50,
161.
Peter, the Apostle — 37, 52, 61, 154.
Pharaoh, 64.
Phineas, 126.
Pisenda, 38, 43, 88, 92, 144.
Pisenliün, 144.
Pisentius, 10 and passim.
Psamer, Pshamer, native village of Pisen-
tius — 103. b.
Qifl, Quft (= Coplos) — 10, 33, 62, 63,
66, 8.5, 88, 128, 148, 150, 163.
Raphael, 31.
Romanus, 149.
Sabbath, 100, 108, 109, 111, 115, 1.32.
Sa'id, (Upper Egypt) — 10, 16, 75, 93.
Saft R.ishin, on W. bank, opposite Birsh
— 42.
Salib (Gross), monastery of — 124, 128, 150.
Samuel, (i) monaslery of Abba Samuel,
also called as-Sind — 142, 150.
— (ii) the prophet, 152.
Severus, bis festival celebrated — 93.
Shama, mount = mount Jeme behind Me-
dinet Habu — 10, 11, 16, 21, 22, 66, 80,
107, 118, 130, 134, 143, 150.
Shenute, 102.
Shubra, 18.
Sind, monaslery of as-Sind (cf. Samuel
above) — 142, 150.
Sion, 155.
Sketis, Scelis. Shihät— 11, 16, 17, 23, 43,
58, 59.
Sodom. 64.
Solomon, 88.
Sophonias, the prophet Zephaniah — 53.
Syria, 154.
Syrian, Naaman the — • 79.
Tadrus (Theodore), the monk — 16, 139.
Theodore, Anba — 11, 16, 58, 50, 130, 139.
Tishbile, Elias the - 28, 32, 68, 147.
Tobil cited — 31.
Victor, 149.
Yuhannas, 152.
Zachariah, the prophet — 54.
486
INDEX OF PROPER NAMES.
[174]
(B) ARABIC.
P^-
u^x'
\s^
u
»• ». .jD LAC- 1
\
jji
ULI
IL!
53.
11.
11,157,158,159,162, 163,164,
165.
126.
139, 140, 141.
18, 21, 111.
25, 71, 140.
128.
10, 11, 12, 23, 33, 47, 81, 93,
141, 160, 165.
112.
35, 67, 123.
73.
63, 142.
( .|j-^!_^l = Poseidon) 112.
117.
112.
158.
26, 31, 38.
75.
11.
14, 154.
(error for , ^.LJI) 129.
100, (129), 159, 163.
79, 116.
150.
93.
155.
28, 128, 147.
11, 16, 17, 20, 21, 28, 29, 30,
32, 68, 128, 150.
27.
134.
117.
153.
144.
38, 43, 88, 92, 144.
^jL; 37, 52, 61, 154.
(.li) 16.
^kj 149.
â– \3-rr-
112.
^„,L
^jJy_ 20, 52, 79, 107, 140, 141, 154:
üji 43, 146.
> passim.
^..Jjllj' 58, .59.
^-Jjjr^i^^ 11.
^^jib 16, 139.
^^jjijb 11, 130.
28, 32.
.u
sh
J>"
68.
147.
79.
116.
115, 127,
71.
70.
53.
,^^ Wadi. 11, 16.
Ur^ 53.
M
25.
:>^\i 12, 13, 14, 26, 35, 46, 68, 102,
106, 107, 147, 160.
.,bi.> 126.
,,a.3 11, 16, 21.
,.y^\^:> 94.
^JU.> 33, 73, 75.
JUj 35.
J^U^ 31.
>.:iL 64.
^-
100.
^ßi^ 93.
,S^^ 100, 108, 109, 111, 115, 132.
^ Li- 142.
[175]
INDEX ÜF PROPKR NAMK
.V-^-U-t 88.
.'^ (j.i„.'l^,v) 142, 150.
.,-jj,U 100.
i^U, 10, 11, 16, 21, 22, 66, 80, 107,
118, 130, 134, 143, l.öO.
,;äli., ^J^ 78. 154.
i^t, 18.
HyX^ 102.
-o'-^ 11, 16, 17, 23, 43, .58, 59.
>j:^jU^ 100.
J^ji^ 10, 16, 75, 93.
LJ ai.^£> 53 .
' v^4-^ /_wUl^O) 124, 128, 150.
Jj^o*.^ 142, 150, 152.
^,j.:^^ 155.
c:,.^^ 31.
J,U 83.
',_5.=U 64.
wjyli 53.
^;^:y 153, 154, 16.">.
. ^^ 66, 105, 107, 150, 161.
JJ^/ 64.
^-^ 75.
^^l-s^ 126.
., — jujjj 79.
w >
ilwÜaJi- J 60.
liü 10, 33, 62, 63, 66, 82, 88, 128,
148, 158, 163.
iiJb ^2, 61, 123.
^ 102.
LT'
J^/ 28, 32
.oU;:5 153.
Üb-
S. 487
123.
passim.
154, 156.
21.
54.
156.
130, 142, 150, 159.
12,35, 37,67, 70, 72, 123, 154,
155.
53.
.53.
79.
,39, 40, 123.
66.
78, 147.
12, 152, 1,55.
68.
53.
47, 52.
150.
passim.
152.
11, 67, 69, 70, 71, 76, 81, 86.
89, 90, 105, 106, 107, 116,
117, 118, 121. 123, 125, 144,
156, 157, 158, 159, 161, 162,
165, 167.
11.
152.
152.
53.
53.
INDEX
Pages.
Inlroduction 317
The life of S. Pisentius 322
Index of proper names (A) English 484
— ^ — (B) Arabic 486
LE CANDELABHE DES SANCTUAIRES
•■VTR. OB. — T. XXII. — lASC. 4.
NIHIL OBSTAT
Die 24» iulii 1930.
R. GRAFFIN
PEKMIS D'IMPHIMER
Paris, le 25 juillet 1930.
J. G.\STON
Vic. gen.
LE
CÄNDELAßRE DES SANCTUAIRES
DE
GREGOIRE ABOILFARADJ DIT BAUHEBRAEIIS
EDITE ET TlUDUIT EN FRANCAIS
PAR
JAN BAKOS
C'est poiir moi im agreable devoir d'exprimer toute nia reconnaissance
au savaut orientaliste M. Bcdficli Urozny, professeur ä l'Universite tcheque
de Praguc, pour l'interet qu'il a bien voulu nie tcmoigner et l'appui moral
qu'il ra'a toujours prete au cours de cetravail.
Le Ministers tchecoslovaque de rinsiruction publique a aussi droit ä
mes remcrciements, car sans l'aide materielle qu'il m'a accordee, il ni'eüt
ete impossible de sejourner ä Paris et a Rome pour y consulter les manu-
scrits syriaques du texte de cet ouvragc.
Je ne saurais enfin passer sous silence le concours precieux que le profes-
seur M. Leon ChoUet, chargc de cours ä l'Universite de Bratislava, m'a
apportc dans la redaction du texte frangais
Jan Bakos.
AYANT-PllOPOS
Toute publication nouvelle d'un des nombreux ouvrages de rccrivain
syriaquc Gregoire Aboulfaradj, dit Barhebraeus, fait apparaitre davantage
la haute valeur de cet homme, dont l'activite litteraire fut vrainicnt extraor-
dinairc. La periode mongole, agitee, dans laquelle il a vecu (1225 — 30 sep-
tcmbre 1286)', n'etait vraiment pas favorable au travail de l'esprit; olle est
d'ailleurs marquee par une decadence generale de la culture eii Orient.
Neanmoins Barhebraeus, membre eminent de la nation syriaque et de TEglise
jacobite, reussit, malgre ses occupations ecclesiastiques et politiques, ä
acqucrir une place raarquante dans la litterature syriaque et s'y presente
comme le dernier esprit encyclopedique, dont l'oeuvre constitue un monument
prccieux.
Barhebraeus n'est pas un ecrivain original, mais il possede en retour une
erudition rare. Precis et clair, tres au courant en ce qui concerne le choix des
sources, il a travaille avec fruit daus tous les domaines". II s'est effoTce
notamment de donner une representationdu monde conforme, dans les points
fondamentaux, ä l'enseignement de TEglise jacobite et elaboree, dans
lensemble, suivant les idees grecques et arabes. Cette methode synthetiquc
est Celle qui presida k sa redaction du Caiidrlahre des Sanctuaires, vaste exposc
scientifique de tout le Systeme d(> la theologie jacobite; une part considerable
y est accordee aux connaissances et aux opinions grecques, paiennes et
chretiennes, en meme temps que s'y manifeste rinfluence du rationalisme
islamique. La presente publication renfermc los deux premieres des douze
bases qui composent Touvrage. La premiere traite du savoir en gencral; la
deuxiöme de la nature de l'univers, en forme d'hcxaemeron. L'une et l'autre
sont — ainsi que les suivantes — divisees en chapitres, subdivisös en
parties, clles-memes partagees en sections.
On ne saurait fixer la date exacte ä laquelle Bariiebracus öcrivit le Cniidt'-
Utlirc des Sdiicl'Kiirfs. Sans doute parle-t-il par deux fois d'unc certaine anuce
1. l'iiur hl biograpliic ilülaillfc ilc liiiihcbiaeu;;, suii aclivite liltOraii'C. avuc la li^to ruiiiplotc des
rriiinuscriU el 6dilions, et une biblio^'ra|lllk' complöte, voir A. Baumslark : Gescliiclite der syrischen
Uteratnr, Doiin, 1!)22, pp. 312-CJo. — ■>. La lisle i.\c ses uuvrages a 616 dressOe par son frOre Harsauma ;
voir Ui Um du Clironicon ecclesitislicum, l«72-1877, ödition J.-Ii. .\bbcloos-Th. J. Lamy.
[7] AVANT-I'HOPOS. 495
comme de l'annee en cours, mais il s'agit ici de l'ere des Scleucides, lä de
notro ere et le calcul chroaologique ue fouriüt pas un resnltat concordant.
L'annee indiquce au folio 48 r du manuscrit do Paris est Tanni-o grecquc 1578,
soit pour nous 1267 environ, tandis qne celle de notre cro, mentionnec au
folio ll9v du meme manuscrit, serait 1274. Or il est pcu probable quo
l'auteur ait eu besoin d'un aussi long espacc de temps.
Des quatre manuscrits existant en Europe, nous en avons ctudie trois pour
notre edition ' : le manuscrit de Paris, Bibliotheqiic Nationale n°2l0 (ancicn
fonds 121)-, dont nous adoptonsd'ordinaire la Iccture; le manuscrit de Berlin,
Preussische Staatsbibliothek n" 190 (Sacliau 81)'; le manuscrit du Vatican,
n" 168. Le quatrieme, de l'Universitc de Cambridge, Add. 2008, n'a pas
ete consulte'. Le manuscrit de Paris compte 392 folios : il a ete execute en
l'annee 1404; l'ecriture est grosse et distincte; le texte est rarement vocalise;
les caracteres rouges des titres sont souvent illisibles: Ics cinq derniers
folios (388-392), d'une ecriture petite, ont ete ajoutes en Fannee 1687. Lo
manuscrit de Berlin a 217 folios; sa partie la plus ancienne, anterieure a
l'annee 1403 (voir dans le manuscrit la note fol. 21"), est d'une ecriture plus
fine, non vocalisee, mais lisible, sauf sur la marge de quelques pages; sa
partie la plus recente, anterieure ä l'annee 1693 (voir la note fol. 3"), oiTre de
nombreuses vocalisations. Le manuscrit du Vatican, ecrit par un seul scribe,
probablement au xiv" siecle, so rapproche beaucoup de celui de Berlin. Le
texte des manuscrits de Berlin et du Vatican est, en general, plus correct
que celui du manuscrit de Paris, oü l'on releve des fautes aux passages
difficiles et dans les termes grecs. Une confrontation minutieuse nous a
fourni des variantes qu'accompagnent, suivant l'originc, les abreviations
P[aris], Bferlin], VLatican]. Les variantes « Gottheil » provicnnent de l'cdi-
tion : ,4 lisl of plants and iheir properlies (for private circulation), Berlin, 1886.
L'indication des folios dans la marge correspond soit au manuscrit de Paris,
soit au manuscrit de Berlin. En plusieurs endroits rcndus incomprehensibles
par des erreurs manifestes, des corrections ont ete apportees par nous d'apres
Aristote, Basile, Moise bar Repha et d'autrcs, lorsqu'il etait evident quo le
texte derivait de ces auteurs.
Dans l'introduction ä l'oeuvre totale Barhebraeus depeint son epoque
comme contemptrice de la vraie foi et de la vraie sciencc. Cctte circonstance
l'oblige ä recueillir et ä examiner philosophiquement dans un ouvrage ency-
clopedique les doctrines relatives ä la theologie et aux scicnces naturelles.
1. La liste des manuscrits du texte syriaque et de la traduction arabe est donnee par A. Baum-
stark, op. eil., p. 315, nole 1. — 2. Zotenberg : Calalogue dcx mannscrils syririr/iics cl sriheens {mon-
'lnUes)(lc In liihliolheque Nationale, pp. 161-163. — 3. Die Ilandscliriflen-Verzeiehnisse der königlichen
Bibliothek zu Berlin : Verzeichniss der syrischen llandscliriflen von Eduard Sachau, Berlin, IH'M.
— 4. A Calalogue ofthe syriar Mannsrripis prrservcd in Ihe lilininj of Ihe rnirersilij of C.nmlu-idge
by William Wrighl, vol. I, Add. 2008.
496 AVANT-PROPOS. [8]
La necessite d'eclairer les esprits ä la saino liimiere du Candclahre dcsSaiirtuaiirs
ainsi dcmontree, il expose soti programme et etablit la division des matieres.
Le but de la premiere base est de montrer que le summum de la perfec-
tion chez l'honime, etre raisonnable, est le savoir, qui peut s'acquerir
au moyeii des sens et au moyen de la raison. De nombreuses citations,
cmpruntees ä la Bible et ä la Patrologie grecque et syriaque, prouvant que
les Peres de l'Eglise eux-memes participerent aux sciences profanes et
userent de procedes rhetoriques, sont donnees a l'appui. Mais la theorie
ne suffit pas ä Fliomme. II lui faut se parfaire dans la vie de chaque jour.
Apres une description emphatique de rhoniiue ideal, Barhebraeus relate
les objections, fondees sur des extraits de la Bible et de la Patrologie grec-
que, de ceux qui contestent la veracite des perceptions par les sens et par
la raison ou se declarent ennemis de la sagesse. Suivent reponses et refuta-
tions. Le manuscrit de Berlin comporte un second chapitre sur la logique,
auquel nous n'avons pas cru devoir nous attacher, parce qu'il etait dejä publie' .
II ne nous a pas ete possible de determiner les sources litteraires de
la premiere base, ce qui s'explique par Tabsence de caractere special de
son contenu.
La diversite de la deuxieme base, qui decrit l'univers selon l'ordre
de la creation en six jours, le permet au contraire, du moins partiellement.
Cependant les sources directes auxquelles a puise Barhebraeus, echappcnt.
On ne peut guere fixer que la provenance initiale du sujet traite dans teile -
ou teile partie; car, ä cötö d'extraits litteraux, le texte syriaque offre des
emprunts rcmanies ou s'appropric seulement le sens.
Les sources originelles, dont quelques-unes n'etaient connues de Bar-
hebraeus que par traduction ou sous une forme modifiee, se rangent en trois
o-roupes : un groupe syriaque, pour la matiörc iheologique, laquelle procede
en grande partie de VHcxaemeron de Moise bar Repha, avcc recours frequent
h la Patrologie grecque; un groupe grec, pour la maticre philosophique et
seientifique, cmanee surtout (rAristote ; et un groupe arabe, peu abondant
dans la deuxieme base, (}uoi(ju'il soit possible de nommer avec certitude
Villdia d'Albcrouni (edition E. Sachau, London, 1887). Dans los notes nous
transcrivons, a titre de contrüle et de confirmation, des passages idontiques
de la CDsinof/rapliie de Qazwini, contemporain de Barhebraeus. Les noms
u-eographiqnes ont 616 precises gräce ä Magoudi {Lrs jiniirirs d'or, cdilion
C. liarbier de Mcynard) et ä Aboulföda {Groi/ra/jhic, edition Bcinaud et Mac
Guckin de Slanc).
L'introduction ä la dcuxiöme base enumere les principes cosmogeniques
enonc(5s par les philosophes grecs ; en dehors d'eux, Bardesane et Mani
I. Voir la inile 1 ilc In pagi; [S.'ij.
[9] AVANT-PROPOS. 497
sont citcs ä la liu. Sauf quelques menus ecarts et erreurs de detail, l'auteur
fait preuve d'exactitudc. Lcs principes mcntionnes figurent dans les doxo-
graphies suivantes : Thaies, Anaximene, Ileraclite, Hippasos dans Plutarquc,
Efjitome, I, :}; Xenophane daqs Ilippolyte, Pliilosophumeiion, 14,; Parmenidc,
Melissos dans Aristote, Mctaphijsira, lib. I, cap. v ; Anaxagore dans Aristotc,
(7^, lib. I,cap. III et iv; Leucippe dans llip])o\y tc, Philosoplmmenoii, 12 et dans
Theophraste, Physicorumopiniones, fr. 8 (Simplicius in Physica, f. 7' 6 — 26);
Dcmocrite, Epicure dans Aristote, Metaphysica, lib. I, cap. iv, et Physica,
lib. IV, cap. VI, et dans Plutarque, Epitomr, I, 3; Empedocle dans Plutarque,
il)., I, 3 et I, 30; Aristote dans Plutarque, ib., I, 3 ; les Stoiciens dans Diogene
de Laerte 7, 134 (Sloicovum retcrum fraymeitta collegit Joannes ab Arnim,
vol. II, n° 300) et dans Theophraste, Physicorum opinioiies, fr. 3; Pythagore
dans Aristote, Metaphysica, lib. I, cap. v et vi. Pour Platon, nous n'avons pu
decouvrirla source.
Les citations faites dans les notes le sont, pour la plupart, d'apres
l'ouvrage de H. Diels, Do.royraphi Graeri, Berlin, 1879, qui offre l'avantage
d'une etude comparee. II est en outre interessant de mettre en parallele les
six Premiers chapitres du I" livre de la Metaphysique d'Aristote.
Barhebraeus divise la deuxieme base sur l'univers en trois chapitres.
Dans le premier il traite de la temporalitö et de Teternite de ce monde.
Fidele ä son programme, il döfend d'abord le point de vue ecclesiastique
de la temporalite, et cela au moyen de trois preuves rationnelles. L'immobilitc
ou le mouvcment, la place propre et la corporeite meme des corps n'etant
pas eternels, il en conclut que leur ensemble, c'est-ä-dire l'univers, ne
Test egalement pas. Ensuite il enumere six objections des philosophespaiens,
grecs et arabes, qui, semblables aux antitheses de Proclös mentionnees
par Asch-Schahrastäni, derivent vraisemblablement d'Avicenne', ainsi que
leur refutation.
Le deuxieme chapitre esl consacre k la disparition de l'univers. Dieu le
detruira-t-il completement ou n'en supprimera-t-il que la forme ? La reponse
ne saurait etre trouvee que dans les Livres saints et les ecrits des Peres.
Barhebraeus y recourt donc pour justifier sa croyance en un monde perdu-
rable; apres quoi, il s'eleve contre l'idee de Tannihilation totale, que sem-
blent appuyer quelques paroles sacrees, mal interpretees.
Le troisieme chapitre, le plus etendu, comprend les trois quarts du texte
edite et constitue par son abondance variee l'une des productions les plus
precieuses de la litterature syriaque. La description des etres suivant l'ordre
de creation de la Genese compose une remarquable mosaique des connais-
1. Haai'brücker : Asch-Schalinis/dnis ReliglonsiKirUieicn und Pliilosiipliensclmlen,^ Halle, 18:11,
II. Theil, p. 202.
498 AVANT-PROPOS. [10]
sances dues aux Grecs les plus eminents et souvent parvenues ä l'auteur
par rintermediaire de ses compatriotes et dos Arabes. La se manifestont
au mieux la mcthode et le talent d'harmonisation de Barhebraeus : concilicr
les resultats scientiliques de l'esprit createur grec et reuseignement de
rEglisechretienne, puis donner au tout la couleur Orientale.
L'introduction expose l'avis des Peres grecs et syriaques touchant la
dilTerenciatiou des cieux et du firmament. Barbebraeus ajoute sa propre
maniere de voir, generale ä repoque. II indique la fagon dont les Peres
entendent Texpression « au commeucement » et la creation de l'univers
« en six jours ».
La premiere seclion de la preniiere partie du troisieme chapitre prccise
la substance intime des cieux superieurs et du firmament. L'Eglisc est
unanime ä professer que leur nature ne dilTere point de cellc des quatre
Clements; les divcrgences portent sur le point de Tclcment constituant.
La meme chose est dite par Moise bar Kepha, chez qui se retrouve aussi
la matiere de l'introduction au chapitre. Suit pour memoire, car l'auteur
la regarde comme dejä öcartee, la conception des pcripateticiens, bascc
sur Aristote, suivant laquelle spheres Celestes et eloiles, formees par l'cthcr,
sont, de ce fait, douees d'autres qualites. Nous ignorons l'origine de cet
alinea.
La deuxieme section examine ensuitc la terre en tant quclement. Scs
proprietcs caracteristiques sont donneos d'apres Aristote, les preuves de sa
sphericitc d'apres la M%9-/i[j.ätix-/i Süvra^i; de Ptolcmce ; cependant des resscm-
blances intimes autorisent ä admettre rintermediaire de cosmographies
arabes.
Pour cc qui est de la couleur de la terre, notre texte apporte plusicurs
tlieories. La tbeorie grecque qui, d'ailleurs, ne concorde pas avcc cclle de
l'ouvrage pöripateticien (pseudo-aristotelique) intitule Oäpi yfW[x/.T(ov, est
declaree erronee. Secheresse et froid communiquent ä la terre une couleur
noirc naturelle, que la presence de partics aeriennes rend moins sombre ä
l'ceil. l^es nuances sont attribuees, comme dans Vllcvacnicmn de Moise bar
Repha, aux qualites des quatre Clements.
La Formation des montagnes et du sable est cxpliquce de semblable
facjon, entre autres auteurs, par Moise bar Repha et surtout par Oazwini. La
connaissance des vertus curatives accordees ä quelques pierres rcmontc au
riepl üV/); iaTpiJc-öi; de Dioscoride, mais mention en etait faitc dans les ouvrages
syriaques et arabes. Les alineas rclatifsaux metaux et aux mineraux et k leur
origine sont de source arabe; la l'.osinof/rapliic de Qazwini oiTr(! ii peu pres
le memo texte. Le passage sur la petriücation est vraisemblablement grec.
L'immobilite, la division, la longitude et la latitude de la terre, sujets
introduits egalemenl dans VAsrcinitui df rcsiiril, reposenl, ici et la, sur la
[11] AVANT-PROPOS. 499
Ma6Yij7.aT'.Avi SuvTa^i; de Ptolemee, dont l'astronomie arabe avait adopte
renseigneraent. Les noms hindous cites le sont d'apres Ylndia d' Alberouni.
Si Barhebraeus se refere ä Ptolemee dans l'aliaea des sept climats, oii
Ton relöve ä nouve