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Full text of "Les pertes ordinaires dans l'élevage des porcelets : comment les prévenir."

FEUILLET SPÉCIAL 



N° 54 



SERIE DE LA PRODUCTION 
EN TEMPS DE ^ 
GUERRE 




.OFFICE DU RAVITAILLEMENT 

EN 

PRODUITS AGRICOLES 

OTTAWA CANADA 




IMIllllIlIffllIIIIIWIIIHIIIIIIIIIIII'lll 



Les pertes ordinaires dans l'élevage des porcelets — 
comment les prévenir 

AU Canada les éleveurs de porcs sont dans une situation enviable sous 
bien des rapports; ils ont d'excellents sujets reproducteurs, une provision 
abondante d'aliments et un débouché assuré. D'autre part, les fléaux comme 
le choléra des porcs se manifestent rarement dans notre pays, grâce aux moyens 
énergiques de traitement et d'extirpation appliqués par la Division de l'hygiène 
vétérinaire. Il y a cependant plusieurs conditions qui peuvent causer des pertes 
et, par là, réduire ou faire disparaître les bénéfices. 

L'anémie de nutrition, le goitre, le rachitisme, les vers sont les causes les 
plus communes de pertes. Il y a peut-être plus de rapports entre ces conditions 
que la plupart des éleveurs ne soupçonnent. Les trois premières sont causées 
par un régime pauvre en substances essentielles, et l'une ou plusieurs de ces 
conditions, présentes même à un faible degré, peuvent, lorsqu'elles se joignent 
à une mauvaise hygiène, rendre les jeunes porcs sujets aux infections parasitaires 
ou microbiennes. Un autre danger, qui passe trop souvent inaperçu est le porc 
faible ou rabougri ; cet animal ne paie pas pour sa nourriture et sert généralement 
de réservoir pour les vers et les autres parasites. Supprimez ces animaux à la 
naissance même. 

Anémie. — Dans leur habitat naturel et pendant certaines saisons au Canada, 
les porcelets consomment de petites quantités de terre et d'herbe ou de plantes 
vertes feuillues qui contiennent suffisamment de fer pour leurs besoins, mais 
pendant l'hiver, lorsque les animaux sont élevés dans des loges, cette source de 
fer fait défaut, et les réserves de cette substance minérale que leurs corps con- 
tiennent à la naissance sont complètement dissipées lorsqu'ils arrivent à l'âge 
de trois semaines environ. 

Même lorsque la truie reçoit de fortes doses de fer, son lait n'en contient pas 
une quantité suffisante pour les gorets qui tettent, et si les jeunes animaux ne 
peuvent se procurer cet élément ailleurs, il leur est impossible de former du sang 
normal. C'est pourquoi à partir de l'âge de trois semaines jusqu'à l'époque où 
il consomme de la nourriture solide, le porcelet est très exposé à contracter 
l'anémie qui peut devenir fatale ou le laisse rabougri, sans vigueur, exposé à 
toutes les infections. 

Un excellent moyen de fournir du fer aux porcs élevés dans des parquets 
est de faire une provision de morceaux de gazon en automne et de fournir toutes 
les semaines, à chaque porc qui tette, un gazon d'un pied carré. Inutile de dire 

" ' ' : é par ordre de l'Honorable J. G. Gardiner, Ministre de l'Agriculture, Ottawa, 1940 



630.4 
C212 
WPS 
SP 



2 

Que ces gazons ne doivent pas être pris sur des terrains contaminés par du 
fumier de porc. On les arrose légèrement avec une solution faite d'une cuillerée 
à thé de sulfate de fer (couperose verte) dans une pinte d'eau. On empêchera 
la truie de fouiller dans ces gazons en les séparant par une barre. 

Le premier symptôme de l'anémie chez les porcelets est généralement un 
blanchiment subit des oreilles; ce symptôme est spécialement prononcé chez 
les Yorkshires ou les autres races blanches. Bientôt, l'animal ne profite plus; 
un traitement immédiat s'impose. Un bon moyen est de mettre tous les jours 
sur la langue de chaque porcelet une quantité de fer réduit ou de sulfate de fer 
en poudre, suffisante pour couvrir une pièce de dix cents. Un moyen plus facile, 
mais qui n'est peut-être pas aussi sûr, est de préparer une solution d'une cuillerée 
à thé de sulfate de fer, un petit cristal de sulfate de cuivre et une tasse de sucre 
dans une pinte d'eau; on applique légèrement cette solution aux trayons de la 
truie une ou deux fois par jour. Il y a des cultivateurs qui emploient ce moyen 
pour prévenir la maladie, ils commencent cette application quelques jours après 
la mise bas et la continuent jusqu'à ce que les porcs consomment des aliments 
solides. 

Goitre et absence de poils (manque d'iode).— Dans certains districts la 
terre manque d iode et c'est là que l'on rencontre le goitre qui se caractérise par 
une enflure de la glande thyroïde grossie et l'absence de poils chez les petits Les 
portées affectées sont mort-nées ou meurent en naissant. On peut prévenir cet 
état en fournissant a la truie la substance minérale qui fait défaut, parce que 
1 iode peut être sécrété dans le lait de la mère. On donne aux truies pleines! 
ou en lactation du sel iodé ou un bon mélange minéral contenant de l'iode Lors- 
qu il y a un grand manque d'iode dans la terre, un moyen encore plus sûr est 
de préparer une solution d'une once d'iodure de potassium ou d'iodure de sodium 
dans un gallon d'eau, et de déposer une cuillerée à soupe de cette solution tous 
les jours sur la nourriture. Il a été démontré tout dernièrement que l'iodure de 
sodium est tout aussi efficace que l'iodure de potassium, mais qu'il est moins 
toxique. 

* - ^ ac ^ 1 ' ll [ sme ou boîterie.—Ce désordre qui affecte généralement les porcs 
âges de 2\ a 3 mois est causé par un manque de substances minérales (calcium 
et phosphore) joint à un manque de soleil ou de vitamine D. Les porcs qui 
en sont atteints sont engourdis, le poil est rude, les articulations douloureuses 
Le rachitisme se développe rapidement, les animaux affectés paraissent beau- 
coup souffrir lorsqu'ils marchent; ils ont parfois des convulsions Les pattes 
s arquent, les jointures s'élargissent. La mort peut être causée par des maladies 
secondaires, comme la pneumonie ou la diarrhée intense. Les porcs qui ont 
souffert même légèrement de cette maladie font rarement des animaux d'un bon 
profit plus tard. 

On peut facilement prévenir cette affection; il suffit de fournir une nour- 
riture contenant des quantités suffisantes de calcium et de phosphore et de 
vitamine D. Le lait écrémé ou le lait de beurre fournissent ces ingrédients 
nécessaires; à défaut de lait, on donnera un supplément minéral protéique, en 
proportion de 12 à 15 pour cent de la ration, pendant les six premières semaines 
qui suivent le sevrage. 

Un supplément hautement recommandé qui prévient le rachitisme et qui 
équilibre également les aliments de la ferme est le suivant: 

Farine animale (50% de protéine) ou déchets de viande 45 parties 

Farine de poisson (pas plus de 6% d'huile) 15 

Farine de tourteau de lin ' 23 

Sel iodé (i once d'iodure de potassium par 100 liv. de sel) '.'. ' 5 

Farine d'os „ 10 

Huile de foie de morue 2 



3 

L'huile de foie de morue peut être remplacée par la lumière du soleil vers 
la fin du printemps et en été. 

Hygiène et mesures sanitaires. — L'adoption des moyens que nous venons 
de recommander développera chez les jeunes animaux une haute résistance à 
l'infection. Il n'en est pas moins vrai cependant que des mesures sanitaires 
simples et logiques sont absolument indispensables pour que la production 
porcine laisse un bon profit. 

Si les porcs sont affectés de vers ronds ou d'autres parasites, c'est une preuve 
que l'hygiène et que d'autres conditions laissent à désirer. Les porcs ne peuvent 
profiter lorsqu'ils sont tenus dans des quartiers mal ventilés, sales, mal éclairés. 
La lumière directe du soleil est un bon désinfectant, on devrait l'utiliser le plus 
possible en construisant des parquets ou loges dont les châssis peuvent s'ouvrir 
pour que la lumière puisse y pénétrer directement. Les maladies de la respira- 
tion sont communes dans les parquets humides, exposés aux courants d'air, et 
c'est certainement de l'argent bien dépensé que de construire des planchers 
inclinés vers un égout ainsi que des bouches d'appel d'air et des ventilateurs pour 
assurer une bonne ventilation. 

Vers chez les porcs.— On prévient beaucoup de maladies en détruisant les 
vers. Le traitement de routine contre les vers n'est pas à conseiller pour les 
raisons suivantes:^ Lorsqu'un porc est rempli de vers, ces parasites ont déjà 
causé de gros dégâts et ne peuvent être expulsés que par une potion composée 
d'huile de chénopode et d'huile de ricin. L'administration d'une potion à un 
porc n'est pas aisée et lorsqu'une personne inexpérimentée essaie de le 1 faire, 
une partie de la dose peut pénétrer dans les poumons et causer la pneumonie! 
Il ne devrait, du reste, y avoir aucune raison pour ce traitement dans les porche- 
ries bien conduites, car on peut prévenir les vers sans grand travail supplémentaire. 

Il est rare que les vers affectent les porcs qui sont nés vigoureux et de 
grosseur normale, qui ont été bien nourris par la mère et qui ne sont pas goitreux, 
anémiques ou rachitiques. Il est essentiel cependant de joindre les bonnes 
mesures sanitaires aux autres mesures préventives pour éviter des pertes. 

Voici en peu de mots des mesures préventives de routine qui s'appliquent à 
toutes les parties du Canada: 

(a) Pendant l'été.— Préparez les parquets pour la mise bas en enlevant 
tout le fumier du plancher, des murs, des barres de garde, des plates-formes et 
des mangeoires. Inondez d'eau bouillante, à laquelle vous aurez ajouté une 
ou deux cuillerées à soupe de lessive pour chaque seau d'eau, toutes les parties 
ainsi nettoyées. Laissez le parquet bien sécher puis recouvrez-le d'une litière 
de paille fraîche. Deux ou trois jours avant que la truie soit prête à mettre bas 
frottez-la vigoureusement avec une brosse et lavez ses tétons et son pis avec de 
l'eau chaude savonneuse; n'oubliez pas de bien la sécher ensuite. Mettez-la 
dans un parquet propre. Quelques jours après la mise bas transportez la truie 
et sa portée dehors, sur un pâturage propre, loin de la cour de ferme. Tenez les 
jeunes porcs sur un pâturage propre où ils pourront trouver un abri temporaire 
de l'eau et de la nourriture jusqu'à ce qu'ils aient au moins 14 semaines. 

(b) Pendant les temps froids.— Préparez la truie et le parquet de mise bas 
comme nous venons de dire. Lorsque les porcs ont environ sept jours ébouil- 
lantez la loge une deuxième fois; on pourra le faire en séparant la loge 'en deux 
parties au moyen d'une vieille barrière et en mettant la truie et sa portée de 
l'autre côté de la barrière. . Nettoyez et ébouillantez la moitié vide, laissez-la 
sécher, recouvrez-la de paille puis remettez-y la truie et sa portée'. Traitez 
l'autre moitié de la même façon. 

Cette stérilisation à l'eau chaude devrait être répétée une fois toutes les 
trois semaines afin de détruire les œufs de vers avant qu'ils puissent infecter les 



jeunes porcs. Lorsque les porcs ont de 55 à 60 jours, enlevez la mère et laissez 
les jeunes porcs dans la loge propre jusqu'à ce qu'ils aient environ 14 semaines 
et qu'ils soient plus résistants à l'infection. 

La méthode que nous venons d'indiquer s'explique quand on connaît les 
habitudes des vers ronds. Si une truie loge dix vers ronds femelles, le fumier 
qu'elle évacue tous les jours contient près d'un million d'oeufs de vers. Lorsque 
les conditions d'humidité et de température leur sont favorables, les vers se 
forment dans ces œufs et infectent les porcs qui les avalent. Dans les con- 
ditions pratiques de ce pays, la formation de ces vers dans les œufs prend 
environ 25 jours; on voit qu'une stérilisation répétée à intervalles de trois 
semaines finit par les détruire. Il a été démontré par des essais récents que le 
contact avec de l'eau à 68°C. (155°F.) pendant moins d'une demi-seconde détruit 
les œufs. Les solutions froide.- -tantes n'ont guère d'effet sur les œufs de 

vers, mais il est toujours bon d'ajouter des désinfectants pour détruire les mi- 
crobes. On peut se servir d'une bouilloire à sirop ou d'un gros récipient de ce 
genre pour faire bouillir l'eau en dehors du bâtiment. L'eau bouillante que l'on 
porte sur une courte distance en temps froid est encore assez chaude pour 
détruire les œufs des vers lorsqu'elle arrive à la porcherie. S'il est impossible 
de préparer de l'eau chaude, alors il faut avoir recours à la plus grande propreté 
et toujours tenir la loge bien sèche. 

L'administration de poudres vermifuges ne détruit pas les vers, mais les 
poudres toniques sont utiles pour stimuler la croissance, lorsque les porcs qui 
viennent d'être sevrés sont mis sur une ration qui a pour but de promouvoir un 
développement rapide. 

On peut se servir de cours permanentes pour les sujets reproducteurs et les 
porcs qui ont plus de 14 semaines, mais ces cours doivent être labourées à 
fréquents intervalles et tenues bien égouttées. Les bourbiers sont des lieux 
d'infection et doivent toujours être évités. 

Ne laissez jamais vos porcs infestés de poux. Il est facile de détruire ces 
poux; il existe pour cela de nombreux insecticides commerciaux dont on fait 
trois applications à huit jours d'intervalle. Sur les grandes fermes, un sac 
trempé dans de l'huile usagée d'automobile et enroulé autour d'un poteau de 
frottement est un moyen assez efficace de détruire les poux. 

Mauvaises pratiques d'alimentation. — Un changement subit à une "ration 
de croissance" à l'époque du sevrage peut causer de gros troubles digestifs, dont 
les symptômes se manifestent par une diarrhée jaunâtre persistante et une perte 
d'appétit; l'animal cesse de profiter. Faites donc toujours graduellement les 
changements de nourriture et ne sevrez les porcs que lorsqu'ils sont tout à fait 
habitués à la nourriture solide. Les porcs affectés guérissent généralement si le 
traitement est appliqué immédiatement; un régime de lait sur, caillé, un peu de 
luzerne moulue et d'eau, donné sans autre nourriture pendant une période de 
trois semaines suffit généralement. 
Résumé des mesures à prendre pour prévenir les pertes: 

(1) Donnez du fer pour prévenir l'anémie chez les porcs qui tettent. 

(2) Donnez de l'iode à la truie pour prévenir le goitre et l'absence de poils. 

(3) Fournissez des substances minérales et de l'huile de foie de morue (ou 
de la lumière du soleil) pour prévenir le rachitisme chez les porcs sevrés. 

(4) Stérilisez la loge de mise bas avec de l'eau bouillante pour prévenir 
les vers. 

(5) Faites graduellement tous les changements de régime alimentaire pour 
prévenir 4es troubles de la digestion. 

Division de la pathologie vétérinaire, Service scientifique 
Ministère' de l'Agriculture, Ottawa, Canada 

Ottawa: J.-O. Patexaude, O.S.I., Imprimeur de Sa Très Excellente Majesté le Roi, 1940.