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Full text of "Petit Buffon illustré. Histoire naturelle des quadrupèdes, des oiseaux, des reptiles, des poissons et des insectes, extraite des grands ouvrages de Buffon, Lacépède et Olivier"

LIBRARY OF 







Ie85-I056 



PETIT BUFFON 

a 53a Qa ^3? sa '^y S^ îâ 



IV 



PETIT BUFFON 

ILLUSTRÉ 

<3-— ;> 

eitraile des grands ouTrages 
DE BUFFON, LACÉpÈDE ET CUVIER 

PAR 

LE BIBLIOPHILE JACOB 




PARIS 

DIDIER ET C'% LIBRAIRES-ÉDITEURS 

33, QUAI DES AUGUSTINS 

1861 



IMPRIMERIE P. -A. BOURDIER ET C* 
Rue Matarmo , 30. 



INSECTES. 



COZiÉOPTJÈasS. 



Les msectcs coIéo,>tères ont été plus étudiés que 
ceux des autres classes ils forment aussi un ordre plus 
nombreux en espèces. La iielleté de. leurs contours, la 
smgulanie de leurs (ormes, la solidité de leur corps les 
ont fait remarquer et rassemhler avec soin 

Les coléoptères ont deux ailes membraneuses, qu'ils 
ont le pouvoir de plier transversalement sous des es- 
pèces d'étuis coriaces, durs et élastiques, que l'on 
nomme élytres. C'est celte disposition des ailes qui 
fait leur caractère dislinctif. 

Lorsque les coléoptères volent, ils écartent leurs 
elytres, qui restent immobiles, et mettent leurs ailes en 
mouvement. Leur vol est lourd et bruyant ; leur impul- 
sion est telle qu'ils ne changent pas facilement de di- 
rection , ils se heurtent souvent contre les corps qui se 
trouvent sur leur passage, et leur essor est arrêté par 
ce choc. 

Un grand nombre de coléoptères volent plutôt h 
nuit que le jour. Leur nourriture est très-variée, bien 
que la bouche soit dans toutes les espèces, construite 
sur le même modèle dans toutes les parties. Ils n'ont 
jamais plus de deux yeux, et leurs antennes sont ordi- 
nairement insérées si près de l'organe visuel q.u'elles 
semblent y prendre nais:,ance. Leur corselet est dis- 
tinct et souvent armé db lubérosités, d'éperons et de 
dents. A la base de leuj s élytres, il y a dan» la plu- 



1 



2 IN'îECTES. 

pari He5 espères une petite pièife triangulaire que l'on 
nomme écusson. 

Les couleurs des coléoptères sont g«^néra!ement tran- 
chées, brillantes el fines ; plusieurs ont un éclat métal- 
lique, el Ton a reniarqué que ceux-ci partageaient 
avec plus ou moins de force la propriété vésicante des 
cantliarides. Plusieurs aussi rép.indent des odeurs 
agréaliles ou rcluitantes; quelques-uns font eniendre 
tih petit lirtiit en frollanl la partie postérieure <le leur 
fcbrselct contre la face articulaire de eur abdomen. 

Les larves des coléoptères sont ordinairement molles, 
Dlanchâtres ou jaunâtres; les anneaux de leur corps 
sont très-visibles ; elles ont six pattes antérieures, écail- 
J'euses. Elles vivent quelquefois trois ans avant d'avoir 
atteint leur dernière grandeur. Alors la plupart se com- 
jposent avec une soie grossière une coque dans la 
q>Jellc elles subissent leur prenu'ère transformation. La 
chrysalide ou nymphe qui en résulte a toutes les par- 
ties de l'insecte parfait; mais ces parties sont emmail- 
lotées séparément dans une pellicule très-mince, ce qui 
les empcrhe de se mouvoir. 

Les coléoptères à l'état parfait mangent peu et cher- 
chent des aiimens bien dillércns de ceux qu'ils pre- 
naient lorsqu'ils étaient en larves. FiCui" existence est 
très-courte ; il en est fort peu qui vivent trois mois. 

La division de l'ordre nombreux des coléoptères est 
basée sur le nombre des pièces des tarses ou jambes. 

La première section a cinq parties à tous les tarses. 

La seconde a cinq articles aux tarses des deux pre- 
mières paires de pattes, et quatre à la dernière paire. 

La troisième a quatre articles à tous les tarses. 

La quatrième a trois articles à tous les tarses. 



COLEOPTEKES 




l-GaatHanie . z.Capricorne musqué . S.iiem .Héros. 
4.Cassilc . B.Cerf-Volant . ô.Charençon 



(.m LOCAKVS. 

!'• SECTION 



' DES COLÉOPTÈRES (47 genres). 



I.Z9 IiUCASTES OU LES CERFS -VOLASTS* 

Les îucanes, vulgairement appelés ccrfs-volans, sont 
remarqualiles par deux granilos cornes nioliiles cl t)ran- 
chues ; ils ont cinq arlicles aux tarses : la tête «Je ce 
colôoplore est garnie de qu.ilre antennes , et d'une 
Ironipe qui lui sert à prendre sa nourriture, composée 
uniquement de !a li(jupur qui découle des chênes. 

Les larves des lucanes vivent dans l'intérieur dos 
vieux ariires. 

Le lucane «loré du Cap de Bonne-Espérance a la tèîe 
et les ailes d'une vériialde couleur d'or. Les Hotlenlots 
rendent une espe(.'e de culte à ce genre d'insecte, et 
quand il entre un lucane ilans leurs haliilalions, ils lui 
imiiiolcni un ))œur. Si cet insecte daigne se reposer sur 
un lionmie, ils se persuadent que cet homme est lavo- 
risé du ciel, et lui décernent des honneurs en lui atta- 
chant très-respectueusement au cou la peau du ventre 
du même bœuf qui a été sacrifié au divin coléoptère. 



INSBCTK. 



XJBS PASSAUBS. 



Les passâtes habitent l'Amérique et Surinam. Ils ont 
beaucoup de rapport avec les lucanes. Le plus beau, 
qu'on appelle le passale interrompu, a de vingt ligne» 
à un pouce de longueur. Il est d'un brun presque noir 
et tres-iuisanl. Le mâle a sur le milieu de la tète une 
corne courte, droite, dirigée en devant. Le corselet et 
l'abdomen sont garnis de cils tout autour 



3UB SCAB.ABE H£HCni.E. 

Il a environ cinq pouces et demi de long : c'est le 
plus grand insecte de la lamilie nombreuse des scara- 
bés. Sa télé, noire et luisante, est surmontée d'une 
corne très-longue, recourbée, garnie à sa partie supé- 
rieure de trois ou quatre dents saillantes; sur son cor- 
selet noir est une seconde corne avancée, velue en 
dessous, échancrée à son extrémité. Les élytres sont 
d'un gris verdàlre avec des |<uints et des taches noires j 
les jambes antérieures ont trois dents latérales. La fe- 
melle dillère beaucoup du mâle: sa tête est noire sand 
être luisante, et munie d'un 'ubercule arrondi. 

Le scarabé hercule est commun aux Antilles. 



1,1 SCARABE TTPnEK. 



XS SCARAB± NASICOBNX:. 

Le srarahé nasicorne qu'on trouve aux environs de 
Paris a un pouce et demi de long ; mais il est beaucoup 
plus grand au midi de rFAiropc. Tout le corps est d'un 
châtain plus ou moins foncé ; la tcie est armée d'une 
corne simple, élevée, recourbée ; le corselet est un peu 
raboteux sur les côtés ; il a, dans sa partie supérieure, 
une élévation transversale , tridentée ; l'écusson est 
triangulaire ; tout le dessous du corps est couvert de 
poils ferrugineux. 

On trouve ce scarabé dans presque toute l'Europe. 
Il habite dans les couches des jardins et près des ra- 
cines d'arbres à demi pourris. 



Z.E SCARABIÉ TTPBiX. 



Il a environ huit lignes de longueur; iî est entiers 
ftjent noir , luisant ; sa tête est étroite, avancée ; le 
corselet a trois cornes dont deux latérales, longues, 
droites, dirigées en devant, et la troisième sur le milieu 
de la partie antérieure; les élytres sont striées ; le des- 
sous du corps et les pattes sont un peu velus. 

On trouve ce scarabé par toute l'Europe. Il fait son 
trou dans les bouses et dans les fientes. Il est assex 
commun aux environs de Pari«- 



mSBCTBt. 



liE IBOVaiBSBL* 



Ce genre d'insectes dépose ses œufs dans les Lou^c^ 
de vaches et les immumlices les plus sales. L.o plu^ 
connu (!st le housier sarré. 

Le liousier sacré ou pilulaire a le corps large, épats, 
de couleur noire, luisante, mêlée «l'une teinte Meuàtre. 
Ses janjhes sont antérieurement dentelées en forme de 
scie. Il s'en sert pour former des pilules de fumier dans 
lesquelles il dépose ses œufs. Il prend un soin particulier 
de ces boules qu'il transpoile partout avec lui. Si oa 
les lui enlevé et qu'on les dépose à une petite distance, 
il vient les reprendre. I.e bousier se trouve toujour» 
dans les bouses de vache ou le crottin. Quelques au- 
teurs prétendent qu'il déteste les roses, el que la seule 
odeur de ces Heurs le fait mourir. 

Les iarves du bousier sacré vivent dans ta terre et se 
nourrissent de la bouse dans laquelle elles sont nées. 

Le bousier sacré a été a<loré par les Egyptiens ; ils 
l'honoraient comme une invige au soleil. On le voit, 
dans les hiéroglyphes, tantôt repiésenié sous sa forme, 
tantôt portant, au lieu de tète, l'image du soleil ou la 
télé d'isis ; c'était l'einbleme de Neitlia ou Minerve. 



LES GEÛTRUPES. 



Z<ES 6£OTRUP£S. 



Ce genre a ^lé séparô des scarahés, avec lesquels il 
a bcaucou|>«rai)alo{;i«v Kn voici (].ucl(]ii(;s espèces. 

Le 5^ouiru[)o (les fuiiiicrs, moins j^ros (jue le hanne- 
ton, (l'un noir veiilâire (?u-<lossus, lilcuàlrcen dessous ; 
son corselet est lisse et bombé. On le trouve souven! 
dans les bouses. 

Le géolru[)e printanier, d'un tiers plus petit que le 
précèdent, brun, purpurni loncé. 

Le géoirupedcs bois, j;ro3 comme celui des fumiers,, 
a\ec les couleurs de celui du printemps. On le trouve 
dans les cliam[)ignons pourris. 

La larve de ces insectes est semblable à celle du han- 
neton, mais plus petite. Elje s'pnionce dans la terre 
pour y subir sa métamorphose. 

Les géolrupes dillcreut des bousiers par l'absence de 
lèvre supérieure, et la présence de l'écusson dont iet 
bousiers sont privés. 



INSECTKS. 



XiE XiXTHRUS CÉPRAX.OTK» 

Cet insecte habile les champs arides de la Russie 
méridionale, la Tartarie, la Hongrie et l'Autriche. Il a 
environ huit lignes de longueur ; il est d'un noir lui- 
sant. Son corselet est très-large, lisse et convexe. On 
le trouve dans les lumiers ou auprès des racines de 
plantes vivaces. Le mâle et la femelle vivent ensemble 
dans un même trou cylindrique qu'ils creusent en 
terre 



IiE SZNODXINDXIOIV CTXZMSRIÇUE. 

Cet insecte a environ six lignes de longueur ; il est 
de couleur noire ; ses antennes sont courtes ; sa tcte 
est petite, armée d'une corne relevée ; le corselet poin- 
tillé et muni de cinq dentelures ; le» élytres striées lon- 
gitudinalement et un peu raboteuses. Sa larve n'est 
point connue. On trouve le sinodendron à l'état parfait 
dans le nord de l'Europe, sur les troncs à demi pour- 
ris des pruniers et des cerisiers. 



LB6 HANNRTONS. 



XiES HxxoDoiars. 



Olivier est le premier entomologiste qui ait décrit ce 
genre d'insectes ; il leur a donne le nom d'hexodon , 
mot qui en grec signifie six-dcnts, parce que les mâ- 
choires de ces insectes ont six dents cornées très-appa- 
rentes. 

On ne connaît que deux espèces d'hexodon. La plus 
remarquable est l'hexodon réticulé, qu'on trouve à Ma- 
dagascar; son corps est ovale, convexe en dessus, pres- 
que aplati en dessous; ses antennes, noires, ont le pre- 
mier article velu, la masse ovale et feuilletée ; la tête et 
le corselet sont noirs ; l'écusson est large, court et noi- 
râtre ; les élytres sont cendrées, avec deux nervures 
longitudinales ; l'abdomen est d'un brun ferrugineux. 

Les hexodons se nourrissent des feuilles d'arbres 
et d'arbrisseaux. Leurs larves ne sont point connues. 



X.ES HANNETONS. 

Le hanneton vulgaire se trouve partout. On en dis- 
tingue plusieurs variétés : le hanneton foulon, plus 
grand que le vulgaire, dans la France méridionale; le 
hanneton ruricole, à corps noir, qu'on trouve au mois 
de mai dans les luzernes ; le hanneton horticole, très- 
petit et d'un vert métallique assez commun dans les 



)0 IMSKCTXS. 

jardins et sur les jeunes taillis ; le hanneton cotonneux 
dont le dessous du corps est 1res velu; le petit hanne- 
ton soUtiiial d'été; le lianne'ton estival, de couleur plus 
pâle que le précediMit ; le hanneton de la vigne, vert 
en-dessus, cuivreux eu-dessuut, qui ronj^c les feuilles de 
vigne 

I^es larves des hannetons sont hexapodes et ont un© 
tète écailleuse, munie d'une espec^; de tenaille d(rnte 
lée. Elles proviennent d'œuîs" ohlonys, d'un jaune clair, 
déposés par la lémclle dans la terre qu'elle creuse avec 
la pointe de sa queue. Elles passent deux, trois ouqua 
tre ans a l'état de vers et alleij^nent au moins un pouce 
et demi île longueur. Elles mangeiit |e gazon et les raci- 
nes de toutes les plantes, dévastent les potagers en- 
tiers et les prairies les mieux, couvertes. Les _Jardi- 
niers les nonnncnt vers bluiic. 

Ces \ers sortent rarement de terre. Ils changent de 
peau à mesure qu'ils prennent lie l'accroisscnient. Dans 
l'hiver, ils s'enlonccnt à une assez grand.-, prolondeur 
poui' ne pas craindre les gelf?es. 

Ce n'est guère que sur la fin de la quatrième année, 
au mois de mai , que la métamorphose de la larve en 
hanneton arrive. Dans l'automne, la larve s'enlonce en 
terre, s'y pratique une cavité comnrode et prend la 
forme d'une nymphe, dans lacjujclle on aperçoit distinc- 
tement, au mois de février, un hanneton il'un hianc 
jaun,1lre, qui est complètement formé au bout de dix à 
douze jours. Il reste encore trois mois en terre en cet 
étal de hanneton formé. 

Le nombre des hannetons est si prodigieux quo 
leurs ennemis ne peuvent sulBre pour les exterminer. 
Ils ne voient guère peudant le jour, et se tiennent ca- 
chés tous les feuilles du chêne, du hêtre, du tilleul, du 



LES GITOINBi». H 

Doyer, ete. Mais le «oir ils se réunissent en troupe, 

déploient et allongent les houppes de leurs antennes, 
tournent autour des haies en liourdonnant et don- 
nent hrusquemont contre, loul ce qu'ils rcnconlrent, 
d'où vient le piovei be : F.tonrUt covune nu lianneion. 

Les hannetons se nourrissent de louMIes d'arhrcs el 
d'œuls de saulcielles. Ils ravat;enl les < lic-nes et les ar- 
bres fruitiers ; ils dcvicnnciii a leur lonr la proie des 
corbeaux, des pies, des poules, des canards el d'autres 
oiseaux. 

Les hannetons disparaissent au bout de deux mois. 
Les lemelles après la ponle sortent de terre, se nour- 
rissent encore pendant quoique temps de feuilles d'ar- 
bres et disparaissent ensuite. 

Il |)arait que l'étymologie du mot hanneton est le la- 
tin alitonam, à cause du grand bruit qu'il tait avec ses 
ailes quand il vole. 



XiES CITOIXES. 



Les citoines diffèrent des scarabés paï la forme du 
chaperon et par les parties de la bouche ; des han- 
netons par la forme du corps, qui est plus carré, et 
par une pièce triangulaire à la base des élytres. 

On trouve toutes les espèces de citoines, l'été, sur 
les (leurs en ombelles ; elles se nourrissjent du suc dn 
c«s fleurs ; en volant de Tune à l'àulre, elles font enten- 
dre un bourdonnement assez fort. 



12 INSECTES. 

Leurs larves ont le corps mou, allongé, cylindrique, 
composé de douze anneaux ; elles vivent dans les terres 
grasses et humides, le terreau et les terres argileuses , 
dont elles aspirent les sucs; quelques-unes mangent 
des feuilles ou des racines à demi pourries. Elles sont 
trois ou quatre ans avant de parvenir à l'état parfait; 
lorsqu'elles ont pris tout leur accroissement, elles font 
une coque solide, composée des substances dont elles se 
nourrissent, et elles y aioutent d'autres substances 
étrangères, telles que de petites pierres et des mor- 
ceaux de bois ; elles s'enferment dans ces coques pour 
s'y changer en nymphe. 

La ciloinc dorée, qu'on trouve dans toute l'Europe, 
sur les Heurs, a de six à dix lignes de longueur ; elle a 
les antennes noires, la tète verte, le corselet et les ély- 
tres d'un beau vert cuivreux, avec plusieurs taches blan- 
ches et quelques élévations longitudinales; les pattes 
sont d'un vert cuivreux, avec des poils roussâtres sur 
les cuisses. 



XJE OOXJATB. 

Le genre goUath a été créé par Lamarch aux ûépens 
des citoines. Le goliath d'Afrique, qui en est le type, a 
la tête , armée à sa partie antérieure , de deux cornes 
recourbées, réunies à leur base, et d'une autre corne 
large et courte , en forme d'oreilles , au-dessus de l'in- 
sertion des antennes; son corselet est d'un brun noirâ- 
tre , à cinq raies longitudinales , d'un blanc sale ; ses 
élytres brunes sont blanches à leur base. 



LES TAOZ iâ 

ZcES TRICBIIBS. 

Ce genre, dont Olivier fait une famille des citoines, 
en dillére par la forme du corps et la manière dont il 
vil dans l'élat de larve. Lairichie hémi-plère, commune 
aux environs de Paris, sur les tleurs et sur les troncs 
d'arbres, a environ quatre lignes de long. Sa léle et 
son corselet sont noirs et chagrinés ; les élvtres sont 
aplaties et beaucoup plus courtes que l'abdomen : 
elles ont quelques taches blanches ; tout le corps est 
noir, plus ou moins couvert d'écaillés blanchâtres. 

L'abdomen de la femelle est terminé par une tarière 
longue et pointue, dentée à sa partie supérieure. L'insecte 
s'en sert pour déposer ses œufs dans les bois cariés ; 
les larves, semblables à celles des citoines, vivent dan» 
le bois mort et dans les racines des arbres qu'elle» 
percent et rongent. 



XJSS TBOX. 

Cette espèce a quelque ressemblance avec les scara- 
bés; mais on ne la trouve jamais dans les fientes, 
comme ces derniers. La tête des trox est peiite, cachée 
en partie par leur corselet ; leurs élytres sont grandes, 
et recouvrent les côtes de l'abdomen ; elles sont garnies 
de plusieurs rangées de points élevés. Le trox sabu- 
leux, communaux environs de Paris, dans le» endroits 



• ♦ IS^BCTÎÎS. 

Bablonnenx, est noîr et non luisant. II a quatre OO/ 
cinq lignes de long. Sa larve n'est point connue ; il pa- 
raît se nourrir ue RuKstances cadavéreuses ; on 1© 
trouve au printemps et en été. Dès qu'on le touche, il 
plie ses pâlies et ses antennes, et reste immohile jus- 
qu'à ce que le danger soit passé. Il se remet ensuite à 
marcher. 



' mnm* 



XiES XSCARBOTS OU BISTSRS. 

Le genre escarhol se distingue par ses antennes, 
dont la masse terminale, bien que composée de trois ar- 
ticles, semMc être d'une seule pièce. Ces antennes sont 
coudées, c'est-à-dire font un angle oltlus vers leur milieu. 

La tôte des escarliols est très-petite, l'insecte la 
tient plus ou moins enloncôe sous le corselet; le cor- 
selet est granrl, échancré antérieurement, légèrement 
bordé sur les côlés; l'écusson est très-petit, les élylrea 
sont plus courtes que l'alxlomen. 

On trouve les escarliots d.tns les charognes et les 
fientes des animaux; "quelques espèces halutent toute- 
fois sous les écorces des arhres morts. Ils courent très- 
vile sur les Rallies et dans les chemins, au printemps et 
en été. Dès qu'on les touche, ils restent .mmobiles 
èomme les trox. 



LB.4 niftltiK^TSS» tft 

ZX8 SPHÉRIBIES. 

Les «phf^rîflies sont de Irôs-petits insectes ; ils ont 
dos aolennps composées de onze articles, dont le pre- 
mier est long et le second petit; leur corselet est 
convexe et échanrré antérieurement ; leurs cuisses 
sont un peu comprimées ; elles sont noires ou rouL^'câ- 
tres. On les trouve dans les bouses et leâ fienles|de» 
animaux ; inais leurs larves sont inconnues. 



X.ES DERMCSTXS. 

Les dermestes ont les antennes plus longues que la 
tète, le corps noir et luisant ou brun; la tête un peu 
enfoncée sous un corselet convexe ; les élylres aussi 
longues que l'alidomen; les jambes sans dents ni épe- 
rons. Ces insectes sont connus par les dégâts que lont 
leurs larves dans les collections d'histoire naturelle et 
les magasins de pellelrries ; elles détruisent les oiseaux, 
les quadrupèdes et les msecles sans choix; elles les 
ronf'ent si bien qu'elles on font des squelettes parfaits. 
On trouve aussi ces larves dans les oilices et les garde- 
manger, où elles dé\orent le lard etautreè sidistances; 
mais, comme il n'y a dans la nature aucun animal qui 
n'ait son utilité, il semble que les dermestes soient des- 
tinés à détruire et à décomposer entièrement les cada- 
vres des animaux pour former de leurs débris un têrrÈan 



16 IMS SCI ES. 

qui à son tour sert d'aliment à d'autres productions. 

Plusieurs espèces de dermestes sont communes en 
France : le dcrmeste du lard, dans les maisons ; le 
dermcste souris, dans les cadavres; le dermesie pelle- 
tier; le dermesie destructeur; le dermeste velu, dans 
les bois vieux et pourris; le dermeste onde, ainsi 
nommé à cause des lignes blanches ondées de ses éiy- 
tres. 

Les larves des dermestes sont très-petites ; elles ont 
une tête écailleuse, armée de deux fortes mandibules ; 
elles ne s'enferment point dans une coque pour se mé- 
tamorphoser. 

Les dermestes vivent peu à l'état parfait. Dès qu'on 
les touche, ils restent sans mouvement, comme les 
trox et les escarbots. Souvent on ne parvient à les 
faire sortir de leur état d'inaction qu'en les piquant 
ou en les exposant à une forte chaleur; alors ils se re- 
mettent sur leurs pattes et cherchent à s'enfuir. 



X.ES ANTHREITES. 

Les anlhrènes sont de petits insectes qu'on trouve 
sur les fleurs occupés à sucer la liqueur mielleuse 
qu'elles contiennent. Ils sont de couleur noire en-des- 
sous; mais la tête, le corselet et les élytres sont cou- 
verts de petites écailles coForées qui rendent ces insec- 
tes très-jolis : malheureusement le moindre frottemeni 
les leur enlève. 

Les anthrènes viennent dans les maisons déposer 



LB BYRRIIE FASCICULE. 17 

leurs œufs sur les fourrures ; les larves font beaucoup 
de tort aux colieciions d'histoire naturelle en rongeant 
les peaux des animaux préparés et en réduisant en 
poussière les insectes conservés dans des boîtes. 

Ce que ces larves ont de remarquable, ce sont six 
aigrettes de poils longs placés sur le dernier anneau de 
leur corps, et une semblaiilc aigrette sur chaque côté 
des neuvième, dixième et onzième anneaux; lorsqu'on 
inquiète ces larves, elles redressent leur» pt/ils, comme 
les porcs-epics leu''s piquans. 

Tous les moyens qu'on a employés pour détruire les 
larves des anthrènes sont insuflisans. Les fumigations 
lie tabac, la vapeur du soufre, le camphre, les prépa- 
rations arsenicales les éloignent, mais les font rarement 
périr. Le meilleur moyen pour s'en garantir est d'a- 
voir des armoires qui ferment bien. 



X.E BTRRECE FASCICUI.é. 



Cet insecte se trouve au printemps dans les environs 
de Paris , sous les ulcères des ormes. Il est très-petit, 
noir, ovale; ses antennes sont brunes, et vont grossis- 
sant jusqu'à l'extrémité; se? élylres ont plusieurs ran- 
gées de poils rassemblés par faisceaux; les pattes sont 
brunes, les jambes très-larges et aplaties. 

Le byrrhe fascicule et tous les insectes de son genre 
fort rarement usage de leurs ailes. Ils fréquentent de 
préférence les endroits sablonneux ; dès qu'on les tou- 
IV. 2 



Il lriSBCT£8b 

cbe, ils retireni proinpteiuent leurs antenne* et leurt 
pattes sous leur corps ; chaque pièce de celles-ci se 
place dans des rainures desiinécs J> les cotiienir , et 
dans celte position les byrrhes ressemblent a des 
graines hcini^pUériques. 



i.z:s IFS. 



Les ips ont les antennes plus longues que la léte et 
insérées au-dessous des yeux. La télé est assez grande 
et ovale; le corselet est un peu convexe; l'écnsson 
triangulaire ; les élylrcs ont la longueur de l'abdomen ; 
tous ces insectes sont allongés et lisses. 

La larve des ips est petite, allongée el blanclidlre; 
sa tête est brune et écailleuse; elle vit dans le bois 
mort el les champignons qu'elle réduit en poussière. 

On trouve aux environs de Paris l'ips a antenne» 
noires, d'un rouge jaunâtre et luisant; l'ips ruiipède, 
dont le dessus du corps est noir; el l'ips quadripus- 
tulé. Sa tèie et son corselet sont noirs ; ses élytres sont 
d'un noir luisant; elles ont cha<'une dt^uv luclies d'un 
rouge jaunâtre; le dessous du corps el les pâlies sont 
ooirs. 



LBS BOUCLIISS. 19 

I.S3 nitzduz.es. 

Ce genre diflèredes ncucuers. par lesaniennes, coni- 
po&ées de onza articles ci insérées au-ilessus des yeux. 
Les niiidiiles bi)iit noires ou d'un brun lerrugineux ; 
elles oui «leux a irois ligues île long. On les trouve dans 
les charognes, sur les «:adavios desséches , sous les 
ecuices pourries des vieux ai hres el sur les Heurs. 
Les espèces qui frequenient les lieuis voient plus que 
celles qu'on ijouve sous les ecorces. Leurs larves res- 
acaibieui à celles des boucliers. 



LZ:S BOUCLZSILS. 

I 

Ce nom a été donoé par GeoOroy à un genre d'in- 
sectes dont la lornie imite assez celle des boucliers des 
anctciis. Le caractère des boucliers est d'avoir les an- 
tennes de plus en plus gro^^es en avançant de la base 
vers l'exiréniile, el en niéiiie temps perluliees ou com- 
posées de laiiK's iransversiis, enlilees par le milieu. 

Les larves des boucliers «uit six pattes, sont brunes, 
dures, presque écadleusea ulus élioites vers la queue 
qu'a la tète. On les trous e. amsi que l'insecte parlait, 
dans les corps d'animaux morts et a moitié gâtés. 



tO insBCTiiS. 



£E BrECRG?BORS. 

Les insectes de ce genre ' ot reçu les noms de fos~ 
soyeurs ci d' inhumeurs. IIsol^ dix lignes et plus de long, 
les antennes aussi longues qu la tète et terminées par 
quatre articles ; le corps noii , avec des pieds roussâ- 
ires; les élytres plus courtes t^ue l'abdomen. 

lies nécrophores vivent sur les cadavres en putréfac- 
tion ; aussi conservent-ils une odeur Irès-létide. Lors- 
qu'ils rencontrent une taupe ou une souris morte, ils se 
réunissent plusieurs pour l'enterrer, afin de la manger 
plus commodément : ils creusent la terre en commun et 
mettent beaucoup d'activité dans ce travail. 

C'est aussi dans les cadavres qu'ils déposent leurs 
œufs et que vivent leurs larves. Ces larves sont longues, 
d'un blanc grisâtre, avec la tète brune ; pour se changer 
en nymphes, elles s'enfoncent dans la terre à plus d'un 
pied de profondeur, s'y forment une loge qu'elles en- 
duisent de matières gluantes, s'y changent en nymphes, 
et resiiîHt environ un mois sous cette forme, avant de 
devenir insecte parfaik 



LES DRTOPg. tt 



IiE CLAIRON. 



Ce coléoptère ressemble au bostriche par la forme 
cylindrique de son corselet et par les pelotes dont se» 
tarses sont garnis ; il n'a point de tron)pe. On distingue 
plusieurs sortes de clairons, dont les larves habitent, le» 
unes dans le nid des abeilles maçonnes, d'autres dans les 
charognes, et une autre enfin sur le réséda. 



I.ES DR-rops. 

Les dryops-ont le corps oblong, deux antennes très- 
courtes, la tète un peu enfoncée dans le corselet ; ils sont 
noirs , légèrement recouverts d'un duvet gris-brun ; 
leurs élylres sont tinenient pointillées. 

Le dryops auriculé se trouve en France dans les eaux 
douces. Nous ne connaissons pas sa manière de vivre; 
on peut soupçonner qu'il se nourrit de pèlils insectes 
mycroscopiques. Il sort quelquefois de l'eau, mais ne 
s*éloignepas beaucoup du rivage. Sa larve est entière- 
ment inconnue. 



^7 iniRCTM, 



I«ES GYRISarS OU TOITRNIÇUETS. 

Les gyn'ns , vulgairemônt nominés lonrniqiiets^ sont 
noirs: ils ont quatre grands veux à roseau ; les quatre 
pàltes postérieures en nageoires ; les antennes plus cour- 
tes que la lète. Leur nom provient de la manière dont 
ils tournent et décrivent des cercles sur la superficie des 
eaux stagnantes. 

Les gyrins ont la vue très-perçnnte , comme on peut 
en Mvoir la preuve: si l'on en place unilansun verre d'eau, 
après avoir l'ait d'abord qnel(|ues tours en nageant, il 
reste à la fin tranquille sur la surface (ie l'eau, et, dès 
que l'on fait un mouvement, sans mènie toucher au 
terre, on le voit soudain se mettre en agitation et ordi- 
nairemenl s enibncer dans l'e.u. 

La vitesse avec laquelle nagent les 8;yrins est surpre- 
nante : ils font des tours et des détours dans toutes 
les directions avec une rapidité qui é(hap[)e à l'œil ; et, 
comme ces insectes ont leur enveloppe très-luisante, 
lorsque le solei! proiette ses rayons sur eux , on croit 
voir autant de perles en mouvement. Quand ils plongent, 
une petite huile d'air, comme une houle argentée, leur 
reste attachée à l'extrémilé de l'ahclomen F.tant plus 
légers que l'caii^ ils sont ohligés, pour rester au fond, 
de se tenir aecrochés ri quelque plante aquatique. 

Les gyrins répandent une très-mauvaise odeur, qui 
s'attache aux doigts quand on les touche. 

Les femelles pondent leurs œufs sur des plantes aqua- 
tiques; au hout d'environ huit jours, de très-petites lar- 
ves, semhlahles à de petites scolopendres, sortent de 
ces œufs et se mettent à nager. Vers le commencement 



COLEOPTEKES 



f . -• 




^4 j4 63 aa 

lirotyle 6éaLiit . 2E5C2ir'bot . SGribouri soyeux . 4- ^Y"'^^^ 

9 ^J 4 , ' 

5.Ha.Tineton . G.Helops . v.To-aTmqjaet . 



t. HYDftOPHILR. 2ii 

d'août, elles se rendent sur les larges feuilles du roseau, 
et s'enfenncnl dans une pciite coque ovale failc d'une 
maliore qu'elles tirent de leur corps el qui devient sem- 
bhd>k' à du p;q)icr gris ; aYont [)ris dans celle co(juc la 
Bgurede n}n)|ilie, elles en sortent sous celled'inserleailé 
vers la tin du même mois , et sautent tout de suite dans 
l'eau. 



I.'HT'BROPHILE. 

Le nom de ce gQnre d'insectes signifie aimant l'eau. 
Le plus coiiiniun d'entre eux est rii>dropliile hrun. Il a 
environ un |ioure et demi de long ; il et.i d'un noir oli- 
vâtre, luisant en-dessus, |)run en dessous ; les antennes 
«ont ferrugineuses, un peu plus longues que la tète; le 
corselet est presque toujours de la longueur des ély très; 
le mâle a le quatrième article des tarses anlérieurs grand 
et dilaté. 

Cet insecte a une partie dure et écailleuse , placée 
entre les pattes, entièrement unie au corps dans toute 
sa longueur, et qui se lerniino en pointe tres-aigue , 
au-delà des pattes postérieures. Celle pointe est immo- 
bile et son usage inconnu. 

L'hydrophile hrun est un insecte amphibie : il vit dans 
l'eau, qui est son principal élément, marche sur la terre 
et vole dans l'air. Il parait se nourrir de feuilles. On le 
trouve dans les rivières, dans les lacs, et surtout dans 
les étangs. Les femelles filent une esjiècede coque dans 
laquelle elles renferment Icursœufs. Les larves sont tres- 
voraces et Tivent d'insectes aquatiques et de petits 
crustacés. Elles s'onfooeent dans la terre pour se trans- 



24 IlfSKCTBS. 

former, et se font une loge ovale ou sphérique dans la- 
quelle elles se changtnt en nymphe. 

Ainsi l'hydropliiie est aqunlique dans l'état de larve, 
terrestre sous la forme de nymphe et amphibie à l'état 
parfait. 

L'hydrophile a besoin de venir respirer de temps en 
temps à la surface de l'eau. Il surnage par sa pesaa 
leur spécifique, en haussant un peu les élylres, de sorte 
qu'un vide se forme entre les élytres et l'abdomen , 
qui est placé un peu au-de^-sus de l'eau : l'air extérieur 
pénètre dans ce vide et est porté dans des stigmates 
placés au-dessus des élylres. Ces stigmates et les vais- 
seaux auxquels ils aboutissent sont chez tous les insectes 
aquatiques l'organe de la respiration. 



XJBS B-TTIÇUES. 

Les dytiques ont beaucoup de rapports avecles hydro- 
philes par leur manière de vivre et leurs métamor- 
phoses. Ils en diffèrent par leurs antennes foliformes et 
l'appendice qu'ils ont à la base des cuisses posté- 
rieures. 

Les dytiques sont carnassiers et très-vorares ; ils font 
aux autres insectes une chasse continuelle , s'en saisis- 
sent avec leurs pattes antérieures comme avec des 
mains, et les portent ensuite à la bouche pour les dé- 
vorer. Deux dytiques , mâle et femelle, que conservait 
M. de Tigny, membre de la Société d'histoire naturelle 
de Paris, ayant été privé*: de nourriture pendant quel- 



LKS CARABES. S5 

ques jours , la femelle se jeta sur le nidle , lui arracha 
la léte, el mangea toutes les parties molles du corps, 
sans loucher aux parties solides. 

Le dytique marginal se trouve dans toutes les eaux 
douces des environs de Paris; il a environ quinze lignes 
de long; les antennes sont fauves, la tète d'un noir ver- 
dâlre, le corselet de même couleur. Les élytres sont lis- 
ses chez le mdie et striées chez la femelle. Le dessus du 
corps est fauve. Les tarses antérieurs du mâle sont di- 
latés en forme de palette. 



LES CARABES. 

Linné a donné le nom de carabes à des insectes qu'on 
appelait autrefois buprestes, d'un mot grec qui signifie 
faire crever les bœufs, parce qu'ils sont funestes au bé- 
tail qui les avale en paissant. 

On distingue facilement les carabes des autres in- 
sectes à leurs antennes longues et minces , à la forme 
ovale et convexe de leur corps. 

La plus grande partie des carabes sont aptères ; ceux 
qui ont des ailes en font rarement usage. 

On trouve les c;irabes dans la terre et sous les pier- 
res; ils courent fort vite dans les jardins et dans les 
champs ; tous sont carnassiers et se nourrissent d'autres 
insectes. Leurs larves vivent dans la terre et dans le 
bois pourri. 

Les carabes répandent une odeur très-pénétrante 
qui approche de celle du tabac ; elle est produite par 



fê i:«SKCTK5. 

une matière onctueuse qui transpire de leur oorp». 
OuanH on touche l'insecto un peu rnrlement, il fail sor- 
tir, t.inl dr^ la lioiKhe que «lu derrière, une liqtieur .Vcre 
et caustique. Une gouilc de celte liqueur reçue dans 
l'œil y cause une douleur très-vive. 

Au Sénégal, les nègres font un savon noir excellent, 
dans la composition duquel ils font entrer une espèce 
de pelit carabe. 



!.£ CARABE SYCOPHANTE. 

Ce carabe a seizc^ ligne» de long; ses antennes sont 
noires et plus longues que le corselet. La l("le est noire; 
les yeux jaunâtres ; le corselet pointillé d'un n«)ir bleuâ- 
tre sur le milieu ; les élylres striées , d'un rouge cui- 
vreux, et d'un beau vert btillant sur les bords; le des- 
sous du corps est d'un noir bleuâtre. 

On trouve ce carabe en Europe, sur les frênes et les 
chênes. Sa larve, qui est noire, vil dans le nid des chenilles 
processtonymires : e\[o. leur perce le ventre et les dévore. 
Elle est tellement vorace , que , même dans les temps 
où les chenilles ne lui manquent pas , elle attaque les 
autres larves de son espèce. 



II CABABK-piTAKD, f7 

IJC CAnABE-PÉTARB, LE BQMBARDUBR, 
OIT 

CANONNIER. 

Cette espèce de carabe, que Solandera fait connattr?» 
le premier, est de moyenne grosseur, a les veux sail- 
lans et d'un i)leu noirâlrc ; tes cornes courtes ; la télé, 
l'estoMiac, le vcnire et les patles d'un rouge mat; et les 
élytres garnies de pointes ol)tuses. 

C'est vers le commeni'omont d'avril que cet Insecte 
sort de terre : il reste d'ahord caché sous des pierres; 
mais, lorsqu'il se met en marche, il va toujours en sau- 
tant et sans faire usage de ses ailes; si on le touche, il 
jette aussitôt par l'anus, avec un bruit presque sembla- 
ble à celui t\'i\ne j>elite arme à feu, une fumée qui parait 
d'un bleu fort clair. 

Le bombardier a le grand ca^-ahe pour ennemi: ce- 
lui-ci est long-temps repoussé par l'artillerie du tireur ; 
liiais, si le bombardier n'est pas assez heureux pour 
trouver un trou, le carabe revient à la charge, le prend 
par la tête, la coupe et l'avale. 

Le bruit que (ait le hom'oardier provient d*une petite 
«fésicule remplie d'air qu'il a vers l'anus 



2s INSECTES. 

XiA SCARITE AKÉNAIBX:. 

Ce! insecte se trouve dans les endroits sablonneux, 
en France, en Angleterre et en Suède. II a près de trois 
lignes de long; les antennes sont ferrugineuses ; la tête 
est d'un noir rougeâtre ; le corselet est lisse, d'un noir 
rougeâtre luisant, marqué d'un sillon longitudinal; les 
elytres sont striées, brunes ou rougeâlres; les pattes, 
couleur de rouille ; les jambes antérieures palmées. 

La scarite ne vole point et court très-vite ; elle s'en- 
fonce dans des trous qu'elle creuse avec ses pattes an- 
térieures ; elle est carnassière. Sa larve est inconnue. 



X.E MANTICORC. 

Le seul insect'^ qui compose ce genre se trouve au 
cap de Bonne-Espérance. Il a environ un pouce et demi 
de long ; le corps est noir, la tète grande , inégale; le 
corselet est lisse , postérieurement élevé , canneJé , 
échancré , avec les bords tranchans; les élytrcs sont 
planes , presque lisses au milieu , avec les bords laté- 
raux chagrinés. 

Le manlicore a la démarche vive des carabes ; il court 
sur les sables dans la partie la plus méridionale de l'A- 
frique, et se cache souvent sous les pierres ; il se nour- 
rit d'autres insectes. Sa larve n'est pas connue. 



LRS CICINUÈLltS. Î9 



UES CICIBTDXXES. 

Les cicîndèles sont remarquables par une tdte assez 
grosse, des yeux saillans , des antennes filiformes, les 
pattes longues, minces et déliées. Elles sont voraces et 
carnassières, et pincent très-fortement leur proie avec 
les mandibules grandes et courbées en arc dont leur 
bouche est armée. 

Les cicindeles sont tres-agiles , courent avec heau-^ 
coup de vitesse et volent rapidement; elles habitent les 
lieux secs, arides et sablonneux. 

Les larves des cicindeles vivent dans la terre; elles 
s'y creusent des trous profonds et cylindriques, et se 
tiennent en embuscade précisément à l'ouverture des 
trous , en posant leur télé écailleuse à fleur de terre. 
Les insectes qui rôdent sur l'ouverture sont saisis par 
les mâchoires de la larve ou précipités dans le gouîl're 
par un mou\enient que fait sa tète, précisément comme 
celui d'une bascule. 

La cicindèle champêtre, commune dans toute l'Eu- 
rope, a les antennes noires , cuivreuses à leur base; la 
lèvre supérieure jaune. ; la tète et le corselet verts, avec 
quelques taches cuivreuses ; les élytres lisses, unies et 
vertes, avec six points blancs sur chaque ; le dessous 
dn corps d'un vect brillant, les pattes cuivreuses et un 
peu volues. 



30 IMSSCTCS. 

X.'^LAPHRE UZ.IGINEUX. 

Cet insecte lait partie du genre des élaphros, (jui 
compte •'Mviroij dix espèces iï a un peu pius de U'iiis 
lignes de long ; les antennes sont noirâtres ; la tde cui- 
VH'Use ; les yeux Ires-saillans; le corselet hronzé; les 
elyires Lronzées , avec des élévations cuivreuses et 
brillantes. 

On le trouve aux environs de Paris, sur le bord des 
eaux. Il court avec beaucoup de vitesse sur le sable, et 
lait la cllas^eaux insectes plus petits que lui. Sa larve 
est iDcouuue. 



UB STAPHITLIN 20UZLD0SJ. 

Cet insecte appartient au genre des staphylins établi 
par Linné et subdivisé par Fabricius eu deux autres 
genres, les o\ip»jres et les pederes. 

Au premier coup-d'œil on jtrondrait le staphylin 
bourdon pour une abeille terrestre, a cause de sa cou- 
leur. Il a environ dix lignes de long; ses antennes sont 
noires ; la tète, le corselet, leselytresel l'abduinen sont 
noirs et Couverts de peiles d'un jaune doré. 

On trouve le slapliyiin dons les fumiers. Tons les in- 
sectes de ( e genre bantent les bouses , les cadavres et 
ies endroits humides. Ils se nourrissent d'insectes gu'ils 
poursuivent dans lus champs et saisic^seat avec leurs 



LES PTINSS. 31 

mâchoire»î leurs larves vivent dans la terre et dans le 
fumier. 

Les Rtaphylins sont très-agiles, marchent tres-viie et 
volent avec rapidité. 

Qu;jnd ils veiileiu rentrer leurs ailes sous leurs ély- 
tres, les slnphylins contracleiil rexlrémilé de leur ab- 
domen , le loni disparnîlre eniieremeut et s'en servent 
pour pousser et plier leurs ailes. 

Les oxipores et les péderes diiïèrenl peu des slaphy- 
lins. Ce sont de petits insectes noirs qu'on rencontre les 
uns sur les bolets , sorte de gros champignons , les au- 
tres au bord des eaux. 



I.ES PTINZS. 

Le ptine est un genre d'jnsecte coléoptère à antennes 
filiforme. On en connaît en France deux espèces , le 
ptine à bandes et le ptine larron. Toutes deux sont 
petites et vivent dans les champs et dans les maisons 
On les trouve dans les tas de feuilles sèches, dans le 
foin , dans les herbiers et même dans les animaux con- 
servés par les naturalistes. 

Le ptine à bande est long d'une ligne et demie; son 
corselet est chargé d'aspérités. Les étuis sont convexes, 
bruns et traverses de deux bandes de poils blancs. Les 
antennes sont beaucoup plus longue? que le corps. 

Le ptine larron n'a qu'une ligne de long et ressem- 
ble à un petit globe mouvant. Ses élytres sont striées 
et de couleur de brique ; son corselet a deux dents. 

La larve du ptine est couverte de poiU qui forment 



3? INSECTES. 

des anneaux alternativement bruns et blanchâtres. Pour 
se transformer, elle creuse un trou dans le bois ou le 
carion, et l'orme une coque d'un tissu serré. 

On trouve ces insectes en automne, au printemps, ei 
surtout en hiver ; c'est au milieu des plu» grands Iroids 
qu'ils ont le plus de vigueur et d'activité; ils fuient la 
lumière et sortent rarement pendant le jour. 



X.ES VBLII.I.ETTES. 



On donne ce nom à un genre de coléoptères qui ont, 
ainsi que les dermestes, la propriété de retirer les pattes 
et les antennes et de rester immobiles et comme morts 
dès qu'on les touche; mais ils en diflèrent par les an- 
tennes, dont les trois dernières articulations sont beau- 
coup plus longues que les autres ; le corselet forme une 
bosse dans laquelle la tête est enfoncée. 

Les vrillettes percent le bois et y font des trous ronds 
comme ferait une vrille; on voit tous les jours de vieux 
meubles percés et rongés par les larves blanches et hexa- 
podes de ces insectes. Elles se métamorphosent au fond 
du canal qu'elles ont creusé, et le tapissent avec des 
fils de soie pour y prendre la forme de chrysalides. 

Il y a des vrillettes du bois vert^ de la farine , du 
pain. 

Le bruit singulier que fait la vrillelte des tables a pu 
inquiéter quelques personnes , et lui a valu le nom 



LE PTILIN PECTIMCOHNE. 33 

(fhorloge de la mort. C'est un petit battement sembla- 
ble au mouvement d'une montre, produit par les coups 
redoublés que fait l'insecte en frappant le vieux bois 
pour le percer et s'y loger. Au moindre bruit le petit 
ouvrier suspend ses travaux , mais les pulsations re- 
commencent quand on reste immobile dans l'apparte- 
ment. 



XX FTIX.Z9J PECTINICORNE. 

Un seul insecte compose ce genre : il a près de deux 
lignes de long ; il est entièrement d'un brun-marron 
foncé. Ses antennes sont longues et comme panachées, 
ce qui l'a fait appeler par Geoffroy plitin, du mot latin 
plilinus, qui signifie panache. 

La larve de cet insecte se loge dans le bois mort; elle 
y forme des petits trous ronds et profonds, où elle subit 
ses métamorphoses. On trouve l'insecte parfait dans les 
maisons ; on le voit marcher lentement «ur les vitres 
et le lonç d^s boiseries. 



«* 



IKSECTSS. 



XélE MELASZS* 



Le nom de cet însecte, lo seul de son genre, signifie 
noir. En France , il a onviron cjuatre lignes et demie de 
ong ; il est noir, et parnît luisant ; il a les antennes de la 
longueur du corselet, le premier article lon;^, N's deux 
smvans courts et simples . les autres prolongés latéra- 
lement , le corselet pointillé ; les pattes et les antennes 
sont d'un brun ferrugineux. 

Le mélasis est lourd et vole peu. On le trouve sur 
les vieux arhres; on suppose que sa larve vit dans l'in- 
térieur du bois mort et carié. 



I.£S BUPRESTES. 



Les anciens donnaient le nom de bupreste à des ia 
sectes auxquels ils avaient reconnu la propriété de 
faire périr les bœufs. Linné a donné le même nom aux 
insectes de ce i^enre, quoiqu'ils n'aient point cette pro- 
priété malfaisante. 

Le genre bupreste est comoosé d'environ cent qua- 
rante espèces, la plupart étrangères. Le plus grand des 
buprestes est le bupreste géant de Gayenne et de Suri- 
nam. Les naturels du pays font avec ses élytres, d'un 
vert cuivreux, des colliers et divers ornemens. 

Tuu.- les Lu]jrcï.lcs &unl reujurquablespar leurs cou- 



LU TAVrlNS. Zb 

lear* orillaotet. Ainsi le bupreste rubis, qu'on trouve 
sur les buissons , en Frnnce, en Espagne, en It.ilie et 
en Allemagne, a la tôle d'un viTl «loré ; le corselet, noir 
en dessus , est d'un rouge cuivreux sur les côtés ; les 
élytres pont d'un noir violet; le dessous du corps et les 
pattes d'un rouue cuivreux. 

Lo liu[)re?t(; vert, très-commun dans nos chantiers, a 
près de quatre lignes de long. Ses antennes sont bron- 
zées, en scie un peu plus longues que la tête. Tout le 
corps est d'un vert bronzé, plus biillani en dessus qu'en 
dessous. 

Les larves des buprestes ne sont point connues. Ce- 
pendant il est probable qu'elles vivent dans le bois 

Les buprestes marchent assez lentement, mais ont 
le vol très-agile. Quelques-uns se laissent tomber dans 
les broussailles lorsqu'on approche pour les saisir. 



X.ES TAUPISTS. 



On a donné aux insectes qui composent ce genre le 
nom d'elûter , parce que, lorsqu'ils sont renversés sur 
le dos , ils ont la iaculié de sauter et de s'élancer en 
l'air par une espèce de ressort. 

Les larves de ces insectes sont peu connues; il parait 
qu'elles vivent «lans les bois. 

Paru)i les taupins, on en connaît deux espèces , qui 
ont , comme les lampyres , la faculté de brillei . Leurs 
parties lumineuses sont deux petites taches jaunes, ar- 
rondies, saillantes , placées sur le corselet , qui luisent 



36 INSKCTKS. 

dans l'obscurité tant que l'insecte est vivant. La lumière 
que ces taupins répandent est si forte et si brillante, 
qu'elle permet de lire l'écriture la plus fine, surtout 
quand on en lient huit ou dix dans un flacon de verre. 
Les Indiens s'en servent dans leurs voyages nocturnes 
en les attachant à leurs souliers , et les femmes font 
leur ouvrage a la lueur qu'ils répandent. 

L'une des espèces, le taupin lumineux, se trouve dans 
l'Amérique méridionale et aux Antilles. Il a un peu plus 
d'un pouce de longueur; tout le corps est d'un brun 
noirâtre, et légèrement couvert d'un duvet cendré. 

Le taupin phosphorique, long comme le précédent , 
se trouve à Cayenne et à Surinam. 



■ a»^- 



X.E BRII.E JAUSTATRE. 

Le drile, seul insecte de son genre, a environ trois 
lignes et demie de long; tout le corps est un peu velu; 
les antennes, la tête et le corselet sont de couleur 
brune; les élytres tlexililes, ponctuées, d'un jaune 
plus ou moins obscur ; le dessous du corps et les pattes 
bruns. 

On trouve le drile dans toute la France, sur les 
plantes ; il vole légèrement d'une fleur à l'autre. Sa 
îarve n'est pas connue 



LES TIU-EPHORKS 37 

LE LTMAXILE NAVAI.. 

Cet insecle a environ cinq lignes de long ; il a les 
antennes brunes, moins longues que le corselet; la 
tête, très- petite et inclinée, est noire ; le corselet étroit, 
allongé, d'un jaune fauve, ainsi que les éljtres et le 
ficssus du corps. 

On le trouve sur les bois morts et sur le tronc des 
arbres; sa larve est inconnue, mais on sait qu'elle vit 
dans l'intérieur du bois, et qu'elle fait beaucoup de 
tort aux arbres. 



XiES TEIiEPHOBES. 

Ces insectes ressemblent aux cantharides, dont tou- 
tefois ils dilièrent par le nombre d'articles qui compo- 
sent les tarses. Le téléphore ardoisé , très-commun au 
f)rintemps, a environ. sept lignes de long et plus d'une 
igné de large ; ses antennes sont noires et fauves à la 
base; la tcle est noire; le corselet fauve avec une grande 
tache noire au milieu, et les élytres noirâtres et flexi- 
bles. 

Les téléphores courent très-vite et vivent dans les 
prairies , sur les plantes et sur les tleurs. Quelques 
espèces sont carnassières. Ils volent avec facilité et 
promptitude. 

Les larves des téléphores sont d'un noir mat, ve- 



louté ; elles vivent dans la tcne, dont l'humidilé l«'ur 
est nécessaire. Elles se nourrissent de vers, et, au be- 
soin, d'individus de leur espèce. 

Ces larves onidonné lieu à une observation curieuse. 
En 1791, après un grand l'roid qui se lit sentir en hi- 
ver, il y eut un dégel accomp;i;;né de neige. On remar- 
qua que les larves <les lélépliores, enlevées ainsi que 
des chenilles, ties araigr»ces el des slaphylins jtar la vio- 
lence des vents, élaieiil retomi)ées avec la neige, et 
que les chemins, les prairies, la glace même d'un lac , 
étaient couverts d'une multitude prodigieuse d'insectes 
vivans. 



Z.E MAIiACHIE BRONZE. 

Cet insecte a environ quatre lignes de long ; ses an- 
tennes sont noires, sa tcle d'un* vert bronzé, le corse- 
let de même couleur et un peu velu ; les élyires d'un 
brun rouge ; le dessous du corps el les pattes d'un verl 
bronzé el luisant. 

Le n)alachie habite l'Europe ; on le trouve sur les 
fleurs. Il a de chaque côté deux vésicules rouges, char- 
nues, irrégulieres, appelées par quelques amateurs des 
cocardes. On ignore l'usage de ces parties. Si on en 
prise le malachie , il ne paraît ni moins agile ni moins 
vif. 

La larve est inconnue. Olivier croit qu'elle vit dans 
le bois, parce qu'il a snuveiii trouvé dans les chantiers 
l'insecte parlait, nouvellement sorti de «a dépouille de 
nymphe. 



LE» LAMPYRES. 39 

!•£ MXZ.TRX BUBUATRE. 

Le mélyre bleuâtre est très-commun dans les dépar- 
temeiis méridionaux delà France. Il a environ trois li 
gnes et demie de lon^^ ; sa forme est alloni;ée, ses au- 
tennes sont presque aussi longues que le corselet, laites 
un peu en scie et d'un noir verdàtrc à la base ; tout le 
corps est vert et velu; le dessous est très-luisant. 

Ce mélyre et plusieurs insectes congénères se trou- 
vent, au printemps et en été, sur les Heurs composées 
et sur les Heurs en ombelles ; ils volent avec assez d'a- 
gilité. Quoiqu'ils ne soient pas nires, leurs larves sont 
inconnues; mais on croit qu'elles se cachent dans la 
terre. 



IXS XiAMPTRES OU T£RS-I.UXSAZUS. 



Les vers-Iuisans ou lampyres ont la propriété singu- 
lière de répandre pendant la nuit une lumière phospho- 
rique. Cette propriété, dont les mâles sont privés dans 
quelques espèces, a[)pariient à toutes les femelles. La 
partie lumineuse des lampyres est placée au-dessous 
des deux ou trois derniers anneaux de l'abdomen ; ce 
sont des laclies jaunes, d'oTJ part dans l'obscurité une 
lumière tres-vive, d'un blanc verdâtre. Cette lumière 
augmente quand on inquiète l'insecte, ou quand on le 



40 IHSECTES. 

place sur le dos ; si on le renferme, il souffre et finit 
par luire très-peu. 

Ces insectes commencent à paraître après le coucher 
du soleil, dans les prairies, au bord des chemins, et 
près des buissons. Dans les pays où ils sont très-com- 
muns, pendant les nuits paisibles de la belle saison, les 
mâles voltigent dans l'air, qu'ils semblent remplir d'é- 
tincelles de feu, et les femelles, qui, dépourvues d'ailes, 
gardent pendant le jour un profond repos, se décèlent 
dans l'herbe par une lueur éclatante. 

La femelle du lampyre pond un très-grand nombre 
d'œufs sur le gazon où elle vit. La larve, longue d'en- 
viron un pouce, a beaucoup de ressemblance avec la 
femelle, qui, elle-même, ressemble à un ver hexapode. 
Le quatrième anneau de son corps et les suivans peu- 
vent rentrer l'un dans l'autre, ce qui fait que la larve 
s'allonge et se raccourcit à volonté. La matière phos- 
phorique de cette larve est placée dans les neuvième , 
dixième et onzième anneaux. 

Cette larve vit d'herbes et de feuilles ; elle devient 
faible et languissante quand elle est privée de terre 
humide. Pour se transformer, elle se dégage de sa 
peau, se courbe en arc, et devient une véritable nym- 
phe. Dans cet état, elle répand une lumière ^"illante , 
qui a une teinte d'un beau vert. 



l'omalysk sutural. 41 

X.X IiTCVS SANGUIU. 



Cet insecte a environ cinq lignes de long ; les an- 
tennes sont noires, la tète noire et un peu avancée an- 
térieurement ; le corselet carré, inégal, rouge, avec 
une tache noire sur le milieu ; l'écusson noir , les ély- 
tres d'un rouge sanguin, avec des lignes longitudinales 
élevées ; le reste du corps noir. 

Le lycus sanguin est très-commun dans le midi de la 
France. On le trouve sur les fleurs; il enfonce sa tête 
au fond des corolles et en retire les sucs. Sa larve est 
inconnue. 



i««»i 



IL^OMAIiTSE SUTURAI.. 

Geoffroy a donné à cet insecte le nom d'omalyse, qui 
veut dire aplati, à cause de la forme plate du corselet 
et des élytrcs. 

L'omalyse suturai, qu'on trouve dans toute la France, 
a près de trois lignes de long ; tout son corps est noir; 
ses élytres sont d'un rouge-brun avec une bande noire 
sur le milieu ; elles sont striées et pointillées ; le corse- 
let a ses deux angles postérieurs terminés en pointes 
aiguës. 

L'omalyse vit sur les plantes pendant l'été ; il vole 
avec beaucoup d'agilité, mais il fait rarement usage de 
ses ailes ; il se laisse tomber lorsqu'on veut le prendre, 
et se cache sous les herbes. Sa larve est inconnue. 



*5 msicTii. 

♦• 5KCnOJ!l 

DES COLÉOPTÈRES (22 genres) 

ISS zafx.o£s. 

Les insectes de ce genre les plus connus sont le 
Tnéloé proscarabé, et le méloc de mai. 

Le proscarabé a le corps mollasse, noirâtre et violet; 
sa tête est grosse et pointillée; ses antennes ont douze 
articulalions, et sont rynilées vers le milieu ; il n'a point 
d'ailes, mais seulement deux élujs chagrinés qui ne 
couvrent que la moitié de son coips; il est long d'envi- 
ron un pouce et demi et de la grosseur du petit doigt. 
Le mAle est beaucoup plus polit que la femelle. 

Ce méloé marche lourd(Miiont. On le rencontre au 
printemps, le long des chcnuDs, sur les plantes, dans 
les jardins, dans les hois, dans les prés humides. 

Le proscarabé lorsqu'on l'écrase (ait sortir de toutes 
le? articulalions de son corps une liqueur grasse et 
onctueuse. On prelend que celte liqueur, dont l'odeur 
n'est pas désagréable, est un excelli'Ut topique pour 
les plaies Elle a une propriété vésicantc. 

Le îuéloé de mai est d'un noir bronzé, et d'un rouge 
cuivreux à la partie supérieure de l'abdomen. 

Les femelles des méioés déposent leurs œufs dans la 
terre, où ils éclosent au bout d'un mois. Ces larves sont 



LA CAWTHARIDK. H 

de couleur jaune d'ocre ; elles ont six pattes et deux 
antennes terminées par un poil Elles se nourrissent 
d'autres insecte!». 



I.A CADJTHARIBK. 

La canlharîde est d'un vert doré ; elle a environ neuf 
lignes de long; ses mâchoires sont garnies de deux 
pinces articulées ; ses yeux sont de couleur d'or et un 
peu xaillaiis; sa tête est en lurme de cœur. 

Les canlliarides-sonl employées en pharmacie comme 
vésicaloircs. On les Iruuve sur les frênes, les lilas, les 
rosiers, les peupliers, les troènes, les chc\rel2uilles, 
les noyers, dont elles dévorcnl les feuilles. 

Pour recueillir les cantluridcs, on tend un drap sous 
l'arhre ou elles reposent le matin , on secoue l'arhre 
quand elles sont encore engourdies par la fraîcheur de 
la nuit, et on les reçoit dans le drap. On a soin de se 
couvrir le cou et la lèle, car une seule canlharide, en 
tonibanlsur la peau, causerait des boulons. 

Lorsque l'arbre est \.po\) gros pour pouvoir être re- 
mué avec la main, on a recours aux l'umigations de vi- 
naigre sur une pelle rouge, et les insectes tombent as- 
phyxiés. On les lait ensuite sécher à l'ombre, et on les 
remue de temps en temps avec un petit râteau, en ayant 
soin d'en éviter la poussière, qui cause des démangeai- 
sons violentes. 

Les canlharides multiplient beaucoup, et sont quel- 
quefois rciioies en très-grand nombre. Klles exhalent 
alors une odeur séreuse, forte et dangereuse à respi- 



44 INSECTES. 

rer. Les parties volatiles qu'exhalent les canlharides 
sont si vives et si corrosives^ qu'elles rendent malades 
ceux qui les respirent. 

Les larves des canlharides ressemblent à des che- 
nilles ; elles habitent les environs des fourmilières, et 
se nourrissent de fourmis et de nymphes de fourmis. 
Elles filent une coque pour s'y transformer 



X.ES BTSXABRXS DE X.A CHICOILÉE. 



Le genre mylabre a beaucoup d'analogie avec celui 
des cantharides, dont il ne diO'èrc que par ses antennes, 
composées de onze articles très-distincts, et allant en 
grossissant vers l'extrémité. 

Les mylabres ont comme les cantharides la propriété 
vésicante, et les auciens les employaient en pharmacie. 
Ils sont presque tous étrangers au nord de l'Europe. 

Le mylabre de la chicorée, qu'on trouve au midi de 
la France, sur les plantes chicoracées, est un petit in- 
secte dont les antennes sont noires, la tête, le corselet 
et le dessus du corps très-noirs et un peu velus; l'é- 
cusson noir ; les élylres noires avec une tache jaune, 
et deux bandes jaunes ondées. Sa larve est analogue à 
celle de la cantharide 



COLEOPTERES 



r 45 







p 16 43 -j 

l.AItise ou Chaieiiçon. Sauteur . 2 Anthrér^e /<?/-aox/#/ 3.Apa.le 4Sostriche. 

-W 7" 68 5y 

-Capucin. S.Bouclier . ô.Brachicère . y.Bruche des Pois . ôCaHidie 



rs CÉROCOMR. 45 

IiES HOBIES ET IiES APA&ES. 

Le genre des hories est étranger à l'Europe. Nous 
n'en connaissons ni les habitudes ni les métamor- 
phoses; seulement, d'après les rapports qui se trouvent 
entre les hories, les mylabres, les cantharides et les 
méloés, nous pouvons croire que la manière de vivre 
de tous ces insectes doit être la même ou ne doit pas 
beaucoup dillérer. 

Bien que les apales appartiennent à nos département 
méridionaux, nous n'avons pas de renseignemens beau- 
coup plus précis sur leurs mœurs. Ils vivent de feuilles 
et de Heurs; on les voit, sur les fleurs composées, oc- 
cupés à en retirer les sucs. Ces insectes sont noirs , 
avec des élytres jaunes ; ils ont des antennes et des 
antennules filiformes, et des tarses filiformes terminés 
par quatre crochets. 



XX CÉROCOME DE SCHŒFFER. 



Ce joli msecte a des antennes monoliformes de cou- 
leur jaune , quatre antennules , le corps oblong, d'un 
vert brillant, les élytres grandes et molles. Il vole avec 
rapidité de fleur en fleur pendant l'été , et se nourrit 
apparemment du miel qu'il sait y pomper. On ne con- 
naît pas ses larves. 



49 INStCtlS. 

IiA X.AORIE 'BÉRXBStE. 

Cet in?ecte, le plus commun en Europe du genre des 
ktgries, est loui noir, à l'exception des élytres, qui sont 
fauves et tres-minces. Son corps ohlong et ovale est 
couvert de poils (auves , doux et clair-semés. Les an- 
tennes sont fdiformes, de la longueur do la moitié d". 
l'insecte ; le dernier article est cylindrique et trois fois 
plus long que les autres. 

Cette lagrie hérissée se trouvé dans les bois ; elle 
vole avec facilité, et se oourrit de feuilles. Sa larve est 
inconnue. 



U UrOTOXE MONOCEKOS. 

Presque tous les insectes coléoptères du genre no- 
tOTce se distinguent par une corne avancée dont K; 
corselet est armé. On les trouve sur les Heurs, mais 
plus souvent par t rre dans les prairies. 

Le notove monocéros a les antennes lilifornies et les- 
tacées, le corselet un peu velu, arrondi, terminé en une 
corne avancée, grosse, arrondie, ayant les bords un 
peu relfvés, crénelés, noirs ; l'écusson est testacé, le» 
élylres sont un peu velues. Le dessous du corps et les 
pattes sont de couleu» d'écaillé foncée. 

L« mooocéroft est quelquefois trèt-aboDdanl au midi 



LS téSSTKI. VI 

de la France, sur différentes plantes qui croissent aux 
bords des rivières. 

Le noio\e rhinocéros est une fois plus petit que le 
précédent. [>es antennes, la têle, le corselet et les pattes 
sont d'un jaune p^le ; les élyires sont noires ainsi que 
ta poitrine et l'ahdonien. I.a corne <lu corselet est léijè- 
rement dentelée sur les bords et un peu pointue. 



Î.E COSSTFHE. 

On ne conriait qu'une seule espèce de ce genre, c'est 
te cossyphe dé[)rimé. qu'on trouve aux Indes-Orien- 
lalcs, sur la côte de Coroniandel. Il a environ six lignes 
de long, et près de trois de large. Son corps est liruii 
et tres-déprimé ; son corselet et ses élytres ont des re- 
bords très -grands d'un brun pâle; ses pattes sont d'un 
brun noirâtre. 

On ne connaît ni la larve ni les mœurs de cet in- 
secte 



48 IfiSKCTKS. 

X.A FTROCHRE ROUGE OV CARDrMA:LE. 

Le genre pyrochre ne contient que quatre espèces 
connues, dont une d'Amérique. Leurs couleurs domi- 
nantes sont le noir et le rouge ; c'est de cette der- 
nière qu'est pris le nom générique, qui signiQe cou- 
leur de feu. 

La pyrochre rouge des environs de Paris a cinq à six 
lignes de long. Les antennes, le dessous du corps et 
les pattes sont noires ; la tête, le dessus du corselet, 
l'écusson et les élytres sont d'un fauve rougeâtre. Les 
élylres sont soyeuses. 

Les larves des pyrochres vivent dans le bois ; les 
insectes parfaits au pied des haies, sur les buissons, 
sur les arbres et sur les écorces. 



XXS DIAPERZS. 

Les diapères ont le corps ovale, convexe, les an- 
tennes perforées , les élytres coriacées , deux ailes 
membraneuses repliées. Geoffroy leur a donné leur 
nom à cause de la forme irregulière de leurs antennes, 
composés d'anneaux lenticulaires, enfilés au centre les 
uns à côté des autres. 

Ces insectes se trouvent dans les champignons agarics 
et bolets, qu'ils rongent, tant sous leur dernière forme 



LES OFATREH. 49 

qae sous celle de larve. La plupart des espèces sont 
remarquables par deux cornes plus ou moins longues 
que le mâle porte au-dessus do la tôte. 

Les larves ont le cor[>s mou, ras, divisé en douze 
anneaux, distincts. Lorsqu'elles veulent se changer en 
nymphes, elles construisent une coque. 

On trouve dans toute l'Europe la diapère des bolets 
sur les agarics du chêne et du bouleau. Elle a environ 
trois lignes de long et deux de large. Le corps est 
ovale, convexe, luisant, noir; les élytres ont quelques 
points rangés en stries, et trois bandes dentées, fauves. 

La diapere cornue, qui habile l'Angleterre, a une 
ligne et un quart de long. La léte est noire, obscure , 
échancrée antérieurement, armée vers sa base de 
deux cornes droites, élevées, fortes; le corselet est 
lisse, rougeâtre, luisant ; les éljtres sont striées, bleues ; 
l'abdomen est absolument noir; les pattes sont ferru- 
gineuses. 



I«£S OPATRXS. 



Ce genre d'insectes vit dans les terres arides et sa- 
blonneuses. On ignore ses larves. Les opatres les plus 
communs sont l'opatre gibbeux et l'opatre sabuleux. 

L'opatre gibbeux est d'une couleur terne et opaque ; 
ses antennes sont en forme de collier, grossissant un 
peu vers leur sommet; la tête petite, reçue dans le 
corselet, qui est bordé et échancré antérieurement; le 

IV. 4 



50 INFECTS». 

corj)s oblong et bosselé j les élytre» embraêsent l'abdo- 
nieo et ne recouvrent point d'ailris. 

L'opatre sabuleux est très-noir et couvert d*une1^ 
gère poussière grise ; il a sur «es élytres trois lignes 
parallèles. 



XiES TtK±SJEL10K3i 

Ces insectes sont ainsi nommés à cause <\e lc«r cou- 
.eur sombre; celui qu'on a donné -pour type au genre 
«si le ténébrion de la farine. 1i esiftoir ou marron iui- 
«nnt ; il a les antennes moniliîormes ou en collier, <^oatre 
antennules ; îes élytrcs striées , le «orps allongé ; il vole 
rapidement et le plus souvent la nuit. Ses larves, sem- 
blables à un ver éc.ailleux, sont couvertes d'une peau 
jaunâtre et dure. Elles vivent dans la farine, dans le 
pain, le sucre et le bois carié : on les recberche pour la 
nourriture des rossignols. 

On trouve le lénébrion de la farine dans les cuisines, 
les boulangeries, les greniers. 

On peut citer encore le ténébrion culinaire, plus pe- 
tit que li^ précédent, maiâ conliguré de même, et d'une 
irouleur mmns rembrunie ; il est coiuattto smi* l'écorce 
4»% ftf4)re«. 



LE BL.AJ>5 Mi;(.RO?«É. 61 



Les blaps sont des insectes oblongs, qui ont des 
étuis convexes embrassant le corps de chaque côté, ra- 
rement des ailos, deux antennes, dont le dernier ar- 
ticle est un peu |)lus gros que les autres, la télé dis- 
tincte et avancée, les pattes assez longues. 

Le hlaps mucroné a «lepnis dix lignes jusqu'à un 
pouce de long. Il est entièrement noir et un peu lui- 
sant. Les antennes sont plus longues que le corse- 
let ; celui-ci lisse , presque aplati , légèrement écban- 
Cié antérieurement ; les él)'tres réunies par une suture. 

Cet insecte a une odeur infecte. On le trouve par 
toute l'Kuropc, dans les champs, dans les jardins, dans 
les caves, les endroits humides et malpropres. Pendant 
le jour, il se tient caché sous des pierres ; il en sort la 
nuit pour courir çà et là et chercher sa nourriture. On 
ne connaît point ses larves. 



52 IN8KGTK8. 

LES PIMÉLIES, LES SIPIDZS8 ST XA8 
SCAUZLJES. 

Les pimélies n'habitent que les pays chauds de l'A- 
sie et de l'Afrique; ciies se tiennent dans les terrains 
arides et sablonneux, particulièrement ceux des bords 
de la mer. La plus grande, la pimélie anguleuse, a quel- 
quel'ois un pouce de longueur. Son corps est entière- 
ment noir, sa tôle rugueuse, le bord des élytres denté en 
scie vers l'anus ; une ligne latérale fort élevée, dentée en 
scie ; trois lignes de tubercules épineux entre cette li- 
gne et la suture des étuis, et quatre autres lignes plus 
petites entre les tubercules épineux. Le dessous du 
corps et le bord extérieur des élytres sont couvert» 
d'un duvet blanchâtre. 

Les sipidies sont analogues aux pimélies, mais sans 
ailes ; elles se trouvent dans les climats chauds de l'an- 
cien continent. Ainsi que les pimélies, elles parcourent 
les sables et préfèrent les lieux secs et incultes. Leurs 
larves sont inconnues. 

Les scaures , qu'on range aussi d»ns la tribu des 
pimélies, habitent les contrées voisines des bords de 
la Méditerranée. Elles se plaisent parmi les décom- 
bres, dans les sables et dans les pierres ; leur démarche 
est pesante. Leurs cuisses sont munies d'une ou de 
deux épines. 



LXS HlÉXiOPS* 

Les hélops, qui ont beaucoup de rapports avec les 
ténébrions, ne fournissent aucun détail dans leur pre- 
mier état, et très-peu dans leur dernier. La forme de 
leur corps est oblongue, agréable, et quelques-uns soni 
décorés d'assez belles couleur?. Il y a quelques espèces 
qui n'ont point d'ailes, et celles qui en sont pourvues 
en font rarement usage. Ces insectes courent assez 
vite, et vivent dans les maisons, dans les endroits sa- 
blonneux. La larve est inconnue. 



ZiES ÉRODXXSi 

Les érodies sont des coléoptères qui ont le corps 
ovale, oblong, et d'une seule couleur plus ou moins 
noire dans toutes les espèces connues. Sans ailes, ils 
ne font usage que de leurs pattes pour marcher assez 
prestement. C'est dans les endroits sablonneux et hu- 
mides qu'on les rencontre ordiflairement. On ne con- 
naît point leifrs larves. Toutes leurs espèces, peu re- 
marquables d'ailleurs, sont étrangères à l'Europe. 



nsscTis. 
XiA MORDULIiE A AIGUII.I.ON. 

Cet insecte est tout noir ; sa tête est lisse ; ses an- 
tennes, placées devant les yenx, sont composées de 
onze articles dont les (pjatre premiers sont r^onds et 
gl()l)uleux, les sept derniers trianj^uluires. Le ventre se 
termine en pointe aij^uë, mais qui ne pique point. 

Lu mordelle à aiguillon se trouve en Europe sous 
les tleurs. Sa larve est inconnue. 



Lt:S B.IFIFHORES. 



Le Ijrpe de ce genre de coléoptères est le ripiphore 
subdiptère. On le trouve sur les fleurs, dans nosdépar- 
tomens méridionaux. Il a les antennes pecimées, des 
antennules fililormos, point d'écusson, la tèie inclinée 
sur la poitrine, presqsie point d'éljtres, le corps noir. 

Dans le ripiphore paradoxe , une partie du corselè» 
et les élytres sont jaunes ; le reste du corps est noir. 

Le ripiphore flahellé a les antennes llabellées ( en 
éventail I, l'abdomen, la poitrine et la bouche noire; lé 
fesie du corps couleur de brique. 



LES GISTËLEs. ^^ 

X.ES CISTil.ES. 

Les ciPtèleS ont le corps allongé , les antennes fili- 
formes, «le la loiiiiiiPiir (!»■ la moilié du corps, le oorsclet 
un peu rt-borilé: les él vires mri.icées. Irgèrnneni H-xi- 
bles à leur »xlrémilp : les lurses filiformes; le curps 
alloiicé el un peu convexe. 

i.es eislèies se trouvent sur les fleurs; elle> volent 
avec asseï de facilité. Leurs larves sont encore inconnues. 



ÎNSBCTE5. 



5* SECTIOPr 

DES COLÉOPTÈRES (23 genre»). 

IiXS PRIOlffES. 

Les priones sont des insectes très-grands; leurs an 
tennes sont en scie et semblent comme implantées au 
milieu de leurs yeux ; leurs mâchoires sont fortes, leur 
corselet aplati, tranchant, denté ou épineux sur les 
côtes; leur corps est d'un hrun noirâtre. 

Le type (le ce genre est le prione cervicorne, dont 
la larve halute en Amérique le bois du fromager. Dans 
le pays on mange cette larve avec plaisir. 

On trouve en France, dans les trous des vieux chênes, 
le prione tanneur, brun, avec trois épines de chaque 
côte du corselet: le prione scabriforme, noirâtre, avec 
une seule dent sur le corselet. 

Les larves des priones se logent dans le bois des ar- 
bres qui sont sur le point de périr. 

Les priones ne volent que lé soir; ils sont lourds, et 
le moindre choc les abat. 



LES CALUDIBS. &7 

X.ES CAPRICORNES. 

Le caractère le plus saillant de ces beaux coléop- 
tères est la forme de leurs antennes, qui sont fort lon- 
gues , rcjelées en arrière , et dont 1rs articles bien dis- 
tincts vont en diminuant insensiblement depuis la base 
jusqu'à la pointe. L'œil entoure la base de ces antennes, 
en sorte qu'elles semblent en sortir. 

Les capricornes sont, suivant, les espècpç, d'un beau 
bleu , ou d'un noir velouté , rouges ou verts , et avant 
une odeur de rose. Quand on les prend, ils font enten- 
dre une espèce de cri produit par le frottement du cor- 
selet sur le haut du ventre et des étuis. 

Les larves de ces insectes sont blanches, et se trou- 
vent dans l'intérieur des arbres, dont ils percent le boi» 
qu'ils réduisent en poudre. 



Z.Z:S CA-LLIDIES, 

Les callidies ont le corps allongé, les antennes fili- 
formes, assez longues, les yeux un peu échancrés, le 
corselet arrondi; rn les trouve sur le tronc à moitié 
pourri des arbres, dans les chantiers, où souvent on 
les saisit au moment qu'ils sortent du bois dans lequel 
la larve s'est nourrie. Ils entrent aussi quelquefois dans 
les appartemens. Diverses espèces fréquentent les 
fleurs, et se nourrissent de leur nectar. 



58 INSRCTF.S. 

Ces insecte» font entendre un bruit occasioné par 
le frottement du corselet contre la base de 1 ecusson 
qui est chrigrinoe; ce bruit augmente à mesure^qu on 
les inciniolc d.i%antage el <ine les mouveniens de Hexion 
de la tôle sont |)lus précipités. 

Les calli.lifs lont souvent usage de leurs ailes, cl 
leur vol est assez soutonu. _ 

Les lenielles .les callidies percent le bois avec une 
espèce de tarière qu'.-Ues font sortir de leur abdomen, 
et y rl.po«enl leurs œuls. Les larves des calUd.es sont 
molles et allongées; leur corps est compose de ire.ze 
anneaux ; leurs mâ( boires servent a ronger et re^ 
duire en poudre le bois <lont elles se nourrissent; elle* 
tracent des sillons dans le bois, et tandis qu elles avan^ 
cent, remplissent les vides qu'elles laissent, avec leurs 
excrémens, poussière même do Ivois, un peu Uee mais 
très- friable el en conservant la couleur. 

\u bout de deux ans, ces larves se translorment, L%* 
chrysalides sont courtes, ramassées; on distingue les 
élytres à travers leur enveloppe. 

On peut élever ces larves dans la farine; elles y vi- 
vent très-bien. , 

Le callidie testacé est très-commun dans les chan- 
tiers de Paris, aux mois de juin et de juillet. Il a de 
cinq à sept lignes de long, le corps est fauve ; la poitrine 
qnelquefois noirâtre ; les antennes testacees ; les yeux 
-oir» ; te corselet légèrement tuberculeux. 



COLEOPTERES 



i: .70 i 










jS 61 




4' 




.^9 



ïps . 2.LeptTire . S.Necydale . 40roa-lYse . B.Opatre . 6.5carite 



-(Séant . j/.Tenébrion . S.Tropossite . g.Taupin 



LBS SAPKKDKS. &^ 



JsA XtCTD^H MAJEURE. 

Les nécrdales ont les anJonnes filiformes, ptua «Kyurt<%s 
qtie le corps; les olytros courtes; les cuisses renllécs 
vers leur extrémité. On ignore leurs métamorphoses ; 
on présume que leurs larves vivent dans la substance 
du hois. 

La nécydale majeure, qu'on trouve dans toute l'Eu- 
rope, a ensiron un pouce de longueur. Elle est noire 
et fort al!ongé(\; ses antennes sont d'un rou\ jaun;Ure; 
la tête a une ligne enlbiiieo, sur le front. FiC corseiet 
est luisant, noirâtre, avec un sillon longitudinal au mi- 
lieu. liCS éljVres sont fauves, très-courtes, finement 
pointillées; les ailes , ordinairement découvertes, ont 
la longueur de l'ahdomen , avec quelques plis vers 
leur extrémité, et plusieurs nervures jaunAtres; les 
pattes sont d'un roux jaunâtre ; les poslérieures beau- 
coup plus longues que celles de devaaL 



I.ES SAFERDEâ. 

Les saperdeaoni les antennes fines et déliées comme 
des soies, la tète courte, verticale, pas plus large que le 
corselet, les yeux fortement écliancrés au côté interne, 
le corps plus ou moins allongé, le corselet cylindrique, 
les élytre» allongées, recouvrant les ailes et l'abdomen. 



60 INSRCTfcS. 

Les larves des saperdes vivent et se transforment 
dans !e bois; elles sont sans pattes et munies de fortes 
mandibules. Parvenues à l'étatparfait, les s&perdes fré- 
quentent les Heurs ; on les trouve aussi en,- '■j^j^., ' 'lu* 

La lu ernn.ï« -1— -^.-i-^-ucs namte la Nouvelle- 
HoHanSe/Eire"â treize lignes de long, le corps d'un 
brun couleur de poix, couvert d'un duvet court et 
serré ; les antennes velues extérieurement ; le corselet 
fortement ridé transversalement ; les élytres chargées 
de tubercules lisses, luisans et de petits points formes 
par un duvet blanc ; le dessous de l'abdomen pubescent ; 
les pattes ferrugineuses. 



X.Z:S STENCORES. 

Le stencore du saule n'est pas rare aux environ» de 
Paris, sur le tronc des vieux ormes. li a les antennes 
longues et déliées ; un tubercule latéral sur le corselet , 
l'écusson presque demi-circulaire ; les élytres d'un bleu 
yiolet ; le corps d'un bleu violet ou d'un rouge testacé. 

Ce stencore, ainsi que les insectes du même genre , 
confie ses œufs aux gerçures de l'écorce ou même aux 
trous déjà existans dans les chênes et autres arbres fo- 
restiers. " 

Les larves des stencores vivent dans le bois ; elles 
sont hexapodes, nues, blanches, avec la tête et le pre- 
mier segment du corps noirâtre; leur dos est cannelé. 

Les stencores dans l'état parfait vont peu sur les 
fleurs ; ils restent le plus souvent sur le tronc de» ar- 



LES LEPTl'RES. 61 

bres ; ils s'y promènent en marchant vivement pen- 
dant la grande chaleur du jour. Leur allure est sacca- 
dée, et ils tournent souvent la tète à droite et à gauche, 
comme s'ils examinaient ce qui se passe autour d'eux. 
Lorsque le temps est froid, ils se tiennent à la même 
place sans bouger; mais dans les deux cas, lorsqu'on 
veut les saisir, ils se cramponnent fortement aux objets 
sur lesquels ils étaient posés ; ils s'envolent assez diffi- 
cilement. 



XiES IiEPTUKES. 

On rencontre ce genre d'insectes sur le tronc des ar- 
bres et sur les fleurs; leurs larves vivent dans le bois 
pourri ; on en compte au moins cinquante espèces. 

Parmi les Icpturcs de nos climats, on distingue la 
lepture à quatre macules s elle a huit à neul lignes de 
longueur. Son corps est allongé, noir, un peu velouté; 
ses antennes sont en scie et placées au-devant des 
yeux ; ses élytres sont de couleur livide, avec deux ta- 
ches noires sur chacune. 

On trouve à Gayenne, sur les roseaux , une lepture 
toute noire, qui a deux pattes de derrière longues deux 
fois comme son corps , et l'extrémité des jambes ainsi 
que les tarses garnis de houppes de poils soyeux. 



«0a 



•5 IliSfGTIf. 



t,ES SPOZODIXIDES. 

Ce genre d'insectes coléoplfres offre powr ooractères 

des antenne» nionilil'ornics, aplaties, insérées dans les 
yeux ; le corps alIon<jé ; le coreelel globuleux et couvert 
d'aspérités calleuses. 

L'insecte assigné pour type est le spondylide bu- 
preste ; on le trouve dans les lorèts du nord de l'Kurope. 
où sa larve se creuse une habitation dans l'intérieur du 
hois. 



XES TROGOSSITES OU CADEX.XES. 

Ces insectes habîteol no« départemens méridionaux ; 
ils ont les amennes en forme de collier, des mâchoires 
munies d'une dent à leur hase; le corps obiong , dé- 
primé; le corselet écarté des élylres par un étrangle- 
ment distinct. 

Les larves des trogossites ont huit lignes de long et 
Wie ligne de large ; elles vivent dans l'intérieur des 
grains, et sont funestes aux fromens. L'insecte parlait 
m montre peu dans toute ia belle sais»n. 



\ 



LA OH«V«OMtLr. 09 

X.A TtTRATOME DES BOLET8, 

MICÉTOPHAGE. 



Cet inspcle se trouve mw tmvirons de Paris, dans les 
Hiani|)i£;iit>ns bolets. 11 a ciixiron deux lignes de long; 
ses antennes sont ronsses à la base, avec la ma-se brnne; 
la tête est noire, luiwnile ; le coriis est teslacé. biil'ant, 
flnenient pninliUé, el buidé: les élylres sont noires, lui- 
sanlf-s et pointi liées ^ le dessous du cprpâ tuu^, les pnites 
Bont lestacées. 



Z.A CHB'FSOMIXE, 

Lo caractère de cet insecte coléoptère, éont on 
compte vingt espèces i)ien dislinctes, est d'avoir les an- 
leiincs en forme de collier, le corps ovale, la poitrine 
un peu ronde, le corselet bordé sur ses côtés. Plusieurs 
espèces sont parées des couleurs brillantes de Tor et 
de l'airain. On admire surioui la vhrysotnèle à galons et 
Yarlequin doré. Leurs ailes étendues ollrent une couleur 
d'un très-beau rouge. La chrysomèle tenébrion , qu'on 
trouve sur le caille-lait, la garance et autres plantes ru- 



64 INSECTES. 

biacées, est aptère, très-noire, avec les antennes et les 
pattes violettes. 

Les larves de ces insectes vivent dans les prairies; 
sur les arbrei, tels que le bouleau , le peuplier ; sur les 
plantes, telles que l'as^perj^'e, le nénuphar, la renoncule, 
quelquefoi* aussi dans le bois pourri. Parmi les chry- 
sonieles, il y en a qui, lorsqu'on les touche, jettent une 
liqueur huileuse et d'une odeur désagréable. 



Z.A GAI.ÉRU9XXS. 

Ce genre d'insecte se distingue de la chrysomèle, 
parce que les antennes de la chrysomèle vont en gros- 
sissant ver» le bout, au lieu que celles de la galéruque 
sont partout d'une égale grosseur ; le corps de la chry- 
somèle est sphérique, celui de la galéruque est plus 
allongé. 

On trouve les larves de cet insecte sur les feuilles de 
l'orme , du bouleau et de plusieurs autres arbres; mais 
une espèce très-singulière est la galéruque aquatique, 
dont la larve vit au lond de l'eau, sur les feuilles du po- 
tamogelon. Celte larve tirée hors de l'eau ne paraît point 
mouillée ; on croit qu'elle exhale une matière grasse qui 
ne permet point à l'eau de s'y attacher. 



i GAIBOUfil. 65 



JUXS CEIXOCERES. 



Les criocères présentent assez d'intérêt par les cou- 
leurs éclatantes dont sont décorés leur corselet étroit 
et leur corps allonge. Ils vivent sur les Heurs ; ils font 
entendre un petit bruit lorsqu'on ies prend. Leurs larves 
sont courtes , molles , d'un aspect hideux et couvertes 
des débris des feuilles qu'elles ont rongée^. 

Trente espèces et plus composent ce genre. Les plus 
connues sont : 

Le criocère à douze peints. Son corselet est cylin 
drique, rouge. Les élytres sont rougeâtres, et il y a six 
points noirs sur chacune. 

Le criocère du lis ; il «st noir en-dessous et rouge en- 
dessus. 

Le criocère cyanelle; il est tout bleu. 

Le criocère mén^^ope ; il est bleu, avec les pattes et 
le corselet rouges 



!.£ GRIBOUBI. 

Cet insecte est très-connu et très-redouté des cultiva- 
teurs, parce qu'il ronge et détruit les dilférentes plantes 
sur lesquelles il se trouve ; on en distingue au moins 
soixante espèces dont voici les deux plus communes. 

Le gribouri soyeux , gros comme une punaise , a la 
tôle verte, les élytres et le corselet d'un vert doré, fine- 

l'f. f» 



66 tliSECT£8. 

ment ponctué j les ailes et le dessous du corps vertj 
on }? trouve principalement sur le saule. 

Le gribouri biponciué est plus gf«nd d'un tiers qtie 
le préuédenl ; il a la tète et le corselet noirs ; les ély- 
tresd'un rouge lauve. Ce griliouri est connudes paysans 
sous ie nom de coupe-ùourijeon. (1 passe l'hiver dans 
l'état de larve ; il s'attache au pied des ceps qu'il lait 
souvent périr. Il sort de terre à la lin de mars, et se 
jette ?ur les bourgeons encore tendres des vignes : on 
lui .inime utileuieni le change en semant dans les vi- 
gnobles (Quantité de fèves, et l'on enlève à propos ce 
l'euiîlage mutile avec l'insecte qui s'y loge pour brûler le 
tout auprès des vignes. 

Le gribouri pique le raisin mâr afin d'y loger teh 
œufs j le Eoleil pompe rapidement le suc du raisin 
attaqué et le réduit en poudre ; bientôt il sort de ces œufs 
des légions de vers qui dévastent la vendange. Comme 
ces vers aiment les endroits humides, si l'on a soin de 
mettre du fumier dans le vignoble, ils s'y enfoncent, 
lorpqu'en automne ils cherchent une retraite pour s« 
chaRt;er en chrysalide : on les extermine alors à coup sûr 
et en grand nombre à la fois. 



LES CLTTRES. 67 



TUES CI.TTILXS. 

Les clylres diffèrent des gnbouris par des autennes 
en scie , par des manail)ules arquées , par des aolen- 
nules dont le dernier article est plus mince que les au- 
tres. 

Le corps de œs insectes a une forme à peu près cylin- 
drique, et, quoique peu riche en couleurs hnlJantes et 
variées, il n'en parait pas moins agréable à la vue. 

Les clytres s'élèvent peu; les plus grandes espèces 
connues ont à peine six lignes de long. Leur vol n'est 
pas bien agile , et on peut les prendre facilement. Ces 
insectes se trouvent sur les Qeurs, et le plus ordinaire- 
ment sur celles des chênes. Leurs larves ne sont point 
connues. 

La cljtre quadriponctuée, assez commune en France, 
«nr le chêne, le prun(^lier et l'aubépine, a la tête, le cor- 
selet et l'écusson noirs, luisans ; le^ élytres sont d'un 
rouge pâle, avec deux taches noires sur chaque ; le des- 
sus du corps et les pattes sont noirs, légérenjent cou- 
vertes d'un duvet grisâtre. La clytre quadriponctuée a 
un peu moins de cinq lignes de long. 



$g iMSBCTESe. 

I.ZS BRUCHES. 

Les bruches diffèrent des charançons par leurs an- 
tennes filiformes un peu en scie, par le manque de 
trompes, et par les parties de leurs broches. 

Les larves des bruches ont le corps assez gros, avec 
neuf stigmates de chaque côté, par lesquels s'introduit 
l'air nécessaire à la vie. 

C'est dans cet état de larve que les bruches exercent 
tant de ravages sur les différentes graines de la plupart 
des lé-^umineuses et de quelques fruits à noyau , parti- 
culièrement dans les fèves, les lentilles, les vesces, 
les pois ; dans les sraincs du gleditsia , du tlieobroma, 
des mimosa et de plusieurs espèces de palmiers. La 
larve passe l'hiver dans la graine dont elle consomme 
une partie , s'y change en nymphe, et l'insecte parfait 
en sort au printemps. Avant de subir sa métamorphose, 
il a soin de se ménager une issue, en rendant, à un 
certain endroit de la graine , l'écorce si mince que le 
moindre effort suffit pour la percer. Faute de cette 
précaution , on trouve souvent l'insecte parfait mort 
dans les pois et les lentilles. 

Dans leur dernier état , les bruches fréquentent les 
fleurs ou différentes plantes. Les femelles déposent 
leurs œufs dans les graines, un à un ; cependant on en 
trouve quelquefois deux dans les fèves de marais. 

Le meilleur moyen de se débarrasser des bruches, 
c'est de plonger dans l'eau bouillante, dès que la ré- 
colte en est faite , toutes les graines destinées a la re- 
production. ,, 

La bruche des pois est noirâtre, couverte de poito 



LES ATTELABKS. 69 

cendrés ; les éiylres, plus courtes que l'abdomen , sont 
striées et parsemées de petits points blancs. Il y a 
une petite épine de chaque côté du corselet et un pe- 
tit point blanc à sa partie postérieure ; l'écusson est 
presque carré ; l'extrémité de l'abdomen est blanchâ 
tre , avec deux taches noires , ovales ; les pattes sont 
noirâtres , avec les jambes et tarses antérieurs rou- 
geâtres ; les cuisses postérieures sont un peu renflées et 
munies d'une épine. 



I.ES ATTZZ.ABES. 

Les attelabes ont ordinairement le corps ovale , le 
tête allongée en forme de trompe , la bouche pourvue 
de mandibules ou mâchoires ; deux ailes cachéçs sous 
des étuis convexes : leurs antennes composées de onze 
articles , sont posées au milieu d'une espèce de trompe 
plus ou moins longue. 

Les larves des attelabes sont des vers apodes, mous, 
blanchâtres. Elles vivent de substances végétales, atta- 
quent les feuilles, les fleurs, les fruits et les tiges de» 
plantes. Elles sont d'autant plus nuisibles , qu'enfer- 
mées au milieu d'une tige ou au centre d'un fruit 
qu'elles rongent insensiblement, on n'est averti de leur 
présence que lorsque le mal est sans remède. 

Les larves des attelabes changent plusieurs fois de 
peau i et parvenues à toute leur grosseur , elles filent 
une coque de soie, ou la construisent d'une matière 
résineuse solide , et s'y transforment en nymphes. 



70 IHSItCTRS. 

C'est ordiDairement sur les plantes qui ont nourri 
les larteg que l'on trouve les insectes parfaits. Ils sont 
occupés sur les tieurs à puiser la liqueur mielleuse qui 
y est enfermée } quelques-uns se nourrissent aussi du 
parenchyme on partie tendre des feuilles; mais, beaucoup 
moins voraces que dans leur état primitif, ils causent 
aussi moins de tort aux Tégétaux. 



Ii*ATTEIiABE TÊTE ÉCOB.CHÉE. 

Cet insecte a environ trois lignes de long et un^ 
ligne et demie de large. Les antennes , la télé , l'écus- 
son et le dessous du corps sont d'un beau noir luisant , 
le corselet est noir, ou entièrement rouj;e, ou rouge 
varié de noir j les élytres sont rouges avec des stries } 
les pattes sont noires ; la trompe est courte ; les yeux 
noirs , saillans et arrondis ; la tête est presque ovale , 
et amincie postérieurement à sa jonction avec le cor- 
selet : celui-ci est pareillement aminci à sa partie anté- 
rieure, de sorte qu'on voit entre eux une sorte d'étran- 
glement. 

La larve de l'attelabe tète-écorchée vit sur le charme, 
le bouleau, l'orme, le noisetier. Elle roule les feuilles 
en cylindre, les Terme par les deux bouts, et se nourrit 
et se transforme dans l'intérieur. 



:.S CHARARÇOR. tl 

X.ES BREXTES. 

Les brentes appartiennent à la famille des charançons. 
Elles ont le corps allongé, une trompe longue et cylin- 
drique, deux ailes cachées sous des étuis durs ; enlîn 
les cuisses simples ou dentées. Elles se trouvenldans 
les pays chauds et vivent sur les Heurs. On n'en a en- 
core découvert aucune espèce en Europe 



X.E CHARANÇON. 

Ce petit coléoptère, sans des soins continuels, dé- 
truirait toute la tarine de nos grains dans les granges. 
Il multiplie considérablement. A l'état de larve et d'in- 
secte parfait, il se nourrit de la substance du blé, de» 
fèves , des pois , des lentilles et autres graminées. 

Le charançon commun est brunâtre, long à peu prés 
d'une ligne et demie : sa tête est allongée en l'orme de 
trompe. On en rencontre diverses espèces dans les 
champs, sur la sabine, le lierre, les feuilles de noyer, de 
l'absinthe, de la nielle, les têtes d'artichauts. Ses larves 
ont six pattes et une tête écai lieuse. Elles se logent 
dans les «rains, y grandissent aux dépens de la sub- 
stance farineuse , passent à l'état de nymphe et sor 
tent en perçant la peau de leur habitation Ces in- 
sectes sont d'autant p'us à craindre que le froid les 
engourdit sans les fa re périr, et qu'ils peuvent sup- 
porter une chaleur de 70" Réaumur » 



72 INSECTES. 

La larve du charançon sauteur établit son domicile 
dans l'épaisseur des feuilles. Cette espèce, qui à les 
pattes postérieures longues et fortes, saute avec beau- 
coup d'agilité. 

La larve du charançon de la scofulaire, parvenue à 
sa grosseur, forme au haut des ti^cs une sorte de 
vessie à moitié transparente, dans laquelle elle s'en- 
ferme pour se transformer. Celte vessie ronde et assez 
dure paraît produite par une humeur visqueuse dont 
on voit la larve couverte. 



I<£S BRACHYC£R£S. 

( . s hrafhycéres ressemblent beaucoup aux rharen 
{,ons. Ils ont Ioï; antennes droites et assez courtes; la 
tête inclinée et scmblahle à une trompe ; les élytres 
ovales , sans ailes dessous. 

Les brachyccres ne se trouvent que sur la surface 
du sol. Ils marchent lentement, bien que leurs jambes 
soient assez longues classez grosses. Toutes les espèces 
eont étrangères à notre climat. 

Le brachycère aptère du cap de Bonne-Espérance , 
nommé par Degeer charançon croisé , est très-grand 
La trompe est noire, grosse, inchnéejles antenner 
noires; le corselet noir, avec quelques taches ferrugi- 
neuses, raboteux et inégal. On y remarque un enfon* 
cément en forme de croix. Les élytres et le dessous dt 
corps sont noirs, tachetés : l'abdomen a trois ran- 
gées de taches ferrugineuses bien marquées. 



LES BOSTBICHES. 73 



I.ES BOSTRXCHES. 



Les boslricheB ont les antennes courtes, en massue ; 
la tête petite , rentrant dans le corselet ; point de 
trompe ; le corselet velu et d'une forme cubique, ex 
ceplé sur le devant , où est un enfoncement qui reçoit 
la tôle comme un camail ; le corps oblong ; les pieds 
épineux. 

Les bostrichcs sont très-nuisibles aux bois. On en 
distingue plusieurs espèces. 

Le bostriche capucin est noir. Son corselet est cou- 
vert de points élevés ; ses élytres sont rouges et pres- 
que raboteuses. On le trouve sur le bois de chêne qu'il 
ronge. 

Le bostriche imprimeur est rougeâtre, à duvet court, 
à élytn^s tronquées et dentées en arrière. Non seule- 
ment il altcique les chênes et les sapins, sous l'aubier 
desquels il s'introduit lorsqu'ils sont abattus , mais il 
pénètre encore sous l'écorce des arbres vivans. 

Le bostriche cylindre est noir et a les élytres striées. 
Cette espèce est grande et très-répandue dans la forêt 
de Fontainebleau , où elle se niche sous l'écorce des 
chênes. 

Les larves des bostricires vivent quelquefois deux à 
trois ans avant de parvenir à l'état parfait : leur corps 
est composé de douze anneaux. On les trouve dans les 
bois morts, sur lesquels elles laissent des traces im-- 
nienses et qu'elles réduisent en poussière. 



T4 insectes. 

XJSS :ÊROT7I.ES. 

Les érolyles ont le corps plus ou moins ova!e; le 
antennes en niasse comprimée ; le corselet échancré 
antérieurement ; un large rebord aux élyires ; les patle» 
simples, les trois premiers tarses garnis de houppes 

Les érotyles sont particuliers au climat de Gayenne 
et de Surinam. Ils fréquentent les plantes et les (leurs, 
et vivent à peu près comme les chrysomèles. 

Le plus grand , l'érotyle géant, a environ dix lignes 
de long et six de large; les antennes et la tête sont 
noires ; le corselet est noir, un peu inégal ; les élytres 
sont très-convexe» , noires , avec un grand nombre de 
petites taches rouges, doni quelques-unes réunies : le 
dessous du corps et les pattes sont noirs. 



Z.A CASSIX>£. 

La casside est ainsi nommée parce que son corselet 
s'allonge antérieurement, de manière à couvrir comme 
d'un casque la tête de Pinsecte. On rencontre souvent 
la casside sur les chardons. Elle dépose ses œufs sur 
les feuilles de l'aune et des fèves. Ses larves sont lar- 
ges, courtes, aplaties. Leur queue se recourbe en 
dessus de leur corps , et se termine par deux fourche» 
à la base desquelles se trouve l'anus. Parce moyen les 
excrémens que rend l'insecte restent soutenus sur celte 



LA CASSIDK. ''S 

espèce de fourche, ou ils s'amassent et forment conrime 
un parasol qui met son corps à l'abri Sa chrysalide, 
d'un verl pâle, est entourée d'appendices épineux, et 
a quelque ressemblance avec un écusson armoriai sur- 
monté d'une couronne. 



7* m^RCTKS. 

4« SKCTIOM 

DES COLÉOPTÈRES (un seul genre). 
XJL COCCINEI.I.S. 



Ce petit coléeptère est fort commun et très-connu 
sous le nom de bête à Bon Dieu. Il se tient sur lesfleurs. 
Ses élytres, tantôt rouges ou blanches avec des points 
noirs , tantôt noires avec des points rouges, tantôt vio- 
lettes et de diflerentcs nuances, ont l'éclat et le bril 
lant de l'écaille. Sa larve est ennemie des pucerons, et 
on la voit fréquemment sur les feuilles d'arbres char- 
gées de ces insectes. Pour se métamorphoser, elle se fixe 
sur une feuille par la partie postérieure du corps. 



COLEOPTERES 



F y6. 



-X 



\ 





% 











w 




-^i». 



^J ^' ^7 7^ ^ 

.CicindeUe . 2.Cistelle . 3. Clairon . A.Clytre . 5Bete-a-bon-Dieu 

65 46 3o ^ , 53 

5 Crioc^^ . _7.Dia.pere . ÔXliphre . g.Erodie bossue 



LES ORTHOPTÈRES. 77 

LES ORTHOPTÈRES. 



Les orthoptères se rapprochent des coléoptères par 
la forme de leur bouche cl par quelques-unes de leurs 
habitudes; mais ils s'en éloignent essentiellement par 
leur métamorphose. Leurs ailes sont au nombre de 
quatre, dont les deux supérieures sont demi-membra- 
neuses et tiennent lieu d'élytres. Elles sont très-larges 
sans être plus longues que leurs étuis et se plient lon- 
gitudinalement comme un éventail. C'est dans cette 
particularité que consiste le caractère essentiel des or- 
thoptères ; et de là leur nom tiré de deux mots grecs 
qui veulent dire ailes droites. 

Les ailes membraneuses des orthoptères sont sou- 
vent ornées de couleurs vives et variées. 

Les orthoptères ne se nourrissent que de substances 
végétales solides qu'ils broient avec la plus grande faci- 
lité, toutes les parties de leur bouche étant très-mobiles 
et mues par des muscles puissans. De tous les insectes, 
ce sont ceux qui mangent le plus; leur canal alimentaire 
est fort étendu, et présente plusieurs rcnflemens ; il suf- 
fit pour préciser l'idée que l'on doit se faire de la vora- 
cité de ces insectes, de rappeler les dégâts affreux cau- 
sés par ces nuées de criquets qui ravagent et dessèchent 
les champs et occasionent la disette. 

Tous les orthoptères ont des ailes fort longues dont 
ils se servent avec beaucoup d'agilité pour courir ou 
pour sauter; leur tète est grosse, leurs antennes très- 
longues. La plupart placent leurs œufs dans l'intérieur 
de la terre. Ces œufs sont mous , sphériques ou al- 



la msECTKS. 

longés. L'insecte qui en sort ne diffère de celui qui les 
a pondus que par la taille et par l'absence totale des 
ailes, dont la nymphe a le» moignon». ' 

Lex ortliopléres vivent peu de temps ; aucun ne passe 
l'hiver, ei l'espèce se per[)élue au moyen des œufs dé- 
posés dans la terre eu automne. 

Le corps des orthoptères est généralement gras et 
succulent, et Ton sait que plusieurs peuples d'Afrique 
mangent quelques espèces de criquets. Les insectes 
destructeurs des collections attaquent aussi ces insectes 
plus volontiers que les autres, et il est difficile, à cause 
de ceia , de les conserver long-temps. 

Ou compte dix genres d'orthoptères bien distinctB. 



Z.I: roBricuz.£ auricuIiAZIiz: , 

oc 
PERCE-OREILLE. 

Le perce-oreille est long, agile, et court fort vite. Il 
a la bouche garnie de dents et de barbillons ; ses an- 
tennes sont filiformes; l'extrémité de son ventre est 
armée de deux parties mobiles en formes de pinces; 
son corps est un peu aplati , lisse et d'un brun plus 
ou moins foncé. 

Les personnes timides ont peur de ces petits in- 
sectes, parce que, dit-on, ils s'introduisent dans les 
oreilles et les percent pour entrer dans le cerveau. La 



LES BLATTES. 79 

vérité est que ce fait est impossible, et que ie perce- 
oreille est incapable de nuire, si ce n'est aux Heurs, 
et surtout aux oeillets, dont il coupe les pétales. 

Le perce-oreille est ovipare. Ses larves vivent du 
suc des plantes. 

Pour détruire cet insecte, les jardiniers fleuristes fi- 
chent des baguettes au pied des lleurs. Au haut de ces 
baguettes, on met des ongles de pieds de mouton. Les 
perce-oreille , qui aiment à se nicher dans les (rous , 
ne manquent pas de s'y retirer dans les temps humides 
et pendant la nuit, de sorte que le piège, en les visi- 
tant, Qn les y trouve encore. On les noie, on les écrase, 
ou on les donne aux poules. 



X.ES BI.ATTES. 

Ces insectes sont hideux à la vue ; les fourreaux de 
leurs ailes sont mous et comme membraneux ; ils ont 
deux vésicules placées aux deux côtés de l'anus ; ils 
courent très-vile j les mâles seuls peuvent voler, les 
femelles n'ajant que des moignons d'ailes. 

La larve des blattes ne diiiere de l'insecte parfait que 
par le défaut total d'ailes, de pattes et d'étuis. Elle se 
nourrit de farine. 

Les blattes les plus communes en Europe, sont la 
blatte orientale, et la blatte de France. 

La blatte orientale est originaire d'Asie. Elle fuit le 
Jour et la lumière ; elle sort la nuit et parcourt les 
ouisines, les boulangeries, pour ronger le pain et les 
provisions. Elle exhale une odeur nauséabonde. 



80 lîlîSKCTËS. 

La blatte de France est grise, à taches jaunes, àély- 
Ires livides. Elle est commune dans les bois; le soir et 
pendant les jours sombres , on la trouve sous les fou- 
gères et les feuilles sèches. 

Il y a une espèce de blatte qu'on appelle ravct ou 
kakerlac dans les colonies françaises, et canorolas au 
Brésil. Elle cause de grands dégâts. Elle se glisse dans 
les coilres , les malles, les armoires, les magasins, 
tache tout, ronge les viandes fraîches et desséchées, le 
cuir, les livres, le bois; court sur le plancher, le long 
des murs, sur les-, tables, et se précipitant d'en haut, 
infecte les mets qu'elle rend dégoûtans. Pendant la 
nuit, el'e se promène sur les personnes endormies. 
Elle multiplie beaucoup, et dépose ses œufs par tas; 
heureusement que cftt insecte dévastateur a pour en- 
nemis beaucoup d'oiseaux, la volaille, la guêpe ichneu- 
mon et les grosses araignées. 



3Li: GRTZ.I.ON' DES CHAMPS. 

Le grillon est brun ; ses antennes sont minces comme 
un fil, très-mobiles; sa tête est grosse, ronde, luisante; 
ses yeux sont jounes et saillans; son corselet est large 
et court ; dans les mâles, les étuis sont plus longs que 
le corps, veinés, comme chiffonnés en dessus, croisés 
l'un sur l'autre et enveloppant une partie du ventre. 
Dans les femelles, au contraire, les étuis sont plus pe- 
tits que le ventre et ne se croisent point. 

La femelle du grillon des champs porte à l'extré- 



LE GRILLON DOMESTIQUE. SI 

mué de sor> corps une pointe dure, presque aussi lon- 
gue que le ventre, plus grosse par le bout, composée 
de deux gaines qui enveloppent deux lames. Cet in- 
strument lui sert à enfoncer et déposer ses œufs dans 
la terre. 

Les pattes postérieures du grillon des champs sont 
plus grosses et font ressort pour le saut de l'animal. 

Le grillon des champs subit sa métamorphose dans 
la terre. La larve ne dill'ère de Tinsecte parfait que 
par le défaut d'ailes et d'étuis, car du reste «lie court 
el sJiaute aisément. 

Le grillon des champs se nourrit de racines, de four- 
mis et de petits insectes. 

Le chant du grillon mâle est dû à un jeu d'organes 
renfermés dans la capacité de son ventr*» et au frotte 
ment des élvtres l'une contre l'autre. 



Z.C GRIZ.X.OMr DOMESTIQUE. 

Le grillon domestique est de couleur cendrée bleuâ- 
tre, à tête grosse et arrondie. Il est commun dans nos 
villes. Il se niche dans des murs d'argile, contre les 
briques, dans des trous de cheminée, près des foyers, 
des fours et des fourneaux, enfin dans les endroits où 
il y a du feu toute l'année. Il chante continuellement, 
surtout le soir et la nuit, excepté dans les plus grands 
froids. 

Ce grillon mange de tout ce qu'il trouve : nain, fa- 
riné, viande, graisse, fruits. Son cri aigu et continuel 

IV. G 



82 1N5£CTSS 

paraît désagréable à bien des gens, mais d'autres, au 
contraire, aiment à l'entendre, et croient même que. 
les grillons portent bonheur à leur maison. 

Des enfans, auxquels on a inspiré ce préjugé, ap- 
porlenl à la maison des grillons de campagne, pour les 
mettre dans les cheminées ; mais ces grillons sauvages 
ne sont pas faits pour habiter les loyers. Ils ont mènje 
tant d'antipathie pour les grillons domestiques, qu'ils 
les poursuivent et les détruisent. 

On fait en Afrique commerce de grillons. Les nègres 
se persuadent que le petit bruit de ces insectes contri- 
bue à procurer un sommeil tranquille, et ils en achè- 
tent à des marchands qui les colportent dans des es- 
pèces de fours eo fer battu. 



I.E TAUPE-GRII.I.Oia' OU COUILTIIiXERE. 

Cet insecte est de la longueur du doigt, d'un gris 
obscur. Sa tête est petite, allongée, garnie de deux 
antennes tiliformes et de quali-e antennules ; il a trois 
grands yeux durs, hrillans et noirâtres, et trois petits 
yeux lisses, tous rangés sur une même ligne transver- 
sale. Le corselet forme comme une espèce de cuirasse, 
allongée, presque cylindrique et comme veloutée. Les 
élytres ne vont que jusqu'au milieu du ventre ; elles 
sont ci'oisées l'une sur l'autre, et ont de grosses ner- 
vures brunes, noirâtres ; les ailes finissent en pointes 
plus longues que le ventre de l'animal. L'abdomen est 
mou, et se termine par deux appendices assez longs. 
Ses pattes antérieures sont très grasses, aplatres; 



LE TAUPE-GRILLOM 93 

elles sont garnies de grilles semblables i des soies de 
sanglier. 

Le grillon-taupe cherche les lieux humides, et passe 
la plus grande partie de sa vie sous terre, principale-" 
ment dans les couches des jardins. Il sortlanuii. marche 
lentement, saute comme le? sauterelles. Il se nourrit 
de froment , d'orge et d'avoine ; il en porte Pelé dans 
les trous où il se relire l'hiver, il peut jeûner pendant 
quelques jours sans mourir; mais ce qu'il y a de plus 
singulier dans les parties internes de cet insecte, c'est 
qu'on y trouve piumeurs estomacs, comme dans les 
animaux, ruininans. 

Le taupe-grillon est ainsi nommé parce qu'il creuse 
le 'sol et élève de petits monceaux de terre comme les 
taupes. C'est le fléau des jardins potagers et des lieurs, 
parce qu'il coupe et ronge les racines de toutes les 
plantes, notamment des melons et des laitues. Ses pattes 
en dents de scie lui servent à cet usage. 

Le taupe-grillon mord avec force a l'aide des pinces 
dont sa t(He est armée. Lorsque les porcs, en fouillant 
la terre, avalent un de ces insectes tout vivant, ils péris- 
sent presque aussitôt, parce que !e taupe-grillon leur 
pique et déchire l'estomac et les intestins. 

Le taupe-grillon choisit pour son nid une motte do 
terre solide, grosse comme un oeuf do poule, dans la- 
quelle il pratique un trou. Il forme au-dedans de cette 
motte une chambre assez spacieuse pour recevoir ses 
œufs, qui sontau nombre d'environ cent cinquante. Il a 
grand soin d'atlermir les dehors de ce nid souterrain , 
et creuse tout autour une espèce de «hemin couvert 
pour rôder en sûreté et prévenir une attaque subite. 

Aux approches de l'hiver, le taupe-grillon emporte 
s«s œufs, les descend fort avant en terre, et ne les re- 



M INSECTES. 

monte que lorsque le temps s'adoucit. Ilsécloseni dans 
le mois de mai. 

De toutes les méthodes employées pour détruire les 
taupes-grillons, la meilleure est de remplir d'eau 'eur 
retraite, et d'y verser très-rapidement une cuillerée 
d'huile de lin, de noix, ou de chenevis. Un verre d'es- 
sence de térébenthine dans un arrosoir rempli d'eau est 
également d'un elïét infaillible. 






Z.ES £auti:reli.es. 

L'insecte donné pour type au genre sauterelle est la 
grande sauterelle verte. Elle a deux pouces de long. 
Son corps est d'un beau vert; seulement une ligne d'un 
bai brun passe sur le dos , la poitrine et le sommet de 
la tête, et deux lignes pâles au-dessous du ventre et de 
la dernière paire de jambes. La lète, placée verticale- 
ment, ressemble à celle d'un cheval. La bouche est mu- 
nie de deux mâchoires dentées; la première paire de 
jambes est plus courte que les autres ; une ouverture 
large, et fermée par une pellicule mince vers Torigine 
des élytres, fait la distinction visible des mâles d'avec 
les femer.ss, lesquelles ont d'ailleurs une tarière longue 
et en forme de coutelas aplati. 

Plusieurs naturalistes ont écrit que la sauterelle ru- 
minait : elle a en etïct deux estomacs. 

Sur la fin de l'été, la femelle cherche à déposer ses 
œufs dans les lieux incultes ou dans les prairies. Elle 
*!hoi.sit les fentes d'une terre meuble t crevassée ou sa- 



COLEOPTERES 

ET 

ORTHOPTERES 



p. Si. 




€y ââ <S4 So 

l.Altelabe, . a.CrK^uet . 5.Sa.\itereUe . 4 Grillon 



Z. ?=^ ^^"TCALf^ 

IBS SAUTERELLES. 85 

blonneuse. Chaque œuf glisse entre les deux lames de 
l'appendice qu'elle porte à sa queue, et s'enfonce dans 
la terre, après quoi la pondeuse périt. Le mâle ne sur 
vit guère à la femelle. 

Les œufs demeurent cachés en terre jusqu'au retour 
du printemps. Ils sont blanchAtres, de la grosseur d'un 
grain d'anis et enveloppés dans une membrane tissne 
de petits filets argentins. Il en naît, vers la tin d'avril, 
des larves qui ne sont pas plus grosses que des puces. 
Ces larves sont d'abord blanchâtres, puis noirâtres au 
bout de trois jours, puis roussâtres. Elles ne tardent 
pas à passer par l'état de nymphe ; ce passage n'est 
pas laborieux pour elles , et dans cet état elles com- 
mencent à sauter d'une manière très-active,^ quoique 
leurs ailes soient pliées et entortillées ensemble. 

Au bout de vingt-cinq jours, la nymphe de la saute- 
relle cherche à quitter sa robe. Elle cesse de manger, 
s'attache à un chardon ou à une épine, gonfle sa tète jus- 
qu'à ce que sa peau crève au-dessus du cou, et elle sort 
tout entière par cette déchirure. Ses ailes se dévelop- 
pent et s'allongent; elle s'anime, se meta sauter et 
prend son vol. 

Le mâle de la sauterelle a vers la base des élytres un 
grand trou ferrné par une membrane transparente, et 
qui est l'organe de son chant. Cet insecte ne fait point 
de bruit pendant le jour, à moins qu'il ne se trouve 
dans un lieu obscur, ou qu'un nuage épais ne vienne à 
couvrir l'horizon. Il commence à chanter au coucher du 
soleil, et ne discontinue point pendant la nuit, étant 
posé sur une tige d'herbe, de blé, ou d'arbuste, dans 
les prés, dans les champs ou dans les haies. 

Quoique les sauterelles soient lentes dans leur vol, 
surtout lorsque je temps est froid ou humide, elles oc 



\ 

HJl IS.SKCTES. 

laissent pas de voler quelqueîois assez loin. Si on leur 
prend une jambe de derrière, elle se détache du corps 
à sa naissance. 

Les sauterelles se nourrissent d'herbes et mdme de 
fmits et de miel ; pour peu qu'on leur presse le ventre, 
plies rendent aussitôt par la l)ouche le suc des herbes 
«•ncore tout vert. Qnand on les saisit, elles mordent 
fonvent si fort, qu'on est obligé de les lâcher. 

Les variétés de la sauterelle verle communes aux en- 
virons de Paris, sont la sauterelle grise, la sauterelle 
porte-selle et la sauterelle rouge-verrue. 

lia sauterelle grise est petite; elle a les antennes jau- 
nâtres, le corps brun, lesélytres mélangées de brun et 
«le cendcp ; les pattes verdàtres; les ailes transparentes; 
la dernière paire de jambes très-longue. 

La sauterelle porte-selle est de couleur cendré-brun, 
mêlée de vert ; elle a un pouce de longueur. Elle est 
ainsi nommée à cause de son corselet en forme de selle, 
et qui, relevé en arrière, recouvre la partie antérieure 
des élytres. 

La sauterelle rouge-verrue a environ deux pouces 
de long; les antennes plus courtes que le corps; les 
élytres vertes, tachetées de brun ; des taches pareilles 
bordant l'abdomen ; la femelle porte une tarière grisâ- 
tre et recourbée en cimeterre ; elle mord cruellement 
lorsqu'on la saisit sans précaution. Linné rapporte 
qu'en mordant les verrues, elle y répand une liqueur 
qui les fait sécher et disparaître. 

Les sauterelles sont un ûéau pour les campagnes ; 
leur voracité «inéantirait toute la verdure, si elles n'a- 
vaient beaucoup d'ennemie parmi le» reptiles et les oi- 
seaux. 

Souvent de formidables armées de sauterelles pa- 



LKS ArHÈTKS, 8T 

râissent tout-à-coup, se jettent par milliers sur des 
champs ensemencés, et en quelques heures enlèvent 
jusqu'au moindre brîn d'herbe. La Qamnie la plus ra- 
pide ne produit pas de plus cruels désastres. 

Certains peupl*»? sont acridophayes , c'est-à-dire 
mang*^urs de sauterelles. A Athènes, on portait régu- 
lièrement des sauterelles au marché. C'était une nour- 
riture connue dans la Judée. En Orient, on prépare 
ces insectes de diUérentes façons : les uns les font 
bouillir, d'autres rôlir dans une terrine ; il y en a qui 
les font frire avec du beurre et de l'huile, ou mariner 
avec du vinaigre, du sel èl du poivre. 



UCS ACHETES. 

Les achètes diffèrent des sauterelles par leurs anten- 
nules comprimées et par la manière dont leur lèvre infé- 
rieure est reçue dans une cavité que forme la poitrine 
Leur corselet est très-prolongé, et ils n'ont point d'écus- 
son. Il y a en France deux espèces, l'achète criquet à 
capuchon, et l'achète criquet à corselet allongé. L'une 
et l'autre espèce n'ont que quatre ou cinq lignes de 
longueur. La pointe d*i corselet ne dépasse pas l'abdo- 
men dans la première; elle saillit dans la seconde. 

Les achètes se trouvent dans les champs, dans les 
bois et quelquefois sur les murs. 



88 lltSKCTES. 



I.E CRIQUET. 

Le criquet ressemble à la sautere/'e : ses méiriMiur- 
phoses sont les mêmes; mais celle-ci a quatre articles 
auv tarses, et le criquet n'en a que trois. 

Outre deux grands yeux à réseaux, le criquet a trois 
petits yeux lisses. 

Le criquet saute avec agilité par le moyen -Je ses 
pattes postérieures , qui sont beaucoup plus longues 
que celles de devant, et garnies de muscles très-forts. 

Le criquet marche , mais mal et pesamment; en re- 
vanche , il vole assez bien. Ses ailes sont repliées sous 
des étuis fort étroits, et paraissent fort grandes étant 
étendues; elles sont ornées de vives couleurs comme 
celles des beaux papillons. 

Le criquet est tres-vorace. Il se nourrit d'herbes et 
de feuilles. Souvent il fait beaucoup de dégâts dans les 
campagnes; sa marche par sauts le dérobe à la pour 
suite de ses ennemis. 

La femelle du criquet dépose ses œufs en terre, où la 
chaleur les fait éclore. La larve ne diflère de l'insecte 
parfait que parce qu'elle ne peut pas voler. 



LHS MANTKS. 89 



Z.ES tiluxaz.es. 



Les truxales ont toutes les habitudes du genre cri- 
quet, dont ils se rapprochent beaucoup ; on en voit deux 
espèces dans les provinces méridionales de l'Europe. 

Le truxale nasique a trois pouces de longueur ; sa 
couleur est généralement verte ; il a trois lignes longitu- 
dinales sur l'abdomen ; les élytres et les ailes longues 
et étroites ; les patle.s postérieures courtes et épineuses. 

Le truxale de Hongrie est moins gros que le précé- 
dent; il a tout le corps d'un vert plus ou moins foncé ; 
des lignes longitudinales ferrugineuses ; les antennes et 
les pattes tirant sur le rouge. 



LES MAMTES. 

Les mantes se rapprochent des sauterelles; mais elles 
ont le corps plus effilé ; leurs pattes postérieures sont 
fort longues, et les antérieures très-larges. Comme 
elles plient et posent quelquefois leurs deux premières 
jambes l'une contre l'autre, en se tenant presque droit 
sur les quatre pattes de derrière , cette attitude singu- 
lière, qui imite celle de quelqu'un joignant les mains, 
a suffi pour en faire des insectes dévots : le peuple 
de Provence les appelle prega-Diou ( prie-Dieu ) , et 
croit qu'elles devinent les choses et indiquent les che- 
mins qu'on leur demande, parce qu'elles étendent sou- 



90 ITfSECTES. 

vent leurs pattes de devant tantôt à droite , tantôt à 
gauche. 

On trouve au midi de là France les mantes reli- 
gieuse, prêcheuse et jiaïenne. 

La manie religieuse est verie ; elle a le corselet et les 
élytres bordés de jaune ; sa longueur est de deux pouces. 

(.a mante prêcheuse est plus petite que la précé- 
dente, mais plus allongée ; elle a une tache noirâtre au 
milieu des ailes ; elle doit son nom au mouvement al- 
ternatif de ses pattes de devant. 

La mante païenne est la plus petite de toutes ; elle 
est de couleur ferrugineuse ; ses ailes sont en forme de 
réseau, transparentes, avec une tache ferrugineuse. 

Les mantes vivent d'insectes; elles les saisissent avec 
leurs pattes, composées de muscles très-vigoureux. Le 
long des cuisses et des jambes, il règne deux rangs de 
fortes épines, terminées aux tarses par un ergot ; elles 
déclarent la guerre même aux individus de leur espèce, 
et leur mangent le cœur et la tête. Ainsi tout l'extérieur 
des mantes est hypocrite; elles trompent ceux qui ne 
les connaissent pas. 

Les mantes déposent leurs œufs sur les plantes ; les 
larves, au temps de leur métamorphose, s'attachent aux 
extrémités des branches , et semblent naître de l'arbre 
même , dont elles ont la couleur. 



LES PIIASMES ET LWS SPECTRES. ^î 

IiXS PHASnUCS XT Z.CS SFECTKES. 

Ces orthoptères ont des formes variées et singuHcres; 
la plupart ressemlileYit à dos branches d'arlires sèches 
et dénuées de feuilles, d'autres , même dans l'état de 
repos, paraissent être des feuilles ambulantes. Quelque- 
fois le corps, les élylres et le bout des ailes étant verts, 
ils ont l'air d'une branche vivante. La tête et le corselet 
de plusieurs espèces sont garnis d'épines analogues à 
celles des rosiers et des ronces. Cette similitude semble 
lear avoir été donnée pour leur sûreté. 

Le type des pliasmes est le phasme-fenille-sèche , 
vert dans sa jeunesse , ensuite de couleur de feuille 
morte. On le voit dans les contrées méridionales de la 
France. 

Le type des spectres est le spectre-géant ou le soldat. 
Il a le corps vert , le corselet tubercule , les élytres 
vertes, les ailes grandes , d'un gris roussâtre, avec des 
nervures brunes, les pattes épineuses. 



92 INSECTKS. 

LES NÉFROPTÈRES. 

On a donné le nom de névroptères à des insectes qui 
ont quatre ailes unies, brillantes, transparentes, soute- 
nues par un grand nombre de nervures longitudinales 
et transversales qui forment une espèce de réseau. Ces 
ailes sont beaucoup plus longues que l'abdomen, posées 
en toit dessus , droites ou étendues horizontalement, et 
quelquefois croisées. 

Les névroptères ont deux yeux à réseau , et sur le 
front trois petits yeux lisses qui manquent aux myrmé- 
léons et aux hémérobes. 

Les névroptères et leurs larves offrent de grandes dif- 
férences entre eux ; mais presque toutes leurs larves 
sont carnassières, ont six pattes et des mâchoires dures 
et écailleuses. Ces insectes ne vivent que pendant quel- 
ques heures, lorsqu'ils sont devenus habitans de l'air. 

Les névroptères sont divisés en trois sections ; la 
première, qui comprend quatre genres, a deux ou trois 
articles aux tarses. 

La seconde ne comprend qu'un seul genre ; elle a 
quatre articles aux tarses. 

La troisième comprend six genres ; elle a cinq arti- 
cles aux tarses. 



Î.F.S r.lBELLrn.KS ou DEMOISELLES '• i 

LES LIBELLULES OU DEMOISELLES. 

l.es lihollules sont connues dans toute la France, 
même par les enfans , sous le nom de demoiselles , 
qu'elles doivent à la longueur et à la finesse de leur 
corps élégant. Leurs ailes n'ollrent point des couleurs 
aussi variées que celles des papillons, mais elles parais- 
sent être de gaze et brillent de retlels dorés et argentés. 
■ Les libellules se rendent dans les jardins, parcourent 
les campagnes, volent le long des haies; maison les 
voit en plus grand nombre dans les prairies et sur le 
bord des eaux. L'eau est leur pays natal; après en être 
sorties , elles s'en rapprochent pour lui confier leurs 

œufs. 

Ces demoiselles, qui plaisent par leurs formes gra- 
cieuses , loin d'aimer à se nourrir du suc des fleurs et 
des fruits, ne se tiennent dans les airs que pour fondre 
sur les insectes et manger tous ceux dont elles peuvent 
se saisir. On les voit attaquer de petites mouches , de 
grosses mouches bleues de la viande , souvent même 
des papillons diurnes, qu'elles emportent en l'air entre 
leurs dents. C'est leur instinct carnassiei qui les con- 
duit le long des haies et les ramène le long des ruis- 
seaux, et des étangs. 

Les œufs des libellules éclosent dans 1 eau ; sous 1 état 
de larves , elles ont six pattes. Elles se changent en 
nymphes lorsqu'elles sont encore jeunes et très-petites ; 
ce changement d'étal n'en produit aucun, bien sensd)îe, 
dans leur figure; on aperçoit seulement sur le dos de 
la nymphe quatre petits corps plats et oblongs, qui sont 
les fourreaux des ailes que doit avoir l'insecte parfait 



94 IflSKCTES 

La couleur de ces nymphes est d'un vert brun ; elles 
vivent, Dageat et respirent à la nrtanière des poissons. 
Chaque nymphe porte une espèce de casque qui couvre 
le devant et le dessus de la tête. 

Après avoir vécu dix à 0112e mois sous Teau , les 
larves , au commencement du printemps , sortent de 
l'eau, se sèchent, vont se placer sur des branches d'ar- 
bres , s'y cramponnent et demeurent immobiles. La 
peau de la chrysalide se fend ; la tète de l'insecte se 
gonfle et se dégage , tous ses membres sortent succes- 
sivement , ses ailes, plissées comme une leuille d'arbre 
prête à se développer, acquièrent toutes les dimen- 
sions qu'elles doivent avoir, et la libellule prend son es- 
sor comme les oiseaux de proie et pour le même objet. 
Elle lait cent tours et retours dans les airs pour y dé- 
couvrir d'autres insectes ailés auxquels elle soit supé- 
rieure en force : elle s'en empare et les dévore. 

Les femelles des libellules pondent leurs œufs en 
grappe et les laissent tomber dans l'eau. Réaumur 
croit qu'elles les pondent un a un , et qu'elles les con- 
tient à quelques plantes après y avoir fait des entailles 
propres à les retenir. Il a trouvé à l'extrémité du corps 
des libellules deux plaques écailleuses dont le bord 
extérieur est taillé en scie, et il pense ces parties des- 
tinées à couper la plante qui doit recevoir les œufs. 



*> » g« — 



LA LIBELLULK BRONZÉE. 95 

Celle libellule est une des plus grandes et des plus 
«.'ommunes en été et en automne; elle hante les prairies 
et le bord des ruisseaux. Sa tête est jaune , ses yeux 
bruns; son corselet est brun, avec six lignes vertes; 
l'abdomen est cylindrique, brun ; les anneaux ont de 
chaque côté des taches d'un jaune verdâtre. Le ventre 
•tu mâle est terminé par des crochets très-longs. 



I.A I.IBEZ.I.UI.E BROUTZEE. 

Cette espèce est une des plus grandes ; sa tète , son 
«•orselet et le dessus de l'abdomen sont d'un beau vert 
foncé très-brillant , doré ; le co.rselet est couvert de 
poils roux ; les yeux sont d'un brun clair un peu ver- 
dâlre ; le derrière de la tète est noir ; la lèvre inférieure 
jaune. Le dessous du premier anneau a deux grandes 
taches jaunes ; le dessous des autres est noir, avec quel- 
ques taches brunes et grises; les ailes sont transpa- 
rentes, lavées d'une légère teinte jaune plus foncée à 
leur base; les nervures et les pattes sont noires. 

On la trouve aux environs de Paris. 



96 INSECTES. 

I.A I.IBEI.I.UI.E VIERGE. 

Le mâle de cette espèce, très-commune aux environs 
de Paris, diffère de la feinelie par les couleurs. La ttlte, 
le corselet et l'abdomen sont d'une belle couleur dorée, 
bleue dans les mâles, verte dans les femelles ; les ailes 
des mâles sont d'un brun jaunâtre , avec une grande 
tache opaque d'un brun foncé. Celles des femelles sont 
jaunâtres ; elles ont près de l'extrémité une petite tache 
liîanche. Les pattes sont noires dans les deux sexes. 



LA X.IBELI.ni.E AITEIiIE. 

La tête de cette belle libellule est d'un bleu cendré; 
ses yeux sont bruns; le corselet est bleu, brillant, avec 
trois bandes longitudinales brunes; les anneaux sont 
bleus, tci'minés par un cercle noir ; les deux derniers 
sont bruns. Les ailes, que l'insecte porte relevées, sont 
pâles , très-transparentes , et beaucoup plus courtes 
que celles des autres espèces, desquelles on la distingue 
facilement par la largeur de sa tète. 

On connaît beaucoup de variétés de cette espèce, qui 
diffèrent par la couleur des taches du corselet et de 
l'abdomen. On les trouve toutes dans les prairies de» 
environs de Paris. 



LES THERMES. 97 



I.ES THE&MXS OU THERMITES. 

La plupart de ces insectes sont exotiques. Les mœurs 
de ceux. d'Afrique ne nous sont connues que par les 
«létails intéressans que Sparrmann nous a donnés. Ces 
insectes causent des ravages soudains et immenses dans 
les propriétés de l'iiabitant des régions interlropicales 
La plupart des voyageurs dont ils ont attiré l'attention 
les ont np[>e\és foiirmii' blanches. 

Linné a regardé les thermes comrrje le plus grand 
iléau des deux Indes. Ils le sont ell'ectivement par les 
dommages qu'ils font en dévorant et perçant tous les 
bàtimens en hois, les ustensiles, les meubles, les étoffes 
elles marchandises; la pierre et les métaux peuvent 
seuls résister à leurs mâchoires destructives. 

Les thermes- vivent en société; ils bâtissent des nids 
fort extraordinaires , la plupart sur la superficie de la 
terre, d'où ils sortent par des passages souterrains ou 
des galeries couvertes. Ils sont omnivores. A un certain 
temps de leur existence, ils font des émigrations et des 
colonies. 

Chaque communauté est composée d'un mâle , d'une 
l'emelle et d'ouvriers. Sparrmann désigne ces derniers 
par les noms de travailleurs et de soldats, parce qu'il 
a vu les uns travailler et les autres combattre. Nous 
sommes portés à croire que ceux que Sparrmann ap- 
pelle les ouvriers sont les larves, et que les soldats sont 
les nymphes. Dans le premier état, suivant cet auteur, 
ils ont à peu près trois lignes de long, et vingt-cinq in- 
sectes pèsent environ un grain , leur forme extérieure 
etleur amour pour le bois leur ont fait donner, surtouf 
par les Français, le nom de poux de bniê. 

IV, ' 



93 INSECTES. 

Les soldats ont une forme différente des travailleurs ; 
ils sont plus gros, longs d'un demi-pouce, et égaux en 
poids à quinze travailleurs. Leurs mandibules, confor- 
mées pour ronger dans le premier état , deviennes 
senil.ilahles à deux alênes dures et fort aiguës. 

L'insecte, dans son état parf;iit, a environ dix-hui> 
lignes de long ; il porte quatre ailes d'à peu près deu ' 
pouces et demi d'envergure , et égale en poids trente 
travailleurs, FI a deux grands yeux Irès-saillans placés 
de <;haque côté de la' tête. 

Lorsque la saison des pluies commence, tous les ther- 
mites sortent de leur nid ; leurs bataillons couvrent la 
terre, et surtout les airs : car leurs ailes ne sont faites 
que pour les porter quelques heure» , et, le lendemain 
de leur départ, on n'en trouve guère qui les aient con- 
servées. 

Les thermes sont suivis par une roule d'ennemis, oi- 
seaux, fourmis, reptiles, insectes. Il y a même des 
nègres qui les mangent, en font des pâtisseries avec de 
la farine, ou les lont griller comme des grains de café, 
à feu doux. Kœnig, auteur de V Essai sur l'histoire des 
insectes f assure qu'il en a goûté plusieurs fois, et que 
c'est un manger délicat, nourrissant et sain. 

au milieu de la détresse des thermes attaqués de 
toutes part» , quelques-uns sont rencontrés par des 
thermè* travailleurs qui courent sous des galeries cou- 
vertes prè» de la surface de la terre , et ils sont alors 
élus roii et reines de nouveaux états ; les travailleurs 
enferment un couple préservé du massacre dans une 
chambre d'argile , à laquelle ils ne laissent d'abord 
qu'une petite entrée; ce couple y demeure jusqu'à ce 
qu'il ait produit une famille capable de partager le tra- 
vail avec les prenniars propriétaires du local. 



LES THERMES. 9& 

Selon Sparrmann , la l'emeilc pond jusqu'à soixante 
œufs par minute, et il a vu de vieilles reines en pondre 
quatre-vingt mille et plus dans les vingl-quatrc heures. 
Ces œufs sont recueillis par les travailleurs et portés 
dans des logemens séparés que S{)arrmann app'?lle 
-iourriceries ; là los petits, lorsqu'ils sortent de l'ànil , 
iont pourvus de tout en abondance , jusqu'à ce qu'ils 
.soient en étal de prendre part aux travaux de ia so- 
ciété 

Sparrm.mn a décrit cinq espèces de thermes , le 
thermes fatal ou belliqueux, l'atroce, le destructeur, le 
mordant et celui des arbres. 

Le premier est le plus connu et le mieux observé 
Il est de couleur brune ; ses antennes sont de la lon- 
gueur du corselet ; le corselet est composé de trois seg- 
mer|s ; l'abdomen est gros, cylindrique; les ailes sont 
pâles, le bord externe des supérieures est teslacé ; les 
pattes soni de; longueur moyenne. 

On trouve le thermes talal en Afrique et aux Indes ; 
la ligure extérieure de l'éditice qu'il élevé est celle d'un 
petit mont en pain de sucre, d'une hauteur de dix ou 
douze j)ieds, souvent recouvertde gazon etautres plantes 
dont les graines ont élé apportées par les vents. Chacun 
ilc ces édilices est composé de deux parties distinctes : 
l'extérieur est une large écaille de la forme d'un dôme, 
assez vaste et assez forte; l'intérieur est divisé en un 
grand nombre d'apparlemens qui sont le domicile du 
mâle et de la femelle, le lieu où est nourrie leur nom- 
breuse progéniture, et les magasins. 

Les provisions du thermes fatal sont des gommes ou 
des jus épaissis de pbmtes. 

Les pièces qui sont occupées par des œufs et des 
petits sont entièrement composées de parcelles de bois* 



ÎOO INSECTES. 

qui semblent unies ensemble par des gommes. Ces édi- 
fices sont divisés en plusieurs petites chambres dont 
pas une n'a un demi-pouce de grandeur; ils sont ren- 
fermés dans des enveloppes d'argile. 

La chambre royale est au centre de l'édifice , sur le 
sommet du cône, à peu près de niveau avec la surface 
de la terre.; tous les appartemens qui l'environnent 
composent un labyrinthe compliqué ; les pièces sont 
séparées les unes des autres par des galeries qui se 
communiquent et se prolongent de tous les côtés jus- - 
qu'à la coque supérieure qui recouvre le toit. 

Les galeries descendent sous terre jusqu'à la profon- 
deur de trois ou quatre pieds ; les conduits pratiqués 
dans les parties les plus basses de l'édifice sont plus 
larges que le calibre d'un gros canon. C'est là que les 
ouvriers vont prendre le gravier fin, qui, travaillé dans 
leur bouche , prend la consistance d'un mortier et de- 
vient une argile solide et pierreuse ; les galeries sT)uter- 
raines sont les principaux passages par où les travail- 
leurs et les soldats vont et reviennent, portant du bois , 
du mortier, de l'eau ou des provisions. Les thermes 
ont soin de donner à ces chemins une pente douce. 

Le thermes atroce et le thermes mordant construi- 
sent des nids de forme cylindrique , hauts d'environ 
deux pieds, et très-solides. Le thermes des arbres élève 
des constructions sphériques entre les tiges des arbres, 
et souvent sur une seule branche , qu'il environne à 
la hauteur de soixante ou quatre-vingts pieds. On voit 
de ces nids aussi larges qu'une barrique; quelquefois 
ils les placent sur les toits et dans les maisons. 

Les thermes s'avancent sous terre , pénètrent dans 
les magasins , mangent les feuilles et les branches de 
palmier qui servent de couverture, '^l en pou de temps 



LES PLOQBES. lOl 

dévastent une maison de fond en comble. Ils percent 
et vident entièrement toutes les solives, touslespoieaux, 
excepté ceux de bois de fer, auxquels ils ne touchent 
jamais. Dans les pays où ces insectes sont communs, 
les vieux arbres des forets ne subsistent pas long-temps, 
et la destruction des cai)anes abandonnées est complè- 
tement opérée en quelques instans. 

Si l'on fait une brèche dans une des parties les plus 
minces d'un monticule de thermes, un soldat paraît et 
rôde autour de la brèche ; il est suivi par deux ou trois 
autres, puis bientôt par une troupe nombreuse qui se 
précipite avec fureur et mord tout ce qu'elle rencontre. 

Telle est l'histoire de ces insectes destructeurs, dont 
on ne pevrt s'empêcher d'admirer. l'industrie. 



IiES PLOQUXS. 

Le nom de ploque , venant d'un mol grec qui signi- 
fie réduire en parcelles , a été donné à de très-petits 
névroptères en raison des habitudes de leurs larves. 
Ces insectes sont vifs , marchent vite et sautent pour 
éviter le danger. On les trouve surles arbres, les pierres, 
dans le? livres, les collections d'insectes et les herbiers, 
aux dépens desquels ils vivent , sans faire cependant 
beaucoup de tort , vu leur petitesse. Les larves , qui 
ressemblent à l'insecte parfait , habitent les mêmes en- 
droits. A l'état de njmphes, elles portent des fourreaux 
d'ailes. 

Le plus commun des ploques est le pou de bois. Il 
n'a pas d'ailes et il est presque noir ; quelquefois 



10? l^sKCT^s. 

blanchâtre, avec quelque» taches rouges. ï\ fait entendre 
dans les vieux bois un bruit semblable au mouveroect 
d'une montre. 



z.i:s P£Ri.z:s. 

Les perles ont deux filols articulés à l'extrémité de 
ralidomen ; les ailes transparentes, croiséesou inclinées 
à plat. Leurs larves sont aquatiques ; elles ont six pattes 
Cl une tête écailleuse *, elles filent un fourreau de soie 
qu'elles recouvrent de ditlérens matériaux ; ce fourreau 
hert à les loger et à les vêtir ; elles le transportent par- 
tout avec elles. Avant la transformation, elles en bou- 
chent l'ouverture avec plusieurs brins de soie d'un 
tissu peu serré, que Réaumur a nommé grille. Les in- 
sectes parfaits volent auprès des étangs , des ruisseaux 
et des mares. 



t,A PI:RX.£ BRU2tfE. 

Cette espèce est de couleur brune ; elle a sur le mi- 

îeu de !a tête et du corselet une ligne longitudinale 

'aune; à l'extrémité de l'abdomen, deux longs filets; 

É«s ailes , qu'elle porte croisées , sont d'un tiers plus 

longues que son corps. 

La perie brune habite l'Europe : on la trouve, au prin 
temps, sur le bord des eaux dans les environs de Paris 



LA BAFIDIS. 103 

Sa larve esl dans l'eau; elle coupe en petits carrés les 
feuilles de la lentille d'eau, et s'en fait un habit. On ne 
prendrait point son fourreau pour la demeure d'un m- 
secte ; il ressemble à un cylindre sur lequel serait roulé 
un petit ruban vert. 



XiA ILAriI>I£. 

Cet insecte a une. forme singulière ; sa tète et sou 
corps sont d'un noir un peu 'rinant; ses ailes transpa- 
rentes ont les nervures noires, avec une petite tache 
brune près de l'extrémité ; ces ailes sont appliquées 
tout le long du corps. Sa tête est large antérieurement, 
étroite poslcrii'urcment , un peu aplatie; son corselet 
est long, cylindrique; l'abdomen des femelles est ter- 
miné par un appendice rétréci. 

La larve de cet insecte vit sous l'écorce des arbres; 
elle diiièrc peu de l'inseclc parlait, elle porte les ailes 
dans une enveloppe de chaque côté du corps. 

La ratidie habite l'Europe; on la frouve en été aux 
environs de Paris, auprès des mares et des rivières, 
dans les prairies ou dans les bois. En certaines an- 
nées , elle est très-commime. 



104 INSECTES. 



JJES BnrR]MŒI.ÉONS. 

Les myrméléons olîreni beaucoup plus d'intérêt sous 
l'état de larve que sous celui d'insecte parfait. La larve 
du mvrméléon qu'on trouve le plus communémenl en 
Europe est très-connue sous le nom de fourmilier. Cette 
larve a six pattes et douze jeux ; elle est divisée en trois 
parties, le corps, le corselet et la tête ; le corps est vo- 
lumineux et d'un blanc jaunâtre avec trois raies noires. 
Le corselet est court ; le cou est , dans de certains 
temps, remarquable par sa longueur ; dans d'autres , 
on ne le voit point; ce cou exécute des mouvemens de 
tous les côtés; il est incisé en-dessus , près de l'extré- 
mité de la tète. Celle larve n'a point d'anus : le résidu 
de ses alimens s'échappe par la transpiration ; elle n'a 
point de bouche, mais deux cornes dentées , mobiles, 
écaiJIeuses. Quoiqu'elle ne marche qu'à reculons , elle 
se saisit des insectes les plus agiles ; elle se loge dans 
le sable, et se tient tranquille au fond d'un trou fait en 
entonnoir; alors, malheur à tout insecte imprudent qui 
ose en approcher ; si elle est trop éloignée pour le 
prendre avec ses cornes , elle fait pleuvoir sur lui une 
pluie de sable avec sa tète, dont elle se sert comme 
d'une pelle ; le malheureux perd l'équilibre, chancelle , 
fait de vains efforts pour s'évader, et vient tomber au 
fond du trou , où les cornes de la larve, ouvertes pour 
le recevoir, le percent en se fermant. 

Maîtresse de sa proie, la larve la tire un peu sous le 
sable, l'y cache en partie , et la suce à son aise; une 
fourmi est souvent dévorée en un demi quart d'heure ; 
mais elle ne vient à bout d'une grosse mouche de la 



LES MYRMÉLÉONS. 105 

viande qu'en deuv ou trois heures. Après avoir épuisé 
tout ce que Tinsecte avait de succulent, elle le tient 
t'aiblenienl entre ses serres, donne un coup de tête su- 
bit , et jette au-delà des bords de son trou le cadavre 
desséché. 

Ce n'est que dans des terrains composés de grains 
fins que ces larves dressent leurs pièges ; c'est ordinai- 
rement au pied des vieux murs et dans les endroits les 
plus dégradés qu'ils s'établissent de préférence, et sur- 
tout dans ceux qui sont exposés au midi. 

Chaque larve demeure dans le même trou plusieurs 
jours de suite ; quand les parois s'éboulent et que la 
pente du trou devient trop douce, elle l'abandonne pour 
en faire un nouveau. C'est un pai'li qu'elle prend encore 
quand elle a passé plusieurs jours dans son entonnoir 
sans y faire de capture. 

Le chemin qu'elle fait est marqué par une trace re- 
connaissable, c'est une espèce de petit fossé d'une ligne 
ou deux de profondeur; la larve marche à recalons; 
presque tout son corps est caché sous le sable. Quand 
la course lui parait assez longue, elle s'arrête, s'enfonce 
sous le sable, et travaille à se faire un entonnoir. 

Pour donner à son entonnoir de justes proportions , 
îa larve commence par en tracer l'enceinte , en entou- 
rant d'un fossé un espace circulaire plus ou moins grand. 
Celles qui sont près d'avoir tout leur accroissement 
fiabilent quelquefois dans des trous dont le diamètre de 
l'entrée a plus de trois pouces. La profondeur des en- 
tonnoirs nouvellement faits a environ les trois quarts 
du diamètre de la grande ouverture ; elle rejette le sable 
avec sa tête, qu'elle a chargée avec ses pattes de devant. 
Quelquefois elle termine son entonnoir en une demi- 
heure , quelquefois aussi elle est plus de deux heures à 



106 IMSECTF.S. 

le faire. Si elle rencontre des grains de gravier ou de 
petites pierres, elle iail passer dessous rexirémité de 
son corps, s'agite, et conduit son fardeau sur le milieu 
de son dos , ou elle le met en équilihre. Elle monte à 
reculons Itr long de la pente déjà escarpée de l'enton- 
noir; de moment en moment la charge est prête à 
tomber, et ce n'est qu'en élevant ou ahaissant certaines 
parties do ses anneaux que la larve parvient à la rete- 
nir. Enfin, i^algré tous ses ellorts, la f>ierre lui échappe 
quelquefois, elle roule dans le fond du précipice; le 
lal)Orieux insecte a le courage d'aller l'y rechercher cinq 
à six fois. Quand il a fini son trou, il s'y cache, attend 
sa proie souvent irès-long-temps ; mais il est capable 
de jeàner plusieurs mois sans mourir. 

La larve du myrméléon, sortie de l'œuf en été ou en 
automne , ne change point en nymphe la niême année. 
Elle s'enfonce dans le sable pour faire une coque com- 
posée de grains unis ensemble par des fils de soie. Au 
bout de cinq jours , l'insecte parfait paraît. Il est de 
couleur grise ; ses yeux sont gros et saillans; son cor- 
selet a sur le milieu une ligne longitudinale jaune; son 
abdomen est composé de huit anneaux ; les ailes sont 
d'un tiers plus longues que l'aljdomen, elles sont trans- 
parentes, avec plusieurs taches brunes; les pattes ont 
quelques taches jaunes. 

Les royrméléons semblent se nourrir de fruits. 



LA ?ANORPK rOMMUNH. 107 



X.ES ASCAI.APH£€. 

Les ascalaphes appartiennent au midi de l'Europe. 
On en trouve aux eiivirons Je Pai is , mais rarement 
Tascalaphe de Barbarie. Cet insecte a les antennes lon- 
gues, terminées en massue; six antennules ; la tête ar- 
rondie, le corps noir et couvert de poils fins et serrés ; 
quelques taches jaunes sur le corselet, les ailes trans- 
parentes et veinées. 

Le vol des ascalaphes est très-rapide ; ils habitent les 
endroits sablonneux; on ignore leurs larves. 



X.A PANORPE COMlKnTSnS. 

La panorpe commune a huit lignes de longueur ; les 
antennes sont ténues comme des tils , noires et aussi 
longues que le corps ; la tête est noire , terminée 
antérieurement par un bec allongé, cylindrique, dur 
comme de la corne, à l'extrémité duquel est la bouche. 
Les ailes sont au nombre do quatre , diaphanes , hori- 
zontales, marquées de bandes noires et de nervures; 
le corselet est noirâtre, tacheté de jaune ; la queue des 
mâles est remarquable par la singularité de sa struc- 
ture ; elle est articulée et terminée par deux crochets 
qui la font ressembler 4 la queue d'un scorpion : ces 
crochets sont de couleur rousse. L'abdomen de la fe- 
melle finit en pointe écailleuse. 

Les panorpes fréquentent les buissons, les bois, les 



108 INSECTEi». 

prairies. Leurs larves sont inconnues ; mais, comme 
l'insecte parfait se trouve aux environs des ruisseaux 
et des étangs, il y a lieu de croire qu'elles vivent dans 
les eaux. 



LES HI^IEROBES. 

Les bémérobes ont quelque rapport avec les mjrmé 
léons ; mais ils ont les antennes plus longues; leur tête 
est large; leurs yeux saillans, gros, couleur de bronze ou 
rouge éclatant ; leurs ailes réticulées et très-grandes : 
dans l'état de repos, ils les portent en toit élevé; ces 
ailes sont délicates et minces : il n'est point de gaze qui 
ait une transparence semblable à la leur. 

Le nom d'hémérobe a été donné a ces insectes parce 
qu'ils vivent au plus deux ou trois jours sous la forme 
d'insecte parfait. 

On trouve très fréquemment ces insectes dans les 
jardins, où leurs femelles cherchent à déposer leurs 
œufs. On voit souvent sur les feuilles de dillérens ar- 
brisseaux de petites tiges de la grosseur d'un cheveu , 
longues d'environ un pouce, de couleur blanche, au 
nombre de dix ou douze, pendues les unes à côté des au- 
tres, quelquefois attachées au-dessous de la feuille , 
quelquefois en-dessus. Ces petites tiges sont un peu 
courbées, et terminées chacune par une espèce de 
petite boule allongée , qui est l'œuf de l'hémérobe. 
Quelques naturalistes avaient pris ces œufs pour des 
plantes parasites avant que Réaumur les eût reconnus 
pour ce qu'ils sont. 

lléaumtir pense que Tœuf de l'hennérobe est enve- 



LES HÉMÉfiOBES. 109 

loppé, par un de ses bouts, d'une matière visqueuse pro- 
pre à être foliée, et que c'est ce bout qui sortie premier; 
3ue la femelle l'applique sur la feuille, où une portion 
e cette matière s'attache ; qu'elle s'éloigne ensuite; 
qu'alors la goutte attachée par un bout à la feuille et 
par l'autre à l'œuf se tire en filet, se solidifie, et en- 
traine l'œuf auquel il est collé. 

Réaumur a donné aux larves d'hémérobes le nom de 
lion des pucerons , parce qu'elles se nourrissent de ces 
insectes. Ces larves ont à la partie antérieure de la tête 
deux espèces de cornes, au moyen desquelles elles sai- 
sissent leur proie et la sucent. Placée sur une feuille qui 
est couverte de pucerons, la larve n'a pas de grands 
mouvemens à faire pour se procurer sa nourriture. 
Beaucoup plus agiles que ces petits insectes faibles, elle 
s'empare à son gré de celui qui lui convient. Saisir le plus 
gros et le sucer est pour elle l'affaire d'une demi-minute. 

Ces larves si cruelles se battent souvent entre elles, 
et celle qui triomphe traite son adversaire comme un 
puceron. 

Les larves des hémerobes se fabriquent elles-mêmes 
des habillemens qui les couvrent depuis le cou jusqu'à 
l'extrémité du corps. Les peaux, le duvet, les parties 
sèches des pucerons, et différentes autres substances lé- 
gères leur servent à se faire des habits blancs, bruns ou 
noirâtres, grossièrement entrelacés. Ceè habits sont as- 
sujettis sur le dos parce qu'ils s'engrènent dans les sil- 
lons qui séparent les anneaux. 

C'est avec ses deux cornes que l'insecte prend les 
petites masses de duvet qu'il veut faire passer sur son 
dos; il a l'adresse de les tenir d'abord appuyées sur sa 
tète ; par un mouvement brusque, il les fait sauter sur 
son corps. 



"" IJNSECTES. 



.I1?« tT^TvI '' ""^"' ^""' ""^ «"-^"^^ abondance, 

«Iles parviennent pramptement au terme où elles doi- 
vent se métamorphoser. C'est ordinairement quinze 
ours après être sorties de l'œuf qu'elles ahandonnen' 
^a feuille natale; puis elles se retirent dans les plis 
d une autre leudle et s'enferment dans une coque f ^ e 
dune so.e trcs-Manche , solide, ronde corime une 
boule, et de la grosseur d'un pois. 

Si la larve subit sa métam<.rphose en été, l'insecte 

parlait en sort environ quinze jours après ; ma s la nym- 

phe de celles qu. n'ont filé qu'en autUné passe l'hiver 

u.vanf n"^'-"' "V ';'"^^'"^''" "" ^^'-^ ^'"^ '« printemps 

étonné W^r"'. '' '""'? "" ''''' P*-^ S'''^"''«' '" ««^ ^'4 
Z 1^ '"i^" '^ '^Ser dans une coque aussi pi- 

lle mais on est bien plus étonné lorsqu'on voit parai- 
Ire l insecte ailé qui en pro/ient ^ 

I<*H£I«DgROBE AQUATIQUE» 

Cet hémérohe est d'un noir mat ; ses ailes sont trans- 
pare ne s, avec une teinte brune et des nervures noires 

un le trouve a la fin du printemps au bord des eaux, où 
la lemelle pond une prodigieuse quantité d'ceufs, qu'elle 
arrange les uns près des autres sur la tige ou la feuille 
d une plante aquatique. Un naturaliste a compté cinq 
<jcnt soixante de ces œufs sur une surface de cinq b^nes 
de longueur et d'une demie de largeur. Ils sontovjles, 
places sur la feuille perpendiculairement les uns après 
les autres, de façon qu'ils se touchent: ils sont comme 
coiie» ensemble, sans aucun vide -.ntre eux. Leur bout 



r. HKMKROBK PKRLK. 111. 

.nférieur est garni d'une petite partie allongée, ovale, 
qui finit en pointe mousse. 

Les larvco de l'Iiémérobe aquatique ont le corps long, 
mince , composé de douze anneaux , et terminé p.'>r 
quatorze lilets mobiles, dont la couleur est transparente, 
nuancée de brun ; elles sont fort vives, marchent con- 
tiîUK'IIement en faisant ties ondidations avec leur corps 
Parvenues a leur grandeur, elles sortent de l'eau, s'en- 
Aoncent dans la terre humide , et s'y creusent un trou 
assez large , d'où l'insecte ailé sort quinze jours "après. 

On a coupé la tête à une de ces larves, qui vécut 
encore plus de vingt-quatre heures après avoir été 
d(icapitée. 

• — -=^«c=«— 
I.'HÉM£ROBS PERI.ÎI 

Les antennes de cette espèce sont longues, jaunes; 
son corps est jaunâtre ; ses ailes sont de moitié plus 
longues que son corps ; elles sont blanchâtres, transpa- 
rentes; les nervures sont vertes; dans l'insecte vivant, 
les yeux sont trcs-brillans, 

H habite l'Europe ; on le trouve dans les bois et les 
endroits huinides; il esl commun aux environs de Pa- 
ris. 

Il a le vol lourd, on peut le prendre facilement. Si 
cet insecte, qui e§t très-joli . plaît par la beauté de ses 
couleurs, il dégoûte par l'odeur fétide qu'il répand; il 
laisse aux doigts qui l'ont toudié une odeur qu'ils gar- 
dent long-temps. 

Les larves de l'héniérobe perle se nourrissent de pu- 
cerons 



112 INSECTRS 

L'hémérobe chrysops ressemble à l'hémérobe perle ; 
mais il est d'un vert pâle , avec quelques taches noires 
sur son corselet et èur son ventre. 



UL FRIGANE. 

Les larves de cet insecte sont aquatiques. Elles se 
font une enveloppe autour du corps avec de petits brins 
d'herbe et de bois qu'elles lient et collent les uns aux 
autres au moyen d'un fil mucilagineux qui sort de leur 
bouche. Elles sont de couleur cendrée, ressemblent à 
une petite chenille , et ont six pattes de chaque côté, 
avec lesquelles elles marchent sur l'eau. On les trouve 
dans les eaux courantes; les huîtres en sont fort avides. 
Dans certains pays, après les avoir tirées de leur étui, 
on les fait servir d'appât pour les petits poissons. 

La i'rigane est de couleur verte ou rousse, suivant l'es- 
pèce ; elle a de longues antennes en fdets , les pattes 
argentées, la bouche garnie de quatre barbillons, les 
ailes blanches. Elle porte ces ailes le long du corps en 
toit arrondi, ce qui lui donne quelque analogie avec un 
papillon et l'a lait surnommer mouche papillonnacée 



NEVR0PTERE5 




it3 tia Jo4 ^07 to3 

.Ephémère . sJxiqane . 5.Mynnéleon . A-^^i^oi'^s • SPerle 



LKS EPHEMERES. 1 13 

UES ÉPHSMXRXS. 

Les naturalistes ont donné ce nom à plusieurs espèces 
j'insectes dont la vie est d'une très-courte durée. Il y 
an a qui naissent après le coucher du soleil et qui finis- 
sent avant son lever; d'autres vivent à peine une iieure 
ou une demi-heure. Quelques espèces ont p/usieuis 
jours d'existence. 

Les éphémères ont la tête grosse , les antennes fori 
courtes; les yeux presque toujours fort gros; quatre 
ailes minces et transparentes, qu'elles portent, comme les 
papillons, perpendiculairement à leur pian de position. 
Leurcorps est composé de dix anneaux ; du dernier sort 
une queue beaucoup plus longue que l'animal , et for- 
mée de deux ou trois filets extrêmement fragiles, à 
l'aide desquels ces insectes se tiennent à volonté sur ies 
eaux. 

Les éphémères vivent dans l'eau deux ou ttois ans 
sous la forme de vers. Elles se creusent, dans les terres 
de consistance glaiseuse, de petits trous dirigés hori- 
zontalement, dont l'ouverture peut avoir deux ou trois 
lignes de diamètre. 

Les éphémères paraissent tous les ans à la mi-août, 
avec une sorte de régularité ; ce n'est que pendant un 
certain nombre de jours consécutifs qu'elles remplissent 
l'air aux environs des rivières. Elles folâtrent sur la 
surface des eaux : si l'on tient une lumière , elles s'y 
portent de toutes parts, elles décrivent des cercles à 
l'entour et en tous sens; elles sont en si grande abon- 
dance dans de certaines années, que, dès que leur in- 
stant de vie est passé , on les voit tomber comme des 

IV. . 8 



114 INSRCTSt. 

flocons de neige; la surface de l'eau en est couverte, 
la terre en est jonchée : elles s'amoncèlent sur le bord 
des rivières et forment une couche considérable. Les 
pêcheurs les regardent comme une m^nne qui sert de 
nourriture aux poissons. 

Les éphémères femelles pondent sept â huit cents 
œufs, disposés en grappe, qui tombent au fond de l'eau. 
Un grand nombre est victiuic de la voracité des pois- 
sons. 

Les éphémères qui vivent plusieurs jours présentent 
une particularité, c'est qu'à l'état d'insecte ailé, elles 
ont encore à se défaire d'une dépouille. On les voit 
cramponnées contre une muraille ou contre un arbre , 
et elles restent quelquefois plus de yingt-quatre heures 
dans celte position, en attendant qu'elles puissent quit- 
ter leur vieille enveloppe. 



LES HYMENOPTERES. 

Les insectes les plus industrieux sont placés dans 
Tordre no?iibreux des hyménoptères ; s'ils n'approchenl 
point des papillons et des coléoptères par l'éclat des 
couleurs , leurs membres sont déliés , ce qui rend 

eurs mouvemens légers et faciles , et leur instinct est 

dmirable. 
Le nom d'hyménoptères veutdire ailes membraneuses. 

jCs ailes de Qps insectes, presque dénuées de nervures, 

orment un de leurs caractères distinctifs; la pièce des 
pattes que l'on appelle la hanche est plus longue et 
plus visible dans les hyménoptères que dans la plupart 
d^s autres insectes. 



LES HYMÉNOPTÈRES. Jt5 

J.o< roincl'rsdeshymciioplèrcssont toutes armées d'un 
aiguillon tros-piquant, qui leur sert à se «lérendre , à 
entamer les végétaux, à percer la peau des animaux ou 
à pénétrer dans les trous qui doivent recevoir leurs 
œufs. 

F,es larves'des hyménoptères sont pour la plupart 
privées de pattes. Dépourvues du moyen de se mou- 
voir et privées du secours de leurs parens, qui, suivant 
la loi établie pour tous les insectes, périssent avant la 
naissance de leurs petits, elles seraient mortes de faim, 
si la nature n'avait pourvu à leur subsistance par des 
moyens inattendus. Ainsi l'on remarque, parmi plusieurs 
genres d'hyménoptères vivant en société, des individus 
plus petits que les autres , armés d'un aiijuillon , nrH>is 
sans sexes. Ces individus, que l'on a nommés mulets 
ou neutres^ ont une vie plus longue, et peuvent voir se 
succéder plusieurs générations de mâles et de femelles. 
Ce sont eux qui élèvent les êtres nouveaux, qui vont 
chercher des alimens, et qui bâtissent l'habitation com- 
mune. 

Les larves des autres hyménoptères se nourrissent de 
matières liquides qu'elles trouvent dans Ips corps où 
leur mère les a déposées ou dans ceux qu'elle a mis en 
provision à côté d'elles. 

Les chrysalides des hyménoptères sont immobiles j 
mais les parties de l'insecte parfait y sont tres-distinc- 
tes, quoique enveIopf)ées dans une pellicule. 

C'est à la fin de l'été qu'on voit les hyménoptères 
voltiger en grand nombre au-dessus des fleurs dont la 
plupart sucent la matière sucrée , ou auprès des fruits 
qu'ils dévorent. 



116 inSRCTBS. 

UBS TEXTBRÈDES. 

On donne communément aux tenfhrèdes le nom de 
mouches à scie. Elles sont en général peiileç, et se lais- 
sent approcher et même prendre facilement. Elles por- 
tent leurs ailes croisées sur le corps. La partie postée 
rieure des femelles est armée d'une tarière en scie. 

On trouve les tenthrèdes sur le rosier , le saule , le 
cerisier, le pin, le pécher, le pommier, le poirier, etc. 
Les unes ont le corps jaune, d'autres verdâtrc , d'au- 
tres noir : quelques-unes sont de la couleur des abeilles. 

On voit quelquefois au printemps tomber en abon- 
dance les boutons des arbres , et on attribue cette 
chute à des vents froids, qui très-souvent n'y ont au- 
cune part. A peine les Heurs des arbres fruitiers sont- 
elles développées que les tenthrèdes vont se reposer 
dessus ; elles percent le bouton avec leur petite scie , 
et glissent un œuf dans le centre. Les déchirures que 
leur scie fait dans les fd^res de la jeune plante ne man- 
quent pas de lui nuire , et le peu de suc qui y arrive 
le sert qu'à la nourriture de la larve. Au moment de 
la métamorphose, le fruit se dessèche, abandonne la 
branche et tombe. La larve en sort, entre en terre, s'y 
fait une coque , de laquelle elle sort tenthrède. 

Le bois de presque tous les arbustes sert égale- 
ment aux tenthrèdes pour y déposer leurs œufs. Il n'y 
a presque point de petite branche de rosier qui ne 
loge chaque année un grand nombre de ces œufs. Les 
endroits où ces insectes ont pondu sont aisés à recon- 
naître : ce sont des places longues, noirâtres et dessé^- 
chées d'an côté seulement, ou'on aperçoit à l'extrémité 
des jeunes branches. 



LA CLAVKLLAIKE. 117 

Dans les beaux jours du printemps et de Tété on 
peut aisément observer les tenthrèdes travaillant à laire 
des entailles dans les branches, et surtout dans celles 
du rosier. Elles en font cinq, six, huit, quelquefois 
beaucoup plus, chacune ne devant contenir qu'un œuf. 
L'ouverture de chaque entaille récente est semblable à 
celle d'une saignée; mais de jour en jour ces entailles 
prennent de la convexité , en sorte qu'elles forment une 
file de grains de chapelet. Cette élévation des plaies de 
l'arbre n'est point occasionnée par la sève extravasée , 
mais par l'accroissement rapide des œufs. 

D'autres espèces de tenthrèdes ouvrent dans l'ar- 
brisseau une large plaie , et y placent leurs œufs à dé 
couvert et rangés par paires. D'autres les posent sur 
les nervures des feuilles ; quelques-unes les insèrent 
dans les boutons de rose : lorsque l'œuf est éclos ^ la 
larve s'y enfonce , gagne le centre de la petite branche 
qui supporte le bouton, et pénètre le long de la moelle 
en descendant. On reconnaît qu'une de ces larves s'est 
établie dans un bouton de rose lorsqu'on y voit une 
ouverture et plusieurs petits grains noirs qui sont les 
excrémens de la larve. 



&A CX.AVEI.I.AIRS. 

La clavellaire jaune , type du genre , a les antennes 
courtes , en massue à leur sommet; quatre antennules 
f liformes ; le corps gros, allongé : l'abdomen des fe- 
melles est terminé par une tarière, comme chez les 
tenthrèdes femelles. 



118 INSECTES. 

Le vol de la clavellaire est lourd ; sa larve est verte, 
avec uDe raie noire sur le do». 



Zi'UROCEBJB GSANT. 

L'insecte donné pour type î)ar Linné à ce genre 
d'hyménoptère est l'urocere géant. Il est long d'un 
demi-pouce j ses antennes pont jaunes ; sa tête est 
brune en-dessus et jaune sur les côtés; son corselet 
est velu et tirun , ainsi que l'abdomen , dont les pre- 
miers et les derniers anneaux sont teints de jaune; les 
pattes sont jaunes; les ailes transparentes, à nervures 
couleur de rouille. 

On trouve cet insecte sur lf« arbres, en été. Il bour- 
•lonne en volant. La larve éciot et se transforme dans 
/'intérieur du bois. 



I.*OK7SSE UHriCOXiORS. 

Les orysses ont été séparés du genre urocère par 
Latreille. On trouve aux environs de Paris l'orysse 
unicolore. La tête, lo corselet et l'aiidumen sont en- 
tièrement noirs, sans tache. Les antennes sont noire* ; 
les ailes transparentes , et les supérieures variées de 
noir. La femelle porte une tarière filiforme , très-lon- 
gue et cachée; 

Les orysses unicolores se posent au printemps sur les 



LES iCHnEUMONS. j]^ 

vieux arbres exposés au soleil , quelquefois même sur 
ceux qu'on a déjà aballus et coupés. Le sapin, le hélre 
et le chêne sont les arbres qu'ils semblent préférer. 
Leurs métamorphoses sont inconnues , mais leurs lar- 
ves viveot certainement dans l'intérieur du bois. Le 
épingles avec lesquelles on a piqué ces insecte» s 
^rouillent prompicment, et Lutreille a lait la même re- 
marque par rapport a la plupart des insectes iigoivorcs 
(ilans leur premier âge. 



X.£S ICHMXUMONTS. 

Les ichneumons, appelés aussi mouchei à antenne, 
vibrantes, ont quatre ailes, et sont armés de deuj 
fortes dents. Leur ventre lient à la poitrine par un file 
irès-fm. La queue des femeMes renferme une tarièrt 
capable de pénétrer les corps les plus compactes 

Lorsqu'une mouche ichneunione est pressée du be- 
soin de pondre ses œufs , elle va se poser sur une 
chenille ou sur une larve. L'insecte a beau s'agiter, la 
mouche enfonce sa tarière, et coule un œut au fond 
de la plaie qu'elle vient de faire. 

Les larves des abeilles maçonnes , les ci.'enilles 
les teignes, les petites araignées, les charairçons, 
les pucerons , deviennent ainsi la proie et le nid 
des ichneumons. La larve pompe les sucs nourriciers 
qui servent à l'entretien et à l'accroissement des che- 
nilles; et l'on voit avec élonnement, au bout de quel- 
ques jours, auprès des cadavres de chenilles à demi- 
roDgées , une vingtaine de petites coques de soie d'un 



120 INSECTES. 

beau jaune : ce sont les larves des ichneumons qui fllcni 
ces coques pour subir leur métamorphose. 



LE CHAI.CIS NAIN. 

Le seul insecte du genre des chalcis très-commun 
aux environs de Paris est le chalcis nain. On le trouve 
en été dans les jardins, sur les fleurs. Il est très-vif : 
sa larve est inconnue. 

Le chalcis nain a les antennes noires, de la longueur 
de la tête , qui est aplatie ei d'un noir mat; le corselet 
est de même couleur, chagriné, terminé postérieurement 
par deux petites pointes courtes: l'abdomen est ovale, 
d'un noir luisant. Les deux premières paires de pattes 
sont jaunes, avec une taclie noire à la base des cuisses 
et sur le milieu des jambes ; les postérieures sont 
noires. Les cuisses sont renQées et dentées : elles ont 
une grande tache jaune à leur extrémité. 



LES CINIPS. 

Les cinips viennent de larves qui vivent enfermées 
dans des grottes ou tubérosités qu'elles produisent sur 
les feuilles ou les tiges des plantes. Les cinips femelles 
déposent leurs œufs dans les différentes parties des 
plantes : chaque œuf res'e dans la place qui lui est 
destinée, au moyen d'ung espèce de glu dont il est 



LK CIMIPS DES MOUCHES. 121 

enduit.. Les sucs de la feuille ou de la plante s'épan- 
chant par les vaisseaux qui se trouvent ouverts en cet 
endroit, il se forme une excroissance ou tubérosité dans 
laquelle l'œuf se trouve renfermé. Quand la larve sort 
de l'œuf, elle ronge et suce la galle, qui croU et prend 
de la solidité à mesure qu'elle la mange. 

Quelques-unes de ces galles ont dans leur intérieur 
une seule cavité , dans laquelle plusieurs larves vivent 
ensemble, ou plusieurs cavités entre lesquelles il y a 
des communications. L'intérieur de quelques autres 
est rempli de plus de cent cellules , chacune occu- 
pée par un seul insecte ; enfin d'autres n'ont qu'une 
cavité, habitée par un insecte qui vit solitaire. 

Les galles otfrent une grande variété dans leur 
forme. Les plus communes ont la figure arrondie , 
comme celle qu'on appelle noix de galle. Le même 
arbre peut produire à la fois plusieurs espèces de 
galles. 

Les larves des cinips croissent avec une rapidité 
surprenante. Elles sont blanches , se tiennent roulées 
en boule dans une cavité sphérique. Elles convertissent 
absolument tout ce qu'elles mangent en leur propre 
substance , et ne rendent point d'excrémens. 



UE CIWIFS DES MOUCHES. 

Cet insecte a une ligne de long. Son corps est d'up 
vert foncé, doré et brillant; ses ailes transparente» 
sont placées horizontalement sur le corps. Il fait de 
petits sauts en volant et se pose souvent à terre. 



1S3 INSECTES. 

Sa iarve vit dans rintérieur des mouches-mangcuscB 
de pucerons, et dans celui des coccinelles. Elle se 
change en iusecle parlail dans le corps même de 1«| 
nymphe, aux dépens duquel elle a vécu. 

Un autre cinips, le cinips des chrysalides, s'établit 
dans rintérieur des chenilles-mineuses du pommier. 

Une lroisieu)e espèce , le cinips des larves , vit dans 
le corps dus chenilles veiuus à seize pattes. Quand la 
larve va se iranslormer , elle sort du corps de la che- 
nille , et se place sur une feuille , le dos appliqué sur 
la surface, où il se trouve collé par une liqueur 
gluante. 

La larve du cinips noir vil dans les œufs des papil- 
lons, des punaises et autres insectes. 



UB CINIPS DU 2ÉDÉGAB,. 

Ses antennes sont noires , cendrées , plus lonnies 
que la télé ; la tête et le corselet sont verts; l'abdornen 
est d'une belle couleur pourpre et de forme ovale , 
allongée ; l'aiguillon de la femelle est beaucoup plus 
long que le corps ; les pattes sont jaunes ; les ailes 
transparentes, avec une légère teinte de brun. 

La larve de ce cinips vit dans Tintérieur des galles 
chevelues du rosier sauvage connu sous le nom de 
bédégar. Il habite l'Europe , et est commun aux envi« 
rons de Paris. 

- i»<to.. — 



LES cimrs DU cusm. 123 

X.E CINIPS J>U I.I£RRE TERKESTIli:. 

Ce cinips est d'uo brun noirâtre ; son corselet est un 
peu velu. Sa larve vil dans une galle en ponioie qui 
crotl sur le lierre terrestre. 

L'intérieur tie celle j,'alie est très-spongieux. De pe- 
tites larves charnues, hlariches, parlent de la circon- 
férence et se divisent vers le ccnire , en laissant des 
vides entre elles. Au contre de la j^alle sont de petites 
boules ligneuses, grosses comme des pois, creuses, et 
contenant chacune une larve. 



I.ES CIKTIPS Z>U CHil^'E. 

On en compte quatre espèces : celui des feuilles , le 
cinips rosacé , celui des racines et le cinips solitaire. 

Lô cinips des léuilîes a environ une ligne de lon- 
gueur ; les antennes sont d'un jaune pâle ; le corselet 
c;t l'ahdomen d'un vert doré; les pattes pâles; les ailes 
trauspurenies. 

La larve est dans l'intérieur d'une galle qu'on trouve 
sur les feuilles de chêne. Cette galle paraît des deux 
côtés de la feuille; elle est formée de deux cônes. Sa 
cavité intérieure est trés-granJe , et ses parois n'ont 
à peu près que le douhle de l'épaisseur de la feuille : 
elle est un peu ligneuse. 

Le cinips rosacé a environ une ligne ; le corps est 
d'un vert doré sombre; les antennes et les paltes sont 
d'une couleur fauve. 



124 INSECTES. 

Ce cinips dépose ses œufs dans les bourgeons du 
chêne et y produit une galle qui ressemble au calice 
des Heurs de la jacée. 

Le cinips des racines a deux lignes de long; il est 
brun, ses ailes sont transparentes. Sa larve vit dans la 
plus ligneuse de toutes les galles, qu'on trouve quel- 
quefois sur les liges et les racines du chêne et de dilfé 
rens autres arbres. 

Le cinips solitaire a une ligne et demie. Il est d'un 
brun bronzé ; ses ailes sont blanches. Sa larve vit soli- 
taire dans une petite galle ronde et ligneuse, qu'on 
voit sous les feuilles du chêne attachée aux nervures. 



Is^ CINIPS SU FIGUIER. 

Ce cinips a environ une ligne de longueur. Les, an- 
tennes sont noires, cendrées; tout le corps est d'un 
noir luisant ; les pattes sont d'un brun noir ; les ailes 
sont transparentes et sans taches. 

La larve est blanche ; elle n'a point de pattes : elle 
vit dans l'intérieur des graines de la figue. 

On se servait chez les anciens, et Ton se sert encore 
dans le Levant , des larves de ce cinips pour la cupn- 
fication. C'est un proct'dé qui consiste à employer les 
insectes qui ont vécu dans les figues sauvages pour 
hâter la maturité de quelques variétés de figues culti 
vées. 

Dans nos départemens méridionaux , ce n'est guère 
que dans les graines des figues sauvages que se 'rou- 



TES t.EUOOPSlS. 125 

vent les larves des cinips. Lorsque les tleurs femelles 
du figuier sont assez caractérisées , les cinips pé 
nèirent par l'œil , et déposent un œuf dans chaque 
semence. 

Un mois sulfit à la larve pour parvenir à sa dernière 
TiétamorDhose. 



I.ES X.EUCOPSIS. 

i^es leucopsis sont très-faciles à distinguer des guê- 
pes par la forme de leur abdomen , comprimé, renflé 
vers le milieu , obtus à l'extrémité, composé de deux 
anneaux Ces deux anneaux sont séparés dans la plus 
grande partie de leur circonférence; ils ne sont joints 
ensemble qu'en dessous, par une espèce de charnière 
qui laisse à l'ir secte la faci-Hté de mouvoir son dernier 
anneau à volonté. 

L'arguillon du leucopsis femelle prend naissance 
près de la base de l'abdomen : il y est appliqué et re- 
couvert par une pièce droite qui se termine au-delà 
de l'extrémité de l'abdomen, où l'aiguillon se recourbe 
?ur le dos et s'étend jusqu'au corselet. La femelle est 
également pourvue d'une tarière filiforme, également 
recourbée sur le dos. 

On trouve aux environs de Paris la leucopsis dorsi- 
gère. Elle a les antennes noires, jaunes à la base ; la 
tète noire ; le corselet noir, avec deux lignes jaunes à 
sa partie antérieure, une à sa partie postérieure au- 
dessus de l'écusson, et une de même couleur au-dessus 
de la base des ailes. L'abdomen est comprimé , obtus , 



I iC INSECTES. 

d'un noir hrillant , avec deux bandes ei des taches 
jaunes; les pattes sont jaunes; les cuisses postérieures 
larges , <lcntées , jaiiacs avec une grande tache noire ; 
les cuisses antérieures sont noires et les ailes brunes. 
La leucopsis dorsigère est commune en Italie et dans 
nos départemens méridionaux. 



V^VANIE APPENDIGASTREé 

Cet insecte est noir; ses antennes sont longues; la 
tête et le corselet sont raboteux ; l'abdomen est lisse 
et d'un noir brillant ; les anneaux sont peu distincts. 
Les ailes sont courtes, transparentes, blanches, avec 
les nervures noires , et un point de même couleur an 
bord extérieur des ailes supérieures. Les pattes posté- 
rieures sont très-longues. 

On trouve l'évanie appendigastre dans les départe- 
mens méridionaux de la Franc*, «n Italie, en Afrique 
et dans la iNouvelle-Hollande. 



tlS FOITRMiS COMMUNKS. tf7 



Z.£S FOURMIS COMMUNES. 

Ces injectes , qui vivpnt en soriétô , ont été beau- 
coiip>»vanlés pour leur travail et leur éeononjie ; mais 
ce qu'on a dit des prélcndurs provisions que les four- 
mis font l'été pour l'hiver se trouve détruit par des 
observations modernes. 

li y a deux espèces de fourmis qui frappent commu- 
nément notre vue en France; savoir: la petite espèce 
de fourmi rouge que nous voyons dans oos jardins , et 
la grosse fourmi des bois. 

On nomme fourmilière le b'eu que les fourmis ont 
arrangé pour y établir leur doînicile. On trouve dans 
une lourmilièrc des founnis n)àles , des femelles et des 
ouvrières sans sexe. 

Les fourmis mâles sont reconnaissables par leur pe- 
titesse et la gro'îseur de leurs yeux, /.es femelles sont 
Vrès-grandes , très-grosses, ailées, ainsi que les màies : 
elles ont un aiguillon à l'anus. Les ouvrières -ont égale- 
ment un aiguillon , mais elle? sont dépourvues d'ailes. 

On ne rencontre guère dans les fourmilières que le« 
ouvrières et les femelles ;• ces dernières s'y rendent 
pour déposer leurs œuts. Les mâles volent aux envi- 
rons , mais ils s'approchent peu de l'habitation gé 
nérale. 

Les fourmis s'étabh'ssent dans un terrain sec et 
ferme, au pied d un arbre, d'un mur ou d'une vieMIe 
masure : le tronc creusé d'un arbre caduc est encore 
une position très-avantageuse pour leur nid. Elles le 
placent toujours du côté échauflé par le soleil. L'entrée 



128 INSECTES. 

de cette habitation est un peu cintrée en forme de voûte, 
soutenue par des racines d'arbres ou de plantes, re- 
couvertes de morceaux d'écorce tendre et légère , ou 
de côtes de feuilles décortiquées. Quelquefois il y a deux 
ou trois entrées pour une seule demeure : ces entrées 
conduisent à une cavité souterraine , enfoncée souvent 
d'un pied, et plus, en terre, assez large, irrégulière en 
dedans , mais sans aucune séparation m galerie. 

On sent qu'une pareille cavité doit coûter beaucoup 
de travaux à des insectes si petits, qui ne peuvent dé- 
tacher à la fois qu'une irès-petile molécule de terre, mais 
leur nombre supplée à la force et à la grandeur. Ce 
nombre prodigieux de fourmis travaille à la fois sans 
s'embarrasser. Elles ont soin de se partager en deux 
bandes : l'une est composée de fourmis qui emportent 
la terre dehors, l'autre de celles qui rentrent.poup 
travailler 

Lorsque la fourmilière est creusée , les fourmis s'y 
retirent tous les soirs. Ce n'est qu'après ce travail fait 
qu'elles songent à manger. Elles vont à la picorée : 
fruits, graines, insectes morts, charognes, pain, sucre, 
confitures, tout leur est bon. L'intérieur des maisons 
les mieux closes n'est point exempt de leurs ravages ; 
elles trouvent les moyens de s'y insinuer, d'entamer, 
de dépecer , de dévorer et d'enlever tout ce qui se 
trouve sur leurs pas. Dès qu'elles ont découvert quel- 
que butin, elles le portent à la fourmilière pour la con- 
sommation quotidienne. C'est là le réfectoire , la salle 
des festins, le lieu d'assemblée. Il n'y a point de salle 
particulière dans cette petite république: tout y est en 
commun. On voit ces insectes porter ou tirer des far- 
deaux beaucoup plus pcsans qu'eux. Si le fardeau est 
trop lourd , on va chercher du renfort. Les fourmis se 



LES FOURMIS COMMUWKS. 129 

mettent quelquefois trois ou quatre pour le traîner, ou 
bien elles le déchirent avec leurs mâchoires, et rem- 
portent pièce à pièce. 

Les fourmis sont voraces, carnassières : elles ne 
s'allacheni pas seulement aux carcasses des hannetons 
et d'autres coléoptères ; n.ais si l'on jette dans la 
fourmilière une grenouille, un lézard, un rat ou un 
oiseau, on les trouvera, au bout de quelques jours, 
disséqués plus délicatement qu'ils ne pourraient l'être 
par la main du plus habile anatomiste. 

La nourriture que les fourmis rapportent n'est point 
gardée en réserve : elle est consommée sur-le-champ -, 
les restes sont emportés au dehors dès qu'ils com- 
mencent à se gâter. 

Les œufs des fourmis sont blancs et ohlongs ; le seul 
soin des femelles est de les pondre : les ouvrières 
.élèvent les larves: pendant les beaux jours de l'été, 
elles les apportent à l'entrée de leur souterrain ; elles 
les exposent dès le matin aux premiers ravons du so- 
leil. 

Les larves des fourmis n'ont point de pattes ; leur 
corps est composé de douze anneaux. Elles se trans- 
forment en nymphes fort molles et lluides, enveloppées 
d'une peau blanche et transparente. 

Après la fécondation , tous les mâles périssent, ainsi 
qu'une grande partie des femelles. Au commencement 
de l'hiver on ne trouve guère que des ouvrières , qui 
passent la mauvaise saison dans leur souterrain, en- 
gourdies sans mouvement, et entassées les unes sur 
les autres. 

Dès les premières chaleurs du printemps, ces four- 
mis commencent à se réveiller de leur état létJiargique, 
débouchent les ouvertures des galeries qui aboutis- 

IV. Q 



fSO IWSKCTKS. 

sent au lieu où elles se retirent , et sortent de lear de- 
meure, 

f '. 7 a du risque i irriter les fourmis , surtout dans 
les pays chauds. Les femelles, et notammi^nt les ou- 
yrièrcs , introduisent dans la peau une liqueur acre et 
mordicante , qui produit l'eûet d'un petit vésicatoire. 
flelle liqueur occasionne dans la partie oÛensée de 
pet! le» enflures rougeâtres, accompagnées de déman- 
geaisons, mais dont on se guérit en appliquant sur la 
Îjeav» des compr«fts«8 trempées dans rhuile d'ol've ou 
'^icali volatil. 



VRS rOVBMIS friELAXGtBJES. 

î>es fourmis du Sénégal élèvent des pyramides unies 
et cimentées au dehors, ayant une seule ouTerture qui 
se trouve vers le tiers de leur hauteur, d'où les fourmis 
descendent sous terre par une rampe oir<'ulaire. Sur 
laCrtte d'Or, en Guinée et i Ma<luré, dans la presqu'île 
onentale de l'Inde, on trouve, au milieu des champs, 
des fourmilières qui ont la hauteur d'un homme, et sont 
enduites d'un mortier inifténétrahle. Ces fourmis vien- 
nent en ordre de bataille ravager les habitations. Les rats 
etpiusieurs autres animaux ne peuvent les éviter; elles 
[6? accablent par le nombre , les dépècent et les en- 
traînent. En une seule nuit elles dévorent des mon- 
tions et des chèvres, et il n'en reste que les os et le 
squelette. 

A Batavia, les fourmis font leurs fourmilières sur 
ciftf jambons pour éviter I«s inondations ; elles les con- 



LES FOURMIS ETRANGSRBS. f?} 

striiisent avec une terre grasse et y forment des cel- 
lules. 

Les habitans de Paramaribo, à Sxirinam, voient ar- 
river dans certains temps des fourmis que les Portu- 
gais nomment visitatrices. Leurs ravage? sont bir^n- 
laisans pour l'homme : elles exterminent les rats, les 
araignées et autres insectes incommodes et nuisiblo^. 

Ily aen Amérique des fourmis extrêmement grandes, 
qui, en une seule nuit, coupent toutes les feuilles de 
plusieurs arbres, et les emportent dans leurs nids pour 
la nourriture de leurs larves; elles habitent dans la 
terre, parfois à huit pieds de profondeur. 

Les fourmis mineuses des Indes orientales ne mar- 
chent jamais à découvert, mais se font toujours des 
chemins en galerie, pour parvenir où elles veulent al- 
ler. On les a vues se former ainsi dçs routes au travers 
d'un tas de clous de girofle qui s'élevait jusqu'au plan- 
cher, dans un magasin de la Compagnie des Indes. 
Pour travailler, ces fourmis se partagent en d«!ux bandes, 
dot.t l'une porte de la terre qu'elle applique à la voûte, 
et l'autre une matière visqueuse qui sert à pétrii à 
cette terre. 

Les fourmis sacchanvores d'Amérique s'établissent 
au pied des cannes à sucre, en détruisent les racines, 
en dessèchent les feuilles, et, après y avoir déposé leurs 
œufs, attaquent les bestiaux et la volaille ; on a même 
vu des négrillons devenir, dans le court intervalle d'une 
nuit, les tristes victimes de la négligence de leurs mères. 
Attirées par des matières miellées qui découlaient de 
dessus les bardes, les fourmis suçaient et pinçaient la 
peau des en fans endormis : leurs cris perçans et re- 
doublés n'étaient point entendus, et ils périssaient en 
quelques heures. 



132 INSKCTES» 

Ces fourmis voraccs, dit-on, passent des torrens de 
la manière suivante. Une première s'attache à un mor- 
ceau de i^ois élevé qu'elle tient serré avec ses dents ; 
une seconde se place après la première ; une troisième 
se cramponne de même à la seconde, et ainsi des autres 
Dans celle situation, le C(jrdon, qui s'a brandon ne au vent, 
est porté à la rive opposée, où la dernière fourmi , qui 
devient la première, se fixe fortement à quelque corps; 
c'est ainsi qu'une chaîne d'insectes étroilemeunt unis 
forme un pont sur lequel passe une armée nombreuse de 
fourmis. 



IX MUTIXiIii: EUROPEEN. 

La tête du mutille européen est noire ; son corselet 
est roux ua peu noir d ns sa partie antérieure ; l'ab- 
doaien est noir, mais sa base et le bord des segmeos 
sont d'un blanc brillant, imitant presque l'or. Quelques 
individus sont aptères ou sans ailes. 

Le genre mutille a été peu observé. On trouve ces 
insectes dans les sablonnieres, ou cachés sous des 
pierres, ou même sur les (leurs. 



LES SC0LIB8. ISS 



I.A TIFHIE A GROSSES CUISSES. 

Cet infecte est entièrement noir; ses antennes sont 
courles et roulées en spirale ; le rorpsest un peu velu; 
l'abdomen est attaché au corselet par un pétiole très- 
court; les derniers anneaux vont en diminuant ; les 
niles sont plus courles que l'abdomen. 

La femelle porte une tarière. 

On trouve la tiphie à grosses cuisses en France el 
en Angleterre. Ses larves sont inconnues. 



X.ES SCOX.IES OU SCOLIETES. 

Lesscolics ont le corps allongé, velu ,1a ti'te arrondie, 
le front plat ,Ies yeux ovales, un peu échancrés ; les mâ- 
choires gramles, arquées, unidenlées; l'abdomen long, 
un peu recouri é en-dessous, aitaclié au corselet par un 
pédicule très-court: chez le mâle il est terminé par des 
pointes aiguës, et chez les femelles par un aiguillon 
fort et [M-rçant. Les larves et les habitudes des scolies 
sont entièrement inconnues. 

On trouve à Fontainebleau la scolie à double cein- 
ture ; elle a les antennes noires, le corps velu ; la tète 
el le corselet noirs : l'abdomen noir et jaune ; les ailes 
violettes et brillantes ; les supérieures ont une tache 
brune vers le milieu du bord extérieur. 



tS4 IH8ICTO. 



£E SPHEX BES SJLBSZîS. 

Le sphex des sables est noir, pubescent, long de 
moins d'un pouce; il a quelques marques bleuAlres et 
luisantes. Ses antennes sont filiformes et roulées en spi- 
rales. L'abdomen de la femelle renferme un aiguillon. 

Le sphex, à l'état parfait, ne vit que du suc des Heurs; 
on le trouve dans les lieux secs et arides. Il se creuse 
avec les pattes et le bec de petites galeries souterraines. 
La femelle, au moment de la pontej saisit une che- 
nille, la tue, la met dans son trou à côté de son œuf, 
et recouvre le tout. 



UES CHRT'SZS. 

Nous ne connaissons ni les mœurs ni les larves de 
ces jolis insectes, auxquels on a donné le nom de chry- 
sis, à cause de la beauté de leurs couleurs, qui ont le 
brillant et l'éclat des pierres précieuses ; mais on pré- 
sume que leurs habitudes et leurs métamorphoses ont 
beaucoup de rapports avec celles des sphex. 

On les trouve en été sur les murailles et autour des 
vieux bois, quelquefois sur les fleurs. Ils sont très-vifs 
et ont le vol léger. Quand on les prend, ils se mettent 
en boule, courbent leur ventre en-dessous, et portent 
son extrémité jusqu'à la tête ; en même temps, ils ap- 
pliquent leurs pattes et leurs antennes contre le corse- 
let. 



LE CftAukOli CRIBLÉ. 13ô 

Une espèce de chrysis, le chrysis enilammé , est irès- 
commune aux environs de Paris. 

Le chrysis enilammé a les antennes noires, la tête 
d'un vert doré brillant, tout le corps finement pointillé, . 
le corselet d'un vert doré autérieuremenl et bleu posté- 
rieurement; TabdumcD est convexe en-dessus, com- 
posé de quatre anneaux, dont le troisième est couronné 
de pointes fine» et terrée»; l'anus est terminé par qua- 
tre dénis. Il est d'un rouge pourpre cuivreux en-dessus, 
d'un vert brillant en-dessous. Les pattes sont vertes, 
les tarses noirâtres. Les ailes ont une légère teinte de 
brun. 

Le chrysis enflammé habite dans les trous des murs 
et dans les vieux bois. 



X.X: CRABROBJ CRIBtJÊ. 

Le crabron criblé a les antennes et la tête noires ; le 
corselet noir avec deux lignes jaunes ; l'abdomen de 
même couleur avec (juelques taches jaunes, les cuisses 
noires et les pattes jaunes. Il lait son nid dans les trous 
des vieux bois, y dépose fes œufs avec des provisions, 
et couvre le tout avec de la sciure. 



1S6 rifsxcTES. 

UR CIMBSX TAUmE. 

Cet insecte a la tête et le c rselet d'un brun jaunâ- 
tre, un peu velus, les antennes d'un jaune l)iun, Tab- 
domen d'un jaune foncé, avec les trois ou quatre pre- 
miers anneaux d'un noir violet; le dessous a des taches 
d'un brun obscur; les ailes sont transparentes; elles 
ont une légère teinte de brun jaunâtre, avec les nrr- 
vures noires ; elles paraissent chitlonnées : dans l'état 
de repos, elles recouvrent le corps. 

On trouve la larve du cimbex jaune à la fin de l'été 
et au commencement de l'automne sur le saule et l'o- 
sier; elle a deux pouces de longueur et quatre lignes 
de diamètre. Dans l'élat de repos, elle a le corps roulé 
en spirale, de façon que l'extrémilé se trouve au cen- 
tre du cercle, et elle est couchée sur un des côtés. Elle 
se tient aussi cramponnée au moyen des crochets des 
pattes de devant contre les feuilles et les branches. 

Cette larve oUVe un phénomène bizarre : quand on 
la touche un peu fort, elle serinsue en ligne horizon- 
tale, à la distance de plus d'un pied, des jets d'eau très- 
fins qui partent des côtés de son corps; la liqueur qui 
les produit est claire , verdâtre et d'une odeur désa- 
gréable ; îes ouvertures qui lui donnent passage sont 
situées le long du corps, chacune au sommet d'une 
pièce charnue, triangulaire, sur laquelle sont de petits 
points bruns. 



^Êm- 



LE CIMBBX DU SAOLI. |S7 



IiE CnMTBEX DU SAULE. 

Le mâle a la tête noire , les antennes d*un brun 
noirâtre avec la masse noire; le corps d'un brun noi- 
râtre en-dessus, d'uin jaune rougeâlre en-deseous ; le» 
ailes ont une teinte de brun jaunâtre, avecles nervures 
noires. 

La femelle diffère du mâle par la couleur de l'abdo- 
men qui en-dessus est presque entièrement d'un jaune 
roux ; les individus des deux sexes sont velus. 

La larve vit sur le saule ; elle a plus d'un pouce de 
longueur, et vingt-deux pattes. Elle estd'un vert clair, 
et couverte de rides transversales très-fines. On la 
trouve ordinairement couchée sur une feuille et roulée 
en spirale. Elle paraît pesante, engourdie; elle mange 
peu à la fois. Dès qu'on la touche, elle seringue une 
liqueur comme la précédente. 

Parvenue à toute sa grandeur, vers le milieu de l'été, 
elle file une coque sans entrer dans la terre ; cette co- 
que est ovale, d'une soie grossière, luisante, d'un brun 
fauve ; elle y passe l'hiver, et en sort à la fin du prin- 
temps de l'année suivante. 

On trouve ce cimbex dans tonte l'Europe 



Hs 



IRSBCTES. 

LÉ^ GUÉPÈ^. 



Les "guêpes se distinguent très-aisément de tout au- 
tre insecte par leur forme et par leur couleur. Leur 
ventre ne tient au corselet que par un Blet tres-fîn • 
leur corps est lisse, luisant, et leur livrée distinctive 
est le jaune et le noir combinés par raies et par ta- 

Les guêpes ont les antennes coudées dans leur mi- 
lieu; trois petits yeux lisses ; point de trompe allon-ée • 
mais une bouche évasée semblable aux llours que les 
botanistes nomment fleurs en yueule. A l'état de repos, 
leurs ailes supérieures, plus longues que les inférieure^ 
sont toujours pheesendeux longitudinalement. Au-des- 
sus de l'origine de chaque aile supérieure est une partie 
ecailleuse qui fait l'otHce de ressort et empêche l'aile 
supérieure de s'élever trop ; cette partie rend par con- 
séquent les coups d'ailes plus courts et les vibrations 
plus vives, ce qui était nécessaire a ces insectes des- 
imes a vivre de chasse, et souvent obligés de poursui- 
vre leur proie à tire d'ailes. 

Les guêpes vivent en société; elles sont subdivisées 
en plusieurs espèces dont nous signalerons les plus or- 
umaires. ^ 



LA GUÊPfi COMMUNE OU i)OM£STlQUK 139 



X.A au£p£ coMMUJBUx: on domestique. 



La guêpe commune est de la grosseur d'une aheille; 
elle a les antennes noires, les mandilmles jaunes, le 
corselet noir avec quelques taches jaunes ; l'abdomen 
jaune avec quelques ponctuations noires ; les cuisses 
noires en-dessus et les pattes jaunes. Elle habite sous 
terre ; on lui a donné le nom de guêpe domes*i'jue, 
parce qu'elle entre familièrement dans nos apparte- 
mens, se jette sur nos taliles comme une haif>ir, ra- 
vage nos espaliers, et surtout nos muscats, dout elle 
est très- friande. 

C'est à un pied ou un pied et demi de profondeur, 
au milieu d'un pré, d'un champ, sur les bords d'une 
allée ou d'un grand chemin, dans un lieu où la terre 
est facile à remuer, que l'on trouve les guêpiers; ils se 
font remarquer à la surface du sol par un trou qui 
peut avoir un pouce de diamètre, et par lequel les 
guêpes entrent et sortent continuellement. 

Ce trou est une espèce de galeri^que les guêpes ont 
faite à force de miner , et qui conduit par des détours 
au séjour ténébreux où est construit le guêpier. 

Lorsqu'on veut jouir du plaisir d'examiner un guê- 
pier , on peut commencer par faire périr les guêpes, 
en introduisant par l'ouverture une mèche soufrée , 
dont la vapeur les étouiïe. On fouille ensuite la ferre 
légèrement, et on découvre enfin une espèce de boule 
allongée ou sphérique, qui a jusqu'à quatorze ou 
quinze pouces dans son plus grand diamètre. On ob- 



I40 llf SECTES. 

serve toujours deux portes, l'une d'entrée, l'autre de 
sortie. Si l'on coupe un guopier en doux, on remarque 
d ij'iurd son enveloppe, dont l'épaisseur est d'un pouce 
ou d'un pouce et demi, et qui n'est composée que de 
plusieurs couches d'une espèce de papier. L'usage de 
ce mur est de garantir l'intérieur du nid contre l'humi- 
dité d;! la terre et de la pluie : ce papier y paraît peu pro- 
pre ; mais ici la structure de l'édifice" supplée à sa fai- 
bless.'^. Toutes ces feuilles de papier, au lieu d'être 
piatec et appliquées exactement les unes sur les autres, 
•ont t^éparées et ne forment qu'un assemblage de pe- 
tites voûtes. 

On rencontre très-fréquemment des guêpes atta- 
chées sur de vieux treillages, de vieux châssis ou au- 
trft.-« rois vermoulus; elles sont occupées à ratisser le 
bol» avec leurs dents, à en détacher les fibres, à les 
écharper, les couper, les mettre en masses rondes. 
C'est la matière première de leur papier. Humectes 
avec la liqueur qu'elles dégorgent, ces petites fibres 
qu'elles pétrissent avec leurs pattes et réduis<;nt en 
lames minces à l'aide de leurs dents, forment l'enve- 
loppe et les cellules du guêpier. 

L'intérieur du guêpier est un édifice qui a quelque- 
fois douze à quinze étages, mais dont les inférieurs sont 
bâtis les derniers. Entre chaque étage règne une colon- 
nade formée par les liens employés à tenir suspendu 
le gâteau inférieur. Ces étages sont des espèces de 
places publiques, ornées de colonnades ; les cellules 
n'ont qu'un seul rang, dont les ouvertures sont en bas. 
Elles sont uniquement destinées à loger les larves. On 
peut compter dans un guêpier de moyenne grandeur 
jusqu'à dix mille alvéoles; et comme chaque alvéole 
peut servir de berceau à trois jeunes guêpes, consé* 



LA GURPK COMMUNE OU DOMESTIQUE. 141 

quemmenl un guêpier peut produire par an trente millt; 
guêpes. 

Une république de guc'pes, quelque nombreuse qu'elic 
ïioit, est presque l'ouvrage d'une seule mère, qui a 
été fécondée en automne, et commence a pondre au 
printemps. Elle creuse elle-niéme en partie la cavité 
qui contient le guêpier, ou bien elle profite d'un trou 
de taujie, dans lequel elle construit des alvéoles, et y 
dépose à mesure ses œufs. Au bout de vingt jours, ces 
œufs ont passé par l'état de larves et de nymphes. La 
mère les a nourries, veillées et soignées toute seule; 
mais à peine sont-elles écloses, qu'elles Taident dans 
les travaux du ménage. 

La mère guêpe donne naissance à des nidles, à des 
femelles el à des guêpes sans sexe, ou ouvrières, 
chargées presque seules de tout le travail. Comme ces 
dernières aident la mère dans ses travaux, la nature a 
sagement établi qu'elles naîtraient les premières. Un 
guêpier ne se peuple des deux sexes que vers la fin 
du mois d'août, après avoir été pourvu d'un grand 
nombre d'ouvrières neutres. Pour quinze ou seize mil- 
liers d'ouvrières, on trouve à la fin de l'été trois cents 
mâles et autant de femelles. 

A mesure que les larves éclosent, on va leur cher- 
cher la becquée; mais on proportionne l'aliment à la 
délicatesse de leur estomac, aussi ne leur dégorge-ton 
d'abord que du sirop de fruits, du jus de viande ou du 
hachis, jusqu'à ce qu'elles soient assez fortes pour pren- 
dre des nourritures plus solides, manger des ventres 
d'insectes, et même de la viande crue. 

Lorsque les larves sont arrivées à leur accrois- 
sement complet, elles filent une coque qui tapisse eî 
bouche leurs cellules ; elles passent à l'état de nym])hc9j 



1 42 iRSEcrrss. 

e,l, au bout de quelques jours, à celui de gu(îpes , qui, 
dès rinstant qu'elles sont nées, vont sur-le-champ 
chercher leur nourriture. 

Les guêpes ne font point de provisions : ce sont des 
briganJs qui marchent par bandes, et semblent nés 
pour vivre à nos dépens ; nos viandes et nos fruits sont 
leur proie. Quelquefois k-s guêpes se jettent sur nos 
abeilles, les saisissent, les partagent en deux, et em- 
portent la partie postérieure, qu'elles savent contenir 
le miel et les intestins. 

On voit les guêpes en grand nombre dans la bouti- 
que des bouchers de village, où elles coupent des mor- 
ceaux si pesans, qu'elles sont obligées de se reposer à 
terre. Les bouchers, pour éviter un plus grand pillage, 
laissent sur leur établi un foie de veau ou une rate de 
bœuf, à laquelle les guêpes s'attachent de préférence. 
D'ailleurs elles leur rendent le service de poursuivre 
ces grosses mouches bleues qui déposent leurs œufs 
sur la viande; ces mouches n'osent plus approcher 
d'une boutique où elles aperçoivent les guêpes , leurs 
plus cruels ennemis. 

Dans les momens d'abondance, lorsque les ouvrières 
ont été an pillage, elles apportent la provision au logis 
et en font part à leurs compagnes. S'il survient des 
pluies, les guêpes sont obligées de jeûner. 

Ce n'est qu'au commencement de l'automne qu'un 
guêpier peut passer pour complet. La mère primitive 
commence à sortir vers le mois de septembre, et mène 
avec elle les mâles et les femelles nouvellement nés. 
Les mâles s'occupent à tenir le guêpier net, et à jeter 
dehors les corps morts. Les femelles sont plus actives. 
Leurs soins s'étendent à tout ; mais la ponte est la 
plus essentielle de leurs fonctions. 



LA GUÊPE DE CAYENNK. 143 

Vers le mois d'octobre, une o«pèoc de fureur s'empare 
tout-à-coup des guêpes; une guerre intestine se déclare 
dans le guêpier ; les œufs, les vers, les nymphes sont 
jetés hors des cellules ; les pères cl mères, les ouvrières 
même ne font que languir; ils perdent la force de 
chercher leur nourriture, et périssent presque tous de 
faim et de misère. Si quelqu'une des femelles fécon- 
dées peut trouver un trou de mur pour s'y mettre à l'a- 
bri du froid, elle reparaît au printemps et jette seule 
les fondemens d'une nouvelle république. 



ImA guêpi: de catesinx. 

La guêpe deCayenne ou canonnière est plus petite que 
celle de notre climat ; elle naît, croît et vitpresquedcla 
même manière; mais son travail est plus digne d'atten- 
tion. Son guêpier est fait d'un carton qui ne serait pas 
désavoué par nos meilleurs ouvriers. 

Les guêpes de Cayenne atl.ichent leur guêpier à une 
branche d'arbre ; son enveloppe est une boîte de car- 
ton longue de douze à quinze pouces. Elle a la figure 
d'une cloche allongée , fermée par en bas, qui n'aurait 
pour toute ouverture qu'un trou d'environ cinq lignes 
de diamètre à son fond. L'intérieur est occupé par des 
gâteaux de même matière , disposés par étage ; la cir- 
conférence de chaque gâteau fait partout corps avec la 
boîte. Chacun de ces gâteaux, a un trou vers son n)ilieii, 
qui permet aux guêpes d'aller d'étage en étage. 



144 INSECTES. 

I»A GUÊPE Af RIE£7Bi£. 

La guêpe aérienne est la plus petite de toutes celles 
qui vivent en société. Elle étaLIit son nid en (ficin air; 
elle l'attache communément à une branche d'arbre; on 
voit des nids de diverses grosseurs, depuis celle d'une 
orange jusqu'à celle d'un œuf de poule. 

Les gâteaux sont placés verticalement, et défendus 
par une enveloppe composée d'un très-grand nombre de 
feuilles, que, sans leur couleur grise, on pourrait pren- 
dre pour une énoime rose commençant a s'épanouir- 
Une espèce de vernis, dont les guêpes recouvrent la sur- 
face entière de leur nid, facilite l'écoulement de l'eau. Ce 
vernis est même si bon, qu'on a laissé tremper dans l'eau 
un de ces nids , qui n'a^été nullement altéré ni ra- 
molh. 

La vie et les occupations des guêpes aériennes sont 
à peu près les mêmes que celles des guêpes souter- 
raines. 



Z.E FBELOSr. 

Le frelon est infiniment supérieur en force aux autres 
genres de guêpes; il a jusqu'à quinze lignes de long , 
îiiais il n'est pas délie dans ses proportions ; sa couleur 
cfDminante est le brun ; il est un peu velu; il a l'abdo- 
men jaune avec deis ponctuations noires. 

La piqûre des frt-lons est très-douloureuse. On a vu 



LES lUCKRES. 14â 

un observateur, piqué vivement par un de ces insectes, 
perdre connaissance et avoir la lièvre pendant deux ou 
trois jours. 

Les gâteaux des fn Ions sont disposés de même que 
ceux des guêpes domestiques; mais les liens qui les at- 
tachent les uns aux autres sont plus hauts, plus massifs 
et encore moins réguliers. Le gâteau du milieu est beau- 
coup plus gros que les autres; et, comme ils sont laits 
d'une sorte de papier plus cassant parce que la matière 
employée n'est que de la sciure de bois pourri, les fre- 
lons ont soin de mettre leur nid dans le creux d'un tronc 
d'arbre, ou dans d'aulres lieux abrités, où l'eau ne 
saurait pénétrer. L'entrée du guêpier est un trou percé 
à côté de l'arbre, et qui, traversant le bois, vient sortir 
par l'écorce. 



I.ES EUCiBES. 

Ce genre d'insectes est composé de sept espèces ; la 
plus commune aux environs de Paris, l'eucère à lon- 
gues antennes, a environ six lignes de longueur ; ses 
antennes sont plus longues que son corps; elles sont 
noiies, composées de treize anneaux : l'insecte les porte 
couchées sur son corps ; le devant de la tête et la lèvre 
supérieure sont jaunes; le corselet et l'abdomen sont 
noirs , couverts de poils d'un jaune roux , quelquefois 
grisâtres. Les ouvrières ont moins de poils sur l'abdo- 
men que les mâles et les femelles. 

L'eucère à longues afitenoes habite l'Europe. On la 

IV. 10 



146 INSECTES. 

trouve en été sur les Ueurs ; elle y ramasse le pollen 
des Heurs pour la nourriture de ses larves. 

Ces larves viennent d'œufs dispersés par les femelles 
dans des trous pratiqués en terre. 



IJSS ABEII.I.ES DOMESTICITES. 

Les abeilles ont la t(^le triangulaire, attachée au cor- 
selet par un cou très-court ; la bouche composée d'une 
lèvre supérieure, de deux mandibules et d'une trompe 
coudée. Lorsqu'une abeille entre dans une fleur épa- 
nouie pour recueillir la liqueur mielleuse qui y est con- 
tenue, elle allonge sa trom()c et en applique l'extrémité 
contre les nectaires des Ueurs. 

L'abdomen des abeilles lemellcs et ouvrières est ter- 
miné par un aiguillon iros-poinlu, renfermé dans une 
espèce de boîte ; cet aiguillon est con)posé de deux filets 
écailleux , et garni de quinze ou seize dentelures très- 
fines, qui renipéchcntde sortir des chaiis dans lesquelles 
l'abeille l'a introduit : aussi l'y laisse-t-elle souvent avec 
toutes ses dépendances lorsqu'elle veut le retirer avec 
trop de précipitation ; dans ce cas, elle meurt peu de 
temps après l'avoir perdu. 

Le poison acre que l'abeille insinue dans la plaie 
qu'elle fait est renfermé dans une vessie placée à la base 
de l'étui ou gaîne de l'aiguillon. 

En volant, ces insectes font entendre un bruit qu'on 
nomme bourdonnement. Il est occasionné par une forte 
vibration des ailes supérieures. 

Les abeilles sont plus ou moins velues selon les espèces; 



HYMENOPTERES 

ET 
HÉMIPTÈRES 



p j4p 




2sS 



iA"beine . 2 Cinipa des feuilles de Qiène SCoclieDille surleçramcn 

127 -tSg fîî ^-"^ ^^^ 

pourîni B.Gviepe . 6.Frdon . y Jchneumon . 6.Nomadç. 



LES ABEILLES DOMESTIQUES. 147 

les poils qui les couvrent leur servent à ramasser la 
matière de la cire qu'elles trouvent dans les Heurs : 
lorsqu'une abeille veut faire sa récolte, elle entre dans 
le calice d'une Ijeur, frotte son corps le long des éta- 
mines, et, lorsque ses poils sont chargés de la pous- 
sière qu'ils en ont délacliée, elle part avec son butin, et 
dirige son vol vcrs'le nid. Elle a soin, avant d'y retour- 
ner, d'enlever cette poussière avec ses paUcs de der- 
rière, dont elle se sert comme do brosse, et d'en former 
deux petites pelotes qu'elle place à chacune de ses 
jambes postérieures. 

On trouve parmi les abeilles domestiques des indivi- 
dus de trois sortes, les mâles, les femelles et les ou- 
vrières ; celles-ci sont chargées de tout le travail ; ce 
sont elles qui vont à la récolte de la cire et du miel, qui 
construisent les nids et qui nourrissent les petits. 

Une ruche est ordinairement b.abilée par une seule 
femelle, par deux cents à huit cents mâles, et par quinze 
à seize mille ouvrières. Les femelles se distinguent à la 
longueur de leur abdomen ; les ouvrières sont plus pe- 
tites que les mâles et les femelles. 

Les ruches sont remplies de gâteaux composés de 
cellules de figure hexagone, appliquées les unes contre 
les autres. Cliaque côté du gâteau contient à peu près 
un nombre égal de cellules ou alvéoles, dont les unes 
servent à conserver le miel, les autres à contenir les 
œufs et par suite ies larves. 

Les abeilles placent leurs gâteaux parallèlement, et 
laissent entre eux un chemin d'une largeur suffisante 
pour que deux abeilles puissent y marcher à la fois. 
La matière employée dans la fabrication des gâteaux 
est la poussière qu'elles ramassent, convertie en cire 
dans leur est«^mac . après qu'elles l'oat introduite dans 



1 48 INSECTES. 

leur corps , uon pas par leur trompe , mais par leui 
bouclie. 

Le premier soin des abeilles , dès qu'elles s'établis- 
sent dans une nouvelle ruche, est d'en boucber toutes 
les ouvertures avec du propolis, substance qu'elles 
tirent des jeunes bourgeons du peuplier, du saule et 
autres arbres. Elles enduisent également de propolis 
les bases qui soutiennent les gâteaux , et souvent elles 
en étendent sur les parois intérieures. 

La liqueur mielleuse que les abeilles enlèvent aux 
fleurs avec leur trompe e&t conduite par cet organe 
dans la bouche , où se trouve la langue , qui pousse 
le miel dans l'œsophage. Lorsqu'une abeille a rempli 
de miel son estomac, elle le porte à la ruche, et cher- 
che une cellule pour le dégorger. Souvent une de ces 
abeillesest rencontrée, dans son chemin, parqnelques- 
imes des ouvrières qui n'ont pu aller à la récolte. Alors 
elle s'arrête, redresse et étend sa trompe, et présente 
du miel à l'ouverture de sa bouche ; les autres y met- 
tent le bout de leur trompe et sucent le miel. 

Une partie du miel est destinée à la consommation 
journalière; une autre est renfermée dans des alvéoles 
qui ont chacune un couvercle de cire, et forme la pro- 
vision d'hiver. 

Les œufs sont placés dans les cellules qui ne con- 
tiennent point de miel. Les larves sortent des œufs au 
bout de tiois jours ; elles sont sans pattes , de couleur 
blanche, et roulées en cercle, au fond de leurs cel- 
lules, sur une couche assez épaisse de gelée blanchâ- 
tre. Les abeilles leur prodiguent les soins les plus ten- 
dres; elles les visitent sans cesse, renouvellent sans 
cesse la provision de bouillie qu'elles leur donnent, se 
relayent, et passent tour à tour leur tête à l'entrée de 



LUS ABEILLES DOMESTIQUES. 149 

la cellule pour examiner attentivement si la larve est 
logée à l'aise et si elle a ce qu'il lui faut. 

Les larves de femelles et d'ouvrières ne restent que 
cinq jours sous cette forme : celles des mâles y passent 
un jour de plus. Lorsque les larves ont pris leur ac- 
croissement, les abeilles ferment leurs cellules avec un 
couvercle de cire , et la larve commence à filer pour 
tapisser l'intérieur de sa cellule. Elle fait une toile 
d'un tissu extrêmement fin et très-serré ; elle emploie 
trente-six heures à cet ouvrage , et trois jours après 
elle se métamorphose en nymphe. Au bout de huit 
jours, la jeune abeille sort de son enveloppe, perce le 
couvercle de sa cellule , et va se poser sur le gâteau. 
Les abeilles qui l'aperçoivent s'empressent autour 
d'elle, la lèchent, essuient ses membres huniides, lui 
présentent leur trompe chargée de miel, lui appren- 
nent où sont les parties de la ruche, soutiennent son 
premier essor, pendant que d'autres abeilles se hâtent 
de nettoyer la cellule vide et de la mettre en état de 
service. 

Les larves qui doivent devenir des femelles ou reines 
sont encore mieux traitées. Leurs cellules sont beau- 
coup plus grandes que les autres ; la pâtée leur est 
donnée avec profusion et a plus de saveur : elles 
sont placées dans leurs cellules verticalement, la tête 
en bas. 

Les femelles ne pondent dans les cellules royales 
qu'après la ponte des œufs mâles, et lorsqu'elles jugent 
la ruche assez peuplée pour fournir un essaim. Quand 
le nombre des abeilles est si considérable que la même 
ruche ne peut plus les contenir toutes, elles se déter- 
minent à former un essaim sous la direction de leur 
vieille reine. C'est ordinairement par un beau jour et 



150 msKCTRs. 

un soleil ardent, depuis onze heures du matin jusque 
vers quatre heures du soir, que sortent les essaims, 
ils vont se réunir en pelotons sur un arhre voisin, et 
former une grappe plus ou moins grosse d'abeilles 
cramponnées les unes aux autres par les pattes. 
* Pour s'emparer des essaims, on force les aheilies à 
s'abaisser en leur jetant à pleines mains du sable ou 
de la Lerre. Puis, quand elles se sont placées sur une 
branche, on apporte une ruche auprès ; on l'y soutient 
renversée, et on lait tomber les abeilles dedans avec 
une baguette et avec la main, sans craindre leurs pi- 
qûres, parce que dans cette circonstance ellts ne 
font point usage de leur aiguillon. Il suffit que la plus 
grande partie de l'essaim entre dan» la ruche pour être 
suivie du reste. Alors on renverse la ruche, à laquelle 
on a soin de ménager des ouvertures. Si quelques 
abeilles s'obstinent à rester sur la l)ranche, pour les en 
éloigner, on l'rolte cette branche avec des feuilles de rose 
et de sureau, dont l'odeur déplaît aux abeilles. On frotte, 
au contraire, 'es parois de leur nouvelle hal>ilation avec 
des herbes et des Heurs dont elles aiment le parfum, 
comme des feuilles de mélisse, des tleurs de fèves, ou 
bien on l'enduit légèrement de miel, et, après le soleil 
couché, on transporte doucement la ruche sur le sup- 
port qu'on lui a destine. 

L'ancienne ruche ne tarde pas à se trouver aussi 
peuplée qu'avant le départ de l'essaim. Si la reine 
meurt par accident, les abeilles prennent des larves 
d'ouvrières pour la remplacer, agrandissent le» cellule» 
de ces larves, et leur donnent de la pStée royale. Toutes 
les abeilles communes étant originairement du sexe fé- 
minin, cette nourriture plus substantielle sulBt pour les 
rendre fécondes. M. Huber a observé que les larves 



LES ABEILLES DOMRSTIQUES. 151 

qui n*Qnt reçu qu'une petite portion de bouillie royale 
ne pondent que des œufs de mâleâ et en petite quan- 
tité. 

Dès qu'une reine est née, son instinct la porte à dé- 
truire toutes celles qui doivent naître après elle , et 
elle s'approche des cellules pour percer les nymphes 
de son aiguillon ; mais les ouvrières se rassemlilenl en 
nombre et la forcent à s'éloigner. Cette jeune femelle 
est alors dans une agitation extrême : elle communique 
son trouille à un grand nombre d'ouvrières, les entraîne 
hors de la ruche, et va former une colonie. 

Cela n'arrive que dans le temps des essaims. Dans 
le cas où les abeilles ont nourri des larves d'ouvrières 
pour remplacer la reine qu'elles ont perdue, la femelle 
qui sort la première tue toutes les autres impitoyable- 
ment. Lorsque deux femelles sortent en même temps, 
elles se livrent un combat à mort, sans que les abeilles 
qui en sont spectatrices y prennent part, et celle qui 
triomphe est adoptée. 

Les abeilles adoptent également une reine étran- 
gère, si on leur en donne une, vingt-quatre heures 
après qu'elles ont perdu la leur ; mais si on la leur 
donne avant ce temps, elle est mal accueillie , et quel- 
quefois étouflée par les abeilles, qui la gardent comme 
prisonnière. Dès qu'elles l'ont reconnue , elles détrui- 
éent aussitôt les cellules qu'elles avaient agrandies 
pour élever des larves d'ouvrières à l'état de reine , et 
continuent leur travail comme si la nouvelle reine était 
née parmi elles. 

Dans les essaims dont les reines «ont complètement 
fécondes , les ouvrières procèdent au massacre général 
des mâles. C'est ordinairement dans les deux derniers 
mois de l'été que , pendant trois à quatre jours , elles 



1 52 IHSECTKS. 

en font une tuerie effroyable. On les voit , du malin 
au soir , acharnées sur ces malheureux , qu'elle^ met- 
tent en pièces et traînent morts ou mourans hors de la 
ruche : elles n'épargnent pas même ceux qui ne sont 
point encore parvenus à l'état de nymphes. 

Il périt beaucoup d'abeilles tous les ans, les une» 
naturellement , les autres de mort violente. Ces in- 
sectes ont beaucoup d'ennemis : les mulots, les oi- 
seaux, quelques espèces de guêpes, d'araignées, de 
teignes et de mites. 

Nous ne nous étendrons ni sur l'utilité dont les 
abeilles sont à l'homme , ni sur les dillérens systèmes 
de ruches inventées pour faciliter la fabrication et la 
récolte du miel. Nous terminerons en disant quelques 
mots de la manière dont on enlève d'une ruche les gâ- 
teaux que. des milliers d'insectes bien armés sont très- 
disposés à défendre. 

L'homme qui entreprend cette espèce d'expédition mi- 
litaire a le soin de se couvrir le visage et les mains pour 
se mettre à l'abri des piqûres. Il engourdit les abeilles 
avec la fumée d'un tampon de linge qu'il fait brûler 
doucement sous la ruche. Cette fumée fait monter les 
abeilles au plus haut de la ruche , et en quelques mi- 
nutes elles perdent leur activité. Alors on couche la 
ruche, on chasse les abeilles de dessus les gâteaux, que 
•'on enlève en totalité ou en partie. Selon Réaumur , 
un bon essaim de deux ans peut donner annuellement 
deux livres et demie de cire et vingt à vingt-cinq livres 
de miel. 



l'abrilir bourdon. f^S 



Ii*ABEIXiI.E BOURDOX. 

L'abeille terrestre ou bourdon est couverte d'une 
multitude de poils longs et pressés qui la font paraître 
très-grosse. Elle doit son nom au bourdonnement que 
produit le mouvement de ses ailes. Elle fait son nid 
dans la terre, avec de la mousse fine qu'elle arrache 
brin à brin , et qu'elle élève en voûte à un ou deux 
pouces au-dessus du sol. Elle vole à la campagne, y 
fait récolte de miel et de cire, en compose une petite 
masse , et dépose dans le centre de cette masse deux 
ou trois œufs. Ces œufs ôclosent au milieu de la nour- 
riture qui leur est propre. Les larves, au bout de 
quelques jours , filent une coque dans laquelle elles 
s'enferment pour se métamorphoser 

Parmi les abeilles terrestres , il y a , ainsi que parmi 
les abeilles domestiques , des mâles , des femelles et 
des neutres. Les très-grands bourdons sont les fe- 
melles, et ceux de moyenne grandeur sont les mâles. 
Au reste , tous sans distinction mettent la main à 
l'œuvre et travaillent aux gâteaux. 

Les bourdons ne sont jamais plus de cinquante à 
soixante réunis dans le môme domicile. La colonie doit 
son origine à une seule mère qui l'a peuplée. 

Les gâteaux des bourdons sont un assemblage assez 
irrégulier de coques entremêlées de masses informes 
de pâtée d'une couleur brune. Quand les larves , en 
mangeant la pâtée qui les environne, se trouvent expo- 
sées à l'air, leur mère , ou quelqu'un de la famille , 
rapporte de la pâtée, afin de tenir toujours la masse 
sufljsaminent épaisse. 



'^* INSECtE». 



On trouve dans les nids des bourdons trois ou ouatre 
petits pots pleins d'un excellent mie». ^ 

Si l'on détruit la voûte de ces nids, et qu'on la ré- 
pande a distance, on voit l'aheille terreste revenir 
chercher !a mousse qu'on a dispersée. Elle se pose 
sur ses jaml.es, tournant le dos Lu nid et la tète à a 
.nousse qu'elle saisit avec ses dents. Les p e mieres 

ce. nrenrr.. ; "[^"'"'«''•'^el '"secte abeille carde use; 
ces premières jaml.es font passer la mousse sous 1p 
ventre; les secondes la reçoivent et la donnent aux 
troisièmes jamLes, qui poussent le peti paquet Se 
mousse aussi loin qu'il peut aller. E? répeS cet^e 
.nanœuvre, la mouche forme un petit tas^qu^n'a fa^ 
qu un chemin l.ien court. Si elle ist seule,^e le se re- 
met devant le tas, et elle recommence la m 'me ont 
ration pour porter la mousse jusqu'au nid. Zhlr- 
dinairement elles .e mettent plusieurs à la file poir 
terminer plus vite cette opération. ' ^ 

4Jn plafond de cire brute unit les brins de mousse et 
les assujettit contre l'ellel du vent, et rend la oui 
unpermealde, quoique ce plafond soi! simlln t d'une 
épaisseur double de celle d'une feuille de^apl Une 
galène de mousse conduit à un trou placé^da^ns Je ba« 
du nid. par ou elles entrent sans être vues 

les arves des frelons font une destruction terrible des 

S'nouTn'-'" ""' ^'",' ^"^^'^«"^ sujettes à de 
feu corsP^^t^n'î''"' quelquefois par centaines sur 

de eurs off- n^'^''''"^ '*^'"'""^ s'attachent â la cire 
ae leurs plafonds pour les manger. 



— a »^i 



LES BEMBÈCES. I&5 

Z.ES BEMBÈCES. 

Les beinbèces ont beaucoup de rapport avec les 
abeilles par la Ironipe, qui est divisée en cinq pièces ; 
avec les gucpes par la forme de l'abdomen ; mais ils ne 
vivent pas en société. 

Les femelles déposent leurs œufs séparément , dans 
des loges en terre ou contre le tronc d'un arbre. Elles 
les ferment après y avoir mis la provision nécessaire. 

Le bembèce pubescent est commun en France. Il a 
fa tète jaune et noire; le corselet noir, couvert d'un 
duvet verdâtrej l'abdomen noir, avec des bandes on- 
dées d'un jaune verdàtre ; le dessous du corps un peu 
velu ; les pattes jaunes , avec quelques taches noires 
fiur les cuisses. 



Ï56 INSECTES. 

LES ANDRÈIYES. 

Les andrènes se distinguent des abeilles par la 
trompe , la forme du corps et les tarses des pattes pos- 
térieures. Elles ne vivent point en société. Les fe- 
melles seules travaillent et pourvoient à la nourriture 
des larves. Elles creusent des trous dans les terrains 
battus ou sur les bords des fossés; elles déposent au 
fond une pâtée de miel noirâtre , légèrement sucré et 
d une odeur un peu narcotique. D'autres percent les 
bois et les pierres tendres. Nous allons examiner sé- 
parément plusieurs individus de ce genre intéressant 
et très-nombreux. 



I.'ASn>RÈ9rE PERCE-BOIS. 

L'andrène perce-bois vole le long des murs exposés 
au soleil, et dans les heures de la plus grande cha- 
leur, en cherchant quelque pièce de bois mort pour s'v 
établir. 

Le corps de cette andrène est d'un noir bleuâtre ; ses 
quatre ailes sont d'un violet foncé. Elle a de lon^s 
poils sur le corselet et autour de l'anus. La femelîe 
seule porte un aiguillon. 

Celte andrène fait dans le bois sec un trou oblique. 
Ce trou, changeant de direction à peu de distance dé 
I ouverture , aboutit à trois ou quatre galeries qui ont 
souvent de douze à quinze pouces de long. 

Pour cet ouvrage, l'andrène perce-bois n'a d'autrei 



l'audrènh charpentikre. ■ 157 

instrumens que deux dents très-fortes et très-solides. 
Elle travaille pendant des semaines et même des mois 
entiers à cette résidence . où doit loger sa progéniture. 
Elle établit , outre les galeries , dix ou douze alvéoles 
de plain-pied , taillées dans le bois. 

Chaque alvéole reçoit une pillée de miel et de rire , 
au milieu de laquelle est déposé un œuf. L'abeille la 
bouche avec un plancher composé de sciure de bois et 
de matière visqueuse ; elle abandonne son nid , et sur- 
vit peu aux soins qu'elle a pris de sa postérité. 

Les larves des cellules les plus basses ont été pon- 
dues les premières, et sont par conséquent plus vieilles 
que celles des cellules supérieures : converties , avant 
les autres, en nymphes et en andrènes, elles débouchent 
le trou, et s'en vont successivement; chaque andrène 
n'a que son plancher à percer pour traverser des al- 
véoles vides et ouvertes. Comme elles naissent toutes 
la tcte en bas , leur première tentative pour ouvrir 
leurs prisons se fait sur le seul endroit où il était à 
propos de le faire. 



i.<Aiin>Ri:Nx: charpentuère. 

Cette andrène ressemble à la précédente. Elle fait un 
trou dans le bois pourri , y entre à reculons , dépose 
ses œufs avec du miel , et ferme la loge , où la larve 
éclot et subit sa métamorphose. 



1&^ inSECTEf. 

Z.*A9TI>BàNi: MAÇGlffNE. 

L'andrène maçonne femelle est noire, fort velue et 
un peu jaunâtre par-dessous. Elle se sert de ses pattes 
et de ses dents pour construire son nid. Ses dents 
sont concaves, bordées de petits poils, et propres par 
conséquent à contenir les petites molles de mortier 
avec lequel elle élève un édilice. Elle est grosse comme 
le mâle de l'aheille à miel. 

Le mâle de l'abeille maçonne est de couleur fauve , 
le dessus de sa partie postérieure et son ventre sont 
chargés de poils noirs. Il n'a point d'aiguillon ; il est à 
peu près de la même grosseur que sa fomelle. 

L'andrène femelle seule travaille à établir son nid. 
Elle choisit l'angle d'un mur exposé au midi, môle du 
sable et de la terre détrempée avec une liqueur vis- 
queuse qu'elle dégorge de son estomac ; elle en forme 
une cellule, d'environ un pouce de hauteur et de près 
de six lignes de diamètre , dont elle polit l'intérieur. 
Lorsque la cellule est construite , elle y dépose une 
pâtée de miel et de poussière de fleurs, et y enferme 
un œuf. 

A peine cette cellule est-elle bâtie, que l'andrène jette 
les fondemens d'une seconde qu'elle remplit et finit 
comme la première. Elle en fait souvent sept à huit , 
disposées sans ordre , et séparées les unes des autres 
par un massif en maçonnerie. 

Il arrive souvent que, pendant que l'andrène ma- 
çonne est allée chercher des matériaux pour continuer 
sa cellule , une autre entre sans façon dans le bâtiment 
commencé, le visite et s'en em])are, ce qui produit un 
combat terrible. 



l'amdrèke maçomnk. 159 

Quand les cellules sont toutes achevées, l'andrène 
les recouvre d'un épais enduit de mortier, et l'exlé- 
rieur du nid ressemble à une bosse pierreuse. Elle 
meurt bientôt, après avoir mis sa progéniture en sû- 
reté. 

C'est du 15 ïu 20 avril que les andiènes maçonnes 
commencent à construire leurs nids, ils sont habités 
pendant dix à onze mois consécutifs [)ar les larves , 
ensuite par les nymphes. Devenues andrones , ces 
nymphes, pour sortir, font un trou avec leurs dents 
dans ce mur , contre lequel s'émousseraient nos cou- 
teaux. 

Il y a une autre espèce d'andrène maçonne qui pro- 
fite des trous qu'elle trouve tout faits dans le bois: elle 
on enduit l'intérieur de terre iine, le remplit de pâtée, 
y dépose un œuf cl le bouche. Celte andrene ressemble 
assez à une abeille à miel, excepté que, le dessus du 
corps a moins de poils, et qu'il est rouyeàtre et lui- 
sant. 

Une troisième espèce choisit les tr.lus des pierres 
pour en faire des alvéoles. Cette andrène est surtout 
reconnaissable par des poils de deux couleurs : ceux 
du corps tirent sur l'orangé, ceux du corselet sont 
noirs. Ses dents ressemblent aux lames des ciseaux de 
tondeurs. 

D'autres andrènes font des nids de simple mortier 
de terre , d'autres encore creusent les murs de clô- 
lure. 

Une espèce d'andrène fait son nid dans le mortier 
qui unit les pien-es des murailles ; mais elle en tapissa 
l'intérieur de membranes soyeuses. 

Cette andrène place toujours son nid dans un mur 
exposé en plein nord. Elle n'a point de filière; mais 



160 iUSECTES. 

elle dégage de son estomac une substance écunieuse 
dont elle garnit sa cellule. 

Plus petite que l'abeille à miel , cette dernière an- 
drène a les anneaux du corps bruns, mais bordés do 
poils roux. Sa trompe , loin de se terminer par une 
partie déliée , s'évase à quelque distance du bout. 
Lorsque cette trompe se plie en gouttière , elle peui 
retenir une matière visqueuse. 



I.<AN1>RENE MnffZUSE. 

L'andrène mineuse a la couleur de l'abeille à m. .M. 
Elle enlève grain à grain la terre pour creuser un trou, 
et l'orme à l'entour un petit monticule. Le terrain le plus 
battu est celui qu'elle préfère. On voit quelquefois des 
allées de jardin criblées de trous qu'elle conduit pres- 
que perpendiculairement. 

D'autres espèces d'andrènes creusent horixontale- 
ment. Les sables, coupés à pic, offrent souvent des 
milliers de trous. Elles déposent de la pâtée dans K? 
fond de ces trous profonds de cinq à six poucefe , cf 
même d'un pied, y déposent un œuf, et font rentrer 
dans le trou la plus grande partie de la terre qu'elles 
en ont ôtée. Par celte industrie , elles empêchent les 
fourmis d'aller piller leur pâtée. 

Les andrènes qui fouillent dans les sables gras fiont 
noires et ont les ailes d'un violet foncé. 



l'andrène tapissière. 161 



XXS AMBRESJXS COTTPEUSES. 

Ces andrènes creusent la terre comme les précé- 
dentes. Elles font leurs nids avec des morceaux de 
feuilles découpés, arrondis et courbés en tuyaux cylin- 
driques, disposés comme des dés à coudre mis les uns 
dans les autres. 

Les andrènes qui coupent les feuilles de rosier sont 
plus petites que les abeilles à miel ouvrières. Le dessus 
des anneaux de leur corps est d'un brun presque 
noir; chaque côté du corps a un rebord de poils pres- 
que blancs. 

La coupeuse des marronniers est plus grande que 
les mâles des abeilles à miel. Le dessus du corps est 
TOUX , et le dessous du ventre est d'un gris blanc. 

Lorsque les larves des andrènes coupeuses ont pris 
leur accroissement, elles se filent une coque de soie 
épaisse et solide , s'enveloppent dedans , et passent 
ainsi l'hiver sous terre. 



I.'Alin>RX:iffE TAFISSZÈRX. 

L'andrène tapissière est d'une petite espèce. Elle est 
plus velue que l'abeille à miel : elle a le corps propor- 
tionnellement plus court. 

Le premier travail d'une andrène tapissière qui veut 
faire un nid est de creuser d'abord dans la terre un 
trou perpendiculaire : elle lui donne trois pouces de 

IV. n 



^6* IMSKC1K8. 

profondeur et un diamètre égal, depuis l'entrée du 
trou jusqu'à sept ou huit lignes de proiondeur; elle 
I évase ensuite comme nos caleiieres. 

Après que ce trou est creusé, il est question de re- 
vêtir les parois pour soutenir les terres et contenir la 
pâlee. L'andrène se transporte sur une ileur de coqiieli 
cot, où elle trouve, dans un des pétales, une pioc») 
qui a la ligure d'une moitié d'ovale. La tapissière rentre 
dans son trou avec la pièce qu'elle a enlevée , la dé- 
p ne, et l'étend le plus doucement possible. Elle ap- 
plique sur le fond et sur les côtés plusieurs Icuilles 
de coquelicot rassemMées avec art. Les dernières pic- 
ces qui terminent l'entrée du trou débordent loujour? 
de quelques lignes, et forment un beau rubaû couleur 
de feu. 

Après avoir déj)osé dans le trou son œuf au milieu 
d une pâtée de poussière d'élamines et de miel , l'an- 
drène rabat la tapisserie, la recouvre de terre; et 
quand cet ouvrage est achevé , on ne saurait plus re- 
connaître I endroit où le sol a été percé. 

L'andrène tapissière ne met guère que deux ou trois 
jours a la construction de ce nid. Réaumur pense 
qu elle en fait plusieurs du même genre. 

La nature , prévoyante envers l'andrène tapissière, 
ne lui fait quitter son état de nymphe que lorsque la 
tleur du coquelicot s'épanouit, alln que l'industrieux 
insecte trouve dans le même moment et vivres et mo. 
muer. 



LKS NOMAUSS. 163 



I.ES KTOMABJBS. 

Les nomades cJillèreni des al)€illes en ce qu'elles ont 
le corps lisse, la létc arrondie et un peu plus larye que 
le corselet , le chaperon entlé , l'abdomen attaché au 
corselet par une pétiole très-courte. Les femelles ont 
un faible aii,'uillon caché dans l'abdomen. 

On triiuve , en été , sur les tleurs , aux environs de 
Paris, le nomade à antennes rousses. Ses antennes 
sont plus longues que le corselet ; le corselet est brun, 
avec des lignes lenugineuses et quatre points de 
même couleur sur l'ecusson. L'abdomen est ferrugi- 
neux , varié de jaune ; les pattes sont ferrugineuses. 

Les larves et les habitudes des non)ades ne sooi 
)oint connues. 



164 llfSECTBS. 

LES LÉPIDOPTÈRES 

ET LEURS CHENILLES. 

On comprend sous celte dénomination les insecte» 
connus de tout le monde sous les noms de papillons 
de jour et de nuit. Ils ont tous quatre ailes, souvent 
très-étendues , membraneuses et recouvertes , en to- 
talité ou en partie, d'une poussière qui s'enlève faci- 
lement avec le doigt. Lorsqu'on examine cette pous- 
sière avec une forte loupe, on voit qu'elle est composée 
d'une multitude de petites écailles rangées avec beau- 
coup de symétrie , et disposées sur l'aile en quin- 
conce. 

Ce sont ces écailles , vivement et très-diversement 
colorées , qui donnent aux ailes des lépidoptères ces 
couleurs brillantes qui les font admirer. 

Le nom de lépidoptère, que l'on applique à ces in- 
sectes , est composé de deux mots grecs : le premier 
veut dire écaille , et le second aile. 

La bouche des lépidoptères est composée d'une 
trompe membraneuse , susceptible de se rouler sur 
elle-même en une spirale très-serrée que l'insecte 
place et cache sous sa tête. 

La tête de ces insectes est assez petite. On y voit 
deux yeux à réseaux assez saillans, presque globuleux, 
et souvent très-brillans. Au-dessus, et entre les yeux , 
sont placées les antennes 

Les lépidoptères ont le corselet très-velu , et leurs 
pattes sont au nombre de six 



LES I.EPlDOPTliRES ri I.KURS CHENILLES. lbî> 

Les larves des lépidoptères ont reçu le nom de 
chenilles. Elles sont allongées, molles, souvent poi 
lues, quelquefois épineuses. Leur corps cylindrique 
est partagé en douze anneaux. Leurs mandibules sont 
mues par des muscles puissans, et acquièrent ainsi la 
faculté de couper et de broyer très-tin des corps très 
solides, tels que les bois, les lichens, les brins d'i?. 
laine , la corn même. 

Ce sont surtout les feuilles , les fleurs , les fruit» , 
les jeunes pousses et les racines des arbres qui ser 
vent de nourriture aux chenilles. Ces animaux, comme 
toutes les larves , consomment en peu de temps une 
grande quantité do ces alimens, dévastent les forêts, les 
vergers, les jardins, ei, cachés sous les feuilles, dans 
les aisselles des branches, dans la terre même, se dé- 
robent à la poursuite de l'agriculteur désolé. 

Un fait qui nous étonne dans les chenilles, c'est que 
chaque espèce no peut s'accommoilcr que d'un certain 
nombre de plantes dillércntes, et qu'elle ftieuit si elle 
,n'a pas la plante qui lui convient. La belle chenille du 
tithymale ne peut se nourrir que du suc vénéneux de 
cette fleur , et ce qui est un poison pour la plupart 
des animaux devient pour elle un aliment indispen- 
sable. 

Il est des chenilles qui préfèrent les matières ani 
maies aux matières végétales , et se nourrissent de 
plumes , de peau desséchée , de cire , de graisse et de 
laine. Elles savent même se faire avec celte substance 
des habillemens légers et solides qu'elles portent avec 
elles. 

Quelques-unes vivent dans l'intérieur des feuilles, 
des tiges ou des fruits , et s'y creusent des chemins 
couverts dont les déblais leur servent d'alimens. D'au- 



160 IlfSECTKS. 

très vivent de lichens arides et desséchés qui croissent 
sur les écorces et sur les murs. 

Les chenilles n'ont jamais plus de seize pattes , ni 
moins de huit. Quel que soft le nombre total , il y en a 
toujours six ccaillcuses et en forme de grifles; les au- 
tres sont cylindriques, et couronnées de deux rnn^s 
de crochets aigus pour marcher. II faut que les rhenilles 
fixent d'abord, au moyen de leurs pattes écaiîîeuses, la 
première partie de leur corps , et qu'elles délarlient 
ensuite leurs pattes cylindriques successivement oi 
deux à deux. 

Quand tes chenilles ont pris tout leur accroissement, 
ellps se préparent à se clianger en chrysalides. Elles 
sécrètent de la soie, et en construisent des tissus plus 
ou moins serrés. La matière de cette soie est une sub- 
stance visqueuse renfermée dans deux longs canaux 
tortueux qui régnent sur les cùtés de l'estomac, et, 
s'ouvrant dans la lèvre inférieure, aboutissent à un 
tuyau fort grêle qu'on nomme la filière. 

Dans la transformation des chenilles, leur corps se 
raccourcit , et forme une chrysalide ou fève ovale , 
coriace, souvent brune, souvent ornée de rellets mé- 
talliques. Au bout d'un temps assez long, la peau 
coriace se brise , et l'insecte sort de son enveloppe , 
très-mou, très-faible, et en laissant tomber quelques 
gouttes d'une liqueur rougeâtre, qui paraît destinée à 
dissoudre ou à percer le cocon. 

Parvenus à leur point de perfection, les lépidoptères 
sont aussi arrivés bien prés du terme de leur carrière. 
Ils ont changé une vie obscure et cachée contre une 
existence brillante et vive : ils ne doivent point en 
jouir long-temps. 



LÉPIDOPTÈRES 



r .16/ 




j6ff 



LPriam . 2 Apollon . S.Aiirore . 4.Pâ.on.du Jour. 



LIS PAPILLONS. 107 



LES PAPILLONS 

Les papillons viennent de chenilles à seize pattes , 
qui paraissent au printemps dans les jardins. Elles 
éclosent sur les choux ou autres plantes potagères. Le 
nombre de ces chenilles , et surtout de celles qui pro- 
duisent les papillons blancs, est parfois considérable. 
Pendant la chaleur du jour elles restent cachées sous 
terre, d'où elles sortent le soir pour manger. 

^Toutes ces chenilles changent plusieurs fois de peau. 
C'est ordinairement huit ou dix jours après leur nais- 
sance qu'elles quittent leur première peau pour en pren- 
dre une nouvelle. Aux mouvemens convulsifs qu'elles 
se donnent pendant cette opération, on juge qu'elle est 
très-pénible pour elles : plusieurs y perdent la vie. 

C'est dans des trous de mur, sous des entablemens 
d'édilicos , que les chenilles des papillons se changent 
en chrysalides. Les unes se suspendent verticalement 
la tète en bas ; d'autres s'attachent contre les murs , 
avec une ceinture de soie qui les soutient. 

Les chrysalides des papillons sont de forme a-ngu- 
laire, et la tète de quelques-unes est terminée par 
deux espèces de cornes. Kllcs doivent leur nom aux 
riches couleurs qu'on voit briller sur quelques espèces, 
qui semblent couvertes d'or tant qu'elles renferment 
le papillon ; mais ces couleurs disparaissent lorsqu'il 
on est sorti. 

Parmi les chrysalides , on remarque celle qui vit sur 
les feuilles de la carotte, et une de celles qui vivent 
sur le chou. La couleur de la première est d'un beat 



168 INSECTES. 

vert ; celle de l'autre est d'un jaune pâle , avec des 
lignes et des taches noires. 

Les chenilles qui' se changent en chrysalides au 
printemps et pendant l'été restent quinze à vingt 
jours sous cette forme; celles qui se changent au mois 
d'octobre ne paraissent sous la forme de papillons que 
le printemps suivant. 

En sortant de son enveloppe le papillon a les ailes 
épaisses et peu solides ; mais bientôt elles peuvent le 
soutenir. Il prend l'essor ; il va chercher sa nourriture 
sur les fleurs ; il en pompe le suc en y plongeant sa 
trompe à plusieurs reprises. Cette légère nourriture 
suffit à son existence, qui est de très-peu de durée. 

Le genre des papillons renferme près de cinq cents 
espèces, dont on trouve environ soixante aux environs 
de Paris. On les a divisées en six familles : 

10 Les chevaliers. Ailes antérieures plus longues 
lie l'angle postérieur à l'extrémité, que de cette extré- 
mité à la base. 

2° Les liéliconiens. Ailes ovales, allongées : les pos- 
térieures plus petites ; point de poussière farineuse 
dans quelques parties. 

S" Les parnassiens. Ailes arrondies : les antérieures 
et les postérieures à peu près égales ; quelques parties 
dégarnies de poussière farineuse. 

4° Les danaïdes. Ailes entières, arrondies, à peu 
près égales en grandeur, blanches ou variées. 

5° Les nympliales. Ailes dentelées sur leur bord. 

6° Les plébéiens. Petits , ornés d'yeux en dessous, 
bruns et bleus , ou verdâtres en dessus 



LE PAPILLON DU FENOUIL. 169 



PAPILLON PRIAM 



Ce papillon a la léte noire, le corselet de même cou- 
leur, avec des lignes transversales d'un rouge jaune , 
rabdomen jaune, les ailes d'un bleu verdâtre soyeux, 
et des taches rouges ou noires sur la poitrine. 

Le priam , l'un des plus beaux et des plus grands 
chevaliers, habite Amboine, une des îles Moluques. 



PAPILLON LEITUS. 

Ce magnifique papillon habite Surinam. Il est d'un 
noir velouté , avec des lignes d'un vert brillant sur le 
corselet, l'abdomen et les ailes. 11 a le vol très-rapide 
et s'élève très-haut. Sa chenille est verte , à tête bleue, 
et couverte de longs poils très-durs. Elle vit sur l'o- 
ranger 



L£ PAPILLON- DU FENOUIL» 

Assez commun aux environs de Paris , ce papillon a 
les ailes jaunes avec les nervures noires et un appen- 
dice en forme de queue. Sa chenille est de grandeur 
médiocre; elle aime les plantes ombellifères , et se 
nourrit de 4'euilles de carottes à défaut de fenouil. Elle 



170 Tî^SWCIPES. 

est remarquable par une corne à deux branches , er 
forme d'Y, placée près de la f,c5te sur le premier an. 
ncau, et analogue à celle des limaçons. 

Cette chenille se métamorphose dans une position 
horizontale, accrochée par l'extrémité du corps et a' 
tachée par le milieu avec un til. Sa chrysalide est verte • 
elle a au-devant de la tête deux espèces de cornes oï 
eminences angulaire^. 



I.*AP0I.I.01ff. 

Ce papillon a les ailes d'un blanc jaunâtre; les supé- 
rieures ont cinq grandes taches noires vers le milieu et 
une bande transversale d'un gris noirâtre près de l'ex- 
trémité; les inférieures ont quatre taches en forme 
d'yeux , rouges, entourées de noir, avec un point Manr 
sur le milieu. 

Ce papillon habite les Alpes et les Pyrénées. Sa che 
n die vit sur l'orpin ou joubarbe et sur la saxifrage. 
Lorsque cette chenille étend son corps , elle a préside 
deux pouces de longueur et quatre lignes de diamètre. 
Elle est d'un très-beau noir velouté, et porte une corne 
grise en tout semblable à celle de la chenille du fe- 
nouil. 

Cette chenille de TApolIon s'enferme pour se méta- 
morphoser dans des feuilles qu'elle lie avec quelques 
h\& de soie. ^ 



■^•»« 



• 



L», PArill.nx TKISTAN. 171 

XJB PAPIIAOlff AUll^ii:* 

Ce papillon a les ailes blanches ; les supérieures ont , 
depuis leur milieu jusqu'à l'exirémitô, une jurande tache 
d'une belle couleur aujore , sur la partie antérieure de 
laquelle est un point noir. La femelle diUore du mal»; 
en ce que ses ailos supérieures sont blanches, avec uno 
petite tache noire sur le milieu. 

Ce papillon est très-commun dans les prairies, au 
printemps et en été. Sa chenille est verte et ressemble 
un peu à celle du petit papillon blanc. On la trouve, en 
'uin et en juillet , sur le cresson sauvage et sur le 
Jilaspi. 

La chrysalide du papillon aurore est renflée dans le 
milieu , et ses deux bouts se terminent en fuseau; sa 
couleur varie du brun ou vert au jaune pâle ; elle passe 
l'hiver sous cette forme, et donne son papillon au prin- 
temps. 

Le papillon aurore est le plus beau de la famille des 
danaides blancs, qui comprend les papillons du chou , 
de la rave, du navet, de la moutarde , du cresson , du 
nerprun et du souci. 



^ •^- 



Jm-e papillon tristak. 

Ce papillon est entièrement brun ; on le trouve aux 
environs de Paris. Sa chenille vit sur les pois et autres 
graminées; on la trouve dans les bois à la fin de mai et 
au commencement de juin ; elle est velue, de couleur 



172 INSECTES. 

grise., oT très-diffi'i^Ie à trouver, parce qu'elle se laisse 
tomber dès qu'on touche la plante sur laquelle elle se 
tient ; alors elle échappe à la vue à cause de sa couleur, 
qui ressemble à celle de la terre. Elle se suspend pour 
se transformer en chrysalide, el reste dans cet état 
jusqu'au mois de juillet, où paraît le papillon. 



JsT PAON DU JOUR. 

Ce papillon a quatre ailes d'un brun fauve en-dessus 
avec un œil sur chacune ; le dessous de ces quatre ailes 
est d'un brun noir. Il est commun aux environs de 
Paris. 

Les chenilles qui donnent cette espèce sont épineuses, 
d'un noir foncé, piquées de petits points blancs; on les 
trouve en été sur la grande ortie et sur le houblon ; 
elles vivent en société , et changent de peau dans des 
toiles qu'elles filent en commun. Le paon sort de ea 
chrysalide environ vingt jours après sa métamorphose 



^•^- 



XJB MABlSb 



Le mars se trouve en été dans les bois aux environs 
de Paris. Le dessus de ses ailes est d'une couleur chan- 
geante; vue à un certain jour, l'une paraît brune, et 
l'autre d'un beau violet à reflets ; cela vient de ce que 
les écailles de» »iles sont plissées sur leur longueur à 



LH MORIO. 173 

la manière d'un éventail , et de ce que les côtés du pli, 
différant de couleur, sont susceptibles de varier aux 
yeux de l'observateur. 

La chenille du mars est verte , avec des lignes obli- 
ques, blanches ; elle a sur le corps des aspérités et sur 
la tète deux épines ; elle vit sur le chcne , le saule et le 
frêne. Sa chrysalide est verte- 
Ce papillon a le vol Irès-rapide ; on le voit souvent 
le long des chemins, posé sur les bouses de vaches. 



UE: MORIO. 

Ce papillon, le plus grand de ceux des environs de 
Paris, se trouve en Europe et en Amérique. II est d'un 
beau noir velouté en-dessus et en-dessous, tacheté de 
jaune et de bleu ; ses ailes sont bordées de jaune. Sa 
chenille est épineuse, noire, avec des taches ferru- 
gineuses sur le dos. Elle vit en société sur le sauîc et 
le bouleau. Sa chrysalide est dentée, de couleur noire , 
avec quelques taches rougeâtres. 

Le morio reste environ quinze jours sous la forme de 
chrysalide. Il y a de ces papillons qui passent l'hiver 
cachés dans des trous d'arbres ou à l'abri le long de 
quelques murs; la bordure de leurs ailes est alors blan- 
che au lieu d'être jaune. 



174 INSECTES. 



L^HYPSIPILS. 



L'hypsipile réunit la grâce de la forme à la variété 
des couleurs; ses ailes sont d'un beau jaune, variées 
de taches noires, rouges et hieues II paraît v^s le mi- 
lieu de l'été, aux environs de Vienne et de Ratishonne. 
Comme son vol est lourd , on le prend facilement. Sa 
chenille vit sur l'aristoloche ei la clématite. 



IiE PETIT SJACKÉ. 

Ses ailes sont d'un jaune fauve en-dessus avec des 
taches brunes séparées les unes des autres ; les infé- 
rieures sont presque entièrement couvertes de grandes 
et petites taches nacrées très-brillantes. 

Ce papillo/i est commun en France dans les mois de 
juillet et d'août. Nous ne connaissons point les mœurs 
de sa chenille. Il appartient à la famille des nymphales, 
ainsi oue le grand nacré, le Vulcain A-talante, le Robert- 
le-Diable et autres analogues. 



— <» 6^ 



IJË CUPIDOBJ. 

On trouve ce papillon en .\ménque. Sa chenille vit 
sur le cotonnier ; elle est blanche avec des points noirs. 
Le CupidoQ est d'un blanc jaunâtre; ses ailes inférieures 



LIS BE8PÉR1SS. 175 

ont sfx dentelures en forme de queues, dont une beau- 
coup plus longue que les autres ; le dessous de ces ailes 
a des taches dorées et argentées j ses antennes sont 
noires. 



W 



FOKTE-QUEUE BLEU STRIÉ. 

La famille des plébéiens comprend plusieurs petits 
papillons irès-connus et que nous devons nous borner 
a mentionner. Ce sont les papillons du bouleau , du 
prunier, du chêne , l'argus vert, le phla^as et le bronzé. 

Le porte-queue bleu strié, qui abonde dans nos jar- 
dins vers le milieu de l'été , est remarquable par l'ap- 
pendice très-délié en forme de queue placé près de 
l'angle i\c. ses ailes intérieures. Sa chenille vit dans l'in- 
lorieur des gousses du baguenaudier et autres plantes 
légumineuses, dont elle mange le fruit. Elle n'en sort 
t|ue pour se transformer en chrysalide. Vers les pre- 
miers jours de juin, elle cherche une feuille à laquelle 
elle s'attache par le milieu du corps. Le papillon parait 
environ vingt jours après. 



LES UESPEMES 

Les hespéries diffèrent des pajîillons par la manière 
dont elles portent leurs ailes ; dans l'état de repos, elles 
ont les deux supérieures relevées^ sàns qu'elles se tou- 



176 INSECTES. 

chcnt, et les inférieures presque parallèles au plan de 
position. Ce genre renferme à peu près trois cent cin- 
quante espèces; on en trouve six ou huit aux environs 
de Paris ; on les voit voler, les unes au printemps , les 
autres en automne, dans les prairies ; toutes ces espèces 
sont petites.y^ 



LES SPHINX. 

Les sphmx ont quatre ailes comme les papillons, mais 
les supérieures sont proportionnellement beaucoup plus 
longues. Ils portent leurs ailes un peu penchées vers le 
plan de position. Ils ont le corps gros et massif, le cor- 
selet et l'abdomen couverts de poils courts, fins et ser- 
rés Ils ont le vol très-fort et très-rapide; en volant, ils 
font avec les ailes un bruit qu'on entend d'assez loin. 
C'est ordinairement au coucher du soleil qu'on les voit 
chercher leur nourriture dans le calice des fleurs, autour 
desquelles ils voltigent continuellement sans se poser, 
pendant qu'ils en pompent le suc avec leur longue 
trompe. 

Toutes les chenilles des sphinx ont seize pattes, point 
de poils, et portent sur le onzième anneau une corne 
dure et écailleuse dont l'usage est inconnu. La plupart 
sont d'un beau vert qui se ternit quand le moment de 
la transformation est proche ; c'est ordinairement dans 
la terre qu'elles se métamorphosent; elles s'entourent 
de quelques brins de soie liés avec un peu de terre , et 
se changent en chrysalides de figure conique. Quelques- 



JP 1 



'77 




. r/'/'ij , 7^'0St 





LE SPHINX TÊTE DE MORT. l?"? 

unes passent l'hiver sous cfelte forme j d'autres n'y res- 
tent que deux ou trois mois. 



1.E SPHINX TÊTE I>E MORT. 

Ce que cet insecte a de remarquable dans ses cou 
leurs, c'est que sur son corselet noir on voit une large 
tache jaunâtre qui représente une tête de mort. 

On "trouve ce sphinx dans une grande partie de l'Eu- 
rope et en Egypte, où il est plus grand que partout ad- 
leurs, vers la'hn de septembre ou au commencemeni 
d'octobre. Il vient quelquefois voler le soir dans les 
appartemens où il voit de la lumière. • 

Sa chenille vit sur la pomme de terre ; elle est d un 
laune foncé, avec des taches d'un vert clair et d'un vert 
foncé. La corne se tortille vers le dessus de son corps 
comme la queue de quelques chiens. Celte chenille s'en- 
(once dans la terre vers le milieu de l'été, et paraît sous 
la forme d'insecte parfait les premiers jours d'au- 
tomne. . , . 

Dans une année où il régnait une épidémie en Bre- 
tagne, ce sphinx a jeté l'épouvante parmi les habitans, 
qui croyaient que sa présence occasionnait les nialadies, 
et que la figure bizarre de son corselet annonçait la 
mortalité. Ce qui pouvait augmenter leur terreur, c'est 
le bruit plaintif que fait entendre cet insecte en frottant 
SCS antennules sur sa trompe lorsqu'elle est roulée. 



IV. >2 



178 IMSSGtVS. 



I.E SPHI9JX DU TROêKTE. 

Ce sjihinx a les ai!es supéncures veinées de brun , 
de noir, de blanc et d'un gris rosé; les inférieures roses 
avec deux bandbs noires. On le trouve en Europe ; il 
vole le soir dans les jardins, autour des lilas , des chè 
vres-feuil!es et autres arbustes. Sa cbenilleest d'un beau 
vert pomme; elle se nourrit de feuilles de troène et de 
lilas; elle s'enfonce dans la terre vers les premiers jours 
d'automne pour se changer en chrysalide, et reste sous 
celte forme jusqu'au commencement de l'été suivaDt. 



IiES SÉSTES, 

Les ailes du plus grand nombre des sésîes sont trans- 
parentes. Les sésies dilierent des sphinx par leur gran- 
deur, la forme de leur abdomen et les antennes , qui , 
terminées en pointe chez les sphinx , 5ont cylindriques 
chez les sésies et garnies d'un petit bouquet de poils. 

Le vol des sésies est rapide ; c'est vers la fin de l'été, 
pendant la chaleur du soleil, qu'on les voit planer au- 
dessus des fli.urs et passer de l'une à l'autre sans s'y 
poser. 

On trouve aux environs de Paris huit ou dix espèces 
de sésies. La plus remarquable est la sésie apriforme, 
qui ressemble à une guêpe. Sa chenille se cache dans 
la terre an pied des saules, dont elle mange la racine. 
Pour se changer en chrysalide, eTle file une coque d'un 



LES ZYGÈNES. 179 

tissu très-serré , qu'elle recouvre d'écorce et de sciure 
de bois ; elle est allongée et de couleur brune. 



KES ZTGENBS. 

Vers le milieu de l'été on trouve dans les prairies 
des environs de Paris trois ou quatre espèces de lépi- 
doptères lourds , paresseux , qui paraissent engourdis 
et restent ordinairement sur les plantes : ce sont les 
zygènes. On les distingue des sésiea par la forme de 
leurs antennes, qui vont en grossissant jusque près du 
sommet et se terminent en pointe. Dans l'état de repos, 
leurs ailes couvrent entièrement l'abdomen, de manière 
à former au-dessus de lui une espèce de toit. 

Les chenilles des zygènes n'ont point de corne sur le 
onî^ième anneau , et lorsqu'elles veulent se changer eo 
chrysalides , elles filent une coque assez solide, le long 
d'une branche ou d'une feuille, s'y enferment et y res- 
tent peu de temps avant de passer à l'état d'insecte 
parfait. 



^«•x 



LES BOMBroÉS. 

Les bonibyces volent peu pendant le jour; ils diffè- 
rent des autres lépidoptères par leurs antennes pecti- 
nées ou semblables aux dents d'un peigne, leur trompe 
roulée en spirale , leurs cuisses très-velues. Les che- 
nilles desbombyces sont remarquables par leur habileté 
à construire une coque plus ou moins solide. 

Réaumur pense que la matière à soie de tous les bora- 
byces pourrait être employée avec succès à faire des 
vernis. 



UE BOMBTCE GRAm> PAON. 

La chenille du grand paon , nommée par Béaumur 
chenille a tubercule du poirier, vit aussi sur le peuplier, 
l'orme, le rosier, la ronce, plus souvent sur le pom- 
mier, le prunier et le saule. Elle est d'un très-beau 
vert; ses anneaux sontgarnisde huit tubercules élevés, 
d'une belle couleur bleue, armés de piquans et de longs 
poils. Parvenue atout son accroissement, celte chenille 
file sur l'arbre qui l'a nourrie une coque très-solide , 
dans laquelle elle se change en chrysalide. Elle passe 
l'hiver dans cet état. Le bombyce sort ordinairement 
vers la fin du printemps. Il arrive quelquefois qu'il reste 
enfermé un ou deux ans. 

Le grand paon est le plus grand de tous les lépidop- 
tères qui habitent l'Europe ; il a les antennes pectinées, 



LE BOMBYCK QUEUE FOURCHUE. 181 

les ailes brunes, avec des taches de diflerentes nuances 
en forme d'yeux. 

La toile de sa chenille est très-solide ; le fil en est 
aussi fort qu'un cheveu et peut être dévidé facilement. 



I.E FAÇUET DE FEUII.I.ES MORTES. 

La chenille de ce bombyce vit sur le chêne et les ar- 
bres fruitiers, auxquels elle fait beaucoup de tort; elle 
mange le plus ordinairement pendant la nuit. Le jour, 
quoiqu'elle soit fort grosse , il est assez difficile de la 
trouver à cause de sa couleur sombre. Elle file une co- 
que peu solide , dans laquelle elle fait entrer ses poils. 
Le bombyce, qui sort environ vingt jours après , a les 
antennes pectinées et les ailes dentelées; il est d'un 
brun ferrugineux. 



<»» 



Z3E BOMBTCE QUEUE FOURCHUE. 

Ce bombyce habite l'Europe ; il est d'un gris cendré. 
Sa chenille , qui vit sur le peuplier et le bouleau , est 
d'un très-beau vert sur les côtés , d'un gris rougeâtre 
sur le dos ; elle a deux lignes blanches qui s'étendent 
depuis la tête jusqu'à l'extrémité du corps. Sa tête est 
très-petite; son corps, gros antérieurement, diminue 
de grosseur jusqu'à l'extrémité, et se termine par deux 
appendices en forme de queue qui renferment deux 



<l 



182 INSBCTKS. K 

corps charnus ijue la chenille fait £oriir à volonté et 
dont elle peut se servir comme d'un fouet pour chasser 
une mouche. Un naturaliste a observé sur une autre de 
ces chenilles une liqueur claire qu'elle lui a lancée et 
dont il a reçu quelques gouttes dans l'oeil. 

Quand cette chenille doit se changer en chrysalide , 
ses couleurs s'allèrent ; elle est dans une agitation con- 
tinuelle ; elle cherche des matériaux avec lesquels elle 
puisse construire sa coque; çlle s'empare de tout ce 
qu'elle trouve, terre, bois ou autre substance , qu'elle 
divise en très-petites parcelles , pour en faire une 
coque d'un tissu très-serré et entièrement dur. 

Une de ces chenilles , prête à faire sa coque, ayant 
été laissée le soir dans un carton sur une table à jouer, 
y commença son travail- Lorsque le lendemain on vou- 
lut enlever la boîte , on la trouva attachée au tapis de 
la table; elle avait coupé le carton, une partie du tapis, 
et en avait construit sa coque. 



I.I: BQMBTCi: FROÇXSSXOM'KAIBE. 

Ce bombyce habite l'Europe; il a les antennes pec- 
tinécs; il est d'un gris cendré. Sa chenille est velue 
et de couleur grise ; la partie supérieure de son corps 
est noirâtre avec quelques tubercules jaunes. Elle vit 
sur le chêne. 

Les chenilles qui donnent cette espèce filent en com- 
mua des nids d'une soie très-forte et susceptible d'être 
cardée, qui ont jusqu'à dix-huit à vingt pouces de Ion- 



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LE YEB-A-SOIK. J83 

gneur, cinq à six de largeur, et au milieu quatre pouces 
d'élévation au-dessus du tronc ou de la branche. 

Fcndunt le jour, les chenilles restent renfermées dans 
la cavité de ce nid, ou, si elles en sortent, elles se col- 
lect les unes contre les autres sur une branche. G^st 
après le coucher du soleil qu'elles quittent leurs nids 
pour aller chercher leur nourriture ; elles marchent à 
la iile et processionnellemeot, ce oui leur a lait donner 
leur nom par Réaumur. 

Les chenilles du bombyce processionnaire font entrer 
tous leurs poils dans la composition de leurs coques; 
elles restent environ un mois sous la forme de chrysa- 
lide. C'est vers la lin de l'été que sort l'insecte partait. 

Quand on remue les nids de ces chenilles, il s'en 
élève des poils qui s'attachent sur la peau et causent des 
dérnangeaisons très-cuisantes. 

Les chenilles du bombjce laineux , qu'on trouve sur 
le pin , sur l'aubépine et le prunier sauvage , ont des 
habitudes analogues. 



I.E V£K-A-SOI£. 

Ce bombyce a les ailes blanches et les antennes pec- 
tinées; il habite la Chine et les climats un peu chauds 
de l'Asie. Sa chenille a seize pattes ; elle est lisse et 
d'un blanc jaunâtre; elle se nourrit de feuilles de mû- 
rier. On l'élève depuis long-temps en Italie, en Espagne 
et même en France , à cause de la beauté de sa soie. 
C'est vers la fin du printemps que cette chenille se 



184 INSECTES. 

change en chrysalide ; elle se prépare à cette métamor- 
phose en restant plusieurs jours sans manger; puis elle 
se met à construire sa coque, qu'elle commence en 
étendant des fils d'une soie grossière , au milieu des- 
quels elle suspend sa coque véritable 



LE BOMB-rCE A XiIVRÉE. 

Il a environ un pouce et demi de largeur ; son corps 
et ses ailes sont d'un gris jaunâtre. Sa chenille est un 
peu velue ; elle a sur le milieu du corps une ligne lon- 
gitudinale blanche ; de chaque côté, deux lignes d'un 
iauae orangé, entre lesquelles il y en a une bleue : c'est 
l'arrangement de ces lignes qui lui a fait donner par 
Réaumur le nom de chenille à livrée. 



LE BOMBYCE COSSUS. 

La chenille du cossus est rougeâtre, avec la tête noire. 
Elle se nourrit du bois de l'orme, du peuplier et du saule, 
ronge l'écorce et fait des roules dans le cœur de ces 
arbres. Elle passe tout l'hiver à l'état de chenille, et se 
change en chrysalide dans l'intérieur de l'arbre. L'in- 
secte parfait paraît au bout de quarante jours; ses 
ailes sont grises avec des taches brunes et de petites 
lignes noires. 

Cette chenille a une odeur désagréable , occasionnée 



LK BOMBYCE DISPARATE. 186 

par une liqueur bourbeuse qui sort de sa bouche ; on 
présume que cette liqueur lui sert à humecter le bois. 



Z(E BOMSTCE DISPARATE. 

Les deux sexes de ce bombyce diffèrent par la gran- 
deur et la couleur ; le mâle est d'un brun jaunâtre et 
plus petit que la femelle, qui est blanche, avec quelques 
lignes brunes. 

La chenille de ce bombyce est velue , de couleur 
brune, avec quelques lignes jaunes et grises, et quatre 
tubercules d'un brun rouge sur chaque anneau. Elle dé- 
vaste tous les arbres fruitiers. C'est à la fin de juin 
qu'elle file, entre deux feuilles ou sous l'écorce des ar- 
bres, une coque d'un tissu peu serré. L'insecte parfait 
en sort un mois après. 

La femelle dépose ses œufs sur l'écorce des arbres, 
et les couvre avec des poils qu'elle porte à l'extrémité 
de l'abdomen et qu'elle arrache successivement avec une 
espèce de pince située près de l'anus. Ces œufs pas- 
sent l'hiver sous cette couverture ; ils éclosent au prin- 
temps suivant. 



186 ISSECtKS, 



Z.E BiKRIB'S'CE CHRITSO&RHEE. 

Il a les mêmes habitudes que le disparate. Sa che- 
lâille est velue, de couleur brune , avec une rangée de 
lâches blaacbee de chaque -c^lé -du corps et doux de 
taches rouges sur le milieu. Elle vit sur presque tous 
les arbres et leur est très-nuisible. 



ImE BOMSTCE f TOII.E. 

Ce hombyce est de couleur ferrugineuse; sa femelle 
n'a pas d'ailes, est lourde ei s'éloigne peu Je la coque 
d'où elle est sortie. Sa chenille vit sur rabricotier, le» 
prunier, l'aubépine, l'osier, le saule, l'aune et le chêne. 
Elle a sur le corps des espèces de brosses formées par 
dix faisceaux de poils et dirigées en divers sens. 



X,*HEPIAX.E BU HOUBIiOUr. 

Le genre des hépiales a des antennes très-courtes , 
une trompe peu visible, les ailes oblongues et placées 
en toit. L'hépiale du houblon a les ailes blanches en des- 
sus et le corps jaunâtre ; il habite l'Europe. Sa chenille, 
d'un blanc jaunâtre , vit dans les racines du houblon , 
qu'elle détruit et ronge entièrement. Elle fait entrer de 
la terre dans la composition de sa coque : cette coque 



LES If0CXU|iJ.LES. 'tô7 

est cylindrique et plus longue du double que la chrysa- 
lide, qui se transporte d'un bouta l'autre en formant 
des ondulations , comme la chenille fait en marchant. 
Quand le temps approche où l'insecte parfait doit pa- 
raître, la chrysalide perce le bout de la coque , élève 
au-dessus de la surface de la terre la partie antérieure 
de son corps, et reste ainsi à découvert jusqu'à ce que 
l'insecte en sorte. 

Les œufs de celte espèce sont très-petits , d'abord 
blancs , puis noirs et semblables à de la poudre à 
canon. 



I.ES IlTOCTirELI.ES. 

On comprend sou3 cette dénomination les lépidop- 
tères qui ont des antennes en pointe, une trompe aiguë, 
le corselet très-gros , et qui volent vers le coucher du 
so[eil. Les noctuelles viennent de chenilles lisses ou 
velues ; parmi ces dernières on distingue celle qui vit 
sur le maronnier. Touies ces chenilles filent des coques 
peu solides, et le plus grand nombre s'enfonce dans la 
terre pour se transformer. Plusieurs sont ennemies non 
seulement des chenilles en général , mais encore de 
celles de leur espèce; elles les saisissent avec leurs mâ- 
choires, les déchirent, leur livrent des combats achar- 
nés et les dévorent avec fureur. La chenille de noctuelle 
trapèze est du nombre de ces chenilles carnassières ; 
elle est verte , avec une ligne d'un blanc jaunâtre sur 
les côtés 



188 INSSCTR8. 

LES PHALÈNES 

HT 

LES CHENILLES ARPENTEUSES. 

Le genre des phalènes renferme une grande quantité 
d'espèces. Les phalènes ont les pattes de longueur 
moyenne ; les intermédiaires et les postérieures sont 
armées d'épines. Dans l'état de repos, ils portent ordi- 
nairement leurs ailes étendues horizontalement. Le plus 
grand nombre des phalènes volent, ainsi que les noc- 
tuelles, après le coucher du soleil; pendant le jour, 
elles restent cachées sous des feuilles ou aj)pliquées le 
long des branches ou des troncs d'arbres. 

Les chenilles de quelques phalènes ont reçu le nom 
de géomètres ou à' arpenleuses ; ces chenilles ayant plu- 
sieurs de leurs anneaux dépourvus de pattes, sont obli- 
gées , après avoir avancé leurs pattes antérieures , de 
former une espèce de boucle pour attirer à elles le 
reste de leur corps ; elles répètent cette manœuvre 
chaque fois qu'elles veulent changer de place. 

On appelle arpenteuses en bâton les chenilles de pha- 
lènes, qui, pouvant placer leur corps en l'air dans toutes 
les positions , entre là verticale et l'horizontale , sont 
souvent prises pour de petits morceaux de bois sec. 

Toutes les arpenteuses vivent solitaires; elles sont 
très-nombreuses. Les plus grandes , qui habitent les 
environs de Paris, n'ont pas beaucoup plus d'un pouce 
de longueur : la plupart se laissent tomber lorsqu'on 
touche à la feuille où elles sont ; elles ont à la bouche 



LA PHALENE DU STRATJOTE. 189 

un fil très-fin et qu'elles peuvent allonger à volonté, prêt 
à l«»s soutenir en l'air. 

Les arpenteuses ne marchent jamais sans laisser sur 
le terrain qu'elles ont parcouru un fil qu'elles y attachent 
à chaque pas. Ce fil est toujours attaché près de l'en- 
droit où elles se trouvent , et par son autre bout à la 
filière ; c'est par le moyen de cette soie qu'elles des- 
cendent des plus grands arbres jusqu'à terre et qu'elles 
y remontent sans faire usage de leurs pattes, manœuvre 
qu'elles exécutent en saisissant ce iil avec les dents le 
plus haut qu'elles peuvent, et l'entortillant autour de 
leurs pattes membraneuses. 

On trouve des arpenteuses dans toutes les saisons, 
mais surtout au printemps, sur les chênes, les ormes, 
les érables, les peupliers, la ronce, le rosier, le sureau, 
le lilas , le jasmin , le frêne , le prunier épineux , etc. 
Lorsque le printemps est doux , toutes ces chenilles 
disparaissent vers la fin de la saison. Elles entrent en 
terre pour s'y faire une coque de feuilles pliées ou de 
grains de terre liés par des fils de soie. Quelques-unes 
s'attachent par le milieu du corps, comme font certains 
papillons , et passent l'hiver sous la forme de chrysa- 
lide. 



UL PHALENE DU STRATIOTE. 

Le mâle de cette espèce est d'un gris jaunâtre ; le? 
ailes supérieures ont des taches d'un gris obscur e* 
d'un brun clair, des lignes transversales ondées, blan- 
ches ; sur le milieu une petite tache blanche bordée de 
noir, et près du corselet deux petites taches noires; 



190 IMSHGTH». 

les ailes inférieures sont blanches , avec deux lighéif 
transversales noires; le dessous des ailes est blanc avec 
quelques nuances d'un gris noirâtre. 

On la trouve aux environs de Paris ; sa chcninè est 
aquatique ; elle a seize pattes ; elle se tient ordinaire- 
ment dans l'eau, placée dans la cavité d'une des feuilles 
de la plante nommée par Linné siruiiote ; elle se couvre 
d'une portion de la même feuille , qu'elle coupe et 
qu'elle attache ensuite avec quelques hrins de soie ; 
dans celte position , elle mange la superficie grasse et 
épaisse de la feuille. 

Cette chenille est d'un vert clair et blanchâtre. Un 
naturaliste a observé que l'huile, qui fait mourir toutes 
les chenilles lorsqu'on les y plonge , ne produit aucun 
effet sur cette espèce. 

Cette chenille passe l'hiver et mange dans cette sai- 
son, tandis que les chenilles terrestres restent engour 
dies. Au commencenient de l'été , elle se change en 
chrysalide sans sortir de l'eau, et file entre deux feuilles 
une coque allongée d'une soie très-blanche, placée dans 
une enveloppe de soie de couleur grise. Cette chrysa- 
lide n'est pas aussi aquatique que l'est sa chenille ; l'in- 
térieur de la coque est rempli d'air qui sert à sa respi- 
ration, et, si on la plonge dans l'eau après l'avoir retirée 
de la coque, on la tue infailliblement; mais il est essen 
tiel à lexistence de ces chrysalides que les coques où 
elles sont renfermées soient dans l'eau. Vingt ou vingt- 
cinq jours après que la chenille s'est changée en chry- 
salide, la phalène paraît, traverse l'eau et va chercher 
un endroit sec. 

La femelle de ce phalène place ses œufs sur des 
feuilles qui cagent sur l'eau; ils éclosent environ huit 
jours après la ponte. 



LA tTRALK DES POMMRS. 191 

MES PYfiALE9, 

Le:i pyrale» forment un genre de lépidoptères ayant 
dix aniennos composées d'articles égaux. Leurs che- 
nilles vivent en fermées danslcs (euilIesoudansTintcrieur 
des frui'ts. Une partie do ces chenilles tile des coques 
d'une forme particulière, que Réaumur a désignées sous 
le nom de coques en bateau. 



làK F'SrRAI.E BES POMMES. 

Lapyrale des pommes est d'un gris cendré; ses ailés 
supérieures ont à l'extrémité une large tache brune, 
sur laquelle on voit plusieurs points et taches d'or; le 
dessus des quatre ailes est gris, 

9a chenille est de couleur rouge : renfermée dans 
l'intérieur des pommes , elle passe sa vie à manger; 
elle s^ouvre un chemin, d"u centre de la pomme à la cir- 
conférence , et c'est par cette ouverture qu'elle sort 
pour aller chercher un endroit où elle puisse se chan- 
ger en chrysalide. Il paraît que c'est sous les écorces 
des arbres qu'elle file sa coque, dans la construction de 
laquelle entre la substance qu'elle y trouve. Vers la fin 
de l'été, on voit paraître l'insecte parfait. 

La femelle dépose un œuf sur la pomme avant que 
les pétales de la ileur soient tombées ; la chenille perce 
aisément le fruit tendre et se trouve enfermée dedans, 
«ans laisser de traces extérieures de son passage. 



r9S IMSICTES. 

]:.A PTRAX.E HÉRACZiIANX. 

Cette pyrale est commune aux environs de Paris ; 
elle a les ailes supérieures d'un gris brun , avec de pe 
tites taches, des raies noirâtres, et deux petits points 
blancs bordés de noir, au-dessus desquels est un petit 
trait noir. 

Sa chenille est de couleur verte ; elle est très-vive ; 
on la trouve sur le cerfeuil sauvage, dont elle roule les 
feuilles. Elle file un grand nombre de fils qu'elle attache 
aux deux bords opposés de la feuille ; le dernier HIé est 
toujours plus tendre que les précédens. Elle saisit avec 
ses pattes écailleuses le premier fil, qu'elle tire à elle , 
"et ne l'abandonne qu'après en avoir filé un second ; 
elle continue cette manœuvre jusqu'à ce qu'elle ait forcé 
la feuille à se courber dans toute son étendue. 

Ces fils forment ensemble une toile mince sous la- 
quelle la chenille se renferme ; elle mange peu à peu 
les parois de son habitation , et lorsqu'elle l'a consom- 
mée, elle va s'établir ailleurs. Pour peu qu'on touche à 
la feuille où elle est cachée, elle se laisse tomber à terre 
par une ou deux ouvertures qu'elle ménage à chaque 
bout. 

Au commencement de l'été, la chenille de la pyrale 
héracliane s'enfonce dans la terre, où elle se fabrique 
une coque ovale de quelques grains de terre légèrement 
liés avec un peu de soie. Elle reste environ un mois 
sous la forme de chrysalide ; au bout de ce temps, paraît 
l'insecte parfait. 



LA PYRALE CYNOSBANE. 193 



X.A PTRAIiE DE X.A RESINX. 

Cette pyrale a les ailes supérieures d'un gris blan- 
châtre, avec des taches d'un ronge orangé. Sa chenille 
est d'un hrun jaunâtre : elle vil sur tes petits buissons 
du pin sauvage et dans l'in'.érienr des houles résineuses 
qu'on trouve sur les jeunes branches de cet arbre; elle 
s'y engourdit en automne et s'enferme dans une coque 
de soie fort mince, où elle passe l'hiver; au printemps, 
elle se ranime, mange de nouveau, et, au milieu de 
celte saison , se change en chrysalide pour accomplir 
au commencement de l'été la dernière métamorphose. 

Cette chenille a la propriété de supporter l'odeur 
de l'huile de térébenthine , qui est un poison mortel 
pour d'autres insectes. 



I.A P-CRA!.!: CrNOSBANE. 

Cette pyrale porte ses ailes appliquées contre les 
deux côtés du corps et formant sur son dos un toit 
arrondi. La tète, le corselet et la partie antérieure des 
ailes supérieures sont d'un brun presque noir; l'ex- 
trémité est blanche , terminée par des points noirs : on 
voit, à h P'Trtio antérieure, quelques lignes brunes; le 
dessous des quatre ailes est gris. 

La chenille de cette pyrale vit dans les jeunes pousses 
des branches de rosier ; elle creuse l'intérieur du bou- 
IV. -^' Il 



f^/j: INSECTE*. 

toQ et mange toute la substance qu'il renferme. Elle 
attaque aussi les feuilles nouvellement développées, et 
s'y forme un logement en les attachant ensemble avec 
plusieurs brins «Je soie. Vers le milieu du printemps , 
elle (île une coque ovale d'une soie très-blanche, s'y 
change en chrysalide et paraît sous la forme d'insecte 
parfait, environ quinze jours après. 



■a»»' 



LES ALU CITES 

Les aluciles ou fausses teignes viennent de chenilles 
â seize pattes dont le corps' est lisse et sans poils j el\es 
se font des logemens , des galeries dans lesquelles elles 
restent cachées sans qu'elles y trouvent leur subsis- 
tance ; ce sont ordinairement les feuilles des plantes 
qu'elles lient ensemble et qu'elles plient de dillérentes 
manières pour se mettre à l'abri. Ces chenilles percent 
la membrane du côté où elles se sont placées , sans en- 
tamer l'autre; elles ne mangent que le parenchyme des 
feuilles. Toutefois, parmi les chenilles des alucites, il 
s'en trouve deux espèces qui vivent à nos dépens. 



£*AI.UCITE DES GBAINS. 

Cette alucîte porte ses ailes en toit arrondi ; elles ont 
leur extrémité élevée en queue de coq ; les supérieures 
sont d'un gris blanc , avec des taches brunes irrégu- 



L ALUCITE DES CEREALES. 195 

Uèresvle dessous des quatre ailes et le dessus des infé- 
rieures est d'un gris blanchâtre. Elie a la partie anté- 
rieure, de la tête couverte d'une toulle de poils serrés. 

On la trouve fréquemment dans les maisons en Eu- 
rope. 

Sa chenille a seize pattes ; elle est rare , de couleur 
blanche. Quoiqu'elle soit petite, elle nous fait beaucoup 
de mal, puisqu'elle attaque souvent le froment et le 
seigle. Elle lie ensemble plusieurs de ces grains avec 
des lils Je soie ; dans l'espace qu'elle laisse entre eux , 
elle se file un tuyau de soie blanche d'où elle sort pour 
manger; la précaution qu'elle a eue de lier plusieurs 
grains ensemble fait qu'elle n'a point à craindre la di- 
sette. Parvenue à son accroissement, elle se change en 
chrysalide et paraît à la fin du printemps sous la forme 
d'insecte parfait. 



i.'Aï.ucii'i: ses céréaIiES. 

Cette espèce est un peu moins grande que la précé- 
dente ; elle porte ses ailes parallèles au plan de posi- 
tion ; les supérieures sont d'une couleur rougeâtre, bri- 
quetée et brillante; le dessous des quatre ailes et le 
dessus des inférieures sont d'un gris blanchâtre; ces 
dernières sont frangées. 

On trouve cette alucitc au raidi de l'Europe. 

Sa chenille est rose , blanche , à tète brune ; elle vit 
dans l'intérieur des grains d'orge et de blé, s'y trans- 
forme et n'en sort que sous la forme d'insecte parfait.^ 
Elle consomme toute la substance farineiise, laisse l'é- 



196 INSECTES. 

corce intacte, et se file une coque de soie blanche dans 
la cavité ; cette coque est séparée en deux parties par 
une cloison ; la première partie est occupée par la che- 
nille ou la chrysalide ; l'autre contient les excrémens. 

Avant de se méianiorjihoser, la chenille de l'alucite 
des céréales se sert de ses mâchoires pour cou])er cir- 
culairenient l'écorce sans en détacher le morceau qui 
y tient encore par une petite portion ; de sorte que, 
quand l'alucite veut sortir, elle n'a qu'à pousser cette 
pièce, qui s'ouvre facilement. 

Les alucites se montrent communément dans deux 
saisons; les unes au [irintemps, dès que le hlé com- 
me,nce à paraître en épis : ce sont celles dont îes che- 
nilles ont pa?sé l'hiver dans le grain ; les autres en été : 
celles-ci proviennent des œnfs des premières et donnent 
naissance aux chenilles qui doivent produire les alucites 
de l'année suivante. Les papillons, qui sortent au mois 
de mai des grains renfermés dans les greniers, se hàteat 
de gagner la campagne; au lieu que ceux qui sortent 
après la moisson ne font aucune tentative pour s'é- 
chapper: il semh'e que leur instinct les avertisse qu'ils 
ne trouveraient plus dans les champs de quoi pour- 
voir au bien-être de leur postérité. 



I.'AI.UCIT£ DE I.A JUIiXE^TNE. 

Cette alucite a les ailes supérieures d'un blanc gris , 
avec des raies et quelques taches brunes ; le dessous des 
quatre ailes et le dessus des inférieures sont de couleur 
gri:*e. 



L ALUCITE DE DHGEER. 197 

On la trouve en été dans les jardins aux environs de 
Paris. 

La chenille de cette alucite vit sur la julienne. Elle 
attache enseiuhle , au moyen de plusieurs lils de soie, 
les jeunes i'euiiles du cœur de la planle, au milieu des- 
quelles elle se tient cachée Sa couleur est d'un vert 
clair; elle a quelques tuhercules liérissés de poils. 

Les chenilles Ac cette espèce marehent lentement et 
toujours en déviilant un til. Lorsqu'on touche à la feuille 
où elles sont posées , elles se laissent descendre sur 
une soie et arrisent jusqu'à terre; lorsqu'elles croient 
le danger passé, elles remontent à l'aide du même Hl. 

Ces chenilles mangent de préférence les jeunes feuilles 
du cœur do la planle, où elles se réunissent assez sou- 
vent au nombre tle quatre ou cinq. 

Au commencement du printemps , elles s'enferment 
dans de trés-jolios coques faites d'une couche de soie 
dont les madles ressemblent aux points du fond d'une 
dentelle. L'msecte parfait sort au commencement de 
l'été 



]:.*AI.UCITE DE DEGXÎER. 

Cette espèce est très-jolie ; elle a les antennes extrê- 
mement longues , noires à la base, blanches dans le 
reste de leur étendue; ses ailes supérieures sont d'un 
jaune brun, brillant comme l'or le mieux poli, avec 
des raies longitudinales noires, et vers le milieu une 
bande transversale d'un jaune doré , bordée de chaque 
côté par une ligne qui paraît noire ou violette, suivant le 



198 iîlSECTES. 



jour où on la regarde ; les inférieures sont noires ; le 
dessous des quatre ailes est couleur de bronze obscur. 
On trouve celle alucite dans les bois des environs de 
Paris. On lui a donné le nom d'un savant entoniofo- 
giste danois. 



Zi'ALUCITi: DE REAUMITR. 

Cette belle espèce ressemble à la précédente par la 
forme et la longueur de ses antennes ; elle est d'un 
beau violet foncé ; ses ailes supériciires sont onlicre- 
rnent dorées, très-brillantes; les inférieures violettes, 
bordées presque tout autour de longs poils qui parais- 
sent dorés ; ses pattes sont dorées, couvertes de poils 
bruns. 

Elle babile l'Europe ; on la voit voler en troupe dans 
les bois près des arbres ; on la trouve l'été aux envi- 
rons de Paris. Sa chenille vit sur le saule et le bou- 
leau. 



LES TEIGNES 

On connaît surtout ces petits insectes par les ravages 
qu'ils font sous l'état de larves. 

Les teignes sont les lépidoptères les plus richernent 
vêtus ; un très-grand nombre ont les ailes couvertes d'or 
et d'argent ; elles portent leurs ailes ou roulées autour 
du corps ou en toit élevé. 

Les teignes viennent de chenilles qui s'enferment 
dans des ïourreàux qu'elles se fabriquent ou qui savëiil 



LEPIDOPTERES 



F 13» 




j84 1S6 •/// •*'' 

1. Livrée . 2.Hépiale duHoutlon : B.Noctuelle . 4.Phalene 
5.Pyra,le des, Pommes . b.Pyrale de la Resme . 7 lei^ne 



IFS TEIGNES. 199 

trouver un logement spacieux dans l'intérieur des feuil- 
ïes. Les chenilles des teignes qui habitent près de nous 
détruisent tout, laines, pelleteries, collections d'histoire 
nîiturelle, etc. Elles vivent et s'hahillont à nos dépens; 
elles transportent leurs fourreaux partout : elles n'en 
changent jamais ; lorsqu'ils deviennent trop courts pu 
trop étroits, elles les allongent ou les élargissent. 

Celles qui se nourrissent de feuilles n'ont pas moins 
d'industrie. On sait qu'une feuille est composée de 
deux membranes, entre lesquelles est placée la partie 
charnue ou parenchyme. La chenille mine entre les deux 
membranes, dévore la substance charnue, et se fait 
place. Elle coupe ensuite, pour se vêtir, deux morceaux 
de feuilles avec ses dents, les assujettit ensemble et en 
fortifie l'intérieur avec de la soie. 

D'autres chenilles de teignes se couvrent avec de 
petits filamens de bois ou des tiges de gramen. 

C'est pendant la belle saison que ces chenilles pa- 
raissent sous la forme d'insecte parfait ; il y a un grand 
nombre d'espèces : les unes volent pendant le jour, les 
autres au coucher dd soleil. On voit les teignes domes- 
tiques venir se brûler le soir à la lumière. 

La durée de leur vie est courte ; «lies meurent im- 
médiatement après la ponte. 



fOO iirsECTSs. 



I.A TEIG]^£ FRIPIERE. 

Cette peli le teigne voln souvent dans les appartemens; 
elle est de couleur rendre brillant; elle a un point 
noir de chaque côté du corselet. 

Sa chenille a seize pattes ; elle se taille un habit d'une 
sorte de tissu de laine, de la couleur de l'étoile em- 
ployée à la fabrication, doublé intérieurement d'une 
soie grise. 

Des que ces chenilles sont nées, elles travaillent à se 
vêtir, cherchent de tous côtés des brins de laine, les 
saisissent un à un avec les mâchoires, les arrachent, et 
les lient en un seul tissu. 

Parvenues à leur accroissement, les chenilles d* s 
teignes vont s'établir dans les angles des murs ou au 
plancher. Elles y attachent leur fourreau qu'elles fer- 
ment par les deux bouts; ensuite elles se changent en 
chrysalides et restent sous celte forme environ vingt 
jours. 

Rjéaumur, non content d'observer la teigne fripière , 
a cheiché les moyens de nous en préserver, il a dé- 
couvert que l'huile de térélienthine, l'esprit de vin et la 
fumée de tabac éiaieni autant de poisons pour leurs 
chenilles, et qu'elles n'approchaient jamais des meu- 
bles et des étoiles frottés avec une toison grasse. 

Réaumur croit que h peinture pourrait tirer quelque 
avantage des excrémens des teignes, parce qu'ils con- 
servent la couleur des étoiles qu'elles ont mangées et 
peuvent être broyés à l'eau. 



LA TEIGNE DE LA CIRE. 201 



X.A TEIGNE DES PEIXETEKIES. 

La couleur de celte teigne est d'un gris plojpbé bril- 
iant; elle a un petit point noir sur le milieu des ailes 
supérieures. 

La chenille de cette teigne construit son fourreau 
avec des puils. Elle ne se contente pas de couper ce 
qui lui est nécessaire pour se nourrir et se vèlir, elle 
arrache tout ce qu'elle leucontre; à délaut de poils, elle 
se sert de crins, de laine ou autres substances ani- 
males. Réaumuren a trouvé qui, renfermées dans des 
boîtes avec des papillons morts, s'étaient habillées avec 
les poils et les morceaux d'ailes de ces papillons , et 
avaient vécu de leurs corps desséchés. 

La chenille de cette teigne fuit la lumière et se re 
tire dans les endroits sombres. Ses métamorphoses sont 
semblables à celles de la précédente. 



tA TEIGNE DE lA CIRE. 

La teigne de la cire profite de la nuit pour s'insmuer 
dans une" ruche, et aller déposer ses œufs dans le corn 
de quelque gâteau. Au bout de peu de jours 1 œuf 
éclot; il en sort une petite chenille à seize pattes, rase, 
blanchâtre, à tète brune et écailleuse. Cette chenille, 
qui naît environnée d'ennemis prompts à la vengeance, 
ne peut éviter la mort que par son extrême petitesse, 
et par la promptitude avec laquelle elle file un petit 
tuyau de soie, qui la recouvre et met ses jours en su- 



203 INSFCTF.S. 

reté : voilà 5on seul bouclier. Ce fourrotiu est d'abord 
proportionné à sa grosseur; il est collé contn; les al- 
véoles ; ainsi elle trbuvc sa nourriture à sa portée. Lors- 
que l'alimenl lui manque, elle allonge un tuyau qui 
forme u#e galerie tortueuse, ei. m.irche ainsi sous tjn 
chemin couvert. A mesure que U chenille croît, elle 
élargit sa galerie. Plus elle avance en pays ennemi, plus 
el-le la fortifie : au tissu de soie elle ajoute des morceaux 
de cire qu'elle liache, et ses excrémens, qui ressemblent 
à de la poudre à canon. Elle unit ces matériaux avec 
des fils, cl se l'orme un rempart inexpugnable aux traits 
des abeilles. L'intérieur est garni d'une soie douce, en 
sorte que son corps délicat repose mollement. La ga- 
lerie, qui n'était d'abord que de la grosseur d'un fil, 
devient de celle d'une plume à écrire. La chenille est 
obligée de mettre la tète dehors pour prendre sa nour 
riturc ; mais sa: tête et son premier anneau sont garnis 
d'écailles contre lesquelles s'éniousse l'aiguille de l'a- 
beille. 

Cet ennemi se multiplie quelquefois à tel point dans 
la ruche, qu'il renverse tous les travaux, et oblige les 
abeilles à abandonner le logement. Il est alors la cause 
de guerres cruelles; car les abeilles expulsées veulent 
se réfugier dans une ruche voisine, et le terrain reste 
au plus fort. 

Arrivée à son dernier degré d'accroissement, la che- 
nille de la teigne de la cire file une coque, s'y renferme 
et en sort à Tétat parfait, au mois de juin ou de juillet. 



CA TEIGNE DU FUSAIN. f03 



IJL TEXGlïfE D1J MIEI.. 

Le nom de celte teigne semble indiquer qu'elle se 
nourrit de miel; cependant eUe ne mange que de là 
cire. Il paraît que ce nom lui a été donné pour faire 
connaître qu'elle est dans l'intérieur des ruches, et 
pour la distinguer de la précédente, dont elle flilïère 
par la taille et les couleurs. Elle est d'un gris cendré; 
le devant de sa tête est couvert de poils jaunâtres; ses 
yeux sont d'un rouge éclatant : elle marche extrême- 
ment vite et vole peu. 

Elle habite les environs de Paris. 



LA TEIGNE DU FUSAIN. 

Cette teigne a les ailes roulées -autour du corps; 
elle est très-vive ; ses ailes supérieures sont d'un beau 
blanc mat, avec plusieurs pe|its points noirs; ses in- 
férieures sont grises. 

On la trouve en été dans nos jardins. 

Sa chenille est rase, d'un blanc jaunâtre, avec des 
points noirs; elle se nourrit de fusain; elle est du 
nombre de celles qui vivent en société 

Ces chenilles sont quelquefois au nombre de deux 
cents, dans des nids où elles ne se tiennent ni con- 
stamment ni long-temps; elles en construisent plu- 
sieurs, sept à huit environ pendant leur vie; elles y 
mangent les feuilles qu'elles peuvent atteindre, et t 



204 INSECTES. 

rentrent entièrement pour s'y reposer. Ces nids ne pa- 
raissent qu'un amas confus de toiles transparentes. 

Pendant toute leur vie, ces chenilles ne mangent que 
la sulistance de la partie supérieure de la feuille ; mais 
ce qui leur est particulier, c'est que leur corps n'y 
touche aucunement : leur nid s'étend jusqu'au dessus ; 
elles sont couchées dans ce nid, au-delà duquel elles 
allofi"enl la télé. Ces chenilles mandent toutes ensem- 
i)le, aux mêmes heures, et quoique leurs tètes soient 
inclinées vers dillérentes parties de la surlace de la 
feuille , leurs corps sont presque parallèles entre 
eux. "^ 

C'est à un des bouts de leur dernier nid que, vers le 
milieu du printemps , elles se construisent une coque 
d'une soie très-blanche, dans laquelle elles se changent 
en chrysalides. Au commencement de l'été on voit pa- 
raître l'insecte parfait. 



I.A TEIGNE DES TAPISSERIES. 

Cette teigne a les ailes supérieures brunes à la base, 
le reste est d'un blanc jaunâtre; sa tète est blanche, 
son corselet brun ; elle porte ses ailes appliquées con- 
tre le corps et un peu relevées en queue de coq. On la 
voit voler en été : elle cherche des étoftès de laine d'un 
tissu serré, pour y déposer ses œufs. 

La jeune chenille se nourrit de laine ; elle file en- 
suite au-dessus de son corps une espèce de berceau de 
soie, qu'elle recouvre d'une partie des flocons de laine 
qu'elle a arrachés. Elle creuse une espèce de fossé dans 



LA TEIGNE DE ROI. 205 

le drap, et s'y tient cachée. Elle est difficile à décou- 
vrir, parce que son logement ne paraît être qu'un mor- 
ceau de drap mal fabriqué, dont on ne peut la faire 
sortir qu'en le frottant assez fort. 

Celte chenille passe l'hiver, et l'insecte parfait pa 
raît au commencement de l'été suivant. 



I.A TEIGNE MERIA]ȣI.X.i:. 

Cette teigne, qui est très-petite, est extrêmement jo- 
lie: ses ailes, qu'elle porte appliquées contre son corps, 
ont une frange très-longue à l'extrémilé, qui est un 
peu relevée en queue de coq ; vues à la loupe, elles 
paraissent être entièrement faites de l'or le plus bril- 
lant. On la trouve en été au pied des ormes. 

Sa chenille mange le parenchyme des feuilles de 
l'orme , coupe deux morceaux dans la partie de la 
feuille qu'elle ne ronge pas , et s'en fabrique un habit 
qui a la Forme d'une queue de poisson. Elle en forti- 
fie l'intérieur avec de la soie, et, quand il devient trop 
petit, elle en fait un neuf, ce qui lui arrive deux ou trois 
fois pendant sa vie. 



I.A TEXGNE DE ROI. 

Cette teigne, qui est très-petite, égale en beauté la 
précédente; ses ailes paraissent être de l'or le plus 
brillant, avec sept taches argentées dessus. On la 
trouve dans les jardins,. autour des rosiers, où la femelle 
va déposer ses œufs sur les feuilles. 



?06 INSECTES, 

Sa chenille est d'un jaune orangé ; sa tête est brune ; 
son corps se termine un peu en pointe. Elle mine les 
feuilles de rosier, où elle fait des espèces de galeries; il 
arrive quelquefois que trois chenilles habitent la même 
feuille , mais le plus ordinaiiemeiit il n'y en a qu'une. 

Vers le milieu de l'automne, ces chenilles abandon- 
nent leurs feuilles; elles percent la membrane supé- 
rieure pour sortir, et vont faire leurs coques dans 
quelque fente de branches ; ces coques sont ovales, 
jaunâtres, d'un tissu très-fort et très-serré ; elles s'y 
changent en chrysalides, pour n'en sortir que l'été sui- 
vant sous la forme d'insecte parfait. 

On pourrait croire que des chenilles logées entre 
les deux membranes d'une feuille n'ont pas d'ennemis à 
craindre, qu'elles sont cachées de manière à éviter leurs 
atteintes ; cependant l'ichneumon , persécuteur impla- 
cable des chenilles, soit les y trouver. La femelle de 
cet insecte, au moyen de sa tarière, perce la membrane 
de la feuille et dépose ses œufs dans le corps de la 
chenille. 



LES PTEROPUORES. 

Les ptérophorcs diffèrent de tous les autres lépidop- 
tères par la forme de leurs ailes. Ces ailes ne sont 
point entières dans toute leur longueur : chez quelques 
espèces , elles sont réunies seulement à la base ; chez 
d'autres, jusqu'aux deux tiers; vers cette partie, elles 
sont membraneuses, recouvertes d'une poussière écail- 
leuse ; mais les nervures des ailes se prolongent au-delà 
de la partie membraneuse, et forment autant de divi- 



LK PTÉROPBORE EN EVENTAIL. 207 

sions dont le nombre n'est })as égal daas^ toutes les 
espèces. Chacune de ces divisions est bordée de tous 
les côtés par dés poils assez longs, qui touchent à 
ceux des nervures voisines, de sorte qu'au premier 
coup -d'oeil, ces ailes paraissent être d'une seule pièce. 
Mais, en les regardant attentivement, on en remarque 
facilement les divisions. 

Dans l'état de repos, les ptérophores portent leurs 
ailes étendues horizontalement. Leurs pattes sont lon- 
gues et minces; leurs jambes sont armées d'épines. 

Celles des chenilles qui sont connues ont seize pattes, 
pour se transtornier, elles se suspendent par l'extrémité 
du corps. 

On trouve les ptérophores en été dans les prairies 
ou près des orties ; en volant, ils ne s'élèvent pas beau- 
coup au-dessus des plantes. 



I 



Z.E PTÉRGPHORE EKT tvÊK^AIls, 

Les ailes de ce gracieux insecte ressemblent à uii 
éventail ouvert. Lés supérieures ont huit divisions, les 
inférieures quatre , et l'on voit sur chacune de petites 
raies transversales grises et brunes. 

On trouve ce ptérophore en automne, dans les cam- 
j')agries aux environs de Paris, courant sur les vitres 
des croisées. 

Sa chenille est de couleur verdâtre; elle a plusieurs 
rangées de tubercules ; elle vit sur le liseron. 



508 IHSECTES. 



HÉMIPTÈRES 



Le nom d'hémiptère veut dire demi-élytres ; mais la 
forme ou la nature des élytres ne peut pas toujours 
servir à distinguer des autres insectes les hémiptères. 
Les uns ont des ailos presque entièrement coriaces; 
d'autres les ont complètement membraneuses. 

Tous les hémiptères sans exception ont une bouche 
faite pour pomper les liquides végétaux et. animaux 
dont ils se nourrissent. Cette houche est composée seu- 
lement d'un tube divisé par plusieurs articulations, le- 
quel prend naissance à la partie inférieure de la tête; il 
.est recourbé en dessous et appliqué sous le ventre, lors- 
que l'insecte n'en lait pas usage; mais, pour s'en ser- 
vir, l'insecte le redresse et le tient perpendiculaire à 
l'axe de son corps. 

C'est à l'aide de ce bec garni de soies déliées et ai- 
guës que les punaises, les cigales, les pucerons, les 
kermès, etc., sucent le sang dos animaux et le suc des 
plantes. On voit qu'ils sont forcés de se nourrir de ma- 
tières liquides. La faculté qu'ils ont de piquer forte- 
ment les rend pour la plupart le fléau des végétaux et 
le tourmeni des minimaux. 

Les hémiptères volent avec assez de facilité, surtout 
lorsqu'il fait chaud ; ils ont cependant moins d'activité 
que les espèces d'insectes dont nous avens déjà fait 
l'histoire. 

La métamorphose des hémiptères est de l'ordre de 
celles qu'on nomme demi-complètes. L'insecte, en sor- 



LES FULGORES. 209 

lant de l'œuf, ressemble à sa mère, et n'en dillère que 
par la taille et l'absence totale des ailes. H grandit avec 
celle forme et change plusieurs fois de peau. Des 
moignons d'ailes lui poussent ensuite, et on le considère 
alors comme chrysalide. Enlin l'insecte change une 
dernière fuis de peau et parait avec les ailes et les 
élytres entières. 



ù LES FUXiGORESr 



Ces insectes sont remarquables non seulement par 
la forme pointue de la tête, mais encore par la beauté » 
et la variété des couleurs dont plusieurs sont ornés. 
Leurs antennes sont composées de cinq articles ; leur 
trompe est couchée et renferme trois soies. Le corse- 
let est moins long que la tcle, mais un peu plus large j 
les élylres sont arrondies, un peu plus longues et plus 
étroites que les ailes; elles ont les nervures ircs-éle- 
vées; les ailes sont le plus ordinairement colorées et 
pliées à leur bord interne. 

On connaît quelques fulgores qui ont la propriété de 
répandre pendant la nuit une lumière si considérable, 
qu'au rapport des naturalistes, elle permet de lire faci- 
lement les caractères les plus fins. La principale espèce 
est celle de la fulgore porte-lanterne. Elle a environ 
trois pouces et demi de longueur; le front est très- 
avancé, vésiculeux, arrondi à son extrémité, bossu en 
dessus près de son origine, garni en-dessous et sur les 




210 IMSRCTRS. 

côlés de quatre rangées de tubercules épineux, aplatis, 
de couleur rougeâtre. Cette partie vésiculeuse est de 
couleur d'olive, elle a en-dessus quelques lignes rou- 
ge.ltres ; le corselet est d'un jaune pâle ; les élytres sont 
de la même couleur que le corselet, avec les nervures 
et quelques traits noirâtres ; les ailes so-nt grisâtres : 
elles ont chacune une grande tache en forme d'oeil en- 
Slourée d'un cercle noir, avec une douhle prunelle blan- 
che et noire ; l^ pattes sont d'un jaune pâle. 
On trouve là fulgore porte-lanterne à Cayenne et à 
FSurinam. 
W c'est la partie antérieure de la tête qui est lumi- 
X neuse .chez cet insecte, ainsi que chez les suivans. 

La fulgore porte-chandelle a environ deux pouces de 
longueur; le front est très-prolongé, cannelé en-dessus 
et en-dessous, de couleur jaune ; les yeux sont bruns; 
Ja tête et le corselet sont jaunes; l'abdomen est jaune 
Ten-dessus, noirâtre en-dessous ; les élytres sont d'un 
Iheau vert, avec plusieurs bandes transversales et des 
taches jaunes; les nervures sont élevées, et entre cha- 
cune on voit des traits qui forment des espèces de gril- 
les. Les ailes sont d'un jaune foncé, avec une laige 
bande noire à l'extrémité ; les pattes sont jaunes, les 
quatre jambes antérieures noires, les postérieures épi - 
neuse^s»-.. 

L^ fulgore européenne, qu'on trouve en France, en 
Italie et en Sicile, a environ six lignes de longueur. 
Klie est de couleur verte ; le front est prolongé, coni- 
que, velu ; il a eu-dessus deux lignes longitudinales éle- 
vées, et unies en-dessous ; les ailes sont transparentes, 
avec les nervures vertes. 

O La fulgore nerveuse, commune aux eavirojas de Pa- 
ris f a trois ii^'iies de lougueur. Elle e«t brune , sa tète , 



HEMIPTERES 





l.G'iale . a.Naur.ore>. S.Noctoiiecte . I^.ÏVicevon.(i.'r,'j:'/ 



3tS ^33 4 

■3.Pun:nse . G.Thrips 



LES CIGALES. 211 

de couleur jaunâtre, porte à ^a partie antérieure une 
plaque allongée, qui a trois lignes longitudinales, sail- 
lantes j le corselet est brun j les élytres sont blanches 
et transparentes, avec des taches brunes, dont plusieurs 
forment des bandes transversales, les unes vers la base, 
les autres sur le milieu ; il y a en outre sur les nervu- 
res un grand nombre de petits points bruns; les ailes 
sont transparentes, sans taches ; les pattes jaunes. 

On voit que les phis grandes des fulgores sont appor- 
tées en Europe de l'Anjérique méridionale ; elles vivent 
sur les arbres. Celles qui habitent l'Europe sont très- 
petites ; on les rencontre sur les arbustes et les buie-r 
sons. Leurs larves sont ioconnues 



X.ES CIGAIJES 



On distingue trois espèces principales de cigales qui 
dillerent en grandeur et en couleur. Il ne faut pas les 
confondre avec certaines sauterelles que l'on appelle 
improprement cigales. 

La tétc de IS" cigale plébéienne, commune au piidide 
la France, est large et counke. noire, tachetée de jaune. 
Ses yeux sont à facettes eH|iacés en saillie aux deux 
«•ôtés de la tête. Sf^2orsel.OT est d'un brun luisant. Elle 
a les ailes et les étuis minces, déliés, iranspare^is et 
posés en toit. Le reste du corps est formé de huit an- 
aeaiax écaille ux. Eli*^ ^ une trompe pliée sous la poi- 



/ 



m 



2il IWSKCTKS. 

trine qui lui sert à pomper le suc contenu dans les 
vaisseaux des feuilles et des branches. 

On observe sous le ventre de la cigale mâle deux 
calottes écailleuses que l'animal ouvre et ferme à vo- 
lonté. Ces calollcs couvrent des cavités que l'on peut 
nommer timbales à cause de leur ressemblance avec 
cet instrument militaire C'est à l'aide de cet appareil ^ 
/nu par des muscles vigoureux, que le mâle appelle sa 
femelle et chante ses amours. 

La cigale femelle porte à l'anus une tarière très-so- 
lide qui lui a été donnée pour couper, scier et percer 
les branches, afin d'y déposer ses oeufs. Cette tarière 
est composée de trois pièces, l'une taillée en fer de 
flèche, les deux autres dentelées très-finement en forme 
de scie. La cigale choisit une branche morte et sèche, 
mais tenant encore à l'arbre Elle fait pénétrer sa scie 
jusqu'à la moelle, et dépose dans le trou huit ou dix 
œufs à la file. Les fibres du bois bouchent bientôt 
l'entrée de ce nid. Elle recommence ensuite sa ma- 
nœuvre, et perce une nouvelle fossette un peu plus 
haut ou un peu plus bas. Malgré ces ir.ivaux, souvent 
un ichneumon , pourvu aussi d'un aiguillon, va dépo- 
ser ses œufs au milieu de ceux de la cigale, et il en naît 
des larves carnassières, qui dévorent les petits de la 
cigale à l'instant de leur naissance. 

A la fin ie l'automne, les larves de la cigale descen- 
dent au pijd de l'arbre. Elles sont blanches et pourvues 
de dix pattes. Elles se nourrissent de la sève des raci 
nés, jusqu'au temps de lotir changement en nymphes. 
Ces nymphes sont de la classe de celles qui marchent 
et prennent de la nourriture. Leur trompe est déjà par- 
faite; mais elles n'ont ni la tarière ni les instrumens du 
chant; à l'aide de teurs jambes antérieures, elles se 



\ 



LES CIGALKS. Sf3 

creusent dans la terre des trous à deux ou trois pieds 
de profondeur, pour passer l'hiver à l'abri du froid, 
sans a\oir besoin d(; faire de magasin ni d*aller mendief 
chez la fourmi sa voisine , comme dit la fable. 

Au retour du printemps, ces nymphes quittent \s 
terre, grimpent sur les arbres, et s'accrochent aux 
branches et aux feuilles. C'est là que s'accomplit leui 
métamorphose. 

Les nymphes de cisa'ee pta^'ent autrefois regardées 
comme un mets exqu s le» t^rientaux, et particuliè- 
rement les Grecs, en faisaient Ins délices de leur table ; 
on mangeait les cigales, et l'on recherchait surtout les 
femelles fécondées. 

La cigale grand-diable mérite d'être remarquée. Elle 
porte sur son corselet deu\ espèces de larges cornes 
arrondies qui lui donnent un air liideux. ï^e petit-diable, 
outre deux cornes poin'nes dont les côtés de son cor- 
selet sont armés, en a une troisième au milieu, qui 
va gagner en serpentant l'extrémité de son corps. Cette 
dernière corne se trouve aussi, mais unique et toute 
droite, chez le demi-diable. 



9f* INSE^tKX. 

, JJEB M£MBnAC£S. 

Les membràces sont de la famille des cifrales ; elles 
oni les antennes très-conrtefi, placées devant les yeiix, 
e» composées de deux articles et d'une soie. La tcte 
est irréguliore ; la bouche a la forme d'un bec allongé, 
composé de trois articles, et renfermant le suçoir. Les 
yeux sont petits, arn^ndis, situés de chaque côté de la 
tête, sur la partie antérieure. Le corselet est large ; 
l'écusson est prolongé jiisqfu'à l'extrémité de l'abdo- 
men. Les élyires iont grandes, élevées en toit au-dessus 
du corps. 

I-es larves des membràces ne st)nt point connues; 
mais comme sous leur derrière forme ces insectes ont 
beaucoup, de rapport avec les cigales, excepté qu'iTsne 
chantent pas, on peut présumer que les larves des in- 
sectes de ces deux genres vivent de la même manière. 

La membrace du genêt, très-commune en Angleterre 
et en Champagne, se trouve en été sur le genêt- Elle 
est d'un brun obscur; son corselet est large, lisse, 
terminé postérieurement par une longue pointe aigué, 
courbée sur ral)domen. 

La membrace cornue est commune aux environs de 
Paris, dans les bois, sur les tiges de fougères. Elle est 
d'un brun noirâtre ; sa tèi^ est comme écrasée ; son 
corselet est assez large, ei a de chaque côté une corne 
aiguë qui se termine en pouue assez longue ; sur le mi- 
lieu d.u corselet est une crête qui en se prolongeant 
forme une espèce de corne striée et terminée en pointe 
entre les élytres ; l'écusson est placé sous cette corne ; 
les éljtres sont obtuses, veinées de brun ; les ailes un 
peu transparentes. 



LKS TKTTIGOFS. 215 

La memlirace cornue saute et n'est pas facile à 
prernii^e. 
>(^N La nicmbracc aureillarde est assez rare aux envi- 
rons de Pans. Elle est un peu plus grande que la pré- 
cédente, d'un l)run vcrdâlre, pointilléc de noir et bordée 
d'un peu de rouge; sa téie est très-large, aplatie : elle 
forme une espèce de chaperon; elle a trois pointes 
minces, une au milieu, et une de chaque c^Mé, avec 
quelques stries en-dessus; le corselet a de chaque côté 
une espèce de corne ou aileron arrondi, dilaté, élevé , 
porté un ]>eu en deiiors, terminé en crête. Le dessus du 
corps et les pattes sont d'un jaune verdàtre ; les élytres 
transparentes avec les nervures brunes. 

On trouve cette mcmbrace sur le chêne. 




LES TETTIGONES OU CICADELLES. 

Les lettîgones diffèrent des grandes cigales en ce 
qu'elles ne chantent point; elles en diffèrent encore par 
les antennes : celles des cigalçs sont composées de cinq 
articles; celles des teltigones n'en ont que trois. 

La tête des teltigones est presque triangulaire ; la 
trompe est recourbée sous la poitrine, lorsque rinsccle 
n'en fait point usage. Les élytres sont presque érail- 
leuses, souvent relevées, beaucoup plus longues que 
l'abdomen. Les ailes sont transparentes, presque sans 
couleur; elles forment avec les élytres un toit élevé au- 
dessus de l'abdomen. 

L'abdomen chez les femelles est terminé par deux 
lames qui renferment une tarière. 



Î16 INSECTl'S. 

Les larves des tettigones ont six pattes. On les voit 

quelquefois sur les plantes. Quelques-unes ont la pio- 
priété sinf;ulicre de répandre par l'anus et les pores de 
leur corps des huiles qui, en se réunissant, forment une 
espèce d'écume sous laquelle la larve est cachée ; cette 
écumeest vraisemblablement destinée à garantir la larve 
des intempéries de l'air et à la cacher à ses ennemis. 

Si l'on ôte la larve de dessous cette liqueur mousseuse, 
elle ne tarde pas à en reproduire une nouvelle pour se 
mettre à l'abri. D'autres larves courent sur les plantes ; 
elles sont très-agiles et sautent avec beaucoup de légè- 
reté. 

Les larves se changent en nymphes qui ne diffèrent 
des larves qu'en ce qu'elles ont des rudimens d'ailes. 
Ces nymphes courent de même sur les plantes. Parve- 
nues à l'époque où elles doivent se métamorphoser, 
elles se débarrassent de leur enveloppe et passent à 
l'état parfait. 

Les tettigones marchent et sautent assez vivement. 
On en trouve beaucoup aux environs de Paris. 



l'A TETTIGONE A TACHES ROUGES. 

Elle est d'un noir luisant *, les élytres ont trois grandes 
taches d'un rouge foncé, une à la base , une sur le mi- 
lieu , l'autre vers l'extrémité ; les ailes sont transpa- 
rentes, noirâtres, lavées d'un peu de rouge ; les jambes 
des pattes postérieures sont armées de deux épines 
assez fo''tes. 

On la troure en Europe, sur le saule et le gramen 



La trttigone spumaire. ■ JI7 

Elle est assez rare aux environs de Paris. Elle saute 
peu. On la prend facilement. 



I.ÀTXTTIGONE SPUMAIRE OV A JÉCUME. 

Cette espèce est une des plus grandes de celles qu'on 
trouve aux environs de Paris; elle est de couleur brune, 
quelquefois un peu verdâtre. La tête, le corselet et les 
élytres sont pointillés. On voit sur ces dernières deux 
grandes taches d'un blanc jaunâtre , placées le lonj; du 
bord extérieur, l'une vers le milieu, l'autre près de l'ex- 
trémité; le dessous du corps est d'un jaune fauve. 

Sa lar^'e vit sur les plantes ; elle se tient ordinaire- 
ment sur une feuille , cachée sous un petit globe de 
mousse semblable à de la salive. On voit souvent, vers 
le milieu du printemps , cette mousse sur les feuilles 
dans les jardins. Si on l'ôte de dessus la larve , elle en 
produit bientôt une nouvelle. 

Les larves sont quelquefois rassemblées dans cette 
écume au nombre de six ou huit. Il paraît que les œufs 
passent l'hiver sur les branches et les tiges des plantes, 
où la femelle les a déposés en automne. 

Ces larves ont pour ennemie une petite espèce de 
guêpe qu'on voit fondre sur les masses d'écume, en tirer 
les larves ou les nymphes et s'envoler avec elles. 

La tettigone à écume est commune aux environs de 
Paris , à la fin de l'été et au commencement de l'au- 
tomne. 



Z.A PEJKTXATOJKE DU GROS£IX.Z.IXR9 

Le? penlatômes subisseni les mf'mes métamorphose s 
que les punaises, o'ont elles se distinguent par la lonrc 
du corps. 

La pontatôrae du groseilliop^ commune aux environs 
de Paris, a environ cinq lignes de longueur ; In tête, I^^ 
corselet , rét:uspon et les élytres sont d'un brun gri- 
sâtre ; son abdomen est très-déprimé. Cet insecte répanr! 
une odeur fétide. Il dévore les chenilles, perce avec sa 
trompe les élytres des coléoptères et pompe tout l'inté- 
rieur de leur corps. 



lA PUNAISE UOMESTlQUr. 

Là pnnaisS domestique est de la figure et de la gros- 
seur d'une lentille , courte , fort plate , rhomhoidale , 
molle , roussàtre , d'une odeur puante et désagreahh' ; 
elle n'a jamais d'ailes. La tête est munie de deux petits 
yeux bruiis un peu saillans; en devant il y a deux pe- 
tites antennes composées de quatre articulations fort 
déliées, et en dessous est une trompe recourbée dans 
son état de repos et rentlée dans son milieu, dont la 
pointe, fort dure et très-aiguë, est logée entre les deux 
jambes de devaiit. Le corselet n'est formé que d'un an- 
neau un peu large ; le corps se compose de neuf an- 
neaux. Chacune des jambes a trois articulations. 

Tout le corps de cette punaise domestique est lisse, 
excepté quelques petits poils. Cet insecte, renversé sur 



LA PUNAISE DOMESTIQUE. 219 

U'dos, n de la peine à se retourner, et il ne le peut que 
sur une surface très-polie. Quand l'animal est plein de 
sanj,', il a le dus un peu convexe, mais le ventre est tou- 
jours aplati. 

!.a femelle dépose ses œufs dans un lieu propre à les 
fnin» colore; c'est dans les vieux bAtimens, dans les 
;i|)pnrlomens voisins des colombiers et des fours, dans 
les solives des maisons, dans les lits, surtout dans ceux 
dont le bois est de sapin, où il y a de vieilles paillasses, 
et dont la paille , les draps et les matelas ne sont pas 
assez souvent renouvelés. Elle choisitaussi les cloisons, 
les murailles enduites de plaire et recouvertes de pa- 
pier, les feuilles des vieux livres , etc. On en voit une 
plus grande quantité dans les chambres élevées, dans 
les lieux secs et exposés au midi, principalement 
dans les grandes villes, où les maisons ont plusieurs 
étages. 

Les petites punaises éclose.it dans l'état de nymphes, 
et quoique nées tout récemment et à peine visibles , 
elles ne laissent pas de courir très-vite et contractetit 
les mêmes habitudes que la mère. 

Presque toutes les punaises périssent pendant l'hiver 
dans les climats froids; trtaf§ dans le nôtre le Iroid les 
on;;onrdit et ne les lue pas. Au reste, la retraite où les 
fonieiles Ont déposé leurs œiifs est tellenietlt convenable, 
qu'aux approches de l'été ils s'ouvrent toujours pour 
laisser sortir les nymphes qu'ils lenferment.. 

ï,es punaises fuien» la lumière et se tiennent cachées 
pondant le jour; ce n'est que dans les ténèbres que 
s'exerce leur inquiétante voracité. A peme l'homme 
a-t-il étendu sur son lit ses membres fatigués , que les 
punaises se mettent ei> marche; elles accourent en foule 
de tous côtés et avec précipitation , se laissent tomber 



?20 INSECTES. 

des rideaux et du ciel du lit , profitent de l'obscurité 
pour assiéger le dormeur et le molester continuelle 
ment, en se jetant principalement sur le visage et sui 
les parties du corps où la peau est îa plus tendre. Elles 
courent, sondent le terrain, font choix des endroits les 
plus favorables, et, à l'aide de leur trompe, puisent à 
longs traits le sang dont elles sont avides. 

Les punaises peuvent soutenir une longue abstinence. 
Quand elles ont long-temps jeune , elles sont tellement 
plates, qu'elles sont transparentes et semblent n'otfrir 
que deux pellicules minces collées l'une contre l'autre. 

Les punaises piquent de préférence la peau de cer- 
taines personnes ; elles s'éloignent de celles dont la peau 
est dure , la transpiration abondante. Les fumeurs en 
soijt généralement exempts. Mille procédés divers sont 
employés pour détruire les punaises : l'essence de téré- 
benthine , les fumigations mercurielles , l'eau de savon 
noir, les claies d'osier mises au chevet du lit, etc. Le 
meilleur moyen pour n'avoir pas de punaises est d'en- 
tretenir les appartemcns et les meubles dans une très- 
grande propreté. 



I.A PUNAISE DES JARI>IIffS> 

Cette pupaise est de couleur verte , quelquefois ta- 
chetée de points blanchâtres et d'autres fois de raies 
rouges; elle est très-puante et communique son odeur 
aux fruits et aux légumes sur lesquels elle passe. Sa 
larve ne diffère de l'insecte parfait qu'en ce qu'elle est 
dépourvue d'ailes. Elle vil sur les plantes où la femelle 
dépose ses œnfs. 



l'hydromètre. 251 

Cette punaise nous rend service en détruisant les 
chenilles qui dévastent les arbres fruitiers : dès qu'elle 
voit une chenille, elle s'en approche tout doucement, 
et lui enfonce directement dans l'œil l'aiguillon dont 
elle est armée et qu'ordinairement elle lient enfermé 
dans un fourreau placé entre ses antennes. La chenille, 
se sentant piqtiée , fait des ellorts pour se débarrasser; 
mais la punaise, se laissant entraîner avec une résistance 
proportionnée, les rend inutiles et ne quitte pas sa proie. 
En peu d'inslans la chenille perd ses forces, diminue 
sensiblement de volume et meurt en moins de six mi- 
nutes. On remarque qu'à mesure qu'elle s'aflaibht, ses 
pattes se détachent les unes après les autres. La pu- 
naise l'emporte à l'écart pour s'en repaître. 

Il y a un assez grand nombre d'espèces de punaises 
dont les habitudes sont à peu près semblables et qui ne 
diffèrent que par la couleur. 



X.'HTBROMETRi: OU AIGUIIj:.E. 

Cet insecte est commun sur les eaux d'Europe; il a 
Je corps long de quelques lignes , d'un brun noirâtre, 
les antennes et les pattes d'un brun plus clair, les élytres 
de consistance inégale, les pattes très-longues, le mu- 
seau avancé, le corps presque filiforme; il marche et 
court sur la surface de l'eau comme sur un corps 
solide. 



2fS IMSBCTfiS. 

Ï.A NXPE CENDRIÉE. 

Le type du genre nèpe est la nèpe cendrée ou scor- 
pion aquatique. 

Le scorpion aquatique se trouve dans les lleuves, les 
étangs, les marais , les eaux vaseuses. Sa tcle est Tort 
dure et d'un noir rougeâtre; on y distingue seulement 
deux gros veux et une trompe recourbée. Sa couleur 
est d'un gris tirant sur le roux; ses élytres sont d'un 
brun jaunâtre, de consistance inégale; son abdomen est 
très-déprimé; ses pattes antérieures sont dirigées en 
avant et forment tenaille. 

Les diilérentes métamorphoses du scorpion aquatique 
approchent beaucoup de celles des punaises. Il porte 
long-temps ses œufs, qui sont d'un rouge pourpre. Les 
larves n'ont ni ailes ni étuis. 

Ce petit insecte, qui n'a pas plus de sept à huit lignes 
de long, est vorace et se nourrit d'autres insectes itqua- 
tiques. Il passe le jour dans l'eau; mais la nuit, et 
même le soir, il prend son essor et voltige en divers 
endroits. 



I.A mOTOIlTECTE. 

L'insecte qui a été pris puur type du genre UMtouecic 
est connu vulgairement sous le nom de punaise à ^vi- 
rons. Il ressemble à la punaise, et se sert de ses pâlies, 
principalement de celles de derrière, pour nager dans 
les eaux stagnantes. Eiv nageant , il présente loujouis 



LA MAUCORK PUNAISE d'IiAU. 223 

en haul le dessous du ventre: quand on veut le pren- 
dre, il s'enfonce rapidenient et disparaît. 

On distingue deux sortes de punaises à avirons, la 
grande et la petite. La première a la tête arrondie et les 
yeux fort gros ; au-devant de fa tête est une trompe 
fort aiguë qui se recourbe entre les premières jamiies ; 
sur les côtés sont des antennes fort petites. Le corselet 
est large, court et lisse, jaune et noir. L'écusson est 
grand et noir; les élytres sont croisées, giandes, grises, 
avec des taches marginales brunes; les pattes sont en 
forme de nageoires et aplaties: les deux dernières sont 
garnies de petits poils sur l'un des côtés. 

La petite espèce de punaise à avirons paraît dans 
l'eau comme un point gris. Cet insecte est sans étuis 
et sans ailes , de sorte qu'on le prendrait pour une 
nymphe. 

La larve de la grande e.=pèce ne dîflere de l'insecte 
parfait que par le défaut d'ailes et d'élytres. 

Ces insectes sont carnassiers et n'épargnent pas 
même leur espèce; ils saisissent leur proie avec leurs 
pattes antérieures et la sucent avec leur trompe. 



Z.A HÏAUCORE PUBJAISE 1>*£AU. 

La naucore punaise d'eau, type du genre naucore, 
est de couleur verdàlre, avec des taches brunes sur la 
tête et le corselet; ses antennes sont plus courtes que 
la tête et insérées sous les yeux; elle porte un bec 
court, conique, pointu, incliné sur la poitrine ; les tarses 
untérieurs sont armés d'un fort onglet; les ailes soûi 



224 INSECTES. 

d'un gris de lin tendre dans leur partie supérieure , et 
noires dans la partie inférieure, qui reste toujours dé- 
couverte. 

Cette naucore se trouve dans les ruisseaux et les 
eaux stagnantes, et se nourrit de la substance charnue 
des plantes qui y croissent et même des insectes qui y 
vivent. La larve et la nymphe sont aptères, et les ailes 
ne leur viennent qu'après la première mue. 

La naucbre pique très-vivement et fait couler dans la 
blessure une liqueur venimeuse qui cause une douleur 
insupportable. 



-LES THRIPS. 

Les thrips ont les antennes de la longueur du corse- 
let, placées au-devant de la tête , rapprochées à leur 
base ; les articles sont distincts. Ils ont la tcle arrondie, 
de la longueur du corselet, mais moins large ; la bouche 
en forme de bec ; les yeux assez gros, sphériques ; les 
yeux petits et lisses à la partie supérieure de la léte ; les 
élytres et les ailes membraneuses, garnies de poils longs 
qui forment une frange sur les bords, et couchées ho- 
rizontalement sur l'abdomen. 

Ces insectes sont extrêmement petits; on les trouve 
sur les fleurs et sur les écorces. Leurs larves ne diffè- 
rent de l'insecte parfait que parce qu'elles n'ont ni ailes 
ni éiytres. 

Le thrips noir, qu'on voit aux environs de Paris , 
a une ligne au plus. Il est très-agile, court avec vitesse, 
mais vole à peu de distance. Lorsqu'on le touche , il 
élève le derrière et courbe son corps en arc. 



LES PS7Li.ES. 2;2ri 

LES PSTLLES. 

Ces petits inserles ont les ;\ntennes longues, minces, 
composées de onze articles peu distincts. Leur tôle est 
large et courte, leurs deux yeux sont snillans : on re- 
marque trois petits yeux lisses placés sur le derrière 
de la tète ; l'abdomen est un peu conique, les ailes sont 
membraneuses, veinées, grandes, posées en toit sur le 
corps; les pattes postérieures, quoique de longueur 
moyenne, ont un mouvement qui donne à l'insecte la 
faculté de sauter. 

Les psyiles viennent de larves à six pattes, dont la 
forme est allongée ; elles se changent en nymphes qui 
ne diiièrent des larves que par deux boutons aplatis , 
placés de chaque côté du corselet; ces boutons renfer- 
ment les ailes que doit avoir l'insecte parfait, ce qui 
donne à ces nymphes une fftrme singulière. 

On trouve les larves et les nymphes sur les feuilles 
dont elles se nourrissent. Pour subir sa dernière méta- 
morphose , la nymphe s'attache sur une feuille , où elle 
reste immobile jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à quitter 
son enveloppe. 

Les femelles sont pourvues d'une tarière dont elles 
se servent pour percer les feuilles des plantes où elles 
déposent leurs œufs. 



lY. 



la 



9^6 INSECTES. 

IiA PS7I.I.E 3>U FIGUIER. 

Cette espèce, la plus grandedu genre, a environ deiix 
lignes de long; ses antennes sont velues, grosses, bru- 
nes, plus longues que le'corselet; elle est brune eu 
dessus , verdâtre en dessous ; ses ai'les sont transpa- 
rentes, avec des nervures brunes, et beaucoup plus 
longues que l'abdomen, sur lequel elles forment un toit 
aigu; ses pattes sont jaunâtres. 

La larve de cette psylle vit sur le figuier ; elle est 
verte ; sa tcîle est cachée sous le corselet et munie d'une 
longue trompe, dont elle se sert pour piauer et sucer 
les leuilles ; son corps est aplati. A la tin du printemps, 
elle se métamorphose , et l'on voit l'insecte parfait sur 
le figuier, où il est très-nombreux. 



Z.A PS-riiUB DU BUIS. 

La psylle du buis est verte; elle a sur le corselet quel- 
ques taches rouges; les ailes sont d'un roux pâle, beau- 
coup plus longues que l'abdomen , au-dessus duquel 
elles forment un toit aigu; la tarière de la femelle est 
grosse et assez longue. 

La larve est rougeâtre; elle vit dans les feuilles con- 
caves qu'on trouve à l'extrémité des branches du buis 
et des arbres verts. Souvent les larves sont réunies au 
nombre d'une vingtaine dans un duvet blanc ; en vieil- 
lissant elles deviennent jaunes. Elles ont la tôte, les 
antennes et les pattes noires. Les njmphcs sont vertes ; 
elles ont les fourreaux des ailes rouges. 



LA PSYLLE DF..S FIKKRES. 227 

UL PS'TI.I.E SU SAPIN. 

Celle psylle, qu'on trouve en Europe, a une ligne et 
demie de longueur ; elle est de couleur jaunâtre avec 
les yeux bruns ; ses ailes sont transparentes : vues à un 
cerlain jour, elles ont un rctlet plombé. 

La femelle de cette psylle, en piquant les concavilés 
des branches du saj)in, y produit des tul)érosilés écail- 
leuses par suite de l'extravasation des sucs; elle y dé- 
pose ses œufs, cl les larves croissent dans les cellules 
de ces tubérosités; elUs sont enveloppées dans un du- 
vet blanc qui leur sort de l'anus. L'insecte parlait saule 
et vole très bien. 

Les feuilles du pin nourrissent une autre espèce de 
psylle , seulement couverte d'un duvet blanc qui se 
forme sous son corps. 



I.A PS7i:<i:.E SXS PIERRES. 

Cet insecte et sa larve se trouvent en très-grande 
quantité, pendant l'automne , sur les vicu^ murs des 
environs de Paris. Il a un peu plus d'une ligne de lon- 
gueur ; ses antennes sont très-fines, plus longues que 
le coi'ps; il est brun, avec quelques points noirs. 
Les ailes sont plus longues que l'abdomen : elles sont 
transparentes , avec les nervures noires et plusieurs 
taches brunes; les pattes sont très-longues , de couleur 
brune. 

La larve vit sur le lichen des pierres; elle ne diflèr© 
de l'insecte parfait que par le défaut d'ailes. 



228 rysEOTES. 

Z.A COCHEIffII.I.E 

On nous apporte la cochenille d'Amérique, pour la 
teinture écarlate, en petits grains convexes et cannelés 
d'un côté, et ( oncaves de l'autre. On a ignoré pendant 
long-tcinps l'origine de cotte matière ; et c'est en la 
faisant gontler dans de l'eau, et en l'examinant au mi- 
croscope, qu'on a distingué un insecte d'une forme 
analogue à celle de la punaise. 

L'insecte cochenille a une trompe qui sort du cor- 
selet; les mâles seuls ont deux ailes droites et élevées. 
L'extrémité du ventre de la cochenille est garnie de 
quatre filets ; elle a six patics très-courtes. 

Ou trouve les cochenilles particulièrement au Mexi- 
que , sur les végétaux dont les feuilles ou les fruits 
sont un peu icides , l'orme, l'oranger, le citronnier, 
4a vigne , le frangipanier, l'ananas. On les ram'asse 
avec soin , et on les transporte sur les branches du 
cactus opuntia. On en met douze ou quatorze à la fois 
dans des espèces de nids appelés pas i les , faits de 
mousse de foin fin ou de bourre de coco. Au bout de 
quelques jours , les cochenilles donnent naissance à 
des milliers de petits qui se dispersent bientôt sur les 
plantes. 

On fait chaque année trois récoltes de cochenilles. 
On les détache de dessus les feuilles avec un pinceau ; 
on les fait périr soit en les plongeant dans l'eau chaude, 
soit en les desséchant dans des témascales, espèces de 
fours , ou sur des comales , plaques qui servent à faire 
cuire le maïs. 

On distingue dans le commerce cieux espèces de 



LRS PUCERONS. 229 

cochenilles : la cochenille line, appelée mestique, parce 
qu'on en fait des récolles à Mestique, dans la province 
de Honduras, et la cochenille sylvestre. 

Avant que la cochenille du Mexique fut connue, on 
employait celle qu'on trouve en Pologne sur la racine 
d'une espèce de renouée ou ceniinode. On en trouve 
en Europe diliérenles espèces. L'orme en nourrit une 
qui se place dans les bifurcations dos branches, et est 
presque entièrement couverte d'une matière coton- 
neuse. La co«;henille du figuier commun fait beaucoup 
de tort à cet arbre , parce qu'elle en pompe le suc , et 
qu'elle facilite l'extravasation de la sève. La cochenille 
des serres est originaire du Sénégal , d'où elle a été 
apportée en Europe. 



LES PUCERONS, 

Les pucerons sont de petits insectes qu'on trouve 
communément rassemblés en groupes très-nombreux 
sur presque toutes les plantes , lourds , marchant peu , 
formant des masses sur les tiges et sur les feuilles 

Parmi les pucerons de la même espère, il y a des 
femelles allées et sans ailes. Ces dernières , qu'on 
pourrait prendre pour des nymphes , sont des insectes 
aussi parfaits que les femelles ailées. 

Une autre des singularités de ces insectes, c'est que, 
pendant tout l'été, ces deux sortes de femelles mettent 
au jour des petits vivans, et que, depuis le milieu de 
l'automne, elles pondent des œufs de forme oblon^ 
gue. Ces œufs paraissent destinés à perpétuer l'espèce 
cfui périt pendant l'hiver 



Î30 WSECTHS. 

Les petits auxquels la mère donne naissance sorlent 
de son corps le derrière le premier. Les femelles ailées 
et sans ailes produisent également dei petite qui de- 
viennent ailés, et d'autres qui n'auront jamais d'ailes. 
Ces l'emcUes sont trés-fecondes; elles l'ont quinze à 
vingt petits dans la journée , sans que leur ventre pa- 
raisse moins gros. Si on les écrase doucement , on ne 
fait sortir de leur corps que deux ou trois petits prêts 
î naître ; mais on en voit des centaines à la tile les uns 
des autres , dont la plupart n'ont encore que la forme 
d'œufs. 

I.a troisième singularité de ces animaux , c'est que 
d'excellens observateurs, ont pris des petits sortant du 
ventre de la mère, les ont élevés chacun dans la plus 
parfaite solitude , et les ont vus en faire d'autres qui, 
ensuite élevés séparément et successivement , ont été 
féconds pendant plusieurs générations, sans avoir eu 
de communication avec aucun individu de leur espèce. 
Ces petits pucerons ont produit de la sorte neuf géné- 
rations successives en trois mois. 

Des que les pucerons sont nés, ils marchent, et 
vont chercher sur la plante un endroit pour s'y fixer et 
la sucer. Ils restent c viron douze jours sous la forme 
(le nvmphe, qui resse.'nble entièrement^à la femelle 
aptère. Pendant ce temp^, ils changent quatre fois de 
peau. 

On distingue parmi tes Tvmphes celles qui doivent 
avoir des ailes. Elles ont de chaque côté du corps des 
fourreaux dans lesquels sont renfermées les ailes. 

Les pucerons tirent avec le v trompe le suc des 
plantes et des arbres. Souvent ils y causent des altéra- 
tions très-considérables. 

Les pucerons de presque toute» les espèce? saut 



LE IL'CERON DR l'oRMR. 531 

plus OU moins couverts d'un duvet cotonneux , flottant 
sur le corps de l'insecte. 

Partout ou l'on trouve des pucerons, on est sûr de 
trouver des fourmis. Celles-ci les suivent, non pour 
les dévorer, mais pour humer les gouttes d'eau miel- 
leuse que les pucerons rendent par l'extrémité de leur 
corps et par deux cornes qu'ils ont à l'abdomen. 

Les pucerons sont nombreux , mais ils le seraient 
encore davantage sans les ennemis terribles qui les dé- 
truisent par centaines. Les larves des hémérobes et celles 
d'une espèce de mouche en suivant leur inclination 
carnassière, délivrent les cultivateurs d'un véritable 
fléau; car, si les pucerons, qui sont si féconds, ne leur 
servaient pas de nourriture, ils finiraient par dessécher 
les plantes en se multipliant. 

On trouve des pucerons sur l'orme , le frêne , le 
groseillier, le pommier, le sycomore, le hêtre , le peu- 
plier, le sureau , le chêne, l'érable, le laiteron , le 
tilleul , etc. 



XJE VUCEROKT 1>£ I.*ORME. 

Ses antenne» sont grosses. Il a le corps allongé , de 
couleur verte dans la jeunesse et brune ensuite, couvert 
d'une poussière blanche farineuse. Ses ailes sont très- 
longues et transparentes, avec une petite tache brune 
vers le milieu du bord extérieur. Son abdomen porte 
à l'extrémité deux petites pointes très-courtes. 

On trouve ce puceron sur les feuilles de l'orme, 



232 INSFCTICS. 

renfermé dans une vessie ou esptke do galle creuse 
de la grosseur d'une noix , attachée à la feuille par un 
pédicule très-court. Elle est produite par l'extravasa- 
tion des sucs de la feuille piquée par ces pucerons. 
Habitée d'abord par la mère seule , cette galle aug- 
mente de volume à mesure que la famille s'accroît. 

Les vessies des feuilles de l'orme contiennent beau- 
boup de ces gouttes d'eau mielleuse dont les fourmis 
sont friandes. Réaunmr, qui a goûté cette liqueur , l'a 
trouvée aussi douce que le miel et d'un goût plus 
agréable 



IiE PUCERON BU HÊTRE. 

Ato II est vert, entièrement couvert d*un duvet coton- 
^- neux, blanc, quelquefois long d'un pouce. Lorsque cet 
insecte est âgé , ce duvet le fait ressembler à un petit 
paquet de fil extrêmement fin et très-blanc. Ces fils 
sont flottans sur le corps de l'insecte , qu'ils recou- 
vrent de telle manière qu'il faut examiner cette masse 
de très-près pour découvrir l'insecte dessous. Cette 
matière tient très peu au corps des pucerons ; si l'on 
y touche, ils se mettent aussitôt à marcher ; peu à peu 
la matière cotonneuse se détache , et laisse presque 
entièrement leur corps à découvert. 

Les petits de cette espèce n'ont qu'un léger duvet de 
la longueur d'une demi-ligne , et ceux qui viennent de 
changer de peau n'en ont pas du tout. 



LE PUCr.r.dN DU TILf.KUL. ?3Ï 



I.E pucERONT 1ÎU beupi.i:er. 

Il est d'une couleur vcile , entièrement couvert d'un 
long duvet cotonneux. On le trouve en quanlilé sur les 
leuilles du peuplier noir , où il est reniermé dans une 
Icuille pliée en deux, qui forme une vessie. Chaque 
Touille est en outre couverte de tubérosités de couleur 
rougeâtre. 



I.E PUCERON DU I.AITEROBJ. 

îl est d'un vert mat. On le trouve sur le laiteron. Ce 
qu'il a de remarquable , c'est qu'outre les deux cornes 
qu'on trouve sur l'abdomen de la plus grande partie 
des pucerons, il a une espèce de queue recourbée en 
haut et placée entre ces deux cornes. 



lao s-- — - 



Z.E PUCERON SU TII.I.EUX.. 

Ses antennes sont cannelées de noir et de blanc. Le 
corps est allongé, verdâtre, pointillé de noir. Les ailes 
sont grandes , transparentes , avec quelques taches 
noires à l'extrémité. 

A mesure qu'ils naissent, les petits de cette espèce 
s'aluchent aux jeunes pousses, sur lesquelles ils s'ar- 



234 x.n PLCHBON» 

rangent par ordre de naissance. Ils se placent à la file 
les uns des autres sur un des côtés du jet, font prendre 
à la nouvelle tige différentes courbures, et se logent 
dans les cavités qu'elle forme. 



X.I: pncEnosr des ]écorces. 

Il est très-petit, entièrement d'un brun roux; mais 
ce qu'il a de plus singo''er, c'est sa trompe, qui est 
trois (ois plus longue que son corps. Il la porte sous 
son ventre, et l'extrémité en est recourbée vers le dos i 
il la raccourcit et l'allonge à volonté. Il s'en sert pour 
piquer l'écorce des arbres , dans laquelle il tient si 
bien que , lorsqu'on l'enlève de dessus l'écorce , on 
entraîne avec lui un petit Iragmcnt de bois. Ce puce- 
ron n'a point de cornes. 

On le trouve sur l'écorce du chône. 



mm0f^^ -^ 



LES BIBIOfIS. 395 

DIPTÈRES. 



I.ES BIBION9> 

Ce genre présente deux espèces assez communes ; 
le bibioD de printemps et le bibion d'été. 

Le bibion de printemps porte dans quelques dépar- 
lemens , comme dans l'Eure-et-Loir et la Vienne , le 
nom de mouche do saint Marc , parce que c'est vers la 
fête de ce saint qu'il paraît dans les jardins. Le mâle 
est d'un très-beau noir, à ailes frangées; la femelle a 
le corselet rouge et l'abdomen d'un rouge jaunâtre. 

Le bibion d'été ou mouche de saint Jean se voit en 
été sur les arbres fruitiers. Il a le corps et le corselet 
rougeâtres. 

Les larves des biblons se tiennent dans la boue et 
dans le fumier de cheval. 

Les bibions portent leurs ailes de manière que l'une 
des deux couvre l'autre presque en entier; ils volent 
d'assez mauvaise grâce , les jambes pendantes. Ils vi- 
vent trois semaine» ou un mois. Ils se nourrissent du 
suc des bourgeons ot des Heurs qui ne sont pas épa- 
nouies. 



S36 IMSECTF.S. 

IiES COUSINS. 

Les cousiAs ont la tète arrondie, presque entière- 
ment occupée par de grands yeux à réseau ; une trompe 
composée d'une gaîne longue et velue et d'un suçoir; 
le corselet très-court ; les ailes membraneuses, et gar- 
nies d'un grand nombre de petites écailles sur les ner- 
vures ; les balanciers terminés par une petite masse 
comprimée ; les patles très-longues et très-minces , les 
antennes composées de treize ou quatorze articles. 

Les cousins sont connus par leur bourdonnement 
incommode , et plus encore par les piqûres qu'ils nous 
font. Dans quelles campagnes n'est-on pas importuné" 
des cousins durant l'été 1* Dans quelques contrées mé- 
ridionales de l'Europe, on ne &'en garantit pendant la 
nuit qu'en mettant aux lits une enveloppe de gaze 
qu'on nomme cousinière. Au rapport des voyageurs, 
ils sont tres-redoutables en Afrique et en Amérique , 
où on les appelle maringouins. Ils sont multipliés en 
Suède et plus encore dans la Laponie, où les habitans 
tâchent de les écarter en se frottant avec de la graisse 
et en faisant du feu autour des cabanes. 

La trompe ou l'aiguillon du cousin est composée 
d'une infinité de (ils tres-déliés et extrêmement minces. 
Quand il l'introduit dans la peau, elle y produit une tu- 
meur accompagnée de démangeaison. Quelquefois une 
liqueur qui sort du bout de la trompe, et qui paraît 
destinée à donner de la Huidité au sang trop épais pour 
couler dans la trompe du cousin , pénètre la plaie et 
augmente les douleurs. 

On parvient à chasser ces insectes dté chambres à 



r.ES COUSINS. 537 

coucher en y faisant fumer quelques branches de ge- 
nièvre , et en ouvrant les fenêtre» en même temps. 
L'alcali volatil est un remède sûr contre leurs piqûres. 

Ces insectes se nourrissent de sang ; à défaut de cet 
aliment, ils sucent diliercntes fleurs, et particulière- 
ment !es chatons de saule. Dans les jours chauds, ils 
se tiennent tranquilles jusque vers le soir, et s'atta- 
chent au-dessous des feuilles. 

C'est dans les eaux croupissantes que vi\ent les 
larves des cousins ; elles y sont en très-grande quantité 
au printemps et en été. Elles sont très-vives , se tien- 
nent à la surface di^ l'eau , disparaissent au moindre 
bruit. Elles sont dépourvues de pattes , ont le corps 
composé de neuf anneaux ; la tête aplatie , garnie de 
deux jeux et de deux antennes ; la bouche munie de 
plusieurs antennules velues , qui , mues avec vitesse , 
produisent dans l'eau de petits courans, et portent 
vers la bouche de la larve des insectes imperceptibles , 
de petites plantes et des corps terreux. 

La larve du cousin change trois fois de peau en 
quinze ou vingt jours , en la fendant sur le dos, et 
faisant une ouverture assez grande pour donner pas- 
sage au corps. Au bout de ce temps , elle paraît sous 
la forme d'une nymphe , qui nage comme la larve , et , 
deux jours après , l'insecte complet perce son enve- 
loppe. Cette dernière mélanTorphose se fait très-vite. 
La nymphe se tient étendue à la surface de l'eau ; la 
peau de son corselet se fend , et laisse à découvert une 
portion du corselet du cousin , qui élève sa tète au- 
dessus des bords de l'ouverture li'eau est devenue 
contraire à l'animal nouveau ; il périrait infailliblement 
s'il y était renversé. Il se redresse donc, et s'élève au- 
tant qu'il peut; il se sert de sa dépouille comme d'une 



238 INSECTES. 

espèce de batean. Quaad ses jambes sont afifermies , il 
»e pose sur l'eau , qui est pour lui un terrain assez 
ferme et assez solide ; ses ailes achèvent de se déplier; 
il s'envole et va chercher sa nourriture. 

Les cousins sont très-féconds ; chaque femelle pond 
environ trois cent cinquante œufs ciidque année. Pour 
faire sa ponte, elle cramponne aux feuilles ses quatre 
pattes antérieures, et croise ses deux pattes posté- 
rieures. C'est dans l'angle de ces pattes qu'elle place 
ses œufs, les uns à côté des autres. La niasse en forme 
une es[)èce de petit bateau qui (lotte sur l'eau. Chacun 
des œuf» a la forme d'une quille; ils sont placés le yros 
bout en bas. 

Ce sont surtout les femelles des cousins qui nous 
attaquent, et l'on peut se trouver au milieu d'une nuée 
de cousins mâles sans en être piqué. Peut-être les fe- 
melles ont -elles besoin d'ah'mens plus succulens , puis- 
qu'elles doivent nourrir une grande quantité d'œufs , 
et que celles de la dernière génération doivent survivre 
l'hiver. En eÛct , on les trouve pendant cette saison 
cramponnées contre les murailles, dans un état com- 
plet d'engourdissement. Elles résistent à toutes les ri- 
gueurs du froid ; mais dés que les glaces commencent 
à se fondre, elles se raniment, et vont faire leurs pontes 
dans les marais. 



X.E6 M^ ^STZ^ITES. 

On donne le nom de moustiques, mousquites ou mos- 
quilles, à des espèces de cousins, qui sont un Qéau à la 
Chine , aux Indes-Orientales , à la Côle-d'Or et dans 



LE TAON. 

l'Amérique méridionale. On les trouve par nuées dans 
les Antilles, suitout pcndani la nuit, prè« des bois , 
dans les lieux ni.trécagoiix et le long de la mer. 

Quoique les moustiques soient fort petits, leurs pi- 
qûres causent dans la chair une enflure très-doulou- 
reuse , et laissent une marque purpurine sur la peau. 

Le remède contre les blessures laites par les mous- 
tiques est le jus de limon, le vinaigre, et mieux encore 
l'alcali volatil. 

Les gens riches des deux Indes qui veulent éloigner 
ces fâcheux insectes pendant le jour, ont un nègre à 
cùté d'eux, armé d'un grand éventail , lorsqu'ils font 
la méridienne. On emploie une autre ressource pour la 
nuit : c'est un pavillon de gaze ou de mousseline très- 
clair dont le lit est environné ; on le nomme mosquiller 
ou moustiquaire On ferme par ce moyen l'entrée aux 
moustiques saos intercepter la fraîcheur de l'air. 



I.E TAOïg. 

Le taon, pour le port extérieur, ressemble à un 
mouche extrêmement grosse. Ses yeux sont grands et 
panachés; son ventre est gros et large, tacheté de 
jaune; ses ailes sont parsemées de bandes noires. 

Dans les grandes chaleurs, cet insecte tourmente les 
bœufs et les chevaux, les pique cruellement et leur 
suce le sàug. Comme on le rencontre sur le bord des 
eaux , on suppose que sa larve est aquatique. 

Le taon se sert des piques de sa bouche , arn)ée de 
deux dents aiguës qui &e meuvent de droite àg^ucbô. 



240 insBCTKS. 

On confond généralement le taon avec la mouche 
asile, qu'on trouve, en été et en automne, dans les 
champs et les jardins; mais l'asile n'a point de dents 
et ne pique point. Elle se nourrit de petits insectes 
qu'elle saisit au vol, et qu'elle va dévorer sur une bran- 
che voisine. 



I.'HIPFOBOSQUE DU CHEVAIm 

L'hippobosque du cheval , ou mouche araignée , 
mouche bretonne , mouche de chien , mouche d'Kspa- 
gne , est un peu plus grand qu'une mouche ordinaire, 
îfl a le corps très-aplali, mélangé de brun et de jaune, 
couvert de poils; les ailes blanches, transparentes, et 
beaucoup plus longues que le corps. 

Dans l'été et en automne , ces insectes s'attroupent , 
voltigent et s'attachent en«end)Ie sur les chevaux. Ils 
forment tle grandes plaques sur le cou, les épaules, et 
sur d'autres parties du quadrupède, où la peau est fine. 
Ils passent même quelquefois sous la qutue, et c'est 
alors qu'ils incommodent davantage le cheval. Si on se 
contente de les chasser, après un vol très-court, ils 
reviennent sur le cheval qu'ils suivent obstinément et 
le fatiguent beaucoup. Ils attaquent aussi toutes les 
bêles à cornes et les chiens. Ils sont très-agiles et très- 
difficiles à saisir. Ordinairemeut leur ventre est peu 
rempli de matières succulentes, ce qui fait qu'on a de 
la peine à les écraser. 

La tête de l'hippobosque est armée d'une trompe 
aussi fine qu'an cheveu; c'est une lancette contractile, 



L*OHSTRH DD MOCTOK. 241 

renfermée dans un étui et assez forte pour piquer la 
peau des chevaux et en sucer le snng. 

L'hippobosque femelle semble pondre une boule 
allongée, de la grosseur d'un pois, blanche d'abord, 
puis brune , dure et incapable d'extension. L'hippo- 
bosque sort de cette boule, tout formé , et aussi grand 
que sa mère. 

Cette boule n'est point un œuf véritable. La larve de 
l'hippobosque existe ; c'est un ver blanchâtre , mou , 
presque transparent , dont la tête est armée de deux 
crochets. En se métamorphosant, celte larve prend la 
forme d'un œuf. Sa peau s'épaissit , se forlilie , se 
durcit, et sert de coque à la nymplie qui se forme 
par degrés, et sort à l'état d'insecte parfait. 

L'œuf ne contient d'abord qu'une sorte de bouillie 
blanchâtre. Par une expérience curieuse , si l'on accé- 
lère la transpiration insensible de l'insecte en le fai- 
sant cuire quelques minutes dans l'eau chaude, la nym- 
phe se forme immédiatement. 



Ii'ŒSTRE DU MOT) TON. 

Cet œstre du mouton a le corps brun noirâtre, mé- 
langé et ponctué de blanc ; les ailes aussi ponctuées. 
Cet insecte est lent , fait rarement usage de ses ailes 
ou de ses jambes , et n'a d'activité que pour sa ponte. 
C'est dans les cavités ou sinus frontaux des moutoni 
qu'il dépose ses œufs, eu entrant par leur nez. Ces 
sinus sont toujours abreuvés d'une matière mucilagi- 
neuse dont les larves se nourrissent. Le mouvement 
!▼. 16 



541 iHSEcrea. 

qu eUessedonnentdaosleur retraite, les piqûres qu'elle* 
font avec leurs crochets aux membranes sensibles qui tà- 
pissent ces parties sont les causes de ces accès de vertige 
oude frénésie qu'éprouvent quelquefois les moutons. Ces 
animaux, d'ailleurs si pacifiques , bondissent, s'élan- 
cent, se heurtent contre les arbres et les pierres. 

Quand le temps de la métamorphose est arrivé , les 
jlarves sortent de la tête du mouton, à la faveur de la 
mucosité qu'il jette en abondance ; alors ces larves 
tombent à terre , s'y cachent et se transforment. 



I.'aBSTR£ 1>£S INTESTINS DE CHETAI.. 



Cet insecte est long de quelques lignes. Il a le cor- 
selet ferrugineux , l'abdomen noir, des poils jaunâtres 
sur le corps, les ailes blanches. La femelle s insinue 
sous la queue du cheval ; ses mouvemens causent à 
l'animal une sorte de démangeaison qui l'excite à Caire 
sortir le bord de son intestin , et l'cpstre profite de cet 
instant pour s'j introduire , y lait sa ponte et s'en- 
vole. Le cheval alors devient fprieu.v , agile $a queue , 
donne. des ruades, se roule à terre, et quelque temps 
après il redevient tranquille. 

Les larves de cet ceslre, armées de crochets et d'épi-! 
nés- s'accrochent aux intestins, se nourrissent du chyle 
dont ils sont baignés, pénètrent jusque dans l'estomac ; 
et lorsqu'elles outpris tout leur accroissement, se lais- 
sent entraioer avec la matière que le cheval rejette » 



LÀ MOUCHE DOMESTIQUE. 243. 

tombent, et s'enfoncent dans la terre pour y subir leur 
métamorphose. 

Jl y a une autre espèce d'œstre semblable à un 
bourdon , qui dépose ses œufs sous la peau des bétes à 
corues 



XiA MOUCHE DOMESTIQUE. 

La mouche domestique est longue de trois lignes. 
Elle a les antennes noire» j le front blanc, satine; le 
corselet rouge brun , avec quatre raies noirâtres en 
longueur ; l'abdomen noirâtre avec des taches noires ; 
les ailes en partie de couleur de feuilles mortes. 

La mouche domestique se nourrit de tout ce qu'elle 
trouve indistinctement; elle incommode par ses piqûres 
les hommes et les animaux. Elle est conimune dans les 
lieux humides et chauds : on en voit une grande quan- 
tité en Italie. Autrefois l'Espagne en était si remplie 
qu'il y avait des hommes préposés pour leur faire la 
chasse et un grand-vencur de v^ouches. 

Quand on écrase entre les doigts la tête d'une mou- 
che , ils sont tâchws de rouge, non par du sang, comme 
on l'a imaginé , mais par l'numeur que contenaient les 
yeux. 

Un naturaliste a observé que le bourdonnement des 
mouches est produit par le frottement de la seule base 
de leurs ailes contre les parois du corselet. 

La larve de la mouche domestique vit dans le fumier 
de cheval. 

Les vapeurs sulfiireuses , arsenicales et mercurielles 



244 INSECTES. 

font périr les mouches. Elles fuient l'odeur do la téré- 
benthine, mais elles aiment à l'excès la saveur des li- 
queurs épaisses et sucrées. 

Pour garantir les fruits de l'attaque des mouches, on 
suspend aux arbres des bouteilles remphes d'eau miel- 
lée; cette liqueur les attire, et elles s'y noient. La 
plombagine ou mine de plomb est un poison pour ces 
insectes. 



X.A MOUCHE I>E I.A VIANDE. 

Cette mouche n'est que trop commune ; elle est très- 
connue par le dégât qu'elle cause dans les boucheries. 
Elle choisit la viande pour y déposer ses œufs par 
groupes, d'où naissent, moins de vingt-quatre heures 
après la ponte , de petites larves blanches. Ces larves , 
avec leur bouche armée de crochets écailleux , creu 
sent et déchiquètent la viande ; elles en accélèrent la 
putréfaction en l'arrosant d'une liqueur visqueuse qu'el- 
les dégorgent. 

La mouche de la viande a la tête d'un jaune doré ; le 
corselet noir ; l'abdomen d'un bleu foncé brillant ; les 
pattes noires j les ailes brunes. 



LA MOUCHE DES TRUFFES. ^4;!^ 

IiA MOUCHE DES TRUFFES. 

La mouche des truffes est munie d'une trompe char- 
nue et n'a point de dents. Elle est de couleur rou- 
geâlre , pointillée de brun , couverte de poils longs, 
gros et raidcs. 

Celle mouche dépose ses œufs dans les endroits où 
i\y a des irufïes , parce que c'est la nourriture appro- 
priée aux larves tjui en naissent. Les larves, qui sont 
blanches et transparentes, rongent ce mets délicat. On 
aperçoit des essaims de ces mouches au-dessus de la 
portion de terre qui recouvre le végétal , et c'est pour 
celui qui le cherche un des moyens les plus sûrs de 
s'assurer du lieu où il doit trouver des truffes. 



î^6 IKSECTBS. 

APTÈRES. 



XJES PUCES. 

Le corps des puces est couvert d'une peau coriacéè 
et écailleuse. Elles sautent au moyen de leurs pattes 
postérieures qui sont très-longues ; elles sont avides dii 
sang des hommes et des animaux. 

La puce femelle dépose ses œufs sur les couvertures 
de lit ; il en sort de petites larves rougeâtres qui vivent 
sur les animaux, cachées entre leurs poils. On en 
trouve fréquemment dans les nids des oiseaux, et parti- 
culièrement des pigf'ons. Un naturaliste en a trouvé un 
nombre considérable sur de jeunes pigeons ; elles y 
étaient fortement attachées, et leur suçaient le sang. 
On peut élever ces larves dans des boîtes, en les nour- 
rissant avec des mouches dont elles sont très- friandes. 
Douze ou quinze jours après être sorties de l'œuf, elles 
forment une peliie coaue . s'y changent en nymphe, 
et, au bout, de trois ou quai.c jours en été, ou de quatre 
mois en hiver, elles deviennent insecte parfait. 

Quelques auteurs rapportent des faits qui prouvent 
autant l'adresse de^ertains hommes que la force de la 
puce. Un ouvrier anglais, nommé Marc, avait fait une 
chaîne d'or de la longueur du doigt, avec un cadenas 
fermant à clef; une puce attachée par celte chaîne la 
traînait avec facilité. Un autre ouvrier anglais avait 
construit en ivoire un carrosse à six chevaux , un co- 
cher sur le siège , avec un chien entre les jambes ; un 



LA CRiqUE. (47 

postillon, quatre personnes dans le carrosse et quatre 
laquais derrière ; mais ce qui est surprenant , c'est que 
cet équipage était assez léger pour être traîné par une 
puce. Nous avons vu de nos jours renouveler ce ré- 
sultat d'une merveilleuse patience. 



ItA CHIQUE. 

La chique , redoutable aux habilans det Antilles , 
n'est guère plus grosse qu'un ciron , et ressemble à 
une petite puce. Elle s'introduit dans la chair , à la 
manière des cirons , et cause des démangeaisons dou-_ 
loureuses. Elle s'attache d'ordinaire au-dessous des on- 
gles des pieds, y suce le sang, y pratique une espèce 
de nid formé d'une tunique l^lanche et déliée , de la 
grosseur d'un petit pois. Pour la tirer de là , il faut 
cerner et sacritier la chair tout autour. Lorsqu'on est 
parvenu à l'enlever, il reste un irou qui quelqueibis 
dégénère en ulcère malin , surtout quand on a le mal- 
heur de crever la poche qui renferme les œufs. Ces 
oeufs éclosenl ; les chiques s'établissent par centaines 
près du lieu de leur naissance , et endommagent telle- 
ment les pieds qu'on est contraint de garder le lit. 

La chique attaque les chiens , les chats et même les 
singes. On emploie pour s'en préserver les feuilles de 
tabac broyées , et d'autres herbes acres et amères. 

On n'a pas encore déterminé exactement à quel ordre 
cet animal appartient. 



Î48 IRSECTKS. ' 

ARACHNIDES PALPISTE^, 

X.A BTZ'GAI.E XaAÇOlffNXi 

La mygale maçonne ressemble â l'araignée des caves. 
Elle est armée de deux Tories pinces qui paraissent 
être les seuls instrumens dont elle puisse se servir pour 
creuser un terrier comme un lapin , et pour y fabri- 
quer une porte mobile qui ferme si exactement qu'à 
peine peut-on introduire une pointe d'épingle entre les 
joints. 

La mygale maçonne choisit un endroit où il ne se 
rencontre aucune herbe, un terrain en pente pour que 
l'eau de pluie ne puisse pas s'y arrêter, et uiie terre 
exempte de pierres. Elle creuse son domicile à un ou 
deux pieds de profondeur , et lui conserve partout un 
diamètre égal à la grosseur de son corps. Elle le tapisse 
ensuite d une foile adhérente à la terre , soit pour évi- 
ter les éboulemens , soit pour avoir prise à grimper 
plus facilement, soit peut-être encore pour sentir du 
fond de son terrier ce qui se passe à l'entrée. 

La mygale maçonne construit à l'entrée de son ter- 
rier une fermeture , qui sert tout à la fois de porte 
et de couverture. Celte porte ou trappe es.t peut- 
être unique chez les insectes. Elle est formée de diflé- 
rentes couches de terre, détrempées et liées entre elles 
par des fils. Son contour est parfaitement rond ; le des- 
sus est plat et raboteux j le dessous est convexe et uni, 



LES ARAIGNÉES, 549 

et de plus il est recouvert d'une toile dont le tissu 
est très-serré. C'est cette toile qui attache fortement 
la porte , et forme une espèce de charnière au moyen 
de laquelle la porte est fixée au bord le plus élevé de 
l'entrée. Cette porte, quand elle est soulevée, retombe 
par sa propre pesanteur. Si un observateur veut la sou- 
lever, la mygale s'y cramponne avec force, le corps 
renversé, et cherche à la retenir. 

On trouve la mygale maçonne dans le midi de la 
France , et surtout aux environs de Montpellier 



LES ARAIGNEES. 

Les araignées ont huit pattes , deux antennules, huit 
yeux lisses, hrillans et durs, la tête presque confondue 
avec le corselet. Leur aspect hideux inspire une espèce 
d'horreur à un grand nombre de personnes. Les arai- 
gnées mâles se distinguent des femelles par un abdo- 
men beaucoup moins gros, et par leurs antennules que 
termine un bouton. 

Les araignées tirent le fil dont elles font leur toile, 
de mamelons charnus placés au-dessous de l'extrémité 
du ventre. Qiiand une araignée veut commencer sa 
toile , elle applique une goutte de la liqueur contenue 
dans la filière contre un arbre ou contre un mur, et 
s'éloigne en filant. 1^'araignée des maisons revient sur 
ce premier fil pour en coller un second à côté dr l'en- 
droit d'où elle est partie , retourne sur ses pas pour en 
faire autant à l'autre bout , continue cette manœuvre 



250 nSRCTBS. 

jusqu'à ce qu'elle ait fixé une assex grande quantité de 
fils dans cette direction ■, après quoi elle se place dans 
un sens conli^aire^ et forme une toile assez solide. 

La matière qui fournit la toile s'épaissit dans Itis 
vieilles araignées, et elles ne peuvent plus faire de 
toile ; la nature leur fournil une ressource : elles 
vont chasser de son nid une araignée de leur espèce , 
mais plus faible qu'elles, et s'emparent de sa toile. 

Les araignées ont, à l'extrémité de chaque jambe , 
entre les deux ongles, une petite pelote qui ressemble 
à une éponge un peu aiouiiiée. C'est à l'aide de celte 
éponge que l'araignée marche et grimpe sur les corps 
les plus polis. 

La ténuité des fils dont est composée la soie des arai- 
f;nées est très-propre à donner une idée de l'étonnanle 
divisibilité de la matière. Chacun des six mamelons est 
composé lui-même de mille filières insensibles qui 
donnent passage à autant de fils. 

on a tenté d'employer la soie des araignées. En 1 7t)9, 
Bon , premier président de la chambre des comptes de 
Montpellier, envoya à l'Académie des sciences des mi- 
taines et des bas faits de soie d'araignée. Ces ouvrages 
étaient aussi beaux et presque aussi forts que ceux de 
soie ordinaire. 

Réaumur a constaté que les fils d'araignées n'étaient 
nullement propres à être mis en œuvre II faut quatre- 
vingt-dix fils d'araignée pour faire un fil égal à celui 
du ver à soie. 

Quant aux coques dont les araignées entourent leur» 
œufs , Réaumur les examina , et s'aper<;ùt qu'il n'y 
avait que celles de l'araignée des jardins qui pussetil 
être de quelque usage. Il prit un certain nombre d'a- 
raignées , lés feola , car la haine mutuelle que se por- 



LES AAAIGNBKS. $5) 

tcnt cfes animaux ôtail tout moyen de les élever ensem- 
ble, les nourrit de lombrics et de la substance molle des 
plumes nouvelles , et parvint à obtenir de la Soie ; mais 
il calcula que pour avoir une seule livre de soie , ti 
était nécessaire de nourrir ainsi plus de Vingt-huit mille 
araignées. 

Les araignées femelles sont beaucoup plus grosses 
que les m.lïes. Elles sont ovipares. Les unes font une 
grande quantité d'oeufs , comme les faucheur^ ; les au- 
tres en font fort peu , comme nos araignées domesti- 
ques. Leurs œufs sont ronds, de la grosseur des se- 
mences de pavots. Elles les enveloppent dans une coqu<j 
d'une soie plus forte que celle de leur toile, pour les 
mettre à couvert du froid. Elles suspendent ces coques 
à des fils, et les cachent derrière des feuilles sèches. 

Les araignées ont un soin extrême de leurs œufs. Si 
on les fait fuir, elles emportent avec elles la coque qui 
contient l'espérance de leur postérité. Aussitôt que les 
petits sont éclos , ce qui arrive au bout de vingt-et-un 
jours, ils commencent à file", et grossissent à vue d'œit. 
Lors même qu'ils n'attrapent point encore de mouches, 
ils grandissent, chaque jour, de plus du double de leur 
grosseur, sans prend le aucune nourriture sensible. 

Les araignées ne sont pas venimeuses, nous voyons 
une multitude d'animaux qui les mangent sans être in 
commodes. La poule, le rossignol, la fauvette, le rouge- 
gorge en font leur nourri lure. La guêpe et le frelon 
fondent quelquefois sur les plus grosses araignées , les 
portent par terre, leur coupent les pattes, et s'envolent 
avec ces corps mutilés. 

Des faits bien avérés prouvent que plusieurs personne» 
ont mangé des araignées sans en être incommodées 
Dans le Karnschatka les femmes qui veulent avoir dés 



252 11ISBGTE8. 

enlans lechercheni ces animaux *«t les mangent j elles 
s'imaginent que ce mets les rendra fécondes. 

Anne de Schurnian allait à là chasse des araignées , 
et les croquait avec déltees. Pour s'excuser de cette 
singularité, elle disait en plaisantant qu'il fallait qu'elle 
fût née sous le signe du scorpion 

ai» 

I.' ARAIGNÉE DOMESTIQUE. 

L'araignée domestique est d'une grandeur médiocre, 
velue, jaunâtre ou d'un brun pâle tacheté. Sa poi- 
trine et son ventre sont unis ensemble par un anneau 
fort petit. Ses pattes tiennent au corselet : elles sont 
dures et articulées comme celles des écrevisses. Elle a 
près de la tète deux espèces de bras qui lui servent à 
manier et retourner la proie qu'elle tient dans ses 
serres ou tenailles , placées immédiatement devant sa 
bouche. 

L'araignée domestique fait sa toile dans les coins des 
appartemens. Gomme tous les iUs aboutissent à un cen- 
tre commun, l'araignée est avertie du moindre insecte 
qui tombe dans ses filets. Quand la mouche qui se prend 
est petite, l'araignée la saisit avec ses tenailles, et 
l'emporte dans gon nid pour s'en nourrir. Si la mou- 
che est un peu grosse , Taiaignée, suppléant à la fai- 
blesse par l'art , l'enveloppe d'une grande quantité de 
fils , la garrotte au point qu'elle ne puisse remuer ni 
ailes ni pattes, et l'emporte toute vivante. Quelquefois 
la mouche est si forte que l'araignée désespère de la 
vaincre. Alors elle prend son parti ; déchire l'endroit 



APTERES 




s38 • i53 aGa 

l.Faucheur . 2Arai6nee . 5 Cloporte . Z|. Scolopendre 



l'araignke rtp.s cavf.s. ?53 

de la toile où la mouche est tenue , la détache, la jette 
dehors, et à l'instant raccommode sa toile déchirée. 

L'araignée domestique change de peau tous les ans , 
même aux pattes, comme les écrevisses. Elle ne grandit 
guère de corps, mais beaucoup des jambes ; sa vie j)eut 
aller à quatre ans. 



K'ARAIONZX VAGABOKTDE. 

L'araignée vagabonde est ainsi nommée parce qu'elle 
n'est jamais sédentaire dans son nid. Elle va chercher 
sa proie, et la chasse avec beaucoup de ruse. Cette 
araignée a deux grands yeux au milieu du front , deux 
plus petits aux extrémités, deux de la même grandeur 
sur le derrière de la têle. 

L'araignée vagabonde est un chasseur vif, alerte, 
infatigable. Sa vue s'étondant de tous côtés, elle dé- 
couvre les mourhes sans faire aucun mouvement de la 
tête, et les saisit en sautant. Ses bras, qui se termi- 
nent par un bouquet de plumes , lui servent comme de 
fils [lour embarrasser les ailes de la mouche dont elle 
suce le sani:. 



I.*ARAIGIffEE SES CAVES. 

L'araignée des caves fait son nid dans les vieux murs. 
Elle n'a que six yeux, dont deux sont placés au milieu 
du front, et deux à chaque côté de la tète. Elle a le? 
jambes courtes , le corps noir et velu ; elle est robuste 
et pince fortement. 



t64 INSBCTBS. 

£r ARAI01ff£EBIîAl>iMS OUDES JARBUffS. 

L'araignée diadème a quatre grands yeux couverts 
d'une croûte dure , polie et tr,Tnsparente. Ces quatre 
yeux sont placés en carré sur le Iront, et il y a deux 
autres yeux plus petits à chaque c6lé de la tête. 

La couleur de l'araignée diadème varie : il y en a 
de vertes , de blanches et de grises. 

L'araignée diadème nous lait ^oir une toile circu- 
laire , suspendue en l'air, fabriquée avec art. Elle 
forme d'abord plusieurs fils droits, qui, en se traver- 
sant, sont disposés en toile ; elle choisit le centre , et 
de là elle conduit toujours circulairement des fils peu 
distans les uns des autres , avec une régularité égale à 
celle du compas. Plus les cercles s'approchent du cen- 
tre , plus ils sont serrés , et plus par conséquent ils 
donnent de force à l'ouvrage. L'araignée se tient dans 
le centre de sa toile , auquel le moindre ébranlement 
reteatit, et eUe fond su,r l'inseçtç pris dans ses filets 



I.A TAREXTUI£. 

Cette espèce d'araignée ressemble à nos araignées 
domestiques, mais elle est dans toutes ses parties beau- 
coup plus forte et plus robuste. Elle a les jambes et le 
ventre tachetés de noir et de blanc ; le dos est noir; les 
yeux, couverts d'une corne humide et tendre , étin- 
cellent dans l'obscurité. 



DIPTERES 





a4» '35 338 

l.Asile frelon . i.Bom'bile . S.CoTiops . 4.Lo-usin (qrossL ) 



'49 



343 



341 



aSq 



B.Hippoboi^que du Gheva.1 , o.Mowche . ^.Lœstre . 8.Taoii 



LA TAJ»KNTUI.K. ?55 

La tarentule a été ainsi nommée de Tarentc , vilU' 
de la Pouille où eH« est eommuno. On dit que cetif 
araignée est très-venimeuse. On ajoute que ceux qui 
sont mordus ont des symptômes divers : les uns chan- 
tent, les autres rfent, les autres pleurent. Les malades 
ne sont soulagés que lorsqu'on leur joue un air de mu- 
sique qui les ïlatle ; alors ils se mettent à danser jus- 
qu'à ce qu'ils soient en nage et hors d'haleine , ce qui 
les guérit. 

La plupart des naturalistes ont démenti ces faits. Ils 
assurent qu'il n'y a que des vagabonds qui , se disant 
piqués de cet insecte , paraissent guérir par la danse 
et la musique, et attrapent quelque argent aux pas- 
sans. 

La tarentule se nourrit de mouches et de papillons. 
Elle habite dans des trous de terre et dans les fentes 
de murailles , et ourdit une toile comme l'araignée do- 
mestique. Elle se bat avec les individus de son espèce, 
et les dévore si elle est victorieuse. 

La tarentule fait jusqu'à soixante œufs à la fois. Elîe 
les tient attachés à sa poitrine jusqu'à ce qu'ils soient 
éclos ; puis elle garde ses petits sous son ventre jus- 
qu'à ce qu'ils soient devenus assez grands pour marcher 
et pour travailler. 



256 INSECTES. 

^'HTBRACHinE , 

ou 
ARAIGNÉE AQUATIQUE. 

L'araignée aquatique est un insecte en quelque sorte 
amphibie; car il vit et nage dans les eaux, et sort 
quelquefois de cet élément pour se mettre à la poursuite 
des insectes. 

On voit l'araignée aquatique nager au milieu des 
mares etdes étangs avec beaucoup d'agilité, sur le dos 
le ventre en haut, tantôt en montant, tant en descen- 
dant. Son abdomen paraît brillant et comme enduit d'un 
vernis argentin. Cela provient de la couche d'air qu'il y 
a toujours entre l'eau et le ventre de cette araignée. 
Elle s'attache quelquefois à des brins d'herbe au fond 
de l'étang, remonte à la surface, élève son ventre hors 
de l'eau, le retire vivement, et entraîne une forte bulle 
d'air dont il reste couvert ; elle descend vers ses fils, y 
laisse cette bulle d'air, retourne à la surface , et par 
plusi urs voyages successifs augmente le volume de 
sa cloche. Quand ce domicile est capable de la conte- 
nir, elle le recouvre de matière vitrée , la renforce , la 
tapisse, y entre, en sort, y apporte les insectes qu'elle 
prend pour les manger. 

Les espèces, la grandeur pt la forme de ces loge- 
mens varient. Il y en a qui ressemblent à des cloches , 
et plusieurs autres à un rognon.» Les uns sont de la 
grosseur d'une noix . d'autres sont très-petits , et ser- 
vent à une espèce presque invisible , dont on ne peut 
apercevoir que la bulle d'air. 



APTERES 




348 360 3S7 . 

iMitte . 2.My6ale . 5. Pou humain . 4. Scorpion . b.nnce 



LK SCORPION D*EUROPS. 55t 



LE SCORPION D^EUROPE. 

Le scorpion d'Europe ressemble à une pelile écre- 
visse. Il est de couleur brune. II a six yeux très-petits; 
la bouche munie de deux mâchoires ; deux bras ou te 
nailles terminés par des pinces; huit pattes four 
chues et pourvues de petits ongles crochus ; la peau 
écailleuse ; deux lames en peigne, avec dix-huit dente- 
lures, à la partie postérieure de la poitrine. Il tient 
toujours relevée sa queue longue et noueuse , armée 
d'un aiguillon. Cet aiguillon rend, quand l'animal pique, 
une gouttelette de liqueur blanchâtre , venimeuse, dont 
le réservoir est dans une vésicule placée dans le der 
nier anneau de la queue. 

Les scorpions femelles sont plus grands , plus gros , 
plus ronds et plus noirs que les mâles. 

Le scorpion est assez fécond et vivipare. Sa portée , 
qui n'est jamais moindre de vingt-six ou trente petits, 
en produit jusqu'à soixante-cinq. 

La piqûre du scorpion n'est pas mortelle ; mais elle 
cause de graves accidens. L'huile d'olive en friction, et 
surtout l'alcali volatil sont les meilleurs remèdes. 

Les scorpions se nourrissent d'insectes, d'araignées 
et de cloportes. Ils se dévorent entre eux. Cent scor- 
pions, que l'académicien Maupertuis mit ensemble, se 
mangèrent presque tous ; c'était un massacre conti- 
nuel , et en peu de jours il n'en resta que quatorze qui 
avaient détruit tous les aulref. 



nr. 17 



358 iniBCTBà. 

LES FAUCHEURS. 



Les faucheurs ressemblent anx araignées, mais sont 
bien différemment configurés. TIs ont la tête , le corse- 
let et l'ahdomen confondus ensemble ; deux antennulcs 
filiformes , simples , terminées par un onglet ; deux 
mandibules coudées , terminées en pinces ; deux yeux 
placés sur un tubercule ; huit pattes longues , menues, 
avec les tarses très-articulés. 

Les jambes des faucheurs sont minces et longues, ce 
qui leur était nécessaire pour marcher au milieu des 
herbes. L'analogie du faucheur avec le crabe , et la 
facilité avec laquelle il se défait de ses jambes pour 
sauver le reste du corps des mains de l'enfant qui le 
poursuit, a fait présumer que de nouvelles pattes lui 
repoussaient sans dou(e. 

Les faucheurs filent en automne des fils brillans qui 
couvrent les chaumes et voltigent dans les airs. 

Ces paquets de soie argentée se collent un peu au 
doigt lorsqu'on les touche. Us sont connus des paysans 
sous le nom de fils ou cheveux de la bonne vierge. 

Les faucheurs déposent leurs œufs dans la terre. Ils 
ne vivent qu'un an , et ne paraissent se nourrir que de 
la rosée des plantes. 

Le genre des faucheurs compte douze à quatorze 
espèces. Les plus communes sont les suivantes : 

Le faucheur à quatre dents. Il a le corps gris-cen- 
dré, arrondi, quelquefois jaunâtre , avec deux rangs 
de tubercules en dessous; et les cuisses épineuses. 



LES FAUCHEURS. 259 

Le faucheur aes mousses a le corps ovale , taché de 
lirun sur un fond jaune en dessus, pâle en dessous; 
une bande noirâtre sur le dos; les cuisses anguleuses. 

Le faucheur des murailles a le corps d'une couleur 
rousse plus ou moins foncée ; les pattes grisâtre?. 

/ 



2(10 INSECTES. 

ARACHNIDES ANTENNISTES 



I.E Pon> 

Cet animal , qui inspire l'éloignement et la répu- 
gnance , a cependant mérité l'attention des plus grands 
naturalistes. Il a une trompe courte , conique , percée 
d'un trou par lequel il passe un aiguillon vingt fois 
plus petit qu'un cheveu Sa tête est sans suture. Il a 
cinq articulations à ses anU^nncs, deux grillés à chaque 
pied , ei une petite peiuie entre les deux grilles pour 
mieux saisir les cheveux et s'y attacher. 

La tête du pou est allongée en a\ant et arrondie en 
arrière. La peau qui le couvre de toutes parts est dure, 
velue , transparente et tendue couime un parchemin ; 
SCS yeux sont noirs , Lriiians , non à réseau , et situés 
derrière les antennes, qui sont tllilormes Le cou pst 
lort court ; le corselet se divit;c en trois parties ; le dos 
est garni d'une espèce de Lioucliei. Soi les deux côtés 
on voit six pattes qui s'arliculeni à la partie inférieure 
du corselet; elles ont cliurune six phalanges velues , 
pointillées , à grilles , au uioveu detqueiies le pou sai- 
sit les corps d'un \olume firopori/onoé , su» lesquels il 
court assez vite. On aperçoit très-Lien, par le mo^en 
du microscope, tous les ujouvemens intérieurs de ce- 
petit insecte. Le ventre est un peu aplati, divisé en six 
parties, et terminé en dessous par une espèce de 
queue. 

Les lentes ou lendes sont les oeufs du pou. On en voit 



LE POU. 261 

journellement sur 'es cheveux des enfans, et on dîs- 
eerne plus ou moins facilement celles qui sont encore 
pleines de celles d'où l'animal est sorti. 

Le pou acquiert sa forme parfaite dans son œuf, qui 
est assez gros. On y aperçoit vers les derniers temps , 
au travers de la coque , les yeux et le battement du 
cœur. Le pou a déjà la forme quil doit conserver. Pour 
sortir de son œuf , il force te limbe ovale qui termine la 
coque du côté de la tète, et qui se lève comme une 
botte à charnière. 

Le pou change plusieurs fois de peau à mesure qu'il 
prend son accroissement. 

Si l'on examine un pou au microscope, on verra ses 
vaisseaux pulmonaires au travers de son corps. On 
remarquera que sa trompe a la propriété de se replier 
ou de rentrer comme la corne du limaçon. Si l'on pose 
le pou sur la main qu'on a un peu frottée auparavant, 
il furète çà et là ; dès qu'il a trouvé un pore , il y 
plonge sa trompe, et presque au même instant un ruis- 
seau de sang passe dans son œsophage avec une rapidité 
capable d'effrayer l'observateur. Pendant la succion , 
les crochets de la gaine de la trompe s'enfoncent et se 
cramponnent dans les parois intérieures du pore de la 
peau , de sorte que la gaine est fixe , mais la trompe 
agit librement. Il est assez difiicilo de se débarrasser dy 
pou quand il est ainsi craniponnc. 

La fécondité du pou est considérable : dès qu'il est 
éclos, il est propre à reproduire son espèce. On a 
calculé que deux pous femelles pouvaient avoir dix- 
huit mille petits dans le court espace de deux mois. 

Le pou de? cheveux diffère du pou du corps par la 
coloration de son corselet. Il ne vit que sur la tête de 
l'homme Ses lentes , engendrées la nuit dans les che- 



262 INSECTES. 

veux, pendant qu'ils sont chauds et humectés de sueur, 
périssent souveht lorsqu'elles viennent à être exposées 
à l'action d'un air froid ; mais quelquefois leur multi- 
plication est poussée à un tel point , qu'elle donne lieu 
à une maladie mortelle nommée pht/iinase. La. propreté 
est le meilleur préservatif pour s'en garantir. 

Les pous qui s'attachent aux animaux sont connus 
sous le nom de ricins, et forment un genre très-nom- 
breux. 



ZJ:S SCOLOP£NDRt:s 

Les scolopendres ont des antennes en scie, à articles 
courts et nombreux; de petits yeux simples, groupés 
de chaque côté ; la lèvre armée de deux crochets très- 
lorts, arques en pinces; le corps très-long, déprimé, 
compose d'articulations nombreuses, qui portent cha- 
cune une paire de pattes. 

Ces aniniaux sont très -vifs et courent avec une 
extrême agilité. Le type de ce genre est la scolopendre 
mordante. Elle est d'un brun foncé ; son corps est 
composé de vingt-un anneaux et autant de paires de 
pattes. Elle habite les Indes-Orientales. 

La scolopendre fourchue est commune en Europe 
sous les pierres Elle a un pouce de long; elle est dé 
couleur rousse et luisante. Elle a quinze paires de 
pattes, dont les deux dernières sont en forme de queue 
tourchue. 

La scolopendre éléchique est moins longue que la 



LES IULES. ^ S63 

précédente ; elle est de couleur fauve. Elle a soixante- 
dix anneaux et autant de paires de pattes. On la trouve 
ordinairement sous terre ; elle est phosphoriquc la nuit. 



I.ES IULES. 

Ces animalcules , désignés dans les premiers ou- 
vrages de Linné sous le nom de scolopendres , en ap- 
prochent eflectivement par leur figure allongée et le 
nombre de leurs pattes; mais ils en diffèrent parla 
forme du corps, qui est rond, cylindrique, et par les 
antennes, qui ne sont jamais composées que de cinq 
anneaux. 

Les pattes des iules sont courtes et nombreuses. Ils 
marchent moins vite que les scolopendres. 

On connaît deux espèces d'iules autour de Paris. 
L'un, noirâtre, lisse, a deux cents pattes, et l'autre, 
noirâtre, en a deux cent quarante. 

Les iules étant en repos se replient sur eux-mêmes 
comme un serpent. Si on les touche , ils se roulent en 
spirale. 

On trouve les iules dans les bois, sur les sables arides 
et sous les pierres. 



riN DU QUATRIEME ET DERNIER VOLUME 



TABLE 

DU QUATRIÈME VOLU.ME. 



INSECTES 



Pages. 

Gjlkûptkres • • • ■ ^ 

ire SECTION DES COLi.OPTÈRES 

( 47 GENRES.) — Les luca- 
nes et les'cerfs-volans . . . . ■■ 3 

Les passâtes ■ ^ 

Le scarabé liercule ■* 

Le scarabé nasicorne 5 

Le scarabe typhée 5 

Le bousier * 

Le géotmijes ' • ' 

Le letrus ccphalote 8 

Le sinodendi-on cylindrique. 8 

Les hexodons 9 

Les bannetons '' 

Les citiines *1 

Le golialh *~ 

Les Iricbies V ^3 

Les trox ■ 13 

Les escarbots ou bisters. . . . 14 

Les spbéridies 15 

Les dermestes 1 3 

Les anlhrènes lo 

Le byrrhe fascicule 17 

Les jps • 18 

Les nitidules 19 

Le bouclier 19 

Le nécropbore 20 

Le clairon 21 

Les dryops . . . . ■ • • 21 



Pages 

Les gyrliis ou tourniq^ueVs . 22 

L'bydropbile 23 

Les dytiques. 24 

Les carabes -^5 

Le carabe sycopbante 26 

Le carabe-petard,le bombar- 
dier , ou canonnier 27 

La scarite arénaire 28 

Le manticore 28 

Les cincidèles 29 

L'élaphre uligineiix 30 

Le staphylin bourdon 30 

Les ptines 31 

Les vrillettes 32 

Le ptilin pcctinicorne 33 

Le mélasis 34 

Les buprestes 34 

Les laupins • 35 

Le dnle jaunâtre...* 36 

Le lymaxile naval 37 

Les téléphores 37 

Le malachiebronzé 38 

Le inély re bleuâtre 39 

Les lampyres ou vers-luisans. 39 

Le lycus sanguin 41 

L'omalyse suturai 41 

2e SECTION DES COLÉOPTÈRES 

(22 genres). — Les méloés. 42 

La cantharide ^3 



266 TABLE DU QUATRIEME VOLUME. 

Pages 



Les mylabres de la cliicorée. 44 

Les liories et les apales 45 

Le ccrocome de Schceffer. ... 45 

La lugrie hérissée 46 

Le iiotoxe monocéros 46 

Le co^^yy)hc 47 

Lapyrochre rouge ou cardi- 
nale 48 

Les diapères 48 

Les opâtres 49 

Les lénébrions 50 

Le blaps mucronc 51 

Les pimélie.*, les sipidies et 

les scaures 52 

Lesliélops.. 53 

fescrodies 53 

La mordellc à aiguillon.... 54 

Les ripiphores Si 

Les cistèles ... 55 

3« StCTION DES COLEOPTERES 

(23 genres). — Les ph in- 
nés 56 

Les capricornes 5" 

Lescallidics 57 

La nccyd aie majeure. !':9 

Les saperdcs 59 

Les Slencores 60 

Les leptures Gl 

Les spondylides 62 

Les trogossites ou raudellcs.. 62 
La tétralome des bolets, ou 

micétopliage 63 

La cbrysomèle 63 

La galeruque 64 

Les criocères 65 

Le gribouri 65 

Les clytres 67 

Les bruches . . 68 

Les attelabes 69 

L'atlelabe tête écorchée 70 

Les brentes 71 

Le charançon 71 

Les brachyeères • 72 



Pages. 

Les bostriches , 73 

Les érotyles , 74 

La casside 74 

4e SECTION DES COLliOPTksr.â 

( un seul GENRE. ) — La coc- 
cinelle..- 76 

Les ORTHOPTERES 77 

Le forllcule aurjctilairc, ou 

perce-oreillc 78 

Les blattes 79 

Le grillun des champs 80 

Le grillon domcsticiue 81 

Le taupe-grillon ou courti- 

lièie 82 

Les s.Tuterelles 8.4 

Les achètes 87 

Le criquet 88 

Les trunales 89 

les manies 89 

Les plia.'-mes et les spectres.. 91 

LrS NKVROPTÉRr.S ........ . 92 

Les U* ellules ou demoii elles 93 

La lilielhile grande 95 

La libellule bronzée 95 

La libellule vierge 96 

La libellule anélie 96 

Les ibcrmès ou thenailcs ... 97 

Les p loques 101 

Les perles 102 

La perle brune 102 

La rafidlce .. 103 

Les niyrméléons 104 

i es a^calaph^s.. . 107 

La patior|)e commune l07 

I e- hémérohcs 108 

LMiémétobc aquatique 110 

L"!iLiiiérobe perle 111 

La friganc. . . . • 112 

Les éphémères 113 

Les HTMÉNnPTÉRES 114 

Les tenthrèdes 116 

la clavellaire ' HT 

L'urocère géant. <•••.•.!..• IIS 



tABLB DU QUATRIEME TOLUMB 
Pages 



287 



L'orjsse unicolore 118 

Les iclineumons 119 

Le chalcis nain . ... 120 

les cinips 1 20 

Le cinips (les moucLe:< 121 

Le cinips du bédcgar 122 

Le cinips du lierre terrestre. 123 
Les cinips du cliêne. . ..... 123 

Le cinips du figuier 124 

Les leucopsis 12.'i 

L'év.nnie appendigastrc 120 

Les fourniis communes .... 127 

Les fourmis étrangères 130 

Le mutille européen. 132 

La tipliie à grosses cuisses.. 133 

Les scolies ou scoliètes 133 

Le spliex des sables 134 

Les cbrysis i34 

Le crabron crible • . . . . 1 35 

I>e cimbex jaune 136 

Le cimbex du saule 137 

TjSS guêpes 138 

La guêpe commune ou do- 
mestique 139 

La guêpe de Cayenne 143 

La guêpe aérienne. 144 

Le frelon 144 

Les euccres 145 

Les abeilles domestiques. .. . 146 

L'abeille bourdon 153 

Les bomijèces 155 

Les an J rênes 156 

L'anJrène perce-bois 156 

L'an il rêne tbarpentièie..... 157 

I/andrène maçonne 158 

L'andrène mineuse 160 

L'andrène coupeuse 161 

L'andrène tapissièie 161 

Les nomades 163 

Les lépidoptères et leurs cbe- 

nilles 164 

Les papillons 167 

Papillon priai» 169 



Pages. 

Papillon leitus 169. 

Le papillon du fenouil i69: 

L'apollon 170 

liC papillon aurore 171 

Le papillon tristan 171 

Le paon du jour. 172 

Le marse 1 72 

Le morio 173 

LMiypsipile 174 

Le petit nacré 114 

Le cupidon 174 

Porle-queuc bleu strié 175 

f.es hfspe'ries. 175 

Lf^f sphinx 176 

I^e sphinx à tête de mort.. . . 177 

Le !.phinx du troène 178 

Lessésies 178 

Les zygènes 179 

Le:< boiiibices 180 

Le bombice grand paon 180 

Le paquet de feuilles mortes. 181 
Le burabicc queue fourcbue. l8l 
Le bombice processionnaire. 182 

Le ver-à-ïoie 183 

Le bombice à livrée 184 

Le bombice cossus 184 

Le boij^ice disparate 185 

I-e bombice chrysorrhée ... . (86 

I.e bombice étoile 186 

L'iiépliiuie rlu boublon 186 

Les noitiielles l87 

Les phalènes et les chenilles 

arpentetiscs 188 

La ph;ilène du stratiote 189 

Les prrales 191 

Les pyrales des pommes. ... 191 

La pyrale béraclianc 192 

La pyrale de la résine 193 

La pyrale cynosbane 193 

Les aluciles. 194 

L'alucile des grains... 194 

L'alucite des céréales 195 

L'alucite de la Julieane. . . I0<î 



968 



•TABLE DU QUATRIEME VOLUME. 



Pages 

L^ftlucite de Degeer 197 

L'alucite de Réaumur 198 

l>es teignes 198 

La teigne fripière 200 

La teigne des pelleteries ... .. 201 

La teigne de la cire , 201 

La tei gne du miel 203 

La teigne du fu^^ain. ■ 203 

La teigne des tapisseries. .. 204 

La teigne mérianelle 20.") 

La reigue de roi 206 

iej ple'rophores 207 

Le ptérophore en éventail .. 20-^ 

Hémiptères 208 

Les fulgores 209 

Les cigales 211 

F^es membraces 214 

Les tetlif^ones ou cicalelles . 215 
La tettigone à taches rouges. 216 
La tettigone spuinaire ou à 

écnnne 217 

Le pentatome du groseillier. 218 

La punaise domestique 218 

..^3 punaise des jardins 220 

L'hydromètre ou aiguille.. . . 221 

La nèpe cendrée 222 

La notonecte jB. 222 

La naucore punaise d'can... 223 

Les thrips 224 

Les psrUes 225 

La psylle du figuier 226 

La psylle du buis 226 

La psylle du sapin 227 

La psylle des pierres 227 

La cochenille 228 

Les pucerons 229 



Pages. 

Le puceron de l'orme 231 

Le puceron du hêtre 232 

Le puceron du peuplier 233 

Le puceron du laiteron 233 

Le puceron du tilleul 233 

Le puceron des écorces 234 

Dij-TÈREs. — Les bibions. . • . 235 

Les cousins 236 

Les moustiques 238 

Le taon 239 

L'hippobosque ducTieval. . . . 240 

L'œstre du mouton 241 

L'œ<tre des intestins de che- 
val • 242 

T>a mouche domestique 243 

La mouche de la viande 244 

La mouche des trufies 245 

Aptères. — Les puces 246 

La chique 247 

Aricbnidks palpi>tes. — La 

mygale maçonne 248 

Les araignées 249 

L'araignée domestique 252 

L'araignée vagabonde 253 

L'araignée des caves ........ 253 

L'araignée diadème ou des 

jardins 234 

La tarentule 254 

L"hydrachne , ou araignée 

aquatique 256 

Le scorpion d'Europe 257 

Les faiiclieurs 258 

Aracnides antennistes. —-Le 

pou 260 

Les solopendres 2(32 

Les iules 263 



Paris. — Imp. de P.-A. Bouudier et Cie, 30, rue Mazarine.