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Full text of "Plainte de la Vierge en vieux vénitien: texte critique précédé d'une introduction linguistique ..."

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PLAINTE DE LA VIERGE 



EN VIEUX VENITIEN 



TEXTE CRITIQUE 



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PRECEDE D'UNE INTRODUCTION LINGUISTIQUE ET LITTERAIRE 



PAR 



ALFRED LINDER 



Upsala Universitets Àrsskrift 1898. 
Filosofi, Sprâkvetenskap och Historiska vclenskaper. I. 



UPSALA 

IMPRIMERIE EDV. BERLING 

1898. 



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TABLE DES MATIERES. 



Avant-Propos 1. 

Bibliographie des ouvrages consultés, désignés en abrégé . 5. 

Introduction I. 

I.— Liste des éditions et des manuscrits IV. 

Classement IX. 

Gomment le texte a été établi XXII. 

Abréviations dites notes tironiennes XXXIV. 

II. -Versification XXXIX. 

A. Syllabes XXXIX. 

B. Rimes XLIII. 

III.— Langue XLVI. 

A. Sons XLVI. 

1. Voyelles toniques XLVL. 

2. Voyelles atones LV. 

3. Consonnes LXVII. 

B. Formes XCII. 

1. Suffixes et préfixes XCIL 

2. Déclinaison XCVI. 

3. Conjugaison CXV. 

4. Particules CXXIX. 

5. Interjections CXXXII. 

C. Fonctions CXXXIII. 

D. Glossaire CXLI. 

Dialecte de l'auteur et ceux des copistes CXLVI. 

IV.-Sonrces CXLIX. 

Analyse du poème CXLIX. 

L'idée fondamentale des plaintes . CLI. 

Type lyrique CLV. 

Culte de la Vierge CLX. 

Type épique CLXIII. 

Traité saint Bernhard CLXV. 

Type dramatique CXG. 

Rapports du poème avec ses sources GXGIX. 

V.— Age et Antenr CCVI. 

A. Age CCVL 

B. Auteur CCX. 



VI.-Style et Valeur littéraire GGXX. 

Améliorations GGXXI. 

Gontradiclions GGXXII. 

Garactères des protagonistes . . GGXXII. 

Monotonie CCXXW. 

Essais en vue d'y remédier GGXXIX. 

Unité matérielle GGXXXII. 

Originalité GGXXXIV. 

Profondeur GGXXXIV. 

Histoire externe GGXXXVIII. 

Gomparaisons GGXXXIX. 

Gonclusion GGXLII. 

Plainte de la Vierge, texte critique 1. 

I. Prologo (vv. 1—56) 1. 

II. El Planto de la Verzene Maria, Gapitulo primo (vv. 57—169) .... 4. 

III. » » Gapitulo segondo (vv. 170-300) . . 14. 

IV. » » Gapitulo tercio (vv. 301-431) ... 22. 
V. * » Gapitulo quarto (vv. 432—577). . . 30. 

VI. » » Gapitulo quinto (vv. 578—732) ... 38. 

VII. » ■■ » Gapitulo sexto (vv. 733-884) ... 47. 

VIII. » » Gapitulo septimo (vv. 885 — 1036) . 57. 

IX. » » Gapitulo octavo (vv. 1037-1197) . 67. 

X. )> » Gapitulo nono (vv. 1198—1391) . . 77. 

XI. Epilogo (vv. 1392-1513) . 91. 



Avant-Propos. 

L'étude suivante a été originairement écrite en 1887 et paraît 
maintenant, un peu remaniée, après un intervalle de dix ans qui 
n'a assurément rien ajouté à son utilité. 

L'idée de rééditer le présent poème revient à feu H. v. Feilitzen. 
Il copia à cet efifet le manuscrit de Stockholm, et lors de sa mort 
prématurée en 1887, il avait comparé la première moitié de sa 
copie avec les parties correspondantes du manuscrit Gasanatense 
et de l'édition première. 

Il m'eût été bien cher de pouvoir deviner son projet et de l'exé- 
cuter même approximativement. Malheureusement, c'était impossible. 
Mon travail a consisté à collationner ses copies et à en étendre la 
comparaison autant qu'il m'a été possible à d'autres manuscrits et 
à d'autres éditions, à établir le texte et à en écrire l'introduction. 
Il me faut donc assumer la responsabilité, en totalité et en partie, 
des pages qui suivent. 

En abordant le sujet, je ne trouvai rien d'écrit là-dessus; les 
matériaux durent être recueillis de part et d'autre. Puis le travail 
parut bien inutile. Le poème avait déjà vu cinq éditions et n'offrait 
guère rien de bien notable comme langue, comme fond, ni même 
comme style. Seulement il me fournit le sujet pour ma thèse de 
licencié, commencement de mars 1889. J'y travaillais encore à mes 
heures perdues, quand parut l'ouvrage de M. Mushacke sur la Plainte 
provençale en 1890. Il m'avait en partie devancé en en indiquant 
le prototype. D'autres occupations en détournèrent mes pensées 

LinJer: Plainte de la Vierge. 1 



2 A. Linder. 

pour quelques années. J'avais conçu le plan de traiter spécialement 
la question littéraire et la question mythologique. Aussi la partie 
littéraire de Tintroduction fut-elle écrite pour former une thèse 
spéciale, et peut-être qu'elle en porte encore les traces; l'autre 
projet fut jugé peu pratique et abandonné, mais je croyais toujours 
ces recherches-ci propres à servir de commentaire à une édition 
du poème. Sur ces entrefaites, en 1893, vint l'ouvrage de M. 
Wechssler sur les Plaintes romanes. Il faut avouer que dès lors 
je me suis fort vite dégoûté du Pianto, jugeant superflu de retracer 
ce sujet au point de vue littéraire. Mais c'est parfois en vain qu'on 
laisse inachevé un ouvrage commencé. Le poème n'avait-il pas été 
chéri de H. v. Feilitzen, n'ofifrait-il pas un intérêt au moins histo- 
rique? Tandis que tant d'autres plaintes de la Vierge tombaient 
dans l'oubli, seul le Pianto avait conservé sa popularité. Regardé 
comme le Pianto par excellence, le plus accompli qu'eussent produit 
les temps, il en jouissait toujours. Cependant, malgré les cinq édi- 
tions connues et quoi qu'il en eût été écrit ces dernières années, 
l'on ne savait rien sur son auteur, ni sur son âge; nulle édition 
critique n'en avait paru, nul examen de sa langue n'avait été fait, 
et jusqu'à ce jour on n'avait point demandé de quel droit il jouis- 
sait de c'ette popularité inouïe et éternelle. Certes, il y avait là une 
lacune à combler. Il fallait donc en faire une édition critique en 
y subordonnant les traités historique et mythologique résumés dans 
l'espace de quelques pages. Des circonstances dont je n'ai pas été 
le maître m'ont détourné de ce plan à plusieurs reprises. J'ai tant 
de fois été sur le point de publier cet ouvrage tel quel et tant de 
fois je m'en suis désisté sans pouvoir le refaire, et je suis si peu 
sûr de pouvoir le reprendre qu'il vaut peut-être mieux le publier 
plus tôt que plus tard à l'usage de qui voudra poursuivre les ques- 
tions qui y sont abordées, en citant pour toute excuse le grand 
Traducteur anglais: »Geôenc, hwelc wîtu ûs ôâ becômon for disse 
worulde, ôâ ôâ wê hit nôhwaeôer ne selfe lufodon ne êac ôôrum 
monnum ne lêfdon». Car, enfin, c'est le dernier pas qui coûte. 

Voilà comment mon étude s'est faite en subissant des retards 
assez considérables. Comme composition et exécution elle présen- 



Plainte de la Vierge. 3 

tara dès lors tous les défauts et toutes les fautes qui proviennent 
d'une telle vacillation et de cette manière de travailler à la fois 
excessivement lente et trop empressée. Je ne saurais dire que les 
extraits de mes notes publiés ici soient ordonnés comme je le 
voudrais ni heureusement condensés. Et pourtant c'est dans cette 
condensation et dans cette mise en ordre qu'a consisté le plus fort 
de ma besogne. Je n'ai pas non plus la prétention de présenter 
un texte définitif, pas même d'avoir décidé à tout jamais la ques- 
tion d'auteur; mais je crois avoir introduit un peu d'ordre dans le 
chaos des variantes et avoir remis le texte à sa place historique. 

Telle qu'elle est, je peux bien dire que cette étude est due à 
mes maîtres. Je me fais donc un devoir très cher d'exprimer ici 
ma profonde gratitude à mes professeurs de langues romanes, MM. 
P. A. Geijer et G. Wahlund, qui de fait et de conseil m'ont aidé 
dans ma tâche et qui par leurs exhortations bienveillantes ont 
relevé mon courage. La bibliothèque du premier m'a toujours 
été ouverte, à ce dernier je dois les copies mentionnées et quel- 
ques notes les concernant de H. v. Feilitzen, à tous les deux une 
demi-bourse obtenue en 1889 et qui m'a facilité le séjour né- 
cessaire en pays étranger pour étudier quelques manuscrits et édi- 
tions. Il n'y a personne à qui mon étude doive autant qu'à eux. 
Qu'ils daignent accepter l'expression de mes plus vifs remerciements. 

L'usage de la langue française m'a été imposé par des raisons 
pratiques. M. Gaston Lévy-UUman qui, avec une obHgeance à 
toute épreuve, a bien voulu revoir mon Introduction et en élaguer 
les archaïsmes et les néologismes, me permettra de lui exprimer 
ici mes sentiments de vive reconnaissance. 

Il va de soi que je dois beaucoup à la complaisance de MM 
les BibUothécaires en Suède et à l'étranger, et je tiens à les en 
remercier. M. Gamillo Soranzo, de la Marciana à Venise, a droit, 
entre tous, à une mention particulière pour l'aide obligeante qu'il 
a bien voulu me prêter. Si, pour parler le langage du moyen âge, 
l'entrée à ces trésors livresques m'avait été fermée, je n'aurais pas 
produit de mon similor. Or, si le châssis est sans goût, comme 
peut bien l'être parfois le nouveau, le joyau que je leur ai emprunté 



4 A. Linder. 

reste ce qu'il est et ne perd rien de sa valeur à être examiné un 
peu: il n'en ressortira que mieux. 

Si toutefois mon étude renferme quelque chose d'utile que 
j'aie le droit de regarder comme mien, j'aimerais à le dédier aux 
Mânes de celui qui, le premier en Suède, a voulu publier ce poème, 
qui a tant médité ou ébauché d'ouvrages en langues romanes sans 
pouvoir les voir achevés et dont, pour cause, je n'ai osé inscrire 
le nom sur ma première page: In memorian H, v. Feilitxen. 

^Ifr. Tîinder. 
Upsala, mai 1897, 



Bibliographie des ouvrages, cités en abrégé. 

A. G. - Archivio glottologico italiano. 

A. L. L. = Archiv fur lateinische Lexikographie. 

Ant. = W. Smith and S. Gheetham, A Dictionary of Ghristian 

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A. St., Arch. Stor. = Archivio storico per Trieste, Tlstria e il Trentino. 
Altd. = M. Haupt und H. Hoffmann, Altdeutsche Blâtter. Leipzig. 

1836-1840. 
Barnd. = Jesu Ghristi Barndomsbok. Falun. 1822. 

Biad. = Biadene, La Passione et Risurrezione, Studj di fil. rom., L 

Bini = T. Bini, Rime e prose del buon secolo délia lingua. Lucca. 

1852. 
Bo, Boerio = G. Boerio, Dizionario del dialetto veneziano. Venezia. 1867. 
Bocc. = Gerolamo Boccardo, Nuova enciclopedia italiana. Torino. 

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Bof. = D. Prôspero de Bofarull y Mascarô, Goleccion de documentes 

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1875. 
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des Dionysius Gato. Berlin. 1883. 
Gop. = W. A. Gopinger, Supplément to Hain's Repertorium, L Lon- 

don. 1895. 
Grescimbeni = J. M. Grescimbeni, Dell' istoria délia volgar poesia. Venezia. 

1730. 
Dan. = H. A. Daniel, Thésaurus Hymnologicus, I — V. Halis et Lipsiae. 

1841-56. 
Dan. God. = H. A. Daniel, Godex Lithurgicus, L Lipsiae. 1847. 



6 



A. Linder. 



Diez 

Diez, E. W. 

Dietr. 

Donati 

Duc. 
Eli. 

Engl. Stud. 
Fest. 

Forh. 
Forn. 
Germ. 
G. F. R. 
G. Gr. 

Gir. Pat. 
G. Stor. 
Hain 
Herz. 

Hirsch 

Holtr. 

Id. 

Jan. 

Jahrb. 
Journ. 
Kath. 
Klg 

Leg. aur. 
L. G. 

L. H. 

Mart. Pol. 

Mich. 

M.-L. 



= F. Diez, Grammatik der romanischen Sprachen. 

= F. Diez, Etymologisches Wôrterbuch der romanischen Sprachen. 

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= L. Donati, Fonetica, Morfologia e Lessico délia Raccolta d'esempj 

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= D. Ducange, Glossarium mediae latinitatis. Paris 1840—57. 
= A. EUisen, Analecten der mittel- und neugriechischen Litera- 

tur. Leipzig. 1855. 
= Englische Studien. 
= G. Pomp. Festus, De significatione verborum, éd. G. 0. 

Muelleri. Gôttingen. 1839. 
= Forhandlinger i Videnskabs-Sellskabet i Christiania. 1882. 
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= Germania. 

= Giornale di filologia romanza. 
= G. Grœber, Grundriss der romanischen Philologie. Strass- 

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= A. Tobler, Das Spruchgedicht des Girard Pateg. Berlin. 1886. 
= Giornale storico délia letteratura italiana. 
= L. Hain, Repertorium bibliographicum. Tiibingen. 1826. 
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= L. Hirsch. Der Dialekt von Siena. Bonn. 1885. 
= J. G. Holtrop, Gatalogus. Hagœ Gomitum. 1856. 
= G. L. Ideler, Handbuch der mathematischen und technischen 

Chronologie. Berlin. 1825 — 26. 
= F. Janet, Poesias Gastellanas anteriores al siglo XV. Madrid. 

1864. 
= Jahrbucli fur romanisclie und englische Literatur. 
= Journal des Savants. 

= A. Mussafia, Zur Katharinenlegende. Wien. 1885. 
= G. E. Klemming, Svenska fornskriftsâllskapets samlingar. 
= J. de Voragine, Legenda aurea. Nùrnberg. 1478. 
= B. Wiese, Poésie édite ed inédite di L. Giustiniano. Bologna. 

1883. 
= F. J. Mone, Lateinische Hymnen des Mittelalters, I — IIL 

Freiburg. 1853 — 55. 
= J. Herold, Martinus Polonus, Chronica. Basel. 1559. 
= CaroHna Michaelis, Fiori délia poesia italiana. Leipzig. 1871. 
= W. Meyer-Liibke, Italienische Grammatik. Leipzig. 1890. 



Plainte de la Vierge. 7 

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Mors. = B. Morsolin, Frammento del Lamentum Virginis. Venezia. 1 890. 

Mors. Aut. = B. Morsolin, I presunti autori del Lamentum Virginis. Venezia. 

1890. 
Mush. = W. Mushacke, Altprovenzalische Marienklage. Halle. 1890. 

Muss. = G. Mussini, Venetismi. Reggio-Emilia. 1889. 

Nesti = Volgarizzamento degli atti degli apostoli e altri opuscoli. 

Firenze. 1837. 
Nicod. = L'Evangile de Nicodème, Société des anciens textes. Paris. 

1885. 
Orig. = N. Gaix, Le origini délia lingua poetica italiana. Firenze. 1880. 

P. Ven. = Raccolta di Poésie in dialetto veneziano. Venezia. 1845. 
Par. = E. Pariselle, Ueber die Sprachformen der âltesten sicilia- 

nisclien Ghroniken. Halle. 1883. 
Pasqual. = G. Pasqualigo, Raccolta di proverbj veneti. Treviso. 1882. 
Patr. lat. = J. P. Migne, Patrologiae latinae cursus completus. Paris. 
Petr. = P. Petroechi, Dizionario universale délia letteratura italiana, 

I-IL Milano. 1884-91. 
Pgd = J. F. Peringskiôld, Fragmentum runico-papisticum seu soli- 

loquium Deiparae virginis. Stockholm. 1721. 
Phys(iologus) = Physiologus creaturarum. (Patr. grœcae XLIII.) 
Pip. = F. Piper, Mythologie der christlischen Kunst, I — II. Weimar. 

1847-51. 
Prop. = Il Propugnatore. 

Reg. San. = A. Mussafia, Ein altneapolitanisches Regimen sanitatis. 

W^ien. 1884. 
Rom. = Romania. 

Riv. = Rivista di filologia romanza. 

R. St. = Romanische Studien. 

Sab. = P. Sabatier, Vie de s. François d'Assise. Paris. 1896. 

Sacr. = A. D'Ancona, Sacre Rappresentazioni dei secoli XIV, XV e 

XVI. Firenze. 1872. 
Salv. = G. Salvioni, Lamentazione metrica in antico dialetto piede- 

montano. Torino. 1886. 
Sanch. = P. Sanchez, Poesias castellanas. Paris. 1842. Gf. Jan. 

Schônb. = Schônbach, Die Marienklagen. Leipzig. 1874. 
Ser. = A. Serena, Fra Enselmino da Montebelluna. Treviso. 1891. 

S. sk. = P. Wieselgren, Sveriges skôna litteratur, I — II. Lund. 1833 

—35. 
Stud, = Studj di filologia romanza. 



8 A. Linder. 

Sv. K. = P. Wieselgren, Svenska Kyrkans skôna litteratur. Gôteb. 1866. 

Sus. = D. Henrici Susonis opéra. Goloniae Agrippinae. 1588. 

T. = A. D'Ancona, Orgini del teatro italiano, I— IL Torino. 1891. 

Tdf. = K. Tischendorf, Evangelia apocrypha. Leipzig. 1853. 

Tdf. Ap. = K. Tischendorf, Apocalypses apocryphœ. Leipzig. 1866. 

Tir. = J. Tirabosclii, Storia délia letteratura italiana. Napoli. 1781. 

Uguç. = A. Tobler, Das Buch des Uguçon da Laodho. Berlio. 1884. 

W. =^ E. Wechssler, Die romanischen Marienklagen. Halle. 1893. 

De Wailly = J. N. de Wailly, Eléments de Paléographie, I— IL Paris. 1838. 

Weil = G. Weil, Biblische Legenden der Muselmânner. Frankfurt 

a/M. 1845. 

Zambr. = F. Zambrini, Le opère volgari a stampa dei secoli XIII e 

XIV. Bologna. 1878—84. 

Z. R. Ph. = Zeitschrift fur romanische Philologie. 

Les titres des autres ouvrages cités sont donnés en toutes lettres, 
excepté la Bible et les œuvres de Dante, de Pétrarque et de Boccace. pour 
lesquelles les abréviations employées s'expliquent d'elles-mêmes, aussi bien 
que les renvois aux sources manuscrites. 



Introduction. 



Tout le monde connaît des tableaux et des sculptures représen- 
tant le Crucifiement. Au pied de la croix on y voit souvent figu- 
rer un petit groupe accessoire de témoins qui, par leurs mines et 
leurs gestes, doivent suggérer au public les sentiments à Fexpression 
desquels l'artiste a visé. Ce groupe se compose le plus souvent 
de la mère de Jésus-Christ et de saint Jean (cf. Jean XIX, 25) 
ou bien de ces derniers et de la Madeleine. 

Ce n'est qu'à une époque relativement avancée que la piété, 
soit crainte d^une profanation outrageante, soit crainte d'une idolâ- 
trie superstitieuse, a osé se donner le spectacle de telles scènes: 
dans rOccident, à partir du VI® siècle (Journ. 1849, p. 25); plus 
d'un siècle plus tard, en 692, l'Eglise d'Orient, au concile »trullain» 
de Constantinople, réputé œcuménique en Orient, a consacré l'usage 
des sculptures de préférence aux tableaux. Ce dernier décret, dû 
peut-être à l'instigation d'une iconolâtrie toujours renaissante, n'im- 
plique guère, quoi que l'on en ait dit (cf. Ant I, pp. 512, 516), 
que la sanction d'un usage privé, et après bien des vicissitudes, eu 
787, cette Eglise, au concile de Nicée, a fini par préférer les images 
à la réalité. Sur le territoire littéraire, moins démocratique et 
plus indépendant (cf. Exod. XX, 4), le zèle ardent dépeignait de- 
puis longtemps, en paroles, à l'usage d'une foi peu ferme, ce qu'il 
croyait avoir reçu à ses heures d'extase sublime aux pieds du Cru- 
cifié. Ainsi, l'on parvint, sans trop de scrupules, à faire des amis 
de Jésus un groupe de témoins oculaires (cf. Jean XIX, 35) dont 
le public n'écoutait que trop avidement les rapports. Pourvu que 
le moyen âge sût les sentiments et les paroles de ces témoins, peu 
lui importait d'où vinssent leurs témoignages. Quelles étaient donc 
ces paroles? C'est ce qui ressort des complaintes mises sur les 
lèvres de l'un ou de plusieurs d'entre ces témoins. Ces plaintes 
s'appellent du nom du personnage principal introduit en témoin, 
plaintes de la Madeleine, plaintes de saint Jean, plaintes de la 
sainte Vierge. 



Il A. Linder. 

Définition. Par conséquent, on entend par plainte de la Vierge (planctus 

Marise), comme l'indique déjà le nom, une plainte mise dans la 
bouche de Marie sur la passion et la mort du Christ, partant une 
sorte de pendant ou de contraste avec les panégyriques sur la 
Nativité. Parfois aussi, dans un sens moins propre, on a appelé 
du même nom tout ouvrage qui a pour objet de dépeindre la dou- 
leur et la tristesse de la mère à voir son jeune fils fait prisonnier, 
maltraité et mis à mort comme un criminel. C'est dans ce sens 
que l'on appelle parfois plainte la prose du Stabat mater, attribuée 
à Jacopone da Todi (mort en 1306). Nous ne prendrons le terme 
par la suite que dans son sens propre. 
Temps. Les Plaintes de Marie sont très nombreuses. Si la chrétienté, 

dans ses commencements, n'a rien à dire de sa plainte et, à tout 
prendre, ne semble pas savoir grand'chose sur son compte, on pour- 
rait sans doute attribuer cette réticence à une vénération timide 
ou à une conviction d'impuissance à trouver pour sa douleur des 
expressions dignes d^elle, de même qu'un artiste grec avait peint, 
dît-on, Clytemnestre voilée dans son tableau représentant Iphigénie 
immolée au port d'Aulide. Mais il est d'une plus grande probabilité 
encore que dans ces temps-là Marie n'offrait qu'un intérêt assez 
faible. C'est, en effet, que l'on ne voit pas plus tôt s'inaugurer le 
culte de Marie qu'au même siècle, le 1V% on trouve aussi de ses 
plaintes, et, comme on devait s'y attendre, la plupart dérivent de 
l'époque de ce culte proprement dit, nous voulons dire le XII® 
siècle (cf. W., p. 10). 

Culte de la H semble fort naturel que la conception même du caractère 

Vierge. ^q j^ Vierge ait exercé, avec une sorte de nécessité, quelque 
influence sur les fictions relatives à ses actes et à ses paroles lors 
de la passion de son fils, et inversement. Aussi peut-on, dans ses 
plaintes, tracer les étapes du développement de son culte, et vienne 
le jour où ces deux histoires seront nettement éclaircies, elles se 
trouveront, pour tous les points essentiels, n'en constituer qu'une 
seule et même. 
Formes. Les Plaintes de Marie ont revêtu toutes les formes. Il y en 

a de lyriques, d'épiques, et de dramatiques. Ce n^est pas à dire que 
toute plainte de la Vierge, pour avoir pris une de ces formes, soit 
facile à faire rentrer dans l'une de ces classes. 

Le moyen âge avait notoirement à un degré très faible le 
sentiment de ce qui s^appelle objectif, auquel il n'aspirait guère, 
et qu'il ne savait estimer que trop peu. Les théories et les mo- 



Plainte de la Vierge. III 

dèles des anciens qu'on se sera contenté d'admirer, sur parole, 
étaient à peu près inconnus ou connus seulement de nom; pour le 
style, l'influence en aura été presque nulle. C'est pourquoi les poé- 
sies de ce temps, notamment les poésies religieuses faites à l'usage 
du gros public, sont plus difficiles à bien classer, et les Plaintes de 
la Vierge, plus que toutes autres, ne se prêtent qu'avec difficulté 
à cette classification. C'est là un fait d'autant moins étrange qu'une 
plainte mise sur les lèvres d'une personne plus ou moins fictive 
peut très bien renfermer des éléments de tout genre de poésie 
(cf. la Plainte de Cassandre). Aussi y a-t-il bien peu de ces 
plaintes qui puissent être regardées comme libres d'éléments didacti- 
ques. Dans la plupart, la Vierge, figurant comme porte-parole de 
la sagesse initiée, doit s'étonner de l'aveuglement et de l'obstina- 
tion des Juifs, ou, comme personnage représentatif de la foi in- 
faillible, exhaler sa colère contre les apostats et sa haine pour les 
traîtres; très souvent encore elle doit adresser au public des dis- 
cours pleins d'admonitions et d'exhortations. Dans toutes ces plain- 
tes, même les épiques, les traits narratifs, et pour des raisons 
faciles à entrevoir, sont rarement neufs ou tant soit peu variés. 
Dans la plupart, surtout dans les épiques, la Vierge est représentée 
discutant des doctrines métaphysiques et des dogmes. Dans les 
dramatiques, elle s'adresse, parfois au milieu d'une réplique, à ces 
interlocuteurs et même aux spectateurs pour les inviter à partager 
sa plainte (sorte de parabase ennoblie); il en est parfois de même 
des lyriques (en forme de séquence ou prose). Toutes, elles sont 
soutenues par un pathos fort lyrique, et dans toutes les traits 
dramatiques sont en grand nombre. Plus d'une d'entre elles, avec 
bien peu d'altérations, a revêtu mainte forme, et il en est telle qui 
pourrait être rangée également bien dans une classe quelconque ou 
ne figurer dans aucune. La classification en lyriques, épiques et 
dramatiques, d'après leur fond et leur caractère principaux, quoique 
en théorie moins satisfaisante, nous semble encore la préférable. 

A la classe épique, quoique en majeure partie sous la forme Oidre. 
d'un monologue lyrique, appartient le poème italien qui nous occu- 
pera par la suite. 11 offre un intérêt particulier par la diffusion 
et par la vogue inouïe dont il a été l'objet malgré le défaut visible 
d'originalité, par son tornello distique et par sa langue un peu 
artificielle. Après un récit sommaire de sa diffusion, nous essaye- 
rons d'abord, à l'aide des documents que nous avons eus sous les 
yeux, d'en établir le texte, puis, après avoir brièvement examiné 



IV A. Linder. 

la versification et donné l'aperçu rapide de la langue, celle des 
copistes comme celle de Fauteur, nous en démêlerons un peu les 
rapports avec les plaintes antérieures et d'autres sources, ensuite 
nous chercherons à déterminer Tépoque et l'auteur auxquels nous 
le devons, et enfin, avant d'en présenter le texte, nous signalerons 
quelques points de vue propres à en faire apprécier le style et la 
valeur littéraire. 

I. Liste des éditions et des manuscrits. Classement. 

Etablissement du texte. 

El Pianto — c'est par ce nom que nous appellerons, dans la 
suite et pour abréger, notre poème — est une plainte italienne en 
tercets de la Vierge. Ce poème nous a été conservé dans nombre 
de manuscrits, mais sous des titres différents, comme El Pianto de 
la Verzene, Pianto devotîssimo, Piuro de la santissima Dona nostra 
Madona, Uno Lamento di Nostra Dona, Lamentatio Virginis, Plo- 
ratus Virginis, etc., et il n'a pas manqué d'être imprimé plusieurs 
fois et même de nos jours. 
Editions, En voici les éditions connues: 

I Rome, Bibl. délia Accademia dei Lincei, ci-devant B. Cor- 
sinî, antérieurement B. de Christine, ex-reine de Suède, 51. E. 24, 
s. 1. n. d. Vedette manque; à la fin de la plainte proprement dite: 
Explicit virginis béate lamentatio et intacte vulgariter compilata 
cum ritimis prolata ore fratris Enselmini de trevisio ordinis fratrum 
heremitarum sancti Augustini. — Incipit oratio sive gratiarum actio 
supradicti compillatoris ; à la fin: Finisse il divotissimo pianto de 
la gloriosa vergine Maria cum summa diligentia impresso, v. G. 
F. R. II, p. 86. H. V. Feilitzen en avait collationné les chans. 
I-VII, 36 sur le ms. 25; 

II Paris, B. Nat, 1771; sur un chiffon collé au dos: Venetia 
1481. Vedette manque; à la fin de la plainte: même didascalie 
que dans I: Explicit. . compillata cum ritmis . .; à la fin du poème: 
Finisce il devotissimo pianto de la gloriosa virgine Maria cum 
summa diligentia impressa per maestro Luca nenitiano (type init. 
renversé) in venetia a di XVII marzo MCCCCLXXXI; v. Zambr., 
col. 386; 

III Parme, B. Reale; imprimé à Venise en 1505; cette édition 
nomme comme auteur Leouardo Justiniano, v. Bini, p. VI; Zambr., 
col. 386; nous n'avons pu consulter cette édition; 



Plainte de la Vierge. V 

IV Venise, B Marc; s. 1. n. d.; Zambrini, col. 386, donne 
l'an 1552, col. 719, l'an 1556, peut-être deux éditions, peut-être la 
date a-t-elle été déterminée d'après la dédicace. C'est assez dire 
qu'aux environs de 1552, Marco Bandariui eut le courage de faire 
sienne cette plainte, en la publiant un peu remaniée sous le titre 
de »Opera spirituale non piu posta in Ince, composta per Marco 
Bandarini». Vient d^abord une dédicace à la marquise de Mont- 
ferrat Margarita Paleologa, duchesse de Mantoue (elle fut duchesse 
en 1550, v. Bocc, M. Paleologa), puis, au lieu de l'Introduction (I), 
un sonnet adressé au Sauveur, ensuite »La Passione di Giesù reci- 
tata da Maria Vergine» en dix chansons, où le »compositeur» a fait 
entrer presque littéralement les chans. II — X de notre poème; enfin 
un panégyrique très bref de la Vierge, Zambrini, col. 719, a le 
premier démasqué le plagiaire; cependant M. B. MorsoHn, Mors. 
Aut., p. 6, semble vouloir le réhabiliter dans l'opinion publique; 

V Lucques. 1852. ï. Bini l'a édité d'après les mss. 1, 3—6 
dans son ouvrage >Rime e prose del buon secolo délia linguat, p. 
3 — 21. Bini ne sut qu'au moment de l'éditer qu'il avait déjà été 
imprimé et il semble qu'il n'en ait connu que la troisième édition. 
La langue de l'édition Bini ayant été fort toscanisée, nous l'avons 
laissée de côté. 

Les manuscrits ont été disséminés dans les bibliothèques de Mamiscn'is. 
presque toute l'Europe et même en dehors. En voici les plus connus 
dont le nombre considérable témoignera de la popularité du poème. 

A. Bibliothèques italiennes: 

1. Florence, B. Ricc, 1661, de l'an 1371, v. Bini, p. IX; G. Stor. 
III, p. 402; 

2. Florence, B. Ricc, 2760, f. 62*— 72*; vedette: Uno Lamento 
di nostra Donna in rima fatto per messer Franciescho Petracchi e 
di X capitoli; il y manque ch. IV 16 - VI 36 et XI; v. Stud. I, 275; 

(2 a. Florence, B. Laurenziana, mss. Ashburnham 783, v. Stud. 
I, p. 452); 

(2 b. Florence, B. Laurenziana, mss. Ashburnham 1177, v. Stud. 
I, p. 452); 

(2 c. Florence, B. Laurenziana, mss. Ashburnham 1402, v. Stud. 
I, p. 452); 

3. Lucques, XV® s.; v. Bini, p. IX; 

4. Lucques, B. Rossi, XIV® s. ; il y manque la dernière chan- 
son; V. Bini, pp. VIII, 157; 



VI A. Linder. 

5. Lucques, B. Farsetti, XIV® s.; v. Binî, p. VIII; 

6. Sienne, Cod. I. II. 37, XIV® s.; ce ms. ne contient que 
les chans. I — V et une partie du VI; v. Bini, p. VIII; 

7. Volterra, B. Comm., XLIX. 3.36, XV® s.; v. G. Stor. XI, 
p. 258, note; 

8. Rome, B. Vatic, 3213; seulement la dernière chanson sous 
le titre: In Laude di Nostra Donna; langue toscane; l'auteur y est 
nommé A. da Ferrara, v. Bini, p. VIII; 

9. Rome, B. Casanatense, 817, ci-devant D. VI. 36, XV® s.; 
V. Jahrb. XI, p. 184; K. Bartsch en imprima quelques strophes, 
qu'il avait en plusieurs endroits mal lues; la fin donnée par B. 
appartient au »Credo di Dante», v. G. Stor. III, p. 402; 

10. Naples, B. Naz., VII. F. 14, XV® s.; la dernière chanson 
seulement, v. Prop. XIII, p. 74; 

11. Palerme, B. Comm., XV® s.; la dernière chanson, v. Prop. 
VII, 433-37; 

12. Trévise, B. Comm, 22, XV® s.; vedette: Incipit oratio 
sive obsecratio ad postulandam lamentationem béate virginis com- 
pillatam vulgariter . . (le reste, sur trois lignes et demie rayées, est 
encore lisible: a fratre Enselmino de Montebelluna ordinis fratrum 
heremitarum sancti Augustini); la plainte (II) commence: Incipit 
lamentatio sive responsio virginis, capitulum primuai; capitulum 
secundum et ainsi de suite, les chansons de la plainte étant seules 
numérotées; à la fin de la plainte (capit. nonum): Explicit virginis 
sancte lamentatio intacte vulgariter compillata et in ritimis prolata 
ore fratris Enselmini ordinis sancti Augustini. — Incipit oratio sive 
gratiarum actio; fin du poème: Explicit oracio sive gratiarum actio; 
sur le devant de la couverture: Bibl. Rossi, annotation qui semble 
indiquer un possesseur précédent; v. Stud. I, p 451, cf. Ser., p. 9 
et suiv ; 

13. Trévise, B. du prof. L Bailo; Fauteur y est nommé Ensel- 
mino da Treviso; v. Mors. Aut., p. 8; 

14. Vicence, B. Comm., ci-devant Libr. Eremît., Padoue; XIV® 
— XV® s ; l'auteur y est nommé Henselmino (tout court) Ordinis . . . 
Augustini. v. Mors. Aut., pp. 8, 11; 

15. Vicence, Istituto degli Esposti; fragment contenant X 38 — 
XI; écrit eh 1384, v. Mors., p. 33, auquel cas Indictîone XII doit 
être faute pour Ind. VII, ou bien en 1389, v. Mors. Aut., pp. 5, 
14; Mors., p. 9; dans ce cas il faudrait lire LXXXIX au lieu 
de LXXXIIII, Mors., p. 33; 



Plainte de la Vierge. VII 

16. BologDC, ci-devant B. du prof. Biancani, XIV® s.; nom de 
laiiteur: Enselmino da Montebelluna, v. Ser., p. 9; d'après Tir. III, 
cap. 54 (seulement ce ms. existe-t-il encore ou est-il identique à 
un des nôtres?); 

17. Padoue, B. Univ., 1151, XV® s.; vedette: Qui coraença 
lo pianto de la verzene Maria; fin de la plainte: Qui fenisse lo 
pianto de la Verzene Maria. Amen; la dernière chanson fait défaut, 
V. G. Stor. IX, p. 201; M. Morsolin, Aut., p. 21, nous dit que Fauteur 
y est nommé frater Anselmus; nous n'avons pas conscience d'en 
avoir rien vu, mais nous nous serons sans doute trompé; 

18. Venise, B. Marc, it. cl. I 3, de l'an 1369. Les chapitres 
de la plainte portent les mêmes numéros, quoique en italien, que 
dans le ms. 12, excepté la chanson V qui porte quinto pour quarto. 
Le copiste, prisonnier politique »in carcere quse nominatur Schiava». 
est dès Tannée suivante »vicedomino à Trieste», v. Arch. Stor. II, 
392 — 94; indictione octava est correct, v. Id. II, 357, mais en Italie 
en général on semble avoir le plus souvent compté un peu différem- 
ment, cf. G. Stor. XXII, p. 308; Stud. I, 27; De Wailly, I, p. 72; 

19. Venise, B. Marc, it. cl. V 28, XV« s.; vedette: Incipit 
ploratus virginis Marie de morte filii sui in vulgari sermone quem 
composuit venerabilis frater Anselmus. Cap. primo.; v. G. Stor. IX, 
p. 201, note; 

20. Venise, B. Marc, it. cl. IX 182, ci-devant San Mattia di 
Murano, 40, XV® s.; vedette: Il pianto di nostra Donna in rima 
volgarmente fatto per frate Henselmini de Trivisi dell'ordine Hero- 
mitani. Molto divoto; commencement de la plainte: Incipit lamen- 
tatio, o risponsio di santa Maria al divoto; après le v. 86: Capitulus 
primus (sic); segondo cap, tertius capitulo, etc.; fin de la plainte: 
Deo gratias. Amen — Incomincia render délie gratie; ms. écrit à 
pleines lignes comme de la prose, sans alinéas; v. Stud. I, 452; 

21. Venise, B. Marc, it. cl. IX 269, XV« s.; le feuillet me- 
sure 10 cm. sur 10 cm., la couverture 13.25x9. 15; le ms. con- 
tient: a Officio délia Vergine, f. 1; 6 Messa délia Vergîne, f. 77; 
c I sette salrai penitenziali, f. 85; d II Lamento délia Vergine sans 
vedette, f. 107 — 145; fin de la plainte proprement dite : Qui finisse 
el pianto e lamento de la nostra Madona vergene Maria. — Qui 
incomença l'oratione overo rengratione de la nostra madona vergene 
Maria; réglure à Tencre métallique d'or; initiales rouges alternent avec 
initiales bleues; e Orazioue délia Vergine ed altre divozioni, f. 142; 

22. Venise, B. Marc, it. cl. XI 9, v. Mors Aut., p. 8, note 1; 



VIII A. Linder. 

B. Bibliothèques non italiennes: 

23. Séville, B. Colomb., 7. 1. 52, f. 70— 97, XIV« s.; vedette: 
Qua co(Qie)nçia lo lamento de la nostra Donna; toutes les chansons, 
excepté la dernière, numérotées et en ordre courant, les III, V — VII 
en latin; fin de la plainte: Explicit lamentacio beatîssime vîrginis 
Marie. — Incipit oracîo sive gratiarum actîo; fin: Explicit oracio 
sive gracîarum actio; il y a quelques fautes de lecture dans la 
notice, Stud. I, 271, note; le ms. a appartenu à don F. Colon, fils 
de Tamiral: »Don Fernando Colon, hijo de Don Cr. Colon, primer 
almirante que descubriô las Indias, dej6 este libro para uso e pro- 
vecho de todos sus prdximos; rogad à Dios por él. Clausula 49 
del Testaraento del mismo Fernando»; 

24. Berlin, Kônigl. Bibl., Cod. Hara. 348, f. 125% XV« ou XVP 
s.; la dernière chanson seulement; l'auteur y est nommé L. Justi- 
niani, v. G. Stor. IX, 201; 

(24a. Angleterre (Ashburnham p.?), le ms. a fait partie de »la 
collection» Libri, ci-devant Florence, mss. di Casa Albizzi; nom de 
l'auteur: Fr, Petrarca, v. Bini, p. X; Mors. Aut., p. 2;) 

25. Stockholm, K. Bibl., it. ms. 27, f. 1 — 51, XV« s.; petite 
carrée, le feuillet mesurant 10.8 cm. de largeur sur 14.5 cm. de 
hauteur; pages réglées à la pointe sèche; initiales peintes très mé- 
diocrement; vedette: Qui comença el pianto de la vergene Maria; 
f. 3 — 6, 9, 19, 22 ont été arrachées, comme le prouvent les récla- 
mes écrites transversalement au bas de toutes les huit pages; vient, 
f. 51^ — 53^^ un hymne à la gloire du Sauveur, strophe monorime, 
que nous n'avons pas réussi à identifier; puis, f. 53"^ - 54^, une lauda 
à la Vierge que nous avons retrouvée: L. H. II, 425—26; B. Chigi 
(Rome) LIV. 410. 35., f 108—09, où elle est attribuée à Jac. da 
Todi; Cod. Ham. 348 (Berlin), f 91—92; le ms. 25 a été copié 
par feu H. v. Feilitzen; 

26. New-York (U. S.), Geo. A. Leavitt, ci-devant B. Trivulzîo- 
Trotti 43 bis, XV« s.; les chans. II— XI, v. G. Stor. IX, 95; il 
nous a été impossible de retrouver ce ms. pendant le séjour qu'entre 
1893 et 95, nous avons fait sur les lieux: la compagnie L. ayant 
fait faillite était disparue, et nous n'avons pu trouver personne qui 
eût jamais entendu parler de mss. en sa possession. 

Cette liste dressée à l'aide de notes prises pour la plupart dans 
des périodiques et des catalogues semble fort incomplète. C'est aussi 
par hasard qu'en feuilletant, au petit bonheur, les catalogues manu- 
scrits de la Bibl. Marc, nous avons trouvé le ms. 21 contenant 
notre poème. 



Plainte de la Vierge. IX 

Nous n'avons eu l'occasion de consulter que bien peu de toutes 
ces copies. Les voici désignées par les sigles suivants: 

nis. 9, Rome, B. Casan., 817, XV* siècle (d'après K. Bartsch) B 

éd. IV, Venise, B. Marc, XVP s Bd 

nis. 23, Séville, B. Colomb., 7. 1. 52, XI V« s C 

» 18, Venise, B. Marc, it. cl. I 3, XIV*» s. (le 28 septembre 

1369) D 

éd. I, Rome, B. délia Ace deî Linceî, 51. E. 24, XV« s. E^ 
» II, Paris, B. N., 1771, XV* s. (le 17 mars 1481). . . E» 
les leçons communes à E^ et E^ seront désignées ici par c, 

dans les Variantes par E 

ms. 25, Stockholm, Kungl. Bibl., it. ms. 27, XV* s. (en l'hon- 
neur de H. V. Feilitzen) F 

^0 19, Venise, B Marc, it. cl. V 28, XV" s G 

» 24, Berlin, Konigl. B., Cod. Ham. 348, XV*— XVI* s. . H 
* 20, Venise, B Marc, it. cl. IX 182, XV* s . . . . K 
» 15, Vicence, Istituto degli Esposti , XIV* s. (édité par M. 

B. Morsolin) M 

» 17, Padoue, B. Universitaria, 1151, XV* s P 

21, Venise, B. Marc, it. cl. IX 269, XV* s Q 

2, Florence, B. Ricc, 2760, XV* s R 

11, Palerme, B. Comm., v. Prop. VII, 433-37, XY' s. S 

12, Trévise, B. Comm., 22, XV* s T. 



» 



Apparemment les deux premières éditions E* E^ sont très Incunables. 
étroitement liées. Elles portent le même texte, cf. 344 — 45, 533, 
ont les mêmes lacunes, v. 346 — 48, 662 — 64, offrent le même dé- 
placement des strophes 39—40 de la dernière chanson (les v. 1502 
—05 ont été placés après les v. 1506-11, les vv. 1503 et 1506 
commençant par la même phrase), possèdent eu commun les mêmes 
fautes, V. E contre //, enfin elles montrent presque toujours les 
mêmes formes, toscanes comme dialectales. 

Quel est donc le rapport de ces deux éditious entre elles? 
Est-ce qu'elles sont les reproductions d'une même copie qui aura eu 
ces particularités, ou bien Tune est-ele la réimpression de l'autre? 

Beaucoup de fautes et d^inconséquences ne se rencontrent que 
dans E^ Ainsi pour les rimes fautives: refrisca 1 70 (refresca E^), 
contra 420 (conta E^), virtuta 1396 (-ute E^), regno 544 (-a E^), 
béate 995 (pour bacte?, bâte E^); ainsi pour d^autres fautes: fu 
294 (su E2), chel quel 834 (che quel E^), come 302 (conne E^); ainsi 

Lirttler: Plainte «le la Vierge. 2 



X A. Linder. 

pour les fautes d'écriture ou de lecture : parisio 363 (phar. E^), lal- 
mania 1295 (la smania E^), coguosto 361 (-sco E^), vedere 355, 
1238 (-ete E^), aldore 122 (-oto E^), audirte 132 (-ite E^), rigniva 
414 (tîgniva E^), rencresca 850 (tencr. E^); ainsi pour les mots 
latins: sapientia 237 (-ise E^), vergo 1402 (virgo E^), laudate 1403 
(-are E^), recèdent 1510 (-ant E^), gnem 547 (quen E^), ainsi pour 
l'interprétation fautive des notes tironiennes ou ^omission de sigues 
abréviatifs: lanima 1339 (la mia E^), peut-être de même dans piauo 
198, pianghe 774, ligua 208, 406. D'ailleurs les difiFérences sont 
dialectales ou purement graphiques: ciascadon 74 (-un E^), a te 
48 (a ti E^), per ti 816 (p. te E^), te 771 (ti E^), me 277, 783 
(mi E^), duncha 701 (doncha E^), dunque 86 (-mque E^), andar 433 
(alzar E^), avorè 493 (averô E^), firme 545 (fermo E^), ligno 573 (legno 
E2), dolce 25 (-ze E»), vergine 137 (-zene E^), gente 154, 327 (zente E^) 
cf. 173, 218), piangendo 196, 198 (-zendo E^), piansi 60 (-zi E^), 
anci 284 (-zi E^), falce 263 (-se E^j, vul 781 (vuol E^), vuoll 1216 
(vuol E2), zuigato 295 (-digato E^), pine 933 (pêne E% hevesti 803 
(aveste E% perlando 508 (pari. E^), prodesse 527 (-usse E^), questu 
552 (-0 E2), modu 1259 (-o E^), adesse 366 (-o E^), fosso 499 (-e E^), 
solo 618 (-e E2), quello 698 (-e E^), posta 30 (-o E^), preciosa 370, 
1318 (-0 E^), braza 1226 (-oE^), posse 37 (-a E^), acaso 97 (-a E^), 
focemo 1380 (fac. E^), ovia 125 (-io E^), quelli 220 (quel E^), a la 
119 (e la E2), e ciel 180 (a c. E^), tutti 876 (-e E^), nascerà 16 
(naserà E^}, cîascuno (-n) 1352, 1354 (zasc. E^), cho 920 (che E^), 
nel 494 (al E»), de 295 (da E^), del 963 (dal E^), dal 818 (del E^), 
abasa 1109 (arb. E*), criata 638 (creata E'^), creatore 1462 (criatore 
E»), sie 1396 (ne E^), giorno, -i 1178, 1174 (zorn. E^), iudei 283, 
849, 857 (zud. E»), figliol 754, 782 (fiol, filiol E^), planzete 57 (pian- 
zete E^), videmo 735 (ved. E^), videano 283 (ved. E^), beu 189 
(bem E^), acusavan 264 (-vam E^), como 1084 (cho E^). Ce n'est 
que rarement que les difiFérences pourraient provenir d\ine leçon 
difiFérente: guastasti 820 (gustasti E*), quanto 1327 (tanto E^), che 
dolor 670 (ched alor?, cf. D, che de delor E^), mais il semble plu- 
tôt que ce soient là des corrections faites par E^; les fautes typo- 
graphiques dans E^, provenant de types renversés ou perdus (qucnta 
403, nai 988, goverua 699, uu 1226 (un E^ pour im, in), S chio 
1140, ne a 652), n'ont pas, excepté nia 1233, de correspondances 
dans E^, et les fautes qui lui sont propres sont en bien petit nombre: 
turte 1209 (t tte E^) er 394 (et E^), qu lia 598 (type perdu). Du 
reste, même Torthographe est identique: voso 120, veggio 121, 



Plainte de la Vierge. XI 

alcuno 246, alguno 248, zascun 48, etc.; nous nous étonnons un 
peu que E^ ait parfois conservé, contrairement à E^, les notes 
tironiennes: xpiano 37, noëte 238, pôte 233; l'usage en a sans 
doute été diflPérent jusque dans les mêmes imprimeries, à la discré- 
tion du compositeur. 

Il doit résulter de cette aomparaîson minutieuse que les dévia- 
tions sont trop petites pour justifier une conclusion définitive. 
Malgré les fautes communes (cf 35, 130, 400, 410, 816, 1233, 1265, 
etc.) et Tusage un peu diflPérent des notes tironiennes, E^ n'est 
guère qu'une réimpression corrigée de E^ (cf. 533, 556) ou bien d'un 
même manuscrit. Or, qu'elles soient les reproductions d'une même 
copie — les lacunes citées n'étant comblées ni dans Tune ni dans 
l'autre, il faut bien que les imprimeurs n'aient eu sous les yeux 
qu'une seule copie presque identique -— ou que l'une soit la réim- 
pression de l'autre, peu importe. 

Leur source commune perdue qui est assez fidèlement rendue 
par E^ E^, nous la désignerons dans les Variantes par E, et ici 
dans la suite par la lettre e; E^ qui offre un texte plus conséquent 
et en partie plus dialectal sans avoir guère de fautes qui lui soient 
propres, en est peut-être, quoique réimpression, la meilleure copie. 
A en juger par la note un peu sommaire de T. Bini, p. VII, sur 
le déplacement de quelques couplets dans la troisième édition, où 
les vers 1503 — 05 sont de même placés après les v. 1506 — 11, il 
semble que celle-ci remonte à la même source, étant peut-être une 
réimpression de E^ ou de E^. 

Apparentés d'assez près h cette source commune e sont les Mss. appa- 

manuscrits B et G, quoique au premier coup d'œil leur affinité f^^^'^^y^ 

, ^ ^ , 1 T-i i incunables. 

ne semble rien moins que vraisemblable. D'abord nous allons donc 

démontrer que ces deux manuscrits forment tous les deux un même 

sous-groupe spécial, ensuite qu'ils sont indépendants l'un de l'autre, 

et enfin que le groupe représenté par eux est fort apparenté à e, 

mais qu'il en est indépendant. 

Comme on le verra tout à l'heure, ils diflTèrent souvent l'un de 

l'autre, et quoiqu'il manque 17 vers dans B (418—20, lacune cachée, v. 

B contre G; 611 — 13, lacune cachée; 1187 — 89, lacune mal cachée ; 

1292—94, bourdon peut-être, 1395-97, 1512 — 13), et 13 vers dans 

G (le v. 15 pour lequel G répète le v. 12, 33-35, bourdon; 1342 — 

44, lacune cachée; 1354 — 59), il n'y manque jamais le même vers. 

Mais dans B, comme dans G, il manque des mots isolés, comme 

mia 1503, tua 645, et dans Tun et l'autre les mêmes mots renfor- 



XII A. Linder. 

çants sont intercalés (chevilles: sunimo devant altisimo 724, alto 
devant padre 1505, al devant présente 764, cf. 256, mai devant 
nol 1246, pensar 614, mostrar 616, etc.) 

Déjà de telles coïncidences semblent accuser une provenance 
commune. Mais supposons que la présence simultanée en soit 
fortuite. Que l'un et l'autre manuscrit remontent à un manuscrit 
qui n'a pas été celui de l'original, cela est prouvé par plusieurs 
circonstances : 

1^ dans l'un et l'autre des expressions tautologiques sont rem- 
placées par d'autres; ainsi neta (monda) e bella 657 par tanto 
bêla, tuta persa e morta 889 par tuta quanta morta, chol debele 
parlar 845 par chon uno parlar tanto, varda et oserva 1275 par 
guarda desopra; 

2^ dans l'un et Tautre des mots dialectaux ou peu usités ont 
été échangés contre des mots toscans ou plus usités; ainsi mo 
247, 637, 658 par ora; desiri 315 par desiderii, verasia 892 par ve- 
race, alturiar 1001 par aiutare; deglutisti 1112 par ingiotisti; gra- 
meza 122, 497, 1017, 1096 par dureza et au vers 1369 par tri- 
steze; duolo 248 par doia; finita 792 par fornita; que si retri- 
buir 1471 est rendu par alturiar et que mo reste 344 dans Tun 
et l'autre, cela ne fait que prouver l'inconséquence de leur original ; 

3*^ dans B et G seuls se trouve le même ordre de mots in- 
verse (cf. 703, 753, 760, 907) et pour cela même des rimes insuffi- 
santes (cf. chonfortare 340, chonsolare 342), ou bien ils ont dé- 
placé les rimes (cf. chriata-animata 1065, 1069); 

4<* ils possèdent en commun un certain nombre de fautes, v. 
g contre e; 

5° ils offrent quelques leçons à eux propres et qui ne se 
retrouvent pas dans les autres: romaxi chon sospir ch'el chuor 
m'achora 169, e laso lasa 1347; 

à défaut de lacunes communes à citer, il nous a semblé né- 
cessaire d'énumérer un peu longuement des exemples de leur con- 
cordance, pour prouver d'une manière concluante que cette con- 
cordance qui s'étend à travers toutes les chansons est trop grande 
pour pouvoir s'expliquer autrement que par un intermédiaire com- 
mun qui a déjà eu leurs leçons à eux. On ne saurait assurément 
supposer que l'une ait été seulement corrigée sur l'autre: ce n'est 
pas corriger que d'épouser des fautes. L'existence de ce manus- 
crit intermédiaire admise, nous le désignerons par g. Il nous reste 
à le comparer avec ses copies connues et son original supposé. 



Plainte de la Vierge. XIII 

B et G sont indépeudants Tun de l'autre. Les lacunes le B et G. 
prouvent et les leçons ne ^attestent que trop. Parmi les fautes 
nombreuses dans G, nous ne relèverons que les plus criantes: 

I® rimes et phrases: fu sepulcro 242 (fosse pluro B), suxo 
433 (in alto B), et oldirai 719 (ch^ix) tel dirai B), sconsolada 1151 
(chom'è fata B), alta di 1332 (voze altane B), adono 1393 (vodo 
B), naturato 746 (nato B), antrito 716 (franto B, cf aussi smarito 
949, transito 951 pour aflito dans B), domine a quela fiada 727 
(del signor son fata B), sentencia et che radixio 1361 (iudizio alor 
dis'io B), Puniverso 1412 (el mondo ch'era perso B), tuto el cor 
m'ayaza 670 (par eser fata paza B); 

2® d'autres fautes évidentes: a ti 12 (da lui B), insirà 17 
(da iese B), insirà 18 (ascenderà B), ciaschadun dà 21 (tuto'l mondo 
porse B), lengua 665 (bocha B, cf. 662), paradiso 1430 (periculoso 
B), d'un flume 733 (cholui B), nelanticha 651 (nela canticha B), 
do chaui 1167 (tre clavi B, faute curieuse: G ou son original a 
lu in faza pour in forza), o quanta pietà del pecatore 296 (o quanta 
falsità ho quanto erore B); 

du reste, les preuves abondent, v. les vers 1 1, 29, 86, 330, 
507, 702, 754, 805, 810, 831, 937, 1031, 1056, 1132, 1198, 1232 
—33, 1259, 1375, 1402, 1468; les fautes dans G proviennent sou- 
vent de ce que le copiste a pris des expressions d'une ligne précé- 
dente ou suivante (17, 1361, 1412, 1430), ou qu'il a cru de son devoir 
de corriger les phrases mal conçues de son original (21,719), ou bien 
qu'il n'a su lire qu'imparfaitement son texte (651, 1167, 1332, 1393). 

Entre les particularités qui se trouvent dans B, les suivantes 
sont les plus frappantes: 

1® rimes fautives: chonfortarla 73 (compartirla G), baldanza 
120 (-eza G), refréna 190 (refina G), madré 1080 (io G), omei 
1120 (asai G), gionto 1176 (zonzo G), porto 1178 (pongo G), porta 
1352 (prova G); 

2° vers fautifs pour cacher une lacune: la vita mia sia pronta 
421 (l'anima se mantiene G), son io de doglia vinta e ponta 423 
(è el dolor che Io mio cor sostiene G); 

3« mots passés: fedel ;19, 1418, che te 680, de ti 44; 

4<* fautes provenant à\\n essai de correction ou de toscanisa- 
tion: ogi 1131, 1134 (anchuô G), padre 1029 (pane G; quelque 
copiste aura lu pare et corrigé); 

5® fautes de lecture: chôme fo 27 (de G), anticha 1425 (e 
vita G; il semble que l'original commun ait porté an vita, anche 



XIV A. Linder. 

vita), fo 310 (po?, su G), pensa 701 (possa G), morte 1406 (mente 
G); raatris 1487, filii 986; 

par conséquent il est impossible que l'un soit la copie de 
Tautre. Si nous avons parlé un peu longuement des différences de 
l'un à Fégard de l'autre, c'est que nous avons voulu suggérer à 
l'avance la conclusion que nous allons en tirer, savoir que des co- 
pies si discordantes et encombrées de fautes et de négligences, si 
elles ne laissent pas de provenir d'une source commune, ne peu- 
vent être que des copies indirectes. On ne saurait guère les attri- 
buer toutes à un seul copiste. Or cette conclusion s'accorde à mer- 
veille avec une autre circonstanstance. Nous en revenons aux lacu- 
nes de B et à celles de G. Il va sans dire qu'elles n'ont pas existé 
dans g^ B et G n'en possédant aucune en commun. Quant aux 
mots toscanisés et aux lacunes cachées dans B et dans G, les uns 
et les autres doivent avoir existé dans leurs originaux respectifs. 
N'est-il pas de toute évidence que le copiste, qui a pris soin de 
cacher les lacunes dans B, soit par des vers altérés 418—20, 611 
— 13, soit par une interpolation d'après un autre manuscrit, 344 — 
48, ne peut pas être celui qui s^est rendu lui-même coupable des 
lacunes 1292—94, 1395 — 97 ou capable des rîmes impossibles 1176 
- 78? Par conséquent, il faut supposer au moins un intermédiaire 
entre B et g, en d'autres termes, B n'est qu^me copie indirecte de 
g. De même, la lacune cachée dans G, 1342 — 44, ne provient 
guère du copiste qui a sauté les vers 33—35, bourdon, et les vers 
1354—59, et par une inadvertance semblable a répété le vers 12 
à la place du vers 15, et qui a laissé interrompue la chaîne des 
rimes 346 — 48. Ainsi G ne descend qu'indirectement de g, 
e et g. Keste à comparer les manuscrits g et e perdus. D'abord il faut 

prouver qu'ils constituent ensemble un groupe descendant d'une 
même source. Ce qui le prouve clairement c'est l'existence des 
leçons communes, surtout la leçon absolument fautive 344—45 et 
qui ne se retrouve pas dans nos autres copies: mi porge mo una 
saeta si achuta chel chuor a dirlo tuto vieu doioso. Or il s'agit 
. de bien marquer la différence entre l'aspect du Sauveur avant et 
après sa détention, nullement de l'impression qu'en a reçue sa 
mère. D'autres leçons le confirment: tanto 997 (dolze), lor 283 
(sua), zo disse 16 (dis'elo), a lo 905 (ad ogni), el tuo potere 1015 
(la tua posanza). Nous désignerons cette source commune par />. 
De là dérivent g et e indépendamment Tun de l'autre. Malheureuse- 
ment il nous est impossible de le prouver par leurs lacunes, B 



IMaiiite de la Vierge. XV 

et G n'en ayant aucune en commun, et celles qui se trouvent dans 
E^ E^ ne prouvant pas suffisamment Texistence des lacunes dans e, 
vu que E^ n'est peut-être que la réimpression de E^. 11 faut donc 
avoir recours aux leçons. 

1* g contre e\ vixo 117 (peto e), zielo 931 (cuor c), zielo 
975 (sole e)y grazia 89 (alegreza é), alegreza 1482 (grazia e), oiraè 
morte 987 (alora disi e), de non vogliate eser 474 (de non siate e), 
cf. 114, 328, 465, 491, 510, 575, 586, 659, 684, 718, 736, 912, 
1338, 1379; 

2° e contre gi rimes fautives: seno 116 (senso ^), el mare 694 
(plane g), oscuro 977 (arzuro g\ bulo 1323 (buso g)] d'autres fau- 
tes: già 288 (qua g), aflicta 488 (afita g), padre 816 (mare ^), molti 
983 (tuti g), fiol mîo 782 (la peua mîa </, pour lo mio dolor), ver 
mi 1097 (de lor g\ cf 410, 507, 559, 933, 1265, 1483, etc.; enfin 
g et e diflFèrent par le vers 533 (perche nel mondo tanto dimo- 
rasti, pour o trista mi, perché te conservasti) et presque entièrement 
par les vers 1342— 47. Par conséquent g et e sont indépendants 
l'un de Pautre. 

Il s'ensuit de l'indépendance mutuelle déjà prouvée de B et 
de G que tantôt B, tantôt G montre plus d'affinité avec E. Ainsi 
B avec E: suo 593 (quel G), doia 257 (pena G), grameza 729 (tri- 
steza G), etc.; ainsi G avec E: faza 350 (ziera B), anchuoi 1131, 
1134 (ogi B), cf 1345. 

La langue de b semble toscanisée, mais pas au même degré 
dans tous les manuscrits. Les mots toscans abondent dans B, 
mais en retour les formes des autres y restent le plus souvent 
intactes; E abonde en graphies modernes et toscanes; G nous 
semble tenir le milieu, conservant les formes assez fidèlement. La 
valeur de ces copies est donc un peu différente pour les formes 
et pour les leçons. Et pourtant g nous a fourni quelques leçons: 
perfeto 386, gravosa 429, dese 677, qui 1307. 

Dans le même groupe b nous rangeons, non sans quelque hé- H et S. 
sitatîon, les manuscrits H et S. Ne contenant que la dernière 
chanson du poème et offrant assez peu de leçons à comparer, ils 
sont assez difficiles à placer. Voici les raisons qui nous ont dé- 
terminé à les ranger ici. 

H a en commun avec g la faute divîno 14652(pris dans 1464 
pour glorioso), H offre la leçon alto fio 1505 (al alto padre idio g, 
pour al padre dio), hospitio 1469 (iudizio B, pour inizio), au vers 
1418 fedel fait défaut dans BH; de plus H a renversé Tordre des 



Objections. 



XVI A. Linder. 

vers 1494 et 1496, et offre plusieurs fautes propres: vîctoria 1485 
(corona), haverte 1397 (darte), laude dengne 1397 (degno lodo)^ 
formasti 1411 (tramutastî); et de même que Q, H porte humanité 
1461 (humilitate), de même que CF et originairement K, qui s'est 
pourtant corrigé, natura 1413 (chriatura, cf. 1411). Les déviations 
dans S sont plus nombreuses et plus graves, cf. les interpolations 
1404-09, 1421, 1494-96; EHS sont d'accord pour piatoso 1475 
(precioso), BS pour caritade 1443 (chastitade), HMS pour l'inter- 
calation de habia 1498 (pris dans le vers suivant), ^S pour le 
choix d\in singulier au lieu de tuti 1460 (ogni uno S, ziaschuno 
BG), et pour le défaut qu'y fait mia 1503. 

H et S n'ont rien à nous offrir pour l'établissement du texte. 
Seulement, S pourrait avoir de l'intérêt comme remaniement ou 
peut-être comme contenant des réminiscences de la source dont le 
poète s'est inspiré pour sa chanson finale. S ne peut pas repré- 
senter une continuation du remaniement R, dont les qualités de 
style ne s'y retrouvent point. 

Le groupe 6, pourvu que nos raisons soient jus- 

j-x X tes, formerait donc la figure ci-contre, la longueur 
/ \\ \ d^s lignes indiquant la parenté approximative des 
manuscrits. 

Avant de continuer nous essayerons d'expliquer quelques dé- 
viations particulières qui, non discutées, pourraient être censées ren- 
verser cette classification. 

G seul dans ce groupe porte vegnendo 145 (per trarve BE); ce 
sera là une correction légère faite à cause de l'ordre des mots inverse 
mal entendu dans son original et qui dès lors est facilement offerte 
par le contexte; seul B dans ce groupe a la faute porta 1352 
(pruova), mot plus usité (cf. 401) et qui pourrait revenir sous la 
plume d'un scribe quelconque. Quant aux autres concordances 
entre g et les mots correspondants dans a, elles sont tout à fait 
insignifiantes; il n'en est pas de même pour les concordances dans 
B (voir plus bas) 

Il est plus difficile d'élucider d'une manière incontestable l'ori- 
gine des vers nouveax 344 — 45 et qui distinguent si bien oe 
groupe, et d'éclaircîr les déviations qui en sont nées. Nous osons 
supposer qu'ils doivent leur origine à une lacune: h ou quelqu'un 
des copistes, ses prédécesseurs, en trouvant une lacune 344 — 48, aura 
hardiment interpolé les nouveaux vers 344—45, s'appuyant sur les 
rimes des vers 343, 349 et ne pensant qu'à l'impression profonde 



Plainte de la Vierge. XVII 

et ineffaçable qu'a dû produire sur le cœur déchiré de la Vierge- 
Mère Taspect altéré de son fils, bien qu'ici il n'ait pu s'agir que 
de bien marquer le contraste entre la gloire incontestée d'autrefois 
et la grande honte d'aujourd'hui dans l'aspect du Sauveur. Si 
cela est; et Ton ne saurait en nier la probabilité, il n'y a pas à 
s'étonner que les imprimeurs aient reproduit ces vers intacts. 
Seulement, dans ce cas, g doit s'être aperçu de la lacune (la 
couronne manque à la description) et avoir ramassé dans un autre 
manuscrit les vers perdus, mais sans s'apercevoir de Tinterrup- 
tion de la chaîne des rimes. Tel est le texte reproduit par G. 
B, ou plutôt son prédécesseur, sans doute le même qui a caché 
si bien ses lacunes, en restant fidèle à l'enlacement des rimes, 
a cherché à réparer la faute, cette fois par interpolation d'après 
un autre manuscrit. Que B ou son prédécesseur ait connu un 
manuscrit du groupe a, c'est ce que prouve sa leçon 1342-47. 
Voilà l'explication, compliquée peut-être, mais qui reste la plus 
simple. Il se pourrait sans doute que la leçon de G eût été celle 
de b: dans ce cas, e (ou E^) aurait supprimé les bons vers 346 — 
48 à cause de la rime, mais, pour expliquer la leçon de B, il fau- 
drait avoir recours à la même supposition que nous venons de 
hasarder. Ce qui milite contre cette hypothèse, c'est la lacune vv. 
662 — 64 et le déplacement des vers 1503—05 dans E^E^. C'est 
là un témoignage de l'insouciance à l'égard des rimes, de même 
que d'autres fautes, rimes fautives entre autres, ne donnent pas 
une idée trop favorable de l'intelligence et de l'attention des impri- 
meurs. Ils ne se sont guère donné la peine de consulter plus 
d'une copie. Aussi les incunables étaient-ils le plus souvent in- 
primés sur un seul manuscrit. Il n'est pas plus vraisemblable que 
les nouveaux vers 344 — 45 puissent être un glossème que b eût 
intercalé dans son texte, auquel cas e aussi bien que G aurait sup- 
primé les bons vers pour accepter les interpolés, et à cause des 
rimes e aurait de plus rejeté les vers 346—48, et B, comme dans 
l'autre supposition, aurait comparé et interpolé. Que B nous offre 
le texte de b, c'est encore moins probable. Alors G et e auraient 
dû corriger, chacun à sa manière. Cette hypothèse n'expliquerait 
guère que la leçon de E*E^, G ne pouvant pas corriger et en 
même temps se rendre coupable d'une chaîne de rimes brisée. Par 
conséquent la première supposition l'emporte. Point n'est besoin 
d'ajouter qu'il est impossible de séparer B de G, cf 169, 340, 474, 
614, etc., pas plus que g de e. Mais supposons un peu que tel 



XVIII A. Liuder. 

soit le fait: g dériverait donc du groupe a et aurait emprunté 
quelques passages, 344—45 par ex, à c. Nous le voulons bien. 
Mais quelle a été dans ce cas la raison pour g de les emprunter? 
Alors à quoi bon préférer aux leçons de a les expressions presque 
identiques (el tuo potere 1015, pur te 1007, etc.), ou même fautives 
de e (a lo 905, etc.)? Puis les difficultés resteraient, exigeant des 
hypothèses analogues pour leur explication. Faire de BG un groupe 
spécial serait peine perdue: l'accord entre g et e les joindrait tou- 
jours sous un même groupe principal. Même conclusion se tire de 
Texamen des vers 1342 — 47. Soit que Ton suppose qu'ici b ait 
porté la leçon de B, celle de E^E^, ou celle de G, ces leçons se 
contredisent toutes en partie et en partie en même temps s'accordent. 
G ici ne porte qu'une seule strophe, dont l'un vers, 1345 de 
G, est à un mot près identique au vers 1344 de E^E*"*, tandis que 
la moitié d'un autre vers, 1347 de G, n'a rien de correspondant dans 
les autres manuscrits, excepté B; E^E^ ici sont complètement d'ac- 
cord avec un autre groupe; B de son côté s'accorde, à l'exception 
de l'hémistiche signalé dans G, tout aussi parfaitement avec un troi- 
sième groupe. On voit bien qu'ici encore où ils diflfèrentle plus, 
BEG ne laissent pas de rester inséparables. Or, en elle-même, 
aucune de ces trois leçons n'offre rien d'inadmissible et qui donne 
lieu de la comparer avec celle d'autres manuscrits. Il faut donc 
que la raison d'être de leurs divergences partielles se soit trouvée 
ou dans b ou dans g ou dans tous les deux. D'abord on ne sau- 
rait révoquer en doute que g n'ait contenu le vers 1345 de G, à 
peu près identique dans E et G, et l'hémistiche commun à B et 
à G, ni que B ou quelqu'un des copistes, ses prédécesseurs, n'ait fait 
un emprunt direct des vers 1342 — 44 à un manuscrit du grope a. 
Là s'arrêtent les faits, les conjectures commencent. Leurs leçons 
conformes en partie et en partie différentes pourraient s'expliquer 
de deux manières presque également bonnes. Ou, déjà, leur source 
commune A, ressemblante à c, cf. le vers 1345 de G, a été cor- 
rompue. Ainsi e s^est-il vu dans la nécessité d'emprunter ces vers 
au groupe C) inutile d'ajouter que, d'après ce que nous venons en 
dire, ce n'est pas E^ qui a fait cet emprunt; g, à cause de leur 
conmiencement identique, a peut-être saute quelques vers, tout en 
conservant le premier hémistiche du vers 1347; dès lors le prédéces- 
seur de G de son mieux a renoué les autres dans un couplet nou- 
veau, et B ou plutôt son prédécesseur a eu recours à un manuscrit 
du groupe a. On ne saurait supposer que B ait copié les pre- 



Plainte de la Vierge. XIX 

mières parties du poème sur un manuscrit (cf. ms. 6) et les autres 
parties sur un autre, puisque B ne peut être séparé de G par uue 
suite suivie de vers, pas même ici comme nous venons de relever. 
Ou bien, et c'est là selon nous la supposition la moins vraisem- 
blable, b a porté la leçon de e (E^E^), leçon qui, avant d'être co- 
piée par BG, aura subi une altération tellement grave que les co- 
pistes, leurs prédécesseurs, se sont crus obligés de corriger d'une 
manière ou d'autre. Mais quoi qu'il en ait été, il sera bon d'ajou- 
ter que la leçon de b, selon nous, n'a pas été la bonne et que les 
manuscrits du groupe b ici encore portent les traces incontestables 
d'une source coaimnne. Par conséquent notre classement de ces 
manuscrits reste inébranlé malgré toutes leurs divergences. Enfin, 
pour épuiser toutes les hypothèses possibles, il se pourrait qu'un 
copiste eût écrit çà et là de mémoire. Cette hypothèse admise ne 
s'appliquerait guère qu'à un poème de courte haleine, par ex. la der- 
nière chanson, et ne viserait que le manuscrit S. Le copiste de ce 
dernier, là où la mémoire lui faisait défaut, aurait donc complété 
de son mieux, en s'aidant des mémoires d^une chanson sur le même 
sujet (cf. ses interruptions et ses interpolations), peut-être celle 
sous l'inspiration de laquelle l'auteur lui-même avait écrit sa chan- 
son finale. Malheureusement nous n'avons pas retrouvé cet ori- 
ginal supposé, et jusqu'à preuves du contraire nous nous refusons 
à y ajouter foi. 

Passons ensuite au groupe c, le plus apparenté à h. 11 est re- Autre grou- 
présenté par les manuscrits DQR. D'abord nous montrerons que P^ ^ ''***• 
D et Q, bien que peu apparentés, constituent ensemble un groupe. 
Ils ne possèdent de lacune en commun, mais comme il ne manque 
dans Q que six vers (385 — 87, bourdon peut-être, 1089-91), cela 
n'a rien de surprenant. Dans D il manque, outre toute une feuille 
(v. 754 — 807) et trois couplets entiers (553—55, bourdon, 868 — 70, 
975 — 77) et les lignes finales de l'introduction et de la chanson 
finale (55—56, 1512—13), trois vers (192, 598, 983) pour lesquelles 
D copie la ligne finale du couplet précédent ou suivant. Ainsi D 
et Q sont indépendants l'un de Fautre. Du reste ils n'ont que 
quelques fautes en commun: 

l^ rimes fautives: çudei 222 (Çudea), libertade (libertà Q) />, Q et B. 
510 (chrudeltade), afliti 707 (afiti), grameza 818 (graveza), gorda 
(ingorda Q) 1307 (sorda), mais même au milieu de leur discordance 
il se ressemblent çà et là, comme à la rime 716, où pour franto 
D offre stancho et Q franche, st et fr se confondant très facilement; 



XX A, IJi.dcT. 

2" d'autres leçons communes: «iiscorando 1250 (coineuvando), 
jiltri 1260 (atî, cf. 1483 Q), dignanio 1402 (lat., dîgnare me), mane 
468 (braze), [Mïsta 357 (soatien), coprir 551 (tocar), sicomo 652 
(como), ello 3T5 (el), alo 432 (al), costei 718 (colei), cf. 542, etc.; 
l'ordre des mots inverse: de fango de sangue 351; mot sauté: nio 
658; mot intercalé: horao 986; de plus, Q n'a pas le tornello habi- 
tuel à la fin du poème sous sa forme métrique et rimée comme 
les autres groupes, mais traduit et en prose. Il faut donc supposer 
qu'ici leur source commune ait été défigurée d'une manière ou 
d'autre. Peut-être que D a pris le tornello pour la formule de 
prière finale et l'a supprimé 

Que si tout cela laissait des doutes sur leur affinité, la concor- 
dance aux vers 1342—47 nous forcerait à les unir ensemble. Et 
c'est ]h aussi notre principale raison d'y ranger le remaniement K. 
(;f. en outre QR: fina 190 (refina), abbassi 870 (basi), inpossibile 
!I52 (posibile), perduto 151 (perso), etc.; DR: dogla 78 {voglia, voîa), 
poltre 175 (spoltre); cf aussi: per trarvi 145 (viguando a). 

Le remanieur R en a voulu faire un poème plus toscan, plus 
élégant et plus ilcvut. Par mallieur R n'en est qu'une copie à 
peine lisible t;à et là et du reste médiocre. Les lacunes le pnni- 
vent, v. 886, 906—08 (la lacune considérable 346—085 sera due 
iV l'iirrachcment de deux folios; la chanson finale ne semble pas 
copiée, peut-être n'a-t-elle jamais été remaniée, cf la vedette, qui 
Mîra postérieure au remaniement), et la versiKcatîon le confirme (cf. 
266, 268, 324, 341, 687, 690, 705, 723—24, 760, 791, 834, 943, 
li;!2, 56, etc.). 

Tout l'ensemble de leurs leçons nous fait supposer uuc source 
i-oinmnne, que nous désignerons par c. Nous allons la comparer à 
Mi'M (uipies connues. Leur indépendance démontrée par leurs la- 
■!iines, signalées déjà, nous relèverons quelques fautes qui pourront 
Hcrvir i\ apprécier leurs valeurs pour l'établissement du texte. 

il a plusieurs fautes provenant d'une transposition de mots 
un d'une graphie mal commue. Ainsi les rimes: ch'è in terra 24 
(lîhc cm J), l'original a probablement porté ched era), cnidele 85 
(crudu D), chi & desperata 197 (cbe despiera D), va mo 607 {vomo 
I>), di'Milighi 74'J (deslîgava D), mata 670 (paza H), sospiro 930 (scjopo 
de planto D), de sputa e d'aceto 660 (d'açeto e do sputa D) mant- 
Ccsto Hcripto 742 (scrito m. D), uua vergelia disse ello 16 (diss'elo 
una verzella D), liumauità 1461 (hnmilitade D), pieno 1451 (pio D), 
descendo 1439 (respleude D), de même 388, 1143; d'autres fautes: 



Plainte de la Vierge. XXI 

natiis qui destruxit 676 (vath qui destruis D), costu 302 (tu sai 
D, rorigioal semble avoir porté sastu), altorîo 1016 (argogio D), 
adarme 1388 (ad amar D), con tiecho 1509 (contrito D), etc. 

Pas moins de fautes dans D. Ainsi les rimes: intro le porte 
averte 588 (v^è avete (le signe abréviatif manque) le porte Q), parte 
862 (pente Q), aflito 949 (afito Q), de terra fu levata 430 (cosi tri- 
bulata Q, cf. 428), mia 1394 (pia Q), ora 1418 (erra Q), sento 1089 
(alguuo Q), vegninio 1212 (vegnire vedemo Q), desfata 1406 (in- 
grata Q); d'autres fautes: terra 405 (porta Q), ch'i'o 637 (che 
abiano Q), move 581 (morsi Q), dio dio 1310 (mio dio Q), donçella 
1415 (dolçe Q), el ti 937 (al cuor ti Q), falilate 825 (flagellate Q), 
cf. 670, 745, 1395, etc.; mot intercalé: domine 968; D présente 
une correction curieuse v. 866, où le mot dolorosa, à sa place dans 
le corps du vers, a été exponctué et ajouté à la fin du vers après 
la rime, le copiste ayant sans doute été induit en erreur par la 
rime au vers 869, ce qui montre que ce copiste n^avait pas l'habi- 
tude de relire avec attention ce qu'il avait une fois écrit, si même 
il lui arrivait de le relire. 

Les fautes sont très nombreuses dans D, soit une centaine, 
et il n'est guère possible de les attribuer toutes à un seul copiste; 
les fautes sont moins nombreuses dans Q, mais plus grossières et 
plus faciles à corriger. Il est doue à croire que D est une copie 
indirecte de c et que Q en est une directe Or si les leçons de DQ 
sont assez souvent douteuses, la langue eu est mieux conservée; 
par conséquent la valeur en est un peu plus grande pour la resti- 
tution des formes que pour l'établissement du texte; la valeur de 
R, bien entendu, n'est guère que littéraire. 

Avant de continuer, il nous faut bien justifier en peu de mots Leçon caroc- 
notre choix de leçon aux vers 1342 — 47, Nous avons supposé ténstique. 
qu'en cet endroit c soit dans l'erreur. On ne saurait nier qu'ici la 
leçon de a ne soit plus conforme au style de l'auteur (ainsi pour 
l'expression »zio de Porto*, la paronomase »laso o lasa») et qu'elle 
ne contienne sur des rimes plus difficiles un sens plus heureuse- 
ment avancé (gradation). La leçon de c, en elle-même assez bonne 
et peut-être supérieure au point de vue purement poétique et que, 
pour des raisons indiquées, nous avons jugée la mauvaise, se sera 
formée de la manière suivante. Les deux premiers vers de chacun 
de ces couplets et de celui qui précède commencent deux à deux 
par la même phrase (anaphore), et par une inadvertcnce par trop 
ordinaire Pun des vers aura été omis (cf. G et P) et Pordre des 



XXII A. Linder. 

vers, peut-être inverti. Or, les derniers hémistiches des vers 1346 
— 47 et tous les vers 1343, 1345, bien que placés différemment, 
sont communs à tous les manuscrits^ excepté G et en partie T. 
Nous hasardons donc la supposition que les vers 1342 et 1344 ne 
se soient pas trouvés dans Torginal de c, et que par suite de ce 
défaut il ait fallu en créer deux de nouveaux pour les remplacer 
afin de renouer la chaîne des rimes avec celle du couplet précé- 
dent. A cause de la rime du couplet suivant, le vers 1346, au 
moins pour ce qui regarde la rime, était indispensable à sa place 
fixée. Quant aux autres, le copiste était libre de les placer comme 
bon lui semblait. La structure du couplet précédent lui servait de 
modèle pour la nouvelle rédaction. A Faide du premier hémistiche 
du vers 1345 il fit un nouveau vers 1342 avec la cheville »col 
cuor quasi morto», de même un nouveau v. 1344 avec le cliché 
»e grande doglia porto» (cf. 259), le vers 1345 entrelacé comblant 
l'intervalle; puis, en si beau chemin, il plaça le vers 1343, qui 
dans cette leçon remplace le vers 1345 déplacé, ensuite avec le 
premier hémistiche de ce vers il fit le nouveau vers 1346, dont 
le dernier hémistiche à cause de la rime devait être conservé, en- 
fin, pour couronner Tœuvre, il eut Fheureuse idée de se servir du 
premier hémistiche des vers 1339 — 41 pour former le vers 1347. 
Cette nouvelle rédaction fut du goût de tout le monde : e Ta accep- 
tée, et peut-être déjà b, R Ta préférée, et les manuscrits consultés 
par T. Bini ne paraissent en avoir connu que celle-ci 

Peut-être que quelque autre motif a joué un rôle dans cette 
nouvelle rédaction. Le fond de tous ces vers est à peu près le 
même, ce qui pouvait rendre ce passage un peu suspect. Il n'y 
a donc rien d'étonnant qu^in copiste ait supposé de son devoir 
d'améliorer le texte, surtout si par suite de l'omission d'un vers 
ou d'autre le passage avait pris l'aspect d'un tornello, comme si 
un nouveau chapitre eût commencé par l'apostrophe de la Vierge 
1348 (cf II, IV, VI, IX, X). Que le poète lui-même ne l'ait pas 
voulu ainsi, le fait nous semble sûr: d'abord les vers 1343, 1346 
qui en premier lieu auraient dû faire défaut restent intacts, à tout 
le moins pour la rime, et c'est bien là le principal, dans tous les 
manuscrits, puis, dans toutes nos copies, il n'y a rien qui annonce 
un nouveau chapitre, enfin il est bien peu convenable de faire faire 
îl la Vierge une longue interruption au milieu de ses nénies et 
cela même entre son apostrophe à Jérusalem, v. 1333 et suiv., et 
son entrée même dans cette ville, v. 1372, cf pourtant 432. Si 



Plainte de la Vierge. XXI 11 

quelque part înterruption était passablement convenable, ce serait 
plutôt après le vers 1329, les funérailles faites et la mère plongée 
dans la douleur restant en monument auprès du Sépulcre. 

Enfin, pour ne passer sans discussion aucune hypothèse tant 
soit peu admissible, il se pourrait aussi que le poète eût fait lui- 
même des corrections dans son poème, en d'autres termes, que 
ces leçons fussent toutes les deux celles du poète. Nous croyons 
que non. Si cela était, il ne se serait guère contenté de remanier 
un seul passage. Or les autres parties du poème ne témoignent 
que d'une même et seule rédaction (pour les vers 344—45, v. sous b). 

Du reste il n'est que trop vrai que notre explication de Porigine 
de la leçon de e, quant à la forme, pourrait tout aussi bien s'ap- 
pliquer à la leçon que nous avons adoptée. Il n'y a qu'une ob- 
jection formelle à faire contre cette hypothèse, c'est que les manus- 
crits du groupe h se contredisent tous, ici comme aux vers 344 
— 45, et que le groupe c, outre la rédaction Bini fort toscanisée, 
n'est représentée au fond que par deux manuscrits, R comme re- 
maniement ne comptant pas, tandis que tous les autres manuscrits, 
y compris la compilation Bandarini, portent la nôtre. C'est là 
une autre raison qui se joint à celles que nous venons d'apporter 
pour justifier notre choix de leçon. Mais supposons un peu que 
nous nous soyons trompé là-dessus. La question est si délicate, 
le style du poète a si peu d'individualité et il ne s'agit que de deux 
ou de trois hémistiches et de l'ordre de quelques vers, qu'une 
méprise n'est que trop possible. Ce qui milite un peu contre 
nous et en faveur de cette dernière hypothèse, c'est que les manus- 
crits qui portant notre leçon ne sont pas tous tout à fait d'accord 
et que D, qui porte l'autre, est le manuscrit le plus ancien. Voilà 
qui n'est qu'une raison apparente et fort trompeuse. Il faudrait 
un hasard par trop exceptionnel pour avoir ici plus que partout 
ailleurs une unanimité complète, et puis M, qui se range de notre 
côté, n'est inférieur d'âge que de quelques années à D. Ajoutons 
que, pour les leçons, nous avons jugé nécessaire de ne nous écarter 
que dans des cas absolument sûrs des leçons oflFertes par le groupe 
a. Puis il n'y a guère raison quelconque d'adopter la leçon de c 
aux vers clochants que celle qu'elle est tant soit peu plus artiste- 
meut arrangée. Or le souci du style n'a aucunement été la pré- 
occupation de notre poète. Mais c'est ce qui nous trompe. Soit 
Libre au lecteur de choisir l'autre leçon, que nous avons jugée 
la mauvaise, dans les Variantes, et qu'il nous plaigne d'avoir 



C et T. 



XXIV A. Llnder. 

préféré à l'art le naturel. Enfin, quand même nous serions ici 
dans Terreur, cela n'ébranle en rien notre classification des manus- 
crits ni notre opinion sur le poème. Les manuscrits du groupe 
h ne pourraient être séparés, ni placés sous les autres groupes, et 
le groupe c se refuserait à toute autre classification que celle que 
nous venons de proposer. 
Groupe a. Nous voilà enfin arrivé au troisième groupe. Deux manuscrits 

de ce groupe, C et T, n'offrent pas de difficulté. Ils s'accordent 
pour la plupart presque littéralement tant pour le texte que pour 
l'ordre des mots (cf. tant'erto 469, colui 1512). Il faut donc qu'ils 
soient étroitement liés. La première question à discuter est de 
savoir s'ils sont indépendants l'un de l'autre. C'est ce que prou- 
vent les lacunes. Dans C il manque les vers 49—50, bourdon, et 
241 — 80, lacune qui correspondrait à un feuillet de son original, si 
celui-ci avait le même format que T. On serait donc tenté de 
croire T l'original sur lequel C a été copié, mais l'absence dans T 
du dernier hémistiche du vers 1038, pour lequel T a copié l'hémis- 
tiche correspondant du vers qui précède, et de tout le vers 1345, 
au lieu duquel T a copié une fois de trop le vers qui suit, suffit 
pour prouver qu'il n'en est rien. Les leçons confirment cette con- 
clusion. Ainsi C seul offre les rimes fautives suivantes: potença 
64 (senso T), driedo 196, 680 (drio T), menare 442 (levare T), re- 
dime 152 (recline T), rego 490 (priego T), mio 784 (miego T), mia 
vita 1309 (vita mia ï), dislengua 663 (dislegava T), pianti 1322 
(pianto T), ritorne 1376 (recline ï); d'autres fautes: ricorso 73 
(ristoro T}, perduto 151 (perso T), perducta 889 (persa T), pecca 
862 (peccato T), in me 1129 (con me T), mi si scolava 1197 (lique- 
facea me T); de plus il y manque parfois un mot nécessaire: non 
82, omnia 1510; enfin à cause de traduction les vers 1402 — 03 y 
sont incorrects. T de son côté offre des fautes semblables. Rimes 
fautives: ponto 36 (tolto), mia vita 387 (vita mia C, même faute 
1309 C, ce qui implique peut-être que C et T ont fait des correc- 
tions légères), mei dolori 796 (d. miei C), clamore 997 (pour clamare?, 
pregare C), morte 1209 (tolte C), humana 1304 (pura C), fervente 
1021 (stato fervo C), verso oriente 1038 (o sole e po te cira C); 
mots sautés: ca 204, mei 501, gran 575, te 680, pêne 812, me 972, 
dui 1211, donc 1302; d'autres fautes: lor 320 (dolor), sauto 652 
(savio C), mare 784 (fiol C), vivo 1305 (morto C), fijo 1310 (sposso C), 
mio 1320 (nuovo C), mistro 917 (ministro C), capo 1190 (lato C, 
faute qui semble indiquer que l'original a porté cavo et lado, for- 



Plainte de la Vierge. XXV 

mes qui peu veut se confondre assez facilement). C et T sont les 
seules de nos copies à offrir une forme analogique assez rare: 
bellegno 593 T, beligno 38 C; au vers 712 T porte pour rime aiva, 
C amaro (pour ai varo; il semble que ï soit resté court laissant le 
mot inachevé). En un mot, tout porte à croire qu'ils sont, Tun et 
l'autre, les copies directes d'un même manuscrit, peut-être peu lisible. 
Les fautes de l'un et de Tautre sont assez grossières pour être 
facilement reconnues et comparativement peu nombreuses. La langue 
de leur source commune semble avoir été un peu toscanisée par CT; 
il faut donc que celle-ci, que nous désignerons par la lettre a, ait 
été un peu plus dialectale que les copies. Dans C il y a beaucoup 
de fautes de pure graphie ou de lecture (corchio 5, bacco 5, ella 661 
(e a la), doli 668, si dislaci 1189, disse 1271, etc., mais la copie a 
sans doute été exécutée par une main italienne); T est le manus- 
crit le plus complet et le plus exempt de fautes d'une grave nature, 
donc de beaucoup la meilleure copie; si les formes n'en étaient si 
souvent purement toscanes, on la croirait fort apparentée à l'original. 

Parmi le reste de nos copies, M et celle qui a servi d'original M et Bd. 
pour le remaniement Bd sont les plus faciles à classiiier. Elles 
sont les plus apparentées à a et n'en diffèrent sensiblement qu'assez 
rarement. Comme les leçons de Bd ne pourraient guère nous 
éolaircir dans nos doutes, nous les avons parfois négligées, excepté 
là où sa rédaction offre tant soit peu d'intéressant ou d'individuel. 
Bd suit presque littéralement le texte de son original pour la plainte 
proprement dite (chans. Il— X), sauf au commencement et à la fin 
de chaque chanson. C'est surtout au commencement que, pour se 
soustraire à une découverte précoce, il a jugé nécessaire d'inter- 
caler dans son plagiat quelques strophes et plus loin, après le vers 
86, une cinquantaine de strophes sur les adieux de Béthanie. Ce qu'il 
y a d'étrange ici, c'est qu'il a su puiser dans la même source que 
l'auteur pillé, savoir les Devozîoni (cf. Sources, chap. IV) ; mais il n'a su 
résister à la tentation d'y insérer des allusions mythologiques, peut- 
être de crainte d'être réputé trop peu littéraire ou d'avoir pris la 
chose trop au sérieux. De plus il a ajouté quelques vers complé- 
mentaires après le vers 1078. Du reste il a prudemment remodelé 
la fin de chaque chapitre pour éviter l'innovation du tornello, ordi- 
nairement sans supprimer plus d'un vers, excepté le troisième 
chapitre où il en a rejeté quatre. Son original semble s'approcher 
de K (cf 86), mais ce ne peut avoir été ce manuscrit (cf. la lacune 
406 — 08 dans K), et il n'en partage pas les leçons particulières. 

Linder: Plainte de la Vierge. 3 



XXVI A. Linder. 

Parfois Bd s'approche de D (duoi 1369, dolor D, pour grameza), 
plus souvent de R (doglîa 792 pour brama, racontare 82 pour re- 
zitar, grave 66 pour grande, cieca 1377, senza il mio figluol R, pour 
* trîsta), et de P (quali 641), et de KP (tanta 75), et de M (colma 1347, 
pina M, pour chon; de le 1353 pour s'el è, cf. aussi 1380). De 
telles ressemblances sont sans importance le plus souvent. Toujours 
est-il que, sans dériver d'aucun de ces manuscrits, il a été fort 
apparenté à KMP (cf 1342—47). 

M nous offre quelques leçons curieuses: ebreo 1357 (e rio, 
l'original a sans doute porté: et reo), a aidame 1397 (a dar ne a, 
l'original: ni a da ni a?), d'ogni 1397 (faute de lecture: degno), 
core 1411 (corso, peut-être pour corse), madré 1417 (vena), fonte 
viva 1448 (forte lito), mare 1448 (pielego), qualunchena 1490 (q. ma?), 
Tanema in viritate 1441 (Fumanitate, signe abréviatif méconnu?); 
de plus les vers 1488-93 y sont placés après 1494—96; M est 
d'accord avec F pour peca 1458 (peccato), mio 1505 (dio), et l'ordre 
inverti des mots fiol mio 1309, intercale comme F i devant vuole 
1460; avec CF, M porte avodo 1393 (anodo); avec C, M invertit 
l'ordre des mots fiol dolçe 1379; avec K, M porte poi 1377 (posa), 
et omet el 1359; avec HS, M intercale habia 1498 (pris au vers 
1499); d'autres concordances (comme avec H 1412, 1488, 1500; avec 
S 1435, 1478, 1499; avec E 1512; avec CKPT 1229) sont encore 
plus insignifiantes. La concordance de M avec le groupe a sur la 
leçon 1342 — 47 est complète. Il faut donc que son original, au- 
tant qu'il est possible d'en juger par un fragment d'une copie mé- 
diocre, ait été apparenté à CFK, mais il ne peut avoir été dé- 
pendant ni de F (voir la lacune 1387—89), ni de K (v. la lacune 
1512-13), ni de C (v. les fautes 1402—03). 
F, K et P. Il nous reste encore les manuscrits FKP. Il n'est aucunement 

facile de démontrer ni leurs rapports mutuels, ni leurs rapports 
avec le groupe a, tant ils diffèrent entre eux et tant les déviations 
y abondent du type commun de ce groupe, et tant peu probantes 
sont leurs fautes communes à eux propres. Ce qu'il y a de certain, 
c'est qu'ils appartiennent à ce groupe. Voilà qui ressort, outre des 
leçons 344—45 qui les distinguent de è, et des vers 1342 — 47 qui 
les excluent de c, des leçons vignando 145 (per trarve bc, G ou 
son prédécesseur aura pris son original en défiance et corrigé, v. 
sous i), monda e bella 657 (neta e bêla, bêla P, le vers manque 
dans F), paso 1156 (ponto, mot qui se trouve aussi dans F), et des 
leçons déjà signalées sous les fautes de h et sous celles de c. 



Plainte de la Vierge. XXVÎI 

Il est de même évident qu'ils sont indépendants, chacun des 

autres et des autres manuscrits du même groupe. Les lacunes le 

prouvent et les leçons le confirment. Ainsi pour les lacunes, v. dans 

F 331—33, 933—35, 1000—02, dans K 406—08, dans P 30-31, 421, 

dans C 49-50, dans T 1345, dans M 1437-39; Bd, déjà à cause 

de son âge, ne pourrait jamais être soupçonné d'avoir servi de source, 

pour ne pas parler de la lacune 296 — 99; ainsi pour les leçons, chacun 

d^eux en a de tout à fait individuelles; dans K: fermi e dengni 

146 (digni), strato 196 (tosto), mordaci 210 (mordenti), torpensitù 

258 (pena), false e certe 263 (false), alchuno umano 743 (alguna 

mano), ellamento 768 (la mente), s'aconci e racoglia 795 (s^archoglia), 

cf. 959, 1440; dans F: la pena ogni dolor 455 (ogni pena la mia 

vita), cf 409—11, 436, 936, etc.; dans P: fu el stuolo 183 (fo lavato), 

pallato 435 (spalto), etc. Nous croyons avoir montré que b et c 

sont des groupes bien distincts et indépendants Pun de l'autre et 

du groupe a. Or il arrive parfois que FKP sont d'accord deux 

à deux et même, quoique encore plus rarement, un à un avec Fun 

des manuscrits de b ou de c. Ainsi KP sont d^accord avec c pour 

la rime fautive Zudei 222 (Zudea), avec Q pour la rime pax 1053 

(latin?), avec D pour le mot tanto 1206 (cotanto) et pour la forme 

tarda (tardo D) 910 (trado), d'autre côté avec G pour la faute disse 

Il (desese), et pour qualche raerito 535 (quai demerto; F ou son 

prédécesseur a curieusement pris de dans demerto pour l'interjection 

et a cru nécessaire d'invertir l'ordre des mots: de! per quai merto); 

ainsi FP sont d'accord avec D pour la rime fautive sospiri 1382 

(clamori, faute qui semble impliquer une leçon susuri = clamorî, v. 

Boerio), avec Q pour la faute descoprando (descovrindo Q) 1248 

(descorando, cf. 555), avec B pour piena 218 (pien, attribué à zente 

et non pas à Pilato), avec G pour ensirà 18 (desenderà); ainsi FK 

avec HS pour natura 1413 (chriatura, le mot a été corrigé dans K); 

K s^accorde plus souvent avec Q: aprosima 592 (-ava), lacerata 1276 

(del.), buttava 1297 (zitava), questa 868, 881 (sta) ; avec BQ pour la 

rime servo 1021 (fervo), avec DQ pour mane 468 (braze), avec BD 

pour l'absence des vers 1512—13 (lat.); P s'approche souvent de 

G; ainsi BP s'accordent pour la rime sia 125 (stia), et pour mandô 

139 (-ava), sonto 416 (son), che cosa 242 (che), revello 1100 (novello, 

peut-être la forme originaire était-elle rovello), pêne 1106 (-a; c'est 

dans P que la rime est correcte, ce sera donc B qui ici est la copie), 

pasione 1157 (comp.); GP s'accordent pour l'omission de tuto 21, de 

pur 1188, de îo 1252, de tout le vers 1342 (mais dans G, il man- 



XX vin A. Linder. 

que aussi les vers 1343 — 44), pour les fautes oirnè 587 (com'io), 
la 154 (quela), certanza 1073 (-eza), dolor 418 (torruento), laquai 
(le quale P) 1265 (che, cf. 641); EP s'accordent pour nasesti 529 
(natasti); d'autre côté encore DP s'accordent pour désira 651 (brama)^ 
et pour Tomission de che 159, de e 694, de mo 675; PQ s'accordent 
pour sea morta 1237 (se amorça), cossi 639 (eser si, omission du signe 
abréviatif sans doute), gran 331 (alti), aperte 1160 (averte? pour 
cruente), et presque vers pour vers pour les formes non apocopées; 
enfin F s^accorde avec Q pour le mot tenta (intinta Q) 1257 (coverta 
P, pour cruenta), avec DQ pour porta 357 (sostien), avec BC pour 
régna 1495 (regina, ce n'est que la rime dans F qui puisse se dé- 
fendre, cf BP 1106), avec DT pour aldir 1405 (adir pour dir?), 
etc. Comme on vient de le voir, FKP ne sont que trop indépen- 
dants lun de Tautre. Les quelques concordances que l'on y trouve 
avec l'uu ou deux des manuscrits d'un autre groupe ne se prêtent 
apparemment pas à notre classification, il est vrai, mais comme il est 
absolument impossible de les approcher de Tun ou de l'autre de 
ces groupes, il faut bien que ce ne soient là que des concordances 
fortuites, provoquées soit par une prédilection pour certains mots, 
soit par la difficulté de bien lire le texte de l'original, soit par 
inadvertance ou par un essai de corriger ce qui n'était guère com- 
pris. P surtout laisse voir qu'il a fort mal compris son original: 
lo tuo 750 (calqué sur oltru?), li avevano nuUi 1061 (li animali); 
sei (sapis) de son original est pris pour sei (es) 302, cf 720, 1002. 
Il n'y a donc pas à s'étonner qu'habitué à tant de privautés 
avec son original il Tait parfois tout à fait dénaturé, soit par inter- 
polations (525) et répétitions (464—65), soit par omissions (659 — 61) 
et transpositions (952—54), soit par exagérations (1199). Il semble 
parfois (v. 23, 76, 170, 233, 346, 460, 1061, etc.) que P ait écrit 
sous la dictée de quelque récitateur; mais ce sera la sienne même 
(cf V. 55, 69, 81, 83, 126, 161, 343), les interpolations prouvant 
qu'il n'en est rien; il ne se sera écouté que d'une oreille, ou bien la 
plume lui a fourché. C'est donc une copie très mauvaise, à tout 
le moins pour les leçons. Cela n'empêche pas que nous n'ayons 
adopté une seule fois sa leçon comme la bonne (ouipotente 602, 
le contexte y exigeant ce mot). K est un copiste plus consciencieux. 
Mais il lui arrive aussi de ne pas comprendre son original (cf la 
correction faite au v. 1135). F est surtout coupable de modifications 
considérables, qui portent, soit sur des rimes (937, 1332), soit sur 
des vers (375, 436, 1512), soit sur des strophes entières (409—11, 



Plainte de la Vierge. XXIX 

etc.), et de nombreuses omissions (cf. 672, etc.). Touh les trois 
semblent des copies indirectes. 

Il est bien plus difficile de démontrer leur affinité mutuelle. 
K est, ainsi que nous l'avons dit, écrit comme de la prose (cf. la 
transposition des mots in alto, v. 433 — 34, et celle des vers 25—30 
après les vers 31 — 56). P aussi semble avoir été copié sur une 
copie semblable. Comment en expliquer autrement la versification et 
les rimes fautives introduites par suite de Tordre des mots inverse 
(cf. 132, 157, 182, 256, 407, 437, 473, 991), comment autrement 
les rimes plates (cf. 183, 338), et les vers sans rime (cf 435, 437)? 
De plus, K après le vers 86 porte «Capitulus primus»; P ici fait 
86 rimer avec 85 de manière à faire tornello, quoique sur la rime 
de la strophe suivante; le passage manque dans F. Puis, K et P 
possèdent quelques fautes en commun: ils transposent per 908, 915 
et dénaturent le sens (cf 916), K porte vendolo 1294, P vedello 
(vedendolo); KP tanta 495 (tal), tanto 474, 1206 (cotanto), me fano 
774 (e me fa), les rimes fautives crêpa 449 (crieva), desideran 1040 
(désira), gridare 1261 (cridava), intercalent gli 223, de 234, omettent 
la 1137, fata 670, pur 1241, ancor 528, dolze 511, de 579; tous 
les deux semblent avoir copié un original qui a porté masun 1337 
(ïsion dans K sera pour ifision) pour vision, et pastore 1062 
(factore dans K est plutôt faute pour pastore que pour possessore), 
porse 1074 (prese, dans P, est plutôt pour porse que pour toise), vi 
leva 584 (allega P, plutôt pour vi leva que pour ve laga), batando 
984 (batea), stesino 1087 (stese), ciascadun 583 (cf 230, 865, 1091, 
1352, etc.) pour zaschuu. Chacun d'eux s'approche de F. Ainsi 
FP s accordent pour les rimes cridore 271 (clamore), zerna 703 
(deserna), descende 142 (destende F, pour tende), folia 336 (dolia), 
pour les fautes podere 1221 (pensier), picola 1174 (pizol), quello 
1324 (el), tante 679 (cotante), monta 418 (desmonta); ils omettent 
osef 1274, lasa 672, pur 668, per ti 685, che 1166, io 1344; ils 
intercalent monte 694, mio 629, che 1106, perché 988; ainsi FK 
s'accordent pour les fautes: che al chuor 190 (che ancor), insidia 
1282 (perfidia, cf. aussi nominare 1092 pour richordar; disio o odor 
233 F, disio allore K, pour e desio); FKP, pour entre 729 (adentre) 
et ils portent tous les trois quelques formes méridionales. Encore 
montrent- ils, un à un, de l'affinité avec C et T. Nous n'en relè- 
verons que quelques exemples. 

CK s'accordent pour les rimes fautives: dislega (-ngua C) 663 
(desligava), siamo 1208 (semo), busco 1323 (buso), a casa 1375 



XXX A. Linder. 

(tasa), pour les fautes: boce 111 (bote), tanto 995 (cotante), striugeu- 
dosi 947 (struchandose), cf. 1132, 1272, 1452, 1464; KT, pour 
rintercalation de gran 108, pour la forme tra 1434 (dentro); CKT 
pour mouda 657 (neta); leur original semble avoir porte laîa (l'anima, 
la mîa) 1481 pour l'umana; CKP, pour les rimes drieto 196, 208 
(drio); CP, pour la rime absurde amaro 712 (avaro, cf. aiva ïj, 
pour le mot vague et trop peu précis rispuose 365 (represe), pour gran 
122 (tal); CPT, pour le mot tuta 1250 (prima), et pour la rime 
oiraei 1118 (ornai); FT, pour la rime impossible fervente 1021 (fervo; 
dans F fervente, corrigé de ferito; P ici porte ferro, sans doute 
faute pour ferio), pour le mot ritrovar 1481 (rechovrar); probable- 
ment ne in 1129 T est pour ne io (ne mi F); FPRT, pour stanno 
150 (faze); CFK pour Fomission de fin 32, etc. Nous aimons à 
croire qu^avec tout cela nous avons démontré que FKP sont des 
copies indépendantes d'une source commune et qui de sou côté à été 
apparentée à celle de CT sans en être dépendante. Nous venons 
de remarquer que M aussi est apparenté à FK, de même que 
Foriginal de Bd à KMP. 

Il doit être clair que dans un poème plus lyrique que narratif, 
comme Test malheureusement le nôtre, il est très difficile de dé- 
voiler et de mettre daus le relief désiré les traits d'affinité qu'il 
doit y avoir entre les descendants d'une même famille, là surtout où 
les plus apparentés, pour peu qu^ils existent encore aujourd'hui, nous 
sont restés inconnus. Nous avons déjà remarqué que B ou quel- 
qu'un de ses prédécesseurs a utilisé un manuscrit du groupe a. 
Il nous semble de toute vraisemblance que ce manuscrit a été ap- 
parenté à P, cf. la concordance de BP pour che cosa 242 (che), 
aflita 304 (afita), sonto 416 (son), plaga (piaga P) 586 (paga), la 
767 (quela), ora 637 (mo); de plus tous les deux ne sont pas libres 
d'interpolations, et tous les deux désignent le commencement d'une 
nouvelle partie après le vers 86, cf. aussi BP à la rime 1106, BF 
1495 ci-dessus. 

Il y a encore une circonstance qui concerne P de près, qui doit 
nous intéresser. Nous avons déjà montré que R dépend du groupe c. 
Mais indépendamment de c^ R montre avec P et parfois avec F et 
K des concordances si frappantes qu^il paraît nécessaire de suppo- 
ser que R ait utilisé un manuscrit apparenté à P. Ainsi PR por- 
tent les rimes dragoni 261 (demoni), prese 1074 (toise), palese 1076 
(el volse), genti 212 (dolenti), conficti 709 (afitî); cf puro (buro P) 
977 (arzuro); les omissions de: vui 126, in tera 205, guardando 



Plainte de la Vierge. XXXI 

1226, tu 806; les întercalations de: foco 1197, proferevi (-esti P) 
253 (dizendo io voio); les mots (échangés): pena 770 (doia), pêne 281 
(doie), piangere 1356 (lagremar), mio 801 (suo), oramai 1201 (o marî), 
sentisse 193 (fese), raesso 1320 (posto); enfin la chanson finale man- 
que dans tous les deux; FR portent la rime danni (dane F) 1332, 
dans un sens différent, il est vrai, mais il n'y avait rien qui con- 
traignît R à tomber sur cette rime; FQR: pulicano 747 (pelicano, 
pour pellichano?); FR s'accordent pour les leçons creatore 1062 
(posesore), ciascuno 1145 (tuti), con eso 1314 (con), chîno (inchino F) 
970 (înclinato), dolor 1086 (pasion), pour Tintercalation de potessi 
1324, cf. de plus 1205, 1371; KR s'approchent au vers 109 (boce 
K, parolle R, pour inzurîe) et très souvent pour les formes toscanes, 
bien entendu; KPR s'accordent pour l'omission de mio 772, de aver 
890, de che 770. 

Si nos tentatives en vue de démêler 
l'affinité des manuscrits de notre dernier /^ \^/i 



groupe ont été tant soit peu heureuses, ^ J^ \ V^"^^^""^"^ 

nous serons bien fondé à en proposer le ^ ^i 

tableau ci-contre: 

On ne saurait objecter contre ce classement que le groupe a 
pourrait dériver du même manuscrit que B et n'en être que la 
copie corrigée sur un manuscrit du groupe c, ce qui reviendrait à 
dire que a aurait introduit des mots dialectaux et vieillis, tout en 
rajeunissant nombre d'autres mots, que a aurait corrigé Tun et 
l'autre original, tout en produisant des variantes fautives de sa 
fantaisie, que cette copie assez fidèle, tant pour les leçons qu^à un 
degré de moins pour la langue, descendrait de copies assez négli- 
gées, puis cette hypothèse nous impose de nouveau la nécessité 
absolue de supposer un emprunt direct d'un groupe à Fautre; en- 
fin il nous paraît impossible que quelque copiste ait su imiter si 
heureusement les expressions individuelles du poète comme a seul 
l'a fait aux vers 1342 — 47. On aurait beau faire remonter a à 
la source commune de B et de G. Dans ce cas, la leçon 1342 — 47 
reste inexpliquée. On voudrait le placer sous e, qu'on ne le pour- 
rait pas, V. e contre g] il serait plus impossible encore de le faire 
ressortir de c, v. les fautes de c et celles de a. Par conséquent 
le groupe a reste un groupe spécial. Indépendamment de b et de c, 
a descend de l'original par un nombre plus restreint d^intermédiaires 
ou par des intermédiaires plus consciencieux. Nous désignerons 
cet original par la lettre o. 



xxxu 



A. Linder. 



La parenté mutuelle des manuscrits et des éditions qui ont été 
Tobjet de nos modestes études, pour autant que nous avons été 
capable de la retrouver à travers le dédale des variantes futiles 
qui foissonnent^ s'éciaircirait donc par le tableau de filiation suivant: 



eu 




f^^ 




De ce qui précède il doit ressortir que toutes nos copies, ex- 
ception faîte des remaniements, surtout R, ne diffèrent, quant au 
fond, que bien rarement, peut-être à cause du thème religieux et 
de la forme lyrique en tercets. Aussi se sentirait-on peut-être 
tenté de dresser d'abord l'arbre généalogique suivant: 

Mais alors la différence entre c 
et h (344 — 45, etc.) reste inexpliquée, 
sans parler des énigmes qui se pré- 
sentent pour la leçon 1342 —1847 et 
pour les fautes qui ne se retrouvent 
que dans a. De plus, la valeur du 
groupe a comme copie corrigée sur 
c resterait presque la même. Il faut 
donc que a soit un groupe indépen- 
dant de h et de c. 

Etablissement Mais si nos copies ne diffèrent en général que bien peu, nous 
du texte, ^vons dû hésiter souvent dans le cours de l'établissement du texte. 
Cette hésitation a été moins possible pour le choix des vers qu'il 
fallait faire rentrer dans le poème. Ceux qui ne se trouvent que dans 
un manuscrit (B, E, P. R, S) ou qui devaient, selon toute vraisem- 
blance, leur origine au besoin de combler une lacune (A), sont de 
toute nécessité exclus. Que les vers 1510, 1512—18 doivent faire 
partie du poème, la chose a été un peu douteuse. Mais comme 
ils sont d'accord pour le fond avec les vers 86, 1880 et pour la lan- 
gue avec beaucoup d'autres, p. ex. 1, 986, 1485—87, etc., et qu'il 
nous a paru fort probable que Fauteur a voulu finir, comme il avait 
commencé, par des citations en langue liturgique, nous les avons 
adoptés. Leur absence dans plusieurs manuscrits (les vers 1512 




Plainte de la Vierge. XXXIII 

— 13 dans BDK, entre autres, cf. Bini, p. 157) peut bien s'expliquer, 
la dernière chanson se présentant souvent comme poème indépendant. 

Nous croyons avoir démontré que la famille a est celle qui se Base de 
rapproche le plus de l'original. Il a donc fallu nous décider à *^"«^*^''- 
prendre pour base de notre édition Tun des manuscrits de cette 
famille. Or, puisque b et c sont des branches indépendantes de a, 
il s'ensuit naturellement que la copie de ce même groupe qui pré- 
sente le plus de similitude avec b et c doit être préférée Cette 
copie, comme nous venons de le faire voir, c^est T. C'est donc 
T qui a dû servir de base pour notre édition. 

Voici notre système suivi pour rétablissement du texte. Nous 
avons adopté la leçon qui nous a été fournie par deux d'entre nos 
trois groupes contre le troisième, au cas qu'ils aient été unanimes; 
du reste nous avons donné la préférence au groupe a. Force nous 
a donc été de faire subir çà et là au texte de T quelques change- 
ments, pour la plupart très peu signifiants et qui s^imposent par 
l'examen comparatif des autres copies. 

Mais si Je poème s'est prêté à une restitution assez sûre pour BeconstruQ- 
les leçons, il n'en est malheureusement pas de même pour la recon- ^^J^ ^^ 
struction de la langue. D'abord il n'est pas tout à fait certain 
dans quel dialecte spécial du vénitien le poème a été conçu. Nous 
croirions volontiers à celui de Monte Belluua, mais les rimes ne 
s'y prêtent guère» Puis il y a plusieurs mots qui se revêtent de 
formes dîflférentes même à la rime, et l'on n'est guère justifié à 
supposer chez l'auteur une étude spéciale du mot final, la préoccupa- 
tion du style ne paraissant dans son poème que par intervalles, ou 
pour tenir un langage plus précis, on ne lui croirait pas plus de 
soin pour la rime que pour le corps des vers. Il se pourrait donc 
que les formes dialectales soient amenées par la rime. Ensuite le 
poète, par des allusions et des citations, soit en latin, soit de la 
Divina Coramedia, fait voir un tel soin de classicité que l'on n'ose 
guère lui supposer une prédilection prononcée pour les formes dia- 
lectales. Enfin, il y a dans toutes nos copies trop de traits de 
«l'illustre langue vulgaire». Et voilà qui a rendu notre tâche extrê- 
mement pénible. Probablement c'est cela encore qui a fait douter à 
T. Bini que le poète ait été Vénitien, et qui lui a fait supposer le texte 
défiguré par des copistes vénitiens (Bini, p. X), tout impossible que 
nous paraît cette supposition. Pour le choix des formes, nous avons 
donc tout d'abord dressé un rimaire, un vocabulaire, une phonéti- 
que et une grammaire, et à l'aide de ces instruments nous avons 



XXXIV A. Linder. 

réussi à constater que les formes de DQ et de BT sont les plus 
probables. Et comme Torthographe la plus usitée dans BDPG se 
retrouve çà et là dans toutes nos copies, nous l'avons adoptée, en 
amenant notre texte à l'unité orthographique, dont le système très 
simple est éclairci par nos annotations linguistiques. 
Abréviations. Les notes tironiennes qui sont très inégalement employées dans 
tous nos manuscrits (excepté peut-être M et S que nous n'avons 
lus que sur Tim primé) et, quoique plus rarement, dans nos éditions, 
n'offrent rien de bien remarquable. Pour leur solution il nous a 
suffi de consulter ^ouvrage de N. de Wailly. Cependant, comme 
il se peut très bien que nous nous soyons parfois trompé dans nos 
solutions, et parce que l'usage de ces notes est un peu différent 
dans les manuscrits italiens et que nous croyons cette connaissance 
propre à suggérer aux lecteurs des corrections ingénieuses, il est 
de toute justice que, pour leur faciliter le contrôle et nous assurer 
leur coopération, nous leur rendions un compte exact de nos solu- 
tions, en leur offrant un aperçu sommaire des notes de nos copies. 

I. Une ligne horizontale, rarement un peu courbée, tracée au- 
dessus d'une voyelle ou d'un groupe de lettres, s'emploie très sou- 
vent pour indiquer: 

P ^omission d'une nasale qui, dans la plupart des cas, aurait 
sa place après la voyelle surmontée: chomêso 978 B, vergïe 27 C, 
co 508 D, î 5 £2, grâ 27 F, âcila 2 G, mëte 1393 H, câbio 981 K, 
veîra 961 P, rëdea 372 Q, nô 81 R, 607 T, almê Bd, v. 63 en 
note; omîpotente 602 P, 1262 F (omnipotente eu toutes lettres 
1083 BF), orne 584 P; 

2^ l'omission d'une nasale précédée d'une voyelle quelconque: 
bo 1449 F, tpo 528 BF, 1177 F, comça F (dans la vedette), opîone 
263 P, hoîbs (hominibus) 1054 K; 

3® ou bien, et cela dans des mots d'un usage plus fréquent, 
une abréviation quelconque, le plus souvent des contractions ou des 
suspensions: dfie (domine) 968 D, dni 727 G, sca 14 EF, sâe 675 
K, oia (omnia) 1510 F, qii (quando) 6 F, biî (bene) 151 K, bndeto 
1133 P, âîa 1101 KP, 421 GK, peco 750 P, pcca 862 CP, peccori 
587 K, o6ia (obedienza) 808 P, sapia 207 P, fëvi (fevvi) 133 K, 
spês (species) 613 P, grâ (grazia) 47 FK, quai 361 P, yerîm 398 G, 
vrâ (vostra) 129 B, ftelli 483 P, nfa C, la vedette; et les abré'^ 
viations d'origine grecque: xpo 434 F, 222 GPQ, jîiu 1485 C; 
de même xpiam 39 F. 



Plainte de la Vieige. XXXV 

IL Combinée avec certaines consonnes (p, q, ch), une telle ligne 
n'a rien à démêler avec les nasales ni n'a rien d'indéterminé: 

1° tracée au-dessus d'un q, elle est pour ue, ua: ql 20 F, 220 
K, qlleî 481 P, qla 50 F, qsto 53 K, qsta 41 F; qli (quali) 639 K; 

2® placée au-dessus d'un p, elle est ordinairement pour re: 
pmio 59 F, psto 1233 G, pcioso 1318 F, pndendo 1269 F, ou elle 
indique l'omission d'un groupe contenant une r: pnte 256 P, 751 F; 
tpo 523 BF pourrait être pour templo, mais puisque ce cas reste 
isolé, et que la même forme se trouve en toutes lettres 979 G, 
nous avons lu comme d'ordinaire; 

3^ traversant la haste du groupe ch, elle est pour ei ch 887 
G, 9 F, qualch 734 F, pcîi 793 F, pchl 958 G; au vers 1274, F 
porte cîil qui pourrait être pour ch'al, mais en comparant la leçon 
de R, nous avons retenu la solution ordinaire; 

4*^ tranchant la queue d'un q, elle est pour ui: q 1380 B, 1513 
F, 867 T, agstar 1484 F, inig 474 F; 

5® tranchant la queue d'un p, elle est pour er, ar, in p 42 F, 
163 Q, 751 R, 1491 T, pso 151 K, pdo 911 G, aspa 299 KP, 
spanza 1494 F, spâdo 1213 G, sap 242 K, pduto 151 Q, pfidia 
1282 GQ, vitupio 249 K, psepio 1057 F (signe abréviatif mal placé: 
psepio?), pch 541 F, 833 P; p 885 F (deux fois: la première pour 
per, la deuxième pour par), padiso 1233 K, pse 1097 P, p 729 R, 
637 K, plare 895 Q, pllavo 575 K, pte 649 P, pta 1510 Q; spito 
453 K. 

ITI. Une courbe, parfois presque droite et verticale, ressem- 
blant à une virgule et qui se trace à droite au-dessus d'une lettre, 
excepté u qu'elle surmonte (cf. IV ci-dessous), indique: 

P l'omission d'un e: grand' 978 F, qualch' 1298 F, ch' 12 F; 
ch' 450 P semble un peu douteuse (che ou chi?); 

2^ l'omission du groupe er: c'cha 1108 P, mat' 1487 F, aiîto 
588 P, pot'osso 343 P, frat' F (chiffre du copiste, p. 54^), t'ra 694 P; 

3^ une abréviation par contraction : sc'ta 478 F, gl'osa 974 K, 
991 P, yh'u 17 F (cf I, 3«), ^ph'a 1092 F, tribolsa (ligne ressem- 
blant à un point) 206 C. 

IV Une oblique traversant une consonne, le plus souvent s, 
tient lieu de: 

- 1° er, ir, or, ur*): ef 253 B, 195 F, efe 527 P, fvava 1173 F, 
fvo 1021 K, 1301 F, fmone 852 PR, fpëte 1424 K, fpe 1424 F, 



^yP^ correspondant manqae. 



XXXVI A. Linder. 

difto 145 R, ofva 1275 Q; ^tu 1439 F, ^zene 936 P, ^meglîo 843 F; 
^go 1 F; gtiosa 233 P; méfia 524 P: 

2« i(l)yu(l) : t'bîata (tribulata) 430 P, /lolo (pour /iolo?)*) 276 P; 

3° une plus grande abréviation (cf. I, 3^) : ierîm 398 F. 

V. Un croissant, originairement identique à la note tironienne 
'•i'(ur), placé à droite au-dessus d'une voyelle, est pour indiquer 
l'omission d'une r ou d^ln groupe contenant cette consonne: côpo 
1256 F, dolô 627 K, dâ 7 B, cô 360 P, tëra 1331 F, guâdo 969 
P, ïrosso 135 K, gras C (lignes ajoutées à la fin de la X® chanson). 

VI. Un croissant renversé (cf. I ci-dessus), tracé au-dessus 
d^me r finale ou d'une syllabe, est pour -e: dolor 318 P, dar 331 
P, cor 348 P; en forme d'accent circonflexe, probablement un a 
cursif, il est pour lia: qlche 1041 G, ql 987 G. 

\11. Un double croissant, originairement signe abréviatif de a, 
rappelant un w allemand ou plutôt un œ grec (remplacé ici par 
deux points)*), placé au-dessus d^me lettre, s'emploie souvent à 
indiquer l'omission: 

1® du groupe ua (cf VI et X): qnto 35 K, qlche 535 K, 

2° d^une] r ou d'un groupe contenant une r: mo ta 412 F, 
narasti 529 K, myra 1048 G, g 293 P, grio 623 K, asp 835 K; 

3® d'un groupe quelconque: meno 217 K, era<^ (erravano) 667 K, 
gnatione 815 F, nro 1200 F, nre 1436 F, frello 367 P, ee 86 P. 

VIII. Une faucille renversée, placée à gauche au bas d'un p, 
est pour ro: <pducisti 20 F (^duxisti Q), ^na 1247 K, <pferevi 253 
R, ^ziede 1421 F, ob^briose 109 C, ^dusse 537 C. 

IX. Une voyelle est souvent placée à droite au-dessus de la 
lettre qui précède (voyelle suscrite) tout comme un exposant, pour 
indiquer l'omission : 

1» d'une r: c'ata 638 P, sc'to 742 F, 147 B, lac'me 527 P, 
t'sto 1170 F, t'sta 882 BF, t'bîata 430 P, p'mo 826 BF, p'vavi 
1171 F, voste 1201 F, ait' 1173 F; c'de 482 P .semble un peu 
douteux (cride ou crede?); 

2® d'une n ou d'un groupe contenant une n\ og' 1369 F, malig® 
581 F; alg* 1126 F, era° 667 K. 

X. Une voyelle superposée à un q (cf. VII ci-dessus) indique 
l'omission de u: qlche 535 P; superposée à une autre consonne, 
la voyelle indique une plus grande abréviation: x (Christo) 222 K. 



•) Type correspondant manque. 



Plainte de la Vierge. XXXVII 

XI. Un signe ressemblant à un point-virgule ou plutôt à un 
trois tracé un peu obliquement sur la ligne et souvent entrelacé à 
la lettre précédente, est pour: 

P 'US (latin): hoïb3 1054 K; ou bien pour -ïY (latin): fg (fecit) 
F (chiffre du copiste, p. 54^); 

2^ er- ou bien ere-i ess3 351 F, 527 K; ou bien encore pour 
-ne ou -e: qualunq3 1490 F, afgrra 640 K. 

XII. En outre il y a quelques signes spéciaux à noter. Les voici. 
9 et 9 pour con et co (rien que l'enlacement des lettres con): 

9ti 55 F, 9ven 171 Q, 9dotto 187 K, 9forto 1298 BF, 9tento 56 
FK; 9gnosimento 1141 Q, etc.; 

2 et & pour et (ligature des lettres grecques correspondantes): 
Z 148 P, 394 D, 1067 T, 945 F, & 100 E\ 299 G, etc.; 

2|. pour 7'um (lat.): graciai^ C, fin de la dernière chanson, se- 
culo2|. F, p. 53'. 

y pour cominciamento F, la vedette. 

Pour nous résumer, ce sont surtout r, u et les nasales, ou bien 
des groupes contenant une de ces lettres qui s'écrivent en abrévia- 
tion, et le choix du signe abréviatif semble y jouer un rôle presque 
indifférent (v. les n:os désignés 3"). Il va de soi que le signe semble 
parfois omis, méconnu ou même superflu: pcato 803 F (où il n'est 
guère question d'un enlacement de lettres: c pour ec), venosa 1423 
F; uma (-na?) 1441 F, humita 1441 H, mre 669 Q; plus douteux 
sont les exemples suivants: vedersi 1032 F, po (perô?) 607 C, 1237 Q, 
quato 1299 T, pecca 862 CP, pecco 403 K, mio (minimo) 1408 B, 
suo (sumo?) 1067 G; en outre per 437 B, abandôna 837 G, îanâzi 
1206 G, maviglio 940 Q, appacchiato 254 et 541 K, aue (aue?) 
1194 F, uano (u*no?) 745 F; & manque souvent dans G; c'est 
probablement grâce à une négligence qu'au vers 1440, F porte mëte 
pour meta, qu'au vers 1237, D porte Onde pour Donc, qu'au vers 
308, P offre vita falsa (uîtà falsa ?); de même il se pourrait que 
séria 1278 G, pour sia, fût dû à un tel signe ajouté par mégarde 
par un scribe, et que prese 21 E fût mal lu pour porse, de même 
trovata a la 522 F, pour trovata a, etc. Ajoutons que plus un 
manuscrit est d'une date récente, plus il abonde en abréviations, 
et que nous n'avons pas réussi à trouver, dans l'usage de ces 
signes, de traces d'affinité entre les divers manuscrits. 

Il serait peut-être bon d'ajouter: 

1^ que, dans certains manuscrits, les lettres sont parfois con- Lettres 
jointes et entrelacées: glelbe 291 R, elbeu 1064 K (Ib = bb); albassa ^^rehcées. 



XXXVIII A. Linder. 

1109 P est plus douteux; mdre 758 Q (d = ad); daSrno aSrno 436 
K (for ressemblant à di)\ pmo 821 T, ppolo 220 P (p = po); acha- 
desi 524 F, grand) ard^re 704 F; Abron 1113 R est peut-être 
pour Abiron, santa 1161 R pour sanità; solame 1027 F est peut- 
être dû à l'enlacement de b et o (e) de son original; la forme piena 
1499 F, la rime voulant pregna, semble en partie due à un enla- 
cement de gn; 
Lettres fa- 2® que les lettres qui sont les plus faciles à confondre sont 

ciles acon- ]gg suivantes: r et i; r, c, e, o et t; b et v; g, z et j; fr et st; 
et, rt, tt et it; n, u, ri, ir; m, iu, ui, ru, ur, ni, in, rn et nr (iniu- 
riar et pur mirar 439, toccar et covrir 551 s'écrivent à s'y mé- 
prendre; unîta 1140 R ressemble à uscita ou à usata, de même, 
originairement, franto, stancho et trito 716); c'est peut-être à seule 
fin de conjurer une telle confusion que pour i s'écrit souvent j ou 
y et que, dans plusieurs manuscrits, le second jambage d'une nasale 
se prolonge en courbe à la droite et retourne ensuite à la gauche*): 
çascuj^ 1418 T, cui; 1393 H, co7?;i 1259 D, d'uj/ 435 K, Jerusales 
1335 C (1/ ou 3?). 

Il va sans dire que les scribes joignent et divisent les mots 
un peu au hasard, peut-être d'après leurs vues sur la calligraphie 
ou d'après l'espace. Les manuscrits d'une date relativement récente, 
exepté F et T, sont en général plus difficiles à déchiffrer; D et F 
sont de vrais modèles de calligraphie. 
Corrections. Les copistes se sont parfois corrigés. Une telle correction se 

fait le plus souvent par Texponctuation des lettres fautives et par 
la superposition ou l'addition, à leur lieu et place, de celles qui doi- 

la tua 

vent en tenir lieu: la mia 626 K; parfois un mot est ajouté au- 
dessus de la ligne: *casa 1375 K, ou bien en marge et, dans ce 
cas, 1 attention du lecteur y est appelée par un signe de correspon- 
dance: "al cielo . . . | " trista 180 K; c'est sans doute l'omission de 
ce signe qui, dans K encore, place les derniers mots du v. 433 
à la fin du vers suivant, ce ms. ayant été écrit comme de la prose; 
parfois Tomisson est indiquée par un ove renversé ( a , l'initiale de 
abest, vacatf ou caret?): no").^ 773 F; parfois les lettres supposées 
fautives sont tout simplement rayées nulles: (con)tra*) 1434 T, par- 
fois aussi il est difficile de dire ce que le copiste a voulu écrire: 
deglie 77 K (dogliero, doglio?); dans F il y a un signe spécial pour 
indiquer la correction du dernier mot d'un vers, c'est \'~[delendnm: 



*) Types correspondants manquent. 



Plainte de la Vierge. XXXIX 

lisez) ressemblant à une racine: ferito V~fervente 1021 F (cf. P etT), 
danarse V~lasarse 1032 F; l'ordre transposé est restitué par des 
chiffres "morto e 'posto 286 F, seul exemple de ce genre dans nos 
copies. 

Quant aux enlumineurs, il n'y a presque rien à dire sur leur Enlumineurs. 
compte. Les incunables ont été imprimés en vue d'être illuminés, 
ce qui n'a cependant pas eu lieu dans nos exemplaires; seul Fenlu- 
mineur de F s^est rendu coupable de quelques inadvertances: 

1^ ç pour z indiqué par le copiste: Çiaschuna 230, Çiaschun 1145; 

2® i pour ri offerte par le copiste le 1160; 

3^* d pour l'o prescrit: Dime 823, cf. 334, 338; 

4^ o pour l'i donné par le copiste: Onti 1491; au v. 483 il 
est impossible de dire ce que le copiste avait écrit, mais ses d 
ressemblent parfois, p. ex. au v. 848, à ses s; Tenlumineur ici est 
donc peut-être sans reproche. 

Nous croyons en avoir assez dit pour que Ton puisse juger Conchmon. 
par soi-même, et nous serions heureux que l^on ne regrettât pas 
trop de ne pouvoir consulter les copies mêmes. C'est que d'un 
côté, il est d'une vérité proverbiale que quatre yeux voient plus 
loin et plus clair que deux, de Vautre, ce n'est qu^une chose com- 
mune de constater qu'il est plus facile de discerner la bonne leçon 
à celui qui relit un texte sur l'imprimé qu'à celui qui, à force 
d'étudier minutieusement les signes et les formes, finit par s'aveugler 
sur les faits les plus simples. Encore ne faut-il pas confondre les 
négligences individuelles et les fautes de lecture et de graphie 
fortuites avec les leçons propres à décider de l'affinité des manus- 
crits. La restitution du texte a comme nécessité une légère nor- 
malisation, là surtout où les variations nous ont semblé capricieuses. 
Nos copies nous en offrent tant d'arbitraires et semblent si éloi- 
gnées de l'original que le mérite d'une impression consciencieusement 
diplomatique nous a paru tout à fait illusoire. Du reste, les Vari- 
antes sont là pour représenter les copies. A bon entendeur, salut. 



II. Versification. 

A. Syllabes. 
El Pianto, comme tant d'autres ouvrages du bon siècle des 
Italiens, est écrit en vers de onze (dix, d'après la mesure fran- 
çaise) syllabes (endecasillabi), enchaînés par la rime en tercets et 



XL A. Linder. 

qui, contrairement à Tusage sacré, finissent par un tornelio de deux 
lignes. La versification de chaque manuscrit laisse beaucoup à dé- 
sirer (V. 224, 283 B; 315, 409 C; 193, 326 D; 155, 197 E; 386, 
739 F; 315, 894 G; 1498, 1509 H; 248, 251 K; 1380, 1405 M; 
243, 606 P; 191, 234 Q; 213, 217 R; 1454, 1457 S; 336, 362 T, 
etc.); dans bien peu de cas (339 B, 197 C, 409 D, 242 E, 963 F, 
523 G, 114 K, 122 P, 197 Q, 423 T, etc.) une syllabe atone ne 
semble pas compter à la césure (cf. Salv., p. 7); çà et là (283 B, 
503 CT, 157 D, 1032 E, 386 F. 827 G, 409 K, 114 P, 706 Q, 
943, 1141 R) se manifeste une légère tendance à un vers de^treize 
(douze) syllabes, et même la rime paraît parfois suspecte. Il nous 
a bien fallu remettre de notre mieux les vers sur leurs pieds et 
restituer la rime. Les Variantes fourniront d'amples matériaux à 
qui, mécontent, comme nous-même, de notre travail fastidieux, vou- 
dra bien le refaire. Voici les règles que les observations compara- 
tives des manuscrits nous ont fait suivre pour le compte des syllabes. 

I. Mots isolés. 

1® La diphtongue initiale compte pour une syllabe: aire 977 
(cf. aïro, Reg. San., p. 50), austro 1041, (et atone) aurora 169, mais 
pour deux dans aïta 884 (ad-ita, ou adj'ta?). 

2® Dans Tintérieur du mot la diphtongue (raccolta comme 
distesa) compte souvent pour deux syllabes: 

a) la dernière des voyelles est a: bëata 13, 1154, bëato 828, 
1391, bëate 401, mais beati 1511; Zôane 900, etc., mais Zuan 506; 
siiave 20, etc., quatridûano 368; desprisïata 116, sazïar 113, 1218, 
1242, sazïasti 643 (ou milïa?), arlivïata 1213 (ou bien arliviata | io), 
alenïato 716, chrïatore 294, 1462 (chriatore 1064 ou gran[de a)le- 
greza?), chrïatura 295, 1462 (chriatura 61, 1413), chrïato 445, 
chrïata 638, 828, 1065, inzurïar 675, inzurïava 223, inzurïando 439, 
familïare 376, sïate 473, 474, suarïava 457 (ou tuta | oimè), rabïava 
1328, impériale 288, alturïare 756 (alturiar 873 plutôt que de altu- 
rïar, alturiare 1001 plutôt que puoi alturïare), mais Otavian 7, chri- 
stiano 39, abilite 479, 1387, zelestîlil 1279, chambîasti 619, et à 
plus forte raison aparechiato 541, etc.; 

b) la première des voyelles est a: faraon 136, faraône 130, 
paûra 291, Ismaël 678, saïte 279, saïta 1423, raïna 35, 524, etc., 
maïstro 257, 359, 915, 925, amaïstrava 156, amaïstraudo 478 (ou 
bien amaistrando vui | in), mais probablement Isaia 15; 

c) d'autres diphtongues (oi, ue, ic, io): Moïses 666, chruënta 
1257, chruënte 1160 (ou plage | era), mais mansueto 440, de même 



Plainte de la Vierge. XLÎ 

209 (ou chomo | aguelo); Gabrïele 1121, mais Gabriel 10, 726, pïe- 
tate 479, etc., pïetà 396, 404 et pietate 472, 496, etc, pîeta 45, 
870, etc., pietosi 1498, obedïente 812, 829, obedïenza 1502 (ou bien 
truovi I a, obedienza 808), orïeute 1037 (ou verso | oriente), pri- 
mïero 253 (ou dizendo | io); interïora 886 et interiora 277, zeuturïone 
985, glorïosa 385, etc., glorïoso 343, 1465, grazïosa 1431, prezïose 
698, prezïoso 370 (plutôt que prezioso | unguento, prezioso 558, 1318, 
1475), proraisïone 134, tribulazïone 1159, zenerazïone 815, 1155^ 
abusïone 1358, 610, onfesïone 1477, ofensïone 817, chorapasïone 
1157, pasïone 817, etc., pasïon 38, etc., mais pasionato 31, 748, 
obrobrïose 109 (ou inzurîe | obrobriose), opinïoni 263 (ou false | e), 
mais salvazione 1481, persechuzione 855, delezionc 1493, Simion 
1098, et pour des raisons spéciales fïol 38, etc. (fijol); 

d) dans les mots latins même hésitation: filïus 900, 986, glorïosa 
1, 1486, tuûs 900, tuas 968, speciem 613, deatruis 676. 

3® La diphtongue finale, dans le corps du vers, compte pour 
une syllabe, excepté parfois les imparfaits et des mots latins: sia 
1060, etc., inzuria 584, via 307, angustie 679, sostegnia 112, sfendea 
981, pareria 952, poria 443, etc., mais avëa 181, 337, parëa 954, 
valëa 1316, etc.; filiœ 398, sapïentiœ 237, vïa 306, quïa 547, gratïa 
1125 (ou plena | e), Marïa 777 (ou chosa | amara), et pour des raisons 
spéciales fïo 3, etc., zïo 1342, pïa 1460 (tout comme toii 1475); 

IL A la rencontre des voyelles de mots diflPérents il faut sup- 
poser, dans la plupart des cas, élision de la voyelle finale de mots 
complétifs (article, quelques pronoms, prépositions, conjonctions), 
excepté souvent da, a(d), e(t), che(d), ma; dans d'autres cas il y a 
le plus souvent synizèse: 

et un 1 7, et infin 30, et io 269, e | a 855, ma | io 710, 927, 1473 (maTo 
82, 271), ched el 25, 31, ched ela 365, che | io 332, 354, sichè | in 
1161, azè che \ io 1324 (che ogni 455, 580, etc., che i 1047, che in 
(ch'en?) 526, 544, etc., che arquante 550; che | era 84, 1418, che ( a 
372, che i aldir 673 (ou solëa), che | ora 228, che | oltra 318, che | 
inspiré 603 (ch'al 51, ch'entrar 105), quest'è 668, etc.; da | ese 
430, da I Isaia 15, a j ogno 905; pani infasato 1058, sia algun 1141, 
devio andar 877, chambio io 940, parlav^ioa 575, remedio a 582, 
questo è el 98, tanto è cl 423; gloria in 622 (lat.), omnia in 1510 (lat.), 
Deo et 1053; il n'y a pas d'élisîon de la nasale latine: bonum | 
est 662. 

Les exceptions ne sont pas rares. On peut les grouper sous 
quatre chefs. 

Linder: Plainte de la Vierge. 4 



xLll A. Lînder. 

1^ Le dernier élément de la diphtongue finale est i : ai | o 758, 
andai | e 1321, pasai j oltra 461, portai | al 1099, trovai | e 202, 
chomensai | a 236, 331, asai | e 1388 (plutôt que Dio | in); nei | 
oehi 167, Zudei | a 261, poi | al 1321, puoi | alturiar 1001 (plutôt que 
alturïare), anchuoi | in 1134 (plutôt que tuo | et), fui | angososa 202, 
lui I in 207, 1063, lui | io 67^1, lui | algun 498, etc., chui |jil 1437, 
chui I ogno 1172, 1439 (chui ogni 1421), chui | io 1000 (vuiin 478, 

ou araaïstrando), sera (serai) ornai 944, m'a (ai) el 539), deï | erat 
986 (lat). 

2® Le premier élément de la diphtongue finale est une serai- 
voyelle: io | alora 416, io j a 851, io | ai 194, bocha io | andava 1252, 
io I aldando 269, îo | al do 674, mio | io 757, 958, mio | era 182, io | 
era 272, 425, 456 (ch'io era^ll30), mia | era 424, mio_^| oimè^600, 
mie I e 774, tuo | e'I 857 (tuo et 1134, plutôt que anchuoi in, tuo umi- 
litate 1461, tuo argoio 622); suo | amor 146 parait suspect (peut-être 
que pur ou poi a été omis, cf. pourtant Reg. San., p. 53); dans 
des combinaisons comme, fio e 916, fio io 1095, fio o 818, fio in 
5, fia e 3, parea un 1223, fazea a 1236, dizea el 960, chopria el 
231, vedea intrar 278, doia in 1365, Isaia in 15, il n'y a synizèsc 
que pour la dernière voyelle (cf I, 3®), de même peut-être dio e 
1434 (dio^al 22, diÔ^in 1388). 

3^ La voyelle finale est accentuée: tu | avochata 1447 (tuarli- 
viamento 1446, tu^al 1454), chi | è 127, 228, 718, chi | a 1435, tî 1 
incharzerato 255, ti | e 1339, 1340, mi | io 757 (mi angososa 1181, 
si insteso 1031), chomenzô | a 164, chomenzô | un 978, fo | a 404, fo | 
obombrata 723 (fo'^a 75, fo'^el 99), andô in 1383, (trovô'in 1059), farô | io 
869, viverô j io 1240, fu 1 io 321 (l'original avait peut-être farai, etc ; 
averô alegreza 493, ne alegreza 571, où legreza est peut-être la forme 
originale), za | era 975, pieth. | o 403, chossi | aspra 761, chossl 
oldando 736, chossi | el 945 (ou abrazava | et), si | îo 806, si | alti 
331 (siliflito 361, si aflita 304, chossilnvolto 1318), zo j a 807, o | 
angososa 873, o | Eva 817 (cf 873, 1121), de | andj^683, o | alti- 
tudo 237 (lat.), o | in 301 (lat.), ecce | ancilla 727 (o excelso 1262, 
écho el 1108, écho ogni 1106). 

4^ La voyelle finale est atone: tu | ai 758, tu | eri 540, tu [ ei 
1506 (tulîsaudisti 686), so | in 371, d'eso | ano 858 (v. § 47), me | estu 
574, plu I oltre 171 (plu'^el 668, 691, 1168), è | averte 588, de | eser 
1406, de I alturiar 873 (plutôt que alturïar), parte | el 649, plaze al 942, 
ligato I a 96 (ligato a 112), fusti | arquante 516 (chadesti a 524), planto 
I io 198, mondo j e 809, fiere | e 1145 (Madalena e 379, cf ci-dessus 



Plainte de la Vierge. XLIÎt 

mie I e 774, tuo | e'I 857), plaga | un 594, descalzo | iera 353, mondo 1 
lera 8 (mondo era 22, zîera era 347, pena iera 85), chossa | amara 
777 (ou bien Maria), muodo | angososo 1259 (ou chomo | io), bote | 
angosose 111 (ou io | aldiva), possa \ o 701, inprimamente | ave 1124 
(vedete o 356, disi oiniè 629, cf. mio î oimè 600 ci-dessus). 

Chaque copiste semble avoir eu des notions individuelles sur 
la versification, lesquelles il ne vaut guère la peine de discuter. Il 
va sans dire que nos modestes recherches sur les vers de Toriginal 
ne se donnent que pour des conjectures. Encore faut-il ajouter qu'il 
nous a été un peu difficile de les formuler. 

B. Rimes. 

Ce qui est bien notable dans la versification de notre poème, 
c'est la fin des chansons. Dans tous les manuscrits, excepté Bd, 
chaque chanson (capitulo) se termine par un tornello de deux lig- 
nes. Bd, dans son rajeunissement, n'a que le tornello classique; 
R, dans son remaniement, suit le modèle de l'origina], si ce n'est 
qu'à la fin du premier chapitre, il offre trois lignes pour deux, ce 
qui semble prouver qu'au commencement il n'a pas su au juste 
qu'en faire; dans P la huitième chanson finit irrégulièrement, dans 
BDK la chanson finale reste sans tornello. On ne peut donc pas 
dire que les copistes se soient étonnés de voir ce distique final. 
Cependant il paraît être extrêmement rare. 

Crescimbenî, dans l'aperçu qu'il trace en son Histoire Lit- 
téraire (Vol. I) des formes métriques italiennes, n^en fait pas men- 
tion, quoiqu'il discute consciencieusement toutes sortes de tercets. 
Aussi bien, ne connaît-il de ce poème qu'un fragment. 

M. Casini, dans son traité «Sulle Forme Metriche», ne semble 
connaître qu'un seul poème qui offre ce double tornello, savoir 
l'Acerba de Cecco d'Ascoli (mort en 1327). 

Quelle a donc été pour notre auteur la raison de suivre 
l'exemple de ce dernier poète obscur, au lieu de suivre celui de l'illus- 
tre Dante, dont il semble avoir bien connu la Commedia? D'abord, 
aux temps qui nous occupent, la Commedia n'était pas encore «la 
Divina» et ne pouvait guère être du goût des Guelfes, et puis TAcerba, 
grâce à sa prétendue science, pouvait bien avoir quelque attrait 
pour un esprit latinisant. Cecco avait mis lui-même son ouvrage 
(cf. Il, 1 ; V) en opposition directe avec la Commedia de Dante, 
Or, pour notre poète, celle-ci a dû être de beaucoup moins reli- 



XLIV A. Linder. 

gîeiise que pour Cecco. Enfin Tunité, si le mysticisme y entre 
pour quelque chose (cf. les v. 1184 et suiv.), a dû avoir un autre 
sens pour l'auteur du Piauto que pour Dante (cf. De mon. I, 15; 
Conv. II, 14). C^est donc, selon nous, à l'imitation directe de 
Cecco qu'est dû le tornello de notre poème (cf. Age, chap. V). 

L'examen des rimes au point de vue technique ne donne Heu 
qu'à bien peu de remarques. Ainsi la rime semble avoir amené: 

1® des formes doubles: VI 51 adentre: dolentre: ventre, VII 
18—19 dolente: solamente: sente (cf. V 9—10, VII 11 — 12, VIII 
11 — 12, IX 16—17, etc.; P. Ven. p. 5, col. 1 testo: terresto); VI 
9—10 uomo: chomo : vomo, IX 19--20 nome: chôme: some (cf. 
VII 15 — 16); V 19—20 abandono: perdono: dono, XI 3—4 des- 
pono: perdono: dono, IV 24—25 Simone: persone: perdone (cf § 
36); VII 36 — 37 chonseio: meio: vermeio, VIII 19 — 20 meravio: 
chonsio: fio (cf. P. Ven. p. 3, col. 2 filgi: conselgi; L. G. XXXIII, 
124—26 ziglio: meglio, XXXIV, 67-71 consiglio: meglio); IV 11 
—12 apria: mia: dolia (cf. VII 38—39, X 11—12), VII 7-8 doia: 
voia: noja; IV 1—2 dita: aflita: vita (cf. X 47—48, VU 6-7), 
IX 31-32 soleta: benedeta: maledeta (cf. XI 3-4); VII 9—10 
mia: séria: via, X 2 — 3 mei: vorei : omei; cf aussi omei III 23 — 
24, etc., et 6me VII 15 — 16, cf- ci-dessous; chontrade IV 9—10, 
chontrate IX 5-6. 

Ajoutons, pour compléter la liste, les doublets serpe VI i et 
serpente VII 32 — 33, v. § 35, et, quoique d'origine différente, fervo 
et servo VIII 46 — 47, mots dont plusieurs copistes ont méconnu 
le premier, à côté de fervente III 28 — 29 et servente III 21 — 22; 
tegniva IV 38 et sostegnia X 12. 

Il n'y a donc rien à reprocher à notre poète sur ce point-ci. 
De plus grands maîtres que lui se sont souvent permis de plus 
grandes libertés, si toutefois liberté il y a, avec leur langue; 

2^ le déplacement de l'accent tonique dans bien peu de mots: 
IX 32—33 repûto: fruto: veduto; X 11 — 12 dolîa: sostegnia: via; 
VII 15—18 nome: chôme: 6me, cf. Inf XXVIII, 123; reputo 
ayant sans doute subi l'influence d'autres mots composés avec re-, 
et dolia celle d'autres mots en -ia, accentuation qui a dû être assez 
habituelle, v. A. G. X, 238; puo à la série V 39 — 40 puo: tuo: suo 
n'est guère que puo, cf § 36; seulement c'est là le seul exemple 
d'une rime masculine, le poète préférant les rimes féminines et 
assez souvent les trissyllabes (VI 15—16, 17—18, 48 49, VIII 
23-24, XI 40, etc.); 



Plainte de la Vierge. XLV 

3° (les mots dans un sens extraordinaire ou bien rare: X 44 
45 mane: Zoane: altane; X 52 — 53 pruova: trouva: nuova; I 



14 — 15 grazia: chontumazia: sazia; VIII 30—31 duro: oschuro: 
arzuro; v. Gloss.; 

4^ quelques mots dialectaux, ce qui paraît surprenant dans un 
poète latinisant et toscanisaut (cf. pourtant Div. Comra.): III 24 
— 25 schuro: pluro: churo; V 34 — 35 agni: sparagni: bagnî; VI 
2 — 3 plaga: laga: paga, cf. lasi VII 45—46; VII 5 — 6 fato: pa- 
sionato: pechato; VII 7-8 parlare: dare: alturiare, cf. VIII 39; 
VII 47 — 48 besogne: sogne: vergogne; VII 50 vita: fenita: aita; 
X 41 — 42 chluso: suso: buso; pour tous ces mots v. Glossaire; 

5® quelques rimes incomplètes, au moins dans nos copies: I 13 
— 14 benegno: degno: maligno, mais malegno constaté d'autre part 
pour le dialecte vénitien, cf M.-L. § 56 et Boerio (maligno et ma- 
legnazo), nous avons adopté cette forme sans beaucoup d'hésitation; 
VI 22 — 23 pisi: disi: speai; à cette dernière forme nous avons, 
peut-être à tort, substitué celle de spisi, mais le poème n^offrant 
pas d'autres rimes imparfaites et les copistes en introduisant sou- 
vent, nous avons cru pouvoir restituer la rime, cf. § 1; 

ajoutons enfin que les mêmes mots reviennent un peu trop 
souvent à la rime (cf. dire: II 8—9, IV 2-3, 35-36, VII 23 — 
24, 37—38, IX 20-21, 39—40, X 39^40; io: II 8—9, IV 20— 
21, V 10—11, VII 25-26, VIII 7—8, 27—28, IX 15—16, X 
35—36, 55 — 56, XI 37 — 38, etc.), que les expressions latines sem- 
blent parfois amenées par elle (v. 676, 859, 968, 986, 1485—87, 
1508), que les citations en langue étrangère, grâce à elle, se mu- 
tilent un peu brusquement (v. 547, 957, etc.), que la place et l'ordre 
des pronoms y sont parfois déterminés (v. 339, 616, 1038, 1117, 
798, etc., cf. Forn., p. 54) et que parfois la construction logique 
paraît y avoir été sacrifiée (cf. 11 — 12, 215-17, 311 — 12). 

Or, tout cela est bien peu de chose. La rime n^est apparem- 
ment pas le faible de notre auteur. Et il saurait bien alléguer 
pour son excuse d'illustres exemples parmi les poètes ses contem- 
porains. Devant ces juges compétents, il serait donc pardonné. Si 
toutefois nous n'avons pas hésité à relever ces licences, c'est qu'il 
est de notre devoir d'en enregistrer les particularités et de ne pas 
faire Faveugle devant son tableau aux couleurs un peu ternies. 

Nous allons donc examiner les rimes au point de vue pure- 
ment linguistique. Mais cet examen ne pouvant guère être complet 
que par une comparaison minutieuse pour chaque copie entre la 



LXVI A. Linder. 

langue de l'auteur, telle qu'elle se fait voir à la rime, et celle du 
copiste, nous jugeons utile d'examiner les rimes du même coup que 
la langue en général. Nous y consacrerons un nouveau chapitre, 
où autant qu'il nous sera possible, nous suivrons de près l'ordre 
établi par M. Ascoli dans ses illustres Annotazioni dialettologiche, 
A. G. III, qui s'imposent comme modèles à tout ouvrage du même 
genre. Enfin nous essayerons de déterminer le dialecte de l'auteur 
et ceux des copistes. 



III. Langue. 

A. Sons. 

1. Voyelles toniques, 

1. L'influence de Vi atone sur la voyelle tonique qui précède 
se fait voir dans toutes nos copies, excepté les remaniements RBd. 

a. Exemples de la déclinaison: pili 219 DQ, signi 982 BDEPQ, 
di 210 BEFT (cf. 58, 324, 1509), qui 212 EG (cf. 261, 667), quili 
438, 630, 644, 705, 1507), dui 211 BCEGPQ, lupi 210, voir en 
outre les rimes III 11 — 12 (X 5-6) fui: lui: dui, VIII 20—21 
nui: dui: lui, IV 32—33 lui: nui: vui, V 3—4 lui: fui: vui, cf. 
aussi IX 22 — 23 (X 38 — 39) chostui: fui: lui; quant à ces dernières 
formes on pourrait aussi supposer une influence littéraire de l'école 
poétique de Sicile; quoi qu'il en soit, nous croyons pouvoir attri- 
buer aux copistes les formes doi 1211 F, 330 DEG, noi 943 CDEK. 
1468 CEHK, voi 140 CEKR, 1351 CKMQRBd, costoy 588 Q, foi 
321 E, etc. Nous avons aussi préféré, non sans quelque hésita- 
tion, vu la tendance générale de notre poète à la classicité, les 
rimes suivantes; III 29 — 30 maligni: signi: digni, VI 22— 23 pisi: 
disi: spisi, cf. Rimes, 5*^; il se pourrait que les formes latines y 
fussent pour quelque chose. 

Du reste, f et o persistent dans la déclinaison, v. les rimes 
V 14 — 15 eli: chrudeli: fedeli, III 31 — 32 demoni: opinioni: teste- 
moni, IV 9 — 10 chonfaloni: tuoni: laroni, X 62 — 63 chiamori: 
pechatori: dolori, rimes qui défendent d'adopter les formes en-uni, 
etc. Comme L. Giustiniani encore offre des formes comme dolorusi 
(L. G., LXI, 50), l^on peut regarder l'aversion de notre poète pour 
de telles formes comme due à sa prédilection pour le toscan et le 
latin. Toujours est-il que les formes pronominales ne sont pas 
les seules qui dans notre poème aient subi cette influence. 



Plciiiile de la Vierge. XL VII 

b. Exemples de la coDJugaison: vîdi 749 DPQ, 852 PQT(vedi 
1341), fi 459 (fizi B, fixi DG), tulsi 808 FT, 811 DP, vulsi 809 F, 
culsi 813 D, 1219 BF, chursi 197 BFQT, vini 809 BDFT, prîsi 
1229 BFQT, intisi 1105 BDFT, fuî 428 (cf. les formes de la troi- 
sième personne: fe 357, 385, toise 59, 1235, volse 389, vene 1077, 
prese 834, fo 75, etc.); disti 860 E^ (desti 867), avisti 803 QT, 
564, spandisti 370 PQ, fisti 806 E, 23 (1416) D, fusti 3, 13, etc., 
chredisti 827 PQ, volisti 839 PQ, ofendisti 807 PQ, produzisti 20 
(559) PQ, sechoristi 1412, doveristi 362 GQT, avisti 841 DQ, sa- 
visti 763 Q; voir en outre les rimes VII 26—26 vulsi: tulsi: culsi, 
VII 24 — 25 avisti: parturisti: ofendisti, et pour des raisons spé- 
ciales IX 25 — 26 trîsti: deglutisti: tenisti (cf IV 37 — 38 tegniva, 
VII 1 — 2 tegnia, X 11 — 12 sostegnia, mantegnir 437, v. § 56 b)] 
il n'eu est pas de même de chondutî 1049 (chonduto 187, produto 
515, conduta 1380 M), forme remodelée peut-être sur les participes 
faibles en -uto, v. § 50, ni guère de vidi 329, etc. (cf visto 336, 
vedemo 1212, v. § 11). Il va sans dire que -esti n^est pas la 
désinence constante (cf §§ 51 — 53); nous avons doue préféré -esti 
dans la série X 24 — 25 tolesti: dizesti: obombraresti, où les leçons 
varient plus que d^ordinaire à la rime. 

Il y a dans nos copies plusieurs exemples encore que pour 
des raisons spéciales nous n'avons pu adopter; en voici les princi- 
pales: mise 732 Q, lucinti 630 E, quili 212 Q, quil 438 Q, quigli 
630 EQ, illi 217 Q, sui 374 G (cf VIII 14-15), multi 335 (1135) 
Q, funeti 1198 G, piatusi 1498 M, et peut-être tri 1167 PQ (très 
ou tria?); dibio 77 D (digo 800, etc., Q), time 1013 Q, cuncti 55 
P, vui 804 CGQ, 880 D et même cride (à la troisième personne) 
482 P (signe abréviatif fautif?), vulsi 813 B, nasiste 529 P, fecisti 
3 D, 1416 E^HQS, dicisti 1122 (1124) PQ, 1270 Q, temisti 1011 Q, 
tolisti 1268 DPQ, sparsisti 58 Q, faristi 128 BQT, cadisti 524 Q; 
dicivio 888 K sera forme analogique, de même pianciti 398 Q, 
atendite 1149 Q, façiti 1389 M, cognositi 1036 Q, volite 480 (1193) 
Q, legite 444 Q, possiti 444 P, etc. Cette influence semble éten- 
due à la voyelle protonique, v. § 11; la même force assimilatrice 
excercée par Xi en hiatus, v. § 3. 

2. Pas d^autres reflets de sanctus et de aqua que les formes lit- 
téraires: santo, forme attestée par plusieurs rimes XI 27 — 28 tanto: 
santo: manto (cf II 1—2, VI 33—34, IX 41—42, X 42-43); aqua 
79, 1202, aque 694. Seulement, sauta 1253 F dans une série en 



XLVIIl A. Linder. 

-enta X 19 — 20 pourrait indiquer une forme senta pour la langue 
de ce copiste ou pour celle de son original. 

2 a. Il y a des excemples isolés et peu sûrs d'une transition 
de a à e: sengue 1077 Q (cf. V 43—44 angue: sanguc: langue); 
sei 1002 (1302) P est peut-être forme analogique (se: sei = vo : voi), 
comme l'est assurément stev'îo, v. § 56; notons encore sperse 527 
K dans une série en -arse (faute de copiste? v. § 34) et stato 207 
F dans une série en -eto; de même de a en i: pinni 1058 K. 

2 b, Il y a, dans quelques manuscrits, des formes qui offrent 
i pour e libre: venino 814 P, pine 933 E; dans pina 1335 (1347, 
1345) M il y a peut-être réduction de ie (v. § 3, cf les rimes 
VI 45 — 46 tîene: pêne: sostiene, et II 18 — 19, etc.); velom 814 
D, dovio 877 ET, 77 (878) T, dove 1406 D doivent leur voyelle 
tonique à la consonne labiale qui la suit, cf. § 11; pour tollir 
1211 E, tegnir 437, qui peut-être doivent leur voyelle au son 
mouillé qui précède, v. § 56 b; pour sei 421 C, mei 1022 G v. § 
60 a (cf oimeî, oime) et § 8. 

3. ç tonique libre se diphtongue le plus souvent en ie: ziel 
544, zielo 1109, 1456, fiele 660, tieni 545, 563, tiene 699, 711, vien 
648, 793, chonvien 776, 795, sostiene 423, 715, iera 8, 85, piere 981, 
Piero 251, fiera 1280, fiere 1145, fiera 1110, lie va 447, lievi 569, 
nieghi 554, niego 1125, piedi 463, 512, piè 374, etc, etc., et même 
après un groupe de consonnes dont la dernière est r: priego 25^ 
710, prîeghi 552, priego 1316, chrieva 449, et dans la pénultième 
dans pielego 1448, mais ç rest intact dans les mots latins et les 
mots savants, rarement ailleurs: celi 547 (ciello P), VII 13 — 14 
asedio: remedio: tedio, IX 14 — 15 remedio: medio: asedio, vitu- 
pero 249, refrizero 1004, era 945, eri 540, preme 887 (priemi R), 
treme 885 (triemi KR); 

le même reflet (ié) dans quelques mots où ç dérive d'un f latin: 
spiero 1000, despiera 197, proziede 1421, miego 39, 784, tiego 786, 
1127, siego 377, 1129, etc., plieghi 550. 

Parmi les formes exclues de notre texte, nous relèverons les 
suivantes: tieni 511 CEFKT, insieme 1332 F, piei 347 K, priega 
1316 K, leva 445 T, ieri 540 F, iera 975 B, refriziero 1004 B, fierono 
1145 EG, ierano 113 B; bein 40 (189, etc. D, cf les rimes II 32—33, 
VIII 17-18, XI 18—19); teni 545 DPQ, 563 PQ, tene 699 GPQ, 
711 DEGPQR, 1448 BODHMT, veni 648 GP, convene 776 ET, 795 
Q, conven 776 EHi, vene 793 PQ, pedi 836 PQ, 1255 EPQ, 1250 
FP, pei 1250 Q, peti 463 T, pe 1314 M, queri 1034 F, fera 1280 



Plainte de la Vierge. XLIX 

CEQ, ben 793 E^ (ven PQ), leva 1110 P; diebo 878 P, diebia 798 
G, dien 1154 F, die 871 BFG, mie 469 C (omei), 1314 Q (me), enfin 
axieto 660 C où pourtant xi pourrait être pour z (cf. cierchio 5 R et 
proziede 1421 ci-dessus); et à cause de la réduction très rare de la 
diphtongue en i: sostine 715 K, di 1046 F, 1154 G, prigo 381 T 
ninte 1325 T, cf. M.-L., p. 52, enfin asidio 770 P, 1436 H, qui doit 
peut-être son i à l'influence de Vi de la syllabe qui suit, cf. sidi 
Par. XXXIII, 124; et perfito 386 B, ritto 913 R, cf. dispitto Inf. 
X, 36 (< du dépit français?); ie d'un ç secondaire: grieve 28 CR, 
66 GR, 729 et passion R (grave 759 G, cf I 17 — 18 nave: grave: 
suave); viene (parf.?) 934 D, etc., v. § 52. 

En résumé ie et e se trouvent dans tous nos manuscrits, ex- 
cepté M, e est presque ordinaire dans PQ, et n'est pas rare dans 
CEG; du reste il est bien connu que la langue poétique du XIII« 
siècle, grâce à ^influence littéraire et latine, v. G. Gr., p. 511, montrait 
une certaine prédilection pour les formes non diphtonguées, ce qui 
pouvait bien induire les copistes antérieurs à les introduire; nous 
avons donc, d'après BDF, préféré ie dans la plupart des cas et 
en régie générale réservé e pour les formes d'origine savante. 

e en hiatus: ego se présente sous la forme io (i' 1241 R, etc., 
1219 T, 752 (1105) C, 674 CG, 958 BFR, 235 K, 315 D, 1104 
BK; e' 197 B, 487 F, 259 (791, etc)Q, 778 G; eo 1128 C, 1017 
W, 719 (802, etc.) Q; de même mio (meo 644 Q), farisio 363 (-eo 
CDFPQ), dio, drio, rîo (reo 1357 FQ, re P, ebreo M); mia 802 
(mea P), mais Chananea 680 (-ia G), mei 796 (miei CKR), rei 473 
(riei 473 T, 861 T, 1504 C); Zudei, lei, cholei, etc., v. les rimes 
V 10-11 (VII 25-26, VIII 7-8, 27-28, X 35-36, XI 37— 
38) io: Dio: mio, X 55—56 io: mio: oblio, XI 19 — 20 Dio: rio: 
pio, cf. III 8—9, IV 20-21, VI 34-35; III 23-24 dei (génit. 
latin): mei: omei, VI 32 — 33 omei: Zudei: dei (gén. lat.), VII 
42 — 43 Zudei: mei (gén. lat.): rei, X 2 — 3 mei: vorei: omei, XI 31 
— 32 mei: Nazarei (lat.): dei (lat.), XI 38—39 rei: ei : mei (gén. 
lat.), cf. en outre IV 4—5, X 29—30, V 13-14, VII 21-22, 
VIII 45—46, IX 26—27, et Orig., p. 53); III 18-19 Zudea: tolea: 
pcrchotea; l'interjection de (vocat. de deus, Diez) s'écrit souvent die 
dans D (381, 1267, etc.), dee parfois dans ET (381, 348). 

Formes exclues dignes d'être notées: 1079-1080 reo: Iddio: 
eo (lat.) Bd, liei 508 DT, 798 (1010, 1017) T, çudiei 471 T, coliei 
718 (1000) T, et pour la réduction bien rare en ie: lie 508 F, 616 
(646) T, mie 1353 BFT, (1483) 483 B, zudic 849 F, çudie 210 (283, 



L A. Linder. 

360) T et peut-être pie 1328 G, cf. § 36, ou en i: si 47 F, 44 DP, 
1180 B, mi 1386 KM, quellî 994 P; mais comme il y a aussi mi 
(mia) 802 E^, me (mie) 634 Q, le procédé est peut-être d'autre 
nature pour mi, v. §§ 8, 36 — 38 ; cet ie initial passe à ge dans 
géra 627 (1158, etc.) D, cf. ge 104 B, § 14. 

Les formes pio et oblio ne pouvant guère entrer sans les "sé- 
ries en -eo, ni les formes dei, mei (lat.), vorei dans celles en -ie(i), 
nous avons adopté les formes en -io, -ei de préférence aux autres. 

3 è. pour temanza 291 et la forme sans doute fautive de 
chognosança 1498 DM (cf. les rimes III 43, VII 45, IX 9, XI 
37) V. § 25 a; sanza .424 K, 1362 KR, etc. (dérivé de absentia) doit 
sa voyelle à sa position atone (§ 11); pour aves^mo 268 v. § 56; 
sospondi 569 K sera faute de copiste; dreto 1440 (diricto CEG) 
conserve sa voyelle. 

4. Le procédé est tout à fait analogue pour ç; les exemples 
abondent dans toutes nos copies, excepté HM, où la diphtongue 
uo ne se montre jamais: duol 924, duolo 1243, schuola 1426, len- 
zuolo 1245 (et fiol 38, fiolo 29), uomo 1034 (et vomo 607), suona 
957, 1168, fuor 70, 926, fuora 106, 260, chuor 318, 837, achuora 
972, muor 992, renuova 451, miove 732, nuovo 1320, pluova 1496, 
muodo 1259, luogo 431, 828, luocho 1391, fuocho 1390, truovo 1090, 
1122, truova 147, 1494, pruova 455, 1352, tuor 789, 916, 1011 
(vénit. moderne cior), tuol 117, etc., puoi 784, 999, pu6 1260, an- 
chuoi 1131, 1134 (et po 321, poi 933, 1088, etc.); puovol 687 (et 
povolo 745, 810, popolo 220, etc., omeni 1054); de au: puocho 577, 
735 et pocho 737, possa 701, cf. § 7. 

Notons parmi les formes exclues les suivantes: tuolo tollo 285 
G, nenznolo 1245 F, figliuolo 156 CKRT, uomeni 1054 R, apruovo 
504 D, rispuosi 340 CR, rispuose 365 C, puo 785 G, 999 DG, puo 
(post) 1402, etc. D, puoi 862, 933, 942 D, 1088 G, puosa 791 Q, puolse 
21 C, et d'un o secondaire, tremuoto 978 R (terremuoto K., cf. le 
toscan); la diphtongue a déjà sa forme moderne dans quelques for- 
mes isolées: lenziolo 1319 E, fior 18 C (cf. 70 K, où fîori a été 
corrigé en fuori), taramiote 978 T, peut-être mio 1320 T est il 
fante pour niovo; il y a des exemples de la réduction à it: lugo 
828 F, 432 FG, schula 1426 D (faute pour schala?), respus'io 340 
T (cf. Purg. XIX, 81 fuori: duri, et A. G. I, 454); luego 152 B 
est le seul exemple de ne; mondo 1259 G, 1395 D, longo 828 P, 
voir § 24 d; dole 924 EPQ, dollo 182 P, 1243 PQ, schola 1426 
CEHQ, lenzolo 181 PQT, 1319 GPQ, omo 1034 BDEFQ, 1357 



Plainte de la Vierge. LI 

BEFQT, soua 957 BEFGPQ, for 70 Q, 926 ES fora 405 PQ, 
926 QR, 970 ER, chor 887 CEGPQ, 668 BCGPQ, 729 CEGPR, 
981 CDEGPQR, 1393 CEHMQS, achora 972 BEGPR, mora 974 
BEGPQR, renova 451 CGPQ, move 702 EPQ, novo 1320 EGP, 
modo 1259 BCEKPQT, locho 432 CPQ, 904 DEGT, logo 904 Q, 
focho 1390 BDGPQR, 1090 CEGT, prova 1369 BEGMPQBd, tor(re) 
798 CEKQ, tol(le) 117 BCDPQ, pou(no) 1260 CDEQT, ancho(i) 
1131 EKQ, 1134 CFKPQ. 

En résumé, les formes diphtonguées sont les plus usitées dans 
DFKRT, un peu moins fréquentes dans BES, les formes non diph- 
tonguées sont presque ordinaires dans PQ. En présence de cette 
alternance de uo, o, io, u j^ue), nous avons hardiment normalisé 
un peu notre texte, suivant de près le plus ancien manuscrit. 

4 a. se reflète comme u dans pluro (III 24 — 25 schuro: 
pluro: churo), forme modelée sur plurar, v. Glossaire; il en est de 
même de alturio 759 (§ 7) et de alturiare 873 (§ 11) et, dans K, 
de annudo 1393 (faute?).. 

5. i entravé est rendu par e: cliomenza 972, 973, lengua 208, 663, 
tenta 1253, strenzer 568, segno 1142, degna 19, 799 (degnamente 
1470), degno 409, legno 591, 708, selva 537, dentro 272, verzene 923, 
1392, fermo 511, 545, ferma 1427, sterpe 580, refrescha 170, meio 
1452,1153, formes attestées par les rimes X 19—20 tenta: atenta: 
chruenta, V 18—19 degno: pegno: legno, VI 5—6 legno: benegno: 
degno, V 38 — 39 régna: degna: desdegna, XI 28 — 29 indegne: 
desdegne: pregne, I 13-14 benegno: degno: malegno, cf. Rimes 
5; VII 51 adentre: dolentre: ventre, VI 1 serpe: sterpe, V 27 — 
28 fermo: vermo: schermo, III 1 refrescha: chrescha; mais aussi 
par il benigna 54, 1431, maligno 581; VIII 19—20 meravio: chou- 
sio: fio, à côté de VII 36 — 37 chonseio: meio: vermeio, et pour 
des raisons spéciales III 29 — 30 maligni: signi: digni (§ 1). 

L'hésitation entre e et i est bien grande dans nos copies: 
vinta 423 B, 1119 R, dipinta 1255 R, intinta 1257 Q, tinta 1253 
CKQR, istringere 568 K, digno 1409 Q, 40 P, 1398 FS, dignameute 
1470 D, indigne 1474 D, beligno 38 C, ligno 573 E^ vermiglio 843 
BCKQR, consiglio 942 F, mio 841 P, lingua 663 CK, 662 G, 406 
CEFT, 208 CEKPQRT, oomincia 972 CKPR, virgine 385 E (virgo 
[purement lat.] 923 F, etc.), firmo 545 ES stirpi 580 GK, refrisca 
170 ES vedise 1324 G; benta 1255 P, malegni 142 B, segni 982 
CFGKRT, bellegno 593 T, dislengua 663 C, inferma 1030 G, 
acercha 1326 M, vergo (lat.) 1402 E^ 



LII A. Lincicr. 

Le fait est à peu près le Qiême pour w, qui passe à o plus 
souvent que daus le toscan: fose 198, 499, 1246, foserao 1464, anon- 
zia 1040, 1043, zongo 1176, zonse 1071, zonser 1176, zonta 1372, 
ponto 733, 1156, v. eu outre les rimes IV 39 — 40 zonta: des- 
monta: chonta, X 58 — 59 monta: zonta: ponta, IX 47 — 48 zongo : 
pongo: longo, et, comme dans le toscan, perchoso III 20 — 21, X 
1 — 2 gronde: onde: responde, VII 47-— 48 besogne: sogne: ver- 
gogne, VIII 40 — 41 aricorda: ingorda: sorda, III 1 — 2 oltre: choltre: 
spoltre, zorno II 15—16, IX 33 — 34; tolto, molto, sepolto IV 30 
-31 (V 3^4, 16-17, 31—32, I 11-12, etc.); volto 1 239, ascholta 
719, tropo 1152, bocha 665, sechorso 1198, dopio 789, mondo 8 
(cf. abonda va 595), donde 510, onde 1497, etc.; de môme dui (v. 
§ 1) 330, 642, do (fém.) 566, o 877, ove 251; pour toa, to et tua, 
soa, so et sua, etc. v. § 44. 

Dans tous nos manuscrits ii et o varient: undc 1497 BFHMS, 
510 FP, 1051 F, dunde 274 F (cf. abuudava 595 EFGKT, fundô 
694 G, obumbrata 723 DEKPQR), mundo 114 (319,809) PT, 494 
T, 8 et passim P, çungo 1176 CKQ giunseno 1071 CKR, anzunse 
1071 F, çugnere 1176 CKQ, giunta 1372 CKR, 415 CKQ, punto 
733 KQR, 1156 QR, fusse 499 CK, 1246 C, fumo 1464 BCK, 
punga 1182 CRT, punge 1107 R, (con)punta 1374 CEKR (cf. pun- 
genti 279 (1376) R), anuntia 1040 BCEFGKRT, super (su per? 
cf. 1228 R) 706 QR, u 807 C; foi 321 E (fo Q), azonso 1176 GP, 
gjonto 1176 B, ponto 1178 B, secora 1110 F, soave 20 BCD, 54 
B, polpa 1025 F, doi 642 DE, 330 DEG, doe 566 EKPQ, do 642 G, 

En somme, les formes toscanes semblent préférées par CKR 
et ne sont pas rares dans EGST, cf. en outre § 11. 

5 a. Il y a quelques exemples, trop peu sûrs, du reste, d'un 
passage irrégulier: strato 196 K, quai 102 E\. 734 F (fautes ou 
méprises peut-être, cf. les formes atones al 618 (1395) D, 837 E, 
1031 G, § 39); angesse, 938 Q est probablement faute pour angosse 
(cf. prodesse, § 6 a). 

5 b. Il faut ajouter quelques remarques sur i libre: minime 
1408 (menemo Q) est forme littéraire ou latinisée; disipulo 915 
(-epolo CKR), disipuli 854 (-epoli KR) est mot savant; espremer 
1081 (-imere CE^FKPQ) doit sa voyelle tonique aux formes atones; 
i reste intact dans les formes fautives mino 71 P, sino 1459 H, 
V. les rimes II 4 — 5, III 4-5, et passe parfois à ei dans D: 
mein 92 et passim, mais meno à la rime, cf. § 2 b; vivere 244 K 
a été corrigé, le copiste ayant d'abord écrit veivere. 



Plainte de la Vierge. LUI 

6. i entravé reste intact dans quelques mots dont la plupart 
sont liturgiques: ancilla 2, 727, sentila 6, mira 1048, zio 1842 (cf. 
zegio dans Boerio), maistro 257, 915, niaistra 243, amaistrava 156, 
amaistraudo 478, mînistro 917, sinistra 245, sinistro 913, dito 402, 
1407, dita 1337, aquista 688, saita 1423, saite 279, etc., v. les 
rimes IV 1—2 (X 47^48) dita: vita: aflita, VII 6-7 aflito: dito: 
finito, cf. X 20-21 (VI 43—44) benediti: afliti: afiti, IX 35—36 
fenita: saita: vita (cf le vénit, frezza (saetta): Boerio), mais aussi 
IX 31 — 32 soleta: benedeta: raaledeta (cf. § 5); pour les mots en 
-isimo V. § 45. 

Parmi les formes qui ne figurent pas dans le texte, nous relè- 
verons les suivantes: benedicto 1133 E^ benedicta 1130 E^, intro 
529 F, 272 P, 579 (588) D, infra 1434 F (intra E), raistro 917 T; 
ancella 2 R, chiaretta 46 Q (§ 26 6), senestro 319 BCFGKPR, maie- 
stro 915 Q, maestro 257 KPQR, 359 CKP, 388 CE^P, 915 CFKR, 
raaestra 243 PR, 247 P, amaestrava 1 56 CDKR, amaestrando 478 
CK, detta 1337 K, decto 402 (1407) E, chiaresimo 631 E, saecta 
1142 CKQR, 1423 BCE 

o entravé reste intact dans longo 1093, 1180, donqua 86, 566, 
adoncha 683, doucha 804, 1035, 1279, 1311, zo 32, 962, 1212, etc., 
cf. IX 47 — 48; passe apparemment à a dans saldo 1161 (cf. § 11, 
A. G. III, 331, M.-L. § 66, peut-être sous l'influence de salvus); 
dane 1332 F, est peut-être un jeu de mots monacal, cf. Pasqual. 
p. 120, dû à une contamination (doua, dama). 

it entravé reste intact dans chonduto 187, chonduti 1409, pro- 
duto 515, qualuucha 862, 1490, sumo 585, 942, suma 1455, sepul- 
chro 1294, 1321 (cf. sepolto 34, etc., § 5), angustie 679 (cf. ango- 
soso 530, angososa 1181, etc., § 11); pour tulsi, etc. v. § 1. 

Formes des Variantes: lungo 1093 R, 1180 K, dunqua 566 
CKP, 683 CKPR, aduncha 1279 CKPR, 1311 CGKPR, 1467 CHK, 
conduta 1380 M, muto 250 P, stulte 1209 P, multi 1135 Q (v § 
1), sepulto 34 BFPQ, sumo 724 BG, giù 32 K, 232 F, 962 KR, 
giuso 1212 K, condocti 1049 R, prodotto 515 K, qualoncha 860 
(1490) B, sepolcro 1294 QR, 1321 Q, sommo 585 CEKPQ, 942 
BEGQR, 1435 CEKQT, somma 1455 CEKT, angosie 938 F, an- 
gostie 877 G (angustioso 1259 CDEKT), secora 1110 F, altorio 
759 Q, artorio 460 C. 

6 a. w passe apparemment à o dans ognon 500 (ogni omo 
DE), de même, sans doute, algon 1141 E, ciascadon 74 E^; dans 
agosto 821 D le passage semble plus réel, de môme dans costoy 



LIV A. Linder. 

588 Q (cf. foi 321 E, et inversement ugni 500 P, v. § 11); pour 
chiolde 1186Q, v. § 7, prodesse 537 E^ sera faute; it semble tombé 
daus aita 884 (VII 50) de aitar. 

6 b. Il y a dans PR quelques exemples d'un passage analogue 
de l k e: sentesse 193 P, offerere 1098 R, qui doivent être formes 
analogiques, paradesso 233 P, veste 982 P (v. par contre les rimes 
V 24—25, Vni 33-34). 

7. au, surtout suivi d^une consonne dentale, se présente sous 
diverses formes: au reste intact dans des mots savants: gaudio 1056, 
laude 1474, austro 1039, audi 683, 722, 1394, exaudi 682, 684, 
1394, et atone dans laudare 1403 (lat), 1470, laudato 1060, exau- 
dire 1317, exaudisti 678, 681, 686, aurora 169; ou passe à o: lodo 
1409, 1500, à la rime 1397, restoro 79, à la rime 450, tesoro 448, 
some à la rime 1096, oro 5, 1048, zoia à la rime 849 (si de gau- 
dia), rocha 272, o 537, 818, 1314, parola 302, parole 690, 898, 
1122, chossa 1065, chosse 566, puocho à la rime 1388, possa 701, 
cf. § 4, et atone dans orechie 672, 714, topina 354, 681, topine 
150, 1378, notasti 529 (cf. G. Gr., 501), s'écrit al dans aldo 122, 
674, aldi 714, 998, et protonique dans aldire 79, 781, aldir 673, 
1041, aldite 132, 1258, aldi va 111, alzidi 333, et ol dans oldiBOl, 
611, golte 1254, et protonîque dans oldando 736, oldiva 305; a, 
comme d'ordinaire, devant une syllabe dont la voyelle est u: ascholta 
719; notons encore baldeza 120, 1015, 1453, alturio 759 (aiutorio 
460), alturiare 756, 873, 1001. 

Ici encore les manuscrits offrent bien des variantes : aud 1 394 
Q, laudo 1397 Q, 1409 C, laude 1397 H, 1500 BGH, auro 1048 
BCEQT, restauro 73 PBd, tesauro 448 P, audire 79 (781) T, 1041 
EQ, audir 673 E, audiva 305 T; odo 122 C, 674 EGK, odi 122 
K, 601 GK, 722 BER, 1394 T, ostro 1039 DP, gote 1254BCEK, 
tola 1429 D (faute, ou tabula?), reposso 152 P, chiodi 709 BP, 
chiodo 709 EGKQ (chiovo R, cf. IX 44—45 chlavi: chonservavi: 
privavi), odia 673 G, oderai 719 P, odir 781 P, occidi 333 T (uzidi 
BEKR), lodato 1060 F, udirai 719 R, udire 781 CEFR, udiva 111 
CEKR, udendo 736 GKR, udir 1041 F, udite 132 CKR, 1258 
CEF, nutasti 529 G (natasti QT), urechi 714 E, essaldi 682 K, 
galdio 1056 K, laide 1409 et passim K, laldo 1500 M, galte 1254 
D, laldare 1403 K, 1470 KM, laldato 1060 K, aldendo 736 BT, 
oldi 683 BGQ, oldo 122 GQ, 674 CQ, chioldi 709 F et de même 
chiolde 1186 Q pour chiude, cf les rimes V 41—42, oldirai 719 G, 
oldir 1041 GT, 781 GQ, 79 Q, oldiva 111 Q, 305 DGQ, oldendo 



Plainte de la Vierge. LV 

924 BG, oldite 132 GQ, boldeza 120 (1015) T, oltru 750 T, olturio 
460 (759) T, olturiar 756 (873) T, tapina 354 EP, 587 KPQ, 1366 
KPRBd, 1499 KS, ristaro 73 B, azidi 333 G (ancide Q, cf. Orig., 
p. 100), siagura 525 b P, artorio 460 C, artoriare 756 et passim 
C, enfin atra 1306 Q (altra); pour rechie v. § 13 a. 

Eu résumé, nu et o se trouvent, accentués ou non accentués, 
dans tous les manuscrits, le dernier est attesté par la rime; u ne 
se trouve que protonique et seulement dans CEFGKR, al tonique, 
préféré par KMP, manque dans PHQRS, ol tonique, préféré par 
GQT, manque dans EKR, ol non accentué, dans FKP; al originaire 
ne s'écrit jamais au, o; et ol seulement dans T, a dans Q. 

7 a. ai secondaire passe dans quelques manuscrits à e: ima- 
giné 744 F, lasè 487 G, abiè 477 F, fè 491 ET, v. § 56 o; de 
même ase 466 T, me 407 T — me 675 G sera pronom — mestro 

925 Q (à côté de maiestro 915 et amagistrava 156) et peut-être 
mistro 917 T (si maestro est pour ministre, cf. 915); ai reste proto- 
nique dans aiternal 500 C ; pour ai et e v. §§ 55, 56 6, pour -ario 
§ 25; par influence analogique (et en partie assimilatrice) s'est formé 
un ai protonique dans mainiera 195 (manera CGKQR), maitina 186 
(matina BCGKQR); cette diphtongue passe à e dans lementava 
1018 C (influence de la(gn)i, mai?); aivaro 712 D (aiva T) est 
peut-être ai varo (cf. amaro dans CP); trovè 1053 Q est peut-être 
forme analogique, v. § 51; pour e 1199 Q (ai) v. § 60 a; ae pri- 
maire reste intact dans aère 977 GKP (aiere BQR a Tair d'une 
forme intermédiaire). 

7 b. Parfois, précédée d'une diphtongue dont la première 
voyelle est ^, la voyelle intermédiaire tombe dans quelques-unes des 
copies: pi 1420 M, mi 1386 KM, 933 ET, quelli 994 P, si 24 DP 
50 D (cf. zudie 849 F, çudie 210 (283, 360) T, lie 208 F, 616 (646) 
T, pie 1328 G et coliei 718 (1000) T, liei 508 DT, 799 (1010) T; 
chostu 718 BG sera chostiei); cet i passe à e dans le 616 Q. 

2. Voyelles atones. 

8. La chute de la voyelle finale e, i, o après les 1, n, r simples 
est très fréquente, excepté dans EKPQ, mais n'est pas constante; 
il en est parfois de même après une m non appuyée; pour a final 
il vaut peut-être mieux supposer élision. Il y a bien peu d'exem- 
ples dignes d'être cités: quel gladio 1107, fedel christîano 39, tal 
schlopo 930, tal grameza 122, un sol rcmedio 760, a mi sol 796, 
chai 1301, tabernachul 1473, povol 687, vien 648 (-/), 837 (-^), de 



LVI A. Linder. 

man 224, zaschun fedel 74, 1418, verzeu 27, amaritudin 822, gran 
vera 22, gran doia 27^ grau sospiri 922 et grande 352, cf. § 38, 
mar 706, dolor 398, dur 409, mazor 8, par 729, viver 111, reveg- 
nir 735, retribuîr 1471, v. § 56 b; eu outre les pluriels dolor 796, 
quai 1085, tal prieghi 552, tal férule 127, li quai 636, le quai 
1123, pechator 587, man 463, 983; enfin Josep 33, 1216, etc., chom 
662, 1286, chou 1107, son 727, v. §§ 24 c, 55; un ora 1223, pizol 
ora 1174; pour or, alor, etc. v. § 13. 

Formes des Variantes: zielo 236 CDEKPQRT, solo 796 BEGP, 
uno 939 PQ, uno solo 760 PR, quelle 449 P, picolo 1174 FP, cale 
1301 BK, la quale 663 K, dolore 449 PQ, 398 PQ, pare 670 EP, 
572 PQ, mare 706 EGK, retribuire 1471 EQ, mano 224 BR, vieni 
648 BGKPQ, viene 837 BPQR, lagremauano 161 Q, chridavano 
983 BEKQR, dolori 786 PQT, qualle 1085 E», pecatori 587 
BCDEGKPQ; ciascaduno est forme ordinaire dans KP; al simel 
747 F, quel 380 D, vergen 1415 Eï, tien 545 GKT, dileccion 1493 
DFMT, fieron 1145 G, mosson 1283 R, fonder 694 K, fer 694 R, 
levar 1331 E, gridar 262 R, trovar 1058 R, lo ver 1097 P, ve- 
diam 961 E, christiam 39 BFQ, gram 57 et passim Q, chom 345 
CFKT, et les pluriels fragel 1474 F, orribil 328 R, le quai 677 P, 
chan 471 G, 360 F, lutan 1050 P, interior 277 Fï, pecator 861 
BF, 1020 FP, 1181 T, chuor 1189 F; pien 1335 G (-a), quellora 
966 BRT. 

D^un côté nous trouvons, même à la rime (in pausâ), des for- 
mes apocopées: impérial 288 F, lo quai 799 F, 836 F, fiol 1241F, 
dolor 1009 F, venir 1156 F, chridar 671 F, amor 1464 Q, servitù 
131 Q, crudità 1335 K, castità 1443 H, pax (lat?) 1053 KPQ; de 
Tautre, servitudine 131 K, uno malfactore 196 P. 

Très rarement la voyelle finale est tombée après une autre 
consonne, comme dans aud 1394 Q, vas 1438 DT, salut e vita 
1425 BG (cf. pax 1053), qui sont peut-être des formes élidées; en 
outre quant (quaudo) 1046 D; grant (28 BD) est la forme la plus 
usitée dans D; cor 926 CDEGPQ pourrait être pour corp, la con- 
sonne finale ayant été prise pour le redoublement de l'initiale du 
mot qui suit; du reste c'est un fait avéré que ces mots se confon- 
dent parfois dans les manuscrits vénitiens; negl 1058 D est sans 
doute pour nei ; ce qui paraît un peu surprenant, c'est la chute très 
rare de la dernière voyelle des diphtongues ia, io (-ea, -eo, cf. i', e', 
§ 3) dans BCDEGKPT: dixe 960 G, faxe 1236 T, pare 690 D, 
ave 36 D, plove 141 D, avi 465 G, poti 274 P, doli 668 C (mi 



Plainte de la Vierge. LVII 

802 E\ tu 1109 ES V § 44), si 1302 T, sare 792 K (sere C, cf. 
serenno 765 C) et re 1357 P, et le procédé inverse dans qaasio, etc. 
ci-dessous ; ajoutons que quelques-unes de ces formes peuvent être 
des parfaits, d'autres, des formes analogiques. 

Du reste, la voyelle finale présente à peu près les mêmes aspects 
que dans le toscan littéraire. Ainsi e final passe à i dans avanti, 
davanti, etc., v. §§ 58, 59; se labialise, comme parfois dans le tos- 
can, dans vermo (V 27 — 28), mais aussi dans ramo (VI 1 — 2); -o 
se délabialîse dans perdone (IV 24 — 25, où il n'est guère question 
d'un pluriel), à côté de perdono (XI 3—4); pour como v. § 24 c; 
e final persiste ou est restitué dans l'imparfait du conjonctif (potese 
790, avese 336, sentise 764), v. § 56, dans le présent du conjonctif 
(desdegne 1476, bagne 65, etc.), v. § 55, et dans le pluriel des fé- 
minins de la troisième déclinaison latine, v. § 36; pour fuora, cha, 
qualuncha, fina, etc. v. § 13; sospire 81 est peut-être un pluriel, v. 
§ 36; -i passe parfois à -e: mormorave 143; pour sparsesti v. § 47. 

Mais, dans nos copies, il y a une plus grande variation dans 
la notation de la voyelle finale. Ainsi o se trouve au lieu de e 
et réciproquement, surtout dans KPQ: -o = -e: ventro 1303 Q (cf 
VI 51), lumo 1364 K (cf. XI 12—13), malfattoro 267 R (cf. III 
33-34), la mento 1393 B (la mente VII 11 — 12), sanguo 351 P 
(cf. V 42-43), solo 618 ES morto 535 P, celesto 1262 PR, averto 
588 P, talo 185 K (cf. §§ 36, 38), Gabriello 10 R, 1121 QR, 726 
CEGR (cf. Gioseppo 1210 CER, Giuseppo 1216 R), serebo 1152 B, 
tuolo 1456 G, premo 887 C, fosso 499 ES moro 992 P, rimano 71 Q, 
spoltro 1 75 Q, produsso 537 K, desceudo 1 439 Q, puro 459 Q, apruovo 
504 D, do 9 E, 816 Q, 1074 K, et peut-être dolore 1094 et 1097 
P (de loro, dottore?), inanço 1246 Q, peut-être no 1129 C; cho 
410 E, 844 G (che ou ch'io?), 920 E^ (ch'a?); pour fino, fin(.e), in- 
sino(-e) v. §§ 13, 59; c'est grâce à ce passage en -o que F porte 
dolor ofeso 963 (dolore feso); 

'e = '0 doue 1191 Q, cride 956 ES ponte 733 EP, volte 1248 
P (cf. IV 30—31, X 31—32), taramiote 978 T, Nicodeme 1330 F 
(cf. X 4 — 5, de même rame 579 F, ce qui fait soupçonner que ce 
copiste ou bien quelqu'un de ses prédécesseurs ait délabialisé son 
original), arleviaraente 1446 E, linçole 181 P (plur?) et peut-être 
aussi dolore 1094 et 1097 P (de loro ou dottore?), pome 834 R 
(cf. M.-L., p. 60), piane 694 BG, amare 708 P (amore C), scure 240 
P, queste 282 B, le 1466 T, perse 151 P, posse 1315 M, sente 
43 P (sente V?), adesse 366 ES ne 682 Q; il sera de même de 

Linder: Plainte de la Vierge. ^ 



I.Viri A. Linder. 

îiveve 465 T (cf. avevo K, etc., § 56), venire 1048 li, cantare 1052 
R et peut-être adorone 1063 Q (§ 13 i); -o = -^: qiiaso 348 Q; -io 
= -ï: qiiasio 348 T, 1342 D, chio(?) 517 P; -o = -/o: principo 1400 
H, tempo 979 G, 523 BF (cf. cho ci-dessus et refrizero 1004, etc., § 
24 f)] -10 = -o: austrio 1039 C, quandio ch'io 1166 D; -ia = -io: ia 
125 E^; -0 = -a: fessuro 1323 C (cf § 35), doglo 845 D, oro 695 F, 
acaso 97 E\ mo 414 ï, 750 (806) G (forme labialisée de ma), zercho 
1108 B, riparo 773 B, conforto 891 G, regno 544 E^; pour les 
imparf. en -vo v. § 56; pour coutro v. §§ 13, 59; 

-a = -o: lassa 1339 M, parla 466 Q, posta 30 E^, preciosa 
370 (1318) ES braza 1226 E^ pelicana 747 T, conforta 1453 E, 
316 F (cf. § 35, et peut-être sputa 351, 660, si ce mot n'est pas 
plutôt un pluriel, v. § 37); 

-u = -o: modu 1259 E^ ; pour to (tu) v. § 41 (cf. Gesô 911 
KR et zu 1212 E^ remodelé sur giù ou su?); 

-« = -e: virtuta 1396 E\ cbiuda 1186 G, prema 887 FP, des- 
giaza 1189 FP, desdegna 1476 S, salva 222 P (§ 55), la quala 1110 
P, (jui seront toutes des formes analogiques (cf §§ 38, 55), a 738 
C, 119 E^; 

-e = -a: sua corde 1143 K (pi.?), piage 1077 E, alfe 148 B, 
posse 37 ES prende 481 P, anontie 1040 (1043) P, ripare 773 Q, 
manche 1202 P, e 180 ES 1142 P; cf. en outre §§ 13, 37, 40; 

-i = -e (surtout dans les formes verbales en -ti): mirati 1181 B 
(guardati EPQ), pensati 173 K, 1258 P, perdonati 483 B, siati 
473 DP, fati 491 BG, 492 P, 580 Q, sapeti 343 R, andati 1148 P, 
fossi 499 D; persiste ou s'introduit de nouveau dans possiti 444 P, 
façiti 1389 M, vederiti 1386 E, averiti 1194 PQ, fuzeriti 1390 
MP, vedeti 449 P, lezeti 444 B, pianzeti 57 BFQ, piançiti 398 Q, 
toleti 492 B, cognositi 1036 Q (cf. §§ 55—56 h), fuzi 1146 B 
afligi 768 Q, tuoli 1456 E, priemi 887 R, ferri 1145 Q, morsi 581 
Q, rimasi 1383 ES apersi 738 P, mossi 1283 E (v. §§ 51— 52); so- 
freri 804 Q, dolenti 531 Q, cf davanti, etc., chi 1065 (1238) Q, 
1302 R, 1456 S, si (805 R, 644 E, 790 G) est peut-être latinisme, 
forssi 717 EF", de même; pour tuti, altri, li v. § 36; 

-e = -i (primaire ou secondaire): âpre 714 Q, 994 E, olde 601 
B (dans voIce 713 Q, vede 713 Q, pianze 379 P, sepilisse 1314 Q 
(§ 56 a)y e persiste peut-être); cade 413 P, prese 1229 E, volse 809 P, 
toise 811 BQ, colse 813 Q, vide 203 (950) Q, dis(.s)e 987 EKP, 1 169 
GP, 188 GPQ, 775 EGPQ, rimase 441 ES aveste 803 ES 818 E, 
avese 515 EP, nasiste 529 P, reno vaste 1413 E, sccoriste 1412 Q, 



Plainte de la Vierge. LIX 

farisse 128 Q (§ 53), aretengne 928 Q, tieiie 511 E^, vole 781 P, 
pugne 1436 E (g 18), se 806 Q (sï, sic), glie 1306 E, ge 104 B, le 
155 T, anante 1224 E, avante 365 (1206) E; pour ogne (89 Q, 418 
P) V. §§ 38, 46; pour fore (70 C) v. § 13; 

'i = -a: fuzi 1069 G, posi 568 B (cf. posse 37 E* ci-dessus), 
formes aualogîques; pour bragi, mcmbri v. § 36; fuori 277 R, 131 
KR, etc., est peut-être latinisme; sançi 1092 R (< absentia) forme 
analogique ; 

en somme, la variation des voyelles finales, abstraction faite 
des cas à peu près communs, est prédominante dans EKPQ, mi- 
nime dans CDFS, et presque nulle dans H; dans quelques cas il 
semble que le copiste, dans son hésitation, ait écrit deux voyelles 
pour une: fuo (fu, fo?) 1319 Q, latuo 913 Q, neo 913 Q, bisoguge 
872 K, et peut-être quasio 348 ï, 1342 D, sei 421 C, mie 1314 
Q (cf pourtant miego, etc. § 41); -i = -o: questi 552 E^ (quelli 220 
ES V. § 63); cf. aussi §§ 24 A, 13 b, 3. 

Il nous faut noter ici la chute de la syllabe finale entière dans 
certains mots où la voyelle finale tombée, dans la plupart des cas, 
est précédée d'une dentale ou d'un jod: cha 100, 204 (chasa à la 
rime 1373, cf. zo 32, etc, su 30, etc., ver 508, etc ), mo 637, piè 
374; si ?ne 1314 (mi CKT) est pronom superflu ou bien me' (cf. 
me' 174 R), nous le laissons incertain; pour gran v. § 38; pour fi 
V. §§ 19, 52; pour les impératifs en -a v. §§ 16, 57 a, pour les 
substantifs en -a, etc. et l'impératif ve' v. § 16; pour les formes 
verbales en -no (-nt) v. §§ 24 c, 47, 55. 

Exemples des Variantes: va 1438 E, me (mezo) 383 P, vul 
1219 T, an 1501 M (de même peut-être 716 G. 1199 D), don 86 T, 
quai 1041 E, quai cosa 866 F, do (doia) 161 (668, 1365) P; qua 
441 G, la qua 723 (725) Q sont peut-être formés sur un pluriel 
quai, cf. §§ 36, 24 e; pour les part, en -à v. § 50; pour les infini- 
tifs apocopes V. § 56 /;,- ai va 712 T est une correction curieuse 
(ai varo D, amaro CP, cf §§ 7 a, 60 a); strenden 947 F (stren- 
zendo, v. § 16). 

9. Chute de la voyelle pénultième, hors des cas romans, est 
bien rare, surtout dans PQ; ce ne sont guère que des mots en -ro 
(-dero), -recto que notre poème nous offre syncopés, et cela non pas 
d'une manière constante: aspra 299, 346, 761, 835, 1251, aspre 1085, 
spirto 968 et spirito 453, 711, 856, 1010, spirti 503, 1285, 1504 
et spiriti 124, 1110, demerto 535 (V 35—36 demerto: deserto: 
averto), désira 234, 608, 1040 (VI 10—11, IX 1—2), desiri 1342 



hX A. Linder. 

(X 49-50) et considéra 1273, en outre aima 607, 971, 1101, so- 
perchle 1477 (fervo 1021, neta 657, veiare 163, etc.). 

Formes des Variantes: aspera 299, etc. PQ, aspere 1085 DPQ, 
spirto 711 E, spricti 124 G (le signe d'abréviation manque comme, 
sans doute, dans appacchîato 254 K), spiriti 503 BCDEFGKPQT, 
raerito 535 BGKPQ, desidera 608 KQ (desireno 234 P), desiderîi 
315 BCGKQIl, 1343 K, anima 607 CDKPQ, 971 PQR, 1101 KPQ, 
aima 421 Bd, 1499 (1505) F; peut-être aurions-nous mieux fait 
d'adopter partout anema (-ima), mais aima, si c'est là une forme 
exclusivement méridionale (cf. Orig., p. 149), était sans doute de- 
venue littéraire, du reste arma n'est pas rare dans les dialectes du 
Nord; almento 62 Q, erto 469 T (recto C), fra 586 BG; tabernalo 
1473 T est peut-être faute, de même (tu)tilo 1444 G (tu titolo); 
orda 1007 F (cf. fervo); inversement malefa(c)tore 267 ET. 

10. Sur la voyelle métatonique de la syllabe pénultième il y 
a bien peu à dire: 

i persiste dans les superlatifs, v. les rimes VI 17—18 gravi- 
simo: dolzisimo: chlarissimo, VI 48—49 dolzisimo: gravisimo: al- 
tisimo; minimo 1408, pesima 1282; en outre: perfido 87, 827, stre- 
pito 108, palido 597; i passe à e dans les adjectifs en -ile VIII 23 
— 24 posibele: insensibele: teribele (cf. umelemente 238), debele 895, 
frazele 1474, et dans quelques substantifs: omeni 1054, femena 
1008, anema 421, 1505 (et anima 988), verzen 27, 927, verzene 13, 
385, 1392, lagreme 1203, passe à o dans agnol 1121, agnolo 10, 
726, agnoli 234, 1052, etc., anzoli 673; 

u persiste ou est restitué dans disipulo 915, disipuli 854, spira- 
chulo 604, tabernachulo 1438, tabernachul 1473, abitachulo 1442, 
signachulo 1440 (cf. capitulo, les vedettes), formes qui seront toutes 
d'origine savante, ou passe à o: povolo 745, 810, povol 687, popolo 
220, titolo 1444, rivoli 70. 

Formes des Variantes: menemo 1408 Q, angiel 10 F, angel 
726 CEKPQ3 (agnelo D), angeli 1052 EK, etc.; inpossibile 952 
QR, insensibile 954 DGKR, terribile 956 DEGKRT, nobile 373 P, 
orribil 328 R, débile 895 CK, fragile 1474 CGKS, femina 1008 
CKR, vergine 13 E^FKQT, 385 EF, 1392 CEFKS, lagrime 1203 
BCEFKP, cariche 326 R; al simel 747 F, anema 1441 M; disci- 
polo 915 BCGKPRT, -oli 854 BCEGRT; spiracolo 604 CDKPT 
(spracolo Q, sans signe d'abréviation), tabernachol 1473BHMS, se- 
gnacolo 1440 S, mais oraculo 1435 M, populo 810 BEFKP, 220 
BEFQ, etc., titulo 1444 EHS. 



l'Iainte de la Vierge. LXi 

10 a. a dans la même position passe à e dans pielego 1448 
(-ago BCDEHK8, cf. chondenato, § 11, et desireno 234 P, et le 
procédé inverse dans giovane 1349 R, albaro 708 P, de albero, pour 
arbore; -'e = -'o comincareno 164 P, v. § 51 ; -'o = -'e splendor 350 
G; 'U = -a: cantavum 1052 E^, fautes ou méprises). 

11. Les voyelles protoniques varieht à peu près comme les 
voyelles métatoniques et finales. Ici encore Fassimilation, y com- 
pris Finfluence de Vi, est le trait dominant^ le vieil italien étant bien 
avancé pour une harmonie vocalique complète. Ainsi l'on trouve: 

a) e- = a-': chondenato 1359 (-anato EKMPR), paserà 1102, 
chomenzerai 86, à côté de obombraresti 1272; en outre dans les 
Variantes: paredixo 1429 T, levato 183 G, hevesti 803 E^ (forme 
analogique), fecendo 853 E, perlando 508 E' (influence de per ou de 
la variation devant r ou par suite d'une dîssimilation?) mareveglio 
940 P, el 1274 FR, greveça 818 T (cf. grieve, § 3); a semble restitué 
dans alagreza 622 E^, et tombé dans maviglio 940 Q (le signe 
d^abréviation manque sans doute), et reflété par i dans chaninea 
680 CDQ, par o dans osedio 1436 M, focemo 1380 E^- et inver- 
sement a-' = e-: raina 35, 628, etc., et dans les Variantes: 1) devant 
r: marzede 480 (894, 1495) B, 1417 BG, taramoto 978 BCFT, saria 
1152 FK, sarai 1337 KR, sarà 320 BFG, 1365 KR, sarô 1378 
FKR; 2) par assimilation: piatà 396 (496, 870) K, 45 FK, 472 F, 
piatade 403 (472, 557, 1267) K, 993 FK, 508 (1052, 1491) GK, 
1331 FKM, biatade (si = pietate) 1052 D, spiatati 439 P, despiatata 
116 P, piatoso 1475 EHS, piatosi 1498 EHKMS (dans piaetade 
496 F, le copiste semble avoir hésité entre e et a, cf. § 8), pragata 
J003 F, dasarmata 518 P, sanguaneuta 1277 T, maladecta 1132 CKR, 
1284 R, maladîr 1135 CR, etc.; en outre dans ragina 1495 Q, re- 
splandeva, 350 PQT (cf. spiandere 598 Q), al(e)meuto 62 DQ, et 
dans les cas ambigus: al 618 (1395) D, 837 E, 1031 G, 899 Q; 
alli 738 C, cf. e ziel 180 E^ (a ou e/2?); 

b) e persistant ou restitué dans ensiva 593, leziera 199, fenize 
1368, demoni 261, segura 877, segurtate 486, mesura 424, 522, 
redemisti 1410, dévote 1087, désira 1 040 (cf §§ 29, 32), vegnir 330, 
vegniva 184, etc.; pour me te, se, etc. v. § 41 ; et passant à i en 
hiatus: chriata 1065, chriatura 295, chriatore 1011, etc. (mais beato 
828, etc.), de même niente 866, 1325, ni 114, 320, etc., à côté de 
uè 1316, etc., insire 404 (assimilation ou influence de in?), desprisiata 
116, arliviamento 1446, arlivîata 1213, signor 1068, 1127, vignando 
145, etc., zitai 1247, zitava 1297; et labialisé (o), çà et là devant 



LXII A. Linder. 

une labiale: domando 552, 1399, domandar 53, roniasi 92, 412, 
roman 71, romagnir 1153, romasa 1377, roraase 1383, dovcsc 1095, 
doveristî 362, dovete 444, dovea 527 (et deventase 615, 1028), reversa 
417, sopelisi 1314, sopelire 1313 (influence de sub-, mais sepulchro 
1321); c tombe dans drio (§ 3), porô 342, porîa 1296, avrete 1194 
(à côté de averô 493, viverô 1240, dolerete 1195); et, comme se- 
condaire, dans stu 880, 1216. 

Formes des Variantes: zetava 1297 P, zetai 1247 P, enserà 
18 P, negun 114 DK, desprexiata 116 GK; i par assimilation: 
obidiente 829 Q (ubbidiente K), pilichano 747 B, insira 18 G, insia 
593 BG, sepilisse 1314 Q, sostinia 112 Q, pariria 952 E, misschina 
1008 K (meschine 152 R), disira 1040 E^RT, disiri 1343 CFBd, 
1345 ER, finize 1368 FR, de même (à cause de n,./): vignerete 
1391 DT, vinerè 56 R, vignerà 400 F, vigniva 184 D, 414 E, 
vinieno 503 E, signoril 1432 F, et même {n tombé) vira 400 B, 
961 F; miglore 841 R; de même en hiatus: biato 1391 Q, biatade 
1052 D, nianche 498 F, 1129 G, niun 496 F, niuno 114 P, 1369 
R; en outre dans ligato 864 Q (testamento), lizera 199 ET (liezera 
P), spirava 1175 G, cinturione 985 T, ficiesti 23 C (assim. ou 
anal.?), sillentia 865 P, diriso 235 K, diserto 145 CR, sipolcro 1294 
R, inginochiava 221 CR, dimando 552 BK, 1399 CDES, diman- 
dar 53 BCF ; doventase 615 DQ, 1028 BD (devete 444 CE); inzo- 
nochiava 221 ET; vorete 1193 BKBd, avoro 493 ES dolorete 1195 
B (influence de dolor ou assimilation? Cf. doler 318 E^), solame 1027 
F (pour belame?), sol 941 C, lo 690 K (fautes); cet o alterne 
parfois avec n: rumaxe 1383 D.(cf. rumor, remor), pulicano 747 
QR (cf. le vénitien moderne polican); dans uscir 277 R, 404 FK, 
usciva 593 FK, il y a influence de uscio; e tombe dans dovressi 
362 D, aro 570 K, dorrete 195 KR, arà 401 BFG (avràC); de 
même, secondaire, dans obronbresti 1272 D (cf. obrunbrata 723 D), 
stu 927 DFR. 

c) i persistant ou restitué dans servitute 131, chognosimento 
1141, umilitate 1461, nobilitate 914, sanità 1161, etc. (cf. umelemente 
238, simelementre 747), chontinente 1350, ligato 96, 112, 330, desli- 
gava 663, finito 467, etc., iufinita 85 (mais fenischo 786, fenire 846, 
fenita 792, 1140), desfigurato 353, afigurarc 378, figura 15, etc., 
chruzifigato 266, etc., chruzîfiso 1385, pichava 1226, manifesto 742; 
manifeste 1266, sinistro 913, sinistra 245, ministro 917, ministra 
247, signachulo 1440, ingrata 154, 1406, involto 1318, inzuriava 223, 
interiora 277, 886, incharzerato 255, inver 894, invocha 718, indi- 



Plainte de la Vierge. LXIII 

vina 227, inchliua 229, 589, 1184, inchlinato 970, dintorno 211, in- 
durato 1239, intrava 230, intrare 167, 278, lu 210, etc., priuzipio 
148, promi8ione 134, refrizero 1004, vîtupero 249, vituperoso 345, 
peuitenza 863, tirava 219, etc.; passé à e: chomenzb 978, chomen- 
zai 331, etc., lenzuolo 33, etc., ordenamento 943, sentila 6, anemali 
1061, anemata 1069, nemicho 1422, 1489, testemoni 265, lagreraando 
1070, lagremava 161, redemerve 1022, envocha 648, entrar 105, 
dentoruo 104, enchrescha 850, enfermase 1030, enver 640, en 33, 
1392, vertu 701, 1272, etc., meravîo 940, ineraveioso 18, veiare 
163, deleto J.496, delezîone 1493, medezina 585, sfesura 1323, 
besogne 872, besognava 842, sachrefizio 1033, fedel 24, etc., fedeli 
476, deradegata 518, provedeuza 297; pour des- v. § 28; passé 
à a par assimilation dans zaschun 9, zaschadun 39, etc.; tombé 
dans chrudeltate 510, 1335, dreto 1440, chargate 326. 

Formes des Variantes: chognosemento 1141 B, contenente 1350 
MT, legato 96 Cï:KRBd, etc., fenito 953 Q, desfegurato 353 T, 
afegurare 378 Q, fegura 426 DQ crozifigare 312 ER, crocifigghato 
266 R, manefesto 742 K, senestro 913 BCFGKP, senistra 245 E, 
segnacolo 1440 S, envolto 1318 M, en 950 CT, 1319 DM, 1494 
DT, pienzipio 1400 B, promessione 134 CGR, penetenzia 863 Cï, 
des'io 799 B, 1361 (decio[?] 126) P, ie 155 T, ge 104 B, tresteza 
1017 G, nobelHtà 914 P, derito 1440 G, devino 1464 G, sangue- 
nata 1277 E, strenzeva 1297 F, caregate 326 D; pour vederite 400 
Q V. § 41 h; comiucio 978 CEFK, cominciai 313 CR, 599 (358) 
CKP, etc., linzuolo 181 FPT, 1319 DGMPT, etc., ordinamento 943 
BCFKP, sintilla 6 CFK, nimicho 1489 CEHQS, testimoni 265 
BEGKPR, lacrimando 1070 BCEFKPR, miravioso 18 Q, vigliare 
163 Q, dilezione 1493 CDEFHKMQT, medicina 585 CEFK, fissura 
1323 EGM, bisogne 872 CDFGK, sacrificio 1033 BCEFGKPQT, 
fidèle 24 E\ fideli 476 E^P, diradicata 518 BCDEFGKQ, provi- 
denza 297 BCFGKP, rinfresca 170 CKR, diricto 1440 EKQ, apa- 
richiato 254 Q, aparichiate 541 Q, nizun 1296 G, nisuna 494 G, 
1126 P, videano 283 E^ videmo 735 E\ videte 1 187 R, cisschedun 
1418 K, carîcate 326 KQ; passe à a (par intermédiaire de e?): ma- 
raviglio 940 KRT (mareveglio P), maraveglioso 18 KR; labialisé (par 
intermédiaire de e?): indovina 227 EQR, on 1491 F (forme de l'en- 
lumineur), aprosumava 592 F; redunir 1022 E est peut-être pour 
redumir (redonir F est une correction de redemer, forme écrite 
d'abord); tombé: humelmente 238 BFP, simelmente 747 BE^PQ, 
humeltade 1461 M, nobeltade 914 B, umiltade 1052 R (humilitade 



LXIV A. Linder. 

1269 R), vira 400 B (verra CGK), 961 F (verra CK, de verra R), 
mistro 917 ï (v. § 7 a), cunque 1490 S (chiunque?) 

d) U' = O' alturîar 756, 873 (cf. alturio § 7), lutane 1050, 
Zuan 506 (cf. le nom sans épithète Zoane 247, etc.); de plus dans 
quelques-uns des manuscrits: pruduto 515 D, furtuna 1433 E, mu- 
strato 1414 E, ubbidientia 808 ER, ubbidiente 829 K, uliraento 
372 ET, mulimento 368 F, 1320 M, ugni uno 500 P, chusî 304 BDF, 
223BDFK, 1318 BFG (forme ordinaire dans BF), custui 560(588) 
E, custu 127 Q, cului 896 E^, 1512 Q, uzidi 333 BEKR, urechi 
714 E (§ 7), murmorave 143 E, Giuseppo 1300 R (Gioseppo 1274 
R et passim, la plupart devant leur u à l'assimiliation ou à Vi de 
la syllabe suivante ou au latin); pour quelui, questui, etc. v. § 42; 
o est réduit à e dans quelques cas suspects: delor 717 B (cf. do- 
lorete 1195 B), delente 600 (1067) Q, inzouechîava 221 E, nel 443 
Q; précède 1421 E est peut-être dû à une erreur sur le signe 
d'abréviation ou à un échange de préfixe; 

a-' = 0- saldamente 137 (de là saldo 1161 F, saldi 137 P, v. § 
6), en outre dans des formes de quelques copistes: catale 559 K 
(assimilation), abbombreresti 1272 KBd (échange de préfixe); 

e) u persistant ou restitué dans parturire 842, parturise 801, 
parturîsti 805, muliér 897 (ou mulier latin?), vitupero 249, -uperosa 
653, chruzifigare 312, -gato 266, -fiso 1385, deglutisti 1112, abusion 
610, 1358, où il y a peut être influence de IV, de plus dans superno 
1279, -erna 701, -erni 1450, tribulato 687, tribulata 430, -ulosa 871, 
-ulose 700, -ulazione 1159, sepultura 1306, singular 1432, unguento 
370, 1318, voluntate 1054, chontumazia 43, resusità 367, zenturione 
985, zudegato 295, reluzente 239, inzuriava 223, rumore 108 (et re- 
mor 328); et passé à o dans plovea 141, torbolente 240, -enti 632, 
perichojoso 1430, dolzisimo 720, chortelo 1102 norigai 561, obom- 
braresti 1272, obonbrata 723, mormorave 143, fondé 694, fonda- 
meuto 1419, abondava 595, zontura 524, ponzenti 214, strangosato 
734, angososo 1259, -osa 427, etc., sostenc 1480, sospire 81, etc., 
sospendi 569, sovegnir 872, soperchle 1477; u substitué par o dans 
argoio 1016 (cf pourtant Gloss.), et passé à e (échange de préfixe) 
dans sechoristi 1412, sechorso 1198, 1395 (cf remor 328), et à i 
dans: molimento 368, 1320; pour tt. tombé dans alturio, alturiar 
v. § 19; ui > dans colui, costui, v. § 42 (cf concostar, Gir. 
Pat, p. 18). 

Formes des Variantes: partorire 842 CDR, -orise 801 BGR, 
-oristi 805 BGT, vitoperio 249 QT, -operoso 345 CQ, -osa 653 



Plainte de la Vieiire. LXV 



r 



CPT, ingiotisti 1112 BCGPT, abosion 610 Q, romore 271 R (riiraor 
B), redonîr 1022 F, tribolato 687 BCDT, -olosa 200 BCEKQT, 
-olatîone 1159 KT, singolar 1432 GQ, volontade 1054 BCDKR, 
onguento 1318 BFQT, condolmatia 43 F, centorione 985 Q, fornita 
792 BG, popoH 1351 Q (faute?), orgoîo 1016 BCE; plueva 141 
Q, piuvete 1199 E, turbolente 240 BEP, -anti 632 EQ, periciiloso 
1430 E\ diilcisiino 720 Q, cultelo 1102 F, nudrîgai 561 DEGQ, 
obunbrata 723 DEKPQR, -bresti 1272 CEGPQRT, fundô 694 G, 
-amento 1419 E^S, abiindava 595 EFKT, junctiira 524 FKQ, pun- 
genti 214 CKQR, strangusato 734 BT, angustiosa 873 DKT, 202 
Bï, -ose 111 DKQT, -oxo 1259BCDEKT (-oxa F), puleelie 1349 
M, sustene 1480 DFS, 357 P, 715 D, suspiri 81 QBd, 162 C, 946 
PQ, 1345 Bd, suspendi 569 P, superchie 1477 S, suprema 980 F, 
supremi 1450 S, sucuristi 1412 E, mulimento 368 F, 1320 M (mo- 
numento 368 DK); pipilli 1351 M, quatridiano 368 C; guastastî 
820 BE^FPR semble dû à un jeu de mots; pour cum, sun, etc. v. 
§§ 24 Cj 55; pour quelui, questui v. § 42. 

12. deventase 615, 1028 (doventase BD, devercstî 362 CET, 
377 C, devete 444 CE), mais dovese 1095, dovea 527 (de là dov'io 
77 T, 877 ET, dove 1406 D). 

13. a final se conserve ou s'introduit dans quelques mots 
indéclinables: cha (quam) 989, 1153, 1363 (cf. cha 697 G, et cha 
(quod) 1307 T, cf. che 1206, etc.), doncha 566 (-e K), 683 (-e G), 
701 (-e GP), etc., qualuncha 862 (-e FG), 1490 (-e CFGK), chon- 
tra 1436, etc., ora 228 et or 339, alora 382 et alor 191, anchora 
686, et anchor 997, etc , fuora 595 et fuor 70, fina 323 et fin 830, 
oltra 318, 461 et oltre 171; pour qualche v. § 46; de ces formes, 
il n'y a que fuora et ora avec ses compositions qui se montrent à 
la rime (II 37, III 31, VIII 2, IX 45—46, X 9—10); par contre 
oltra n'y paraît que sous la forme oltre (III, 1 — 2, série qui per- 
mettrait aussi bien les formes eu -a; seulement les manuscrits sont 
d'accord sur les formes choltre et spoltre qui suivent, cf. la même 
série, Inf XXIV, 44-48). 

Formes des Variantes (cf. ci-dessus): fuore 595 C, 762 P, fore 
70 C, fuori 70 K, 131 KR, 277 R, fori 1077 P (latinisme), fino 
323 E^K, 830 FK, fine 830 EQ (lat ?), contre 270 R, 1312 GR, 
1436 M, 1489 S, oro 695 F, acaso 97 E (cf. sançi 1092 R, in sine 
100 C, in sino 1162 KQ, in sin 1164 K), don 86 T, an 1501 M 
(§ 8); pour ogna v. §§ 35, 46. 



<■< 



LXVl A. Linder. 

13 a. Aphérèse d'une voyelle ou d'une syllabe: legreza 118, 
334, 775, 1106, 1455, legreze 527 et alegreza 493, 571, 1064, 1104 
(toujours après une voyelle), rabiava 1328 (arrabiava R, vénit. mod. 
irab., influence de ira?), nemicho 1422, 1489, vangelista 506, sta 
868, 881, chason 813, etc., scliura 615 et oschuro 975, -a 1028; 
ramo 579. 

Formes des Variantes: inimicho 1422 FHKMQ, 1489 HM, evan- 
gclista 506 FKP, questa 868 (881) KQ; sta 1286 P, 1365 F, scura 
1028 PR, -o 977 EQ, scoxa 528 CG, petiti 142 Q, vête 149 Q, le- 
niato 716 P, pella 48 P, gipto 133 Q, sillentia ^65 P (excellentia 
894 P), le 282 Q. 677 F; strerao 733 KPR, ternal 500 DG, nanti 
989 F (nanci G), tranbi 205 BG (trame F, intrame 947 F), tra- 
mendue 947 K (intramendue 1211 K), rechie 675 CQÏ, 672 F, 
683 EFT; de même peut-être varo 712 D, nteriora 886 EKT, 
ntendere 7 R, ngiuriava 223 K, mei 635 Q, sun 708 E, sum 310 
E (su in); grimavano 161 P sera faute, de même: io rainciai 752 
C (io com.), me 633 C (corne), nticha 652 G (canticha). Nous 
y rangerions volontiers quelques exemples de mots simples pour 
des mots composés: volto 1318 D, chinô 970 R, china 229 BKR, 
divina 227 K, fassiato 1058 CGKPR, piagate 696 GR; de même 
peut-être tu 1456 S (intu? Cf. (in)ver 508, 640, (in)prima 1463, etc.), 
pasione 1 157 BP, figurare 378 K, prosimando 592 BG (cf. 1 196 GK), 
presso 504 EK, stette 402 KPQ, guardando 397 KQ, spogliato 
215 FG; lor 320 T sera faute (dolor) et, inversement, des mots com- 
posés pour des mots simples: incomînciai 752 R, inchiuso 1326 DP, 
inpensar 407 D (cf le véuit. moderne); v. en outre §§ 29—34, 13 h. 

13 6. Il n'y a guère d'exemples de prosthèse proprement dite 
que dans KR: isscorte 765 K, iscorza 1239 KR, israisurato 296 
R, isfigurato 964 R, istar 951 R (cf 180 R, 1087 K), istanchecça 
163 R, isvario 625 KR, isvariava 457 K (esvariava E), isparso (-to) 
823 KR, ispirito 711 (1010) R, ispietati 261 R, ispandi 1038 K. 

Les exemples dans notre texte sont tous des composés: ar- 
tegni 928, arechordo 305, arichorda 1003 et rechorda 882, 1479, 
arliviata 1213, arendi 1505, etc.; de même dans les Variantes: 
adomando 552 D, -andava 691 P, azonta 416 FPQ, avelati 216 Q, 
achadesi 524 F, appenato 951 R, arichomando 901 P, apasionato 
748, F, agosto 821 D; en outre i(d)dio 387 B, 1082 BK, 923 BR, 
958 (966) KR, 1310 FKR, cf. Fonctions, § 61. 

13 c. Dans quelques-unes de nos copies il y a des formes 
allongées (épithèse): lasone 375 F (abrazoe 945 F), sarane 902 R, 



Plainte de la Vierge. LXVII 

noue 401 Q (adoronc 1063 Q est peut-être pour adorono, v. §§ II, 
47); fuoe 1042 G (fuor) ne sera guère qu'une négligence; pour fuo, 
fui V. §§ 8, 52; pour sostiente, sonto v. Glossaire. 

3. Consonnes. 

14. Pour représenter le gl toscan il y a, dans nos copies, 
nombre de signes. Les plus usités et ceux auxquels nous avons 
donné la préférence sont i, rarement yli^ et li dans les mots suppo- 
sés savants. Il semble que, dans la bouche de l'auteur, le son cor- 
respondant à ces notations ait dû être j, en preuve de quoi nous 
renvoyons aux rimes suivantes: VII 8 — 9 doia: voia: noia (cf. II 
7 — 8), VII 38 — 39 doia: noia: zoia, ce qui n'empêche sûrement 
pas qu'il n'y ait aussi dolîa (IV 11 — 12, X 11 — 12), ni que les mots 
chonseio (-io), meraveio et fio, etc., n'entrent jamais dans les séries 
en -io d'autre provenance ; gl, du reste, se trouve parfois final : negl 
1058 D. Ainsi nous avons préféré meio 1152, vermeio 843, chon- 
seio 839, doia 27, doie 281, archoia 80, foia 885, argoio 1016, voio 
253, voia 78, voie 1478, toia 1233, toii 1475, voiando 1333, despoiato 
215, meraveioso 18, etc., et après un i avec contraction: fiol 38, 
fiolo 44, fio 3, fia 3, zio 1342, pia 1460, meravio 940, etc., mais 
aussi voglia 56, archoglia 795 (VU 20—21), rechogli 48, etc., et 
mulier 897 (filiœ 398 lat.), milia 643; pour i, di v. § 39, pour li, § 41. 

Variantes: dolja 847 B, voljo 1307 B, filiolo 4 (et passim) P, 
filiol 754 E^ filia 3 P, folia 885 P, dolia 755 C (dolîa?), fijolo 404 
et passim ï; fijo 720 D, 781 F, 818 BG, çiio 1342 M, piia 1460 
T, mio 841 P; figliuolo 44 et passim K, figliol(o) 3 E, 44 QT, 29 
F, figlio 3 T, 194 K, 260 E, 1301 CE, ziglio 1342 CFKBd, piglia 
1460 EFHKS, meglio 841 EFGKQ, vermeglio 843 CFGP, mera- 
veglio 940 FKPÏ, chousiglio 839 EFGKQ, foglia 885 CEGK, vo- 
glie 289 EFKPT, voglio 253 EK, toglia 1233 PQ; figlo 3 D, 5 CD, 
1301 DR, 902 DT, figluolo 5 R, 91 CRT, figla 3 D, pigla 1460 
CD, miglore 841 R, voglo 1307 D, fogla 885 DR, togla 1233 D, 
togli 1475 EKSÏ (togle D), toglea 224 R, vogle 289 CD, dogla 
78 DR, despoglato 215 CD, consiglo 839 CRT, meglo 841 CDÏ, 
vermeglo 843 D, maraviglo 940 CQR, doglo 845 D, argoglo 1016 
DR; chonselgio 839 B, -ilgio 903 B, melgio 841 B, filgio 902 B, 
volgio 253 B, pilgia 1460 B, tolgia 1233 B, tolgiea 224 BBd, vol- 
gie 289 B, dolgie 281 B, dolgia 119 B, tolgi 1475 B; figiolo 850 
(904) B; ge 104 B (ie T, cf géra 627, etc. D, de iera), voxe 1478 
F (méprise?). 



LXVIII A. Linder. 

En résumé, li ue se trouve ordinairement que dans P, <jl est 
à peu près constant dans R et très fréquent dans D, gi et Igi ap- 
partiennent presque exclusivement à B. 

15. / précédé d'une vélaire ou d^uie labiale persiste initiale- 
ment presque toujours dans D, très souvent dans GT, pas rarement 
dans BQF, sporadiquement dans tous les manuscrits: clamasti 2 
DQ, clama 960 DT, clamo 1399 D, clamati 1507 DM, clamore 997 
T, -ori 1382 BCGKQT, clara 1428 D, clarita 46 DT, clareça 616 
DT, 1457 DG, clave 1429 M, clavi 1167 BDPQ, clavo 836 DQ, 
inclinato 970 DQT, -clina 229 DQT, 1184 F, 1497 BDHKT, chluso 
1319 FM, chludendo 932 G, chlusi 738 FG, sclopo 930 D, sopercle 1477 
M; et passe, dans le corps d^un mot, à i\ aparechiate 541, ochi 738, 
orechie 672, spechîo 239, inzenochiava 221, zerchio 5; (speîo 1364 M, 
oghi 1498 S, et apareade 541 G, sont des exceptions rares d'autres 
procédés; scîopo 930 T est pour schiopo (cf, schiopase 931 F); redime 
152 C, faute); desglaze 1189 DQT (dischiaci K), deglutisti 1112 
DEFKQT, gladio (mot savant) 1107, 1424, gloria 233, gloriosa 655, 
etc., mais veiare 163 (vechiare D, veg(h)iare BCGPR); pluro 242 
(piuro QT), plu 849 DGT (forme ordinaire dans DG), plovea 141 
DET (plueva Q; pliovea G semble notation due à l'hésition entre 
pi et pi), plova 1496 G, plege 550 Q (pliegi D), plene 1159 D, pleno 
69 BDG, 182 D, plena 47 BDET, 84 DGT, etc., resplende 1439 
(-piende T), resplendea 350 (-piandeva PQ), plana 509 D, plane 694 D, 
898 DFG, planzete 57 DES plançea 338 DT, planzevano 391 DG, 
plançer 685 DT, 928 DG, planzo 1128 G, planto 1045 (1405) D, 
plaga 582 BDG, plage 1256 DT, complaxer 220 DT, plaxer 840 D; 
exemple 1444 CDEGKQT, templo 523 DEGT, chontempla 636 se- 
ront des mots savants; ample 1199 D est peut-être am plu; pina 1335 
M, montre l tombé comme dans le tosc. inchina ou plutôt te réduit 
^ i (§§ 2 b, 3); après une voyelle: dopio 789; flama 542 DGQ, 
flame 1513 F (lat), flazelato 178 BCDEGPQT, flore 17 DT, 20 D, 
flume 69 BDGT, 733 G, 1430 DGQ, flumi 1200 DEGQ; blancha 
204 (215) D, blanche 1245 D; mais nebie 1199. 

Nous avons donc conservé et même parfois introduit la nota- 
tion la plus ancienne comme celle présumée de Fauteur (cf. le mot 
savant spiandere 598 Q, respîende 1439 T, etc.), quoiqu'il soit 
peu vraisemblable que, dans la plupart des cas, elle ait la moindre 
raison phonétique (cf. le vénit. moderne ciave, ci5, etc.). 

16. t intervocal montre une tendance fort prononcée à se 
maintenir ou à s'introduire de nouveau, témoin les rimes IX 52 — 



Plainte de la Vierge. LXIX 

53 vedete: voleté: dolerete, IV 16 — 17 bruta: tuta : spiita, ,VI 28 
— 29 sputa: bruta: muta, Il 34—35 salute: venute: tute, III 37 
— 38 achute: tute: salute, XI 2 — 3 vertute: tute: salute, II 24 — 
25 ferute: salute: servîtute, YIIL 36—37 chombate: pietate: bâte, 
IX 5—6 chontrate: pietate: voluntate (cf. V 37— 38, 26-27, 16— 
17, VII 6—7, IV 1-2, VII 50, etc.) à côté de IV 8-9 zitade: 
strade: chontrade, IV 10 — 11 vidi: chridi: alzidi, et voilà les seules 
fois tant soit peu sûres. Le poète semble bien distinguer, par ré- 
miniscence étymologique sans doute, les rimes en -te d'avec celles 
en -de: III 5—6 lavato: stato: Pilato, XI 4— 5 sacrata (lat.) : fata : 
ingrata, VIII 9--10 trado: chado: grado, cf. IX 12 — 13, 33, V 16 
~ 17, VIII 3—4, etc. 

Or, comme dans le corps du vers il admet des formes apoco- 
pées des mots en -te (v. ci-dessous), des formes intermédiaires en 
'de peuvent bien lui être échappées, et d'autant plus facilement que 
telle était sans doute la prononciation la plus voisine de la sienne 
propre de tous les jours. 

De crainte d'offusquer la prédilection de notre poète pour la 
langue maîtresse et divine, nous avons préféré les formes en -te, 
etc.; formes apocopées: falsità 296, pietà 396, 403, 870, vertu 1272, 
salù 476, 1454; les impératifs fa 491, 492, imaginave 744; forme 
avec d: schudo 1422 (cf IV 8—9 ci-dessus). 

Les Variantes offrent bien des exemples de l'affaiblissement 
du t, surtout dans les substantifs en -aie, etc., podestade 545 BPÏ, 
pietade 884 CDR, 1052 BCFGK, citade 1333 BCDFGKPQRÏ, no- 
bil(i)tade 914 BFK, chastitade 1443 CDEGKMT, salude 129 B, 476 
B, vertude 1426 BCEM, 1396 DFHQ, peccado 750 C, peccadori 
861 C, peccadore 1449 M, stado 914 T, 1355 M, lado 913 P, per- 
codea 103 T, podea 105 BEGKT, 470 DGT, 509 FGT, podese 
407 DEGPT, 790 FGPT, podè 653 G, podere 1220 CDEGPQRT, 
fradelo 367 DT, 477 BCDEFGT, sede 1031 T, lido 1448 DT, 
strepido 108 BQ, Salvador 1057 BFGKR, 110 GT, tramudasti 1411 
M, spudava 102 BCDG, aidare 754 G, aida 1397 M (cf la rime 
VII 50 vita: fenita: aita); de même de Teffacemeut du t: voluntà 
1478 S, città 1373 EGKQR, nobellità 914 GP, vertu 1030 GP, 
1426 FGHS, et même à la rime, surtout dans H, humanità 1461 
HQ, purità 1445 H, humilità 1461 GK, libertà 510 Q, crudità 1335 
K, volontà 1054 KP, servitù 131 Q; togliè 492 K, vedè 449 K, volé 
480 F, avè 1194 F, abiè 479 F, piovè 1199 K, piançè 1348 D, cf. 



LXX A. Linder. 

§ 7 a; pour les pt. en -à, -ù v. § 50; pour sty s dans les condit. 
et les împarf. du conj. v. §§ 53, 56; pour et v. § 60. 

Dans le groupe H, t se maintient V 1--2 alto: spalto: arsalto; 
de même dans ntj excepté comme final, § 24 d 

II n'en est pas de même pour toutes nos copies: nt parfois passe 
à nd: condolmatia 43 F (influence de duol?), sendo 193 K, quando 
70 BP, peut-être fautes; parfois à n: piano 243 Q, 198 E^; inver- 
sement n s'écrit 7it dans dostiente 423 F (: -iene); sonto 416 BP 
est plus douteux, cf. M.-L., p. 246; st semble réduit à s dans 
chonquixi 1484 B (ou x = st?), disendeva 693 C (méprise?), seco- 
rissi 1412 M (§ 51), doverise 362 Q, savisi 126 GKPQR, et inver- 
sement sepellisti 1314 CE, deventaste 615 E^ (§ 56, 56 a); ardente 
1087 F (cf. artenta 1255 F, 86 B) sera faute ou méprise; pour 
pianto 973 F (: -ato) v. § 24 d. 

d intervocal s'est rarement effacé: mo 821 et passim, v. § 8, 
piè 374, ve' 746, v. § 56 a, fervo 1021, mais fedel 39, etc, radize 
17, deradegata 518, medezina 585, provedenza 297, fede 795, 
1419, etc.; pour d final dans ched 26, 31, 365 (en outre che), 
v. § 60. 

Les Variantes, rarement, offrent des exemples de la chute du 
d: ve' 749 T (vedi), 897 F, zuigato 295 E\ aerto 1385 T, fë 795 
FK, mercè 1495 G, pei 1250 Q, chio 836 P; grand 1064 C (mais 
grand' 978 F, avec signe d'abréviation), grant, forme ordinaire dans 
D (27, 28, 922), se trouve une fois dans B, au v. 28, gram est la 
forme préférée dans Q (575, etc., cf. 767 R); quant 1046 D, quanto 6 
Q, 1046 P, 364 T sont peut-être dus à une confusion avec quando, 
cf. ci-dessus; nd semble réduit à n dans pensano 1086 G, pessano 
1468 T, prenei 1105 G, predicano 157 P, tene 1143 Q (cf. Stud. I, 
8, 191); strenden 947 F (cf. aven: Petr, et le cas inverse dans l'om- 
brien nn > nd); viti 408 DFT, 462 BDF (veti G), 188 DF, 203 (207) 
D, est notoirement formé sur steti, de là encore vête (impt.) 829 
Q, V. § 56 a; en outre peti 463 T (faute?); chaçesti 524 DT 
semble formé sur un prés, chazo (cf. VIII 9 — 10 cliado), rosegata 
514 Q, (rosegar de roso, rosicar tosc); pour possea 274 Q, possiti 
444 P, stadiva 185 P, staxea 440 DET, vegiii 336 C v. §§ 56, 
55, 50; doltra 318 (461) F est peut-être pour inde ultra ou formé 
sur l'analogie de dintorno, etc.; au v. 318, l'on pourrait aussi lire 
ched oltra (cf. chedalo 670 D [che dolor E^J, qui doit être pour 
ched alor, faute pour che[d] de dolor); queri 1034 F sera pour 
chéri (chieda), qneat, v. § 24 /*. 



Plainte de la Vierge. LXXI 

p inlervocal ne s'affaiblit que rarement en t', affaiblissement 
attesté par la rime (V 5-6 Eva: lieva: chrieva); en outre dans saver 
115, 242, 838, savesti 126, savisti 763, recliovrar 1481, chavo 371, 
1250 (et chapo 970, 1 162), averto 539, averse 738, avri 1459, averte 
588 (et apria 332, apcrse 740, 1075, chopristi 1265, chopria 231), 
povolo 687, 745, 810 (et popolo 220 et passim), savio 6S2, mais 
sopcrchle 1477; vitupero 249, aparechiate 541, etc. 

Variantes: crêpa 449 KP, sapesti 126 BKPR, 763 BFGKPRBd, 
saper 242 EKR, etc., saperai 719 F, chapo 371 BCEFKP, 1250 
BDEFKPQRÏ, apcrto 539 BCEFKQ, apcrse 738 BEFKPQRT, etc., 
populo 687 BDEFKPQR, 745 BCDEFKPQR, 810 BCDEFKPQRT; 
sovra 417 (418, 529, 708) DG, 560 (1114, 1132) G, 1288 CGR, mais 
le plus souvent sopra (super 706 QR est sans doute su pcr), apruovo 
504 D, discrovindo 1249 Q, coverti 216 D, coverta 1257 P (faute) j 
p pa.sae à b dans obrobrio 1159F (faute), obrobrioxe 109 BP (ob- 
probriosc C) et semble intercalé dans sonpno 167 T (graphie? v. 
§ 24 a). 

b inlervocal passe parfois à v: ave 297, 751, dovete 444, etc., 
dove 416, 949, etc. (o 877, ove 251, etc.), favela 14, meraveioso 18 
davanti 264, provando 265, etc.; mais en général reste intact: posi- 
bele 952, abondava 595, etc ; dans bj de même: dev'io 877, 878 et 
dcb'io 77, debia 798, abia 875, 1499, chambio 918, 940; /; tombe 
dans ai 800, 194 (o 1126, etc., g 55). Les imparfaits se terminent 
en -nva (Il 20—21, IX 44-45, etc.), en -e(v)a (III 18-19 Zudea: 
tolca: perchotea, cf III 35—36, V 22—23, VI 6—7, 12—13, IX 
42 — 43, X 43 — 44), en -iva (IV 37 — 38 sentiva: viva: tegniva) et 
en -ia (VII 1 — 2 sia: Maria: tegnia, X 11 — 12 dolia: sostegnia: via), 
les conditionnels en -m (VII 9 — 10 mia: séria: via) et en -ei (X 
2 — 3 mei: vorei: omci), les futurs en -a/ (II 9-- 10 mai: guai: cho- 
menzerai, VI 47 — 48 sai: dirai: guai) et, hors de rime, en -o: farô 
314, averô 493, v. §§ 56, 53, 56 b. 

Variantes: ebe 297 BCFKR, 751 BCEFG, averà 401 DEQT 
(avrà C, arà BFG), avian 637 K, debio 877 BCDF (debbo KPR, 
dov'io ET), debbe 798 K, cangio (sbst ) 906 Bd; dans le groupe inby 
b tombe parfois dans FK: (in)trame(n) 947 FK, tramen 1211 K^ 
trame 205 F (cf le procédé inverse mm > mb: enfiambava Riv. II, 
p. 33); dezio 877 G; digo 877-78 Q; doio 77 Q (do io?); b 
semble intercalé dans insonbre 1314 D, cf. insiemc 1332 F, v. Gloss. 

f intervocal, devenu final, passe ix p: Joscp 33 (giosep R), 1300 
(ioseph FKP, çoscph D), 1312 (ioseph DEF), etc. 



LXXII A. Linder. 

17. c initial persiste; devant r, la sourde gutturale (qu) reste 
[ch) dans chridar et ses dérivés: chrido 956, chridi 331, chridar 128, 
251, 313, etc., chridava 266; intervocal, c persiste dans pichava 1226 
(piegava on spiccava?), avochata 1447, achuta 1423, spirachulo 604, 
abitachulo 1442, signachulo 1440, tabernachulo 1438 (la plupart sont 
des mots savants), passe à^r: digo 291 (dicho 1389 et passira), digando 
472, luogo 152, 431, 432, 828, 904 (luocho 1391, puocho 577, 592), 
plieghi 550, deradegata 518, chruzifigato 266, -figare 312 (fichate 
512), segata 542, segura 877, zudegato 295, uorigai 561, et, après 
une voyelle tombée, chargate 326, segurtate 486, algun 582, alguno 
80, etc.; de même pour cr: lagreme 1203, lagremar 1356, lagremando 
65, 752; mais sachrefizio 1033. Cet affaiblissement est attesté par la 
rime pour les mots miego, tiego, siego (§§ 3, 41) et plegar (I 12 
—13 priego: tiego: miego, cf. IV 26— 27, V 20— 21, VII 17-18, 
IX 30 — 31 niego: tiego: siego, V 40-41 plieghi: prieghi: nieghi); 
il n'est guère probable que ch représente le même son dans XI 
10 — 11 dicho: nemicho: anticho, X 64 puocho: fuocho: luocho. 

Variantes: giuda 557 P, galvario 431 DG, grido 956 E-FK, 
gridi 331 CK, gridar 128 et passim K, gridava 266 KR, pieg(g)ava 

1226 KR, luocho 152 EGKQÏ, 828 CDEGÏ, 904 DEGKT, dira- 
dichata 518 BCDEFGKPQ, crucifichato 266 BDGPQ, -fichare 312 
BCFP, sechata 542 B, nutrichai 561 BEGK, sechura 877 CFKPQR, 
iudichato 295 FPR (giudiçcato C), carchate 326 EGKQ, desficato 

1227 EF, securtate 486 KP, alchuno 80 CEGKPQBd, 582 CPQ, 
lacrime 1203 BFP, -mar 1356 BFBd, -mando 752 FKP, sagrifitio 
1033 R; negun 114 DK, oghi 1498 S, enomigo 1489 GM, perigo- 
loso 1430 M (cf. antigo 1424 C, § 24 b, et bragi 1392 S). 

g initial passe à c dans chonfaloni 326 (remodelé sur les mots 
composés avec cou-?). 

Les Variantes offrent quelques exemples analogues: Chabriel 
10 BC, 726 BGT, 1121 G; dischiaci 1189 K (peut-être correction 
hâtive, cf. isguarciar 1329 K, sgharciava 1297 K, isquarciando 389 K 
et alcuno, grido ci-dessus); dans Magdaleua 382 FPQ, g n'est guère 
qu'une restitution graphique; pour gh devant a, o, it v. § 24 b. 

18. c initial ou précédé d'une consonne passe, devant c, i, à 
tSy représenté par z, xx, xc, rarement s: zento 1223, zenturione 985, 
zinque 642, zima 1162, ziel 180, zielo 1109, zelestial 1279, zerteza 
1073, zercha 1108, ziera 347, zerni 1452, zitate 1333, marzisti 532, 
incharzerato 255, merzede 1417, doize 600, 1415, dolzisimo 629, 
dolzcza 575, falze 541, alzidi 333, prinzipio 728, inzenso 1048, don- 



Plainte de la Viergje. LXXIII 

zèle 1349, et, après une consonue tombée, ozi dente 1039; exzelenza 
865; excelso 1262 (excelsis 301, lat.); struchaudose 947, v. Gloss. 

Exemples des Variantes: anzila 727 B, strendenzi 947 F, zelli 
547 B (lat.), zema 703 F; çento 1223 DQ, çercha 1108 D, çiera 
350 DT, çima 1 162 DRT, çitade 1333 DMQ, çerni 1452 QT, mar- 
çesti 532 DQ, merçede 894 CDFRT, 1417 CDRT, 1495DT, dolçe 
911 DQT, 600 DT, dolçeça 459 C, ançila 727 F (lat.), falçe 541 
DQT, iuçenso 1048 D, donçele 1349 DRT, alçidi 333 D; cento 
1223 ERT, centurione 985 CDEKPQRT, cinque 642 EGKQT, 
cima 1162 CEPQ, celo 544 P, ciel 332 CDEGKPQR, eieli 57 
CDEGKQRT, céleste 1262 BCDEFKQT, certo 1389 MP, certeza 
1073 EP, cerca 1108 CEKPQT, ciera 347 CPQ, citade 1333 CEKRT, 
cerna 703 P, cerni 1452 CEHKMS, marcisti 532 CEKP, mercede 
894 EGKQ, 1495 CEGHKMQS, incarcerato 255 BG, dolce 1415 
CHKMS, dolcissimo 720 CDEKP, dolceza 495 EK, falce 541 CEGK, 
pulcelle 1349 M, ancide 333 Q, occidente 1039 CDEGKPQRT, 
principio 728 CDEGKPQ, incenso 1048 CEGKPQRT, doncele 1349, 
GK, doncella 1415 D; excelente 602 CDEFKQT; sillentia 865 P; 
dongelle 1349 Q (-gielle Bd). 

En somme, x est presque constant dans BFGP, n'est pas rare 
dans E, et ne manque que dans CHKMR, ç paraît le plus souvent 
dans DMQT, rarement dans CFR, s presque exclusivement dans 
P, g{gi) seulement dans (^Bd, r, par réminiscence étymologique et 
littéraire, un peu partout. Dans les Variantes nous n'avons que 
rarement tenu compte de ces distinctions graphiques entre ç et z. 

c intervocal devant e, i, est rendu par x, si: fazea 199, paze 
570, 1383, desplazere 1222, plaze 919, 942, chomplazer 220, zaze 
1057, verazc 1055, fazendo 853, dizendo 1070, dizeva 389, dizesti 
1270, rezitar 82, salvatrize 1441, radize 1364, medezina 585, 1432, 
reluzente 239, luze 1037, chruzifigare 312, -zifigato 206, -zifiso 1385, 
chroze 1244, voze 384, inozenzia 1445, proziede 1421; verasia 892; 
e tombe dans fi, etc , remodelé sur fui, v. § 52. 

Variantes: fizi 459 B, azendea 199 F, tazer 409 F, façendo 853 
D, façesti 376 F, iaçe 1057 D; paçe 9 DT, radiçe 17 D, voce 1332 
D; crose 352 E, 504 F, vose 284 E, medesina 585 P; chrosso 352 

F, zasse 1379 P (case M); faxe(v)a 199 DT, 249 (290) T, paxe 23 

G, pax 1053 KPQ, conplaxer 212 DT, conpiaxer 220 F, desplaxere 
1222 DQ, laxe 1379 G, zaxe 10:)7 P, vcraxe 892 G, veraxia 892 D, 
piaxe 942 F, fixi 459 DFG, radixe 17 F, 514 B, modexina 585 D, 
1432 G, chroxe 30 F, 1217 FG, 1244 BF, feroxo 282 (;, Inxo 1028 

Linder: Plainte de la Vi^rjço. »' 



LXXIV A. Linder. 

F, 1037 F; diszea 389 F; crocie 464 (504, 696) C, pacie 9 (23, 570) 
C, ficiesti 23 C; crosie 286 (352, 433) C; paxie 23 (1337) F, croxic 
30 C; delazierata 1276 B; prociede 1421 DT (v. § 3), facea 199 
CEK (faciva PQ), 249 EGKPR, pace 23 EKR, 1053 CEFT, 1337 
CEKMQRT, despiacere 1222 CEKPT, compiacere 220 EKPQ, de- 
lacerata 1276 CDEKPQRT, giace 1057 CEKQRÏ, veracc 1055 KR, 
892 CKR, facendo 853 CEGKPRT, feci 459 CP, diceva 389 CEGQÏ, 
dicev'io 1264 BCDEQRT, salvatrice 1441 M, mediciua 1432 
CEHKMS, infelice 1366 EKMRBd, recitar 82 CDGKPQT, riliiccntc 
239 CR, hice 1037 CKR, cmcifigare 312 FKR, -ato 266 EGPQRT, 
-tiso 1385 CDFMPBd, croce 507 EGPQ, voce 509 CEKQ, 1332 
CEKPQT, innocentia 1445 DEHMQT, procède 1421 CEHKMQS, 
veloce 282 R, féroce 505 G; compiaser 212 F. 

Bref, (; paraît parfois dans DFT, s (ssj rarement dans EFP, 
X dans BDFGPQT (pax 1053 K est latin), ci dans C, si dans C 
(une seule fois dans EQT), xi dans CF, js:i une seule fois dans B, 
SX de même dans F. II semble que ce soient là des signes de 
même valeur x et parfois, peut-être toujours, s douces, v. les rimes 
III 38 — 39 (V 25—26) dolorose: voze: chroze, VI 40 — 41 chroze: 
preziose: tribulose, et le vénitien moderne (pase, crose, vose, 
ose, etc.). 

cj + voy = X ou s (sourde), v. les rimes X 59 — 60 chasa: tasa: 
romasa, X 41-42 chluso: suso: buso; zo 1389, 1098, az5 1034, 
1324, brazo 1224, 1229, braze 468, 568, 832, abrazar 1188, abrazava 
945, faza 437, fazi 783, faza (< facia, -ies) 666, 932, chontumazia 43, 
desglaze 1189, lanza 1074, pizolo 562, pizol 1174, pizola 1225, pizoli 
1349, deschaizo 353, etc.; plagua 26 est forme analogique (§ 55); pour 
zaschun, etc., v. § 46. 

Variantes: ziô 743 FG, 807, etc. BF, aziè 37 BF, 1324BFG, 
brazie 1242 B, fazia 666 F, 103 B, 602 BG, 1253 BF, desfazio 1232 
BFG, piazia 26 B: braza 832 P, 1226 ES abrazar 1241 BFGKP; 
deçà 1322 M, ço 807 QT, 1472 DMQT, 1098 DQ, aç5 37 DT, 1324 
DQ, perço 550 Q, braçe 1242 DQ, 1293 (1392) DQT, abraçava 382 
DT, 945 DQT, faça 103 DGT, 1253 DQT, 666 DT, desfaço 1232 
DQT, faça 437 DQT, descalço 353 CDT, piaça 26 T, picola 1225 
DQT, 1174 QT, -çolo 562 DQT, -çoli 1349 DMQT, desglaçe 1189 
DT; taxa 1375 GMT (tassa D), buxo 1323 BDGMPT, açiô 1324 
CT; cio 807 CEPR, 1098 CKRT, 1389 CEKRBd, 1472 CEHKS, 
aciO 37 CEKP, acciô 1324 K. 1034 EKRBd, braccio 5 K, 1234 
EKR, 1226 CKR, braccia 832 CKR, 1293 KR, braccio 568 (1242) 



Plainte de la Vierge. LXXV 

CK, 1392 CE, abbracciare 1188 KR, -ava 945 CK, 382 C. faccia 
103 C, 350 E, 932 KR, 602 EKP, 617 CEK, disfaccio 1232 CEKR, 
facci 783 CKRT, faccia 437 CEK, picciola 1174 R, -oie 1351 R, 
piaccia 26 CKR, brace 468 P, 1242 T, 1293 E, 1381 (1392) M, 
desglace 1189 CEKQ; bracço 5 R (cç est notation fréquente dans 
R, cf giudiçcato 295 C); fatia 603 (617, 624, 932, 1230) P, desfatio 
1232 P, condolmatia 43 F (contiimatia EPQRT); lança 1074 C, 
faca 602 (facca 932) C, braco 1224 CQ, 1234 C, bacco 5 C, busco 
1323 CK (buxo?) sont des négligences; picol 1174 CGKP, 1225 
BCKPR, 562 CGKP, -coli 1349 PKP sont d'autre couche; bragi 
1392 (cf. oghi 1498) 8 reste isolé. 

En somme, % est la notation régulière dans BFG, un peu plus 
rare dans EPQ, et plus encore dans CDKRT, manque dans M; xi 
ne se trouve guère que dans BFG, q dans CDGMQT, x rarement 
dans BDGMPT, ci un peu partout, excepté dans BDFM. 

ti + voy = % OM s (sourde): straza 668, straze 572, straze 858, 
strazar 1329, grameza 1369, baldeza 573, chlareza 1457, alegreza 
571, zerteza 1073, paza 670, pazo 7, inpazo 1236, solazo 9, squar- 
zando 389, forza 935, amorza 1237, scorza 1239, cliomenzai 752, 
chomenzô 978, menzonar 736, senza 570, temanza 291, speranza 
893, lenzuolo 33, choguosenza 1498, posanza 959, presenza 1063, 
obedienza 1502, reverenza 1500, alzar 1219, etc., et, avec i con- 
servé, surtout dans les formes littéraires: grazia 1495, saziar 1242, 
saziasti 643, prezioso 1475, preziose 698, delezione 1493, tribula- 
zîone 1159, inizio 1469, ospizio 1465, benefizio 1467, vizio 1035, 
sachrefizio 1033, iudizio 1361, aunonzia 1043, desprisiata 116. 

Variantes: straçar 1329 DQ, straça 668 DQT, straçe 572 (858) 
DQT, solaço 9 D, grameça 818 (822) DQ, chiareça 618 CT; gre- 
veça 818 T, baldeça 573 CDQT, inpaço 1236 DT, beleça 620 C, 
paça 670 D, començai 331 DQT, comiuçai 599 P, 1 082 T, començô 
978 DQT, sperança 893 CDQT, linçuolo 33 CDQT, cognosença 
1498 CT (-ança DM), cognoscença 1061 T, ubbidença 808 R, sen- 
tença 299 DT, mençonar 1092 T, -çonare 736 Q, sença 570 CDT. 
temença 291 CQT, força 414 C, 1235 DRT, amorça 1237 DQT, 
.scorça 1239 CDRT, squarçaudo 389 DQ, squarçar 1329 MT, alçare 
433 CDQT, 1219 Q; de même peut-être spuça 351 Q; giozavan 
1160 F (< *gluttula, pour guttula); gravceça 818 R, asprecça 822 R, 
pacçîa 1295 R; comensai 331 E>, alsar 1219 (', mcnsonar 736 (', 
lensuolo 1245 E*, rasone 1365 CPQ, ansi 082 (799) (\ innanni 
1224 C, forsa 1235 C, strasia 668 P; mcnxoiuvr 1092 \\ raxono 



LXXVI A. Linder. 

1360BDEGM(raxioiieF, rasioneT), dcsprixiata 116BDG, radixio 
1361 G; cominciai 313 CR, 331 (1082) CKPR, iucominciai 752 R, 
cominciô 978 CEK, îstracciar 1329 R (squarciar CKP), sqnarciando 
389 CK, inpaccio 1 236 CEKR; dispregiata 1 1 6 K, ragione 1 360 KRBd, 
malvagia 1282 Bd, malvagi 1287 R, (Z. R Ph. XIV, 181); gratia 
1451 FGHS, 1482CDEFHKQST, 1495 EFHKQS (gracia 1495CI)Ï), 
gratiosa 1431 EHKS (-dosa CDMÏ), pretioso 370 FP, 1318 PR,-tiosc 
698 RT (precioso 1318 CE^F, 1475 CQ, -cîosc 698 CEF), obedi- 
entia 1502 FHKS, 808 BF (ubîdientia E, obedieucia 1502 CDMQT), 
reverentia 1500 FHKQS (-cia CDGMT), sententia 299 EFGKQ 
( cia PR, 1360 GT), excelentia 865 EF (-cia G), penitcntia 863 
FP (-cia CT), salvatione 1481 CEFGHKT (-cione DM), dilecion 
1493 DMT (-ctioD CEFHKQ), letitia 1106 R, tribulatione 1159 
EGKPQRT, benefitio 1467 FHS (-icio EM), 1036 T (-icio F), vitio 
1035 KRBd (vicio GT), hospitio 1465 EH (-icio DM), giuditio 1361 
PQTBd (-icio CEMR), inicio 1469 DMT, .«aciar 1242 DEQT (-tiar 
KP), saciasti 643 CDGQ (-tiasti EK), mentionar 736 K, inocentia 
1445 EH (-ciaDQT), iiistitia 1443 HMS (-cia GT, -xia D), anuntia 
1040 EFPT (-cia CDGKQR), conoscentia 1061 K; menconarc 1092 
C, alcai 948 C, lencuolo 1245 C sont des négligences. 

On voit donc que ti et ci se trouvent un peu partout, surtout 
dans des mots savants, ç dans DQT et parfois dans CMPR. Si 
paze est toujours pour pase, desfazo pour desfaso {c > ts > ds > a, 
cf. G. Gr, p. 491), il semble bien que le son représenté par ces 
notations ait été s, v. les rimes IX 6-7 paze: verazc: zaze, X 
61 — 62 zaze: braze: paze, V 46 — 47 (VII 41 — 42) braze: paze: straze, 
VIII 12—13 plaze: braze: paze, IX 50—51 paze: braze: desglaze; 
X 12 — 13 desfazo: brazo: impazo. 

sj + voy, -■ s, et si dans les mots savants, v. les rimes VII 45 
— 46 lasi: pasi: basi, II 11 — 12 basi: quasi: romasi, IX 24 — 25 
trapasa: arbasa: lasa, en outre: chasone 819, 987, 813, basar 1248, 
basando 12r)6, basata 651, basi 88, lasi 863, lasasti 854 (<*laxiarc), 
posa 551; vision 1337 pasione 989, compasione 1157 (cf. le toscan 
chiesa et L. G., XXXIX, 51). 

Variantes: cassone 1362 P, bassando 1256 P, possa 551 DEPQ, 
iassi 863 E (lassa R), masun 1337 P (insion K, faute pour nian- 
sion?); casione 987 T, cassione 1362 T, 819 Q, basiando 1256 EF, 
confusione 1159 F, lasîasti 856 F, posia 551 (1218) B; chaxione 
819 FT, 813 BFT, 987 F, vixion 1337 BD; basciare 1248 E, 
lasciasti 854 KR, lasci 856 K, laseio 1339 KRBd; baeiare 1248 



Plainle de la Vierge. LXXVIl 

CK, baciava 1248 R. baciaodo 1256 CK; cagione 819 CKU, 987 
EKR, 813 CKR, bagi 95 R. 

Ainsi gi et ci ne se trouvent que dans CEKR, ssi seulement 
dans QT, sd dans EKRBd. 

se ^^ e, i = s sourde, v. les rimes VI 22—23 pisi (pesci CK): 
disi: spisi, en outre: chognosete 1036, choguosca 290, -senza 1061, 
infasato 1058, disîpulo 915, disipuli 854, asende 1465, desese 11, 
asenderà 18, naserà 16, deserna 703, deserno 1277 (si = discerno), 
sentila 6, chresea 153. 

Variantes: cognosança 1498 DM, fassato 1058 T, dissipolli 
854 BES dessexc 11 Q; nasi8te(?) 529 P; infasiato 1058 BP (fas- 
siatoP), siendere 525b P (siagura 525 b P); dizerno 1277 BF, de- 
çerni 1452 D, deçernuto 841 Dï (-ito F, etc., < decerno?), fazato 
1058 G; cognoscete 1036 EG, -scea 290 EPRT, 354 CEP, 420 
BCEKT,-scenza 1061 EKT, 1498 CT, înfasciato 1058 CEKR, discerno 
1277 KR (-C- CDET), -nuto 841 BBd (dischernuto G), -na 703 KR, 
-ni 1452 G, nascerà 16 E^GKQ, escenderà 18 R. desccse 11 CERÏ, 
discipulo 915 CEFGKPQRT (disciepolo (J), -li 854 E^FGPQRÏ, 
ascende 1465 CEFHKMQSÏ; dicipuli 854 K, centila 6 G, decerno 
1277 PQ, deçernuto 841 P:KPQ (ito C), décerna 703 CDEGQT 
(< decerno?); seernio 515 T est sans doute pour schermo; cognosto 
361 E pouvait être faute pour cognosco, mais ici B porte la leçon 
cognoso, ce qui fait le cas douteux (cf st = s, § 16), coguoso pou- 
vant avoir résulté de cognosc'io (cf la notation passai 808 ï pour 
passi) ou bien avoir été formé sur cognoscre, -ose, etc. 

En résumé, 8c(i) se trouve par influence littéraire dans tous les 
manuscrits, (s)si dans BFP, c dans GK. 

stj + voy = s, écrit parfois sti : posa 263, angosose 111, ango- 
soso 1259, -osa 427, strangosato 734, augustie 679. 

Variantes: possa 263 DQÏ, 1377 CDT, angossose 938 G, stran- 
gossato 734 E; posia 34 Q, angosiosa 427 C, 530 FP, 873 FGP, 
-sioxo 1259 B, -sioxa 202 F, -sioxe 938 B, strangosiato 734 F 
(-ossiato P), angosie 938 F; poscia 34 EKT, 263 EK, 1377 EBd, 
angosciose 938 CE, strangosciato 734 CKR, angosciosa 967 R, 530 
CE; angostioso 1259 PQ, angustiose 111 BDKQT, -iosa 873 DKÏ, 
angustie 938 KP, angostiossa 427 P, -iosa 873 CQ; angesse 938 
Q sera faute. 

19. j passe à x. sonore ou bien persiste, au moins graphique- 
ment, surtout dans les noms propres: za 335, zamai 446, zaze 
1057; zitava 1297, zitai 1247, zoveneta 540, zontura 524, zonzer 



LXXVIII A. Linder. 

1176, zoiise 1071, zonta 416, pezo 766, niazor 8, Zoane 900, Zuan 
506, zustifichase 1034, zudegato 295, Zudei 210, Zudea 222, zusto 
1451, zusta 1194, inzuria 584, iuzurie 109, îuzuriar 075, ÎDzuriava 
223, iuzuriando 439; iudîzio 1361, îustizia 1443, Jese 17, Jesù 911, 
Jérusalem 398, Juda 654, Josep 33. 

Variantes: zià 532 (597) BF, 335 (368 et passim) B, ziamai 
443 (446) BF, 1175 BG, 559 B, zionzer 1176 B, pezio 766 B; ça 
597 DPT, 335 (368, 899) DQT, 954 GT, çamai 443 (1175) DQT, 
1312 DMQT, 779 (803) QT, case 1379 M, çetai 1247 Q, çovcneta 
540 DQT, çontura 524 DQT, çonçer 1176 DQT, çonse 1071 QT, 
conta 416 (1372) DQT, çudegato 295 DT, çudei 210 DPT, çoseph 
1300 D, çusta 1427 DT, 1194 D, çusto 823 DT, 1354 D, inçuria 
584 DT, incurie 109 DT, inçuriando 439 DT, -riar 675 DT; -ava 
223 DT, çuane 921 DT, peço 766 QT; çià 597 Q, inçiurjato 439 
C, çiovauni 921 C; siamai 1157 B; già 532 CEKPQ, 335 CR, 
368 EK, 954 (975) BCEFKR, giamai 443 CK, 803 CKR, 1175 
CEFKR, 779 CR, glace 1057 R, 1379 EKRBd, gittai 1247 DEGKRT 
(gietai C), gittava 1297 CDFGRT, giovenetta 540 CEK, giontura 
524 C, giungere 1176 CK, giunseno 1071 CKR (gionse E), giovane 
1349 R, giunta 416 K, 1372 CKFRBd, giudicato 295 CR, giudei 
210 (1283) CFKR, giustificasse 1034 RBd, giusta 1194 KR, 1427 
C, giusto 1354 (1359) CKRBd, giuditio 1361 CRBd, giustitia 1443 
CEK, ingiuria 584 CK, -giurie 109 C, -riar 675 CK, -iava 223 
CFKR, Giosef 1300 K (Giuseppo R), peggio 766 CGKR, maggior 
8 CR, Giovane 921 B; iaze 1057 BCDEGKQT, 1379 BCDFGQT, 
jouta 1372 B, junctura 524 FK, iudei 210 G, 849 E^G, 261 GP, 
Judea 222 BEFG, iusta 1194 BCEPQT, iusto 1451 CEHMQST, 
823 BEGPQ, iniuria 584 EF, -urie 109 E, -iando 439 EQ, -iar 
675 EQ, -iava 223 Q, iustifichase 1034 DEFKPQT; Gesse 17 R, 
Ges5 911 KR (cf. gusto 823 C, pour giusto). 

En résumé, ç est une notation fréquente dans DMQT et ne 
manque pas dans GP, qi ne paraît que dans CQ, -xi ne fait pas 
défaut dans BFG, si dans B, g dans KR, (ji semble manquer dans HMT. 

g devant e, i, et gi devant les autres voyelles donnent le même 
son, représenté par x (par g dans imagina 744): zente 461, zenera- 
zione 1155, zira 1038, zio (lilium) 1342, aflizer 848, aflize 768, leze 
667, lezete 444, fuze 1146, fuzerete 1390, refrizero 1004, fiazelata 
833, flazelato 178, planzando 168, -zer 928, planzete 1348, planzi 60, 
planzese 411, verzene 385, mazi 1047, zonzer 1176, inzenocliiava 
221; strenzer 568, verzela 16, frazele 1474, ponzenti 214, etc., fuza 



Plainte de la Vierge. LXXIX 

1069, volzi 713, achorzo 936; sparsesti 58 doit son a aux formes 
fortes, cf. § 47; pour ge, gi (ghe, ghi), v. § 24 6. 

Variantes: çente 1348 DMT, 1040 QT, 136 DT, leçe 811 DQT, 
leçele 444 DT, afliçer 848 DT, fraçelata 833 T, piançendo 922 CQT, 
590 QT, 1332 DMT, plançer 685 DT, -çete 398 DQ, 57 DES 1348 
MT, -çese 411 CDQT, -ci 60 DT, volçi 713 DT, cira 1038 DQ, 
inçcnochiava 221 DT, strençer 568 DT, verçella 19 CDT, çonçer 
1176 DT, acorço 936 D; zionzer 1176 B, fuziate 1390 F; giente 
136 (143 et passim) C, 327 CF, 1348 F, gienerazione 815 (1155) 
C, leggiete 444 CFK, afligie 762 B, legie 811 F, fugie 1146 F, 
fnggieretc 1390 C, flagîelato 101 (405) BC, -gielata 833 BC, -te 
825 B, -gielava 158 BC, piangiendo 429 (1382) B, -giete 57 C, 1348 
B, vergiene 13 (385) C, fragiele 1474 B; gente 136 EPQR, 143 KQR, 
218 F, 1348 CEKQRBd, 1040 CDEFKR, generatione 855 DEFPRT, 
1155 DEFKR, germo 515 K (zermo P), gira 1038 CEFKR, giglio 
1342 CKBd, afliger 848 CFKPQR, aflige 768 CEKQ, lege 667 T, 
811 CR, fugge 1146 CKQR, (fu(g)ha 1069 CF), fuggirete 1390 
E^KR, refrigero 1004 CDEGKQRT, flagelato 405 EFKPQT, 1025 
DEFGKQT, flagelava 158 DEP, volgi 713 BCEKR, piangendo 590 
CEFK, 168 CEQR, 1196 CE^FKR, -ger 685 EKQ, 928 CEKQR, 
-gete 1348 CFKRBd, 398 CEF, -gi 60 KR, -gesse 411 EK, spar- 
gesti 58 CEKR, vergene 385 DGT, 1349 M, 1415 DEFGMQT, -gine 
13 E*KQRT, 27 CK, 1415 CKS, -gin 923 C, virgine 385 E, magi 
1047 BCDEFKQRT, giungere 1176 CK, engenochiava 221 CQR, 
strengere 568 CKQ, vergella 16 CQR, fragele 1474 CDEFGKMQST, 
etc ; volée 713 GQ, strencor 568 G, lece 811 G, poncente 214 
EG, aflice 768 G, pianccte 398 G, 57 GP, 1348 G, plancesse 411 
G, flacelava 158 G, piançendo 429 G, lecce 811 P (luce?), îmacina 
744 G, fuccia 1069 R; strenden 947 (< -zen) F; piansi 60 E^ 

En somme, ç se trouve dans CDEMPQT, jsi (+ a, o) dans BF, 
gi (+ e) dans BCFK, i (voir ci-dessous) dans CE, g, par influence 
littéraire et réminiscence étymologique, dans toutes nos copies, c(i) 
dans EGQR (cf. leciera ci-dessous). 

Dans quelques mots, g passe à gn, notation que nous avons 
cru nécessaire d'adopter pour le mot agnolo 10, 726, agnol 1121, 
agnoli 1450, etc., à côté de anzol 1271, anzoli 673, etc. 

Variantes: vagnelîsta 506 DT (vanzelista B; nous avons pré- 
féré vangelista, comme mot savant, cf. Inf. XIX, 106); piagnendo 
36 R, 168 K, çugnere 1176 Q (formes toscanisées?); ançolo 1271 
DG (angel KQRT, angiel C), agnelli 609 E (agnolli B), ançiol 1121 



LXXX A. Linder. 

C (angelo KQR), angiolo 10 CE (angelo QR, angiel F), angioli 
1450 C (angeli KQS, ançoli M), ansoli 673 T, etc. 

Daus d'autres mots eucore g, après avoir pasae à j, tombe 
devant ^: raina 35, 525, etc., maistro 388, maistra 243, amaistrava 
156, amaistrando 478, saita 1142, saîte 279. 

Variantes: mai 1047 P, reîna 525 CK; rezina (lat.) 1486 H, 
amagistrava 156 Q, araagistrando 478 Q, sagita 1142 EPT (sazita 
G), 1423 GHKMQS (saçita D), sagitte 279 FPQT; g passe à i 
dans flaielato 178 C, saiecta 1423 E (saeta BC); se contracte dans 
mestro 925 Q, v. § 7 a. 

vj + voyelle - % sonore dans la syllabe protonîque, reste intact 
métatonîqiie : leziera 199 (leciera D, liciera T, leggiera CKQR), savio 
652 (mot savant). 

dj + voyelle = x sonore: zo 32, 962, mezo 394, 1243, vezo 120, 
vezuto 194, zorno 1134, zorni 1173, zoia 849 (mot français?), noia 
847, zire 307, razi 1038; ndj passe à gn dans vergogne 876 (cf. 
^gnolo); dj reste intact dans les mots savants: gladio 1107, 1424, 
gaudio 1056, miserichordia 49, 1398, etc., invidia 1284, insidia 1280, 
chonchordia 1461, dischordia 1463, raedio 1434, remedio 755, obe- 
diente 812, obedieuza 808, tedio 774, asedio 770, 1436, et tombe 
devant o, u dans anchuoi 1131, 1134, alturiare 756, alturio 759, cf. 
§ 7, passe à i dans aita 884 (si tant est que ce mot dérive de 
aiutar; Taccent alors a été déplacé par analogie), v. les rimes Vil 
50 vita: fenita: aita; de même dans aiutorio 460 (mot savant). 

Variantes: vezando 910 F, mezo (à la rime) 1434 K; çoglia 
849 QT; ço 232 DQT, çoso 1212 D, meço 394 C, 1243 CDQT 
(mecçoR), veço 120 DT, veçando 497 Q, çorno 1134 (1170, 1172, 
1175, 1178) DQT, çorni 1173 DQT, cire 307 DT, caçesti 524 DT; 
zio 962 B, 1212 BFG (zu E^), mezio 1243 B, ziorno 1134 G; veso 
79 ES 120 E; giô 32 C (giù K), 232 C (giù FKP), 962 C (giù R), 
giuso 1212 K, megio 383 E^ (medio E\ latinisme), vegio 802 B, 
235 ET, vegiù 336 C, giorno 1134 BCFKR, 1175 CEFKR, 1170 
CFGK, giorni 1173 CE^FKR, gioia 849 CK (zogia P), gire 307 
CEFKQ, raggi 1038 CR (radi DQ, radii BEKT latinisme), ogi 1131 
(1134) B, îradiar 598 F (faute); vergone 876 C (négligence?), adiu- 
tare 756 GP (latinisme), aiutarc 1001 BGR, 873 BFG, aiuto 460 
BFGK, 759 BCG, agiuto 882 Bd; notons encore me' 383 P, ire 
307 GR (lat. ou toscan?); vio 823 P; perfida 1282 P (à la rime). 

Ici encore ç paraît dans CDQRT, xi dans BFG, s dans E, gi 
un peu partout. Pour toutes les formes de ce paragraphe, comme 



Plainte de la Viertre. LXXXI 



r 



pour celles du précédent, nous ferons observer que, dans les Variantes 
au bas du texte, nous n'avons pas toujours distingué entre ç et x. 

20. Pour dentales devenues sourdes ou tombées, v. §§ 16, 19, 21. 

21. tr reste intact dans quatriduano 368 (mot savant, cf. quatre 
dî G), passe à dr dans padre 2, 811, 1505, à r dans piere 981, 
norigai 561, porô 342, poria 82, 443, 1296, mare 769, 645, 1353, 
1394, laroui 330; de même dr à r dans desîri 315, désira 234; 
cet aflFaiblissement est attesté par les rimes II 13 — 14 charo (bu- 
gîadro R): laro (ladro GKRT): amaro (squadro R), III 27—28 vitu- 
pero: Piero : prîmiero, V 4—5 levare : pensare: mare (madré 
DEFKPQ), VI 11 — 12 vardare: marc (madré CDKPQT) : mostrare, 
VI 31 — 32 mare (-dre BCDEKP): chridare: chantare, VII 49—50 
fare: chonsolare: mare (-dre BCEGKPQ), X 32-33 mare (madré 
CDGKPQ,): portare: pensare, IX 1 — 2 zira: désira (desidera KP): 
tira, X 49—50 desirî (-deri K): sospîri : martiri, III8— 9io: mio: 
drio (driedo C, drieto KP), VI 34 — 35 mio: drio: (drieto KP): rio. 

C'est pourquoi nous avons, un peu hardiment peut-être, préféré 
la notation r dans mare, même en dépit des manuscrits (vv. 3, 25, 
1378); nous avons toujours retenu dr dans padre quoiqu'il soit 
certain que ce mot s'est prononcé de la même manière. Mais la 
combinaison solennelle (Dio padre 12 et passim) doit avoir amené 
la graphie littéraire. 

Variantes: matre 1455 (1497) S, piètre 981 BCEFKPT, no- 
trichai 561 BEKP (nudrigai DGQT), potr5 342 F (poterô EP), po- 
tria 82 EGKRBd, 443 BEFK, 1296 EKR, madré 769 BCEFKQT, 
etc., latroni 330 E^PR (ladroni BE^FKQ), desiderano 234 BEKQ 
(désira 651 DP), desiderii 315 BCGKQR; parc 2 C, 811 T, mare 
784 T (faute). 

22. d primaire întervocal, v. § 16. 

23. 'p intervocal, v. § 16. 

24. V primaire et secondaire persiste toujours (excepté les im- 
parfaits et les condit., v. §§ 16, 53, 56): chognove 526. 

Variantes: chognobe 526 BFGKP, 1062 BG; vedoe 1350 D, 
mentoar 1092 DGP sont des exceptions rares; doio 77 Q est un 
exemple douteux; ferro 1021. P, sera faute pour fervo ou ferîo (§ 
50); dinitade 1265 E est faute; au vers 606 mo pourrait être pour 
vio (vivo, cf. mio 1031 G, pour vivo) ou dio, mais la correction 
nous paraît bazardée; v primaire s'écrit parfois A, surtout dans R: 
bani 289> R, serbava 1173 R, besta 204 R, bedremo 961 R, bolli 
809 R, bolia 277 R, bretute 157 R, boce 273 (284) R, 111 CK, 



LXXXII A. Linder. 

109 (384) K, bcnta 1255 P, iuboca 718 P, ben 793 E, baxo 1438 F, 
alebiamento 1446 D, Si toutefois, en dopit du plus ancien manus- 
crit, nous n'avons pas admis un seul exemple de cette graphie, 
c'est que nous la croyons étrangère à la langue de l'auteur et em- 
pruntée à l'ancien toscan; du reste 6 et î; se confondent assez faci- 
lement dans les manuscrits, surtout dans KR; P offre, dans pagura 
291, un exemple isolé de Fintercalation d'un g pour remplacer le v 
tombé; stago 889 P, est d^autre nature (formé sur digo?); digo 877 
(878) Q, de même; vr > ri arà 401 BFG, arô 570 K; iv, d'origine 
germanique, est ordinairement rendu par i', parfois par gu: vasti 
639, visa 96, 195, vida 1418, vera 22, 638, 1416, vardare 234, 609, 
vardando 462, revardando 397, vardava 245, vardi 645, vardate 
1181, etc.; guai 721, etc., guisa 261, 556. 

De nos copies il n'y a que D qui offre plus régulièrement v, 
niais il paraît ça et là dans GQÏ, jamais dans CEFKPR; nous 
l'avons préféré comme le son le plus ancien. 

24 a. Quant au redoublement des consonnes il règne, dans 
toutes nos copies, une confusion complète et qui n'admet pas de 
règle (cf. Orig., p. 188). En général, la consonne simple prévaut, 
le plus souvent dans BDEFG, par contre KR et très souvent C, 
suivent l'usage de l'ancien toscan, surtout pour le redoublement de 
la consonne initiale après une voyelle finale, QT et plus rarement 
BEKP redoublent capricieusement la consonne d'une syllabe atone. 
Voici quelques exemples des consonnes doubles: 

a) après une voyelle accentuée: solle 6 (1457) BC, 975 P, solla 
168 B, parolle 690 B, lenzuollo 33 BC, duolle 924 B (dolle P), 
dollo 1243 1^, fiollo 591 (824) B, figluollo 1309 C, Sibîllia 4 C, celli 
57 P (zielli BF), ciello 1109 C, pelli 219 BFP, chrudelle 697 BP, 
1280 PQ, aile 840 BP, talle 940 P, quallc 733 BG, 1085 E^ (quall 
T), lo qualle 836 B, la qualle 797 B, malle 799 B, mortalle 801 B, 
temporalle 292 BC, eternallo 1390 P, animalli 1061 B, schalla 1219 
(1228) BCPT, 1437 B, challa 1217 BDEP, altanne 1332 E, donno 
491 C, somme (sagrae) 1096 Q, paradesso 233 P (-isso 589 Q), de- 
risso 235 P, rimassi 92 C, guissa 96 C, visso 231 C, gloriossa (lat.) 
1 C, vitoperossa 653 C, distessa 1288 C, offessa 1286 P, offesse 
1398 H, dolorossa 425 C, parlarre 752 K, tocharre 1214 E^ natto 
355 T, sette 1031 E, vitta 1339 Bd, acutte 279 P, Sabba 525 
CEKPQT, viddi 329 E, 433 C, etc.; 

b) après une voyelle atone : collona 1 1 2 QT, dollesse 409 T, 
collore 597 P, dollore 907 (963) P, -Ilente 731 P, dollerete 1195P, 



Plainte de la Vierge. LXXXIII 

vellame 1027 T, celleste 1279 Q, dilleto 1496 T, trilnillatione 1159 
P, debelle 895 ï, picollo 562 C, agnollo 1271 BE, aiizolli 673 B, 
disipolli 854 B, desipollo 915 B, nobillitate 914 ï (nobellità P), 
Pillato 285 FP, spîrracolo 604 P, refferirte 1397 S, reddemirvi 1022 
K, cottauto 271 E*, coii raesso 1314 F (nni pour un), îsscorte 765 
K, movendosse 1164 DE*, battendossi 984 P, accuta 1423 K; 

c) après une consonne: pcnsso 68 C, dispensso 66 T, persso 
151 (1044) D, 1016 DG, versso 1037 D, porsse 21 K, corsso 1200 
K, falssi 674 D, falsse 1123 D, parlli 669 K, menarllo 312 K, 
dirllo 348 (1093) B, dirlla 79 B, tocharllo 468 (470) B, farlli 499 B, 
perllo 750 K, perlla 800 (1282) K, ftirsse 523 CD, lonttane 1050 T, 
connle 463 C et dans une syllabe atone: parllavo 575 K, -llando 
508 K, -llava 495 K; 

d) redoublement de rinitiale, surtout après e(t), che(d), se, si, 
dî, mi, chî, w\{robis)y co(n), o{avt), tu, fu, -tù, a, da, ma: ella 119 
(1393) CK, 1253 CP, 1309 CKP, 1015 C, 1110 P, ellui 902 C, 
elluomo 1434 CK, ellaso 1340 M, ellamentare 1120 C, ellamento 
768 K, ellauima 1505 CK, ellaltri 1207 K, ellacqua 694 K, ella- 
griraando 1070 C, tulla 541 C, tulle 1475 K, vella 1081 CKQ, 
tummi 56 K, chemmi 1001 (1317) K, ehella 74 (79) CKR, 896 C, 
1028 K, chello 423 C, chellui 31 K, chellorao 1034 ï, collui 569 
(1314) K, collor 982 K, chilla 610 K, sillo 1058 K, sillasasse 1032 
C, selli 870 C, selli (si 11) 156 B, sella 884 C, allui 901 CR, 221 
CKR, 892 K, allei 575 C, 1018 CR, 1117 CP, allagrimar 1356 K, 
allor 1203 CKP, dallui 890 K, 12 R, 34 KR, irrosso 135 K, essî 
353 F, esse 489 P, essai 852 C, assi 31 K, assera 1196 K, assi- 
nistro 245 K, massio 790 K, chessî 1069 C, chessio 852 CK, ches- 
selle 1353 K, chessia 1500 K, disse 1033 K, dessanti 58 Q [diddio 
800 K], missgharciava 1297 K, mittorno 1136 F, atte 688 KR, 
mattu 44 (785) K, setti 1003 R, settu 888 (927, 1216, 256) K, 
chetti 48 R, 732 K, chettu 54 (831) R, 524 (819, 928, 959) K, 
chette 680 P, tutti 928 C (tucti R, graphie analogique), addir 1029 
(800) R, daddio 2 K, 808 R, addio 1447 K (diddio 1301 K), attor 
961 (1023) R, ottu 1314 K, affar 521 C, 1502 K, 499 (940) P, 
seffu 1149 C, mibbuttava 1297 K, chapporto 51 R, ecco 1263 P, 
siccome 4 K, sicchio 1140 (1484) K, siccliè 515 (1129) K, 939 R, 
secciô 1389 K, torpensitucche 258 K; 

e) redoublement de la consonne finale devant une voyelle: 
nouno 1126 P, nonne 672 BDK, 406 (407, 650, 665) BP, 411 (677) 
BKP, 549 BGK, etc.; par contre, la consonne finale tombe parfois 



LXXXIV A. Linder. 

devant là consonne initiale du mot suivant (haplographie): aladro 
859 BG, aluogo 432 BGT, dalato 913 BF, delegno 32 B, perivoli 
70 R (pe' r.?), peritornare 1481 K, iredentore 1032 K (cf. irrosso 
135 K, adoralo 1051 F), neolatuo 913 Q (v. § 8), elato 1075 (1190) 
B, nelenzuolo 33 B, iraezo 210 E (v. § 24 d). 

De toutes ces graphies, chossi (590 DEPT, 888 CD, 955 DPT, 
1372 DEPQT, etc.), chossa (939 FP, 638 CP, chosse 566 CGP, 
etc.) sont les seules que nous avons adoptées, et cela par tout le 
poème; du reste nous avons préféré la consonne simple, à moins 
que la plupart des manuscrits n'aient été d'accord sur une autre 
graphie, comme pour ancilla, Sibilla. 

Que l'auteur lui-même ait préféré la consonne simple, c'est ce 
qu'attestent les rimes en abondance: Il > l: V 14—15 eli: chru- 
deli: fedeli, VI 39-40 pelé: quele: chrudele, VIII 32-- 33 vélo: 
quelo: zielo, IX 28—29 chrudele: Gabriele: fêle (< allem. fillon), X 
7 — 8 chala: schala: fala; mui > m: V 36 — 37 grama: rama: flama; 
?in > n: II 19— 20 cholona: dona: persona, II 28 — 29 lutana: mana: 
vana, II 32—33 bene: pêne: vene (pf), III 16—17 mano: ingano: 
vano, V 8 -9 pleno: meno: seno (allem. Sinn), VU 2-3 revene(pf.): 
pêne: retenc (pf), VII 27—28 pêne: sostcne (pf.): devene (pf), 
VIII 5— 6 plane: Zoane: mane, VIII 17— 18 vene: bene: pêne, IX 
14—15 vene: sostene: bene; rr > r: VIII 30 — 31 duro: oschuro: 
arzuro; ce > c: VI 24—25 envocha: bocha: tocha; tt > t: II 34 — 
35 sainte: vcnute: tute, III 2 — 3 note: dévote: bote, III 13 — 14 
aspcto: mansuoto: despeto, III 37 — 38 acliute: tute: sainte, IV 1 
— 2 dita: aflita: vita (lat.), IV 16 17 bruta: tuta: sputa, IV 33 
—34 planzete: direte: restete, V 11—12 afito: aflito: finito, V 28 
— 29 roduta: chresuta: tuta, VI 28—29 sputa: bruta: muta, VI 
49 — 50 obombrata: salutata: fata, VII 5 — 6 fato: pasionato: pe- 
chato: VII 6-7 aflito: dito: finito, VIII 22—23 afito: aflito: finito, 
VIII 31—32 moto: teramoto: soto, VIII 36 — 37 chombatc: pie- 
tate: bâte, IX 32—33 reputo: fruto: veduto, IX 35 — 36 fenita: 
saita: vita, IX 38—39 nata: fata: desolata, X 47—48 dita: vita: 
aflita, X 53—54 stato: fato: chondenato, XI 2—3 vertutc: tute: 
salute, XI 11 — 12 saita: vita: chalamita. Ce sont là une trentaine 
de mots (pelé, flama, cholona, dona, mana, ingano, seno, Zoane, 
bocha, bote, aspeto, despeto, fruto, saita, elo, quelo, tuto, bruto, 
felo, (chom-)bate, tocha, (de)vene, (re)tene, sostene, restete, dito, 
(a)fito, (a)flito), assez grand nombre pour un poème oCl les mêmes 
rîmes reviennent très souvent. 



Plainte de la Vierge. LXXXV 

et persiste çà et là, à côté de ft (surtout dans KRS), par ré- 
miniscence étymologique, dans tous les manuscrits: afflicto 749 EGQ, 
895 EQ, 949 CEP, aflictu 304 CEFP, conficte 696 CR, -cti 709 F, 
(lesficto 1227 CP, aficto 949 Q, dicta 1337 CE, bencdicto 388 F, 
maledecta 1132 CEGFR, aspecto 390 EFQT, ettecto 78 CR, de- 
lecto 388 EGQT, 1496 EH, dilection 1493 EFHKQ, despecto 211 
BQ, pecto 117 CEKF, 984 FPR, strecto 1234 CE, acti 1260 CE, 
1483 CEH, facta 1059 CQ, 1404 H, factore 702 EFR, condocti 1049 
QR, nocte 183 CEGKQ, fructo 1133 C, sancto 58 BEF, 1473 CK, 
sancte 1158 CEGK, sancti 58 BEF, sancta 14 BEF, junctura 524 
FK, Victoria 1488 CEHS, et par analogie t (tt) s'écrit souvent et 
(surtout dans CEKFR): bacte 899 CR, bacteva 117 C, combacti 
990 R, bructa 347 C, tucto 975 CR, 1393E, 465 (897) C, tucta 1081 
C, 1232 R, tucti 983 R, 1145 C, tucte 1123 CEK, 1132 E^ (et même 
tucti [tu ti] 928 R, v. ci-dessus), actente 1087 C, ecterno 1466 C, 
giovenecta 540 CE^ solecta 1128 E, saecta 1142 C, saiecta 1423 
CE, socto 932 (1205, 1475) C, cuncti 55 F; 

pt, ps, bs restent parfois graphiquement: scrîptura 14 EF, 
scripto 147 CEGKPR, 1260 EFKPQ, 742 E, Egipto 133 (145) 
CDEGPQRÏ, septe 643 F, redemptore 1032 BDEG, et inverse- 
ment 2^t latîn s'écrit t: rcdentoris 1487 F; psalniista 686 EFF, ipsi 
644 F, observa 1275 CF, obscur(at)o 975 CEFF, obschura 615 CF; 
sonpno 167 ï, obprobriose 109 C montrent une intercalation pro- 
bablement graphique; 

ma et du restent parfois graphiquement: adnuntia 1040 T, omni 
417 Q, 1069 ES omnipotente 1083 EFQT, 1262 EFFT, et inver- 
sement mu latin s'écrit n: onia 1510 B; i s'érit souvent j» ou bien 
y, surtout dans DF; nous avons toujours employé /; du reste nous 
avons distinguo le j de Vi, le v de T?/. 

s s'écrit parfois par ss, si^ se, c et très souvent, non seulement 
où il y a une raison étymologique quelconque, mais surtout inter- 
vocale, par x; voici quelques exeniples de ces graphies arbitraires: 
romassi 412 C, possa 701 DFKT, cassa 97 (187, 201) C, vitope- 
rossa 653 C, poterosso 343 F, tribolossa 200 C, scossa 528 C, glo- 
riossa (lat.) 1 C; lasiasti 856 F, lassia 482 F, strangosiato 734 FF, 
angosioxa 202 CF, 530 F; precepio 1057' E, dolce 1078 C, falcc 
263 ES centila 6 G; passci 868 T; extremo 733 EF, dextro 913 
FQ, dextra 245 Q, mixto 907 ï, exemplo 1444 BCDEFGHQ, proxi- 
mando 1196 EF, aproximare 654 E, -a va 592 tiFQ, vaxo 1438 BF, 
remaxa 1377 T, romaxi 412 BDFGT, chaxa 1373 BFG, 204 BDF, 



LXXXVI A. Linder. 

baxada 651 G, quaxi 753 (348, 502, 952) BF, prexa 1290 B, destexo 
434 B, destexe 695 B, mexi 732 BDFGPQÏ, prexente 285 C, 
aprexentato 99 B, prexepio 1057 B, bexogue 872 BCT, dexerto 
579 B, dexiri 1343 BMP, dexiderii 315 G, dexira 608 BC, 234 G 
(dixia F), 1040 F, texoro 448 BCFG, cortexia 1311 BFGM, me- 
xiira 424 B, farixei 363 B, fixura 1323 GMT, vixo 231 BT, vixion 
1337 BD, paradixo 233 BEF, 1429 BGT, dixio 888 G (dixevio D), 
mixeri 891 B, mixerichordia 49 B, abuxion 610 CGP, 1358 BCMP, 
buxo 1323 BDGMPT, achiixa 270 B, schuxa 274 BQT, suxo 619 
Q, 1321 BGÏ, spoxa 3 DFQ, 651 BGP, spoxo 1310 CFG, dolo- 
roxa 1284 BFG, -mente 1345 T, pericoloxo 1430 BF, penoxe 730 
BF, gracioxa 1431 T, glorioxo 343 B, obbrobrioxe 109 BP, mera- 
veglioxo 18 CFG, tribuloxa 206 BF, -oxe 700 BG, vituperoxo 345 
BT, -oxa 653 B, aschoxa 528 BFG, pietoxi 1498 B; et même ini- 
tiale: xe 1264 D. Pour sei, eî {es) v. § 48. 

Nous avons toujours préféré s, excepté dans exaudi 1394, 682 
(essaldi K), exaudisti 681 (essaldisti 678 K), etc., dont la prononcia- 
tion nous paraît un peu douteuse; 

c s^écrit ordinairement ch dans BDF, très souvent dans EGQT, 
et rarement dans les autres copies; par q devant uo sporadique- 
ment dans R; (/ devant a, o, u ^2ly yh, surtout dans CG; f, parfois, 
ph (hp est peut-être pour p) dans les mots savants; une voyelle 
initiale est, surtout dans B, précédée de h; nous relèverons quelques 
exemples pour justifier notre graphie ch, g, /", etc.: chasa 187 BT, 
201 DT, 97 DQT, chani 439 BFG, chara 628 BCDFG, chado 912 
DG, blancha 204 BCDEFK, manchare 1220 CE^, mancha 208 BEFQ, 
mancho 897 BDEQ, vichario 621 Q, fichate 512 BCFG, pechator 
1355 BD, 1449 BCDQ, qualuncha 862 BDE^KP, chotanto 995 
BEFG, écho 1108 BEGQ, chognosenza 1498 BD, luocho 431 BD, 
auticho 1424 BDF, anchora 890 BEFP, 1024 BE^PQ, chuna 562 
BD, chuor 1078 BF, schuxa 274 BQT, schuola 1426 DF, chridar 
1115 BFG, lachrimar 1356 BBd, chreatore 294 BFG, chresuta 516 
T, christiano 39 EFKPQ, chrose 948 BFG, etc.; quor 76, 753 et 
passim R, qui 677 P (pour cui); priegho 38 CG, piagha 582 (594) 
C, 1077 G, pagha 586 CG, piangho 787 C, nemigho 1489 G, sau- 
ghue 558 E'^ sgharciava 1297 K, ghustasti 820 C (cf. gusto 823 
C, pour giusto), priegho 1473 C, 1497 CG, leghato 96 C (par contre 
(jhe, (jhi s'écrivent parfois r/e, g?': plage 170 BCDEGT, 130 BDPQT 
(1160, 1256), artengi 928 F, giuda 557 P, pliegi 550 BDGPQT, 
niegi 554 BPT, pricgi 552 BDT, 997 P); pharaone 136 DEGT, 



Plainte de la Vierge. LXXXVII 

propheta 1092 DEFQ, -iza 227 E, pharixio 363 CDE^PQ, yosehp 
33 F; habia 1498 HMS, 1499 BM, hè 435 (584, 69, 131 etc.) B, 
hogni 573 B, hordÎDaraento 943 B, hodore 656 B, ho 701 (710) B, 
homai 850 B, hoime 600 B, etc. 

N^ayaut même pas voulu encombrer les Variantes de graphies 
aussi futiles qui sont sans nombre, nous les avons le plus souvent 
laissées de côté (cf. ç et z §§ 18, 19, de et di §§ 8, 11, 29, e et et 
§ 60), tout en réduisant en gros le texte à Funité ortographique, 

24 h. qti présente à peu près le même développement que 
dans le toscan littéraire; qu persiste dans liquefazea L197; passe 
à ch dans qualuncha 862, 1490, doucha 86, etc., che, chî, etc. 

Variantes: qualunqua 862 CE^QT, 1490 EQÏ (-unque CFH, 
cunque S), dunquo 701 G, 86 EKQ, 804 (1035, 1311) R, 1467 H, 
adonqua 683 T, adunqua 1311 G, adunque 683 G, 1279 R, dunqua 
804 C, 86 (479 et passim) C, donqua 804 DQ, 1279 QT, 479(566) 
T, 683 Q, 1467 EQÏ, 1035 FQBd, domqua 479 (566, 701) Q, don- 
que 804 (1035, 1279) G; queri 1034 F; qui (rel.) 991 P, que (rel.) 
1265 E, que (intcrr.) 878 DET, 1360 (1361) EMQT, 1315 M, 242 
T (pure graphie? cf. la prononciation vénitienne de qu), et reste 
graphiquement dans antiquo 1424 Q (antigo C, § 17), queto 207 R 
(cf. quore 277 R, qui 677 P, § 24 a), et passe à ch dans chel 194 D, 
chela 624 P, de même probablement chel 87 (572) P (cf. inchi 1162 
E, in qui), et même à g dans isguarciar 1329 K (isquarciar ?), sghar- 
ciava 1297 K; par contre chi s'écrit cui 920 K, peut-être l'accusa- 
tif pour le nominatif, § 42 a, cf. cou que 1265 E (cou cui); con hui 
677 G (con qui, conchui?); quanto 1327 E* est peut-être faute pour 
tanto (cf. chanto 957 B, pour tanto; il n'y a guère question d'une 
méprise pour le subst. canto); pour les formes variées de zaschun 
V. § 46, pour quelui v, § 42. 

24 c. m final persiste dans chom 662, 1286 (et devant voyelles 
747, 896) à côté de chou 1102, 587 (peut-être la préposition); 
chomo est la forme ordinaire 1076, 307, etc.; la préposition est 
toujours chon dans notre texte (choi, etc., v. § 39). 

Variantes: chôme 4 BCEFKRT, 707 BCEGK, 747 CEGKQR, 
1286 KQ, 560 BEG, 751 P, etc., chom 657 BCEGK, 1016 (1259) 
D, 931 B, 791 RT, 912 CEF,' cun 662 T, 1102 PT, cum (1072, 1102) 
Q, chon 662 F, 848 Q, co 912 (1286) T, 833 F, 1084 E^G; la pré- 
position cum se présente sous les formes que voici: cum 5 P, 263 
QT, 1511 HQ, 106 (178, 677, 1347) Q, 1373 M, 991 (1328, 1332) 
MQ, 1382 MPQ; cun 1282 0, I243PQ, 1332 etpass. P, 1373Ï, 204 



LXXXVIIl A. Linder. 

(569, 1328) PT; 1352 (1129) Q; corn 1328 Q et même como 116 P, 
et co 116 (677) G, 1263 P, 1332 B, 1243 ï (cf. § 24 «, d); en outre: 
sum 254 (335, 1142) Q, 1353 MQ, 1377 M, som 883 Q; dans le 
corps des mots, m et ii devant les consonnes alternent capricieuse- 
ment: exeraplo 1444 CDEQ(-u- BFGHKMS), templo 1438 (-n- BFH), 
979 (-n- PR), obombrata 723 (-n- BCDFG), menbre 1158 CDPQRT, 
intranbi 1211 BCFGP, canbio 907 BCGT, cangio 906 Bd, anpuôl99 
G, redentorc 1032 CK, redentoris (lat.) 1487 F, tcnpesta 1176 R, 
grenbo 548 BC, scnpre 1509 BQT, sempre 1502 BGKT, cimque 642 
Q, domqua 1467 et passim Q, dumque 86 E^ cf. afrena 937 F dans 
une série en -ema, dauc 1332 F (dame?); de même dans les com- 
posés: covicn 171 T, 780 E^T, cunbati 991 P, conpasione 1157 FR; 
mais en général Fusage littéraire prévaut. Il faut ajouter que, dans 
toutes nos copies (excepté M et S), la nasale s'écrit souvent par un 
signe d\\bréviation, lequel pouvait facilement s'omettre. 

24 rf. n finale, qui était probablement devenue nasale, tombe 
dans la négation non devant m, n (§ 24 a) et rarement devant une 
voyelle: no me 128, 940, 837, etc., no avesti 515; -7io(-nt) tombe, 
V. § 47. 

Variantes: no 92 DT, 762 BT, 764 QT, 1365 M, 1476 DMQ, 
669 (763, 787, 1011) T, 848 Q, 919 DT, 1087 DR; devant une 
voyelle: 401 DT, 1010 Q; revêt la forme ne 682 Q (nel [noi] 443 
Q) et s'écrit même n 515 F, ou bien se redouble none 401 Q (§ 
13 c\ ou s'écrit nonn 1126 P (§ 24 «); n tombe aussi dans quelques 
formes isolées: so 335 E, 148 D, aquilo 1039 B (latin?), e 1242 P, 
cf 180 ES i 20 T, 210 E, 368 F, 603 P (cf. illui 703 K, illei 
646 K), be 776 T, enfin dans l'intérieur de quelques mots qui 
pourraient passer pour de simples fautes de copistes: intrabî 947 
Q, masueto 440 T, comcçai 313 T, liçuol 1319 T, speraça 893 T, 
excclletia 865 T, azidi 333 G (peut-être pour aizidi), annici 1447 E, 
piaza 1352 F (piagia 1352 et 1354 K), piageti 1348 Q, piagesse 115 
Q (cf. pianto 973 F, dans une série en -ato VIII 30—31), ligua 208 
(406) ES brachar 1241 Q, redi 567 D (à la rime, cf. riede 367 Bd), 
quado 188 T, veder 1032 FGP, quato 1299 T, gradi 1347 Q, mais 
n s'intercale aussi souvent devant à peu près les mêmes conson- 
nes (cf. ci-dessous); la seule conclusion à en tirer est donc que 
n dans ces positions était muette et qu'une exigence littéraire la 
faisait reparaître; riforzo 1014 F (inforzo CQ), ditorno 104 E', 
1138 T (ditorni G, cf regraziare 1472, § 32) sont d'autre nature; 
n final s'écrit souvent m, surtout dans Q: gram 174 et passim Q 



Plainte de la Vierge. LXXXIX 

(gran 162, 352 Q), 767 R, christiara 39 BFQ, çascum 48 (51) Q, 
çascadiim 39 Q, ciascum 45 Q, alciim 1408 Q, bem 189 E^, um 
196 B, im 5 ES siim (su îd) 310 E, tem 381 Q. acusavara 264 E«, 
cridavam 266 Q, caotavum 1052 E*, et inversement quen (lat.) 547 E*; 

n persiste ou s'introduit de nouveau dans ofensione 817; en 
outre dans quelques formes des 

Variantes: transmutasti 1411 DF, transfigurato 353 F, 964 F 
(desfigurato), monstrâ 144 P, demonstrata 15 P, monstri 60 P, mon- 
strando 1414 S, monstrasse 1065 P, conmenzai 752 BF, noni 443 
E, 470 EF, ehonl 5 B, non lo 202 EGP (no lo T), 361 GP; n 
s'écrit nm dans inmagina 744 BDEPQ, conmeso 1314 F. 

n 8*intercalcy surtout devant une fricative, contrairement aux 
lois de la chute générale devant cette classe de consonnes: insire 
404, ensiva 593, insteso 10, 1033, instesa 1274, onfesa 375, 800, 
1286, 1358, onfese 1398, onfesione 1477, à côté de ofensione 817, 
ofende 1145, ofendisti 807. 

Variantes: usîre 404 FK, istesso 10 K (stesso R), 1033 K 
(stesso EF), offensa 375 EQ, 1286 Q, ofese 1398 CDEGHKMQ8, 
paradinso 1429 D, vendendo 620 C, anzunse 1071 F, tramendue 947 
K, 1211 K, cognosente 1036 T, contanto 269 K, 1206 ES contanta 
1479 G, dislengua 663 C, longo 828 P, ligua 208 (406) ES pianghe 
774 ES cf. M.-L., p. 171, mondo 1259 G, 1395 D (peut-être mé- 
prises); 

nj + voyelle se mouille (n, écrit gn, et, dans K, ngn [mais nii 
dans inçenna 1440], de même parfois dans EQ et P): vegno 897, 
1339-41, et de là vegnir 330, 1212, revegnir 735, sovegnir 872, 
vegniva 184, vegnirà 400, vignando 145, etc., sostegnia 110, 112, 
mantegnir 437, tegnia 738, artegni 928, romagnir 1153; cependant 
il semble que vni ait eu toujours la valeur de gui, témoin les rimes 
V 34—35 agnî: spamgni: bagni; tous nos manuscrits portent an(u)i 
335, 1223; n persiste dans toutes les formes de chognoser: chogno- 
scho 40, -nosea 354, de même chognosenza 1498, etc.; ngi tombe 
dans lutana 139, lutane 1050; ni + voyelle semble rester intact dans 
les mots littéraires : strania 1041, forme attestée par la rime (VIII 
18 — 19 lanîa: strania: smania), venîa 1449, etc. 

Variantes: oui 455 EQ, omie 1439 E, ongne 792 P, ongui 455 
et passim K, onni 638 E, ogne 419 P, ugni uno 500 P; venir 330 
CDGPR, 1212 BCEKP, etc., veniva 184 BCKP, etc , mantenir 437 
DG, (-tener BCK), retenir 1242 F, teneva 738 BCKP, artengi 928 
EF, romanir 1153 DGP (-ner BCEK); chonobe 1002 BG, conosea 

Linder: Plainte de la Vierge. • 



XC A. Linder. 

354 BDPQ, etc., luntana 139 CEKPQRT, lontanc 1050 BCEKT; 
vira 400 B, 961 F (formé sur le toscan, cf. pourtant le véuit. mo- 
derne sîor); strana 1041 KR, 939 KR; vena 1449 BEGHQ est 
peut-être méprise pour venia; stranîo 220 P, dans une série en 
-ano (vano, etc.). 

n est échangée contre l dans moliraento 1320, 368 (dissîmila- 
tion ou influence de moles), aima 971, 1101, 607, mais reste dans 
veneno 814, venenosa 1423. 

Variantes: monumento 368 CDK, 1320 DEFKQR, anima 971 
PQR, 1101 KPQ, 607 CDKPQ; aima 421 Bd, 1499 (1505) F; 
velenoxa 1423 B, velom 814 D (veleno GT), formes littéraires sans 
doute; bellegno 593 T, beliguo 38 C, formes analogiques (malegno); 
pouto 36 T, dans une série en -olto, est plus douteux. 

24 e. l s'échange contre r dans arquanto 26, 928, etc., chortelo 
1102 (influence de curtar?). 

Variantes: alquanto 26 BCEFKPQR, 928 CKPQR, etc., cul- 
telo 1102 BFKP; viritade 1441 M (douteux), tur 1174 D, torse 
396 F, et d'une l secondaire: artoriare 756 (873) C; d'un tel rho- 
tacisme témoignent les rimes fautives tolte 765 F (: -orte), morte 
1209 T (: -olte); pour molto 1291 T, le copiste avait d'abord écrit 
morte; dans les formes de flagellare et affliggere, fr est de règle 
dans K: fragellava 158 K, -ato 178 KR, 405 (1025) K, fragellata 
833 KR, -ate 825 KR, fraçellata 833 PT, affrazellato 1025 P, 
afi'rigger 848 K, affritto 895 (951, etc.) K, -tta 488 K, afl'rigge 768 
K; / > n; nenzuolo 33 (1245, 1319) F, ninzuolo 181 F (cf. le vénit 
mod. ni(u)ziol) et peut-être andar 433 E\ et d'une / secondaire: 
ancide 333 Q (azidi G); l semble intercalée dans altri 1260 DGQ 
1483 Q, puol 307 (308, 309, formé sur vuol) B, plaga 586 B (piaga 
P, faute?); pour chioldi 709 F, chiolde 1186 Q v. § 7; condol- 
matia 43 F (influence de duol?); pour al 1179 F v. § 24 A; mal 
1325 B est probablement ma'l; chel 1317 EF contient peut-être 
un el superflu, v. § 41 ; / semble effacée dans: morta 806 P, la qua 
723 (725) Q, qua 441 G (cf. § 8), quache 865 Q, ne 887 T, da 
1374 ï, rache 1274 ï, e 359 Q, i 1032 K, dose 392 G, tosse 396 
G, vose 289 Q, samista 686 G, atra 1306 Q, gavario 431 G, obbio 
1365 R (faute?); da(dirlla) 79 B est peut-être méprise, de même 
pena 739 G, cf plaga ci-dessus et pina, § 2 6; pour tempo 979 
G, 523 BF V. § 8; pour al, da(l), de(l), ne(l), e(l) v. § 24 a, 

l semble mouillée par la voyelle voisine, tout comme dans le 
toscan, dans toii 1475, toia 1233, pia 1460 (si de pilare sous Fin- 



Plainte de la Vierge. XCI 

fluence de spogliare? Cf. -7*/, § 24 d) et, dans les Variantes: Sebilia 
4 CG, tolgiea 224 BRBd, et probablement tollir 1211 E, voljati 474 B- 

24 /". r s'intercale parfois dans la désinence -nte (adj. et adv.): 
dolentre 241, simelementre 747, solamentre 1182, intercalation at- 
testée par les rimes (VI 51 adentre: dolentre: ventre), à côté de 
dolente 482, raalamente 360 (cf. les rimes V 9 — 10 dolente: fervente: 
zente, VII 11 — 12 présente: dolente: mente, VII 18—19 dolente: 
solamente: sente, VII 32 — 33 serpente: obediente: dolente, III 39 — 
40 présente: zente: chontente, VIII 11 — 12 parente: dolorosamente : 
consente); de plus dans arzuro 977 (influence des mots composés 
avec ar- et peut-être de arzura, v. Glossaire), arsalto 437. 

Variantes: -ntre ne paraît régulièrement que dans D; dolente 
241 BEGKPQRT, etc., azurro 977 BGK; troni 328 CEPQT, trexoro 
448 G (formes littéraires?), contra 420 E^ altro 57 G, cortanto 269 
E* (cottanto E^), celestro 1262 (1279) P, pordere 1396 E», nortri- 
gai 561 P (pour noctrigai; r et c se confondent facilement), fruor 
307 G, obrunbrata 723 D, insenbre 1314 D, audirte 132 E^ (-cte?), 
cf. le procédé inverse: Cristo: maestro, Riv. II, p. 31 ; testo: terresto, 
P. Ven., p. 5 col. 1; queri 1034 F, semble le reflet de queat, cf. 
le vieux toscan giuderi, etc. ; r change de place (metathèse) dans 
pergne 1478 D, persepio 1057 F (échange de préfixe?), prede 981 
Q, presse 935 C, adreto 1385 D, aderse 519 P, descropendo 1249 
F, afrena 937 F (si pour afrema, comme le veut la rime), discro- 
vindo 1249 Q, obronbresti 1272 D (obronbrasti B, si de obronbar 
pour obonbrar), bretute 157 R, sterpido 108 B, trubollente 240 P, 
et peut-être scarpiava 76 P (< sclopava, cf. bugiadro 94 R); ri > II, 
surtout dans KR: conpartilla 73 KR, sentilla 75 KR, ridilla 77 KR, 
ricitalla 82 K, pelliberare 745 K, pel 797 R, 908 (915) K; de même 
peut-être adoralo 1051 F (cf. iredentore 1032 K, v. §§ 24 a, 56 b). 

rj f voy. = r dans -erio, et les formes de morir : muoro 452, 
témoin les rimes III 27 — 28 vitupero: Piero: primiero, VIII 39 
— 40 spiero: vero: refrizero, V 6 — 7 tesoro: restoro: muoro, III 
30 — 31 achuora: fuora: muora, VIII 29 — 30 fuora: achuora: muora, 
mais reste dans les subst. en -ario, -uria, -oria, etc.: IV l gloria: 
memoria, XI 32 — 33 gloria: vitoria: memoria; en outre furia 1072, 
inzuria 584, aiutorio 460 (cf. ajutoro, Par. XXIX, 69), chontrario 623, 
etc. (mots savants et demi-savants, v. § 25). 

Variantes: buro 977 P, iniurando 439 E, iniurar 675 E, nuioja 
262, etc. R; r > 1: albaro 708 P, cuol 439 T, lachel 1274 G, puolse 
21 C, lambdacismes qui rappellent les fautes inverses, § 24 c; r 



XCII A. Linder. 

semble parfois tombée: lo 706 G (cf. 155 K, chedalo 670 D, ched 
alor?), vetude 1266 E^ (vedute E^), avete n88 Q, fuoe 1042 G 
(fiiore), redento 1032 F, arbo 576 K (lat.) et, inversement, Çuaner 
1290 D; pour les infinitifs apocopes v. § 56 b; de l'effacement de 
r témoignent les rimes fautives lasarse 1032 et justîficarse 1034 F 
(: -ase), donarze 1190 et aspetarze 1192 B (: -aze); pour peritornar 
1481 K, V. § 24 a; ajoutons que, dans les manuscrits, r s'écrit sou- 
vent par un signe abréviatif facile à omettre. 

24 (/, mj persiste, témoin les rimes II 1 gremio: premio. 

Variantes: grembo 548 EQT (grenbo BC, grebbo K, gremo G). 

24 h. s finale ne persiste que dans bien peu de formes mo- 
no.syllabes: astu 510, estu 574, 251, vuos 880, 1216; ordinairement 
8 est tombée ou remplacée par i. 

Variantes: vosti 839 P (vour volisti), tu es 1429 M, es 1433 
M; vuol 781 EFG, al 1179 F, el tu 251 T, sont sans doute pour 
vuos, as, es, / et s se confondant très facilement dans les mss. du 
XV siècle (cf bulo 1323 E, calça 1221 R); mai 942 P, mai ma 
682 P, où le dernier mot semble correction du premier; piui 774 
G, plui 144 T, 631 (849, 991, 992, 1019) G, piui 631 etpassimB, 
mais più 70 (202, 774, etc ) B; lu 569 T, 1128 (1171) Q, vu 589 
DT, 137 QT, 140 (580) ï, nu 1208 DQ, 268 (1212) T, colu 586 T, 
1173 D, 141 (144, 147, 357) Q; oltru 750 ï, costu 843 DG, 228 
Q, custu 127 Q, questu 549 E, ma 570 GT, 281 T, 319 G, asa 
774 QT, 1420 HQÏ, oma 1136 T, oimà 452 Q, coste 718 Q, se 
1455 CGK (cf mie 1343 BFT, 225 T, fu' 1372 DR, 1067 DFKPQ), 
a 1174 DQ, sa 1002 DK, sera 1337 Q (sara K), po 32 (679 et pas- 
sim) D, 1038 DK, 1088 R, 1210 DQT, 978 Q, puo 999 DG, 1001 
G (cf co' 1328 K, vuo' 1216 CR, anchuô 1131 G (anco KQ), vo 
781 (1216) Q, porta' 1099 (1303 Q), comenza 358 (671, 1334) Q, 
squarza' 1297 ï, anda 1321 C, riçciîmi 1228 R, cf accôlo Purg 
XIV, 6; tèlo: Burchiello). Nous aurions voulu préférer ces formes 
abrégées, mais étant donné les aspirations de notre poète à la clas- 
sicité, nous les avons renvoyées presque toutes (cf. § 48) aux Va- 
riantes. 

B. Formes. 

1. Suffixes et préfixes. 

Sont déverbaux: lodo 1397, pluro 242, priego 1316, duolo 31, 
179, etc., chonforto 1453, etc., clirîdo 956, etc., et parmi les formes 
des Variantes, dogio 845 D, chonforta 316 F, 1453 E, v. § 35. 



Plainte de k Vierge. XCllI 

25. -ario > icio (influence littéraire, A (î. J, i>93): ehavalicri 
1071, pensier 1221, primiero 253, mniniera 195, bandicre 326, leziera 
199, et reste intact dans les mots savants: chontrario 623, varie 
625, chalvario 431, vichario 621. 

Variantes: cavaler 1071 E, prîmero 253 BPQ, maniera 195 P, 
bandere 326 P, lizera 199 E. 

25 a. -antia! posanza 1015 (possa P, poder BEG, cf. zcrtunza 
1073 GP, baldanza 120 B, 1015 P, 93 R; temanza 291 (-cnza 
BCKPQT) est formé sur teraando (cf cognosança 1498 DM, v § 49). 

25 b. -aie: eternal 500 (eterno 1390, 1466; à la rime 1281), 
zelestial 1279 (-este BCEGKPQ, zeleste à la rime 1262), impériale 
288, temporale 292. 

25 c. -ano: in voze altane 1332. 

Dans R, il y a nu sautagia 1161 R (sanità gia? Cf Gloss.), 
dont le suffixe pourrait être -itatia; dans FP, il y a un cridore 271, 
formé sur chlamore, cf Orig., p. 249. 

25 d 'tidine: chostume 1426, amaritudin 822 (-tudino 
BDEFGKPQR, cf servîtudine 131 K, torpensiti^ 258 K). 

26 b. 'ifto: soleta 1128 (cf. chîaretta 46 (i, pour chlarita). 

28. dis-: desprisiata 116 (dis- CE), desfito 1227 (dis- (ÎK, des- 
ficato EF), desconsolate 151 (dissolate K), desdegn^ 1023 (di.s- CR), 
desdegna 548 (dis- C), desligava 663 (dislegà K, dislenguà C), des- 
monta 418 (dis- CE^GK, monta FP), desfigurato 353 (dis- BCEGK), 
964 (dis- CEK), deschorca 1163 (dis- BCEFK, corrca PR), dcs- 
fata 425 (dis- C), desfazo 1232 (dis- CEKQR), despono 1399 (dis- 
CDEGHKMST), despona 1482 (dis- BCEFGHKST), despoiato 215 
(spogliato FG), deserna 703 (diserna CEGT, zerna FP), de.sglazo 
1189 (dis- CK), destesa 1288 (dis- CEGKRT, cf. desramata 518 T 
(dasarmata P), straza 668, strazar 1329, strazc (sbst.) 858, et le mot 
simple zerni 1452. 

28 b. trans'i tramutasti 1411 (trans- DF, cf transfigurato 353 
(964) F, pour desfigurato). 

29. de-: demostrata 15 (mostrata CDFQR), demora 1225 (di- 
BCEFGQR), delazerata 1276 (di- CFRT), deradegata 518 (di- BFK), 
deriso 235 (di- K), dévote 176 (di- CGKRT, devorato 1281 (di- 
CFKR) devene 816 (di- CE, vene P), deventase 615 (do- D(i), 
doraandar 53 (di- BCF), domande 74 (di- BP), domandava 691 (di- 
BK), domando 903 (di- BCFGPQRT, cf. descendo 1439 (J, desen- 
derà 18 BD, denanzi 221 DE (di- CKRT), 225 (di- CEKR, dinanti 
T), dimostrasti 533 E, deçerni 1452 D, et les mots simples pour 



XCIV A. Linder. 

des mots composés: gîotisti 1112 P, raando 552 C, vene 816 P, et 
les surcomposés (adde-); adîvenire 1095 R, adomandava 691 P, ado- 
mando 552 D; il nous reste incertain, parfois, s'il s'agit de surcom- 
posés ou bien de la préposition a devant ^infinitif (v. 53, of. § 65). 

30. ad-: afigurare 378 (figurare K), aleniato 716 (aleviato E, 
alienato CF, leniato P), anonzîa 1040 (adnuntia Tj, apresentato 
99, adentre 729 (entre FKP), atento 86 (artenta B), arecordo 305 
(re- CDEGKQRT), aricorda 1003 (re- D, ri- CEGKQRT, cf. re- 
chorda 882, 1479), artegni 928 (re- GPR, artegni K, tieni B), arliviata 
1213 (relevata P, alegrata F), arendi 1505 (rendi BCDFHKMQST, 
le mot précédent est mia), arbasa 1109, archoia 80 (re- BD, ri- 
EKQR, ace- Bd), 795 (re- G, ri- F, rac- K), aseuderà 18 (de- BD), 
asende 1437 et inversement branchar 1241, duse 1271, cf. les for- 
mes des Variantes: agosto 821 D, achadesi 524 F, aconpagna 
941 P, adolorata 869 R, aduse 1271 G, arrabiava 1328 R, arrende 
1435 S, aricoQiando 901 P, apasionato 748 F, aperse 935 T, ap- 
penato 951 R, azonta 416 FQ, acunta 432 Q, azonzo 1176 P, an- 
zunze 1071 F, amonta 1370 KP, amontava 119 K, avelati 216 Q^ 
affrazellato 1025 P, antrito 716 G (an trito? v. § 8), abrazar 1241 
GP (brazar BEK), asserra 640 K, afera 1336 F (faute pour asera), 
affranto 716 K, atrova 1354 Bd, afrena 937 F (aferma?), et les mots 
simples: pella 48 P (ou aphérèse, v. § 13 a\ vodo 1393 B, cf entre 
729 FKP; en général ce sont les mss. FKP qui aiment les com- 
positions avec ad). 

31. in-i enchrescha 850, envocha 648, invocha 718, involto 
1246, 1318 (inzoveneta 540 est plutôt in zoveneta); citons de plus 
quelques formes des Variantes : inponsar 407 D (cf le vénit. mod ), 
iradiar 598 F, iutinta 1257 Q, inmarzisti 532 B, inchiuso 1326 DP; 
inforço 1014 CQ (infranto 716 P, infortunio 1433 B, insanguinata 
1277 K, incominciai 752 R, cf divina 227 K, sont des toscanis- 
mes); inmagina 744 DE (inmaginati BPQ) n^est guère qu'une gra- 
phie, v. § 24 d; inparo 1129 T, est peut-être faute (i'nparo ou 
io paro?). 

32. re-x rechomando 901 (ri- BEG, rac- CKR), rechline 1376 
(ri- K, reu- BMBd, in- Q, chine F, ritorne C), regraziare 1472 (ren- 
BQ, rin- CS), redemer 1022 (ri- Q), redir 77 (ri- KR), repara 773 
(ri- BCEFKPQR), refrescha 170 (rin- CKR), referir 1397 (ri- C), 
refîna 1 90 (ri- CK, fina QR), 685 (ri- CK, fina D), remedio 582 (ri- C), 
585 (ri- CK), 755, 760 (ri- CKR), 1090 (ri- CFKR), renovasti 1413 
(ri- CK), reluzente 239 (ri- R), rechovrar 1481 (ritornar BCK, ritro- 



Plainte de la Vierge. XCV 

var FHS), revegnir 735, revene 737 (ri- CFKR), revercnza 1059 (ri- 
CFKQ), revolto 33 (ri- FP), revardar 1 1 58 (ri- BCFR), revardando 
397 (ri- BFGP, guardando KQ), résista 633 (ri- B), resplendea 350 
(ri- CK), resplende 1439 (ri- GK), responde 1203 (ri- CEFKR), 
resposta 890 (ri- CKR), respira 606 (ri- EK, spira F), restete 402 
(ri- CGT, stete KPQ), restoro 450 (ri- CEF), retene 741 (ri- ERÏ), 
retorto 556 (ri- CEK), retribuir 1471 (ri- CE), retornô 1059 (ri- 
BCKR), et en outre parmi les formes des Variantes: raguardare 609 
K, refréna 190 B (refina), ripiena 1104 R, retorno 1136 P (ri- R), 
recrescea 153 T, recole 1456 H (cole, tuole), rigoio 1016 FK, riverso 
1014 P, ramirar 1158 K, et des mots simples pour des mots com- 
posés: versa 417 F, guardando 397 KQ, cf. fina 685 D, 190 QR, 
stete 402 KPQ, ci-dessus, etc.; pour romagnir, romasa, roversa, etc., 
V. § 1 1 ; dans de-, re-, dis-, nous avons cru pouvoir préférer la 
voyelle e, sans enregistrer dans les Variantes toutes les graphies 
avec la voyelle ^. 

34. ex'i sraania 941 (ismania K), sfesura 1323 (fessura 
CEGKMT), sfendea 981 (fendca CKPQRT), à côté de fese 979 
(sfese FGj; spetava 166 (aspetava BGPR) à coté de aspetar 1192; 
pîchava 1226 semble être pour spiceava; extra: stramortir 68 (stra- 
morire C), strangosato 734. 

Variantes: spectando 890 E (exspect. P, aspect. R), sguardar 
470 B(l, spersa 889 Q, sperse 527 K (faute pour sparse?), sperso 
1016 R, escenderà 18 R, elizione 1493 B (pour delezione), asmorza 
1237 K, sforzo 1014 EK. 

C'est sans doute sous Tinflueuce des préfixes que se sont for- 
mées les formes sopelire 1313, sopelisi 1314 et, inversement, sechorso 
1395, sechoristi 1412, influence qui se fait sentir même dans remor 
328 à côté de rumore 108; il est donc vraisemblable qu'elle est pour 
quelque chose dans ensiva 593, delor 717 B, delente 600 Q, et do 
9 E, 816 Q, 1074 K; l'alternance de ro- (ru-) et de ;e-, de do- et de 
de- a bien pu contribuer au passage de e > o dans domandar, romag- 
nir, en d'autres termes, il se peut que ce ne soient pas là des pro- 
cédés purement phonétiques. Les formes arzuro 977, arquanto 928, 
etc. (cf. artorio 460 C, artoriare 873 C, artenta 86 B^ etc.; ad- et ar 
lat. sont d'autre couche), comparées avec arechordo 305 (§ 32), et 
la forme chonfaloni 326, nous font soupçonner que de tels mots 
ont subi l'influence des préfixes adre-, cum-; dans rigoio 1016 FK, 
il faut avoir recours à un échange de préfixe, de même pour précède 
1421 E, persepio 1057 F, à moins que ces formes ne soient tout à 



XCVI A. Linder. 

fait fautives. Le suffixe -entia a été influeueé par les gérondifs eu 
-ando (§ 25 a), le pt. -ito par le suffixe -itto (§ 26 6). 

2. Déclinaison. 

35. Proviennent d'un nominatif latin les substantifs laro 96, 
859 (plur. laroni 330), uomo 1357 (pi. omeni 1054), et serpe 578, 
581, 814, à côté de serpente 827, 1424, formes attestées par la rime 
(VI 9—10, VI 1, VII 32—33, II 13—14); proviennent des cas 
obliques rauliér 897 (à moins que ce mot ne soit un vocatif latin, 
cf. filife 398, virgo 1, 1485, arbor 576, mater 1487, les génitifs sa- 
pientise 237, Jesu Nazarei 1485, Redemptoris 1487, Jérusalem 398, 
dei 237, fulgoris 613, les accusatifs ramos 576, speciem 613, le 
datif fautif hominibus 1054 K, etc.) et zenturione 985, dont notre 
poème n'offre pas de formes qui correspondent au nominatif latin. 
Mais les copistes off*rent quelques formes de plus qui ont l'appa- 
rence d'en être dérivées: redento 1032 F, aquilo 1039 B, arbo 576 
K, où le signe abréviatif manque peut-être, si toutefois la consonne 
finale n'est pas tombée (§§ 24 rf, f) ; piàta 472 F, 496 K (ou piatà? 
Cf § 11). 

Sont du genre masculin: fonte (un fonte 594, où la versifica- 
tion permettrait plutôt una, vivo fonte 1031, fonti tuti 1198), fine 
(lo fin 324, al fine mio à la rime 1503), flor (un flore 17); sont 
féminins: le besogne 872, tante straze 858 (cf. le vénit mod. 
strazzo, -a), zoveneta rama 540 (cf. le rame 576 P; ramo (VU - 2) 
est œramen); pour sputa v. § 37. 

Les copistes offrent quelques exceptions: una fonte 594 BG, 
fonte viva 1448 M (faute), prima fonte 594 P, la fine 324 FPQ, 
questa fine 1380 M (faute), questa (fior) 560 P, la sangue 231 K; 
una brazo 1226 P, preciosa unguento 370 (1318) E, v. § 37, fonte 
tutte 1198 K est peut-être masculin, quoique ce copiste évite les 
masculins pluriels en -e, li tuoi membri 730 E, li tuoi bragi 1392 
S, sont probablement féminins, v. ci-dessous; le toe (scil martirj) 
925 P, sera masculin; ajoutons qu'à côté des substantifs en -o il y 
a parfois une forme en -a, et inversement. Outre forza 1167, 1235, 
encore forzo 1014 (forza P); cf. dans les Variantes: priega 1316 K 
(toscanisme?), chonforta 316 F, 1453 E (cf chonforto à la rime 
93), braza 1226 E^, pelicana 747 T, et, inversement, fessuro 1323 C, 
doglo 845 D (cf §§ 8, 37). 

36. Le pluriel des féminins, substantifs et adjectifs, de la 
troisième déclinaison latine, se forme en -c, plus rarement en -e, qui 



Plainte de la Vierge. XCVII 

est de règle dans CKR: le mente (î lamenti R) vostre 176, le 
mente (-i R) triste 984, voze altane 1332, moite zenerazione 815, 
le zenerazione 1155, onfesione 1477, zente 327, 1348, le faize 541, 
mile parte (-i R) 83, grave (grande D) pêne 634, le grande (-i R, 
gran E*) onfese 830, le forte doglie 190, forte (-i C) pcne 938, triste 
mare 1353, maritate et chontinente 1350, parole suave 1122, de même 
mane 692 (-i CKR, -o F), 698 (-i KR, -o E^F), 1328 (-i CK), cf, 
les rimes IX 40 — 41 zenerazione (pi): chompasione, tribulazione, 
VII 28-29 zenerazione (pi ): ofensione: chasone, IX 16 — 17 onipo- 
tente: mente (pi.)» atente, X 50—51 dolorosamente: zente (pi.): 
chontinente, IX 29—30 suave (pi): ave (lat.): chlave, VI 38—39 
vane: mane: plane, VIII 5 — 6 plane: Zoane: mane, X 44—45 mane: 
Zoane: altane, mais aussi III 31 —32 demoni: opînioni (-e BDPQ): 
testeraoni, III 14 — 15 mordenti: dolenti: ponzenti (fém.). 

Les copistes offrent encore quelques formes incertaines ou bien 
fautives: quele boce 111 C (boci K, pour bote), boce 178 K (bote), 
109 K (pour înzurie), le mente 825 C (pour membre), quante parte 
1178 P, (doie) feroxe 282 G (dolorose), spine ponzente 214 P (cf 
mie ragione, à la rime, 132 R), le quale 1265 P, 1123 EFGKPQT, 
grieve penc 1137 R. 

Même désinence pour les masculins dans verzene 1349 (con- 
fusion avec le féminin?); les rimes n'en offrent pas d'exemples sûrs; 
sospire II 8—9, conféré à sospiri VIII 13—14, X 49-50, et le 
singulier sospire II 35 — 36 (pi. dans CPQBd) pourrait être pour 
sospiro, V. § 8; dans la série III 31—32 déjà citée, aucun manus- 
crit ne porte demone, testemone; plusieurs rimes semblent témoi- 
gner pour -i (II 1 -2 santi: plauti: quanti, II 11 — 12 basi: quasi: 
romasi, VI 18 — 19 luzenti: torbolenti: tormenti, IV 9 — 10 chon- 
faloni: tuoni: laroni, IV 10 — 11 vidi : chridi: alzidi, X 62—63 chla- 
mori: pechatori: dolori, 1X44 — 45 chlavi: clionservavi: privavi, cf 
guai ]V 7-8, IX 27—28; Zudei: rei IV 4-5, VII 42-43, VIII 
45—46); mais différents manuscrits offrent des formes incertaines en 
-e: ly nome 1092 D, nove mixe 732 Q, fiume 1200 E, mare 1201 
BGQ, le (lo?) gran sospire 162 Q, fonte 1198 BKQ, si gran cride 
331 Q (crido P), cum pede 1328 M, peccatore 587 F, H mi gran 
dolore 1386 M, grave martiri 1347 F, pizoli e grande 1349 G, 
dolente spiriti 1285 FP, lamenti divote 176 R, altri signi chon lor 
miste 982 GK; linçole 181 P, est peut-être un singulier (§ 8). 

Par contre, il y a un exemple, sûr de la désinence -^ après une 
voyelle pour les féminins de la première déclinaison latine, savoir le 



XCVIII A. Linder. 

pêne suoi 929 (VIII 14—15 tuoi: puoi: suoî), forme qui comporte 
peut-être un singulier en -o, commun aux masculins et aux fé- 
minins. 

Ici encore quelques-uns de nos manuscrits offrent bien des 
exemples fautifs ou incertains : le besogni 872 GQ, (masc. [?], bisognœ 
K, -a F, cf. gli orecchi 714 KR, H orechie 672 Q), spini 214 DT 
(cf. la rime 1182; spino et spina: Boerio), prcgni (se. doie) 1478 G, 
altri (se. doue) 1383 E, le toi porte 995 E, toi mane 834 E (masc? 
Cf. le mei mane 1263 P, li mane 1255 P), molti donc . . . tuti 161 
B, tuti quanti 164 P, tutti vergogne 876 E*, de tutti (se. grazie 
554 E*), le miei pêne 634 CP, le mei pêne féroce 505 G, mei la- 
crime 527 P, quelli 458 G (se. doue, ou masc. ?), le miei braze 568 
PQ, le tuoi (toi E) braze 1392 CET (§ 35), le miei laude 1474 D, 
li (se. laude, § 41) 1475 G (cf. soi, Paris., p. 40, Katli., pp. 19, 
20); voici quelques exemples d'un sing. commun en -o: laso mi 
doiosa 969 F, laso topina 225 FP (adj. en fonction d'interjection), 
pieno (se. ziera) 351 P (piene E, pour pieno), ogno inzuria 584 G, 
degno (dite de la Vierge) 799 P, vedi flagelato la persona 833 DG, 
stado la corona 1251 G, stato séria la morte f>28 BP (cf t'o chia- 
mato (se. morte) 996 F, t'abia fato (se. chroze) 546 BCEG, t'o pre- 
gato (se. morte) 1003 DGR, fichato 512 CD, v. Fonctions, § 69 a), 
adestro e assinistro 245 K), questo è la doia 1046 F, steso (dite 
de Rachel) 1274 G. 

De là peut-être un ora 1223, pizol ora 1174, (cf. tutora 888, 
ognora 168). 

Variantes: una ora 1223 CFKPQ, picola ora 1174 FPQR, 
quel ora 966 BRT (toscanisme?), Jérusalem pien 1335 G (inverse- 
ment: Pilato piena 218 BFP, où ladjectif, par méprise peut-être, 
s'est rapporté à zente); de piede il y a (outre piedi 463, 512, etc., 
et piè 374) quelques formes douteuses: peti 463 ï, pei 1250 Q, et 
peut-être pîe 1328 G; de Judœo (outre Zudei, attesté par la rime, 
V. § 3): çudiei 471 T, çudie 210 (283, 360) T, zudie 849 F, v. § 
7 b; notons encore quatre di 368 G. 

Neutres pi: le braze 468, 832, 856, etc., le membre 730, 825, 
1158, etc., et peut-être perdone 375, cf § 8. 

Variantes: li membri 730 E, li bragi 1392 S; les formes lit- 
téraires sont presque constamment offertes par KR: membra 825 
KQR, 1 158 K, 730 R, braccia 832 CKPR, 1 187 FR, 1381 (1392) K; 
brace 1381 CM; au singulier, E^ offre un braza 1226 (forme analo- 
gique tirée du puriel), P una brazo (pour una braza?). 



Plainte de la Vierge. XCIX 

37. Pluriels en -a: zînque milia 643 (sg. mile parte 83, mile 
volte 1205), le interiora 277 (cf. les rimes VIII 1 — 2 interiora: 
tutora: anchora); de même probablemcut sputa IV 16 — 17 bruta: 
tuta: sputa, VI 28—29 sputa: bruta: muta (cf. le vénit. moderne 
spuo); pour tuo v. § 44, pour quella, quello v. § 42. 

Variantes: H îoteriori 277 EGP; P en fait un sing. interiora 
886; osa 1025 GR, ossa 1079 Bd; grameze ogna 876 F; mano 
692 F, 698 E^F, i suo pié 374 FT (cf § 24 A), altri-altro (se. donne) 
1383 ES laso e fêle 1123 F, loro venuto 1058 Q (v. § 69 a), 
quelo 698 E^ 677 B, sont des pi. en -o; ce sera donc du pluriel 
en -a (cf ogna) et en -o (cf. mano) que se seront formés les sin- 
guliers braza 1226 E (una brazo P), preciosa unguento 370 (1318) 
E^, posta 30 E* (-o), tanto straza 858 P; peut-être que chonforta, 
priega (§ 35), sua corde 1143 K (§ 8), sont originairement des 
pluriels; toujours semble-t-il que les pluriels en -a, -o (des II® et IV® 
déclinaisons latines) aient amené quelques-uns des doublets du sin- 
gulier, peut-être sous Tinfluence des masculins singuliers eu -a (I 
déclinaison lat.), comme vangelista 506, salmista 686, profeta 1092, 
dont notre texte n'oifre malheureusement pas de pluriels; seulement 
il n'est guère à croire que ces formes populaires soient échappées 
à notre poète latinisant. 

38. Dans notre poème, comme en tant d'autres ouvrages vé- 
nitiens, se manifeste une certaine tendance, ici assez faible du reste, 
à simplifier encore plus que ne le fait le toscan littéraire, la décli- 
naison latine sur les types caractéristiques de la première et de la 
seconde, en substituant -o pour les maseidins et -a pour les fémi- 
nins: pregne 1478 (cf 1499 F, et M.-L., p. 205): ogno dolor 
1 172, ogno pechator 1355 (ogni CEKMPQRT), ogno ben nostro 1469, 
ogno desplazere 1222, ogna inzuria 584 (le plus souvent ogni 455, 
1220, 19, etc.), verasia fede 892 (-ce BCGKR, le masc. verazc à la 
rime IX 6—7), sanguinenta 1277; mais grande 21, 352, 1064 et 
gran 22, 27, 419, 508, 922, 1331, etc.; tristis fait toujours au sing. 
tristo, trista, souvent à la rime (VIII 8 — 9, V 1, VI 19—20), vestis 
donne vesta 204, 215 (cf. III 15 — 16 testa: vesta: festa), et au 
pi. veste (X 22—23 zeleste: veste (sg. dans EFGKT): manifeste); 
si laude 1474, est plur. de lauda ou de laude, aie 840 (VII 35—36) 
de ala ou de aie, chostume 1426 (chostumi F), de chostuma ou 
de chostume, nous le luisons incertain; toujours est-il que choltre 
(à la rime 173, sing. dans R) reste au sing. choltra 181 (coltre PR). 



C A. Linder. 

Variantes: ogno 19 et passim ï, 580 D, 1367 et passim M, 
ogna 419 D, 1869 M, 688 T; ogne 419 et passim P, 89 Q (§ 8), 
grando 21 et passim P, 184 F (faute), 704 F, turbulento 240 E, 
dolenta 635 DG (cf. Ges5 911 KR), sanguo 351 P (sangue à la 
rime V 42-43), eternallo 1390 P (eternale 500 P), la quala 1110 
P (de là peut-être le quale 1265 P), talo 185 K, celesto 1262 R, 
celestro 1262 (1279) P (cf zeleste à la rime X 22-23), virtuta 
1396 E^ (vertute à la rime XI 2—3). 

39. Article défini. Au masculin du singulier fo, apostrophé ou 
non apostrophé, et el {il, surtout dans CKRT), parfois enclitique, 
d'après les exigences du vers: lo povol 687 (il R), lo sangue 231 
(el BFP, il R), 1163 (el GP), lo sol 1457 (el BDF8, il C), lo leto 
182 (il R), lo muodo 1259 (el P), lo volto 389 (el BDKP, il CET), 
lo regno 292 (el FP), lo spirito 856, lo Signor 1127 (el F), lo Sal- 
vatore 1057 (el DKPQ, il R), lo mio fiol 88 (il KR, el BP), 549 
(el EGQ), lo mio dolor 782, lo minimo 1408, lo so mînistro 917, 
l'agnolo 10, Taltro 1227, l'un sopra l'altro 708, l'alto 578, lo eterno 
1466 (l'et. BCG, le et. ï), lo inferno 861 (l'inf. BCEKQT), lo in- 
fante 677, l'oso 1025, Tuomo 1034, l'universo 1410 (lo un. QS); 
el sangue 595 (il C, lo PQ), el sole 6 (il BCEQT), cl seno 1459 
(il CK), el spirto 968, el savio 652 (lo CDPQÏ), el Signor 1060 
(il CEKR, lo FP), el flancho 899 (al Q, il CERT), el chuor 837 
(al E), el maistro 915 (il CRT, pel K, per lo P), el chiaro 390 
(il T, lo P), el dolze 231 (il CR, lo EPT), el vero 908 (pel K, per 
lo P), el bel 597 (il C, lo DEQT), el tuo 386 (il CEK, lo P), el 
nostro 110; — del fio 3, del chorpo 971, del pomo 821, del para- 
diso 233, 589 (de B), 1429, del legno 32 (de B, de lo DF), del 
lato 913 (de lo PQ, dal R, da BF), del suo 536, del tuo 864, del 
mio 824, de l'uomo 813, 603 (de lo P), de l'orto 1342 (di 1' F), de 
ralto 57 (daT CP); - al padre 1050, al porto 51 (a CFR), 1454, 
al perfido 827 (allô P), al laro 859 (a lo D, a BG), al mondo 809, 
al zorno 100 (il ï, a D), al to 903 (allô P), al mio 1075 (a lo F), 
al suo 1274 (el FR); — dal gran 963 (del CE^P, de BQ), dal mio 
811 (da lo D), 818 (del E^), da Tagnolo 726 (da lo P); — sul monte 
666, sul chorpo 1247, sul chavo 371 (in su el P), su lo legno 591 
(sul C, su nel BE); — chol dolor 990 (cum lo Q, con EPR), chol 
grave 709, chol debele parlar 895 (cun el P, con lo Q, con BGR), 
chol bel dir 740, chol to fio 5 (cum lo P); — nel orto 95, nel 
luogo 828 (in lo D, in P), nel teraplo 157, nel lato 913 (al PR, a 
lo B, sul F, in D), nel molimento 368 (in el P, in lo D, il F), 



Plainte de la Vierge. CI 

nel deserto 579 (in el C, introl D), nel chavo 279 (entrol D), nel 
gremio 548 (ne lo P, in lo D), nel testamento 853 (nello P), in el 
templo 979 (nel GK, in lo P, del DR), en el lenzuolo 33 (nel EF), 
nel deserto 145 (nello K, in lo PQ, entro il DR), dentro el roso 
mare 135 (il C, ir K, 'l B, lo EPQ), dentro el nuovo 1320 (d. il 
ï, d. al KR); — per lo disipiilo 915 (per el G;, per lo planto 162, 
per l'anzol 1271, per lo niio 750, per l'altrui 750; e'I ziel 589 (e il 
K, anchora el P), e'I torniento 769 (e il K, ello P), e'I chavo e'I 
busto 825, e'I nervo 1025 (e el P, e BE^FK), el ehorpo 1256 (e il K), 
e'I fiol 359 (il CE. e KP), e] peto 1289 (e il K), e'I volto 1289, 
e 1 vivo 1031 (al G, e il K), e 1 grave 28 (ed el DP, et BCFGKQR, 
cf. et lo rumore 108 (el E, et BCGPQ, e il K), e el chriatore 1462 
(e'I BCGHS), o el mio 567 (o'I CEPT, o il K, o lo D), è'I dolor 
318 (è el E), 572 (è lo T, è el BQ), è'I mio 387 (è lo D), cf. è el 
dolor 423 (è lo T, è il Bd, è'I C), è el sol 631 (è'I FP), è el peli- 
chano 747 (il CKR, lo D), écho el dolor 1108 (il CT), tuto'l chuor 
76 (il CGK, el EPQR, lo D), tuto el niondo 21 (il CR, lutol D). 

Au féminin du singulier la, apostrophé ou non apostrophé : la 
paze 23, la santa 14, la mia 1150, Tanema 421, l'aniaritudin 822, 
l'onfesa 800 (la C), 1358, la obedieuza 808, l'universa 636, l'umana 
1413, la umana 1481; - de la via 307, de la porta 405, de la 
morte 500, de la gran 27, de la blancha 215, de l'umanitate 1441, 
de la umanitate 1489 (de l'u. FH, de E), de laqua 71; — a la cho- 
lona 112, a l'aurora 169, a la mia 761; — da la stela 1049, da la 
trista 648 (a la B); — su la chroze 696, su la schala 1228 (su per 
la R), su l'ora 294, 955, su la soa 1480 (in la MQS) chon la faza 
229, chon la morte 991 (cum la PT, colla KR), chon la mia 116 
(cho la G), chon la soa 1282; — nela faza 603 (i la P), nela chan- 
ticha 652 (in la DPT), in la chuna 562 (nella GK), in la zitate 1373 
(nella BKR, ala CEG), in la fenize 1368 (a la R), in la toa 545 
(in toa CPQT), cf entro tera 529 (in la P, enella EKT, innella CQ); 
-per la doia 166, per la faza 1230. 

Neutre: el chontrario 623 (il EK, lo BCDP), el vero 1002 
(il CEKR, n B), 1097 (il CERÏ, in lo P); — e'I meîo 1452 (e CKS); 
e'I ben 838 (il CR, lo D), e'I raale 838 (et B), adjectifs qui peuvent 
être réputés substantifs. 

Au masc. pi. li et i (gli est fréquent dans CK et ET, de', a' 
co' dans CKR): li martiri 924 (i R, gli EKT), li desirî 315 (i R, 
glî T), li Zudei 360 (i F, gli K), 283 (i EQT, quei FK), 1283 (i 
BCFGR, gli K), li dolor 796 (i BR, gli EFKT), li spiriti 1110 



cil A. Linder. 

(gli KR), li falsi 674 (i B, gli EK), li rei 485 (i BCDEFPT, e' K), 
li suoi 374 (i CEKQT), li apetiti 142 (gV R), li ochi 216 (gli R, 
i BEGKQT), 738 (gli DER, i FQT), 948 (i Q, 1' T), 1385 (i FMT, 
gV DEBd), li agnoli 1052 (gli EFKRT), li anzoli 673 (gli EK, i Q), 
li ati 1483 (gli EK, i FT), li altri 1173 (gli DKR, i T), e li ane- 
mali 1061 (e gli EKR, elli P); - i chavalieri 1071 (li EFP), i 
spirti 503 (gli K, li BCDEKPQÏ), i miseri 891 (li CDPQ), i tuoi 
925 (li D, le P), i mei 1386 (li BDFGMPQ); -^ de li agnoli 1450 
(degli K, de i F. di EG, de 1' T); di Zudei 210 (de' CGKP, de 
li D), di santi 58 (des Q), di pechati 1509 (de' CK, de li M, degli 
Q), di mei 324 (de' CK, de li DPQR); — a li piedi 1255 (ai 
BCEFGK), a li tormenti 634 (ai CG, a E), a li pastori 1055, a li 
Zudei 849 (agli F, ai E^ a BCE^GKQR), a li omeni 1054 (agli 
EFRÏ), a li apostoli 855 (ai G, agli R), a li ochi 1202 (agli CDEFKR, 
ai BT, a Q), 239 (agli E, ai Fï); ai disipuli 854 (a li BCDFPQT, 
agli K, a R), ai pechatori 861 (a li BDFPQT), ai piedi 1250 (a li 
DPQ, a BR), ai muti 663 (a molti P); — da li spirti 1504 (dai F, 
da B), dai Zudei 311 (da li DPT, da CGKR); - chou li santi 
1511 (chon i CEFGHQ, co' K), chon li ochi 205 (gli DEFKR, i 
GQT); choi piedi 463 (c. li CDPQT, c. i BFG, co' K), 512 (c. li 
DPQ, c. i BF, cogli K, con G}; ~ nei piedi 836 (in li P, entre 
li D), nei ochi 167 (ne li CG, in li P, ne ingF D, ne 1' B), cf. in 
pani 1058 (nei G, negl D, con R), che i raazi 1047 (che li D, che P); 
féin. (et neutres) pL: le, parfois apostrophé: laie 840 (le DPQ), 
le orechie 714, le aque 694 {V aque ï), le interiora 886 (cf. Fosa 
1025 G, ossa R, § 38); — de le donc 460, de le golte 1254, de le 
pêne 938, de le onfese 1398, de le topine 1378; — a le mie 634 
(a P), a le to 995; — da le doue 428: — chon le raane 512 (con G), 
463 (colle K), 1263 (co le P), chon le mente 984 (colle K), chon 
le donc 1332; — nele braze 856; in le angustie 679 (in Y EGP, 
in Q, nelle K), in le mie 568 (nele BPQ), 1242 (en le T, e le P, 
entro le D), in le tuo 902, entro le tere 134 (in le Q); — perle 
voie 1478, per le grande 830; — fra le altre 1131 (l'altre BCERT). 
Parmi les formes que nous avons exclues comme trop incer- 
taines, nous relèverons les suivantes: dil cor 1374 Bd, il 368 F, 
i la 603 P, e le 1242 P (de même peut-être 1257 C), cole 1263 
P (§ 24 d), ir rosso 135 K, i redentore 1032 K (§ 24 a, e), pel 
908 (915) K, 797 R (§ 24 /*), ne 887 T (§ 24 c), al (pour el): 837 
E, 1031 G, 618 D (cf. alli 738 C), 899 Q, (cf. pourtant le v. 995), 
exemples qui admettent tous une autre explication; de Tagnoli 1450 



Plainte de la Vierge. CIII 

T, ne rochî 167 B, formes élidées qui semblent impliquer la forme 
le maso , §§ 8, 36, cf. le toe (se. martiri) 925 P; li orechie 672 Q, 
li mane 1255 P, peut-être raasc , § 36; ie piage 1160 Tenlumineur 
du ms. F, faute ou formé sur gli; des santi 58 Q (§ 24 a); negl 
pani 1058 D, ne in glochi 167 D (§ 14); innella 529 CEKQT, 
innelle mane 968 P, 1392 KQT; pour chellomo, chillo, delegno, 
alaro, etc. v. § 24 a. Inutile de dire que nous n'avons pas jugé 
nécessaire d'enregistrer dans les Variantes toutes les graphies de 
l'article: gli et gl, dele et délie, etc. 

40. Il y a quelques cas, pour la plupart fort douteux, où da 
semble substitué à de et inversement, ou pour mieux dire où le 
toscan littéraire préférerait l'autre préposition: dal serpe el veneno 
sostene 814, gravosa dal planto 198 (del C, de GP), franto dal dolor 
717 (del BDQ), dentro dal 1374 (del GBd, cf 937); de le golte 
via forbando 1254 (da CE), de l'alto gremio sparsesti 57 (da CP), 
franchi de la morte 500 (da CDT), nato de ti 1415 (da D), de chui 
io spiero 1000 (da BCG). 

Variantes: via da ciascaduno 24 P, zente da tute contrade 
827 CF, chruenta dal sangue 1257 BEK, stanchi dal planto 501 
CEPÏ (toscanisme?), digno da dar 1409 Q, euro da viver 244 E, 
sterpe de vui 580 D, trarve da'gipto 145 Q, brami da dirlla (dal- 
dirlla?) 79 B, levar da tera 428 BF, 1331 CT, aperto da ogni parte 
539 KQ, da ogni parte ardi 649 D, chado dal lato 913 BFR, tolte 
da mi 765 F (del legno tolto 32, da tî tuole 1456 (de F), cf 808, 
962, etc.), de Tuorno cuisi 813 (da CEFKRT), lagremando da doia 
65 B, cf. 161, dentro da 1462 E, inansi da 373 C, dietro dal 198 R, 
davanti da 221 Q; aver del mio fiol 818 E^ aver de lui 890 D, 
cf da lui 564, lavato del planto 184 GQ (de B), indurato del pianto 
1238 CPQ, zudegato de la chriatura 295 E^, fata paza de dolor 
670 CE^G, ombraresti de la virtù 724 DGQ, de chapo 1250 P, 
de la zima 1162 F, de la chorona 1164 CG, feso del gran dolor 
963 CET (de BQ). 

41. Projioms personnels. 

a) La forme ordinaire est io 202, etc., qui est la seule forme 
à la rime (§ 3); P souvent (77 et passim) et D parfois (821) écri- 
vent yo; en outre mi 785 (me CEP, io KR), chridando mi 1291 
(me Q, io K), et probablement mi stava 1017 (cf. io stava 1259 et 
mi stav'io 889, 1207), et chon mi 587 (io CE, i' T). 

Variantes: i'(?) 1104 BK, i' 194 BC, 236 G, 315 D, 958 BF, 
68 (89 et passim) R, 502 et passim C, 596 et passim T; eo 719 



CIV A. Linder. 

(802) Q, 1128 C, 1017 E'; e' 197 B, 487 F, 778 G, 1497 M, 1213 
PQ, 35 et passira Q; mi 321 (354, 392, 466 F), me sia 607 F, mi 
son 1043 P (peut-être datifs), tenendo mi 1234 F, stando mi 1243 P, 
mi vedendo 269 F; et, sans verbe, me 247 PK, rai 945 DP, 944 
(1129) F; mie 247 Q, pourrait être pour io (cf. mie [pour me] 1314 
Q), mais aussi bien mi et; pour ch^o v. § 8; 

forme oblique accentuée: mi, forme pour laquelle me bb trouve 
ordinairement dans CKR et assez souvent dans ET, ça et là dans 
les autres copies: tolete mi 486 (me BCEGK), sopelisi rai 1314 (me 
EGKR, mie Q); de mi 640 (di me CEK), 922 (di me CEGKR), 
1304 (di me CGKR); a mi 842 (a me CEKR), 866 (a me CKR), 
1147 (a me CK); da mi 565 (me CEK), ver mi 1200 (me BCKR), 
1382 (me BK), in mi 453 (me CEFKQ), dolente mi 531 (me EG, 
a me K), trista mi 689 (me CEQRj a nie K); 

forme proclitique, parfois apostrophée, et enclitique: m£ et par- 
fois miy forme ordinaire dans KRBd; nous avons toujours préféré 
me: me sento 1409 (rai CEFKT), 42 (mi BCKPRT), me chonsumo 
659 (rai CEK), me fa 638 (mi CEK), 766 (rai CFKR), 886 (mi CKT), 
rae parturisti 805 (rai KR), rae reputo 1131 (mi CEK), rae aita 
884 (rai R, ra' BCE), rae par 1276 (rai BCEFGKRT), me séria 
760 (rai CE^K), parlarrae 741 (-mi BDEGR), laraentarrae 1120 (-mi 
EK), vedendome 867 (-mi BEFKÏ), famé 491 (-rai CK), dame 1301 
(-rai CEKR), no rae dar 847 (mi BCEFGK); — miego 39 (mego 
Q, mecho CP, con raecho B, con raego R), 161 (mecho BCGKPR, 
mego EQ), 1129 (con rai F, con rae T, in me C), cf. 494, 784, 794, 
1022, 1208, 1348). 

plur,: nuij noi et iiu, dont nous avons toujours préféré la pre- 
mière comme la seule attestée par les rimes; nui 1208 (noi CEK, 
nu DQ), 1212 (noi CDEK, nu T, cf. § 24 h)] 

régime tonique: de nui 397 (noi CD), à la rime, de même de 
nui 943 (noi CDEK, nu Q), a nui 1468 (noi CEHK, nu T); for- 
mes proclitiques et enclitiques: ne, se (et, dans R, ci): ne fo per mezo 
394, struchandose 947 (-si CEK, strendenzi F, cf., Muss., p. 27, 
et les formes fautives donarze 1190 B, aspetarze 1192 B; ci séria 
760 R, peut-être adv.). 

b) tu 19, 781 et passim; as tu 510, es tu 574, stu 880, 1216; 
te marzisti 532, sera verbe pronominal, cf. mi stav'io, § 41 a. 

Variantes: ti 377 (819, 831 G), te 944 G; to 1475 B, 1494b 
S, et peut-être 1429 D, où le copiste semble avoir mépris to et 
corrigé en toi a. 



Plainte de la Vierge. CV 

forme oblique accentuée: ti, çà et là te, forme que nous avons 
exclue de notre texte: pensando ti 1469 (te CGKS), de ti 560 (di te 
CGK), 1 114 (di te CEGK), 1415 (di te CFGKS;; a ti 688 (te BCKR), 
1339 (te CGKR), 1435 (te BCGK); da ti 1456 (te CGKS); en ti 
521 (in te BCEG), in ti 526 (te EG), 1491 (te CGKS); per ti 816 
(te CE^G), 1338 (te CGKR), 1464 (te CEGK); 

forme proclitique^ souvent apostrophée, et enclitique: te, parfois 
ti, forme qui ne figure pas dans notre texte: te port5 732 (ti CEKQR), 
te fo meso 12 (ti E, a ti F, a te CR), te niego 1125 (ti CE), te 
priego 710 (ti CKR), cf 997 (ti CEKQRT), te donc 923 (li CKRT), 
te bagni 536 (ti CET), te par 939 (ti CDFKR), 1275 (ti CEKR), 
te sentise 764 (ti CE^K), s'el te chai 1301 (ti CKT, pregoti R), 
aldote 122 (-ti CKT), tuorte 798 (-ti CEKT), rechordate 882 (-ti 
BC); tiego 37 (techo B, tego QR), 1127 (teco CKR, contiego D, 
cf. 61 (con ti D), 786, 791, etc.; 

plur. : vui^ forme que nous avons adoptée à l'exclusion de 
vu et voi: vui 126 (voi CK, vu T), 1258 (voi CEK), 1351 (voi 
CKMQRBd); même forme accentuée pour les cas obliques: vui las5 
137 (voi CKR, vu QT), amaistrando vui 478 (voi CK, -vi EF); de 
vui 143 (voi CKR, vu Q), 399 (voi CD, vu T); a vui 589 (voi 
CK, vu DT), 140 (voi CEKR, vu T); da vui 580 (vu T); per vui 
1024 (voi CEKR); 

forme pivclitique, souvent apostrophée, et enclitique: ve et 
parfois viy dont la première seule a été adoptée: ve pu6 dar 476 
(vi BCE), ve trase 133 (vi BC, vui R), ve maudava 139 (vi CR), ve 
laga 584 (vi K), ve priego 490 (vi BCE, vui Q), v'è 588 (vi K), ve 
anonzio 1056 (v' BCEFKRT), ve dolerete 1195 (vi BCKR), pren- 
dave 481 (-vi CFK), ponzave 1182 (-vi CKR), dichove 1389 (-vi 
BCEGKR), fève 133 (-vi CKRT), redemerve 1022 (-vi BK), salu- 
tarve 1185 (-vi BCR), donarve 1190 (-vi CFR), imaginave 744. 

c) el, très rarement il, que nous avons renvoyé aux Variantes ; 
de plus elo et /?/^, qui sont mieux attestés: el 6 (il QT), 290 (lui 
K), 345 (lo D, Y Q), 494 (lui P), 714 (elo G), 960 (e' KR), 1246 
(elo D, lui BG), 1326 (elo D, egli KR); elo 469 (lui F, ell C), 757 
(el C, lui P, egli R), 805 (elli C, essi R, lui P), 847 (elli CGR, lui P). 
dis'elo 16, 1 101 (elli R, lui G), 793 (eli G, lui P, egli R); lui 440 (ello Q, 
el CET, esso G), 891 (el R, quel G, colui P), 903 (elie G, colui P), 904, 
905 (ello G), 953 (ello D), 970 (el R, lo P), 1304 (essi R, ello G, lo B). 

Variantes: lo 345 D, 1304 B, 1233 FP, 1079 P, V 477 FG, 
345 Q (ell 361 [1326] CE, 469 [477] C), '1 619 F, 1480 B, elli 

Linder: Plainte de la Vierge. 8 



CVI A. Linder. 

16 (343) R, 805 C, 847 CR, 1062 D, 847 (793) G, 209 K, 484 P; 
e\\ era (1073 FGPÏ, 953 F, 1326 BFKPÏ) pourrait aussi bien être 
el iera; egli 477 KP, 345 (375, 381, 562) K, 757 R (egl 963, 1073 
et passim R); elie 903 G; e' 960 KR, 112 (187, etc.) K, 209 Q, 406 
C, cf. 904 (905) R; ei 96 Bd; 

formes obliques accentuées : lui et elo, toutes les deux attestées 
par les rîmes (veder lui 395, iDzuriando lui 439, de même 945, 1105, 
vidi vegnir lui 203, chou lui 1314; d'elo 365, 438, 479, 1098): la- 
sate lui 487 (-lo DGQ), adorava lui 1063 (-lo BG), lui laso 902; 
de lui 480, 753, 1215, 1218, a lui 483, 851, 901, da lui 564, 890, 
chon lui 569, per lui 259, 487. 

Variantes: de lu 1171 Q, cun lu 569 T, con messo lui 1314 
F, da ello 890 P (da lo dito 34 F); 

régime atone : el (et il, surtout dans CKR), lo (forme préférée 
dans PQ), et / proclitique et enclitique: el flazelava 158 (il CE, lo 
P), el perehotea 226 (il CEKR, lo P), el chognosea 354 (il CE, lo 
PQ), el domandava 691 (il KR, lo BP), el portai 1099 (il R, lo PQ); 
lo portai 1303, l'ai veduto 1135 (gli P), Vo perso 1128 (lu Q), da- 
mel 1311 (-lo BKPQ), vedendolo portare 1294 (lui CDEGQ), te- 
nendolo 1100 (lui CKPT), strenzerlo 568 (el C), vardarlo, à la rime, 
470, nol sopelire 1313 (-lo CKPQRT), nol chognoscho io 361 (non 
el F, non lo GP), si'l trov5 1058 (lo KP, trovdlo BFGR), io'l potese 
avère 1224 (il ER, lo P), tu'l doveristi aver 362 (tulo DQT, tu il K); 

fé?n. ela: ela represe 365, cf 389 (lei F), 1275 (eP P, neutre?); 

régime accentué: lei et ela (v. les rimes d'ela 18, a lei 798, 

1018, 1117): lei (= a lei) mostrare 613 (lor D), de lei 508 (liei DT, 
lie F), a lei 575 (a lui Q, pour liei, ou s'agit-il de legno?), in lei 
616 (lui P, pour liei; lie T, le Q), 646 (lie T), 1010 (liei T, v. § 7 i); 

régime atone: la, apostrophé ou non apostrophé: la trovava 

1019, la domaude 74, la brami d'aldire 79, non la poria peusare 
1296 (-lo BDFGKPR; il s'agit de smania ou de toute la phrase 
précédente), la exaudisti 681, chonpartirla 73, rezitarla 82 (-lo G); 

au datif du sing y masc, et fera.: H; masc: li stava dentorno 
104 (gli EKPQ, ge B), de man li tolea 224, li pili li tira va 219 
(gli EKT, a lui DQ), li fazeva vitupero 249 (gli EKRT), li chopria 
el viso 231 (gli FK), li chorea per a doso 232 (gli T), lia vri 1459 
(gli FK), farli despeto 211, darli sepultura 1306 (glie E); 

fèm. li vene 155 (gli E, ie T, lo K; peut-être masc. pi., cf. v. 158). 

Variantes: Tandava tochando la hocha 1252 BG, tu i span- 
desti 370 K, che gli dolesse 409 K, gli séria 760 P (lî, egli?), gli 



Plainte de la Vierge. CVII 

aperse 1055 P, est le seul exemple du pi, gli pour a loro; pour 
ge, ie, glîe, cf. § 8; lo 155 K, est peut-être pour lor, § 24 /; 

neittr esuperflu: el naserà 16, el non è 1 14, el è 1353 (= ci sono), 
el zonse 1071, fa ch'el mostre 60, el se lieva 447, el non se chog- 
nosea 426, ched el te plagua 26, ch'el è nalo 1056 C®gl'^ ^ ®glî 
è K), el iera el dolor 1168 (egli K), el non è lengua 406, ben 
ch'el non sia dito 1407, etc.; régime: tu'l vîdi e saî 852 (lo Q), 
nol poria chontar 443 (nonl E, nel Q, cf. il penso che 53 G, ch'el 
me volese Josep exaudire 1317 EF, chel del suo sangue se bagne 
843 G, chel porti vita 1027 F, el v'è a perte le porte 588 T); 

pi. masc: et chognose 1062 (elli D, i P); lor vene 1058 (loro 
BQ, eli [e li?) P). 

Variantes: stavano loro 438 P, tuti loro chridava 262 D, che i 
abîan 637 B, i vuole 1460 FM, illi el menô 217 Q; 

régime accentué: d'eli, à la rime, 472 (quîlli Q); de lor 960 
(loro BDKPQ), 1074 (loro CPQ), 1094, 1097 (loro BQ), a lor 495 
(loro D, lui P), 1203 (alloro P), 863 (loro PQ); far lor franchi 499 
(loro KP, -li BG), vezo lor si torbolenti 632 (loro K, li vedo P); 

régime atone: U amaestrava 156 (gli CEKR), dirli 1093, li vezo 
707 (gli EK, cf. 1212 R); 

fém.y régime atone: h vezo 700, provandole 265 (-li BDGPQ, 
peut-être rapporté à Pilato, cf. § 36). 

Variantes: è le quele 677 F, le m'erano 282 Q, elle 152 D; tu 
li (se. le laude) tôle 1475 G; da elle 432 Q; 

eso: 7na>sc.: è deso 381 (eso D, quelo F), 386 (esso Dï), iera 
deso, à la rime, 965 (eso FQR); d'eso 858 (d'elle Q, de quel F), 
1171 (de lu Q), et, à la rime, 8; in eso 71; 

fém.: sia desa, à la rime, 1278; plur. masc: è disi, à la rime, 644 
(disse Q, ipsi P, dessi BDE^GKT); 

fém. pL: è dese 677 (esse G); forme oblique accentuée: da ese 
430 (da elle Q), cf. de plus: essi 345 (805, 1304) R, esso 245 R, 
440 G, essa 1274 K, 1276 F, dessa 799 KR, deso 1033 G [peut- 
être de si]; con esso lui 1314 FR, cf. Forn., p. 86; per eso 487 F; 

d) pronom réfléchi tonique: si (et sCy surtout dans CKR): de 
si 1033 (se BEKP), per si 606 (se BCGK); siego 377 (secho GKP), 
cf. 492, 893, 1129 (con siego FQ); 

atone: se (et si, surtout dans CKR): se lagne 63 (si CKRBd), 
se chluda 557 (si CEK), se tiene 711 (si CR, sen P), se mantiene 
421 (si K, sei C), movendose 1164 (-si CFKRT) batease 984 (-si 
CKPR), farse 523 (-si B); 



CVill A. Linder. 

42. Pronoms et adjectifs démonstratifs. 

a) questo dono 491 (tal BG), questo refrizero 1004 (quello C, 
tanto de F); a questo dito 1380, a questo ponto 1156, in questo 
zorno 1134, in questo mezo 1243; questa grazia 41, 554, questa 
charne 1286 (sta P), questa sentenza 299 (quela G), de questa 
pena 1119, a questa trista mare 669 (quella BCEFGKT), questa 
trista 684 (quella CEFKPQT); a queste pêne 812 (quela pena F), 
questo è el dolor 98, questo è cholui 129 (quest'è CET); 135 (que- 
sti è CE, quest'è E), 138, 141, questo è 549 (questui P, questu E, 
quest* CT), 584, mio sposo è chostuî 1310 (questui M); parturire 
ehostui 843 (chostu DG), chom'è chostui 560 (custui E, coluî K, 
questa P), de chostui 1101 (de questui F), per chostui 588 (costoi 
Q, custui E, questui F); questa è la doia 1046 (questo F), quest'è 
la doia 668 (questa è BFGPQ), questa è 1273 (quest'è CT, quella è 
Q), è questa quela 1270, quest'è le veste 1264 (queste BCPQR); 
de sta vita 868, 881 (questa KQ). 

Relevons, parmi des formes incertaines, sta (adj.) 1286 P, 1365 
F; quei 874 (875, 891) G, questui 127 DP, 588 (llOl) F, 549 P, 
custui 560 (588) E, costoy 588 Q, costu 843 DG, custu 127 Q, 
questu 549 E; costei 718 D (coste Q, chostiei [chostui?] BG); 
questi (m. sg.) 132 (135, 141, 144) CR, 147 (149) C, 286 R, cf. 
altri, § 46; 

b) quel dolor 36 (quello P), quel gladio 1077 (chel P), de quel 
dolore 67 (quello P), a quel popolo 220 (quello PQ, quelli E^ al 
F), a quel pravo chonseio 839 (quello P), su quel legno 708, su 
quel viso 102 (quai E^), qui Zudei 261 (quei B, que' KR, queli DP), 
qui chani zudei 471 (quili Q, queli DP, quegli K, quei BF, que' 
C), qui dolenti 212 (quili Q, queli D, quei BFK, que' C), quili ochi 
641 (quigli EKBd, qui T, quelli BCG); quela pena 258 (la P), 
quela fontana 44, quela faza 624 (chela P), a quela plaga 582 (questa 
Q), chon quela pietà 396 (tanta F), in quela ora 966 (quelora BRÏ, 
in quela D), quela Maria 731, a quela gloriosa 655, quele bote 111, 
quele orechie 675, quele inzurie 109, quele donc che 337, de quele 
762 (quel QR); quelo che 950 (quel R), quelo che strangosato par che 
sia 734 (quello PT, quai F), quel che 579 (quello KQ), chon quel 
quem 1512 (lui EM); è quelo 380 (quel D), h la rime, 369; è cholui 
129, 147 (colu Q), 584 (quelui F, quel C, quello BEGKPT), cholui. . . 
tu tieni 544 (colu Q, quel CET, quello BP, cf. 1173); quili el flaze- 
lava 1 58 (quegli K, quelli BCDEGPT, cf. 438, 630, 644, 705), è qui 
635 (quili Q, quigli E, quegli K, quelli BCDGP), 641 (quei E, que C, 



Phiinte de la Vierge. CIX 

queli D), a qui chc 667 (qiiilli Q, quelli BDP, quegli K, quei Cî") 
cholor che 1072 (qiielor F, quelli BP, quei G); è quela 602, 608 
650, son quela che 1043, temi quela che 1013, vedendo quela 659, 
de quela che 715, sou cholei 723 (quelei FF), 725 (quelei FF), 
sei cholei 1000 (quelle! P), è cholei 718 (coliei T, quellei P, co- 
stei D, coste Q, costiei BG), aldî cholei 998 (quella P), sorbi cholei 
1113 (quellei P), de cholei 481 (quellei P), apri cholei 994 (a 
cholei BEFK, quelli P)'; quele che 458 (quelli G), vezo destese 
quele, à la rime, 695, de quele, à la rime, 1353. 

Formes incertaines: quelui 357 (621) FF, 584 (733) F, colu 
357 Q, 586 T, 1173 D, 141 (144, 147, 544) Q, cului 896 E^, 1512 
Q, quelei 723 (725) FF, 481 (718, 794, 1000, 1001, Il 13) P, quelli 
994 F (§ 7 6), coliei 718 (lOOO) T, quelor 1072 F; quai 102 E^ 
734 F, cf. quai (qualche), § 46; chel 194 D, 1107 P, chela 624 P; 
quella (fém. plur.) 672 E^ quello 698 ES 677 B; quelli (fém?) 458 
G, cf. §§ 37, 36; quelli 220 E^ est peut-être formé sur ogni ou 
bien un plur., § 63; 

nevfre: pensate questo quanto . . . 1020, 1384, domando questo 
552 (questi E*, cf. au v. 53), questo niego 1 125, dito questo 402, 
cf. 751, vardando questo 969, questo te par cosa strania 939, dîr 
questo 1026 (cf. à la rime 744), per questo 153, in questo 959, per 
quelo 981, quelo per lo quale 797, zo farete 1389, vedendo zo 985 
(ciè CEKRT, questo P, quel F), 1080 (ci6 CEKRT), zo che 1098 
(ciô CKT), 1500 (ciô CEKQST, quel HM), 743 (quel che BD), zo 
non taque 1051, de zo 1472 (ci5 CEHKS), de zo ofendisti 807 (ciô 
CEPR); a questa a quela 1298 (cf. de qua de la 1322). 

c) Gabriel insteso 10 (îstesso K, stesso R), de si însteso 1033 
(stesso EF), Rachel fe instesa 1274 (steso G, stessa CF). 

d) tal moto 976, tal torto 91, un tal schlopo 930, in tal aspeto 
207 (taie E, cotai CDPQT, cusi fato F), tal prieghi 552 (tanti P), 
tal dolia 336 (cotai KP), tal morte 485, talora 1041 (taie hora EK), 
doia tal 1150 (taie P), tal ferute 127; chotal flore 559 (catale K, 
tal E), in chotal stato 185 (talo K, taie GR, tal P), a chotal morte 
1068; tanto ben 155, chon tanto dolore 106 (tanti dolori P), 563, 
tanto dolor 715, tanto fetore 658 (cotanto D, tucto C); tanta pena 
59, 160, tanta chompasîone 1157, tanta libertate 543, provedenza 
tanta 297 — 98, de tante tribulazîone 1159, tante straze 858, tanto 
era el chlamore 271; chotanto erore 269 (cotai F, contante K), 
chotanta dischordia 1463 (tanta H), chotanta pasione 1479 (contanta 
G), chotante plaghe 130, in le angustie chotante 679 (tante FF). 



ex A. Linder. 

neutre: de tanto 1471; 

e) tamanta doia 75 (tanta KPBd, cotanta D) ; pour coDtanto 
V. § 24 d, pour catale v. § 11, pour talo § 38. 

42 a. Pronoms et adjectifs interrogatifs et relatifs. 

a) chi sera quel 874, ehi 871 (ehe E), 872, chi te puô 1470— 
72, non so chi t'abia 546, vedete che sententia e che rasone . . . che 
iudizio 1360—61 (que EMQT), non so ehe far 1118, non so che posa 
dire 844, che dev'io dir 878, che dev'io fare 878; quel gladio che 
trapasa 1107, zaschun fedel che era 1418 (cf. 24, 74), quel che fo 
579, lui che (chi K) chonforta 891, e che (chi BKPQ) porta 893, 
cholui che (chi Q) H altri zorni scrvava 1173, zorno in chui demora 
1172, tempo che direte 400, spechio in chui (chi ï) resplende 1439, 
ti da chui s^aquista 688, zaschuna che (chi Q) fiolî pruova 1352, io 
che non potea 105, de ti che (chi Q) fa 831, quela che (chi D) 
sostiene 715, cholei che (chi P) invocha 718, la pasion ch'io sento 
1086, onfesa de Dio ch'ai fata 800, zente che dormite 174, vui che 
lezete 444, tuti vui che andate 1148, de vui che morraorave 143, 
quili che (chi T) sera 1507, i raiseri che (chi EGQR) se torna 892, 
mane che prese 834, bote che sostegnia 112, quela de chui dizesti 
1270, cholei de chui io spiero 1000, rai a chui (che BG) ofende 565, 
fonte da chui (da chi F) proziede 1421, la boeha da chui basata 651, 
cholei in chui s'archoglia 795, schala per chui (per chi T) s'asende 
1437, dese chon chui (qui P) exaudisti 677, veste chon chui cho- 
pristi 1265; 

b) quai deserto 537, o quai pechato 403, per quai demerto 
535, quai sel va te produse 537, quai io romasi 441, qiial ofensione 
avisti 817; quai è quele 1085; un chlavo per Io quale 836, toa ver- 
tute la quai fiera 1110, bocha la quai desligava 663, cholei la quai 
fo 723, cholei la quai fo e che respose 725 — 26, la voia la quai ai 
758, cholei la quai tenisti 1114, parole le quai (-i CR, -e EFGKPQT), 
io truovo 1123; quelo per lo quale 797; quai è... cosi 69 — 72, 
435—38, 733—36 (cf. Forn., p. 113); qualuncha se pente 862, fa 
sentir... qualuncha fa 1490; chi chombate muor 991, sumo ben 
de chi se rende 1435, è abusion a chi la mira 610 (cf. chi vuole 
864 K); 

c) o quauto erore 296, pensar quanto dolor ch'io 408, o quanta 
pietà 403, vedi quanta doia porta 259; quanta pena ch'io, 410, 
quante spine ch^io 278, pensate quanto che 1021; tanta-quanta 1157 
— 58, quante che... tante 278 — 79, quanto-tanto 70 — 71, tanto 
ben . . . chomo 155 (quanto BK), tanta-chorao 616 (quanta FKP), 



Plainte de la Vierge. (Txi 

quauto plu-plu 1018 — 19, cf. plu-plu 991 — 92; lo muodo angososo 
chomMo stava 1259. 

Variantes: chi relatif, masc. et fém , sg. et pi, 21 (57, 211, 
476, 1188, etc.) P, 995 PQ, 197 KPQBd, 893 BKPQ, 1507 T, 
715 D, 451 E, 1482 H (chl^?), 680 G, 127 (409, 573, 733, 1173, 
etc.) Q, de chi 147 DPQT, da chi 651 P, 1421 P, per chi 370 P, 
1437 T, in chi 608 (1000) P; cunque 1490 S (qualunque H); le 
nominatif cui 920 K; pour ched v. § 16; pour que v. § 24 6; la 
quala 1110 P, § 38, la qua 723 (725) Q; quali relatif 641 P (qua8i(?), 
quai Bd); dî quai dolor c'avea 36 F (cf. quanto che); le quale 1123 
EFGKPQT, tal-chente 1150 R (toscauisme?), tanta-che 616 BEGQ; 
che iuterrogatif, forme douteuse, 450 P (pour le signe abréviatif, 

V. p. XXXV). 

43. hidc se présente sous les formes que voici: sen archoia 
80 (sene DKPR), vaten (-e PGKQ) via 773, tute sen vada 1376 
(sene P), tuti ne pia 1460 (i FM, îvi ou eglino?), ten priego 35,381; 

Variantes: de îndi 430 F (cf di quindi 1331 R), ne vuole 
1460 H, vene doraando gratia, vene prego 490 P; au vers 496, de 
(interj.) est peut-être pour ne (nec); il n'est guère vraisemblable 
que les copistes aient échangé de (inde), s'il y en avait eu, contre 
De; pour doltra v. § 16; gU séria 760 P ('gli, lî?); unde 1051 F 
(de zo), onde 1421 G (da chui). 

44. Adjectifs possessifs. 

a) mio, mia, mel, mie; nostro., nostra (nostri manque), nostre: 
el mio fiolo 177, 1021, lo mio fiol 88, 343, el fiol mio 577, lo leto 
mîo 182, mio sposo 1310, del mio fiol 317, del mio chuor 1364, 
del mio maistro 925, el mio fiolo vidi 329, al mio fiol 91, 213, al 
mio sechorso 1198, in luogo mio 904, nel mîo 58, e mio 1084 (e'I 
mio CFG), dal mio fio(l) 818, 1194, per plu dolor mio 464; vita 
mia 121, la vita mia 422, la mia vita 1116, mia razone 132, la 
pena mia 1238, la mia voze 273, chomo la mia 1150, ogni mia 
brama 792, de questa pena mia 1119, de la mia pena 72, a la 
mia pena 451, nela mia memoria 303, in mia presenza 300, chon 
la mia persona 116, chon la mia bocha 1252; li dolor mei 796 (miei 
CKR), li ochi mei 501 (miei BCD, mie F), frateli mei 483 (mei BCK), 
i mei grandi dolori 1386 (mie FT, mi KM), li spiriti mei 124, di 
mei guai 324 (miei CDKR, mie BFT), ali ochi mei 225 (mie T, 
miei CDKR), 239 (miei BCR), 1202 (miei R, mie B), nei ochi mei 
167 (miei BDR); mie sorele 356, le mie parole 898, le plaghe mie 
170, 774, le mie pêne 505, 933, a le mie grave pêne 634, in le mie 



f 



CXII A. Linder. 

braze 1242, 1307, le mie laude 1474 (miei D, § 36)'; el uostro Sal- 
vatore 110, el nostro asedio 1436, el nostro ben 1452, d'ogno ben 
Dostro 1469, del nostro nemicho 1422, uostra vita 1453, nostra nave 
1433, porta nostra 1425, de nostra sainte 1400, de le nostre pêne 
1446; 

b) tuo et tOy tua et toa; tuoi^ tue, tuo et to; vostro, vostra 
rostre: to fio 944 (tuo CEFGKPÏ, tu Q, cf. 904), el to fratelo 
367 (tuo BCEKP), non è tuo, à la rime, 549, el tuo dolor 768, 
el to dolor 773 (tuo BCEFKP), el tuo tempo 1177 (el tempoto 
P), el maistro tuo 257, el tuo maistro 359, del tuo planto 1405 
(to GH), del tuo fiol 44, del to fiol 38 (tuo CEFQ), del padre 
tuo 857, al to domando 903 (tuo BCEGKPQRT, cf. 905), nel 
gremio to 548 (tuo CEKT), per lo tuo pechato 824 (to GT), per 
l'anzol tuo 1271; la pena tua 769 (tuo F, cf. 1037), la trista mare 
toa 645 (tua E, cf. 611, 721), tua sorela 364 (tuo B, toa DT), toa 
obedienza 1502 (tua CEK, tuo B, to G), la toa 1102 (to G, tua 
BCEFKP), de la toa trîsta mare 882 (tua CEFKPQ, tuo B, to 
G), de la toa vertu 1272 (to G, tuo BFBd, tua CEKQR), a la 
toa grande doia 755 (tuo B, tua CEFKPRT), in toa presenza 867 
(to G, tuo BF, tua CEKR, cf 545), per la toa pietate 1267 (tuo 
B, tua CEFKQR, cf 851, 1461), per toa chortesia 1311 (to BFG, 
tua CEQ3), i tuoi razi 1038 (toi EPQ, tuo BFGT), ai disipuli 
tuoi 854 (tuo T, toi EGP), le tuo membre 730 (tue BKR, toe 
CP, to G), tue vertu te 1266 (toe Q, tuo FT, tuoi C, toi Ej, de 
le tuo pêne 938 (tue BEKP, toe GQ, tuoe C), a le to porte 995 
(tuo DT, toe PQ, tuoe C), per le tuo mane 834; vostro fratelo 
477, el vostro chuor 1387, el chuor vostro 175, 1189, vostro 
chorso 1200 (il v. K), per vostra sainte 129, le mente vostre 176, 
le vostre onde 1201 (li vostri 1189 FQ, 1387 P, 175 BEG, 
60 B); 

c) suo et so, sua et soa; suoi, sue, soe et suoi: el suo fiol 
801, el suo Signor 1068 (lor R, cf. 1062), el so fator 521 (suo CT, 
cf 298, 1066), lo so ministro 917 (suo CEFGQR, cf. 551), del suo 
fator 976 (so PT, cf. 843), del so prezioso sangue 558, al padre 
suo 1050, 1076, al suo fiol 1274, sul chavo so 371 (suo BCEFK), 
sul chavo suo 279, 835, nel suo amor 146, in so stato 1355 (suo 
BCEKPQ3TBd, cf. 1100), perso vigore 706 (suo CEFKPQ, lor 
BG), ogni sua forza 935 (suo B, so ï, soa D), soa sainte 157 (sua 
CEKQR, lor B, cf. 283), la soa ministra 247, la sua lanza 1074 
(suo B, soa F), l'amaritudin soa 822 (sua BCEFGKPR), fata soa 



Plainte de la Vierge. CXIII 

reverenza 1059 (sua FKPQ, suo B, lor G), soa merzede 894 (suo 
BF, sua CEKQ, sia [si a?] R), de soa morte 819 (sua CPQ, la 
sua E, cf. 131), de sua pasion 1195 (soa DT), chou soa forza 1235 
(so F, sua CQ), chou la soa perfidia 1282 (sua BCEKPQR, suo 
F); H suoi piè 374 (suo FI, soi P, sui G); le braze sue 832 (suo 
F, soe E, sie [sï è?] Q), le pêne suoi, à la rime 929 (soi DEFP, 
sue K), le soe braze 1381; chon lor vîste 982 (le lor DQ), le lor 
voie 289. 

Relevons des leçons douteuses les suivantes: meo 644 Q, mea 
802 P, mi vita 802 ES li atî mie (mie^?) 1483 B, per mie mali 750 

F, i mie desiri 1343 BF, cf. 324 BFT, 1386 FT, 225 T, 501 F, 
1202 (1347) B, et §§ 7 6, 24 A, li mi dolori 1386 KM, le mi peue 
933 ET (me 634 Q), le miei braze 568 PQ, le miei laude 1474 D, 
cf. 634 CP, 505 G, 527 (1263) P; tu figlio 944 Q, tu vertude 
1109 ES le toe menbra 730 CP (to G), cf 995 PQ, 938 GQ, 1392 
BGHM, 902 GP, 1266 Q, 834 (925) P, le tuoe mane 834 C (to G), 
cf 938 (995) C, li tuoi membra 730 E, cf 834 (995) E, 1266 CE, 
1392 CEST, a li discipoli tuo 854 T, cf 1038 BFGT; el su pos- 
sesore 1062 Q; sia 894 R, sie 832 Q, pourraient se lire si a, si è, 
s'ils ne sont pas formes sur mîa, mie; la so forza 935 T, cf. 1480 

G, la suo 131 (935, 1253) B, 136 BES 894 BF, 376 (1282) F, 344 
FQ, li suo 374 FT (soi P, sui G formé sur su, ou latinisme). 

Il semble que ces formes se soient influencées les unes les 
autres (tuoe: tuoi = triste: tristi): mia a fait naître sia et (avec to, 
so peut-être) mi, et mi à son tour tu, su; il se pourrait aussi que 
le point de départ ait été le neutre pluriel mia, tua sua (devenus au 
sg. mi, tu, su), communs aux masculins et aux féminins. Les rimes 
semblent prouver que le poète a dû prononcer mio, mia, mei; to, toi; 
so, soi: V 10—11, VII 25-26, VIII 7—8, IX 15-16 io: Dio: 
mio (cf III 8—9, IV 20—21, VI 34-35, X 35—36, 55-57, XI 
19-20,37-38); 1122—23 mia: via: stia, IV 11 — 12 apria: mia: 
dolia (cf. IV 28-29, VII 9—10, IX 37-38, X 37-38); II 23 
—24 mei: Zudei: omei (cf III 23—24, IV 4-5, V 17—18, VII 
21—22, 42—43); V 39—40 puo: tuo: suo; VIII 14—15 tuoi: 
puoi: suoi (f pi. Cf M.-L., p. 213). 

45. Comparatifs et superlatifs organiques : mazor 8, meio 841, 
1152, 1452 (sbst), altisimo 724, dolzisimo 629, gravisimo 627, 722, 
plu chlarisimo 631, tanto gravisimo 627, mînimo 1408, quela pesima 
1282 (sbst.), sumo 1083, 1435; adverbes: pezo 766 K (cf en outre 
meio cha 1153, plu cha dolze 1363, mazor d'eso 8). 



CXIV A. Liiider. 

Varîautes: maggiore 8 CR (primo mazor P), dulcissimo 629 Q, 
chiaresîmo 631 E, menerao 1408 Q, sunio altisimo 724 BG, altis- 
sima 284 R, suprema 980 F, supremi 1450 S, miglore 841 R 
(raio P, pour raeîo). 

46. Adjectifs numéraux: un flore 17, un vento 517 (uno BP), 
un fuocho 519 (uno P), una verzela 16, una feraena 1008, un ora 
1223 (una CPKPQ), de le mile parte Funa 83, de do chosse l'una 
566, ad uno ad uno 1093, Tun sopra Taltro 708 (un CDET), un- 
Taltro 1226—27 (cf. Forn., p. 130), altro reraedio 772, altra sepul- 
tura 1306, H altri zorni 1173, altri signi 982, le altre done 391, 
fra le altre done 1131, altre done moite 1207, altri-altri 102—103 
(cf. chi-chi 158 R), 221—24, altre-altre 1383, far altro 919, per 
l'altrui pechato 750, algun signor ni dona 114 (negun DK, niuuo P), 
algun ohognosimento 1141 (algon E), chuor algun 1296 (alcuno 
CEPQR), alguno fruto 80 (alcun CEGKPQBd), algun remedio 582 
(aie. CPQ), alguno remedio 1089 — 90, per alguu ato 1278, per algun 
verso 1408 (alcum Q), onfesa alguna 564 (aie. CEKPQ), alegreza 
alguna 493--94 (nisuna G), d'alguna grazia 1126 (nula BG, nisuna 
P), ad alguna zontura 524 (aie. CEPQ), algun de lor 960 (aie. 
CFKPQR, alchuni B), algun non faza 437 (nessun K), algun pie- 
tate avea 496 (ni un F, cf. 524, sans négation après une proposi- 
tion négative, et Stud. I, 115); arquanto de 26, arquanto chresuta 
516, saziarnie arquanto 1242, arquanto sera freno 67, arquanto 
plieghi 550; zaschadun fedel christiano 39 (çascadum Q), 74 (cia- 
scadon E), 1418 (cisschedun K, çascura Q), zaschadun 1451, de 
zaschuno prophcta 1091 — 92, zaschuno che 1354, zaschuno stava 
583, de zaschun 9 (cf. 372, 864—65, etc.), zaschuna plaga 594 (cf. 
230, 270), zaschuna che 1352; ogni elemento 62, d'ogni onore 19, 
ogni pena 455 (ongni un K), ogni grazia 688 (ogna T, ouni Ej, 
ogni gran doia 419 (ogna D, ogne P), d'ogni onfesa 375, d ogni 
alegreza 89, ad ogni zente 1040, in ogni parte 1043, ognora 168 (ad 
ogni ora R), ogna inzuria 584, d^ogno desplazere 1222, ognon 500 
(ognom D, ognun GK, ugni uno P, ogni h(u)omo E^E^); nula ale- 
greza 420; niente lasi 866 (nulla BCR), niente valea 1325 (nula F, 
cf. non valea 1316, niente saldo 1161 F, faute); qualche vermo 513, 
per qualche chonforto 1298, qualche exzelenza 865 (quache Q), 
qualche sfesura o buso 1323, qualche strania novela 1041 (quai E, 
cf. Tadv. qualche arbasa 1109); puocho de men che 92, tochar un 
puocho el fiol 577, a puocho a puocho 592, cf. 735, 737; anchor 
plu tempo 528, asai plu tedio 774, per plu dolor 300, per plu dolor 



Plainle do la Vierge. CXV 

mio 464, plu pena c plu zoia 849, plu signi 144 (adv. plu cham 
875); niolti agni 835 (muiti Q), 532 (tanti P), moite donc 159, a 
moite persone 373, per moite zencraziouc 815 (molta Rj, clic molti 
iosidia 1280 (molto D, adv., ehridando mi niolto 1291, 391); tuto 
l'aîre 977, tuto Tuni verso 1410, a tuto el mondo 21, per tuto el 
chorpo 1165, tuta note 183, tutora 888 (tuta FP, a tuta(-e) liora (-e) 
BG), tuta la ohason 813, per tuta qucla zeute 461, tuti i npirti 
mei 503, tuti H desiri mei 315, tuti i mei desiri 1343, tuti li ati 
mei 1483, fonti tuti 1198, tute zente 1348, tute le stradc 325, tute 
le raie parole 690, le doie tute 281, de tute vergogne 870, per tuti 
586, se fese tuto quanto 980, ehluso intorno tuto quanto 1326, tuta 
quanta strazar me volea 1329, tuta quanta persa 413, tuti quanti 62, 
tute quante le zenerazione 1155, tute quante 164 (tuti quanti P; 
Tadv. in tuto 1388, del tuto [de t. E*PQT, de tutti E^] 554), sua- 
riava tuta 457, tuta me desfazo 1232, tuta me dcspono 1399, tuto 
vegno mancho 897, tuto è flazelato 1025, tuto in tera deflcorea 1163, 
quele donc tute planzeva 338, tuta pender 1167, tuta clirucnta 1267, 
tuta prona 1247, tuta ponta 1374, 889; primiero 253 (primo, segondo, 
tercio, quarto, quinto, sexto, septimo, octavo, nono, dans les vedet- 
tes); in mezo dui laroni 330, de dui pisi 642, de do chosse 566, in- 
trambi dui 205, 947, 1211, tre chiavi 1167 (tri PQ), l'ora de tcrza 
294, quatriduano 368 (quatro di G), zinque pani 642 (cinKjue (i), 
nnove mesi 732, l'ora de nona 955 (cf. Forn., p. 44), zento ani 1223, 
de le mile parte 83, mile volte 1205 (cf. Forn , p. 45), zinque milia 
persone 643; 

Variantes: algon 1141 El, § 6 «; alchuni 960 B, negun 114 
DK (ninno P, cf. 1369 K, niun 496 F), nizun 1296 G, nessun 437 
K, nisuna 1126 P, 494 G, nezuna 1353 P, nula grazia 1126 BG, 
ugni uno 500 P, ognom 500 D (ogni homo E% cisschedun 1418 K, 
§ 11, ciascadon 74 E, quai (qualche) 1041 E, qualcosa 866 F; tuti 
loro 262 D; nula 1325 F; doi 330 DEG, 642 DE, 947 DG, 1211 
DF, 205 G, due 330 KR, 205 (642, 947, 1211) K, 566 B, du 642 
C, 566 (cf. tu = tuo), doe 566 EKPQ, duo 330 B, do 642 (1167) 
G, 330 CFR, tri 1167 PQ, septe 642 P. 

3. Conjugaison. 

47, La troisième personne du pluriel coïncide à peu pr(>.s (;on- 
stammeot, et toujours à la rime, avec la même personne du sifigu- 
lier, cf, §§ 16, 24 d. Nous n'en citerons comme preuves que quel- 
ques rimes; Il 31 — 32, X 60—61 fine: topine: recbline (rinchinino), 



CXVI A. Linder. 

II 33—34 churava: amaîstrava: flazelava (-no), III 1 : refresclia (rin- 
frescano): chrescha, III 6 — 7 maitina: topina: refina (rifinano), IV 
19 — 20 peua: Madalena: mena (-no), V 39—40 puo (ponno): tuo: 
suo, VI 10 — 11 respira: désira (desiderano): mira, VII 33 — 34 on- 
fese: destese: prese (-ero), IX 36-37 tende: ofende (oflFendono): 
rende, IX 46 — 47 servava (-no): sperava: pasava, X 1--2 gronde: 
onde: responde (-ono), X 59 — 60 ehasa: tasa (tacciano): riroasa, 
XI 22 — 23 tuole (sg. ou pi.?): duole: vuole (vogliono), XI 34-35 
renuova (sg. ou pi ?): truova (-no), pluova (cf. III 17 — 19, VIII 
18 — 19, IX 14—15, où le singulier peut toujours être à sa place). 
Si toutefois nous avons retenu cliridavan 983, planzevano 391» 
stavano 438, serano 898, ano 858, c'a été pour ne pas trop nous 
écarter des manuscrits. En première place, chridava va tout aussi 
bien, en deuxième, l'on pourrait lire mo (ou anchor, cf. 979) plan- 
zeva, en troisième, se stava (cf. mi stav'io 889), en cinquième, qui 
a lair corrompu, d'eso adeso (mo, se et adeso ayant été omis à 
cause de -ne, eso et -si qui précèdent), en quatrième, tute pour le. 
Il est bien de notre devoir de deviner les formes usitées par le 
poète, mais loin de nous de vouloir corriger. Tous les manuscrits 
offrent très souvent des formes en -n(o), pour lesquelles v. §§ 51 
— 52, 53, 55—56, 56 b; outre des formes toscanes, il y a, dans 
quelques-unes de nos copies, des formes remodelées sur la troisième 
du singulier en ajoutant -no (-ne): serenno 765 C, venneno 1048 
PQ, ebeno 1061 CG, ebbcn 1064 K, aveno 1061 ET, tolseno 1235 
P (-en C), remaseno 1383 P, apersen 1381 CP, giunseno 1071 C, 
chognoseno 1062 F, adorano 1063 T (-ono C, -one Q), andono 1383 
CDFKT, començono 164 CT (-ano BE), cantano 1052 F, menano 
217 C (-ono K), ritornon 1059 C, eu 635 Bd, enno 672 P, dien 1154 
F (cf. steseno 1087 P, puon 1260 CF, au 151 CEK, fan 150 C); 
mais il y a aussi de telles formes au singulier: lasone 375 F, sarane 
902 R (formes épithétiques, § 13 c, cf. Kath., p. 10, ou introduites 
du pluriel, ou amenées par l'eff'acement de n, § 24 rf, cf. abrazoe 945 
F); pour chomenzô 164, and5 1383, le vers permettrait aussi bien 
-ono (-ano), formées de cette manière et qui se trouvent dans quel- 
ques-uns des manuscrits, mais nous avons préféré l'hiatus, cf. p. XLir, 
aux formes tant soit peu douteuses. 
f De même, la deuxième personne du sitignlier semble fonction- 

ner parfois pour celle du pluriel: mormorave 143 (-vi CKPQT, 
-ava G), sparsesti 58, cf fa 491, 492, imagiuave 744; que ces 
dernières formes (impér.) soient de vrais pluriels, c'est ce qui est 



Plainte de la Vierge. CXVII 

prouvé par l'analogie des autres formes en -te (-tî) v. §§ la, 16 ^ 
quant à la première, elle a dû subir lattraetion du vocatif suivant 
(zente vana), et sparsesti est peut-être une forme latinisée, cf. s 
pour z (g tosc), § 19. 

48. La deuxième personne du singulier du présent de Vindi- 
catif se termiue en -s dans quelques monosyllabes (jamais au futur): 
as tu .510, es tu 251, 574 et, hors de toute proposition interroga- 
tive, dans vuos 880, 1216. L'on pourrait aussi lire vuos 781, as 
1179 (v. § 24 A; destruîs 676 est latin), mais c'est se donner de la 
peine à plaisir que de vouloir introduire partout les formes en -s. 
Le plus souvent, et toujours à la rime, cette terminaison est -i: VI 
47—48 vai: (io) dirai: guai, VII 39—40 fai: omai: sai, VIII 35 
— 36 sai: stai: guai, XI 20 — 21 superni: zerni: governi, cf. V 45 
—46, VI 23—24. VII 45-46; bagni 536, nieghi 554, sparagni 534, 
alzidi 333, et hors de rime: brami 79, mostri 1007, parli 669, lasi 
856, 865, pugni 1436, vedi 1341, vidi 749, tieni 545, tegni 51, terni 
1013, avri 1459, vuoi 781, 804, puoi 784, sai 302, farai 56, fai 1300 
et fa 831, ai 758, etc., et a 539, a tu 543, 1016, serai 553, 1337, 
et sera 944, sei 24, etc., et se 558, 1450, ei 1180, 1455, 1506, et 
e 682, e tu 256 (v. § 24 A); môme désinence -^ au conjonctif, v. les 
rimes V 40 — 41 plieghi: prieghi: nieghi; V 45 — 46 ofendi: rendi: 
sospendi; en outre: toii 1475, lievi 569, fazi 783, 1004, artegni 928, 
etc., et à l'impératif, v. § 56 a; même désinence -i à Pimparfait, 
V. 1X44 — 45 chlavi: chonservavi; privavi; en outre: mostravi 252, 
eri 540 (cf. en outre §§ 51 — 53); pour mormorave 143 v. § 47. 

Variantes: vui 804 CGQ, 880 D, v. § 1, si 24 (44 et passim) 
DP; 1180 B, 682 P; puo 999 DG, po 1001 D, vo 781 (1216) Q, 
880 K, sa 1002 DK, tien 511 BG, 545 GKT; vuol 781 E^F, 1216 
BE, vol 781 G (vul E^, 880 BE, al 1179 F (§§ 24 A, 8); v'e 749 
T, v. § 16; i tu 251 G, rappelle de près le si de BDP; les formes 
en -e sont rares et ne se trouvent guère que dans EQ: guarde 645 
EQ, time 1013 EQ, tarde 647 G, bagne 536 P, vole 781 P (voli 
1216 P), brame 79 GQ, ancide 333 Q, conte 55 E, faxe 831 D, arde 
649 BGKT (confusion avec la troisième?), vede 259 E, 713 Q, lasse 
856 Q, 865 E, pugne 1436 E, tiene 545 (563) E, 511 Ê^; faza 783 
E, difenda 1504 K; rende 1505 CD; buti 1475 Q, debi 798 P, abi 
1016 P; lîeva 569 CDEKQT, sera sans doute impératif, de même 
renda 1505 GT, conjonctif; bagna 536 K, est pour bagnare, § 56 b. 

49. Le géfvndif de toutes les conjugaisons se termine parfois 
en ando, témoin les rimes X 18 — 19 chomenzando: tochando: 



CXVni A. Linder. 

forbando; en outre: vignando 145, aldando 269, oldando 736, des- 
corando 1249, batando 1289, temando 288, digando 472, voiando 
1333, planzando 1196, 1332, mais le plus souvent -endo persiste: 
vedendo 91, dizendo 957, planzendo 1291, fazendo 853, etc. 

Variantes: vezando 91 (115, 442, vezendo 985) G, 910 F, ve- 
çando 497 (659) Q, strenzando 947 PQ, diçando 339 Q, piançando 
946 Q, siando 828 FP, 476 CG (esendo B), batando 389 F, sta- 
gando 1243 D, vegnando 145 CP, et quelques cas inverses: reguar- 
dendo 397 T, pensendo 171 K, stracendo 389 Q (strucendo P); 
chujdeiido 932 F, doit être faute pour chiudendo. 

Les participes sont rares et n'offrent rien de remarquable: lu- 
zenti 630, reluzente 239, ponzenti 214, mordenti 210, fervente 252, 
dolente 314, obediente 812, 829, présente 764, onipotente 602, etc., 
sont tous des adjectifs; il n'en est guère autrement de pendente 
591 F (-ndo), 949 R (afito). 

50. Le participe parfait faible (passé simple), à la rime, se 
termine toujours en -/o, etc.: III 5—6 lavato: stato: Pilato, IX 
12 —13 Pilato: pasato: lato (cf. X 14 — 5 sacrata (lat.): fata: ingrata), 
VII 6-7 aflito: dito: finito (cf. V 11 — 12), IX 33 fruto: veduto, 
II 35 venute: tute; les seuls exemples, hors de rime, qui méritent 
attention, sont vezuto 194 (remodelé sur vezo) et la forme rare de- 
sernuto 741 (-ito CF); ajoutons que les formes abrégées, I® conju- 
gaison, fonctionnent comme adj. (adorno 102, priva 1006) et peut- 
être comme verbes (schorta 337, cf. ci-dessous). 

Nos copies, notamment BG, offrent des exemples isolés de la 
dentale sonore: pasionado 31 CD, tribulado 687 G (tribolado T), 
spoiado 215 G, privado 910 F (faute), incarcerado 255 G, stado 
477 BGT, chruzifichado 266 G, portado 401 B, strangosado 734 G, 
flagielado 405 B, zudigado 295 G, saludada 1 1 B, aconpagnada 506 
Q, stada 1251 B (-do G), deracerada 1276 G, baxada 651 G, san- 
guinada 1277 G, penada 888 G (-ndo), veladi 216 G, fichade 512 
BEFGT, maridade 1350 T (-tade G), cargade 326 CFQT, armade 
327 F, apareade 541 G; de même nado 8 B; la dentale n'est 
tombée que dans bien peu de cas: pasionà 31 F, aconpagnà 506 F, 
stà 1180 D, 1286 T, 477 F, perduo 120 Q, perdu 93 Q, vegiù 336 
C, et peut-être ferio 1021 P (écrit ferro, r et i se confondant très 
facilement). La versification ne permettrait guère ces formes-ci 
qu'au vers 336; les latinismes et les rimes défendent d'adopter les 
autres. C'est pourquoi, malgré les doublets cités p. XLiv, nous 
avons toujours préféré les formes h la dentale intacte. 



Plainte de la Vierge. CXIX 

Part, forts: nato 8, 1056, 1066, 1414, nata 319, 1067, 1149, 
fato 746, 975, etc. (8 fois), fata 243, 546, etc. (8 fois), desfata 425, 
afito 463, 949, afita 488, afiti 709, 1192, desfito 1227, aflito 149, 
861 (8 fois), aflita 304, 1341, afliti 707, dito 402, 751, 1407 (decto 
E), dita 302, 1337, benedeta 1130 (-dicta E^), raaledeta 1132, bene- 
deto 1133 (-dicto E'), benediti 705, benedictî 1508, lat. (-deti C; 
cf. IV 1—2), fite 696, schrito 147, produto 515, chonduto 187, 
chondiiti 1049, visto 336 (veduto 1135, vezuto 194), perso 120, 1016 
(6 fois), persa 413, 1204, perse 1209 (perduto 1044, perduta 502, 
637, 889), sparso 823 (sparto CR), sparse 527, desteso 434, destesa 
1288, destese 695, 832, meso 12, deriso 235, romasa 1377, fesa 
1276, presa 1290, aschosa 528, perchoso 228, chlusa 272, chluso 1319, 
1326, chlusi 738, averto 539, avorte 588, morto 255, 1302, 1305, 
1379, morta 92, 335, 889, 412 (et les adjectifs-part, aderto 1385,' 
ateoto 86, atenta 1255, ateute 1087), retorto 556, schorte 765, 
schorta 337 (peut-être pt. faibles), franto 716, teuta 1253, poiita 
1374, zonta 416, 432, 1372, tolto 32, 573 (6 fois), tolte 1209, in- 
volto 1318, 1246, revolto 33, sepolto 34, colto 36, posto 30, 1245 
posta 542, 1142. 

Variantes: vinta 423 B, benta 1255 P, dipinta 1255 R, intinta 
1257 Q, conpunta 1374 R, coperto 351 F, coverta 1257 P, coverti 
216 D, ofeso 963 F, retracto 556 P, abruta(?) 514 P, preso 30 R, 
393 EQ, ponto 36 T (faute), spersa 889 Q, sperse 527 K, sperso 
1016 R, parmi les pt. forts, et, parmi les faibles , rosegata 514 Q, 
V. § 16. 

51. Parfaits faibles. 

La première personne du singulier se termine toujours en -a^, 
témoin les rimes III 7 — 8 omai: chlamai: mai, IV 7 — 8 mai: an- 
dai: guai, VIII 21 — 22 guai: alzai: portai; exemples des autres 
conjugaisons font défaut. 

Variantes: anda' 1321 C, comença' 251 (358, 671, 1334) Q, 
porta' 732 ET, 1099 (1303) Q, pasa' 461 Q, et probablement rabia 
1328 Q, V. § 24 A; nudricherai 561 G, est peut-être pour nudri- 
chai, V. § 24 /"; des autres conjug. : perde' 93 R, sali' 1321 R, 
prenei 1105 G, v. § 16. 

La deuxième personne du sing. en -asti, comme dans les rimes 
V 33 — 34 notasti: durastî: chonservasti, VI 21 — 22 vasti: sole- 
vasti: saziasti. Il y a, et cela toujours hors de rime, dans E, quelques 
exemples de la terminaison -aste: renovaste 1413 E; de la seconde 
conjugaison, en -isti et en -esti, v. les rimes VII 24—25 avisti: 



CXX A. Llnder. 

parturisti: ofendisti, X 24—25 tolesti (-isti DPQ): dizesti (-isti PQ): 
obombraresti ; eu outre: sechorîsti 1412 (-estî BCFKST), produzisti 
20 (-esti CEFGKRT), 559 (esti BCDEGKT), chognosisti 826 (-esti 
CEFKPR, -estu BG), volisti 839 (-esti BCEFGKT, vosti P), rede- 
mistî 1410, avîsti 564 (-esti BCEGKP), 818 (-esti BCEFGKPR), 
spandisti 370 (-esti BCDEFGKT), chredisti 827 (-esti BCEFGKRT), 
dizesti 1122, 1130, etc., temesti 1011 (-isti Q); de la quatrième en 
'isti: IX 25 — 26 tristi: deglutisti: tenisti; en outre: marzisti 532, 
exaudisti 678, 681, 686. 

Ici encore se trouvent, dans quelques-uns de nos manuscrits, 
-este, -iste: nasiste 529 P (faute), secoriste 1412 Q, aveste 803 E*, 
818 E; notons de plus hevesti 803 E^ (formé sur ebbi?), fecesti 
1416 1£? (cf. fecendo 853 ES v. § 11), ficiesti 23 C (formé sur 
fi?); secorissi 1412 M (confusion avec Pimparf du conj., v. § 16); 
tenesti 1114 BCKP, cf. § 56 6, marcesti 532 DP (marçasti Q, 
changement de conjugaison, ou assimilation sur la voyelle atone?). 

La troisième personne, sing. et plur , de la première conju- 
gaison se termine en -à et en -o: schusà 363, 366, resusità 367, 
mostrà 618, desdegnô 1023, las5 137, mandé 970, inspirô 603, mo- 
strô 144, chomenzè 978, porto 732; plur, fondé 694, chomenzô 
164, levé 1331, retornè 1059, andô 1383, mené 217; de la deuxième 
en -é: rende 372, potè 395, 523, 653; plur. chognose 1062; il n> 
a pas d'exemples de la quatrième conjugaison dans le texte. 

Variantes : scbusô 363 BGKP, resusitô 367 BCFGKP, mostrô 
618 GEFGKQT, închinô 970 FR, mandé 139 BP, lasà 137 EQT, 
monstrâ 144 P, comenzà 978 P, schiapà 76 B, cambià 619 F, desligà 
663 CGK; plove 141 D (impf ? v. § 8); ferl 1075 R, senti 85 R; 
andoro 706 R, andoron 1383 Bd, comincareno 164 P; trovè 1058 
Q (changement de conjugaison? cf § 7 a); pour les formes en -no 
(-ne), -oe, v. §§ 13 c, 47. 

La première personne du pluriel se termine en -emo, témoin 
les rimes: X 4 — 5 semo: Nichodemo: vedemo; la deuxième au plur. 
en -esti: sparsesti 58, v. § 47; d'autres exemples manquent dans 
le texte. 

Variantes: vîdemo 1212 E, vegnimo 1212 D (faute); sparsisti 
58 Q, V. § 1; udiste 1154 R. 

52. Parfaits forts, 

I: fi 459, vidi 87, 329, 1226 (une douzaine), fui 431, 1312 
(une douzaine), et fu 84, 321, trasi 930, romasi 92, 169, 412,441, 



Plainte de la Vierge. CXXI 

persi 93, disi 188, 629, 1169 (une douzaine) et dis'io 192, 906, 
1305 (autre douzaine), respos'io 340, intisi 1105, prisi 1229, chursi 
197, vulsi 809, 1219, tulsi 808, 811, chulsi 813, vini 809, ehadi 413. 

Variantes: feci 459 CFP (fei Q, fexi F, fizi BDG), fe 459 K, 
1321 R, viti 203 (207) D, 188 DF, 408 DFT, 462 BDF, 950 F, 
325 EF, veti 462 G, vide 203 (408, 950) Q, foi 321 (1067) E, fo 
321 Q, porsi 1229 D, rimase 441 ES disse 188 GPQ, 447 PQ, 1088 
BPQ, 754 EQ, 629 Q, 775 P, 1154 G, 993 BCEPQ, 334 E (çà et 
là peut-être diss'e'), des'io 799 B, di 754 G, respose 340 PQ (re- 
spus'ioT, rispuosî CR), corsi 197 CDEKPR, vulsi 813 B (volgere). 
208 B (voler), volsi 809 BCDEGKQ, volse 809 P, 1219 EQ, bolli 
809 R, vul 1219 T, dolsi 208 DEKQT (dolfi R), tolsi 813 CEKPT, 
cf. 811, 808, toise 811 BQ, colsi 811 CT, 813 FR, colse 813 Q 
(suolsi G), cade 413 P, venni 809 CEGKPQR, steti 1321 P; 

IL fisti 23, 806, 1416, disti 860 et desti 667, stesti 528, fusti 
3, 516, 1455 et passim. 

Variantes: festi 23 BEGKCi, 806 BCFGKQ (528 GQ, 853 F, 
1434 Q fautes), 29 G, 1416 BCFGMT, fecisti 2 P, 1416 E^HKQS 
(fecesti E^), ficiesti 23 C, facesti 23 R, 806 PR, fazesti 23 (376) 
F; fostu 522 T, -ti 516 BEFGÏ; vosti 839 P (prés.?); 

III. fe 133, 213, 357, 484, 1274, fo 12, 394, 1461 et passim, 
restete 402, trase 133, 956, fese 979, dis'elo 1101, dise 397 et 
passim, represe 365, desese 11, mose 293, 894, 1283, duse 1271, 
produse 520, 537, volse 289, 1076 (voler), volse 394 (volgere), 
toise 59, 840, 1074, 1304, dolse 208, 1078, parse 1097, arse 525, 
perse 935, averse 738 et aperse 740, 921, 931, 1075, somerse 136, 
morse 581, porse 21, 130, ave 297, 751, 1290 (pi.?), chognove 526, 
naque 513, 1047, plaque 1049, 1076, taque 1051, vene 155, 517, 
519, 934, devene 816, revene 737, retene 741, sostene 814, 1480 
et les pluriels fo 541, aperse 1381, romase 1383, toise 1235 (el 
zonse i chavalîeri 1071), vene 1048, 1058, 1077. 

Variantes: diede 130 R, riede 367 Bd, fexe 213 G, fece 213 
(133, 357, 375) P, fese 1274 F, fuo 99 (187, 1319) Q, parse 21 P 
(sparse F, puolse C), dissi 686 P, disse 11 GKP, prese 21 E, 1304 
R, volse 840 P, mise 956 R, vose 289 Q (vole B, 1076 K), ri- 
spuose 365 C, rexe 372 F, aduse 1271 G, prodesse 537 E^ valse 
1316 R, averse 979 D, apersi 738 Q (aperse 935 T, § 30), represi 
365 D, tolsi 208 G, raorsi 581 Q, mossi 1283 E, parve 199 R, 
1097 KR, chognobe 526 BFGKP, ebe 751 BCEFGRT, cf. 297; 
enfin les pluriels abbe 1290 K, chonobe 1062 BG, ebbor 1290 R, 

Linder: Plainte de la Vierge. " 



CXXÎÎ A. Linder. 

fer 217 (694) R, fur 281 R, sospinsero 211 R, vennoro 1058 K; 
pour les formes en -en(o) v. § 47; viene 934 D, 155 C, divîenne 
816 C, rivieue 737 F, retiene 741 CD, seront des présents; remar- 
quons ici les parfaits faibles avete 751 K, sfendè 979 G (imparf ?), 
movè 511 D. 

De la première personne du pluriel il n'y a qu'un seul exemple: 
fosemo 1464 (fumo BCK). 

53. Il n'y a pas ici d^exemples de conditionnels en -ave (cf. 
§ 52); tous ils se terminent en -ei ou en -m, comme dans les rî- 
mes que voici: VII 9—10 mia: séria: via, X 2—3 meî: vorei: 
omei; du reste les exemples sont relativement rares: I. poria 82, 
281, 443 et le vorei 1204 déjà cité; plur.: avesamo 268; II. 
doveristi 362, 378, obombraresti 1272; plnr.: faresti 128; III. 
poria 1296, pareria 952, séria 628, 760, 792, 1093, 1152; phtr. 
séria 765. 

Variantes: paria 952 R (poria Q, pariria E, parebe B), sare 
628 C, 792 K, serebe 628 (792) B, sere 792 C, serebo 1152 B, 
serenno 765 C; sera 1093 C doit être futur; obronbresti 1272 D 
(abbombresti Bd, obronbrasti B, de obronbar?), converrestî 378 K, 
vedresti 257 (259) R, farissi 128 B (-isse Q), dovressi 362 D (do- 
verîse Q, confusion avec Pimparf. du conj.), avesemo 268 DT (-an(n)o 
E^E^, -imo K, averessemo PQ). 

55. Sur la première personne du présent de l'indicatif il y a 
quelques remarques à faire. A côté de 5 (1126, 1128) il y a plus 
souvent ai (194, 800, 996, 1003, 1135), formes que nous retrouve- 
rons § 56 b, mais toujours so (125, etc.), si ce n'est au vers 852, où 
le e sai du texte se prêterait à la traduction : et voilà ce que je 
sais, moi; en outre: anonzio 1056, chambio 918, spiero 1000, vezo 
79, 772 et passim, à côté de vedo 555, planzo 1128etplango 787, 
788, digo 291 et le plus souvent dicho 98, 1002, etc, poso 623, 
etc., pos'io 754, dev'io 877, 878 et debio 77, achorzo 936, are- 
chordo 305, perdo 315, 911, chado 912, pongo 1178, zongo 1176, 
voio 253, 1307, desfazo (à la rime) 1232, muoro (à la rime) 452, 
aldo 122, 674, vegno 897, 1339, etc., fenischo 786, son 40, etc., et 
sum latin 148, 306. 

Variantes: e 800 Q (ai ou è? cf. § 7 a), veggo (vegho) notam- 
ment dans CKT (555, etc.), vcso 79 (120) ES vio 823 P, stago 
889 P, sto 1017 C (fautes), dov'io 877 ET, 7 7 (878) T, dibio 77 
D, diebo 878 G, dezio 877 G, digo 877 (878) Q; sonto 254 P, 
415 BP (peut-être le patron de giouto 1176 B), so 335 E, 148 D, 



Plainte de la Vierge. -CXXIII 

SUD 720 et passim F, sum 1353 MQ, 254 et passim Q, 1377 M 
som 883 Q, sodo 243 EKR, 335 BGR, 720 CEKR, 883 P, posse 
io 1315 M, sente (sentV?) 43 P, lassa 1339 M; chognoso 361 B 
(-osto E, V. § 16); 

III. aita 884, renuova 451, 1492, pruova 455, achuora 258 
arichorda 1003, invocha 718, envocha 648, inchlina 589, chrieva 449, 
lieva 447, refina 685, repara 773, sera 640, 1336, chomenza 972, 
desdegna 548, mostra 1395, straza 668, tocha 652, brama 651, laga 
584, mîra 610, pasa 318, sentila 6, favela 661, sta 344, 1084, fa 
68, etc., a 1013, de 871, etc., è 390, etc, pu5 476, 308, etc., tuol 
1117, tuole 1456 (pi.?), duole 1458, vien 793, 837, chonvien 776, 
etc, tiene 419, etc, sostiene 423, 715, mantiene 421, roman 71, 
preme 887, spande 70, resplende 1439, rende 1435, chlude 1186, 
aflize 768, fuze 1146, 1466, zaze 1057, 1379, muor 992, par 637, 
etc, langue 560; ;;/Mr. pia 1460, désira 234, 608, mena 360, go- 
verna 699, choutempla 636, viiole 1460, fa 485, etc., faze 150, a 
151, etc., ano 858, è 588, etc., puo 547, etc, de 1154, fiere 1145, 
responde 1203. I. plur, en -emo, comme dans les rîmes VII 1 
estremo: vedemo, X 4 — 5 semo: Nîchodemo: vedemo (parf.); 
II. pour le singulier, v. § 48; plur,: andate 1148, voleté 480, 
1193, etc., avete 149, lezete 444, dovete 444, aldite 1258, dor- 
niite 174. 

Variantes: ripare 773 Q (-o B), manche 1202 P; mostri 1395 
D (conj.?); descendo 1439 Q, tuolo 1456 G, rimano 71 Q, premo 
887 C, moro 992 P, paro 1276 P; tuoli 1456 E (pi.?), spandi 70 
P, priemî 887 R, fuzi 1146 B (fugi 1466 Q), afligi 768 Q, ferri 
1145 Q; chiuda 1186 G (chiolde Q), régna 1495 F (pi.?), prema 
887 FP; puote 174 R, sostiente 423 F; dien 1154 F, die 871 (873) 
BFG, di 1406 BF (dove D), 1154 G; ben 793 E (ven Q), coven 
780 E\ puol 307 (308, 309, cf vuol) B; desireno 234 P, v. § 47, 
vegnon 184 R; sun 1085 P, son 630 (692, 698) BG, sono 630 P, 
692 PR, 1085 B, 1264 BPR, se 588 K (s'è ou 5 introduite analo- 
giquement), puon 1260 F, an 151 CEK, fan 150 C; ascendemo 
1465 Q, vegnimo 1212 D; volé 480 F, volite 489 (1193) Q, avè 
1194 F (avete D, venite G), vête 149 Q, façiti 1389 M (changement 
de conjugaison?), venete 1391 R (sans signe abréviatif), lezeti 444 
B (legite Q), podete 444 D (possiti P, originairement conjonctif? 
cf dien, § 3, et Orig., p. 220), vedeti 1386 P (cf. § 8). 

Présent du conjonctif. Dans des cas isolés, l'indicatif semble 
fonctionner pour le conjonctif, v. Muss., p. 22. 



CXXIV. A. Linder. 

I. truovi 1502, 1511, choDquisti 1484 (chonquixi B), tîri 926; 
posa 37, etc, muora (à la rime) 974, vada 125, abia 1499, sia 1140, 
etc., stîa 125; plur. en -emo: fazemo 1380, andemo 196, vedeino 
961; IL V. § 48; pi. manque. 

Variantes: en -e: truove 1502 EGMT, 1511 M, aquiste 1484 
M, posse 37 E*; en -a: truova 1502 D, 1511 H, porta 989 F (cf. 
Muss., p. 22; Ugnç., p. 30); dispona 1482 G, faza 1118 G (fazo 
1507 B); faziamo 1380 BGPR, andiarao 196 BCE^FG (-iemo P, 
-imo K), vediamo 961 K (-îam E^, -eara E^, -iamo B), vezarn G; 
posate 1391 F, fuziate 1390 F. 

La troisième personne de la première conjugaison se termine 
en -e à la rime: bagne 65, straze 572, sogne 874, domande 74, 
treme 885, adentre 729, lagne 63, spoltre 175, sterpe 580, desglaze 
1188, desdegne 1476, achompagne 61, porte 1072, brame 1031; 
nous avons donc préféré cette désinence hors de rime: porte 1027, 
salve 222, donc 923, mostre 60; des autres conjugaisons en -a, 
comme dans les rimes: despona 1482, chrescha 172, enchrescha 
850, archoia 80, archoglia 795, viva 1010, stia 1307, pluova 1496, 
chluda 557, muora 262, deserna 703; en outre: abia 546, 875, 
sia 266 et passim, prenda 481, debia 798, toia 1233, plagua 26, 
planza 1352, etc., fuza 1069, faza 437, ponza 1182 (formé sur 
Finfin.?), fiera 1110; enfin les plur. refrescha 176, planza 62, chre- 
scha 929, tasa 1375 (à la rime), vada 1376, abia 637, rechline 152, 
1376 (à la rime). 

Formes incertaines ou fautives: sogni 874 CK, porti 1027 
CFKR, triemi 885 CR, dischiaci 1189 K, desdegni 1476 GKQ, 
mostri 60 CDKQT, stirpi 580 K, straci 572 G, acompagnî 61 
BCKR, lagni 63 BCKR, bagni 65 BCKR, entri 729 K, doni 923 
BCDFKQR, spiri 926 R, se Jamenti 62 G, vadi 1376 Bd, fuzi 1069 
G, debi 798 P (dei R, indicat.?), si 1302 T (sie 1278 F est peut- 
être si è), queri 1034 F; lasse 1032 P, prende 481 P, pianze 62 
B, fasse 1032 G, redime 152 C (faute pour recline); spoltro 175 
Q; acompagna 61 G, lagna 61 P, bagna 65 P, domanda 74 BKPQR 
(indicat.?), desgiaza 1189 FP, desdegna 1476 S, porta 1027 BG; 
sogna 874 F, tréma 885 FP; piaza 1352 F (piagia K), dia 923 P, 
convenga 780 P, ponga 1182 CEFKPQR (punga T), muoja 262 K, 
parta 1510 Q, vegna 1497 F. 

56. Vimparfait est le temps préféré de l'auteur et alterne un 
peu capricieusement avec le parfait (1062— 63, 693- 94, 136 — 144). 
IjCs copistes échangent souvent l'un contre Fautre, à cause de leur 



IMainle de la Vierge. CXXV 

ressemblance extérieure sans doute, mais non sans la pensée d'amé- 
liorer le texte (164, 1821, etc.). Les exemples abondent et n'offrent 
rien de remarquable. 

I. stava (à la rime) 115, 689, 106, 1259, spetava 166, chon- 
servava 303, chridava 117, parlav'io 575, stav'îo 889, zitava 1297, 
squarzava 1297, menava 1295, rabiava 1328; volea 1329, solea 242, 
potea 105, etc., poteva 165, etc., chredea 107, 614, fazea 1236, 
bateva 117, vedeva 278, vedea 275, etc., chognosea 354, aveva 465, 
etc., era 432, etc., iera 466, dizev'io 888, 1264, aldiva 108, etc, 
sentiva 280, 410, et de même desernia 965 (cf. desernito § 50); 
phir, manque; pour II. sing. et phu'., v. §§ 47, 48. 

Variantes: sont formées sur le type de la quatrième, outre 
desernia: faciva 1236 P, bativa 117 P, aviva 465 P, et peut-être 
vedia 275 R, diciv'io(?) 888 K (le cas inverse: credava 189 K), potîa 
271 (273, 274) R, bolia 277 R (volia 270 R); avi 465 G, poti 274 
P (parf.?); posse(v)a 274 (470, 509) Q; dans K, la désinence habi- 
tuelle est -vo (parllavo 575, facevo 1236, dicevo 1264, avevo 502), 
ero 1130, udivo 109, de même battevo 117 Bd, aveve 465 T; 
stev'io 889 F (stago P, formé sur dizev'io, comme stago surdigo; 
statu 1017 F, doit être pour stavi); géra 466 D, v. § 3; 

III. schlopava 76, montava 119, stava 229, manda va 139, 
aprosimava 592, desligava 663, potea 167, cliorea 232, deschorea 
1163, plovea 141, dolea 498, 1327, solea 598, parea 594, 616, chog- 
nosea 290, 426, fazea 199, 290, liquefazea 1197, resplendea 350, avea 
352 et passim, iera 8, 9 et passim, era 250 et passim, ensiva 593, 
chopria 231, apria 332, vegniva 184, 346, sostegniva 110, sostegnia 
112, 1231, tegnia 738, valea 1316; plnr. sonava 328 (sg.?), sputava 
102 (sg.?), chridava 262 et passim, chridavan 983, achusava 264, 
andava 706, servava 1173, erava 667, adorava 1063, chantava 1052, 
stava 104 (sg. ?), stavano 438, destendeva 693, sfendea 981, batea 
984, vedea 283, fazeva 249, dizea 223, chresea 153, perchotea 103, 
226 (sg.?), tolea 224 (sg.?), parea 690, dovea 527, planzevano 391, 
avea 337, aveva 1061, era 113, 1160 et passim, tegniva 414, vegniva 
503, dormia 191. 

Formes exclues: vigniva 346 T, faci(v)a 199 PQ, stadiva 185 
P; plovia 141 E, paria 1161 B, discoria 232 R; giozavan 1160 F 
(gocciavan), cantavura 1052 E^, copreva 231 P, coreva 232 P, te- 
neva 414 BP, veneva 184 P; sostengneva 110 K; géra 627 (1073, 
1158) D, steva 104 G (cf stev'io 889 F); plove 141 D (parf.?); 
stasea 440 DET (remodelé sur faxea 199); battien 984 R, parien 



CXXVI A. Linder. 

690 E, chresîen 153 B) chresceon Bd), vinieno 503 E, dorniieiio 
191 R; avîvano 1061 P, facivano 249 P, disiva 223 Q, ierano 113 
B, eron 85 Bd. 

LHmparfait du conjonctif est de beaucoup plus rare: le poète 
préfère parfois le présent à Firaparfait, vv. 1027, 1031, cf. Muss., 
p. 22. La premièi^e personne du sing. et la troisième, sing. et 
plur., ont une forme commune en -e, la deuxième du sing. et du 
plur. se confondent avec les formes correspondantes du parfait, 
cf. § 16. 

I. fese 193, fose 198, avese 336, dovese 1095, potese 790, 
1224, vedese 1324, sentîse 764, parturise 801; 

II. avisti 841 et avesti 515, fusti 542, chadesti 524, savistî 
763; pi savesti 126; 

IIL lasase 1032, enfermase 1030, zustifichase 1034, deventase 
615, 1028, mostrase 1065, fese 250, dizese 744, i)lanzese 115,411, 
chognosese 246, 298, ardese 519, dolese 409, pendese 521, potese 
406, volese 1317, avese 248, etc., fose 242 et passim; p/wr. bastase 
189, stese 1087. 

Formes exclues du texte: fexi 193 (pf?) G (sentesse P, -isse 
R, fusse K, fosse Q), vedessi 336 R, sentissi 764 C, potessi 790 
KR, dovessi 1095 K, vedise 1324 G (vedessi K), avese 841 FK 
(avisi D), avissi 515 Q, caçessi 524 ï f-esti D, v. § 16), fosso 
499 E^ (fossi D), alçidesse 298 D; istesino 1087 K (steseno P); 
potessi 523 Q (podese G), est sans doute poté-ssi (cf. tolese 
1233 F). 

56 a Les apostrophes fréquentes ont amené beaucoup d'm- 
pératifs (quelque 150): sing : fa 60, 974, 1506 (une douzaine; sou- 
vent fa che, pour exprimer un précatif), famé 566, sta 86, dame 
1301, 1313, 1482, damel 1311, vateu 773, lasa 796, chala 1217, 
zira 1038, posa 701, ascholta 719, anonzia 1040, 1043, inchlina 
683, 1497, oserva 1275, varda 1264, 1267, 1275, chonsidera 1273, 
rechorda 1479, rechordate 882, te chonforta 339; vedi 257, 1084 
(une douzaine), ve' 746, vien 648, planzi 60, 379, volzi 713, spandi 
1037, 1038, intendi 720, 722, audi 722, audi et exaudi 1394, aldi 
714, 998, oldi 601, 611, apri 714, 994, sorbi 1113, dime 35, 379, 
381, 756, sopelisi mi 1314; plur.: pensate 173, 1078, 1384 (une hui- 
taine), lasate 487, 1035, levate 192, 1385, mirate 578, 587, vardate 
1181, perdonate 483, fate 175, 176, 580, 1189, famé 491, fa 492, 
imaginave 744, abiate 479, 1387, siate 473, 474; vedete 344, 1361 
(une quinzaine), tolete 486, 492, plovete 1199, movete 1200, aten- 



Plainte de la Vierge. CXXVII 

(lete 1149, spandete 1201, planzete 57, 398, 1348, 1351, chognosete 
1036, aldite 132, 1858, venite 1198, dite 1022 (non far 771, no 
me dar 847, non ehreder tu 1306, non chreder 1302, non temer 
1008, 1009, non eser 712, 1401, non te aflizer 848, nol sopelire 
1313, enfin les impératifs latins: ave 1, 1124, toile toile 285, flecte 
576, venite 1508, dîgnare 1402). 

Formes incertaines: anontie 1040 (1043) P, olde 601 B, sepi- 
lisse 1314 Q (-élise B), âpre 714 Q, 994 E, spande 1037 E, pianze 
379 P, volce 713 Q, vede 259 E, 713 Q, vête [ve-te?] 829 (832, 
833, 883) Q, cf. viti § 52, ve 897 F (faute), vidi (1084 1107, 1108) 
P, sepelisti 1314 E (sop- C), pianga 60 C, aud 1394 Q, voljati 
474 B, fati 491 BG, 175 (492) P, 580 Q, perdonati 483 B, siati 
473 (474) DP, levati 1385 P, pensati 173 K, 475 (1020, 1258) P, 
mirati 1181 B (guardati EPQ), habbiati 1387 PBd, toleti 492 B, 
vedeti 345 (1187, etc.) P, voleté 492 G, veueti (lat.) 1508 G, pian- 
zeti 57 BFQ, 398 B (piageti 1348 Q), piançiti 398 Q, moviti 1200 
PQ, sapeti 343 R, veniti 1198 FPQ, 1508 Q, olditi 132 Q, atendite 
1149 Q, piovite 1199 Q, vedite 344 et passim Q, tolite 486 (492) 
Q, togliè 492 K, piovè 1199 K, piançè 1348 D, abiè 479 F, fe 491 
EF, 492 CF, lasè 487 G, imagineve 744 F. 

55 b. Le futur est, après le conditionnel, le temps le moins 
usité dans notre poème. 

A la rime, la première personne du singulier se termine tou- 
jours en -ai: II 9 — 10 mai: guai: chomenzerai, VI 47 — 48 sai: 
dirai: guai, dans le corps du vers, tout aussi constamment en -ô. 
Comme à la rime les copistes ont cherché à éviter les formes en 
-ai, il faut qu'à plus forte raison ils Taient fait dans Tintérieur du 
vers. Or il se peut aussi que le poète qui n'aime guère les rimes 
masculines, v. p. XLiv, et qui se montre un peu épris de la langue 
de la Divina Commedia, se soit réservé les formes à désinence fé- 
minine pour les rimes. Voici les formes non citées du futur: 

I. porô 342, averè 493, 570, ser5 1378, farô 314, 869, diro 
241, viverô 1240, meterô 81, pi. manque; II. farai 56, serai 553, 
1337, sera 944, v. §§ 24 /*, 48; plur. avrete 1194, dolerete 1195, 
farete 1389, vederete 1386, fuzerete 1390, vegnirete 1391, direte 
400; III. darà 450, 903, paserà 1102, sera 67, 875, 1365 (une 
dizaine), naserà 16, asenderà 18, vegnirà 400, 961; plur. sera 1507, 
serano 898. 

Variantes: comenzarai 86 E, avorô 493 E^, ar5 570 K, vorô 
253 D, poterô 342 EP, potrô 77 GR, 342 F, 392 B, sarô 1378 



CXXVIII A. Linder. 

FKR, etc., durera 77 B; vinerô 56 R, finirô 786 P; oldirai 719 G 
(oderaî P, udiraî R, saperai F); sarane 902 R, fia 874 R, însirà 17 
(18) G, usirà 18 (1365) F, enserà 18 P, verra 400 (961) CK, deverrà 
961 R, vira 400 B, 961 F, averà 401 DEQT (p) , avrà C, arà 
BFG), fra 586 BG; averiti 1194 PQ, vederite 1386(400, v. §41) 
Q, dolerite 1195 EQ, farite 1389 EGQ (fariti P), fuzeriti 1390 P 
(fiicirete G, fuçireti M), vegniriti 1391 Q (veneritî P, vignereie DT), 
vorete 1193 BKBd, dorrete 1195 KR, vidrete 400 E^ (vedrete E»). 

Ijiiifiiitif est fréquemment usité et d'ordinaire, excepté à la 
rime, sous sa forme oxytone. Tous nos manuscrits, le plus souvent 
KPQ, puis BCEGRT, portent çà et là les mêmes formes qu'à la 
rime. La versification, dans la plupart des cas, nous a empêché d'en 
suivre l'exemple. Ce n'est qu'au vers 124, où tî^isti a peut-être été 
omis (cf. 968, 1110), et au vers 745, qui dans toutes nos copies 
se présente sous une forme peu satisfaisante (povolo umano est 
peut-être à corriger en povol rio e vano, cf. 220, 861, 1449, 1357, 
etc.), que notre texte a de ces infinitifs (chonsolare, liberare) dans 
l'intérieur du vers. 

Les Variantes offrent quelques particularités. Ainsi, contraire- 
ment à l'usage indiqué, toute la syllabe finale tombe parfois, quoique 
rarement, dans BEKPT, et si notre poète ne latinisait tant, il se 
pourrait que de telles formes fussent originaires. Les voici : di 
704 B, 780 ï, tradi 88 P, tuo 917 ï (peut-être méprise, de même 
que tuo 1011 DR), mostra 26 E, monstra 613 P, falsa 308 P, da 
331 T, bagna 536 K (faute, cf 534 K), porta 1305 T, esse 709 
T (cf. les cas inverses strenzerelo 568 EQ; pour adorallo 1051 K, 
adillo 952 K, v. § 24/"); ce qui semble attester une telle apocope, 
au moins pour le groupe a (cf KPT ci-dessus) des manuscrits (di 
704 B ne compte guère, le signe d'abréviation y manquant comme 
peut-être dans porta 1024 G, mostrame 26 E), c'est qu'au vers 
989, F a traduit cha portar de notre texte par ch'io porta (cf. de 
plus les formes redento 1032 F, arbo 576 K). Nous craignons même 
que porta (parfait) ne soit la forme originaire au vers 1024 au lieu 
de l'infinitif. 

Changement de conjugaison n'est attesté que pour romagnir 
1153, (man)tegnir 437 (v. les rimes IV 37-38, VII 1—2, IX 25 
— 26, X 11 — 12, et § 56) et les infinitifs possédés en commun avec 
le toscan (crocifigare, etc.). Les infinitifs en -ère, dans notre poème, 
ne se montrent jamais à la rime, et l'on n'en sait donc pas au 
juste laccentuation. 



Plainte de la Vierge. CXXIX 

Variantes: tollir 1211 E, tolîte 486 Q (cf. tolea III 18-19, V 
22—23; toii 1475, toia 1283, tuor 916, 1011, 1023), semblent impli- 
quer l'infinitif toiir, doublet do tuor (veuit. mod t(i)or, chior = cor); 
pour rosegar struchar, v. Gloss. ; pour les formes isolées (deserniva, 
stadiva, faciva, credava, etc.) v. les paragraphes respectifs. 

57. La voix passive, à moins qu'elle ne soit exprimée par un 
verbe pronominal (sen archoia 80, cf. 795, aldir non se potea 273, 
se lie va 447, s'aquista 688, se fuze 1466, se chonta 420, se sterpe 
580, se chognosea 426, se puô poner 1260, cf. 147, 742, 979, 981, 
1189, etc.), se forme à l'aide du verbe eser (eser menato 97, 195, 
eser afito 463 (sia posto 286, fo data 300, séria fenita 792, etc., 
quelque cinquante) et plus rarement du verbe star (stando chriata 828, 
star afliti 707, cf 115, 555; et avec le sens de rester: stesti aschosa 
528, stava afito 949, etc.). 

4. Particules, 

58. Adverbes et locutions adverbiales. 

a) de temps et de répction: alora 382, 1213 et alor 90, etc., 
ora 228 et or 339, mo 243, adcsso 961 (ora), adeso de présente 366, 
de présente 285, 860, al présente 256, subito 783, tosto 196, tanto 
tosto 615, si tosto 1171, plu tosto 1219, in questo 959, in questo 
mezo 1243, tanto 531, 1114, tanto tempo 377, arquanto 928, auchora 
1170, anchor non 190, in quela ora 966, ognora 168, tatora 888, 
talora 1041, omai 874 et mai 407, omai plu 244, mai non 184, 
zamai 779, zamai non 342, etc, omai (= da ora inanzi) 898, 1045, 
sempre 37, etc., (= de temps à temps?) 1060, za 899, etc., poi 32 et 
posa 34, etc., anchuoi 1131, anchuoi in questo zorno 1134, de note 
140, plu 422, etc , plu non 741, un puocho 577, pocho stando 203, 
310, plu tempo 528, anchora de plu 691, prima 97, in prima 1250, 
1463, mile volte 1205; plu oltre 171 est plutôt adverbe de lieu 
dans un sens figuré; 

b) de lieu: qui 256, etc., or qui 972, quivi chomenza 973 (ou 
qui rechomenza ?), qua 268, lï 101, etc, donde 510, etc., dove 416, 
etc., o 877, etc., la dove 949, 1136, dove 1416 (hic, lat, 622), den- 
torno 104, dintorno 211, intorno 1326, dentro 272, atorno 262, 
datorno 770, 1138, drio 196, 680, de fuora 106, etc, fuora 312, 
fuor 926, davanti 139, su 192, 434, in alto 433, etc., suso 1321, de 
sopra in fin de soto 980, via 773, etc., a destra e a sinistra 245, a 
questa a quela 1298, de qua de la 1322, d'ogni parte 539, 649, in 
ogni parte 1043, a doso 1297, zo per a doso 232, zo 32, etc. 



CXXX A. Linder. 

c) de manière et de gradation; chontînuamente 609, inprînia- 
mente 254, etc., saldamente 137, duramcnte 158, plu duramente 
992, umelemente 238, degnaraente 1470, nialanieute 860, dolorosa- 
mente 918, 951, solamentre 1182, veramentre 107, si naelein entre 747, 
maie 290, beu 40, bene 1081, chotanto 565, 718, quanto 392, etc , 
tanto 380, forte 383, 1070, plu 1315, etc.. pur 83, etc., quasi 502^ 
qualche 1109, uiolto 391, 1291, in tuto 1388, del tuto 554, senza 
raeusura 424, al raen 491, a meno 456, si corao 4, chomo 10, etc., 
chossî 25, etc., sï sparse 527, si pasionato 748, si sorda 1007, chossi 
aspra 761, asai 1003, asai e non puocho 1388, asai plu 1420, plu de 
zento ani 1223, puocho de nien 92, un puocho arliviata 1213, a 
puocho a puocho 592 (cf. 737, 735), quasi fenita 883, quasi non 
posibele 952, ben chruda 553, plu dolorosa 1144, asai plu trista 
466, plu chlarisinio 631, tanto ingorda 1005, tanto alto 469, tanto 
plena 845, tanto forte 459, raen charo 1302, tanto meno de 71, tropo 
raeio 1152, manifeste 742, per zerto 1389, per algun ato 1278, a 
pena 354, 965, a faza a faza 666, a visa de 96, a guisa de 261, 556, 
a visa et a mainiera de 195—96 (vere lat. 986); pour non, no v. 
§ 24 d) algun 496, cf § 46, semble équivaloir à nessuno, cf Stud. 
I, 185; nous préférons y voir une proposition interrogative, de pur 
ne nous semblant pas impliquer une négation; sï superflu ne paraît 
que rarement: si lo achusava 264, si se bagne 65; si li amaistrava 
156, e sVl trov5 1057, e si chridava 117. 

d) de cause: per questo 153, 282, per quelo 981, perché 256, 
etc., et la locution adverbiale soa merzede 894, § 59. 

Variantes: poscia 263 EK. ormai 899 F, in tanto 959 F (cf 
intanto che, Muss., p. 18), fiso 275 F, solo 146 G, palese 1076 R, 
u' 877—78 C, love 1416 M, denanci 139 EG, adietro 211 R, di- 
torni 1138 G, altrove 765 R, de indi 430 F, di quindi 1331 R, 
acercha 1327 M, onde 1421 G, unde 1051 F; sï se achompagne 63 
P (si se lagne Q), tu si spandesti 370 FG (li, gli?), si m'abbraciava 
382 C, si è 144 (1046, 1309 et passim) B, cf 794 P, 589 Q, 942 F. 

59. Prépositions: a et ad varient: a intender ad Otavian 7, 
apreso de 504, avanti Dio 1447, avanti d'elo 365, atorno el sole 
6, atorno d'elo 438, da torno a torno de 436, chon v. § 24 c, 
chontra natura 293, 1026; chontra zaschuna achusa 270, c. ogni 
fortuna 1433, cf. 1283, 1424, 1436, chontra de ti 1312, chontra del 
nostro nemicho 1422, defendi da 1504, da ti tuole 1456, toise de 
mi 1304, nato de ti 1415; de et di varient capricieusement dans 
les manuscrits: di (usage toscan) prévaut dans CKR, de dans BDF; 



Plainte de la Vierge. CXXXI 

dans notre texte di équivaut à dei (de illis); un mazor d'eso 8, 
davanti a 373, cf. 221, 225, 363, de fin a la porta 323, de fin a 
l'aurora 169, de tin a mi 816, da Dio al niondo 22, dentro Dio e 
l'uomo 1434, dentro la chriatura e el chriatore 1462, enver de mi 
640, in ver del ziel 1261, inver de mi 894, etc., en el lenzuolo 33, 
cf. § 39, en mi 1396, entro le tere 134, dentro el roso mare 135, 
cf. 1320, dentro el chuor 937, dentro dal chuor 1374, in forza 414, 
in forza de 1167, in cholo 352, in fin al chuor 280, in fin al zorno 
100, fin le plante 1162 (cf fin su da la chorona 1164), fin a l'oso 230, 
cf. 431, fin a la morte 830, fin a queste pêne 812, fuor d'ela 18, fuor 
de 131, 307, etc, in mezo de la via 383, in mezo di Zudei 210, 
in mezo dui laroni 330 (cf. ne fo per mezo 394), oltra el chuor 
pasa 318 (adv.? cf oltra per 461), per l'anzol 1271, per tuto el 
chorpo 1165, per plu dolor mio 464, 300, per sete 1031, po la sen- 
tenza data 321, senza pietate 993, senza de lui 570, sopra el mar 
706, sopra el chorpo 1288, sopra mi 417, etc., sopra de ti 560, etc., 
soto tera 1205, soto el manto 932, 1475, soto le choltre 173, su 
la chroze 30, etc., in su la chroze 464, su lo legno 591, etc, su 
quel viso 102, su la .soa persona 1480, sul monte 619, 666, su l'ora 
de terza 294, cf. 955, stando su chotal parlare 310; ver mi 870, 
etc, ver de lei 508, verso el ziel 384, verso oriente 1037, verso 
d'eli 472, verso del ziel 236, verso de la chroze 507, 948. 

La préposition semble manquer parfois (construction absolue) : 
batandome le maue (a mane?) e'I peto e'I volto 1289 (cura le P), 
è flazelato l'oso e'I nervo 1025, cf. 825; soa merzede 894, cf Inf. 
II, 91, expression encore eu vie (cf. grant pietade 1331 D). 

Notons des formes incertaines les suivantes: insenbre cou 1314 
D, insieme chon 1332 F, apruovo de 504 D, intro 529 F, 588 D, 
dentro 1131 D (de R, fra), entro 5 et passim D, a pe de 1314 M, 
doltra 318, 461 F, oltra a 172 P, 318 DEK, in me' la via 383 P, 
contro 1489 S, contra a 293 R, 1283 EKR, dietro da 198 R, in 
chi 1162 E (in sino KQ), annici a 1446 E, dînançi a 287 R, avante 
de 365 E, verso a 1334 F, in fino 1162 R; alta voze 384 T est 
peut-être pour a alta voze; avanti, davanti, dinanzi, inanzi alter- 
nent v. 221, 264, 1446, etc., de même verso, ver, inver, infra, intra, 
dentro, v. 1434, 1462, etc. 

60. Conjonctions. 

a) de coordination: et et e varient; et est presque constant 
dans BF, ed dans R (cf. 28 DP), e . . . e 941, e si, § 58, ne 123 et 
passim, ni 320, ni . . . ni 412, ne . . . ne . . . ne 571, et anchor 50, 



CXXXII A. Linder. 

anchora 686; o 537, 1314, o . . . o 567—69, ma 44, etc., ma si 399, 
470, 806, pur 81, 681, ma pur 414, 498, ma pur anchora de plu 
691, doucha 86, etc., de doucha 1035, or doucha 701, 1279, doucha 
perché 804, anzi 284, 682, 799, per5 607, 771, 1362; et semble indi- 
quer la proposition indépendante au vers 394; 

b) de subordination i ched 26, 31, 365; (du reste che), quando 
6, etc., quaudo che 87, 121, 433, 1344, quando . . . e che 275, inanzi 
che 1206, avanti che 881, 1246, avanti cha 989, (meio) cha 1153, 
plu cha dolze 1363, poi che 445, 516, 581, 1379 (au sens caiiBitif), 
in fin tauto ched 30—31, de fin che 562, 1308, fin che 32, 34, de 
présente che 751, si che 568, etc., in tanto che 620, chorao 1076, 
benchè 198, etc, pur che.. e che 763-64, pur quando 68, posa 
che 702, etc., se 126, etc, se non 247, etc., se pur non 489, 781, 
stu 880, 1216 (se tu 927), perché 42, 80, 199, per5 che 84, 493, 899, 
1202, a zo che 37, 1034, 1324, chè 819, 1009 (cf. 606[?], 1056), in 
far zo che 1500, onde 1497, po che 772, etc., quia lat,, au sens 
de quod 547). 

Variantes: si 644 E, 790 G, 805 R, chi 1065 (1238) Q, 1302 
R, si chi 1456 S; cha 1307 T (parce que), puosa che 702 Q (daspuo 
che G), quant 1046 D (quauto P), parte che 68 R (pur quando), 
po 607 C, al simel com 747 F, dove che 447 F, dunde che 274 F, 
unde 607 P, 1477 BFHMS, ond'io 1324 R, prima che 1246 R (ananti 
che E), avante che 1206 E, anante che 1224 E, anpuô 199 G, 
niauche 498 F, an, don, § 8; che semble omis: 952 (954, 1016, 
1390) F, 531 (541) T; et manque souvent dans G (50, etc.). 

5. Interjections. 

60 a. Interjectiens propres: o 143, etc, oimé 118, etc., omè 
1115, omei à la rime 1287, de même 6me 780; écho 1106, etc., de 
644, etc., souvent suivi d'un impératif: de fa che 566, etc., de dime 
369 et passim, de vaten via 773, de non siate 473, de non te afli- 
zer, 848, de doncha lasate 1035; de pur 496, v. § 58; or te chon- 
forta 339 (enfin les interjections latines ecce 727, 900, o 301, etc., 
vah 676, de 576, et l'impératif ave 1, 1124, et le vocatif hébreu 
Ely 957). 

De plus, l'auteur nous semble faire un usaji:e assez fréquent 
d'adjectifs faisant fontion d'interjections : topina 1327, lasa topina 
225, o trista 1342, o lasa 1343, o dolorosa 1240, etc., o trista mi 
1180, o dolorosa mi 605, o lasa mi 536, oimè dolente 452, etc II 
va sans dire que les interjections peuvent s'employer comme sub- 



Plainte de la Vierge. CXXXIII 

stantifs: chridar omei 128, 313, 1115, dirô omei 241, dir ome 780; 
et comme propositions indépemlaDteH suivies d'une proposition rela- 
tive: dolentre mi ehe 241, 1067, oimè ch'io (vœ mîhi qu») 596, 674, 
ou d'une incidente causative: oimè chè (vœ mihi quod) 776, etc., ou 
înterrogative (exclamative) : oimè chomo . . . 662, 695, etc. (cf. oimè 
quanto 697), ou d'un infinitif: o trista mi de tanto dir 1287. 

Variantes: dolenti 531 Q, dolente a me 531 et passim K, 241 
et passim R, ai 712 DT (v. § 7 a), aimei 596 F, e 1 199 Q, oy 662 P 
(or G), 578 P, die 496 et passim (de 1189) D (§ 3), dee 576 (850 
et passim) ET, vath 676 CDET (vac(c)h GK, vade P, vaha F); laso 
mi doiosa 969 F, laso topina 225 FP, v. § 36. 

C. Fonctions. 

61. L'usage de V article défini n'est pas bien fixe, surtout Article, 
avec les possessifs. Sa provenance pronominale se fait parfois sen- 
tir, les copistes le faisant alterner avec les démonstratifs (v. 258 R, 
283 FK, 1424 FS, 1512, cf. §§ 39, 42; Forn, pp. 77, 88). Il ne faut 
pas conclure de là que nos manuscrits ne s'accordent pas mieux sur 
les fonctions que sur les formes de l'article. Mais ici encore ils 
ne sont tous que rarement d'accord. Voici des exemples de notre 
texte: verso oriente 1037, de tera 428, 1331, in tera 20,413, 1066, 
1245, soto tera 1205, entro la tera 529 (eutro le tere de promi- 
sione 134), in ziel et in tera 544, 1456, a ziel sereno 180, del zielo 
e de la tera 1012, tuto l'universo 1410, d^miverso 1012, el para- 
diso 860, del paradiso 233, 589, 1429, la natura produse 520, chon- 
tra natura 293, 1026, el chorso de natura 1411, la morte séria 628, 
la morte lasa 1111, la morte no me tuol 1117, morte me bâte 899, 
de morte 1027, a morte 592, chon la morte 991, fin a la morte 830, 
che vita porte 1027, che vita se deserna 703, far morir la vita 309, 
choî piedi e chon le man 463, 512, chon piedi e chon mane 1328, de 
man 224, in mano 216, in ventre 950, nel ventre 732, 1303, in testa 
213, nel chavo suo 279, in brazo 5, 1100, 1224, fisti la paze 23, fisti 
paze 1416, a sera 1196, de note 140, tuta note 174 (tuta quela 
note 177), de tute vergogne 876, tuta la chason 813, altri signi 982, 
li altri zorni 1173, l'un sopra l'altro 708, un -Faltro 1226—27 (re 
de la Giudea 222 R), soa merzede 894, fata soa reverenza 1059, 
in so stato 1355, in luogo raio 904, per toa chortesîa 1311, per 
vostra sainte 129, soa salute 157, 283, de nostra sainte 1400, toa 
vertute 1109, tue vertute 1266, mia razone 132, toa posanza 959, 



CXXXIV A. Linder. 

toa obedienza 1502, vostro chorso 1200, chon soa forza 1235, îo 
la soa rainistra 247, de sua pasion 1195, de soa morte 819, tua 
sorela 364, el to fratelo 367, dal mio padre 811, la tua mare 611, 
è'I mio Dio 387, mio Dio è chostui 1310, le lor voie 289, chon lor 
viste 982, le vostre onde 1201, delà nostra fede 1419, cf §§ 13 h, 44. 
Nombre. 62. Le singulier et le pluriel alternent parfois (cf. Forn., p. 

16); el chuor vostro 175, 1189, zaschuno profeta senza mentovar 
el nome, che longo séria a dirli 1091 — 93, le mente vostre 176; le 
pluriel pourrait être introduit partout, cf. § 36. 
Pron. pei's. 63. Le pronom personnel est mis par pléonasme devant le 

verbe séparé de son régime par une proposition relative: la Cha- 
nanea . . . tu la exaudîsti 681, cholui . . . tu me t'ai tolto 1174, a 
zaschun . . . tu li avri 1459; o me sopelisi mi 1314 n'est guère un 
exemple de pléonasme, me étant sans doute me' ou peut-être pour 
mo, V. § 8; l'emploi du verbe pronominal est un peu plus étendu 
que dans le toscan littéraire: io me chognoscho ben che 40, cf. 
120, ben me chredeva che 189, io no me vezo altro remedio 772, 
remedîo no me truovo 1090, mi stav'io 889, 1207 (mi stava 1017: 
io stava § 41 a), se refrescha 170; se chonbate 991 et chombate 
990, aprosimarse 655 et aposimava 592; te marzisti 532, se fuza 
1069 et fuze 1146; levate su 192 (se lieva 447, § 57); précédé dun 
collectif, auquel il se rapporte, le pronom se met parfois au plu- 
riel: la zente . . . li amaistrava 154 — 56 (cf. el popolo . . . ne fer 
festa 217 R), de même qualuncha . .. a lor lasi 862 — 63, cf. 1459; 
peut-être à comparer avec quelli populo 220 E^ (cf. §§ 8, 42); 
pour el superflu v, § 41 c. 

Quelques-unes de nos copies en offrent encore plus d'exemples: 
a li pastori . . . li aperse 1055 P, il mio fiolo a vederlo 404 E, 
coluî . . . tu'l tien 544—45 G, tur me Fa tolto 1174 D; me penso 
1046 P, pensate 410 E (pour pensante?), io son io 1377 G, guardate 
1264 CP (pi.?); dans FG, tu et vui semblent alterner: darvi 1397 
F referirve 1397 G (rifarvi F) et tuo 1392—95, a tî 1400, tuo 1405; 
algun ... lor 982 F; sopelisti 1314 CE (-ite R), est sans doute 
adressé à plus d^me personne; pour lui, eso, etc., le démonstratif, 
bien entendu, va tout aussi bien: quel 381 (858, Io dito 34) F; in- 
versement: Lui che 1512 EM, cf Forn , p. 74. 

Peut-être faut-il ajouter que dune manière enfantine, mais qui 
sent bien la recherche, la Vierge parle parfois d'elle même à la 
troisième personne: vien de la trista che tanto t'en vocha 648, temi 
quela che non a vigore 1013, pensate quanta pena che sostene la 



Plainte de la Vierge. CXXXV 

dolorosa (Maria), ch'io (Maria) non vêla poso . . . 1079 — 81; quela 
che tanto dolor sostiene 715, questa trîsta che 68-4—85, cf. 613, 
646, 1146. 

Notons aussi la place du pronom dans les phrases : or te chon- 
forta 339, poi te zîra 1038 (a cause de la rime peut-être, cf. dime 35, 
famé 491, rechordate 882; dignare me etc. 1402 est citation latine) 
vedendolo portare 1294 et voiando portarme 1333, lei mostrare 613 
(farli despeto 211, etc.). 

Le pronom réfléchi se est parfois remplacé par lei à la rime Pron. refl. 
798, 1117; inversement, le possessif loro est rendu très souvent 
par suo (latinisme, cf. Forn , p. 65): chon soa forza 1235, le soe 
braze 1381, soa reverenza 1059, el suo posesore 1062, soa sainte 
157, 283, et probablement per so vigore 706. 

Le datif possessif est d'un usage fréquent, surtout quand le Pron. pos^^. 
pronom possessif se trouve précédé d'une préposition: de man li 
tolea 224, oltra el chuor me pasa 318, tu m'a el chuor averto 539 
(cf. 219, 231, 277, 280, 389, 768, 837, 899, 926, 1042, 1107, 1293, 
etc.) ; pour le pronom possessif l'article seul suffit et particulière- 
ment où le possessif pourrait paraître déplacé: la trista mare 661. 

Plus rarement, le pronom possessif est évité par une proposi- 
tion relative: l'onfesa chai fata 800, quela grazia che m'ai fata 1404, 
la voia la quai tu ai 758, la smania ch'io menava 1295, quela pa- 
sîon ch'io sento 767, cf. 1086, per la voia ch'io vezo in ti che 78 
— 79, etc.; quand le possessif serait l'antécédent d\m pronom re- 
latif, il est toujors remplacé par un pronom personnel: per le on- 
fuse de ti che 830 — 31, li apeliti de vui che 142 — 43, cf. Forn., 
pp. 63-64. 

Si l'antécédent du pronom relatif sujet est un pronom per- Pron. rel, 
sonuel, la construction latine se maintient en vigueur: vah qui de- 
struis (lat.) 676, dolente mi che mai fui nata 1067, de ti che me 
fa 831 (faxe D), tera la quai deglutisti 1112 (à la rime), vui che 
andate 1148, vui che lezete 444, etc. (cf. zente che dormite 174); 
que si l'antécédent en est plutôt un pronom démonstratif, le verbe 
de la proposition relative s'accorde avec lui: io son cholei la quai 
fo. . . e che respose 725 — 26 (à la rime), cf. 723; même construction 
après un nom propre: io son quela Maria... che te porto 731 — 
32. Inutile d'ajouter que nos manuscrits ne sont pas d'accord sur 
ce point. 

Le pronom relatif, parfois, se met explétivemcnt après un pro^ 
nom interrogatif indirect: quante spine ch'io vedcva 278, quanta 



CXXXVI A. Linder. 

pena che 410, 1079, quanto dolor che 408 (quanta doia porto 259, 
cf. 356, etc.); de même après les adverbes (et soi-disaot conjonc- 
tions) de môme provenance: quanto che 1021, quando che 87, 433 
(quando 6, 667, quanta 1180, etc., cf. qnaloncha che 862 BC, 1490 
Q, où le sens relatif du premier pronom semble effacé). 

Le pronom relatif che est usité adverbialement pour m chiu\ 
comme parfois après un substantif dans le toscan littéraire (cf Forn., 
p. 116) : vegnirà tempo che direte 400 (zorno in chnî 1 172), de même 
peut-être mo che 606 (cf. adesso com, Mich. p. 7) où, si tant est 
que mo n'est pas faute pour omo, ou bien vio, § 24, nous avons 
pris che pour conjonction, § 60. 

Si, au vers 372, che se rapporte à unguento (du v. 370), ou 
bien à toute la proposition qui précède (cf. Forn., p. 119), cela 
nous semble incertain; el che effacerait l'hiatus, mais el manque 
dans toutes nos copies. 
Pron, indéf. Le pronom quis(quam], ullus dans les propositions négatives 

aussi bien que dans les positives, est toujours rendu par algun, § 
46, cf. § 60 a. 
Temps, modes 64. Dans quelques-unes de nos copies, le présent historique 
P^^^' alterne, même à la rime, avec le parfait: viene 934 D, 155 C, 
riviene 737 F, retiene 741 CD, diviene 816 C, etc., cf. §§ 3, 52; 
pour l'alternance de Vimparfait avec le parfait y. §§ 8, 56, pour 
celle du présent du conjonctif avec Vimparfait du conjonctif, v. § 
56, pour la confusion du conditioniiel et de Vimparfait du conjonc- 
tif avec le parfait de tindicatif^ v. §§ 16, 53, 56, pour Talternance, 
surtout dans quelques-uns de nos manuscrits, de Vimpératif avec le 
présent du conjonctif, v. § 48 
Conjonctif. L^usage du conjonctif dans les propositions subordonnées ne 

diffère guère de Fusage du toscan: non so dov'io vada 125 (mais 
aussi non so chomo el ziel non s'apria 332, dime s'io te poso 
alturiare 756, non so la dove ornai me torno 1136), toa vertute 
arbasa la quai me fiera 1109 — 10, zaschadun fedel che la domande 
74, ver mi inchlina li ochi, si che . . . abia e despona 1497 — 98, non 
ai fato quelo per lo quale la morte debia 797 — 99, un dolor vien 
ch'el chuor no m'abandona 837, son quasi fenita, si . . . no me aita 
883 — 84, se desernuto avisti . . . non besognava 841—42. 
Infinitif. 65. TJinfinitif est très rare dans les propositions interrogativcsx 

non so che far se non chridar 1118—20 (cf. perché non ispiarmi . .. 
te bagna 534—36 K); de même dans les propositions comparatives: 
inanzi che chridar 1206, avanti cha portar 989. 



Plciinle de la Vierge. CXXXVII 

Uinfinitif sans préposition paraît quelquefois comme sujet: 
me fa pezo vederte 766, me chouvien dîr 780, 171, meîo me séria 
morire cha romagnir 1152-53, et comme régime: basata brama 
eser la sposa 651 (cf brami d^aldire 79), désira vardare 234, 608 
— 09 (de même qu'après sperar, voler, etc.) et le plus souvent 
après chomenzar 251, 358, etc., plus rarement chomenzar a(d}: cho- 
menzô a dormire 164, cf. 236, 331. 

La plupart des infinitifs, usités il est vrai presque toujours 
adverbialement, sont précédés de la préposition a: a dir par chontra 
natura 1026, 1029 — 30, a dir non pareria posibele 952, no me par 
grave a domandar 52 — 53 (cf. pourtant §§ 13 A, 30), longo séria 
a dirli 1093, temesti a tuor 1011, a star non se desdegna 548, 
non se desdegnô à tuor . . . anchor per vui portar (porta, cf. § 
56 A) 1023 — 24, el icra plu el dolor che a dir non suona 1168, 
a dire che (c'est-à-dire) 800, a sentirla 75 (cf. 73, 115, 348, 908, 
1022, 1158, etc.), a dir la lengua mancha 208, te produse a 
far 520—21, 537-38 (notasti per far 529-30, per chomplazer 
212, 220, etc.); F offre un exemple douteux: pote a farse 523, cf 
Muss., p. 12. 

I/infinilif précédé de la préposition de est de beaucoup plus 
rare: ched el te plagua de mostrarme 26 (ou demostrarme, § 29), 
besognava a mi de parturire 842, mostrà d'aver 618, m'abandono 
d^eser 487-88, aparechiato d'eser 255, trista rai de tapto dir 1287, 
cf. 244, 685, 741, etc. 

66, La construction du que retranché est très usitée, mais en Accus, cum 
général après les verbes habituels: vedendo el mio fiol eser tradito , . . e ^^M- 
poi ligato . . . eser menato 94—97, cf 160, 194>~95(235), 273- 80, 329 

- 30, 404, etc.; aldote ferir 122, cf 269, 273, 736; tante saite me 
sentiva . . pasare 279-80; fève andare 133, cf. 128, 783, 213, etc.; 
vui lasô pasare 137, cf. 796, 1035, 1111, etc.; de plus après chreder 
et pensar: morir me chredea 107, morir se chrede 482 (io chredea 
vegnir 1156), pensando a nui per ti tal grazia dare 1468, où le sens 
passif de Tinfinitif fait soupçonner un original latin (talem dari). 

Notons encore l'infinitif avec son sujet superflu: per chompla- 
zer Pilato a qui . . . el fe 212 — 13, cf. 287—89, et la construction 
assez laxe: lo mio fiol to tolto dai Zudei per menarlo a chruzifigare 
311 — 12, où ce dernier infinitif semble avoir un sens passif (cf. le 
fr. on le menait pendre); 

67. Le gérondif parfois alterne avec Tinfinitif, mais seulement Gérondif. 
dans une proposition exclaraative: dando . . . e tuor 916, 917 (915). 

Linder: Plainte de la Vierge. *^ 



CXXXVIII A. Linder. 

Il est, pour plusieurs raisons, tout à fait incroyable que la leçon 
e^ tuô (io toglio) qui s'entrevoit dans les Variantes soit la bonne. 
La construction toutefois semble amenée par le premier gérondif 
dando au vers 915, qui pourrait être regardé comme participe. 

68. Le gérondif abonde; en voici quelques exemples: chossl 
planzando [io] e prosimaudo [el zomo?] a sera, liquefazeame el 
chuor 1196—97, non so chomo el chuor non s'aperse, chludendome 
[io] 931 — 32, puocho stando (io?) . . . Io mio fiol fo 310—11, 
stando (io) chon gran duolo . . . Io mio fiol 1243 — 44, chossi di- 
zendo (io) . . . el zonse 1070—71, tenendo (io) . . le done me toise 
1235, le plaghe mie... pensando (io) 170 — 71, voiando [eli] por- 
tarme . . . io chomenzai 1333 — 34, stando . . . destesa, batandome le 
mane el peto, Zoane chon le done m'ave presa 1 288— 90, per quelo 
e vedendo . . . tuti chridavan 981—83; enfin avec le sujet superflu : 
stando el mio fiol. . . el fo chonduto 185—87. Il va de soi que 
dans quelques-unes des copies, le gérondif est parfois remplacé par 
le pt. parf. (penada 888 G). 
Participe. 69. Le participe absolu est relativement rare : dito questo . . . 

non restete 402, fata soa reverenza 1059, inchlîuato el chapo 970, 
et avec la préposition superflue: po la sentenza data 321; Texemple 
suivant est aussi un exemple d'anacoluthe: despoiato de la vesta. . . 
li ochi velati e chon la chana in mano, chossi el mené 215 — 17, 
cf. 311-12, § 68. 

69 a. Le participe parfait, dans quelques-unes de nos copies, 
re8t« parfois indéclinable: t'o chiamato 996 F, t'o pregato 1003 
DGR, la morte serebe stato 628 BP, loro venuto 1058 Q, lî spiriti 
eran fato 503 F; dans chon li piedi . . . fichato 512 CD, ce dernier 
mot se rapporte peut-être à fiol, cf. §§ 36 — 37. De telles formes 
ne sont point admissibles dans notre poète latinisant. 

70. La construction et Fem])loi de quelques verbes méritent 
peut-être d'être remarqués: plovea la mana (transitif) 141, paserà 
la toa 1102 (trapasa 1107 [pasa FR], pasava, intr., 1177, etc.), levate 
su 192 (levate, trans., 1385, cf. 1331, 428, se lieva, pass. 447, cf. 
§ 63), pichava 1226, cf §§ 17, 70), a chui ofendi 565 (che BG, cf. 
a mi ofende 1145 DQ), far plu tosto (absolu) 1219, fioli pruova 
1352 (provar pena 455, p. grameza 1369), vegnir palido 597, veg- 
nir mancho 503, 897 (a mancho G), vegnir a meno 184,456, veg- 
nire a portar 1095—96, devene 816 (venue, cf. demostrata 15), menar 
smania 1295, menar doia 994. 



Plainte de la Vierge. CXXXIX 

Pour diventarc le poète abuse de farsi^ eser fato (cf. Tusage 
de fîr dans les dialectes du Nord) et montre au reste une cert>aine 
prédilection pour ce verbe: ancilla son fata 727 (f. maistra 243), 
fata in pena 1 1 06 (torna in torniento 1 1 39), fata bruta 347 (f. 
degna 546, f. paza 670, f. mata 664), parea fato arzuro 977, son 
fato chom'è el pelîchano 746 — 47, e^ fato rio 682, me fi fervente 459 
(cf. tal mi fec'io, Inf. XIX, 58; cf. 140, 146, 199; amara se rende 
1147, deventase oschura 615, 1028), far vera 638 (f. asedio 770, f. 
arsalto 437), far morte 485 (portar morte 1024, tal morte sofrire 
804), far lamento 771 (f. tedio 774, f. zoia 849, f. pena 849, f. 
vitupero 249, far despeto 211, dar noia 847), far paga 586 (f. 
dono 491), far vita 1116 (aver vita 1144), far pechato 357, 484, 
far perdone 375, far le lor voie chontente 289, me farai d'ogni 
voglîa chontento 56, fa che 492, 557, § 56 a. 

Lie double acctisatif dans beata me de dire 1154 (cf. ch'io par- 
turise el suo fiol mortale 801, ch'io non te sentise présente 764) 
doit être latinisme (cf. io dico ai vino vino, al pane pane ed a Lei 
bella: yappelle les choses par leur nom, c'est pourquoi je vous qua- 
lifie de belle). 

70 a. Les constructions elliptiques sont assez rares dans notre Ellipses, 
poème: et elo a mi 757, 805, 847; tanta chlareza chomo in lei pa- 
rea 616; pour Texpression soa merzede, etc. v. § 59. 

71. L'adjectif HQ met parfois élégamment i^o\xt \ adverbe : teg- Adv, 
nir fermo 511, 545, mandava non lutana 139 (cf. fiso, etc. § 58), 

Il v!y a pas, dans notre poème, d'exemple authentique de la con- 
cordance de Tadverbe avec son adjectif, excepté tuto: tuta prona 
1247, tuta pouta 1374, cf. § 46, mais les copistes en offrent des 
exemples pour tanto: tanta grossa 1103 EK, tanta... amara 626 
GP, tanta benigna 54 E^, tanta amara 75 B, tanta pena (plena) 
739 G, tanta bramaza 1215 Q, tanti rei 798 P, tante aperte 1188 
P, tanta picola ora 1174 CKQT, tanta chrudel 1259 R; picolo, 
adjectif faisant fonction d^adverbe, s'accorde avec le substantif son 
complément dans picola d'ora 1174 F, cf. Muss., p. 25; il n'y a pas 
d'exemple tant soit peu sûr de la double négation; les copistes en 
offrent rarement: non -negun 114 DK (non -niuno P), nessuu -non 
437 K, nizun -non 1296 G, non -nisuna 493-94 G, 1126 P, non 
-nula 1126 BG; pour el è 1353 (vi sono) v. § 41 c. 

72. L'usage des prépositions n'est pas tout à fait le même Prépos. 
que dans le toscan littéraire. Une certaine prédilection pour a, in^ 

chon et per est incontestable. Elles peuvent se répéter ou s'omettre 



CXL A. Linder. 

en seconde et en troisième place. Voici quelques exemples de leur 
emploi : 

a) io son de quele 1353, de doia ponta 1374, de morte 
chomo de doglia unita 791, de doia lagremando 65, su Tora de terza 
294, cf. 955 (sî picola d'ora 1 1 74 F), schlopo de planto 930, mare 
de planto 1045 (»Mater dolorosa»), li ochi de pîeta 870 (= li ochî 
pietosi 1498, ou de pietà se rapportent-ils au verbe?), dise d'alegreza 
621, del tuto 554, d^ogni parte 539, 649, levar algun de tera 428, 
1331, de zo non ofendisti 807 (regraziar de 1472, retribuîr de 1471, 
laudar de 1403, sognar de 874, chontrito de 1509, pregno de 1478, 
plena de 1104, degno de 1409, etc.); de paraît toujours après casa: 
a chasa d'Ana 97, - de Pilato 187, 201, a cha de Cayfas 100, da 
cha de Herodes 204, in chasa de Simone 371 (cf. 1101), ce qui paraît 
d'autant plus étrange que le vénitien est plus enclin que le toscan 
à omettre cette préposition; de sainte e vita 1425, de tanta grazia 
e dono 1403, del tuo planto e lamento 1405, del tuo fiol e ti 44, 
1501, d'ogni doia e dolor raisto 907, de inozenzia e puritate 1445, 
de justizia e chastitate 1443, de la forte pena e'I grave planto 28, 
de vertute e de chostume 1426, de planto e de doia 845, etc.; 

b) a vera mente 362, vegnir a meno 184, 456, a gran torto 
257 (a torto 128 R), a gran deleto 174, a plu guai 992 [a est peut- 
être verbe, cf. in guai 1116, chon guai 946), a si gran duolo 31, ad 
alta voze 284, 384 (in voze altane 1332, chon una voze forte 967, 
chon plana voze 509), a pena 354, 965, a mesura 522, a ziel sereno 
180, al zielo 983, lo portai al templo 1099 (in el templo se fese el 
vélo 979), al planto e al raento 1137, ad aquilone 1039 (spandi 
verso oriente 1037); l'usage en est plus étendu dans les Variantes: 
a çascuno era paçe 9 Q, vedendo a quela 659 G, a tal morte morire 
804 P, che a ziô chonsente 920 F, temer a 1008 T, 1011 D (temer 
de 1008 1011 R), a mi fiere 1145 Q, me bâte al flancho 899 Q 
(cf. § 39; bâte a le to porte 995, a ço taque 1051 Q (de zo KP, 
unde F); pour apri cholei 994, lei mostrare 613 v. §§ 42 6, 41 c. 

c) in figura 15, in schrito 1260, in oblio 1365, in chontumazia 
43, in forza 414, in forza de tre chlavi 1167 (chon soa forza 1235, 
per forza 1293), chadi in tera 413, in cholo 352, in testa 213, in brazo 
5, etc., in panî 1058, in ognî parte 1043, in tal aspeto 207, in chotal 
stato 185, in so stato 1355, in questa pena 996, in toa presenza 867, 
in mia presenza 300, 1063, in tera 205, 1456, etc., in zielo 1456; 

d) involto chon prezioso unguento 1318, desprisiata chon la 
mia persona 116, stava chon la faza inchlina 229, chon la chana in 



Plainte de la Vierge. CXLI 

mano 216, chou le man al zielo 983, chon lor viste 982, chon le 
raeute triste 984, chon doia gravosa 429, chon gran festa 217, chon 
gran grameza 822, chon dolze pregare 997, chon tal dolzeza 445, 
chon grande dolia 1229, chon la soa perfidia 1282, chon oro, mira 
e chon inzenso 1048; 

e) per pietate 1052, 1267 (chon gran pietate 508, 396), per toa 
chortesia 1311, per grazia 491, per gran doia 935 1209, per qual- 
che chonforto 1298, per plu dolor mio 464 (300^, per temanza e 
per paura 291, per quai demerto 535, per quai chasone 987, per 
si (da se?) 606, per mi fo lavato 183, per l'anzol tuo 1271, per le 
tuo mane 834, per falsi testemoni 265, per tuto el chorpo 1165, 
per a doso 232, per la via 1148, per la faza 1230, tolcte mi per 
pegno 486, lui per fio laso 902 (lasasti vîchario 621). 

D. Glossaire. 

(Allato aile forme sotto cui occorrono i vocaboli nel testo 
stanno in parentesi altre forme délie lezioni varie). 

abusion 610: derisione; ahusione 1358 (busione Q): sopruso, di- 
mentiscanza; cf. busione: bugia grande: Boerio; 

adeso: subito: adeso de présente 366; adeso 961: ora. Cf. Stud. 
1874, p. 74; adorar 1051 D, intransitivo: pregare; 

aita 884 (aidare 754 G). Vedasi A. G. III, 276; cf. aitar, 
atar: Purg. XI, 34; 

aleniato 716 (aleviato E, alîenato CF, leniato P): debole, leno; 

abna 607, 971, 1101 (cf 421 Bd, 1499 [1505] F): anima 988, 
anema 421, ecc, si veda §§ 9, 10, 24 d; aima 1487: aggettivo latino; 

alturio 759 (ajutorio EFK, olturio T, cf. 460 artorio C): ajuto; 
alturiare 1001 e passim, v. §§ 7, 16, 19; 

altane 1332, v. § 25 c, anche nel Boiardo; cf altaua e soprano; 

an 1501 M: anche, cf. 616 G, v. § 8; 

anchuoi 1131 (anchuoi in questo zorno 1134: oggi giorno), 
V. § 19; 

angustie 679 (latinisme?); angososa 202, trista e angososa 530, 
mortifichata et angososa 427, bote angosose 111, angosose e forte 
pêne 938 (angostiosa, angustiosa ecc), v. §§ 6, 11, 18; 

apresentato 99, v. § 30; apruovo 504 D: appresso; 

argoio 1016 (orgoio B, rigoio F, ecc), v. R, St. IV, 59; Z. R. 
Ph. III, 503, cf. § 34; arliviamento 1446 (alebiamento D, ecc): 
alleviamento; arliviata 1213; arqnorito 26, ecc; arsalto 437; arxnro 



CXLII A. Linder. 

977 (buro P, ecc): azzurro. Pu5 avervi parte arsura (eccessiva 
caldura: Boerio)? v. § 24 e; 

ase 466 T, v. § 7 a; 

asedio 770: assedio; asedio (osedîo M, v. § 11) 1436: nîmico; 

ato 1278: modo, parte; ati 1260: lo stesso sîgnificato ovvero 
fatti, parole; ati 1483: fatti {actay res gestœ); 

haldexa 120, 1015 1453 (boldeza, baldanza ecc), v. §§ 7, 25 a; 

branchar 1241: abbrancare, strîngere, prendere; 

buso 1323 (busco CK ecc.): buco, biigio, v. A. G. 1,457; IX, 166; 

cha 100, 204, chasa 97, 187, 1373, v. § 8; cha (quam, quod. 
V. § 13a; 

chargate 326, v. §§ 9, 1 7 ; 

chavo 279, 371, 825, 835, 1250, chapo 1184; 

chavalier(i) 1071: boja, carnefice o cavalière? Cf. Kath., p. 62; 

chi (forma méridionale?) 1065 Q, 1302 R, 1456 S: che cong. ; 

chio 836 P, chioldi 709 F [chîovo R], cf. chlavi in rima 1167, 
chlavo 709, 836, v. §§ 7, 14; 

ehognosenxa (-ança DM) 1498: discermînento; 

contare 1296 F [sbaglio per cuitare?]: pensare; 

chontumaxia 43 (condolmatia F, ecc): disubbidienza; 

chrtizifigare 312, -figato 266: crocifiggere, -fîsso, v. §§ 1, 11, 17; 

deglutisti 1112: inghiottisti, v. §§ 11, 29, cf. deglotido: Donati; 

demerto 535: misfatto, v. § 9; 

demostrata 15; deradegata e deramata 518, v. §§ 17, 29; 

desckonsolate 151, deachorando 1249, desfazo 1232, desfata 425, 
desglaze 1189, v. §§ 15, 28, 29; 

deserna 703, deserno 1277, desernia 965, desernuto 841 (de- 
çernito): discernera; 

desfito 1227: sfitto, schiodato; 

desligava 663, si veda § 24 d, c la derivazione Varroniana di 
lingua: A, L. L. VIII, 575; 

despiera 197, intransitivo, v. § 3; 

désira 234, 608, 1040; desiri 315, v. §§ 9, 21; 

diporto 1347 G: conforte; dixia 234 F (disiano R): désira, cf 
Diez. E. W. ; 

drio 196, 680, v. § 21; 

dîise 1271 (aduse G); addusse, v. § 30. 

femena 1008, v. § 10; 

fenire 846, fenita 883, 1140; finito 953; 

fesa 1276: fissa; feso 963: fesso; 



Plainte de la Vierge. CXLIII 

forbando 1254 (via forbando: Dettando, v. § 49); 

fortuna 1433; procella, cf. Purg. XXXII, 116; fortuna (dolente 
e traversa) 415: infortunio? 

géra 627, etc., D: era (< îera), cf. ge 104 B: glie; go (v. aver: 
Bo): i'ô; garonte (Donati): arô, cf. §§ 3, 14, 16; M-L., p. 254; 

giosavan 1 160 F: disgocciolavano, v. sgîozz(ol)ar : Boerio; giozza: 
P. Ven., p. 494, Pasqual , p. 77; in sgiozzo Pasqual., p. 41: in pendio; 

gladio 1107, latinismo, v. Stud. 1894, p. 47; 

gramo 583, grama 538; gramezza 122, 497 e passim: triste, tri- 
steza, è anche del Voc. it; 

golte 1254 (galte D, ecc): gote v. § 7; 

guatar 1 158 P; guardare. — inpensar 407 D : immaginare v. § 31 ; 

implagate 696: vulnerate; 

insire 404, ensiva 593; insteso 10, 1033, v. § 24 d; 

intrambi 205, 947 (trame, tramen), v. § 13 a; 

involto 1246, 1318; cf revolto 33, v. § 31 ; 

Uiga 584: lascia, v. Diez, E W.; Boerio; Riv. II, 173; 

lavnre 374; lavato 183: bagnato (cf. bagni 536); 

lementava 1018 C, v. § 7 a, cf lemeuto: Boerio; 

ligato 96, 112, 330; ligato 864 Q: disposizione testamentaria ; 

lodo 1408, 1505, in rima 1397, v. §§ 7, 25; 

lutana 139, lutane 1050: lontana (longitana), v. § 24 d; 

mainiera 195; maitina (cf. maitinata: Duc.) 186, v. § 1 b; 

me 407 T: mai; mei 635 Q: omei[?]; mestro 925 Q, maiestro 
915 Q, V. § 7 b) 

mo 610, 637, ecc: ora; mo 606: forse vio (vivo); rao per ma: 
V. § U; 

molimento 368, 1320 (mulimento, monimento, ecc, cf culumia 
e conomia: Boerio): monumento, cf G. Gr. 446, Z. R. Ph. V, p. 312; 

morto 286: ucciso, Forn., p. 235; (morto e posto: m. enposto?); 

moto 250 (muto P, cf. motto 209 R): parola; moto 976: mo- 
(vimen)to; 

neneuolo 33 F, nînzuolo 181 F, v. § 24 e; on 1491 F: in; 

onfesa 564, 1358, onfese 830, 1398; onfesa (pt.) 1286; onfesione 
1477, V. § 24 d; 

orda {< horrida) 1007 F: scortese; cf varo; 

pagura 291 P, v. § 24; pare 2 C, 811 T, v. § 21; 

pasato 1073 : morto, cf. pasar de vita 868, 881 (passo 1156 CKPT); 

pasionaio (apasionato) 31, 748: tormentato, martirizzato ; 

plaga 582, plaghe 130, 1256 c passim, v. § 15; implagate 696; 



CXLIV A. Linder. 

plagua 26: pîaccia, cf. plaque, v. §§ 52, 55; L. G. XL, 108—9; 

pluro 242: pîanto, v. A. G. XII, 421; Salv., p. 19; Uguç. p. 
12; Biad., p. 224. Boerio non registra questo vocabolo; 

pia 1460, V. § 24 e; pîa (agg.) 1394; 

pichava 1226: spîccava(iQtransitivo, v. §70),cf.Purg.XXXII, 116; 

pielego 1448, v. § 10 a; 

piere 981 (prede, ecc), v. §§ 21, 24: f; 

posa 701: rîposa; posa 34, vedi § 58; posa che, v. § 60; 

pruova 1352: porta (cf. 401, e § 70); eufemismo anche in altro 
senso, cf. conoscere, si veda Petr. ; 

puro (uomo puro) 908: solo; 

pulicmio 141 FQR: pelicano, cf. polican: Boerio; 

que, interr., 878 DET; relat, 1265 E; qui 991 F, si veda § 
24 b; queri 1034 F: possa; forse: chiera, -da; cf. §§ 16, 24 Z'; 

raina (ragina, rezina) 35 e passim, v. §§ 11, 19; 

rabiava 1328: arrabbiava; 

ramo 579: rame; rama 540: ramo (-a), v. §§ 13 a, 35; 

rasone 1360: diritto, giustizia; razone 132: raggionamento, 
discorso; 

rechovrar 1481 : recuperare; rechie 672 F, 675 CQT, 683 EFT, 
V. 13 a, cf. Boerio: rechia, rechiazza, rechin; 

repara 773: rinnuova; cf. Par. VII, 104; 

romagnir 1 153, romasi 92, 441, îo me romasi 169, roraase 1383, 
romasa 1377; v. § 11; 

rosegata 514 Q: rosicata, roduta; 

scarpiava 76 F: spolverava: Boerio; cf. scarpie: apparenze 
ingannevole); 

sechoristi 1412, sechorso 1198, v. §§ 11, 34; 

schierna 941 F: scema per smania; 

schermo 515: ombra; schiapà 76 B: schlopava, cf. scciapar 
bolognese: fendere; 

segata 542, v. § 17; 

segno 1142: bersaglio, cf. Inf. XXXI, 18; 

sogne 874: cure, cf. insognare: Boerio; 

solame 1027 F, sbaglio per bolame (velame), v. § 11, et p 
XXXVIII ; 

sonto 416 BP: sono, v. §§ 16, 55; cf M.-L., p. 246, Donati, p. 35; 

spalto 435: spaldo, v. § 16, cf. Inf. IX, 133; 

sostegnia 112, 1231, v. § 56 h; 

sovegnir, si veda vegnir; 



Plainte de la Vierge. CXLV 

sparagni 534 (cf. 166 Q): risparmj; 

sperava 1175 (cf. 166 Q): credea, pensava; 

sqnarxava 349, 1297, squarzando 389: stracciare (*exquartîare); 

sb^angosato 734: trangosciato (*extraDgustiatu8) ; 

struchandose 947: stringendoci, v. strucar: Boerio; è anche 
del Voc. it. 

svaHava 457: vaneggiava: Binî (*disvariabam) ; 

tamanta 75: tanta; tanto che 64, in tanto che 620, v. § 60; 

iemanxa 291, v. § 25 a,- cf. L.-G. VU, 208; v. Boerio; 

ternal 500 DG [aiternal C]; eternallo 1390 P, v. §§ 13 a, 38; 

titolo et eseraplo 1444 par essere tutt'uno; 

tola 1429 D: tavola ovvero tu la? 

topina 354, 587, 681, 1499, topine 150, 1378: tapina, ece. v., § 7; 

torbolente e schuro 240, torbolenti 632: offuscato, -i; 

torna 1139: si con verte, cf. Inf. XXVI, 136; 

torpensikï [cf. torpente Par. XXIX, 19] 258 K: pena, v. § 25 d; 

transfigurato 353 F: disfîgurato, v. § 26 é; 

tropo 1152: raolto; tiida 89 P: tocca, uccide? Cf tuar: Bo; 

ulimento 372 ET [odoramento F]: olimento, v. § 11; unchor 
1024 E^ (sbaglio o influenza de unque?): ancor; 

vardar 470, vardando 596, 969, varda 1264, 1275, ecc, vardi 
645, vardate 1181, revardando 397: guardar; 

varo (cf. va T, amaro CP) 712 D: avaro, v. § 13 a; ovvero: 
aspro, scortese, cf. varo Inf, IX, 115: aspro, disuguale; 

vasti 639: guasti, v. § 24; 

vediito 1135: udito (cf. vidi 200 R, vedendo 736 F); vedendo 
chon lor viste 982; vidi 408 (viti DFE): sentii, cf. il voir francese; 

i)egnir 330, revegnîr 735, sovegnir 872, ecc, v. § 24 d\ 

veiare 163: vegghiare; 

veneno 814, venenosa 1423, v. § 24 d; 

vera 638 et passim: guerra; 

verasia 892: verace, v. § 38 — vête 149 Q: avete, § 13 a; 
cf ête: J. da Todi; 

vida 1418: guida; 

viiupero 249: disonore; vituperoso 345, vituperosa 653: diso- 
norato, ecc, v. §§ 1 1, 24 f; 

viritade 1441 M per vilitate; 

xera 1197: cera, fiale; 

xiera 347, 598: cera, sembianza; 

%oia 849 et passim: gioia (< gaudia o joca o joie francese?). 



CXLVI A. Linder. 

Conclusion. H doit résulter de ce que nous venons de citer que le texte 

de l'original a été vénitien (voir surtout §§ 1, 7, 8, 18, 19, 21, 24, 
47, 49, cf. Gloss. et Rîmes, p. xlv), et de l'époque de transition (v. 
§§ 15, 24 fy 24 A, 43, 56 b, Rimes). Malheureusement nous ne som- 
mes pas à même d'en préciser de plus près le dialecte. 

L'hésitation entre e et i devant les sons mouillés (§ 5; p. 
XLiv, cf. pourtant consegio et fio, malîgnazo et malegnazo du vénit. 
propre) et dans une syllabe atone devant une syllabe dont i est la 
voyelle tonique (§ 11), la persistance du groupe cl initial^ etc. (§ 
15), et de v (w) initial (§ 24), indiqueraient peut-être une contrée 
au nord de Venise (Monte Belluno, cf. A. G. I, 411). 

L^orîginal déjà a été fort mêlé de formes toscanisées et latinisées 
(§§ 3,4, 16), et tous nos copistes en offrent bien des formes. Mais 
d'autre part ils y ont parfois introduit des formes vénitiennes, ce 
qui est démontré par les leçons fautives (cf mare 784 T, fior 18 
C, chi6 836 P, privado 910 F, pina 1335 M, sendo 193 K, perdu 
93 Q, intro 588 D [faute], lucinti 630 E, penada 88S G, di 704 B, 
sego 1501 H [faute] et même pulicano 747 R; le pluriel féminin 
ragione 132 R, le masc. plur. divote 176 R, du tosc. vulg.?) Il ne 
faut donc pas trop se fier aux copistes. Aussi avons-nous pris pour 
norme les formes de la rime. Les remanieurs, Bd et R, n'oifrent 
presque rien de dialectal (quelques formes vénitiennes, voilà tout), 
et nous les laisserons de côté. 

Dans K, les formes en -vo (§ 56), fonder, etc. (§ 51), le re- 
doublement presque constant des consonnes (§ 24 a), indiquent le 
toscan; les formes credava 189, cisschedun 1418 (§ 11), recîtalla 
(§ 24 f)j aldo (§ 7), boce (§ 24), font croire à une origine de Sienne 
(cf Hirsch., pp. 50, 17, 47, 65); annudo 1393, pinni 1058 (formes 
méridionales) sont dus sans doute au copiste son prédécesseur (cf. 
FP), de même cui 290 (§ 42 a), sperse 527. 

La langue de C est un peu moins toscanisée. Outre ses for- 
mes vénitiennes à lui (vegiù 336, aiterual 1500, lementava 1018, 
axieto 660 (peut-être graphie, §§ 3, 24 b\ et peut-être mie 469, 
quatridiano 368 (influence de dia?) giudiçcato 295), les traits qui 
serviraient à en déterminer le dialecte, ne sont que disendeva (peut- 
être méprise), sei 421, puolse 21, artorio 460 (peut-être aitorio) et 
artoriare 756. L'alternance de / et de r (spécialement It et rt) est 
commune à plusieurs dialectes du Nord. Restent donc puolse qui 
pourrait être du dialecte de Padoue (cf A. G. I, 423), par consé- 
quent vénitien, et sei qui appartiendrait surtout aux dialectes du 



Plainte de la Vierge. CXLVII 

nord-ouest (cf. pourtant omei). La copie est sans aucun doute 
toscane, copiée sur un original vénitien. T n'offre guère de formes 
qui ne soient vénitiennes (taramiote 978, ase 466, me 407, ie 155, 
çudie 283, liei 1117, esse 709, da 331, liçuol 1319 (cf. CF), prigo 
381, ninte 1325, cf. § 3 et M.-L., p. 52), ou littéraires (mundo 114, 
cf. P). Il semble que le copiste, son prédécesseur, ait introduit 
quelques formes vénitiennes (mare 784 [faute], pare 811, cf. pare 2 
C, bellegno 593, cf. beligno 38 C) et que T ait parfois voulu le 
corriger (ai va 712, cf §§ 7 a, 60 a, 8). 

H ne porte pas de traits dialectaux qui ne soient vénitiens; 
le seul propre à le caractériser serait sino 1459 (cf raino 71 P, 
latinisme?). — BEO n'offrent guère d'autres traits de dialecte que 
vénitiens: fra 586 BG pouvait être du nord de la Toscane. Dans 
B, la notation fréquente de Igi (§ 14, g dans ge 104, cf ie 155 T), 
perfito 386, luego 152, riparo 773, chonquixi 1484, chognoso 361, 
schiapà 76, trahissent peut-être un original intermédiaire de l'ou- 
est de la Vénétie; dans E, toutes des formes dialectales sont vé- 
nitiennes proprement dites, excepté peut-être pine 933 (cf. M); 
dans Oj Teffacement prononcé de /, § 24 e, Tassimilation de nd 
dans prenei 1105, pensano 1086, l'intercalation de n dans mondo 
1259 (cf. 1395 D) et de r dans fruor 1307 (cf fuoe 1042, pour 
f(î)uor), doivent être du dialecte vénitien ou des négligences; sui 374 
sera forme littéraire, cf. Stud. I, p 155; ce qui lui appartiendrait 
serait la notation c pour ç, z, § 19, et ti dans nutasti 529, § 7, 
qui auront été de la même source que les traits spéciaux de B. 
S ne renferme pas de formes particulières, excepté cunque, § II, 
tu 1456, § 13 a, qui ne décident rien, et bragi 1392, oghi 1498, 
chi 1456 (cf 1065 Q, 1302 R) qui seront méridionales (cf Par. pp. 
18, 19, ou du nord de la Toscane?), et matre 1454, 1488, latinisme 
cf Inf XIX, 115, ou forme méridionale. 

Dans F, les formes lasone 375 (cf sarane 902 R), abrazoe 
945, aima 1499, 1505 seront littéraires ou méridionales, de même 
peut-être oro 615 (§ 8); les autres (chioldi 709, § 7, cf chiolde 
1186 Q et St. F'R. 1896, p. 245, giozavan 1160, lugo 828, cf 
432 G et luego 153 B, schula 1426 D, abiè 477, ve 897, pragata 
1003, sostiente 423, § 16, pianto 973, § 24 d, chondolmatia 43, 
grando 184, quelui 354, cf DEP, § 42, strenden 987, peut-être de 
Bellune), doivent être vénitiens. Viennent enfin stato 207, dans 
une série en -eto (méridional), dane 1332 et afrena 937 (§ 24 /), 
dus à la négligence ou à Fespièglerie du copiste. Celui-ci, qui à la 



CXLVIII A. Linder. 

fin du manuscrit F se nomme frater Blaxius^ à moins qu^il n'ait 
copié jusqu'au nom du copiste de son original, s'est amusé à intro- 
duire de jeux de mots triviaux (v. 1332, cf. le proverbe vénitien: chi 
dise dona dise dano, Pasqu. p. 120), et des vulgarismes (e qui fo fin 
etcetera 1513, da lo dito 34), ce qui paraît d'autant plus étrange 
que sa graphie est soignée et que ses corrections sont nombreuses. 
Peut-être est-ce quelqu'un des copistes, ses prédécesseurs, qui est 
le coupable. La seule forme dialectale de son enlumineur est on 
1491, peut-être du tosc. vg. (dial. de Pistoie, de Sienne?); ie 1160 
nous semble forme douteuse, v. § 39. — M est reconnu être de 
Vicence; ses formes particulières sont pina 1335 (cf le dial. trév.), 
speio 1364, piatusi 1498, pipilli 1351, pulcelle 1349, lassa 1339, 
love 1416, pe 1314, tous vénétianismes. — Dans P, il y a, tout 
comme dans F et Ky quelques formes qui indiquent peut-être à 
leur source commune une provenance méridionale: pagura 291 (cf. 
Par., p. 16, Stud. II, p. 16, lombarde), vio 823 (cf. A. G. UI, 346), 
mino 71, venino 814 (cf. les cas inverses paradesso 233, sentesse 
193); sei 1002, 1302 nous semble formé sur se (sapio). D'ail- 
leurs les formes fautives vénitiennes abondent (stago 889, tradi 88, 
faciva 199, chiô 836 et probablement tri 1167, ferîo(?) 1022, giuda 
557, do 668, 1365, mio 841, dasarmata 518, et les formes analo- 
giques douteuses: cride 482, comincareno 164 (nord de la Tos- 
cane?); le passage assez fréquent de -e final en -o, § 8, et Faver- 
sion aux diphtongues ie, uo, §§ 3 —4, semblent accuser une prove- 
nance véronaise. 

Dans Q, outre les formes vénitiennes (parla 466, cf. lassa 1339 
M, perdu 93, perduo 120, mie 1314, cf 469 C, mestro 925, meo 
644, menemo 1408, multi 355, 1135, vose 289, atra 1306, possea 
274, rosegata 514, legite 444, etc.) et littéraires (puote 653, cf 174 
R, vigliare 163, etc.), il n'y a de formes dialectales que sengue 
1077, trovè 1058, restes peut-être d'un sous-dialecte plus septen- 
trional. — D est notoirement triestin; les formes à lui propres 
seront bein 40, mein 92 et passim, quant 1046, cf. grant 27, etc.^ 
velom 814, 

La plupart de nos copistes sont donc vénitiens plus ou moins 
toscanisants ou toscans. Pour FKP il faut peut-être supposer une 
source méridionale, et S lui-même sera méridional. Il faut bien 
que nous nous contentions des peut-être, nos modestes recherches 
ne nous permettant pas d'aller plus loin. 



Plainte de la Vierge. CXLIX 

IV. Sources. 

Avant d'aborder les questions qui se rapportent à l'originalité 
de notre poème et à sa place dans la littérature des plaintes de la 
Vierge, nous allons, pour toute préparation, en exposer l'analyse 
sommaire. 

Dans la première chanson, qui sous la forme d'une invocation 
à la Vierge y sert d'introduction, et dans la dernière, qui sous la 
forme d'un panégyrique en forme la conclusion, c'est-à-dire dans 
le cadre du poème, c'est le poète qui parle en son propre nom; 
les autres chansons, qui, au nombre de neuf, renferment la plainte 
proprement dite, sont censées être proférées par la Vierge elle- 
même. 

Dans la première^ le poète s'adresse à la Vierge bénigne et Analyse, 
bienveillante, en demandant d'une insistance de plus en plus ar- 
dente que, de même qu'elle a reçu elle-même des apparitions et 
qu'à son tour elle a apparu à des Juifs et à des gentils, elle daigne 
conter au poète indigne ce qu'elle a souffert quand son fils était 
trahi, condamné à mort et crucifié, afin qu'avec lui chaque chré- 
tien puisse pleurer la passion et la mort du Sauveur. Il est exaucé. 
Marie commence, dans la deuxième chanson, son récit par une 
exhortation à toute la nature à se plaindre avec elle, puisque son 
maître, trahi par l'un de ses disciples est mené en larron auprès 
de Hanna et de Caïphe, et en s'adressant aux Juifs elle tient à les 
persuader que le Dieu qui prescrit les lois à la nature et qui peut 
opérer des miracles, qui a fait sévir sur le Pharaon les dix plaies 
et qui, après avoir tiré les Juifs de l'Egypte, leur a fait traverser 
la Mer-Rouge et le Désert, est identique avec cet homme qu'ils 
ont entendu prêcher et enseigner dans leur Temple et qu'ils traitent 
d'une manière à faire horreur en l'accablant de toute sorte de honte, 
quoiqu'il ne mérite d'eux que d'être remercié et vénéré. Avec la 
troisième chanson un nouveau jour commence et les douleurs de 
la Vierge se renouvellent encore plus amères. Marie dépeint ici 
ses sentiments de femme et de mère en voyant son fils debout 
devant ses juges rivalisants, Pilate et Hérode, en le voyant flagel- 
ler et ceindre d'une couronne d'épines, en l'entendant condamner 
à mort. La quatrième est toute sur la procession du Golgatha. 
Les femmes de sa suite ont beau lui oflFrir leurs consolations. 
Jésus paraît défiguré jusqu'à n'être pas reconnu de sa mère, et 
dans sa douleur sans bornes, elle aime à croire pour un moment 



CL A. Liader. 

que ce n^est pas sou propre fils que celui qu'elle voit si maltraité. 
Ce n'est qu'après ^assertion faite par Marie de Magdala qu'elle 
s'aperçoit de la réalité dure et cruelle. Le Sauveur qui, à ce mo- 
ment, passe près des femmes en pleurs, les prie de ne pas pleurer 
sur lui. Au milieu de leurs plaintes qui vont toujours croissant, 
la procession s'approche du Calvaire, Marie à demi morte étant 
soutenue par ses compagnes. Une description de ^abandon du 
Sauveur et de la douleur incomparable que cette vue cause à sa 
mère ouvre la cinquième chanson. A l'aide des femmes, Marie se 
fait jour par la foule et voit son fils cloué sur la croix. Muette 
de douleur, elle lève les bras vers le Crucifié sans l'atteindre. Puis 
elle adresse aux Juifs et à la croix des discours pleins de répri- 
mande» mêlées de prières. La plainte de la Vierge au pied de la 
croix est le sujet de la sixième chanson. Elle s'adresse aux mem- 
bres du Sauveur, les uns après les autres, et finit par implorer de 
lui un seul mot consolateur. Le dialogue que Jésus, cédant à ses 
instantes prières, commence avec elle et les dernières paroles qu'il 
prononce en croix, sont le sujet principal des deux chansons sui- 
vantes. Dans la septième Marie se plaint d'Eve et souhaite mou- 
rir avec son fils qu'elle supplie de lui accorder encore la grâce 
d'un mot pour la soulager dans sa détresse. Dans la suivante elle 
est recommandée par Jésus aux soins de saint Jean. Jésus se 
meurt. Sa mort est suivie de miracles: la nature semble avoir 
perdu son Maître. Dans un discours un peu délayé, Marie tantôt 
défie la mort, tantôt la prie d'avoir pitié d'elle, et finit par exhorter 
les hommes à se convertir. Dans la neuvième chanson, Marie fait 
sentir combien lui sont devenus amers les souvenirs autrefois si 
chers de leur vie commune, dans lesquels elle ne voit plus que des 
ruses pour la tromper sur son sort futur, ainsi pour les adorations 
des trois Mages, ainsi pour les éloges des anges lors de la nais- 
sance du Sauv^eur, et au milieu de ce discours surviennent les exé- 
cuteurs soldatesques de Pilate, dont l'un perce le côté du Sauveur 
d'un coup de sa lance. Ici encore la Vierge s'adresse au public 
pour l'exhorter à se convertir, prenant cette fois pour point de 
départ la posture qu'ont prise sur la croix les membres du Crucifié, 
attitude dont elle rend Tinterprétation symbolique. La dixième 
chanson nous fait entendre la plainte qu'exhale la Mère avant et 
après l'enterrement de son fils. Puis nous la voyous ramener à 
Jérusalem, accompagnée de ses amies et de ses frères en religion 
qui la soutiennent, sa plainte roulant tantôt sur la ville Sainte, 



Plainte de la Vierge. CLI 

taDtùt sur les pécheurs, auteurs da sa douleur, et encore au mo- 
ineut de disparaître, en s'éloignant à l'infini, de la céleste Sion, elle 
nous exhorte à lever nos yeux vers le Crucifié pour apprendre ù 
aimer Celui qui a aimé jusqu'au delà de la mort, à pleurer avec 
elle la mort de son fils afin de pouvoir un jour nous réjouir avec 
lui et avec elle dans leur glorification. Avec la onxième chanson, 
le poète reprend la parole, comme nous l'avons dit, pour remercier 
la Vierge de la grâce qu'elle lui a faite, dans un panégyrique plein 
d'épithètes scolastiques, dont Tabus semble avoir engoué son in- 
spiration et engourdi son vol. — Tel et le bref résumé de ce poème. 
L'on y voit de loin que ce n'est pas là le simple récit de la pas- 
sion rais en vers. Le plan n'en est nullement dû à TEvangile; il 
y entre plusieurs traits nouveaux et plusieurs eu ont été suppri- 
més. Les variations, comme fond et comme forme intérieure, faut- 
il les attribuer à notre poète ou bien se trouvent-elles déjà dans 
les sources où il a puisé? Une réponse satisfaisante et définitive 
s'offre d'elle-même par une comparaison avec les modèles intermé- 
diaires qu'il aura utilisés. Pour résoudre ces questions nous allons 
donc comparer notre poème, désigné dans la suite par la lettre P, 
avec des poèmes antérieurs sur le même sujet. 

L'idée essentielle de toute plainte sur la Passion est évidem- Vidée des 
meut de faire décrire à un témoin oculaire les souffrances et la ^'" ^*' 
mort de Jésus plus nettement et avec plus de détails, et chaque 
plainte semble former un contraste voulu ou non voulu avec les 
éloges qui saluaient le Sauveur à sa naissance (Luc I, 32, 42; II, 
10, 29, etc., cf I Reg. II, 1). Puisque cette idée, dès les commen- 
cements de cette branche littéraire, se trouve précisée de telle ma- 
nière qu'en introduisant la Vierge comme témoin, on cherche à 
donner à la description plus d'intérêt et plus de vie, en même 
temps que l'on tient à la glorifier elle-même, nous devrions nous 
attendre que sa propre louange, lors de la Visitation auprès d'Eli- 
sabeth (Luc. I, 46), eût provoqué à l'imitation, en d'autres termes, 
à trouver, dès qu'on avait à satisfaire à l'intérêt pris pour les faits 
et les paroles de la Mère-Dieu (expression orthodoxe fort usitée 
après le concile œcuménique d'Ephèse en 431), une plainte de Marie 
sous une forme lyrique aux parallélismes caractéristiques de la poé- 
sie hébraïque, de même qu'inversement nous .ivons trouvé le Stabat 
mater refait en une chanson jubilaire sur la naissance du Sauveur 
(L. H., II, p. 421; cf. Sab., p. 329). 



CLII A. Linder. 

Drame Ce serait là le développement rationnel. Or il n*en est rien. 

grec (I A). ^^^ plainte de la Vierge la plus ancienne que nous sachions se re- 
trouve sans aucune trace de calque sur un original hébreu et sans 
aucun essai sérieux d'imitation de la poésie hébraïque et, qui plus 
est, sous une forme presque inconnue aux Juifs, nous voulons dire 
une forme dramatique ou qui se donne pour telle. C'est là la partie 
la plus ancienne des trois drames (Journ. 1849, p. 13 et suiv.) qui 
ont été fondus en un seul dans La Passion du Christ (Eli. I) *), 

*) En voici l'analyse sommaire. Dans le prologue le poète dit vouloir 
exposer la Passion sous nne forme classique ; les mystères y seront énoncés 
par la bouche des initiés. La Mère- Dieu ouvre la pièce par un monologue 
où elle se plaint de la ruse du Serpent (v. 1), qui a fait tomber les hommes 
dans le péché, dont les suites funestes les poursuivront jusqu'à ce que la 
prophétie de Siméon (Luc II, 35) soit accomplie et qu'elle perde son fils (v. 
30). Or jusqu'ici le monde gémit sous le joug du péché, et Marie, à l'égal 
d'Eve, souffre profondément d'angoisses et de chagrins. Etait-ce bien là ce que 
lui avait promis l'ange Gabriel? Pour sa part, elle ne recule point devant la 
pensée de traverser avec son fils la Vallée des Ombres (v. 88), mais elle veut 
prendre les conseils de ses amies. Ces dernières, formant le chœur, cherchent 
à préparer son esprit à la nouvelle de la mort de Jésus. Elle rejette la pen- 
sée même d'une telle possibilité comme un blasphème (v. 113). Survient un 
messager, qui apporte la nouvelle de la trahison de Judas (Math. XXVI, 47) 
après la Cène et de l'arrestation de Jésus (Jean XVIII). Ici s'intercale une 
verte réprimande à l'adresse du traître (191 — 264); «qu'elle soit faite, par un 
homme on par un ange, cela restera incertain (265)», harangue où Judas est 
représenté comme l'instrument sans volonté pour le salut du monde (cf. Jean 
II 25, VI 70, et l'opinion de quelques sectes guostiques). Marie exprime sa 
douleur par des invectives contre l'absent (v. 267 — 357), où l'on a voulu voir 
les pensées de l'auteur sur l'apostat Julien, après quoi elle veut aller voir 
son fils. Entre alors un autre messager, rapportant que Jésus vient d'être 
condamné à mort par les anciens et les scribes. Dans sa profonde douleur 
la Mère se regarde comme déjà morte, et sur la nouvelle du messager que 
Jésus a été condamné à être crucifié et que ce matin même il sera mené au 
Golgatha, elle s'apitoie sur le sort des Juifs qui, dans leur aveuglement, 
attirent sur eux la malédiction du Ciel (419—36). Le chœur trouvant ce 
discours étrange au moment même où son fils est en péril de mort, elle 
lui rappelle son immortalité (440), et elle a pour réponse qu'elle n'a qu'un 
pas à faire pour voir de ses propres yeux ce quelle s'obstine à ne pas vou- 
loir croire (441 — 43. Jésus traverse la scène). A la vue de son fils en 
chemin pour le dernier supplice, elle se souvient de la Salutation angélique 
pleine de promesses, a quoi le chœur répond que Jésus avait prédit lui-même 
sa passion. Dans son amère tristesse Marie pousse des cris après Jésus (454), 
le priant de ne pas tant se presser, de lui accorder un mot consolateur ou 
bien qu'il lui laisse embrasser ses pieds (465). En désirant la mort elle se 
jette dans les bras de ses amies (473): bientôt elle a changé d*avis et se 



Plainte de la Vierge. ClJlt 

drame attribué à Grégoire de Nazîanzc (f 389) et qui n'a assurément 
pas été écrit en vue de la représentation. Mais comme ce centon, 



demande comment se soustraire À la vengtiance des Jaifs (474). Le cbœur 
Tcxhorte à éviter la foule et h se rendre sur une colline, d'où elle puisse tout 
voir. Elle réplique qu'elle n'a pas de raison pour éviter la mort, une mort 
prématurée lui étsnt la meilleure, mais qu'elle suivra leur conseil (604). Ob! 
elle avait bien le droit de s'attendre à une vieillesse vénérée, puisque son fils 
reviendrait juge de tout le monde, quoique pour le moment en proie à l'envie 
et à la haine de ses compstriotes. Ses compatriotes à lui (510)? Parfaite- 
ment. Il le faut bien, puisqu'il est son fils à elle. Miraculeuse fut sa nais- 
sance, sans douleur il est né, et sa mère resta vierge. Elle s'abîme dans les 
souvenirs de son enfance, de son bonheur au sein de sa famille (588 — 52), elle 
prétend avoir vécu dans un maringe apparent, la fiancée du Très- Haut. Le cbœur 
confirme cette dernière assertion, en appelant au témoignage de la sage-femme 
(cf. Prot. Jac, Tdf , p. H6). Marie démontre ensuite la nécessité de la mort do 
Jésus pour le salut du genre humain (570), et donne cela comme raison pour 
l'adoration de son fils et finit, pour se consoler, par prédire sa résurrection et 
son ascension (689). Elle se réjouit de savoir tout cela lors même que la 
douleur fait taire en elle la voix de la raison (595). Le cbœur la remercie 
de ces confidences. Chansons lyriques s'échangent entre le cbœur et la mère 
qui sent son chœur partagé entre l'espoir et la crainte, tantôt exultant, tantôt 
désespérant, an grand étonnemcnt de ses amies jeunes et vieilles (606 — 38). 
Survient le troisième messager (saint Jean?), qui dit avoir suivi de près le 
Sauveur durant tout le temps. 11 faut bien se presser, car le Sauveur n'a 
que quelques moments à vivre (651), nouvelle qui de môme est reçue avec 
méfiance de la part de la Mère, qui s'étonne de ce que Ton remette eu question 
un tel accident (652 — 50). Le mcssnger, après avoir narré la sortie de Jéru-. 
salem (657), dépeint comment le Sauveur, cloué sur une croix qui se perd dans 
les nues (cf. Fragm. de l'Evangile de Pierre et Téobelle, Gen. XXV] II, 12 
prétendu prototype de la croix), a été frappé sur la tête avec des cannes 
(667, peut-être d'après quelque leçon. Math. XXVIII, 33 ou Marc. XV, 29). 
Marie, en laissant éclater sa douleur dnns des cris, prie le chœur de l'accom- 
pagner; elle va faire ses adieux à son fils chéri (068. Changement de scène). 
Marie en soupirant dit ne plus recouattre son fils, autrefois si beau et si pur 
(695). Est-il possible que Dieu ait voulu une telle horreur, est-ce que Jésus Ta 
permise lui-même? Malheur au traître, malheur aux meurtriers, malheur à Eve! 
L'espoir est étouffé par les douleurs. Jésus alors recommande sa mère et 
saint Jean l'un à l'autre. Son heure est venue d'après les prophéties, et sa 
mère doit se réjouir que la dette de l'huninnité soit payée (737). Pour sa part, 
elle ne peut pas ne pas s'émouvoir pour son fils et sur le sort des Juifs (741). 
Elle n'est qu'une faible femme qui, tout en voulant espérer, se laisse vaincre 
par la craintOi et 'ne voyant pas de remède à sa douleur, le supplie de ne 
pas la laisser seule (760, 775). Elle sait bien que ses bourreaux auront leur 
peine méritée et s'apitoie sur leurs descendants (790). Le chœur se dit té- 
moin d'une douleur bien autrement amère. C'est celle de saint Pierre qui, 
écrasé sous le poids de ses remords, n'ose approcher de la croix (cf. Pianto 
Linder: Plainte de la Vierge. H 



CLIV A. Llnder. 

de l'unité duquel on n'a pas hésité à prendre la défense (El). I, p. 
Lxxii), ne semble pas avoir été connu dans rOecident avant la 

III 28 — 29). Sur Vintercession de la Vierge il est pardonné. Jésus, de son 
côté, intercédé auprès de sa mère pour ses meurtriers, clémence qu'cUe trouve 
admirable. La catastrophe s'ensuit rapidement. La conversation a épuisé les 
dernières forces du Crucifié, sa tête sans vie tombe sur sa poitrine (851). Sa 
mère ne peut pas, ne veut pas croire ce qu'elle voit. Est-oe que le maître 
de la vie peut mourir? Les agitations de la nature semblent l'attester (892). 
Les sentiments de sa misère et de son désespoir sont plus forts que son sa- 
voir. Pourquoi ne lui est-il pas permis de mourir avec son fils (887)? Seule 
elle reste là, toute sculette et abandonnée. Jésus reviendra sans doute, 
mais jusque-là, au moins pour le présent, elle est plus morte que celui qui 
vient de mourir (899, 905). Hélas, que n'eût-elle pu mourir pour luil Per- 
sonne pour qui rester en vie (899, 905). Inutile alors la fuite en Egypte 
(909): son fils ne sera pas le soutien de sa vieillesse, sa beauté est flétrie 
(921), les accents de sa voix ne parviendront plus à son oreille (921, 926) 
Saint Jean fait de son mieux pour lui inspirer du courage et de l'espémncc. 
Le maître est mort d'une mort volontaire afin de pouvoir donner une nou- 
velle vie à l'humanité (935). Elle sera la bienheureuse entre les femmes, 
sa gloire sera répandue par toute la terre, des temples s'érigeront à sa 
gloire (966), et pour dernière consolation et qui l'emporte sur toutes les 
autres est alléguée sa résurrection (1015, 1030). Le chœur ici semble enclin 
à douter de la Salutation angélique (1032). Le côté du Sauveur ayant été 
percé, la mère se plaint amèrement de la difficulté de le détacher de la croix 
et de l'enterrer (1110; le chœur n'est plus mentionné que bien peu, aux vv. 
1295, 1306, 1612, 1810). Viennent ensuite Joseph d'Arimathie et Nicodème, à 
qui Jean répète tout ce qui vient d*être dit et fait, débit surabondant et en 
partie différent de ce dont le public a été témoin en personne. La Vierge 
se plaint de ce qu'on l'empêche d'aider à descendre son fils (1269), et doit 
se consoler de ce qu'avec sa suite elle recevra sous peu son corps (1295, 1306). 
Puis en adressant au corps une plainte, elle lui baise les mains, et avant 
d'invoquer la mort, elle apostrophe à l'orientale les traits du divin visage 
(1330), et après s'être abîmée de nouveau dans ses souvenirs d'enfance, allé- 
guant les précurseurs symboliques de Jésus, Isaac et Jonas (1387), elle parle 
de sa mort et de sa résurrection immédiate, par laquelle il démontrera sa 
divinité, et finit par implorer vengeance sur le traître, les Juifs et Pilato. 
Joseph lai fait savoir que Judas a déjà été puni (1427). Par force invectives 
la mère fait voir sa joie (1437) et elle prie ses amies de confier en hâte au 
tombeau le corps enveloppé d'un suaire qu'elle tient sur ses genoux^ le corps 
de celui qui y avait reposé dans les langes. Puis, en vision, elle suit son 
fils aux enfers (1606 — 1600). Sur ce elle exhorte les femmes à l'accompagner 
à Jérusalem (1602). Cependant, saint Jean démontre, dans un discours théo- 
logique (1637—99, 1720—65), la nécessité de la rédemption (cf. 570, 737, 936), 
au milieu duquel il fait une nouvelle mention de la punition du traître ( 1 690, 
cf. 1427), ajoutant que Jésus a dû mourir sur la croix en retour de ce qu'il 
avait sauvé les Juifs, les avait fait sortir d'Egypte, les avait aidés contre les 



Plainte de la Vierge. CLV 

moitié du XVI* siècle (Eli. I, p. XX; W., p. 8), il n'y a pas lieu 
de sup|)()aer, jusqu^à probabilité du contraire, un lien entre ce drame 
et P. Autrement l'on serait tenté d'en supposer Texistencc, vu qu'on 
retrouve çà et là, des traits de ressemblance (cf. les vv. 1, 30, 423 
—25, 440, 449, 463-65, 473, 504, 568, 695—709, 728, 755, 760, 
774, 869—91, 899-927, 988, 1272, 1314, 1720), des allusions et des 
expressions semblables à celles de P; du reste, on se rappelle 
qu'une autre partie de ce drame, au moins pour le fond essentiel, 
à savoir la Descente à l'enfer (vv. 1506 — 1600, d'après un origi- 
nal gnostique), a été connue et lue dans l'Occident (Nie, Introd, 
II — III) en divers remaniements (cf. Rom. 1895, p. 87 — 91). Ces 
ressemblances pourraient être fortuites, dépendant de la nature môme 
du sujet traité, des situations données et des caractères connus. Or, 
c'est précisément le caractère de la Vierge qui oifre les aspects les 
plus différents. Elle y apparaît, comme l'a fort bien remarqué Ch, 
Magnin (Journ. 1849, p. 16), en jouet de ses affections, tantôt son- 
geant au suicide, tantôt tremblant pour sa vie, tantôt poursuivant 
les meurtriers de son fils d'imprécations ou baignée de larmes, 
tantôt se glorifiant de son immortalité et de sa résurrection im- 
médiate. 

L'évangile mentionné ci-dessus de la Descente à Tenfer se JMjmde 
retrouve comme deuxième partie de l'Evangile de Nicodèmc, <'^>nt^I^X"^^/ yn 
la première (Tdf., p. liv) est les Ge.sta Pilati. (ycrtaînes rédactions 
de ces Gestes de Pilate, lesquelles, î\ ce qu'il paraît, sont restées 
inconnues dans l'Occident, contiennent une plainte de la Vierge qui, 
pour le fond, est d'accord avec celle qui précède, mais qui, pour hj 
plan, est notablement plus simple et, bien que peu développée, est 



Âmorrhéens, et leur aurait volontiorH /^pargn/; la mort* 'iV.lICN avaient MA 
ses propres leçons. Joseph ici implore les iritdrc««(tiions t\(i Mario ^i do Maint 
Jean pour ses compatriotes (\7H7). Hur ce naint Jean adrcufte la prIAro, d/g/i 
faîte 1627, anx femmes de retourner h la Ville nainte (v. ISIO, Changement 
de scène). Marie et le() femmen ses (H)u,\tJn.'tn'.H, le dirnariche matin, sont a«' 
semblées en pleurs (1819- C2;, Vient un me«Hfi«er leur dire rjue le tombeau a 
été scellé. Alors les femmes se d/^eident ii attendre la nuit pour / aller 
(1905). On tombe d'accord tXo.u^tpjitr comme avant-eoureur un mexsatfer 0910, 
1930). La Madeleine s'offre f\iii\), \/a ut'ra veut raceomf'Wj/ner. Viennent 
ensuite les scènes de la t'/'.fin'.'Xvni 'jue le po^^te n'a \nxn r^'u^ni a mettre en 
ordre. Le drame finit par une \tr\*.tt: ardente adfe».*/e au Sauveur 'ju'il affran* 
cbisse le poète de U>ut rn^I Czt/yi et nu\y, i't, huhhI ta tr/idtiefion en vers 
latins, Cbristns patiens, par K, F^bricius, An /ers, IT/M;;, 



CLVl A. Linder. 

de beaucoup plus conforme à un caractère r(5ollcmcnt humain *). 
Il n'y a là rien d'étonnant, le drame ayant été consu à l'aide do 
vers empruntés à des poètes païens qui devaient de cette manière 
être constitués à leur insu les porte-voix du christianisme. 
Comparaison. Ces deux plaintes s'accordent en ce qlie c'est par un messager 

que Marie reçoit la première nouvelle de l'arrêt de son fils, et 
qu'eu allant le trouver, elle le rencontre sur son passage au Gol- 
gatha. Pour mieux captiver l'attention du public et en même 
temps pour montrer combien la Vierge avait de peine à compren- 
dre son malheur, tant elle était ferme dans sa foi, ou bien par in- 
advertance, à cause d^m remaniement tro[) peu intime des sources 
diverses, le dramaturgue se sert de trois messagers, et les évan- 
giles canoniques ne faisant mention d'elle dans la passion qu'au 
moment où elle est recommendée à saint Jean (Jean XIX, 25), il 
lui fait éviter la foule (cf Math. XXVII, 55; Marc. XV, 40; Luc. 
XXIII, 27). Dans sa plainte de Tune et de l'autre version, Marie 
fait des allusions à la prédiction de Siméon et à la Salutation 
angélique, pleine de promesses d'un bonheur maternel et séduisante 
par la perspective des grandeurs qu'elle avait fait miroiter à ses 
yeux ; dans l'une et dans l'autre elle désire revoir son fils unique et 
pouvoir entendre sa voix encore une fois; dans l'une et dans l'autre 
ses compagnes, au nombre desquelles il est fait mention spéciale de 
la Madeleine, partagent sa plainte, et seule elle trouve des expres- 
sions pour une angoisse étouffante; dans Tune et l'autre elle se 
nomme la plus malheureuse au lieu de la bienheureuse entre les 
femmes, et prie son fils qu'il lui permette de mourir avec lui. Il 
va sans dire que dans* toutes les deux elle est recommandée à saint 
Jean, et qu'elle se plaint de la difformité de Jésus (cf. Es. LUI, 
2); toutes deux elles insistent également, bien que par la voix de 
personnes différentes, sur les bienfaits divins du Sauveur et dans 
toutes les deux sa résurrection est alléguée pour consolation. Mais 
dans les Gestes de Pilate la Vierge apostrophe la croix, en lui 
ordonnant de se plier afin qu'elle puisse embrasser son fils, défie les 
Juifs de la faire mourir et, avec sa suite, elle est enfin chassée, tandis 
que le dramo fait mention d'une croix qui s'élève jusqu'au ciel et 
ne fait jamais entrer Marie dans la foule, mais plus tard, lorsque 

♦) Est-ce que Ploratua et lamentatio, mentionné en passant Tdf., p. LXII, 
note 1, en est une version? L'interpolation de la plainte dans les Gesta 
Pilati, au dire de M. WUlcker, cf. W. p. 8, manque dans toutes les versions de 
rEvanpilo de Nieodème connues jusqu'aujourd'hui dans l'Occident, 



Plainte de la Vierge. CLVII 

les curieux sont censés avoir disparu^ il lui fait traiter avec son fils 
de problèmes métaphysiques et les fait intercéder l'un auprès de 
lautre pour des disciples dans l'erreur et pour des persécuteurs 
haineux. Dans toutes les deux sont mentionnés le breuvage d'assou- 
pissement^ la conversation de Jésus avec les larrons, les miracles 
dont est suivie sa mort, la punition du traître, la conversion de 
Longin. Mais ce n'est que dans le drame qu'il est insinué que ce 
dernier est le soldat qui perce le côté de Jésus, ce n'est que là 
encore qu'est décrit en termes propres le détachement de la croix *). 



*) Bref résamé de la plainte des Gestes de Pilate. Raint Jean stupé- 
fait vient demsnder à la Vierge pourquoi elle n'a pas suivi le Maître, ajou- 
tant que maintenant il est arrêté (p. 282). Marie éclate en une brève plainte, 
demande k savoir ce que son fils avait fait de mal, et accompagnée de saint 
Jean et des femmes, ses confidentes, elle 8*emprcsse d'aller voir son fils. Bien- 
tôt ils le volent, la couronne d'épines en tête et les mains liées, s'achcminant 
vers le Golgatba. A cette vue, la mère s'évanouit et les femmes en sanglots 
s'empressent autour d'elle. Revenue à elle, elle éclate en une nouvelle plainte, 
suppliant les Juifs de la laisser passer vers son chéri (283), l'agneau de sa 
vie, la lumière de ses yeux, son enfant unique, repasse le bonheur qui lui 
a été promis par la bouche de l'ange Gabriel, et invite les autres à se la- 
menter avec elle. Elle demande ce qu'est devenue la beauté de Jésus, la- 
quelle dépassait celle des autres, s'il avait commis aucune injustice envers 
les Juifs ingrats, puispu'ils avaient pu oublier les bienfaits qu'il leur avait 
prodigués en Judée jusqu'à vouloir lui rendre le mol pour le bien. Les Juifs 
la repoussent. Elle les prie de la faire mourir plutôt. Lorsqu'enfin elle voit 
son fils crucifié, elle éclate en reproches contre Gabriel, parce qu'il n'a rien 
prédit de tout ceci, et elle se dit la plus malheureuse au lieu de la bienheureuse 
d'entre les femmes. Puis elle prie son fils de lui permettre de mourir avec lui. 
Jésus la renvoie k saint Jean (285). La mère s'adresse de nouveau à Jésus en 
se plaignant que son fils unique doive mourir d'une mort injuste et amère, 
qu'elle ne puisse supporter la vie sans lui, car quelle pourrait être cette vie? 
et prie la croix de se plier, qu'elle puisse embrasser son fils, enfin elle s'apitoie 
de nouveau sur son aspect si défiguré par la douleur et par la tristesse. Ke- 
poussée comme sa suite d'auprès de la croix, elle se plaint qu'elle ne puisse 
plus voir le visage de son fils et exhorte les femmes à se plaindre. Sur ces 
entrefaites, du vinaigre est offert à Jésus en breuvage. Il entre en conversation 
avec les larrons, dont l'un, Dymas, a déjà en Egypte eu l'occasiou de servir la 
Sainte famille, et meurt au milieu de l'agitation de la nature (287^. Le centu- 
rion (hécatontarche) Longinos qui a été fort ému de ses scènes, déclare que 
Jésus est le fils de Dieu et va annoncer ce qui vient d'arriver à Pilate (288). 
Ici il est raconté que Judas, raillé sur sa trahison, s'est pendu. Vient un 
soldat qui perce le côté de Jésus (289). Joseph d'Arimathie reçoit de Pilate 
la permission de prendre le corps de Jésus (290). Joseph, Nicodème, saint 
Jean et les femmes enterrent le corps enseveli. Alors Marie se plaint encore 
(292), en se rappelant la prophétie de Siméon, et se console par la promesse 



CLVIII A. Linder. 

Comme on le voit, les passages commuus sont très nombreux. 
Sans doute, ces deux plaintes descendent d^une source commune, 
légende antérieure, peut-être une collection de témoignages sous 
forme d'un procès-verbal dressé au pied de la croix (cf. la légende 
de Pilate). Quoi qu'il en soit, la plainte la plus ancienne semble 
avoir pour but de confirmer la foi par des témoignages de plus en 
plus nombreux, plutôt que d'inspirer la dévotion. Le rôle de la 
Vierge y semble restreint à être le témoin principal. De là son 
caractère peu prononcé. Elle est représentée en faible femme qui 
aime les expressions violentes pour dépeindre sa douleur. Les 
contradictions du drame seront en partie dues aux vers empruntés. 

Les plaintes grecques postérieures ont moins de traits en com- 
mun avec P, et nous les passons sous silence. Il convient de 
dire ici que la plainte la plus ancienne, entre autres buts, semble 
vouloir expliquer la diversité d'opinions émises sur Textérieur du 
Sauveur, diversité qui ne paraît pas remonter plus haut que la fin 
du IV® siècle (Ant. I, p. 875), justement l'époque de saint Grégoire 
de Nazianze. A dater de ce temps il n'y a guère plus dans la 
littérature, le fameux Cyrille d'Alexandrie mis à part, d'image géné- 
ralement approuvée que celle qui nous présente le Sauveur comme 
un homme d'une grande beauté extérieure. 
Proses, Dans l'Occident, de telles plaintes font d'assez bonne heure 

leur apparition sous une forme lyrique. Ce sont là des séquences 
ou proses faites pour accroître la dévotion à TEglise, surtout le 
Vendredi saint, et dans le langage de l'Eglise. 
Mœstœ pa- Les seules à avoir de Taffinité avec P approchent des plaintes 

^ ^' grecques déjà citées. La plus ancienne de ces proses, composée 
au IX® siècle et amplifiée au XII® (Dan. V, p. 187; «partim Not- 
keriana pàrtim Victorina»), et que ' nous appellerons du nom de 
Mœstœ parentis d'après ses mots initiaux, se rapproche le plus, 
comme fond, de l'interpolation dans les Gestes de Pilate, excepté 
sur un seul point où elle s'accorde mieux avec le drame. Le 
Mœstae parentis est un monologue lyrique récité, à ce qu'il paraît, 
au pied de la croix. Par conséquent les messages, la mise au 



de sa résurrection dans trois jours. L'interpolation offre par la suite encore 
une plainte, celle de la Madeleiue, qui repasse les bienfaits sans nombre de 
Jésus et menace de la disgrâce de l'Empereur. Vient un bref discours de 
Joseph (cf. celui de saint Jean dans le drame) sur la mission divine du Sau- 
veur. L'interpolation finit par des lamentations interrompues de pleurs de la 
part de tons les amis du Maître. 



Plainte de la Vierge. CLIX 

tombeau du Christ et tout ce qui suivrait ce tableau y fout défaut. 
La Vierge y est supposée avoir assisté à la flagellation, ce qui pour- 
rait être une rémiuiscence de la flagellation sur la croix dont fait 
nieutiou le drame (v. 667 et suîv). Dans la prose, comme dans 
riuterpolation et le drame, il est insisté sur la procréation et la 
naissance surnaturelles de Jésus; dans celle-là, les auteurs, afin de 
mieux dépeindre la douleur cuisante de la Vierge-Mère, ont apporté 
plusieurs comparaisons bibliques (cf. le drame, v. 1387, sur le compte 
du Sauveur); d'un autre côté, pour peu que le type grec, au moins 
pour les traits essentiels, leur ait été connu, ils ont retranché les 
passages où la Mère-Dieu, à leur avis, avait été représentée d'une 
manière moins digne d'elle ou trop humaine. 

Les autres proses du Vendredi saint qui sont très nombreuses P/awc(M« ow/c 
ne nous offrent ici qu'un faible intérêt, excepté une seule. C'est la "^*^'" (^ ^^' 
plus connue et sans contredit la meilleure et la plus belle, le Plane- 
tùs antc nescia (M. S. II, p. 362) du XII* siècle, laquelle est l'in- 
contestable modèle de plusieurs plaintes romanes (cf. T. I, p. 124, 
157, 162) et qui a été regardée (Schônb., p. 9; W,, p. 3) comme le 
prototype général de presque tous les remaniements allemands de la 
plainte (cf. sous II AB). Nous allons la comparer en peu de mots 
à la précédente. 

Comme celle-ci, c'est un monologue lyrique. Ici encore Marie 
s'adresse d'abord à son fils en croix, en le suppliant d'avoir pitié d'elle, 
puis à ses compatriotes, en déplorant leur aveuglement et leur mé- 
chanceté, ensuite à la mort qu'elle défie, enfin aux assistants, en 
demandant avec instance le corps mort de Jésus; elle désire être 
morte avec lui, rapporte les miracles qui ont suivi sa mort, reproche 
aux Juifs leur injustice, en les menaçant des vengeances du Ciel 
et en exhortant le public à la conversion, et finit par inviter sa 
suite à se lamenter comme elle l'a fait. La description n'y regarde 
que les derniers moments de Jésus. A l'égal de la plainte précé- 
dente et de celle des Gestes de Pilate, elle ne rapporte pas le 
détachement de la croix, ni rien de tout ce qui est arrivé dans la 
suite, et n'étant qu'un monologue, le discours punisseur à l'adresse 
des Juifs, lequel dans les Gestes est débité par la Madeleine qui 
menace de la disgrâce de l'Empereur, est placé dans la bouche de 
Marie. Pour leur fond, ces deux proses sont plus apparentées 
qu'il ne semble d'abord, cf Schonb., 1. c, 1 — 3 et 25 — 26, 11 — 12, 
13—14, 39-43, 49—54 et 61—64, 57.-59, 65—74, 111 et suiv., 



CLX A. Linder. 

avec les vers respectifs, Dan., 1. c, 17, 4, 8 — 12, 13 — 16, 7,6 — 7, 
18 et 24-25, 37—38. 
Type ideti' De ce qui précède il semble ressortir avec quelque vraiscm- 

Uqiie. blance que ces deux proses dérivent d'une source commune, légende 
latine antérieure. Celle-ci, à son tour, semble d'accord pour les 
traits essentiels avec la légende grecque De là on peut inférer 
qu'il est peu vraisemblable, sinon incroyable, que le type latin se 
soit produit indépendamment du type grec littéraire. Les plaintes 
que nous avons mentionnées jusqu'ici seront donc des variations 
d'un même type principalement lyrique. Ce qui parle en faveur 
d^me telle hypothèse, ce sont les concordances surprenantes qu'il 
y a entre des expressions de la légende grecque et des formules 
des anciennes hymnes latines sur la croix (cf. Venantius Portunatus, 
VI® siècle, L. H. I, p. 132; cf. aussi P, V, str. 48), et que l'idée de la 
Vierge, laquelle règne dans la légende latine, 'semble la même que 
dans la grecque (cf. en outre sous II A, type épique). Cependant, 
dans celle-là, Marie s'avance un peu plus du fond en occupant une 
place plus indépendante, c^est sa propre passion qui en est le sujet 
principal. Il y a entre elles, pour ainsi dire, le reflet de la diiTérence 
du monde latin au monde grec. Or, la raison de chanter sa pas- 
sion semble fondée sur une arrière-pensée. C^est que, puisqu'elle 
aura tant souflFert à la vue de son fils, il faut bien que lui ait 
souffert infiniment plus profondément, en d'autres termes, sa com- 
plainte fait encore partie de la passion de son fils. La raison 
d'être de la plainte latine a sans doute été de suggérer à l'assis- 
tance les véritables sentiments du Vendredi saint, sentiments qui 
seuls offrissent le sol travaillé pour la semence du prêcheur et pour 
ses réflexions sur la tragédie la plus haute qui puisse être. Aussi 
la Vierge ne semble-t-elle pas tout à fait détachée du chœur (cf. 
les lignes finales), ici encore elle est la spectatrice idéale repré- 
sentée en vue d'approfondir les impressions et d'inculquer aux 
esprits l'idce principale du drame. Faire le protogoniste du rôle de 
la mère, ce fut le propre du culte de Marie proprement dit. Nos 
proses qui, sous leur forme connue, appartiennent à ce culte floris- 
sant, pourraient bien, comme il est expressément dit du Mœstse 
parentis, être de composition antérieure, quoiqu'elles n'aient reçu 
que plus tard leur forme définitive. 
Culte de Ce ne serait guère ici le lieu de démêler lorigine et l'histoire 

Marte. ^^j, pg^ obscures de ce culte. Seulement, pour mieux élucider notre 



Plainte de la Vierge. CLXl 

sujet, il nous faut rapporter en passant les raisons vraisemblables 
qui y ont contribué. 

Dès le temps de Grégoire le Théologien de Nazianze, à savoir 
celui des premiers conciles œcuméniques, l'Eglise avait insisté sur 
la glorification et la divinité du Sauveur, tandis que sa mère était 
représentée comme l'idéal propre et le plus prochain: on lui attri- 
buait des miracles, des autels et des églises se dédiaient à elle, à 
elle s'adressaient les prières les plus ardentes (Herz , Maria), Pro- 
clos, successeur du patriarche détrôné Nestorios (mort vers 440), 
déjà l'avait proclamée le seul pont qu'il y ait de Dieu à Thomme; 
son autorité ne fit que croître par les luttes des inconoclastes en 
Orient, et en Occident par les missions parmi les Germains, à qui 
leurs opinions sur les femmes facilitaient l'introduction de son culte. 

Les courants religieux et les aspirations morales qui s'ensui- 
vaient du dogme de la fin du monde avec Tan 1000, chiliasme 
sous une forme peu nouvelle, allaient se perdre sans suites remar- 
quables, comparables aux rayons d'humanisme avorté du temps de 
Charlemagne, et il y succédait çà et là une décadence, un abrutis- 
sement plus grand que jamais. Tous les essais en vue d'une ré- 
forme n'avaient cependant pas été inutiles. L'idée du royaume de 
Dieu, clef de voûte de TEglise, y avait été ressuscitée, lui devant 
sa nouvelle forme, l'idée d^me paix éternelle. 11 est vrai que l'on 
eut à se contenter de palliatifs. Ainsi les grands seigneurs féodaux 
virent leur passion belliqueuse entamée par les lois qu'imposait 
l'Eglise vers 1140 par la trêve de Dieu; les faibles et les petits, 
notamment les femmes, furent protogés contre les grands et les 
forts par des lois qui devaient s'exprimer dans les promesses des 
chevaliers; l'opinion publique reconnaissante, assez préparée, con- 
firma en approuvant les bulles de l'indomptable Grégoire VII (mort 
en 1085), par lesquelles le clergé, qui dès le temps d'Augustin 
(mort en 430) avait aspiré à uu état privilégié, avait été placé au- 
dessus de l'humanité ordinaire, but complètement atteint avec le 
dogme de la transsubstantiation en 1215. Or, le clergé semble 
avoir toujours et dans son propre intérêt travaillé à l'élévation 
des femmes. 

L'ascétisme, au moyen âge, qui avait établi l'égalité à peu près 
parfaite entre la femme et le mal, le péché ayant été introduit par 
Eve (1 Tim. II, 14; cf les fabliaux, le roman de Renard, et, sans 
parler d'autres humanistes, Petr., Senil. XV, 4), fut bientôt contre- 
balancé et même surpassé par un créatianisme plus ou moins subtil^ 



CLXII A. Linder. 

auquel toute conception était miracle, et celle de Jésus le miracle 
des miracles (cf., p. CLiii; L. H. II, pp. 38, 305; Leg. Aur., de natîv. 
Domîni). Ainsi la Vierge fut-elle représentée comme la restaura- 
trice du genre humaiu, plus intimement celle de la femme (cf. Ant. 
II, 2040; Dan. IV, 86). Aux yeux du clergé, le culte de Marie 
n'était guère qu'une forme de sa vénération pour l'Eglise, royaume 
de Dieu sur terre. Pierre Damiani (mort en 1072), diplomate pa- 
pal ascétique (Herz., Damiani), proclame la Vierge «la reine du 
monde, l'étoile de la mer, notre avocate auprès de Dieu». Au 
siècle suivant, les saint Bernard, et plus lard les Bonaventure la 
célèbrent en termes identiques. Aux esprits des chevaliers du Xll^ 
siècle, ce culte n'était guère qu'une forme plus hautement raffinée, 
du culte général de la femme, culte qui n'était essentiellement que 
la conséquence naïve d'une méprise du temps qu'on croyait devoir 
à l'antiquité sur Tamour et la nature des femmes (Rom. XII, p-. 
520 et s.; cf. la naïve croyance moderne à la prétendue institution 
des cours d'amour au moyen âge, Journ. 1888, p. 604 et s.), puis 
qui aboutissait, surtout en Italie, à une conception dite philoso- 
phique (cf. le Symposion de Platon, et même Sab, p. 169). Pour 
le public en général, ce sont, sans doute, les opinions gnostico- 
docétîques qu'on avait sur la personne du Sauveur (cf. Patr. lat. 
CLXXVI, 295 et s.) qui préparèrent et confirmèrent le culte de la 
mère. En réalité, sinon en théorie, ces vues docétiques dominaient 
les esprits des clercs et des laïcs. Jésus, à cause de sa passion 
volontaire malgré sa majesté divine, leur restait une énigme mystique, 
et de plus en plus exclusivement il fut regardé comme le Juge 
qui va revenir demander compte au monde de toute chose ici-bas. 
Or, Notre Dame n'était pas étrangère aux esprits; ses sentiments 
de mère étaient familiers au cœur humain. C'était d'elle qu'un 
homme quelconque pourrait apprendre à porter sa croix, à mourir au 
monde pour vivre avec Dieu, soit qu'il s'agît des affaires de tous 
les jours et des petits chagrins, soit des hauts faits d'armes et des 
croisades aventureuses, soit des fortes épreuves et des tentations 
violentes. Les mystiques, dans leurs aspirations à une méditation 
plus profonde, à une appropriation plus intime de la vérité, ayant 
calculé que la Passion pourrait être le mieux dépeinte si elle était 
reflétée dans Fesprit de sa mère, et que les conséquences à en tirer 
seraient le plus finement suggérées par le spectacle de la passion 
soufferte par elle avec lui (cf. W., p. 32), la Mère fut le centre et 
l'âme, le personnage principal de la Passion, comme elle en était 



' Plainte de la Vierge. CLXIII 

dcvcuue la figure idéale la plus humaine et par là même la plus 
compréhensible. La littérature religieuse, toujours à ce qu'il paraît, 
consiste à essayer de satisfaire aux besoins des contemporains et 
en même temps de les formuler et de les diriger; elle u'offrira 
guère que du déjà pensé. Tout comme on avait répondu aux doutes 
qu'avait éveillés les questions du scepticisme grec, par des témoi- 
gnages fictifs et que la faim qu'éprouvaient les barbares des miracles 
avait été assouvie par des évangiles apocryphes; de même, quand 
il fallait répondre, aux besoins du mysticisme exigeant une pro- 
fondeur plus réelle, une ardeur plus intime, une abnégation et une 
extase plus complètes, on n'a eu, pour accomplir une œuvre bonne, 
qu'à leur ofl'rir des méditations plus profondes et plus subtiles sur 
les expériences de la mère auprès de la croix, et qui pussent s'ap- 
pliquer à la vie privée de chaque individu. Aussi la Passion 
était-elle le sujet favori chez les mystiques, encore qu'elle ne fût 
très souvent pas plus qu'un fond sur lequel se découpait la figure 
centrale de la Vierge. C'est pourquoi les plaintes de Marie com- 
mencent à pulluler avec le siècle du culte de Marie proprement 
dit et à prendre plus de place et beaucoup plus d'importance dans 
la littérature religieuse de l'Occident. Mais à peine en trouvera-t-on 
de tant soit peu originales; ce ne sont guère que des compilations 
faites pour la plupart par des esprits médiocres de matériaux pillés 
un peu partout. C'est à peine si, dans tout ce domaine, quelque 
esprit fut le puissant creuset où se combinent ces éléments pour 
faire un tout hors ligne. 

Comme modèles de P on ne saurait guère penser qu'à un très 
petit nombre, mais il y a, dans ce nombre, des exposants des ex- 
trêmes de la pensée au moyen Age, le mysticisme et la scolastique, 
qui aimaient à qui mieux mieux à célébrer la Vierge. L'opoque 
exacte des ouvrages en question n'étant pas suffisament détermi- 
nable et leurs auteurs restant inconnus, puisqu'on ne saurait guère 
les attribuer à ceux sous les noms desquels ils sont devenus popu- 
laires, nous laissons de côte le point de vue chronologique pour 
commencer par les plus typiques, quand même cet ordre serait 
l'inverse de l'ordre des temps. Nous allons donc passer en revue 
les plaintes où nous avons trouvé quelques ressemblances avec P. 

La plus moderne qui ait été composée, <îelle du mystique 
Hugues von Suso (Suss, mort en 1365, W., p. 28) ne peut être 
considérée comme modèle à cause de sa date, écrite qu'elle est eu 
1368; Ton pourrait même hésiter à la qualifier de plainte. 



CLXIV 



A, Linder. 



II D, La plus moderne qui puisse être proposée pour modèle a été 

composée par le franciscain Jean Fidenza, plus connu sous le nom 
de Bonaventure («Docteur séraphîquct, 1221 — 74; une version en 
ancien suédois a été publiée ultérieurement par Klemming (Klg, 
1860). C'est là le modèle supposé du drame populaire italien et 
d'un drame littéraire français (W., pp. 28, 66; cf. T. I, 307). Les 
chapitres 76—85 (ch. 63 — 69 de la version suéd.) traitent de notre 
sujet. Ses ressemblances avec P étant trop faibles et ne regardant 
que le fond en général, nous la |>asserons sous bénéfice d'inventaire. 

II B, Mais il y a aussi, parmi les œuvres de Bonaventure, une vraie 

plainte de la Vierge *) (oubliée sans doute par inadvertance par 
M. Wecbsslcr) sous le titre de Stimulas ainoris (voir De plauctu 
virginis juxta crucem, cap. IV, Bon. II, p. 150). Cette plainte 
qui s'ndrcsse à la Vierge, abonde en apostrophes ; les éléments nar- 

*) C'est ccUc-ci, qui contrai retn ont à la conjecture de M. Wecbsslcr (W., 
p. 22) a servi de source, au remaniement en vieux anglais qu'on attribue à 
Richard Uolle de Hampole (vers Tan 1340), Engl. Stud. VII, p. 464 et suiv. 

E. St. p. 467. A lady, mercy, wby 
were [)0u bolde among se many kene 
foos to folewe so ny, how was it |)at 
arwenesse of wommankynde or may- 
denbcd scbamynge ne badde |)e wyj) 
drawyn? . . . but as owt of |)i self for 
dool and for sorewe. Of [n sonys pas- 
syoun was al |)iQ hertc set ... os owt 
of |)i selue [)i sorwe balh |)e m ad. 

E. St. p. 468. I was cause ])erc 
offe nud he gylteless . . . [>at scbulde 
bave bien myn owne, for I it hadde 
deseruyd and manye werse . . • gyf*) 
al t^at wo is mi rygt*) ... I aske 
not, dere lady, kastelys no towrys 
ne o[)er worldys wele, t)e sonne nor 
|)e mone, ne |»e brygt*^ sterrys, but 
wouudys. 

E. St. 461. Blessyd is [)at ilke 
mau . . . |)at ony thyng in hys lyue 
may soifren (or l)i sake of bodyly 
peyne or any worldys scbame, or any 
flescbely lustys goately or bodyle for 
l)e loue of [)i name holly forsake, or 
may in any poynt folewe |)e . . . etc. 



Cf. Bon 160. Qnare ad locum Cal- 
varie vcnisti? Cur non te tcnuit vere- 
cundia virginalis . . . clamoris vebe- 
mcntia . . . armorum freqneutia? 

. . . cor tuum erat alicnatum aie prae 
immense dulore. Non eras quippe in te 
sed in afflictione filii. 



Bon 162*. Sine me flerc ... tu 
enim innocens es absquc pcccato . . . 
ego sum uocens et pcccator . . . ego 
sum causa ... tu enim plorns scd ego 
sum causa . . . mca debent esse vnl- 
nera pro cujus causa perpetrata sunt. 
Nam vulncra debent esse mea pro quo 
solvuntur culpa^. Non poto cœlum, 
non terram, non lunam, non sydera, 
scd vuluera. 

Bon. 164l>. inebriatus sui creato- 
ris amore nibil in omnibus qusBreret 
nisi quomodo suo creatori posset . . . 
deserviri. . . manum porrigit ad proxi- 
mum et cor ad Deum, proximo servit 
non ut bomini sed ut in homine 
Deo . . ., etc. 



*) Type de g ressemblaDt à | munqae. 



Plainte de la Vierge. CLXV 

ratîfa, comme l'on ilcvait s'y attendre, ne sont pas riches, mais 
comme fond et comme forme, ^ensemble est pins près de P que 
la partie correspondante des méditations citées. Nous l'écîirt^rons 
donc, quitte à la reprendre plus tard. 

Entre le monologue lyrique, qui sans doute est le prototype 
commun des proses citées et la plainte en prose de Bonaventure, 
il n'y a, abstraction faite des pièces lyriques, que bien peu qui se 
rapprochent même de loin de P. A notre avis, on ne saurait ad- 
mettre comme modèles que les suivants. 

L'évoque Anselme, scolastique anglais, mort en 1109, est cité II C. 
comme Tauteur d^m IHnlogits bcatœ Man'ffi et Anselmi de passione 
domini (Patr. lat. J, p. Î59; II, p. 271-90). Le trait qu'a cette pièce 
en commun avec P, c'est que l'auteur baigné de larmes invoque 
la Vierge en lu suppliant de daigner lui dévoiler sa passion et 
celle de son fils, et qu'il est exaucé. Excepté ce trait du cadre, 
qui ici amène une longue série de questions et de réponses, les 
ressemblances avec P y sont encore plus clair-semées que dans la 
plainte précédente et peu essentielles. Le nom de dialogue est 
abondamment justifié par cette plainte en prose. Marie fait son 
apparition et répond à toutes les demandes que l'auteur lui adresse 
(le plus souvent la phrase stéréotypée tdic, Maria, quid vidisti»), 
par des citations plus ou moins longues. Ce n'est qu'une pas- 
sion complète, conforme h celle des évangiles canoniques. Car 
en scolastique consommée la Vierge s'en rapporte souvent aux 
témoignages des évangiles et à la tradition ecclésiastique. (H y 
beaucoup plus de ressemblances entre ce dialogue et un prélude 
latin dans Mone, M. S , p. 19 — 21, pour la forme, et pour le fond 
entre lui et les poèmes de Sedulius et de Juvencus, Patr. lat. XIX). 
Nous y reviendrons dans la suite. 

A ce dialogue un autre poème latin en prose est apparenté pour II A 
ce qui est du plan et des expressions isolées. C'est là le Tracta" 
tus de planctu beatce Mariœ virginis^ qui est attribué le plus souvent 
j\ saint Bernard (1091 -1153). Avec celui-ci, enfin, P montre assez 
de ressemblances pour en justifier un examen plus détaillé, une com- 
paraison plus minutieuse. Nous commencerons par en signaler la 
divulgation et la place dans la littérature des plaintes, puis nous es- 
sayerons d'en déterminer l'époque et de préciser les questions relatives 
à l'auteur, enfin nous en donnerons l'analyse comparée à celle de P. 

C'a été une pièce d'une extrême popularitée et d'une divulga- Diffusion, 
tion rapide et étendue que ce traité. Il se retrouve sous des titres 



CLXVI A. Linder. 

diflfirents (cf. Patr. lat. CLXXXII, p. 1 133) et dans diverses rédactions, 
dont les pins brèves seules semblent avoir été imprimées, quoiqu'il 
ait été publié depuis les premiers jours mêmes de l'imprimerie (Hain, 
Rep. 2906-09; Holtrop II, 99, 106, 117; Cop. 2906) jusqu'au- 
jourd'hui (Patr. lat. 1854 et 1879; Mush. 1890). Une partie en a 
été intercalée dans certains manuscrits du dialogue d'Anselme (Germ. 
1872, p. 233; W., p. 26); Bonaventure, comme nous allons le faire 
voir plus loin, y a puisé pour sa plainte; il a été traduit et remanié 
en plusieurs langues, enfin il a offert aux arts libéraux des sujets 
superbes. Il y en a plusieurs versions françaises, deux provençales, 
une version catalane à peu de mots près complète (Bof,, p. 131 — 
148) et un remaniement espagnol en vers (W., p. 18 — 19); en ita- 
lien il y en a quatre versions pour le moins (W., p. 18, en note, 
n'en cite que trois, mais dans la version qu'il donne comme la 
deuxième, il y en a deux de tout à fait différentes, et une cin- 
quième pourrait peut-être se cacher sous une forme véronaise, 
Prop. 1872, p. 316) et de plus trois remaniements en vers, dont 
P est l'un (M. Wechssler, qui, p. 4, cité l'édition Bini de P, ne 
Ven fait pas dériver), en outre il a été traduit en plus d'une langue 
germanique (M. Wechssler qui s'est borné aux plaintes romanes, a 
omis ces traductions et pour cause; cf. pourtant W., p. 22). Ainsi 
il y a une version en vieux haut allemand et en vers, dont un 
fragment du XIV® siècle a été publié par H. Hoffman (Altd. II, p. 
220 — 21), fragment qui se déclare version, et il y a eu une version 
en vieux suédois (cf. Svenska Landsmâlen VI, p. cij), dont il ne reste 
qu'un fragment écrit en runes au XIV® siècle et qui a été publié 
à plusieurs reprises, d'abord par J. F. Peringskiôld en 1721 et 
le plus récemment par Klemming (Klg., Smâst. 1866—81, p. 163 
— 74); et il se peut qu'une partie du Coventry mystery, mentionné 
par Ebert (Jahrb. I, p. 140, V, p. 63) et que nous n'avons pas eu 
l'occasion de voir, lui doive plus d'une inspiration. Par contre, la 
plainte en vieil anglais (Engl. Stud. VII, p. 454), que M. Wechssler 
place ici, se rapproche de plus près de celle de Bonaventure (v. sous 
II B). En somme, ce traité semble avoir éveillé tout d'un coup 
et retenu par toute l'Europe un retentissement comparable à celui 
qu'avait antérieurement éprouvé la Visio S. Pauli, le prototype de 
la Commedia Divina de Dante. 
Plan. Le plan de ce traité a été un peu trop rapidement examiné et 

critiqué d'abord par l'académicien Nesti (Firenze 1837), puis, et 
cela nous étonne un peu, par M. Wechssler (Halle 1893). Nous 



Plainte de la Vierge. CLXVll 

répugnons à nous porter Tadversaire des opinions reçues, mais con- 
trairement à leurs opinions, il nous faut bien alléguer, en dépit 
que nous en ayons, que ce traité n'est certainement pas un dialogue 
et qu'il ne se donne jamais pour tel. Mais il est vrai de dire que 
Fauteur y introduit tantôt Fun tantôt l'autre auxquels il prête la 
parole, il est vrai qu\vant mis en sc^ne la Vierge, il la fait débiter 
un long discours où, h son tour, elle cite ses propres paroles et 
celles d'autrui, monologue qui fait sans doute le noyau du traité 
et en forme peut-être le tiers, et puis il oublie de nous dire ex- 
pressément où finit cette citation, en d'autres termes, il reprend 
lui-même le fil de son récit, sans qu'on puisse préciser par quel 
mot, en continuant toujours d'insérer des citations directes. Cette 
omission n^est pourtant pas si grave et ne sera guère à mettre sur 
Je compte de l^auteur primitif. Et pour une faute, si grave soit- 
elle, faut-il oublier les mérites? Comme nous venons de le sug- 
gérer et comme nous le démontrerons plus longuement dans la suite, 
ce traité a sans doute été rémanié plus d'une fois et par d'autres 
que hauteur. Ainsi ^introduction fait défaut dans quelques manus- 
crits, la conclusion dans plusieurs, et le traité même est plus ou 
moins détaillé dans tous. La faute, si c'en est une, peut bien pro- 
venir de l'inadvertance de quelque scribe. C^uoi qu'il en soit, l'in- 
tention de Fauteur n'a assurément pas été d'écrire un simple dia- 
logue tel que celui d'Anselme. Ce serait rester au-dessous de la 
vérité de le dire, son but ayant visiblement été tout autre. 

L'introduction aussi bien que la conclusion consiste en prières. 
Dès la prière qui ouvre la pièce et qui manque dans la rédaction 
Migne, l'auteur s'adresse aux fiancées chéries de Dieu, qu'il appelle 
ensuite «vous autres Vierges qui vous êtes engagées à Dieui et 
«vous qui avez promis au Christ la virginité > (virginitatem, cf. Bon. 
I, p. 69**). De telles formules, à la rigueur, pourraient passer pour 
des paraphrases du mot lecteurs, mais équivalent plutôt au terme 
d'assistants ou, pour mieux dire, à l'expression d'âmes chéries, en 
d'autres termes, le traité est un sermon, comme l'indique déjà le 
titre (v. tractatus. Duc); dès lors il nous paraît loin d'être invrai- 
semblable que le discours de la Vierge, pour la plupart composé 
de vers dissous, ait été récité, non pas par le prêtre du haut de sa 
chaire, mais par un moine ou un enfant de chœur, caché peut-être 
d'avance sous les parements de la chaire (cf Ducange, Planctus 
Virginîs), si sa voix mystérieuse n'est partie du côté de l'abside ou 
d'un autel, l'église étant probablement toute tendue de noir. Ceci 



CLXVin A. Linder. 

n'est guère qu'une hypothèse et nous ne la donnons que comme 
telle, mais elle ne manque pas de vraisemblance, s'accordaut assez 
bien avec tout ce que nous savons sur le développement du type 
dramatique des plaintes. Rien d'étonnant dès lors que notre traité 
commence et finisse par des prières. L'apparition de la Vierge, 
dans ce cas, devient beaucoup moins miraculeuse, il est vrai, mais 
c'est d'une réalité moins bien constatée, à ce qu^il paraît, que des 
apparitions légendaires ont pu naître, et le sermon, tranchons le 
mot, ne justifie lui-même nulle part par un seul mot la supposition 
d'une telle grâce faite îl son auteur, et voilà qui le distinguo nette- 
ment, pour ce trait, du dialogue d'Anselme. 

Or, cette supposition admise, les paraphrases citées n'ont pas 
encore leur acception ordinaire et complète. Ce n'est le cas que 
si le sermon est censé adressé à un auditoire de virginité (se rap- 
peler la doctrine manichéenne et montaniste de PEglise sur les 
deux sortes de vertu, cf. Marc. X, 21), ou mieux encore à une 
communauté religieuse, notamment de nonnes. Et le plan et l'exé- 
cution s'accordent à merveille avec cette hypothèse. 11 se pourrait 
aussi que le texte que nous possédons n'eût été qu'un essai ou bien 
un compte rendu d'un sermon. D'accord! En tout cas, s'il a été 
récité ou destiné à être récité dans l'église, il n'a pas été nécessaire 
d^y indiquer par où le prêtre, par où la Vierge, prendrait la parole, 
ou bien une telle indication, faite peut-être graphiquement, a pu 
s'omettre dans les copies. Et par là nous croyons avoir expliqué 
d'une manière satisfaisante comment il s'y est intercalé des parties 
plus ou moins longues de quelques plaintes lyriques. Nous allons 
voir quelles en sont les sources. 
Source. Dès 1837, l'éditeur de quelques versions toscanes, dans sa 

préface (Nesti, p. x), fait observer que l'auteur de l'original latiu 
a inséré çh et là des vers. Indépendamment de cet éditeur, M. K. 
Schrôder (Germ. 1872, p. 234) a démontré que l'interpolation in- 
troduite dans le manuscrit de Leipzig du dialogue d'Anselme (HC) 
porte les traces manifestes d'une rédaction antérieure en vers, et 
puis M. Wechssler (W., p. 24), sans s'en rapporterc à ces devan- 
ciers, a poussé plus loin ces observations sur les vers insérés. 
L'identité de cette interpolation avec une partie du Planctus Bern- 
hardi constatée, M. Wechssler démontre que l'auteur a fait entrer 
dans son traité quelques vers de la prose de Planctus ante nescia 
(I D), de plus M. W., indique (W., p. 23, 25) que la plus grande 
partie du reste se retrouve dans un sermon latin du Vendredi saint 



Plainte de la Vierge. CLXlX 

de Gubbio. De là il a inféré que ce sermon qui, à son avis, l'em- 
porte sur le Planelus Bernhardi par un plan considérablement plus 
simple, mieux conçu et mieux exécuté, représente l'échafaudage 
primitif de ce traité, au milieu duquel un remanieur a ensuite ima- 
giné d^intercaler une partie de cette prose-ci. Telle serait Torigine, 
à en croire M. W., de ce traité qui, à son tour, a été en partie 
intercalé dans le dialogue d'Anselme. Le seul trait nouveau que 
M. W. y ait trouvé (W., p 23), c'est Tinduction que l'auteur y 
allègue pour la présence de la Vierge dans la Via dolorosa, celle 
bien entendu que, diaprés toute vraisemblance, elle avait été du 
nombre des femmes galiléennes (cf. Luc XXIII, 28; Gesta Pilati), 
puisqu'elle suivait son fils h peu près partout. 

Ces assertions vagues ou incomplètes ont besoin d'être préci- 
sées et complétées. Si probable que puisse paraître la conclusion 
sur les rapports entre le sermon de Gubbio et le traité B., elle n'est 
pas tout h. fait acceptable. Que le sermon de Gubbio n'existe pas 
dans des manuscrits antérieurs au XIV*^ siècle, cela ne signifiera 
pas grand 'chose. Mais voici quelques objections sérieuses à faire 
contre cette conclusion. D'abord la preuve de probabilité représen- 
tée comme originale n'y reste pas isolée, mais elle est en parfaite 
harmonie avec Tallure des autres syllogismes de l'auteur. Ainsi 
Fauteur hésite îl faire pleurer la Vierge glorifiée et même à la sup- 
plier de se souvenir de sa passion. De même il donne, bien qu'en 
termes plus indécis, une sorte de preuve de ce que les anges ont 
pleuré sur la mort de Jésus, et pour consoler sa mère le Crucifié 
doit toucher à la doctrine docétique de sa passion, en déclarant n^être 
sujet à la mort et à la passion que d'après sa nature humaine. 
Puis et qui plus est, les parties citées par M. W. ne sont pas les 
seules qui soient fondées sur des vers antérieurs. M. Schrôder 
déjà (Germ. 1872, p. '235) a signalé l'existence d'autres vers em- 
pruntés que ceux du Planctûs ante nescia (I D), tels que le distique 

unius ob meritum cimcti periere, minores 

cuncti salvantur unius ob meritum, citation, par parenthèse, 
empruntée à une élégie (Patr. lat. XIX, p. 754) de Sedulius (dès 
avant 450). 

Ce distique ne se retrouve que dans une famille des manus- 
crits du Planctûs Bernhardi, et M. W. qui paraît ne. pas connaître 
cette famille, les passe sous silence, en ajoutant en revanche quel- 
ques autres vers supposés. Or, cela semble un fait avéré que toute 
la conversation qui s'engage entre mère et fils, de même que les 

Lindêr: Plainte de la Vierge. 12 



CLXX a. Linder. 

paroles qu'elle adresse à la mort, aux Juifs et au corps mort, 
autrement dit toute la plainte lyrique, ne sont qu'un remaniement 
si léger qu'il semble un emprunt presque littéral à des vers bien 
connus et que les assistants, que ç'aient été des nonnes ou non, 
savaient peut-être par cœur et qu'ils se sont réjouis de retrouver 
dans un cadre sur lequel ils pussent mieux ressortir que jamais. 
Cette famille de manuscrits (Paris, B. N., f. lat. 1201) renferme 
aussi un autre emprunt fait à la même prose du Plantûs ante nescia 
(I D), savoir les vers 39 - 42, et en outre la dernière moitié de la 
strophe 17 du Mœstse parentis (I C), vers intercalés les uns après 
les autres dans la description de la douleur que ressent la mère 
de la mort de son fils. De plus, certaines expressions communes 
à tous les manuscrits rappellent de près celles de diverses strophes 
(17, 23 — 28, 38) de cette dernière prose. Pareillement la phrase 
«volebat mater mœsta sepelirî cum filiot, qui se trouve dans notre 
traité, semble une réminiscence d'un hymne (L. H. II, 144; Dan. V, 
p. 232: si sepeliri debeat, me secum sepelite). Dans le récit des 
derniers moments de Jésus et des miracles qui accompagnaient sa 
mort, ce sont les souvenirs vivaces d'un poème héroique ou élé- 
giaque qui semblent avoir guidé l'auteur. Du moins s'y retrouve-t-il 
des vers (cf. l'édition Migne) et des hémistiches hexamètres qui 
semblent calqués sur le poème évangélique (Patr. lat. XIX, p. 337 
— 38) de Juvencus (vers l'an 330). La dernière partie du traita, 
souvent, tombe d'accord avec une plainte latine en vers qu'a pu- 
bliée Moue (M. S. I, p. 38 — 44), et le commencement du discours 
qu'adresse la mère au fils en croix, se prête facilement à une trans- 
position en vers, ce qui fait soupçonner un original rhythmique. 
Bref, l'auteur, pour ce qui concerne la plainte proprement dite, a 
dérimé des vers antérieurs ou bien en a emprunté d'inaltérés. Dans 
ce dernier cas, ce sont les copistes qui auront ajouté ça et déplacé 
là quelque mot et détruit la rime. 
Bédactions. Cela étant, si le sermon de Gubbio, comme semble vouloir le 

dire M. W. (W., p. 25), est identique ou à peu près identique au 
traité Bernard, abstraction faite des vers qu'y a retrouvés M. W., 
il reste hors de doute que l'un de ces sermons est tout aussi original 
ou tout aussi peu original que l'autre. Il vaudrait donc mieux, selon 
nous, formuler la thèse ainsi: le sermon G n'est que le sermon B, 
moins la plainte lyrique et plus l'apostrophe à la croix, et des pré- 
misses de M. W. il ne nous semble guère s'imposer d'autre conclu- 
sion. En eifet, il nous paraît incontestable que l'un et l'autre ne 



Plainte de la Vierge. CLXXl 

sont que les rédactions différentes d'un nièrae sermon ou d'un même 
compte rendu, faites peut-être Tune à l'usage du public, l'autre à 
celui du prêtre. Et s^il faut supposer qu^en effet tous les deux 
soient les rédactions d^m même sermon tant soit peu indépendantes, 
il ne nous semble que trop probable que l'auteur du sermon de 
Gubbio, pour peu que le traité B lui fût connu sous une rédaction 
pourvue de la plainte lyrique, a commencé par une critique du plan 
de B et s'est proposé gratuitement de le simplifier et de Taméliorer. 
Les abrégés et les simplifications ne sont pas plus rares dans cette 
espèce de littérature que les délayements et les amplifications. 

Ce qui en outre parle en faveur de notre hypothèse, c'est que 
dans le sermon de Gubbio il se trouve des interpolations qui sem- 
blent remonter à la même source dont dérivent sans doute d'autres 
parties du traité et qu'il semble incroyable que personne eût voulu 
supprimer, si elles avaient existé dans l'original, tant elles étaient 
recherchées. Ainsi la Vierge s'y adresse à la croix, tout comme 
dans les Gestes de Pilate dont B se rapproche en plus d'un pas- 
sage (cf. ïdf. 282 - 85, 292J. Le Tractatus Bernardi se présentant 
ailleurs dans des rédactions plus ou moins complètes, il nous 
semble tout à fait naturel de regarder le sermon de Gubbio comme 
l'une d'entre elles, ce qui s'accorde le mieux avec les époques des 
manuscrits des deux sermons. En tous ces cas, P semble fait ex- 
pressément pour encadrer le noyau lyrique. Quoi qu'il en soit, il 
faut bien avouer que la plainte de Bonaventure (II B) *), portée 

*) T. Bernh. Volebat mulier misera I Bon. II, 147». Non auferas ipsuni 
simul sepeliri cnm ipso . . . date illum ' a me, sed me similiter sepelias secum 
miserse matri suse, ut habeara illum in sepulcro. 
saltem defunctum, aut si illum depo- 
nitis in sepulcro, miseram matr'em 
sepelite cum eo. 

. . . divine glorificata . . . quae in ' Bon. 160l>. es in vulneribus Christi 
mente clavis amarissime fuisti con- et totus Jésus Cbristus crucîfixus est 

fixa piissimse mortis ... in quantara 
tristitiam et dolorem conversum est 
gaudium meum . . . quis mibi dabit, 
ut moriar pro te . . . etc. 

qnid fecisti, fili carissime, qnare 



in intimis visoeribus cordis tui . . . cur 
cor tuum non habeo ut . . . filio vi- 
deam te confixam . . . cor amoris cur 
conversum es in cor doloris? Quis 
mihi tribuat, ut pro te moriar . . . etc. 
Bon. II, 15 la. fili mi, quid fecisti, 
iudiiei crudelissimi crucifixerunt te? | fili mi? qusenam est causa tanti cru- 

ciatus ? 



Moritur filius meus, secum cur non 



quare me permittis stare iuxta cru- 



moritur moestissima mater ejus? Trahe i cem et te in cruce? ... quare vis sine 
me post te ut ipsa moriar tecum. I matre stare? Sume et corpus meum 



CLXXII 



A. Linder. 



par les inspirations mystiques et imprégnée de sanglots et (Vextases, 
si originale qu'elle apparaisse d'abord, est remplie d'expressions et 
de phrases qui de près, et parfois mot à mot, correspondent à celles 
du traité et parfois à celles du sermon de Gubbio. 

Pareillement Suso (Horologium aeternîe Sapientise, dont il y a 
une version en suédois, Klg, Suso) semble avoir très souvent uti- 
lisé notre traité (Sus., p. 89—91, 94—96, 101—04, 111 — 12). 

De même l'auteur du dialogue d^Anselme doit peut-être au 
traité B non seulement quelques expressions isolées (W., p. 26), 
mais toute Tébauche de son ouvrage. A l'égal de l'auteur du ser- 
mon G, cet auteur a apparemment voulu en simplifier et préciser 
le plan en faisant un vrai dialogue conséquent et plus conforme 
aux écritures canoniques, mais dont le fond restât épique. B est 
donc, à notre avis, le plus ancien de tous ces centons. 

Toutes ces dernières plaintes (II A — II D) ne formeront ainsi 
qu'un seul type essentiellement épique, qui présente des rapports 
tout à fait apparents avec le type lyrique précédent Nous n'avons 
donc pas besoin d'insister sur les ressemblances évidentes entre le 
traité Bernard et 1 Evangile de Nicodème (cf. Tdf. 282—85, 292), 
mais il n'est que vrai de dire qu'elles appuient à merveille notre 
hypothèse émise sur le développement du type latin sous la dépen- 
dance directe du grec. De ce type narratif, imbu d'éléments fort 



ambo in cruce moriAmur Indica mihi 
quid faciam, quomodo tecnm moriar, 
quomodo in cruce aacendam . . . vcl- 
lem ligari, tecum alapis caedi, tecum 
liagellari, spinis coronari. 

Bon. 151b. Vivere enim sine te 
mors mihi est . . . audio clainorem 
tuum scd non intelligo vocem; vox 
enim tua dulcis sed plcna est singul- 
tibus amarissimis. 

Bon. 151a. Quare factus es mibi 
crudelis, qui semper fuisti benignus. 

décor . • . consolatio mea . . . nolo 
enim absque te vivere quare me dere- 
liquisti . . . que ibo sine te? 

Saltem nunc reddite mibi filinm 
meum iam mortuum, ut ego moriar 
cum illo . . . 

Ailleurs encore (cf. de compassione Mari», II, 319, 321 — 22), Bonaven- 
ture fait voir qu'il a connu le» Tractatus Bernh. 



Exaudi nunc obsecro, et in tuo me 
suscipe patibulo. Quis mibi dabit, ut 
pro te moriar. misera, quid faciam? 

Cnmque fuissem illura intuita pug- 
nis percuti, alapis csedi, spinis coro- 
nari. 

Nibil certe amarius est mibi quam 
vivere post mortem . . . vox mea fere 
omnis perierat . . . volebam loqui sed 
dolor verba rumpebat. 

desine matri nunc esse durus qui 
cunctis semper fuisti benignus . . . 

tu mihi pater . . . omnia... dulce 
esset mori miserse, noli me derelin- 
quere . . . carissime, quovadam? Red- 
dite mibi corpus miserse examine vel, 
si Hbet magis, mortuam iungite illi. 



Plainte de la Vierge. CLXXIII 

dramatiques, à un type purement dramatique, il n'y a certainement 
pas la distance du ciel à la terre, mais il convient de faire observer 
que les Méditations de Bonaveuture (II D) semblent avoir exercé 
une influence prépondérante sur ce développement. 

Que l'auteur de ce traité, quand même son nom aurait été Auteur, 
Bernard (cf. Migne, 1. c, Epist., notes 419, 451, 673, etc.), n'ait 
nullement été le célèbre abbé de Clairvaux à la fleur de Fâge, la 
chose ne paraît pas douteuse. Histoire Littéraire de France n'ad- 
met pas le traité sur la liste des œuvres de saint Bernard. Aussi 
ce poème en prose, les fautes commises par ^insouciance des co- 
pistes mises à part, n'est-il guère digne du nom sous les auspices 
duquel il a été connu dans un âge sans critique. Une preuve 
suffisante et décisive contre une telle hypothèse serait le docétisme 
du traité. Dans la réplique à sa mère, Jésus déclare être «semper 
imraortalis et impassibilis» (cf. Symbolum Aquilenjense), échos 
d'une opinion qui a ses représentants dans tous les âges, mais qui 
n'a assurément jamais été adoptée par saint Bernhard, le dur cen- 
seur orthodoxe de Gilbert de La Porrée et d'Abélard entre autres. 
Une autre preuve serait la contradiction évidente qu'il y a entre 
la proposition avancée par l'auteur que la Vierge, à force d'être 
glorifiée, ne saurait pleurer, et les raisons apportées à l'appui de 
son opinion que les anges ont pleuré sur la mort du Sauveur; une 
troisième, le fait que les anges doivent chanter des alléluias sur le 
Sépulcre de Getsemani, tandis que la mère y reste eu proie à la 
plus vive douleur, contraste qui n'est pas justifié par l'auteur. Ce 
seraient là des preuves, s'il n'était que trop possible que tous ces 
traits n'aient pas appartenu à l'original. Examinons un peu ces 
arguments. Est-il bien probable que le traité ait été composé dans 
un but hérétique ou bien, si ou le préfère, par un hérétique malgré 
lui, et qu^avec cela il ait pu être considéré comme l'ouvrage de saint 
Bernard? N'est-il pas bien plus vraisemblable qu'une hérésie géné- 
ralement reçue sans réflexion par le public s'y soit glissée et d'au- 
tant plus facilement qu'elle s'y sera glissée, soit par une ponctuation 
incorrecte, soit par une haplographie de deux expressions consécu- 
tives (cf. l'éd. Migne, p. 1137). Quant aux contradictions, elles 
dérivent sans doute de ^omission de quelque phrase regardée 
comme surabondante Ce sont donc là des preuves inutiles. Du 
reste, les opinions épousées par l'auteur n'offrent rien qui nous 
empêche d'attribuer le poème à saint Bernard. A l'égal de ce 
dernier, il célèbre la Vierge sans prêcher sa conception immaculée; 



CLXXIV A. Linder. 

comme lui, il cite textuellement des passages bibliques ou y fait 
de nombreuses allusions; comme lui, il aime à insérer des vers, 
puis sa piété est hors de doute, enfin il s'en faut beaucoup que 
son plan soit si faible qu'on l'a dit. Force nous est donc de 
concéder que, sous ces points de vue, il n'y a rien contre saint 
Bernard. 
Temps, Quant à Tépoque où a été composé ce traité, l'on ne saurait 

non plus produire une objection à ce sujet. Il faut bien que l'au- 
teur, quel qu'il ait été, ait vécu du temps du saint dont il est 
l'homonyme, ou peu de temps après. C'est ce qui ressort des dates 
des traductions, des remaniements et des sources. Parmi les ver- 
sions italiennes il y en a au moins deux du XIII® siècle (Nesti, p. 
xiit), une imitation provençale date de la moitié du même siècle ( Jena 
Litteratur Zeituug, 1878, p. 85), et l'imitation espagnole a été com- 
posée vers 1220 (Sanch., p. 242; Jan., p. 131), époque où Tiniita- 
teur, Gonzalvos de Berceo, entra dans les ordres. Or, il faut bien 
que l'original latin ait été connu bien longtemps avant qu'il eût 
une telle diffusion en langue vulgaire par toute l'Europe. Soit 
donc que l'auteur ait été saint Bernard ou qu'il ne Tait pas été, il 
faut bien que le traité ait été en vogue sous son nom peu de temps 
après sa mort (en 1153). Par conséquent il faut, qui que ce soit 
qui l'ait composé, qu'il l'ait fait avant la fin du XII*^ siècle. D'un 
autre côté, le traité ne peut pas avoir été composé antérieurement 
à ce siècle, deux des sources dont sont empruntés des vers entiers, 
sous la form citée, étant de ce même siècle (Schônb. p 11; Dan 
V, p. 189). 

A cette même époque nous sommes renvoyé par quelques traits 
du texte à l'aide desquels une détermination un peu plus précisée 
pourra se faire. 

L'objet visible de l'auteur est d^exalter la Vierge, témoin la 
mention faite dans l'introduction de son enlèvement miraculeux au 
ciel, enlèvement célébré, dès le IX® siècle, le 15 août dans TOccident 
sous le nom de l'Assomption, les épithètes divines, les prières et 
toute l'allure du sermon. On serait donc tenté de croire qu'il a été 
écrit et qu'il a acquis sa première popularité pendant le combat 
acharné sur la conception immaculée qui, préparc depuis longtemps, 
éclata après la mort de saint Bernard. Mais il paraît que non. 
Car supposé qu'il en fût ainsi, l'auteur, dans ce cas, n'aurait pas 
pu ne pas embrasser Fune ou l'autre des opinions contradictoires, 
quand même il aurait su résister à la tentation d'en faire un pamphlet. 



Plainte de la Vierge. CLXXV 

En d^a litres termes, si le traité avait été composé dans la dernière 
moitié du XJI^ siècle, il reste énigmatique qu^il ne souffle mot sur 
cette doctrine. De plus, la première fois que s'est célébrée la 
Conception dans le pays qui correspond à la France d'aujourd'hui 
(Lyon), fut le 8 décembre 1139. Or, saint Bernard qui d'ailleurs 
se plaisait à exalter la Vierge, fut l'un de ceux qui blâmaient le 
plus cette innovation (Migne, 1. c, p. 532), en alléguant, entre autres 
raisons, qu'une telle fête aboutirait au dogme de sa conception 
]>ar le Saint-Esprit. Néanmoins, la fête s'introduisit dans l'Eglise 
gallicane dès 1145 (Jahrb. I, p. 15). Or, ce qui mérite attention 
dans ce traité, c'est qu'il n'y est fait aucune allusion à cette fête, 
ni à ce combat, ni aux propositions sur lesquelles roulait cette 
querelle; cet ensemble de choses, comparé à ses idées et à son 
allure générale, milite tacitement contre Thypothèse qu'il aurait été 
composé après cette époque (1140 et tant). Inutile d'ajouter que 
de telles allusions, si jamais elles y avaient été étalées, n'auraient 
jamais été supprimées. Une fois admises dans ce sermon, l'un ou 
Fautre parti les aurait regardées comme de bons arguments, et loin 
d'être retranchées ou omises, elles auraient fini par se délayer et 
se multiplier. Et pourvu que le traité eût été écrit par un imita- 
teur du style de saint Bernard après cette époque, aurait-il omis 
d'insérer quelques opinions de saint Bernard sur le combat en 
question, quoiqu'il eût pu par là donner à son ouvrage un goût 
plus moderne avec une empreinte plus individuelle? Nous avons 
eu vain cherché une objection à faire, il ne nous en est point venu. 
Reste donc à inférer que le traité a été composé avant 1145. Que 
si cette conclusion prévaut, il en dérive de plus et à plus forte 
raison que les proses, ses sources, datent d'uue époque antérieure; 
Fauteur du remaniement du Mœstse parentis (I C) sera peut-être 
le mystique Hugues de Saint- Victor (mort en 1141), qui échangeait 
des pamphlets ave:^ Abélard (mort en 1142), l'adversaire de saint 
Bernard, en d'autres termes, le poème a été remanié par un théo- 
logien du même camp mystique auquel était censé appartenir 
l'auteur supposé du traité, ce qui facilite l'explication de ces 
emprunts. 

Les témoignages qui se puisent dans le traité même pour dé- Témoignages 
terminer l'époque de sa composition, ne défendent donc pas d'en ^^^^rieurs. 
voir l'auteur dans saint Bernard, et les témoignages extérieurs ne 
peuvent pas se dire contraires à cette hypothèse. Quatre manus- 
crits latins (Paris, B. N., f. lat. 1201, 2049, 2508, 2541), pour ne 



CLXXVI A. Linder. 

pas parler des éditions, plusieurs versions françaises (Paris, B. N., f. 
fr., 1768, 1802, entre autres), les versions italiennes publiées en 1837 
(Pezzatî, Firenze), et l'imitation espagnole de Berceo, citent expres- 
sément saint Bernard comme l'auteur. Une imitation provençale 
(ras 944, Tours) donne saint Augustin comme l'auteur. Voici l'ex- 
plication probable de ce fait. Comme nous l'avons dit, une partie 
du traité a été interpolée dans le dialogue d'Anselme, ce qui ex- 
plique comment il se peut que le traité lui ait parfois été attribué; 
cela nous fait présumer que le nom (^Augustin dans le manuscrit 
de Tours n'est rien que la solution fautive d'une abréviation (p. 
ex. Ans) ou d'un sigle pour Anselme. 
Conclusion. Tout cet ensemble de choses, au demeurant, ne vaut pas 

dire que rien ne nous empêche d'accepter pour justes et décisifs 
ces témoignages. Mais par là il sera suffisamment expliqué com- 
ment il a été possible qu'ils aient été généralement approuvés; et 
voilà sur quoi nous fondons notre proposition que le traité dérive 
de la même école mystique que son auteur supposé. 11 est naturel 
aussi dès lors que ce soient des proses de cette même école qui 
aient été insérées et que ce soit l'auteur lui-même qui les ait fait 
entrer dans son ouvrage. — Ce qu'il y a de certain, c'est que le 
traité semble une production de jeunesse d'uu auteur, adepte du 
mysticisme et un peu versé dans la scolastique. C'est ce que 
prouvent son défaut d'originalité, sa dépendance de sources anté- 
rieures rhythmiques, son style naïf plein de caprices. Qu'est-ce qui 
nous empêche de le supposer un ouvrage juvénile de saint Bernard? 
Dans le Dialogue des orateurs de Tacite (ou sur la décadence de 
l'éloquence, cf. Journ. 1887, p. 652 et suiv.), le génie et le style 
de celui qui devait composer les Histoires et les Annales ne se 
font nulle part entrevoir; à en juger par les prémices de notre 
compatriote Tegnér, personne n'aurait osé lui prédire sa grandeur 
de poète et d'orateur à venir; derrière les vers banaux de la pre- 
mière époque de Leconte de Lisle, la main du grandiose auteur 
des Poèmes barbares ne se reconnaîtrait assurément pas, et nous 
en passons. Ajoutons que, dans son état actuel, le traité laisse voir 
les traces d'une ébauche ou d'un compte rendu plus ou moins 
exact, et dès lors il ne sera plus tellement absurde de l'attribuer 
au jeune Bernard. En somme, rien de décisif La chose serait 
autrement facile, s'il pouvait être prouvé que le Planctûs ante 
nescia (1 D) fût aussi l'ouvrage juvénile de saint Bernard. Dès 
lors il y aurait une raison éminemment bonne qui pourrait se joindre 



Plainte de la Vierge. CLXXVII 

à celle que nous avons apportée de la liberté que l'auteur a prise 
de s'en servir, et le défaut d'originalité ne serait pins si visible. 
Or, il n'y a rien qui justifie un telle hypothèse. Ce sera assez avouer 
la complète impossibilité de la supposition que ce traité, soit sous 
la forme d'un sermon, soit sous celle â\\n poème en prose, puisse 
être l'ouvrage du grand fondateur des monastères dans Pété de sa vie. 
Pour une telle supposition l'ouvrage est trop pauvre d'idées saines 
et de citations probantes, comme l'a remarqué Nestî (1. c, p. m), 
et ajoutons encore, trop riche en caprices fantastiques et, comme 
style, trop inférieur aux autres ouvrages de cet auteur. 

Cependant, ce sermon à la gloire de la Vierge n'a jamais Caractère. 
voulu se donner, ni n'a eu besoin de se présenter comme fondé 
sur une apparition surnaturelle (comme le dit M. W, p. 18), il 
ne lui a non plus fallu s'orner d'un faux nom d'auteur pour avoir 
une diffusion grande et rapide. Mais plus tard, dans Facharne- 
ment du combat sur la conception de la Vierge, quand de part et 
d'autre l'on en appelait h plusieurs reprises à des apparitions — 
citons seulement les visionnaires les plus connues: sainte Catherine 
de Sienne (morte en 1880) d'une part, de l'autre notre compatriote 
sainte Birgitte (morte en 1878) — il est à supposer que ce traité, 
quoique ne regardant pas le combat, sitôt son caratère de sermon 
effacé, aura été regardé comnic fondé sur une telle apparition, ainsi 
déjà dans Berceo (Sanch., Duelos, str. 8 — 4). De même, son re- 
manieur le plus indépendant, Fauteur du dialogue orthodoxe d'An- 
selme, Fa apparenuuent regarda sous ce point de vue. C'est cette 
appréciation et son allure dramatique qui auront fait méconnaître 
son véritable caractère de manière à y voir un dialogue tout fait 
au lieu d'un sermon. Mais h coup sûr, c'est A, sa célébration de 
la Vierge qu'avant toutes choses ce traité doit la popularité qu'il 
a rencontrée glorieusement partout, puis il la doit à son hétérodoxie, 
ensuite à sa piété, enfin, et pour cause, à sa réticence sur la 
question du combat, neutralité qui l'a rendu cher également aux 
thomistes et aux scotistes. 

Les manuscrits et les incunables nombreux, les versions en Jwjements, 
langues romanes et germaniques, les remaniements et les imita- 
tions en latin et en langues vulgaires, attestent à ne pas s'y mé- 
prendre sa vogue exceptionelle et durable et qui ne s'épuisa point 
avec le moyen âge. Ce n'est que vers les jours de la Renaissance 
où presque unanimement, abstraction faite des Laurent de Medicis, 
des Belcari, des Castellani (cf. Sacr., T., passim), l'on se dégoûte 



CLXXVIII A. Linder. 

de tout ce qui se rapporte, de près ou de loin, à la Passion et 
aux scènes de crucifiement, que nous en rencontrons une censure 
prononcée. Il est à peu près sûr que c'est une version de ce 
traite que vise la mention dédaigneuse de Boccace, Dec. VII, 1: 
«I frati davangli il paternostro in volgare e la canzone di Santo 
Alesso e il lamento di San Bernardo e la lauda di donna Matelda 
e cotali altri ciancioni». Il n'est guère probable que Boccace ait 
songé à quelque version, d'ailleurs tout à fait inconnue, d'vm Planc- 
tus Bernhardi qui n'a rien de commun avec notre traité, excepté 
le titre du sujet (v. Journ. 1882, p. 407, où B. Hauréau a relevé 
le peu de valeur de cette plainte). En revanche, les arts libéraux 
paraissent s'en être avidement emparés, témoin le tableau de Filip- 
pino Lippi (Badia, Firenze) et les statues de Piétés (celle de Michel- 
Ange, p. ex.); au XVII® siècle encore, le PJauctus Bernardi était 
assez connu et approuvé, pour que Murillo se mît à peindre l'ap- 
parition de la Vierge à saint Bernard (tableau conservé dans la 
Galerîa Nazionale, Madrid). Ce traité n'est pas sans avoir extor- 
qué même d'un temps plus moderne une certaine approbation. Nous 
en citerons quelques jugements qui appuient notre hypothèse hardie 
qu'il puisse être l'ouvrage juvénile de saint Bernard. 

Que M. Wechssler, puisqu'il en met les mérites sur le compte 
du sermon de Gubbîo (W., p. 23) n'y ait rien rien trouvé de bien 
louable, cela n'a rien d'étonnant; aussi bien dit-il pis que pendre 
de son auteur. 

Le préfacier des traductions italiennes publiées en 1837, aca- 
démicien s'il en fut et qui ne peut nullement figurer au nombre 
de ses admirateurs, rejette avec quelque vivacité la composition de 
saint Bernard (Nesti, p. x), tout en concédant que l'auteur, quel 
qu'il ait été, en adoptant des phrases de saint Bernard et en sui- 
vant sa coutume d'insérer des vers, a réussi à donner à son ouvrage 
un coloris qui ressemble à la doctrine miellée du modèle. J. P. 
Migne (Patr. lat. CLXXXII, p. 1133), qui en approuve la piété et 
la candeur, l'a jugé digne, tout en le considérant comme supposé, 
d'être admis dans le nombre des écrits du grand orateur. Enfin, 
le traité a trouvé son admirateur le plus résolu dans la littérature 
suédoise. C'est feu P. Wieselgren. Sans doute, il faut attribuer 
beaucoup de ses louanges à un patriotisme mystifié. Mais comme 
son opinion, en contraste parfait avec celle de Boccace, montre 
combien le jugement est prononcé différemment dans l'un et dans 
Tautre camp, nous ne pouvons pas ne pas citer ce que notre illustre 



Plainte de la Vierge. CLXXIX 

compatriote a dit, 8on opinion étant probablement celle de la plu- 
part de ceux qui appartiennent à la même nuance de zélateurs. 
Il voit dans la version suédoise le fragment d'un drame original 
du XIII® siècle (Sv. Sk. II, p. 497), ce qu'il faut retenir en lisant 
ses éloges. Au fragment qu'il en donne, Sv. K., p. 61 — 62, il ajoute 
ces mots: «Kunde forntiden ej uttrycka djupa rôrelser, oaktadt 
sprâket var enkelt? Hâr âr utan tvifvel en stor efterskôrd att gôra 
for vâra nitiskc sprâkforskare». Dans Sv. Sk., p. 502, où il a fait 
entrer tout le fragment pour ainsi dire insensiblement remanié et remis 
en vers blancs, il finit par les réflexions que voici. «Och detta âr 
afskrifvet ett sekel fore Kalmarunion! Bevisar ej âfven det deu af 
oss antagna hôgre bildningen under Folkungarnes regering, dâ stôrsta 
dclen af folkvisorna enligt Geijers mening diktades, dâ bibeln ôfver- 
sattes och dâ landskapslagarna trâdde i skrift, dâ konunga- och 
hôfdingastyrelsen forfattades. dâ S. Brita bildades, dâ eufemiaroman- 
serna blefvo forsvenskade ? Hvarfor kliugar detta rena sprâk sâmre 
i vâra oron an den sang, som ânnu fortjusar sjâlfve engelsmannen 
i S. Pétri tempel: *Stabat mater dolorosa, juxta crucem lacrymosa, 
qua pendebat filius'? Vi ha for att ofverallt lâta dialogen vara lika 
jambisk, som den âr pâ otaliga stâllen, omflyttat orden o. d. hâr och 
dâr men ft)rsâkra, att knappt nâgon gammal psalm finnes sa orord 
i vâr uya psaimbok som detta samtal i vâr ofversâttning pâ det 
nârvarande sprâket. Man bôr hârmed jâmfôra de franska och tyska 
moralicrna, dâr Adam gaf Eva âpple under snack och Gud Fader 
intrâdde i pâfvemossa, dâr Kristus, nedstigen till helvetet, fick se 
djâflarna genom hâl pâ dôrren utsâtta sina uâsor och stotte till med 
korset, sa att nâsorna fastnaglades, upptâg hvarmed ânnu Ludvig 
XV sâsom barn roades. Nej, kan Xordens suille aldrig hinna den 
blomstring som snillet under Soderns sol, sa kan det ej heller sa 
fôrbrânnas som den sydliga vârldens. Vâr luft âr for ren, vâra 
berg for hôga, vâr stjârnhimmel for klar! — dock, utan att ned- 
sâtta ett for att upphoja ett annat, ma uttrycket af vâr kânsla lânas 
af Johannes von Millier: Ich liebe die Gesânge derselben alten 
Christen, wegcn ihrer Einfalt, Salbung und, ich môchte sageu, Her- 
zenshoheit». — C'est une impression singulière que produit sur le 
lecteur d'aujourd'hui cette défense vive du généreux doyen pour 
les fleurs gelées de l'esprit du Nord, en considération de ses élans 
sérieux, dès qu'on sait que le fragment en question, cause de ces 
parallèles, n'est que la version bien fidèle d'un traité latin dont 
Fauteur est un prédicateur étranger qui, à son tour, s'est enrichi à 



CLXXX A. Linder. 

dépouiller les ouvrages d'autrui. Un singulier hasard a voulu que 
Wieselgrcn qui débute par dire au génie du Nord dos coini)linients 
bien troussés, indirectement cl à son insu, semble s'en venger par 
en médire. 

Notre moyen âge, surtout Fépoque de la race des Folkunga, 
aura été très pauvre en ouvrages originaux, quoique, par suite d'une 
communication plus vive avec Tétranger, il fasse voir quelques 
prédilections littéraires. Il est bien clair, du reste, que le fragment 
n'est ni original, ni en vers, ni drame, ni du XIII® siècle (v. Klg, 
p. 163—74). C'est une version presque littérale faite au siècle sui- 
vant et en prose du sermon Bernard. 

Il nous a bien fallu combattre ce que nous avons trouvé d'ex- 
cessif dans ces appréciations, au risque même de passer pour avoir 
cherché dans leur contre-pied un moyen de réussir. 
Analyse. Nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs Fanalyse de 

cette production littéraire qui, sous un faux nom d'auteur peut-être, 
a eu une diffusion si inouïe et a fait naître tant de remaniements, 
de versions et d'imitations, ouvrage que les uns ont apprécié à 
l'égal des poèmes les plus nobles de ce genre et que d'autres ont 
placé au-dessous de toute critique, qui a excité des maîtres d'art à 
une étnulation pieuse, qui d'un coup a fait le tour du monde de 
son temps et avec tous ses défauts a eu ses échos dans les cœurs 
en les faisant battre à l'unisson de celui de l'auteur, et qui, le temps 
venu, a perdu son ascendant, sans pourtant s'ensevelir dans l'oubli. 
Nous regrettons qu'il s'en faille beaucoup que notre bref résumé, 
au môme degré que le remaniement de P. Wieselgren, puisse don- 
ner une idée approximative des tendres attraits d'une jeunesse 
intarissable, d'une candeur enfantine que l'auteur a si bien su donner 
à son ouvrage. Cette analyse sommaire accompagnée d'annotations 
entre parenthèses des divergences et des ressemblances qu'y off're 
notre poème italien, suffira pour faire voir la dépendance directe 
ou indirecte de ce dernier, et en même temps il en ressortira com- 
bien ce dernier montre d'altérations, soit additions, soit retranche- 
ments, presque toujours autant d'améliorations. Ces déviations et 
la forme plus polie et plus moderne de P contribuent à en rendre 
moins transparente au premier coup d'œil la dépendance. Notre 
résumé doit se contenter de relever les traits essentiels, ce qui est 
commun à l'original et aux versions italiennes publiées par Nesti, 
le fragment suédois étant inséré intact. Nos parenthèses renvoient 
donc aux passages correspondants de P. 



Plainte de la Vierge. CLXXXI 

(Le Prêtre:) «Qui me donnera des fontaines de larmes», que 
je puisse pleurer jour et nuit, jusqu'à ce que Jésus apparaisse pour 
me consoler. Et vous autres, filles de Jérusalem, épouses aimées 
de Dieu, pleurez avec moi que notre époux doux et bénin, Jésus- 
Christ, vienne dans toute sa beauté. Songez combien il est amer 
et dangereux de se séparer de celui à qui vous vous êtes don- 
nées en toute sainteté. Réfugiez-vous auprès de celui à qui vous 
avez promis la virginité. Courez à la Vierge, sa mère. Elle l'em- 
porta en Egypte, elle le suivit partout. Il est donc à croire qu'elle 
était l'une de celles qui suivaient Jésus et à qui il dit, en se retour- 
nant. Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur 
vous et sur vos enfants; il est à croire qu'elle était en pleurs au 
pied de la croix. O Dame de tout le monde, dis-moi si je dis 
vrai. Sinon, ô gloire du paradis, ô joie de tout le monde, dis-moi 
la vérité. O, que je puisse sentir tous les jours, la passion du 
Christ comme tu l'as fait. O, qu'à ton Assomption tu m'eusses 
laissé tes larn)es dont j'eusse pu juger de ta douleur. Ah, ne t'en 
déplaise ce que je dis. Les pierres mêmes durent se fendre lors 
de sa passion. Qui aurait pu se tenir de larmes, lorsque le Sei- 
gneur des cieux, le prince des anges, eut à subir honte et passion 
de la part des enfants de la poussière? Que ne pleurons-nous? Or 
toi, qui as souffert avec lui, tu te réjouis avec lui dans sa gloire. 
Que je voie ta passion et que je pleure comme tu l'as fait! Fais 
pleuvoir sur moi tes larmes, que j'en aie assez pour pleurer en 
parlant de la passion. (Cf. Il 1 — 2, X 1-2, 68). C'est là un 
sujet plein de componction, et comme glorifiée tu ne saurais guère 
pleurer. Je voudrais bien pleurer moi, mais je suis dur comme la 
pierre. Or, toi seule sais la vérité. O, reine du Ciel, ô douce 
mère du Crucifié, que tu daignes m'accorder ma demande (par 
cette proposition commence le fragment suédois, puis petite lacune), 
exauce ma prière, raconte- moi tes douleurs. J'écoute, que tu par- 
les! (Cf l'introduction plus originale de P I; ci-après le fragment 
recommence, cité d'après Sv. Sk. II, p. 498 et suiv , et en note 
d'après Klg. *), p. 163 et suiv.). 



ç, min fru, o sag, 
min kîira moder, voren I uti 



*) (Z)ro/Mm)g i himiriki. ge.sus krncificsns miild rao|)ar, te mik [)àt iak àftàr 
girnàs. 1. Sib, min fraba, sib, mia kara Mot)âr, vare I innan gerusalem, [)àr 



CLXXXU A. Linder. 

Jérusalem, nâr eder son vardt fàngen, 

och dragen fram for Hannas och for Kaifas?» (La Vierge.) 

«Jag kom full sorgeliga till min son 5 (U is) 

och sâg, hur man med nâfven honora slog, 

med hand kindpustade, och i dess anlet (ii, ir, cf. ii 22— 24) 

bespottade och hjâssan tornekrônte, 

och oss till skara i alla mânskors âsyn. (iii 6, is) 

O, dâ bedôfvades mitt lif och ville 10 (ii, 22; iri, 35-61 

sin anda pus ta ut, och hvarken rost 

ej heller sinne var nu mer hos mig. 

Dâr voro mina systrar ock omkring mig (H, 35) 

och mânga andra kvinnor grâtande 

allt for min kâre son. — O, dâr 15 

var ock Maria Magdalena, som 

mest gret af alla kvinnor utom mig 

aliéna. Och den tiden, dâ Pilatus (iii, 6) 

dom hade gifvit och min kâre son 

till pinan drogs med ett stort kors pâ 

skuldran, 20 (iv, 4, is) 
lopp folket efter honom; somlige 
bespottade och hâdde, andre skaru 
uppâ hans hufvud kastade. Och jag, (U, 26) 

jag usla moder, med de kvinnor foljde, (iv, i3) 
som voro komna ut af Galileen 25 

och honom tjânt; de skôto, buro mig civ, 43-44) 

liksom en halfdôd raânniska, till dess 



i|)àr soie son var faDggân ok dra|)ân till Ânnam ok Kaifam? Da snorh|)e var 
frnha: 5. iak kom t)a fual sôrihilika*) til miin kàra sun, ok pabar iak sa hanum 
slaas mâ[) nàua, pustas inâ[) loaa ok [ok] spyttas i antât ok kronas mà|) [)orna 
ok til alla roanna asyn oos til skamma, 10. |)a drô|)e9 oit miit liif ok uildâ 
slippâ andàn af mik, ok buârkân rost àllâr sinni aar i mik. [)âr uaro mina 
systâr ok andra mnnha kninna grâtande for miin kàra ebing sun, 15. |)àr 
aar ok maria magdalena |)àr nâst grât for alla kninna ntan mâ[) enâ. Pe tima 
|)âr pilatus doom haf|)e ginât, och miin kara sun 20. til pina droos kors a 
bakà, mykit lôp folkât àftilr banum. Summi 8potta|)o banum ok skàndo, surami 
tyrfda sôr ok fylsân a bans bouà|). Pa iak usla mo[)âr ok mat) N ^^^^^ 1^ 
kuinna, 26. [)âr af galilee land uaro kumnâ ok banum |)iantto; |)e skudà ok 
baro mik sum balfdô[) mânnska e, til ui komâ [)âr [)e banum kryca|) for mio 



*) Nous avons saivi Tortographe de Klemming. qaoiqne celle do Peringskjdld nous semble par- 
fois la meilleure, snrtont quant à la transcription de la rnne hagl^ ici rendue par L peur gh. Sans 
dente que le scribe des runes n'a pas été bien expérimenté dans cet art 



Plainte de la Vierge. CLXXXIII 

vi kommo dâr de inft)r mina ôgon 

korsfaste honora. Men den stund han lyftes (V. d 

pâ korset upp och dâr med stora naglar 30 

bief fôst och jag sâg honora och han mig, 

han mer fôr mig bar omsorg an fôr sig. (Vii. ii) 

Han stâdsc var liksoni ctt lamni, ej hordes (iii, u) 

han vânda sig. Jag usla^ sorgefnlla^ 

8âg der min herre och min kâre son 35 

pâ korset hânga, tâla skaralig dôd. (V, id 

Dâ spândes hjârtat af sa hâftig ângslnn 

och sorg, att ingen tnnga det formâr av.rifi; v,8-9, 12) 

onitala, ocli cj var det underligt, 

forty utaf min kâre sons lekamen 40 

vid korset hânder, fotter spikats fast (V. 11) 

med stora naglar, f^pjut i hjârtat stnngits, 

och blodet ur fera *) stâllen strommade. (Vi, C) 

Hans fagra ansiktc forblcknadc; nv, 15, is; vi, 7) 

han, sora var fager frarafôr alla raânskor, 45 

nu syntes led. Hans Ijufva anlete 

af blânad och af blodsâr ôfverhôljdes. 

Det var min hôgsta sorg, att jag nu sâg 

mig mista kâre sonen, sora den ende (CorrPHp, m.inqae 

mig var, och aldrig skulle jag en annan 50 *'*"" ^^ 

bekomma. Dârfôre var modcrs hjârtat 

sa ôfverfullt af sorg och vânda; rôsten 

var borta, och min kvidan och min suckan dii, 35) 

ej mande hjârtat spara. Tala sôkte 



ôbbaD. Pc tima |)àr ban 30. up a kors lyftâs ok mà|) stora nab[)U a korset 
fâstàs ok iak banum sa ok han mik. niera 8orh|)c bau for mik an for sek. E 
uar baD snm cet lamb ocb aidrib uânde ban sik. Iak usla ok sôrbinde ino|)âr 
35. saa miin barra ok miin kàra sun a kors bàngia ocb skamelika do}) |)oIa. 
|)a spàntâs miit biartta mâ|) sua mykâl aunggar ok sorbe at anggin tungga 
gitâr |)ât (|)àt) tald. Ok àb uar nndàr at, 40. forty at af miin kàra suns 
lif ^&r hândar ok fôtàr uaro nakbldi a kors n)â|i stora nabla ok spiut lauh 
i biartta. Pa flot bloo[) e fàrn stajjum af bans hàlab lit hans fabra anlàt 
bleknà|)e, 45. han |jàr fauhr uar for alla man, |)0tàs leej) u&ra, for|)7 at blat 
ok blot)Ot sara Bmittà|) hans lioua anlàt. |)àt uar min màsta sorb, at iak sa 
mik tapa sôta sun, |jàr enib 50. uar, ok iak aidrib annan skuldi faunga. 
forty uar hiartaj) meer an fui raà[) sorb ok uandda. Miin rôst uar burto, an 

*) L'original porte quattuor; cf. le pr/^tendu prototype synibol , (Jcn. 
II, 10. 



CLXXXIV A. Lînder. 

jag, men fôrgâfves. Sorgen kvâfde ordet. 55 

Sa kvaldes hjârtat utaf ve. Dess vârk 

af 8orgeliga rosteu val beteddes. 

Att tala karleken mig bôd, men rôsten 

var hes och tungan mîstat sin formâga. 

Jag s«g den do, som ôfver allt jag alskat, 60 ivii. 38) 

dârf(')r fôrsraâktade min sjâl i sorg. 

Han sâg ock med sitt blida anlcte (Vii, n) 

mig, sin kvalfulla mor, sa svâra grâta, 

och nâgra fâ ord sade han mig till 

hugsvalelse, men jag ej kunde trostas. 65 

Jag gret med rop och ropade med grât: 

«Min Ijufve son, min kâre son, ve ar mig. 

Ve âr mig! Hvad gôr det mig, att jag dôr*) 

for dig? Hvad skall jag usla mânska gôra? 

Min kâre son nu dôr. Hvi dôr jag ej 70 

med honom, jag hans sorgbebundua moder! 

Min son, min son, min ende kâre son, 

mitt kâraste! Lât mig ej blifva efter! (Vii, u) 

Tag mig med dig, lât mig fâ do med dig. 

Ej ensam bôr du do. Lât modem do**) 75 

med dig! O ve, spar, usla dôd, ej mig. 

Du âr mig nu det Ijufvaste, du âr 

ail styrkan hos en mor, mest kvidande 

af alla! Drap dâ modem med sin son. 



uànàls ok sukkàls matte hiarttat ai spaïa. Iak skaldi tala 55 an hiartlik 
sorh loot or[)ât eh fuUalik ut knmma; sua uar hiartat kualt mâ[) ue. Miin 
sôrhilika rôst te[)e hiartans uàrk. Alsku|) nôdde munnàn at tala, an rôsten uar 
hees, for|)y at tunggan haf|)e tapât sina rata uana at tala. 60. Iak sa dô |)an, 
|)âr iak âlste yuâr ait; forty smàltàs sîallen i sorba. Han sa ok mât> ait bli|)a 
anlàt mik hin sôrilik ino|)er sua sarlik gràta, ok fa or[) sauh{)e ban mik til 
65. sualâls; au iak uiatte àkki sualas. Iak gràt ôpande ok opte grâtande. 
aMiin lioue sun, miin kàrà sun, ue àr mik, ue âr miik. Hua giuar |)ât mik, at 
iak dôr foor [)ek ? buat skal iak usla raànniska atbauas? 70. Min kâre sun 
dôr, bui dôôr iak eb mâ[) banum, bans sôrhianlika nio|)er! Min sun, miin sun, 
min enib[b]iste sun, kâre miin kàràstâ sun, laat mik eh uâra àftir |)ik. Tak 
mik mal) ^^^' Laat mik dô mâ{) |)ik. 75. Illa dôr |)a enâ. Laat |)in roo|)or 
dô mâ{) t)ik. Ouib, usli dôôj), spor mik ai, |)u âst mâk nu liouast, ait ))ât styr- 

*) Plus littéralement: bittra vel Hvem stâder mig att dô 
**) Plus littéralement: Aliéna dô âr tungt. Sa lât mig dô. On bien : 
Dig hôfs ej ensam dô. Lât modem dô. 



Plainte de la Vierge. CLXXXV 

Min son, min enda sôtma, enda glâdje 80 

och allt raitt lifs hugsvalelse! O ve! 

Mest âlskade, vidkânns mig usla, hôr (Yii, 45) 

min bon y det hôfves ju en son att hôra 

sin moders klagan. Hôr min bon och sâtt 

mig upp till dig pâ korset, att vi bâda 85 

tillsammans dô, som vi tillsammans lefvat, 

med samma kârlek an forbundne. — Yel 

Ve, usle judar, ve, omilde judar, 

o, sparen icke mig! Dâ I korsiasten 

min en de son, korsfasten ocksâ mig, 90 

bans usla moder, eller ocksâ med 

en annan bitter dôd nu drâpen mig, (Vi si) 

pâ det att jag med honom ândock dôr . . .» 

(Fin du fragment; dans P, V 22—48, Marie s'adresse à la 
croix, cf. le sermon de Gubbio et Bon. II, 151*; la Vierge:) O, 
mort, pourquoi si dure pour moi seule? Il serait si doux, si beau 
de pouvoir mourir; ô mort désirée, pourquoi m'éviter dans mon mal- 
heur, pourquoi arracher mon fils et me laisser ici-bas à mener la 
triste vie d'une veuve sans vie (VIII 37—44)? 

O, doux fils, aie pitié de ta mère! Ne sois pas si dur pour 
elle, toi qui as toujours été si bon envers tous. Reçois-moi auprès 
de toi sur la croix; rien ne m'est, ni ne me sera plus amer que 
de vivre après ta mort (VII 16—20). O, mon cher fils, tu m'es 
père et mère et époux, tu m'es tout. En te perdant je perds père, 
mère, enfants, tout. Toi mort, où trouverai-je un appui? Me voilà 
orpheline, veuve, sans enfants, si tu t'en vas (X 38, VII 45). Mon 
fils, à qui m'adresser, si ce n'est à toi? Qui doit m'aidcr et m'ap- 
puyer, si ce n'est toi? Ame qui vive ne me consolera. Or, il n'y 
a rien d'impossible à toi. Ecoute-moi, parle-moi, donne-moi au 
moins une seule parole de conseil et de soulagement (VII 46 — 50). 
Alors notre Seigneur, en regardant saint Jean du haut de la croix, 



kân af mik hiin kuiràsta mo[)âr. Drap mo[)âren mâ[) sin sunl 80. Miin sud, 
min enigh sôtme, min enit) glat)e ok ait mit lifs sualâls. O uiih, sun kàràst, 
kànn&s ni[) mik usla ok bôr miin bôôn, pÂt sômar sud at bôra siin sôrhiande 
mo[)ar, bôr miio bon ok sâât 86. mik op a korset til |jit at ui balj[)e do sa- 
man, p&r i et kiot lifa samau ok mà[) en âlskuttb buudlD sammao. O uih, usla 
iu|ja, o uih nmilde iu[)ba, sparer mik ai! Mâ|)aD i krycâo mÎD 90. ODing sun, 
kryc&r ok mik, bans usla mo|)àr, all&r mâ|i annan besk dÔ|) drâpâr mik, at 
iak po dôr mâ(> banum. 

Linder: Plainte de la Vierge. 13 



CLXXXVl A. Ldnder. 

O femme^ lui dit-il^ voilà ton fils. Car saint Jean était là présent 
(VIII 5; ici la Vierge se plaint de rechange, et saint Jean cherche 
à la consoler, thème souvent traité, sur lequel il y a beaucoup de 
variations). Puis s'adressant à sa mère. Mère, tu as beau, lui dit 
le Sauveur, pleurer et te lamenter. Cherche à réprimer tes dou- 
leurs. Ta sais bien que j'ai pris nature humaine en toi pour/nourir 
en croix et sauver les hommes (Vil 5 — 6, 26; ici la Vierge doit 
se plaindre d'Eve qui a fait entrer le péché dans le monde, autre 
thème souvent traité). Comment les écritures seraient-elles autre- 
ment accomplies? Mais je ressusciterai pour m'en retourner chez 
mon Père. Il faut bien que tu te réjouisses que j'aie retrouvé la 
brebis perdue et que par la mort d'un seul plusieurs soient rendus 
à la vie. Le calice que mon Père me donne, il me faut le boire. 
Ce qui plaît à mon Père, est-ce qu'il peut déplaire à ma mère? 
Pour ma divinité, je serai toujours avec toi. Il est temps que je 
m'en aille à mou Père, et si tu ne peux me suivre aujourd'hui, tu 
verras après moi bientôt (toute correspondance à ce passage manque 
dans P); jusque là ton neveu te servira de fils et d'appui. Et en 
regardant saint Jean, Voilà, dit-il, ta mère. Je la confie à tes 
soins. Et nous ne pouvions rien faire que pleurer. La force de 
parler nous fit défaut, en voyant mourir le Maître (VIII, 23). 
Nous étions nous-mêmes comme morts, la douleur seule restant 
notre amie. Le glaive nous passa les âmes en les navrant cruelle- 
ment (IX 28). La mère fut au comble du malheur, en voyant 
son fils souffrant de telles angoisses, elle fit siennes les blessures 
de son fils, elle se sentit percée du glaive dont l'avaient percé 
les impies. Le voir mourir lui était chose plus dure que la mort 
(X 3). Alors, «J'ai soif», s'écria le fils, et on lui donna à boire du 
vinaigre miellé qu'il refusa de prendre après Favoir goûté (corre- 
spondance manque dans P; le breuvage est visé VI 28). Plus 
tard, Voilà qui est accompli, dit-il, en ajoutant bientôt: Eli, Eli, 
lama sabaktani. Et après avoir prié pour ses persécuteurs et re- 
commandé son esprit à son Père, il rendit Tâme (VIII 24-29). 
Alors la terre de trembler, le soleil de s^obscurcir, les montagnes 
de se fendre, les tombeaux de s^ouvrir, et maint homme ressuscité 
de témoigner que le Crucifié était le^fils de Dieu (VIII 32). De 
là on peut inférer combien devait souffrir sa propre mère (IX 10; 
même pensée variée). Nulle bouche ne peut prononcer ses senti- 
ments, nul esprit ne saurait les imaginer (VIII 34—36; ici la Vierge 
demande à quoi bon vivre, en s'étonnant que la douleur ne Tait 



Plainte de la Vierge. CLXXXVII 

pas déjà tuée. — Ce qui suit et, à la rigueur^ une partie de ce qui 
vient d'être cité peut être regardé comme dit de la Vierge ou par 
elle). La mère Tavait conçu du Saint-Esprit, et le voilà qui venait 
de mourir. Elle était au pied de la croix, comme si elle avait été 
morte, morte de cœur, vive de corps. La langue se refusa à parler, 
et voilà la mère qui eut bien de la peine à respirer, sur le point 
de mourir. Accablée d^angoisse, elle était là attendant que le Cru- 
cifié fût détaché de la croix (VIII 35; ici la Vierge implore la 
pitié de la mort. Cette pensée la fait souvenir du péché, cause 
de la mort imméritée de son fils, et elle finit par exhorter les 
hommes à se convertir; cf. IX 14, X 3—5). Puis, le cœur déchiré. 
Donnez-moi, s^écria-t-elle, son corps sans vie. Votre volonté est 
faite. Donnez-moi son corps mort ou me tuez que je le suive. 
Mettez-le bas, donnez-le-moi, que j'en éprouve quelque consolation 
(X 7 — 9, où elle s'adresse à ces amis). Elle était auprès de la 
croix, voyant son fils pendre au moyeu des clous (IX 14). Elle 
avait beau ^atteindre en se dressant sur les orteils, et en tendant 
les bras elle embrassa la croix (cf. V 48). Il lui aurait mieux valu 
mourir. Pâle était sa face comme celle d'une femme morte, mais 
elle avait les joues et la bouche rouges des gouttes de sang qui 
étaient tombées (cf. IX 42 — 43; les strophes 48 — 53 renferment 
une invitation à lever les yeux vers le Crucifié). Les mains gour- 
des, elle tomba par terre, écrasée sous la douleur, se redressa et 
retomba, comme si elle avait été raide-morte (cf X 8, 13). Joseph 
d'Arimathie et Nicodème vinrent déposer le corps mort (X 5). Alors 
Marie, revenant de sa défaillance, aide à décrocher son fils. Elle 
reçut sa tête et ses bras penchés en les baisant (cf. X 6 — 10). Le 
fils déposé à terre, elle se jeta sur lui pâmée (X 16—17). Revenue 
à elle, elle se plaça à sa tête pleurant de chaudes larmes, qui bai- 
gnèrent le visage du fils. Elle se déchira des mains en gémissant, 
elle le prit entre ses bras, elle le tint sur son giron. O, mon fils 
chéri, dit-elle pourquoi les cruels Juifs t'ont-ils crucifié? Je te 
tiens encore, mais tu es mort et mort est mon cœur. Que faire 
maintenant dans ma douleur? Hélas, quel malheur! Où est la grande 
joie éprouvée lors de ta naissance? Elle m'est tournée en angoisse 
et en douleur. O, mon fils, je ne désire plus que de mourir (IX 
29—37). Et elle lui baisa le front, les joues, les yeux et la 
bouche. Tout ce temps elle pleurait son malheur avec des larmes 
si abondantes, comme si, corps et âme, elle avait voulu se résoudre 
en larmes, et sa plainte était déchirante. Elle baisait son corps, arro- 



CLXXXVIII A. Linder. 

sant de ses larmes le roc sur lequel il gisait. Il lui revint en mémoire 
tout ce que de son vivant il avait dit et fait, tout ce qu1l avait 
subi de passion et d^injures, lui qui avait été conçu sans péché et 
né sans peine, lui qui lui avait tout été, Dieu, maître, fils unique (cf. 
X 17—20, 23—30, 38). Accablée de douleur, écrasée sous le cha- 
grin, elle lui prodigua tous les noms de caresse, tout en se plai- 
gnant et en le suppliant de jeter sur elle un seul regard tendre. 
Mon fils, lui dit-elle, mon chéri, vie de mon âme, ma seule joie, 
soûlas et espoir de mon cœur, pourquoi as-tu voulu m'abandonner? 
Pourquoi demeuré-je en proie à la douleur? Que me fuis-tu, joie 
de mon âme? Regarde-moi, aie pitié de moi! (Rien de correspon- 
dant dans P, cf. le sermon de Gubbio, W., p. 25.) Comment ex- 
primer les douleurs de Notre Dame? Je crains que nulle langue 
ne pût les dire (X 33). Non qu^elle désespérât, tant s'en faut. 
Elle conservait toujours l'espérance qu'elle le re verrait ressuscité 
(point de correspondance). Les femmes ses amies qui étaient à 
ses côtés pleurèrent avec elle sur sa perte; et les anges même au 
ciel fondirent en larmes en voyant Jésus mort et sa mère baignée 
de pleurs et en entendant sa complainte. En efiFet, il eût été bien 
étrange que les anges, malgré leur félicité, n'eussent pas pleuré. 
Puisque Dieu a pu devenir homme et mourir, il se peut aussi que 
les anges, tout bienheureux qu'ils sont, aient pleuré sur cette mort 
(pas de correspondance; cf. VIII 47 — 48). Cependant, Joseph et 
Nicodème, ayant, d'après les témoignages de l'Evangile, enseveli 
le corps mort, le mirent au sépulcre (X 16 — 17, 32, 41). Des 
milliers d'anges chantèrent en chœur, mais sa mère ne sut rien faire 
que s'attrister. (Point de corr.) Elle aurait aimé à retenir le corps 
(X 33). Pitié, dît-elle, ayez pitié de moi, vous autres au moins, 
qui êtes mes amis. Laissez -le un moment, découvrez son visage, 
ou permettez que je le découvre moi, que je puisse le revoir et 
que je m'en console. Ne l'enterrez pas, laissez-moi le retenir ou, 
puisqu'il est mort, mettez-moi auprès de lui dans le sépulcre. 
Mais ils ne durent pas faire sa volonté. Un combat s'ensuivit sur 
le corps (X 34), et ses amis pleurèrent plus en voyant sa douleur 
qu'ils n'avaient pleuré sur la mort du Maître. Ce n'est qu'à force 
de prier et de pleurer qu'ils parvinrent à l'enterrer. (Ici quelques 
rédactions de l'original latin finissent.) Mais la mère ne put s'éloi- 
gner du tombeau (X 42 — 43; ici elle cherche à trouver quelque 
fissure par où jeter un dernier regard sur son fils; dans Leg. aur., 
de sauta M. Magdalena, c'est la Madeleine qui s'obstine à rester 



Plainte de la Vierge. CLXXXIX 

auprès du tombeau). Alors il fallut que saint Jean, tout affligé 
qu'il était, essayât de la consoler et qu'il la priât de l'accompagner. 
Lui et les saintes femmes, ses amies, ils ramenèrent vers la ville 
aussi rapidement que le permettait sa faiblesse, et Ton fit tout cela 
en pleurs, en soupirs et en étouffant ses sanglots. Personne ne put 
s'empêcher de s'attendrir en la voyant (cf. X 44; de plus elle 
s^adresse à Jérusalem 46 — 50, et 51—54 au public, invitant à 
s'apitoyer sur la mort du Sauveur, 55 — 58 étant une défense pour 
sa plainte.) Elle fut menée à la maison de saint Jean pour y de- 
meurer, et il la garda, la vénérant plus que sa propre mère. (Dans 
PX 61» 63, la Vierge, en retour pour ainsi dire au ciel d'où elle était 
venue apparaître, finit par exhorter sérieusement à regarder le Cru- 
cifié et à le suivre.) La Viei^e était comme assoupie. Les sou- 
venirs de ce qu^elle avait vu et entendu dans les derniers jours, 
lui revinrent dans la mémoire, tourmentant son esprit, éveillant sa 
conscience engourdie. La voilà qui revoit toutes ces scènes de 
douleur, en en ressentant toutes les horreurs: elle revoit le fils 
cloué sur la croix, lui offrir le breuvage d'assoupissement, enfin 
son côté percé, et Fimpression accablante qu'elle reçoit en voyant 
confier au sépulcre Celui que tout le monde, y compris les cieux, ne 
peut comprendre, ensevelit comme dans un linceul son esprit mal- 
heureux et exténué de fatigues. (Ici quelques rédactions latines 
finissent; d'autres portent la prière finale.) O, clarté des cieux, 
source de pitié, c'est toi que nous invoquons, c'est à toi que nous 
nous livrons, corps et âmes, en vie et en mort. O, douceur du 
paradis, joie des anges, notre maîtresse à tous, daigne intercéder 
auprès de Dieu en notre faveur, en faveur de nos amis et de nos 
protecteurs, et que tu sois bénie aussi bien que ton fils qui vit et 
règne toujours avec le Père et le Saint-Esprit. (Cf. XI; Berceo, 
str. 205—10). 

Ce bref résumé, comparé à celui de P, montre en toute évi- 
dence que P en est dépendant. Le fond est en gros le même 
jusqu'à celui du cadre. Les ressemblances littérales n'existent qu'en 
un petit nombre de cas. Les divergences, le plus souvent autant 
d'améliorations, consistent dans des retranchements ou des omis- 
sions ou dans l'ordre, (c^uelque déplacement semble mal assorti 
dans P. Ainsi la citation biblique au v. 547 est infiniment mieux 
à sa place dans le traité (après l'enterrement). Les libertés que 
l'auteur de P a prises avec son original d'un côté, et de l'autre le 
grand nombre de rédactions latines, empêchent de décider avec 



CXC A. Linder. 

quelque degré de certitude, s^il a puisé directement dans un origi- 
nal latin ou dans une traduction en langue vulgaire. Le seul pas- 
sage que P n'ait en commun qu'avec une imitation italienne en 
vers (IX 38, citation d'après les Lamentations de Jérémie), est de 
trop peu d'importance et se retrouve trop souvent dans les plaintes 
de la Vierge pour être cité comme preuve. Ainsi se trouve-t-il 
dans quelques plaintes dramatiques dont P s'approche de très près, 
et cela pour la plupart à cause du modèle commun. Ce sont là 
les plus anciens représentants du type dramatique déjà signalé. 
Type drama- Sous une forme dramatique, les plaintes italiennes se présentent 
tique {III). j^g J3QQ (jahrb. V, p. 72; Riv. I, pp. 244, 248). Celles auxquelles 
P s'apparente le plus seront une lauda dramatique (Riv. I, p. 268 
—70), que nous désignerons ici par L, et deux représentations 
édifiantes, Devozioni del Giovedi e del Venerdi santo (Riv. II, p. 
14 — 18, p. 19—28), désignées ci-dessous respectivement par G et V. 
Il y a aussi quelques ressemblances secondaires entre P et un noël 
du même temps (Laus pro nativitate Domini, Riv. II, p. 35 — 40), 
désigné dans la suite par LL. I^es plaintes dramatiques tiennent 
sans doute beaucoup du traité Bernard et des poésies de Jacopone 
da Todi; G, du contenu de laquelle nous ne nous occuperons que 
fort peu, bien plus des Méditations de Bonaventure. Les pièces 
sacrées, G et V, comme il appert des indications scéniques et 
comme l'ont remarqué plusieurs éditeurs, étaient destinées à illus- 
trer le sermon çà et là; par conséquent, elles n'étaient qu'une 
forme postérieure et plus développée de la plainte du traité (cf. 
Riv. II, pp. 6, 10). A leur tour, elles forment une nouvelle étape 
dans la transition aux Sacre rappresentazioni qui, un siècle et demi 
plus tard (vers 1450, Sacr. I, p. 1 ; T. I, 260), se présentent sous 
la même forme métrique et toutes dégagées du contrôle de l'Eglise 
(Riv. II, p. 5; cf W, p. 57). Ces drames sont en vers de dix 
syllabes (endecasillabi), enchaînés en ottave rime, chaque réplique 
des devozioni renfermant au moins une strophe. Quant aux lande, 
LL est composée en forme de ballade, L est écrit en ottonari et 
en seste rime; toutes les deux sont au nombre des chansons qui, 
eu langue vulgaire, correspondent aux proses de l'Eglise. Et de 
même qu\m drame liturgique, né des proses, s'était développé, de 
même on vit sourdre des laude, notamment des plaintes de la 
Vierge, un mystère populaire de la Passion (Riv. II, pp. 10, 13; 
W., p. 33), d(mt l'histoire ressemble de près à celle de la naissance 
de la tragédie chez les Grecs (Riv. I, p. 252; cf. Rom. XIX, p. 



Plainte de la Vierge. CXCl 

370; Journ. 1892, p. 672), et dont les souvenirs sont encore vivants 
dans les campagnes de Tltalie d'aujourd'hai (Kiv. I, p. 242, note; 
G. F. R. IV, p. 8; W , p. 62; cf. P. II 1, X 1). 

Les devozioni, telles que nous les connaissons, se présentent 
sous une forme en partie vénitienne. Ce n'est pas là leur forme 
originale. Originairement elles ont été écrites en ombrien (Riv. II, 
p. 8; T. I, p. 187). Préalablement nous montrerons que la manière 
même dont sont, dès leur naissance, récitées de telles plaintes dra- 
matiques, rend très probable la supposition qu^elies n'aient pas pu 
rester inconnues à Tauteur de P. Cette manière de représentation 
carractéristique nous fournit Toccasion de nous rappeler les combats 
déchirants et les efforts infructueux qui ont agité et désespéré les 
hommes au milieu desquels a vécu notre auteur. 

Le précurseur plutôt que Tauteur du mouvement fut saint Les Flagel- 
François d'Assise (1182—1226), dont le caractère a été tant discuté. ^""^^ 
Tandis que plusieurs écrivains (cf. Délia Giovanna, G. Stor. XXV, 
pp. 11, 13) l'ont représenté à peu près comme un soldat de l'Armée 
du salut d*aujourdhui (christi miles, ioculator domini, scurra vagus, 
etc.), lequel, non sans quelque vanité, s'est plu à réciter au public 
des chansonnettes en mauvais français, d'antres (cf P. Sabatier, La 
vie de s. François) ont vu en lui un vrai réformateur en opposi- 
tion, aux trois quarts inconsciente et pourtant voulue, contre le 
clergé mondain, séparé qu'il était du peuple par les bulles de Gré- 
goire VII (cf Sab., pp. IX— XIV, 43, 94). Ce qu'il y a de certain, 
c'est que non content de la sainteté passive d'un saint Alexis, l'un 
de ses prototypes, il chercha, de toutes ses forces, à sauver les 
hommes ses frères qui étaient depuis longtemps honteusement né- 
gligés par les ecclésiastiques. M. Monaci (Riv. I, p. 250) nous a 
donné une vive description du réveil religieux qui s'ensuivit parmi 
le peuple comme fruit des travaux de saint François et de ses 
adhérents, notamment des franciscains. Ce réveil se manifesta dans 
ritalie centrale vers le milieu du XIII® siècle, en faisant naître 
les confréries des Flagellants (Flagellanti, Battuti, Scopati). Leurs 
membres devaient s'exhorter les uns les autres à la contrition et 
aux pénitences et exciter le public à l'imitation par des oraisons, 
des processions, des représentations. Comme d'ordinaire pour 
l'ardeur religieuse, le mouvement fut épidémique (cf. Carp., p. 312), 
et partant de Pérouse en Ombrie, il se propagea en tous sens par 
toute ritalie et même au dehors. Tous les hommes, quel que fût 
leur âge, leur sexe, ou leur condition, partagèrent cet enthousiasme 



CXCII A. Linder. 

pour la vie de pénitences (Tir. IV, p. 376; Jahrb. V, p. 72; Riv. I, 
p. 249), comme ils venaient de s'enthousiasmer pour les croisades. 
Des confréries de Flagellants s^établirent rapidement un peu partout, 
à Sienne, à Bologne, et dès 1261 à Trévise, et c^est près de cette 
dernière ville qu'a été située selon toute vraisemblance, le domicile 
de Fauteur de P. 11 n'y a guère lieu de le mettre au nombre de 
ces derniers, mais nul doute qu'il n'ait souvent pu assister à ces 
spectacles lugubres dont les acteurs, au milieu des hymnes et des 
louanges, s'efforçaient à renouveler en chair et en os le souvenir 
des stigmates de saint François (Dietr., p. 358) et avaient bien de 
la peine à se former une idée plus vive des angoisses volontaires 
du Sauveur et de sa compassion pour les misères du genre humain, 
condamné à souffrir et à faire souffrir. Sans doute il a vu force 
pénitents se flageller ou se faire flageller processionnellement et 
parfois d'une manière presque identique au procédé du jeu popu- 
laire que l'on appelle passer à tour de rôle par les verges, et ap- 
paremment il a assisté à leurs représentations, dont la Vierge était 
le protagoniste. La Passion était de préférence le sujet de leurs 
hyraraes et de leurs drames; la Vierge qui avait été saluée la bien- 
heureuse d'entre les femmes et qui, après avoir passé par de rudes 
épreuves» avait fini par être miraculeusement enlevée au ciel, était 
le personnage dans la vie duquel les hommes, alors plus que jamais, 
aimaient à voir la leur idéalisée et en qui ils pouvaient mettre 
leurs espérances. Les Flagellants correspondaient bien aux besoins 
nouveaux de leur époque, et en croisés réformés au service de la 
mission intérieure, ils parcouraient les villes et les campagnes, triom- 
phant de tout obstacle, de toute indifférence. Pendant ces temps 
agités par toutes sortes de luttes et de conflits, temps ruinés par 
des misères, décimés par des épidémies, les laïques croyaient trou- 
ver la santé, la paix, les forces chez ces confréries. Toute la pé- 
ninsule, retombée dans le tohu-bohu, s'était soulevée comme la mer 
agitée par les vents, mais à travers le tumulte des vents et des 
vagues^ les chants des Flagellants se faisaient entendre, attirants 
comme les voix des sirènes et indiquant les brisants comme les 
cloches des bouées. La gaie musique dut se taire partout, les 
chansons d'amour et les bavardages s'oublièrent, le rire disparut 
devant cette austérité (cf. T. I, p. 106). De toutes parts rien que 
des psaumes pénitentiaux, des hymnes sur la croix et l'amour divin, 
des louanges à la Vierge. C'est elle qui, dans sa tendresse mater- 
nelle, berce pour l'endormir le cœur navré de sou enfant, elle qui 



Plainte de la Vierge. CXCllI 

en remettant en bon ordre ce qu'avait renversé Tenfaut prodigue, 
le fait rentrer en domicile, c'est elle qui fait taire la tempête et qui 
à régal d'un phare guide le navigateur sur les abîmes redoutés, elle 
encore qui en est le port. 

La violence de la tempête et les rafales çà et là égarantes 
finirent par épouvanter le clergé qui regrettait de voir, par raison 
de malsaine politique, le gouvernail entre les mains d^autrui, et 
sous les efforts du parti des prêtres, réconfortés par le décourage- 
ment et la confusion, suites de la peste noire, les vs^ues durent se 
poser, mais sur leurs dos avaient été transportée, comme plantes 
déracinées du fond des âmes, une riche littérature en partie con- 
servée dans les collections de laude (laudarj) et les statuts des 
Laudesi *\ et encore au temps de Boccace la houle était assez 
forte dans les esprits pour exciter le spirituel railleur à noyer de 
t^les productions sous les torrents de sa sanglante satire. 

Déjà à priori, il est tout à fait improbable qu'un mouvement 
de cette étendue et de cette intensité, avec sa littérature nouvelle^ 
ait pu rester inconnu à un auteur quelconque, moins encore à un 
augustin (cf. fiiv. I, p. 254). Aussi P montre-t-il, par le choix du 
sujet et la manière dont il l'a traité (cf II 1 — 3, X 1 — 2) et jus- 
que même dans les expressions favorites, une affinité frappante 
avec les productions des Laudesi. 

Nous allons montrer un peu plus eu détail les rapports entre Bessem- 
P et les œuvres citées. D'abord il n'est que trop visible que bien 
des coïncidences, les plus générales, se retrouvent dans la plupart 
des plaintes de ce genre, notamment dans leur source commune, 
le traité de Bernard. De cette nature sont la prière que la mère 
adresse au fils de lui parler (V 27; P VI 35), sa réclamation un 
peu vive de l'avoir porté dans son ventre (V 26; P VI 51, VIII 
22, X 36), sa plainte d'être abandonnée (V 17, 76; P IV 6—7, VII 
46, etc.) et de devoir échanger son fils pour son neveu (V 40; P 
VIII 8 — 12), Tallusion faite à la signification de son nom (V 33, 80; 
P VII 15, IX 37, cf. I 16), la protestation de l'innocence du fils 
(V 16; L, V. 89—90; P V 18), la jubilation lors de sa nativité 
(LL, vv. 174, 211, 321; P IX 7-10), les appels à l'équité (L, vv. 

*) C'étaient des associations laïques, intimement liées aux ordres men- 
diants, et comme ceux-ci peu aimées des ecclésiastiques. Les Flagellants 
ayant été anathématisés en 1349 par le pape, ces confréries, d'une manière 
moins brayante et sous des formes plus modestes, semblent avoir continué 
leurs traditions, cf. Oresc. I, p. 242; T. I, p. 113, 



blances. 



CXCIV A. Linder. 

25, 43; LL, v. 297; V 7, 40; P II 20, IX 17), la citatîoD de la 
Salutation angélique (V 78; P IX 29) et des Lamentations de 
Jérémie I, 12 (V 19—20; P IX 38; cf. A. G. II, p. 195, v. 265, 
citation qui manque dans le traité B); la déclaration faite par 
Jésus sur l'objet de son avènement (V 26, 42; P VII 5—6, cf. G, 
2, 7, 12, 21), sur la peine que lui infligeait la présence de sa 
mère (L, 93 — 94, 131—32; P VII 11), pour ne pas parler des cita- 
tions bibliques communes, comme les paroles de Jésus adressées 
aux filles de Jérusalem (V 14; P IV 33—34), sa plainte d'être 
délaissé de Dieu (V 42; P VIII 25) et la recommendation de sa 
mère à saint Jean (V 37; P VIII 6; ici c'est la mère seule qui 
et apostrophée) et de son esprit à Dieu (V 58; P VIII 28). Mais 
il y a aussi des .traits d'autre nature et si prononcés que jusqu'à 
ce qu'ils aient été retrouvés dans d'autres plaintes indépendantes 
de celles-ci, il faut bien les accepter pour témoignages certains de 
leur parenté. Ainsi la mère cite comme raison pour Jésus de lui 
parler qu'il a daigné parler au larron crucifié, fait, du reste, dont P 
ne fait aucune mention ailleurs (P VII 43, discours mieux lancé dans 
V 33, cf. Sacr. I, p. 321), que ne reconnaissant plus son fils à cause 
de son aspect défiguré et de sa propre douleur, elle doit exhorter 
la Madeleine à lui dire si c'est vraiment son fils que cet homme 
maltraité (V 73; P IV 21—25, cf. P VIII 27, X 26, où la répéti- 
tion de la même pensée sous une forme trop ressemblante fait soup- 
çonner l'imitation) et qu'elle fait ressortir le contraste entre la pureté 
et l'air défiguré de son fils (V 47; P X 23), en disant que les 
anges ont aimé à regarder son visage (V 67; P VI 11), qu'à son 
tour elle est représentée comme mal reconnaissable à cause de sa 
douleur (V 64; P IV 42) et qu'elle doit finir sa plainte par s'adres- 
ser à Jérusalem (V 87; P X 46—48) et exhorter les pécheurs à 
la conversion (V 89; P X 63—64). Il y a d'autres cas encore, où 
les ressemblances, malgré les tournures déguisées, pour la plupart 
des altérations préméditées en vue de surpasser l'original, sont assez 
grandes pour justifier le soupçon d'une imitation délibérée de la 
part de P. Ainsi la Vierge prie son fils, déjà mort, de pouvoir 
mourir avec lui V 72, et dans P VII 17 — 18 elle adresse même 
prière à son fils encore vivant; elle se plaint, V 85, que personne 
n'ait pitié de son fils, et dans P V 22—23 elle s'exprime de la 
même manière sur lui et sur elle-même; à la prière d'être crucifiée 
au lieu de Jésus, V 16, elle ajoute, dans P V 19 — 21, celle-ci: 
que les Juifs puissent la faire mourir d'une mort quelconque, pourvu 



Plainte de la Vierge. OXCV 

qu'elle le suive dans la mort; dans V 82, elle est enfin représentée 
plus résignée, presque consolée, tandis que dans P elle se présente 
toujours désespérée (cf. P VIII 39, IX 25^ X 23), ce qui dépend 
de ^aspiration conséquente chez notre artiste à rendre plus con- 
stant et plus naturel le caractère de son personnage principal. 

En deux cas, savoir les apostrophes de la Vierge à la croix 
et aux membres de son fils, les variations sur les mêmes sujets, 
souvent chantés dans les hymnes du moyen âge, dépendront de ce 
que P a utilisé d'autres sources encore. La Vierge, dans V 22, 
prie la croix de plier pour apporter un peu de repos au Crucifié 
(cf. L. H. I, p. 132), et dans P où, par des allusions à la légende 
de la croix, le discours correspondant a été incomparablement plus 
long (le passage manque au traité de Bernard, v. il A, Kédactions), 
elle fait, P V 40 -48, la même prière, afin qu'elle puisse embrasser 
son fils (cf Tdf , p. 285). L'apostrophe aux membres du Sauveur, 
originairement simple imitation orientale (cf le drame grec, v. 1310 
et s., et Cantique des cantiques VII, l'Eglise regardant ce livre comme 
visant la Vierge) et peut-être à son tour le modèle pour le combat 
du corps et de l'âme, était un sujet extrêmement souvent traité (cf. 
L. H. I, p. 262; Dan. I, p. 222, IV 324, Sacr. I, p. 323). Dans V 
65 — 72, comme dans le Planctus Bernhardi, où il y en a déjà une 
ébauche, ce discours se fait après la mort de Jésus; dans P VI 9 — 46 
il est de beaucoup plus long et est intercalé dans la prière que Marie 
adresse à son fils en vie pour lui arracher quelques paroles de con- 
solation. De là vient que dans P, VI 32 — 37, les oreilles sont apo- 
strophées, ce qui n'est pas le cas dans V, et que le côté qui dans P n'a 
pas encore été percé (cf. P IX 13, 52, et p. CLXXxm, note) est passé 
sous silence, de même que la tête couronnée d'épines, laquelle a déjà 
été dépeinte (P IV 16—17) et dont mention est faite plus loin 
encore (P VII 35, IX 43). Mais déjà la présence de ces deux dis- 
cours dans l'une et l'autre plainte n'est guère fortuite, les détails et 
les modifications dans P trahissant l'imitateur (VI 11, 15, 25, etc.). 

Enfin il y a des traits dans V qui manquent totalement dans Divergences. 
P, à savoir les apparitions de l'autre monde au pied de la croix, 
toutes allusions à la légende du Saint- Graal et à celle de Longin 
et à la demande de la mère de porter la croix de son fils. 

Dans V des anges apparaissent auprès de la croix, constatant 
que la passion de Jésus est extrême (V 47) et que lui-même n'est 
guère reconnaissable (V 44), et expliquant, par des citations de 
TApocalypse, pourquoi le soleil s'éclipse (V 45), déclarations qui, 



CXCVI A. Linder. 

dans P, se font toutes par la Vierge; dans V 81 la mère est som- 
mée par un ange de se contenter de la résolution de la Providence, 
exhortation que P (VIII 20) met sur les lèvres de saint Jean. Voilà 
une simplification ingénieuse qui en même temps justifie les nou- 
velles explosions de désespoir et de chagrin. Dans V 29 — 32, les 
morts ressuscites s'adressent an Sauveur (cf. Math. XXVII, 52); 
P n^en souffle mot, probablement parce qu'il ne dit jamais rien de 
la résurrection, pas même comme le plus faible rayon d'espoir. 
Mais apparemment elle est supposée axiomatique (cf. IV 28). En- 
fin, «le démon», V 51—55, vient raisonner, à l'édification et à la 
grande horreur sans doute du gros public; P aura estimé cette 
apparition inutile et malséante. Dans V 47 (avis aux acteurs) un 
ange recueille le sang de Jésus dans un calice, légende dont l'on 
semble devoir l'origine au passage Math. XXVI, 27 et s., et peut- 
être à la crainte superstitieuse de perdre une seule goutte du 
vin consacré, crainte qui avait augmenté dès la transsubstantiation 
décrétée en dogme en 1215 (cf. la légende du Saint-Graal). Ceci 
a été supprimé parce que le sang de Jésus a coulé durant la fla- 
gellation et en croix (P III 26, V 35, 43, VI 6). Peut-être (cf. 
Inf. V, 127) les souvenirs des romans scabreux qui sV sont inti- 
mement liés, y entrent-ils pour quelque chose, et en opposition 
déterminée notre poète déclare formellement (IX 43) que le sang 
a découlé jusqu'à la terre (cf. P VI 2 et Patr. lat. II, p. 1066—68). 
Enfin la Vierge, V 18 (cf. L, v. 101-02; Townley mystery, 
Jahrb. I, p. 141; V, p. 60), demande à porter la croix du Sauveur. 
C'est là un passage qui semble tenir du dogme de quelques sectes, 
qu'il y a eu là quelqu'un pour prendre sa croix (cf. Math. XXVII, 
32; Weil, p. 296—97) pour mourir au lieu de lui. Il semble 
que l'on ait travaillé sur des originaux gnostiques (cf sous I AB) 
et que Fon ait voulu détourner ou expliquer l'origine d'une telle 
légende, en mettant les mots sur le compte de la mère. Quoi qu1l 
en soit, P a jugé la demande inutile, la mère offrant de mourir pour 
son fils plus d'une fois (V 16; P V 19—21) et sa faiblesse étant 
trop grande pour rendre son offre acceptable (P IV 38, 43). P 
ne dit même nulle part que la croix ait été détachée de-dessus les 
épaules du Sauveur; lui seul porte sa croix (P IV 18, cf. saint 
Jean XIX). Il convient de dire que P ne parle guère des lar- 
rons, excepté en passant (II 14, IV 10, VII 43) et qu'il abrège 
considérablement les discours du Crucifié. D'autre part, P offre des 
allusions à lui propres, comme celle à la légende de l'apparition de 



Plainte de la Vierge. CXCVII 

la Vierge faite à l'empereur Auguste (P I 2 — 3), à la légende de 
Pilate (P IV 43), à celle de l'arbre du bien et du mal (P V 31) 
et peut-être à quelque légende de la Madeleine (P IV 26) que 
nous n'avons pu retrouver, aux fables du moyen âge sur le phénix 
(P X 57) et le pélican (P Vil 5). De ces traits nouveaux, quel- 
ques-uns servent à mieux caractériser les personnages, d'autres sont 
des restes de Thistoire naturelle de l'antiquité et du moyen âge 
(Physiol., c. 523—527), tous ils passaient pour des faits connus et 
ils pouvaient bien revenir en mémoire à un auteur quelconque sans 
la moindre envie du surnaturel (cf. les récits merveilleux de Solin 
reproduits par Br. Latini (f 1294), et les récits autrement fondés de 
Marc Pol (f 1324), v. M. G. Pauthier, Le livre de Marco Polo. 
Paris 1865, p. 97, 149, 680). Du reste, P a utilisé toutes ses 
sources, les bibliques même, d'une seule manière: à l'exclusion de 
toute autre chose il aime à dépeindre les traits qui fassent mieux 
reluire la Vierge, sa douleur, sa gloire. 

Et en faveur de notre opinion que P a utilisé les Devozioni Baisons des 
parlent plusieurs raisons. Il est clair que P a connu le traité de ^^^^9^^^' 
Bernard. Or, les anges y jouent un «rôle, quoique moins important 
que dans V (cf G 18, 33, 38), lors de la mort et de Tenterre- 
ment du Sauveur. Comme ils apparaissent aussi dans les évan- 
giles, il faut que P ait supprimé toutes ces apparitions de propos 
délibéré. D'autre part il cite Tapparition de la Vierge et donne 
la plainte comme récitée par elle et fait mention du ressuscitement 
de saint Lazare, faits non moins surnaturels. La raison de l'omis- 
sion ne peut pas être celle que les apparitions supprimées ont été 
supposées invisibles à la Vierge. C'est donc qu'elles auraient ren- 
fermé de si grandes consolations que sa plainte n'eût pas été justi- 
fiée. Autre raison et qui doit avoir été commune à toutes les 
omissions, c'est l'aspiration visible de P à une simplicité classique 
(cf. les citations empruntées à Dante) et à une prédilection nais- 
saute pour ce qu'il juge régulier et naturel (cf IV 2 — 3, VIII 48, 
III 42, V 30), enfin à une piété prononcée pour les doctrines et 
les écritures canoniques de TEglise (VI 15, YIL 4, cf. Par. XXIX). 
C'est pourquoi P n'admet que l'allusion à la Salutation angélique 
(IX 29), à l'apparition des anges lors de la nativité (IX 7), et à 
leur joie de la beauté du visage de Jésus {VI 11). P n'a donc 
pas voulu rejeter tout ce qu'il trouvait de surnaturel dans ses sour- 
ces, mais il Ta réduit à un minimum, et par là même P a été 
marqué à un coin plus pur et plus moderne. Du reste, il n'est que 



CXCVIII A. Linder. 

vrai de dire que ces drames, tels que nous les conDaissons, n^ont 
peut-être pas la forme qu'ils avaient au temps où P a été écrit. 
Les miracles y ont peut-être joué un rôle de beaucoup plus ou moins 
important, de sorte que P s est cru contraint à les supprimer tous. 
Nous ne sommes pas sans avoir reconnu la difficulté d'expliquer 
d'une manière tout à fait satisfaisante les déviations, mais les res- 
semblances spéciales, le grand nombre de discours en forme d'apo- 
strophe ou de dialogue, et la manière même de la représentation 
des Devozioni, nous semblent imposer la conclusion que nous en 
avons tirée. Pour expliquer les. coïncidences autrement que par 
une imitation de la part de P, il faudrait admettre que les Devo- 
zioni travaillassent sur P. Or, c'est là une supposition absurde, 
ces drames ayant été écrits dès 1300 et en ombrien, par consé- 
quent dans une rédaction un peu diiférente de celle que nous con- 
naissons. Enfin les drames sont d'un bout à Tautrc plus clairs, 
plus naturels et plus simples (cf. dans P les allusions VU 43, 
VX 28, qui ne s'expliquent que par les parties antérieures ou pos- 
térieures d'un prototype, qui a pu être l'Evangile, cf. pourtant III 
12 — 16), et même les nombreuses rimes dans l'intérieur des vers 
(cf 2-^3, 19-20, 33, 102—4, 109-12, etc.), trahiraient peut-être 
des sources antérieures rimées. Supposer que les drames et P, 
l'un indépendamment des autres, dérivent d'une source commune, 
cela ne vaudrait pas la peine. Cette supposition, si elle pouvait 
être prouvée, ne signifierait rien pour Tindépendance de P, vu qu'il 
est complètement indifférent qu'il y ait ou non eu un intermédiaire 
commun entre ces plaintes et leur source commune, le traité de 
Bernard. Reste donc notre conclusion que P ne peut pas ne pas 
avoir connu les drames. 
Style. A l'appui nous relèverons encore que le style de P, malgré 

tous les efforts qu'a faits l'auteur pour surpasser ses devanciers, 
montre plusieurs particularités propres au style populaire des pro- 
ductions littéraires des Laudesi et que ce style dans P paraît com- 
parativement un peu maniéré. 

Dans les drames cités on trouve mêmes synonymes et mêmes 
locutions équivalentes et jusqu'aux mêmes accouplements favoris 
que dans P. Ainsi pour pianti e guai V 10, pianto e lamento V 
74, 81, pianti e suspire G 22, pena e dolgia G 23, de pena e de 
dolore L, v. 14, et spécialement les mêmes accouplements d'adjec- 
tifs: malvasio e rio G 32, lucido e sereno V 67, nudo — scoperto 
L 27 — 28, abandonata — vedovata L 11 — 12, trista tapinela V 72, 



Plainte de la Vierge. CXCIX 

trista adolorata G 32, V 41, trista seonsolata G 5, 13; V 19, 76; 
trista dolente G 8; tristo e doloroso V 3; trista e scontenta V 8, 
meschina dolente G 5, 28; V 80; misera e dolente V 61; aflita 
e dolente V 34, 40; ainsi pour les adjectifs accompagnés d'une 
interjection: oimè dolente seonsolata V 71, oîmè dolente trista 
sfortunata V 74, ou d'un pronom: amara mi V 21, amara essa V 
1, amara mi meschina dolente V 22, 28; amara mi piena de doglio 

V 87, amara mi piena de dolore V 85 (cf. G 23, P v. 601), me- 
schina mi piena de guai V 85; amara essa trista seonsolata V 7; 
de mê^e, deux vers de même contenu se suivent souvent dans les 
plaintes dramatiques, cf. G 6 et G 11, V 70; G 34. Il va de soi 
qu'on y trouve souvent les mêmes injures et les mêmes noms de 
caresse: amoroso gillio G 40; V 17, 33, 41; dolce desio V 5, cf. 

V 84; conforto e desio V 9; splendore de paradiso V 49, quelle 
aniello sença peccato L 78; Juda falso traditore V 11; H falsi 
iudei cani V 88, H iudei falsi desperati V 30, cf. V 34, 65; et les 
mêmes paraphrases: quello che lo zielo e lo mondo sostiene V 13 
(cf. P VI 41); enfin on y observe la même disette d'images vrai- 
ment poétiques. On pourrait bien objecter que ces ressemblances 
de style sont dues aux tendances communes de la langue (cf T. I, 
173). Or, c'est là une objection apparente. L'auteur de P fait 
de son mieux pour s'élever au dessus du style populaire. De plus, 
ses expressions paraissent plus d'une fois recherchées et artificielles 
(cf. la fréquence de mots savants). Enfin P semble vouloir sur- 
passer et supplanter les ouvrages des Laudesi, tant il aspire à une 
classicité plus objective, comme fond et comme forme, et à une 
orthodoxie plus agréable au parti ecclésiastique, et si malgré tout 
cela P a conservé assez de traits pour en établir sa dépendance, 
nous les devons en partie à ces mêmes efibrts pour les surpasser. 
Du reste, nous n'avons nullement besoin d'insister sur les ressem- 
blances de style, mais il nous a semblé utile de constater ici en- 
core le défaut d'originalité dans P, défaut qui lui donne parfois 
l'apparence d'un centon *). 



*) Sans Toaloir plus insister sar le peu d'originalité qui en partie 
s'expliquera par le thème, nous grouperons, pour tout commentaire, les rémini- 
scences les plus importantes que nous avons rencontrées dans P. 

El Pianto, A. Drames it antérieurs, 

I, 16. V, 33, 80. 

II, 16. Cil n'y a pas de colonne dans l'Ecriture sainte, mais bien dans les 
Dev., Ri 7. II p. 19). 



ce 



A. Linder. 



Quand même^ seule, plus d'une de nos raisons serait peu pro- 
bante, elles forment toutes ensemble un très haut degré de pro- 



El Pianto, 
II, 20. 
III, 27. 

III, 39. 

IV, 6. 
IV. 7. 

IV, 21-35. 
IV, 36—37, cf. II, 20. 
IV, 42. 
V, 17. 
V. 18. 
V, 19-21. 
V, 22—23. 
V, 40, 48. 
VI, 9—46. 
VI, 11. 

18—23. 
26—31. 
33—34. 
35. 

39—41. 
41. 
VI, 48. 
VI, 51. 
VII, 5—6. 
VII, 11, 12. 

VII, 16 (cf. I, 16; IX, 37). 
VII, 17—18. 
VII, 26—27 (cf. VII, 5). 
Vil, 43. 

VII, 46 (cf. IV, 6). 
VIII, 20. 
VIII, 22. 
VIII, 25. 

VIII, 27—31 (cf. VI. 6). 
VIII, 28. 
VIII, 39. 
IX, 7—10. 

IX, 17 (cf. II 20). 
IX. 25 (cf. VIII, 39). 
IX, 29, 30. 
IX, 37. 
IX, 38. 



A. Drames U, antérieurs, 
L, V. 26—6, 41—43; V 70. 
L, V. 111. 
L, V. 114. 

V 17, 76. 

V 76. 

V 73. 

L, V. 25, 43. 

V 64. ' 
L, y. 21, 31 et saiy. 

L, Y. 89-90; V, 16. 

V 16. 

V 47, 85. 

V 22. 

V 65—72. 

V 66, 67. 

V 66. 

V 68. 

V 14. 

V 27. 

V 69. 

V 13. 

V 27. 

V 26. 

V 26, 42 (G 2, 7, 12, 21). 
L, V. 93—4, 131—32. 

V 33, 80. 

V 72. 

V 2; G 7, 21. 

V 33. 

V 17, 76. 

V 81. 

V 26. 

V 42. 

V 73; 44—45, 47. 

V 58. 

V 67. 82. 

LL, T. 174 et s. 211 et s., 321 et s.; cf. 

I8. I 3. 
L, V. 25—26; V 7, 40. 

V 67, 82. 

V 78. 

V 80. 

V 19—20 (cf. A. G. II, p. 195, y. 266). 



Plainte de la Vierge. 



CCI 



habilité pour notre conclusion que P a été composé sous la dépen- 
dance directe des drames des Flagellants; toujours est-îl que P 





El Pianto. 


A, Drames it. antérieurs. 


IX, 39. 




V 82. 


X, 23 (cf. 


IX, 25). 


V 47. 


X, 26 (cf. 


IV 21—25; VIII, 27) 


V 73. 


X, 36. 




V 26. 


X, 37 




V 63, 84. 


X, 46—48, 




V 87, 63. 


X, 63—64. 


► 


V 89. 




El Pianto. 


B. Div, Comm. 


I, 1. 




Par. XXXIII, 1; XXVI, 93. 


I, 8 (cf. XI, 7—8, 15). 


Par. XXIII, 37—41; XXXm, 4—6 


V, 18. 




Inf. XXXIV, 115. 


VII, 30. 




Par. XXXII, 122. 


VII, 37. 




Purg. m, 39—40. 


IX, 26 (cf. 


VIII, 37) 


iDf. XXXIII, 66. 


XI. 34. 




Par. XXXIII, 19. 


(II, 31. 




Par. XXVI, 17. 


IV, 1. 




Purg XX, 136. 


X, 61. 




Par. XXXII, 140. 


XI, 10. 




Par. XXXIII, 12. 


XI, 30. 




Purg. XXVII, 58.) 




El Pianto. 


C. Hymnes. 


I, 16. 




L. H. II, 12. 


I, 17. 




L. H. II, 423. 


V, 31—34. 




L H. I, 313. 


V, 36. 




L. H I, 131. 


V, 42. 




L. H. II, 137 


V, 48. 




L. H. I, 132; cf. Tdf., p. 285 


VII, 15. 




Dan. IV, 342 


VII, 28. 




L. H. II, 51; Dan. IX, 86; I, 205. 


IX, 45—48 




cf. Dan I, p 169. 


IX, 49-53 




L. H. I, 163. 


X, 47. 




L. H. I, 319, Dan. I. 239. 


XI passim. 




L. H. II, 79—80; 211; 277-89; Dan. 
I, 169. 




El Pianto. 


D. Infantia SaîvatoriSj cité d'après Harnd. 


I. 2—3. 




B, p. 14, cf. Sibylle profetia. 


II, 31. 




B, p 32. 


V, 48. 




cf. B., pp. 18, 22. 


IX, 9-10. 




cf. B., pp. 28: cf. Tdf. p. 81—82. 


IX, 26. 




B., p. 10. 




El Pianto, 


B. D'autres sources. 


I, 2-, S. 




Cbronica Martini Poloni qui s'en rap- 
porte à rinfantia Salvatoris. 


Linder: 


Plainte de la Vierire. 


14 



CCÎÎ 



A. Lînder. 



doit sa diffusion rapide au même mouvemeut religieux auquel ils 
doivent la leur. La preuve nous semble donc faite. Il est, à 



El Pianto 



II, 25—34. 
V, 31—34. 



VII, 5. 
X, 42—43. 
X, 47. 



X, 57. 



XI, 13. 



XI, 40. 







m Pianto. 


I, 


4. 




I. 


5. 




I. 


16. 




II. 


29. 




II, 


31. 




III, 


5. 




III, 


12. 




III, 


14. 




III. 


16. 




III, 


19. 




III, 


22. 




III, 


28- 


-29. 


IV, 


2. 






21- 


-23. 




21. 






22. 





E. D'autres sources. 
cf. la traduction, Cronica, etc., A. G. III, 

p. 178—79 et aussi G. Stor. III, 31. 
Spéculum Humanae salvationis (Pip. I, 

482, 487). 
Suetonius, Vitae XII imp., Oct.XCIV— V. 
Missale romanum. Dan. Cod , p. 418. 
Apoc. Mos., Tdf. Ap., p. 5; cf. Leg. Aur. 

de inventione crucis; Pip. II, 79; 

Jungfru Marie ôrtegârd, p. 1 1 ; Germ. 

1884, p. 54; G. F. R. 1884, p, 99. 
, Physiol., c. 523. 

cf. Leg. Aur., de s. Maria Magdalena. 
Breviarium roman., Dan. I; 239, cf. Is. 

XXXIII, 20; XXII, 1—6; Gesenius, 

Thesaur., p. 1246. 
Pbys., c. 527; cf. Brunetto Lat. V, 26; 

Clemens roman, ad. Cor. 1 ; Pip. I; 

465; G. Stor. XXIIL p. 246. 
Tdf. Apoc, p. 57 — Le ms, D fait peut- 
être allusion à la légende de la table 

du Soleil, V. Pip. L 152; cf. Weil, p. 

292—94; Valer. Max., lib. IV, 1 § 7. 
Breviar. rom., Dan. I, 172. 

F, L'Ecriture sainte (Vulgate). 
Luc. I, 26. 
Is. II, 1. 
Luc I, 28. 
1 Cor. X, 4, 9. 
Apoc. I, 8, 11 ; XXII, 13. 
cf. Par. XXVI, 17; anachronisme ou 

d'après Is. XLI, 4. 
Ps. VI, 7. 

cf. Luc. XXIII, 11. 
Is. LUI, 7; Act. VIII. 32. 
cf. Math. XXVII, 28; Joann. XIX, 2 et 

la Rédaction R. 
Math. XXII 30; Me. XV, 19. 
I Petr. I, 12. 

Luc. XXII, 33; Math. XXVI, 35 
Joann. XIV, 6. 

Luc. VII, 36, VIII, 2; Joann. XII, 3. 
Luc. VII, 44. 
Luc. X, 40. 



Plainte de la Vierge. CCIIt 

notre avis, établi que Tauteur du Pianto a connu et utilisé ces 
drames. 



El Pianto. F. L'Ecriture sainte (Vulgate). 

IV, 23. Joann. XI, 17, 39. 

24. Math XVI, 7; Joann. XII, 3. 

(Il y a confusion entre la sœur de saint Lazare et la Madeleine la pécheresse). 

Luc. XXII, 28-29. 
Ps. XXL 17; cf. Bonav. II, 322l>. 
Math. XII, 42 (III Reg. 10, 1). 
III Reg. VII, 27 (passage mieux à sa 

place dans le traité B., après Tcn- 

terrement.) 
Ps XXI, 7; cf. Gestes de Pil.; Dietr., 

p. 333. 
Joann. III, 14; Num. XXI, 9; cf. Pip. 

I, p. 67, 74. 
Ps. XXI, 7, cité dans le traité B. 
cf. Exod. XIX, 16? 
Math. XVIL 4. 
Marc. VI, 38; Joann. VI, 9. 
Cantic. I. 1 ; VIII, 1; cf. Patr. lat. CCX. 

col. 53. 
Math. XXVII, 34; Ps. LXVIII, 22. 
Exod XXIII, 11; Exod. cf. XIX. 
Marc. XV, 29. 

Gen. XXI, 17; Daniel XIII, 44. 
Marc. VII, 29; Math. XV, ^8. 
Ps. XLIX, 15; XC, 15. 
Ps. cm, 3; Job. IX, 8. 
Luc. I, 35. 
Ps. CI, 7; cf. G. Stor. XXIII, p. 246; 

Pip. I, p. 463. 
Ps. XXIL 2; cf. Dan. IV, p 342. 
Luc. XXL 12. 

Joann. XIX, 25—27; Rir. II, p. 23. 
Math. XXVII, 46, cL Ps. XXI, 2: Pip, 

I, p. 95. 
Ps. XXX, 6; Luc. XXIII, 46. 
Luc. XXIII, 45. 
Math, XXVII, 54. 
Math II, 11. 

Ps. LXXI, 10, cf. LXXI, 20. 
Lnc. Il, 14; cf. Purg. XX, 136. 
Num. XVL 31, cf. Barnd. 
Lnc. ï, 28. 
cf. Luc. I, 42; Bini, p. '^4. 



IV, 


33- 


-34. 


V, 


2— 
32. 
39. 


3 


V, 


42. 




VI, 


1. 






11 


(cf. m 22) 




12. 






15. 






22. 






25. 






28 






30. 






33. 






34. 






35. 






37. 






39. 






49. 




VII, 


5 

15. 
41. 




VIII, 


6. 
25. 

28 






31- 


-33. 




34. 




IX, 


4. 
5. 
6. 
6. 






31- 


-32. 




33. 





cciv 



A. Linder. 



Ed somme, nous aurons une origine commune, au moins en 
partie, aux plaintes de la Vierge dont nous avons fait mention. 
Leurs rapports, pour ce qui est du fond et de l'idée eseentielle, 
peuvent se faire connaître par le diagramme suivant. Nous dési- 
gnons ce qu'il y a de commun entre le sermon de Gubbio, soit qu'il 
dérive du traité de Bernard (Il A), soit qu'il en soit indépendant, 
et ce traité même par x; ce que les deux proses latines (l C—î D) 



possèdent en commun, 




Nous n'avons pas 
destes recherches relativ 
ces de P. 

El Pianio. 
XI, 36. 



le désignons par la lettre y, et par z, 
prototype de la plainte qui aura 
servi de base pour les plaintes grec- 
ques (I À — I £), en indiquant par le 
choix même de ces lettres l'incertitude 
où nous sommes de cette âliation. 
Cest que les preuves que nous avons 
^ réussi à trouver nous semblent trop 
faibles pour établir, à tout jamais et 
sans réplique, ces identités que l'horreur 
du vide nous aura fait trop tôt accepter 
pour plus d'à moitié vraisemblables, 
à aller plus loin cette fois dans nos mo- 
is aux plaintes de la Viei^ et aux sour- 

F. L'Ecrituee sainte (Vulgate). 
Tbr«iii III, 12 

Tbreni, 1, 12; A. G. II. p. 195. 
Luc. 1. 4B. 

i8. LUI. a. 

cr. Jer. IX. r; Threni II, 18. 

Oen XXXVII, 3, Sï; Jer, XXXI, 36. 
Math. II, :8. 

Jonao. X. T ; cf. L. H II, »05; El. XLIV, 
2; Leg. aarea. de nativitnte domini. 

Oeo. XXVIII, 12, Apoc. XXI, 3. 

Math. XXV, 34. 

H Cor. V, 17-, Apoc, XXI, *, 6. 
G. D'autres alljisiow. 

Pout-Ëtre j R-t-il ici Mlnsion à lit lé- 
gpnile qui fnit da CAlrair? la place 
où a été enterré te premier bomme: 
Tertull. II, c. 1067—68, éd. Higpe., 
cf. Ant. I, p. 617. 



Plainte de la Vierge. CCV 

L'origiualite de notre poète, une fois les questions du fond et 
du plan mises à part, ne peut donc consister que dans la concep- 
tion qu'il nous offre de la Vierge et de son fils, dans ses vues 
générales sur la vie et dans des traits stylistiques, questions qui 
seront élucidées plus loin (chap. VI). 

Il convient de faire observer ici que Tauteur du P ne dit mot Conclusion. 
d'une source quelconque excepté les évangiles. Ce ne serait pas qu'il 
n'eût voulu reconnaître ses obligations envers ses devanciers. Et 
pourtant il aurait si bien pu le faire, notamment dans l'introduction 
ou dans la dernière chanson, tout comme l'ont fait les imitateurs 
provençaux et l'imiteteur espagnol. Or, il invoque les témoignages 
de l'Ecriture sainte (I, 5) et croit de son de voir de faire des excuses 
pour ce qu'il dit sans l'y avoir trouvé, quoiqu'il le tienne du traité 
de Bernard (VII 4). C'est là, à nos yeux, une nouvelle preuve qu'il 
a travaillé dans le but prémédité de supplanter ces devanciers. On 
dirait même qu'il ait voulu donner sa plainte pour celle de saint 
Bernard, ce qui expliquerait fort bien ce silence autrement si éni- 
gmatique. Cette supposition admise, qu'il ait supprimé tout nom de 
prototype, quoi de plus naturel? Car qu'il n'eût pas voulu accuser 
saint Bernard d'avoir exalté à l'égal de lui la Vierge ou que ses 
sources eussent été pour lui anonymes, ce serait supposition absurde, 
les versions du traité qui circulaient sous son nom dans le public 
étant nombreuses. Dire qu'il n'a pas nommé de sources parce 
qu'en son temps on ne regardait pas les productions littéraires 
comme des propriétés, ce serait rester au-dessous de la vérité. Il 
semble même qu'il y ait eu de la honte, au moins en Italie, à dé- 
cliner son nom dans un poème religieux (cf Purg. XXX, 63). Il 
faut donc que, comme les architectes et bien des ecclésiastiques du 
moyen âge, notre poète ait travaillé pour l'ouvrage même, pour le 
noble but, sans songer au nom et à la gloire, soit pour lui-même, 
soit pour les devanciers. Que si telle était son intention, il a fort 
bien réussi à se dérober. Il a partagé le sort d'un médiocre quel- 
conque du XIII® siècle. Après avoir eu une vogue inouïe sous son 
nom et puis sans nom d'auteur, son ouvrage principal fut oublié, 
son nom même avait disparu pour des siècles, d'autres s'étant 
parés de ses dépouilles, et jusqu'aujourd'hui on lui conteste le 
poème. 



ce VI A. Linder. 



V. Age et Auteur. 



Nous avons déjà démontré que la source principale d^oii est 
sorti le Pianto n'a existé que vers le milieu du XII® siècle; par 
conséquent, l'imitation ne peut pas remonter au delà de cette 
époque, conclusion qui est confirmée par la mention de la boussole 
dans la chanson finale (XI 12, cf. Timîtation espagnole, strophe 
206), Cette image introduite dans un poème populaire suppose que 
cette invention généralement adoptée ait fini, lors de la composi- 
tion, par être connue du gros public. Puis, dans plusieurs manus- 
crits et dans nos deux incunables, il est dit et pour cause, comme 
nous Texposerons longuement plus loin, que l'auteur en a été un 
moine augustin. Or, Tordre réformé de saint Augustin n'est con- 
firmé sous le nom de Eremitani Augustini par le pape qu'eu 1256. 
A eu juger par ces didascalies, l'auteur a donc vécu après cette 
année. Nous n'avons pas besoin d'insister sur ces preuves, mais 
nous les enregistrons comme étant parfaitement d'accord avec ce 
que nous allons y assimiler. 
Terminus La limite supérieure pourrait être sensiblement avancée par 

a quo. l'allusion faite (I 2 — 3) à l'apparition de la Vierge à l'empereur 
Octave Auguste. La légende revêtue de la forme sous laquelle 
notre poète doit l'avoir connue, n'était connue qu'en 1268 (Pip. I, 
p. 481; Forh., v. 9, p. 5), et dès lors ne pouvait être faite 
l'objet des allusions rapides qu'à partir de cette date. Or, cette 
allusion montre une ressemblance un peu plus grande avec les ter- 
mes propres de la Légende dorée (De nativitate dominid^ c) d'une 
date plus récente, et la plus grande encore avec les vers corres- 
pondants du Specuhtm hurnanœ salvationis, écrit vers 1324 (Pip. 
J, p. 481, 487). Mais les données sur l'époque précise de la nais- 
sance et de la publication de ces ouvrages n^étant que peu certaines 
et les coïncidences sur un seul point pouvant être fortuites, nous n'en 
tirerons de conclusion que pour avancer la Fimite après Tau 1268. 

Cependant, le poème fait voir plus d'une fois (VI 44, VII 35, 
IX 44) que sou auteur s'est représenté le Crucifié les pieds croisés 
l'un sur l'autre et percés par un seul clou. Or, c'est là précisé- 
ment l'image du crucifîment qui ne naît qu'avec le XIV® siècle 
(dès 1300, Pip. I, p. 149; Dietr., p. 362; cf. Legenda aurea, De 
inventione sanctse crucis, où, d'après Greg. Turon., il est fait une 
mention un peu hésitante de quatre clous). De là s'ensuit que le 
Pianto n'a pas été écrit avant 1300. 



Plainte de la Vierge. CCVII 

A la même époque comme la plus reculée où le Pianto ait 
pu être écrit, nous nous voyons renvoyé par les concordances frap- 
pantes dont nous avons déjà parlé, entre notre poème et les Laude 
et les Devozioni de cette même date (cf. p. cxc). Une tendance dans 
notre poète à donner à son poème un caractère plus moderne et 
plus classique, en supprimant la plupart des légendes fantastiques 
(celle de Longin IX 21, celle du Saînt-Graal VI 6) et en y intro- 
duisant des remarques sur le cours de la nature et la force des 
choses (V 30, VIII 48, etc.), trahirait peut-être une date récente. 
Mais cela ne peut être cité comme preuve, une influence antique 
se faisant sentir dès le milieu du XIIP siècle dans la littérature 
(cf. Dante) et dans l'art (cf. N. Pisano f 1260, Cimabue f 1300 ; 
cf. aussi Pip. I, p. 58; Dietr., p. 400, 368; Journ. 1888, p. 174). 

Cependant, il peut être prouvé par des raisons probantes que 
le Pianto a été composé après l'époque de la composition de la 
Dîvîua Commedia. Outre des citations et des formules communes 
aux deux poèmes (cf. 148, 301, 923, 1508 et Par. XXVI 17, Purg. 
XX 136, Purg. XXI 13, Purg. XXVII 58 respectifs), il y a dans 
le Pianto quelques vers (3, 8, cf 1434; 484, cf. 803; 357, 841—42, 
1113-14, 1491) qui rappellent de trop près des vers de la Divina 
Commedia (Par. XXXI 1 et XXVI 93, Par. XXIII 37—41 et 
XXXIII 4—6, Inf XXXIV 115, Purg. III 39—40, luf. XXXIII 
66, Par. XXXIII 19 respectivement, le dernier vers seul est litté- 
ralement identique) pour être regardés comme ressemblances for- 
tuites. La seule objection à y faire, savoir que ce seraient là des 
emprunts communs, n^est pas soutenable, leur nombre étant trop 
grand et leur forme trop semblable. 

La limite supérieure peut donc être fixée avec assez de certi- 
tude à une époque entre 1321 — 22, époque où la Commedia doit 
être censée complètement connue, et à un degré de moins de 
certitude, comme nous l'avons déjà indiqué, après Tan 1324, indica- 
tion que nous allons confirmer plus loin. 

Il ressort des dates données dans la liste des manuscrits que Teiinimis ad 
le poème est sensiblement antérieur à 1369. De là nous inférons q^cm. 
que 1350 peut être provisoirement considéré comme la limite infé- 
rieure pour la composition de notre poème. Il y a sur cette liste 
un manuscrit (n:o 18) de 1369, un autre (n:o 1) de 1371, celui-ci 
écrit par la main du notaire public, un troisième (n:o 15) de 1380 
et tant. Malgré les circonstances exceptionellement favorables où 
la première de ces copies-ci a été faite (par un captif détenu dans 



CCVIII A. Lirider. 

les prisons de Venise, lequel à en juger par la graphie s'est donné 
du temps), elle offre des lacunes considérables et des fautes nom- 
breuses; le manuscrit du 1380 et quelques années est, pour uu 
fragment, assez riche en déviations et en fautes. Or, ces manus- 
crits sont de différentes familles, et les fautes de chacune de ces 
copies la déterminant comme copie indirecte d'une copie déjà cor- 
rompue, il faut bien que les trois familles aient existé dès 1370, 
ce qui rend nécessaire de reculer la limite inférieure de la compo- 
sition du poème d'une vingtaine d'années, conclusion qui s'accorde 
très bien avec les dates de bien d'autres manuscrits (mss. 3, 5, 16) 
remontant à la même époque ou à une époque antérieure (mss. 4). 
Bref, il est d'une probabilité presque complète que l'original a été 
composé avant 1350. 

A Tappui de cette conclusion nous relèverons la structure des 
chansons. Dante fut le premier à employer les tercets pour des 
poèmes épiques et lui ne se sert jamais que du tornello monostique. 
C'est l'infortuné Cecco d'Ascoli (Francesco Stabili) qui le premier 
introduisit dans son ouvrage principal en tercets, d'une forme par- 
ticulière, le tornello distique, et d'après l'opinion reçue jusqu'ici 
(Cas., p. 62) il est resté seul de cette innovation. Par là nous 
essayerons de resserrer entre des limites plus étroites encore 
l'époque de la composition de notre poème. 

La première question qui s'impose devant les faits allégués 
est celle-ci: pourquoi le poète du Pianto n'a-t-il pas suivi l'exemple 
de Dante dont il semble avoir connu si parfaitement l'œuvre prin- 
cipale qu'on est allé jusqu'à voir en l'illustre Florentin l'auteur du 
poème (G. Stor. III, p. 402 — 03, Bini, p. xi), pourquoi le tornello 
monostique ne lui suffit-il pas? L'auteur du Pianto n'est aucune- 
ment original, n'a rien d'un innovateur. Autrement l'on pourrait 
supposer qu^il aurait inventé, à lui seul, le tornello monostique à 
rimitation des vers finaux du huitain (ottave rime) des Devoziouî, 
poèmes qui lui ont fourni tant d'autres inspirations, et que, cette 
fois encore innovateur, il aurait créé une formule finale propre à 
s'opposer à celle de Dante, dont la Commédie ne pouvait guère 
être agréable aux cercles papistes et aux Guelfes. Nous avons 
déjà démontré, et nos études le confirmeront encore, qu'il n'en est 
pas ainsi. Il faut donc qu'ici encore il soit imitateur. 

Or, Cecco a composé son Acerba peu après l'époque où Dante 
avait écrit sa Comédie (Cas. p. 62; la date fixée pour l'Acerba 
varie entre 1324 et 1326), et à en juger par certains passages de 



Plainte de la Vierge. CCIX 

ce poème (lib. V, rub. 12, etc.) il ne fait pas Tombre d'un doute 
que Cecco, de toute la hauteur de sa prétendue science, n'ait voulu 
oifusquer le grand poète, son rival. Cecco fut brûlé vif comme 
hérétique en 1327 et son ouvrage fut brûlé par la main du bour- 
reau, accident qui ne pouvait guère rester inconnu aux moines 
italiens ses contemporains. Après cette mort infamante, Cecco u a 
guère dû inspirer à un moine quelconque l'idée de l'imiter, moins 
encore à notre poète en sa qualité d'augustin et d'ami de la papauté 
(VI 15) et qui n'aimait pas les innovations ou qui en était inca- 
pable. Bref, il est probable que, de propos délibéré, il a donné la 
préférence au toruello distique qui avait déjà été opposé à celui 
de Dante, dont notre poète plus que Cecco regardait sans doute 
la Comédie comme trop peu dévote, mais qu'il n'a guère voulu le 
faire après la mort de Cecco sur le bûcher. 

En résumé, il nous paraît fort probable, si non tout à fait Conclusion. 
incontestable, que notre poème a été composé déjà avant 1327, 
mais après la publication de TAcerba (en 1324—26, Ger., Stabili)^ 
en d'autres termes dans le premier quart du XIV® siècle, presque 
assurément entre 1322 — 27, peut-être entre 1324—27 (cf ci-dessus 
la date du Spéculum). La conclusion qui ressort avec certitude 
de ce qui précède, c'est que l'auteur a vécu au Nord de l'Italie, ou 
pour mieux dire qu'il a écrit en dialecte septentrional, au premier 
quart du XIV® siècle, en chiffres ronds vers l'an 1325. 

Cette époque assez reculée de la composition rendue probable, 
il n'est pas tout à fait clair comment en moins d'un demi-siècle (dès 
1369 à tout le moins) le poème a pu être copié dans des manuscrits 
bien corrompus et assez différents, transmis en dialectes différents 
bien avant 1350 (Bini, p. viii), vu qu'il existait déjà des traduc- 
tions en prose du Planctus Bernh. (Nesti, p. xiii), et des imitations 
en vers et en scènes (cf pp. clxvi, cxc) d'un contenu à peu près 
identique. Les mérites purement poétiques de notre poème ne 
semblent guère assez grands pour justifier les progrès dont une 
telle diffusion semble témoigner. Or on ne saurait lui donner une 
date plus reculée. Dès lors l'explication la plus simple serait de 
supposer qu'il ait été publié par les confréries mêmes des Flagel- 
lants (Ser., p. 11; Mors. Aut., p. 14, cf Riv. I, p. 249), notre 
plainte, du reste, étant la seule des plaintes en question qui offre 
des ressemblances de parenté avec les Devozioni et faisant, à en 
juger par le style et la lenure générale, l'impression d'un remanie* 
ment des Devozioni dans un esprit plus moderne. 



CCX A. Linder. 

Pourtant il nous semble plus vraisemblable encore qu'il a été 
copié et publié principalement par les soins de ceux qui, pour une 
raison ou pour une autre, souhaitaient de voir les ouvrages des 
Flagellants offusqués et ensevelis dans l'oubli. Quoi qu'il en ait 
été, cette vulgarisation rapide du poème déjà au temps des Flagel- 
lants qui ne furent anathématisés qu'en 1349, ne fait que confirmer 
nos preuves déjà données de la dépendance de notre poème à 
l'égard des ouvrages de ces confréries pour plus d'une de ses in- 
spirations heureuses. Et s'il n'était pas, notoirement, ainsi qu'à 
travers des arabesques peu ingénieuses aux contours fuyants, par- 
semées de taches aux formes indécises, nous croyons reconnaître à 
volonté le tableau dont les souvenirs vivaces nous reviennent à 
tout moment et que l'imagination a bien vite fait de reconstruire, 
nous aimerions à rappeler que dans notre poème se reflète l'esprit 
d'un temps déchiré par toutes sortes de combats, de querelles fu- 
tiles, de noire componction, de vif désespoir, temps où l'homme ne 
voyait pas d'autre asile contre la honte et la misère que dans une 
séparation complète du siècle, dans l'effacement de sa propre indi- 
vidualité, par préférence dans la cellule avec sa paix apparente, 
ses luttes invisibles, ses pénitences réitérées. 



Auteur. I^GS questions de l'époque et du lieu de la composition mises 

hors de doute, il nous reste à résoudre la question plus épineuse 
de savoir qui est Fauteur et ce qu'il a été. 

Qu'est-ce qu'il a été? Voyons si du poème même pourrait 
s'extraire quelque réponse. Le dialecte de l'auteur, comme nous 
l'avons démontré, est vénitien. Mais c'est là pour lui un dialecte 
purement littéraire. Bien des traits de ce dialecte font défaut, 
d'autres ne se montrent que çà et là. C'est donc un langage un 
peu artificiel que celui de notre poète, langage dégagé de toute 
entrave dialectale. Il semble même que les mots dialectaux ne lui 
soient échappés qu'à son insu ou quand la rime l'y entraîne (cf 
435, 532, 584, etc.): à quelque chose le dialecte maternel est bon. 

Mais ce n'est pas seulement l'illustre toscan que le poète aime 
à écrire. Il emprunte aussi à la langue de l'Eglise des mots, des 
phrases (II 31, IV 1, V 39, 48, VI 12, 15, 33, 50, VII 43, VIII 
6, 28, IX 6, XI 4), il compose en latin des vers entiers (I 2, III 
23, IV 2, VIII 34, XI 39) et jusqu'à une strophe entière (XI 



Plainte de la Vierge. CCXI 

32), et il faut observer qu'il commence et conclut en la langue 
sacrée. 

Nous en inférons que Tauteur a été un homme lettré pour son 
siècle. Il va de soi que son éducation, comnie celle de tous ses 
contemporains, a été principalement d'une trempe théologique. Une 
certaine science en fait de théologie ne peut pas lui être contestée. 
Plus d'une fois il fait allusion aux auteurs peu connus et à la si- 
gnification de noms hébraïques (Jérusalem X 47; Maria IV 10, VII 
15; XI 37). Or li\ il ne fait que suivre le goût littéraire du temps: 
Dante et Degli Uberti, entre autres, en usèrent de même. D'autre part, 
à Vvgal de ses contemporains, il ne sait guère le grec; il se permet 
seulement d'en citer un seule expression généralement connue (JI 31), 
et il s'en acquitte tant bien que mal: grœca sunt, ne legantur. 

Ce qu'il y a de plus particulier dans le style de l'auteur, c'est 
qu'il accouple souvent deux synonymes, qu'il aime à répéter la même 
pensée sur des rimes diff'érentes consécutives fv. plus bas. Style), qu'il 
fait rimpression de connaître le mieux les tournures de rhétorique 
et qu'en général il se passe des images poétiques. Bref, il paraît 
qu'il n'a pas été fort certain de son art: ce n'est guère un poète 
de profession, ni même par la grâce de Dieu. C'est pourtant l'in- 
spiration religieuse qui est sa muse. Trop souvent aussi il inter- 
rompt le récit pour pouvoir intercaler des exhortations et des mé- 
ditations morales; une fois il semble faire allusion aux abnégations 
de la vie monacale (III 2 — 4), une fois aux fêtes religieuses (IV 
9), une fois à la primauté de saint Pierre (VI 15). En somme, 
l'on est presque enclin il supposer que Fauteur ait été homme 
d'Eglise ou bien frère monacal. Or il se montre fils obéissant de 
l'Eglise, oui, mais pas bien ferré sur sa dogmatique (cf. plus bas. 
Style). Par conséquent, il est de plus en plus probable que Tauteur 
a été un moine assez lettré pour son temps. Là s'arrête la vrai- 
semblance, nous ne saurions tirer davantage du poème. Cette con- 
clusion est-elle réfutée ou bien confirmée par les témoignages exté- 
rieurs? — Comme il appert de la liste des copies, les incunables 
et plusieurs de nos manuscrits attestent d'une commune voix que 
l'auteur a été un religieux augustîn. Tout porte à les en croire. 

Il nous reste à répondre à l'autre partie de la question: qui 
est-ce qui a composé le poème? Voilà qui rappelle le souvenir de 
la question homérique. Il n'y a pas moins de sept auteurs qui se 
disputent, en partie à leur insu, la gloire de l'avoir composé. Nous 
semblant inutile d'énumérer dans un ordre chronologique les hypo- 



CCXII A. Linder. 

thèses émises sur cette question, lesquelles pour la plupart des cas 
ne sont appuyées sur rien, nous avons jugé convenable de dis- 
cuter les prétentions de ces auteurs les unes après les autres, afin 
de déterminer lequel d'entre eux a les nieilleurs droits d'être re- 
gardé comme le plus vraisemblable auteur. 

Bandarini. De ce que nous venons de citer et de notre liste des copies, 

il s'ensuit immédiatement que M. Bandarini, pour parer son ouvrage, 
n'a fait que piller la plus grande partie de ce qui s'y trouve dans 
le Pianto. C'est Zambrini qui le premier à dévoilé Bandarini 
comme plagiaire. Seulement, M. Morsolin (Aut., p. 6) le conteste, 
en trouvant que le poème de Bandarini n'en est tout au plus qu'une 
imitation. Il n'est que trop clair que M. Morsolin ne s'est donné 
la peine de comparer les deux ouvrages qu'au commencement et 
qu'à la fin, c'est-à-dire par les parties où Bandarini a eu la pré- 
voyance de remanier le poème pillé pour se soustraire à une dé- 
couverte. Ce sera à cette intention qu'il aura omis la chanson 
introductrice, selon nous la plus originale, et la chanson finale, la 
plus universellement connue, pour peu qu'il les ait connues lui-même 
(cf. mss. n:os 26, 2, 17). Toujours est-il certain que Bd, pour 
s'épargner le temps et le soin et, si son amour propre lui permettait 
de se l'avouer, pour acquérir une gloire dont il savait indignes ses 
propres essais, s'est approprié presque toute la Plainte proprement 
dite. Cette constation faite, nous le laissons de côté. Il y a de plus 
dignes prétendants que lui et qui méritent davantage notre attention. 

L. Giustiani. L'opinion la plus généralement reçue semble celle qui est fondée 

sur la didascalie dans la quatrième édition de l'an 1505 (cf. le ma. 
24), laquelle donne comme auteur Lionardo Giustiniani. Dès 1852, 
T. Bini, dans son édition, a démontré l'impossibilité de cette notice, 
et c'est ce qui suit immédiatement de l'époque des manuscrits datés. 
L. Giustiniani naquit à Venise en 1388 (Crescimbeni II, parte II, 
lib. V, p. 246; I, p. 22; Tir, tome VI, parte II, p. 123). Il avait 
déjà acquis une certaine renommée comme poète de chansons 
d'amour, avant que, sur l'instigation de son frère, «il santo patri- 
arcat (patriarche de Venice, mort en 1455), il changeât d'esprit et 
de genre et se prît à chanter les sujets religieux, témoin ses «Laude 
Spirituali». Il mourut entre les bras de son frère eu 1446. T. 
Bini, qui s'était obstiné à ne pas concéder l'origine vénitienne du 
poème (v. Bini, p. x), crut ne pas pouvoir, en en considérant les 
idées et les sentiments (1. c, p. viii), le lui adjuger. Or, Bini ne 
semble jamais avoir conçu le moindre soupçon que le poème soit 



Plainte de la Vierge. CCXIlî 

une îmîtation de poèmes antérieurs Cola étant, il devient plus 
difficile de dire qu^un poète n'ait pas su s'inspirer de manière à 
surpasser ses devanciers. Par bonheur, nous n'avons pas à aborder 
cette question délicate. Ajoutons qu'il se peut que L. Giustiniani 
ait connu le Pianto (cf. L G. LXIV, 63; LIX,' 125-27 et P X 
51 ; L. G. II, 69 — 72 et P II, 1), mais les ressemblances peuvent 
très bien être fortuites; du moins ne décident-elles de rien. 

Cependant, à cause du dialecte du poème sans doute, plusieurs 
savants récents l'ont attribué à L. Giustiniani. Ainsi M. E. Monaci 
dans une lettre adressée à feu H. v. Feilitzen, et puis ce dernier 
dans sa notice remise à la Bibliothèque Royale de Stockholm. 

Mais l'impossibilité en étant prouvée, comment expliquer la 
didascalie formelle de l'édition de 1505? T. Binî croyait que L, 
Giustiniani avait copié le poème de sa propre main, en y introdui- 
sant des glossèmes et des corrections, mais, ajoute-t-il malicieuse- 
ment, une telle perle de poésie, ce qui s'appelle de la vraie poésie, 
jamais L Giustiniani ne l'a produite. Ajoutons tout de suite 
que Bini pourrait bien avoir raison. L. Gustiniani, qui s^est fait 
connaître comme collectionneur de manuscrits (il était l'un des 
élèves de l'illustre Grec Chrysoloras, Tir. VII, parte II, p. 123), 
aurait donc eu, comme le vent T. Bini, parmi ses papiers lors de 
sa mort, une copie écrite de sa main et le poème aurait été publié 
sous son nom bonâ fide. Ce qui milite contre cette hypothèse, 
c'est que cette publication ne s'est faite que quelque soixante an- 
nées après ce décès. Est-ce que T. Bini a voulu dire que les pa- 
rente de Giustiniani, a commencer par son frère, ne savaient que 
trop que L. Giustiniani n'en était pas l'auteur, et que c'est aux 
détenteurs subséquents de sa propriété littéraire, lesquels se seraient 
regardés comme les fiduciaires du public, que Ton doit Téflition 
peut-être subreptice de l'an 1505? — Autre objection et plus grave 
encore. Binî ne connaissait d'autre édition que celle-ci. Or, il avait 
paru à Venise même, dans le cours du temps écoulé entre la mort 
de Giustiniani en 1446 et l'édition panie en 1505, deux éditions. 
Tune après l'antre (1471 (?} — 1481), par conséquent moins d'une 
génération après la mort de 1j, Giïistinîanî, et, chose digne d'être 
remarquée, dans celles-ci raiitcur du poème est expressément nommé 
Enselmino. 

La question ici «^imposf^î M^mm^nt f^xpliqtipf qu'en moin*; 
d'an qnart de siècle îl «if pu pnr^^Urh tirut notivf^lle édition <?on<î 
le nom de L. Gimlinhuùl K^l îl p/rssqffrl^ qfj^ ct'h poif fnîi de 



CCXIV A. Lînder. 

bonne foi? N'est-il pas tout à fait impossible qu'au temps où les 
incunables eu langue vulgaire étaient en très petit nombre, tout 
souvenir des premières éditions ait pu s'effacer de la mémoire des 
Vénitiens? Les vieilles gens ne pouvaient guère Favoir oublié, si 
une fois ils l'avaient connu. Et qui plus est, il paraît que cette 
édition n'est qu'une réimpression de l'une des antérieures (v. Clas- 
sement p. xi), et que c'est grâce à cette édition que le poème, sur 
la fin du XV® siècle (v. ms. 24), semble avoir été connu sous le nom 
de L. Giustiniani. Comment donc les éditeurs ont-ils osé substituer 
le nom de L. Giustiniani à celui d'Enselmino? N'ont-ils pas voulu 
s'insinuer auprès des parents et des amis des Giustiniani? Mais ce 
serait supposer un public trop peu critique. Et, chose encore plus 
étrange, après un nouveau demi-siècle, un autre Vénitien encore s'est 
approprié le poème, en le dédiant à une princesse. Cette fois il n'y 
a pas l'ombre d'un doute sur la nature du procédé, cette fois il ne 
peut pas être question de circonstances atténuantes. Et ce dernier 
plagiat paraît avoir eu deux éditions. Habent sua fata libelli anonymi. 

Apparemment que le poème a été fort goûté. Mais ne sem- 
ble-t-il pas ressortir aussi de tout cela que, malgré toutes les édi- 
tions et toute la popularité, le poème n'a jamais pénétré dans les 
esprits de manière à les faire s'intéresser un peu à sa provenance? 
Autant dire qu'il est resté inconnu au public lettré. — L'époque des 
copies a été un témoin suffisant contre les prétentions des auteurs 
que nous avons nommés jusqu'ici. La discussion des prétentions 
des autres est plus difficile et bien autrement délicate. 
Ant da Quelle est donc l'importance de la didascalie donnée dans le 

ms. 8, où Antonio da Ferrara est nommé comme l'auteur de la 
lauda adressée à la Vierge et qui est identique à la chanson finale 
de notre poème? T. Bini, p. xi, semble un instant enclin à y ajouter 
foi, mais se rétracte aussitôt pour y substituer quelque imitateur 
inconnu de Dante ou Dante lui-même, sur ses vieux jours, bien 
entendu, et il avance, p. xir, une supposition en sa faveur en ter- 
mes assez vagues et circonspects. 

Antonio del Beccajo, dit da Ferrara, était l'ami et l'imitateur 
de Pétrarque (v. leur échange de sonnets); vers 1343 sa gloire 
était à son apogée (Tir. V, pp. 393, 451), et il est souvent regardé 
comme l'auteur des poésies sacrées qui ont été attribués à Dante. 
A vrai dire, il semble incontestable que l'auteur des Capitoli qui lui 
sont attribués dans l'édition Bini, p. 26—37, ait connu notre poème, 
à tout le moins son cadre (cf. P I, XJ). Il y a dans ces capitoli une 



Ferrara. 



Plainte de la Vierge. CCXV 

foule de phrases et d'expressions (^ui sont presque identiques à 
celles du Pianto, et tout le capitolo 1° n'est qu'une variation indi- 
viduelle sur le thème universel de la première et de la dernière 
chanson de notre poème (cf. Ant. I 8 a, 9 c, 13 c, 14 a, 24 a, 29 a, 
31 a, 31 b, 39 b; II 13 b, 16 c et les vers correspondants du Pianto 
1497, 884, 1422, 1035-36, 1395, 1504, 48, 49 (1459), 51 (1454), 
1443 — 45, 547), et nous nous étonnons un peu de n'en trouver 
aucune mention dans Binî. Or, le style de cet auteur, qu'il soit An- 
tonio ou qu'il ne le soit pas, est de beaucoup plus imagé, moins 
incolore que celui de notre poète, riche en allusions mythologiques 
et ne peut se passer de termes scolastiques. De plus, sa pensée est 
souvent banale et légère, ses expressions parfois basses (v. la réponse 
de la Vierge, p. 34, éd. Bini), son langage n'a presque rien de dialec- 
tal, surtout pour le vocabulaire et la syntaxe, puis il ne se sert jamais 
du tornello distique, enfin il n'y a que sa conscience tourmentée par 
les remords pour lui arracher quelques accents du vrai sentiment. 
On dirait tout le contraire de notre poète. Ce n'est pas lui qui aime 
les termes scolastiques, quoiqu'il en sache tirer parti ou en con- 
naisse la manière d'aiguiser en épigramme la pensée (cf IV 2-3, 
VIII 48 — 50), ce qu'il aifectionne un peu, ce sont les interprétations 
mystiques (cf. IX, 50—52); lui, il ne fait jamais d'allusion à la my- 
thologie antique, contrairement à Tusage en vogue parmi les poètes 
ses contemporains, et son expérience du mal ne semble avoir été 
que celle d'un enfant timide de sa nature et qui a pris en horreur 
même les jeux innocents de l'iaiagi nation. Du reste, aucun poète 
n'aurait jamais aimé à se répéter de cette manière. Le capitolo I 
(p. 26, éd. Bini) porte toutes les traces d'un esprit réveillé en sur- 
saut et repentant, qui a écrit sous l'inspiration de notre poème 
serein. En outre, ce capitolo est l'ouvrage d'un auteur dans sa 
vingtième année et qui date de 1340. Or notre poème doit avoir 
été composé vers 1325. Par conséquent, ce sont là les ouvrages 
de deux auteurs bien distincts. 

De plus, il n^y a que la chanson finale de notre poème qui lui 
soit attribuée, et cela dans un seul manuscrit. Or, il y a déjà dans 
le prototype de notre poème une correspondance (cf p. clxxxix), 
quoique peu développée, à ce panégyrique. Dans tous les cas, il fait 
partie intégrante du Pianto. Mais il se peut bien qu'il soit le rema- 
niement d'une lauda antérieure et que cette lauda ait été remaniée 
par plus d'un poète, d'où s'expliquera que les noms d'auteurs aient 
été échangés. Le style de la chanson finale est autre que celui des 



CCXVI 



A. Linder. 



Dante. 



Pétrarque, 



chansons de la Plainte proprement dite, il est vrai, mais pas sen- 
siblement différent de celui de la chanson préliminaire, et d'un autre 
côté le sujet de la chanson finale est également autre. Du reste, 
il n'est par sûr que l'auteur, bien qu'on lui doive aussi quelques 
laude, ait tout aussi facilement écrit des panégyriques que des élé- 
gies et des prières. Enfin les parallélismes entre l'introduction et 
la conclusion sont tout à fait palpables. La chanson finale est donc 
Fouvrage de l'auteur des autres chansons. Par conséquent, Antonio 
da Ferrara n'en est pas l'auteur. 

Dante aussi nous a été présenté comme l'auteur du Pianto 
(G. Stor. III, p. 402—403; Bini, p. xi). Si cette conjecture que 
l'on a formée sur nous ne savons quoi, si ce n'est sur les citations 
et les allusions prises dans la Divina Commedia, est autre chose 
que l'aveu formel que Ton ne sait à qui l'attribuer, c'est là sans 
doute un essai en vue de rehausser le prix du poème. Inutile 
d'ajouter qu'il n'y a pas la présomption la plus légère en faveur 
de cette hypothèse (cf. plus bas, Style), quand même on ne voudrait 
pas y voir un obstacle dans les rimes trop souvent dialectales et 
appartenant à un seul dialecte (cf Stud. I, 144 et suîv.). 

Il va sans dire que la langue du poème, le style mis à part, 
nous empêche d'épouser l'opinion émise dans les mss. 2, 24 a, selon 
laquelle F. Pétrarque en serait l'auteur. Mais cela ne regarde que 
la rédaction primitive du poème; quant au remaniement R, la ques- 
tion devient autrement difficile. D'abord Pétrarque a toujours été 
un vrai dévot et en lutte constante avec le mysticisme (cf. De sui 
ipsius et multorum aliorum ignorantia, 1368; De contemptu mundi 
vers 1343; Fam. II, 9; IV, 1; Mich. p. 60), et l'on sait que sur 
ses vieux jours, il s'est retiré du monde, sans toutefois abandonner 
la culture des lettres, occupé, dit-on, à gagner le ciel par des poè- 
mes spirituels. Or, notre poème est bien peu dans le goût mys- 
tique du temps. Puis Pétrarque s'est fort intéressé à la légende 
de l'apparition de la Vierge à l'empereur Auguste (v. Ep. II 5, en 
hexamètres latins, adressé au pape Clément VI, 1342 — 53). Mais 
presque tous les hommes du XIV® siècle s'y sont intéressés (cf 
le roman de la Fiorita da Armannino Giudice, lib. 24, apparu en 
1325; le Capitolo in nativité del Salvadore du Simone di Ser Dino 
da Siena; la Leg. aurea, entre autres). 

Du reste, on devine sous la rédaction R une main plus versée, 
plus lettrée, plus souple. Ce n'est pas là un plagiaire comme Ban- 
darini, pas un bouche-trou comme del Beccajo. Il a pris soin 



Plainte de la Vierge. CCXVII 

cVaméliorer, cVaprès ses idées sur la langue et la poésie, le texte 
qu^il copie, et il s'est assez souvent bien tiré d^affaire. D'abord 
il lui a fallu effacer toute trace dialectale, ce qui n'est pourtant pas 
tout à fait le cas dans notre copie R, et faire paraître le poème sous 
une foruie plus élevée et peut-être encore plus dévote. Par mal- 
heur, R n'en est qu'une copie défectueuse et cà et là à peine lisible 
et du reste médiocre. Le sens en est parfois inférieur à celui de 
l'original (v. 127 28; au vers 1 147, le jeu de mots y est effacé), par- 
fois par la faute visible du copiste (1269, 1280). Il n'a pas toujours 
été facile au remauieur de remplacer une rime dialectale par une 
rime toscane. C'est alors qu'il a parfois recours à une cheville 
(vv. 171, 196, 1381). Lors même qu'il n'y est aucunement contraint, 
il se résout à supprimer tels ou tels couplets qu^il juge inutiles 
(943- 47, 120-22), ou à remplacer un couplet par deux (200-02, 
cf. 56), ou à y faire des altérations en vue de rendre son récit plus 
conforme à l'Evangile (vv. 215, 1269, 1280), ou à se servir d^une 
cheville (1086, 1247). Mais en général, il suit son original de près 
pour le fond, étant souvent plus heureux, parfois plus précis (1029, 
1251), plus poétique (1221). C'est dommage que ce remaniement 
semble avoir eu si peu de bonheur, peut-être comme ouvrage tar- 
dif, qu'il n'en reste aucune copie complète. Car enfin, si la rédac- 
tion primitive était disparue, l'on n'aurait pas tout à fait tort 
d'attribuer le poème à ce remanieur. C'est tout le contraire pour 
les Bandarini, les Giustiniani, les Antonio del Beccajo, dans des 
cas analogues. Il y a même tout lieu de croire que si le re ma- 
nieur R eût achevé son ouvrage, car il ne semble pas y avoir 
porté la dernière main, il eût fini par le rendre entièrement clas- 
sique. Tel que son remaniement nous est offert dans la copie R, 
il n'est guère l'ouvrage du poète de Laure, mais nous ne sommes 
pas î\ même de deviner ce qu'en a fait ou voulu faire le rema- 
nicur, ou même combien il a fait des changements pratiqués dans R. 

M. Morsolin, Framni., p. 9, a présenté comme le vrai auteur Biaise 
du poème un nouimé Biagio Saraceni de Vicence, et plus tard, en 
1891 (Autor., p. 10), il a cherché à rendre vraisemblable l'assertion 
que l'auteur, quel qu'il ait été, n'est assurément pas le moine En- 
selmino, ou que, si celui-ci y est pour quelque chose, il n'en a 
composé que la chanson finale. C'est donc avec raison, dit M. Mor- 
solin, que le nom d'Enselmino a été biffé dans le manuscrit de 
ïrévise (Aut. p. 15, cf. ms. 12). Le nom d'Enselmino, dit-il (A ut, 
p. 14), n'est pas donné par les plus anciens manuscrits; son nom 

Linder: Plainte do la Vierge. 15 



Saraceni. 



CCXVIII A. Llnder. 

ne paraît que dans les manuscrits d'une date plus récente, et tous 
les manuscrits qui portent ce nom, nous sont conservés dans les 
bibliothèques du Nord de l'Italie. De là s^ensuîvrait, au dire de M. 
Morsolin, qu^Enselraino a vécu longtemps après l'époque de la com- 
position du poème, et si le porteur de ce nom a jamais été pour 
quelque chose dans notre poème, c'est en qualité de vulgarisateur, 
de récitateur ou de copiste assidu (1. c, p. 21). Pour peu que ces 
assertions soient à prendre au sérieux, n'en déplaise au savant ita- 
lien, c'est pousser le scepticisme un peu trop loin et un peu trop 
court. Apparemment que du silence complet de quelques manus- 
crits, on ne saurait rien conclure sur le nom de l'auteur. Le nom 
d'Enselmino ne figure que sur des copies plus récentes, mais que 
son nom y ait été inscrit à cause de l'ardeur que celui qui le portait 
montrait pour la publication du poème, l'idée est tout à fait invrai- 
semblable. Aussi semble-t-il inadmissible d'inférer de la présence du 
nom dans des manuscrits plus récents que le porteur de ce nom n'ait 
vécu que longtemps après l'époque de la composition du poème, 
surtout à défaut de toute indication d'époque. La présence de son 
nom dans les manuscrits du Nord, loin d'atténuer la probabilité, 
ne fait que la confirmer, vu le dialecte du poème: assurément, le 
poète a dû être plus connu au Nord qu'ailleurs. Quant à la décla- 
ration de M. Morsolin que ^compilator» du bas latin ne signifierait 
que copiste (cf Fest.: compilare; Duc: compilator), elle n'est cer- 
tainement pas faite au sérieux, non plus que la déduction qu'il lui 
plaît d'en inférer. Pour le copiste Biagio, il n'y a rien qui parle 
en sa faveur. Le fragment de sa copie ne prouve que trop qu'elle 
a été une copie encombrée de fautes d'un original déj«\ corrompu. 
Knselmino, Nous voilà enfin arrivé à notre moine d'ailleurs inconnu («qui- 

dam monachus»), mais bien lettré. C'est en sa faveur que parlent 
nos deux incunables et bien des manuscrits (mss. 12, 13, 14, 16, 
19, 20). Nos modestes recherches sur l'auteur ne nous ont offert 
que trop peu d'éclaircissements sur sa personne. Les voici. 

J. M. Crescimbeni (vol. IV, lib. I, p. 47, § 91) dit avoir trouvé, 
dans l'Oraculo délia lingua d'Italia da Diodato Franzoni, ouvrage 
sur lequel nous n'avons pas réussi à remettre la main, quelques 
fragments d'un poème intitulé «Pianto délia Vergine» et qui s'attri- 
bue au Père Anselme Eremitano di San Agostino. Crescimbeni 
ajoute que, pour sa part, il croit le poète du XV® siècle, conjecture 
qui n'est certainement fondée que sur l'Age du manuscrit. Qu'elle 
soit erronée le fait est déjà prouvé. 



Plainte de la VieiL'e. CCXIX 



p 



J. Tiraboscbi, dans sa première éditiou (Stor., etc.), n*a rien appris 
sur le compte d'Enselmino, mais dans une nouvelle édition (Napoli 
1781, tome V, parte II, p. 595) il ajoute, en passant, aux poètes 
de poésies sacrées, Fauteur de II Lamento, etc., Fra Enselmîno da 
Monte Belluna dcgli Eremitani di San Agostino, poète que, pour 
sa part, il ne juge pas trop digne d'une mention. Le manuscrit que 
J. Tiraboscbi dit avoir vu sera du XIV** siècle. Ces deux histo- 
riens n'en savent pas plus long. Or, il semble assez certain que 
ce même Enselmino a écrit plusieurs laude (Prop XIII, p. 74; 
Ser., p. 12) et un poème sur Tenfance de Jésus (Infanzia del Sal- 
vatore, G. F. R. 1879, p. 8G). Ce dernier poème, quoiqu'il ait 
paru en deux éditions (Rome 1541, Venise 1543, v. Zambr., col. 
887), paraît perdu ou égaré. En somme, ce semble un fait avéré 
qu'il y a eu au XIV® siècle, dans la contrée de Trévise, un poète 
religieux connu sous le nom du père Enselmino, lequel s'est fait 
connaître principalement par ses Laude, ses Enfances du Sauveur 
et sa Plainte de la Vierge. Or, il saute aux yeux que, dans notre 
Plainte, il y a beaucoup d'allusions aux passages qui se trouvent 
dans tous les poèmes sur l'Enfance du Sauveur et qui gagnent un 
nous ne savons quoi d'attendrissant à y être cod) parés, que l'auteur 
de la chanson finale, ({ui de toute nécessité est le même que Fauteur 
du reste du poème, n'est pas tout h fait neuf à la composition de 
laude, que le dialecte du poème est vénitien et qu'enfin le poème, 
comme fond et comme forme, se rapproolie dos œuvres des Laudesi 
et doit avoir été composé vers 1325, devant sa publication rapide 
à l'esprit des Flagellants de cette même époque. Nous n'aurons 
garde d'oublier non plus que la Marca Trevigiana avait été le cen- 
tre d'une littérature populaire d'ancienne date et écrite en une 
langue factice aux formes hybride^, et rju'à Trt'vise il y avait, dè-^ 
1300, une Université (G. Stor. XX, p. 457) qm', pendant sa courte 
durée, n'aura pas été sans influence sur ce siècle littéraire. 

Il n'y a donc rien, selon nous, dans tout le poème qui puisse 
être cité contre les témoi'maij:«^s extérieiu'S dos inounahlos. M. Mor- 
solîn, Aut. p. U), pour dcn causes pou valablo^î, a cru résoudre la 
question, en prenant le prernior poème du rn<''nio titre pour i'Knt'anot* 
d'Enselmino, ot de (jUolrjU'^^ rlivor^on^os do stylo et de lan«ja!j:e 
ébauchées entre cette Ent'aiioo ot notre f^lainto sr)us la forme oîV«u-ro 
par le ms. 15, il conclut que oo poèin'''-oi no peut être id<Mit:«,uo au 
p^>ème d'ï]nselmino, si tnni o«t que oolui-oî on ait jaiivvl^ o.^v'.:. Il 
n'y a donc pas lion de rli^^Mit^r or^s pr^nvos, faurli-? f^u'ii \' v-yv i*'-; 



CCXX A. Linder. 

incunables on peut renvoyer au choix du sujet, à la manière un 
peu monotone et, sauf le respect que nous devons aux Guelfes de 
toute époque et à T. Binî, peu excellente dont le poète l'a traité, 
aux nombreuses allusions aux écritures de l'Eglise, au ton prédica- 
teur sur lequel le poète aime à parler. 

Lieu et date, langue et composition, témoignages extérieurs, 
les titres même de ses ouvrages, tout tombe d'accord pour nous 
désigner le père Enselmino de Trévise (ou Montebelluna) comme 
le seul auteur possible du poème, et jusqu'à preuve du contraire, 
l'honneur de l'avoir composé, pour petit ou quelque grand qu'il 
soit, lui revient, à lui seul des prétendants qui ait renoncé au 
monde jusqu'à ne pas tolérer en lui les traces d'un sentiment 
pour le monde des réalités, même dans ses images, et qui se soit 
tout refusé, sauf lesrê veries célestes et les syllogismes théologîques. 
Nous voudrions, pour finir, relever un peu les faits que sa vie semble 
écoulée dans une sphère étroite où, proverbialement parlant, il n'a 
entendu qu'un son, que par tout le poème il nous semble entendre 
les battements d'un cœur qui, à l'égal de celui de la Vierge, a dû 
essuyer un profond chagrin qui ne s'est pas laissé vaincre, que tout 
le poème, par ses sentiments religieux et presque enfantins, nous 
semble un écho faible et lointain de la sincérité absolue et naïve 
qui se fait voir dans les laude et les pénitences des Flagellants et 
qui croit avoir tout dit en faisant exhorter les hommes par la 
Vierge à rentrer dans la bonne voie, qu'enfin l'expérience du mal, 
tout à fait livresque, et rinsouciauce des choses mondaines, à peu 
près complète, ne semblent guère possibles que chez un cénobite 
solitaire et qui, un peu malgré lui, permet que sa voix, dans ses 
faibles rythmes et ses accents élégiaques, traverse la grille du cou- 
vent. En portant à l'oreille une coquille de mer, on aime à croire, 
si l'on écoute avec attention, entr'ouïr les retentissements des vagues 
et le bruit des vents et de la pluie, les chants des sirènes: on 
dirait du Pianto que c'est une semblable coquille laissée par les 
vagues agitées sous les tempêtes des Flagellants. 

VI. Style et Valeur littéraire. 

Plan. On voit d'emblée, en comparant l'aperçu que nous avons tracé 

du contenu du modèle latin avec celui de l'imitation italienne qui 
nous occupe, que le poète italien a réussi à simplifier et à définir 
plus distinctement le projet du prototype. Marie, après avoir une 



Plainte de la Vierge. CCXXI 

fois pris la parole, continue, sans être interrompue et sans inter- 
caler trop (Fincidences, son récit dans Tordre voulu des choses. 
Les passages apparentés ont été assemblés autant que possible, les 
accessoires superflus, mis de côté; parfois le poète est parvenu à 
ordonner les détails de manière à en faire un tableau; mainte re- 
cherche mystique du surnaturel et maint caprice scolastîque ont 
été dédaignés, et en général on doit lui savoir bon gré d'avoir 
repoussé bien des choses qui, sans aucun doute, venaient s'offrir î\ 
lui; des idées nouvelles dont nous avons déjà indiqué les sources 
ont été intercalées h l'occasion; entre l'introduction et la conclusion 
ont été i)roduits des contrastes et des ressemblances, et pour la 
langue et les idées (cf vv. 22-24 et 1416, 1461-63; 23-24 et 1418; 
45 et 1421; 46 et 1428; 50-51 et 1433, 1454; 49 et 1491; 43— 
44 et 1500 — 01), parallèles qui distinguent très nettement le cadre, 
comme fond et comme forme, de la Plainte proprement dite, dont 
les accents passionnés ont eu un écho tant soit peu prononcé dans 
la chanson finale (v. aussi sous Images). L'idée fondamentale et 
essentielle des plaintes, de faire exprimer à un témoin oculaire les 
sentiments qu'on imaginait avoir ému un spectateur non indifférent 
de la Passion, a été plus strictement exécutée. C'est surtout par 
h\, selon nous, que notre poème l'emporte sur toutes les autres 
Plaintes romanes et germaniques. D^autre part, notre poète, comme 
la plupart des traducteurs et des imitateurs du traité B, a fait de la 
Vierge le personnage principal, et même sous sa main la voix mysté- 
rieuse du prototype s'est changée en une apparition de la Vierge; 
encore pour lui s'agit-il plutôt des sentiments de la mère que des 
bienfaits et des paroles du fils (cf. p. ccxxv). 11 faut aussi avouer 
que l'unité du projet semble parfois un peu lâche, cachée qu'elle est 
par des incidences trop longues (IV 26—48, VI 9—44, etc.) que le 
poète semble avoir insérées, soit pour offrir aux lecteurs un peu de 
variation au milieu de la sombre monotonie, soit par un désir de 
rendre sa Plainte plus complète (cf sous type dramatique). Il est 
supposé par tout le poème que le lecteur ait lu ou entendu ra- 
conter les récits des évangiles et qu'il les retienne. C'est pourquoi le 
poète s'est cru dispensé d'accorder aux actions alléguées des motifs 
(cf pourtant vv, 291, 808, 1284) et qu'il fiiit des allusions parfois 
recherchées (v. 854, etc ), sans doute afin de rafraîchir la mémoire 
du public, en le faisant réfléchir, et afin de fortifier l'effet de ses 
propres paroles, en les faisant rentrer plus profondément dans l'esprit, 
mais l'illusion n'eq fait que souffrir le plus souvent. Parfois aussi, 



CCXXII A. Linder. 

les omissions semblent involontaires (cf. v. 1260), ce qui rend les 
descriptions un peu incohérentes (vv. 555, G60, 859). Rarement une 
expression paraît mieux placée dans le trait(i B (cf. VI 39 et la 
place correspondante dans H, après l'enterrement: heu nunc te tenent 
arcta sepulcra). En un mot, l'unité nous semble, à tout prendre, 
trop peu intime. On dirait que le poète n'a pas su trouver le 
temps, ou qu'il ne s^est pas donné le soin de fondre en un corps 
organique les détails pris un peu partout, et qu'il s'est obstiné à 
faire rentrer dans son poème pour pouvoir remplacer d'autres repré- 
sentations du même sujet moins dévotes et peut-être moins ortho- 
doxes. Il se pourrait encore qu'il se soit lassé de son sujet. Ce- 
pendant nous croyons plutôt que les forces lui ont fait défaut. 
Son style, trop peu difficile, pourrait s'attribuer à sa négligence, 
mais non pas le manque d'originalité, d'opinions arrêtées, de vues. 
Opinions con- Le poète se donne apparemment pour catholique romain ortho- 

tra îcoires. j^^^ ^yj ^B). Or, ses opinions ne tombent pas toujours d'accord 
avec les dogmes de l'Eglise et, qui plus est, se contredisent. D'un 
côté la nature est considérée comme un premier principe, un règne 
indépendant et souverain. Pilate, en jugeant le Sauveur, dit la 
Vierge, a agi contre les lois de la nature (III 42), et elle demande 
pourquoi la nature a produit l'arbre de la croix (V 30); mais c'est 
aussi contre les lois de la nature que meurt Jésus, le maître de la 
nature (VIII 48, IV 2- 3). D'un autre côté, il est insinué que la 
croix a été une pousse de larbre du bien et du mal, lequel se trouve 
au Paradis terrestre (V 28), et que tout ce qui arrive est destiné 
d'avance (VII 5, 26, peut-être à cause de la prescience divine, cf. Mth. 
XXVI, 34, Jean II, 25) et que la nature ne peut pas ne pas sym- 
pathiser avec le Sauveur (II 1 — 3, VIII 31; cf. plus bas). — Mêmes 
défauts quand il s'agit de bien marquer le caractère du Sauveur. 
Caractères. D'une part, Jésus est à peu près identifié avec le Créateur 

Jésus. ^yj g^ 39^^ 1^ j^j.^^g ^^^^ Dl^^j 1^ p^j.g (jj 25-30, VI 11-41), 

tout comme dans le drame grec et le traité B, mais contrairement 
t\ ces opinions docétiques on y entrevoit des opinions dynamiques 
(VIII 25, peut-être par réminiscence de l'original hébreu, Ps. 
XXXIl, 11; cf la citation biblique X 25, et le fragment de rj]vau- 
gile de saint Pierre). Parfois la Vierge semble lui attribuer l'om- 
niscience (VII 40), parfois la lui nier (VI 47—51, cf. Marc. XIII, 
32). Jésus lui-même déclare être né mortel (VII 25), et il ne vient 
jamais à sa mère l'idée de se consoler par la pensée de la résurrection 
de son fils, sans doute puisque alors sa plainte resterait énigmatique. 



Plainte de la Vierge. CC}(XI1I 

car la résurrection y est supposée axiomatique (X 63, cf. IV 23). 
Eu outre la mère fait mention de la conception surnaturelle de son 
fils (VI 49, X 25), de sa croissance de fœtus dans le ventre de sa 
mère (VI 51, VIII 22, X 36), des alléluias des anges lors de sa 
naissance (IX 7), de son action éducatrice (II 54, V 16), et de ses 
miracles (IV 23; VI 22). En plusieurs endroits (II 15, III 6, VI 
6, VIII 5, X 23, /etc.), sa passion est mise au jour, mais lui-même 
dit (VII 11) que sa passion serait nulle, s'il n'y voyait sa mère 
présente, hyperbole peu heureuse qui n'est peut-être que l'écho 
du dogme hérétique glissé dans le traité B, selon lequel Jésus est 
impassibilis (cf. Symbolum Aquilejense). Il est dit à plusieurs 
reprises, par lui-même (VII 5—6, 27) et par sa mère, qu^il ne souflfre 
que pour les péchés d'autrui, et la Vierge témoigne formellement 
qu'il n'a pas de péché (IV 19, V 18, VII 24, cf. Inf. XXXIV 115), 
mais il semble que lui-même se présente comme ayant hérité du péché 
originel (VII 28). Du moins, ses expressions, pourvu qu'elles ne 
visent que sa mortalité (VII 25), sont peu heureuses. Mais, en 
général, le poète reste, jusque dans la fantaisie, le disciple de la foi. 

Beaucoup moins énigmatique et plus conséquent est le déve- Marie. 
loppement du caractère de la mère. Elle apparaît sur le point de 
perdre la connaissance (IV 38, V 24), près du délire et de la 
démence (V 9, VI 31, IX 3), et bien que transfigurée, dit-elle, 
elle se sent défaillante et découragée à la seule pensée de la dou- 
leur sans bornes qu'elle éprouvait de son vivant (II 4). Les hy- 
perboles y abondent: elle ne saurait réciter le millième de sa peine 
souflferte (II 9), elle se sent près de mourir lors de la trahison de 
Judas (II 12), de même lors de la flagellation (II 17); elle préfé- 
rerait mille fois la mort à la vie en deuil (X 3), et lors même que 
son fils est détaché de la croix, elle trouve une heure plus longue 
que cent ans (X 9). Le plus souvent elle se présente comme peu 
résignée (IX 25, X 23, etc.), presque blasphématrice (IV 3, VIII 49), 
et avec tout cela elle est proclamée l'égale de son fils en honneur et en 
puissance (chans. I, XI). En effet il s'y institue, un peu partout, bien 
des parallèles entre fils et mère: de même que lui (VI 3), elle est 
appelée Salut (XI 14); de même que lui, elle ne trouve point de 
compassion (III 27, V 22 — 23); de même que lui, elle est dite 
n'avoir jamais fait ce qui méritât la mort (VII 22); elle-même est 
censée ne plus être reconnaissable (IV 42), de même qu'elle n'avait 
su reconnaître son fils dans la Via dolorosa (IV 18—27), ni en 
croix (VIII 27), ni même après le détachement de la croix. — En 



CCXXIV A. Linder. 

comparant P avec G et V (p. 122 et suiv.) nous avons souvent eu 
l'occasion d'indiquer des simplifications faites dans P. Nous aime- 
rions à signaler ici, en quelques mots, la divergence qu'il y a entre la 
Marie du drame grec (p. eux, note) et celle du P. Dans ce dernier 
poème, comme ddjà eu partie dans les Dcvozioni, où du reste elle 
reçoit de la consolation surnaturelle, elle est représentée plus noble, 
plus humaine. Malgré les ressemblances traditionnelles des deux 
Plaintes, pour la plupart des réminiscences bibliques (la Salutation 
angélique, la conception surnaturelle du Sauveur, la prophétie de 
Siméon, la nise du Serpent et la folie d'P^ve, raveuglement des 
Juifs, les prières que la Vierge adresse au fils qu'il la console 
et qu'il la laisse mourir, sa plainte de ne pas pouvoir reconnaître 
son fils après la perte de sa beauté, son envie d'aider à le détacher 
de la croix sans en avoir les forces), il y a dans notre poème une 
tout autre Marie, beaucoup moins compliquée, |)lus clémente, plus 
souple, et, avant toutes choses, plus modeste et avec tout cela plus 
courageuse, sans vicissitudes brusques, sans caprices. Ici ce n'est 
pas Marie, pas môme le théologien (saint Jean) qui, outre le Sau- 
veur môme, aborde la question de la nécessité de sa mort; cette 
charge est dévolue â Jésus seul qui s'en acquitte sommairement 
(VII 5—6, 26 — 27); ici la Vierge ne parle pas de sa virginité éter- 
nelle, elle ne se vante pas de Timmortalité de son fils, de sa ré- 
surrection, de son ascension, de son retour en Juge du monde, elle 
ne doute pas de sa mortalité (cf pourtant IV 1 — 3, VIII 48— 50), 
en s'en attribuant à elle-môme la cause (VII 23); elle se trouve 
elle-même la dernière à concevoir la prophétie de Siméon (V^II 33), 
elle en appelle aux yeux de la Madeleine pour reconnaître son fils 
(IV 20 et suiv); elle ne prodigue pas d'inq)récations sur les Juifs, 
pas môme sur le traître Judas, lors môme quY^lle ne sait pas s'abs- 
tenir des invectives les plus usitées au moyen Age; elle ne prie 
pas les femmes de hâter renterrement, mais elle aime à retenir le 
corps autant que possible (cf les statues dites Pietà), elle envisage 
la mort sans efiroi ni terreur panique, elle ne cherche jamais à se 
soustraire à la vengeance des Juifs, et quoique le poème date de 
de la pleine époque du culte de la Vierge, elle n'est jamais repré- 
sentée comme écoutant les prédictions adulatrices sur son élévation 
et sur sa vénération futures; quoiquY'lle vienne de s'offrir h mou- 
rir pour son fils (V 13), elle a à essuyer des re|)roches un peu 
amers de sa part à cause de sa plainte (VII 10 — 14, 21 —22; 39), 
trait qui, à lui seul, ne laisse pas d'être conforme îI d'autres récits 



Plainte de la Vierge. CCXXV 

(Marc m, 21, 38, Liic. II, 49, Jean II, 4; cf. traité B, v. p. clxxxvi). 
Déjù, tous ces traits de son caractère nouveau se retrouvent, bien 
que moins fortement accentués, dans les sources. Mais ce n'est 
(jue dans P que la Marie de la fin est exactement la Marie du 
conuiicncement. Encore quelques allusions mystiques (IX 50 — 52, 
et peut-être VI 9, II 25 et suiv.) et quelques étranges contradic- 
tions (VI 47-51, VII 40, II 37— III 5), mises sur ses lèvres, 
sont-elles peut-être destinées h la faire exister, aux yeux des lec- 
teurs, d'une vie plus réelle que de nom. D'autres traits, tels que 
ses saillies scolastiques (IV 3, VIII 48 — 50) et ses réclamations 
réitérées d'avoir porté le Sauveur en son ventre (VI 51, VIII 22, 
X 36; cf. V 26), rares disparates de tous, ne seront qu^me sorte 
de réaction cachée prise par le sensualisme toujours renaissant con- 
tre la domination de la foi et de l'ascétisme religieux. Mais tout 
cela n'est absolument rien auprès de ce que le moyen âge s'est 
permis en pleine scène, cf T. I, 452, 468. 

JjC poète ne cherche même pas tl caractériser les autres per- 
sonnages. Ils sop.t des ombres flottantes dont il ne fait qu'une 
mention passagère, excepté Pilate; les femmes et les Juifs, et même 
les disci[)les sont traités en masse. Ce n'est qu'à saint Jean et à 
la Madeleine (pie le poète prête quelques discours trop peu indi- 
viduels. 

Que la Vierge, dans sa longue plainte, se produise sur le pre- Monotouiv 
nu'cr plan, efïacant tous les autres personnages, y compris sou fils, 
la chose peut s'expliquer, sinon se justifier, puisqu'elle ne vit que 
dans son fils et facilite au public l'estimation du caractère énigma- 
tique de celui-ci; mais recourir toujours au môme moyen pour 
dépeindre la tristesse de la mère et celle des autres, voilà un pro- 
cédé peu conforme aux règles d'une bonne économie et qui n'atteste 
pas dans l'auteur le sentiment des nuances ni la faculté d'indivi- 
dualiser ses personnages. 

En général, l'auteur est trop peu sensible à la valeur des mots. 
Ainsi la Vierge ne donne que trop souvent les mômes expressions 
à sa douleur. Elle est 'questa trista' 669, 684 (cf. 664, 681, 446, 
1149—50; 648, 718), elle mène une S^ita trista' 1308 (cf. 1144, 
1116), ses entrailles s'émeuvent 277, sou cœur veut se fendre 76, 
elle ne redeviendra jamais gaie 493, elle est en butte à toutes les 
peines 1143 (cf. 998, 845), sa douleur va en augmentant 172 (cf. 
119, 451, 729, 1367, 1371, cf. 1496), jamais femme ne sera née 
qui puisse se comparer à elle pour sa douleur 319 — 20 (cf. 728, 



CCXXVI A. Linder. 

1353, 1378), personne ne saurait imaginer ses cuisantes peines 407, 
1296, ni les exprimer 443 (1168, 1308), ni ne pas souffrir â y 
penser 114 — 15, elles lie seront jamais oubliées 1365, et la Vierge 
elle-même ne trouve jamais de consolation 165 (122 — 23, 342), 
excepté dans la mort 999 (cf. même expression de la Madeleine 
388-89), elle rage 117 (349, 1297, 1328; même expression du 
peuple au pied de la croix 984), elle délire 457 (151, 197, 1044), 
mais c'est surtout à la mort qu'elle pense 92 (107, 244, 333, 452, 
482, 647, 974; 993—1016; 628; 1152; 783, 879, 910; 987—88; 
421 — 22; 607, 663; 569) en enfant qui ne peut supporter la honte 
et la douleur. 

Pour Jésus même il revient trop souvent sous sa plume les 
mêmes formules, les mêmes clichés; ainsi de son innocence et de 
sa passion (vv. 357 484, 586, 830; 209, 440; 101, 158; 91, 96, 196; 
275-6; 341, 344, 467, 350, 598; 617, 657; 608-09, 651, 693; 
185, 207), de son incarnation et de sa naissance (732, 950, 1134, 
1303; 1057, 1066, 1414) et de son instruction (157, 478). Ajou- 
tons que des expressions telles que questo è'I dolor 98 (318, 572, 
cf. 423, 668, 1046; 113, 505) et vedi quel dolor 449 (259, 356), y 
sont répétaillées, que des tournures stéréotypées telles que ch'io 
ten priego 35 (381, cf. 490, 550, 710, 782), tu tegni ferme 511 
(545, cf. 563), vui che lezete 444 (cf. 173 — 74, 1258), chou piedî 
e chon le man 463 (512), nato el suo Signor 1066 (1414), n'y sont 
pas rares, pour ne pas parler des exclamations fréquentes et des 
synonymes de douleur (pena, duolo, dolor, grameza, planto, dolorosa, 
planzendo, doia, guai, aflito, tristo), qui y reviennent sans cesse. 
On conçoit dès lors que la phraséologie et le vocabulaire de 
l'auteur ne soient pas très riches en expressions graduées, mais 
qu'ils soient propres à faire sentir aux lecteurs la monotonie dé- 
primante qui y règne. 

Louange, blâme, caresse, ironie ne révèlent ici des formes ni 
nouvelles ni bien variées. Ainsi Jésus (outre dio 1310, etc.) est 
nommé flore 17 (20, 559), zio 1342, Sauto di santi 58, agnelo man- 
sueto 209 (440), vita mia 121 (387, 448, 802, 1309, 1339), gloria 
e desio 233, paze c solazo 9, Falto serpe 578, spechio 239 (cf. de 
la Vierge: lume, spechio 1364), tesoro 448, legreza 118, chuor 949, 
chonforto 1340, desiri 1343, et de la part des Juifs malfatore, 267; 
ainsi la Vierge est dite (outre raina 35, etc.) verzela 16 (19), stela 
46, nave 57, fontana 45, via 23, vena 49, speranza 1506, vita 1453, 
etc.; saint Pierre, quoique absent, est raillé sur sa vantardise 251 



Plainte de la YiVrire. CCXXVII 

— 59, mais il est aussi ap|>elé le vicaire de Jésus-Christ 621; Juilas 
est nommé falso traditore G54, <[uel perfido 87, ses baisers, falsi 8S, 
les Juifs: lupi nujrdenti 210, t-haui 471, ehrudi e rei 475, lalsi 674, 
dolenti 212, ingrata zeutc l.")!, popolo vano 220, qui uont pas voulu 
voir ce qui et le meilleur pour eux 114, qui ne se soucieut de la 
bonté de Dieu 154 — 55, qui eu appellent aux faux témoignages 
2G5, les égaux des chiens 104 (409) et des démons 261; Pilate: 
faux 396, poltron 291, insinuant auprès du peuple 212 (287), et qui 
de propos délibéré fait le mal 290; l'empereur Octave: pazo 7; la 
croix: chruda 534, logno amaro 708, duro legno 488, legno chrudo 
e rio 574; la mort: dolorosa 647, ingorda e chrudele 1005 — 06, 
craintive et hautaine à la fois 1008 — 16; l'envie est une bête féroce 
1280-84; sous la forme d'ironie paraît le désespoir de Marie 
1026—34 et son défi à la mort (1008-16). 

Les transitions du poète n'excellent pas par leurs variations Tratisitiom:. 
(87, 207; 203, 310, 325; 462, 596, 1226; 1166; 969; 185, 260; 
1228, 1243; 200, 322; 251, 313, 331, 358, 671, 1082, 1334; 704) 
et parfois surprennent par leur trivialité 86, 1380) pour être pro- 
férées par la bouche de Marie (cf Par. XXXII 140 où parle 
saint Bernard). Très souvent, le pocte, à dessein, fait des itérations 
(anaphora, epiphora, symplocc), le plus souvent par un pronom 
(1410, 1413, 1416-55;* 999—1001; 1464-66; 1491—92, 1494— 
95; 903—05; 874—75) ou par un pronom plus un verbe (424, 1127, 
1130, 871-73; 1470—72; 108-11; 1340, 1342—43; 46, 47, 50; 
584 — 85, II 25 — 31), parfois en ajoutant encore quelques mots 
(246, 248, 250; 406—07, 409, 411; 626-27; 602, 608, 612, 617, 
650; 665, 698, 878; 672, 677, 692; 630; 635,641, 705; 1339—41; 
1345—47; 874—75; 57, 805, 847), ou par un vocatif (1172, 1178; 
1175, 906—07), par une forme verbale (1184, 1187, 1190, 1181; 
1467—69; 1040, 1043; 1026, 1029; 829, 832, 835, 883), parfois 
précédée d'un mot interrogatif (307—09; 1014—16; 877), ou d'un 
adverbe (1008 — 09), ou d'un régime pronominal (486, 492; 1301, 
1311, 1313), ou d'un vocatif (1503, 1506), ou par un mot interro- 
gatif tout seul (513, 519, 520, 525, 531, 541). Parfois encore, la 
ressemblance voulue s'étend sur des vers entiers (632, 695, 700, 
707; 550—51; 576-77; 648; 718). Il se peut que le mysticisme 
y entre parfois pour quelque chose. Ainsi, à cause du dogme de 
la trînité sans doute, exaudi adressé au Sauveur 684, est proféré 
trois fois; tandis que Eli, dit par Jésus, ne se répète qu'une fois 
957, mais aussi, et ce sera à l'aveugle, le bruit tumultueux du peuple 



CCXXVIII A. Linder. 

(muora 262, toile 285) ne se répète qu'une fois. De plus, Tauteur 
çîl et là, sans qu'on puisse en voir d'autre raison que celle de la 
rime, fait suivre des vers de même contenu (417 — 19, 421 — 22, 473 
— 74; 715, 721, 773; 874 75; ÎUa— 14; 1470-72; 1507—08, 
1511), il aime à reprît er la même pensée sur des rimes diffVirentes 
(93, 120; 341, 344; 626-27; 749-50; 1369, 1371), ou bien il mon- 
tre une déplorable habitude de se piller lui-môme (103, 226; 350, 
598; 209, 440; 212,287; 114-15; 319 20; 1146, 1149—50; 421, 
607, 633, 1140, 879, 988, 910, 1117). 11 n'y a que très exception- 
nellement lieu de penser à une imitation de la poésie hébraïque* 
Par contre telle répétition rappelle les recommencements de l'an- 
cienne épopée française (417 — 18, 473 — 74), ou plus encore les 
recommencements qni se trouvent dans plusieurs laude italiennes 
en forme de ballades, où la pensée énoncée dans les derniers vers 
d'une strophe se répète un peu variée dans le premier vers de la 
strophe qui suit. 
Synonymes, Ce qui nous semble caractériser le plus le style de notre poème, 

c'est la synonymie (cf p. cxcîviii) Trop souvent des expressions 
synonymes sV côtoient; pechatore e rio 1449 (cf. 861, 1020), mede- 
zina e remedio 1432 (cf 585), vaso, tomplo e tabernachulo 1438, vera 
meta, dreto signachulo 1440, segurtate e pegno 486, vertute e cho- 
stume 1426; bandiere e chonfaloui 326, inozeuzia e pnritate 1445 (cf 
del pianto el lamento 1405, del tormento . . . lo dolor 1407 — 08; 403), 
non muodo ne via 123, a visa et a mainiera 195, plu duramentre et 
a plu guai 992, asai e non puocho 1388, adeso de présente 366, zusto 
e pio 1451, chluso e posto di-ento 1319 — 20, befato e deriso 235, 
perso e tolto 393 (1209), persa e morta 889, delazerata e fesa 1276, 
rocha c dentro chlusa 272, profctîza et indivina 227, plaque e'I volse 
1076, bateva e squarzava 349, fiere . . . ofende 1145, dar . . . referir 
1397, domando e chlamo 1399; parfois à un mot dialectal s'ajoute 
son équivalent toscan: anchuoi in questo zorno 1134, doia e dolor 
907, rarement avec un essai de gradation: sfesura o buso 1323; 
ou à un mot rare se joint un autre plus usité ou plus moderne: 
topine . . . desconsolate 150 - 51, temanza . . . paura 291, sentenzia . . . 
rasone . . . iudizio 1360 — 61; c/est ici que se trouvent les imitations 
du style du vieux Testament: apri le orechie et aldi 714 (cf, 722. 
719 — 20 et Par. XXIII 46: apri gli ochi e riguarda), varda et 
oserva 1275 (275), vardando vidi 1226. Quelques adjectifs méritent 
une attention particulière. Ainsi Vou ne trouve pas seulement 
neta e pura 617, neta e bêla 657 (cf bell' e fatto, netta e monda, 



Plainte de la Vic'ijro. CCXXIX 

ti>so.), taise torte 2(k], torholonte e schnro 240, ehasa o priva 
1006, dura e si forte 299 (10S5) ehrndo o rio 574 (475), tril)iil()sa 
e stancha 200, dévote et atente 1087, graziosa, benigna e suave 
14ol, mais aussi et très souvent un dolente (dolorosa, trista) joint 
a un synonyme (200, 415, 1285; 7:U, 831, 115-}, 869, 5:]0, 58:5, 
:h]S; 969, 482, 1372; 322, 425); trop souvent un tel adjectif re- 
vient plus un pronom (io dolente 105, 179; io topina 354, mi to- 
pina 681, mi dolorosa 664), surtout comme exclamation (o dolorosa 
rai 605; dolente mi 77, 241, 531, 590, 614, 1067; o trista mi 1105, 
1180, 1287; 1228; o lasa mi 536; o trista mi topina 1186; o trista 
mi topina et infelize 1366), (m plus une interjeetion (lasa omei 469, 
oimè topina 188), ou bien seul en fonction d'interjection (topina 
1327, lasa topina 225, cf. 1240, 1315, 1342—43). Ce semblent b\ 
de véritables chevilles. 

L'on serait tenté de croire î\ Fauteur (cf. des répétitions ana- 
logues dans le quatrième évangile (Jean III, V, VII— VIII, X, 
XII), rintention délibérée d'avoir prêté au récit de la Vierge cette 
monotonie assourdissante comme l'expression la plus conforme A sa 
tristesse et à sa douleur touchant aux confins de la démence. Mais 
quoique les redites soient toujours permises à un cœur éploré, 
toutes les passions étant de vraies recommenceuses, notre inter- 
prète de ce chagrin sans bornes nous semble trop enclin à outre- 
passer la mesure. Sans doute il doit être beaucoup pardonné à la 
monotonie du langage en raison de la souffrance que décèlent ces 
termes. Apparemment, toute la vie paraît au poète une histoire de 
passion qui se passe au milieu d'humiliations, d'angoisses, de dés- 
espoir, et où le martyr doit se consoler en pensant il sa courte 
durée; ou elle lui paraît un voyage à faire en traversant un désert 
vers un but élevé, une fois lequel atteint le voyageur pourrait se 
rappeler avec joie les peines du voyage. Or la soufïrîince n'est 
pas sans extases, le désert offre des oasis et des mirages. Notre 
poète aussi, quoique peu artistiquement, a cherché à offrir au public 
des refuges où, au milieu de ces tourbillons de phrases, il puisse 
prendre haleine ou bien entrevoir en esprit la Terre promise qui 
l'attend à la fin du voyage. Car s'il est vrai qu'il ait fait la plupart 
de ses répétitions à plein dessein, il a aussi sans doute trouvé néces- 
saire d'y apporter quelques variations. 

C'est pourquoi il y a, outre l'introduction et la conclusion gé- interruptions. 
nérales (chans. I, XI), une introduction et une conclusion spéciales 
pour chaque chanson de sa Plainte. Les chansons II— III, IX 



CCXXX A. Linder. 

— X commeuceDt par une exhortation à bien considérer et à faire 
sienne la plainte de la Vierge et finissent par des méditations mo- 
rales et édifiantes; V — VIII commencent par des images ou des 
comparaisons et finissent par des prières ou des méditations, la 
conclusion de la huitième étant plutôt un cri plaintif presque blas- 
phémateur; IV commence par une exclamation arrachée à la 
mère par Fangoîsse et finit par une description de sa misère et 
de sa faiblesse qui étaient assez grandes pour la faire soutenir 
par ses amies pour le reste de la procession vers le Calvaire. 
La Vierge elle-même, d'une manière assez banale, doit marquer le 
commencement et la fin de sa plainte (86, 1380), et même faire 
des excuses, si parfois sou récit va jusqu'à offrir quelques conjec- 
tures ou même quelques divergences des écritures canoniques de 
l'Eglise (742 — 44); de sa part,, le poète n'omet pas, dans son intro- 
duction, de proposer à la Vierge (I 10 — 13) Tordre qu'elle aura à 
suivre, ni n'oublie, dans sa postulation et dans son panégyrique 
(I 14 — 15, XI 6), de s'accuser de son indignité et de son in- 
capacité. 

Discours. Ce même besoin de varier un peu le récit a sans doute fait 

que les discours et les apostrophes y abondent; le besoin plus 
artistique d'amener les personnages à se caractériser n'y entre pour 
rien. Et les personnes présentes (Jésus, saint Jean, Josef, la Ma- 
deleine, les autres femmes, et le peuple hébreu) ne sont pas les 
seules à parler; des personnes absentes y sont apostrophées et leurs 
expressions citées (saint Pierre, Siméon, Gabriel, les autres anges, 
les bergers); de plus la Vierge s'adresse (outre à Dieu 1267, etc.), 
à Eve (817 — 43), à la croix (510 — 77), aux membres de son fils 
(602—765), à la mort (993—1076), à la douleur (1371), à la des- 
tinée (415—423), à Jérusalem 1335—47), à la terre (1112 — 14), aux 
éléments (57—62, 1198—1203), au jour (1172-84), au soleil (1037 
— 45), au ciel (1109), et un peu souvent elle doit faire au public 
des exhortations et des réflexions morales (173 — 78, 287—88, 444 
-46, 578—89, 1020-36, 1078—81, 1181—95, 1258-60, 1389— 
91, cf. 744, 1085-87, 1348—62). 

Contrastes. Un autre moyen préféré c'est ^antithèse. Ici encore le style 

n'est ni ingénieux ni varié. Voici les contrastes qui se retrouvent 
le plus souvent: Créateur et créature 294—95 (908, 915, 917; 663 
-64; 1029; 1031, 307—09), lumière et ténèbres 239— 40 (630— 32, 
636-37; 1028, 615—16, 597—98, 608—10, 350— 51); joie et cha- 
grin 242-43(1106,775—77,847—49; 198—99); douceur et amer- 



Plainte de la Vierge. CCXXXI 



t» 



tume 280-82 (1147, 1130-^35; 1122—23, 1125—26, 1127-28); 
bien et mal 290; raison et tort 823^-24 (1354 — 55), honte et gloire 
343^45 (653—55, 657-58); paix et guerre 22—23 (1377—78, 
1416; 1461—63); courage et peur 1011 — 13 (cf. 254-56, 291 — 93); 
futil et précieux 1374—75; quelque chose et rien 865 — 66; vie et 
mort 1027-34 (802; 788, 1303—05). Parfois l'auteur utilise les 
dnigmes paradoxales si chères h la scolastique au moyen âge (3, 1310). 
Il fait de plus contraster les bienfaits que les Juifs ont reçus de 
la part de Jésus avec raccueil qu'ils lui ont fait (II 25 — 30, 34), 
et le sommeil profond sans interruption des lecteurs avec l'insomnie 
de la Vierge (II 37— III 5). 

Les essais de gradation (climax) lui ont pour la plupart mal Climax. 
réussi (406-11, 570—71, 1452; 1264-87; bien mieux réussis 1342 
— 47). Le plus souvent, il se contente d'une énumération vague et 
sommaire (119, 172, 179), ou bien il offre une expression inférieure 
à la précédente (427, 448, 518, 1339-41). 

De ce qui précède il semble bien ressortir que le poète n'est 
pas trop initié aux mystères de son art; on le dirait novice môme. 
Or, son but formellement exprimé (I 13, II 8, XI 4 — 6) étant de 
faire naître la dévotion et d'exalter la Vierge à la fois, ce qui re- 
vient au même, il est bien naturel qu'il n'ait donné à l'étude du 
style qu'un soin très passager. Certes, l'on ne saurait le juger l'égal 
d'un Pétrarque. 

Notre poète ne ménage pas les tournures de rhétorique. Par Imat/es. 
contre, il est en règle générale d'autant plus économe de compa- 
raisons et d'images vraiment poétiques, et le peu qu'il en offre ne 
peuvent se dire ni originales ni expressives. D'ordinaire, elles sont 
empruntées à des livres (I 6—7, III 5, 14, 37, V 43, VI 1, 4, 11 
— 12, IX 22, 24, 36, 53, X 29, 57, et probablement aussi II 5, 
VII 1, 36, VIII 1 et V 28); il rectifie parfois une image tracée 
par une nouvelle image (V 2—3), ou bien il l'explique pour la 
repeindre et la retoucher de nouveau (X 23 — 26). Son image 
semble impliquer une contradiction manifeste, lorsqu'il fait dire à 
la Vierge qu^elle vient de passer la nuit en plein air (II 37, III 4), 
tout en déclarant en même temj^s (III 5), par une image empruntée 
(Ps. VII 7), avoir arrosé son lit de pleurs: l'image fait évanouir 
le fait. D'autres fois, il accumule image sur image, comparaison 
sur comparaison, ce qui est le cas pour les chansons qui forment le 
cadre de la Plainte. Mais les images de la chanson finale ne sont 
guère que des épithètes scolastiques (cf sur Jésus, Patr. lat. XIII, 



CCXXXII A. Liiidor. 

p. 378) et, à défaut d'ordre et de principe, elles ne font pas l'im- 
pression d^me galerie de tableaux d\ine clarté toujours grandis- 
sante; loin de faire ressortir les idées plus vives, elles se déroulent 
au hasard, comme si elles étaient Peftet produit pour l'agitation d'un 
kaléidoscope: l'image suivante toujours va effaçant l'image qui vient 
de paraître Les comparaisons de la chanson introductrice ayant 
un but plus déterminé font un effet de beaucoup moins ordinaire 
et bien autrement vif, d'une insistance de phis en plus touchante. 
Aussi cette chanson, la plus brève, nous semble-t-elle plus achevée, 
plus naturelle. Le poète y implore la Vierge, qu'elle consente A 
lui apparaître pour lui raconter, fl lui et h toute la chrétienté, de 
sa passion, de même qu'elle a daigné apparaître h des Juifs et îI 
des Gentils et qu'elle a reçu elle-même des apparitions. Nous insis- 
tons sur la ressemblance de style entre cette chanson et la chan- 
son finale (cf pp. ccxvi, ccxxi). 
Unité Dans son cadre, le poète fait voir ouvertement sou intention 

maténclk d'édifier ses coreligionnaires en exaltant la Vierge. Déjà dans l'in- 
troduction elle est proclamée Pégale de son fils. Dans la Plainte 
proprement dite, elle doit à plusieurs reprises se montrer en son 
rabaissement, mais en revanche elle est d'autant plus glorifiée dans 
la conclusion, et nulle part en tout le poème, Tobjet du poète n'est 
mieux mis au jour que là. Cette chanson finale, comme il ressort 
de la liste des manuscrits, a aussi provoqué beaucoup d'admira- 
tion, et à cause de la glorification de la Vierge-Mère, elle a été 
détachée du poème et représentée comme poème indépendant. Il se 
peut très bien que l'auteur ait emprunté, pour cette chanson, quantité 
d'expressions et d'idées d'une lauda antérieure (cf. p. ccvi), de môme 
qu'il a emprunté pour sa Plainte le contenu de part et d'autre. 
La poésie religieuse, au moins de ces temps, a d^ordinaire si peu 
de traits individuels qu'il est difficile d'eu juger. Le style de 
cette chanson, de môme que celui de l'introduction dont il s'ap- 
proche, est un peu différent, comme nous l'avons dît, mais non 
pas plus différent qu'il ne puisse s'expliquer par le sujet et par 
un effort très naturel chez l'auteur de se surpasser lui-même là oit 
pour lui il s'agissait d'attirer l'attention du public ou de faire cou- 
ronner l'œuvre par la fin. Il semble même que l'auteur se soit 
donné le plus de peine pour le cadre, que ce soit là surtout qu'il 
se soit évertué pour réussir et qu'à un certain degré il ait réussi 
à faire un même tout de ses sources, quoique, à notre avis, avec 
moins de succès dans cette même chanson finale tant goCitée et 



Plainte de la Vierge. CCXXXIIÎ 

tant louée. Cette chanson, nous la trouvons un peu faible et lourde, 
soit que cette faiblesse provienne des sources dont le poète pour 
quelque raison s'est senti engoué, ce qui semble peu probable, vu 
la liberté avec laquelle il les traite ailleurs, soit qu'elle dérive plu- 
tôt des étroites limites de son talent. Il est vrai de dire que 
dans la plainte proprement dite, l'unité nous semble parfois trop 
peu intime, ce qui s'explique par le fait que Fauteur suppose dans 
le public la connaissance des événements rapportés (II 12, VI 28, 
VII 43, etc.) dans ces parties, mais qui ne laisse pas de trahir 
un même auteur. 

Nous avons sans doute assez parlé de la manière du poète de Citations. 
traiter ses sources. Une particularité est ici peut-être digne de 
remarque, puisqu'elle semble dériver de son défaut de précision 
en d'autres cas (cf. vv. 602, etc.) et attester qu'il s'est donné trop 
peu de temps, c'est que ses citations sont parfois peu précises ou 
fort mutilées. Ainsi il fait crier à Jésus au moment de mourir: 
Eh', Eli (VIII 25), en ajoutant toute la traduction de l'Evangile. 
Peut-être la citation doit-elle sa forme à Topinion reçue parmi ses 
contemporains (cf De vulg. eloqu. I 4) que Eli était le premier 
mot parlé par l'homme (Adam) au Paradis, en vertu du quoi il 
faudrait bien que Jésus (nouvel Adam, Rom. V, 14, 1 Cor. XV, 
22, 45) le prononçât en expirant (cf. Purg. XXIII 74), peut-être à 
un essai en vue de rendre plus explicable le fait qu'il semble aux 
assistants avoir entendu prononcer Elia (cf Patr. lat. XIX, pp. 337, 
570), peut-être à la difficulté de faire entrer toute la citation dans 
ses vers; toujours est-il remarquable que la traduction soit com- 
plète. Ainsi Jésus est appelé alpha et o (II 31) au lieu de alpha 
et oméga; ainsi des mots échangés entre Jésus et les larrons, con- 
versation dont il ne se fait mention qu'en passant, le poète ne cite 
que: «mémento mei» (VII 43). Ajoutons que d'après l'Ave Maria 
in volgare (cf Bini, p. 24) il cite les paroles d'Elisabeth (Luc. I, 
42) comme proférées par Gabriel (IX 33), et que, strictement par- 
lant, sa proposition que Moïse parlait à Dieu face à face sur le 
mont Sinaï lors de la réception de la Loi (VI 30) est moins cor- 
recte (Exod. XIX; cf Ex. XXIV, 33), les anciens chrétiens, du 
reste, partageant Topinion des Juifs que la Loi avait été donnée 
par un intermédiaire (Maleak Adouai, cf Gai. III, 19; Act. VII, 
53). Apparemment que le poète a emprunté ces citations à des 
sources dérivées, comme il arrive souvent chez ses contemporains, 
ou qu'il les a citées à faux pour les avoir faites de mémoire. Ses 

Linder: Plainte de la Vierge. 16 



CCXXXIV A. Linder. 

allusions ne nous semblent pas toujours claires, comme lorsqu^il 
semble suggérer que la Madeleine aurait peint une image de Jésus 
(IV 26, confusion avec la Vierge, Ant. I, p. 878, ou avec Véro- 
nique?) ou qu'il indique les suites du breuvage d'assoupissement 
(IV 27 — 28), dont ailleurs il ne dit pas un mot. Son raisonnement 
ne nous paraît pas toujours assez lucide (VI 10, VII 40), peut- 
être à cause des copies corrompues. 
Oriffinalité. De ce qui précède il résulte que notre poème, comme œuvre 

littéraire, n'a presque rien d^orîginal. Le plan en est emprunté aux 
rédactions du traité B, le fond un peu partout. Les réminiscences 
y abondent. C'est à peine si quelque pensée isolée, la forme mise 
à part, peut être attribuée à notre poète. Certes, Ton ne saurait 
nier qu'il n'ait transformé à un certain degré ce qu'il a emprunté. 
Mais quand même l'originalité ne serait que l'art de remanier, élevé 
à une plus haute puissance, il n'est que trop clair qu'il est bien peu 
original. On a même de la peine à dire qu'il a su réunir comme 
dans un foyer les rayons reflétés par ses devanciers sur le sujet. 
Il n'a rien d'un héros de la pensée. 

On ne saurait non plus lui reprocher la recherche passionnée 
du sens profond que tant d'écrivains du temps prétendaient tou- 
jours trouver dans toute œuvre écrite. C'est bien là son grand 
bonheur. Trop consciencieux de sa mission peut-être et compara- 
tivement trop timide, il ne semble guère que l'écho un peu affaibli 
de quelques aspirations de son temps: il nous semble manquer de 
verve, d'élégance, d'art; parfois même, cette facilité et cette sou- 
plesse qu'on ne saurait méconnaître dans un Antonio del Beccajo 
et dans le remanieur de R, lui font défaut. 

II est bien vrai que, vus de près, de plus grands poètes que 
lui peuvent être moins originaux qu'ils n'apparaissent de prime 
abord, mais sans doute ils ont mieux su s'approprier ce qu'ils ont 
emprunté, ils ont su simplifier, améliorer, faire revivre ce qu'ils ont 
voulu faire entendre et, avant toutes choses, ils ont su donner à 
leurs ouvrages un intérêt à la fois plus général et plus profond. 

Le style a peu d'individualité: un peu trop rhéteur, en général 
simple, exempt d'affectation, de parures mythologiques et de pé- 
dantisme, le plus souvent monotone, parfoix prolixe (cf. IV 36 — 
42, VII 38— VIII 29). L'intrigue et l'action faisant par trop dé- 
faut dans le poème, l'illusion y manquant, la forme ayant trop peu 
d'attraits, l'intérêt n'en est que faible et, au cours d'une lecture 
suivie, ne se dément que trop souvent. Mais le défaut le plus 



Plainte de la Vierge. CCXXXV 

grand à uos yeux, c'est le manque de profondeur, de per^^pcctivo 
de vues. 

Que IWteur, en réalité, naît ni voulu ni pu offrir une dcsorîp- Pri\fofi<hm. 
tion objective des faits qu'il récite sans les avoir eus présents à 
son imagination, la chose semble hors de doute, quoique à Tinstar 
des aèdes italiens il en fasse semblant (VII 4). Loin de nous de 
vouloir le lui imputer à crime. L'on n'aurait pas non plus le droit do 
s attendre qu'il nous eût offert ses protagonistes, car il y en a deux, 
Jésus et Marie, comme types de martyrs de la vérité, de réforma- 
teurs sociaux, mais bien qu'il les eûtpeints comme apparitions d'un 
ordre supérieur qui, en lutte constante avec les maux invétérés, tra- 
vaillent sans cesse pour la propagation du royaume de Dieu sur 
cette terre, qui, au risque même de leur vie, donnent des exemples 
plutôt que de les prendre sur autrui. Il n'en est presque rien. 
L'aut-eur ne nous donne même pas les rapports entre mère et fils 
comme typiques de l'amour de la famille ou du genre humain, tant 
il est loin de saint François d'Assise. Il n'y a par tout le poème 
aucun indice que, dans cette vie, l'individu peut contribuer à la 
victoire de la vérité, en ouvrant à la génération future un chemin 
plus facile, en lui préparant un plus heureux avenir. Pour cette 
Vallée de misère pas un rayon d'espoir, point de triomphe, peu 
de courage; le Paradis terrestre est bien derrière nous, devant 
nous le désert, monde pervers, entouré de puissances malveillantes, 
croix contre laquelle il n'y aura de remède que la croix du Christ. 
Il n'y a ici-bas que deux sortes d'hommes: les fidèles qui tout en 
pleurs bravent tout pour gagner la couronne de la vie (le renie- 
ment de saint Pierre est passé sous silence), et les infidèles, apo- 
stats, traîtres et récalcitrants; la mort et la terre, impitoyaWemont^ 
cachent les uns avec les autres. Seule la nature lie poète semble 
entendre par là toute ce qu'il y a de visible, excepté l'homme) 
sympathise avec le bien: les animaux adorent leur créateur fIX î», 
le soleil et la terre s'attristent de la mort de Jésus i VIII 31 — 39), 
la victoire du mal est contre les lois de la nature (IV 3, V^ 36, 
VIII 48i; cf. Patr. lat. CCX, col. HH, V>2, 475; 40î), 520, 5>$3; 
Cantico del Sole attribué à s. PVancesno, Mich., p. 2», et la Vienne 
invite la nature et les éléments à partager sa douleur ,11 1 — 3, X 
1 — 2). Là s'arrêtent les conséquences. L'homme n'a qu'il sontror il 
son propre saint, ne doit chercher de consolation que dans les priè- 
res, les abstinences, les méflitatîon«, ne pout non faire de mieiix 
ni de plus sage que de se pff'paror pour la vie d'outre-toaib^, vie 



CCXXXVI A. Linder. 

réelle dont celle-ci n^est que la carricature. Que notre vie d'ici- 
bas aille en s'affaiblissant, car à tout le mieux elle ne pourrait être 
qu'un voyage en costume de martyr à travers le désert, les yeux 
levés vers le crucifix de Golgatha, drapeau-indicateur et colonne 
volcanique qui nous montre la route du progrès au milieu des om- 
bres, nous menant dans la Terre de promission, but désiré au delà 
des souffrances. La vie idéale du poète, c'est la vie contemplative, 
monacale, voilà l'avènement du règne de Dieu au-dedans de nous. 
Le poète ne cache pas d'ailleurs ses préférences, ses convictions, 
bien au contraire; mais dire qu'il les a expressément prononcées, 
ce serait lui faire injustice. Peut-être que toutes ces choses lui ont 
paru axiomatiques, du moins elles ne se dessinent que très vague- 
ment; il faut les lire avec de bons yeux entre les lignes. L'ardeur 
et la verve lui ont fait défaut. Il est bien loin d'avoir la vivacité 
d'esprit et la profondeur de sentiment qui caractérisent un Jaco- 
pone da Todi. Il n'y a guère moyen de comparer ces deux poètes. 
Et pourtant on ne peut pas ne pas penser aux chansons inégales 
de Jacopone, inspirées à ravir par une envie d'abnégation, de sacri- 
fice, par un amour de Dieu et du prochain qui défie toutes conve- 
nances, et dans lesquelles il sait donner l'apothéose de la passion. 
Il y a même lieu de redouter que le secret de la croix n'ait pas 
été bien approfondi par notre poète. Qu'est-ce que cette Passion 
du Sauveur pour le salut et quelle en est la nature? Un fait exté- 
rieur à ce qu'il paraît, imposé, pour l'accroissement de sa propre 
gloire, par le despotisme de la destinée antique dans son arbitraire 
le plus odieux, et qu'il subit d'après la volonté du Père. Le poète 
semble ignorer que l'on puisse et même doive aimer ce que l'on 
sait bien pervers, bien infamant. — Pourquoi dépeindre cette Pas- 
sion reflétée dans la compassion d'une femme virginale et pure, 
placée au milieu des hommes d'un ordre inférieur lesquels forment 
un contraste frappant avec les persécuteurs démoniaques? Point 
d'allusion à la passion que doit souffrir une âme pure placée au 
milieu des perversitées. Il ne semble s'agir que d'une compassion 
superficielle. Et la pensée de cette compassion est loin de soulager en 
rien la douleur du fils. Pas la moindre allusion au surcroît de force 
et d'activité que produit la passion, Tamour ou même la sympathie. 

— Pourquoi, pour connaître Dieu, commencer par connaître sou 
frère, pour connaître le frère, commencer par connaître sa mère? 

— Le poète veut-il, à l'égal de l'aède homérique, que les hommes 
soupçonnent dans leurs semblables les dieux ou les images de Dieu 



PiâiDte de la Vieree. CCXXXVII 



■c 



sous uu masque plus ou iuuÎds transparent? — Veut-il que Thor- 
reur même du crime de ei»ndainuer à mort le Messie doive amener 
le repentir et la conversion? — Qu'est-ce que ce phénix de dou- 
leur qui purifie (X 57 ? — La pitié? Le repentir? Le symbole de 
l'idéal sauveiu-? — Bref, il y a beaucoup de commencemeut^s, mais 
de commencements empruntés, bien peu d'achevé. Sa perle, puis- 
que perle il y a, nous semble formée d'une manière par trop inor- 
ganique. Certes, ou ne s^aurait le prononcer l'^al de Dante. 

Mais ce qu'il y a de méritoire dans notre pi»ème, c'est que ^**^- 
l'objet en est clairement formulé. Tandis que d'autres aiment à 
déguiser sous un voile ou sous un autre leurs pensées sur les ques- 
tions du jour, notre poète proclame ouvertement sa devise : il ci>m- 
bat pour la glorification de la Vierge, ou, |>our tenir le langsige de 
nos jours et le rapprocher ainsi du premier plan, pour le féminisme 
sous la forme catholique la plus ancienne (cf Galat« III, 28V 
Voilà le but déclaré qui nous explique la popularité inouïe dont a 
joui jusqu'à nos jours son poème, car aux yeux dos fidèles ce but 
a sans doute couvert tous ses défauts. I^ foi se pa$so volontiers 
de la logique, en se payant de promesses. 

Or, il se peut que le poète veuille parfois reprt^senter la Vierge 
comme le prototype de FEglise et qu'en sa personne il se plaigne 
de la décadence de TEglise; il se peut fort bien que les i*ontem- 
porains, dans la demande qu'arrache à la Vierge son vif étonuement 
de ne pas trouver saint Pierre présent (III 28—29) et dans su 
plainte, inspirée par Tenvie, que la persécution soit le sort des 
apôtres (Vil 41), aient vu des allusions à la nx Captivité babylo- 
nienne» des papes; que les Guelfes, dans les outrages faits à Pi- 
late (III 41—43) et à la justice peu impartiale de rKmpereur 
(III 41), aient vu des coups dirigés contre le bras séonlier et les 
princes trop peu fidèles; que les pieux et les ecclésiastiques sui*- 
tout, dans la plainte de la Vierge wsur son veuvage (Vil 47—19, 
X 38), aient cru reconnaître la soif impatiente du troupeau api^ès 
le Berger; en un mot, il se pourrait que le poème contînt, sous le 
voile d'allusions, des protestations politiques. Mais de telles allu- 
sions sont très rares dans le poème et ne semblent pas faites à 
dessein, du moins n'y a-t-il rien qui implique cette conclusion, 
étant donné la franchise presque enfantine et sans détours qui y 
règne partout. Que si Fauteur eût eu un but politique, il Tout 
fait voir dans ses allusions à Rome (I 2 — 3, cf luf II, 33) et à 
la primauté de saint Pierre (VI 15). Sans aucun doute, il a été 



CCXXXVIII A. Linder. 

saisi d'une telle sincérité religieuse qu'il n'est plus resté dans son 
esprit d'intérêt disponible pour ce monde et pour les aspirations 
d'ici-bas. Du tout au tout, il n'a donc eu, selon nous, d'autre objet 
que d'édiiier ses lecteurs en exaltant la Vierge^ ses désirs n'allant 
qu'à leur être vraiment utile. C'est là sa seule thèse, si c'en est 
une. Il nous est aussi impossible de voir qu'il ait grand'chose à 
gagner à une telle interprétation esotérique. Notre auteur se donne 
tout de bon pour le poète de la Vierge. On lui ferait donc très 
grand tort, en voulant le représenter comme le chevalier de l'Eglise 
qui, la visière baissée, combat les hérétiques et débusque les Gibe- 
lins. 11 suffira de dire qu'il a bien voulu distancer les Flagellants. 
En thèse générale, on peut dire que c'est des livres non approuvés, 
mais tacitement adoptés par l'Eglise, qu'en effet il s'inspire, tout en 
prétendant suivre les canoniques, et qu'il n'a pas des tendances très 
déclarées vers le mysticisme. 
Popularité et Quoi qu'il en soit, le poème a joui d'une faveur exceptionnelle. 
eoderne ^^^^ ^® qu'attestent les nombreux manuscrits qui se trouvent ré- 
pandus de bonne heure par toute la Péninsule et à l'étranger, et 
les éditions, qui toutes ne sont peut-être pas connues^ montrent 
bien que cette vogue ne s'est épuisée que par intervalles jusqu'à 
nos jours. Il semble que son histoire extérieure soit dans un rap- 
port, assez naturel du reste, avec l'histoire du culte de Marie et avec 
l'histoire de la papauté. Notre Plainte fut composée et publiée en 
un temps de transition assez troublé. Le soleil de l'Eglise, après 
la translation du saint-siège de Rome à Avignon, avait passé le 
méridien, mais les souvenirs du premier jubilé de Rome (en 1300) 
vivaient dans les esprits, promettant un nouveau jour plus glorieux 
(cf Conv. IV, 5, De Monarchia, I 15 — III, 2; les rapports de 
Petr. avec Cola di Rienzi, etc.). Les processions des Flagellants, 
protestations contre le clergé trop mondain et contre sa dédaigneuse 
politique sans scrupules, en tenant éveillé dans le public l'intérêt 
pour les questions religieuses et l'espoir en l'aide divine, ouvraient 
la voie à une conception plus humanisée du monde divin et de la 
personne du Sauveur, Partout il y avait, à cette époque, des reten- 
tissements des récits relatifs aux miracles de la Vierge (cf. la 
translation de la Casa santa), de tous côtés on entendait chanter 
des panégyriques à sa gloire. On ne doit pas être surpris que ce 
sujet ait tenté Enselmino; rien d'étonnant que lui aussi ait voulu 
exalter la Vierge, dans la personne de laquelle les ecclésiastiques 
prétendaient voir l'Eglise même. Ce jour-là on débattait vive- 



Plainte de la Vierge. CCXXXIX 

ment sa conception immaculée. Vers l'époque où les adhérents 
de cette «sentence pieuse» avaîeut réussi à mettre Tun des leurs 
sur le saint-siège (Sixte IV 1471 — 81, pape immortalisé par Ra- 
phaël dans la Madone Sixtine de Dresde) et où celui-ci consacrait 
le nouveau rituel fait pour la fête de la conception de la Vierge, 
les incunables connus de notre poème sortirent de presse. En 
moins d'un siècle il en parut pour le moins trois réimpressions. 
L'intervalle d^à peu près trois cents ans qu'il faut franchir pour 
tomber sur une nouvelle édition^ s'accorde parfaitement avec l'inter- 
valle d'un culte de Marie moins ardent et qui languit, d'une pa- 
pauté qui, la question des investitures résolue, va en dépérissant- 
C'est en 1852 que parut cette dernière édition, et deux ans plus 
tard la sentence pieuse, malgré toutes protestations et contraire- 
ment à toutes probabilités, a été décrétée dogme dans l'Eglise 
Saint-Pierre (8 décembre 1854). Ainsi la Plainte d'Enselmino a 
conservé sa réputation, du moins par intervalles, à travers les 
siècles. Uun de ses compatriotes, Bandarini, s^en est approprié la 
plus grande partie pour son poème, bien entendu puisqu'il Ta re- 
gardée comme un chef-d^œuvre insurmontable; la Plainte d'Ensel- 
mino en son entier a dû servir à rehausser la gloire d'un autre 
confrère vénitien, L. Giustiniani ; la plus grande partie de son poème^ 
quoique légèrement remaniée, a pu s'attribuer au poète lyrique le 
plus célèbre de l'Italie; dans son auteur on a deviné quelque grand 
imitateur de Dante et jusqu'à Dante lui-même, et le dernier de 
ses éditeurs, Bini, n'y apporte que des louanges. Cependant, sa 
réputation ne semble pas avoir passé l'Italie. Les manuscrits qui 
se trouvent à l'étranger, y sont venus par hasard, en partie à la 
suite des émigrés italiens. Tandis que le prototype a été transposé 
en bien des langues romanes et germaniques, notre Plainte semble 
restée exclusivement italienne. Nous n'en avons même pas retrouvé 
d'imitations ni de remaniements, à moins que l'on ne veuille y 
comprendre le remaniement R et ^ouvrage du plagiaire Bd, car le 
drame de C. Castellani (Sacr., p. 304 et suiv.), le seul de plus que 
nous puissions nommer ici, se rapporte de plus près aux Devozioni 
qu'à la Plainte d'Enselmino. 

Les contes de l'antiquité parlent de rivières semblables à cel- Comparai- 
les du steppe en ce qu'elles vont se perdre dans les sables, diflFé- *^"* 
rentes en ce qu'elles jaillisent plus belles dans des lieux lointains. 
Il semble en être de même des courants littéraires. Taris dans les 
pays où ils ont pris leurs sources et creusé leurs premiers sillons. 



CCXL A. Linder. 

ils viennent parfois surgir à l'étranger sans avoir fait dans le cours 
que croître et embellir. Ainsi de la littérature des Plaintes. C'est 
une coïncidence assez curieuse que plusieurs des courants litté- 
raires de la France catholique du moyen âge, soit profanes comme 
les faibliaux scabreux, la subtile poésie lyrique d'amour, l'épopée 
variée, soit religieux comme la littérature des visions et les plain- 
tes de la Vierge, en apparaissant dans le pays des papes aient eu 
un débordement fertilisant, ceux-ci pour les ouvrages principaux de 
Dante et d^Enselmino, ceux-là un peu plus tard pour les ouvrages 
de Boccace,' de Pétrarque, d'Arioste et en partie du Tasse même, 
sans parler de leurs compatriotes, leurs devanciers. Faut-il sup- 
poser, selon l'avis des historiens, chez les Italiens de l'Humanisme 
et de la Renaissance des élans d^artiste particuliers qui seuls puis- 
sent expliquer ces faits? Loin de nous de vouloir prétendre le 
contraire. Mais le développement analogue de ces phénomènes 
isolés nous semble exiger une explication générale. Ces branches 
littéraires s'étaient développées en France des germes grecs et orien- 
taux, celtiques et germaniques, sous l'influence du catholicisme latin 
et des institutions du moyen âge; pour venir et fleurir elles avaient 
besoin de Pair et du soleil de cet âge et plus encore des soins 
qui ne pouvaient leur être appliqués que par un jardinage initié 
aux secrets d'un art supérieur. Or, le moyen âge, pour ce qui est 
du culte et du goût, a survécu plus longtemps en Italie qu^en 
France, en même temps que l'Italie a devancé les autres pays dans 
la connaissance de Fart antique, et dans Tltalie d'alors plus qu'ail- 
leurs en Europe, il y avait une étroite affinité entre le goût du 
gros public et les efforts de ses auteurs. Par conséquent, il est 
très naturel que les auteurs nommés, grâce aux méthodes d'un art 
plus avancé, aient su cultiver ces pousses littéraires avec assez de 
Succès. Analogiquement, la vieille littérature islandaise, pour sa 
supériorité au moyen âge sur celles des autres pays du nord, ne 
fut guère qu'une reconstruction d'idées endormies, sous Tinfluence 
d'un nouveau temps et d'un esprit systématique qui, grâce aux 
circonstances, avait été plus développé. Si les Islandais continuaient 
les sujets nationaux, c'était l'effet de leur isolement, de leur patrio- 
tisme et du peu de culture qu^ils avaient reçu. Que si les auteurs 
italiens de tout temps, sans parler des Romains, leurs ancêtres, 
ont aimé à chercher leurs sujets ù ^étranger et qu'ils fussent sou- 
vent des imitateurs ingénieux plutôt que des innovateurs originaux, 
cela était peut-être l'effet des circonstances politiques autant que 



Plainte de la Vierge. CCXLI 

cela dépendait de l'esprit populaire. Or, cela semble une con- 
dition indispensable à toute littérature nationale que ses racines 
traversent les couches superficielles de la société pour s'enfoncer 
plus bas. Aussi les auteurs nommés ont-ils traité des sujets déjà 
chers au public. Ce n'est donc pas que cela diminue en rien leur 
mérite. Seulement la manière dont Enselmino a traité son sujet 
montre bien son infériorité vis-à-vis des autres poètes nommés. 

En fait, ce sont de règle les questions du jour qui sont débat- 
tues les premières, quoique souvent sous quelque déguisement. 
Voilà en quoi tous les auteurs, ou peu s'en faut, sont les enfants 
chacun de leur temps. Mais les grands auteurs sont encore quelque 
chose de plus. Ils sont en quelque mesure les pères des temps à 
venir. Or, ce qu'il y a de plus étrange dans ceux que nous venons 
de nommer, les religieux surtout, c^est que leur influence sur les 
auteurs des siècles postérieurs, sans, du reste, que leurs sujets 
aient cessé d'être populaires, n'ait jamais été vraiment fécondante, 
excepté peut-ôtre l'influence un peu contestée de Pétrarque et de 
Boccace. N'est-ce pas là un témoignage que leurs œuvres sont les 
derniers rejetons des branches littéraires qui vont se flétrir pour 
quelque temps? Cela admis, il n'y a pas à s'étonner que notre 
Plainte n'ait pas eu d'imitations, quoique ses défauts nous semblent 
de nature à inviter ii l'émulation. 

Si, d'autre part, la valeur littéraire peut s'apprécier d'après ce 
qu'on apporte de nouveau, soit en aperçus et eu arrangements 
nouveaux d'idées empruntées à autrui, soit eu conséquences tirées qui, 
eu ouvrant de nouvelles routes, préparent l'essort des esprits, ou bien 
encore à ce double titre, soit en grandes pensées ou eu vues per- 
sonnelles sur les hommes et les choses, il résulte de ce qui précède que 
la Plainte d'Enselmino ne peut être comparée, pour son importance, 
aux ouvrages de ses plus illustres compatriotes. Et s'il est vrai 
que la grandeur d'un auteur est d'autant plus considérable qu'il a 
su donner à ses ouvrages un intérêt national et universel à la fois, 
il faut bien concéder que notre poète reste bien au-dessous des 
autres en tout. Certes, ou ne saurait dire qu'il semble possible 
de pousser plus loin le culte de Marie qu'il l'a fait, en la plaçant 
auprès de son fils. Le féminisme le plus acharné ne réclamerait 
guère davantage, et ce n'est que de nos jours que ce culte a fait 
un nouveau pas et que la question des droits de la femme, aussi 
vieille à ce qu'il paraît que le genre humain, s'est ouvert une nou- 
velle perspective. On ne saurait dire non plus qu Enselmino n'ait 

Linder: Plainte de la Vierge. *" 



CCXLII A. Linder. 

pas cherché à réunir dans un ensemble nouveau tout ce qu^il trou- 
vait d\itile à son sujet, ni qu'il n'ait pas surpassé ses sources à 
certains égards. Mais tandis que les ouvrages principaux des autres 
auteurs nommés sont connus du monde entier, d'un bout à l'autre, 
notre Plainte reste inconnue à l'étranger, et il n'y a guère moyen 
d'y voir une injustice. 
Conclusion. Les Plaintes de la Vierge, au moins celles dont le contenu 

moitié épique, moitié lyrique et dramatique, a revêtu la forme d'un 
monologue, semblent arrivés à leur apogée dans la Plainte attribuée 
à Enselmino. C'est là sa gloire. Cela constitue l'explication prin- 
cipale de la grande popularité dont elle a pu jouir et dont, dans 
certains cercles, elle jouit peut-être encore à l'heure qu'il est. Et 
le temps étant le grand juge impartial qui^ dégagé de tout engoue- 
ment passager et de toute fascination locale, prononce en dernier 
ressort sur la valeur littéraire, il faut bien que, pour avoir souvent 
été jugée en bien et digne de surnager sur ce fleuve scrutateur, 
elle renferme quelque chose de la beauté éternelle qui corresponde 
aux besoins permanents de l'esprit humain. Que nous nayons 
pas assez fait ressortir son mérite, passe encore, mais nous ne nous 
tromperons guère en supposant que les jugements de l'Italie d'au- 
jourdhui, prise dans son ensemble, seront bien plus rigoureux que 
ceux qui ont été anticipés par les éditeurs d^autrefois, quand même 
elle ne voudrait pas attribuer le plus réel de son mérite à ses 
sources, comme nous avons dû le faire. 

Car le mérite ne fait défaut ni à l'imitation d'Enselmino ni 
à ses modèles. Mais celui d'Enselmino est-il de nature h. expli- 
quer d'une manière suffisante l'immense diftïision hâtive qu'il a su 
donner à son ouvrage, Enselmino saurait-il prétendre à un rang 
élevé parmi les poètes ses compatriotes? Quelque périlleux qu'il 
soit de contredire une opinion établie par des critiques nationaux, 
nous avons donné nos modestes raisons pour notre réponse néga- 
tive, aimant à croire qu'elles ont été satisfaisantes pour qui voudra 
tout bien considérer. Nous autres enfants d'une nouvelle ère, 
quelles que soient nos opinions sur le culte de la Vierge et 
sur la poésie religieuse, nous ne saurions être d'humeur à sous- 
crire aux louanges directes ou indirectes des éditeurs précédents. 
Pour nous l'intérêt eu est surtout historique, sa valeur littéraire 
ne nous semblant guère plus grande que de porter le meilleur té- 
moignage d'un certain culte catholique et d'un certain goClt litté- 
raire. Mais dans son genre le poème d'Enselmino en reste jus- 



Plainte de la Vierge. CCXLIII 

qu'ici le plus haut exposant; ce sera là le seul point de compa- 
raison avec la Divina Coramedia de Dante. 

Et nous revoilà qui venons de placer, quoique dans un sens 
tout autre que Bini (pp. x, xi) et d^autres (G. Stor. III, p. 403), 
l'auteur de notre Plainte à côté des plus grands poètes de son 
pays, tout en voyant à regret que la place modeste que nous lui 
adjugeons auprès d'eux, il la doive à l'importance historique, morale 
et religieuse de son sujet plutôt qu'à son propre mérite purement 
littéraire, et c'est là une opinion dont ses lecteurs demeurent les 
juges. 



El Planto de la Verzene Maria. 

I. 

Â. Incipit oratio sive obsecratio ad postulandam 
lamentationeni beatae virginis Mariae. 

1. AvCf Regina, Virgo gloriosa, 

che de Dio Padre te chlamasti ancilla, 
del Fio fusti mare, fia e sposa. 

2. Si chomo te mostrasti a la Sibilla 

nel zerchio d'oro chol to fio in brazo 5 

atorno el sole quando el plu sentilla, 

3. per dar a intender ad Otavian pazo 
ch'al mondo iera nato un mazor d'eso, 
e de zaschun iera paze e solazo; 

4. e chomo Tagnolo Gabriel insteso 10 
desese, quando fusti salutata T V 
da lui che da Dio Padre te fo meso; 



1. AE Regina (le reste du vers manque) K | ave] ve E 1 regina] vergine 
R I virgo] vergene D | gloriossa C, -oxa BT ] 2. da-ddio K | pare G | ti DKPR | 
chiamsusti BCEFGKQR, fecisti P | ancila G, -cella R, manque dans B | 3. e del 
FGP I figlio T, -glo D, -gliuol R, -gliol E, fiol BFG, -liolo P | fosti BEFGPQR | 
madré mss. | figla D, -lia P, fiola B, manque dans R | e spossa G, gratiosa R | 
4. si(c)come BGE'FKRT | tu te BDT, tu ti GQ, tu-tti K, tu R 1 la manque dans 
BEGQ I Sibilia G, -Ilia G 1 5. nel] entro el D | cierchio R, corchio G | chonl B, 
cum lo P I tuo BGEFGKQT, manque dans P | figlo GD, -gluolo R, fiolo BP | im 
E^ I bracço R, bacco G | 6. entorno D, attorao R | il BGEQT, al R Lsol G, 
solle BG I quando più el F | quanto Q | il QT, manque dans B | piui B, più 
GEGKPQRT | centila G, sintil(l)a GFK | 7. dare GPQR | ad P, manque dans 
BQ I intendere E'P, 'ntendere R [ a Ot(t)aviano BDPR, a 0(c)tavian EFG | pacço 
R I 8. mundo P | era GDKPQR | nado B | uno B, primo P, manque dans G | mag- 
gior R, magiore G | 9. e] che GDF | di GKR, do E, a Q | casc(h)uno QT, -aduno 
P, ziaschuno B, ciascuno GER, -adun G, -sschedun K [ era BGDEKPQR | paçe DT, 
-cie G, -ce KR | solaço D, -llazo K [ 10. e manque dans P | chôme B, quando 
K I angiolo GE, anzolo G, -zelo P, -gelo Q, -gello R, -giel F | Ghabriel B, -iello 
G, Gabriele P, -iello R [ istesso K, stesso R | 11. descese T, dessexe Q, discese 
ER, -sse G, disexe B, disese F, disse GKP | quando] poi che G | fosti BEF, te ave 
G I saludada B | 12. da-llui R, a ti G | ti E, a ti F, a te GR | fu GDER | 

Lindw: Plainte de la Vierge. 1 



â A. Lînder. 

5. e chomo fusti, Verzene beata, 

chomo la santa schritura favela, 

da Isaia in figura demostrata; 15 

F 1^ 6. el naserà, dis'elo, una verzela 

de la radize de Jese, et un flore 
meraveioso asenderà fuor d'ela; 

Q 107^ 7. e tu, verzela degna d'ogni onore, 

quel flor suave produzisti in tera, 20 

ch'a tuto el mondo porse grande odore; 
8. e chomo da Dio al mondo era gran vera 
e tu fisti la paze, e chomo via 
tu sei de zaschadun fedel che era; 

P217^D166^ 9. chossi te priego, dolze Mare pia, 25 

ched el te plagua de mostrarme arquanto 
de la gran doia toa, Verzen Maria, 

C 70' 10. e de la forte pena e'I grave planto, 



13. e manque dans P | fosti BEFGQ | vergene D, o vergine E'FKQT, -giene 
G, (h)o verzene BE*P, o virgo F | 14. la sancta scriptura EF | 15. Pour ce 
vers, G répète le vers 12. da] e da K | Ixaia B, Elisabeth F | dimostrata BEK, 
demonstrata P, mostrata GDFQR [ 16. naxerà B, -scerà E'GKQR | una vergella 
disse ello Q | diss'elli R, de Yesse F, zo (ciô E, ziô B) disse BEG | vergella CR, 
verzene verzella P | 17. radixe BF | di Gesse R, e Yhesù Christo F, insirà G | 
et manque dans P \ uno BC, cum (e um?) Q 1 flore BGEFGKPQR | 18. mara- 
veglioso K, -gloso R, miravioso Q 1 escenderà R, desenderà BD, poi usirà F, 
enserà P, insirà G | fuora P, flor G | 19. et B, ma G 1 d'ogno T, d'oni E*, de 
ogni P I honore mss. | 20. flor BGEFGKRT, -e PQ | soave BGD | produxisti PQ, 
-zesti B, -cesti GEFGKRT | in] i T | 21. che a BC, che E, chi al P | tut(t)o il 
GR, tuto'l BD, manque dans GP | mundo P, ziaschadu^ G | puolse C, parse P, 
sparse F, prese E, dà G | grando P | hodore B | 22. e manque dans BFR | da 
dio al m.] tra l'omo e dio F | mundo P | guera BT, -rra CEFGKPQR | 23. e 
manque dans BEGR | festi BEGKQ, fecisti P, flciesti G, fazesti F, -cesti R | la 
manqi^ dans F | pace EKR, -cie G, -xie F, -xe G, passion P | e manque dans 
P I 24. che tu P I se GQR, si DP, fosti B | di GQ, da P | ziaschadun B, cia- 
scun E, -uno Q, -aduno P, ciaschedun G, -uno R | fedele E*, fidèle E', manque 
dans P I che era] quand'erra R, ch'è in terra Q | Les vers 25 — 30 sont placés 
après les vv. 31—56 dans K. 25. chusi BF, e si P | ti GER 1 prego CRT | o 
dolze E«FP, o dolce E' 1 madré mss. | pia] mia D | 26. ched el] ch'el DPQ, 
ch'elo FG, che KR | ti GEKT, a-tte R | piaza GPQT, -zia B, -ccia KR, -cia C | 
arquanto di mostrare G | di GER | monstrarme P, mostra me E, -rmi B | alquanto 
BGEFKPQR 1 27. de] e chôme fo B | la toa gran G, la tua grande P | grant D | 
tua BCEFKR | vergen E, -ene BDT, -ine GK, verzene B, o verzene GP, o virgo F | 
28. e manque dans K | forte] grave F, grant B | e'I] ed el DP, e(t) BCFGKQR ' 
grieve GR, grande F, grant D, gran P, forte B | pianto BGEFGKPQRT | 



Plainte de la Vierge. 3 

che tu portasti quando el tuo fiolo 

fo posto su la chroze, et in fin tanto 30 T2' 

11. ched el fo pasionato a si gran duolo; F 2"^ 
e poi fin ch'el fo zo del legno tolto, 

e da Josep revolto en el lenzuolo; 

12. e posa fin ch*el fo da lui sepolto 

dime, Raina, quanto, ch'io ten priego, 35 

fo quel dolor ch'el chuor t'avea si colto; 

13. a zo ch'io posa sempre planzer tiego 
la pasion del to fiol benegno, 

e zaschadun fedel christiano miego. — 

14. lo me chognoscho ben ch'io non son degno 40 Q lOS'^ 
de domandarte, Mare, questa grazia, 

perch'io me sento pechator malegno. 

15. Anchor me sento, Mare, in chontumazia (B 125') 
del tuo fiol e ti; ma tu sei quela 



29. portasti] mostrasti B, festi G | quando*! B, poi ch'el G | figliolo F, -gluo- 
lo R I Les vers 30 — 31 manquent dans P. 30. fu preso e tormentato in fino 
a tanto R | fu BC | posta E* | in su G | chroxe F, croxie G | e fin che G, e f . a F, 
fin a B I 31. ched el] che lui D, -Uui K, ch'el F, -llo Q | fu GKQR | pasionado 
CD, -nà F I a] c(h)on FR 1 si manque dans QR | .32. e come poi fu d'insu legno 
tolto R I po D, posa B | in fin D, manque dans GFK | ch(e)ello DQ, ched el G, 
che K I fu GKQR | giô G, giù K, manque dans BT | de lo DF, de B | Les vers 
33 — .35 manquent dans G. 33. e manque dans PR 1 ioxef B, -ehp F | rivolto 
FP, involto R I in el G, in lo DP, nel EF, ne B, in uno R | lencuoUo G, -çolo 
Q, nenzuolo F, linçuolo DT, -zolo P | 34. possa DP, -sia Q, poscia EKT, poi 
GFR I in fin D, -o R, manque dans F | che el G. che R | fu GKPR | da-Uui KR, 
da lo dito F | sepulto BFPQ 1 35. dimi GQT, -mmi KR, de dime P, o di' F | 
reina G, -gina BFKPQR | quanto] quando D | chio] ch'e' Q, io FKP, fu R | tem 
Q, te BDF, li GKPRT, tin E», rin E^ | prego GEKPQT | 36. fu quello P, il tuo 
R, di' quai F | el dolore P | ch'el cuor te ave D, c'avea el chuor F, che m'a el 
core P, che già piagnendo R | c(h)or BGEP | si manque dans Q | toltx> BGDEFGKPQ, 
ponto T, ascolto R | 37. ço DT, zio BF, (c)ci6 GEKP | ch'io] ch'e' (che) Q | 
posse E» I pianzer BEFGP, -ger GKQR | tiecho F, techo B, -go QR | 38. la] da 
B I pasione PR | tuo BGEFQ | fiolo PQ, -gluolo R | benigno BEFKPQR, beligno G | 
39. ziaschadun B, ciaschedun G, -uno R, ciascaduno P, çascaun D, çascadum 
Q I fidèle P, manque dans B | christiam BFQ, -ian C 1 miecho F, mecho GP, -go 
Q, con mego R, posa con mecho B | 40. io manque dans Q | mi GDQR, man- 
que dans P I bein D, bene PR | che son (non manque) Q | digno P | 41. diman- 
dare G, -rte BP, domandarti R | madré mss. | 42. io manque dans G | mi BGKPRT | 
maligno mss. | 43. ancora me sent'e' P, e cognosco ch'io sono R | mi BGEKT | 
madré BGDEFKPQT, manque dans R | contumatia EPQRT, -cia GDGK, condoK 
matia F | 44. de ti e del tuo fiol G | fiolo BDEP, -gliolo QT, -gluolo GKR | e 
de ti F, e di te R, e te G, manque dans BKP | ma tu s. q.] madré bella F | tu 
manque dans Q | se GEKR, si DP | 



4 A. Linder. 

fontana de pietà che zaschun sazia. 45 

R62^ F 2^ 16. Tu sei del mare la chlarîta stela, 

tu sei raina, si de grazia plena 
che rechogli zaschun ch'a ti s'apela; 
T2^ D167'' 17. e de miserichordia viva vena 

tu sei, Raina, et anchor quela nave 50 

P218'^ ch'al porto de sainte zaschun mena. 

18. Perô, Madona mia, no me par grave 
a domandarte questo, quando io sento 
che tu sei tanto benigna e suave; 

se tu me chonti, Mare, el tuo lamento, 55 
tu me farai d'ogni voglia chontento. 

IL 

B. Incipit lamentatio sive responsio Virginis. 

(Capitule primo.) 

C71^ 1. Planzete, zieli, che de Talto gremio 

nel mio sparsesti quel Santo di santi, 
che toise tanta pena senza premio. 



45. piatà FK | çascaun D, ziaschun B, ciascum Q, -uno R, -schedun K, 
tuli F I 46. se GR I del mare] sovra lo mar R | chiarita BGEFGKP, -retta Q, 
santa R | 47. se GR | regina DFPQR, madon(n)a BEGK, madré G | si] sei F | 
piena GFKPQR | Les vers 48—50 manquent dans G. 48. recholgi B, -oli F, dai 
soccorso a R | ziaschun BF, çascum Q, ciaschuno R, -aduno F, ziaschadun G | 
che a te BES che-tti R [ se pella F, appella R | 49. e de] tu di R | niixeri- 
chordia B | 50. se R, si D, e T | regina BDEFKFR, benigna Q | et manque 
dans G | anchora F, anco K | 51. che a porto GF, ch'a-pporto R | çaschum Q, 
-aun D, ziaschun BF, ciasc(h)un GE, -uno R, -aduno F | 52. non BGEFGKFQR i 
mi BGEKRT | 53. a dimandarte B, -arti F, -are G, a domandare FQ | quando 
(io manque) GGK, poi ch'io R [ sento] il penso G | 54. se ER, si D | tanta E' | 
soave B | Les vers 55—56 manquent dans D | 55. e se R, si che se F | mi 
GEK I conte E, cuncti F | madré BGDEFGKQRT, o mandare F | il GEKRT | to 
G I 56. mi GT | d'ogni mia (<tua?) F ] volgia B, doglia (^rto via?) F. Four 
ce dernier vers, R en a deux (tornello à trois lignes): teco piangendo vinerô 
contento, | e ella fe' cotai cominciamento. 

57. piangete KR, -giete G, -cete GF, zete E«T, -zeti BFQ | cieli GDEGKQRT, 
celli F, zielli BF | chi F | da GF | altro G | 58. in el B, entro el D | spargesti 
GEKR, -zesti F, -sisti Q | quello F | de' GER, des(?) Q | 59. sanza KR. Au lieu 
de cette première stroi)he de la Plainte, Bd en a quatre de sa composition, 
que voici: 



Plainte de la Vierge. 5 

± E planzi, tera, e fa ch'el mostre planti 60 Q 108^ 
ogni chriatura, e tiego s'achompagne 
ogni elemento e planza tuti quanti, 

3. et ogni umano inteleto se lagne, B li25^ 
tanto che ogni potenza et ogni senso 

de doia lagremando si se bagne. 65 

4. E questa grande doia ch'io despenso T 3"^ 
de quel dolore arquanto sera freno, 

che me fa stramortir pur quando'l penso. 

5. Quai è d'un flume forte d'aqua pleno, 



Ogni acerbo dolor angoscia e pianto 

Ogni cordoglio insieme ogni martire 

Mai aguagliarsi al mio si puoie tanto 
Gli cocenti per me aspri suspire 

causati pel morir del fîgliol mio 

che pel génère human volse morire, (cf. v. 745, 809 — 10) 
Huomo mortal si fece essendo Idio (cf. v. 806) 

gran bontà che lui mai fe peccato (cf. v. 484) 

Volse per quel d'altrui pagame il fio (cf. v. 750) 
Sendo ne lalvo mio dunque incamato (cf. v. 732, 1269, 1272) 

Un tanto redentor santo di santi (cf. v. 58) 

Pianger con me devrebbe ognun che nato (cf. v. 63) 

Les vers 60 — 179 (f. 3 — 6) manquent dans F. 60. Piangi tu terra meco 
in doglia e in pianto Bd | e manque dans KQ | piangi KR, -ga G, -zi B, -ci DT, 
-si E', -gite Q I et fa che chon vostri pianti B, e co' tuo' grievi p. R [ e manque 
dans G I che K I mostri GDKQT, monstri P | pianti CEGKPT | 61. fa c'ogni R | 
creatura BGEGKQRBd | e manque dans BGKPQRBd | tiecho B, tec(h)o GGK, 
-g*^ Q» con ti D, con noi Bd, con seco P | s'accompagni R, s'ac(h)onpagni BG, 
-ngni K, si acompagne Bd, se acompagna G, se lagna P | 62. et ogne B, e RBd, 
manque dans G | alemento D, almento Q, gli elementi Bd, gl'elementi R, lelemento 
B, se lamenti G | e manque dans BGRBd 1 pianze B, pianga P,- -n GEBd, -no 
R, -m K, pagam Q | 63. et manqe dans TBd [ dogni ( < ed ogni ?) T | si GKR, 
hora si Bd, si se P, e si se Q | lagni BGKR, langue E, acompagne P | 64. po- 
tença G, -cia DT, -zia BK, -tia PR | e d'ogni Bd | senso] seno E', -nno E' | 
65. de] délia K, da B, per gran R | doia] dolor R | lagrimando BC, -crimando 
EK, di lagrime R | si-ssi G, si si K. si R, sene G, ognhor si Bd | bagni BGKR, 
bagna P | 66. questa] la mia R | gram Q, grave Bd, grieve GR, e la P | dogla 
R, dolgia B | dispenso BGDGKPQR 1 67. del R | quellg P, -a G, mio R | dolor 
D, doglia G | alquanto GEKPQR | sarà R, me P | refreno P | 68. mi BGRTBd | 
isstramortire K, stramortire P, -rire G, tramortir BDEGQR | pur manque dans 
BPRT I quando io E*GP, quand'io Q, quando ch'io BBd, parte ch'i' R | el EK, 
lo G, manque dans PI 69. quai è] quai Bd, chôme GR | de uno B, de Q, del 
GDET, di quel K, quel R, manque dans P 1 fiume GEKPQR 1 forte] tanto Bd, 
ch'è R I dell'acqua R, de Taqua E«, de (di Bd) aqua PBd | pieno GEKQR, 
peregrino (<pregno?) P 



6 A. Linder. 

quanto plu fuor per rivoli se spande, 70 
K 276' tanto roman de Taqua in eso meno, 

6. chossi de la mia pena amara e grande 

me sera plu restoro a chonpartirla 

chon zaschadun fedel che la demande. 
P218^D 167^ 7. Ma se tamanta doia fo a sentirla, 75 

che tuto'l chuor me schlopava de doia, 

dolente mi, chomo deb'io redirla? 

8. Ma per lo grande afeto e per la voia 
Q lOO"^ ch'io vezo in ti che la brami d'aldire, 

e perché alguno fruto sen archoia, 80 

9. io pur me meterô chon gran sospire 
a rezitarla, ma io non poria mai 

pur de le mile parte Tuna dire; 
C71^ 10. perô ch'io fu tanto plena de guai, 

70. quando BP, che corne R, che quanto Bd | più BGEKPQR | fuora DP, 
fuori (le copiste avait d'abord écrit fiori) K, for Q, -e G, manque dans RBd | 
per n DBd, pe' R, de B, dii (?) G, di F 1 rivolo K, rivi Bd, trazi F | si KFR 
Bd I spandi F | 71. riman BGEGK, -ne R, -no Q, remane F [ mino F | 7l2. chusi 
B I pena] doglia Bd | e manque dans B | 73. mi BGRBd | sarà R | ristaro 
piui B I più GEGKFQR | ristoro DKR, restauro FBd, ricorso G | compartirla Bd, 
conpartilla KR, chonfortarla B | 74. çascaun D, ciascum Q, -aduno F, -adon E*, 
ciaschedun GK | fedele KQ, manque dans F [ la] lo Q, me la F | domandi G, -da 
KQR, dimanda BF | 75. ma] et Bd | se] s'ella R, in me Bd, manque dans F | 
tanta KFBd, cotanta D, tanta amara B, manque dans R | dogla D, -glia GEGKFQT, 
dolgia B, manque dans R [ si fo F, fu GKR, si cocente R | sentilla KR | 76. tuto] 
in corpo R | el EFQR, il GGK, lo D | chore BF, cor GEGQT, quor R | schiop- 
(p)ava EGQT, scop(p)iava GKR, scarpiava F, schiapà B | 77. dogliosa Bd | me 
GGBd, a me KR | c(h)ome BGKR, manque dans F | dibio D, debio yo F, dov'io 
T, do io Q, doglierô (?) a K, durerô B, potrô GR | ridilla KR | 78. el Bd | 
gran Bd, -ndo F | affecto EGK, ef(f)ecto GR, -eto BDFT | e] o F | voglia BGEKF, 
dogla DR I 79. veso ES veggio RBd, -ggo K, -gho G, -do BF | te GGKBd | 
chi la F, che B, che-lla GKR | brame GQ | d'oldire Q, d(e) udire GERBd, de 
audire T, da dirlla B 1 80. frutto alcuno R | algun BD, -cun GEGK, -cuno FQ 
Bd I sene DKFR, se B, si E, inver si Bd | arc(h)olgia GGF, accoglia Bd, recogla 
D, recholgia B, ricolgia EKQ, -colga R | 81. io manque dans R [ pur] più G, 
manque dans FR | mi BGRT, manque dans FBd | prometerô F, cominciarô Bd | 
cun F, e non sanza R | grant D, gram Q, manque dans R | sospiri GKF, su- 
spiri Q, suspire Bd | 82. recitarla DQT, -lo G, rizitarla B, ricitalla K, -rla GF, 
ricontarla E, raccontare R, -aria Bd | io manque dans BGBd | no DT | potria 
EGKBd, potrei R, porrei G, poterù F | zamai G | 83. parti R, parolle F | 84. per- 
ché io Q, perch'io F, perche alhor Bd [ fui BGFRBd 1 tanto] tutta Bd | piena 
BGEKFQRBd 



Plainte de la Vierge. 

che la mia pena iera infinita e chruda: 
sta doncha atento ch*io chomenzerai. — 



85 



7 
T3^ 



85. che mai non si sentî pena sî cnida R, e se mie pêne eron di dolor 
carche Bd | pena] vita B | era CDE«KQ, fu E' | chruda] crudele Q | 86. veden- 
domi de ogni conforto essere privata e nuda P, or se mi ascolti, parte n'udirai 
R I de sta G I adoncha D, donche 6, don T, dunqua C, -que E'KQ, -mque E' | 
attento EKQ, actento C, artenta B | commencerai G, comenzarai E, comenzo 
omai G, comincio hormai Bd, te conterai D | Le vers suivant commence par une 
1,'rande initiale peinte dans B, dans Q, une ligne est laissée vide; »Gapitulus(!) 
primus» (en rouge) dans K. Avant la onzième strophe, qui dans Bd, comme 
dans K, appartient à un nouveau chapitre, Bd a inséré une cinquantaine de 
strophes sur les adieux de Béthanie (cf. Riv. II, pp, 14 — 18). Les voici. 



Gionto era il tempo, che linvide parche 
Troncar dovea quel filo almo, e céleste: 
E gir di salma tal sgravate, e scarche. 

Dico per far mie voglie afflitte, e meste 
Gh'era gia l'hora che Giesù benegno, 
Dovea coprirsi del manto funeste. 

E pel fallir d'altrui, il giusto, e degno 
Sacrato sangue suo pien di virtute, 
Spargier dovea sul formidabil legno 

Per le lingue profetiche già sute 
Tutte adempir, volse il mio car figliuolo 
Morte patir, per dar a noi sainte, 

Sendo in Betania il pargoleto stuolo, 
I discepuli di Giesu uniti insieme: 
Ahime ch'io fui presaga al mio gran duolo 

Col cor dubioso ogn'hor di amare speme 
Udi che'l mio figliuol con umil dire 
Disse ver lor giont'e in me l'hore estreme. 

Donque pietro e giovan vi convien gire 
Ne la citade, e li provederete 
A cio possiam la pascha ivi fruire 

Un huom con un vasel, voi trovarete, 
E quel seguite in ogni loco e banda 
Sin ch'al, ospitio suo zonti serete 

E a quel direte il mestro oggi ci manda 
Qui a preparar che coi discepol sui 
Vol far la Pascha inclita, e veneranda. 

Se dolorosa pel partir dei dui 
Discipoli, i rimasi in dolor molti: 
Pensate ahime, quanto dogliosa io fui. 

Vedendo a gli altri impallidir lor volti 
£ farsi exangui di color di morte 
Insieme uniti a quatro a dui raccolti. 



E bisbigiado con parole corte 
Del lor maestro con il cor gemendo 
Quasi presaghi a lor dogliose sorte. 

Alcun di lor li suo manto prendendo, 
Altri il bacul o suo lasso prendea, 
Per gir l'afflitte membra sustenendo 

Altri lor calciamenti si cingea. 
Si afflitti e lassi, pel maestro loro 
Gh'ombre di morte ognun di lor parea. 

Vedend'io prepararsi a un tal martoro 
Dir le volea, flgliol, o vuoi tu gire, 
Senza di me che per te languo e muoro 

E lui ver me co un pietoso dire 
Per man mi prese e disse o mare mia 
Vuolmi il gran padre mio da voi partire 

Giont' e quell, hora per laquai io dia 
Ristoro al aime degli padri antiqui 
E quei fuor trar di prigion cruda, e ria 

Per quei salvar, che per sentieri obliqui. 
Giti ne sono, e n'anderanno, e vanno, 
Lauro col sangue mio, lor merti iniqui. 

Per tal madré, da voi fugga ogni aff'anno 
E a me lasciate tal pena patire, 
E suportar tal stratio, e grave danno. 

Et io, ahi figliol mio, dunque vuoi gire 
A morir, o figliol, lassa ti prego 
Non mi voler tal doglia far sentir e. 

d'una gratie almen non mi far niego 
Puoi, che si piace al tuo gran padre eterno 
O car mio figliolo almen, ch'io muoratiego 

Egli a me, madré, il mio padre superno, 
Vuoi, che sol habbi un tal flagel patito. 
Cosi tra noi firmato, e gia ab eterno. 



8 A. Linder. 

11. Quando ch'io vidi quel perfîdo Juda 
tradir lo mio fiol chon falsi basi, 
alora io fui d'ogni alegreza nuda; 
R62* 12. io fui si dolorosa alor, che quasi, 90 

vedendo far al mio fiol tal torto, 
puocho de men che morta non roraasi. 
13. Io persi ogni baldeza, ogni chonforto 
vedendo el mio fiol si dolze e charo 
eser tradito da Juda nel orto, 95 

87. quando io BDGPQ, quaiid'io R, quando K | viddi C | chel perfido P, 
il traditor di R | 88. tradire KR, tradi P | il KR, el BP | figluol GKRT, fiolo 
P I cun T, co' R I falsi] profisci (-usi?) Q | baxi BD | 89. Come una sa^ta al 
mio core me tuda P | alora io] pensa ch'i' R | io manque dans CDG | fu DG I 
ogne Q, ogna T | alegreza] grazia BG | 90. Si tramorlila dolorosa quasi Bd | 
io] e R, e io Q, manque dans G | fu DQR | alora DQ, manque dans P | 91. ve- 
zando G, vedendo io P, veggendo R | fare BEGR | filiolo P, fiolo E* | tal] cotanto 
P I 92. che poco R, pocho EKQ | di BEG, manque dans KBd | meno KQBd, 
mein D | che] di Bd | no DT, non me P, alhor Bd | remasi P, rimaxi B, -as(s)i 
GERTBd I 93. i' perde' R, io ô perdu Q | ogna T, alora D, la R | baldança 
R I e ogni D, e onni EP, e lo R | 94. veggendo R | lo P j fiolo PQ, figluol CR | 
si manque dans Q | si dolze Sec] da quel bugiadro R | 95. da Juda] co' bagi R | 

Che poi, che'l primo padre ebbe fallilo, Per tutto cio scongiuro luo divo aspeUo, 

Per il consiglio di pluton atroce, Che facci almen, non vegga il luo languire 

Non vi fusse al rimedio altro pailito. Mio sposo, e padre, e mio figliol diletto. 

Che me sol madré sopra a l'aspra croce, Egli, a me, madré al vostro gran désire: 

Esser afflito, e flagellato, e morto Rimedio alcun non v'è, ch'io sodisfaccia, 

Da génie iniqua spietata, et féroce. Che l'hora aggionge, onde convienmi gire. 

Prendete, o madré mia di me conforto, Dapoi con mesta, e lachrimosa faccia, 

Che dopo il terzo giorno di mia morte Disse, vi prego per la mia passione 

Di procella porrovvi in tranquil porto. Ch'in cio vostra mercede mi compiaccia. 

Risurgero con l'aima ardita, e forte; Puoi trambi le ginocchia in divotione; 

Pien di vittoriose, e sacre palme, A terra pose; e disse, o madré inclita, 

Tal, che sian vostre pêne, brève, e corte. Date l'ultima a me beneditione. 

Al centro andrô la, dove l'antich aime Ahime infelice ahime dogha infinita; 

Attendon sol, che con la morte mia, A te conviene a te figliol mio santo 

Scarchi lor ponderose, e grave salme. Benedir me nel'ultima partita. 

Donque madré mia dolce, honesta, e pia, E inginocchiata con diroto pianto 

Scacciate hormai la dogha aspra,ecrudele Dinanzi al mio car figlio tanto humano 

Che brève a voi sara mia pena ria. Di lachrime bagnando tutto quanto 

Ahime figliol mio car, figliol fedele, suphco te figliol per lo soprano 

Non mi lasciar veder cotanti guai, Tuo padre eterno, che a te non sia noglia, 

Che ti daran le turbe empie infedele: Prima benedirmi con tua santa mano. 

Per il latte figliol, ch'io ti donai Ed egh alhor, per adempir la voglia, 

Del casto, e verginal mio mesto petto Di voi mia madré piu d'altra perfetta, 

E per il ventre, dove ti portai. E per scemar in voi l'acerba doglia. 



Plainte de la Vierge. 



9 



14. e poi ligato a visa de laro 

a chasa d*Ana prima eser menato: 

questo è el dolor plu ch'io non dicho amaro. Q 109^ 

15. Anchor fo el mio fiol apresentato D IGH"* P !219'^ 
a cha de Cayfas, et in fin al zorno 100 
amaramente 11 fo flazelato. 

16. Al tri sputava su quel viso adomo, 
altri la dolze faza perchotea, 

e chomo chani li stava d'entorno. T 4' 



96. leg(h)ato GEKRBd | a guisa BGEKP, corne et Bd, e corne R | di EK, d'un 
G, d'un vil G, fusse un Bd, fosse uno R | ladro GKRT | 97. a caso E' | primo 
TR I 98. pensa ch'el mi' duolo fu più ch'i' no squadro R | quest'è'l BGD, questo 
è EP, questo K, q. è il Bd | dolore P 1 più GGPT, piui B, e (è K) più EK | ch'io] 
che GP I 99. Da Anna a Gayfasso fu mandato R | ancora il mio fiol fo E | 
anchor fo'l BG | fu ÇKPR, fuo Q | il GKQ | fiolo PQ, figluolo G | 100. In casa 
chui fu da la sera al giorno R | in casa K, a casa GDKPT | e T, manque dans 
BGKPQ I in fina P, in fra(?) Q, fina T, insino K, -e G | al] il T, manque dans 
D I giorno K, corno G, çorno chiaro P | 1. sança pietà battuto e fragellato 
R I li] là P, ch'el B | flagiolato BG 1 2. altri] chi gli R | spudava BGDG, 
sputavan QT | in su K, nel R | quel] quai E*, bel R | 3. e chi colle guancie 
il percoteva R | fazia B, faccia G | percodea D, percoteva P | 4. e chomo] da 
R I cani giudei che gh R | gli EKPQ, ge B | stavan BGER, -o PQ, steva G | 
intorno P, ditorno E', dintorno GE«GKR, datorno BQT 

Siate dal padre, e da me benedetta, 

E da lo spirto santo insieme anchora, 

Gosî, come ab eterno foste eletta. 
L'interna doglia, che per me vi accora 

Faccia il mio padre eterno, almo, e sacrato 

Ghe da voi fugga con brève dimora 
Gosi fin pose il mio flgliuol beato, 

Alhor io incominciai con mesto dire 

Poscia figliuol, che per l'altrui pecato 
Gonosco e veggo che tu vuoi morire, 

Ahime figliolo mio tanto diletto, 

Gome puo il servo il Signor denedire 
Sopra d'ogni altro tu sei benedetto, 

Benedetto sia il latte, che gustasti 

Dal casto puro, e virginal mio petto. 
Benedetto sia'l tempo, che posasti 

Nel alvo mio e il giorno per il quale 

Gol nascer tu il mondo luminasti 
Benedette sian lopere immortale 

Di tua pargola eta florida e chiara, 

Che al ben oprar ogn'hor driciasti l'aie, 



Benedetti di te mia vita cara, 
Sian tutti i giorni, e mesi, e gli anni insieme 
Di tua divinitade unica, e rara 

Sian benedette ancor le pêne estreme 
Ghe pâtirai, o mio figliol dolcissimo, 
Per adempier le voglie aime, e suprême : 

O mio figliolo, o figliol de l'altissimo 
Habbi pietà di me tua afflita madré 
Del duolo acerbo mio tanto mestissimo, 

Guardommi il mio figliolo, e disse al padre, 
L'hora giont'e, ch'ormai rivolgi il volo 
Per satiar di giudei le voglie ladre; 

Le santé braccia allor mi pose al coUo, 
E disse, madré, i vi accomando a Dio, 
In pace suportate il grave duolo, 

Io volea dirle, o dolce figliol mio 
Non mi lasciar. io voglio esser tua scorta 
Ma fu si atroce 11 duolo accerbo, e rio, 

Gh'io gli rimasi in braccio come morla, — 



10 A. Linder. 

r 

B 126^ 17. Et io dolente che entrar non potea, 105 

stava de fuora chon tanto dolore, 
che veramentre morir me chredea. 
18. Io aldiva el gran strepito e lo rumore, 
io aldiva quele inzurie oprobriose 
che sostegniva el nostro Salvatore. 110 

C 72^ 19. Io aldiva quele bote angosose 

che sostegnia ligato a la cholona, 
e quele m*era pêne dolorose. 

20. El non è al mondo algun signor, ni dona 
che non planzese a saver chomo io stava, 115 
desprisiata chon la mia persona. 

21. Io me bateva el peto e si chridava, 
QllO"* oimè, fiol mio dolze, oimè legreza! 

E la mia doglia sempre plu montava. 

22. Io me vezo aver perso ogni baldeza, 120 



5. dolente che| dolorosa R | ch'entrar E, che intrar BGDQT, ch'intrare 
P 1 no D, non vi R | podea EGKT, poteva PR, podeva B | Les vers 106—08 
manquent dans R. 6. di CE 'G | fora G, fuore GE>, -i B | cun T, cum Q | 
tanti dolori P | 7. veramente BGEGKPQT | morire PQ | mi CEK | 8. e io G | 
aldivo K, oldiva Q, audiva E, udiva C, vedeva B, manque dans T | il CEK, lo T | 
strepido Q, sterpido B | e'I E, e il gran K, e lo gran T, et (lo manque) BGGPQ | 
remore EGQT, romore GK, remori P | 9. Ma udia le parolle ingiuriose R | 
oldiva Q, udiva GE, udivo K | in(g)iurire GE, boce K [ obprobriose G, ob(b)ro- 
brioxe BP | 10. che quella mala gente gh diceva R | sostegnia ET, -eneva 
BPR, -engneva K | il GEK | salvadore GT | 11. io manque dans R ] oldiva Q, 
udiva GEKR | quele] le R [ boce G, boci K, percosse R [ angustiose (-oxe) DKQT, 
-ostioxe B, -osciose GE, -ososse P, dolorose R ] là. ch'el BDQ, che e' K | so- 
stinia Q, -eneva BKPR | legato GEKR | 13. il mio figluol che te' tutte le cose 
R I m'eran CET, me ierano B, me erano KPQ | 14. el] e GK, manque dans 
BEGR 1 è] era G, iera B | mundo PT | alchuno R, alcun GQ, niuno P, negun 
DK, manque dans G | signore PR, segnor DGQ | e ne P, ne GDK, o R | 15. 
pianzes(s)e BPT, -gesse GEGK, piagesse Q, dovesse R | a saper BK, a sapere P, 
vezando G, a pensare R | com'i' R, como (io manque) GP | 16. stracciarsi per 
pietà il viso e la gonna R | disprisiata GE, -pregiata K, desprexiata G, -prixiata 
BU, despiatata P | cho G, como P, de E | 17. batte vo Bd, bativa P 1 il GR, lo 
DGP I peto] vixo BG | e si] asay P | gridava KR | 18. omè T, di me B, manque 
dans R | figlo D, fiolo B, filiolo P | mio manque dans P | omè T, (h)o mia BK, 
o R, mia G, dolze Q | al(l)egreza BGEGKPQ, alegreça mia R | 19. perché percosso 
se' da gente prava R | e] a E* | dogla D, dolgia B | senpre BK | più GEKP, piui B | 
amontava K | Les vers 120 — 22 manquent dans R. 20. mi G | vedo BP, vegho 
C, veggo K, veso E* | persa KP, perduo Q | boldeça T, baldanza B | 



Plainte de la Vierge. 1 1 

quando ch'io non te vezo, vita mia, 
et aldote ferir chon ta! grameza. 

23. Ornai non vezo plu muodo, ne via D 168^ T 4^ 
de chonsolare li spiriti mei, P219^ 
ornai non so dov'io vada, ne stia. 125 

24. Se vui savesti, dis'io, o vui Zudei, B 127' 
chi è chostui che porta tal ferute, 

tanto chridar no me faresti omei! 

25. Questo è cholui che per vostra salute 
chotante plaghe porse a Faraone 130 
per trarve fuor de la soa servitute. 

26. Questo è cholui, aldite mia razone, 
che ve trase d'Egito, e fève and are 
entro le tere de promisione. 

27. Questo è cholui, che dentro el roso mare 135 
somerse Faraon chon la soa zente, 

e vui lasô saldamente pasare. 

28. Questo è cholui, che la cholona ardente Q 110"^ C 72"^ 
ve mandava davanti non lutana (R 62^ 



"21. quando io BGKQ, quando P | li GEGK | veggio E, vegho G, veggo K, 
vedo BP I o vila GP, anenia B | 4î2. aldore ES aldoti T, oldote GQ, odoli C, 
odili(V) K I ferire PQ | cun P | tal] gran CP | gram.] dureza BG | i23. ormai P j 
veggio R, veg(g)o KT, vegho C, vedo BP | piui B, più CEKPQT 1 modo BCEGKPQT, 
ne modo R | 24. chonsolarmi B | gli RT | spricti G | miel CR | 25. ormai 
P I so manque dans T | o jo D, dove GK, ovia E*, ov'io E', ove io B, la io Q, 
la ovio T, la dove C | mi vada R | ni E», o CR 1 sia BP | 26. voi CKR | sapessi 
KPR, -esti B, savesi G, -issi Q, -este C | disi B, dec'io (?) P | o vu' T, o voi CK, 
o P, a R I Giudei CKR | 27. questui DP, custu' Q | che &c.] le chui carni bat- 
tute R 1 che] chi Q | ferite C 1 28. a-ttorto avete, i' non piangerei R | cridare P, 
gridar K | non mi CET, non me BGKP | faristi T, -isse Q, -isi B | oimè Q | 
29. quest'è CET, egl'è R | nostra E' | salude B, salù Q | 30. piaghe CEKR, 
piage BP | porse] diede R [ Faran Q | 31. trarme(-vu?) P, trarvi BCR | fuora P, 
-i KR, fora Q | sua CEKPQR, suo B | servitudine K, -tù Q | 32. questi è CR, 
(luest'è E I aldite me P, oldite G, -ti Q, audite E-T, audirte E», udite CKR | una 
ragione K, mie ragione R, raxone mia P | 33. ch'el P | vi BG, vui R | da'gipto 
Q I fevi CT, -vvi KR, feceve P | 34. intro a P, dentro K, in Q | la terra P | 
di CGKR I promission Q, -es(s)ione GGR | 35. questi è CR, quest'è E | chi den- 
tro in P, ch(e) entro GEKT | il G, ir- K, '1 B, al R, Io EPQ | 36. Pharao D, -one 
EPR I cola R, cun tuta la P | sua CE'GKPQ, suo BE« | gente EKPQR, giente C | 
37. e fece voi R | vu' QT, voi CK | lassa EQT | saldi c mente P, sicuramente 
R I andare R | 38. ed è R, quest'è CE | 39. vi CR | mandô BP | avanti P, 
denanci E, dinanci G | no D, e non KPR 1 luntana Q, lontana GEKPRT | 



12 A. Linder. 

per far de note a vui la via luzente. 140 

29. Questo è cholui che ve plovea la mana 

T5' per sazïar li apetiti maligni 

de vui che mormorave, o zente vana. 

K276^ 30. Questo è cholui che ve mostrô plu signi, 

e nel deserto, vignando d'Egîto, 145 

e per farve, nel suo amor, plu digni. 

B 127^ D 169"^ 31. Questo è cholui de chui se truova schrito 
P220'^ ego sum alpha et o, prinzipio e fine, 

questo è cholui che tanto avete aflito. 

32. lo stava chomo faze le topine 150 
deschonsolate, ch'a perso ogni bene 

e non a luogo dove se rechline. 

33. Ma plu per questo me chresea le pêne, 
che quela ingrata zente non churava 

de tanto ben chomo da Dio li vene. 155 



40. fare EPQR, farvi K | a vui (voi K) di not(t)e GK | a vu' T, a voi CER, 
manque dans P [ 41. questi è GR, quest'è E | colu' Q | vi CE, manque dans B | 
ve &c.] la mana sovrana R | plovia E, plove D, pliovea G, piovea G, -veva BKP, 
plueva Q | 42. die' per R | satiar R, saciare EGKQ | gl'appetity R, i petiti Q, 
li spiriti P | malegni B | 43. di voi GKR, de vu' Q | mormoravi GKPQT, murmo- 
rave E, mormorava G, mormorate B, mormoratori R | o] e R | gente KQR, 
giente G | 44. questi è GR, quest'è E, questo si è B | colu' Q | vi BGK, vui R | 
monstrà P | plui T, piui B, più GEGKPQR | segni BGGPRT | 45. in el BG, in 
lo PQ, nello K, entro el D, entro il R | diserto GR 1 vegnando GP, -endo G, 
venendo K, per trarve DEQ, per trarvi BR | da'gipto Q, de Egitto K | 46. ej 
solo G; faut-il lire e poi? \ farvi BKR, fare vui P, far voi G | en el T, in el G, 
in lo DP, del GR | so D | amore Q i più GEGKQRT, piui B, manque dans P | 
degni BGEGPR, fermi e dengni K | 47. questi è G, quest'è E, questo si è B, 
costui è K, ed è R I colu' Q | di chui R, de chi DPQT | trova GEP | 48. io D | 
so D, son B I alfe B I e n'o D, et ho B, ed o R | et fine P, ne fine D | 49. ora 
l'avete per merito afflitto R [ questi è G, quest'è E, costui è K | colu' Q | tanto 
vête Q I aflicto GE | 50. faxe D, fa B, fan G, -no EGQ, stan(n)o KPRT | tap(p)ine 
EKQR I 51. disconsolate GQ, -ata G, dissolate K | ch'an GEK, che anno P, le 
quali anno R | perduto GQR, perse P | onni E', omni E^ | lor bene R | 52. ogni 
speranza e veggionsi meschine R | no D | anno P, an GEK | luego B, loco EGKQT | 
elle D, ne reposso P | si GK, ne P | richine EK, redime G, fine P | 53. ma] 
e RBd I più GEGK, piui B, pur PQ, poi R | per q. me] pensando R | crescean 
E, -o K, -sevan P, -sceon Bd, chresien B, recrescea T, raddoppiavano R | la 
pena T | 54. perché Q | quela] la GP | zente ingrata BG, mala gente R | gente 
DEKQ, giente G 1 no D | 55. si come ingrata, il bene che da Dio vene R | bene 
BCDEKPQ I quanto B, di quanto K | gli E, ie T, lo K | venue KP, viene G | 



Plainte de la Vierge. 13 

34. Lo mio fiolo si li amaistrava 
nel templo predichando soa salute, 

e quili duramente el flazelava. QUI' 

35. E moite done ch'era li venute, 

vedendome tanta pena sentire 160 T5^ 

miego de doia lagremava tute. 

36. Ma par lo planto e per lo gran sospire, 
e per stancheza e per lo gi-an veiare, 

tute quante chomenzô a dormire. 

37. Pur io no me poteva chonsolare, 165 C 73' 
che per la doia ch'io spetava anchora, 

nei ochi mei non potea sono intrare, 

e chossi sola, pur planzando ognora B128' 

io me romasi de fin a Taurora. 



56. il R I fiollo B, fi(g)Iiolo EP, -gluolo CKRT | si-Ui F, si gli GEKR, selli 
B, li Q, che quelli Bd | amaestrava CDKR, -gistrava Q | 57. entro nel D | tem- 
pio BCQ, tenpio PR | predicava Q, predicano P, dimostrando R | sua GEKR, la 
sua Q, lor BG, la P | salute loro P, bretute R | 58. qui chi'l batteva e chi*l 
villanegiava R | quegli K, quel(l)i BCDEGPT | il CE, lo P | fragellava K, flace- 
lava G, -gelava DEP, -gielava BC | 59. e] de P [ chej quivi R, manque dans 
DP I eran BGE, -o KPQ | li] là GP | 60. vezandome G, veggendo a me R, 
vedendomi BT, odendome P | sentire] sofrire G | 61. mego EQ, mecho BCG, 
meco KPR | de do P, manque dans R | lagremavan T, -o Q, -imava G, -imavan 
CE, -chrimavan B, grimavano P, piangendo R | tuti B, le crudeli ferute R | 
62. lo crudel R, li P | pianto BGEKQRT, -ti P | e per li GPBd, e p. le Q, e R | 
sospiri P, suspiri G | 63. per istanchecça R, e p. la stanchezza K | e per li 
gram Q | veghiare GR, vegiare BGP, vechiare D, vegliare E, vegl(l)are KT, vi- 
gliare Q | 64. incominciar tutte quante P | cominciano E, chomenzano B, comen- 
çono T, -ciono G, -ziô G, -çava D, -zavano Q, -inciô K, -incareno P | 65. non 
avia luogo in me Taddormentare R | e pur K | non mi BGEGKP | podea EGK, 
-Va GT, -tea BD | 66. che per doglia P, per lo dolore G | ch'io aspe(c)tava BGP, 
c'aspectava R, che sperava Q | 67. negli EK, nel(l)i GG, in li P, ne V B, negl' 
-R, ne in gl' D | miei BDR | sono non poteva P | no D, non mi G | poteva Q, 
-deva T, -dea EGK | sonpno T | Le vers 168 manque dans Bd. 68. e pur cossi 
sola pianzendo allora P | et chusi B | piançando T, plançendo D, pianzendo BG, 
piagnendo K, piangendo GEQR | ogni hora Q, ad ogni ora R | 69. romaxi (ri- 
maxi G) c(h)on sospir (-i B) ch'el (el B) chuor (cor G) m'achora BG | sola rimasi 
Bd, io romasi DQ, io rimasi E, io mi rimasi GK, remasi sola P, mi ritrovai R | 
di fina (fin G) a CE, in fina (-o R, -e Q) a PQR, in sino a K, cosî fin a D, fin 
presso a Bd | 



14 A. Lânder. 

m. 

(Capitule segondo.) 

D 169' P 220^ 1. Le plaghe mie de doglia se refrescha, 170 

pensando ch'el me chonvien dir plu oltre 
la pena mia che sempre par che chrescha. 

2. Pensate, o zente, che soto le choltre 
dormite a gran deleto tuta note, 

e fate che'l chuor vostro plu se spoltre. 175 

3. Fate le mente vostre plu dévote, 
QUI' che tuta quela note el mio fiolo 

fo flazelato chon amare bote. 
R63*EH'T6' 4. Et io dolente, si plena de duolo, 
F 7' stava de fuora trista a ziel sereno 180 

E^4' e non avea choltra, ne lenzuolo. 

5. Lo leto mio era de dolor pleno, 
e per mi tuta note fo lavato 

dal planto che mai non vegniva a meno. 

6. E stando el mio fiol in chotal stato, 185 



70. E plage mie E, le piaghe KQ, la piaga mia R, el pianzer mio P | di 
GEKR I dogla D, dolgia B 1 si CKR | refrisca E', rinfresc(h)a CKR | 71. pensendo 
K I che CKR | mi GR, manque dans K | covien T, conven Q, convene P | dire Q, 
manque dans B | più GEGKPQT, piui B | oltra DPT | 72. la] oltra a la P | le 
pêne mie BG | senpre BG | pare Q | 73. pensati K, pianzete P | o manque dans 
BGRÏ I gente KQRT, giente G | chel Q, che e G | soto coltre dormite P, la 
coltre R | 74. ciascheduno dorme il me' che-ssa e puote R | tuta note a gram 
deletto Q | dileto B, -cto GEKP | 75. e se sta desto in vanità si poltre R | 
e fati P, de fate G, de far B | che E, che i B, che in G | cor GEGPQ, chuori 
B I vostri BEG | più GEGKPQT, piui B | si GEK | poltre D, spoltro Q | 76. fate 
i lamenti vostri qui divote R | più GEGKPQT, piui B | divote GGKT | 77. quella 
manque dans P | il GE | filiolo P, figliolo Q, figluolo GKR | 78. flagielato B, 
-gelato EQ, flaielato G, fragellato KR | cun P, cum Q | boce K, note R | 79. 
piena BGKPQRT 1 di GEKR | dolo T, duoUo B, dolore P | 80. istava R | di 
GEGKR I fuore GE, -i BR, fora Q | trista] dolorosa R, manque dans P; ajouté 
en marge dans K | a] al BEGKPQR, e E' | cielo KR, ciel GDEQT, manque dans 
R I 81. et si B I aveva T 1 ne coltra KQ, ne coltre PR 1 ni B | lencuoUo G, -zolo 
Q, linçolo T, -zole P, ninzuolo F | 82. il lecto R | iera BF | si pieno de doUo 
P I pieno BGEFGKQRT | di dolore K | 83. e tucta nocte per me fu bagnato R, 
e t. nocte per mi gli fu el stuolo P | me GG | el fo T, fu E | levato G | 84. di 
lagrime c'ancor non vegnon meno R | del GQ, de B | pianto grando che F | 
zamai G | no D | vigniva D, vegnia E, venia B, -iva GK, -eva P, vegna G, vien 
F I a manque dans KPQ | 85. Gosi lo mio fiolo Bd, Stadiva el mio filiolo P | 
il GR, lo Q I fiolo ET, figliolo Q, figl(i)uolo GKR | taie GR, -o K, tal P | stado T | 



Plainte de la Vierge. 15 

plu dolorosamente la maitina 
el fo chonduto a chasa de Pilato. 

7. E quand'io el vidi, disi, oimè topina! B 128^ 
ben me chredeva ch'el bastase ornai 

le forte doglie che anchor non refina. 190 

8. Alor le done che dormia chlamai, C73' 
levate su, levate su, dis'io, 

ch*io sento doia plu ch'io fese mai. 

9. lo ai vezuto el dolze fiol mio 
eser menato a visa et a mainiera 
d'un malfator; andemo tosto drio. 

10. lo chursi chomo quele che despiera, 
benchè dal planto io fose gravosa, 
perché la pena me fazea leziera. 

11. Ghossi dolente andava tribulosa, 200 
e quando a chasa de Pilato fui, 



D 170' 


, P 221' 


195 


F 7» 




Q112' 




T6» 



86. dolorosa vene D | matina BGGQ, -ttina KR | 87. el] e K, manque 
dans R | fo ch.] menato fo R | fu KP, fuo Q | condotto K, menato BFG | 88. e 
manque dans D | quado T | io manque dans GF | il CK, '1 ER, lo DPQT | viti 
DP I io dissi E, dis(s)e GPQ | omè G, o mie P | tapina KPQ | 89. ch'io mi cre- 
dea che mi lasciasse mai R | ben me] bene Q | bein D, bem E* ( credava K | 
che GGP I oramai P | 90. la pena che pur crescie e mai non fina R | le] de B, 
la F I doglia F, dolgia B, dogle GDT | ch(e) ancora PQ, ehel chuor F, che al 
cuor K I no DT I rifina GR, refréna B, fina Q | 91. Alora BKPQ | dormiva F, 
dormivan K, -ian G, -iano PQ, -ieno R | Pour le vers 192, D répète le v. 189. 
92. levate suxo, levate F, levate su, levateve P | disse io PQ | 93. ch'e' sento 
Q, ch'io sendo K | dogla G, dolgia B, duol R, manque dans D | ch'io] che FKPQ | 
fexi G, fusse K, fosse Q, sentisse R, sentesse P | 94. io ô DEFGKQ, i'ô BG, 
io P, ch'i'ô R I veduto BGEGKR, vedo P | il GEQR, chel D | fiolo Q. figlio K, 
flliolo P, figluol GR I 95. a] in R, in diversa B, chôme F | guisa EKPQR, -ssa 
G, -xa G, manque dans BF | et a] e in R, de G, manque dans BF | mainera P, 
maniera GGKQT, malfatore F | 96. d'uno ladro micidial, crudele e rio R, an- 
diamo tosto, de andiamo drio F | d'uno P, d'um B, de G | malfa(c)tore BEKPQ | 
andimo K, andiemoli P, andeamo E', -iamo BGE^G | tosto driedo G, drieto P, 
strato drieto K | 97. e' chursi B, io corsi GDEKP, corsi R | quele Sec] piena 
de dolore F | quella PQ, colei R, quel G, manque dans K | chi P, chi è Q, 
che(s)se BGG, che(s)si ER, chi-ssi KBd | despera EG, -ata Q, dispera E'KPR | 
98. dietro dal mio figluolo si dolorosa R | bein che D, ben ch'el 6 | del G, de 
GP I pianto BGE«FGKPQT, piano E* | io] e io G, manque dans PQ | fusse GK | 
grava F | 99. che-lla fatica mi parve leggiera R | perche] anpuô G | mi BGKT | 
me &c.] m'azendea el chore F | faxea DT, faciva P, -cia Q, -cea GEK | lizera E, 
liezera P, liciera T, leciera D, leg(g)iera GKQ | 200. Gusi me stava tuta tribo- 
losa F I io andava T | tribolosa EKQT, -ossa G, oxa B | 1. e manque dans F| 
io fui F I 



16 A. Linder. 

io nol trovai e plu fui angososa. 

12. Ma pocho stando io vidi vegnir lui 
da cha de Herodes chon la vesta blancha, 
chon li ochi basi in terra intrambi dui. 205 

13. Io stava chossi tribulosa e stancha: 
E^ 5' e quando io vidi lui in tal aspeto, 

quanto me dolse a dir la lengua mancha. 
B 129"^ 14. E lui stava chomo agnelo mansueto 

F 8' in mezo di Zudei lupi mordenli 210 

ch'era d*intomo per farli despeto. 
15. Per chomplazer Pilato a qui dolenti 
el fe poner al mio fiol in testa 
una chorona de spine ponzenti. 



Pour les vers 200 — 202, R offre les suivants: 

Giunta al palacço tutta lacrimosa 

e io vidi favellar da le prode: 

ell'è venuta tardi a questa cosa, 
perche Pilato l'a mandato a Herode. (cf. Luc. XXIII, 4) 

Corne contenta in su quellora fui, 

pensi'l chi la mia pena ascholta e ode. 

2. no Io T, non Io EGP | e] fo G | più BCEFGKPQT | angustiosa T, -oxa 
B, angosciosa CE, -sioxa F | 3. ma] a R | stando] stante R | io manque dans 
BEGR I viti D, viddi CK, vide Q, vedi GP | venir BCEFGK, -e PQ, tomare R | 
4. c(h)asa KQR, -xa GP, manque dans T | de manque dans R | Herode KPR, 
-ex G I cun la PT, colla R | besta R | bianc(h)a BCEFGKPQRT | 5. co R, cum 
PQ I gl(i)ochi DEFKR, i ochi GQT | in tera manque dans PR | intranbi EP, 
tranbi BG, trame F, tutti e K, dolorosi e R | doi G, due K, buoi (bui?) R | 
6. per pianto e per fatica i' era stanca R | cosi io stava G | chusi BF, si P | 
tribolossa(?) G, -ulosa KQT, -oxa BFG | 7. e] ma EKR, manque dans DT | io'l 
EFGK, il CRT, io Io PQ | vidi poi E, v. allora K, vedi G, viddi C, viti D | in] 
con E, si R I taie E, cotai CDPQT, cusi fato F, dolente R | aspecto CEP, stato 
F, e queto R | 8. quanto mi doM a-ddir la lingua manca R | et quando dir 
vulsi B, quanto mi tolsi G, quantio (quanto D) mi (me T) dolsi DEKQT | adiré 
GP I lingua CE*KPQÏ, ligua E* | me mancha B | 9. de fami motto, agnel mio 
mansueto R 1 et lui] eli K, el CDEGPT, et e' Q, lui F | angnello E, a(n)gnel BK, 
angielo C 1 10. diss'io a lui, e Giudei miscredenti R | i E, en T, nel F | meço 
DT I de li D, de' CGKP, li Q | Giudei GFK, Judei G, Çudie T | mordaci K | 
11. con gran furore mi sospinsero adietro R | ch'eran BCDEFKQT, chi li sta- 
vano P I datomo CEFKQ | farmi BK | dispeto BD, -cto CEPT | 12. poi per pia- 
cere a quelle maie genti R | compiacere E, conplaxer DT, conpiaser F | a 
Pilato e a P I quel BFK, que' C, queli D, quili Q, quella P | dolenti] gente P | 

13. Pilato al mio figluol fe' poner (por?) in t. R | meter el fexe G | el fece P, 
fe poi F I ponere EPQ, meter DF, portar B | fi(g)liolo PQ, figlio K, figluo G | 

14. spini DT ( pungenti CKQR, poncenti E, e G, -zente P | 



Plainte de la Vierge. 17 

16. Poi despoiato de la blancha vesta, 215 
li ochi velati, chon la chana in mano, 

chossi el menô de fuora con gran festa. Q 112"^ 

17. La zente de Pilato plen d'ingano D170^C74'T7' 
11 pili de la barba 11 tirava (F 221^ K 277' R 63^ 
per complazer a quel popolo vano. 220 

18. Altri davanti a lui se inzenochiava. 
Dio te salve, Ghristo, rè de Zudea! 
Chossi dizea, chossi Tinzuriava. 

19. Altri la chana de man li tolea 

davanti a li ochi mei — lasa, topina ! — 225 F 8^ 

e forte su la testa el perchotea 

20. dizendo: profetiza et indivina 
chi è cholui che ora t'a perchoso! — 
e lui pur stava chon la faza inchlina. 

21. Zaschuna spina intrava fin a l'osoi, 230 B 129^ 



15. per diligione di porpore ebbe vesta R [ e poi F | despoglato CD, lo 
spoliava P, fo spoiado G, spogliato F, dispogliato K, -glato G | 16. grocchi 
fasciarli (-cti ?) e colla c. i. m. R | et i B, gli F, i EGKQT | vellati P, veladi G, ave- 
lati Q, coverti D | 17. el popolo ch*era di fuor, ne fer festa R | chusi BF | 
il C, '1 E, lo KP, illi el Q | mena Q, -ano G, -ono K, -ava G | di GGKQ, manque 
dans F | fuor GG, -i B, fora E* | cun Q, per EFG | 18. e per placer auquel 
popol villano (cf. le v. 220) R | pien CEGK, -a BFP | 19. per força alchuno la 
barba gli pelava R | pelli BFKP, peli GEGT | gli EKT, a lui DQ | traeva K | 
20. ed elli stava senpre humile e piano R | chonpiazer B, conpiacer GEG, -e 
KPQ, voler conpiaxer F | a quello PQ, a quelli E', al F | populo BEFQ | vanoj 
stranio P | 21. altri] alchuno R | a lui denanzi E | dinanzi KRT, -si G, denançi 
D I da lui Q, lui B | inçenochiava D, -zonechiava E, -çonochiava T, -ginochiava 
GR, engenochiava Q | 22. Idio R | ti salvi GKR, te salva P | rè e Gristo G, rè 
(Ghr. manque) BF | de' K, di GEGPQ, de la R, de li D | Judea BEFG, Giudea 
R, Giudei K, Zudei PQ, Çudei D | 23. dicendo, e l'altro più lo'ngiuriava R | 
c(h)usi BDFK, cossi li P, c. gli K | diceva EKP, disiva Q, dizeano B | chusi BF, 
e cusî DK, e cossi PQ | lo DEGKT, li P, lui Q | ingiuriava GF, -iuriava Q, 
'ngiuriavan K | 24. l'altro R, algun F ) de man la cana F | di KR | mano BR | 
tolleva KP, tolgiea BBd, toglea R | 25. avanti B, dinanzi E, -ci GK, -ci R, 
innanci G, dinanti T | agli EKR, ai T, li BP, gli F, i Q | miei GDKR, mie T | 
laso FP I 26. e manque dans EGP | in su la testa forte G | forte] duramente E | 
in su la t. KQR, sul capo E | lo P, li Q, il GEKR | percoteva P | 27. et manque 
dans P I indovina EQR, divina K | 28. questui D, costu' Q | cher (ch'or?) t'a 
cosi R I 29. et BGEK, ed GRT, manque dans P | ello P, el GEGT, è R | stava 
più (pur?) P, pur queto R | testa] faza F | inchina GEFGP, china BKR | 30. Le 
spine allor gl'andaro infino all'osso R | ciascuna GE, -scaduna P, -scheduna K, 
ziaschaduna B | gh intrava P, entrava K | infin T, -a P, -o EQ, insino K | 

Linder: Plainte de la Vierge. 2 



18 A. Linder. 

lo sangue li chopria el doke vîso 

E^ 5^ .>-=. e tuto li chorea zo per a doso. 

22. O gloria e desio del paradiso, 

in chui désira li agnoli vardare, 

chomo te vezo befato e deriso! 235 

TV 23. Verso del ziel chomenzai a chridaro: 

Q 113' altitudo sapientiœ dei, 

chomo te vezo umelemente stare! 
24. O spechio reluzente a li ochi mei 
chomo te vezo torbolente e schuro! 240 

Dolentre mi che sempre dirô omei. 

P222' D 171' 25. lo non solea saver che fose pluro, 

mo son io fata de planto maistra, 
si che de viver omai plu non churo. 
26. El se vardava a destra et a sinistra; 245 
el non era alguno che'l chognosese 



31. el sangue gli fregiava il chiaro viso R | el BFP, la (e a?) Q | gli FK | 
copriva G, -eva F | il G, lo EPT | 32. e quasi discorria per tutto il dosso R | 
gli T I coreva P | giô G, giù FKP, manque dans BG | per lo dosso DE | 33, o 
gloriosa (o gratiosa?) P ) e disio T, dis'io BFGK, diss'io GE, dissi io R, disiva 
e' Q I F ajoute o odor; K, allore | di R | paradesso P | 34. en T | desidera BEQ, 
-ano K, desireno P, disiano R, dixia F, dixira G | anzoli FGPQT, angeli EKR | 
guardare BCEFQRT, di guardare K, de cantare P | 35. chomo] perche R | ti 
GEQR I vezo io Q, vegio T, vegio io E, veggo i' K, vego G, vedo BF, fino (?) P | 
derisso P, diriso K | 36. e verso FR, inverso Q | del] el FP, il K, '1 R | cielo 
GDEKPQRT | BP ajoutent io; G, i' | cominzai P, -ciai G | a manque dans GDT | 
gridare KR | 37. sapienzia BG, -tia E'Q, o sapientia FP, o potentia R | 38. 
perché ti lasci tanto disperçare R | ti CER | ved'io F, vedo BP, vegho G, vego 
T I (h)umelmente BFP, -ilemente GE | 39. o ispecchio R | rilucente GR j agli E, 
alli G, ai FT | miei BGR | Les vers 240-68 manquent dans F. 40. ti G | vezio 
G, veggio R, veggo K, veg(h)o GT, vedo BP | turbolente B, -o E, trubollente P, 
diventato R | e scure P, oschuro R | Les vers 241—80 manquent dans G | 41. 
dolente BEGKPQRT | mi che] mente G | a me KR, me E | dirô sempre R | oime 
Q I 42. Io non ti credea già popol si duro Bd | no T | solevo K, manque dans 
P I savere Q, saper KR, -e E, -eva P | que T, che chosa BP | fuse G, -sse K | 
piuro QT, ploro D, pulcro G, pianto K | 43. mo] ora BGK, e or R, ma P | sono 
io E, son BGQ, -o KR | di EKR | pianto BEKPR, piano Q | maestra PR, ma- 
gistra Q I 44. di KR, da E | vivere BEKR | oramai P, hormai B | più EGKQT, 
piui B, manque dans PR | non mi KR | 45. el] esso R, et B, manque dans P | 
si BKPQ I guarda K, -ava BEPRT | destro K | e a K, e da EG | senistra E, -ssi- 
nistro K | 46. el] et B, ma el G, ne D, manque dans KP | no D | iera B, era 
n K, vedea R \ alc(h)uno EKPR, algun BDGT | che R | c(h)onos(c)ese BK, cogno- 
scesse EG | 



Plainte de la Vierge. 19 

se non Zoane et io la soa ministra. 

27. Non era algun che de lui duolo avese, 
ma tuti li fazeva vitupero, 

non era algun che per lui moto fese. 250 

28. Io chomenzai chridar: ov'es tu, Piero? B 130' 
che te mostravi chotanto fervente 

dizendo, io voio eser el primiero, 

29. io son aparechiato inprimamente 

d'eser per ti incharzerato e morto. 255 T8' 

Oimè, perché non e tu qui al présente! 

30. Vedi el maistro tuo chomo a gran torto Q113^ 
el porta quela pena che m'achuora, 

e vedi quanta doia per lui porto. E^ 6' 

31. Chossi Io mio fiol stava de fuora, 260 ReB** 
e qui Zudei a guisa de demoni 

tuti chridava atomo, muora, muora! 

32. Posa chon false e torte opinioni 



47. se no DQT | Zoanni E, Giovanni R, Zuane G, Johanne P, Jovane B | 
et io] e mi e Q, e me PR, et B, e G | la soa DGT, la sua EKQR, la suo B, 
lassa P I maestra P | 48. non v'era R, no era D, non era di lui K | alguno E, 
alc(h)uno KPQR | che di lui KR, de lui (che manque) E* | duolo] dolgia B, doia 
G I 49. ma] ora K | gli EKRT | faxeva T, facea G, -an K, -no ER, facivano P | 
vituperio BDEGKP, -operio QT | 50. non v'era BR, ni era G, no era D | al- 
c(h)uno PQR | moto per lui B | muto P, manque dans R | fosse Q, facesse P, 
rispondesse R | 51. io] alora P, manque dans R | cominciai R, comença' Q, 
manque dans P | BGKQR ajoutent a | cridai P, -are EGrQ, gridar R, -e K | ov'ei 
E, o e' DQ, ov'e' P, dov'e' B, dov'i G, dove se' KR, o el T | o Piero K, Pietro P, 
Perio G | 52. ti ER | mostrave G, monstravi P | tanto Q | 53. dizendomi io G, 
che te proferesti P, e profferevi R | voglio EK, volgio B, vo' G, vorô D, volere 
P, manque dans R | essere P, d'essere R | primero BPQ | 54. dicendo i' sono 
R, io sonto P, io sum Q | aparichiato Q, appacchiato K, acconcio R | in prima- 
mentre D, primamente BR | 55. per te GR | incarcerado G | 56. omè E | non ei 
ï, no e DE'Q, non se' BKPR | al p.] qui présente R, présente qui P | 57. vidi P, 
vedresti R | como el maestro to P | il tuo maestro KR, el maestro tuo Q | tuo 
manque dans D | cum a T, ch'a R, a P | 58. el manque dans BR | quela] la 
R I pena] torpensitù K | che cosi R | ac(h)ora EGQ | 59. vidi PQT, vede E, 
vedresti R | quanta] la R | dolgia B, pena DGR | per lui e' Q, ch'io ne vR | 
60. el G I fiolo Q, filiolo P, figlio E, figluolo R | di EKQ, manque dans R | fora 
QR I 61. quei B, que' KR, queli D, -lli P | Judei GP | a guisa de] ispietati R | 
di EK, manque dans R | dimoni E^Q, dragoni PR | 62. tuti] tuti loro D, din- 
torno tucti R | chridavan B, -o EPQ, gridar R, -avano K J atorno manque dans 
BDEGPR I mora mora mora G, mora mora BPQR, muoja muoja K | 63. possa 
DQT, -scia EK, e poi GR, poi P | cum QT | false e torte] false e certe loro K, 
et torte Q, le lor false P | op(p)inione BDPQ | 



âO A. Linder. 

si lo achusava davanti a Pilato, 

provandole per falsi testemoni. 265 

P222^ D171' 33. Tuti chridava: sia chruzifigato, 

che s'el non fose chossi malfatore, 
nui non te l'avesamo qua menato. 

F 10' 34. Et io aldando dir chotanto erore 

voleva dir chontra zaschuna achusa; 270 

ma io non potea: tanto era el gran chlamore. 

B 130^ 35. Io era tanto rocha e dentro chlusa, 

che la mia voze aldir non se potea: 

T8^ si ch'io non potea far alguna schusa. 

36. Ma pur quando vardava e ch'io vedea 275 
lo mio dolze fiol chossi penare, 

Q114' tute le interiora me se movea. 

37. E quante spine ch'io vedeva intrare 
nel cavo suo, tante saite achute 



64. acusavan BE*, -vam E*, -vano P, -aron R | denanti E, dinanti T, -cji 
R, -ci K I 65. provandoli BDGPQ, e provaron R | per] con BEGKQ | testimoni 
BEGKPR I 66. cridavan BEG, -am Q, -ano P, gridavano KR | sia] che fosse 
P I chnizificato B, crucific(h)ato DPQ, -ado G, -gato ET, crocifigghato R \ 67. che 
se ello D, che-sse K | no D | chusi B, stado G | malefa(c)tore ET, malfattoro R | 
68. noi K, nu' T, qui E, manque dans PR | no DT, noll- K | te lo Q, te manque 
dans K | aves(s)emo DT, -ssimo K, -ssano E', -anno E*, averessemo PQ, -rem(m)o 
GR I qua] già E, qui da ti P, qua da(-t)e GK, davanti a-tte R i 69. et io] o mi F | 
audendo D, oldando EQ, -endo G, aldendo B, udendo KR, vedendo F | con tanto K, 
cortanto E*, cottanto E*, cotai F, si grande R | 70. volea BEFG, -ia R, -evo K | 
dir chontra] contradire e fare P, chontra a B, -o a R, -a di E | ziaschaduna B, 
ciascheduna K, çascauna D, ogni P, cosi falsa R | scusa P | 71. io manque dans 
BFGR I no D I podea G, poteva KP, potia R, pottea Q | che tanto iera B, cottan- 
to era E', per R | lo gran P, lo grande R | chiamore EQ, remore G, romore R, 
rumore B, cridore FP | 72. tanto manque dans R | rauca BEGPT | e intro P, 
e di dolor R | chusa P, si chiusa R | 73. boce R | audir EP, -e Q, udir FR, 
dir G I no DPT | si KR | poteva P, -ia R, podea EFGT, possea Q | 74. si che 
Q, e io P, dunde che F | far non podea F | no DT | podea EGT, potei K, poti 
P, -ia R, possea Q | fare KPR | alcuna GPQR | 75. ma pur manque dans F | 
quand'io BKQ, manque dans R | guardava EKPQT, -ando R, -ava fiso F | e ch'io] 
a balconi i' R, e P | vedia R j 76. el F | ftolo Q, filiolo(?) P, figluolo R, -iuolo 
K I cusi F, si B I 77. fuori del mio corpo il quore uscir bolia R | tut(t)i DEGPT | 
le mie Q, li DGP, gli E, i T | 'nteriora K, interior D, -e BQ, -i EGP, enterior 
T, 'nterior F | mi si E*, me si BE'FK, si me Q | 78. o quante spine gli vedea 
entrare R | ch'io] io FP | 79. nel capo suo BEFGKQ, nel capo R, entro'l so 
cavo D, in la sua testa P | tante etc.] e tante pungenti saecte R | sagit(t)e FPQT, 
saette K, saete BD, sagecte E | acutte P | 



Plainte de la Vierge. 21 

io me sentiva in fin al chuor pasare. 280 

38. Io non poria mai dir le doie tute, 
ma plu per questo m'era dolorose, 
che li Zudei non vedea soa sainte. 

39. Anzi chridava tuti ad alla voze: F 10' 
Pilato, toile, toile, e de présente 285 C 74' E* 6^ 
fa ch*el sia posto e morto su la chroze! K277' 

40. E lui per chomplazer a quela zente, 
temando la sentenzia impériale, 

pur volse far le lor voie chontente. 

41. El chognosea ben ch'el fazea maie, 290 D 172' P223'^ 
ma per temanza, digo, e per paura 

de non perder Io regno temporale, 

42. pur el se mose a far chontra natura: T9''B 131' 
che su Tora de terza el chriatore 



80. Mi sentiva Io quore oltre passare R | fin BDP, -o F, -a G, in fina T, 
-e E, -o Q, in sino K | a Io D | cor DEQ, core P | 81. niente ancor mi fur le 
pêne decte R | no DT | potria E, -ei BF, porrei G | ma' T, manque dans G | 
dire BPQ | dogle D, -ie CE, dolgie B, pêne P | 82. aperto (appresso?) a quella 
ch'io senti' veloce R | più BGEGKQT, manque dans FP | per] pur P, sopra F | 
queste B, tuto F | m'eran GEFT, -o BGKP, le m'erano Q | dolorose] feroxe G | 
83. udendo quelle genti maladecte R | ch'i E, che i QT, che quei FK | Giudei 
CFK, ludei E, Çudie T | no DT | videano E', vedevano B, vedeano E*Q, vole- 
vano P I BDEKPQT ajoutent la | sua GKPQ, suo F, lor BEG | 84. tutti gridaro 
ad altissima boce R | anci CEPT | cridavan BGFT, -o EQ, gridavano K | alta] 
una Q I vose E | 85. togli togli FR, toile C, toUi P, tolli tolli B, tuolo toUo G | 
e manque dans BEFGP | di CKR | 86. fa che P, fa che questi R | morto e 
posto BGDKQ, morto e meso G, posto e meso P, posto R | in su BEGKR, in P 
crosie C | 87. Pilato alor dinanqi a quella gente R J e lui fa per Q | conpia 
cere CEQ | 88. fe' venir l'acqua e lavossi le mani R | temendo BCEFGKPQT 
la s.] quela zente G | Au lieu du vers 289, le texte de R porte: 

dicendo loro, quest'uomo è innocente. 
Omè, che i miei pensieri allor fur bani, 
riaver pensando il mio figluolo leale, 
ed egli il diede a que' pessimi cani. 

89. vole B, vose Q | fare BE»P | le soe D, le suo G, loro P | vogle CD, -ie 
EFKPT, volgie B | 90. el c. ben] ben cognosea lui F | el] lui K, e BPR | co- 
gnoscea ER, -eva PT, c(h)ognosea BC, conosceva K | bein D, bene R | faxeva T, 
faciva P, facea GEFR | 91. ma perch'egl'ebbe di César paura R | temença 
CQT, -za BKP | dicho BGQ, dico EFKP, dic'io G | pagura P | 92. contro a sua 
vogla fe' peccato taie R | di G | no DT | perdere EPQ | el FP | temporalle BG, 
impériale P | 93. pur e' si messe K, pur volse P | si GR | a-ifar R, fare lor 
voglie P, a dir D I contra a R | 94. ch'all'ora R, e in su l'ora F, che fu l'ora 
E I di GGK, de la PR | il GR, Io P | c(h)reatore EFGKQR | 



22 A. Linder. 

fo zudegato da la chriatura. 295 

43. O quanta falsità, o quanto erore, 
Q 114^ che Pilato non ave provedenza 

tanta, ch'el chognosese el so fatore! 

Fil' E questa dura e chossi aspra sentenza 

per plu dolor fo data in mia presenza. 300 

IV. 

(Capitulo tercio.) 

R63^ 1. in excelsis, o tu rè de gloria, 

tu sai che ogni parola da ti dita 
io chonservava nela mia memoria. 

2. Chossi dir chomenzai stando si aflita, 

io m^arechordo ch'io t'oldiva dire: 305 

ego sum via veritas et vita. 

3. Ghomo se puô fuor de la via ben zire? 
Chomo se puô la verità falsare? 

Ghomo se puô la vita far morire? 
E^ 7"* 4. E puocho stando su chotal parlare, 310 



95. fu CER I zuigato E, zudigato E*Q, -do G, iudicato FP, giudicalo R, 
-çcato C I de la E', dalla C | creatura BGKPR | Les vers 296 — 99 manquent 
dans la rédaction Bd. 96. corne fu ismisurato errore R | falsitade CD, -tate 
QT, pietà G | o q.] e quanto DK, del G | erore] peccatore G | 97. fu che Pilato 
K, Pilato che G | no D | avea Q, eb(b)e BCFKR | providenzia BG, -cia FKP, -<:a C | 
98. che CR | cognoscesse ET, no alçidesse D | il CER | suo BGEFGKPQR | 99. 
e si crudele, dura e aspra sentencia R | e quela G | cosi dura Q [ chossi] si BDFK, 
manque dans GQ | aspera PQ, forte F | senlentia EFGKQ, -cia P, -zia B, -çia C | 
300. in mia presenza per più mio dolore Bd | più BCEFKPQR | dolore BCPQR, 
mio dolor E | fu GP | presentia EFG | 

1. In excelso e rè de gloria P | tu] alto K | di GKR | 2. tu sei e ched è da 
ti ogni parola e dicta P | tu sa' F, costu (sastu?)Q | c'omeES c'onneE* | da(-t)te 
CGR I detta K | 3. io la Q, i' R | chonservava] observava P | in la mia DP, 
in mia Q | 4. c(h)usi BDF, cosi io G | cominciai a-ddire R | FP ajoutent a | 
dire PQ | cominciando K, cominçai P | cosi Q, si manque dans BGPR | affritta 
K I 5. i' R, e F I mi GKR, me DEFGQT | aric(h)ordo BFP, ricordo GEGKR, 
recordo DQT | che io D, che F | te DFGQT, tu E', t'a E« | aldi P, -iva BF, 
audiva T, udiva CER, -vo K | 6. son B | et veritas R, via C | et vita] directa R | 
7. Si chôme B | si CR | puol B, po DQT | fruor (<ifior?) G, fora Q | bein D, 
bene R | ghe CEFKQ, ire GR 1 8. chomo] chusi B | si CR | puol B, po CDQT | 
verità] vita P | falsa P | 9. chomo] et chusi B | si CR | puol B, po CDQT | far man- 
que dans P I 10. poc(h)o CEFKPQRT | in su F, sum E, doppo R, fo(?) B | tal R | 



Plainte de la Vierge. 23 

lo mio fiol fo tolto dai Zudei C 75^ 

per menarlo fuora a chruzifigare. T 9^ 

5. Alora chomenzai chridar omei, D 172^ P 223^ B 131^ 
oimè, chomo farô, dolente e lasa, F 11^ 
cMo perdo tuti li desiri mei. 315 

6. lo me vezo d'ogni chonforto chasa Q115' 
vedendome del mio fiol privata: 

questo è^l dolor che oltra el chuor me pasa. 

7. Non fo mai dona in questo mondo nata 
si plena de dolor, ni sera mai, 320 
chomo fu io po la sentenza data. 

8. Chossi planzendo dolorosa andai 
de fina a la porta de la zitade 

pur per veder lo fin di mei guai. 

9. Stando chossi vidi tute le strade 325 
chargate de bandiere e chonfaloni, 

e zente armate de tute chontrade. 



11. el BP I ftol(l)o BEPQ, figliuolo R, figluol G | fu GE»KPR | da GGKR, 
da li DPT | 12. per fuori menallo R | mener FT, -rllo K | crozifigare E, -cifig- 
gare R, c(li)rucificare FK | 13. cominciai CR, -enciai P, -eçai T | BKPR ajou- 
tent a I cridare P, gridare GK, -ddire R | (h)oimei BF, oime Q | 14. oimei F, 
oniè GQRT, manque dans P | farô io P | e manque dans GDEGKRT | 15. ch'e' 
QR, ch'i' D I ô perduto D, ô perduti Q | tuti manque dans D | gli T, i R, e K | 
desideri GQR, -rii BGK, delecti F | miei GR 1 16. d'ogni conforto omai mi 
veglio cassa R | mi GK | vevezo Q, vego KT, vegho G, vedo BFP | d'ogno T | 
clionforta F | 17. vezandome G, vegendomi R, sentendomi F [ de lo F | fiolo 
EP, figluolo R, figliuol K, figluol G | 18. quest'è el E, che è quel R | dolore 
PQ, doler E^ | ch'el P | oltra al EK, oltra'l D, doltra el F, oltra el mio Q, oltra 
il G, tutti gl'altri R, manque dans P | c(h)or BGEGQ, core P, manque dans R | 
mi GDEG, manque dans Q | 19. fu GKPR | ma' G | mundo PT | 20. piena 
BGEFKPQT 1 di BGE'^GKR | dolori P, lor T | ne GDEFKRT, e non P | sarà BFG | 

21. SI com'io R, com'io E | fui GK, foi E, fo Q | io] mi F, manque dans GR | 
puo D, poi FP, dapoi B, dopo K, de R | sententia EFKPR, -cia GT, -zia B | 

22. c(h)usi BFG | pianzendo BGEPQT, -zando G, -gendo FKR | 23. fuor di 
Gerusalem la cittade R | de fin GQ, di f. G, da fina ES da fino E*, in fina P, 
in fino K | la] quela F | citate T, -de G | 24. pur p. v.] veder volendo R | ve- 
dere EP | el B, il R, la FPQ, le T | fine GEFGKPR, -nne B | de' GK, del(l)i 
DPQR I mie BFT, miei GDKR | 25. e andando io vidi tucte le strade R j c(h)usi 
BF I viddi G, viti EF | 26. cargade GFT, c(h)arc(h)ate EG, -chade Q, caregate 

D, -icate K, -iche R | di GE^P | bandere P | conffaloni G, gonfaloni KR | 27. gente 
E'KQR, giente GF | armade F, -ata DER | de tute c] grande quantitade R | di 

E, da GF 



24 A. Linder. 

10. Dal gran remor el sonava pui* tuonî, 
F 12' et io vardando el mio fiolo vidi; 

T 10' vegnir ligato in mezo dui laroni. 330 

11. Io chomenzai a dar si alti chridi 
che io non so chomo el ziel non s'apria, 
dizendo, morte, perché no m'alzidi? 

B 132'. 12. Oimè fiol, oimè legreza mia, 

perché non son io za molli ani morta, 335 

Q115^ E^V ch'io non avese visto tal dolia? 

D 173'' P224' 13. E quele done che m'avea schorta, 

C 75^ tute planzeva per chonforto darme, 

dizendo: Verzen doize, or te chonforta. 

14. Chomo pos'io, respos'io, chonfortarme 340 

ch'io vezo el mio fiol tanto penoso, 

che zamai non porô plu chonsolarme? 



28. maggiore era il romor, e orribil luoni R | del DP, per el B, per Io G | 
grant D, gram Q, -nde BGP | rumore B, clamor T, -e E, chiamor C, tremore Q, 
manque dans F 1 el resonava F, e' sonava K, sonavano F, parea G 1 pur man- 
que dans F | toni DG, troni GEPQT | 29. el manque dans QR | io manque 
dans R | guardando CEFKPQT, g. intorno R | il CE«R, Io B | fiol BFG, figluolo 
CR I viddi E | 30. venir CDGR, -e P | legato CEKR | in m.] a mezo G | BR 
ajoutent a, CEK ajoutent di et PQ, de | doi DEG, do GFT, duo B, due KR | 
ladroni BE*FKQ, latroni E'PR | Les vers 331—33 manquent dans F. 31. io] 
ond'i' R I comensai E*, -inciai CKPR | a dir K, dare F, a-ffar R, a Q, a da T | 
alti] gran PQ | gridi CK, stridi R, crido P, -e Q | 32. ch'e' Q, ch'io BCE | no 
D I ciel DGKQ, -o CEPR | no D | se D, si PR, manque dans T | apriva PQ | 
33. dicendo CEGKR | o morte CKPT | no DE'Q 1 mi RT | ancide Q, azidi G, 
uzidi B, u(c)cidi EKR, occidi T | 34. omè RT, dime B, di mei F, o G, alora 
E I fiolo D, f. mio Q, fiol mio G, filiolo P, figlio K, -gluolo CRT, disse E | oimei 
F, omè ERT, o dolze G | al(l)egreza BGEFGKFQ, letitia R | 35. sono BG, s. io 
R, so io E, sum Q | già CR, zià B, avanti P | multi Q | ani] de ti F | 36. ch'io 
non vedessi mia fortuna ria R ] che visto F, che veduto P | ch'e' Q | non man- 
que dans P I avessi K | veduta DEQT, -o G, vegiù C, avuta K | cotai KP | dol- 
gia mia B, folia FF | 37. avean T, -ano BGDKQ, -vano P, aveno EG, -ieno R | 
scorte K, sorte P | 38. piangevan tute F | pianceva G, -zea B, -no E, -vano PQ, 
-gevan K, -o R, -eano C | per conforto dare F, in conpagnia P | 39. diçando 
Q I o verzene F, dolce vergine K, d. madré R, dolçe vergene Q, vergine dolce 
E, vergin d. C, virgo dolze F | ti GKQR | 40. pos'io resp.] mi poso dix'io G, 
mi pos'io dis'io B, respox'io pos'io F | posso K, p. io Q, p. yo F | rispuosi CR, 
respus'io T, rispos'io allor K, respose Q, -xe P | c(h)onfortare BG | 41. ch'io v.] 
vegendo R | ch'e' Q | il mio figliuolo veggo K | vegio B, vego C, vedo FF | il 
CR I fiolo EQ, -gluol C, -o R, -liolo P | 42. che già nel cor sentir la morte 
parmi R | ch'io no porô çamai D | più omai F, mai BEG | io no T, non mi B | 
potrô F, poterô EP | c(h)onsolare BG | 



Plainte de la Vierge. 25 

15. Lo mio fiol ch'era si glorioso, 
vedete chomo sta la soa persona, 

vedete chomo el è vituperoso! 345 

16. El vegniva chon quela aspra chorona, 

la bêla ziera era fata si bruta, F 12^ 

che'l chuor a dirlo quasi m'abandona. 

17. lo me bateva, io me squarzava tuta T 10^ B 132^ 
vedendo la ziera che resplendea, 350 

plena de sangue, de fango e de sputa. 

18. Et una grande cliroze in cholo avea, 
deschalzo iera e si desfigurato, 

che io topina a pena el chognosea. 

19. done, dis'io, vedete el mio nato, 355 

vedete, o mie sorele, quanta pena Q116' 

sostien cholui che mai non fe pechato ! K 278' 



43. sapeti com'elli era glorioso R | el G | fiolo EQ, -liolo P, -gliuolo K, 

-gluol G I iera B | si q.] cossi poterosso P | 44. mi porse (porge E) mo una saecta 

(sazita B, saita G) si ac(h)uta BEG | vedite Q | el sta Q | sua GKPR, suo FQ | 

45. ch'el chuor (core E) a dirlo tuto (tutto E, tute me B) vien (ven E) doioso 

(doloso E) BEG | vedeti P, -ite Q, pensate F | como è ello P, c. l'è Q, c. lo è D, 

com'egli è K, coin'el è CFT, quant'essi è R | vitoperoso CQ. Après le v 345, 

B ajoute: 

Io chiamaj la morte che m'ajuta, 

Vedendo el mio fiol tanto penoxo (cf. v. 341) 

Et lej verso mi stava muta. 

El filgiolo mio cli'era si prezioxo (cf. v. 343) 

Vedete corne sta la sua persona (v. 344) 

Vedete chôme el è vituperoxo (v. 345) 

Les vers 346—48 manquent dans E; les vv. 31-6 — 685, dans R, où deux 
feuilles blanches ont Tair d'avoir été insérées après coup. 46. ello CD, e' K, 
manque dans FP | vigniva T, vegnia BD, veniva P, -ia CGK, vedete lui F | 
aspera PQ | 47. ciera CPQ, cera K | era] vedè che è F | si manque dans FGP | 
48. cli'a dir el core P | ch'al B | c(h)or BQ, core G | dirllo B I quasio T, quaso 
Q I 49. mi squarciava GKP | 50. veggiendo K, veder (-n?) G | la soa D, la sua E, 
el F I ciera GP, cera K, spiera Q, faccia E, faza G, volto F | che già F | risplen- 
dea G, resplendeva B, resplandeva T, respiandeva PQ, splendor solea G, ri- 
splenua K | 51. piena BCE^GKQT, piene E', -o P, esser coperto F | di GEGKT | 
de fango de sangue DQ | sanguo P | spuça Q | 52. gran Q | c(h)ros(s)e EF, 
crosie G | 53. discalzo G, -ço G | et era GEG, ed iera T, l'era Q, era DKP | 
e-ssi F, si GEGT, e (si manque) PQ | disfigurato BGEGK, desfegurato T, trans- 
figurato F | 54. che mi F | tap(p)ina EP | il GE, lo PQ | conosceva P, c(h)onosea 
BDQ, cognoscea GE | 55. disse io, o done P | disse io Q | vedite Q, vedere E' | 
il GE I natto T | 56. vedite Q | o mie] omè G, oimè BEFP | quante pêne B | 
57. sosten E, sostiene B, che sustene P, porta DFQ | colu' Q, quelui FP | fece P | 



2G A. Linder. 

20. lo chomenzai chridar: o Madalena, 

è questo el tuo maistro e'I fiol mio, 

che li Zudei si malamente mena? 360 

D 173^ P444^ 21. El è si aflito che nol chognoscho io; 

F 13"^ tu'l doveristi ben aver a mente, 

ch'el te schusà davanti al farisio. 

22. E quando tua sorela era servente, 

G 76"^ E^ 8^ ched ela te represe avanti d'elo, 365 

el te schusà adeso de présente. 

23. E poi resusità el to fratelo 
TU' quatriduano zà nel molimento; 

de dime, Madalena, s*el è quelo! 
B 133"^ 24. Tu spandisti quel prezioso unguento 370 

sul chavo so in chasa de Simone, 
che a zaschun rende grande olimento. 
25. Anchora davanti a moite persone 
tu chomenzasti li suoi piè lavare, 

58. io] e T I cominciai CKP, comença' Q | BKPQ ajoutent a | cridare F, 
gridar K, -e C | 59. il tuo CE, e to Q | maestro CKP | e KP, il CE | fiolo E, 
-liolo P, figliol T, -gluol G, -gliuol K | che gli K, che i chan F | giudei CK, çu- 
die T I mal.] duramente P, falsamente T | 61. ell'e CE, e P | affritto K | ch'io 
UGQ, e T, chel B, che quasi P | non el F, non lo GP | cognosea F, chognoso 
io B, cognosto io ES c(h)onosco io DG, cognosco P, conosco Q, congnosco io K | 
6^2. tu lo DQT, tu il K, tu F | doverise Q, dovressi D, dover(r)esti BFKP, de- 
veiesti CE, -isti T | hein D, })ene EP | avère CEKQ, averlo F | 63. ch'el] quando 
el P I ti C I sc(h)us6 BGKP | dinanti E, -ci K, -si C, avanti P | el FP, ai B | 
fariseo F, phariseo CDPQ, parisio E^ farixei B, furioxo rio G | 64. e quanto T, 
quando G | tuo BF, toa DT | sirocchia Bd | servente] présente F, tanto fervente 
P I 65. chel(l)a BCF, che ella DT, e quella P | ti CK | represi D, riprese K, 
reprendeva F, rispuose C, respose P | avante E, innanqi K | ad (a G) ello GQ | 
66. elo Q I ti CK I scusô BCGKP | adesse E', subito F | di présente CK, e hicon- 
tenente F | 67. poi te P, e ti Bd | resuscità DEQT, resusitô BF, risucitô K, 
risussitô C, resuscitô GP, riede vivo Bd | il Bd, lo CDT | tuo BCEKP, car Bd | 
fradel(l)o DT | 68. quatridiano C, quatro di iera G, quatriduano che iera F | 
già EK, manque dans F | in lo D, in el P, il F | monumento DK, -imento C, 
mulimento F | 69. dee T | dime] varda G | s'egH è K | 70. tu si FG, tu i K, 
per chi P | spandesti BCDEFGKT | quel] el F | pretioso FP, preciosa E', -oso E* | 
onguento BF | 71. in su el P | c(h)apo BCEFKP | suo BCEFK, manque dans 
P I di CEK I Simeone P | 72. che a z. rende] che rexe a tuti F | ziaschaduno 
B, ciascaduno P, cias(s)chedun CK, çascaun D, ciascuno E | rendea Q, -eva P, 
dà G I ulimento ET, odoramento F | 73. Ancor CET | dinanci E, denançi D, -ti Q, 
inansi CF | a] da C, de F, mancpie dans BG | moite altre BG, nobile P | 74. co- 
minciasti CEKP, te inchinasti per F | i CEKQT, manque dans F | piedi (piè B, 
pedi Q) suoi (suo T) BCEQT | suo F, sui G, soi P | piei K, pedi P | a(.l)lavare BK | 



Plainte de la Vierge. 27 

et el te fe d'ogni onfesa perdone. 375 

26. Tu fusti tanto soa familiare, Q 116^ 
tu chonversasti tanto tempo siego, F 13^ 
che ben lo doveristi afigurare. 

27. De dime, Madalena, e planzi miego, 

è questo quelo che tanto t'amava? 380 

De dime s'el è deso, eh'io ten priego. 

28. La Madalena alora m'abrazava 
planzendo forte in mezo de la via, 
ad alta voze verso el ziel chridava: 

29. o gloriosa Verzene Maria, 385 D 174'' P 225"^ 
questo è ben deso, el tuo fiol perfeto, 

questo è'I mio Dio, questo è la vita mia. TU 

30. Oimè, maistro mio, oimè dileto. 
dizeva ela squarzandose lo volto, 

oimè, chomo è mutato el chlaro aspeto! 390 

31. E le altre done planzevano molto; B 133^ E^ 8^ 
et io non poso dir quanto me dolse, F 14 G 76^ 
vedendo el mio fiol si perso e tolto. 



75. ello DQ, egli K, lui BFP | ti fe' GEKT, te fece P, per questo F | de 
omni E, de ogni P, tuo F ] offensa EQ, offesse P, of(f)esa BCDKT | perdono K, 
lasone F | 76. tu f. tanto] façesti ti ancho si F [ fosli BDEGT | sua BCEGKPQBd, 
suo F 1 77. tu] ti G, e F I siecho B, secho G, segho G, sec(c)o KP | 78. che-Uo 
deveresti bene affîgurare P | bein D, beiie Q | doveresti BF, deveresti C, conver- 
resti K | afegurare Q, figurare K | 79. die D, dee T | piangi CEK, pianze P, 
parla G | mego EQ, con mego C, mec(li)o BGP | 80. quel D | ti E, te F | 81. 
die D, dee T, manque dans P | dimi C, -mel K | s'egli è K | deso] esso D, quelo 
F I choi (che i'?) B, cli'i' G | tene GP, ti K, tem Q | prego EFKP, prigo T | 8^2. 
Magdalena FPQ | allor G, alhor EBd | si m'abraciava G | 83. pianzendo BFGPT, 
-gendo GFKQ | forte] miego F | medio E', megio E*, me' P 1 de manque dans 
P I 84. e ad alta EF, e alta T | boce K | inver BGQ, in verso F, in meço D | 
il GK, lo GPQ I cielo GKPQ | gridava K | Les vers 385—87 manquent dans Q. 
85. vergine F, -ene DGT, -giene G, virgine E | 86. quest'è GKT | bein D, bene P | 
esso DT, manque dans P | il GEK, lo P, questo è'I F | to DF | figliol E, figluol G, 
-gliuol K, filiolo P I perfito B, dile(c)to GDEFPT | 87. quest'è T, quest'è'l G, 
questo è bene P, q. si è B | il E^KÏ, el BP, lo D | Idio B | quest'è GT, questa 
G, questa è BF, e P | la mia vita FPT | 88. omè ET, o Q, dime F | maestro 
GE*P I omè ET, o charo mio Q | dileto] benedicto P | 89. dicendo P, diszea F, 
diceva GEGKT | ela] lei F | squarciandosi G, isqu. K, straqandose D, -ee(n)dosse 
Q, strucendosse P, batandose F | il GET, el BDKP | 90. omè EQT | chôme è 
F, com'è BGET | il T, lo P | chiaro BGEFGKP | 91. e manque dans GDEFKP | 
piangevan F, -o GK, -zevano BEPT, -gendo Q | 92. et io] e mi F, ma io BG, io 
PQ I no DT I potrô B | dire GPQ | mi BGET | dose G | 93. vezendo G | il GT | 
fiolo Q, -liolo P, -gluol G, -gliol E | preso EQ 



28 A. Linder. 

32. Quando el ne fo per mezo et el se volse, 

si che zaschuno poté veder lui, 395 

chon quela pietà che'l chuor me toise, 

33. e revardando, el dise inver de nui: 
y>Filice Jérusalem^ de non planzete 

Q 117' sopra de mi, ma si sopra de vui. 

34. Anchor vegnirà tempo che direte, 400 
béate quele che non a portato! 

e dito questo li plu non restete. 

35. quanta pietà, o quai pechato 
fo a veder el mio fiol insire 

fuor de la porta chossi flazelato! 405 

36. El non è lengua che'l potese dire, 
T l^' F 14' cl non è chuor che mai pensar potese 

quanto dolor ch'io me vidi sentire. 
D 174' P225' 37. El non è chuor si dur che non dolese 

pensando quanta pena ch'io sentiva, 410 



94. el ne] el me (nu'V) DP, me (nu'?) G, li B, el F | fu P, fui B | el lui 
BF, ello P, el Q I si C I 95, ziasc(li)un BCF, ciascaduno P, -scheduno K, ça- 
scuna Q | podo EK, -ea F, puote Q, ben pote C, puo ben G, el pote ben B | ve- 
dere PQ | 96. quela] lanla F | piatà K, gran pietà G, g. pietade B | che K | chuor 
K, cor CE, core PQ | mi BCGKT | torse F, tosse G | 97. reguardando DE, 
-endo T, riguardando BFP, -vardando G, guardando KQ | el] me P, manque 
dans BFG | inver de nui] lui P | ver CE, -so Q | di GG | noi CD | 98. fiole Q, 
-liole P I dee T | pianzeti B, -(^iti Q, -gete CFF, -cete G | 99. sovra G | di me 
B('EG I ma maïuiue dans Q | si manque dans EP | sovra G | di CEG | vu' T, voi 
CD I iOO. Anc(h)ora PQ | tenpo vira B, tempo verà G | vignerà F, venirà P, 
verra CK | tempo manque dans P | che vui BG, che vu' Q, che voi K | vidrele 
E*, vedrete E^, vederele T, -ite Q | 1. beata quella B | none Q, no DT | averà 
DEQT, avril C, ara BFG, anno KP | portado B | 2. e manque dans P | declo 
E I (juello PQ I 11] ivi K, manque dans P | più GEFKPQT, piui B | restecte E, 
ristele (ÎGT, stete PQ, -tte K | 3. quBnta (type renversé) E* | pietate E, -de BQ, 
piatade K | o quanto BG, quanto C | pechado B, pecco K | 4. fu CE, furono K | 
lo mio flliolo vedere P, il mio fiolo a vederlo E | vedere CQ | il CK, lo DQT | 
iiolo Q, -jolo T, -gluolo C | usire FK, allora C | 5. fora PQ, fuora B | porta] 
terra D | c(li)usi BF | fragellalo K, flagielado B, -to C, -gelato EFPQT | Les vers 
4-06—08 manquent dans K. 6. el] e C | hngua CE>FT, ligua E» | che'l] che D | po- 
des(s)e DEFGP | 7. elj e C | cor EQ, mai core P | che podesse pensare P | mai] 
me T, manque dans D | inpensar D | el potese BQ, podes(s)e DEGT | 8. dolore 
EPQ I ch'io] io G, manque dans P | mi CE | viti DFT, vide Q | scha(n)lire (?) P | 

9. quai lengua è quela che tazer potese F | el] e KP | no DT | c(h)or BEGP | 
duro BCDEKPT | chi Q, ch'el P | no DT, non gli K, non se B | volesse D | 

10. a sentir quel che ogni cossa fa viva F | pensando] pensale E | cho sentia E | 



Plainte de la Vierge. 29 

el non è si chrudel che non planzese. 

38. lo non romasi ni morta, ni viva: B 134*" 
io chadi in tara tuta quanta persa, 

ma pur le done in forza me tegniva. 

39. Oimè fortuna dolente e traversa, 415 
dis'io alora, dove son io zonta, 

che ogni dolor sopra mi se ro versa. E^ 9'^ 

40. Ogni tormento sopra mi desmonta, 

ogni gran doia pur a mi se tiene, C 77' Q 117^ 

nula alegreza plu de mi se chonta. 420 

41. Non so chomo Tanema se man tiene, 

non so chomo la vita mia plu dura, F 15"^ 

tanto è el dolor che lo mio chuor sostiene. 

42. La pena mia era senza mesura, 

io era si desfata e dolorosa, 425 T 12^ 

ch*el non se chognosea la mia figura. 

43. Ghossi mortifichata et angososa 
de tera da le done fui levata, 

tute pianzendo chon doia gravosa. 



11. tirar a la morte e con tante onfese F | el] e K | crudele KP | no D 
piangesseEK, plancesse G | 12. noDT | remasi EQ, rimaxi B | ne — ne GDEFKPQ 
13. cade P, caddi CE | quanta manque dans B | 14. ma] mo T | pur] par F | in] 
a G, per P | rigniva E', tigniva E«, teniva DFGK, -eva BP, -ia G | 15. omè CET | 
e manque dans G | 16. disse io PQ | dove] done o D, ove P | sono io E', sonto 
P, sonto io B I açunta Q, giunta K, gunta G, azonta FP | 17. che manque dans 
G I dolore KP | sovra DG | de mi FPQ, a me K, me BGG | si CE, manque dans 
KP I reversa EPQ, riversa BGGK, versa F | Les vers 418 — 20 manquent dans B. 
18. ogne P I tormento] dolor G, -e P, grameza F | sovra DG | de mi P, a me K, 
me CG I dismonta CE'GK, si monta F, monta P | 19. ogna D, -e P | grant 
dogla D, dolore P | pur a] sopra GPQ | me GEG, de mi P | si G | tene PQ | 
20. più CEFKPQT, pur G | in me E, a me G | si GG | contra E» | Le vers 421 
manque dans P. 21. l'anima GEGKQT, più l'aima Bd, la vita F, la vita mia 
B I si K, sei G, sia B | mantene Q, pronta B | 22. no DT, ne Bd | l'anima mia 
P, la vita in me Bd | piui B, più GDEFKPQ, pur T | 23. tanto son io de dol- 
gia vinta et ponta B | tant'è GBd | il Bd, '1 G, lo T | dolore KP | che dentro il 
Bd, ch'el mio FPQ | cor GEGBd, -e PQ, cuore K | sostiente F, sustene D, sostene 
GEPQ I 24. Era la doglia mia senza misura Bd | lo mia pena P, l'anima mia 
G I sanza K | misura CFK | 25. iera B | disfata G | e] o T, ahi Bd | 26. ch'el] 
che Bd I no DT I si GBd | co(n)gnosceva BK, cognoseva P, cognoscea CET | più 
la Bd I fegura DQ | 27. c(h)usi BF | e manque dans GEGT | angustiosa DEFGT, 
-ostios(s)a PQ, -osioxa B, -usiosa G, si dogliosa Bd | 28. di GG, da BF | io fu 
Bd, fu' DT I 29. tuta D | piangendo CEF, -giendo B, -cendo G | cum Q, da B | 
dogla CD, doglia EFKQ, pena BG | gravoxa B, angostiosa Q, -ososa DEKT, 
-sioxa F, -sciosa G, penosa P | Le vers 430 manque dans Bd. 



30 A. Lînder. 

E poi da ose chossi tribulata 430 

fin al Ghalvario luogo fui menata. 

V. 

D ITS"" (Capitule quarto.) 

1. Anchor non era io zonta al luogo tristo, 

quando ch*io vidi alzar la chroze in alto, 
K âTS"" e su desteso el dolze Jesù Christo. 

B 134^ P22r/ 2. Quai è d'un forte muro over d'un spalto 435 

fato da torno a torno d'un chastelo 
F 15^ per mantegnir che algun non faza arsalto, 

Q118'' 3. chossi stavano quili atorno d'elo, 

si chomo chani inzuriando lui, 

e lui stava chomo mansueto agnelo. 440 

4. Quai io romasi e chomo trista fui 
E^ 9^ vedendo el mio fiol chossi levare, 

T 13^^ io nol poria zamai chontar a vui. 

5. Vui che lezete, dovete pensare 



30. e puô (la esse da terra fu levata (cf. v. 428) D | da elle Q, adesso K, 
de indi F | c(h)usi BF | tribolata BGT | 31. fina BG, -o FK, poi T, in fin PQ | 
a DEQ I Galvario D, Gavario G 1 luocho B, locho D, loco CEPQTBd | io fui 
Bd I portata BGGKBd | 

32. Anc(h)ora BDPQ, a Ncor E | ero io K, er'io F, iera B, era G | acunta 
Q, giunta G | a Io DQ, a BGT ] lugo FG, luoco E, loco GPQ | trista Q | 33. 
quando io PQ, quando F | viddi G, vedi G | alzare PQ, andar E', levar F | cro- 
sie G I in alto] suxo G, manque dans K (cf. v. 434). 34. disteso G | dolce GE | 
Gristo in alto K | 35. quale è E, el quale Q | è manque dans P | d'um P, 
duro(?) B I muro forte F | de spalto BG, d'un spaldo KQ, d'un pallato P | 36. 
fato] forto (facto?) K, manque dans F | atorno atorno G, atorno atorno a modo 
F, dintorno intorno B, dintorno P | ad uno P, ad un BGK, a un GT | 37. man- 
tegnire P, -ère Q, -tenerlo B, -ir DG, -er GK | che etc.] ch'arsalto non fosseli P | 
alcun GEQ, nessun K | no D, non li B | faccia GEK, fese F | as(s)alto GKQ | 
38. cusi BDF, e cossi P ] stavan G, stava Q | quil Q, quel(l)i BGDEFT, quegli 
K, quel G, loro P | atorno] apresso P | ad ello GEKQ | 39. iniurando E, iniu- 
riando Q, inçiuriato G, pur mirando F, spiatatati P | lui] e felli P | 4-0. et ello 
Q, et esso G, et el GE, ed el T | stasea UET | cum masueto T | 41. qua io G, 
quai T, como P | remasi P, rimase E^ -i BGE'FKT | trista] doloroxa BG | 42. 
vezando G, sentendo P | il EQ | fiolo DQ, -liolo P, -gluol GK | cusi BF | levare] 
menare G, penare F | 43. nonl E, nel Q, non GP | potria EFK, -ei B | ziamai 
BF, giamai GK | contare EP 1 voi GK | 44. voi GEK, or vui P | lezeti B, le- 
gite Q, leg(g)iete GFK, lecete G | devete GE, podete D, ben possiti P | 



Plainte de la Vierge. 31 

che poi che fo chriato Adamo et Eva, 445 G 77^ 

non fo zamai si dolorosa mare. 

6. Vedete, o done, dis*io, ch*el se lieva 
in alto la mia vita, el mio tesoro, 
vedete quel dolor ch'el chuor me chrieva! 

7. Oimè, chi me darà algun restoro 450 
a la mia pena, che sempre renuova? 

Oimè dolente, perché omai no muoro! F 16"^ 

8. Non è spirito in mi che non se muova 
vedendo el mio fiol de dolor pleno, 

si che ogni pena la mia vita pruovii. 455 

9. lo era za tanto venuta a meno, D 175^ B135'' 
ch'io svariava tuta, oimè dolente, 

si chomo qiiele ch*a perduto el seno. Q 118' 

10. Pur io me fi tanto forte e fervente P 226' 
chon Tajutorio de le done, ch'io 460 

pasai oltra per tuta quela zente. 

11. Vardando poi vidi el fiol de Dio TIB' 
choi piedi e chon le man eser afito 



45. chel GEF | fu KPQ | c(h)reato BGEF | Adam BFG | ed leva T | 46. el 
non GEPT, e non K, no DT | fu GKPQ | ziamai BF, mai GEKPT | si] più G | 
madré DEFKPQ | 47. vedeti P, -ite Q | done manque dans F | o manque dans 
BEGP I dis(s)e io PQ, dis'io dove F, disi io B | che K | si GK | leva GEGKPQ | 
48. mio manque dans D | trexoro G, tesauro P | 49. vedeti P, -ite Q, vedè 
K I quello P | dolore PQ | che el Q, che T | cor GEGQT, -e P | mi GEGKT | 
c(h)reva BGGQT, crêpa KP | 50. omè ET | che(?) P | darà a me G | mi G | dà 
K, darà più F | alcun GE, -o PQ | ristoro GEF | 51. che] chi E | renova GPQ, 
si renova Q, se renuova B | 52. omè ï | ormai BF, oramai P, oyma Q | non 
BGEFGKPQ | moro BGEGPQT | 53. no e (è'?) D, non ho BT | spiriti P | me GEFKQ | 
no T I si GK I mova BGEPQT | 54. vezendo G | il GE | filiolo P, tiolo Q, figluol 
G I di GGK I dolore si P | pieno BGEFKPQT | 55. si che la pena ogni dolore 
pruova F, si che la mia vita ogne pena prova P, sicchè ongni un la m. v. pr. 
K I oni EQ I prova GGQT | 56. tanto za E, t. ça T, t. già G | già FG, zià B i 
a manque dans Q | 57. che G, sicchè P | isvariava K, esvariava E ] tuta] lasa 
BG, manque dans P | omè ET,. mi BG | 58. quelU G | che anno P, ch'an BF | 
perso P I il G 1 senno GQ | 59. puro Q | mi GEGK | fei Q, fe' K, feci GP, -xi F, 
fizi B, -xi DG | tanto] si BG | et si fervente B, servente G | 60. cun P, e(t) cum 
QT, et chon BGDFG | lo P | altorio Q, olturio T, alturio DQ, artorio G, ajuto 
BFGK I le] quele F | ch'io] ch'io avia P | 61. passa' Q, pasava P, si pasava G | 
doltra F | per manque dans GKP | quela] la BG | 62. Gardando Bd, guardando 
GDEFKPQT | poi io DK | viddi G, viti BDF, veti G | il GE, lo P | fiolo PQ, -gluol 
G I di(-d)Dio GKQ, mio BE | 63. con li GDPT, cum li Q, cun i F, chon i BG, 
co' K I peti T, pedi P, pei Q, piè FG | e cum le Q, e conn le G, e col(l)e EK, 
e P I mane BDEP, -i GK | essere afficto E | 



32 A. Linder. 

in su la chroze per plu dolor mio. 

12. lo aveva el chuor de doglia tuto aflito, 465 
et iera asai plu trista ch'io non parlo 

F 16^ vedendo el mio fiol quasi finito. 

13. lo leva va le braze per tocharlo, 
et elo era tanto alto, lasa omei, 

ch'io nol potea tochar, ma si vardarlo. 470 

14. Poi me voltava a qui chani zudei 
C TS"" digando chon pietate verso d'eli: 

de non siate tanto chrudi e rei. 

15. De non siate chotanto chrudeli 

al mio fiol, pensate ch'el è quelo 475 

che ve puô dar salù, stando fedeli. 

B 135' 16. El è stato sempre vostro fratelo 

Q119' amaistrando vui in la santa fede, 

abiate doncha pietate d'elo. 



64. c(h)roxe BF, croce EK, -cie G | più BGEFKPQT | 65. io av. el c] e lui 
era F | aveve T, -ea BGE, -iva F, avi G | il EQ, lo GP 1 c(h)uore BK, cor GQ, 
-e F I si de doglia BG, manque dans F | di GK | tuto] tanto FK, colanto P, 
manque dans BG | alfritto K | 66. e mi più trista era assai ch'io non parlo F; 
F répète les vers 464 — 65 — avec la forme aveva — devant le v. 466 | et era 
BGE, e géra D, io era F, et esser Q | ase T | non manque dans T | ch'io] che 
Q I parla Q | 67. vezando G | il GE, lo D | fiol mio B | filiolo F, fiolo Q | 68. 
levava] alzava F | brace F, man Q, -e D, -i K | 69. e lui F, et K, et ell C | 
iera BG, ora G | tanto erto T, tant recto G, sî alto B | o lassa G, laso BF | oi- 
mei FFQ, mie G | 70. che quasi non potevano più alzarlo F | che io T, che 
D I nonl EF, non GQ | podea DGT, posseva Q | tochare T, toc(h)arl(l)o BQ | si 
manque dans DTBd | guardarlo BGEFKT, sguardarlo Bd | 71. po D, poi si Q | 
mi BG I volgea G | quili Q, quel(l)i DF, quegli K, quei BF, que' G | chan G | 
Giudei GK, Çudiei T | 72. dicando Q, -zendo B, -cendo GDEGKP | pietade GDT, 
pietà BGF, piatade K, piata F | de quilli Q | 73. die D, dee T | non] perché 
BG I siati DF, state G, seti BG | crudi e rei tanto F | chrudi] crudel G, -i Q | 
riei T | 74. de no voljati eser B, de non voghate esser G | die D, dee T | no G | 
siati DF | tanto KPQ, si BG, si iniqui e F | 75. fiol(l)o BDQ, -liolo F, -gluol 
GK I e pensati F | s'el é G | 76. chi darvi (davvi?) salute (po manque) F | vi 
BGE I po BGDQT | dar salute EK, d. salude B, salvare G | siando GG, esendo 
B I fidel(l)i ET | 77. ell'è G, l'é F, vostro l'è ('1 è?) G, vostro el è B, egli è KP | 
sempre stato D | stado BGT, pur stà F | senpre GKT, sempre mai BG, sempre 
in vui F | vostro] chôme F, manque dans BG, v. le commencement du vers | 
fradel(l)o BGDEFGT | 78. amagistrando Q, amaestrando GK, amaistrando EF | 
voi GK, -vi EF | in B, a la G, la GKQT | 79. ab d.] priegove adonque, abiè F | 
abiate voi G | domqua Q, -nqua T, dunqua G, adoncha G, adunca F, adunche 
K I pieta GFF, -de G, piatate K | 



Plainte de la Vierge. 33 

17. Se de lui non voleté aver merzede, 480 DlTe^Pââ?"^ 
prendave pietate de cholei, T 14'' (E^ b' 
lasa, dolente, che morir se chrede! F 17' 

18. De perdonate a lui, frateli mei, 
ch'el non fe mai pechato, e non è degno 

de far tal morte chomo fa li rei. 485 

19. Tolete mi per segurtate e pegno, 
lasate lui, che per lui m'abandono 
d'eser afita su quel duro legno. 

20. E se pur non voleté far perdono 

al mio dolze fiol, oimè, ve priego, 490 

al men per grazia famé questo dono: 

21. tolete mi, e fa ch'io muora siego, 
perô che mai non averô alegreza 

alguna al mondo, s'el non sera miego. E^ 10^ 

22. Quando parlava a lor chon tal dolzeza, 495 
de pur algun de mi pietate avea 

vedcndome si plena de grameza? F 17^ 



80. e se BF, sel G | di G | no DT | volite Q, vole F | mercede E, marzede 
B I 81. de prendave BG, prendavi al mancho F, prendavi GK, -eve P | pietà 
BFPQ, -de GUEG, piata K | di GGK | quellei P ] 82. lassia P, lasa e D | dolen- 
tre I) I morire Q, morir or K | si GK | cride(?) P 1 83. die D, se F | perdonati 
B I o fratelli P, fradel(l)i DEGT | miei BGK | 84. che BK, ch'eli è P j non fe 
mai] senza P | no è D, nonn è BGP | 85. di GK | fare P | fa] fano BGDEFKPQT | 
i BGDEFPT, e K I 86. de tollete P, voleti G, tolite Q, togliete K | me BGEGK, 
manque dans P | securtate P, segurtà DG, -de BGF, sicurtà K, sigurtade E | 
87. tollete mi per lui, ch'io m'ab. P | laselo andare G, lasatelo D, lasatilo Q | 
che per etc.] per eso e' me ab. F | mi QT | 88. d'essere GK, vederlo P | afiQcto 
P, af(f)licta GEF, affritta K | in su K, su in P, sum E | quello KP | 89. no 
BDT I volite Q | 90. io vene domando gratia e ancho vene prego P | fijolo T, 
figluolo G, fiolo DEQ | omei E, omo i' T, oime io D, io si G, como Q, chôme B ( 
vi BGE, vui Q | prego EF, regho(?) G | 91. al mein D, al meno Q | fami G, 
feme EF, fateme P, -i K, fatime BG | questo] tal BG | 92. toleti B, tolite Q, 
togliè K, voleté G | me BGGP | e fa] tare G, e fate Q, e fati P, e fe' GF | mora 
BGEGPT, muoja K | secho BG, secco P | 93. per zo che G, poichè P | no T | 
avoro E^ | legreça T | 94. alcuna GPQ, nisuna G | al] nel E', manque dans P | 
mundo T, manque dans P | se lui P, se GGK | no DT | sarà GK | meclio BG, 
-co GP, -go Q I 95. quando io F, quand'io E^, quanto io K | a lor parlava T 1 
a loro D, a lui P | tal] tanta KP, gran Q | 96. dee T, die D, e F, manque 
dans KP | alg. de mi] de mi niun F | alcun GEK, -o PQ | di me GEGK | pietà 
GQ, -de BGE, piata K, piaetade F | aveva KP | 97. vedendomi BEK, veçandomi 
Q, vedendo F | si] h E\ là E' 1 piena BGEFKPQ | di BGEG ] gr.] tristeza BG | 

Linder: Plainte de la Vierge. 3 



34 A. Linder. 

B136' Q119^ 23. Ma pur de lui algun non se dolea, 
C 78^ bench'el fose venuto a far lor franchi 

T 14^ de la morte eternal che ognon tolea. 500 

24. Tanto era li ochi mei de planto stanchi, 
ch'io aveva quasi perduta la visla, 
K279' e tuti i spirti mei vegniva manchi. 

D 176^ 25. lo stava apreso de la chroze trîsta, 

P 227^ planzendo le mie pêne dolorose, 505 

achonpagnata da Zuan vangelista. 
26. Poi me voltava verso de la chroze 
parlando ver de lei chon gran pietate, 
chossi chom'io potea chon plana voze: 
E^ b^ 27. Donde as tu, dis'io, tanta chrudeltate, 510 

che'l mio dolze fiol tu tegni fermo 
F 18' choi piedi e chon le mane a ti fichate? 

28. Oimè, perché no naque qualche vermo 
che la radize t'avese roduta, 



98. ma pure K, nianche F | de 1. alg.J algun (-cuno KQ) de lui BKQ, alcun 
di lui C I di EG I alcuno EP, elli D | no DT | si E^GK, seii D | doleva KPQ | 
99. bene ch'el P, benchè GKQ, bein che D | fosso E», -i D, fusse CK 1 venduto 
G I fare loro KP, far(l)li BG | 500. de] da CDT t eternale FF, temal DG, aiter- 
nal G I ognom D, -un GK, ugni uno P, ogni homo E*, o. huomo E- | toile va 
KPQ I 1. eran E, -o P | gli EK, i FT | miei BGD, mie F, manque dans T | di 
K, del Q, dal GEFT, manque dans P \ pianto BGEFKQT, plançer D, manque 
dans p I 2. ch'i' C, io P, che G | avea BGEF, avevo K | ben quaxi F | persa F | 
3. tuti manque dans F | gli K, li BGDEKPQT | spiriti BGDEFGKPQT | miei BGD, 
mi F I venia G, vinieno E, vegneano Q, venivano P, venivan C, -ian BK, eran 
fato F I 4. presso EK, apruovo D | de manque dans Q | chrose F, -cie G | 5. 
piangendo FK, -cendo G, -zando P | le mei pêne féroce G | 6. acompagnada Q, 
aconpagnà F, in compagnia G | Zuane BDP, Giovanni G, Çovane G, Çoane Q, 
Zoan ET | el vangelista G, evangelista FKP, vanzelista B, vagnelista DT | 7. e 
poi P I mi G I inverso G, apresso E | alla P, la GQ | croce EGPQ | 8. per- 
lando E' \ in ver BFGP, verso DK | di GEG, manque dans DK | lie F, liei DT | 
cun grande P | pietade BGDFT, piatade GK | 9. cossi como D, si chomo io BG, 
si como P, cos\ come G, meio che io F | podea F, -va GT, poteva P, posseva 
Q I e con F, cun PQ | piana BGEFPT, piena GKQ | voce CEKQ | 10. dond*ai, 
diss'io, tu E, dixea, onde a' tu G | unde FP | ai tu CKPT, a' tu BFQ j disse Q, 
disi io B, manque dans P | crudeHtade EP, -eltade F, libertà Q, -de BDGK | 
11. dolze manque dans KP | fiolo EQ, -liolo P, -gliuolo K, -gluolo G | tu manque 
dans KQ | teni Q, tien BG, -i GE»FKT, -e E« | si fermo BG | 12. con li DQ, 
cun li P, cogli K, chon i BF, con G | piede E\ piè K, pedi PQ | cun le P, con 
G I man F | a te GG | fichade BFGT, ficade E, lic(h)ato CD, ficati Q | 13. omè 
T I non BCEFGKPQ | nasce G | 14. che t'avesse la radice r. E | radixe B | toa 
avese G, avesse (f manque) P | rosegata Q, abruta P | 



Plainte de la Vierge. 35 

si che produto mai no avesti schenno? 515 

29. E poi che fusti arquanto chresuta, 
perché non vene un vento che t'avese 

deradegata e deramata tuta? Q lâO' 

30. Perché non vene un fuocho che t'ardese, T 15' B 136^ 
perché mai te produse la natura 520 E* 11^ 
a far che'l so fator en ti pendese? 

31. Perché non fusti trovata a mesura 
al templo, quando mai non poté farse 
che tu chadesti ad alguna zontura? 

32. La raina Saba perché non t'arse, 525 

quando chognove che in ti dolorosa C 79' 

dovea le mie legreze eser si sparse? P 228' F 18^ 

33. Perché non stesti anchor plu tempo aschosa D 176' 
entro la terra, che sopra notasti 

per farme tanto trista et angososa? 530 

34. Perché, dolente mi, tanto durasti, 

15. mai etc.] no avesse mai producto E, non avesti m. p. G, mai no avesti 
pruduto D, m. non avesi produto B, mai prodotto non avessi K, produto mai n. a. C, 
produto mai non avese P, p. m. n. avesti T, p. m. n'avesti F, produto no avissi 
mai Q | scermo T, germo K, zermo P | 16. fosti BEFGT | alquanto BCDEGKPQ, 
anchora più F | crescuta C, cresciuta K, chresuto B | 17. venue GDE | uno BP | 
ch'io t' avesse P | 18. desradegata T, -radicata P, diradic(h)ata BFK, deradicata 
CDEGQ I diramata BCFK, dasarmata P, desramata T | 19. venue DET | uno P | 
foco T, focho DFP | chi t'ardesse Q, ch'io t'aderse P | 20. perché z(i)amai BG | 
la manque dans BG | 21. a fare E* | ch'in ti lo so factore P | che GT | suo GT, 
tuo BEFK, to DG | factore CE | in te BGEG | 22. fosti BEFGK, fostu T | a] 
alla K, a la FQ I misura GFGK | 23. che de ti podesse nocte (?) farse P | tempo 
BF, tenplo T, -pio C 1 mai non] ziamai B | pottè G, pote a F, potessi Q, podese 
G I farsse CD, farsi B | 24. achadesi F, c(h)ades(s)i BGKP, cadisti Q, chaçesti 
D, caçessi T | ad manque dans G | alcuna GEPQ | çuntura Q, junctura FK, gion- 
tura C, mesura P i 25. regina DT, reina GK | Sahba GEKPQT | de perche B | 
no T I P ajoute deux vers: poichè siendere vuj a tal siagura | che sopra de ti 
el mio fiolo se dovesse trarse | 26. chognobe BF, conobe GKP | che in] ch'en 
G I te EG I 27. doveano essere mei lacrime sparse P | doveva K, dovean E | 
la mia K, in ti mie F | legrece G, alegreze BEFG, -ç(ç)e DQ, allegreza K | 
essere K ] si manque dans BGDFKQT | sperse K | 28. stete P, festi GQ | an- 
cora Q, manque dans KP | più BGEFKPQ | tenpo G, per tempo P | schoxa G, 
scossa G I 29. intro la F, enella EKT, in nel(l)a GQ, in la P, sotto la G | sovra 
DG I nutasti G, natasti QT, narrasti K, nassesti E, nasiste P | 30. farmi BGET | 
tanto manque dans B, et manque dans G | angosciosa GE, -osioxa F, -siosa P, 
-ostiosa Q I 31. perche] oimè F, per T | dolenti Q | mi] me EG, a me K, che F | 



3G A. Lînder. 

perché non te marzisti za molti agni, 
o trista mi, perché te chonservasti ? 

35. chruda chroze, perché non sparagni 

la morte al mio fiol, per quai demerto, 535 

o lasa mi, del suo sangue te bagni? 

36. Quai selva te produse, o quai deserto 
T 15' Q 120' a farme tanto dolorosa e grama, 

che d'ogni parte tu m'a el chuor averto? 
B 151' 37. Quando tu eri in zoveneta rama, 540 

perché non fo le falze aparechiate, 
si che fusti segata e posta in flama? 

38. Oimé, donde a tu tanta libertate, 
che cholui che in ziel et in terra régna 

tu tieni fermo in la toa potestate? 545 

39. Non so chi t'abia fata tanto degna, 
quia quem celi capere non puô, 

a star nel gremio to non se desdegna. 

40. Questo é lo mio fîol, e non é tuo. 



I. no DT I ti E I inmarzisti B, marcisti CEK, -esti P, -çesti D, -çasti Q | 
zià BF, già GEKPQ | molti] tanti P | 33. perche nel mondo tanto dimorasti E | 
o manque dans P | me G, a me K | ti GK | 34. o dura, o cruda, perche P | o 
chrudel F | sparagni] ispiarmi K | 35. la morto de quello fiolo P | figluol GK, 
fiolo EQ I de per F | quai] qualche GKP | demorto D, merito BGKPQ, merto 
F I 36. o] oi FGP, manque dans B | me BG, a me K | che del BP | so P, tuo 
G I ti GET, mi K | bagne P, bangna K | 37. ti GK | produsso K, -desse E', con- 
dusse Q I diserto GFK | 38. farmi BGE | Les vers 539—40 manquent dans P. 
39. da ongni K, da oni Q | tu manque dans EG | m'ai BGEFKQ, m'ae G | il GE, 
lo Q I cuol T, c(h)or BGDEQ | aperto BGEFKQ | 40. ieri F | in manque dans 
E I giovenecta GE', -eta E', -etta K | 41. perché] per T | fu G, furon B, forono 
P, manque dans K | le] la G | falce GEGK | aparichiate Q, apparechiata G, ap- 
pacchiate K, apareade G | Les vers 542 — 71 manquent dans F. 42. fosti BDEGT, 
fussi KQ I sechata B | posta] messa DK | fiam(m)a BGEKPT | 43. omo T | donde] 
diss'io, onde K, dove P, dolente Q | ai GEKP | tu manque dans K | libertade 
BDKP I 44. colu' Q, quello BP, quel GEÏ | celo P, cielo GEK, ziello B | regno 
E' I 45. tu'l G I tien GKT, -e E, teni DPQ | firmo E', si fermo G | la manque 
dans GPQT | tuo B, tua GEKPQ | podestate GDGQ, -ade BPT | 46. fa(c)to BGEG | 
47. perché in cielo tu non poi capere P | qui QT | quen E*, gnem E', quia G | 
ceUi GD, zelU B | chaperi G | po G, poterunt K | 48. a stare E, a far B | nclo 
P, in lo D, del B | gr. to] to gremio D | grenbo BG, -mbo EQT, -bbo K, -mo G \ 
tuo GEKT, so B, se P | no D | si GPT | sdegna B, disdegna G, degna P | 49. 
quest'è GT, questui e P, questu' è E, questo si é B | el EGQ, manque dans BP 
fiol(l)o BEQ, filiolo P, figlio K, figluolo G | è to D, tuo GQ 



Plainte de la Vierge. 37 

perô te priego che arquanto te plieghi, 550 
si ch*io posa tochar el chorpo suo. 

41. lo te domando questo chon tal prieghi, 

che veramente tu serai ben chruda, P 228^ C Id"" 

se questa grazia del tuto me nieghi. 

42. lo vedo la persona sua star nuda, 555 D 176^ 
el chorpo suo retorto a guisa d'angue, 

de fa che pietate in te se chluda! T IB"" 

48. Ornata se del so prezioso sangue; Q l^f 

zamai non produzisti chotal flore, 
chom'è chostui che sopra de ti langue. 5G0 

44. Oimè, ch'io el norigai chon tanto aniore B 137'' 
de fin ch'el iera pizolo in la chuna, 

e tu mel tieni chon tanto dolore! 

45. Da lui mai non avisti onfesa alguna, 

ne da mi trista a chui chotanto ofendi; 565 
de famé doncha de do chosse Tuna, 

46. o el mio dolze fiolo tu me rendi, 

50. per ço Q, per ho B | ti GEKT | prego CEKPQ | che manque dans P | 
ahiuauto CEGKPy | ti CET, tu te P | plege Q, pieg(h)i BCEGKPÏ | 51. si che 
(j, clio P, qui cli'io D | posia B | tocare E*, -ccare E'K, covrir D, coprir GT, -e 
y, -e alquanto P | il C, lo DGK | so D | b± ti BGET | adomando D, dimaiido 
BK, niaiido G | questi E', manque dans K | co G | tal] tanti P j preghi G, -gi P | 
Les vers 553 — 55 manquent dans D. 53. tu sera' GQÏ, serai tu G | 5i. se] e 
P I de tutti E», di tutto E^ de tuto PQT | mi GEK | neg(h)i GKPQ | 55. veg(h)o 
GKT, veqo Q [ la sua persona P | soa ï, manque dans K | stare P | 56. e il 
K I so DG, suo star E* | ritorto GEK, retracto P | 57. die T, dee E | fa manque 
dans G | pietà GDGPQ, -de B, piatade K 1 ti BDPT | si GEK | giuda P, divida(V) 
K I 58. ornata] che nata P | sei BP, ei QT, e' D | de Q | suo Q, manque dans 
BGDG I 59. ziamai B | no DT | produzesti BG, -cesti GDEKÏ | catale K, tal E l 
fiore BGEGKPT | 60. como PQ | custui E, colui K, questa P | sovra G | di GGK, 
a P, manque dans B | te GGK, te se B | 61. omè DEQT | costui chel G, ch'io'l 
B, chi G, chelo DQ, ch'el P j nutricai E, nudrigai DQ, nudricherai G, notric(h)ai 
BK, nodrigai T, nortrigai(?) P | co tanto P, cun cotanto Q | 6± di fin G, infin 
K I ch'egli K, ch'ell' E | era GEKPQ | pic(c)ol(l)o GKP, picol G | nel(I)a GK | 
63. e manque dans P | tiene E, teni GP | con cotanto Q | 64. da lui tu DQ | 
non avesti mai GP, no avisti m. DT | mai manque dans Q | no Q | avesti BEGK | 
offensa E, of(f)esa BGDKPQT | alcuna GEKPQ | 65. ne manque dans P | me 
GEK I a cul] che BG | tu cotanto Q, tanto DKPT, tanto me G | 66. dee DET, 
da G 1 fami GEK | donqua T, -mqua Q, dunqua G, adunca P, -che K | di GEK | 
doi D, doe EKPQ, due B, du G | 67. o il K, o'I GEPT, o lo D, el Q | fiolo dolçe 
DQ, figliuolo dolce K | liliolo P, figluolo G, fiol BEG | mi G, melo E | redi D | 



38 A. Linder. 

si che strenzerlo posa in le mie braze, 
K 279^ o tu me lievi e chon lui me sospendi. 

47. Senza de lui mai non averô paze, 570 
ne vita, ne chonforto, ne alegreza: 

E* 1:2' F20' questo è'I dolor che par che'l chuor me straze. 

48. legno che m'ai tolto ogni baldeza, 
perché me es tu tanto chrudo e rio? 

C4hossi pai'lav'io a lei chon gran dolzeza, 575 

T 16^ de flecte ramos, arbor alta, ch'io 

Q 121* posa tochar un puocho el fiol mio! 

VI. 
D 177' P 22^' (Capitulo quinto.) 

I. Mirale, o pechatori, l'alto serpe, 
G 80' non quel che fo nel deserto de ramo, 

e fate che ogni mal da vui se sterpe! 580 

B 138' 2. Poichè'l maligno serpe morse Adamo, 

non era algun remedio a quela plaga, 

si che zaschuno stava tristo e gramo. 

(>S, SI oirio C ; slreiizere E, -^'er C, -e Q, -cer G, islrinjjere K, lener B | 
»-l C I posi B I iiele BPQ ; iniei Q, moi P j braccie CK | 69. mi CEK | leva CEKg, 
lie va UT | e ciui T, o cuii P, e co- K ; -llui K, lu' T \ mi CK J suspendi P, sos- 
poiuU K I 70, sanza K j di CE, manque dans K | non averô ma' G | zamai B, 
mu' T I no OT | ai*o K | pace EKQT, pacie C | 71. ni chonforto ni B ! legreza 
V I 74, quesl'M CDEK, queslè lo T, cliel P, questo si è el B, questo è el y | 
doloiv HKP I oh VI olïor par clie me B j ch'el par T, pare P, che pare y | cor 
Cy. -e V 1 u\i CKK, mampie dans T 1 slrace EGK, -i C | 73. oi P | ligno E» | 
i'\\\ y I m'a l>y î toUu E»P . 74. mi CKT, manque dans E | se' tu BCFGT, si 
l\ soi Ui EKQ I chrudo e rio] duro e chrudo F | 75. c(h)usi BFG | parlava 
HVÎVHî» p, io IX>. par lia vo io K \ a lui Q. manque dans P | cun P | grrant D, g^ram 
V), ^'raudo l\ uxanque dans T * Au lieu des vers 576 — 77, Bd porte: conciedi a 
uio ch'ii» torchi il Tud nùi»: P les écrit comme un seul vers: de piega le rame 
hH\ cirk» pvvviu tocuiv uno poco el tiolo mio. 76. de f.] reflelle K | dee ET, die 
U I rtcto UFG [ vamor iî, i\»uu»s^^î^ K | alla arhor D, arbo alta K | 77. loc(c)are 
CKK i poc^hV» HCKKKVJT . il CE«K ; tijrhiol C, -gliuol K | 

78, u\ Irale E, mirali P | o mampie dans B | 79. no T | quello KQ | fu 
KGP ; iu el il \\\\\\A D | disorlo C . de manque dans KP | rame F | 80. fati Q | 
che da lui o^ne P j i^f no 1> [ malo BEP i de D, manque dans P | vu' T, manque 
dans P I si CGK | slirpe G, -i K | 81. '1 manque dans Q j morsi Q, move D | 
Adan K | Siî. no UT | iera più H, fo pin F [ alcun C, -o PQ | rimedio C | quela) 
quesla Q | piagv^J^i^ CEFKl\Vr | 83. ciascaduno P, -scheduno K, ziaschun BF | 
ne slava F | 



Plainte de la Vierge. 39 

3. Questo è cholui che ogna inzuria ve laga, 
questo è sumo remedio e medezina, 585 
questo è cholui che fa per tuti paga. 

4. Mirate, o pechator, chon mi topina, F 20^ 
che per chostui v^è averte le porte 

del paradiso, e'I ziel a vui se inchlina. 

5. Chossi, dolente mi, planzendo forte, 590 
lo mio fiol pendendo su lo legno 

a puocho a puocho aprosimava a morte. 

6. Lo sangue ensiva del chorpo benegno, 

zaschuna plaga un fonte parea, T 17' 

tanto abondava fuora el sangue degno. 595 

7. E vardando in alto, oimè, ch'io vedea 

za palido vegnir el bel cholore Q 122"^ E* 12^ 

de quela ziera che splender solea. 

8. Alor dir chomenzai chon grande amore: 



84. ma questo è BGEGKPT | quelui F, queI(l)o BEGKPT, quel G | ogno 
G, omiie P, oui EQ, ogni BGFKT | iniuria ET, iuria Q, ingiuria GK | vi K, man- 
que dans BFGP | allega P, leva K | 85. e questo è P, quest'è KT | som(m)o 
GEKPQ, santo D | rimedio GK | medesina P, -xina D, -cina Q, -dicina GEFK | 
86. quest'è GEKT | quelui F, colu' T | che per tut(t)i fa GKPT | fa] fra BG | tuto 
D I paga] plaga B, piaga P | 87. mirati BPQ | o manque dans BG | peccatore 
F, -i BGDEGKPQ | chôme io FK, com'io GE, co mi (com'i'?) T, cho me B, como 
mi DQ, o mi P, oimè G | tapina KPQ | 88. costoi Q, custui E, questui F | v'è 
etc.] intro le porte averte D | el v'è T, è G, vi s'è K, ve son B | aperte BGEFKT, 
averto P, avete Q, averte a vui G J 89. de B | a vui el ciel E | e il K, an- 
chora el P | zielo B, ciel(l)o GDGKPQT | voi GK, vu' T, nu' D, mi P | si se Q | 
enclina T, inchina BGEFGKPQ | 90. c(h)usi BF | dolento (-'a?) K | me EGK, 
mi tapina Q | piangendo GEFK, -cendo G | 91. el G | fiol(l)o BQ, -gluolo GK, 
-(g)liolo EP I pendente F | sul legno G, su la croce P | in su K, suso Q | lo] quel 
FK, nel BE | 92. a poc(h)o a poc(h)o GEFKPQ | aprosumava F, -ssima K, se 
aproximà Q, prosimando BG | a la BPQ | 93. el BGP | insia BG, -iva GPQ, 
us(c)iva FK | del suo BE, de quel G | henigno BGDEFGKPQ, bellegno T | 94. 
ciascuna E, -aduna P, ziaschaduna B | piag(h)a BGEFGKPQT | uno Q, -a BG, 
prima P | fontana P | pareva FKP | 95. (h)abundava EFKT | fuor EG, -e G | 
il G, lo PQ I 96. e manque dans BGEFGKPQT | guardando BGEKPQT | in alto 
manque dans D | omè GE, aimei F, oimè topina D | ch'i' T, che GPQ | vedeva 
FKP I 97. palido già venire K | zià BF, çià Q, già G | vegnire Q, vergene P, 
venir F, -e BGEK, venuto G | il G, lo DEQT | Pour le vers 598, D répète le v. 
595. 98 di E I qu lia E^ | ciera GEPQT, cera K, faza G | splendere EP, spian- 
dere Q, risplender K, iradiar F | soleva KPQ | 99. alora BEFGKPQ | chomen- 
zai a dir B, cominçai a dire P | a dire KQ, manque dans G | cominciai GK | 
cun PT I 



40 A. Linder. 

de dolze fiol mio, oimè dolente, 600 

oldi la trista, plena de dolore! 
D 177^ P 2:29^ 9. Non è quela la faza onipotente 
(F 21' B 138^ che inspirô nela faza de Tuonio 

spirachiilo de vita inprimamente. 

10. O dolorosa mi, ch'io non so chonio 005 
sia questo mo che per si non respira, 

perô non so chomo Talma non vomo. 

11. Non è quela la faza in chui désira 
chontinuamente li agnoli vardare; 

nio par abusion a ehi la mira. 010 

12. Oldi, fiol mio dolze, la tua mare: 
T 17* non è quela la faza che solea 

quasi sjjeciem fulgoris lei mostrare. 

13. Oimè, dolente mi, ch'io non chredea 

che tanto tosto deventase schura (il 5 

tanta chlareza chomo in lei parea. 
F 21* Q 122* 14. Non ù quela la faza neta e pura 



600. die D, dee T, o F | dolce EK | figluol G, fiolo Q, filiolo P | mio man- 
que dans P I omè E | delenie ( j | J. olde B, aldi P, aiidi CEE, odi GK. vedi 
D I piciia di BCEFK | ± no 1) | rac(()ia EKP, fazia HG, taca C | onip.| exel- 
(l)ente CDEFKQT, exzelenle HG | ?>. nella CK, i la P | fazia HG, ia((i')ia (:K| 
fatia P I de lo P | (h)omo B(^EE | i. spir(r)acoIo CDKPT, sprarolo Q i di CK , 
inprimamentre D | 5. mi] me GG, a me K | che C, mancjue dans P | c(li)ome 
FK I 6. sel mio filiolo non respira P | sia] che sia B 1 mo] mio G, manque 
dans F; ii changer en vio'^ \ per se BCGK, per te E | rispira EK, sosi)ira B, 
spira F | 7. perô] po C, unde P | chomo etc.] dove me sia, ne chôme F | aima) 
anima GDKPQ | vomo] vamo Q, o mo K | 8. no è 1), nonn è B | questa la Q, 
quela (la manque) B | fazia B, -c(c)ia CKP | in chi P, che G | dexira BC, -sidéra 
Q, -n K I y. continuamentre I) | li agnoli] a vui P, nejjfl'ochi D | gli FKT | 
agnelli E, anzoli FQ, -gioli G, -geli K | guardare BGDEFPQT, raguardare K | 10. 
e mo FP, ma B | pare EKPT, è F | a(b)busione BGEKPT, abosione Q | a-cchi-lla 
K, a chui la D, a chi lo P | Les vers (il 1 — 13 manquent dans B. 11. aldi KP, 
audi GDEFT | fiolo Q, -liolo P, -gluol G, -gliuol K 1 mio manque dans P | dolce GEK, 
manque dans P | toa D, to F | madré ('DKQT, dolze madré P | 12. no 1) | la) 
la sua Q | fac(c)ia GKP | che] in chui D | 13. fulgoris species K ] spetiem E*, 
-cie G, -cies GDFPQT | fulguris P | lei] lor I), mancjue dans F | monstra P, de- 
mostrare F | 14. omè T | me EK, mancpie dans BFG | ch'io] che G, manque 
dans BG | non c] pensar non i)odeva G, non potea i)ensa.re B | no T | 1.5. de- 
ventaste E*, diventasse G, doventase DQ | obscura GF, oscura DET | }%. clareça 
DT I come G, quanta FKP, che BEGQ | in etc.] mostrar pareva G. parea mo- 
strare B I lei] lie T, le Q, lui (lieiV) P ; pareva PT | 17. fatia P, -ccia GEK | 



Plainte de la Vierge. 41 

cho plu che'l sol niostrà d'aver chlareza 
sul monte quando chambiastl figura, 

15. intanto che vedendo la beleza, (>!:20 
dise cholui che lasasti vichario, 

bommi est nos hic V.sse, d'alegreza 

16. Oimè, ch'io poso ben dir el chontrario 
vedendo quela faza tanto chlara 

eser mutata de cholor si vario. 625 

17. El era tanto la mia pena amara, D 178'- B 139'- P 230'' 
el iera tanto el mio dolor gravisimo, (E* 13'" 

che la morte me séria stata chara. 

18. Anchora disi: oimè, fiol dolzisimo, 

non è quili li ochi che era luzenti 630 

plu che non è el sol quando è plu chlarisimo. 

lî). Oimè, ch'io vezo lor si torbolenti, T 18^^ 

ch'io non so chomo la vita résista C 8P 

a le mie grave pêne e a li tormenti. 

20. Non è qui li ochi, oimè dolente e trista, 635 K 280' 



18. che più clilareça deniostrô cli'el sole Q | piu CEFGKPÏ, piui B | cli'al 
D, del BCEGT | sole E'^P, solo E' | niostrô CEFGKT, pare va P | aver BGP, già 
di F I diiaieza BCEFGKPT | 19. suxo el Q, in el P | quando'l F | cambià F, 
moiistrasti P | i20. vendendo C | ^1. queliii FP | per vicario P | 22. bono è a 
nui esser in loco de ale^reza P | nos manque dans B | d'alagreza E* | 23. omè 
ET I ch'i' C, die PQ | ben posso P | bein D | dire PQ | il EK, lo BCDP | 2i. 
vedendo diela fatia neta e pura (cf. v. 617) P | cliiara BCEFKT, oscura (cf. v. 
015) D I 25. di CF, del P | colore KPQ | si vario] isvario K | 26. iera F | tanta 
GP I mia] tua (le copiste avait d'abord écrit mia, et s'est corrigé au petit bon- 
heur) K I 27. el mio dolor era tanto g. F | el géra I), egli era K, et era G, 
ch'era B | il C, lo B | dolore EKQ, core P | grav.] amarissimo E | 28. die stata 
mi saria la morte chara F | la manque dans B | mi CK | serebe B, sera P, sare 
C, saria G, sarebbe K | stato BP | 29. dis(s)'io EFK, disse Q | omè EQT, o 
FGP I fiolo Q, -liolo P, -gluol G | mio dolzissimo FGP | 30. no D | son BG, -o 
P I qui ochi qui T, quelli o. quei C | quigli (g)li EQ, queli (l)i FP, quei li G, 
que' li B | chi erano Q, ch'eran BGEFKÏ, -o P \ si luzenti BFG, lucinti E | 31. 
più GEFKPQT, plui G, piui B | no è DT, nonn è B, n'è F, c P | il KT, '1 FP, 
lo D, manque dans Q | sole BCKPQT | quando el D, quando'l BQ | più GEFKPQT, 
manque dans BG | chiarissimo GFKPQT, -essimo E | Les vers 632 — 61 manquent 
dans F. 32. omè EQ | che Q, manque dans P | li vedo P | veg(h)o GK, vidi B | 
loro K, manque dans P | cossi P | torbulenti Q, turbulenti E, tribulenti BP, tri- 

¥ 

bolenti G | 33. ch'io] che P | chomo] cho G, me G | la mia vita P | après vita, 
BG ajoutent se, Q ajoute me | risista B | 34. e a le me Q, a inei P, aile miei 
G I grave] grande D, gram Q, gran P | et ai CG, et a E, e i (etV) K, et B, e PQ | 
35. questi en pur gli ochi Bd | non sono GP, nonn è D | quigli E, quili Q, que- 
gli K, quelli BGDGP | gli GEK, i Q, manque dans BGT | omè CET, ahime Bd, 
mei Q | dolenta DG | e manque dans GEKQT 



42 A. Linder. 

li quai chontempla Tuniversa tera, 
Q l^S"^ e mo par ch'abia perduta la vista. 

i21. Ogni chriata chossa me fa vera, 

vedendo li ochi beli eser si vasti, 

ch'enver de mi la bêla luze sera. 640 

22. Non è quili ochi qui che solevasti, 
quando de zinque pani e de dui pîsi 
zinque milia persone saziasti. 

23. De, dolze flol mio, se quili è disi, 

perché la trista mare toa non vardi 645 

vedendo in lei li sospiri si spisi? 
B 139^ 24. dolorosa morte, perché tardi? 

Vien da la trista che tanto t'envocha, 
E* 13^ vedi che d'ogni parte el chuor m'ardi. 

D 178^ P230* 25. flol mio, non é quela la bocha 650 

T 18^ da chui basa ta brama eser la sposa, 

chomo el savio nela chanticha tocha. 

26. Chomo poté quela vituperosa 

bocha de Juda, falso traditore, 



36. gli quai EBd, ^\i quali K, li quali DQ, la quale P | chontemplava B, 
contemplano P | 37. et ora BG, or P, como ï | pare E | che i B, ch'io DP | 
abian BCETBd, -o Q, avian K | persa P | 38. oii(n)i EQ | creata BCEK | mi CEK, 
a mi P, guer(r)a BCDEKPQT | 39. eser sî] cos(s)i PQ | guasti BGDEKPQT j 
40. che ver E, chi ver Q, che inver BDGKPÏ | di me CEK | bêla manque dans 
D I asserra K | 41. non sono P | quigli EKBd, qui T, quel(l)i BCG, quili i Q, 
quelli h DP | qui che] quei che E, que' che C, che BKQ, li quai G, quali P, 
quai Bd, queli che D | 42. di EK | cinque EGKT, -mque Q, septe P | di EK, 
manque dans GP | due K, du G, doi DE, do G | pes(s)i BEG, pesci GK | 43. 
saciasti GDGQ, -tiasti EK | 44. dee T, o G | ftolo P, -glo D, -glio K, -gluol G | 
meo Q, manque dans D | si E | quigli E, quel(l)i GDPT, -gli K, quei BG | è] 
ochi è D, sonno P, son BGG | disse Q, des(s)i BGDE^GKT, ipsi (issi?) P | 45. 
la madré toa trista D, la tua tr. madré E, la trista madré BGP | guardi GKPQT, 
-e EQ, reguardi B, revardi G | 46. vezendo G | illei K, in lie T | g\i EKT, 
manque dans G | sospiri] spiriti P |^si manque dans Q | spes(s)i BGDEGQT, 
spesso K, persi P | 47. o] die T | tarde G | 48. vieni BKQ, veni GP | a la 
B I t'invoc(c)a GEGK, te invoc(h)a BDQ, te chiama P | 49. veni P | ca don(n)i 
E»E^ che da ogni D | el mio G | il E, lo C | c(h)or BG, core PQ | si m'arde B, 
arde G, m(e) arde KT, m(e) ardi GDEPQ | 50. la manque dans EK | 51. da 
chi P, da me K I baciata GK, baxada G | brama] dixira P, désira D | 52. come 
in la cantica lo savio tocha G | si como DQ | lo GDPQT | savio] santo T | ne a 
ES in la DPT | 'nticha G | 53. puote Q, podè G | quela] la bocha B | vito- 
peros(s)a GPT | 54. de etc.] del falso Juda traditore G, de quello f. J. t. B | 



Plainte de la Vierge. 43 

aprosimarse a quela gloriosa? 655 

27. Dov^è, flol mio dolze, tanto odore, 

chomo era in quela bocha neta e bêla Q 123' 

che par mo plena de tanto fetore? 

28. lo me chonsumo ben vedendo quela 

plena de fiele e d'azeto e de sputa, 660 G 81' 

et a la trista mare non favela. 

29. Oimè, chom quela bocha è fata bruta F 23' 
laquai la lengua ai muti desligava, 

et a mi dolorosa è fata muta. 

30. Non è quela la bocha che parlava 665 
sul monte a Moises a faza a faza 

quando desti la leze a qui che erava. 

31. Quest'è la doia che plu el chuor me straza, B 140* 
che tu non parli a questa trista mare 

che da dolor par eser fata paza. 670 

32. Anchor ver lui io chomenzai chridare: ï 19' 
non è quele le orechie, lasa, omei, 



55. aprosimare BCEGQ | 56. dov'è dolze fiol(l)o BG 1 filiolo P, fiolo Q, 
-gl(i)uol GK I tanto dolce odore Q | dolze manque dans EKP | 57. chom BGEGK | 
bocha] faza G | monda e bella GKT, tanto bêla BG, bella P | 58. che ora par 
tanto piena de f. G, che par hora piena de t. f. B | pare E | mo manque dans DQ | 
piena GEKPQÏ | di GEK | cotanto D, tucto G | Les vers 659—61 manquent dans 
P. 59. mi GEK | bein D, si BG | veqando Q 1 a quela G | 60. piena BGEKQT | 
di GEK I fel(l)e EGQ | d'axeto de sputa G, e d'axieto e di sputa G, e de sputa 
e d'aceto Q | 61. et a laj ella G | madré BGDEKQÏ | Les vers 662—64 man- 
quent dans E. 62. oy quanto è ella facta bruta P, oimè (or G) chom'è fat(t)a 
(juella boc(c)a (lingua G) bruta BGK | omè T | con F, cun T, como DQ | 63. la 
quale K | ai muti la lengua desilighi Q, ai m. la lingua dislega K, ai m. lo 
parlar donava F | la manque dans BP | lingua G | ai m.] a molti P | dislengua 
G, desligà G, deslignava B | 64. me GGK | muta] bruta G | 65. bocha] lengua G | 
chi P I 66. Moise K | a fazia a fazia F | 67. lege T, leggie G | quilli Q, quel(l)i 
BDP, quegli K, quei GF | che manque dans K [ erravano K | 68. questa è BGPQ, 
questa F | dogla D, doglia FGT, doU G, do P, voglia E | ch'el cuor (cor G, core 
P, mio chuor F) plu (più EG, manque dans FP) me (mi D, manque dans F) 
DEFGP I piui B, più GKQT | il GK | c(h)or BGQ | mi BGKT | straccia GK, stra- 
sia P I 69. no T | quel(l)a BGEFGKT | madré BGDEKP, mre Q 1 70. dolor] 
lo D I de E*G, di G, manque dans E' | dolore PQ | pare EP | par etc.] tuto el 
cor m'ayaza G | essere EP | fata manque dans KP | paça D, mata Q | 71. an- 
c(h)ora BPQ | inver BP | io manque dans BK | comença' a Q, comenzai a BGKPQ^ 
chridar F, gridare GK | 72. non enno P I quella E* | li orechie Q, che ^' 
rechie F | lascia K, manque dans FP | oimei K, oime Q, mei G, santé 
675) F I Les vers 673 — 75 manquent dans F (bourdon). 



44 A. Lindor. 

che aldir solea li anzoli chaiitare. 
D 179"^ 33. Oimè, ch'io aldo li falsi Zudei 

inzuriar iiio quele orechie santé ()75 

dizendo, vah qui destrins temjdum iJeif 
P!231*^ Q 144' 34. Non è quele dese chon chui lo infante 
E^ 14' Isniael exaudisti, o fiol mio, 

e poi Susana in le angustie chotante. 
F 23'' 35. La Ghananea che te chridava drio, 680 

tu la exaudisti pur, e mi topina 

tu non exaudi, anzi m*e fato rio. 

36. De audi adoncha e quele orechie inchlina: 

exaudi, exaudi, exaudi questa trista 

che mai de planzer per ti non refina. 685 

K 66'^ 37. Tu exaudisti anchora, dise el salniista, 

Ci 82'' lo povol tribulato che chridava 

a ti da chui ogni grazia s'aquista. 
B 140^ T lîr 38. O trista mi! chossi planzendo stava: 

tute le mie parole parea vane, 600 

73. che aldir] chusl odia G | oldire Q, audir E, iidir CK \ soleaii E, -evaiio 
P I ^-11 EK, i B I ansoli T, -},Moli C, -^^e\i DK, a^Mioli E | 7i. omè T 1 cli'i' CG, 
elle Q I oldo CQ, odo EGK | ^'li EK, i B | falssi D | can (diaiii G) zudei BG | 
75. iniurar E, -iare Q, in^Muriar CK, iiizuriare DP | mo] lui ora K, me G, man- 
(lue dans DP | recliie CQT | 7(). dizendo] die F | va B, va ha F, vath DET, 
val C, va(c)c'h GK, vade P, natus Q | que C | destruxit Q | 77. quello B, *le 
(juele F I esse G, Torechie E, manque dans CDFKPQT | cum Q, co G | qui P, 
hui (qui?) G, le quai F | li infanti Q | 78. exaudisti Ismael D | essaldisti K | 
liolo Q, -liolo P, -^'l(i)uol CK | 79. e manque dans C | po D | nelle K, in (le 
man(iue) Q, inl EGP | auguste G, pêne T | tante FP | 80. ;c(h)aninea CD(), 
chanania G | chi G, manque dans B | li CK, manque dans BET | ^ridava CK, 
guardava P'| drieto KP | 81. la mancjue dans G | essaldisti K | ma pur G | e 
mo C, me G, a mi P, oimè Q | tap(i))ina KP | 82. non] ne Q, no me G, no 
mi E, non me BP ] essaldi K | anci E, ansi C, mai ma P | m'e etc.] te volzi in- 
drio F I mi se' K, me si P, se' C | 83. dee E, die DT | aldi KP, oldi BGQ | 
doncha DEF, -qua Q, adonqua T, aduncha P, -que G, duncha K, -ciua C | e man- 
que dans G | rechie EFT I 8i. ex., ex. ex.] e de exaudir piazate F, essaldi, essaldi, 
essaldi K, exaudi, exaudi Q, exaudi et exaudi C | quel(l)a CEFKPQT | 85. che ornai 
D, la quai F | per ti de plançer D | di CK | pianger E, -e KQ, pianzer BCFP, -cer 
G I per te CEGK, mai F, manque dans P | no T | fina D, rapina (raffina?) G | 
8(>. essaldisti K | anchor CF | el psalmista dissi P | dice R | il CK, '1 R | samista G | 
87. il R I puovolo T, popolo DQR, -ulo EK, -ul BFP | tribulado G, -olato BCD, 
-olado T I gridava KR | 88. a] ver F ! te BCKR j onni E, ogna T, manque 
dans Q | s'aquiquista C | 8î). o lassa R | me CEGR, a me K | c(h)usi BF | 
piangendo CEFKR, -cendo G | 90. t. le m. p.] e i decti miei R | le] lo K | 
parean BCGÏ, -ien E, pare D, -(v)ano KPQR | tucti vani R 



Plainte de la Vierge. 45 

ma pur anchora de plu el domandava: 

39. fiol mio, non è quele le mane 
che destendeva el zielo chomo pelé 

e che fondô la tera e le aque plane. 

40. Oimè, chomo vezo destese quele, G95 F 24' 
chossi inplagate e fite su la chroze. 

Oimè, dolor, quanto tu m'e chrudele. Q 124^ 

41. Non è quele le mane preziose, D 179'' 
ch*el mondo tiene e ch'el zielo govema, 

oimè, chomo le vezo tribulose! 700 

42. Or doncha posa, o vertu superna, P231^ 
posa ch'el non se muove el to fatore, 

ne par che vita in lui plu se deserna. 

43. Anchor dir chomenzai chon grande ardore: K 280^ 
non è quili li piedi benediti 705 (E* 14^ 



91. ma non di meno ancora il d. R ! anchov BGF | di GK, da FP | più 
CDEKPT, piui B, poi F | il K, lo BP | dimandava BK, adomandava P | 92. fiolo 
Q, filiolo P, -gluol CKR I è| son BG, sono PR | le manque dans R | mano F, -i 
GKR I 93. che se P, che-cti R | destendevan B, -o P, disendeva G, stendeva R | 
il GR, al GP, lo F | ciel G, -o EGPQT | como etc.] pulite e belle R | si corne G | 
94. e manque dans DP | che manque dans R | fondor K, fundô G, fer R | la 
tera] li monti F | la(c)qua BEFGKPR | piane GKQT, el piane BG, el piano F, 
el mare E, el piano el monte P, e corpi humani R | 95. omè ERT | com'io G, 
ch'io F, che non R, manque dans K | distese veggio R | vegio BT, vezo io E, 
vidi io P, vedo oro F, vegho G, veggo K | 96. cusi BFG, ma R | impiag(h)ate 
BGEFKPQT, piagate GR | e manque dans G | ficte G, conficte R | in su DGKPQ | 
su la crocie G, dolorose R | 97. e giamai non peccarono di cavelle R | o mio 
F, omè BT | quanto etc.] più amaro cha felle G | m'ei EK, me sei F, me se' B ( 
98. que' non sono R j non son BG | quello E*, le tue R | man GG, -o E*F, -i 
KR I pretiose RT, -ciose GEF | 99. per chui il cielo e'I mondo si governa R | 
mundo P | tene GPQ | e'I GP, e che lo B | ciel GG | gouerua E' | 700. e simile- 
mente tutte le altre cose R i omè ET | vegio B, veço io Q, vegho G, veggo K, 
vedo F, vede (-'e'?) P | triholose GFK, -ulate P | 1. or doncha posa] dunche 
respose tu P, come puo' sofferir R | domqua Q, duncha E'K, -qua G, -que G | 
o possa D, puosa Q, poscia E, pensa BG | virtù R, -te B, vertute E', -de E*K, 
vu tute G I soperna D | 2. poscia GET, puosa Q, daspuo G, poi FK, po essere 
P, vedi R I che FGKPR | no DQT, più non F | si GR | move EQ, -a P, posa G | 
il GR I tuo GEFKPQR, suo B | 3. ni D, no T | vita par che in lui BG, par che 
in lui vita P, p. che in 1. ajuto F | illui K | plui G, piui B, più GEFKPT | si 
GKRT I dicerna GEGT, décerna DQ, discerna KR, zerna F, cerna P | 4. anc(h)ora 
BFPQ, appresso R | dir più K, a dire Q, di B, manque dans FR | cominciai 
GKR I cun P I gran G, -do F | ardire G, dolore P | 5. non sono BGPR | qui 
piedi queli (quegli E) ben. ET, que' p. queli ben. G, q. p. que' piè b. R, queli 
pedi queli b. D | quel(l)i BFP, quei G | pedi Q 1 benede(c)ti BGFGKRT 



46 A. Lînder. 

che andava sopra el mar per so vîgore. 

44. Oimè, chomo li vezo star afliti, 
T 20' Vnn sopra d'altro su quel legno amaro 

chol grave chlavo e groso eser afiti. 
F 24^ B 141' 45. Ma io te priego, o dolze fiol charo, 710 

se spirito de vita in ti se tiene, 

non eser de parlarme tanto avaro. 

46. Volzi qui li ochi e vedi le mie pêne, 
C82'' apri le orechie et aldi el grave planto 

de quela che tanto dolor sostiene. 715 

47. Ma tu se tanto aleniato e franto 
Q 125' dal gran dolor, che forse tu non sai 

chi è cholei che te invocha chotanto. 

48. Ascholta, fiol mio, ch'io tel dirai, 

io son, intendi, o fiol mio dolzisimo, 720 



6. andavan BKT, -m G, andavano PQ, andoro R | sovra DG, su per QR | 
el mare EGK, l'acqua R | il G, 'I B, Io KQ | mare DEK | per] chon BK, sanza 
R I suo GEFKPQ, lor B, Io G, manque dans R | vig.] errore R | 7. omè ERT | 
c(h)ome BGEGK, chom'io F, ch'io F | gli EK | vegio BT, -ggio ER, -gho G, -ggo 
K, -do FF I stare ER | af(f)i(c)ti EGKP | 8. l'uno QR, d'uno B, un GDET, man- 
que dans F | sovra DG ! al allro EK, al albaro F | in su GR, sun E | quello EP | 
amare F, amore G I 9. con grosso e aspro chiovo esser conficti R | con BDFQ, 
chon un G, cun F | grave e grosso chiodo Q | gravi BDFP | chiodi BP, chioldi 
F, chiodo EGK, clavi D, chiavo G | e gros(s)i BDFP | essere E, esse T | afflieti 
EQ, aflfritti K, afficlo G, conficti F | 10. ti GKR | prego GEFKPQR | o manque 
dans GGR | fiolo Q, -liolo F, -gluol GK, -gluolo R | charo] mio F | 11. spirto E, 
ispirito R, li spiriti Q | di GER, ad F | a ti F, in te GEGR | si GR, sen F | tene 
DEGFQR I 12. che di parlarmi non mi sia avaro R | di GQT | parlarmi GEGT, 
parlare F, parllare a me K | amaro GF, ai varo D, ai va T | 13. volgi BGEKR, 
volce Q, -ci G, -ta F | a me gl'occhi R | quigli E, quel(I)i GDFT, -gli K, quei BG, 
quel i F | vede Q, guarda F | 14. âpre Q | gl(i) KR, quelle F 1 urechi E, orec- 
chi KR I e manque dans G | oldi Q, odi GGKR, audi DEFT | il GERT, Io F | 
grieve R, graut D j pianto BGEFGKPQT | 15. di ER | chi D l tanto manque 
dans F | dolore F, dolor per ti F | sostene BGQR, sostine K, sustene D, se tene 
F I 16. ma so che-sse' dal dolor si affranto R | sei BFKFQ | aleviato E, alie- 
nato GF, leniato F, e an G | infranto F, affranto K, francho Q, stancho D, trito 
G I 17. che tu non puoi e forse che non sai R | del BDQ, grant D | dolore 
DKFQ, delor B | fors(s)i EF | nol K | 18. coliei T, quellei F, costei D, coste* Q, 
c(h)ostui (-iei?) BG | chi F | invocha ti F | ti GR, t' K | inboca F, domanda R | 
tanto DFFQRT | 10. se-ttu m'ascholti, tosto l'udirai R | filiolo F, -gluol G, o 
fiolo Q, o ftgliuol K, o fijol T | ch'eo Q, che FF, et G | tel] tu'l F, me F, man- 
que dans G | oldirai G, oderai F, saperai F | 20. sappi ch'io sono, figluol mio 
carissimo R, tu sei el mio filiolo dolz. F | io sun F, ora Q, io .sono CEK | me 
intendi G | figl{i)uol GKR, fijo D | dolcissimo GDEKF, dulcisimo Q 



Plainte de la Vierge. 47 

la trista mare toa plena de guai. 

49. Audi et intendi el mio dolor gravisimo; D 180"^ 
io son cholei la quai fo obombrata 

per ti da la vertute de l'altisimo. 

50. lo son cholei laquai fo salutata 725 F 25' P 232' 
da Tagnolo Gabriel e che respose, 

ecce andUa del Signor son fata. T 20^ 

51. Io son prinzîpio de le dolorose, R 66^ 
ogni grameza par ch'el chuor m'adentre, 

vedendo le tuo membre si penose. 730 E^ 15' 

Io son quela Maria trista e dolentre B 141" 

che te porto nuove mesi nel ventre. 

VIL 

(Capitulo sexto.) 

1. Quai è cholui, che par nel ponto estremo, 

o quel che strangosato par che sia, 

che a puocho a puocho revegnir vedemo, 735 



21. tua BGEFKP | piena BGEFKPQT | di GEGKR | 22. oldi GQ, aldi KP, 
odi BER I il CE I dolore EK | 23. sun F, sono R | quel(l)ei FP | la quale KPR, 
la qua Q | fui BFG, fu GKPQ | obonbrata BGFG, obrunbrata D, obumbrata 
EKPQR I 24. te BG, te figluolo R | de la DGQ, da R | vertu BGP, -de DF, 
virtù GKR | del sum(m)o altissimo BG | 25. io manque dans R | sono R | quel(l)ei 
FP I la qua Q, che GP | fui BK, fu GGPR | 26. da lo P | anzol G, -o F, an- 
zelo P, agnollo B, agnol T, agnelo D, angelo EQR, ang(i)el GK | Gabrielo E, 
G(h)abriello GR, Ghabrielo BG, Ghabriel T | e chi P, e si Q | rispose GK, -i G, 
rispuose R | 27. ece G | anzila B, ançilla F | del etc.] tua apparecchiata R, 
domini a quela fiada G | signore P, sengnor Q | sun FP, si D | 28. sono R, 
sun F I principio GDEGKPQ, prenzipio B | 29. perc'ogni grieve dogla il mio 
cor sente R, par che omne grameza in lo cor me entre P | graveza E, tristeza 
G I pare E | che T, che nel F, che al K | cor GG, -e E | me entre F, m'entri K, 
adentre D 1 30. vezendo G, veggendo R | le] li E | tue BKR, toe GP, to G, 
tuoi E I membri E, -a R, doie F | cossi P | Au lieu des vers 731 — 32, Bd porte: 
Io son Maria che ti portai nel ventre. 31. io sun F, i' sono R | trista e manque 
dans P, e manque dans GKR | dol{l)ente BGEFGKPQRÏ | 32. che nuove (nove 
GR) mexi te (ti R) porto (-ai GR) BFGR | ti GEKQ | portai K, porta (-à, -a'?) 
ET I nove GEKQT | mixe Q | 

33. Quall'è BG, Val'è E^ | quelui F, d'un flume G | chi Q | pare BDEP | 
nelo P I punto KQR, ponte EP | stremo KPR | 34. o] e P | quai F, quello PT | 
chi Q I strangosado G, -osciato GKR, -os(s)iato FP, -usato BT | che'l E | 35. che 
manque dans G | a pocho a pocho GDEFGKPQT | revegnire EQ, revenire G, 
rivenir R | videmo E^ 



48 A. Linder. 

Q 125^ 2. chossi aldando menzonar Maria, 

a pocho a pocho el mio fiol revene, 
e li ochi averse che chlusi tegnia. 

3. E vedendome si plena de pêne, 

FSS'^ CISS' la bocha averse chol bel dir onesto, 740 

e de parlarme plu non se retene. 

4. E bench'el non sia schrito manifesto 
zo ch'el me dise per alguna mano, 
imaginave ch'el dizese questo: 

T21' D 180^ 5. Per liberare lo povolo umano, 745 

o dolze mare mia, ve^ chlo son fato 

simclementre chom'è el pelichano. 
P 232^ 6. lo son, o mare mia, si pasionato, 

io son chomo tu vidi tanto aflito, 

non per lo mio, ma per l'altrui pechato. 750 

B 142'" 7. E de présente che questo ave dito, 

30. c(h)usi BF I oldendo DP, aldendo BT, audendo Q, udendo GKR, ve- 
dendo F | mensonar G, -çonare Q, -tionar K, mentoar DP, ric(h)ordar BGR, 
nominar F | 37. il EKR, lo F | figluol G, figl(i)uolo KR, fiolo P | rivenne GKR, 
rivieiie F | 38. e li o a.] apersi li ochi P | eli] alli G, li G, gli DER, i FQT | 
apersi Q, -e BEFKRT | chiusi GDEKPQRT, chiudi B | ténia DFGR, -ea BG, -eva 
KP 1 39. in quel punto maggior duolo mi venne R | e manque dans P | vedon- 
domi BFTBd | cos(s)i DEPQBd, tanto BGF, -a G | piena BGFKPT, piene Q, pena 
G, colma Bd | di GEFGK | pena K, malenconia P | 40. bocea E' | con lo D, 
cun Q I bello P | dire KPQR | 41. di GEGR, del P | parlarmi BDEGR, parlare 
PQ 1 più CEFKPQT, piui B, perô D j no D | si ER | riten(n)e ERT, retiene GD | 
42. bein D, bene R | che GER | no DT | s. m.] manifesto scripto Q i manefesto 
K, in manifesto P | 43. zio FG, ciô GEKR, quel BD | mi GKR | alcuna GFQ, 
-o K I mano] umano K [ 44. inmaginave DE, inmaginai PQ, io imaginava K, 
iniagnavi G, imagineve F, iumaginati B, imacinaze G, puoi ponsar R | cb'elo G, 
ch'el me BE, che mi R, che KT | dis(s)e BEG | 45. liberarne D, liberar F | 
el PQ, tutto'l R, dal D | popolo DQR, -ulo BGEFKP | um.] vano EF | 40. madré 
mia dolce R | dolze manque dans BG | madré mss. | mia manque dans GDKPQT | 
vedi BGDGKRT, vidi PQ | che Q, como P | sono R, sun F | fato] naturato G | 
47. simelmente BE4^Q, -ilemente GGK, al simel F, veracemente R [ com'è fato 
F, com D, como T, corpo (con lo?) P | il GKR, lo D, manque dans PQ | peli- 
cana T, pilichano B, publicano F, pulicano QR | 48. io] e G | sono GKRT, 
sun F I o manque dans BDGP | madré mss. | mia mancjue dans P, si manque 
dans R | apasionato F | 49. come tu vedi non per mio difecto R | sono (i, sun 
F I tu manque dans BK | vedi BGEFGKR, ve' ï | affritto K | 50. ma per, la 
menda de l'altrui peccato R | lo mio] mie mali F | mo G | Toltru' T, lo altrui 
K, altrui G, lo tuo P | pcccado C \ 51. di R | ch'eb(b)e questo RT | cpiesto che 
K. come questo P | (h)eb(l))c BGEFG, avete K 1 detto KR 



Plainte de la Vierge. 49 

io chomenzai lagremando parlare 
inver de lui chol chuor quasi finito 

8. e disi: o fiol mio, te pos4o dare 

algun remedio a la toa grande doia? 755 E^ 15^ F 26' 
De dime s'io te poso alturiare. Q 126' 

9. Et elo a mi: io vezo ben la voia 
laquai tu ai, o dolze mare mia, 

de darme alturio a la mia grave noia. 

10. Un sol remedio, o mare, me séria 760 
a la mia pena chossi aspra e forte; 

e fuor de quelo non vezo plu via. 

11. Pur che tu non savisti la mia morte, 

e ch'io non te sentise qui présente, T 21' 

tute le doie da mi séria schorte. 765 

12. El me fa pezo vederte dolente 

che non fa quela pasion ch'io sento, C83^ 

52. io manque dans R | cominzai F, conmenzai BF, incominciai R, minciai 
G I lacrimando FKP, lagrimando BGDER | a parlare FQR, parlarre K | 53. di E | 
quasi chol cor f. G, quaxi ch. ch. f. B, q. c. core f. P | quor R | quasi f.J molto 
costrecto R | Les vers 754—807 manquent dans D. 54. e] io G, manque dans 
F I disse EQ, di G, manque dans F | o manque dans BG | figliol E*, -gliuol K, 
ftgluol GR, filiol E', -o P I posso t'io R | ti GKQ | pos(s)o BQ | aidare G l 55. a. 
rem.] remedio algun F | alcuno P, alc(h)un GEKQR | rimedio GKR | tuo B, tua 
GEFKPRT I gran GGKT, -m Q, grieve R | dolgia B, dolia G | 56. di' s'io ti 
posso alchun conforto fare R | dee ET | dime, filiolo, se io P | s'io se te G, se 
te Q I ti GKR | olturiare T, altoriare Q, artoriare G, a(d)jutare GP | 57. egli R, 
lui P, el G 1 a me BEPR, mi disse G, me dise G | io manque dans R | vegho G, 
veg(g)o KT, veggio R, vedo P, ho F | bene R, manque dans G | volgia B, vogla 
R, voglia GEFGKPQT | 58. la quale P, che R | a' Q | o manque dans RT | d. m. m.] 
d'ajutarmi, madré mia R | madré BGEFGKPQT | 59. e che mi par ch'a-tte più 
c'a me dogla R | di GK | dare P, dar F, -mi GK | olturio T, altorio Q, ajutorio 
EFK, ajuto BGG | grave] gran T, -de BE«, -m Q, forte GE^FKP | noglia EGKQ, 
dolgia B, doglia G | 60. Solo un G, solo (un manque) B | uno PQR | solo KPR | 
rimedio GKR | o manque dans GPQRT | madré BGEFGKPQRT | mi GE«K, mia 
BE'F, ci R, gli P | saria FKR | 61. volendo mitigar mia pena forte R | c. aspr.] 
aspera cosi Q | cusi BF | aspera P, amara E | 62. e manque dans P | fuore P | 
di GEGR I quel QR, -lia BG | no BT, non ci R | vegio B, vedo FQ, veg(g)o KT, 
veg(g)ho GR, trovo P | più GEGKPQT, piui B, altra F | 63. o almen che non 
Bd I no T I sapesti BFGBd, sapessi KPR, savesti ET, savessi G | mia] tua P | 

64. e manque dans GPQ | no QT | ti GE*K | sentissi G | qui al pressente BG | 

65. le pêne mie altrove sariem torte R | dolgie G | me GEG | serien E, -ian Q, 
-o P, serenno G, saria F, -ebbe K | isscorte K, sorte P, tolte F | 66. el] che R, 
a B I mi BGFKR | pezio B, peg(g)io GGKR | a vederte BF, vederti GKR | 67. no 
RT I fa] me fa G, mi fa R | quela] la BGP, la gram R | passione P, pena R | sente P | 

Linder: Plainte de la Vierge. 4 



50 A. Linder. 

e plu m'aflize el tuo dolor la mente. 
R66^ 13. La grande pena tua, mare, e'I tormento 

Fâô"^ me fa datomo d'ogni doglia asedio; 770 

KSSl"^ perô, te priego, non far plu lamento. 

P 233' B 142^ 14. E poi ch'io no me vezo altro remedio, 

de vaten via, che*l to dolor repara 
le plaghe mie e famé asai plu tedio. 

15. Alora disi: oimè, legreza chara, 775 
Q 126'' oimè, che ben me se chonvien el nome 

Maria, plena d'ogni chossa amara. 

16. dolze fiol mio, ch'io non so chôme 
io me posa zamai da ti partire, 

oimè che sempre me chonvien dir ome! 780 

EM6' 17. Ma se pur tu non vuoi, fiolo, aldire 

lo mio dolor, quanto poso, te priego 
T22' che tu me fazi subito morire. 



68. e lo tuo core me aflize più la mente P | più GEFKQT, plui G, piui 
B I afflig(g)e CE, afligi Q, afligie B, aflice G, afifrigge K, affigge R | il GEKR | 
dolore E | la mente] e-llamento K | 69. madré mia dolce, il tuo grieve tormento 
R I e la P I gran tuo pena F, gran pena o P | gran Q, grave E | madré BCEFKQT | 
e il K, e-llo P | torm.] lamento F | 70. mi BGEKRT | fa] pone R | dintorno 
BFR I ogne P | doglia] pena PR | assidio P | 71. perch'io G, per ci6 B, po K, 
poi Q I ti GE«T | preg(h)o GEFKPQRT | fare P | più GEFKPQT, piui B, pui G | 
72. e puô G, da poi P, poi B, po K | che PR | no QT | mi BG, manque dans 
KPR I vedo BFP, veg(g)o GKT, ci è R | rimedio EKR | 73. dee T, manque 
dans FP | vat(t)tene FGKQ, vanne P, partit! R | via] quinci R | che'l] e'I P, e 
il K, e R I tuo BGEFKP, con R | dolore KP | questo R j ripara GEFKPR, -o B, 
-e Q I 74. al mio dolor, che'l tuo mi cresce tedio R | piaghe GE*Q, pianghe 
E», piage BFKPT | e manque dans GKPQ | me (mi K) fan(n)o KP | fami C | 
asa' QT | più BGEFKPQT, piui G | 75. alor F | dis(s)e EGQ, disse io P, dis'io F | 
omè EQT, come P, o K, ogni F, manque dans R | al(l)egreza BEFGKPQ, spe- 
ranza mia R | chara] è amara F | 76. omè EQRT, a mi F, or G | che be T, 
che bene R, vezo ben G | mi si GKR, mi se B, se me Q, ch'el me G | conven 
Q, -e EP I il GR, lo GP | 77. piena BGEFKPQT | d'ogne Q | 78. o] oimè BG, 
manque dans E | dolce GEK, manque dans BG | ftolo Q, filiolo P, figiuol GKR | 
ch'e' Q, io GP, e' G, i' R, manque dans T | como P | 79. io çamai mi Q | io 
mi BGGR, io P | da-tte giamai R | giamai G, mai F | te GG | partirme P | 80. 
tanto me tieni strecta per le chiome R | omè Q, manque dans P | mi BGK | con- 
ven E*Q, coven E', covien T, convenga P | dire P, di T | oime GEKP | 81. me 
pur, fiolo, se tu Q, ma se pur, fio, tu F | ma pur se tu BEGR | vul E*, vol G, 
vole P, vuoi E«F, voi B, vo' Q | fi(j)ol BEGT, figluolo GR, figliuol K, manque 
dans FQ | oldire GQ, audire T, udire GEFR, odirme P | 82. la pena miaBGQR, 
fiol mio E', ftgliol mio E* | dolore P | quanto più F, q. te P | i' te T, io te P, 
ti GEQR I preg(h)o GFKPQR | 83. mi E«R | faza E, fac(c)i GKRT 



Plainte de la Vîerge. 51 

18. Ben puoi morir, o dolze fiol, miego, 

ma tu non puoi morir, se mi dolente 785 F 27' 

la trista vita non fenisclio tiego. 

19. lo plango, fiol mio, non solamente 
la morte tua, ma plango la mia vita, 

si che dopio dolor lo mio chuor sente. 

20. Ma s'io potese pur eser unita 790 
tiego de morte, chomo io son de doglia, 
ogni mia brama poi séria fenita. 

21. Perché te vien, dis'elo a mi, tal voglia B 143' 
de morir miego, che tu sei cholei G 84' 
in chui chonvien che la fede s'archoglia? 795 

22. Lasa a mi sol sentir li dolor mei: P233^ Q 127' 
tu non ai fato quelo per lo quale 

la morte debia anchora tuorte a lei. 

23. Anzi son, dis'io, degna dogni maie 



84. morir puoi F | poi BGEGQT, posso P | o manque dans P | dolce CEKR | 
morire GEGKPQR | filiolo P, fiolo Q, figluol GR, mare T | mego EQ, mec(Ii)o 
BKR, tego P, mio G [ 85. che'l tuo morir F | poi BGEQT, puo' G, voi P | mo- 
rire EQ, manque dans P | si K, che P, senza F | me GEP, io KR | 86. la vita 
trista P, l'acerba vita R, più me acorerà, s'io F | no T, manque dans P | finisco 
GFKR, finirô P | tego EPQ, tec(h)o BGEKR | 87. i' R | piang(h)o mss. | filiolo 
P, fiolo Q, figluol GKR 1 mio manque dans T | no T | 88. morte] pena F | toa 
T, mia F | ma io KQ | piango BGEFGKQT, manque dans P | la vita mia K | 
89. che sarà con più pena c'or non sente R | che manque dans E' | dolore EPQ | 
el F I c(h)or BGEGQ, core P | 90. se io Q, si io G, se FP | potessi K, potessi 
teco R, podes(s)e FGPT | eser pur B | puro P, manque dans R | essere EPR | 
unita] venuta P | 91. tiecho P, tec(h)o BGFK, tego E, cosi R | di GEGR | como 
e' Q, chomo G, com'io T, com'i' R | sono PR, sun F | di GEGK | dolgia B, dogla 
G, pena R | 92. ongne P | brama] doglia Bd, dogla R | poi manque dans BKQR | 
sere' G, sare' K, sareb(b)e GR, serebe B | finita GEFKPR, fomita BG | 93. per- 
ché, diss'egli a me, vogla ti mena R | ti GFK, manque dans Q | vene P, ven Q, 
ben E | dis'eli G, disse lui P | a me BGEG, aimi Q, manque dans P | vogla G, 
volgia B I 94. di GGKR, per P | morire PQ | miecho F, mego EQ, -cho BG, 
-co KPR I se GGQR, sie' (si e' ?) P | quellei P | 95. in chui la fede sarà tutta 
piena R | la fede convien che G | conviene P, -vene Q | fè FK | se arec(h)oglia 
PQ, s'argoglia E, s'arcogla G, s'aricolgia B, se rechoglia G, se ricoglia F, s'aconci 
e racoglia K | 96. a manque dans GEFQR | sentire a mi P | me F | solo BEGP | 
sentire EPQR | gli EFKT, i BR | mei dolori T | dolori PQ | miei GKR | 97. facto 
EQR, fata G | quelo] c(h)osa BG, diss'io mal R | pel R | la qual(l)e BG, lo quai 
F I 98. tu debi sentire dolori tanti rei P, cos\ villanamente morir dei R | ancor 
te diebia (diedia?) G | debbe K 1 tuor anchor (te manque) F | anc(li)or BGKT | 
tuor G, tuorti T, torte BQ, torti GEK | da G | Hei T | 99. anci ET, ansi G, ma 
io R I sono B, son io G | degna, dis'io F | des'io B, dessa io K, dessa R, s\ G, 
manque dans P | degno P | ogno T | malle B 



52 A. Linder. 

F 27^ per Tonfesa de Dio ch'ai fata, a dire 800 

ch'io parturise el suo fiol raortale. 
T 22' 24. Ma tu, mia vita, ch'io vezo morire, 

in ti pechato zamai non avisti; 

doncha perché tal morte vuoi sofrire? 

25. Et elo a mi: se tu me parturisti, 805 

mortal tu no me flsti, ma si io, 
E^ 16' si che de zo a Dio non ofendisti. 

(D 180') 26. Per la obedienza ch'io tulsi da Dio, 

io vini al mondo e morir io vulsi 

per la sainte del povolo mio. 810 

27. Leze de morte dal mio Padre tulsi, 

obediente fin a queste pêne, 

ma tuta la chason de Tuomo chulsi. 
R 66^ B 143' 28. Eva dal serpe el veneno sostene, 
F 28' ma poi per moite zenerazione 815 

Q 127' per ti de fin a mi, mare, devene. 

800. per la BF, -lia K, pria G | of(f)esa BGEKPR, offensa Q | ch'6 fata a Dio 
F I di(-d)Dio GEK, a-dDio R, manque dans F | ch'o G, ch'i'ô BGKPT, chi è Q, 6 R ] 
fat(t)o EGK I a manque dans BGP | 1. che tu parturisti F | partoris(s)i GR, -ise 
B I il GEKRT, Io BG | figliuol suo K | suo] mio FR, manque dans BG | fiolo 
EFQ, figlo R, figluol G I 2. mi vita ES vita mia K, vita mea F | ch'eo Q, 
manque dans F | veg(g)io BR, veg(h)o GT, ti veggo K, vedo F, ved'i' F | 3. en 
T I te BGKR, manque dans Q | giamai GKR, mai F | avesti BGFGKF, hevesti 
E', aveste E*, sentisti R | 4. donqua DQ, -e G, duncha KF, -qua CT, -que R | 
tal (a tal F) morte perche FR | cotai Q | voi BFF, vol E, vui GGQ | sofrere C, 
sofreri Q, sentire R, morire F | 5. elli G, essi R, lui F 1 a me BGEKFR, a me 
disse G I si R, manque dans G | mi KR | partoristi BGT | 6. mortale K, morta 
F I tu manque dans FR | no QT | mi GE*T, manque dans E' | festi BGFGQ, 
festi mai K, facesti FR | ma] mo G | si] se Q | 7. di GEGR [ ziô BF, qo QT, 
ciô GEFR I o(f)fendesti BCEGKRT, onfendesti F | 8. per] et E | obedientia BF, 
ubidientia E, ubbidença R | ch'i' R, che KFQ | tolsi BGDEGKQR, toUesti F | 
9. al mondo io veni G | veni E'FQ, venni GE^KR | mundo FT | e] a R, manque 
dans G | morire FQ | com'io R, io manque dans KF | volsi BGDEGKQ, -e F, 
bolU R I 10. per salute di tuto'l R | de Io B | popol GDQRT, -ulo BEFKP, 
humano G | mio] rio G | 11. lece G, legie F, legge GR, luce (lecce?) F | di 
GEGR I da Io D, da P | pare T | tolsi EGKR, -e BQ, colsi Gï, tollesti F | 12. 
fin] fui BFGT, fui per fina F, in fino R | quela pena F, queste (pêne manque) 
T I 13. ma] e G, or B | chaxion BFT, cagion(e) GKR | da GEFKRT | omo 
BGDEFFQT | colsi FR, -e Q, tolsi GEKFT, vulsi B, suolsi G | 14. da Io F | el 
veneno] la vella(?) R | il G, Io G | venino F, velen G, -o T, velom D | sostenne 
KQR I 15. puo D I molta R | generazione DEFFRT, gienerazione G | 16. par- 
tito, a voi, a voi, madré, divenne R | te GE^G | di fin GE, do fin Q, de fina B, 
de fino G, in fin P, in fine K | me BGGK | madré BGDFKFQT, padre E | divene 
E, diviene G, veiie P | 



Plainte de la \ieree. 53 



c 



i9. O Eva. disio, quai ofensione 
avisli dal mio fio. o quai graveza, 
che tu fusti de soa morte cha>one? 

30. Oimè, che tu gustasti la dolzeza 8A) P i34' 
del porno, dolorosa. et io mo gusto C 84^ T :i3' 
ramaritudin soa chon gran grameza! 

31. Oimè, ch'io vezo sparso el saugue zusto D 181' 
del mio fiol, e per lo tuo pechato 

le membre flazelate el chaTO e'I busto. 8:î5 
3i. Perché non chognosisti el primo stato, 
perché chredisti al perfido serpente, 
stando chriata nel luogo beato? 

33. Vedi lo mio fiol obediente 

fin a la morte per le grande onfese 830 Fi8'^ 

de ti che me fa si trista e dolente. 

34. Vedi le braze sue tanto destese, 

vedi si flazelata la persona E* 16'(!) 

per le tuo mane che quel porno prese. 

17. Deva E | disse io Q | quale GEPR, per quale K | 18. avesli Bt^FGKPR, 
-e E I da B, da lo P, del E» | figlio FK, figlo CR, fiol D, fijol T, fiolo EPQ | 
o] e DE I gravetça R, greveça T, grameça DQ | 19. che di sua morte tu fosti 
cagione R ; tu] ti G, manque dans EF | fosti BDEGT | di G | sua GPQ, la sua E, 
la soa D i la chaxione FT, cagione CK, cassioue Q ] îàO. omè EQRT | guastasti 
BE'FPR I dolceza EK | 21. doloroso BEFGK, manque dans P | e mo io F, e io 
or R, ch'io P, e(tj io BGDEGKQT | agosto D | '2± Tamaritudûie BDEFGKPQR | 
sua BGEFGKPR | cun T | gran manque dans DKQRT | graveza Bl\ asprect^a R | 
^23. omè GEQRT, dime F | che (-'e'? io manque) P | vedo BF, -g(h)o GK, -ggio 
R, vio P I sparto G, isparto R, isparso K | il GE«RT, quel D | giusto KR, guslo 
G, iusto BEGPQ | 24. fiol(l)o BEFGQ, -liolo P, -gluolo GKR | e manque dans 
F I to GT I pechado G | 25. membra K, -nbra R, -nbre DQT, niente G | flagie- 
late B, fragellate KR, fa li late D | capo BGDEFKPQRT | e P | 26. c(h)ogno- 
sestu BG, cognos(c)esti GEFKPR | il GRT, lo Q | stado G | 27. e che GDFQ | 
chredesti BGEFGKRT | allô P | 28. siando FP 1 c(h)reata BGEFKT | in lo D, 
in P I loc(h)o GEGT, luocho D, longo P, lugo F | 29. viddi G, vête Q, io vedo 
F i el FP I fijol T, fiolo EPQ, -gliuolo K, -gluolo GR | obidiente Q, ubbidiente K | 
30. fino F, in fino K, fina BGPÏ, -e EQ | gran E\ -di R | 31. che-ttu faoesti, 
ond'io vivo dolente R | di te BGGK | chi Q, la quai F | mi GEK, ti me G | fai 
GE^GKP, faxe D 1 si manque dans BFG | 32. vidi P, vête Q | brac(c)ia GKR, 
braza P | suo F, soe E, sie (si è?) Q, sono P | distese BGGR | 33. vidi P, vêle 
Q, e R I si] cho è F, tutta R | flagelato DG, flagielata BG, fragellala KR, fra(;e- 
lata T, -llata P | la sua P, sua K | 34. per tua malvagia R | tue BKQ, to G, 
toe P, tuoe G, toi E | man BG, -i GK, -o R | che'l E'PR | quello BG, manque 
dans PR | pome R 



54 A. Linder. 

B 144' 35. Vedi sul chavo suo Taspra chorona, 835 

Q lâS*" vedi nei piedi un chlavo, per lo quale 

un dolor vien ch'el chuor no me abandona. 

36. Per saver, dolorosa, eT ben e'I maie 
chreder volisti a quel pravo chonseio 

T 23^ che d'ogni bel plazer te toise l'aie. 840 

37. Se desemuto ben avisti el meio, 
non besognava a mi de parturire 
chostui che del suo sangue par vermeio. 

K281^ P234^ 38. Oimè, che plu non so che posa dire, 

FSQ"" tanto era io plena de planto e de doia 845 

vedendo el mio fiol chossi fenire. 
D 181^ 39. Et elo a mi: de no me dar plu noia, 

C 85' de non te aflizer tanto, che tu fai 

a mi plu pena e a li Zudei plu zoia. 

.35. vidi P, vête Q | insul KR, su la F | c. suo] soa testa P i c(h)apo 
BGEFGKQRT | suo manque dans F | la] quela F | aspera PQ | 36. vidi P | nei 
suoi K, ne' R, in li P, entro li D | pedi PQ | uno BR, il CKRT, el P | chiavo 
CT, chiovo R, chiodo BEFGKQ, chiô P | lo qualle B, lo quai F | 37. mi viene 
dolore che mai no mi abandona R | uno B | dolore PQ | viene B, vene PQ, 
ven E I in lo cuor che me D | ch'al E | c(h)or BEGQ, core P | non BGEFKP 
manque dans DG | mi T, manque dans K | 38. savere Q, saper BEFGK, -e P 
il bene CR, lo bein D i et malle B | 39. vosti P, volesti BCEFGKT | quello P 
pravo] falso R | conselgio B, c(h)onsiglio EFGKQ, consiglo GRT, -siho P | 40 
d'ogno T I piacer CK, -e EGQR, -xer BF, -zere PT | ti BCE'GKRT | t.] volse P 
le aie DPQ | 41. se al miglore dato avesse di piglo R | dicernito C, deçernito 
F, -nuto DT, decernuto EPQ, discernuto BBd, -schernuto G | avesti bene P 
bein D, bene Q | avisi D, aves(s)i CE, avese FK, haveste Bd, avesti BGT | mel 
gio B, meglo GDT, -glio EFGKQ, mio P | 42. no T | bisognava GEFGKPR 
me GEKR | di CE | partorire CDR | 43. costu' DG | chel G | del] sparge il R 
suo] tuo B I par manque dans R | vermilgio B, -miglio KQR, -eglio GFGP, -eglo 
D I 44. omè EQRT | ch'io K, cho G, ch'i' R, manque dans FT | non più so K 
più e' non so Q, non so quel F | più GDEGPT, piui B | no T | ch'io GDFKR 
cho G, che più io P | posa più F | 45. io era P, er'io GDT, era GR | piena 
BGEFGKPQT | di GEGKR | planto etc.] doia e de pena P | pianto BGEFGKPQT 
di GEGKR | dolgia B, dogla G, doglo D, noia R | 46. vezendo G, veggendo R 
il GER I fiolo EPQ, -gluol GK, -o R | c(li)usl BF | tinire BGEFKPRT | 47. ed 
elli a me, perche vuo' pur ch'io moja R | el(l)i GG, lui P | me BGEGKPR | dee 
T I no QT I mi BGEFGK | dire Q | più GEFKPT, piui B, più in Q | noglia GQ, 
dogla D, -glia EKPÏ, dolja B | 48. dee E, die D | no Q | ti EKR | aflizere E, 
affïigere Q, afïiger GFKPQR, affrigger K | che] como D, c(h)ome BKP, con Q | 
tu manque dans BP | fai] dai R | 49. a me GKR, da mi Q, darme B | piui G, 
più GEFKPQR, piui B | pena] plena G | e manque dans DF | agli F, ai E*, a 
BGE'GKQR | Judei EG, Giudei GKR, Zudie F | piui G, più GEFKPQR, piui B | 
zogia P, gioia GK, noia R, dogla D | 



Plainte de la Vierge. 55 

40. De, liol mio, de mi f enchrescha omaî, 850 
dis'io a lui, per la toa pasione, 

che s*io sento dolor, tul vidi e sai. 

41. Nel testamento fazendo sermone 
ai disipuli tuoi lasasti paze, 

e a li apostoli persechuzione. 855 

42. Lo spirito tu lasi nele braze R 67'* Q 128^ B 144^ 
del Padre tuo, e'I chorpo a li Zudei, 

che d'eso ano fato tante straze. 

43. Al laro che dise: meme?ito mei^ E^ 16^ T24' 
tu disti el paradiso de présente, 860 F 29^ 
e poi lo inferno ai pechatori e rei. 

44. Qualuncha poi del pechato se pente 
tu lasi a lor la vera penitenza, 

si che zaschun del tuo legato sente. 

45. A zaschun lasi pur qualche exzelenza, 865 
et a mi, dolorosa, niente lasi 



50. dee ET | fiolo Q, -liolo P, figiol B, -gluol CKR | di me GGR, di te K, 
de non F, non P | te recresca T, rencresca E*, t(e) incresc(h)a BGFGKPR | 
ormai F, mai P | 51. disse io Q, dissi P, respox'io B i tuo BF, tua CEGKPQR | 
52. che io E», ch'io BFP | più dolor F, dolore KPQ | tu lo Q, tu el G, tu P, 
che F I vedi BCDEGK, fese F | assai Q, a (e i'?) sai D, mai F | 53. nello P | 
testamento tuo F | fac(c)endo GGKPRT, fecendo E, festi el F | 54. e ali F, ali 
BDPQT, alli G, agli K, a' R | dicipuli K, disipoUi B, dissipoli E», discipoli E«GT, 
-puli FPQ, discepoli GR | tuo' T, tu F, toi EGP i lasciasti KR | paxe G, pace 
GEKPQRT, la paze F | 55. e manque dans BT | ai G, agi' R | apostoli tuoi Q | 
56. e lo R I tuo FR, manque dans P | lasi etc.] al padre verace R | lasci K, 
lasse Q, lasiasti F, lasasti BGP | nelle E*KP | braccia K, braza P | 57. e'I corpo 
tuo lascerai a' Giudei R i to G | e lo D | corpo] torto B | a li] a' Q | Judei E*, 
Giudei G | 58. de quel F, adesso K, d'ello Q | elli ano G, è stato R | tanto P, 
ciascheduno R | stracce Q, -ie G, straza P, mordace R | 59. a lo D, a BG, a que' 
R I ladro BGDEFGKPQT, manque dans R | che mémento dise mei F, che disse 
a-tte m. m. R I 60. tu manque dans F | desti BGDE^FGKPQRT | il ET, man- 
que dans R I di GR I 61. po D, manque dans FR | l'onferno R, l'inf. BGEKQT | 
ali BDFPQT, a que' R | pec(c)ator BF, peccadori G, che seguito(?) R | rei 
BGFGPQ, e i rei R, e riei T, omei D i 62. qualoncha B, -unche FG, -unqua 
GE«QT, e a quai R | puoi D, poi che BG, adunche K | pec(c)ca GFP | si GR | 
parte D I 63. tu lasi] lassci (-ssa?) R | loro PQ, ciaschuno R | la vera] vera R, 
verace P | penetencia GT, -tia FP | 64. çascuno Q, ciaschuno G, ziaschadun B, 
ziascaduno P, ciasscheduno K, chi vuole R | del to P, de la tua R | ligato Q, gra- 
tia R I 65. ziaschaduno BP, ciaschedun K, çascuno Q, çascaun D, tutti R | 
lasse E | pur] per BGDEFGKPQT, manque dans R | quel che G, quache Q, toa 
P I excelentia EF, -cia G, -elletia T, sillentia P ! 66. qualcosa, e niente a mi 
doghosa lasi F | e dolorosa a mi E | a me GKR | dolorosa a été exponctué dans 
D I nulla BGR, mi G | lassi o dolorosa D 



56. A. Linder. 

vedendome qui star in toa presenza. 
P235' 46. fiol mio, se de sta vita pasi, 

chomo farô io trista, dolorosa, 

se li ochi de pietà ver mi non basi? 870 

47. Chi me de chonsolar, o tribulosa? 

Chi me de sovegnir a le besogne? 

Chi me de alturiar, o angososa? 
D 182' 48. Chi sera quel che omai de mi plu sogne? 

C 85^ F 30' Chi sera quel che abia de mi plu chura? 875 

Q 129' trista, plena de tute vergogne! 

B 145' 49. dev'io andar, o dev'io star segura, 

T24^ che dev'io dir omai, che dev'io fare? 

Oimè, perché la vita mia plu dura? 

50. fiol mio, stu me vuos chonsolare, 880 

67. vedendomi BEFKT | stare qui Q | stare GEKR | tua GEKR, tuo BF, 
to G I prexenzia B, presentia EFG | Les vers 868 — 70 manquent dans D. 68. 
fiolo Q, -liolo P, -gl(i)uol GKR | di K | questa KQ | passci T | 69. farà FR | io] 
o G, ho B, la FR, manque dans P | adolorata R | 70. si E | gli EKR, i FT | 
di EKR I piata K, pietate R ! inverso K, ver de P, a R | me KR | ab(b)assi 
CKQR I 71. or chi consolera poi la sconsolata R | che E | mi GK | dee K, die 
BFG I consolare EKPQ i tribolosa GFKT, trista dolorosa P | 72. mi GKR | dee 
E, die BF, manque dans R | sovegnire EQ, -venir GDG, sov(v)enire KP, socco- 
rerà R | a le] se mi R | besogni Q, besogna PR, bisogna F, -ae K, bisogne GD, 
-i G I 73. chi fia per me poichè mi avrai lasciata R | mi GK | die BFG, dee EK | 
olturiar T, altoriare KQ, artoriare G, ajutar BFG | o manque dans GGK | ango- 
siosa FGP, angostiosa GQ, -ustiosa DKT ] Le vers 874 manque dans P. 74. chi 
fia colui ch'a servirmi si pogna R | sarà BFK | quello BDK, quel G | de mi omai 
Q I ormai F, mai G | più de mi D | di me GGK, manque dans B | più GEFGKQT, 
piui B I sogni GK, -a F | 75. chi sera quel] veggendo R | sarà BFK | quello 
BK, quei G, colui P | abia] averà B, omai T, mai P, non abbi R | di GEKR | 
mi GKR I più GEFGKPQT, omai piui B, manque dans R | 76. o trista mi F, 
o dolorosa R | piena BGEFKPQT | di GE^FGKR | tutti E', tante D, tutte le Q, 
manque dans FR | vergogna R, vergone G, grameze ogna F | 77. o dev'io an- 
dare] o trista, piena de angostie G | o dove K, dove PR, u' G | dov'io ET, debbo 
R, deb'io BGDF, debbo io K, digo io Q, io P | andare GEKQT, ire R | o dove 
KP, dove R, u' G I dov'io ET, deb'io BGDF, debbo io K, dezio G, digo io Q, 
yo debo P, manque dans R | stare EKPQ, starô R | secura GFPQ, sic(h)ura KR, 
sigura DE* | 78. i' non so che mi dire, ne che mi fare R | che] que DET | 
dov'io T, deb(b)'io BDFK, diebo G, debo P, digo Q, debb'i' G | dire EQT | ch'ora 
mai P I (h)ormai BF, manque dans G | que DET | dev'io E, deb(b)'io BGDFK, 
digo Q, debo GP | 79. omè BEQR | dura più la v. mia K | la mia vita D, la 
vita G I più GEFGPQRT, piui B | 80. fijo T, fiolo Q, filiolo P, figiol B, figliol 
E, figluol GKR I se-ttu K, se tu DPQ, se BFGR | mi GKR, a me B | vol BE, 
voi FGPQ, vuoi GR, vui D, vo' K | ajutare R 



Plainte de la Yîeree, 57 



avanli che tu pasî de sta vita, 
rv<.*hordate de la toa trista mare. 

Vedi ch'io son per li quasi feiiita. 
Se la toa pietate no rae aita. 



(Capitulo septimo.) 

1. Ciomo per vento par che foia treme, 8^5 E^ 17' 
chossi me fa tremar le interiora 

la grande doia che nel chuor me preme. 

2. Chossi dizev'io penando tutora, 
chossi mi stav'io tuta persa e morta 

sperando aver da lui resposta anchora. 81H.> F30'' 

3. E lui, che sempre i miseri chonforta 
che a lui le toma chon verasia fede 

e che vera speranza siego porta, 

81. anaiici E. inaiizi KQR, inanti F | di K | questa KQ | 8i. agiulo.^miye 
a le mie peue amare Bd, la madré tua non dimenticare R | rio(liV^niati BC, -te 
G I tua CEFKPQ. tuo B. to G | madré BGEGKPQ | 83. vête Q | ch i' CR, como 
io D, che KQ | per ti io son K, quasi io sono (per ti manque) F | som Q | quaxi 
per ti F | per te EGRBd j finita BGEFGKPQR | Le vers 884 manque dans Bd. 
84. la pietate tua E \ tua CFPQR, tuo B, to G | gran pietà F, pietà GP, -de 
CDR j non BCEFGP | mi R, m* BGE | dà aita F, ajuta BDEGPQ | 

85. ome (l'initiale manque) CE* | foglia CEGK, fogla DR, la folia P, folgia 
B I tremi G, triemi R, trieme K, tréma FP | Le vers 88(5 manque dans R. 8(k 
cusi F I mi GKT | fa] par F | tremare KPQ | la P | interiore BGQ, 'nteriora (ent.V) 
EKT I 87. la ^ande] per l'aspra F, le gran P | gram Q, grieve R | doglie P | 
che ne T, che'l Q, che Io KR, che in P, che'l mio F | cor GEGPQ, quor R | mi 
GEKRT I prema FP, -o G, priemi R | 88. c(h)usi BF | dicendo Q, dis*io BG, 
disse io P, diciv'io(?) K | penada G, piangendo F, tremando R | tutta ora E, tuta 
hora P, tuttore R, a tutora F, a tute hore B, a tute Tore G | 89. cusi BF | me 
DPQ I stev'io F, stavo io (le copiste semble avoir d'abord écrit staro, puis il a 
rayé et corrigé; il est difficile de dire si la forme corrigée doit être stavo, stav'io 
ou bien stevio) K, stava BGR, stago P | tuta manque dans P | persa e] quanta 
BG, quasi R | perducta G, presa P, spersa Q | 90. spectando E, exspectando P, 
aspecctando R | aver manque dans KPR | de D | lui] ello P | anc(h)ore BGR | 

91. e quel G, ed el R, colui P ) clii K | li CDPQ, manque dans E | conforto G | 

92. chi EGQR | si Q, manque dans BGKR | cun Q | veraxia D, veraze B, -axe 
G, -ace GKR, la vera F, vera P | 93. e manque dans PQR | chi BKPQ | vera] 
bona F | speraça T | sego Q, sec(c)o GKPR, secho BG | 



58 A. Linder. 

P 235^ 4. inver de mi se mose, soa merzede, 

Q 129^ chol debele parlar, aflito e stancho, 895 

T 25'' si chom'è quelo che la morte vede, 

D 182^ R67** 5. e dise: mulier, tuto vegno mancho, 

(B 145^ le mie parole ornai serano plane, 

pero che morte za me bâte el flancho. 

6. Ecce filins tuus qui Zoane, 900 
C 86' a lui te laso, a lui te rechomando 

e lui per fio laso in le tuo mane. 

7. Lui te darà chonseio al to domando, 
lui sera to fiolo in luogo mio, 

F 31' lui sera sempre a ogno to chomando. 905 

8. chambio doloroso, alor dis'io, 
o chambio d'ogni doia e dolor misto 
a dar per uomo puro el vero Dio. 

9. Oimè ch*el chuor mio sempre sera tristo 
pensando che la vita mia non trado, 910 

94. enver E, e ver G | di me EKR | si CEKR | mosse ER, volse G, man- 
que dans G | sua GEKQ, sia (si à?) R, suo BF, cun grande P | marzede B, mer- 
cede EGKQ, excellentia P | 95. e con R, c(h)on BG, cun el P, con lo Q | de- 
bile GK, bel P, suo dolze F, un B, uno G, manque dans R | parlare GEGPQ | 
tanto aflito BG, assai afflicto R, affritto K | 96. si como PT, corne E | quel R, 
colui E', cului E* | la sua R | 97. e manque dans PR | mulier] dona P, femina 
R I tuto e' Q, ve' che F, io G | vengo GKP, devento F | a mancho G, biancho F | 
98. ormai F | saran(n)o FKPR | piane BCEKPQRT | 99. poichè la E, perche la 
BFG I già GKR, ormai F | mi GEKRT | al Q, il GERT | 900. écho lo fiolo tuo 
P I qui] ecco Bd, che qui R | Zuane] rimane R | 1. Giovanni, a-Uui R | ti GEKRT | 
e a(l)lui GP, e R j ti GEKT, manque dans R | ri chomando BEG, arichomando P, 
rac(c)omando GKR | 2. e lui a-cte ch'è tuo figluolo sarane R | figlio EFK, -glo 
DT, -gluolo G, filgio B, fiolo PQ | io las(s)o DEQ | tue BEK, toe GP | 3. colui 
P, e lie G, e R | ti EKRT, manque dans G | conseglio F, -seglo D, -si(g)lio 
GEKPT, -glo R, chonsilgio B | allô P | tuo BGEGKPQRT | dimando BGFGPQRT, 
comando D | 4. e lui G, e' R, lui te F I sarà FKPR | tuo BCEKPQRT, manque 
dans F | fi(g)liolo PT, -gluolo GR, -giolo B, -gliol F, -glio K, fio G | nel R | logo 
Q, -co EKT, -cho DG | 5. et lui B, et ello G, e' R | sarà FGKR | ad GFQ, al 
BG, a lo E I ogni CDFKPQ, manque dans BEG | tuo BGDEFGKPQR | c] domando 
D I Les vers 906 — 08 manquent dans R. 6. o] de F, manque dans Q | cangio 
Bd I alora DEPQ | dis(s)i io BP, disse io Q | 7. d'oni E, di G | dolor e doia DG, 
d. e dolgia B, doUore (doia e manque) P | 8. a dare KP | uomo (homo P) 
puro pel (per lo P) vero KP | il CE I i(-d)Dio BK i 9. omè QR | ch'el sarà sempre 
el mio chor tr. F | ch'el mio cuore (cuor T, cor GP) GKPRT | chuore B, cor EGQ | 
sempre manque dans D | sarà tristo KR, se atrista G | 10. pensando il cambio 
che m'ai lasciato R, vezando de ti, fiol, privado F | mia] via T | tarda KP, se 
tardo(?) D 



Plainte de la Vierge. 59 

poi ch'io te perdo, o dolze Jesù Christo. E^ 17^ 

10. misera, dolente, chomo io chado 
del lato destro nel lato sinistro, 

e de nobilitate in baso grado. 

11. Dando per lo disipulo el maistro, 915 Q130'^Ti25^ 
dando el mio fio e tuor lo mio parente, 

dando el Signor e tuor lo so ministro! 

12. quanto io chambio dolorosamente ! P 236' K 282' 
Ma non poso far altro poi ch^el plaze (B 146' 
al mio dolze fiol, che zo chonsente. 920 F 31* 

13. Zoane alor aperse le suo braze, D 183' 
planzendo inver de mi chon gran sospiri 

dizendo: Verzen, Dio te done paze. 

14. Tanto mi duol vedendo li martiri 

del mio maistro e poi pensando i tuoi, 925 
ch'el chuor del chorpo par che fuor me tiri. 



11. perdendote, figluol mio, Gesô Gristo R | poi ch'io] perché F | ti GKT | 
perd'io F | o manque dans D \ Gesô K | 12. omè, omè, caduta sono di stato R | 
e dolente EQ | chom'io GEF, co non T, como DP, ch(e) io BG | 13. de lo PQ, 
dal R, da BF | lado P, latuo Q | destro] ritto R | neo(?) Q, ed al R, a lo B, 
al P, in D, sul F | latuo Q | sinestro R, senestro BGFGKP | 14. veggendomi 
vilmente aver cambiato R 1 di GEK | nobilità G, -de FK, nobellità P, nobeltade 
B I im E I basso stado T | 15. per el G, il K, el P | discipulo EFQ, -polo GT, 
disc(i)epolo GKR, descipolo P, desipollo B | il GRT, pel K, per lo P | maiestro 
Q, maestro GFKR | 16. dar F, dandomi K | il mio ERTBd, lo m. GF, per K | 
figlo R, -glio ET, -gluol G, -gliuolo K, -ol(l)o BQ, -ol DG, -liolo P | et B, si P, 
manque dans G | tor(r)e EQR, tormi K, toglio P | el E«GPQ, il E^KRT | mio 
manque dans DGKP | parente] padre K | 17. dar F, dandomi K | il KRBd, '1 G, 
lo F I signore PR, se(n)gnore BQ, ministro K | et B, el E', manque dans G | 
tor(r)e KPQR, tuo' T | il E^KR, el BE*GPQ | suo GEFGQR, mio B, manque dans 
KP I mistro T, singnore K | 18. io manque dans FPR | canbio G, -mbio o P | 
dolorosamentre D | 19. ma io BDGKPQ | no DT | fare EPR, manque dans BG | 
poi ch'el te B, poi che R, po che D, poi ch'a lui P | piaze BFP, piace GEKQT | 
20. a lo F I fi(li)olo P, fiolo Q, -g](i)uolo GK, -gluol R | cho ciô E>, che a ziô F, 
che za P, cui K I 21. Giovanni allor coll'animo verace R | Çuane DT, Çiovanni 
G, Giovane B | sue BGKQ, soe E, manque dans P | braccia K | 22. piangendo 
EKR, -zendo BFP, -çendo GQT | inverso P, ver K | di me GEGKR | cun P | 
grant D | sospiro P i 23. dicendo GEKP, disse R | vergen T, -gin G, -e EK, 
vergene DQ, -zene BG, dolze verzene P, o virgo F, Maria R | idio BR | ti GKRT | 
doni BGDFKQR, dia P | pace GEKRT | 24. me P | dol(l)e EPQ, duol(l)e BGR | 
oldendo BG, veggendo R | gli EKT, i R i 25. del m. mestro Q, de le mie pêne 
P I et B, manque dans GR | po D, puô G, anchora P | pensando] de P | li D, 
le P I toi F, toe P | 26. ch'el cor GDEGPQ, che l'anima R | me pare P, par che 
R I fuora Q, for E, manque dans PR | mi EK, manque dans R | tiri] spiri R | 



60 A. Linder. 

15. Ma io te priego, Verzen, se tu puoi, 
C 86^ che tu te artegni de planzer arquanto, 

si che non chrescha plu le pêne suoi. 

16. Io trasi alora un tal schlopo de planto, 930 
ch'io non so chomo el chuor no me s'aperse, 
chludendome la faza soto el manto. 

17. Vedendo poi le mie pêne diverse 
T 26' Zoane lagremando ver mi vene, 

Q 130^ e per gran doia ogni sua forza perse. 935 

18. Poi dise: o Verzene, io m^achorzo bene 
EM8' F 32' del gran dolor che dentro el chuor te lania, 

e de le tuo angosose e forte pêne. 
B 146^ 19. Si che se questo te par chossa strania 

a far tal chambio, io no me meravio 940 

e seT tuo chuor e la tua mente smania. 

27. ti GRT I preg(h)o GEFKPQR | verzene BGP, -gine KR, -gène DFQ, 
virgen T, -gien G | stu DFR | poi GEFPQ | 28. tu manque dans G | ti BGRT | 
arteng(h)i EF, atengni K, aretegne Q, retegni G, ritegni R, reteni F, tieni B | 
di GKRT I piangere GEKQR, -zer BFPT | alquanto GKPQR | 29. si ch'el F | 
no I c(h)resc(h)an BGEK, crescano PR | più GEFKPQRT, piui B | li dolor R | soi 
DEFP, sue K I 30. e io levai allor tal grido e pianto R | tassi Q | uno PQ, 
manque dans K | tal] grando P | schiop(p)o BGEFK, sciopo T, sospiro Q, man- 
que dans P I di GEKT, chon B, manque dans P | pianto BGEFKPT | 31. chon 

F, chom B, c(h)ome GEKR | il GER | cor GDEGQR, -e P, cielo G, ziel B | no 
DQT I mi RT, manque dans BEG | si ERT, manque dans F | aperse B, schio- 
pase F I 32. chiudendomi BGEKRT, chujdendomi F, scondendome D, copran- 
dome Q | fatia P, faccia KR, facca G | soto al P, sofa B | il GRT | Les vers 
1)33—35 manquent dans F. 33. vedendome D, veggendo R | puoi D | mi E'T | 
pine E* | 34. Giovanni di dolor forte piangendo R, Zuane inverso de mi lacri- 
mando disse P | Canne Q | lachrimando G, lagrimando BGDKQ | inver D, verso 

G, ver de Q, dopo a K { me BEK | viene D | 35. queste parole inver di me 
proferse R | le gran doglie P | suo B, so T, soa D | aperse T, presse G | 36. 
Madré del mio maestro, bene conprendo R | e poi P | o manque dans BEGQ | 
virgo F, vergine EK, -gen T, -e DQ, -giene G 1 m'ac(c)orgo GEKT, m'acorsi Q | 
37. che non fu mai (mai in?) creatura humana R | grande P | dolore BEGKP | 
ch'el F I dentro al GEKQT, in Io P, tuo F | c(h)or BGEGQ, core P, manque 
dans D | ti GDKQT, me G, tuo P, manque dans F | lagna G, lagnia G, straça 
D, afrena F | 38. la dogla ch'ai nel core, ond'io m'accendo R | tue BEKP, 
tuoe G, toe GQ | angosciose GE, -sioxe B, -gosie F, -gustie KP, anges.se Q | forti 
G I 39. SI è che K, e F | se manque dans KPQ | ti GDFKR I pare P | strana 
KR, SI estrema F | 40. a-ffare P, di far R | talle P | io manque dans BFGQ | 
non BGFGR | mi BE^KT | meraviglo G, -veio BD, -eglio F, maraveglio E, -veio 
G, -vigl(i)o KRT, maviglio Q, mareveglio P | 41. c'a rispecto al tuo fiol son canna 
vana R | e manque dans P | sol G | to GT | c(h)uore BK, core GEP, c(h)or GQ | de 
la P I toa T, tuo BF, mia G, manque dans P | ismania K, schiema F, s'aconpagna P | 



Plainte de la Vierge. 61 

20. Ma poi ch'el plaze al sumo chonsio, 
che questo ordenamento fa de nui, 

tu sera' ornai mia mare, et io to fio. 

21. E chossi el me abrazava, et io lui, %5 P 236^ D 183' 
planzendo chon sospiri e chon gran guai, (R 07^ 
struchandose le man intrambi dui, 

22. Poi verso de la chroze li ochi alzai, 
là dove stava Io mio chuor afito, 

e vidi quelo che in ventre portai, 950 

23. si dolorosamente eser aflito, 
che quasi a dir non pareria posibele 

quanto era lui per pasion finito. F 32' T26v 

24. Za me parea ch'el fose insensibele; 

e chossi stando su Tora de nona, 955 C 87' Q 131' 
el trase uno grande chrido e teribele, 



42. mai P, manque dans R | puoi T, puô D, dappô R | che CK | piaza P, 
-ce CKRT, pace E\ piaxe sî F | altuo R | som(m)o BEGQR | consigl(i)o CFKPRT, 
c(h)onseio BD, -eglio EGQ | 43. abbraccioro l'uno l'altro con si gran guai R | 
(h)ordinamento BCFKP, comandamento T | fa] sia BFG, si faza P | di CK, fra 
B, tra G | noi GDEK, nu' Q | 44. che de la morte furono a periglo R | tu madro 
mia sarai F, mi te sara' omai madré G | serai GEPQ, sarai K | ormai B | madré 
BCDEKPQT I io] mi F | tuo GEFGKPT, tu Q | lilio P, figlio CEFGKQT | Les 
vers 945 — 47 manquent dans R. 45. et chus\ B, cusi F | e' K, el manque dans 
CP I me abrazoe F, m'abracciava CK | et io] ancho io G, e mi DP | 46. pian- 
zendo BE*FGP, -çando Q, -gendo GE'K | suspiri PQ | e cun gram Q, e P, e 
grant D | 47. strucandosi E, strenzandose PQ, strendenzi F, istringendosi K, 
sti-engendosi G | mani BCK, -e PQ | intrambe E, -nbe G, intrabi Q, infra nui P, 
intrame F, tramen K | due K, doi DG | 48. inver la croce poi gl'occhi miei 
levai R | e poi K | inverso D | de manque dans BK | i ochi Q, l'ochi ï | alcai 
G I 49. il R, el F I mio core GE, m. cor GPQ, figluol mio R | afïlicto CEP, 
aflito BD, smarito G, pendente R | 50. viddi G, viti F, vide Q | quel R | ch'en 
GT, che G, che nel R | 51. istar si appenato e s\ dolente R | dolorosamentre 
D I essere G | affritto K, affîcto P, transito G | 52. su quello legno si duro e 
terribele P | a dire BEQ, a dillo K, a dirlo F | par non F, bein D, mi R | pari- 
ria E, parebe B, paria R, poria Q, sia F, m'è G | inpossibile QR | 58. ma sallo 
il mio cor per la pena che sente R, quel corpo pretioso essere cosi finito P | 
quanto ch'eli era F, quanto ello era D i fenito Q | 54. che quasi a dirlo pareria 
possibele (cf. v. 952) P | ci mi parea già F | già GEKR, già'l B, çamai Q, e a 
D I mi GEKRT, manque dans Q | che EGKQR, el F | fusse K | insensibil(l)o 
DGKR I 55. et stando chusi B | e manque dans G | cusi F | in su (^GK, a R | 
di GT, de la PR | 56. el trase] mise R | un GDEFGÏ | gran E, -m Q, grant I), 
manque dans R | cride E', grido E'^FK, strido gravoso R | e manque dans G | 
ter(r)ibil{l)e DEGKRT 



62 A. Linder. 

25. dizendo: Ely, Ely, che tanto suona 

quanto Dio mio, io non so perch^el sia 

che toa posanza in questo m'abandona! 
B147' E^d' 26. Algun de lor dizea: el chlama Elia, 960 

vedemo s^el vegnirà a tuorlo adeso 

zo de la chroze et a portarlo via. 
E^ 18^ 27. El era si dal gran dolore feso 

e si desfigurato, o trista, ch'io 

a pena desernia s'el iera deso. 965 

P237' 28. Et in quela ora el dise: o Padre Dio, 

chon una voze forte et angososa, 
F 33' in manus tuas commendo el spirto mio. 

D 184' 29. Vardando questo io lasa, dolorosa, 

lui inchlinato el chapo mandé fuora 970 

del chorpo aflito Talma gloriosa. 
T27' 30. Or qui chomenza el dolor che m'achuora, 

quivi chomenza el planto grave e duro: 

57. dicendo CKPR | eloi eloi BD (cf. Marc. XV, 34), heli G | chi Q | tanto] 
chanto B | sona BEFGPQ | 58. quanto] quasi R | iddio KR | i' BFR, manque 
dans GKP | no DT | perché sia KQR | 59. che-ttu ai possanza, in questa mia 
abbandona K | tua GEQR, tuo BF | in questo] in tanto F, cosi R | 60. alcun 
GFK, alc(h)uno PQR, alchuni B | de 1. d.] dizea de lor F | di GEGKP, manque 
dans R | loro BDKPQ, Giudeo R | diceva R, dixe G | e' KR | chiama BGEFGKPQR | 
61. vediam E', -o K, vedeam ES veziamo B, vezam G, bedremo R | se KR | 
vegnerà E, vignerà DT, vignirà Q, venirà P, verra GK, vira F, vien G, deverrà 
R I tuor G, torlo PQR, toUo K | 62. ziô B, giô G, giù KR | et a] e(t) BDFGPT, 
per R I 63. egli K, egl' R, ello D, et ello B | iera F | del grande dollore si P | 
si] tanto F | del GE'P, de BQ, da R | gran dol.] ogni parte R | feso] ofeso F | 
64. si] tanto R | disfigurato GEK, transfigurato F, isfigurato R | o] si che B, e 
P, manque dans R | trista] lassa R | 65. ch'appena R | decerne(v)a DP, decer- 
nia EQ, discerneva KR, diserniva B, dicernia T, -ea G, cognosea F | s'il G, s'egP 
R I gerra D, era GEGKPQR | es(s)o FQR | 66. et manque dans FP | quel(l)ora 
BRT, quella (ora manque) D | el] e' R, manque dans GDP | iddio KR, mio BF | 
67. cun T I boce KR | et manque dans GDEFPQT | angosciosa R, -uslioxa 
DEFKPQT I 68. inelle mane tue P | tuas domine D, tua K | comendo] do F | 
il G, Io RPR, manque dans KT | spirito mio BGDEFGPRT, spiritum meum K | 
69. e vardando D, cosi guardando R, guardando BGEKQT, guardo P, e fato F | 
questo manque dans R | io] o EGP, ai F, hor B | laso mi F, trista P | dol.] 
doiosa F | 70. el R, Io P | inchinando G, inchinato BGEKP, inchinô F, chinô 
R I il GE, la R, manque dans P | capo] testa R | e mandô FR | di fuora F, fora 
ER I 71. l'anima PQR | glor.] gratiosa R | 72. o qui F, or qua P | comincia 
GKPR I il GKR, mi R, me P, manque dans T | achora BG, ac(c)ora EPR | 73. 
or qui BG, e qui F, qui KPQ, qua si D | comincia GKPR | il GKR, Io D | el mio 
grave pianto F | pianto BGEGKPQRT | grave] gramo P | 



Plainte de la Vierge. 63 

o dolorosa morte, fa ch*io muora. 

31. Za era fato tuto el sol oschuro 975 Q 131^ 
per non veder del suo fator tal moto, 

e tuto Taire parea fato arzuro. 

32. Poi chomenzô un grande teramoto, 
et in el templo anchor se fese el vélo 

tuto quanto de sopra in fin de soto. 980 

33. Le piere se sfendea, si che per quelo B 147' 
e vedendo altri signi chon lor viste, C 87^ 
tuti chridavan chon le man el zielo ; F 33^ 

34. batease el peto chon le mente triste. 
Vedendo zo, dise el zenturione: 985 
vere filius dei erat iste. 

35. Alora disi: oimè, per quai chasone. 



74. o gloriosa morte K, dicendo morte R | chio] ch'e' Q | mora BEGPQ, 
tosto mora R | Les vers 975—77 manquent dans D. 75. Già era tuto el sole 
obscurato F | già BGEKR 1 iera B | tucto GR, manque dans BKP | il GRT 
sol(l)e GEKPQRT, ciel G, zielo B | obscuro GEP, tutto oscuro K, ischuro R 
76. no T I vedere EKQR | de Q | so PT, sol F | fattore EK, signor T, manque 
dans F | 77. e tuto arsuro Taire fo fato F, entenebrato l'aiere ch'era puro R | 
e manque dans K | aiere BQ, aère GKP | era facto P | azur(r)o BGK, scuro EQ, 
buro P I 78. e poi appresso venue un gran tremuoto R | po Q | cominciô GEK, 
conminzô F, comenzà P | uno BP | grando P, gran GGK | terremoto EP, -muoto 
K, taramiote T, taramoto BGF | 79. el vel del templo ancor se averse el cielo 
D I et manque dans GP | in nel GT, en(n)el EQ, nel GK, in lo P, del R | tem- 
pio GFKT, -npio BP, tempo G | ancora KQ, e anchora P, allor R, manque dans 
E I tuto se G, si GEKRT, manque dans P | sfese F, sfendè G, fosse P | il GKT, 
tucto il R, manque dans GP | valo G, quello P | 80 sicchè l'uno lato da l'altro 
era rimoto R | quanto de sopra] da la suprema parte F | di GEGKT | in sin K, 
fin BFGP I di GKT | 81. piètre BGFKPRT, petre E, prede Q | s\ se P, si GKR | 
sfende(v)ano BDG, -ean E, -an Bd, fende(v)ano PQR, -ean GT, -eva K | si etc.] 
a telo a telo R | si che manque dans G ] 82. e manque dans GDF | venendo R, 
vedendo li P | altri] algun tal F | segni GFGKRT | cun P, co- K, e R ] -llor K, 
loro P, le lor DQ, cose R | miste GKR, veste P | 83. vere filius erat homo iste 
(cf. V. 986) D I tucti R, molti E | c(h)ridavano BEQ, gridavano KR | cun P | 
mane EP, -i GKR | a GRT, ad G | ciel(l)o GEKPRT, ello G | 84. bateanse DET, 
-si G, battiensi R, battendos(s)i KP | il R, lo DQ, li P | peti T, pecti P | e con 
F, cun P, co- K I menti R, mane BEP, man G | 85. vezendo G, veggendo R | 
ciô GEKRT, quel che F, questo P, manque dans G | il GRT, manque dans FGKP 
centurione GDEKPR, -orione Q, cinturione T | 86. vero P | filii B, filiolo P 
dei] de Dio P, manque dans D | era P | homo iste DE, questo P | 87. alora disi] 
oimè morte BG | dis'io F, disse EKP | omè BQT, omei D, yo P, corne e R | quai 
forte J) I c(h)axone BDGQ, caxione F, casione T, cagione EKR | 



64 A. Linder. 

K282^ anima mia, fuor del chorpo non vai, 

E^ 19' avanti cha portar tal pasione? 

P 237^ E^ d^ 36. Tu trista chol dolor chombati e stai, 990 

T 27^ e chi plu chon la morte se chombate, 

plu duramente muor et a plu guai. 
R67^ 37. Poi disi: o morte senza pietate, 

apri cholei che tanta doia mena, 
Q 132' e che chotanto a le to porte bâte. 995 

D 184'' 38. lo t'ai tanto chlamata in questa pena, 

anchor te chlamo chon dolze pregare: 
F 34' aldi cholei che è d'ogni dolor plena. 

39. Tu sola, morte, me puoi chonsolare, 

tu sola sei cholei de chui io spiero, 1000 

tu sola sei che me puoi alturiare. 
B 148' 40. Tu sai ben, morte, ch'io te dicho el vero, 

io t'ai pregata asai, s'el t'arichorda, 

che tu me fazi questo refrizero. 



88. o anima mia CDQT, anima trista P | perché fuora F, fora PQ | del 
corpo manque dans F | perche non P, no T | nai E* | 89. avante E, inanzi BK, 
-si G, -ci R, nanti F, nanci G | che GDGKPQRT, ch'io F | porta F, -re GER | 
cotai P, tanta F | 90. Gol corpo mio tu pur conbati e stai F | con ER, cun P, 
cum lo Q I dolore EP | c(h)onba(c)ti BDRT, cunbati P, manque dans K | 91. e 
qui cun la morte cunbate più P, chi sempre con la m. più conbate F | plui G, piui 
B, più GDEKQÏ I cum la T, col(l)a KR | 92. plui G, piui B, più GEFKPQRT | 
duram entre D | more BEG, -o P, dura R | ed R, manque dans G | ai G, con F, 
cun P I plui G, piui B, più GEFKPQRT | 93. Dis'io, o morte, poi F | dis(s)e 
BGEPQ I o manque dans BEGPR | sanza K, che n'ai tante R | pietade GDG, pia- 
tade FK, facte R | 94. âpre E | quelli P, a colei BEFK | dogla DR, dolgia B | 
95. e che] chi PQ | cotante E, tanto GKQ, si spesso R | la R | toe PQ, toi E, tuo DT, 
tuoe G, tue BK, tua R 1 porta R | béate E* | 96. V R | t'ô BGFGKPR | chiamata 
tanto PQR, ch. t. F, clamata t. D | chiamata BGEKT, -ada G | 97. anc(h)ora PQ, 
e anchor F, ti GEKQRT | chiamo BGEFGKPQRT | cun P | dolzi P, tanto BEG | 
priegi P, clamore T | 98. oldi Q, odi EGR, audi BGFKT | quella P | ch'è 
GEGKRT I ogno T, tanto B | dolor] doglia F | piena BGEFGKPQRT | 99. tu 
solamentre me D | mi GKR | puo' DG, poi BGEFGKPQ | Les vers 1000—02 man- 
quent dans F. 1000. sola manque dans Q | si D, se' GGKRT I coliei T, quelei 
P I di EKR, da BGG, in P | chi P | spero GEGPQR, più spero K | 1. sei P, si D, 
se' GGKRT | quellei P | che-mmi K | chi Q | mi BGRT, manque dans G | puo' G, 
po' D, poi BGEPQT | altoriare K, artoriare G, ajutare BGR | 2. sa' DK, sei P | 
hein D, manque dans P | ti GEKRT, t'a B | dito'l B, dico il GEKR | 3. i' R | 
t(e) ô BGEFGKPQR | pragata F, pregato DGR | se KR | ti GEKRT | recorda D, 
ricorda GEGKQRT | 4. mi GEGKRT | fac(c)i GEKQR | quello G, tanto de F | 
rifrigero E, -ggero GK, -gerio T, refrigerio DGQ, -ggero R, -zerio F, refrizierio B 



Plainte de la Yiei-ge. 65 

41. Tu fusti, chrudel morte, tanto ingorda 1005 
de fanne del mio fiol chasa e priva, 

et a mi trisla te mostri si sorda? 

42. Non temer mia femena chativa, 

non temer quela, che per gran dolore GSS' 

quasi spirito in lei non è che viva. 1010 T28' 

43. Tu non temesti a tuor el chriatore 
del zielo e de la tera e d'universo, 

e temi quela che non a vigore? 

44. Dov'è'l tuo grande forzo e si diverso? 

Dov'è la tua posanza e la baldeza? 1015 P 238' Q 132^ 
Dov'è'l tuo argoio? Chomo Ta tu perso? F 34^ (E^ 19^ 

45. Chossi mi stava plena de grameza, 
e quanto plu me lamentava a lei, 

plu la trovava plena de dureza. 

46. Pensate questo, o pechatori e rei, 1020 D 185 



▼ 



5. fusti GP I o chrudel F, manque dans PR | morte si erudele e *ngorda 
R I 6. di CK, a R I farmi BGQT | el mio P | figluol G, fîolo FPQ, figl(i)o ER, 
fijo T, fio B I 7. de, io ti priego che mia vita morda R | me GK | lu te F, pur 
te BG, p. ti E I ti GKT | monstrasti P | si manque dans BEGP | sorda] orda F, 
gorda D, ingorda Q | 8. no D | temere GEKQ | d'una R, a una T, la P | femina 
GKR I chativa] misschina K | Le vers 1009 manque dans P. 9. a la tua porta, 
piena de dolore R | temere KQ | grant D, gram Q | dolor F | 10. spirito in lei 
non è quaxi che viva F | sicchè ispirito R | spirto G | nonna illei K, non è in lei 
R I liei T I non a GEGPT, no an Q | 11. tu manque dans D | no T | temisti Q | 
a tuor el] a lo tuo D, del tuo R ] tor(r)e KQ, tollere P | il GE, lo F | c(h)reatore 
BGE^FGKQR | 12. e del R | ziel F, ciel(l)o GDEKPQRT | et tera B, in terra G, 
manque dans R | e(t) del(l) un. BDGKPQ, e di tutto l'un. R, e tuto l'un. F | 13. terne 

E, time Q | no T, manque dans K | vig.] valore R | 14. il GEKRT, lo D, la P | 
suo Q, tua p I grave G, gran FRBd, grant D | (i)sforzo EK, inforgo GQ, riforzo 

F, forza P, poter Bd, podere R | e riverso P | 15. che mai a creatura non per- 
dona R I il E, el BG | tuo BEFG, toa T, sua Q | grande possa P, poder H, -e G, 
potere E | la boldeça T, baldanza P | 16. il GEKRT, lo PQ | to G, manque 
dans F | orgoio B, -glio GE, rigoio F, -glio K, altorio Q, gran regno P, ferro Bd | 
e como GP, chom D, dove R, che E, ch'el par F | l'ai tu GEKRÏ, l'abi F 
sperso R I 17. perché a questo punto m'abandona R | cusi BF | me P, m'6 F 
stava io Q, stavo io K, stav'eo ES -'io GE^T, sto yo P, sta tu (<stav'i?) F | 
piena BGEFGKPQT | di BEGKT | gram.] tresteza G, tristeza B | 18. quanto) 
come R | più GEFKPQRT, piui B | mi BGEKT, m' R | lamentavo K, lomentava 

G, accomendava R | liei DT | 19. più paria schifa de la mia persona R | plui 
G, piui B, più GEFKPQT | piena BGEFKPQT | di EGK | 20. pensati P | questo] 
quanto P, manque dans R | o manque dans G | peccator FP | o rei T, rei FGPQ, 
malvagi e rei R | 

Linder: Plainte de la Vierge. 5 



66 A. Lînder. 

quanto che'l mio fiolo è stato fervo 
a redemerve, e dite miego omei. 

47. Non se desdegnô a tuor forma de servo, 
B 148^ anchor per vui portar morte si dura, 

che tuto è flazelato l'oso e'I nervo. 1025 

48. A dir poi questo par chontra natura: 
che vita porte de morte velame, 

e che la luze deventase oschura; 
T 28^ 49. a dir che'l pane vivo avese famé, 

a dir che la vertute s'enfermase, 1030 

F 35' e'I vivo fonte per sete aqua brame ; 

50. el redentor poi vender se lasase, 

e de si insteso a Dio far sachrefizio, 

a zo che l'uomo se zustifichase; 



21. quando BPQ | che manque dans BGFGKPR | il GR, lo BDFG | fiol(l) 
BDFG, figluolo R, figlo a vol G | st.] facto GP | fermo D, ferro (ferio?) P, servo 
BKQ, fervente (après correction dans F, le copiste ayant d'abord écrit ferito) FT | 
22. a voi, e quanto a me fa dire omei R, humiliative mego e dite oime P | 
red(d)emirvi BK, -ve GF, remedirte T, redirmi G, redunirve E, redonirve (le co- 
piste avait d'abord écrit redemerve) F, ridemerve Q | e manque dans Q | dit'ame 
(dite aime?) chun mei G | 23. sdignô Q, disdegno GR, desgnô B | a] de T, di 
K, manque dans G | tor KPR, tore GQ | di BGFKR | 24. anchora più per por- 
tare P, né di portar per voi R j ancho F, unchor E' | voi GEK, noi D | a portar 
B, porta tal G | morte] pena BEFG | si manque dans BG | 25. cli'a fragellata 
carne, ossa e nervo R | tuto] tu G | si è B, è manque dans GKPT | flagelato 
DEFGQÏ, -giel(l)ato BG, fragellato K, affrazellato P | l'osa G, e polpa F | e el P, 
e BE'FK I 26. e questo par che sia contro a natura R | dire PQ | questo pare 
poi P, poi questo (par manque) D | poi] per B | questo] che K | pare EQ | Le 
vers 1027 manque dans P. 27. che'l porti vita F | porta BG, -i GKR | di KR | 
vellame T, solame F ) 28. e manque dans KP | luxe F, leçe D | doventase BD, 
divenuta sia R | sc(h)ura PR | 29. e a B j dire Q | che chi a P | pan DKT, pena 
P, padre B | vivo etc.] e'I vino an sete e famé R | vivo manque dans P | 30. 
a] e K, ma T I la] somma R, manque dans P | virtute E*QR, -tù G, vertu P, 
-de GFKT | se manque dans KR | infermas(s)e BGDFKQT, conformasse P, inferma 
fasse G I 31. e ber l'aceto con sete e con brame R | a dire ch'el P, al G, e il 
K I vivo] mio G | per] di K, manque dans P | sette E, sede T, manque dans P | 
aque F | brami GK | 32. el] e i K | redemptore BE, redento F, -re GK, criatore 
P, conperatore R | po D, manque dans P | vendere EKQ, veder FG, -re P | si 
GEFGKR I lasarse F, lasse P | 33. e Dio] e iddio di se a-ddio R | di GK, d' G | 
se BEKP, eso G, essi G, lui F | enstesso T, intesso G, isteteso K, stes(s)o EF | 
fare PQ | sac(h)rifizio BGEFGKPQï, sagrifitio R | 34. ac(c)iô EKRBd | che] più 
Bd I l'omo BDEFQ, manque dans P | si GKRBd, queri F | giustificasse RBd, 
iustifîchase DEKPQT, -rse F 



Plainte de la Vierge. 67 

de doncha, ornai lasate star el vîzio, 1035 Q 133' 
e clîognosete tanto benefizio. G 88^ 

IX. 

(Capitiilo octavo.) R 68» 

1. Spandi la luze tua verso oriente, 
spandi i tuoi razi, o sole, e poi te zira 
ad aquilone, ad austro e ad ozidente. 

2. Anonzia ad ogni zente che désira 1040 P 238^ 
talora aldir qualche strania novela, 

el gran dolor che fuora el chuor me tira. 

3. Anonzia in ogni parte ch'io son quela B 149' D 185^ 
che per gran doia a perduto ogni senso, 

e che mare de planto omai s'apela. 1045 

4. Questa è la doia, o trista, quand'io penso F 35^ 
che i mazi, quando el mio fiolo naque, T 29' 
vene chon oro, mira e chon inzenso, 



35. Pour les vers 1085 — 36, P et Bd portent un seul: Donqua lasciate hormai, 
lasciate il vitio Bd, Porto i)ena perché sua vertu monstrasse P | tlie D | donqua 
FQ, -e G, dunqua C, -e R, -ca K | lasate omai Q | ormai F | stare E'QR | il CKR | 
vitio CKR, vicio T | 30. cognoscete EG, -sente T, -siti Q | benefitio T, -ficio F | 

37. Spande E', s Pande E« | luxe F, luce CKR | tuo B, toa GQT | l'ori- 
ente FF I 38. spande E, ispandi K, e spandi Q | li DPQ, manque dans BG | 
raggi tuoi R | toi EPQ, tuo BFGT | radi DQ, -ii BEKT, raggi C | o sole etc.] 
verso oriente T | o] e F, manque dans GPR | sol GFGR | po DK | ti CEKR | 
gira CEFKR | 39. aquilo B, -n C | a DPQ, manque dans F | austrio C, ostro 
DP I e a CDQT, et (a manque) BEFPR, manque dans G | oc(c)idente GDEGKPQRT | 
40. anontie P, -tia D, a(d)nuntia EFT, an(n)uncia CGKQR | a DQRT, manque 
dans G I onni E, la R I gente CDEFKR | disira E«RT, desidera KP | 41. taie 
(h)ora EK, talor R | aldire BK, oldir GT, audire EQ, udir F, d'udir R, manque 
dans P I qualche] quai E | strana KR | 42. el] Ço è el D, lo CEFKT, quella R | 
grant D, gram Q, manque dans R | dolore BEKPQ, manque dans R | ch'el cor 
for C I fora EP, fuor DF, fuo e (fino?) G, fuor del corpo R | il R, del F | 
cor GDPQR, -e E | mi tira BGEFKR, m'entra G | 43. anontie P, an(n)untia 
EFGKQRT | in] ad P, a D | ogni] tutta EK, tu(c)te CT | che mi P, che Q | 
44. che per-lla K | grant D, gram Q, manque dans R | doglie F, dolore R | 
pers(s)o BDEKPQT | onni E, ogne P | senno Q | 45. e manque dans P | madré 
BGDEFKPQRÏ | di CEKRT, del DGP | pianto BCEFKPQRT | ormai F, ch'ormai 
P I 46. questo F, quela G | si è la B, è'I F, manque dans P | jdolor F | o manque 
dans CP | quant'io (-tio?) D, quando CGT, quanto me P | 47. che U D, che P | 
magi BGDEFKQRÏ, mai P | il CERÏ | figliuolo K, figluol GR, fiol BDFG | 48. 
venner E, -eno P, veneno Q, venire R | cun PT | mira oro F | auro BGEQT | e 
mira Q, con mira R | e cun T, e(t) CFP | incenso GEGKPQRT | 



68 A. Linder. 

5. da la stela chonduti, chomo plaque 

al Padre suo, de lutane chontrate 1050 

per adorarlo, e zo David non taque. 

6. Li agnoli chantava per pietate 
glo7i>a in excelsis Deo, et in terra paze 

Q 133^ a li omeni de bona voluntate. 

K 283' 7. A li pastori poi Tanzol veraze 1055 

dise: io ve anonzio gaudio, ch'el è nato 

lo Salvatore, e nel presepio zaze. 

8. Lor vene e si*l trovô in pani infasato, 

poi retomô, fata soa reverenza, 

dizendo sempre: el Signor sia laudato. 1060 

89^^ F 36' 9. E li anemali aveva chognosenza 

tanta, ch'ei chognosè el suo posesore, 

et adorava lui in mia presenza. 

49. conducti Q, -docti R | 50. di GKR | lutan P, luntane Q, lont(t)ane 
BGEKT I contratte T, c(h)ontrade BGDEFGKQ 1 51. adorar D, adoral(l)o FK | 
de zo P, a ço Q, e di ciô K, unde F | no D, tanto P | 52. gli EFKRT, e li P | 
angioli GR, -zoli FGP, -geli EK | c(h)antavan BE'T, cantavum E*, -vano DKP, 
-tano F, -tare R | perj con R | pietade BGF, piatade GK, biatade D, umiltade R | 
53. egelsis K | Dio D | pace GEFT, -xe G, pax KPQ | 54. agl(i) EFRT, manque 
dans K | uomeni R, hominibus K | di GR, cum K | buona KR | voluntade FGQ, 
-ontade BGDR, -ontà K, -untà P | 55. e a li pastori Tanzolo F | poi etc.] de bona 
voluntade G | lo P, li B, gli K | ançel T, -gel QR, -o E, -i K, agnoli B | veraci 
K, -ce R, li aperse P | 56. li anzoli dise G, annuntio e' disse P, dissono K | 
io manque dans FP | ve manque dans GP | an(n)untio EKQT, -cio GDGR, -zio 
F, manque dans P | galdio K, manque dans P | ch'egl(i) è KR, e ch'el è P | 
57. el DKPQ, il R | Salvador BFG, -e KR, -tor G | e] che P | in lo DP, in nel 
G I prexepio B, -cepio E, persepio F | zaxe P, iaze BG, iaçe D, iace GEKQT, 
giace R, -ze F | 58. loro BQ, manque dans GPR | venner R, -oro K, venero F, 
-uto Q, manque dans P | e manque dans PQ | sl-llo K, eli lo P, manque dans 
BFGR I trovè Q, trovôlo BF, trovâlo G, -arlo R, trovoro P, -oron K | nei G, 
negl D, con R, manque dans F | pinni K, manque dans F ! infasciato E, -siato 
BF, fasciato GKR, fassiato P, fazato G | 59. retornareno P, ritornô BK, -ar R, 
-on G I suo B, sua GFKPR, lor G | 60. sempre dizendo BG | dicendo GEKR, 
dicando P | sia lo signor F | il GEKR, lo P | segnore Q j lodato F, laldato K | 
61. elli P I e manque dans BEGKQ | gli EKR | animal(l)i BGEFGKQRT, ave- 
vano nulli P | ave(v)an FKR, -o DQ, ch'avivano P, (h)aveno ET, ebono B, ebeno 
GG I chonosenza B, cognosenzia F, -cia G, -scenza E, -ça T, -tia K, in cogno- 
senza P | 62. tanto G, avanti P | che elli D, chela P, che GFKQRT | cognosce E, 
conosce D, cognoscie G, chognoseno F, cognosceti P, -sceron R, conosceva K, c(h)o- 
nobe BG | il GEKR, lo BF | su Q, lor BR, manque dans F | creatore FR, fac- 
tore K, pastore P | 63. c'adoravan F 1 adoravano KP, adora BG, -ano T, -aron 
ER, -ono G, -one Q | lui] -lo BG | alora in G | mia] sua G | 



Plainte de la Vierge. 69 

10. Si che grande alegreza del chriatore B 149^ P 239"^ 
par che mostrase ogni chossa chriata 1065 
vedendo in tera nato el suo fatore. E^ 20^ T 29* 

11. E mo, dolente mi che mai fui nata! D 187' 
Vedendo el suo Signor a chotal morte, 

par che se fuza ogni chossa anemata. 

12. Chossi dizendo e lagremando forte, 1070 
el zonse i chavalieri de Pilato, 

chomo cholor che par che furia porte. 

13. E per zerteza s'el iera pasato, Q 134'' 
un de lor tosto la sua lanza toise, 

e tuto al mio fiol aperse el lato. 1075 

14. Ma chomo al Padre suo poi plaque e'I volse, F 36* 
fuor de la plaga sangue et aqua vene: 

pensate alora quanto el chuor me dolse! 

64. si che manque dans R | grand allegreça G, gran festa F | ebben del 
K, fo del P, del suo R, del suo bon F | c(h)reatore BCGKQ, signore R, pastore 
F I 65. parse P | chi Q | monstrasse P | ad ogni B, ogne P | c(h)reata EFKRT, 
aniinata BG | 66. vezendo ogni G, veggendo R, videndo P | il CEFRT | 67. 
e nio i' Q, omè K, et hora B, et or G, e io R | delente Q | me G, a me KR | 
mai] mal B | foi E, fu DFKPQ | 68. vezendo G, veggendo R | il Gï, '1 B, man- 
que dans R | suo] lor R, manque dans P | signore ER, segnor BDQ | 69. si 
GKRT, manque dans EP | fuccia R, fuzi G, fug(h)a GF | animata GEFKPRT, 
c(h)reata BGQ | 70. cusi BF, e cossi P | lagrimando BGR, lacrimando EFKP | 
71. zonzendo li cavalieri P, giunseno i cavalieri G, i cavalieri giunsono R, li 
cavalier li anzunse F | el] li E, e' K | gionse E, giunse K, çonçeva T, corsse D | 
li E, un DG, icani (incani?) el Q | cavaler E, chavalier G, cavaliero DQ | di 
GEKR I 7î2. che con furore passate avien le porte R | cum Q, si chôme BG | 
coloro Q, quelor F, quelli BP, -o D, quei G | chi parea Q, che parevano P | chi 
Q I furia i E, furia '1 G | porti G, forte D | Q laisse deux lignes vides et ajoute 
»nichil(?) vacat». La lacune présumée est après le vers 1089. 73. certeza E, 
zertanza GP | s'egl' R | géra D, era EQR | 74. uno BGPQ, c'oni(V) T | di 
GEGPR, do K I loro GPQ | la manque dans P | suo B, soa F | lança G | porse K, 
prese PR | 75. e'I mio figluol feri in el costato R | tuto manque dans P | a lo 
F I figluolo G, fi(j)olo EPQT | il GET, lo DPQ, e B | 76. ma] e R, manque dans 
P I poi al p. suo piaque B, piaque a suo padre F, p. a lo p. P | po D, si G, 
manque dans FPQ | piaque GEQT, -cque GKR | et BT, e GDEGKQ, manque 
dans R | voile K, palese PR | 77. fuora BQ, fori P | piagha BGFGKPQRÏ, 
piage E | sengue Q | 78. pensati P | se alora G, alora s'el B, quanto alora R, 
alor q. T, doncha q. D, quanto (alora manque) P | il GEQR, el mio P | c(h)or 
BGDEGQR, dolor P | mi BGDEG, mio K, m' R, se P | dolce E, destese P, offese 
R I Pour les vers 1079—81, Bd porte; 

Poscia agh duo Ladron, quelli sen vene 
per veder s'eron morti, e ognun più reo 
a quei Tossa spezzor con gravi pêne. 



70 A. Linder. 

R68^ 15. Pensate quanta pena che sostene 

vedendo zo la dolorosa, ch'io 1080 

non ve la poso tut a espremer bene. 

16. lo chomenzai chridar: o alto Dio, 

o dolze, o sumo Padre onipotente, 

vedi chonio sta el tuo fiol e mio. 
B 150"^ TSO"* 17. Quai è quele si dure et aspre mente, 1085 

che pensando la pasion ch'io sento, 

tute non stese dévote et atente. 
P 239^ 18. Poi disi: o dolorosa, io me lamento, 

C 89^ e poso lamentar, perô che alguno 

remedio no me truovo a tal tormento. 1090 

D 187^ F 37"^ 19. Io me lamento prima de zaschuno 
E^ 21' profeta senza mentovar el nome, 

alhor iiel figlio a l'alto, e sommo Iddio 

le parole profetiche hebber fine 

Vos non comminuetis os ex eo. 
E per farme sopra l'altre tapine 

del mio figliolo con parole torte. 

divisero la veste in quel confine. 
Poscia con voglie al malfar pronte e accorte 

per il tutto adempir nel fiol mio 

sopra la veste sua misser le sorte. 

79. pensati F, pensate mo G | pena] doglia E 1 che] allor R, lo F, man- 
que dans G 1 sotene B | 80. pensate quai dolor ebe el cor mio F | vezendo G, 
veggendo R | ciô GEKRT, mtuKjue dans F | la] questa F, omè R | dolorosa] do- 
lente R I ch'io] madré B | 81. non potre' dire appieno ciô che mi avenne R ( 
vi la BT, vélo F | possa K | tuta manque dans F | exprimer CFK, -e FQ, espri- 
mer E*, exponer D | 82. i' R | chominzai B, cominçai T, -ciai CKPR | BGKPQR 
ajoutent a | cridare CEQ, gridare KR | id(d)io BK | 83. o sommo E, e sommo 
QR, e summo F | o padre K, mio padre F | onipotente manque dans F | 84. 
vidi F I cho E^G | el sta el Q, è'I F ] il CERT | fiolo EQ, figluol R, -o C, filiolo 
F I e'I mio CFG | 85. quall'è E^ | è] sun F, sono B | quella R | aspre e dure Q, 
aspere e d. F, dire aspre G, forte e dure F, crude e d. E*, c. e dura E\ dura 
e crudel R | aspere D | 8(ï. pensano G ! la pas(s)ione BFQ, el gran dolor F, 
il dolor R | porto e sento R | 87. no m'ascoltasse assai divotamente R | no D | 
steseno F, istesino K, t'ose F | divote CK | et manque dans G | ardente F | 88. 
puoi G, po R I dis(s)'io CF, dis(s)e BFQ | o] oimè K, manque dans CR | i' R t 
mi CRT I Les vers 1089 — 91 manquent dans Q. 89. e] ben F | lamentare E» 
-rme BF, -mi G | perche BGF, perô ch'io D | alc(h)uno BCFFR, sento D | 90. 
rimedio CFKR | no DT | mi CEKT, manque dans R | trovo CEGT, cognosco R | 
a tal] al mio R | 91. io me 1. p.] in prima mi 1. R | mi CKT | in prima KT j 
di ER I ciasc(h)uno CER, ciascaduno F, -scheduno K | 92. sanza K, -ci R | men- 
tovare QR, -toar DG, -e F, -zonare E, -conare G, -çonar T, -xonar B, nominar 
F, -e K I il CER, lo T, li D | 



Plainte de la Vierge. 71 

che longo séria a dirli ad uno ad uno. 

!20. Algun de lor mai no me dise chôme 

per lo mio tio io dovese vegnire 1095 Q 134* 

a portai* de grameze tante some. 

21. Algun de lor non parse el vero dire, 
se non Simion zo ch*el me dise d*elo, 
quando el portai al templo ad oferire; 

22. tenendolo in so brazo, io te novelo, 1100 
dis'elo a mi, che Talma de chostui 

te paserà la toa chon un chortelo. 

23. Alora, o lasa, tanto grosa fui, 7 30" 
alora d'alegreza era si plena, 

o trista mi, chlo non intisi lui. 1105 

24. Et écho ogni legreza è fata in pena; F 37* B 150* 
écho quel gladio che'l chuor me trapasa, 

écho el dolor che me zercha ogni vena. 

93. che saria lungo R | saria FK, sera C | a manque dans BFKRT | dirl(l)o 
BGGPQ, dire R | 94. alg. de lor] el gran dolore (dotore?) e F | alcun C, -o Q, 
ch'alchuno R | di CEGKRT | loro BDQ | non mi disse mai corne R | no DT | mi 
BCEK I como Q | 95. per lo] io dovese per lo F, per B, al R ] fiol(l)o BPQ, 
figlo C, -glio EK, -gluol R, fijol T, fiol DF | io] com'io K, manque dans GFPR | 
dovessi K, manque dans F (v. commencement du vers) | venire BCFGKPQT, 
adivenire R | 96. che di pêne portasse t. s. R | portare EPQ | de manque dans 
K I gramezze K, tristeze B, -a G | tanto Q, tucte G | 97. ed(V) alchuno R, alcun 
G, -o PQ I de loro BQ, di lor GRT, dolore (dotore V) P, ver mi E | no me DQ, 
non me F, non mi K 1 parve KR | il GERT. in lo P | ver P | 98. no DQÏ | 
Simon F, -e P, Simeon BG, -e K | ciô GKT, che ciô R, manque dans G | clielo 
P, che GGKR | mi GK, manque dans R | 99. il R, io lo PQ | porta' Q | offerere 
R I 1100. -lo] lui GKPT, manque dans FG | in le suo D, in le soe P, in sue G, 
in el suo B, in sul KQ, in le F, nele GR | braze GDFGP, mani R | i' R | ti 
GFKRT, tel P | revel(l)o BP | 1. elo] eUi R, lui G | a me GR | l'anima Kl\) |- 
di GEGKRT | questui F | ± sarà ancor de la tua un gran coltello R | ti BGFK, 
manque dans T | trapasserà T | la tua BGEFKP, la to G | cun PT, cum Q | uno 
EGPQ I coltello BKP, cultelo F | 3. alora] oimè K | o man(iue dans BGKR, o 
lasa manque dans PQ | lassa a me R | tanta EK, si R | io lui BF | i. alora] 
e tanto R | i' era (ieraV) BK, io era F, era io Q | si pieiia GEFKPQT, ripiena 
Ri 5. o] de EFGP | me GEG, a me KR | ch'i' G | no T | entesi CE, intesi KPR, 
visi Q, prenei G | lui] plui G | 6. ogni letitia m'è tornata in pena R | et eclio] 
ec(h)o BDG, écho che F, vedi che P | al(l)egreza BGEFGKPQ | è volta Bd | in 
manque dans F | pêne BP | 7. quest'è il coltello che l'anima niia passa R | 
écho q.] vidi chel P | ch'il Q, che lo F | c(h)or BGEGPQ | mi BGDEFGKT | pas(s)a 
GFP, trapasava B | 8. quest'è'l coltello che mi punge ogni vena R | écho] 
vidi P, et F I il GT, è F | dolore GKQ | mi BGFK | cerc(h)a GEKPQT, zercho B, 
pasa F I tute vene P | 



T90' 




£121» 




ReS" 


F 38' 


K283' 


T 31' 



72 A. Linder. 

25. zielo, qualche toa vertute arbasa, 

la quai me fiera li spiriti tristi, 1110 

poi che la morte anchor viver me lasa. 

P 240"^ 26. dura tera, la quai deglutisti 

Dathan et Abiron, sorbi cholei, 
la quai sopra de ti tanto tenisti. 

Q135' D 188' 27. Omè, chio poso ben chridar omei, 1115 

e la mia vita sempre far in guai, 
poi chè la morte no me tuol a lei. 

28. Oimè, che plu non so che far omai 
de questa pena mia tanto chrudele, 
se non chridar e lamentarme asai. 1120 

29. Poi me lamento, o agnol Gabriele, 
che me dizesti parole suave, 
le quai io truovo tute false e fêle. 

30. Tu me dizesti inprimamente : ave 

gratia plenaj e za questo te niego, 1125 

perché io non ô d'alguna grazia chlave. 

9. ciello C I q.] che P | tua CE^KQR, tu ES tuo BF, la tua P | vertu P, -de 
EFT, virtù GKR, -de D, -te BG | ab(b)as(s)a BDE'FGKQRT, albassa(?) P | 10. ella 
quala P | mi GEGKRT, manque dans F | fere R, ferisce K, terra E, leva P, secora 
F I gli KR I 11. po che R, e più che P | ancora Q, più, CF, pur ER | viva D | 
mi CEGR | 12. tera] morte F | la quale Q | deglotisti T, dighioctisti G, ingiotisti 
BG, delliottisti (?) R, giotisti P | 13. Dachaym P, Dachan Q, Dacam R | Habiran 
P, Abroç Q, Abron R | quellei P | 14. la quale P | sovra G | di CEGKR | te CEGK, 
lei R, lor F | tanto] presta F | tenesti BGKP, fuisti F | 15. ch'i' R, che PQ | ben 
posso P I bene R | gridare KR | oimei GP, ormai F | 16. alla K, che la R | 
fare Q, star(e) BGEFGP, trarrà R | en D, manque dans KR | 17. perche Q, 
fin che R | non BCFKPR, più E | mi GEGKT, manque dans R | tol(l)e BGDPQ, 
toi G, tene E, tira R | a liei T, a-sse lei R | 18. non so, omè, che riparare 
omai R | omè EQT | che] che io B, ch'io F | plu n. so] non so più F | più 
GEKPQT, manque dans B | no T | fare GKQ, farô E, fazo B, -a G | ormai FG, 
oimei P, omei T | 19. a quella pena che vinta mi svelle R | di GK | e crudelle 
P I 20. se no T, sempre D | gridar K, -e R | lamentarsse D, -are CPQR, -rmi 
EK I omai D, omei B | 21. doglomi di te, angelo Gabriello R | mi GKRT | o] 
de P I agnolo BG, anzelo P, -gelo KQR, -çiol C, -zol F | Gabrielo Q, Chabriele 
G, tu me dizesti Gabriele B | 22. che] tu FGP | mi CDKR | dicesti GEKRT, 
-isti Q, dixisti P 1 soave R | 23. le quali CR, le quale EFGKPQT | i' R, io 
manque dans BFG | trovo BCEF | tute manque dans P | false e] fallace e P, 
laso e F, quante BG | 24. inprimamente tu mi dicesti ave R, tu prima salu- 
tando dizesti ave F | mi GEK | dicesti GEKT, -isti Q, -xisti P | inprimamentre D, 
primamente BGPT | 25. de gratia F | piena FR | e] de P | già FK, manque 
dans ER | ti CE, io te P, a me R, manque dans K | nego CPQ, non reco R | 
26. perché] perô Q | io manque dans BF | de BFG, manque dans P | alc(h)una 
GEQR, nula BG, nisuna P ( chiave BGEFGKQRT. chiara P | 



Plainte de la Vierge. 73 

31. Tu me dizesti, lo Signor sia tiego, B 151' 
et io l'ô perso e planzo qui soleta, 

si che miego non par, ne io paro siego. 

32. Tu me dizesti ch'io era benedeta 1130 
fra le altre done, et anchuoi me reputo 
sopra tute le done maledeta. 

33. Tu me dizesti, benedeto el fruto 

del ventre tuo, — et anchuoi in questo zorno 

da molti maledir io Tai veduto, 1135 Q 135^ 

34. si ch'io non so là dove omai nie torno, 
se non al grave planto et al lamento, 
vedendome tante doie datomo. 

35. Tuto el tuo dito me torna in tormento, E^ d 4' F 38^ 
si ch'io non so chomo io non sia fenita, 1 140 (P240^ D ISS'' 
e chomo in mi sia algun chognosimento. 



Les vers 1127—29 manquent dans P. 27. mi GKRT, manque dans F | 
dicisti Q | Io] el F, lo tuo B | segnor Q | contiego D, tego EQ, tec(h)o GKR | 
28. et manque dans BCR | i' R, eo G | lu' ô Q | perduto R | e manque dans G | 
pianço D, -go BGEFKQRT | solecta E | 29. sicchè seco non m'a, ne io noll'ô 
meco R | mego EQ, mec(h)o BGK, con mi F, con me T, in me G | el non B, 
no DT I pare DE, ô K | no io G, ne in T, ne mi F, niaiiche G | paro manque 
dans BDFGKQ | con siego F, cun siego Q, sec(h)o BGK | Les vers 1130—32 
manquent dans F. 30. dicestimi (tu manque) R | mi G, manque dans BK | di- 
cisti Q, dixisti P | ch'e' Q | ero K, iera B | benedicta E» | 31. fra] de R, dentro 
D I le] r BGERT, manque dans G | et] ma R, manque dans P | anc(h)oi GEP, -uô 
G, anc(h)o KQ, a ço D, ogi B, manque dans R | mi GEK, i' me T, io me DP, i' 
sono R I reputo] del tutto R | 32. sopra a K, s. de P, sovra de G | t. le d.] le 
done tuta B | tucte E*, manque dans P | le ponne (type renversé) E', le altre 
essere P, la plui G | maladecta GR, -adetta K | 33. mi GKR | dixisti P, dicisti 
Q I benedicto E» | il GERÏ | 34. to GT, mio F | e manque dans DG | anchoi E, 
anc(h)o GKPQ, og(g)i BR | ziorno G, giorno BGFKR | 35. il veggio maladir 
morto e distructo R | multi Q | maledire KQT, -adir G | yo P, manque dans T I 
gli ô P, l'ô BGDFGKQT | veduto] udito K [ 36. ormai non so dov'io faccia ri- 
torno R | si ch'e' Q | là dove omai] ormai dove P | la dov'io QT, dove K | oma' 
T, mai più K, manque dans F | mi GEFGKT | torni GK, retorno P | 37. se 
nonnè a piangere le mie grieve pêne R | no DQ, non è EK | a F | grave] grant 
D I pianto BGEFGKPQT | e(t) a BGT, e FP | 38. e le fatiche ch'io mi veggio 
intorno R | vedendomi T, vedendo a me G, v. mo P | dintorno DF, ditorni G, 
-O T, intorno P | 39. d'ogni tuo decto il contrario m'aviene R | il GET, lo G | 
to P, manque dans BG | dito] dileto BD | mi GEFKT, mio G, manque dans B | 
torno BGE^F | torm.] lamento F | 40. S(i manque) ch'io E\ s\ che Q, perô F | 
no T I chomo etc.] perche l'anima unita(?) R | io manque dans DF | non man- 
que dans P I sia] son F | finita BGDEFGKPRT | 41. non esce del misero corpo 
che-Ua tene R | ne chôme GF, ni como P | me GEGK | algon E, alcuno PQ, 
piui B, più G I chognosemento B 



74 A. Linder. 

T 31^ 36. lo son posta chomo segno a saita, 

C 90* che ogni dolor ver mi sua chorda tende 

E^ âlâ"* per farnie aver plu dolorosa vita. 

37. ïuti me fiere e tuti me ofende, 1145 

ogni chonforto fuze da Maria, 

ogni dolzeza amara a mi se rende. 
B 151* 38. tuti vui che andate per la via, 

atendete s'el fo mai dona nata 

che avese doia tal chomo la mia. 1150 

39. Vedete chomo la mia vita è fata, 

che tropo meio me séria morire, 

cha romagnir si trista e desolata. 
F 39' 40. Quando io disi, beata me de dire 

Q 136' tute quante le zenerazione, 1155 

a questo ponto io non chredea vegnire. 

41. Zamai non fo tanta chompasione, 

quanta era a revardar le membre santé 

plene de tante tribulazione. 

42. corne a-ssegiio saeta stabilita R | posta sono io chôme B, p. s. io 
chomo G, p. son chôme F | sum Q | el segno F, siego D | a la F, e P | sazita 
G, -git(t)a EPT, -etta KQ, saecta C* | 43. son perc'ogni dolor sua corda tende 
R, che ogni vederme(V) se acorda e descende P | dolore K, manque dans D | 
inver de mi F, sua ver me (vient ensuite un sua exponctué) K | me E | soa DT, 
manque dans F | corde K, manque dans F | tene Q, se stende F | 44. verso di 
me per istentare la vita R \ farmi BGKT | avère C | più CEFKPQT, piui B | 
45. tutte K, ciascuno R, çiascun F | mi GKRT, a mi Q | ferri Q, fieron G, -o E, 
fereno P | e manque dans BGKT | tuti] ciascuno R | mi BT, a mi DQ | oflFen- 
dono P I 46. ogne P | fuzi B, fugie F, fug(g)e GKQR | da mi Maria B | 47. ogne 
P I amaria (a Maria?) R, ormai D | a me GK, me F, mi QR | si GFKR | rendeno P | 
48. voi GEK | andati P J 49. attendite Q | se GGK | mai fo G | fu GKR, manque 
dans T | 50. doglia EFKPQRT, dolgia B | taie P | como] cliente R | 51. vedete 
ch'ella è tanto ismisurata R | vedite Q | la mia vita com'è B | chomo manque 
dans G | è fata] schonsolada G | 52. che bene che non mi veggiate transire R ( 
me séria meglo D | mi CK | saria FK, sere' C, serebo B | 53. i' muojo al mio 
parère ogni fiata R | che BGEKPQT | romanir G, remanir DP, rimaner(e) BGEK | 
e manque dans DG | disolata BG, desconsolata PQ | 5i. e quando voi m'udiste 
benedire R | quando ch'io E | dise B, -xe G | mi G | dee E, di G, dien F, dibe 
K I 55. nel salmo ogni generazione R | generazione DEFK, gienerazione G | 
56. punto QR, passo GKPT | io manque dans BC.FGP | non manque dans K | 
venir F, -e BGGKPQRT | 57. chi non avrebbe gran conpassione R | siamai B, 
giamai GEFK | no T | fu GK | pas(s)ione BP | 58. quanta era] non ch'io(?) R | 
quanto BD, -e G | géra D, manque dans B | riguardar BGF, -e R, reguardar T, 
-e EQ, guatar P, ramirar K, mirar G | membra K, -e CDPQRT | frante F, stan- 
che P I 59. piene BGEFGKPQRT | di GGKRT | tanta GDR, obrobrio F | tribula- 
cione GD, -tione EGPQR, -bolatione KT, e confusione F 



Plainte de la Vierge. 75 

42. Le plaghe era chruente tute quante, 1160 

si che in lui sanilà non parea T 32'^ 

da la zinia del chapo fin le plante. 

43. Lo sangue tuto in tera deschorea P241'^ D 189' 
niovendose fin su da la chorona, (R 68* 
e poi per tuto el chorpo se spandea. 1165 

44. E quando ch'io vedea quela persona 
tuta pender in forza de tre chlavi, 

el iera plu el dolor che a dir non suona. 

45. Poi disi: oimè, perché non chonservavi, F 39^ B 152' 
o tristo zorno, el mio fiol anchora? 1170 C91'E^22^ 
Perché si tosto d'eso me privavi? 

46. zorno in chui ogno dolor deraora, 
cholui che li altri zorni me servava, 

tu me l'ai tolto in tanto pizol ora! 

47. tristo zorno, zamai non sperava 1175 Q 136^ 
zonzer al ponto dove per ti zongo; 



60. le] ie (forme de l'illumiiieur) F, sue Bd | eran BEKTBd, -o PQR, si 
giozavaii F | cruentej ouverte Q, aperte R, sanguigne Bd, manque dans F | 61. 
sanità in lui BG | sanitate EQ, santagia(V) R, niente saldo F | paria B, paresse G | 
62. de la F, manque dans K | ci m a CEPQ, manque dans K | dal capo K | de 
fin D, in fin T, in fino R, fina GP, in sino KQ, in chi E | al(l)e BEGKPQ | 
piante mss. | 6;^. verso la terra il sangue suo correva R | el GP | tuto per terra 
correa P, in terra tuto discorea F | 64. movendosi CFKRT | de fin BEG, in fin 
P, in sin K, di su R | a la B, del(l)a CG | 65. e po D | il GKR | chorpo] capo 
QR ! si GFKR | spandeva R | 66. e manque dans R | quanto G, quandio D, 
como p I che manque dans FP | vedeva R, -o K | quella bella persona R | 67. 
pendere BGEQ, sospesa R | faza Q | di GEKR | tri PQ, do G | chiovi ER, chani 
G I 68. pensi ciaschuno s'el chuore dogla mi sprona R | egli K, ivi F | era 
GDEKPQT, fo F | più GEFGKPQÏ, piui B | el manque dans G | dolore KP | che 
a] chel BGF, cha E, che GP | sona BDEFGPQÏ 1 69. i' dissi, o giorno ch'a 
pianger mi movi R 1 dis(s)e EGP | omei Q, omè ET | conservai BQ | 70. perché 
mi togli il mio figluolo ancora R | o tristo] in questo P | giorno GFGK | lo fioio 
mio P I il ET I fiolo EQ | 71. perche da-llui si tosto mi rimovi R | de lu' Q | 
mi BEKQT | privai BQ | 72. o manque dans P | giorno GFKR | dimora ogni 
dolore K | ogni CUGR, on(n)i EQ | dimora BGEFQR | 73. colu' D, quel F | 
chi Q I gl(i) DKR, i T | giorni GE'FKR | mi GEKQR, manque dans BG | c(h)on- 
servava BG, serbava R | 74. tur D | l'a DQ | tanta GKQT, si F | picol GK, -a 
FP, picola Q, picciola R | d'ora BF | 75. giorno GEFKR | ziamai BG, giamai 
GEFKR I spirava G, mi pensava R | 76. da-tte ricevere si tatta tenpesta R | 
zlonzer B, çugnere Q, giungere GK | punto GEGQ | onde P, donde Q | te GG, ti 
io DP, ti e' Q I giungo GK, jongo F, çungo Q, gionto B, zonzo G, azonzo P | 



76 A. Linder. 

oimè, perché el tuo tempo non pasava! 

48. zorno, quanto el chuor per ti me pongo, 

oimè, quanto m*ai fata dolorosa, 

o trista mi, quanto m'ei stato longo! 1180 

T32^ 49. Vardate, o pechatori, mi angososa, 

ponzave el chuor solamentre una spina 

de la chorona ch'è tanto spinosa. 
F 40' 50. Vedete el mio fiol ch'el chapo inchlina 

per salutarve, e poi per darve paze 1185 

la bocha chlude, o trista mi topina! 
D 189^ P241^ 51. Vedete anchora le mane e le braze 

chotanto averte pur per abrazarve: 

de fate ch'el chuor vostro se desglaze. 

52. Vedete el lato averto per donarve 1190 

K 284' ogni perfeto dono, e poi vedete 

li piedi afiti pur per aspetarve. 



77. che morte chiamo e la vita mi grava R | omè GEGQT, dissi io P | il 
CET I tempo to P | to FG I tempo] ponto B | no T | Les vers 1178—80 manquent 
dans R. 78. a manque dans P | giorno CÎE'FK | in quante P | per ti el chuor 
F, parte el core P | il CET | c(h)or BCDGQ | te GGKQ | mi CEGKQT, m'è B, 
io P I pungo GQ, ponto B | 79. omè EQT | tu m'ai P, m'a D, m'ai F, mi G | 
fato F, farà G | 80. me BGG, a me K | quanto tu D, chôme F | mi K, me P, 
manque dans BFG | ei] e' GDT, se' GK, sei FP, si B | stà D | lungo CK | 81. 
guardate GDRBd, -mi K, guardati E, -me P, -ve Q, mirati B, -e F | o manque 
dans BGPR | pecator T | me GGK, la mia R, manque dans P | angostiosa CE, 
-ustiosa KT, molesta R | 8^2. pongiave B, -gave EFPQ, -vi K, pungave T, -vi 
GR I il GERT | cuore K, c(h)or BGEGPQR | solamente BGEFGKPQRT | 83. di 
quelle ch'a il mio figluolo in testa R | di quella K | 84. vedeti P, vedite Q | el 
mio fiol] che inver voi R | ch'el mio GEKT | fiol(l)o BPQ, figliuolo K, figl(i)o 
GET I il GEKR, el PQT | china R, inchina BGDEGKPQ | 85. salutarvi BGR, 
salutare P | e manque dans G | poi etc.] con penosa faccia R | puoi D | per 
manque dans P | darvi BGK | pace GEK | 86. chiude a baciarvi la bocca divina 
R I chiuda G, chiolde Q | oy G, e Q, et B | trista] las(s)a BEG | me G, a me K, 
manque dans G | Les vers 1187—89 manquent dans B. 87. videte R, vedeti P, 
vedite Q | ancor distese le sue braccia R | man FP, -i GK | braza F | 88. c'a- 
parechiate sono per abracciarvi R | dee T | tanto Q, chi sono tante P | aperte 
GEFGKPQT | par manque dans GP | abbracciare K | 89. se voi farete cosa che 
gli piaccia R | che li Q, che i F | vostro cuor T | cor GEP, cori Q | vostri FQ | 
si GK I desglace Q, -giaza FP, -giace E, -giaze G, dislaci G, -chiaci K | 90. ve- 
dite Q I il GER, e BQ | lato] capo T | aperto GEFGKPRT | donarze B, -vi GFR, 
donare K | 91. ogne P, onni E | don F, done Q | e manque dans G | poi lui 
P I 92. ch'ess'è confitto sol per aspectarvi R | gli K, con li P | pedi PQ | aflicti 
Q I aspetarze B, -vi GFR, aspettare K 



V 



Plainte de la Vierge. 77 

53. si che ogni grazia che pensar voleté, B 152^ 

avrete dal mio fiol zusta e vera, 

se de sua pasion ve dolerete. 1195 Q 137^ 

Chossi planzando e prosimando a sera, E^ 23*' 

liquefazeame el chuor chomo la zera. C 91 



X. 



(Gapitulo nono.) 

1. Venite, o fonti tuti, al mio sechorso, E^ e' F 40^ 
plovete, o nebie tute, chomo gronde, 

movete, o flumi, ver mi vostro chorso, 1200 T 33"^ 

2. spandete, o mari, ver mi le vostre onde, 
perô che Taqua mancha a li ochi mei, 

si che lagreme a lor plu non responde. 



93. SI che] dorique Bd | pensare PQ, chieder Bd, inpetrar G, presta F, 
manque dans R | volite Q, vor(r)ete BKBd, domanderete R | 94. averete BGKT, 
-iti PQ, avete D, avè F, venite G | da lo P, del E | fiolo PQ, figI(i)uolo KR, 
figl(i)o CDE2, fijo T, signor E* | iusta BCEPQT, giusta KR, iusto G | vero G, 
pia Bd I 95. se] si che Q | de la sua pasion FBd, de la passion sua R | soa 
DT I pasione B | vui ve P, vi BCKR | dolorete B, dolerite EQ, dorrete KR | Pour 
les vers 1196 — 97, Bd offre un seul: col cor contrito, e con mente non ria. 
96. cusi BF I piangendo GE'FKR, pianzendo BE«T | e] el F, manque dans GR | 
proximando EP, apros(s)imando GK, aspectando R, se fazea F | a la Q, la R, 
a manque dans G | 97. mi consumava corne a foco cera R | liquefaciame Q, 
liquefaziemi B, -ciemi E^ -ciem E*, liquefaceva a me K, liquido me fa G, mi si 
scolava G, che me slegava F, de-sse svenia (délie zuenie?) P | il GEKT, lo D | 
cuore K, cor GEGQ, -e P | como foco a cera P | la manque dans Q | cera EKQT, 
ciera CD | 

98. veniti FPQ | o] al B | fonte BKQ, functi G | tutte K | soc(c)orso GFKQR 
99. piovete, tucti i rivuoli e le gronde R, veniti tanti, che Tuniverso abunde P 
piuvete E, piovile Q, piovè K, -ete BGFT | o] e Q, o manque dans D | nebbie 
K, nebe B, nube G, -ie Q, ample D | 1200. movete ver mi, o fiume E | moviti 
PQ, volgete R | o manque dans BR | fiumi BGFKPRT | verso de mi P, tuti F | 
me BCKR | il vostro K | sochorso B | 1. spanditi P, spandite Q, ispandete K, 
e dispandete R | (h)o mare BGQ, o mati F, oramai P, omai R I verso de mi P, 
ver me BCKR | le manque dans DPQR | 2. perô chel BE, per zo chel G, poi 
chè FKP I mancha l'aqua BEG | manche P | agl(i) GDEFKR, oramai ah P, ai BT, 
a' Q I miei R, mie B | 3. si c'al mio lagrimar più non risponde R | le lacrime 
P, lac(h)rime BF, -grime GEK | più a lor E | a-lloro P, al chuor F | più CFGKPQT, 
piui B I risponde GEFK | 



78 A. Linder. 

3. lo son si persa, o trista, ch*io vorei 

eser za soto tera mile vol te 1205 

inanzi che chridar chotanto omei. 

R69* 4. Chossi mi stav^io, et altre done moite 

planzando miego dizendo: nui semo 
tute per grande doia perse e tolte. 

D 190^ P 242^^ 5. Et écho poi Josep e Nichodemo, 1210 

per tuor lo mio flol intrambi dui 
zo de la chroze, nui vegnir vedemo. 

F41'' B lôS"^ 6. Alora un puocho arliviata io fui 

Q 137^ sperando pur lo mio flol tochare: 

tanto bramosa stata era de lui. 1215 

7. Josep, dis'io, stu me vuos chonsolare, 
tosto el mio flol de la chroze chala, 
si ch'io me posa de lui saziare. 



4. i' R I sl-sson s\ trista e persa K | persa] stanca R | o] oy P, manque 
dans FR | ch'i' R, che FQ | voria P | 5. inançi esser so-tterra mille volte R, 
soto terra eser. Inanzi m. v. F | e esser E' | soto terra za DP | già GK | 6. che 
sempre con sospiri gridare omei R | avante che E, avanti che DPT, inananzi 
che G, ch'io non vorei F | cridare EQ | con tanto E', tanto DKP | oimei FKP | 
7. cusi BF I mi (me FP) stava BFGP | stavo io K, stava io Q | et] cun P | l'altre 
DGK I 8. piangendo GE'FKR, pianzendo BDE^, -çando Q, -ce va G, -ze(v)ano 
PT I niec(h)o BCFGKP, mego EQ, manque dans R | e dicendo D, diceano R | 
noi GEK, nu' DQ, tutte R | siamo GK | 9. Maria, teco nel dolore involte R | 
turte E^ t tte E' I gran EP, gram Q, manque dans F | doglie P, doglia GEFKQT | 
perse] perse e tute F, quasi P | tolte] stulte P, morte T | 10. et manque dans 
GK I ecchio G, eççe F | po DQT, alora F, manque dans BP | Joseph FP, Çoseph 
D, loseppo GE, -e K, Gioseppo R | 11. per levar de la croce il figluolo mio R | 
tuore P, tor Q, -re GK, tollir E | il GE, el FKP | fiolo EPQ, figl(i)uolo GKR | in- 
tramen- K, intrambe E | due K, doi DF, manque dans T | 12. e cosi tosto corne 
gli vedemo R | ziô BFG, zu E^, çoso D, giuso K, gio G | noi GDEK, nu' T | 
vegnire Q, vegnimo D, venir BGEKP | videmo E, manque dans D | 13. allora, 
allora m'apressai uno poco R | poc(h)o BGEFKPQ | aliviata Q, al(l)eviata BGDEGK, 
relevata P, alegrata F | io] e' PQ, manque dans BGEGT | fui] fui sperando fui 
G I 14. se i' potessi volendo'l toccare R | spe(c)tando E*P | pure K | el BF | 
fiolo EPQ, figluolo GK | tocharre E' | 15. che n'aveva nel core un gran disio 
R I tanta Q | era stata FKQ, fata iera B | di GEK | 16. a Giuseppo R, a Jo- 
seppe G, Giosef K, Joseph DEP | dissi GR, -e GQ, disse io P | se tu BKPQR, 
se CG I mi G, manque dans R | vuol BE^, -11 E', voli P, voi DFG, vuoi K, vue' 
GR, vo' Q I 17. tosto zu de la croce il m. fiolo c. E, la trista, tosto il mio 
figluol giù cala R | el mio fiol tosto F | il GEKT, lo BG | fiolo PQ, figluolo C, 
fijo T I giô délia G, de BG 1 chroxe FG | 18. che di toccarlo mi possa satiare 
R I si che ETQ | mi GEGT | posia B | di GET, da P 



Plainte de la Vierge. 79 

8. Per far plu tosto io vulsi alzar la schala; T33'' 
vedendome manchar ogni potere, 1220 

oimè, dis'io, che ogni pensier me fala. E^ 23^ 

9. Io stava plena d'ogno desplazere; 

plu de zento ani me parea un ora, C 92"^ 

inanzi ch*io'l potese in brazo avère. 

10. Stando chossi poi pizola demora, 1225 
vardando vidi un brazo che pichava, 

che Taltro non era desfito anchora. 

11. Poi, trista mi, su la schala montava, E^e^ F 41^ 
e prisi el brazo chon grande dolia 

e tuto per la faza mel menava. 1230 

12. E Nichodemo el chorpo sostegnia. 
Oimè, dis'io, che tuta me desfazo 

per prama ch'el se toia tosto via. (Q 138' D 190^ 

13. Chossi tenendo streto el dolze brazo, B 153^ P 242^ 



19, fare P | più GEFGKPQT, piui B | i' T, manque dans KR | volsi CDGKPR, 
-e EQ, vul ï I alsar G, alzare KQ | 20. gimè manchar me viti ogni potere F | 
e vedendome DGPQ, -mi BEK, e vedendo T, veggendomi R | manc(h)are CEKR, 
mancharmi T | ongne P, onni E | podere GDEGPQRT | 21. caddi, come Tuecel 
calça (casca?) sança ala R | omè EQT | disi G, -e B, dise io P | pensiero Q, 
poder F, -e P | mi GEGK | 22. e cosi standomi in terra a vedere R | stava) 
era G | piena BGEFKPQT | oni EQ, ogni BGFGK | desplaxere DQ, -piazere BFG, 
-cere PT, dispiacere GEK | 23. cent'anni mi parea ciaschuna ora R | più 
GEFKPQT, piui B | di GE | cento GT | mi BGEGK | pareva P I una GFKPQ, 
manque dans D | ora] ancora D | 24. che morto in braccio il potessi tenere R | 
innansi G, avanti DFPT, annante E | ch'io il E, ch'io Io P, ch'io B, che'l GQ | 
podes(s)e DFGPQ, potessi K | im T, un E | braccio EK, braco GQ | 25. e chusi 
stando per pocha dimora F, e aspectando piccola dimora R | c(h)usi BG | poi] 
per P, in BG | pic(h)ola BP, piccola K, -o G | dimora BGEGKQ | 26. guardando 
BGEKQT, mirando F, manque dans PR | io viddi G, viti F, i' vidi T, e' v. R | 
uu E\ una P, l'uno R | braza E\ braccio GKR | pieg(g)ava KR | 27. ch'era 
schiavato l'altro non ancora R | che] e che E, manque dans F | no DT | disficto 
G, -ficato E, desficato F. disfatto K | 28. poi tr. mi] ricçâmi e R | me GG, a 
me K I in sulla K, su per la R | 29. presi GKPR, -xi G, -se E, pixi B, porsi 
D I il GERT I braccio KR, b. suo G | chon etc.] che vogla n'avia R ) cun PQ, 
per F I gran GFKBd, -m Q | doglia Q, d. mia F, d. ria Bd, doia G, disio K | 
30. e manque dans P | fatia P, fazia B | melo K | 31. e] a G, manque dans 
B I il GR, che'l BG | sostegneva P, -enea BG, -enia FKRT | 32. omè EQT, 
com'è R I disse io PQ | che tuta] e vita G | mi BGEKR | desfazio BFG. -atio P, 
disfac(c)io GEKR | 33. brama] la braza P | che tosto Io se toglia via P, c. t. 
Io tolese V. F, c'ô d'averlo in mia balia R | che E'GK | si GK, tu G | togla D, 
-gha PQ, tolgi G, -gia B, -ga EK, tolla G | tosto] presto G | nia E | 34. e cossi 
P, c(h)usi BFG | tenendo mi F | istretto KR, manque dans F | il GEKR, quel F | 
dolce CKQR | braccio EKR, bracco G | 



80 A. Linder. 

le done via me toise chon soa forza, 1235 

perché fazea a Nichodemo împazo. 

14. done, dis'io, perô non se amorza 
T 34"^ la pena mia ; vedete che dal planto 

lo volto m'è indurato chomo schorza. 

15. dolorosa, viverô io tanto 1240 
ch'io posa pur branchar lo mio fiolo 

t in le mie braze e saziarme arquanto! 

F 42' .16. In questo mezo, stando chon gran duolo, 

lo mio fiol de la chroze fo tolto 
e posto in tera su un blancho lenzuolo. 1245 

E^24' 17. Et avanti ch'el fose dentro involto, 

io me zitai sul chorpo tuta prona 
) ' e chomenzai basar quel dolze volto. 

18. Poi deschorando tuta la persona 
C92^ dal chavo ai piedi, in prima chomenzando 1250 

35. mi toise via K, percavalmi (?) di man R | tolsen G, -o P | chon] per R | 
so F, sua GQ, sue K, lor B, le G, grande P, manque dans R 1 forsa G, -ze K, 
braze G | 36. perch'io GFKPRT, perché e' Q | face(v)a GE, -vo K, -civa P, faxe 
T, non dessi R | impaccio GEKR | 37. o] oimè BG, manque dans DRBd | done] 
sirocchie Bd, done, perô lor R, onde D | dissi Bd, disse io PQ | perche G, e per- 
che Bd, per zo E*, p. so E', po Q | si R, sia P, sea Q, se F | asmorza K, amor- 
ça G, -cia Bd, morta PQ | 38. vedere E', vedite Q | che del G, chi del Q, 
chel R, chelo P | pianto mss. | 39. il R, el F | m'è] è P | iscorza K, -ça R | 
40. o d. mi P I io] mai G | 41. ch'i' R | pur possa D, p. posia G, pur manque 
dans KP | brachar Q, brazar BF, -e K, abrazar GP, toccare R | il ER, el FKQ | 
figl(i)uolo GKR, filiolo P, figlo D, fiol T | 42. e dal bracciarlo contentarmi al- 
quanlo R | et in le F, e nele BG, e le P, en le T, nelle K, entro le D | mie 
manque dans BDFG | brazie B, -ccie GK, -ce KT | e manque dans BFGP | sa- 
ciarme DEQT, satiarme K, -le P, retenirlo F | alquanto GFKPQR | 43. en D, 
e in BF I mezio B | stand'io R, stando mi P, stagando D | cun PQ, co T | grant 
D I dol(l)o PQ I 44. fiolo BGPQ, figluol G, -o KR | ziô de B | chroxe BF, croce 
GEKR I fu GKR, manque dans B | 45. su] in su K, in EFR | uno P, '1 G, man- 
que dans B | bianc(h)o BGEFGKQT, novo P | lençolo Q, -cuolo G, -suolo E", 
linzuolo BDGT, -zolo P, nenzuolo F | 46. et manque dans FG | inanço Q, -ti 
FP, ananti E, avanti DT, prima R | che P, che lo Q, che lui BG, che-vvi R, 
che h F I dentro el fose F, entro fose P | fusse G | 47. i' R | mi GKR | git(t)ai 
DEGKRT, gietai G, zetai PQ, butai F | sul etc.] come qui si ragiona R | in sul 
K I tuta] tanto G, con tuta F | prona] per longa P | 48. sovra'l suo corpo e 
baciavagli il volto R | basciare E, a baciare K, baciar G, a basar PQ, a baxar 
I BG I quello d. volte P | 49. poi] e R | discorrendo KBd, -corando GE', -crovindo 

Q, descorendo B, -coprando P, -cropendo F, scorendo G, similmente R j tucto 
G I 50. dal] de P | c(h)apo BDEFKPQRT, corpo G | ali DPQ, a BR | pedi FP, 
pei Q I prima GFK, tuta PQT, venni R | començando (devant c, des a été ex- 
ponctué) T, incominciando G, cominzai P, descorando DQ, discorrendo R | 



Plainte de la Vierge. 81 

dov'era stata quela aspra chorona; 

19. chon la mia bocha io andava tochando R69^ 
li ochi, la bocha e quela faza tenta, 

e'I sangue de le golte via forbando. Q 138^ 

20. A li piedi e a le mane io stava atenta 1255 B 154' 
basando quele plaghe e'I chorpo aflito, K284^ 
si che del sangue tuta era chruenta. T 34^ 

21. Pensate, vui che aldite questo dito, P243' D 191' 
Io muodo angososo chom'io stava, (F 42^ 
che li ati non se puô poner in schrito. 1260 

22. Quant'io poteva inver del ziel chridava: 
o excelso, onipotente, o Rè zeleste, 

e chon le mane el mio fiol mostrava. 

23. Varda, dizev'io, se quest'è le veste 
chon chui chopristi la divinitate 1265 



51. tracta ch'io grebbi la crudel corona R | stado 6, -a B | aspera PQ | 
52. con dirotti sospiri forte piangendo R | io manque dans GP | andava etc.] 
tuto Io basai P | l'andava BG | 53. gl(i) DEKR, i FQT | e la F, e-lla GP | boca 
F, fatia P | e quela] la suo B, in sua G | fazia BF, faccia GKR, bocha P | tinta 
GKQR, santa F | 54. e le altre menbra gPandava sorbendo R | e'I] e Q | da GE | 
g(h)ote BGEK, galte D, gambe F | via fora Q, gli P | forbendo K, netando F, 
sugai P I 55. perché la sua persona era dipinta R | ai BGEFGK | pedi EPQ | 
e aie] e li P | man BFGT, -i GK | io manque dans F | stav'atenta T | artenta F, 
benta P | 56. tutta di sangue, sicchè la fatica R | basiando EF, baciando GK | 
quele] li P | piaghe GGKQ, -ge BF, pedi P, mane E | e il K, e quello P | affritto 
K I 57. non potea durar: tanto era vinta R | si che] si F | de GPQT, dal BEK, 
'l G I era tuta BEGKP | io era BF | tuta manque dans F | chruenta] coverta P, 
tenta F, intinta Q | 58. adunque pensi chi m'a per amica R | pensati P | o vui 
DQ, voi GEK | alditi P, udite GEFK, audite T | 59. chôme angustioxa alora io 
stava F, che tanta crudel pena allor si stava R | el P | modo BGE'KPQT, -u E^ 
mondo G | angustioxo GDE, -so KT, -sioxo B, angostioso PQ | io manque dans 
GPT I 60. che non de' bisognar che più ne dica R | gli FK, i GQ, manque 
dans P I acti GE, altri DGQ, mai P | no DT | si GK [ po DET, puon F, -o B, 
pon G, -no KQ, poria P | ponere EP, met(t)ere KQ, meter BDT | scripto BEP | 
61. quanto (io manque) GFT | pode(v)a BGFGT | ver del GEKP, verso el FG, 
inverso il T, -'1 B, manque dans R | cielo ET, zielo B,. fortcmente R | cridare 
P, gridare K, -ava R | 62. o manque dans R | excelse Q, in excelso EP, in 
excelsis G | o onipotente K | o rè] rè PR, o tu E, o dio F | céleste BGDEFKQT, 
-0 R, -ro P I 63. e-cco' le mei P | man FG, -i GKR | il GERT, Io P, manque 
dans Q | fiolo PQ, figluol GK, uolino R | monstrava P | 64. guarda DEFKQRT, 
-va B, -te GP | dicev'io GDERT, dicevo io K, disse io P, dix'io G, dizeva F, 
diceva B, dicea io Q | xe D | questa è FG, queste è Q, q. en G, q. sono BPR | 
la EFGKT, manque dans G | vesta FKT | 65. chui] che R, que E, la quai G, 
le quale P | chopristi] prendisti P I dinitade E, divinitade BGDFGKPQR | 

Linder: Plainte de la Vierge. 6 



8â A. Linder. 

per non far tue vertute manifeste. 

24. De varda, o Dio, per la toa pietate, 
se questa è quela charne che tolesti 

de mi prendendo vera umanitate. 

25. E questa quela de chui me dizesti 1270 
E^ 24^ per Tanzol tuo che duse la novela, 

che de la toa vertu me obombraresti ? 
F 43' 26. Chonsidera se questa è la gonela 

Q139' che al suo fiol Josep Rachel fe instesa, 

T 35' varda et oserva s'ela te par quela ! 1 275 

B 154^ 27. Tanto me par delazerata e fesa 

C 93' e sanguinenta, oimè, ch'io non deserno 

per algun ato se questa sia desa. 

28. Or doncha, Dio zelestial e superno, 

quela fiera chrudel che molti insidia 1280 



Les vers 1266—67 manquent dans P. 66. fare Q | toi E, toe Q, tuoi C, 
tuo FT, tua GK | vertude BF, virtude CQ, -i R, virtù GK, vetude E«, vedute E» | 
manifesta F | 67. die D, dee T | guarda BGEFKQRT | o] oy D, manque dans 
BGGRT I idio BR | per manque dans Q | tuo B, tua GEFKQR | pietade BGDEFGQR, 
piatade K | 68. s'el è questa la T, se quell'è quela K | che tu P | togl(i)esti KR, 
tol(l)isti DPQ I 69. di GGKR | me BGGKR, nui F | vera manque dans D | (h)u- 
manitade BGDEFGKPQ, humilitade R | 70. è quella questa E, e questa è quela 
T I di GEGK, per R | chi P | mi GKR | dixisti P, dicisti Q | 71. angiel G, -gel 
RT, -o KQ, anzelo P, -olo DG, agnollo BE | tuo manque dans G | tu dusse P, 
aduse G, dise BGF, m'arecô R, mi porto Bd | 72. che-lla K | la manque dans 
F I tua GEKQR, tuo BFBd, to G, manque dans P | vertude BFBd, virtù E'GKR | 
m' KBd I obumbrasti EQRT, -unbrasti GP, obombrasti F, obronbrasti B, -bresti 
D, abbonbresti Bd, abbombreresti K, obumbreresti G | 73. quest'è CT, quella 
è Q I 74. ch'el FR | suo] to GP, manque dans R | fiolo PQ, figlio CE | Rachel 
Josep G I Joseph DE, Josef K, Gioseppo R, manque dans FP | Rachella F, Rachael 
p, Lachel G, Rache T | fese F, manque dans Q | essa stessa K, steso G, stesa 
GF, inessa (istessa?) Q, in festa P | 75. guardando D, guarda BGEFKPQRT | 
et manque dans BDGÏ | observa GF, conserva P, de sopra B, di s. G, mira R | 
s'el è P I ti GEKR, manque dans P | pare E, manque dans P | 76. mi BGEFGKRT | 
pare EKQ, paro P | delazierata B, -cerata DP, dilacerata CRT, lacerata KQ, 
deracerada G | e(t) sfes(s)a BG, essa F | 77. sanguinente GQ, sanguanenta T, 
sanguinata BFP, sanguinada G, sanguenata E, insanguinata K, lividita R | omè 
BEQRT, omei G | ch'i' R | no T, nol R | decerno PQ, dicerno GDET, dizerno 

BF, diserno G, discemo KR | 78. alguno E, -c(h)uno PRT | se quella Q, s'ela 

BG, che questa R | si e F, è P, séria G | 79. or] o G, manque dans FPR | don- 
qua QT, donche B, donque G, dunqua G, dunche K, adoncha F, adunque R, 
aduncha P | padre idio R, iddio K | céleste BGEGQ, celestro P, o céleste K, 
signor R | e] o K, manque dans R | 80. fera CEQ | c(h)rudel(l)e BPQ | molto 
D, mo R 1 t'insidia R | 



Plainte de la Vierge. 83 

a devorato el niio fiol eterno. 

29. Qucla pesima chon la soa perfîdia D 191^ 
chontra el mio fiol mose 11 Zudei, 

e questa fo la dolorosa invidia. P 243^ 

30. Oimè, dolenti e tristi spirti niei! 1285 
Oiniè, chom questa chame è stata onfesa! 

trista mi de tanto dir omei! 

31. Stando chossi sopra el chorpo destesa, F 43^ 
batandome le mane e^l peto e*l volto, 

Zoane chon le done m'ave presa. 1290 

32. E pur planzendo e chridando mi molto, 
lo mio fiol, o dolorosa mare, 

per forza de le braze me fo tolto. 

33. E vedendolo al sepulchro portare R 69° Q 139' 
la smania ch*io menava dir non poso, 1295 E^25'' T35^ 
che chuor algun non la poria pensare. 



81. il GRÏ I fiolo EPQ, figluolo GR, manque dans K [ 82. pesima] mal- 
vagia Bd | cun D, in chui R, per K | sua BCEKPQR, suo F | perfida P, iusidia 
FK I 83. il CT, lo DP, al EKR, del G | figl(i)o ER, fijo T, fiolo PQ, figluol GK | 
mossi E, mosson R | gli K, i BGFGR | Giudei GFKR | 84. e questo T | fu GPR, 
manque dans T | dolorosa] maladecta R | 85. omè QRT ] dolente FP | e] o 
GKT, manque dans BFGP | tristi manque dans BFG | li spiriti BDGPQT, gli sp. 
FR, spiriti CK | miei GKR | 86. tanto me vedo trista e doloroxa F | oimè chon] 
veggendo R | omè QT | como D, corne KQ, co T, che BGP | questa] sta P | 
stada G, stà T, facta P, tanto R | of(f)es(s)a BGDEKPT, offensa Q | 87. da 
que' malvagi, invidiosi e rei R | me GEG, a me K | de tanto etc.] che dirlo 
non vorei F | di GGK | dire EKQ | oimei P, oimè, oimè K | 88. e stando K | 
c(h)usi BFG | sovra GGR | il T, '1 BGER | distes(s)a GEGR | 89. e cole mani mi 
battea il pecto e'I volto R | bat(t)endomi GFKT, batendome BDEPQ | cun le P | 
man FG, -i GK | e il petto K | 90. Zo(v)anne EQ, Zovani G, Jovane B, Johani 
F, Giovanni GKR, Çuaner D, Zuane P | cun le P, e le G, e quelle R | m'ebe B, 
m'ebbor R, m'abbe K, nele braze G | 91. e più E', e pui E^, cosl R | pian- 
zendo BEPT, -cendo G, -gerido GFKR | e manque dans G ] mi cridando G, c(h)ri- 
dando BG, gridando io K, io cridava P, tristando me Q, sospirando R, lacri- 
mando F | Les vers 1292—94 manquent dans B. 92. il R, el P | fiolo EGQ, 
filiolo P, figluol CKy -o R I o dol.] o lassa R | madré GDGKPQ, sança pare R | 

93. brace E, -ccie G, -ia KR, man F | el me T, mi GEKPR, a mi F | fu GFKR | 

94. e manque dans G | vedendo lui GDEGQ, vendolo K, vedello P, veggendolo 
poi R I sepolcro Q, sipolcro R | 95. Talmania E*, la pacçia R | ch'i' T | menavo 
K, portava F | nol FT 1 96. ch'el GP, ne R | quore R, cor GPQ, -e E | algun 
mai B, nizun mai G, alguno FK, alcun G, alc(h)uno EPQR | no la QT, non lo P, 
nollo K, nol BDFGR, non G | potria K, poteria E, potrebbe R | portare D, 
contare (<cuitare?) F 



84 Â. Linder. 

34. lo me squarzava, io me zitava a doso 
a questa a quela per qualche chonforto, 
dizendo: oimè, quanto el chuor m'è perchoso! 

B 155' 35. Oimè, Josep, perché me fai tal torto? 1300 

Dame el mio fiol, s'el te chai de Dio, 
non chreder ch'el me sia men charo morto. 

F 44' 36. Se vivo lo portai nel ventre mio, 

C 93^ quando lui toise de mi charne pm*a, 

ben lo poso portar morto, dis'io. 1305 

D 192' 37. Non chreder tu darli altra sepultura, 

che in le mie braze qui voio ch'el stia 

P244' de fin che la mia vita trista dura. 

M 23 38. Questo è el mio fiol e la vita mia; 

mio Dio, mio padre, mio sposo è chostui: 1310 

de damel doncha per toa chortesia! 

39. Chontra de ti, Josep, zamai non fui. 



97. mi GEKR | -ssgharciava K, squarça' T, strenzeva F | i' R | mi GEKR, 
manque dans P | git(t)ava CDFGRT, zetava P, bateva Q, buttava K | tuta a 
dosso P, adesso E | 98. ora a questa ora a quella per conforto R | e a quella 
K I 99. dicendo GDEGKPQRT, vedendo F | omè EQRT, manque dans F | quato'l 
T, ch'el mio B, chôme el G, el mio F | quore R, cor GDEQ, corpo P | m'è] 
chus\ F I 1300. omè QRT, o G | Joseph FP, Giosef K, Giuseppo R, Çoseph D | 
mi GEKR | fai] a facto P | tal] tanto P, manque dans GR | 1. dami il GEKR, 
dame Q, -'1 D, -lo P | m. f.] fiol mio F | fiol(l)o BPQ, figl(i)o GDERT, figliuolo 
K I sel etc.] o servo de dio F, per l'amor de dio P, pregoti per dio R | se EGT ( 
ti GKT, ri E | cale BK | di dio G, di-ddio K | 2. credere Q | che GK, chi R j 
mi GKR I si T I meno R, mein D | 3. tu sai bene ch'io il portai nel ventre 
mio R I se vivo] ch'io P | lo] nel B | porta' Q | in lo DP | ventro Q, corpo G | 
4. quand'essi R, quando ello G, q. lo B | prese R | di me GGKR, manque dans 
P I pura] humana T | 5. hein lo D, bello R | pos(s)io GDFQT | porta T, portare 
KP, tenir F | morto] vivo T | disse io PQ, disi io B | 6. e non R | credere K, 
credi P, pensare R | tu manque dans BFGR | darglie E | atra Q | sepoltura GRT | 
7. cha T I nel(l)e FKQR, le GGP | braze mie F, -ccia mie R | brace E, -ccie GK | 
qui] 1\ GT, io DK, e' Q, manque dans EFPR | voglo D, -glio GEFGKPQ, voljo 
B, vo' R I ch'egli KR, che BG | stia] sia GGQ | 8. di GE, in KPR | fino R | 
M commence au vers 1309. 9. questo si è B, quest'è GEKMT, egl'è R | il KT, 
'1 DFGM, lo GQ, manque dans R | fiol mio FM | fiolo EPQ, figluoUo G, figlo R, 
fijo T I e] o G, questui è M, questo è F, ed è T, egl'è R | la manque dans 
BDEG I mia vita GQ | 10. Idio, padre e spoxo m'è costui F | mio d.] dio dio D | 
id(d)io KR | sposso G, fijo T, questui M | 11. die D, dee T | dame G, -lo BKPQ, 
donqua Q, dunqua G, -que R, aduncha P, -che K, -qua G | per t. c] vita mia K | 
tua GEQR, to BFG | cortexia BFGM | 12. che contro a-tte R | contro G | di 
GEGK I te GGK | Gioseppo R, J(h)oseph DEF | mai BGEFGKPR 



Plainte de la Vierge. 85 

dame el mio fiol e nol sopelire, 

o tu me sopelisi mi chon lui. Q 140' 

40. dolorosa, che pos'io plu dire? 1315 T36' 
No me valea priego ne lamento, 

che me volese Josep exaudire. 

41. E chossi involto chon prezioso unguento M 24 F 44^ 
en un lenzuol, lo mio fiol fo chluso K285' 
e posto dentro el nuovo molimento. 1320 

42. Poi al sepulchro andai e stava suso E^ 25^ B 155^ 
de qua de là vardando chon gran planto 

pur per veder qualche sfesura o buso, 

43. a zô che io vedese el chorpo santo 

del mio fiol, e niente me valea, 1325 



13. dammi GKR | il GER, "1 DMT, lo K, manque dans B | fiol mio M | 
fiolo PQ, figl(i)o GER, fijo BT I e manque dans FM | non el G, non E, nol(l)o 
GKQRT, non melo P j sep(p)elire BDEKMPQT | 14. tu manque dans FR | mi 
CKT, manque dans DFR | sopellisti G, -ite R, sepelisti E, -l(l)is(s)i DPT, -lise B, 
sepilisse Q, seppellissi K | me EGKR, mie Q, manque dans M | insenbre con D, 
a pe de M, con esso R, c. messo F, co- K | -llui K | 15. o d. a me R, o d. 
madré K | que M | posso io EPR, posse io M, poso BQ | più GEFGKMPQT, piui 
B, manque dans R | 16. non BGEFGKP, che non R | mi GKPRT | valeva K, 
valse R | ne prego F, ne preghi Q, pregh(h)o GP, priega K, pianto G, manque 
dans M | ni BG, no Q, el mio M | lamenti Q | 17. che Gioseppo volesse exau- 
dire R I ch'el EF | mi GK | volese manque dans K | Joseph DEFP, -f K | essai- 
dire K, aldire M | 18. unto che fu con pretioso unguento R | e manque dans 
GP I c(h)usi BFG | envolto M, volto D | cun Q, in BFG, in quello P | pretioso 
PR, -ciosa E', -o GE^F | onguento BFQT | 19. en DM | uno PQR, um M | len- 
zuolo BKQR, -ziolo E, -cuolo G, nenzuolo F, linzuolo DG, -zolo MP, liçuol T | 
il GR, el DFMP, manque dans Q | fiolo PQ, figliolo E, figluol GKR | fu GGKMR, 
fuo Q, manque dans P | chiuso BGDEGKQR, -uxo T, pretioso P | 20. e poi P | 
p.] messo PR | intro'l E, entro el M, dentro in G, d. il T, d. al KR, d. un BGF, 
in uno P, nel Q | novo EGMP, mio T | muHmento M, monimento EF, -umento 
DKQR I 21. e io fe' tanto ch'io vi sali' suso R | andai puô al s. F | e poi T, 
e puô G I sepolcro Q, sepelire M | anda' G, -ava GMQ | steti P | 22. e veni 
(vedi ?) nel guardando c. g. pianto R | di qua GEKT, deçà M | e de FP, e di T, 
di GEK I guardando BGDEFKMPQT | grant D | pianto BEFGKMPQT, -ti G | 23. 
se alchuno fesso vi fosse perfuso R | pur manque dans P 1 vedere EMP | fessura 
K, -0 G, fexura T, fissura E, fixura GM, fendadura P | o] e D | buxo BDGMPT, 
busco GK, bulo E | 24. ond'io veder potessi il c. s. R | aziô BFG, açiô GT, 
acciô K I ch'el P, ch'io BGDKMQT, io (che manque) F | vedessi K, vedise G, po- 
dese veder F | il GKMT, quel F, quello P | 25. fiol(l)o BDMPQ, figluolo GKR, 
figlio E I e] ma GR, ma'l B | ninte T, nula F, non BG | mi BFK, non M, man- 
que dans GR | 



86 A. Linder. 

ch'el iera chluso întorno tuto quanto. 

44. Lo chuor, topina, tanto me dolea, 

ch'io rabiava chon piedi e chon mane, 

e tuta quanta strazar me volea. 
D 192^ 45. Poi Nichodemo, Josep e Zoane 1330 

G 94^^ de tera me levô chon gran pietate, 

P 244^ chon le done planzando in voze altane. 

F45'' T36^ 46. E voiando portarme a la zitate, 
Q 140^ io chomenzai chridar verso la tera: 

Jérusalem plena de chrudeltate, 1335 

47. ogni dolor per ti nel chuor me sera; 

plu non serai vision de paze dita 

da mi che per ti sento tanta vera. 
M 25 48. Io vegno a ti e laso la mia vita, 

io vegno a ti e laso ogni chonforto, 1340 



26. ch'elo D, ch'egl(i) KR | era GDEGKMQR | chiuxo B, -uso GEFGKQ, 
inchiuso DP, bene serrato R, manque dans T | int.J dentro F, a cercha M, man- 
que dans R | '27. il R, el G | cor GEPQR, -e M | tapina KPR, de mi topina Q | 
tanto] quanto E», trista G | mi BGEFGKRT | doleva BE | 28. ch'e' P | arrabia- 
va R, rabia' Q | con etc.] di pianto e d'afifanni R | co' K, cun li P, cum M, 
com Q I piè G, pedi PQ, pede M, braze F | cun T, cum MQ, cun le P, con le 

E, colle K I mani GK | 29. istracciar R, straçare Q, squarçar MT, -ciar G, -e 
P, isguarciar K | mi GEGKRT | 30. poi Joseph, Nicodeme e Johane F | e poi 
P I Gioseppo R, Yoseph D, Joseph EP, -f K | Zuane BT, Giovanni GR, -e K, 
Jo vanne G, Johanne P ] 31. di BER, da GT | terra] quindi R | mi BGDEGKRT | 
leva BGM, levar E, -on R, levoron K | c. gr.] per R, grant (con manque) D | 
pietade BGDGPQRT, piatade FKM | 32. pianzendo forte insieme chon le dane 

F, piangendo tucte i mie' gravosi danni R | cun PQ | done manque dans T | 
piangendo GK, -zendo BDEFMT, -cendo G, -cçendo Q | in] cho B, con K, cum 
le MQ, cun P, a T, manque dans G | voce GEKPQT, manque dans G | altanne E, 
alta di G | 33. e manque dans R | voiandome M, voliandome P, voiendome D, 
volendo F, -me BE, -mi GR, vogliendo GT, -me Q, -mi K | portarmi GT, portar 
BDG, -e EMPQR, menar K, -mi F | citate E, -ade GKRT, citade DMQ, zitade 
BFGP I 34. i' R | comença' Q, cominciai GKR | BKPQR ajoutent a | cridare 
MQ, gridar KR | verso a la F | 35. Gierusalem R | pien G, -a BGDEFKPQRT, 
pina M | di GEKR | c(h)rudeltade BGDFRT, -itate E, -itade GMPQ, crudità K | 
36. te GGKR | en lo D, al P, lo FKR | cor GDEGMPQR | mi GEKR, m' F | s.] 
afera F, fera B | ^7. non più F | più GDEGKPR, piui B, poi Q, puô T | sera' 
Q, sarai R, sara' K | vixion BD, insion K, masun P, diss'io R | di GFTBd, mai 
K, ne Q, manque dans R | paxe G, -ie F, pace GEKMQRTBd | detta K, gridata 
R I 38. me GKRBd | te GGKRBd | tanta] grant D, si gran BG | guer(r)a mss. | 
Les vers 1339—40 manquent dans P. 39. i' R | te GGKR | lascio KRBd, lassa 
M I la mia] l'anima E | vitta Bd | 4-0. a te GKRBd, manque dans G | lascio 
KRBd I ogni] el mio BF, lo mio G | 



Plainte de la Vierge. 87 

io vegno a ti chomo tu vedi aflita. 

49. Io laso, o trista, quel zio de Torto, R 69*^ 
io laso, o lasa, tuti i mei desiri, B 156"^ 
quando ch'io laso el mio fiolo morto. 

50. Da lui me parto plena de sospiri, 1345 

da lui me parto dolorosamente, E^ 26' 

da lui me parto chon forti martiri. 

51. Perô planzete miego, tute zente, F 45'' 
pizoli e grandi, verzene e donzele, 

vedove, maritate e chontinente; 1350 



41. vengo F | te GKRBd | et laso chôme B | tu vedi afl.] pacça e smarrita 
R I tu] me F 1 vidi Q | afifritta K | Les vers 1342 — 44 manquent dans G, le vers 
1342 manque dans F. 42. lascio KBd | o] ahi Bd, manque dans BGF | trista] 
lassa Bd | quel bel Bd | çiio M, ziglio F, giglio GKBd | di l'orto F, d'Orto Bd | 
43. laxo M, lascio KBd | o] oi B, ahi Bd, manque dans FF | lasa] trista F | ij 
li MPT, e K, manque dans Bd | mie BFT, miei GKBd, manque dans F | disiri 
CFBd, desideri K | 44. quando io FF | lascio KBd | il KTBd, Io GF | figliuolo 
KBd, figlo G, fiol F I 45. mi GGKBd | plena etc.] doloroxamente T, e gran 
doglia ne porto G | piena GFKF, pina M | di GKBd | suspiri Bd, gran martiri F | 
46. mi GGKBd | dol.] misera dolente G | 47. da 1. me p.] e laso trista BG | 
mi GKBd | chon grave martiri F, pina de m. M, colma di martiri Bd, piena de 
sospiri F, tuto Io mio diporto G, i mie' refrigieri B | DEQR offrent une rédac- 
tion différente de ces deux strophes. La voici. 

49. Da lui me parto col cuor quasi morto, 1342 

da lui me parto plena de sospiri, (cf. v. 1345) 

da lui me parto e grande doia porto, (cf. le v. 1345 de G) 

50. Io laso, trista, tuti i mei desiri, (cf. v. 1343) 
io laso el mio fiol doiosamente 

e vegno a ti con grandi martiri. 1347 

42. dal mio figluol R | mi ER | col etc.] e lascio'l morto R | cun Io Q | 
cor EQ I quasio D | 43. mi ER | piena EQR | di ER | suspiri Q | 44. ne potre' 
dire il gran dolor ch'i' porto R | mi E | gram Q | dogha EQ | e' porto Q | 45. 
i' lascio R | o manque dans ER | trista] lassa R | li miei D, li mei Q, i miei R | 
disiri ER | 46. quinci mi parto dolorosamente R | il G | fiolo EQ | dolorosa- 
mentre D, -te EQ | 47. e] io DQ | a-tte R | cum Q | gradi Q, gravosi R | 

48. perô] poi E, omai G, aimé Bd | pianzete EF, -çete MT, -çè D, -gete 
GFKRBd, -giete B, -cete G, piageti Q | mec(h)o BGEFGKRBd, -go MFQ | tut(t)a 
BCDGFQRBd, o bona F | gente GEKQRBd, giente F | 49. picol(l)i FKF | e man- 
que dans BEKTBd | grande G | vergene M, done D, pizoli E, picole Q, zoveni G, 
giovane R | e manque dans BGKQR | dong(i)elle QBd, -celé GK, pulcelle M | 
50. vedoe D, vedove e FMP | maritade G, -dade T, mandate MFBd | e conte- 
nente E, en contenente M, incontinente GQ, chontinuamente B, interamente R, 
e tuta zente vivente F | 



88 A. Linder. 

52. planzete vui, pupili et orfanele, 
T 37' planza zaschuna che fioli pruova, 

che s'el è triste mare, io son de quele. 
Q 141' D 193' 53. Planza zaschuno che zusto se truova, 

et ogno pechator planza in so stato, 1355 

si che zaschuno a lagremar se muova. 
P 245' 54. Oimè, che Tuorno, el servo el rio, a fato 

C94^ tuta Tonfesa, aldite abusione, 

e Dio, el Signor el zusto, è chondenato. 

55. Vedete che sentenzia e che rasone, 1360 

M 26 vedete che judizio, alor dis'io, 

perô non planzo senza gran chasone. 
F 46' 56. dolze, e plu cha dolze fiol mio, 

o lume, o spechio, del mio chuor radize, 



51. pianzete EGPT, -gete GFKQRBd, -giete B | voi GKMQRBd, manque 
dans P I popoli Q, pipilli M, picciole R | et manque dans GR | orfanelli Bd | 

52. pianza GP, pianga BGDEMQRTBd, piaza F, piagia K | ciasc(h)uno GR, cia- 
scaduna P, ciascheduna K | chi Q | filioli P, figliuoli Bd, fiolo DQ, di figluolo G, 
duol de figluol R, mai fiol M, figlio K | prova DEGQBd, a prova G, porta BKMT | 

53. s'el n'è B, -sselle son K, de le MBd, se nezuna è P, s'alchuna n'è R | trista 
GDEGPRT, afflitte Bd | madré BGDEFGPQ, manque dans KR | sum MQ | di 
GGKRBd I Les vers 1354—59 manquent dans G. 54. pianza FP, -ga BGDEMQRTBd, 
piagia K | ciascaduno P, -scheduno K | chi PBd | giusto GKRBd, iusto EMQT, 
tristo F, a questo P | si trova GEKMR, s'atrova Bd | 55. pianza ziaschun pec- 
cator in so s. F I ogni CMPRT, ongni K, on(n)i EQ | peccatore KR | pianza P, -ça 
M, -ga BGDEQRTBd, manque dans K | in manque dans R | suo BGEKPQRTBd ] 
stado M I 56. si che] acciô Bd | çascauno M, ciasc(h)uno GE'RBd, -scaduno P, 
-schedun K, ziaschun F | lac(h)rimar BFBd, lagrimar CEK, piangere R, -zer P | 
si GEKRBd | mova MQRBd | 57. omè EQRT, aime Bd | r(h)omo BEFMQTBd | 
el s. el r.] el rè servo P, e rio K I et el E, e R, il Bd | el reo Q, e reo F, e il 
rio Bd, no (< rio?) D, ebreo M, manque dans ER | fatto (a manque) K, a 'do- 
perato R | 58. tuta] ogni R | of(f)es(s)a GDEKMPQBd, peccato R | de aldite P, 
audite BFM, udite GER, tutte Q | e busione Q | 59. e] che R, manque dans K | 
iddio KBd | el manque dans R | signore GER, segnor DMQT, -e B | el] e ERBd, 
manque dans KM | giusto GKRRd, iusto BEMPQT | condan(n)ato EKMPR | 60. 
ved.] audite F 1 que sentenzia (-cia) e que EMQT | raxone BDEGM, rasione T, 
-xione F, -gione KRBd | 61. che] que EMQT, bel R | giudicio (-tio) GRBd, iu- 
dicio (-tio) EMPQT, sentencia GT | allhor Bd, a-lloro K, a el P, e che G | dessio 
P, disse io Q, radixio G | 62, non è il pianto sança gran cagione R | piang(h)o 
BGEFKQT | sanza K | cassone P, c(h)axone BDGM, cassione T, caxione F, ca- 
gione EBd, ragione K | 63. e p. etc.] e più dolce ch'el mio fiolo Q | e manque 
dans BFGPBd | che GEFKRT | o filiolo P, figliol EBd, figluol GKR | 64. lumo 
K, luce R I speio M, e spec(c)hio BKQR ! o del GFKQ | c(h)or BGEGMQRBd, 
core P I radice EKMRBd | 



Plainte de la Vierge, 8*,> 

mai non seni questa doia in oblio. lo(>5 

57. O bisla nii, topina et infelizoî 
Ogni tonnento par che in nii renuova, 
si chomo fa la vita in la fenize. 

58. Oiniè, che ogni graineza el mio chuor pruova, 
oîmè, che la mia pena sempre monta, 1370 

oimè, che ogni dolor par che in mi pluova! T 37^ E* iG'' 

59. Chossi lasa, dolente mi, fui zonta 
chon quele done in la zitate a chasa, 

denlro dal chuor de doia tuta ponta. Q 141'' 

60. Alora dis'io: o done, tute tasa, 1375 
tute sen rada, tute se rechline, 

posa ch'io son chossi trista romasa, 

61. Mare serô sempre de le topine, D lOS'^ F 46^ 



(»5. non usirà mai sla doglia del cor mio F | no M | sarâ KR, me sen\ P | 
questa] la mia R | dogla R, -ia CEFGKQ, dolgria B, do P | en M | oblivione P. 
obbio R j 66. omè tapina, trista e infelice R | me EGBd, a me K | tapina KPBd | 
et] o CFKQ, manque dans BGP ; infelice EKMBd | 67, ojîiio M. -e P | p. o, iu 
m.] in mi par che D | pare K, pur F, manque dans GR | che manque dans FGR | 
in me EGKR, me BM, mi G, sî mi F | renova MPQT, s\ se renova G» senpro 
rimmova R | 68. si como ogni uno me pada e dice P | in la] a la R, nel K | 
iinize F, -ce R, -re K | 69. niuno conforto a la mia vita giova R | om*> Q, 
aime Bd, manque dans T | che manque dans T | ogna M | gr.] tristeza BG, do- 
lor D, grau duol Bd | el cor me p. M ] il ETBd, lo D | c(h)or BCEGPQBd | pn»va 
BEFGKMPQBd | 70. omè EQT, aimé Bd | la m.] mia gran Bd | amonta KV | 
71. omè EQ, aimé Bd, manque dans FRT | ogno M | par etc.] in mi pur par 
che piova F, parmi che nel mi' cor piova R | chel Q | in manque dans GMQ | 
me EGKBd | piova BCEGKMQT. pruova D, si trova P | 1± chusi BFG [ e do- 
lente M, dogliosa Bd | me BGMBd, io K, a-mme R, non Q | fu' DMR | giouta 
FBd, jonta B, giunta GKR | 73. cum M, cun T | nel(l)a BKR, al(l)a GEG | ci- 
tade C, cit(t)à EGKQR, zitade BDFMPT | 74. com'io t'6 decto di fatica con- 
puuta R I da T, del G, dil Bd, manque dans K | c(h)or(e) BCŒMPQBd, manque 
dans K | di GEGKTBd | doglia EKPQT, acerba doglia Bd | tuta manque dans Bd | 
punta GEK | 75. done, ben sono d'ogni letitia rasa R | a loro M, alor F, allhor 
Bd I dis(s)i BCDMT, dis(s)e EGP, disse io Q | o] a lo FG, manque dans QBd | 
done] sirocchie Bd | tuta B, ogni G, como P, a la Bd | tassa I), taxa GMT, las(s)a 
BP, a casa GK, lor casa Bd | 76. diss'io, e vivo fra puugenti spino R | tuto| 
ogni un Bd | sene P, se GK | vadi Bd, -an F, -ano G | ogn'una s'en renclinc Bd | 
si CK I incliine Q, richinino K, renchine BM, rechine P, chine F, ritorno G | 
77. che sança il mio figluol qui sono runasa R, poscia che cosi cicca io son 
rimasa Bd ] poscia E, dapoi P, poi K, po M | son io G, sum M | c(h)us\ BF, si 
G I rimas(s)a BGDE'FGKP, reniasa E^ -axa T | 78. madro niss. | sempre scrô 
Bd, s. sarô FR, senpre serô B | sarù K | senpre GDKgï | tapine KPRBd 



90 A. Linder. 

poi ch'el mio dolze fiol morto zaze: 

e qui fazemo a questo dito fine. 1380 

P 245^ 62. Le done alora aperse le soe braze 

K285^ ver mi planzendo chon grandi chlamori; 

altre romase, et altre andô in paze. 
B lôS'^ 63. Pensate questo anchora, o pechatori, 

G 95' levate li ochi al chruzifiso aderto, 1385 

M 27 e vederete i mei grandi dolori. 

R 70* 64. Abiate sempre el vostro chuor aperto 

ad amar Dio in tuto, asai e non puocho; 

se zo farete, dichove per zerto, 

T 38"^ che fuzerete dal eterno fuocho, 1390 

e vegnirete nel beato luocho. 

Explicit Virginis sancice lamentatio. 

79. dapoi BG | che K | caro mio R | figlo dolce G, fiolo dolçe M | dolze 
manque dans EGKPR | figliolo E, -iuolo K, fiolo PQ, fijo DT, -glo R | morte P, 
manque dans F | case M, zasse P, iaze BF, -xe G, -ce DQ, -ce GT, giace EKRBd | 
80. ne il mio grave cordoglio hora mai fine Bd, o chi m'a conduta a questa 
dura fine M | e manque dans G ] qua F | faziamo B, -c(c)iamo GPR, focemo E* | 
a q. dito] al mio lamento R | 81. le done tute F | allhor Bd, manque dans G | 
ap. etc.] si come ancor si face R | aperse tute G, apersen GP, -on Bd, aprian 
F I le lor BGBd, le GFKPT 1 brace CM, -ccie Bd, -ia K | 82. m'abbracciaron 
piangendo dentro e fori R | ver de M, verso K, v. de FP | me BK | pianzendo 
EFG, -çendo MT, -gendo GKQBd, -giendo B, manque dans P | cum MPQ | gr.] 
gravi Bd, ogni P, manque dans F | chiamori EM, dolori Bd, sospiri DFP | 83. 
altri E, parte F, certe R | rimasi ES -e E^KBd, -xe BFG, -sono R, rumaxe D, 
romason G, remase M, -seno P | et manque dans MQRBd | l'altre R, altri E*, 
-o E", parte F | s'andoron Bd, andaro R, -ono P, andono GDFT, -onno K | en 
M I pace EKMRT | 84. pensati PBd | anchora questo G, a q. adonque Bd, 
questo P, anchora F, a le mie pêne R | o manque dans B | 85. guardate quel 
che per voi a sofferto R | levati P | gl(i) DEBd, i FMT | crucifixo GFMP, -isso 
DBd I aerto T, adreto D, ben sperti P, aperto K, un pocho F | 86. il mio figluo- 
lo in croce, e suo' dolori R | e lî Bd | vederite Q, -iti E, -eti BFG, vedreti Bd, 
vedeti P | h BDFGMPQ, gli Bd, manque dans Kï | miei GDBd, mie FT, mi KM j 
gran FBd, -m Q, -nt D | dolore M | Les vers 1387—89 manquent dans F. 87. 
(li)ab(b)iati PBd | il GKRBd, li P | vostri P | cori P, core GEM | aperti P | 88. 
verso dil bon Giesù molto e non poco Bd | ad amare E, adarme Q, amare K, 
in amare P | Dio etc.] quello che non amo voi poco R | id(d)io EK | in t.] tuto 
MP, manque dans D | et manque dans GEGMT | poc(h)o BGEKMPQT | 89. e ciô 
facendo tenete di certo Bd ] ciô GEKR | fareti B, -ite EGQ, -iti P, façiti M | 
dic(h)ovi BGEGKR | per certo M, che certi P | 90. che] a zo F, vui P | fug(g)i- 
rete E^KR, -ère te E*, -ierete G, fucirete G, -çireti M, -gerite Q, -gireti Bd, fu- 
zeriti P, fuziate F | da lo M, de lo Q | eternallo P | foc(h)o BDGMPQR | Le vers 
1391 manque dans Bd. 91. e si R | vegnereti B, -iriti Q, veneriti P, -ire te M, 
-erete K, venete R, vignerete DT, viverete G, giungerete G, andar posate F | nel] 
in lo M, a quel F, a stare in lo P | biato Q, bendeto P \ loc(li)o BGDGMPQRT | 



Plainte de la Vierge. 91 

XL 

A. Incipit oratio sive gratiarum actio. 

1. En le braze tuo, Verzene Maria, F 47' 
chon tuto el chuor e la mente me anodo; (11125^ 
audi et exaudi, o dolze Mare pia! 

2. S'el tuo sechorso no me mostra el muodo, 1395 H 126* 
poter en mi non sento, ne vertute 

a dar ne a referirte degno lodo. 

3. Miseriehordia de le onfese iute 
domando e chlamo, e tuto me despono 

a ti, prinzipio de nostra salute. 1400 

4. Non eser tarda de farme perdono, D 194' 
e poi dignare mey Virgo sacrata, 

laudare te de tanta grazia e dono. 

5. Pensando quela grazia che m'ai fata T 38^ 
a farme dir del tuo planto e lamento, 1405 



9î2. Innele B, iiiel(l)e KQT, in le CFG, e Nelle E, iiele H, neli S, entro 
le D I toe braze GH, tuo b. F, tuoi braccie C, t. bragi S | braccie E, -ia K, -ace 
M I toi E, tuoi ï, tue K, toe BM | BF ajoutent (li)o | vergine EFK, -en T, -ene 
DGMQ, virgine CS | 93. cun H | il Cï, '1 BDH | cor(e) GEHMQS ] la manque 
dans F | mento B | mi FKST, m' GEGM | anudo K, avodo CFM, vodo B, adono 
G I 94. aud et exaudi Q, odi et oldi G, aldi et essaldi K | et] mi F, manque 
dans BDT | madré BCDEFHKMQT | pia] mia D | Les vers 1395—97 manquent 
dans B. 95. to HM | soc(c)orso CFHKS | non CEFGHKS | mi CDEFKT, manque 
dans S | mostri D | il CT, al D | mondo D, modo CEFGHKMQST | 96. podere 
CES pordere E«, poder DFGT, potere K, posanza M | me EGS | no DT | ni FT, 
ma G, sie E' 1 vertude DFHQ, virtute CE^KMS, -ta E', -de G | 97. a d. ne a] 
a aydame M | ad H, de FS | dare CE, darti S, -vi F, haverle H | ne a] -me a Q, 
e de F, e S, ne GK, manque dans H | referir DH, -ve G, riferire C, rifarvi F, 
refrigerio K | laude degne H j digno FS, dogni M | laudo Q, loldo D | 98. ofîes(s)e 
CEHKQS, ofese DM, -xe G | 99. dimando CDES | e devant et après chlamo 
manque dans G | chiamo BCEFGHKQST | mi CEFGKST | liOO. te CKS \ pren- 
zipio B, principo H | 1. di CEFGHKT, a QS | farmi CDE, farimi S | 2. e puù 
D, poi G I digname Q, -me mi D, -re te G, mi fa degna C | vergo E*, -ine C | 
3. di te laudare C | laudate E', laldare K | ti DF | e manque dans G | Au lieu 
des vers 1404—09, S porte: 

Porgi soccorso, o Donna intemerata, 
si ch'el mio cuore non sia somerso 
e sempre viva l'aima inamorata. 

4. quela] questa F | m'a Q | fîito M | 5. a] e Q | fiirmi BCEKT | dire 
BKMQ, aldir D, oldir T, udir F | e] de Q, el F | to GH | pianto BCEFGHKQST | 
et] il CT, manque dans HQ | 



92 A. Linder. 

la mente mia non de eser ingrata. 
Q 142^ B 157^ 6. Ma ben ch'el non sia dito del tormento 
C 95^ (F 47^ lo minimo dolor per algun verso, 
M 28 degno de darte lodo io no me sento. 

7. Tu redemisti tuto Tuniverso, 1410 
tu trasmutasti el chorso de natura, 

tu sechoristi el mondo ch'era perso. 

8. Tu renovasti Fumana chriatura, 
E^ 27^ mostrando nato el suo Signor in tera 

de ti, Verzene dolze, in charne pura. 1415 

9. Tu fisti paze dove era tal vera, 
tu vena de speranza e de merzede, 
tu vida de zaschun fedel che era; 

10. tu fondamento de la nostra fede, 

tu gloriosa asai plu ch'io non dicho, 1420 

tu fonte da chui ogni grazia proziede; 
F 48"^ 11. Tu schudo chontra del nostro nemicho, 



6. la morte mia B | dee EK, deve GQT, dove D, di B, te di F, de mai M | 
ingrata] desfata D | 7. bein D | che CHK | no DM | decto EK, manque dans B | 
del] el B I 8. menemo Q, mio B | dolore KM | per] cum Q | al(c)un GEHK, 
alcum Q | 9. digno Q | di CEGK, da Q | darti FK, dare G | Iode B, loldo D, 
laudo G, -e HT, laide K | io manque dans FHT | non BGEFGHK, manque dans 
M I mi GEFKT | 10. tu me F | red(d)imisti BEFK | lo univ. QS | 11. trans- 
mutasti DF, tramudasti M, -tasti G, formasti H | chorso] core M | di BGFK, de 
la HQ I 1± secoriste Q, -issi M, -esti BF, soc{c)oristi GH, soccor(r)esti GKST, 
sucuristi E | el m. etc.] tuto l'universo G | il GE*S, al HM | 13. rinovasti GK, 
renovaste E | c(h)reatura (le copiste de K avait d'abord écrit natura, puis il 
s'est corrigé) BEGKQ, natura GFHS | 14. monstrando S, mustrato E | il CEKT | 
so H, tuo F I signore GEK, segnor HMQ, fiol F | 15. da D | te GFGKS | vergen 
T, -ene DFGMQ, -ine GKS, o vergen E | dolce GHKMS, doncella D | en M | 16. 
tu paxe festi G | fecisti E^HKQS, fecesti E^ festi BGFMT | pace GEHKS, la paze 
B I love M I tal] gran F, la M, manque dans S | guer(r)a BCDEFHKMQST | 17. 
vena] vera G, madré M | di GGKS | marzede B, -cède G | 18. guida BGEFGHKMQST | 
di KS, se' di G | çascaun DM, ciascuna E*, ciaschedun G, ziasc(h)adun GH, cis- 
schedun K | fedele E«Q, fidèle E'M, fidel S, manque dans BCDHT | era] ora D | 
19. fundamento E'S | 20. asa' HQÏ | più GEFHKQS, piui B, pi M | ch'io] che 
H I dicho] canto S | 21. da chi F, onde G | gr.] fonte S | procède GHKMQS, 
-ciede DT, précède E | S ajoute une strophe: 

Tu sei fatta sublime et alta tanto 

più ch'io non penso e più ch'io non dico, 
perché te predico e sempre di te canto. 

22. scuto HMQS, manque dans D | se' contra G, anchora sei c. M, e' stata 
C. D I del] el DFHKMQS, lo BG | enemico M, inimic(h)o FHKQ, nimico CE | 



Plainte de la Vierge. 93 

tu venenosa et achuta saita, T39' 

tu gladio chontra quel serpente anticho; 

12. tu porta nostra de salute e vita, 1425 D 194^ 
tu schuola de vertute e de chostume, 

tu ferma, vera e zusta chalamita; Q 143'' 

13. tu chlara stela, tu perfeto lume, B 158' 
tu via del paradiso, tu la ehlave, 

tu ponte del pericholoso flume; 1430 

14. tu graziosa, benigna e suave, H 126^ 
tu medezina e singular remedio, 

tu chontra ogni fortuna nostra nave. 

15. Tu fusti dentro Dio e l'uonio medio, 

tu sumo ben de chi a ti se rende, 1435 G 96' M 29 
tu sempre pugni chontra el nostro asedio. 

16. ïu schala per chui al zielo s'asende, F 48^ 
tu vaso e templo e santo tabernachulo, 

tu spechio in chui ogni vertu resplende, E* 28' 

17. tu vera meta, tu dreto signachulo, 1440 



23. tu sel F I velenoxa B, venoxa F | et manque dans GH | sagit(t)a 
GHKMQS, saçita D, saiecta E, saecta G, saeta B | 24. tu gladio acuto F | quel] 
el FS I serpe F | antico EHKMST, -quo Q, -go G | 25. di GGHKST, de la F | 
e] e de Q, manque dans BG | vita] anticha B | 26. scola GEHMQ, schula D, 
scala KST | di GKST | vertude BGEM, -tù F, virtute T, -de K, -tù GHS | e di 
GHKS I costumi F | 27. forma GG | iusta e vera H, e v. e z. F | et iusta BEGMQS, 
e giusta G, manque dans K | 28. chiara BGEFHKQST | stella e perfetto M | 

29. paradinso D, -edixo T | tu es la M, tola e D [ chiave BGDEFGHKQST j 

30. tu ponte sei S, tu fonte G | de M | perigoloso M, -culoso E*, dubioso S, 
paradixo G | fiume BGEFHKMSÏ | 31. graciosa GDMQ, -xa T, -tiosa EHKS, 
glorioxa BFG | e benigna FM | soave BDEFGMQST | 32. medexina G, -icina 
GEHKMS, -izina BF | e manque dans G | singulare E, -olare Q, -olar G, signoril 
F I rimedio GK | 33. onni E | furtuna E, infortunio B | es nostra M, vostra E, 
manque dans H | 34. fosti BGEFGHKMST, festi Q | intra E, infra'l F, tra 
(le copiste de T avait d'abord écrit contra) HKT, l'omo e dio Q | e r(h)omo 
GDEFGHMT, et el mio B | remedio B, mezo K | 35. tu sempre abrazi chi a ti 
se rende F | som(m)o GEKQT | bein D, bene BGEHMQS 1 di GK, a MS | chi etc.] 
cui se fa oraculo M | a(-t)te BGGK, te S | si r. KQ, s'arrende S | 36. pugne E | 
contro M | il GT, '1 E | asidio H, osedio M | Les vers 1437—39 manquent dans 
M. 37. chi T, la quai BFG | ziel BFG, ciel H, -o DEST | s'astende E | 38. baxo 
F, vas DT, va E, vero S | e manque dans GHST | tenplum B, -pio FH, tempio 
S I sancto HK | tabernacolo ST | 39. chi T | omie E, nostra H | vertute E, virtù 
BS, cosa K I ris(s)plende GK, respiende T, descendo Q | 40. tu sei di Dio eterno 
segnacolo S | meta) mente F, vita G, inçenna K | tu] sei F, et B, manque dans 
G I dricto G, -tto M, diritto K, -cto E, -ecto Q, derito G, vero FH | 



94 A. Linder. 

tu salvatrize de l'umanitate, 
T39^ tu del fiol de Dio vero abitachulo; 

18. tu norma de iustizia e chastitate, 

tu titolo et esemplo d'ogni bene, 

tu forma de inozenzia e puritate, 1445 

Q 143^ 19. tu arliviamento de le nostre pêne, 

tu avochata nostra avant! Dio, 

tu forte lito che'l pielego tiene; 
B 158^ D 195' 20. tu venia se del pechatore e rio, 

tu gloria se de li agnoli superni, 1450 

K 286"^ tu grazia de zaschadun zusto e pio. 

F49'^ 21. Tu sempre el nostro ben e*l meio zerni; 

tu nostra vita, chonforto e baldeza, 

tu al porto de salù tuti governi. 

22. Tu fusti, Mare, et ei suma legreza 1455 

in zielo, in tera, si che da ti tuole 



41. salvatrice M | l'umanitade BCIDEGKQST, l'humità H, l'uma gente F, 
l'anema in viritade M | i-± fi^liol E, -iuol CK, fio H | di GKS | liabitacolo T | 
43. iustixia D, -icia GT, -itia HMS, giustitia GEK | e] de H, di E | c(h)astitade 
CDEGKMT, castità H, caritade BS, resplendente F | 44. tutilo exenplo G | tu 
manque dans T | titulo EHS | e manque dans B | exenpio BFHMS | 45. in(n)o- 
centia EH, inocencia DQT, enocentia M, iusticia G | e de M, manque dans FQ | 
puritade BGDEGKMQT, -ità H, reluzente F | 46. arleviamente E, alebiamento 
D, al(l)eviamento BGFGHKMQS | 47. tu nostra advocata H | advocata EGS | 
annici E, denanti H, enanzi M, inançi Q, dinanzi K | a(-d)l)io EHKQ | 48. tu 
lito forte F, tu fonte viva M | litto HS, lido DT | che lo S, che tuto el M | 
pel(l)ago BGDEHKS, pel(l)ego QT, piegalo G, mare M | tene BCDHMT | 49. tu 
exaudi cusi el bono chôme lo rio F | tu se' venia G | venia] vena BDEGHQ, vera 
K I sei S, manque dans BDGHMQ | pec(ch)ator GHT, pecadore M | e manque 
dans CDGHST | 50. tu gl. se] tu sei la gl. F, tu glorioxa G | se manque dans 
BGDKMQST | degh K, de i F, di EG, del' T | angioli G, -geli KQS, -zoH FGH, 
-çoli M I soperni D, supremi S | 51. gratia FGHS, gloria E | ciasc(h)uno EKS, 
çascuno Q, -auno M, -aun D, -un T, ziaschun B | giusto K, iusto GEHMQST | 
pio] pieno Q | 52. tu sempre mai di nui el meio discerni G | el n. b.] del ben 
nostro FH, del nostro M, el nostro meglo D | bene GEQ | e'I] e GKS, manque 
dans D | meglio GFFHKS, bein D | cerni GEHKMS, deqerni D | 53. tu de H | 
vita nostra S | conforta E | e manque dans G | 54. al manque dans H | salute 
BEGHS I tuti] ogni G, çascaun M | 55. fosti BEFGHQST | e se' o madré K ! 
madré BGDEQT, o m. FHMT, matre S | et] mia M, manque dans DHQS | sei FH, 
se' GG, si B, dei ( <. ed ei ?) D, manque dans MQS | som(m)a GEKT | al(l)egrez(z)a 
BGEFGKMQS | 56. in] tu S | ciel(l)o GDEGKST, celo Q, çelo M, ciel H, ziel F | 
e(t) in BDFHQ, e en M, e'n G | si chi S, manque dans D | da(-t)e GGKS, de ti 
F, da ti tuto D | tuoli E, -o G, tol(l)e BGDFMQST, recole H 



Plainte de la Vierge. 95 

lo sol, la luna e le stèle chlareza. 

:23. A zaschun clie del pechato se duolo, 

tu li avri el seno de miserichordia, 

si che tuti ne pia quanto vuole. 1460 

:24, Per la tiio umilitate fo chonchordia T 40"^ M 30 

dentro la chriatura e cl chriatore, C96^ 

dove cra in prima chotanta dischordia. 

25. Per ti fosemo nel divino amoro, E* 28^ 
per ti s'asende al glorioso ospizio, 1465 

per ti se fuze lo eterno dolore. 

26. Pensando doncha tante benefizio, Q 144^ H 126^ 
pensando a nui per ti tal grazia dare, (F 49^ 
pensando ti d'ogno bon nostro inizio, 

27. chi te puo mai degnamente laudarc, 1470 
chi te puô mai retribuir de tanto, 

chi te puô mai de zo regraziare? 

28. Ma io te priego, o tabernachul santo, D 195"^ 



57. el BDFS, il C | sol(l)e BCEKMQS | c(t) la BFM | e le] le BCKS 1 chia- 
reza BCEFHKT, soa ch. S | 58. qasciino Q, -auii M, -aduii D, ziascliadun BFG, 
ciaschadun H, -edun C, -eduno K | chi Q, puo cbe G 1 pcca FM | si CKT | dole 
DHMQS I 59. gli FK, manque dans CDEGMQST 1 apri BGDEFGHKT, apresli 
Q, pari S I il CK | sino H, fonte F, manto S | di GEFKST, de la H | 60. tuti] 
ogni uno S, ziaschun BG | ne] i M | piia T, pîgla CD, -j?lia EFHKS, pilgia B | 
quanta K, -o il E, -o i FM, -o el Q, -o ne H | vole BDHMT, dole E | fil. per 
ti H I la tua CDEKMQ, tua S, la toa GT, a la H | humeltade M, (h)umilitade 
BCDFT, -ta GK, humanità HQ | fu KMQS, fa E, festi G | 62. dentro da la E, 
intra F, tra HK | el creatore e creatura K | c(h)reatura BCEGHQS | e'I BGGHS, 
al E I c(h)reatore BGE'FGHQS | 63. dove prima era H | emprima M, prima 
BEFGST I tanta H | 64. te GEGK | fumo BGK, nui semo FGM, noi siamo S, 
fo messo D | innel K, en lo M, in lo D I divin HT, devino G, diuno Q | amor Q | 
65. te GDEGKM | s'ascende GEFHKMST, si ascendemo Q | al] nel G | glorioso] 
divin H, -o BG | hospitio EH, -cio DM | 66. te CEGKMS | si CKQ | fuçe DM, 
fug(g)e CES, fugi Q | le eterno T, re(c)terno BCG | 67. pensa B | donqua ET, 
-mqua Q, adoncha F, -che BG, dunche K, -que H, -qua G, manque dans S | a 
tanto Q, tanta gratia e S | beneficio EM, -itio FHS | G répète le vers 1467 de- 
vant le V. 1468. 68. pessano T, penso S | nu' T, noi GEHK, me G, cui S | 
per] da G, manque dans M | te GGKS, manque dans M | 69. p. d'ogni ben ti 
nostro inizio F | te GGKS, a ti M | do(n)gni BGEGHKQS, de nui M | bene n. GE, 
bein n. D, nostro bene Q | inicio DMT, indizio B, hospitio H | 70. ti GEK | po 
GDHMQST, poi B | mai manque dans S | dignamente D | laldare KM | 71. ti 
GEK I po BGDHMQST | ritribuir G, -e E, retribuire Q, alturiar BG | de bene 
tanto H I 72. ti GEK | po BGDHMQST | mai manque dans H | cio GEHKS | ren- 
graziare B, -ciare Q, ringraciare G, -tiare S | 73. ti GEKST | prego GEFHMQST 
o manque dans GDG | tabernac(h)ol BHM, -colo S, -culo DEKQ, tabernalo T 



96 A. Linder. 

che le mie laude frazele et indegne 

tu toii soto el tuo prezioso manto; 1475 

29. e fa che'l tuo fiol non se desdogno 
chontra le mie soperchle onfesione, 

e per le voie del pechato pregne. 

30. Rechorda a lui chotanta pasione 

T40'' quanta el sostene su la soa persona 1480 

per rechovrar la umana salvazione. 
F 50' 31. Dame la grazia toa che me despona 

la mente, el chuor e tuti li ati mei, 
M 31 si ch'io chonquisti la vera chorona. 

32. O VirgOf sponsa Jesu Naxarei^ 1485 

Q 144' gloriosa Regina de gloria, 

aima Redemptoris mater Dei^ 
B 159' C97' 33. o dolze Mare, fa sentir vitoria 

chontra el nemicho de la umanitate 



74. le miei D | laide KM | frazile H, -gile CGKS, -giele B, -gelé DEMQT, 
-gel F I et] o S, manque dans GH | indigne D | 75. tu-Ile K, tu li G, to B, 
manque dans FQ | togli EKST, -e D, tôle G, tolgi B, tolli G, cogli H, recogli 
tute F, butili Q | to HM, manque dans F | precioso (-oxo) CDFMQ, piatoso EHS | 
76. che E'QS | tuo dolce S, to HM | figliolo E, filiol S, fiolo BDMQ, figluol CK | 
no DMQ I si GKS, manque dans D | desdegni G. -a S, disdegne CE*, -ngni K, 
sdegne D, dedesdigni Q | 77. contra aile K | soperchie BCDEFGHKQT, super- 
chie S I of(f)ens(s)ione BCDEFKMQS, offension H | 78. per] poi B, puô G | le] 
la MS ! vogle D, -ie GEHKQST, volgie B, voxe F, voluntà S, noia (< voia?) M, 
doie G I de li S, de BE | pec(h)ati B, -ccati S | pregni G, pregane H, pergne D, 
che preme M | 79. a manque dans EG | per tanta D, con tanta G, tanta F j 
passion H | 80. el] e' K, '1 B, lui S, manque dans FM 1 susten(n)e DFS | in 
sulla K, in la QS, en la M | so G, sua BGEFKQS | 81. pe- K | recovrare M, 
ritomar G, -e BK. retornarme a E, ritrovar FHS, trovar Q | la um.) l'anima a 
K, la mia BGEFGHST, la nostra M, la sua Q | salvacione DM, -tione GFGKT, 
-tion H I 82. dam(m)i CEKST | la tua gratia S, la manque dans BG | gratia 
GDEFHKQST, alegreza BG | tua BGEFKQ | chi H, ch'io G | mi BGEGKST | dis- 
pona BGEFGHKST, despena Q | 83. la mente acorta ancor lo cor mio M | el] 
e il K I cliuore B, cor EHQ, -e GS | e manque dans G | tuti manque dans H | 
gli EK, i FT I ati] altri Q | mie B | 84. conquixi B, me aquiste M, poso aquistar 
F I la V.] in ria la mia G, la F | chor.] Victoria H | 85. sposa G, o sponsa DQ, 
o spoxa G, et sp. B, et sponsa E | o Jesù F, di Gesii K, di Jexii B | nazareni 
BQ j 86. rezina H, reina GK | di EGS | 87. redentoris F, dedemptoris o S | 
matris B | Dans M les vers 1488 — 93 sont placés après les vers 1494—96. 88. 
dolce HKM | matre S, madré BGDFGHKQT, madré mia M | famé HM | sentire 
MQ I 89. contro S | al K, '1 GEH, il T, lo M | nimico GEQS, inimico H, ene- 
migo M, nemigho G | de 1' FH, de Q 1 (h)umanitade BGFGKMST, humanità HQ 



Plainte de la Vierge. - 97 

qualuncha del to nome fa memoria. 1490 

34. In ti miserichordia, in ti pietate, 
in ti, Madona, sempre se renuova 
amore, delezione e charitate. 

35. In ti speranza e chonforto se truova, 

in ti grazia e merzede, in ti, Raina, 1495 

ogni deleto sempre par che pluova. 

3G. Onde io te priego. Mare, ver mi inchlina F 50^ D 196"^ 

li ochi pietosi, si che chognosenza 

abia e despona la mente topina T 41' 

37. in far zo che sia lodo e reverenza 1500 



90. qualunqua EQT, -nque GF, -nche GK, -nchena M, -oncha B, a cunque 

S, e qualunque H | de E\ cli'el Q | tuo BGEFKQS | Au lieu des vers 1491—93, 

S offre les suivants: 

In te si régna vera caritade (cf. v. 1493) 

in te misericordia e pieta. . . . (cf. v. 91) 

sempre si renova amore e pietade (cf. vv. 91 — 92) 

in te clementia sempre si risona. 

91. en DET, on (forme de l'enlumineur) F | te GGK, ti è F, ti se trova M | 
in ti è F, e GDHKMQT, in te BEG | pietade BGDFMQ, -à H, piatade GK | 92. 
e in F, en DT | te GEGK | si GK | rinova G, renova BGHMQ | 93. amor BGFGHM | 
dilecion DMT, -ction GFK, -ctione EHQ, delicione G, elizione B | c(li)aritade 
BGDFMQT, charità H | Dans H les vers 1494 et 96 ont changé de place. 94. en 
DT I te GEGKS | e manque dans G | si GK | trova GEFGHMQS | S ajoute un vers: 

sola se'to degna sopra ogni persona. Puis S remplace les vers 95 et 96 : 
Ogni diletto par che sempre piova, 

gratia e mercede in te, zentil Regina, et ajoute un nouveau vers: 
senza te niente a noi già non zova. 

95. e sempre gratia e merzede in ti régna F | en DT | te GEK, ti è H | 
gratia EHKQ, -cia GDT | e manque dans GDEG | mercede GEHKMQ, -ce G, mar- 
zede B I e in K, e en M, en ET, manque dans H | te GEGK, manque dans H |' 
ragina Q, regina DEGT, reina K, régna BG, pia H, gloria M | 96. ogno M, 
dogni (< ed o.?) H I delecto E, dil(l)eto GFKT, dilecto H | par che sempre BGFGH | 
pare E | piuova D, plova G, piova BGEFHKMQT | 97. unde BFHMS | io] e' M, 
manque dans BGFHS | ti GEFKST | preg(h)o GEFHMQST | madré BGDEFHQ, 
matre S, o madré KMT | inver F, verso H | me GEKS | inchina GEGQ, enchina 
M, te inchina S, vegna F | 98. gl(i) DEK, i FMT | oghi S | piatosi EHKS, pia- 
tusi M I cognosentia F, cognoscenza E, -ça GT, chognosança D, habia cognosança 
M, habia cognoscentia H, conoscenza habia S | 99. fazi de laude l'aima mia piena 
( < pregna ?) F | abia] tenga H, manque dans S | dispona GDEHKMQST, dispon- 
gha G I la mente mia MS | tapina KS | 1500. in fare BHS, en far MT, e far K, 
e per far G, infra D, a F | ciô GEKQST, quel HM | ch'el F | sia etc.] sempre 
e ben si sia (fin du vers; le reste du vers se trouve dans le vers suivant) S | 
laide K, in laldo M, laude BGH, loldo DT, honor F | reverenzia B, -cia GDGMT, 
-tia HKQ, riverentia FS | 

Linder: Plainte de la Vierge. 7 



98 A. Linder. 

del tuo dolze fiolo e ti, si ch'io 
sempre me truovi a far toa obedienza. 

H 126^ 38. Fa, o dolze Mare mia, che al fine mio 

tu me defendi da li spirti rei, 

M 32 e Tanema mia arendi al Padre Dio. 1505 

39. Fa, o dolze mia speranza che tu ci, 
Q 145' ch'io sia de quili che sera chlamati, 

venitSy benedicti Patris mei. 

40. E sempre io sia chontrito di pechati, 

nova sint omnia in me, recédant vetera^ 1510 

si ch'io me truovi chon li santi beati, 

F 51' a star chon Quel qitem terra j pontna œthera 

coluntf adoranty prœdicant et caetera. 

Explicit oratio sive gratiarum actio. 

1. to H I dolze manque dans M | fiol F, figlio H, figluolo G, filiolo (fin du 
vers) S I e an de ti M, e (ti manque) BD, e ti manque dans FGKS I si sempre 
ch'io F, sego H | 2. sempre manque dans F | me tr. a far] faccia S | mi BGEFK | 
truova D, truove T, trovi GHQ, irove EGM | a farte Q, far H, in G | tuo B, 
tua GE, soa S, la sua F, la tua K, la to G, manque dans HQ | obedientia FHKS, 
-cia GDMQT | S ajoute un vers: Poi che sei fatta regina del sommo polo. Dans 
E les vers 1503—05 sont placés après les vv. 1506—11. 3. fa] eia Q, manque 
dans FG | o manque dans BGKMS | dolce mia madré Q | matre S | mia manque 
dans BGS | al] lo M | fin T | S ajoute un vers : ti trovi appresso, si che non vada 
solo. 4. e tu S I mi GEKS | difenda K | dai F, da B, da quel S | spirito S, 
spirili BGDEFGHKMQT | riei G, rio S | S ajoute: e da tuti li angeli cativi e rei. 
5. ma rendi l'anima mia al summo Dio S | l'anima BGEGHKQT, l'aima F | mia 
manque dans BEGK | rendi BFHKMQ, rende GD, renda GT | al alto BG | padre] 
lo H I iddio K, mio FM, fio H | 6. o manque dans GFGS | mia dolze F, dolce 
madré H | speranca G | sei BFGHMS, se' K | 7. e che M, che Q | quel(l)i 
BGDEFGHKST | chi T, seran BGEHT, sarà G, saran FS, seranno KQ | chiamati 
BGEFGHKQST | 8. veniti Q, veneti G | benediti B, -deti G, benedicti tutti S | 
patris dei D, dal padre mio Q | 9. e che H, o Q | io manque dans BGDFHMQ | 
contriti M, con tiecho Q | de GK, de li M, degli Q | peccati mei H | 10. nove 
sia tute le cosse, da mi se parta le antiche Q | et nova S | sunt GG, sive M | 
onia B, manque dans GD | in me] a me S, manque dans M | recèdent F, rece- 
danct (-no?) G | 11. si che BDFQ | mi BGEGKST | trovi BGEGQST, trove M, 
trova H | cum i HQ, con i GEFG, co' K | Les vers 1512—13 manquent dans BDK. 
12. a] e GHQ, manque dans GEMST | stare EQS | cum HMQ, in S | quel(l)o FS, 
queli G, colui GT, cului Q, lui EM, lor H | quem etc.] che vive e régna in se- 
cula F, el quale la terra e'I mare Q | quen H, che M | 13. col padre e'I flame, 
e qui fo fin et cetera F, e l'aere honorano, adorano e lo laudano Q | predicant 
adorant H. 

<<)^ 



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ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

Page 6, I. 13 (de T Avant-Propos), lisez: Fornaciari. 

7, » 17, lisez: Patrocchi; I. 40, lisez: Stud., St. F, R. 
m, » 22, » ses. 

IX, » 27, » 1503; 1. 34, lisez: elle; 1. 38, lisez: bacte(?). 
X, » 18, » questi; I. 40, lisez: en général identique: vezo 802. 
» XVI, » 35, » nouveaux. 

XXil, » 11, * caché; 1. 21, lisez: des vv. 
XIX, » 11, » conséquent. 
XX, » 3, » porta. 

XXI, » 9, » chMo abia 637; 1. 22, lisez: donc. 
XXXVII, * 31, » falsa(?). 
XL VII, » 17, » -isti. 
XLIX, * 19, » règle. 

L, » 23, » cor; 1. 26, Page LÏV, 1. 16, lisez: posa. 
LUI, » 38, » par substitution à. 

LVI, » 33, rayez les mots cor ... vénitiens. . . 

LVllI, » 14, » » » Gesô ... et. 
LXVIII, » 12, lisez: passe en outre; 1. 14, rayez: oghi 1498 S. 
LXXX, * 30, » 120 E'. 

LXXXl, » 34, » DGP, conservai 1169 BQ, privai 1171 Q. 
LXXXII, » 2, les mots Si toutefois doivent commencer alinéa; 1. 4—5, 

lisez: empruntée. 
>v LXXXVlll, » 37, » était. 
» LXXXiX, » 29, » '^ni. 

XCIII, » 3, » mainera. 
XCVI, » 27, » 231 Q. 
CXX, » 22, » chognosè. 
» CXXX, » 8, » mensura. 

CXXXV, » 26, » apetiti. 
CXXX VI, » 11, » la conjonction. 

CXXXIX, » 19, ajoutez: Cf. pourtant le tosc. vulg. dire (il) pan pane, dir 

il fico fico. 
» » 21, lisez: et peut-être, quoique avec une autre ponctuation 

que la nôtre, tânta. 
CXLI, » 17—18, lisez: dimenticanza, 
CXLVIl, » 30, ajoutez: en outre fari 1401. 

CLI, » 13, lisez: et d'autres traits des sources ont. 
» CLIII, » 21, » cœur; 1. 34, lisez: reconnaître. 

» CLVI, » 2, » cousu. 

» CLX, » 32, » protagoniste. 

CLXI, » 2, » qui ont contribué à ce développement; 1. 11, lisez: 

iconoclastes; 1. 26, lisez: protégés. 



» 

» 



» 



» 
» 



» 
» 
» 



Page CLXIII, 1. 9, lisez: répondre aux; I. 22, lisez; matériaux; 1. 30. lisez; 

suffisamment. 
» CLXIV, » 16, » source au; 1. 22, lisez: a te; 1. 36, lisez; vulnera. 

CLXV, . 25, . 11 y a. 
» CLXVI, » 1, » différents. 

» GLXVIII, » 28 (en marge), lisez: Sources; 1. 34, lisez: rapporter. 

CLXXIl, » 29, lisez: 151»»; 1. 34, lisez: 151». 
» CLXXllI, » 8, » de la France; 1. 15, lisez: Aquilejense. 
» CLXXV, » 37 (en marge), lisez: extérieurs. 
» GLXXVIII, » 21, lisez: les qualités. 
GXCI, » 18, » d'aujourd'hui. 
CXGII, » 30, » Péninsule. 
» GXGIII, . 14, rayez: Cf. Gloss. | 

GGIV, » 23, lisez: L'Ecriture. 
» GGV, » 6, » du Pianto; 1. 12, lisez: devoir. 

» GGVIII, » 30, » distique; 1. 34, lisez: opposer. 

» GGIX, » 15, » sinon. 

GGXI, » 12, > une. ' 

GGXII, » 14, » à la fin. ' 

GGXIV, . 37, » attribuées. ' 

GGXIX, . 15, page GGXX, 1. 8, lisez: Père. i 

GGXXVI, » 23, lisez: 1066—68; 1. 31, lisez; revêtent. j 

» GGXXVIII, . 13, » qui se. 

» GGXXXII, » 19, » proprement; 1. 29, lisez: religieuse. 
» GGXXXIII, » 9, » mais c'est là un défaut qui. 
GGXXXV, » 10, * eût peints; 1. 30, lisez: tout. 
» GCXL. » 5, » fabliaux. 

GGXLII, » 20-21, lisez: d'aujourd'hui. 



Page 1, (du texte), ajoutez en note: Les lettres entre parenthèses dans les mots 
qui précèdent un groupe de sigles, indiquent l'existence de ces mêmes 
lettres dans l'un ou plusieurs des mss. cités. Dans £', les numéros des 
pages sont précédés de plusieurs zéros; dans £', seuls les premiers 
feuillets de chaque feuille sont paginés; pour les vers de Bd, cités pp. 
5—9, nous avons gardé la ponctuation de l'édition; mss, s= les éditions 
et les mss. consultés. 

» 20, 1. 16, lisez: chavo. 

» 29, » 19, » planzendo. 

» 37, » 8, » in ti; 1. 28, lisez: te GË6KQ. 

» 64, » 31, » chiamato t. F. 

* 65, » 37, » stav'i'? 

» 75, » 35, » privai Q. 

* 79, » 15, » brama. 



ERRATA. 



Page 



» 



» 



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» 



» 



9 

» 



» 



2, 1. 21 (de l'Avant-Propos), lisez: celte. 

3, » 24, lisez: Lévy-Ullmann; 1. 31, lisez: obligeante. 
VIII, '> 9 — 10, lisez: petit carré. 
XIV^, » 11, lisez: circonstance. 

» groupe. 

» des souvenirs; 1. 22, lisez: preuve; 1. 27, lisez: pas de. 

» inadvertance. 

» l'original. 

» indépendants. 

» foisonnent. 

» de manière à; 1. 22, lisez: excepté. 

1039; 1. 25, lisez: sazYar 142; 1. 36, lisez: 525. 
» 403; 1. 10, lisez: pasïone 817; 1. 29, lisez: 26, 31; 
1. 31, lisez: 24, 1418; 1. 36, lisez: glorisTin 1053; 
1. 38, lisez: 622. 
» (tuo el; 1. 15, lisez: argoio 1016; 1. 25, lisez: 1033; 

1. 26, lisez: 1058; 1. 38, lisez: plaze | al. 
» notions qu'il; 1. 13, lisez: R; 1. 14 — 15, lisez: li-gnes; 
1. 40, lisez; poète. 
XLVII, » 22 — 23, lisez: principaux. 
XL VIII, » 28, lisez: 975; 

L, » 8, » préférence; 1. 22, lisez: et même tuor; 1. 23, lisez: 

etc.; 1. 24, lisez: etc.; puovolo 687 T et. 
LI, » 21—22, rayez: meio 1452, 1153; 1. 35, rayez: mio 841 P. 
LUI, » 26, lisez: qualuncha. 
LX, » 18, » chlarisimo. 
LXI, » 2, » (pelago. 
LXVIIl, » 11, » D, et même. 
LXIX, » 8, » formes tant. 
LXXI, » 39, » ph. 
LXXII, » 10, rayez: segurtate 486. 
LXXIX, » 34, lisez: ng. 

LXXX, » 15—16, lisez: français (?), mais noja 847). 
XGII, » 16, lisez: l et s. 



XVIII, 


» 


28, 


XIX, 


» 


18, 


XXI, 


» 


39, 


XXII, 


» 


5, 


XXVII, 


» 


15, 


XXXII, 


» 


+, 


XXXVIII, 


» 


11, 


XL, 


» 


19, 


XLI, 


» 


% 


XLII, 


» 


14, 


XLIII, 


y> 


7, 



» 


GXIII, » 9, 


» 


parmi les leçons. 


» 


GXXIX, * 17, 


» 


répétition. 


» 


GXXXI, » 27, 


» 


parmi les formes. 


» 


GXXXIV, » 12, 


» 


l'ai. 


» 


GXL, * 26, 


» 


al lamento. 


» 


GXLI, * 32, 


» 


latinismo. 


» 


GXLVIi, » 2, 


» 


guère. 


» 


GXLVIII, . 3, 


» 


des jeux. 



Page CXLIX, 1. 36 et passim, lisez: Golgotha. 
» GLII, » 37, lisez: immortalité. 

» CLVI, » 22, lisez: spéciale. 

CLXIII, » 4, » tâche en. 
GLXV, » 31, rayes: là; 1. 39, lisez: popularité. 
CLXVI, » 16, lisez: pourrait très bien se; 1. 23, lisez: Hoffmann. , 



» 
» 
» 
» 

» 
» 
» 
» 
» 
> 
» 

» 
» 

» 

» 
» 

» 
» 
> 
» 

» 
» 
» 
» 
> 
» 
» 
» 
» 
» 



GLXVII, » 15, 

CLXX, » 8, 

GLXXI, » 1, 

CLXXni, » 15, 

GLXXIV, » 25, 

GLXXVI, » 12, 

CLXXVII, » 3. 

GXG, > 21, 

GXGI, » 11, 

GXGIV, » 10, 

GXGV, . 3, 

GXGVII, » 1, 

GXGIX, » 32, 

CCV, > 1, 

CGVI, » 25, 

GGVII, » 39, 

GGVIII, » 34, 

CGX, » 9, 

GGXV, » 16, 

GGXVII, » 6, 

GGXXIX, » 26, 

GCXXX, » 22, 

GGXXXIL » 1, 

GGXXXIII, » 20, 

CCXXXIV, * 36, 

CGXXXV, » 18, 

CGXXXVI, > 1, 

CGXXXVII. » 8, 

CGXXXVIII, » 7, 

GGXXXIX, > 38, 

GGXLI, » 26, 

GGXLII, » 18, 



» 

» 
» 
» 
» 

» 
» 
» 
» 
» 
» 
» 
» 
» 

» 

» 
» 
» 

» 

» 
» 

» 
» 



les qualités. 

Planctus. 

différentes. 

Aquilejense. 

forme. 

veut. 

une. 

tient bien plus. 

caractéristique. 

recommandation; 1. 12, lisez: est apostrophée; 1. 38, 

prière. 

désespérée. 

survenue à l'empereur. 

d'originalité. 

L'originalité; 1. 36, lisez: dépouilles. 

domini; 1. 31^ lisez: limite. 

exceptionnellement. 

Gomédie. 

n'en était. 

de vrai. 

ça. 

qui se subit au. 

Joseph. 

défaut; 1. 11, l'essentiel de. 

articulé par .... de quoi. 

parfois. 

puisse contribuer. 

caricature. 

on. 

ésotérique. 

jaillissent. 

essor. 



l'esprit. 
9 (du texte), 1. 41, lisez: il duolo. 

20 » » » 15, » vedea; 1. 41, lisez: vedeva BPT [ 79. 
Ligne 2 (des Gorrections), lisez: Petrocchi. 



» 

» 



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