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Référence Department. 



THIS BOOK MUST NOT BE. TAKEN OUT OF THE ROOM. 



lÂV 2 2 1922 






I 



POLYBIBLION 



REVUE 
BIBLIOGRAPHIQUE UNIVERSELLE 



Janvier i 91 9. T. CXLV. 1, 



LUÇON 
Imprimerie S. Pacteau 




POLYBIBLION 



REVUE 

BIBLIOGRAPinOUE UNIVERSELLE 

PARAISSANT TOUS LES MOIS 



PARTIE LITTERAIRE 



DEUXIÈME SÉRIE. - TOME OUATKE-VI\GT-IIL ITIÈME 

(cent quarante-cinquième de la collect:on) 



f^f-)4-^ 





<^ 



G^' 



PARIS (T*^) 



AUX BUREAUX DU POLYBIBLION 

5, RUE DE SAINT-SIMON, 5 



d919 



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f007 



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AS^^\ 







MAY 2 2 1922 



POLYBIBLION 

n i: VUE BIBLIOGRAPHIQUE UNIVERSELLE 

PUBLICATIONS 
HELATIVES A L\ r.LKRRE EUKOPÉENNE 

I^a l-"raiice héroïque et ses alliés, par Gustave Geffkov, Léo^-olu- 
l>ACOUR, Louis Ll'mkt. t. i. Paris, Larousse, s. d., gr. ir)-4 de viii-316 p., 
avec u>S7 grav. photographiques, 26 hors texte en noir et en couleurs et 
J2 caries en noir et en couleurs. — ' Prix : Broche, 26 fr. ; relie demi 
chagrin, 36 fr. 

C'est dans les premières semaines de la guerre, dès la fin du mois 
d'août 11H4, que MM. Gefrrov. Léopold-Lacour et Lumet conçurent 
« l'idée, bientôt admise parles directeurs de la maison Larousse, do 
consigner, par l'écrit et par l'image, la signification des mouvements 
redoutables et grandioses qui commençaient leur immense dévelop- 
pement historique. On trouvera donc. 'dans la France héroïque el ses 
alliés, l'histoire de la guerre depuis les préliminaires diplomatiques de 
juillet 1914, l'histoire de la guerre telle qu'elle peut s'écrire actuelle- 
ment, par le résumé fidèle, critique, contrôlé des faits visibles, désor- 
mais acquis. » L'histoire, telle qu'elle peut s'écrire « dans ratmQs|ihère 
même des événements et sous leur poussée impérieuse, » n'est sans 
doute pas l'histoire définitive, telle que permettra de l'établir dans 
ses détails la connaissance des documents d'archives. Mais les auteurs 
ont raison ; il y a suffisamment de faits acquis pour qu'on puisse 
donner au lecteur une image de la guerre, vraie dans son ensemble, et 
faire passer sous ses yeux des tableaux exacts et vivants du granddrame 
que nous avons vécu. Sans se laisser dominer el troubler par la fièvre 
patriotique, les auteurs ont voulu — et ils y ont réussi, — composer 
un récit aussi impartial que possible. Vingt-huit chapitres qui forment 
■CQ premier volume nous racontent l'invasion de la Belgique, la marche 
sur Paris, la victoire de la Marne, la poursuite des troupes allemandes, 
la guerre de tranchées, l'Yser, les combats dans l'Argonne et les 
Vosges, les offensives de Champagne et d'Artois en 1915. puis les 
événements qui se sont déroulés sur le théâtre oriental de la guerre, 
J'entrée en guerre de l'Italie et, sans parler de l'offensive allemande 
contre Verdun au début de 191 G, réservée pour im prochain volume, 
le récit s'arrête à la décision des Alliés des 27-28 mars 19 16 qui >isait à 
établir l'unité d'action et de Front. Deux chapitres sont consacrés à la 
guerre sur mer et à la guerre de l'air. Une « chronologie des princi- 
paux événements relatés dans ce volume <> en rendra plus aisée l'uti- 
lisation. 

Est-il besoin de dire que, composé par trois écrivains d'un incon- 
testable talent, louvrage ne se présente pas comme un simple et .sec 
•exposé de faits, mais offre une lecture des plus attachantes ? Une 



— (1 — 

quinzaine de caries, 1res nettes et bien détaillées, permettent de suivre- 
les opérations. Une illustration abondante : portraits, croquis, faits- 
(le guerre, ruines — hélas ! ruines multiples — d'une exécution 
f>xcellente, ajoutent à la fois au cliarme de ce beau livre et à son inté- 
rêt documentaire. Un index des gravures et des portraits permet 
de se retrouver aisément dans ce musée. 

En attendant la suite de ce monument élevé à la France héroïque 
et à ses alliés, félicitons les auteurs de l'avoir conçu et la maison 
Larousse de leur avoir prêté pour l'exécution son puissant concours. 

E.-G. Ledos. 



Les Monuments français détruits par TAIleinayne, par Auskne 
Ai.F.XANDUE. l\iris. Bcrger-Levraulf. 191S. in-4 do 2KS p., avoc47 planclies 
tiors texte contenant 242 photographies. — l^rix : 24 fr. 

Chargé, dès les premiers mois de la guerre, par le ministre de 
l'instruction publique, de conduire une enquête sur les dévastations 
organisées dans notre pays par les armées ennemies, M. Arsène 
Alexandre, l'éminent critique d'art, inspecteur général des Musées, a 
fait de son rapport une publication qui est le plus dramatique réqui- 
sitoire contre la barbarie allemande. 11 nous est apporté à l'heure où 
cette barbarie va recevoir son châtiment, à l'heure des réparations et 
des sanctions. Ce n'est pas seulement le douloureux pèlerinage d'un 
artiste, ce sont les conclusions implacal^les d'un justicier. La rigueur 
de sa documentation met délînitivement à néant les plaidoyers men- 
teurs des « avocats de la destruction ». Ville par ville et monument 
par monument, le témoin véridique a dressé son inventaire, dont les 
déclarations sont confirmées par les photographies les plus précises 
et les plus nombreuses : il y en a près de deux cent cinquante. Rien 
de plus poignant (|ne cette illustration du livre ; c'est le cri même et 
la protestation des pierres. .\uprès d'.\rras, de Péronne, deBapaume, 
de Soissons, de Reims, de Verdun, des centaines de villages ont ago- 
nisé sous les bombardements féroces, des merveilles de notre archi- 
tecture et de notre sculpluie ont péri. Ou'est-ce qui peut payer, ou 
plutôt compenser, les ravages de la furevir bestiale ? Quels sont le» 
trésors d'art, aux mains de nos ermemis. dont il sera juste que la 
jouissance vienne réparer nos deuils ? Qu'on lise donc et que Ion 
répande le plus loin possible, et chez les alliés, et chez les neutres, 
ces pages de Hamme et d'amerttimc ; qu'elles pénètrent au fond des 
consciences ! Encore faut-il dire que le réquisitoire est forcément 
iiHom|)let ; il est publié aujourd'hui, mais il a été arrêté aux piemiers 
mois de IIMH. Que de ruines depuis, et dans l'avance un moment 
victorieuse des Vandales, et dans leur retraite farourli(> et précipitée ! 
M. Alexandre nous doit un supplément, avant que soient terminées- 



— 7 — 

l.sT.é^ocialionsde paix, cl fixée la.nende que paieront les criminels 
D toulc façon, ce g' and liv.e. avec ses accents -f'«"-; ^^^'^ ^^ 
cœur, tén.oi^-nera pour nous dans l'avenir, Axdrb Perati.. 



/«o i..in ^<il'Z\ Éludes sur leaorigiiieg de 

''^\^",';'t:'ir"C" '1" ?:'B^-a"'<o-- in..» .. m i /v. 

1 carie. - l'i ix : 2 fr. 40. ... 

Dans ce pe.il livre. M. Jules Chopin, anleur d'ouvrages apprécies 
sur les quLions autrichiennes, tchèques et jougo-slaves, s efforce 
de d n,„nlrer la fausseté des accusations portées par le gouvernement 
a ,tHc",ien contre la Serbie au sujet de l'attentat de Sarajevo : ques- 
tion dune énorme nnportance, puiscp.e lassassmat de 1 arch.dnc 
Fe dinan,l fut la cause déterminante qui ht éclater la Jerr.ble guerr 
préparée par lA.lemagne. dont la menace pesai, sur 1 Europe et sur 
le inonde depuis si longtemps. , , , r 

D- illeurs d ne partage pas l'opinion de M. 11. N\ . S.eed. le fameux 
directeur delà politique étrangère au Times, ennem, passionne de 
1 idie-Hongrie. d'après lequel le meurtre de F.ançois-lerdinand 
erait du à des inlrignes de Cour, 11 lui donne pour cause réelle 
-, ambition même du prince, décidé à faire la guerre contre a Seri^^o 
pour assurer le triomphe de ses visées personnel es Le pl"" «""> ^ 
lié arrêté dins l'entrevue du Konopisoht, ou d rencontra, e 
r> juin 1914, l'empereur d'.Ulemagne et le roi de Suéde : pourque la 
kiVie paru la provocatrice, il sumsait de simuler nn attentat con re 
larchiJuc lors du voyage qu'il allait faire en Bo--»»"?»-'" ;_ 
Les documents présentés tendent à prouver que Princ.p 1 assassin, 
a aci indépendamment de Cabrinovitch, qui avait lance les bombes 
11 est certain qu'il y a là bien des obscurités, et c'est justement que 
M Chopin nelrit les procédés abominables delà justice autrichienne 
Taux témoignages et falsifications de documents. On peut donc 
d ettre que l'affaire des bombes résulte d'un comp ot. qui ut peut- 
être monté par la police autrichienne. Mais, cela même établi, .1 ne 
XI suit pas'que Princip, que l'auteur lui-même nous niontre comme 
un natioiialiste exailé, n'ait pas agi sous l'innuence directe ou indi- 
recte de la « Narodna Odbrana. » . . , , 

Tous conclurons que ce livre apporte une contribution intéressante 
. .à l'élude d'un fait historique très important, mais la pleine^li.miere 
n'est pas encore faite. 

et 14 cartes. — Prix : 13 fr. 

Ainsi qu'il arrive souvent aux œuvres puissantes, il s'est formé sur 



— 8 — 

le livre de M. Engcrand iiuc légende, et incine plusieurs légendes : qu'il 
aurait été inspiré par un général mécontent, que ce serait une arme 
(le guerre, etc. Nous laisserons de côté, bien entendu, ces \agues 
racontars, pour ne prendre que l'ouvrage en lui-même, replacé à sa 
date ; il en \aul la peine : outre un travail prodigieux comme éten- 
due et comnu^ profondeur, il apporte, ou veut apporter, des réponses 
à un certain nombre de questions tpie la France s'est posées a\ec 
angoisse. 11 y a, sur le début de la guerre, des problèmes qui atten- 
dent encore leur solution : un officier, fort bien documenté, a dil, 
dans une revue, le iO octobre 1918 : « l'énigme de Charleroi est loin 
d'être résolue. L'histoire parvieudra-t-elle à l'élucider ? 11 est permis 
d'en douter. » M. Engerand. sans attendre le recul du temps et les 
publications des grands états-majors, a voulu trouver dès maintenant 
le mot de l'énigme, et nous le révéler. Jusqu'à l'armistice, on 
pouvait se demander si l'heure était bien venue d'aborder une aussi 
redoutable question, s'il était possible de s'élever au dessus des polé- 
micpies journalières, de traiter le problème en historien. Sans doute 
l'auteur a tracé, avec beaucoup de ])rudence, la limite de son ambi- 
tion : il nous dit qu'il veut donner a non l'histoire (l'heure n'est pas 
encore vernie, et il faut se garder des jugements précipités comme 
des apothéoses brustjuées), mais une explication du drame de Char- 
leroi. » Cette explication a tout d'abord paru sévère. Bien entendu 
M. Engerand se défend de prononcer un réquisitoire. C'est générale- 
ment ce qu'on dil quand, justement, on-vient de requérir. Du reste 
il suffit d'étudier la table des matières : elle est d'une clarté émou- 
vante, comme le plan d'un réquisitoire fort bien fait. Il y a notam- 
ment un portrait du maréchal Jolt're. qui n'est pas caressé par l'ar- 
tiste. Il est peut-être très ressemblât)!, nous disions-nous, toujours 
av/mt le 11 novembre, mais est ce bien le moment de substituer une 
eau-forte à une image d'Épinal 'î> — On était encore inquiet de voir 
mettre en cause l'état-major. c'est-à-dire l'intelligence collective, la 
tète de ce grand corps qu'est l'armée, l'état-major qui, avant la 
guerre, aurait réclamé le démantèlement de la fi'onlière du nord, ou 
nième rÉcole de guerre, alors que justement la fin victorieuse de la 
lutte allait ikius révéler (|ue c'était bien l'Ecole de guerre qui avait 
raison, et (jue sa doctrine triomphait avec Foch. 

Et vr)ici au contraire (|ue. à partir du redressement des armées d»' 
l'Enlfiile, un phénoiuèiic concomitant se produit pour l'œuvre de 
M. P^ngerand : ce li\ ic, jiiscpie-là sombre, et op|>rrssaut le cœur, se 
révèle tout à coup comme une œuvre île lumière et de salut. (Juand 
on \r r»'lil à la clarté de la victoire, on le comprend enfin, surtout si le 
li'ctrur pi'ul l'étudier sans rougir, n'ayant été. avant la guerre, ni un 
pacifiste, ni un arriviste, ni un naïf croyant à la vertueuse Allemagjie. 



— 9 — 

Dans la riiiiéliule (|n(' (l(»niio. le succès, cl n'étant plus nblij^'é do s'en 
tenir à l'opliniisme à loiit piix. nécessaire pendaiil la lutte, on doniu', 
raison à l'anteiir, quand il signale les grosses fautes qui iml fiiilli 
causer notre défaite, c'est-à-dire la mort de la France. Oui, depuis la 
sinistre adaire Dreyfus, notre espionnage, notre contrc-espionnagef 
étaient absolument désorganisés. Oui, Je cominandeinent au débtil a 
commis deux fautes capitales : il n'a pas pourvu à la défense du nord, 
<il Ion sait ce qu'il en est résulté : souffrances indicibles de tout ce 
peuple, ruines difficiles à réparer, accroissement des ressources de 
l'Allemagne, l.e coinmandement n'a pas non plus défendu le bassin 
<le Briey dont les minerais de fer. seuls, ont permis à lennemi de 
prolonger la guerre de deux ans. L'Etat-Major a méconnu l'impor- 
lance de Hriey ; son excuse, c'est qu'il n'était pas le seul à l'ignorer. 
<}m donc la connaissait, ou l'a fait connaître, avant la guerre ? C'est 
M. Engerand lui-même qui nous en a révélé l'importance, dans des 
<'tudes qui, au cours de la lutte, ont fait sensation. Ce livre-ci fera 
mieux ; il fera époque. 11 ne contient pas seulement des critiques du 
passé, très serrées, très rigoureuses, il renferme surtout des ensei- 
gnements pour les temps à venir. 11 est vital, pour l'existence même 
^lu pays, que l'on sache pourquoi Lille n'a pas été défendu ; ((ue l'on 
*>ncbe au.'^si combien, avant la guerre, on a découragé, disgracié, les 
hommes de valeur dans l'armée, mesurant chichement ou refusant 
l'avancement aux plus dignes : lisez l'histoire du colonel Grouard, du 
général Herment. On a le cœur douloureusement serré en entendant 
■<les soldats éminents pousser de véritables cris d'alarme, et ces cris 
:sonf couverts par les piaillements des politiciens ! Le livre de M. En- 
gerand. parmi ses autres mérites, en a un fort considérable : il 
montre nettement le tort immense que l'on a fait au pays avant 
août 1914, en décourageant tant d'excellents Français, tant d'espr'its 
.supérieurs, parce qu'ils ne montraient point patte rouge. On a ainsi 
diminué le rendement intellectuel ,du pays, compromis même son 
existence, sans profit pour per-sonne, mais à la plus grande joie des 
jalousies mesquines et féroces. 

Ce livre est d'une lecture amère, et salubre. comme la vérité. Je 
fais le vœiî, tout d'abord, que, dans le traité de paix, nos plénipoteir- 
liaires. et nos alliés, s'en inspirent pour le tracé de notre frontière. 
Je souhaite aussi que, à l'avenir, dans les discussions du Parlement 
sur l'armée, nul n'ose prendre la parole sans avoir lu, et compr-isL. 
l'œuvre de M. En?erarrd. M.vlrige Solriac. 



IKAlMuce à la Cerna, noies el impressions d'an officier de l'armée d'Orienl 
(oclobre l9(Jrj-aoùl 1916), par .Ikax Saisos. Paris. Plon-Nourrit. iu-l6 de 
li2o p. avec 2 cartes. — Prix : i fr. oO. 

Les éloges les plus courts sont, dit-on, les meilleurs et les plus sin- 



— iO — 

cèies, aussi, scrons-iious très bref. D'ailleurs, louvrage si remar- 
<îuable. par lequel le brillant oiricier qui se cache sous le pseudonyme 
de Jean Saison fait connaîtra au public ses notes et impressions à 
l'arniée d'Orient, d'cfclobrc 1915 à août 1916, ne peut pas se résumer : 
il se litet se relit. Naiv sans angoisse et sans que le cœur nesaig.ne, car 
il n'y a rien de doulouieux comme cette retraite de Serbie, pendant 
l'hiver iyi;)-l'J16. L'auteur était bien renseigné, il se trouvait sur 
place, savait voir et raconter ; les fautes ne lui échappaient pas, il les- 
signale donc et Dieu sait s'il en a été commis de ^lourdes, de cri- 
minelles, sur les bords du Vardar ! Que de tristesses dans tout 
cela, mais aussi, (pie de fierté, en lisan-t. à chaque page, combien nos 
troupes ont été braves, héroïques, endurantes ! Les soldats montrent 
vraiment au cours des retraites ce qu'ils valent, et, en Serbie, ils ont 
prouvé une fuis de plus qu'ils savaient être toujours les premiers com- 
battants du monde. 

Le souci de raconter les opéiations militaires, les marches et contre- 
marches, les combats et les manœuvres, n'empêche pas l'auteur de 
ces pages captivantes de voir et de regarder autour de lui, de noter 
les mœurs des populations, de s'enthousi-asmer devant un beau 
paysage, surtout si, par les herbes des champs et les oiseaux du ciel, 
il lui fait souvenir du sol de France, , de s'intéresser à tout ce qui 
l'environne, aux coutumes religieusjes, aux costuines, de décrire mi- 
nutieusement un détail qui l'a frappé la robed'un cheval par exemple. 
11 résulte de cet ensemble un volume -singulièremenl vivant et var^é 
qui fait du livre de Jean Saison un des meilleurs et des plus intéres- 
sants ouvragres de la guerre. J. C. T. 



Pour eu liiiir avec les sous-marins, [)0r l'amiral Dugouv. l*aris, 
l^iyol. 1918, in-15 de 302 p., avec 4 cartes. — Prix : 4 fr. 50. 

Grâce à Dieu, à nos marins et à nos soldats, nous en avons lini 
avec les sous-niarins ! Ce ne fut peut-être pas selon les n)éthodes 
préconisées ou prévues par l'amiral Degouy, mais le résultat n'en 
est pas moins accpiis. Nous les avons vus, ces pirates de la mer, 
entrer dans nos ports et dans ceux de l'Angleterre, le pavillon trico- 
colore ou celui de la marine britanni(iue flottant fièrement et gaie- 
ment au-dessus du pavillon allemand. C'est ainsi qu'autrefois, nos 
^aillants corsaires ramenaient leurs prises, mais, alors, les vaincus 
étaient souvent près de couler bas, ils portaient au moins de nobles 
blessures, tandis que, de nos jours, renucmi défait, à bout de souille,, 
se rend sans combattre ! Non, vraiment, cela n'est pas français et oik 
aurait attendu mieux de la nation dont l'avenir était sur mer, pré- 
tendait s(»n empereur. Mais, cette vision réconfortante et en même^ 
temps d(juloureuse, en un certain sens, pour un cœur de marin, nous 



— Il — 

a fait ppidrc Ho vue la fiernièrc œuvre de l'amiral Degouy qui vaut 
bien, cependant, qu'on s'y arrête et qu'on la lise. On y trouvera une 
étude approfondie, traitée un peu comme le bilan d'une société in- 
dustrielle, sur les moyens employés et leur prix de revient, puis sur 
les moyens à employer pour détruire les sous-marins et le yirix (fo 
revient de la mélhodc raliormelle ((ue propose l'auteur. La descrip- 
tion des moyens employés aura toujours un intérêt historique. Quant 
à lexposé des moyens à employer, il est séduisant, mais il y man- 
quera — espérons-le — la sanction de l'épreuve. Ces chapitres sont 
traités, il est inutile de le rappeler, avec la haute compétence que 
possède, à tant de titres, l'amiral Degouy. 

Le volume est heureusement complété par des études, dont quel- 
ques-unes ont déjà été lues, sur la phase finale de la guerre sous- 
marine, le transport submersible, l'organisation des convois, le siège 
liypothélique d'IIelgoland par les Anglais, le rôle de la njarine ita- 
lienne et de la marine alliée dans la Méditerranée, enfin, sur la côte 
mourmane. J. C. T. 



Le Premier « As » I*é<|Oud, par I^aul Bon.vefo.v. Pnrts, Berger- 
Levranit. 1918, in-12 dexui-li3 p.. avec 16 photographies hors texte. — 
l^rix : 3 fr. 50. 

L'aviateur Pégoud n'est comparable à aucun de ses émules de la 
guerre. 11 n'est pas au-dessus d'eux, mais il est avant eux. II est l'ini- 
tiateur, le maître, l'inventeur. Sans lui, les Guynemer, les Fonck et 
tant d'autres n'auraient pas été ce qu'ils furent. Pégoud est célèbre, 
dans le monde entier, pour avoir, le premier, tenté et réussi le loo- 
ping, et, ainsi qu'il a été dit, l'aviateur qui, le premier, osa faire le 
looping, a sa part posthume dans toutes nos victoires aériennes. Or, 
si Pégoud a voulu tracer dans les airs un cercle vertical complet, ce 
n'est pas par gloriole, par amour de la difficulté vaincue, mais bien 
pour montrer tout ce qu'on pouvait attendre des aéroplanes, tout ce 
qu'il était possible de leur demander, bref, pour donner confiance. 
C'est Pégoud qui a ainsi prouvé expérimentalement la nécessité de 
l'acrobatie aérienne et. sans cette acrobatie, la guerre dans les airg 
aurait été aytre et l'aviation n'aurait pas eu une part aussi grande 
dans la victoire. 

Il était donc juste que Pégoud trouvât un biographe. Celui-ci s'est 
acquitté excellemment de sa tâche, suivant successivement le célèbre 
aviateur dans sa carrière sportive, puis dans sa carrière militaire, à 
laquelle une balle allemande mit fin brusquement le 31 août 1915. 
L'auteur montre dans Pégoud, l'homme simple, droit, robuste, cou- 
rageux et tenace, persévérant et intrépide, bon garçon, aimé et estimé 
<iê tous. H déduit ensuite des pages qui précèdent l'exemple et les 



— 12 - 

leçons se dégageant d une existence qui fui courte mais bien remplie. 
Au cours de ces pages intéressantes et si vivantes, on ne peut regret- 
ter qu'une lacune : on aimerait connaître quelles fuient les croyances 
religieuses de Pégoud, que son biographe compare à Bayard sans peur 
et sans reproche. Les sentiments religieux pénètrent en général si 
profondément la mentalité de chacun de nous, ont une iiilluencc si 
dominante sur nos pensées et nos actions, que l'on ne saurait pré- 
tendre cotmaître un homme si l'on ignore dans quelles mesures les 
problèmes de l'au-delà lont préoccupé et quelles sont les solutions 
qui! leur a données. Or, Pégoud est une personnalité assez en vedette 
pour ({ue nous puissions désirer être renseignés sur ce point. 

.1. C. T. 



I/Kscadrîlle des Eperviers, imprei^nioiis t'éciies de (jnern' aérienne, par 
Chaklks Dei-acommum;. Paiis, IMoii iSourrii, 1918, iii-16 de ii-.ilO p. — 
Prix : 4 fr. 50. ' 

.Ainsi que l'exprime si bien Maurice Barrés dans une courte Préface, 
nous devons remercier le sergent aviateur Charles Delacommune de 
nous raconter clairement, gaiement, avec un charmant génie de lu- 
mière et de rapidité, la vie (hélas ! et la mort) des oiseaux de guerre. 
On ne saurait mieux dire et ces quelques lignes résument fort bien et 
complètement cet intéressant volume, au cours duquel l'auteur nous 
promène à Nancy, sur la Som/ne, en Champagne et à \ erdun. C'est 
une aimée fie guérie, de juillet l'JIti à août UH7, qui défile sous nos 
yeux. Pendant ces douze mois, l'auteur nous initie à l'existence des 
aviateurs dans les camps. 11 nous fait connaître la gaieté, parfois un 
peu bruyante, toujours spirituelle, qui y règne, gaieté qui semble for- 
cée et (|ui ICst parfois, en effet, car il faut non seulement se distraire, 
mais alls^i selforcer d'oublier les heures douloureuses où, le soir, on 
s'apeiroil qu'une place, à table, reste vide... Avec lui, l'auteur con- 
duit également le lecteur dans les airs, le faisant assister à des vols 
impressionnants, à des combats, à des victoires, à des chutes mor- 
telles. Tous ces épisodes sont écrits d'une plume alerte, facile, bien 
française et ce nouveau volume consacré à la gloire de l'aviation sou- 
tient facih'ment la comparaison avec les meilleures impressions 
\écues de gueire aéiiorine déjà publiées. J. C. T. 



'l'Iiomiis Itiirtiott en France. L'Anfilais l<»l «|u'il est, par Casion 
Hai.iot. l'aris, Hcrger-Levraull, 1918, in-t()do 03 p. — Prix : fr. HO. 

« Tliomas Barlletl, quand je l'ai rencontré, ne connaissait pas l'Ku- 
rope. à peine l'Angleterre, pas du tout la France, et ne soupçonnait 
rien de rAlIrmagne. » Quand il meurt, on défendant le sol fie Picar- 



— i:^ — 

(lie contre la ruée allernando do mars 1018. trois années de combats 
(•(Me à côte avec nous lui ont fait comprendre la nécessité, pour l'An- 
j^leterre, d aider à sauver la France. Le livre de M. Gaston Rageot 
nous montre précisément comment l'évolution s'est faite dans cet es- 
prit britannique. Livre comme il en faut de nos jours pour dévelop- 
per entre alliés la sympathie qui naît d'une meilleure connaissance 
rnuluelio. A. T. 

I)}«1 Carso al Piave, la ritirata délia 3' arinala nelle noie d'un combatlenle. 
da Makio Plccim. (/ l.ibri d'uijgi.) Firen/.e. R. Bemporad e figlio, 1918. 
in-i de 133 p., (ig. et pi. — Prix : i fr. 90. 

M. Mario Puccini a pris paît, en qualité d'ofllcier, k la retraite des 
troupes italiennes, lors de l'otrensive autrichienne qui. à l'automne 
de l^tT. a mis nos alliés d'au-delà les -\lpes dans nne si pénible et 
si périlleuse situation. Uetraile particulièrement douloureuse pour 
des corps d'armée qui, comme celui dont faisait partie M. Puccini, 
n'avaient pas été battus par l'ennemi et se voyaient obligés, par la 
défaillance inattendue d'autres troupes, de céder presque sans com- 
battre lin terrain conquis par eux au prix de tant d'efforts. 

Il se dégage une impression de poignante tristesse des pages dans 
lesquelles M. Puccini nous fait le récit de cette retraite ; il y a une 
émotion profonde dans le tableau de ces soldats, naguère si fiers, 
aujourd'hui harassés, abattus, découragés, prêts à se débander, de 
ces populations fuyant éperdues devant l'envahisseur, de ces paysans 
regardant avec une sorte de mépris ironique ces guerriers dont la 
retraite leur paraît une fuite, l'abandon sans combat des terres qu'ils 
délaissent une lâcheté. 

Mais aussi de ci de là rayonnent quelques traits d'espérance : la 
figure énergique et paternelle tout ensemble du général se détache 
dans une belle lumière, gage d'un prochain retour de fortune ; et le 
livre en effet ne se termine pas avant que la nomination de Diaz comme 
chef d'état-major général ait rendu aux troupes l'espérance, pas avant 
que la défense du Piave ait averti l'ennemi que la reculade était ter- 
minée, que l'armée italienne s'était ressaisie, que l'offensive allait 
reprendre pour ne plus cesser avant la débâcle définitive de l'Autriche. 

La censure a fait quelques coupures dans le livre de M. Puccini ; 
nous le regrettons ; mais ces mutilations n'empêchent pas son récit de 
nous faire vivre avec intensité la fièvre de ces journées tragiques. 

E,-G. Ledos. 

La Dalaiatie, l'Italie et l'L'nité yougoslave, par le comte Louis 
VoisoviTCH. Genève, Bàle et Lyon, Georg, 19t7. in-16 de cix-3S0 p. 

La Qaestion yougoslave, par Auguste Gauvain. Paris, Bossard, 1918, 
in-16 de 107 p., avec une carte. — Prix : 2 fr. 40. 



— 14 — 

Les Problèmes iialioiiaux «le rAutriclie-IIoii«jrie. Les Yougo- 
slaves, par FiiANo CviF.TiSA. Paris, IJossard. 191S. iii-lG de 148 p.. avec 
deux cartes. — Prix : 3 fr. 60. 

Yougoslavie et Autriche, par le comte Voi.Novir.rn. Paris. Bloud et 
(lay, iti-lC de 48 p. (Collection Payes actuelles). — Prix : fr. 00; 

l..e Monténégro, son passé et son avenir, par \\DnnA P»adovitch. 
I^aiis, Blond et (!ay. i!H8, in-lG de 48 p. (Collection Pages achicUes): — 
Prix : fr. 60. 

La Dalniiilie, par Ciusei'i-e Piu:zzoi.im ; traduit de l'italien par LjLbO 
Rauic. Paris, .\lcan, 1017, in-8 de ni-60 p. -^ Prix : 1 fr. 

La question yougoslave, demeurée trop longtemps dans le brouil- 
lard des à peu près, tend à se préciser à mesure que la marche des 
événements nous achemine vers la fin de la crise. L'union de tous les 
Slaves du sud, Serbes, Croa-tes et Slovènes paraît consommée depuis 
que l'écroulement de la monarchie habsbourgeoise a fait évanouir les 
obstacles qui longtemps avaient paru rendre le problème insoluble. 
Les trois peuples frères sont à la veille de n'en plus former qu'un. 

— En un temps qui paraît déjà lointain, puisqu'il s'agit de l'an 
dernier, M. le comte Voinovitch a consacré un gros volume à l'expoâé 
théorique de la question yougoslave. Dans la première partie, il en 
retrace les origines historiennes ; puis, dans quatre chapitres bourrés 
de faits et de chiffres, il développe longuement les revendications de 
ses compatriotes en s'appuyant non plus seulement sur l'histoire, 
mais sur des considérations d'ordre divers, géographiques, statis- 
tiques, économiques et linguistiques. Il examine les prétentions ita- 
liennes sur une partie du littoral daliiîale et s'efforce de prouver 
combien peu elles Sont fondées. 

— L'année 1918 a vu paraître deux études qui, pour être moins 
volumineuses, n'en apportent pas moins quelques précisions nouvelles 
dans l'exposé des faits et' des principes. Un journaliste français, 
M. Auguste Gauvain, met au service de la cause yougoslave son indiè- 
cutable compétence en matière de politique étrangère et un Slave du 
sud, M. Frano Gvietisa, reprend le même sujet en y ajoutant là 
flamme (le ses convictions patriotiques. Les'deux avocats savent être 
persuasifs, mais, depuis qu'ils ont écrit, un coin du voile qui cachait 
l'avenir s'est déchiré et une aurore s'est levée sur les Balkans, plus 

-radieuse encore que les [)lus optimistes ne l'avaient rèvéc. 

— Deux points noirs subsistent toutefois : l'un du côté du Monté- 
négro, l'autre dii côté de rilalie. M. Andriya Radovitch, ancien mi- 
nisti,c des affaires étrangères du Monténégro et actuellement président 
du comité de « l'Union nationale », démontre l'impossibilité pour 
l'Ktat njonlénégrin de vivre dans des conditions économitpics nor- 
males ; la pauvreté de. son sol cl. l'absence de . toute industrie le ren- 
daient tiibutairc des pays étrangers et, pour payer ses importations. 



— 15 — 

il avait dû établir des impôts écrasants; seuls, les subsides de la 
Russie lui avaieut permis de soutenir sou crédit. Or. le reuduvelle- 
ïuènt de ces subsides après la paix ne paraît à M. liadovitch ni pro- 
bable ni désirable. 11 conclut donc à la nécessité d'une réunion des 
Serbes du Monténégro à ceux de la' Grande Yougoslavie et l'altitude 
quelque peu suspecte de certains nicuibres de la famille princière a* 
contribué à désafîectionuer les Monténégrins de la dynastie des Nié- 
gosch. 

— Dans l'accord conclu, en 1915, entre l'Italie et les Alliés, il avait 
été stipulé qu'une partie de la Dalmatie et l'istrie seraient attribuées, 
après la victoire, au royaume d'Italie. G était un cadeau fait d'autant 
plus facilement qu'il était offert aux dépens du voisin. Les Yougo- 
slaves, qui, dans ces régions, forment presque partout l'énorme majo- 
rité de la population," se sont pourvus contre cette cession en se 
réclamant des principes énoncés par le président Wilson en faveuf 
du droit des peuples à disposer eux-mêmes de leur sort. M. Prez/o- 
lini est un journaliste florentin qui, dès 1915, alors que la fortune 
souriait à l'Italie, a eu le courage de signalera ses compatriotes le 
danger auquel ils s'exposaient en revendiciuant comme italiennes les 
côtes slaves de l'Adriatique. Les arguments qu'il présente n'ont rien 
de bien neuf, mais, faite par un Italien qui n'est pas le premier venu, 
la démonstration n'en est que plus concluante et la liardiesse avec 
laquelle M. Prezzolini se lance dans un plaidoyer qui n'est pas pro 
domo sua lui donne une vigueur et un coloris qui le rendent plus 
intéressant. Écrite en italien, cette brochure devait être aussitôt tra- 
duite eu français, mais des considérations d'ordre diplomatique eu 
ont retarde la mise en vente. 

— M. le comte Voinovitch a fait, en janvier 1918, au collège des 
.sciences sociales une excellente conférence qui paraît dans la collec- 
tion des Pages actuelles et qui, en résumant les parties les plus im- 
portantes de son savant ouvrage, mentionné plus haut, fera, par sa 
précision, une impression plus efficace sur les incompétents qui 
demandent à être instruits par un homme bien placé pour le faire 
avec autorité. P. Pisani. 



La Nouvelle Serbie, par Georges-Y. Devas. Paris. Berger-Levrault^ 
1918, in-8 de xiv-470 p., avec 6 cartes, dont 2 hors texte en couleurs. — 
Prix : 15 fr. 

Ce gros ouvrage est un monument élevé en l'honneur des peuples 
serbes et yougo-slaves,et, en même temps, l'exposé des raisons qui 
militent à leurs yeuxén faveur de leur réunion en un seul État. Dars 
son Introduction, l'auteur montre d'abord la distribution géogra* 
phique de ces- peuples et leur unité réelle, malgré la division qu'ils 



— 16 — 

subirent au moyen âge. Puis, une série de cliapilies nous font passer 
on revue l'histoire du peuple serbe et son émancipation progr^essivc 
jusqu'aux événements contemporains. La conclusion expose les ques- 
tions nationales qui étaient à l'ordre du jour quand le livre fut écrit, 
c'est-à-dire au commencement de 11)18. L'union en un seul État do 
tous les peuples yougo-slaves, accomplie grâce aux victoires de l'En- 
tente, donne satisfaction aux aspirations de la Serbie : la voilà payée 
de ses souffrances séculaires. 

Ce livre est intéressant par son abondante documentation. Mais 
nous reprocherons à cette documentation d'être unilatérale, si biert 
que. ])arfois, on croit lire un livre de propagande plutôt qu'un ouvrage 
historique. La question macédonienne notamment est bien plus 
complexe que ne 1 indique-M. Georges-Y. Devas. Les caractères ethno- 
grapliiques et linguistiques invoqués pour rattacher à la Serbie cer- 
taines parties de la « Macédoine vardarienne » sont assez indécis pour 
que les Bulgares puissent en faire valoir à leur profit d'équivalents, 
(^uant aux aspirations de la population elle-même, les armées alliées 
ont constaté, au cours de leur occupation de la Macédoine, que les 
habitants se disaient Turcs, Grecs ou Bulgares, surtout Macédoniens, 
mais jamais Serbes. D'ailleurs les nombreuses exécutions auxquelles 
les Serbes ont procédé contre eux indiquent bien qu'ils ne les 
regardaient pas comme des nationaux fidèles. 

La bibliographie est incomplète, parce qu'elle élimine les ouvrages 
à tendance bulgare. 

Signalons enfin la Lettre-dédicace, par laquelle l'auteur dédie son 
œuvre « à la France immortelle et généreuse » sous les auspices de 
M. Aristide Briand. L'énumération qu'il y fait de nos grands hommes 
est déconcertante : n'y met-il pas entre autres Renaudel, Cachin et 
Moutet, à côté de Denys Cochin ! Heureusement qu'il connaît mieux 
son pays que le nôtre. Sachons-lui gré néanmoins de l'affection et de 
l'admiration qu'il exprime pour la France. A. T. 



I.M Pairie serbe, par Madeleine de Benoit-Sigotbr. Paris, .Touve, s. d.. 
in-12 de io!) p. — Prix : 3 fr. 50. 

Ce livre, doht les chapitres ne sont pas numérotés, et qui n'a pas 
de table des matières, peut être divisé en trois parties, sans compter 
la préface (14 pages). De la page 15 à la page 5(5, revision sommaire 
de l'histoire de la Serbie jusqu'en 1912. De la page 56 à "la page i:^6. 
notes sur la géographie, les mœurs, les traditions serbes. De la page 
130 à la fin, récit de la participation de la Serbie aux guerres balka- 
niques de r.)l2 et 1'.H.3 et à la guerre européenne. Les deux parties 
«xlrênif's ne sont (jue des compilations ; le résumé des guerres bal- 
kaniques est fait d'après les livres de Barby et divers articles de /'//- 



— 47 — 

iuslralion et Hes Lectures pour tous. Le dernier chapitre : La Cruelle 
Albanie, donne un récit de la retraite de décembre 1915, dont l'hor- 
reiir atteignit tout ce que la guerre a vu de plus atroce dans le cours 
<les siècles. On lira avec plus d'intérêt tout ce qui concerne la vie 
intime du peuple serbe, ses légendes, ses tendances artistiques et 
littéraires. Lauteur parle avec complaisance des sentiments idéa-# 
listes et religieux des Serbes, de leur jeunesse de cœur, de leur mys- 
ticisme ; il trouve à l'âme serbe de grandes ressemblances avec l'âme 
provençale, « qui na pas encore accepté le scepticisme moderne. )> 
Dans cet ordre d'idées, son livre peut faire du bien à la cause serbe, 
-en attirant l'attention du public français sur certaines qualités de ce 
peuple, qui sont capables d'augmenter notre sympathie pour lui. 

A. T. 

Histoire des relations entre la France et les Itoumains, par N. 

JoRGA. Paris, Pavot. 1918, in-t6. xvi-282 p. — Prix : 4 fr. 
Le Mystère roumain et la Défection russe, par Charles Stiénon. 

Paris, Plon-Nourrit. 1918, in-lC de vii-340 p., avec 9 cartes. — Prix: 

4 fr. 50. 

— En rendant compte des Relations entre la France et les Houmains, 
-ce m'est un plaisir d'évoquer tout d'abord le temps déjà lointain — 
trente ans — où j'avais Jorga pour camarade à notre école des Hautes- 
Études sous les vieux lambris de l'antique Sorbonne. Depuis, Jorga 
est devenu un maître ; professeur à l'Université de Bucarest, membre 
de l'Académie roumaine et député de Jassy, son influence en^Kouma- 
nie est grande. Jamais, il n'a oublié ce qu'il devait à la France. 

11 avait commencé sa vie scientifique par l'histoire d'un chevalier 
picard familier avec l'Orient, Philippe de Mézières, qui écrivait sa 
Chevalerie de la Passion et préconisait une nouvelle croisade au len- 
demain de la catastrophe subie par les chrétiens à Nicopolis. Cin- 
quante ans après, en 1445, les troupes bourguignonnes de Valerand 
de Wavrin retournaient sur les bords du Danube pour combattre 
l'Islam aux côtés des fils de Valachie. 

Je ne passerai point en revue tous les Français qui nous ont appris 
^ connaître les descendants des colons latins établis en Dacie, ni les 
Roumains qui chez nous ont fait souche. Mais quelques-uns d'entre 
eux méritent une mention particulière. Une des meilleures descrip- 
tions des principautés roumaines est d'un attaclié de l'ambassade de 
France à Constantinople en 1780, l'abbé d'Haulerive : singulier abbé 
que ce jeune homme habillé à la turque, un chàle à la ceinture et une 
pelisse sur les épaules, qui se fixa en qualité de secrétaire du prince 
de Moldavie dans la ville de Jassy. En 1844, une autre publication, 
la Roumanie, popularisait à Paris la cause roumaine : elle était d'un 
littérateur nommé Vaillant, dont la femme avait dirigé en Valachie 
Janviek 1919. T. CXLV. 2. 



— 18 — 

un clablisssemenl d'cducalion pour jeunes filles. Puis vinrent Charles 
Doussaull, u celui qui connut le mieux la terre et la société de ccs^ 
pays, qui l'apprécia avpc le plus de sens artistique, qui l'aima avec 
le plus de sincérité », et Ubicini, l'ami de Quicherat, l'auteur dune- 
belle étude sur les ballades et les chants populaires de la Houmanie. 

Cependant qu'à l'école supérieure grecque, fondée par les princes 
phanariotes, les boïars apprenaient le français et que Delille trouvait 
un imitateur dans le boïar Constantin Conachi, Florian dans Geor<(es 
Asachi, Bernardin de Saint-Pierre dans Jean liii/nea... En 1834 à 
Berlin, paraissait en français une Histoire des Roaiiiains par Michel 
Kogalniceanu. Vingt ans plus tard, les Golesco, les Roselli deman- 
daient à combattre à nos côtés dans la guerre de Crimée. Leurs offres 
furent repoussées. Alais un. vif sentiment de sympathie se dessinait 
de plus en plus en Uoumanie pour la France qui était considérée 
comme une sœur. Les étudiants roumains se succédaient par milliers 
sur les bancs de nos Universités. A l'École des langues orientales, le 
regretté M. Emile Picot donnait un nouvel essor aux études rou- 
maines. — Mais il était un autre terrain où les descendants des Gaulois 
et des Daces allaient se retrouver côte à côte. La Grande Guerre, où 
les Roumains eurent des instructeurs français, allait faire des deux 
peuples des frères d'armes. En 1910, au moment de l'offensive fou- 
droyante des Russes en Galicic, la Roumanie sortait de la neutralité 
pour prendre rang aux côtés de l'Entente. 

— Si la Russie avait prêté d emblée son concours, au lieu de n'agir 
que dans dos conditions de volontaire inciricacité, les consécpiences 
en auraient été incalculables. Au lieu de perdre riniliati\c straté- 
gicpie fju'ils ne retrouveront plus jamais ici, les Alliés auraient enga- 
gé, dès septembre rJllj, des opérations décisives contre la Bulgarie. 
Cette initiative, Mackensen la leur enleva dans la Dobroudja aNCC 
l'appui (les Bulgares et des Turcs, et Falkenhayn en Transylvanie 
avec l'ajjpui des Autrichiens. Forcés de faire face sur ui\ front im- 
mense, n'ayant guère que de l'artillerie légère, 800 canoiis, 400 mi- 
trailleuses et point d'avions, les lioumains combattirent ilans l'ordre 
dispersé, en désespérés. 

H faut lire, dans l'ouvrage de M. Charles Stiénon, les admirables 
.exploits de ces braves, aidés à Silistrie et Constandza par une divi- 
sion serbe et un corps tchéco-slovaque qu'enfin rallièrent deux di- 
visions russes. \ llermannstadt, Falkenhayn, cherchant une revanche 
à son cuisant échec tievant Verdun, encercle le premier corps rou- 
main qui, tourné et enveloppé, se fraie héro'ïquement un passage 
pour rentrer en \alachie... avec des prisonniers. A l'ouest, le succès 
.semble se dessiner. Des troupes ennemies qui débouchent en Valachic 
du côté du \ ulkan, sont piises de liane et subissent la défaite de 



— 10 — 

Jiul. Les Houmains avaiicont au milieu tlurK' véritable nécropole. 
€'est une forêt de croix bavaroises poussées en lespace d'une semaine 
à la fin d'octobre 1916 (p. 13'7). Les cosaques du comte Keller arrivent : 
des aéroplanes anglo-français paraissent. Mais qu'est-ce devant les 
flots de l'invasion germano-austro-bulgaro-turque qi]i déferle du 
Danube et de la montagne vers Bucarest, u La supériorité nuniéri(iuP, 
matérielle et morale de Falkenhayn et de Mackensen sur l'armée 
roumaine est telle que. semble-t-il, nos alliés ne peuvent échapper » 
(p. 183). Un général français, le général Bertlielot et son état-major, 
— (( ceux que nous n oublierons jamais », écrit l'historien Jorga, — 
mettent leur expérience au service de nos alliés. Déjà, Presan a pris 
3.000 hommes, 30 canons ; il force Rosch à reculer, quand une masse 
de cavalerie prussienne fonce sur le train des équipages du général 
Socesc et jette la panique dans ses deux divisions qui se précipitent 
-vers la capitale : la bataille pour Bucarest est perdue (p. 2U0). Deu.x 
corps d'armée russes, à proximité immédiate du champ de bataille, 
ne sont point intervenus ! 

Et ici,, M. Stiénon, étudiant les causes et les modalités de la défec- 
tion russe, projette des clartés saisissantes sur le mystère roumain. 
Un document divulgué par l'étrange ministre des affaires étrangères 
qui sévit à Saint-Pétersbourg, par ïrotsky, et daté du 7/20 novembre 
1916. confirme bien les déductions de l'auteur que la Russie n'agis- 
sait point en franc allié. « Nous avons ordre, disaient les otficiers 
russes à leurs camarades roumains, de protéger votre retraite derrière 
le Sereth. mais non pol?it de nous battre contre les Allemands » 
(p. 232). Deux des meilleurs généraux russes, Lechitsky et Sakharof, 
vont cette fois coopérer à défendre ce qui reste de la Roumanie, la 
frontière moldave. Mais quand, en juillet 1917, les Roumains entre 
prennent l'offensive et commencent à enfoncer vers Focsani les trou- 
pes de Mackensen, une dépêche parvient au roi Ferdinand et au 
quartier général, u Les IV^ et Vl" armées russes ont reçu du gou- 
vernement provisoire l'ordre d'arrêter immédiatement toutes les 
opérations... Pour la seconde fois, la Roumanie était trahie » (p. :i!>Oj- 
Elle avait mis hors de combat 150.000 adversaires. Le froid, la faim 
et le typhus aidant, elle avait perdu deux fois plus de soldats et 
300.000 civils. Peu de pays avaient autant souffert pour la cause 
commune. Ch. de la Ro:yGiÈRE. 



La Paix de Bucarest (7 mai 1918), par D. Ia>c.ovici. Paris, Pavot, 

1918, in-i6 de 218 p. — Prix : 4 fr. 30. 

Si l'on avait jamais douté que la guerre voulue par les Allemands 
en 1914 était due à des motifs d'impérialisme économique, les traités 
qu'ils ont conclus avec la République russe des soviets, l'Ukraine, la 



— 20 — 

Finlande el la Roumanie, au printemps de 1918, sont là pour mettre 
<;e fait en pleine évidence. Rien de plus instructif à cet égard que la 
paix de Bucarest (7 mai 1918) : elle ne visait rien moins qu'à l'eutici' 
assujettissement économique de la Roumanie. 

Un mot d'abord des cessions territoriales. Non seulement, la Rou- 
manie restituait à la Bulgarie la partie de la Dobroudja qu'elle lui 
avait prise en 1913, mais elle cédait aux empires centraux le reste de 
la province, telle qu'elle avait été délimitée en 1878. L'intérêt de l'Al- 
lemagne dans cette cession était de s'approprier le grand port de 
Consianza, dont l'avenir est si important pour concurrencer Odessa 
comme point de transit entre l'Europe et l'Asie. 

L'Allemagne et l'Autriche-Hougrie s'obtenaient le contrôle de la 
navigation du Danube, en éliminantde la commission européenne le^ 
puissances non riveraines, ce qui assurait leur prédominance. Elles 
obtenaient en outre, pour la navigation, les mêmes droits que ceux 
<lont jouissaient les Roumains. D'ailleurs, pour tout ce qui concernait 
les transports, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie obtenaient le traite- 
ment de la nation la plus favorisée. Un Allemand et un Autrichien 
étaient délégués auprès de la direction générale des chemins de fer 
roumains, pour en assurer l'exploitation dans le sens le plus conforme 
aux intérêts de l'Allemagne et de r.\ulriche-Hongrie. Les empires 
centraux acquéraient même des droits sur le territoire roumain, par 
la concession à bail des chantiers de constructions navales de Turnu- 
Séverin et de Giurgevo. Une convention spéciale mettait entre leurs 
mains, non seulement la production du sol roumain, mais encore 
le sol lui-même, par la facilité qu'obtenaient les sociétés commer- 
ciales, industrielles ou financières allemandes de prendre à bail des 
biens immobiliers et d'exercer tout commerce ou entreprise de trans- 
port. — L'Allemagne prenait aussi en main l'exploitation du pétrole. 
En un mot, elle se substituait en Roumanie à toutes les entreprises 
nationales. Tout en maintenant à sa \ictime les apparences d'un 
État indépendant, elle lui supprimait toutes les possibilités de vie, si 
bien que M. .Take Jonesco a pu dire que la Roumanie se trouvait ainsi 
« africanisée. » Ne parlons pas des indemnités indirectes que ce mal- 
heureux pays devait payera ses vainqueurs sous des formes diverses. 

L'armistice du 11 novembre a abrogé le traité de Bucarest. Mais au 
moment où vont se discuter les conditions do la paix, nous ne sau- 
rions lro[) étudier colles (|ue les Allemands avaient aitjsi im|K)séos à 
la Roiiinaiiie, pour nous en inspirer nous-mêmes dans les clauses 
écononii(pios que nous leur dicterons. C'est pour(juoi le livre do 
M. I). lancovici vient à son heure. Nous y trouvons, présenté sous 
une loruic claire et vivante, tout ce cju'il faut savoir sur la manière 
dont l'ennemi enteiulait ce qu'il osait appeler une « paix do concilia- 



— 21 - 

lion. » Molfoiis la leçon ;"i [>rr)IU pour les n'paratioii!» ol los ^'aranlics 
que nous dovons exiger de lui. Le Traité de Uucarcsl est un des meil- 
leurs et des plus opportuns parmi les ouvrages de la BihiioLhcque poll- 
Uque et économique, qui en a déjà donné de si utiles, apportant ainsi 
une contribiilioij essentielle à l'œuvre de notre reconstitution écono- 
mitpie. A. T. 

Tiitta la {luevra,, anlologia (lel popolo ilaliano sul fronie e nel paese, da 
. (iitJSEPPE PHEzzoL(Nt. Fircnzc, R. Bcmporad e figlio, 1918, in-lQ de xv- 
3S7 p. — Prix : 4 fr. 50. 

Nous ne chicanerons pas M. Prezzolini sur le titre un peu ambi- 
tieux et trop compréhensif qn il a donné à ce volume, nous le félici- 
Icrons au contraire de la pensée qu'il a heureusement réalisée de nous 
présenter un recueil de quelques-unes des pages les plus belles et les 
]j1us suggestives écrites sur la guerre italienne ; que le recueil eût 
pu être augmenté, que le choix eût pu porter sur tel ou tel morceau 
que l'on ne retrouve pas ici, qui s'en étonnerait ? En Italie, comme 
on France, la guerre a suscité toute une littérature, qu'il n est pas 
toujours aisé de se procurer et dans laquelle non plus un choix qui 
s'impose n'est pas toujours facile à faire. Celui de M. Prezzolini est 
bon et offre bien la représentation de l'âme et de l'esprit du soldat et 
du peuple d'Italie pendant la guerre. Bulletins et communiqués de 
l'état-major. lettres, journaux de guerre, testaments de soldats, poé- 
sies et chansons militaires, observations faites sur les blessés et dans 
les hôpitaux, inscriptions funéraires, actes diplomatiques, discours 
<l' hommes politiques, écrits de correspondants de guerre, d'histo- 
riens, de savants, ont fourni à M. Prezzolini une abondante moisson 
<ic pages gaies ou tristes, souvent émouvantes, toujours instructives. 
Toutes les classes sociales et tous les états intellectuels délîlent ici 
devant nous, mêlés comme ils l'ont été dans la tranchée et sur la 
ligne de feu. Il y a des âmes simples et naïves, il y a des écrivains de 
métier, quelques-uns célèbres comme d'Annunzio, il y a des jeunes 
qui visent à la littérature et qui, jusque dans leur testament, font les 
pompeux et les grandiloquents. 

Sur chacun des auteurs qui entrent dans ce recueil, M. Prezzolini 
nous fournit, soit de sa main soit d'ailleurs, quelques lignes de pré- 
.sentation et d'appréciation, qui elles aussi ajoutent à l'intérêt et à la 
valeur de son livre. 

Nous voudrions indiquer quelques-unes des pages qui nous ont le 
plus frappé, mais comment faire un choix dans ce choix ? Signalons 
du moins de Piero Jahier le curieux portrait du soldat alpin Luigi 
.Somacal « crétin de naissance et manœuvre jusqu'au jour de la 
levée » et qui trouve moyen de devenir un bon soldat ; — les pages 



•)0 



de (jiielfo Civitiiiii sur les faolassins, si caiacléiisliquesde l'admirable 
état, d'esprit de certaines recrues illettrées : — les observations de 
M"" Evelina Ririaldi, institutrice, sur les lectures des soldats dans un 
hôpital de la Croix-Rouge. E.-G. Licnos. 



Vers rF-yypte peiulant la yuerro, par h'..\y IIeumanovits. Paris, So- 
cit'-lé frariçiùso diinpriinorie ot de librairie. 11)18, in-18 de 212 p. — Prix : 
•S fr. .oO. 

Traverser les mers, pendant la guerre, q\iand on n'est ni marin ni 
soldat, mais sim[)le civil, est une affaire trimportance. 11 faut tout 
d'abord se livrer à des démarches longues et désagiéables, faire 
signer de multiples papiers, puis, une fois à bord, se soumettre à 
mille exigences, à de minutieuses nécessités : ne pas allumer la 
moindre cigarette sur le pont ; vivre, malgré la chaleur, les Iniblots 
hermétiquement clos, après le coucher du soleil ; ne pas se séparer 
de sa ceinture de sauvetage ; répondre jour et nuit à des appels, à 
des exercices d'évacuation ; à chaque relâche, se prêter à des interro- 
gatoires, à des inquisitions, à des fouilles parfois indiscrètes. Enfin, 
la vie à bord est dominée par la crainte constante de voir un sous-ma- 
rin surgir brusquement, parcelle, plus grande encore, d'être frappé par 
une torpille que nul n'a aperçue, ou, ce qui est plus terrible, car l'avarie 
est alors plus grave, par la peur de heurter une mine qui se balance 
«ntre deux eaux. Tout cela crée à bord une atmosphère spéciale, an- 
goissée, se traduisant par des regards anxieux, des gestes brusques, 
des conversations décousues, soudain interrompues, dans lesquelles 
on sent, au fond, que la même pensée domine, bien que souvent 
inexprimée : celle du sous-marin. 

C'est tout cela que l'auteur de « Vers l'Egypte pendant la guerre » 
a lente de faire connaître au lecteur. A-t-il réussi "? On n'ose l'affir- 
mer. A côté de détails intéressants, mais clairsemés, on trouve en 
effet dans ces pages de longues tirades insipides, des réflexions dépla- 
cées et déplaisantes, des traits d'esprit qui portent à faux, bref, de mul- 
tiples hors d'oeuvre, des remplissages inutiles ipii n'ont d'autre but, 
en apparence, que de permettre d'imprimer un volume, là où un 
xahier serait suîTisant. Espérons qu'un autre voyageur sera plus 
habile, car le sujet mérite d'être bien traité. Il serait regrettable que 
celte page anccdotique de la Grande (ùierre ne fut pas écrite et bien 
■fkrite. j. C. T. 

.I,..a LiilV*ratiir4> <l<* ()iiori-«*. rrcneil inrlhoiiiqiie cl criliqne des publica- 
lioits (If Intii/ue française (aaiU titl/4-aoùl l'.UG), par Jean Vie. T. H. Paris, 
Pa.Yol. PJbS. in-iti, paginé 373-810 et 1 feuillet d'errata. — Prix : 8 fr. 

La s.'.iHide partie du travail de M. .lean Vie confirme pleinement 



— 23 — 

"la bonne iniprossioii que iioiis avait laissée la première : c'csl bien h\ 
non point une simple liste d'ouvrages, plus ou moins indigeste et 
dont raulcur n'a d autre souci que de paraître aussi complet (jue pos- 
sible, de ne rien oublier, si insignifiant fùt-il, mais un répertoire cri- 
tique, un véritable guide, dont l'auteur s'est efforcé de signaler tout 
ce (jui, à sa connaissance, a quelque valeur, omettant et négligeant 
très volontairement des livres ou brochures qui ne font qu'encom- 
brer la littérature de guerre. Peut-être en épluchant son travail pour- 
rait-on signaler quelque lacune, regretter l'absence de quelque 
ouvrage intéressant ; l'important c'est que son recueil offre un 
ensemble remarquable, et que le lecteur peut se fier à son choix 
dressé d'une façon objective et critique et, d'une manière générale, 
à ses jugements. Nous disons : « d'une manière générale », parce 
que nous devons formuler quelques réserves, notamment en ce qui 
concerne Benoît XV : M. Vie semble partager les sentiments de ceux 
qui ont jugé son altitude, en la déformant, d'une manière peu con- 
forme à la stricte justice. 

Dans ce second volume on trouvera les chapitres V à X de la 
seconde partie (V. La Guerre en Russie ; VI. La Guerre en Italie ; VII. 
La Guerre dans les Balkans et en Orient ; VIII. Les Campagnes colo- 
niales ; la guerre sur nier ; la guerre aérienne ; IX. L'Angleterre et la 
guerre ; X. L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie en guerre, avec un 
supplément : L'Alsace-Lorraine pendant la guerre) ; un appendice à 
la 2" partie : Les États neutres et la guerre (Suisse, Hollande, Pays 
Scandinaves, Espagne, Amérique latine, États-Unis de l'Amériq-ue du 
nord, Saint-Siège) ; la troisième partie : Les Conséquences de la 
guerre (I. Conséquences présentes ; II. Conditions de la paix ; III. 
L'Avenir), à laquelle M. Vie a joint un appendice qui semblait plutôt 
devoir être traité isolément : Ouvrages d'imagination. 

Une table méthodique des matières et deux index alphabétiques 
(l'un des auteurs, l'autre des matières) ajoutent, malgré quelques 
lacunes peu importantes, à l'utilité pratique de cet excellent réper- 
toire, que, nous l'espérons bien. M. Vie et la librairie Pavot auront à 
cœur de compléter par un guide analogue pour la littérature parue 
depuis 1016 jusqu'à la paix prochaine. Répétons aussi que nous sou- 
haiterions un travail semblable pour la littérature de langue étian- 
^ère. E.-G. Ledos. 

ï^'Arbitrato pontificio. da Marixo Canclim, con prefazione del marchese 
FiLippo Chispolti. Como, scuola tipograficaCasa Divina Provvidenza, 1917, 
gr. in-8 de 399 p — Prix : 4 fr. oO." 

j Nous avons parlé en son temps (t. CXL, p. 84-83) d'un ouvrage du 
>même auteur sur le Pape dans la guerre et pour la paix. L'étude con- 



— 24 — 

sidcrable qti'il uous offre aujourd'hui sur l'arbitrage pontifical a pour 
objet de nous montrer l'utilité, la nécessité plutôt de cet arbitrage 
comnne le moyen le plus etricace de maintenir la paix, de faire valoir 
l'avantage singulier, au point de vue de cette institution, que pré- 
sente la Papauté d'être le seul pouvoir désintéressé, planant au-dessus, 
des ambitions et des appétits nationaux, aspirant par ses origines et 
par principe à instituer la paix dans le monde, de réfuter les objec- 
tions, de dissiper les méfiances, d'éclaircir les malentendus qui 
peuvent s'opposer à cette solution. Toute autre espèce d'arbitrage, 
déclare M. Crispolti dans sa Préface, est une institution impossible 
ou superflue. 

M. Canclini expose donc les raisons qui ont fait échouer jusqu'ici 
toutes les tentatives, si généreuses fussent-elles, d'empêcher laguerre ; 
montre dans l'arbitrage la meilleure solution et dans le Pape le plus 
qualifié des arbitres. 11 rappelle le rôle de la Papauté au moyen âge. 
les causes qui ont battu en brèche l'autorité des Pontifes et détruit- 
l'unité de la chrétienté, les raisons d'espérer un retour vers cette unité. 
11 groupe les témoignages concordants d'auteurs catholiques et hété- 
rodoxes en faveur de l'arbitrage pontifical. Une grosse partie de son 
livre est consacrée à étudier, à discuter, à réfuter les objections qui se 
dressent contre ce rôle pacificateur de la sain te Église romaine. 11 montre 
notamment combien sont mal fondées et injustes les méfiances des- 
gouvernements ; met en garde contre l'hostilité des sectes et surtojil de- 
la raaçoimorie ; insiste sur la nt-cessité du désarmement, qu'il estime 
difficile peut-être, mais non impossible et nécessaire ; rappelle aux 
catlioliques le devoir qui leur incombe de préparer un avenir de paix 
et n'oublie pas de leur insinuer les motifs qu'ils ont d'espérer dans, 
la réussite. E.-G. Ledos. 



Les Kuf s de guerre de la Providence, par Antonin Eïmieu. Paris,. 
Penin. 1918, iu-10 de vi-236 p. — Prix : 3 fr. 50. 

« Dieu lient école en Europe, disait Joseph de Maistre pendant la 
Hévolution. 11 tient en ce moment école dans le monde. » Tel est le 
point de vue élevé d'où se place le 11. P. Antonin Eymieu, l'auteur 
déjà de deux beaux ouvrages qui ont obtenu un large succès : Le 
(iouvernenient de soi-même et la Providence et la Guerre. L'auteur 
s'attache, dans son nouveau volume, à démontrer que les terribles 
réalités de la guerre ont rendu manifeste le néant ou la fausseté de 
(juelques-unes des superstitions les plus révérées de la civilisation 
( onlemporaine. Qu'il s'agisse du scientisme, de l'argent, du progrès, 
(lu tliiettantisnift, de l'égalitarisme. du laïcisine : une expérience tra- 
gique atteste la fragilité de l'idole, la faillite de ses promesses men- 
teuses, la nécessité iriéme de la fouler aux pieds pour répondre aux. 



\ — 25 - 

exigences du péril public comme aux enseignements de la nature de 
l'homme et de la nature des choses. Que celui qui a des yeux pour 
voir, des oreilles pour entendre, une intelligence pour rélléchir sache 
réprouver les faux dogmes et- revenir loyalement à la vérité qui 
délivre. Ainsi nous aurons discerné, pour notre salut, « les buts de 
guerre de la Providence. » Que la leçon ne demeure pas désormais' 
inféconde, conclut l'éminent religieux, observateur si pénétrant des 
tares de la société moderne. « Profitons-en [de la leçon] .issez pour 
que cette éducation soit finie et que nous ne soyons pas condamnés à 
retomber sous leur férule [celle de nos idoles elles-mêmes], dont les 
coups risqueraient de se faire encore plus durs. » Noble enseigne- 
ment d'un viai moraliste ciuétien. Yvts dm. la Bkièbe. 



Pour ceux qui pleureut. Imprécisions et pensées de yuerre, par 

PiEURE .\guét\nt. Paris, Ploii->ourril. i!MS, i(i-I6 de 13ti p. — Prix : 
4 fr. 50. 

Dans ce joli polit volume, d'impression soignée, sont recueillis des 
réflexions qui s'adressent plus particulièrement aux mères, aux 
fiancées, aux veuves héroïques et dolentes, des traits qui notent une 
journée de mobilisation, une heure de guerre, un épisode émouvant, 
et des prières telles qu'en disent les enfants apeurés, les pères com- 
battants, les mères inquiètes. « La valeur des peuples est en fonction 
de la qualité de leurs morts ». y lisons^nous entre autres, et cette 
I)ensée révèle la qualité de l'iUne qui s'exprime ici. Les autres sont 
apparentées à celle-là. et elles plairont de uiême à ceux qui estiment, 
comme M"" de Sévigné. que « lien n'est bon,que d'avoir une belle et 
bonne âme. » Ch. Landry. 



— M. F. Lebeit contimie la série de ses intéressantes monographies 
sur l'Invasion dans le nord de Seine-et-Marne 191'i (Meaux, Lepillef. 
1918, in-8 de 53 et 28 p., avec fig. et planches). H nous donne aujour- 
d'hui : Trilport, Montceaux, Gerniigny et Elrépilly. A Trilport. les 
populations belges arriverjt le 30 août. « De village en village, elles 
allaient dans l'inconnu, vers le sud. Leurs chariots, chargés de débris 
de leurs ménages, grinçaient lugubrement sur les routes... » Puis 
c'est l'arrivée des uhlans, à Trilport. dans 1;\ matinée du 4 sep- 
tembre, le dévouement du maire de la commune. M. .\ugue. qui, à 
force d'énergie, réussit à préserver en grande partie les biens de ses 
administrés, malgré le pillage éhonté des Allemands et à sauver la 
vie de quatre Français prisonniers, parmi lesquels M. Dhuicque. 
adjoint d'Etrépilly. Grâce à M. ?iugue. le désastre fut moins grand 
à Trilport qu'à Montceaux, Gerniigny et Elrépilly. Germigny, encore 



— 2() — 

lonl lompli tic rilliistn; souvenir de Bossnet, a été particulièrement 
éprouvé. A Elrépilly, qui lait le sujet de la seconde brochure de 
M. Lebert. nous vivons, grâce à lui, l'héroïque et inutile charge des 
zouaves snr\ivaiits du 2« régiment de marche, et la mort superbe du 
colonel Dnbiijadoux, qui les commandait, criblé de blessures et résis- 
tant jusqu'à son dernier soupir. 

— Le succès de la Cloche Roland, dont les éditions se sont succédé 
rapidement en Danemark portant partout la flétrissure infligée par 
Johannes Jorgensen aux crimes des Allemands en Belgique, a irrité 
contre l'illustre écrivain danois ses compatriotes germanophiles : un 
collaborateur du Politiken, M. Anker Kirkeby. l'a pris notamment à 
partie en termes aigres et injurieux, dans un feuilleton intitulé : L^ne 
bonne cause et son maucais sercUeiir. Sans s'airèter aux simples 
insultes, M. .btrgensen n'a pas cru devoir laisser passer les accusations 
de mauvaise foi et de falsification, cl il a publié la Réponse du mau- 
vais serrilenr (Traduction du danois par Jactpies de Coussange. Paris, 
Blond et (iay, 1918, in-16 de 83 p.). cpii est péremptoire et qui laisse 
mal en point le pauvre M. Rirkeby. Pourquoi M. de Coussange s'obs- 
tine-l-il à écrire : convalncl (p. 57, 05) ? 

— C'est un travail très intéressant et bien au courant des faits sur 
lesquels il s'appuie que l'opuscule de M. Charles Dapremont sur 
les Déceptions de l' Allemagne, qui forme le n° 15 de la « Petite Biblio- 
thèque de la guerre » et où l'auteur étudie en premier lieu : /. Les 
Déceptions militaires et politiques (Paris, Attinger, s. d., in-12 de 
4'8 p. Prix : i fr. 50) en réservant pour un opuscule ultérieur les 
« décej)tions économiques et morales. » Si l'heureuse issue de la 
Crande Guerre donne uiî aspect un peu arriéré à quelques-unes des in- 
ilicalions de l'auteur, elle justifie pleinement son opinion générale. Le 
Ir.-ivail. dans son ensemble, n'en est point démodé cl demeure fort 
utile. 

— La (picslion de la Syrie et de la Palestine est une de celles ({ui 
préoccupent le plus justement tous les patriotes soucieux de l'ave- 
nir (le la France : il y a là une véritable question dintérèl national ; 
la connaissance dos accords conclus en 101 G avec la Crande-Bretagne 
<'t (jui, méconuiiissant nos droits histi)riques, ne faisaient à nos légi- 

' limes revendications (prune j>ait amoindrie, avait justement ému 
les personnels éclairées sur ces matières. La nouvelle que ces accords 
n'étaient pas délinitifs, qu'ils sont sujets à revision et tpie la ques- 
tion sera reprise diuis toute son ampleur aux négociations de paix, 
;i été [)()ur elles un \éri table soulagement. Mais il est urgent de don- 
ner ré\eil à l'opinion publi(pie en Kjance et de créer dans cette opi- 
nion un ctiui.inl assez loit pour appuyer cl pousîjer au Ijcsoin nos 
liomiiHs (l'i;i,ii. \ ce liiic iKius recommandons bien sp('?cialemcnt 



<<lciix pnlits Iracls publiés par le hmcaii callicjUcpie tle presse et qui 
•s'adressent à tous ceux qui, par la plume, soiil en mesure d agir sur 
île public : Une grave Oueslion d'inlércl nalioiud. France et Syrie 
:(Paris, impr. de F. Dumoulin, in-4 de '.\ p., avec une carie), qui 
montre précisément le danger pour la France des accords de lOUj ; 
— et ine grave Oueslion d'intérêt religieux : le statut religieux de la 
Palestine (Ibid., in-4 de 4 p.), dans lequel est attirée l'atlenlion sur le 
danger sioniste. 

- Dans Comment faire la Société des nations '} de la race à la natio- 
.tionalité (Édition de la Bévue contemporaine. Paris, 53, boulevard du 
Montparnasse, 1018, in-8 de 27 p ), un Polonais. M. Mioczyslaw (Jen- 
;yusz. s'efîorce de préciser le sens du mot nation : « LKtat natio- 
nal implique l'expansion de l'individualité et son sacrifice volontaire 
■et désintéressé au profit du bien général. » Inconnu à l'antiquité, il 
n'a été rendu possible que par le cbristianisme. La guerre présente 
est un (( conflit entre races et nations »> ; et dans la Société des nations 
<5ui ne pourra s'établir qu'après qu'on aura défini les devoirs comme 
les droits des nations, l'on ne saurait faire place actuellement à des 
« individualités collectives » telles que l'Allemagne, tant quelles ne 
«e seront pas transformées en nations, pas plus qu'on n'accorde « les 

«droits de l'homme et du citoyen... k des mineurs à des criminels 

■et à des individus atteints d'insanité morale et intellectuelle. » 

Livres ROSES fouR la. jeunesse. — Les 2i petits volumes formant la 
\0^ série des Livres roses pour la jeunesse (Guerre de I9l't-I9l8, 
publiés par la librairie Larousse dans le format in-12, viennent de 
noiis être remis. Réunis dans un joli étui en carton, ces fascicules 
•représentent, en apparence, un gros volume (Prix : 6 fr. ; fr-, 20 
l'unité). Chaque fascicule, de 32 p., abondamment illustré, renferme 
«n récit dramatique, héroïque, où toujours des enfanjs jouent leur 
rôle : c'est assez dire que l'ensemble plaira beaucoup aux petits. 
Voici les titres de ces 24 nouveaux venus dans la collection qui compte 
aujourd'hui 240 n"" : une petite bibliothèque : N" 217. Hors des serres 
de l'Aigle (l'Alsace et la Lorraine), par le capitaine L. (14 grav.). . — 
iS" 2r^. Guynemer, par l'aspirant Georges Thomas (\2 grav.). — N" 
-210. Le Serment des trois Hindous, par M. Henri Pellier (I I grav.). — 
N" 220. Les Exploits d'une petite Roumaine, réc'tt de la guerre des Ccr- 
pal/ies, par M. Charles Guyon (12 grav.). — N'^ 221. Perdu dans Neir 
York, par M. II. -Pierre Linel (12 grav.). — N'^ 222. Aventures dedeux 
petits Français en Hongrie, par M. Charles Guyon (1 1 grav.). N° 223. 
La Jeune Infirmière, par M. Henri Pellier (12 grav.). - N' 224.. Le Ca- 
pitaine du a Lanvéoc », par le capitaine de vaisseau Poidlou€ (12 grav.). 
— >'° 223. Le Petit Écolier de Reims, d'après te journal de l'édfileDiibail, 
par M"" Jeanne Benita Aza'is (11 grav.). — N" 22(i. La Tirelire mer- 



— 28 — 

veilleuse, \nii M. M. -Pierre Linel (12 grav.). — \" 2i'i. Le. Vaillant 
petit Napolitain, scènes de la guerre sur les Alpes, par M. Cliaric* 
Gnyon (11 grav.). — N" 228. Le Petit Prisonnier, par M. Louis Dorey 
rl2grav.). — N" 221). L'Ami du grand blessé, par M. Henri l*ellier 
il2g-rav.). — N" 230. Les Petits Émigrés belges en France, par M. 
(îérard Ilarry (10 grav.). — N" 231. L'Invention du docteur Bonibilius,^ 
par M. If. -Pierre Linel (12 grav.). - N° 232. Les Héros de la forets 
il' ArUenne, par M. Charles Guyon (12 grav.). — N° 233. Les Petits: 
Uohinsons, par M. Georges Desroches (12 grav.). — N" 234. L'Attaquer 
de Xeebruggc, par M. Henri Pellier (10 grav.). — N" 23?i. Vers les: 
rires du Congo, épisode colonial, par M. Charles Guyon (il grav.). — 
\" 236. Le Vaillant petit Américain, par M. Louis Dorey (12 grav.). 
— .N" 237. Les Deux Alertes. Dans une cave de Paris, par M. H. -Pierre: 
Linel (10 grav.). — N' 238. Deux Petits Alliés chez les Turcs, par 
M. (Charles Guyon (12 grav.). — ?J'^ 239. Les Malheurs de Potiron,. 
j)iècc en un acte, par M. Henri Pellier (14 grav.). — N" 240. Nol'l (/<: 
•juerre, par M. Pierre Hellin (12 grav.). Viscnot. 



ROi\lA^S, COMES ET NOUVELLES 

ÎIcMvNS SCR i.A f.LEKRE. — I. Ilisloirc dc Golloit Coiinixloo. suivie Je l'Ottblirc, par 
(^.vMii.i.B Maïu\?;. Paris, Plon-Nourrit, lUlS, in-16 de 282 p., 4 fr. — 2. I.'.iin- de-, 
lu iHctoirc, par Jkas Nesmï. Pari», GrasKek, 1918, in-18 de 2-57 [)., 3 fr. 30 — :{. 
l'.hnntul Duuiioy, par Isabki.le Sasdï. Paris, Pion Nourrit, 1017, in l(i d(^ vi-27:5 p., 
:( fr. 50. — 4. Alteniund d'Amérique, par \. dk Vii.i.îole. Pari», Perriii. I!J18, iiilfi^ 
lie ;tO(> p.. -5 t'r. ,■)(). — 5. I.e Mariage de Llson. par A.moise Rediek. l'aris;, PayoU. 
11)18, in-i(i de 24:< p., 4 Ir. — 6. Sa Veuw. par Jean Voliî. l'aris, l'crriii, I'.)I8. 
in-Ki, de 28:i p., 3 t'r. 50. — 7. La Mort du .soldat, par Emile-Fhasçois Jui.ia. Paris.. 
l'iTriii, I'.)18, in 16 de 2.")8 p.. 'i fr. 50. — 8. (Jasurs t'rançaL's. conscieitrcs anglutses, 
pur J. IlKNot.AKi). Paris, l'erriii, 1918, in-IG de 277 |i., ;t fr. 50. — ft. La Forêt Ira- 
<ji<iue., par .Ai.iiiiur (jaukm.\e. Paris, Plon-Nourril, 11J18. iii-16 de 374 [>., 4 fr. — 10^ 
Itluel d'Alsace, par Ja.n'b diî Cakuikuiis. Paris, Jouve, 1918, iii-16 de 355 p., 3 fr. 50. 

- - II. Le houblc lîxil d'au solitaire, par Guiki-ki'; u'Evol. l'aris, Jouve, lOIS, in-12,- 
de 270 p., 4 fr. — 12. L'liiip'rien:£ Amour, par .1. Uei.oume-Jli.ks Si.vion. Paris, 
l'errin, 1918. iii-Hi de 243 p., 3 fr. 50. — 13. Ficricndra t il '.'. par Jkan.Ms 15koi^*- 
s vN-CjAUHEiir. Paris, (Irès, l'JI7, iu-Ki de 302 p., 4 fr. — 14. La Tndesquite, p;ir 
1'. Rdouahi» ix: MtMEuv. l'arit*. Jouve. 1017, iii 10 de 317 p., 3 fr. 50. 

HoMANs nivKns. — 15. iS'tUm'gUi, par I'aci. Boi;Kr.Kr. l'aris. Ploii-Mourrit, HMS. in-ltW 
de 3'(3 p., 4 fr. 50. — 1(5. Le Lac noir, par Hem<y Iîori>i:aux. Paris, K. de Boeoaiil, 
iii-l(j de 311 p., 3 fr. 50. — 17. Fauqueboi^, par Pu:uhk ÏSo'iuomb. Paris. Plou 
Nourrit. 19IS, iii-KJ de :iO0 p.. 4 fr. 50. — 18. Entre dewr. rive.i. par PAur. .Xckeu 
Paris, Plon-Nourril, 1017. iii l() de 200 p., 3 fr. 50. - 1U. Le Hêve ri lu Vie. par 
Jkan Mour.AN. Paris, Plon-Nourrit. 1017, in-lO de 298 p., 4 fr. -- 20. in Caruclèn- 
dr Française, par Juan nii i.a IJni^TE. Paris, Plon-Nourrit, 1017, in 115 de 3i:{ p^ 
3 fr. ïti). —21 Plein Été, par Hi>irii Waiitho.'s. l'aris, Plou-.\oiirrit, 1018. iii-KW 
do 32ti p., 4 fr. - 22. L' F.chiqnier, par la couile.>se nii Chaubiu n. Paris, C.rès, 
l'.)I.S, iii-lt) de 3U0 p., 3 Ir. 50. — 23. Les Fantaisies du destin, par Ko(;aiii> Hi.osni'. 
l'arift, Jouve, 1018, iu-lii de 202 p., 3 fr. 50. — 24. Glèbe gasconne. [)ar Ktiknmc 
iiAWiiv. Paris, Joiire, 1017. in-10 de 107 p., 3 fr. 50. ~ 25. La liellf t'nfant. oif 
I' intunr à M an.t, par KuuhiiE MoMrrouT. Paris, Hayard, iiilO de 28! p., 3 fr. 50. 

— 2'i... FI C', par Jh*M Hiciiaho lii.ocu. Paris, u Nouvelle Revue fr(iu(,;ais<' », 



— 21> — 

I'.)l7, in 10 <lo 36:5 p.. 3 fr. 50. _ 27. Les Enfant.'i du (jhetto, par Ishaki, Za>«;hii.i. ; 
traduction Irançaise fie Piehuk Mille. Paris, Grès, lîJl", iii-10 de 36:3 p.. 3 fr. ")0. 
— 28. Rcni'c. par A>uitÉ Baruch. Paris,' .lonvc. lUIS, in 12 de 3ir) p., 4 fr. — 2'.(. 
1,'Hntnmi' fort, par Paul Ilc; ; traduit par Jcles Hr<j<:heh. Paris, Payol, 1917. 
in-l(i de 310 p., 3 fr. 30. 

Contes i:t nouvei-lfs sun la gukriie. — 30. Les Ixtiip.", par lJii\.i\MiN Valloton. 
Paris, Payot, 1918, in-IG de 223 p.. 4 fr. 50. — 31. C'est lu guerre ! par le lient' 
m" S.-J.-L. HE Kaiiusi Paris, Jouve, 1918, in-lC de 217 p., 3 fr. 50. — 32. Les 
Silcnees diieolonel lirumble, par André Maurois. Paris, Grasset, l!)1S. in-i6 de 2o() p., 
3 fr. ")(!. — 33. KLn Contes et lUnuc rêves, par Lonsu Kaijre-Fa vieil Paris. Fif^niére, 
1918. iuHi de 215 p.. 3 fr. 50. — 34. Trois Histoires nincédnnieniies. par Je\n il. 
Prat. Paris. Figuière, 1918, in-12 de 83 p., 2 fr. — 35. L'Indiscret de Parante, par 
le D' IIauuy Marceau. Paris. Jouve, 1918. in-12 de 109 p., 2 fr. 5U. 

Contes et nouvelles divehs. — 30. Enfantine, par Valéry Lariîai;i>. Paris, « Nouvelle 
Hevuc française », 1918, polit in 8 de 225 p , 3 fr. 50. — 37. La lionne Madeleine 
et la pauvre Marie. Quatre Histoires de pauvre amour, par Charles-Louis Philippe. 
Paris, « Nouvelle Revue française ». 1917, in-16 de 222 p.. 3 fr 50. — 38. Monstres 
'•moisis, par .André Salmon. Paris, (( Nouvelle Revue française », 1918. in-l(> de 
246 p., 3 fr. 50. 

Romans slk la gueuue. — 1. — Le mérite de Gollon Co/iiiixloo cl <le 
l'Oitbliée, par M. Camille Mayran, coiisi.sle dans la force de l'expres- 
sion, émanant d'un profond talent d'analyse. Qu'il y ait certaines 
réserves à formuler, cela n'empêche point qu'un tel livre n'évoque 
avec puissance et haut relief deux histoires douloureuses, poignantes, 
où la vie abonde : çlmte, soumission, désolation, voilà l'histoire de 
Cotton, en ce décor triste de guerre, dans la Belgique meurtrie. 
Hapalriement d'une fiancée exemplairement fidèle, qui ne retrouve 
au pays que l'oubli de celui qu'elle attendait toujours, au point (pi'ello 
se dévouera maternellement à quelque pauvre enfant (|ui l'aime, pour 
tromper lamerlume de son àme et faire quand même œuvre de 
vie : c'est l'Ouhitée. Si l'on se souvient que le pseudonyme de l'auteur 
s'apparente doublement à Taine, on appréciera la valeur d'une telle 
parenté, l'on ne manquera pas de reconnaître sous une plume, dit-on, 
féminine, les dons robustes, le talent d'aquafortiste littéraire du 
maître dont l'art est ici évoqué. 

2. — C'est déjà presque un maître que M. Jean Nesmy. La couleur 
et la limpidité rivalisent dans son style vif et imagé : l'intention 
morale y est toujours manifeste, avec une discrétion (\m n exclut 
pas la vigueur. L'Ame de la victoire c'est l'essor d'une àme ; d'abord 
modeste, imprégné d'humble vie quotidienne, il se hausse peu à peu. 
il s'élance et les sacrifices, requis par la guerre, entraînent le vol 
assuré de l'àme courageuse veis les horizons de la plus haute morale, 
dont la luniièie pure doit baigner toute vie. Hélas î comme beaucoup, 
le héros du livre succombe à la blessure de guerre, mais son âme et 
son exemple vivent à jamais. 

3. — 11 y a pourtant des survivants de la mêlée qui voudraient ne 
plus vivre, ou, du moins, qui n'espèrent plus rien delà vie. Elle leur 
avait été souriante, cependant, comme à ce Jean Verlet que Chantai 



— 30 — 

Daiinoy avait su conqnéiir. Ils sont liancés ; fiançailles de guerre^ 
trislQS et vaillaiitos. d'une joie grave dans la plénitude de l'espoir. 
Mais Jean X'erlet finit par être gravement blessé ; sa vue est compro- 
mise. Qu'espérer du bonheur attendu ? Mieux vaut désabuser la 
fiancée, toujours fidèle jusqu'à l'héioïsme, jusqu'à la fin. Où 
l'amour seul de la fiancée échouera, la collaboration dune visite au 
paysage histoiique delà « Marne » aura finalement raison de l'obscur 
désenchantement du glorieux pessimiste, et il acceptera la vie, 
l'amour, l'espoir mesuré, la réalisation d^iii noble rêve. On conçoit 
que M. Le GolTic ait goûté la valeur de ce roman. 11 témoigne, eii 
effet, d'un sentiment très fort. L'auteur s'y révèle une cérébrale. 
D'une intelligence aigui'. elle fouille les replis de ce sentiment, qu'elle 
excelle à sit'KM- en (h\s i^aysages variés et vivants : l'Ariège, Toulouse, 
Paris, la Marne, Oserail-on signaler à ce conteur expert quelques- 
longueurs dans le récit et, parfois, un art ([(^ la composition qui peut 
sembler un peu hésitant ? La lecture de ce roman confiiniera tout 
lecteur, justement conquis j)ar l'intérêt d'une belle trame, dans la 
pensée qu'a\ec j)Ius d'assouplissement dans l'art, une note quelque- 
fois liioins tendue et d'une intimité plus pure dans le sentiment, 
M""" Isabelle Sandy, iie tardera pas sans doute à nous df)nner une 
œuvre pleinement réalisatrice des rares piomesses que celle-ci con- 
tient et tient jircsque déjà. 

4. — \jn homnie auquel il n'en coûtait pas de s'adapter aux circons- 
tances, fût-ce lourdement et délibérément, c'est l' Allemand d'Ainè- 
ri(]ue, Marshall, lichement établi au Nouveau Monde, marié à une 
Française que les nécessités de l'existence exilèrent de son l)ays. La 
guerre survient. Ils ne se comprennent pas, et Marshall, à l'ordinaire 
généreux mais absolu, maïupie pleinement de délicatesse, voire do 
justice, nuiis avec tant d'assurance, à roccasion des épreuves de la 
France aux premiers temps des hoslililcs. iVllemand avant tout, il en 
arrive à Iruipier tles lettres d'un frère de sa femme, ollicier français, 
pour leur faire témoigner, dans la presse boche, de l'extième lassitude 
(le la résistance française. A ce coup, la femme veut fuir, mais Mai- 
>\\;\\\ a toujours été excellent pour elle et ce procédé n'est, aux yeux 
du mari, (|ue métier de bon Allemand. Ils ne se comprennent plus. 
Klle luirait. M;iis il veut sauver l'existence de celle qu'il jilaint ; (piant 
à ell(\ voici (pie l'entrée en guerre des Étals-Unis lui trace un devoir 
singulier auprès de cet Allemand d'Améri(pie, enfin démasqué, mais, 
à présent, malheureux et malade. En lui rendant ses bons procédés 
d'autrefois, elle aura conscience de ne j)oint s'avilir mais de s'accpiit- 
ler humblement, le cœur brisé mais fidèle, du plus poignant devoir. 
Ce livre est donc le sujet d'une très complexe analyse ; elle est traitéfr 
avec aisance et connaissance de la situation, cadre et fond. M. de Vil- 



— 31 — 

lèle n'a poiiil (''cril là une œuvre banale, et c'est beaucoup, parce Iciiips 
de littérulurc de guerre, où n'abonde pas la variété de l'inspiration. 

5. — 11 faut cependant faire exception pour une autre œuvre 
encore, et c'est /<• Mariage de Lison, — « à l'usage des comballanls et 
des jeunes filles sans dot. » Le titre est d'une grâce un peu cavalière 
et le sous-litre, d'une combinaison inattendue. M. Antoine Hedier a^ 
tout de même fait, là, quelque cbose comme une bonne action. Je 
crois qu'il ne s'en défend point et même qu'il l'espère. Mais peut- 
èlre a t-il mieux réussi qu'il ne l'espérait. Je veuv bien que son livre 
ne soit pas pour les fillettes. 11 est salubre, en tout cas. de voir, • 
d'observer, d'admirer un courageux devant la vie, dont l'entrain réllé- 
chi va finir par émouvoir les embourgeoisés dont les yeux s'ouvrent. 
Kéclamer de courir le risque de quelque gène en se mariant selon son 
cœur, son co3ur raisonnable du reste, est un peu plus élégant et beau- 
coup plus vrai (jue de courir, les veux bandés, tous les autres risques, 
sauf celui d'un peu de gène possible, parce qu'on aura songé à l'ar- 
gent avant tout. Dire cela nettement, mais avec humour, d'cm ton 
qui n'a pas l'air de se prendre au sérieux, mais qui n'ignore pas le 
sérieux de la \ie et où est sa racine, c'est le fait de M. Hedier, et de ce 
fait nous le complimentons. L'actualité veut que paysage et milieu 
soient le plus souvent militaires ; le récit n'y gagne qu'en relief. 

6. — De ce relief une femme n'a cure, .S'a Veuve, la veuve d'une 
victime de la guerre, qui a failli épouser quelque fade u embusqué. » 
Une amie l'en sauve. Dans cette œuvre de M. Jean Yole, il y a de la 
verve, un peu de charge, une alerte ironie. 

7. — F'ius prenant que tous les autres, dans la littérature de guerre, 
sera l'accent de vérité. C'est lui que nous percevons, énergiipie. mais, 
avec cela, exceptionnellement mesuré, dans la Mort du soldat, de 
M, E.-F. Julia. Voici, bien, du vécu ; on le sent, et les combattants 
qui ont lu ce livre témoignent qu'il dit vrai. C'est un éloge simple, 
qui a son poids. 

8. — Plus complexe est le cas évoqué par M. J. Hénouard dans 
Cœurs français, consciences anglaises. Un Anglais, mari d'une 
Française, éprouve d'abord un sentiment quelque peu platonique à 
l'égard de larmée française ; mais il en vient, afin de correspondre au 
souhait de sa femme, à s'engager dans l'armée anglaise pour défendre 
la cause des .Alliés. Plus de banalité que de profondeur en cet ouvrage 
aux louables intentions. 

9. — La guerre est vue de loin, dans la Foret tragique, de M. Al- 
bert Garenne, chef de bataillon d'infanterie coloniale, du moins la 
guerre d'Europe, mais c'est la guerre encore, et tragique, elle aussi, 
et pour la France, dans ces régions du Pacifique dont ce « récit authen- 
tique » nous conte les péripéties. 



— 32 — 

\0_ — Avec Btuel ft Alsace, par M'"* Jane de Carrières, nous retrou- 
vons un nom de province cher à nos cœurs et des paysages plus 
proches. C'est ici toute une correspondance échangée de 1880 à 1917, 
où s'évoque le récit des grandes émotions, variées, du problème l'ranco- 
alsacien. heureusement résolu aujourd'hui dans l'honneur de la 
victoire. 

11. — Nous revenons aux pays lointains avec le Double Exil d'an 
solitaire, par M. GuifFre d'Evol. Un officier colonial qu'une l)lessurc 
retient au centre de l'Afrique et prive du périlleux honneur du Front, 
s'en console bien singulièrement dans l'existence voluptueuse, inutile 
cl désenchantée d'un prince exotique. 

12. — C'est d'une autre manière que M. J. Delorme-.Iules Simon 
comprend l'Impérieux Amour de la patrie. Une jeune fille se 
livre à des hésitations sentimentales entre un fiancé que le devoir 
retient à l'arrière et un soupirant que le devoir maintient au Front. 
Le style est quelconque ; les intentions valent mieux. 

13. — M"" Jeanne Broussan-Gaubert pose, par son litre, la question 
importante pour chacun et pour tous : Reviendra-t-il ? C'est bien un 
rescaj^é du péril qui apparaît heureusement vers la fin du livre, mais 
ce sont d'abord des scènes d'une crudité relevant de 1 école de Médan. 
On se demande ce que l'art peut éprouver d'intérêt à se commettre 
en pareil milieu et si même c'est un art, d'exprimer des visions d'une 
atroce laideur morale, sans parler des autres ? 

14. — La Tudesquile y va plus rondement, mais M. P. Edouard de 
Ménieux ne se pique pas de solennité. Sa plume cavalière /chevauche 
en divers sens ; c'est sa manière à lui de ridiculiser la manie funeste 
qui poussait trop, avant la guerre, à prendre au sérieux le prestige 
allemand. 

UoMANs DivKRs. — lo. — La liautc jouissaiice intcllcctuelle <j u'ou 
éprouve toujours à lire un nouveau roman de M. Paul Bourgel se 
trouve, en un sens, infirmée dès que vous incombe le redoutable 
office d'expliquer la portée de l'œuvre à un public justement difficile, 
[..'hésitation du commentateur s'avère plus embarrassante (juand il 
s'agit de Nétncsis. C'est, en effet, un roman ([ui ne ressemble pas à 
ceux auxquels nous accoutumait la manière du maître psychologue, 
<lont l'art s'incline de préférence vers les drames intérieurs. ÎVon 
point ((u'il dédaigne l(> cadre, dans la ciselure duquel il excelle, mais 
il préfère le labli'au. Or, ici, le cadre atteint d'immenses proportions 
et le tableau, lui-même, accuse un relief et un coloris d'une viva- 
cité inaccoutumée sous son pinceau. Tout l'art déployé en cette 
• iMJvre, art de profondeur et art d'effet, n'ôtc pas de l'esprit la «pies- 
tion un [)eu libre si elle était sérieuse : est-ce luie gageure ? Je me 
hàl<' (le iir(\|)li(|uer. Ouc le maître des études les plus fouillées 



- 33 - 

fiur lame et sur le cœur de l'homme el de la femme ait voulu 
écrire une histoire dont les traits, les détails, la mise eu scène, les 
caricatures autant que les portraits font songer à Dumas père, 
relèvent, pour les procédés sinon pour le style et l'art qui sauvent 
tout, du grand roman-feuilleton, voilà qui déconcerte. Et, pourtant, 
on n a pas le loisir d'être sans (in déconcerté, parce que l'action est si, 
prenante et les peintures si poussées qu'on reconnaît encore et tou- 
jours le maître, consciencieux et puissant, là où on craignait qu'il se 
fut mué. pour sa distraction et la nôtie. eu fantaisiste, jouant avec 
son art. Mais ne diiait-on pas vraiment, tout de même, que M. Bour- 
get a voulu montrer (pi'il lui était aisé d'aijoider un genre qui n'était 
pas le sien, sans renoncer à être lui-même et que la souplesse de son 
talent })eut dominer n'importe quel sujet, du moment qu'il en em- 
brasse les perspectives complexes dans le champ de sa vision aiguë ? 
— Autre gageure, si Ion ose encore s'exprimer ainsi : l'érudition 
abonde en ces pages ; elle y abonde presque démesurément ; mais 
elle y est traitée par un spécialiste et, comme l'artiste n'abdiqua ja- 
mais, il se trouve que le lecteur n'éprouve aucune lassitude ni aucune 
gêne à la rencontrer dans une liction. \ ce propos, la haute probité 
de M. Bourget n'a pas manqué de rendre à M. Pératé l'hommage du 
à son concours, et cette précision est intéressante à retenir sous la 
j)lume du romancier dont la célébrité n'a jamais pu obscurcir la plus 
noble loyauté professionnelle. On est heureux aussi de lire la dédi- 
cace du volume, offerte à M. Louis Bertrand, et l'on veut comprendre 
toute l'actuelle portée d'un geste, aussi énergique et aussi délicat. 
Après cela, faut-il raconter l'aventure? De tels romans sont supposés 
lus ou à lire. Relevons néanmoins la beauté du rôle complexe de l'of- 
ficier français, autour duquel évoluent les fantasmagories de l'art 
italien, de l'aristocratie européenne, et du nihilisme moscovite. La 
î;cène, vers la fin, où il recule, animé d'un sentiment de fierté et mû 
par le réveil de sa plus haute conscience chrétienne, devant la femme 
vis-à-vis de laquelle so!i attitude a été si différente autrefois, est une 
scène qui n'atteint pas seulement au sublime de l'art mais à la splen- 
<leur de la pensée qui gouverne l'acte humain frémissant de vie. Une 
troisième difficulté, abordée par M. Bourget en cette œuvre singu- 
lière, fut celle de travailler au service laborieux de la plus haute 
morale sans se priver des ressources inattendues et périlleuses de la 
peinture la plus accentuée. Que l'art y ait toujours gagné, c'est pos- 
sible, mais parfois peut être un peu discutable ; que cette morale 
elle-même, qu'il s'agissait de servie, ne l'ait pas été par des moyens 
dont l'harmonie avec le but est quelquefois loin d'être manifeste, 
c'est ce qui, trop souvent, dans cette œuvie fort différente des autres 
à ce point de vue là aussi, ressort trop clairement de certains passa- 
Janvier 1919. T. CXLV. 3. 



— 34 — 

ges et de certaines descriptions. On juge bien que nous ne prétendons 
nidlcment reslroindro, par l'expression de celte réserve, la lijjerlé 
nécessaire du grand lomancier, d'ailleurs supérieurement conscien- 
cieux. Mais, si libre que soit le champ de son action évocatrico, ne 
se doit-elle pas de reconnaître qu'elle peut avoir, au moins pour limi- 
te, et en fin de compte, ce que nous appellerons d'un. mot cjui ne 
sera incompris de personne et surtout, le croyons-nous, du maître 
lui-même, sa fonction éducatrice ? C'est parce qu'à l'ordinaire et 
parfois ici même, M. Bourget s'est appliqué à résoudre le difficile 
problème d'être un moraliste et un romancier et aussi parfaitement 
l'un que l'autre, qu'en terminant ces quelques lignes d'hommage 
à son nouveau roman, nous avons eu l'audace de nous permettre, 
en l'admirant, d'y signalcr'quelques hésitations dans l'action mora- 
lisatrice, dont nous ne méconnaissons pas, au reste, les diiricullés et 
les mérites, la valeur surtout et la portée. 

16. — C'est un autre maître du loman que nous letrouvotis avec 
M. Henry Bordeaux que ses importantes fonctions militaires n'ont 
pu empêcher de rester et de continuer à être, par de nouvelles œuvres, 
le grand écrivain, goûlé de l'élite française, orientée par son goût 
aussi charmant qu'élevé, vers les sommets de l'art bienfaisant à 
l'àme, à la race, au pays. Il ne s'agit, cette fois, que d'une réédition 
(( définitive » du Lac noir, ce petit chef-d'œuvre,' et on regielle le 
qualificatif dès qu'on l'a écrit, ce petit chef-d'œuvre d'esprit et de 
narration entraînante, qui prouve à quel point l'on peut, avec un art 
vrai, intéresser le public à autre chose qu'aux banales aventures, 
constituant le fond de la plupart des romans. 

17. — La banalité n'est point le fait du roman de M. Pierre No- 
Ihomb : Faiiquebois. Ce nom de lieu est.glorieusement douloureux et 
.sacré, depuis la guerre II n'est auparavant que la rustique appella- 
tion d'une charmante résidence de la paisible et prospère Belgique. 
Là se déroule élégamment une histoire bien contée où les replis du 
cœur trouvent leur i n te rprè te. FatK/Ufèo /s est une œu\re qu'on lit 
avec charme, im charme souriant, un peu grave et distingué. Son au- 
teur est poète, on le sent vite ; homme du monde, et du meilleur, ou 
réprouve jusqu'au bout.' Peut-être un jieu plus de force <lans le senli- 

• ment et dans sa noblesse eut-il élevé davantage encore re\])iession 
morale dont ce livre témoigne et accru la douce influence (pii émane 
de lui. 

\t*>. — (l'est une (euvre où il y a aussi des notations cuiieuses et dé- 
licales. dont nous sommes redevables au talent, hélas! posthume, de 
Paul ,\cker." Glorieuse victime- de la Grande Guerre,' il nous a laissé 
iin ronlan qui s'achève en esquisse. Sa mort nous a ravi si tôt celui 
qui aurait pu être un maître de demain. Entre deux rives, pénible 



— :}5 — 

lîisloiro. et pourlniit si allôgremenl narrée, d'une siliialion rlcllcalo, 
émouvarile et laiissse, illiislranl. fùl-ce avec des tableaux un pou sca- 
breux, la nécessilc de l'ordre et de la soumission consentie à sa loi. 
Un savant, qui méritait mieux, voit sa femme sombrer dans la folie 
-et n'en p.» mourir. Il a le tort de s'éprendre d'une autre femme, d'en 
faire comme la sienne. Un enfani leur naît. Il n'en avait pas eu do 
l'autre. Mais celte autre guérit (>t la remplaçante se sacrifie, laissant 
à son f)én' l'enfant qu'elle lui a donné... On voit combien émou- 
vante ot la trame de ce récit, la morale qui s'en dégage, mais sans 
que les d/lails du livre soient toujours d'une moralité exemplaire, il 
s'en finit de beaucoup. 

lu. - Ainsi vont le Hère et la Vie : joli titre du roman peu banal 
de M. Jean Morgan. Une jeune provinciale, n'écoutant que son cœur, 
s'éprend d'un peintre médiocre et, en somme, d'un caractère peu 
«levé. Elfe est malheureuse, à fond, et reste digne. 11 le faut d'autant 
plus quelle a résisté autrefois à son entourage, fort terre à terre, pour 
épouser le peintre aimé dont elle a fini par devenir veuve. Heureuse- 
ment un second mariage sera pour elle une bienfaisante revanche ; 
«lie y trouvera fortune et bonheur. Est-ce à dire que l'idéal est le pot 
au feu .5 Si le livre voulait, raôjne indirectement, prouver cela, il 
prouverait trop. Bien choisir, oui, mais cingler au large. Et la dignité 
dans répreuve vaudrait mieux, enfin, que le tout repos dans la pla- 
titude. 

20. — Cet engourdissement ne conviendrait pas du tout à iin'Ca- 
racU'i'c de Française. Dans le roman que M. Jean de la Brète intitule 
ainsi nous retrouvons l'esprit, le sourire, la séduisante élévation qu'un 
public, toujours plus nombreux, goûte aux ouvrages du célèbre au- 
teur. M"' de Kerdivo, nature aussi noble que généreuse, met tout en 
oeuvre pour retrouver un frère disparu dans des circonstances roma- 
nesques. Elle y parvient à travers les plus variés épisodes, mais la 
trame fort mouvementée du récit ne lui ôte rien de sou aisance toute 
française et de son intérêt entraînant. 

21. — 11 faut changer d'allure avec Plein Eté, par M"" Edith Whar- 
ton, autant vaudrait dire de climat. Ce volume compact, et qui nous 
déconcerte un peu en nous transportant en plein milieu américain, 
narre l'aventure d'une pauvre jeune femme à laquelle ne réussit point 
l'indépendance qu'elle a cru devoir prendre vis-à-vis d'un Lon protec- 
teur et tuteur vers lequel elle est tout heureuse de revenir et chez qui 
elle trouve enfin le refuge et l'apaisement. 

--■ — C'est, au contraire, l'Amérique en France; ou du moins 
quelques amateurs américains du Paris où l'on s'amuse, que nous 
rencontrons dans l'Échiquier de M"" la comtesse de Chambrun. Dia- 
logues de cafés-concert et autres lieux moins relevés. Voilà ce que 



— 36 — 

nous trouvons sous une plume délibérément boulevardière. Il serait 
au moins fâcheux que nos amis d'Amérique ne trouvassent pas autro 
chose en France, en fait de modèle et d'exemple, que ceux dont la sil- 
houette se profile ici. 

23. — 'Falote est la silhouette du singulier désemparé que nous pré- 
sente M. Edgard Blosde dans les Fantaisies du destin. D'ennuyeuses 
expériences finissent par enrichir celle de son personnage et lui donner 
même de l'esprit, sans lui départir jusqu'au bout en partage la jus- 
tesse d'appréciation. 

24. — On voudrait ne pas manquer de cette justesse pour apprécier 
exactement Glèbe gasconne de M. Etienne Garry. Il a dû lire, l'admi- 
rable Pouvillon et s'en souvenir, mais l'imitation est difficile et le 
risque de glisser dans quelque vulgarité n'est peut-être pas chimé- 
rique en la description familière et un peu crue du paysgaronnais. 

25. — En fait de crudité, M. Eugène Montfort se met à l'aise,, 
et n'y mettrait guère un lecteur sérieux, avec la Belle Enfant, our 
L'Amour à UO ans. 

26. — Une aisance du même genre règne aussi bien dans le ro- 
man :... Et C'^, de M. Jean-Richard Bloch. Mais, ici, la matière du^ 
récit est plus ample ; elle est même compacte ; l'affabulation est 
abondante et le style travaillé. 

27. — Non moins copieux est le volume de M. Israël Zangwill : 
_Les Enfants du ghetto. 11 nous initie, à sa manière, aux mœur.s par- 
ticulières et compliquées d'un judaïsme teinté de germanisme. La 
traduction de M. Pierre Mille paraît fort bonne et ne doit pas nuire à 
l'intérêt du récit. 

28. — Du féminisme, du sentiment, de l'amour libre et tout ce qui 
se peut broder autour, c'est ce que nous apercevons en de multiples- 
pages, peu éclairées par la typographie, dans Renée, de M. André 
Baruch. 

29. — Terminons par le titre plus imposant de l' Homme fort, dcr 
M. Paul 11g. Gela doit se passer en Suisse, où un officier pro-allemand 
se déclasse, sans succès comme sans bonheur. La manière forte pour 
aboutir et s'imposer ne réussit pas longtemps. 

Co>i'rt:s ET NOLVELLES suu LA GUEKKE. — 30. — M. Bonjauiiu Vallot- 
ton a un style énergique et il en est maître. Du réalisme, mais, eit 
somme, du bon. Un épisode émouvant de l'occupation allemande, un 
aïitre, émouvant par lui-même, où elle n'est pas étrangère, un troi- 
sième relatant le congrès des animaux sauvages (on comprend l'allé- 
gorie), tels sont peut-être les fragments les plus impressionnants de^ 
ce recueil assez tragique et qui a nom : Les Loups. 

31. — M. le lieutenant marquis de Farusi nous conle: C'est la 
guerre, et ce lui est une occasion de peindre sans apprêts, autant 



.< 



— 37 — 

<lire sans façon, de multiples aspects de la vie niililaiic dont tous ne 
«ont pas d'un goût achevé. 

32. — Nuance de milieu avec les Silences du colonel Brarnhle, de 
M. André Maurois ; on passe chez les Britanniques. Ce colonel fleg- 
matique écoute, non sans humour et avec indulgence, raisonner ou 

-déraisonner autour de lui, officiers anglais et gens des villag<fs 
traversés. 

33. — 11 nous arrive de ne pas quitter les pays éprouvés en feuille- 
tant les Six Contes et deux rêves, de M""' Louise Faure-Favier. On y 
trouve même un épisode qui a de la noblesse, mais le recueil est 
malheureusement hospitalier à des libertés sans mesure dans les 
moins honnêtes descriptions 

34. — Ce genre de liberté ne serait peut-être pas pour effrayer tout 
à fait l'auteur de Trois Histoires macédoniennes, M. Jean-H. Pral. 
Mais il faut, en plus et surtout, reconnaître chez lui de la vigueur et 
le sens du récit. On ne lit pas sans intérêt plusieurs de ces pages 
<^vocatrices d'une région lointaine où notre guerre s'est aussi déroulée. 

35. — C'est sur une jolie plage française que l'Indiscret de Paramé, 
dont M. le D' Harry Marceau tient la plume, observe les manigances, 
h l'ordinaire peu édifiantes, des oisifs et surtout des oisives, parasites 
du paysage recherché. On y parle de la guerre. On y va. On en 
revient, l.e flirt ou le mariage provoquent des commentaires plutôt 
iestes ou désabusés, avec des grains de parfait bon sens, quelquefois, 
-à travers tout. Et puis cela est écrit. M^is pour quoi dire ? 

Contes et nouvelles divers. — 36. — M. Valéry Larbaud, en des 
Enfantines assez observées, — mais de quel point de vue ! — nous 
fait, à sa façon, la psychologie de petits milieux montés en graine, qui 
auraient plutôt besoin de quelques bons conseils. 

37. — Quant à M. Charles- Louis Philippe, — avec la Bonne Madeleine 
et la pauvre Marie. Quatre Histoires de pauvre amour, — 11 nous fait 
assister sans gêne aux moins élégants déshabillés et il promène son 
lecteur dans le monde que l'on devine, avec une complaisance qui 
révèle l'oubli du plus élémentaire sens moral. 

38. — Autant et plus faut-il écrire au sujet des Monstres choisis de 
M. André Salomon. Le titre est suffisamment expressif. Le texte 
ne manque pas de tenir, et bien au-delà, s'il se peut, la promesse 
du titre. 

Les éditions de ces trois derniers volumes sont fort soignées et pré- 
sentées avec recherche. Malheureusement ces trois livres sont carac- 
térisés, non seulement par l'absence du souci moral, mais par l'ob- 
session du souci contraire. On le regrette d'autant plus, à l'heure des 
reconstructions françaises. Louis ïhébon de Montaugé. 



— 38 — 

THÉOLOGIE 

Le Sons du chi-isliaiiisme d'après l'exégèse allemande, par le- 

I'. M.-.I. LAfjRANGE. Paris. Lecofl'rc, Gabalda, IWIS, in-12 de xx-337 p. — 
l'rix : 4 fr. 

Les dix leçons (|ui composent ce volume ont été données à l'Inslitut 
calholique de Paris à la fin de 1917 et au commencement de 1918. 
Elles ont pour objet, non pas l'essence du christianisme, c'est-à-dire 
nnc sorte de résidu de doctrines à garder, mais le sens du christia- 
nisme, c'est-à-dire l'origine, les conceptions primitives de la leligion 
chrétienne et l'idée qu'en ont eue ses premiers adhérents, le tout 
d'après l'exégèse allemande non catholique depuis Luther. La pre- 
mière expose les bonnes conditions dans lescjuelles l'Eglise catliolique 
d'aujourd'hui se trouve pour bien comprendre le sens du christia- 
nisme primitif. Assistée du Saint-Esprit pour cela, elle estdans l'état 
d'esprit qui convient, puisqu'elle est profondément imbue du surna- 
turel dans lequel tout le Nouveau Testament est conçu ; sa méthode 
sappuie sur la tradition qu'elle conserve et continue et sur l'ensemble 
des éléments doctrinaux du Nouveau Testament tout entier ; elle pra- 
tique l'exégèse du bon sens et de la clarté, qui est aussi l'exégèse du 
sens commun ; enfin elle représente une sagesse collective et accu- 
mulée au cours des siècles. Les huit leçons suivantes exposent le 
pseudo-mysticisme de Luther, qui est le véritable point de départ de 
toute l'exégèse allemande; l'accusation d'imposture que les déistes 
allemands, dépassant leurs précurseurs anglais et français, ont portée, 
contre les évangélislcs avec Rcimarus et Lessing ; les explications 
naturalistes des miracles par le rationalisme éclairé, r/4a//i7a/'M/ïf7 du 
xviir siècle, dont le principal représentant, au siècle suivant, fut 
l'aulus ; l'interprétation mythique de Strauss ; la critique des origines 
chrétiennes par l'école de Tubingue, dont Baur fut le chef : le com- 
promis des libéraux luthériens, qui chercha à concilier l'ancienne 
orthodoxie pi^otestante avec le radicalisme de Strauss et de BauT, et 
«jui, tout en écartant le surnaturel, retraçait l'image historicpie de 
Jésus selon l'Evangile île saint Marc ; la découverte par Jean Weiss. 
eti 1892. du messianisme eschatologique, d'après lequel Jésus, con- 
centrant en sa personne les espérances de ses contemporains, se serait 
fnéscnté comme le juge des bons et des méchants et comme le fon- 
dateur, à brève échéance, du règne glorieux de Dieu ; l'école du syn- 
crétisme judéo-païen, qui expEupie la fondation du christianisme 
par une fusion déléments chrétiens avec des éléments païens, em- 
pruntés aux religions à mystères. Toutes ces phases diverses et suc- 
<-,cssives de l'exégèse allemande étaient connues du public français ; 
elles avaient été exposées par M. Fillion dans ses Étapes du raliona- 
hsme, à laide de l'ouvrage d'Albert Schweitzer : De Luther à licirnarus. 



Ji>. 



— 31» _ 

Le P. Lagitriige. sans connaître le livre du siilpicien, a rc[Jris, en sui- 
vant le même guide, la maiclie de i'c.xégèse allemande. Il a nionlrô 
en plus quelles consliiiclions religieuses les lliéologiens allemands 
ont tenté d'élever sur. les ruines du surnaturel; il a aussi joint à 
l'impression de répulsion (inc provoipie leur dévergoridage, des rai- 
sons positives (|ui réfulcnt Ifs systèmes élaborés par ces novateurs. 
C'est le cas surtout pour la critique des origines chrétiennes, le mes- 
siaiiisnie csclialologiqdc et \v syncrétisme, (jui garilent encoie (pielque- 
attrait. On trouvera dans ces trois leçons des pages très fortes, qui- 
sont une réfutation solide des principales erreurs allemandes. La 
dixième leçon contient, après l'exposé du no:;veau mythisme, qui nie 
l'existence même de .lésus et qui a soulevé l'opposition de tous le» 
exégètes allemands, les conclusions de l'enquête; Elles sont que les- 
théologiens de l'Allemagne n'ont abouti à aucune explication satisfai- 
sante des origines du christianisme et qu'ils se sont réfutés l'un 
l'autre ; que leurs explications sont toutes partielles, bornées, super- 
ficielles, systéniafiques. Chaque école cependant a mis en lumière 
quel(}ues points de doctrine, que les catholiques admettent en les 
perfectionnant et en les conciliant tous. La lecture de ces conférences 
ne peut que détourner les Français et les Anglais de tout engouement 
irréfléchi pour les constructions systématiques de l'exégèse allemande. 

E. Mange.not. 



Le Mystère «le rKçjlîse, par le l\. P. Ht mise ht Cléuissac. Paris, dès,, 
1018. iii-U! dç« xxu-3t)S p., avec portrait. — Prix : .3 fr. 50. 

La Préface placée eu tête de ce volume par M. Jacques Maritaiu 
nous dit combien sainte et féconde fut la carrière religieuse du 
U. P. Humbert Clérissac. Elle nous dit surtout, et dans un langage 
émouvant de piété filiale, combien ardent était le loyalisme de l'élo- 
quent Frère Prêcheur envers la sainte Église romaine et avec quelle 
profondeur il scrutait le Mystère de l'Église. Ce (( mystère » était pré^ 
cisément l'objet d'un ouvrage que la mort a interrompu et dans 
le(piel le II. P. Clérissac voulait nous communiquer le fruit de se-v 
longues méditations sur la grandeur surnaturelle et les bienfaits 
divins de l'imujortelle Épouse de Jésus-Christ. M. Maritain a eu rai- 
son de croire que l'ouvrage inachevé méritait, tel quel, de voir le jour, 
car le développement était déjà poussé assez loin pour que l'on y 
trouvât en plein relief les idées maîtresses de l'auteur, qui fourniront 
matière à des réflexions vraiment fécondes. 

Le texte des deux derniers chapitres n'a pourtant que la valeur 
d'une esquisse ou d'un premier brouillon. Il réclamerait d'amples^ 
•compléments et parfois une meilleure mise au poinL D'autre part. 
Mi Maritain a voulu compléter l'ouvrage du E. P. Clérissac par le 



— 40 — 

lexlo inléginl ilii projet de conslitulioi) De Ecclcsia (iiravaicnt rlahoié 
les IhcoJoijiens du concile du Vatican : soit une vingtaine de pagf«» 
on latin avec traduction française. Le document est de grande valeur, 
mais ne nous paraît pas avoir ufi rapport assez direct avec la personne 
du R. P. Clérissac ni avec l'objet spécial du volume : Le « Myslcre » 
de l'Église. 

En revanche, que d'aperçus pleins de richesse et de beauté dans 
chacun des premiers chapitres du volume! Peu de docteurs catho- 
liques auront parlé d'une manière plus pénétrante, plus surnalurelle, 
et, en même temps, plus rigoureusement théologique, que le pieux 
auteur des pages avant pour titre : L'Église dans la })ensée de Dieu, le 
Christ dans l'Église et l'Église dans le Christ, la persannaliié de l'Église, 
la vie hiératique de l'Eglise: 

C'est là une lecture profondément édifianle, el où l'édificalion jail- 
lit des sources les plus anlhentiques et les plus pures de la doctrine. 

\ VES. L)K I.A BrIÈIU;:. 



SCIENCES ET ARTS 

L.ti Merveilleux spirîte, par Lur.icK Houue. Paris. Ht-aiichesne. 1917, 
in-16 de vui-398 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Aux heures d'angoisse et de deuil, beaucoup d'âmes ne sont que 
trop accessibles à des crédulités ou à des curiosités, malsaines autant 
qu'illusoires, à propos du monde invisible. 

D'où la recrudescencf^ du spiritisme, de loccullisme, de la magie^ 
de la théosophie, bref de toutes les croyances ou pratiques supersti- 
tieuses et troublantes qui flattent notre besoin]maladif du mystérieux 
et du merveilleux. 

L'existence indéniable de cette contagion donne une véritable 
acliialité, tlisons mieux, ime précieuse utilité,, à un volume de docu- 
mentation sérieuse, de critique perspicace, tel que celui dont nous 
sommes aujourd'hui redevables à un philosophe de renom, le 
H. V. I.,ucien Roure, depuis de longues années rédacteur à la revue 
les Ulules. Son volume, intitulé : Ia' Merveilleux spirile, est le fruit 
d'une patiente enquête, conduite avec le souci constant de discerner 
4mparlialenu;nt le vrai du faux. Là où fleuri! généralement le racon- 
tar, voici des faits. Là où régnent luescpie toujours les généralisations 
somfuaires. les enthousiasmes intempérants, voici une discussion 
réfléchie dont aucun esprit équitable ne saurait récuser la valeur. 

Allan kardec, Agénor de (iasparin. William Crookes, le photo- 
graphe Hugucl. Kus;q)i;i Paladiuo. Haraduc, Mlle Coue.sdon. LécMj 
Denis et autres initiateurs ou opérateurs spirites sont l'objet d'études 
curieuses el attachantes. De même, les philosophes qui ont tenté une 



— 41 — 

svslt'inalisalion scieiitiU(}ii«; (\rs |tlit''iiiiiiii'-nos du spiritisme : Max- 
•\v('ll, lioitac, Grasset. Le I'. Home discute chacune des maiiifeslaliotis 
^piiiles (|ui ont retenu ralteiiliou du public, puis dc'-crit la relijijjifru 
vl la morale du spiritisme. Après quoi, il expose et inolive avec force 
la réprobation de l'ÉjLîlise catholique à l'éjrard des cioyances spirite^. 
^•ontraircs au dogme chrétien, et des pratiques spiiiles. où Ton peut 
<;iaiiiilre parfois quelque influence diabolique et où Ion doit toujours 
îsignaler un grave péiil pour la morale et le sens commun. 

(Jrave péril aussi [)our le sens historique : car l'immense majorité 
xles « faits merveilleux » agrées comme tels par les croyants du spi- 
ritisme reposent sur la plus complaisante des crédulités supersti- 
tieuses. Le P. Roure n'a pas tort de citer l'anecdote de Fontenellc à 
})iopos d'une dent d'or qui serait poussée (en 159.3) à un jeune enfant 
*le Silésie et qui donna lieu à de savantes controverses entre docteurs 
des Universités germaniques. La dent d'or passa pour avoir été 
envoyée de Dieu afin de consoler les chrétiens afïligés pai- les Turcs 
v(.<tc). « Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages sinon 
<iu'il fût vrai que la dent était d'or. Quand un orfèvre l'eût examinée, 
il se trouva que c'était une feuille d'or appliquée à la dent avec beau- 
<.-oup d'adresse. Mais on commença par faire des livres, et puis on 
•«consulta l'orfèvre... » Lauleur du Merveilleux spirite paraît être ce 
judicieux orfèvre. C'est avec profit que chacuii le consultera. 

YVKS DE LA BhIBUE. 



Cîours de yéométi'ie analvtique à l'usage de la classe, de saathé- 
matiques spéciales et des candidats aux écoles du gouverne- 
ment, par Georges Milhalid et Éuolard Pouget. T. l. Géoinélrie à deux 
dimensions. Paris. Alcan, 1914, gr. in-S de ui-478 p., avec 13i fife'. et 
■238 exercices et problèmes proposés. — Prix : 12 fr. 

c( Les programmes par lesquels l'enseignement des mathématiques 
spéciales a été rendu plus moderne, ont déjà duré assez longteni[)s 
pour que l'adaptation de l'enseignement aux modifications qu'ils ont 
-apportées puisse être réalisée dans les meilleures conditions. » 

Cette remarque de M. Borel nous explique la floraison naissante^ 
««l'une foule d'ouvrages sur les mathématiques spéciales. Le but pour- 
suivi par tous les auteurs est double : fournir une base sérieuse aux 
lectures et aux études ultérieures, et surtout mettre en lumière les 
4^léments nécessaires à la résolution des problèmes. 

Le problème, en effet, joue un rrjle capital dans l'enseignement des 
sciences exactes. Par lui, l'intelligence s'assouplit, car il faut appli- 
4]uer les théories générales à des cas particuliers : l'esprit de synthèse^ 
se iléveloppe, puisqu'on doit, pour traiter une même question, coor- 
donner des notions très éparses dans le cours. Et cependant, lorigi- 



— 42 — 

nalitc des tempcramenfcs^e conservé; car, en géométrie surtout, nom- 
breuses sont les méthodes qui peuvent conduire au résultat. 

Le cours de MM. Milhaud et Pouget répond parfaileinent à ce^ 
double objet. Des exercices nombreux etvariés terminent les cha- 
pitres dont voici la distribution générale : Systèmes de coordonnées. 

— Ligne droite, éléments imaginaires et à^l'infini. — Ra[)porl aniiar- 
monique, homograpliie et iuvolution. — Cercle. — - Construction de 
courbes (4 chapitres), les auteurs s'étendent avec complaisance sur 
les points de rebroussemeiit, les' droites et les courbes asymptotes. 

— Courbes délinies par des conditions géométri(iues, enveloppes. — 
Propriétés intrinsèques des courbes planes, arc et courbure. — Étude 
des courbes du second degré (^G chapitres dont le dernier a trait à 
l'houjographie et l'involufion sur une conique). 

L'exposition est précise et concise. Les élèves ne seront pas noyés 
dans le détail ; ils trouveront, mises en relief, les notions fondamen- 
tales et certaiives esquisses. pi<pianl la curiosité des meilleurs d'entre 
eux, leur feront pressentir d'importantes généralisations, liiutilo 
d'ajouter que les auteurs ont eu tous les scrupules du professeur de 
mathématiques, pour qui la rigueur absolue est un dogme intangible. 
Conformément au programme, ils ont signalé loyalement les théo- 
rèmes qu'ils supposent établis et dont la démonstration, parfois 
subtile, rebuterait de jeunes esprits, préoccupés avant tout d'action 
ra[)i(ie et de marche en avant. 

Soigneusement et clairement édité, cet ouvrage rendra de grands- 
services aux. élèves et sera consulté avec ffuit par les professeurs. 
. , - -: . , . . . •;, . , - . . . G. Bertra^id. 



Conférences de eliiinie minérale fnîles à la Sorboiiiie. Métaux, 

par Maiickl r.uiciiAKD. l*aris, (jaiiUiier-Villius. 1910, gr. in-8 de ix-i21 p. 
— Prix : iï> fr. 

Il y a peu d'ouvrages français sur les métaux destinés aux étudiants 
de l'Université ; M-'Guicliard a pris l'initiative de combler cette la- 
cune en publiant sos conférences de chimie à la Sorbonne. L'auteur 
expo.so tout d'abord les généralilés indispensables sur les sels, les 
oxydes, les hydrates, l'élcctroiyse des solutions île. sels, l'hypothèse 
des ions... etc. ; il aborde ensuite la monographie des principaux ■ 
métaux. Laissant de côté les détails qui font déjà partie du pro- 
gramme de l'enseignement secondaire, il insiste uniquement sur les 
combinaisons caiactéristiques de chacjue élément ou qui ont servi à 
a[)puyer quokpie loi de la chimie. Dans l'histoire il'im élément, M. • 
(juichnrd s'atUK'he à recherclior une liaison entre tous les corps qui 
contiennent un inf'îme métal e.t à mettre en évidence les réactions- 
<le Iranslurmatiou. L'ordre adopté est le suivaat : les métaux. 



— 4-3 — 

alcalins, alcaliiio-tcrreiiv, magnésiens et ceux du groupe du for 
foiineiit utic suite iniporl.uite où l'on voit se modifier piogiessive- 
iiient les caractères ; vienneut ensuite les métaux plus dilïiciles à 
classer : le groupe du cuivre, le plomb, les métaux du platine, l'or ; 
enfin les mélaux métalloïdes tels (pie le bismuth, le vanadium, l'étain 
dont l'étude ne se trouve pas toujours développée dans les ouvrages 
sur les métalloïdes. La classification de MendeleelT, de l'avis de M. 
Guichard, ne peut être suivie dans l'enseignement, son pi incipe étant 
trop incertain. II. Coi.in. 

I.a (*éolo(|ie bîoloijique, par Stanislas MELNir.n. Paris, Alcan. 1914, 
in-8 de vii-328 p.. avec :20 grav. — Prix : 5 fr. oU. 

Dans ce remarquable ouvrage, le professeur du Muséum, s'ap- 
puyant exclusivement sur les méthodes géologiques, examine le 
caractère de l'activité biologique, qui est en général un procédé de 
synthèse fort différent des procédés de la chimie inorganique. L'être 
vivant agit et par sa substance et par l'énergie dont il est le foyer. 
De telles actions multipliées donnent aux produits de la chimie bio- 
logique un volume prodigieux et modifient considérablement les 
roches les plus communes de l'écorce terrestre : calcaire, silice, alu- 
mine, fer, manganèse, soufre, carbonne, phosphore, azote, etc. 
Actuellement, ces modifications se produisent dans trois milieux : 
l'atmosphère, l'hydrosphère et la zoosphère et M. Meunier les recon- 
naît dans les temps passés. De même, après avoir analysé la fonction 
biologique dans l'époque actuelle, il reconstitue cette fonction au 
cours des temps sédimentaires antérieurs. Après avoir insisté sur la 
continuité du phénomène biologique depuis son apparition, il se 
demande comment les flores et les faunes se sont succédé et finale- 
ment comment la vie est apparue. D'après l'auteur, qui compare la 
vie à la cristallisation « subitement, les entités dynamiques, homo- 
logues de la force cristallogénique. mais relative aux agencements 
physiologiques, sont sorties de leur inertie et elles ont produit des 
êtres vivants comme les centres d'activité cristalline ont produit les 
minéraux. » (p. 311). En somme la vie a déterminé la production de 
masses rocheuses sans analogues antérieurs ; elle s'est développée au 
milieu de conditions généralement constantes, sans changements 
successifs de l'ambiance, conformément à une harmonie souveraine 
qui domine toute l'histoire de l'Univers physique et qui est bien faite 
« poiu- nous rassurer sur la finalité des choses et des êtres. » Ces 
conclusions sont en grande partie nouvelles et l'auteur avertit qu'elles 
sont plus ou moins opposées aux vues généralement admises par les 
naturalistes ; elles n'en sont que plus intéressantes pour cela, car 
elles détermineront un examen plus serré et une interprétation plus 



_ 44 — 

précise (les fjiils (\(' I;i géologie biologique et par suite un nouveau 
])rogrés vers la connaissance de la vérité. 

Il est regrettable (pie de nombreuses fautes d'impression déparent 
cetcuvrage; en voici(]uel(pies-unes:corboniquepourcarbonique,p.5 ; 
accariens pour acariens, p. 53 ; mycliorhizes, pour mycorhizes ; notre 
pour nature, p. 70 ; préposition à manque, p. 85 ; gaslornis pour gas- 
trornis. p. 95 ; tliales pour thalles, p. 90; cupule pour cupules, p. 147 ; 
d'abrès pour d'après, p. 149 ; atuels pour actuels, p. 157 ; sembable 
pour semblable, p. 158 ; accu-Dulation pour accu-mulation, p. 106 ; 
épaisses pour épais, p. 167 ; Schlnba:achia pour Schloenbachia, p. 
168 ; et pour est, p. 181 ; licllovocensis pour Bellovacensis, p. 183 ; 
intimes pour intime, p. 187 ; tortorien pour lortonien, p, 203 ; em- 
brogénie pour embryogénie, p. 210 ; dinanlion pour dinantien, 
p. 221 ; races pour traces, p. 220 ; 'lœnipoleris pour Teniopteris, 
p. 230 ; Stigmiara pour Sligmaira. p. 239 ; déterminant pour déter- 
mine, p. 204 ; Ignanodo pour Iguanodon, p. 274 ; es pour est, 
p. 281 ; chyastolitho pour cliiastolile, Dalamanites pour Dalmanites, 
p. 292 ; 1980 pour 1906. p. 300. J.-B. Martin. 



I^es Kaux-fortes de Kcmbrandt. I,' Ensemble de l'icnvre. La Technique 
des « Ce.nl Jlorins >>. Les Caivres (ji-arés, par Andué-Charles Goi'I'IER. 
Taris, Berger-Levrault, 1917, in-4 de vnt-138 p., avec 127 grav. — Prix : 
40 fr. 

Lorsque l'cTeuvie d'un artiste est jugée par un homme du métier, 
on peut être assuré d'avoir grand profil à en lire la critique ; si l'ar- 
tiste est Rembrandt, et si le graveur (jui l'étudié se trouve être, par 
surcroît, un érudil et un écrixain, il \ a toutes les chances du monde 
pour (pie le travail soit non senleuient profitable mais durable, et 
sur certains points définitif. Tel est le cas du beau livre de M. André- 
Charles Coppier sur Les Eaux-fuiies de RembraïuU. Bien des volumes 
ont été publiés sur Rembrandt ; toutes ses œuvres connues, peintes 
ou gravées, ont fait l'objet de nombreuses reproductions ; et cepen- 
dant que de mystères encore dans l'histoire du plus surprenant des 
maîtres ! Que de catalogues contradictoires, où, par ordre alphabé- 
tique, les 373 pièces que lui attribue Charles Blan^ sont jetées pélc- 
méle, sans le moindre souci de l'ordre chronologique, à moins 
qu'elles ne soient classées, comme on faisait jadis, par séries de 
sujets ! Au milieu des œuvres les plus sûres des faux se sont glissés, 
introduits [tar la comf)laisance des marchands et des amateurs ; et 
comment les expulser, sinon par une étude minutieuse de la tech- 
iTnpie du iii,iîlre aux diverses périodes de sa vie ? Dcyà le graveur 
anglais Seyiuuui-lladen s'y était essayé, mais avec un zèle si impru- 
tlenl (ju'il léduisait presciue des quatre cin(piièmes le total générale- 



— 4r, — 

ment admis, et cela sur des considérations fort arbitraires de senti- 
ment tout personnel. M. Coppier, tout au contraire, a inauguré tme 
uiélliode que nous {)ourrions appeler d'expérimentation scienli(i(pje ; 
car il procède, non seulement par un examen de la tecliriiqiie, du 
maniement de l'outil, où son œil infiniment sensible lui découvre les 
liabitndes prises et le retour des mêmes procédés, mais encore par 
une analyse des matériaux eux-mêmes dont Uembrandl s'est servi ; il 
a eu l'heureuse fortune de tenir en mains une partie des cuivres origi- 
naux, qui, après les plus singulières aventures, ont survécu jusqu'à 
nos jours. .Avec ces cuivres il a fait des essais de tirages aussi |)artaits 
(jiio ceux d'autrefois, et il nous donne de précieux agrandissements 
(jui sont pour l'étude du génie de Rembrandt des documents vraiment 
révélateurs. Son analyse, ainsi conduite, de la célèbre pièce « aux 
Cent llorins » est un chef-d'œuvre de méthode, et servira désormais 
de hase aux éludes à venir. La superbe présentation du livre, où les 
eaux-fortes les plus fameuses sont fidèlement reproduites dans leurs 
dimensions d'origine, fait le plus grand honneur à la maison Berger- 
Levrault ; et je ne saurais trop louer le goût et la passion sincère qui 
soutiennent et réchauffent d'un bout à l'autre ce minutieux travail 
d'investigation. M. Coppier fait mieux que de connaître tout l'œuvre 
de Komhrandt ; son amour le vivifie et le ressuscite à nos yeux. 

André Pér.\té. 

LITTÉRATURE 

Pierre Corneille, par \uguste Dorchain. Paris, Garnier, 1918, in-16 de 
i,-;i!»4 p. — I^rix : 3 fr. 50. 

On a certes beaucoup écrit sur Corneille. La matière pourtant 
n'était pas épuisée, car M. Auguste Dorchaiu y a trouvé le sujet d'un 
très bon livre. Douze chapitres le composent, intitulés : I. L'Enfance 
et la Jeunesse, — Les Premiers Vers. — II. Premier Amour et pre- 
mière pièce. — (( Mélite ». — III. Le Théâtre en 162Î). — « Cli- 
laiiiire ». — « La Veuve ■-. — « La Galerie du Palais ». — IV. u La 
Suivante ». — « La Place Royale ». — Une Collaboration avec Riche- 
lieu. - V. (( Médée ». — « Llllusioii comique ». — Le Triomphe du 
« Cid. » — VI. La Querelle du « Cid ». — « Horace. » — VU. « Cinna ». 
— Le Mariage de Corneille. — « Polyeucte «. — VllI. « Pompée ». 
' — « Le Menteur ». — « La Suite du Mentenr ». — IX. Corneille et 
le nouveau règne. — De a Rodogune » à c Iléraclius ». — X. Cor- 
iieille et la Fronde. — D* « Andromède » h « Perthsarite ». — Années 
de retraite, — Le Poète de « L'Imitation ». — XL Vie intime. — 
Molière à Rouen. — Retour au théâtre. — « Œdipe ». — <( La Toi- 
son d'or ». — « Sertorius ». — XII. Corneille à Paris. — La Rivalité 
avec Racine. — Une Collaboration avec Molière. — Dernières Année* 



cl deniicies œuvres. — Conclusion. — L'un des caractères et des 
mciitcs particuliers de l'ouvrage est l'abondance des détails histo- 
riques, biograpiiiques et topograpliiqucs que l'on y trouve. Les cir- 
constances et les milieux où a vécu Corneille et où son œuvre s'est 
produite y sont étudiés de près et présentés avec une exactitude tou- 
jours instructive, souvent pittoresque. L'auteur a perçu, quelquefois 
pcut-éiro imaginé des rapprochements neufs et ingénieux. L'étude 
morale et littéraire de l'œuvre du grand tragique n'a pas d'ailleurs 
été sacrifiée à l'allure narrative et anecdotiquc du livre. Elle a été, au 
-contraire, autant (jiie possible, poussée à fond. Le style se ressent du 
voisinage de Corneille, mais aussi, moins heureusement, d'habitudes 
romantiques. L'ouvrage mérite de durer. M. S. 

Frédéric Mistral, poète, moraliste, citoyen, par Pieure Lassekhe. 
Paris. Payot, IDl.S, in-16 de 286 p. — Prix : 4 Ir. ;JU. 

Frédéric Mistral est un grand poète. 11 serait, croyons-nous, diffi- 
cile de mieux comprendre la nature et le caractère de son talent et de 
ses idées dirigeantes que ne l'a fait M. l'ierre Lasserre. Il a étudié de 
façon précise et avec une vue pénétrante ses œuvres d'une part et de 
l'autre ses doctrines, mais en mêlant et en fondant l'une dans l'autre 
ces deux études en douze chapitres, savoir : 1. Mistral, poète de lu 
patrie. — IL La Vocation du poète. — III. Les Influences : I Le 
Mouvement des nationalités. — IV'. Les Influences MI. Le Jacobi- 
nisme centralisateur. — V. Fondation du félibrige. — VI. Mireille. — 
VIL Calendal ; I. L'Idée générale. — ^'1II. Calendal : IL Les Épisodes. 
— IX. Nerte. — X. Le Poème du Rhône. — XL L'Œuvre lyrique. — 
Xll. Vue d'ensemble. Dans l'examen des œuvres M. Lasserre a déve- 
loppé de justes et perspicaces considérations d'esthétique et de goût, 
de style et de versification. Telles sont, par exemple, ses réflexions 
^ur la littérature prétendue primitive (p.- 22) et sur le fens du par- 
fait dans les lettres (p. 26o et suiv ) ; telles ses observations sur les 
mètres et les rythmes employés par Mistral. Ses analyses sont senties, 
vivantes, passionnées, qiieUpicfois' un peu obscures ; ses cilalions 
bien choisies. Sa traduction rythmique de la Chanson deSiiffrcn (p. \)i} 
est particulièrement remarquable. Dans l'examen des iloctrines du 
poète, M. Lasserre a introduit l'exposé des siennes propres, très inté- 
ressantes. Il a touché aux points suivants, indiqués, encadrés sur la 
couverture même do son livre et la page du litre : La Nationalité, les 
Provinces, la Décentralisation, ridéelatine, la Civilisation catholicpie, 
rilunanisme moderne. C'est donc un ouvrage de politique et de 
[)liilosophie en mèiuo leujps- que de littérature. L'histoire aussi y 
• lient \\\\Q place. Nous signalerons à cet égard la distinction exacte et 
■^ fine établie cnlrc la cenlralisation monaichiquc des derniers temps de 



— 47 — 

l'aiiciciine France et la centralisation actuelle, issue rie la Révolution 
<^t(io l'Enipire (p. 59 et suivj. Nous citerons encore les observations 
judicieuses et perspicaces sur la guerre des Albigeois (p. liO et suiv.). 
Nous relèverons à ce propos un léger la/)S(is. Ce n'est pas le clief do 
<3etle terrible croisade, Simon de Montfort, mais bien son lils. de même 
nom. qui fut comte de Leicesler (p. 147). Une autre erreur est d'attri- 
buer à notre Bretagne l'origine du cycle des romansde la Table ronde 
(p. 41). C'est de Grande-Bretagne qu'il vient. M. Lasserre est i^ vi- 
goureux penseur et son style est digne de sa pensée,, dru, ^|ré, 
un p('u tendu, avec un éclat pour aitisi dire métallique. L'élé^ffice 
ne lui est pourtant pas toujours étrangère et nous avons cru remar- 
(luer comme un heureux écho de Racine dans son chapitre sur A'cr/g. 
Quoi qu'il en soit c'est un écrivain qui laisse dans l'esprit du lecteur 
une forte trace. La gloire de Mistral se trouvera bien de son livre. 

Mahius Sepet. 



Payes choisies de Rubén Daiuo. Choix et préface de Ventuka Garcia. 
CAr.DKuÔN. Traductions de Marils Anuré, G. Jean Albky, Alfred de 
BenuoeghIîa, Jean Cas.soii, Max Daireaux, Georges Hérei.u;. M""" 13. M. 
MouENO, Georges Pu-lemext, (jabriel Soulages et André Wurmser. 
Paris. Alcan, 1918, iu-8 de xl-149 p.,,aveç poitiait. — Prix : 3 fr. 50. 

Né à Chocoyos en Nicaragua le 8 janvier 18G7, mort le 6 fé- 
vrier li)iO, Félix Rubén Garcia Sarmiento, qui s'est illustré comme 
écrivain sous le nom de Rubén Dario, emprunté à l'un de ses aïeux, 
est une des gloires de la littérature espagnole contemporaine. Il a 
exercé sur toute la jeune école de l'Amérique du sud et même de 
l'Espagne une influence considérable. Lui-même s'est formé en partie 
à l'école d'un de nos compatriotes, Paul Groussac, qui a joué dans 
l'Argentine un rôle littéraire assez important : « Il m'apprit à penser 
en français », a-t-il dit lui-même. Et, en effet, Dario a toujours eu 
pour la France et pour sa littérature un véritable culte ; si l'Espagne 
est demeurée pour lui « la mère patrie », il a salué dans la France 
« la Patrie universelle. » Et quelques jours avant le déchaînement de 
la guerre actuelle, il écrivait en français pour le 5'' anniversaire du 
Comité France-Amérique, le 25 juin 1914. cette belle Ode à- la 'France, 
qu'il faut remercier M. Garcia Calderon d'avoir insérée dans le choix 
qu'il nous offre des œuvres du grand poète : les pages que l'on trou- 
vera ici, dans des traductions , dues « à qiïelques écrivains d'élite, 
choisis parmi ceux qui connaissent le mieux. les littératures d'Espagne 
et d'Amérique », écrites les unes en prose, les autres en vers, donne 
ront une idée du" beau et souple talent de l'illustre écrivain dont la 
mort prématurée est due, en partie au moins, à l'horreur de laguerre. 
Peut-être eussions-nous- préféré ^'au' lieu de nous présenter de 



— 48 — 

<|iiflques morceaux deux traductions dilTérenles. l'une en prose et 
l'autre eu vers, on augmentai le nombre des pièces traduites, que 
Ton nous donnât par exemple dans son intégrité l'Hymne a l' Argen- 
tine. Mais, tel qu'il a été fait, le choix nous semble excellent; il y a 
là des pages vraiment belles et éloquentes, dignes de figurer dans la. 
« Bibliollièque France-Amérique » et de se fixer dans la mémoiie de 
tout homme de goût. 

Il est fâcheux seulement que trop de fautes déparent ce petit 
vohAe. si propre à faire comprendre cl goûter la littérature sud- 
américaif.c. E.-G. Ledos. 



Mon Journal lîll». Paris, Ilaclietle. gr. in-S do 832 p., illustré de 
nombreuses gravures on- noir et ou coulem-.s. Abonnement annuel : 
Franco, 1(J fr. ; Union postale, i2 fr. Prix du volume reliure toile,. 
Il-, rouges : 1 i tV. 

<|ui *.* I*otirqiioi '.* (Comment '.* L'Encyclopédie de la jeunesse, 
ToMio [V l'jiiis, Larousse, s. d. (1918), gr. in-8 carré paginé 129 — 
200 + 21G1 — 2880 -f iv, avec 700 grav., 9 hors loxie en couleur et ut» 
Supplômont illustré : Les IiiKu/es de la guerre. — Aboiuienient à 9 n" 
couslituant un tome : Fianoo, 10 fr. ; Étranger, 12. Prix du volume 
reliure toile, tèfe dorée : 12 fr. 

Histoire d'un casse-noisette, par Af.exandiie Dcmas. Paris. Hachette, 
19IS. in-ltl de xi-227 p.. illustré do 1231 vigneltcs pnr Bortall {LiibUolhcqae 
rose illustrée). — Prix : Broché, 3 fr. ; cartonné, tr. dorées, 4 fr. 50. 

— L'année de dure épreuve 1918, qui devait être celle de la vic- 
toire, a. comme les précédentes, trouvé Mon Journal sur la brèche. 
Avec quelle allure militaire et patriotique ! Avant même d'ouvrir 
le volume, on en a l'impression en regardant le premier plaides cou- 
vertures où l'on voit trois adolescents anglais, américain et français 
— ce dernier au bout de la légendaire pipe du « Poilu » — se serrer 
cordialement la main. 11 convient donc, en premier lieu, de men- 
tionner des récits de guerre ; non pas tous — ils sont trop — mais 
<eux qui ont le plus i)arliculièrement retenu notre attention. Voici 
lEcadé : M. Marc Saunier a écrit sous ce titre une nouvelle que nul 
ne pourra lire les veux secs. Le même écrivain nous donne aussi : 
Ix Mar(]uis de la Boarse plate : noie gaie. M. Norbert Seveslrc, à son 
tour, laconte comment l'un des six Petits l'Jiasxears d'œiij's ronges. 
qu'il nous j)réseute, fait arrêter urt Hoche, cpii fut naguère le bour- 
r<'au (\v son père caj)lif eu Allemagne. Citons eu courant : Fcrnand 
de liohden, par M. Auguste Hailly ; Deux Cœurs d'or, par .M. Marc 
'Saunier ; L'Auberge des « Trois Obus >» et la Maison mystérieuse, par 
le même ; Le Moulin, par M'"" Andrée Dalny, etc. Dans un genre plus 
.sérieux, enregistrons : (Uiez tes aveugles de la guerre (article signé 
M. G.) et le Canon gui tire sur l'aris, par M. Maxime Vuillaun)e, — 



— 49 — 

rarini les sujets qui ne se rapportent pas à la Grande Guerre, nons 
-iwons remarqué : Le Voltigeur hollandais, inléressanle légende mari- 
time. ])ar M. Maurice Couallier ; Extraordinaire Vocation, où M. René 
Miguel, avec beaucoup d'entrain, montre par quelle circonstance l'il- 
lustre peintre Murillo s'aperçut, un beau matin, qu'il avait un élève 
inconnu, bientôt découvert, auquel il prédit lo succès et la gloire. 
On trouve aussi ilans Mon Journal, sans compter ce que nous passons 
15OUS silence, trois romans d'assez longue lialeine : La Coupe des 
Minimes, par M. Norbert Sevestre : Mallie Briggs et liosc Crillon, i)ar 
M. M. du Genesloux et enfin les Sous-Mari/tsJ'a/ilônies, par M. Georges- 
<î. Tondouze, récit qui plaira à tous les âges, car, par ses aventures 
•extraordinaires, il reflète la manière de Jules Verne. 

— Pour la j)remière fois, nous avons à parler du gracieux pério- 
-dique mensuel que pul)lie la liljrairie Larousse sous le titre : Qui ? 
Pounfuoi ? Comment ? L'Encyclopédie de la jeunesse. Le tome 1\ de 
la collection, dont la matière a paru en 1918, est un énorme volume 
de près de 800 pages, illustré à profusion et habillé d'un cartonnage 
î;imple, mais solide. Ce qui frappe tout de suite, c'est la grande 
variété des sujets, catalogués à la table en douze sections dont la 
seule indication évoque des idées et excite la curiosité, savoir : i. La 
Terre et son histoire ; 2. Le Livre de la nature ; 3. Tons les pays ; 4. 
Les Grands Voyages ; 0. Histoires, contes et récits ; 6. Oui? Pourquoi? 
Comment ? 7. Choses qu'il faut connaître ; 8. Hommes et femmes 
célèbres ; 9. Pages à lire et à retenir : 10. La Vie et la Santé ; 1 1. Jeux, 
travaux et occupations ; \2. La Guerre libératrice. Ajoutez à cet en- 
semble un Supplément illustré : Les Images de la guerre dont les 
72 jiages sont placées en tète du volume. Ces « images >>, au nombre 
de 150 environ, représentent des scènes maritimes, terrestres ou 
aériennes : c'est un kaléidoscope des plus intéressants. Impossible de 
citer, même en choisissant, tout ce qui mériterait de l'être. Notons 
cependant, dans la .o^ section, un conte amusant : Alice au pays des 
merveilles et dans la 8'^ : Sainte Geneviève et les Huns. Enfants et 
parents prendront plaisir à ces lectures où la science en ses diverses 
manifestations, la littérature et l'histoire sont largement représentées, 
sans prétention, d'une manière aimable. 

— Qui aurait supposé qu'.\Iexandre Dumas, conteur si français 
dallure, aurait marché, certain jour, sur les traces — j'allais dire les 
j)lale-bandes — d'Hoffmann '? Son Histoire d'un casse-tioisette, que 
nous donne la « Bibliothèque rose », est renversante. Sachez d'abord 
que ce casse-noisette, à figure grotesque, n'est autre que le neveu 
d'un vieux savant de Nuremberg, rapetissé et figé en quelque sorte 
{)ar ensorcellement. D'apparence, il est en bois. Le savant offre l'ob- 
jet à l'une de ses petites nièces qui se sent prise aussitôt d'une 

Janvieiv19I9. T. CXLV. 4. 



— 30 — 

extraordinaire sympalhic pour la monstrueuse figure. Dans ce conte- 
fantastique l'on voit s'agiter — il faut voir comment ! — un roi, une- 
reine, des princes, des princesses, de malfaisantes souris, des enfants, 
leurs parents, et j'en passe ! liref, d'aventure en aventure, de protlige 
en prodige, le casse-noisette finit par reprendre sa forme humaine et 
par épouser sa charmante cousine qui l'a toujours soigné et protégé 
quand il était en bois. Illustration abondante et amusante. 

E.-A. Chapcis. 



Les Contes de fées de la guerre. La Petite Reine \oble de Bei- 

<|iqiie, par M"'' A. Galandy. Paris, Delagrave, liJlS. album petit in-4 de 

'.\2 p.. iliuslialions de A. Raynolt. — Piix. cartonné : 2 fr. 25. 
La Première Chasse de l'oum, toxte et dessins de Mad Hijumet. Paris, 

Haclietle. s. d. (1018). albiun in-4 de 25 p. — Prix, cartonné : 2 fr. 
Les Campajjaes de M. Trouvé-Tout sur terre, par H. Lanos. Paris, 

Hachette, s", d. (1918), album in-4 de 12 p. — Prix, cartonné : 2 fr. 
Les Campayiies de M. Trouvé-Tout sur mer, par le même. Paris, 

Ilaciiette, s. d. (liJhS), al-I)uin in-4 de 12 p. — Prix, cartonné : 2 fr. 
Les Oiseaux chantent, par R. de la INézikkf,. Paris, Hachette, s. d. 

(IIMS), album in-4 de 12 p. — Prix, cartoiuié : 2 fr. 
Nos Animaux, par le même. r\Tris. Haclielte, s. d. (1918). album in-4 

de '12 p. — Prix, cartoiuié : 2 fr. 

— Dans sa dernière livraison, le Polyhiblton (novembre-dé- 
cembre 1918, t. CXLllI, p. 3(11) a présenté à ses lecteurs les deux 
albums de M"" A. Galandy. ilbislré par A. Uaynolt : La Petite Serbie 
q\ la Princesse llalia. En voici un troisième : La Pclile Reine Noble de 
HcUjiqite. C'est, cela se devine (lisément, l'histoire, à l'usage de l'en- 
fance, de l'odieuse agression allemande dont la Belgi(pic a tant souf- 
fert pendant plus de quatre années. Là, nous retrouvons, agissant 
comme les personnages de contes de fées, l'Ogre Boche, le Hull-dog 
anglais le Coq gaulois, plus le Génie de l'Honneur (le roi Albert) et 
la Fée de la Bonté (la reine Elisabeth) et si l'on n'assiste pas encore 
à la punition de l'Ogre Boche et au triomphe de ses adversaires, on 
pressent ce triomphe et cette juste punition. Cet album de la librai- 
rie Delagrave est le digne pendant des deux précédents. 

— La Première (lliasse de Poum est le seul des cinq albums de la 
librairie Ihichette (pii soit accouipagné d'un texte formant récit. Mad 
llerniet nous apprend là comment le jeune Poum et son chat Mimi 
nouent des relations hostiles d'abord, puis très cordiales, avec la 
girah? Arabella. l'éléphant Boby. l'ours Joë et la tortue Milady, pen- 
sionnaires d'un circpie en libre promenade, et ce (pii s'ensuivit. 

— Les Campagnes de }L Trouve-Toul xa/'/c/vc débutent bien : grâce 
à sf)n dirigeable, notre inventeur captuie deux généraux allemands. 
Mais certain soir, il est assailli par une allreusc hèle : c'était le pre- 



— 51 — 

?uier tank ! — Sur mer, M. Tiouve-Toul (;.4 le Jjéioà d'aveuluresi^pp 
pareilles. Entre autres exploits, d'un jet de son liquide glace-mer, il 
transforme presque aussitôt un sous-marin en bloc de glace. Si vous 
voulez en savoir davantage, voyez ces deux albums dûs à la haute 
fantaisie de M. H. Lanos. 

— Avec M. il. de la Nézière, les enfants, en ouvrant raibum inti- 
tule : Les Oiseaux chanlenl, s'amuseront beaucoup en regardant les 
douze grandes scènes de « chant » où figurent autant d'espèces d'oi- 
seaux, depuis le perroquet jusqu'au dindon, en passant par la pie. le 
rossignol, le coq et plusieurs autres. — Du même M. de la >«ézière, 
voici l'album qu'il consacre à Ao.s Animaux, rangés par ordre alpiia- 
bétique, en commençant par l'Aigle et finissant par la Zibeline. Cet 
album servira utilement aux mamans qui, de façon agréable pourles 
tout petits, voudront initier ceux-ci aux premiers mystères de la lec- 
ture. 

Les images en couleurs des cinq albums de la librairie Ilacliclte 
sont très attrayantes. E.-A. C. 



HISTOIRE 



Dans l'Orient byzantin, par Ciiarlks Dieih,. Paris, de Boccard, l'.JIT, 
in-lG de vn-3.31 p. — Prix : 3 fr. 30. 

Gomme dans tout ce qu'il écrit, .M. Diehl a su joindre l'agrément 
d'une forme piquante à la solide érudition du fond. Toutes ces 
matières byzantines lui sont si familières qu'il semble s'y jouer, et 
son art consiste précisément en ceci que. disposant d'une masse de 
matériaux dont un esprit moins avisé et moins soucieux de plaire 
j)Ourrait sans peine nous accabler, il sait, tout en instruisant, ne 
nous en donner que la fleur. Recueil d'articles et de conférences, quel- 
ques-unes de ces pages prennent un caractère d'actualité sur lequel 
n'avait pas compté leur auteur. A part une étude sur la si curieuse 
église de Sainte-Marie- Antique, retrouvée il y a quelque vingt ans au 
pied du Palatin, et un rapide et lumineux essai sur Rome, reliquaire 
d'histoire, c'est à travers les monuments, l'histoire, et les honjnies 
de l'Orient byzantin que nous promène l'auteur : sanctuaires chré- 
tiens d'Egypte, aimables souvenirs de la belle excursion que fut Le 
deuxième congrès archéologique ; Bethléem et le sanctuaire de la 
Nativité, à propos du beau livre des P. dominicains Vincent et Abel ; 
Salonique, sortie soudain de sa |)énombre, nom qu'indépendammet» L 
des grands intérêts qui y sont en jeu, la présence de tant d'êtres chers 
retient sans cesse dans la pensée d'un grand nombre d'entre nous, 
Salonique dont, hélas ! l'auteur de ces pages aura l'un des derniers 
parmi les savants, contemplé les nobles basiliques et les splenoides 



•;o 



mosaïques ; Conslanlinople, devenue hostile, et Saiiilo-Sf>pliie. et les 
souvenirs byzantins dabord, puis la métropole islaMiicpio avec soa 
pittoresque somptueux, depuis longtenjps atténué, presrpie effacé ; 
Chypre, où nous ramène le beau drame lyrique de. J. d'Vnnunzio, 
la Pisanelle. De belles pages d'histoire : l'œuvre de Byzance dans 
l'Italie méridionale ; l'empire latin de Conslanlinople : l'érudition 
soutenue par une fine critique d'art: iillnsLraUon du Psautier dans 
l'art byzantin. Enfin, car les hommes retiennent le subtil écrivain 
aon moins que les faits et les monuments, deux portraits : l'un du 
^;age et praticjue seigneur Caucomenos, l'autre de la pitoyable et 
douloureuse princesse de Trébizonde, l'héroïne aux destinées roma- 
nesques. Pyschologie, paysages enlevés avec un art exquis, discus- 
sions serrées, larges tableaux d'histoire, on trouvera tout cela dans 
cet aimable et savant volume, qui, comme chacun de ses prédéces- 
seurs, fera vivement désirer le suivant. André BAUimiLi,.4UT. 



Les Collections canoniques romaines de Tépoqne «le <ilré- 
goire VII, par Paul Foukmkr. Paris, C. Klincksieck, l'JttS, in-i, de 131 p. 
— Prix : 5 fr. 50. 

Cet important mémoire éclaire un des aspects les plus intéressants 
de la réforme grégorienne. Celle-ci prétendait, à tort ou à raison, 
restaurer la discipline des premiers siècles. Elle sentait le besoin de 
s'appuyer sur des textes. Les collections antérieures ne pouvaient 
sullire. Elles étaient encombrées de textes douteux, oiseux, en con- 
tradiction avec des principes essentiels, empruntés à des sources 
anglo-saxonnes, franques, germaniques, qui avaient toujours éveillé 
les défiances de Home. 11 fallait revenir à la tradition purement 
romaine, et remettre en honneur les titres de ce Siège apostolique, 
seul capable de faire la réforme. A ime époque où l'art de manier 
les idées générales était dans l'enfance, on aimait procéder par des 
recueils de textes choisis, groupés, au besoin interpolés, de manière 
à faire masse et à servir d'instruments de propagande. C'est ainsi que 
Grégoire VII a été l'inspirateur d'un véritable mouvement d'érudi- 
dilion et de recherche de documents. L'œu\re (pi'il avait vainement 
, demandée à saint Pierre Damien, d'autres l'accomplirent, de son 
temps, et notamment les auteurs des (piatre recueils (pi'étudie 
M. Kournier : la collection des 74 titres, Xcdapitulare du lardinal Altnn. 
les collections d'.Vnselme de Lucques et de Deusdedit. M. Fournicr 
rend plus (pic vraisemblable que ces compilateurs ont utilisé une ou 
[)lusi(urs sources communes, des collections antérieures, classées 
par ordre chionologique. intei'médiaiies entre leurs lecueils méllio- 
(li<p)i's et les oi igiiiaux. Il énicl.cn Ici iiiiiiaiil . une 11 ypolhrscî très 
séduis.iiil»' : ec seraient les d chasseurs de textes» de (irégoiie \ll 



<jui amaioiit remis an jour, ikhi soulomcr)! \'.\ul/tciilit/i(('. ro (\m est 
■c.crlHin, mais los Pandecles. « Lu reiiaissiuiti; du droit rouiaiii... se 
lallaclie par ce lien étroit à la transformation du droit canonique qui 
i'nl la cons('(]ucnce de la réforme de Grégoire VII. » 

K. JOKDAN. 



I^cçoiiH (l*hi»4toire franciscaine, par le i{. ['. l'iH\\.\> ij'Ai.i::nço>. Coris, 
Librairie Salnt-Krançois, 11)18, it)-16 de vi-31)6 p. — Prix : 4 fr. 

Ce n'est pas rigoureusement l'ordre chronologique que suit l'auteur 
dans ce résumé de sept siècles d'histoire franciscaine. Après avoir 
«squissé la pliysionomie du Poverello — les deux âmes les plus francis- 
caines, depuis le maître, lui paraissant sainte Claire et sainte Colette, 
il étudie successivenient, la spiritualité des disciples de saint Kran- 
<^is. leur philosophie et leur théologie, leur prédication, la lutte 
<prih ont menée, contre le protestantisme et contre le jansénisme, 
leurs missions, leur rôle aux armées, le rayonnement franciscain sur 
l'art. 11 fallait èlre^aussi érudit que le l\. V. Lhald pour traiter un 
aussi vaste programme sans demeurer ilans les vagues généralités, 
ou bien sans se perdre dans les détails et s'exposer à de nombreuses 
inexactitudes. Je n'en ai relevé qu'une seule, une sorte de faute d'im- 
pression : Jean de Bernitres. l'ami du 1*. Eudes, est qualifié (p. 60) 
iV intendant de Caen, alors qu'il y fut seulement trésorier des 
financées. (Uiaque chapitre est suivi d'une bibliographie sommaire, 
mais très judicieuse. L'auteur n'a pu faire autrement que de renvoyer 
f)lus fl'une fois à ses propres ouvrages. Et, même sans ces, renvois, 
on sentirait souvent que des matières qu'il résume il a une connais- 
sance approfondie. On sent aussi qu'il a bien vu et goûté le paysage 
assisien. Ces léchons méritent de trouver auprès des lecteurs le môme 
succès qu'elles ont obtenu auprès des nombreux auditeurs qui les 
ont écoulées à l'inslilut catholiqtie de Paris. 

Baron A?it;oT ues HoroLns. 



f*es Survivances françaises dans IWlIeaiagne napoléonienne 
depui.s IHIo, par Jui.m;^ I'iovf.ue. Paris, Aican, 1918, in-iS de vuf-iJ5 |). 
— Prix : 7 fr. 

Considérable depuis Louis \IV". l'inlluence française en Allemagne 
<Ievint prépondérante avec les victoires et les conquêtes de Napoléon . 
Elle lui survécut. « Nous avons, dit M. Julien Hovère dans l'Avant- 
Propos de son bel ouvrage, trop bénévolement adopté en France celle 
thèse prussienne, devenue plus tard allemande, selon laquelle notre 
<lominalion avait élé funeste à l'.AJlemagne et n'y avait laissé que des 
haines... Or c'est à peu piès le contraire qui est la vérité. » Cette 
■N'érilé, M. Hovère s'est attaché à la mellre en lumière par une abon- 



— u — 

tlaufp (\f faits précis, irciieillis à des sources sûres, pourj la plupart 
allemandes, et qu'il a gt-oiipés aiusi qu'il suit : Première partie. De 
/^/f) à 1S50. Chapitre I. L'EITorl des gouvernements sur la rive 
gauche du Rhin. Cet efFort avait pour objet d'y effacer la trace pro- 
fonde et chère du régime français. II. L'Hostilité des populations rhé- 
nanes (contre le régime prussien). 111. La Lutte de Napoléon. L'auteur 
éftablit par des preuves multiples l'existence vivace et prolongée 
d'un (( bonapartisme allemand. » — « Pendant de longues années, 
fVit-il, rKmprreur déchu resta un personnage populaire, et la France 
participa de son prestige, n — IV. Les libéraux et la France C'est 
vers la France qne, du moins en très grand nombre, les libéraux alle- 
man<is. courbés à contre-cœur sous des gouvernements .autoritaires 
et même arbitraires, toiirncrent leurs regiirds et leurs espérances, 
notamment dans la vallée du Rhin et dans les États du sud. La révo- 
lution de 18:^0 dé\c.loppa"ces dispositions francophiles, très vives à la 
veille de la révolution de 1848. A ce moment, dit M. Rovère, « c'est 
nous qui sommes l'espoir des libéraux allemands, abstraction faite 
de quelques teiitomanes irréductibles dans leur germanisme. Les popu- 
lations du sut\ sont i)rèles à se ranger sous notre alliance et à nous 
abandonner la rive gauche du Rliin fpourvu que nous les délivrions 
delà réaction austro-prussienne. La rive gauche du Rhin elle-même 
désire ardemment secouer le joug qui pèse depuis si longtemps siir 
elle, n V. La Révolution de 1848. Tableau très remarquable du contre- 
coup de celte révolution en Allemagne, dans lequel l'auteur a fait 
particulièrement ressoitir « tout ce qui manifeste l'intensité de l'in- 
fluence française dans les pays que noiis avons désignés sous le nom 
d'Allemagne napoléonienne. )> — Deuxième partie. De i6'âO à 1870. 
Chapitre VI. La Rive gauche du Rhin. L'auteur expose ici les progrès 
de l'assimilation prtissienne, dûs notamment à l'essor industriel et 
commercial, favorisé, pi'ovoqué même par le gouvernement de Ber- 
lin, et constate néanmoins la persistance de l'anliprussianisme rhé- 
Tian. V'II. Napoléon 111 et l'Allemagne française. L'Apogée. Chapitre 
trèsnenf,,. trè:? imnortant à la fois pou i; l'histoire contemporaine de 
l'AMeimagne et ])our celle du second Empire. « Napoléon III, dit 
M. Rovère, a exercé sur la plupart des Allemands une fascination 
• dont l'histoire offre peu d'exemples. Avant d'être le vaincu, il a 
presque été un maître ardemment souhaité, et, s'il est vrai que les 
fautes de sa politique aient entraîné la France dans im désastre, du 
moins esl-il exact de dire (pi'il .s'est acheminé à la catastrophe par 
une route triomphale. Nous allons montrer que lAllenuigne française, 
éblouie par la ))ersonne du second enipereur^ s'c>lTiait à lui avec 
.<*nth<Misiasme. et (pi'il occupait au-delà du Rhin une situation- morale 
.*;ans piécédcnl ditnJjj <•<.{ h jamais regrettable (pi'il n'ait pas su pro- 



— .);) — 

Titer. )) — Vni. L'Ofleiisivc pnissicniio (186i-l8(iG). Exposé de la 
politique inau^'uiée par Ijisrnarck en Allemagne, des résislauces 
qu'elle y i-encontra, de lasceudant qu'elle y conquit et des funestes 
égarements de la politique française, dirigée à contre-sens par les illu- 
sions et les chimères de Napoléon 111. — 1\. D'une guerre à l'autre 
(!8tl(.>-lH7(>). Invasion croissante de l'Allemagne par rinducnce prus- 
sienne et alfaiblissemcnt correspondant du prestige français. M. Ro- 
"vère consacre surtout ce chapitre à exposer en détail ce qui subsiste 
néanmoins de contraire à cette fâcheuse évoliation. « Nous allons, 
dit-il, exposer, contrée par contrée, quels éléments de résistance 
forment encore rempart contre la monarchie des Hohenzollern, et 
nous distinguerons, eu tenant compte à la fois de l'indépendance qui 
leur reste et du degré de francisation qui est le leur, plusieurs groupes : 
d'abord les territoires annexés en 1866 ou soumis à la politique ber- 
linoise, ensuite ceux qui sont restés totalement ou partiellement en 
dehors de la Confédération du nord, enfin nos quatre départements 
de la rive gauche du Hhin. » — Troisième partie. De iSlO à 191^. 
Chapitre X. La Guerre de 1870-1871. Triomphe, mais non pas sans 
difficultés, de la politique prussienne. Sympathies qu'eût encore trou- 
vée une victoire française. XI. Le Kulturkampf, Chapitre remar- 
quable, plein de détails curieux. Selon M. Rovère, la pensée de Bis- 
marck, consistant à identifier les intérêts de la France avec ceux de 
l'Église romaine, reposait sur une vue juste. D'où l'absurdité du 
Kulturkampf français. XII. L'Acceptation et les dernières survivances. 
L'Empire prussien est devenu maître de l'Allemagne et même de 
l'opinion allemande, non sans laisser quelques vestiges de l'état d'es- 
prit antérieur. Celte domination reconnue et acceptée est surtout le 
résultat du « prodigieux développement économique du pays tout 
entier. » Mais, selon M. Rovère, elle n'est pas sûre del'avenir. u Tous 
les États, dit-il pour conclure, qui composent l'Allemagne actuelle, 
pris un à un, sont solides, y compris et surtout la Vieille-Prusse, 
c'est à-dire celle qui s'étend à l'est de l'Elbe. C'est l'Empire au con- 
traire qui ne lest pas. Il est né de succès militaires ; il a subsisté en 
tant que coalition d'intérêts ; il ne doit pas smvivre à la défaite, 
pourvu que celle-ci soit totale et que nous pénétrions chez nos enne- 
mis. Alors, après l'écrasement du bloc germanique, quand nous 
aurons retrouvé aux bords du Rhin la place que nous assignent l'his- 
toire et la nature, le champ restera ouvert, à l'ouest et au sud de 
l'Allemagne, pour une grande politique française. » Quoi que l'on 
pense de cette vue, elle est la conclusion d'un ouvrage de forte et 
solide valeur. M.iRïus Sepet. 



— 56 — 

HiMtoirc de trois générations 1815-101», par Jacques Bainvili.k^ 
Paris, Nouvelle Librairie nationale, 1918, in-16 de 287 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Kn lisanl le volume j'ai noté sur les marges les passages qui me- 
semblaient à retenir par leur forme lieureuse, claiie, pénétrante ; 
et en le fermant j'avais donné plus de cent coups de crayon. C'est- 
dire mon opinion et déclarer l'agrément de l'étude. Exprimer aussi 
i'impossibililé de reproduire ces phrases parfois lapidaires. La forme- 
est originale sur laquelle le fond se développe : les titres des douze- 
chapitres présentant leur saveur inattendue dont on ne saurait non. 
plus résumer le to«ir humoristique. M. Jacques Bainville reprend 
d'une plume large et acérée toute la politique extérieure delà France 
au xix" siècle, il en souligne l'inanilé u romantique », dont les révo- 
lutions de 1830 et de 1848. les rêveries humanitaires du second 
Empire et les abaissements- pacifistes de la troisième République ont 
été les instruments inconscients, ou coupables et maladroits, vis-à-vis- 
du militarisme prussien. Le courage guerrier du vieux sang français- 
iious a sauvés de la catastrophe. En cours de route on voilcecjue valeriL 
pratiquement le principe des nationalités, la Société des nations,, 
et autres grandes formules un peu chimériques. 

Ces chimères le bon sens français de Jacques Bainville les saisit et 
les combat, les déplore et les réduit à rien. Son raccourci de la Hes- 
tauration, son tableau d'une famille de la petite bourgeoisie s'impré- 
gnant alors de « l'Évangile de Sainte-Hélène », son récit de la mort 
de Baudin sur les barricades en lSf>\, ses vues sur la guerre de Cri- 
mée (p. 130 à 141), les débuts du rôle de Bismarck (p. 152). sa poli- 
tique en Allemagne (p. 180), les désillusions des rêveries révolution- 
naires internationales après la Commune faisant suite aux désillusion.s. 
sociales après les journées de juin (p. 101), les extraordinaires motifs- 
de l'alliance franco-russe en 1897 ([>. 253), les misères du parlementa- 
risme au début du xx« siècle (p. 259), tous ces points d'histoire sont 
touchés avec une verve qui fait de ce livre une œuvre personnelle et 
particulièrement attachante. G. G. 



Les Précurseurs. Histoire de la Kévolution, de 184}J, par Gas- 
ton Boi;.Nioi,s. Paris, Delagrave, 1918, in-18 de 448 p. — Prix : i fr. 

On possède deux bonnes histoires générales de la Révolution dfr 
1848, tout "S deux en deux volumes : celle de N'ictor Pierre et celle de 
M. de la Gorce. Voici un travail d'ensenthle plus circonscrit et ((ui 
s'attache davantage aux idées qu'aux événements. Il en tire le- 
suc plus qu'il n'en conte les épisodes. Travail très bien fait, inté- 
ressant, instructif, utile à tous, dont le style sobre, correct, facile, 
clair, possède les qualités rares et essentielles d'un ouvrage de vulga- 
risation. L'auleur a bien compris la portée et l'iujporlance capitalct 



— o7 — 

(If's (jneslions sociales. Dans ses Noies il souligne des analogies ins- 
Iriiclives, il luit des rapproclicnierils avec les évciiemenls corïlempo- 
lairis et postérieins ; quelques anecdotes bien choisies, parfois iné- 
dites, et curieusement recherchées, soutiennent lés récits. Ces récits 
sont divisés en chapitres qui f^roupent les faits et dont les titres 
résument les conséquences historiques : « La Veille d'une Kévolu- 
lion. » « ha Naissance d'(m nouveau régime, o « L'Œuvre du suffrage 
universel. >• « L'Insurrection de Juin. » « La République bourgeoise. » 
« La Conslilulion du 4 novembre. » « L'Entrée en scène de Louis Bo- 
naparte » — M. Gaston Bouniols conclut que la » Révolution de Février 
a échoué » et que cependant « elle n'a pas été stérile » ; il y a plaisir 
h le suivre dans cette démonsiralion. Ou'il me permette de rectifier 
une expression inexacte : le 22 juillet 1836. .\rmand Carrel n'a pas 
été tué par « l'épée » d'Emile de Girardin, mais par une balle : le 
duel eut liou à Vincennes, au pistolet. 

Geoki-koï u\: Gi»axum.\iso.>. 



I. a Politique extérieure de IWutriehe-Honyrie ( 11575- IÎM4), 

p;u- Jf.a.n L\K4n:i!OLX. Tonio II. La Polititjiie d'asservissement. 190S-l'Jli~ 
l'ariï,. Ploii-Nonnit. 1018, iii-!S de 476 p. — Prix : lu fr. 

Le secoiul Milume de l'ouvrage de M. Larmeroux nous ofl're les 
mêmes qualités, les mêmes mérites que le premier (Cf. Polybiblion 
d'aoïit-septembre 1918, t. CXLIII, p. 139). Le titre en est un peu obs- 
cur, mais la matière en est clairr. L'auteur l'a développée en cinq cha- 
pitres, subdivisés en paragraphes, savoir : l. Annexion de la Bosnie- 
Herzégovine 1908. (l. Administration de la Bosnie-Herzégovine depuis 
1883. 2. La Révolution eu Turquie. 3. L'Annexion delà Bosnie-Herzé- 
govine. — ""Le Régime établi). Il Les Conséquences de l'annexion 
de la Bosnie-Herzégovine. (1. L'Indépendance delà Bulgarie. 2. La 
Guerre italo-turque. 3. L'Obstacle serbe ; A. Les Serbo-Croates. B. 
L'.\utriche-Hongrie et le Serbisme. 4. Le Royaume de Monténégro. 
;'). La Politique russe). III. Les Guerres balkaniqi:es 1912-1913. (1. 
L'Alliance balkanique. 2. Les Grandes Puissances et la Ligue des 
petits États. 3. La Diplomatie de l'Autriclie-Hongrie. 4. La Crise du 
Slavisme. 5. La Roumanie et les Puissances. 0. La Deuxième Guerre 
balkanique. 7. Traité de Bucarest). IV. La Diplomatie autrichienne 
et l'Albanie, (i. L'Autriche-Hongrie et l'Albanie. 2. La Révolte alba- 
naise. 3. Le Souverain-jde l'Albaniei. V. Avant l'orage, (i. Nouvelles 
ditricuUés austio-serbes. 2. La Diphjmatie autrichiennne et l'Italie. 
3. L'Entrevue de Konopischt, 12 juin 1914. 4. Le Drame de Sarajevo. 
28 juin 1914). VI. Conclusion. — 11 résulte de celte érmméralion et 
de ces titres que l'ouvrage de M. Larmeroux déborde de beaucoup le 
sujet principal et constitue en réalité une hi>toire de l'Europe orien- 



— ;i.S — 

t;iIo dans la période (|n'il embrasse. Celle liisloiic s'appuie sur une 
iiiformaliou solide, une coiiiiaissauce bien établie des bouimes et des 
choses, une pratique familière des documents diplomatiques. On y 
remarque dts portraits \ivement esquissés : le baron, puis comte 
d'.EreiiUial (p. 57 et suiv.), l'arcbiduc Franif;ois-Ferditjand (p. 61 et 
suiv., 433. 434), le roi Ferdinand de Bulgarie (p. 108 et suiv.), M. Veni- 
zelos (p. 227 et suiv.), le comte Berchtold (p. 235 ). Parmi les exposés ou 
développements d'un intérêt ou d'une valeur particulière nous avons 
noté ceux qui se rapportent aux Slaves aulrichiensfp. 72 et suiv.). aux 
origines yougo-slaves (p. 120 et suiv.), aux différends des Serbo-Croa- 
tes et des Magyars (p. 136 et suiv.), aux négociations relatives à une 
entente serbo-bulgare (p. 202 et suiv.), à la situation politique de 
la lloumanie (p. 336 et suiv.), à l'Albanie et à la question albanaise 
{p. 281 et suiv.), à la rivalité de l'Autriche et de l'Italie dans celte 
région et à leur politique respective (p. 382 et suiv., 386 et suiv.). Un 
bon résume se trouve à la fin de l'ouvrage dans le chapitre intitulé : 
Conclusion. Dans ce volume comme dans le précédent on est un peu 
surpris de quelques brusques élans poétiques, même lyriques, qui 
contrastent avec le style général du livre, lequel est plutôt celui d'un 
bon mémoire politique ou judiciaire et n'est pas exempt de quelque 
négligence, voire çà et là de quelque incorrection. Dans son ensemble 
l'ouvrage de M. Larmeroux est très méritoire. C'est une très utile 
contribution à l'histoire contemporaine. M. S. 



Huui'ille. Moles puucaul servir à l'hisloire de relie coniniiiiie, par l'abbé 
Paul Eudkline. Évreux. inip. de l'Eure ; Rouen, Leslringant, 1918, in-4 
de XV 395 p., avec 1 carte, 18 planclies et 23 fi g., dans le texte. — Prix : 
20 fr. 

L'histoire des provinces françaises serait écrite si chaque paroisse 
savait faire l'inventaire de ses vieux papiers et recueillir les traditions 
locales. Ces enquêtes ont été souvent recommandées dans nos dio- 
cèses à nos curés : ceux qui s'en sont sentis le goût et le talent ont 
bie:i mérité de l'Kglise de France. Désormais il faudia ranger M. le 
chanoine Eudeline au premier rang dans ce bataillon de bons tra- 
vailleurs. De la paroisse normande où il a exercé pendant dix ans son 
ministèTC (I89j-1'.I06) il donne une monographie vaste, abondante, 
fouillée, minutieuse ; les archives de la commune, du presbytère, du 
département lui ont fourni les renseignements qu'il a su mettre eu 
œuvre avec bcauciuip de persévérance. Uaiirilli\ bourg d'un millier 
<rhabitants, sur 150J hectares, du canton de Routot. de l'arrondisse- 
ment de Pont Audemer, dans le départenlent de l'Eure, était jadis 
paroisse du diocèse de Ui^u<mi cl a[)parlient aujourd'hui ;^ lévêché 
«l'ftvreux. L'hisloiie de ce petit coin de terre de Normandie se con- 



— 59 —■ 

■fond, pour les ^Mandos liji^iies, avec collf do rilloslrc piovinro cl, ello 
jîtôsonle un rcsiimé 1res simple de la vie champêtre de nos uienx. Kn 
irentiontanl aux origines, or> apporte aux lect<.Mirs des rensei^nonients 
^iir les noms, les (iefs, les seigneurs, les familles, les habitants de la 
localité.; sa constitution administrative, sa géographie, sa culture ; 
les professions, le caractère, le langage, le costume de ses habitants. 
J^a paroisse, avec son église de Saint-Paterne, ses coutumes, ses fêtes, 
son cirnelièi'c, ses dévotions, sa piété, ses confréries, ses prêtres, ses 
■établissements charitables tiennent naturellement la première place. 
Après viennent les écoles, les œuvres. Enfin ses « Annales » : parti- 
cularités locales, événements pendant la lié\olution et au cours du 
xix"- siècle, la généalogie des familles, des notices sur les « person- 
nages » du pays. Pour donner à cette vaste enquête sa sécurité, une 
■copieuse bibliographie : et des tables précises (noms de personnes, 
noms de lienx) pour faciliter les recherches ; et enfin 18 planches et 
'^S figures dans le texte pour lui apporter de l'agrément. Gel ensemble 
est très louable, c'est une contribution tout à fait méritoire, et digne 
<l'ètrc remarquée, à l'histoire du déparlement de l'Eure. On ne saurait 
trop proposer en exemple un semblable travail ; ce très beau volume 
par le fond l'est aussi par la forme. 11 a été « achevé d'imprimer le 
20 août 1018 » à l'imprimerie de l'Eure avec un luxe qui en double 
le mérite en ces temps de difficultés matérielles de lédilion. Par sa 
méthode (à laquelle l'on n'aurait jieut-être à reprocher qu'une trop 
grande richesse de détails), il peut servir de modèle à des érudits et 
«era particulièrement apprécié des amateurs normands. Ils lui donne- 
ront une place de choix dans leur bibliothèque. 

Geoffmov de Gh\>dmaison. 



Tàckes idéales, religieuses, éducatrices, patriotiques, par 

Mgr TissiKR. Paris, Téqui. 19JS. iii-12.de vi-383 p. — Prix : 3 fr. 30. 

D'une ardeur inlassable, l'évcque de Chàlons est lun des chefs de 
qui nous recevons le plus volontiers consignes et mots d'ordre. Son 
_zèle, toujours entraînant, ne perd pas de vue la réalité : il connaît les 
besoins de l'heure, et lire parti descirco-nstances. Les lâches à l'accom- 
plissement desquelles il 'convie cette fois les fidèles sont, les unes 
religieuses, les autres éducatrices. les dernières patriotiques. On ai- 
mera à lire les avertissements, les enseignements, les encouragements 
■qu'il prodigue avec autant de clairvoyance que de sollicitude, et on 
admirera comment sa parole, toujours empreinte de la plus sûre au- 
torité, sait s'assouplir et varier de ton selon qu'elle critique les travers 
féminins, qu'elle expose, commerjt la charité devrait être construc- 
tive et pas seulement médicinale, qu'elle rappelle. (c que l'heure du Te 



— GO — 

Dcutn pourrail bien être relardée, dnns les secrets divins, jiisqu'nprès. 
le chant du Credo dos aïeux ». qu'elle enseigne auxcnfanis à s'épa- 
nouir comme des fleurs, qu'elle entraîne les fidèles à unopricre plus 
intense, ou qu'elle exalte les héros devenus des victimes. Dans tous les- 
tas, ou aura grand profit à l'entendre et h la méditer. Çh. Lanory^ 



Par les chemins japonais. Essais sur le vieux et le jeune Japou,- 

par I'haxçois i)K Tkssan. l'firis, Plon-INourrit. 1918, in-lt) (le vni-297 p. — 
Prix : 4 fr. 50. 

Si vous n'avez plusieurs heures de loisir devant vous, n'ouvrez pas- 
<'e volume, car, l'ayant ouvert, vous ne pourrez le iernier qu'après, 
eii avoir lu la dernière ligne. Ceci dit, je pourrais poser la plume,, 
mais ce serait me priver- du plaisir d'errer de nouveau « par les che- 
mins japonais. » Je ferai donc un court résume de ce livre si capti- 
vant, résultat d'une enquête menée par l'auteur au Japon, à la veille 
de la guerre et dont la partie politique et économique a été soigneu- 
sement [mise à jour. Un chapitre sur l'intervention japonaise y ar 
également été ajouté et ainsi, le volume dontie une idée d'ensemble 
tiès complète sur la vie matérielle et morale du Japon contempo- 
rain. 

L'auteur promène le lecteur dans tout le Japon, du sud au nord et 
de lest à l'ouest, à Tokio, à Osaka, à Kyoto et jusque dans le loin- 
tain Yeso. Chemin faisant, au hasard des promenades, il s'arrête dan»- 
iine foire, devant un temple, un palais ou un pittoresque paysage^ 
prétextes à de charmantes descriptions, pleines de vie et de couleur. 
Il pénètre dans tous les milieux, toutes les sociétés, auprès de l'Km- 
penjur et des soldats, des femmes nouvelles et des femmes anciennes,. 
<liez les délicieuses geishas, comme chez les moines, les journalistes,. 
les poissonniers ou le marchand de poupées. Les sports, la politesse,, 
l'âme paysagiste, forment le sujet de curieux chapitres. Le théâtre, dont 
l'importance est considérable au Japon, n'est pas oublié : les « No ». 
cette manifestation si spéciale de l'art japonais, les « yo.«e ». sortes d» 
•conférences populaires, si goûtées des Japonais, les amusantes ma- 
rionnettes, sont passées en revue. Enfin, la religion elle-même est 
-t'-.tudiée, tout au moins dans ses manifestations bouddhifiues et shin- 
lo'ïsles, car l'auteur paraît ne pas avoir remarqué l'inlliience tléjÀ 
appréciable et bientôt très importante, que piend le catholicisme ait 
Japf)n, grâce aux missionnaires français. Il y aurait un chapitre bieu 
<;iirieux à écrire sur l'établissement du catholicisme au Japon, sa dis- 
|)aiition presque totale, sa survivance occulte et enfin sa résurtec- 
lion et son dévelopj)ement actuel. Nous regrettons que M. Fran(,-oi* 
de Tessan n'ait pas ajouté ces pagrs à ce volume par ailleurs si com- 
plot et d'un inlérôt si soutenu. J. C. T. 



— 01 _ 

l^e \ouveau .lapon, |)ar Amusk Hkm.kssoht. l'aiis, IVniii, l'JIS, in-id de 
312 p. — Prix : H f i . 'M). 

Le Chili. Je Pérou, la Roumanie, la Suède, ont vu successivemetit 
M. André Bellessort, mais le Japon a eu. pour ce globe-lrotler infali- 
gable, un attrait particulier. (^)uinze ans après son j)reinier séjour dans 
i'empirc du Soleil levant, il y est revenu ; c'était à la \ieillc de la 
guerre. D'autres préoccupalions l'absorbant, il a mis de côté les notes 
prises au cours de ce dernier séjour, et aujourd'hui seulement, après 
J)ien des hésitations. -il se décide à les livrer au public. Il serait regret- 
tables (]u'il ne l'eût pas fait. Les circonstances donnent en eflel un 
attrait d'actualité à tout ce qui nous aide à mieux connaître notre 
ollié oriental et il n'était pas inutile de fixer la ])hysiorii)rnie du peu[)ie 
japonais au moment où, pf)ur la première fois, il prenait part aux 
«■ontlits européens, cessant ainsi d'être exclusivement une puissance 
asiatique. Os notes présentent donc un intérêt tout particulier, et 
prennent une place nécessaire dans la littérature de guerre, bien 
qu'elles aient été écrites à un moment où bien peu d'esprits pré- 
voyaient le conflit actuel. L'auteur, avec logique, nous conduit tout 
il'abord parmi les héros et les dieux du Japon et nous expose l'éclosion 
et le développement de la nouvelle religion, le Bushido qui suscite 
des prodiges d'héroïsme, s'auréole de la gloire des champsde bataille 
eX s'identifie avec l'orgueil national. Les pages suivantes, peut-êlre les 
})lus curieuses du volume, promènent le lecteur à travers le théâtre 
et le roman, montrant à côté des œuvres littéraires proprement japo- 
naises, la transformation bizarre que doivent subir les écrits de nos 
auteurs pour être mis au goût du public nippon. Quelques lignes, 
que l'on trouvera trop courtes, sont consacrées aux .Vo. L'aventure 
de Lafcadio Ilearn. cet Anglais naturalisé Japonais et qui cesse d'être 
Anglais sans pouvoir être adopté par ses nouveaux concitoyens, nous 
fait pénétrer dans la société japonaise. Une étude tro[) succincte, 
mais substantielle sur la Corée, suivie de très curieuses <( pages japo- 
naises ») termine cet intéressant volume, rempli d'enseignements, 
d'aperçus nouveaux, de remarques originales. J. C. T. 



IJbrary of Coiicjress. Guide to the laAv and légal lîterature of 
.\i*<jeniina, lirazil and t:hile. by Edwin M. Borciiaiu). Wasliington, 
Govornnii'nt prinling office. 4917, gr. iii-8 de 523 p. — l'rix ; '6 fr. 

Professeur de droit à l'Université Yale, M. E. .M. Borchard a été 
pendant quelques années attaché à la section juridique de la Biblio- 
thèque du Congrès : c'est dire qu'à la connaissance du droit il joint la 
pratique de la bibliographie et qu'il réunit dans sa personne la triple 
compétence d'un bibliographe, d'ua juriste et d'un professeur. Aussi 



— 02 — 

le guide qu'il nous od're ici est-il l'un des plus clairs, des plus com- 
plels et des mieux informés que l'on puisse imaj^iner. Et ce n'est pas 
une tâche aisée qua entreprise là M. Borcliard. La littérature juridi- 
que des trois républiques est assez abondante, mais elle n'est pas 
toujours d'un accès facile : aux ressources qu'offre la Bibliothèque du 
Congrès, M. Borchard a du suppléer par des recherches personnelles 
en Argentine, au Brésil et au Chili. 

Le but que se propose la Bibliothèque du Congrès par la publica=' 
tion de la collection de guides, dont celui-ci fait partie, c'est de ser- 
vir tout à la fois les intérêts des juristes, des hommes d'affaires et 
des historiens. Nous n'avons pas ici de simples listes bibliographiques 
plus ou moins complètes, mais, avec l'indication des ouvrages - au 
moins de ceux qui offre'nt quelque importance, — publiés sur des 
matières juridiques, des notions succinctes mais précises surlacons-- 
titution et la législation des différents États. 

M. Borchard fait remarquer que les trois pays dont il s'occupe ici 
ont ces traits communs que leur droit constitutionnel a été plus ou 
moins fortement influencé par la constitution des États-Unis, tartdis. 
que pour leur législation et leurs institutions, c'est plutôt à l'Europe, 
— à la France et à l'Espagne surtout — qu'ils ont fait des emprunts, 
et que. d'autre part, tous trois ont eu la chance de rencontrer des légis- 
tes éminenls qui les ont dotés de codes remarquables : c'est ainsi 
que le code civil du Brésil, promulgué seulement eu l'JlG. est 
regardé comme une œuvre d'une haute portée scientiti(iue. 

Pour cha({ue Etat, le cadre adopté par l'auteur est le même : Biblio- 
graphie ; — Législation ; — Becueils d'arrêts des tribunaux ; — 
Travaux généraux ; — Enseignement du droit ; — Jurisprudence et 
philoso|)hie du droit ; — Histoire du droit ; — Code civil ; — Code 
commercial ; — Organisation judiciaire et procédure civile ; — Code 
criminel ; — Procétlure criminelle ; — Droit constitutionel ; Droit 
administratif ; — Droit militaire ; — Droit ecclésiastique ; — Droit 
international. 

Nous devons signaler que dans la section : Bibliographie, M. Bor- 
chard ne se borne pas à donner rindicalion des bibliographies spé- 
cialement juridiciues, mais (ju'il nous fournit des irulications pré- 
cieuses sur la bibliographie générale des trois grandes républiques 
de l'Amérifine (lu sud. 

Comme nous ilevons souhaiter et pouvons espérer que les rela- 
tions de la France avec rAméri((ue du sud prendront l'extension 
qu'elles auraient dû prendre depuis longtemps, l'ouvrage de M. Bor- 
chard est de c(;u\ (jui s'imposent à l'attention de nos concitoyens. 

E.-Vt. Leuos. 



! - 03 - 
BULLETFiN 

La FeiniiK' palriol*' tra|>ré!!i la Itiith', ()arG. Bontolx. Avignon, Aultauel 
s. d. (lOIS^, in 11» lie vui-KJri p. — Prix : 1 fr. 2.;. 

Dans ce pclit volume, M. le clianoine Bontoux préscnlo à ses lecteurs la 
;:aleiie des rctiinies patriotes de la lîible comme types on modèles du 
patriotisme. Il les raiijïe en deux catégories ; celles qui parlent, chantent et 
pleurent, celles (jui agissent, comballent et meurent. I)aus la première, 
nous voyous successivemenl. parmi les femmes qui parlent, la patiiolc 
avocate- : la veuve de Thécna qui plaide devant David la cause d'Ab^a- 
lon, la patriote parlementaire ; la lemme d'.\béla-I3eth-.\laaclia, (pii 
délivre sa ville eu livrant le traître Séba, la patriote suppliante . Estlier. 
I>c celles qui chantent, luneest lyrique : Marie, sœur de Moïse et dWaron, 
l'autre inspir.'e : la propliétesse Débora. Celles qui pleurent sont une 
pauvre émigrée : EUith, une épouse captive : Achinoam de .lezraël, et une 
mère endeuillée : Uespha. Dans le second groupe, nous trouvons d'abord 
celles qui agissent en sauveurs : Abigaïl, qui écarte de sa maison de ter- 
ribles représailles de guerre ; la femme de Bahurim. qui sauve de la mort 
deux messagers de David ; .Tosabeth. qui soustrait à la fureur d'Alhalio le 
jeune roi Joas. Les trois femmes soldats sont .lahel. qui perce Sisara d'un 
pieu, la femme de Thébès. qui brise le crâne d'Abimélech, en* jetant une 
meule de moulin. .ludith, qui coupe la tète d'Ilolopherne. Les femmes qui 
meurent'sont la fille de Jephté, victime qui accepte la mort comme rançon 
de victoire, la mère des sept Machabées, martyre de la fidélité aux lois de 
son pays, et la reine des martyrs, la Vierge Marie, qui contemple son divin 
Fils sur la croix et s'immole avec lui pour le salut de tous les hommes. 
Sur chacune de ces héroïnes, dont plusieurs ne sont guère connues du 
grand public, ^L Bontoux cite textuellement, sauf pour la Sainte Vierge. 
les passages bibliques, qui racontent leurs belles actions. En les proposant 
comme modèles, dans l'épilogue, il aurait dû insister davantage sur la 
moralité des actes de quelques-unes d'entre elles, et montrer que certains 
moyens d'action, justifiables en ces temps reculés, ne sont pas imitables 
pour des chrétiens, disciples du prince de la paix. E. Ma.ngknot. 



ï 



Facts about France, par E. S.vir.r.Ess. Pari>, llacliflte, 1918, petit in-IG car- 
tonné (le xn-:5U8 p.. avec tiO illustrations, plans et cartes. — Prix : 3 fr. .^U. 

Dans un petit livre anglais bien connu, les Things .lapnnese de Chamber- 
lain, l'Européen qui visite le Japon trouve habilement et agréablement ré- 
sumé à peu près tout ce qu'il peut avoir le besoin ou le désir de savoir sur 
cette contrée, son aspect, ses productions, ses habitants, son histoire, ses 
mœurs. Rédigés probablement sur ce modèle, les Facls ahonl France de 
M. Saillens présentent à nos alliés de langue anglaise à qui ils sont spécia- 
lement destinés une petite encyclopédie des choses françaises qui condense 
efi quelque trois cetits pages les principales notions nécessaires à un 
étranger, particulièrement à un étranger britannique ou américain, pour 
connaître et comprendre notre pays. I/auteur. présentement et depuis 
plusieurs années déjà interprète auprès des armées britanniques, a entendu 
lui-même les mille questions de tout ordre que se posent et que posent 
sans cosse à notre sujet les soldats amis qui foulent notre sol ; une expé- 
rience antérieure et étendue du monde anglo-saxon lui avait d'ailleurs ap- 
pris dès longtemps ce qui peut surprendre et ce qui parfois prévient contre 



- Hi - ' 

nous Améi-icains et Anglais. 11 a donc pu. en peignant la France, choisir 
les traits de son tableau et le placer dans la perspectiye qui convient à son 
public. Une niasse presque incroyable d'informations est condensée dans 
un mince volume qui reste pourtant facile à consulter et à parcourir. On 
y découvrira sans doute çà et là, comme il était inévitable, des inexacti- 
tudes et des erreurs, mais elles sont vraiment très peu nombreuses ; l'ar- 
ticle des races et des nationalités en France pourrait être allégé de détails 
dont quelques-uns sont de pure curiosité (n'est-il pas permis à des .an- 
glais, et même à la plupart des Français d'ignorer l'origine ou niênie la 
simple existence des Bigoudens de Bretagne), et dont les autres sont encore 
plus douteux que supertlus (par exemple ce qui concerne la prétendue des- 
ccr)dancc asiaticiue, lévélée par son type physique, d'un de nos présents 
ministres:* Sur les matières sujettes à débat, M. Saillens s'est appliqué à don- 
ner des opinions modérées et moyennes : dans larticle de la ReAigion, di- 
verses considérations historifjues ou autres ne seront pourtant ))as admises 
par les catholiques. Notons à l'éloge de l'auteur français que son anglais 
correct et élégant ne décèle nulle part une plume étrangère. 

A. Baiîbeal". 

Le Statut cl«' la terre et le Parlement,* par Bouilloux-Lakont. Paris, 
Grasset, 11)18. iti-KJ de 59 p. (Collection le Fait de In semaine, 11 mai 1918). — Prix : 
fr. 75. 

L'auteur aurait i)u intituler son opuscule : « Comment faciliter le re- 
membrement de la propriété rurale ? » Voilà bien, en etTet. le sujet qu'il 
liaite. N^n seulement dans les légions dévastées qu'il faut se hâter de re- 
mettre en valeur, mais dans toutes celles où l'éparpillement des parcelles 
entrave la culture rationnelle et notamment l'emploi des moteurs méca- 
niques, les opérations de cette nature s'imposent. Un grand nombre de 
projets législatifs qui tendent à les favoriser sont soigneusement analysés 
par M. liouilloux-Lafont, qui a lui-même déposé le sien. Très judicieuse- 
ment, il se préoccupe, le remembrement fait, de prévenir une nouvelle 
multiplication et un nouvel éparpillement des parcelles : il réclame que 
l'on abroge, dans le code civil, la seconde partie de l'article 832, prescri- 
vant de faire entrer dans chaque lot successoral la même quantité de 
meubles, d'immeubles, de droits ou de créances de même nature et va- 
leur. Bauoîs .\ngot des Rotouhs. 



Veri|eniies el IM ndepiMidaiiee ainérieaiiie. Ver<|eiinej« el VVil^4on, 

|i.Tr II,' baron IIknsei' di: (ioLiiit.. Paris, lùlilioiis ilc la << Nouvelle Uevuc nalio- 
uale », 1918. in-8 de 'i i (i., avee portrait de N'erf^eiines. — Prix : I l'r. 2']. 

Vergennes et Wilson. le ra[)prochement des deux noms ne parait pas 
injustifié apiès lecture de cette élude. Le langage que tient aujourd'hui le 
Président américain rappelle souvent celui que tenait le ministre qui, avec 
Louis \\ I. décida, en I77S, rinteivention armée de la Fiance en faveur 
des insitnjc-nls d' \inéri(jue. Le grand honnête homme qui, de 1774 à I7S7. 
dirigea notre |)oiili(pie <!xléiieure, n'avait jias de peine à persuader son roi 
loiscpi'il lui conseillait « d'asseoir la gloiic de son règne sur la justice et 
sur la |)aix ». de contenir ce (pie nous appellerions aujourd'hui l'impi ria- 
lisine et de réprimer les abus de la foi"tie. mais de ne vouloir que ce cpii 
esl juste. « Si Votre Majesté, disail-il (12 avril 1777) dirige sa politique à 
établir l'opinion (pTeile ne veut que l'ordre et la justice, ses arrêts seront 
respe» lés, son e\ein|)le fera plus(|ue ses armes. La justice et la paix régne- 



— 05 — 

ronl partout. » Louis XVt et Vcrgennes furent compris par les Étals-Unis 
H lorsque leur Congrès ratifia l'alliance, leur comité des afTaircs étrangères 
écrivit : « La P'rance, par sa candeur et sa franchise, nous a plus gagnés 
cl attachés à elle que les traités secrets n'auraient pu faire, et a jeté entre 
nous les semences d'une alliance éternelle. » Cet intéressant opuscule est 
précédé d'une reproduction du beau portrait de Yergennes par Callel. 

Bakox A.ngot ues Rotours. 



Un I>v«4 bris»*, par le chanoine Max Caros. Paris, Ilalon, 1918, in-12 de 300 p. 
— Piix : 4 fr. 50. 

Qu'on ne s'effraie pas du litre ! Il ne sert pas de couverture, comme 
tant d'autres similaires, à d'insignifiantes mièvreries sentimentales teintées 
d'une vague piété. Ce qu il annonce, c'est la brève biographie et les lettres 
d'un séminariste de Versailles, qui portait un nom cher aux artistes chré- 
tiens. Bernard Lavergne, et qui fut tué à l'assaut le 26 septembre 19 Hi. Les 
<jualil<s exquises qui s'y révèlent, l'esprit vif et primesautier, le sens du 
pitlllI•(•^que, le cœur aimant et délicat, le talent littéraire et surtout la vail- 
Janlr et simple générosité devant les tâches pénibles comme devant la mort 
prochaine, provoquent l'émotion, l'admiration, et aussi, jusque parmi les 
lariiu^. la joie de voir combien Dieu est aimé des cœurs purs. Quel bien- 
fait ^i ces pages suscitaient des imitateurs de cette belle ardeur juvénile ! 

Gh. Lakdry. 



Paul S(apfer (1840-1917), par Henry Dartigue. Paris, Fischbacher, 1913, 

in -■■-; de 72 p., avec un portrait 

P.iiii Stapfer, écrivain et critique très distingué, ancien doyen de la 
Faculté des lettres de Bordeaux, n'a pas eu. au moment de son décès, sur- 
\enu pendant la Grande Guerre, le tribut de regrets que mérilait sa 
mémoire. G est dans le dessein de réparer cette injustice, née des circons- 
tances que M Henry Dartigue lui a cot)sacré une notice étendue dans la 
Revue chrétienne (année 1917) et publie aujourd'hui cette étude à paît. La 
vie et l'œuvre de Paul Stapfer y sont exposées et appréciées en trois cha- 
pitres : l. Sa famille et sa carrière. — 11. Le Critique. — 111 Le Philosophe 
et l'Ecrivain Deux appendices complètent l'étude. Le premier consiste 
dans une Bibliographie des écrits de Stapfer ; le second est consacré à la 
publication de quelques pages inédites, sorte d'examen de conscience (|ui 
honore son auteur. Bien informée et bien écrite, la notice de M. Dartigue 
!)on seulemeiit remplit son objet, mais est une contribution utile à noire 
liistoire littéraire. >ous devons ajouter que, protestant comme l'était Sta|>- 
fer lui-même, l'auteur, dans ce qui touche à la religion et à la philosophie, 
s'écarte tout naturellement de la saine doctrine. M. S. 



CHHONIQUE 

Nécrologie. — M. Edmond Rosta.nd vient de mourir ; c'est une perle 
considérable pour les lettres françaises. Fils de l'i-conomiste Eugène iSos- 
land, membre de lAcadémie des sciences morales et politiques, il naquit 
le 1" avril 1868, fit de brillantes études au lycée de Marseille, puis à P.. ris 
au collège Stanislas. Les leçons de M. René Doumic développèrent en lui 
l'amour des lettres et l'aisance de sa situation lui permit de se consacrer 

Janvier 1919. T. CXLV. 5. 



— m — 

loul entier à l'art dramatique : il débuta à vingt ans avec le (ianl rouge 
(Paris, i888, in-8), vaudeville écrit en collaboration avec M. Lee et joué au 
théâtre de Cluny. La réussite lui vint avec les Romanesques, comédie en trois 
flcles, représentée au Théâtre P'rançais et pour laquelle lAcadémie française 
lui décerna le prix Toirac. Désormais le chemin delà gloire souvrit devant 
lui. Le succès extraordinaire de Cyrano de Bergerac, joué à la Porte Saint- 
Martin, fut son apothéose ; l'Acadéniie française lui ouvrit ses portes ; il 
n'avait que trente-trois ans. Voici la liste de ses principaux ouvrages : Les 
Mnsanlises, poésies (Paris, 1890. in-8) ; — Les Romanesques, drame (Paris, 
d89i, in-S) ; — La Princesse lointaine, drame (Paris. 1895, in-S) ; — La 
Samaritaine, drame (Paris. 1897, in-8) ; — Pour la Grèce, poésie (Paris, 1897, 
in-8) ; — Cyrano de Bergerac, drame (Paris, 1«98, in-8; ; — //.-Ity/o/t (Paris, 
l!>00, in-8) ; — Discours de réception à l' Académie J'rançaise (Paris, 1903. in-8) ; 

— Les Conséquences économiques des mesures légales contre les congrégations 
{Paris, 1908, iii-8) ; — Chantecler (Paris, 1910, "in-8). 

— Un romancif^r d'un certain talent et dont les œuvres sont assez ])opu- 
laires. M. (laslon Basclk de Lagkèze, connu sous le pseudonyme de 
CuAMpOL, est mort le 14 décembieà Billière, près de Pau. Fils d'un magistrat 
auquel on doit des écrits juridiques et historiques estimés, il suivit quekjue 
temps la carrière administrative et devint sous-préfet, mais il ne larda pas 
à se livrer exclusivement à son goût pour les lettres. 11 collabora au Cor- 
respondant, à l'Ouvrier, aux Veillées des chaumières, à r Illustration européenne. 
Wous citerons de lui : Un Coup de patte (Paris, 1891, in-l8) ; — Noëlle 
(Paris, 1891, in-18) ; — Madame Melchior (Paris, 1891, in-18) ; — L'Argenl 
des autres (Paris, 1893, in-18) ; — En deux mois. Par devant n^aitre... La 
Bataille d'Eylau (Paris, 18'.)3, in-lG) ; — Anaïs Evrard. Réconciliation. Belzé- 
huth. Le Savant Baudegrain... (Paris, 1895, in-18) ; — Le Roman d'un égoïste 
(Paris, 1895, in-18) ; — Le Duc Jean (Tours. 189tj, iii-8) ; — Le Mari de 
Simone (Paris, 1896, in-18) ; — Le V(eu d'André (Paris, 189tj, in-lO) ; — Le 
plus Forl (Tours, 1S97, in-8) ; — L'Héritier du duc Jean (Tours, 1897, in-8) ; 

— La Conquête du bonheur (Paris, 1897, in-18) ; — Amour d'anlan (Tours. 
1898, in-18) ; — L'Homme blanc (Paris, 1898, in-18) : — Le Droit d'aînesse 
(Paris, 1899. in-18) ; — Les Justes (Paris. 1899, in-16) ; — Cadette de Gas- 
cogne (Tours, 1900. in-18) ; — Les Fleurs d'or (Paris, 1901, in-16) ; — Cas 
de conscience (Paris, 1902, in-16) ; — L'Heureux Dominique (Paris, 190:2, 
in-18) ; — La Lune rousse (Tours, 1903, in-18) ; — La Rivale (Paris, 1903, 
in-10) ; — Sœur Alexandrine (Paris, 1904, in-16) ; — Les Revenantes (Paris, 
1905. in-16) ; — L'Idéal de l'oncle Caillou (Paris. 1905. in-18) ; — Autre 
Temps (Paris, 1906. in-8) ; - Les Deux Marquises (Paris, 1908, in-18). 

— M"" la comtesse d'\rmaii.i.é s'est éteinte le 7 décembre dans sa 89" an- 
née. Née Marie-Célestine-Amélie de Ségur, elle tenait de son père le général 
comte Philippe de Ségur, membre de r.\cadémie française, le génie des 
travaux historiques et un vrai talent d'écrivain. Les principaux ouvrages 
sortis de sa plume sont les suivants : La Reine Marie Leczin.'tka. étude his- 
ior'ique (Paris. 1864, in-18); — Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV 
( I'k)9-16(>'4), étude historique (Paris. 1865, in-18) ; — Marie-Thérèse et .Marie- 
Atdoinettf (l'aris, 1870. in-18) ; — M'"' Elisabeth sœur de Louis A 17 (Paris, 
1886, in-16) ; — La Comtesse d'Egmont, fille du maréchal de Richelieu [il'iO- 
llT.i) d'après des lettres inédites à Gustave RI (Paris, 1890. in-16) ; — Unt: 
Fiancée de Napoléon : Désirée Clary, reine de Suède {1777-lSGO) (Paris. 1897. 
in-16). 

— L'Église catholique d Angleterre vient d'éprouver une grande perle eu 



— f)7 - 

la personne de Mgr William Coi.or.AN. niorl à la (în de lîMS. Ni; à (iorrou le 
8 déccinhic IS40, il se destina d'abord à la vie politique el consulaire ; tnai> il 
éprouva bientôt un si vif désir du sacerdoce, qu'il ne j)ul résislei ;i i'apijcl 
de sa vocation el il fut envoyé à 1' « English Collège » fondé à Bru;:<'s [wr 
Sir John Sullon, où il reçut la prêtrise des niair)» de rarrlicvêquc (plus 
tard cardinal) Manning. Il fut d'abord envoyé dans un hn|)ilal roniino 
•chapelain ; puis, en octobre 1S7T. à Stocli. 'comme clief de la mission, d'est ' 
là qu'il fonda la C. T. S. {CallioUc Trtilk Sociely}. Comme orateur, il n'avait 
rien de remarquable ; il excellait surtout dans les instructions familières. 
IJ se distingua par un goût tout si)rcial pour la botanique auquel il lui était 
facile de s'adonner, les campagnes qui environnaient la mission lui four- 
nissant des spécimens. En l'JUi), il fut élevé à la dignité de prélat romain. 
Ce fut un saint prêtre plein de zèle pour le salut des âmes et tout dévoué à 
tson œuvre. Voici les titres de (juclques-uns de ses écrits : The CalkoUc tem- 
pérance reader, en collaboration avec Sir Francis Cruisc ; — Teiiijierancc 
calechism, composé pour la C. T. S. ; — Total abstinence, a cnlholic jmnl 0/ 
vlew ; — iVolly's prayer ; — .1 scriptural life of the Blessed Virrjin : — The 
Ufe and writin(js of SI. Peler : — The Affections in mental prayer ; — The 
Lasl sacranu'ids ; — Simple prayer book. 

— En (Jiuseppe FiiACCAnoLi. mort récemment, l'Ilalie perd un de ses hellé- 
nistes les plus distingués el de ses meilleurs critiques. Né à Vérone le 
5 mai 18i9, il songea d'abord à faire du droit sa carrière et se fit recevoir 
docteur en l'Université de Padoue. Mais ses goùls littéraires, l'esprit criticpae 
qui se manifesta en lui, les travaux qu'il publia sur la littérature antique 
l'entraînèrent vers une tout autre destinée. Il fut appelé à professer la lit- 
térature grecque à l'Université de Messine, dont il devint le recteur (1S03). 
Puis il prit la chaire de littérature grecque à l'Université de Turin (1897- 
1906). Les questions d'enseignement ne cessèrent de le préoccuper, et l'on 
a de lui sur la matière plusieurs travaux, parmi lesquels l'un des plus con- 
sidérables est le dernier livre sorti de sa plume. Le culte de la petite patrie, 
-sans jamais nuire au culte de la grande, était très vif chez lui : il se plai- 
sait au dialecte de son pays et il s'est amusé à s'en servir pour une traduc- 
tion d'Aristophane. Voici la liste des principaux ouvrages de ce laborieux 
érudit et de ce maître distingué : \crsL (Verona, 1874, in-8) ; — / Persiani, 
traduction d'Eschyle (Torino, 1870, in-8) ; — Le due Odi di Saffo (Verona, 
1878, in-16) ; — Saggio sopra la genesi délia melrica classica (Verona, 1881. 
in-8) ; — Lo Sciillore Innocenzo Fraccaroti (Verona, 1883, in-8) : — De Eari- 
pldis scribe ndi artificio (Augustae Taurinorum, 1884, in-8) ; — L'Ode pitia 
XI di Pindaro (Verona, 1880, in-10) ; — Fer gli umoristi deli antichilà (Ve- 
rona, 1880, in-10) ; ^ Teoria raziunate di melrica italiana (Torino, 1887, 
in-8) ; — Del realismo nella poesia greca (Verona, 1887. in-8) ; — Odi (Bolo- 
gna, 1887, in-lO) ; — Parole pronunziate neli inaugurazione delV anno acca- 
demico t893-189U (Messina, 1893, in-8) ; — Le Odi di Pindaro (Verona, 1894, 
in-8, nouvelle édition Milano, 1914, in-8) ; — Parole pronunziate neW inau- 
(jurazione delV anno accademica 189U-IS9Ô (Messina, 1894, in-8} : — Thucyd. 
VI, 61, 6 ; ///, 8^, 1 (Firenze, 1890, in-8) ; — Calalogo dei manoscrilti greci 
délia biblioteca universitaria di Messina (Firenze, 1897, in-8) ; — Dei codici 
greci dei monaslero dei ss. Saluatore di Messina (Kiren.4e, 1897, in-8) ; — Il 
metodo criiico dei professore Vitelli (Torino, -1900, in-8) ; — VIrrazionale 
nellaletterntura[Toi\noA^O?>M-'i) ; — /Z TmieocZz'P/a^one (Torino, 1903, in-8 > ; 
— / Lirici greci (Torino, 1910-1913, in-8) ; — L'Uomo polilico di Platone (To- 
rino, 1911, in-8) ; — // Sofista di Platone (Torino, 1911, in-8) ; — LEdaca- 
zione nazionale (Bologaa, 1918, in-16}. 



— 68 — 

— Des avis de Hollande confirment définitivement la nouvelle de I» 
mort dcTabbé Hugo Vehiuesï, membre de l'Académie flamande et l'undes- 
cliefs de l'école flamingante catholique. Pupille de l'illustre Guido Gczellc^ 
dont le nevcn, un autre flamingant distingué, Stijn Streuvels, était son 
ami intime, il entra comme son maître dans les rangs du clergé, cl^ 
comme lui se distingua par son talent poétique. ComiTie lui aussi, il fut- 
envoyé. — relégué, disent les langues malignes, — dans une humble pa- 
roisse des Flandres, Ingoyghem. Un de ses premiers ouvrages : Leven en 
dood (1877, in-8) a pris place plus tard dans un recueil de Voordrachlen. I^e 
curé d'Ingoyghem n'était pas seulement un poète, mais un orateur, l'ora- 
teur le plus populaire de la Flandre ; et il n'était guère de fête dans laquelle 
ne retentit sa parole. Au recueil de conférences que nous venons de citer.. 
il faut ajouter les trois discours spirituels sur la lumière, la force et la^^ 
piété qu'il a réunis sous le litre : Drij (jeeslelijlce voordrachlen (19D5, in-S). 
Nous citerons encore du maître Op woiidel (1903, in-8) et Regenbuog uiL an- 
dere klearen (1904, in-8) et un olivrage en deux volumes sur vingt écrivains^ 
flamands {Twinlig vlaainsche Koppen), dans lesquels il a fait place notani- 
ment à son maître Guido Gezelle et à son ami Stijn Streuvels. L'abbé Ver- 
riest était né à Deerlijk en 1840. 

— M. Domenico Orano, mort récemment âgé de 45 ans, était né à 
Rome, le 14 février 1873. Il fit ses études dans sa ville natale et son esprit 
largement ouvert lui permit de se faire recevoir docteur en droit et doc- 
teur es lettres. 11 se fit attacher à la Bibliothèque Casanatense, enseigna 
dans divers établissements et donna une active collaboration à plusieurs- 
publications périodiques. Tout en regrettant ses attaches maçonniques, 
dans un pays où, comme en France, la maçonnerie est si sectaire, on doit 
rendre justice à ses belles qualités intellectuelles. N'ous citerons de lui : 
Marcello Alberini e il sacco di Roma del l.'/27 (Koma, 1895 in-8) ; — 7/ diario 
di Marcello Alberini (lo2l-lo25J (Roma 1896, in-8) ; — Il sacco di Roma del 
1527 (Roma, 1901) ; — Lellere di Pier Cnndido [)ecend>rio, fraie Simone da 
Canierino e Lodrisio CriveUi a Fraiicesco Sf()r:(t (Roma, 1901, in-8) ; — Lellera 
di Guiniforle Barzizza alla ducliessa liianca Marin SJ'orza, 12 ngoslo lUb7 (Roma, 
1900. in-8) ; — I suggeri/tienli di haon vivere déliait da Francesco SJbrza pel 
jigliuolo Galeazzo Maria (Roma, 1!)01, in-8) ; — Due atdografi inedili di 
Francesco FilelJ'o (Roma, 19'.)1, in-8) ; — Un'adananza inassonica in Roma 
nel 1810 (Roma, 1902, in-8) ; — Lllalianilà e la modernilà di Leone XllI 
(Roma, 191)3, in-8) ; — L'Instnllazione di nna loggia massonica in Francia 
soUo Luigi XVI (Roma, 1903, in-8) ; — Liberi pcnsalori braciali in Roma 
dal XVI al XVIII secolo (Roma. 1904, in-8) ; — Il Teslaccio : il monte e il 
quarliere (Pescara, 1910. in-8) ; — L'Inchiesla sidle abilazioni operaie : il 
Teslaccio (Pescara, 1911, in-8) ; — Pttgine criiiche (Pescara, 1912, in-8) ; — 
Corne vive il popolo a Roma (Roma, 1912, in-8) ; — L'Anima poelica di 
Giuseppe (iioacchino Belli (Roma, 1913, in-8). 

' — On annonce encore^ la mort de MM. : Louis Andhk, président de 
chambre à la cour d'apjjel de Paris, mort le 14 novembre, auteur de plu- 
sieur.s ouvrages notamment : Deux mémoires historiques de Claude Lepelle- 
(ier (Paris, 1900) ; Michel Le Tellier, l'organisation de l'armée monarchique 
(Paris, 1906, in-8) ; Les Accidents du travail, régime du risque professionnel 
(Paris, 1907, in-8) ; — llisloire économique depuis l'antiqinté jusqu'à nos Jours 
(Paris, 1908, in-18) ; Louis Rkssk, collaborateur de /'//(/rri^Lf/j/fa/i/, qui avait 
collaboré autrefois à la Ridrie et à la Presse et a publié divers romans de 
mœurs, romans sociaux, contes et nouvelles, mort le 2:i novembre ; — 



I 



— 60 — 

M. Joseph BoucAiin, rédacteur en chef des Tablettes des Deux Charentes, qui a 
collaboré à laGazellede France, cl laisse les ouvrages suivantes : SceurCalhe- 
j'ine Labouré et la médaille miraculeuse (Paris, 1007, i n-12) ; Vie et mi- 
racles de sainl Benoit, moine et fondateur de l'ordre des bénédiclins (Paris, 
-1909, in-12) ; Sainl Antoine de Padoue, sa vie et ses miracles (Paris, 1917. in-12), 
mort à 41 ans, le 16 décembre, à Rochcforl-sur-Mcr ; — Lucien BouncERET, 
K;ollaboratcur de l'Agence Havas, mort le 30 novembre ; — le D' Edouard 
Bureau, membre de l'Académie de médecine, ancien professeur au Muséum 
<l'hisloire naturelle, botaniste distingué, auquel on doit entre autres 
ouvrages, une importante A/o/io^rap/i/e des Bignoniacées (Paris, 1864, 2 vol., 
in-4) ; un aperçu sur les Collections de botanique fossile du Muséum (Paris. 
1893, in-fol.). mort en décembre, à 88 ans ; — Claude Coutuiuer. auteur 
■de nombreux romans et de recueils de vers, parmi lesquels nous citerons : 
Chanson pour toi (Paris, 1889, in-12) ; L'Inespéré (Paris. 1892, in-18) ; — 
Le LU de celte personne (Paris, 1895, in-16) ; Trop Biche (Paris, 1901, 
in-i6) ; mort en décembre ; — Georges Daumet, archiviste paléographe, 
-ancien membre de l'École française de Rome, ancien archiviste aux 
Archives nationales, à qui l'on doit ; Étude sur l'alliance de la France et de 
la Caslille au XIV et an XV^ siècles (Paris, 1898, in-8; ; Innocent Vf et 
Blanche de Bourbon (Paris, 1899, in -8) ; Lettres closes, patentes el curiales 
■de Benoit Xll se rapportant à la France (Paris, 1899, in-4) ; Calais sous la 
■domination anglaise {Xrr as, 1902, in-8) : — Notice sur les établissements reli- 
gieux anglais, écossais et irlandais fondés à Paris avant la Révolution (Paris, 
1912, in-8) ; Mémoire sur les relations de la France el de la Caslille de 
1255 à 1320 (Paris, 1913, in-8), mort subitement à 48 ans, à Paris, 
le 10 décembre ; — Joseph-Marie-Edmond Drouet, professeur d'histoire, 
docteur es lettres, auteur d'une étude sur l'Abbé de Saint-Pierre, l'homme 
■el l'œuvre (Paris, 1912, in-8), mort dans sa 34' année, le 2 décembre, à 
l'hôpital militaire de Rennes ; — A. -Michel Duchesxe, rédacteur militaire 
•du Journal, mort à 47 ans, en décembre ; — Ernest Dupont, conseiller à 
la cour de cassation, auteur d'un Manuel élémentaire de droit criminel, en 
-«ollaboration avec M. René Foignet (Paris, 1907, in-18). mort en décembre ; 
— François É.\ault, artiste peintre, rédacteur en chef de la France illustrée, 
mort le 1" décembi-e ; ^ — le chanoine Joseph Gindre, curé-doyen des 
Cordeliers, à Lons-le-Saunier, qui a publié un Panégyrique de saint Claude 
(Lons-lc-Saunier, 1903, in-12), mort en cette ville le 19 septembre 1918' 
■dans sa 63' année ; — Albert Golllé, ancien collahorateur du Cri da 
peuple, de la Petite République, de l'Autorité et du Rappel, mort le 4 décem- 
rbre, à 74 ans ; — Georges Guilaine, rédacteur au Daily Mail et à l'Agence 
Radio, qui avait collaboré à de tiombreux journaux parisiens cù il avait 
su faire apprécier sa valeur professionnelle, mort le l^"^ décembre ; — 
D"^ Gaston Humbert, qui a traduit les Éléments de l'esthétique musicale par 
G. Riemann (Paris. 1907, in-8), mort à Paris, le lo novembre; — Georges 
Jeannel, collaborateur parlementaire de l'Agence télégraphique républicaine, 
«tjui avait aussi fait partie de la rédaction parisienne de la Petite Gironde, 
iTiort à 58 ans, le 14 décembre : — Pierre Jollivet. ancien frère bernar- 
•ëin, professeur à Ifîendic, diocèse de Rennes, mort le 2 décembre ; — 
■Charles Lalou, ancien directeur du Journal de la France, mort à Paris, 
le 29 novembre : — Auguste Lepj:re, peintre et graveur, l'un des maîtres 
qui ont le plus contribué à la renaissance du livre par le caractère et la 
largeur de ses compositions et à la résurrection de la gravure sur bois, 
i«ort le 20 novembre, à Domme (Dordogne) ; — Charles Lefèvre-Clérem- ' 



— 70 - 

BRAY, qui a t'cril do nombreuses noticos sur la région et sur le pays de- 
lîray et public un travail considérable : La Terreur à Rouen {1703-1796), 
ainsi qu'une curieuse élude : Bovarisme el Jlauberlisme, mort le 3 décem- 
bre' ; — Henri Leouand, professeur d'agriculture à l'école primaire supé- 
rieure de Bapanme. emmené à Valenciennes et fusillé par les Allemands 
en février dernier ; — Mgr Hector Léveillé, prélat de S S., directeur de 
l'œuvre dominicaine du Mans et de l'Académie internationale de botanique, 
collaborateur du Cosmos, mort le 29 novembre, à qui l'on doit, entre 
autres ouvrages ; Esi^ai sur la géographie botanique du nord-ouesl de la 
France {Le Mans. 1906, in-8) ; Glanes sino-Japonaises (Le Mans, i%6, 
in-8) ; Tableau analytique de la flore française (Le Mans, 1906, in-16 v 
Les Vignes de la Chine (Le Mans, 1906, in-8) : — Josepb Periun. de la mai- 
son Perrin cl C'% qui avait succédé à M. Didier dans la direction de la 
Librairie académique, mort à 53 ans, le 3 décembre ; — M. r«aston Pinet, 
chef d'escadron d'artillerie en retraite, ancien bibliothécaire de l'École- 
pol> lechnic[ue, écrivain d'une grande érudition, qui, outre une ///.s/o/re 
1res complète de l'École polytechnique (Paris, 1887, gr. in-8), qui fait auto- 
rité et des travaux documentés sur le siège de Iluningue, le Siège de Bilche, 
les Lignes de Wissembourg, Landau, Belfort, etc., laisse un grand nombre 
d'études fines et gaies ; L'Argot de l'X polytechnique (Paris, 1894, in-8); 
f.es Roslots, les Pouyades, liousca, Un Chic à Merca, etc., mort à la fin 
de novembre ; — Joël Raynaud, correspondant du Temps à Privas, mort 
en octobre ; — Emmanuel Rivikhe, ingénieur des arts .et manufactures, 
directeur de l'Écho du Centre et de la Croix du Centre, mort âgé de 63 ans, 
le p' décembre, à Blois ; — le chanoine Rousseau, curé de Bourdeilles,. 
diocèse de Périgueux, collaborateur des Contemporains, mort le 10 décem- 
bre ; — le R. P. SicAUD, des Frères Prêcheurs, aumônier des Dominicaines 
de Saint-Maximin, auteur notamment d'un ouvrage sur Sainte Marie-Made- 
leine, mort à Marseille, le 1" novembre ; — l'abbé Antoine-Ernest Terrasse, 
auteur d'une Histoire de l'Église, d'un Cours complet d'enseignement reli- 
gieux (1!)0I, 5 vol., in-12) et d'une étude sur l'Ignorance religieuse au XX'' siè- 
cle (1912. in-12). moit à 70 ans, à Paris, le 8 octobre ; — l'abbé Armand 
Vam:s. professeur à IS.-D. de Mende, mort on décembre ; — Bernard Van- 
DKMiKOAQUE, liommc dc lettres, mort à Bourg-la-Reine, lc6 décembre : — 
le 1)"^ A loouROux. médecin en chef des asiles de la Seiiue, auteur d'ui» 
traité de médecine à l'usage des familles, mort le 13 décembre, à Paris ;. 

— Louis Woi.F, collaborateur du Rappel et du Pays, directeur de la Tri- 
bune parlementaire, mort à la fin de novembre, à Paris ; — le baron 
o'YvoiRE, collaborateur du Français et du Journal de Rome, qui fut le prc- 
niier directeur de la Défense, le grand journal callioliqne fondé par 
Mgr Dupanloup, mort à 85 ans, en Haute-Savoie, le 20 novembre. 

— A l'étranger, on annonce la mort de MM : Auguslo Acahiti. secrétaire- 
delà bibliothèque de la Chambre des députés d'Italie, collaborateur de la 
Rnssegna nazion/de, à qui l'on doit entre autres ouvrages : La Sovranità 
délia società : Il Proldema delta virisezione. La Religione e la leosojia degli 
Arabi : La Sainte detl' Europa e iiideruento iialinno. n)ort à Rome, le 5 oc- 
tobre, dans sa trente-neuvième année, d'une maladie contractée au Front; 

— Francisco Ai.e.many, écrivain espagnol, mort à Alicanle, en novembre ; 

— Julio CAl.CA^o. un des représentants les plus notables de la littérature- 
hispano-américaine, secrétaire perpétuel de l'Académie vénézuélienne» 
correspondante de celle dc Madrid, auteur de poésies, de coules, de ro- 
jnniis exotiques et historiques (tel que Letly Somers qui contient une pein- 



— 71 — 

tiive ciiiieuso des révolutions auxqtiplle.s il sc.inèla comme acteur), et dont, 
iious citerons pins s|)écialenjent ont* liesena hislorica de la lilerniura vene- 
:()liina (ISSU, in-S) et \in livre intéressant sur la langue espaj^nole an Ver)e- 
znela ( El aixlellano en Vcnezuelu, l.S'JT. in-8), mort à flaracas dans le cou- 
rant de novembre ; — Hobcrt .1. C^ollikh, directeur de la grande firme dp 
ce nom et <klileur du Colliers Weekly. mort le S novembre ; — Angel Dkl- 
■OADO. membre correspondant de l.Vcadémie dhisloire de Madrid, mort 
au début de novembre à Helaluazar, en Andalousie ; — le D'' KiiHNAi,, édi- 
teur du .S7an(/ani f/(C<(o/i/trv. auteur de nombreux ouvrages, dont le plus 
récent a pour titre Expressive Eiiçflish, mort le 10 novembre à New York ; 
— Laurence Jkukolu, directeur parisien du Daily lelefjrnph, auteur de : 
Tlte Real France (1911. iu-8) ; The Erench and ihe Eiujlisli (1913, in-8) ; 
France h ikiy (I91t), in-18), mort le 1" noveuibrc à 45 ans ; — \lbert Keï- 
/EI5, critique dramatique du Daily Mail, moit le 10 décembre à Paris ; — 
Francis Ellington Lkui'p, ancien correspondant de VEvening post. qui fut 
un moment commissioner of Indian atTairs pendant la présidence de 
Roosevelt. auteur, entre autres ouvrages, de The Indian and liis probleni 
<1910). liiography of William II. TaJÏ (1914). Wallis aboul Washinglon (l915). 
mori à Tvringham (Massachusetts), le 19 novembre, âgé de 69 ans ; — Pie- 
tro MoscATELLO, uotairc. fondateur de la revue // Xotarialo ilatiano, aute^ir 
<rouvrages juridiques estimés, mort en décembre, à Palerme ; — Federico 
PiMF>TKL. écrivain vénézuélien, inort en novembre à Caracas ; — Willard 
Dicke.rman Straight. attaché à la mission de paix américaine, corres- 
pondant de lagence Reuter. puis de VAssocialed Press, à Séoul. Tokio. 
puis en Mandchourie. mort à 38 ans, le 2 décembre ; — Charles Richard 
A AN HisE. de 1 Université de ^^ isconsin. à qui l'on doit notamment un 
important Trealise on melan}C)rp/iism (1904; ; Conservation o/ ntdnral resotir- 
ces in Ihe Uniled States (1910) ; Concentration of indnstry in the United 
Slales of America (1914). mort à Mihvaiikee, le 19 novembre, dans sa 
61' année. 

Lectures faites a l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Le 

6 décembre 1918, M. Héron de Villefosse communique à l'Académie lo 
texte d'une inscription votive de l'époque romaine, découverte aux envi- 
rons de la Rochefoucauld (Charente). Cette inscription mentionne la déesse 
gauloise Damona. compagne d'ApoUo Borvo, le dieu des eaux salutaires 
à Bourbonne-les-Bains et à Bourbon-Lancy — Le 13, M. Diehl commu- 
nique un télégramme adressé à la légation de Grèce par la Société des 
études byzantines d'Athènes, qui fait connaître les vols et la destruction 
de nombreux objets d'art byzantin commis par les troupes bulgares dans 
plusieurs monastères de la Macédoine orientale. — Le 20, M. Babelon 
donne lecture d'un mémoire sur la devise a Fert ». qui figure, comme cha- 
cun sait, sur la tranche des monnaies d'argent d'Italie et remonte au 
XIV' siècle, sans être toutefois antérieure à Amédée VI, comte de Savoie 
(1343-1383). Il s'agit très vraisemblablement du verbe latin, Fert, « II 
porte. » 

Lectures faites a l'Académie des sciesces morales et politiques. — Le 

7 décembre 1918, M. de Guichen donne lecture d'une communication inli- 
lée : Les Relations commerciales russo-allemandes da xiv au xx' siècle ei le 
Problème agricole allemand. — Le 13, M. Albert Vaunois. avocat à la cour 
dappel de Paris, lit une étude relative à l'Abrogation récente de la loi du 
16 mai 1866 sur les instruments de musique mi/canique et la propriété liltéraire^ 
et arlislique. 



Pnix. — L'Académie de médecine vient d'allribuer le prix Saintoilr. 
<le 4.400 fr. au docteur Cabanes pour son important ouvrage : CJiintniiens 
■el blessés à travers l'hisloire, des origines à la Croix-Rouge, dont le Polybi- 
blion a rendu compte dans sa précédente livraison (novembre-décem- 
bre 191X, t. CXLIII. p. 2S!>-292). — Des mentions très honorables ont été 
accordées à : M. le D' L. Camus : Elude de la vaccine généralisée ; M. le D' l'aul 
Codin : La Croissance pendant l'âge scolaire ; applications éducatives. I.a For- 
mule individuelle de croissance ; M. le D^ Charles Perri«r : Le Crâne el ses 
rapports avec la taille, la grande envergure, le buste, le pied chez les crimi- 
nels ; M. le D"^ Mauclaire : Chirurgie de guerre, cliirurgie d'urgence, chinit - 
gie réparatrice et orthopèd'ique . 

— Dans sa séance du 17 décembre dernier, la Société îles gens de Icllrcs 
a décerné le prix Charles Richet, destiné au médecin honuiie de lettres 
dont l'œuvre est reconnue la plus mérilanle, au D' Cabanes, rédacteur en 
chef de la Chronique médicale dont la parlic technique du Polyhiblion public 
régulièrement les sommaires. 

Index. — Un décret du Saint Office, en date du 27 novembre, 7net h l'in- 
dex deux ouvrages de M. Ernesto Benaiuti : La Genesi délia dottnna agosli- 
niana inlorno al peccalo originale (Roma. Tipogr. del Senalo, 1916) ; — 
Sant'Agoslino (Homa, A. Formiggiani, 1917). 

L'Inquisitio.n. — Tandis que, deptiis un demi siècle, les travaux se sont 
multipliés sur linquisition dans le midi de la France au point d'en éclai- 
rer les origines, il règne encore; sur l'établissement de cetle institution 
dans nos régions du nord une certaine obscurité. L'étude que M. Emile 
Chénon, le savant ])rofesseur de la Faculté de droit de Paris, publie sur 
l'Hérésie à la Charité-sur- La ire et les débuts de l'inquisition monustiquf 
dans la France au xui^^ siècle (extrait de la Nouvelle liecue historique 
de droit français et étranç/er. Paris, librairie de la Société du recueil 
Sirey, 1917, in-8 de 33 p.) nous apporte sur ce point des lumières nou- 
velles ; il montre les progrès et l'extension de l'hérésie à la (]harilé-sur- 
Loirc; expose les cITorts tentés en vain pour l'enrayer par Hugues des 
Noyers, cvéquc d'Auxerre, et ses successeurs ; précise le rôle des domini- 
cains cl du fameux Robert le Bougre, donl il nous dévoile un aulre sur- 
nom : le Petit. 

Analect.\ MoiVTSEHRATEUsiA. — Lcs moincs bénédictins de l'antique et 
célèbre abbaye de N.-D. de Montserral, en Catalogne, entreprennent 
sous ce titre la publication d'un recueil qui promet d'être intéressaiit à 
en juger par le premier volume, qui s'applique à l'année 1917 (Monastère 
de Montserrat ; Rarcclone, impr. Nerdaguer, 1918, in-4 de 400 p.). La des- 
truction, au début du xix' siècle, des riches archives de l'abbaye obligera à 
de longues et pénibles recherches le futur historien du monastère. C'est 
pour lui préparer sa tâche (pic les Analecta ont été fondés. O premier 
volume contient : 1. Le (Catalogue, par Dom .\nselm M. .\lbareda. des 
72 manuscrits de la Bibliothèque ; II. Une étude de Dom Cregori M. Sunol 
sur les chants des jjèlcrlns au xiV siècle : 3. Une note de M. .laume (Po- 
llen qui met hors de doute (pie des moines du .Mont-Cassin sont ven<is au 
XV' siècle réformer le couvent ; i. La reproduction, par l'archiviste do 
l'abbaye, des textes catalans contenus dans le « Livre vermeil », l'un des 
plus précieux manu.scrils de la Bibliothèque; 3. Quelques documents par- 
mi lesquels nous noierons une liste de manuscrits jadis conservés à l'ab- 
hayc el un catalogue des reliques et joyaux ; 0. Enfin la chronique du 
^anctuaire en 1917. Nous ne pouvons que souhaiter longue vie au nou- 
veau recueil. 



AiMANATH*;. — l'oiir so conrofirior aux prescriptions du décret du 
X mars tOlS. VMinanadi Jlachelle (in-16 de 252 + Oi p.. avec un grand 
nombre de plans, cartes et pians. Prix : broché, 2 fr. ; cartonné, 2 fr. !)0) 
^1 dû, pour l'année 11(19, comme d'ailleurs toutes les publications simi- 
laires, dimiiHjer très sensiblement son importance matérielle. Mais la 
réduction porte surtout sur la partie dite « Agenda » qui a été condensée 
4out en conservant les renseignements essentiels. Ce qui forme, comme les 
4innées précédentes, la partie la plus attachante de VAlinanach Jlarhr.llc, 
r'est indiscutablement VHisloirc de la guerre, que nous raconte M. Pierre 
Dau/et pour la période allant du mois d'octobre 1917 au 11 novembre 1918. 
Dans ce texte, mais bien distincts et séparés, on trouvera intercalés des 
renseignements intéressants, appuyés de figures qui les éclairent, sur 
l'artillerie lourde française et allemande, l'évaluation des forces ennemies 
^"i quatre époques différentes, la répartition des forces allemandes sur le 
Front occidental au lo mai 1918. — \ noter aussi : Pelile Encyclopédie de 
/a tjuerre, où il est question des chars d'assaut allemands, des gros canons 
•ïiyant bombardé Paris, de l'aviation, de l'armée japonaise, des merveilles 
cle la chirurgie pendant la guerre ; — l'Histoire illuslrée de l'année, aux 
•divers points de vue politique, diplomatique, religieux, économique, agri- 
<:ole, maritime, géographique et colonial, industriel, médical. Quantité 
-d'autres sujets sont également traités, avec plus ou moins de détails. Eu 
«omme, VMmanach Hacheile, quoique amaigri « par ordre ». justifie tou- 
jours pleinement son sous-titre : Petite Encyclopédie populaire de la vie pra- 
lique. 

— Rien de banal dans V Almanaclt-Guide des « Erèrfs d'armes » pour 1919, 
pas même le calendrier, qui offre beaucoup de détails intéressants, ins- 
tructifs, édifiants (Paris, VP, 14. rue d'Assas, édition de Frères d'armes, 
in-18 de 141 p., illustré. Prix : 1 fr. 2-5). Outre d'excellents conseils à la 
jeunesse, donnés sous les formes les plus variées, cet almanach renferme 
<les articles parmi lesquels nous avons particulièrement remarqué : i\'otre 
I^ays : la France ; — Nés bonnes vieilles Provinces (texte illustré des armoi- 
ries de tous les chefs-lieux de département) ; — En Guerre. Comment et 
pourquoi nous sommes en guerre ; — La Guerre et la Chanson. La Chanson 
militaire ; — Chansons de route ; — Pour l'Après-Guerre : — Parlons un peu 
die la famille ; — La Terre nourricière ; — Notre grand ennemi : V Alcool. 

.Pauls. — Dans une communication faite le 26 mai 1917 à l'Académie des 
sciences morales et politiques, M. Paul Meuriot a recherché Pourquoi et 
comment furent dénommées nos circonscriptions départementales (Extrait de-s 
.séances ci travaux de l'Académie des sciences morales et politiques. Paris, 
Auguste Picard, 1917, in-§ de 37 p.). 11 montre que ce n'est pas du premier 
<;oup que la Constituante en est venue à substituer aux noms des anciennes 
provinces ceux des départements actuels. Il fournit des renseignements 
•curieux sur les projets de redistribution territoriale éclos sous la Conven- 
tion. M. Meuriot a voulu donner à son travail un intérêt pratique et il en 
tire argument contre les projets de reconstitution des anciennes provinces ; 
jjous nous contentons de signaler ce point de vue, dont la discussion nous 
•entraînerait trop loin. Il n'est pas tout à fait exact de dire que « le terme 
•de département dans le sens de subdivision territoriale semble avoir été 
•employé pour la première fois dans la seconde moitié du xviu' siècle, d'abord 
par Expilly (1762) » (p. 5). Le Dictionnaire de Richelet donne du mot cette 
définition, entre autres : « C'est une étendue de pais sur laquelle on a 
quelque pouvoir conformément à la charge. » 



— /4 — 

— M. Paul Mcuriot, en même temps que le liavail précédent, nous er»> 
offre un autre sur le liecensement de l'an II (Paris, Berger-Levrault, 191'8^ 
gr. iii-8 de 48 p.). Il s'agit du recensement ordonné par le Comité de divi- 
sion pour servir de base à la répartition des sièges électoraux entre les- 
dépai teinents d'après le nombre des volants. Les décrets cpii ont ordonné 
le rerensenjent. la manière dont il a été exécuté, les résultats qu'il présente 
aux points de vue démographique, politique, adminislralif etjudiciairesonl 
tour à tour passés en revue [)ar M. Meuriot, qui a fait d'intéressantes com- 
paraisons avec les recensements de 1790 et de 1795. Naturellement les 
données de ces recensements, dont l'exécution ne laisse pas que d'avoir 
été défectueuse, ne sont point d'une certitude indiscutable : mais à condi- 
tion de manier ces chiffres avec une certaine prudence, — et c'est ce qu'a 
fait M. Meuriot. — on obtient des résultats intéressants. 

— Dans les fêtes dont fut l'occasion le mariage de jNapoléon I" avec 
Marie-Louise, l'ambassade .d'Autriche se devait naturellement de se distin- 
guer de façon particulière et le prince Schwartzenberg, qui représentait alors 
son pays auprès de la cour de France, prit toutes les dispositions pour 
donner de l'éclat au bal qu'il offrit le 1" juillet 18,10. Malheureusement là 
fête s'acheva en catastrophe ; un incendie que l'on ne put maîtriser assez 
tôt et qui rappelle l'incendie du lîazar de la Charité vint assombrir la joie 
des fêtes. La curiosité érudite de M. Léonce Grasilier nous en fait la rela- 
tion détaillée d'après des documents en partie inédits : L'Incendie de 
l'hôtel de l'ambassade d' Autriche, rue du }tont-lilanc (chaussée d'Antin), 
l^"^ juillet 1810 (Alençon. Imp. alençonnaise. 1918, in-8 de 37 p.). Il nous 
raconte le sinistre, les mesures prises pour l'enrayer, les sauvetages opérés ; 
il recherche le nombre des victin)es, les responsabilités, les sanctions ; un 
chapitre spécial est consacré à « un réciiappé « : le prince Konrakin, ambas- 
sadeur de Russie. Deux portraits de Kourakin, un de la princesse de- 
Scliwartzenberg et un du {préfet de police Dubois ornent cette curieuse- 
brochure. 

— .\ux beaux Discours prononcés aux obsèques de M. Emile Picot le 27 sep- 
teinbre l9IS,\}nr M. Henri Omont, qui a mis en lumière son activité scien- 
tifique, et par M. le comte Alexandre de Lîborde. qui l'a montré dans son 
rôle à la Société des bibliophiles français, M. Georges Vicaire a joint 
quelques lignes précises sur la collaboration (ju'il donnait depuis près de- 
trente ans au linUelin du bihliopliile (Extrait du Bulletin de septembre- 
octobre 1918. Paris, Henri Leclerc, 1918. in-4 de 10 p.). 

— Dans le même Bulletin du bibliophile, un collaborateur plus ancien 
encore, jjuistpie ses premiers articles y remontent à 1872, M. Maurice 
Tourneux s'est vu consacrer une notice par notre .savant ami .M. Paul 
Lacombc : \î((urice Tourneux {12 juillel I8VJ- 13 janvier 1917) (Tirage à part. 
Paris. Henri Loderc, 1918. in-i de 30 p., avec portrait). 11 n'est guère 
besoin de dire que, due à une telle plume, la notice fait connaître avec 
luie impeccable précision l'ccuvre scientifique de cet éminent bibliographe. 

— On trouvera la bibliographie des œuvres de M. Ernest .lovy. l'auteur 
bien connu de Pascal inédit et de Fénelon inédit, dans une élégante 
plaquette intitulée :yote sur les travaua- d'Krnest Jor;/ (Chartres, imp. 
Duratul, 1918, in-8 de 10 p.). Cette bibliographie méthodique est répartie 
4'n on/.e sections : \. Sur l'histoire d'Orléans et de LOrléanais ; — H. Sur 
J'histoire de Louduii et du Loudunais ; — HI. Sur l'histoire de Vitry-lc- 
François et de la (Champagne ; — IV. Sur l'Iiisloire des éludes grecques ; 
— V. Sur l'histoire poiilirpie et littéraiie des xvn', xviu' et mx' siècles ;. 



— i:\ — 

— V[. Sui: le jaiisi'-iusmc ; — \ II. Sur Piisc;il ol autour do Pascal ; — 
VllI. Sur Bossuot : — l\. Sur rénclon ; — X. Discours ; — XI. Confé- 
lenccs. — l,a broclmro poitc (■elle ('pijfrapiie : « In recof/nitiofiem pffecLi 
fahoris. In s})Pih /ler/icie/itii. » Nous souhaitons au laborieux érudit que la 
\ie lui porincltc d'accroître longuement la liste de .ses travaux. 

— M. (Jeorges Héuinn, bibliothécaire à la Bibliothèque Korney, est un 
des meilleurs et des plus actifs collaborateurs de M. Ernest Coyccque dans 
l'œuvre qu'il a entreprise du catalogagc des bibliothèques municipales de 
la ville de l'aris. \ oici un nouveau travail dû à ses soins : Ville de Paris. 
Dihliol/iè(/ue municipale du x' a?'rondissement .. Fo7ids de lecture sur 
place ou section no 2. Catalogue (l'aris, imp. de Hemmcrlé, 1918, in-32 
de xxiv-243 p.). La section n" 2 dans les bibliothèques municipales com- 
prenait les livres dont le prêt à domicile n'était pas autorisé et que l'on ne 
pouvait consulter que sur place. Une mesure du 20 janvier 1910 a décidé 
l'extension du prêt à domicile aux volumes de cette section, sous réserve 
d€s ouvrages de référence (dictionnaires, annuaires, etc.), qui continueront 
assez naturellement à ne pouvoir être consultés que sur place. Et c'est la 
lu'emièrc fois depuis 37 ans. nous dit M. Coyecquc dans son .\vant-l'ropos, 
qu'on piiblie le catalogue de la section dite de lecture sur place d'une 
bibliothèque d'arrondissement. M. Georges Rémon, dans ce travail, a suivi 
le classement adopté dans les bibliothèques municipales parisiennes. Quant 
à la composition de ce fonds, M. Rémon, dans son Introduction, dit juste- 
ment que « très composite ». il nous « renseigne sur le genre d ouvrages 
qu'un amateur de livres aimait à réunir entre 1840 et 1870. » L'histoire et 
la littérature y tiennent les premières places (675 et 433 volumes sur un 
total de 2295). Il sy trouve de bons [ouvrages d'étude ; mais la collection 
se sent de son origine et il y manque bien des livres que l'on devrait 
trouver dans des bibliothèques de ce genre. 

— C'est à litre purement bibliographifjue que nous signalons la bro- 
chure de M. Urbain Gohier : Réponse auœ socialistes du Kaiser. Comment 
Je n'ai pas tw! le traître Jaurès (Paris, Vfl% 3, rue du Prc-aux-Clercs. in-8^ 

de 49 p. et 1 fig.). 

— Avec la livraison d'octobre 1918. portant le no 68 de la collection, se 
termine la l""^ année du Bidleliii iriineslriel de la Société historique elarchco- 
l(>(li<iue du IV' arrondisseiueiU de Paris, la Cité (Paris, mairie de l'hôtel de 
ville, et Champion, in-S paginé 249-328, avec 7 grav., 2 portraits et un 
l^lan). M. A. Callet poursuit son étude sur Un Habitant de l'ile Saint-Louis, 
le peintre Fr. Monchel, commencée dans la livraison précédente du Bulletin 
(p. 249-264, avec 3 grav.). — L'histoire des Hospitalières de la place Uoyale 
est retracée avec de très utiles précisions par M. Marcel Fosseyeux (p. 26S- 
279), qui a illustré son texte par un beau portrait de M"" de Bullion, bien- 
faitrice des hospitalières (xviie siècle), une petite vue du couvent et de 
l'église des Minimes et 2 reproductions de gravures (1741) rappelant la 
guérison miraculeuse de Marie-Anne Follet. — MM. Louis Bonnier et L. 
Tesson fournissent des détails intéressants sur « le casier archéologique et 
artistique » du Hl^ Arrondissement. Commission du Vieux-Paris. M. L. Tes- 
son donnant spécialement une assez longue m Note historique au sujet des 
llaudriettes » (p. 280-300, avec un plan du quartier de la Grève et une gra- 
"\ure). — Pour finir, M. A. L'Esprit fait revivre la figure bien connue, mais 
im peu oubliée, de Champion, l'homme au petit manteau bleu (p. 301-311^ 
«avec portrait). 

Alsace et Lorraine. — Sous le titre : 10^8-19 IS. L'Alsace et la Lorrcdne 



— 76 — 

DeaUnt el doivent rester françaises (Paris, Fischbachcr, i918, gr. în-4 de 
-106 p., avec planches et cartes. Prix : 12 fr.), a tout dernièrement paru un 
recueil des plus suggestifs concernant nos deux chères provinces enfin 
rentrées dans l'unité nationale. Mais quand ce vokime se préparait, les 
faits n'étaient pas encore accomplis. Ce recueil s'ouvre par un Avant-Pro- 
pos. Pour iAisnce et pour la Lorraine. L'Œuvre du comité « VEJforl de la 
France et de ses alliés ». par M. Paul Labbé (p. 7-9). Suivent quatre étudy 
historiques de véritable valeur : la première, intitulée simplement : Intro- 
duction (p. 11-20) est une analyse de tout ce qui touche à nos provinces 
perdues en 1871 aussi bien an point de vue historique que sous le rapport 
psychologique ; son auteur, M. Jacques Flach, de l'Institut, a fait œuvre, 
a la fois, de savant et de bon^Français. — Les trois autres éludes, sont, à 
tous égards, fort remarquables, savoir : Les Prétentions des Allemands sur 
VAlsace el la Lorraine, par M. V.-H. Friedel (p. 21-28); — Le Retour de 
l'Alsace à la France sou^ Louis XIV, par M. Jacques Flach (p. 29-39) ; — 
16^18-1789- I8à8, par M. Rodolphe Heuss (p. 41-47). — De la page 49 à la fin 
du recueil, ont pris place, dans l'ordre chronologique, les divers docu- 
ments alsaciens-lorrains ou français qui, pour ainsi dire sans arrêt, en 
1871. 1874, 1897 et depuis 1914 à ces derniers temps, ont affirmé les reven- 
dications de nos frères courbés sous le joug allemand et celles des autres 
Français. Depuis la Déclaration de Bordeaux (17 février 1871) jusqu'au 
discours de M. Laurent Hartman (Nancy, l'"'' mars 1918), nous comptons 
28 documents (déclarations, prolestalions, conférences, discours) émanant 
de personnalités qualifiées à litres divers et qui, tous, visent au but unique 
de revendiquer les pays arrachés à la France par la Prusse aux j»urs 
néfastes de 1871. De ci, de là, il y aurait bien quelques réservés à faire ; 
mais l'heure n'est pas aux chicanes d'opinions quand le patriotisme seul 
a la parole. 

Maisiî. — Nous recevons le 4' fascicule des années réunies 1917 et 1918 
du Bulletin de la Société d'agricidture, sciences et arts de la Sarlhe, qui clôt le 
tome XXXVIII" de la 2' série, correspondant au tome XLVI' de la collection 
(Le Mans, imp. Monnoyer, 1918, in-8 paginé 273-356, avec un portrait hors 
texte, 3 planches et des figures dans le texte). Ce fascicule renferme la fin 
de l'intéressante Monographie du facteur des postes, par M. Rozé, qui, ayant 
«lé receveur principal des postes, parle avec une compétence que nul ne 
contestera (p. 273-304). — - M, (icrbault fait ensuite connaître le résultat de 
ses Uecherckes sur la constitution du phénotype linnéen « Ranunculns repens » 
4lans la province du Maine et ta Basse-Normandie (p. 305-347. avec 3 plan- 
ches et des figures dans le texte). Les dernières pages du fascicule (p. 340- 
350) sont remplies par trois poésies : Vieux Châteaux, par M. Simon, Les 
Soirs, par M. (îralfin et Bonjour, les vieux !, par M. Renard, pièce qui met 
en scène, de façon très originale, un « Poilu », revenu au pays, et ses 
vieux parents : ces trois pages valent mieux, certes, que plus d'un long 
poème de notre connaissance. 

MoRMANDiK. — Le fascicule de juillel-octobre 1918, qui forme le 3'^ et le 
4' Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne dot le tome 
XXXVIl de cette publication (Alençon, Impr. alençonnaiso. in-8 paginé 
<;cLxxxni-cc.t;xx et 177-237). Les pages numérotées en chiffres romains sont 
remplies par l'Analyse de la correspondance générale (additions et corrections) 
<lu (joniité ecclésiastique (documents relatifs au département de l'Orne). A. la 
suite l'on trouve trois mémoires intitulés : Le Diamant d' Alençon, par 
M. l'abbé Letacij (p. 197-214) ; — Deux Anciens Documents de guerre. /. Une 



— 77 — 

f.etlrc de passe d'tm prisonnier de (juern; de 1707. Messire Lonis-Claade-Pierre 
de lu Boussardièrc, par M. l'abbi» L. Tabourier (p. 21îj-244) ; — La Confrérie 
de Noire-Dame en l'église de Moidperroux (1772), par M. Jean P(jr(;licr 
(p. 245-2554). 

— Il est rendu compte dans la présente livraison (p. 5S-5'.)) du 
beau livre de M. chanoine Eudelirie sur la paroisse d'IIauville. Disons ici 
que cet ouvrage, tiré à 300 exemplaires, a été presque épuisé par les sous- 
cripteurs (Évrenx, impr. de l'Eure ; et Rouen, Lestringant,i n-4 de xv-595 p., 
jivec 42 gravures sur papier de luxe. Prix : 20 fr.). C est une excellente 
monographie d'une intéressante paroisse du diocèse d'Evreux. 

Poitou. — Rome a évocjué. devant le tribunal du Saint-Olïice, la cause 
(le ce qu'on a appelé « le fait de Loublande. » Remettons-nous donc en toute 
confiance et toute sécurité à la décision du Saint-Siège. En attendant, signa- 
lons, sur le sujet, ou s y rapportant, une brochure de M. Emile Marsac : 
Al? Pai/s de Claire Ferrhaud (Fontenay-le- Comte, bureaux de la Vendée, 
1018, petit-in-8 de 23 p.). où l'auteur, en pleine soumission aux décisions 
ecclésiastiques, rappelle en excellents termes, les faits historiques qui 
peuvent expliquer les préférences du Sacré-Cœur pour la Vendée, terre de 
souffrance et de sacrifice s'il en fût. dont les fils arboraient, en 1793, linsigne 
du Cœur divin. 

Angleterre. - Sir Bazil Zaharov. un philanthrope connu, vient de fon- 
der à l'Université d'Oxford une chaire de littérature française qui prendra 
le nom du maréchal Eoch. Il a donné à l'Université 625.000 francs pour 
assurer cette fondation. Nous sommes heureux d'enregistrer cet acte géné- 
reux qui, en même temps qu'il est un hommage au grand homme de 
guerre, aidera à la connaissance et au développement de la langue et de 
l'influence française chez nos alliés d'Outre-Manche. 

FiNLAiNDE. — Nous avous BU l'occasiou de signaler ici le beau travail dans 
le(|uel M. Arthur Langfors nous faisait connaître le manuscrit français 
12483êie la Bibliothèque nationale, contenant un recueil en l'honneur de 
la Sainte Vierge, œuvre d'un dominicain du Soissonnais qui écrivait dans 
le premier tiers du xiV siècle. Le même érudit tire de cette composition 
quelques renseignements sur la Soci-Hé française vers 1330 vue par un 
Frère prêcheur du Soissonnais (extrait des Finska velenskaps-Mociflftens 
forhandfingar, t. LX, 1917 1918. section B, n^ 1, kelsingfors. Centraltry- 
ckeri. 1918, in-8 de 23 p.) Naturellement lui recueil de ce genre ne sau- 
rait fournir les éléments d'un tabh-au complet de la vie sociale ; et par 
ailleurs il ne faut pas oublier qu'un écrivain qui poursuit une œuvre 
d'éditication et de moralisation est porté à charger les traits de sa pein- 
ture et à faire voir surtout les vilains côtés d'une société, ceux que précisé- 
ment il entend réformer. \ côte de généralités un peu vagues, quelques^ 
traits plus particuliers aideront à préciser notre connaissance du coslume 
et des coutumes au début du règne de Philippe de Valois. 

Suisse. — Nous sommes en retard avec le BuUelin de la Société fribour- 
(feoise des sciences naturelles. Le volume XXI (Kribourg. impr. Fragnière, 
1913, in-8 de 112 p., avec 3 graphiques et I portrait Prix : 2 fr. 50), con- 
tient, avec des résumés inti-ressant l'activité de la société, des articles origi- 
naux tels que la Neuje et Ifs (jlaciers en Savoie en t9t-J. de M. le proL P. 
Girardin et la Néplirile dti Val l'aller, par M. le prof. M. Musy. — Le 
volume XXII (Fribourg. impr. Fragnière. 1914. in-8 de 96 p.. avec 2 gra- 
phiques et 2 portraits. Prix : 2 fr.;. renferme, entre autres articles, un 
excellent résumé où M. le prof. Plancherel fait connaître les diverses hypo- 
Ihèseacosmogoniques, et queltjues pages substantielles où M. Rothey nous^ 



— 78 - 

cnlrelieiil de la géographie humaine dans le Jura bernois. — La Société 
fribourgeoise des sciences naturelles no se contente pas de publier sou 
Bulletin annuel : elle édile encore des mémoires originaux. Dans le 
volume IV de la série consacrée à la géologie et à la géographie, le fasci- 
cule 4 reproduit une conférence du professeur D' D. Schruler sur le Désert 
el sa véyélaiion (Fribourg. impr. Fragnière, 11)14, gr. in-8 de 22 p.. avec 
4 planches. Prix : 2 fr.). I/auleur expose; avec clarté les caractéristiques 
du désert : sécheresse, précipitations irrégulières, températures excessives à 
grandes oscillations journalières, vents violents, évaporalion dépassant de 
beaucoup la précipitation ; ])uis il décrit les diflerenls types de la végéta- 
lion qui comprend surtout des plantes annuelles, des plantes grasses, des 
halophytes, des buissons épineux à feuilles petites, nulles ou poilues, des 
graminées à feuilles enroulées. Il y a très peu d'arbres, de plantes griHi- 
pantes, d'épiphytes et de cryptogames. Olte flore, pauvre en espèces, 
riche en formes localisées se défend par des adaptations fort ditîércntes 
contre ses ennemis, la sécheresse et le broutage. Cette conférence est une 
«!uvre de haute vulgarisation qui intéressera tous ceux qui s'occupent 
de géographie botanique. — Le troisième volume de la série « Mathéma- 
tiques et physique » contient une Conlribalioii à l'étude des terres rares et à 
quelques-unes de leurs propriétés optupies, par le D" Charles Garnier (Fri- 
bourg, impr. Fragnière. 1!H5, gr. in-8 de 136 p. Prix : 2 fr. 50). Tout en 
faisant l'historique de la découverte des terres rares, le D"^ Garnier 
indique les propriétés les plus importantes des terres cériques et yttriques 
ainsi que le point où en sont restées les recherches des chimistes s'occupant 
de ces terres précieuses. Il insiste sur la méthode de séparation du néo- 
dyme, du praséodyme, du samarium et de l'erbium : l'électrolyse et la 
capillarité fractionnent le didyme, mais l'auteur préfère à ces procédés 
physiques la méthode chimique d'ilolmberg qui permet un travail plue 
économique, plus rapide, plus sûr. La seconde partie de l'ouvrage est con- 
sacrée à la phosphorescence des terres rares. Tout d'abord il faut '•bavoir 
préparer les sulfures luminescents cl connaître les procédés généraux de 
fabrication. C'est alors qu'interviennent des études nouvelles sur les sul- 
fures alcalino-terrcux de Ca, Sr, Ba, contenant des terres rares et plus 
particulièrement du samarium. Ces recherches, conduites avec méthode et 
ingéniosité, confirment les théories de M. de Kowalski sur la phosphores- 
cence. 

Etats-Unis. — Le Déparlement du travail aux États-Unis nous donne 
une bibliographie du travail des enfants, (pii est la refonte d'un réper- 
toire analogue dressé par M. A. P. C. Grilhn et publié en 1000. Cette oou- 
velle édition, mise au point sous la direction de M. II. II. B. Meyer avec 
l'active collaboration de .Miss Lama A. Thompson, bibliothécaire du bti- 
reau des enfants: List of références o/i child /ahonr {W'Ashmglon, Govorn- 
ment printing press, 1916, in 8 de 161 p. — Prix : 1 fr.), ne renferme pas 
moins de 1828 numéros (livres ou articles de revues) répartis entre les 
rubricpies suivantes : Bibliographies ; — États-Unis ; — Pays étrangers ; 
— Ifidustries ; - Éducation ; — Occupations juvéniles ; — Santé des en- 
fants employés au travail. Des index, par noms d'auteurs et par ordre 
alphabétique des matières, lacilitent la consultation de ce répertoire, riche 
.surtout, naturellement, en ce qui concerne les publications américaines. 

— Les ouvrages publiés sur les Foraminifères qui ont été trouvés sur 
les côtes européennes de l'Océan Atlantique sont vraiment considérables, 
mais il n'en est pas de même de ceux concernant ces inÎMnes animaux 



— 79 — 

\'iv,'inl sur les côtes des Ktits-Lnis. MoHanl à pi ofil les inipoi taiils inatériiitix 
rappoilt's par les diiréreiits bateaux du Bureau des pêcheries des F'Uals- 
iJnis et surtout ceux recueillis dans ses dragages et ses snudag»-» tiydro- 
graphicpies par le steamer Albatros, (^^l même Bureau, M. Joseph. \u^ 
guste (]ushman. dotjt nous avons à plusieurs reprises analysé dans celle 
Revue les importants travaux sur les Foraminifères de l'Océan Pacifiqtie. 
•entreprend l'étude de ces mêmes animaux appartenant à la famille des 
Aslrorhizidae et habitant principalement les côtes des États-Uriis. du golfe, 
■du Mexique et des localités adjacentes, dans : The Foraminifei a of the 
Atlanlic Océan. Part 1. Astrorhicidap {Smithsonian Iit.siitnti»n . United 
States National Muséum. Bulleti?i 104. Washington, (jovernmenl piin- 
ting office, 1918. in-8 de 111 p.. 39 pi.). 9o espèces et 5 variétés ré[)aities en 
33 génies sont décrites dans ce volume et, parmi ces dilTérentes formes, 
i espèces et 2 variétés sont nouvelles. Les 39 pi. qui accompagnent cet 
important mémoire représentent la presque totalité des espèces mention- 
nées avec une exactitude et une netteté vraiment remarquables. 

Publications nouvelles. — Le Fait divin du Christ e.c/jliqu' nuœ ijens 
du ?}ionde. par Mgr Tissier (in-12, Téquii. — Leçons sur la messe, par 
Mgr P. BatifloI (in-12. LecotTre, Gabalda). — Cours sup 'rieur de l'eligion, 
par L. Prunel. III. Les Mi/.^téres. IV. La Grâce (2 vol. in-I8. Beauchesne). 

— La Grâce, essai de psycholoyie religieuse, par G. Truc (in-16. Aicaii). 

— Lettres sur la souff'rance, par É. Leseur (in-ltî, J. de Gigord). — 
Retraite sur les grandes vérités, par J. Millot (in-i2, Téquî). — Kpis de 
éon grain, paroles de lumière et de paix, par .\. Bernard (petit in-8, 
Beauchesne). — Dieu, V invisible Roi, par H. -G. Wells (in-16. Pavot). — 
Introduction à l'étude du code canonique, par Mgr A. Pillet (in-16. Vitte). 

— Education. Un Essai d'organisation démocratique, par L. Zoretti 
(in-16, Plon-Nourrit). — Les Confidences d'un tréponème pâle, par M. Boi- 
gey (in-16. Payot). — L'Ether, moteur unique des forces matérielles, par 
J. Le Ilardonier (in-16. Plon-Nourrit). — La Parole. Comment on parle. 
Comvient on téléphone, par L. Fournier (in-8, Bonne Presse). — L Indus- 
trie du fer, par L. Férasson (in-16, Payot). — Sa Majesté le Fer, par .T. et 
H. Roussel (in-8. Bonne Pressei. — L' Aviation de demain, son avenir 
industriel et comm'-rcial, par J. Dargon (in-8, Berger-Levrault). — Tra- 
vaux de dames, par .M. de Saint-Genès (in-12. Bonne Presse). — Un Demi- 
siècle de ?nusique française. Entre les deux guerres (1870-1917), par J. 
Tiersot (petit in-8, Wcan). — Ainsi chantait Thijl (1914-1918). par M. Gau- 
chez (in-16. Grès). — La Médecine dans notre théâtre comique, par le D"^ 
M. Bontarel (in-8, Champion ; Fauteur, 89. rue de Rennes, Paris. VI«). — 
Paul Claudel, essai critique, par L. Richard-Mounet (in-18, Figuière). — 
Les Pierres du foger, essai sur l'histoire littéraire de la famille fran- 
çaise, par H. Bordeaux^(in-16, Plon-Nourrit). — Xotre-Dam" du Faubourg, 
par J. Morgan (in-16, Plon-Nourrit). — L'Immaculée, par É. Schneider 
(in-16, Albin Michel). — Simon le pathétique, par J. Giraudoux (in-18, 
Grasset). — Scènes de la vie littéraire à Paris, par .\. Billy (in-18, La 
Renaissance du livre). — Moll Flanders, par D. de Foc ; trad. française de 
M. Schwob (in-i8, Grès). — L'Intrus, par R. Dombre (in-16. Bonne Presse). 

— Olivette et Miguelito. par M. Colomban (in-S, Bonne Presse). — Ré- 
demptrice, par J.-P. Bonnet (in-12. Bonne Presse). — Des Fleurs sur la 
route, par J. Vézère lin-8. Bonne Presse). — Les Collections canoniques 
romaines de l'époque de Grégoire VII, par P. Fournier (in-4, G. Klinc- 
sieck). — Correspondances du dernier siècle (1836-1864), par L. de Lan- 



— 80 — 

zac de Laboric (in-lC, Beauchesnc). — Les Prpcur.teurs. Histoire de la 
/{évolution de i848, par G. liouniols (in-18, Delagrave). — Histoire de^ 
trois générations, 1815-1918, par J. Bainville (in-iO. Nowvelle Librairie 
nationale). — Les Intellectuels dans la société française, de iancicn 
régime à la démocratie, par R. Lote {in-16, Alcan). — La Politique exté- 
rieure de i Autriche-Hongrie, 1875-1914, par J. Larmeroux. II. La Poli- 
tique d' assenai ssement , 1908-1914 (in-8, Plon-Nourrit). — Notre Clemen- 
ceau jugé par un catholique, par J. Raymond (in-12, Jouyc). — La Pénin- 
suie hdllcanique, géographie humaine, par J. Cvijic (gr. in-8, Colin). — 
La Patrie serbe, par M. de Benoît-Sigoyer (iti-I2, Jouve). — Les Pêche.< 
maritimes. Un Tour sur le iJogger-liank, par II. Malo (in-t6, Bossard). — 
Au Ma -oc. Marrakech et les /torts du sud. par le comte M. de Périgny 
(petil in-8. Pierre Roger). — La France au Maroc, par \. Liclitenberger 
(in-iO, Berger-Levraull). — L État et la Natalité, p.ir le marqui.s de Roux 
Tm-IG, Nouvelle Librairie nationale). — La Politique internatioiiale dic 
)nar.jcism>'. Karl Marx ''t la France, p.ir J. Longuet (in-8. Alcan). — 
L'Euro'ie au jour le jour, pnr A. Gauvain. T. II à IV (4 vol. in-8, Bossard). 

— Art /{épouse du mauvais serviteur, par J. Jorgensen ; trad. du danoi* 
par .L de (Joussange (in 16, Bloud et Gay). — Près des combattants, par 
A. Cheviillon (in-10, Hachette). - Verdun (mars-avril-mai 1916), par 
R. Jubert (in-16. Fayot). — La Grande Guerre. I^e Martyre de Soissons^ 
août 1 91 1-juillet 1918. par Mgr P.-L. Péchenard (in-8, Beauchesne). — 
If A t <(i'-e à la Cerna, notes et impressions d Un officier de l'année d'Orient 
{octobre 1915-aoiU 1916), par J. Saison (in-16, Pion-Nourrit). — Sous la 
rafale. Au service de V infanterie. Souvenirs d'un dragon pendant la 
Gramle Guerre, par A. Sclimitz (in-16, Bloud et Gay). — Le Travail invin- 
cibli', par P. Ilamp (petit in 8. Éditions de la « Nouvelle Revue française »). 

— Le Mavtgre de Lens Trois Années de captivité, par É. Basly (in-16,. 
Plon-Nourril). — En représailles, par E.-L. Blanchet (in-16, Payot) — 
Noti^.< d'une internée française en .Allemagne, par G. Fallet (in 8, Berger- 
Levratilt). — Le Poing allemand en Lorraine et en. Alsace, 187 1 19 14- 
191S, par .\. Fribourg (gr. in 8, Floury) — Essai sur le sentiment fran- 
çais en Alsace, par P. Pilant (in-16, Bossard). — Traditions française.'^ au 
Liban, par R. Ristelhueber (in-8, Alcan). — La Guerre vue par les rom- 
batiants allemands, par \. Pingaud (in-16. Pcrrin). — l^es Intrigues 
germaniques en Grèce, par D Vaka (in-16. Plon-Nourril). — Les Vii (oires^ 
Serbf's de 1916, par E. (îascain (in-8. Bossard). — La Révolution )-iisse ^ 
j)ar (-. .\net. Il (in-16, Payoti. Magyars et pangermanistes, par S> 
Osusky et J. Chopin (in-16. Bossard). — La Paix de Bucarest '7 mai 
19lX\. par n. lancovici (in-16. Payot). — Les Deux Fléaux du mondr. Lp.f 
Bolclievicks et l'impérialisme Kllemand. par V. Bourtzefl" (in-16. Payot). 

— Ln Guerre allemande et la Conscience universelle, par Albert, prince 
*le MiMiaco (in-16, Payot). 

ViSKNOT 



Le GéraiU : CII.M'UI.S 



iiupriiiK-ric S. l'aclcau. I.iiçon. 



POLYBIBLION 

Î^EVUE BIBLIOGKAIMIIOUE UNIVERSELLE 

PUBLICATIONS 
RELATIVES A LA GUERRE EUROPÉENNE 

I.a Guerre vue par les combatlaiits allemands, par Albert Pin- 
GAUD. Paris, Perrin, 1918, in-i6 de vi-:33U p. — Prix : 3 fr. 50. 

Une première étude sur le sujet ayant été donnée par M. Albert Piri- 
gaud à la Revue des Deux Mondes, l'idée lui est venue de « la reprendre 
sur des bases plus larges et de la faire porter sur une période plus 
longue. » L'enquête est conduite « jusqu'à la troisième année de 
guerre. » — <( La méthode documentaire, dit justement M. A. Pin- 
gaud dans son bref Avant-Propos, étant la seule qui convînt à un tra- 
vail de ce genre, je n'ai eu garde de m'en écarter. J'ai donc laissé le 
plus souvent possible la parole aux auteurs de lettres et de souvenirs 
du Front allemand, et je n'ai pas craint, pour dépeindre leur état 
d'esprit, de multiplier les citations que je me suis borné à commenter 
et à classer. » 

Ce travail, nouveau en l'espèce, est divisé en trois « Livres n : 
I. Les Ouvrages et les auteurs ; II. Les Prétentions et les illusions ; 
111, Les Réalités et les aveux. Dans le Livre I", M. Albert Pingaud, 
examinant certains volumes parus en Allemagne depuis le début des 
hostilités, esquisse les impressions d'officiers de carrière, de réser- 
vistes et de publicistes, ainsi que la mentalité des masses, et plus 
spécialement des étudiants. Il ne dédaigne pas de faire une excursion 
rapide parmi les « livres d'aventures ■», et cela nest pas sans utilité 
pour mieux comprendre l'esprit public d'outre-Rhin. — Le Livre II 
est un tableau remarquablement brossé de l'Allemagne depuis son 
entrée en campagne. L'état moral de la nation et l'organisation de 
l'armée aux points de vue les plus divers sont exposés par nos adver- 
saires eux-mêmes, toujours très infatués de leurs mérites. Il va de 
soi qu'ils témoignent le plus parfait mépris aux Belges et aux Pvusses, 
trop rapidement écrasés par eux, et c'est à peine s'ils accordent un 
peu plus d'estime aux Français qui, cependant, les ont si bien étril- 
lés sur la Marne. Quant à leur rage antianglaise, elle les aveugle d'une 
façon ridicule. 

Mais, le temps aidant, le fol optimisme germanique ne tarde pas 
à subir des éclipses, et les écrivains de toutes sortes mis à contribu- 
tion par M. Albert Pingaud rendent plus volontiers justice à leurs 
ennemis : la résistance belge et russe, la ténacité anglaise et les 
(( vertus françaises » ont fait réfléchir l'envahisseur qui. passant en 
ouragan sur la petite Belgique, s'imaginait atteindre Paris d'un seul 
bond et faire capituler la France. Ces gens du « peuple élu » conti- 
Février1919. t. CXLV. 6. 



— 82 — 

nuent à haïr certes, mais ils admirent le courage et l'endurance de 
troupes qu'ils croyaient d'abord, parce qu'on le leur avait affirmé en 
haut lieu, ne pas pouvoir tenir devant leur force et leur organisation. 
Et si les responsabilités du cataclysme devaient être établies unique- 
ment par certaines publications ne cessant de parler de conquêtes et 
d'envisager la domination universelle, la preuve serait faite que l'Al- 
lemagne, son empereur, son parti militaire, l'immense majorité de 
son peuple même ont prémédité et voulu la guerre. Mais cette preuve 
existe autrement, et solide ! 

A l'heure où enquêtait M. A, Pingaud, il semble que la formidable 
machine agressive montée par In Prusse annonçait déjà des craque- 
ments : l'usure morale et matérielle n'échappait pas aux écrivains 
clairvoyants ; de là. toutefois, à désespérer, la marge était grande 
encore. 

En ce qui concerne les dévastations inutiles et les atrocités si sou- 
vent reprochées aux Allemands, M. A. Pingaud invoque les témoi- 
gnages de certains acteurs ou témoins ; on en trouvera d'autres 
quand le calme qui suit les grandes perturbations sera revenu. Les 
dernières pages de ce livre particulièrement suggestif sont consa- 
crées à l'attitude des Alsaciens-Lorrains pendant la guerre ; les dé- 
tails, empruntés à des publicistes allemands, amènent l'auteur à 
conclure que nous avons « dès maintenant des raisons d'espérer. » 
Cette espérance est aujourd'hui pleinement réalisée : nos deux pro- 
vinces volées en 1871 et contaminées sans arrêt, depuis près d'un 
demi-siècle, par la Germanie, nous sont revenues. Nous les garde- 
rons — et mieux sans doute que notre ennemie héréditaire n'a 
gardé son fameux Rhin allemand. E.-A. Chapuis. 



Avec les alpins, par F. -A. Vuillermet. Paris, Lethielleux, s. d. (ISiS),. 
in-16 de 217 p. — Prix : 3 fr. 

Aumônier militaire à la belle division surnommée» l'Alsacienne », 
l'auteur s'est fait l'annaliste de ses exploits. Après s'être illustrés dans 
les Vosges, les alpins, sous les ordres du général Brissaud-Dc^maillets, 
ont combattu sur l'Aisne, dans le bois de Beaumarais. à Graonne, sur 
le plateau de Galifornie, à la Malmaison. Le 25 octobre 1917, leur 
attaque est foudroyante. Ils emportent le village de Pargny-Filain, et 
leur ardeur d'avancer est telle qu'à l'heure même on devait commen- 
cer l'attaque, ils ont déjà dépassé leurs objectifs et poussé les lignes 
jusqu'au bassin d'alinientatiotr du canal de l'Ailetto. Origijiaires ])Our 
la plupart de la Franche-Gomté et du territoire de Belfort, les alpins 
ont en général des sentiments religieux, et leur foi s'ajoute à leur 
esprit de corps pour aviver leur courage et susciter chez nombre 



— 83 — 

d'entre eux des actes vraiment héroïques que le P. Vuillorrnet a rap- 
portés avec une coinmunicative émotion. Mais combien d'onicicrs et 
de chasseurs ont payé de leur sang le succès de nos armes ! On peut 
leur appliquer les vers de Victor Hugo gravés sur le monument de 
Montmirail : 

La gloire, aube toujours nouvelle. 

Fait luire leur mémoire et redore leur nom. 

Parmi les épisodes les plus touchants de ce livre, il faut noter les 
derniers moments du commandant Hubert de Castex qui incarnait 
noblement lame du 24" alpins et dont la pensée, s'élevant au-dessus 
des souffrances de ses blessures, (t s'en allait de Dieu, qu'il invoquait, 
à ceux qu'il laissait, sa femme, ses enfants, son bataillon. » En un 
dernier chapitre, le P. Vuillermet a transcrit les citations à l'ordre de 
l'armée recueillies, durant la bataille de l'Aisne, par les bataillons de 
la division et dont lecture avait été donnée au cours d'une émouvante 
revue passée par le général Pélain. P»oger Lambelin. 



From Bapaume to Passchendaele, 1917, by Pnti.ip G<bbs. Loiidon, 
William Heinemann, 1918. in-8 de vii-384 p., avec cartes. — Prix : 7 fr. 50. 

M. Philip Gibbs est, à tous égards, l'un des meilleurs correspon- 
dants de guerre : non sans risques pour sa personne, il voit de près 
les engagements dont il parle ; il observe les faits, il écoute les récits 
des soldats, il interroge les prisonniers de guerre et il compose avec 
tout cela des tableaux clairs, vivants, colorés des batailles que les 
troupes anglaises ont menées avec une indomptable énergie, avec 
une inlassable ténacité, avec un courage et un esprit de sacrifice 
admirables contre les troupes allemandes retranchées dans de solides 
positions. Dans ses relations qu'éclairent d'excellentes rartes, il fixe 
les points essentiels de Pavance anglaise, précise le sens des opéra- 
tions, en même temps que des épisodes bien choisis fixent la physio- 
nomie des combats et mettent dans le meilleur jour l'état d'esprit 
des combattants de l'une et de l'autre partie et, à Poccasion, celui des 
populations qui vivent près de la ligne de feu et qui ont subi la domi- 
nation germanique. Sans doute, ce n'est point là le récit définitif des 
campagnes de 1917, c'en est une esquisse qui semble fort exacte et 
l'on se rend bien compte en lisant ces pages animées que déjà les 
Allemands étaient sur leur déclin, que, malgré l'énergie qu'ils 
déployaient, malgré leur ingéniosité à multiplier leurs moyens de 
défense, leurs ressources en hommes et en matériel diminuaient, 
leur confiance s'ébranlait, leur mcfral s'amoindrissait, au lieu que les 
combattants anglais, à quelque partie de Pempire britannique qu'ils 
appartinssent, croissaient chaque jour en audace, en vigueur, en 
volonté de vaincre. 



— 84 — 

Les soixanlc-qnatrc chapitres de ce beau livre, d'une lecture si 
instructive et si réconfortante, se répartissent entre cinq parties : I. 
La Retraite de la Somme (janvier-mars 1917) ; IL A la poursuite de 
l'ennemi (mars-avril 1917) ; 111. La Bataille d'Arras (avril-mai 1917) ; 
IV. La Bataille de Messines (juin-juillet 1917) ; V. La Bataille des 
Flandres (juin-novembre 1917). E.-G. Ledos. 



La Gesta de la Légion, par E. Gômkz Carrlllo. Madrid, sucosores de 
Hernando. 19i8, in-16 de 261 p., avec une lettre autographe du lieutc- 
nanl-colonel Cot. — Prix : 3 fr. 50. 

Ce nouveau volume du grand écrivain ne le cède en rien en intérêt 
aux. volumes que nous avons eu la joie précédemment de signaler à 
nos lecteurs. Après les pages consacrées aux Français, aux Anglais, 
aux Belges, c'est la geste héroïque de la Légion étrangère qu'il nous 
retrace ici. Et son affection pour la France, son dévouement généreux 
pour la cause de la liberté et du droit que nous défendons se doublent 
ici d'un sentiment plus intime encore, d une sorte de tendresse pa- 
triotique qu'explique assez la grande, la belle part prise par les volon- 
taires de l'Espagne et de l'Amérique espagnole aux exploits qui ont 
rendu fameuse la Légion étrangère et qui doivent en rendre le nom 
cher et sacré à tous les fils de la France* à tous les amis de la civili- 
sation latine, à tous ceux qui ont senti que, dans celte longue guerre, 
se jouaient les destins de l'humanité. 

Dans les campements de la Légion étrangère, M. Gômez Carrillo 
n'a pas seulement approché ses compatriotes d'Amérique et d'Europe, 
il a vu de près aussi les Polonais, les Russes, les Américains ; est-il 
besoin de répéter à nos lecteurs que son sens psychologique si fin et 
son merveilleux talent d'écrivain ont su fixer en quelques traits ineffa- 
vables la physionomie physique et morale, le caractère particulier qui 
les distinguent les uns des autres. Ce ne sont là d'ailleurs que quelques 
parties du grand tout que forme la Légion étrangère ; car, observe 
fort justement l'auteur, il serait plus facile et plus prompt d'énumé- 
rer les nations qui n'y sont pas représentées que celles qui y ont 
envoyé quelques-uns de leurs enfants. Et ce qui fond dans une unité 
harmonieuse tous ces hommes si divers de races, de tempéraments, 
de conditions sociales, ce n'est pas assurément le goût des aventures, 
à lui seul ; car, observe encore notre auteur, pourquoi, dans ce cas, 
la France serait-elle seule à posséder une légion étrangère:* Non, il y 
a parmi eux une nanirne d'idéal, ils sont tous animés d'un amour 
un peu mystique j)our la l-'rance : la plupart de ces volontaires, les 
plus nombreux, les plus sinij)les, n'ont vu (pie le danger qui menaçait 
la l'rance et ils sont acco\irus la défendre, vl le merveilleux, c'est que 
la l'^uncc ne représente pas pour chacun le même idéal : pour l'un, 



— 85 — 

c'est la France de saint Louis, la France chrétienne et calliolique ; 
pour un autre, c'est la France de la Révolution ; pour d'autres, c'est 
la France des gloiies militaires et des exploits guerriers ; pour d'autres 
encore la France intellectuelle, la France des grands poètes, la France 
des grâces latines qui remplit leur âme d'enthousiasme et leur fait 
verser pour elle leur sang avec nue sorte d'ivresse généreuse. 

Et l'hymne à la Légion étrangère que nous chante M. Gômez Car- 
rillo se fond en un hymne à la France immortelle. Et l'on peut, l'on 
doit se dire avec le lieutenant-colonel Cot, que le concours du maître 
espagnol « sera aussi précieux pour la cause que nous défendons que 
celui des braves qui généreusement versent leur sang sur le champ 
de bataille. » 

A la geste de la Légion. M. Gômez Carrillo a joint quelques pages, 
non moins exquises, sur l'âme des prêtres-soldats. Et là encore, en 
pénétrant cette âme et en la faisant pénétrer à ses lecteurs, il rend à 
la cause française un nouveau service. 

Et à la joie intellectuelle que procurera à tout homme de goût la 
lecture de ces pages prestigieuses, s'ajoute pour nous, Français, la 
joie morale, l'orgueil légitime de voir notre pays s'assurer de telles 
sympathies. E.-G. Ledos. 



L'Europe dévastée, par Wilhelm Mlehlos, noies prises pendant les pre- 
miers mois de la guerre : traduit par J de la Harpe. Lausanne et Paris, 
Pavot. 1918. in-l.S de 261 p. — Prix : 4 fr. oO. 

Nous avons parlé assez longuement {Polybiblion d'octobre 1918. 
t. CXLIII, p. 172-174) de l'édition allemaiide de cet ouvrage pour 
qu'il soit inutile de nous attarder sur la traduction que nous en 
donne M. de la Harpe. Mais l'on peut rappeler que la personnalité de 
l'auteur, son indiscutable sincérité, l'importance de son témoignage 
sur les responsabilités de la guerre et sur l'état de l'opinion alle- 
mande dans les premières semaines qui en ont suivi l'éclosion font 
de ce mémoire un document de premier ordre. Des publications l'ont 
déjà fait connaître plus ou moins complètement au lecteur français. 
Mais là bonne traduction que nous en présente ici M. de la Harpe et 
que la maison Pavot édite dans un volume de format commode, bien 
et élégamment imprimé, n'est pas superflue. C'est elle que consulte- 
ront avec le plus de profit ceux qui ne peuvent recourir au texte 
même ; et dans ces jours où chez les Alliés quelques esprits faibles 
qu'on peut regarder comme des minus habentes, n'hésitent pas à faire 
passer au second plan la question des responsabilités, il est utile, il 
est nécessaire de répandre des livres qui, comme celui-ci, aident à 
la mettre en pleine clarté. E.-G. Ledos. 



— 86 — 

La Belgique nouvelle. A travers quatre ans de guerre (1914- 
1918), par Fernand NEtJRAY. Paris, Van Oest, 1918. 2 vol. in-i6 de 342 
cl 352 p. — Prix : 8 fr. 

M. F. Neuray, qui a été pendant la guerre le brillant écrivain du 
XY* siècle et dirige maintenant la IVation belge, a très bien fait de 
réunir les articles épars dans des feuilles volantes vouées fatalement 
à la dispersion matérielle. 

Les campagnes qu'il a menées pour la défense de son pays et 
l'honneur des grandes causes patriotiques, catholiques et sociales 
qu'il soutient méritaient de ne pas être oubliées. Les dates extrêmes 
de ces deux volumes vont de novembre 1914 à mars 1918. C'est la 
vie fourmillante et diverse des Belges dans les épisodes de ces années 
tragiques où ils figurent- comme soldats, exilés, citoyens, envahis, 
persécutés, etc. 

La question militaire est traitée amplement et toujours ramenée à 
l'éloge de la prévoyance du roi Léopold II qui prononçait à Bruges, 
dès 1887, ces paroles : u Les peuples qui ne savent pas ou ne veulent 
pas défendre leur indépendance ne sont pas dignes d'être libres. » 
C'est lui qui inspirait en même temps les articles prophétiques de 
Banning sur la nécessité du service militai-re (1., p. 95). — Touchant la 
question sociale maints passages de ce livre ont leur importance : en 
particulier ceux qui ont trait à Vandervelde et à ses dangereuses con- 
cessions, à l'esprit anarchique de son parti. — Questions politiques 
avec la neutralité belge qui doit disparaître et la liberté de l'Escaut 
qui doit être acquise. — Question allemande où l'on montre trois 
genres spéciaux de danger qui en dérivent ; le socialisme allemand 
avec rinlernationale ; le faux catholicisme d'Outre-Rhin tout impré- 
gné d'esprit protestant ; la main mise sur les justes revendications 
flamandes transformées en divisions séparatistes." — Je remarque cette 
phrase : « L'Allemagne a moins étonné l'univers par les crimes 
de ses soldats que par l'apologie que ses penseurs en ont faite. » 
— Question religieuse, avec le rôle du Saint-Siège à propos de 
l'invasion de la Belgique. Le patriotisme de M. Neuray dit verte- 
ment des choses justes qui le conduisent à une critique très vive de 
l'Osservatore romano ; il proclame la grandeur du cardinal Mer- 
cier, commente son voyage à Rome en janvier 1916 et, en face de 
certaines influences germaniques aujourd'hui évincées, il résume sa 
pensée en déclarant ne pas vouloir « confondre l'anlichanibic du 
Vatican avec le siège de Saint-Pierre. » — Mot de journaliste. 

A souligner un joli chapitre sur le règne des irresponsables : (< L'État 
moderne, l'fitat démocrali(nie a organisé la hiérarchie des parapluies, 
tout le monde dans les administrations est couvert par tout le monde. » 
A retenir également l'impartial éloge des travaux du Congrès de 



— 87 — 

Vifinne et la justice rendue à Louis XVIII comme à Talleyrand, tout 
à riionneur de la iwlilique française. A retenir enfin des « portraits » 
crayonnés d'une main ferme ; celui de M. de Broqueville et surtout 
de fines remarques sur Godefroid Kurth (II., p. 41 à 42 ; p. 302) que 
M. Neuray a bien raison de s'honorer d'avoir eu pour maître. En 
parcourant ces pages alertes, l'ensemble des choses de Belgique pen- 
dant ces quatre années s'éclaire aux yeux du lecteur. Voilà sans doute 
un agréable et judicieux résumé au jour le jour d'une époque qui fut 
pour nos alliés, délicate, difficile, épineuse, glorieuse et tragique. Le 
sens de l'histoire, l'amour de l'ordre, le culte de la patrie, la sagesse 
de l'esprit, le respect de l'Église ont inspiré tour à tour celui qui 
a tenu la plume. G. de G. 



.Les Intrigues germaniques en Grèce, par Dkmetra. Vaka (Mrs. Ken- 
NKTH Brown). Paris, Plon-Nourrit, 1918, in-16 de 279 p. — Prix : 4 fr. .oO. 

Ce très intéressant ouvrage, traduit de l'anglais, pourrait porter en 
sous-titre : « Les Étapes d'une conversion politique. » Mrs. Kenneth 
Brown, devenue Américaine par son mariage, était, en effet. Grecque 
de naissance. Patriote et royaliste, elle a souffert cruellement des 
nouvelles qu'elle recevait de Grèce et qu'elle qualifiait de calomnies, 
ne pouvant croire à la félonie du roi Constantin. Poussée par l'amour 
de son pays, par son désir de dissiper ce qu'elle croyait être des malen- 
tendus, elle n'a pas hésité à venir des États-Unis en Grèce, avec son mari, 
pour tenter d'éclaircir la situation et d'opérer un rapprochement entre 
Vénizelos et le Roi, afin de faire la Grèce plus grande et plus forte, sous 
l'autorité de son souverain. Dans ce but, elle a interrogé, à .Vthènes, le 
Koi et les princes royaux, les ministres et les généraux, enfin tous les 
soutiens et les partisans du trône et de la politique de Constantin. 
Ame juste et droite, enthousiaste pour son roi, mais, par-dessus 
tout, passionnée pour la vérité, Mrs. Brown, à. Athènes même, a 
senti son royalisme chanceler. A Salonique. elle s'est entretenue avec 
Vénizelos et avec ceux qui l'entourent, et là, la lumière s'est faite 
complètement dans son esprit désabusé. Bref, arrivée en Grèce roya- 
liste convaincue, elle en est partie venizeliste ardente, et rien n'est 
plus passionnant que de la suivre dans les étapes de cette transfor- 
mation, dont l'aboutissement est le plus bel éloge que l'on puisse 
faire de la justice de la cause si brillamment défendue et représentée 
par le grand patriote grec qu'est Vénizelos. C'est le récit, presque 
sténographié, des nombreuses interviews qui ont amené Mrs. Brown 
à la connaissance de la vérité, qui formé ce volume, d'une lecture 
singulièrement captivante et instructive. Bien des voiles sont soulevés 
sur la politique germanique de Constantin, bien des explications 



— 88 — 

sont données à des incidents souvent dramatiques restés jusqu'à ce 
jour mystérieux. Nous avons ainsi une précieuse contribution à l'his- 
toire politique de la guerre.^ J. C. T. 



L'Irlande ennemie '.*, par R.-C. Escoufi.aire. Paris, Payot, 1918, in-lG 
de 272 p. — Prix : 4 fr. 30. 

La question irlandaise a pris à nouveau un caractère aigu. Aux_ 
élections générales du mois de décembre dernier, les candidats du Sinn 
Fein ont emporté des succès écrasants qui ont dépassé les espérances 
de ce parti. Or, comme le Sinn Fein a, dès avant la guerre, conclu 
avec l'Allemagne une étroite alliance, comme ses chefs ont été les 
auxiliaires et les agents de la Wilhemstrasse, comme la rébel- 
lion de Pâques 1916 à Dublin, fut accompagnée d'une démonstra- 
tion navale et d'un bombardement aérien des côtes anglaises, il est 
difficile de contester qu'à l'heure actuelle l'Irlande peut être considé- 
rée comme une ennemie non seulement de l'Angleterre mais aussi des- 
États de l'Entente. 

M. Escouflaire a posé avec une grande netteté les termes de la 
question irlandaise telle qu'elle se présente aujourd'hui, et, pour que 
ces termes fussent bien compréhensibles, il a fait appel à l'histoire 
ancienne et à l'histoire moderne. 11 a retracé les phases multiples des 
réformes religieuses, agraires, scolaires, judiciaires successivement 
réalisées dans l'intérêt des Irlandais depuis le commencement du dix- 
neuvième siècle. Il a rendu hommage aux grands patriotes, que 
furent Grattan, O'Connell, mais a apprécié avec une juste sévérité 
l'œuvre de Parnell, de Dillon et les combinaisons parlementaires dont 
furentles initiateurs des hommes d'État britanniques tels que Glads- 
tone et Âsquith. 

Il est utile de connaître les agissements de Sir Roger Casement. de 
Kuno Meyer. agissements sur lesquels la publication des correspon- 
dances du comte BernstorfF a projeté une vive lumière. Il faut aussi 
lire les procès verbaux de la « Société germano-irlandaise » fondée à 
Berlin depuis la guerre sous les auspices du chancelier von Bethmann 
Holweg et avec le concours des chefs du Sinn Fein. 

Au maréchal Hindenburg, la Société adressait en mars 1018 un té- 
légramme ainsi conçu : « Convaincus qu'une Irlande libre, indépen- 
dante de l'Angleterre, garantira la liberté des mers et par là libérera 
le monde de la tyrannie maritime anglaise, nous espérons nnc paix 
allemande... » Les Irlandais acceptaient donc gaîment la perspective, 
pour se séparer de l'Anglolerre, de s'inféoder à l'Allemagne, comme 
si le sort de l'Alsace-Lorraine, de la Pologne prussienne était si digne 
d'envie T 



— 89 — 

L'ouvrage de M. Escouflaire redresse certaines idées erronées et 
éclaire des coins restés longtemps obscurs de l'histoire contempo- 
raine de l'Irlande. Rogek Lambeun. 



La Ciuerra, leltere tli un socialiste ai suoi Bgli, da Pieho Domkm- 
CHELLi. Fiienze, H. Reniporad e figlio. 1918. iii-lG de 318 p. — Prix : 3 (r. 

Avant la guerre, M. Piero Domenichelti était socialiste et anliniili- 
tariste ; et sou antimilitarisme l'obligea même de dormer sa démis- 
sion d'ofBcier. Mais il était aussi poète et par là même idéaliste ; la 
guerre a réveillé ou exalté son patriotisme et, à l'encontre de plus d'un 
parmi ses coreligionnaires politiques, il a refusé de faire cause com- 
mune avec les neutralistes, il a rejeté ses illusions sur la fraternité 
des socialistes allemands, il a reconnu la justice de l'intervention ita- 
lienne, la nécessité de lutter jusqu'au bout contre l'hégémonie des 
empires centraux et il a tenu à prendre sa part dans cette lutte d'abord 
comme simple soldat puis comme officier. Aussi la défaillance de 
troupes italiennes à Caporetto a-t-elle été pour lui un coup doulou- 
reux, d'autant plus douloureux qu'elle était due en partie au moins 
à un manque de patriotisme ; il cite avec une légitime indignation le 
cri de soldats répondant : « X bas l'Italie ! » aux acclamations des 
camarades français et anglais qui accouraient au secours des Italiens 
en criant : « Vive l'Italie ! » — Dans ces pages qu'il a écrites au jour le 
jour pour ses enfants, il raconte ses impressions, il exprime ses sen- 
timents avec la franchise et la vivacité d'une causerie intime. Sans 
doute son idéalisme le laisse tomber parfois dans l'idéologie ; et ses 
vieux préjugés socialistes ne l'ont pas abandonné : il témoigne notam- 
ment vis-à-vis du Souverain Pontife d'une aveugle et regrettable par- 
tialité ; et sa méfiance — pour ne pas dire plus — vis-à-vis des 
classes dites supérieures obscurcit parfois son jugement. Mais com- 
ment nous en étonnerions-nous? Le surprenant serait qu'il se fût 
totalement transformé d'un seul coup : il est déjà bien beau qu'il ait 
pu se dégager des liens qui retiennent captifs tant de ses coreligion- 
naires politiques et qu'il n'hésite pas à rendre un hommage ému à 
des adversaires de la veille. 

11 ne faut pas s'attendre à trouver ici d'amples et pittoresques 
détails sur les faits de la guerre ; les fonctions qu'a remplies M. Dome- 
nichelli ne l'ont guère mis à même d'observer le Front de très près ; 
mais on y rencontrera, à côté des impressions très personnelles de 
l'auteur, quelques faits de la vie des troupes et du pays, des rensei- 
gnements sur létat des esprits, des considérations philosophiques et 
politiques. Et dans tout cela il y aura certainement à puiser pour 
l'histoire et la psychologie de la guerre. E -G. Ledos. 



— 90 — 

Nous, soldats ! par Jean Tourmassus. Paris et Lyon, Vitte, 1918, in-16 de 
vii-182 p. — Prix : 3 fr. 25. 

Parti en août 1914, arrivé en janvier 1915 sur le Front de Lorraine, 
blessé devant Verdun en juin 1916, transporté à Orléans puis au 
Mont-des-Oiseaux, le jeune officier qui a écrit ces pages a connu assez 
d'heures tragiques, héroïques, angoissées ou fiévreuses pour que son 
récit nous intéresse et nous émeuve. D'une sensibilité que l'on devine 
aiguë et délicate, sachant voir et habile à rendre ce qu'il a vu. il 
donne l'impression qu'on l'accompagne, qu'on marche à son côté, 
qu'on partage ses périls, qu'on répond à ses propos, qu'on s'égaie 
comme lui d'un rayon de soleil avant de s'enfoncer dans la boue des 
tranchées, qu'on interroge avec lui le regard de ses compagnons ou 
la silhouette d'un factionnaire, qu'on avance près de lui dans le 
brouillard de feu... 

Dans la Préface par laquelle s'ouvre le livre. M. Maurice Barres se 
félicite qu'il y ait un si grand nombre de soldats écrivains qui 
racontent « pour l'univers et pour les siècles les grandes choses dont 
ils furent une part », et il ajoute que des livres comme celui-ci h nous 
rendent intelligibles les forces qui viennent de nous donner la vic- 
toire ». « A chaque page, dit-il à l'auteur, on vous remercie, et l'on 
remercie, l'on aime en vous tous vos frères d'armes ». 

Tenons-nous-en à ce jugement d'un maître. Ch. Landry. 



Essai sur le sentiment français en Alsace. Comment il s'est 
formé, comment il s'est maintenu, par Pall Pilant. Paris, Bos- 
sard, 1918, in-16 de 136 p. — Prix : 3 fr. 

Excellent petit volume oii sont exposées très clairement, très sim- 
plement, mais avec une entière sincérité, les raisons qui ont amené 
les Alsaciens à aimer la France après la réunion de la province au 
royaume, puis à lui garder cette affection quand l'Alsace en fut de 
nouveau séparée pour être soumise à l'empire allemand. L'auteur 
connaît parfaitement, et l'histoire de l'Alsace et surtout le cœur de 
cette province. Son ouvrage mérite d'être lu et répandu car il est bien 
documenté et contient, en peu de pages, un bon résumé de la question, 
si intéressante à l'heure présente où l'Alsace est revenue à la France 
avec un entliousiasme magnifique. 11 sera bon surtout que ceux qui 
seront appelés à se rendre en Alsace, à y détenir (juelque part d'auto- 
rité, puisent dans ces quelques pages faciles à lire, de bonnes direc- 
tions pour la conduite à tenir envers les Alsaciens. Il faut se souvenir 
que ce peuple, ayant beaucoup soulTert, a l'àme très sensible ; il faut 
se garder de la froisser. M. Pilant a divisé son travail on trois parties : 
r.Msace dans la famille française, l'Alsace allemande et IWlsace pen- 
dant la (Jrande (juerre. 11 est précédé d'un Avant-Propos où il est fait 



— 91 — 

justice, en quelques lignes, des arguments historiques employés par 
les Allemands pour revendiquer la possession de l'Alsace. Quelques 
fragments en note rapportent, à la fin, diverses opinions sur la ques- 
tion ; quelques documents sur Tesprit des Alsaciens-Lorrains sous le 
joug, forment des annexes, avec une table des noms cités. 

A. Gasser. 



I^e Poing allemand en Lorraine et en Alsace, lïtTI, 1014, 
lOlit, par André Fribourg. Paris, éditions d'Alsace et de Lorraine, 
Floury, 1918, in-8 de 223 p. — Prix : 4 fr. 

L'auteur, déjà avantageusement connu par ses publications histo- 
riques, nous avait donné en 1916 un petit volume intitulé : Les Mar- 
tyrs (f Alsace et de Lorraine. Reprenant le même sujet, le complétant 
et l'étendant, M. Fribourg, nous offre dans le présent ouvrage un 
corps de documents sur les véritables sentiments de l'Alsace. Ce sont 
en quelque sorte, et pour la période du joug allemand, les pièces jus- 
tificatives du volume précédent de M. Paul 'Pilant. Composé unique- 
ment de documents allemands, les faits y parlent seuls. Le livre se 
compose de deux parties d'inégale étendue. La première, sous le titre 
de : La Préparation au martyre, comprend la période de 1870 à 1914, 
^ien qu'elle soit la plus courte, les deux protestations de 1871, la 
ligue d'Alsace, les conseils de guerre et l'exode au début de l'an- 
nexion, puis les deux protestations au Reichstag et enfin les persécu- 
tions allemandes à la veille de la guerre. Je signalerai à lauteur une 
lacune à combler dans une prochaine édition : ce sont les nombreuses 
condamnations prononcées par les tribunaux ordinaires, pour mani- 
festations antiallemandes, les expulsions, les tracasseries sur l'em- 
ploi de la langue française, qui ont sévi pendant toute la période de 
l'annexion avec des phases plus violentes à certains moments. 

La seconde partie, intitulée : Les Martyrs, se rapporte à la période 
de guerre de 1914 à 1918. Nous y voyons défiler successivement toutes 
les catégories d'individus, de classes sociales, de professions et de 
métiers, toutes les victimes de la haine allemande et de l'amour pour 
la France. Quelques vignettes illustrent fort agréablement le volume. 

A. Gasser. 



En représailles, par Eugène-Louis Blanchet. Paris. Payot. 1918. in-16 
de 201 p., illustré par l'auteur et Pierre Laurens. — Prix : 4 fr. 50. 

Sans violence inutile dans l'expression, laissant surtout parler les 
faits, M. Blanchet, captif en Allemagne depuis octobre 1914 jusqu'au 
25 décembre 1916, date à laquelle il fut, pour cause de maladie et 
d'épuisement, expédié en Suisse, nous raconte ses souffrances de 
toutes sortes et celles de ses compagnons de bagne. Car. c'est trop 



— 92 — 

souvent à un véritable bagne que nos ennemis ont condamné leurs 
piisotmiers français, anglais, belges, russes, italiens, roumains, etc. 

Tous ceux de nos martyrs revenus de l'enfer teuton sont d'accord 
dans leurs dépositions en ce sens que si les Français ont été victimes 
de cruautés variées, le sort des prisonniers des autres nationalités a 
été généralement pire. Plus tard, les témoignages de ces derniers 
viendront s'ajouter à ceux de nos compatriotes, et l'on apprendra 
alors d'odieuses choses. Dès à présent, nous sommes fixés sur la 
façon dont se sont comportés les gradés de tous ordres de l'armée du 
Kaiser : c'était à qui, sauf d'infimes exceptions, s'ingéniait à tortu- 
rer les pauvres gens que les circonstances leur avaient livrés. Aussi 
l'auteur a-t-il été chargé par les malheureux restés entre les mains 
de l'ennemi d'être l'écho de leurs plaintes : « Tu sais ce que nous 
souffrons, lui ont-ils dit. Il faut qu'on les connaisse tels qu'ils sont. 
Raconte ce que tu as enduré, ce qu'on nous a fait, comment beau- 
coup sont morts. Parle !... Et ce sera pour les nôtres une raison de 
plus de tenir jusqu'à la victoire. » 

M. Blanchet s'y est engagé et il a bien rempli sa promesse. Non 
seulement il a parlé — et parlé éloquemment — mais il a recueilli 
les témoignages de plusieurs de ses camarades, entre autres du poète 
jurassien Alphonse Gaillard dont le PolybibUon a parlé autrefois. Ces 
témoignages sont accablants pour les suppôts de la « Kultur. )> 

Pour finir, je crois bon de citer quelques lignes de ce livre ter- 
rible : (( Le sort, dont nous avons souvent maudit la cruauté, a voulu 
que nous souffrions dans un grand nombre de camps. 11 a fait de 
nous un témoin dont l'élémentaire devoir est de dénoncer l'affreux 
traitement infligé, sous prétexte de représailles, à des milliers de 
prisonniers français, à trente mille à la fois, à un moment donné, 
sur le seul Front russe, à d'autres milliers sur le Front français, au 
bord de la Balti(jue, ailleurs encore (p. 40)... Des milliers de cama- 
rades, morts d'épuisement, de tuberculose, ont été descendus dans 
les fosses allemandes. Avant de fermer les yeux pour toujours, ils 
ont connu la mort lente, tous les tourments physiques, toutes les 
détresses morales. Pour les « représailles », ces tourments furent 
moins le fait de la guerre que d'un système soigneusement élaboré, 
mis en œuvre jusque dans les moindres détails... Enfants, vous 
seriez de mauvais fils si vous oubliiez un jour les souffrances de vos 
pères. » (p. 204). 

M. Vallotton a écrit une Préface vigoureuse pour ce volume, qui 
renferme quelques portraits ou croquis très originaux. 11 y a là, 
notamment (et aussi sur la couverture) un prisonnier debout derrière 
une clôture de fil de fer barbelé, physionomie douloureusement pen- 
sive, qui pourrait bien être l'auteur lui-même. E.-A. Chapuis. 



— 93 — 

Eiiglishman, Kamerail î ri<jkl of Ihe Brilisk Une, by cnplnin Gilbert 
NoiiHs. Loiulori. \Nilli;nii Heiiioinann, 1918. in-16 do xii-2H p.. avec 
portrait do l'autour. — Prix : 4 fr. 33. 

Le capitaine Nobbs servait dans les troupes canadiennes avant la 
guerre. Il vint sur le Front de France en IIMO avec des troupes de 
renfort et fut attaché à un régiment de Londres. C'est dans les com- 
bats de la Somme, pendant lautomne 1910, qu'il reçut la blessure 
qui lui fit perdre l'usage de la vue et que, demeuré sans connaissance 
dans un trou d'obus, il fut fait prisonnier par les Allemands, resta 
assez de temps sans pouvoir donner de nouvelles en Angleterre, et 
fut ainsi oflîciellement porté au nombre des morts. 

Ce sont ses souvenirs du Front et de captivité qu'il nous offre dans 
ce volume très intéressant et qui témoigne d'une sérénité d'âme que 
n'a pu abattre le malheur qui l'a frappé. Il s'y trouve plus d'un 
détail pittoresque sur la vie des troupes britanniques ; il s'y trouve 
des détails précis, qui s'ajoutent à ceux que nous possédons par 
ailleurs, sur le traitement des prisonniers en Allemagne, détails que 
l'auteur emprunte tant à son expérience personnelle! qu'aux récits 
que lui ont faits d'autres prisonniers ; et, bien que sa loyauté se fasse 
un devoir de ne dissimuler pas ce qui peut être à l'avantage des 
Allemands, il ne reste que trop de traits qui viennent grossir le réqui- 
sitoire contre leur barbarie. 

Il y a des pages éloquentes et émues sur la belle conduite, sur le 
moral admirable de ces soldats de Londres qu'il a conduits au feu, 
de ces humbles civils que rien n'avait préparés à la guerre, de ces 
modestes territoriaux que l'on était un peu habitué à traiter avec 
quelque dédain, et qui ont fait si magnifiquement leur devoir, qui 
se sont sacrifiés sans une plainte, sans une hésitation et dont l'in- 
domptable volonté a fini par triompher des troupes entraînées du 
Kaiser. D'ailleurs, même chez les Allemands, M. le capitaine Nobbs 
croit pouvoir noter une modification dans la mentalité des combat- 
tants, à mesure que les vides multipliés par la mort dans les rangs 
germaniques a substitué aux soldats de carrière de simples civils. 

L'auteur, qui ne recule jamais devant les considérations morales, 
ne se fait pas faute de flétrir ceux qui. parmi les gens de l'arrière, 
perdant de vue les hommes qui versent généreusement leur sang 
pour la patrie, n'ont d'autre souci que de vivre bien et de rechercher 
les plaisirs. Il ne s'indigne pas moins contre les ouvriers des usines 
qui n'ont point honte, en se mettant en grève, de compromettre le 
succès de la guerre et de rendre plus difficile el plus meurtrière la 
tâche des combattants ; il estime que si l'on considère comme un 
traître le soldat qui lâche pied devant l'ennemi, l'on devrait traiter 
avec la même sévérité l'ouvrier qui abandonne le travail de l'usine 
où se forgent les armes du soldat. 



— 94 — 

Les noms des personnages, dont nous parle M. le capitaine Nobbs 
au cours de son récit, sont imaginaires, il nous en prévient ; mais 
les faits sont réels, sauf dans un cas où il a laissé la bride à son imagi- 
nation. Il est un des personnages cependant dont le nom, nous dit- 
il, est réel, et c'est un Français ; et ce n'est pas l'un des épisodes les 
moins intéressants de son livre que celui de ce Saniez, qui se fait 
l'infirmier de ses camarades d'infortune, qui s'empresse autour d'eux 
avec une sollicitude touchante pour adoucir leurs chagrins et dont le 
bel optimisme n'est pas abattu par de longs mois de captivité. 

Un trait encore que je relève dans le livre du capitaine Nobbs ; 
c'est la haine que les prisonniers anglais en Allemagne emportent 
chez eux contre leurs persécuteurs : plus d'un se déclare décidé à se 
venger sur les Boches qu'il pourrait rencontrer en Angleterre sur 
sa route. Ce trait seul 'suffit à souligner l'indignité du traitement 
que nos ennemis n'ont que trop souvent infligé à leurs captifs. 

E.-G. Ledos. 



La Bessarabie et le Droit des peuples, par D. Duaghicesco. Paris .^ 
Alcan, 1918, in-16 de 52 p., avec une carte coloriée hors texte. — Prix : 
i fr. 

Il est important, dit la préface de M. Fournol, que les Français 
cultivés soient instruits de la question de la Bessarabie. La présente 
brochure répond à cette pensée. 

Rien n'est plus vrai. Nous devrions être au courant de la question 
de la Bessarabie, comme de bien d'autres, hélas ! que nous ignorons. 
Notre méconnaissance des pays étrangers est pour la France une réelle 
cause d'infériorité et nous devons être reconnaissants aux auteurs qui 
s'efforcent de combler les lacunes de notre instruction. 

Dans cette brochure, le sénateur Draghicesco montre le droit que 
l'histoire et la statistique donnent à la Roumanie de posséder la Bes- 
sarabie, terre peuplée de Moldaves et qui, pendant plus de cinq siècles, 
fit partie de la principauté moldave. D'ailleurs, un événement récent 
prouve l'exactitude des conclusions de cet ouvrage, modeste dans son 
aspect, mais en réalité important et fort intéressant : la Bessarabie. 
le 9 avril 1918, a voté librement son union à la Roumanie. 

J. C. T. 



Le Droit au-dessus de la race, par Otto H. Kaun ; traduit de l'an- 
glais par le lieutenant Louis Thomas. Paris, Pcrrin, 1919, in-16 de xxi- 
167 p. — Prix : 3 fr. 

L'auteur de ces pages est un .\llemand d'origine. Fils d'un ban- 
quier de Mannheim, il s'intéressa à la musique, aux beaux-arts, sans 
négliger les affaires financières pour lesquelles il semble avoir été 



— 95 — 

parliculièrement doué. S'étant rendu aux États-Unis comme ropré- 
seutaiit d'une maison anglaise, il y épousa la fille d'un des fondateurs 
de la banque Kuhn et Lœb et, en 1897, devint citoyen américain. Son 
rôle dans la haute banque ne fut pas négligeable. 11 réorganisa et 
amalgama diverses compagnies de chemin de fer ; il dirigea les négo- 
ciations qui firent admettre à la Bourse de Paris 50 millions de dol- 
lars d'obligations de la Pennsylvania. 

Le président Roosevelt avait apprécié le concours donné par cet an- 
cien Allemand à la cause interventionniste lorsqu'il fit campagne pour 
démontrer que tout bon Américain, « en fidèle ami de la liberté et de 
la civilisation », devait être « de cœur et d'âme contre l'Allemagne » 
et c'est pourquoi il honora d'une Préface, peu de temps avant sa 
mort, la publication des lettres et discours de M. Otto H. Kahn. 

Dès le mois de juin 1915, ce banquier originaire de Mannheim 
expliquait à un Allemand de ses amis les causes et les vraies respon- 
sabilités de la guerre ; il incriminait la politique maritime du Kaiser. 
Dans une allocution prononcée devant l'Association des négociants de 
New York, à l'occasion de l'emprunt « de la Liberté » il reprochait à 
la Prusse de s'être écartée de ce qui fut « l'idéal de Luther (!) de 
Goethe, de Schiller, de Kant » et affirmait que plus les ^Américains 
d'origine allemande participeraient à la guerre avec les Alliés, « mieux 
ils protégeraient et serviraient l'antique renommée de la vieille xAlle- 
magne et les vrais intérêts du peuple allemand. » (p. 61). Et dans 
une conférence faite plus tard à Milwaukee, le financier développait 
cette pensée : « Nous ne permettrons pas au sang qui coule dans nos 
veines d'étouffer la voix de la conscience dans nos cœurs. Nous enten- 
drons l'appel de l'honneur avant d'écouter l'appel de la race. » (p. 91). 
Cette pensée est assurément d'ordre très élevé, mais M. Otto Kahn 
me semble appartenir à une race bien plus ancienne que la race alle- 
mande et ceci expliquerait le patriotisme germano-américain, un 
peu spécial, dont il est animé. Roger Lambelin. 



L'Arme économique des Alliés, par le commandant M. Paris, Gras- 
set, iii-lt> de 62 p. {Le Fait de la semaine, n° 14, 19 mars 1918). — Prix : 
fr. 73. 

Bien que cet opuscule date du commencement de 1918, il est encore 
utile à lire. 11 montre que les Alliés, doivent, la guerre finie, se con- 
certer et se soutenir encore les uns les autres sur le terrain écono- 
mique, contrôlant la répartition des matières premières, s'entendant 
pour refuser, dans leurs traités douaniers, aux anciens empires cen- 
traux le régime de la nation la plus favorisée, prenant des mesures 
énergiques pour obtenir réparation des dommages causés par nos 
agresseurs. Les troubles présents de la Germanie tendent à faire ou- 



— 96 — 

blier la prodigieuse puissance d'expansion industrielle et commer- 
ciale qu'elle a déployée jusqu'à ces derniers temps. Mais est-il cer- 
tain que cette puissance soit complètement abolie ? Ce qui la carac- 
térisait, avec la concentration des entreprises et l'esprit de labeur 
discipliné, c'était, assure notre auteur, une admirable et féconde asso- 
ciation de l'État avec les individus isolés ou groupés ; c'est parce que 
tout était combiné pour mettre les forces de l'État, au service des ef- 
forts individuels que l'Allemagne était en train de devenir avant la 
guerre la première puissance industrielle et commerciale du monde. 

Baron Angot des Rotours. 



Dia por dia de mî calendario, mémorandum de la vida espa- 
iiola en 1918, por Manuel Machado. Madrid, inipr. deJ. Pucyo, 1918, 
in-d6 de 180 p. — Prix :' 3 fr. 

M. Manuel Macbado, qui a un nom en Espagne comme poète et 
comme critique artistique et littéraire, nous donne ici les pages de 
son carnet où il a relevé jour par jour les faits de la vie espagnole 
pendant les six premiers mois de 1918. 

Nous trouvons à la date du 4 mai ces quelques lignes qui caracté- 
risent fort bien ce qu'il a voulu faire : « chroniqueur rapide et sen- 
timental de toutes les dates de cette année, préoccupé de trouver à 
chaque journée sa physionomie spéciale et à l'esquisser en une 
ligne ». 

La politique tient une place dans l'œuvre de M. Machado ; nous y 
notons quelques passages où, d'un trait léger mais acéré, il frappe 
les germanophiles. Nous y sentons, non sans fierté, son cœur palpi- 
ter à l'unisson du nôtre, dans le dernier grand effort tenté par les 
Allemands contre notre Front. Mais la politique n'y tient pas toute la 
place : l'art, la littérature, et toute la vie de l'Espagne pendant ces 
quelques mois s'y reflètent d'une manière vive et agréable. Et en 
notant ces faits d'un jour, ces faits qui passent et qui s oublient, 
M. Machado les assaisonne de réflexions sages ou piquantes, d'idées 
qui appellent la médilation, de pensées qui demeurent et se fixent 
dans l'esprit. E.-G. Ledos. 

Ma douleur s^endorl..., par Lkon Guy. Paris cl Lvon, Vitte, 1918. in-i6 

de 77 p. — Prix : 1 fr. 50. 

Lm blessé est apporté à l'hôpital ; il s'abandonne à ses réflexions, 
se rajipelant les derniers épisodes du combat, éprouvant tour à tour 
un bien-être inconnu et de nouvelles craintes, essayant de lectures 
qui le déçoivent, songeant à ses proches, se posant à lui-même des 
questions relatives à la souffrance, au pourquoi de la vie, interrogeant 
l'aumônier.... Ce sont ces réflexions d'une journée d'hôpilnl cpii sont 



— 97 — 

-exprimées dans cet opuscule, et qui amènent comme conclusion 
logique et bien inspirée des extraits des psaumes, de rfivangile, des 
épîlres apostoliques judicieusement choisis. Cu. La>duy. 



L'Argot des Poilus. Dictionnaire humoristique et philologique du langage 
des soldats de la (îranile Guerre de l'JtU, par Fhançois Déchklette. Paris, 
Jouve. 1918, in-12 de xi-258 p. — Prix : 3 fr. 

Nous avons déjà signalé à nos lecteurs plusieurs ouvrages du genre. 
Celui-ci. pour lequel M. G. Lenotre a écrit une Préface spirituelle et 
amusante, contient plus de mille mots. L'auteur, « poihi de 2' classe », 
qui joint à ce titre, assurément très honorable, celui, qui mérite bien 
aussi quelque considération, de licencié ès-leltres, déclare avoir 
« voulu faire un travail philologique et un tableau pittoresque de la 
vie du Front. Il a non seulement étudié les mots, mais aussi, dans 
beaucoup d'articles, sous forme de commentaires humoristiques, la 
vie intime du poilu. Commencé en 1914 dans la tranchée, ce diction- 
naire parut en partie dans le Journal de Roanne. 11 fut composé au 
hasard des loisirs du Front et enfin complété pendant une convales- 
cence. C'est dire que les éléments en sont puisés directement dans 
l'usage. L'auteur n'a pas étudié l'argot des poilus comme une langue 
morte ; il l'a parlé ; il a vécu dans le pays où on le parle et il a pu 
contrôler lui-même les significations qu'il indique ». 

Ces quelques lignes expliquent bien l'intéressant et très vivant 
livre de M. François Déchelette, terminé par un fort utile Tableau des 
abréviations militaires, dont un petit nombre seulement sont connues. 
Il n'a pas fallu moins de 19 pages pour recueillir toutes ces lettres, 
cabalistiques si j'ose dire. Parcourez l'ensemble et, par exemple, 
arrêtez-vous devant 1. P. S. A. R. E. Ces mystérieuses initiales vous 
auraient vraisemblablement paru intraduisibles sans le secours de 
M. Déchelette : elles signifient : « Inspection permanente des services 
automobiles de la région de l'est. » Sachez en outre que les poilus, 
qui savent ce qu'ils veulent dire, prononcent : Ipsaré. 

Tout de même, grâce à la guerre, nous aurons tous appris des 
choses moult extraordinaires. E.-A. Ghaplis. 



Collection Henri Leblanc donnée à l'État. La Grande Guerre, 

iconographie, bibliographie, documents divers. T. V. Catalogue raisonné des 
estampes, originaux, affiches illustrées, imageries, vignettes... etc. 2' volume 
de l'Iconographie. Paris, Émile-Paul, 1918, gr. in-8 de lxu-39Û p. 

M. et M"" Henri Leblanc poursuivent l'impression du luxueux ca- 
talogue de la riche collection qu'ils ont réunie sur la Grande 
Guerre et dont ils se sont dessaisis en faveur de l'État. Ce cinquième 
Février 1919. T. CXLV. 7. 



— 1)8 — 

volume est le second de l'iconographie et l'on nous en annonce un 
troisième, actuellement sous presse, pour les documents français et 
alliés et un quatrième où l'on trouvera les pièces d'origine germa- 
nique. Et cela seul suffit à montrer l'importance de cette collection^ 
dont la constitution a exigé chez ceux qui l'ont établie non pas seule- 
ment de larges ressources pécuniaires, mais une intellis^'ence toujotirs 
eu éveil et la contiimité d'un effort persévérant. 

De légères modifications, d'ailleurs heureuses, ont été apportées 
par M. Callet dans ce nouveau volume à la disposition des chapitres. 
11 y a des sections qui se sont considérablement développées : nous 
signalerons,fpar exemple, les documents sur les camps de prisonniers 
en Allemagne, les albums et autres pièces pour la propagande. Dans 
l'imagerie une place spéciale a été faite à l'imagerie russe. Pour les 
affiches illustrées, seules l'Angletere et l'Italie étaient représentées, 
avec la France, dans le premier volume ; ici nous trouvons en plus, 
le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Grèce, la Russie, la Ser- 
bie, la Suisse. Une section entièrement nouvelle est celle des mé- 
dailles. Dans la série des bons de monnaie .nous signalerons les bons 
pour prisonniers internés en France, les camps de concentration, les 
cartes d'alimentation. Enfin notons ce qui a trait à l'industrie pen- 
dant la guerre : modes, bijoux, étoffes, objets fabriqués par es sol- 
dats, etc. et les armes et engins de guerre. 

On le voit, en parcourant ce volume qu'ornent douze belles illus- 
trations hors texte, et plus encore eu parcourant les salles mêmes du 
Musée, il y a de quoi s'instruire... et s'amuser. E.-G. Lkdos. 



— M. Jean-Bernard continue la publication de son Histoire géné- 
rale et anecdotique de la guerre de 191U remplie de détails de toutes 
sortes. Les 23" et 2i« livraisons que nous recevons font partie du 
tome III et renferment presque en entier les chapitres IX à Xll de 
ce tome (Paris. Berger-Levrault, in-8. paginé 193-288, avec de nom- 
breuses illustrations. Prix de la livraison : fr. 7o). Les sommaires 
de ces deux fascicules résument très brièvement les' indications des 
chapitres. Nous les relevons ci après, en notant (pie les faits auxquels 
ils se rapportent s'échelonnent entre le début d'octobre et la fin de 
novembre 1ijl4 : Fascicule 23 : De la Bassée à Lassigny. Les Vuto-mi- 
Iraillcuses. La Guerre souterraine. La Lettre d'une femme allemande 
(qui demandait à son mari de n'épargner ni les femmes, ni les en- 
fants). Balles explosives et balles dum-dum. Arras sous les obus. La 
Prise du premier 420 (avec une équipe d'ingénieurs de la maison 
Krupp). Un Poilu de seize ans. Le Rôle glorieux de la cavalerie fran- 
çaise. Le Procureur et braconnier (anecdote très amusante). — Fas- 



— 99 — 

cicule 24 : Un Escroc, officier allemand. Drtioiisseur de cadavres. 
Madame Mâcherez, « maire » de Soissons. Le prince de Monaco, 
(( imposé » par les Allemands. Les Allemands flétris par un neutre. 
L'Odyssée d'un soldat allemand. Au Camp des Romains. La Guerre 
à l'allomande. Il convient de remarquer que l'auteur fait ici, fréquem- 
ment, réloge du clergé catholique. 

— L'Action de Benoît XV pendant la guerre a fait dans la revue 
Civiltà caltoUca l'objet d'une étude du P. Giuseppe Quirico, S. J., 
auquel la secrétairerie d'État a largement ouvert ses archives. Il 
était bon que les résultats de ce travail fussent connus en France, 
où subsistent contre le S;ii[it-Père tant de préventions injustes, même 
parmi les calholiciues. C'est le travail dont s'est chargé le H. P. Paul 
Dudon dans une brochure à laquelle nous souhaitons la plus grande 
diffusion, et où « les faits » sont présentés '( dans un autre ordre que 
celui du texte italien, et avec quelques suppressions ou additions » 
(Paris, Beauchesne, 1918, in-8 de 64 p. Prix : 1 fr.). Les « faits » 
sont classés sous cinq rubriques : 1. Initiatives religieuses ; 2. Initia- 
tives charitables ; 3. Initiatives pour la protection du droit ; 4. Pro- 
clamation des principes de justice : o. Caractère de la paix voulue 
par le Pape. L'auteur a fait précéder son travail d'une magistrale 
Introduction dans laquelle il met impitoyablement à nu la pauvreté, 
la vanité, le néant du réquisitoire inséré contre le Pape dans la Revue 
de Paris par un prétendu catholique qui signe honteusement son 
factum de XXX. 

— A son tour, avec l'autorité qui s'attache à sa parole, M. l'abbé 
Thellier de Poncheville expose l'Action du Pape pendant la guerre 
(Paris, « Frères d'armes », 14, rue d'Assas, 1919, in-16 de 52 p. 
Prix : 1 fr.), faisant ressortir l'injustice et l'inanité des accusations 
portées contre Benoît XV' par des publicistes malveillants ou par des 
patriotes inquiets et soupçonneux. Après avoir montré pourquoi 
« Benoît XY ne pouvait pas être notre juge », il expose « son œuvre 
de justice et de charité », puis « son action en faveur de la paix » ; 
il rappelle « ce que nous aurions dû faire » et il termine par l'espoir 
que la France, quand elle aura compris la pensée de Benoît XV et 
rendu justice à son dévouement, sera heureuse de s'associer à lui 
pour réaliser l'oeuvre de paix qui sera un jour Thonneur de son pon- 
tificat et de notre patrie ». 

— La librairie Grasset vient d'éditer une brochure particulièrement 
édifiante : L'Allemagne peut payer. Tableau de la richesse allemande 
présenté par la « Dresdner Bank », Berlin le i" janvier 1913. Com- 
menté par M. Lucien Hubert, sénateur, rapporteur du budget des 
Affaires étrangères (in-16 de 64 p. Prix : 1 fr. 50). Le document de 
la (( Dresdner Bank », cliché dans la présente brochure sur l'original. 



— 100 — 

a été rédigé en langue française, sans doute pour impressionner sur- 
tout la France et la dissuader de toute lutte économique ou autre. 
(( Les cliinVes de sa puissance qu'elle étalait orgueilleusement pour 
l'effroi du monde, observe M. L. Hubert, le monde aujourd'hui les 
retiendra pour fixer le tribut du vaincu. » Rien n'est plus juste. En 
14 pages de commentaire, l'auteur établit que « l'Allemagne est sol- 
vable, mais habile dans l'art de dissimuler et de feindre ». Son avis 
final est ainsi formulé : « Craignons les airs d'humilité et le ton lar- 
moyant quelle s'entend si bien à prendre et dont Napoléon, lui- 
même, fut dupe jadis. 11 est certain, et chaque Français pourra s'en 
convaincre à 1 examen de cet opuscule, que, quelles que soient les 
charges écrasantes de la guerre, la créance est bonne ». Oui, l'Alle- 
magne peut payer ; elle criera, se lamentera, menacera peut-être. 
Finalement elle se soumettra, et elle paiera. Elle y mettra sans doute 
de nombreuses années : cela n'empêchera pas le compte, dont a si 
bien parlé M. Clemenceau un peu avant le fléchissement germanique, 
d'être réglé. 

— La prolongation de la guerre a suggéré à M. Paul Bornet l'idée 
que l'armée, qui a absorbé toutes les forces vives du pays, a un autre 
rôle à remplir que celui do vaincre l'ennemi : elle doit avoir une mis- 
sion complémentaire, celle de rééduquer les masses et de cons- 
truire un édifice social approprié aux besoins du pays. Les considéra- 
tions à l'appui de cette idée forment l'objet d'une plaquette dédiée 
par M. Paul Bornet à son fils, caporal d'infanterie, « son meilleur 
âmi et compagnon d'armes », laquelle est intitulée : Le Rôle cons- 
inictear de l'année (Paris, Figuière. 1918. petit in-12 de 44 p. Prix : 
1 fr. 25). 

— Sous ce titre : A ceux qui disent : « S'il y avait un bon Dieu, on 
ne verrait pas des horreurs pareilles ! » (Paris, 14, rue d'Assas. s. d. 
(1918), l'excellente revue Frères d'Armes édite deux publications 
diirérentes : l'une est un tract de 4 pages (0 fr. 10 l'exemplaire, 
fr. 75 la douzaine, 5 francs le cent) qui réplique en termes pitto- 
resques, intelligibles pour tous, à la vieille objection tiiée des maux 
humains ; l'autre est une brochure de 34 pages (0 fr. 30 l'exemplaire. 
20 francs le cent) qui traite la question plus à fond en présentant des 
considérations extraites des meilleurs auteurs. L'une et l'autre ont 
d('jà fait <'t fercjut beaucoup de bien. F>lles méritent qu'on les propage 
le plus possible. 

— Les (jmsKjnes du soldat chrétien (Paris, édité par la revue Frbres 
d'armes, 14. rue d'Assas. VI" arr., l'.HiK in-18 de 10.S p. Prix : 2 fr.), 
écrilesau soir des batailles par ceux qui assumaient la charge d'affer- 
mir le moral du soldat, sont toutes pénétrées de la grandeur et de la 
responsabilité de cette tâche diilicilo. Cela ea explique sullisamment 



— 101 — 

la iioltelr. la vi;:iipiir. et. pour tout dire, le « nioidant. » C'est un 
pelil manuel coriiplel de la vie chrétienne : prière, messe, sacrements, 
dévotions, vertus, tout s'y trouve et d'une application non moins 
évidente en temps de paix qu'en temps de f,Mierre. Une Préface de 
Mgr Ruch, coadjuleur de l'évêque de Nancy, conclut : d Prends et 
lis : tu deviendras meilleur Français, meilleur soldat, meilleur 
chrétien. » 

M. Lucien Uescaves nous offre dans la Collection France dewx 

tableaux terribles : mais si le premier est d'aspect uniformément 
noir, le second, après s'être montré assez sombre, a fini par s'éclairer, 
presque brusquement, et de quelle lumière ! Dans Paris bombardé 
{iSH-l9iU-i9i8) (Paris. Berger-Lcvrault, 1918. in-1(j de 64 p. Prix : 
a fr. 90), l'auteur nous rappelle d'abord les principales péripéties du 
siège de Paris par les Prussiens de Guillaume 1", puis il résume les 
trop fréquentes épreuves de la grande ville pendant les quatre longues 
années de la guerre européenne. Le tragique n'exclut pas ici le 
comique ; et dans ce dernier ordre de choses, l'auteur eAt pu faire 
une place à cette bouffonnerie bien parisienne, qui se chantait, sur- 
tout dans les quartiers populaires, sur l'air des Vitriers : 

Encore un carreau de cassé 
V'ià les gothas qui passent ; 
Encore un carreau de cassé 
V"là les gothas passés. 
V'Ià les gogos (bis) 
V'ià les gothas passés. 

— Le très suggestif petit livre que M. Daniel Mornet a composé 
pour la Collecllon France sous le titre de : Tranchées de Verdun, juil- 
let 191G-niai 1917 (Paris. T3erger-Levrault, 1918, in-!6 de 61 p. Prix : 
fr. 90) u ne décrit pas les élans héroïques des assauts. » Ce qu'il 
nous raconte est le fruit dune longue pratique et d'une observation 
patiente. « 11 m'a semblé, dit il justement, qu'on n'avait pas assez 
fait connaître les longues misères et les courts plaisirs de ces semaines, 
de ces mois, de ces années où presque toutes les troupes ont dû se 
contenter de « tenir o obscurément. Nos pères écrivaient des livres 
pour décrire le « ménage » des champs, la conduite de la vie rus- 
tique. Je ne raconte dans cette brochure que l'humble et tragique 
ménage de nos tranchées ». Et cela en un style simple, clair, imagé, 
sans nulle grossièreté, avec une bonne humeur qui ne se dément 
jamais. 

— Dans l'Amérique en guerre, par M. Emmanuel Bourcier (Paris. 
Berger-Levrault, 1918, in-16 de 63 p. Prix : fr. 90), tel est le titre des 
souvenirs rapportés d'Amérique par un Français faisant partie de la 
mission militaire. Si le lecteur pense y trouver des observations 
curieuses et originales sur les Américains, il sera déçu. 



— 102 — 

— Les Six Petits Contes de M. Antonin Lavergne (Paris. Berger- 
Levrault, 1918, in-16 de 64 p. Prix : fr. 90) sont des récits du temps 
de guerre. Très courts et écrits sans prétention, ils ne sont pas 
dénués d'intérêt. 

— Un de nos marins. Le Récit de Jean Le Gwen, par M. Eugène Le 
Moucl (Paris. Berger-Levrault. 1918, in-16 de 60 p. Prix : fr. 90) 
nous présente le quartier-maître Jean Le Gwen dans un comparti- 
ment de chemin de fer, en route pour l'île de Bréhat, où il va passer 
sa permission de quarante-cinq jours et retrouver son père, sa mère 
et sa fiancée. C'est plaisir d'entendre le brave marin raconter ses 
aventures de guerre de Dixmude aux Dardanelles. 

— Deux ans avec les Sénégalais (Paris, Berger-Levrault, 1918, in-16 
de 64 p. Prix : fr. 90). M. Léon Gaillet, sous-lieutenant d'infan- 
terie coloniale, relate ses impressions parmi les tirailleurs séné- 
galais, tant au camp de Saint-Raphaël que sur le Front et dans les 
tranchées. Elles intéresseront le lecteur en luipeignant d'après nature 
ces simples et vaillants soldats qui ont combattu si héroïquement 
pour la France. 

— Fleurs de guerre (Paris, Haton, s. d. (1918), in 12 de x-3!2 p. 
Prix : 4 fr.) est un ouvrage de compilation. M. Joseph Baeteman, mis- 
sionnaire apostolique en Abyssinie, a réuni les traits édifiants ou hé- 
roïques, fournis par la guerre actuelle, qu'il a pu recueillir de diverses 
parts, et les a classés par chapitres, sans omettre d'en indiquer les 
sources. Ce volume n'est pas de ceux qui se lisent d'un bout à l'autre 
sans interruption ; on ne doit l'absorber qu'à petites doses ; mais il 
constitue un manuel utile à consulter si l'on veut se rendre compte 
de la mentalité morale et religieuse de nos soldats. 

— Entre 1914 et 1918 (la dernière pièce : Strasbourg remonte tou- 
tefois à 1913), M. Ernest de Ganay a corrrposé dix poésies qu'il ras- 
semble aujourd'hui en une élégante plaquette : Le Vol de la Victoire 
(Se trouve à la Belle Édition, 71, rue des Saints Pères, h. Paris, in-8 de 
16.p.). M. de Ganay chante tour à tour Paris, Reims, Arras, Verdun, la 
Française, les oeuvres d'art mutilées par l'ennemi, les Captives (nos 
provinces volées en 1871), Versailles. A propos de la Croix de fer 
(1813) et la Croix de guerre (1914), nous citerons ces quelques vers : 

11 mont, votre symbole, cl ces « rameaux de chêne » 
Ne sauraient plus penser à forger notre chaîne — 
Nos <' glaives » suiruont à vous rendre à nos lois. 

C'est (iiMiid l'Aigle français entrait eu agonie 
Que votre croix est née. — A ton tour, Germanie ! 
La nôtre est le réveil de notre Coq gaulois ! 

Le poète s'exprime avec une vigueur (pii n'a d'égale que sa foi 
patriotique. 



— 103 — 

— Le court poème que M. Redon de la Molhe consacre à Gainemer 
< Paris, Haton, s. d., in-12 de 8 p. Prix : fr. 75) mérite une mention 
honorable. Il débute ainsi : 

Pour chanter ce héros, avons-nous une lyre ? 
Mais prononcer son nom, maintenant c est assez. 
Ce nom de Guynemer, il suffît de le dire. 
Pour que jaillisse à flots débordants et pressés. 
Un immense Océan d'incomparable gloire. 
Oui. ce nom, désormais, tout couronné d'azur. 
Brillera radieux, dans le ciel de l'histoire. 
Ainsi que le soleil dans un firmament pur. 

— Simples feuilles volantes \ .3 pages). les poésies de Mgr Félix 
Périé arriveront ainsi plus aisément à destination, c'est-à-dire aux 
masses qu'elles semblent, viser spécialement. Elles sont intitulées : 
\ . La Marne française : — 2. Honneur aux marsouins ; — 3. Donnez- 
nous des prêtres ! ; — 4. Le Curés au Front CParis, Haton, petit in 8. 
Prix de chaque feuille : fr. 50). De cette pièce, qui serait comme 
les trois autres, du reste, utilement distribuée dans les patronages, 
nous reproduisons ici la dernière strophe, qui forme conclusion : 

IN'oublions pas que sous le feu. 
L'homme noir fut le soldat bleu. 
Qu'il fut le compagnon, le frère 
Du bourgeois et du prolétaire ; 
Qu'il affronta le corps-à-corps. 
Qu'il a sa part parmi les morts ; 
Et disons : Gloire à la Prètraille. 
Qu'admira le champ de bataille ! 

Albi M. — Sans compter les deux images figurant sur les couver- 
tures, l'album intitulé : Prisonniers de guerre, dû à M. Jean-Pierre 
Laurens (Paris, Berger-Levrault. gr. in-4 oblong, mesurant 32 centi- 
mètres sur 44. Prix : 10 fr.), se compose de 16 planches retraçant 
diverses scènes de la vie des prisonniers en Allemagne. La plupart sont 
d'un odieux achevé ; l'une d'elles est un chef-d'œuvre de grotesque : 
Les Curieux, dimanche après midi, à Wittenherg . 1915 : spécimens de 
vilains Boches, de leurs femmes plus laides encore, si possible, ridi- 
culement accoutrées et accompagnés de leur progéniture. Arrêtés 
devant une clôture en fils de fer barbelés, ils regardent les prisonniers. 
Une page, placée en tête de l'album, divisée en quatre colonnes com- 
pactes, et datée du 16 juillet 1918, fournit, sans aucune explosion de 
colère, des détails précis sur la cruauté germanique. L'auteur a ré- 
parti ses « Notes ») eu six titres : Péronne. Les Civils. La Schlague. Le 
Typhus. L'Alerte. Le Feldwebel. Ce document — car c'en est un — 
qui mérite une large diffusion dans les familles françaises, s ouvre 
par ces mots : - A la mémoire des compagnons morts entre les mains 



^ 104 — 

ennemies, sont dédiées ces images, tracées avec le seul souci d'un té- 
moigTiage fidèle. >) Visenot. 



PUBLICATIONS AYANT TRAIT A LA RUSSIE 

1. Histoire de la fitissie depuis les origines jusqu'à nos jours, par Alfred Rambaud. 
7« édition renforroiitit un Supplément jusqu'en mars l'JU , par Emile IIal'maht. Paris,. 
Hachette, 1918, in-16 de lOli p.. 7 fr. — 2. Les Bases conventionnelles des relations^ 
modernes entre la Chine et la Russie, par Hoo Ghi T.saï. Paris, Jouve, 1918, iii-4 de 
VIII-5Û9 p., avec une carte de la frontière sino-russe. 17 fr. 50. — 'i. Joscpli-?iicolas 
Deltsle, sa biographie et sa collection de cartes à la Bibliothèque nationale, par Albert 
IsNARD. Paris, Imprimerie nationale. 1915, in-4 de 135 p.. 3 fr. — 4. Les Éléments 
de la population orientale en France. Les Busses en France du xi= au xvin' siècle, par 
J. Mathore/.. Paris, Picard, 1918, in-4 de 26 p. ,2 fr. — 5. Un Témoin de la campagne 
de /lussie. L'Abbé Adrien Sarugue {1753-1812), curé de Saint-Louis-des-Français de 
Moscou, par LÉos Mirot. Paris. Champion, 1914, in-4 de 43 p.. 3 fr. — 6. Les 
Études de la guerre, puhliées sous la direction de Re!<é' Puaux. Cahiers 2, 3, 6 et 
7. Paris, Fayot, septemhre-octobre 1917, février 1918, in-8, paginés 4U3-640. 
1 fr. 50 le cahier. (Les cahiers 6 et 7 sont rénnis en un seul fascicule 3 fr.). — 
7. La Bussie en 191ft-î9l7 , par Ossip-Lourié. Paris, Alcan, 1918, in-16 de 271 p.; 
3 fr. 50. — 8. Baspoutine. La Fin d'un régime, par J. W. Bienstock. Nouvelle édi- 
tion. Paris, Albin Michel, s. d. (1918), in-lG de 351 p., 4 fr. 50. — 9. La Béuolu- 
tion russe, par Claude Anet. Deuxième série. Juin-novembre 1917. Paris, Payot, 
1918, in-16 de 281 p., 4 fr. 50. — 10. Les Deux Fléaux du monde. Les Bolcheviks et 
l'impérialisme allemand, par Vladimir Ijouktzeff. Paris, Payot, 1918, in-16 de 02 p., 
avec un portrait de l'auteur, 1 fr. 50! 

1. — Voici la septième édition de l'Histoire de la Russie, d'Alfred 
Rambaud. Il n'y a sans doute plus à faire ni l'éloge ni la critique de 
ce consciencieux ouvrage, dont l'utilité est démontrée. Il serait seule- 
ment à souhaiter que la prochaine édition en fût une revision et non 
une réimposition. La main pieuse de M. Haumant, qui a continué 
cette ///^/oiVc jusqu'en mars 1917, en ferait aisément disparaître cer- 
taines petites erreurs qui s'invétèrent. Ainsi, page 448, Cyrille Razou- 
movski, président de l'Académie des sciences, est dit « fils d'un ancien 
favori d'Elisabeth », alors qu'il en était le frère; Lamartine sur ce 
point là était mieux renseigné (Histoire de la Hassie, t. I., p. 218. 
18551)11 serait bon aussi, ennotre t(Mnps de scientifisme, si j'ose dire, 
et conformément aux Observations de la page 97*.l. d'ai)pclcr. à la façon 
russe, l'impératrice Anne, Anna loannovna au lieu d'Anna Ivanovna, 
page 243 et passirp. L'usage est de désigner le père des impératrices et 
empereurs par une forme solennelle de leur prénom au lieu de la 
forme courante. On pourrait au reste adresser de luenues crili(iuesdu 
même genre à M. Ilaumant dans ses deux derniers chapitres : La Rus- 
sie de 1000 à 19 lU et la Guerre et la Révolution. 11 est superflu d'y 
avoir deux orthographes pour un même mot ; il faudrait opter entre 
Dalny ou Dalni. Cioremykine ou Gorémouikine, Hukharcst ou Moukha- 
resl, les Kurdes ou les Kourdes. etc., pages 862, 88 i, 880 ; 890, 931 ; 
926, 932 ; 882, 849. 

2. — Alors que dans la première période de leurs relations, du mi- 



— 105 — 

lieu du xvii« siècle à celui du iix«, la Chine et la Russie ne signèrent 
que les trois traités do Nertchinsk. de Khiakta et de kouldja (celui-ci 
en ISnn, les deux pays ont au contraire signé une dizaine de conven- 
tions jusqu'au début du xi« siècle. Ce sont les premiers traités con- 
clus au début de cette seconde période, de 1858 à 1881. qui servent 
de base aux relations sino-russes modernes. Ce sont les traités dWï- 
goun. de Tientsin et de Peking, d'une part, et ceux de Livadia et de 
Saint-Pétersbourg, de l'autre, qu'étudie successivement M. Hoo Clii- 
Tsaï (Les Bases conventionnelles des rclalions modernes entre la Chine 
et la Russie). L'auteur remarque que, malgré l'étendue de leur fron- 
tière commune, les deux pays sont toujours demeurés en paix et que 
les avantages obtenus par la Russie en Chine ou sur la Chine le furent 
à la faveur des expéditions franco-anglaises et de l'insurrection doun- 
gane. D'autre part, tandis qu'au début de leurs relations, la Chine et 
la Russie contractaient seules et. pour ainsi dire, en toute tranquil- 
lité, elles eurent à compter ensuite avec les puissances européennes, 
américaine et nippone : l'objet de leurs concessions, cessant d'être 
étroitement bilatéral, devint mondial. Fils de l'ambassadeur actuel 
de Chine à Paris, M. Hoo Chi-Tsaï, diplômé de l'École libre de» 
sciences politiques, était d'autant mieux préparé à traiter le sujet 
qu'il a choisi pour sa thèse de doctorat en droit, qu'il connaît aussi 
parfaitement le russe que le français et l'anglais. M. Henri Cordier lui 
a accordé une préface. 

i. - Entré en relations avec Pierre le Grand à Paris, et appelé 
ensuite par lui en Russie en 1725. l'astronome Joseph-Nicolas Delisle, 
demeura à Pétersbourgjusquen 1747. En ce long espace de temps, il 
multiplia non seulement les observations astronomiques, dans l'Ob- 
servatoire qu'il installa, mais mit sur pied l'étude scientifique de la 
géographie de la Russie. S'il ne put terminer la carte générale de 
Russie, ce ne fut qu'en raison de l'hostilité déclarée de l'élément alle- 
mand de l'Académie des sciences. II avait du moins dressé ou trans- 
crit 190 cartes particulières, dont une copie fut vendue au Roi à son 
retour en France. Remises à la Bibliothèque royale et oubliées au 
Cabinet des estampes, elles n'ont été cédées à la section géographique 
de la Nationale qu'en 1915. C'est à cette occasion que M. Albert 
Isnard, bibliothécaire principal, en a établi le Catalogue en y ajoutant 
un État des cartes, presque aussi nombreuses, remises par Delisle axi 
Dépôt de la marine en 1754. 11 a fait précéder son travail d'une bio- 
graphie de Delisle (J.-N. Delisle, sa biographie et sa collection de cartes 
géographiques à la Bibliothèque nationale). Occupé de Delisle à un 
autre point de vue que M. Isnard et ayant eu le plaisir de travailler à 
côté de lui en tel dépôt d'archives, nous pouvons dire autrement que 
par la lecture, avec quelle attention son travail fut fait. 



— 106 — 

4. — Dans le grand ouvrage que prépare M. Mathorez sur la popu- 
lation étrangère en France, et dont maintes revues ont déjà publié des 
chapitres, une place devait naturellement être donnée aux Russes 
(Les Russes en France du xi' au xviii" siècle). Ce n'est pas à dire que 
l'élément russe soit un de ceux qui aient le plus influé sur cette popu- 
lation ; tout au contraire, c'est peut-être le moins important de tous. 
Dans les « actes de naturalité » qu'il a compulsés aux Archives natio- 
nales, M. Mathorez a remarqué avec surprise qu'aucun ne concerne 
un Russe, et donc qu'aucun Russe n'a été naturalisé en France sous 
l'ancien régime. De même, empêchés par la religion, la culture et la 
politique, qui fut rarement une politique de « correspondance » entre 
les deux Cours, les mariages furent très rares. Toutefois un peu de 
sang russe fut anciennement mêlé au sang royal de France par le 
mariage d'Henri I" avec Anne de laroslavl. On a aussi relevé l'exis- 
tence de quelques esclaves russes en Roussillon au xiii' siècle parmi 
des esclaves grecs, tatares ou circassiens. Un peu moins épisodiques 
furent les relations entre Français et Russes après le règne de Pierre 
le Grand. Si diligent qu'ait été l'auteur à recueillir tout ce qui con- 
cerne son sujet, il est contraint de déduire l'apport de sang russe dans 
la population française plus qu'à le constater ; il le déduit des ren- 
contres galantes des Russes en France ; mais ces rencontres-là ne sont 
pas des plus fécondes. Il ne faut pas que M. Mathorez oublie, tant la 
matière est peu riche, les quelques agents français qui prirent femme 
en Russie et rentrèrent ensuite dans l£ur pays ; tel fut le cas de Dupré. 
secrétaire du marquis de la Chétardie. 

5. — M. Léon Mirot apporte plusieurs documents intéressants à la 
biographie de l'abbé Adrien Surugue, curé de Saint-Louis des Fran- 
çais, à Moscou en *812 (Un Témoin de la campagne de Russie). L'au- 
teur a retrouvé aux archives de Clamecy, le baptistaire de l'abbé et 
plusieurs actes concernant sa famille et aussi la transcription d'une 
lettre de l'abbé Nicole en 1820, témoignant de la belle conduite de 
son confrère. Sur un ordre administratif, cette lettre fut alors consi- 
gnée dans les registres de la sous-préfecture. M. Mirot a également 
suivi la carrière de l'abbé Surugue avant son émigration, à Sainte- 
Rarbe et au collège royal de Toulouseoù il fut respectivement préfet des 
études et principal. Longtemps précepteur dans la famille Moussine- 
Pouchkine, labbé ne la quitta que par devoir, pour assumer la res- 
ponsabilité de la cure de Moscou. Il fut à la hauteur de sa tache aux 
heures difficiles de l'occupation et de Pincendie de la ville. Les con- 
versions qu'il a opérées, presque malgré lui. furent nombreuses. 
Dans la brochure dont nous rendons compte, il est fâcheux seulement 
f't très cuiieux (pie plusieurs noms, fort connus, des meuil)res des 



— 107 — 
/ 

colonies françaises de Russie que rappelle l'auteur d'après le livre 
de Tasteviu, soient défigurés par des fautes d'impression. 

6. — C'est surtout des critiques de forme qui peuvent être faites 
aux Études de la guerre publiées sous la direction de M. René Puaux. 
Il faut, même à des publications de temps de guerre, des titres coju- 
r.ints, des sommaires indiquant à quelle' page commencent les articles, 
et des articles correspondant au titre que leur donne le sommaire. 
Ainsi seulement une publication devient maniable, évite des pertes 
de temps au lecteur, reste utile, en dehors de l'actualité immédiate, 
•el ne s'approche en rien du désordre, nullement enviable, de certaines 
publications étrangères, les publications russes, par exemple. Le pre- 
mier cahier analysé contient une étude sur le procès Soukhomlinov 
<'t la mobilisation russe. Le troisième cahier reproduit des télé- 
grammes inconnus de Guillaume II et de Nicolas II, éclairant le 
Secret de la soirée du 29 Juillet 19 lU. Les cahiers 6 et 7 renferment 
Ja Correspondance secrète de Guillaume II et de Nicolas II, de I90i à 
1907. 11 s'agit des quatorze télégrammes publiés le 2 et le .3 septem 
bre 1917 par le New York Herald, de Paris, et que suit une traduction 
française. Ces télégrammes, échangés en anglais par les deux souve- 
rains, qui signent Willy et Nicky, sont la preuve la plus tangible que 
nous connaissions de l'insolence, de la duplicité de Guillaume II et 
des embûches perpétuelles qu'il tendait à l'empereur de Russie. 

7. — Le nouveau livre de M. Ossip-Lourié : La Russie en 19 1^4- 19 17 
€st un recueil de chroniques trimestrielles publiées, de juillet 1914 à 
janvier 1918, dans la Bibliothèque universelle de Lausanne. Les « chro- 
niques » sont^ par définition, des causeries à bâtons rompus sur les 
<' faits du moment », décès, anniversaires d'écrivains, gros événe- 
ments politiques, etc. Celles de M. Ossip-Lourié. écrites de France 
par un Russe qui y habite, répondent entièrement à cette formule. 
Toutefois la causerie est assez languissante ; on dirait de très vagues 
articles de dictionnaire encyclopédique péniblement mis bout à bout. 
Il est remarquable — mais pas étonnant — combien tous ces écri- 
vains russes de langue française, n'usant que de « clichés », sont 
merveilleusement impersonnels 1 Clichés de pensée (ici du genre dit 
« libérale »>. clichés de plaisanteries, alourdies jusqu'à sembler alle- 
mandes, clichés verbaux ! Un seul point semble personnel à M. Lôurié. 
c'est la conviction juste ou erronée, que la question juive est pour la 
Russie, comme pour le reste du monde, la question centrale. Il nest 
aucune chronique où il ne parle abondamment des mauvais traite- 
ments faits aux juifs en Russie, des services qu'ils rendent à la patrie 
russe et de l'ingratitude des Russes à leur égard. L'état présent de la 
révolution peut faire douter de ces aperçus. 

8. — Les 91 premières pages de Raspoutine. La Fin d'un régime. 



— 108 — 

par M. J. W. Bienstock, retracent, en une fa<:on d'Avant-Propos, le 
règne de Nicolas II, d'après un de ces livres, publiés à Berlin, qui at- 
tendaient les voyageurs russes dans toutes les gares par lesquelles ils 
entraient en Allemagne. Intitulé : Le Dernier Autocrate, ce livre connu 
est l'œuvre, dit-on, d'un député de la première Douma, Obninski. Au 
centre du volume, la figure de Raspoutine est dessinée, d'après le 
journal du moine Héliodorc et le témoignage de l'évêque Hermogènc,^ 
ses anciens amis, qui rapportent un grand nombre de ses conversa- 
tions. C'est donc, en quelque manière, un portrait parlé. Propos de 
très « haulte gresse » au cours desquels le surnom du Débauché 
(Raspoutine) trouve sa plus ample justification ! Il faut remarquer 
malgré tout qu'en ces discours si accablants pour « marna » et 
(( papa », (l'Impératrice et l'Empereur), il est actuellement impossible 
de séparer la vérité des racontars singulièrement abondants d'un 
homme qui avait conscience d'augmenter son crédit par leur énormité 
même. Et de quelles vantardises, de quelles exhibitions en tout genre 
n'était pas capable, après boire, après le bain, ou après ses transes 
mystiques. l'efFronté personnage ! En 1789, Catherine II, à qui Léon 
Narychkine parlait de deux livres nouvellement parus à Paris : La 
Vie privée d Antoinette de France et l'Histoire de ta Bastille, ne fit que 
cette réponse : « Ce sont des libelles, et je ne les souffre pas. » Nous 
n'en sommes, que nous le voulions ou non, qu'à l'époque des libelles. 
M. Bienstock, de qui on n'attendait apparemment qu'une lecture facile 
et croustillante, paraît avoir eu pourtant une ambition plus haute. Il 
hésite souvent entre ses deux sujets: l'épisode Raspoutine et la carac- 
térisation du régime. A la fin, il est en somme discret et court sur 
l'exécution du sectaire, sur la recherche de son cadavre, sur sa toi- 
lette funèbre, son inhumation, etc. Faute des références et de préci- 
sion, l'auteur donne parfois des allures de rapports à de simples 
reportages ; on ne saurait de quoi il s'agit si l'on n'avait lu par hasard 
les journaux dans lesquels ces pages parurent en Russie, aux tout 
premiers jours de la révolution. 

9. — Le second volume de la Révolution russe, de M. Claude .\net. 
est aussi intéressant que le premier, dont nous avons rendu 
compte. 11 embrasse la période juin-novembre 1917 ; ses trois sous- 
titres en indiquent clairement la matière: Grandeur et décadence 
d'Alexandre Féodorovilch Kérenski (grandeur est pris apparemment ici 
dans le sens de fortune), l Affaire Kornilov et enfin le (irand Jour et le 
Coup d'Etat maximaliste. Discours, discours et discours, promesses de 
« mesures énergicjues », dont aucune ne fut jamais prise, c'est toute 
l'histoire des six mois du proconsulat de Kérenski ; M. Cl. Anet, notant 
impartialement la légèreté, la griserie du premier ministre, lui rend 
néanmoins la justice d'être resté un allié fidèle et d'avoir voulu la con- 



— 109 — 

tinualion de la guerre. Ayant auprès de lui des collaborateurs détermi- 
nés comme BorisSavinkov et le général Kornilov, Kérenski eut la fai- 
blesse de prendre ombrage de l'un et de l'autre et de n'oser appliquer 
jamais le rétablissement de la peine de mort que le premier lui avait 
arraché. M. .\net reproduit in extenso le célèbre document que Kor- 
nilov tint à lui remettre pour sa justification et qui fut télégraphié 
de Stockholm à un journal de Paris. Après tout le mal créé en Russie 
par le verbiage et l'inaction, l'auteur, par joie ironique et par con- 
traste, vit arriver avec une certaine satisfaction les bolcheviks. Il raille 
avec justesse l'illusion de nos gouvernants envoyant en Russie des 
socialistes français pour mettre à la raison les socialistes russes, 
pleins d'un « orgueil incommensurable » et de mépris « pour leurs 
timides frères d'Occident » (p. 277). 

10. — Courageux dans sa poursuite des policiers provocateurs de 
l'ancien régime, M. Vladimir Bourtsév le demeure dans sa condam- 
nation documentée des bolcheviks. Sa brochure : Les Deux Fléaux du 
monde, dans laquelle sont réunis cinq articles parus sans doute dans 
le journal qu'il édite à Paris, la Cause commune, porte ce net sous- 
titre explicatif : Les Bolcheviks et l'impérialisme allemand. « Ce que 
les bolcheviks accomplissaient en Russie en 1917 avant leur coup 
d'État, et ce que Rerensky laissait faire n'a qu'un seul nom dans 
toutes les langues, celui de trahison. » La Russie, et avec elle la 
cause des Alliés, ont été vendues, trahies par le bolchevisme russe 
et par tous les socialistes qui se sont solidarisés avec lui, les zimerwal- 
diens en particulier » (p. 16). Aux tables de Biest-Lilovsk étaient 
assis des hommes qui ne visaient qu'à se surpasser en ruse et en ma- 
chiavélisme : lofTe, Kamenév et consorts, que Léopold de Bavière 
« méprisait au fond de son âme et ne traitait jamais autrement que de 
sales youpins » (p. 41), et eux qui méprisaient les impérialistes. 
« Des deux côtés, on se rendait bien compte que c'était surtout de la 
vente de la Russie qu'il s'agissait et que c'étaient des acheteurs et 
des vendeurs qui se faisaient face. >> Emprisonné par les bolcheviks 
comme il le fut par les agents du tsarisme. Bourtsév a écrit à ses 
derniers geôliers sa célèbre lettre ouverte : Soyez maudits, bolcheviks ! 
Il leur donne rendez-vous au seul endroit où l'on puisse se rencon- 
trer avec eux .* le tribunal. On comprend que Bourtsév fut de ceux 
que surprit le plus la marque de faiblesse de la Conférence de 
Paris songeant à réunir à Prinkipo les représentants des différents 
(( partis «russes. ■ lustrumentspour disloquer les armées des Alliés ». 
les Alliés disait-il aux bolcheviks. « ne pourront jamais vous consi- 
dérer autrement que comme un fléau, un mal universel... » (p. 46). 

Dexis Roche. 



• — HO — 
THÉOLOGIE 

Questions théologiques du temps présent. I. Quesdons de guerre 
d'après sainL Thuinas d'Aquin, par A. Michel. Paris, Beauchesne, 1918, 
in-16 de xiv-289 p. — Prix : 4 fr. 20. 

Neuf questions dogmatiques et morales, soulevées par la guerre, 
sont ici traitées : 1° Le Droit chrétien et la Guerre ; 2° La Vengeance 
et les Représailles ; 3° Le Culte de la patrie ; 4° L'Unité de l'Église et 
la Guerre ; 5° La Guerre et le Martyre ; 6° Le Clergé et la Guerre ; 
7° Le Culte divin et la Guerre ; 8° Prophéties de guerre ; 9° La Notion 
théologique de la paix. Elles sont résolues d'après les principes for- 
mulés par saint Thomas dans Isi Somme ihéologigue. M. Michel a sui\i 
une méthode, « un peu archaïque peut-être », avoue-t-il, qui s'attache 
aux procédés dialectiques et aux termes mêmes du théologien du 
xm" siècle. 11 justifie sa méthode, qui lui a permis d'expliquer le 
texte plus littéralement et d'analyser plus exactement la pensée de 
l'Ange de l'Lcole. Dans ce commentaire on verra que les représailles 
peuvent s'exercer comme châtiment sur les coupables, mais non sur 
les innocents, les civils par exemple ; que le culte de la patrie rentre 
dans l'objet de la vertu de piété ; que la charité ne permet pas d'ai- 
mer la culpabilité de ses ennemis ; que le soldat, mourant pour son 
pays, n'est pas un martyr, mais que la mort, acceptée surnaturelle- 
ment, lui mérite des grâces divines qui l'amènent, s'il est nécessaire, 
à la justification. Je ferais quelques réserves sur le rôle que M. Michel 
assigne aux prêtres dans la guerre. 11 n"a eu en vue que la Ihèse, et il 
n'a pas suffisamment tenu compte de l'hypothèse de toute une nation 
armée. En décrivant la position des prêtres-soldats, il a trop assombri 
le tableau. 11 n'a vu non plus que les inconvénients, résultant de 
l'appel des prêtres aux armées, relativement au culte public, et ici 
encore il n'a pas envisagé les sociétés modernes dans leur état actuel ; 
il suppose toujours une société parfaitement chrétienne et un gou- 
vernement semblable à celui de saint Louis. Aussi quelques-unes de 
ses solutions pratiques me paraissent trop sévères. On remarquera 
sans doute l'application que M. Michel fait de la notion thomiste de la 
prophétie à la célèbre promesse concernant le drapeau du Sacré-Cœur. 
Sa longue note s'inspire visiblement de la lettre du cardinal Billot au 
P. Lemius ; elle en reproduit les termes ; l'auteur a dû en posséder 
le texte authentique. Il y répète avec raison que l'adoption de ce dra- 
peau ne j)eut être qu'un aboutissement, quand la société française sera 
redevcrme clirétieiine. Dans ce cas, il se met en face de la situation 
présente de la France. L'ouvrage est foncièrement doctrinal, digue 
d'un professeur à la Faculté de théologie de Lille. Nous lui souhai- 
tons un plein succès. E. Mangenot 



— m — 

La Spiritualité chrétienne. Des Origines de l'Kglise au moyen 
âge, par P. PoinnAT. Paris, LoconVe, Gabalda, 1918, iii-i2 de vni-rjU2 p. 
— Prix : 6 fr. 

Nous avons à faire le plus grand éloge de ce volume où M. Pourrai, 
supérieur sulpicicn du grand séminaire de Lyon, résume l'histoire 
de la Spiritualité chrétienne durant les sept premiers siècles de l'Église. 
L'œuvre est conduite avec compétence et avec clarté. Mérite d'autant 
plus sérieux que le sujet, très complexe, n'avait jamais été, jusqu'à 
ce jour, Tobjet d'une enquête distincte ni d'une synthèse méthodique. 
On peut donc dire, sans forcer la note, que M. Pourrat, dans son 
nouvel ouvrage, aura trouvé moyen de dire du neuf sur une matière 
très ancienne et dont tous les éléments étaient déjà connus, mais 
connus d'une manière éparse et fragmentaire. 

Après une étude de la doctrine ascétique des quatre Évangiles et 
des Épîtres apostoliques, puis un exposé des théories de l'ascèse 
orthodoxe ou hétérodoxe des trois premiers siècles, vient un ample 
tableau du mcnachisme en Orient et en Occident. L'auteur décrit 
ensuite l'influence de l'augustinianisme (opposé à toutes les formes de 
pélagianisme) sur la piété chrétienne, l'ascèse, la mystique. Un fort 
bon chapitre est consacré à la contemplation mystique d'après saint 
Augustin et d'après le pseudo-Denys l'Aréopagite. L'histoire du déve- 
loppement monastique durant la période qui succède à l'effondre- 
ment de l'empire romain d'Occident amène l'auteur à détailler le 
rôle dévolu dans la spiritualité chrétienne à la personne même du 
Christ, à l'Eucharistie, à la Vierge Marie Mère de Dieu. 

Ce sont des pages qui instruisent, qui édifient et qui charment. 

Yves de la Brière. 

• 

SCIENCES ET ARTS 

L'Education religieuse. Entretiens à des mères chrétiennes^ 

par l'abbé Claude Bouvier. Paris, Lecofîre, Gabalda, 1916, in-12 de xxiv- 
331 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Les ouvrages pédagogiques ne manquent pas. Mais y en a-t-il beau- 
coup qui se préoccupent exclusivement de la formation chrétienne de 
l'enfant, qui songent, par exemple, à développer en lui le sens du 
mystère, qui marquent leurs chapitres de titres comme ceux-ci : édu- 
cation de la prière, éducation de la foi, éducation du repentir, éduca- 
tion du travail, éducation de la science, éducation du sacrifice, édu- 
cation du zèle, péchés de mères ? Si élevés que soient ces sujets, ils 
sont traités ici avec une simplicité et une justesse qui en rendent 
l'intelligence facile ; des traits, empruntés au courant de la vie quo- 
tidienne, illustrent d'exemples familiers et caractérisques les ensei- 
gnements les plus graves. Que de réflexions s'imposeront aux mères 



— H2 — 

qui liront ces pages ! Gomme elles apprendront à observer leurs fils 
et leurs filles, à calculer les conséquences de leurs actes, de leurs pro- 
j)os et de leurs attitudes, à comprendre la noblesse de leur tâche édu- 
catrice et à s'orienter dans la complexité des devoirs qu'elle impose ! 
Le prêtre qui leur adresse des conseils d'une si haute portéejoignait 
à nn esprit d'observation aiguisé un zèle d'apôtre et une expérience 
peu commune. Il voua sa vie à l'éducation. On voit quelle confiance 
mérite un tel maître, et on est reconnaissant à M. Audolleut, vicaire 
général de Paris, d'avoir retracé en traits émus, dans la Préface, sa 
fine et noble physionomie. Le connaître est une joie et presque une 
fierté : l'entendre sera un profit pour tous ceux à qui parviendront 
ses enseignements. Ch. Landry. 



L'Autorité «hïiis la famille et à l'école, par F. Kikkfe». Paris, Beau- 
chesnc, 1917, in-iS de n-489 p. — Prix : 5 fr. 

<( Herbert Spencer exprime son éloniipment de ce qu'on n'hésite 
pas à faire faire des études de comptabilité au jeune homme dont on 
veut faire un commerçant, alors qu'on se préoccupe si peu de faire 
connaître l'art de l'éducation à ceux qui, par la force des choses, se- 
ront des éducateurs. » l'artageant cet étonnement, muni d'ailleuis 
d'observations multiples par une longue expérience personnelle. 
M. Kieffer a cru qu'il ferait œuvre utile en apportant sa contribulifui 
au problème si complexe del'éducation. Il ne s'est pas trompé, lise dé- 
fend d'écrire un traité savant ou même complet. Le terrain spécial sur 
lequel il se tient, u c'est celui de l'exercice de l'autorité. » Mais quand 
il a étudié la nature de l'autorité, expliqué à quelles conditions elle 
se fait accepter et bénir, comment elle grandit ou se dissout, de quels 
moyens elle dispose, de quels excès elle doit se garder, à (jucl but 
«lie doit tendre, il a vraiment embrassé l'ensemble des questions qui 
préoccupent le plus l'éducateur. Et comme il a surtout <( visé à être 
pratique », il ne se cantonne pas dans la région des théories : il mul- 
tiplie les exemples (certains même sont cités deux et trois fois, sans 
doute pour qu'on ne les oublie pas) ; il sait comment on remédie à 
certains défauts ennemis de l'autorité ; il formule des « règles d'une 
application facile et immédiate » ; il développe les dispositions d'ànie 
qui font les éducateurs. Quedirede plus pour témoignerdes services 
que peut rendre son livre ? Ce. La-sdry 



I..e SooialiNme contre Ti-^tat, par Emile VANUEUvr.LDK. Paris. Bergcr- 

Levrnult. l'JlS, in-lli de i.vi 174 p. — Prix: 3 fr. 
L'Individu a\ec TiCtat, par C. Léouzon Le Duc. Paris. Pion Nourrit. 

i'Jl.S, in-lG de vin-318 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Les titres mêmes de ces deux ouvrages, qui ont pour sous-titres, le 



— 113 — 

premier : Problèmes d après-guerre, le second : Les Leçons de la guerre, 
témoignent qu'un livre d'Herbert Spencer paru il y a quelque trente 
ans, l'un de ses meilleurs et des moins longs : L'Individu contre l'État, 
n'est pas oublié et traite une question plus actuelle que jamais. 

— Demeurant convaincu que, pour qui ne donne pas aux mots un 
sens arbitraire et pour qui ne veut pas s'aveugler d'illusoires chi- 
mères, le socialisme est foncièrement à base d'étatisme. comme il est 
à base de haine, de guerre de classes, je paraîtrai à M. Emile Vander- 
velde avoir un esprit incurablement bourgeois. Je ne méconnais 
pourtant pas l'intérêt des efforts qu'il tente pour distinguer et sépa- 
rer socialisme d'étatisme. Sans doute, il ne défend pas, comme font 
certains doctrinaires intransigeants, de se servir opportunément de 
l'action de l'État ; il ne juge pas que les socialistes doivent dédai- 
gner la conquête du pouvoir politique ; il est d'ailleurs extrêmement 
loin d'admirer le jeu actuel du suffrage universel, du gouvernement 
de parti et du parlementarisme. Mais, dans la socialisation progres- 
sive des moyens de production qu'il préconise, il veut que l'on se 
préoccupe beaucoup de préparer à se gouverner elles-mêmes les 
petites républiques ouvrières entre lesquelles se partagera la régie 
des divers départements du travail social. C'est donc une sorte de 
socialisme décentralisé qu'il professe, et il croit ainsi éviter l'étatisme, 
qui d'ailleurs ne lui paraît plus à craindre, si l'État n'est plus qu'un 
organe de gestion, au lieu d'être un organe d'autorité. C'est peu clair. 
Ce qui malheureusement l'est davantage, ce sont les antagonismes de 
classes et les convulsions sociales inouïes que l'on nous annonce pour 
l'après-guerre. Bien lourde est la responsabilité de ceux qui pré- 
parent ou propagent cette guerre-là. 

— Pour .M. Léouzon Le Duc, notre excès d'individualisme est res- 
ponsable, dans une large mesure, de notre impréparation à soutenir 
la guerre que les Allemands, eux, avaient si bien préparée et prémé- 
ditée. Ce sont donc des questions d'importance vitale sur lesquelles 
a travaillé sa pensée, en s'aidant des écrits d'Herbert Spencer, de 
Taine. de Gustave Le Bon, d'André Lalande, d'Espinas. La complexité 
de la nature humaine, le besoin de sécurité et le besoin d'expansion, 
le rapprochement croissant et la différence croissante des nations, la 
représentation des besoins, la doctrine individualiste et la doctrine 
nationale, voilà les principales étapes de sa vaste exploration. Au 
fond, il n'y a antagonisme entre l'individu et l'État que si l'un ou 
l'outre s'abuse et s'égare. A chaque époque, pour chaque nation, un 
point d'équilibre stable doit se trouver entre la force centripète de 
l'instinct de conservation collpclivc. qui pousse les hommes à se con- 
centrer, et la force centrifuge de leur instinct individualiste qui les 
pousse à se séparer. Souhaitons avec l'auteur que notre organisation 

FÉviuEK 1019. T. CXLV. 8. 



— \\i — 

se réalise, non par iin asservissement déprimant, mais par un esprit 
de discipline acceptée, qui fera reconnaître l'utilité de la subordina- 
tion et la puissance de l'action commune. 

Babon Angot des Rotours. 



Œuvres de G. -H. Halphen, publiées par les soins de C. Jordan, H. Poin- 

CARÉ et E. Picard. T. I. Paris, (îauthier-\ illars, 1910, in-8 do xlih-uTO p. 

— Prix : 20 fr. 

Les mathématiciens accueilleront avec faveur cet ouvrage où se 
trouvent réunis des notes, des communications, des articles épars 
dans les publications les plus diverses et qui s'échelonnent depuis 1864 
jusqu'en 1876. — Ainsi, l'on peut suivre pas à pas le développement 
logique des idées d'Halphen et constater, non sans surprise, que des 
travaux en apparence extrêmement dissemblables sont dans la réalité 
en relations étroites et intimes les uns avec les autres. 

Voici en particulier le titre des mémoires de plus longue haleine. 
— I. Sur l'intégration des équations linéaires. — II. Sur la détermi- 
nation des coniques et des surfaces du second ordre. — III. Recher- 
ches de géométrie à n dimensions. — IV. Sur les points singuliers 
des courbes algébriques planes. — V. Sur les contacts des surfaces. 
— - VI. Sur une question d'élimination ou sur l'intersection de deux 
courbes en un point singulier. — VII. Sur le genre des courbes algé- 
briques. — VIII. Sur le contact des courbes planes avec les coniques 
et les courbes du troisième degré. — IX. Sur une série de courbes 
analogues aux développées. — X. Sur la recherche des points d'une 
courbe algébrique plane, qui satisfont à une condition exprimée par 
une équation différentielle algébrique, et sur les questions analogues 
dans l'espace. 

Dans une remarquable notice de cinquante pages rédigée à l'occa- 
sion de sa candidature à l'Académie des sciences, Halphen a pris soin 
de nous initier au secret de ses profondes recherches, et de mettre en 
lumière les résultats auxquels il attachait le plus de prix. Le lecteur 
saitdonc à l'avance où il va, et d'autant mieux ({ue M. H. Poincaréde sa 
plume nerveuse et précise nous fait connaître en détail la carrière 
d'Halphen et que M. Emile Picard, en quelques pages élégantes et 
pleines d'intéressants aperçus, étudie la manière et la psychologie de- 
l'auteur. G. Bertrand. 



L'Aviation de demain, par Jean Dargon. Paris, Bergcr-Levrault. 1919, j 
iii-8 de XX-1H3 p., avec 46 grav. ou photographies dans le texte et hors 
texte. — Prix : 8 fr. 

Est-ce un rêve ou une réalité? Probablement un rêve d'aujourd'hui 
et une réalité de demain : c'est ce qu'exprime, dans une Préface ma- 



I 



— ii5 — 

gistrale. le regretté Élicnne Lamy. Dans ce volume, consacré à l'étude 
de lulilisalion après guerre de ^aviation, dont les progrès, au cours 
de la lulle, out eu une part si prépondérante dans la victoire, M.Jean 
Dargon, avec une compétence rare, s'efforce de mettre au point, dans 
ses moindres détails, les projets de navigation aérienne en temps de 
paix. 11 voit tous les obstacles qui se dressent sur sa route, mais sa 
confiance est telle, ses arguments si persuasifs, qu'il sait faire paraître 
non comme réalisables, mais comme accomplis, les voyages aériens 
les plus longs, les plus difficiles. Il en trace avec précision les itiné- 
néraires. les points de relâche, établit le prix de revient de chaque 
voyageur, de chaque tonne transportée. On croirait vraiment, à le 
lire, qu'il n'y a plus que son billet à prendre pour se rendre, par la 
voie des aiis, à Tombouctou ou à Bombay, mais, hélas ! il y a encore 
loin de la coupe aux lèvres. Bien des difficultés se soulèvent, prove- 
nant principalement des moteurs et ensuite de l'appareil lui-même, 
puis, des conditions atmospliériques, mais M. Jean Dargon a réponse à 
tout, et, pour tout, il présente une solution satisfaisante. C'est ainsi 
qu'après avoir fait connaître l'état actuel de l'aviation et ses derniers 
progrès, il expose les méthodes de faire le point, de se rendre compte 
des courants aériens, puis, successivement, il montre ce que pourrait 
être le tourisme aérien et ce que doit devenir l'aviation coloniale et 
l'aéronautique maritime. Il lance ses itinéraires sur tout le globe 
comme les fils d'une gigantesque toile daraignée et, sur chacun de 
ces itinéraires, il fait voir au lecteur émerveillé les avions transpor- 
tant dépêches, marchandises et passagers. Il faut souhaiter que ce 
rêve soit bientôt réalité et que l'étalisme rongeur et paralysant ne 
vienne pas couper les ailes à l'essor de l'aviation de demain. 

J. C. T. 



Les Grands Graveurs. Andréa Mantegna et les graveurs pré- 
raphaélites italiens. Paris, Hacliette, 1014, in-8 de 15 p. de texte, 
avec 75 ptiotogravures. — Prix, cartonné : 4 fr. 

Les Grands Graveurs. Marcantonîo et les graveurs de l'école 
italienne du xvi* siècle. Paris, Hachette, 191i, in-S de io p. de texte» 
avec 66 photogravures. — Prix, cartonné : 4 fr. 

Les Grands Graveurs. Fragonard, Moreau le Jeune et les gra- 
veurs frauçais de la fin du xviu' siècle. Paris. Hachette. 1914, 
in-8 de 15 p. de texte, avec 65 photogravures. — Prix, cartonné : 4 fr. 

Les Grands Graveurs. Bartolozzi et les graveurs au pointillé 
en Angleterre à la fin da xviu* siècle. Paris, Hachette, 1914. in-8 
de 15 p. de texte, avec 65 photogravures. — Prix, cartonné : 4 fr. 

C'est une précieuse ressource pour les éditeurs de livres d'art que 
la possibilité de s'associer, d'un pays à l'autre, pour publier des 
recueils d'images, dont les frais se trouvent ainsi diminués. La mai- 



— H6 — 

son Hachette, avant la guerre, nous a montré, par son admirable 
petite collection Ars una, quels résultats on pouvait atteindre par 
cette division du travail, et nous avons, ici même, loué comme il 
convenait les débuts d'une charmante collection des Grands Graveurs. 
Voici, de cette même série si ingénieusement et pratiquement com- 
prise, quatre volumes nouveaux tout à fait dignes de leurs aînés. 
Chacun se compose d'environ 70 photogravures qui reproduisent, en 
format la plupart du temps réduit, les chefs-d'œuvre d'un graveur 
ou plutôt d'une école de graveurs. Une très bonne Préface, avec 
toutes les indications bibliograpliiques désirables, accompagne cet 
album, très élégamment présenté sous un joli cartonnage, et du prix 
lé plus modique, certes, si l'on songe à ce qui nous est généralement 
donné aujourd'hui pour quelques francs. 

— Le premier de ces volumes est consacré aux plus anciens essais 
de la gravure sur cuivre en Italie ; on y trouvera rassemblées et clas- 
sées des œuvres délicieuses et rares entre toutes, dont il fallait jus- 
qu'ici chercher les reproductions dans des recueils de format et de 
prix peu accessibles : estampes où revit la grâce des primitifs floren- 
tins, d'un Botticelli, d'un Baldovinetti, d'un Vinci, auprès du mer- 
veilleux sentiment de l'antique d'un Mantegna et de la chaude enve- 
loppe vénitienne d'un Bellini ou d'un Giorgione. 

— Dans le volume suivant, c'est Marc-Antoine qui triomphe, c'est- 
à-dire la noblesse et l'harmonie incomparables de Raphaël, qui a 
rencontré dans le graveur bolonais le plus parfait des interprètes. 
Tout l'essentiel de son œuvre est là, dcpuiF les essais naïfs et frustes 
du début jusqu'à la plénitude de la maturité. Y a-t-il rien de plus 
noble au inonde que le Jugement de Paris ou le Parnasse, si ce n'est 
la Sainte Cécile ou l'Apparition de Dieu à Noé ? 

— D'un bond rapide, nous passons au wiii^ siècle français, à l'es- 
prit voluptueux de Fragonard, de Greuze, de Baudouin, de Lavreince. 
11 y a dans ce petit volume un choix des plus célèbres de ces estampes, 
dont les originaux sont aujourd'hui si recherchés. Le Monument du 
Costume, de Moreau le Jeune, apparaît, très réduit mais fort net en- 
encore, dans ses plus fameuses planches, et l'on finit avec Debucourt, 
dont les gravures en couleurs sont comparables aux chefs-d'œuvre 
anglais que nous fait connaître le quatrième volume. 

Là,c'estla suite étonnante de ccsgravures au pointillé dont Bartolozzi 
a donné les plus beaux modèles dans ses interprétations de Ueynolds. 
On sait quels prix fantastiques atteignent les bonnes épreuves, 
d'ailleurs infiniment rares, de ces portraits d'une séduction intense, 
<|ui ont immortalisé raristocralic. anglaise du xviii" siècle. Les jeux 
(le 1 ombre et de la lumière, dans les noirs veloutés dont s'envc- 
lo])pciil ces idéales images, égalent presque les effets de couleurs les 



— \n — 

plus surprenants d'un Reynolds, d'un Raeburn. d'un Ronniey, d'un 
(Jainsborough. Heureux les amateurs débutants qui auront dans ces 
aimables albums le plus instructif des répertoires ! 

A^DHÉ PÉRATÉ. 



LITTÉRATURE 



Anthologie des écrivains belges, poètes et prosateurs, recueillie 
et publiée par L. Dlmont-Wildk.n. Paris, Crès, 1918, 2 vol. in-lG de xxix- 
292 et 323 p., avec 5 portraits. — Prix : 7 fr. 

Les pays dont la réunion forme le royaume de Belgique ont de 
tout temps donné des écrivains à la littérature française. Il en a été 
de même, à plus forte raison, depuis que ce royaume constitue un 
État autonome et indépendant. Mais depuis une quarantaine d'années 
(vers 1880) la littérature belge de langue française a tendu de jour en 
jour davantage à prendre sa part de cette autonomie, sinon de cette 
indépendance. Elle s'est efforcée de se donner des caFactères spéciaux, 
des qualités nationales. C'est ce mouvement qu'a cherché à mettre en 
relief M. L. Dumont-Wilden par une anthologie composée à ce point 
de vue. La Préface, notice étendue, écrite avec une élégante précision, 
analyse et détermine cette évolution intéressante et nous offre un bon 
tableau de la littérature belge contemporaine. Le recueil renferme 
des morceaux choisis dans les auteurs suivants : 

Tome 1. Charles Decpster. « Né à Munich (de parents belges) 
en 1827, mort à Bruxelles en 1879..., est considéré comme le véri- 
table précurseur de la littérature belge contemporaine. » — Octave 
Pirmez. « Né à Châtelet (Hainaut) en 1834, mort à Acoz (province de 
Namur) en 1883.... fut considéré parles écr'naUis delà Jeune Belgique 
comme un précurseur. » — Edmond Picard. « Né à Bruxelles 
en 1836... Il a été dans son pays le principal théoricien et le premier 
propagandiste du nationalisme littéraire. » — Camille Lemonnier. 
« Né à Bruxelles en 1845, mort à Bruxelles en 1913... Romancier, 
conteur, critique d'art, est peut-être la figure la plus caractéristique 
de la littérature belge contemporaine. » — Georges Eekhoud. « Né à 
Anvers en 1854... Romancier et conteur..., il a décrit avec un filial 
enthousiasme les mœurs et les paysages de son pays natal. » — 
Georges Rodenbach. « Né à Tournay en 1835, mort à Paris en 1898... 
C'est le poète de « Bruges la Morte » ; une sensualité mystique et 
raffinée imprègne ses meilleurs vers. » — Emile Verhaeren. « Né à 
Saint-Araand-sur-Escaut (province d'Anvers) en 1853. Mort acciden- 
tellement en 1916... Il a transporté dans la littérature française des 
façons (le sentir propres à son pays natal, et c'est là un des éléments 
les plus importants de sa puissante originalité. » — hvan Gilkin. 



— H8 — 

(( \é à Bruxelles en 1858..., a été fortement impressionné par Bau- 
delaire. Poète pessimiste, il a chanté dans ses premiers recueils le 
cliarme morbide de la décadence et des sentiments anormaux, de 
l'art artificiel et des curiosités interdites... 11 devait plus tard évoluer 
vers une poésie plus large et plus humaine. » — Max Waller. « Pseu- 
donyme de Maurice Warlomont. Né à Bruxelles en 1860, mort 
en 1889... Il fut le véritable chef du mouvement littéraire dont sa 
revue (la .Jeune Belgique) fut le centre et le lieu de ralliement. Ses 
vers, d'une juvénile impertinence, ont quelque chose de tendre, 
d'ironique et de voluptueux. « — Albert Giraud. « Pseudonyme de 
M. Albert Keyenberg, né à Louvain en 1860..., parfait artiste du vers, 
pur poète parnassien. » — Léopold Cou rouble. « Né à Bruxelles 
en 1861. » Auteur de (t toute une série de nouvelles et d'impressions 
de voyage dont l'ensemble constitue un tableau très pittoresque de la 
colonisation belge en Afrique. Mais, ce qui fil sa réputation, c'est la 
série de romans où il met en scène la petite bourgeoisie de Bruxelles. » 
— • Eugène Demolder. « Né à Bruxelles en 1862. Conteur et roman- 
cier. » — Max Elskamp. c Né à Anvers en 1862..., a exprimé dans 
ses vers d'une naïveté recherchée et d'un art très subtil en sa bizarre- 
rie, certaines nuances particulières du mysticisme flamand. >> — 
Hubert Krains. ^ Né à Waleffe (province de Liège) en 1862... Roman- 
cier et conteur. C'est un réaliste » qui s'est surtout consacré « à dé- 
crire les mœurs des paysans et des petits bourgeois. » — Maurice 
^^aele^linck. <( Né à Gand en 1862... C'est un écrivain européen, et le 
prix Nobel qui lui fut décerné en [{)[?> a consacré sa gloire. » — 
Henry Maubel. « Pseudonyme de M. Maurice Belval, né à Bruxelles 
on 1862... C'est un psychologue qui se plaît à décrire en une prose 
très travaillée et qui n'exclut pas toujours la manière, ces mouve- 
ments d'Ame que d'ordinaire on juge presque imperceptibles. » — 
Charles van Lerbcrghc. u Né à Gand en 186:2, mort à Bruxelles 
en 1907..., est une personnalité exceptionnelle dans la littérature 
belge..., il échappe au classement. » On a dit de lui qu'il est « le poète 
de rinefFablc. » — Grégoire Le Roy. « Né à Gand en 1862. » Poète 
symboliste. — Hector Chainaye. (( Né à Liège en 1863, mort à 
Bruxelles en 1912. » Poète en prose. « Une des personnalités les plus 
importantes du mouvement wallon. » — Jules Destrée. « Né à Mai- 
cinellc (llainaul) en 1863..., chef incontesté du mouvement wallon... 
Ses ouvrages de littérature sont consacrés à des sensations d'art ou à 
l'exaltation du pays wallon. » — Dom Bruno Destrée. « Né à Marci- 
ncUc (Hainaul en 1865. » Frère du précédent. Bénédictin. Auteur de 
(' délicates éludes d'art et de poèmes en prose. » — Yalèro (ulle. « Né 
à Bruxelles en 1867. » Poète parnassien. 

Tome 11. Albert Mockel. o Né à Liège en 1866. » Poêle syniboli>t('. 



— 110 — 

« 11 a a[)porU' dans la poôsic française certaines nuances particulières 
<le l'àrae wallonne. » — Firmin van den Bosch. « Né à Pecr (Lim- 
l)Ourg) en 18G6..., représente en Belgique la critique catholique. ». 
-- Auguste \'ierset. « Né à Nanuir on 1866. » Poète parnassien. — 
l'ernand Séverin. « Né à Grand-Manil (province de Nainur) en 1867... 
î>a poésie a presque toujours quelque chose de lamartinien. » — 
George Garnir, u Né à Mons en 1868. » Romancier et conteur. S'est 
surtout attaché à la <( contrée rncusienne » et aux « milieux bruxel- 
lois. )) — Maurice des Ombiaux. « Né à Beauraing en 1868..., conteur 
et romancier... Son œuvre est un tableau vivant et coloré de la Wal- 
lonie. » — Henry Carton de Wiart. (( Né à Bruxelles en 1869..., avocat, 
député, ministre, a su mener de pair une carrière littéraire et sa car- 
rière politique. » Auteur de « romans historiques et nationaux. » — 
Georges Virrès. « Pseudonyme de M. Henri Briers, né à Tongres 
<?n 1869. » Romancier. Son oeuvre est surtout consacrée à décrire lés 
mœurs des paysans de « l'âpre et poétique bruyère campinoise. » — 
Louis Delattre. « Né à Fontaine-lÉvêque (Hainaut)en 1870. » Conteur 
« dont le talent fait vivre avec autant d'exactitude que d'intensité tout 
le pays wallon, personnages et paysages. .) — Paul Gérardy. a Né à 
Malrhédy en 1870. » Poète symboliste. « Ses vers expriment certaines 
nuances particulières de l'âme wallonne. » — Gustave van Zype. « Né 
à Bruxelles en 1870, journaliste, auteur dramatique, romancier, cri- 
tique d'art. )) — Charles Delchevalerie. « Né à Charleroi en 1872. vit 
à Liège où il a ses origines... La plus grande partie de son œuvre est 
faite de croquis » liégeois. — Georges Marlow. « Né à Malines 
en 1872. » Médecin et poète, u Rien dans ses œuvres poétiques n'est 
négligeable. » — Victor Rinon. « Né à Tirlemonten 187.3. » Poète 
catholique. « Sa poésie a sa source principale dans le mysticisme 
populaire. » — Paul André, c Né à Nivelles en 1873. » Polygraphe. 
« Il a abordé tous les genres avec une égale facilité. » — Abel Torcy. 
(( Pseudonyriie de M. Max Blieck. Né à Wervicq (Flandre occidentale) 
en 1873. » Romancier. — Edmond Glesener. « Né à Liège en 1874. » 
Romancier. — Roland de Mares. « Né à Hasselt en 1874. » Journa- 
liste très distingué. Poète symboliste. — Jean Dominique, o Pseudo- 
nyme de M"' Marie Closset, née à Bruxelles en 1875. » Poète symbo- 
liste. — Edmond de Bruyn. « Né à Anvers en 1875. » Fondateur et 
directeur de la revue le Spectateur catholique. « Ses rares écrits sont 
d'une originalité de forme et de pensée qui lui font une place impor- 
tante dans le mouvement littéraire belge. » — Louis Dumont-Wilden. 
« Né à Gand en 1875. » C'est l'auteur même de V Anthologie. 11 y est 
représenté par quelques pages, très fines et très jolies, sur « le Prince 
de Ligne. » — Blanche Rousseau. « Pseudonyme de M"" Maurice Bel- 
"val, née à Bruxelles en 1875..., une des personnalités les plus origi- 



— 120 — 

nales de la jeune littérature belge. » — Georges Raemackers. « Né à 
Bruxelles en 1875..., une des figures marquantes de la littérature 
catholique belge. La plupart de ses poèmes ont une tendance apolo- 
gétique et mystique. » — Georges Rency. « Pseudonyme de -M. Albert 
Stassart, né à Bruxelles en 1875. » Conteur, romancier, critique 
littéraire. — Cliarles Bernard, u Né à Anvers en 187(j. » Romancier 
et critique d'art. — Emile Cammaerts. « Né à Bruxelles en 1877. »>• 
Poète patriote. — Isi Collin. « Né à Liège en 1878. » Poète symbo- 
liste. — Horace van OfTel. (( Né à Anvers en 1878..., a fait, en qualité 
de sous-lieutenant, la campagne de 1914-1915. » Conteur et auteur 
dramatique. A composé récemment des u Récits de guerre », dont 
quelques pages inédites ont été confiées à l'Anthologie. — Henri 
Davignon. « Né à Bruxelles en 1879. » Romancier et conteur. On lui 
doit aussi un ouvrage de critique : Molière et la Vie. - Pierre Nothomb. 
« Né à Bruxelles en 1880..., une des personnalités les plus intéres- 
santes de la jeune littérature catholique belge. » Poète et publiciste. 
Auteur d'un u vivant récit de la bataille de l'Yser. » — Franz Hellens. 
(( Pseudonyme de M. Franz van Ermengen, né à Gand en 1881. » 
Auteur de « contes d'allure symbolique, imprégnés d'une sorte de 
fantastique flamand. » — Jules Delacre. « Né à Vilvorde en 1882. )> 
Poète symboliste. — Maurice Gauchez. « Pseudonyme de M. Maurice 
Gilles, né à Chimay en 1883. » Poète et critique. Auteur de « Récits 
de guerre. » — Lucien Christophe. « Né à Bruxelles en 1886..., un 
des plus jeunes poètes du mouvement littéraire belge. » — Louis 
Piérard. « Né à Frameries (Hainaut) en 1886.... a célébré dans son 
œuvre poétique le charme particulier de la Wallonie industrielle. » — 
Marcel Wyseur. « Né à Comines (Flandre occidentale) en 1886..., un 
jeune poète que la guerre a révélé. » 

Pour chacun de ces auteurs M. Dumont-Wilden nous donne, en 
tête des pages qu'il leur emprunte, une notice brève et pleine, dont 
nous avons profité. Elle consiste en une bibliographie et eh une appré- 
ciation, plutôt indulgente, mais précise et significative. L'ouvrage e.-t 
orné de cinq portraits hors texte, ceux de MM. Emile Verhaeren. 
Camille Lemonnier, Eugène Demolder, Maurice Maeterlinck. Charles 
van Lerberghe. L'Anthologie est un vrai service rendu aux lettres. 

M. S. 

Le Joueur de Nambuque, par Jkan Nostos. Paris, Leroux, 1018, in-16 
de 134 p. 

L'auteur qui se dissimule sous ce pseudonyme mélancolique, fils 
d'un des savants qui font le plus d'honneur à l'érudition française, 
et cjui lui-même, avant la guerre, s'était fait connaître par des tra- 
vaux érudils pleins de promesses, a subi au pays des Barbares de 



— 121 — 

lon"s mois de captivité. Il e>l de ceux qui ont su trouver dans les 
travaux de l'esprit un adoucissement à l'amertume de l'exil, un sou- 
tien dans leurs peines et une diversion à leurs ennuis. Comme le 
joueur antique, il a accordé sa sambuque et il en a lire des sons 
liarmonieux, qui font vibrer dans l'âme du lecteur plus d'une corde 
sympathique. 11 y a de fort beaux vers et souvent de hautes et fortes 
pensées dans celle cinquantaine de poésies, d'une facture générale- 
ment classique, bien que l'auteur ne dédaigne pas parfois de recourir 
aux procédés les plus modernes. Et l'on ne peut que souhaiter que le 
talent qui s'affirme dans ces « rythmes » dédiés « à tous ceux qui, 
captifs, tiennent d'une main ferme la coupe des peines sans gloire », 
soit cultivé par son auteur et que, sans négliger les travaux plus aus- 
tères de l'érudition, il prenne de temps à autre sa sambuque et en 
tire de nouveaux accords pour sa satisfaction et pour la nôtre. 

E.-G. L. 



Ugo Foscolo in Inghilterra. Sajjr/j da Fra>cesco Viglione. Catania, 
Vincenzo Muglia, s. d., in-8 de vi-333 p. 

La matière de ce livre est tirée, en très grande partie, des papiers de 
Foscolo conservés à la bibliothèque Labronica, de Livourne, papiers 
dont il n'est peut-être pas inutile de rappeler ici que M. Viglione a 
donné un catalogue détaillé, en 1909, dans le Dolletuio délia Socieià 
pavese di storia patria. 

L'ouvrage se divise en trois parties : Contributions à la biographie 
de Foscolo pendant son séjour en Angleterre, — Histoire de ses écrits 
littéraires. — Histoire de ses écrits politiques. 

La première partie est toute pleine des tribulations qui attendaient 
sur la terre anglaise l'illustre exilé volontaire, tribulations dues, pour 
une bonne part, à ses imprudences, et aussi à certains traits de son 
caractère. Innombrables furent ses démêlés avec ses traducteurs et 
ses éditeurs, particulièrement avec Pickering, dont la conduite à son 
égard fut totalement dénuée de scrupules. Les folles dépenses dans 
lesquelles s'engagea Foscolo pour orner sa villa de Digamma Cottage^ 
firent bientôt du malheureux écrivain, harcelé par ses créanciers, la 
proie des hommes de loi. C'est là l'un des épisodes les plus lamen- 
tables de cette histoire. 

Foscolo mena en Angleterre une vie extrêmement laborieuse. Il 
commença beaucoup de travaux, dont bien peu furent conduits à 
bonne fin. De la séduisante entreprise d'une grande collection des prin- 
cipaux classiques italiens, il ne sortit, comme on sait, qu'une édition 
de la Divine Comédie, publiée d'ailleurs longtemps après la mort de 
Focsolo, par les soins de Mazzini ; seul, le célèbre Discorso sui Testo 
délia Divina Commedia, sorte d'Introduction à cette édition, parut du 



^22 

vivant de l'auteur. Les correspondances conservées dans les porte- 
feuilles de la Labronica renferment une foule de détails curieux sur 
ces projets de travaux, sur la collaboration de Foscolo à diverses 
revues anglaises, sur ses rapports avec les directeurs de ces revues. 

La grande réputation de l'auteur des Ultime lettere de Jacopo Ortis 
et des Sepolcri lui avait, dès son arrivée en Angleterre, ouvert bien 
des portes. La haute société lui avait fait le meilleur accueil. Particu- 
lièrement intéressantes, à ce point de vue, sont les pages consacrées 
aux relations de l'exilé italien avec John Gam Hobhouse, plus tard 
Lord Broughton, et avec Henry Russell et sa famille. C'est son amour. 
non partagé, pour Carolina Russell qui lui a inspiré ses Saggi sul 
Petrarca. « indubitablement l'un des plus beaux fragments de la 
production critique de Foscolo » pendant cette période de sa vie. 

La troisième et dernière partie du livre a pour objet quelques écrits 
politiques de Foscolo, qui parurent sous forme d'articles dans la 
Revue d Edimbourg . Les matériaux du premier de ces articles, sur 
Pie VI, avaient été fournis à Fauteur par un certain Nicolo Pornice. 
dont la personnalité était restée assez mystérieuse. M. Viglione a eu 
le mérite de découvrir que, sous ce pseudonyme, se cachait un 
homme assez au courant des choses de Rome, F. Mami. Mais ce qui 
est dit de Pie VI dans ce chapitre appellerait plus d'une réserve. 

On trouvera, à la fin du volume, une utile table des articles de 
Foscolo insérés dans des revues anglaises ; sept périodiques d'Outre- 
Manche ont pu s'honorer de sa collaboration. 

Ce livre, un peu touffu, où sont reproduits de très nombreux frag- 
ments de la correspondance de Foscolo, en italien, en français ou en 
anglais, abonde en renseignements nouveaux ou peu connus, non 
seulement sur Foscolo lui-même, mais sur le milieu dans lequel il a 
vécu pendant onze années ; et les historiens de la société anglaise au 
commencement du xix* siècle pourront en tirer grand profit. 

L. ÂUVKAY. 



I..a PôniuKule balkanique. Géographie humaine, par Jovan Cvi.tu':. 
Paris, Colin, l!)18, gr. in-8 de vni-530 p., avec 31 caries et croquis dans 
le texte et 9 cartes hors texte. — Prix : 17 fr. 

Après tant de livres de propagande sur les questions balkaniques, 
on est heureux de pouvoir saluer enfin un ouvrage sérieux où les faits 
sont présentés sans la préoccupation d'une thèse à établir et où le 
laisonnement s'appuie sur des arguments purement scientifiques, 
<lr)nnanl loule satisfaction à l'esprit. M. Cvijic, tout en ne sedissimu- 
lanl pas qu'il est difficile en ce moment de parler de toutes questions 
;»vec impartialité, annonce dans sa Préface qu'il s'est efforcé de rester 
toujours dans hi vérité scionUfique. Il y a réussi, et celle objectivité. 



— 123 — . 

jointe à la valeur propre de son travail, en fait une œuvre des plus 
intéressantes. II s'est proposé l'étude de la géographie humaine de la 
péninsule balkanique, en y faisant une part très large aux questions 
relevant de la sociologie. S'il est une région à la connais.sance de 
ia([uelle une pareille étude soit indispensable, c'est bien celle qui 
.s'étend de la Save et du Danube à l'Adriatique et à la mer Egée, et 
qui s'appela péninsule hellénique, byzantine, illvrienne, jusqu'au 
jour où un géographe allemand, s'inspirant de la conception fausse 
d'une chaîne centrale qui en formait en quelque sorte l'ossature, lui 
donna, en 1808, le nom de péninsule des Balkans, sous lequel elle 
est aujourd'hui désignée. 

Le Livre premier est consacré au milieu géographique et à l'homme. 
Il passe en revue les principaux caractères géographiques du pays, sa 
division en régions naturelles, les influences géographiques et les 
événements historiques qui ont déterminé la formation sociale des 
populations. Il s'étend longuement sur les migrations. L'auteur intro- 
duit à ce propos un terme spécial et les désigne sous le nom de mou- 
vements me/a/msas/Zr/ae^ ('du grec 'j.E'.ava'T'.a':'.: qui signifie changement 
d'habitat). Question des plus importantes en effet. Elle a été étudiée 
en détail par M. Cvijic, qui. avec l'aide de nombreux collaborateurs, 
a poursuivi non seulement en Serbie et en Macédoine, mais dans les 
pays yougo-slaves de l'Autriche-Hongrie une grande enquête sur les 
migrations, si bien qu'il a pu dresser une carte de 200.000° montrant 
l'origine de chaque famille, dans presque tous les villages de Serbie. 

Un des chapitres les plus intéressants est celui où sont exposées les 
conséquences des migrations, l'adaptation sociale des nouveaux arri- 
vants, la formation de groupes, de variétés et de types psychiques 
nouveaux. Il n'est pas consacré moins de six chapitres à l'examen 
des principaux faits sociologiques : propriété rurale, occupations 
et genre de vie, emplacement et types des installations humaines, 
urbaines et rurales, types des maisons qui varient avec les régions. 
Dans toute cette partie. le texte est illustré par des croquis donnant 
l'aspect spécial de chaque genre d'habitations. 

Le Livre second étudie les caractères psychiques des Yougoslaves, 
montre leur unité ethnique, puis passe en' revue les différents types. 
L'auteur les classe en quatre groupes : type dinarique, type central, 
type balkanique oriental, type pannonique. Cette classification est 
fondée surtout sur les caractères psycho-physiologiques, reconnus par 
l'observation directe et indirecte. 

Il a raison de dire à ce propos que la valeur de cette méthode dé- 
pend des qualités de l'observateur et surtout de sa justesse d'esprit. 
Les résultats obtenus nous donnent tout lieu d'admettre qu'il était 
parfaitement qualifié pour se tirer heureusement de cette tâche extrè- 



— 124 — 

memeut délicate. Il a utilisé aussi dans les meilleures conditions le 
folklore, la méthode historique, les études linguistiques et anthropo- 
logiques. Tous ceux des lecteurs de M. Cvijic qui connaissent les 
questions balkaniques pour les avoir étudiées sur place rendront 
hommage à la conscience et à la sincérité de son travail, comme à 
l'exactitude des conclusions qu'il en tire. 

Signalons particulièrement dans cette partie les chapitres con- a- 
crés aux types central et oriental, à leurs caractères psychiques, aux 
courants spéciaux de pensées et de sentiments qui s'y produisent. 
Nous y trouverons les indications les plus précieuses pour mieux 
comprendre la question macédonienne, qu'il faudra pourtant bien se 
décider à aborder en face au congrès de la paix, pour la régler dans 
un sens conforme aux réalités. Gomme nous l'avons dit, M. Cvijic a 
su se garder du parti pris. Dans le portrait qu'il trace du Bulgare, 
il insiste surtout, très justement, croyons-nous, sur son caractère 
positif et réaliste, qui le distingue du Serbe idéaliste et même mys- 
tique. 11 n'hésite pas d'ailleurs à rattacher les Bulgares à la grande 
famille yougoslave, malgré leurs mélanges avec divers peuples d'ori- 
gine toiiranienne. 

Ajoutons enfin que ce livre n'est pas seulement un utile et solide 
instrument de travail ; il plaira encore aux lecteurs curieux d'une 
documentation sérieuse, mais agréablement présentée. 

Les cartes sont parfaitement claires. Il manque une table des noms 
propres pour faciliter les recherches. A. T. 



Histoire anoieiiiie de l'Afrique du nord, par Stéphane Gsell. T. II. 
L'Étal curlliagiiiuLs. T. III. Ulsloire militaire de Carthage. Paris, Hachette, 
1918, 2 vol., gr. in-8 de 475 et 424 p. — Prix du volume : 10 fr. 

Après la description géographique de l'Africjue du nord dans l'an- 
tiquité, un essai sur les temps primitifs dans cette contrée, l'histoire 
critique de la colonisation phénicienne en Afrique et de la fondation 
de Carthage, qui formaient la matière du tome premier, l'auteur 
consacre les deux volumes récemment parus à la Carthage punique. 
Le tome deuxième traite de la ville de Carthage, de ses possessions 
en Afrique, du gouvernement carthaginois et de l'histoire intérieure 
de Carthage, de l'armée et de la marine de guerre. Le troisième de 
l'histoire militaire jusqu'à, et y compris, la destruction de Carthage. 
S'il nous est permis de risquer une critique au sujet du plan d'un 
ouvrage composé avec autant de soin que de science, il nous semble 
que. au lieu d'être intercalée entre la description des institutions 
politi(jues et celle de l'armée, l'histoire intérieure eût été mieux à sa 
place après un exposé complet des institutions, Évidemment, le plan 
ne muiupic pas de logicjue, l'histoire intérieure étant plus parliculiè- 



— 125 — 

rement liée aux institutions politiques, l'iiisloire militaire aux insti- 
tutions militaires, et c'est là sans doute le motif qui a détermine 
M. Gseli. Néanmoins cette partie historique, outre qu'elle coupe 
l'exposé des institutions, ne paraît pas assez mise en valeur. En tout 
cas, par sa nature et par son importance, elle eût mérité de constituer 
un livre à part. Critique légère, au demeurant, puisque le parti adopté 
peut se soutenir. Nous regrettons aussi que l'auteur n'ait pas cru 
devoir terminer chacun de ses chapitres sur la topographie et les ins- 
titutions par un court résumé des conclusions. L'ouvrage, toufTu, y 
eût certainement gagné en clarté. Et puis c'est charité aux savants 
que d'épargner aux professeurs pressés, pour qui un travail de cette 
importance est destiné à devenir un guide, la recherche minutieuse 
de conclusions éparses — et même charité bien ordonnée, selon le 
proverbe, de ne pas trop négliger le lecteur un peu nonchalant. Tant 
d'hypothèses ont été produites, qui sont ici discutées, tant d'obscu- 
rités, de lacunes subsistent, dont le critique rigoureux et prudent 
qu'est M. Gsell. ne fait pas mystère ! 

La topographie de la ville est mal connue. On s'accorde à placer la 
citadelle sur la colline de Saint-Louis et c'est à peu près tout ce qu'on 
peut affirmer. Une triple ligne de défense protégeait toute la largeur 
de l'isthme. Une simple ligne partout ailleurs. Il y avait deux ports, 
l'un marchand, l'autre militaire, et le nom de Colhoii s'applique à 
l'ensemble. M. Gsell en détermine l'emplacement. Il est vraisemblable 
qu'il en existait d'autres. L'alimentation de la ville en eau paraît avoir 
été insuffisante. Le nombre des habitants, 700.000 selon Polybe, au 
début de la troisième guerre punique, est invéïifiable. On ignore les 
limites du territoire que s'était constitué Carthage au v' siècle. Des 
habitants de l'empire, les uns étaient appelés Lybiens, c'étaient les 
sujets vivant en territoire annexé, les autres, Numides, non sujets, 
plus ou moins soumis ou alliés. Carthage eut des colonies sur les 
côtes mêmes de l'Atlantique. En eut-elle à l'intérieur .^ 

On n'a sur le gouvernement de Carthage que de maigres rensei- 
gnements. Les Anciens s'accordaient à le louer. Il se rapprochait de 
ceux de la Grèce, de celui de Sparte notamment, et de Rome. C'était 
un gouvernement mixte. Cependant l'aristocratie y était prépondé- 
rante, la richesse, fondée sur le commerce, l'industrie, la propriété 
foncière, puissante. Les Carthaginois semblent avoir été en somme 
satisfaits de leur sort. Mais l'aristocralie était jalouse, redoutait sur- 
tout les ambitions personnelles, ce qui causa souvent du malaise. La 
cupidité des nobles, maîtres de l'administration, nuisait aux finances. 
La crainte de compromettre la richesse privée imprima une certaine 
timidité à la politique carthaginoise. 

Il y avait deux rois annuels. Ce sont les sufèles, terme qui s'ap- 



— 126 — 

plique aussi à d'autres magistrats. On peut les comparer aux consuls. 
Ils étaient élus sans doute par l'Assemblée du peuple. Les autres 
magistrats sont mal connus. Les juges constituaient un ordre très 
puissant. Il y avait un Sénat, et puis dans le Sénat, un Conseil. Sa 
compétence paraît avoir été illimitée. Beaucoup d'incertitudes sub- 
sistent pour le détail. L'Assemblée du peuple tranchait en dernier 
ressort et délibérait, mais seulement des questions qui lui étaient 
soumises par les Sufètes et le Sénat. 

(( Comme Rome avant les Césars. Carthage avec un empire garda 
les institutions d'une Cité. » Elle fit peu de frais pour Ladministra- 
tion de l'empire, la restreignit aux mesures nécessaires pour mainte- 
nir sa domination, assurer la rentrée des impôts, la levée des con- 
tingents. Égoïste et dure, elle se fit détester. Les colonies phéniciennes 
elles-mêmes ne lui furent fidèles que lorsqu'elles croyaient à son 
succès. Les Numides la haïssaient. 

M. Gsell justifie le système des mercenaires par le petit nombre 
des citoyens et la nécessité d'assurer les sources de la richesse et le 
fonctionnement de la domination. 

Avec le tome troisième, nous sommes en plein dans l'histoire pro- 
prement dite. Mais l'auteur n'oublie pas qu'il est l'historien de 
l'Afrique du nord. C'est pourquoi, des guerres puniques, par exemple, 
il insiste surtout sur la partie de la seconde qui a pour théâtre 
l'Afrique, et sur la troisième. 

Nous ne pouvons que signaler la valeur et le très vif intérêt des 
chapitres consacrés à Agathocle, à la guerre des mercenaires, à Sci- 
pion et Annibal, à Carthage, Rome et Masinissa. Dans ces pages dra- 
matiques, la manière de lérudit s'élève au style de la grande histoire 
et l'écrivain s'affirme. 

Nous attirerons, pour terminer, l'attention du lecteur sur la sûreté 
que doit l'historien à l'archéologue, familier autant que qui que ce 
soit avec les lieux dont il parle et les vestiges antiques. 

André Baudrillart. 



La Uéforme à Moiitpellier,i par M"" L. Guihaud. Montpellier. Inipr. 
gcm'Talc du Midi. 1918. 2 vo!. in-8 de SIC cl Go8 p., avec planches et 
cartes. (T. M et VII des Mémoires de la Société archéologique de Montpel- 
lier. 2' série). 

M"* L. Guiraud, qui était déjà connue par des travaux historiciues 
estimés, a pu. avant de mourir, terminer le grand ouvrage qui avait 
occupé une partie de sa vie : l'histoire de la Ré/orme à Montpellier. 
C'est une publication très considérable, faite avec une grande sûreté 
de méthode, une connaissance approfondie des sources imprimées et 
inédites et qui s'appuie sur un volume entier de pièces justificatives. 



— 127 — 

de chroniques, dont la principale est l'Histoire des troubles du Lan- 
^ae'ïoc de Jean Philippi, imparfaitement connue, et sur l'auteur de 
laquelle M"- Guiraud a donné une très complète notice. L ac table 
([('taillée des documents publiés se trouve à la fin du second volume. 
(^)uant au premier, le plus important, c'est l'iiistoire du pays mont- 
pellicrain pendant près de deux siècles, tout remplis de luttes intes- 
tines, d'excès et de crimes, d'autant plus multipliés que les deux 
partis sont successivement vaincus ou triomphants. Toute cette ré- 
gion du Bas-Languedoc a été, eu efîet, envahie de bonne heure par 
les doctrines protestantes, qui trouvaient un appui très solide à 
Nîmes, à Uzès, à .\lais, dans les Cévennes, et dont les adeptes ne ces- 
sèrent d'être en rapport avec Genève et Calvin. 

L'origine en a été tout intellectuelle ; c'est la fameuse école de mé- 
decine de Montpellier où l'hérésie prit en quelque sorte naissance ; 
ce sont les étudiants de toutes sortes qui l'ont développée ; c'est le 
clergé même qui l'a un moment favorisée, non pour changer le 
dogme, mais dans la pensée de détruire les abus considérables intro- 
duits particulièrement dans les couvents d'hommes et de femmes, 
qui semblent avoir été peu populaires. Il y eut chez les protestants 
des chefs habiles, comme ce Claude Baduel. Il se trouva un évêque, 
très intellectuel et assez débauché, qui sembla d'abord favoriser la 
Réforme, pour redevenir bientôt un habile soutien du catholicisme, 
comme il avait été un remarquable ambassadeur de France à Venise, 
Guillaume Pellicier, dont M"° Guiraud avait déjà écrit la singulière 
histoire. 11 y eut des gouverneurs maladroits et violents, comme le 
marquis de Yillars ; il y en eut d'avisés et de modérés comme Guil- 
laume de Joyeuse, grâce auquel la Saint-Barlhélemy ne fit aucune 
victime à Montpellier. Il est impossible de rappeler toutes les vicis- 
situdes des guerres de religion dans ces pays de fanatisme et de vio- 
lences, où la religion n'était de part et d'autre qu'un prétexte pour se 
venger de ses ennemis. Ce sont du reste les protestants qui commirent 
les plus grands excès ; et les catholiques eurent le rare mérite de se 
reconstituer avec persévérance et courage, en opérant sur eux-mêmes 
une vraie réforme, dont le tableau détaillé est une des parties les plus 
intéressantes de l'ouvrage. 

Ajoutons que ces deux gros volumes se terminent par deux ipdex 
qui n'occupent pas moins de cent cinquante pages et qui donnent sur 
les personnes et les lieux toutes les identifications désirables. Comme 
l'histoire générale est constamment mêlée aux événements locaux et 
que les grands personnages du xvi^ siècle sont fréquemment cités 
dans ces pages, on peut comprendre l'intérêt qu'il y a à consulter un 
semblable répertoire, tout provincial qu'il soit. 

G. BAGUENA.ULT DE PlGHESSE. 



— 128 — 

Tie et œuvres de la bienheureuse Marcjuerîte-Marîe Alacoque. 

Publication du monastère de la Visitation de Paray-le-Monial. 3° édition 
totalement refondue et notablement augmentée, par les soins de Mgr 
Gauthi:\, archevêque de Besançon. Paris, J. de Gigord,' 1915, 3 vol. 
in-8 de 640. 861 et 7:20 p. — Prix ; 22 fr. 50. 

Cet ouvrage porte un titre qui, au premier abord, peut induire en 
erreur, en laissant croire qu'il contient une biographie de Marguerite- 
Marie Alacoque écrite par Mgr Gauthey. En réalité par « Vie » il 
faut entendre : 1° une « Vie de notre vénérable sœur Marguerite-Ma- 
rie Alacoque composée par deux religieuses ses contemporaines » ; 
2" une « Vie de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque écrite par 
elle-même » ; 3° une longue série de documents les plus divers renfer- 
mant tous les éléments d'une histoire très complète et très détaillée 
•de la bienheureuse. Du reste Mgr Gauthey n'est l'auteur que de cette 
troisième édition. Les deux précédentes avaient été publiées, en 1867 
et en 1876, par les religieuses de la Visitation de Paray. C'est pour 
remplacer celles-ci, qui sont complètement épuisées et qui d'ailleurs 
sont loin de répondre aux exigences de la critique moderne, que 
l'éminent prélat a entrepris une refonte de ce recueil et en a fait, par 
les très nombreuses additions dont il Ta enrichi, une véritable somme 
de tous les documents à l'aide desquels on peut se faire une idée 
exacte de ce que fut Marguerite-Marie Alacoque et du rôle considéra- 
ble qu'elle a joué dans la diffusion de la dévotion au cœur de Jésus. 
On ne devra donc pas chercher dans cet ouvrage l'opinion de Mgr 
Gauthey sur des questions si discutées actuellement, telles que la 
grande Promesse et le drapeau du Sacré-Cœur, mais on y trouvera, 
sous une forme absolument authentique, tous les textes qui ont été le 
point de départ de ces discussions. C'est vers 1904 que Mgr Gauthey, 
alors vicaire général d'Autun, a commencé ce travail considérable, 
que ses écrasantes occupations, lorsqu'il fut devenu évèque de Nevers, 
puis archevêque de Besançon, ne lui ont permis de terminer qu'en 
1915. Combien de fois le P. llamon, de la Compagnie de Jésus, qui 
nous a donné en 1907 une excellente Vie de la bienheureuse Margue- 
rile-Marie, n'a-l-il pas regretté que l'ouvrage de Mgr Gauthey ne fût 
pas achevé plus tôt! Sil l'avait eu entre les mains, combien de 
pages de son livre il aurait pu écrire autrement ! A l'avenir personne 
ne pourra rédiger quoi que ce soit de sérieux sur Marguerite-Marie Ala- 
coque ni sur la dévotion au Sacré-Cœur, sans avoir recours à l'œuvre 
que le savant archevêque de Besançon a pu enfin, nous devons en 
remercier la Prf)vi(loiice, faire paraître peu de temps avant sa mort. 
L'indication sui\aiilc du contenu de ces trois gros volumes en dé- 
montrera l'extrême importance. Le premier renferme tous les écrits 
sur la bienheureuse ayant pour auteurs des religieuses ses contem- 
jjuraines, ainsi (jue toutes les informations faites eu 1715 pour servir 



- i;i9 - 

'de base à la cause de sa béatification. Dans le deuxième sont réunies 
toutes les œuvres de Marguerite- Marie, c'est-à-dire son autobiogra- 
phie, un mémoire composé par ordre d'une de ses supérieures, toutes 
ses lettres, des avis aux novices placées sous sa direction, des prières, 
des cantiques, des fragments divers, etc. Enfin on trouve dans le 
troisième toutes les pièces concernant la cause de béatification et de 
canonisation de la servante de Dieu, de nombreuses notices sur le 
monastère de Paray où elle a vécu, ainsi que sur ses supérieures, ses 
•compagnes et ses correspondantes, et, pour clore, une longue série 
-de précieux renseignements sur sa famille et sur son pays. 

Léon Clugnet. 



Mémoires authentiques du maréclial de Richelieu (1725- 

1757), publiés d'après le manuscrit original pour la Sociétf de l'his- 
toire de France, par A. deBoislisle. Paris, Société de l'histoire de France, 
1918, in-8 de xcv-260 p. — Prix : 12 fr. 

« On ne connaissait », jusqu'à présent, de ces « fragments » de 
mémoires, que des passages défigurés par les maquillages déloyaux 
de Soulavie et d'autres écrivains de sa sorte ». M. Arthur de Boislisle 
avait, dès 4868, pris copie, dans les archives des héritiers du maré- 
chal de Richelieu, du document authentique publié aujourd'hui par 
MM. Jean de Boislisle et Léon Lecestre avec les soins qu'on peut tou- 
jours attendre, d'eux. Le savant éditeur, quoique détourné depuis 
lors, par les grands travaux connus de tout le monde érudit, d'un 
sujet qui l'avait particulièrement intéressé tout d'abord, ne l'avait 
jamais perdu de vue, et il s'en était occupé de nouveau dans ses der- 
nières années. 11 avait revisé l'Introduction, écrite en 1873. qui com- 
prend quatre importants chapitres bibliographiques : I. Soulavie et 
ses publications historiques ; II. Soulavie et les Mémoires du maré- 
-chal de Richelieu ; III. La Vie privée du maréchal de Richelieu [par 
Jean-Benjamin de Laborde] ; IV. Les Papiers du maréchal de Riche- 
lieu et le manuscrit des Mémoires authentiques. 

Les fragments de ces Mémoires authentiques ont pour titres : Le 
duc de Richelieu ambassadeur à Vienne (1725) ; Commandement en 
Languedoc (1738) ; Mesdames de Mailly, de Vintimille et de Château- 
roux (1740-1744) ; Négociation secrète avec la Prusse (1744) ; Le Roi 
■à Metz : sa maladie (1744) ; Bataille de Fontenoy (1745) ; Mission à 
Dresde (1746-1747) ; Commandement à Gènes (1748) ; Expédition de 
Minorque (lloQ) ; Ditgrâce du comte d'Argenson (I757j ; L'Abbé de 
Bernis (1757) ; Closter-Seven (1757) ; Note autographe biographique 
du maréchal. 

Suivent ces Appendices : Le Duc de Richelieu et l'Alchimie. Deux 
lettres du duc de Richelieu. Le Duc de Richelieu à Gênes. Letires du 
Février 1919. T. CXLV. 9. 



-- 130 -- 

maréchal de Belle-lsle au duc de Richelieu. Inslruclion relative auj^ 
protestants. Lettre de Soulavie à Necker. 

On jugera peut-être comme nous que ce quia trait aux rapports 
intimes de l'auteur avec le cardinal de Fleury, puis avec le roi 
Louis XV et ses favorites, est ce qui offre le plus d'intérêt dans ces 
Mémoires, avec les précieuses annotations dont le savant éditeur les 
a accompagnés. H. i>e L. 

La Jeunesse de Joseph Joubert, par André Beaunieu. Paris, Perrin, 
1918, in-16 de xi-349 p. — Prix : 3 fr. 50. 

• Joubert a laissé peu de chose en somme, ses écrits sont courts et 
c'est derrière lui qu'on a recueilli ses « Pensées. » Sa juste réputation 
est acquise par quelques traits remplis de finesse, d'élévation morale, 
de sensibilité et de délicate rêverie. C'est du dilettantisme et de la 
quintessence. Il reste un moraliste sobre et raffmé. On penserait donc 
volontiers que sa vie littéraire et c spirituelle » serait facilement résu- 
mée en quelques pages- En l'étudiant, M. Beaunier, par ses recherches 
personnelles et ses broderies, nous donne au contraire et nous don- 
nera — il le promet — d'abondantes digressions. On peut dire dès 
maintenant que nous en éprouvons une certaine surprise, qu'il y a 
là un manque de proportions, par suite desapparences de longueurs, 
des inutilités sans doute. Dès la Préface, l'auteur nous prévient qu'il 
marchera à u petits pas », qu'il rédige une « biographie attentive » 
où il peindra « non Joubert tout seul, mais son temps et ses amis. » 
Il tient sa promesse avec abondance, au prix de lectures multipliées 
et à la suite de recherches patientes, contrôlées sans épargner ses 
soins. C'est un fourmillement de personnages évoqués, identifiés, 
une nomenclature sortie de l'oubli où s'il se rencontre çà et là quelques 
dates faussées, quelques noms estropiés, c'est par de simples erreurs 
d'impression. Le premier chapitre sur « l'Enfance et l'adolescence » 
dans ce pays du Sarladais qui est devenu le département de la Dor- 
dogne offre une charmante peinture de la vie provinciale de la petite^ 
bourgeoisie à la fin du règne de Louis XV. Les autres chapitres sont 
moins agréables à lire, et dès quele jeune Joubert arrive à Paris })()iir 
chercher fortune littéraire, il entre dans un monde assez interlope 
où M. Beaunier nous promène avec une complaisance pitlorescpie 
d'abord, bientôt monotone, car tous ces gens sont quelque peu cra-' 
puleux et plusieurs beaucoup. Restif de la Bretonne est le guide, le 
centre, le trait d'union de cette société polissonne et bohème. L'im- 
pression en demeure pénible, on ne se figurait pas Joubert parla. De 
Diderot qui lui fait accueil, on nous donne une image très flattée, 
par contre Fontanes, son intime ami, nous apparaît comme un 
« jouvenceau » fort différent du personnage représentatif et décoratif 



— 131 — 

qu'il sera aux temps de TEmpiie ou de la Restauration. Le sage Jou- 
bert lui aussi poursuit en leur compagnies d'étranges amours. Eu 
somme toutes ces révélations d'infinis détails sont curieuses, mai5 
on ne peut se demander ce qu'elles prouvent et où elles conduisent, 
sinon à nous enlever des illusions. Geoffroy de Ghandmaisov. 



The Dntch Repablic and the American ReTolntion, by Friedkicu 
Edleh. Baltimore, the Johns Hopkins Press, s. d., in-8 de 252 p. 

Faire l'histoire des rapports qui ont existé entre la république des 
Frovinces-Unies des Pays-Bas et les États-Unis à l'époque de la guerre 
do la Révolution d'.\mérique, c'est en réalité envisager sous un aspect 
tout particulier l'histoire de cette même guerre, et d'un point de 
vue auquel on ne s'est guère placé d'habitude. Seuls quelques histo- 
riens néerlandais, Colenbrander et Blok entre autres, l'ont fait eo 
quelque manière ; mais personne en Amérique n'avait même effleuré 
la question avant M. Friedrich Edler. Celui-ci. sans négliger les côtés 
militaires et économiques du sujet, a d'ailleurs porté surtout son 
attention sur les côtés diplomatiques ; à l'aide des documents tirés 
des différentes archives d'Europe dont les copies se trouvent aux 
États-Unis, il a composé un travail très intéressant et qui permet de 
bien comprendre la réelle valeur de l'aide donnée par les Provinces- 
Unies aux Américains, encore que cette aide ait été surtoulclandestine 
ouindirecte, encorequelle ait été souvent basée sur des principesabsa- 
lument égoïstes. — Dans son livre (qui forme le fascicule 2 du 
tome XXIX des Johns Hopkins l'niversily sludies in historical ana 
politicat science), M. Edler suit minutieusement l'évolution des rap- 
ports entre les deux pays ; il montre comment, par suite surtout des 
agissements de l'.Angleterre, les Provinces-Unies, après avoir gardé 
la neutralité, priis manifesté une légitime défiance à l'égard de l'An- 
gleterre, furent amenées à devenir ses adversaires déclarés. Il insiste, 
comme il est naturel, sur la Déclaration des neutres du 26 février 1780 
et sur ses conséquences pour les Provinces-Unies, mais il fait plus et 
mieux en expliquant comment ce fut en quelque sorte la dernière 
goutte qui fit déborder le vase. Les Anglais étaient furieux de voir 
que leur politique d'agression à l'égard des Néerlandais ne les avait 
pas intimidés, et qu'au lieu d'amener la cessation des rapports entre 
la république des Provinces-Unies et la France, elle leur avait donné 
plus de force ; on sait comment ils s'en vengèrent et ce qui en résulta. 
— Faut-il. avec M. Edler (p. 246), considérer les Néerlandais comme 
« les bienfaiteurs des États-Unis et de la France », comme « les véri- 
tables et les seules victimes de la Révolution américaine » ? Ce sont 
là des conclusions exagérées l'une et l'autre ; nul ne pourra jamais 
dire, en particulier, combien fut néfaste, au point de vue de révolu- 



— 132 - 

tion intérieure de la France, sa coopération de 1778 avec les Améri'- 
cains du nord. Constatons la chose, sans perdre notre temps à le déplo- 
rer et félicitons M. Edler de son travail. Son livre est plein de faits, 
de renseignements nouveaux, d'indications précises (sur les pamphlets 
néerlandais de 1780-1782, sur l'auteur du célèbre pamphlet Aan het 
volk van Nederland, par exemple). La manière dont l'auteur a traité 
son sujet fait de son livre un ouvrage qui, même en dehors des États- 
Unis, sera consulté et utilisé avec fruit par les historiens de la guerre 
de l'Indépendance américaiûe. Hbnri FROiDEvi.ux. 



Nos Ancien» à Corfou. SouTenlrs de l'alde-major Lamare Pic- 
QuoT (1 707-1814), publiés et annotés par Hubebt Pernot. Paris, 
Alcan, 1918. in-18 de x.256 p. — Prix : 4 fr. 55. 

M. Hubert Pernot a été très heureusement inspiré en publiant les 
Mémoires manuscrits d'un chirurgien aide-major du premier Empire, 
se référant à l'occupation française des îles Ioniennes. On n'avait 
guère, sur cette occupation, en dehors des traités historiques que les 
souvenirs, tirés d'ailleurs à très petit nombre, du sous-lieutenant 
Remy d'IIauteroche. Lamare Picquot avait dix-neuf ans quand, étu- 
diant en médecine de deuxième année, il prit le chemin d'Italie, avec 
sa commission de sous-aide-major ; mais il ne tarda pas à entrer 
dans l'armée des îles Ioniennes, avec Corfou comme destination. Il 
devait y rester jusqu'au moment de la reddition dé l'île aux Anglais, 
après le retour des Bourbons sur le trône de France. Il a laissé de son 
s<\jour dans Corfou et de son passage relativement court à l'armée 
d'Italie des Souvenirs dont M. Pernot nous donne les parties essen- 
tielles et en même temps les plus anciennes ; car ces Mémoires ne 
paraissent pas avoir été rédigés au jour le jour mais seulement à une 
époque postérieure à l'occupation de Corfou et à titre de mémoran- 
dum. Les événements présents augmentent l'intérêt déjà très vif 
qu'ils offrent par eux-mêmes à divers égards ; ils seront plus spécia- 
lement encore appréciés par ceux que les hasards de la mobilisation 
ont fait séjourner dans l'île enchanteresse qu'est Corfou. 

J.-L. DE Sainte-Marie. 



Correspondances du siècle dernier. Un Projet de mariage du duc 
d'Orléans (I83G). Lettres de Léopold /er de Belgique à Adolphe Thiers (1S30- 
180^4). Documents inédits publiés avec des Avertissements et des notes 
par I^. UE Lanzac de Laboiue. Paris, Bcauchesne. 1918, in-16 de 345 p. — 
Prix : 4 fr. 

Les papiers de Thiers, légués par M"' Dosne à la Bibliothèque 
nationale et mis depuis quelque temps à la disposition dos travail- 
leurs; sorit une précieuse mine pour l'histoire çontemporainç,, M,, .de 



\ 



— 133 — 

Lanzac de Lal^orio en a extrait pour le Correspondant deux séries de 
lettres qu'il reproduit aujourd'hui en un \olurnc. L'une se rapporte 
au projet de niaria^^o du duc dOrléans, fils de Louis-Philippe, avec 
une archiduchesse d'Autriche et comprend la correspondance échangée 
sur ce sujet en 1836 entre Thiers, alors président du Conseil et ministre 
des affaires étrangères, et le comte de Sainte-Aulaire, ambassadeur 
de France à Vienne. Elle a été complétée par une collection de lettres 
de la reine Marie-Amélie et du duc d'Orléans, communiquée par 
M. le vicomte d'Harcourt. L'autre série consiste dans les lettres 
adressées à Thiers de 1836 à 1864 par Léopold I", roi des Belges. 
L'une et l'autre sont j)récédées à' Avertissements destinés à éclairer le 
lecteur de ces documents et à en replacer les auteurs dans leur cadre 
historique et biographique. On remarquera dans la seconde série les 
vues et jugements sur la question de la Succession d'Espagne (p. 242 
et suiv.), sur la question d'Orient (p. 253 et suiv.), sur les affaires 
d'Italie (p. 284 et suiv.l. sur les affaires d'Allemagne (p. 295 et suiv.) 
Un « Index alphabétique des noms de personnes d augmente l'utilité 
de cette publication, nouveau titre de M. de Lanzac de Laborie à la 
gratitude du public lettré. ^ M. S. 



R. W. Emerson. Autobiographie d'après son « Journal intime. « Traduc- 
tion, Introduction et notes, par Régis Michald. T. II. 18âl-lS76. Paris, 
Colin. 1918, in-16 de vin-320 p. —-Prix : 3 fr. 50. 

Ce deuxième volume complète l'autobiographie extraite et traduite 
par M. Michaud du long Journal intime d'Emerson. Comme le pre- 
mier, il se compose principalement de pensées et réflexions notées 
au jour le jour, la plupart assez courtes et portant sur des sujets très 
divers, mais généralement liées de façon plus ou moins lâche ou 
étroite avec cette philosophie à la fois naturaliste et mystique qu'on 
trouve exprimée de façon plus suivie dans les séries successives des 
Essais, dans les Hommes représentatifs, dans la Conduite de la vie, 
tous ouvrages publiés entre 1841 et 1860. Comme dans le premier 
volume, on peut suivre ici le développement graduel des idées bien 
connues sur lesquelles Emerson a fondé sa métaphysique et sa mo- 
rale ; en matière religieuse, les plus hétérodoxes de ces idées s'ex- 
priment plus franchement que dans les écrits et les discours où le 
philosophe avait à ménager jusqu'à un certain point les sentiments 
chrétiens de ses lecteurs ou de son auditoire. Quelques traits assez 
curieux se rencontrent dans les brèves notes de voyage en Angleterre 
et en France. La traduction de M. Michaud, faite avec soin, est exacte 
et bien écrite. A. Barbeau. 



— 134 — 

Une Famille au dix-neuvième siècle. 1870-1 900. Notes pour 
servir à l'élude de la bourgeoisie, par A.-J.-.\. Lobrt. Paris, Berger-Lo- 
vrault, 1918. in-i6 de x-182 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Ce livre est dédié, comme à un maître, à Maupassant. Et c'est bica 
un disciple, personnel au reste, du maître romancier, du maître 
novelliste, si délié, qui a écrit les pages que nous tenons là. L'ironie 
du maître est, me semble-t-il, doucement atténuée et la pensée me 
semble autrement droite qu'elle ne l'est assez souvent chez Maupas- 
sant. 

Que le sous-titre soit un peu important, cela est possible ; mais, si 
la couverture eût pu gagner en simplicité à ne pas le formuler, nous 
conviendrons, à la lecture de l'ouvrage, que cette histoire d'un mi- 
lieu moyen, où, avec plus de vivacité, se retrouve le charme d'un 
René Bazin autant et plus que d'un Maupassant, est bien la chronique 
d'une famille française, de la famille française, observée finement à 
une époque assez intermédiaire, un peu terne, mais caractéristique 
cependant dxi génie, prudent et avisé, d'un compartiment, et non des 
moins actifs, de notre société française discrète et variée, courageuse 
jusque dans la résignation. 

Il y a peut-être des traits ou appréciations demandant quelques 
réserves, mais combien l'ensemble est aisé à lire et a d'esprit! 

Louis Théron de Montaugé. 



/ 



L'État et la Xatalité, par le marquis de Roux. Paris, Nouvelle Librai- 
rie nationale, 1918, in-16 de 288 p. — Prix: 3 fr. 50. 

Que peut l'État, pour relever la natalité? Beaucoup de choses; et 
M. de Roux passe en revue les réformes proposées et les discute avec 
beaucoup de mesure et de bon sens. Nous sommes obligés de nous 
borner à signaler les plus importants des points où nous avons le 
plaisir de nous trouver d'accord avec lui, ou bien au contraire où 
nous ferions des réserves. A propos de la correctionnalisalion de l'avor- 
lement, M. de Roux veut bien faire allusion à notre brochure Contre 
la dépopulation, mais rend un peu inexactement notre pensée. La 
correctionnalisalion nous paraît fâcheuse, non pas parce que la peine 
en serait abaissée, mais parce qu'à notre avis la peine légèi'e ne serait 
pas plus appliquée en fait qu'aujourd'hui la peine rigoureuse. 11 y 
aurait un peu de naïveté à compter sur la sévérité des juges et le zèle 
des parquets. Eux aussi subissent l'influence de l'ambiance. — Pour 
le secret professionnel du médecin, nous y aurions moins égard que 
M. de Roux. — En fait d'encouragement aux familles nombreuses. 
M. de Roux rejette avec raison le système de la pure et simple {)rime ; 
la jjrime ne lui [)araît acceptable que sous forme d'assurance. — 11 
est bien bref sur le chapitre des fonctionnaires. Étant donné leur 



— 135 - 

îioinbre, la valeur d'exemple de leur conduite, la valeur d'exemple 
aussi de la conduite de l'État à leur égard, tout ce que l'État ferait 
pour eux serait fort important. — Des pages judicieuses sont consa- 
crées au féminisme, inévitable" et si dangereux : aux inconvénients 
(]cs lois sur le travail des enfants et sur l'instruction. — Le chapitre 
le plus développé du livre et qui abonde en remarques pénétrantes 
est consacré aux lois successorales. M. de Roux est partisan d'tine 
large extension de la liberté de tester. Et nous accordons volontiers 
qu'il a raison en théorie, tout en nous demandant si en fait on use- 
rait beaucoup de cette liberté. Lui-même fait une remarque décisive : 
au fond de l'esprit d'égalité, il y a l'idée qu'un père doit l'aisance à 
ses enfants. Cette idée empêchera toujours, les uns de déshériter les 
cadets, les autres d'en mettre au monde. Il n'y a d'ailleurs sur ce 
point aucune chance d'obtenir une réforme profonde. Mais la juris- 
prudence en matière d'assurances sur la vie fournit déjà une pré- 
■cieuse ressource aux pères qui ont des raisons d'avantager un de leurs 
«nfants. Nous n'avons pas été surpris de voir M. de Roux repousser 
nettement les divers projets qui tendent à confisquer les héritages 
•qui ne seraient pas dévolus à un nombre suffisant d'enfants. Ces me- 
sures se retourneraient contre les familles nombreuses et par consé- 
quent contre la natalité. — Sur le vote familial, M. de Roux réserve en 
somme son jugement. — Nous nous félicitons de le voir s'élever à bien 
des reprises contre la fausse et dangereuse tendance à favoriser la 
famille dite normale, en négligeant la famille nombreuse. Il est bien 
éloigné de croire ni que l'État puisse tout (la prospérité générale et la 
confiance dans la vie qui en résulte encouragent la natalité, bien plus 
que ne pourraient le faire les mesures spécialement calculées à cet 
effet) ; ni que tout ce que l'État pourrait faire soit bon (que de 
mesures maladroites parmi toutes celles qu'on propose !) Hélas ! si 
au lieu d'un simple exposé il avait voulu faire des pronostics, il aurait 
dû conclure que ce sont justement les plus contestables qui ont le 
plus de chances de passer. Les autres, le Parlement les écartera tou- 
jours, parce qu'elles avantageraient la minorité indépendamment ou 
même au détriment de la masse des électeurs. Comment demander 
■cela à un politicien de droite ou de gauche ? 

Il serait fort intéressant de donner à ce livre une contre-partie sur 
-ce que peut faire l'initiative privée. E. Jordan. 



l-'Evolution régionaliste. Du Félibrige au fédéralime, par F.- 
Jean Desthieux. Paris. Bossard, 191S, in-16 de xv-239 p.. avec 4 cartes. 

— Prix : 3 fr. 60. 

tLe Régionalisme et la France de demain, par le marquis de l'Es- 
TOURBEiLLO.H. Parls. Édition de la « Revue contemporaine », 1918, in-12 
de 49 p. — Prix : 1 fr. 50. 

— Le mouvement de renaissance de nos provinces ne dérive pas uni- 



— ne — 

quement du félibrige. Celui-ci a eu pourtant sa part réelle d'influence- 
dans la formation et le succès du régionalisme. On ne s'étonnera 
point qu'elle n'ait pas été minimisée — au contraire — par M. F^ 
Jean-Desthieux, qui est poète. Mais l'objet propre de son livre, 
me semble t-il, et ce qui lui donne sa principale valeur, c'est d'expo- 
ser quel chemin ces idées ont fait au cours de la guerre. Le lecteur 
retiendra qu'elles ont obtenu des pouvoirs publics trois essais de- 
réalisation. En octobre 1915, les régions militaires ont été pourvues 
de comités consultatifs économiques. Le ministre du commerce, M. 
Clémentel, a, en juin 1917, annoncé son intention de grouper les 
Chambres de commerce en régions économiques dont plusieurs sont 
déjà constituées. Enfin des comités régionaux des arts appliqués 
viennent d'être instituéspar le ministre de l'instruction publique et 
des beaux-arts. Voilà de petites victoires. M. Jean Desthieux ne se 
borne pas à les relever. Il nous renseigne, avec une curiosité très ou- 
verte, sur les multiples problèmes que soulèvent la délimination et 
l'organisation de nos régions, abordant même des problèmes simi- 
laires qui se posent hors de nos frontières, régionalisme catalan, ré- 
gionalisme wallon, et jusqu'à cette Société des nations, dont les pro- 
messes millénarestes ne lui inspirent pas une foi aveugle. 

— Le marquis de l'Estourbeillon, député du Morbihan, est hardi- 
ment et ardemment décentralisateur. Il réclame la pleine libération 
de nos provinces ; il montre qu'elle eit nécessaire à la réorganisation 
de la France d'après-guerre. Si l'on se souvient qu'il est l'auteur 
d'une étude sur le Régionalisme dans l'école primaire (Rennes, 1912), 
et qu'il a récemment rédigé un projet de loi sur une réforme régio- 
nalistc de l'enseignement des beaux-arts, on ne sera pas surpris qu'il 
insiste parliculièremeut sur la nécessité d'une éducation régionaliste. 

Baron Angot des Rotou&s. 



Lettres d'un vieil Américain à un Français, traduites de l'an- 
glais par J.-L. DcPLAN. Paris^ Payot, 1917. in-l6 de 271 p. — Prix : 4 fr. 

Voilà un ouvrage qu'il ne faut pas prendre pour un livre composé^ 
par un artifice littéraire très usité, sous forme épislolaire ; ce sont de 
vraies lettres, qui ont pour auteur un grand industriel américain, 
très ami de la P'rance, où, depuis vingt-cinq ans, il passe une bonne 
partie de son temps, et qui ont été réunies en volume sur les ins- 
tances d'un éditeur intelligent, ainsi que nous l'apprend la Préface 
de Lysis. Vous devinez, au seul nom du préfacier, quelle morale y 
est faite aux Français, qui compromettraient gravement l'avenir de 
leur patrie, s'ils continuaient à se laisser distancer sur le terrain de 
la production. Pour se guérir de leur routine paresseuse et de leur 
excès d'individualisme, qu'ils aillent aux Étals-Unis ! Ils verront ce 



— f37 — 

que l'on obtient par le machinisme, la spécialisation, la production 
intense et en grand. 11 y a beaucoup à retenir dans les conseils qui 
nous sont ainsi donnés, sans pourtant accepter comme des vérités- 
assurées toutes les saillies de cette vive causerie. Nos notaires méri- 
tent-ils toutes les boutades dont ils sont 1 objet ? Serait-ce un moyen 
très bien trouvé de gagner du temps que de faire conduire nos 
morts, de l'Église au cimetière, en auto-corbillard, à l'allure des 
autres véhicules ? La petite propriété est-elle sûrement une erreur 
économique ? Faut-il en faire son deuil partout, ainsi que du 
petit commerce, de la petite industrie et des petites nations ? On 
pourrait allonger la liste de ces points d'interrogation. Mais, avec 
son franc-parler, le vieil Américain nous aime bien. S'il reproche 
au vicomte de Vogué et à M. Paul Bourget de nous avoir fait 
méconnaître plutôt que connaître ses compatriotes, c'est parce 
qu'il désire un rapprochement plus intense entre les deux peuples. 
Après avoir critiqué, un peu comme s'il n'avait lu que le titre, le 
livre d'Edmond Demolins : A quoi tient la supériorité des Anglo- 
Saxons, il ajoute : « La seule infériorité du Français, si elle existait, 
serait l'ignorance de sa propre valeur, sa résistance à l'association et 
son indifférence à exploiter les pays qu'il a découverts ou les inven- 
tions qu'il a réalisées. » Baro?< Angot des Rotours. 



The Standard of livlng in Japan, by Kokichi Morimoto. Baltimore, 
the Johns Hopkins Press, 1918, in-8 de vii-15Û p. 

L'auteur de ces pages, où les faits, les statistiques, les chiffres 
abondent, est docteur en philosophie, professeur d'économie politique 
à l'Université impériale de Tohoku. 11 s'est proposé d'étudier le coût 
moyen de la vie au Japon et, laissant de côté les dépenses somp- 
luaires, qui échappent à toute règle, il a passé en revue la manière 
de vivre de ses compatriotes, dans les classes les moins fortunées et 
moyennes de la population, en ce qui concerne la nourriture, le vête- 
ment et le logement. Une dernière partie est consacrée au prix de la 
vie au Japon, considérée dans son ensemble et au prix mininum de 
l'existence. Un glossaire termine le volume. Nous avons ainsi une 
contribution fort importante, tout à fait nouvelle, remarquablemeut 
établie, à l'étude d'une des familles orientales de l'humanité les 
moins connues en Occident. C'est dire tout l'intérêt que présente le 
volume sur lequel il n'y aurait aucune critique à formuler, si le lec- 
teur français n'avait l'occasion de constater avec tristesse à quel point 
l'auteur, comme la majorité de ses compatriotes, est pénétré de l'es- 
prit allemand, des méthodes allemandes. On le reconnaît à l'abon- 
dance des détails souvent inutiles, à la répétition des mêmes idées 



— 138 — 

sous des formes difTérentes, à l'cuoncialiori complaisante de conclu- 
sions évidentes, enfin et surtout, au fait que, parmi les auteurs cités 
en référence, on ne trouve aucun nom français, pas même celui de 
Lg Play, mais seulement des noms anglais et allemands. Bien plus, 
l'auteur, s'imaginant donner par là plus de précision à sa pensée, se 
j)lait à donner, entre parenthèses, la traduction allemande de termes 
anglais dont la signification est cependant évidente : à côté de closed 
economy, par exemple, il écrit : {geschlossenwirischa/t) ! Par contre, 
jamais un terme français n'est mentionné... On peut également 
regretter que les unités de mesure soient empruntées tantôt aux sys- 
tèmes japonais ou anglais et tantôt au système métrique, ce qui rend 
les comparaisons peu aisées. Tel qu'il est, cet ouvrage, qui repré- 
sente une somme de travail considérable, n'en est pas moins précieux 
et d'une utilité incontestable pour la connaissance des conditions de 
>ie au Japon. J, C. T. 

L.*Alleniagne et l'Amérique latine. Souvenirs d'an voyageur naluralitte, 
par Émile-R. Wagnek. Paris, Alcan, 4917. in-8 de xxi-323 p., avec une 
carte. — Prix : 3 fr. 50. 

Pendant près de quarante années, M. Émile-R. Wagner a vécu dans 
l'Amérique du sud, et, pendant la majeure partie de ce long espace de 
temps, il a fait à travers ce vaste continent de grands voyages et de 
minutieuses explorations. Poussé par l'amour des choses de la nature, 
il a réuni par les monts et par les plaines, à travers la Pampa et sous 
les hautes cîmes des arbres de la forêt vierge, de superbes collections 
dont il a fait bénéficier notre Muséum d'histoire naturelle ; mais il a 
aussi étudié les hommes et la politique, et avec autant de soin que 
les insectes et les plantes. Comment s'en étormer ? « Bon sang ne 
peut mentir », et M. Wagner appartient à une famille où on n'a ja- 
mais négligé de suivre avec le plus grand soin les progrès de l'action 
du civilisé dans les pays neufs. Il a donc fait comme on faisait autour 
de lui. Le volume qu'il vient de publier dans la a Bibliothèque France- 
Amérique », en est un témoignage, et, en même temps, un livre 
dont on ne saurait trop montrer l'intérêt politique actuel. On 
sait quel en est le titre : l'Allemagne et l'Amérique latine. C'est en 
effet, avant tout, une étude très pénétrante de la manière dont les 
gens d'outre-Khin s'imposent aujourd'hui aux simples et naïves po- 
pulations do certains pays de l'Amérique méridionale, à celles du 
sud du Brésil en particulier. Là, les Allemands ont fondé des a colo- 
nies sans drapeau » dans lesquelles ils voient les pierres angulaires 
de l'immense édifice colonial que les pangermanistes rêvent de 
fonder dans les pays latins du Nouveau Monde, au Brésil, en Uru- 
guay, en Argentine, au Paraguay. Cette étude, M. Émile-R. Wagner 



— 139 — 

la faite sur place, au début du xx* siècle, au cours d'un voyage qui 
l'a mené en plein cœur des pays où s'exerce l'emprise allemande, 
au milieu de ces établissements dont il serait intéressant (et très ins- 
tructif) de montrer l'emplacement sur une carte de l'Amérique du 
sud. Rien ne prouverait mieux comment, à l'heure actuelle, l'Allemand 
i\ su s'insinuer partout, depuis les pentes des plateaux qui. à peu do 
distance de l'Atlantique, couvrent les contrées du sud du Brésil jus- 
qu'aux rives du Parana et du Paraguay, puis, à travers les plaines fer- 
tiles de la République Argentine, jusqu'aux lointaines vallées du Chili. 
Si le livre de M. Wagner ne contient pas cette carte, il fournit par 
contre, tous les renseignements désirables sur l'aspect extérieur et la 
vie intérieure de ces colonies, sur la persistance des costumes, de la 
langue et des usages delà mère patrie, et surtout sur les agissements 
des Allemands, sur la manière dont ils se comportent à l'égard des 
habitants de la contrée — autres colons venus d'Europe ou caboclos 
brésiliens — sur la façon dont ils les exploitent, les font travailler 
pour eux, puis les dépouillent sans pitié et les chassent plus loin, 
sur la façon aussi dont procèdent les agents des compagnies commer- 
ciales et coloniales allemandes qui prétendent mettre en valeur ces 
pays. Rien de plus curieux, de plus intructif etde plus triste à la fois 
que d'entendre parler ce Rathbaum qui accompagne une partie du 
temps M. Wagner et qui est, sous un nom d'emprunt, un homme 
bien vivant ; on ne saurait imaginer pareil mélange de fatuité, d'im- 
moralité, de bassesse et de lâcheté... — Quelque passionnante, et 
attristante aussi, qu'ait pu être pour M. Wagner cette étude de l'em- 
prise germanique dans le sud du Brésil, elle n'a pas absorbé toute 
son attention ; elle ne l'a pas empêché de voir — et de bien voir — 
les contrées qu'il visitait, ces paysages de la zone sud-tropicale du 
Nouveau-Monde où, dit-il, la nature a prodigué ses enchantements 
et multiplié ses rares merveilles. Il les décrit dans son livre en artiste 
épris des beautés qui défilent sous ses yeux et en savant attentif et 
averti tout à la fois, insistant sur les spectacles de la nature, sur les 
particularités les plus frappantes de la faune et de la flore de ces ré- 
gions aux mille tableaux splendides. Ainsi se légitime parfaitement 
le second titre donné par M. Wagner à son livre ; les « Souvenirs d'un 
naturaliste » s'y mêlent aux études du politique, et. parfois, des ré- 
miniscences du folk-lore indigène viennent y ajouter une note nou- 
velle, pittoresque, elle aussi, et souligner d'un trait imprévu les leçons 
qui se dégagent d'un minutieux exposé des faits. — Tout cela cons- 
titue un ensemble très agréable, très facile à lire et très instructif à 
la fois, où M. Wagner a prouvé qu'il demeurait, malgré ses préoccu- 
pations actuelles, toujours fidèle aux leçons des auteurs classiques et 
qu'il savait, comme eux, miscere utile dulci. 

He>ri Froidevaux. 



— 140 — 

Les Anciens Symboles héraldiques des villes de France. Ver- 
dun, par Jacques Meurget, avec des armoiries dessinées et gravées par 
Henry André. Paris, Champion, 1918, in-8 de 51 p. — Prix : 4 fr. 

L.es Armoiries du pays basque. Étude historique, critique et anecdo- 
tique sur les différents écus qui ont formé le blason du pays basque, lex 
particularités et les analogies qu'ils présentent, les légendes et les traditions 
quils évoquent, par le môme. Paris, Champion, 1918, in-8 de 78 p., avec 
1 planche. — Prix : 4 fr. 

— Depuis le xvn« siècle, la ville de Verdun avait un blason d'azur 
à la fleur de lis d'or, surmontée d'une couronne royale du même. 
En 1898, le conseil municipal, sur la proposition du maire, M. Maury, 
a répudié ces armoiries, jugées sans doute compromettantes, et leur 
a substitué un nouvel emblème, emprunté au décor d'un sceau du 
XIII* siècle : l'image siipplifiée de la ville, avec la cathédrale et une 
tour que l'on a prise pour un beffroi. Comme le remarque M. Meur- 
gey, le nouveau blason est d'une composition décorative très mé- 
diocre. 

Après avoir parlé des armoiries de Verdun, l'auteur fait connaître 
les distinctions honorifiques qui ont été conférées à cette ville, en 
mémoire des glorieux événements de 1916. Ce sont, avec l'insigne de 
la légion d'honneur et la croix de guerre, des croix et médailles,, 
décernées par la Russie, l'Angleterre, l'Italie, la Belgique, le Portu- 
gal, le Monténégro et la Serbie, plus un sabre d'honneur, envoyé par 
l'empereur du Japon. 

En appendice, M. Meurgey décrit les armoiries des communautés 
religieuses et laïques de Verdun, telles qu'elles se trouvent dans 
l'Armoriai officiel, rédigé en vertu de l'éditde 1696. Ces blasons sont 
presque tous de fantaisie ; quarante et un sur quarante-sept ont été 
imposés arbitrairement aux communautés par les commis chargés 
de la rédaction de l'Armoriai, les dites communautés ayant négligé 
de faire la déclaration, prescrite par l'édit, de leurs armoiries, ou 
ayant fait cette déclaration en des termes insuffisamment clairs. Il 
aurait été bon d'en avertir le lecteur. 

— Quant aux armoiries du pays basque, elles ont été créées, il y 
a quelques années, par M. de Jaurgain. Cet érudit les a composées 
en réunissant, dans un seul écu, les blasons de Navarre, de Guipuz- 
coa, de Biscaya, d'.\lava, de Labourd et de Soûle, c'est-à-dire les 
emblèmes de tous les pays basques de France et d'Espagne. Ces 
armoiries collectives renferment six quartiers dont l'un est divisé en 
deux et un autre en trois compartiments ; elles ont le grave défaut 
de n'être lisibles que si elles sont représentées à grande échelle et si 
on les regarde de près. 

De chacun des éléments que l'on a fait entrer dans ce blason, 
M. Meurgey a tente de reconnaître la signification symbolique. Pour 



— 141 — 

cela, il a consulté les auteurs anciens et modernes ; il a recueilli les 
opinions diverses de nombreux écrivains dont bien peu étaient doués 
d'esprit critique. Il a ainsi rassemblé, avec quelques légendes cu- 
rieuses, une foule d'hypothèses, ingénieuses parfois, qui restent à 
■vérifier. Mai Trinet. 

BULLETIN 

P«5Ut-on se passer de Dieu ? Critique scientifique populaire, par J. Ledw. 
Pari». Tcqui, 1918, in-i2 de viii-55 p. — Prix : fr. 50. 

Habitué aux méthodes scientifiques, convaincu de rimporlatice primor- 
diale de la question qu'il aborde, l'auteur de cette brochure n'a pas la 
prétention d'épuiser en quelques pages le sujet le plus vaste. Il se borne à 
présenter des observations et des arguments que tout esprit peut saisir. 
Son langage est net, précis, direct. Sans faire étalage d érudition, il laisse 
assez voir qu'il n'ignore rien des découvertes les plus récentes. On peut 
donc se fier à lui comme à un guide sûr et serviable. Beaucoup lui devront 
d'aborder et de s'avancer sans péril dans des régions de la pensée qu'ils 
ne fréquentaient guère. Ce sera certainement pour leur plus grand bien. 

C. L. 

L.a Lilturgie dans le roman. Pages de littérature catholique, par .\lphonse 
MoRTiBR. Paris, Beauchesne, 1918, in-8 de 37 p. — Prix : 2 fr. 

L'essayiste catholique dont la plume, entre deux étapes, s'est appliquée 
à écrire ces pages nourries de hauts sentiments exprimés avec un art soi- 
gné, dédie, en disciple, cette publication à la mémoire de Georges Dumes- 
nil. l'initiateur, au bien, déjeunes intelligences, épiises du vrai par le beau. 
La dédicace est de bon augure et donne, à tous égards, la note du mor- 
ceau. 

Après des critiques adressées et des hommages rendus aux maîtres 
d'hier et d'aujourd'hui, l'auteur évoque^ l'homme vêtu de lin, celui qui 
viendra répandre les braises ardentes, autrement dit l'arliste assez puis- 
sant pour servir efficacement par l'art la religion. Belles fresques évoca- 
trices. Mais la mesure et même la réalité s'accommodent-elles d'un juge- 
ment comme celui-ci : « Depuis les Confessions de saint Augustin, la litté- 
rature proprement catholique ne peut guère témoigner d'une réelle 
activité » et comme celui-ci encore : « Le xvii' siècle, qu'illustrèrent tant 
de mystiques, ne sut pas instaurer la littérature vraiment ca//io/iqfue, c'est- 
à-dire la seule humaine. » (?) 

Quelle sera l'apologétique de l'art? Une lettre de l'auteur à M. le direc- 
teur de la Revue du clergé français, et, publiée ici. nous assure excellem- 
ment qu'elle ne saurait agir à la façon d'un traité de théologie, mais par 
les multiples ressources de l'esthétique, en nous imprégnant de divin. 

Louis Théron de Monta cgé. 



li'Ëducation physique obligation nationale, par le docteur Bellin du 
GoTEAC. Paris, Bersrer-Levrauit, 1918, petit iii-8 de xx-41 p., avec 10 photogra- 
phies. — Prix : 2 fr. 

L.a Course à pied. Les Courses de liaies, par le docteur .Bbllin du 
Coteau. Paris, Berger-Leyrault, 1918, petit in-8 de xi-39 p., avec 24 photographies. 
— Prix : 1 fr. 50. 

. L'éducation physique a pour objet d'augmenter le coefficient de Fobusti- 



-_ 142 — 

cité de l'individu. Le docteur Bellin du Coteau, laissant de côté les formule* 
mathématiqwes de la robuslicilé, cheichc à en donner une formule physio- 
logique. Il critiqvie, non sans raison, les procédés Pignet (fondé sur le 
principe que le périmètre thoracique et le poids s'élèvent proportionnelle- 
ment à la taille) et Broca (reposant sur l'axiome que le poids d'un homme 
en kilogrammes doit égaler les décimales de la taille au-dessus du mètre) 
et estime que la robusticilé complète est fonction de la robusticilé pulmo- 
naire, dont la spiromélrie peut graduer la force, et de la robnsticité car- 
diaque, que la radioscopie et certains procédés permettent d'évaluer. Ces 
bases établies, il faut, dans l'intérêt de la race, rechercher les moyens sus- 
ceptibles de généraliser et d'étendre la culture physique. 

— La course à pied mérite d'être placée au premier rang des exercices 
athlétiques. L'auteur évoque le souvenir des courses olympiques qui 
tenaient une si large, place dans la vie de l'ancienne Grèce. 11 étudie la 
technique de la course à pied ; ses démonstrations sont illustrées par des^ 
photogravures. On voit nettement par exemple dans la reproduction 
dune « foulée ». combien l'allure de la course diffère de celle toute con- 
ventionnelle du pas gymnasti(jue. Le docteur Bellin du Coteau termine son 
étude par la description dune modalité des épreuves pédestres : la course 
des haies, d'une longueur de 110 mètres, avec 10 obstacles d'une hauteur 
de 1 m. 06. Pour cette course classique, où triompha l'américain Simpson, 
la vitesse moyenne est de 7 m. 50 à la seconde. R. L. 



'l'ravaux de damei», par Mauglerite de Sai>t-Genès. Paris, Maison de la Benne 
Presse, s. d. (1918), in-\'2 allongé de 240 p., avec 147 figures. — Prix : 1 lï. 30. 

Voici le no 5 des Petils Guides pratiques du foyer. Il comprend trois par- 
ties. La première est relative à la Couture, où l'auteur s'occupe des choses 
les plus variées, depuis les points de différentes sortes et le raccommodage 
jusqu'aux vêtements sacerdotaux et linges d'autel que les personnes pieuses 
peuvent avoir le désir de confectionner une fois satisfaites les obligations 
du ménage. La deuxième partie a trait à la Broderie et la deuxième con- 
cerne la Décoration de la maison : peinture, photographies, fleurs artifi- 
cielles, ameublement de campagne, décoration de table, etc. On trouve 
dans ces pages simplement et clairement écrites beaucoup de détails pra- 
tiques que de nombreuses figures rendent plus compréhensifs encore. 

E. A. C. 



Le« IVoms juifs^, par Georges Massoltié. Mâcon, Protat, 1917. in-lG de 17 p. 
— Prix : Ir. (>U. 

Travail sommaire, mais intéressant et utile, sur l'onomastique juive. .\ 
signaler, en particulier, le dernier paragraphe sur les noms formés par la 
réunion de consonnes initiales de plusieurs mots hébreux réliées, bien 
entendu, par des voyelles. Ex : Kalz qui représente Kohen Tzédek (Zadok 
Kahn, prêtre juste). 

Pourquoi, au sujet des transcriptions allemandes (Chajjim pour Hayyim, 
par exemple), n'avoir pas fait remarquer que la prononciation gutturale 
du c/i était, Outre-Rhin, la cause de déformations écrites bien regrettables ? 

H. GuÉum. 

MonHÏPiir « Sidi ». Mi'inoîres d'un eliat, par Côte-Dault. Paris, Édition 
du livre men.suel, ."59, boulevard des Balignolles, 1918, in-12 de 212 p. — Prix : 
5 fr. 

On a beaucoup écrit sur les chats, en prose et en vers ; des artistes — 



— U3 — 

nombreux — se sont plu à saisir leurs attitudes et à fixer leurs physiono- 
mies si ondoyantes, si diverses. On aime ou on n'aime pas les cliats. Ceux 
qui ont découvert chez eux autre chose que de l'égoïsme liront avec un 
vif plaisir le petit volume de M. Côte-Darly. Ils y verront comment Sidi, 
fils de Minouche, chat de Paris, adulé par ses maîtres, qu'il appelle <i son 
père » et « sa mère », a passé ses piemièrrs années et en quoi consistaient 
ses jeux. Sidi nous raconte ses villégiatures, d'abord dans une localité 
éloignée de la capitale, puis dans la banlieue, ainsi que ses relations avec 
toutes sortes d'individus de son espèce, bien ou mal élevés, dont les con- 
seils, suivis parfois, tournent généralement à son désavantage. Sidi, du 
reste, n'a pas à se plaindre du sort : il le dit et même l'écrit. Et c'est ainsi 
qu'il arrive à cette conclusion : « Que les petits des hommes — il y en a 
tant de barbares ! — lisent cette histoire d'un bon chat pour qui la desti- 
née fut maternelle, et qui leur tend à tous, aux bienveillants et à ceux qui 
le deviendront, une affectueuse patte de velours. » 

Aimable petit livre qui fera la joie des « chatophiles », parmi lesquels je 
compte. E.-A. Chapuis. 



CHRONIQUE 



Nécrologie. — Les lettres chrétiennes et françaises sont bien doulou- 
reusement éprouvées par la mort de M. Etienne Lamt, secrétaire perpétuel 
de l'Académie française, mort à Paris, le 9 janvier 1919. >'é à Cize, dans le 
Jura, le 2 juin 1843, M. Etienne-Marie-Victor Lamy fit à l'École de Sorèze 
d'excellentes études classiques qu'il termina au Collège Stanislas. A Sorèze, 
il connut le P. Lacordaire et ce maître éducateur contribua à lui donner 
cette dignité et cette fermeté de caractère qui ne sont pas communes à 
notre époque. Entré dans le barreau parisien, M. Lamy se fît recevoir doc- 
teur en dioit en 1869 ; il avait d'abord choisi comme sujet de thèse les 
rapports ds l'Église et de l'État ; la Faculté de Paris ne voulut pas accepter 
ce thème trop brûlant et le jeune avocat se rejeta sur l'étude des Opérations 
de bourse chez les anciens, au moyen âge et ctiez les modernes. Après la chute 
de l'Empire, il se présenta aux élections et fut envoyé à l'Assemblée natio- 
nale, le 2 février 1871. par le département du Jura. Il était du nombre, 
alors assez petit, des catholiques franchement républicains ; et c'est à ce 
titre, qu'après le vote de la Constitution de 1873, il fut élu député à la 
Chambre par l'arrondissement de Saint-Claude. Mais sa foi catholique, non 
moins ferme et ardente que sa foi politique, ne lui permettait pas de s'ac- 
commoder des lois sectaires. La vigueur avec laquelle il combattit le fameux 
article 7. notamment, brisa sa carrière politique. C'est par le journal, par 
le livre, par la parole qu'il exerça désormais une influence sur l'esprit 
public. Quelques-uns de ses ouvrages, comme la Femme de demain ou la 
France du Levant ont une haute portée politique ou morale. .\ppeléen 1905 
à occuper à l'Académie française le fauteuil laissé vacant par la mort de 
Guillaume, il ne tarda pas à conquérir auprès de ses confrères une telle 
autorité qu'il fut tout naturellement désigné pour recueillir la succession 
de M. Thureau-Dangin, secrétaire perpétuel, en 1913. Il n'aura pas long- 
temps rempli, hélas ! ces hautes et délicates fonctions, dans lesquelles il 
apporta, avec sa courtoisie parfaite, cette élévation morale et cette délica- 
tesse de conscience qui le distinguaient. Nous citerons de lui les œuvres 
suivantes : Le Juif de Vérone, ou les Sociétés secrètes en Italie, traduit cl 



— 144 — 

abrégé (Paris. 4867, in-12) ; — Mathilde de Canossa. traduit de l'italien 
(Paris, 1867, in-12) ; — Le Tiers Parti (Paris. 1868. in-8) ; — L'Assemblée 
nationale et la Dissolution (Paris, 1872. in-46) ; — La République en 1883 
(Paris, 1883, in-8) ; — Études sur le second Empire (Paris, 1895, in-8) ; ^- 
L Œuvre sociale. Les Seltlements anglais et américains (Paris, 1897, in-8) ; — 
La Femme de demain (Paris. 1901, in-12) ; — La France du Levant (Paris. 
1902, in-8) ; — Témoins de jours passés (Paris, 1907, in-12) ; — Au service 
des idées et des lettres (Paris, 1909, in-12) ; — Catholiques el socialistes 
{Paris. 1909, in-12) ; — La Langue française (Paris, 1912, in-12) ; — 
Quelques Œuvres et quelques ouvriers (Paris, 1912, in-16). 

— Le célèbre romancier Paul Margueritte est mort le 31 décembre 1918 ; 
c'est une grande perte pour les lettres françaises. Né à Laghouat (Algérie) 
le 20 février 1860, fils du général Margueritte. qui tomba glorieusement 
pour la France, à la tête de ses escadrons, en 1870, il commença ses études 
au lycée d'Alger, puis les poursuivit au Prytanée de la Flèche. Il fut atta- 
ché au ministère de l'instruction publique jusqu'en 1887, mais depuis 
longtemps (h^jà il s'adonnait aux lettres avec passion. Il commença sa car- 
rière par un hommage ému à la mémoire de son père dans le livre inti- 
tulé : Mon Père, qu'il fit paraître en 1884. Ses premiers maîtres littéraires 
furent Emile Zola et Edmond de Concourt, puis le poète Stéphane Mal- 
l.irmé dont il goûtait l'art raffiné. Il fit partie, dès l'origine, de l'Académie 
des Concourt. Bientôt Paul Margueritte quitta le naturalisme pour mar- 
cher sur les traces de Guy de Maupassant. Cet écrivain fut l'un des fonda- 
teurs du roman psychologique ; il collabora à la plupart des revues litté- 
raires de cette époque et particulièrement à la Revue contemporaine. Le 
théâtre le tenta aussi et il y parut même comme auteur et acteur dans 
une remarquable scène mimée : Pierrot assassin. En 1885, il publiait son 
premier roman : Tous quatre, qui obtint un grand succès ; l'année sui- 
vante, il donna Confessions posthumes, puis toute une suite de romans 
toujours très goûtés du public. Paul Margueritte a publié : Mon Père (Pa- 
ris. 1884, in-18) ; — Tous quatre (Paris, 1885, in-18) ; — Pierrot assas.^in de 
sa femme (Paris. 1886, in-18) ; — La Confession posthume (Paris. 1886. in-18) ; 

— Maison ouverte (Paris, 1889, in-18) ; —Pascal Gêfosse (Paris. 1888, in-8) ; 

— Jours d'épreuves (Paris, 1889. in-18) ; — A/na/Us (Paris, 1890, in-18) ; — 
Alger d'hiver (Paris, 1891, in-18) ; — La Force des choses (Paris. 1891. in-18) ; 

— Sur le Retour (Paris, 1892, in-18) ; — Mo Grande (Paris, 1892. in-8) ; — 
Le Cuirassier blanc, Farfaria, la Dame aux yeux violets, l'Insecte (Paris, 

1892. in-18); — La Tourmente (Paris, 1893. in-18); - La Mouche (Paris. 

1893, in-18) ; — L'Avril (Paris, 1893, in-18) ; — Ame d'enfant (Paris, 1894, 
in-8) ; — Fors l'honneur (Paris, 1895, in-18) ; — Le Jardin du passé (Paris, 
189;), in-8) ; — Simple Histoire (Paris, 1895, in-18) ; — L'Eau qui dort (Paris, 
1896. in-18) ; — L'Essor (Paris, 1896, in-18). Depuis 1896, Paul Margueritte 
travailla on collaboration avec son jeune frère Victor, qui s'était déjà fait 
connaître comme poète ; tous deux se signalèrent dans les domaines de la 
littérature, de la morale, delà politique, de l'histoire. De leur œuvre com- 
mune, nous rappellerons : Le Pariétaire (Paris. 1896, in-18i; — Poum. 
Aventures d'un petit garçon (Paris, 1897, in-18) ; — Le Carnaval de yice 
(Paris, 1897, in-18);— Une Époque : Le Désastre (Met: 1870) (Paris, 1898, 
in-18) ; — Femmes nouvelles (Paris, 1899, in-18) ; — Le Poste des neiges (Paris, 
1899. in-18) ; — Mariage el divorce (Paris. 1900. in-18) ; — Une Épopée. Les 
Braves Gens (Paris, 1900, in-18); — Une Épopée. Les Tronçons du glaive 
(Paris, 19U1, in-18); — Les Deux Vies (Paris. 1902, in-18); — L'Élargisse- 



— Mlj - 

'menl du divorce (Paris, 1902, in-8) ; — Le Jardin du Roi CParis, 1002, in-18) ; 
— Vers In lumière (Paris, 1902. in-18) ; — Hixloire de la (jnerre de 1870 
(Paris. 1902. in-18); — Helie (Paris. 1903. in-18) ; — Une Époque : Ln Com- 
mune (Paris, l'tOi, in-18); — Le Cœur el la loi (Paris, 1903, in-18) ; — Le 
l'rixme (Paris. 1905, in-18) ; — Quelques idées ( Paris, 1905, in-18) ; — .Sur le 
(•//(Paris, 190G. in-18) ; — Vanité (Paris, 1907, in-lSj ; — L'Autre, pièce en 
'.i actes rParis. 1907. in-8). Puis les frères reprirent leur indépendance. 
Paul publia depuis lors : Souvenirs de jeunesse (Paris, 190S. in-18) : — La 
Lanterne magique (Paris. 1909, in-18) ; — La FailAesse humaine (Paris, 1910, 
in-18) ; — Les Fahrecé (Paris, 1912. in-18) ; — La Maison brûle (Paris, 1913. 
in-18); — Nous les mères (Paris, 1914, in-18). Il y a de fortes réserves à 
faire sur les œuvres de cet écrivain au point de vue de la morale chré- 
tienne. 

— Mgr Antolin Lopez Pf.lâez, archevêque de Tarragone, inort le 22 dé- 
cembre, était un des prélats les plus actifs et les plus éminents de la pénin- 
sule hispanique. Né à Manzonal dcl Puerto (prov. de Léon), le 31 aoiît 1866, 
■ de parents assez modestes, il fut élevé au séminaire d'Astorga, et les qua- 
lités qu'il Y manifesta de bonne heure décidèrent son évèqne à lui confier, 
simple étudiant, la rédaction de El Crilerio tridenlino. Admis â la prêtrise 
avant l'âge canonique, il fut nommé à 23 ans clianoine de Lngo, et il 
coinmença aussitôt sa féconde carrière littéraire ; l'idée qu'il se faisait de 
l'importance de la presse à notre époque lui lit donner sa collaboration à 
de nombreux journaux, et l'on verra, dans la liste de ses œuvres que nous 
donnons plus loin, quelle place la presse ne cessa do tenir dans ses préoc- 
cupations. Sur la proposition de S. E. le cardinal Aguirre, qui l'estimait 
liarticulièremcnt. il fut appelé en 1904 au siège épiscopal de .Taca. Il y 
déploya une grande activité ; nous indiquerons seulement ici la réforme 
de l'enseignement des séminaires : la volonté de rendre son clergé mieux 
apdaté au rôle qu'il doit jouer dans la vie moderne le conduisit à créer au 
séminaire des chaires d'agriculture, de droit naturel, d'économie sociale ; 
deux autres créations à noter ici sont celles d'une chaire d'archéologie et 
d'une chaire de langue française. 11 voulut aussi que la bibliothèque du 
séminaire, qu'il s'efforça de pourvoir de bons livres, fût ouverte au public. 
Appelé en 1907 à siéger au Sénat, il y prit souvent la parole avec talent et 
avec éclat, notamment dans les questions de presse, d'enseignement et des 
relations entre l'Église et l'Etat. Transféré en 1913 sur le siège archiépis- 
copal de Tarragone, et désireux de se mettre à l'unisson de son nouveau 
troupeau, il apprit le catalan et sut prêcher correciement dans cette lan- 
gue ; et il prit soin de créer au séminaire des ch.iires de langue et de lit- 
térature catalanes et d'histoire de la Catalogne, en même temps qu'il orga- 
nisait renseignement de l'économie sociale. C'est par son initiative que 
fut réuni à Montserrat le premier Congrès liturgique. Il avait aussi orga- 
nisé une Agence catholique d'informations. Nous ne saurions oublier que, - 
pendant la guerre, à un moment où tant de membres du clergé espagnol 
manifestaient contre l'Entente des sentiments de méfiance sinon d'hosti- 
lité. Mgr Lopez Pelâez n'hésita pas au contraire à témoigner pour nous de 
ses vives et précieuses sympathies. L'Académie espagnole, l'Académie d'his- 
toire et celle des sciences morales le comptaient au nombre de leurs cor- 
respondants. Parmi les compagnies savantes de l'étranger qui lui avaient 
décerné le même titre, nous noierons l'Institut de Coimbre, l'Académie 
des Arcades de Rome et la Société historique et archéologique du Limousin. 
Voici la liste des principales publications de l'éminent prélat : La Expo- 

FtcvujKH 1919, T. CXLV. 10. 



— ne — 

xicion continua del Sanlisimo (Lngo, 189:2, ii)-8) ; — Las Aras de In 
caledral de Liujo (Lugo, 1892, in-8) ; — El Ponlificado (La Coruna^ 
1893, in-8) ; — El Darvinismo y la ciencia (Lngo, 1893, in-8) ; — flisto- 
ria del cuUo eucarislice en Lwjo (Madrid, 1894, in-8) ; — El Gran Gn- 
Ueijo (La Coruna, 1894, in-8) ; — El Monaslerio de Samos (Lugo. 1894, in-8) ; 

— Ilisloria de la ensenanza en fjKjo (Lngo. 1894, in-8) ; — Los Benedictinos 
de Monforle (Lngo, 1895, in-8) ; — De la Région gallega (Lugo, 1897. in-8) ; 

— El Senorio iemporal de los obispos de Lngo (Lugo, 1897, in-8) ; — La 
Accion del sacerdole en la prensa (Lugo, 1898, in-8) ; — Im Mnjcr y la prensa 
(Lugo, 1899, in-8) ; — Los Poeslas del P. Feyjoo (Madrid, 1899, in-8) ; 

— Sacerdoles al periodico (1900, in-8) ; — Una limosna para la prensa 
(1902, in-8) ; — Los Escritos de Sannienlo (M;idrid, 1904, in-8) ; — - 
Argos divina (1902, in-8); — l'H Derccho espanol en sus relaciones cou 
la Iglesia (Madrid, 1902, in-8 ; 3e cd. en 19M) ; — El Obispo san Cnpilan 
(Bnrgos, 1903, in-12) ; — La Censura eclesiaslica (Madrid, 1904, in-8) ; — 
Las Asambleas de la prensa (Madrid, 1904, in-8) ; — Los Danos del libro (Jaca, 
1903, in-8) ; — Estudios cànonicos (Madrid, 1906, in-8) ; — La Importancia 
de la prensa (Madrid, 1906, in-8) ; — De la Diocesis del Sacramento (Jaca, 
1907, in-8) ; — Ser/no/ies (Madrid, 1908, in-8) ; — Gralilud a los periodistas 
(Jaca, 1908, in-8) ; — La Pairona del periodismo (Jaca, 1909, in-8) ; — La 
Cruzada de la Duena prensa (Jaca, 1909, in-8) ; — Injuslicias del Eslado espa- 
nol (Jaca, 1909, in-8) ; — El Clero en la polilica (Jaca, 1909. in-8) ; — El 
i'ri'supaeslo del clero (Jaca, 1!)10, in-8) ; — San Froilan de Lugo (Lugo, 1910. 
in-8) ; — La Prensa coma arma de combale (Jaca, 1910, in-8) ; — La Pluma 
del periodisla (Jaca, 1911, in-8) ; — Vida posUuna de un Sfuilo (Madrid, 191 1, 
in-8) ; — Discursos pronunciados en Lugo (Lugo, 19H, in-8) ; — Los Si e le 
pecados capildles (Jaca, 1911. in-8) ; — Sadaba y su Crislo (Jaca, 1912. in-8) ; 

— La Agenda cniolica de informacion (Jaca, 1912, in-8) ; — Onien sepa 
escribir escriba (Jaca, 1912, in-8) ; — El Gran rolaliuo calolico (Jaca, 1912, 
in-8) ; — El Alcoliolismo (Jaca, 1913, in-8) ; — Por la Iglesia espanola (Tar- 
ragona, 1913, in-8) ; — Los Trabajadores en el periodico calolico (Tarragona, 
1914, in-8) ; — La Nolaria (Barcelona. 1914. in-8) ; — La VUalidad de la 
prensa no diaria (Tarragona, 1915, in-8) ; — La Mislica doclora sanla Teresn 
de Jésus (Reus, 1915, in-8) ; — Mnseos diocesanos (Tarragona, 1915, in-8) ; 

— Los Fieslas de la Virgen (Tarragona, 1915, in-8). 

— .\vcc M. Thcodore Roosevelt, mort le 6 janvier, dans sa maison. 
d'Oyster Bay (New York), disparaît une figure originale et puissante. >é 
à New York, le 27 octobre 1852, d'une famille de souche hollandaise, 
établie depuis longtemps aux États-Unis, il fit nne partie de ses études en 
Allemagne, mais c'est à l'Université Harvard, l'une des plus célèbres 
d'.\mérique, puis à celle de Philadelphie, qu'il les acheva. Il se lança de 
bonne heure dans la politique, se fil élire er. 1882 au Congrès de .Ni \v 
York, dans lequel il se fit remarcjucr par son attitude énergique contre la 
corruption administrative. Chef de la police de New York {lN9ii-l897), 
appelé par Mac Kinley au ministère de la marine (1897), qu'il quitta pour 
prendre une part active à la guerre hispano-américaine, puis gouverneur 
de rÉtat de New York, il fut appelé en 1900 à la vice-présidence des Eials- 
Unis. L'assassinat de Mac Kinley en 1901 lui fit assumer la présidence, et 
il fui confirmé en 1904 dans ce poste par le verdict populaire. M. Roo- 
sevelt n'était pas seulement un homme d'action, il sest aussi fait con- 
naître comme journaliste et comme écrivain. Nous citerons de lui les ou- 
vrages suivants : Naval war of 1S12 (New York, 1881, in-8) ; — Ilunling 



- 147 — 

fri/jx nf n rnnchmnn (London, 1880. in-8) ; — Life of Tlionirts If. Benlon 
(Bostot). 1887. iii-H)) ; — Life o/ Gonvernenr Morris (Hoslon. 1888. in-S) : — 
/';vj(/((V(/ /Kj/i7/c.<r (New York, 1888. iti-J2) : — fianch. Life nnd llif Imnlinr/ 
Irnil (I.oiidon. 1888, in-4) ; — WinniiKj of Ihe Wesl (?i(t\\ York. 18.Stl-|Sl)(i, 
t vol. iii-8) ; — Neiv York (Londoii. l89l, in-8) ; — American idcah (\c\\- 
Yorlv, I8!»7. iii-12) ; — Wilderness hunier, big gnme, liorse, honnd and rifle 
(New Yoïk. 1893, in-S) ; — Ilero taies froni American hislory (J^cw \ovk 
1898. in-8), en collaboration avec H. G. Lodgc ; -- The Rough riders 
(London, 1899, in-8) ; — Olirer Cromwell (London, 1900, in-8) ; - Tlie 
Sirennons bife (New York, 1900, in-12) ; — The Deer faniily (.New York, 
1902, in-8) ; — Addresses and presidential messages, lOOQ-lOO'i (New York, 
l'.)04, iti-8) : — Ontdoor paslimes of an American hunier (New York, 190r), 
in-8) ; — fiood hunling in [)nr.';uU of big gam in Ihe Wesl (New York. 1907, 
in-8) ; — African and Européen nddres.^és 'New York, 1910, in-8) ; — Afri- 
i-'Ui gaine Irnils (London, 1910, in-8) ; — Bioloyical analogies in hishry 
lOxfoid, 1910, in-8) : — The IKaval opérations of tlie war belween Grf^nt 
Bntnin and Ihe United S/nlp. lRl2-lSlb (London, 1910, \n-9,) ; — Stories 
of Ihe Repnblic (New York, 1911, in-8). en collaboration ; — An Autobio- 
5/ra/>/(y (New York, 1913, in-8) ; — Progressive principles (New York, 1913, 
in-8) ; — Throagli the Brazilian u)ilderness (London. 19l4, in-8) ; — llistory 
in lileralu're and other essays (London, 1914, in 8) ; — America and tlie 
world war (London, 1915. in-S) ; — Why America should join the allies (New 
York. 1915, in-8) ; — Life historiés of American gam a/u/Ha/s (London. 1h15, 
"1 vol. in-8) : — Booklover's holidays in the open (London, 1916, in-8) ; - 
Fear God and take your own part (New York, 1916, in-16). Parmi les tra- 
ductions françaises qui ont été données des ouvrages du célèbre écrivain, 
nous citerons : Chasses et parties de chasse, traduction d'Albert Savine, 
(Paris. 1903, in-18) ; — Lldéal américain {Parh, l^Oi, in-16), Iraduit par 
A. et E. de Ronsiers : — L'Idéal d'Amérique, la vie intense, traduit par la 
princesse Ferdinand de Fancignv-Lucinge et M. Jean Groulet ; — L'E.ci)ro- 
priation des races incompétentes (Paris, 1904, in-12) ; — La Conquête île 
/'ouest, des AUé(jhanys au Mississipi (1769-1776) (Paris, 1904, in-18; ; — Le 
Citoyen d'une république (Paris, 1910. in-16) ; — Mes Chasses en Afrique, 
traduction de Norbert Sevestre (Paris, 1910. in-8) ; — La Vie a/i rancho, 
traduction d'Albert Savine (Paris, 1903. in-18). 

— Le baron, puis comte Georg vo^^ Hertling est mort le 5 janvier. Né à 
Darmstadt. le 31 août 1843. il fit ses études aux Universités de Munster, de 
Munich et de Berlin. D'abord privatdozenl à Bonn, il fut nommé en 18S0 
professeur extraordinaire à cette Université, d'où il passa deux ans plus 
tard comme professeur ordinaire de philosophie à l'Université de Munich. 
La spéculation philosophique ne l'absorbait pas tout entier, et, dès S873, 
il avait été envoyé comme député au Reichstag, et avait pris dans le Centre 
une influence prépondérante. Sauf pendant la période 1890-1896, il ne 
cessa de siéger au Reichstag. 11 joua également un rôle important dans la 
politique de la Bavière ; il était président du Conseil quand éclata la guerre 
et l'on na pas oublié que Guillaume II fit un moment appel à lui pour 
les fonctions de chancelier de l'Empire. Mais ce n'est pas par son action poli- 
tique, mais par son action intellectuelle qu'il appartient à cette chronique. 
Il fut en 1876 l'un des fondateurs de la Gorresgesellschaft, la grande société 
catholique allemande, dont il demeura jusqu'à la fin le président. II contri- 
bua également à la fondation de la Société germanique d'art chrétien, 
dont il fut le président de 1892 à 1909. Il était depuis 1899 membre de 



— 148 - 

l'Académie des sciences de Bavière. Il dirigeait avec M. Clemens Baumker 
l'importante collection des lieitrage ziir Geschicide der Philosophie der Miltel- 
alhii's, fondée en 18i^»2. Nous citerons de lui les ouvrages suivants : De 
Arislolelix nolione aniiis coininentalio (F'riburgi Br., 1864, in-8) ; — ■ Malerie 
und Forr.i and die Defifulion der Seele bel A ristoieles (Roan, 1871, in-8) : — Zur 
Erinnerung an Friedrich Overbeck (Koln, 187o, in-S) ; — IJeber die Grcnzen 
der mechafuschen Nnlurerhinrnng (Bonn, 1875, in-8) ; — Die Hypothèse 
Darwins (Wûrzburg, 1870 in-8) ; — Darwin^ Haeckel und Virchoio (Kôln, 1878, 
in-8) ; — Der Darwiinsmus eine geislige Epidémie (Frankfurt. 1871», in-8) ; — 
Alberlus Mdgniis (Koln. 1880, in-8) ; — Aufsalze und Reden so:i(dpolilischen 
Inhalls (Frciburg, 1884, in-8) ; — Zur Beanlwortung der (j'ollinger Jubl- 
Jaumsrede, ojjener Briefan Herrn Albert Ritschl (Paderborn, 1887, in-8) ; — 
John Locke und die Schute von Cambridge (Freiburg, 1892, in-8) ; — Natur- 
recht and Socialpolitik (Ivoln, 1893, in-8)'; — Kleine Schriflen zur zeitge 
.<chichle und Polilik (Frciburg, 1897, in-8) ; — Dus Princip des Kalholicismus 
und der Wissenschafl (Freiburg, 1899, in-8j ; — Augustin, der Untergang 
der anliken Kullur (Mainz, 1902, gr. iti-8) ; — Wissenschaflliche Hichlungen 
und pliilosopfdsche Problème im 13. Jahrhunderl {Mûnchen. 1910, gr. in-18) ; 

— Augustinus-Citate bei Thomas von Aquin (Mûnchen, 1904, in-8) ; — Recld, 
Skud und GesellschaJÏ (Rempten, 1906 in-16). 

— lin romancier italien très populaire et dont l'œuvre délicate^ d'une 
observation fort juste, a rencontré un accueil sympathique non seulement 
en Italie, mais à l'étranger et notamment en France, M. Salvatore Farina 
est mort récemment. Né à Sorio, en Sardaigne, le 10 janvier 1846^ reçu 
docteur en 1868 à Turin où il acheva des études commencées à Casai et 
poursuivies à Paris, il s'établit à Milan et se livra entièrement à son goût 
littéraire. Ses récits, nouvelles, romans obtinrent vite la faveur du public. 
La ])lupint ont eu les honneurs de plusieurs éditions ; un certain nombre 
ont été traduits. Les tournées de conférences que M. Farina entreprit à l'étran- 
ger contribuèrent aussi à assurer son succès. Nous citerons de lui : Tre 
amori (Milano, 1869, 2 vol. in-32) ; — {//i segre^o (Milano, 1869, 2 vol.in-:i>4) ; 

— Il Romanzo d'un vedouo (Milano, 1871, 3 vol. in-24) ; — Frulti proibiti. 
Jia/nma vagabonda (Milano, 1872, 2 vol. in-24) ; — Faute di picche (Alilano, 

1874. in-16) ; — // Tesoro di Donnino (Milano, 1874. in-16) ; — Cappelli 
biondi (Milano, 1876, in-16) ; — Dalla spuma del mare (Milano, 1876, in-16) : 

— Un liranno ai bagni di mare (Milano, 1877, in-16) ; — Amore bendato 
(Torino, 1877, in-16) ; — Oro nascosto (Roma, 1878. in-8) ; — Il.Merlo bianco 
(Koma, 1879, in-8) ; — Le Tre nnlrici (Torino, 1879, in-16) ; — Prima che nas- 
cesse (Torino, 1879, in-16) ; — Miojlglio studia (Torino, 1879, in-16) ; t— Mio 
Jiglio s'innamora (Torino, 1880. in-16) ; — Coraggio e avanti (Torino, 1880, 
in-Ki) ; — IS'onno ! (Torino, 1881, in-16) ; — // Manlo di Laurina (Torino, 
1881, in-16) ; — L' Intermezzo e la pagina nera (Torino, 1881, in-16) ; — 
Mio figlio (Torino, 1882, in-16) ; — // signor lo (Torino, 1882, in-16) ; — 
Amore a ceid'ocçhi (Milano, 1883, in-16) ; — Fra le corde di un contrabbasso 
(Milano, 188-4. in-16) ; — Uim separazione di lelto e di mensa. La Fauuglia del 
signor Onondo. Un uomo felice (Milano, 1885, in-16) ; — Pp'belli occlii delta 
gloria (.Milano, 1887, in-16) ; — L'Ullima battaglin di prête Agoslino (Milano, 
1888. in-16) ; — Caporal Silveslro (Milano, 1888, in-16) ; — Don Chisciottino 
(Milaim, 1890, in-16) ; — / Due desideri (Milano, 1889, in-16) : — Amené 
lellure (Beilino, 1891, in-17) ; — Vivere per amore (Milano, 1891, in-16) ; 

— Piu forte dell'amore (Milano, 1891, in-16) ; — Per la vita e per la morte 
(Milano, 1891, in-16) ; — Perché ho risposlo no? (Milano, 1892, in-16) ; — 



— 149 — 

\more fnujhirdo (.Mil.'irio, lSfl3. iii-lf)) ; — C/tf dira il inondo? fMilano, IS93, 
i,,.l»;) ; — Carlo boUnin (Milano, IHOi, in-lfi) ; — // numéro 13 (Milano, 
1S93. in-l6) ; — Madonninn Brianca {]'niiilns) (Milat»o. 18117. iti-16); — Fino 
alla morle (Milano. 1!)02, iri-lOj ; —Le Ire cominedie délia vila (Milano. 1903, 
il, .16) ; — H y,egrelo del nevaio (Toiino. 1900. iii-lS) ; — La Mia fjiornala 
(Torino, 1910, iii-16) ; — Il Libro degli amori (Torino, 1911, in-IG) ; — Il 
secondo Libro degli amori (Torino, 1912. in-16) ; — La Più bella fauciulla 
dell'iiniversa (Torino, 1912. in-16) La Soclelà tipografica éditrice nazionale 
do Turin a entrepris une édition de ses œuvres complètes. Nous citerons 
encore les traductions françaises de quelques-unes de «tes œuvres ; Bou- 
rasqiie conjugales. Un Homme heureux. Valel de pique, traduit de l'italien 
par S. lilandy (Paris. 1880. in-16) ; — Les Cenl Yeux de l'amour, traduit 
par L. Dieu (Paris 1883. in-18) ; — Le Trésor de Donnino, traduit par S. 
Blandy (Paris. 1883, in-16) ; — L'Écume de la mer, traduit par S. Riandy 
(Paris! 1»88, in-16) ; — Pour la gloire, traduit par F. Heynard (Paris. i8S9, 
in-16). 

— M. Claudc-Édouard-Denys-Marie Cochin. député du Nord, né à Évry- 
Petit-Bourg iSeine-et-Oise). est mort h Paris, le 31 décembre 1918, à So ans. 
Il était fils de M. Henry Cocliin et neveu de M. Denys Cochin. Il entra de 
bonne heure dans la voie politique et continua les traditions de libéra- 
lisme et de dévouement aux all'aires publiques, qui étaient les vertus de sa 
race. Après de sérieuses études à l'École des chartes et à l'École française 
de Rome, il fit paraître des Essais qu'il a publiés dans la Revue hebdoma- 
daire, dans la Bibliolhèque de l'École des Charles, dans le Bullelin de la Sociélé 
d'histoire de France, dans la Revue des questions historiques et le Journal des 
débats. Le jansénisme l'occupa et particulièrement Henry Arnaud, évéque 
d'Angers, sur lequel il fît une thèse très remarqu'ée. Il avait découvert une 
intéressante série de lettres du cardinal de Retz, provenant en partie des 
archives de la famille de Gondi. 

— Le D"^ Lucien Butte, mort à la fin de décembre 1918. était né à Con- 
flans (Moselle), le 8 janvier 1856. Docteur eu médecine de la Faculté de 
"Paris en 1883 il devint chef de laboratoire de l'hôpital Saint-Louis. Membre 
de diverses sociétés savantes, président de la Société de médecine de Paris 
et de l'Association centrale des médecins de France, il a publié de nom- 
breux et importants travaux, insérés notamment dans les .l/i/i«/^s (rh>Y/(è«t? 
et dans les Mémoires de la Sociélé de biologie. Nous citerons particulière- 
ment : Élude de physiologie expérimentale. Rechercfies sur les varialions de 
iexhalalion pulmonaire de l'acide carbonique, influence de quelques médica- 
ments et de certains étals déterminés expérimentalement (Paris, 1883, in-8) ; 

— Du Sublimé comme antiseptique, étude critique et clinique sur l'intoxication 
par le bichtorure de mercure employé comme agent d'antisepsie (Paris, 1886, 
iu-8) ; — Recherches expérimentales sur la vitalité du fœtus, action de cer- 
taines modifications du milieu intérieur de la mère (Paris. 1888. in-8) ; — L'As- 
sistance, bullelin officiel de la policlinique de Paris (Paris, 1891-1896, in-8) ; 

— L'Urée du sang à l'état pathologique et en particulier dans les affections 
cutanées (Paris, 1892, in-8) ; — Du nerf pneumogastrique {physiologie normale 
et pathologique. Diabète, albuminuries névropathiques (asthme, névropalhie, 
cérébro-cardiaque) etc.. avec le D' G. Arthaud (Paris, 1892, in-8) ; — Les 
Teignes (favus, tondantes, pelade (Paris, 1893, in-18) ; — Recherches sur la 

fonction glycogénique du foie (Paris, 1894, in-8) ; — .\nnales de thérapeutique 
dermatologique et syphiligraphique (Paris. 1901-1903, in-8) ; — L' Aliinenla- 
iion lactée chez le nouveau-né (Paris, 1903. in-18). 



- 150 - 

— On annonce encore la mort de MM. : Charles Ballle, ancien magis- 
trat, qui a donné à la Revue hebdomadaire divers travaux, entre autres : 
Six mois d'invaxion prussienne fjanvier-aoàl 1871), et qui, indépendamment 
de nombreux articles et études insérés dans la revue Annales franc-com- 
toises, dans les Mémoires de l'Académie de Besançon et les Mémoires de In 
Société d'émulation du Douhs, a publié : Le Comté de Bourgogne de 1595 
à 167-^1 (in-8, Besançon, 1881), deux intéressantes biographies du Poète 
Edouard Grenier (?i\vis, 1002, petit in-8) et du Comte de Laubespin (ISIO-ISOG) 
(Paris, 1902, petit in-8) ainsi qu'un imi^ortant ouvrage intitulé : f'/i Prélat 
d'ancien régime au xixe siècle, sa famille et son groupe. Le Cardinal de Rotian, 
arclievêque de Besançon {1788-1833) (Paris, l'JUG, petit in-8), mort à Pari^, 
le 22 janvier, à l'âge de 87 ans ; — André Beaussieh, collaborateur de 
VÉcho de Paris, mort le 29 décembre 1918 ; — Félix Bonnet, avocat au 
Conseil d'État et à la Cour de cassation, qui a collaboré activement au 
Bnlleliii de la Société d'éducation et d'enseignement, mort dernièrement à 
Paris ; — Léon Bouger, avocat, collaborateur de V Intermédiaire des cher- 
cheurs et curieux, où il signait du pseudonyme Champvolant, qui laisse un 
volume de poésies : Les Cyclades (Paris, 1904, in-18)et a terminé dernière- 
ment une importante étude historique que publie actuellement la Nouvelle 
Revue sous le titre : Une Intrigante et son mari au xvni' siècle. La Marquise 
et le marquis de Monconseil, mort récemment à Saintes, à Tàge de 53 ans ; 
— Emile BuEiTLiNG, proviseur du lycée BufTon, mort à Paris, le 30 décem- 
bre ; — le D' Buffet-Delmas, professeur d'anatomie à l'École de médecine, 
mort le 4 janvier, là Poitiers ; — Raphaël Chaigneau, ancien collaborateur 
du Petit .lournal, mort à 52 ans, le 23 décembre ; — André Chanot, connu 
sous le pseudonyme Max Rivera, rédacteur au journal le Temps, mort à 
29 ans. le 27 décembre ; — Jean-Édouard CnAPEYiiOux, en littérature Clé- 
ment ftochel, auteur de travaux sur les manuscrits inédits de Proudhon 
relatifs à ,Tésuset aux origines du christianisme, à Napoléon 1". qui a écrit 
aussi des ouvrages sur les Mémoires de Fouché et sur ceux de la comtesse 
D ash, des Contes à Suzon, quelques pièces de théâtre, etc.. mort le 
7 janvier, à 54 ans ; — M. Cugfa, astronome, qui appartint pendant 50 ans 
à l'Observatoire de Marseille, dont deux découvertes particulièrement 
remarquables de petites planètes provoquèrent un vif intérêt parmi les 
astronomes, mort le 17 janvier : — le D'' E. Destot, qui s'est spécialisé 
depuis plusieurs années dans les recherches sur l'électricité médicale et les 
rayons X et qui a publié de nombreux travaux, notamment sur les troubles 
l)hysiologi([ues et les cas d'atrophie dus à ces rayons, et un Essai de stéréos- 
copie rationnelle (Paris, 1903, in-8), mort à 54 ans, le 4 janvier, à Chàtillon- 
sur-Seine ; — François Dlmahdin-Beaijmetz, administrateur du Petit Joui^ 
nal, moit à Paris, le 6 janvier ; — Ambroise Dumont, rédacteur en chef 
de l'Avenir du Puy-de-Dôme, auteur de ; La Monde basée sur la démogra- 
phie (Paris, 1901, in-12) el ,Ja Xntalilé à Snint-Pierre-de-Clairac {Lot- 
fl-Garonne (Paris, 1902, in-8), mort à Clermont-Fcrrand, le 22 janvier ; -- 
Max Eggeh, ancien professeur de l'Université qui a publié : Denys d'IIali- 
carnasse (Paris, 1902, in-8), n)ort à Arcachon, à 57 ans, le 14 janvier; — 
le Dr Paul Fap.iie, auteur de nombreux travaux scientifiques, entre autres : 
Sur les mélanodermles phliriasiques (Paris, 1902, in-8) et Une Epidémie 
d'oreillons à Commenlry (1002) (Paris, 1903, in-8), mort à Commentiy, le 
10 janvier, à 76 ans; — Jules François, diiecteur du Juui-nal du notariat, 
mort le 30 décembre ; - Alphonse GnvAUn, professeur au Ijcée de Bor- 
deaux, auteur d'une lîisloire de la guerre de 1870-7 1 qui compte parmi les 



— :iM — 

incilliMirs ouvrages classiques de nos écoles, mort à 'ôl ans, en (lécembre ; 
— Alain df. (iouK, collabora lenr de la Revue du Bas-Poiloa, lui- à l'ennemi, 
io S octobre 191S ; — l'abbé IIkumkmm:. professeur à l'Institut catho- 
lique de Paris, diierteur de l'Kcole dioci'-saine Sainte-Croix ; — Fritz Moli.. 
correspondant du Temps a Strasbourg depuis de nombreuses années, mort 
à Strasbourg, le 7 janvier ; — le l)'" ,1eannel. doyen de la Faculté de méde- 
cine de Toulouse, mort à Paris, à l'âge de 68 ans, le 13 janvier ; — Jean 
Laffite, collaborateur de l'Éc/io de Pans, de la Petite (Jiroiide ci de Y Afjence 
républicaine, qui a publié : Le Lilas blanc, ou la Jeune Débutante (Paris, 1902, 
in-16), moi t en janvier ; — le chanoine Lemoine. supérieur de l'École 
Sainte-Croix à Orléans, mort à 58 ans, le 19 janvier; — le Df Lesiel», 
professeur à la Faculté de médecine, qui a donné entre autres, en collabo- 
ration avec le D'^Courmont, la partie relative à l'atmosphère et aux climats 
dans le Traité d'hygiène de Chantemesse et Mosny (1903, gr. in-8), mort le 
l'6 janvier ; — .Toseph Linyeu de la Ciievallerée, qui a publié des Essais 
poétiques dans la Revue du Bas-Poitou, tué à l'ennemi, en août 1918, à l'âge 
<Jc 20 ans : — le chanoine Poey, aumônier des dominicains de Pau, auteur 
d'un catéchisme fort apprécié et d'Études sur les origines du christianisme et 
i histoire de V Église durant les trois premiers siècles (Paris, 1903, in-16), mort 
le 9 janvier ; — M°" G.-C Robert, auteur de nombreuses publications 
pour la jeunesse, notamment : .lean et Françoise (Toulouse, 1901, in-12) ; 
Le Meilleur Tour de cabriole (Paris. 1902. in-18) ; Les Trois Cousins (Paris, 
1902. in-Ki) ; Perdu dans les ténèbres (Toulouse. 1903, in-12), morte à Tor- 
uac (Gard), le 29 décembre, à l'âge de 85 ans ; — Albert Sola>et. directeur 
du Bulletin de l'enseignement chrétien du diocèse de Mende, professeur au 
grand séminaire de ce diocèse, qui laisse, outre un Traité de chimie agri- 
cole très apprécié, une Monographie de JSotre-Dame de Quézac et diverses 
biograpliies dans la collection des Contemporains, mort à Mende, le 28 sep- 
tembre 1918, à l'âge de 56 ans ; — le D"^ Tanton, ancien professeur agrégé 
du Val-de-Giâce. mort à l'ambulance du Mont-Frenet, le 26 décembre ; — 
— François-Edmond Thiéry, ancien professeur à l'Ecole nationale des 
eaux et forêts, qui a consacré à cette école près de 33 années de sa vie et 
laisse de nombreux ouvrages parmi lesquels nous devons rappeler : Traité 
de mathématiques appliquées aux scieries et aux constructions ; Xolices sur les 
instruments stadimétriques et les barrages curvilignes ; Restauration des mon- 
tagnes, correction des torrents et reboisement et Élude sur les petits chemins de 
fer forestiers, mort à Dijon, le 16 novembre 1918, à l'âge de 78 ans ; — le D' 
Albert Weil, chef des laboratoires d'électro-radiologie de Ihôpital Trousseau 
et de l'hôpilal auxiliaire n" 1, auteur de nombreux ouvrages de tliérapeu- 
tique, notamment ù' Éléments de radiologie et de : Guide pratique d'électro- 
thérapie gynécologique (Paris, 1900, in-18) ; Le Sang et les réactions défensives 
de l'hématopoièse dans l'infection variolique (Paris, H 901, in-8); Manuel 
d'électrolhérapie et d' électro-diagnostic (Paris, 1902, in-16), mort le 21 jan- 
vier, à Paris. 

— A l'étranger, on annonce la mort de MM. Randolph Bourne, collabo- 
rateur de The Xew Republic, auteur de : Youth and life (1913, in-8) ; Educa- 
tion and living (1917, in-8). mort âgé de 32 ans. à New York, le 22 dé- 
cembre ; — Angiolo Celum. imprimeur florentin et secrétaire de l'admi- 
nistration de la Rassegna nazionale, mort en décembre 1918 : — Emile 
FÉRON. fondateur du journal la Réforme, député de Bruxelles, qui fut 
pendant de longues années, avec M. Janson, le leader du parti libéral 
belge, qui jou I, il y a une vingtaine d'années, un rôle important dans 



— 152 — 

l'évolution du parti libéral belgo, mort en décembre, à Brnxolies ; — 
George Burman Fostkh, théologien baptiste. né le 2 avril dS'iS. à Aider- 
son, professeur de philosophie de la religion à l'Université de Chicago, 
depuis 1905, auleur. entre autres ouvrages, de : FiimlUy of Ihe Christian 
(1906, in-8) ; The Fanclion of religion in man's strugyle for existence {i90'^, 
in-8) ; — Nathaniel Clark Fowlek, qui, dès ses jiremières années, se consacra 
au journalisme, auteur de : lUiildinij Business (1893) \ Dollars and Sensé 
(1S95) ; l'ractical Pnblicily (1896) ; « Fowler's Pablicity » a Cyclopedia oj" 
Advertising and Printiny (1897) ; The Boy, hoiu to help hiin siicceede. en col- 
laboration (1902) ; Slarling in Life (1900) ; IIow lo gel andkeepajob (1907) ; 
Practical Salesmanship (1911) ; lIow to save money (1912) ; How lo gel your 
pay ra/sed (1912) ; Art of le lier wriling (1913) ; Art oJ slory icriling {idl3) ; 
Handbook of journalism (1913) ; How to oblain citizenship (1913) ; Knockers 
Club (1913) ; One thonsand thing ivorlh knoiving (1913) ; Art of speech ma- 
king (1915) ; How to sell (1915) ; Beginning right (1916) ; Principles of sCtf- 
Jrage (1916) ; Grasping èpportunity (1917) ; Principles of selling (1918), 
mort récemment à Boston, âgé de 60 ans ; — William EUerby Green, 
l'un des chefs de la maison londonienne d'édition Longmans, Green and 
Co., mort à 86 ans, le 25 novembre ; — Ivar H^ggstrôm. imprimeur et 
libraire suédois, mort à 81 ans, à Stockholm, en décembre 1918 : — Jacob 
Hegel, l'un des directeurs de la grande maison d'édition Gyidendal, à 
laquelle il donna une vigoureuse impulsion, collectionneur d'objets dart, 
mort à 67 ans, le 20 décembre, à Copenhague ; — Ejnar Jespeusen, qui 
dirigea pendant plusieurs années le « Nordisk Musikforlag » de Coijen- 
hague et qui fut un des membres actifs de l'Alliance française en Dane- 
mark, mort à Paris, le 16 novembre, dans sa 56" année ; — Axel Lausen, 
libraire notable de Copenhague, mort à 32 ans, le 19 novembre ; — Cari 
Liebknecht, fils du célèbre socialiste Wilhelm Liebknecht, qui, sans jouer 
dans l'histoire du parti socialiste allemand un rôle aussi considérable 
que son père, exerça cependar^ une certaine influence, collaborateur des 
journaux du parti, auteur entre autres ouvrages^ de : Militarisnius iind Anti- 
miliarisnius unter besonderer lieriicksichtigiing der internationalen Jiigendbe- 
wegiing (Leipzig, 1907, in-8), tué à Berlin, le ISjanvier ; — Gustav Alexander 
LuNDSTROEM, directeur du Finsk bokhandelstidning , mort à 59 ans, le 2!> 
novembre ; — Rosa Luxemburg, la célèbre agitatrice socialiste, collabo- 
ratrice assidue de la A'eue Zeit et de la Leipziger Volkszeitnng à qui l'on doit 
notamment : Die industrielle Entwicktnng Polens (Leipzig. 1898, in-8) ; 
Sozialreforni oder Révolution? (Leipzig, 1898, in-8 ; 2' édil. en 1!»08). tuée a 
Berlin, le 15 janvier ; — Ole Henrik Mirkelsen, membre de la maison 
d'édition C. A. Reilzel, mort à 64 ans, à Copenhague, le 2;{ décembre ; — 
Solone MoNTi, journaliste, écrivain, l'un des dirigeants de la nouvelle 
croisade catholique italienne, dont nous pouvons citer : // Vincitore delta 
morte (Milano, 1902, in-I6), [poème sur la vie et la passion de >'.-S. J.-C, 
mort le 17 décembre, à moins de 40 ans ; — Walter Hines P.\ge, l'un des 
membres de la grande maison d'édition Doubleday, Page and Co., ce qui 
ne l'empêcha pas d'aller représenter les Etats-Unis à Londres, comme am- 
bassadeur en 1913, directeur du Forum (1890-1895), de l'/U/rt/i//c (18901900),. 
auteur, entre autree ouvrages, de : Rebuilding Ihe old commonweallhs (1902. 
in-8) ; The Southerner, roman (1909, in-8). né à Cary, dans la Caroline du 
Nord, le 15 août 1855, mort à Pinehurst, N. C, le 21 décembre : — Wil- 
liam Agnhw Paton, collaborateur du \ew York World de 1877 à 1881 et 
fondu t«ur du Scribner's Magazine (1885-1887), à qui l'on doit : Down ther 



— 153 — ^ 

Jshnds, a Voyage in the Cnrihbees (1887) : Pictnresqiie Sicily (I.S97) ; The 
First LandfiiUofColomlms {{901) : Home Unie Ballads (1907), n)ort à New 
"Nork. le 11 décembre, âgé de 70 ans ; — William G. Pukston, avocat à 
lUilTalo, puis altaclié successivcnioiil an Bookman et à la A'olion de .New 
York, mort le 18 décembre, à 52 atis ; — Emile Staïco, professeur rou- 
main, qui laisse des éludes très appréciées sur le monde balkanique, 
divers mémoires communiqués aux Académies de Paris et de Bucarest, 
un essai sur une nouvelle étude de thermométrie en collaboration avec 
M. Ch. Guillaume, mort à 39 ans, le 2 janvier ; — le Dr Tanneh, célèbre 
par le jeûne de 40 jours auc|uel il se soumit en 1880, sous la surveillance 
de plusieurs médecins, mort en janvier, à San-Diégo (Californie), à l'âge 
de 91 ans ; — Sir Donald Mackenzie Wallace, né le 11 novembre 1841, à 
Boghead, Dumbartonshiro, qui, après do solides études aux Universités de 
Glasgow, d'Edimbourg, de Berlin, d'Heidelberg et à l'Ecole de droit de 
Paris et après d'assez longs séjours et voyages en Franco, en Allemagne, 
en Russie, en Turquie (1863-1 884 1, devint secrétaire du marquis de Dulîe- 
rin et du marquis de Lansdowne, vice-roi des Indes (1884-1889), fut atta- 
ché au tsarévitch pendant son voyage dans les Indes et à Ceyian (1890- 
1891), se vit chargé de la politique extérieure du Times (1891-1899), devint 
chambellan d'Edouard VU. puis de Georges V. et auquel on doit, outre 
la 10" édition de ÏEncyclopaedin brilannica, des ouvrages importants : 
Bassin (1877. 2 vol. in-8) ; Egyptand the Egyptian question {[SS3. in-8) ; IVeb 
of Empire ; Dinry of the Impérial tour of their Royal Highnesses the Duke and 
Duchess of Corniuall and York in 1901 (1902, gr. in-8) ; Oar Bussian ally 
(1914, in-8), mort le 13 janvier, à Londres. 

Leijtlres faites a l'Académie des insciuptions et belles-lettres. — Le 
10 janvier 1919. M. Dioulafoy donne lecture d'une communication sur 
certaines données mathématiques de l'architecture orientale, communica- 
tion intitulée : Quarante. — Le 17, M. Salomon Roinach commence la lec- 
ture d'un mémoire sur un groupe de peintures relatif à Diane de Poitiers. 
— M. Svoronos, archéologue grec, lit une communication sur certaines 
découvertes archéologiques et numismaliques faites récemment en Grèce, 
notamment le grand atelier monétaire créé avec l'autorisation de Louis IX 
par Guillaume de A illehardouin, dans le Péloponèse et l'atelier monétaire 
do l'ancienne Athènes. — MM. Babelon, Homolle, Salomon Reinach et le 
comte Durrieu présentent quelques observations. — Le 24, M. S. Reinach 
appelle l'attention sur un grand tableau du musée de Varsovie, qui, selon 
lui. représente Catherine de Médicis, quatre de ses enfants et Marie Stuart. 
rendant visite à Diane de Poitiers au printemps de 1556. Ce tableau, que 
Vitet et Léon de Laborde virent à Paris en 1863. fut attribué par eux à 
Clouet. M. Reinach essaye d'établir que les connaisseurs de 1833 avaient 
raison et insiste sur l'intérêt que présente le tableau de Varsovie, notam- 
ment pour l'iconographie de Marie Stuart. — M. Durrieu présente quel- 
ques observations. 

Lectures faites a l'Académie des sciences moh.^les et politiques. — Le 
4 janvier 1919, M. Lyon-Caen lit une communication de M. Bonet-Maui y 
intitulée : Les Projets de Bismarck sur l'hégémonie de la Prusse en Allemagne 
avoués en IS6U. 

Prix. — L'Académie des inscriptions et belles-lettres, dans sa séance du 
31 janvier, a partagé le prix Chénier, destiné à récompenser la meilleure 
méthode pour l'enseignement de la langue grecque, entre >IM. Mason, 
professeur à la Faculté des lettres de Paris (1300 fr.) et Pernot, pour l'en- 
semble de ses travaux sur la philologie grecque (500 fr.). 



— 154 — 

Paris. — Lp nouveau volume, qui vient de paraître, du Cnlalogne général 
(Ifs inanuscrils des bihliolhèqiies publiques de France se rapporte à rr///?'er- 
.s;7é de Paria et aux Uiiiversilés des déparlements (Paris, Plon-Nourrit. 1918. 
iii-8 de X-S03 p.). M. Charles Bcaulieux, à qui l'on doit drjà notaninient un 
bon répertoire des impressions anciennes de la Bibliothèque de l'Univer- 
î^ité de Paris, nous fait connaître les 1590 juanuscrifs qu'elle possède, en 
nième temj)s que les 106 registres et 27 cartons de pièces qui foiinenl les 
Archives de l'Université. C'est à lui aussi qu'est due la table géni-rale du 
volume. La Bibliothèque de l'Université ayant hérité des anciens « collèges » 
-(Je Pai'is : Cholets, M. Gervais Chrétien, etc., on comprendra qu'elle offre 
des ressources particulières pour l'histoire de l'ancienne Université. On y 
trouve aussi nombre de documents sur l'histoiie religieuse et notamment 
sur celle du jansénisme. Les manuscrits d'intérêt historique général n y 
font pas défaut : nous signalerons seulement les papiers de Duplessis- 
Mornay (n" 359 et suiv.), la correspondance de Dinteville de 1580 à 1580 
in" 377), celle du marqilis de Crenolle au wni» siècle (n"' 977-980, 985-989). 
k la Bibliothèque de l'Université de Paris se rattache, bien qu'indépen- 
dante, la Bibliothèque de Victor Cousin dont le catalogue a été dressé par 
M. Paul Deschamps et qui. avec les papiers du célèbre philosophe, contient 
ceux de MM. Barthélémy Saint Hilaire et Paul .Tanet. II s'y trouve notam- 
ment des lettres intéressantes d'hommes plus ou moins célèbres. La Biblio- 
thèque de la Faculté de droit possède aussi quelques manuscrits et des 
archives dont l'inventaire a été dressé par le regretté Paul VioUct. Quel- 
ques Universités de province ne possèdent aucim manuscrit : celles qui 
sont représentées ici sont : Aix-Marseille (catalogue par MM. G. Fleury et 
M. Godefroy) ; Besançon (D^^ F. Prieur) ; Bordeaux (M. E. Bouvy) ; Caen 
(M. D. Bonnet) ; Dijon (M. L. Balland) ; Grenoble (M. V. Nicaud) : Lyon 
(MM. M. Dreyfus et E. Gaillard) ; Montpellier (MM. IL Bel et L. Girard) ; 
Poitiers (M. G. Vacher de la Pouge) ; Hennés (M. IN. Teulié) : Toulouse 
(AIM. G. Ducos et L. Vie). De ces bibliothèques départementales, la plus 
importante est celle de Montpellier, et les manuscrits en avaient été réper- 
toriés dans le t. 1 de la série in-4 du catalogue ; ici l'on ne nous donne 
qu'un supplément. La Bibliothèque de Rennes offre un intérêt tout parti- 
culier par son fonds celte et breton. 

— La bibliothèque du X' arrondissement, dont M"'° Alice Darrican a 
remis au point et publié le catalogue (Ville de Paris. Bibliolhèque munici- 
pale de prêt (/raluit à domicile. Mairie du X' arroudissemeid... Calidoijue. Pa- 
ris, impr. de C. Pailhé, septembre 1918, in-12 agenda d(> xxxvni-41G p.). 
tient le premier rang parmi les bibliothèques municipales pour la sociolo- 
gie et la géographie et le dernier pour les romans. Elle se distingue aussi 
de ses congénères parce qu'elle contient, à ce qu'il nous a semblé, un plus 
grand nombre de livres en langues étrangères. A la partie de l'Introduc- 
tion de .M. (]oyecque qui est spéciale à la Bibliothèque du X", nous emprvm- 
lerous (pielques considérations intéressantes. S'atlristant delà « condition 
vraiment trop itisnirisanle et arriérée de la bibliothèque publique en 
France», il insiste sur la nécessité pour un bibliothécaire de tenir le dépôt 
dont il est chargé au courant des publications capables de renseigner « la 
cin-iosité intelligente du public » sur les questions intéressantes « L'heure 
est venue, ajoule-t-il, d'organiser le service public d? la lecture. » 

— Dans une luxueuse brochure, tirée sur papier de choix, admirable- 
ment imprimée par Devamhez et intitulée : La « Salle de ijarde ». hishire 
■'niecdoliipu' des salles de (jardf des bopilaa.r de I^aris (Paris, cliez Montagn. 



— 155 — 

l'.». boulevard du Porl-Royal, lOlS, in-8 carré de 131 p., avec 4 pi. en cou- 
leurs. r> pi. en noir et de nombreuses gravures documentaires dans le 
Icxle), le D' Cabanes fait un tableau curieux de ces salles « où, dit-il gnie- 
miMit. l'on mange, l'on cause, l'on chante, l'on fume... » .\près avoir rap- 
pelé ce que furent les « ancêtres de 1 interriat » dans les hôpitaux depuis 
l.duis XllI. l'auteur donne quelques indications sur la manière de vivre 
dos internes, puis il passe en revue certaines œuvres littéraire^ conçues 
|),M- les hôtes les plus célèbres de la salle de garde. Là nous apparaissent 
les Goncourt. Alphonse Daudet. Paul Bourget. Michelel, Gamhetta, le mu- 
sicien Hervé (de son vrai nom Florimond Ronger), d'autres encore, sans 
compter l'aventurier peu banal qui sest appelé Cornélius Herz. Avec le 
D"" Cabanes, l'on visite lîicèlre. la Charité, la Salpèlrière. Necker. Laen- 
riec. etc.. dont les salles de garde sont décrites sous divers rapports, mais 
principalement au point de vue artistique. Dans les deux derniers chapi- 
tres de ce petit livre, il est question des internes, acteurs et aiiteurs d'un 
« opéra polymorphe » à l'hôpital Saint-Louis et de Ihumour à la salle de 
garde, avec les_ bals de l'internat et les drôleries et mystifications de nos 
futurs médecins graves et austères. Il faut dire que nous sommes ici en 
I)résence d'un « recueil de souvenirs d'autrefois, réuni pour les médecins 
d'aujourd'hui, auxquels il rappellera les heures de jeunesse des salles de 
garde ». Ces pages ne s'adressent donc pas au grand public, que certains 
•détails ou diverses anecdotes et aussi plusieurs images pourraient quelque 
peu déconcerter ; mais les écrivains et les artistes, tout comme les méde- 
cins, y trouveront leur compte. 

Anjou. — M l'abbé Uzureau continue — et avec quelle ardeur au tra- 
vail ! — la série, très variée, de ses publications. Dans Quelques Lettres de 
soldats républicains en Vendée, en I793-I79i {Revue historique de la Rérolu- 
lioa française, de juillet septembre 1918, et tirage à part. Largentière, 
impr. Mazel et Plancher, 1918, in-8 de 111 p.), il apporte une nouvelle 
contribution de détails utiles à divers événements connus de la guerre de 
"V ondée ; déroutes des troupes républicaines à Fontenay-le-Comte (25 mai 
1793), à Chantonnay (3 sepembre) ; défense d'Angers (3-4 décembre) ; le 
régime de la Terreur qui fut aussitôt apiès instauré dans cette ville; exac- 
tions des colonnes infernales (1794) ; etc. 

— Si M. l'abbé Uzureau donne bien les noms des Quatre Connuissaires 
■du conseil exécutif à Anijers (179^) (Mémoires de la Société nationale d'agri- 
culture, sciences et arls d'Angers et tirage à part. Angers. Grassin. 1918, 
in-8 de 10 p.). il nous entretient presque exclusivement de l'un d'eux. 
Philippe Baudin, célèbre surtout par son énergie à défendie les éléments 
modérés des administrations et des sociétés populaires angevines contre 
les terroristes du crû, marchant à la remorque des abominables assassins 
Francastel et Hentz. commissaires de la Convention. Baudin paya de sa 
liberté sa courageuse intervention ; même il faillit porter sa tète sur l'écha- 
faud. M. Uzureau a été heureusement inspiré en rééditant ici le discours 
de Baudin. dont il a retrouvé un exemplaire rarissime à la Bibliothèque 
de la ville d'Angers. Mais la mission des commissaires du conseil exécutif 
était. olTiciellement. d ordre purement économique. Il s'agissait de dresser 
l'évaluation des pertes causées aux habitants du département de .Maine-et- 
Loire par la guerre des Vendéens et les documents de ce genre reproduits 
dans la brochure qui nous occupe sont particulièrement intéressants. 

— La Fondation de là Société d'agriculture, sciences et arls d'Angers, telle 
qu'elle fonctionne encore aujouid'hui, date du 18 janvier 1828, nous dit 



- 156 — 

M. l'abbé L'zuroau (Angers, Grassiii, 1918^ in-8 de 25 p.). Autorisée par 
dépèclie niinisférielle du 25 juin 1831, elle a été reconnue comme établis- 
sement d'utilité publique par ordonnance royale du 5 mai 1833 et n'a pas 
cessé depuis de contribuer utilement au développement des travaux agri- 
coles, liorticoles, industriels et historiques en Anjou. La brochure qui 
nous occupe donne d'intéressants renseignements sur cette importante 
société savante. Regrettons seulement que l'auteur n'ait pas songé à rappe- 
ler que, sous ce nom relativement nouveau, elle n'est que la reconstitution, 
par voie de fusion, de l'antique Académie des belles-lettres d'Angers, créée 
le 31 mai 1G84 et du Bureau d'agriculture datant du 24 fructidor, an VI 
(10 septembre 1798). 

Bretagne. — . La l^e série des Cahiers bretons dont nous sont parvenus 
les n"^ 2 et 3, avec pour directeur littéraire M. Yves Le Febvre et pour rédac- 
teurs, l'un Louise Bodin (En Bretagne: des livres, des voyages, des impressions 
des opinions (Lannion. 1918, petit in-8 de 72 p.) et l'autre. André Suarès- 
{André Suarès et la Bretagne (Lannion, 1918, in-8 de 64 p.) s'applique à dé- 
crire une province et un peuple qui, pour le pittoresque et les coutumes, 
attirent toujours la curiosité du lecteur. 11 ne s'agit, bien entendu, que de 
la Bretagne bretonnante, la vraie, l'autre étant depuis longtemps francisée. 
M. Le Febvre a réuni pour la rédaction des cahiers de cette série, dite « de 
guerre », un groupe de jeunes écrivains pleins de bonne volonté qui tien- 
dront à sortir de la banalité de ce genre de descriptions, en nous donnant 
quelque chose de nouveau, sans sortir de l'exactitude et de la sincérité, 
double condition qui s'impose tout d'abord. Il faut attendre les autres- 
cahiers avant de se prononcer sur la valeur réelle de la série. 

Languedoc. — L'Acadéinie des Jeux-Floraux, qui avait perdu cinq de se* 
membres pendant la guerre, vient de procéder à des élections. Elle a 
nommé « mainteneurs » : le général de Castelnau, que des liens étroits 
rattachent à Toulouse et aux Jeux-Floraux, et qui a accepté par une longue 
et aimable lettre adressée au marquis de Suffren, secrétaire perpétuel ; le 
comte Henri Bégoueu ; MM. Robert d Welles, Roger de Vivie de Régie et 
Auguste Puis. L'Académie toulousaine, ayant perdu MM. Etienne Lainy et 
Edmond Rostand, maîtres ès-Jeux-Floraux, a élu à ce titre S. E. le cardi- 
nal Mercier, les maréchaux Jolfre et Foch. 

Saintonge. — Nous recevons la 6° livraison du tome XIX du Recneil de 
la Commission des arts et monuments historiques de ia Charente- Inférieure et 
Société d'archéologie de Saintes {avril l'JUi-octobre 1918) (Saintes, au siège de 
la Commission, 1918, in-8 paginé 273-340, avec 3 figures). On trouve dans 
ce fascicule : Note sur un cadran solaire en étain et plomb, par Jean Pom- 
mier, 16 7, découvert à Ghallaux en 1883, par le D' Ch. Vigen (p. 282-283) ; 
— Vers 1868. Critique de la guerre de la ligue d'Augsbourg contre Louis XIV et 
de l'altitude des puissances européennes figurées comme jouant à l'homhre, do- 
cument trouvé à Ghallaux en 1870. Texte, commentaires, annexe et essai 
d'explication, par le D' Ch. Vigen (p. 283-288) ; — Jussac et Corignac. 
2/y confessions pascales en {770, fixation des jours par le curé. Le dernier 
jour réservé aux seuls nieuniers. Notes et observations par le D'oeil. Vigen 
(p. 288-290) ; — Les Arnuuis, Allemands, en Roch et Saint-Pidais. Origine du 
nom, par le même (p. 291-292); — L'Ile d'Oléron, par M. Paul Énard 
(p. 302-305, avec 3 fig.) ; — Brouage pendant la Rérolulion (lirouage prison), 
par le D' Mncenl (p. 300-324) ; — Le Lieu d'origine du miniaturiste Philippe 
dit de Mn:erolles, par M. Ch. Dangibeaud (p. 292-301). M. Dangibeaud dis- 
cute non seulement sur l'origine tourangelle ou saintongeaise de cet 



— io7 — .■*- 

>. 
îiitistf, ni;ii^ aussi sur son vt-ritablc nom, cl cela sans arriver à une ron- 
<-liision. Étant donn»'* que ce Philippe, d'il de Mazerolles. avait travaillé 
pour Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, que les États de ce prince 
■conipreiraicnlla Franche-Comté ou Comté de Bourgogne, que lesoriginaires 
■de cette province étaient particulièrement appréciés à la Cour de Bonr- 
gcne et qn il existe un village du nom de Mazerolles non loin de Besan- 
■con, peut-être les recherches pourraient-elles être dirigées de ce côté. 
Simple suggestion, d'ailleurs. 

Angleterre. — Le 1" février, a paru à Londres, le premier tmméro 
d"une nouvelle revue artistique et littéraiie. J\ie Arl (jazelle (Londres, G. 
Duke Street ; hebdomadaire, lo fr. 60 par an) s'occupera des»ouvrages 
dramatiques de musique, d'art et de littérature, sous la direction de M. .1. 
T. Green et L. Danton Green. 

Belgique. — M. l'abbé Paul Ilalflants. à qui l'on doit notan)ment \ine 
•excellente histoire de la LiUéraUire française au xix« siècle, nous dotuie 
«DUS le titre : Livres de chevel, une liste pratique dédiée aux honnêtes gens 
de bon vouloir qui désirent entretenir la culture générale d^ leur esprit 
(Bruxelles, I. de Lannoy. 1919, in-16 de 4i p. Prix : 1 fr. 50). Dix-sept cha- 
pitres nous font connaître tour à tour, non point simplemenl par leur 
titre, mais par une appréciation raisonnée, les « Livres de chevet » (sur 
<;haque sujet l'auteur s'est appliqué à ne signaler qu'un livre, le meilleur 
selon lui) que l'on doit avoir, lire et relire sur les matières suivantes : 1. 
L'Écriture sainte ; IL Théologie dogmatique et morale ; ïll. Liturgie : IV. 
Apologétique : V. Vie intérieure ; VI. Histoire de l'Église ; VIL Histoire 
profane : VlII. Philosophie ; IX. Économie politique ; X. Littérature fran- 
■çaise : XL Littérature néerlandaise ; XII. Littérature étrangère ; XHI. For- 
mation personnelle, éducalion : XIV. Histoire de l'art ; XV. Géographie ; 
X^ L Sciences naturelles : XVIL Ouvrages à consulter pour les lectures. Kcrit 
à l'usage des Belges, ce petit volume sera consulté avec profit par d'autres 
que des Belges et mutadis inutantis sera un guide excellent pour tous les 
lecteurs de langue française. 

Macédoine. — Le 12 décembre 1917, M. V. Djcric, professeur à l'Univer- 
sité de Belgrade, a fait au Collège libre des sciences sociales à Paris, une 
■conférence où il a parlé de l'Elhnograpfiie des Slaves de Macédoine, laquelle, 
insérée d'abord dans la Patrie serbe, a été ensuite tirée à part (Paris, édi- 
tion de la « Yougoslavie », 1918. in-8 de iS p.). L'auteur discute les asser- 
tions de certains linguistes bulgares, Tsonev notamment, et allemands 
{Oblatij. prétendant que les Slaves de Macédoine, au sud de la ligne Kra- 
iovo. Skoplié, Tctovo, parlent bulgare. Il prouve que le diîflecte macédo- 
nien tient autant du serbe que du bulgare et cite des textes du xiv^ au 
xix"' siècle, qui donnent aux habitants de la Macédoine le nom de Serbes. 
Savante contribution à l'étude d'une question très complexe. Mais nous 
opposerons aux témoignages apportés par M. Djeric, celui de nos consuls 
à Salonique, au xvui'' et au commencement du xix' siècle. Cousinery spé- 
cifie que « les archevêques qui se succèdent à Vodena, quoique Grecs de 
nation, sont dans l'obligation d'apprendre la langue bulgare : leur dio- 
<;èse se compose de plus de cent villages, dont les habitants ne parlent que 
cette langue. » De son côté, Pouqueville a noté que le pays entre Kastoria et 
Monastir est exclusivement peuplé de Bulgares et qu'on ne parle que leur 
langue. Or l'un et l'autre ont une autorité incontestable en la matière. 
Faudrait-il en conclure que les populations slaves de la Macédoine étaient 
jadis appelées indifféremment serbes ou bulgares .'' Aujourd'hui elles se 
<lisent surtout « macédoniennes. » 



— lo8 — 

États-Unis. — Nous avons donné piécédcni nient l'analyse des mémoires 
de MM. Paul Baitsch, William Ilealey Dali. Olivier P. Ilay. Wendell C. 
Mansfield, Victor Sterki et Henry Shaier Williams, mémoires extraits du 
vol. 51 des Proceedings of llie United Slales National Muséum (Wasliinglon 
Government prinling olTice, 1917, in-.S. 676 p. 121 pi.). Ce volume, (pii 
vient de nous parvenir, contient encore les travaux suivants : — Report on 
Aniclmida collectcd by Messrs Curie Caudell and Dyar in Britiali Columfiin, 
par Nathan Bonks (6 p.) ; — New and Uttle-known heferopteronx hemiptera 
in the United States National Muséum, par E. Bergroth (:25 p. 4 genres nini- 
veaux et 16 pièces nouvelles) ; — A generic synopsis oj the CoccinelUd larme 
in the United States National 3/useum, with a description of ihe larva oj 
llypersaspis binotata Say, par Adam Bôving (30 p. 4 pi.); — Paraphernalia 
of a Korean sorceress in llie United States N'dional Muséum, par 1. AI. Casa- 
iiorviez (7 p. 5 pi.) ; — Some American fossil insects, par T. D. A. Cockerell 
(IS p. 1 pi. ; 4 genres nouveaux et 20 espèces nouvelles); — Neiv species 
and vnricties of foraminifera from the Philippines and adjacent walers, par 
Joseph A. Cushman (12 ; 53 espèces ou variétés nouvelles) ; — Descriptions 
of new lepidoptera from Mexico, par Harrison G. Dyar (37 p. ; 7 genres 
nouveaux J14 espèces ou sous-espèces nouvelles); — Report on the Japa- 
iiese Macrouroid Jlshes collected by ihe United States Fisheries steamer « Alba- 
tross » in I0(l<>. luilli a synopsis of the (jenera, par Cliailes-llenry Gilbert and 
Char. L. Ilnbbs (80 p. 4 pi. ; 1 genre nouveau et 8 espèces nouvelles) ; — 
Descriptions of niiscellaneous North American Chalcidoid hymenoplera of tlie 
J'amily Eulophidœ, par A. -A. Girault (14 p. : 3 genres nouveaux. 20 espèces 
nouvelles) ; — New Javaiiese Chalcidoid hymenoplera, par .\.-.\. Girault 
(7 p. ; 2 genres nouveaux, 11 espèces ou vaiiétés nouvelles).; — Ne.v Norlh 
.America hymenoplera of the family Ealophidce, par A. -A. Girault (9 p. ; 
2 genres nouveaux et 11 espèces nouvelles) ; — A revision of the rolatorian 
(jenera Lepadella and Lophocharis irith descriptions of five new species, par 
Harry. K. Ilarring (12 p. 9 pi.) ; — .1 neir genus and three neic species of 
parasilic isopod cruslaceans, par W. P. Hay (6 p. 3 pi.) ; — A Loirer Jurassic 
Jlora from llie Upper Matanuska Valley, Alaska, par F. H. Knowllon (10 p. 
4 pi.) ; — A review of Ihe fossil plants in the United States National Mufcum 
from tfie Florissant Lake beds ai Florissant, Colorado, with descriptims 
of new species (uid lisl of type-specimens, par V. H. Knowlton (57 p. 16 pi. ; 
2 genres nouveaux et 20 espèces nouvelles) ; — Descriptions of seven neic 
species of red spiders, par E. A. Me. Gregor (10 p. 7 pi. ; 7 espèces nou- 
velles) ; — On the geoyraphical forms of the Philippine élégant titmouse, Par- 
daliparus elegans {Lessonjwith descriptions of three neio suhspecies,piiv Edgard 
Alexander Mearns (9 p.) ; — A newly found meteoric slone from Lake Oke- 
chobee, Florida, par George P. Merrill (2 p.) ; — A récent ty found iron météo- 
rite from Cookeville, Ptdmun Counly, Tennessee, par George P. Merrill (2 p.. 
I pi.) ; — Notes ou the Whitfield Counly, Gjorgia, meleoric irons, irilh nein 
analyses, par George Merril (3 pi. 1 pi.) ; — Sludies of iveevils (Rhyncho- 
phora, ivith descriptions of new gênera and species, par W. Dvvighl Picrce 
(13 p. ; 15 superfa milles, familles ou subfamilles nouvelles, 1 nouveau 
genre et 2 es|)èces nouvelles) ; — A contribution to our knowledge <»/' 
the ivliite flies of Ihe subfamity Aleyrodinae (Aleyrodidie), par .\. L. Quaiu- 
lance et A.-C. Baker (11 p. 40 pi. ; 10 sous-genres nouveaux, et 36 espèces 
nouvelles) ; — Neiv gênera and species of Muscoid Jlies, par Charles H. T. 
Towensend (25 p. ; 28 geiues nouveaux et 27 esj)èces nouvelles) ; — Notes on 
Alunite, PsilomeUudte, and Titanite, par Edgar T. Wlierry (S p.); — Tiro 



— l.'ill — 

lu'ir fossil pldnls ffoin Ihc Trinssic of Penitsylraiiid, p.ir Edgar T. Wherry 
(3 p. 2 pi. ; 1 yenrc nouveau, 2 espèces nouvelles). 

l'uiti-iCATiONs NOUVELLES. — // Piiitialo (il S. Pielro e de' suoi sticcessori 
tu Sun (j'iovanni Crisoslonio, da Mccolô caïd. Marini (gr. in-.S, Koina, li- 
pogi . ponlificia iiell Islitulo. Pio IX). — Eludes de liltmjie el d'nrcltcolo<jie 
cliri-lienne. par I'. liullillol (in-12, (îahaldn : Auguste Picard). — Exposilioii 
lie lu morale cathuluiue. Morale spéciale. VIH. La JusUce el le Droil. (Jaréine 
l'JI>^ (par le K. P M.-.\. Janvier (in-8, Lelhielleux). — Cours populaire de 
cfdéchisme, par l'abbé E. Barbier (3 vol. in-12, Lethielleux). — Religion, 
Famille, Pairie. Pairie, par Mgr Gibier (Tn-li, Téqui;. — Théorie yénétique 
de inréalilé. Le Pancalisme, par J. .M. Baldwin ; trad. par E. Pliilippi (in-8, 
\lcan). — Penser pour agir, par G. Deliernie (in-l8, Grasset;. — La Psy- 
thologie de Slendhal, pav U Ueiacroi.x (in-8, Alcan). — Manuel d'économie 
commerciale (La Technique de l'exporlalion), par W Clerget (in-18, Colin). — 
La Pliilosophie sociale de Ernesl Solvay, par A. Detillicux (in- 16, Bruxelles, 
Lebègue). — Chez les propiièles socialisles, par C. Beuglé (in-16, Alcan). — 
Inlrodnclion à la chimie générale, par K. Gopaux (in-12, Gautliior-Villars). 

— Commenl devenir ingénieur, par l'école ou par l'usine? par É. Elagey (in- 
J6, Payot). — La France agricole el la Guerre, par le D"^ G. Ghauveau. 
T. Il (in-10^ Baillière). — Œuvre de G.-H. Halphen, publiées par G. Jordan, 
II. Poincaré, K. Picard. T. Il (gr. in-'^. Gauthier-Villars). — L'Origine des 
formes de la lerre el des planèles, par E. Belot (gr. in-8, Gauthier-Villars). 
^ La Face de la lerre {Dus Anllilz der Erde), par E. Suess ; trad. de E. de 
Margerie. T. III. 4^ partie (fin) et Tables générales (2 vol. gr. in-8, Golin). 

— De la Criplographie. élude sur les écrilares secrèles, par A. Langie (in-16. 
Payot). — Œuvres de Virgile, texte latin, publiées avec une Introduction et 
des notes, par F. Plessis et P. Lejay (in-16 cartonné, Hachette). — Gloires et 
deuils de France, in-16, Hachette). — Les Rimes sanglaides, suivies de Terre 
d'Alsace, par E. H. Verdier (in-16. Figuière). — La Meuse, vers el sonnels^ 
par H. Dacremont (in-16, Figuière). — L'Impossible Rêve, par E. Pellerin 
et J. Bollery (in-lG, Figuière). — Musiques éparses, par G. Duboscq (in-.S, 
Figuière). — Poèmes. Sous les yeux de la morl. La Source el le ciel, par G. 
Audibert (in-t6 carré. Grès). — Las cien mejores poesias (liricas) de la len- 
gua porlugaesa : trad. directamente en verso por F. Maristany (in-16, Edi- 
torial Gervantes). — Conférences de l'Odéon, par G. Gavault. 3" série (in-16. 
Hachette). — Le Tragique quotidien. Pensées, drames, nouvelle, par le P. Le 
Perroy ( in-12. Lethielleux). — La Fin de Claude, par M. Roynès-Monlaur 
(in-16, Plon-Nourritj. — La Faiblesse des for Is, par G. Rageot (in-16, Pion- 
Nourrit). — Sous le masque, par Delly (in-16, Plon-Nourrit). — César-Xa- 
poléon Gaillard à la conquéle de l'Amérique, par J. Farmer f in-16. Payot !. — - 
César Capéran, ou la Tradition, par L. Godet (petit in-16. Gallimard). — 
Jacqueline Lavernel, par É. Garry (in-16, Jouve). — Les Pelils .\eulres, par 
G. Manccy (in-8, Lethielleux). — Le Mexique moderne, par R. Bigot (in-8, 
P. Roger). — Les Pèches maritimes. Un Tour sur le Dogger Bank, par H. 
Malo (in-16, Bossard). — Manuel des études grecques et latines, par L. Lau- 
rand (fasc. I et VI), (2 fasc. in-8, Auguste Picard). — Y'ie de sainte Zile. pa- 
tronne et modèle des personnes de service, par Mgr A. Saint-Glair (in-12. Té- 
quij. — Sous le masque de « William 'Shakespeare. <> William Slanley. VP 
comte de Derby (2 vol. in-16, Payot;. — French Prolestantism, lo59 1')G-J. by 
C. G. Kelly (in-8, Baltimore, Johns Hopkins Press). — Le Message du Sacré- 
Cceur à Louis XIV, à la France, par .\.. Hamon (in-16, Beauchesne) — 
Soufflol, sa vie, son œuvre, son esthétique f 17 13-1780), par J. Monval (gr. in-8 



— 160 — 

Lemerre). — Correspondance de SonJJlot avec les direcleurs des hdliments 
concernant la mannj'aciure des Gobelins (l/ôG-irSO), publiés par .1. Moiidain- 
Monval (gv. in-8. Lemerre). — Le Cardinal Collier, par J. Munier-Jolain 
(in-16, Payot). — Éludes robespierrisles. La Conspiralion de l'élrantjer, par 
A.- Mathiez (in-t8, Colin).— Le Morbihan et la Chouannerie morbUiannaise 
sous le Consulid, par É. Sagerct (i vol. in-8, A. Picard et llis). — Les Ori- 
gines du pangermanisme (1800 à /888) ; textes traduits do Tallemand par 
divers, avec une Préface de G. Andier {in-8, Conard). — La Mission du 
comte dé Saint-Vallier (décembre 1877-décembre 1881, par E. Daudet (in-16, 
Plon-Nourrit). — L'Affaire de Saverne, par J. Révère (in-16, Bossard). — 
Treinla anos de mi vida, por E. Gômez Carrillo. Libro I (in-16, Madrid, So- 
ciedad gênerai espanola de libreria). — La Ensenanza de la historia en la 
Universidad espanola y su reforma posible, por J. Deleito y Pinuela (gr. 
in-8, Valcncia, Miguel Gimeno). — La Conversion de Magdeleine. par G. 
Issandon (in-16, Boauchesne). — La Française dans ses quatre âges, par G. 
Guillou (iii-16. Société d'éditions Levé). — L'Université /io(n'e//t;. par « les 
Compagnons » (in-12, Fisciibacher;. — Le Problème de la compétence dans 
la démocralie, par Joseph-Barthéleniy (in-8, Alcan). — Demain, par Lysis 
(iM-16, Pavot). — Mémoires de l'ambassadeur Gérard. IL Face à face avec le 
Kaiserisme (in-H, Payot). — Aspects politiques de la guerre mondiale, par Paul 
Louis (in-16, Alcan). — L'Europe an jour le jour, par A. Gauvain. T. 11 à 
^ [ (0 vol. in-8). — L'Europe dévastée, par W. Muehion (in-16, Payot). — La 
l'iuerra suprema, por el capitan Araiîa (Zaragoza, Heialdo de Aragon). — 
Le Dilemme de la guerre, par G. Calderon (in-18, Grasset). — Clemenceau. 
par C. Ducray (in-16, Payot). — David Lloyd George, étude biographique, 
par H. Spénder ; trad. de R. L. Cru (in-18, Colin). — Quelques Guides de 
l'opinion en France pendant la Grande Guerre 191^-1918, par A. de Cliam- 
bui:e(in-l(), Celin, Mary, Elen). — Au Vieil-Armand. Lettres de Henri Vola- 
tier, chasseur au 5" bataillon alpin, à sa fiancée, publiées par G. Moulerdc. 
S. .1. (in-16, Beauchesne). — Vingt Jours de guerre aux temps Jiéroïques, par 
le coni' A. Grasset (in-16, Berger-Levrault). — Les Gars de la flotte, par A. 
Galopin (in-16, Albin .Michel). — Vue générale d'Alsace-Lorraine, par J. 
Duheni (in-16, Bossard). — L'Alsace sous la domiiKdion allemande, par F. 
Eccard (in-18, Colin). — L'Alsace telle qu'elle est, par Mgr Herscher (in-l:2. 
LelliiclUeux). — Au Pays de la Sarre. III. Sarrelouis el Harrebriick. par E. 
Babelon (gr. in-8, Leroux). — La Bélgica que yo vi, por J. Subira (in-16, 
Valencia, Edilorial Cervantes). — L'Aïujleterre avant et après la guerre, par 
P. Ueynaud iin-18, Grassetj. — L'Irlande ennemie, par R.-C. EscouHaire 
(in-16, Payot). — Allemands d'hier et d'aujourd'hui, par A. Chuquet (in-16. 
de Boccard). — L'Allemand, souvenirs el réflexions d'un prisonnier de t/uerre, 
j)ar J. Hivière (in-16, « Nouvelle Revue française »). — En captivité... 
1 1 juillet 1916-1" novembre 1917, par A. Limagne (in-12. Lethielleux. — 
Les Captifs, par le capitaine R. Ghrislian-Frogé (in-16, Berger-Levrault). — 
Lettres à un converti de la guerre, par G. Letourneau. 2' série (petit in-lG, 
Locoll're. Gabalda). — Une Ame de séminarisie sold(d. Le Sergent Pierre IJa- 
bouard. du P2.'r' d'infanterie, par P. Vigué (in-16, Beauchesne). — \ous. sui- 
dais ! par J. Tournassus (in-16. Ville). — liresl-Litinvsk, jiar S. (iiunibacli 
(in-Ki. Payot). — La liussie bolcliévisttï, par E: .\ntonelii (in-lti, Grasset). — 
La Pologne inconruie, par K. Waliszewski (in-18. Colin). — Le Rapport secret 
du I)' .lohannès Lepsius sur les nïassacrfs d'.\rménie. publié par IL Pinon 
(in-16, Payot). — Le Maroc de 1918. par H. Dugard (in-16, Payot). 



/.<• C'ranl : CII.M'UI.S. 



Imprimerie S. Pacteau. Luçon. 



POLYBIBLTON 

T{EVUE BIBLIOGRAPHIQUE UNIVERSELLE 

PÏJBLICAÏIONS 
RELATIVES A LA GUERRE EUROPÉENNE 

'Les OriyiiM's ilu païKjerinanisine ( I JÎOO à IltJMt). textes traduits 
de l'allemand par P. -II. Michel, A. (jivelet, J. Momek, K. Falquenot, 
R. Lambert, M. Chrétien. H. Cattanks, M"" Leseuk, G. Mendel. M.-J. 

JeaNNIN. J. DtTlLLELL, l\. SeUREAU, M. (ÎALLAND, S. Ma.NZAGOL. C. BoUDET, 

A. Chevallier, L. Lévy-Dispeker, Tu. Brûlé, M. Dems, S. Charlot, M. 
Faure, avec une Préface par Chaules Andler. Paris, Couard, 1915, iii-8 
de 33o p. — Prix : 5 fr. 

Parmi les nombreuses publications auxquelles a donné lieu le 
besoin que nous avons ressenti depuis la guerre de nous expliquer à 
nous-mêmes cet état d'esprit du peuple allemand dont nous éprr)u- 
vions les terribles effets, peu ont une portée aussi grande que la Col- 
leclion des documents sur le pangermanisme traduits de l'allemand et 
publiés sous la direction de M. Charles Andler. La méthode con- 
sistant à mettre sous les yeux du lecteur les textes mêmes est excel- 
lente. Elle nous permet de constater comment les idées, dont le gou- 
vernement allemand a poursuivi la réalisation en déchaînant sur le 
inonde la plus atroce des guerres, sont le fruit d'une prédication 
vieille d'un siècle, qui les a profondément inculquées à tout le peuple 
allemand. 11 n'en faut pas davantage pour expliquer avec quel entrain 
il s'est jeté, à la suite de ses maîtres, dans cette entreprise. 

Dans sa Préface, M. Charles Wndler nous fait suivre révolution du 
pangermanisme depuis les contemporains de Goethe, jusqu'à Bis- 
marck. Il nous montre à son origine quatre mirages de grandeur 
passée : deux de tradition prussienne, le souvenir de l'Ordre tcuto- 
nique et celui de la grandeur militaire prussienne ; deux de tradition 
allemande, le prestige du Saint-Empire et l'œuvre de la Ligue han- 
séalique. Puis, en exposant successivement les idées de Dietrich von 
Biilow, Arndt, Jahn, List, Moltke, Bismarck. ïreitschke, Lagarde, 
Frantz, il fait ressortir les nuanres qui les distinguent les uns des 
antres et met en évidence l'unité de leur doctrine sous la diversité 
des apparences. Si brutales que nous paraissent les conceptions bis- 
marckienues,. elles furent jugées trop timides par Paul de Lagarde et 
Constantin Frantz, qui rêvent d'un empire d'Allemagne étendu jus- 
qu'à l'Orient d'un côté, jusqu'à l'Argonne de l'autre. Grande œuvre 
qui vaut bien une guerre, disent-ils, mais, cette guerre serait la der- 
nière. Cette œuvre serait aussi l'anéantissement de la Prusse, car, 
dans l'esprit de Constantin Frantz, l'Allemagne doit se soustraire à la 
domination de la Prusse ; il condamne le principe prussien de la force 
pure. , ; , 

M.\Rs-AvRiL 19 J 9. T. CXLV. II, 



— ii>-2 — 

Impossible d'indiquer un choix parmi les morceaux tiadiiils. plus; 
intéressants les uns que les autres, et parfaitement choisis pour cioti- 
ner une vue d'ensemble de la doctrine pangermaniste. On pourrait 
s'étonner de ne pas trouver dans ce livre les figures si icmanniables 
de Fichte et de Hegel qui en furent les premiers théoriciens et préten- 
dirent étayer ses ambitions par des raisons idéologiques. M. Chailes' 
ÂTjdler les a mis en tête du volume qu'il a consacré, dans la n)èin«v 
collection, au Pangerma/iisme philosophique et qui ne peut guère ►e 
séparer de celui dont nous venons de parler. Pour que le pangerma- 
nisme fût possible, il fallait que le peuple allemand fût convaincu de 
sa prédestination et de la nécessité, qui ne le laissait |);is libre de 
renoncer à ses grandes destinées. 

La puissance militaire de l'Allemagne s'est effondrée sous les rudes- 
coups que lui a portés le maréchal Foch ; le désordre issu de la révo- 
lution retardera son relèvement économique. Mais le peuple allemand, 
du haut en bas de l'échelle sociale, n'en reste pas moins pénétré des- 
idées dont il a été saturé sous toutes les formes. Voilà pourquoi les 
livres de M. Charles A ndler doivent être l'objet de notre étude la plus 
attentive : tous les Français doivent savoir comment a été formé l'es- 
prit allemand. A ce propos on ne saurait trop regretter qu'à part 
M. Andler, dont on se rappelle les polémiques retentissantes, les 
maîtres officiels de la jeunesse française aient attendu l'agression alle- 
mande pour montrer l'Allemagne sous ses traits véritables. Eux qui 
la connaissaient si bien se devaient d'éclairer leurs élèves, le pu- 
blic..., et même le gouvernement. A. T. 



Mémoires de rambas.sadeur Gerahu. II. Face à face avec le Icuitêrisnic. 
(Colleclion des Mémoires pour servir à l'hisloire de la guerre mondiale.) l^aris, 
Payot, 1919, iii-8 de 334 p., avec 8 planches hors Icxle. — Prix : 10 fr. 

Ce nouveau volume des Mémoire.'; de M.James W. Gérard n'est 
pas moins intéressant ni moins important que le précédent: Mi s 
quatre années en Allemagne que nous avons signalé à nos lecteuis 
il y a quelques mois (Polybihliun, t. CXLIl, p. 5) et qui a si fort indi- 
gné les Allemands ; M. de Betlimann-Ilolhveg est allé juscpi'à taxer 
d'immoralité l'ambassadeur américain ; celui-ci se moque agréablr- 
mcnt de cette prétention d'un Alhnuand à parler de moralité et il n'a 
pas de peine à montrer la légitimité de sa publication. 

Face à face avec le kaisérisme comporte vingt sept chapitres : i. 
La Personnalité du Kaiser ; II. Qui inspire le Kaiser et qui décida la 
rupture avec l'Amérique ? 111. Qui coula le « Lusitania » ? IV. Le 
Kaiser et le Crime de lèse-majesté ; V. Quand le Kaiser croyait rpjc 
nous faisions du blull' ; VI. Les Coulisses de la diplomatie al!<^- 
mande ; VIL Le Plan d'attaque de l'.Mlemagne contre l'Américjue ;. 



— 103 — 

VIII. Les Premiers Complots de l'Allemagne au Mexique ; IX. La 
(( Kultnr )) du kaisérisrne. L'.Vriie allemande ; X. Les Petits Kaisers ; 
XI. Récréation de princes ; XII. L'fiternel Féminin ; XIII. La Vie 
domestique et la brutalité du peuple ; XIV. Les Buts de l'autocratie ; 
\V, L'Autriche-Ilongrie, État vassal du Kaiser ; XVI. L'Influence 
allemande sur les neutres du Nord ; XVIL La Suisse, autre puissance 
neutre ; XVIII. La France entrevue ; XIX. Mon entrevue avec le roi 
d'Espagne ; XX. Les Empires allemands et leur méthode ; XXI. Le 
Retour au pays ; le kaisérisme en Amérique ; XXII. L'Entrevue avec 
le Kaiser ; XXIII. Le Futur Kaiser; le Kronpriuz et ses frères ; XXIV. 
Quand l'.Mlemagne s'eUbndrera ; XXV. Les Erreurs de l'Allemagne ; 
XXVI. Le Président Wilson et la Paix ; XXVII. Après la guerre ? 

M. Gérard n'est pas systématiquement hostile à l'.Ulemagne. ni 
même au Kaiser et à son entourage ; il reconnaît à Guillaume II et h 
ses enfants de grandes qualités; il juge le Kronprinz plus favorable- 
ment qu'on ne le fait d'habitude et il semble même sceptique vis- 
à-vis des accusations dirigées contre lui sur sa conduite pendant la 
guerre (sur ce point les témoignages que l'on a par ailleurs ne per- 
mettent pas d'être aussi indulgent) ; il manifeste à l'égard de 
M. de Bethmann-Hohveg des sentiments d'estime et presque de sym- 
pathie. Ce qu'il accuse, ce contre quoi il a voulu dresser ses compa- 
triotes, c'est le régime politique de l'Allemagne, c'est ce qu'il appelle 
le kaisérisme, cette autocratie militariste qui dominait tout et qui 
a jeté r.Mlemagne contre l'humanité entière, .\ussi son indignation 
s'oxalte-t-elle contre les propagandistes de l'.Ulemagne aux États- 
Unis, qui ne reculent devant aucun moyen pour amener la grande 
république américaine dans l'orbite du germanisme ; même à ce 
point de vue spécial son livre contient des révélations aussi surpre- 
nantes qu'aflligeantes ; des livres d'enseignement, acceptés, soutenus 
par les autorités scolaires imprègnent l'esprit des écoliers d'idées 
mensongères et leur inculquent de la constitution allemande une 
conception fausse, contraire aux faits, made in Gennany. 

Aux faits observés directement par M. Gérard s'ajoutent les infoi- 
mations et les renseignements qui lui sont parvenus par diverses voies 
et aussi ses opinions personnelles, les conclusions qu'il croit pouvoir 
tirer de ce quil a vu ou entendu ; tout n'offre pas par conséquent le 
même degré de certitude ; mais comme l'ambassadeur se montre un 
homme avisé et prudent et qui ne se paie pas de mots, son livre est 
pour nous plein d'enseignements précieux. Sur la personne du Kai- 
ser, sur sa duplicité, sur sa responsabilité, sur le caractère de ses^ 
enfants et des hommes d'État de r.\llemagne, sur les conditions^ 
matérielles et morales du peuple allemand, sur la mentalité germa- 
nique, sur la situation économique et sur la difficulté — pour ne pas 



— 104 — 

dire l'impossibilité — de réduire l'Allemagne par la famine ; sur la 
possibilité d'une révolution ou d'une évolution politique, sur les sen- 
timents et les vues de la politique impériale vis-à-vis de l'Autriche- 
Hongrie, sur les relations des empires centraux avec la Scandinavie 
■et la Suisse, il y a dans ce volume nombre d'indications précises et 
précieuses à retenir. Le passage en France de M. Gérard lui inspire 
pour notre pays quelques paroles sympa tbiques dont nous lui savons 
gré et une opposition, tout à notre avantage, entre ce qu'il a vu chez 
nous et ce qu'il a observé en Allemagne. De son entrevue avec le roi 
d'Espagne, nous ne noterons ici qu'un point qui a son importance : 
Alphonse Xlll, qui cependant s'est montré personnellement sympa- 
lliique à la France, a rappelé à l'ambassadeur qu'en même temps que 
roi d'Espagne, il était ((,arcliiihic aulricbien. » 

Nous attirerons aussi l'attention particulière du lecteur sur les 
deux chapitres intitulés : Oiia/id l'Alleniagne s'ejfondrera et Après 
la guerre. En n'oubliant pas que la Préface de M. Gérard est datée 
de mars 1918, il y a là des pensées à méditer, et qui ne doivent 
pas être perdues de vue par ceux qui sont appelés à rédiger les con- 
<lilions de la paix. E.-G. Ledos. 

L'Opinion alleinainîo pendant lu guerre 1914- lî)lî{, par Andbé 
Hallavs. Paris, Perrin. 1919, iii-16 de n-268 p. — l^rix : 3 fr. 50. 

Connaître l'état de l'opinion allemande pendant la guerre n'est pas 
assurément chose facile. L'Allemagne ne laissait guère transpirer au 
dehors ce qui se passait à l'intérieur de ses frontières, les rares neutres 
admis à voir l'Allemagne n'étaient guère que des germanophiles, dont 
on était sûr, que l'on cuisinait et qui, de retour dans leur pays, étaient 
surveillés de près par les agents de l'Allemagne ; ici même nous 
avons eu à parler de deux bons Espagnols, partis pour faire en Ger- 
manie leur petite enquête, sans guère savoir un mot d'allemand. 
(Juant à la presse, la façon dont elle était muselée par une censure 
.sévère, ne permet de s'en servir qu'avec beaucoup de précaution. 

Le livre excellent de M. André Ilallays nous apporte la preuve 
<|u'un esprit crilitpie qui sait utiliser les doruments, les rapprochci- 
et les comparer, (îst en mesure de reconstituer, du moins ilaus ses 
grandes lignes, les nuctualions de l'opinion. C'est ainsi (pie les jour- 
naux publiaient des articles iiisjiirés par le gouvernement et destinés 
à remonter le moial du public ou à lui insuflhM" tels ou tels senli- 
juents, et de ces elTorts du gouvernement il est légitime d'induire 
<]ue ce moral était alTecté de telle ou telle façon, et (pie les sentiments 
cojilraires à ceux (pu; l'on désiiait iis(]uaienl de pénétrer dans la 
j)opuIation gennani(pie. 

M. André Ilallays dislingue quatre périodes : I. Les Premiers 



— 165 — 

Enthousiasmes et les premières espérances (aoûH 01 4-décembre 1915): 
1. Avant la finerre : 2. f,a déclaration de guerre ; "i. La forinatiori des 
dogmes ; 4. Les haines de rAlleinagne ; 5. Les grands entlioiisiasrnp<> 
de 1U15 ; 0. Le parti de la guerre et le parti de la paix ; — II. Les 
Déceptions, la nostalgie de la paix et le désarroi (janvier lOlo-juil- 
let 1917) : 1. La déception de Verdun ; 2. La guerre sous-marine, les 
notes du président Wilson, la poliquo intérieure ; 3. La crise écono- 
mique, la lassitude et le mécontentement ; 4. La foien Ilindenbourg; 
5. Les victoires eu Roumanie, la proposition de paix ; 6. La guerre 
sous-ui.irine à outrance et la rupture avec les États-Unis ; 7. Le repli 
(( stratégique » de llitidenburg ; 8. Désarroi de l'opinion (avril- 
juillet 1917) ; — III. Le Réveil des espérances et des convoitises ; 
1. Les premiers mois de la dictature militaire ; 2. Caporetto ; 3. Le 
maximalisnie en Russie : 4. Brest-Litowsk ; o. Les projets d'offensive 
sur le Front occidental : (i. Les grèves de janvier 1918 ; 7. .Nervosité 
de l'opinion à la veille de la grande odensive ; 8. \ ictoire et enthou- 
siasme; 9. Nouvelles inquiétudes : — IV. La Suprême Désillusion, le 
désespoir (15 juillet-11 novembre 1918) : 1. L'offensive française ; 2. Le 
sentiment de la défaite ; 3. La défection de la Bulgarie ; 4. L'effon- 
drement. 

Sans doute l'on ne peut considérer ce travail comme définitif; 
lorsque nous aurons entre les mains des renseignements et des sources 
qui ont manqué à M. Hallays, il y aura des retouches à faire au 
tableau. Je crois cependant que dans l'ensemble il est exact. 

La conclusion de M. Hallays est sévère — ce qui ne veut pas dye 
qu elle ne soit pas juste. Comme M. Maurice Muret, il nous répète : 
« Pas d'illusion sur l'Allemagne... C'est afin de se préparer à la pro- 
chaine guerre que l'Allemagne recourt au stratagème de la « démo- 
cratisation », pousse son Empereur hors de l'Empire et accepte, les 
yeux fermés, les conditions les plus avilissantes. La paix qu'on lui 
imposera ne sera jamais ni trop dure ni trop lourde. Toutes les 
rigueurs sont justes, tous les scrupules absurdes devant tant de mau- 
vaise foi unie à tant de lâcheté. » E.-G. Ledos. 



La Guerre allemande et la Couseience universelle, par Albert, 
PRINCE DE Monaco. Paris, i'ayot, 1919, in-i6 de 170 p. — Prix : 3 fr. 

Malgré ses 170 pages, le livre du prince de Monaco est un peu 
court, si l'on regarde au titre : « la Guerre allemande et la Conscience 
universelle. » Pourtant il est trop long d'une bonne moitié, car nous 
y lisons, sans grand intérêt, des extraits de publications connues, 
voire les réflexions personnelles de l'auteur sur la philosophie sociale, 
la religion et le rôle de la Papauté dans cette guerre. Allégé de tout 
cela, le livre prend une bien autre valeur, car c'est la déposition 



— 166 — 

solennelle que le prince a voulu faire, racontant, en témoin impar- 
tial, ce qu'il a entendu avant août 1914, ce qu'il a vu pendant la 
guerre. 

Ami personnel de l'empereur Giiillaume, il fréquente assez souvent 
l'Allemagne et la famille impériale pour pouvoir nous donner, sur 
les mœurs des Prussiens notoires, des détails discrètement indiqués, 
mais édifiants, ou encore sur l'état d'esprit du Kronprinz, blâmant 
an d908 son père d'accepter le tribunal de La Haye pour un litige 
avec nous : « Quoique, dil-il, les Français aient raison dans cette 
affaire, un État puissant ne doit point, sous peine de perdre son 
prestige, reculer, même s'il a tort, devant les probabilités d'une 
guerre. » 

Non moins documentaires sont les confidences que fait au prince 
Albert le Kaiser, plein d'indulgence pour les Turcs qui massacrent 
les Arméniens, jouant au bon apôtre'et prétendant que son armée 
est surtout une école sportive destinée à dégrossir l'Allemand engoncé 
et fruste. Notons surtout les paroles écbappées à l'Empereur, à bord 
du Meteor ou du HohenzoUern, à Kiel, en juin 1914 : le 28, apprenant 
l'assassinat de l'archiduc Ferdinand. Guillaume s'exclame : « Main- 
tenant, je dois tout recommencer! » C'est déjà assez clair; et voici 
un autre aveu, plus précieux : regardant avec irritation l'escadre 
anglaise venue pour le saluer, Guillaume dit à son liôle que, si la 
guerre éclate, (( le monde verra ce qu'il n'a jamais connu ! » 

Kemercions le prince de Monaco d'avoii' bien voulu nous faire con- 
naître ces conversations, moitié al)andonnées. moitié calculées, où 
éclatent à la fois l'hypocrisie et la férocité du monstre. 

Ce témoin, dont tout le monde connaît la probité scientifique, a 
constaté aussi des choses que le monde n'avait jamais connues : tan- 
dis que les aimées alliées, marchant de l'avant, respectaient les 
tombes allemandes, il a vu nos cimetières profanés, des caveaux 
violés, volés, puis souillés d'excréments. Pour punir le prince de ses 
protestations contre ces crimes, le lîoche pille ses propriétés de 
France et saccage le château d'Avricourt appartenant au ministre de 
Monaco; on le fait sauter, naturellement après lavoir vidé de fond 
€n comble, et le voleur c'est le prince Eitel Fritz von Ilohenzollcrn, 
parti trop précipitamment pour avoir pu emporter Ions ses paquets, 
soigneusement étiquetés par sa Maison. 

Puisque le prince Albert a bien voulu être si net sur ces j)()ints, 
pourquoi ces lujagessur d'autres coins qui nous intéressent an moins 
.lulanl '} Pourquoi, avant la guerre, le prince de Monaco semble-t-il 
< hcjcher un rapprochement entre la France et l'Allemagne, au nom 
<le (' la majorité des l'ranrais!' » Qui donc l'avait prié de servir d'in- 
termédiaire? Et surtout que veut dire, à la j^agc 9('>, cette révélation 



— 167 — 

Irop mystérieuse : « ... Un jour je vous avais transmis, dit le prince 
h l'Kmpereur. une parole autorisée qui venait de l'rance, et qui affir- 
mait la certitude d'une paix durable en Europe si vous tranquillisiez 
le monde par une simple démonstration d'équité envers l'Alsace- 
f.orraîne »? ? Maurice Souriau. 



JLa Guerra suprema, por cl capitân Arana, ailiculos j)iiblicado5 du- 
rante cuatroanos de jjuorra en el « lleialdo de Aragon. » Zaragoza, lip. 
del « Heiaido ». 1918. in-16 de iv-20() p. — Prix : :} fr. 

Étant de ceux qui, dès la première heure, u ont eu foi dans la 
cause de la justice et de la dignité humaine », le vaillant collabora- 
teur de El Ileraldo de Aragon est demeuré sur la brèche, poursuivant 
•des traits légers et acérés de sa critique les germanophiles avoués ou 
honteux qui n'ont reculé devant aucun moyen pour gagner les sym- 
pathies de l'Espagne à la cause du kaisérisme et qui y ont employé 
des procédés aussi peu habiles parfois que déloyaux. En réunissant 
ici quelques-uns des articles que de 1914 à 1918 il a publiés dans El 
Ileraldo, il a bien soin de nous prévenir que ce sont là des pages 
•éphémères et qu'il ne s'attend pas à les voir prises en considération 
par la postérité. Ces articles courts, vifs, alertes, n'ont pas seulement, 
me paraît-il cependant, le caractère d'une lecture agréable, pleine de 
considérations justes et de réflexions piquantes ; mais on y puisera 
plus dun renseignement sur la lutte d'influences qui a divisé l'Es- 
pagne, plus d'un trait de la psychologie espagnole pendant la guerre. 

Les articles recueillis par l'auteur s'étendent du 21 septembre 1914 
au 18 juin 1918. Mais la Préface est datée d'octobre et dans l'épilogue : 
Hacia el final, fauteur voit clairement que nous sommes à la veille 
de la paix, mais d'une paix tout autre que celle que rêvaient les Alle- 
mands, d'une paix dans laquelle la France reçoit « la récompense de 
ses grandes vertus » et dans laquelle la Belgique retrouvera son indé- 
pendance et son bonheur. 

Sans partager toutes les idées de l'auteur — je crois, par exemple, 
qu il s'illusionne en disant que si Bebel et Jaurès n'étaient pas morts, 
ils auraient empêché la guerre d'éclater ! — je répète que j'ai lu son 
livre avec intérêt, plaisir et profit. E.-G. Ledos. 



My war dîary, by Maky Ring Waddi>gto>. London, John Murray. 1918, 
in-8 de vi-3()4 p. 

Anglaise de naissance, veuve de l'archéologue distingué qui repré- 
senta la France au Congrès de Berlin et qui, après avoir été ministre 
des affaires étrangères, remplit avec éclat les fonctions de notre am- 
bassadeur en Grande-Bretagne, M"" Waddington s'est fait avantageuse- 



— 168 — 

menl connaître dans les pays de langue anglaise par ses souvenirs de- 
femme de diplomate et par ses tableaux delà vie de château en France. 

Le nouveau volume où elle nous raconte les incidents de sa vie* 
tant à Paris qu'à Marcuil et aux Aulneaux pendant les dix-huit pre- 
miers mois de la guerre, ne sera pas moins bien accueilli du public, 
croyons-nous. Ses relations mondaines lui ont permis de voir beau- 
coup de choses; ils lui ont fait aussi entendre bien des bruits dont 
elle se fait l'écho dans ces pages et qui, s'ils ne répondent pas tou- 
jours à des réalités certaines, aident du moins à comprendre l'état 
de l'opinion en France dans certaines sphères influentes, ses mouve- 
ments et ses nervosités. M'"' Waddington nous apporte un témoi- 
gnage relatif au fameux passage des Cosaques par l'Angleterre au 
début de la guerre; il- aidera à refaire l'histoire de cette curieuse 
légende dont tous nous avons entendu quelque chose. Naturellement, 
il n'est guère possible d'analyser brièvement un livre de ce genre ; il 
vaut par l'accumulation des détails : les mille incidents menus qu'il 
nous relate contribueront à reconstituer la physionomie si intéres- 
sante de notre pays de France pendant la guerre ; et s'il y a de ci. de 
là, des taches dans cette physionomie, il n'en est pas moins vrai que 
l'ensemble en demeure, dans le livre de M"" Waddington comme dans 
la réalité, infiniment beau et touchant. 

Dans une sorte d'appendice, l'auteur nous raconte sa vie au milieu 
des Britanniques, à Ilazebrouck, où elle vécut d "octobre 1916 à 
juin 1917, auprès d'un de ses petits-fils gravement malade. Elle aussi 
elle a l'occasion de rendre hommage à l'organisation de nos alliés et 
à leurs grandes qualités. El elle nous fournit plus d'un trait, non 
négligeable, de la physionomie qu'ils ont donnée aux pays occupés 
par eux. 

Avouons que nous avons fermé le livre avec le regret que M"' Wad- 
dington ne l'ait pas continué plus loin et l'espérance qu'elle voudra 
bien nous donner un nouveau journal jusqu'à la victoire. 

E.-G. Ledos. 



Notes ifiiiio iiileriiôe française en Allemayiie, par Céline Fali.et. 
Paris et Nancy, licrgcr-I.evrault, 191S, pclH in-S de 04 p., avec 12 gra- 
vures liors texte. — l'rix : 3 IV. 

M"" Fallet n'est pas restée longtemps sons la férule germanique, 
mais sa pénible odyssée, — qui commence à la déclaration de guerre 
alors que, partie de France le 3(1 juillet 1914, elle essayait de regagn<>r 
Uadom, en l*(»li)gne russe, où elle était institutrice, jusqu'au 2i sep- 
liTubre, date à la<iuelle elle était enlin autoiisée à gagner la Suisse 
hospitalière, — • nien est pas moins une curieuse contribution à kh 
psychologie des foules allemandes au début des hostilités. 



— 169 — 

Arrivée en terre française, à Évian, M"' Fallet y retrouva, parmi 
les rtfiigiés de la rég/bn nieusienne, sa vieille mère qui lui fit le 
navrant récit des épreuves de toutes sortes subies par elle du fait 
d'Allemands brutaux, brutaux comme ils le furent partout sur notre 
sol envahi. E.-A. Chapuis. 

Le Mui'lyre de Leiis. Tfois Années de capliv'dè, par FImm^e Basly. Paris. 
Plon-Nourrit. i!)IS, in-16 de iv-279 p. — Prix : 4 fr. 50. 

Député-maire de Lens, la « ville noire », M. Basly est un témoin à 
charge dans le grand procès ouvert depuis plus de quatre ans contre 
l'Allem^igne, comme tous ceux d'ailleurs qui ont écrit ou écriront 
leurs souvenirs de la Grande Guerre. 

Les trois années de captivité de l'auteur doivent s'entendre, sauf 
les derniers temps passés en exil en Belgique (avril 1917), de la très 
pénible co-habitation avec les envahisseurs dans l'infortunée ville de 
Lens, que ceux ci finirent par détruire totalement, de propos délibéré, 
après avoir, selon l'expression de l'ancien mineur, « assassiné la 
mine », afin de ruiner le pays. 

En restant à son poste de premier magistrat de la cité, M. Basly a 
fait simplement son devoir ; il le déclare lui-même ; mais il l'a rem- 
pli avec un zèle, une énergie extraordinaires, et surtout une sollici- 
tude ingénieuse à l'égard de ses adminitrés. Toujours sur la brèche, 
peut-on dire, il s'est elforcé d'adoucir l'horrible misère d'une popula- 
tion molestée, insultée, rançonnée par le plus implacable, le plus 
haineux des ennemis, et, pour y parvenir, il a eu recours aux moyens 
les plus variés. Son livre nous apparaît comme un roman d'une vie 
intense, où le pittoresque, l'atroce, l'héroïque et parfois — et malgré 
tout — le comique, donnent leur note tour à tour. 

Le député socialiste, qui se montre en toutes circonstances un 
excellent, un courageux Français, rend justice à tout le monde, amis 
ou adversaires politiques. Pour lui, l'union sacrée dans une patrie 
souillée par l'étranger n'est pas un vain mot : il le dit très haut, et 
nous somnîies persuadé, tant son récit respire la simplicité et la fran- 
chise, que ses actes se sont mis en harmonie avec ses principes de 
l'heure. 

M. Basly pourrait peut-être offrir son livre aux méditations de 
ceux de ses collègues qui sont allés à Kienthal et autres lieux frater- 
niser avec les Allemands ; mais, à bien réfléchir, à quoi cela servirait- 
il ? 11 n'y a de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. 

E.-A. Chaplis. 

Près des comBattauts, par André Chevrillo. Paris, Haclietle, J918, 
in-16 de xi-269 p. — Pi,ix : 3 fr. 50. 

Ce que nous donne en ce volume M. André Chevrillon, ce sont 



— 170 - 

t( les notes et croquis qu'il a rapportés de quelques voyages au 
Front. » Sous ce titre : La France qui s'est levée, il a placé en tête 
quelques pages où revit l'émotion résolue avec laquelle la nation 
iaccueillit la guerre. 11 a ensuite groupé ses notes en quatre récits : 
l.Aii Front d'Argonne et de Champagne (mai 1916). — II. Sur le Front 
anglais (Juin 1U!6). — III. Les Champs de bataille de l'Ancre (avril 
1917). — Faror tcutonicus. — 11 a été à même de bien voir ce qu'il nous 
décrit. Il s'est de plus et surtout préoccupé de réfléchir et de nous faire 
réfléchir sur ce qu'il a vu. « C'est, je crois, dit-il, le point de vue psy- 
chologique qui domine dans les notes que l'on présente ici au lecteur. 
Chez les Anglais, on s'est préoccupé de répondre à des questions que 
nous nous sommes posées de bonne heure, en France, au sujet de 
tios alliés, de leurs habitudes, besoins, disciplines, méthodes — d'ai- 
der à comprendre des traits qui ont paru singuliers. A Péronne, à 
Nesles, devant l'une des œuvres caractéristiques de l'ennemi, on a 
brièvement évoqué les directions d'âme et d'esprit, les idées, la doc- 
trine, qui opposent la Kultur à la civilisation, et l'Allemague au 
reste de l'humanité. — Au Front d'Argonne et de Champagne, il 
s'agissait de nos soldats, de nos enfants, de notre chair. Pouvait-oti 
froidement raisonner, comparer ? Une ou deux questions dominaient 
toutes les autres, et revenaient toujours. Qu'est-ce qui les anime, 
les inspire, qu'est-ce qui les fait si beaux ? Qu'est-ce que cette âme 
collective et nouvelle qui s'est mise à vivre en chacun, en l'assem- 
blant à tous les autres? Quel mystérieux changement spirituel a fait, 
<les individus séparés et différents, les parcelles homogènes de l'être 
collectif le plus organiquement lié qui soit ? » Les pages sur la vie 
militaire composent un bien vivant tableau (p. 47 et suiv.). C'est une 
belle peinture que celle du spectre de la cathédrale de lleims (p. 101 
-et suiv.). Voici une définition remarquable : « Un empire qui ne se 
fonde pas sur la force militaire, mais sur le sentiment d'un lien spiri- 
tuel et sur une certaine idée de liberté, un empire où le sentiment, par 
les méthodes de la liberté, peut susciter la force militaire, • — il n'est 
pas besoin d'être Anglais pour souhaiter au monde la durée d'un tel 
empire. » (p. 111). Un contraste intéressant est celui qui se présente 
ncluellemenl sur notre sol en maint endroit entre deux mondes bien 
<listincts : la vieille France provinciale et l'Angleterre armée en guerre 
(p. 112, li;-{). Un autre contraste est peut-être encore jilns frappant, 
celui que signale M. Chevrillon entre les façons de faire habituelle* 
des deux civilisations (p. 110 et suiv.). Un curieux exemiile de la 
transplantation chez nous des sentiments et des habitudes anglaises 
nous est donné jiar l'auteur dans les pages intitulées : Coiintry house 
.'|). 12i et suiv.), auxquelles sert de cadre la transformation momen- 
tanée en manoir d'Angleterre d'un château du vieux temps français. 



- \H — 

'Relevons encore les remarques de M. Chevrillon sur le sloïcisnie 

anglais rt reuphémismc qui l'accompagne (p. 156, 157) ; sur « quel- 
<iuos méthodes » particulièies aux Anglais (p. 163 et suiv.) et, à ce 
[tropos, la description d'une boulangerie militaire (p. 166 et suiv.) ; 
sur Vefjîciency caractéristique du labeur anglais. laquelle consiste à 
t( tout sul)ordonner à cette fin pratique : le succès du travail » (p. 160); 
sur le sentiment anglais du devoir (p. 176 et suiv.). — C'est sur un 
tout autre ton qu'à bon droit M. Chevrillon définit et stigmatise cette 
perversité d'un peuple qu'il qualifie de/a/'or ieutonicus. On remar- 
quera dans cette peinture vengeresse un trait caractéristique de l'Alle- 
Miagne actuelle, u C'est la dualité des âmes, qui vient de leur doci- 
lité. C'est l'opposition, dans l'Allemand d'aujourd'hui, de deux êtres : 
l'individu particulier, personnel, le'quel, on peut le supposer, parti- 
cipe du fond général à toute Ihumanité, et du fond commun à tous 
les peuples de civilisation européenne (nous n'apercevions guère que 
-cet Allemand-là quand nous voyagions en Allemagne) — et, d'autre 
part, la créature d'État, celle que l'État a fabriquée, dressée, possède, 
et qui apparaît à son commandement, pour se subordonner, âme et 
corps, à ses deux principes essentiels : égoïsme et volonté de puis- 
sance. » (p. 265, 266). — Le livre de M. Chevrillon est écrit d'un 
style vigoureux, imagé, plein de détails pittoresques, trop cherchés 
parfois et qui ne sont pas toujours parfaitement intelligibles. 

Mahius Skpet. 



Au Vieil- Armand. Lettres de Henri Volatîer, chasseur au 5' 
bataillon alpin, à sa iiancée, publiées par (i. Mouteroe, S. J. Pa- 
ris, Bcaucliesne, 1918. in-l« de 193 p. — l^rix : 3 fr. 

Le petit soldat qui a écrit ces lettres pleines de cœur et de sponta- 
néité, pittoresques parfois, toujours débordantes de sentiments reli- 
gieux, était un simple paysan de la Bresse, devenu garçon boucher à 
Crançot, dans le Jura. C'est là que, juste au moment où la guerre 
éclatait, il venait de se fiancer à une jeune sœur de son patron. 

On voit que Henri Volatier est de fort modeste origine, mais sa 
correspondance (1"' juillet 1915-3 mai 1916j avec le digne prêtre qui 
l'avait formé, avec sa fiancée et la famille de celle-ci révèle une na- 
ture délicate et foncièrement chrétienne. .Nul doute que, s'il eût vécu, 
il eût fondé une famille honorable à tous égards. Mais la Providence 
■en avait autrement décidé : il fut tué au sommet du Vieil-Armand, 
le 4 mai 1916. 

M. le chanoine Mouterde, à qui l'on doit la publication de ces 
pages vraiment édifiantes, a relié ces lettres entre elles par des dé- 
tails biographiques, anecdotiques et descriptifs qui les expliquent 
ou les complètent. E.-A. C. 



— 172 — 

Guerre de lîH ■5-lî)I(». Réponse au Livre blanc allemand du 

lO mai I ÎH 5. « Die volkerrechtsA%idriye P'ûhrunçj des bel- 

«lischen Volkskrîe<js. » (Royaume de Delg'uiue. Minislère de Idjuslicti- 

el ministère des affaires élraïujères). Paris, Hciger-Lovrault, 1916, gr. 

in 8 de viri-517 p., avec une carie. 

L'Armée allemande à Louvain en août 1014 et le Livre blaue> 
allemand du lO mai 11)15. Deux Mémoires publiée par les soins du. 
r/oavernement belge. Poit-Villez (Seine el-Oise). armée belge, Imprimerio 
de i Institut militaire des invalides et orphelins de la guerre, l'JlT, gr. 
in-8 de lt)9 p., avec gravures et fac-similés. 

Autour d'Anvers, souvenirs et récits, août-octobre 1914, par 
William Speth. Paris. Crès, 1918, in-16 de vii-:2(j3 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Le Cardinal Mercier, par Mgr Hekscher. Paris, Lethielleux, 1918, petit 
in-8 de 50 p., avec portrait. — Prix : 1 fr. 

— Les Allemands ont publié lé 10 mai 1915, par les soins d'un 
Bureau militaire à Berlin, un Livre blanc sur la « Guerre populaire 
belge » en 11)14. A cet audacieux défi à la vérité travestissant les faits 
au point de changer en coupables les victimes de celte cynique inva- 
sion, le gouvernement belge a opposé la protestation dun long 
mémoire qui réfute point par point les assertions intéressées de l'Al- 
lemagne, montrant l'iniquité et la non valeur de cette soi-disant 
enquête unilatérale. La Réponse au Livre blanc allemand passe en 
revue les accusations générales portées : 1" contre le gouvernement 
belge ; 2" contre la population belge ; 3° contre la commission d'en- 
quête belge qui fonctionna sur place en août-septembre 1!I14, lorsque 
les événements étaient tout récents et susceptibles d'examen sérieux. 
Dans une seconde partie ^ont méthodiquement exposés les faits niés 
par les Allemands : destructions et brutalités dans les différentes 
localités envahies, spécialement le sac et le massacre des quatre villes 
d'Aerschot, d'Andenne, de Dinant, de Louvain. Noms, précisions, 
témoignages, documents abondent. En Appendice : les cfirculaires- 
ofTicicUes, les lettres de l'évêque de Namur, celles de l'évêque de- 
Liège, la correspondance du cardinal Mercier, l'énumération des 
localités belges dans lesquelles l'armée allemande s'est livrée à des 
violences ; avec les dates, les chiffres, les faits, toutes ces pièces éta- 
blissent la véracité de crimes atroces et le scandale de leur négation 
intéressée. 

— A côté de ce rapport d'ordre général sur toute l'invasion de la 
Belgique, voici un cha[)itrc spécial consacré au rôle de l' Année alle- 
mande à Louvain en août 191U. Deux « mémoires » d'un récit plus 
circonstancié dans une forme plus littéraire réfutent ici les mêmes 
mensonges et les mêmes attentats au droit des gens, à l'honneur, 
aux règles de la guerre civilisée. Ce travail est du mois de décembre 
1015. L'uniformité de la barbarie et de l'aberration d'esprit chez tous 
les Allemands apparaît quand on voit les prêtres catholiques aussi, 



— 473 - 

bien que les francs-maçons (l'Outre-UIiin se refuser à répondre à 
J'appel à la justice que leur adressaient, ciiacun de son coté, les 
évêques et les loges de Belgique. Le texte de ces deux mémoires est 
corroboré par une liste nécrologique funèbre, une carte intéressante 
<le l'invasion (août septembre) et un certain nombre de reproduc- 
tions pliotogiaphiques des avis, proclamations, édifices, etc. inté- 
ressant la tragédie de Louvain. 

— A la même époque un drame analogue se jouait Autour d'An- 
vers. William Speth, un Anglais, a noté ses souvenirs personnels. Ils 
sont animés, vivants, bien groupés et parlent à l'imagination ; leur 
■lecture est impressionnante, encore que certains passages demeurent 
crus et grossiers ; tableau brossé un peu trop à la Téniers. 11 y a bien 
quelques fantaisies probablement dans ces anecdotes, mais elles cap- 
tivent l'attention du lecteur. C'est un mérite. 

— Et au-dessus de tous ces souvenirs tristes, glorieux, émouvants, 
lugubres, patriotiques, chrétiens plane et planera toujours la belle 
figure du Cardinal Mercier si digne, si fort, si réservé, si courageux, 
si habile ; évèque, en un mot, protecteur et serviteur de son pays. 
Luc conférence de Mgr Herscher rappelle ces grands traits d'une 
physionomie si belle avec un vrai bonheur d'expression et une heu- 
reuse simplicité. Cfoffroy de Graxdmaison. 



Quelques (iiiides de l'opinion en France pendant la Grande 
Guerre, Il> 1 4- I Î>I ÎJ, par A. ue Ch.vmblke. Paris, Celiii, Mary. Elen, 
1918, in-lG de xxvu-l>:2:', p. — Prix : 4 fr. 50. 

Ce livre est « dédié à la presse française. » Rien de plus exact, ni 
de plu§ juste, car c'est à étudier l'action même de la presse et de ses 
principaux rédacteurs que l'ouvrage est strictement consacré. Le 
voici, du reste, amené fort naturellement à évoquer maint aspect de 
la vaste guerre et des événements qui s'y greffèrent, tandis qu'une 
plume alerte campe à nos yeux la silhouette des journalistes en vue 
durant ces jours d'émotion. 

D'abord, il est question des Commentateurs du communiqué, puis 
des Hommes de lettres et journalistes proprement dits, enfin de la 
Grande Presse d'information. 

Un Avant-Propos vif et substantiel nous renseigne déjà sur l'allure, 
plutôt objective de l'ouvrage dont les divi.sions sont indiquées, dès 
la premièie page. A la fin, une table alphabétique des noms aide à 
feuilleter le volume et lui imprime un certain cachet d'œuvre sérieuse 
et presque d'érudition. Ici, le ton n'y vise pas. L'auteur s'efforce d'être 
impartial autant que renseigné dans son information. On pourra 
trouver que certaines appréciations manquent d'originalité ou de 
relief, mais on lira, non sans profit, dans ces pages, l'exposé d'une 



— 174 — 

documentalion fidèle et une mise au point, appréciable, des juge- 
ments épais, formulés au jour le jour, à l'occasion des événements 
de la guerre. Louis Théron de Momtaugé. 



Allemands d'hier et d'aujourd'hui, esquisses hislorifiiies, pnr Authuu 
(^HLQUKT. I. Paris, E. do Boccard, s. d., in-16 de 249 p. — Prix : 3 fr. 5('. 

La guerre qui vient de peser sur l'Europe occupe une place — mais 
pas toute la place, loin de là, — dans le nouveau volume que nous 
devons à la plume alerte et féconde de M. Arthur Chuquet. 

Des dix-sept morceaux qui le composent, cinq seulement traitent 
des événements d'aujourd'hui: La Première Prise de Mulhouseen 191^ ; 
— Les Allemands à Vouziers (à propos du prince Max de Bade) ; — De 
nouveau à Sedan, d'après un journal allemand de 1915 ; — Trois 
(]arncLs allemands ; — Les Normaliens morts pour la France. On peut 
y rattacher indirectement trois autres articles : Les Pressentiments dit 
Wildenbruch ; — Guillaume II et l'archiduc Rodolphe ; Bismarck et les 
Allemands. 

Tout le reste est historique. Voici les titres des morceaux, phis on 
moins développés, recueillis par l'éminent académicien : Verdun- 
en 1792 ; — Les Prussiens et le Musée du Louvre en JS15 (M. Gluiquet 
y signale quelques-unes des reprises que nous pourrons faire utile- 
ment sur les objets volés par les Prussiens — Blûcher ne reculait pas 
(levant l'expression — à cette époque) ; — La Guerre de tranchéeir 
en I85r) ; — Doudan et la Prusse ; — Thiers et Ranke en iSlO ; — 
Moltke ; — Oh ! les braves gens (M. Chuquet y défend l'authenticité 
du mot attribué à l'empereur Guillaume) ; — L' Aide-major Belval ; 
— - Les Glorieux Camarades. 

On ne voit pas bien à quel titre figurent dans un volume sur « les 
Allemands » des articles comme celui sur la Guerre de tranchées- 
en 1855 où il n'y a pas un mot sur les Allemands, et comme deux ou 
trois autres qui ont pris place ici. 

Mais cette réserve faitej, reconnaissons que. dans ce vokime agréable 
et instructif, l'on se rendra compte une fois de plus, hélas ! que la 
mentalité germanique d'aujourd'hui est assez semblable à celle d'hier. 
Et cela nest pas fait pour rendre sympathiques ceux que nous avons 
vaincus. E.-G. Lkuos. 



Front liiies, by Boyd Cablk. London, J. Murray, 1918, iii-8 do xiv- 
306 p. 

Dédiés au Front dont ils parlent et sur lequel ils ont été écrits, les 
vingt-un récits que nous présente ici M. Boyd Cable me paraissent 
cire un des meilleurs livres dans lesquels le lecteur puisse prendre 



— W) - 

conlact avec les troupes btitanniqncs, en comprendre la vie et le>f 
labours quotidiens, mesurer les dilïiciillés de leur tâche, apprécier les 
soucis et les préoccupations qui pesaient sur elle, comprendre l'esprit 
fini les aninrie et pénétrer les secrets de leur àme. Et peu importe que 
( liacun de ces récits ne soit pas la relation d'un événement réellement 
arrivé ; si l'on peut parler de romans vécus, il n'est point de récits 
auxquels ce terme s'aj)plique mieux qu'à ceux-ci : il y règne une 
intensité de vie, un réalisme simple et vrai' qui vous saisissent et qui 
apparaissent non comme un produit de l'imagination, mais comme 
les impressions d'un homme qui a vécu de la vie des tranchées et qui 
en est tout pénétré. Une pointe d'humour rehausse ces récits pleins 
de couleur et dont la variété nous fait connaître les divers aspects de 
la vie en campagne pendant ces tciribles années ; les hommes ne se 
montrent pas à nous comme des héros de la fable ; ils nous appa- 
raissent avec leurs faiblesses d'hommes, même avec leurs terreurs 
momentanées, mais aussi avec celte volonté qui les fait triompher de 
ces petits côtés de leur nature et qui les rend malgré tout si grands et 
si héroïques. 

11 ne peut être question ici danalyser tous ces récits, ni même de 
les énumérer ; citons du moins, parmi ceux qui nous ont le plus 
frappé à un titre ou à un autre : The suicide club, In Ihe mist ; Home, 
Oiir ballery's prisoner, According to plan, E.-G. Ledos. 



L'Aii«|leterre avant et après la çjuerre, par Pacl Rey.naud. Paris, 
firasset, 15)19, in-18 de 127 p. — Prix : 3 fr. 50. 

M. Paul Reynaud a été bien inspiré en réunissant en un volume le 
texte des trois conférences qu'il fit en février 1918 à lÉcole d'artille- 
rie de Fontainebleau, car elles présentent un tableau bien brossé et 
fortement documenté de « l'Effort anglais » pendant la guerre. 

Les ministères radicaux qui gouvernaient le Royaume-Uni depuis 
la chute du cabinet de M. A. Balfour, avaient peu à peu orienté les 
esprits vers un pacifisme qui prédisposait à un rapprochement avec 
l'Allemagne ; la crise irlandaise battait son plein en 1914 et une agi- 
tation profonde se manifestait dans le monde du travail. C'est pour- 
quoi la Wilhelmstrasse pouvait espérer que l'Angleterre serait réduite 
à l'impuissance, sinon à la neutralité, quand surgirait la guerre depuis 
longtemps préparée. Il n'en fut pas ainsi. La violation de la Belgique 
éclaira comme un puissant rayon la conscience britannique ; et, si 
trois ministres démissionnèrent pour ne pas avoir de responsabilité 
dans le drame, le pays, dans son ensemble, suivit patriotiquement 
son souverain et son gouvernement. 

L'armée anglaise était peu nombreuse ; elle succomba presque en 
totalité sur les champs de bataille de Mons, de la Marne, des 



— 176 — 

Flandres ; une seconde armée, formée de volontiires du royaume et 
des Dominions la remplaça, et une troisième, recrutée après le vote de 
la loi sur le service obligatoire, vint en combler les vides et la renfor- 
cer. En 1918, 3 millions de soldats de l'empire britannique combat- 
taient sur le Front de France, et l'on sait l'importance des effectifs 
qui luttaient victorieusement en Palestine, en Mésopotamie, dans 
l'Est-Africain allemand. 

L'effort maritime fut admirable et progressif. A la lutte contre les 
escadres ennemies succédèrent la lutte contre les mines et les sous- 
marins, les audacieuses expéditionscontreZeebruggeetOstende. Il n'y 
-eut pas moins de 4.000 navires de tous formats battant pavillon bri- 
tannique et montes par 400.000 marins. 

L'eiTort économique et financier ne fut pas moins remarquable, et 
c'est à Lloyd George -^ le radical sectaire, l'ennemi des Lords — que 
revint le mérke d'avoir intensifié et harmonisé toutes les activités du 
pays dans l'unique pensée de gagner la guerre. M. Paul Reynaud a 
fort bien mis en relief les deux évolu-tions réalisées : l'action de l'An- 
gleterre sur la guerre et la réaction de la guerr#sur l'Angleterre au 
point de vue politique, et l'on ne peut que ratifier son jugement final : 
L'Empire britannique a largement fait son devoir au cours de la 
Grande Guerre et a donné aux Alliés le plus loyal et dévoué concours. 

Roger LambilLI^. 



L'Alsace i^^ous la doiniiiatiun alleniande, par Frédkiuc Eccaru. 
Paris, Colin, 1919, in-16 de xviu-3t)9 p. — l^rix : 4 fr. 

L'auteur était avocat au triJDunal de Strasbourg avant la guerre. Il a 
lutté pour défendre, contre les maîtres du moment, la langue, la 
culture et la mentalité françaises. Dans la lutte entre l'Alsace et r.\l- 
lemagne, les puissances enjeu ne sont pas seulement un petit peuple 

■ et un grand empire, mais deux principes : celui de l'absolutisme et 
celui de la liberté. Ce conflit a été particulièrement aigu aii moment 
de la réforme constitutionnelle en 1911. Il importail (Ven étudier 
l'origine, le développement et les perspectives d'avenir. A ce point de 
vue, l'histoire de la domination allemande en Alsace devait acquérir 
imc importance générale, dépassant de beaucoup son cadre territo- 
rial. L'auteur a entrepris ce travail et l'avait presque entièrement 
achevé, lorsque la guerre a éclaté, il a pensé que son ouvrage \\cn- 

•drait maintenant à son heure, pour contribuer à fixer la \érité histo- 
rique. 11 a fait œuvre d'historien avec un grand souci d'impartialité, 
recourant très souvent au témoignage des Allemaixls eux-mêmes, 
l'outefojs il sem])le qu'il n'ait pas su se garder d'un certain esprit de 
partialité dans l'examen des «piestions religieuses. Le lecteur jiourra 
suivre pas à pas, dans ce volume, les péiipélies émouvantes de la lutte 



— 177 — 

Hc l'Alsace contre ses dominateurs. C'est la protestation dans le cours 
des vingt-cinq |)remières annéos, iV-loquenl silence d'un peuple 
courbé mais non asservi, puis le réveil de la jeune génération alsa- 
cienne. La germanisation a fait faillite. L'impérialisme militaire de la 
Prusse a été un fléau pour l'Alsace, il a constitué une menace pour 
toutes les nations, et il est devenu néfaste pour l'Allemagne elle- 
même. La chute de cet impérialisme et des organes qui le constituent 
est la condition essentielle de toute pai.x future. Le gouvernement 
impérial a agi en Alsace comme à Brest-Litovsk et il aurait agi de 
même partout, s'il en avait eu le pouvoir. Telles sont les conclusions 
de l'ouvrage. 11 mérite d'être lu attentivement. A. Casser. 



!>' Alsace telle qu'elle est, par Mgr IIerscher. Paris, LcthicUcux. 1918, 
in-12 de 143 p. — Prix : 2 fr. 50. 

Ce livre contient des articles qui ont paru en 1917 et 1918 dans 
les Annale.< politiques et littéraires. Ils ont beaucoup gagné en force 
d'être ainsi réunis en volume. C'est à tort que l'on a reproché à l'émi- 
Tient prélat d'avoir fait par ces articles le jeu de l'Allemagne, ou 
d'avoir rompu l'union sacrée. 11 fallait que ces choses soient connues 
pouréviter autantque possible de regrettables malentendus. Mgr Hers- 
cher les a exposées du reste avec tout son cœur de patriote français 
et avec une connaissance parfaite de son pays natal. L'Allemagne 
avait élevé entre l'Alsace et la France une telle barrière que les deux 
pays ont forcément évolué séparément. Ne pouvant être française et ne 
voulant pasêtre allemande, l'Alsace a évolué dans unsensparticulariste. 
Il faut en tenir compte dans les nouveaux rapports qui s'établissent 
maintenant que l'Alsace a fait retour à la France. Il y a une Alsace 
inconnue des Français. Pourquoi et comment? Il y a aussi plusieurs 
sortes d Alsaciens et notamment ce que l'auteur appelle juste- 
ment des Alsaciens de contrebande. C'est ce qu'il expose dans les trois 
premiers chapitres. Les trois suivants dépeignent, avec une vérité sai- 
sissante, l'âme, le caractère et l'esprit des Alsaciens. Puis il fait une 
statistique de l'Alsace catholique et montre l'influence que le clergé a 
acquis en Alsace, influence qu'il a exercée en faveur de la France mal- 
gré la campagne religieuse qui fut entreprise contre elle, malgré le 
machiavélisme boche dans l'érection d'une Faculté de théologie catho- 
lique à l'Université de Strasbourg. Aussitôt l'armistice, les cours de 
théologie catholique ont été repris au grand séminaire, c'était un pas 
de fait vers la séparation de l'Église et de l'État en Alsace ; aussi 
a-t-on été surpris de voir réinstaller, par ordre supérieur, la Facidtc 
catholique à l'Université. Les deux derniers chapitres étudient le rôle 
de l'école dans la germanisation, combattu par le clergé, et le rôle de 
l'élite alsacienne, dernier rempart de l'esprit français. A. GasserI 

Mars-Avrtl 1919. T. CXLV. 12. 



— 178 — 

L'Affiiire de Saverne. novembre lîMS-janvier IÎM4, par Jii.iiv 
RovKRK. Paris, Bossard, l'.lli». in-lG di- 74 p. — Piix : ! fi . SO. 

Lorsque cette affaire se produisit, le public français, les jouruauv. 
même ue lui accordèrent pas toute l'attention qu'elle méritait. On. 
n'y vit qu'un incident burlesque ; en réalité c'était la préface de la 
guerre. Les mobiles y apparaissent qui l'ont fait éclater et conduire 
avec toute la barbarie que l'on sait. 11 faut savoir gré à M. J. Rovère 
d'avoir écrit cette page d'histoire où' le parti militaire allemand se 
montre sous un jour cru, tel qu'il est, tel qu'il s'est montré ensuite 
dans cette guerre à laquelle il a poussé toute l'Allemagne, las qu'il 
était de tirer à blanc. C'est en vain que l'élément civil, administra- 
teurs et magistrats, a essayé de réagir contre l'absolutisme militaire ; 
celui-ci, appuyé par la cour impériale, le gouvernement d'empire et le 
pangermanisme, triomphe, submerge toute réaction, tout esprit de 
droit et de justice. L'emprise de la Prusse sur toute l'Allemagne se 
manifeste ouvertement. Quant aux Alsaciens ils nous apparaissent- 
dans cette affaire aussi irréductibles qu'après l'annexion. Les événe- 
ments de Saverne, insignifiants en apparence, mais pleins de subs- 
tance en leur fond, nous présentent comme en un raccourci saisissant 
le long martyr qu'ont subi pendant 44 années nos frères d'Alsace-Loi - 
raine. Il est avéré que le traité de Francfort a inauguré un régime de 
\iolence et d'injustice dans deux provinces ravies à la France et de 
sentiments français. Il est avéré que l'Allemagne n'a pu y maintenir 
sa domination que contre le vœu des habitants. Au jour où la guérie 
qui vient de finir a commencé, ces deux provinces, fortes de leur bo!i 
droit, indignement traitées par ceux qui les avaient conquises, atten- 
daient de la France leiii- liljéialion. A. Ciassi;k. 



"Vue yénéralesur la question d'Alsace-Lorraitie, par .Iules Duiiem. 
Paris, Bossard, 1918, in-16 de 137 p., avec une carte. — Prix : 3 fr. 60. 

A dater du jour où les armées allemandes se sont ébranlées contre 
la France, le traité de Francfort a été déchiré. L'Alsace et la Lorraine, 
unités provinciales définies géographiquement. liistori(|uenient et po- 
litiquement, mutilées par les traités et dont la mission était d'être l'in- 
termédiaire Conciliatrice entre deux races, selon Michelel, devinrent 
trop souvent la rançoii des guerres qu'elles ne désiraient pas. .\ la veille 
d'un nouveau règlement du statut de ces province.s, il était utile 
d'étudier à nouveau la (jnestion. M. Duhem l'a fait dans une vue 
d'ensemble à la fois concise et suffisamment complète, rassemblant et 
analysant les traits, les faits et les témoignages essentiels. 

Cette étude est faite en trois sens : 1" le sens géographique qui se 
dégage des conditions stratégiques, de la vie économique, de la race,^ 
des moeurs, de l'esprit national et des instincts natifs du peuple, et. 



- I7i) — 

(lui Iraceiil la viiiic limite des deux provinces ; 2" le seii> lii^iui ifjin' 
où l'auteur oppose la réalité aux subtilités d'histoire diplomatique 
exploitées par tous les auteurs allemands ; 3'^ le sens juridique rigou- 
reux qu'il était indispensable de définir au moment où k gouverne- 
ment alleniand discute sur la procédure de restitution, exige l'envoi 
de députés alsaciens-lorrains à l'Assemblée nationale allemande et 
réclame un plébiscite, qu'il tiendra d'ailleurs pour nul s'il est défavo- 
rable à l'empire. Cette dernière partie est traitée d'une manière par- 
ticulièrement neuve et mérite toute l'attention du lecteur. 

.\. Gassf.k. 

Le Gendarme Sehneidly et se.s mésaventures en .\lsaee, par 

.\i.Bi:i(T (iicis ; Iradiiil de ralsacieii par Jui-is Fi'.(n;i,i(;ii. l'aris, Hergor- 
LevrauH. 191!), iii-IC) do 107 p., illustré par H. Zisliii. — Prix : 3 fr. 50. 

Nous avons rendu compte en son temps de 1 ouvrage original en 
dialecte alsacien. Il a perdu quelque peu de sa saveur à la traduction, 
mais M. J. Frœlich l'a écrite dans un style Erckmann-Chatrian, dont 
la simple bonhomie a bien aussi son charme et répond au français 
provincial d'Alsace. Du moins les Français et ceux qui ne possèdent 
pas le dialecte alsacien, trouveront dans cette amusante histoire une 
démoustralion directe du véritablecaractère alsacien. L'amour de la pa- 
trie française, la haine la plus farouche de tout ce qui vient d'Outre-Rhin , 
pour s'exprimer dans un dialecte germanique, n'en est pas le moins 
du monde attéimé. De plus c'est l'image vécue de lAlsace pendant le 
régime allemand. Les incidents qui s'y succèdent ne sont nullement 
inventés, je lai déjà dit ; l'auteur a imputé seulement au gendarme 
Schneidig les exploits de plusieurs autres Boches, non moins 
(( schneidig » que lui. Dans la Préface du traducteur, M. Frœlich nous 
présente l'auteur, Albert Geis, littérateur alsacien de grand mérite 
et collaborateur de l'artiste Zisliii au Cercle théâtral de Mulhouse, 
comme à la revue satirique Dur's Elsass. A. Casser. 



L" Allemand, souvenirs el réflexions d'an prisonnier de yuerre, par Jacques- 
Rivii;RE. Paris, Éditions «le la « Nouvelle Revue française », 1918, in-16 
de 253 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Deux parties : la première (D'ap/vs nature) nous montre r.\llemand 
tel qu'il est apparu à l'auteur. Cette partie est claire, généralement 
bien étudiée, quoique souvent un peu subtile : elle est d'inspiration 
très française ; l'autre (.4 l'en croire), en dépit des efforts visibles 
de M. Rivière, reste lourde et d'une digestion particulièrement labo- 
rieuse : nous subissons ici la pleine influence d'Outre-Rhin. 

M Je fus fait prisonnier dans les derniers jours d'août 1914, dit 
l'auteur dans son Avant-Propos. Je suis resté près de trois ans en 



- 180 — 

Alleniague. Ce n'est qu'en 1917 que j'ai été interné en Suisse. » — 
Connaissant parfaitement la langue allemande, il fut désigné comme 
interprète dans les camps de prisonniers. 

M. Jacques Rivière a visé loyalement à l'impartialité. En captivité, 
il lisait assidûment les journaux du pays. Est-ce à cette circonstance, 
(on simprègne parfois à son insu du suc des mauvaises lectures), 
qu'il doit d'émettre des appréciations contestables comme celles des 
pages 112 et suivantes où nous voyons que u les Allemands n'ont pas 
lancé dans celte guerre de véritables mensonges, de nouvelles entiè- 
rement fabriquées » ? Et cependant le chapitre où l'on relève cette 
manière de voir est intitulé : « La vérité, c'est tout ce que Ion peut 
faire croire » (idée allemande, d'après M. Rivière). 

La présente étude est tellement fouillée et complexe que je me 
garderai bien de suivre l'auteur pas à pas. Je me bornerai donc à 
cueillir ces quelques appréciations : « L'Allemand est incapable de 
rien faire sans s'y être préablablement obligé. Et pas même le mal. 
Mais il s'y oblige fort bien. J'ai déjà montré dans quel esprit presque 
paisible et comme ouvrier il allait au combat. Tous les excès que je 
lui ai vu commettre après la bataille étaient empreints de la même 
application, portait de même la marque du devoir » (p. 136-137). — 
(Quelle mentalité ! 

Après nous avoir (( portraituré » l'Allemand D'après iialure, l'au- 
teur nous le présente selon la formule de Paul Natorp, publiciste 
germanique, très touffu, parfois obscur, que peu de lecteurs com- 
j)rendront du premier coup. M. J. Rivière analyse copieusement un 
écrit de cet Allemand ; il le discute avec patience, sans aucune irri- 
tation, mais, tout de même (p. ^27), il finit par s'écrier : « On a pu 
voir dans tout ce qui précèdeque je n'aimais pas beaucoup les injures. 
J'ai spécialement pris soin de retenir le plus longtemps possible le 
gros mot de barbarie. J'ai môme condamné l'emploi qu'on en fait 
couramment pour stigmatiser certains défauts allemands que je crois 
avoir montré de qualité (.su:) toute différente. Mais enfin voici le 
moment arrivé où je ne puis plus m'empêcher de le lâcher. Oui, tout 
bien réfléchi, même si le triomphe de 1 Allemagne, même si la « ré- 
volution » du monde par l'Allemagne devaient représenter un pro- 
grès matériel positif, je prétends que ce ne pourrait être qu'au prix 
d'un retour à la plus effrayante barbarie intellectuelle. » Opinion 
longuement motivée ensuite, avec l'appui de Goethe, et complétée 
enfin par ces quelques lignes des pages 2.32-233 : « Dans l'ordre so- 
cial qu'inaugureraient les Allemands, sans doute une inflexible dis- 
cipline matérielle régnerait qu'il serait fou de songer à enfreindre. 
Certes, on ne se gourmorait pas dans les rues ; cela deviendrait pro- 
bablement un impossible, un invraisemblable dérèglement. Mais sous 



- \H\ — 

cette enveloppe rigide, on serait en pleine barbarie, cri pleine anar- 
chie. » Suit un tableau peu réjouissant des consL'(jiierices. 

Décidément, la Germanie n'est pas et ne sera peut-être jamais bille 
ni séduisante ; et, pour obtenir les sympathies du inonde civilisé, les 
gens de la Kultur auront jilus d'une étape à franchir. 

E.-A. (^UAi'uis. 



Mîiyvars et paiiçiermaiiistes, par Stéphen OsLSk\ et Jli.ks Choimn. 
Paris, liossard, l!tlS. in-Ift de vni-101 p., avec 2 cartes liors texte. — 
Prix : 3 fr. 60. 

M. Stéphen Osusky est un de ces patriotes slovaques qui, chassés 
de leur pays par les persécutions magyares, n'ont pas cessé de lutter 
pour l'émancipation de leurs frères opprimés. Notre compatriote 
M. Chopin a été pendant dix-sept ans chargé d'un cours à l'Univer- 
sité de Prague. Il a traduit en français le travail de M. Osusky, qui 
avait paru d'abord en anglais ; il la de plus adapté, complété et 
mis au point, dans la mesure où on le peut en un temps où les 
événements se succèdent avec la rapidité d'un film cinéiriatogra- 
phique. 

De cette collaboration est sortie une étude très solide sur les con- 
vulsions qui ont précédé l'effondrement de la monarchie des Habs- 
bourg ; les auteurs indiquent les grandes lignes du projet de la Mil- 
tel-Europa, qui eût fait peser sa lourde domination militaire, 
politique et économique sur le reste du monde. En particulier, les 
Magyars, très jaloux de leur prépondérance, avaient mis à prix leur 
concours à une entreprise dont ils attendaient un accroissement de 
pouvoir et de richesse. La politique astucieuse des hommes d'État 
hongrois est présentée avec beaucoup de précision et nous ouvre des 
perspectives impressionnantes sur le sort que nous réservaient les 
Centraux si la victoire n'était venu trahir leurs convoitises. 

P. PlSA.NI. 



L'Aube de la revanche. Les Victoires serbes de 1916, par Ki- 

GÈNE GAScoir^. Paris, liossard, J919. in-8 de 152 p., avec:20 photographies 
et une carte hors texte. — Prix : 4 fr. SO. 

Plusieurs livres nous ont déjà raconté les malheurs de la Serbie et 
l'effroyable retraite de l'armée et de la population à travers les mon- 
tagnes glacées de l'Albanie. Celui-ci est consacré à la revanche des 
Serbes. 11 les prend à Corfou, halte bienfaisante après l'épreuve ; 
nous fait suivre les phases de leur réorganisation, avec de vivants 
portraits de leurs chefs : le prince régent, les voïvodes Michilch et 
Stépanovitch, le général Vassitch ; les amène en ligne à la gauche de 
larmée française dOrieut (août 1916). D'abord violemment refoulés 



— 182 — 

par los Bulgares, ils reprennent l'offensive ; ce sont les victoires de 
Gornitchevo, du Kaïmatchalan, et la progression dans la montagne 
qui détermine la chute de Monastir. Le récit des événements militai- 
-res s'enchaîne bien et est mené clairement ; quelques anecdotes le 
rendent vivant. L'auteur insiste justement sur l'effort considérable 
fourni par les Serbes dans toute cette période, et sur la part que prit 
à leurs succès notre 2« bis de zouaves. Mais sa thèse, qui veut faire de 
Monastir une ville serbe, est contestée à la fois par les Grecs et par 
les Bulgares, avec des arguments qui mériteraient tout au moins 
d'être discutés. Quelques-unes des 20 illustrations photographiques 
sont intéressantes par l'idée qu'elles donnent du terrain et des 
■champs de bataille. A. T. 



Les Frontières historiques de la Serbie, par Gaston Gravieu. Pa- 
ris, Colin, 1919, in-8 de 164 p., avec 3 cartes dans le texte et 3 cartes hors 
texte. — Prix : 4 fr. 

L'auteur de ce livre, glorieusement tombé, le 10 juin 1915, à Ablain- 
îSaint-Nazaire, a été l'élève, à l'Université de Belgrade, de M. lovan 
Gvijié. C'est dire que nous trouverons son œuvre marquée à l'em- 
preinte des méthodes de ce maître, dont nous avons parlé dans le Po- 
lybiblion de février dernier (t. CXLV, p. 122-124) à l'occasion de sa géo- 
graphie humaine de la Péninsule balkanique. L'ouvrage de M. Gaston 
Gravier tire un intérêt particulier de ce qu'il fut écrit en 1913, alors que 
la question yougo-slave n'était pas encore ouvertement posée. Il y fait 
une simple allusion en écrivant, aux dernières lignes de sa Conclusion, 
<|ue les Serbes, un jour ou l'autre, porteront leurs regards vers les pro- 
vinces serbes de l'Autriche qui deviendra pour eux une sorte de nou- 
A'elle Turquie. Son étude vise le développement de la Serbie au couis 
■du dernier siècle. 11 voit dans ce pays « le type peut-être le plus re- 
présentatif de ces Etats qui naissent et se développent dans la zone 
longtemps indécise et mal différenciée où le contact s'établit entre 
lieux mondes profondément différents de race et de civilisation. » La 
poussée serbe, surtout dirigée vers le sud, présente un double carac- 
tère de contirmité et de rythme très remarquable. La Serbie est ainsi 
arrivée à garder, jusqu'à son dernier agrandissement de 1913, une 
homogénéité des plus précieuses. Souhaitons-lui de la conserver dans 
l'avenir. Livre excellent, où le lecteur sera heureux de trouver trois 
intéressantes reproductions des caries anciennes de Witt(xvii'^ siècle), 
Anlonia Zatta M78I) et d'une carte serbe de 1805. Il vient à son heure 
au moment où le Congrès de la paix met les questions territoriales au 
premier plan. Mais sa valeur historique et documentaire lui assure 
une durée supérieure à celle de l'actualité. A. T. 



— 183 — 

l'i>:uIilionN fr»in,*nîsps au I^iban, par Hknk RisTEi.iiuFinF.n. Paris, 
\l( an, 1918. in-X do viii-.'il4 p., avoc ± caitos dans Ir texte ci 'l fac-simil« 
hors texte. — l'iix : 6 fi . 

La nation maronite est fière de se réclamer de Tamitié de la France; 
des liens millénaires la rattachent à notre patrie. Sans remonter jtis- 
(jn'à Cliarlemagne dont les relations avec le Liban paraissent problé- 
fnatiqnes. la tradition française s'établit authenliquement dès le 
temps des premières croisades et ce sont les croisés qni sont les pré- 
■<Mirse»irs de cette tradition ; nos missionnaires, nos négociants, nos 
pèlerins et nos voyageurs en sont les fondateurs ; nos rois en ont été 
les protecteurs et nos agents diplomatiques et consulaires ont su 
l'entretenir avec une continuité de vues qui ne s'est jamais interrom- 
pue, même pendant la grande Révolution. Nous sommes à la veille du 
jour où la protection française sur la Syrie va prendre une forme nou- 
velle et, espérons-io, définitive. 

M. Ristelhueber développe son exposé en utilisant de curieux docu- 
ments tirés pour la plupart des archives des Affaires étrangères. Des 
épisodes caractéristiques interrompent le récit sans en diminuer l'in- 
térêt. Telle la touchante histoire de la noble famille des Khazen.dont 
quatre membres ont exercé les fonctions consulaires en Syrie, de 1653 
à 1758. Deux de leurs descendants étaient encore, en l'Jli, attachés 
au consulat de Beyrouth, et, victimes de leur attachement à la France, 
ils ont été pendus par les Turcs. Combien de Maronites ont payé de 
/jeur vie leur traditionnelle amitié pour nous ! Quelle reconnaissance 
devons-nous à l'historien qui nous rappelle ces glorieux souvenirs ! 

P. PiSANI. 



Le Rapport secret du D"^ .Johannès Lepsius, président delà 
Deutsche Orient-Mission et de la Société germano-armé- 
nienne, sur les massacres dWrménie, publié avec une Préface de 
Uené Pino.n. Paris, Pavot, 1919, iti-16 de xx-.332 p. — Prix : .o fr. 

Le monde civilisé a frémi d'indignation en 1890 au récit des épou- 
vantables tueries ordonnées en Arménie par Abd-ul-Hamid, « le sultan 
rouge » ; mais ce n'était que jeu de prince auprès des exterminations 
organisées en 1915 par les sinistres gredins qui composaient le comité 
« Union et Progrès, m De la Méditerranée aux frontières persanes, la 
population arménienne a été arrachée à ses foyers et à peu près 
anéantie ; il n'était question officiellement que de transporter dans 
des provinces lointaines des sujets remuant* et soupçonnés de sym- 
pathies pour l'envahisseur moscovite, mais cette prétendue déporta- 
tion n'était qu'un mensonge : sur deux millions d'Arméniens, les trois 
quarts au moins, sinon les sept huitièmes ont été victimes des assas- 
sins ; tués par leur escorte dûment stylée, morts de misère dans les 



— 184 — 

déserts où ils étaient parqués sans vivres ; les femmes et les enfants 
survivants étaient réduits en esclavage et convertis de force à l'isla- 
misme ; on pensait résoudre la question arménienne en fafsant dis- 
paraître toute la race. 

Quelle part de responsabilité revient aux Allemands dans ces abo- 
minations ? Les perfides communiqués de l'Agence Wolf essayaient 
de donner le change et de justifier le crime ; des écrivain^, comme le 
D'" Stuermer ont laissé percer une partie de la vérité et le présent vo- 
lume dévoile l'affreux mystère. 

Le D' Lepsius, président de la Société des Missions protestantes 
d'Orient, est allé faire, dès la fin de 1915, une enquête, dont les résul- 
tats accablants ont été consignés dans un rapport minutieusement 
documenté ; ce rapport a été lu dans une assemblée de pasteurs et de 
missionnaires, puis imprimé, mais seulement en épreuves, et com- 
muniqué confidentiellement à quelques amis ; des démarches ont été 
tentées en kaut lieu pour arrêter les massacres et se sont lieurlées à 
l'indifférence officielle. La sévérité avec laquelle ces courageuses pro- 
testations ont été étouffées montre à quel degré le Kaiser et ses com- 
plices se sentaient impliqués dans cette sanglante histoire. 11 a fallu 
l'effondrement du pouvoir impérial pour qu'on puisse enfin divul- 
guer ces accusations écrasantes pour les Jeunes-Turcs et pour ceux qui 
les ont couverts de leur appui. P. Pis.vm. 



Le Dilemme de la guerre, p;ir Gabcia Calderon. Paris, Grasset, 1919, 
in-t8 de 307 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Ce n'est pas une œuvre de peu d'importance que d'opposer l'une et 
l'autre, en un raccourci puissant, sans tomber dans l'abstrait, les deux 
conceptions du monde, la germanique et loccidenlale. M. Garcia 
Calderon y était préparé par lé livre de valeur qu'il avait écrit, avant 
la guerre, sur les Démocraties lalliies de l'Amérique, étude concrète 
des conditions de vie de ces jeunes États démocratiques. ^< Un dilemme 
que vont résoudre des batailles », tel est, pour lui, le sens profond 
de la Grande Guerre ; entre les empires centraux et les démocraties 
de l'Occident, l'antagonisme était devenu si aigu, que seul un cori- 
llit sanglant pouvait le résoudre. La lutte est entre deux systèmes, 
sans conciliation possible. D'un côté, l'Empire ; de l'autre, les na- 
tions ; une race supérieure qui se targue de régénérer le monde ou 
des États divers qui suivent librement leurs destinées ; l'ordre uni- 
forme imposé par l'autorité ou la diversité féconde ; la force brutale 
ou la pitié. Le triomphe du premier système représenterait le plus 
grand recul moral qui ait menacé la civilisation. On voit rinli'rèt qui 
s'attache au sujet. Au cours de son développement, M. (iarcia Cal- 
deron est ampné à envisager les questions philosophiques et liistori- 



- iSo — 

(jues les plus importantes : rôle de la guerre et de la paix, valeur 
relative des diverses formes de gouveriiemeut, impérialisme eu 
général, pangermanisme. Signalons particulièrement le ciiapitrc \ : 
K La Kace tutéiaire » où se trouve condensé le meilleur de ce qui 
a été écrit sur la race allemande et sa prétendue prédestination. Le 
chapitre des « Deux Testaments » est aussi très remarquable par la 
manière dont il montre lopposition irréductible entre les deux con- 
ceptions de la vie. la germanique et l'occidentale. 

L'auteur conclut que la conception occidentale doit prévaloir, mais 
qu'elle sera rectifiée par les leçons de la guerre. Un Appendice donne 
l'éloquent discours qu'il a prononcé à la Sorbonne le 21 novem- 
bre 1917, pour expliquer comment, malgré l'effort allemand, l'Amé- 
rique espagnole et le Brésil restent profondément attachés à la Fiance. 

Bon livre, débordant d'idées, très justes le plus souvent, toujours 
étayées par une riche et solide documentation et présentées avec un 
souci de l'objectivité qui fait le plus grand honneur à l'auteur. Il a 
d'autant plus de mérite à rendre une pleine justice aux qualités incon- 
testables des Allemands qu'il nourrit à l'égard de la France d'autre- 
fois et d'aujourd'hui une vive sympathie, qui lui inspire les termes 
les plus heureux pour célébrer notre pays entre tous les autres. Un 
rapprochement s'impose entre ses idées et celles que G. Ferrero a 
développées dans ses deux livres : La Guerre earopêenne et Le Génie 
laLin et le Monde moderne. 11 est fort intéressant de voir ces deux 
Latins, partis du Janiculeet de la Cordillère des Andes, se rencontrer 
à Paris sur les mêmes conclusions : impuissance du seul progrès 
scientifique à nous faire atteindre un idéal de perfection et supério- 
rité de l'esprit sur la matière. Voilà ce qui distinguera toujours la 
civilisation latine de la civilisation germanique et pourquoi il fallait 
que nous sortions victorieux de la guerre. A. T. 



Vertus guerrières, parle capitaine Z... Paris, Payot. 1918, in-16 de :2oO p. 
— Prix: 4 fr. 50. 

On doit au capitaine Z. plusieurs études pleines d'intérêt et d'origi- 
nalité sur Y Armée de la guerre, sur X'OfJicier et le soldat français. Sous 
le titre : Vertus guerrières, il a groupé une série d'observations per- 
sonnelles, de réflexions suggérées par les opérations auxquelles il a 
'I pris part, par les récits qu'il a recueillis. 

Officier de complément, le capitaine .Z. apprécie à leur valeur les 
officiers de carrière et par là il entend ceux d'avant la guerre et non 
tous les sous-oificiers parfois trop rapidement promus ; etaprès avoir 
sévèrement jugé ces soldats de M. Barbusse, ces hallucinés sortis de 
l'imagination de l'auteur du Feu, il rappelle la belle leçon militaire 
donnée par le général de Castelnau, au camp de Mailly, dans les pre- 



— 18G — 

iniers jours de juillet 1914. Le Mercure de France du 1" janvier 1917 
l'avait publiée et elle est caractérisée par la question adressée par le 
général au colonel de Cissey, à l'issue de la manœuvre : « Où vouliez- 
vous mourir ? » C'est bien la suprême vertu guerrière : Mourir puis- 
samment pour mourir utilement. 

L'idée de fidélité est aussi un facteur de victoire. Le soldat doit être 
fidèle aux chefs, à la patrie, au drapeau, fidèle aux traditions de son 
corps, fidèle aux morts. Parmi les qualités qu'il doit acquérir et.déve- 
lopper figurent : le dévouement, le sacrifice, le goût des responsabi- 
lités, l'esprit d'initiative et d'activité, l'opiniâtreté, la foi dans le succès. 

A l'appui de chacune de ces vertus militaires, le capitaine Z. cite des 
exemples empruntés aux faits dont il fut témoin, aux citations qu'il 
a relevées. Il a lui-même foi dans l'avenir de la France, après la paix, 
mais il estime que la victoire eût été obtenue plus aisément, avec des 
sacrifices infiniment moindres : « Si nous avions été tous et de tous 
les temps loyalistes et unis par un commun idéal sous un chef véri- 
table, avec un régulateur national (p. 62). « Il va de soi qu'avec un 
bon gouvernement on a les meilleures chances d'avoir une excellente 
armée. H. L. 

Clemenceau, par Camille Ducray. Paris, Payof, 1918, in-16 de 122 p.. 
avec 3 portraits et 1 autographe. — Prix : 2 fr. 50. 

Les panégyristes de M. Clemenceau' ont beau jeu en ce moment à 
nous présenter de sa vie seulement le beau côté. L'opinion publique, 
reconnaissante à leur héros delà part qu'il a prise à la victoire, leur sau- 
rait peut-être mauvais gré d'insister stir ce qui n'est pas à son honneur 
-dans sa carrière passée. M. Camille Ducray a usé de cette facilité pour 
nous donner un Clemenceau où « l'homme politiquç » ne tient qu'une 
toute petite place entre u l'étudiant » et (( le médecin » d'une part ; 
« le journaliste », (( l'écrivain » et le (( grand citoyen » d'autre part 
(25 pages sur 121). Du terribledémolisseur que fut Clemenceau, qui n'a 
jamais cessé toute sa vie de poursuivre de sa haine et de ses sarcasmes 
tant de choses respectables, sacrées même : du Clemenceau que nous 
trouvons dans le recueil d'articles de l'Homme libre réuni sous le 
litre : Dans les champs du pouvoir, il n'est presque rien dit. Mieux vaut 
<uijourd'hui insister sur le Clemenceau de la France devant l'Alle- 
magne, animé d'une foi ardente dans les destinées de la patrie. Les 
citations de quelques passages des discours qu'il a prononcés à la 
<;hambre, au cours de celte période tragique, vibrants comme des 
<'oups de clairon, sont bien faites pour nous donner la plus juste idée 
tle son patriotisme et de la qualité particulière de son éloquence, toute 
proche de celle des orateurs de la Convejilion, (ju*Tnd ils proclamaient 
la pairie en danger. 



— 187 — 

Signalons (p. 83) les quelques lignes, heureusement mises en évi- 
«lenre par M. Diicray, où Clemenceau exprime ses ambitions de 
journaliste au sujet de l'action qu'il prétend exercer sur <( le passant 
inconnu. >> A. T. 

Xotre Clemenceau juyé par un catholique, par J. Haymond. Paris, 
Jouve, s. d., (191S) in 16 de 159 p. — Prix : 3 fr. 

Cet opuscule que l'auteur appelle un a recueil de faits, de pensées 
et de jugements » (p. .35) constitue non seulement une apologie, mais 
4ine véritable apothéose de l'éminent homme d"Élat qui préside actuel- 
lement de si belle façon aux destinées de notre pays. Le nom de 
(( catholique >->, spécialement réclamé par M. J. Raymond, ne se jus- 
tifie dans son ouvrage à peu près par rien. Cet écrit d'ailleurs ne se 
ilistingue pas par la précision. Les quinze chapitres dont il se com- 
pose sont des amas successifs de louanges méritées, mais incohé- 
rentes. Le principal intérêt qu'ils offrent sont de nombreuses et 
longues citations des plus récents discours de M. Clemenceau. Cela 
aide à feuilleter jusqu'au bout le dithyrambe de M. Raymond. On 
y trouve un lapsus bien singulier. « L'Autriche-Hongrie, fatiguée de 
la guerre, subie sous le joug de l'Allemagne, nous dit l'auteur, s'était 
adressée secrètement au pape Léon XIII (sic), qui avait fait appel aux 
Jjelligérants, pour obtenir la cessation des hostilités. » Voilà du coup 
supprimés, non seulement les débuts du pontificat de Benoît XV, 
mais le rèsrne entier de Pie X. M. S. 



David Lloyil Georye. élude biofjrnphiqne, par Harold Spender ; traduc- 
tion de Robert L. Cru. Paris, Colin, 1919, in-l8 de 362 p. — Prix : 4 fr. 

Voilà un ouvrage que liront avec profit et non sans agrément ceux 
qui seraient curieux de connaître la formation et la mentalité du 
Premier britannique. Évidemment c'est un livre d'ami, et d'ami en- 
thousiaste. On ne saurait lui demander de critiquer. On aurait pu seu- 
lement souhaiter que sur certaines questions de politique intérieure il 
nous eût renseignés avec un peu plus de précision. Mais ce qu'il met en 
pleine lumière, c'est le rôle joué par son héros durant la guerre mon- 
diale, un rôle de premier plan, que notre reconnaissance ne saurait 
oublier. Chancelier de l'Échiquier lors de l'ouverture des hostilités, et 
occupant ce poste depuis six ans, M. Lloyd George devint, en mai 1915. 
ministre des munitions ; en juin 1916, ministre de la guerre, à la 
suihe de la mort tragique de Lord Kitchener ; en décembre 1916, 
premier ministre, concentrant tout de suite les pouvoirs dans un cabi- 
net de guerre très peu nombreux, et se faisant l'un des plus actifs, 
l'un des plus décidés préparateurs de l'unité de direction et de com- 
•mandement pour l'ensemble des armées alliées. Nul pourtant n'est 



— 188 — 

moins suspect de militarisme chauvin. Il avait combattu la guerre con- 
tre les Boers. et crânement, sans craindre d'affronter les huées, les vio- 
lences. Contre l'Allemagne, il ne se décida pour la guerre que le 4 août, 
mais résolument alors. « Je puis comprendre, a-t-ildit, qu'un homme 
s'oppose à une guerre, mais je ne peux comprendre un homme qui 
fait la guerre d'un cœur hésitant. » 

Lorsqueri avril 1890 fut laborieusement élu à la Chambre des com- 
munes le modeste avoué-avocat {allorney) du pays de Galles qu'était 
alors le premier ministre d'aujourd'hui, et qui n'avait que vingt- 
sept ans, étant né le 17 janvier 186.3 à Manchester, il s'était déjà 
révélé d'un vigoureux tempérament, d'une ardente éloquence. 11 s'est 
formé et il a pris de l'ascendant eu se révoltant ou en poussant à la 
révolte non-conformis-te contre l'Église établie, enfant du peuple 
contre les squU-es de son comté, en attendant qu'il menât ses cam- 
pagnes passionnées contre les landlords et contre la Chambre des 
pairs. Révolutionnaire, il l'a été beaucoup et trop. Mais entre le roi 
Georges V et lui, l'estime et môme l'amitié sont aujourd'hui pro- 
fondes et réciproques. Au premier rang des hommes d'État qu'il 
admire et qu'il aime, ce révolutionnaire place Edmond Burke. Il e.st 
pieusement attaché à sa petite patrie, le pays de Galles, pour lequel il 
réclame le home riile, fervent de sa langue, de sa poésie, de ses chants. Il 
a l'intelligence trop ouverte pour être prisonnier des mots et des for- 
mules : il a le sens du réel. Souhaitons qu'il nous en donne de nou- 
velles preuves tant à la conférence de la paix qu'en face des troubles 
ouvriers qui menacent la Grande-Bretagne. 

Babon .\>'got des Rotours. 



Le Colonel Driant, par Gaston Jollivet l^aiis, Delagravc, 1918, in-lS 
de 264 p., avec un autographe du niaréclial Foch. — Prix : 3 fr. 50. 

Ce nom sonne comme un coup de clairon de la guerre. Sous son 
pseudonyme de « Datait » l'officier qui le porta était connu de toute 
une génération de jeunes lecteurs qui s'étaient enthousiasmés aux ré- 
cits aventureux et pittoresques de ses romans militaires : Robinsons 
sous-marins, Robinsons de l'air, la Gderre de demain. Histoire d'une 
famille de soldais, etc.. Maintenant le colonel Driant est entré dans 
la renommée guerrière, depuis son trépas glorieux au bois des Caures. 
au début de la terrible oll'ensive contre Verdun, au mois de février 
191G. 

M. Gaston JoUivet, d'une plume alerte et familière, a puisé direc- 
tement à d'excellentes sources: lettres, papiers de famille, archives 
régimentaires, pour conter la carrière essentiellement militaire de ce 
jeune officier d'Afrique, instructeur à Saiut-Cyr, commamlant de 
chasseurs en Lorraine, dont l'épée fut brisée par les ministres ])oliti- 



— 189 — 

rions qui failliront, de 1000 à l!)10, rotiHuire l'armée française à la 
mine. On faisait payer à Driant le (( inallieiir » d'être le gendre du gé- 
néral Boulanger. Il utilisa alors son inaction forcée en écrivant dans les 
jourtianx et en entrant à la Channbre comme député de Nancy. La 
(irande Guerre le rendit à son rôle de soldat. Il s'y conduisit en héros. 
Toutes ses paroles, tous ses actes, tous les détails de son existence de 
combattant et de chef méritaient d'être recueillis. L'admiration de ses 
camarades, l'afFection respectueuse de ses hommes lui donnaient une 
influence paiticulicre. Sa perte est une des plus sensibles qui aient 
atteint l'artnée et la France. La lecture de ce livre est faite pour nour- 
rir le patriotisme. Geoffroy de Grandmaison. 



Une Ame de séminariste soldat. Le Seryeiit Pierre Bakouard, 
du 125' d'infanterie, par I'aul Viglé. Paris, Beauchesne. 1918, in-16 
de 220 p.. avec 2 portraits. — Prix : 3 fr. l'A). 

Né le 30 juin 1892, à Loudun, Pierre Babouard fut tué d'une balle 
au front devant Verdun, le dimanche 7 mai 1916. Il avait, comme 
tant d'autres, quitté le séminaire pour le régiment. Comme beaucoup 
d'autres, il s'appliquait par esprit de devoir à exceller dans des obli- 
gations pour lesquelles il n'était pas fait. Plus et mieux que d'autres, 
grâce aux ressources multiples de sa riche nature, il s'imposa par son 
exemple et rayonna par sa parole. Il a>j)irait au sacerdoce de toutes 
les énergies de son âme d'apôtre, mais il accepta vaillamment le 
f^acrifice qu'il avait envisagé et, semble-t-il, pressenti. « Il ne s'agit 
pas de vivre longtemps, disait-il, mais de bien vivre, et ce n'est pas 
gâcher sa vie que de la sacrifier librement, dans l'acceptation géné- 
reuse de la mort pour le salut du pays. » Ses élans vers Dieu réle- 
vaient sans cesse au-dessus des médiocrités oii tant d'autres se com- 
plaisent. En même temps il s'évertuait à alléger son âme, à la dégager 
de tout ce qui pouvait alourdir son vol. Son biographe ne nous cache 
pas qu'il eut ainsi à veiller constamment contre les reprises d'une 
nature où certaines tendances d'amour-propre, en particulier, auraient 
pu faire échec à de belles qualités, et je ne sais rien d'émouvant 
comme le spectacle de ce jeune homme qui n'a rien de plus à cœur 
•que de s'amender par amour de Dieu. A ce titre, son exemple sera 
utile non seulement aux lévites ses confrères, mais à tous les hommes 
qui se préoccupent d'ascension morale. Ch. Landry. 



Lettres à un converti de la guerre, par G. Letouhneau, 2' série. 
Paris, Gabalda, 1919, petit in-12 de vni-353 p. — Prix : 2 fr. 50. 

Encouragé par le succès si légitime qui a accueilli ses première.s. 
lettres, et qui avait été à la fois souhaité et prévu ici même {Polybi- 
• blion d'août-septembre 1918, t. GXLIIl, p. 97-98). M. le curé de Saint- 



— 190 — 

Sulpice pul)lie un second volume, tlonl l'utilité ne sera pas moindre.. 
11 serait difficile de trouver ailleurs en si peu de mots des conseils 
plus précis et pltis variés. Qu'il s'agisse d'orienter vers la révélation 
chrétienne un ingénieur athée désireux de s'instruire, qu'il faille 
répondre à des questions posées au sein d'un comité soit par un 
avocat à tendances modernistes soit par des partisans de la foi du 
charbonnier, que l'occasion se présente de rappeler les règles de la 
spiritualité chrétienne ou la nécessité de l'apostolat et de l'action 
sociale, toujours on entend, à point nommé, la parole la plus nette. 
11 n'est guère dans la manière de iM. Letourneau de multiplier les 
longues phrases et les développements. 11 procède par traits rapides, 
avec une sûreté de main qui révèle autant d'expérience personnelle 
que de savoir. Ce qu'il ne dit pas, il indique où on le trouvera : les 
références bibliographiques qui suivent chaque lettre complètent 
ainsi son enseignement. Les chrétiens attentifs à le suivre admireront 
chaque jour davantage les beautés de leur foi et la vivront en pléni- 
tude avec une logique mieux avertie. Il faut souhaiter que le nombre 
en soit grand. Ch. Landuy. 



Les Consolations. Pour les coeurs dévastés, par Edavau MoNTiicn, 
Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1918, in-16 de 
306 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Si l'enseignement de l'Église catholique, qui prête à chaque desti- 
née humaine tant de sérieux et de grandeur, peut terrifier, par cer- 
tain côté, les perspectives qu'il ouvre, d'autre côté, sont d'une spletj- 
deur incomparable, et c'est bien dans ces perspectives que doivent 
nous apparaître les morts qui viennent de donner leur vie pour la 
France. Us sont beaux ; ils sont purs ; ils sont en sécurité ; ils sont 
heureux ; ils sont meilleurs ; ils vous voient ; ils sont tout près ; ils 
vous aiment ; ils vous comprennent ; ils sont à vous ; ils vous at- 
tendent ; ils vous recevront : tels sont les titres que M. Edward Mon- 
tier donne aux chapitres de son livre en l'honneur de nos morts, je 
dirais volontiers aux chants de son poème, poème en prose, sauf la 
prière finale, mais dans lequel on sent constamment une àme ardente 
de noble poète. Œuvre de penseur aussi, et de fin moraliste, et de 
ferme chrétien. J'aurais aimé qu'il nous ])résenl;U davantage la justi- 
fication théologique de ses affirmations. Maisjene veux nullement in- 
sinuer qu'elles ne sont pas justifiées théologiquement. Entre l(>s nom- 
breux ouvrages qui ont été composés récemment pour olVrir des 
consolations, celui-ci a été déclaré supérieur à beaucoup d'autres par 
Mgr lîaudrillart. dans sa récente allocution (décembre 1018) à l'As- 
semblée générale de l'Assistance mutuelle des veuves de la guerre. 

Baron .\>got des Rorouns. 



— 191 — 

La Cité «le demain «laiiH Ie« r«';|i<»iis dévaMléi'is. par .1. MAUcrr. 
AiiuHTiN ri llr.MU IW.am iiaud. l'iiris. Colin. 11117, i^r. iii-8 do \ii-317 p. 
— l'iix : 6 fr. 

L'un des auteurs de ce livre, .M. J.-M. AuLui lin, avait collaboié à 
un précédent ouvrage intitulé : « Comnicnl reconstruire nos cités dc- 
Irailes. Mais, depuis lors, les questions de cet ordre n'ont cessé de se 
renouveler, de s'élargir. Pour montrer que le présetit volume les en- 
visage dans toute leur ampleur, il sufïîra de faire connaître ses- 
grandes divisions : 1" partie, exposé des principaux travaux anté- 
rieurs sur la reconstitution des cités détruites ; 2*^ partie, conceptiou 
des cités à recoritruire ; S*" partie, l'exécution des travaux ; 4" par- 
tie, législation et réglementation. En divers points de ces études, il 
y aurait sans doute lieu de les compléter par la mention des faits ou 
de documents postérieurs à leur publication. Mais il y aura toujours 
profit à les consulter. Avec des indications abondantes et surabon- 
dantes de projets parlementaires et autres, les auteurs, quand ils 
expriment leurs idées personnelles, en pioposent souvent de justes- 
ou d'intéressantes. Ils souhaitent par exemple (p. 96) qu'à l'avenir on 
préfère aux monuments commémoratifs, dont on a tant abusé, des 
œuvres commémoratives bellement conçues, telles que places, grou- 
pements d'édifices. Ils recommandent de confier l'établissement des 
plans régulateurs (p. 106) à des architectes compétents, et non pas 
aux agents de second ordre auxquels s'adressent souvent les autorités 
locales. Ils font des vœux (p. 222) pour que la pratique se répande 
de contrats collectifs de travail, obligatoires pour les deux parties. Ils 
conseillent judicieusement d'utiliser davantage l'arrondissement eu 
tirant meilleur parti des commissions sanitaires qui déjà y sont ins- 
tituées, et en y créant des agences temporaires pour coordonner 
l'œuvre de reconstruction. Il doit être entendu que ce n'est pas seule- 
ment aux villes, c'est à tout groupement de population, que s'ap- 
plique, en ces pages, le mot de cité, et il en est ainsi du terme, qui 
n'est pas très bien choisi, mais dont l'usage va se généralisant, d'iir- 
Ijanisme. Baron Angot des Roxoras. 



L'Alimentation en temps de guerre, avec recettes et menus, par 
M""^ Aie. Moll-Weiss. Paris et Nancy, 1919, in-12 de xv-203 p. — Prix : 
3 fr. oU. 

Les 1 18 premières pages de ce livre, qui en forment la première par- 
tie peuvent être considérées, à beaucoup d'égards, comme une his- 
toire de l'alimentation pendant la longue guerre dont nous sortons à 
peine et de façon si laborieuse. M^'MolI-Weiss, qui fait autorité pour 
tout ce qui concerne le sujet, a divisé cette première partie en dix 
chapitres, savoir : I. Les Économies et l'Alimentation en temps de 



— 192 — 

guerre ; II. Il faut manger pour vivre ; III. L'Aliment carne en temps 
de guerre ; lY. Les Succédanés de la viande. V. Le Pain et ses suc- 
cédanés ; VI. La Consommation des corps gras ; VII. Légumes frais 
cl fruits frais ; VIII. Le Sucre ; IX. Nos Boissons ; X. Le Chauffage 
et l'éclairage en temps de guerre. — Quant à la deuxième partie : 
liecetles et menus de guerre, elle comprend neuf chapitres très détaillés, 
dont les ménagères feront bien de s'inspirer le plus possible actuelle- 
ment et aussi, dans une certaine mesure, quand luiront des jours 
plus heureux ; car l'économie, sous toutes ses formes, devra, après la 
terrible crise dont la fin n'apparaît pas encore, être longtemps prati- 
quée dans les familles. 

Transmettons maintenant à qui de droit ce desideratum de l'auteur : 
« A celles qui liront ces pages, nous demandons de nous faire l'hon- 
neur de devenir nos collaboratrices. Elles le seront en nous faisant 
parvenir leurs observations, leurs réflexions, les données pratiques 
intéressantes qu'elles possèdent et les recettes qu'elles ont éprouvées. » 

E.-A. Chapuis. 



Lies Gars de la flotte, par Abnould Galopin. Paris, Albin Michel, s. d., 
in-16 de 396 p. — Prix : 4 fr. 50. 

Le fécond écrivain qu'est M. Arnould Galopin nous avait récemment 
donné dans Sur le Front de mer un mémorial authentique des héros 
de la marine marchande. Aujourd'hui, daiis les Gars de la Jlolte, 
l'auteur redevient romancier et se plaît à écrire, sous forme de roman, 
une sorte de livre de bord, en nous prévenant que l'imagination n'y 
joue qu'un rôle insignifiant. Ce journal contient, à certaines pages, 
des situations et des scènes réellement impressionnantes, mais, bien 
qu'elles soient peut-être au-dessous de la vérité, elles ne nous touchent 
pas autant que le récit très simple de faits tous véridiques. L'en- 
semble est cependant intéressant et plaira surtout aux jeunes lecteurs 
<pii, sans chercher à faire la part du vrai et du faux, prendront un 
grand plaisir aux aventures dramatiques de nos marins delà brigade 
et à l'amour qu'inspire à l'un d'eux la jeune Louise. J. C. T. 



— L'Allemagne, tout comme ses alliés, étant bel et hier» vaincue, 
([uoi qu'elle en dise, puisque les Alliés occupent une partie de son terri- 
toire et qu'elle a dû livrer sa flotte de guerre sans combat, fait unique 
dans les annales du monde, c'est avec une véritable satisfaction que 
chacun lira Vllisluire sommaire de la guerre de quatre ans. que, sous 
la signature S. H., membre de plusieurs sociétés savantes, vient de 
publier la librairie llaclietle (in-IG de 42 p. Prix : fr. 75). Celte bro- 
chure se compose de sept chapitres : I. Les Causes immédiates de la 



— 19:{ — • 

guerre. II. La riuerrc en 11)1 i. III. La Guerre en lOlo. IV. La Guerre 
cri 1916. V. La Guerre en 11)17. VI. La Guerre en 1918 (jusqu'au 
4 novembre). \l\. L'.\rniislice. La ViclDire fie l'Entente et du droit'. 
On a là une vue d'ensemble, claire, rapide, précise, qui restera sanH 
elTort dans toutes les mémoires. 

— Bien que la librairie Berger-Levrault ait mis à la disposition 
de sa clientèle des cartons d'emboîtage^ dont il est question plus 
loin, pour les nombreux volumes des Pages d'histoire, cela ne signi- 
fie nullement que cette collection soit terminée. A telles enseignes 
que voici encore six nouveaux fascicules : N" lofî. Les Communiqués 
officiels depuis la déclaration de guerre. XXXVII. Avril-juin 1018 (suite 
chronologique des dépêches du gouvernement français) (in-I2 de 
232 p. Prix : 2 fr. 50). — N" 157. Dans sa livraison d'avril 1915, le 
Polybiblion (t. CXXXIII, p. 168-169) a signalé le n" 39 de la collection 
relatif au Front, qui, au moyen de 32 cartes, donnait la situation qui 
varia si fréquemment du 10 août au 30 décembre 1914. Aujourd'hui 
nous avons à mentionner 16 autres cartes en six couleurs faisant suite à 
celles publiées il y a quatre années sous le même titre : Le Front (in- 
12, 4 pages de texte précédant les cartes. Prix : t fr. 50). Mais, cette 
fois, il s'agit des a Étapes de la délivrance » par lesquelles sont mar- 
qués les Fronts successifs du 1'"'' janvier 1915 au 15 octobre 1918. Ce 
petit atlas, qui parle si bien et si agréablement aux yeux, sera com- 
plété plus tard — espérons que ce sera bientôt — par un nouveau 
fascicule qui « nous permettra de suivre les armées alliées au travers 
de l'Allemagne vaincue. » — N° 158. M. Keble Howard a intervviewé 
les officiers et surtout le capitaine Carpenter, qui dirigea l'expédition 
navale britannique contre Zeebrugge et rendit inutilisable par les Alle- 
mands (les « Boches », comme dit invariablement l'écrivain anglais) 
ce port belge transformé par eux en un repaire de sous-marins. Et de 
ce qu'il a appris de la sorte, il nous présente un résumé très vivant, 
qu'il intitule : L'Épopée de Zeebrugge et le « Vindictive » (in-12 de 87 p., 
avec 17 gravures. Prix : 2 fr.). Les pages 55 à 84 sont remplies par- 
les comptes rendus officiels des opérations de Zeebrugge et d'Ostende 
24 avril-ll mai 1918). — N^ 159. Le Troisième Livre jaune françaù; 
concerne l'Alliance franco-russe (in-12 de 216 p. Prix : 2 fr. 50). Les 
documents réunis ici sont très importants ; ils exciteront certaine- 
ment la curiosité générale. Au nombre de 107. d'étendue fort inégale, 
ils se répartissent ainsi : les 27 premiers expliquent les origines de 
l'alliance (24 août 1890-30 janvier 1892) ; les suivants (n°» 28 à 81) 
nous montrent comment s'élabora la convention militaire entre les 
deux pays (4 février-novembre 1912) ; les n^s 82 à 95 ont trait à la 
conclusion de la convention militaire (20 mai 1893-12 août 1899) ; 
•enfin les n°^ 96 à 107 règlent la convention navale, qui intervint beau- 
M.vRs-AvRTL 1919. ï. CXLV. 13. 



— 19t — 

coup plus tard (6 févriei-16 août 1912) ; — ^° i&). Voici le huitième 
volume de la Chronologie de la guerre, par S. R. (in-l2 de 265 j). 
Prix : 3 fr.). qui embrasse une époque particulièrement mouvemen- 
tée et angoissante de la Grande Guerre : 1" janvier-HO juin 1918. 
Combien cette division des Pages d'histoire comptera-t-elle encore 
de volumes ? Deux au plus, vraisemblablement. — N° 161. Le fasci- 
cule, qui a pour titre : 1918. Les Glorieuses Journées de Lorraine et 
d'Alsace (in-12 de 78 p. Prix : 1 fr.), réunit, dit M. R. Sleinheil dans 
une brève Introduction, classés dans l'ordie chronologique, d'abord 
dans une première partie : le compte rendu stéuographique de l'émou- 
vante séance de la Chambre des députés du 11 novembre, le discours 
du président Poincaré, consacré à l'Alsace-Lorraine, le 11 novembre. 
les proclamations et ordres du jour des maréchaux Foch et Pétain, 
des généraux Mangin, Gouraud, Gérard ; en deuxième partie : le triom- 
phal voyage des présidents en Lorraine et en Alsace redevenues fran- 
çaises ; les discours de Metz, de Strasbourg, de Colmar et de Mul- 
house ; enfin, comme couronnement, les magnifiques paroles pro- 
noncées à la Chambre des députés par les présidents Deschanel et 
Clemenceau, et au Sénat par le président Dubost et M. le ministre 
des affaires étrangères Pichon. » Ce petit livre pourra bien appeler 
une suite avant qu'il soit longtemps, car il est probable que d'autres 
événements dignes de mémoire se produiront encore avant que l'ordre 
nouveau ait mis toutes choses au point. 

Voici maintenant en quoi consistent les cartons méthodiques d'em- 
boîtage, permettant de relier soi-même les 13 séries actuelles des 
Pages d'histoire, que la maison Berger-Levrault a fait établir avec 
un goût et un soin tout particuliers. Très élégants, en demi-perca- 
line, de couleurs variées pour distinguer les séries, ces emboîtages 
qui mesurent 28 centimètres de développement en largeur pour les 
deux plats sur 17 et demi de hauteur, sont pourvus de caoutchoucs 
intérieurs destinés à fixer les fascicules. Ils portent au dos, gaufrés en 
or, les titres des séries et l'énumération, le nom d'auteur, le titre des 
fascicules entrant dans chaque emboîtage. Le classement mélhodiquc 
des fascicules obtenu comme il vient d'être dit, outre qu'il donnera 
à la collection un aspect agréable, assurera la rapidité et la facilité 
des recherches. — Ainsi les fascicules intitulés : « Communiqués 
officiels sont répartis en 7 emboîtages ; ceux A l'ordre du jour en ont 
3 ; les Pourparlers diplomatiques, 4 ; les Opérations militaires, l ; la 
Techn'ujue de guerre, 1 ; les Paroles françaises, 1 ; l' Allemagne cl la ■ 
Guerre, 3 ; Voix américaines, \ ; Voix de neutres, 1 ; Oueslions éco- 
nomiques, 2 ; Poèmes et chansons de guerre, 1 ; Histoire de la guerre. 
3 ; les Journées historiques, 1. — Cet ensemble ne vise que les vo- 
lumes parus à ce jour ; des emboîtages complémentaires seront cou- 



— 195 — 

fectionnés au fur el à mesure des besoins. Chaque emboîtage coule 
1 fr. 25. 

— Pour mener à bonne fin la guerre, sinon dans les opérations 
militaires, du moins dans l'encerclement économique et politique de 
l'Allemagne, nécessaire à la victoire totale des Alliés, il fallait que les 
républiques latines de l'Amérique du sud vinssent se ranger à nos 
côtés. Presque toutes y sont arrivées, malgré les efforts de l'ennemi 
pour les maintenir dans la neutralité. Pour estimer à leur juste 
valeur les appuis que nous avons rencontrés au Brésil dans la lutte 
contre la propagande germanique, il suffit de lire des conférences 
comme celle que faisait, dès l'Jlo, au Cercle français de Rio de 
Janeiro, M. Antonio dos Reis Carvalho. Sous le titre : La Guerre et la 
Grande Guerre (Rio de Janeiro, lyp. Besnard. iri-12 de 27 p. Trad. 
par M. Aug. de Aranjo Gonsalves), il explique comment les Alle- 
mands ont dépassé en atrocité les forfaits des plus cruels conquérants 
de tous les temps, et comment la nation allemande, toute entière 
intoxiquée, forme une odieuse exeptiori dans le monde civilisé. Ren- 
dant à la France et à Paris un juste hommage, il montre notre capi- 
tale devenant le siège de l'Assemblée de toutes les nations, pour ins- 
tituer une paix durable. C'est ce qui se réalise aujourd'hui, après la 
défaite et la révolution allemande, prédites aussi, plus de trois ans à 
l'avance, par M. dos Reis Carvalho. 

— La guerre qui finit est pour M. René Lavollée « la fin d'un 
monde » : « Une ère nouvelle commence qui peut être, pour le genre 
humain, le point de départ d'une ascension merveilleuse vers l'idéal 
de justice et de concorde rêvé par les plus nobles cœurs de tous les 
temps, » et il ajoute que, « si nous voulons que la France survive à 
l'effroyable secousse n, il faut qu'elle sache comprendre, se souve- 
nir, s'organiser, conserver et tout à la fois réformer hardiment, cou- 
rageusement, a Et c'est ce programme d'organisation intérieure et 
de réforme qu'il expose en quelques pages qui provoquent à la 
réflexion. A l'organisation intérieure doit se superposer une certaine ç 
organisation extérieure et internationale, et M. R. Lavollée salue ia 
Société des nations, ou, pour parler plus exactement, une société des 
nations, une sorte de coalition des puissances de l'Entente et de 
quelques autres, mais dont seraient impitoyablement exclues les 
puissances centrales. Il n'est pas possible, dans le peu de place dont 
nous disposons ici, d'exposer, moins encore de discuter, les idées 
émises par l'éminent écrivain dans cette brochure qui se recommande 

à l'attention: La Fin d'un monde el la Sociélé des nations PariSy 
Alcan. 1919, in-I6 de 80 p.i. 

— Déjà, le R. P. Dudon. S. J., dans un travail que nous avons 
signalé ici, avait dit son fait à l'auteur anonyme et prétendument 



— [M — 

calholiquo des atiicles parus dans la ncoae de Paris sur la PolUùjuc 
de Beiioil XV. Voici que, sous ce même titre, le I\. P. Henri l.e Kloch, 
recteur du s(''miiiaire français de Rome, nous donne une réponse en 
rèyle et point par point li ces articles déplorables (pii. si l'auteur est 
CQ effet catholique, comme il l'afTidje, manifestent chez lui un cœur 
^âlé dans ce prurit de chercher les pires interprétations aux paroles 
v[ aux actes du Père commuh des fidèles et en même temps une 
intelligence mal faite ou déformée dans la façon dont il exerce la 
€ritique (Paris, Pierre Téqui, 1919, in-8 de 71 p.). Le P. Le Floch ne 
laisse rien subsister de l'édifice laborieusement construit par l'ano- 
nyme, qui « substituant... l'exploiation de larrière-pensée mysté- 
jieuse du Saint-Siège à l'élude loyale et directe des faits et des docu- 
ments incontestables,.'., met à tout instant sa propre pensée fixe et 
préconçue à la place de l'idée vraie du Saint-Siège. » Quatre chapitres 
étudient : 1. Les Intérêts du Saint-Siège et les deux coalitions ; II. Les 
Sources ; III. La Sentence pontificale : 1. La violation de la neutra- 
lité belge; 2. La restauration de la justice; 3. Les méthodes de 
guerre; IV. La Garde autour du champ clos : 1. Mettre obstacle à 
notre ravitaillement; 2. Dissuader les neutres de se joindre à notre 
parti ; 3. Briser le lien qui tient l'Entente assemblée. En terminant, 
tious regrettons que la nevue de Paris, qui avait fait place à l'attaque 
déloyale, n'ait pas voulu accepter celte réponse; cela prouve, sinon 
une fâcheuse complicité avec l'auteur anonyme, à tout le moins un 
iiveuglement intellectuel et moral étonnant dans un recueil qui 
compte parmi ses directeurs un historien éminent. 

— Un avocat à la cour de Paris, M. Jacques Desbleumortiers, 
reprend à son compte, en les développant et en y ajoutant quelques 
considérations nouvelles, les arguments de MM. L. Weiller et de 
Monzie pour la reprise des relations entre le gouvernement français 
et la cour pontificale : France et Vatican (les exigences de l'intérêt 
national) (Paris, Delalain, 1918, in-16 de 127 p.). Ce n'est pas une 
politique idéaliste que poursuit l'auteur, mais une politique d'inté- 
rêt ; il n'est guidé ni par des sympathies pour le Saint-Siège ni par 
la reconnaissance des droits et des besoins des catholiques de France. 
tion histoire de la rupture diplomatique est extrêmement partiale et 
donne raison sur toutes les questions de fond au gouvernement. II 
est imbu au plus haut degré du dogmatisme laïcisateur: et. comme 
M. de Monzie, dans une (jneslion nécessairement bilatérale, il veut 
rester unilatéral. Tout en tiouvanl qu'il y a à prendre dans sa brochure 
<'t qu'elle peut amener (juelques esprits à la reprise des relations que 
nous désirons, nous ne pouvons souhaiter que ceux qui les repren- 
<lront se laissent uuiipiement guider par des princi])es aussi terre à 

trViV.. 



— S(ir le tùlr (lu .Saiiil-Sii;;,M; pcMiiléiiit la j,Mi(;ire, la (Àvitlà caUoli( u 
a piihlir mie hrociiuic ^\^n^ le I*. Oudoii a adaptée on l'ranrais cl duut 
[io«is avons parlé à ce litre. Nous avoris sous les yeux une I Liducliuii 
espagnole de roriginal ilalien que nous signalons bien \olonlicrs à 
nos lectents : llecho y nu palabras : iniciaLœas de caridad de S. S. el 
papa Benediclo XI' duraide la (juerra êuropca de l'Jl'i-lVlS (Madiid, 
lip. d(; h\ Recisla de archivas, bibliolecas y museo, lîjlîj, in-l6de 08 p. i. 

— M. .NiJiizio Nasi qui, au lenips où' il s'élail fourvoyé dan> lu 
politi(pje, fut nielé, Ton s'en souvient, à un procès relenlis.^aiil. a 
ouvcll le cours de philosophie du droit de l'année lÛlo-lOlti à TLiii- 
versité de Rouie par une intéressante leçon sur le dioit et là guerre : 
Il Diritlu é la Gnerra (Collana (loUlii di conferenze e discorsi, o4. Cani- 
pobasso, Colitti, lOlO, in-8 de 2ti p. Prix : i fr.i. L'auteur, qui déclaro 
que la science voit plus loin et plus haut que la -politique, luais 
qui ne croit pas qu'elle doive s'abstraire des faits et des réalités, com- 
bat les impérialismes, l'inipéralisirjc colonial comme les autres, 
repousse le militarisme au sens piéjoratif du mot, niais non pas 
l'emploi et le maintien des armées, rejette la diplomatie secrète et 
aspire à un accord des puissances qui, s'il ne réalise pas l'utopie de 
la paix perpétuelle, mette du moins la force au service du droit. 

— Nous avons signalé eu son temps (Polyhiblloii de mai-juin IU!T. 
t. CXXXIX, p. 24o) l'opuscule dans lequel M. V. Elighetti repoussait 
l'accusation dirigée contre Nietzsche d'être un des pères du panger- 
manisme ; c'est la même thèse que reprend M. Camille Spiess dans 
une élude sur Slelzsche contre la barbarie allemande (éditions de la 
Revue conlemporaine, Paris, 53, boulevard du Montparnasse, 1919, 
in-8 de 25 p. Prix : 2 fr.), auquel il a donné pour épigraphe ces mots 
du philosophe allemand : « Partout où atteint l'Allemagne, elle cor- 
rompt la culture, n 

— M. Albert Mousset, qui est actuellement un des Français qui 
connaissent le mieux l'Espagne et l'un de ceux qui ont travaillé le plus 
profilablement dans ce pays pour la France, nous donne de très utiles 
Élémcids d'une bibliographie des livres, brochures et tracts imprimés' 
ou publiés en Espagne de 19 lU à 1918 et relatifs à la guerre mondiale 
(Madrid, hijos de Tellos ; Paris, Collemant, 1919, in-IG de 108 p.). 
« Une bibliographie, dit l'auteur, est incomplète par nécessité » et il 
explique que « celle-ci échappe d'autant moins à la règle qu'elle 
cherche à saisir non seulement des ouvrages mis dans le commerce... 
mais encore des feuilles de propagande ayant une circulation limitée 
et parfois clandestine. » Les Allemands et les germanophiles ne s» 
sont pas fait faute de lancer des pamphlets sans nom d'imprimeur et 
parla même échappant aux poursuites que l'on aurait pu diriger 
contre eux ; et cependant, M. Mousset nous fait remarquer — et cela 



— 198 — 

surprendra bien des lecteurs — que « les ouvrages favorables aux 
alliés... l'emportent numériquement sur les productions germano- 
philes. » M. Mousset nous annonce qu' « un second fascicule présen- 
tera... avec un supplément à la présente bibliographie, un dépouille- 
ment aussi complet que possible de la presse périodique et un cata- 
logue des affiches, gravures et cartes postales éditées en Espagne à 
propos de la guerre. » Nous l'attendons avec impatience et nous ne 
doutons pas que la consultation en sera aussi profitable. 

Albcm. — A l'usage des enfants, la librairie Berger-Levrault vient 
^l'éditer un album aussi intéressant qu'original, lequel a pour titre : 
Beims. Sept Siècles d'histoire devant la cathédrale (in-4 allongé, de 
42 p., mesurant 3i centimètres en longueur sur 28 de hauteur. Prix : 
^0 fr.j. Le texte est dû à M. R. Burnand ; les images en couleurs 
t^ônt l'oeuvre de M. E.-G. Benito. M. Burnand nous présente un petit 
soldat « comme il y en a des milliers qui sont partis pour la guerre 
en chantant et qui, jour et nuit, se battent de toutes leurs forces pour 
la France. » Ce petit soldat regardait la cathédrale subissant l'odieux 
bombardement des Allemands, quand, saisi d'une sainte colère, n'y 
tenant plus, « sans hésiter, la tète haute, il sortit de sa tranchée pour 
marcher à l'ennemi et venger la cathédrale. » C'est alors que, frappé 
d'une balle, « il tomba, les bras en croix, la face vers le ciel, avec un 
petit trou rouge sur son front d'enfant. » Transporté loin du champ 
de bataille, des infirmiers le déposent sur le parvis de la cathédrale. 
Aussitôt, (( un des anges du portail de l'Annonciation... descendit de 
son piédestal et s'avança vers le petit soldat. » Et « pendant que de 
lumineuses visions passaient devant les yeux du blessé », l'ange, qui 
se dit« l'âme de la cathédrale, l'âme toujours jeune, lame éternelle 
de cette vieille et divine maison », lui fait le bref récit de tout ce qu'a 
vu l'illustre monument'à travers les siècles, en remontant même un 
peu avant (par exemple, l'invasion des Huns et le baptême de Clovis). 
Après sa construction, son histoire, qui est celle de la France d'au- 
trefois, évoque Charles Vil et Jeanne d'Arc, Louis Xï, Louis XIV, la 
■Révolution et l'Empire, le retour des Rois, la guerre de 1870-1871. 
Et l'ange, en terminant, s'écrie : « Petit soldat, réveille-toi, déjà 
l'aube de la victoire illumine le ciel. » Le blessé se réveille en effet 
sur un lit d'hôpital, soigné par une «jolie infirmière, toute rose dans 
SOS voiles blancs. » Histoire et poésie mêlées, envolée religieuse aussi, 
tel est le fond de cet album dont les images en couleurs rappelant 
souvent le genr'» « vieil Épinal », est d'inspiration très artistique, 
sans qu'il y veuille prétendre en apparence. En autres planches sug- 
gestives, nous signalerons celles qui représentent : l'entrée de Charles 
Vil dans sa bonne ville de Reims ; Napoléon I'"" passant devant la 
<:athédrale au milieu de la Grande Armée victorieuse et la cathédrale. 



— 199 -- 

rostanréo dominant la plaine champenoise rendue a à la paix bien- 
'i.iisante. » Ces trois planches se développent sur toute la longueur de 
'l'album et produisent beaucoup d'effet. — A recommander spéciale- 
ment à nos lecteurs, surtout quand ils auront, à la fin de la présenté 
-année, à se préoccuper des cadeaux d'étrennes pour les tout jeunes 
irens des deux sexes. Visepcot. 



THÉOLOGIE 



•Leçons sur la messe, par Mgr Pierre Batiffol. Paris, LecofTre, Gabal- 
da, 1919, in-12 de xii-330 p. — Prix : 4 fr. 50. 

(( Retrouver la date de chaque chose et demander la signification 

• des choses à leur origine », tel est le programme de la méthode his- 
torique. Cette méthode Mgr BatifTol l'avait appliquée, on sait avec 

■ quel succès, à l'étude du Bréviaire romain ; les « Leçons » sur la 
messe répondent au désir souvent exprimé de voir la science de l'au- 
teur appliquer le même programme à la messe romaine. 

En une série de conférences données à l'Institut catholique de 
Paris, un auditoire d'élite vint témoigner du puissant intérêt qu'il 
prenait à l'enseignement du maître. Ces leçons, heureusement réu- 
nies en un volume, atteindront un public plus nombreux. 

L'auteur précise d'abord Tétat de la question en élaguant de la 
messe actuelle tous les éléments ajoutés depuis le x« siècle, en vue 
d'adapter la messe solennelle aux convenances de la messe privée. 
H donne ensuite tout son relief au cadre de la messe antique et au 

• cérémonial de la célébration papale au viii° siècle. Les leçons sui- 
vantes s'attachent à l'étude des diverses parties de la messe. La messe 
des catéchumènes s'éclaire de la tradition africaine connue par les 
fréquentes allusions qu'y l'ont les écrits et les discours de saint 
Augustin. 

Les noms donnés au Saint Sacrifice aident à en dégager les traits 

■ essentiels mis en œuvre au canon, texte de sa célébration ; l'auteur en 
étudie la progression historique et aussi celle de la communion. La 
dernière leçon est surtout d'ordre pratique : elle fait tourner au pro- 
fit de la piété les connaissances acquises dans les études précédentes. 

Signalons les recherches personnelles et délicates qui révèlent le 
rôle du pape Symmaqvie dans la fixation de la nomenclature des 
saints au canon romain. Mgr Batiffol ne remonte pas dans la genèse 
de la messe jusqu'à ce qu'on a appelé sa préhistoire. Espérons voir 
bientôt les travaux en cours aboutir à élever cette préhistoire à la 
dignité de faits dûment établis, grâce à des documents plus précis et 

• définitivement datés. A. Vigourel. 



^ 200 — 

La Doctrine de vie, par M. -S. Gii.let. Paris, (^ibalda. 1918, in-12 de 
' xi-264 p. — Prix : .'^ fr. 60. 

L'agtbur constate (ju'uiie évoliilion s'est produite au point de vue 
religieux dans la jeunesse contemporaine. Du dilettantisme où elle 
se complaisait avant la guerre, elle est en train de passer à l'action. 
Sur ce « revirement », une sorte d'Introduction contient de bonnes 
et sages réflexions. 

Mais précisément parce qr.e la, génération qui monte veut se don- 
ner à l'action, il lui faut une doctrine directrice, sinon une doctrine 
analytique, au moins et surtout une doctrine de synthèse. C'est cette 
doctrine de vie que ce livre veut présenter. L'idée, à coup sûr, est 
excellente. Mais peut-être une pareille exposition synthétique deman- 
dait-elle plus de précision dans la conception générale et dans les 
formules de détail. 

Sur nos principaux dogmes et sur plusieurs points de la morale.^ 
on trouve des idées très justes, parfois même assez originales, indi- 
quées d'ailleurs plutôt qu'exposées et qu'on parcourra avec un cer- 
tain intérêt. 

Ce sont là de précieuses semences. Puissent-elles tomber dans une 
bonne terre ! Après avoir éclairé les intelligences avides de vérité, 
qu'elles dirigent et soutiennent les volontés dans la pratique du 
devoir et dans le dévouement de l'apostolat ! Christophe Simon. 



Lettres sur la souffrance, par Elisabeth Lesixh. Paris, J. de (ji- 
gord, 1918, in-12 de \Ln-3io p., avec un portrait et un fac-similé d'écri- 
ture. — Prix : 3 fr. 50. 

11 est réconfortant de constater que les grands succès de librairie 
ne vont pas seulement aux œuvres légères ou déshonnètes, et les 
étrangers qui affectent parfois de nous reprocher la futilité de nos 
publications prouvent qu'ils ne savent pas ou ne veulent pas se len- 
seigner. Qu'un ouvrage comme le Journal et pensées de chaque jour, 
dont il a été rendu compte ici même (Polybiblion de juillet 1917, 
t. C\L, p. 45-46), ait atteint le trentièn)e mille en dix-huit mois et 
dans le temps le moins favorable à la lecture, c'est une preuve entre 
plusieurs autres qu'il y a en France un nombreux public qui goule 
les pensées les plus hautes et la fréquentation des nobles âmes. Celte 
diffusion si rapide et si étendue donne lieu de croire que d'autres 
écrits du même auteur ne seront ni moins bien accueillis ni moins 
profitables. M"" Leseur n'écrivait pas seulement pour elle et sur 
des feuillets enclos dans son secrétaire. Elle était eu correspondance 
intime avec diverses personnes, notamment avec une religieuse 
rencoulrée au cours d'un voyage, en des circonstances détaillés ilans 
l'Introduction. Ce sont les lettres adressées à cette religieuse qui 



— 201 — 

forment lo picsenl volume. Les conseils les plus sûrs s'y expriment 
parmi les élans de cœur les plus afîcctueux et dans un langage d'une 
simplicité charmante. Comment une âme toute à Dieu peut-elle tire 
aussi primosautière ? diront certaines personnes enclines à s'imagi- 
ner que la contrainte est la caractéristique de la sainteté. Le R. P. 
Hébert, qui fut le directeur de M"" Leseur pendant les onze der- 
nières années de sa vie. trace en quelques lignes, dans la Préface, le 
portrait de celte àme si attachante, et peut-être ses lecteurs mettront- 
ils toute leur ambition à sotihaiter d'appartenir, comme elle, « à la 
lignée de ceux pour qui la perfection chrétienne est un idéal elTicacc. 
non un mot vide ». Ch. La.nukï. 



SCIENCES ET ARTS 

Les Vrais Principes de l'éducation chrétienne rappelés aux 
maîtres et aux familles, par le P. A. Monfat. Nouvelle édition. Pa- 
fis, Téqui, 1918, in-18 de xlv-424 p. — Prix : 4 fr. 

Le livre du P. Monfat « arrive à une heure de transformation où 
nous croyons fermement, dit Mgr Lavallée dans la Préface écrite j)ar 
lui pour ce volume, qu'il n'y a d'avenir pour notre pays que dans le 
christianisme. » 11 apporte les conseils les plus expérimentés aux 
maîtres et aux parents, à tous ceux qui sentent « le besoin de régé- 
jaération morale plus vivement que tout autre », et qui se demandent 
à quelle condition l'éducation chrétienne peut « exercer sa vertu chré- 
tienne de rénovation. » Cette réédilion paraît donc avec un tragique 
à-propos. .\ lire ces pages fortement pensées, inspirées par le plus 
pur esprit de foi, rédigées avec la sérénité du maître qui a su profi- 
ter de tout et qui pourrait corroborer de faits probants chacune de 
ses remarques, on se sent envahi par les réflexions les plus graves. 
■C'est devenu une banalité de parler de l'immense déchet de l'éduca- 
tion chrétienne. Le P. Monfat aide à comprendre les causes de ce 
fait. Il en est qui ne dépendent pas des éducateurs chrétiens. Mais 
celles dont ils ont la responsabilité sont exposées aussi, et eu même 
temps les moyens de les combattre en agissant autrement — et 
mieux. Ch. Lvxort. 



Calcul des systèmes élastiques de la construction, par Ernkst 
Flamard. Paris, Gauthier-Villars, 1918, gr. in-8 de vi-2Û0 p., avec 171 fi- 
gures. — Prix : 12 fr. 

Cet ouvrage fait partie de l'encyclopédie industrielle, dont chaque 
traité a un objet délimité et concerne l'art de l'ingénieur. Aussi l'au- 
teur entre-t-il immédiatement dans le vif du sujet. Mais, en mathé- 
maticien scrupuleux, il a le souci d'asseoir ses calculs sur une base 



— 202 — 

.'indiscutable. Cette base, c'est le théorème de Casligliano sur le travail 
de déformation. Il est établi dans toute sa généralité par une méthode 
précise et élégante, et même il est étendu au cas encore plus général 
où la température varie. De ce théorème qui concerne les systèmes 
élastiques quelconques, on passe aisément aux applications très spé- 
ciales qui sont ici en vue. 

D'abord les poutres droites à section variable reposant sur un cer- 
tain nombre d'appuis à dilatation ou à encastrement ; ces poutres 
sont soumises à des charges qui peuvent être uniformément réparties 
ou distribuées d'une manière discontinue. Dans chaque cas, l'auteur 
pousse les calculs jusqu'au bout et détermine les réactions statiques 
des appuis, les déplacements linéaires verticaux et les rotations su- 
bies par une section particulière de la poutre. — L'étude des poutres 
■ courbes est conduite d'après une méthode rigoureusement parallèle ; 
et l'ouvrage se termine par le calcul des systèmes articulés, qui se di- 
visent en systèmes hyperstatiques, soit extérieurement, soit intérieu- 
rement, soit des deux manières à la fois. 

On le voit donc, tout en restant fidèle à son but qui est d'établir 
certaines formules fondamentales nécessaires au constructeur, M. Fla- 
mard a la préoccupation constante d'être un modèle de rigueur et de 
logique. Il y a d'ailleurs admirablement réussi, et sa manière remar- 
quable d'appliquer les théorèmes généraux et les plus abstraits à des 
cas d'une pratique courante montre péremptoirement que l'ingénieur 
doué d'une formation mathématique élevée sera toujours hors de 
pair. G. Bertrand. 



De la Cryptographie, élude sur les écrilnres secrètes, par ândué Langie. 
Paris. Payot, 1918, in-t6 de 254 p. — Prix : 4 fr. 50. 

Pendant les périodes de guerre, de tensions diplomatiques, le besoin 
de correspondre à l'abri des indiscrétions s'alTirme, se développe et 
les circonstances donnent un intérêt d'actualité aux ouvrages traitant 
De la Cryptographie. 

M. André Langie a d'abord fait un exposé sommaire des principaux 
systèmes d'écriture secrète pratiqués dans l'histoire, puis, par une 
séiie d'exemples, il a montré comment il avait réussi à déchiffrer un 
«ertain nombre de cryptogrammes de diverses sortes, et le livre se 
termine par des tableaux et formules utiles à consulter, qui donnent 
l'ordre «le fréquence des lettres, des initiales et des finales des mots, 
<les redoublements, non seulement en français, mais aussi en anglais, 
en allemand, en italien, en espagnol, en russe. 

Les systèmes cryptographiqiies peuvent se ramener à deux caté- 
gories : les combinaisons à interversion, où les lettres réelles d'un 
texte sont remplacées par d'autres lettres ou par deschilTrcs ou sig:nes 



— 203 — 

j|uolconqiies ; les systèmes à transposilion qui conservent les lettres 
K-elles en les brouillant complètement. 

Mais les clefs de ces deux combinaisons finissent par être décou- 
vertes par des observateurs sagaces et expérimentés et c'est potirquoi 
les dictionnaires spéciaux, dans lesquels des groupes de '.\ à iicliifiVfs 
représentent des lettres, des syllabes ou des mots sont généralement 
employés, notamment dans les états-majors. La correspondance de- 
\ lent alors indéchiffrable, surtout si la même syllabe et le même 
mot sont traduits de temps à autre par des groupes différents. 

Le seul inconvénient est que ces dictionnaires doivent être impri- 
més et tirés à un certain nombre d'exemplaires et que, de la part des 
typographes, des brocheurs, des détenteurs de livres, des indiscré- 
tions, des fuites partielles ou totales sont possibles. 

Dans son étude sur la Cryptographie M. André Langie n'a pas traité 
la question des dictionnaires qui eût constitué un élément complé- 
mentaire utile de son intéressant ouvrage. R. L. 



I 



LITTÉRATURE 



tes Pierres du foyer. Essai sur Thistoire littéraire de la 
famille française, par Henhy Bordeaux. Paris, Plon-Nourrit, s. d., 
(1918), in-16 de xvi-339 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Avant la Grande Guerre, à laquelle il a si vaillamment pris part, 
M. Henry Bordeaux avait donné au groupement bien connu du Foyer, 
dont la direction lui était confiée, une série de lectures ou de confé- 
rences sur « la Famille à travers la littérature française. » Il les réu- 
nit aujourd'hui en un volume, groupées dans l'ordre chronologique 
•et sous les titres suivants : I. L'Art et la Famille. On y remarque l'in- 
téressant emprunt à Rétif de la Bretonne du tableau tracé par lui 
"dans sa Vie de mon père (p. 27 et suiv.). II. Les Andromaques fran- 
■çaises. Louables et saisissantes peintures de la société et en particu- 
lier des héroïnes épiques du moyen âge d'après Gaston Paris et Léon 
■Gautier. Nous signalerons les pages sur la dévotion à la Sainte Vierge 
•à cette époque, dévotion « qui porte en elle une vertu de civilisation 
^t de politesse » (p. 35). 111. La Mère de François Villon. Nous y 
notons le résumé, d'après M. Ch.-V. Langlois, des <( attaques diri- 
.^ées déjà (au treizième et quatorzième siècles) contre le foyer et la 
famille » (p. 79 et suiv.). Le portrait de Villon est vivement tracé 
d'après G. Paris (p. 92 et suiv.). IV. La Jeunesse de Ronsard. Très 
-agréable esquisse d'après M. Henri Longnon et M. André Bellessort. 
Nous signalerons la jolie anecdote sur la fête du printemps à Saint- 
Moriktz en Engadine (p. 129). Y. La Leçon de Gargantua à son fils 
«étudiant à Paris. On lit avec intérêt les détails donnés sur la vie uni- 



— ■ 204 — 

veisilairc au moyen âge (p. 143 et suiv ). VI. La Palciriilé et l'éduca- 
tior» dans Montaigne. A noter de judicieuses oLsetvalions d'après 
M. Pierre Villey stir l'inHuence des auteurs italiens au seizième siècle 
(p. 172 et suiv). Très bonne analyse de l'esprit de Montaigne (p. 181 
et suiv.). VII. Madame de Sévigné et l'Amour maternel. Excellente 
étude sur un sujet tant de fois traité. VIII. Les Poètes du foyer. IX. 
La Maison. Très belle anecdote du soldat sparliale (p. 275-:276). Très 
belle page sur les fresques de Puvis de Chavannes au Panthéon 
(p. 278-279). Curieuse et instructive histoire de la famille Mélouga 
(p. 284 et suiv.). X. Une Famille d'aujourd'hui. Notice sur la famille 
Gaunaz, à laquelle a été attribuée la moitié du prix fondé par 
M. Etienne Lamy en faveur des familles nombreuses. Le volume se 
termine par deux « Notes » développées : I. L'Habitation de famille. 
IL La Voix de la maison. L'auteur a reproduit en tête de ses confé- 
rences le discours inaugural de M. Paul Bourget et fait précéder le 
tout d'une très agréable, touchante et patriotique Préface. Les Pierre.^ 
rfa/oye/' accroîtront d'une façon sensible le beau et juste renom de 
M. Henry Bordeaux. Makils Sepet. 



■Les Intellectuels dans la société française. De l'Ancien Ré<|i- 
me à la démocratie. Ouvrage suivi d'une étude sur t'élix Le Dantec. 
par Hemî Lote. Paris, Alcan, I91.S. in-8 de vi-21S p. — Prix : 3 fr. tiU. 

Ce nouveau livre de M. René Lote est un ouvrage singulier, mais 
d'une réelle valeur. C'est une étude d'histoire des idées dans leurs 
rapports avec les faits de la politique et les œuvres de la littérature 
depuis le dix-septième siècle jusqu'à nos jours. Elle est partagée en 
trois chapitres correspondant à trois époques, savoir : 1. Première 
époque. L'Autorité du classicisme. Une discipline intellectuelle dans 
la société française. Admirateur déterminé du grand siècle, M. Lote 
s'attache à en définir les caractères et à bien montrer les leçons qui eu 
résultent, non seulement au point de vue littéraire, mais au point de 
vue social. On lit avec intérêt son appréciation de Corneille (p. B'J),. 
de Descartes (p. 42), de Molière ip. 07), de Boileau (p. 01), de Racine 
(p. f).3), de La Fontaine (p. 60), de La Bruyère (p. 67), de Bossuet 
(p. OU), de Fénelon (p. 71). On adhère volontiers à la réponse ilonnée 
à cette question qu'il pose : » Qu'en reste-t-ii de ce classicisme ?... 
ce qu'il en reste ? Mais rien de moins que le principe et la conditiort 
même de tout prt^giès : une discipline intellectuelle... (ju'il ne vous 
a manqué que d'appliquer à des sujets plus divers, à l'intelligence de 
l'Europe nouvelle, à une science élargie, et, — comme le dix-sep- 
tième siècle — à la domination spirituelle de votre temps, pour 
maintenir la Franc(î aussi clairvoyante, aussi forte, aussi respectée 
entre les nations. » (p. 24). — II. Deuxième éj)oque. La ru[)tur(' des- 



— 2or, - 

intellectuels avec l'Ancien Régime. Du niôconlentement à l'utopie. 
Il s'agit surtout ici. de l'œuvre accomplie par les philosophes du dix- 
huitième siècle. M. Lote, qui l'analyse avec perspicacité, dans ses cau- 
ses et ses conséquences, n'estime pas que son influence, si grande non 
seulement en France, mais dans l'Europe entière, ait été heureuse pour 
notre pays soit au dedans, soit au dehors. Ses jugements sur Voltaire et 
sur Rousseau (p. 83, 87, lit, tl2) sont remarfjuables. — III. Troisiè- 
me époque. De la Révolution -à nos jours. Les intellectuels sous le régi- 
me de l'opinion publique. Entre l'idéologie et l'empirisme. Ce cha- 
pitre, d'une extrême complexité, contient beaucoup de vues justes et 
fines, d'idées originales et ingénieuses dont il y a lieu de tenir compte. 
Nous signalerons, un peu au hasard, un bon jugement sur Chateau- 
briand (p. 145). de jolies pages sur Victor Hugo (p. 148 et suiv.). de 
judicieuses réflexions sur l'empirisme politique (p. 162 et suiv ), de 
justes observations sur le théâtre contemporain (p. 182). — La con- 
clusion générale de l'auteur, c'est que (( la sagesse classique » est 
<i toujours utile aux modernes ». — « Savoir pour prévoir », dit-il, 
comme cette définition du but de la science exprime bien ce que chez 
nous on n'a pas fait ! Des faits d'où l'on tire des idées justes : voilà le 
réalisme complet, celui des bons esprits du dix-septième siècle ; celui- 
là est classique et à la hauteur de toutes les époques, de toutes les 
nécessités. » — M. René Lote a joint à son livre un morceau un peu 
obscur de fond et de forme, auquel il a donné pour titre : Méditation 
sur la mort d'un sage. A la mémoire de Félix Le Dantec. M. S. 



Fogazzaro, par Lucien Gennari. Paris, Beauchesne, 1918, in-16 de 212 p., 
avec portrait et fac-similé. — Prix : 3 fr. 50. 

M. Lucien Gennari, Parisien de naissance, mais « Italien par la 
race et par l'âme, » s'était déjà fait avantageusement connaître par 
un volume de « Notes de littérature française très récente, » écrit 
en italien et intitulé : Poesiadifede e pensieri divittoria ;\\nous donne 
aujourd'hui, sur l'illustre romancier italien Fogazzaro un petit livre 
écrit en français, et qui porte la marque d'un talent vraiment origi- 
nal. 

Deux chapitres, consacrés le premier à l'Homme, le second à l'Ar- 
tiste, précédés d'une Introduction « éloquente, passionnée, pleine 
d'idées, » inspirée par la guerre mondiale. 

Un sentiment catholique se superposant, ou plutôt intimement lié 
à une pensée romantique, telle est, d'après M. Gennari, la caracté- 
ristique de Fogazzaro ; et dans la première partie, plus synthétique 
et théorique de son livre, il s'est proposé principalement d' « étudier 
la cause et les effets de cette contradiction, » qui apparaît dans toute 
l'œuvre du maître. 



— 206 — 

Sensuel et mystique à la fois, imbu des doctrines évolutionnistes 
et « scientistes » de son temps, Fogazzaro, — et c'est là le principal 
reproche que lui adresse M. Gennari, tout en l'admirant profondé- 
ment, — n'a pas tenu un compte suffisant du côté rationnel du catho- 
licisme. 

Dans la seconde partie, M. Gennari nous fait suivre, d'une manière 
extrêment attachante, tout le développement de l'œuvre de Fogazzaro, 
dont les sept romans font l'objet d'autant d'études particulières : 
analyses pénétrantes, où la critique, qui se mêle souvent à l'éloge, 
s'appuie sur une solide doctrine. 

Il faut reconnaître, conclut-il, que, « dans son désir de servir la 
cause catholique, Fogazzaro s'est trompé » ; mais il faut reconnaître 
aussi, s'empresse-t-il d'ajouter, que « le poète, fidèle au sentiment 
catholique qui persista en lui », a accompli une œuvre bienfaisante. 

Ce volume, qui s'ouvre par unecharrnante Lettre-préface de M. Henry 
Cochin, est dédié « à Georges Goyau et à Paolo Arcari, pour l'amitié 
franco-italienne, dans une pensée catholique et latine. » De tels patrt - 
nages suffiraient à le recommar^der. L. A. 



HISTOIRE 



La Roumanie. "Valachie, Moldavie, Dobroudja, par Eugkne Pittard. 
Paris, Bossard, 1917, in-8 de 327 p., avec 50 illustrations dont 35 hors 
texte. — Prix : 9 fr. 

M. Pittard se défend de faire œuvre d'historien ou d'érudit. De ses 
voyages en Roumanie, il tire « une synthèse rapide de tous les élé- 
ments qui forment le pays roumain, » traditions, coutumes, vie éco- 
nomique. 11 n'a pas voulu, dit-il, écrire un livre d'anthropologie et 
d'ethnographie. Mais presque toutes ses illustrations s'y rapportent, 
en faisant défiler sous nos yeux tous les types ethniques de la Vala- 
chie, de la Moldavie et de la Dobroudja, les montagnards de 
Sucéava, les gens de la steppe du Baragan, les bergers mocanes... 
Tour à tour, il nous fait visiter Bucarest, la cité des jardins, aux 
maisons basses ensevelies dans la verdure, Jassy, la ville mélanco- 
lique et sainte, peuplée d'églises aux joailleries de pierres, et ces 
monastères ignorés des touristes et cachés au creux des vallons car- 
pathiques qui furent les asiles de l'art roumain tout imprégné d'in- 
fluences byzantines. Ou bien nous voici lancés à travers les plaines sur 
la carroulza toute en bois cl sans ressorts ([uc conduit un paysan rou- 
main au magnifuiue gilet en peau d'agneau, brodé et incrusté de 
cuirs multicolores. 

Plus que toute autre province, la Dobroudja a séduit l'ethnographe. 
C'est que «. la Dobroudja est une extraordinaire mosaïque de races. » 



— 207 — 

Groupes en villages elliniqiiement compacts, les Turcs et les Tartares- 
y coudoient les Houmains et les Bulgares ; des colons allemands aux 
yeux bleus et aux cheveux clairs y voisinent avec des Tcherkesses 
bannis de Russie, des Grecs avec des Arméniens, des Juifs avec des 
Lipovans. « Et la lumière d'Orient avive toutes les couleurs, les cos- 
tumes blancs des Roumains, les fez rouges et les ceintures voyantes 
des musulmans, les costumes sombres des Bulgares et les tabliers 
multicolores de leurs femmes, les haillons éclatants des Tziganes. » 
(p. 237). 

(( Dans quel état, sous quel aspect retrouverai-je ce pays dobroud- 
jieu, écrivait M. Pitlard, — et aussi ces pays valaques — lorsque j'y 
reviendrai? Devant quelles ruines et devant quelles tristesses devrai- 
je m'arrêter ? » (p. 319). A cette question angoissante la réponse est 
aujourd'hui faite. S'il y a des ruines, la victoire de ses alliés va per- 
mettre à la Roumanie ae les réparer. Ch. de la Ro?(cikre. 



Les Hérésies pendant le moyen âge et la Réforme dans la 
région de Douai, d'Arras et au pays d'Alleu, par Paul Beuzart. 
Paris, Champion, s. d., gr. in-8 de xi-576 p. — Prix : 8 fr. 

C'est un travail considérable que celui que M. Beuzart a entrepris 
pour raconter l'histoire de la Réforme dans une partie de la Flandre 
et de la Picardie soumise au xvi' siècle à la domination espagnole. 
Ses recherches dans les vieilles chroniques, dans les archives des 
villessont méritoires et présentées d'ordinaireavec impartialité etexac- 
titude. 11 n'en est pas de même de ses théories religieuses. Très pro- 
testant, l'auteur ne voit dans la Réforme que la dernière des hérésies 
entreprises contre ce qu'il appelle la religion romaine, ou plutôt 
l'interprétation que les papes ont donnée à l'Évangile. Sous ce rapport, 
la Réforme ne procède pas de la Renaissance, elle ne fait que conti- 
nuer les hérésies du moyen âge qui avaient lutté sans succès contre 
les abus de Rome. Il rend hommage au Christ et à ses divins ensei- 
gnements, mais il voudrait laissera chacun le droit de les interpréter 
à sa guise. 

Le violent despotisme que Philippe II a exercé dans les Pays-Bas 
par la fourberie et la cruauté de ses agents lui semble l'attentat le 
plus abominable à la liberté de conscience. Il ne nie pas les saccage- 
ments d'églises, les destructions d'images et de statues de saints com- 
mises par les foules protestantes ; mais il prétend qu'elles sont aussi 
naturelles que les renversements des temples païens et des idoles que 
se permirent les chrétiens quand Constantin converti leur en laissa 
le loisir. Et il observe que les persécutions des premiers siècles, même 
celle de Dioclétien, firent beaucoup moins de victimes que les exécu- 
tions sanglantes du duc d'Albe. 11 reconnaît cependant que la dure 



— 208 — 

politique de Philippe II sauva le catholicisme en Espagne et dans les 
Flandres. 

Nous nous serions contentés de son érudition très réelle. Mais. pour- 
quoi, dans son livre et jusqu'à trois fois à une même page, s'obstiue- 
t-il à écrire patriots au lieu de patriotes ? G. B. de P. 



Études robespîeiTÎsles. II. La Conspiration de l'étranger, par 

Albert Matiufz. Paris, Colin, 1918, in-8 de :M5 p. - Prix : 3 fr. 50. 

M. Mailliez a réuni en volume une nouvelle série de douze articles 
parus de 1913 à 1918 dans diverses revues^ mais surtout dans les 
Annales révolutionnaires dont il est le directeur. Le premier chapitre 
seul a trait à cette fameuse « conspiration de l'étranger » que Fabre 
d'Églantine et ses suppôts inventèrent ou exploitèrent comme une 
diversion, afin de pouvoir continuer en paix leurs opérations mal- 
l)ropres ; ce n'est pas d'aujourd'hui, on le sait, que les profiteurs et 
les traîtres se couvrent du manteau du plus ardent patriotisme. 

Les autres études se rapportent, pour la plupart, à des épisodes 
des luttes impitoyables qui déchirèrent le parti révolutionnaire ; la 
conclusion générale est l'apologie de Robespierre basée sur la flétris- 
sure de Danton qui représente, aux yeux de M. Mathiez, le type du 
jouisseur corrompu et du faux patriote. Au service de cette thèse, 
l'auteur a mis son infatigable ténacité et son érudition peu commune : 
il n'est aucun des hommes ayant joué un rôle, môme secondaire, 
dans la tragédie révolutionnaire dont il ne connaisse par le menu les 
actes, les paroles et les écrits et au sujet duquel il ne soit en mesure 
d'apporter quelque précision documentaire. 

Généralement dur pour ses contradicteurs, l'historien s'en prend à 
quelques-uns avec une particulière âpreté et ne néglige aucune occa- 
sion de les accuser d'ignorance ou de mauvaise foi, à quelque parti 
qu'ils appartiennent. 11 ne faut pas en conclure cependant que 
M. Mathiez soit un pamphlétaire poursuivant la satisfaction de 
quelque inimitié parlicxilière. Non ! c'est un homme qui sait beau- 
coup et qui s'indigne contre l'erreur partout où il croit la découvrir ; 
il ne serait plus lui-même s'il le faisait avec mansuétude et sans 
oublier de temps à autre qu'il s'est imposé le devoir de demeurer 
toujours impassible. Quoi qu'il en soit, tout ce que publie M. Mathiez 
doit être pris en sérieuse considération et servira souvent à redresser 
plus d'un jugement erroné. P. Pisani. 



Histoire de la Uévolution dans la Mayenne, par l'abbé Ferdinand 
(iAUGAiN. Laval. (Jliailljuid, s. d. (I!)l!)), in-8 de 587 p., avec 18 gravures 
hors texte. — Prix : 7 fr. 50. 

.l'ai parlé récemment du premier volume de cet ouvrage (^Polybi- 



k 



— 200 — 

llion de noveinbe-décembre 1918, t. CXLIII, p. 292-292) et voici 
qu'en dépit de la crise du papier et de celle de la main-d'œuvre, un 
second volume a suivi le premier. Il prend les événements au début 
<le la période terroriste et nous amène au Concordat. 

Je ne saurais trop louer l'auteur qui, après avoir réuni des maté- 
riaux de premier ordre, a su en donner une synthèse bien équilibrée, 
d'où sont éliminés ces hors-d'œuvre que d'autres historiens n'ont pas 
le courage, ou l'iulelligence, de sacrifier. Pas de phraséologie ! pas 
d'appréciations personnelles, mais des faits présentés avec calme et 
sincérité. 

Peut-être po»irrait-on dire que les derniers chapitres sont un peu 
succincts en comparaison de ceux du début : la persécution fructido- 
rienne, l'époque consulaire et l'établissement du régime concorda- 
taire ne sont pas aussi développés que les récits bourrés de faits et 
de noms qui se rapportent aux années 1793 et 1794. On regrettera 
(^ue des listes publiées ailleurs soient simplement rappelées alors 
que le lecteur aurait préféré les avoir sous la main. Une carte du 
département de la Mayenne serait d'une grande utilité surtout si elle 
indiquait l'ancienne délimitation des diocèses. Il faudrait aussi une 
table alphabétique des noms propres, mais les deux volumes men- 
tionnés ne forment que la première partie (histoire politique et reli- 
..iriouse) d'un tout qui paraîtra plus tard et qui, espérons-le, se termi- 
iiota par la table désirée. P. Pis.^m. 



Documents relatifs à la vente des biens nationaux du dépar- 
tement de la Haute-Garonne. Dislricl de Toulouse, publiés par 
Henri Martin. Toulouse, Privai, 1916, in-8 de lxxxvi-648 p. — Prix : 
7 fr. 5iJ. 

Dans la collection, publiée par le ministère de l'instruction pu- 
'blique, de Documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution 
française, le nouveau volume que donne l'archiviste départemental 
adjoint de la Haute-Garonne doit être rapproché des études analogues 
déjà éditées pour le district de Remiremont (Vosges) par M. Léon 
Schwab, pour le district de Sens (Yonne) par M. Charles Porée. Les 
documents diligemment recueillis par M. Henri Martin sont présen- 
tés avec ordre, en près de six cents pages, et suivis d'une longue 
table alphabétique des matières. Sans doute il ne faut pas générali- 
ser outre mesure les conclusions que l'on peut tirer de la monogra- 
phie d'un district : l'auteur s'en garde bien dans sa judicieuse Intro- 
duction. Il y consigne pourtant des constatations qui ont bien leur 
intérêt. Sur 1.360 acquéreurs, 933, soit 60 0/0, sont des habitants de 
Toulouse, et sur 3.-20i lots. :2.613, ou 81 0/0, furent adjugés à ces 
«-•■derniers. Ces 2.613 lots repiésentent, à eux seuls, une superficie de 
M.4Rs-AvniL 1919, T. CXLV. 14. 



— 210 — 

près de 10.240 hectares, ou une proportion de 8G 0/0 sur l'enseinbU 
des superficies aliénées dans tout le district. Parmi ces acquéreurs 
figurent une dizaine de prêtres, probablement, mais on ne nous le 
dit pas, du clergé constitutionnel, une vingtaine de nobles. 355 culti- 
vateurs, mais surtout des commerçants, petits bourgeois et artisans 
urbains. Certains membres des sociétés populaires, sociétés de sur- 
veillance et clubs divers paraissent s'être intéressés particulièrement 
à ces achats. La plupart de ces biens furent acquis à des prix très 
inférieurs à leur valeur réelle, et ils restèrent longtemps quelque peu 
dépréciés par suite de l'origine de cette possession. On vit de nom- 
breux acquéreurs entrer en pourparlers avec les anciens proprié- 
taires, ou avec leurs familles, pour obtenir, moyennant une indem- 
nité convenue, la ratification complète des ventes et la renonciation 
à toute revendication ultérieure. Baron Angot des Rotours. 



La France et rAllemagiie après le congrès de Berlin. La Mis- 
sion du comte de Sainl-Vallier (décembre lîî77-décem- 

bre 1881), par Ehnest Daudet. Paris, Plon-Nourrit, 1918, in-16 de 
v-316 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Après la guerre de 1870, la situation de la diplomatie française eu 
Allemagne était particulièrement délicate et difficile par suite de la 
vanité pédante et lourde des vainqueurs de Sedan. Ce n'étaient pas 
des hommes de nuance dans lart des relations étrangères, qui eu 
exige beaucoup. A Berlin donc la position de nos ambassadeurs fut 
très épineuse. Le marquis de Gabriac, notre chargé d'affaires, tra- 
versa une période de défiance; après lui, le vicomte de.Gontaut- 
Biron, une période d'irritabilité. Son successeur, le comte de Saint- 
Yallier eut la bonne fortune de venir pendant une période deilélente. 
Les deux premiers de ces diplomates ont laissé sur leurs missions de 
très intéressants Souvenirs. M. Ernest Daudet reconstitue, avec des 
documents en partie inédits, le rôle de M. de Saint- Vallier. rôle éga- 
lement malaisé auprès de la Prusse qui le recevait que vis-à-vis du 
gouvernement de la France républicaine qui l'envoyait. La .figure 
imposante de Bismarck domiile tout le récit et elle apparaît avec une 
certaine bonhomie astucieuse, car c'était pour lui l'heure de nous 
endormir, de nous distraire d'une pensée de revanche et de nous 
faire entrer, en détournant nos yeux du Rhin, dans l'engrenage d'une 
politique coloniale et méditerranéenne qui absorberait nos moyens 
militaires, nos fonds économiques, nos espoirs patrioticpies. M. VVad- 
dinglon, ministre des affaires étrangères au quai d'Orsay. M. de Saint- 
Vallier à Berlin, le général Chanzy à Saint-Pétersbourg sont, avec 
l'empereur Guillaume I" et le chancelier, les personnages de ces 
scènes captivantes. C'est bien l'heure de connaître les antécédents de- 



— 211 — 

cette politique, tantôt brutale, tantôt captieuse de l'Allcniagne ; des^ 
portraits en quelques coups de plume niontrent la cour de Prusse, 
celle de Russie ; de larges citations de dépêches et de rapports offi- 
ciels, soulèvent le voile de beaucoup des tractations d'alors, et indi- 
(juent discrètement les premiers dangers du socialisme international 
en Europe. Le lecteur fera aisément le rapprochement de cette « His- 
toire » avec les événements d'aujourd'hui pour goûter l'intérêt et 
l'à-propos de ce volume dont la suite lui est promise avec le récit de 
la mission du baron de Courcel, successeur de M. de Saint-Vallier. 

G. G. 

La Bélgica que yo vi, por Josi'; Sluirà. Valcncia, cdilorial Cervantes,, 
1919, 111-16 de 224^p. — Prix : 2 fr. 50. 

La Belgique qu'a vue M. Subira et dont il nous parle dans ce 
volume, ce n'est pas la Belgique palpitante et souffrante sous la botte 
germanique, c'est la Belgique d'avant la guerre, c'est la Belgique 
telle (ju'elle se présentait à l'étranger curieux il y a une dizaine d'an- 
nées. Ce sont les impressions qu'il a ressenties à Bruxelles, à Anvers, 
à Liège, à Malines, à Louvain, à Oslende, à Gand, à Bruges, dans les 
grottes de Han, à Namur, à Lierre, à Teivueren. 

Écrit avec agrément, d'une plume vive et légère, ce petit volume 
ne se lit pas seulement avec plaisir : les observations personnelles, 
les réflexions judicieuses, les traits piquants n'y manquent pas. 
M. Subira y va, lui aussi, de sa malédiction contre les barbares qui 
ont causé tant de destructions que l'auteur peut dire que la Belgique 
n'existe plus. 

Nous noterons, chemin faisant, page 184, une critique malicieuse 
et bien justifiée de l'érudition germanique et du Baedeker « auteur 
fameux et mensonger dont on ne peut dire ce que le P. Ripalda dit 
du Fabricatcur souverain : qu'il ne peut ni se tromper ni nous trom- 
per. » E.-G. Ledos. 

Louis Veuillol à Rome, par D. Roland-Gosselin. Paris, Bonne Presse,. 
s. d. (1919), in-8 de 111 p., avec 109 grav. — Prix : 2 fr. 

Il semblera tout naturel qu'on ait fait un rapprochement entre ces 
deux noms et donné ce cadre au grand écrivain catholique qui toute 
sa vie servit le Pape et défendit la Papauté. Les illustrations très 
nombreuses qui accompagnent le texte sont toutes empruntés à des 
sites, des monuments, des œuvres d'art, des personnages romains ; 
elles ne sont peut-être pas d'une reproduction toujours très artis- 
tique, mais elles sont choisies avec intellfgence et abondance. Elles 
pâlissent naturellement devant l'éclat des pages étincelautes pour 
lesquelles on les a évoquées. Louis Veuillot fit à Rome ouze voyages. 



— 212 — 

An premier séjour, en 1838, il ouvrit son âme, son esprit et son cœur 
il la vérité religieuse et dès lors sa reconnaissance comme son amour 
et sa fidélité demeurèrent acquis à l'Élglise. Le plus important de ses 
séjours fut pendant le concile du Vatican. La bonté paternelle de 
Pie IX Ty accueillit toujours avec empressement, même aux heures 
les plus délicates de sa carrière et lorsqu'il était en butte aux plus 
calomnieuses attaques. En des chapitres successifs, on nous montre, 
par des passages choisis de ses articles, de ses lettres, de ses livres : 
son amour de Rome, sa philosophie de l'art, ses sentiments sur l'an- 
tiquité païenne, sur la campagne romaine. Des citations empruntées 
surtout à sa correspondance nous donnent les récits de ses voyages 
<^n 185.3. 1860, 1862. celui de 1870-1871. Plus d'un passage du Par- 
J'iini de Rome, naturellement, est cité. Toutes les notes de ce talent si 
français à la fois et si romain vibrent ainsi et résonnent : émotion, 
enthousiasme, verve, rire, satire, indignation, pittoresque, sens chré- 
tien, foi vive et indomptable énergie. On comprend très bien l'unité 
littéraire d'une existence vouée exclusivement à la défense de la vérité, 
contre ses adversaires, ses détracteurs, ou les défaillances dangereuses 
de quelques-uns de ses soldats. En parcourant ces pages, le lecteur 
prendra goût à la façon charmante dont est servie une cause impé- 
rissable, il voudra en connaître davantage, se reporter aux livres 
mêmes de Louis Veuillot ; et ceux qui sont déjà familiers avec ce 
maître de la prose française au xix' siècle auroQJ. plaisir à posséder, 
groupés sous un titre heureux, les principaux éléments de sa pensée 
militante, courageuse et fidèle. Geoffroy de Granomaison. 



L,es Amours d'un poète. Documenls inédits sur Victor Hugo, par Lotis 
Bautjiou. Paris, Conard, 1919, in-i6 de vu-387 p. — Prix : 4 fr. 50. 

Pour qualifier le volage, l'inconstant, l'infidèle, le populaire emploie 
^^ne expression imagée: « Il a un cœur d'artichaut. » Victor Hugo 
■eut ce cœur là du jour où, s'éloignant de la mère de ses quatre enfants, 
il dérailla sur les voies de la galanterie. 

La première sirène dont il subit le charme fut Juliette Gauvain, dite 
Drouct. Cette petite actrice, vainement protégée par Victor Hugo, qui 
lui avait attribué un rôle dans l'un de ses drames, dut abandonner le 
théâtre après un fort échec ; mais elle s'en consola en attachant le 
poète à son char. .\vec beaucoup de tact, mais non sans indulgence. 
M. Louis Barthou nous raconte l'histoire desrelationsdes deux amants, 
bien connue, mais renouvelée et complétée ici au moyen de documents 
inédits, très intéressantes trouvailles littéraires et psychologigues que 
leur possesseur eût eu grand tort de garder pour lui seul. Ces nom- 
bicuses pièces de prose et de vers ainsi que diverses lettres de Juliette 
montrent que celle-ci fut loin dêlrc une créature insignifiante, n'ayant 



— 2i:j — 

pour elle que sa beauté. Assurément son passé était très chargé d'aven- 
tures ; aussi Victor, dans les premiers temps surtout, s'en montra- 
t-il férocement jaloux. D'ailleurs, si l'on compare la femme légitime 
avec la maîtresse, il n'est pas douteux que cette dernière, à tous les 
points de vue, l'emporte sur sa nonchalante rivaîç : la douce Adèle 
n'était pas, au fond, la compagne qui convînt à Jupiter Hugo : leur 
union avait été celle de l'aigle et de la colombe. 

Sur la question, si souvent agitée, de savoir qui, de Victor on 
d'Adèle avait le premier bifurqué, M. Barthou établit nettement, 
par des documents et des dates, que, endoctrinée par le vilain Sainte- 
Beuve, Adèle Hugo, dès 18.32, accordait des rendez-vous au faux anit 
de son mari, alors que celui-ci ne se lia avec Juliette Drouet qu'en 
février 183.3. — Concluez. 

Si grande que fût l'influence de Juliette sur Victor Hugo, il s'en faut 
(ju'une parfaite entente régnât dans leur libre ménage : querelles^ 
injures, ruptures, réconciliations, etc., rien n'y manqua ; et la poésie 
.se greffa là-dessus, — émouvante ou superbe ! 

Donc, Victor était jaloux de Juliette ; mais Juliette l'était 
également de Victor. De là une surveillance qu'Olympio savait dérou- 
ter; et, (( cœur d'artichaut », il distribuait ses feuilles à toutes venantes. 
Inutile d'entrer dans les détails... 

En résumé, ce livre, tout en nous montrant l'homme et ses fai- 
blesses, explique une fois de plus, et de façon précise, nouvelle même 
à différents égards, les rapports entre le poète et son œuvre. 

Certains ont reproché à M. Barthou d'avoir rapetissé l'idole Hugo, 
Pourquoi ? Est-ce que les grands hommes disparus n'ont pas tous été 
interrogés, plus ou moins, par une postérité prochaine ou éloignée, au 
sujet de leurs affections, de leurs haines, de leurs ambitions, de leur 
vie privée intégrale enfin ? Et, pour ne parler que de quelques illustres 
contemporains de Hugo, que n'a-t-on pas imprimé sur Alfred de 
Musset, George Sand, Balzac, etc. ! Dans le cas particulier, ces demi- 
pharisaïsmes tombent à plat : page 157, l'auteur s'était borné, avec 
une discrétion voulue, à rappeler une scène entre le poète et Juliette 
donnant l'impression que Victor Hugo n'envisageait pas d'un mau- 
vais œil que l'on connût plus tard les choses intimes de son histoire 
amoureuse. Mais, sans doute pour répondre aux attaques dont son 
étude, publiée d'abord dans la lievue de Paris, fut l'objet, il n'hésite 
pas à insérer dans sa Préface (p. vi-vii) un billet inédit de V. Hugo^ 
tenu diplomatiquement en réserve, semble t-il, par lequel le futur 
panthéonisé veut que ses lettres à sa maîtresse ne soient pas détruites 
et que l'on en retrouve la trace un jour <( quand nous ne serons plus 
que cendre tous les deux n (Elle et Lui). 

Gela dit, n'est-il pas piquant de constater que M. Louis Barthou 



— 214 — 

^'est en quelque sorte institué l'exécuteur testamentaire spécial de 
Hugo ? — Que reste-t-il alors des critiques qui lui ont été décochées? 

E.-A. Ghapuis. 



BULLETIN 



Encyclique « Ifiimani çicncris » de S. S. Itenolt XV' sur la pré- 
dication et Itéjjles pour la prédication sacrée édictées par la 
S. Congréyation consistoriale. Paris, Bonne l'resse, 1917, in-8 de 45 p. 

Après Léon XIII et Pie X, Benoît XV a voulu, dès le début de son ponti- 
ficat, rappeler les grandes lois de la prédication chrétienne. Dans son 
encyclique Hiimani generis, il expose le but et les conditions d'une prédica- 
tion vraiment évangélique. L'encyclique est suivie d'une constitution de la 
S. Congrégation consistoriale contenant les règles à observer pour la pré- 
sentation, l'examen et l'approbation des prédicateurs, des directions sur 
la manière d'annoncer la parole de Dieu et sur la préparation éloignée 
qu'exige ce grave ministère. 

Ces documents doivent être entre les mains de ceux qui ont à distribue)- 
aux fidèles l'enseignement chrétien ; ils ont été immédiatement édités par 
la Bonne Presse. Dans cette édition, une traduction française accompagne 
le texte original. Christophe Simon. 



l*our abolir la souffrance humaine, par Lucien Deslinières. Paris, GiarJ 
et Brière, 1918, petit in-8 de 127 p. — Prix : 3 fr. 

« Les maux dont soutire l'humanité sont dus, povu' la plus grande part, 
aux vices de l'organisation sociale. Cette organisation repose sur le prin- 
cipe fondamental de la lutte. pour la vie entre les hommes. La lutte pour 
la vie est due à l'insuffisance alimentaire. » Que l'on substitue à la lutte 
pour la vie l'association pour la vie, et tout sera changé ! Plus de rivalité ! 
plus de concurrence ! la fraternité entre tous, chacun content de son sort : 
plus de vols, plus de crimes, plus d'excès, plus de dégénérés, presque jjlus 
de maladies ! plus de lieux insalubres ! Telles sont, avec quelques auties, 
les édéniques perspectives que l'auteur découvre à ses lecteurs émerveillés. 
II se trouvera certainement des gens pour se lais.ser prendre à ces vues de 
lanterne magique. Elles présentent juste «assez de traits réels pour donner 
;a]x esprits simples l'impression du vraisemblable. Ainsi les contes de fée 
et les images dÉpinal. Gn. Landby. 



I/IC<!u<'jilion pliysiqiu' modem*' d<' la jeunessi' pai' la niétliod*- 
natur«'!l4>, siaipl*', a«|i-éiible et l'apide du lîeiilenant d*" vais- 
seau Ci. llélj*»rl, par OcTAviî 1''orsakt. Paris, liacliette. 11)19, in-12 de 48 p.. 
avec fiiiiiro. — l^rix : 1 fr. 

Inspecteur de l'enseignement primaire, M. O. Forsanl a fait ])ratiquer 
dans les écoles de la ville de Reims la méthode d'éducation [)hysique du 
lieutenant de vaisseau Hébert et en a constaté les excellents résultats. On 
connait les caractéristiques de cette méthode. Elle est fondée svu' le retour 
aux mouvements naturels que les êtres primitifs exécutent d'instinct. Elle 
réclame eu conséquence peu d'agrès et ses exercices rentrent dans huit 
«alégories ayant trait à : la marche, la course, le saul, le (jriiniH'r, le lener. 
Je lancer, la défense nalurelle (boxe et lutte) et la nataiion. Dès avant lOi'i- 
Ja méthode Hébert avait réuni de nombreux adeptes ; renseignement 



f 



— 2lo — 

-injoiird'liui suivi à l'École de Joinvilie on découle, et de la Grande Guerre 
>c sont dégagés de façon fort nette deux axiomes d'ordre physique : la 
nécessité de l'éducation sportive de la jeunesse et la puissance régénératrice 
(le la vie au grand air. Il faut donc savoir gré à M. Octave Forsant d'avoir 
lésumé, à l'usage des maîtres et maîtresses des écoles, les principes et les 
règles d'un enseignen)et)t rationnel, dont la diffusion est désirable. 

R. L. 



In Cli«.'f «rÉtat qui gouverii*^, par Un dorteur ès-sciences politiques. Paris, 
Bureau calliolique de presse, 87, rue Lauriston. l'JlS, in-12 de 18 p. — Prix : 
fr. '2o. 

Beaucoup didées sensées el de bonnes intentions d;ins ce tract, qui évi- 
fleniment n'épuise pas le grand sujet quil aborde. Pour donner à notre 
T'résident la hardiesse d'user des prérogatives que lui reconnaît dès main- 
tenant la Constitution, et d'autres encore qu'il pourrait être désirable de 
lui attribuer, l'auteur a confiance dans une modification de son mode de 
désignation. On nous propose de le faire élire par un collège électoral 
composé principalement de nos conseils généraux. Est-ce suffisant pour 
assurer au chef de l'État une autorité indépendante, en face d'une Chambre 
souverainement maîtresse de lui couper les vivres ? 

Bauon Axgot des Rotours. 



I..a Conv«'rsion de .\Iagdeleine, par G. Iss.vndox. Paris, Beauchesnc, 1918, 
in-lO de \o'-i p. — l'rix : -i l'r 

Lu Conversion de Madeleine n'est ni un roman, ni, à proprement parler, 
un livre de guerre, bien que la guerre l'ait inspiré. C'est un recueil d'idées, 
(le conseils, de réflexions, qui portent sur l'éducation des jeunes filles. Un 
mobilisé, M. X., philosophe chrétien et moraliste par vocation, soldat par 
ilevoir, est cantonné dans une famille de province, où se trouve la a Magde- 
leine. » qui donne son nom au volume. Entre lui et ses hôtesses s'échan- 
gent des vues sur mille sujets et l'influence un peu austère, mais bien- 
faisante, du philosophe soldat laisse sur ses jeunes amies une empreinte 
profonde, rendue encore plus durable par sa mort héroïque au champ 
(i'iionneur. Bien écrit, ce livre renferme des idées saines et justes 

Comtesse de Courson. 



I^"<>r»|anisation de la démocratie, par Probus. Paris. Bossard, I!jl9, in 16 
di; 44 p. — Prix : 1 fr. -20. 

Reprenant et résumant des idées exposées en de précédents ouvrages 
{La plus Grande France (1916) et Construire flOlS)). des idées dont plusieurs 
font leur chemin et que propagent aussi des initiatives parallèles à la 
sienne, Probus nous presse de nous unir, au-dessus des partis, pour assu- 
rer à la patrie les conditions indispensables à sa vitalité. Rapprochement 
des syndicats ouvriers et des syndicats patronaux en des conseils mixtes, 
réfection méthodique de l'outillage national ; relèvement de la natalité, 
lépression de l'alcoolisme, réformes politiques nous donnant un pouvoir 
exécutif pkis fort et un pouvoir judiciaire indépendant, reconnaissance et 
alfrancliissement de nos régions, voilà les principaux articles de ce pro- 
gramme d'organisation française, d'ordre français. Pour le faire triom- 
plier, l'auteur croit pouvoir trouver appui chez tous les patriotes, même 
fhez les partisans du collectivisme absolu, pourvu que ceux-ci ne soient 
; point des réalisateurs par trop pressés. Baron Angot des Rotours. 



— 2i6 — 



CHRONIQUE 



Nécrologie. — Le Polybiblion ressent vivement la perte qu'il vient 
d'éprouver par la mort de M. Joseph Rambaud, l'éminent professeur an\ 
Facultés catholiques de Lyon qui, à la mort du regretté Claudio Jannet 
(1894), avait assumé dans notre revue la tâche de lendre compte des 
ouvrages d'économie politique. INéà Lyon, le iH août 1841), M. Joseph Ram- 
baud couronna de bonnes éludes classiques par l'oblention de la licence 
ès-lettres. Puis il se tourna vers l'étude du droit, se fit recevoir docteur, 
devint professeur aux Facultés catholiques de Lyon dès l'origine et donna 
tous ses soins à la science économique. Tenant de l'école classique, il se 
montrait sévère el parfois assez âpre dans la discussion des travaux de ses 
adversaires. Il avait notamment une antipathie non dissimulée, el que nos 
lecteurs ont pu remarquer, pour les doctrines des calholiques sociaux. 
ISous citerons de lui les ouvrages suivants : L'Aumône et le ralionalistne 
économique (Lyon, 1889, in-8) ; — La Banqueroute de l'ancien régime de 17(KJ 
à 1789 (Lyon, 1890, in-8) ; — Sommaire délaillé du cours d'économie politique 
(Lyon, 1892, in-8) ; — Traité élémentaire raisonné d'écononne politique {\:'ariè, 
1892. in-18) ; — Histoire des doctrines économiques (Paris, 1899, 2 vol. in-8 ; 
3' éd. en 1909) ; — Christianisme el solidarité (Lyon, 1906, in-8) ; — Le 
Droit criminel romain dans les actes des martyrs (Lyon, 1907, in-8) 

— M. Adrien Mithouard est mort le 30 mars à Paris ; et celle mort n'est 
pas seulement un deuil pour le conseil municipal qu'il présidait et pour la 
cité qu'il administrait avec tant de zèle et de compétence, mais aussi pour 
les lettres françaises et pour la pensée chrétienne : car c'est précisément 
parce qu'il était un homme de foi solide et aux convictions ardentes et 
profondes, qu'il se donnait tout entier à l'exercice de ses fonctions. Né à 
Paris, le 18 janvier 1864, M. Adrien Mithouard fit de brillantes éludes lit- 
téraires qu'il couronna en demandant à la Faculté de droit de Paris les 
notions juridiques qui devaient lui servir dans ses futures fonctions. C'est 
en 1898 qu'il brigua le mandat de conseiller municipal dans le quartier 
de l'Ecole militaire, et il acquit au conseil, par sa courtoisie comme par sa 
diligence pour toutes les affaires qui lui furent confiées, une place bientôt 
prépondérante. Et c'est ainsi qu'il devint président de cette assemblée en 
1914 et fut depuis maintenu à ces hautes fonctions par l'eslime de ses col- 
lègues. Cràce à sa tournure d'esprit très littéraire, lesdiscours qu'il eut occa- 
sion de prononcer en diverses circonstances, au nom de la ville de Paris, 
étaient extrêmementgoûtés. Dès le débutdela guerre, il sedévoua à ladéfensc 
des intérêts de la grande cité, et notamment aux questions de ravitaillement 
et le surmenage auquel il se livra dans ces conjonctures pénibles détermina 
la maladie qui le conduisit à la mort. Son beau talent, qui s'était aflirméde 
bonne heure par des publications remarquées de la critique et goûtées du 
public, l'avait poussé à briguer un fauteuil à l'Académie française ; et 
l'accueil honorable fait une première fois à sa candidature lui laissait de 
légitimes espérances. Nous citerons de lui : Bigalume (Paris. 1888, in-16) ; 
— Liécital mysti<iue (Paris, 1893, in-18) ; — L'Iris exaspéré (Paris, lS!».'i. 
in-12) ; — Les Impossibles Noces. Les Deux l'ouïes. La Complète de l'aube 
(Paris, 1896, in-12) ; — Le Tourment de l'unité (Paris. 1901. in-lS) ; — La 
Coupole de Notre-Dame de C««« (Paris, 1902, in-16) ; — Les Frères niarcheitrs - 
(Paris. 1902, gr. in-8) ; — Traité de l'Occident (Paris, 1904, in-16) ; — La 
Perdition de la Bièvre (Paris, 1906, in-18); — Les Pas sur fa terre (Paris. . 
1908, in-lG) ; — Les Marcltes de l'Occident : Venise, Grenade (Paiis, 1910. in-12). . 



— 217 - 

— M. Charles Moiuce, qui vient de mourir à Menton, fut une des per- 
sonnalités les plus éminentes du mouvement symboliste. Né à Saint-Étienne 
en 1863. il vint à Paris pour se livrer aux éludes littéraires, se lia bientôt 
avec Verlaine et Mallarmé et publia en 1890 un livre de critique : La Lit- 
térature de tout à l'heure, qui fut extrêmement remarqué, particulièrement 
de M. Jules Huret qui ouvrit alors une enquête sur 1' « Évolution litté- 
raire. » M. Morice fit dès lors de la critique littéraire qu'il étendit aux arts 
et fut pendant de longues années le critique artistique du Mercure de 
France. Il a publié A'oa-A'oa en collaboration avec M. Gauguin et des tra- 
ductions do Dostoïewsky avec Halpérine Kaminski. Il a aussi publié un 
ouvrage sur Eugène Carrière et fait paraître des études très remarquables 
sur l'art de nos cathédrales. Dans les derniers temps de sa vie il s'était 
singulièrement rapproché des croyances catholiques ; il écrivit alors: Hesl 
ressuscité (Paris, 1911, in-16) et Raisons de croire. Cette année il avait fait à 
l'Institut catholique toute une série de conférences sur la renaissance de 
l'art religieux. On peut citer de lui : Paul Verlaine (Paris, 1887, in-12) ; — 
Demain. Question d'esthétique (Paris, 1887, in-18) ; — La Littérature de tout 
à r/zeure (Paris, 1889, in-16);— Chérubin, drame {PaT\s, 1891, in-8) ; — 
Portrait d'un prochain siècZe (Paris, 1894, in-12) ; — Opinions (Paris, 1895, 
in-18) ; — Paris-Almanach. Sagot (Paris, 1896, in-18) ; — L'Alliance franco- 
russe (Bruxelles, 1897, in-8) ; — Almanach de prose et de vers pour 1897 
(Paris, 1897, in-18) ; — L'Esprit belge (Paris, 1898, in-12) ; — Du Sens reli- 
gieux de la poésie. Sur le mot poésie. Le Principe social de la beauté (Paris, 
1898. in-8); — Paul Bovy. Un peintre de la montagne (Genève, 1899) : — Le 
Christ de Carrière (Bruxelles, 1899) : — Rodin. Flo (1899) ; — Le Rêve de 
vivre (1900) ; — Les Textes de Rabelais et la Critique contemporaine (Poi- 
tiers, 1905) ; — Eugène Carrière, 2' édition (Paris, 1906, in-18) ; — Pour- 
quoi et comment visiter les musées (Paris, 1910. in-8) ; — Œuvres complètes 
de Paul Verlaine (Paris, 1911, in-8) : — Théodore de Banville. Choix de 
poésies (Paris, 1912, in-18). 

— La mort de M. le professeur Raphaël Blanchard est une perte consi- 
dérable pour la science' française. Né à Saint-Christophe (Indre-et-Loire), 
le 29 février 1857, d'une famille illustrée par le célèbre aéronaute Pierre 
Blanchard, Raphaël-Anatole-Émile Blanchard fit ses études aux lycées de 
Vendôme et d'Alençon. Préparateur de physiologie, à la Faculté des sciences 
de Paris, d'abord de Georges Pouchet. puis de Paul Bert (1878-1883). en 
même temps qu'il exerçait à l'Institut agronomique les fonctions de répéti- 
teur de physiologie (1879-1S95), il prit en 1880 son doctorat en médecine. 
La science et les hautes qualités qu'il manifestait dans ses fonctions le firent 
appeler en 1883 à succéder à Bâillon dans la chaire d'histoire naturelle de 
la Faculté de médecine, à titre de professeur agrégé ; il fut titularisé en 
1895 et en 1907 il fit transformer la chaire en chaire de parasitologie. Il 
s'était acquis en effet une compétence toute particulière et la plus belle 
notoriété par ses travaux de parasitologie humaine. Son activité débor- 
dante ne négligeait aucun moyen de promouvoir les études qui lui étaient 
chères : il n'avait pas vingt ans quand il fut l'un des fondateurs de la So- 
ciété zoologique, dont il devint secrétaire (1879), puis secrétaire général 
(1880-1902), à laquelle il se dévoua sans compter et qui lui doit d'avoir pu 
traverser des crises dilïîciles et d'être arrivée à un haut degré de prospérité. 
Il fut aussi parmi les fondateurs de la Société de spéléologie (1894), de la 
Société d'histoire de la médecine (1902), de l'Institut de médecine coloniale 
(1912). C'est à son impulsion qu'est due l'organisation des Congrès inter- 



— 218 — 

nationaux de zoologie (1899) et il demeura le secrétaire général du Co- 
mité permanent de ces congrès. Sa courtoisie et ses connaissances lin- 
guistiques qui lui rendaient facile de s'exprimer dans la plupart des 
langues européennes lui ont permis d'exercer dans les congrès une 
grande influence pour le plus grand bien de la science française. I/.\ca- 
démie de médecine, qui l'avait appelé en 1894 à siéger parmi ses membres, 
lui avait confié en 1911 les fonctions de secrétaire perpétuel. Le Dr Blan- 
chard collaborait à de nombreux recueils scientifiques et la liste de ses 
publications est fort longue. Nous citerons ici les suivantes : De l'Anesthê- 
sie par le proloxyde d'azole d'après la méthode de Paul Berl (Paris, 1880, 
in-8) ; — Les Universilés allemandes (Paris, 1883, in-8) ; — Les Coccides 
utiles (Paris, 1883, in-8) ; — Éléments de zoologie par Paul Bert... et R. 
Blanchard (Paris, 1885. in-16) ; — Traité de zoologie médicale. T. [. Proto- 
zoaires, histoire de l'œuf, cœlentérés, échinodermes, vers... (Paris, 1889. in-8) : 
— Les Animaux parasites introduits par l'eau dans l'organisme (Paris, 1890, 
in-8) ; — Congrès inierimtional de zoologie. Paris, 8-10 août 1889. Documents 
relatifs à la nomenclature des êtres organisés (Paris, 1890, in-8) ; — Congrès 
international de zoologie tenu à Paris du 5 au 10 août 1889. Compte rendu soni- 
maire (Paris. 1890, in-8) ; — Histoire zoologiqne et médicale des léniadés du 
genre Hymenolepis Weinland (Paris, 1891, in-8); — Sur les végétaux parasites 
non microbiens transmissibles des animaux à l'homme et réciproquement (Paris, 
1892. in-8) ; — Revision des hirudinées du musée de Dresde (Berlin. 1894, 
in-fol.j ; — L'Art populaire dans le Briançonnais. Les Cadrans solaires (Pa- 
ris, 1895, in-8) ; — Règles de la nomenclature des êtres organisés (Paris, 
1895, in-8) ; — I^es Hématozoaires de l'homn\e et des animaux, par les D" 
Laveran et Blanchard (Paris. 1895. 2 vol. in-10) ; — La Claque des oiseaux 
(Sarcopsylla gallinacea Westirood (Paris, 1897, in-8) ; — Hirudinées des Indes 
néerlandaises (Lciden, 1897. in-4) ; — Quelques cas anciens d'aclinomycose 
(Paris, 1899. in-8) ; - Archives de parasilologie. T. I. (-IV), 1898 (-1901) 
Paris, in-8) ; — Les Coccides et leur rôle pathogène (Paris, 1900, in-8) ; — 
Instructions à l'usage des médecins, des naturalistes et des voyageurs, rédigées 
au nom de la Commission du paludisme (Paris, 1900, in-8) ; — Notes histo- 
riques sur la peste (Paris, 1990, in-8) ; — Transmission de la filariose par les 
moustiques (Paris. 1900. in-8) ; — A propos de l'élépliantiasis du scrolnni (Paris, 
1901. in-8) ; — Les Moustiques de Paris, leurs nicj'ails. mesures de préserva- 
tion (Paris. 1901, in-8) ; — Notes sur les ténias noirs (Paris, 1901, in-8; ; — 
Congrès international de médecine. Section de bactériologie et de parasilologie. 
(Compte rendu (Paris, 1901, in-8) ; — L'Institut de médecine coloniale. Histoire 
de sa fondation (Paris. 1902. in-8) ; — Madagascar au débul du xx' siècle. Cli- 
mat, hygiène, maladies (Paris, 1902, in-8) ; — Nouvelles observations sur le pseu- 
do-parasitisme des myriapodes chez l'homme (Paris, 1902, in-8) ; — Sur la pi- 
(jùre de quelques hémiptères TParis, 1902. in-8); — Les Moustiques, histoire 
iialarelle médicale (Paris, 190"), in-8) ; — Règles internationales de la nomen- 
clature zoologique adoptée par les con(jrès internationaux de zoologie {Vi\r'\», 
1905. in-8) ; — - Glossaire allemand-français des termes d'aimtomie et de 
:oologie (Paris, 1908, in-8) ; — L'Insecte et l'infection, histoire nalurelte et 
médicale des artliropodes pathogènes (Paris. 1909, in-8) ; — La Mimopitonie, 
son râle dans la fornialion des langues (Paris. I!)|4, in-8); — Epigrapltic n)ê- 
dicale. Corpus inscrq)tionum ad medicinum biologuunque spectantium ; t. I. 
(Paris, 1915. in-8) i — La Lutte contre la moHc/ie (Paris. lOl.i, in-8) ; — La 
Lutte coidre les pou.T (Paris, 1915. in-S) : — Instruction pour l'hygiène et la 
désinfection en lenq)s di' guerre (Paris, 1915, iri-8). 



— 219 — 

— Les sciences médicales ont encore fait en France trois perles particu- 
lièrement douloureuses par la mort de MM. les D" Hallopeau. Ctiantemesse 
et Choquet. M. le D' François Hai.i-opeau. qui est mort à Paris le 23 mars, 
•ëtait un des plus éminents représentants en France de la dermatologie. Né 
aux Airelles, en Haute-Savoie, le 17 janvier 1842, il fit au lycée Bonaparte 
à Paris de bonnes études après lesquelles il se consacra à la médecine. .Sa 
thèse de doctorat (1871) portait sur les accidents convulsifs dans les mala- 
dies de la moelle épinière ; 4 ans plus tard (1875) il se faisait recevoir 
agrégé avec une thèse sur les paralysies bulbaires. Nommé médecin des 
hôpitaux en 1877. il devint en 1880 médecin de Ihôpital Tenon, d'où il 
passa en 1881 à Ihôpital Saint-Antoine et de là en 1884 à Ihôpital Saint- 
Louis, où il se livra tout entier aux travaux dermatologiques qui ont fait 
sa gloire, et où il donna un enseignement clinique des plus suivis et des 
plus appréciés. Longtemps secrétaire général de la Société de dermatologie 
et de syphiligraphie. il en devint plus tard vice-président. 11 joua égale- 
ment un rôle considérable dans les congrès spéciaux et dans les sections 
•dermatologiques des congrès médicaux. L'Académie de médecine lui avait 
■donné (1803) l'un de ses fauteuils ; et nombre de sociétés tant de France 
•que de l'étranger s'étaient fait un honneur de le compter parmi leurs 
membres. De ses multiples publications, dont la plupart ont paru dans les 
revues spéciales, nous ne retiendrons ici que les suivantes : Des Accidents 
convulsifs dans les maladies de la moelle épinière (Paris. 1871, in-8) ; — Con- 
Iribation à Véliide de la sclérose diffuse péry-épendymaire (Paris, 1870. in-8) ; 

— Élude sur les myélites chroniques diffuses (Paris. 1871, in-8) : — UUectine, 
<iu 006 dans le traitement abortif de la syphilis (Paris, s. d., in-8) ; — Du 
Mercure, action physiologique et thérapeutique (Paris, 1878, in-8) ; — Du Trai- 

:ienient de iérysipèle par le salycilate de soude ad ministri intus et extra... (Va- 
•ris, 1881, in-8) : — Du Traitement de la fièvre typhoïde par le caloniel, le 

salycilate de soude et le sulfate de quinine (Paris, s. d.. in-8) : — Traite élé- 
.mentaire de pathologie générale comprenant la pathogénie et la physiologie 
.pathologique i Paris. 1884, in-8) ; — Leçons sur les maladies cutanées et syphi- 
litiques. Les Xaevi (Paris. 1891, in-18) : — Sur les rapports de lu tuberculose 

arec les maladies de la peau autres que le lupus vulgaire (Paris, 1896. in-8) : 

— Les Lépreux à Paris i communication à la Conférence pour l'étude de la 
lèpre. Berlin, octobre 1897). (Paris. 1897, in-8) ; — Les Toxines en dermatolo- 

• gie. Communication au Congrès international de médecine (Moscou, août 1897) 
-.(Paris. 1897, in-8) : — Traité pratique de dermatologie (Paris. 1900, in-8) ; 

— Principes fondamentaux du traitement de la syphilis (Paris. 1904. in-8) : — 
.De la spécificité en dermatologie (Clermont. in-S) ; — Les Substances toxi- 
ques et immunisantes dans la syphilis (Paris. 1904, in-8) ; — Proliférations 
locales in sua et à distance de l'agent infectieux de la syphilis pendant toute la 

■durée de son évolution. Communication au Congrès de médecine de Liège (Cler- 
mont. 1903, in-8) ; — Le Traitement abortif de la syphilis 'Paris. 1911, in-8) ; 

— Traité de la syphilis (en collaboration avec C. Fouquet) (Paris, 1911, in-8). 
— M. le D"^ André Chantemesse appartenait aussi à l'Académie de méde- 

•cine où il avait été élu en 1901. Né au Puy, le 13 octobre 1831, c'est au 
lycée de sa ville natale qu'il avait fait ses études classiques. Docteur de la 
Faculté de médecine de Paris en 1884 avec une thèse sur la méningite 
tuberculeuse de l'adulte, il fit porter principalement ses recherches sur les 
questions d'hygiène et il y acquit assez de notoriété pour être désigné 
en 1894 comme chef de la délégation française au Congrès international 
d'hygiène de Budapest. Professeur de pathologie comparée expérimentale 



- 220 — 

à la Faculté de médecine de Paris depuis 1896, il fut appelé en 1903 à I.i 
chaire d'hygiène en remplacement du D" Proust. Nous cilerons de lui les 
ouvrages suivants : Elude sur In nténingile tuberculeuse de l'adulte, lesforuies • 
anormales en ixuiiculier (Paris, 1884, in-8) ; — Fièvre typhoïde (dans le Truite- 
de médecine publié sous la direction de Charcol. Bouchard et lirissaud> 
(Paris, 1891, in-8) ; — Pathologie ijénérale el expérimentale. Les Processus 
généraux (Paris, 1901-1905, 2 vol. gr. in-8) ; — Les Actualités médicales. 
Mouches el choléra, en collaboration avec le D"^ Frédéric Borel (Paris, 190(5, 
in-16) ; — Mouches et fièvre jaune (Paris, 1906, in-16), avec le même ; — 
Hygiène internationale : frontière et prophylaxie (Paris, 1907, in-8), avec le 
même ; — Traité d'hygiène maritime (Paris, 1909, in-8), avec les D" Boitl 
et Dupuy ; — Pleurésies tuberculeuses (Paris, 1913, in-16), avec le D' Cour- 
coux. 

— M. le Dr Chaput, qui est mort le 27 février, n'appartenait ni à l'Aca- 
-démie ni à la Faculté de médecine de Paris, mais il s'était acquis une haute 

réputation comme chirurgien de l'hôpital Lariboisière. Né à Tonnerie, 
en 1857, c'est à Paris que M. Henri Chaput poursuivit ses études médicales. 
Interne des hôpitaux (1881-1884), prosecteur à la Faculté (1885-1888), il fut 
nommé en 1888 chirurgien des hôpitaux et fut, de 1889 à 1895, l'assis- 
tant du Dr Terrillon. C'est alors qu'il devint chirurgien de Lariboisière. 
C'est surtout dans les questions relatives à la chirurgie de l'estomac et d<» 
rintestin qu'il avait ac(juis une compétence particulière. Parmi les travaux 
dûs à sa plume savante, nous devons citer : La Suture des nerfs (Paris, 
1884. in-8) ; — De t Entéro-anaslomose. ou opération de Maisonneuve, procédés 
opératoires, indications, résultats (Paris, 1891, in-8) ; — Technique et indica- 
tions des opérations sur V intestin, l'estomac et les voie biliaires (Paris, 1892,. 
in-18) ; — Asepsie el antisepsie chirurgicales en collaboration avec le D' Terril- 
Ion (Paris, 1893, in-18) ; — Les Conditions de succès des grandes opérations 
sur l'intestin (Paris, 1893, in-8) ; — Thérapeutique chirurgicale des affections 
de rintestin, du rectum et du péritoine (Paris. 1896, in-18) ; — Les Différents 
Procédés d'anesthésie chirurgicale féther, chloroforme, chloréthyle. cocn'ine lo- 
cale et lombaire (Paris, 1902, in-8) ; — Les Fractions matléolaires du cou-de- 
pied et les accidents du travail (Paris, 1908, in-Ki). 

— Ce n'est pas seulement le Parlement, où il soutint les causes juste:»-- 
avec autant de lucidité dans la pensée et dans l'expression que de fermeté • 
dans la discussion, mais c'est le monde économique et juridique qui est 
éprouvé par la mort de M. Paul Bkaurkgauu, mort le 23 mars, à Paris. Né 
au Havre, le 13 octobre 1853, il se fit recevoir docteur en droit à la Faculté- 
de Paris (1875). A 23 ans, il devenait agrégé. Après avoir professé à la 
Faculté de Douai, il fut appelé à celle de Paris. 11 enseigna aussi au Con- 
servatoire des arts et métiers. C'est surtout comme économiste qu'il se lit 
connaître. Il avait fondé en 1891 le Monde économique. Il était député de 
Paris depuis 1S98. Voici la liste de ses principaux ouvrages : Du Paieuu-id 
avec subrogation, ses origines en droit romain, sa nature el ses effets dans le 
droit français. Thèse pour le doctorat (Paris. 1876, in-8) ; — Essai sur la 
théorie ilu sa/aire, la main-d'œuvre et son prix (Paris, 1887, in-8) ; — Elêmenls- 
d'économie politique (Paris. 1889, in-16) ; — La Théorie de ta rente foncière, 
en collaboration avec M. Coste (Paris. 1891, in-8) ; — Le Monde rconomùiutf 
CParis, 1891 et s., in-fol.) ; — La Question des associ<dions (Paris, 1892, in-«S) ; 
— (Conférence faite au Havre le 10 octobre 189',) sur la défense du commerce^ 
français d'exportation (Paris, 1900, in-8) ; — iSotice sur la vie el les IravaiLe-- 
de M. Clément Juglar (Paris, 1908, in-4). 



221 

— Un jurisconsulte éminent, M. Ernest LEim, est mort à Lausanne In 
:^8 février. Né à Saint-Dié, dans les Vosges, en 1835, il exerçait à Strasbourg 

les fonctions d'avocat quand éclata la guerre de 1870. Il prit part à la 
«défense de la cité alsacienne comme commandant de la garde nationale et 
'quand Strasbourg eut capitulé, il se retira en Suisse. C'est ainsi qu'il fut 
itttaché à l'Université de Lausanne où il occupa jusqu'en 1884 la chaire de 
législation comparée. Il renonça alors à l'enseignement pour se consacrer à 
ses travaux juridiques. Tl devint en 1892 le secrétaire de l'Institut de droit 
'international. Nous citerons de lui : MnUiieu Zoll, le premier pasteur évan- 
()êlique de Strasbourg (tU77-l;)^8) et sa femme Catherine Schutz (Paris, 1861, 
iri-12) ; — Voyages et découvertes dans la maison et aux alentours, traduit de 
Hcrmann Wagner (Paris, 1866. 4 vol. in-12) ; — Études sur l'fiisloire et la 
généalogie de quelques-unes des principales maisons souveraines de l'Europe 
^ Paris, 1866, in-4) ; — Dictionnaire d'administration ecclésiastique (Paris, 
1869, in-8) ; — L'Alsace noble (Paris, 1870, 3 vol. in-4) ; — Les Écus de cinq 
francs au point de vue de la numismatique et de l'histoire (Paris, 1870, iii-8) ; 

— Mélanges de littérature et d'histoire alsacienne (Strasbourg, 1870. in-8) ; 

— Scènes de mœurs et récils de voyages dans les cinq parties du monde (Paris, 
'1870-1873, 4 vol. in-8) ; — Élénients de droit civil germanique (Lausanne, 1873, 
• tn-8) ; — Essai sur la numismatique suisse (Lausanne, 1875, in-8) ; — La IS'ou- 

velle Organisation judiciaire de la Russie (Paris, 1875, in-8) ; — Des Divers 
Régimes hypothécaires de la Suisse (Genève, 1876, in-8): — La Nouvelle Légis- 
iation pénale de Russie (Paris, 1876, in-8) ; — Éléments du droit civil russe 
(Paris, 1877-1890, 2 vol. in-8) ; — De l'Institution du notariat dans l'empire 
'^russe (Lausanne, 1877, in-8) ; — Éléntenls de droit civil espagnol (Paris, 1880- 
'1890, in-8) ; — Éléments de droit civil anglais (Paris, 1885-1899, 2 vol. in-8) ; 

— Les Nouveaux Projets de code pénal espagnol de ISS^t et 1885 (Paris, 1886. 
•gr. in-8) ; — Répertoire général alphabétique du droit français, avec Fuzier- 
Herman (Paris, 1886. et su;v.. in-4) ; — Cours de droit international public, 
'de A. Âlcorta, édition française (Paris, 1887 et suiv., 3 vol. in-8) ; — 
Manuel des actes de l'état civil en droit français et étranger, avec J. Crépon. 
{Paris, 1887, in-12) ; — Numismatique de l'Alsace, avec A. Engel (Paris, 1887, 
in-4) ; — Principes de la politique, traduits de F. Holtzendorf (Hambourg. 
1887, in-8) ; — Code de commerce portugais de 1888. traduit (Paris, 1889, 
in-8) ; — Le Nouveau Droit pénal portugais (Paris, 1888, gr. in-8) ; — Le Nou- 
veau Code de commerce portugais (Paris. 1888, in-8) ; — Manuel théorique et 
pratique des agents diplomatiques et consulaires (Paris, 1888, in-12) ; — Code 

■eivil du canton de Zurich, traduit et annoté (Paris, 1891, in-8) ; — Traité élé- 
mentaire de droit civil germanique (Par'is, 1892. 2 vol. in-8) ; — Tableau géné- 
ral de l'organisalioh des travaux et du personnel de l'Institut de droit internatio- 
nal (Paris. 1893. in-8) ; — Les Monnaies des landgraves autrichiens de la Haute- 
Alsace (Paris, 1896, gr. in-8) ; — Le Mariage, le divorce et la séparation de 
■^orps dans les principaux États civilisés (Paris, 1899, in-8) ; — Éléments de 
•droit civil Scandinave (Paris, 1901. in-8) ; — Éludes sur le droit civil des Élats- 
' (mis de l'Amérique du nord (Paris. 1906, in-8) ; — La Nationalité dans les 
jtrincipaux États du globe (Paris, 1909, in-8). 

— Un értiinent chimiste français, M. Jean-Jacques-Théophile Schlcesing. 
■est mort à Paris, le 13 février. Né à Marseille, le 9 février 1824, il devint 
■dès 1841 élève de l'École polytechnique. Après être entré dans l'adminis- 
tration des tabacs, il devint directeur de l'École d application annexée à fti 
Manufacture. Il fut plus tard également pourvu de chaires au Conserva- 

'toire des arts et métiers et à l'Institut agronomique, ce qui explique le genre 



é 



ooo 



de ses travaux qui regardent surtout l'application de la chimie à l'agricul- 
ture et remploi des engrais. L'Académie des sciences l'avait appelé en '\S%t 
à venir occuper le fauteuil vacant par la mort de Decaisne. Parmi ses mul- 
tiples publications nous citerons ici dans les Annales, de chimie : La Nicotine 
(1841) ; — Dosaye de i ammoniaque (1851) ; — Fabrication du carbonate de 
sonde (1868), avec M. Rolland ; — Terre végétale (1874) ; — dans les Comptes 
rendu de l'Académie des sciences : Le Tabac (1860) ; — Dosage de l'acide 
phosphorique (1864-1867 et 1868) ; — Production de températures élevées par 
le gaz d'éclairage et l'air (1865-1866) ; — Constitution des argiles (1874) ; — 
Échange d'ammoniaque entre les eaux, l'atmosphère et les continents (1875 et 
•1876) ; — Absorption de corps volatils à l'aide de la chaleur (1882) ; — 
Influence de la tempéralure sur l'hygroscopicité de la terre végétale (1884) ; 

— Industrie de la magnésie (1885) ; — Ammoniaque dans les sols (1886) ; — 
Dosage de l'ammoniaque (1886) ; — Ftelation de l'atmosphère avec la terre végé- 
tale (1888 et 1889) ; — Absorption de l'ammoinaque de /'atmosphère par ta 
terre végétale (1890) ; -^ Congélation de la viande par les liquides froids (1890) ; 

— Influence de la répartition des engrais dans le sol sur leur utilisation 
(1892) ; — Quantités d'acide nitrique dans les eaux de la Seine et de ses prin- 
cipatix affluents (1895) ; — Nitrates dans les eaux potables (1896) : — Éludes 
sur la terre vf'gétale (1902) ; — Sur l'Analyse mécanique des sols (1903) ; — 
Contribution à l'élude de chimique des eaux marines (1906) ; — Sur les Eaux 
mères des marais salants (1911) ; — Jaug/^age de cours d'eau par l'analyse 
chimique (1913). 

— M. Georges Gain, qui vient de mourir des suites d'une longue mala- 
die, était un artiste de talent en même temps qu'un écrivain distingué. 
Né à Paris en 1856, fils d'un sculpteur, Auguste Gain, qui s'acquit une 
belle renommée, il hérita de ses goûts artistiques et. une fois achevées 
ses études classiques au lycée Louis-le-Graiid, il s'adonna à la peinture, 
tandis que son frère pratiquait comme son père l'art de la statuaire. En 
même temps que peintre. Georges Gain était un aquafortiste remar- 
quable et les livres qu'en Parisien passionné il a consacrés à sa ville natale. 
ses Croquis du vieux Paris, ses Coins de Paris, ses Pierres de Paris, ses Pro- 
menades le long des rues sont de sa main aussi bien pour 1 illustration que 
pour le texte. Le goût même qu'il avait pour le passé de Paris le désignait 
assez légitimement aux fonctions de conservateur du inusée Garnavalet et 
des collections historiques de la vieille cité. Il doima du musée un Guide 
explicatif {Par'ia, 1903, in-16), écrit en collaboration avec MM. Sellier et 
Dorbec. Pendant la guerre il avait consacré une partie de son temps au 
soin des blessés et c'est à leur chevet et de leur bouche qu'il recueillit les 
quelques Croquis de guerre qu'il a publiés. Il avait rêvé»de conter en anec- 
doctes familières les exploits de la France. 

— M. Xaxier-llenry-Napoléon Lkroi'x, le compositeur de musique bien 
connu, vient de mourir. Mé le 11 octobre 1863. il se révéla de bonne heure 
musicien. Hrillanl élève au Gonservaloire, il fut nommé 2' prix de Rome 
en 1884, puis 1«'' prix en 1885 avec sa cantate Endymion. 11 était professeur 
d'harmonie au Gonservaloire depuis 1876. On peut citer parmi ses œuvres 
dans les opéras : llarold (1895) ; — Evangélina (1895) ; — Astarté (1900) 
Le Chemineau (1902) ; — La Heine Fiamette (1903) ; — dans les diames : 
Les Perses, tragédie antique (1903) ; — William Wtlcliff. tragédie (1906) ; 

— TUéodora, drame musical (1907) ; — Cléopàtre, nuisique de scène (1890) ; 

— Vénus et Adonis, scène lyrique (1897) ; — parmi les poésies : Le Nil, chan-- 
son persane (1890) ; — La Nuil, poésie (18y0) ; — Hecuedlement (1892) ; 



_. 223 

Simple VîUaneîle (1892) ; — Hondenu archaïque (1894) ; — Le Flnmhenn 
vivanl (1897) ; — Les Cerises (1898) : — Vieilles Choses et jt-nne amour 
(1899) ; — Les Enfants pauvres (1902) ; — Par les chemins de France (1903; ; 
— Sérénade (\UOZ) ; — La Manjnerile (1905). On remarque parmi ses mélodies 
et morceaux de musique ; Scherzo fantastique pour piano (1884) ; — Ave 
Maria (1890) ; — Chrysanthème (1894) ; — Le Jour (1894) ; — A un enfant 
(1894) ; — Pensée de printemps (1894) ; — Sonate pour cor à piston et piano 
(1894) ; — Les Anges gardiens (1895) ; — Panis angelicus (1895) ; — Rêve 
hlpu (1896) ; — Les Estampes, dix mélodies (1896) ; — Les Ailes inutiles 
(1897) ; — Salutation angélique (1897) ; — Rosier d'amour (1898) ; — Ton 
dwt'(1903). 

— Le grand duc Nicolas Mikhaïlovicii, que les bolcheviks ont sacrifié 
le 28 janvier à leur haine sanguinaire, était un historien de valeur. iS'é à 
Pétrograd, où il est mort, en 1839. ce n'est guère qu'après 1900 qu'il com- 
mença de publier les travaux, fruit de ses longues et patientes recherches 
dans les archives et les bibliotiièqucs ; travaux qui furent vite appréciés 
du public, dont quelques-uns ont été traduits en français et qui détermi- 
nèrent notre académie des sciences morales et politiques à lui donner un 
fauteuil d'associé étranger. Ses livres relatifs surtout à l'époque napoléo- 
nienne le mirent en relations avec M. Frédéric Masson qui demeura son 
ami et son confident de la dernière heure. Il aimait beaucoup la France et 
c'est à elle qu'il avait légué ses belles collections artistiques, dont \l dési- 
rait voir se grossir les trésors de la Malmaison. Nous pouvons citer de 
lui : Kniazia Dolgorukie, spodvijinki imperatora Aleksandra I v pervye gody 
ego tsarstvovaniia (Saint-Pétersbourg, 1901, in-4) ; — Louis de Saint-Aubin, 
trente neuf portraits (Saint-Pétersbourg. 1902, in-fol.) ; — Graf Pavel Aleli- 
sandrovilch Slroganov (y774(-/8/7) (Saint-Pétersbourg, 1903, 3 vol. gr. in-8), 
traduit en français par M. F. Billecocq (Paris, 1903, 3 vol. gr. in-8) ; — 
Diplomalitcfieskiia snocheniia Rossii i Frantsii po doneseniiam poslov impera- 
torov Aleksandra i Napoleona. 180S-I812 (Saint-Pétersbourg. 1905-1906, 
4 vol. in-4) ; — L'Impératrice Elisabeth, épouse d' .Alexandre l" (Saint-Péters- 
bourg, 1908-1909, 3 vol. in-4) ; — L'Empereur Alexandre I" (Saint-Péters- 
bourg, 1912, 2 vol. in-4) ; — Les Rapports diplomatiques de Lebzeltern, 
ministre dWulriche à la cour de Russie (Saint-Pétersbourg, 1913, in-4) : — 
Notice sur la vie et les travaux de Beernaert, son prédécesseur à l'Académie 
des sciences morales (Paris, 1913, in-4). 

— M. Paul A. Carus, mort à la Salle (Illinois), le 11 février, était né à 
llsenburg, dans le Harz, le 18 juillet 1852. Après avoir suivi les cours des 
Universités de Tubingiie, de Greifswald et de Strasbourg, il fut attaché 
quelque temps à l'Institut du corps des cadets de Dresde, mais il passa 
en 1881 dans l'Amérique du nord, y enseigna quelque temps, puis s'adonna 
exclusivement à ses travaux littéraires : la philosophie et l'histoire des 
religions étaient le principal thème de ses études. Il avait fondé The Open 
Court et Tlie Monist et le titre de ce dernier recueil indique suffisamment 
quelles étaient ses tendances ; ses livres sur le bouddhisme étaient clas- 
siques. Il faisait partie de nombreuses sociétés savantes parmi lesquelles 
nous rappellerons VAmerican Oriental Society, la British Association for 
aduancement science, VAmerican Association for advancemenl of science et la 
Society of Biblical researches de Chicago. Nous citerons parmi ses publica- 
cations : Helgi and Sigrun, poème épique (Dresde, 1880, in-16) ; — Mela- 
physik in Wissenschafl, Etlirik und Religion (Dresde, 1881, in-8'i : — Agenor 
<Dresde, 1882. in-12) ; — Gedichle (Dresde, 1882, in-12) : — Lieder' eines- 



224 

■fiuddUislen (Dresde, 1882, in-12) ; — Ursachc, Griind vnd Zweck (Dresde, 1883, 
in-8) ; — Aus dem Exil (Dresde, i884, in-8) ; — Fundainental problems (Lon- 
don, 1880, in-8) : — Sonl oj man (Chicago, 1891, in-12) : — Homilies of 
science (Chicago, 1892, in-12) ; — Primer of philosophy (Cliicago, 1893, 
in-16) ; — Gospel of Baddha (London, 1893, in-8) ; — Karma, slory of early 
Buddhism (London, 1898, in-8) ; — Buddhism and ils Christian crilics (Lon- 
don. 1898, in-8) ; - Lao Tzes Tao-Teh-King (London, 1898, in-8) ; - Nir- 
vana (London, 1898. in-8) ; — Sacred tunes for consécration of life (London, 
1899, in-8) ; — Godward (London, 1899, in-8) ; — Hislory of Ihe devil and 
idea of euil (London, 1900, in-8) ; — Kanl and Spencer (London, 1900, 
in-8) ; — The Surd of melaphysics {London, 1903, in-8) ; — Amitabha, slory 
of Buddhisl Iheology (London, 1906, in-8) ; — Frederick Schiller (London, 
1906, in-8) ; — Chinese life and cusloms (London. 1907, in-8) : — Chinese 
thoughl (London, 1907, in-8) ; — Our children (London, 1907. in-8) ; — The 
.Philosopher s marlyrdom (London, 1907, in-8) ; — The Dharma (London. 
1908, in-8) ; — The Rise of man (London, 1907, in-8) ; — The Slory of Sam- 
son (London. 1907. in-8) ; — The Bride of Christ (London, 1909, in-8) ; — 
The Pleromn, an essny on Ihe origin of chrislianily (London, 1910. in-8) ; — 
The Biiddha, a drania (London, 1911, in-8) ; — Personality (London, 1911, 
in-8) ; — Trnth on Irial (London. 1911, in-8) ; — Canon of reason and virlne, 
de Lao Tseu (London, 1913, in-8) ; — The mechanistic principle and the non- 
mechanical (Chicago, 1913, in-8) ; — The Principle of relativity {Chicago, 
1913, in-8) ; — Nietsche and other exponents of personality (Chicago, 1914. 
in-8). 

— On annonce encore la mort de MM. : l'abbé âllard, curé-doyen de 
Chàtillon, auteur d'un Cours d'histoire de l'Église et d'une Exposition théolo- 
gique de la doctrine chrétienne, mort à 75 ans, le 10 mars ; — l'abbé Pierre- 
.\ndrc-Félix Allemand, auteur de nombreuses monographies sur des loca- 
lités alpines parues dans le Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes 
et qui a publié, outre plusieurs volumes de poésies, divers ouvrages parmi 
lesquels ot) peut citer : Notice sur les ecclésiastiques de la commune de Saint- 
Michel-de-Chaitlol confesseurs de la foi pendant la Résolution ; Mois de Marie 
lia Laus (1886) ; Les Chants du L<ms (1895) ; Dictionnaire biographique des 
Hautes-Alpes (1911), mort à Meyères, hameau de Gap (Hautes-Alpes), le 
5 novembre 1918, dans sa 75= année ; — Léo Archer, rédacteur au Jour- 
nal des Débats et au Gaulois, mort en février, à l'hôpital d'Épernay ; — 
Adolphe AuBERT, inspecteur honoraire de l'Université, mort à Rosay 
(Seinc-et-Oise), le 10 février ; — Henri d".\i;bigny, collaborateur à l'Homme 
libre et à l'Intransigeant, qui laisse un roman sur le point de paraître : 
Victor Richard munitionnaire, mort le 6 mars ; — le D' Henri Barnsby. pro- 
fesseur à l'École de médecine de Tours, auteur de travaux parmi lesquels 
on peut citer : Appendicite et annexite. Coexistence des deux affections, 
pathogénie, symptômes, traitement (Paris, 1898, in-8), mort le 10 février ; — 
Fiançois Bazin, directeur du journal le Salut, correspondant du Figaro, 
mort à Saint Malo le 25 février ; — le D' Beni-Barde. hydropathe, profes- 
seur à l'École de médecine de Toulouse, auteur d'un Exposé de la méthode 
hydrothérapique (Paris, 1905, in-8). mort le 23 février à .^auveterre-de- 
Béarn ; — Hippolyte Bernheim, professeur honoraire de la Faculté de 
Nancy, mort le 4 février ; — Paul Bonhomme, rédacteur au Soleil et direc- 
teur du Soleil du Dimanclie qtii a publié, entre autres ouvrages : La Dame 
an peignoir bleu (Paris, 1883, in-18) ; Charades en action pour salon (Paris. 
1885-1880, 2 vol. in-18) ; La Demoiselle en rose (Paris, 1886, in-16) ; Deux 



225 

"^Inriages (Paris, 1S86, in-18) : Le Grand Frère (Paris, 1887. in-8) : L'Af- 
faire de Jeufosse (Paris. 1890, in-16) ; Prisme d'amour (Paris. 18%, 
iii-16) ; Mademoiselle Paimclw (Paris, 1901, in-12), mort le 22 ftWrier ; — 
Léon BuÉsiL, collaborateur du Figaro et du Gaulois, mort en février ; — 
H. Cats. piibliciste, correspondant en Belgique du Journal des Débals, 
mort le 16 février ; — Joseph-Léon Cavène, professeur honoraire de l'Uni- 
versité, auteur du Miracle de sainl Janvier et du Mirarle d'Aiidria, mort le 
16 mars ; — le D"" Henri Ghéron. chef de clinique à la Faculté de méde- 

• cine de Paris, mort à 52 ans le 7 février ; — Raoul de Cisteknes dé 
Veili.ES, qui a collaboré à la Revue des ([uestions liistoriques et au BulleUn 
de la Société hislorique. archéologique et artistique « le Vieux Papier », a 
publié avec des annotations le Journal de marche du grenadier Pils (tSOi- 
iRlU) (Paris, 1895, in-8) ; Le Duc de Richelieu (1898) ; [m Campagne de 
Minorque (1899) et laisse en manuscrit un ouvrage assez considérable sur 
la duchesse dWiguilIon, intitulé : Un Coin de la société au xvui" siècle, 
mort à Saint-Quay (Côtes-du-!N'ord), le 13 févriei-, à l'âge de <S2 ans ; - — 
Dalaise, rédacteur au Petit Parisien, moi t le 20 février ; — Arthur-Louis 
Dardel, professeur au collège de Montargis, mort dans cette ville le 
fi mars : — Camille Debans. rédacteur au Moniteur universel, au Journal 
des voyages, au Temps, qui a publié Octave Kellner ; V Aiguilleur ; La Caba- 
nette ; Au coin d'un bois ; Guy de Saint-Guy ; l'Homme aux deux âmes, roman 
psychique, mort à 85 ans, à Nice, le lo février ; — Joseph Degalvés, 
rédacteur au Petit Parisien, mort le 17 mars ; — Paul Delay, rédacteur à 
l'Écho de Paris, collaborateur de la Liberté auteur, avec M. Franc-Nohain, 
dune Histoire anecdotique de la guerre, eu cours de publication, mort le 
26 février ; — l'abbé Louis Dewaulle, vice-recteur honoraire des Facultés 
catholiques de Lille, mort le 21 février 1916 : — M. Dlmo.nt. directeur de 
l'Avenir du Puy-de-Dôme, mort le 23 janvier ; — Edmond Du Roure de 
Paulin, collaborateur de plusieurs revues, et membre de diverses sociétés 
savantes, qui laisse de nombreuses études historiques et surtout généalo- 
giques, mort le 12 février : — Charles Engel, archiviste municipal à Stras- 
bourg, à qui l'on doit notamment ce qui concerne l'Université de Stras- 
bourg au t. IV des Statuts et privilèges des Universités françaises de M. Four- 
nier (Paris. 1894, in-fol.) et une importante étude sur l'Ecole latine et l'An- 
cienne Académie de Strasimurg (Strasbouig. 1900, in-16), mort en février ; 

— Edmond Fabre, auteur de divers ouvrages publiés sous le pseudonyme 
de Jean Madeline : Contes sur porcelaine (1893, in-18) ; La Conquête (1897. 
in-18;) ; Luce Mngali (1902, in-12) ; Le Détroit (1904i in-16), etc., mort le 
12 février ; - Clément Forissier. rédacteur en chef de la Loire républi- 
caine, président de l'Association de la presse stéphanoise, mort à Paris le 
9 février : — l'abbé Fournereau, ancien professeur des Chartreux de Lyon, 
mort à 88 ans, le 5 mars ; — Gazeau, professeur à Evreux et à Orléans 
puis à Paris, proviseur honoraire du lycée Condorcet, mort le 11 février ; 

— Joseph GiROT. professeur de mathématiques au lycée Gharlemagne. 
mort le 2o janvier, à Paris ; — Henri Grassin. poète, mort à Barbezieux. 

• à l'âge de 80 ans, le o février ; — M. Edmond Le Roy, collaborateur du 
Gaulois, de la Presse, du Journal, auteur de plusieurs pièces de théâtre, 
mort à l'âge de 55 ans, le 21 février ; — l'abbé Maiuon, auteur d'un 
Manuel d'histoire de l'Eglise bien connu, directeur au grand séminaire du 

• diocèse de Viviers, mort le 20 mars ; — le comte Massougues des Fon- 
taines, auteur d'ouvrages sur Berlioz et divers musiciens, mort à 76 ans, 

- à Angoulême, le 3 février ; — Ferdinand Massy, collaborateur à la Peliie 

Mars- Avril 1919. T. CXLV. 15. 



République ol poèlc, mort le 13 février ; — ,1. Mkislam-, professeur à la 
Faculté des lettres de Montpellier, mort h 43 ans, le 3 février ; — Henri 
MiCAiJLT, agrégé de l'Université, professeur de pliilosophic au lycée de Har- 
le-Duc, inort en cette ville à l'âge de 46 ans, le !23 janvier ; — le D'" Hippo- 
lyte MoRESTiN, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, à qui 
l'on doit, entre autres travaux de médecine chirurgicale : Des Opérdlions 
par la voie sacrée (1894, in-8) ; Le Goîlre basedoivifiê (1901, in-<S) ; Trauinn- 
tisines arliculnires (1904. in-18) ; Chirurgie générale des arliculalions (1907. 
in-18) : AJfeclions ckirurgicales de la face (1911, in-8), mort à 48 ans le 
13 février ; — le chanoine Pahmentieh, ancien directeur de la Croix des 
Pyrénées-Orienlales et du Comité de la Bonne Presse de Perpignan, niorl à 
63 ans, le 17 mars ; — l'abbé Georges Piétin, professeur à llnslitution 
Saint-Vincent de Sentis, mort le 3 mars ; — M. V. Pretot-Fueire. auteur 
d'un ouvrage contre l'Allemagne, qui eut un grand lelentissement au 
Chili, mort à Pau, le 18 février ; — D'" G. Saratier, médecin en chef d)i 
service de l'hôpital con>plémentaire de l'Ecole polytechnicjue, auteur de : 
Médecine et imdualilé (1906, in-8), mort le 26 janvier ; — le baron Fernand 
DE Schickler, président de la Société de l'histoire du protestantisme fran- 
çais, auteur d'un ouvrage important sur les Églises du Refuge en Angleterre 
(1892, 3 vol. gr. in-8), mort le 8 février, à Paris, à 84 ans ; — Guillaume 
Séverin, professeur d'histoire au lycée de Tourcoing, mort le 25 février ; 

— l'abbé Jacques Taurijjga, professeur à l'institution du Sacré-Cœur à 
Perpignan, mort à Perpignan, le 4 février ; — labbé Léon Vasseur, ancieit 
directeur au collège Saint-Berlin, mort le 18 mars. 

— A l'étranger, on annonce la mort de iMM. : Odon de Aprâiz, correspon- 
dant de l'Académie royale d'histoire de iNIadrid, mort en février, à Alava : 

— Franscisco Aznar \ Garcia, membre de l'Académie des beaux-arts de 
San-Fernando, correspondant de l'Académie d'histoire de Madrid, profes- 
seur au Conservatoire des arts et métiers de cette ville, mort en février ; — 
Julio, vicomte de Castilho, membre de l'Académie de sciences de Lisbonne, 
associé ou correspondant de nombreuses sociétés savantes, auteur, entre 
autres ouvrages, de : seiihor Antonio Feliciano de Castilho e o senhor Anlhero 
de Quenthal (1863, gr. in-8) ; Meniorias dos vinte annos (1866, gr. in-8) ; 
Primeiros versos (1867, in-8) ; Antonio Ferreira poêla quinhentisla {\S~i-^, 
in-8) ; Erniilerio (1876, in-8) ; -Lisboa anliga (1879-1885. 4 vol. in-8) : 
Memorias de Castilho (1884,2 vol. in-8), né à Lisbonne, le 30 avril 1840, mort 
en février dans [la même ville ; — Dumitrus Co.msa, professeur à 
l'École des sciences politiques de Roumanie, mort le 16 janvier, dans le 
naufrage de la Chaouïa, lequel s'était fait recevoir docteiu- à Paris, en 
1896. avec une thèse : De la nécessité de l'intervention de l'Hlat en matière 
écononiifiue (in-8), auteur de Criterinl intervcnlionisinidni (1899. in-8) ; Cou- 
lentiosid administrativ (\'.)00, in-S) : linposilul global pe vend (1901. in-8): 
AgricuUnra si induslria nntionala (1903, in-8) ; — le capitaine Tlu'odore De 
Boy, archéologue et explorateur, auquel on doit notamment The neiflv 
acquired virgin lands oj'lhe United St<des and the BrUish virgin lands ^1919. 
mort à Yonkers, N. Y. ; — Henri E. J. G. Du Bois, connu par ses travaux 
sur la magnéto-optique, le circuit magnétique et sujets analogues, mort 
à Utrechl, le 21 octobre, à 33 ans ; — Curt Eisner, président de la Uépu- 
blique bavaroise, l'un des chefs les plus écoutés du socialisme dans ce 
pays et qui collaborait aux organes de son parti, assassiné le 21 février, à 
Munich ; — Roswell Martin Fiei.d, publicisle, auteur entre autres ouvrages,- 
de : In siinjlower land (1892). The Tiomance of an old Jool (1902), Lillle. misS'- 



-)•)" 



Dee {\{)0't), Madelin c (1900). mort à 07 ans. ;i Morrislown, N. Y., le 10 jan- 
vier ; — Ir Dr Iloraco FLr.TfiiF.R, à qui l'on doit lo fleUhcrisinc ou mrlhode 
de mastication dos aliments, auteur de : WIkiI sriixe or économie imlrilioii^ 
I\'alure's J'oot filter. Ghdlon or Epicnre. etc.. mort à Copenhague, le 13 jan- 
vier ; — l'cdro (io^NzÂLEz Maskda, correspondant de l'Académie royale d'his- 
toire, mort en février, à Lugo ; — Francisco J. Mkjia, publiclste et minislru 
de rinlérieur du Honduras, mort à Tégucigalpa, le 1" février ; — M"'" Har- 
rietMiLLEit, morteà Los Angeles dans sa 8S" année, particulièrement connue 
par ses études sur les oiseaux : I\lnipo's Troubles (1879) ; lÂlUe Folks in Fea- 
Ihers and Fur (1879) ; Queer pels al Marcy's (1889) ; Lillle People of Asia 
(1882) ; Birdplays (1885; ; In A-esliny Time (I888j ; Four handed folk (1890) ; 
Birdlover in Uie Wesl (1894) ; Upon the Iree laps (1890) ; Tlie First Book o/ 
birds (1899) ; The Second Book of birds (1901) ; Wilh the birds in Maine- 
('1904) : Krisly's surpri.^e parly (1905) ; Whal hnppened io Barbara (1907) ; Thr 
Bird our brolher (i908) ; The Child's Book of birds (1915) ; — Newman 
Mn.LEii, directeur de limpriinerie de lUniversité de Chicago, mort dans 
cette ville, le 8 janvier, à 48 ans ; — Edward Charles Piokeiung, directeur 
depuis 1870 de l'Observatoire de Harvard Collège (Massachusetts États- 
Unis), dont il publia plus de 70 volumes dWnnals, auteur d'Elemenls fort 
estimés of physicd manipulalioiis (1874-1880. 2 vol. in-8), l'un des astro- 
nomes les plus éminents de l'époque contemporaine, correspondant de- 
l'Institut de France et de multiples compagniQs savantes du monde entier, 
mort à 72 ans. au début de février ; — William Michael Rossetti, à qui 
l'on doit entre autres ouvrages : Lives of famoas poets (1878, in-8) ; Me- 
moir of Shelley (1880. in-8) ; Life of Kea{s (1887, in-8) : Dante Gabriel 
Rossetti as designer and ivriter (1889, in-8), ouvrage sur son père, le célèbre 
écrivain anglais, dont il avait publié trois ans auparavant les Collected 
irorks (1886, 2 vol. in-8) ; Ruskiii, Rossetti, Preraphaelilism (1899, in-8) ; Pré- 
raphaélite diaries aiid lelters (1900, in-8), mort 'a Londres, le février ; — 
Arthur J. Saalfied, directeur de la maison d'édition qui porte son nom 
à Akron, Ohio. mort le 10 janvier, à 55 ans ; — AVillkim Spon. l'un des 
fondateurs de la maison d'édition bien connue, mort à Sussex, le 10 jan- 
vier, à 80 ans ; — Emilio Tapia y Ribas. correspondant de l'Académie 
royale d'histoire de Madrid, mort à Lugo, au mois de février ; — Arthur 
Taylor. du Times book club, mort à Londres, à 02 ans, le 25 décembre ; 

— E. C. Tedeschi, rédateur en chef de V Epoca de Rome, mort à Paris, le 
15 février ; — Félix Van deb Elst. représentant général en Belgique, de 
la Société des auteurs dramatiques de Paris, mort le 5 février, à Bruxelles ; 

— Charles Emmet \ an Loan, humoriste américain, auteur, entre autres 
ouvrages, de The Bir/ Learjue (1911), The Ten thousand dollar ami {iQl±). 
The lucky seventh (l913), Old nian cnrry (1910), mort à Arlington (Pensyl- 
valnie), le 2 mars, âgé de 42 ans ; — Manuel ViEmA iNATivruADE, érudit 
portugais, mort en février, à Alcobaga ; William Marshall Watts chi- 
miste distingué, né à Boston (Lincolnshire), en 1884, à qui l'on doit, outre 
une collaboration aux revues scientifiques (Journal of chemical sociely. .\a- 
ture, Philosophical magazine, Quarlerty journal of science, etc.) : An Index of 
spectra (1872, in-8) ; Organic chi^misfry (1873, in-8) ; Eléments oj chemisiry 
(1891, in-8) ; Introduction to the sludy of spectral analysis (1904. in-8), mort 
à 75 ans, le 13 janvier ; — Samuel Wendell Williston, professeur de pa- 
léontologie à l'Université de Chicago, mort récemment. 

Lectures faites a l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Le 
15 février, M. René Gagnât analyse une lettre du lieutenant .\lbertini qui,. 



— 228 — 

^ur la chaussée Bninehaiil, allant do Senlis à Soissons, a découvert unp 
borne milliaire à Bétheny-Saint-Martin (Oise). laquelle apporte ainsi la 
preuve que la chaussée Brunchaut était une voie romaine, chose contestée 
jusqu'à ce jour. — M. Glolz commence la lecture d'une étude sur les Fêtes 
dWdonis au leinps de Tltéocrile d'après un papyrus gréco-éf/yptien. ■ — M. le 
comte Durrieu, en commençant la lecture d'un travail intitulé : Tableaux 
■des collections du duc Jean de Berry, frère du roi Charles V, bien coninj potir 
ises goûts artistiques, signale d'abord un petit tableau du musée de Troyes, 
qui représente ce que Ion appelait une « Pitié de Notre-Seigncur », c est- 
à-dire le Christ mort soutenu par la Vierge avec l'aide de saint Jean et de 
•deux anges. — M. Eudes lit une étude ayant pour titre : A propos des 
uiosaïipies de Ravenne. — Le 22, le directeur de l'enseignement supérieur 
communique à la Compagnie un rapport où M. Millet expose l'état de la 
mission qui lui a été confiée à l'effet de relever les monuments byzantins 
du mont Âthos. — Le 28. M. le comte Durrieu continue sa communica- 
tion sur les tableaux encore existants qui ont pu faire partie des collections 
du duc Jean de Berry. Tl signale, comme pouvant répondre à un article 
de l'inventaire après décès des biens de ce prince, dressé en 1416, un admi- 
rable dyptique qui se trouve au musée de l'Ermitage et semble être une 
œuvre de jeunesse de Van Eyck. — M. Salomon Reinach présente quelques 
observations. — Le 7 mars, M. le comte Alexandre de Laborde lit une 
notice sur la vie et les travaux de M. Joret, son prédécesseur. — Le 14, 
M. Babelon parle de la Collection de Vogué au Cabinet des médailles, qui 
<;omprend 800 monnaies antiques et autant de monnaies modernes. — 
M. Pottier fait une communication sur une statuette d'albâtre qui repro- 
duit les traits et l'attitude de là célèbre Vénus de Médicis. — Le 21, M. Cler- 
mont-Ganncau commente le texte dune inscription hébraï(iue sur mosaïque, 
découverte près de Jéricho par des officiers du corps expéditionnaire 
anglais. — Le 28, \L le comte Durrieu, d après des indications de M. V I-'ris. 
archiviste de la ville de Gand, expose qu'un certain Guillebert de Mets et 
non de Metz (« de Mets » en flamand, signifiant « Le Maçon » en français) 
a composé en notre langue une description de la ville de Paris sous 
<]harles VI. Or, cet auteur était un pur Flamand, qui fut échevin, receveur 
communal et tenancier d'une hôtellerie à l'enseigne de l'Ecu de France, à 
Grammont en' Belgique : ceci montre qu'il y a cinq siècles le français était 
-déjà, concurremment avec le flamand, la langue des lettrés flamands. — 
M. Camille JuUian commence la lecture d'une étude intitulée : Les Origines 
lopograpliiques de Strasbourg. 

Lkctuhes faites a l'Académie des scm^nces mobai.es et politiques. — 
Le !•"■ février. M. Georges Teissier donne lecture d'une notice sur lîi vie et 
les travaux de M. Bétolaud, son prédécesseur dans la section de législation. 

— Le lï), M. Lefebvre, professeur à la Faculté de droit de Paris, lit une 
communicalion intitulée : (Juelques Procédés financiers des Allenuinds d(uis 
hi régions du nord de la France — M. Henri Lorin, professeur à la Faculté 
<lc droit de Bordeaux, fait une communication relative aux Grandes Lignes 
transeuropéennes après la guerre. — Le 22, M. Charles Dupuis donne lec- 
lurc d'un travail sur l'Organisation internationale et la notion de souveraineté. 

— Le 28, M. Emmanuel Vidal, secrétaire de la Société d'économie poli- 
li(jue, lit une communication intitulée ; Les Jours noirs de la Bourse de 
Paris {'J^i juillet-? décembre iOlà). — Le 14 mars, M. Arnauné donne lec- 
ture d'une communication sur les Causes de la cherté actuelle de la vie aux 
États-Vids, en Angleterre et en France. — Le 22. M. Jacques Flach lit un 



— 229 — 

travail ayant pour tilio : La Prusse conquérante de V Allemagne et doniina- 
Irice de lu Pologne. 

Pmx. — Dans sa séarirp dn 28 mars iU\9, rAcadéniip dfs inscriptions- 
et belles-lettres a distribué comme suit le prix Saintour : 150(1 fr. a 
M. Edmond Courbaud pour les Procédés d'aride Tacite dans les « liisloirt-x » 
et loOO fr. à M. François Villeneuve pour ses Essai sur Perse. 

La Santa Casa de Lorette. — Une biocliure malencontreuse du 
R. P. F.schbach amène notre ancien collaborateur et savant ami, M. le cha- 
noine Ulysse Chevalier, à revenir sur la question de Lorette. sur laquelle 
depuis plusieurs années il avait gardé le silence par « déférence euxcrs 
l'autorité suprême ecclésiastique. » 11 y revient pour répondre à la bn)- 
chure dans lequel le bon religieux pensait réfuter un article paru en 1907 
.sur Un document nouveau en faveur de Lorette (une bulle fausse de Clé- 
ment V). La réponse se présente sous forme de deux opuscules, intitulés 
• l'un et l'autre : La Santa Casa de Lorette. le premier avec le sous-titre : 
liéfjonse au H. P. Alphonse Eschback (Extrait de la <lroix. Paris, Auguste 
Picard, 191y, in-iO de 8 p.), le second avec le sous-titre : Sur un document 
allégué en sa faveur (ExUnM des Mélangea d'archéologie et d'histoire pvh\'\é^ 
par l'École française de Rome. t. XXXVH. 1918-1919. S. 1. n. d.. in-8. 
paginé 103-106). Lérudit auteur n'a pas de peine à maintenir le bien fondé 
de la condamnation portée par lui contre la prétendue bulle de 1310. 

Pahis. — L'on a tiré à part le récit de la visite que S. M. Victor Emma- 
nuel 111 a faite à l'Académie des inscriptions : Académie des inscriptions 
et belles-lettres. Compte rendu de la séance du W décembre 1918. Visite de 
S. M. ]'iclor Emmanuel IH, roi d'Italie (Paris. Auguste Picard, t918, in-8 de 
12 p.). On y trouvera avec l'allocution au roi de M. Paul Girard et la 
réponse de S. M., la lecture, toute de circonstance, faite par M. Ernest 
Babelon sur l'origine et le sens du mot « Fert » qui figure comme devise 
sur les monnaies italiennes. 

— Bien curieux, bien amusant et en même temps bien instructif rEss"[ 
sur la physiologie et la psychologie de la carte de visite, dont M. Léonce Gra- 
silier a fait l'objet d'une spirituelle et érudite causerie à la société historique 
« Le Vieux Papier » 12 février 1918 (Alençon, Impr. alençonnaise, 1919, gr- 
in-8 de 29 p., avec fig. et 1 planche. Tiré à 100 ex. non mis dans le com- 
merce). Les dimensions, la matière de la carte de visite, la disposition et 
la forme des caractères qui y sont employés prêtent déjà à des observations 
curieuses ; les titres dont s'accompagne le nom du propriétaire, les men- 
tions plus ou moins singulières, plus ou moins saugrenues parfois qu'il y 
ajoute nous apportent sur son état psychologique des révélations que de 
prime abord on ne s'attendrait pas à y trouver. Lisez YEssai, s'il vous 
tombe sous la main, et il vous inspirera la pensée de poursuivre vous 
aussi une enquête personnelle sur les cartes que vous recevez. 

— L actif et dévoué secrétaire de la Société générale d'éducation, M. Féne- 
lon Giban, attire notre attention sur le Fléau du taudis (Paris, l'auteur, 
14 bis, rue d'Assas, 1919, in-16 de 80 p. — Prix : fr. 60). dont il indique 
les causes : déracinement, surpeuplement, renchérissement des loyers, et 
les dangers tant pour la santé et la moralité des habitants que pour la 
santé et la sécurité publiques. Comme remède principal, il prêche le déve- 
loppement des habitations ouvrières, cette belle œuvre qui, à Paris et dans^ 
quelques villes, a déjà donné d'excellents résultats. 

— Nous avons déjà signalé (Po/y6f6//o:i de janvier 1915, t. CXXXIIl, p. 56; 
l'opuscule de M. Joseph Méjasson : Ce que tout Français doit savoir cCalle- 



— 230 — 

mand. petit (juide frnnrnix-nlleinnnd. Le succès qu'il a obtenu décide Taulcur 
il nous en donner une li" édition ce revue et augmentée pour nos troupes 
d'occupation en Allemagne » (Lyon et Paris^ Vilte, 1919, in-12 de 88 p.). 
La mention « augmentée » correspond bien ici à la réalité : l'opuscule est 
presque doublé, puisque la 1" édition n'avait que 47 p. 

— Quittant un moment ses travaux d'érudition bislorique, M. le cba- 
iioine Ulysse Chevalier nous donne sur le Cœur et ses pnlsalions une étude 
de physiologie (Valence Impr. valentinoise. 1919, in-16 de 20 p. Extrait du 
Messager de Valence). Notons-en la conclusion : « Les cœurs continueront sans 
trêve de battre, sans qu'on puisse préciser ce qui les met en mouvement. » 

— Avec la livraison de janvier 1919, la Cité, bulletin trimestriel de la 
Société historique et archéologique du IV^ arrondissement de Paris (Paris, 
Mairie de l'hôtel de ville ; Champion, in-8 de 88 p.. avec 12 grav.) com- 
mence la 18'î année de son existence. On trouve là : Mémoire du Chapitre de 
Notre-Dame concernard l'affaire des Isles Nostre-Dame {16^3} publié par Mgr 
BatifTol (p. 1-7, avec une grav.), lequel mémoire indique les griefs des cha- 
noines contre l'élévation de construction sur les terrains de l'île Notre- 
Dame (actuellement île Saint-Louis) ; — Contrif)ution à Vhisloire de Vile 
Notre-Dame {actuellement île .Saint-Louis). Les Premiers Propriétaires des mai- 
sons de Vile (au temps de Louis XIII), par M. -A. Boulanger (p. 8-14, avec 
2 plans et une gravure) ; — Saint-Gervais, Véglise de Paris bombardée le ven- 
dredi saint l9tS, par M. l'abbé Gauthier, curé de Saint-Gervais (p. lo-27. 
-et 4 grav., avec deux notices complémentaires, p. 28-31 signées des ini- 
tiales G. T. et P. D.) ; — la fin de de l'intéressante étude biographique de 
M. -A. Callet sur Un Habitant de Vile Saint-Louis. Le Peintre Fr. Mouchet (p. 
32-54, avec 4 grav.) ; — une note sur les domiciles d'Adolphe filanqui, il y 
)t cent ans. par M. P. d'Estrée (p. 55) ; — Le III' Arrondissement à la Commis- 
-sjo/t du Vieux Paris : deux notices : la première sur la Fontaine de Joyeuse. 
par M. L. Tesson ; la seconde sur l'Église Saiid^Jean-Saint-François, par 
M. Lucien Lamlieau (p. 56-65). 

— La Société historique d'Auleuil et de Passy nous a envoyé son XCVIII" 
Jiulletin (2" trimestre 1918) (Paris, secrétariat général, avenue des Peupliers. 
i), villa Montmorency, in-4 paginé 184-228; dont la presque totalité est 
occupée par les Cahiers des griefs du tiers-état des paroisses d'Auleuil, de 
Boulogne et de Passy (1789), publiés par M. Louis Batcave. avec une 
Introduction et des « Notes explicatives » intéressantes, plus étendues (jue 
les textes reproduits. Très utile contribution à l'histoire de la période 
révolutionnaire dans la banlieue de Paris. — Ce Bulletin se termine par 
quelques détails curieux donnés par M. G. Vauthier en ce qui concerne 
la Croix de Victor Hugo accordée par le Roi, en 1825, à la requête du 
général comte Hugo, père du poète, et par un extrait d'un livre de François 
\lignet décrivant « la société célèbre d'Auteuil. » 

— La revue Renaissance du tourisme, qui formait un supplément men- 
suel à la lienaissance politiijue, littéraire, économi<pie. vient de se transfor- 
mer, après trois années d'existence, en un très beau périoditpie illustré, 
de format grand in-4, qui a poiu* titre : La lienaissance. Sports et tourisme, 
hygiène sociale. Dans son premier n" (mars 1919). la direction s'adresse 
ainsi aux lectiMirs : <■ Le totirisme ne pouvait être malgré tout qu au second 
plan des piéoccupalions d'hier. Il fallait d abord que la France vécût ; il 
faut maintenant qu'elle vive plus prospère. Le tourisme, mol magitpie. 
évncaleur de féeriques chevauchées, le tourisme, cham]) oITerl aussi aux 
plus vastes conceptions industrielles cl commerciales, merveilleux instru- 



— 2:J1 — 

.nient de travail et d'enrichissement nationaux, le tourisme redeviendra 
j)lus que jamais notre sollicitude passionnée. S'étonnera-ton de nous voir 
l'Iargir notre cadre primitif ? Loin de nous la prétention de découvrir 
aujourd hui le sport 1 Simplement, nous lui apportons le renfort d'un 
j:rand organe illustré... Mais le sport a ses détracteurs, comme ses exagé- 
lations. .\ nous de désarmer ceux-là. en nous gardant de celles-ci. Sport 
rationnel, dirons-nous donc. Et nous voilà amenés à cette rubrique Hygiène 
xociale, si riche elle-même que de bons esprits souhaitaient de la voir au 
])remier plan. » Nous saluotis synipathiquement ce périodique, imprimé 
avec soin sur papier de luxe (chose rare aux temps présents) et remarqua- 
blement illustré. Les sommaires en seront publiés régulièrement dans la 
Partie technique du Polybiblion (Rédaction et administiation : 10, rue 
Royale, Paris. VHP arr. Abonnement : France. 20 fr. ; Etranger^ 30 fr.). 

.\njou. — La vingtième série des Ande<javiaiia de M. l'abbé Uzureau vient 
de nous parvenir (.\ngers, Siramleau ; Paris. Auguste Picard, 1918, in-8 de 
332 p.). aussi copieuse et nourrie de documents et de notices, aussi touffue 
([ue ses devancières. Outre l'étude sur l'Abbé Daboys, curé de La Poinme- 
ray. procureur-syndic dn'dislrict de Saint-Florenl-le-Vieil, que le Polybiblion 
de juillet 1917 (p. 6o) a signalée lors de l'apparition du tirage à part, il faut 
mentionner spécialement un cf>rtain nombre de documents sur les évêques 
d'Angers et qui s'espacent depuis Defensor, l'apôtre de l'Anjou au u' siècle, 
jusqu'à réminent titulaire actuel du siège : Les Évêques d'Angers jus- 
Hunu xin' siècle : Henri Arnauld, évéque d'Angers et l'affaire des réguliers 
(1654-165'^); Une I\'oniinalion ecclésiaslique à Angers au xvuie s/èc/e, faite 
])ar Mgr de Vaugirault, en 17oo, dans des conditions particulières, puisque 
l'évèquc nommait à la fois trois titulaires pour le doyenné de la collégiale 
de Saint-Pierre d'Angers ; Nominalion de l'abbé Freppel à l'évéché d'Angers 
(fin 1S60) ; Inslallalion de Mgr Rameau, évéque d'Angers, le 27 février 1899. 
Notons encore plusieurs chapitres importants concernant l'Université 
d'Angers et ses professeurs, depuis Bernard I". maVre-écols. aux environs 
de r.\n Mil, jusqu'à la création impériale de 1S09 établissant à Angers le 
.siège d'un ressort d'Académie, supprimé en 1834. Deux études sur l'abbaye 
du Ronceray : Foni/alion de l'abbaye du Ronceray. à Angers, en 1028, par 
Foulques Nerra, comte d'Anjou, et Les Chanoines de la Trinité d'Angers et 
l'nbbesse du Ronceray. curieux documents datant de 1781 et relatifs aux 
ditllcultés existant entre le chapitre et les religieuses. Comme toujours, les 
documents de la période révolutionnaire abondent et sont presque tous 
de valeur, par exemple : Les Administrateurs du déparlement de Maine-et- 
Loire et les prêtres insermentés f 1701-1792). Les Constilatims de 1793 et 1795 
jugées par un patriote angevin, Papin, professeur aux écoles centrales de 
Maine-et-Loire et de la Corrèze ; 3/""= Révellière, de Cholet.Jusillée au Chainp- 
cles-Martyrs d'Angers, le \"é février 1794 ; Situation lamenlal)le du district 
'd'Angers en 179U ; La Vendée angevine en octobre 1797, rapport du général 
A idalot-Dusirat. après le coup d'État du dix-huit fructidoi-. qui vint remettre 
on question toute la pacification réalisée deux ans auparavant par le génie 
de Hoche, etc.. etc. Ce sommaire déjà long et pourtant beaucoup trop suc- 
cinct, ne peut donner qu'une bien faible idée de l'importance de ce nou- 
veau volume. Mais quand donc M. Uzureau nous donnera-t-il enfin une 
bonne table générale et complète ? 

Bourgogne. — Nous mentionnons avec plaisir le 2^ semestre de l'an- 

Jiée 1917 du Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de^ 

J'Yonne (71e volume. 1" de la 5« série, .\uxerre. secrétariat de la Société, 



— 232 — 

1919, in-8 paginé 179-415 et 13-S3, i)lu.s, pour les procès-verbaux des 
séances et les tables lxvh-ccii, avec vin plan hors texte et une vignette). Ce 
volume n'est en rien inférieur à ceux que rtous avons précédemment enre- 
gistrés. Divisé en deux sections comportant une pagination distincte, 
comme il est dit plus haut, il se compose ainsi : La Grande Diselle de 1817 
à Sens, par M. Victor Guimard (p. 179-235). L'auteur raconte en détail 
tout ce qui sest passé à Sens et aux environs pendant la (( chère année « 
«lui a suivi les deux invasions de 1814 et de 1813, particulièrement les 
troubles que la misère occasionna dans le pays et la répression vraiment 
excessive qu'ils provoquèrent : entre autres châtiments, il y eut trois con- 
damnations à mort, suivies d'exécution ; — Notices archéologiques villa- 
geoises, par M. l'abbé A. Parât (p. 257-281, avec un plan). Il s'agit ici de la 
seule commune de Pontaubert ; — Les Conininnaulés de métiers dans l<t 
région de l'Yonne, élude suivie du lexle des statuts des corporations et de divers 
autres documents, par M. Ch. Porée (p. 283-386). intéressante étude ap()uyée 
de nombreuses pièces justificatives, princi})aleitient des statuts de diverses 
corporations de Sens, Tonnerre, Auxerre et Avallon ; — Note sur un vieux 
bénitier sénonais, par M"" Augusta Hure (p. 387-3'9l. avec une vignette) : — 
Les Foires anciennes dans VAi^allonnais. par M. l'abbé A. Parât (p. 393-407). 
curieux travail où les historiens des mœurs et des coutumes françaises 
trouveront à glaner ; — Notice nécrologique sur M. Maurice Bernard, par 
M. Peigné (p. 409-411); — Notice nécrologique sur M. Ctiarles Joly, par 
M. Georges Lemoine (p. 413-415). — Enfin, dans la deuxième partie du 
recueil réservée aux sciences naturelles, nous relevons une élude très 
actuelle : La Situation agricole et économique dans l'Yonne pendant In guerre, 
par M. Gabriel Letainturier, préfet de l'Yonne, bien placé pour être par- 
faitement renseigné (p. 13-53). 

Franche-Comté. — Notre très distingué collaborateur M. Paul Laconibe 
a tiré à part du lUbliographe moderne, 1910-1917, n° 2, un savant travail 
sur les Origines de l'imprimerie à Besancon. L'Imprimeur de /' « .\rbolayre » 
(Paris, Société française de bibliographie, in-8 de 19 p., avec 4 planches et 
7 figures). Le texte de cette luxueuse brochure est extrait de l'Histoire de 
l'imprimerie en France au xv" el au \\\' siècle, par feu A. Claudin, t. IV. 
publié sous la direction de M. Léopold l~)elisle par M. Paul Lacombe. Déjà 
imprimé, « ce volume paraîtra aussitôt que le permettront les circons- 
tances. » Les recherches de Claudin l'avaient porté à croire que VArbotayre 
— « traduction, ou plutôt adaptation française de VHerharius imprimé par 
Pierre SchoelTer à Mayence en 1484, et de ÏOrlus sanitalis que le même 
typographe imprima en 1485 » — avait été exécuté à Lyon par Mathieu 
Husz, vers 1487-1488. Mais en 1-905, deux pièces faisant partie d'un recueil 
acquis pour la Bibliothèque nationale vinrent « détruire toutes les conjec- 
tures admises jusqu'à ce moment sur les oéigines de l'Arbolayre », fii 
prouvant <( d'une façon définitive « (jue ce livre curieux provient des - 
presses bisontines. Un peu avant sa mort, Claudin avait reconnu son 
erreur ; mais c'est à M. Paul Lacombe qu'était réservée la tâche dediscutei 
les choses et d'établir le fait, sans pouvoir toutefois déterminer absolu- 
ment le nom de l'imprimeur, qui semble cependant devoir être Pieri-e 
Mellinger, lequel exerça à Besançon au xv»; siècle « après qu'il eût quilh'^ 
Vugsbourg et avant (juil allât s'établir a Dole, puis à Dijon (I4!l0-149l ) » 

— .M. Léon Sabler a consacré au l'eintre Louis Jupy une plaijuette luxueu^e- 
nient imprimée sur beau papier (Monibéliard. Impr. montbéliardaise, li^l'.'. 
j)elit in-S de 15 p., avec une reproduction de tableau el 1 planche hors 



— 233 — 

texte). Né à Berne, conimune de Seloncourt (Doubs), le 19 octobre 1839, 
Louis Japy semblait, pour des raisons de famille, devoir orienter sa vie 
vers la pratique des sciences exactes, mais ses goût en décidèrent difTérem- 
ment et il abandonna avec joie les mathématiques, où il n'excellait pas^ 
pour les beaux-arts où plus tard il devait briller. Élève de Corot et surtout- 
dc Français, il envoya des toiles à divers Salons et remporta ainsi de 
nombreux succès. Hors concours en 187S, il obtint la croix de la Légion 
d'honneur en 1906. Une très belle photographie représente Louis Japy 
devant un petit tableau aucjuel il travaille. Cet excellent artiste est mort ;» 
Paris le 3 janvier 191t). 

Languedoc. — En attendant une prochaine Dibliog rapide sommaire de 
l'ancien provençal par M. Jeanroy. le savant romaniste, et une bibliographie 
complète de notre ancienne littérature, par M. Anglade, professeur à 
l'Université de Toulouse, ce dernier, mainteneur de l'Académie des Jeux- 
Floraux, offre aux étudiants et au public éclairé un précieux guide : Pour 
éludier les Irouhadours, notice bibliographique (Toulouse, Privât, in-8 de 
10 p.). On remarquera qu'il y a beaucoup d'ouvrages allemands cités dans 
cette bibliographie ; preuve que nous avons trop laissé à l'étranger le tra- 
vail de notre sol ; motif de remords et de zèle pour l'avenir. Le catalogue, 
des plus méthodiques, ne confond pas la limpidité sobre et la sécheresse. 
C'est fort souvent qu'un très bref commentaire précise à souhait la valeur 
et le sens de l'ouvrage. On sent qu'un maître, aussi érudit que bienveillant, 
a rédigé, pour le profit de son lecteur, ces notes utiles. 

— Une figure éminemment toulousaine et hautement religieuse a dis- 
paru en la personne de Mgr Delpech. prélat de la maison de Sa Sainteté 
Benoit XV. chanoine archiprêtre de la Métropole Saint-Etienne de Tou- 
louse, chanoine d'honneur de Montauban et de Pamiers, aumônier militaire 
en 1870, chevalier de la Légion d'honneur. Son ami, M. le chanoine Valentiu, 
doyen de la Faculté libre des lettres, mainteneur de l'Académie des Jeux 
Floraux, a fait revivre celte physionomie supérieurement attachante et 
d'une valeur si exemplaire, en des pages toutes débordantes d'émotion cor- 
diale et d esprit de foi [Monseigneur Xavier Delpech, Is^'2-I0l9. Toulouse. Pri- 
vât, in-8 de "20 p., avec portraits. Prix ; fr. 50). M. Valentin. a su grouper 
là des souvenirs personnels variés et précis, qui font de cet hommage à- 
une mémoire chère et vénérée, une biographie abondante, malgré sa biiè- 
veté relative et, par plus d'une esquisse bien nuancée à propos de la vie 
pastorale ou intime de Mgr Delpech, un fragment de vie de saint. 

Limousin. — On travaille ferme à Limoges, en dépit des terribles jours 
écoulés et des préoccupations quand même de l'heure présente. El la 
preuve résulte des deux volumes compacts que vient de nous envoyer la 
Société archéologique et historique du Limousin, lesquels forment la 2' li- 
vraison du tome LXVl et le tome I.XVII de son remarquable Bulletin (Li- 
moges, Ducourtieux et Goût, 1918, in-8 paginé 251-482, avec une carte, 
4 planches et 3 armoiries dans le texte pour la 2' livr. de t. LXVl ; et 191'.i. 
in-8 de 28:2 p., avec 1 plan, 3 planches, 1 gravure et 6 armoiries dans :e 
texte pour le t. LXVIlj. Dans le premier de ces volumes, on trouvera les 
études suivantes : La Crise des subsistances dans le dislricl de Dorai pendant 
la Révolution, par M. Roger Drouault (1" partie, p. 251-274), travail auquel 
la situation actuelle donne un intérêt particulier ; — A'o/e sur quatre 
lombes de l'œuvre de Limoges (I3'27j, par M. Franck Delage (p. 275-281) ; — 
Notice sur l'origine du mot Limousin, par M. P. Deffontaiues (p. 282-288; ; 
— Noies sur quelques outils palêolilhiques de l'arrondissement de Limoges, par 



-^ 234 - 

le même (p. 289-291) ; — Hisloire de l'Église el de la paroisse de Saiid-Mi- 
chel-des- Lions à Limoges (suite), par M. le chanoine A. Lecler (p. 292-330) : — 
Les Grands Chemins du Limousin (suite), par M. Paul Ducourlieux (p. 331- 
369, avce une carte), étude considérable et très fouillée ; — Le Vitrail de 
la chapelle de Notre-Dame de la Borne, par M. Louis Lacrocq (p. 370-379, 
avec 3 planches); — La Seigneurie du Muraud en Limousin, notes et docu- 
ments par M. Joseph Boulaud (p. 380-396, avec 1 planche et 3 armoiries 
dans le texte) : — Établissement des cannes déchaussés à Limoges, par M. A. 
Petit (p. 397-406) ; — Une Procédure de moniioires au xvuie siècle, par M. 
Louis Lacrocq (p 407-414), — Le tome LX.VII renfermeles travaux ci-après 
dont trois forment la continuation d'études mentionnées précédemment : 
Les Communes limousines et les Anglais au moyen âge, par M. Paul Ducour- 
tieux (p. 5-28) ; — La Crise des subsistances dans le district de Dorai pendant 
la Révolidion, par M. Roger Drouault (suite), (p, 29-49) ; — Histoire de l'église 
et de la paroisse de Saint~Michel-des- Lions à Limoges, par M. A. Lecler (suite) 
(p. 50-92) ; — Les Grands Chemins du Limousin (la grande voirie), par M. Paul 
Ducourtieux (suite) (p. 93-120); — Catalogue sommaire des peintures, dessins 
et sculptures intéressant l'iconographie locale conservés au musée Adrien 
Dubouché à Limoges, par M. Louis Lacrocq (p. 121-128. avec 2 planches) ; — 
Deux nouveau,x Dolmens dans la région des monts de Blond, par M. P. Defl'on- 
taines (p. 129-13-4. rvec figures): — Un nouveau Dolmen en Haute Vienne, par 
le même (p. 135-143) ; — Le Mas de Gigondas, paroisse d'Isle, par M. Joseph 
Boulaud (p. 144-170, avec une gravure et 6 armoiries dans le texte) : — La 
Prescription des Girondins originaires du Limousin, par MM. L de Mussac et 
F. Delage (p. 171-185) ; — Lettres de Dom Vergniaud (oncle du fameux gi- 
rondin) à François AUaaud 1778-1781, publiées et annotées par M. Louis 
Lacrocq (p. 186-193) ; — Documents (au nombre de sept) relatifs à des con- 
trats, un partage, un règlement de compte et des pétitions, échelonnés 
entre 1520 et 1791, communiqués par MM. A. Petit, R. Drouault, Boulaud 
et Lacrocq (p. 194-218). — Nous ne dirons rien des procès-verbaux des 
séances de la Société, lesquels cependant contiennent toutes sortes d'indi- 
■cations utiles jjour l'histoire du Limousin. 

Normandie. — Le premier Bulletin du tome XXXVIII du recueil trimes- 
triel de la Société historique et archéologique de l'Orne (Alençon, Impr. alen- 
çonnaise, janvier 4919, in-S de xxv(i-99 p.) est occupé presque entièrement 
par y Histoire généalogique de la maison de Prie, due à notre regretté colla- 
borateur feu M. B. de la Garanderie. De ce travail, il a été fait un tirage à 
25 exemplaires numérotés (Alençon, Impr. alençonnaise, 1919, in-8 de 87 p.. 
avec 3 tableaux généalogiques). Quelques passages empruntés aux pre- 
mières pages de ce travail le feront sulfisamment connaître. « Cette illustre 
maison, dit M. B. de la Garanderie, dont le nom est aujourd'hui éteint et 
dont il ne reste de descendants que par les femmes, a tenu dans l'histoire 
une place si importante qu'il m'a paru intéressant d'en rappeler le souve- 
nir. Les fonctions dont ses membres ont été chargés, les fiefs qu'ils ont 
possédés, les brillantes alliances qu'ils ont contractées les ont toujours mis 
à la tête de la noblesse... L histoire de la famille de Prie n'intéresse pas 
seulement la Normandie. Originaire du NMvernais, cette famille s'étendit 
<>n Bourgogne, où l'on voit dans une chapelle de I église de Beaujeu-sur- 
Saône, une épila|)he où sont représentées les armes de Beaujeu et autour 
celles des de Prie, de la Baume-Montrevel, etc. ; en Berry, où elle posséda 
<le nombreuses seigneuries, entre autres celles de M(Milpoupon, Molins ou 
Moulins. I')uz;ui(;us ; en Tonraine. i'A\ fut seulement au début du xvu" siècle 



— 2.S5 — 

inVIIo s'('tablit on Normandie par le mariage d'Aymard du Prie avec 
I.i>uise de Hautemer, dame de Fervacques, fille du fameux maréchal do 
llaulemer, prolestant farouche dont les cruautés sont restées légendaires. » 
haris cette étude, M. B. de la (îaranderie passe en revue tous les de Prie 
depuis le xii' siècle jusqu'aux années ayant itninédialemenl précédé la 
{{évolution. Il ne s'agit pas ici d'une simple esquisse généalogique, mais 
dune biographie de chaque personnage, relevée parfois d'anecdotes inté- 
ressantes. Bonne contribution à l'histoire de la noblesse française, établie 
non seulement d'après d'importants ouvrages connus ou des mémoires qui 
lo sont moins, mais aussi à l'aide de nombreux documents inédits existant 
dans les archives du père de l'auteur. 

— D'après les documents inédits laissés par M. Alphonse Chassant, 
archiviste paléographe, bibliothécaire d'Evreux. M. Albert Doucerain, l'un 
des membres éminents du barreau de cette même ville et secrétaire perpé- 
tuel de la .Société libre de l'Eure, publie une notice sur Jean-François Cor- 
neille, cousin du grand Corneille. 11 vécut, lui aussi, à Évreux (1714-1783) 
flans la condition la plus modeste et usa de son nom illustre pour obtenii- 
des comédiens du Théâtre-Français des représentations à son profit. La 
précision de ces détails est curieuse. Un des agréments de cette plaqviette 
de 19 pages publiée à Rouen (Édition de la Revue normande) est d'être 
imprimée à 100 exemplaires sur un papier de luxe, et par les temps 
actuels cela iirocure (sans jeu de mots) une impression charmante et déli- 
cieuse aux yeux desNt)ibliophiles. , 

Angleterre. — Sous les auspices de 1' « Anglo-French Society », une 
exposition du Livre français, actuellement en préparation avec divers 
patronages et concours importants, s'ouvrira à Londres vers la fin de mai. 
Les ouvrages, journaux et périodiques qui figureront à cette exposition 
seront enregistrés sur un Catalogue qui, ainsi que l'exposition elle-même, 
ne pourra nianqiier de produire des résultats avantageux pour la Presse 
et le Livre français II faut que Ion sache bien que le public anglais est 
animé du désir de se familiariser avec la littérature française, désir qui 
\a jusqu'à lengoueinent dans les classes élevées de la société. On sait 
d'ailleurs que le gouvernement britannique a pris des mesures pour favo- 
riser et développer l'étude de la langue française dans les écoles du 
Royaume-Uni, afin de combattre l'influence germanique qui prévalait 
avant la guerre. L'exposition de l'Anglo-French Society s'annonce donc 
au moment le plus propice et nous faisons des vœux pour que, de tous 
côtés, les éditeurs et les directeurs de journaux et de périodiques français 
répondent à l'appel qui leur est adressé. Pour obtenir tous renseignements, 
écrire à M. Henry Davray, secrétaire de l'Anglo-French Society, Scala House, 
Tottenham Street, W. L, Londres. 

Esp-AGNE. — En nous donnant une traduction de Las cien mejores poesias 
(liricas) de la lenrjua porhigiiesa (Valencia. editorial Cervantes, 1918, in-16 
.-de 208 p. Prix ; 2 fr.). M. Fernando Maristany veut contribuer pour sa 
part au rapprochement intellectuel entre les trois grands peuples latins de 
la péninsule it)érique : Espagnols, Catalans et Portugais. Dans la Préface 
-dont il a honoré l'ouvrage. M. I. Ribcra-Rovira, qui lui-même s'est appli- 
xjué à faire connaître à ses compatriotes catalans les œuvres de la littéra- 
ture lusitanienne, montre bien à quel point pourrait être fécond ce rap- 
/ prochement, cette compénétration qui n'a rien à voir avec les rêves d'uni- 
fication absolue que forment quelques Espagnols. M. Maristany s'est déjà 
.fait la main aux traductions ; il a notamment donné à ses compatriotes 



■■■Si-, 



— 236 — 

des choix de poésies anglaises et françaises. Le présent recueil, où figurenfc. 
les grands noms de la littérature portugaise et dans lequel une large et- 
juste place est faite à la renaissance, à ri-fllorescencè si remarquable du 
xix« siècle, est vraiment intéressant ; l'on ne sent guère nulle part lelTurt 
et, plus que d'une traduction, le livre produit l'efl'et d'une œuvre originale 
Et c'est là peut-être le meilleur éloge que l'on i)uisse en faire. 

— C'est une liste commode et qui ne servira pas seulement aux élèves 
de l'Institution auxquels elle est destinée qui nous est présentée sons le 
titre : Excuela sixperior del magislerio. Nolicia de nhjnnas rerislas cuya h-i-.- 
lura piiede inleresar à los alainnos y alumnas de dicha escueta (Madrid, tip. . 
de la Revisla de archiuos, bibiiolecas y museos. 1919, in-32 de 16 p.). On y 
trouve la mention courte et précise de plus de 100 revues espagnoles oij.= 
étrangères dont la plupart se peuvent consulter dans quelqu'une des biblio-- 
Ihèques publiques de Madrid. L'on peut espérer que pour celles de ces- 
revues (le choix nous en paraît judicieux) qui ne se rencontrent pas à^ 
Madrid, il sulïîra qu'elles aient été signalées par cette liste pour que 1 un- 
ou l'autre des établissements publics madrilènes prenne à cœur de se les 
procurer. 

Suisse. — Le Voyage d'un l'eligieux d'IIaiiterive à Akinles en Bretagne et 
retour par Paris, en 1788, par le P. Basile Droux, capucin (Extrait des 
Annales fribourgeoises. Fribourg, Fragnière, 1918, in-8 de 01 p. Prix : 
1 fr. 50), accompli à la veille de la Révolution, nous renseigne sur l'état 
des nombreux couvents cisterciens et autres que visita son auteur. La note 
pittoresque y surabonde. Ce religieux que labbé Ducret, le savant direc- 
teur de la Bibliothèque universitaire et cantonale de Fribourg, croit pou- 
voir identifier dans la personne du P. Boniface Tliorin. ne manque jamais 
de décrire les pays qu'il traverse, d'indiquer ce qu'ils ont de remarquable. 
Partout il relève soigneusement les ressources financières de ces établisse- 
ments religieux, leur personnel, leurs us et coutumes, etc.. etc. Le port 
de Nantes, terme ultime de son voyage, attire tout particulièrement son 
attention. Il allait y visiter un sien cousin qui avait établi avec l'Amérique 
un conunerce de fromages de Gruyère. Ce qui fait l'intérêt de ce voyage,." 
c'est rénumération du grand nombre des abbayes cisterciennes qui exis- 
taient alors en France et qui devaient sitôt disparaître, emportées par i.t 
tourmente révolutionnaire. L'édition est très soignée, comme d'ailleurs- 
toutes celles qui sortent des presses de MM. Fragnière. 

États-Ums. — La Smithsonian Institution United States National Museunt 
dans son Bulletin N^ 103 (Washington, Government printing oflice. 1918)- 
publie des études paléontologiques et géologiques sur l'Améiique centrale 
et les Indes occidentales : Contribalions la Ihe Geology and Puteonlology of 
Ihe Canal Zone, Panama, and geologically related areas in Central Aniericd 
and Ihe West Indies. Des divers travaux que comportent ces études, nous- 
avons reçu les tirages à part suivants : 5 espèces de Bryozoaires, dont 2. 
provienneiit de la zone du canal de Panama et 3 de Cosla-llica sont étu- 
diées par MM. Ferdinand Canu et Uay S. Bassler, dans Bryo:oa of Ihe Canal 
lone and related areas (G p.. 1 pi.). — M. Joseph ■ Augusiine (Aishman. 
dans The larger l'\)ssil Foraniinifera of Ihe Panama Cantd Zone {W p., \-2 |)l.) 
nous donne la description de 12 espèces de Foraminifères appartenant aux 
familles des Nunnnulitidae et Miliolidae ; presque toutes ces espèces sont 
nouvelles et sont comj)rises dans le genre Lepidocyclina dont lautcui*- 
fait VHie intéressante étude. — Les Cirripèdes trouvés dans les mêmes- 
régions et comprenant 5 es])èces réparties dans les genres Balanus et. 



— 237 — 

'Lopas sodI ('tudi('s par M. Henry A. l'ilsbry : Cirripedia Jroin llie Panama 
'Canal Zone (I p., 1 pi.). — M. Mary J Ratlibiin s'ost chargé do l'étiiflf des 
• crustacés Décapodes.* L'auleur, dans son Introduction, après avoir indiqué 
les ouvrages traitant des Décapodes tertiaires de Panama, nous donne la 
•«Jescription détaillée des diverses stations où ont été recueillies les espèces 
-qu'il décrit dans son ouvrage : Decapod Criislaceous from Ihe Panama région 
ti2 p., t3 pi.). Parmi les espèces citées, dont le total s'élève à ")8, plu- 
sieurs appartiennent à des genres nouveaux et un grand nombre sont 
■olles-mêmes nouvelles ; nous citerons, entre autres, un magniliquc échan- 
tillon d'un nouveau Crabe, le (iatunia proavita, figuré sous ses différents 
.aspects sur les planches 54, 5o et 56. 

— Nous avons reçu également les extraits suivants du volume 5i des 
Proceedings of Ihe United Slales National Muséum (Washington, Government 
Printing Office, i918, in-8). Durant l'expédition au nord-ouest du Pacifique, 

•<hi steamer « Albatros ». 45 spt'cimens de Chilonidae furent recueillis ; ces 
mollusques sont étudiés par M. S. Stillman Berry, dans (Jliilons ta/cen by Ihe 
United States Fisheries Steamer «; Albatros » in Ihe Northivesl Pacific in 1006 
nS p. 10 pi.) ; ils appartiennent à 11 espèces, dont 4 sont décrites comme 
nouvelles. — M. William Healey Dali nous donne deux mémoires, sur deux 
familles de mollusques: le premier, Notes on Chrysodomus and ollier Mollusks 

Jfrom the .\orlh Pacific Océan (28 p.), comprend l'étude <lc la famille des 
Chrysomidae Les difl'érentes divisions dont est formé celte famille seraient, 
•d'après M. H. Dali, au nombre de 21. Ces groupes sont décrits avec le plus 
grand soin, dans la première partie de l'ouvrage, et nous trouvons dans 
les dernières pages la description d'une vingtaine d'espèces de coquilles 
provenant presque toutes des mers du .?apon. — Dans son second mémoire. 
Notes of Ihe Family Turriiidae (21 p.) l'auteur décrit les 17 genres qui d'après 
lui forment la famille des Turritidae; il donne ensuite une liste prélimi- 
naire des noms de genres anciennement rapportés à cette division ; ces 
noms classés par ordre alphabétique et suivis de quelques références, 
remplissent à eux seuls les 12 dernières pages du mémoire. — Les insectes 
fossiles de Pcnsylvanie et du Colorado décrits par M. T. D. A. Cockerell : 
Neiv species of North American Fossil Beetles Cockroacher, and Tsetse Flies 
(Il p. 2 pi.) sont représentés par 12 espèces presque toutes nouvelles, et 
pour lesquelles deax genres nouveaux ont été créés. — Dernièrement. 
rUnited States National Muséum a ajouté à sa collection des vertébrés fos- 
.siles un magnifique squelette de l'extraordinaire Stegosaurus stenops ; 
dans son mémoire : A Newly Mounled Skeleton of Ihe armored Dinosaur 
Stegosaurus stenops, in the United States National Muséum (18 p., 7 pi.) 
par M. Charles W. Gilmore nous donne do nombreux détails sur les 

•différentes parties de ce squelette, et reproduit sur la dertiière planche 
la reconstitution de ce bizarre animal. — Trois fascicules de M. Paul 
Bartsch sont consacrés à la description de coquilles ; le premier, 
Two new Land Shells of the Epiphragmophora Taskii firoup (21 p. 1 pi.) 
contient la description de deux espèces delà frontière .Mexicaine ; 3 espèces 
marines des environs de Panama, sont décrites dans le second New ma- 
rine Shells from Panama (5 p. 1 pi.) ; et dans le troisième, A new West In- 
dinn Fossil Land Shells [2 p. 1 pi.) l'auteur décrit une espèce fossile prove- 
nant de Sainte-Croix. 

— Sous le titre : New or noleworthy plants from Colonibia and Central Ame- 
rica, n° 7 (p. 93 à 132, 1 planche et 19 fig.), M.Henry Pittier a publié dans 
les Contributions from the United States National Herbarium (vol. 20, part. 3, 



— 238 — 

Smithsonian Inslilulion, Washington, 1918) une note dont nous avon- 
reçu un tiré à part. Il y donne la suite de ses étudQs sur la flore de la 
Colombie et de l'Amérique centrale. Gomme dans les six séries précédentes. 
Tauleur passe en revue plusieurs familles, en complétant la description 
d'arbres appartenant à des genres et à des espèces anciennement mais 
insulTisamment connus et en décrivant un certain nombre d'espèces nou- 
velles Les fa^nilles examinées cette fois sont les suivantes : Artocarpées. 
Magnoliacées, Grossulariacées, Rosacées, Légumineuses, Euphorbiacées, 
Sapindacécs, Lécythidacées, Théophrastacées. Les genres Pircdiiieta et />/o- 
sirnuin (Artocarpées) sont redécrils, comme étant distincts. On sait qui' 
c'est à de dernier qu'appartient 1' « Arbre à la vache » ou « Arbre à lait 
(Cow tree, paie de vaca. arbol del lèche, palo de lèche, avichuri). Brosimiiiit 
utile ï'ittier {Galnclodendroti utile H. B. R.), sur lequel de nouveaux rensei- 
gnements sont fournis, avec des notes sur son importance économique. 

— Un autre brochure extraite du même recueil, même année (vol. 2(J, 
part 4) : The norlh American species of Aqiiilefjia, a pour auteur M. Edwin 
Blake Payson ; elle comprend 25 pages (pp. 133 à 157) et 14 planches. Ou 
y trouve une revision des espèces d'Aquilegia originaires de rAmériqui»- 
septentrionale étudiées sur des échantillons conservés dans plusieurs 
grands herbiers américains ou sur des plantes vivantes observées à létjit 
sauvage. Ce genre de Renonculacées comprend des plantes très recherchées' 
pour lornement des jardins sous le nom d' (( Ancolies » et les plus belles, 
d'entre-elles ont précisément pour patrie les États-Unis. On peut citer au 
premier rang VA. caeralea. des Montagnes rocheuses, qui a été adopté par 
l'Etat du Colorado comme son emblème floral. Les A. oanadensis, chrysan- 
fha, fonnosn, riihicanda, Skinneri, sont aussi très connus en horticulture, 
ainsi que leurs variétés et les hybrides auxquels ils ont donné naissancf, 
soit entre-eux, soit avec notre .\ncolie de France {A. vidgaris). A côté dos 
descriptions de plantes anciennement coimues on trouve celles d'un cor- 
tain nombre d'espèces et de variétés nouvelles et des clefs analytiques pour 
faciliter les identifications. 

— Une troisième bi'ochure : The Allies ofSelaginella riipeslris in Ihe Southern 
United S Inles, par M. G. P. Van Eseltine. tirée du même recueil, mèmi' 
année (vol. 20, part. 5), p. 159 à 172, 7 planches et 8 figures noires, est la 
première d'une série projetée sur les espèces appartenant au groupe du 
Selaginella rapeslris, encore mal délimitées et dont la revision critique est 
nécessaire. .\vec les matériaux d'études dont il disposait, l'auteur a pu pas- 
ser en revue celles qui croissent dans le sud-est des États-Unis, comph'- 
tant la description de certaines d'entre elles et en en faisant connaîtio 
quelques autres, nouvelles pour la science. 

Publications nouvelles. — Sancli Thomae Aqninatis docloris angelici 
Opéra omnia. T. XllI (in-folio, Romae, typ. Garroni). — La Vie religieuse. 
par le chanoine Millot (iM-l:2, Téqui). — Une Heure d'adoralion par mois. 
par .M. L. F. (in-32, Yitto). — A ceux qui souffrent. Le Livre de tons, par P. 
Lejeuno (in-12, (îabalda ; Desclce, de Brouwei). — Les Trois Phases du 
droit des gens, par C. Van Vollenhoven (in-12, La Haye. Nijliotr). — L(' 
Retour à la scliolaslique, par G. Truc (in-12, La Renaissance du Livre). — 
Critique néo-scotisie du thomisme, par .1. Compagnon (in-18, Berche et Tra- 
lin). — L Education de l'iidelligence et du cœur, par G. Méra (in-18 carré. 
Lethielleux). — // iJolore nell'educazione délia giovenlù. du L. Lelo (in-18, 
Calania, Giannotta). — Les Problèmes du crédit en France, p.ir G. Martin 
(in-16, Payol). — Ruses légales et roueries financières, par F. Mcolay (in-lO, 



— 239 — 

Pcnin). — La Trinité sociale ; élude sociale, èconoiniijiie et politique, par IV 
Dugavc (pplil in-8, Bcrgcr-Lcvraiill). — Unemploymenl and American Irade 
Unions, by D. P. Smelser (iii-8, Baltimore, tlic Joliiis Ilopkins Press). — 
Vérité sociologi<ine, (jonvernementale et religieuse, par J.-A. Alhaiza (in-12, 
Daiagoii). — Le Socialisme intpérialiste dans IWllemayne contemporaine, par 
C. Aiidlcr (in-12, Bossard). — Le Système Taylor, par G. Bertrand Thomp- 
son (in-16, l^ayot). — Mollusran faunafrom San Francisco Bay.hyE. L. Pac- 
iiard (ii)-8, Berkeley, Unisersity of California l'ress). — La fienèse de la 
science des cristaux, par II. Mctzger (in-8, Alcah). — Le Problème de la 
guerre, par le colonel F. Feyier (in-8, Payot). — Préceptes et jugements du 
maréchal Foch. par le coin' A. Grasset (in-lG. Berger-Levrault). — Les 
Amours, par P. de Ronsard, texte rtabli et publié avec des additions de 
l'auteur, des notes et des commentaires, par A. Van Bever (2 vol. in-16. 
Grès). — Le Dit de sainte Odile, poème de A. -P. Garnier (petit in-8, Garnier). 
— Fleurs d'Alsace et Jleurs de rêve, par E. Lagarde (in-12, Jouve). — Les 
Carillons de demidn, par L. Van (>aloen (petit, in-8, Jouve;. — L'Alibi, par 
J. Le Meur (petit in-12, Figuière). — Primevères et coquelicots, par P. Clerc 
(in-12, Figuièie). — Les Calmes Brises, par L. Preslefont (in-18 carré, De.»-- 
clée, de Brouvver). — Cantilènes et pensers, par R. Preslefont (in-18. Gand. 
Sifler). — Les Cordes d'acier (i9Ui-PJlSj, par L. Halleux (in-12, Gand. Van- 
derpoorlen). — Le Sang des gloires, poèmes de guerre et de captivité, par L. 
Bazin (in-12, Téqui). — Le Mystère de la chair et du sang, évangile en cinq 
actes, en vers, par A. Barthe (in-l5, Jouve). — Le Justicier, par P. Bourget 
(in-16, Plon-Nourrit). — Le Secret du Kou-kou noor, par Delly (in-16, Ploii- 
Nourrit). — Pomponius, le dernier des chevaliers, par L. Arraou (in^l6,Plon- 
Nourrit). — Le Capitaine, par A. Redier (in-16, Payot). — La Vie des âmes, 
par M'"^ Adam (Juliette Lamber) (in-18. Grasset). — Histoire d'une société. 
Si jeunesse savait..., par R. Béliaine (in-18, Grasset). — La Roue, par E. 
Faure (in-16. Grès). — Filles de Metz, par J. d'Urville (in-18, la Renaissance 
du Livre). — L'Immolation, par L. Grégoire (in-12. Jouve). — Dans l'ivraie.... 
par M. R. Dassise (in-12, Jouve). — Mon Brigadier Triboulère. par E. Mont- 
fort (in-12, Société littéraire de France). - L'Hôtel Le Tellemont, pur M. 
Maryan (in-12, Gautier et Languereau;. — La Primeneige du lointain donjon. 
par B. de Buxy (in-12. Gautier et Languereau). — Le Grand Choc, par M. 
Le Mière (in-12, Gautier et Languereau). — Les Grands Écrivains de la 
France. Mémoires de Saint-Simon, édités par A. de Boislisle, L. Lecestre et J. 
de Boislisle. T. XXIX, in-8. Hachette). — La Littérature française au dix- 
neuvième siècle. III. Romanciers (18^)0-1900), par P. Halflants (in-12. 
Bruxelles, de Lannoy). — François Buloz et ses amis. La Vie littéraire sous 
Louis-Philippe, par M.-L. Pailleron (in-8, Caïman n-Lévy). — Pèlerinages 
passionnés, par G. Faure (in- 18. Fasquelle). — Voyage au Goundafa et au 
Sous, par L. Thomas (in-lC. Pavot). — .Madame sainrte Anne et son culte au 
moyen âge, par P.-V. Charland (gr. in-8, A. Picard et fils). — Paul Cézanne, 
par A. Voilard .(in-16, Crès). — Mystiques et réalistes anglo-saxons, d'Émer- 
son à Bernard Shaïc (in-18. Colin). — L'Amiral de Grasse, par le chanoine 
M. Caron (in-12, Téqui). — Le Général de Charette, par J. de la Faye (petit 
in-8, Bloud). — Quelques âmes d'élite ( ÏSO^-1912}, esquisses et souvenirs, par 
E. d'Eiclital (in-16. Hachette). — Une Femme de diplomate au Mexique pen- 
dant la dramatique période du 8 octobre 1913 au 23 avril 191U, par E. O" 
Shaughnessy ; trad. de E. Altiar (in-16, Plon-Nourrit). — Vincenzo Monti, 
da M. Cerini (in-8, Catania, Giannotta). — La Grande Revanche. Campagnes 
de France .{1870-1871), (191U-1919), par le com' Leroux (in-18, cartonné. 



— 240 — 

'(^liarles-Lavauzelle). — Dunkfrque, ville héroïque. Dans le passé, dans le 
présent, par H. Malo (in-16, Perrin). — L' Avant-Guerre comparée en 
Allemagne et en Frunce, par J. Civray (in-iô. Perrin). — Histoire delà 
Grande Guerre, par V. Giraud. Première partie (in-8, Hachette). — La 
Vérité sur le siège de Maubeuge. par le com' P. Gassou (in-i2, Berger- 
Levrault). — Sous le poing de fer. Quatre ans dans un faubourg de 
Lille, par A. Droiilers (in-lG, Bloud et Gay). — Quand « ils i> étaient à 
Saint-Quentin (in- 16, Bloud et Gay). — Les Vagabonds de la gloire. III- 
Les Matelots aériens, par P. Milati (in-16, Plon-Nourrit). — Prisonnier 

-(•ivil, ou Histoire d'unprètre français, docteur allemand, interné 59 7nois 
en Allemagne, par D. de Lagardette (petit in-8, Bloud et Gay). — Autour 
d'Anvers, souvenirs et récits, aoilt-octobre 1917, par W. Speth (in-16. 
Crès). — Bans la mêlée, par É. Vandervelde (in-12. Berger-Levrault). — 
Paysages et souvenirs de Belgique, par A. Fontainas (in-12, Grès;. — Nostro 
Purgatorio (1915-1917), da A. Baldini (in-12, .Milano. Trêves). — Voli 
diguerra, impressioni dinn giornalista pilota.às. O. Cavarafin-lS. Milano, 
Trêves). — Souvenirs, par Take Jonesco (in-16, Payot!. — Les Étapes de la 
crise grecque, 1915-1918. par G. Frégier (in-12, Bossard). — De Nicolas II 
à Lénine 1917-1918. par S. Persky (in-16, Payot). — La Première Année de 
la Révolution russe [mars 1917-mars 1918), sous la rédaction de V. Vic- 
torofî-Toporolî (in-8, Berne, agence de presse russe ; Grès). — Au Pays de 
la démence rouge. La Révolution rusxe [1917-1918). par S. de Ghessin 
(in-i6, Plon-Nourrit). — La Révolutinn russe, par G. Anel. T. III (in-16. 
Payot). — L'Enfer bolchevik à Petrograd. Sous la coinmune et la Terreur 
rouge, par R. Yaucher (in-16, Perrin). — Le Japon pendatit la guerre 
européenne, 1914-1918. \)av M. Ribaud (in-12, Lcthielleux). —Intrigues 
et diplomaties à Washington (1914-1917), par G. Lechartier (in-16. Plon- 
Nourrit). — Les États-Unis, par P. Delay (in-8, Lethielleux^. — Le Chili 
t't la France, par F. Gontreras (in-12, Bossard). — En guerre. De l'ambu- 
lance à r hôpital, par le D"" M. Limousi (in-12, Figuière). — L' Apostolat 
d'un malade. Louis Peyrot (1888-1916), par J.-P. Belin (in-16. Bloud et 
Gay). — Edouard Junod, capitaine de la Légion étrangère (1875-1915). 
lettres et souvenirs (in-16, Grès). — La Guerre et la Vie de l'esprit, par 
M. Logendre (in-16, Bloud et Gay). — Les Guerres d'enfer, par A. Séché 
(in-16, Payot). — Vertus guerrières, par le capitaine Z... (in-16. Payot). — 
La Dimension nouvelle, par L.-A. Daudet (in-12. Grès). — Le Bon Combat, 
par Tabbé E. Griselle. in-16, Bloud et Gay). — L'Europe libérée, no- 
vembre 1918, par P. Seippel (petit in-12. Grès). — L'Encerclement de 
V Allemagne, par A. Gauvain (in-12. Bossard). — La Prusse et la Rive 
gauche du Rhin. Le Traité de Bdle, 1794-1795, par E. de Marcère (in-16. 
-Vlcan). — La Paix prochaine et la ^fission des Alliés, par M. Legendre 
(in-16, Bloud et Gay). — Les Garanties de la paix, par Yves-Guyot. 2"^ par- 
tie. Examen critique (in-16. Alcan). — La Paix qu'il faut à la France, 
par le général Maitrot (in-16, Berger-Levrault). — Notre Force future, par 
J. Dybowski (in-16, Payot). — Réorganisation administrative de la France, 
par J. Hennessy (in-12. Berger-Levrault) — Pour relever les ruines. Pro-\ 
blêmes de demain, par J. Dassonville (in-16, Perrin). — La France en ordre, 
par H. Pineau (petit in-8. Hieder). — Les Catholiques français et l'Après-'i 
Guerre, par l'abbé \. Beanpin (iti-16. Bloud et llay). — La Femme devant^ 
les urnes, par M.-\. Kéraud (in-16, Perrin). Visenot. 



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• I ('.ollcflioii (te Ménioirfs pour servir à l'élude de la ijucrre iiiotutiale J. l'aiis, 
l'iiyol, 191i>, in-8 de ;{4.S p. — Prix : 10 fr. 

\nivé en Tiiifniio à la lin de 1913 pour y ropK'senter les Élats- 
Luis, M. Henri Mor^^entliau y est resté jusqu'au tléljul de llJU» ; le 
déiroiiL rindignatioii ({ue lui ont inspirés les massacres d'Arménie et 
la cer litude de son impuissance à les empêcher, en môme temps que 
le désir de travailler à la réélection du président \\'ilson, l'ont décidé 
à celle époque à demander un congé. Les virjgl-six mois qu'il a pas- 
sés en Turquie lui ont permis de voir beaucoup de choses, grâce aux 
relations actives et cordiales — en dépit de moments de tension — 
qu'il a eues non seulement avec le ministre des allaires étrangères, 
pcisoiinage insignifiant et elTacé, mais avec les membres influents 
tlu g()U\ernement jeune-turc : Talaat, Enver, Djemal, et avec les repré- 
sentants des autres puissances, notamment les ambassadeurs d'Alle- 
iii;i;^iie et d'Autriche, Wangcnheim et Pallavicini. 

Il nous donne de ces personnages des portraits vivants et burinés 
a\cc une incomparable maîtrise ; il nous montre le rôle que chacun 
d'(Mi\ a joué. Wangenheim dirigeant tout et maître incontestable de 
la TuKiuie. bien que tel ministre turc ait donné à entendre — et c'est 
[)r()l)Mblement vrai — qu'il comptait simplement se servir de l'Alle- 
ma^Mie pour restaurer l'empire turc, f[uitte à la planter là quand il se 
sei, lirait assez fort. 

Ce n'est pas d'ailleurs simplement sur les mobiles de la pdilique 
tnr(pio qu'il nous apporte des renseignements (pii sont, en partie au 
moins et pour beaucoup, des révélations : il fait bien ressortir l'im- 
poitance du rôle de la Turquie dans la guerre mondiale ; il donne des 
détails curieux sur la façon dont Allemands et Turcs considéraient l'ex- 
pétlilion des Dartianelles, sur le peu d'eiforts qu'il aurait fallu faire 
pour la mènera terme. Sur les massacres d'Armétiie, sur les buts que 
visaient les maîtres delà Tur({uie en les exécutant, sur la responsabilité 
des Allemands dans cette opération, son témoignage est d'un grand 
poids. Juif d'origine et de religion, Allemand de naissance, M. Morgen- 
tliau ïi'en a pas moins déployé la plus belle et la plus noble énergie et 
une habileté qui a obtenu des résultats à défendre les intérêts des 
populations chrétiennes et notamment des résidents français et 
anglais ; il n'hésite pas non plus à stigmatiser comme elles le méri- 
tent les menées germaniques. 

M.U-JLIN 1910. T. CXLV. IC. 



. 242 

Deux points encore où son témoignage prcjcise, les origines et U 
responsabililé de la guerre, c'est d'une pari ce qu'il raconte, d'après 
las déclarations que lui a faites Wangenheim, du fameux conseil du 
5 juillet 1914 dans lequel le Kaiser a décidé la guerre, et d autre part 
ce qu il nous dit sur la volonté de François-Joseph de déchaîner — 
et ro]r{ un an avaiil quelle ait éclaté — cette guerre ujondiale qui a 
jeté l'Europe et le monde dans un tel abîme de calamités. 

Nous signalerons encore des pages intéressantes sur la Bulgarie et 
nous invitons ceux qui persistent à croire à une régénération de la 
Tur(]uie, à lire et à méditer les considérations remarquables que 
M. Morgenthau a écrites sur la mentalité turque. 

Son livre me paraît être un des documents les plus précieux pour 
l'étude de la Grande Guerre. E.-G. Ledos. 



liitrûjues et diplomaties à Washiiitjton ( 1 914- 1917), par G. 

Lechaktieu. Paris, l'Ion-ÎN'ourrit, tOii), in-lG de viu-303 p., avec portraits 
et facsimilés. — Prix : 4 ir. 

A plusieurs reprises déjà nous avons signalé ici des éludes sur la 
propagande germanique aux États-Unis, sur les procédés d'insinua- 
tion ou d'intimidation, sur les ruses, les mensonges et les violences 
dont les Allemands ont usé pour amener la grande république amé- 
ricaine sinon à se joindre à eux, du moins à ne pas aider leurs adver- 
saires et à se faire plus ou moins sciemment leur complice et leur 
servante. Nulle part en français toute celle campagne n'avait été mise 
en lumière comme elle l'est dans l'ouvrage de M. G. Lecharlier. Les 
documents saisis sur les agents de l'Allemagne par le gouvernement 
lies États-Unis et publiés par lui — partiellement, car ses archives 
lenferment encore, semblo-l-il, bien des pièces — ont fourni à 
M. Lecharlier d'an)ples matériaux. 11 y a joint les on-dil, les biuits 
qui circulaient dans les salons et dans les milieux diplomatiques, et 
qui naturellemenl ne peuvent être acceptés que sous bénéfice d'in- 
\entaire ; et de tout cela il a composé un volume très vivant, très 
intéressant. Il oppose l'un à l'autre les deux personnages du prési- 
dent Wilson et de l'ambassadeur alleniand Bernslorll' qu'il nous 
montre luttant l'un contre l'autre dans un duel tragique, où'la défaite 
du dernier est due n)oins à ses propres fautes qu'aux maladresses et 
aux sottises de son gouvernement en même temps qu'à la maîtrise 
du Président. 

Douze chapitres marquent les préliminaires et h^s étapes de ce 
duel : I . Le Comte von Hernstorff à Washington avant la guerre ; 2. 
M. le Président Wilson, l'homme et l'œuvre avant la guerre ; ,3. Les 
Premiers Mois de guerre ; 4. Les États-Unis el la Cour des belligé- 
rants ; 0. L'AlTairc de la « Lusitania » ; 6. Les Cotons américains et 



— 243 — 

la contrebande <le guerre ; 7. Les Kévélalions du joiirfial The World 
el le coulage de l'Arabie ; 8. IJcrrisloiff f-l les Complols alloinands ; 
9. Pendant la campagne {)résidentielle ; iO. Les Signes précurseurs 
de la rupture ; 1!. La Huplure ; 12. La Uenaissance d'une grande 
nation. 

Si. dans ce tableau, le premier plan est tout entier occupé par 
MM. Wilson et Bernstorir. on y trouve cependant d'autres figures, 
du moins esquissées en quelques traits, telle celle du S) tupatliique 
et iiabile ambassadeur de France, M. Jusserand, aucjiiel M. Lechartier 
rend un liornmage discret. E.-G. Ledos. 



^souvenirs, par Takk Jo.nesco. Paris, Payot, 1910, in-i(i de 250 p. — 
Prix : 4 fr. 50. 

<( L'histoire définitive de la guerre moniiale ne peut pas être écrite 
par les contemporains... Mais tout contemporain qui a eu le privilège 
de connaître personnellement une partie, quelque minime qu'elle fût, 
de ce qui s'est passé dans les coulisses, doit faire une déposition 
devant le tribunal de la conscience universelle. » Ces quelques lignes 
de la Préface de M. Take Jonesco indiquent à quel sentiment a obéi 
réminent homme d'État roumain en écrivant les articles qu'il réunit 
ici et qui ne sont eux-mêmes — il nous le dit — qu' u une simple 
préface » à des Mémoires sur les origines et les événements de la 
guerre, dont il nous fait espérer la prochaine publication. Il y a 
vingt-sept morceaux, dont le dernier est la reproduction partielle du 
beau et éloquent discours prononcé par lui é'i la Chambre roumaine 
les lo et 10 décembre IU1;J sur la PolUiijdc de liiisiuict national. 

11 y a beaucoup à prendre dans ces pages singulièrement instruc- 
tives pour la connaissance, soit des événements, soit des tendances 
de la politique roumaine (on notera l'énergie avec laquelle M. Take 
Jonesco n'a cessé d'affirmer que jamais personne ne pourrait entraî- 
ner la Roumanie à marcher contre les races latines), soit des person- 
nages politiques, allemands surtout, qui ont joué un rôle dans la 
guerre mondiale ou dans sa préparation immédiate ou lointaine. Les 
diplomates et les hommes d'État de l'empire austro-IiOTigrois sont 
traités par M. Jonesco d'une manière particulièrement sévère. Il mani- 
feste au contraire pour Riderlen Wachter des sentiments d'estime et 
même de sympathie, qui ne l'empêchent pas d'ailleurs de reconnaître 
aussi ses défauts. Sur le rôle du roi Carol, sur ses efforts pour entraî- 
ner la Roumanie dans la guerre aux côtés des empires centraux, sur 
lattitude très nette qu'il a prise personnellement en face de ce projet 
et qui a contribué à le faire échouer, il y a dans ce livre des pages 
d'un haut intérêt et particulièrement dramatiques. INous signalons 
-aussi dans l'article consacré à Talaat Pacha ce que M. Jonesco nous 



— 244 — 

précise de son irilerventioii pour empêcher le Turc de provoquer les 
Grecs à Bucarest. 

Tout d'ailleurs mérite d'être lu et médité dans ces vingt-sept 
articles dont voici les titres : Déclaration à M. Poincaré ; — Le Prince 
Lichnovvsky ; — Le Comte Bcrchtold ; — Le Marquis Pallavicini ; — 
Le Comte Goluchowsky; — 2 août 1914 ; — Kiderlen-Wacchter ; — Le 
Comte Aerenlhal ; — Le Comte Gzernin ; — Le Comte Mensdorf ; — 
Pacjisme de l'Angleterre ; — Le Prince de Fiir.^tenberg ; — Ilerr Riedl ; 

— Le Comte Szeczen ; — Sir Donald Mackenzie Wallace ; — Le Baron 
Banfy ; — La Politique roumaine ; — Des larmes ; Un Cousin de 
Tisza ; — Le Comte Tisza ; — Taiaat Pacha; — Le Prince de Biilow ; 

— TatichefF; — Français et Teutons ; — La Nouvelle Italie ; — Eleu- 
therios Vcnizelos ; — La Politique de l'instinct national. 

Quiconque lira ce volume sera mis en goût et souhaitera de voir 
l'auteur nous donner sans trop tarder les Mémoires qu'il nous pro- 
met. E.-G. Leuos. 



Diai'io tlella yiierra d'italiu, roccolia dei bnlleilini ujficiali c di allri 
documenli, série XXIV-XXXI. {Qaaderni délia guerra, n. 85, 8(5, 88, 89, 91, 
9-2, 94.) Milano, fratclli Trêves, 1917-1919, in-16 paginé 477-1476, avec 
16 grav. et 5 caries. — l^rix : 1 l'r. 20 le fasc. 

Ces huit nouvelles séries de cette publication si utile et si bien con- 
çue nous conduisent du 21 septembre 1917 au 20 mars 1918 ; c'est 
dire qu'elles comprennent l'époque douloureuse de Caporetto et de 
la retraite sur le Piave, les changements dans le haut commande, 
ment où Diaz prit la place de Cadorna, le concours fralernal prêté 
par les troupes françaises et anglaises à leurs camarades d'Italie, 
l'arrêt de la redoutable offensive autiichienne, et, par ailleurs, la 
honteuse défaillance de la Russie et la douloureuse obligation pour 
la Roumanie de subir un traité de paix, imposé par l'avance mena- 
çante des forces des empires centraux. A l'intérieur, ce sont les 
menées tortueuses du défaitisme, les mesures énergi(iues à prendre 
contre ces tentatives criminelles, l'aclioji louche du socialisme et 
même du gioliltismc qui tendent phis ou moins directement à éner- 
ver la force de résistance du pays ; la réaction contre les intrigues 
des (^avallini et autres amis de Bolo et de Caillaux ; c'est aussi l'en- 
tente (le i)lus en plus grande entre les alliés sur tous les terrains, la 
cohésion de plus en plus ferme, la collaboration de plus en plus 
féconde. 

Parmi les informations et ducuiuents cpii, en outre des bulielins 
des autorités suprêmes militaire et navale, remplissentces fascicules, 
nous noierons les débats à la Chambre et au Sénat d'Italie, rpii, après 
la chute de Boselli, n'ont cessé de soutenir dans renscmble le nou- 



— 245 — 

veau ministère Orlando. soumis là-bas à des attaques analoi^ues à 
celles qui, chez nous, ont essayé d'entraver et de faire trébucher le 
gouvernement de M. Clemenceau ; les discours et déclarations des 
Michaëlis, des Kiihlinonn, des Czcrnin, des Ilortling d'une part, 
celles de Lloyd George, dAsquith, de Wilson, d'Orlando de l'autre ; 
les débats à la Chambre italienne sur le traité de Londres publié par 
les bolcheviks et sur l'article 15 dirigé contre le Souverain Pontife. 
Seize gravures ou portraits (dont celui du général Diaz) et cinq 
caries illustrent ces fascicules et permettent de suivre la marche des 
opérations. Pourquoi le portrait du général Papa est-il donné deux 
fois (p. 540 et 807) ? E.-G. Ledos. 



A'iuçjt Jours de guerre aux Icmj»* héroïques. Oinwt de roule dun 
rommnndani de compncjnie (août i91U), par le conitnandanl A. Ghasset. 
Paris-Nancy, licrger-i.evrault. s. d. (l'-^'^)^ in-lfi de :2S0 p., avec une carte 
et un croquis. — Prix : 3 fr. 50. 

M. le commandant Grasset, dont nous avons analysé naguère un 
intéressant volume sur la guerre d'Espagne — celle de 1808 — a dû, 
comme beaucoup d'autres, interrompre ses études du temps de paix 
et I éprendre, au début d'août 1914, l'épée un moment abandonnée 
pour la plume. Le volume qu'il public aujourd'hui sous le titre que 
nous venons d'inscrire en tète de celte courte notice, nous prouve que 
chez M. Grasset le soldat n'a pas été inférieur à l'écrivain et on lira 
avec wn intérêt soutenu, la plupart du temps avec une émotion poi- 
gnante, le récit de ces Vin(il Jours de guerre, les premiers vingt jours 
de 1914 où la fortune des armes parut vouloir se déclarer en faveur 
des barbares contre les champions du droit et de la civilisation. Ces 
Vingt Jours de guerre aux temps liéroiques nous donnent le détail des 
opérations menées par le 4" corps, spécialement par le 103' régiment 
d'infanterie au nord de Verdun, sur la route de Grémilly à Virton en 
Belgique, et en particulier la narration des combats de Belmont et 
d'Etlie. Le récit de ces journées d'âpre lutte, où nos soldats écrasés 
par le nombre durent momentanément se replier, est un des plus 
passionnants qu'il nous ait été donné de lire sur ces débuts sanglants 
etacharnés delà présente guerre. Toutefois, le morceau capitaldu livre, 
celui qui fait du travail de M. Grasset non seulement un document 
vécumaisune pièce historique de première valeurest le derniercliapitre 
de l'ouvrage, celui qui porte le titre : <( Les atrocités allemandes. — 
Les Massacres d'Elhe et de Gomery. » Dans la liste infiniment longue 
des actes de cruauté, d'orgies sanglantes, de barbarie raffinée commis 
sur 1p sol de notre patrie par les soldats de Guillaume II. les massacres 
d'Ethe et de Gomery ont droit à une place particulièrement en vue, 
à une place privilégiée par l'horreur, le raffinement des crimes com- 



— 210 — 

mis par nos advoisaires sur les mallieiireiix habitants de ces deux 
villages, eu particulier sur des vieillards, des femmes, des enfants, 
des blessés à dciui-mourauts. Des chapitres comme ceux qu'a écrits 
sur ce sujet M. le commandant Grasset dans Vi/ir/t Jours 'le guerre 
aux temps héroïques contribueront à entretenir dans nos cœurs, dans 
celui des jeunes générations qui nous survivront, le souvenir des 
procédés de lutte d'un peuple qui a dépassé de propos délibéré les 
limites connues jusqu'ici delà barbarie, de la cruauté, du sadisme 
le plus éhonté, le plus abominable. C'est dans ce sens et dans ce but 
(jue le livre du commandant Grasset est à lire et à recommander. 

Comte de Sérignax. 



Verdun (mars-avi'îl-mui 1 ÎH Cî), par 1^\ymo>d Jubert. Paris, Payot, 
1918, in-10 do :>iO p. — Prix: 4 fr. 50. 

Le 26 août !ÎJ16, sous Verdun, la section du sous-lieutenant Ray- 
mond Jubert avait reçu l'ordre d'attaquer. C'est à l'aube, à cinq heures 
du matin, que nos soldats doivent s'élancer hors de la tranchée. A 
quatre heures quarante-cinq, Jubert donne ses dernières instructions 
à ses hommes. leur fait ses dernières recommandations et à l'heure 
précise, il s'élance, lui en tète, vers la tranchée allemande du 
Chaume qui est son objectif. En un quart d"heure, cet objectif est 
atteint, mais au moment où Jubert y parvient et que, debout sur le 
paiapet ennemi, il fait le geste d'avancer encore, il chancelé, bat l'air 
de ses mains, et s'écroule frappé d'une balle en plein front. 'Quantité 
de nos soldats, de nos oHlciers sont tombés sur le champ de bataille 
dans des conditions identiques et nous n'aurions pas à enregistrer 
spécialement ici la mort héroïque de Jubert, si la personnalité de ce 
combattant d'occasion n'éveillait un intérêt spécial. 11 appartenait, 
en elTet, à cette pléiade déjeunes hommes pour lesquels la servitude 
militaire n'était qu'un épisode passager, qui avaient grandi et s'étaient 
développés dans toutes les libertés du travail civil : avocats, ingénieurs, 
savants, gensdelettres, professeurs, artistes, commerçants, industriels, 
les uns et les autres menant, la veille de leur appel, l'oxislenee déten- 
due et comblée qu'une civilisation i)lusieurs fois séculaire procure 
à ses héritiers, et passant tout d'un coup, sans liansition, du bieii- 
<*tre, de l'indépendance, de la sécurité, au besoin et à l'ell'ort physifjue. 
à l'obéissance passive et au danger. Dans la récente et imposante 
cérémonie par laquelle la Société des gens de lettre a célébré naguère 
la mémoire de ceux de ses mend)res tombés glorieusement au cham|) 
<rhonneur, on a pioclamc bien des noms, on a fait revivre bien des 
souvenirs. Celui de Raymond Jubert est l'un des plus sympathiques, 
des j)lus dignes d'èlre remémoré (pi'il puisse être. Ses travaux litté- 
raires le signalaient à ralleulion des letliés comme un esprit d'élite 



— 247 — 

MiKjnel lAgc et le travail ne pouvaient in.inquer de tlonrier un niagni- 
lî(|ue épanouissement. Cependant, l'agression allemande le surprenant 
nu milieu de ses études du temps de paix, il n'hésite pas à tout aban- 
donner pour s'élancer à la frontière ot, quoique e\em[)lé de tout sei- 
vice militaire, il contracte un engagement volontaire i)our la durée 
des iiostilités et combat dans les rangs dii'Jl'', en Argonne. en Cham- 
pagne, à N'erduti, en Lorraine, sur la Somme, sur l'Aisne, de nouveau 
à Verdun, où la mort (jui le guette finit par n)eltre définilivenient la 
main sur lui. .Iiibort avjiit non pas seulement le courage du champ 
de bataille, mais la volonté raisonnée fie sacrifier sa vie à son pays 
et de la lui lionner sans marchander, pour l'obtention du triomphe 
final. Sa belle pièce de vers à François Coppée, écrite en 1!)U4, en fait 
foi : 

Marctions donc au cornljat .*ans crainte et sans faiblesse — 

Et portant lièreinent le drapeau, nous irons 

Défendre notre foi. noire pays, nos frères, 

El s'il le faut nous périrons 

Ce lettré, ce poète, ce patriote était un chrétien fervent, un catho- 
lique pratiquant plein de foi ; à bien des titres la perte de Jubert est 
un deuil cruel à la fois pour sa famille, ses amis, son pays tout entier. 

Comte de Sérignan. 



Sous la rafale. Au service de l'infanterie. Souvenirs tl'un dra- 
(jon pendant la Grande (iui»rre, par A.ndrl: Schmitz. Paris, Bloud 
cl Gay, 1918, in-16 de 2H1 p. — l'rix : 3 fr. 50. 

La cavalerie n'a pas eu, dans la guerre qui vient de finir, l'occasion 
de tenir le rôle que depuis de longues années, c'est-à-dire depuis 1870, 
elle avait rêvé remplir dans une lutte contre l'Allemagne. \ part 
les trois premiers mois de l'Jt-i, nos troupes à cheval n'ont été char- 
gées que de services très éloignés, de ceux auxquels la lactique spé- 
ciale de leur arme les avait préparés et la faute en a été, comme on 
sait, aux conditions nouvelles d'une lutte qui, piesque jusqu'à son ter- 
me, s'est déroulée davantage comme une guérie de siège que comme 
une guerre de mouvement. Celte inaction imposée par la force des 
choses aux cavaliers, n'a pas été du goût de beaucoup d'entre eux et 
un grand nombre n'ont pas hésité à abandonner la carrière de leur 
choix, désormais trop traiirpiille à leur gré. pour permuter dans les 
armes où il y avait léellement des coups à donneretà recevoir, c'est- 
à-dire dans l'infanterie, le génie, l'artillerie, surtout dans l'infanterie. 
M. le lieutenant Schmitz a été de ceux-là et son livre est le récit des 
divers épisodes de guerre auxquels il a pris part dans les rangs du 
31* d'infanterie, régiment auquel, en quittant les dragons, il avait 
été affecté. On lira avec intérêt ces pages vécues ou l'auteur fait 
preuve d'une observation très avisée, d'un cœur ardent, d'une foi en 



— 248 — 

V 

la victoire qui ne se déinenlit jamais, même aux heures où les plus 
vaillants j)Ouvaient avoir quelques doutes. Très bonne contribution à 
l'histoire cpisodi(}uc de la Grande Guerre. 

Comte de Sérig?<a>. 



Quanti « ils » étaient à Saint-0"e"tin, par llicMUETTii Clri.Aun';. 

Paris, Bloud et Gay, 1918, in-16 de 238 p. - Prix : 4 fr. 50. 
Sous le pointj de fer. Quatre ans dans un faubourg de Lille, 

par Albert Dkoulehs. Paris, Bloud cl Gay J9l9, in-i6 de 24S p. — 
Prix : 4 fr. oO. 

Les témoignages sont singulièrement concordants qui émanent 
des populations restées sous le joug germanique dans les départe- 
ments envahis. Les brutalités, les exactions, les actes de cruauté, de 
sadisme, les plus ignobles grossièretés furent constatées sur tous les 
points du territoire occupé par l'ennemi. C'est avec une implacable 
méthode que les habitants étaient molestés, rançonnés, terroiisés et 
bien rares furent les chefs militaires qui tentèrent d'introduire un 
peu d'iiumanité ou de justice dans l'exécution des ordres émanant de 
l'autorité supérieure allemande. 

M'"" Henriette Célarié a conté les douleurs, les angoisses, les 
privations des populations de l'Aisne Quand « ils » claient à Saiid- 
Queniin. 

Les troupes anglaises battant en retraite avaient traversé la \ille 
le 2() et le 27 août. Le lendemain soir, des cavaliers et cyclistes 
ennemis débouchaient sur la place par la rue de la Sellerie et la 
rue Croix-Belle-Porte. Des troupes d'infanterie les suivaient. L'ins- 
tallation des Allemands s'opéra avec ordre, mais chacun des olTi- 
ciers qui se succédèrent à la Rommandanlur marqua sou lègne 
par des ordonnances dont les menaces allaient en s'accentiianl. Les 
blessés étaient fort nombreux à l'ambulance de Fervaques, et, dans 
les premiers temps, si les Allemands étaient convenablement cou- 
chés et pansés, il n'en était pas de niéiiie de nos compatriotes. Des 
amputés, au sortir de la salle d'opérations étaient jetés dans des 
sous-sols où la légère ct)uchc de paille n'était jamais renouvelée, l'iie 
n<iée de femmes allemandes lejoignirent les linupes d'occupation. 
Ces (( tilles île la guerre » portant le costume d'infirmières, armées 
de revolvers, causèrent constamment des scandales dans la ville. j)ar 
leurs l)euveries et leur conduite. Les dé|)orlations de ci\ ils marcpiè- 
renl la période la plus douloureuse de l'occupation. Ajoutons (pie 
le maire de Saint-(^>uentin montra une fermeté et une dignité qui en 
imposèrent parfois à l'ennomi et <]ne les localaiies de la ville pous- 
sèrent le sentiment du devoir jusqu'à refuser d'useï-, à l'égard des 
])ropriétaires, des dispositions du rnoratorium. 



— 240 — 

M"" Ilcnriclle Cclarif'; a fiiicmcnl coulé de quelle façon un sous- 
olïicier boche, le sergent Millier, concevait l'amour et comniciil il 
courtisa la jeune lille dont il était épris. Celle-ci, accorle et gracieuse, 
travaillait dans les champs avec une équipe de femmes déportées. 
Muller venait tous les jours dans une charrette anglaise inspecter les 
travaux. Parfumé à l'eau de Cologne, souriant, il s'approchait de 
Marthe, lui faisait des signes amicau.x, et en s'en allant lui envoyait 
des baisers. H n'était rien répondu à ses avances. Alors le sergent la 
fit maltraiter par les soldats chargés de la surveillance des déportées, 
[)uis il la fit conduire chez lui, lui offrant friandises et bijoux (volés) 
si elle voulait couronner sa llaninie. Encore écondtiil. il la signala 
connue refusant de travailler et la fit condamner à 15 jours de cellule, 
et, chaque soir, il passait devant le judas de la porte pour la narguer 
et lui dire que, si elle ne faisait plus la mauvaise tète, son supplice 
cesserait. Enfin, la retrouvant dans un champ, au moment de la fe- 
naison — il était ivre d'ailleurs — il la prit par la taille, et, comme 
elle se mettait à crier, il lui envoya un coup de poiug terrible qui 
mit son visage en sang et lui cassa plusieurs dents. Quand Muller 
comprit qu'il était allé trop loin et qu'une plainte à la Komman- 
danlur lui ferait perdre le poste de tout repos qu'il occupait, il sup- 
j)lia sa victime de ne pas se plaindre : « Vous bonne, moi envoyé au 
Front, moi tué » et il eut l'aplomb de lui promettre beaucoup d'ar- 
gent si elle se taisait. Cette simple histoire révèle toute la mentalité 
du Prussien. 

— C'Qst dans un faubourg de Lille dont il était vicaire que l'abbé 
Albert Droulers a passé, Sous le poing de fer, les quatre années de l'oc- 
cupation allemande. 11 semble que la tyrannie de nos ennemis se soit 
exercée encore avec plus de cruauté et de sauvagerie dans le' Nord 
que dans la région de Saint-Quentin. Le vol y est pratiqué ouverte- 
ment ; les perquisitions y sont continues et particulièrement vexa- 
toires ; le régime alimentaire y est déplorable ; les amendes pieu- 
vent sous les moindres j)rétextes ef. les plus légères infractions aux 
ordres affichés sont punies de prison. On fusille des gens qui, cau- 
sant entre eux, ont parlé dune offensive sur Paris ou Calais, on fusille 
un jardinier qui. muni de son sécateur, a regardé en riant un fil 
télé})honique tombé sur une route. Ou procède à des enlèvements en 
masse d'habitants des deux sexes qu'on veut contraindre à travailler 
à la pose de réseaux de fil de fer, à la confection de sacs à terre. 

Comme le dit à bon droit l'abbé Droulers : « au nom de la justice, 
l'Allemagne doit être punie et elle doit réparer. » Et le prince Max 
de Saxe en a fait déjà l'aveu, à propos des crimes commis en Belgi- 
que, quand il a dit : « Ce qu'on a fait crie vengeance au Ciel ! » 
♦ R. L. 



— 2?)0 — 

Pour la terre de France par la douleur et la mort (La Colline de 
LoreUe), l'Jl^tl'JL'), par Pasteur Valleky-Kadot. Paris, Plon-Nounit, 1919, 
in-i6dc 219 p., avec 2 grav. hors texlc. — Prix : '.l fr. ijO. 

Les 26 lignes d'Avant- Propos par lesquelles M. René Vallery-Radot. 
préseiile le livre de son fils forment, à mon avis, dans sa sobriété 
voulue, le meilleur compte rendu qu'il soit possible d'en faire. Je 
vais donc écrire quelque chose d'inférieur. Je m'en console en pensant 
que je ne serai pas le seul dans mon cas. 

Le volume s'ouvre par trois pages empreintes de tristesse et de pro- 
fonde affection composées à la mémoire d'un ami très cher, M. Jean 
Dubois, interne des hôpitaux de Paris, médecin aide-major, tué 
devant Verdun le 11 juillet 1916. Suit une page de citations des pro- 
phètes Jérémie, Amos et Isaïe, s'appliquant à merveille, tout antiques 
qu'elles soient, à l'horreur des trop longues années de la guerre déchaînée 
par la volonté réfléchie de l'Allemagne. Une fois de plus, c'est bien 
le cas de répéter qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. 

M. Pasteur Vallery-Radot entre alors dans le vif de son sujet avec 
la mentalité d'un excellent Français, qui est aussi un poète, un artiste 
et parfois même un philosophe. Il trace d'abord des esquisses rapide.s 
et singulièrement prenantes des faits dont il a été l'un des acteurs ou 
des témoins, un peu avant la première bataille de la Marne, puis au 
cours de la victoire. Un médecin voit plutôt, en général, les navrances 
résultant de l'action que l'action elle-même. Ce fut le cas de l'auteuç, 
médecin auxiliaire de l'armée, qui ne courut pas moins, très large- 
ment, les risques des médecins, dont l'héroïsme, le plus souvent à 
froid, n'est pas inférieur à celui des braves s'élançant à l'assaut, car 
il n'a pas pour le sonleiiir ou l'exciter la chaleur de la lutte. Pour 
garder ainsi la maîtrise de soi, sous les obus ou au milieu des mitrail- 
lades et de la fusillade, il faut un autre genre de courage, simple- 
ment, et (jui n'est pas le fait du premier venu. 

Kt tout en accomplissant son devoir, M. Pasteur Vallery-Radot 
notait séance tenante, dans les tranchées, au fond des abris souterrains 
ou en pleins champs, sous le feu de l'ennemi, depuis août 1014 jus- 
qu'en décembre 1913, ce qu'il voyait ou ce qu'il entendait de plus 
suggestif: l'occasion, malheureusement, était fréquente. Est-ce parce 
que ces mtdliplos petits tableaux, peints de couleurs vives et repré- 
sentant surtout limmensité et la variété des souffran^ces endurées et 
des sacrifices généreusement consentis par nos soldats, que la Cen- 
sure, en novembre 1910, a interdit la publicalioîi tle ces pages ter- 
ribles ? Je supj)ose que l'on craignait, à ce moment, qu'elles n'intluen- 
çassenl l'ariière trop dcMildureusement ; et cependant si ces tableaux 
sont alïligeants, certes, il s'en dégage aussi une foi iiuléfectible en 
celte victoire finale île laquelle la France et ses lils sur le Front 



— 251 — 

n'ont jamais vonlti doulrr, même aux heures les plus critiques. 
Pour un beau livre, oui. l'ouvrage de M. Pasteur Vallery-Hadot est 
un beau livre, qui mérite de nombreux lecteurs. E.-A. Chaplis. 



Xosti'O Vuviiulovio, f ail i personali dd Icmpo délia gnerra ilaliana (lOI'j- 
l'JIÎ). da Amomo Baldim. Milano, fratelli Tn'vcs, 1918, iti-lG de 2fj6 p. 
— Piix : 4 fr. 

Mobilisé dès le début de la guerre italienne, d'abord simple sol- 
dat, puis devenu sous-lie»itenant, atteint d'une blessure qui le mit 
hors d'état de servir désormais, M. Baidiui retourna sur le Front 
comme journaliste. Il a vu et observé et ce sont ces impressions per- 
sonnelles dont il nous fait part dans cet élégant petit volume. 
(( Dépourvu, nous dit-il lui-même, d'idées générales, de raison poli- 
tique, de sens historique », cela même imprime aux pages qu'il nous 
donne un cachet particulier ; on y peut voir comment la guerre a dû 
apparaître à beaucoup déjeunes Italiens. Il n'y faut pas chercher des 
renseignements techniques sur les événements militaires, des préci- 
sions sur les opérations, des détails qui permettent de reconstituer 
l'histoire du grand drame ; mais la vie des hommes et des officiers 
en campagne, leurs relations entre eux, l'effet produit par la guerre 
sur leur intelligence et sur leur moral, les sensations et les senti- 
ments que l'on peut éprouver au contact des douleurs et des hor- 
reurs que provoque le cataclysme, voilà des points sur lesquels l'ou- 
vrage de M. Baldini est instructif. 

Il y a là de petits tableaux pittoresques, des observations curieuses, 
des traits psychologiques, qui font que le livre se lit avec plaisir et 
qu'il en demeure quelque chose. E.-G. L. 



Le Capitaine aviateur Didier Le Cour Grandmaison, par Charles 
François Saint-.Mauu. Paris, Bloud et Gay, 1918, iu-lG de 78 p. — Prix : 
i fr. SO. 

Le vaillant officier qui est mort glorieusement, tué dans son avion 
le 10 mai 1917, a ajouté un lustre de plus au nom de sa famille si 
respecté dans le pays nantais et au Parlement. Il se présente eritouré 
de ses huit frères et cousins, tous également soldats d'élite, patriotes 
et chrétiens. C'est son oncle qui retrace sa courte et vaillante existence 
doîit la modestie est la caractéristique. Lieutenant de cavalerie passé 
par devoir dans l'aviation, il meurt, à vingt-sept ans, chevalier de la 
légion d'honneur avec cinq palmes sur sa croix de guerre. Le senti- 
ment du devoir avant tout, né du sens catholique le plus pur, le 
guide dans la vie, le soutient dans sa carrière et le porte, à sa mort, 
jusqu'au ciel. Quelques fragments de son « journal » nous font péné- 



— 252 — 

irer dans le secrcl d'une âme si belle. Les pages qu'il traçait peu 
d'heures avant d'accomplir le dernier vol où il allait trouver la mort 
sont d'une poignante beauté. Didier Le Cour Grand maison apparte- 
nait à ces races qui font la force et l'honneur de la France et il a 
ajouté encore à ce j)atrimoine ancestral. Ce petit volume devrait être 
le (( bréviaire » do tous nos jeunes officiers. Quel exemple admirable 1 

G. G. 



Yoli di <|uerra, impressioni di un «jiornalisla pilota, da Otf.i.lo 
Cavara. Milano, fratelli Trêves, d918, in-16 de 211 p. — Prix : 3 fr. 

Journaliste de son métier, M. Cavara a été jeté dans l'aviation par 
la guerre. Devenu pilote dhydroplane, il a été attaché à ce que d'An- 
nunzio a dénommé laile extrême de l'Italie. Quand l'affaire de Capo- 
rollo cul obligé les Italiens de se retirer sur le Piave, l'escadrille 
dut quitter Gradoà son tour, et M. Cavara passa dans les avions de 
chasse ; et l'expérience qu'il a pu acquérir de cette manière, il nous 
en fait profiter dans un volume où il met au ser\ice de ses connais- 
sances techniques un talent d'exposition accpiis dans l'habitude du 
journalisme. Neuf chapitres forment la charpente de ce volume et il 
suffira d'en donner les titres jwur indiquer ce que l'on trouvera dans 
ce volume « d'impressions )i intéressantes surtout par ce qu'elles nous 
ap])rennent sur la mentalité des aviateurs : i . Du Journalisne à l'avia- 
tion ; 2. Comment on devient pilote ; 3. La Conquête du brevet ; 
4. L'Aile extrême d'Italie ; 5. L'Escadrille exilée ; 0. Combats sur 
l'Adriatique ; 7. Observateurs et pilotes ; 8. Les Premières Acrobaties 

sur l'avion de chasse ; 9. Sur le Piave et à Pola. 

E.-G. Le nos. 



Kdouard Juiiod, capitaine à la Légion étraiM|èi'<» ( 1 875-1 91 5). 
lii'ttres et Souvenirs. Paris, Crès ; Genève, Kuiidig, I9iS. in-16 
de XI.-206 p. — Prix : 5 fr. 

(^cst un singidier mais très atlachanl tyj)e de soUlal, cet officier 
suisse, engagé dans la Légion étrangère et qui, après avoir servi et 
combattu en Grèce, en Algérie, au Maroc, à Madagascar, au Tonkin. 
trouva près de Sbuain une mort glorieuse eu eiiliaîuant sa compa- 
gnie à l'assaut des tranchées allemandes. 

Sa vocation militaire fut irrésistible. Dans ses veines coulait le 
sang de ses vaillants ancêtres qui s'illustrèrent à Fontenoy. à Malpla- 
quet, mais qui, tout en comballant pour la France, prétendaient ie>ler 
fidèles à leur pays natal, à leur canton montagneux. Dès son enfince 
il cultivait les sports. A dix-huit ans il élail excellent nageur, hardi 
cavalier, escrimeur émérite. 11 éprouva quelques désillusions au début 
<le sa carrière. La routine des exercices en garnison lui pesait. Son 



— 25:i — 

ardont protestantisme l'ayant amené à considérer Drevlns comme un 
juif persécuté pour sa religion, il eut, au temps « de l'AIFairc », cer- 
tains démêlés avec ses camarades et ses chefs. Mais tout cela s'atté- 
nua et finit i)ar s'évanouir quand son bataillon fit colonne et que 
commencèrent les expéditions de guerre. 

Les lettres d'Edouard Junod (pour la plupart adressées à son pèrei, 
tout en donnant des détails précis sur ses faits et gestes militaires, 
sur la joie fju'il éprouve à commander des soldats, à parfaire son 
instrucliofi tie chef, révèlent un profond amour de son pays et un 
souci constant des choses religieuses. 

Comme re\pli([ue fort bleu M. l'aul Seippel, dans son Introduction : 
(( Junod avait une vie secrète qu'il gardait jalousement >> et ne con- 
fiait qu'aux siens dans des billets tout intimes. Dans ses rapports 
avec ses commensaux et ses camarades, il se montrait fort réservé, 
comme s'il voulait s inspirer du vers d'Alfred île V igny : 

Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse. 

Il recevait régulièrement le Journal de Genève, qu'il lisait avec 
piété du titre aux annonces, car c'était pour lui « presque un petit 
morceau de la patrie. » Voyait-il mentionner des conférences à 
l'Atliéjiée ? Il demandait à, ses sœurs de lui en adresser un compte 
rendu détaillé. Les débals politiipies qui agitaient la Confédération 
et le canton le passionnaient. 

De Casablanca, il écrivait à son père pour lui demander ce qu'était 
le problème philologique du quatrième évangile. — 11 est vraisem- 
blable que cette question posée aux officiers du mess n'y eut pas été 
longuement ni savamment débattue. — En bon huguenot genevois, il 
est hanté par les dangers que la propagande catholique pouvait faire 
courir à sa cité protestante, mais si son tempérament le poussait 
vers la pédagogie, il était réfractaire au mysticisme. En tous cas, s'il 
aimait les controverses, il pratiquait en matière religieuse une tolé- 
rance, une sorte d'impartialité qui allèrent en s'élargissant. 

Aimé de ses soldats, dofit il partageait les fatigues, auxquels il 
s'intéressait constamment, il était vile devenu un officier modèle. 
Les grades de lieutenant et de capitaine, la croix de la légion d'hon- 
neur, récompensèrent ses services ; son avancement eût été plus ra- 
pide s'il s'était fait naturaliser Français. Mais il tenait, suivant la 
tradition ancestrale, à servir la France tout en restant Suisse. 

Dans la nuit qui précéda sa mort, comme s'il avait le pressenti- 
ment que sa dernière heure était proche, il voulut communier, et, en 
l'absence d'un aumônier protestant, c'est un prêtre catholique, un 
brancardier dont il avait admiré la bravoure et l'inlassable dévoue- 
ment qui, sur sa demande, administra la communion à l'officier 



. — 2o4 — 

qui avait été un huguenot rigide : « Nous n'avons pas la même reli- 
gion, lui dit le capilaiue, mais nous avons le même Dieu. » 

Roger Lambelin. 



Prisonnier civil, ou Ilisloiie d'an prélre français, docteur allemand, 
inlerné 50 mois en Allemaijnf (/" noùl I9lù-l" octobre lOlfi), par Domi- 
TsiQUK DE Lagardi;ïte. Paris, Bloud et Gay, 1919, in-16 de 119 p. — Prix ; 
2 fr. 

ÏM labbé Marcellin Pradels avait fait une partie de ses études en 
Allemagne, il y avait passé brillamment son doctorat à l'Université 
de Miinster en 1904, avec une thèse sur Emmanuel (ieibei et la 
lyrique française, il y avait exercé les fonctions de vicaire dans la 
pari)isse de Ilavixbeck, dans le diocèse de Munster ; il s'y était créé 
des relations et des 'amitiés. Il avait fondé en 1007, à Cologne, un 
Institut français pour les jeunes gens de Fiance venus dans le pays 
pour étudier et se former à la pratique de l'allemand ; patronné par 
le cardinal Fischer, cet Institut avait étéapprouvé en 1911 par legou- 
\ernement allemand qui FaAait pris sous son contrôle. 

Comment un homme qui offrait de telles garanties à l'Allemagne, 
qui ne lui avait témoigné que des svmpalhies, a-t-il pu être arrêté 
avant même la déclaralion de guerre, comment a-t-il pu être retenu 
en prison, puis dans des camps de concentration pendant de si longs 
mois? Voilà qui n est pas pour rendre l'Allemagne i)lus sympa- 
thique. 

Un de ses compagnons de captivité au camp d'Holzminden a pensé 
que celte histoire édifiante pourrait intéresser singulièrement le lec- 
teur et quelle jetterait une lumière nouvelle sur la mentalité de nos 
voisins d'Outre-Rhin ; et il a obtenu de M. l'abbé Pradels, avec tous IJ 
les papiers concernant sa captivité, l'autorisation de les utiliser; et 
c'est cette relation fort instructive que nous avons ici. 

Plus encore que par les renseignements qu'il nous apporte sur 
l'œuvre de la police allemande, sur la justice militaire, sur l'organi- 
sation militaire et aussi, hélas ! sur la façon dont les autorités suisses 
poursuivaient l'espionnage... quand elles le croyaient exercé contre 
1 Allemagne, le livre est intéressant, tristement intéressant, parce qu'il 
nous révèle sur les catholiques allemands : nulle feuille n'a été plus 
bassement acharnée contre nous (pie la soi-disant très catholique 
« Gazette pof)ulairede Cologne » ; et les amis que M. Pradels comptait 
parmi les ralholiijues iiinuents, même dans le haut tieigé, eurent à 
son égard une conduite à lacpielle on ne prut donner d inlerj)rélali()n 
plus favorable (pie celle d'une insigne làclieté. 

Ce n'est pas là ce qui ()eul rehausser dans le monde le prestige des 
catholiques allemands. Puisse la lecture de ce livre ouvrir tant d'yeux 



— 255 — 

neutres qui se sont >oloataireineiit fermôs et éveiller tant d.' rons- 
cieiicrs (jiii sont volonlaircinriit {loiiioutées dans un sommeil indul- 
gent ! K.-(j. LiiDos. 

En Cuptivité... 11 juillet 1Î>1(>-1" novembre lî)I7, par A. Li- 
magm;. Paris. Lclliioll-'ux. s. d. (l'JIS). iri-hi de 247 p. I^rix : 3 fr. 30. 

Un Séminaire franvais... en Alieniaijne, soureiiirs de cupliinlp. par 
A. LiMAGNE. Paris, LellMelloux, s. d. (I'.U.Sk iri-l:2 d(ï <ji) p.. avec une 
plioto<,M-aviire. — Prix : fr. 80. 

Le Séminaire de X.-D. de la Merci à .Munster et Limbourçj. 
Histoire d'un séminaire de prisonniers français en ca[)livilé pendunl. la 
guerre 10I^-19IS. par le R. P. RocnrKEAC. Pari.s, Téqui, 1919, in-12 de 
191 p.. avec 8 photogravures. — Prix : "2 fr. 

Nous avons déjà rendu compte d'un certain nombre de souvenirs 
de prisonniers en .Allemagne, soldats ou déportés civils ; nous avons 
aussi présenté à nos lecteurs le livre poignant de M. l'abbé Aubry : 
Ma Caplivité en Allemagne {Polybihlion de mars lljHJ, t. CXXW I, 
p. 153). .Aujourd'hui, sur pareil sujet, nous allons donner la parole à 
deux autres prêtres Irançai:^. 

— Voici d'abord M. A. Limagne. aumônier militaire, qui, au début 
<les hostilités, était supérieur du collège de Montlu(;on. 11 a vécu En 
CapliiHlé du 11 juillet l!jl(j au 11 novembre 1917. u Je suis à l'aise, 
dit-il. pour parler des Allemands, je n'ai ni vengeance à exercer ni 
services à reconnaître... .l'en parlerai avec connaissance de cause. » 
On peut dire que le volume de M. Limagne, rapport solide, constitue 
un véritable martyrologe des infortunés, militaires ou civils, qui sont 
tombés au pouvoir d'une nation sans cœur et sans scrupules, dont la 
duplicité égale l'hypocrisie. La \igueur de l'écrivain est souvent dou- 
blée d'une pointe d'humour qui ne gâte rien. Pages 109-1 10^ il nous 
met en face d'une « vision d'Apocalypse. » Je cite, en abrégeant : il 
s'agit de civils belges, « des ombres », de « douloureux squelettes » 
arrivant au camp et incarnant (i à un degré effrayant l'extrémité de 
la souffrance humaine et la surhumaine férocité allemande ? .Au 
nombre de onze cents. « ces figures pâles sont trouées de grands 
yeux enfoncés, qui dardent un feu de fièvre, les bras pendant sans 
vie, avec des mains exangues, les jambes flageollent comme si une 
ivresse locale avait dissocié des os les muscles, paralysé les nerfs. 
C'est à crier de pitié, d'horreur, de haine. » Tout à coup ces mou- 
rants voient, passer des tonneaux remplis de résidus de cuisine, 
déchets de végétaux putrides, restes de poissons gâtés ; aussitôt, cul- 
butant les gardiens, ils s'en emparent et en boivent le contenu jusqu'à 
la dernière goutte, u Le soir même, dix étaient morts. » Et les autres, 
jusqu'à concurrence de 80 pour cent, succombaient peu'après. A oyez 
aussi (p. 19G-199)comment les Teutons, sous prétexte de représailles. 



— 2o6 — 

envoyaient de nombreux F^rançais, travailler sous les bombes derrière 
les premières lignes allemandes, face aux Anglais et à leurs propres 
compatriotes. (( Les tués furent rares dans la Somme ; derrière Ver- 
dun des effectifs furent réduits d'un tiers. » Et, indigné, M. Limagnc 
s'écrie : <t Gazouillez de bienveillance pour les Allemands, pbilau 
tbropes de brasserie ou de salle de rédaction : voilà ce qu'ils ont fait 
de vos frères ! » Puis, ayant constaté que nos ennemis ont dépassé 
en sauvagerie les tyrans de Home, de Babylone et d'Egypte, il réca- 
pitule les tourments de toutes sortes infligés aux prisonniers français 
et autres. Livre terrible qui appelle linj^jlacable justice. Elle \ient... 

— Dans le cbapitre IV de l'ouvrage -précédent. M. A. Limagne 
raconte son r(Me au Séminaire fra/taiis en Allcinag/ie. Tiré à part, ce 
chapitre a formé une biochure spéciale. L'auteur avait été, pour 
enseigner dans ce sén'iinaire par le professeur Schmidlin, signataire 
du fameux Manifeste des 93 intellectuels allemands, mais qiii valait 
cependant un peu mieux que ses antécédents, comme on le verra 
plus loin. Justement méfiant, M. Limagne avait refusé ; on n'insista 
pas autrement ; mais un beau jour il dut piéparer ses paquets afin 
de rentrer en France, espérait-il. Or. c'est à Munster, en Westphalie, 
que le digne aumônier était expédié pour remplir quand même les 
fonctions refusées, en collaboration avec trois autres prêtres, dont le 
P. Hochereau. L'auteur raconte tout ce qu'il fit. \it, enlendit, 
juscpi'au jour où l'établissement, trop (( chauvin », fut sup|)riu)é et 
les étudiants dispersés. A noter que le séminaire se reforma i)lus 
lard, à Limbouig. 

— M. Limagne a esquissé partiellement l'histoire du séminaire fran- 
çais de Munster, c'est-à-dire la période qu'il a vécue; le H. P. Hoche- 
reau. lui, la fixe en son entier avec son volume : Le Séminaire de 
N.-I). de la Merci à MCl/isler et Limbourg. Encore un énergique,' le 
P. liochereau. Directeur au séminaire lie N. Pam[)lona, à Bogota, en 
Colombie, il accourut au premier appel de la France et se rendit au 
50'^ d'artillerie où il était lieutenant. Tombé sur le champ de bataille 
le 23 avril l!)15 avec quatre blessures graves, il fut fait prisonnier et 
interné au camp de Kattenvenne, près de Miinsler. Là il se renconlia 
avec l'aumônier allemand; le professeur Schmidlin, plus haut nommé. 
Alsacien et professeur d'Université allemande. Ce prêtre, « C(pur 
excellent et droit, cassant tout sur son chemin pour atteindre son but, 
de\ait faire aboutir, en dépit des plus invraisemblables dinîcultés. 
l'œuvre d'un séminaire français en .\llemagne. » Type peu ordinaiie, 
ou véiilé, ce Schmidlin ! .\vcc le P. Leveugle, maître des . novices 
d'une province canadienne de franciscains et l'abbé Lanselle, jeune 
licencié eu histoire de la Facullé de Lille, le P. Hochereau procéda 
rapidemenl à rorganisalion île l'élablissement dont les ilébuts furent 



— 257 — 

satisfaisants. Mais le manque de souplesse de M. Schmidlin amena 
(les désaccords avec les autorités allemandes ; puis, des tentatives 
d'évasion, dont deux réussirent, provoquèrent des mesures de rigueur 
décorées du litre de représailles, qui durèrent trois semaines. Surces 
eiitrefailes, le P. Leveugle et deux autres directeurs étant rentrés en 
France, d'autres recrues devinrent nécessaires, et c'est alors qu'arriva 
lechatioiiic Limagiie, qui, d'ailleurs, devaitparlir fjuand on supprima 
le séminaire sous l'accusation de sabotages réitérés. Quant au 1'. Ilo- 
clicreau, il fut enfermé finalement à la forteresse de Magdebourg. 
Bientôt, sur la demande de Rome, le séminaire fut reconstitué à 
1. imbourg en février 1918, et comme il lui fallait une direction cxpé- 
liinentée, le P. liochcreau fut désigné. Il resta en fonctions jusqu'à 
l'armistice. A propos de sa libération, il rapporte des faits bizarres et 
amusants, à la charge des Allemands. Le volume se termine par les 
détails de la rentrée en France, qui fut laborieuse. M. Limagne est 
un patriote de premier ordre ; le P. Hochereau l'est autant, pour le 
moins, et tous deux font preuve, malgré tout, d'une bonne humeur 
(pii le dispute à l'esprit le plus pétillant. E-A. Chaplis. 



La Guerre et la Vie de l'esprit, par Mauiuce Legendre. Paris, lîlond 
cl Gay, d'JlS, in-16 de 19o p. — Prix : 2 fr. 50. 

Je ne connais pas l'auteur ni son grade ni ce que la guerre en a 
fait depuis qu'il a écrit, en 1917, ce livre, ce beau livre. Je suis d'au- 
tant plus à mon aise pour dire mon admiration. Ce n'est pas, bien 
entendu, que. devant celte explication philosophique de la guerre, 
nous soyons toujours parfaitement de l'avis de l'auteur. Ainsi, pages 
153-154:, nous trouvons sa thèse sur les crimes envers les non-combat- 
tants un peu trop indulgente, si nous songeons que les Boches ont 
voulu tout simplement anéantir notre race, per f as et ne/as. 11 y a 
encore, page 135, tout un développement qu'on aimerait mieux n'y 
plus voir, sur les sous-olïîciers parvenus et les officiers hobereaux. 

Ccs'^leux réserves faites, il ne me reste plus qu'à suivre avec plai- 
sir ce philosophe indulgent, à l'esprit large, essayant d'expliquer au 
mieux les fautes d'avant-guerre, exposant à merveille, dans un cu- 
rieux chapitre intitulé : De la sensation au sentiment, la paternité du 
chef pour ses soldats, lés différentes nuances du courage, et même ce 
sentiment inexplicable pour nous : la longanimité de nos soldats 
pour les Allemands. M. Legendre pense que c'est aux civils à éprou- 
ver la haine du Boche et à l'entretenir chez les autres. C'est tout à 
fait ma conviction, et je connais un professeur de Faculté qui, pen- 
dant toute la guerre, à l'arrivée des jeunes classes à la caserne, faisait 
aux bleus des conférences documentées sur l'ennemi qu'ils allaient 
bientôt affronter. 

Mai-Juin 1919. T. CXLV. 17. 



— 258 — 

Ce beau livre est la synthèse (ruiie infinité dV)bser\alions. On sent 
la réalité de la guerre derrière ces théories ; parfois elle apparaît, 
énriouvaiite, comme dans l'histoire du coureur de Verdun. Un té- 
moin me l'avait déjà racontée : un agent de liaison es! frappé à mort 
pendant qu'il porte- un ordre écrit. 11 meurt dans un trou d'obus, 
mais son bras raidi tend toujours en l'air l'ordre qu'il emportait : 
même pendant son agonie, le brave avait voulu qu'utj camarade pût 
voir le papier, et continuer la mission interrompue par la mort. 

Livre à lire, et à garder. Tour ceux qui classent leur bibliothèque 
par affinité entre les écrivains, ils doivent le mettre sur le lavon où 
figurent, à côté de Servitude et Grandeur niililatres. les livres d'Art 
Roë, de Psichari et du capitaine de Belmont. 

M Al lUCE SoLlUAl. 



La France agricole et la Guerre, par le L)' C;. Ciialvfac. '!'. II. P;ii i<, 
Baillière, 1918, in-H> de vii-3i;2 p. — l^ix : 3 fr. 50. 

Dans le tome P'" de cet ouvrage, paru en 19l(i, le D' Chauveau 
examinait un certain nombre de questions dansl étude desquelles il s'est 
particulièrement spécialisé et qui intéressentau plus haut degré notre 
agriculture : amélioialions foncières (remembrement de la propriété 
foncière), culture mécanique,, exj)loitation des forêts métropolitaines 
et coloniales. Ce sont ces mêmes sujets (jn'il reprend en les dévelop- 
pant pour les rapporter aux idées et aux choses nouvelles suscitées 
par les circonstances présenCes. 

On sait que la question du lemembrcment, dans son ensemble, (•-•( 
maintenant virtuellement résolue, une proposition de loi votée par 
le Sénat le 29 septembre 1917 ayant été renvoyée à la Chambre des 
députés avec l'avis favorable de la Commission d'agriculture t t 
l'appui du gouvernement. C'est avec intérêt qu'on liia dans rouvrag(> 
du 1)'' Chauveau rhistori([ue de cette importante cpieslion. 

Dans la deuxième partie du livre, l'auteur étudie les problèmes t\c. 
la culture mécanique, que solutionneront, on peut l'es^iérer, les 
expériences <rap|)lication pratique actuellement ])()ursuivies. La raié- 
faction de la main-d'œuvre et des animaux de tr.iit rend absolument 
nécessaire le recours à la culture mécanique, surtout pour les 
labours, si l'on veut intensifier la production agricole, en particulier 
celle des céréales, si désirable. Il semble que la viticulture possédera, 
elle aussi, des appareils adaptés à ses besoins, comme cela paraît 
résulter des essais tentés, qui ont permis de réaliser de sensibles 
améliorations. 

Une troisième partie est consacrée à l'exanuMi du projt-t de loi sur 
l'enseignement professioniicl cl j)ui)lic lie l';igrit ulluif volé par le 
Sénat après son adoption i)ar la Cliambie des tiéputes. La nouvelle 



— 2')0 — 

loi place au sommet do colle organisation rinstilul riation.il a^rrono- 
miiiiie, puis les Kcolcs nationales, les hxoles (la^ricnltnrc, les Kcoles 
(l'hiver et saisonnières et enfin l'enseignement post-scolaire, celui-ci 
s'adressant à la grande masse de la jeunesse rurale. L'enseignement 
tic la partie féminine de la population sera donné dans les Kcolcs 
supérieures d'enseignement agricole ménager, les Kcoles agricoles 
fixes ou temporaires, les cours d'enseigner))enl ménager post-scolaire. 
Avec l'auteur, formons des vœux pour que les résultats répondent 
aux espérances et aux sacrifices que s'impose la nation ; souhaitons 
que les jeiines gens des deux sexes, de nos campagnes, arrivent ainsi 
à mieux connaître et à aimer la vie des champs où les retiendra une 
vocation allègrement embrassée. 

La quatrième partie est la reproduction d'articles de propagande 
publiés par l'auteur dans divers journaux, et consacrés aux ques- 
tions que nous venons d'examinçr puis à un certain nombre d'autres 
concernant l'exploitation et le commerce des bois coloniaux et mé- 
tropolilains ; aux avantages que les agriculteurs peuvent tirer des 
transports automobiles ; à l'organisation pratique et rationnelle de 
la chasse et de la pèche pour augmenter nos ressources alimentaiies ; 
on y trouve aussi la reproduction d'une lettre ouverte adressée par 
Lauleur au minisfre de ragiiculture, signalant le danger de la pro- 
pagation de certaines épizooties par insuffisance de précautions de 
la |)art des services chargés de la police sanitaire des animaux, des 
dépôts de cbcNaux malades ayant été établis par l'autorité militaire, 
au hasard des lieux et des locaux disponibles, dans les fermes et dans 
les haiji talions de certains villages. D. B. 



L'EuropB lih<»r<^e, novembre 1018, par Paul Seippix. Paris, Crès ; 
rienèvo. Kinidig, IIM:». pclit iii-12 de 99 p. — Prix : 2 fr. 10. 

Recueil d'articles parus dans le Journal de Genève, dans la seconde 
quinzaine de novembre 1918, où M. Paul Seippel traite de quelques- 
uns des pays libérés : Alsace-Lorraine, Grande-Serbie, Bohème. 11 
rappelle aussi les témoignages de sympathie donnés par la Suisse à 
la Belgicpie, dès le mois d'août 1914. Un article est consacré à la 
République allemande, un autre au Tsarisme rouge. Un autre enfin 
est la reproduction d'un discours prononcé le 28 novembre 1918, au 
banquet de l'Alliance française à Zurich. Le talent de M. Seippel et sa 
vive sympathie pour la France sont connus ; signaloiis, comme très 
intéressants, au point de vue historique et documentaire, les extraits 
qu'il donne de journaux et de revues suisses concernant l'attitude 
de son pays au début de la Grande Guerre. A. T. 



200 



I^a l*;iîx «jii'îl faut à la France, par le général MArriiOT. Paris, Berger- 
Lcvraull. lUli), in IG de 144 p., avec 2 cartes.— Prix : 3 fr. 

« 11 reste aux vivants à parachever l'œuvre des uiorts. » Le géné- 
ral Maîlrot nous dit quelles sont les conditions de paix que nous 
devons obtenir à cet effet. Nul n'est mieux qualifié pour les formuler 
que lui, qui, dès 1914, avait commencé dans /e Correspondant, la 
publication d'articles prophétiques sur la guerre prochaine. On sait 
à quel point les événements lui ont donné raison, ainsi qu'à d'autres 
collaborateurs de la grande revue catholique, qui ont alors essayé, 
avec aussi peu de succès que le général Maîtrot, d'attirer l'attention 
sur certaines lacunes de notre préparation militaire et diplomatique. 
I.a pieuve que les Allemands ont sefriti le danger que présentaient pour 
eux ces études si documentées, c'est la rancune dont ils ont pour- 
.suivi leur auteur. L'Avanl-Propos contient à ce sujet des révélations 
bien intéressantes. On trouvera dans- ce petit livre un excellent résume 
des garanties nécessaires à la France pour remplir son rôle de gar- 
dienne de la civilisation contre le germanisme, 'ainsi que des répara- 
tions et dédommagements qui lui sont dus, et de la reconnaissance 
de ses droits sur la Syrie. La Belgi(jue n'est pas oubliée non plus. 

A. DE Tarlé. 



Lo lîoii Combat, par l'abbé Eugk.ne Gnisr.hLB {Publiedlion du Coinilt' calIiQ- 
Uiinf du in'tijKKjdiiile j'rdiirdise à l'étranger). Paris, Bioud et (iay, 1918, in-18 
de 2:3(5 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Secrétaire du Comité catholique de propagande française à l'étran- 
ger, M. I'al)bé Eugène Griselle en a été l'un des membres les plus 
actifs ; il n'écrivait pas moins dç deux articles par semaine pour 
défendre notre cause, et c'est» un choix de ces notes fugitives » (pi'il 
nous olfre aujourd'hui sous forme de volume. Inspirés tantôt par les 
faits du jour, tantôt |)ar l'apjiarition de livres ou d'articles nouxeaux, 
tantôt par les recherches qu'avec son tempérament d'érudit, il est allé 
furetant partout, les trente et un articles réunis ici ont toujours j)Our 
objet d'opposer le bon droit de la France aux méfaits de l'Allemagne 
et (I(^ mettre en lumière la mentalité gern)anique vis-à-vis de la nôtre. 

fonl peut-être n'est pas également o|jj)orlun dans celte publica- 
tion ( pai' ex. ce (pii est cité p. 80 et s. sur la rive gauche du lihin). 
Ponrcpioi l'auteur qui reproche avec raison au général Jung d'avoir 
« maladroitement imprimé d Won de GoKz le nom du fameux Vonder 
(#'o//: s'obstine-l-il lui-même à appeler jusqu'à six fois (p. 1)3, deux 
fois, |). 9i, p. 97. p. 1(11, deux fois), Glaslone l'illuslre homme iFFlat 
anglais 6'/ti'/i7o/u' !'* F. -G. Leuos. 



- 261 — 

Ia'.h (iuorrcs d'enfer, p.ir Alphonsk Skcmk. Paris, l'iiyol, 191'.). iii-IO de 
302 p. — Prix : 4 fr. 50. 

Ce titre romaiitif|ne : Les Guerres d'enfer, cache les considérations 
les plus réalistes cpie la guerre ait inspirées. M. Alphonse Séché y 
montre une pénétration singulière, qui lui fait découvrir le fond des 
choses sous la surface des apparences. Quelquefois nnênie il a fait 
preuve de divination, car son livre, écrit en 1915, annonce et recom- 
mande des perfectionnements techniques qui n'ont été réalisés que 
plus tard. Eu expliquant comment la guerre évolue avec la société, 
il insiste sur ce fait essentiel qu'elle est entrée aujourd'hui dans le 
domaine des sciences exactes. Toute la troisième partie : Ce qu'on 
fera, est consacré à l'utilisation des nouveaux moyens matériels, avec 
citations de Wells à l'appui. 

Si intéressantes que soient ces vues, nous préférons les deux pre- 
mières parties, où M. Alphonse Séché dénonce notre défaut de pré- 
paration intellectuelle, qui nous a été presque aussi nuisible fine 
notre infériorité matérielle. II raille l'étonnement qu'ont provoqué 
chez nous les méthodes de guerre allemandes et ajoute que, pour les 
prévoir, il suffisait de lire les ouvrages des théoriciens militaires 
d'outre-Kliin. C'est absolument juste : les Allemands n'ont rien fait 
(ju'ils n'aient annoncé ouvertement. Allons plus loin. De notre côté, 
hypnotisés par les méthodes de iNapoléon, que Mollke avait reprises 
pour son compte et appliquées avec tant de succès en 1870-71, nous 
avioTis perdu de vue l'essentiel, que la guerre est une chose sérieuse, 
où non seulement s'édifie la gloire d'un grand capitaine, mais où se 
joue la vie des peuples et qu'elle doit mettre en œuvre toutes les 
forces économiques du pays. Napoléon a fait la guerre en artiste et 
s'est contente de battre les armées ennemies par des manœuvres fou- 
droyantes ou à longue échéance, toujours impeccables, qui lui don- 
naient des succès militaires si complets qu'il s"en tenait cà la destruc- 
tion des forces adverses et lâchait l'ennemi après lavoir mis par 
terre. Les Allemands n'ont pas dédaigné l'élément purement mili- 
taire de la guerre. Mais, convaincus qug les armes modernes rendent 
la décision plus incertaine et, sur ce point comme sur beaucoup 
d'autres, imitateurs des méthodes de la Piépublique romaine, ils 
n'ont fait que revenir à la vieille manière de faire la guerre, celle (jui 
consistait à ruiner et asservir le vaincu : rappelons-nous les guerres 
de Macédoine et les guerres puniques. C'est le propre de tous les 
peuples impérialistes. Les Anglais ont agi de même au Transvaal, où 
ils ont mené la guerre autant contre la population civile que contre 
les commandos boers, par l'incendie systématique des fermes et les 
camps de concentration, où périrent de misère tant de femmes et 
d'enfants. Ces idées avaient été entièrement perdues de vue chez 



— 2(i2 — 

nous ; M. Alphonse Séché a eu raison de les rappeler. Signalons 
encore la note excellente de la })age 202, où il dénonce quelques-unes 
des erreurs qui n'ont pas cessé de traîner dans la presse depuis quatre 
ans ; les sages réflexions de l'Appendice sur les illusions de ceux qui 
croient à la paix perpétuelle ; et la justice rendue à la force, « créa- 
trice du bien et du mal. » jNous sommes entin revenus des billevesées 
funestes de Jules Simon. 

Les idées originales abondent dans ce livre ; elles sont presque 
toujours justes et mériteraient de longs commentaires. Souhaitons- 
lui de nombreux lecteurs. Ils y retrouveront les qualités qm ont fail 
goûter les œuvres de critique littéraire et sociale de JM. Alphonse 
Séché, car il est un de ces auteurs qui donnent un éclatant démenti 
aux cuistres qui prétendent enfermer un écrivain dans un rayon 
déterminé de la production littéraire. A. de Tarlé. 



.\otre Force future, par Jiîan Dyhowsm. i^>iri.s, Piiyol, l'.UO, in-lG di> 
271 p. — Prix : 4 fr. IJO. 

, ÎNous sommes victorieux, mais l'effort que nous avons du soutenir, 
nos tenibles pertes en hommes, la dévastation sauAage dont nolie 
territoire a soulferl, nous mettent dans une situation difficile pour la. 
reprise de la lutte économique. .Nous ne pourrons nous en tirer qu'en 
faisant appel à des forces nouvelles. Ces forces nous les avons à notre 
disposition dans nos admirables possessions d'outre-mer. Telle est la 
thèse développée i)ar l'auteur avec la compétence toute particulière 
qu'il possède pour les questions agricoles et coloniales, ^os colonies 
peuvent nous donner la plupart des matières premières nécessaires à 
l'industrie et à l'alimentation, source inépuisable de richesses dont 
M. Dybowski a très justement signalé l'importance. Les deux derniers 
chapilies indiquent des réformes d'ordre pratique à réaliser pour 
tirer un meilleur parti de notre immense domaine colonial. Oh voit 
l'intérêt (pje peuNcnt trouver à ce livre non seulement les spécialistes 
de la colonisation mais tous les Français soucieux de l'avenir natio- 
nal. Souhaitons notamment de le voir abondaujuient répandu dans 
les milieux scolaires et poslscolaires. A. de Taulé. 



— Il est jjrobabh'. les opérations mililaires étant terminées, au 
moins sur U' théâtre occidenlal. (pie VUisloire (/cnérale cl (uiecdiili(/ue 
de la (/ lierre (le lUI'é, île M. .lean Hernard, \a accélérer sa marche. 
Hécemmenl, cin(| nouxelles liviaisons (n"' '1-.S à ;29) nous ont été re- 
mises, au moyen desquelles le tome 111 est achevé et le lome IV 
commence (Nancy-Paris-Strasbouig, Berger-Levrault, in-8 paginé 289- 
4(17 poiii- la lin du lome III. et, pour le commencement du lome IV, 



à 



— 2(i:i — 

1-112). Kn rappelant que ces livraisons sont abondamment illustrées 
(portiaits. vues, scènes, cartes et plans) et ([ue M. Jean-Bernard sait 
à rricrvcille soutenir l'inlcrêt, nous nous bornerons à Oxcr, par la re- 
production du sommaire, la pbysionomic de cbaquc fascicule : 
N'^ 25. Les Hrutes s'dmu.>ent. La LAcliflé d'un olTicier- saxon. Au Hois 
Le Prêtre. Les Allemands à Saint Die. Femmes Tiançaises. La Mort 
de M. de .\!un. La Vie à Bordeauv. Le Sénateur Beymotifl tombe au 
ciiamp d'honneur. L'Ambassadeur de Turquie et la Guerre. Au Bar- 
reau paii>icn. La \ le intellectuelle à Paiis. Les Théâtres et la Guerre. 
Saint-Saens et les Allfuiautls. — N'^ 2(j. Dans la rue, à l'aris. Les Pri- 
sonniers allemands chez nous. Ivro^^rnes à particule. Le Manifeste des 
1J3. Quelques preuves de Pagression allemande. Les' Femmes alle- 
mandes ig-norent la pitié. Nos Villages sous le joug Le « Chant de 
haine » — N" "11. Le Chanl de guerre des étudiants allemands. La 
Clémence (!) allemande. Le « Vorwarls enchaîné ». Les Propositions 
de paix allemandes. La Prusse de Frédéric-Guillaume 111. Un Impé- 
rial Poltron. — N" 28. La Belgique accusée par r.\llemagne. L'An- 
gleterre accueille la Belgique exilée. Au Transvaal. Le Japon et la 
Guerre. La Propagaiictc allemande chez les neutres. Le Courant enten- 
tophilc au Portugal. L'Espionnage allemaTid au Danemark. La Cour 
de Suède aux ordres du Kaiser. Les Etats Unis sont indécis. — j\"29. 
Pillards et inverti.-;. La Turquie, colonie allemandH. La Guerre sur 
mer. Sur le Front belge. La Mai.sou du Passeur. Le Clairon muet. 
Sur l'user. Les Allemands inaugurent les gaz asphyxiants. Les Pre- 
mières Grenades à main. Noël aux tranchées. 

— Le petit volume «pie M. le capitaine G.-J. Gordon nous donne 
sous le titre : Moiu and Ihc reircat (London, Constable, 1018, in-16 
de ix-04 p. et carte. — Prix : 2 fr.) et qui fait partie d'une série 
d'opuscules : The Opérations of Ihe Drltlsh army in Ihe présent war, 
est. comme le ditle maréchal French dont la Préface dotit il l'a honoré, 
(( moins une histoire qu'un intéressant résumé chronologique des 
événements principaux » Rédigé sans prétention, avec beaucoup de 
clarté, il met bien en lumière le rôle magnifique joué au début de la 
guerre par les forces expéditionnaires que nous avaient envoyées nos 
amis d'Outre Manche, « petite armée », certes, mais non u mépri- 
sable », car la qualité y compensait la quantité. 

— Nous signalons avec plaisir le 3* volume des Guides Michelin 
pour la visite des champs de bataille, qui concerne la "^irouée de Revi(/ny 
(Paris, Berger-Levrault, s. d. [1910J. petit in-8 de 112 p.. avec 1 plan 
de ChaloHS-sur-Mairie en couleur, 1 carte-itinéraire de la « trouée », 
2 plans en noir de Vilry-le-François et de Bar-le-Duc et de nombreuses 
photogravures dans le texte. Prix, cartonné ; 3 fr. 50). Les H5 pre- 
mières pages qui renferment la a Partie historique », rappellent le rôle 



— 204 — 

des 4» et 3« armées formant la droite française pendant la bataille de 
la Marne, du 5 au 14 septembre 1914, avec schémas et portraits de 
généraux. Ici s'achève le récit de la bataille de la Marne, commencé 
dans les deux volumes précédemment parus et que nous avons men- 
tionnés : L'Oiircq et les Marais de Saint-Gond. La « Partie touriste », 
qui vient ensuite, nous fait parcourir, en suivant une immense ligne 
brisée, la région qui va de Chùlons-sur-Marne à Vitry-le-François et 
Bar-le-Duc jusqu'au hameau du Moulin-Brûlé, en direction de Ver- 
dun D'autres « Guides )> sont en préparation ; nous les attendons 
impatiemment. 

— Le projet de Société des nations mis sur pied par MM. Wilson 
et Clemenceau n'a pas l'approbation de M. S. Van llouten, qui le 
regarde comme non viable. Dans des propositions qu'il soumet au 
président des États-Unis : The \\ ay oui. proposais subniilted lo prési- 
dent Wilson (The Ilague, Martinus Nijhoff, 1919. in 8 de 13 p.), il 
estime que la Société des nations ne peut posséder qu'un pouvoir 
d'ordre n)oral et qu'il faut distraire du projet de constitution de cet 
organisme tout appel à la force physique. Il juge que l'on a vouhi 
à tort faire servir la ligue aux intérêts temporaires de l'Entente. 

— On sait l'émotion qu'a soulevée dans beaucoup de cercles fran- 
çais la Letlre aux Dalmales de Gabriele d'Annunzio et ce qu'on y 
croyait voir d'injurieux et d'outrageant pour la France. Peut-être 
avait-on trop oublié que l'illustre écrivain est un poète et à ce litre 
d'une sensibilité qui va jusqu'à la passion : rjenus irritabile vatum. 
Dans les yli'6'ux de l'ingrat (Paris, Bernard Grasset, 1919, in-lG de 
95 p.), d'Annunzio, sans rien renier de ce qu'il a écrit, mais en en 
précisant le sens, en rappelant comment les incidents de la Dalmatie. 
qu'il regarde avec tant de ses compatriotes comme une terre ita- 
lierme, ont exaspéré son âme de patriote, redit son amour pour hi 
France. <( tout son amour d'hier, moindre que celui de demain. Vive 
la France toujours et quand môme, de loin comme de près ! » Et il y 
a dans ces pages ardentes, dans cet a[)pel à l'union inlihie, frateriiello 
delà France et de l'Italie, quelque chose d'infiniment louchant cl 
([ui réconciliera le poète avec beaucoup de ceux que son attitude mal 
interprétée avait violemment émus. 

M. John Uggla, membre de la Commission permanente des lois 
de Finlande, nous expose la Question d'Aland, au point de vue iiidan- 
dais (Ilelsingfois, impr. Ilolger Schildl, 191!». in-8 de 41 p., avec 
carte). Par la géographie, par l'histoire, par hi discussion dos préten 
tions suédoises, M. Lggla s'efforce de démontrer que le grbupe d'îles 
fait partie intégrante de la Finlande. Et quant à l'agitation séparatiste 
{{ui s'est développée en Aland depuis la fin de 1917, l'auteur y voit 
un mouvement partiel, et non général, provo([ué par un état de choses 



— 265 — 

passager, sans foncicmonl ri'ol. — De son côté, .M. M. fi. Scliybergson, 
professeur d'histoire à l'Universitr (i'FIelsingfors, éliidie la Posilion 
d' Aland pcndanl t'àgc /</,s/o/7V/ut' f Helsiiigfors, iriipr. Holger Scliiliit, 
1019, in-8 de 20 p.), cl si la pauvreté des documents ne permet pas 
(II) faire la pleine clarté sur répoipie primitive, il n'en semble pas 
moins ressortir de l'étude de M. Schybergson que les îles, depuis une 
l'poque fort ancienne, ont été rattachées à la Finlande. La mauvaise 
humeur des Alandais, qui a fait naître chez eux des tendances sépa- 
tatistes, provient surtout, selon l'auteur, des maladresses et de la 
réserve du nouveau gouvernement finlandais. 

— Né à Plaisance en décembre 1895, sorti en novembre 1915 sous- 
licutenant de l'Ecole militaire de Modène, Cesare-Giulio Grandi 
apporta toute la fougue de ses vingt ans, toute la générosité de son 
patriotisme à la défense de l'Italie et il tomba glorieusement le 
2;{ septembre 1916 en entraînant ses troupes à l'assaut. L'affection 
pieuse de ses parents nous donne dans un petit volume qu'orne son 
portrait : L'Anima di un valoroso (Piacenza. Bosi, 1919, in-16 de 
101 p.), quelques extraits de son journal et de ses lettres, auxquels 
on a joint des pages prises dans un volume de M. Giovanni (juzzardL 
dont nous avons parlé ici et des lettres de ses supérieurs et de ses 
camarades. Dans ces lettres inliuics et dans son journal, le jeune 
sous-lieutenant ne donne que peu de renseignements sur la guerre et 
même sur la vie de campagne. 

^ — La plaquette de M. Jean Vital intitulée : Les Curés « sac au dos. » 
Oui ou non, yen a-l-il? Propos d'u/i coniballanl (Paris, Édition de 
(( l'Ame française », s. d. rl919), in-32dc 31 p. Prix : fr. 40), répond 
par des documents irréfutables aux calomnies que l'on sait. Les faits 
les plus certains y sont exposés avec une verve fière qui entraîne le 
lecteur et force la coif\ iction la plus hésitante. Ce sont des pages à 
propager. 

— Le capitaine G. Flutet a, sous le titre : Le Pécule des Poilus de la 
Grande Guerre (Paris, Charles-Lavauzelle. 1919, in-12 de 44 p.), 
publié un guide pratique sur l'application de la loi du 31 mars 1917 
On sait que cette loi a fait bénéficier les combattants d'une haute paye 
de guerre attribuée aux mobilisés qui sont sous les drapeaux depuis 
un temps supérieur à la durée légale du service militaire et d'une 
indemnité spéciale dite de « combat. » La moitié de ces primes et 
hautes payes est consacrée à la constitution d'un pécule à payer aux 
intéressés à leur retour dans leurs foyers. Une loi du 9 avril 1918 a 
élevé le taux de lindemnilé de combat et a précisé les droits des 

, familles. Des décrets sont intervenus en 1919 pour régler l'applica- 
tion de ces lois, mais les questions nées de la publication de ces 
décrets et des instructions ministérielles sont fort complexes, les cas 



— 26(J — 

])arliculieis sont nombreux cl le guide, les expliquant, indiquant les 
lormalilés à leniplir par les démobilisés ])our faire valoir leurs 
droits, est appelé à rendre d'utiles services. 

— Qu'il écrive ou qu'il prenne la parole en public, M. Andié Lebon 
ne mancpie jamais d'exprimer des idées qui sont justes et d'une réa- 
lisation pratique. Comme tout le monde ne peut pas entendre ses 
discours, il faut souhaiter une large diffusion à des brochures comme 
celle des Condiiioiis économiques de la paix qui reproduit une confé- 
rence faite le 13 décembre dernier à la Ligue française (Paris, impr. 
Pigelet, 1019, in-8 de 16 p.). La Conférence de la paix ne saurait 
mieux faire (jue de s'inspirer de ses suggestions, car, si elles étaient 
suivies, la France serait assurée, d'une leconstitution économique 
prompte et complète, (pii lui est bien due, apiès de si lourdes 
épreuves subies pour la cause commune. 

— Prussiens des Balkans : c'est ainsi que. j)endaiit la })ériode delà 
guerre qui leur fut favorable, aimaient à se qualihcr les sujets du 
Cobourg de Sofia. De fait, ils ont mérité ce litre, surtout dans le sens 
péjoratif. Peut-être même, si possible, les atrocités qu'ils ont accom- 
plies ont dépassé celles par lesquelles leurs modèles se sont à jamais 
déshonorés. Aussi l'ignomonie qui s'attachera dans l'histoire au nom 
bulgare durera-t-elle aussi longtemps qu'il existera une Bulgarie. Cha- 
cun le sait déjà ; mais quand on aura pris connaissance du Hcquisi- 
toire contre la Bulgarie (Vans, Grasset, 1919, petit in-18 de 04 p. Prix : 
1 fr.), que publient en collaboration M. R.-A. Reiss, professeur à 
l'Université de Lausanne, et M. A. Bonnassieux, substitut du procu- 
reur de la République à Lyon, on sera mieux fixéencore. M. Reiss, de 
nationalité suisse, neutre par conséquent, a voulu, comme (( ciiam- 
pion du droit », accompagner l'armée serbe pendant l'ofTensive vic- 
torieuse de 19 IS, « afin de constater, et de rtlever les traces encore 
fraîciies des crimes sans nombie commis par les Bulgares cl de 
recueillir les premières plaintes des victimes » : quant à M. Bonnas- 
sieux, il a été « désigné par le gouvernement français pour faire par- 
tie, à titre de délégué français, d'une commission interalliée chaigée 
d'eiKpiôter sur les \iolations du dioit des gens commises par les Bul- 
gaics en 8(Mbie. » Et ces deux juges se sont entendus, après un 
exjxisé comjjlel. pour deniander que « les crimes soient jtunis et les 
bourieaux frappés comme ils le méritent. » S il en de\ail être aulre- 
ment, déclarent-ils linalemeiit, « il ne nous resterait plus qu'à brûler 
noscodes pénaux, car nous n'aurions plus le droit dechàlier ni le plus 
petit voleur ni le plus grand assassin. » 

Les EstampÎes, images Er affiches de la cueure./ — îSous ce titre 
même cl la signature de M. Clément-Janin, vient de paraître, tiré sur 
paj)ier de luxe, un ouvrage du plus grand intérêt (Paris, « Gazette des 



— 267 — 

heaiix-ails d, 106, boulevard Saiiit-(iormaiii », Vl", 1919, gr. in-8 de 
\i-9li p., avec 4i illiislralions el plunclies hors tcxle. Prix : 12 fr.). 
I, ItUrodiiclioii débute ainsi : u 'ioules les fois que rémolion popii- 
laire a été surexciléc, l'ait a jailli plus iuipélueusemenl. Non pas 
1 art dans sa formule la plus liante, mais l'art dans sa formule la plus 
ji(i[)ulaire : limage. » l\ien n'est plus vrai, u A l'iicurc présente, cons- 
lile l'aulcur, les estampes suscitées par la guerre, sorties d'un dessin 
lie journal (il y en a beaucoup) ou entièreujent originalesfil n'yena pas 
moins) ferment, gravures, alliches, programmes, diplômes, albums, 
imagerie, un total de plus de huit mille pièces ! Jamais tel chiffre ne 
lut atteint dans un temps si court. C'est tout un monde à part qui ré- 
lame une étude à paît. » — Nos lecteurs se souviennent (juele Poly- 
ihlion, dans les premiers temps de la guerre, a examiné un nombre 
important de ces productions ; mais, en présence de la marée mon- 
tante des images de toutes sortes (cartes postales comprises) il a «lu 
s'arrêter, faute de place, car le livre, lui aussi; tendait, sur l'angois- 
sant sujet, à devenir envahissant. — « Il faut, continue M. Clément- 
Janin, pieusement recueillir ces images de la guerre : elles sont des 
témoins de moralilé. Leur étude s'imposera à l'historien frappé de 
leur utilité merveilleuse... L'union sacrée ne fut pas un vain mot. 
Toutes lès volontés furent dressées contre l'envahisseur, contre lui 
seul, soit que l'on montrât ses dévastations et ses crimes, soit que 
l'on décrivît nos permissionnaires pittoresques, nos infirmières tou- 
chantes, nos « poilus 1) intrépides, nos généraux, nos homjnes d'État, 
nos alliés. Tout servit à la même fin. » L'auteur a divisé son travail 
en quatre sections d importance inégale : I. Les Estampes (p. 1-44) ; 
H. Les Images (p. 43-54); lll. Les Affiches (p. 55-72); IV. Appendice 
(p. 73-84). L'ensemble, pour plus de clarté, a été groupé comme suit : 
« Ici, les aclaalisk'S, (pii sont, avant tous autres, les journalistes du 
crayon ; là, les documenlaires, voisifiant avec Xcs paysagistes, qui évo- 
((uent les lieux, les portraitistes, les peintres de batailles, les al^go- 
risles, qui échappent à toute classification, les imagiers, variété sinon 
nouvelle, du moins renouvelée, enfin les artiste's de l'estampe murale : 
lesafjichistes. » Sans doute, M.Clément-Janin a voulu faire surtout une 
œuvredocumentaireoù lestravailleursetlesamateurs pourront trouver 
d'utilesindications;ce but principal ne l'a pas empêché — il s'en faut! — 
de donner un livre attachant et très vivant, malgré l'apparente ari- 
dité du sujet. Outre les reproductions dont le texte est enrichi, on re- 
marquera, parmi lés six planches hors texte, deux eaux-fortes origi- 
nales : Les Évacués, par M. Louis Jou et Cantonnement à Bras 
{Meuse), par M. Renefer. Les recherches sont grandement facilitées 
par une Table des noms cités, qui ne compte pas moins de 5 pages à 
<leux colonnes et dune Table des gravures. \ isenot. 



— 268 — 
POÉSIE. — THEATRE 

Poésie. — Poèmes relatifs a. ia guerre. — 1. Avant et pendant la Grande Guerre. 
Les Voix profondes, par Emmanuel Vitte. 2« éd. PariK, Plon-Nourrit, 1917, in-16 
de 284 p.. 3 fr. 50. — 2. Croix de guerre et Croix Houge, par He>ri Curé. Lyon- 
Paris, Ville, li)l7, in-16 de 303 p.. avec grav., 3 fr. 75. — 3. La Cltnnson du Poilu, 
par Albert Fi.ory. Paris, Jouve, 1917, in-18 de 32 p. — 4. Les Chevauchées, par 
Clalde Ha:vin. Paris, Figuièro, 1917, in-18 de 216 p.. 3 fr. 50. — 5. Dans les 
tranchées crayeuses L'Attente prolongée (1916-1917), par Philippe Lecasble. Paris, 
Jouve, petit iu-16 de 137 p., 2 fr. 50. — 6. Chants épiques, par I'ierre-^Xavieu 
Mateur. Paris, Jouve, 1917, in-16 de 120 p., 2 fr. — 1. A la France, par Pai i. 
RouGiER. 2" éd. l'aris, Pcrrin, 1918, in-16 de 15 p.. fr. 50. — 8. L'Ame fran- 
çaise, par J. Vassivu-re. l'aris, Lemerre, 1918, in-8 carré de 15 p., 2 fr. — 9. "Les 
Voix de la Patrie {t01't-i9t7), par Jacques Feschotte. Paris, Stock, 1918, in-12 de 
x-t72 p., 3 fr. — 10. Ainsi chantait Thyl, par Maliuce Galchez. Paris, Crès, 1918, 
in-18 de 244 p., 3 fr. 50. — 11. La France éternelle, par Pierre de Boichaid. 
Paris, Grasset, 1918, in-r2 de 102 p., 2 fr. 50. — 12. La Terre pourpre, par Étienke 
Levrat. Toulouse, Pri\'at, 1918. in-16 de 65 p. — 13. Une Voix dans la mêlée, par 
Fb.\nçois-Lohs Bertrand. Paris, Henri Didier, 1918, in-18 de vn-157 p.. 4 fr. 50. 

— 14. Visions de la guerre. Au Pays des marmites. L'Arrière, par Paul Costel. 
Paris, Figiiière, 1918, iii-16 de 100 p., 4 fr. — 15. Chants d'aniour et clianls de 
guerre. Souvenirs d'un scmilairc au Front, par le D' Victor Colhdolx. Paris, de 
lioccard, 1918, in-16 de 134 p. — 16. Amour et Guerre, par Sizanbe Fulrnier. 
Pari.s, Figuière, 1918, in-18 de 215 p., 4 fr. — 1'. Chants d'un colonial, par I.a 
NoMiA. Paris, Jouve, 1918, in-12 de 112 p., 1 fr. 50. — 18. Guillaume Gucu.r. 
Impressions sur la guerre, par Auguste Prieur. Paris, Jouve, 1918, iii-16 de 64 p., 
1 fr. — 19. La Lyre d'airain du vieux barde. Poèmes patriotiques et stances sur les 
peuples engagés dans la guerre mondiale, par EuGÈ^■E Révkillaud. Paris et Nancy, 
Berger-Levraiilt. 1918, in-12 de xv-210 p., 3 fr. 50. — 20. Les Cordes d'acier {I9l'i- 
1918), par Louis Halleux. Gand, Vandcrpoorten, 1919, in-16 de 224 p. — 21. Là- 
Ilaut, par Jean Rieux. Paris, Figuière, 1918, in-16 de 102 p., 3 fr. 50. — 22. 
L'Homme et la Brute, i)ar Albert Lafaugue. Paris. Figuière, s. d., in-12 de 280 [>., 
3 fr. 50. — 23. La Meuse, par He.>ri Dacremont. Paris, Figuière, s. d. (1918), 
in-18 de 80 [>., 3 fr. — 24. Voix entendues au champ de balaille, pan René du Laz. 
Paris, Figuière, s. d. (1918), in-18 de 64 p. 

PofniES DIVERS. — 25. Les Horizons noirs. Les Beaux Dimanches. Fêtes, par Paul Cos- 
tel. Paris, Figuière, 1915, in-18 de 103 p., 2 fr. 50. — 26. La Claire Fontaine de 
la vie, par Edouard Schikfmaciier. Paris, Bibliollièque de PFcole de l'aiialogic 
universelle, 1917, iii-12 de x-S7 p., 2 fr. — 27. En majeur et en mineur, par (]i.audb 
DunosQ. Paris, Figuière, 1917, in-18 carré de 149 [)., 3 fr. 50. 28. Musiques 
éparscs, par le même. Même éditeur, s. d. (1918). in-8 carré de 144 p., 3 fr. 50. 

— 29. Les Buccins d'or (chanls d'avant l'aube), par Jean Garrèue. Paris, Perrin, 
1918, in-16 de 11-8O p., 2 fr. — 30. La Statue sans visage, par Roger Gaillard; 
Pari.*, Figuière, 1918, in-12 de 224 p., 3 fr. 50. — 31. Poèmes. Sous les yeu.r de 
la mort. La Source et le Ciel, par Georges Audibert. Paris, Crès, 1918, in-18 carré 
de IX- 129 p., 3 fr. 50. — 32. Au Bythnw du cœur, par .Xntomte Choli.ier. Paris, 
Jouve, 1918, in-12 de 163 p., 3 fr. 50. — 33. L'Araignade, par Pierre Coutras. 
Paris, éd. de la lievue des indépendants, 1918, in-12 de 47 |)., 1 fr. 50. — 34. L'An- 
goisrie éternelle, par André iMAiLi.Er. Paris, Jouve, 1918, in 12 de 157 p., 4 fr. — 
35. Préludes, par Danvl-IIelm Paris, Grasset, 1918, in-18 de xx 299 p., 3 fr. 50. 

— 36. Dans les ruines d'.impurias, par .■Andrée Bruguièrb de Gorgot. Paris, Seii- 
garad, 1918, in-8 carré de 1 17 p., 5 fr. — 37. La Folle du logis, par L. Guillet. Parus, 
Figuière, 1919, in-16 de 195 p., 3 fr. '60. — 38. Les Calmes Brises, par René Phks- 
lkfost. Paris, Desclée, de Brouwer, 1919, in-8 carré de 100 p. — ^ 39. I^'lmpos- 
sible Béve, \t;ir Kmma Pei.i.ehin et Joseph Roilkky. l'aris, Figuière, s. d. (1918), 
in-18 de 171 p., 3 fr. 50. — 40. Destinée):, par Augiste (!Al.^;^B. Paris, Jouve, s. d., 
iii-16 de 282 p., avec portrait, 3 fr. 50. — 41. Péchés de jeuues.ie, par Gabriel 
P:si>ai.lac. l'aris, Jouxe. s. d. (1918), iii-12 do 177 p.. 3 fr. 50. — 42. Brumes et 
roseaux, par Jacques Lefebvrb. Paris, Figuière, s. d. (1918), in-18 de 62 p , 



— 2(i9 — 
( 

2 fr. 50. — 43. Canlilènes et pensers. par Heik Presi.efout. Gand. SiOtr, s. d , 
in 10 carré de 145 p — 44 /.«* Dit de sninU Odile. i)ar .A. P. G.vrnieh. l'ari.s. (Jar- 
nicr, l'JIO, in 18 de 87 p., 2 fr. 
Théathe. — 1. Poèmes du temps de ijnerre, par Oi.ivieh de Uol(;é. Paris. Grasset. 
l'.)17, in-i8 de 181 p , 3 fr. 50 — 2. Pour l'Alsare, par Mauhice Bot <;non. Pari»., 
Kiscliljaclier, 1!)I8, in-l2 de 51 p. — 3. Attila, par .Urm h Sambon. Paris, l>lon- 
Noiirrit. 1918. in 8 de 95 p., 2 fr. 50. - 4. Hélène enchaînée, par M*iir;tEitiTE 
CoMiiEs. Paris, Plon-Nourrit. s d , in-10 de xn-TG p.. 2 fr. — 5. Lueurs et reflets 
de la guerre. i>ar Gaston SonBKTS. Paris, l'Édition française illustrée, s. d., in-lC 
de :ilO p., 3 fr. 5i). — 6. Les Kiines sanijlantes, suivies de Terre d'Abace. par 
E.-IlEMU Verdier. Paris. Figiiière, s. d.(l9IS). in-18 de IfiO p., 4 fr. 50. —7. Le 
Trafique quotidien, par le P. Lolis Pëhuoy Paris. Letliiilleux, s. d. (1918). in-12 
de 393 p., 4 fr. — 8. Le Rayon, par .M"* Démians d'Arcjiimiiaud. Lyon-Paris, Vilte. 
s. d., in-12 de 80 p., 1 fr. 50. — 9. Les Perses de l'Occident, par Sorinis Smcis 
(trad. du néo-grec par rauteur et Philéas LEnESCLE). Paris, Figuièrc. 1917, in-12 
de 133 p., 3 fr. — 10. Le Mystère de lu chair et du sang, évangile en cinq actes 
en vers, par .\rmand Bahtiie. Paris, Jotivc, 1919, in 12 de 190 p.. 4 fr. 50. 

Poésie. — Poèmes hel.\tifs a I,.^. glehue. — 1. — M. Emmanuel 
Yitte ouvre son sympathique recueil par une déclaration bien 
humble : 

leclenr bénévole, en ce modeste livre 
Où ma muse voulait dignement célébrer 
Les rêves de beauté dont mon âme s'enivre. 
Tu ne trouveras rien qui se puii^se admirer. 

Le lecteur sera certainement d'un avis difTérent quand il aura 
écouté les ]'oix des choses, les Voix du cœur et de l'âme et les l'o/x 
tragiques, toutes ces Voix profondes, évoquées par le poète, et qui 
chantent tour à tour les joies de la famille et du foyer et les grandes 
émotions patriotiques de la guerre. 

2. — Du même terroir lyonnais nous arrive un trèsxurieux ou- 
vrage : Croix de guerre et Croix Rouge, livre doublement ecclésias- 
tique, puisqu'il a pour auteur M. Henri Curé, archiprêtre de Saint- 
Philibert-de-ïournus. Ce volume ofire ceci de particulier que le verso 
de toutes les pages est occupé, à peu près, par des « Sonnets d'hôpi- 
tal » de M. l'archiprêtre Curé, et le recto par des citations judicieuse- 
ment extraites des œuvres d'une foule d'hommes célèbres, de 
M. Wilson à Alfred de Tarde, voire de feuilles publiques comme le 
Pelil Parisien ou la Semaine religieusf de Bourges A travers tout cela, 
de jolies illustrations de l'abbaye célèbre de Saint-Pliilibert-de-Tour- 
nus et d'émouvants récits de guerre. De cette manière, même ceux 
qui n'aimeraient pas les vers, trouveraient à glaner abondamment 
dans ce livre très varié. 

3 à 6. — Moins originaux, la Chanson du Poilu, où M. Albert 
Flory, qui adresse de jolies stances à M"" de Séxigué, refait inutile- 
ment le chapitre célèbre de Hugo sur Cambronne ; les Chevauchées, 
poèmes d'un soldat, où M. Claude Hanin nous présente (p. 77) un 
étrange Louis XIII. ivrogne et libidineux ; Da/is les tranchées 
crayeuses, où M. Philippe Lecasble a groupé quelques poèmes qui ne 



— 270 — 

réclamaient pas impérieusement la publicité; elles Chanls épiques, 
où M. Piorre-Xav.ier Maycur a suivi de l)eaucoup plus près les procédés 
de Victor Hugo que les événements de la guerre, témoignent cepen- 
dant de qualités plus personnelles. 

7, 8. — Et nous voici en présence d'un procès littéraire : au con- 
cours de poésie de l'Académie française, en 11J17, M. Paul Rougiei, 
professeur au Conservatoire de Lyon, a obtenu un prix de 3000 fr.. 
avec une pièce intitulée : A la France, tandis que M. J. Vassivière, 
avec son ode grandiloquente : L'Ame française, n'obtenait rien du 
tout. M. Vassivière n'est pas content. A la vérité, on se demande si 
le récit en vers de M. Rougier, ([ui s'orne d'iine allégorie extraordi- 
naire, la Frontière de France, et qui est quelque peu bousculé par 
une syntaxe imprévue et des images déconcertantes, méritait pleine- 
ment l'honneur qu'on lui a fait : mais ceci ne prouve pas du tout que 
M. Vassivière. qui rn'a lair de compter ses pieds sur ses doigts (les 
pieds de ses vers, évidemment), eût dû être couronné à sa place. 

9. — Enfin, voici un poète, un vrai : M. Jacques Feschotte, dont 
c'est, je crois bien la première œuvre, nous fait entendre les Voix de 
la Pairie, en des vers extièmement variés, qui vont de l'alexandrin 
vigoureux et souple de ^ iclor Hugo au vers libre fluide et musical 
d'Henri de Régnier. Ces « vr)ix de lo Patrie », ce sont d'abord celles 
de nos morts de la Grande Guerre, puis les voix de nos pierres histo- 
riques, puis les voix de notre terre, et enfin la voix de la grande 
France idéaliste. afTirmant, malgté les horribles crimes des liociie^. 
que l'humanité retrouvera la route de justice et de fraternité. Lais- 
sons décote une fantaisie moitié lyrique, moitié dramatique, (pii fait 
intervenir bien inutilement, à la iiu du vohime, l'F^spagne île Don 
Quichotte et de Sancho Pan(;a ; laissons aussi (pielques exagérations, 
quelques fioritures à la Rostand : il restera encore assez de très beau 
dans ce livre, avec les Ombres </lorien>:es. magnifique évocation de la 
camjîagne d'Orient. Plei/t ciel (juanil même, où les criminels exploits 
des gotlias sont vigoureusement stigmatisés, et surtout les huis 
poèmes consacrés aux cathédrales : Soissons, Noyon, Reims. M. Ed- 
mond Haraucourt ne s'y est pas trompé, et, dans la magistrale pri'- 
face qu'il a écrite pour les Voi.r de la Pairie, il insiste tout particuliè- 
rement sur Reims, auquel il consacre des pages admirables. Les vers 
de M. Feschotte méritaient bien ce prélude, ils n'en j)aiaissent que 
plus nobles et j)lus purs. 

10. — .Avec M. Maurice (iauchcz. et son volume : Ainsi chanlail 
Thyl, nous descendons à un niveau inférieur. .Non point que 
M. Gauchez manque de talent. Il déiive de Verhaeren. son compa- 
triote, dont il a la puissance. a\<'c moins de soufile |)eut-ètre, mais 
plus de mesure et d'é(iuilibre. Mais il est loin d'avoir la fraîcheur 



4 



— 271 — 

d'àriio, la haiileiir de seiilirripnts de M. Fescholtc*. II butte fr<'T{iiem- 
metil à des prosaïsmes regrettables : 

Les chovaiix. les miilels, les pigeons ol les chiens 

Font la gi\ciT<; à la ^iierri; et la l'ont vraiment bien (p. .'i'.l). 

'D'autres fois, c'est pbis fâcheux encore. I.e souvenir des Flamandes 
de son maître le banle au point cpie toute une partie do son livre, 
Ftamboienit'fils d'clreinles {?), est à peu près illisible, et une pièce au 
moiris, hu-esses J'allacieiiscs, impardonnable. C'est vraiment dom- 
mage, car ce Thyl, où vibre la voix des Flandres, chante de beaux 
rythmes. 

II. — M. Pierre de Bouciiaud est beaucoup plus correct. Il a cofi- 
sacré à In France éternelle un recueil, qui a dû lui coûter bien des 
efTorts, car son ame mélodieuse et rêveuse de poète a dû se faire vio- 
lence pour contempler et traduite, comme il l'a fait, toutes le^ lK>r- 
reurs dé la guerre. Cela se devine un peu trop. 

1:2. — De même pour M. Etienne Levrat, un bon poète régiona- 
liste, qui, dans la Terre pourpre, ne se retrouve pleinement que dans 
les pièces d'inspiration terrienne et familiale. Il est comme cela d'ex- 
cellents écrivains que les émotions de la guerre ont violemment sollici- 
tés, mais qui ne donneront leur {)leine mesure que lorstpi'ils retrou- 
\eront les sources éternelles de la foi. de la tradition, de l'amour, du 
I)ays natal. 

13 à 18. — Il faut en espérer de même, à des degrés divers, de 
M. François-Louis Bertrand, dont les « poèmes de la guerre », Une 
Voix dans la mêlée, souffrent encore trop de vulgarités ; de M. Paul 
Costel, qui, dans ses ]isions de la r/iierre, que ce soit Au Pays des 
marmites ou bien à l'Arrière, s'abandonne à ime sorte de style futu- 
riste ; de M. le docteur Victor Courdoux, qui a eu le tort de croire 
que des pièces de circonstance, fort applaudies dans les popotes, 
pouvaient composer un recueil ; de M"^ Suzanne Fournier, que 
M. Paul .Adam déclare u légale de poètes estimés », mais dont le 
volume. Amour et Guerre, nous prouverait que M. Paul Adam est un 
terrible pince-sans-rire ; du mystérieux La Nomia, dont les Chants 
d'un colonial essaient péniblement d'évoquer l'ombre du bon François 
Coppée ; enfin de M. Auguste Prieur, qui appelle Guillaume 11 Guil- 
laume Gueux, et nous rend parfois dans ses Impressions de guerre 
l'écho affaibli de Déroulède. 

19. — On n'a pas de souhaits à adresser à M. Eugène Réveillaud, 
dont l'orientation est irrévocable. Dans ses Poèmes patriotiques, où, 
bien à tort, il se proclame classique, on sent à chaque vers, à chaque 
pensée, l'influence absorbante de Victor Hugo. Dans sa Préface, il 
nous dit : 

J"embiasse les curés en chantant : ca ira ! 



— 272 — 

mais, en réalité, il ne les aime guère, et leur préfère le maître d'école 
ou le « (ioclcur » huguenot (p. 18). Il célèbre Garibaldi, hait les rois, 
excursion lie à Palhmos, et cultive les rejets amusants : 

Depuis dix-neuf cents ans, iTiglise a pour réponse 
\u mensonge de l'un : « Jésus est mort sous Ponce 
Pilato.... 

Ce quil y a de plus curieux dans ce livre, c'est le nombre des dédi- 
caces. M. Ucveillaud a beaucoup d'amis, et comme son volume ne 
contient que 46 pièces, il est obligé de les dédier quand même à 
10G personnes : ce qui fait, si je compte bien, que chacune d'elles n'a 
que 0,444 de pièce. C'est un peu court, quand on s'appelle M. Ray- 
mond Poincaré.... 

20. — M. Louis Halleux (que nous retrouverons plus loin sous son 
pseudonyme de RenéTreslefont) est un conseiller à la cour de Gand, 
auquel l'étude des lois a donné une inspiration poétique plus grave, 
plus forte, plus mâle. Ce sera peut-être sa caractéristique. En tout 
cas, son livre : Les Cordes d'acier, où nous trouvons la Belgique en 
guerre, est soutenu par une puissante indignation contre les légistes 
et les soudards d'Outre-Hhin, par des sentiments traditionalistes et 
chrétiens d'une belle sincérité. Malgré le défaut de place, je ne puis 
me tenir de citer la lin duii sonnet intitulé : L'Ame, où Ihéroïsme 
patriotique dessille les yeux d'un déterministe invétéré : 

L'héroïsme sacré lui révèle son àrac. 

Et, debout pour mourir, si la mort le réclame, 

A l'émoi de son cœur il sent sa liberté. 

Par sa hauteur d'àme. son habile maîtrise qui se joue des rythmes 
les plus variés, par son art volontaire et appliqué comme par ses 
fortes pensées, M. Louis llalleux est un poète qui fait honneur à la 
Belgique. 

21. — Pourquoi ne puis-je en dire autant de M. Jean Rieux, pour 
notre Languedoc ? Certes, son petit volume intitulé : Là-llaiil est 
l'un des plus sincères, des plus exacts, des plus saisissants (pie l'on 
ait composés sur la guerre. L'auteur nous dit qu'il l'a écrit dans les tran- 
chées de Quennevières, de l'Yser, d'Arras, et clans les cantonnements 
de Champagne, de l'Aisne et de Lorraine. Je n'en doute pas un seul 
instant. Le poète a vu, et il a su nous faire voir. C'est très renia rcpia- 
ble. Mais pourquoi M.Jean Rieux mêle-t-il à tout cela trinuliles cru- 
dités de caserne et de grossières insultes au Souverain PtMitife. que 
son homonyme, le maire socialiste de Toulouse, hésilerailà signer ? 

22. — Beaucoup j)lus nioiiéré, loul au nioiiis dans la loiinc, 
M. Albert Lafargue nous doiuie dans l'Ilonuiie el la lirule (titre fiu-t 
bien choisi) un énorme poème, couru selon la formule de Sully- 
l'i udhoniiiie. Il \ a dans ces G. 000 \ers beaucou]! de bonnes clio>rs. 



27:{ — 

qi]tl«|iit - idros et ifujuahlrs. des riifurs do f;iil, (•[. ('.itiÉleiiicnt, dans 
ijfif! œu\io d'uiio parcilln amploiir. bcaiiC()ii|) de bavures. Les [)i('ces 
de ce recueil, qui suit tous les friands évéïicmeiils de la gueire. ne 
soiil pas foilenietil composées ; il semble (pTclles pourraient se pour- 
suis re indéfinimeut. La facilité d'amplifit alioii ne doit pas être con- 
fondue avec l'inspiration. 

2'.\ à -25. — On peut faire la même remarque à propos de la Meuse, 
où M. Henri Dacremont, sous le patronage de M. Jean Aicard, fait 
chanter par une alouette la fjloire des héros de Verdun sur l'air de 
(ladot-l^jusselle, on encore sur l'aie du P'iil Grégoire, des choses dans 
ce goût : 

N'ôcoiile pas, petit rat. 
N'écoule pas ça... 

l\ propos des Voix cnlendues au champ de halaille. où .M. Kené du 
Laz. sous le patronage d'Edmond Uostand. multiplie des bizarreries 
toilement fortes qu il faut sans doute en accuser le typographe ; à 
])ioi)Os des Horizons noirs, des Beaux Dimanches et des Fêles, où 
M Paul Costel rivalise avec le précédent. 

l'oÈMES DIVERS. — 26. — Faisous halte auprès de la Claire Fontaine 
de la vie, où M. Edouard Schiffmacher «encore un disciple de Sully- 
l'rndhomme), célèbre, en des vers sobreset purs, les grands mystères 
(le l'Incarnation et de la virginité de Marie Comme le résume 
M. Henri Joly dans une belle Préface, llncarnation, dans le poème 
de M. Schiffmacher, n'apparaît pas comme un simple moment de 
l'histoire du monde : a c'est un fait éternel ; ce n'est ai une abstrac- 
tion ni un pur symbole, c'est la réalité fondamentale, c'est le point 
central de l'action, où toutes les énergies constitutives du cosmos et 
des sociétés humaines ont préparé la chair à laquelle le Verbe s'est 
utii. A cette Incarnation est unie aussi la Mère du Sauveur : en elle 
est la claire fontaine de la Vie et de la vie universelle ; car la pureté 
de la Vierge par excellence était déjà, est encore, sera toujours repré- 
sentée dans ce que la vie du monde nous offre de vaillance et de ten- 
dresse, d'esprit de sacrifice et d'esprit d'amour » Ces quelques lignes 
d'analyse montrent quelle est la hauteur de ce poème métaphysique, 
qu'il serait vain de recommander aux esprits futiles. 

27, 28. — Beaucoup moins haut est M. Claude Dubosq. Lorsqu'il 
aborde. En majeur et en mineur, les sujets religieux, il est tout de 
suite embarrassé, et, en général, ce premier volume est assez enfan- 
tin ; cependant l'auteur a le goût de la poésie et de l'art, et déjà son 
second volume : Musiques éparses. est en sérieux progrès Son Do- 
mine, non sum dignus le montre nettement. Que M. Claude Dubosq 
laisse de côté les chinoiseries chères à M. de Montesquiou, qu'il 
renonce à faire voisiner avec ses poésies mystiques des boutades 
Mai-Jlim 1910. ï. CXLV. 18. 



— 274 — 

pénibles comme Turpitude et Chanson, et il deviendra un bon poète 
de la lignée de Verlaine et de Hodenbach. 

29. — M. Jean Garrère est déjà, et depuis longtemps, un poète de 
premier ordre. Certes, son œuvre est brève et ses Buccins d'or, qui 
résument une carrière déjà longue, ne dépassent pas les proportions 
d'une pl'quetle ; mais il estime, avec assez de raison, que « le poète 
moderne, vivant et agissant parmi les hommes, doit borner son œuvre 
à quelques accenis lyriques, joyeux ou douloureux, vraiment jaillis 
du fond de lui-même, et condensés, en poèmes essentiels. » A-t-il 
vraiment atteint son but? Répondons oui sans hésiter si nous aimons, 
comme il se doit, la poésie saine, joyeuse, claire et puissante, ennemie 
des décadences et des neurasthénies. Et comme je suis heureux de 
tenir là, comme en un lîréviaire, ces beaux vers dont certains, depuis 
plus de vingt ans, chantaient dans ma mémoire ! 

Fuyons le rêve làclie et la tristesse impure ! 

...Plus (le harpe enjôleuse aux soupirs de sirène. 

Ni de lutli éperdu j)leuranl sur les toinijeaux I 

I.a strophe est un appel dans la bataille humaine 

Et les plus vigoureux sont les chants les plus beaux. 

Cela soulage d'entendre de pareils accents, qui prennent parfois 
une allure prophétique, lorsque M. Jean Carrère, dans son Hymne des 
hirondelles, dit à la France : 

.Sois le champ d'aventure où monte à grands coups d'ailes 
L'efl'ort de tout un peuple au bien du inonde entier. 
Et tu verras, un jour, les libres hirondelles 
Porter à l'univers tes rameaiix d'olivier. 

Disciple et admirateur de Mistral, de Verdaguer, de Carducci, de 
Moiéas, 'M. Jean Carrère est digne de suivre ses maîtres ; il est, 
comme eux, un « porteur de flambeau. » 

30. — M. Hoger Gaillard, le jeune pensionnaire de la Comédie 
Française, n'a pas encore atteint un tel faîte; mais il y vise, et son 
livre, la Statue sans visage, pour lequel IM. Maurice Magre a écrit une 
jolie Piéface, contient un peu plus que des promesses. Le beati titre, 
d'ailleurs ! (( Peut-être longtemps encore, dit M. Magre, la statue n'auia 
plus de visage ; les poètes ne verront plus la beauté, ou, du moins, la 
beauté ne leur apjiaraîtra plus qu'insultée, souillée, défigurée... » 
Gloiie aux artistes qui lui restent fidèles ! M. Roger Gaillard est de 
ceux-là ; il n'a pas « brodé sur des thèmes faciles », ni « cherché une 
source d'émotion dans l'actualité sanglante », et cependant l'horiible 
chose apparjiît à travers s(>s Coinplainles du temps saura(je : 

Voici venir les temps maudits 
Du sanj;:, de l'ortie et du liel... 

l">idemmeiil. tout cela ne va i)as sans quelque artifice ni quelque 
exagération ; mais, malgré tout, comme ces poèmes de n)usi(pie et 



I 



— '^r.^ — 

légende sont plus sincères que la toiiilrunnfe rliéloi ifine dont on 
abuse lanl aujourd'liiii ! 

31. — C'est la niênne note, niélaticnlique et nostalgique, qui (k)tnine 
dans les Poèmes de M. Georges Audibert, tué à la guerre le 28 sep- 
tembre lOlo. dans sa trentième année. Comme elle est impression- 
nante cette bantise de la mort «pii obsède certains jeunes poètes, 
désignés par le destin ! Nous la retr(»uvioi>s déjà naguère ciiez Olivier 
de la Fayette, cbez Pierre Fons, cbez d'autres encore ; mais ici elle 
est encore plus pénible, car elle ne s'éclaire d'aucune espéiance. Je ne 
sais rien de plus navrant. 

32 à 3"). — Passons rapidement sur An Rythme du cœur, volume 
inégal et souvent incorrcclde M. Antoine Cliollier; l'Araif/nailt', simple 
fumisteiie de M. Pierre Coutras, et l'Ary/oisse éler/ielle. un recueil 
bésilant, mi-prose et mi-vers, de M. André Maillet, pour arriver aux 
Prélu'lcs, tle Danyl-Helm. Ce qu'il y a tle mieux dans ce recueil, c'est 
le titre. M"' Danyl-Helm a beaucoup lu. un peu au hasard : 

.rai tout compris, j'ai tout rêvé, j'ai tout aimé, 
Courteline et Hostanil, Wagner cl Flerlholot, 

Bergson comme Rodin 

l'A Monet comme Carpenlier (?) 

Aussi a-t-elle écrit un peu de tout, des poèmes apocalyplicpies, des 
vers libres, d.es sonnets (pii se croient parnassiens, des petits verstde 
circonstance, des soliloques à la Jehan Rictus, des vers sur la guerre, 
qui sont naturellement les plus mauvais du livre, et des vers d'amour, 
qui. non moins naturellement, sont les meilleurs. Mais, dans tout 
cela, rien n'est achevé... Préludes... .\près coup. M'"" Danyl-Helna a 
essayé d'en faire un grand ouvrage, dont elle nous fiotuie même Jte 
plan ; malheureusement, ce n'est pas avec des Prélude.'i (pie l'on peut 
faire une grandiose symphonie, quoi qu'en puisse penser M. Anatole 
France, préfacier indulgent et énigmatiquc. 

3G. — Plus modérée dans ses ambitions, \P'° Andrée Bruguière fie 
Gorgot nous offre Sur les ruines d'Ampurias une série de sonnet*, 
conçus d'après Hérédia, et présentés dans une somptueuse édition 
ornée d'une traduction en vers catalans de M"' Maiia-Antonia Salvfl, 
d'une Préface de M. Josep Carner, d'un élégant frontispice de Dara- 
gnès et d'impeccables photographies de M. de Tarde. 

37, 38. — Signalons simplement le livre de M. L. Guillet. la Folle 
du lofjis. qui se contente de justifier son titre, et saluons un second 
recueil de M. Louis Halleux, les Calmes Brises, mais signé, cette fois, 
de son pseudonyme, René Preslei'ont. Je voudrais pouvoir m'attarder' 
à ces beaux vers qui rappellent l'inspiration de Sully-Prudhomme et 
-de Poniairols. Je ne puis que noter la belle sérénité grave de ce recueil, 
•que ilépare seulement un badinage de salon (Pax). ■ ; 



— 270 — 

39. — D'une note bien différente, l'Impossible Rêve, ouvrage écrit 
en collaboration par M"" Emma Pellerin et M. Joseph Bollery. Il s'en 
dégage un goût de solitude, de tristesse, de pessimisme, qui heureu- 
sement paraît déjà périmé. Souhaitons aux auteurs de se libérer de 
l'influence de Baudelaire, et de suivre le lumineux chemin qu'ils ont 
entrevu déjà dans leur sonnet à la Vierge Marie. Ils le méritent, car 
leur recueil, trop encombré de réminiscences, dénote cependant un 
vif sentiment de l'art et de la poésie. 

40 à 43. • — Citons les Destinées, de M. /Vuguste Galène, chef d'es- 
cadron à la Garde républicaine, livre qui ne rappelle que de très loin 
les Destinées dun certain officier de gendarmes rouges sous la Restau- 
ration, les Péchés de jeunesse de M. Gabriel Espallac (triste ! triste !), 
les Brumes et roseaux-àe M. Jacques Lefebvre, un verlainien sympa- 
thique, et terminons par le troisième volume de M . René Preslefont 
(alias Louis Ilalleux) : Cantilènes et pensers. Ce dernier recueil, moins 
homogène que les précédents, contient toutefois une partie extrême- 
mcnloriginale, le Poèniej adiciaire. Je crois bien que. sauf le pauvre hère 
qui s'&xténua à mettre le code civil en vers, nul n'avait songé à écrire 
des poèmes sur l'usufruit, la loi, le pouvoir des magistrats et des 
huissiers ; M. le conseiller Ilalleux a senti le tragique, la grandeur de 
la procédure et de la basoche, et il les a chantés d'une façon neuve et 
saisissante. 

44. — A la dernière iieure, me parvient un ouvrage dont je 
ne puis renvoyer l'examen au semestre prochain. C'est le Dit de. 
sainte Odile, délicieux petit missel d'art, de patriotisme- et de foi, 
par lequel M. A. -P. Garnier complète le tryptique si heureusement 
commencé par la Geste de Jehanne d'Arc et le Mystère de sainte Gene- 
viève. Tiré sur papier vergé pur fil, avec le goût le plus éclairé des 
belles éditions, il se divise en trois dizains de sonnets consacrés à la 
légende merveilleuse de la sainte patronne de l'Alsace : La Fille de la 
Lumière, la Coupe d'amertume et de joie, la Fontaine mystique ; cha- 
cun de ces groupes est précédé d'un sixain et l'ensemble est encoie 
encadré de deux sonnets cl de deux rondeaux : le premier, u en un 
vitrail », où le poète s'anime des plus généreuses ambitions, tout on 
se déclarant, beaucoup trop modestement à notre avis, « pa'icn mys- 
tique et songeur peu dévot » ; le dernier, où il fait un charmant 
aveu, tout plein encore d'humilité : 

... Mais, ;i dc'faut île granJ lalcnl. j'ai mis, 
Profano aux yeux de la Musc sarne, 
Toiitf mon ,'11110 an livre que je crée, 
l'-lanl lihrairc. 

El voilà pourquoi M. A. -P. Garnier a pleinenient réussi. Une ode- 
lette exquise à sa fillette, « Annie aux yeux couleur de miel », achève 



— 277 — 

(le cloniior lont son cachet dï-niolion conletiue et délicate à ce livre 
oppoitiiii. dont nous avions déjà goûté de beaux fragments dans le 
Corrcsijo/idaul, et qui touchera tous les cœurs français ; car, ainsi 
(jiic le dit le poète : 

Ce soir, brille une éloile au ciel clair de l'Alsace. 

Il serait à souhaiter que les écrivains qu'inspirent aujourd'hui nos 
traditions religieuses et nationales aient tous au même degré que 
M. Gariiior le respect de l'art et de la poésie. Rien, en effet, dans ces 
poèmes à forme fixe, si habilement et régulièrement groupés, qui 
sente Iclfort, la vulgarité, l'outrance, ou tombe dans le prosaïsme ; 
mais une suite apaisante et fleurie d'enluminures, où la naïveté ne 
tourne jamais à la niaiserie, comme il arrive, hélas ! trop souvent. 
Nous revoyons ainsi passer sous jios veux ravis l'enfance de la petite 
sainte aveugle, puis guérie par le baptême ; sa vocation céleste : 

Les g-iierricrs à l'cntoiir et les letidcs écoutent. 

Des chevaux ont henni dans l'herbe, au bord des roules. 

Un vol de ramiers blancs passe dans le ciel bleu... 

C'est ensuite la vie de la grande abbesse. jusqu'aux jours du déclin, 
où. 

Simple comme un vieillard, pure comme un enfant, 

elle meurt pendant l'olfice. 

Et dans la mort s'endort au chant divin des psaumes. 

Nul archaïsme de commande en tout cela ; un très fin parfum de 
jadis cependant, quelque chose de très français ; et l'on sent que 
sainte Odile a exaucé, et dans le sens le plus direct, la prière que lui 
adresse son poète : 

Inspire-nous, ayant beaucoup aimé tes cieux. 
Tes vignes, les coteaux et le sol des aïeux. 
l>'amour de la Patrie aux généreuses fièvres. 

TnÉ.\TRE. — 1. — ■ J'ai rangé sous cette rubrique plusieurs volumes 
lyriques, où le théâtre a sa place par une ou plusieurs œuvres. Ainsi 
en est-il des Poèmes du temps de guerre, par M. Olivier de Rougé, où 
une sétie de poèmes assez faciles se termine par un drame en un acte 
intitulé ta Cave. La violonce et l'invraisemblance n'y manquent pas ; 
mais cela produirait certainement un gros effet. 

2, 3. — Beaucoup plus anodine, la petite saynète de M. Maurice 
Bouchor sur l'Accent alsacien, e.-^t le meilleur morceau de son recueil 
Pour l'Alsace, où le conte en prose des Géants est bien dangereux : 
on pourrait y retrouver aisément le principe du bolchevisme ; mais, 
à tout prendre, cela vaut mieux que les pauvretés de VAltita, de 
M. Arthur Sanibon, qui amène aussitôt la rime chère à Boileau. 

4. — Hélène encliaînée, de M""' Marguerite Combes, est d'une inspira- 
lion plus forte. C'est une sorte de conclusion harmonieuse du Second 



— 278 ~ 

Fa//5/, où apparaissent de saisissantes allusions au drame tilanique 
d'aujourd'hui. M. l*aul Adatn loue, comme il convient, l'œuvre et 
l'auteur ; avoir pu lire, pénétrer et méditer le Second Faust serait 
déjà pour M"" Combes un motif sérieux à nos louanges. 

5. — C'est encore une pièce de théâtre, d'un puissant effet drama- 
tique, la Saloe, qui est le morceau principal du livre mêlé de prose et 
de vers que M. Gaston Sorbets a intitulé : Lueurs et rcjlels de la guerre ; 
ce drame en trois actes et en prose a été écrit, paraît-il, avant le 
2 août 1914, mais lévéncment la pleinement justifié; en lout cas, 
nous souhaitons vivement qu'il soil joué, car il relèverait le niveau si 
bas, si bas, de notre théâtre. Quant au reste du vohime, il se divise 
en cinq parties très variées. L'auteur fait justement remarquer, d'ail- 
leurs (( qu'une constante unité de pensée, une certaine égalité de tenue 
relient ces pages entre elles sous une apparente diversité qui peut 
avoir pour effet de les préserver de toute monotonie. » On lira donc 
avec intérêt les Notes et croquis, très exacts, sans aucune giossièrelé ; 
l'Offrande, où toutes les classes s'unissent pour sauver la France ; 
Quatre Chants sans musique ; Eaux fortes et pointes sèches, où l'on 
remarquera des vues très judicieuses, et enfin Lueurs et reflets, où, 
notamment, l'auteur donne ce conseil perspicace à la France luttant 
contre le Dragon germanique : 

...Puisqu'il faut tuer, que rien ne t'en dispense, 

Pour le coup décisif ne ciierclie pas le cœur. 

Tu ne trouverais pas... Plus bas I Frappe à la panse ! 

6. 7. — Les Rimes sanglantes, de M. E. -Henri Yerdier, n'ont pas 
cette précision, et sa petite pièce Terre d'Alsace, un acte en vers, dont 
un prologue (?), créée à Montpellier le 26 avril l915, manifeste sur- 
tout d'excellentes intentions ; je préfère les pièces plus modestes 
d'allure que le P. Louis Perroy a groupées dans le livre de mosa'ique 
littéraire qu'il a intitulé : Le Tragique quotidien, et qui contient aussi 
des pensées, des poésies et une longue nouvelle : De l autre côté du 
nuir. Cependant le théâtre y occupe la plus grosse part avec Pastel 
effacé, deux actes en prose ; le Tournant, trois actes en prose; et les 
Locli Maria, trois actes en vers, sujet déjà traité, sous la même forme, 
par- le legretté P. Delaporte, mais que le P. Perroy a adroitement 
renouvelé. Maintenant, ces histoires lamentables de Quiberon, est-ce 
l'heure de les rappeler ? J'hésite un j)eu. Quoiqu'il en soit, on trouvera 
largement à cueillir dans le beau volume du P. Perroy, et nos théâtres 
déjeunes gens devront y recourir souvent. 

8, 9. — Après avoir mentionné l'adaptation scéni(|ue. (pielquefois 
audacieuse, que M"" Démians d'Archinibaud a faite du célèbre /?ayo/i 
de M"" Ueynès-Monllaur, arrêtons-nous avec les Perses de l'Occident, 
<lr;uneen trois actes de M.Sotiris Skipis, que nous présente une Préface 



— 270 — 

dp M. Paul Fort. D'origirio épirolc cl ni»*mf alhanaisp, iiiarit'à iiiie Pro- 
\ofi(;alc. oiilliousiaslc acliriiraleuc de Moréas, d'Ilfiiri dn Hé^niicr, de 
Mi.slial, M. Skipis a entrepris de nous montrer les Allemands chez 
enx pendant la ^Mierre, supportant le conlie-conp de nos vicloircs et 
sentant venir l'edondrenient, comme le f>iand Kschyle avait moniré 
les Perses se lamenlanlde leur dt-laitc. Le jiublic français supporterait 
encore dilficilement les Boches sur la scène ; mais bientôt, espérons- 
le. ce drame vigoureux OÙ le soiiVenir d'Ibsen rejoint celui des vieux 
tragicpies grecs, pourra être joué : il produira certainement une 
énorme impression. 

10. — OeM. Armand Barihe : Le Mystère de lac/iairel du s(i/i(/« évangile 
en cinq actes. » 11 n'est pas malaisé de deviner chez la n leur une ad mi ra- 
tion peut-être exagérée pour les dramaturges romantiques, et parlicu- 
lièiement pour le dernier de tons, M. p]dmond Rostand : maître un peu 
dangereux, (juand on a rand)ilion de portera la scène l'adorable mys- 
tère de l'Eucharistie. Mgr Baudrillart a, d'ailleurs, écrit justement à 
M. liarthe : « C'était une idée bien hardie que de vous attaquer à 
rinslitntion la plus prodigieuse, la plus étonnante pour la raison, 
mais aussi la plus sensible aux cœurs aimants, du Maître divin... Il 
n'y avait pas là, à première vue, de drame proprement dit. >) En 
eflet, r (( évangile » de M. Barthe nest pas un drame ; c'est une série 
de tableaux, où paraissent en giande majorité des personnages dilTé- 
renls : aux deux premiers actes, deux fiancés, Doëg el Naïs, dont on 
saisit assez mal les intentions ; au troisième et au quatrième, la tra- 
hison et le désespoir de Judas : au cinquième, Longin qui fait véné- 
rer à la foule la robe sans couture teinte du précieux Sang, et Pierre 
qui consacre des pains pour la communion des premiers fidèles. 
Deux personnages seuls essaient de relier ces épisodes : sainte Marie- 
Madeleine et le prêtre juif Aboghar. l'un symbolisant l'Amour et 
l'autre la Haine, mais l'œuvre n'en demeure pas moins incohérente 
au sens le plus littéral du mot. L'auteur lui-même semble le recon- 
naître, en nous avertissant que le quatrième acte peut être supprimé 
à la représentation ; ainsi en usait-on, en province, pour Riiy-Blas ou 
Marion Delorme, et nul ne s'apercevait de rien ; mais je doute que 
l'on puisse pratiquer pareille amputation sur Brilanniciis. 

Armand Pk.wiel. 



OUVRAGES POUR LA JEUNESSE 

1. Pt-re et fils, par Auglste B.\illy. Paris, Berger Levrault, 1918, in-IG de 56 p., 
fr. flO. — 2. L'Orphelin, par E. Maynial. Vztis, Ber«rer-Levraiilt, 1018. in-16 de 
64 p., fr. 90. — 3. Jeunes Classes, par Pwl Roume. Paris. Berger-Lcvraull, 1918, 
in-10 de 00 p., fr. 90. — 4. Lettres sans réponses, par He>riettede Vismes. Paris 
Bonne Presse, s. d., in-8 de 118 p., illustré, 2 fr. 50. — o. Le Diadème de cmiaZ, par 
Pall Heuzé. Paris, Bonne Presse, s. d., in-8 de 95 p., illustré, 2 fr. — 6. Olivette 



— 280 — 

el Miguelilo, par Max Colomban. Paris. Bonne Presse, s. d., in-8 de 128 p.. illustré, 

2 fr. — l.Des Fleurs sur la roule, par Jean V kzkre. Paris. Bonne Presse, s. d., 
in-8, de Hop., illustré, 2 fr. — 8 La Tour Vu^e. par Georges Thierry. Paris, 
Bonne Presse, s. d , in 12 de 341 p., 1 fr. — 9. Les Secrets de Vandeure, par Marie 
Le MiiiHE. l'aris. Bonne Presse, s. d., in-12 de 344 p., 1 fr. — 10. AJarquise de 
Maulijrand, par M. Maryan. Paris. Gautiir el Langueteau, d918, iii-12 de 318 p., 

3 fr. .^)0. — i\. Une Barrière invisible, par M. Maryan. Paris, Gautier et Lani,'iie- 
reau, 1918, in-12 de 321 p., 3 fr. 3(t. — 12. Les IlériUujesde P<7k/«/(vn. parM. Maryan. 
Paris, (Jautier et Languenan, 1918, iii-12 de 3(J9 p., 3 fr. 30. — 13. Ln Cité de la 
paix, par Jeanne de Coulomb. Paris, Gauliei- el l.anguereaii, 1918, in-12 de 320 p., 
3 fr. 30. — 14. Le Jardin fermé, par Em.maxlel Soy. Paris, Gantier et Languen-aii, 
1918. in-12 de 319 p., 3 fr. 30. — ln. Autour d'un nom, par Emmanuel Soy. Paris. 
Gautier et Languerean, 1918, in-1'? de 286 p., 3 fr. 30 — 10. La Primenei'je du 
lointain donjon, par B. de Buxy. Paris. Gautier et l.anguereaii, 1918, in-12 de 
316 p.. 3 fr. 30. — 17. Le Poison, par Adole Farnoh. Paris, Bonne Presse, s. d , in- 
12 de 9i> p.. fr. 40. — 18. Heureux les justes, par Mario Donal. Paris, Bonne Presse, 
s. d., in 12 de 96 p., fr. 40. - 19. Le Drame d'Orsaizé, par Pierre Gouudon. 
Paris. Bonne Presse, s. d., iri-12 de 95 p.. t'r. 40 — 20. Mathias Bernoude, par 
Florence O ÎSoll. Paris, Bonne Presse, s. d., inl2 de 95 p., fr. 40. — 21 L'Am- 
biance, par Klcien Darville. Paris, Bonne Presse, s. d., in-12 de 96 p., fr. 40. 
— 22. L'Intrus, par Boger Dojibre. Paris. Bonne Presse, s. d., in-12 de 95 p.. 
fr. 40. — 23. Rédemptrice, par J.-Paul Bonnet. Paris, Bonne Presse, s. d., in-12 
de 80 p., fr. 40. — 2i. Le Martyre d'un curé, par M. Dabaumoret. Paris, Bonne 
Presse, s. d., in-12 de 96 p. fr. 40. — 25. Les Petits Neutres, parCLAioE Mancey. 
Paris. Lctiiielleux, s. d (1918). in 8 de 191 p. illustre. 2 fr. 50. 

1. — Il est difficile de souhaiter une nouvelle de guerre plus émou- 
\ante dans sa simplicité que Père et fils, de M. Auguste Bailly. Il 
s'agit d'un jeune homme qui, au début des hostilités, s'est soustiait 
à son devoir militaire, et dont le père s'engage pour payer à sa place 
la dette à la France. 

2. — Dans I Orphelin, M. E. Maynial nous oITre trois petits contes 
intéressants et bien composés dont les héros sont, pour le premier, 
un orphelin de la guerre, pour le deuxième un mutilé et pour le troi- 
sième un jeune soldat aveugle. 

.S. — Grandgeorges, lehérosdu joli récit de M. Paul Houme, iiililu- 
lé : Jeunes Classes, est un jeune soldat qui se rend coupable dunegrave 
faute militaire en abandonnant son poste sans permission pour aller 
voir sa mère dans un village voisin du Front. Cettefautc. il ne t'aidera 
pas à la racheter en se faisant tuer pour sauver son lieutenant. 

4. — Les Leïlres sans réponses, auxquelles le livre de ^1""" Ilenridle 
de Vismes doit son titre, sont adressées à un officier de réserve en- 
voyé au Front. Elles provoquent un intérêt douloureux chez le lecteur 
qui sait que le destinataire n'a pas tardé' à y trouver la mort, et que 
l'optimisme opiniâtre de sa jeune femme va s'effondrer, d'un mo- 
ment à l'autre, devant la cruelle réalilé. 

•'). — Le Diadhnc de crisidl. de .M. Paul Ihni/.é, nous tr;ui>porlo à 
Venise. Ce roman d'aventures, dont le héros est un jeune artiste ver- 
lier, intéressera le lecteur et l'initiera aux mo'urs et coutumes véni- 
tiennes du début du xvi« siècle. 



— 281 - 

(]. — Le volume de M. Max Coloniijaii : OUvelle el Miguelilo con- 
li(Mil deux rornaiis qui se déioulenl, l'dti {OUvelle) en Provence, au 
ttinps dos croisades, l'autre (Miguelilo) en Espagne, sous le règne 
(I Isabelle la Catholique. Les aventures terrifiantes ne manquent dans 
aucun d'eux et ne sont pas laites pour déplaire aux jeunes lecteurs. 

7. — Des Fleurs sur la route, de M. Jean Vézère, est un recueil de 
vingt-neuf récits variés, intéressants et moraux, dont quelques-uns 
sont réellement pathétiques. 

H. — Un enlèvement et une substitution d'enfant, telle est la donnée 
sur laquelle M. Georges Thierry a construit son roman : La Tour- 
Vive, écrit dans un excellent esprit. On peut reprocher à cet ouvrage 
des longueurs (jui, vers la fin surtout, alourdissent le récit, mais les 
pages émouvantes y abondent et ne laisseront pas le lecteur indif- 
férent. 

U. — Espionnage avant la guerre, trahison à l'ouverture des hosti- 
lités, tels sont les Secrets de Vandeure, et l'on ne s'en étonnera pas si 
l'on songe que, par suite de la légèreté et de l'aveuglement des 
maîtres, le personnel employé dans le château est presque exclusive- 
ment allemand. M"' Marie Le Mière a imprimé à son roman un 
cachet moral et religieux très marqué. 

10. — En se laissant ébhiuir par l'éclat d'un brillant mariage, 
M"" Bégard a négligé de prendre sur son futur gendre des renseigne- 
ments sérieux et a causé ainsi le malheur de sa fille Pascale ; et 
cependant, lorsque le marquis de Maulgrand se sera ruiné et aura 
compromis l'honneur de son nom dans une affaire véreuse, elle se 
montrera implacable et refusera de recevoir la pauvre femme si elle ne 
rompt pas toutes relations avec son mari. Pascale préférera demeurer 
fidèle à ses devoirs d'épouse et se mettra au travail pour gagner sa 
vie et élever ses enfants. Au milieu des difficultés, des tristesses, des 
angoisses et des humiliations, jamais son courage ne faiblira et, 
avec l'aide de Dieu, elle mènera à bien la tâche qu'elle a entreprise. 
La Marquise de Mauhjrand se recommande par le talent de composi- 
tion et l'exactitude dans la peinture des caractères ; il peut compter 
parmi les meilleures œuvres de M"° Maryan. 

11. — A son lit de mort, M. Xorans a avoué à sa femme qu'acculé 
à la luine il avait refait sa fortune par des moyens déshonnêtes et 
M'"' iNorans lui a promis de réparer sa faute. Se débarrasser de l'ar- 
gent mal acquis et conserver intacte la réputation de son mari, telle 
fut la double tâche à laquelle elle se voua On comprend dès lors la 
tristesse qui assombrit son existence ; ce qui ne saurait se justifier et 
provoque chez le lecteur un malaise qui diminue sa sympathie pour 
elle, c'est la froideur persévérante qu'elle témoigne à sa fille Suzie et 
qui rend celle-ci très malheureuse. Que dire sinon que dans Une 



— 282 - 

Barrière invisible, M""' Maryan a tiré d'une donnée anormale le meil- 
leur parti possible ? 

\2. — Dans Les héritages de Peiidally/t, le môme auteur nous 
raconte l'histoire d'un jeune orphelin (jui, à la mort de sa mère, est 
recueilli par des parents dans le vieux château breton qui serait le 
sien si son frère n'avait pas été déshérité pour s'être marié contre le 
gié du chef de famille. Comment un jour apparaîtra un nouveau 
testament et quels seront les résultats de cette découverte inattendue, 
c'est ce ([lie le lecteur apprendra en lisant ce roman vibrant d'émotion 
et animé des sentiments les plus élevés. 

13. — C'est un roman cruellement pathétique que la Cité de la 
paix, de M"" Jeanne de Coulomb. Que l'on se représente une jeune 
femme découvrant, aux premiers jours de la guerre, que le brillant 
ingénieur qu'elle a épousé par amour et qui se disait Alsacien, est en 
réalité un officier allemand qui, depuis de longues années, traliit la 
France ! et ce ne sont encore là que les préliminaires de ses 
épreuves ! 

14. — Des deux fiancées que M. E. Soy a placées dans le Jardin 
fermé, l'une perd son futur à la guerre, l'autre se voit abandonnée par 
le sien lorsqu'il apprend qu'elle n'a plus à compter sur l'héritage de 
sa tante. C'est dire que la note gaie ne domine pas dans ce récit ; 
mais il se recommande par beaucoup d'autres qualités que le lecteur 
appréciera. 

15. — Elevé loin de sa patrie, le héros d'Aulonr d'un nom, du 
même auteur, ne retourne aux pays Scandinaves qu'à l'âge d'homme 
et lorsque la mort de son frère aîné a fait de lui l'ultime rejeton d'ime 
antique maison. Mais les soupçons naissent au sujet de son identité 
et un doute cruel pour tous les deux étreint le cœur de son père. Le 
lecteur passe par bien des émotions avant de voir s'éclaircir la situa- 
tion. 

16. — La Primeneige du lointain donjon, de M"" B. de Buxy, est un 
roman franc-comtois qui nous présente des tableaux variés, des types 
curieux, des scènes émouvantes et parfois douloureuses. La note 
religieuse n'y est pas oubliée : loin de là. 

17. — En apprenant que son père a commis un vol et un meurtre, 
llyacintijc Madin, qui a perdu la fol, se tire un coup de revolver; il 
survit néanmoins à sa blessure et revient aux pratiques religieuses de 
son enfance. Le roman se termine par son mariage avec une jeune, 
personne dont la famille a eu sur lui une heureuse influence. Que les 
parents aient passé sur la tentative de suicide en raison de la conver- 
sion, nous pouvons à la rigueur le comprendre; nuiis dotmer la 
main de leur lillc au fils d'iiii voleur et d'un assassin, c'est ce que 
l'on ne saurait admettre. Nous pensons aussi qu'il eut été préférable 



— 283 — 

d'i-parfirnor an lorleiir la sccnie où, pour sauver la vie d'un inuncodt, 
Hyacinthe eléiiotue liii-incine son père à la justice. Ces réserves (ailes, 
nous constatons rpie dans le Poison il y a beaucoup de bon et (pie 
M. Adole P^unoh (iisli^uî de main de maître les écrivains fjui ne 
(laifjnent pas de pervertir la jeunesse par de mauvais livres. 

18. — En intitulant son livre: Heureux les Justes, .M. Mario Dori'ti 
> t'st placé au point de vue surnaturel car, humainement parlant, les 
cjireuves n'ont pas manqué à la famille Pottier, mais elle a toujours 
>ii les supporter courageusement. Le récit est mouvementé et se 
recommande par sa moralité. 

19. — Le Drame d'Orsaizé est un assassinat sur lequel- on n'a pas 
pu faire la lumière: l'auteur du crime et la victime ont disparu. 
M. Pierre Gourdon se sert de celte énigme pour aiguiser la curiosité 
du lecteur, au cours d'un roman qui u'est pas dénué d'intérêt. 

20. — Malhlas Bernoude, de M'"° Florence O'Noll, est un roman 
écrit dans un bon esprit, mais bien bizarre. A côtéde la famille Lau- 
san, modèle de simplicité et de \erlu. la famille Bernoude, assem- 
blage étrange de personnages excentriques, fait singulière figure ; 
mais elle subira peu à peu l'Influence de ses excellents voisins et le 
lecteur finira par avoir la clef d'un mystère qui explique nombre de 
choses longtemps incompréhensibles. 

21. — Anticlérical et sectaire, le banquier Deligny est le chef de la 
famille dépeinte et mise en scène dans l'Ambiance, roman intéressant 
et moral tout à la fois, au cours duquel M. Lucien Darville nous fait 
toucher du doigt les fruits amers d'une éducation sans principes et 
sans religion. 

22. — Comment Maurice Barrange s'est trouvé revêtu de la per- 
sonnalité de son ami Guy de Chàtriant, qui a perdu momentanément 
la raison, comment cette situation s'est prolongée et dénouée, voilà 
ce que le lecteur apprendra en lisant l'Intrus. 11 pensera que de cette 
donnée. M"' Roger Dorabre a su tirer un très bon paiti. 

;23. — Un souffle moral et religieux puissant anime /iédemplrice, de 
M. J.-Paul Bonnet. 11 s'agit d'une jeune fille, orpheline de père et de 
mère, dont les exemples, les vertus et l'inlassable dévouement ont 
une salutaire influence sur l'oncle qu'elle entoure d'une afl'ection 
filiale, et la jeune sœur envers laquelle elle a assuirié le rôle de mère. 
Le premier lui doit une fin .chrétienne, la deuxième un mariage bien 
assorti alors qu'elle avait failli, par légèreté, se laisser entraîner à en 
contracter un tout difTérent. 

24. — C'est avec raison que M. Dabaumoret a intitulé son roman 
le Martyre d'un curé. Peut-on imaginer, en efl^et, supplice plus afTreux 
que celui d'un malheureux prêtre qui sait que l'homme que sa sœur 
"Va épouser est un voleur et un assassin, ayant dérobé l'état civil de 



— 284 — 

sa victime, mais qui ne le sait que parce que, pour lui clore la bouche, 
le misérable le lui a déclaré en confession? 

25. — Ouvrez les Petits Neutres, de M"" Claude Mancey : ce sont des 
scènes pour divertir les enfants. Parcourez-le : c'est une étude qui ne 
manque ni de finesse, ni d'exactitude, de la mentalité suisse pendant 
la guerre, avec ses origines, ses causes, ses divergences et son 
évolution. Co.mte C. ue Brissag. 



THÉOLOGIE 



Poljsema sunt sacra Biblia. Dispulatio in illam hcrmeneulicam le- 
goni oliin receptissiniam sod et recipicudam qna moneniur quod saepius 
etiarn sccundum litteraleni seusum in uiia liltera Scripturau plures sint 
sensus. auctoro Fr. Nicolao Assouad. S. Mauritii in Helvetia, I9l7, in-8 de 
84 p. 

Ce titre hybride, dont le premier mot, fabriqué de deux mots 
grecs par l'auteur, a exigé la longue explication qui le suit, couvre 
la première partie seulement, propaedeiiiico, c'est-à-dire introduc- 
tive, d'une dissertation dans laquelle le Père Nicolas d'Alep, francis- 
cain, se propose d'établir théologiquement et historiquement la plu- 
ralité des sens littéraux de l'Écriture, rejetée unanimement par les 
théologiens et les exégètes catholiques du xix' siècle. Cette première 
partie comprend trois chapitres. Le premier, qui est très court, 
traite scolastiquement du sens littéral, piopre et métaphorique de la 
sainte Écriture. Le deuxième est consacré au sens mystique ou 
typique, que l'auteur appelle « la métaphore divine. » De ce que ce 
sens ne résulte pas directement des mots de l'Écriture, mais des 
choses exprimées par ces mots, il conclut trop rigoureusement que 
seuls les textes historiques de la Bible peuvent fournir des types 
bibliques et être la base d'un sens mystique. 11 n'a pas vu que le mot 
choses doit être pris dans une très laige compréhension et être appli- 
qué, si! y a lieu, aux choses dites par les écrivains sacrés dans des 
livres non historiques, comme l'entend, du reste, le Souverain Pon- 
tife dans l'encyclique Pivridentissunus Dens. Cette conclusion trop 
rigoureuse lui sert de point de départ pour mettre en contradiction 
avec eux-mêmes ou accuser d'inexactitude onze exégètes caliiolifpies, 
qui sont tombés dans ces erreurs parce qu'ils repoussaient la plura- 
lité des sens littéraux de la Bible. 11 y aurait beaucoup à dire sur 
cette critique, acerbe de ton et pleine d'insinuations malveillantes 
même au point de vue de l'orthodoxie. Remarquons seulenient 
qu'elle ne suit pis l'ordre rhronoiogifpie. iMiisqu'elle part de M. Le- 
sclie pour aboutir à Estius ; q\i'elle alliibue à M. Lesèlre une déliiii- 
lion du type, qui est de M. Trochon, comme à M. Vigouroux, dans 



— 28r, _ 

sa Bible polyr/lolle, des interprétations qui sont do l'abb*; Glniif ; que 
r.iiiteiir n'a pas compris la théorie, contestable d'ailleurs', niais [jour 
d'antres raisons, du passage du type à l'anlilvpcî dans certaines pro- 
phéties messianiques ; qu'enfin toutes les critiques faites pourraient 
être justes, sans que lapolyséniic, ou la pluralité des sens littéraux dans 
la Bible, en fût démontrée. Le chapitre troisième expose la véritable 
raison d'être de Va polysémie, fondée sur la doctrine de saint Augustin 
et de saint Thomas. L'auteur s'élève avec véhémence contre les appré- 
ciations, portées récemment par trois jésuites français, sur la théorie de 
la pluralité du sens littéral, imaginée par révè({ue d'Ilippone pour jus- 
tifier, comme prévues et voulues par Dieu, les différentes explica- 
tions qu'il avait données du prengiier chapitre de la Genèse. 11 écarte 
le danger de subjeclivisme, en restreignant la pluralité des sens litté- 
raux aux vérités qui peuvent s'adapter à l'Écriture, en sauvegardant 
le sens littéral. Mais tout lecteur s'imaginera que la vérité, qu'il voit 
dans l'Écriture, peut s'adapter et s'adapte exactement à la lettre. Quel 
sera le critère (jui permettra de décider si cette vérité, même s'adap- 
tant très bien à la lettre, a été voulue par leSaint-Esprit et est un sens 
de l'Écriture ? Les règles catholiques d'interprétation, à savoir la dé- 
claration des auteurs sacrés, la définition de l'Église, l'interpréta- 
tion unanime des Pères, font ici défaut, et la simple analogie de la 
foi ne suffit pas. Les règles d'interprétation communément reçues, 
que Léon XIll recommande aux exégètes de suivre et d'observer pour 
scruteret exposer le sens de l'Écriture, tendent plutôt à exclure qu'à 
reconnaître la pluralité des sens littéraux, car l'Écriture, quoique 
obscure parfois, n'est ni ambigiie, ni équivoque. Et c'est pourquoi 
les exégètes modernes, malgré l'autorité de saint Augustin et de saint 
Thomas, s'en tiennent à l'unique sens obvie de la lettre. Enfin les 
exemples de sens multiples, proposés par le Père Assouad, ne sont 
que des interprétations diverses données à un même passage. L'au- 
teur en prend occasion de critiquer certains commentateurs catho- 
liques. C'est une très mauvaise méthode de prendre comme norme 
de doctrine le point qui est précisément en question. Ce défaut est à 
la base de toute la démonstration du Père Assouad. 

E. Mangenot. 



Études de liturgie et d'archéologie chrétienne, par Pierre 
Batiffol. Paris, Gabalda ; Auguste Picard, 1919. in-12 de vi-329 p. — 
Prix : 4 fr. 

Le nouvel ouvrage de Mgr Batiffol est un recueil d'études où l'ar- 
chéologie confine à la liturgie. Plusieurs furent publiées en diverses 
revues, d'autres sont originales, toutes sont pleines d'intérêt autant 
que d'érudition du meilleur aloi. 



— 28(1 — 

L'Introduction au Pontifical romain éclaire définitivenient le pro- 
blème (le sa distribution actuelle et de son auteur, le célèbre Durand 
de Mende, vers t2!)o. — Notre costume liturgique dérive du costume 
en usage dans le monde romain. On réservait sans doute pour les 
cérémonies sacrées des vêtements plus précieux afin d en lelever les 
fondions. — Des usages romains nous voyons aussi émerger le règle- 
ment des conciles. C'est l'objet d'une démonstration très fouillée. — 
Les deux monographies suivantes sont d'intérêt moins général. Il est 
question d'abord des présents oll'erts par S. Cyrille d'Alexandrie à 
des personnages d& Constantinople rendus ainsi plus favorables <à la 
cause de la foi compromise par Nestorius. — L'ancien recteur de 
Toulouse se complaît ensuite à mettre en lumière une messe moza- 
rabe en l'honneur de saint Saturnin. — Ouest heureux de voir la 
procession de la Chandeleur inspirée par le mystère lui-même honoré 
le 2 février, an lieu de se rattacher à la fête païenne des Lupercales, 
suivant une opinion trop accréditée Les Parisiens seront très 

reconnaissants des précisions apportées à l'histoire de leur cathédrale 
du vi° siècle. — Elle fut témoin des cérémonies de la liturgie galli- 
caup connues surtout par l'Exposition attribuée à saint Germain de 
Paris. Enfin des documents, jusque-là inédits, révèlent le péril couru 
par le bréviaire parisien de M. de Vinlimille, édité en 1736, d'être 
condamné par Clément XIL 

On voit par ces indications sommaires l'utilité et l'intérêt de ces 
neuf monographies. A. Vigolrki.. 



JURISPRUDENCE 

Manuel pratique des lois sociales et ouvrières. Paris, Beauchesne, 
liîlS, in- 12 de 330 p. — Prix : 4 fr. 20. 

La Société de Saint-Vincent de Paul vient de rendre un nouveau 
service à la grande cause de la charité en publiant le manuel que 
nous nous pjaisons à reconimander à nos lecteurs. On peut trouver 
là, condensé dans un volume de dimension restreinte, tout l'ensemble 
de la législation si complexe qui tend à améliorer le sort du plus 
grand nombre. Notre temps a vu se multiplier les lois ayant cet ob- 
jet. Los personnes s'intéressant aux œuvres populaires ont besoin de 
connaître ces lois; au moins sommairement, pour pouvoir donner 
des indications utiles, des conseils autorisés à tous ceux dont elles 
s'occupent. Dans un cailre bien délimité, sous une forme très simple 
et très claire, sans développements superllus, mais avec le souci cons- 
tant de dire tout l'essentiel, le manuel tel que l'a conçu la Société de 
Saint-Vincent de Paul répond à ce besoin. En le prenant pour guide, 
on sera tenu au courant des solutions principales données par la loi 



— 2.S7 — 

aux ((iieslioiis de piotoclioii de la famille, do. iDgeinciil d (rii>;.'i( ne. 
(le |)i()l<'ctioii (le reiirance, de pioleclioii du travail, de prt'vfjyauc c, 
de iniitualilés, de coopéialivos. d assistance aux vieillatcls. Il laudiail 
toule une iini)oi'lante ljil)li()llir(|ue |)our trouver Ifs tiolioiis <pii sont 
léntiies et rrsumées dans ces trois cent et c|nel(|Ufs j)aj(es. Ajoutons 
(ju'uno bibliographie soignée complète cliaciuc grande division et per- 
met à ceux qui voudraient étudier plus à fond un sujet de recourir 
aux ouvrages qui l'ont traité. C. J. 



SCIENCES ET ARTS 

A travers le prlsinj> du temps, par C. Wagner Paris, Hachette, s d., 
in 16 de ix-304 p. — l^rix : 3 lY. ",0. 

M. C. Wagner continue ses « causeries scolaires » par un nouveau 
volume dans lequel il considère l'œuvre et la vie des hommes dans 
le temps. Le volume se divise en trois parties : Le Passé, le Présent, 
et l'Avenir, qui expliquent pour nous la notion du temps. Les vieilles 
gens comme les vieilles pierres et les vieilles demeures représentent 
pour nous le passé. Il faut en apprendre l'histoire afin de profiter de 
leurs enseignements. C'est surtout dans la tradition, et en particulier 
dans celle de la famille, la première de toutes, que se rencontTe lidée 
du jiassé. Il faut honorer ses parents, car en le faisant « vous ne 
faiti's pas seulement un acte individuel de reconnaissance et d'affec- 
tion, vous vous joignez à l'âme universelle de l'humanité. » C'est dans 
la famille, d'ailleurs, que se forme le bon citoyen, le bon patriote. 
Le piésent est le temps dont nous disposons ; il faut en faire boa 
emploi. Nous ne pouvons avoir de relation qu'avec les vivants ; nous 
devons en tirer le meilleur parti possible et nous montrer toujours 
bienveillants et aimables pour nos contemporains. Traitons choses et 
gens selon les idées que nous nous en faisons, mais n'employons vis- 
à-vis de nos semblables que la douceur et la persuasion Acceptons 
toujours la responsabilité de nos actes et respectons la propiiété 
d'autrui tant dans ses biens que dans ses idées. L'échange des idées 
se fait par la conversation qu'il ne faut pas confondie avec le bavar- 
dage et par la discussion qui doit toujours rester courtoise et ne pas 
dégénérer en dispute. Un juste milieu doit être gardé entre les gens 
-agit(?s et ceux qui ne le sont pas, comme entre les gens pressés et ceux 
qui ne le sont jamais. Le passé, le présent et l'avenir se tiennent. 
Les enfants préparent eux-mêmes leur av.enir dès l'école ; et s ils 
sont réprimandés par leurs parents ou leurs maîtres, c'est eu vue de 
leur avenir et de leur intérêt. La sagesse recommande de pré\oir 
l'avenir et de « ne pas manger son blé en herbe» ni « son pain 
blanc le premier », car si alors on se plaint, il ne faut s'en prendre 



— 288 — 

qu'à soi et ne pas accuser le sort d'èlre injuste. Ce livre contient 
d'excellentes choses et de tiès bons conseils ; les exemples qui 
viennent expliquer les idées sont clioisis autour de nous et faciles à 
comprendre par les jeunes lecteurs auxquels il est destiné. Il est 
regrettable seulement qu'aucune idée religieuse n'appuie sa morale. 

B. DE LA G. 



La Française dans ses quatre à<)es, par René Guillou. Paris, 
Société d'éditions Levé, 1919, in-16 de 254 p. — Prix : 3 fr. 50. 

Le présent livre devrait orner toutes les bibliothèques féminines, 
car M. Robert Guillou, dans sa lumineuse élude suv la Française dans 
ses quatre âges, s'adresse tout directement à la femme. 

En un style très clair, enrichi de mots heureux, de citations tiom- 
breuses qui, sans recherche, justifient les appréciations personnelles 
de l'auteur, ce dernier fait vivre à son lecteur toute une vie fémi- 
nine, qui commence avec l'Enfance, ses rêves et ses jeux innocents, 
pour s'épanouir à la Jeunesse, l'âge décisif où se dessine le contour 
que prendra la vie. Avec le troisième chapitre, un des plus émou- 
vants, la Maturité, nous arrivons au cœur de l'existence de la femme. 
N'est-ce pas, en effet, cette noble fonction de la maternité qui est 
incontestablement le plus beau moment de sa vie ? 

M. Etienne Lamy, dans une judicieuse l'rcface où il exprime à 
M. Robert Guillou une admiration bien méritée, le loue tout spécia- 
lement de s'être surtout adressé à la femme française, souhaitant 
qu'elle reste (( la femme d'un seul homme et de nombreux enfants 
et non la femme de plusieurs hommes et d'un seul enfant. » Cette 
dernière unicité ne serait pas pour relever notre race décroissante, im- 
bue depuis trop d'années de faux préjugés égoïstes, d'une économie 
mal entendue. Notre infériorité du nombre a été mise au grand jour 
pendant cette guerre ! Que les femmes françaises se ressaisissent 
donc, qu'elles lisent avec profit cette étude, car elles n'ignorent pas 
que la femme vit pour donner la vie ! 

Nous glisserons sur le dernier chapitre : La Vieillesse ; leur coquet- 
terie nous en saura gré. Accepter de vieillir est un art, et cependant 
un visage fané, mais éclairé d'un sourire, n'a-t-il pas encore son 
charme ? Puis la couronne des petits enfants est là. récompense 
vivante, d'une vie bien remplie. Simone Tuéron de Montalgé. 



Œuvres de Charles Ilermite, publiées par Kmu.k Picaud. I'. IV. Paris, 
Gaulliicr-Vill;us. 1917, iti S ch; vi-;)9i p. — Prix : 2") fr. 

L'éminent secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, nous 
donne le (piatrième et dernier volume des œuvres d'IIermite. recueil- 
lies dans les publications les plus diverses du monde entier. Un 



- 289 — 

pareil ouvrage se refuse presque à rnnalysc, tant est grande la variété 
des sujets traités. En général, ce ne sont pas de longs mémoires, mais 
de courtes notes ayant un objet parfaitement déterminé. Exception 
doit être faite cependant, toutes les fois que l'auteur aborde la théo- 
rie des fonctions elliptiques. En dépit de la rigidité du langage 
matiiématiquc, on sent alors toute la complaisance qu'il met à déve- 
lopper ses idées et ses découvertes personnelles. Dans ce domaine 
captivant il fut longtemps, en effet, le maître incontesté. Citons en 
particulier : Sur quelques conséquences arithmétiques des formules 
de la théorie des fonctions elliptiques. — Hemarcjues sur la décom- 
position en éléments simples des fonctions doublement périodiques. 
— Sur la transformation des fonctions elliptiques. — Sur quelques 
propositions fondamentales de la théorie. — Sur quelques dévelop- 
pements, en série des mêmes fonctions. 

A côté de ces travaux dont la pleine intelligence est réservée aux 
seuls initiés, on lira avec un très grand intérêt les discours, les 
notices biographiques, les lettres qui <( jettent quehpie jour sur la 
personnalité si curieuse d'Hermite », pour reprendre l'expression 
• même de M. Picard. Il semble en effet qu'Hermite se faisait de la 
science une idée mystique. Cette science mystérieuse serait réalisée 
pleinement et intégralement dans le monde de l'invisible, et se 
dévoilerait peu à peu à ses serviteurs fidèles et dévoués. Ainsi s'expli- 
querait la marche parfois extraoïdinaire du progrès mathématique, 
et surtout « le lien très étroit qui tout d'un coup est découvert entre 
les théories en apparence les plus différentes, d 

Dans des rapports académiques, à sujet et à objet froidement déli- 
mités, ces idées ne pouvaient pas être développées avec ampleur ; 
elles percent cependant. Lisez, par exemple, le magistral discours 
prononcé à l'inauguration de la nouvelle Sorbonne où Hermite fait 
1 historique de l'activité scientifique des professeurs ses devanciers ; 
et vous noterez avec quelle complaisance marquée il cite cette phrase 
du mathématicien Jacobi : « Habemus hic praeclaram exemplum, nisl 
anima praeformala sinl problemala, Jleri posse iil vel ante ociilos 
posita gravissima inventa non vidcamas. » 

Pour le philosophe et pour le savant qui s'intéressent à l'histoire 
et à révolution des idées, les quatre Aolumes des œuvres d'Hermite 
seront une mine de documents de premier ordre, et tous sauront le 
plus grand gré à M. Emile Picard d'avoir mené à excellent terme 
cette précieuse publication. G. Bertrand. 



LITTÉRATURE 

François Btiloz et ses amis. La Vie littéraire sous Louis-Phi- 
lippe. Correspondances inédiles de F. Bulo:, Alfred de i'igny, Brizeux, 
M.u-Jcn 1019. T. CXLV. 19. 



— 290 — 

Sainle-Beiive, Mérimée, George Sand, Alfred de Mussel. elc, par Marie- 
Louise Paim.euon. Paris, Calmann-Lévy, s d. (1919), in-8 de ii-4(Jl p., 
avec plusieurs illustrations. — Prix : 7 fr. 50. 

M. de Pontuiaiiin et Edmond Biré, — Edmond Biié surtout, — 
auraient été charmés en lisant ces Souvenirs de « \ie littéraire » ; ces 
<( Correspondances inédites )> auraient excité leur critique, animé 
leur verve et enrichi leur documentation sur une époque qui les pas- 
sionnait. Sans posséder les qualités de ces maîtres, le modeste lec- 
teur peut, lui aussi, glaner dans ces pages abondantes en détails, 
curieuses, souvent caractéiistiques, toujours instructives parfois 
même au détriment de ces écrivains chez qui la valeur morale était 
rarement au niveau du mérite intellectuel. M"' Maiie-Louise Paille- 
ron ouvre à notre profit, au profit de la vérité histoi ique, ses archives 
de famille, les papiers de son grand-père François Hido/, fondateur, 
directeur et inspirateur de la licriic drs Deux Mondes. Nous aurons 
trois ou quatre volumes de ces récits où les documents senchassent, 
et à l'avance nous nous en réjouissons fort, ayant piis grand intérêt 
au tome premier. N'exagérons pas. ce sont les petits côtés, parfois 
inélégants, de toute celte liltciature sémillante, l'envers du théâtre 
où brillèrent les grands acteurs de ces temps-là. Les confidences 
les plus intimes, les plus typiques concernent Edgard Quinct, 
Gustave Planche, Sainte-Beuve ; le premier apparaît plus sympa- 
thique à ses débuts qu'on ne le jugera plus tard ; le portrait de 
Sainte-Beuve demeure assez flatté ; de Mérimée, figure égoïste 
et sceptique, on nous donne une lettre (décembre 1832) très cu- 
rieusement amusante (p. 254) ; de l'intérieur de sa mère une des- 
cription très pittoresque (p. 26l>), peut-être la meilleure page de ce 
volume ; de Cousin, un portrait à l'cm porte-pièce par la princesse 
Belgiojoso (p. 312) ; l'affaire de ce Libri, savant peut-être, grand 
homme de la libre-pensée, et en somme détrousseur des biblio- 
thèques publiques confiées à sa garde, est présentée sous des couleurs 
relativement favorables ; des aventures passionnelles de George Sand 
avec Alfred de Musset, le récit nous est donné tine fois de plus, avec 
des lettres inédites adressées à Buloz, le grand bailleur de fonds, 
généreux et confiant, de ces bohèmes de la vie romantique. Vingt 
autres noms nous apparaissent dans ce cercle de la liei'iie à ses dé- 
buts et bientôt dans son plein succès ; il y en a plusieurs d'oubliés, 
aujourd'hui ; tous sont intéressants à retrouver, à suivre, à connaître. 

G. nu G. 

HISTOIRE 

1..C l*i'^trc-sol*la! «huis l'hisloiro, par Oscau IIavard. Paris, Blond ot 
(îay, 19KS, iii-Ki <le vni-i4S p. — Prix : G fr. îiO 

l'u beau sujet dont ranipleur domine les coïncidences du temps 



— 2'.»l — 

acfdol ; M. Osrar Ilavard l'a traitt- amplomeiil. Il tracn un vaste 
tableati d'onsornblo dopuis le temps des Césars juscjuà nos jours ; il 
y expose la doctrine de l'Kfîlise sur la guerre et le service des clercs, 
en montrant (on aurait facilement cru tout le contraire) combien 
souvetit et utilement les minisires de Dieu ont pris et tlû prendre 
paît aux choses guerrières. Luttes contre les Barbares et 1 Islam, 
contre les Normands, les Sarrasins ; l'évêque defensor civilalis, sou- 
lien par les armes de la paix publi(jue ; les expéditions du xi*' siècle 
commandées par le Pape ou un cvèque en perscimc ; les croisades 
coFiire Turcs. Mbigeois, héréli(pies; le clergé défenseur du sol natio- 
nal j)endant la guerre de Cent Ans ; etc. Divers chapitres forment 
des morceaux d'ensemble sur des points particuliers : la Chevalerie, 
la l'apaufé et la Turquie, la Ligue en Frarice, les luttes fratricides 
inaugurées. par la Réforme et les révoltes protestantes. — A signaler 
des développements curieux, peu connus, sur tout ce groupe 
« d évêques-généraux » du temps de Richelieu. Le raccourci de l'ac- 
tion du prêtre aux armées pendant les guerres de la Révolution et 
de l'Empire toiirne un peu brusquement ; la matière était moi.Ts 
rici"^. Il Y a des pages à retenir sur la chouannerie (aussi bien en 
ISlri qu'en 179.3); sur la glorieuse petite armée pontificale réunie 
pour la défense de Pie IX. Ce qui a trait à la guerre de 1870 aurait pu 
être dévelopi)é ; on a indiqué les points principaux des luttes soute- 
nues dans nos colonies au nom de la civilisation chrétiennepar nosmis- 
sionnaires. Naturellement le livre se termine par une vue d'ensemble 
à propos de nos « prêtres-soldats » de la guerre actuelle ; des noms 
glorieux sont ici cités. L'auteur n'a pas cru devoir aborder, dans la 
crainte de l'écourter, le chapitre capital du rôle de nos aumôniers 
militaires. C'est en effet un sujet qui mérite une étude spéciale. Pour 
la forme on ne peut s'empêcher de remarquer une certaine préten- 
tion de style. Pour le fond, je ne doute pas de l'ortliodoxie rigou- 
reuse de l'auteur qui a pris la plume en historien non en théologien. 
J'ajouterai, pour finir, un compliment doublé un regret : les sources 
histoiiques indiquées en note sont nombreuses ; pourquoi n'en avoir 
pas dressé à la fin une bibliographie générale ? Elle eût été pré- 
cieuse et eût ajouté à l'utilité d'un grand travail qui restera toujours 
à consulter. Geoffroy de Grandmaiso.n. 



Lu France aa Maroc, par'AxnRÉ Liciitenbkrgeh. Paris et Nancy, Ber- 
ger-!. evrault, 1918. in-lG de 64 p., avec ime carte. — Prix : fr. 90. 

Le Maroc de 1Î)1ÎJ, par Hem»y Dcgard. Paris, Payot, 1918, ln-16 de 
-1S[\ p. — Prix : 4 fr. oO. 

Au Maroc. Marakcch et les ports du sud, par le comte Macrice db 
Péiugny. Paris, Pierre Roger, s. d. (1918), petit in-8 de 235 p., avfc 
23 photogravures hors texte et 2 cartes. — Prix : 4 fr. 



202 

Les Knergies françaises au Maroc, éludes économiques et sociales, par 
Je comle ue l\ Hevklikre. Paris, Plon-Nourrit, 1917, iii-8 de xiv-563 p., 
avec 15 cartes et plans. — Prix : 15 fr. 

Voici quatre livres sur le Maroc, quatre livres très différents les 
uns des autres, mais qui n'en méritent pas moins, à des titres divers, 
de retenir l'attention. Il importe de les examiner successivement. 

— Le premier, la France au Maroc, de M. André Lichtenberger, ne 
fait que courir sur les sommets. C'est un aperçu d'ensemble, plein 
d'expressions heureuses et de faits topiques, de l'œuvre accomplie 
par notre patrie depuis le jour où elle a placé le Maghreb el Aksa 
sous son autorité jusqu'à l'heure présente. Comme introduction 
générale à des lectures plus développées, comme cadre où faire entrer 
graduellement des. notions plus complètes et plus précises, on ne 
saurait souhaiter mieux ; par la clarté de son exposition, par l'heureuse 
proportion de ses différentes parties, parleur rigoureux enchaînement, 
M. André Lichtenberger a su faire un travail vraim.ent lumineux, 
très intéressant et très instructif à la fois. Ceux qui savent s'en ser- 
viront comme d'un mémento ; pour les autres, ce sera une révélation. 

— M. André Lichtenberger prévoit que, dans quelques années, « le 
Maroc sera le joyau incontesté de notre empire » ; M. Henry Dugard 
pense de même, et c'est pourquoi il s'efforce d'appeler sans relâche 
l'attention sur ce pays, d'en faire chaque année connaître lesprogics. 
d'y entraîner les hommes d'action, « en particulier — dit-il — ces 
jeunes gens énergiques qui veulent, après la guerre, venir faire for- 
tune dans nos colonies et nos pays de protectorat. » Mais commeiit 
M. Henry Dugard entend-il les convaincre ? En leur montrant les 
choses telles qu'elles sont, en leur en donnant une idée exacte, en en 
suivant l'évolution au jour le jour. Voilà précisément ce qu'il avait 
commencé de faire dans /e Maroc de 1917; voilà ce qu'il continue 
dans le Maroc de 1918, dont l'esprit et le but demeurent invariable- 
ment les mêmes : .M. Dugard ne quitte pas un seul instant le terrain 
sur lequel il s'est placé d'abord, celui du développement économique, 
agricole, commercial et industriel de « notre jeune et alerte Maroc. « 
Des bibliographies infra-paginales et des appendices précis ajoutent 
à l'intérêt de ce volume, où d'autres que les hommes d'action trouve- 
ront à butiner; les historiens y relèveront, par exemple, syr l'inler- 
vention des Allemands au Maroc, des détails très dignes d'être rete- 
nus et que, pour ma part, je n'avais encore jamais vus signalés. 

Ou trouve également quelques détails de ce genre dans le volunu 
(juc le comte .Maurice de Périguy >ieiit d'écrire sur Marrakech el les: 
l'orls <//t .sa</ du Maroc. Après nous avoir parlé l'année dernière df 
Fèa, la capUale du //o/v/ de la contrée, ce voyageur devait naturelle- 
ment s'occuper de Marraivcch ; il n'y a pas mantiué, pour noire [>lu.' 



— 2Q3 — 

^grand agrément cl pour riolic instruction tout à la fois. Chargé en 
efTct, à Marrakech, par le général Lyautcy, dune mission analogue k 
celle qu'il avait si bien remplie précédemment dans la capitale du 
nord, le comte Maurice de Pcrigny a recueilli sur le commerce et les 
industries de celle ville, comme aussi sur les ressources de la région, 
les renseignemetils les plus précis ; il en fait bénéficier son lecteur, 
el de même fait-il pour ses observations sur les populations diverses 
qui contribuent à rendre Marrakech une ville capitale, et pour ses 
remarques sur les transformations de cette cité. Deux chapitres con- 
sacrés, le premier à un aperçu historique et le second à la politique 
des grands caïds, précèdent celle consciencieuse étude sur Marrakech, 
à laquelle font suite une description de la région dont cette ville est 
le centre et une rapide esquisse historique et économique des trois 
ports par où s'écoulent les produits de celte même région : Mogador, 
Saffi el Mazagan. De bonnes photogravures et deux cartes uccom- 
pagricnt ce nouveau travail du comte Maurice de Périgny. 

— Peut-être trouvera- t-on dans Marrakech et les ports du sud un ou 
deux passages où le comte M. de Périgny a uti peu dépassé sa pensée 
(cf., en parliculier. à la p. 23, la phrase relative aux belles statues 
qui ornaient jadis le palais du Bedi, bâti par El Mançour) ; rien de 
tel dans les Énergies françaises au Maroc, du comte de la Revelière. 
Ici nous ne sommes plus en présence d'une esquisse d'ensemble, ni 
d'études de détail, ni d'articles de vulgarisation constituant autant 
de chapitres d'un agréable volume ; voici un gros ouvrage très tra- 
vaillé, bourré de chiffres et de faits, rédigé à la suite d'enquêtes et 
d'observations sur place, contrôlées et complétées par de minutieuses 
recherches dans les livres. Est-ce. à proprement parler, avec ses 
tableaux statistiques, avec ses renseignements précis de toute nature, 
un ouvrage de vulgarisation ? — Nous sommes bien plutôt tenté de 
voir dans les Énergies françaises au Maroc un rapport d'homme d'af- 
faires, un rapport d'ensemble ou, si l'on préfère, un « état de situa- 
tion », très travaillé et très exact, mais destiné à être complété, sur 
chaque région géographique ou dans chaque ordre d'idées, par des 
travaux de détail plus étudiés encore ; tels — pour n'en citer qu'un 
exemple, — le volume de M. J. Goulven sur le Pays des Doakkala, 
ou encore les monographies du comte M. de Périgny dont il vient 
d'être question. Ce rapport, qu'accompagnent des annexes, des plans, 
des statistiques en très grand nombre, traite successivement de la 
propiiété, des villes principales, des voies de communication et des 
fleuves, puis de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. Sa con- 
clusion est qu' « au Maroc, plus que partout ailleurs, il ne suffit pas 
d'avoir des idées et de les remuer au hasard : il faut les réaliser avec 

I méthode et esprit de suite, sans défaillances ni dispersion. » Rien de 



— 294 — 

pins exact ; aucun conseil ne saurait être plus profitable, surtout 
pour qui veut réussir là-bas... Lisez donc, vous tous qui voulez con- 
naître le Maroc, le gros volume du comte de la Revclière, vous y 
apprendrez beaucoup, et des choses utiles, et des laits précis. 

Hemii Froiuevalx. 



Les FcVrhes muritimes. Un tour sur le Ïtoyger-Bank, par Henmu 

Malo. l*aris, Bossard, IHI.S, iii-lG de 1^7 p., avec une carto cl 8 photogra- 
phies. — Prix : H fr. 90. 

Le « Dogger-Bank » n'est connu, pour beaucoup de Français, que par 
l'attaque, née dans l'imagination slave, de la flotte russe par des tor- 
pilleurs japonais, et qui se serait produite en mer du Nord, dans le 
voisinage de ce banc. En réalité, cet épisode n'est (pi'une page, sans 
importance réelle, de l'histoire de ce célèbre lieu de pèche, où, 
chaque jour, des centaines, des milliers peut-être, de chalutiers 
viennent récolter de quoi assurer l'exitence de populations entières. 

M. Henri Malo, qui connaît et aime la mer et les marins, a été faire 
un tour sur le « Dogger-Bank » et raconte simplement ce qu'il a vu, ce 
qu'il a appris, en l'illustrant d'excellentes photographies. Ces pages 
ne seraient qu'un récit vivant et d'ailleurs fort intéressant, si elles 
n'étaient complétées par un chapitre où l'auteur compare les pro- 
cédés de pêche français, les mœurs de nos pêcheurs et de nos arma- 
teurs, avec ce qui se fait chez nos voisins, Anglais, Belges ou Alle- 
mands. Et, vraiment, les conclusions de ces études sont navrantes. 
Elles prouvent que dans le domaine de la pêche, comme, hélas !dans 
bien d'autres, la routine, la mauvaise volonté, régnent en maîtresses 
et paralysent tous les efforts, toutes les initiatives. Une phrase qui en 
dit long, résume les réflexions terminant cet excellent volume : 
i( Notre production en poissons est moilié moindre que celle de la 
Grande-Bretagne, avec un chiffre de pêcheurs sensiblement égal. » 
Dieu veuille que les leçons (pii se dégagent du petit livre de M. Henri 
Malo soient comprises et mises à profit. J. C. T. 



A'i." de .M()r .liilien Lotli, protoiiotaire apostolique, <*uré «le 
Saiiit-Maelou, par (]i:oiu;i;s Loth. lîouoii, Laine ; Paris, Técpii ; Ilalon. 
1910. in-S de xvi-787 p., avec 2 planches. 

,!Mgr Julien Loth. prolonotaire apostolique et curé de Sainf-Maclou 
de Boucn. aurait iMobablement occupé une chaire épiscopale, si ses 
opinions politiques et ses relations avec la famille d'Orléans ne l'en 
avaient écarté sous le régime du concordat si néfaste pour le bon 
choix des évêquos. Il fut un éminent professeur, un orateur éloquent 
et un écrivain dislingué. Prêtre d'une grande piété, il s'acquitta pen- 
dant de longues années a\cc un zèle iid'aligable et un succès des plus 



— 295 — 

heureux du iiiiiiislère dont il fut chargé dans son diocèse. Et cepen- 
dant ou ne peut [)as voir or» lui une de ses grandes figures qui jalon- 
nent riiisloire de l'Kglise de France. Aussi M. Georges Lotli, son 
frère et son historien, s'eflbrce-t-il de justifier une biographie dont 
certaines personnes pourraient mettre en doute l'oppoitunité. De 
pareils scrupules font lionncur à M. Georges Lolh, mais qu'il se ras- 
sure ; il aura l'approbation non seulement.des Normands cpii tenaient 
en si grande estime le curé de Saint-Maclou, mais ég^alement de tous 
ceux qui. en dehors de la Normandie, pensent qu'on ne doit pas lais- 
ser périr la mémoire des hommes qui. sans s'être imposés à l'atten- 
tion de tout un pays par des actions extraordinaires, ont honoré le 
milieu plus restreint où ils ont vécu par toute une série d'oeuvres 
de grande valeur. Du reste, nombreux sont les lecteurs qui éprouvent 
un charme plus grand à parcourir l'histoire de personnes plus rap- 
prochées d'eux par la simplicité de leur vie (]ue celle des personnages 
(]ui les domit)ent de toute la hauteur où ils se sont placés et (pi'on 
appelle les grands hommes. M. G. Loth a d'ailleurs adopté pour cette 
biographie uu plan excellent. S'effaçant lui-même le plus possible, 
il laisse parler les faits. Très simplement il expose les détails de la 
vie du vénéré prélat et met sous nos yeux les jugements portés sur 
eux par les personnes que leur situation autorisait à les apprécier. 
Mgr Loth avait écrit une cinquantaine d'ouvrages historiques. Or, la 
plupart d'entre eux nous deviennent presque familiers, grâce aux 
extraits bien choisis qui nous en sont donnés. Mais son œuvre litté- 
raire la plus importante sans contredit fut la Semaine religieuse du 
diocèse de Houcn qu'il fonda eu 18(57 et dans laquelle il publia d'in- 
iiombrables articles jusqu'au jour où elle disparut en lUOI. Les détails 
(jui nous sont donnés sur ce périodique si apprécié, dont il fut l'âme 
pendant trente-quatre ans, nous apprennent qu'on ne peut se dis- 
penser de le consulter, lorsqu'on veut étudier le passé historique et 
littéraire du diocèse de Rouen. Eu somme, l'intérêt que nous prenons 
à étudier la vie si active de Mgr Loth est doublé par ce qu'elle nous 
fait connaître des hommes et des choses de la région où elle s'est 
déroulée, c'est-à-dire de la Normandie. Nous sommes persuadé que 
tel sera l'avis de tous ceux qui liront cette biographie écrite, nous 
sommes heureux de le dire, dans un style très simple, très clair, en 
résumé des plus agréables. Léon Cllgnet. 



BULLETIN 



l.'Exi«l«'nce de Dieu, par l'ablic Klclse Diplessy. Paris:, Bonne Presse, s. d., 
'\n-i-2 de 7!» j». — Prix : (I fr. OU, 

M. l'abbé Diiplessy se propose de publier un Cours supérieur de religion. 
Les premiers feuillets, que nous avons ici réunis dans un opuscule à part. 



— 290 



répondent à cette question : Dieu est-il ? L'auteur y expose les arguments 
traditionnels à sa manière personnelle qui est laite de clarté, de bonne foi, 
de méthode rigoureuse, d'argumentation pressante, sans rien d'encom- 
brant, d'inutile ou d'inexpliqué, dans un langage d'homme à homme, 
aussi direct et actuel que possible, pailleté de traits rapides et de réflexions 
lumineuses d'où jaillit un éclair. 11 serait diflicile de parler avec plus d'ai- 
sance et d'à-propos des plus hautes questions. Souhaitons d'avoir à cons- 
tater au plus tôt, dans la suite du Cours, ces belles qualités. (]. !.. 



r]pi«i de bon «iraiii, paroles de lumière cl de pui.r, par Alfueu Bernard, ^•ariî^, 
Bcauclicsiic. 1018, in-18 carré de 262 p. — Prix : 3 fr. 

Il n'y a pas d'ivraie parmi ces épis. Tous sont chargés de grain, et ce 
grain, répandu dans une tene bien préparée, y fructifiera comme une 
semence bienfaisante, favorisant la germination des idées les plus fécondes 
sur Dieu, la fin de l'homme et le but de la vie, llncarnation et l'Eucharis- 
tie, la vie chrétienne et l'espiit moderne, les œuvres de charité, la prière 
et la mort. 

On ne saurait trop réfléchir sur ces grands sujets. On se félicitera d'y 
être aidé par les indications d un esprit à qui ce travail est familier. 



L.a Mystique d'.\l-<iazzali, jinr le D' !Mi(.ikl Asi.-s P.\i..\cios. Bcyroiilli (Sy- 
rie), 1914, in-4 de '.il p. 

Le Mémoire de M Asin Palacios, lu en partie à la Semaine d ethnologie 
religieuse de Louvain, le 3 septembre 1913. et publié dans le tome ^ Il 
(p. G7-10i) des Mélanges de la Facullé orientale de Beyroidfi. expose la doc- 
trine mystique d'un des plus célèbres théologiens de l'Islam, Gazzali ou 
Ghazali, surtout d'après la quatrième partie de son ceuvre maîtresse inti- 
tulée : Vivijlcalion des sciences religieuses. On ne saurait trop féliciter l'au- 
teur de ec travail, la matière étant, comme il le dit bii-méme, difficile à 
résumer « à cause de la subtilité des concepts et de ram[)leur brillante de 
la forme. » 

Après avoir énuméré les treize degrés par lesquels Tàme s'élève sans 
cesse vers Dieu : pénitence, patience, gratitude, crainte et espérance, pau- 
vreté, renoncement au monde, abnégation de la volonh-, amour divin, 
pureté et sincérité d'intention, examen de conscience, médilation, extase, 
il cor)clut en donnant un aperçu des sources et de l'influence de cette 
remarquable synthèse philosophico-Ihéologique. Lmprinitéc à la fois à l'is- 
lamisme, au chrislianisme. à la doctrine des Yoghis, au juda'ismeessénien, 
et aux réminiscences plotiniei^nes, elle a joué, depuis le w' siècle, un giand 
rôle dans la vie de l'Islaïu. Elle est toujours en honneur à la Mecque, au 
Caire, à Fez et aux Indes. Elle est à la base de tous les livres soufis dont 
se servent les dévots musulmans. Elle a passé en partie, au moyen âge, 
dans le rabbinisme es])agMol et provençal et, par lui, dans certaines 
(euvies scolaslitpies telles que le Pngio Jidei du dominicain catalan Uay- 
mon .Martin. 11. (îniux. 



A X«'vv l>i4-lioiiai*y l']ngli*<li-Fi>eneli aiid Fr«'iieh-I]ii«|li!»li. M iV /i;/(/»Y(/ 
proiiuiicialion. l'aris, |)i<licr, l'.)l!S. ni ;J2 carlotuir Jo n i(l.)-t-i-2li!> p. — i'ri\ : 

4 II-, no. 

(le dicliotMiaire, é\idemment destiné à junivoir se placer dans la poche, 
iéunilen moins de cinq cent quarante jx'liles pages le double vocabulaire- 



— 2a7 — 

ariRlais-fr.'inçais ol français-anglais ; on ne sora donc pas siii|tris si le ca- 
ractère en est un peu fin, quoique suiTisammenl dislincl, el si le papicrcn 
est un peu mince. Pour ses dimensions, il est fort complet, plus coniplet 
môme, en ce point, que de plus gros lexiques; il contient en eflel nombre 
de vocables tecbniques et de termes de langage et môme de l'argot mi- 
litaire, mis en circulation parla guerre. La prononciation des mots est li- 
gurée avec soin ; deux listes d'abréviations anglaises et françaises, dont 
beaucoup sont d'usage assez récetit, forment un appendice utile, que suit 
un tableau com])aralif des poids, mesures et monnaies de France, de la 
('■rando-Hietagiie et des États-Unis. L'ouvrage est estimable el commode : 
il rendra des services. A. Baiibk.ai;. 



I„«' l>«'i*iiiei' Pt'leriaaçje <!«' « rtloile o on 'l'orre-Sainlt-, par 

B. IJÉDAOi I. Paris, lionne i'resse. s. d. (I'JI8) gr. in-8 de O'i p., avec gravures. — 



Prix : 2 fr. 



La fin d'un bateau est une chose triste, lamentable, pénible au r.œnr 
d un marin. Or, quel bateau fut plus aimé et, par suite, plus regretté que 
u l'Étoile, » si cber à tant de pèlerins ? Il était donc juste qu'avant d'ètie 
livrée aux démolisseurs, <( i'Kloile » fût célébrée dignement. C'est la tàclie 
(jue se donna M. E. Bédaoui, en racontant le dernier pèlerinage de '< l'Etoile » 
qui, s'il ne fut peut être pas le plus beau de tous, fut presque certaine- 
ment le plus complet et le plus réussi. Les pèlerins de 1913 ont lait, en 
efTel, un merveilleux voyage dans la Méditerranée orientale. Ils ont vu 
Corintbe, Atliènes, le Mont Âthos, Gonstantinople. la Syrie et la Palestine, 
l'Egypte, Messine et Naples. Ce long périple est raconté dans un style sim- 
])!e, naturel, très vivant. Il est émaillé d'agréables réflexions philoso|)liiques, 
de léininiscences historiques, de jolies descriptions et l'ensemble forme un 
volume intéressant, dune lecture très facile. J. C. T. 



CHRONIQUE 



Nécrologie. — Avec M. Maurice:Br;LLOM, la science perd un érudit de 
premier ordre ; il s'est éteint le 5 mai dernier. Né à Fontainebleau, le 
10 août 1863, il fut élevé au lycée du Puy, continua successivement ses 
études au collège de Beauvais et au Collège Stanislas, entra à l'École des 
mines, puis, élève de lÉcoIe polytechnique, il sortit dans la promotion de 
18Si, prit sa licence en droit el fut nommé en 1906 professeur à l'École 
des mines (section d économie industrielle) et ingénieur en chef de 
première classe en l'911. Membre des Sociétés d'économie politique, de 
statistique, d'économie sociale, de législation comparée, etc., il prit part à 
de nombreux congrès. Parmi les travaux qu'il a publiés on peut citer : Les 
Caisses de secours el d'assurance pour les ouvriers mineurs du dislricl de Frei- 
berg fSnxe royale) Vaix-s, 1890. in-8); — De l'Élal actuel de la léijislalion 
élrangère relative à la réglementation du travail des adultes, des Jemmes el des 
enfants (Paris, 1890, in-8) ; — Élude de la législation allemande en matière 
d'assurance contre la maladie d'après le projet de loi du 2? novembre tS90 
(Paris, 1891, in-8); — Élude des coefficients de risques adoptés en Autriche 
en matière d'accidents du travail (Paris, 1890, in-8) ; — Étude des clahlisse- 
menls d'assurance contre les accidents, inslilués en Aulriclte par la lui du 
28 décembre 1887 (Paris, 1891, in-8i ; — Élude sur la loi allemande relative à 



— 298 -■ 

l'industrie et sur les projets de modification dont elle a été l'objet (Paris, 1891, 
iii-8) ; — Élude sur les tribunaux indut^lriels allemands (Paris, J89I, iii-8) ; 

— Note sur le projet portant modification de la loi allemande relative à l'in- 
dustrie (l^aiis, 1801, in-8) ; - De l'Organisation des caisses de secours pour 
les ouvriers mineurs en Autriche (Paris, 1891, in-8) ; — La Statistique de ta 
morbidité en Allemagne et en Autriche (Pitris, 1891. in-8) ; — Le Verrier 
d'Hirschtierg, élude monographique de la population ouvrière d'une vallée du 
Riesengebirge (Basse-Silésie) (Paris. 1891. ir)-8) : — Elude de l'assurance 
contre In maladie, orf/anisée en Autriche par les lois du 30 murs ISSts et du 
■I avril IS89 (Paris. 1891, in-8) ; — Congrès des Sociétés savantes à ta Sor- 
tionne en 1891. Section des sciences économiques et sociales. Des organes insti- 
tués à iétr(uiger en vue de faciliter la conciliation et l'arbitrage entre patrons 
)'i ouvriers (Piiris, 1892. in-4) ; — La Législation des sociétés de sec(mrs mu- 
Uiels devant le Parlement français (Paris, 1895, in-8) ; — La Question des 
retraites ouvrières dans les pays étrangers (Paris, 1897, in-8) ; — Études sur 
la statislique des accidents dans les mines allemandes (Paris, 1898, in-8) ; — 
De la responsabilité en matière d'accidents du travail, commentaire de la loi du 
'J avril 1898 et des décrets du 28 Jévrier 1899, portant règlement d'adminislra- 
iion publique pour l'exécution de celte loi (Paris, 1899, in-S); — Note sur des 
accidents survenus dans l'emploi des récipients de vapeur (Paris, 1900. in-8) : 

— Les nésullats de l'assurance ouvrière à la fin du mx" siècle CSnncy, 1901, 
in-8). 

— Lo folklore fait on France la pins donlonrense dos portos avec la mort 
<le M. Emmanuel Cosquin, décédé le 18 avril, à Vilry-Io-François. dans sa 
78° année. Né en 1841 dans la même ville, il resta toujours lidèlement 
attaché à son lieu de naissance, comme il montra la même fidélité ferme 
et éclairée à sa foi religieuse et à sa foi monarchic|ue. Il avait fait ses 
études juridiques, mais il ne tarda pas à se consacrer entièrement et 
exclusivement à la recherche et à roxamon des traditions populaires dans 
lesquelles il ne tarda pas à devenir un maître incontesté, aussi estimé à 
l'étranger qu'en France. La consultation des bibliothè([nes et les relations 
<îpistolaires qu'il entretenait avec de nombreux érudils lui fournissaient 
les éléments des beaux et nuiltiples travaux qu'il exécutait dans le calme 
tle sa retraite provinciale. La Société des sciences de Vitry-lo-François le 
comptait naturellement an nombre de ses associés. Dès 1886 l'Académie 
française avait couronné ses Contes de Lorraine ; en 190^ l'Académie des 
inscriptions lélut correspondant. De bonne heure dos liens l'avaient atta- 
ché à la Sociél('' biblf()ii;ra|)hi(pio ; et la Revue des (piestions historiques eut à 
honneur de |)ublier t|uelqucs-uns de ses mémoires toujours si érudils, si 
ingénieux et d'une science si sûre, si hardie et si prudente à la fois. Nous 
<:iterons de lui les ouvrages suivants : Les Coules populaires européens et 
leur origine (Paris, 1873, in-8) ; — La ]'raie et la fausse Infaillibilité du 
Pape (Paris, 1873, in-18) ; — Les Contes populaires et leur origine, dernier 
élut de la ipieslion (Bruxelles, 1875. in-8) ; — Contes popula'ires lorrains 
recueillis dans un village du liarrois, à Mouliers-sur-Saut,v [Meuse), avec des 
remanpies (iNogent-le-Hotrou. 187(5, in-8) ; — Le Concile du \atican, son 
caractère, ses actes (Paris, 1877, in-18) ; — Un Problème historique. A propos 
(tu conte égyptien des Deux Frères (Le Mans, 1877, in-8) ; — Contes popu- 
la'ires de l^orraine comparés avec les contes des autres provinces de France et 
(les pays étrangers et précédés d'un essai sur l'origine et la propagation des 
contes populaires européens (Paris, 1886, 2 vol. in-8) ; — Congrès inlernatio- 
nal des traditions populaires en Î889. L'Origine des contes populaires euro- 



I 

r 

i 



— 299 — 

péeiis et les Uièories de M. Long, mémoire présenté an Congrès des Iradiliong 
populaires de I8S9 (Paris, i891, in-8) ; — La Légende du page de sainte Éli- 
snbe.Ui de Portugal et le Conte indien des fions Conseils n'ans, iW.i, \n-H) : 

— La Légende du page de sainte Elisabeth de Portngal et les Contes orienlanx 
{posl-srriplnm) (Paris, MiO'i. iii-8) : — l'nntaisies fjibUco-inylhologigiies d'un 
chef d'école, Edmond Stitchen, et le Polk-Lore (Paris, s. d., iii-8). 

— ho doclctir (>iiarlos I'huïset, qui vient de mourir a S2 ans. laisse une 
ipuvre considérable. Il naquit à Paris le 8 février J83S. Ai)rès de sérieuses 
études, il fut inlerne dans les hôpitaux de 1S6I à 18G6. soutint brillam- 
ment sa thèse en ■JHOo. fut agrégé à !a Faculté de médecine, et, en 1872. 
devint médecin des hôpitaux en même temps qu'il était nomme professeur 
à la l'acuité de médecine. Lu 1897 il fut élu membre de l'Académie de 
médecine (section de pathologie médicale). Citons parmi ses ouvrages : 
Du lilinmatisme aign et de ses diverses manifestations (Paris, 186o. in-8) ; — 
De l'Oligurie et de Vanarie hystériques et des vomissements qui les accom- 
pagnent, note lue à la Société médicale des hopilaux de Paris, dans la séance 
du lli mars ifil'i (Paris, 1873, iri-8) ; — De la Pneumonie aiguë et de ta 
névrite du pneumo-gnstrigue, pathogénie de la pneumonie (Paris, 1878. in-8) ; 

— De ta Scialique et de sa nature (Paris, 1878, in-S) ; — Des Matdfestations 
rérébro-spinales de la fièvre typhoïde, en collaboration avec le docteur Mau- 
rice LetuUe (Paris, 1879, in-Sj: — De la Pneumonie franche aiguë, de son 
évolution et de sa crise (Paris, 1881, in-8) ; — De ta Digihde dans les maladies 
du cœur (Paris, 1882. in-8) ; — L>e In Tuberculose périlonéopleurale subaiguë 
(Paris, 1884, in-8;: — Notice sur la vie et les œuvres de Xoël (iueneau de 
Mussy, médecin honoraire de l'Hôtel Dieu (Paris, 188ô, in-8) ; — Note sur un 
cas d'endocardite ulcéreuse (Paris. 1883, in-8) : — Sur une épidémie de fievrif 
typhoïde qui a sévi à Pier refonds en 1880 (Paris. 18S7, in-8) ; — Des Séries 
iiiorl)ides parallèles (Paris, 189;i, in-8) ; — Exposé des titres et travaux scien- 
tifiques du D' Cliarles Fernet (Paris, ■fSgS, in-8) ; — Rapport général à Mon- 
sieur le ministre de l'intérieur sur tes épidémies qui ont régné en Erance pen- 
dant l'année 1898, fait au nom de la Commission permanente des épidémies de 
l'Académie de médecine (Melun, 1900, in-4) ; — De la (empresse hydrolhéra- 
plque appliquée sur la poitrine (l*aris, 1903. in-8) : — Les Satellites de l'al- 
coolisme (Paris, 1906. in-8) ; — De la Propreté, étude d'Iiygiène (Paris, 1909, 
in-8) : — Sur l'herpès de la peau et des membranes muqueuses (Paris, 1910, 
in-8) ; — De la Gymnastique auriculaire et de son application au traitement de 
ta surdité (Paris, 1911, in-8) ; — De la Créosote dans le traitement de ta tuber- 
culose pulmona'ire (Paris, s. d.. in-8) ; — Deux cas de pleurésie médifvitine. 
l'une purulente, l'autre gangreneuse, traités et guéris par la thoracotomie 
(Paris, s. d., in-8) ; — De la Gymnastique abdomincde appliquée au traitement 
de ht constipation habituelle (Paris, s. d., in-8; ; — De l'Infection tuberculeuse 
par ta voie génitale (Paris, s. d.. in-8) : — Des Injections intrapleurales anti- 
septiques dans les pleurésies infectieuses (Paris, s. d., in-8) ; — Des Injections 
intr a- pulmonaires antiseptiques dans le traitement de la phtisie pulmonaire 
(Paris, s. d., .in-8); — Paludisme et lympliome (Paris, s. d., in-8) ; — Des 
Pleurésies séro-fibrineuses {classification, diagnostic, pronostic) (Pans, s. d., 
in-8) ; — Du Traitement antiseptique direct des maladies inj'eclieases des cavi- 
tés séreuses (pleurésies, péritonites, arthrites) (Paris, s. d., in-8) ; — Du 
Traitement des pleurésies purulentes et infectieuses par les injections intrapleu- 
rales (Paris, s. d., in-8). 

— Sir John Pentland Mah.\ffv. prévôt du Trinity Collège de Dublin, est 
anort dans cette ville le 30 avril, âgé de 80 ans. Né en Suisse, à Chappo- 



1 



— 300 — 

iiaîro, où résidaionl ses parents, le 26 février 1839, c'est là et en Allemagne 
qu'il commença ses études, dans la maison de sa famille. Il les acheva au 
Trinity Collogo de Dublin, où il fit toute sa carrière. Il y devint en f871 
jirofesseur d'histoire ancienne L'histoire ne fut d'ailleurs pas seule ;i l'oc- 
cuper et il a donné quelques études philosophiques remarquées. Son pre- 
mier livre fut même une traduction d'un morceau de Kuno Fischer sur 
Kant : A coinmenlnry on Knnl's crilick of Ihe pure reason (London, 1X66, 
in-S). Ses principales publications sont les suivantes : Twelue leclures on 
primitive civHi:cdion (London, 1808, in-8) ; — Prolegomena lo ancient liislory 
(London, 1871, in-8); — Knnt's crUicnl phitosopliy (London, 1872-1874, 
3 vol. in-8) ; — Social life in Greece (London. 1874. in-8). souvent réim- 
primé ; — Greek antiquilies (London, 1876, in-8) ; — linmbles and slndicf in 
Greece (London. 1876, in-8) ; — The Allie oralor (London, 1870, in-S) ; — A 
liislory of classical Greek lileralure (London, 1880. 2 vol. in-8) ; — Descaries 
(Edinburgh. 1880, in-12) ; — OUI Greek educalion (London, 1881, in-8) ; — 
The Ih'cay of modem preaehing (London, 1882, in-8) ; — Alexander's empire 
(London, 1887. in-8) ; — Greek life and Ihougld, from Ihe âge of Alexander 
to Ihe Uoman compiesl (London, 1887, in-8) ; — The principle of Ihe nrl oj 
coni.'crsalion (London, 1887, in-8); — Skelches from tour throngh Ilolland 
and Germany (London, 1888, in-8) ; — Greek piclures (London. 1890, in-8) ; 
— Greek world under Roman Sway (London, 1890, in-8); — Problems in 
Greek hislory (London, 1892. in-8); — Empire of Ihe Plolemies (l.oudon, 
189ÎJ, in-8) ; — A Snrvey of Greek civilisalion (London. 1897, in-8) ; — His- 
iury ofEgypl under Ihe Ptolemaic dynasiy (London, 1899, in-8) ; — An epocli 
in Irish hislory : Trinily Collège (London, 1903, in-8) ; — Progress of Ilelle- 
insin in Alerander's empire (London. 1905. in-8) ; — Silver âge of Ihe Greek 
world (London. 1900, in-8) ; — Whal hâve Ihe Greeks clone for modem 
civilizalion (London, 1909, in-8). C'est sous sa direction qu'a été faite la 
traduction anglaise de ïlJisluire des Romains de V. Duruy. 

— M. Ludwig CiKir.ER, qui est mort en janvier, était le fils d'un rabbin 
juif bien connu, Abraham Geiger. Né à Breslau le 5 juin 1848, il suivit les 
cours des universités d'Heidelberg, dcGoettingen et de Bonn. Privât docent 
de littérature allemande à l'Université de Berlin (1873). il y devint profes- 
seur en 1880. C'est surtout l'histoire de littérature française et allemande 
depuis le XVI'' siècle qui l'occupa. De 1882 jusqu'à sa mort, il dirigea le Giclhe- 
Jahrliiu'.h. Il fut aussi le direcleui- et le fondateur de la Vierleljahrschrifl 
fiir Kullur uiid Lillercûur der Renaissance (I880-I886). puis de la Zcilschrifl 
fiir vergleirhende lJller(dur-Gescliiclile ( 1887-1 8!» 1). Il ne négligeait pas non 
plus les études juives et il fut un des collaborateurs de la Zeitsdtrifl fiir 
die Geschiclile der Juilen in Deuischhmd et de l'Allgemeine ZeiUmg der Juden 
qu'il dirigeait. ^ oici ses principaux ouvrages : Veber Melanlhons Oruliocon- 
iinens hisluriiun Capnionis (V\i\uV.Uir[, 1868. in-8) ; — Dus Sludium der hehrai- 
schen Sprnche in Deutscliland vont Fnde des /.O. his zur Mille des 16. Jahrh 
(Breslau, 1870, in-8) : — Johann Renchlin (Leipzig. 1871. in-8) ; — (Jeschichte 
der Juden in Berlin (Berlin, 1871, in-8j ; — Q'uid de Judaeorum morihus aiipie 
inslitulis scrijiloribus romanis persiutsum fueril (Berlin, 1873. in-8) ; — Pelrarka 
(Leipzig, 1874, in-8) ; — Millheilungen ans Uandschriflen (Leipzig, 1876, 
in-8) ; — Johann Rucheins Bilfrechseu) (Stuttgart, 187i5, in-8) ; — Deutsche 
Saliriker des xv. Jahrhs (Berlin, 1877, in-8) ; — Zur Enlunckelungs geschichle 
der Menschheil (Stnllgart, 1878. in-8) : — Der Ursprung der Sprache (SiwH- 
garl, 1878, in-8) ; - Renaissance und llumanismus in Italien und Deulschland 
(Berlin, 1882, in-8) ; — Firlijinnni (Berlin, 188;», in-8) ; — Goethe und dier 



301 — 

Renaissance (Berlin, i8.S7, in-8) ; — Vor humlerl Jahre (Braiiiisrhwpig, lS8î), 
iii-.S) ; — Vorlnuje tind l>r.sHc/j<; (Drcsdori. 1890, in-8) ; — Augustin, l^rlntrca, 
Rousseau (Berlin, l.S!i3 in-8); — Berlin lOSn-lnW (Berlin, i8•^■3-t^îto. 2 vol. 
in-8); Karoline von Gûnde rode uiid iliie Freunde (Stuttgart. 1895. iii-S); 

— Dirhler und Franen (Berlin, 1896-1899, 2 vol. in-«) ; — Ans All-Weimar 
(Berlin, l897, in-8) ; — i)ie Cullur der Renaissance in llnlien M--' éd. de Tou- 
vr.'igc de Jakob Burrkliardt 'Leipzig, 1898, :2 vol. iri-8) ; — Goellie in 
Frankfurt a M. I7V7 (Frankfurt, IS94, in-8): — Das junge l)entschlan<l iind 
die preussische Censur (Berlin, 1900. in-8) ;. — Thérèse lluher {Siullgmi, 
19UI, in-8) ; — Belline von Arnim nnd Friedrich Wilhelni /F (FrankfnrI. 
1902, in-8) ; — Ans CJiamissos Frûhzeil (Berlin, 1905, in-8) ; — Ludwig 
Borne 's Berliner Briefe, IS2S (Berlin, l!)0o,in-8j ; — Briefwechsel des jnngeii 
Borne nnd der flenrielte Ilerz (Oldenbnrg, 1903, in-8) ; — IJ'Jland 's Briefe 
(Berlin, 1904-1905, 2 vol. in-8) ; — Das junge Deutschland(Rcrnn, I9U7, in-8) ; 

— Goethe und die .S'etre/i (Leipzig. 1908, iii-8) : — Goethe, sein Lehen nnd 
Schajfen (Berlin, 1910. in-8) ; — Die deutsche Lileratur und die Judfn (Ber- 
lin, 1910, in-8) ; — Goethe 's Briefweclisel mil Wilhelui und Alexandfr von 
Uninboldl (Berlin, 19(l9, in-8); — Abaham Geiger (Berlin, 1910, iii-4) : — 
Goethe und Pustkuchen (Berlin, 1914, in-S). 

— M. Georges Lafenestre, membre libre de l'Académie des beaux-arts 
et l'un de nos plus actifs écrivains d'art, est mort dans le courant de mai, 
à Paris. Né le 5 mai 1837 à Orléans, il entra, une fois achevées ses études 
classiques dans 1 administration des beaux-arts, où il devait parcourir une 
carrière assez brillante. Chef de bureau en 1876, inspecteur des beanx-arls 
en 1879, il prit une part active à l'organisation de la section française aux 
expositions de Munich (1879). de Vienne (1881), d'Amsterdam (1883). d'An- 
vers (1885). Il fut appelé en 1886 aux fonctions de conservateur de la sec- 
tion de peinture du musée du Louvre et de professeur à cet établissement. 
Un peu plus tard (1889). Guillaume lui confia la suppléance de son cours 
au Collège de France. C'est en 1892 que l'Académie des beaux arts lui 
donna l'un de ses fauteuils de membre libre. Ses travaux de criii{|ue artis- 
tique n'empêchèrent pas M. Lafenestre de se livrer au culte des Mu.*ies. 
Nous citerons de lui, sans nous arrêter à sa collaboration à de nombreuses 
revues et journaux {Revue contemporaine. Revue des Deux Mondes, Moniteur 
universel, etc.). les ouvrages suivants : Les Espérances (Paris, 1863. in-12) ; 

— Idylles et chansons (Paris, 1873, in-12) ; — Le Livre d'or du Salon (Paris, 
1879-1890, in-4) ; — L'Art vivant, la peinture el la sculpture aux Salons de 
18G8 à 1877 (Paris 1881, in-12); — Bartolomeo (Paris, 1882, in-1-2) : — 
Maîtres anciens, études d'histoire et d'art (Paris. 1882, irj-8) ; — Histoire et 
description du Musée de Montpellier, avec Ernest Michel (Paris, 1884, gr. in-8) ; 

— La Peinture italienne (Paris, 1885. in-8) ; — La Vie el l'œuvre de Titien 
(Paris, 1886, in-fol.) ; — Exposition universelle des beaux-arts, dix années de 
Salon {1879-I8S8} (Paris, 1889, gr. in-8) ; — Poésies (Paris, 1889, in-16, ; - 
Salon de IS87 (Paris, 1889, in-4) ; - La Peinture en Europe, avec Eugène 
Richemberger (Paris, 1893-1905, in-\Q) ; — La Fontaine (Paris, 1895, in-16). 

— La Tradition dans la peinture française (Paris, 1898. in-12) ; — Artistes et 
anmtears (Paris, 1899, in-8); — Images fuyantes (Paris, 1902, in-l:2) : - 
L'Exposition des primitifs françjis (Paris, 1904, in-4) ; — Jehan Fourpiet 
(Paris, 1904, in-4) ; — Les Primitifs à Bruges et à Paris (Paris. 190i. in-8) ; 

— ;Uo;/èr«; (Paris, 1905, in-16) ; — La Vie et l'œuvre de THien (Paris. 1905, 
in-12); — ÔO Dessins de Walleau (Paris. 1907. in-4) ; — Saint François 
d'Assise el Saronarole (Paris. 1911. in-J2) ; — La Légende de saint François 



— 302 — 

<f/lsstse (Paris, 1012. in-12) : — Le Musée Jacquemart- André (Paris. 1914, 
gr. in-8). 

— Avec M. Paul Mansion, mort à Gaen le 2n avril, disparaît nii des 
représontaiils les i)lus brillants des sciences mathématiques en Belgique. 
iN'é le 3 juin 1S44 à Marchin-les-lluy, aussitôt après qu'il eut passé eu l<S(i7 
son doctoral ès-scicnces physiques et mathématiques, il fut appelé à 1 Uni- 
versité de Gand (1867) d'abord comme chargé de cours, puis (1870) comme 
professeur extraordinaire et cnTin (1874) comme professeur ordinaire. 
L'Académie de Belgique, après l'avoir nommé correspondant (1882) lui 
donna l'un de ses fauteuils de membres ordinaires (1887). M. Mansion 
qui, en même temps qu'un savant distingué, était un homme de foi. avait 
été l'un des créateurs de la Société scieulific(ue de Bruxelles ; il en est resté 
jusqu'au bout secrétaire général, et à ce titre il entretint de cordiales 
relations avec la Société bibliographique. Voici la liste de ses principaux 
ouvrages: Théorie de la nmUiplicalioit el de la Ira/tsjorinalion des fuiicl ions 
ellipluines (Paris, 1870, in-8) ; — Théorie des eqindions aux dérivées par- 
lieUes du I" ordre (Paris, 1875, in-8) ; — Élénieids de la théorie des déler- 
niinaitls (Mons, 1X75, in-8 ; — 3e éd. en 188;2) : — Inlrodnclion à la théorie 
des déterininanis (Mons, 1876, in-8) : — Leçons d'analyse infinitésimale (Mons, 
1877, in-8) ; — Tables de logarithmes à douze décimales (Bruxelles, 1877, 
in-8) ; — Résumé du cours d'analyse infinitésimale (Gand, 1877, in-8) ; — • 
Théorie des nombres (Gand, 1878, in-8) ; - Application (/éométricjue du cal- 
cul différentiel (Gand, 1881, in-8) ; — ('.ours d'analyse infinitésimale (Gand, 
1882, in 4) ; — Mélanges mathématiques (Gand, 1882, in-8) ; — Calcul inté- 
gral (Gand, 1883, in-8) ; — Tliéorie de l' êlimiiKdion entre deux équations 
(d(]ébriqaes au moyen des déterminants (Paris, 1884. in-8) ; — Esquisses de 
l'histoire du calcul infinitésimal (Paris, 18S7, in-8) ; — Le Graduai (Gand, 
1889, in-8), avec M. de Ceuleneer ; — Notes sur la géométrie euclidienne et 
la géométrie non euclidienne (Gand, 1891. in-8) ; — Travaux scientifiques de 
L. Ch. (îilbert (Paris, 1893, in-8) ; — Les Principes fondamentaux de la géo- 
métrie, de la mécanique et de l'astronomie (Paris, 1893, in-8) : — Précis de 
la théorie des fondions hyperboliques (Paris, 1884, in-8) : — Premiers Prin- 
cipes de ta métagéométrie (Paris, 1896, in-8) ; — Travaux géomélri<iues de 
/'.'. Ch. Catalan (Bruxelles, 189tj, in-8) ; — Mélanges mathématiques (Paris, 
1898, in-8) , — La Réforme du programme de l'enseignement moyen (Tour- 
nay, 1902. in-8) ; — La Légende de Pascal (Gand, 1903, in-12) ; — C>dcul 
des probabilités (Paris, 1906, iii-8;. Eu outre ce savant a donné une 
collaboration active à plusieurs recueils scientificpies : à la Malhesis, fon- 
dée par lui en 1881, aux Bulletins de l'Acadénue de Belgique, aux Annales 
de la Société scientifique de Bruxelles, aux Comptes rendus de l'Académie des 
sciences de Paris, à la Revue des questions scientifiques, aux Acla malhema- 
tica, au /iultellino di bibliografia e d'isl.or'ia dette scienze matenudiche. de 
Boncompagni, etc. 

— Avec Sir William (Jrookts, mort dans les premiers jours d'avril à 
Londres, disparaît un des maîtres des sciences chiinicpies en Angleterre. 
iN'é le 17 juin 1832, entré en 1818 au Gollege of chemislry, où il fut de 1850 
à 1854 l'assislant âo \. W. H()fina:«n, il devint en 1855 professeui' de chi- 
mie au Trainiug collège d(; Gliester. En 185!> il revint à Londres oi'i il fonda 
les Chemical neivs. dont il ne cessa de garder la direction. Il fut aussi à 
partir de 1864 le directeur du (hiarlerly Jourufd of science. Kn 1855 il avait 
découvert les sélénocyanides, eu 1861 le thallium ; en 1875 il inventa le 
jadioinèlrc ; en 1898 il fixa l'azote aluio>[)iiéri([uc. Le s[)inlhariscope, cous- 



— w.s — 

triiit par lui en 1903, perinol do se rendre coiiiplo visuollcinciil df 1,1 désji- 
gM'^falion du radium. L'analyse spoclraie. la spcctroscopic. les radiations 
iiiniiiieiises ont ('té de sa part I objet de beaux travaux. C'est lui aus>i cpji 
délerniina un quatrième état de la matière, l'état exlra^razeux où la matière 
est radiante, l'armi les nombreuses récompenses (jui ont reconiui les 
nn'-riles de ses travaux, nous citerons la médaille d'or de nolie Académie 
des sciences (IS.S(J). qui se l'associa plus tard commecorrespondant, et celle 
de la Society for cliemical industry ( li)l^). La iloyal Society de Londres, la 
Britisti Association for advancement of sciences, la Chemical Society s'ho- 
noièrtiit de lavoir connue président et un grand nombie de sociétés 
scieiitiliques de tous pays le comptèrent parmi leurs membres. On sait 
lintcrèt qu'il portait aux recherclies psychiques et la part considérable 
qu'il y a prise. Parmi se.-> publications, nous mentionnerons : PracUcnl 
Irealixe on melallurfjy , avec E. Robrig (London, IStiO. 3 vol. in-8) ; — Select 
melliods in chemical analysis (London, 1871, in-8, plusieurs fois réimprimé) ; 
— Mamifaclure of beei root siujar in England (London. 1870, in-8;; — 
fieseurches on Ihe plienomena oj siiiiiiualisnt (London, IST'i, iri-8) ; — lland- 
boolc of dyeiiKj and calico pviniiiuj (London. IS8^, in-8) ; — Dyeimj and lissue 
prinlinfj (London. 188:2. in-8) ; — Wlieal ijrohlem (London, 1890. in-8j ; — 
Solulion of llie seivaiie question (London, 1800. in-S) ; — On scandinni (Lon- 
don, 1008-1910. 2 vol. in-4) : - Diamonds (London. 1909, in-12); —On 
acquired radioaclivily (London, 101 i, in-8): — The préparation of eyepre- 
servinq (ila.fs for spectuctes (London, 1014, in-4). De ses innombrables com- 
munications aux recueils savants, nous signalerons les suivantes : dans 
les Chemical neirs : Opacily of Ihe yellow sodajlame lo eiglil of ils own colonr 
(1863) ; Application of désinfectants in arresting the spread of Ihe callle- 
phmtjne (1800) ; Radioactivity and Ihe electrontheory (1885;,- — dans les 
Philosopitical transactions de Londres : On llialtiiun (1803) ; Atom icéighl of 
thalliuni (1873) ; Attraction and repidsion resulling froni radiation (1874- 
d879) ; The trajectory of molécules (1879) ; \ iscosily of gases al high exhaus- 
lion (1881); Radiant mal ter spectroscopy (18So) ; Supposed new force of 
M. J. Tliore (1887) ; Spectra of Argon (1805) : — dans les Proceedings of the 
Royal Society de Londres : Photography of the moon (18.')7) ; Measurement oJ 
the luininous intcsHy of lighl (1809); Repulsion resulling froni radiation 
(1876-1870) ; Expérimental contribution lo arc theory of Ihe radiomeier {ISlèj : 
On a fonrlh slate of malle r (1880;; Radiant matler spectroscopy (1883) ; P-ysi- 
tion of hélium, argon and kryplo/t in the scheme of éléments (1898) ; Victorium 
a new élément (1800) ; — dans le Philosophical magazine : \eu^ élément (1861) ; 
Al traction and repulsion accompanying radiation (1874) ; — dans le Quarterly 
journal of science : The Atlantic cable and ils teachings (1864): Expérimental 
investigation of a neiu psy chic force (1871) ; .\oles on an enquiry inlo Ihe phe- 
nomena catled spiritual (1874) ; — dans les Proceedings of the Royal Instilute 
de Londres : Genesis of Ihe éléments (1887) : Diamonds (1897) ; — dans les 
Annales de chimie : Sur la matière radiante (1880) ; Études spectroscopiques 
sur la matière radiante (1S84) ; — dans les Comptes rendus de IWcadèmie des 
sciences de Paris : Projection des omb'-es moléculaires (1879); Foyer de In 
chaleur des chocs moléculaires (1879) ; Contribution de la matière à l'état 
ultragazeux (1880) ; Speclroscopie par la matière radiante (1885) ; Spectres de 
l'erbine (1886); Présence d'un nouvel élément dans la samarskite (1886); 
Source de l'énergie dans les corps radioactifs (ISt^O) ; — dans les Proceedings 
of ihe Society j'or psycliical rescarch : \oies of séances with D. D. Home 
(1889-1890) ; Presidenlial address lo ihe British association (1898-1899). On a 



— 304 — 

trniluit on français : La Genèse des èlèinenls (Paris, 1887. in-I8) ; — Élé~ 
mciûs el mélaélêmenls (T'aris. 1888, in-18) ; — Recherclies sur les phénomènes 
du spiriinalisme (Paris, 187S, in- 18); — Discoun récents sur les recherches 
psychhines (Paris. 1903, in-18). 

— Lo général Stefanik, qui a élc l'un des artisans les plus actifs de la 
foiinalion de la Tchécoslovaquie et qui est mort si malheurousenient et si 
prénialuiéinent le 4 mai à Presbourg, dans un accident d'aviation, n'était 
pas seulement un brillant et ardent oflîcier ; c'était aussi un savant de 
valeur. Né en 1889, fils d'un pasteur slovaque, élève de lUniversilé tchèque 
de Prague, où, sous la direction de Zanker. il s'était formé aux études 
astronomiques, il était venu se perfectionner à Paris et avait eu l'honneur 
de se voir associé par Jansen à ses" travaux de lObservaloirc de .Meudon. 
Après des voyages scientifiques au Tibet, aux Antilles, au Cap Horn, et 
ailleurs, il était devenu en 1907 le successeur de Jansen à l'Observatoire 
du Mont Blanc. L'Académie des sciences, qui reçut à diverses reprises 
l'exposé de ses travaux, en consacra la valeur par ses n-compenses Les 
Académies et sociétés savantes étrangères s'honoraient de le compter 
parmi leurs membres. Quand la guerre éclata, il s'engagea el rendit à sa 
patrie d'adoption des services même d'ordre scientifique. .Mtachéà l'aviation 
dans le nord de la France, il passa de là en Serbie et, après un premier 
accident, il ne tarda pa>^ à se faire l'apôtre de la Tchécoslovaquie. En Rus- 
sie le généralissime Alexeief lui donna des pouvoirs pour la constilulion 
d'une armée tchécoslovaque Parti simple soldat au début de la guerre, il 
était général en juin 1918. Nommé ministre de la guerre lors de la créa- 
tion de l'État tclié('oslovaque, il se disposait à rentrer dans son pays quand 
il fut victime de l'accident qui, en mettant fin à sa couile et glorieuse car 
rière, priva son pays d'un de ses plus utiles serviteurs 

— M. Ernest-Charles-Edmond Dumont, qui est mort le 10 mai dans sa 
72e année, n'était pas seulement un libraire antiquaire bien connu des 
amateurs, de ceux surtout qui s'intéressaient aux choses de Normandie. 
C'était aussi un érudit et un curieux, passionné pour les vieux ovnrages, 
pour les recherches anciennes, pour l'histoire du passé. 11 connaissait les 
livres et ne les aimait pas seulement pour leur valeur marchande et pour 
le profit matériel qu'il en pouvait retirer, mais aussi pour ievu' coiilenu et 
pour la science que l'on y peut pvùser. C'était» un bibliophile normand », 
comme il sétait appelé lui-même dans ces Flâneries anonymes publiées 
en 1879 el années suivantes. Membre de sociétés savantes de Normandie, 
il a publié quelques ouvrages intéressants, parmi lesquels nous signale- 
rons : Histoire de la ville d'IIarJlenr, en collaboration avec M. Alfred Léger 
(Rouen, 1868, in-8) ; — L'Abl)aye de Monlirilliers (Rouen, 187^, in-8) ; — 
Frniinients hlsloruines. Nouvelles el légendes du pays de Caux {]-G Havre, 1879, 
in-K») ; — Hisloire de la ville de Montivilliers, en collaboration avec 
M. Alphonse Martin (Fécamp, 1880, 2 vol. in-lG) ; — LU Acte de piraterie 
sur remplacement du Havre en /.5.'>J (Paris, l8!)i, in-8); — Xulice sur la vie 
et les écrits de Louis-Georges-Ouilard Feudrix de Bréquigny. membre de l' Aca- 
démie des inscriptions et de ï" Académie française, né à Moidivittiers en 1715 
(Rouen, 1897, in-X). 

— M. .lean .Maktin, bibliothécaire archi\isle de la ville de Touriuis. l'un 
des fondateurs de la Société des .\mis des aris et des sciences de Tournus, 
vice-président de la Société d'histoireel darchéologie de Chalon-sur-Saône, 
conseivaleur du Musée (îreuze, corresjjondanl du Comité des beaux-arts, 
rvl rnorl à Tournus (Saône et-Loire), le 2:2 avril, à l'âge de près de 80 ans. 



— :u):; — 

(■■Liiil m- on celle \illi' le ^ii juillet 1S3'.I On doit a M. Jean Marlin. .1 luJit 
et aiTliéoln<ïnc (li^lin^MH'^ fie nombreux liavaux d'Iiisfoiie et d archéologie 
locales parmi lesquels il eonvionl de rappeler : SépuUiifex barbares sous 
ilallex braies des entnroiis de Toariiiis (Màcon, 18!)8); — Pierres tombales de 
l'éf/lise de l'abbaye de Tonrnus (Clialori-sur-Saôiie. 190l) ; — Uécnarerlrs 
archéolo(ji<iaes dans les dépeivlances de l'église abbatiale de Tournas (Màcon. 
1901) ; — Influence de bi dévotion popnburc sur le monnayage de l'abbaye de 
Tonrnus (Congrès arcliôologique de Màcon. 1901 j ; — Aouvellea Dècouverles 
de sépultures barbares aux environs de Tourims (Chalon-sur-Saône, 1905; ; — 
l'ierres toudmles et inscriptions archéologiques de Chaton (Chalon, 190G) ; — 
Votre- Dame de Consolation de l'église de Brienne (Paris, 1907) ; — Le Cliàtean 
(l'IJxelles et ses seigneurs, en collaboration avec M. C. .leanton (Màcon, 
1 90S) ; — Elude sur une Victoire sfuis ailes, statuette bronze trouvée à Lacrosl 
! Tournus. 1908) ; — Œuvre de J.-B. Greuze, catalogue raisonné de ses <euvres 
(Paris, 1908) ; — La BUdiothèque de Tournus (Tournus, 1909) ; — Les Pierres 
louibales figurées du déparlement de Haone-et-Loirp, en collaboration avec 
M. G. Jeanton (Paris, 1909) ; — Les Pierres tombales de la Bourgogne (1910 : 
— Catalogue du Musée de Tournus (Tournus. 1910) ; — . Nouvelles Découvertes 
archéologiques faites en 1910 autour de l'église abl)atiale de Tournus (Màcon, 
1911); — Devenet, sculpteur lournusien (Tournus, 1912); — Répertoire des 
Jamilles notables/ de Tournus et de sa région, en collaboration avec M. C. 
Jeanton (Màcon, 1913). 

— On annonce encore la mort de MM. : Henri Bkauclair, ancien r(»dac- 
teur en chef du Petit Journal. i\u{Quv de plusieurs volumes de poésies; 
L'Éternelle Chanson, les Horizontales. Pentecôte, les Déliquescences en colla- 
boration avec le poète Gabriel Vicaire sous le pseudonyme d'Adorée Flou- 
pelle, mort à SS ans. le 13 mai ; — le D'^ Pierre-Paulin Carles, professeur 
à la Faculté de médecine de Bordeaux, auteur de : Étude sur les quinquinas 
(Paris, 1871, in-S) ; Sur la coloration artificielle des vins et sur les moyens de 
la déceler (Bordeaux. 1873, in-8) ; Étude chimique et hygiénique du vin en 
général et du vin de Bordeaux en particulier (Bordeaux. 1880, in-8) ; Les 
Cahiers du laboratoire et de l'officine (Bordeaux, 1887, in-8) ; La Diète lactée 
iBordeaux, 1891. iu-8/ ; Le Pain des diabétiques (Bordeaux. 1891, in-8) ; /.e.s- 
/)érivés larlriques du vin (Bordeaux. 1892, in-8) ; De l'Extrait sec des vins, 
son rôle alimentaire, son influence sur la conservation du vin, sa valeur com- 
merciale (Bordeaux-, ls93, in 8), etc., mort le 5 mai ; — François-Henri 
(Jastkts, membre de l'Association des journalistes parisiens, mort à 
88 ans, le 12 avril ; — Armand Cazaux, directeur du journal le Monde 
thermal, membre de l'Association des journalistes parisiens, mort le 
20 mars ; - le D"" Joseph Charles, professeur à la Faculté de méilecine 
de Bordeaux, auteur de divers ouvrages, entre autres : De la Commotion 
labyrinthique (Bordeaux 1899, iu-8; ; Sur une forme d'hypérémie pharyngée 
chronique permettant de dépister l'albuminurie ou la glycosurie, contribution 
à l'étude des petits signes de ces deux affections (Lyon, 1899,. in-8) ; Pemplii- 
gus des. muqueuses, forme aiguë et forme clironique récidivante {BovAomw, 
1902, in-8), mort le 30 avril ; — Xavier Charmes, membre de l'Institut, 
directeur honoraire au ministère de l'instruction publique et des beaux- 
arts, où il avait longtemps dirigé le comité des études historiques, auteur 
de : Le Comité des travaux hisiorhiues et scientifiques (Paris, 1886, 3 vol. 
in-4) ; Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts. Rapport au minis- 
tre sur la situation des archives nationales, départementales, communales et 
hospitalières pendant l'année 18S6 (1887, 1888 et 1889; (Lille. 1887-1890. 
Mai-Juin 1919. T. CXLV. 20. 



— 306 — 

4 fasc. in-8), morl le I'' mai ; — Auguste Dflage, professeur à la Faculté 
des sciences de Montpellier, mort à 68 ans, le 12 mai ; — leD' Henri Domi- 
Nici, à qui l'on doit les notions les plus précieuses en radivimlhérapie. 
mort le 23 mai ; — Caniiile Dugas, chroniqueur judiciaire du XIX' Siècle 
et du Malin, mort à 1 âge de 60 ans, le 29 mars ; — l'acteur Duquiîsnk, qui 
laisse un recueil de vers où le poète chante le pays angevin, mort derniè- 
rement à Angers à l'âge de 69 ans ; — Ch. FisciiBAcnKR, l'éditeur bien 
connu, mort le 11 mai, à 79 ans ; — (iustave Gjksvu.lkr. auteur de 
romans et de nombreux contes, entre autres : Le Droil cheiiiin (l\Tris, 1900, 
in-18) mort le 14 avril ; — Henri Hua, professeur au Muséum d'histoire 
naturelle, auteur du \onveau Manuel coinplel de la dislillalion de la belle- 
rave en collaboration avec M. F. Malepcyre (Paris, 1901, in-8), mort dans 
le courant de mai ; — l'abbé Hy, professeur à la Faculté des sciences de 
l'Université catholique de l'Ouest, qui a collaboré an Diclionnaire de la 
Bible de l'abbé Vigoureux, pour lequel il a écrit de nombreux articles con- 
cernant la botanique, mort récemment à Angers ; — Mgr Edmond-Henri 
.Iaspaiî, prélat de la maison de Sa Sainteté, l'un des fondateurs de la Croix 
du Nord, mort dans sa 83" année, à Bon Secours (Nord), le 21 mai ; — 
Guillaume Livet, journaliste, auteur dramatique, mort le 46 avril ; — 
Charles de Mestre, connu sous le pseudonyme de Charles Martel, collabo- 
rateur â la Juslice ainsi qu'au journal l'Aurore et au journal la Vicloire, 
auteur de : Les Singes représenté au théâtre Antoine, mort subitement à 
61 ans. le 13 mai ; — l'abbé Paulin Momquet, auteur de la Divine Hisloire 
de Noire-Dame de lourdes, mort à Bagnères-de-Bigone le 9 mai ; — Mous- 
set, doyen des journalistes sportifs, mort à Mce le 20 mai ; — Julien i>e 
NahfOiN, collaborateur au Figaro, au Gaulois (sous le pseudonyme d'.Wi- 
guste Diues), à la Revue hebdomadaire, à ï Éclair, au Journal de Genève, etc., 
auteur de : Léon XUL Pie X intime. Vers l'Église libre, la Séparalion, M m- 
lalemberl. Louis Veuillol, mort le 4 mai ; — Charles Plésent. professeur 
au lycée I,ouis-le-Grand, mort le 23 mai ; — l'abbé Etienne Poui.oux. 
directeur au séminaire d'Issy, mort à 39 ans, le \" mai ; — Fernand 
PiuEM. professeur honoraire au lycée Henri IV, corresponilant du Muséum, 
à qui l'on doit une Élude des poissons fossiles dn bassin parisien (Paris, 1908. 
in-i), mort le 4 avril : — Paul Rigom,et, rédacteur à l'Information, morl 
en avril ; — Benjamin Sax. directeur du Mémorial diplomatique, mort le 
17 avril ; — le chanoine Charles Selleteii, professeur au petit séminaire 
de Felletin, puis à l'École de IN.-D. de Guéret, mort à 08 ans, le 11 a\ril : 
— M. L. Vincent, professeur de l'Université, mort à 7;") ans, le 7 mai. 

— A l'étranger ou annonce la mort de : Mrs. Amelia E. Bahr, romancière 
américaine, auteur de ./a/t red(7t'/-'.s/r//'c' (1884), The Bow of orange ribbon 
(lKS8),'/'/?x' Slrawberry hand Kerchief' (i'M)^), Playing wilh fire {i9\^). An 
Urknay mald (1917). etc., morte le 10 mars à Richmond Hill, L. S., âgée 
de 88 ans ; — du Hév. H. C. Beecuing. doyen de NorSvich. auteur notamment 
<le Pages from a privide diary, mort le 26 février, et de MM. : Henry Martin 
Bi.ossoM, romancier et auteur dramatique, qui s'est fait connaître par 
ses romans . The Document in évidence. The Brother of Chuck Me Cann, et 
j)ar une série d'opéras populaires, né le 10 mai 1866, mort à New York 
le 2'i mars ; — Robert Bowes, libraire antiquaire de Londres, docteur 
honoris causa de l'Université de Cambridge, mort le 9 février, à 84 ans ; — 
Kenyon Cox, peintre et critique d'art, doni nous citerons : Old masiers 
4ind neui (1905); Painlers and scnlplors (1!»07) ; The Classic point of riew 
(191!) ; l;7(,s/ and public (1914) mort dans sa Oo" année, le 17 mars, à New' 



— :i07 — 

Voik, dune .Ttta(|iio de pneumonie : — le D' Duagiiikscou, piorcsseiir de 
la l'\i(nllé de médecine de Bucare>l, (|ui a pris paît à plusieurs congrès de- 
médecinc à Londres et à Paris, mort le 29 mars, a Paris ; — Knriquc 
EsTEBAN Santos, érudH espagnol, mort le lo mars à Salamaiiquc ; — Her- 
bert lluiitinj^lon Smith, naturaliste, conservateur du Muséum de l'Uni- 
versité d'\lal)ama. n»ort le 22 mars, dans sa OS' année ; — D' Etciif.rninc. 
prf)fcsseur de chiruigie à Copenhague, mort à GS ans. le 17 mai ; — (iud- 
mund (;i;nMt"MissoN, poète islandais, mort en mars ; — Henry Hill Hoix;- 
SON, le libraire bien connu de Londres, mort à 81 ans, le J.S février ; — 
Livio Makchktti, historien d'avenir, auteur, entre autres ouvrages, de // 
TrenUiU) net rlxoiyiinenlo (IU\?,. 2 vol. in-S), mort récemment à Rome : — 
(jino Om;sti.m;hicl, l'un des représentants de la culture italienne dans le 
Trcntin, collaborateur de l'Arcliiuio per iallo Adige, dont on cite notam- 
ment une étude sur bi Giierra Ira Sitjismondo corde de l Tirolo e la repabblica 
(H Vene:ia iiel l'r27 (1903-1900, dans la revue TridenUiin), mort le 11 janvier, 
à Trente, âgé de 38 ans ; — Victor Sâi.nz de Robi.ks. correspondant de 
l'Académie d'histoire de Madrid, mort à Viaria (Navarre), en mars ; — John 
South SiiiiDLOCR, longtemps critique musical de Tke Acadeniy. puis de The 
Allieiiaenin, auteur, entre autres ouvrages, de : l'ianofurle sotiala, ils origiii 
and derelopinenl (18 'o, in-8) ; Beelhouen (1903. in-12), mort le 9 janvier, à 
76 ans ; - William Spon. l'un des fondateurs de la grand firme de librairie 
.inglaise, mort le Iti janvier, à Aldwick. Bagnor (Sussex) ; — Ludwig 
Sylovv. éminent mathématicien norvégien, mort en septembre, dans sa 
riS' année ; — Prolvopie Vkkovitch. publiciste. mort à Paris le 18 avril ; — 
William W atson, professeur de physique au Collège impérial de science 
et de technologie de Londres, auteur d'un ouvrage de physique très 
apprécié, à qui 1 on doit d'importantes recherches sar le magnétisme et 
([ui, directeur du Laboratoire central en 1915, s'est fait remarquer pour ses 
recherches contre les gaz asphyxiants, mort le 3 mars dans sa 50" année. 
Lectures faites a. l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Le 
4 avril, M. llomolle communique un rapport sur les tumuli de Macédoine 
rédigé par le sergent Key. archiviste paléographe, chargé de la direction 
du service archéologique de l'armée de Macédoine, à qui la commission 
Piot avait attribué une subvention de 2000 francs. — M. Omont donne 
lecture d'une note du P. Delehaye, bollaudistc, sur le mot grec iniereus, 
inconnu aux classiques, et que l'on trouve dans de nombreux textes hagio- 
graphiques. Le P Uelehaye établit, par une suite de passages empruntés à 
diverses vies de saints, que ce mot;5ignifie : « prêtre indigné ou sacrilège». 
— M. le chanoine Van deu Gheyn, président de la Société d histoire et 
d'archéologie de Gand, expose de quelle façon il a pu soustraire à tous les 
dangers, pendant l'occupation de Gand par les Vllemands. le merveilleux 
retable de a l'Agneau 'mystique » peint par Van Kyck et conservé à la 
cathédrale de Sainl-Havon. — M. Paul Monceaux communique une ins- 
cri[)lion inédite de Madaiire, récemment découverte par M. Joly dans les 
fouilles du service des monuments historiques de l'Algérie, inscription 
qui. datant du iV siècle, figurait sur le tombeau d'un vétéran chrétien. — 
M. .\drien lîlanchet étudie un passage de Suétone d'après lequel Auguste 
avait reçu, dans son enfance, le surnom de Thurinus, tiré du nom de 
Thurium. ville d'où sa famille était peut-être originaire. — Le 11 avril. M. 
l'oucart éludie le décret par lequel les combattants de Phylé, au nombre 
d'une centaine, selon Eschyle, furent gratifiés dune somme d'argent et 
d'une couronne de feuillage en même temps qu'une inscription collective 



— 308 - 

fut gravée on leur lionncur. — M. Théodore Reinach présenlc quelques 
observalions sur celle communication- — Le prince Michel Slourdza donne 
lecture d'iuie étude sur les origines et les rapports de quelques poids 
assyro-chaldéens. — Le 10. M. Paul Foucart lit un mémoire sur un décret 
athénien de l'année 401 qui statuait sur les récompenses à décerner aux 
métèques et aux étrangers ayant concouru au renversement des Trente et 
à la restauration de la démocratie. — MM. Maurice Croiset et Théodore 
Reinach présentent quelques observations. — Le 23 mai, M. Edmond l'ot- 
tier communique une lettre par laquelle M. Mouret fournit des indica- 
tions complémentaires sur les fouilles qu'il poursuit à Eusérune, près de 
Béziers, sur l'emplacement dune nécropole ibérique du v^ siècleavant J.-d. 

— M. Babelon présente à l'Académie les comptes rendus du congrè> 
français de la Syrie, qui s'est tenu à Marseille, eu janvier dernier : il insiste 
sur l'importance de la tradition française en Syrie et sur lu nécessité de 
défendre dans ce pays nos intérêts scientifiques 

Lectures i aites a l'Acauémie des sciences morales et pOLniouES. — Le 
•4 Avril, le commandant Weil lit une communication intitulée : Melleriiich 
et VEnlenle cordiale. Une Dépêche inédile, les inamenvres et les inquiétudes du 
chancelier. — Le 10 mai, M. Henri Welschinger donne lecture d'une étude 
historique sur Bonaparte el Washington. — Le i7. M. Wincenty Luloslawski. 
membre de la Commission scieutificjue de la délégation polonaise à la Con- 
férence de la paix, lit une communication intitulée : La Conscience -na- 
tionale el la Ligue des nations — Le 23, M. Marcel Marion^ professeur au 
Collège de France, lit un travail sur le Retour aux prix normaux sous la 
Révolution après la disparition du papier-monnaie. 

Prix. — La Commission des antiquités nationales, dans la séance tenue 
le 4 avril par l'Académie des incriptions et belles-lettres, sans décerner sa 
première médaille, a attribué la seconde à M. le chanoine Deslandes 
{Etude sur l'église de Bayeux) et la troisième médaille à M. l'abbé Galabert 
(Moidpezat de Ouercy. Une première mention a été ensuite accordée à M. 
Henri Steiu (Pierre Tristan, chambellan de Philippe-Auguste ; Conjectures 
*-«r l'auteur du Livre de Justice el de plet ; Recherches sur quelques fonclion- 
naires royaux du Gatinai.'f). La deuxième mention à M. l'abbé Dume (Me- 
mento des sources hagiographies de l'histoire de Bretagne). La troisième men- 
tion à M. H. Morel {Le Croisic, précis historique sur la presqu'ile crosicaire). 

— Pour la premièi'e fois, le prix 11. A. (îiles de Cambridge est décerné 
comme suit : 600 fr. à M. Georges Maspero {(irammaire de la langue cam- 
bodgienne) et 200 fr. au capitaine André Sylvestre, de l'infanterie-colo- 
niale, disparu dans le naufrage de « l'Athos », torpillé le 17 février l'.)17, 
pour ses recherches sur les Thaï blancs. 

— Dans sa séance du 11 avril, l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres a partagé le prix du marquis de la Grange entre M. Glovis Hriinel. 
pour .son édition de la 17e de la sainte Énimie en ancien provençal (600 (i.) 
et M'"' ÎNicod. [)Our son édition des Jeux partis, en ancien français dA- 
dam de la Halle (400 fr.). 

— Le 10 mai. l'.Xcadémie a partagé le prix Bordin : 2.000 fr. à M. Weil 
{l^e Moyen En^pire égyptien) et 1.000 fr. à M. Conti Kossini. j)Our sa notice 
sur les manuscrits édiiopiens de la collection d'Abbadie. 

— L'Académie, dans sa séance du 23 mai, a attriliué le prix Le Senne, 
de 2.000 fr. à M. llonbauer et le prix Prost; de 1.200 fr., à M. Davillé, 
pour son étude sur Rar-le-Duc à la fin du xvi* siècle. 

Paris. — L'un des derniers travaux de M. Emile Picot a paru dans le 



— 301) — 

I. XLIV (lîIlT) (les Mrinnirrs (h. la Sociéh! de l'hisloirc de l^arix el de Vile de 
France sous ce litre : I.a (Querelle des daines de Paris, de Houeii, de MUnn et 
de Lyon au commencement du xvi" siècle (Paris, impr. Pli. Konounrd, 1!)17, 
iii-S de (10 p.). Quand, après avoir fait en 1508 sor) entrée solennelle à 
Honen, Louis \II revint à Paris, les dames de la capitale s'entendirent 
poiu- lui faire une réception si brillante et si empressée (pic le Roi n'aurait 
pas caché que les Parisiennes lui plaisaient plus que les Houennaiscs, d'où 
profond dé|)it des Normandes dont un poêle po[)ulaire, Maxiniien, se fit 
rct:lio dans le Débal des dames de Paris cl de Rouen sur l'entrée du fioy Un 
peu plus lard un Milanais, Simcone Litta, prit la parole au nom des 
(lames de Milan, désireuses de se hausser au-dessus des Parisiennes et des 
Houennaiscs ; Maximien se fit le traducteur de cette Uescriptioa des dames 
lie Millau à celles de Paris et de Rouen. Les dames de Lyon s'en mêlèrent à 
leur tour et nous avons ainsi la Rescription des femmes de Paris aux femmes 
de Lyon, la Réformation des dames de Paris faicle par les Lyonnaises et la 
Heplicque faicle par les dames de Paris contre celles de Lyon. Ce sont ces 
r\iH\ pelils poèmes, dont M. Picot nous donne une édition collective ;\ 
ia(pielle il a joint une description biblioirraphiquo précise des éditions 
connues de ces plaquettes. 

— Dans son élude sur le Prince de Bismaixk et F Expansion de la France 
en /1fri<iue (Paris, i^edonc ; Gamber, 1918, in-8 de 40 p ), M. E. Rouard de 
Card a montré comment Bismarck a témoigné jusqu'au moment de sa 
disgrâce, en matière coloniale, d'intentions pacifiques à l'égard de la 
France. Grâce à sa politique conciliante et modérée, quels qii^en pussent 
être les mobiles secrets, ont été réglées sans grande dilïicuH^ plusieurs 
(juestions plus ou moins importantes, mais toujours délicates : les affaires 
du Maroc en 1878-1880 et les affaires de Tunisie en 1878-1S80. puis celles 
(iu Congo et de l'Afrique occidentale en 1884-1885. 

- \ tous les points de vue, le tome I" des Travau.x et notices publiés par 
I'. Académie d'agriculture de France (Paris, 18, rue de Bellecliasse, VU", 1918, 
in-8 de 322 p., avec portraits; est des plus remarquables. Il est ainsi 
composé : Hommage à la mémoire de Charles Sébline. par MM. Jules DcvcUe, 
Jules Méline et Henry Sagnier (p. 11-20, avec portrait et planche). La 
planche accompagnant le portrait reproduit une plaque commémorativc 
destinée à figurer dans la salle des séances de l'Académie ; elle porte cette 
inscription : « A la mémoire de Charles Sébline. membre de l'Académie, 
mort le 10 février 1917, martyr de la barbarie allemande » ; — Notice bio- 
graphique sur Jules Bénard (né en 1842 à Ferrières, dans la Brie, mort le 
15 avril 1913), par M. Henry Sagnier (p. 21-36. avec portrait) ; — Xotice 
l)iographique sur ./. H. Fabre (1' « Homère des insectes », selon l'expression 
de Victor Hugo), par M. E.-L. Bouvier (p. 37-54) ; — Notice sur la vie et les 
travaux de René Zeiller (le maître de la paléontologie végétale française, né 

-à Nancy en 1847, mort le 27 novembre 19l5), par M. Gaston Bonnier 
(p. 53-103) ; Xotice biographique sur François Berthault (9 février 1857- 
12 février 1916). par M. Henry Sagnier (p. 107 121, avec un portrait) : — 
Notice sur la vie et les travaux d'Edouard Portier (18 août 1826-1 1 août 1915), 
par M. René Berge (p. 123-139, avec un portrait) ; — La Vie et les travaux 
d'Achille MiiiUz (le célèbre chimiste et agronome, né à Soulz-sous-Forêts 
(Bas-Rhin)^ le 10 août 1846, mort à Paris le 20 février 1917), par M. A.-Ch. 
Girard (p. 141-184. avec portrait) ; — .4. Chauveau, sa vie et ses travaux 
(24 novembre 1827-4 janvier 1917). par ^I. G. Moussu (p. 185-206, avec un 
portrait) : — Recherches sur l'emploi des plants de pommes de terre impar- 



— 310 — 

failemeni mûrs, par M. l'Iiilippc-L. de \ iliuorin (p. 207-200) ; — ProdiicUon 
intense de In viande de boucherie, par MAI. André Gouin et Pierre Aiidouard 
(p. 267-284) : — La Silualion de l'aririciillure en pays envahi (nord de la 
France et Bet<jiqne), août 19î^i-niars 1917, par M. H. Lecq (p. 285-315) ; — 
L' Agriculture et la situation agricole dans le département de la Corrèze avant 
la guerre (juillet lOl^iJ, par M. IMorre Berlliault (p. 317-300) ; — L'Applica- 
tion de l'électricité à l'agriculture, \ynv M. L. Dabat (p. 371-419) ; — La Mala- 
die du chêne, ses causes et son remède, par M. Lucien Daniel (p. 421-440) ; 
— La Vie et les travaux de Ferdinand .Jatnin, par M Maurice Lcvèque de 
\ iliuorin (p. 441-443); — Hommage à Maurice Lévêque de Vilmorin, par 
M. Albin Haller (j). 445-448, avec . portrait) : — Notices nécrologii^ues, par 
M. Henry Sagnior (Henri Joulie, Edouard Prillieux, Arthur IJébaut, 
Edmond Eavalard, le marquis Melchior de Vogtié, Paul Leroy-Heaulieu. 
hidouard de Monitault, Oscar Linder, Philippe-E. de Ailmorin, Honoré 
AudinVed. Léon Martin) (p. 449-484) ; — Notice sur Alfred Mallèvre, par 
M. G. Wery (p. 485-489) ; — Notice sur le général William G. Le Duc. par 
M. L.-O. Howard (p. 48N492) : — L'Agriculture française et la Guerre, par 
M. Henry Sagnier (p. 493-520). 

— En tôte du numéro de juillel-décembie 1918 du Ihdlctin ilalicn. revue 
formaul, depuis '1901,1a troisième section des Annales de la Facullé des lettres 
de Bordeaux, M. Georges Radet. doyen de la Faculté, annonçait la pro- 
chaine transformation de ce périodique, qui comptait dix-huit années d'une 
existence active et féconde. « La revue (|ue nous avions fondée, écrivail-il, ne 
disparaît ])as ; elle va renaître sous le titre d'Fludes italiennes, publiées par 
riJinon intellectuelle franco-italienne >■>■ — Le premier fascicule (janvier 1919) 
de ces Études italiennes a paru à la maison parisienne d'éditions Ernest 
Leroux, par les soins d'un comité de rédaction de tiois membres, qui 
sont: M. Eugène P>ouvy, M. Henry Hauvette et son collègue à la Sorbonne 
et notre très distingué collaborateur M. Edouard Jordan. Ces trois noms 
sont une garantie de succès. Le programme des Éludes est le même que 
celui du Bulletin, un peu élargi. « Notre ambition, lit-on dans VAvis aux 
lecteurs, serait de fournir au public français la revue qui le renseignerait 
sur le plus grand nombre possible de points touchant à l'histoire de la 
civilisation italienne ancienne et moderne. » — Voici quelle est la compo- 
sition de ce premier numéro. Trois articles de fond : Claude Lorrain et le 
paysage romain, avec 3 pi., par Pierre de Nolhac ; Noterelle concernenli A. 
de Vigny, par Guido Mazzoni ; Giovanni Cena, par CharloHe Ilenauld. Suivent 
deux aiticles de ]ariétés : « Les Bomains sont sots et les liavnrois sont fins ». 
par H. Cochin ; La Piave ou le Piave? par Hfauvelte). Enfin, une vingtaine 
de pages de Ouestions universitaires, de Bibltugrapliie (c\u(\ com|)tes rendus) 
et de Glironi'jue. La seconde livraison, qui vient de paraître, contient, en 
outre, un Dépouillement de Périodiques, qui est une très heiueuse inno- 
va lion. 

— La revue bien comme \ ie à la cnutpagne. qui avait interrompu sa |)ubli- 
«ation pendant la guerre, reparaît mensuellement depuis avril. Le pério- 
dique {''erutes et châteaux ayant Hisioruié avec la publication si richement 
ot si abondamment illustrée de la tnaison Hachette,, le titre sera désormais : 

Vie à la campagne et Fermes et châteaux réunis, (j'ommepar le passé, la revue 
s'efforcera d'être « pratujuc avant tout », s'adressant donc plus spéciale- 
ment aux propriétaires, fermiers, éleveurs et cullivaleurs, ce qui n'empé- 
<'hera pas les gens de goût de l'apprécier à sa valeur. Nous avons reçu le» 
livraisons d'avril et de mai, tout aussi luxueuses et intéressantes que leurs-i 



— AM — 

deviincicrcs (ia\;ml-mifrio ; on en Iroiivcrii le sominaiic dans nolio l'.iilio 
loclini(|iR'. Ajouloris (|ih', provisoiieiiicnl, If prix de l'aboiiricmcril aiirxirl 
rvi-U' fixé à 20 Ir. pour la l'ranci' ot 2."> fr. pour IKtraiigfr (Paris, librairie 
Hachelto). 

— A la luriiK" librairie, le [xm iodi(ju(' illii^lré inlitiib' : J'irdiii.s el Ijnsses- 
cours, (ioveini très vile populaire pour ses nombreux conseils piatiipies 
et sou |)rix modique, reparaît aussi deux fois par mois. Ses sommaires 
ligurenl éfralemeiit dans notre Partie technique. Abonnement annuel : 
Fiance f3 fr. ; Etranger. 8 fr. 

— Les Editions-pratiques el documentaires (;iG. rue d"Aboukir. à Paris) 
nous envoient neuf opuscules nouveaux de chacun 10 pages, format petit 
in-10, savoir: I. BihlioUihiue « \ic pratique : Droils eiobluidiions des palroiia 
el des commis, employés, ouvriers, par M. P -(]. liobert. avocat ; — Pour 
ncipiérir, pour développer chez soi el chez les autres la volonté, Vntlenlion, le 
Jufiemenl, l'éuerijie, la nudlrise de soi. la perséuerance. la mémoire, l'esprit 
jtrnlitpie el toutes les r/ualilés permetla/d « d'arriver », par M. J. Mac I3urns ; 
— Pour réussir dans tous les arts, par .M. P. -II. Delhy ; — Un Million parait 
pour récompenser vos mérites fprix académiques et de diverses sociétés) par 
M. J.-B. Mailly ; — Comnwnt fpupier de l'ànjenl en collectionnant les timbres- 
poste (anonyme) ; — La Santé par les plantes de voire jardin, par le. D'' J.-H. 
Sainl-(^lair. — II. liihliolliè(/ue pratique de la femme : Ijes Plats français de 
nos provinces les plus succulents, les plus délicieux, les plus économiques, pai- 
M. 1'. Savarin ; — Ia's [{émîmes el la préparation de leurs aliments, par M. 
M.-A. (iillin. — III. Bibliothèque moderne du village : Pour lutter efjicacemenl 
contre les celées prinlanières par des moyens préventifs, certains, peu coû- 
teux, faciles à réaliser, par M. J.-P. Gamp-Bell. météorologiste. — Le prix 
de chacune de ces brochurettes est de U fr. 2"). 

liRiiTAGNE. — M. le vicomtc Hippolyte Le (iouvello, auteur déjà de plu- 
sieurs ouvrages d'édilicatiot), publie les .lpprjrf//o/is d'une âme du Purgatoire 
en /{retagne (Pnr'is. Téqui, 1919, in-l2 de îJO p. Prix: fr. 50). L'apprécia- 
tion des faits de ce genre relève de l'autorité ecclésiastique ; nous ne pou- 
vons que les signaler. 

— Dans le i*" Cahier breton, intilulé : \ouvelles léonaises (Lannion, mars 
1919, in-I2 de 77 p.), M. Yves Le Febvre raconte l'histoire d'un ivrogne de 
neuf ans, d'une fdle-mère et d'un viol accompagné d'un meurtre et 
suivi d un suicide. Ce sont, paraît-il. les mœurs actuelles de la Basse-Bre- 
tagne athée. Un éloge dithyrambique de Jaurès, qualifie de géant, de colosse,. 
lui dont les rêves follement humanitaires ont risqué de perdre à jamais 
la France en la livrant désarmée à ses ennemis, rachète mal ces hideurs. 

Franche-Comté. — D'une de nos lointaines colonies nous arrive une 
étude intéressante sur un officier franc-comtois, qui tint garnison à plu- 
sieurs reprises en Annam et au Tonkin et qui trouva la mort dans la 
région de Verdun le 8 août 1916: Les Poètes français d'Indochine. Ilenlor 
Ponsol {Revue indochinoise de mai I9I8 (p. 471-509, avec un portrait). Né ii 
Beaufort (Jura) en 1882, Hettor Ponsot ne fut pas seulement un excellent 
oHuier sorti en bon rang de Sainl-Cyr, un soldat de « courage parfois 
téméraire », selon l'expression de ses chefs, mais aussi un poète qui s'an- 
non(,;ait on ne peut mieux. Sous le pseudonyme de Mat-Giang, M. René 
Crayssac, haut fonctionnaire français à Hanoï, poète lui aussi, a écrit sur 
le lieutenant, depuis capitaine Ponsot, des pages très attachantes. U 
raconte d'abord, de façon humoristique, comment il fit connaissance avec 
l'officier-poète et comment celui-ci débuta à la Revue indochinoise, puis 



- 312 

donna sa collaboration à la Plume iiidorJt [noise, aulro péiiodiqiio d'Hanoi. 
Lauleur, cuire (lu'il reproduit dans son travail de nombreuses pièces 
dlleclor Ponsot, qui le méritent amplement, fait connaître aussi un cer- 
tain nombre de poésies inédites qui ne le cèdent en rien à celles ayant 
déjà vu le jour. .loune talent fauclié dans sa fleur, comme tani d'autres, 
hélas ! par l'horrible f^uerre qui a si justement fini par rdlondrement d*^ 
ceux qui l'avaiciil préparée et déchaînée. 

Languedoc. — l'nc sacristie de la basilique Saint-Scrnin, à Toulouse, — 
exemplaire, admirable entre tous, du slyle roman, — conlic-nt des fresques 
d'un art aussi curieux pour l'histoire de la piété que pour celle du symbo- 
lisme religieux. C'est à rechercher les dates d'origine et à traduire le sen^- 
de ces peintures murales que s'applique, dans une élude érnditc et nuan 
cée, le membre actif et averti de la Société archéologique du Midi de la 
France, M. l'abbé Auriol : l.es Fresques de la sacisiie de Saint-Serinii à Tou- 
louse. (Toulouse, Privai, in-8 de 15 p., avec reproductions photogra- 
phiques). L'histoire de sainte Catherin(;, vierge et inarlyre, patroime des 
philosophes, est contée dans ces fresques, et M. l'abbé Auriol la reconsti- 
tue, s'aidant, au besoin, des indications de la Légende dorée. Il y aussi un 
Crucifiement et un Couronnement de la Vierge où se lévèle une facture 
spéciale à la fin du moyen âge, ainsi que nous permet de le conjecturer 
avec une prudente sagacité la critique pénétrante de M. l'abbé Auriol. 

Lyonnais. — V Agenda a(jricole el vilicole, que M. V. Vermorel, un maître, 
publie depuis trente-quatre ans, est toujours, par excellence, le vade-inecuni 
du cultivateur et du viticulteur, ainsi (juc le prouve aisément l'exemplaire 
reçu par nous dernièrement et qui porte la date de lUiO (\ iliefranche-du- 
Khône, librairie du Progrès agricole et vilicole, petit in-!0 cartonné toile, 
de 335 p., y compris les pages destinées à recevoir les notes journalières, 
i'rix : 2 fr. 80). Les renseignements que l'on trouve dans ce recueil s'ap- 
jjli(pient à tout ( c qui peut intéresser pratiquement, de façon directe ou 
indirecte, ceux qui dirigent une exploitation et aussi les simples traxail- 
lenrs des champs. En somme, guide précieux qu'un format commode |)er- 
mel de glisser dans sa poche pour être consulté à riieurc même où le 
besoin se produit. 

NivEiiiSAis. — A lui seul, M. le colonel du Marlray a fourni la matière 
qui a composé le o' fascicule du tome XXV"^ du Bullelin de la Sociélé nirer- 
aaise des lellres, sciences et arts (Ncvers, Gremion ; Paris, Champion, 1!)IU, 
in-8 paginé 509-567, /ivec 5 planches). Deux études : Les Équipages de 
Marie-Josèphe de Saxe, Dauphine de France. Étienne-Denis de Pampelune de 
(jenouilly, chevau-léger de la garde du Roi, gouverneur de Vézelay. etc. 
(p. 509-548, avec 5 planch(îs). « Ce ne sont pas, dit l'auteur, des documents 
pour la grar)de histoire ; ils dévoilent seulement une des splendeurs encore 
inconnues de cette cour de Versailles, (jni, imitée avec jalousie dans toute 
l'Europe, eut une influence si considérable sur le progrès des arts et de 
la civilisation » ; — Correspondance d'un procureur génénd de la Cour impé- 
riale de La Haye ( ISI2). ,lac(piinot de Pampelune (p. oi'^-lHJ'l). Los pai>iers 
de la famille .lacquiuot, conservés au château du Marlray, « répondent à 
une existence des temps troublés de la dévolution, de l'Lmpirc et de la 
Hcstauralion, é|)Ofpie peu documentée sur les situations privées de nos 
provinces. » 

MoHMANOïK. — De l'active Société historique et archéologique de l'Orne 
nous devons signalei- le deuxième /.'/j//t;/(/t du tome \\\\ II! de sa publica- 
tion trimestrielle (Mençon. imprimerie alceiçonnaise, avril 1!>19, in-S 



— 3i:j — 

pigiiii- c(;f\xiii-( I (xwxiii-)- 101-190, nvoc 2 portraits). I,osi)agosmini(TOtôos 
et) chillVcs roinains sont remplies par des hoctuneidx conccrtuuil. le " Thrc- 
aor on Exijlixe de !\'<)slre-l)aine » il Aleiiron, publiés par MM. H. -M. Lef^ros et 
II. roiirnoiier. I.e roslo de ce Bulletin est composé comme suit : La Société 
hi&ioriiine cl archénloiiique de l'Orne de lOt'i à l'JI'J. S<i lâche d'après (juerre, 
par M. Tounioiicr (p. 113-1 2;>) ; — lUsloire de la lélégraidiie à Argenlnn, pai- 
M. Louis Barbay (p. i20-'lo7) ; — et troisliotices biograpbiqucs plus ou 
moins importantes: la premicre sur M.. Emile Picol, membre de l'tnxlilut, 
par M. l'abbé C. (Juéry (p. Ii38-177, avec portrait) ; la deuxième, sur 
M. Tomerel {IS39-10I8), membre de la Société, par M. P. (lermain-Beaupré 
(p. 178-186, avec portrait; ; la troisième sur M. Albert Cliollel, vice-présidenl 
de la Soc'iélé, par M. le vicomte du Motey (p. 187-190). 

— Nous avons eu déjà l'occasion de signaler les discours prononcés aux 
obsèques du regretté Kmilc Picot par MM. Omont Girard et de Laborde. 
On les retrouvera dans la notice ([ue consacre M. l'abbé Charles (îuéry, 
aumônier du lycée d'Evreux, à l'ancien président de la Société libre de 
l'Eure, et dans laquelle naturellement une large part est faite au côté nor- 
mand de la vie et des travaux du grand érudit et bibliophile : Société libre 
d'agr'icuHure, sciences, arls et belles-lcUres de l'Bnre. M. Emile Picot, membre 
de ilnslitnl. ancien président de la Société (Evreux, Impr. de l'Eure, 1919. 
in-X de M p., avec un beau portrait et une planche), M. Paul Lacombe 
avait joint aux MéUuujes Emile Picol, publiés en i913, la liste des travaux 
de son savant ami. On en trouvera ici le complément qui comprend 13 ar- 
licles nouveaux (n"' 222-234). En outre. M. l'abbé Guéry a joint à sa notice, 
en partie du moins, les lignes consacrés à M. Emile Picot par M. E. Denis 
dans le Monde slave et par M. J. Ursu dans la Houmanie. 

Orléanais. — Pour une société savante, mieux vaut être fortement eu 
1 etard dans la publication de ses travaux que d'avoir disparu dans la tour- 
mente dont les elîets se font encore trop sentir. C'est le cas de la Société 
archéologique et historique de l'Orléanais qui a dernièrement distribué un 
fascicule s'appli(iuanl aux premier et deuxième trimestres de 1918 lic son 
Bulletin (Orléans. Marron ; Paris, Lechevalier, 1919, in-8 paginé 161-216). 
On trouve dans ce fascicule : Sceau cl contre-sceau d'Él'ienne Tastesaueur, 
prévol d'Orléans. ■])uis bailli de Sens, par notre distingué collaborateur 
M. Max Prinet (p. 176-181) ; — Nouveau Trésor romain de Chilleurs, trouvé 
par un fermier en creusant un silo près de sa maison, par M. Jules Baillet 
(p. 182-189) ; — Xotes pour servir à l'histoire littéraire. Du succès de la pré- 
dication de Prère Olivier Maillarl, à Orléans, en 1^85, jjar M. Jacques Soyer 
(p. 190-193) ; — Monnaies romaines trouvées au Temple de Craon fMonlbouy), 
par M. Jules Baillet (p. 194) : — Le Sculpteur des portes du transept de 
la cathédrale d'Orléans, par M. Jacques Soyer (p. 193-197). — Germain Vail- 
lant de Guélis, évéqae d'Orléans {1,'j 10-1087), par notre très distingué colla- 
borateur M. G. Baguenault de Puchessc (p. 198-209) ; — Musée de peinture 
d Orléans. Cabinet des estampes. Rapport sur la situation du cabinet au 
31 décembre 1917. par le conservateur, M. A. Pommier (p. 210-216). 

Poitou. — Depuis le début de la guerre, M. René Valletle a consacré une 
série de notices aux Héros et martyrs de la Grande Guerre (Revue du fJas-Poi- 
tou et tirage à part, Fontenay-le-Comte^ impr. H. Eussaud. avec portraits;. 
Aujourd'hui, il nous parle de quatre jeunes Vendéens tombés pour la 
France, comme leurs devanciers dont il avait, antérieurement, célébré le 
sacrifice : le lieutenant Auvcrt, blessé grièvement une première fois à la 
Marne, le 8 septembre 1914, une seconde fois en Belgique, le 4 février 1913 ; 



— 314 — 

onsevcli sous une oxplosion causée par une bombe, le 2 avril 1910. à 
laltaque pour la reprise du fort de Vaux ; inorlcllenient frapi)c à la Mal- 
maison, le 23 octobre 1917 : quatre fois cité à l'ordre, de rarn)ée. l,e sous- 
lieulenanl Yves de Veillechèze de la Mardière. candidat à l'agrégation des 
Facultés de droit, plusieurs fois cité, tué à la tèle de sa troupe, entre 
Aubervillers cl Grivesnes (Somme), le 5 avril 1918. Conférenci«'r de mérite, 
il avait collaboré notamment à la fievne critique des idées el des lirres. 
L'aspirant Jean de Chasleigner. aussi plusieurs fois cilé, tombé à la tête 
de sa compagnie de tirailleurs algériens, le 19 juillet 1918 en marchant à 
1 attaque du village de Parcy-Tigny (Aisne). « Digne héritier des hautes 
vertus des siens, il est le troisième du nom qui donne sa jeune el belle vie 
pour la France. Les Chasleigner se sont toujours trouvés là, aux jours 
de péril national, pour défendre le sol de la patrie. » Enfin le caporal 
pilote-aviateur Guillaume Rampillon des Magnils, entré, après deux de 
ses frères, dans l'aviation ; tué, en 1917. dans un combat aérien contre six 
monoplans ennemis, aux environs de Compiègne. « Pilole très énergique », 
a proclamé le général Humberl. commandant la 3' armée, dans la belle 
citation posthume qu'il lui a décernée. 

Itai.ik. — Bon nombre des publications composant à ce jour la Collnna 
Colitii di conferenze e discorsi, ont été annoncées dans celte Revue. Le 53" 
fascicule de la collection, œuvre de M. Germaro di ÎViscia, a pour titre : // 
Fascino di Danle (Clampobasso, Colitii. 1919, in-8 de 38 p. Prix : 1 fr.). « Le 
prestige que Dante exerce sur nous, dit l'auteur, commence avec sa vie 
même ; la vie d'aucun poète n'a une valeur éducatrice comparable à celle- 
là. » En somme, morceau brillant, encore qu'un peu incohérent et dans 
lequel on ne devra pas chercher quelque chose de bien nouveau. 

— Dans le langage métaphorique des « Cruscanti », la « tramoggia », 
ou trémie des meuniers, figurait l'urne oi^i élaienl déposées les œuvres sou- 
mises à l'examen des académiciens. Sous le litre pittoresque Dalla « Ira- 
motjyia » (Rocca S. Casciano, Slabilimento tipografico L. Ciappelli, 1918. 
in-12 de 33 p. Prix : I fr. 50), M. Carlesio Marcoucini, à qui l'on doit un 
important volume sur l'histoire de l'Académie de la Crusca, pendant la 
période de ses origines, publie et commente ({uelques pièces de vers (ma- 
drigaux, sonnets, etc.), de la fin du xvif siècle, tirées des archives de l'il- 
lustre compagnie. Il insiste parliculièrement sur des madrigaux bachi- 
ques de « rimpaslalo 1), c'est-à-dire de Miclielangelo Buonarolli le .leune, 
qui se trouva êlre, eu quelque sorte, le précurseur de Francesco Redi. 

Macéuoim:. — Quand il servait sur U' Front de Salonique, où il était com- 
mandant d'infanterie, notre distingué collaborateur M. de Tarlé a publié 
dans la lieinie franco-macédonienne une élude inlilulée : Soldais romains et 
consids français en Macédoine (Salonique. l.v|). « Avenir », 1917, iu-10 carré 
de 28 p.). C'est Tile-Live qui a fourni à l'auleur les principales indications 
données ici sur le rôle des Romains en .Macédoine jusqu'à la réduction de 
ce i)ays en quatre provinces de l'empire. Quanl aux consuls franvais dans 
cellr même région à la fin du xvui" siècle, c'est surtout en les faisant par- 
ler eux-mêmes que M. de Tarlé sait intéresser le lecteur. » Trois d'entre 
eux, dil-il, Charles Pouqueville, Félix de Reaujour, E.-M. t'ousinory, après 
avoir j>arcouru dans tous les sens la Grèce el la Macédoine, oui laissé des 
livres sur ces pays, ils y montrent une culture générale étendue, une éru- 
dition sûre, une profonde connaissance des hommes el des choses de 
l'Orient, si bien qu'après un siècle ces ouvrages sont encore lus avec plai- 
sii- el piofit par ceux cjui s'inléresscnl aux choses de Macédoine. » Pages, 
inslruclives el amusantes loul à la fois. 



— ai5 — 

États-Ums. — 1,0 vf)liinic ;j2 (Jo 603 p. ci 47 pi, cl le \olntiic 53 de 
fi(i'.) p. ot 79 pi, (les l*n>cee(tiitii.s i>f llte (uili'il Slntrs I^alinnal Muséum (Was- 
hitiglori, ('■ovprninciil prinlinfi: Ollice. l'.M 7) viennent de nous [jiTi venir. 
En plus dos mémoires de MM. Pan! Bartsch, T. IJ A. (iockereii, William 
Hcaley I^all. Charles W. Kastnian, James VNiiliaiiis (iidley. II. V. Wickliam, 
figurant dans le premier de ces \olumes, et de ceux de .MM. Paul liartscli, 
T. D. \ Cockcrell. William Hcaley Dali, Olivier P. Hay. Mobcrt Tracy Sou- 
kson, William B. .Marshall. Mary J. Rathbun et It. W. Sliuleldt. qui so 
trouvent dans le second et dont nous avons déjà donné une analyse dans 
notre revue, d'après les tirages à part, nous trouvons encore: dans le 
volume 52, Tropliodisciis, a new sea slar J'roni Kamclinlkn, par Walter R. 
l'isher (5 p. 3 pi. ; 1 genre nouveau, 1 espèce nouvelle); Field noies on Vir- 
n'inin orthoplern. par Henry Fox (30 p ) ; I\'oles on Ike life hislory and ecology 
iif llie flirKjonJlies (Odonnlaf of central Californin and Xevada, par Clarence 
llamilton Kennedy (l.')3 p. 403 (ig : 3 genres nouveaux, 3 espèces, 3 variétés 
nouvelles) ; Mun^nials collecled by Dr. W. L. Abboll on Ihe chain of islands 
lyin of Ihe Western coast of Suntalra, wilh descriptions of lioenty-i'iotil neiv 
species and siil>species. par Marcus Ward Fr. Lyon {"li\ p.) ; A new find oj' 
icleoric slones nearc IHninview. Haie Connty, Texas, par George P. Merrill 
1 p. 2 pi.) ; Momxjraph of ilie i\earctic hyinenoplera of Ihe (jenus Hracon 
l'abricius, par llarold .Morrison (39 p. 4 pi. : 9 espèces nouvelles) ; /{olaloria 
nf Los Angeles, California, and vicinily, irith descriptions of a neio si>ecies, 
par Frank J. Myers (G p. 2 pi. : I espèce nouvelle) ; The birds of Baurean 
Island. Java Sea. par Harry G. Oberholser (16 p. : 1 espèce et 6 sous-espèces 
nouvelles) ; A revision of Ihe Bembicine wasps of America norlh of Mexico, 
par .lohn Bernard Parker (155 p. 230 fig. : 1 genre nouveau, 21 espèces 
nouvelles) ; Description oJ a new Goby. Garmannia spomjicola froni .\'orth 
c.nroiina, par Lewis RadcliiTc (3 p. 1 fig.) ; New species of South Daliota cre- 
laceotis crabs, par Mary J. Ralhbiin (7 p. 2 pi. : 1 superfamille, 1 famille 
nouvelle. 1 genre nouveau et 3 espèces nouvelles) ; \orth American 
earlhivorms of the faniily Lumbricuhie in the collection of the United Slales 
\'rdional Muséum, par Franck Smith (26 p.) ; The variation exhibiled by 
Thamnophis ordinoides {Baird and Girard), a garler snake inhabiliny llie .San 
Francisco Peninsula, par Joseph G. Thompson (:22 p.) : .1 new species of 
polychaelous anelid from Panama, nul h notes on a Haicaiian form, par .\aron 
L. Treadwell (i p. 4 fîg.) ; On certain secondary sexual charade rs in the male- 
ruddy ductc. Erismatara jamaicensis ((ïmelinj, par Alexander Wetmore (4 p. 
1 lig.). Dans le volume 53: Gomplais parvidens. a neir species of dragonjly 
from Maryland, par Bertha P. Curric (4 p. 2 pi.) ; A revision of hymenopte- 
roas insects of the Iribe Cremaslini of America north of Mexico, par R. A. 
Cushman (49 p.) ; Eighl new species of reared Ichnenmonjlies icilh notes on 
some olher species. par R. A. Cushman (13 p.) ; The snlamanders of Ihe gênera 
Desmognathus and Leurognalhus, par Emmctt R. Dunn (41 p. 15 fig.) ; Norlh 
American collemboloas insects of Ihe subfamily Onyciiiurinae, par Justus W. 
Folsom (i'S p. 12 pi. : 6 espèces nouvelles) ; Descriptions of some new para- 
sitic hymenoptera, par .\. B. Gahan (23 p.. 1 sous-famille nouvelle, 1 genre 
nouveau. 25 espèces et 1 variété nouvelles) ; Notes and descriptions o/' mis- 
cellaneous Chaleid jUes {Hymenoptera), par A. A. Girault (6 p. : 12 espèces 
nouvelles) : .1 new species of bear-animalcule from the coast of Norih Caro- 
lina. par W. P. Hay (4 p. 1 pi.) ; .Some ejfects of environment and liabii on 
captive lions, par ^'. HoUister (17 p. 4 pi.) ; An America i species nftfie hyme- 
nopterous genus Wesmaelia of Foersler, par P. R. Myers (3 p. : 1 espèce nou- 



— 3 M) — 

vello) ; .1 ne.r Americin parnsile oflhe Ilcsaian fly (Mayeliola <L'slruclor Say). 
par P. l\. Myors (3 p. : J cspcco nonvollc) ; An asymmelr'wnl binl-lonse fonnd 
on ihree dijferetil specics of Iroiipinls, pur John llo^vard Paine (2 j). 1 j)!.) ; 
Oeneric naines applii-d lo blrds during Ifie years 1906 io t'Jlô, inclusive, ivilli 
addilions and corredions lo Waterkouse « Index Genernni Avium ». par Charles 
W. Uichtnond (72 p.i ; Descriplions of lliiiiy-one new species ofhymenoplera, 
par S A. Rohwer {'IW p. 1 fîg.) : A report on a colleclion of hymenoplcm 
(nioslly froni California) made by W. M. (îiffard, par S. A. Rohwer (17 p.) : 
The lype-species of Ihe gênera of Ihe Cynipoidea, orlfie gall rvasps and parasiin- 
Cynipoids. par S A. Rohwer et Margarcl Fagan (24 p.) ; Caban ampliibiati 
and repUles collecled for Ihe United Slales National Muséum from 1899 lo J90'J. 
par Leonliard Stejneger (33 p. 128 (ig ) : The color of ameUtyst, rose, ami 
Mue varieties of quart:, par Thomas L. Walson el R. E. Beard (Il p.) ; l 
remarkable occurence of calcite in silicificd wod, par Edgar T. W hcrry(4 p. 
3 pi.) ; Norlh American parasilic copepods belonging lo Ihe Lernacidae, ivilh a 
revision of the entire family, par Charles Branch Wilson (150 p. 21 pi., 
3 s(nis-familles nouvelles, 3 genres nouveaux et 12 espèces nouvelles). 

l'ubticATiONS NOUVELLES. — Lcs Ecritiues manichéennes, par P. Alfaric 
(2 vol. in-8, É. Nourrit). — V Évolution intellpctuMe de saint Augustin, 
par P. Alfaric. I. Du Manichéisme au néoplatonisme (gr. in-8. Emile 
Nourry). — Elévations, prières et pensées de saint Aufiustin (in-12. de 
Gigord). — Manuel ascétique et canonique de la vie religieuse, par l(> 
chanoine E. Thévenot (in-12. Haton). — Pour avoir des prêtres, par le 
P.-J. Delbrcl (petit in-8, de Gigord). — Dieu en 7ious. par R. Plus (Tou- 
louse. Messager du Cœur de Jésus, in-8). — La Rogauté du Christ, la 
vocation de lo France et le drapeau du Sacré-Cœur, par É. Poulain 
(in-12, Nantes, imp. « Unie »). — La Mère de la divine grâce, par le cha- 
noine J. Millot (in-12, Lelhielleux). — Petit Catéchisme du mariage, par 
le P. J. Iloppcnot (in-32, Bonne Presse). — La Conversion, par J Huby 
(iri-lS, Beauchesne). — Paradoxes du cathoUcisme. par Mgr R. Hugh 
Benson ; Irad. de l'anglais par C. (jrolleau (in-12. Grès). — Une Esquisse 
de la th'osophie, par G. W. Leadbealer ; trad. de l'anglais par F. T. N. 
(Paris, Publications théosophiques). — V Enseignement du droit comparé. 
par E. Lambert (in-8. Lyon, Rey ; Paris, Rousseau). — Des Peprésailles c/i. 
temps de guerre, par L. Le Fur (in-8, Libr. du Recueil Sirey). — Mémento 
du d:'mobilisé (petit in-8, Gharles-Lavauzelle). — I,es Pensions des vic- 
times de la guerre, par E. Obcllianne (in-12. Gharles-Lavauzelle). — Etudes 
sur In signification et la place de la physique dans la philosophie de 
Platon, par L. Robin (in-8, Alcan). — La Philosophie contemporaine en 
France, essai de classification des doctrines, par D. Parodi (in-8, .\lcan). 
— De l'Inconscient au conscient, par le D'G. Geley (in-8, .\lcan). - L'Idée 
de finalité, par A. de Gramout-Lesparrc (in-10. Alcan). — Certitudes. 
Liberté. Dieu. Justice, par L. Mirman (in-16, Berger-Levrault). — La 
Sélection humaine, par G. Richet (in-8, cartonné, .\lcati). — La Psycholo- 
gie du soldat, par les D'* L. Iluot et P. Voivenel (in-18, la Renaissance du 
I-ivre). — L'Ecole primaire et les Leçons de la guerre, par E. Bu gnon 
(in-12, lîerger-Levrault). — Vers la Constituanle, par P. Gruet (in-8. 
Plon-Nourril). — Aujourd'hui, étude pour l'après-guerre économique, par 
\. DevèzG (in-16, Berger-LevrauM). — Autour du mariage. Trois Pro- 
blèmes moranv, par P. Gastillon (in-18, B(>auchcsne). — L'Armature 
sociale, par E. Amanicux (in-lG, .\lbin Michel). — Marxisme contre socia- 
iisme. par V. G. Simkhovilch ; trad. de R. Picard (in-KV Pavot). — Le 



— 317 — 

Salut par la terre, par J. Méliiio (in-S, Ilachcllc). — Athiihiislratims pt 
/nhuinistrés, par A.-'rhiers (in-lS, (Ir.issot). — Comment éviter Ipx impôts 
mortels, par A. Chéradanic (iii-IG. l.ibrairio do la l'cnsro française). — 
l'Art populaire dans le liriaiirininais. Le Ba'cuherl, par H. BlaiicliaKi 
(in-8. Champion). — LWrt pendant la f/uerre, 1911-1918, par \\. de la 
Sizeranne (iii-1(i, IlaclieHc). — l.es Artistes morts pour la patrie, par I'. 
Ciinisly. 2« sério (in-S, Alcan) — ]. étires de Paul (iaiirjain à (jeorrfes- 
Daniel de Monfreid (in-12, Crès). — Cualro Confereiwias, por L. dp Eici- 
zaidc (petit in-8, liilhao. Edilorial vasca cuzko-argitaldaria). — Des Hoseaux 
sous le vent, par (i. Dcledda ; trad. de l'italien par .M. llélys Hn-IH, Gras- 
set). — De la boue sous le ciel, esf/uii-ses d'un blessé, par P. Vcriet (in-10, 
Pion-Nourrit). — Vers d'un soldat {19/4-1918), pnv I*. Teissonnière (in-12. 
.louve). — Feuillets refrourés, suivis de Permissions, par L. Cornil (in-12. 
Grès). — Fleurons r/ot/iii/ues. par (;. Patris (in-16, Figuièrc). — Albert. 
|)ar J. Poinié (in-32, l'iguière). — Quelques sourires et quelques larmes, 
par .\. Tète (in-12, l.eclerc). — La Terre en folie. i)ar J. Hernianovits 
(in-16, Société française d'imprimerie et do liljrairie). — liimiaux d' Anjou. 
par M. Loclerc (|)ctit in-8, Atigers. librairie Sainte-Croix). — L'Aéronaute. 
drame contemporain, par M. Gervais (in-16, Jouve). — Cinéma et C". 
confidences d'un spectateur, par L. Delluc (in-18. Grasset). — Les Litur- 
gies populaires, par P. Saint-\ves (in-12, Édition du Livre mensuel). — 
Monsieur le curé d'Oc eron, par F. Jammes (in-16. Mercure de France). — 
Sœur Anselme, par J. Psichari (in-16, Plon-Nourrit). — Le Baiser de l'An- 
térhrist. conte en marge de l'histoire, par Lévis Mirepoix (in-16, Plon- 
Aourrit). — Le Cœur est le même, par A. Lichtenberger (in-16. Plon- 
A'ourrit). — Jjes lioses 7'e fleurissent, par M. Âlanic (in-16, Plon-Nourrit). 

— Le Rêve de Sucy, par H. Ardel (in-16, Plon-Nourrit). — L.e Retour à la 
terre, par G. Stengcr (in-16, Pcrrin). — Passion, par P. de Va!ro.se (in-16, 
Perrin). — Le Fléau, roman social du temps de ijuerre, par A. Godard 
(in-i6, Perrin). — Les Croix de bois, par R. Dorgelès nn-16, Albin Michel). 

— Claxwl soldat, par I^. Werth (in-lG. Albin Michel). — Filles d'Alsace, 
par J. Hoche (in-Ki, Albin Michel). — Un Doigt de la lune, conte d'amour 
indou, par F. \\ . Bain ; trad. de l'anglais par S. Karpelcs (in-18, Grasset). 

— Le Secret, par A. Spire (in-16. Edition de la « iNouvelle Revue illustrée). 

— Marins d'eau douce. Un Récit et quelques paysages, par G. de Pourta- 
lès (in-12, Société littéraire de France). — La Ronde des bleuets, par R. 
Leguy (in-12, Figuière). — Le Bombardier Camus, par E. Bourcier (in-16, 
Berger-Levrault). — Manuel des études grecqu"s et latines, par L. Lau- 
rand. F^asc. H Littérature gr'ecque {in-H, Auguste Picard). —Louis Veuil- 
lot et les mauvais maîtres des xvi% xvn° et wiu' siècles, par G. Bontoiix 
(in-16, Perrin). — Paul Hervieu, contetir, motnliste et dramaturge, par 
E. Estève (gr. in-8, Berger-Levrault). — Emile Clermont, sa rie. son 
œuvre, par L. Clermont (in-18. Grasset). — Du Théâtre à i tlvangile. Les 
Etapes d'mie conversion {1850-1917), par J. Odelin (in-18, Beauchcsnei. 

— Les tîrandes Heures de Ribeaupierre, évocation dramatique par J. Va- 
riot (in-S. Société littéraire de France». — Etudes de cartographie histo- 
rique sur VAlemanie, par J.-M. Tournour-Aumont (gr. in-8. Colin). — 
Atlas de géographie historique de la Belgique, publié par-L. Van der 
Esscn, L. Ganshof, ,1. Maury et P. ISothomb. Carte \. La Belgique en 
1786 {Les Pays-Bas autrichiens) (gr. in-4. Van Oost). — Les Iles d'Ryères, 
par E. Jaliandiez (in-12. Édition du Livré mensuel). — Lettres sur la 
jeune Italie, par L. Corpechot (in-16, Berger-Levrault). — Le Sacrement de 



— 318 — 

Jenisahm, par lo H. P. V. Poticel (in-14. Librairie de 1 aii catholique). — 
i'oi/fif/^ au (îoiuu/ti/a et au Sous, par L. Thomas (in- 1(3, Payot). — J/ix- 
toire de la Confédi'ra/ion suisse, par J. Dierauor ; Irad. de i'alieiiiand par 

A. Royinond. V. De 1798 à 1848. ■l'« partie : de 1798 à 1813 (iii-8, Lau- 
sanne, Payot). — Don Juan de Pala/'rKC y Mendosa, ohispo de Paehla y 
Osiua, por G. Garcia (ia-S, Mexico, Bouret). — Les Dernières Années de 
Turenne (1660-1675). par G. -G. ïMcavel (in-S, Calniann-Lévy). — Danie.-i 
du grand siècle, par E. Angot (in-16, Éinile-Paul}. — Les Partages de la 
Pologne et la Lutte pour l'indépendance, par K. Lulostanski (gr. in-4, 
Payot et Bureau polonais d'études et do publications politi(iues). — La Vie 
économique de la l'ologne (gr in-8, Fribourg-Lausaïuie, Comité des publi- 
cations encyclopédiques de la I^ologne). — La Pecolufion française et le 
Régime féodal, par A. Aulard (in-16, Alcan). — Les Questions religieuses 
dans les Cahiers de 1789. par A. Detiys-Buirette (gr. in-8. de Boccard). 

— Histoire religieuse de la Révolution fr-ançaise, par P. de la Gorce. 
T. III (in-16. Plon-Xourrit). — f'n Lm pot sur le revenu sous la Révolution. 
Histoire de la « contribution patriotique » dans le lias-Languedoc, par 
P.-E. Hugues (gr. in-8. (Champion). — Soxtceniis militaires d'Ortai^e 
Levavas.-^eur, officier d artillerie, aide de ranip du maréchal Ney, publiés 
par le com' Besley (in-16, Plon-JNourrit) — Histoire, des Étals- Unis de 
1787 à 1917 , par G. Weill (gr. in-8, Alcan). — Le Rapport secret sur le 
Congrès de Berlin adressé à la S. Porte par Carathéodory Pacha, par 

B. Bareities (in-16, Bossard). — Soixante Années du règne des Romanoff. 
Nicolas prêt Alexandre If, par E. Daudet (in-16, Hachette). — U?i .Jour- 
nal d'ouvriers. « L'Atelier » (1840-1850), par A. Cuvillier (in-16, Alcan). 

— Etudes et fantaisies /listoj-iqiies, par E. Rodocanachi. 2"* série (in-16. 
Hachette). — Etudes historiques et Figures alsaciennes, par A. Bosserl 
(in-16. Hachette). — Auprès de Victor Hugo, par M.-C. l'oinsot (in-IS, 
Garnier). — {/Avant-Guerre comparée en Allemagne et en France, par 
.1. Civray (in-16, Pcrrin). — Manuel des origines de la guerre, par F. 
Roches (in-16, Bossard). — La Guerre de libération, par le général Ziu- 
linden (2 vol. in-16, Hachette). — Petite Histoire de la Grande Guerre, 
par il. \ ast (in-I8, Delagrave). — Souvenirs des premiers temps de la 
guerri', par le cap. J. Merlant (in-16, Bcrger-Levrault). — Six Mois en 
Lorraine, par Gabé de Champvert (in-12 Berger-Levrault). — La Lor- 
raine dévastée, par M. Barrés (in-16, .\lcan). — Mons and the retreat. by 
caj). G. S. (jordon (in-12, London. (lonstable). — Souvenirs d'un chasseur- 
(août 1914-inars 1916). par L. Thomas (in-16, Perrin). — Les Crimes de 
V Allemagne. Dinanl. Massacre et destruction, par G. Sotnville (in-1»>, 
Perrin). — Fn France et en Belgique envahies, i)ar M"" Sainl-René 
Tallandicr (in-16, Alcan). — L' fmmortelle Mêlée, essai sur l'épopée mili- 
taire belge, par P. (^rokacrt (in-16, Perrin). — Sedan sous la domination 
allemande, 1914-1918, par P. Sléphani (in-18, (j'rasset). — Dix Mois à 

Verdun, par l'abbé Thellier de Ponchcvillo (in-12, de Gigord). — Verdun ! 
Paroles de guerre, 1914-1918, par .VIgr (iinisty (in-12, Téqui). — La 
56' Division, au feu. souvenirs de son commandant, i)ar le général V. de 
Dartein (in-l6, Berger-Leviault). — Avec les chars d'assaut, par le cap"'' 
M. (Jagncur et le lieuP M. Fourier (in-Ki, Hachette). — En batterie!, |)ar 
le lieul^ Fonsagrixe (in-l.S, l)elagr;i\e). — L'Homme né de la gwrre. 
Témoignage d'un converti (Yser-.irtois, 1915), par H. Ghéon (in-16, 
lldi lions de la « Nouvelle Revue; française »). — Nos Marins en guerre. 
morceaux choisis par le cap'" H. Bornccquc et le lieul' G. Drouilly (in-16, 



— :îI9 — 

IJi'rgor L('\ i;mll ). — l,i' Médecin (tu fi'U. Le Mederiii t/iri.sio/iiiaire, pur le 
\)' G. 8;iii)l-l*iiiil (iii-lG. AlcTtit. — La (îiierre et la Condition /irivi-'e de ta 
France, par A. Isoré (gr. in-8, do Hoccardj. — La Question relif/ieiise e/t 
Fiance pendant la f/uerre de IVi 1-1918. Documents, par le \ " M. de l.os- 
trang(>. i« si'iic (avril-dc'ccmbrc l!H5) (in-12, Lelhiellovix). — L'HfJ'ort colo- 
nial dr.s Allies, par P. Perreau Pradier et .M. Besson (gr in-8, lierger- 
I,evrault). — Rapatries (1915-1918), par M"" Cliaplal (iii-16, Alcau). — 
Remarques sur la dernière inrasion des Barbares, par ¥. Cliovassu (iii-16, 
l'crriii). ' — Messaçfes, discours, dfjcumenCs diplomatiques relatifs à la 
f/uerre mondiale, l8 août L9 14-8 janvier 1918, du président W. Wilson 
(2 vol iii-8, Boss.ird). — Les Temps nouveaux. 1914-1918. Paroles de la 
guerre, par Mgr Gibier iiii-l2, Téqui). — Le Fer sur une frontière. La 
Politique nirtallurf/ique de l Etat allemand, par V. Engeraiid (iii-8, Bos- 
sard). — L'Ame allenutnde juijee par un Anglais, par T. K. A. Snntli ; 
Irad. de l'anglais par M""^ .1 Périer (in-18, Belin). — L' Allemagne et le 
Ballikum, par G. (iaillard (gr in-H. (Jhapelot). — Que faire de l Est euro- 
péen? par lanteur des « Dangers mortels » de la Bévolulion russe (in- 10, 
Payot). — Sur le Rhin, par H. Bordeaux (in-16, Plon-.Nouiril). — L'()pi- 
nion /luhl^qiie dans les /irovinres rh,''nanes et en Belgique, 1789-1815. 
par L. Engerand (iri-8. Bossard). — La Préparation de la lutte écono- 
mique par l Allemagne, par A. de Tarlé (in-l6, Payot). — Notre nouvelle 
amie r Angleterre, par J. Charpentier (in-lt>, Hachette). — Les Austro- 
Bulgaro-Allemandi en Serbie envahie. Documents de l'ennemi (albums 
in-8 oblong, Grasset). — La République tchécoslovaque, par L. Weiss 
(in-16. Payot). — Les Serbes, Croates et Slovènes, par A. Chaboseau (in-16, 
Bossard). — En Yougoslaire, par C. Rivet (in-16, Perrin). — La. Question- 
yougoslave, par J. Duliejii (in 16, Alcan). — L' Internationale à Berne, 
par P. Renandel (in-18. Grasse!) — Et la Suisse?..., par B. Vallolton 
|in-l6. Berger-Levrault). — Les États-Unis d'Amérique et le Conflit euro- 
péen, par A. Viallatc (in-16, Alcan). — De la Sgtnpat/iie à la fralernité 
d'armes. Les États-Unis dans la guerre, par M. Barres (in-8, .\Ican). — 
Les Etats-Unis et la Guerre. De la neutralité à la croisade, par É. Hove- 
laque (in-8, Alcan). — Au Seuil de la paix, par le comte de Fels (in-16, 
Plon-Nourrit). — Les Problèmes itt ter nationaux et le Congrès delà jiaix, 
par A. Lugan (in-8, Bossardl. — Vers la Soci'-té nations, par F. Buisson, 
J. Brunhes, Aulard. etc. (in 8, (iiard et Brière). — Préliminaires à la 
Société des nations, par F. (]osentini (in-16, Alcan). — Donnez des terres 
aux soldats. L'Exemple de l' Angleteii^e, par E. Buron (in-i6, Bossard). 
— La Renaissance de notre marine marchande^ par P. Cloarec (in-16, 
Plon-Nourrit). — L'Ame paysanne. La Terre, la rare, l'école, par le Dr E. 
Labat (in-18, D'elagrave). — Monsieur Lebureau et Monsieur Lepctrlement, 
par .lustin (in-16. Bossard) — La Pensée alletnande dans l'ordre juridique, 
par J. Signorel (in-8, Berger-Lcvrault). — L'Unité de lu politique ita- 
lienne, par J. Ghopin (in-16, Bossanlj. — La Guerre absolue, essai de 
philosophie; de l'histoire, par G. Balault (in-16, Payot). — L'Anarchie 
dans le monde moderne, par G. de Lamarzelle (in-18, Beauchesne). 

ViSENOT. 



— 320 



TABLE MÉTHODIQUE 



DES OUVRAGES ANALYSES 



THÉOLOGIE 

KcritiiiM» !!iaiiif e. Exégèse. Polvsema snnt sacra Biltlia [Fr. A'ico- 

faus Assouad) .- 2S4 

l,a Foinine patriote d'après la Bible {G. Bonioux) 01» 

Le Sens du christianisme d'après l'exégèse allemande (h' I'. M.- 
J. Laffraïu/e) ' oS 

Liturgie. Leçons sur la messe {Mgr Pierre Batiff'ol) 1!H> 

Eludes de liturgie et d'archéologie chrétienne (Pierre Batiffol). 285 
La Liturgie dans le roman. Pa;ges de littérature catholique (/!/- 

pho/ise Mortier) ■! 41 

Tliéologie dogmatique. Apologétique. L'Existence de Dieu 

[l'ubhé Euffène Duplessy) 21»r> 

Le Mystère de l'Église (le R. P. Humhert Clerissac) 3;> 

Peut-on se passer de Dieu ? (a'iti(|ue scientifKiue |iopulairc (7. Le- 
day) 141 

Théologie morale. Prédicatiou. Quesiions tliéologiques du 
temps présent. 1. Questions de euerre d'après saint Thomas 

d'Aquin {A. Michel) .' IIU 

La Doctrine de vie [M. -S. Gillet) 201) 

Encyclique « Humani generis » de .S'. S. Benoît XV sur la pré- 
dication et Fiègles pour la prédication sacrée édictées par la 
S. Congrégation con.sisloriale 214 

A»>cétisme. Piété. La Spiritualité chrétienne. Des Origines de 

l'Eglise au moyen âge ( P. Pourrai) 111 

Lettres sur la souffrance {Elisabeth Leseur) 200 

Mahomet ii^me. La Mystique d'.\l-Gazzali {le />'■ Miguel Asiii Pa- 

lacios) ". 2î»i; 

JURISPRUDENCE 

Droit canonique. Les Collections canoni(|ues romaines de l'époqiu^ 

de (irégoire \"l I {Paul Fournier) Tii 

I^égi^ilatioii ouvriéi-e. Manmd pratique des lois sociales cl ou- 
vrières 28t) 

SCI ENGINS i-:t arts 

Morale. I'!|ii« de hon grain, paroles de lumière el de piiix ^ Alfred 

lieriuird) 2'.K> 

A travers le prisme du temps (/,'. Wai/ivr) 2S7. 



— 321 — 

Itlducalioii. Kiisei«jiioin«iil. Les Vrais Prinripes de l'éiiucation 
(•lir''lit'inio iM|)|telcs aux iiiailres el aux fani il les (/«?/'. ^ . Mon- 

f(il) i»(ll 

li'Kducation reliifieuse. Entretiens à des mères chrétiennes 

{l'iibbé Cldiit/f Bnuvipr) Ml 

F/Àiilorilé rians la la mille et à l'école {F. Kieff'cr) 112 

La Conversion de .Magdcleine ((/'. hsandon) . 2l;i 

Féminisme. La Française dans ses quatre âges {René Guillou) 28S 

Siences politiques, économiques et sociales. Un Chef d'Elal 

<pii youverno (l'a (iocteur ès-scienres politi(jues) 21."> 

L'Organisali'in de la démocratie (ProOus) 215 

l/lndividu avec llUat (Ç. Léoiison Le Duc) 113 

Le Socialisme coutix* l'Klal {Einiie Vandervelde) 113 

Pour abolir la soiilTrance humaine (Lucien Deslinières) 214 

Sciences chimiques. Conlérencos do chimie minéi'ale faites à la 

Sorhonne. Métaux [Marcel Guic/tard) 42 

Sciences psychiques. Le Merveilleux spirile (Lucien Roure). ... ^0 

Sciences mathématiques. Cours de géométrie analytique à i"u- 
sagc de la classe de mathématiques spéciales et des candidats 
aux écoles du gouvernement [Georges Milhaud et Edouard 

Pouget). T. L Géométrie à deux dimensions il 

Calcul des systèmes élastiques de la construction [Ernest Fla- 

mard) . . .\ . . . : 201 

OEuvres de Charles ff ermite, publiées par Emile Picard 28.S 

OEuvres de G.-If. Halphen, publiées par les soins de C. Jordan, 

II. Poincaré et E. Picard. T. 1. . Mi 

Géologie. La Géologie biologique [Stanislas Meunier) 43 

Aviation. L'Aviation de demain (Jean Dargon) Mi 

I*èche. Sports. Les Pêches maritimes. Un tour sur le Dogger-Bank 

[Henri Malo). 294 

La Course à pied. Les Courses de haies [le Z>'' Dell in du Co- 
teau) 142 

L'Education physique obligation nationale [le D" Bellin du Co- 
teau) 1 il 

L'Éducation physique moderne de la jeunesse par la méthode 
naturelle, simple, agréable et rapide du lieutenant de vais- 
seau G. Hébert [Octave Forsant) 214 

lîeaux-Arts. Les Grands Graveurs. Andréa Mantegna et les gra- 
veurs préraphaélites italiens .' IKi 

Les Grands Graveui-s. Marcantonio et les graveurs de l'école ita- 
lienne du xvie siècle 110 

Les Grands Graveurs. Fragonard, Moreau le .Jeune et les gra- 
veurs français de la fin du xvuic siècle 116 

Les Grands Graveurs. Bartolozzi et les graveui's au pointillé en 

Angleterre à la fin du xviue siècle 1 1<» 

Les Eaux-fortes de Rembrandt. L'Ensemble de l'œuvre. La 
Technique des « Cent florins. » Les Cuivres gravés [André- 
Charles Coppier) 44 

Mélanges. De la Cryptographie, étude sur les écx"itui"es secrètes 

[A ndré Langie) 202 

Travaux de dames [Marguerite de Saint-Genès) 142 

Mai-Jlin 1919. T. CXLV. 21. 



— 322 — 



LITÏKRATURE 

(âiiciuistique. IMiiloloiiie. A New Diclionary Englisli-Freneh and 

Frencli-Englisli. VVilh figured prominciation 290 

Les Noms juiïs {Georges Massoutié) 1 42 

Poésie Les Horizons noirs. Los Heaux Dimanches. Fêtes (Paul Cos- 

tel) ■ ^"'^ 

La Claire Fonlaine de la vie [Eihnuird Sclu/J'inacher) 273 

En majeur et en mineur [Claude Dubosq) 273 

Musiques éparses {le même). 273 

Les Buccins d'or (chants davant l'aube) {Jean Carrère) 274 

La Statue sans visage {Roger Gaillard) 274 

Poèmes. Sous les yeux de la mort. l>a Soiiive et le Ciel {Geor- 

qes Audibert) • 27o 

Ali Rythme du cœur {Antoine Ckollier) TIJ\ 

L'Araignade {Pie>re Courras) 275 

L'Ani,^oisse éternelie'(.4;trfre Maillet) 27ri 

Préludes [Danyl-IIplm) 275 

Dans les ruines d'Ampurias {André: Bruguière de Gorgot) 27.'» 

La Folle du logis (A. Guillet) 275 

Les Calmes Brises (René Preslefont) 27,-» 

L'Impossible Rêve {Emma Peilerin et Joseph Bollery) 27(1 

Destinées {A uguste Galène) 270 

Péchés de jeunessse {Gabriel Espallac) 27(i 

Brumes et roseaux {Jarqufs Léfehrve) 270 

Cantilènes et pensers {René Preslefont) 270 

Le Dit de Sainte Odile {A. -P. Garnier) 276 

Le Joueur de sambiique {Jean Nostos) 120 

Poésie de querre. Cuinemer (Redon de la Mothe) 103 

Avant et pendant la Grande Guerre. Les Voix profondes {Em- 
manuel Vitte) 209 

Croix de guerre et Croix Rouge {Henri Cure) 269 

La Chanson du Poilu {A Ibert Flory) 269 

Les Chevauchées [Claude Haniii) 269 

Dans les tranchées crayeuses. I/Altente prolongée (1916-1917) 

(Philippe Lecasble). 269 

Chants épiques (Pierre-Xavier Mayeur) 269 

A la France {Paul liougier) 270 

L'Ame française {J. Vassivière) 270 

Les Voix de la Patrie (1914-1917) (Jacques Feschotte) 270 

Ainsi chantait Tliyl (Maurice Gauches) 270 

La l'rance éterneile (P/V/vr de Rouchaud) 271 

• La Terre pourpre (Etienne Lerrat) 271 

Une Voix dans la nuMée (François- Louis Bertrand) 271 

Visions de la guerre. Au pays des marmites. L'Arrière (Paul 

Costel) 271 

Chants d'amour et chants de guerre. Souvenii"s d'un sanitaire 

au Front (le D' Victor Courdoux) 271 

.\mour et (iuerre (Suzanne Fournier) 271 

Chants dun colonial (La Xomia) ^"^ 

(iuillaiime Gueux. Impressions sur la guerre (Auguste Prieur). 271 

La Lyre d'airain du vieux barde. Poèmes patriolicpies et stances 271 
sur les peuples engagés dans la guerre mondiale (Eugène Ré- 

veillaud) 2/1 

Les Cordes d'acier {1914- 1918) (Louis ifaUeux) 272 

Là-llaul (Jean Rieux) 272 

L'Homme et la Brulc (Albert La/arque) 2/2 



— 32;i — 

La MtMise {//enri Docrpmnnt) 27'» 

Voix enlendiics au champ «le hataille (liené du L(tz) 2J73 

Le \'ol (le la Victoire [Ernest de (iaïuty) tUZ 

Théùtri'ï Le Mystère tle la rliair et du sang, évangile en cinq actes 

en vers {A rmnnd /lart/ie) 279 

F-e Tragi(jiie (luotiilieri {le I'. Louis Pfrroy) 278 

L(; l5:iyon (M'"'' Déuiians d' Archimb(iud) 278 

lli'lérie eneliaini e {Mait/iicritc Comhes) 277 

Pièces nlatircs à la (fuerre. Poèmes «lu temps de guerre [Olivier 

df lioufi'') . . . 277 

Pour l'Alsare {Maurice Bouchor) 277 

Altila (Arthur Samfion) . 277 

Lueuis et reflets de la guerre [daston Sorbets) 278 

Les liimes sanglauies, suivies de Terre d'Alsace (E.-Henri Ver- 

dier) 278 

Les Perses de l'Occident (Sotiris Skipis) (trad. du néo-grec par 

l'auteur et Pkiléas Lehesr^ue) 278 

Itomaiis, contes et nouvelles. Némésis (Paul Bowfjet) 32 

Le La<- noir ( lleiinj /inrdeoujc) 34 

Kaui|uehois {Pierre .\othomh) 34 

Enl re deux rives ( Pmil A cker) 34 

Le Hève et la Vie [Jeau Morgan) 35 

Un (Caractère de Française (Jean de lu iJréte) 35 

Plein Été (Edit/i Wurtlion) 35 

L'Ivliiquier (la comtesse de Chambrun) 35 

Les Fantaisies du destin (Edgard Blosde) 36 

Glèbe gasconne (Étieiuie Garry) 36 

Le Belle Enfant, ou l'Amour à iO ans (Eugène Mont fort) 3H 

Et Cie {Jean-Richard Bloch) 36 

Les Enfants du ghetto (Israël Zangwill) (trad. française de 

Pierre Mille) ' 36 

Renée (André Baruch) 36 

L'Homme fort (Paul Ilg) ; trad. par Jules Brocher 36 

Enfantine ( Valéry Larbaud) 37 

La Bonne Madeleine et la pauvre Marie. Quatre Histoires de 

pauvre amour (Charles-Louis Philippe) 37 

Monstres choisis [André S al mon) 37 

Romans de guerre. Les Gars de la flotte (Arnould dalopin) 192 

Histoire de Gotlon Connixloo, suivie de VOnhWée (Camille May- 

ran) 29 

L'Ame de la victoire {Jean Nesmy) 29 

Chantai Daunoy (Isabelle Saiidy) '29 

.Allemand d'Amérique 1.4 . de Vilièle) 30 

Le Mariage de Lison (Antoine Bedier) 31 

Sa Veuve (Jean Yole) 31 

La Mort du soldat (Émile-Prançois Julia) 31 

Gœurs français, consf ience>î anglaises [J. Iléiiouard) 31 

La Forêt tragique (Aiburt Garenne) 31 

Hhiet d'Alsace (Jane de Carrières) 32 

Le Double Exil d'un solitaire (Guiffre d' Evol) 32 

L'Impérieux .Amour (Delorme-Jules Simon) 32 

Beviendra-t il P (Jeanne Broussan-Gaubert) 32 

La Tudesquite (P.-Edouard de Ménieux) 32 

Les Loups (Benjamin Valloton) 36 

C'est la guerre ! (le lieut^-mi^ S.-J.-L. de Farusi) 36 

Les Silences du colonel Bi'amble (André Maurois) 37 

Six Contes et deux rêves (Louise Fattre-Favier) 37 



— 324 — 

Trois Histoires maotMionipiines {Jean-If. Prnt) 37 

L'Indiscret «le l'araiiK' [le />■ Harrij Marceau) 37 

Ouvraflcs pour la jeunesse. Histoire «Inn casse-noiselle 

( A le.ï andrc Damas) 4!» 

Monsieur « Si«ii. » Mémoires <run chat (Côte-Darli/) 142 

Le Diadème de cristal (l'aul lleuzé) : . . . 280 

Olivette et Miguelito {Max Colomban) 281 

Des