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Full text of "Précis des leçons d'architecture données à l'École polytechnique"

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in 2010 with funding from 

Lyrasis Members and Sloan Foundation 



http://www.archive.org/details/prcisdesleon01dura 



LEÇONS 



D'ARCHITECTURE. 



AVIS AU RELIEUR. 

// placera après la première Partie , les dix planches 
qui appartiennent à cette Partie ; et à la fin du 
Volume f les vingt-deux autres planches. 



PRÉCIS 

DES LEÇONS 

D'ARCHITECTURE 

DONNÉES 

A L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE, 

Par J. N. L. DURAND, 

ARCHITECTE ET PROFESSEUR d'a RC II I T E CT URE. 

PREMIER VOLUME 

contenant TRENTE-DEUX PEANCHEs. 
Prix y 2,0 francs , hrocliè. 

A PARIS, 

Chez l'AUTEUR, a l'Ecole Polytechnique. 



V^^^'^^^--/"^- An X (1802). 



PRÉFACE. 

O tr E L s que soient l'objet de l'Architecture et son Init, 
il est constant que de tous les arts, elle est celui dont 
l'usage est le plus général et l'emploi , le plus dispendieux. 
Il est peu de pays où il n'y ait des demeures particu- 
lières pour les individus, et des édifices publics pour les 
sociétés. Or il en'coûte énormément pour ériger de grands 
édifices , et beaucoup pour élever les édifices mêmes les 
moins considérables. Delà , pour les hommes qui se 
destinent à l'Architecture , la nécessité de posséder les 
connaissances et les talens nécessaires. 

Les Architectes ne sont pas les seuls qui aient à con- 
struire des édifices , les ingénieurs civils et militaires sont 
fréquemment dans le même cas. On pourrait même ajouter 
sur les ingénieurs , qu'ils ont plus d'occasions d'exécuter 
de grandes entreprises que les Architectes proprement 
dits. En effet, ceux-ci, dans le cours de leur vie, n'ont 
souvent que des maisons particulières à bâtir ; tandis que 
les autres , outre les mêmes édifices dont on les charge 
également dans-^les départemens éloignés , où les Archi- 
tectes sont très-rares , se trouvent par état , obligés à 
élever des hôpitaux, des prisons , des casernes, des arse- 
naux , des magasins , des ponts , des ports , des phares , 
enfin , une foule d'édifices de la première importance^ ainsi, 
les connaissances et les talens en fait d'Architecture leur 
sont pour le moins ^ aussi nécessaires qu'aux Architectes, 

a 



ij PRÉFACE. 

Mais les jeunes Elèves destinés à entrer clans le génie 
soit civil soit militaire, on clans quelque autre service pu- 
blic, n'ont que très-peu de tems à consacrera cette étude > 
tant à l'Ecole Polytechnique que dans les écoles spéciales, 
où ils passent au sortir de celle-ci, et même lorsqu'ils 
sont parvenus au grade d'ingénieur. Il fallait donc que 
pour les Elèves, l'étude de l'Architecture devenue extrê- 
mement courte n'en fût pas moins fructueuse. Or, pour 
approcher de ce double but, le plus près que nous pour- 
rions , voici en peu de mots ce que nous avons cru devoir 
faire : 

Afin de n'être point arrêtés à chaque pas , par la cri- 
tique d'une foule de défauts particuliers que l'on rencontre 
dans les édifices, critique qui de nécessité serait devenue 
plus ou moins étendue; nous avons fait connaître, dans 
une courte Introduction, les préjugés qui sont la source 
de ces divers défauts. 

Après avoir ainsi effacé de l'esprit des Elèves, les fausses 
notions cju'ils pouvaient s'être formées de l'Architecture, 
et les avoir prémunis contre d'autres semblables qu'ils au- 
raient pu s'en former par la fuite, nous avons voulu, 
dans cette même Introduction , leur donner des idées pré- 
cises de la nature de cet art, de son but, de ses moyens, 
enfin, de ses principes généraux. Afin que ces idées fussent 
utiles , nous les avons généralisées de manière que par la 
suite , elles fissent nécessairement éclore toutes Jes idées 
particulières que dans le Cours de nos Leçons , le tems 
nous a forcés à passer sous silence : et pour ne point 



V R i: F A C E. iij 

fatiguer l'attention ni surcharger la mf'nioirc, nous avons 
cherché à rendre ces mêmes 'idées le plus simples et le 
moins nomhreuses qne nous avons pu , d'une part et de 
l'autre , à les unir tellement , entre elles ainsi qu'avec les 
idées particulières , qu'une première préparât à la sui- 
vante et que celle-ci rappelât infailliblement celle-là. 

Ayant, de la sorte, établi dans l'Introduction, les prin- 
cipes généraux , nous avons fait coinuùlre , dans la 
première Partie, les élémens des édifices, tels que les 
soutiens engagés et isolés , les nmurs et les ouvertures que 
l'on y pratique , les fondemens , les planchers, les voûtes , 
les combles et les teiTasscs , etc. Ces divers objets , nous 
les avons fait envisager sous le rapport de la matière dont 
ils peuvent être construits , sous celui des formes et des 
proportions qu'ils peuvent recevoir : et clans la seconde 
Partie, nous avons fait voir comment on devait combiner 
entre eux , ces élémens tant horizontalement que vertica- 
lement ; comment , au moyen de ces combinaisons , on 
parvenait à former les diverses parties des édifices, qui 
sont les portiques, les porches, les vestibules, les esca- 
liers , tant au dedans qu'au dehors , les salles, les cours, les 
grottes et les fontaines, etc ; enfin, comment ces diverses 
parties devaient être combinées à leur tour, c'est-à-dire, 
disposées , les unes par rapport aux autres , dans la com- 
position de l'ensemble des édifices en général. 

Dans la troisième et dernière Partie de ces Leçons , qui 
formera le second volume de cet ouvrage , tout ce qui a 
été dit précédemment sera appliqué à l'examen et à la 

a 2 



iv PRÉFACE. 

composîLion du plus grand nombre d'édifices publics et 

particuliers qu'il sera possible. 

Voilà ce qui regarde les connaissances , et Ton sent 
bien qu'il, ne faut pas beaucoup de tems pour s'en rendre 
maître. Mais de quelque utilité qu'elles soient , les con- 
naissances ne suffisent pas à un Architecte ; s'il n'y joint 
l'art d'en fiiire aisément une heureuse application : et c'est 
dans cette fiicilité seule que consiste le talent. Or celui-ci 
ne s'acquiert que par des actes réitérés , qui ne peuvent 
avoir lieu sans le secours du dessin. Mais le moindre 
dessin exige un tems plus ou moins long , tellement qu'au 
premier coup d'œil , il semble que si les connaissances 
demandent peu de tems , le talent au contraire en exige 
nécessairement beaucoup. Cet obstacle devait donc natu- 
rellement fixer , comme il l'a fait , notre attention sur le 
dessin. 

Selon quelques personnes , le dessin fait la base et de 
l'Architecture et des autres arts. Nous n'examinerons 
pas si le dessin , destiné qu'il est à représenter les divers 
objets dont fait usage l'Architecture , est la base de celle, 
ci plus que l'art de tracer les différens caractères de l'al- 
phabet n'est le fondement des divers genres de littérature. 
Nous nous bornerons à observer qu'à l'égard de l'Archi- 
tecture , cette prétendue base n'est autre chose que l'art 
de faire et de laver des dessins géométraux ; art qui ne 
peut donner que de fausses idées d'un édifice, puisque la 
nature ne nous offre rien degéométral ni quant aux formes 
ni quant aux effets. La perspective pourrait, seule, donner 



PREFACE. V 

des idées vraies de reflet d'un édifice. Mais chose étrange 
dans un art que l'on prétend assimiler aux arts qui ont 
le dessin pour base ! Ce dernier genre de dessin n'est point 
en usage dansl'Arcliitccture ; il y a plus, il y est sévère- 
ment proscrit : et la piéférence y est exclusivement ac- 
cordée nu dessin géométral , (jui est faux, qui est ridicule 
lorsque l'on veut représenter l'effet d'un édifice ; et qui de 
plus est extrêmement dangereux , comme que l'on consi- 
dère l'Arcliilecture, soit sous le rapport de l'utilité dont 
elle est soit sous celui du plaisir qu'elle procure. Borné à ce 
genre de dessin, un jeune )ionime,s'il est jaloux dei'éussir 
veut en tirer toutle parti qu'il peut. Mais souvent et presque 
toujours, tel projet qui, dans l'exécution, ferait le plus 
d'efl'et n'en opère que très-peu en géométral. Qu'arrive- 
t-jl delà? C'est que celui qui]compose, voulant former des 
masses et produire de l'effet dans l'élévation géométrale, 
ajoute des parties inutiles , en soustrait quelquefois d'es- 
sentielles : et si par malheur, séduit par le charme du 
dessin , par la finesse du traitou par la pureté des teintes, 
on vient à exécuter un semblable projet ; alors, non- 
seulement l'esprit d'un spectateur raisonnable n'en est 
point satisfait, mais l'oeil de l'Architecte, lui-même, est 
effrayé d'y appercevoir des effets, des masses toutes dif- 
férentes de ce à quoi il s'attendait. Nous ne ferons pas le 
dénombrement des funestes suites engendrées en Archi- 
tecture , par fabus du dessin géométral ; il nous suffira 
d'ajouter que ce genre de travail fait un tort irréparable 
h des jeunes gens qui souvent, malgré les obstacles que 



vj PRÉ F A C E. 

leur oppose une aveugle routine, manifestent des talons; 
parce qu'il leur enlève un tems énorme qu'ils pourroient 
sagement employer à multiplier leurs connaissances. 

Si , pour les Elèves qui consacrent tout leur tems à 
Féludc de l'Architecture , il est si dangereux de s'occuper 
du dessin au point de le confondre avec l'Architecture : 
il l'est bien plus encore pour ceux qui se destinent au 
génie ; et l'on sent assez comhien à l'égard de ces derniers^ 
nous avons dû nous monîrer sohres dans l'emploi que 
nous avons fait du dessin d'après les observations que nous 
venons d'exposer à ce sujet. Aussi, l'avons-nous presque 
réduit à un simple trait destiné à indiquer la forme et la 
disposition des objets : et si nous avons eu recours au 
lavis ; ce n'a été que pour distinguer les pleins d'avec les 
vides , dans les plans et dans les coupes. C'est ainsi que 
justement avares du tems des Elèves , nous n'en avons 
consacré au dessin , devenu si peu de chose, qu'une très- 
faible portion. 

Mais, nous dira-t-on, ce n'est pas sur le dessin seul de 
l'Architecture que nous prétendons faire reposer celle-ci ; 
c'est sur le dessin en général et sur celui de la figure en 
particulier. Les Michel- Ange et les Bernin , etc. n'étoient- 
ils pas à la fois et peintres et architectes ? N'est-ce pas à 
leurs talens dans le dessin qu'ils ont dû leurs succès dans 
l'Architecture? Le dessin , il est vrai, met à même d'ex-, 
primer aisément ses pensées ; ce qui le rend extrêmement 
recommandable. Mais nous sommes loin de le regarder 
Comme une chose essentielle : car pour ce qui est des Ar- 



P R ].': F A C E. ^ ij 

cliitectes que Ton vient de nous citer, quand même nous 
conviendrions de leur supériorité, ce que nous n'avons 
garde de faire ; nous ne conviendrions pas pour cela, que 
ce fût à leurs lalcns dans le dessin qu'ils doivent leur répu- 
tation. En ciTct, personne s'est-il jamais avisé de vanter 
Palladio comme dessinateur ? Est-il néanmoins quelqu'un 
qui lui refuse la gloire d'être le plus grand architecte ? 

Nous inviterons donc les Elèves à se préparer à l'étude 
de l'Arcliitecture par l'exercice du dessin : mais nous leur 
recommanderons en même-tems d'abandonner celui-ci 
lorsqu'ils étudieront celle-là , plutôt que de les confondre, 
l'un avec l'autre. 

Non-seulement , nous avons réduit le dessin à ses plufe 
simples termes ; mais nous avons encore affecté de mettre 
sur une même feuille , le plus grand nombre d'objets qu'il 
nous a été possible ; afin que la plupart des lignes qui 
concourent à les représenter, leur devenant communes , 
on pût dessiner un assez grand nombre d'objets en aussi 
peu de tems, que l'on en aurait mis à dessiner chacun 
d'eux si pn l'avait fait séparément. 

Quoi qu'il en soit, et des principes que nous avons posés 
et des moyens que nous avons mis en oeuvre ; si ceux-là 
n'ont pas le dernier degré de bonté ni ceux-ci , le dernier 
degré de brièveté : nous n'en sommes pas moins fondés 
à nous flatter qu'en suivant la marche que nous avons in- 
diquée, on fera en peu de mois , ce que jusqu'à présent, 
on n'a pu Aiire que pendant un grand nombre d'années. 



viij P R E F A C E. 

Si le Public accueille ce premier volume, nous ne lui 
ferons pas long-tems attendre le deuxième. 

En beaucoup d'endroits , nous avons renvové nos Lec- 
teurs à notre Parallèle. Il fallait donc leur exj^liqucr ce 
que c'était, leur en donner une idée exacte; et tel est l'objet 
de la Notice qui termine la seconde Partie. 

Notre Préface serait incomplète ; si nous laissions ignorer 
au Public la part que notre ami , le cit. Maudru , a eue à 
la confection de ce volume. 

Nous nous trouvions pressés de terminer ce Précis ; afin 
que ceux des Elèves de l'Ecole Polyteclmique qui doivent 
subir un examen sur cette partie de l'enseignement , 
pussent, en parcourant notre travail, se rappeler les prin- 
cipales cboses dont nous les avions entretenus dans notre 
Cours. D'ailleurs , à cette Ecole , outre la fonction de pro- 
fesseur, nous en exerçons une autre , qui nous permettant 
difficilement de nous livrer à une occupation suivie , nous 
permettait encore moins de surveiller cette impression et 
de l'accélérer. 

C'est dans cette position que nous nous sommes adressés 
à l'homme de lettres que nous venons de nommer , et dont 
le zèle a suppléé à ce que nous ne pouvions faire par nous- 
mêmes. 



INTRODUCTION. 



INTRODUCTION. 

JL'AnciiiTi^.rTUKK a pour oLjct, la composUion oL rcxécii- ,.^2ciuLiu- 
tion laiil des édifices publics que des édifices parLiculicrs. rc. 

Ces deux "cnres d\''(li lices se subdiviseul eu un grand l^;"'^,.,?''"- 

î^ .. , les d litUlicca, 

nombre d'espèces , el cluicpie espèce est encore suscepLble 
d'une infinité de niodilicaLions. 

Les édifices publics sont les portes de a illo , les arcs ^^^^^'';''"^*"l'^' 
de triomphe, les ponts, les places, les marchés, les 
écoles, les bibliothèques, les muséum, les maisons com- 
munes, les basiliques , les palais, les hospices, les bains, 
les fontaines, les théâtres, les prisons, les casernes, les 
arsenaux , les cimetières , etc. 

Les édifices particuliers sont les maisons particulières ^jjj^jj'j';!:''/'^'"" 
à la ville, les maisons à loyer, les maisons de plaisance, 
les maisons rurales , ainsi que toutes leurs dépendances , 
les ateliers, les manufactures et les magasins, etc. 

La différence des moeurs, des usages, des localités. Modifierions 
des matériaux , des facultés pécuniaires , introduit né- 
cessairement une foule de variétés dans chaque espèce 
d'échfice. 

Si , pour apprendre l'architecture, il fallait étudier, l'une Manièro 
après l'autre , les diverses espèces cl édifices dans toutes dicordinairc- 
Ics circonstances qui peuvent les modifier : une semblable ^^tuix! 
étude , en supposant qu'elle fût possible , serait non-seu- 
lement très-longue , mais encore très-imparfaite. A coup 
sûr, on n'acquerrait que des idées isolées , qui, loin de 
se prêter un mutuel secours, se heurteraient souvent, 
les unes les autres ; et jetteraient par conséquent d'au- 
tant plus de confusion dans l'esprit , que le nombre eu 

serait plus considérable. 

A • 



a INTRODUCTION. 

Au lieu de suivre une lellc marche , si l'on s'appli- 
quait aux principes de l'art dont il s'agit , c'est-à-dire , à 
la recherche de certaines idées peu nombreuses , mais 
générales et dont toutes les idées particulières émane- 
raient nécessairement : alors, non-seulement on abrége- 
rait beaucoup le travail , mais encore on le rendrait plus 
fructueux j car par-tout et dans tous les temps, on par- 
viendrait sans peine et par une voie non moins prompte 
que sûre , à composer toutes sortes d'édifices et à les 
exécuter. 

Mais les principes de tout art, de toute science ne sont 

que des résultats d'observations. Or, pour les découvrir, 

il faut observer ; et pour observer avec fruit , il faut le 

faire avec méthode. 

Division or- Daus tous Ics cours d'architccture , on divise cet art 

dinairedel'ar- . .,.. iir • ^ t --i • 

ciiitcchuc,en cu trois parties custmctcs ; la décoration, la distribution , 
dLk;oraiioir^ ' ^t la constructiou. Au premier coup d'oeil , cette division 
distnbutionet p^i^aît simple , naturelle et avantageuse. Mais pour qu'elle 
fût telle en effet j il faudrait que les idées qu'elle offre à 
l'esprit fussent toutes applicables à tous les édifices, que 
ces idées fussent toutes générales , et comme des pomts 
élevés d'où l'on pût embrasser l'ensemble de l'art, des- 
cendre ensuite à toutes les idées particulières et en par- 
courir toute l'étendue. Or des trois idées exprimées par 
les mots cZecora^/o^z , distribution et construction , il n'y 
en a qu'une qui convienne à tous les édifices. D'après 
l'idée que l'on attache ordinairement au mot décoration y 
la plupart des édifices n'en sont pas susceptibles. Par 
distribution , on n'entend autre chose que l'art d'arranger 
suivant nos usages actuels, les différentes parties qui 
composent un bâtiment d'habitation ; car on ne dit pas : 
Distribuer un temple , un théâtre ^ un palais de justice, etc. 



INTRODUCTION. 3 

liC mot conslrucLion , qui exprime la rc'îujiion des 
diflcrens arts mécaniques que rarcluLccture emploie, 
tels que la maçonnerie, la cliarpenterie , la menuiserie, 
la serrurerie, etc. offre donc, seul, une idée assez générale 
et qui convienne à tous les édifices. 

Mais puisque l' architecture est non-seulement l'art x^»" rx'f:'"* 
d exécuter , mais encore celui de composer tous les édi- thodc. 
fices publics et particuliers ; et que l'on ne peut exécuter 
un édifice quelconque sans Tavoir conçu; il faudrait qu'à 
l'idée de construction se trouvât jointe une autre idée 
générale, de laquelle découleraient toutes les idées parti- 
culières qui doivent gvader dans la composition de tous 
les édifices. Or cette idée générale n'étant point offerte par 
cette méthode , celle-ci conséquemment est vicieuse. 

Non-seulement cette méthode est vicieuse , en ce qu'elle 2^me Dc- 
ne donne de l'architecture qu'une idée incomplette ; mais 
elle est même dangereuse , car elle en donne les idées les 
plus fausses comme on le verra tout-à-Fheure. 

Et quand même cette méthode donnerait de l'archi- s^nie Dé- 
tecture des idées justes et générales ; l'inconvénient qui 
en résulte dans la pratique devrait suffire pour' la faire 
abandonner. De cette division de l'architecture en trois 
arts indépendans , les uns des autres , que l'on peut, que 
l'on doit même étudier séparément, il arrive que celui 
qui veut devenir architecte prend plus de goût pour l'un 
de ces arts, s'v attache de pi'éférence, néglige les deux 
autres , souvent même ne s'en occupe ])as du tout , et 
n'acquiert par conséquent qu'une partie des connaissances 
qui lui sont nécessaires. 

Cependant , il est impossible d'embrasser à la fois toutes 
les idées particulières comprises dans l'idée générale d'ar- 
chitecture. Il faut donc diviser celle-ci : mais, loin que 

A 2 



faut. 



faut. 



4 INTRODUCTION. 

cette dirision mette, ce qui arrive souvent, en opposi- 
tion entr'elles, les idées particulières; elle doit les rattacher 
ensemble , par l'ordre simple et naturel dans lequel elle les 
présente à l'esprit. 
mmhre Pour réussir dans tout ce qu'on entreprend, il faut avoir 

Sicr^iS un but réel, un but qui soit raisonnable. Autrement, ce 
chiuxturc. jjg pg^t êLre que par le plus grand hasard que l'on obtient 
du succès. Mais si le but que Ton se propose est chimérique : 
alors, plus on marche et plus on s'éloigne du véritable ; 
ce dont on ne voit que trop d'exemples. 

Ce n'est pas tout d'avoir un but réel , il faut encore 
avoir les moyens de l'atteindre. Ainsi, le but que l'on doit 
se proposer, quand on s'occupe de la composition et de 
l'exécution des édifices tant publics que particuliers, et 
les moyens qu'il s'agit d'employer ; voilà ce qui d'abord 
doit faire la matière de nos observations. 

Cela posé , nous en déduirons natui'ellement les prin- 
cipes généraux de l'architecture : et ceux-ci une fois 
connus , nous n'aurons plus qu'à les appliquer , 1°. aux 
objets que l'architecture emploie , c'est-à-dire , aux élé- 
mens des édifices ; 2°. à la combinaison de ces élémens , 
en d'autres termes , à la composition en général ; et ù°. k 
la réunion de ces combinaisons dans la composition de 
tel ou tel édifice en particulier. 

Tels sont les objets de notre étude , et tel est l'ordre 
dans lequel nous les examinerons. 

Selon la plupart des architectes, l'architecture est moins 
donnent de l'art de faire des édifices utiles, que celui de les décorer. Son 
îl^phîplrt'dcs but principal est de plaire aux yeux et par-là , d'exciter en 
*^Tr^?"*^" nous des sensations agréables : ce à quoi, ainsi que les au- 
tres arts , elle ne peut parvenir que par l'imitation. Elle 
doit prendre pour modèle , les formes des premières ca- 



INTRODUCTION. 5 

banes que los lioiiinus onl élevées , et les proportions 
du corps luiniaiii. Or les ordres d'arcliitcctiire inventés 
parles Crées, imités par les Romains, et adoptés parla 
plupait des nations de TEiirope , étant une imitation du 
corps humain et de la cabane , font par conséquent Tes- 
sence de l'architecture. D'où il suit que la beauté des dé- 
corations formée par les ordres est telle, qu'en aucune 
manière , on ne doit regarder à la dépense dans laquelle 
entraîne nécessairement la décoration. 

Mais on ne peut décorer sans argent ; et par consé- Esnmen de 
quent, pinson décore, plus on dépense. Il est donc na- *^*'* ' '^''"** 
turcl d'examiner s'il est vrai que la décoration arcliitec- 
tonique, telle que les architectes la conçoivent, procure 
tout le plaisir que l'on s'en promet ; du moins , si le plaisir 
qu'elle fait compense les frais qu'elle occasionne. 

Pour que l'architecture puisse plaire en imitant 3 il 
faut qu'à l'exemple des autres arts , elle imite la nature. 
Voyons si la première cabane que l'iiommc a faite est 
un objet naturel ; si le corps humain peut servir de mo- 
dèle aux ordres ; vovons enfin si les ordres sont une imi- 
tation et de la cabane et du corps humain. 

Prenons d'abord une idée de cette cabane et de ces 

, ., ^., . -11 Description 

ordres. V.oici comment L<augier s exprime au sujet de la do la cabane 

cabane : « Considérons , dit-il , l'homme dans sa première ^" angicr. 

» origine , sans autre sgcours , sans autre guide que l'ins- 

» tinct naturel de ses besoins. Il lui liiut un lieu de repos. 

M Au bord d'un tranquille ruisseau, il apperçoit un gazon ; 

» sa verdure naissante plaît à ses yeux ; soix tendre duyet 

» l'invite ; il vient 5 et mollement étendu sur ce tapis 

» émaillé , il ne songe qu'à jouir en paix des dons de la 

» nature ; rien ne lui manque ; il ne désire rien : mais 

)) bientôt , l'ardeur du soleil qui le brûle , l'oblige à cher- 



6 INTRODUCTION. 

)) clier un abri ; il apperçoit une forêt qui lui offre la 
)) fraîclieur de ses ombres ; il court se cacher dans son 

)) épaisseur et le voilà content. Cependant , mille vapeurs 

)) élevées au liasard se rencontrent et se rassemblent , 

w d'épais nuages couvrent les airs , une pluie effroyable 

» se précipite comme un torrent sur cette forêt délicieuse. 

)) L'homine, mal couvert à l'abri de ces feuilles, ne sait plus 

)) comment se défendre d'une humidité incommode qui 

» le pénètre de toute part. Une caverne se présente , il s'y 

)) glisse ; et se ti'ouvant à sec, il s'applaudit de sa décou- 

)) verte : inais de n ouveaux désagrémens le dégoûtent 

» encore de ce séjour ; il s'y voit dans les ténèbres , il 

» y resjDire un air mal-sain, il en sort résolu de sup- 

» pléer , par son industrie, aux inattentions et aux négli- 

» gences de la nature. L'homme veut se faire un logement 

M qui le couvre sans l'ensevelir. Quelques branches ab- 

)) battues dans la forêt sont les matériaux propres à son 

» dessein. Il en choisit quatre des plus fortes , qu'il élève 

)) perpendiculairement et qu'il dispose en carré. Au- 

)) dessus , il en met quatre autres en travers ; et sur celles- 

)) ci , il en élève qui s'inclinent et qui se réunissent en 

» pointe des deux côtés. Cette espèce de toit est couverte 

)) de feuilles assez serrées , pour que ni le soleil ni la 

)) pluie ne puissent y pénétrer ; et voilà Thomme logé. 

» Il est vrai que le froid et le cha^d lui feront sentir leur 

)) incominodité dans sa maison ouverte de toute part ; 

» mais alors , il remplira l'entrc-deux des piliers et il se 

» trouvera garanti. 

» La. petite cabane que je viens de décrire, continue 

» Laugier, est le modèle sur lequel on a imaginé toutes 

» les magnificences de l'architecture ; c'est en se rappro- 

» chant, dans l'exécution, de la simplicité de ce premier 



INTRODUCTION. 7 

» raoc]èle , que Ton (!'vite les défauts essentiels , que l'on 
)) saisit les perfections véritables. Les pièces de bois éle- 
)) vées p(>rp(Mulieulairomcnt nous ont donné l'idée des 
)) colonnes. Les jjièccs horizontales qui les surmonLenl, 
» nous oui donné l'idée des entablemens. Enfin, les pièces 
)) inclinées qui forment le toit , nous ont donné l'idée 
» des frontons. Voilà ce que tous les maîtres de l'art ont 
)) reconnu. )> 

Les colonnes , les entablemens et les frontons , dont la Ordre , ce 
réunion forme ce qu'on appelle ordre d^ architecture ; und ordin?.?- 
voilà les parties essentielles de l'art, celles qui en consti- ^^'^"^^^'r^^' '^^ 
tuent les beautés j et les murs, les portes, les fenêtres, 
les voûtes , les arcades ainsi que les autres parties que 
le besoin seul y a fait ajouter , ne sont que des licences 
que l'on doit tout au plus tolérer : telle est la conclusion 
que tire l'auteur que nous venons de citer. 

De la connaissance de la cabane , passons à celle des Orcbes Grecs. 
ordres , et lisons ce que Vitruve nous apprend à ce sujet : 

(( Doras, roi du Péloponnèse, ayant, dit-il, fait bâtir un Dorique, 
)) temple à Junon daiis Argos, il se trouva par basard humaiii!'^"'^^ 
» de cette manière que nous appelons dorique; ensuite, 
)) dans plusieurs autres villes, on en fi.t de ce même ordre, 
» n'ayant encore aucune règle établie pour les proportions 
)) de Farcliitecture. En ce temps-là , les Athéniens envoyè- 
)) rent dans l'Asie mineure plusieurs colonies sous la 
» conduite d'Ion j ils nommèrent lonie , la contrée où 
» celui-ci s'établit. Ils y bâtirent d'abord des temples do- 
» riques , principalement celui d'Apollon. Mais comme 
» ils ne savaient pas bien quelle proportion il fallait 
)) donner aux colonnes ; ils cherchèrent le moyen de les 
)) faire assez fortes pour soutenir le faix de l'édifice, et 
)> de les rendre en même temps agréables à la vue. Pour 



8 INTRODUCTION. 

)) cela, ils prirent la mesure du pied d'un liomme, qui est 

» la sixième partie de sa hauteur , sur laquelle mesure 

» ils formèrent leurs colonnes , de sorte qu'ils leur don- 

)) nèrent six diainètres. Ainsi, la colonne dorique fut mise 

)) dans les édifices ayant la proportion, la force et la beauté 

)) du corps de l'homme. 

Toniqncinu- ,) Ouelque tcms après , ils bâtirent un temple à 

te du corps de _ '^ ^ '■ ^ 

lafimmc. )) Diane, et cherchèrent quelque nouvelle manière qui 
)) fût belle par la même méthode. Ils imitèrent la dé- 
)) licatesse du corps d'une femme ; ils élevèrent leurs 
)) colonnes ; leur donnèrent une base en façon de coixles 
» entortillées , pour en être comme la chaussure ; ils 
» taillèrent des volutes au chapiteau pour représenter 
î) cette partie de cheveux qui pend à droite et à gauche; 
)) ils mirent sur le front des colonnes , des cymaises et 
i) des gousses , pour imiter le reste des cheveux qui sont 
» liés et ramassés au derrière de la tète des femmes ; 
)) par les canelures , ils imitèrent les plis des robes ; et 
)) cet ordre inventé par les Ioniens prit le nom d'/o- 
» 711 que. 
Corinthien )) Le Cojinfhien i-eprésente la délicatesse d'une jeune 

imité du corps . -ii i i ' ' i 

d'uae jeune )) fille à qui 1 âge rend la taille plus dégagée et puis 
» susceptible des ornemens qui peuvent augmenter sa 
)) beauté naturelle. L'invention de son chapiteau est due 
)) à cette rencontre : Une jeune fille de Corinthe prête 
» à marier étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau, 
)) dans un panier, quelques petits vases qu'elle avait 
)) aimés pendant sa vie : et afin que le temps ne les 
» gâtât pas sitôt , étant à découvert , elle mit une tuile 
)) sur le panier , qui ayant été posé par hasard sur 
)) une racine d'achante , il arriva , lorsque les feuilles 
D vinrent à pousser , que le panier , qui était au mi- 
lieu 



INTRODUCTION. f) 

» lieu do la racine, fil. élever le long de ses colés les 
» tiges de la plante , qui, reiuojilraiit les roins de la 
)) tnile, furent contraintes de se recourber, et de taire 
» le contonmenient dt s volutes. Callimaquc^ , sculpteur 
» et architecte, vit cet objet avec plaisir, et en imita 
)) les formes dans le cliapileau des colonnes qu'il fit 
)) depnis à Corintlie , établissant sur ce modèle , les 
)) proportions de Tordre corinthien. 

)) Plusieurs colonies grecques ayant apporté dans OnircsRo- 
» rÉirnrie , aujourd'hui la Toscane , la connaissance de 
» l'ordre Dorique , qui était le seul dont on fit encore Toscan, 
» usage dans la Grèce, cet ordre y fut long-temps exé- 
» cuté de la même manière que dans le pays d'où il 
y) tirait son origine : mais enfin , on y fit plusieurs chan- 
» gemens , on alongea la colonne , on lui donna une 
» base , on changea le cliapiteau , on simplifia l'entable- 
» ment , et cet ordre ainsi changé fut adopté par les 
» Romains sous le nom d'ordre Toscan. 

» Long-temps après, les Romains, qui avaient adopté ComposUc 
)) les trois ordres grecs, imaginèrent de placer les vo- 
)) lûtes ioniques dans le chapiteau corinthien : ce mé- 
» lange fit donner aux colonnes où on le remarquait, 
» le nom de Composite. 

Tels ■ sont les cinq ordres que l'on regarde comme 
l'essence de l'architecture , comme la source de toutes 
les beautés dont la décoration est susceptible ; parce 
qu'ils sont, à ce que l'on prétend, imités des formes 
de la cabane et des proportions du corps humain. 
Voyons s'ils en sont en effet une imitation. 

Commençons par l'ordre dorique , que les Grecs , Les pro- 

. - . portions tics 

dit- on, fixèrent à six diamètres; paixe que le pied ordres sont- 
d'un homme a la sixième partie de sa hauteur. D'abord, du coiiis hu- 

■p main ? 



lo INTRODUCTION. 

le pied d'un homme a , non la sixième mais la liui- 
licme partie de la hauteur de son corps. D'ailleurs, 
dans tous les édifices grecs, la proportion des colonnes do- 
riques Varie infiniment ( Voy. péirallèle, pi. 63); et dans 
cette variété infinie , le rapport exact de six à un ne 
se rencontre pas une seule fois. Si quelque architecte 
grec s'est avisé d'assigner cette proportion à l'ordre 
dorique ; il paraît que les Grecs n'en ont fait aucun 
cas : autrement, on la retrouverait, sinon dans tous 
leurs édifices , du moins dans cetix qu'ils ont élevés du 
temps de Périclès, édifices qui passent avec raison , 
pour des chefs-d'œuvres. 
Elles ne lo La même variété se remarque dans les proportions 
n°ont^pTré^ des autres ordres que l'on soutient avoir été imités du 
^^- corps de la femme et de la jeune fille ( Voy. parallèle, 

pi. 64). Il n'est donc pas vrai que le corps humain, ait 
servi de modèle aux ordres. 

Mais je veux que dans les mêmes cas , le même ordre 
ait toujours les mêmes proportions ; que les Grecs aient 
constamment suivi le système qu'on leur attrihue ; et 
que la longueur du pied soit la sixième partie de la 
hauteur du corps de l'homme : s'ensuit - il que les pro- 
portions des ordres soient une imitation de celles du 
xorps humain ? Quelle comparaison peut-on faire entre 
le corps de l'homme , dont la largeur varie à chaque 
hauteur différente , et une espèce de cylindre dont le 
diamètre est par-tout le même ? Quelle ressemblance 
peut- il y avoir entre ces deux objets ; quand même 
on leur supposerait une même base, une même hau- 
teur ? Il est donc évident que les proportions du corps 
humain n'ont servi ni pu servir de modèle à celles 
des ordres. 



INTRODUCTION. n 

Si les proportions des ordres n'ont pu avoir été i^''s formes 

•i { 1 11 I 1 • 1 /• 1 '^^^ ordres 

nniloos de celles du corps liuinain , les lormes de ces sont-elles imi- 
inêmes ordres ne l'ont guères été davantage de celles dtîuïba'i!'? 
de la cabane. Les colonnes ont , ou des bases avec 
des chapiteaux ou du moins , des chapiteaux j car on 
n'admettrait point comme telle , une colonne qui ne 
serait absolument qu'un cylindre. Or on ne voit rien 
de tout cela dans les troncs d'arbres ou les pote.iux 
qui soutiennent la cabane. En vain , dirait - on que 
par la suite , sur les poteaux, on mit des planches ou 
des plateaux , pour en élargir la partie supérieure et 
la rendre plus capable de porter l'entablement ; vu 
qu'à longueur égale , une pièce de bois composée de 
fibres longitudinales est moins susceptible de se rom- 
pre , qu'un morceau de pierre composé de petits grains 
agrégés , les uns aux autres. Si l'un de ces objets 
avait servi de modèle à l'autre ; il serait plus naturel 
de croire que les plateaux de bois ont été imités des 
chapiteaux en pierre, que de croire que ces derniers 
aient été imités des autres. 

L'entablement n'imite pas plus parfaitement les par- 
ties supérieures de la cabane, que les colonnes n'en 
imitent les soutiens. Dans un édifice carré, si l'on met 
des mutulcs ou des modillons , que l'on dit repré- 
senter l'extrémité des pièces inclinées du comble de 
cette cabane ; on en met tout autour : il serait même 
ridicule d'en agir autrement. Cependant , dans la ca- 
bane , ils ne se voient que de deux côtés ; il en est 
de même des trigliphes. D'ailleurs , dans la cabane , 
l'extrémité des poutres ou solives, dont les trigliphes, 
dit-on, sont une imitation, est lisse; et les trigliphes 
sont cannelés : ils ne doivent même leur nom qu'aux 

B 2 



12 INTRODUCTION. 

deux canaux et aux deux demi -canaux qu'on j remar- 
que. Si donc les architectes qui ont inventé les ordres , 
ont cherché à imiter la cabane ; ils l'ont certainement 
très-mal imitée. Mais il paraît , par ce qu'en dit Vitruve 
en plus d'un endroit , que les Grecs , loin de s'assujétir 
à imiter cette cabane , prirent à tâche au contraire de 
masquer les parties de leurs édifices qui pouvaient ressem- 
bler le plus aux parties de la cabane. Voici comment cet 
écrivain s'exprime au sujet des trigliphes. 
Trigiipiics )) Long-teinps après que l'on eut lait des colonnes 

fies ciitable- . p . . | , . . . 

mens dori- » en pierre, on laisait encore les entablemens en hois. 

dëroijc'r ^airs » Lcs arcliitcctes Grecs trouvant que l'extrémité lisse 

yeux le bout ^^ ^jgg gQJiyes qui portaient sur l'architrave ou principale 

» poutre n'était pas agréable à voir , ils figurèrent 

)) dessus avec des ais ou petites planches , ce que 

» nous appelons les plates - bandes des trigliphes, et 

)) les enduisirent angulairement avec de la cire. Celte 

)) cire ne pouvant boire l'eau de la pluie comme le 

» reste de l'entablement, l'eau coulait dans ces espèces 

» de canaux et se rassemblait au bas, en gouttes , que 

)) l'on imita depuis , dans les entablemens en pierre. » 

Frises lisses Dans les entablemens des ordres ionique et corin- 

des ordres io- 
nique et GO- thien , les Grecs allèrent encore plus loin ; ils firent 

rintljien. . . . , , 

totalement disparaître tout ce qui avait trait a la ca- 
bane ( V. parallèle, pi. 65 et 66 ) : et cependant, par 
une contradiction bien singulière, ce sont ces derniers 
ordres que les partisans de la cabane regardent comme 
les plus beaux. 
Les formes II cst donc évident que les ordres grecs n'ont point été 
fiont'pohit 1- imités de la cabane ; et que, s'ils l'avaient été, cette imita- 
cabane,'!mlc ^^ou scrait , OU nc pcut pas plus imparfaite et par consé- 
«ont imparfai- q^igHt , incapable de produire l'effet que l'on en attend. 



INTRODUCTION. i3 

Mais ce modèle n'est-il pas, lui-même, encoi-o plus im- L» cabane 

,. . , • a /-» 7 , -, cst-tllp un ob- 

parlaiL que la copie / (^)u csl-ce quuue cabane ouverte jet naturel ? 
à tous les vents , que l'iiomme élève pénil^lemcnt pour 
se garantir, et qui ne le garantit de rien ? Cette cabane 
peut-elle être regaixlée comme un objet naturel ? N'est- 
il pas évident qu'elle n'est que le produit informe des 
picmiers essais de l'art ? Serait-ce parce que l'instinct qui 
dirigea l'homme dans cette fabrication, était si grossier, 
qu'il ne mérite pas le nom d'art, serait-ce pour cela qu'on 
la regarderait comme une production de la nature ? 

Or si la cabane n'est point un oljjet naturel ; si le corps L'imitation 
humain n'a pu servir de modèle à l'architecture ; si , "''""* •'"' ^^ 
dans la supposition même du contraire, les ordres ne sont de i'Aicliitcc- 
point une imitation de l'un et de l'autre : il faut néces- 
sairement en conclure que ces ordres ne forment point 
l'essence de l'architecture ; le plaisir que l'on attend de 
leur emploi et de la décoration qui en résulte est nul ; 
cette décoration, elle-même, une chimère ; et la dépense 
dans laquelle elle entraîne, une folie. 

Il suit de-là que, si le but principal de l'architecture 
est de plaire ; il faut ou qu'elle imite mieux , ou qu'elle 
cherche d'autres modèles , ou qu'elle prenne d'autres 
moyens que l'imitation. 

Mais est-il bien vrai que le principal but de l'archi- Redierdie 
lecture soit de plaire, et que la décoration soit l'objpt î'ArcLitcctu-^ 
principal dont elle doive s'occuper ? Dans le passage de ''"" 
Laugier, celui que nous avons rapporté plus haut, on voit 
que, malgré ses étranges préventions , cet auteur ne peut 
s'empêcher de reconnaître que c'est à la nécessité seule 
que cet art doit son origine, et qu'il n'a d'autre but que 
l'utilité publique et particulière. Et comment aurait-il pu 
s'aveugler là-dessus, même en supposant que l'homme 



i4 INTRODUCTION. 

qui éleva cette cabane, dont on a fait le modèle de l'ar- 
cliitecture , eût été capable de concevoir l'idée de déco- 
ration ? L'idée de ses besoins et des moyens propres à les 
satisfaire, ne devait-elle pas s'offrir la première à son 
esprit , et même en bannir toute autre idée ? Est-il rai- 
sonnable de croire qu'étant isolé , ayant à se défendre et 
de l'intempérie des saisons et de la fureur des bêtes féro- 
ces , à se procurer une multitude d'avantages dont jus- 
qu'alors il avait été privé , l'bomme en élevant un 
abri , ait seulement songé à en faire un objet propre à 
récréer ses yeux ? L'est-il plus de croire que les hommes 
réunis en société , ayant une foule d'idées nouvelles et 
par conséquent , une foule de nouveaux besoins à satis- 
faire , aient fait de la décoration l'objet principal de 
l'arcliitecture ? 

Quelques auteurs , qui ont soutenu et développé le 
système de la cabane avec tout l'esprit imaginable, diront 
que jusqu'ici , il n'est question que de bâtisse ; que sous 
ce rapport, l'architecture n'est qu'un métier ; et qu'elle n'a 
mérité le nom d'art , que lorsque les jDCuples parvenus 
au plus haut degré d'opulence et de luxe , ont cherché à 
donner de l'agrément aux édifices qu'ils ont élevés. Mais 
nous en appelons à ces auteurs-là mêmes. Est-ce lorsque les 
Romains furent parvenus au plus haut degré d'opulence 
el^de luxe , et qu'ils couvrirent de moulures , d'enta- 
blemens , etc. leurs édifices ; est-ce alors qu'ils firent de 
meilleure architecture ? Les Grecs étaient bien moins 
opulens ; et leur architecture , où ces objets sont en si 
petit nombre , n'est-elle pas préférable à l'architecture 
romaine ? Ces auteurs en conviennent , eux-mêmes ; ils 
vont jusqu'à dire que c'est la seule qui mérite lé nom 
d'architecture. Eh bien, cette architecture, qu'ils admirent 



INTRODUCTION. i5 

et qui mérite d'êlre généralement admirée, n'eut jamais 
pour but, de plaire ni pour oLjet, la déeoralion. A la vé- 
rité, on y remarcpie du soin, de la pureté dans l'exécution; 
mais ce soin n'est-il pas essentiel à la solidité ? Dans 
quelques édifices, on observe quelques orneniens de scul- 
pture ; mais les autres, pour la plupart, en sont totalement 
privés et n'en sont pas moins estimés. N'est-il pas évi- 
dent que ces orncmens ne sont point essentiels à l'arclii- 
tecture ? Ceux - là mêmes qu'elle emploie , lorsqu'elle 
croit devoir se parer , n'annoncent-ils ])as clairement 
qu'elle est loin de prétendre à plaire par la beauté intrin- 
sèque de ses proportions et de ses formes ? Et si parmi 
les dernières, on en apperçoit quelques-unes qui n'éma- 
nent pas directement du besoin ; les dilTérenccs qu'on y 
ti'ouve dans chaque édifice , ne prouvent-elles pas que 
les Grecs n'attachaient aucune importance à la décoration 
architcctonique ? 

Soit que l'on consulte la raison soit que l'on examine But de Tar- 
ies monumens ; il est évident que plaire n'a jamais pu *'^'^'^'^'"^^' 
être le but de l'architecture ni la décoration architec- 
tonique, être son objet. L'utilité publique et particulière, le 
bonheur et la conservation des individus et de la société ; 
tel est le but de l'architecture. Qu'on lui donne ou qu'on 
lui refuse le nom d'art; elle n'en méritera pas moins que 
l'on s'en occupe , qu'on recherche par quels moj^ens elle 
peut arriver à son but : et c'est ce que nous allons faire. 

Pour peu que nous y fassions attention ; nous reconnaî- Woj'ens 
trons que dans tous les temps et dans tous les lieux, toutes employer^ 
les pensées de l'homme et toutes ses actions ont eu pour 
origine, ces deux principes , l'amour du bien-être et l'aver- 
sion pour toute espèce de peine. C'est pourquoi, les hom- 
mes, soit lorsque isolés, ils se construisirent des demeures 



Convenance 
cl c'ccuojuie. 



16 INTRODUCTION. 

particulières, soil lorsque réunis en sociclé , ils élov^èi'Piit 
des édifices publics , durent clierclier 1". à tirer des édi- 
fices qu'ils construisaient le plus grand avantage et 
par conséquent , à les faire de la manière la plus con- 
venable à leur destination , 2°. à les bâtir de la manière 
la moins pénible dans l'origine , et la moins dispendieuse 
par la suite lorsque l'argent fut devenu le prix du 
travail. 

Ainsi , la convenance et l'économie ; voilà les moyens 
que doit haturellement employer l'arcbitecture , et les 
sources où elle doit puiser ses principes , les seuls qui 
puissent nous guider dans l'étude et dans l'exercice de 
cet art. 
Principes D'abord, pour qu'un édifice soit convenable; il faut 

gcnoraux rcla- _ _ 

tifs à la cou- qu'il soit solide , salubre et commode. 

Il sera solide ; si les matériaux que l'on y emploie sont 
de bonne qualité et répartis avec intelligence ; si l'édifice 
repose sur de bons fondemens ; si ses principaux sou- 
tiens sont en nombre sufîisant ; posés perpendiculaire- 
ment pour avoir plus de force ; et placés à des distances 
égales , afin que chacun d'eux soutienne une égale por- 
tion du fardeau. 

Il sera salubre ; s'il est placé dans un lieu sain ; si 
l'aire ou le pavé en est élevé au-dessus du sol et ga- 
ranti de l'humidité ; si des murs remplissent l'intervalle 
des soutiens qui en composent l'ossature et défendent de 
la chaleur et du fi'oid, la partie intérieure ; si ces murs 
sont percés d'ouvertui'es capables de laisser pénétrer l'air 
et la lumière \ si toutes les ouvertures pratiquées dans les 
murs intérieurs, en se correspondant , correspondent aux 
ouvertures extérieures , pour faciliter à l'air le moyen de 
se renouveller j si une couverture le met à l'abri de la 

pluie 



Solidité. 



Salubrité, 



INTRODUCTION. 17 

pluie et du soleil, de manière que l'cxlréinité de cette 
couvertiïi'c s'aviuiç.'Mit ;iu-del;i des imirs en éloigne les 
eaux ; et s'il se ti'ouve exposé soit au Midi dans les pays 
froids , soit au Nord dans les pays cliauds. 

Enfin, il sera commode ; si le nombre et la grandeur ConimoJitû. 
de toutes ses parties; si leur forme, leur situation et leur 
arrangement sont dans le rapport le j)lus exact avec sa 
destination. 

Voilà ce qui regarde la convenance et voici ce qui 
concerne l'économie. 

Une superficie étant donnée, si, lorsqu'elle est terminée Principes 

^ , ,, '11 • • 1 fii'nt'raiixicla- 

par les quatre cotes d un c^ri'e , elleexige moms de contour, tifsà l'écono- 



llUC. 



que lorsqu'elle l'est par ceux d'un parallélogramme , et 
moins encore quand elle est terminée par la circonfé- 
rence d'un cercle; si, en fait de symétrie, de régula- Symétrie. 
rite et de simplicité , la forme du carré, supérieure à celle simpUdJ.' 
du parallélogramme , est inférieure à celle du cercle : 
il sera aisé d'en conclure qu'un édifice sera d'autant 
moins dispendieux , qu'il sera plus symétrique , plus 
régulier et plus simple. Il n'est pas besoin d'ajouter que 
si l'économie prescrit la plus grande simplicité dans toutes 
les choses nécessaires, elle proscrit absolument tout ce qui 
est inutile. 

Tels sont les principes généraux qui par-tout et dans 
tous les temps, quand il a fallu élever des édifices, ont 
dû guider les hommes raisonnables ; et tels sont en effet 
les principes d'après lesquels les édifices antiques le plus 
généralement et le plus justement admirés ont été conçus, 
comme on s'en convaincra par la suite. 

Mais, dira-t-on encore, puisqu'il y a des édifices que L'Architcc- 

, . . ., , tare ne pétit- 

ion admire ou que Ion méprise avec raison, il y a clone dic pas join- 

des beautés et des défauts dans l'architecture : elle doit àruiik?*^^ 

C 



i8 INTRODUCTION. 

doiic rechercher les unes et éviter les autres , elle peut 
clone plaire; et si ce n'est pas là son but principal, elle 
doit au moins tcàcher de joindre l'agréable à l'ulile. 
Il est iiTi- N^ous sommes loin de penser que rarchltecture ne 

possible que . , . ,. . ,., 

lis prodiie- pLiisse pas plaire; nous disons au contraire quil est 
artucpiaisei'it impossiblc qu'elle ne plaise pas , lorsqu'elle est traitée 
^^^' selon ses vrais principes. ]ja nature n'a-t-elle pas attaché 

le plaisir à la salisfliclion de nos besoins , et nos plaisirs 
les plus vils sont-ils autre chose que la satisfaction de nos 
besoins les plus impérieux? Or uti art tel que l'architec- 
ture, art qui satisfait immédiatement un si grand nombre 
de nos besoins, qui nous met à portée de satisfaire aisé- 
ment tous les autres, qui nous défend contre les intem- 
péries des saisons, qui nous fait jouir de tous les dons de 
la nature; un art enfin auquel tous les autres arts doivent 
leur existence , comment pourrait - il manquer de nous 
plaire ? 
Ecaïuûsqne Saus doutc quc la graudcur , la magnificence , la va- 

l'on remarque • i ^ it rr i > n i 

dans l'archi- Yiùle , 1 cllet et Ic caracterc que ion remarque dans 
ec me. j^^ édificcs, sout autaut de bcautés , autant de causes du 

Elle se tron- -, . . , , i» zr • 

vent naturel- plaisir que uous cproiivous à leur aspect. Mais qu est- 

Jeiiieiit quand -i i • i • , • n -,• t t c 

on s'oeciipe de ^l besoui de courjr après, si Ion dispose un edince 
la di'^position. [j'^nc manière convenable à l'usage auquel on le des- 
tine ? Ne différera-t-il pas sensiblement d'un autre édi- 
fice destiné à un autre usage ? N'aura-t-il pas naturel- 
lement un caractère et qui plus est, son caractère j^ropre ? 
Si les diverses parties de cet édifice , destinées à divers 
usages , sont disposées , chacune , de la manière dont 
elles doivent l'être; ne différeront -elles pas nécessai- 
rement , les unes des autres ? Cet édifice n'offrira-t-il 
pas de la variété ? Ce même édifice , s'il est disposé 
de la manière la plus économique , c'est-à-dire la plus 



INTR ODU CTTON ic) 

ainiplo , ne paraîlra-L-il ])a.s l(> plus maïul , le ])lus 
ïnagnilîquc qu'il soit possible? Sans iloiiU», puisquo 
l'œil alors embi'assera à la l'ois le plus giancl iionibrc 
de SCS parties. Ciicorc un coup , où est la nceessilc de 
courir après toutes ces beautés parti(;lles ? 

Il j a plus, c'est que cela ,loin d'être nécessaire , est nui- euc-, (lisjia- 
sible à la décoration, elle-même. En cflet , si, parce que cer- ous'occnp< de 
taincs beautés dans un édilice, vous auront frappé, vous <''^co'"i">î' "'■- 
voulez les transporter dans un autre qui n'en est pas sus- 
ceptible ; si môme ces beautés s'y trouvant naturelle- 
ment , vous voulez les porter à lui 2)lus baut point que 
la nature de l'édilice ne le comporte : n'est-il pas évident 
qu'elles s'évanouiront , feront plus , se cbangeront en 
défauts? La Vénus de Médicis et l'Hercule Farnèse sont 
des figures admirables. Mais si , parce que la tête de l'une 
est plus gracieuse ou qu'elle a plus de caractère que 
l'autre, on plaçait celle de Vénus sur le corps d'Hercule 
et réciproquement ; ces véritables chefs-d'oeuvres de l'art 
ne deviendraient-ils pas des cliefs-d'oeuvres de ridicule? 
Et si, parce que les différentes parties de ces statues sont 
admirables, le sculpteur, pour augmenter la beauté de leur 
ensemble, en avait augmenté le nombre et qu'il eût donné 
à ces figures quatre bras, quatre jambes, etc.; ne seraient- 
elles pas au contraire des productions monstrueuses ? 

D'après ce qui vient d'être dit, on ne doit ni s'atla- n est inu- 

1 < 11 1 •• . 1 • 5'i 1 • 1 • ^'Ic el même 

cher a ce que 1 architecture plaise vu qu il lui est impos- dangcieuxquc 
sible de ne pas plaire : ni clicrcber à donner de la variété , ci^j.c]!''r^"*! 
de l'effet et du caractère aux édifices ; puisqu'il est impos- ^^■ 
sible qu'ils n'aient pas ces qualités. 

C'est donc de la disposition seule que doit s'occuper un Ea disposi- 
architecte ; quand même il tiendrait a la décoration arclii- principal de 
tectonique, quand même il ne clicrcherait qu'à plaire: 

C 2 



20 I N T R O D U C T 1 O N. 

puisque cette décoration ne peut être appelée belle, ne peut 

causer un vrai plaisir , qu'autant qu'elle est l'eirel nécessaire 

de la disposition la plus convenable et la plus économique. 

L'Arcliitec- Auisi, tout le talent de l'arcliitecte se réduit à résoudre 

fîa 'Solution c^^ deux problèmes : i.» avec une somme donnée , faire 

bRmer ^™' ^'édifice le plus convenable qu'il soit possible , comme 

dans les édifices particuliers : 2°. les convenances d'un 

édifice étant données, laire cet édifice avec la moindre 

dépense qu'il se puisse, comme dans les édifices publics. 

On voit par-là qu'en fiiit d'arclntecLure , il est faux 
qu'il y ait incompatibilité ou simple compatibilité entre 
la beauté et l'économie; et que celle-ci est une des prin- 
cipales causes de celle-là. 
Pkiiclac I. Un exemple va mettre dans le plus grand jour, ces 

idées et donner à ces principes le plus grand degré de 
certitude. L'édifice connu sous le nom de Panthéon 
français, dans l'origine, devait être un temple. Le but 
que l'on se propose dans ces sortes d'édifices , quel que 
soit le culte qu'on y exerce , est non-seulement d'y 
rassembler la multitude , mais encore d'y frapper son 
imagination par l'organe des sens. Or la grandeur et la 
magnificence sont les moyens les plus propres à produire 
cet eftet. D'après cela, il semble que la décoration soit, 
sinon l'objet unique , au moins la chose principale dont 
on doive s'occuper dans la composition de semblables édi- 
fices ; et que la dépense qu'elle exige ne doive être comptée 
pour rien. Cependant, nous allons voir que si dans celui 
dont il s'agit, mettant de côté , toute idée de décoration, 
l'on se fût borné à le disposer de la manière la plus con- 
venable et la plus économique ; on aurait fait un édifice 
tout autrement capable de produire l'effet que l'on dési- 
rait. Le Panthéon français a de longueur, 110 mètres sur 



l\TRODUCT[()N. 21 

80 (le lai'ac. Il csl romposé d'un poiLail et de c|Liatrc nefs 
réunies à un dôme, le Lout formant une croix grecque. Le 
dévelo]iprment des murs est de six cents douze mètres. On 
y compte deux cents six colonnes distribuées au nombre de 
vingt-deux pour le portail , Je cent trente-six ])our les 
nefs et de quarante-huit pour le dôme , qui en ])i'ésentc 
Irente-deux à rextéiieiu' , et seize dans sa pailie intérieure. 

Qui ne croirait qu'un édifice tel que celui-là, dont les 
dimensions sont aussi considérables et le nombre des 
colonnes, aussi prodigieux, offre le plus grand et le plus 
magnifique spectacle? Il n'en est cependant rien. Cet édi- 
fice intérieurement n'a que 3,672 mètres de superficie 
réelle. La superficie apparente est encore bien moins 
considérable, puisque la l'orme de ci'oix adoptée par l'ar- 
chitecte n'en laisse guères voir plus de la moitié en entrant. 

Le nombre des colonnes ne contribue pas plus à 
donner une idée de magnificence , que les dimensions 
ne contribuent à donner une idée de grandeur. Des vingt- 
deux colonnes du portail , on n'en appercoit distincte- 
ment que six ou huit. Celles du dôme sont , pour les 
trois quarts , masquées par le portail. Pénètrc-t-on dans 
l'intérieur ? On n'en voit distinctement que seize, toutes 
les autres sont couvertes par celles-ci. Les colonnes de 
l'intérieur du dôme ne se montrent qu'à moitié. Encore 
pour les appercevoir , est-on obligé de fiiire \ui eftbrt. 
Cependant, cet édifice si peu grand , si peu magnifique , 
a coûté près de dix-sept millions. 

Si , au lieu de courir après les fiDrmes que l'architecte 
a crues les plus propres à produire de l'effet et du mou- 
vement, il avait fait usage de celles que l'économie pré- 
sentait naturellement, dans la disposition d'un édifice qui 
n'est fijrmé que d'une pièce, c'est-à-dire, d'un cercle^ 



22 IN TllODL CTiON. 

s'il avait employé les colonnes conccnlriqncment à ce 
cercle , de manière à diminuer l'étendue de la voûte in- 
térieurement et à former, à l'extérieur, un vaste portique, 
capable de recevoir une foule de peuj^le qui devait s'y 
rendre de toutes parts : quelle grandeur , quelle magni- 
ficence un tel édifice n'aurait - il pas étalée ! I^a super- 
ficie , dont rien n'aurait dérobé à l'oeil la moindre partie , 
aurait été de 4,2C)2 mètres ; l'extérieur aurait constam- 
ment présenté trente-deux colonnes, et l'intérieur en au- 
rait offert une multitude. Voilà deux édifices bien différens, 
l'un de l'autre. A quoi tient cette énorme différence ? à 
ce que dans le premier, on a cherché à iaire du beau, 
et que l'on a cru que pour y parvenir , il n'y avait 
d'autre inoyen que de prodiguer l'argent j tandis que 
dans le deuxième, on ne s'est occupé qu'à disposer l'é- 
difice de la manière la plus convenable et la plus éco- 
nomique. En effet , celui-ci , qui l'emporte en grandeur 
et en magnificence sur celui-là, ne renferme que cent 
douze colonnes, n'a que 248 mètres de développement de 
murs, coûterait par conséquent la moitié moins, c'est-à-dire, 
qu'avec la somme qu'a coûtée l'autre , on aurait pu faire 
deux édifices, non tels que celui qui existe mais tels que 
celui qu'on y substitue , ou un seul édifice qui aurait eu le 
double de celui-là même que l'on vient de proposer. 

Cet exemple, quoique le plus défavorable au système 
que nous exposons , suffit néanmoins pour faire con- 
noître la vérité de nos principes et l'influence que peut 
avoir sur la fortune, sur le bien-être des particuliers et 
de la société , l'ignorance où l'on est à l'égard de ces 
principes ou leur inobservation. 
«ccaphuia- Récapitulons en peu de mots ," sur l'architecture , ce 
""^' que nous avons reconnu pour être vrai sur sa nature , 



INTRODUCTION. 2.3 

sur son objet, sur son but, sur ses moyens et sur ses 
principes généraux. 

L'arcliilcclnre est un art qui a un genre propre et 
pour objet, la composition et Texccution des édifices 
soit publics soit j)articubers. 

Son but, en coinposant et en exécutant des édifices, 
est de satisfaire un grand nombre de nos besoins , et 
de nous mettre à portée de satisfaire aisément tous les 
autres. 

Les moyens qu'elle emploie pour y parvenir sont la 
convenance et l'économie. 

La convenance renferuîc la solidité, la salubrité, et la 
commodité. 

L'économie comprend la symétrie , la régularité et la 
simplicité. 

La solidité consiste dans le cboix et dans l'emploi des 
matériaux , dans le nombre et dans la disposition des 
soutiens, 

La salubrité dépend de la situation , de l'exposition, 
de l'élévation du sol , des murs, des ouvertures qu'on y 
pratique et de la couverture. 

La commodité naît du rapport qui lie la forme d'un 
édifice, sa grandeur et le nombre de ses parties avec sa 
destinatfon. 

Les formes les plus symétriques, les plus régulières et 
les plus simples, telles que le cercle, le carré, le parallé- 
logramme peu alongé, sont les formes les plus favorables 
à féconomie : parce qu'elles renferment une même super- 
ficie avec un moindre périmètre que les autres, et- que 
par conséquent ce sont celles dont on doit faire usage de 
préférence. 

La décoration n'est point l'objet dont l'architecte doive 



24 I X T R O D U C T I O N. 

s'occuper; à moins que par décoration, l'on n'entende Tart 
d'appliquer aux édifices la peinture , la sculpture et les 
inscriptions. Mais alors , ce genre de décoration n'est qu'un 
objet accessoire. 

Les ordres, en tant qu'objets d'imitation, ne sauraient y 
contribuer; vu qu'ils ne ressemblent à aucun objet de la 
nature, 

La disposition est la seule cbose à laquelle doive s'atta- 
cber l'architecte, quand même il n'aurait d'autre but que 
celui de plaire ; vu que le caractère, l'effet-, la variété, 
en un mot, toutes les beautés que l'on remarque ou que 
l'on cherche à introduire dans la décoration architecto- 
jaique , résultent naturellement d'une disposition qui em- 
brasse la convenance et l'économie. 

Mais avant de disposer un édifice , c'est-à-dire , d'en 
combiner et d'en assembler les parties , il faut les con- 
naître. Or, celles-ci sont, elles-mêmes, une combinaison 
d'autres parties que l'on peut appeler les élémens des édi- 
fices, tels que les murs, les ouvertures qu'on y pratique, 
les soutiens engagés et isolés , le sol exhaussé , les plan- 
chers, les voûtes, les couvertures, etc. Ainsi, avant tout, 
il faut comiaître cçs élémens. 



PREMIÈRE PARTIE. 
É L É M E N S. 

PREMIÈRE SECTION. 

QUALITÉS DES MATÉRIAUX. 

JLiES divers objets dont l'architecture fait usage se cons- 
truisent avec dififérens matériaux, et conséquemment , ils 
ont des dimensions , des rapports , des proportions et des 
formes. C'est sous ces divers aspects que nous allons les 
considérer. 

D'abord , occupons - nous des matériaux qui sont en Matciiaur 

employés dans 

quelque sorte, la substance de ces objets. les édifices. 

On peut les ranger en trois classes : Trois gen 

Ceux qui étant durs, d'un travail long et pénible, sont riaiix. 
fort chers par cette raison. 

Ceux qui, plus tendres et d'un travail plus facile, sont 
pour cela, à meilleur marché. 

Enfin, ceux qui ne servent guères qu'à lier ensemble les 
autres matériaux. 

Les matériaux du premier genre sont les granits , les 
porphyres, les jaspes, les marbres et les pierres dures. 

Ceux du deuxième sont les pierres tendres, les moel- 
lons, la brique, la tuile, l'ardoise et le bois. 

Ceux du troisième sont le plâtre, la chaux, le sable, le 
ciment, les différens mortiers qui résultent de leur union , 
le fer, le cuivre et le plomb. 

D 



T -■■ i: L E M E N S. 

1. SECTION. 



géiicral. 



J. PARTIE, ^(j 

'. SECTION. ^ 

UT Genre Les matériaux du i^remier genre se divisent en deax 

tlivisé en i 

deux espèces. CSpCCeS. 

Les uns se trouvent en masse dans la carrière, tels que 
les granits, les porphyres , les jaspes , les marbres, quel- 
ques grès ; et les autres se présentent par couches, tels 
que les i^ierres. 
Marbres en Quoique la composition des granits , des porphyres et 
des jaspes soit différente de celle des marbres : on ne 
laisse pas de comprendre, dans la marbrerie, tous ces 
matériaux sous la dénomination de marbre ; parce qu'en 
général, ce sont des matières dures et colorées. 

piiv'Tc' jaspe" ^^ y ^ du granit de dilférentes couleurs^ il s'en trouve 
de rouge, de rose, de vert, de gris et de feuille-morte. 
Les couleurs du porplijre varient pareillement ; il y en a 
de rouge, de brun, de vert et de gris. Il en est de même 
du jaspe, qui «est noir ou violet, rouge ou gris ou vert. 

lucmcnt d*i"s? ^^^ distingue deux espèces de .marbre , les marbres an- 
tiques et les marbres modernes. On appelle antiques , les 
marbres dont les carrières sont perdues , et dont nous 
n'avons connaissance que par quelques ouvrages des An- 
ciens j T7iodernes , ceux dont les carrières existent et dont 
on fait usage actuellement. 

H-ilrM^^ '^' Parmi les différens marbres antiques et modernes, on 
distingue encore les marbres veinés , qui présentent des 
veines d'une ou de plusieui\s couleurs; et les marbi^es 
hrèches , qui oflrcnt un assemblage de cailloux ou de 
coquillages incrustés dans une espèce de pâte. 
Marbres an- Lcs marbrcs antiques sont : le joo/pÂj/'e rouge et vert; 
le Icfpis , qui est d'un bleu foncé ; le sei-pentin , qui est 
d'un vert brun ; Yalbâtre ; le blanc antique ; le marbre 
africain, tacheté de rouge et mêlé de veines blanches et 
vertes ; le noir antique , tacheté de blanc j la brocatelle, 



tlfj,UtS. 



QUALITES DES M A T K R I A U X. 27 

nuancée de jaiiixe, de rouge et de gris ; \o jaspe verdàtrc, 1. pahtuî. 
mêlé de taclies rouges; le i^erl et \c jaune antique, etc. i. section. 

Les marbres modefties sont : le marbre blanc , que Ton ^fall.^lSI)lo- 
trouve à Carare et qui est le plus estime ; celui du ci- 
devant Languedoc, qui l'est le moins, il est d'uu vei- 
millon sale , mêlé de grandes veines et de taches blanches ; 
le marbre du ci-devant Bourbonnais, d'un rouge sale, 
mêlé de veines grises et jaunes ; le sérancolùi , qui est gris 
et jaune, tacheté de sang; la grioic , qui est de couleur 
de chair ; le ve/'t cainpan , mêlé de rouge , de blanc et de 
vert ; le vert d'Egypte, d'un vert foncé, tacheté de gris de 
lin ; le ve?'t de mer , plus clair que le campan ; la brèche 
violette et les autres brèches; le blanc veine ; le blcic tur- 
qiiin ; le l'ance, etc. 

Les marbres en général ont l'avantage d'être durs , de 0"iiitt's Ju 
présenter à l'oeil le mélange des plus belles couleurs, et 
de l'ecevoir parfaitement le poli. 

Dans les marbres, il se rencontre des défauts capables Dc'fauts du 
de les faire rebuter , tels que d'être fiers , c'est-à-dire , ™''^ ^^' 
trop durs et trop difficiles à travailler ; filandreux , ayant 
des fils qui les traversent , comme le rance , le sérancolin ; 
terrasseux , ayant des parties tendres que l'on est obligé de 
remplir avec du mastic , comme la plupart des brèches ; 
camelotés , paraissant ternes après avoir été polis ; poufs , 
ne pouvant , semblables au grès, conserver de vive 
arête. 

On imite les différens marbres par une composition siac. 
appelée stuc, laquelle, quoique assez dure, est sujette à 
l'humidité ; ce qui fait qu'on ne l'emploie guère que' dans 
les intérieurs. 

Le marbre est cher et par cette raison, ne s'emploie Emploi du 
d'ordinaire que par revêtement ou par incrustation. On 

D 2 



marbre. 



" aB É L É M E N "s. 

I. PARTIE, en fait rarement usage en bloc et en parpin; si ce n'est 
I. SECTION. q^^^^n(j il s'agit de colonnes, de vases, de cuves, de figu- 
res, etc. 
Assortiment Lçs divcrses coulcurs des marbres exigent quelque at- 
csmai ics. ^gj^^^Qj^ daus Icur assortiment. Il faut réserver les marbres 
blancs et sans veines poiu' la sculpture ; se servir des 
blancs veinés pour les fonds ; et réserver ceux qui sont 
diversement colorés pour les colonnes , pour les frises et 
pour les panneaux d'incrustation. On doit éviter les assorti- 
mens de couleurs qui trancbent trop , et encore plus ceux 
de couleurs à peu près semblables. 
Cris. A Paris , on n'emploie guères le grès que pour paver ; 

il y en a de dur et de tendre. La couleur de ce dernier 
tire sur le gris. Le grès , pour sa liaison , exige un mor- 
tier de chaux et de ciment. Lorsqu'on en fait usage , il 
faut, dans la bâtisse , former des cavités en zigzag dans ses 
lits , afin d'empêclier le mortier de sécher trop vite. 
Picnes. Toutcs Ics pierres se trouvent -par couches ; mais les 

unes sont dures et les autres , tendres. Nous n'entrerons 
pas dans le détail des pierres de tous les pays , nous nous 
bornerons à faire connaître celles dont on fait le plus d'u- 
sage à Paris et aux environs. 
Pierres du- La plus belle des pierres dures est celle de liais. Il y en a 
quelques carrières vers le faubourg Saint-Jacques , à Saint- 
Liais. Cloud et à Saint-Leu. Elle porte depuis 18 cm. (7 pouces) 
jusqu'à 27 cm. (10 pouces ) de hauteur de banc. Il y en a 
de deux sortes , le liais franc ou doux et le liais férault. 
Ce dernier est plus dur et s'emploie de préférence dans 
les dehors. La chapelle de Versailles en est bâtie. Par éco- 
nomie, on se sert souvent de liais en place de marbre ; 
on en pave les vestibules , les antichambres et les salles 
à manger j on en fait des chambranles . de cheminée , 



les 



Q U A L 1 T li s DES MATERIAUX. Sf) 

des cymaises ; enfin , tous les ouvrages qui exigent une l. paPiTIE. 
pierre dure et Une. I. section. 

La seconde espèce de pierres dures , celle dont on se .sert Pienc ,\\\r- 
le plus fréquemment, vient d^^rcueil et de Bagneux. gnc'ux. 
Ces pierres se distinguent en haut et bas appareil. Le 
premier porte depuis 48 cm. ( 18 pouces ) jusqu'à 80 cm. 
( a pieds et demi ) ; le second , depuis 32 cm. ( 1 pied ) 
jusqu'à 48 cm. ( 18 pouces). On en fait des marches, des 
cymaises , des seuils , des appuis et des tablettes. 

La pierre de Tonnerre est trcs-estimée à cause de son Dc Tonnerre. 
grain fin et serré. Aussi pleine que le liais , elle est plus 
tendre, plus blanche et porte environ 48 cm. (18 pouces). 
On s'en sert ordinairement pour la sculpture. La fontaine 
de Grenelle en est entièrement bâtie. 

La pierre de VergeUe , qui se tire à Saint-Leu, est DeVergeiéc. 
rustique et remphe de petits trous. Elle est excellente pour 
les constructions qui se font dans l'eau. 

De toutes les pierres tendres, celle de Saint-Leu est Picncs tén- 
ia pierre dont l'usage est le plus commun. Elle porte ^"^" 
depuis 64 cm. jusqu'à 1, 28 m. ( 2 pieds jusqu'à 4). On De Saint-Leu. 
l'emploie avec avantage dans les parties supérieures; mais 
on ne doit point s'en servir dans les lieux humides, ni sous 
des fardeaux considérables. 

On emploie encore comme pierre tendre, celle de DeConCans. 
Conjlans-Sainle-Honojine , près Saint-Germain ; son grain 
est très-fin. L'entablement du porche du Panthéon fran- 
çais est de cette pierre. 

La craie et la pierre à plâtre ne valent pas grand'chosç. 
La dernière est si susceptible d'être dissoute par l'eau et 
de s'écraser sous le fardeau , qu'elle est proscrite par les 
lois des bàtimens. 

L'ardoise est une pierre noire , grise ou verdàtre et Ardoise. 



30 E L E M E N S. 

l. PARTIE, feuilletée. Il y en a de deux sortes , la dure et la tendre. 
I. s£CTio>'. La dure sert pour faire du pave , des tables ; et la tendre, 
qu'on débite de l'épaisseur qu'on veut , sert pour couvrir 
les édifices. Il y en a de plusieurs grandeurs ; le plus grand 
moule a Sa cm. sur 20 (12 pouces sur 8 ) et le plus petit en 
a 20 sur 10(8 sur 4 ). Celle qui vient de l'Anjou est la 
meilleure. 

Toutes ces espèces de pierres et une foule d'autres ne 
s'emploient que taillées. Il en est que l'on fait servir telles 
qu'elles sont au sortir de la carrière , comme les libages et 
la ineulière. 

Les libages sont de gros quartiers de pierre trop bruts 
et ti'op irréguliers pour être équarris. Le plus souvent, 
ils proviennent du ciel des carrières et servent dans les 
fondations. 

La meulière sert aussi dans les fondations , jDarce que 
le mortier s'y accroche aisément à cause de ses cavités ; 
on peut encore l'employer avec avantage dans les parties 
basses des édifices. Sa couleur rougeâtre , qui contraste avec 
le blanc jaunâtre des autres pierres , peut jeter naturel- 
lement de la variété dans l'aspect d'une construction. 

En général , pour que la pierre soit bonne, il faut qu'elle 
soit pleine , c'est-à-dire , sans fils , moics ou coquillages ; 
vive , c'est-à-dire, susceptible de se durcir à V a\v; franche , 
c'est-à-dire, qu'elle ne tienne ni de la dureté de celles qui 
forment le ciel de la carrière , ni de la mauvaise qualité 
de celles qui sont adlîérentes à la terre. Il faut de plus 
qu'elle ait un grain fin et uni. 

Les fils, les coquillages et les moies sont un défaut 
dans la pierre : les fils ; parce qu'étant plus durs que le 
reste , ils rendent la pierre susceptible de se fendre : les 
coquillages j parce que la pierre étant taillée , son pare- 



Libases. 



Meulière. 



Qualités do 
la pierre. 



Défauts de la 
picire. 



QUALITÉS DES MATERIAUX. 01 

ment n'est pas assez uni : et les moies ; parce qu'elles i. partie. 
s'écrasent son ■; le raidenn. I. section. 

Lorsqu'on lire les pierres de la carrière, leurs lits ou Précautioiia 
couches sont couverts d'une espèce de mousse que l'on pï^cndrc 
nomme houzm. Tl faiiL avoir soin d'abattre entièrement 
cette partie-là , qui est tendre ; conséquemment, sujette à se 
dissoudre à la pluie et à l'humidité; et qui, dissoute, se 
réduit en poussière ainsi que les moies. 

On a la liberté de poser, dans le sens que l'on veut. Comment en 

• 1 . , . . . 1 général , on. 

les divers matériaux qui se trouvent en masses ; mais Jes doit poser k» 
pierres qui se forment par couches doivent être placées P"=*^*^** 
dans le même sens que dans la carrière, c'est-à-dire, sur 
leur lit. L'expérience a fait voir qu'elles ont plus de con- 
sistance dans cette situation, que dans toute antre. Car il 
en est des pierres comme d'un livre : posé à plat, il peut 
supporter des fardeaux énormes ; mais debout , il cède au 
moindre poids , qui écarte les feuillets. 

Ce n'est pas que souvent, l'on n'ait employé des pierres 
en délit. Les Goths ftiisaient ordinairement leurs colonnes 
de cette manière ; et c'est ainsi qu'ont été construites les 
colonnes de la façade de Versailles , du côté des jardiîis , et 
celles de la cour du Louvre. Là où les colonnes, inutiles 
d'ailleurs, ne sont que pour la décoration , comme dans les 
exemples que nous venons de citer , il importe peu de 
quelle manière la pierre est placée ; mais dans un édifice 
raisonné , où les colonnes doivent servir à porter des far- 
deaux, il importe beaucoup de placer sur leur lit, les 
pierres qui les composent. 

Outre les noms que les pierres prennent des lieux dont on Noms que 
les tire , elles en empruntent encore, soit de la place qu'elles ^^ pieree"."*^ 
occupent dans lés bàtimens , "soit de l'état où elles se trou- 



33 É li É M E N s. 

j. PARTIE, vent avant d'être placées , ou même avant d'arriver au 
I. SECTION, chantier. 

On appelle pierre d^ échantillon , \v(\ bloc assujetti à 
une mesure envoyée par l'appareilleur au carrier: 

Pierres de grand ou de bas appareil, celles qui portent 
plus ou moins de hauteur de banc après avoir été atteintes 
au vif : 

Pierre brute, celle qui n'a pas encore été ébousinée : 

Pierre bien faite , celle où l'on trouve peu de déchet en 
l'équarrissant : 

Pierre en chantier , celle qui est calée par le tailleur de 
pierres avant d'être façonnée; 

Pierre débitée , celle qui est sciée à la scie sans dents 
comme la dure , ou à la scie à dents comme la tendre : 

Pierre faite , celle qui est entièrement taillée et en 
état d'être posée : 

Vierve fichée , celle dont l'intérieur des joints est rem- 
plie de mortier ou de plâtre : 

Pierres de parpain, celles qui occupent toute l'épais- 
seur d'un mur et font double parement : 

Piél-re d'attente , celle qui saille hors de l'extrémité d'im 
mur et 

■ Pierres perdues , celles que l'on jette dans les fleuves 
et les rivières , lorsque l'on veut y construire quelque 
ouvrage j et que la profondeur ou la nature du terrain 
ne permet pas d'y enfoncer des pieux. 
MoeUon, Le moellon provient, soit de l'éclat de la pierre soit 

d'un banc peu épais et que l'on a débité ainsi. Sa qualité 
principale est d'être bien équarri et bien gissant; parce 
qu'alors, il a plus de lit et consomme moins de mortier. 

Le moellon doit être ébousiné ainsi que la pierre ; au- 
trement 



QUALITES DES MATERIAUX. 3,3 

trcmcnt , le bouzlii cmpcclicroiL la liaison : ou doit pareil- j partie 
IcniciiL le poser sur sou lit. I- sf-cnon. 

Le moellou taillé , écjuarri eL l'éduiL à une hauteur 
uniforme, se nomme moellou piqué\ parce que l'on pique 
souvent son parement avec la pointe du marteau. C'est 
ainsi que l'on s'en sert dans les ouvrages soignés. Dans 
ceux qui le sont moins, on remploie à peu près comme 
il vient de la carrière. Alors, on le recouvre d'un enduit 
pour suppléer au défaut de gissenieut. 

La brique est une espèce de pierre artificielle laite Bricpc. 
avec de l'argile. Ou la pétrit ; on la corroie de manière à 
en faire une pâte ductile que l'on façonne dans des inou- 
ïes ; on la fait ainsi sécher sous des hangars et ensuite 
dans ini four, avec du bois ou du charbon de terre. 

Pour que la brique soit bonne : il faut que la terre Qualités et 
employée à sa fabrication soit grasse, forte et sans cail- ^^f^JJ*^ *^'' ^* 
loux ou gravier ; qu'elle soit parfaitement corroyée avec 
le rabot, etcuite suffisaminent et d'une manière égale. 

Une précaution essentielle, c'est de la laisser refroidir len- 
tement; sans quoi la brique est sujette à se feuilleter et k 
se réduire en poudre à la gelée et sous le fardeau. 

La brique est bonne ; lorsque exposée à la gelée, elle y Manière de 
résiste ; lorsqu'elle rend un son clair dès que l'on frappe tmué!^^ 
dessus; et que le grain en est fin, serré. 

Les dimensions de la brique sont 20 cm. ( 8 pouces ) de 
longueur, 10 cm. (4 pouces) de largeu:r et 5 cm. ( 2 pouces) 
d'épaisseur. Sa couleur est d'un rouge jaunâtre ou brun. 

La meilleure brique vient de la Bourgogne , mais il est. Eempioi de 
peu d'endroits où l'on ne puisse s'en procurer. Elle peut '''"ï^"^' 
suppléer parfaitement à la pierre dans les endroits où 
celle-ci est rare , elle résiste beaucoup mieux au feu et à 
l'humidité. Sa légèreté la rend précieuse pour un grand 

E 



I. SECTION. 



Tiiilc. 



54 É L É M B N S. 

J. PARTIE, nombre de conslrucLions, principalement pour celle des 
voûtes. Peu de matériaux réunissent autant d'avantages. 
Les tuyaux de cheminée , les foyers , les fours , etc. se 
font presque toujours en brique. 

La tuile est de la même matière que la brique , et doit 
avoir les mêmes qualités. Seulement , la cuisson en est 
plus forte. On en fait de deux grandeurs , celle de Bour- 
gogne, qui est la meilleure et que l'on appelle tuile du 
grand moule , a 34 cm. sur aS ( i3 pouces sur 87); 
celle du j^etlt moule , qui vient des environs de Paris , a 
27 cm. sur 16(10 pouces sur 6 ). 

En Italie , en Hollande, en Flandre et dans une partie 
de l'Allemagne , les tuiles, au lieu d'être plates , sont creu- 
ses ou faites en S. 

Le désavantage de la tuile est dans sa pesanteur, qui 
force d'élever les combles plus qu'on ne le ferait si on les 
couvrait en ardoise. 

Outre la brique et la tuile , on fait en terre cuite , des 
carreaux pour paver les édifices. 

Les bois, relattivement à leur usage dans les bàtimens, 
se distinguent en bois de cJiarpcnte j de inenuiserle et 
de placage. 

Les bois employés le plus ordinairement pour la char- 
pente sont le chêne et le sapin. On fait également usage de 
l'orme, du hêtre , du charme , du noyer , du tilleul, etc. 
Mais aucun de ces bois n'est comparable au chêne ni 
même au sapin. 

Le chêne est celui qui se défend le mieux contre les 
intempéries de l'air ; celui qui , plongé dans l'eau ou en- 
foncé dans la terre, est susceptible de la plus longue 
durée ; celui enfin qui peut offrir les pièces les plus con- 
(Sidérables en longueur et en équarrissage. 



CaiTcaiix. 



Bois. 
3 espèces. 



13oisclecliar- 
prnte. 



CLêi: 



Q II A li t T É n E S U A T K n r A U X. 35 ^ PARTIIÎ. 

Le sapin a l'avantage d'être pi us léger ([uc le chôncctclcsc 

Il 1 11 II. Sai)in. 

conserver plus long-tems lorsqu il est recouvert de plâtre. 

Dans la inoiuiiserie et dans la scidpture , on emploie Hois.iomB- 
ordinaircment le chêne tendre, le sapin, le tremble, etc_ 

Les bois de placage sont l'ébène , l'acajou , les bois de Ue piara^«. 
la Chine, de violette et autres que l'on débite par feuilles 
et qui sont susceptibles de recevoir un beau poli. 

Les avantages du bois sur la pierre , sont d'être moins Avantage du 
fragile et plus facile à travailler. 11 se transporte plus com- 
modément , sert à tirer comme à porter , et peut se 
poser en tout sens ; mais il a l'inconvénient d'être sujet 
aux incendies. 

Il ne faut pas employer le bois trop vert, car il ploie- Pmauii.m» 
rait trop aisément et pourrirait ,très-vîte. ' '''*■" 

Si, lorsqu'il est encore un peu vert, on est obligé d'en 
faire usage ; il faut le laisser quelque lems dans l'eau pour 
en dissoudre toute la sève : c'est le meilleur moyen de 
le garantir de la pourritui^e. 

Il faut avoir grand soin d'enlever tout l'aubier. Ce sont Aubier. 
les couches extérieures qui n'ont point encore acquis beau- 
coup de consistance. On les enlève si le bois n'a pas été 
écorcé sur pied ; autrement, on peut les laisser. 

On doit reieter le bois blanc, qui se corrompt facile- Noms rda- 
ment ; le bois g'élifj c'est-à-dire , qui a des fentes occa- du bois. 
sionnées par la gelée ; le bois mort , qui n'est bon qu'à 
brûler; le bois noueux ou filandreux, sujet à casser j le 
bois qui se tourmente faute d'être assez sec. 

Outre les dénominations qui indiquent les défauts du Noms rda- 

, . ., ,, . , , . 1 r 1 1. •! ^^^^ à son em- 

bois , u en est d autres qui désignent les laçons dont il pioi. 
est susceptible. On nomme bois apparent , celui qui n'est 
pas recouvert de plâtre ; corroyé ^ celui qui est passé au 
rabot dans la charpente et à la varlope dans la meiiui • 

E 2 



«îG j5 L É M E N S. 

i. PARTIE, série ; bois de hr'm , celui dont on a seulement ôlé les 
I. SECTION, quatre dosses flaches pour l'équarrir ; de sciage, celui 
qui est débité à la scie, en chevrons, en membrures et 
en planches. 
Emploi du Le bois est une des matières dont on fait le plus fré- 
quent usage dans les bâtimens. Il en compose , tantôt la 
totalité et tantôt une très-grande partie. Presque toujours , 
on l'emploie aux planchers et aux toits. 

La force varie dans les bois. Le chêne , par exemple , 
est un de ceux qui résistent le plus et le peuplier, un 
de ceux qui résistent le moins. Dans chaque espèce , la 
résistance est en raison inverse des longueurs , en raison 
directe des largeurs et en raison des carrés des épaisseurs. 
De'plus et toutes choses égales, cette même résistance varie 
suivant la position : car une pièce de bois posée horizon- 
talement sur deux appuis , rompra plus facilement que si 
elle était inclinée jet dans cette dernière situation , elle rom- 
pra plus aisément encore que si elle était debout. 
Agens eni- Parmi les agens qui servent à lier entre eux , ces di- 

ployes à lier . 

les divers ma- vci's matériaux, le pl-àtre est un de ceux dont l'usage est 

tériaux. , , „ , 

le plus Irequent. 
Plâtre. Le plâtre, pour être bon, doit être bien cuit, gras. 

Ses qualités. ^Janc , facile à einployer et prompt à faire liaison. 

Ses défauts. Autant qu'il est possible , on doit l'emjiloyer au sortir 
du four et ne jamais l'exposer, ni au grand air ni à l'hu- 
midité ni au soleil. Celui-ci l'échauffé , la pluie le dé- 
trempe et l'air l'éventé. 

Cm oîi l'on Dans une foule de circonstances , le plâtre est extrê- 

doit l'em- 
ployer, mement avantageux ; en ce que son action est très- 
prompte et que de plus, il se suffit, à lui-même. En quoi 
il diffère de la chaux , qui a besoin de la présence d'un 
autre agent pour acquérir de la dureté. 



Q u A L I T i^: s D t: s Ht A T É n T A tJ X 37 

Mais on ne doit point IVinploycr indifTércmnirnl: car i. i'Artte. 
s'il est vrai qu'il réussisse parraitemenl pour les plalonds, i. section. 
pour les souches de cheminée , pour les enduits exté- 
rieurs cl intérieurs ; il nVst pas moins vrai qu'il réussit 
très-mal dans les lieux humides , dans les fondations des 
édifices et dans la liaison des murs en pierre de taille. 
Il se lie très-bien avec le fer ; mais il ne se lie nulle- 
ment avec le bois, à moins que celui-ci n'ait été lardé 
de clous. 

On emploie le plâtre ; 1°. tel qu'il sort du four et Manière âb 
après l'avoir pulvérisé grossièrement avec une batte ; c'est ''^'"P'oy"- 
ainsi qu'on s'en sert soit dans la construction des gros murs 
de moellon ou de libage, soit pour hourdir les cloisons 
de charpente j 2°. après^ l'avoir passé au panier pour les 
renformis, les crépis, les gobeUiges j enfi.n 3<>. après 
l'avoir passé au sas ou tamis ; et c'est la manière dont on 
le prépare pour les enduits, les moulures et la sculpture. 

On appelle hourdir , maçonner grossièrement avec du^ 
mortier ou du plâtre. Renfonnir , c'est réparer de vieux, 
murs : gobeter, c'est jeter du plâtre avec la truelle et le 
faire entrer avec la main dans les joints d'un mur : crépir,. 
c'est employer le plâtre avec un balai, sans passer la truelle 
m la main par-dessus : et l'on appelle enduit , une couche 
de plâtre unie, appliquée soit sur un mur soit sur une 
cloison Je charpente ou de menuiserie. 

Ces diverses manières d'employer le plâtre exigent qu'il, 
soit gâché différemment. On le gâche serré pour les gros 
ouvrages, les scellcmens et les enduits : on le gâche un' 
peu clair pour les moulures que l'on traîne avec un calibre;, 
enfin, l'on y met beaucoup d'eau pour couler, caler,, 
ficher et jointoyer les pierres. 

Dans tous les cas , il faut avoir l'attention de ne gâcher 



38 É L E M E N s. 

î. PARTIE. le plàh'e qu'à mesure qu'on en a besoin ; sans quoi il se- 
I. SECTION, cherait et ne pourrait plus servir. 

C'est principalement de ^Montmartre qu'on le tire j on 
en trouve aussi à Meudon, à Triel , etc. 

Le mortier est un composé de chaux , de sable ou de 
ciment. Avant d'entrer dans un plus grand détail sur sa, 
composition , il faut dire un mot des ingrédiens que l'on y 
fait entrer. 
CLaux. Tous les marbres et toutes les pierres dont la composi- 

tion a de l'analogie avec celle des marbres , sont propres 
à faire de la cliaux ; mais les plus pesantes , les plus dures 
et les plus blanches sont les meillem-es. La chaux des An- 
ciens était toujours faite avec du marbre. 

La chaux se cuit dans des fours , avec du bois ou du 
charbon de tei're. Lorsqu'elle est cuite ; elle doit être so- 
nore , et exhaler beaucoup de fumée si on la mouille. 
Après sa sortie du four , il est essentiel de ne la voiturer 
que dans des tonneaux bien fermés ; afin que l'humidité 
ne puisse pas la pénétrer. Il n'est pas moins nécessaire de 
l'éteindre peu de tems après sa cuisson : car, si on la con- 
serve en pierre trop long-tems, même à l'abri de l'air j elle 
perd de sa qualité. 

Les eaux de pluie, de source ou de rivière, sont les 
seules bonnes pour éteindre la chaux ; encore, faut-il avoir 
soin de l'exposer quelques jours à l'air ; l'eau trop froide 
mettrait la chaux en grumeaux. 

On éteint la chaux dans un bassin pratiqué à côté de la 
fosse où l'on veut la conserver. On la jette dans le bassin 
après l'avoir concassée : on l'y remue avec des rabots, en 
versant de l'eau à mesure et avec précaution j car trop 
d'eau la noie. 

Quand elle est délayée: on débouche, dans le bassin. 



QUALITES n li S MAT î; Il T A u X. ôg 

le concliiil qui répond à ];i partie supérieure de la fosse ; i. rABTiE, 
laisse écouler la chaux , avec rallenLioii de mettre une I- skctiok. 
grille dans le conduit, afin d'arrêter les corps étrangers. 
La chaux écoulée , on houchc le conduit et l'on recom- 
mence l'opération autant de fois qu'il est nécessaire. 

Lorsque la fosse est pleine , on la laisse à découvert 
pondant quatre à cinq jours : on l'arrose d'un peu d'eau 
])our faire rejoindre les fentes ; et lorsqu'elle ne se fend 
l)lus, on la recouvre de 5-2 ou de Gi cm. ( i ou 2 pieds ) 
de sahlc , pour empêcher le contact de l'air. On peut la 
conserver ainsi fort long-tems , sans avoir à craindre 
qu'elle perde rien de sa propriété. 

Il y a deux espèces de sable : celui de rivière , qui Saile. 
est jaune , rouge ou blanc ; et celui qu'on tire des sablon*- 
nières ou des fouilles de terre. 

Le sable est bon ; lorsque après avoir été frotté entre 
les mains, il n'y laisse aucune partie terreuse ; ou lorsque 
l'eau , après qu'on l'y a remué , reste parRiitement claire. 

Le ciment n'est autre chose que du tuilcau concassé , ou Ciment, 
de la brique au défaut de tuileau. 

Le mortier, ainsi que nous l'avons dit plus liaut , est Mortier. 
un mélange de chaux , de sable ou de ciment. Pour faire 
de bon mortier, il faut un tiers de chaux sur deux tiers de 
sable. Mais si la chaux n'est pas de la première qualité 3 on 
en met un peu plus , il en est de même du sable. 

Si la chaux est nouvellement éteinte ; 011 n'a pas besoin 
du secours de l'eau pour opérer le mélange , il suffit de le 
corroyer avec des rabots : mais dans tous les cas, il faut y 
employer le moins d'eau qu'il est possible. 

Le mortier dans lequel on substitue le ciment au sable , 
est particulièrement employé aux ouvrages qui se construi- 
sent dans l'eau. 



4o È li É M E N s. 

î P\nTlE Le plaire durcit tout de suite : le mortier exige du 
I SECTION tems pour se consolider ; mais aussi , devient-il infiniment 
plus dur. 

Pour unir entre eux , les divers matériaux ; on se sert 
encore de fer , de cuivre et de plomb. 
Ftx, Le fer , pour être bon , doit être doux et avoir le grain fin ; 

il ne doit contenir ni gerçure ni paille. Le meilleur vient 
du ci-devant Berri. 

Il est essentiel de n'en employer que la quantité néces- 
saire ; parce que autrement , loin d'opérer la liaison , il y 
Hiettrait souvent obstacle. 

Les fers qui servent de liaison, sont généralement appelés 
gros fers. Tels sont les tirans, les ancres, les linteaux, les 
plates-bandes , les boulons , les crampons , les manteaux de 
cheminée , les bandes de trémie , etc. 

Il en est qui servent à la sûreté , on les nomme fers de 
menus ouvrages. Tels sont les serrures, les penturcs, 
les fiches, les loquets , les verrous , etc. 

Quelquefois cependant, il entre de gros fers dans les ob- 
jets de sûreté, comme dans les barreaux de croisées, les 
grilles , les fléaux , etc. 

On nomme fer cornette , celui qui a i3 à 18 cm. ( 5 à 
7 pouces ) de large, sur i3 à 18 mm. ( 6 à 8 lignes ) d'épais- 
seur ; fer carré, celui qui a de 2 à 5 cm. (1 ou 2 pouces) 
de grosseur 5 fer rond , celui dont on se sert pour les 
tringles et qui a 1 à 2 cm. ( 9 à 10 hgnes ) ; fer de 
carillon j celui qui a de 12 à 22 mm. (5 à 9 ligues) ; et 
côtes de vache , tous les fers qui ne sont point à vive- 
arête. On emploie aussi à différens usages , du fer en 
tables minces, qu'on appelle tôles , et dont les feuilles ont 
jusqu'à 2 mètres ( 6 pieds ) de long. 
Plomb. On fait servir le plomb non-seulement à lier des maté- 

riaux. 



O IT A L l T li S D E S i\l A T i: R I A U X. 4l 

rlaux , mais encore à faire des tuyaux de descenle ou de i. partie. 
condiiile. Il soil aussi quel(iucfois à couvrir les édifices. I- section. 

Pour ce dernier usage , on emploie deux sortes de ploml) ; 
l'un qui est coidé et Taulre qui est laminé. A égale épais- 
seur, le premier est celui que l'on doit préférer, les dé- 
fauts li'en sont pas cachés par la compression. 

Le meilleur plomb se tire de l'Angleterre et de TAl- 
Icmagne. 

Le cuivre est un autre métal qui sert on à ciamponner Cuh-re. 
les pierres ou à couvrir les édifices. Dans le premier cas, 
les Anciens le préféraient au fer, à cause de sa plus grande 
durée. 

Tels sont les princijDaux matériaux emplo3fés dans la 
construction des édifices. Le peu que nous eu avons dit, 
suffit non-seulement pour donner une idée de leurs bonnes, 
de leurs mauvaises qualités et de leur emploi en général : 
mais encore pour faire remarquer la variété que leurs di- 
mensions, leurs couleurs différentes, leurs régularités ou 
leurs irrégularités doivent apporter dans les édifices ; lors- 
que ces matériaux sont combinés avec intelligciice. 



DEUXIEME SECTION. 

E M ÎP L o I DES MATÉRIAUX. 



micmpiis. 



X ouR que les divers élémens des édifices soient solides, ron 
il faut qu'ils soient de bonne qualité , employés avec intel- l'ianclioa. 
ligence et assis sur de bons fondemens, qui ne peuvent 
être tels, qu'autant qu'ils sont construits comme il con- 
vient et sur un bon sol. 

Les moyens de s'assurer de la qualité du sol sont la sonde 
ou les pu its. F 



42 É L É M E N s, 

I. PARTIE. Si le sol est mauvais, il liiut que l'art vienne au secours 
.11. simoN. j(, ],j nature. 

Qiwiiicsdu Les terrains sur lesquels on peut asseoir solidement les 
édifices sont le roc, le gros sable, mêlé de terre, les ter- 
rains pierreux et la terre franclie. 

Les mauvais terrains sont le sable mouvant, la glaise, 
les terres remuées , rapportées et marécageuses, 
rrccautionsà Lorsquc le sol n'a^pas la consistance nécessaire et qu'il 

picmlre pour . ^ 

biciiiondci. laut creuser trop avant pour attemdre le bon fond; si le 
bâtiment n a pas un grand poids et que le terrain soit sus- 
ceptible d'être également comprimé : on établit un grillage 
de charpente sur lequel on élève les fondemens avec le 
plus d'uniformité qu'il se peut, afin que toute la masse 
prenne un tassement égal. 

Si dans quelque endroit du terrain , l'on rencontre des 
trous, des cavités; on les comble lorsqu'ils sont peu con- 
sidérables : autrement , on élève des piliers de pierre de- 
puis le bon fond; et sur ces piliers, on bande des arcs 
capables de porter les murs. 

Là où l'on rencontre de l'eau, on enforite des pilotis 
pour porter le grillage de charpente. 

La première assise des fondemens doit êli-e en bons 
libages , sur lesquels on place de gros moellons , durs , bien 
ébousinés , à bain de mortier , chaux et sable. On élève 
ainsi le mur jusqu'à 8 cm. (3 pouces) au-dessous du sol 
des caves. A cette hauteur, on établit ime assise de pierres 
dures faisant toute l'épaisseur du mur ; et sur cette assise, 
en laissant de chaque côté , 8 cm. ( 5 pouces ) de retraite, 
on élève les murs des caves ou souterrains jusqu'à 8 cm. 
(3 pouces) au-dessous du niveau de la terre ; le tout avec 
un mortier de chaux et de sable et non avec du plâtre. 
OiiaiTcespÈ- Qj^ distingue plusieurs espèces de murs: les mui's de 

CCS (le iiiuis. o 1 i .' 

i'.knciic 2. clôture , de terrasse , ô.e face et de rcfe?id. 



E >r T" L O I D K S M A T i; Il I A U X. 4.) 

On fait les murs quelquefois Loul eu pierres ef. quel- ^- l'AU'irE. 
queiois , loul eu moellons ou en Iniques ; plus souvent 
encore, on les fait, partie en pierres et partie en moellons , 
en meulières ou eu briques. 

Quels que soient l'usage et la matière d'un mur; il faut 
toujours que les lits du mur soient tous horizontaux et tous 
les joints , perpendiculaires , ne se rencontrant ni sur la 
lace ni dans Tépaisseur, mais tombant toujours au milieu 
de la pierre qui est au-dessus et au-dessous. Il serait bon 
que les assises eussent toutes une hauleur égale ; elles 
doivent être élevées en retraite , sur une assise en pierre , 
posée, elle-HTème , en retraite sur le mur des souterrains 
ou sur les fondations. On peut maçonner le tout avec du 
plâtre , mais le mortier de chaux et de sable vaut beau- 
coup mieux. 

Les murs de clôture et de refend doivent s'élever per- 
pendiculairement. 

Les murs de terrasse doivent avoir en dehors un talm 
proportionné à leur hauteur et à la nature des terres qu'ils 
soutiennent. On leur donne un sixième lorsqu'ils ont une 
élévation ordinaire. 

Les murs de face peuvent être élevés perpendiculaire- 
ment, ou en ï'etraile à chaque étage ou avec un léger fruit à 
l'extérieur. De ces trois manières, les deux dernières sont 
plus propres à contenir la poussée des planchers ou des 
voûtes. 

Il ne faut pas croire que toutes les parties d'un inur quel- Soutiers cn- 

r • » 1 -1 1 11 çagi's dans les 

conque iatiguent également; il en est sv.r iesqueises se „mrsond)aî- 
reporte toute la charge des planchers, des voûtes et des |;,'Jt'Ji"j,^^"" 
combles, ou qui sont susceptibles d'être ébranlées par di(- 
férentes percussions ; crautres ne sont que de remplissage. 
Il est naturel par conséquent de donner à ceux-là , plus de 

F 2 



44 É L É M £ N S. 

I. PARTIE force, soi l. par une plus grande cîureLc de la matière soit 
IJ. SECTION, par une plus grande épaisseur ; quelquefois même , par ces 
deux moyens réunis. Ainsi , dans les murs qui sont tout en 
pierres ou tout en moellons , on donnera une plus grande 
épaisseur aux extrémités des murs de face , aux angles 
formés par leur rencontre , aux endroits où les murs de 
refend viennent se relier avec eux , aux piédroits des 
portes et des croisées , sous la portée des principales pièces 
des combles , des planchers et sous la retombée des voûtes. 
Les chaînes de picj^re descendront jusque dans la partie 
la plus basse des fondemens et se continueront dans les 
voûtes en formant des arcs. 

Dans les murs qui sont partie en pierres et partie en 
moellons ou en d'autres matériaux de cette espèce , les 
mêmes parties , celles-là seules , seront en pierres et les 
intervalles, en moellons, en briques ou en meulières. 
Alors, les chaînes pourront être plus épaisses que le mur 
ou simplement de la même épaisseur. 

Dans tous les cas , les chaînes doivent être composées 
de piei'res alternativement longues et courtes ; afin de pou- 
voir se relier parfaitement avec les matériaux qui forment 
les remplissages. Lorsque les chaînes seront saillantes : 
quelquefois, elles pourront l'être entièrement; d'autrefois, 
leur saillie ne s'étendra pas au-delà de la longueur de la 
pierre la plus courte ; dans ce dernier cas , elles prennent 
le nom de pilastres. 

Ordinairement , ces différentes espèces de chaînes n'ont 
que quelques pouces de saillie. Mais lorsque les dernières 
doivent s'opposer à de grands efforts , on leur donne une 
saillie égale à leur largeur : et au lieu de faire leur face per- 
pendiculaire , on la fait quelquefois en talus ; alors, on les 
nomme co/iire-Jb/is. 



E M 1' r, C) I DES >1 A T É R I A U X. 45 

Les chaînes verticales ne sont pas les seules dont on i. partie, 
fasse usage pour consolider un mur : on en place encore ^' "^fction. 
d'iîorizoulales à l'endroit où les principales pièces des rizonul'cs'. "^ 
planchers viennent se loger clans les murs ; à la naissance 
des voûtes ; aux endroits où les murs cessent d'être con- 
tinus comme au bas des croisées ; et enfin, sur la partie 
supérieure des murs. On nomme yj/f/z/es^ les premières ; 
et l'on donne le nom de corniches aux autres , c'est-à-dire , 
à celles qui se placent sur le haut des murs de face. 

Ces chames étant des assises de pierres plus longues, 
plus dures que les autres et de pins, étant reliées par des 
crampons, fixent dans leur place, par leur pesanteur 
les auatériaux moins pesans et sur lesquels elles reposent • 
les empêchent de se désunir ; retiennent entre elles , les 
chaînes perpendiculaires et préviennent toute espèce d'é- 
cartement. 

L'épaisseur des murs est relative à leur hauteur. Or- 
dinairement , on donne 64 cm. ( 2 pieds ) à ceux de face , 
et 48 cm. (18 pouces ) à ceux de refend et de clôture, 

La pierre et le moellon , etc. ne sont pas les seuls ma- 

_ ^ Pans de hiAs 

tériaux qui entrent dans la construction des murs de face et cloisons. 
et de refend, on j emploie aussi le bois ; alors, les pre- 
miers prennent le nom de pans de hois et les seconds, 
celui de cloisons. Les uns et les autres sont composés de 
Yioieaws. cormiers ; de sablières; de poteaux Ôl huisserie ; 
de décharges ou pièces inclinées et destinées à soulager 
les sablières ; à.' entre-toises , qui forment le bas des croi- 
sées ; de linteaux , qui font la partie supérieure de ces cr-o^- 
sées et des portes ; de tournisses ou pièces d'inégales lon- 
gueurs ; enfin, de potelets ou poteaux plus courts que les 
autres et qui servent de remplissage. 

On assemble dans les poteaux cormiers , les sablières ; 



46 K L É M E N S. 

î. TARTin. et dans les sablières , les poteaux d'huisserie. 
II. sEcnoN On appelle cormiers , les poteaux des angles ; et Aliuls- 

serie , ceux qui se trovivent de chaque coté des portes ou 
des croisées. 
Trojfi'orfos On distingue trois sortes de cloisons relativement à la 

^c cloisons. -'Il 1 • 7 7 • 

manière de les maçonner ; on les nomme simples ^ pleines 
et creuses. 

Aux cloisons simples, on cloue du rapointissage sur le 
côté des bois; et l'on hourde les intervalles avec des plâtras 
et du plâtre. Ensuite, on enduit cà fleur des poteaux, qui 
restent apparens. 

Aux cloisons pleines, après avoir liourdi , on llitte des 
deux côtés, de 8 en 8 cm. (de 5 en 5 pouces) ; et sur le lattis , 
on fait un enduit qui recouvre le tout. 

Enfin, aux cloisons creuses , on met les lattes jointlves 
sans hourdir, et l'on enduit comme aux cloisons pleines. 

On maçonne les pans de bois comme les cloisons sim- 
ples et les cloisons pleines; mais on ne les maçonne jamais 
comme les cloisons creuses. 

Si nous avons recommandé de placer sous les murs en 
moellons, etc. une assise de pierres ; on sent que cette pré- 
caution est encore plus nécessaire sous les pans de bois et 
sous les cloisons, pour les empêcher de pourrir. 
Cloisons lé- On donne ordinairement aux pans de bois et aux cloi- 
^'"^* sons, i6 à i8 cm. (6 à 7 pouces) d'épaisseur. 

Outre les cloisons en charpente, il y en a encore en me- 
nuiserie et en plâtre. Les premières ont 8 cm. ( 5 pouces) 
d'épaisseur, et les deuxièmes en ont 3 ou 5 (1 v ou 2 pouces ). 

n y a deux sortes de cloisons de menuiserie. Les unes se 
font avec des planches de bateau assemblées à claire voie, 
dans des coulisses haut et bas, et entretenues par des tra- 
verses ou entre-toises. Elles se lattent, tant plein que vide 



i: m P L O I DES M A '1' E K l A U X. 'i •; 

Cl sY-iiduiscnt au niveau des coulisses cl des eiilrc-Loisc!}, 1. rAKjj;:. 

Les autres sont faites de planches h laiiuuos et à lau- ii.Mc-nuw. 
guettes; elles sont assemblées, haut cl bas, dans des cou- 
lisses ; cl n'ont qu'un ccnlimclrc ( i pouce ) d'épaisseur. 

liCS cloisons en plâtre se font en grands carreaux qui 
.se jollcnl en moule cl que Ton place ensuite , les uns sur 
les autres.. 

Outre les soutiens engagés , ou cliaînes de pierres pla- Souiicus 
cées dans les endroits du mur qui doivent soutenir quel- ^^"'^' 
que poids ou résister à quelque effort, il en est d'isolés, 
lesquels sont destinés à porter des planchers, des plafonds 
et quelquefois des voûtes. On les nomme poteaux ou 
piîiem , suivant qu'ils sont en bois ou en pierres. Lors- 
qu'ils sont astreints à certaines proportions ; on les nomme 
])llastres s'ils sont carrés par leur plan, et co/o/z/zci- s'ils 
sont circulaires. Quand ils reçoivent la retombée d'un arc, 
qu'ils sont carrés et d'une proportion plus courte que les 
pilastres ; on les nomme piédroits. 

Les piliers^ les pilastres , les colonnes et les piédroits, 
se construisent par assises ou tambours lorsqu'ils sont en 
pierres. On ne les fait tout d'une pièce que lorsqu'on y 
emploie le bois et le marbre. On a soin que les tambours 
soient tous d'une égale hauteur, afin que le tassement soit 
égal ; on doit tcàcher aussi de faire que chaque tambour soit 
tout d'une pièce. 

Les colonnes et les pilastres reposent ordinairement si^r Sm quoi ils 
un mur continu et dont la hauteur est celle de l'élévation i^P''^*-'!'- 
du sol de l'édifice au-dessus du sol naturel. Ce mur, que 
l'on nomme dez ^ se construit comme tous les auti-es 
murs , en retraite, sur une assise de pierres dures, appe- 
lée hase et destinée à le garantir de l'humidité. Il se re- 
couvre d'une assise de pierres en saillie , laquelle en 



48 É L É M E N S.' 

J. PARTIE, éloigne les eaux qui peuvent tomber sur le pavé des por- 
II. SECTION, tiques formés par les colonnes ; on appelle corniche , celle 
pierre saillante et piédestal, l'assemblage de celte base _, de 
ce dez et de cette corniche. 

Quelquefois, pour réunir d'une manière plus solide , 
dit-on, la colonne avec le piédestal, on place la colonne 
sur une espèce d'empâtement, que l'on nomme aussi hase : 
et afin de diminuer la portée des pièces qui doivent réiaiir 
les colonnes, on ne manque jamais de placer sur la co- 
lonne , une ou plusieui's pierres saillantes , connues sous 
le nom de chapiteau. 

Ces objets sont considérés comme appartenans à la co- 
lonne, ils en font partie ; ainsi, l'on peut dire que la co- 
lonne est composée de trois parties, la base, la colonne 
proprement dite , appelée y^^^ et le chapiteau. Mais cela 
n'arrive pas toujours \ caria colonne quelquefois n'est com- 
posée que de deux parties, d'un fut et d'un chapiteau. 
Pari ics qu'ils Lcs colonucs sc relient , les unes aux autres , ou par des 
pièces de bois ou par des morceaux de marbre ou enlin, 
par des plates-bandes composées de plusieurs pierres ten- 
dantes vers vm centre. De quelques matériaux que l'on 
fasse usage , on nomme ajxhitrave , la partie qui pose im- 
médiatement sur le chapiteau. Sur cette pièce , afin de 
réunir les colonnes avec le mur, on place une deuxième 
architrave, que d'ordinaire, on désigne du nom de y/Yse. 
On couvre, soit par un plancher soit par une pierre plate 
soit par une voûte en plate-bande, l'espace vide qui reste 
entre les architraves et le mur : et dans tous les cas, on 
a soin de faire saillir cette dernière partie au-delà de la 
frise ; afin de rejeter loin du pied de l'édifice , les eaux 
du toit, dont l'extrémité porte sur cette saillie, que l'on 

nomme corniche. 

L'architrave 



E l\ï P L O I DES M A T i: U [ A U X. 4() 

L'architrave, la irise oL lacoraiclu', par leur rcunloii, f- partie. 
composent Wmtablcmcnt ; et l'asscuiblage du pit-deslal , "• "«'-"""»'• 
de la colonne et de l'entablcnicnt , lorsque cet assemblage 
est soumis à certaines proportions, forme ce qu'on appelle, 
quoique assez improprement , un ordre (Wtrc/dtecture. 
Au reste, on voit que quand il ne serait pas al)surde 
de se niodeler sur la cabane pour faire \n\ ordre d'archi- 
tecture ; cela serait au moins très-inutile : puisque la seule 
nature des choses et le simple bon sens , offrent toutes 
les parties qu'on attribue aux ordres et que l'on regarde 
comme essentielles. 

Lorsque les architraves sont composées de plusieurs cla- 
veaux, on place un mandrin de fer dans l'axe des co- 
lonnes. Ce mandrin s'élève jusqu'au niveau de la partie 
supérieure , soit de l'architrave soit de la corniche. A 
cette hauteur , les mandrins sont reliés , les uns aux autres, 
par des chaînes de fer qui vont d'abord de l'axe d'une 
colonne à l'autre j puis , des axes des colonnes à l'axe du 
mur , dans lequel elles sont arrêtées par des ancres. Dans 
le second cas, celui où les mandrins s'élèvent à la hauteur 
de la corniche ; quelquefois, pour plus de sûreté, aux pre- 
mières chaînes, on en ajoute d'autres mais placées dia- 
gonalement. Quand les mandrins d'axe ne pénètrent pas 
la colonne dans toute sa hauteur, il faut au moins qu'ils y 
descendent d'un huitième. 

Si l'on place deux rangs de colonnes, l'un sur l'autre; 
alors, le rang inférieur doit être de pierres dures et le 
rang supérieur, en pierres tendres. 

Les piédroits des portes et des croisées sont réunis, par Ouvcriur 
des plates-bandes, etc. de la même manière que les co- 
lonnes le sont par des architraves. 

Lorsque les piédroits et les plates-bandes ont une saillie 

G 



5o É L É M E N S. 

I. PARTIE, continnc, celle-ci prend le nom de bandeau on de 

11. .srcno.N. chambranle. 

Pour empêclicr que l'eau chassée par le vent, contre la 
partie du mur qui se trouve au-dessus des portes et des croi- 
sées , ne tombe sur le seuil ou sur l'appui , on met quelque- 
fois une corniclie au-dessus du cliambranle. 

Lorsque les colonnes ou les piédroits sont très-éloignés , 
les uns des autres ; et que les plates-bandes ont trop de 
portée : on réunit les soutiens par des arcs. 

On nomme impostes , les pierres saillantes qui termi- 
nent les piédroits et qui reçoivent la retombée des arcs ; 
et l'on donne le nom di archwoltes j aux bandeaux saillans 
qui régnent autour des arcs. 

îsiches. Outre les portes et les croisées , on pratique encore, sous 

le nom de 7iiches , dans les murs , des renionccmens des- 
tinés à placer des statues , etc. Comme ces niches ne pé- 
nètrent pas le mur dans toute son épaisseur ; leurs piédroits 
n'ont pas besoin d'être consolidés par des chaînes ; ainsi, 
on ne doit jamais y trouver de chambranle. 

Cheminées. Lcs chcminées sont adossées aux murs ou pratiquée:? 
dans leur épaisseur. On les adosse toujours contre les murs 
mitoyens ; et quelquefois , on les renfonce dans les murs 
de refend. Elles sont composées de deux jambages , d'un 
manteau , qui les réunit et d'un tuyau , qui donne passage 
à la fumée. 

On en fait de grandes , de moyennes et de petites. Les 
grandes ont d'ordinaire 1,92 m. (6 pieds) d'ouverture, sur 
96 cm. ( 3 pieds ) ; et les petites, 80 cm. sur 80 ( 2 v pieds 
sur 27 ). La profondeur des unes et des autres est d'en- 
viron 64 cm. ( 2 pieds ). Les jambages et le manteau des 
premières ont 18 à 20 cm. (7 a 8 pouces ) de largeur; et 
ceux des dernières, 8 à 10 cm. ( 5 à 4 pouces ). Les tuyaux 



E M I' L O r T> R S M A 'I' îi U 1 \ IT X. 5 1 

ne doivent pas avoir moins do yi cm. ( 2 pieds 3 pouces ) i. PAiniE. 
de lonfT sur 21 cm. (9 pouces) de large. Leurs langucLLes 11. »Hcm>N- 
ont 8 à 10 cm. (3à4 pouces) d'épaisseur. 

Ou construit le tout soit en pierres soit en briques ou 
en plâtre. 

On doit avoir grand soin de ne jamais placer l'àlre 
d'une clicminée, sur aucune des pièces do bois qui font 
partie des planchers. Il faut toujours laisser dans ceux-ci, 
un vide que l'on appelle trémie , lequel , en largeur, a 
8 cm. ( 5 pouces) au-delà du hars-oeiivre des jambages, 
sur c)6 cm. ( 5 pieds ) de long , à partir du fond de la clie- 
minée ou, ce qui est la même chose, du contre-cœur. 

Ces trémies se font avec un hourdis de plaire et de ])là- 
tras, supporté par deux bandes de fer recourbées à chaque 
extrémité. Quelquefois, on croise celles-ci par une troi- 
sième bande , que l'on scelle dans le mur. Sur le hourdis , 
ou l'on pose un foyer soit de pierre soit de marbre , ou 
l'on continue de carreler jusqu'au contre-coeur. 

On met au fond de la cheminée, vnie plaque de fonte ou 
un contre-mur soit de tuileaux soit de briques. Le man- 
teau est soutenu par une barre de fer recourbée aux deux 
bouts , laquelle pose sur les jambages et se scelle dans le 
mur. l^e tout est revêtu d'un chambranle de pierre ou de 
marbre et d'une tablette. Le tuyau est supporté par une 
barre de languette qui pose sur les piédroits. 

Quand il y a plusieurs cheminées , l'une au-dessus de 
l'autre ; si elles sont adossées , il fau t en dévoyer les tuyaux. 
Mais on doit se garder de le faire si elles sont prises dans 
l'épaisseur du mur, à cause des porte-à-la ux que cela 
occasionnerait. Lors même qu'elles sont adossées ; il faut, 
en dévoyant les tuyaux , leur donner le moins d'inclinai- 
son qu'il est possible , pour ne pas trop fatiguer les murs. 

G a 



02 i L É M E N S. 

I. PARTIE. Les planchers se construisent par travées , afin d'éviter 

II. SECTION, la trop grande portée de la plupart des pièces de bois dont 
anc ers, |jg g^ Composent. Ces travées sont formées d'un certain 

nombre de solives de remplissage posées de champ , espa- 
cées tant plein que vide, lesquelles portent sur des 
poutres ou fortes pièces scellées de 62 cm. ( 1 pied ) dans 
les murs et assises sur des chaînes de pierre. Quelquefois, 
pour diminuer les dimensions des poutres , on j^lace sur 
leurs côtés , des lambourdes ou pièces moindres, sur les- 
quelles ces solives portent ou dans lesquelles elles s'assem- 
blent ; et l'on met de pareilles lambouixlcs le long des 
murs, afin de ne pas altérer la solidité de ceux-ci, par le 
scellement de toutes les solives. Les lambourdes se scel- 
lent dans les murs ainsi que les poutres et sont soutenues 
de distance à autre , par des corbeaux de fer. Lorsqu'elles 
sont accolées à ces dernières, on les y réunit jîar des bou- 
lons et par des étriers. 

Les solives d'enchevêtrure ne sont quelquefois desti- 
nées qu'à porter les chevêtres placés au-devant des àtres , 
ainsi que les bandes de trémie ; alors , elles portent d'un 
bout dans les murs et de l'autre , sur les poutres ou les 
lambourdes. Quelquefois , on les fait de plus servir à 
remplacer les poutres ; et dans ce cas , on les scelle dans 
les murs comme celles-ci. Mais on ne les charge pas dans 
toute leur longueur, du poids des solives de remplissage : 
on se contente d'assembler dans leurs extrémités , les 
linçoirs placés le long des murs ou des passages des 
tuyaux de cheminée ; et dans lescjuels s'assemblent à 
leur tour , ces dernières solives. 

Lorsque les murs de face sont tout en moellon ; en les 
construisant, on place, à la hauteur de chaque étage, un 
cours de plate -formes assemblées de i3 cm. ( 5 pouces ) 



EMPLOI DES MATÉRIAUX. 5.3 

cVôpaisscur , et sur lesquelles on ûut porter les soluxs i- PAnTiE, 
crciithevètrurc. ^^- section. 

Quand les planclicrs ont une certaine étendue ; pour les 
roidir et pour en augmenter la force, on peut mettre, 
tant plein que vide, entre les solives , des étrésillons ou 
bouts de bois que l'on fait entrer de force par-dessous, dans 
des rainures pratiquées dans les solives. 

A l'extrémité de chaque poutre , on doit placer un tir 
rant ou plate-bande de fer avec un ancre d'environ 96 
cm. ( 5 pieds) de long pour empêcher Fécartement. 

Tous les bois qui avoisinent les tuyaux de cheminée doi • 
vent en être éloignés de 8 cm. ( 5 pouces ). 

Outre les différentes pièces dont on a parlé , on en em- 
ploie encore d'autres ; principalement dans les planchers 
qui se trouvent immédiatement sous les combles. Nous eni 
dirons un mot en parlant de ceux-ci. 

On faisait autrefois tous les planchers à bois apparena 
et l'on n'enduisait que les entrevous. On n'en fait plus 
guère de cette espèce que dans des édifices auxquels on 
n'attache aucune importance. Depuis que les idées de 
décoration archi tectonique se sont répandues ; on regarde 
comme ignoble, l'apparence des pièces qui constituent un 
plancher et qui en attestent la solidité : on aime mieux 
les masquer par des plafonds de plâtre, qui, en augmentant 
la dépense , font pourrir les planchers et obligent souvent 
à les refaire peu de tems après leur construction, pour 
éviter de plus graves inconvéniens. Quelle différence ce- 
pendant entre le spectacle monotone , froid , effrayant , 
qu'offrent ces plafonds en plâtre et le spectacle si propre à 
rassurer, si piquant, si varié de ces planchers antiques et 
majestueux, dont les solives et les poutres qui en for- 
maient les travées , étaient dressées avec le plus grand 



54 É L É M E N S. 

i. PARTIE, soin et garanties de rhumidité et des insectes, par rapplî- 
îî. SECTION, cation des plus belles couleurs ! Il suffit de comparer avec 
nos plafonds modernes, les planchers qui subsistent en- 
core dans quelques anciens châteaux , pour reconnaître 
combien dans cette partie de l'architecture , en courant 
après la beauté , on s'en est éloigné. 

Quoi qu'il en soit, nous allons faire connaître de quelle 
manière on construit les premiers. 

Dès que la charpente d'un plancher est achevée ; on latte 
par-dessus et par-dessous , et l'on a soin que le lattis ne 
soit pas tout-à-fait jointif. Sur le lattis supérieur , on fait 
une aire de plâtre de 8 cm. ( 3 pouces ) , sur laquelle on 
pose les carreaux ; et par-dessous , on plafonne. 

Pour augmenter la solidité de ces plafonds , on fait quel- 
quefois des augets entre les solives et voici comment cela 
se pratique. Après avoir latte par-dessous , tant plein que 
vide, on garnit de clous les côtés des solives : puis, après 
avoir appliqué une planche sous le lattis, on fait une es- 
pèce de canal demi-cjlindrique entre les solives. Le plâtre 
de ces augets se joignant à celui du plafond empêche toute 
espèce de gerçure. 

Si au lieu de carreaux , on veut employer du parquet ; 
on assied sur l'aire du plancher , des lambourdes scellées à 
augets. Il y a mieux, c'est que l'on ne fait point d'au- 
gets; on pose les lambourdes sur un lattis jointif; et même, 
qiuand les solives sont bien dressées ^ on place le parquet 
immédiatement dessus. 

Les planchers ordinaires , tout compris , n'ont guère 
que 32 cm. ( i pied ) d'épaisseur lorsqu'ils sont carrelés ; 
et 4o cm. ( i5 pouces ) quand ils sont parquetés. Pour 
les entresols , on en fait qui n'ont pas plus de i6 cm 
( 6 pouces ). 



F. M P L O I DES ]\ï A. T E R r A U X. 5) 

f3ans la consUiulion des phim.liers , oulre le Lois , on I. partie. 
emploie eacoïc la l)ii(|uc. Ce sont alors des espèces de J'- ""'"">•• 
voùLes plaies , qui ont sur les planchers proprement dils, brimios' ''ou 
l'avantage de coûter moins, de durer plus long-tcms et voûus piau.s. 
de n'être point sujettes aux incendies. 

Pour les exécuter, on commence par faire un bâtis léger 
de charpente ou de menuiserie de 6 cm. (2 7 pouces) de 
large, auquel on donne la courbure que l'on veut donner 
à la voûte. Sur le hàtis , on iixe des planches jointives ; 
ce ceinlrc , on le pose sur des pièces de bois horizontales, 
scellées dans les murs ; et quand la voûte a une grande 
étendue, on les soutient par d'autres pièces perpendicu- 
laires. On commence alors la voûte à l'une des extrémi- 
tés de la pièce. Deux ouvriers postés , l'un, à un bout du 
ceintre et l'autre, au bout opposé, placent le premier 
rang de briques à plat, dans la trancliée que l'on a pra- 
tiquée dans le mur; et continuent de la sorte, jusqu'à ce 
que venant à se rencontrer , ils parviennent à fermer la 
voûte. Ils recommencent la même opération, qui ne cesse 
que lorsque le ceintre se trouve entièrement couvert. 
Alors, ils doublent cette voûte par un deuxième rang de 
briques , ayant soin de les placer à recouvrement. 

Le ceintre ainsi couvert, on le fait glisser sur les pièces 
de bois horizontales qui le supportent ; et l'on répète la 
même opération jusqu'à ce que l'on soit arrivé à l'autre 
extrémité de la pièce» 

Ces voûtes forment une espèce de berceau. On en fait, 
aussi en façon d'arc de cloître. Dans celles-ci , le ceintre 
ne peut pas être mobile , il doit occuper toute l'étendue 
de la pièce. Ces briques se posent de quatre côtés à la fois. 
Quand on a placé les deux premiers rangs de briques tout 
autour : on les double tout de suite , d'un autre rang à 



56 É L É M E N s. 

I, PARTIE, recouvrement; et l'on continue de cette façon jusqu'à ce 
IL SECTION, que la voûte soit fermée. 

Toutes ces voûtes se maçonnent avec du plâtre. 

On remplit les reins des premières avec de petits moel- 
lons ; et sur le tout, on fait une aire. Dans les reins des 
deuxièmes voûtes , on pratique des contre-forts de 1,60 
en 1,60 m. (5 pieds en 5 pieds ) , ainsi qu'aux angles de 
la voûte; le surplus, on le remplit de terre bien sèche et 
l'on carrelé. 

Quelquefois, on n'emploie dans les voûtes, qu'un seul 
rang de liriques ; mais alors , on les place de cliamp. 
Dajis tous les cas , on enduit les voûtes par-dessous. Des 
murs de 64 cm. ( 2 pieds ) d'épaisseur suffisent pour une 
voûte large de 6,48 à 8,10 m. ( 20 à 26 pieds ) : mais il 
faut avoir l'attention de ne jamais donnera celle-ci moins 
d'un sixième de montée, et de contenir l'écarlement des 
murs par des tirans parallèles quand les voûtes font ber- 
ceau et en croix , lorsqu'elles sont en arc de cloître. 

Au droit des tuyaux de cheminée , on doit aussi pla- 
cer des linteaux de fer pour empêcher l'action de la 
voûte. 

L'épaiséeur de ces voûtes à leur sommet n'est que de 
ïo à i3 cm. ( 4 à 5 pouces). 

Outre les voûtes plates dont on vient de parler, il en est 
d'autres dont la montée est plus considérable ; et que l'on 
substitue aux voûtes plates et aux planchers lorsqu'ils 
ont trop d'étendue : de même que l'on substitue des arcs 
aux plates-bandes , lorsque celles-ci ont trop de portée. 

Ces voûtes sont le berceau , plein ceintre , dont la forme 
est celle d'un demi-cylindre creux ; la descente droite , 
qui ne diffère du berceau qu'en ce qu'elle est en pente ; 
les voûtes (S! arête et en arc de cloître, qui résultent de la 

pénétration 



F, M r I, O I DE S ^\ A T p. I{ I A IT X". 67 

péiiôLration do doux (Icnii-cyliiiclres; le cul clc/uiir j doiiL I. PAUTiiî. 
la forme est demi-spliériquc ; la niche ou la moi Lié du U. sixtiom. 
cul de four j les voûtes en pendentifs , produits de la pé- 
nétration de deux donii-rylindiTs dans une demi-splière ; 
et la voûte annulaire , engendrée par le mouvement du 
demi-cercle autour d'un point. 

Entre la voûte d'arête et celle en arc de cloître , il y a 
cette différence, que les angles sont saillans dans la pre- 
mière et rentrans dans la deuxième ; que celle-ci est sup- 
portée dans tout son pourtt)ur, au lieu que celle-là ne 
porte que sur quatre points. 

11 est encore d'autres voûtes , telles que les trompes , 
Xçs arrière-voussures ,\e?> voûtes biaises y surbaissées , etc. 
Alais nous n'en parlerons pas, ces pièces de trait ne devant 
être employées tout au plus que dans des restaurations. 

Ce que l'on a dit de la construction des murs peut s'ap- 
pliquer à celle des voûtes. Seulement, dans les murs, les 
pierres ont la forme d'un parallélipipède ; et dans les voû- 
tes , elles ont la forme d'un coin. Dans les uns, les lits 
sont horizontaux j et dans les autres, ils tencfent vers un 
centre. 

De la forme et de la disposition de ces pierres appelées 
voussoirs , il résulte une action ou poussée qui tend à écar- 
ter les supports des voûtes et par conséquent, à les rom- 
pre. Ainsi , il faut donner à ces supports une épaisseur ca- 
pable de résister à l'action qui agit sur eux : et comme 
les voûtes en plein ceintre, les seules que nous adoptons, 
se rompent entre l'imposte et le voussoir du milieu appelé 
clef ; il convient que le corps qui s'oppose à la poussée 
s'élève jusqu'à cette hauteur. Il doit même s'élever encore 
davantage , lorsqu'on ne peut lui donner l'épaisseur né- 
cessaire J afin que ce qu'il aura acquis en force per- 

H 



58 É L É M E N S. 

1. PARTIE, pencliculaire supplée à ce qui lui manque en {brce lio- 

La résistance que l'on doit opposer à la poussée d'une 
voûte, doit êti-e d'autant plus grande que la flèche de la 
voûte a moins de hauteur ; que son diamètre et son épais- 
seur sont plus considérables j et que ses supports sont plus 
élevés. 

Outre ces considérations relatives à la poussée qu'occa- 
sionne la forme des voussoirs, et qui sont communes à 
toutes les voûtes , il en est d'autres qui ont rapport à la 
nature et à l'appareil particulier de chaque voûte. Le ber- 
ceau exerce son action latéralement , c'est-à-dire , contre 
les murs qui reçoivent sa retombée ; la voûte en arc de cloî- 
tre le fait uniformément contre ses murs pourtours ; la voûte 
d'arête a une poussée diagonale , qui est la résultante des 
poussées latérales de chacun des berceaux qui la com- 
posent ; le cul de four n'a qu'une légère poussée du centre 
à la circonférence ; et le pendentif agit presque entière- 
ment vers les berceaux qui le pénètrent, etc. C'est donc 
vers ces enclroits qu'il faut opposer la résistance. 

Quoique naturellement le berceau exerce une action con- 
tinue sur les murs qui le soutiennent ; on peut, au moyen 
de lunettes ou d'arcs en décharge , détourner cette action 
vers certains points que l'on sera maître de déterminer. 
Alors , on fortifiera ces points ; et l'on fera le reste des 
murs aussi peu épais que l'on voudra , ce mur n'étant 
plus que de remplissage. 

Quand on a une suite d'arcades ou de voûtes en ber- 
ceau j on peut donner à chaque piédroit, ou une force 
qui puisse contenir la voûte qu'il supporte ou une force 
qui ne soit propre qu'à résister à la pression. Dans ce 
dernier cas , la poussée de toutes les voûtes étant reje- 



K .M 1' I, l> I 1) E S M \ 'r i: I» I A V X. af) 

tro vers les derniers sapj)orls , il Ibiulia donner à ceux-ti i. IVMITIE. 
une l'oree eapal)lo de s'opposer à loiiles les poussées par- n section. 
liciilièrcs. 

Nous n'avons aueun tiailé qui, dans lous les cas, indi- 
que avec précision les résistances qu'il convient d'oppo- 
ser aux diverses poussées des voûtes. ]\Iais bientôt, nous 
aurons, sur cette matière, un excellent ouvrage que depuis 
long-temps, les artistes attendent avec impatience, celui 
du citoyen Rondelet, dont les connoissances théoriques % 
et pratiques sont également étendues. 

Si les voAles sont destinées à soutenir de grandes charccs 
cl qu'ainsi, elles exigent une grande épaisseur ; la piene 
est la matière qu'on doit préférer, jMais lorsqu'elles doi- 
vent n'être chargées que de leur propre poids ; on peut les 
construire en moellons, en briques ou même en poterie — 
comme l'ont souvent fait les Anciens avec avantage. 

Quand les voûtes sont fort épaisses , il n'est pas néces- 
saire que cette épaisseur soit la même par-tout ; on pour- 
rait se borner à faire des arcs séparés entre eux, par cer- 
taines distances et h relier ces arcs par des chaînes de 
voussoirs horizontales , en mettant entre elles , la même 
distance qu'entre les arcs. On remplirait ensuite avec une 
pierre plate et fort mince, le vide qui resterait. Ces ren- 
foncemens carrés formeraient naturellement ce qu'on 
nomme caissons. 

Dans la construction des voûtes , il faut employer le 
moins de fer que l'on peut ; ce métal est un trop faible 
moyen d'assurer leur solidité. Le mieux serait de -n'en 
faire aucun usage : mais lorsqu'on ne peut se dispenser 
d'y recourir 5 il faut du moins tâcher de le faire servir, 
non à porter mais à tirer. 

Dans les contrées méridionales, les voûtes n'ont pas besoin 

H 2 



6o É L É M E N S. 

]. PARTIE, d'êlre recouvertes d'un comble ; mais dans les autres pays, 
II. SECTION, cette précaution est essentielle à leur conservation. 
Combles. Les combles ont ordinairement deux égouts et quel- 

quefois, quatre. Lorsqu'ils n'en ont qu'un , on les nomme 
appentis. Leurs extrémités s'appellent croupes , si elles 
ont la même inclinaison que leurs côtés; elpig7ions, si elles 
sont terminées par la continuation du mur. Enfin, loî's- 
que la corniche de l'édifice se continue en rampant le 
long des deux côtés inclinés du pignon ; on nomme celui- 
ci , fronton. 

Les combles doivent être plus ou moins élevés , suivant 
le climat où l'on bâtit et suivant la matière c[ue l'on em- 
ploie à les couvrir. 

Dans le Nord , où la neige tombe en abondance et sé- 
journe long-tems sur les toits , on doit tenir ceux-ci plus 
élevés que dans les pays qui ne sont point sujets à ces 
inconvéniens. 

Les combles couverts en tuile doivent aussi être moins 
plats que ceux qui sont couverts en ardoise. Quoi qu'il 
en soit , on ne peut donner aux combles ni plus d'un 
tiers ni moins d'un sixième d'élévation. 

C'est aux fausses idées de beauté et de décoration qui 
se sont introduites dans l'architecture , à ces idées-là seules 
que Von doit les combles énormes à la construction des- 
quels on n'a sacrifié de si grosses sommes, que pour hâter 
la ruine des édifices qu'ils couvrent et pour affliger l'oeil 
qui les considère. C'est encore à ces mêmes idées que l'on 
doit cette ridicule espèce de combles dont la partie supé- 
rieure est presque aussi plate qu'une terrasse et la par- 
tie inférieure, presque aussi roide qu'un mur; espèce qui, 
toute désagréable qu'elle est, n'en a pas moins contribué 
à immortaliser Mansard. 



EMPLOI DES M Vl 1, H I A U X. ti 1 

Lorsqu'un cdillcc csl Irès-largc cl (|ii(' le comble en i. I'AKT1l\ 
(ieviendiait trop haut; on divise cchii-ci en deux, en U- ■'*^c^l<)^. 
Irois et nièine en un plus grand nomlne ih; comLles qui 
n'oiil, ])liis alors que la moitié , le liei's de la hauteur 
qu'aurait eu le premier, etc. 

Les combles se font soit en cbarpcnte ou en menui- 
serie , soit en briques ou en pierres. 

Les combles en charpente s'exécutent par travées ainsi 
que les planchers. Ces travées sont portées par des fer- " 

mes composées , chacune , de deux arbalétriers disposés 
suivant le rampant du comble ; d'un entrait , dans lequel 
ils s'assemblent par le bas et qui prévient leur écarte- 
ment ; d'un entrait /v^/-o«sse, assemblé dans les arbalé- 
triers et qui placé dans un sens parallèle au premier les 
empêche de ployer ; di un poinçon assemblé de même dans 
les arbalétriei^s , et qui s'oppose à ce que l'entrait retroussé 
fléchisse ; d'aisseliers , qui fortifient l'entrait retroussé ; 
enfin, de co/z/^re^^c/zes assemblées dans le poinçon pour 
roidir les arbalétriers. Ces fermes sont réunies par un faîte 
assemblé dans le haut des poinçons et par un sous-faîte, 
qui entre par assemblage , dans les entraits retroussés. 

Les fermes ainsi disposées , on place sur les arbalétriers, 
un ou plu-sieurs cours de pannes soutenues par des tas- 
seaux et par des chantignoles j et sur ces pannes , on place 
les chevrons, qui, à leur extrémité supérieure, s'assem- 
blent dans une plate-forme posée sur le haut du mur;, 
et à leur extrémité supérieure , portent sur le faîte. 

Quand les combles forment des croupes ; on met aux. 
angles et au milieu de ces croupes , des demi-fermes : 
celles des angles se nomment demi-fermes d'arêtier. 

Dans le plancher du comble , plancher auquel l'entrait 
sert de poutre , il y a le demi-entrait de croupe , qui , par 



62 É L É M E N s. 

ï. PARTIE, un bout, s'assemble dans Feulralt et par Tautrc bout , 
II. SECTION, porte sur le mur : de plus^ on y jjlacc des goussets assem- 
blés dans les entrails ; des coyers ou pièces diagonales 
assemblées dans les goussets, et qui servent de tirans aux 
demi-fermes d'arêtiers ; enfin , des soliveaux d'empcmnon , 
qui s'assemblent dans les coyers. 

La charioente du comble achevée , on latte ; et sur le 
lattis , on place la tuile ou l'ardoise en recouvrement. 
ComWcs en Lcs couibles cu menuiserie inventés par Pliilibert de 
Lorme , ont de grands avantages sur les combles en char- 
pente ; et si l'usage n'en est pas devenu universel, on ne 
doit s'en prendre qu'à la routine. Ils chargent bien moins 
les édifices , n'ayant besoin ni d'entrait ni de toutes les 
pièces qui embarrassent l'intérieur d'un comble ; ce qui 
est un grand objet d'économie. Ils procurent aux greniers 
ou aux étages supérieurs des édifices, le plus grand espace 
qui soit possible , espace dont on peut profiter soit pour 
donner plus de hauteur à l'étage inférieur, soit pour faire 
des logemcns que l'on ne pourrait pratiquer dans un 
comble en charpente. Ces combles , qui intérieurement 
ont la forme d'une Aoûte mais qui n'ont point de poussée , 
offrent un autre mérite , celui d'embrasser par leur éten- 
due , des espaces considérables. 
Combles en Cctlc cspcce clc coniblc est formée par des fermes 
nciiiei. espacées d'environ un mètre. Chaque ferme est composée 

de deux rangs de planches de 97 à 129 cm. ( 5 à 4 pieds) 
de long, appliquées , l'une contre l'autre , en liaison, c'est- 
à-dire, de manière que l'extrémité de l'une se trouve au 
milieu de l'autre. Ces fermes sont reliées ensemble , par des 
liernes dans lesquelles on met des chevilles qui serrent 
exactement les planches entre elles. 

Les combles en brique, outre les avantages qui leur 



E AI P L O I DES M A T n R I A V X. 6.3 

sont comimins avec les combles en menuiserie , ont celui i. iwiriic. 
(le n'èlie pas sujets anx incendies. il. sncnoN. 

JiCui- coiisLiuclioii est ;i pvu près la nirmo que celle do 
la preniièie espèce de voùl<\s plates. Sur un ceintrc mobile 
dont la courbure est celle d'un demi-cercle , on met deux 
rangs de briques h. plat, en liaison ; et sur la vcjùtc formée 
par les deux rangs de briques, on fait avec des tuileaux, 
trois petits massifs triangulaires pour établir la pente du 
comble : on enduit le tout et sur l'enduit, on cloue l'ar- 
doise. Quoique ces combles n'aient presque pas de pous- 
sée, il est bon cependant de relier par quelques arma- 
tures enfer , les murs qui les soutiennent. 

La plupart des combles en pierre ressemblent assez à 
ceux dont on vient de parler; et n'en diffèrent que dans 
la matière, la voiite étant en pierre au lieu d'être en bri- 
que et la couverture , en dalles au lieu d'être en ardoise. 
Cependant j on en fait quelquefois dont la construction 
a plus d'analogie avec les combles en cbarpente qu'avec 
ceux qui sont en brique. Ces combles se pratiquent par 
travées formées de dalles posées à recouvrement, et sou- 
tenues par des arcs qui font la fonction de fermes : les 
arcs sont réunis par des plate - bandes ; les joints verti- 
caux des dalles _, lesquels correspondent directement au 
milieu des arcs, sont recouverts par des demi-cylindres 
en pierre qui s'emboîtent , les uns dans les autres : et la 
portée des dalles est soulagée par des bari'cs de fer qui 
se scellent dans les arcs. Ce que nous allons dire des ter- 
rasses acliévera d'éclaircir ce que nous avons dit des com- 
bles en pierre. 

L'objet des terrasses est de j^rocurcr la facilité de se Terrasses. 
promener sur les édifices , d'y jouir de la vue des en- 
virons et d'y respirer la fraîclieur. 



6i K I. i'; M E N s. 

I. PARTIE Les terrasses ainsi que les combles ont une inclinaison 
.SECTION, pi^opi-e à faire écouler les eaux : mais cette inclinaison est 
bien moindre ; et par cette raison, la construction des 
terrasses exige plus de soin que celle des combles en brique 
ou en pierre , sur-tout dans les pays scptentrictnaux. 
• Les terrasses se construiscnt,ou avec des tables de plomb 
que l'on soude ensemble ou avec des dalles de pierre. 
On peut, à la rigueur, poser les premières sur l'aii'e d'vua 
plancher ; mais les secondes doivent toujours porter sur 
des voûtes. 

Les joints des dalles doivent être placés vis-à-vis, les 
uns des autres et à plomb, sur ini petit canal ménagé sur 
la voûte ; afin que si l'eau venait à s'y introduire , elle pût 
s'écouler dans le caniveau pratiqué au-dessous de la pre- 
mière dalle. Pour plus de sûreté , on doit relever les 
bords des joints par une espèce de bombement. 

Les combles en pierre et les terrasses se maçonnent avec 
du ciment et se jointoient avec du mastic. 

Nous ne nous étencU'ons pas davantage , sur la manière 
d'employer les divers matériaux à la construction des 
é]émens des édifices. Ceux qui désireront de plus grands 
détails pourront consulter les ouvrages de Patte , de qui 
nous avons emprunté beaucoup de choses là-dessus. Ce 
que nous avons dit sur cette matière , non-seulement suffit 
])Our en donner une idée générale à ceux qui étudient l'ar- 
chitecture et pour prévenir de leur part , ces fautes gros- 
sières que l'on ne remarque que trop , dans les projets où 
l'on s'occupe exclusivement de décoration ; mais encore 
fait assez voir que la décoration , si , par ce mot , on en- 
tend autre chose que l'application de la peinture et de la 
sculpture aux édifices , est produite en grande partie, par 
l'évidence de la construction. 

Pour 



E T\r l' r. o 1 ij K s jsr a t lî n i a v x. of» 

Pour achever do s'en convaincre , il ne faut que jcler i. pautu". 
les jeux sur les r(\slc,s iiupusaus des édifices aniiques, ii,sr.crioN. 
sui" les l)elles labiiques répaudiuîs dans loule l'Italie , uior- 
ceaiix où la ])ierrc , la bricjue , le marbre, elc. se mon- 
tieul jjour ce qu'ils sont, à la place qui leur convieuL : 
et même sur les figures de la IManchc 2; quoiqu'il ne s'y^ 
agisse que de la disposition des matériaux relativement à 
leur nature , et à l'usage des objets à la construction des- 
quels ils sont employés. L'on ne sera plus alors tenté 
d'abandonner cette décoi-ation naturelle, satisfaisante, pour 
y substituer, par un surcroit de dépenses, tantôt, l'appa- 
rence d'une constiuctiou imaginaire qui n'étant pas la 
construction réelle de l'édifice donne de celle-ci une idée 
fausse, lui ôtc de son caractère au lieu d'y ajouter; et 
tantôt, une décoration arbitraire qui résulte uniquement 
d'un assemblage d'objets inutiles et qui par-là, loin de 
procurer du plaisir, ne peut que fatiguer la vue, cho- 
quer le bon sens et déplaire souverainement. 



TROISIEME SECTION. 



FORMES ET PROPORTIONS. 



jji N nous occupant des matériaux et de leur disposition 
dans la construction des élémens des édifices , nous avons 
dû remarquer que si la nature nous en offre quelques- 
uns tout prêts à être mis en oeuvre , il faut de toute 
nécessité travailler la plupart des autres , soit ])• >ur les 
rendre propres à bâtir en général , soit pour les approprier 

I 



G6 É L, É M E N s. 

I. PAirriE. à l'usage auxquels sont dcslinés les divers élémens des 
m. SECTION, édifices. C'est ainsi que l'on enlève au bois , son aubier 
et à la pierre , son bousin ; qu'on équarrit la pierre et 
le moellon pour leur donner du gissement dans la con- 
striiction des murs ; où qu'on les taille en coin afin de con- 
struire des voûtes. Nous avons dû remarquer encore que 
de l'union de ces matériaux naissoient naturellement des 
fiarmes et des proportions : ce qui ne peut être autre- 
ment ; vu que nécessairement' la matière a des formes , 
qui, elles-mêmes, ont des rapports et des proportions. 
C'est donc sous ces deux derniers points de vue , qu'il faut 
considérer les élémens des édifices. 

On peut ranger les formes et les proportions en trois 
classes : celles qui naissent de la nature des matériaux et 
de l'usage des objets à la construction desquels ils sont 
employés : celles dont l'habitude nous a fait en quelque 
sorte un besoin , telles que les formes et les proportions 
des édifices antiques : enfin , celles qui plus simples et 
plus déterininées obtiennent, chez nous, la préférence , 
à cause de la facilité que nous avons à les saisir. 

Les premières sont les seules essentielles ; mais elles 
ne sont pas tellement fiixées par la nature des choses , 
que l'on ne puisse y ajouter , y retrancher , en sorte 
que rien n'^empêche d'y allier les deuxièmes, celles des 
édifices antiques : et comme celles-ci varient beaucoup 
dans les édifices grecs, qu'ont imités les Romains, qui à 
leur tour, ont été imités par les peuples modernes de 
] Europe ; on est libre de choisir entre elles , les formes et 
les proportions qui étant les plus simples sont les plus 
propres , en apportant de l'économie dans les édifices , à 
satisfaire davantage et l'oeil et l'esprit. 

C'est sur-tout dans les ordres que l'on attache de l'im- 



F o n M F, s t; t i» h o p o k t i o n s. G7 

por Lance aux formes cL aux proportions. Nous avons vu que i. partie. 
les formes princi|xiU's y émaneiiL de l'usage de quel(|ur.s-uns ï'^- "ectiow. 
(les cMémens des édirie<\s ; nous verrons que les principales 
proportions onlla même origine et que, pour les découvrir, 
il n'est pas plus nécessaire de recourir aux proportions 
du corps humain, qu'il ne l'a été de recourir aux formes de 
la cabane pour découvrir celles des ordres. 

En effet, dans les édifices particuliers de la dernière J'iopoitons 

1 1 lit • !••» -1 générales des 

classe , dont la dépense est toujours limitée , si la convc- ordres. 
nance exige des soutiens isolés ; on les fera nécessaire- «, , , 

'^ _ ' Flanelle 4, 

ment avec les matières les moins chères , c'est-à-dire , 
avec celles qui résistent le moins. Pour en diminuer le 
nombre , on les écartera le plus qu'il sera possible , les 
uns des autres ; afin de pouvoir, par cette économie, ob- 
server les autres convenances. Il ne fiiut cependant pas 
que la solidité souffre trop d'un tel arrangement. Pour 
cela , on fera ces soutiens très-courts afin d'en augmenter 
la force; et par la inème raison, peut-être, les fcra-t-on 
carrés au lieu de leur donner une forme ronde. 

Ces soutiens ainsi espacés , soit colonnes soit pilastres , 
exigeront que l'architrave , qui les relie , ait plus de hau- 
teur que s'ils étoient moins éloignés ; afin qu'ils ne soient 
pas dans le cas de se rompre : et la frise , destinée qu'elle 
est à relier les colonnes avec le mur comme l'architrave 
relie les colonnes , entre elles , aura une hauteur égale à 
celle de cette architrave. Quant à la corniche ,, pour 
qu'elle soit solide , il faut qu'elle ait une saillie égale à sa 
hauteur ; et que l'une et l'autre soient proportionnées à 
l'élévation de l'édifice que cette corniche doit défendre des 
eaux qui tombent du toit : et comme dans ce premier cas , 
l'édifice est peu élevé ; on peut donner à la corniche, une 
hauteur moindre que celle de la frise ou de l'architrave. 

I 2 



G8 É L, É M E N s. 

I. PARTIE. Au coiilraire, dans ceux des édifices puLlics qui sont 
m. sjtcïioN. les plus iinportans , où, à quelque prix que ce soit , on 
ne doit négliger aucune des convenances et où la durée 
est une condition dictée , non-seulement par la conve- 
nance mais encore par l'économie , vu qu'il n'y a nulle 
économie à recommencer de pareils édifices ; on emploiera 
les matériaux qui opposent le plus de résistance; et dans un 
espace donné, on multipliera les soutiens le plus que l'on 
pourra. Alors, on leur donnera une forme plus élégante j 
et pour faciliter le passage entre les soutiens serrés, on les 
fei^ cylindriques. JLe peu d'espace qui les séparera enga- 
gera naturellement à faire les architraves ainsi que les 
frises moins hautes ; et l'édifice ayant une grande éléva- 
tion exigera que la corniche, pour rejeter les eaux plus 
loin , ait plus de saillie et par conséquent , une hauteur 
plus considérahle que la frise ou l'architrave. 

Ainsi, l'on peut, on doit même suivant les cas, faire 
des colonnes tantôt courtes et tantôt longues. Mais il est 
certaines limites que l'on ne saurait franchir. Trop lon- 
gues , les colonnes n'auraient pas assez de solidité : les faire 
trop courtes serait donner dans un autre excès. L'expé- 
rience , c'est-à-dire , l'ohservation de leurs proportions 
dans les édifices antiques, lesquels sont ceux que l'on estime 
davantage, va servir à les déterminer. Les colonnes les 
plus courtes que l'on remarque dans ces édifices sont 
celles de l'ordre dorique grec ; mais comme nous l'avons 
déjà dit, leurs pixjportions varient dans tous les édifice^. 
Dans les uns, comme dans un temple dont on voit les 
ruines à Corinthe , elles n'ont que quatre diamètres. Dans 
d'autres, elles en ont jusqu'à neuf comme dans le temple de 
Coré : mais ce dernier exemple étant le seul où les colon- 
nes soient si élevées 3 en les fixant à six diamètres, nous 



r () r. M V. s ET r n o r (» n T r o N s. Cn) 

aurons uiu> csjirco de iiK^yrnnc p!-()[)orLioiicllc à lo(|ii("llc i. îWRTTrT, 
iKMis nous (Ml li(Mi(lrons ])onr la proportion des plus m. ^j:eTi->îi. 
courtes colonnes , d'autanl plus que cette proportion se 
rapprodie davantage de celle de la plupart des colonnes 
doriques t;rec(|ues. 

Les colonncsles plus longues sont celles de l'ordre corin- 
tliien, mais leur proportion n'est pas toujours la mémo. Les 
unes, comme celles de la Tour des vents et dit C-olisce, 
ont huit diamètres et demi; d'autres, comme celles de la 
lanterne de Dcmostliènes et du temple de Vesta à Rome , 
en ont près de onze. Cependant, la plupart ont eiiTiron 
dix diamètres; et cette dernière proportion, qui est plus 
exacte , sera celle que nous assignerons aux colonnes 
les plus élevées. 

Comme enti-e les édifices particuliers de la dernière 
classe et les édifices publics de la première, il existe une 
foule de classes intermédiaires ; on pouiTait , entre ces 
deux ordres de colonnes , en interposer une foule d'autres. 
Mais pour en simplifier l'étude et pour nous éloigner 
en même tems , le moins qu'il se peut, des systèmes reçus, 
nous nous bornerons à trois ordres que nous interpose- 
rons de cette manière : d'abord , entre les colonnes de six 
diamètres et celles de dix , nous en aurons de huit , pro- 
portion de l'ordre dorique du théâtre de Marcellus, dori- 
que romain le plus estimé ; ensuite, entre le dorique grec 
et celui-ci, nous aurons des colonnes de sept diamètres, 
proportion du toscan de Vignole le plus généralement 
adopté; enfin, entre le dorique romain et le corinthien,- 
il y aura une dernière colonne de neuf diamètres , pro- 
portion qui tient à peu près le milieu entre les dilféi'ens 
ordres ioniques, romains ou grecs et qui d'ailleurs, a été 
presque généralement adoptée par les Modernes. Ainsi, ces; 



rjQ K L, E M E N S. 

I l'SRTiE colonnes augmenteront dans le rapport qui suit: dorique, 
m. sicxxoN. six ; toscan , sept ; dorique romain, huit ; ionique , neuF; et 
corintliien , dix. 

Toutes les colonnes doivent diminuer d'un sixième , 
un cône étant plus solide sur sa base qu'un cylindre. 
Quant aux chapiteaux et aux hases , ils devraient aug- 
menter de hauteur en raison des colonnes ; mais ces 
proportions sont plutôt des effets de l'habitude que des 
objets de nécessité , elles importent peu à la construction. 
Ainsi , pour ne point contrarier les habitudes , nous don- 
nerons un module ou demi-diamètre à toutes les bases , 
ainsi qu'aux chapiteaux des trois premiers ordres ; un 
module et demi au chapiteau ionique ; et deux modules 
et un tiers au chapiteau corinthien. 

Plus les colonnes sont massives et plus elles peuvent 
être espacées ; au contraire , plus elles sont élégantes et 
plus elles doivent être serrées. Le moindre espacement 
que l'on puisse donner aux colonnes , et qu'on leur ait 
eirectivement donné dans l'antiquité , est d'un diamètre 
et demi. Nous conserverons cette proportion pour le 
corinthien ; nous l'augmenterons ensuite d'un demi- 
diamètre , à mesure que les colonnes diminueront d'un 
diamètre, dans le rapport suivant: corinthien, i 7; ioni- 
que , 2 ; dorique ,27; toscan , 5 ; dorique grec , 5 7. 

Comme l'architrave et la frise doivent avoir plus ou 
moins de hauteur suivant leur plus ou moins d'étendue ; 
nous leur donnerons un module et demi dans l'ordre do- 
rique grec , et un module et un quart dans l'ordre corin- 
thien. A regard de la corniche, comme elle doit être 
plus ou moins saillante et haute , selon que les ordres ont 
plus ou moins d'élévation : elle aura, dans le premier ordre, 
un module j et dans le cinquième , un module et demi. 



F {) n M E s E T P R O P O R T I O N s. 7 1 

Les proportions de ces diverses parties de l'entablement 

' '^ A M ^^'' '''ACTION. 

tHanl ainsi fixres pour les deux ordres extrêmes, il sera 
liuik do trouver celles que doivent avoir ces mêmes par- 
ties dans les ordres moyens. La somme de toutes ces par- 
ties, dans tous les ordres, sera de deux diamètres ou de 
quati-e modules : ])roportion exacte , facile à retenir et 
cependant relative au plus ou moins de force ou de légèreté 
des colonnes ; puisqu'elle sera du tiers dans le premier 
ordre , du cinquième dans le dernier , et du quart dans le 
troisième , etc. Cette proportion d'ailleurs , se rapproche 
de la plujKirt des ordres grecs et romains ; du moins, de 
celles du dorique grec et du corinthien. 

Les piédestaux peuvent être plus ou moins élevés. 
Mais pour ne nous éloigner que le moins que novis pour- 
rons , des ordres adoptés par les Anciens et des principaux 
systèmes d'ordre ; principalement, poui" simplifier l'étude 
de la chose autant qu'il se pourra : nous ferons nos pié- 
destaux plus hauts d'un module que l'entablement , c'est- 
à-dire , de deux diamètres et demi ou de cinq modules. 
La hase aura un module ; et la corniche , un demi-modvde. 
Telles sont les formes et les proportions que nous ont 
indiquées pour les principales parties des ordres, la nature 
même des choses , les égards dus à des habitudes que 
nous avons contractées en voyant ou les ordres des An- 
riens ou ceux qui en ont été unités , et l'attention qu'il 
faut apporter à ne point fatiguer l'oeil par des proportions 
équivoques. 

Si notre système n'est ni aussi complet ni aussi suivi 
qu'on pourrait le désirer; du moins, sou s ce double rap- 
port, est-il préféi'able à tous les systèmes que l'on a ima-^ 
^inés jusqu'à présent. Il a xie plus PaA^antage de reposer 
sur des hases plus solides que l'imitation de la cabane et 



y 2 j'; L É M E N «. 

î. PAPiTiE. du corps liiiniain. Il ne révolte pas le bon sens; etn'ofTic 
m. oi-r rioi;. aucune de ces absurdités qui ne peuvent que dégoûter de 
l'architecture, des esprits accoutumés à raisonner. Simple 
et naturel , il est aussi facile à retenir qu'à saisir. Mais 
fut-il de beaucoup meilleur qu'il n'est; si on l'applique 
mal , si l'on fait servir ces formes et ces proportions à 
revêtir des objets inutiles dans un édifice : alors, on fera 
non-seulement de la mauvaise architecture , mais même 
de la mauvaise décoration ; au lieu que sans ces mêmes 
formes, un édifice qui présentera tout ce qu'il faudra, 
ne présentant que ce qu'il faut, et où tout sera disposé de 
la manière la- plus convenable et la plus économique, sa- 
tisfera tout à la fois et l'esprit et les jeux. 
Détails ilos Comme en général , un ordre comprend trois parties, 
rériroaùio^ un piédestal, une colonne, un entablement ; et qu'ensui- 
liaos. jg^ on distingue une base, un dez et une corniche dans 

le piédestal ; une base , un fut et un chapiteau dans la co- 
lonne ; une architrave , une frise et une corniche dans 
l'entablement : de même, chacune de ces parties en ren- 
ferme à son tour , plusieurs autres , qui , elles-mêmes , se 
composent de parties encore plus petites. 

Les premières corniches vraisemblablement ne furent 
qu'une pierre carrée. Cette pierre en bascule ayant trop 
de poids, on imagina de la tailler en biseau. Mais comme 
par-là , elle devenait trop faible ; on y ménagea , dans le 
miheu, une partie saillante : et la corniche alors eut 
trois parties , que l'on distingua par les noms de cymaise 
supérieure , de larmier et de cymaise inférieure. Depuis 
€t lorsqu'il s'agissait de très-grandes corniches , au lieu 
d'une pierre , on en a quelquefi)is employé plusieurs ; 
ce qui a donné lieu à de nouvelles divisions. Delà, les lar- 
miers modiLlonaires , dans la hauteur desquels on place 

des 



F O U IM ïi s ET P 11 O 1' O R T r O N S. y.^ 

des pierres saillantes , destinées à soulager la portée du j. partie. 
larmier et appelées jtiutulcs dans l'ordre dorique et nio- m. sectiom. 
dillojis dans le corintliien ; les larmiers denticidaires , 
ainsi nommés à cause des dents que l'on y taille de lois à 
autre ; et les cymaises intennédlaires , etc. Dans les édi- 
fices où les ordres n'entraient point, on a lait, dans les 
corniches, porter la grande saillie du larmier sur d'au- 
tres pierres saillantes, jilus considéraLles quelesmodillonsj 
et ces pierres ont pris le nom de consoles. 

Chacune de ces parties s'est encore subdivisée en plu- 
sieurs auti'cs, auxquelles on a donné différentes formes 
géométriques. On peut s'en faire une idée en jetant les 
yeux sur la planche 5. On les a employées, non-seulement 
dans les membres des corniches mais encore dans les 
cymaises des architraves , et dans différens mem])res des 
cliapiteanx et des hases , etc. Comme elles ne ressemblent 
pas à grand'chose ; et qu'elles ne laissent pas d'entraîner 
dans de la dépense, chaque moulure couronnée d'un filet 
se comptant pour 5-2 cm. ( i pied) de mur, n'en eût-elle 
que 5(2 pouces ) de haut : nous nous contenterons d'in- 
viter à n'en faire qu'un usage très-sobre , et à réserver 
les fonds dont on peut disposer, pour de la peinture 
ou de la sculpture ; objets plus propres à plaire que des 
moulures , parce qu'ils représentent toujours quelque 
chose. 

On nomme profil, un assemblage quelconque de mou- Artdcpro- 
lures ; et profiler est un art auquel les partisans de la dé- 
coration archi tectonique attachent beaucoup d'importance. 
Nous sommes loin d'y en attacher autant. Quoi qu'il en 
soit, l'usage ayant consacré les moulures , il faut , en les 
assemblant, éviter de choquer l'oeil : or, le seul moyen 
d'y réussir; c'est de donner à chaque profil, des mouve- 

K 



y4 É L É M i; w s. 

I PA.RTnî. mens Lien prononcés , de marier les moulures droites avec 
m. SECTION, les moulures courbes, et d'en opposer d'extrêmement fines 
à de très-fortes. Les Grecs , dans leurs ordres doriques et 
ioniques ainsi que les Romains, dans leurs ordres co- 
rinthiens, offrent de bons exemples de profils. Au con- 
traire , on en trouve de fort mauvais chez les premiers , 
dans leurs ordres corinthiens et chez les derniers , dans 
leurs ordres doriques et ioniques. 

Pour acquérir l'art de profiler, il faut comparer entre 
eux, les profils des Gi'ecs et des Romains, chose facile si 
l'on jette les yeux sur les planches 65 , G() , 70 du parallèle 
des édi fiées j et tracer ensuite à la main , un grand nombre 
de profils. 
Profils des Lcs profils dcs différcus ordres, ne doivent leur mérite 

fliQëi-ens or- •xTni-.i r-i 

jies. qii i^ 1 habitude que nous nous en sommes iaite, raison pour- 

i„ 1 c quoi nous nous sommes bien eardés d'en imaginer de nou- 

1 liuîchc 6. 1 o D 

veaux. Ceux que nous offrons , nous les avons puisés ,tous , 
dans les édifices antiques ou dans les auleurs que l'on 
suit le plus ordinairement. Mais comme dans les profils 
de chaque ordre , il existe des difierences assez considé- 
rables ; nous nous sommes crus autorisés à y faire un 
choix. C'est pourquoi , nous avons choisi les profils les 
plus simples ; parce qu'ils sont les moins fatigans, les plus 
économiques : et quelquefois même , nous nous sommes 
permis de les simplifier encore davantage, ne le faisant 
toutefois que d'après d'autres édifices où se trouvaient 
ces simplifications. C'est ainsi que dans le profil du pre- 
mier ordre, profil qui, à peu de chose près, est celui du 
temple de Minerve va Athènes, si nous avons placé le 
trlgliphe à plomb de la colonne, changement le plus grand 
que nous y ayons fait; c'est que les trigliphes sont placés 
do celte manièi-e dans tous les doriques romains. 



F o n Ar E s ET p n o p o n T r () N s. 7.) 

Dans celui (lu (leuxièiiic ordre, (|iii e.sl. le profil toscan j. partie. 
(le Vignole , nous n'avons supprimé cpie (jueltpics lilels m. sechon. 
cl quelques l)agueltes. 

Dans celui du IroisicMnc ordre, proHl qui, sauf quelf|ue 
légère différence , est le dorique du même Vignole, nous 
a^'ons supprimé le larmier dcnticulaire et les mutules mé- 
plates du plafond du larmier, autorisés que nous étions 
par l'exemple de Scrlio , de Barbaro , de Catanco , de 
Viola, de Bidlant, et de Pliilihert de Lorme. 

Dans le j)ro(il du quatrième ordre, qui est celui de 
Serlio , nous nous somm(>s bornés à supprimer les dcn- 
ticulcs du larmier dcnticulaire et les trois faces de l'ar- 
chitrave ; suppressions pour lesquelles on trouve des 
exemples : pour la première, dans l'entablement ionique 
du Colisée, dans Léon-Baptiste Alberti , Jean Bullant , 
Philibert de Lorme; et pour la deuxième, dans le bel 
entablement ionique du temple del'llissus. Enfin, le profil 
du cinquième ordre est en entier l'entablement corinthien 
de Faltique de la Rotonde, 

Il y a beaucoup d'entablemens corinthiens où l'on voit 
des modillons ; mais il y en a beaucoup aussi (]^ns lesquels 
on n'en voit pas, tels que les enlablemens du temple de 
^^esLa à Tivoli, des petits autels du Panthéon, et du 
temple consacré à Antonin et à Faustine. Quoique les 
modillons ne gâtent pas ces enlablemens, nous croyons 
néanmoins que l'on devrait les réserver pour les ordres 
colossaux, (v. pi. 70). 

Nous avons été tentés de suj^primer les trighphes dans 
l'ordre dorique. Plusieurs monumens antiques, tels que la 
chapelle d'Agraule à Athènes, les bains de Paul Emile, 
le Colisée et l'amphithéàlre de Nismes, où il n'y en a pas, 
nous y autorisaient. Mais tant de gens les regardent 

K 2 



y6 É L É M E N S. 

I. PARTIE, encore comme un allribut essentiel à cet ordre , que 
IIL sLCTioN. nous les aA'ons laisses subsister par cette raison. 

C'est par la même raison , que nous conservons les for- 
mes et les proportions des chapiteaux ioniques et co- 
rintliiens. Lorsque le magnifique ouvrage que des savans 
courageux ont entrepris sur l'Egypte sera fini ; peut-être 
que frappé du naturel , de la simplicité , de l'élégance et 
de la noblesse de plusieurs chapiteaux égyptiens , on aban- 
donnera le tailloir ïrèle et chantourné du chapiteau corin- 
thien ; les coupeaux nommés volutes , qui, dit-on, le sou- 
tiennent ; et les coussins du chapiteau ionique, qui le ren- 
dent si peu régulier, si difficile à employer dans tant de 
circonslances. 
Détailspai- Quant aux autres chapiteaux et aux piédestaux , nous 
ticuhcis à avons suivi la même méthode que dans les entablemens : 

Quelques or- ^ ^ _ • 

*lres- et pour épargner à nos lecteurs la peine de recourir à 

PlancLc 7. cl'autres livrcs , nous avions donné, dans la planche 7, le 
développement des chapiteaux , des colonnes et des pi- 
lastres des ordres ionique et corinthien ; quelques exem- 
ples de corniches pour l'intérieur des appailemens et enfin, 
le tracé de 1^ volute ionique. 

Lorsque dans un même édifice, il se rencontre des pi- 
lastres engagés et des colonnes ; comme les premiers ne di- 
minuent pas : on donne au chapiteau moins de saillie sur 
le nu du pilastre que sur celui de la colonne j afin que 
la saillie du chapiteau-pilastre sur l'entablement, ne diffère 
pas trop de celle du chapiteau- colonne. 

Les corniches des appartemens diffèrent plus ou moins 
de celles des ordres: et peuvent leur ressembler, à quel- 
que légère différence près ; si les appartemens ont une 
hauteur raisonnable. Mais s'ils sont trop bas, ce que Ton 
ne peut quelquefois éviter j il faut donner à ces corni- 



V O R M K S K T l' Il O 1' O II 'J' I O N S, 77 

cJios peu de liaaU'iir l'L beaucoup de saillie , afin de rele- i. pNRTfr;. 
"\efcu apparence le plalond de la pièce. De plus, comme ni- «ixno-v. 
dans riulérieur, la lumière est. bien moins vive (ju'à l'exLé- 
rieur; et qu'eu consacrant de l'argent à des moulures, il 
est bon que l'on puisse du moins les distinguer : ou les 
profilera de manière qu'elles fassent , les unes avec les 
autres, non des angles droits mais des angles aigus, avec 
un ]i(MiL intervalle entre elles, afin de produire un noir 
qui les dcLaclie encore mieux. 

Quant à la volute ionique , voici la manière de la tracer : 
Après avoir tiré, à nu module de distance de l'axe de 
la colonne, une ligne verticale, appelée cailiètc , qui pas- 
sera par le centre de l'oeil de la volute ; et porté sur cette 
ligne, à partir du dessous du talon du tailloir, vingt-une 
parties et un tiers de module pour la hauteur totale de la 
volute : on prendra douze de ces parties en allant tou- 
jours dans le même sens ; et l'on aura le centre de l'œil, 
dont le diamètre est de deux parties et deux tiers. On 
inscrira ensuite dans le cercle de cet oeil , un carré, dont 
l'un des angles passera par l'intersection de la cathète 
avec ce cercle : et après avoir divisé en six parties égales, 
chacune des deux lignes menées par le centre, perpendi- 
culairement aux côtés de ce carré et comprises entre ces 

mêmes côtés j on aura les points i ^ 2 ^ 3 , 4- et 12, 

qui sont les centres du contour de la volute, et dont on se 
servira de la manière suivante: 

Du point /, on élèvera une verticale, qui rencontrera en 
^, le sommet de la volute \ du même point / et d'un rayon 
1 ^ , on décrira un arc de cercle qui ira rencontrer en 
JE», le prolongement de la ligne qui passe par les points 
/ et ^ : du point 2 pris pour centre et d'un nouveau 
rayon 2 B , on décrira un second arc de cercle qui se ter- 



7^ K L É M E N s. 

î. PARTIE, minera en C, sur le prolongement de la ligne qui passe 
jil. SECTION, par les points 3 el J : du point 3 et successivement des 

points 4- , 5 et /Jî pris pour centres , on décri ra.de 

nouveaux arcs de cercles , qui auront de même pour 
rayon , la distance de l'extrémité de l'arc précédent au 
centre de celui qui le suit; avec la précaution d'observer 
que le point de rencontre et les centres des deux arcs co]i- 
sécutifs se trouvent sur la même ligue , afin que la courbe 
ne fasse aucua jaret. 

La grosseur dn filet, qui est le quart de la hauteur que 
la première révolution laisse au-dessus d'elle, se trouvera 
aisément , en partageant en quatre , chacune des parties 
qui ont servi de centre à la première volute ; ce qui don- 
nera douze nouveaux points dont on se servira de la môme 
manière que ci-dessus. 
Arcades. Nous avous dit quc lorsque les soutiens isolés , soit 

riajx-iifi 8. colonnes soit pilastres soit piédroits, étaient fort éloignés, 
les uns des autres; alors, au lieu de les réunir par des 
plate-bandes , on les réunissoit par des arcs. On nomme 
arcade, l'espèce d'ouverture qui résulte de cet arran- 
gement. 

Les arcades peuvent être continues ou alternatives, 
c'est-à-dire, séparées par des entre-colonnes, par des 
portes , par des croisées ou par des niches. Dans le pre- 
mier cas, les axes des soutiens sont également éloignés, 
les uns des autres. Dans le deuxième , ils ne le sont pas. 

Si dans ce dernier cas , les arcs portent sur des colon- 
nes ; le rapport entre les enti^'-axes variera à raison de 
la proportion des colonnes. Si ces dernières sont de l'ordre 
dorique grec ou de l'ordre toscan; on divisera en trois, 
l'espace compris entre les axes des arcades , pour avoir 
la position des axes des colonnes. Mais si celles-ci sont 



r o II M E s ET r n o p o R T [ o N S. rjq 

ioni(|iics ou coiiiilhicnncs ; on divisera en huit, le me me i. partir, 
espace. On prendra trois do ces parties pour cliaque demi- lll. sktk.n. 
arcade , et les deux autres détermineront la lai-gcur de 
l'entr'-axe des colonnes. 

Lprsquc les arcades sont continues , si les arcs portent 
sur des piédroits ; on divisera en liois , l'espace coinprl.'î 
entre les arcs des arcades. De cette manière, le piédroit 
aura la moitié de la largeur de l'arcade. 

Les arcades sont-elles séparées par des croisées ou par 
des niches; dans ce cas, on divisera d'abord l'entr'-axe 
en quatre; ensuite, les deux parties du milieu en trois ; 
et l'on aura ainsi la largeur des piédroits , do la croisée 
ou de la niche. 

Si les arcades sont séparées par des portes , on divisera 
l'entr'-axe en cinq. Les piédroits auront la moitié de l'ou- 
verture, et la porte aura une largeur égale à celle des 
piédroits. 

Les arcs doivent toujours reposer immédiatement sur 
la colonne, là où les arcades sont continues ; et poser sur 
une architrave , là où elles sont alternatives. 

Le rapport de la largeur à la hauteur des arcades varie 
suivant les usages auxquels on les emploie. Les arcades 
d'une hallie, d'une douane , etc. peuvent avoir une hau- 
teur égale à leur largeur. Celles qui sont employées dans 
quelques autres édifices peuvent avoir en hauteur , une 
fois et demie la largeur. Quant aux arcades qui forment 
des portiques ordinaires, on leur donnera en hauteur, le 
double de leur largeur, c'est-à-dire, que le centre des arcs 
se trouvera aux trois quarts de la hauteur de l'arcade. 

Lorsque les arcades sont formées par des arcs qui por- 
tent sur des colonnes, voici ce qu'il faut faire pour leur 
donner cette proportion : on portera trois fois sur Taxe 



8o É L â M E N s. 

1. PARTIE, de rarcacle , la distance qui est entre cet axe et celui de 
m. SECTION, la colonne : on divisera cette hauteur en autant de par- 
ties , plus trois , que la colonne seule ou la colonne et 
l'arcliitrave que l'on veut employer contiennent de mo- 
dules. En retranchant de cette hauteur, trois de ces 
modules , on aura le centre de l'arc. Le reste s'entend de 
soi-même. 

La seule apparence de la construction des arcs est la 
meilleure décoration de cette partie-là. Cependant, on peut 
quelquefois j mettre une archivolte ; et cela se ])ratique 
même assez souvent. Il n'v a qu'un cas où il faille ahso- 
lument s'en ahstenir , c'est lorsque des arcades portées sur 
des colonnes sont continues ; car de deux choses l'une, ou 
ces archivoltes se pénétreraient ou elles auraient trop peu 
de largeur. 

Si les arcs reposent sur des piédroits , soit qu'on les en- 
toure d'une archivolte ou non ; il faut toujours mettre une 
imposte pour recevoir la retomhée de ces arcs. Le profil 
d'une imposte ou d'une archivolte est le même que celui 
d'une architrave , et la largeur de l'une et de l'autre est 
d'environ le - de l'ouverture. 
TorUs, croisées. Les portcs et les croisées , ou se font en arcades lors- 
l'ianche 9- qu'elles sont fort larges ; ou se terminent carrément, lors- 
qu'elles n'ont qu'une largeur ordinaire. On leur donne 
en hauteur , dans les principaux étages, le douhle de leur 
largeur ainsi qu'aux arcades. Dans les étages accessoires, 
on leur donne une fois et demie ou une fois leur largeur, 
ou seulement les deux tiers de cette largeur. Quand les 
trumeaux qui séparent les croisées sont étroits , celles-ci 
ne sont autre chose qu'un trou pratiq né dans le mur. S'ils 
sont larges ; on entoure d'un chamhranle , les croisées 
et l'on donne , à ce chamhranle , le sixième de l'ouver- 
ture : 



FORMES ET I' Il O T O R T I () M S. 8 l 

turc : soti prolil esL celui (ruiic arclilLravc , ainsi que les I. partie. 
prolils des impostes el ties airliivoUcs. Là où deux; rangs ^'^ >i.c-no«. 
(le croisées sont séparés par un grand espace ; sur le 
chambranle, on met une IVisc et une corniclie qui ojit, 
cliacune, une hauteur égale à la largeur du chambranle. 
Quelquefois , on soutient les deux extrémités de la cor- 
niche par des consoles , dont la largeur est la moitié de 
celle du chambranle. 

Sm- la corniche , on nui quclquelois un fronton pour 
rejeter l'eau sur les côtés. Cela est même nécessaire jjour 
les portes. La hauteur du fronton est entre le quart et le 
cinquième de sa base. Quelquefois, aux chambranles, on 
substitue des pilastres et un entablement. On accompagne 
encore de colonnes les portes et les croisées, pour mieux 
préserver de la pluie ces ouvertures par Fentablcment , 
auquel ces colonnes font donner plus de saillie. 

Lorsque le dernier rang de croisées se trouve très- 
près de la corniche qui termine l'édifice , on ne doit 
point mettre de corniche aux croisées. On ne doit point 
en mettre non plus aux portes dans les intérieurs; parce 
qu'ici comme là , ces corniches sont inutiles. 

La seule différence qu'il y ait entre les portes et les 
croisées , c'est que les portes descendent jusque sur le 
sol de l'édifice , au lieu que les croisées portent sur un 
appui couronné par une plinthe. Si l'espace qui sépare 
deux rangs de croisées est considérable , on peut mettre 
une seconde plinthe au niveau du plancher j sinon, il faut 
se borner à la première. 

Quand le mur n'a qu'une épaisseur ordinaire, on la 
divise en trois parties , qui servent ; l'une , pour le tableau ; 
et les deux autres, pour l'embrasure. 

Que l'on compare les diverses espèces de croisées que 

L 



Sa É L, É M E N s. 

I. PARTIE, nous offrons , où tout est naturel , où tout est simple , 
111. SECTION, avec ces croisées qu'à grands frais , on a surchargées de 
moulures , de modillons , de crocettes , d'oreilles , etc. ; 
croisées, dont malheureusement l'Italie ne nous fournit 
que trop d'exemples : et l'on verra combien la manie de 
décorer nuit , même à la décoration. 

Pianclie lo. Pour avoir une idée exacte des divers compartimens 
Compaiti- Jg pavé , il suffit dc jeter les yeux sur la planche qui les 

De pavé. représente. Et quant aux compartimens de murs , il ne 
faut que les voir dans cette même planche, pour se con- 
vaincre que la véritable décollation d'un mur réside dans 
l'apparence de sa construction. Seulement, nous ajoute- 
rons que lorsqvie l'on croit devoir élargir les joints pour 
empêcher que le bord des pierres n'éclate ; il faut le faire 
de manière à n'avoir que des angles obtus, ainsi qu'on 
le voit dans la figure. Toute autre manière est vicieuse. 
Les joints montans ne sont pas sujets à éclater comme 
les joints liorizontaux. Ainsi, l'on peut, si l'on veut, se 
dispenser de les élargir. 

De lambris. Afin de rendre les appartemens plus sains , on les revêt 
souvent de lambris dans leur pourtour ; quelquefois, on 
le fait dans toute la hauteur et quelquefois, à Ijauteur 
d'appui seulement. Les uns et les autres sont composés 
de pilastres , de bâtis et de paimeaux. On assemble les 
panneaux dans les bâtis et ceux-ci, dans les pilastres, qui 
sont , eux-mêmes , composés de bâtis et de panneaux. 
On met au bas, une plinthe et à hauteur d'appui , une 
cymaise. 

L'usage est d'encadrer les panneaux dans des mou- 
lures qui ont en largeur , 5 cm. (27 pouces ) pour les 
grands panneaux , 3 cm. ( 1 -î pouces) pour ceux des pi- 
lastres ; et dont le champ qui les sépare a 6 cm. ( 5 pouces). 



r o II M i; s r, T r r o p o n t i o n s. "' S.3 

Au reste, on peut se passer de ces bordures et nous avons l- partie. 
des exemples qui le prouvent. ' Ul- «ttTio:*.. 

Les panneaux peuvent être ornés , ou de sujets d'iiis- 
toire ou de paysages ou d'arabesques. A l'égard des der- 
niers, on peut, dans le parallèle, voir ceux des bains de 
Titus, planclu; 78 et ceux de Rapbacl, plancbes 85 et 8G. 
On fera bien de voir aussi les intéressantes productions 
de Pcrcicr et de Fontaine ; celles de Normand et de 
Lafitte , lesquelles doivent incessamment paraître ; ainsi 
que plusieurs intérieurs décorés par nos meilleurs Ar- 
cliitectcs. 

Les caissons qui résultent de la construction des voûtes 
sont naturellement carrés , forme à laquelle on devroit 
s'en tenir. Cependant , les édifices antiques nous olTrcnt 
un si grand nombre d'exemples de caissons octogones , De voûi.ï. 
bexagones et en losange, etc. que nous ne croyons pas 
devoir les proscrire. ( Voyez planclie 76 du parallèle ). 
Nous nous bornerons donc à souhaiter que lorsque la 
construction d'une voûte n'engendrera pas naturellement 
des caissons, on leur substitue, soit de grands sujets d'his- 
toire ou de mythologie comme dans plusieurs palais , en 
Italie et en France , soit des sujets moins graves , tels que 
les morceaux de peinture que l'on admire à Rome , dans 
les bains de Titus , à Herculanum , etc. (Voyez planche 
77 du parallèle ). Au surplus , quelle qu'en soit la forme, 
les caissons peuvent être à un , à deux ou à trois renfonce- 
mens , avec ou sans moulures ; car il existe des exemples 
de beaux rcnfoncemens qui n'ont pas de moulures. 

Nous terminerons le peu que nous avons dit sur les 
formes et sur les proportions par une remarque, c'est que 
quelque raisonnables que soient les trois espèces dont il 
a été question 3 elles sont peu propres à contribuer au 

L 2 



84 £ L É M E N s. 

I. PARTIE, plaisir delà vue et par conséquent, à la clécoralion , qui 
i;i. SECTION, a poui' objet , ce plaisir. En effet , pour qu'elles fussent 
capables de plaire à un certain degré ; il faudrait que 
l'oeil pût les saisir exactement ; qu'elles fussent pour cela, 
dans un même plan ; et que celui-ci de plus , lût perpen- 
diculaire au rayon visuel. Car si le plan était horizontal 
ou oblique ; les formes et les proportions qu'il renferme- 
rait changeraient à chaque point de vue différent. Or il 
est ti'ès-rare que les formes et les proportions d'un édifice , 
se trouvent dans un plan qui permette à Foeil de les 
bien saisir et d'en juger sainement. 

A ce sujet, nous citerons le cit. Leroi et cela avec 
d'autant plus de satisfaction , que la plupart des Elèves en 
Architecture doivent une grande partie de leurs talens, et 
aux lumières qu'il leur a communiquées et aux encou- 
ragemens de toute espèce qu'il leur a prodigués. Dans 
son excellent Discours sur la théorie de l'Architecture, 
après avoir offert le tableau le plus frappant du magnifi- 
que effet que font les péristiles dont les colonnes sont 
éloignées du mur : « La beauté qui résulte de ces péristiles, 
)) dit-il , est si générale qu'elle se ferait encore sentir ; si 
5) les piliers qui les forment, au lieu d'offrir au spectateur 
)) de superbes colonnes corinthiennes , ne lui présentaient 
)) que des troncs d'arbres coupés à leurs racines et à la 
)) naissance de leurs branches ; si les colonnes étaient 
)) imitées de celles des Egyptiens ou des Chinois ; si ces 
» piliers ne représentaient même que les amas contus de 
)) petites colonnes gothiques ou les soutiens massifs et car- 
» rés de nos portiques ». 

Par ce qui vient d'être dit, on voit le peu d'influence 
qu'ont les formes et les proportions , sur le plaisir que 
nous éprouvons à l'aspect d'un édifice : et s'il reste, a cet 



FORMES ET P U O T O R T I O N S. 85 

égard, quelque cloiiUi ; pour le dissiper toul-à-Cail, nous I- PARTIE. 
nMiverrons au p;u-allcle, où l'on trouvera des édifices dont "^" '""""' 
les uns , quoique bizari-es dans leurs formes et sans exac- 
liUide dans leurs proportions , ne laissent pas de faire le 
plus grand plaisir , et dont les autres déplaisent souverai- 
nement , quoique l'on j retrouve toutes les formes et 
toutes les proportions des édifices antiques. La raison en 
est que les objets revêtus de ces formes sont disposés 
d'une manière simple , convenable dans les premiers de 
ces édifices ; et qu'ils sont ou inutiles ou mal disposés dans 
les derniers. 

De cette comparaison , nous tirerons les conséquences 
qui suivent : dans la composition, on ne s'occupera plus 
des formes ni des proportions sous le rapport du plaisir : 
on s'occupera même peu de celles de la premicie espèce, 
sous le rapport de l'utilité, quoiqu'elles soient les plus 
importantes; vu que naturellement , elles naissent et de 
l'usage des objets et de la nature des matériaux employés 
à la construction de ces objets : les formes et les propor- 
tions de la deuxième espèce , seront regardées comme 
clioses purement locales, uniquement destinées à ne point 
choquer nos habitudes ; en sorte que si l'on bâtissait, soit 
en Perse soit à la Chine ou au Japon, on s'abstiendrait 
d'en faire usage, parce qu'en agir autrement serait s'op- 
poser aux habitudes du pays , aux matériaux mêmes que 
l'on y emploie : on fera servir les formes et les propor- 
tions de la troisième espèce ; par la raison que dans 'rme 
foule de circonstances , elles favorisent l'économie et que 
toujours, elles facilitent l'étude et l'exercice de l'archi- 
tecture : enfin , l'on ne s'attachera plus qu'à la dispo- 
sition , qui , lorsqu'elle est convenable , lorsqu'elle est 
économique , en atteignant la fin que l'architecture se 



86 ÉLÉMENS etc. 

I. PARTIE, propose , devient la source de l'agréable sensation que 

ni. siiCTioN. nous font éprouver les édifices. 

La disposition sera donc la aeiûe chose qui , dans le reste 
de cet ouvrage , doive nous occuper 5 quand même , nous 
le répétons, l'architecture ferait du soin déplaire, son but 
principal. 








5 |:" ' 



1 








Orav* par C Jif'ormaiu^ 



I"^ Partie 



C ON 8TR.U0T10 



clos Murs , Pans de bois, 




J'Ia/uAf a,. 



'oloiinos. IMiitos oiiiinos. Rc 





Ihavffor C.X,;«m,„i 



/"'' P<ir/ie 



iv vliUie/iiTo' en l'oi 



berci'i 



en reicViUi 



CONSTRl'CTIOX 

De..o/1/e 






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iM jDiamAnlM \ iX iX 



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Il n, ti i4 t^ ifi ^ i9 la 



Orao^rar C X'r„uu,J 



11"' Portier, 



Masses 
Je r/ifUes . d'Arrhitravej' 



J 



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/ncm ire^ 



<Je Corntc/it 



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Or 4^ 



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de Cornichef et 



DETAILS DES ORJC 

Mot» 

FiUt ! I 



Baguetù^ \ 1 



Quart 



Je C/uii'ifeaua' Je ronJ 



renuer<r& 



JroW\ 



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jneryiire-f 



Je haa^e<f Je Ftei/ej-faua^ 



Ctz/ine/ierco' 



s s EN GENKRAI, 



Planrhr J. 



cx>mpcKreej- 






MouKiios 
i'o//iii/i<v 



,ùoit 



■X -À- 



tJroUe{ 





Larmier 



Mo(ù/loju- 



KôT^^^rât 



( ï/ftujt^tY mfcrmejiiiif^ 






« irwai^o/i^ 



Aj'tro<fOle>r 



fi/mai,re m/èrieure 






^ 



COTlJ'olÀf 



7, 




Grave par C â'^ormam^ \ 



DÉTiVILS DF.S t 
Dorique Romai 




ï. 1 



J"''Jhràe 



Corruches 




cil am te au lonic^ue. 
Colonne. FoltLftre 






Détails PARTicirLLKRÇs A < 

d»?veloppemeiit de la Vo 







JVa/icAf' 7. 



- intiTivKres 




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Cnapiteau Oorintluen. 
C/)lonne'. Filaslre 



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ûravè par C.ycnruatd 



DEUXIÈME PARTIE. 

COMPOSITION 

EN GÉNÉRAL. 

PREMIÈRE SECTION. 

COMBINAISON DES ÉLÉMENS DES ÉDIFICES. 



JLI ANS la première partie de nos Leçons , nous nous 
sommes occupés des élémens des édifices, après avoir 
traité les principes généraux de l'Architecture dans l'In- 
troduction : et dans cette deuxième partie, nous parlerons 
de la manière de combiner ces élémens; de former, à la 
faveur de ces combinaisons , les parties des édifices ; de 
réunir celles-ci pour en former un ensemble ; en un mot, 
nous traiterons de la disposition , d'après les principes que 
nous avons exposés dans l'Inti'oduction. 

Les divers élémens des édifices peuvent être placés , les 
uns à côté des autres, ou les uns au-dessus des autres. 
Lorsque l'on compose un édifice , ces deux espèces de 
combinaisons doivent se présenter simultanément à l'es- 
prit : mais lorsqu'on étudie ; on peut , on doit même , 
pour plus de facilité dans l'étude, les considérer séparé- 
ment. Nous distinguerons donc deux espèces de dispo- 
sitions : disposition horizontale représentée par les plans ; 



88 COMPOSITION. 

II. PARTIE, et disposition verticale , représentée par les coupes et par 
I. sxcTioN. igg profils. 

PJaiiclic 1'". 

Combinai- Lcs colonncs , ainsi qu'on l'a déjà dit , doivent être éga- 
talcs. lement espacées dans un même cditice ; mais leur espa- 

JJe colonnes, (.(.j^^gj^t doit varier suivant les circonstances. Dans les 
édifices particuliers les moins importans , pour en re- 
streindre la dépense , on doit diminuer le noniLrc des 
colonnes , en les espaçant le plus qu'il est possible ; au lieu 
qu'il faut les serrer le plus que l'on peut, dans les édifices 
pulîlics les plus considérables , afin de proloncjer davan- 
tage la durée de ceux-ci. Dans quelque édifice que ce 
soit, les colonncs ne doivent être employées qu'autant 
qu'elles servent à former des portiques , des galeries ; 
et conséquemment, la distance qui les éloigne du mur, 
doit, pour le moins, être la même que celle qui les sépare 
entre elles. Ce premier arrangement suffit là où les co- 
lonnes sont trè.s-espacéès et peu élevées : mais lorsqu'elles 
sont très-hautes et très-serrées, il cesse de convenir; vu 
que les portiques étant très-étroits et très-élevés , on n'y 
seroit nullement à l'abri du soleil et de la pluie. Ainsi , 
clans ce dernier cas , il faut que la combinaison des colon- 
nes avec le mur soit différente ; afin que le portique rem- 
plisse l'objet auquel il est destiné. C'est pourquoi, au lieu 
de n'éloigner que d'un entr'-axe , les colonnes du mur, on 
les en éloignera de deux entr'-axes et même de trois s'il 
est nécessaire. Alors , entre la largeur et la hauteur des 
portiques , il y aura un rapport exact. 

La nature de la construction dans la partie supérieure 
des portiques ou des galeries, peut encore nécessiter de 
nouvelles combinaisons. Lorsqu'un portique de deux ou 
de trois entr'-axes est couvert d'un plancher ; un mur 
iavec un simple rang de colonnes suffira pour en soutenir 

la 



C O ?M B I N A I s O N D F, S K L K M E N S. Sf) 

la parlic siipi'rieine : mais si ce porliciuc est couverl d'une il. partie. 
voùle ; il laul, de louLe iicccssitc , clcvaul le premier rang l- «Ec-now. 
de colonnes, (mi nielLre mi second , pour cojileuir la pous- 
sée de la voûte, si celle-ci est cylindrique ; ou ])lacer des 
colonnes sur toutes les intersections des axes, si la voûte 
est en plate-bande. 

Quand les pilastres sont isolés , on les dispose comme De iiiiasuc». 
les colonnes ; mais lorsqu'ils sont engagés, on ne doit en 
placer qu'aux extrémités des murs , aux angles des édi- 
fices , et aux endroits du nnu" auxquels viennent se 
réunir d'autres murs. A l'égard des murs de releiid, 
comme ils sont toujours plus éloignés, les uns des autres, 
que ne le sont les colonnes ; les entre -pilastres doivent, 
par cette raison , être toujours beaucoup plus larges que 
les enlre-colonnemens. Dans les édifices où l'on met des 
pilastres et des colonnes , les axes des pilastres ne doi- 
vent point avoir moins de trois entr'-axes de distance. 

Les murs de face, destinés qu'ils sont à clorre l'édifice , ri . 

'1 ' XJc murs. 

doivent aller directement d'un angle à l'autre, la ligne droite 
étant la plus courte: et ceux de refend, qui non-seulement 
divisent l'intérieur en plusieurs parties, mais qui relient 
de plus entre enx, les murs de face ; doivent, autant que le 
permet la convenance, s'étendre dans toute la longueur ou 
la largeur de l'édifice. Dans le cas où l'on est obligé de les 
interrompre , il faut au moins les réunir dans la partie supé- 
rieure, soit par des poutres soit par des arcs doubleaux. Par 
la même raison , s'il j a des colonnes à l'extérieur d'un édifi- 
ce, il faut que les murs correspondent à l'une d'entre elles. 

Les croisées et les portes , non-seulement ou établissent Dc croisées 
une communication entre les diverses parties de l'édifice, *^ epoies. 
ou j)rocurent le plaisir de voir les objets extérieurs , 
mais encore donnent passage à l'air et k la lumière j 



90 COMPOSITION. 

IT. PARTIE, ainsi, elles doivent se correspondre le plus qu'il est pos- 
. SECTION. .^[\yiç On les placera donc, sur des axes communs et dont 
on fixera la position en divisant en deux, l'entr'-axe des 
murs ou des colonnes. 

Lorsqu'il y a des colonnes à l'extérieur de l'édifice ; on 
peut pratiquer des croisées ou des portes dans tous les 
entre-colonnemens , ou simplement d'un en un. La pre- 
mière combinaison convient aux édifices dont les colon- 
nes sont très-espacées ; et la deuxième , à ceux dont les 
colonnes sont trcs-rapprocliées. Il en est de même des 
niches. 

Telle est la manière simple et naturelle dont se trou- 
vent disposées les colonnes, les murs, etc. dans les plus 
beaux édifices de l'Egypte , de la Grèce et de Rome ; 
dans les plus intéressantes productions des Palladio , des 
Scamozzi, des Serlio , etc.; enfin, dans les édifices ou 
bâtis ou projetés parles ineilleurs Architectes de nos jours. 

Dans la plupart des édifices modernes , on voit des co- 
lonnes adossées, engagées, accouplées ou inéme jume- 
lées ; des pilastres plies , tronqués , ébrasés , etc. et des 
murs qui, à tout moment, quittent leur direction naturelle 
pour se replier de mille manières, en avant-corps, en ar- 
rière-corps : et le tout en l'honneur de la décoration. Mais 
quelle différence entre ces dernières combinaisons et 
celles dont nous avons parlé plus haut ! On peut aisément 
se faire une idée du grand effet que produisent celles-ci , 
et de l'effet pitoyable qui résulte de celles-là. 

D'après ce que nous avons dit de la disposition hori- 
zontale, on voit que rien n'est si simple que cette partie 
de la composition. Après avoir tracé des axes parallèles , 
équidistans ; et coupé perpendiculairement ces axes 
par d'autres axes éloignés , les uns des autres , autant que 



COMBINAISON DES li L. E M E N 3. (j 1 

les premiers : on place, à la clisLaiicc d'aulaiiL cl'cnlr'-axoéi ii. PAirriR. 
qu'on le juge convenable , les murs sur les axes ; eL les ^ •vJicuow. 
colonnes , les pilastres , etc. sur les interseclions de ces 
mêmes axes : ensuite, on divise en deux , les entr'-uxes ; 
et sur les nouveaux axes donnés par celte division, on place 
les portes, les croisées, les arcades , etc. 

Les combinaisons verticales, sont toutes aussi simples Comijinai- 
que les horizontales dojit on vient de parler; vu qu'il i"l]^ '-'-^ ^^- 
n'en est aucune de celles-là qui ne naisse natui'ellemenl , 
de Tune ou Taulre de celles-ci. ^iais comme chaque dis- 
position horizontale peut engendrer plusieurs dispositions , 
verticales , ces dernières sont infiniment plus nombreuses 
que les autres. Il serait trop long de les décrire, même 
d'en faire seulement l'énumération. C'est pourquoi , nous 
renverrons aux planches , qui , tout éloignées qu'elles sont 
de les représenter en totalité, ne laissent pas d'en offrir un 
assez grand nombre ; et qui d'ailleurs en apprennent plus 
là-dessus, que tous les discours que l'on pourrait l'aire à 
ce sujet. 

Au bas de la planche 2 , on a tracé des plans qui repré- Piauciica. 
sentent plusieurs combinaisons horizontales ; et au-dessus 
de ces plans sont des coupes faites pour exprimer des 
combinaisons verticales , qui correspondent aux horizon- 
tales. Enfin , au-dessus de ces verticales, on voit des élé- 
vations destinées à représenter les diverses décorations 
architectoniques qui , par un effet natui'el , résultent de 
ces dispositions horizontales et verticales. 

Dans les planches suivantes et relatives au même objet , 
nous nous sommes dispensés de tracer , parce qu'elles , 

peuvent se concevoir sans figure , les dispositions horizon- 
tales et les verticales , nous bornant à en offrir les résul- 
tats par des élévations, Mais il faut se bien persuader que 

M 2 



92 COMPOSITTON. 

II. PARTIE, les plans et les coupes ont été faits , et" que ces élévations 
■ '^"^°^- ne sont point des compositions arbitraires. Autrement, on 
se laisserait peut-être séduire par l'attrait de quelques- 
unes de ces décorations : et dans la composition, on cour- 
roit le risque d'imiter certaines personnes qui , parce que 
dans Farcliitecture, elles ne voient que décoration, com- 
mencent un projet par la façade et ajustent ensuite comme 
elles peuvent, le plan et la coupe avec l'élévaticm ; manière 
de composer faite pour éloigner non-seulement du but 
de l'architecture , mais même de celui que se propose 
l'architecte lorsqu'il cherche à décorer. En effet, tous les 
édifices ou projets d'édifice conçus dans un tel esprit se 
ressemblent plus ou moins ; et malgré leur grand nombre, 
ils n'offrent que trois ou quatre combinaisons différentes : 
tandis que ceux dans la composition desquels on a suivi 
la marche qu'indique la nature, c'est-à-dire, où l'on s'est 
occupé, d'abord, du plan ; 2:)uis , de la coupe et dont 
l'élévation n'est que le résultat de l'un et l'autre ; offrent 
une si grande variété , qu'une même décoration ne s'j 
reproduit pas deux fois. C'est ce dont on peut se con- 
vaincre, en jetant les yeux sur les élévations représentées 
dans les planches 2 , 3 , 4 , 5 , 6 , 7 et 8. 
PlancLeS. J)ans quelqucp-unes des élévations de la planche 3, 
on a ajouté quelque chose au produit des dispositions ; et 
cette addition, vu que c'est de la sculpture, doit ajouter 
et ajoute effectivement à la beauté de la décoration , qui au 
contraii'e , aurait infailliblement perdu , si , au lieu de re- 
présenter quelque objet de la nature , on avait ajouté quel- 
a qu'un de ces prétendus membres d'architecture , membres 

aussi insignifians qu'inutiles. 

La même planche contient quelques combinaisons ver- 
ticales de colonnes. Les colt/nnes supérieures doivent être 



r o >r n I N A I s o N des i^; i. /: m e n s. c)3 

moins liaulcs que Ks iiilî ricnres ; quelquefois, d'un quarl il. PARTIE, 
tie la liauLcur de eelles-ei ; quelquefois, d'un diamètre I- «ktion. 
seulement. Il en est de même des pilastres. 

Il n'est pas besoin de dire que les ordres ne doivent 
être séparés, l'un de l'autre, que par un appui ou un sty- 
loLate posé sur une architrave. D'après tout ce que nous 
avons dit, on sent assez que dans ce cas-là, une corniche 
devenant iuulilo ne pourrolL que déplaire. 

Dans la planclie !') , laquelle offre ])hisieui's exemples de PianuhcS. 
l'emploi des contre-forts, on voit jusqu'où l'apparence 
d'objets utiles , loin de gâter la décoi\ition, contril)ue à lui 
donner du caractère: et combien, par conséquent, il est 
ridicule de vouloir décorer en masquant ces objets ; sur- 
tout, ce qui arrive souvent, en les masquant à grands 
frais. 

On retrouve le même principe dans les planclies 6, 7 piancbcsG 
et 8. On y remarque à quel point, pour l'intérêt même de '^ '^^ ^' 
la décoi'ation architectonique, il est essentiel de ne s'oc- 
cuper que de disposition : ce que naturellement les divers 
édifices acquièrent de variété et d'effet, tant liorizontale- 
ment que verticalement: enfin, l'on y voit de combien de 
manières différentes mais toujours agréables , les édifices 
peuvent se dessiner sur le ciel ; lorsqu'au lieu de courir 
après les formes de leurs parties , après les niasses de leur 
ensemble, on se borne à suivi'e les principes |_dictés par 
la convenance et par l'économie. 



9* COMPOSITION. 



ÎI. PARTIE. 

II. SECTION. — - 



DEUXIEME SECTION. 

PARTIES DES ÉDIFICES. 



X_/Es principales parties des édifices sont les porches^ les 
vestibules, les escaliers, les salles de toute espèce et les 
cours. 

Les porches et les vestibules sont destinés à servir 
d'entrée aux édifices , et à précéder les autres pièces qui 
composent ces dei^nicrs. 
j^orclics. Les porches sont des espèces de vestibules ouverts, soit 

Planches 9 pa^ (Jes cntre-colonnenicns , soit par des arcades, ou tout 
à la lois, par les uns et les autres. Ils peuvent être appli- 
qués contre les édifices ou pratiqués dans leur épaisseur : 
être ouverts sur la face ainsi que sur les côtés , ou seule- 
lement sur la face , dans le premier cas ; et à jour, dans le 
second. Suivant la manière dont on les couvre , on place 
des colonnes sur toutes les intersections des axes ou l'on 
s'en abstient. 

Quelquefois, les porches embrassent toute l'étendue de 
l'édifice dans sa largeur ; et quelquefois , ils n^en occupent 
qu'une partie : il en est de même quant à la hauteur. 
Vestibules. Lcs vcstibulcs diffèrent des porches en ce qu'ordinai- 
PiancLcii, rement , on les ferme de murs simplement percés par 
des portes ; il est rare qu'on les ouvre par des entre- 
colonnes. 

Les vestibules ainsi que les porches ont presque tou- 
jours plus de largeur que de profondeur. Quelquefois, 
cependant, la convenance exige qja'on les fasse carrés et 



r A. Il T I G s T) E s É D I F I C E «. (j5 

mcnic plus longs que larges. Quelle que soit la forme des ji. l'Amin. 
vrsiiliiilos ; on peut les diviser en trois parties ('•gales ou II. ^Kc^loN. 
illégales, par dos fdes de colonnes , au moyen desquelles 
on (liiniimc considérablement la portée des planchei's , ou 
retendue et j)ar conséquent, la hauteur des voûtes de ces 
vestibules. 

A (in de réduire également le nombre des colonnes ; au 
lieu de faire des voûtes en berceau , on fait des voûtes 
d'are le. 

A la suite des vestibules, on place les escaliers, dont EscaUcrs. 
le but est d'établir une communication entre les divers Planche \'j. 
étages d'un édifice. Quand ils doivent conduire à un grand 
nombre d'étages et que l'espace est peu considérable, on 
les fait tournans ; s'ils ne font que conduire du rez-de- 
chaussée au premier et que la place le permette, on peut 
les faire en droite ligne : mais, dans l'un et l'autre cas et 
pour les rendre moins fatigans , on doit ménager au moins 
un palier d'un étage à l'autre. La hauteur des marches en 
général fait la moitié de leur largeur ou giron. Lorsque 
dans un môme étage , l'escalier communique à un grand 
nombre de pièces; on l'entoure de galeries. Tantôt, il n'a 
qu'une rampe et tantôt, il en présente deux. Chacun de ces 
escaliers .simples peut se combiner avec un escalier sein- 
blable ; et dans l'entre-deux , on place un vestibule. 

De ces dispositions, il en est qui exigent des colonnes, 
soit pour soutenir les paliers, soit pour recevoir la re- 
tombée des voûtes. Au reste, il suffit de jeter les yeux 
sur la planche , pour achever de se faire une idée nette 
des différentes manières dont on peut disposer cette partie 
des édifices. 

On peut faire des salles carrées , rondes ou en demi- Salles. 
cercle, des salles plus larges que longues, ou dont la ,4'e"i5^**^' 



C)6 COMPOSITION. 

II. PARTIE, longueur surpasse la largeur ; ce cas-ci est le plus fré- 
II. si;cTio>'. q^^pi^t et quelquefois , ces dernières salles se terminent 
en demi-cercle par un bout. Les unes et les autres sont 
couvertes, soit par des plafonds soit par diffci-entes espè- 
ces de voûtes. 

Quand les dimensions des salles sont peu considérables; 
les murs , les plafonds ou les voûtes font tous les frais 
de leur composition : mais lorsqu'elles ont beaucoup d'éten- 
due ; on y pratique des divisions, par des colonnes ou 
des files de colonnes, comme dans les vestibules et par 
la même raison. La différence qu'il j a, c'est que dans les 
vestibules, les divisions peuvent être égalés ou inégales; 
au lieu que dans les salles, la partie du milieu doit tou- 
jours être plus large que les ailes ou bas côtés qui l'ac- 
compagnent. 

Afin d'augmenter la superficie ou l'aire d'une salle, et 
quelquefois il faut l'agrandir ; sur deux côtés de cette 
salle, sur trois , ou même tout autour , on place une se- 
conde galerie au-dessus de la première. Si la pièce n'a pas 
trop d'étendue ; on peut supprimer les colonnes de la 
galerie supérieure et par-là , faire de cette galerie , une 
espèce de tribune. Alors, les colonnes inférieures qui res- 
teront ne serviront plus au soutien du plancher ou de la 
voûte, qui, dans ce cas, portera sur les murs; mais elles 
n'en seront pas moins convenablement placées , puisqu'el- 
les soutiendront le plancher de la tribune. 

Lorsque dans une salle , on place deux rangs de colon- 
nes , l'un sur l'autre ; on doit toujours la couvrir d'un 
plancher : une voûte lui donnerait trop d'élévation et de 
plus , surchargerait les colonnes , qui , dans ce cas , ne 
peuvent avoir qu'un diamètre peu considérable. 

Quand une salle de cette espèce n'a pas plus de lon- 
gueur 



V \ n T i V. s n K s i: n r r i r e s. f)-' 

gncar que do largeur: (|iiollc qu'en soil la Corme, ou carrée il. PAirrre. 
ou ronde ; le plafond doit présenter la figure (\\\n eôjic. ^'" **''^''"'^- 
La raison en est que ces pièces dans un même ('dificc, ont 
toujours |)lus de largeur que celles dont le plan est un pa- 
rallélogramme ; et que si le plafond en était plat, sou éten- 
due serait effrayante. 

Les pièces rondes qui sont voûtées, ne peuvent guère 
sY'dairer que par un jour horizontal et ménagé k leur 
sommet. On peut éclairer de cette manière la plupart des 
autres pièces ; cependant, pour celles-ci , il serait bon de 
préférer les jours verticaux. Lorsque ces dernières sont 
plafonnées, on les éclaire par des fenêtres ordinaires et 
pratiquées dans les nuus : quand elles sont voûtées ; ou 
peut les éclairer par de grandes ouvertures , demi-circu- 
laires et placées à la partie supérieure de leurs extrémités, 
ou seulement à Tune de ces extrémités. Si ces ouvertures 
ne suffisent pas , ou qu'on ne puisse en pratiquer en cet 
endroit; on les place latéralement, après avoir transformé 
en voûte d'arête , la voûte en berceau. 

La hauteur des salles voûtées , dont le plan est un pa- 
rallélogramme, fait environ une fois et demie leur largeur; 
et celle-ci se prend entre les colonnes quand il y en a. 
Cette hauteur a environ une fois la largeur dans les salles 
rondes, voûtées; une fois , dans les salles plafonnées , si 
elles sont pins longues que larges; et moins d'une fois, 
dans les salles carrées. Généralement parlant , les pièces 
dont la longueur est égale à la largeur doivent, dans, un 
même édifice, avoir moins de hauteur par rapport à leur 
largeur, que n'en ont les pièces qui sont plus longues que 
larges. Aurcsie, d'après le peu que nous venons de dire 
sur les proportions des salles, on sent bien que celles que 
nous indiquons n'ont pour but que de faciliter fétude. 

N 



98 c o M r o s r T T o î^. 

IT. PARTIE. Ce sont des points que nous offrons, et d'où l'on ponrra 
partir, pour s en éloigner on pour s en rapprocher plus 
ou moins dans la composition, selon que les convenances 
particulières ou que l'ensemble du projet pourra l'exiger. 

Quoique en général, on doive, dans les intérieurs , pré- 
férer les colonnes légères aux colonnes massives ; il est 
certains cas où l'on peut employer celles-ci , comme 
lorsqu'on veut diminuer le nombre des colonnes : car, 
si dans une salle dont la largeur entre les colonnes ne 
serait que de trois entr'-axes , on mettait des colonnes 
corinthiennes ; alors , ou les entre-colonnes seroient trop 
larges , ou la pièce aurait une hauteur excessive.. IMais au 
contraire, dans le cas où la largeur delà nef, c'est-à-dire, 
du milieu d'une salle serait de cinq entr'-axes ; il faudrait 
se bien garder d'employer des colonnes courtes, parce que 
la salle deviendrait beaucoup trop écrasée. 

Lorsque la nef a cinq entr'-axes de large : les colonnes, 
même les plus élevées , avec leur architrave , ne peuvent 
atteindre au centre de la voûte. Mais elles y arnveront au 
mo^^eu d'un stylobate, dont l'objet est de renforcer l'arcbi- 
trave et de la rendre plus propre à soutenir le poids de 
la voûte , lequel , dans ce cas-ci , devient plus considé- 
rable que là où la nef n'a que trois entr'-axes. 

D'après ce que nous venons de dire ; dans les vesti- 
bules , ou dans les salles qui n'auront qu'une médiocre 
largeur comme de trois entr'-axes , le centre de la voûte 
posera sur l'architrave : mais il se relèvera jusqu'au niveau 
de la partie supérieure du stylobate , si la largeur entre 
les colonnes a cinq entr'-axes ou plus. 

Il en est beaucoup qui sur les colonnes des intérieurs , 
ne manquent jamais de placer des entablemens complets j 
et qui croiraient blesser les règles les plus inviolables de 



V A K 'i- 1 £ S o !■: S i: D I I' 1 r e s, ()() 

ce qu'ilk appellciiL archiLiîcLiirc , s'ils ru agissaient aulrc- il. rAiniR 
iiaciit. La vérité est que ricu ne clioquc plus lo bon sens il- seoion. 
clans un intérienr, qu'une corniche, dont la saillie ne 
sert qu'à dérober à l'oeil une partie de la voûte. Il y 
a cependant un cas où l'on peut l'employer , c'est lors- 
qu'un ordre soutient un plafond ; parce qu'alors , la 
corniche , par sa saillie , contribue à diminuer la portée 
de ce plafond. 

La décoration architectonique des salles ainsi que celle 
des parties extérieures des édifices , naît naturellement 
de leur disposition et de leur construction. Si l'on veut 
y ajouter quelque chose ; ce ne peut être que de la pein- 
ture , de la sculpture ou des inscriptions : et c'est ce que 
la convenance exige fréquemment. Tout ce qui est inu- 
tile, tout ce qui est insignifiant; loin d'ajouter à leur 
beauté , ne pourrait que la détruire. 

Les cours peuvent ainsi que les salles , être carrées Couk. 
ou circulaires , oblongues ou barlongues ; elles peuvent piimcLc 16. 
être formées par de simples murs ou par des portiques ; 
souvent , par les deux ensemble. Quelquefois , les por- 
tique» les .environnent entièrement ; ailleurs , ils n'en 
occupent qu'un côté, que deux ou trois ; tantôt , ils ne 
régnent qu'au rez-de-chaussée , soutenant les pièces de 
l'étage supérieur ou une terrasse placée au-devant de ces 
pièces ; et tantôt , ils supportent un second rang de poi*- , 
tiques. Ces portiques peuvent être formés , ou par des 
colonnes ou par différentes espèces d'arcades. 

D'après ce qui vient d'être dit, il est clair que cette par- 
tie des édifices , lorsqu'en composant , on ne s'occupe que 
de la disposition, peut, ainsi que toutes les parties dont 
nous avons précédemment parlé, présenter des tableaux 
infiniment variés. 

N 2 



lOO COMPOSITION. 

IF. PARTIE. Outre les parties des édifices que l'on peut appeler 
IL sEcïIo^. pji^LJes principales , il en est d'antres que l'on pourrait 
nommer parties accessoires , telles que les escaliers exté- 
rieurs , les grottes , les fontaines , les berceaux et les 
treilles. 
Escaliers ex- Lcs escallers extérieurs ont pour fin, de raccorder des sols 
différens. Comme on est rarement eêné par l'espace ; on 

PlaiicLcs 17 _ _ _ , _ . . 

cl 18. les fait d'ordinaire en droite ligne, soit qu'ils se présentent 

de face soit qu'ils rampent le long d'un mur de terrasse. 
Quand on n'a pas la faculté de les disposer de cette manière ; 
on peut les replier sur eux-mêmes ou les disposer sur un 
plan circulaire. Dans ce dernier cas , ils prennent le nom 
de fer à cheval. 
Oroucs. Assez souvent, on profite de la partie inférieure des 

Piaiiclits 17 escaliers dont nous venons de parler, pour y pratiquer des 
grottes afin d'y respirer le frais. Dans la plupart des par- 
ties des édifices dont il a été question , on remarque peu 
de formes circulaires ; dans les grottes , au contraire, on en 
rencontre souvent et cela doit être ainsi. Les grottes sont 
ordinairement adossées contre les terres , qui pèsent sur 
la plus grande partie de leurs murs ; et ceux-ci, bâtis sur 
un plan circulaire , résistent beaucoup mieux à l'effort des 
terres , que lorsqu'ils sont disposés en ligne droite. 

Dans ces murs et par la même raison, on pratique aussi 
des niches plus ou moins grandes , dont le pierres s'op- 
posent encore plus efficacement à la poussée des terres ; 
vu qu'elles tendent vers un centre plus rapproché, que 
celles qui composent le mur principal de la grotte. 
Les grottes ne sont pas toujours placées sous les esca- 
, liers ; mais comme elles sont ordinaireinent adossées contre 
un terrein élevé , il est rare qu'elles ne soient pas accom- 
pagnées d'escaliers. 



P A n T 1 E s D E s K n r F I C E s, loi 

La siluation des grolLcs leur procure nalurellcmcnt des H- PARTin. 
eaux plus ou moins abondantes, doiiL on fait des nappes, ''* *'^"''"^' 
des cascades, des jcLs d'eau, des lonlaines, qui rendent ces 
lieux et plus Irais et plus agréables. 

Ce n'est pas dans les grottes seules que l'en rencontre Foniai.io,, 
des fontaines ; on en met au milieu et dans le fond des Planche 18. 
cours, dans les places publiques, etc. Elles rafraicbissent 
l'air, qu'elles purifient; et sont, par conséquent, très- 
utiles : elles sont même des objets de première nécessité 
pour un grand nombre des usages de la vie. Ainsi , leur 
aspect ne peut que contribuer puissamment à la beauté 
de la décoration. 

D'après cela, il semble qu'à chaque pas, on devrait en 
rencontrer ; cependant , rien de si rare ; sur-tout , en 
France. Du moins, dans le petit nombre d'édifices spé- 
cialement consacrés à rassembler les eaux et à les distri- 
buer , est-il permis de s'attendre à j voir ce fluide en sor- 
tir avec abondance. Eh bien , c'est tout le contraire et dans 
plusieurs fontaines célèbres , au lieu de ces torrens d'eau 
qu'elles devraient faire jaillir, on ne voit que des fleu- 
ves figurés par le marbre : il j a plus , on y rencontre 
amoncelées , des colonnes , des pilastres accompagnés de 
tout ce qu'on appelle communément architecture , sans 
autre goutte d'eau que celle qui sort d'un étroit tuyau 
ou même d'une borne. Tel est l'effet que produit cette 
manie d'une prétendue décoration architectonique, celui 
de nous priver d'une foule d'avantages précieux. 

Du moins, à cet égard, il n'eu est pas de même en Italie. 
Non-seulement , il s'y répand des fleuves entiers dans 
les places pul>liques ; mais il ne s'y trouve pas une maison , 
si petite qu'elle soit, qui n'ait une fontaine au fond de sa 
cour et eu face de son vestibule. Aussi , n'est-ce pas sans 



102 COMPOSITION. 

SI. PARTTB. une vive saLisfacLion , que l'on parcourt les rues de Rome. 
II. SECTION. L'jt^^ijg (.g^ vraiment le pays où il faut aller, si l'on veut 
apprendre à faire des fontaines ; nous ajoutons et de 
rarcliitecture en général. Malheureusement , dans ce beau 
pays ainsi qu'ailleurs, peut-être même plus qu'ailleurs, les 
édifices présentent une foule de détails non moins insi- 
gnifians qu'inutiles. Ce qu'il y a de pis, c'est que parmi 
ceux qui vont en Italie , y étudier l'architecture , il en 
est qui justement épris du charme qui résulte unique- 
ment de la manière dont les édifices sont disposés , en- 
veloppent dans le même sentiment d'admiration, et la 
disposition et les détails. Ils vont plus loin et d'après les 
préjugés qui existent relativement à cet art, ils finissent 
par se persuader que c'est à ces détails seuls que ces édi- 
fices doivent toute leur beauté. Qu'arrive-t-il de cette façon 
de voir ? C'est que lorsqu'ils composent; ils laissent de côté 
les beautés réelles pour n'en adopter que d'imaginaires , 
dont ils remplissent leurs productions. 
Berceaux , Ccs trcilles couvcrtcs de vignes , ces berceaux sous les- 

trciiics. quels on se promène avec tant de volupté ; et qui , à si peu 

de frais , contribuent à la décoration , décorent même de 
la manière la plus complète et la plus agréable , tant 
de maisons en Italie : sont bien propres à fiiire naître 
des réflexions dans le goût de celles que nous avons faites 
sur les fontaines. En effet , lorsque la raison nous met en 
quelque sorte , sous la main , une foule de décorations 
arcliitectoniques toujours variées, toujours nouvelles; lors- 
que les arts s'empressent tous à nous offrir des imita- 
tions de la nature; lorsque enfin, la nature, elle-même, 
nous présente une multitude d'objets propres à nous capti- 
ver sous tous les rapports : n'est-il pas étrange que négli- 
geant tant d'avantages si grands , si faciles à obtenir , on 



r A R T I F. s D K S K D T F I C E S. 1 o3 

s'olislino par dos (-noiis aussi pénibles qu'infructueux, à "• PAUTIE. 

, • r . A 11' 1 • '^ II- SECTIOM. 

courir après un vain lanLome de cleeoraLion. 



T 11 O 1 s I K M E SECTION. 

ENSEINIBLE DES ÉDIFICES. 



xJàsAj toutes les parties qni entrent dans la composition 
des édifices nous sont connues ; et nous avons vu de 
quelle manière devaient se combiner les élémens d'édi- 
fices qui forment ces diverses parties. Maintenant , il 
s'agit de réunir ces mêmes parties pour en former un 
ensemble. 

En nous occupant des combinaisons en général, nous 
avons vu, que d'après les principes généraux de l'archi- Combinai- 
tecture , les murs , les colonnes , les portes et les croisées , ^o"« ''" i""- 

' ' ^ _ _ ties ties fdili- 

dans la longueur ou dans la largeur d'un édifice , devaient ces. 
être placés sur des axes communs. Il s'ensuit naturelle- 
ment que les pièces formées par ces murs et par ces co- 
lonnes , ouvertes par ces portes et par ces croisées , né- 
cessairement sont placées de même sur des axes com- 
muns. Du reste, sur ces mêmes axes, on peut les combi- 
ner de mille manières. Ainsi, renvoyant aux planches 22 
et 20 , nous nous bornerons à dire un mot des différen- 
tes combinaisons dont ces axes sont susceptibles entre 
eux , dans l'ensemble des édifices. 

Quati-e axes peuvent être disposés de manière à former Ensembkdc» 



édifices. 
lui un 

ou deuxj et l'on aura deux dispositions nouvelles. 



un carré. De ces quatre axes, on peut en supprimer un 



lo4 COMPOSITION. 

II. PARTIE. Rien n'empêche de diviser en deux, un carré par un 
in. SECTION. j^Q^yel a>e ; eL cela dans un sens ou dans l'autre et 
quelquefois , dans l'un et l'autre sens. 

De ces divisions du carré naissent de nouveaux plans; 
et si l'on supprime quelques-uns des axes , cette suppres- 
sion donnera de nouveau naissance à des plans dilTcrens. 

Si la seule division du cari-é en deux produit tant de 
dispositions simples : on voit clairement combien il doit 
résulter de nouvelles dispositions par la division du carré 
en trois , en quatre etc.; par les divisious du parallélo- 
gramme et du cercle ; enfin, par les combinaisons de ce 
dernier avec les deux autres. Pour s'en convaincre , il 
suffit de jeter les yeux sur la planche qui représente les 
■ principales de ces divisions ; et de joindre ensuite à cha- 
cune de ces diverses dispositions horizontales , toutes les 
espèces de dispositions verticales que l'on peut imaginer : 
car il n'est pas possible d'exprimer le nombre de com- 
jDOsitions différentes que cette foule de combinaisons est 
capable de produire. 

Nous terminerons cette deuxième Partie, en invitant 
les Elèves à suivre, dans l'étude de l'Architecture, la 
marche que nous leur avons tracée , marche qui est la 
même que celle que l'on suit dans les autres connaissances 
humaines. En effet, dans la littérature par exemple, on 
commence par les élémens du discours et dans la musique, 
avant de chanter un air quelconque , on solfie. N'est-il 
pas extraordinaire , qu'en fait d'Architecture, on compose 
communément sans avoir étudié tous les objets que l'on 
doit assembler ? Si, au contraire, les Elèves s'attachent 
au plan que nous leur proposons ; ils se familiariseront 
avec les formes, avec les proportions des élémens et, ce 
qui importe davantage, avec les diverses combinaisons 

de 



E N s P, M n L E n B S li D r F I C K s. 103 

(le CCS mêmes clcniciis. Alors, quand ils composcronl, ''• fARTUî. 
ils vcrroiil s'offrir d'elles-mêmes, à la place c]iii leur sera li^- ^^^won. 
propre, celles de ces formes, de ces proporlioiis cl de ces 
combinaisons qui conviendront le mieux au sujet ; enfin , 
avec bien moins d'efforts et de travail, ils feront des projets 
plus capables de satisfaire le goût et la raison. 

Quelque confiance que nous inspirent nos principes, 
il peut néanmoins s'en trouver de plus vrais. Dans ce 
cas , nous invitons les Elèves à préférer, mais après mûre 
réflexion, ceux qui leur auront paru les meilleurs. Quoi 
qu'il en soit, nous aurons atteint à notre principal but; 
si nous obtenons que l'on réfléchisse sur un art aussi 
important que l'Architecture. 

Peut-être, trouvera-t-on d'abord que nous avons trop 
ouvertement blâmé quelques opinions répandues dans 
des ouvrages non moins rccommandables par les excel- 
lentes choses qu'ils renferment, que par les connaissances 
et par les talens de leurs auteurs. Si ces opinions ne s'étaient 
rencontrées que dans des écrits médioci'es , nous ne les 
aurions pas relevées. Mais ces idées nous ont paru d'autant 
plus dangereuses , qu'elles se trouvent mêlées avec une 
foule de très-bonnes choses ; et qu'à la faveur de celles-ci, 
on pouvait aisément adopter celles-là. On doit donc nous 
pardonner d'autant mieux la critique que nous nous som- 
mes permise, qu'elle tend moins à porter atteinte à la ré- 
putation de ces auteurs, qu'à leur payer le juste tribut 
d'éloges que nous leur devons. 

Pour ce qui est de la partie du dessin que nous avons 
supprimée, on ne doit point regretter cette suppression, 
quelle que soit l'idée que l'on ait de l'Architecture : et 
quand même on croirait devoir associer celle-ci avec les 
autres arts pour lui assurer une existence j ce ne serait 

O 



io6 COMPOSITION etc. 

II. PARTIE, point par des dessins géométrauK que l'on y réussirait. 

iii.sicTioN. Loin de pouvoir aller de pair avec l'art sublime de la 
peinture; l'Architecture, au moyen de ces faus.ses images, 
ne pourrait tout au plus être associée qu'à certains inétiers 
futiles et qui sont entièrement du ressort du caprice. 
Qu'au lieu de cela, on fasse des dessins en perspective; 
ces images vraies et satisfaisantes pourront, jusqu'à certain 
point, rapprocher des autres arts , l'Architecture. Que 
l'on fasse mieux et que réfléchissant sur l'importance dont 
elle est pour l'espèce humaine , on la traite suivant ses 
vrais principes : alors , bien loin d'avoir besoin de l'égaler 
à quelque autre art; peut-êti'e, nen trouvera-t-on aucun 
qui puisse justement être mis en parallèle avec elle. 



Fin de la II. Partie et du I. Volume. 



NOTICE. 

Recueil et Parallèle des Edifices de tout genre j 
anciens et modernes , remarquables par leur beauté , 
par leur grandeur ou par leur ^singularité , et dessinés 
sur une même échelle. 

Par J.N. L. DURAND, Arcliitccte et Professeur d'Architecture à l'Ecole 
Polytechaique. 



Une chose qui importe extrêmement aux Architectes, aux 
Ingénieurs civils et militaires, aux Elèves de l'Ecole Polytechni- 
que destinés à le devenir, aux Peintres d'histoire et de paysage, 
aux Sculpteurs, aux Dessinateurs , aux Décorateurs de théâtre ; 
en un mot , à tous ceux qui doivent construire ou représenter 
des écUlices et des moniunens : c'est d'étudier et de connaître 
tout ce qu'on a fait de plus intéressant en architecture , dans 
tous les pays et dans tous les siècles. 

JNlais les édifices qui méritent quelque considération se trou- 
vent confondus avec une foule d'autres qui ne sont remarqua- 
bles en rien : outre cela , ils sont dispersés dans près de tiois cents 
volumes, 1 ap lupart in-folio , dont la collection moulerait à un 
prix énorme ; de sorte qu'il serait impossible aux Artistes de s'en 
procurer la connaissance entière , par une autre voie que celle 
des bibJiothèques. 

Ce moyen-là même exige un tems infini , et n'est d'ailleurs 
pratiquable que pour les Artistes qui habitent les grandes villes. 
De plus , quand ils seraient tous à portée d'en faire usage j peut- 

O 2 



loS Notice. 

être que les avantages qu'il leur procurerait , ne les dédomma- 
geraient que faiblement de leurs peines. Eu voici la raison : sou- 
vent , un volume n'est composé que d'objets de difïerens genres ; 
tandis que ceux qui sont du môme geiu-e se trouvent dissémines 
dans un grand nombre de volumes. Or on sent combien dans 
ce cas-là. les comparaisons , qui seules peuvent amener à juger 
et à raisonner , doivent être longues , pénibles , impaifaites et 
peu fructueuses ; la différence des échelles ajoute encore à ces 
inconvéniens. 

Dans cet état de choses, nous avons pensé que si, détachant 
des trois cents A^olumes dont nous venons de parler , les seuls 
objets qui sont essentiels à connaître , nous les rassemblions dans 
un seul volume d'un prix tout au plus égal à celui d'un ou- 
vrage ordinaii'e d'Architecture : ce serait offrir aux Artistes en 
général , et aux Elèves de l'Ecole Polj'lechniquc en particulier , 
un tableau complet et peu coûteux de l'Arcliitectui'e : un tableau 
qu'ils poiuTaient parcourir en peu de tems , examiner sans peine , 
étudier avec frait ; sur-tout , si l'on classait les édifices et les 
monumens par genres ; si on les rapprochait selon leur degré 
d'analogie ; si on les assujettisait de plus à une même échelle : 
et c'est ce que nous avons entrepris de faire. Pour ai'river plus 
sûrement à ce but , nous avons rejeté de ce Recueil , non-seu- 
lement tous les objets qui n'offraient aucun intérêt en eux-mêmes, 
mais encore ceux qui , ressemblant plus ou moins à d'autres 
niorceaux d'un intérêt majeur , n'auraient fait que grossir le vo- 
lume sans augmenter la masse des idées. 

Peut-être, trouvera-t-on dans ce Recueil , quelques édifices 
qui paraîtront peu intéressans : mais comme ce sont presque les 
seuls de ce genre qui existent ; nous avons cru devoir les y 
placer , afin d'appeler l'attention sur ce genre d' Ai-chitecture. 

On y trouvera aussi des restaurations peu authentiques , telles 
que celles des thermes par Palladio, et de plusieurs édifices de 
l'ancienne Rome , par Piranesi , Pirro-Ligorio , etc. Nous n'avons 
pas voulu priver les Elèves ni les Architectes, des beaux parti* 



Notice. 109 

qne ces restaurations présentent, et dont ils peuvent fuirede fré- 
quentes et d'heureuses applications. 

Mais nous nous sommes permis de les simplifier , nous y en 
avons même ajouté qui sont presque entièrement de nous : et 
pour peu que l'on fasse attention que loin d'avoir voulu eorri- 
gor CCS grands maîtres, nous ne nous sommes attachés quà 
manifester d'une manière plus évidente, l'esprit qui règne dans 
ces magnifiques productions ; on nous pardonnera sans peine 
d'avoir osé nous ranger à côté d'eux. 

Cet ouvrage est composé de quinze cahiers de six planches, 
chaque. 

Le premier contient les temples égyptiens, grecs, romains et 
les temples de Salomon , de Bali)ek et de Palmyre. 

Le deuxième , les mosquées , les pagodes , les églises gothiques 
et les dômes les plus célèbres. 

Le troisième , les places publiques , les forum , les marchés , 
les halles , les bazars , les maisons de ville , les basiliques , les 
palestres , les écoles, les portiques et les bourses. 

Le quatrième, les tombeaux égyptiens, grecs, indiens, turcs, 
persans et romains ; les arcs de triomphe , les ponts , les aque- 
ducs , etc. 

Le cinquième, les ports , les phares, les toui-s, les citernes, 
les puits , les châteaux d'eau , les casernes , les arcenaux , les 
prisons , les hôpitaux , les lazarets , les cai-avanserais et les 
cimetières. 

Le sixième, les thermes, les nymphées et les bains. 

Le septième , les théâtres antiques et modernes , les ampjii- 
théâtres , les naumachies et les cirques. 

Les huitième , neuvième et dixième , les maisons , les châ- 
teaux et les palais tant anciens que modernes. 

Enfin , les onzième , douzième , treizième , quatorzième et 



/ - 



IIO N O T I Ç C. 

quinzième caliiers olTrent, développés en grand et sur une même 
échelle de module , tous les détails qui concernent les édifices et 
qui méritent d'être connus. 

L'ouvrage se trouve à Paris , chez l'Anleur , à l'Ecole Poly- 
technique. 

Le prix de chaque cahier est de douze francs. Celui de l'ou- 
vrage entier est de cent quatre-vingts francs. 



DIVISIONS DE L'OUVRAGE. 



INTRODUCTION. 

But de l'Arcliitcctui-e. Moyens qu'elle emploie. Principes 
généraux qui en découlent. pag. i etc. 



PRE ]M 1ERE PARTIE. 

ÉliÉMENS DES liDIFICES. 

Première Section. Qualités des matériaux. 25 etc. 

II. Section. Emploi des matériaux. 4i etc. 

III. Section. Formes et proportions. 65 etc. 



DEUXIEME PARTIE. 

composition en GÉNÉRAI/. 

Première Section. Combinaison des élémens. 87 etc, 

IL Section. Parties des édifices. g4 etc. 

III. Section. Ensemble des édifices. lo3 etc. 

Fin ras Divisions. 



ERRATA. 



Page 25, ligne 28 l'économie : lisez l'économie; 

— id. • — 2g autres et que, lisez autres: et 

— id. — 5o conséquent Usez conséquent , 

, 4i , 2^™= Section , ligne 2 qu'ils lisez que les uialériaux 



De rimprim. de J. M. EBERHART , rue et maison des Mathurins. 



Combinaisons . hori 

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