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PRECIS ANALYTIQUE
DES TUAVAUX
D E
LACADEMIE ROYALE
DES SCIENCES, BELLES-LETTRES ET ARTS
DE ROUEN,
Depuis sa fondaiion en 1774 ftitqu'i Pc'poque de sa
rest aural ion , le 29 yum i8o5j
PRECEDE
DE L'HISTOIRE DE I/ACADEMIE.
p. ft.
PRECIS ANALYTIQUE
DES TRAVAUX
DE
L'ACADEMIE ROYALE
»ES SCIEiNGES, BELLES-LETTRES ET ARTS
DE ROUEN,
Bet vis $a fondafion en 1744 fnst/u'a Vepoque de so
resCauration, le 29 yum ibo3;
PRECEDE
DE L'HISTOIRE D£ L'AGADliMIE ;
Par M. GOSSEAUUE, D.-M. ,
Memdrk ei Arcuiviste d£ l'Acad£iiib«
TOME QUATRIEME.
1771 a 1700.
A ROUEN,
DE L'IMPRIMERIE DE P. PETUAUX,
LmPRIMEUR DU Roi ET D£ VACAD&XllB,
i 8 1 <>
■
\ -■ .-
si
=5 -i
SUITE
DE L'HISTOIRE
D E
L'ACADEMIE ROYALE
DES SCIENCES , DES BELLES-LETTRES ET DES ARTS
D E R O C E X»
, =*»«$.«=
DISCOURS
Pnovowrr: a 'a Seance de I' Academic du 12 dtcembre.
1817, par VI. Gosseaume , en present ant a cette
Compagnie le qttatrieme f^olume mannscrit du Precis
analytique de ses Travaux , depuis Janvier 1771 j tuques
et cumpris decembre 1 780.
M
ESS I EURS
J'ai 1'lionncur do presenter a 1'Acade'mie le qua-
tric:me volume manuscrit du Precis analytique de
ses anciens Memoires , coinprenant , ainsi qtie les
precedents 1 une serie de dix anriees, a dater de
1771 jusqu'en 1780 in< luMvenient. Voos ayiez daigno*
TomeIf r t 1771 a 1780. A
( 2 )
approuver, Messieurs, I'ordre que j'avais suiyi dans
la redaction des premiers volumes , la raisoa ei les
rimtifs d'une jnsie deference a yos intentions m'im-
posaient la loi de ne pas m'en e'earter dans la dis-
position des articles qui coniposem re!ni-ri.
En continuant l'espece de revue des objets priti-
cipaux dont I'Academie sVsi occupe'e pendant cc
decennium , nous la voyons diriger spe'cialement ses
travaux vers les arts commerciaux : nous voyons
3NI. d'Ambournay, soumettant a I'analyse tinctoriale
une immense quantite' de vege'taux indigenes, im-
primer a la laine des couleurs e'galement solides et
})rillautes , nous reveler le secret de nos propres
ricliesses , et nous montrer que dans one infinite
de circonstances nous pourrions nous afl'ranchir du
tril)ut que nous payons a I'o'iranger. Avant les tra-
vaux. de cet infatigable Collegue, la teinture sur le
ill de lin c'tait gene'ralement re'pnte'e petit teint. Le
premier , il (it voir a l'Acade'mie ( se'ance du 18
aout 1 775 ) des mouclioirs de ul de lin teints ea
rouge. Les registres portent « que ces mouclioirs,
»» conforme'ment au voeu des re'glements sur cette
ft matiere , avaient supporte le de'bouilli, et n'en
»> avaient pas moins conserve' leur eclat ; nous avons
» e'te' nous-memes dans le cas de reconnoitre , d'apres
»> difTerentes comparaisons , que , du nombre de
j> ceux-ci qui ont e'te de'ja travailles et ases , tous
i> ont conserve une intensite de couleur et de tein-
i) ture bicn autrement forte que ceux des Indes
» qui ont subi les monies epreuves et le uiume
» u«e. »
Etaient presents a ccttc seance MM. David , de
Conronne , d'Ambournay, He'bert , Lechandelier,
Scanegaiti , l'abbe Bacheley , de la Folic. C'est
oinsi que se preparaient les succiis de uos cliimistes
(3 )
modernes ; et deux ans apres , le* registres de
l'Acade'mie sont depositaires de succes obfenus
dans le meme ^ikc de iravanx pi dans tou-es les
contours par I'un de n.'« Gollpgues auqnel I arl <le
la teinture a dans cette ville des obligations que je
me plais a puhlier.
M. de la Folie , insCrit an nnnibre de ros '"o'lAgues
en 1772 , vim ad joindre i es talents a oeu v de M. d'Am-
bournay, son ami. On Ini doit-,
r° Dos procedes insjenieux pour pe-fectionner ia
fabrication du papier blaac.
a" Des vnes econom qnes snr l*ar| de colorer la
pate des papiers teints , et de rendre la coo leaf
solide.
5° Des ameliorations a la me'tlio le de I » r "dc* le
soufre dans la fabrication de I'aoide sulfuriqne, en
faisani connaitre I'utiliie d'y ajouier tine quantiie*
de'terminee de sel de nitre*
4" Un procede noiiveau pour bjanehir le basin*
LVchantillon qu'ii lit \oir a la seance du 5i juiilet
eflarait, disent nos registres, les plus beaux b lanes
d'Hullande. Quel eiaii ce proce'de ? Je ne vois >ien
qui 1'annonre ; mais il e'tait fort expedi it , el il
serait bien singulier q^e noire Collogue eat devine
la meibode berlboliei.ne long-temps avant son in-
vention.
5° I.e vernis qu'ii proposa en 1.779 pour conservet
le cuivre servant de doublage aux vaisseaux m riia
l'attention du Gouvemement , <|u: ordonna qu'on
en ferait I'essai poi.r le doublage d'uue fregate ueuve
dest nee a un voyage de long cours.
llelas ! une mort inopinee nous a ravi ce Confrere
egalement aimable et estimable , qui ne se montra
parmi nous avec le germe de tous les talents quo
pour nous faire scuiir plus vivemeut sa perte.
A a
(4)
'La chimie, a cette epoque, semBlait s'agiter clans
les limites qui la resserraient , et cherchr-r a agrandir
son domaine. Rouelle , Macquer , Bucquet , ilc
Morvcan preparaient Ja revolution que Lavoisier
a ope're'e. L'eau de la mer et piusietirs sources mine-
rales furent analyse'es avec soin ; mais on ne s'eu
tint pas a des ohjets de pure curiosite' : on chcrclia
a se procurer de l'eau douce aux drnens de
l'Ocean ; on crut me me un instant avoir re'solu
ce proBleme sans le secours de la distillation , et
par une simple filtration ; on comBattit avec rha-
leur pour la defense d'une illusion aussi douce,
et l'evidence eut Bieu de la peine a de'ssiller des
yeux trop agre'ahlement fascine's (i).
En tournant nos regards du cote des me'caniqnes,
nous voyons ceue Belle pariie de la physique cul-
tivee spe'cialement par MM. Scanegatii , David , de
Cessart , etc. , etc. Ce dernier a communique' a.
1'Acade'mie plusieurs modeles de machines inge'-
nieuses , parmi lesquelles la scie horizonla'e des-
tince a reccper les pieux dans les constructions
hydrauliques ne tient pas la moindre place. M. David
en simplifia l'appareil , en y suBstituant la scie cir-
culate ; mais la machine de M. de Cessart e'tait
en possession du sncoes le plus constant, et ne
me'ritait pas de de'cheoir de la place que sa per-
fection lui assure ; et la meiiie qui a seryi a receper
les pilotis du pout de Saumur et du pout de Tours,
qui a ete employee aux travaux importants du port
et des Bassir.s du Havre , est encore celle que Ton
emploie sous nos yeux pour receper les pieux qui
servent de Base aux culees et aux piles du nouveau
pom de pierre que l'on construit a Ilouen.
(0 Voir le 3 e vol. , p. i5a el suiy.
(5)
Cef article nous conduit naturellement , Messieurs v
au reda< tenr estimable auquel nous devons le Precis
des M< : moires inre'ressants consa ore's a la physique
€11 general et au\ me'raniques en particular. M.
Meauine a bien voulu me seconder dans cette
partfe ; e'est a sa bienveillanre et a son zele que
je dois l'avantage de vons en oflrir line redaction
aussi correcte que luniineuse. N n'esl personne parmi
nous, Messieurs, qui ne sente combien il est diffi-
cile de decrire une machine, et de la ("aire enm-
prendre sans le secours des figures. Mais le talent
triomphe de tous les obstacles , el je previens
YOtre jugement , Messieurs , en observant (\ue
cette partie du recueil que j'ai l'honneur de vous
presenter, et qui comprend un bon nombre de
pages , est celle qui en forme le principal orne-
nieut. I 'Academie appreciera sans dome l'obli-
geance de notre amiable Confrere ; je le prie , de
mon cote , d'agreer 1 hommage solenuel de ma re-
connaissance.
Les belles-lettres ne nous offrent pas un aspect moins
inleressant. lude'pendamment d'un grand nombre de
nos Collegues , dont qnelques-uns existent encore,
mais dont je ne pourrais louer les travanx sans craindre
de blesser leur modestie , je citerai des homines
connus par des ouvrages imposants, qui se sont dis-
tingne's dans la classe qui nous occupe, et qui, apres
avoir merfte noire admiration lorsqu'ils existaienl ,
peuveBt encore aprevs lenr mort nous servir de
modeles. Non , les notns des Terrisse, des Balliere,
des David ne scront jamais prononces dans cette
enceinte sans exciter d'honorabies souvenirs. A cette
classe appartienuent encore M. l'abbe Auger, qui
taut de fois etnbellit nos seances par la lecture do
faorceaux choisis dc scs sayautes traductions dc
A 5
(6)
CireVbTi , TVmostlicrps , Isorrate , err. M. Cbarfes.
qui sonvem voos intrressa, Messieurs, pnr des dis-
c.nirs et pnremeni e'eriis ei respirant la plus donee
morale. I pt liomme dp hieu . egalement savant et
modeste , I'm , par son esprit concilia teur, on arge
de pa;x a la campagne, qu'il se plaisatl a hsbirer;
magistral int«'«re , il f'ot a la ville line des luniiercs
ei mi <les ornements dn barreau*
La poe'sie , <!e «on cote* , se pre*ente 101 avec
de- litres bien imposants. Le P. Ciratilt rompo<-ait
prc-qne- sous voa yeux sa version tatine des fables
de I a Fontaine ; il vons en communique un grand
n m bre avani que den faire jnuir le public, et
vous fire sou vein , Messieurs, l'occasion d' admirer
la feeondite du fabuliate latin , la dociiite avec
laqneHe il eroutait les observations que l'on pou-
va't Ini faire, et <a promptitude a re forger , pour
e 4rie parler ' p langage d 'Horace, des vers qui semblaitnt
>,44 Ia moins re'gulierement totirne's. Mais aussi vous avez
remarque (|ue la romparaison de ses variantes rame-
na;t presque toujoors aux premieres ide'es de I'an-
teur, e: ajoutait a ses autres qualities le merise tres-
rare d'une deference sans bornes. Une me'moire
fi !ele, qui tenait en depot ions les poeies famcux
du siee'le d'Anguste, lui donnait dans ees eircons-
tanres uu a vantage procieux, el secondait sa f'e'eon-
diie naturelle.
I.'J loge du P. Girault, compose par M. de Cou-
ronne , pt dont I'extrait fait panic de ce volume,
ne lai>se r en a desirer sur I'origindite et Ip me'rite
deretan'pur, bien digue par >a bonhommie d'etre
Je tradurteur de La Fontaine. Me permettra-t-on
d'v ajouter I'aneedote suivante ? it Javais toujoors
>» a'tiH ; , me dU;.it il un jour, les Muses lathes , et
»> je ue sais pourquoi les superieurs de la maison
( 7)
» de l'Oratoire , oii je demeurais alors , me nom-
» merenl professeur de pb'losnpbie. Par suite de
» la meme bizarrerie , lis avaient nomme' professeur
»» de rhetorique dans le meme college uu de mcs
»» confreres , anquel la pbilosopbie edt beancoup
» mienx ronvpnu. Prie' par lui de lui faire quelques-
» vers qui pn -ei:t lui servir de ma'e'rianx pour les
» compositions de ses eleves , j'e«sayai de mettre
» en vers quelques fables de La Fontaine ; elles
» Iimpiii goutees, et je me suis inseusiblement engage
" dans ime version generate. ... »> A quoi tient le
developpemebt des talents !
RL Lcme.sle, aticien negocatit, melait aux finesses
de I'apologue les doux accents de sa Muse facie,
et 1'employait a eele'brer one profession qu'il avait
bonoree par sa probite , les douceurs de la \ ie cbam-
petre et les cliarmes de I'aniitic- Trop pen de sea
productions agre'ables sont demeure'es au secretariat
des belles-lettres. J'ai eu I'honneur d'ecrire a MM. les
heritiers de M. Lemesle pour en re'clamer au moms
uue copie , en leur indiquant et le titre et l'annee
dans laquelle ces divers morceaux furent lus a 1' Aca-
demic , et j'espere obtenir une rc'ponse favorable,
dans I'll vpotlie.se que ces poe'sies se soieut trouve'es
dans les papiers de sa succession.
La negligence avec laquelle on remettait aux secre-
tariats de l'Acade'mie la minute des RIe'moires qui
avaient c'te' entendus a ses seances, negligence donl
je me suis plaint bien des fois , est une des causes
qui rendent si peu c'tendu le cbapitre des poesies
conteuues dans ce volume. Ajouions a ces motifs
une consideration generate qui n'ecliappe a pcr-
sonne , e'est que, lorsquc les liommes dirigent lenrs
travaux, vers les scicuces exactcs , il leur restc bieu
A 4
en
pen de loisirs a consacrer aux productions brillantes
tie 1'unagiuatiou.
Apres ret expose', qui vnus donne un bible apercu.
des I r;i \ n n x de I'Acadc'mie pendant les di\ ounces
que re quatri^uie volume cmnra^e eu m^me temps
qu'il sert a completer son h'stoire, il ne me re-te
plus, Messieurs, qu'a dc'poser entre vos mains \ os
tiires de gloire. lis eussent gagne sans dmue beauroup
aetre rediges par une main pins habile , n ais j ai ose
di-t'rii her un champ qui m'etailei bn par deshorenre,
et je ne vois pas sans plaisir arrivcr lc ternie de mes
trav aux.
Puissent les product'ons de nos illustres devanriers
exciter en nous, Messieurs, une noble emulation!
Puisse re nonv eau lemoigna: e de mou zeie rue donaer
quelques droits a voire estirue I
(9)
TABLEAU des Memhres composant I'Academie
en 1780.
M. le marietta] due d'JIarcourt, protecteur.
OJficiers en exercice , MM.
Dp Ossart, ingenieur en chef des ponts et cnaussees, directeur.
Gosseaume, docteur en medecine, etc., vice-directeur.
D'Amboumay , des Socu'tt's academiques de Lyon , Berne ,
I oiulres , secretaire de la Socicte d' Agriculture , secretaire
perp lie! pour ies sciences.
HaiUet de Couronne, de I'Academie de Caen, lieutenant general
crimiuel du liailliage de Rouen, secretaire pcrpetuel pour
les Lflies-lcl tres .
Rondeau* de Setry , de la Societd d' Agriculture , maitre des
coinptes, intendaal du Jar din royal des Plaiilcs.
JL'abbt \ regeon , ex-curd de Saliuonville-la-Sauvagc, de I' Aca-
demic de Clermont, tresorier.
Academiciens titulaires , MM.
DeTaroche, D.-M. et doyen de MM. Ies medecins de Rouen.
Ledanois , chimiste.
Pin. 11. 1 , D.-M., professeur royal en botanique, de I'Academie de
Diji 11 , de la SociOtd d' Agriculture,
Descamps, pcintrc <lu Roi, professeur de I'ecole gratuite de
dessin, <le la s . 1 d' Agriculture , de I'Academie impcriale
franciscaine, de I'Academie royale de Peinture , Sculpture ct
Archifei lure <le Paris.
L'abbe Tcrrisse, doyen du chapitre, de la Socicte d'AgricuIture.
( io )
J.'Ange de la Malrierc , enevalier de Saint-Louis.
L'ahhe Yart, censeur royal , des Academies de Caen, Lyon, etc
Lecanu , opticien.
Hoden , directeur des pompes de la ville.
Balliere , chimiste.
De Brienne, archeveque de Toulouse.
Ligot , professeur de malhi'matiqiics..
Dnlaguc, professeur d'hvdrogrnphic.
Poullain, trcsorier de France.
De Miromrnil , de l'Academie de Caen , de la Soeiete d'Agri-
rulture , ancicn premier president, garde des sccaux.
Gilbert, architecre, de la Soeiete d' Agriculture.
De Cuce, arcbeveque d'Aix, veteran.
De Nonnanville, de la Soeiete d'Agriculture.
Xe cardinal de la Rochefoucauld , de 1'ordre du Saint-Esprit y
arcbeveque de Rouen, de la Soeiete d'Agriculture.
D'Ornay, procureur du I\oi au bureau des finances, de 1' Aca-
demic de Caen.
L'abbd Neveu , clianoine de la Ronde.
Bachelcy , graveur.
Charles, substitat de M. le procureur general et avocat du Roi
aux rcquetes.
L'ahhe Deshoussaycs , channine de la cathedrale , pricur de
LettOH , des Academies de Caen et I. von.
Lechevin, chirurgien principal de I'hopital general.
De Saint-Victor, eonsciller honoraire au parlement , president
en la cour des comptes.
Jadouillc , sculpteur.
Da\id, D.-M. , cliirurgien en chef de HIotel-Dieu , de l'Acade-
mie de Cbirurgie, de J'lnstitut de Boulogne.
Thiroux de Crosne , intendant de la generalite de Rouen.
Chcf-d'Hotel.
Scanegatti, phvsicicn.
Gudde, conimissairc des guerrcs.
< II )
L'.iMir BacTieTcy, cnanoine du Sainr-Se'puTere , corrcspondant de
I'Aeademie rovale des .Sciences de Paris.
Lejvcrr de la Cloture, D.-M. , docteur regent de la Faculty de
Medecine de Caen.
Jssocies titulaires , MM.
De Brequigny, de I'Academie des Inscriptions, a Paris.
Descroizilles, apothicaire a Dieppe.
Budnor, professcur d'' mathematiques a Strasbourg.
Le cardinal de Invites, des Academies de Paris.
J'!.;is, graveur, des Academies de Peinture , etc., A Paris.
Eizen, professeur de I'Academie de Saint-Luc, i Paris.
Dnmolard, a Paris.
Pingrc, chanoine regulier de la congregation de France, de I'Aca-
demie royale des Sciences, a Paris.
Trocliereau, a Paris.
Delafaye, chirurgien, de {'Academic de Cnirurgie , a Paris.
Bouin, chain. ine rdgalier de la congregation de France , corres-
pondant de I'Academie des Sciences de Paris, ;'i Saint-Lo.
A\ ille, graveur, de I'Academie <le Peintnre, <ic. , a Paris.
L'abbe F foment j chanoine et ancicn princijial du college de
Vernon.
Lc comte de Tressau , lieutenant general des armces du Roi,
de I'Aeademie des Sciences de P-.iris.
L'ahl r de la Chapelle, de la Socicte royale dcLondrcs, censcur
royal A Paris.
Moraud, chirurgien, de I'Academie royale des Sciences, a Paris.
Raullin , D -M. , dc I'Academie de Bordeaux , a Paris.
Louis, secretaire perp^tuel de I'Aeademie 103 ale de Chirurgie,
a Paris.
T.em. I ■ , u fgociant au Havre.
Couture, dc I'Academie royale d'Arcnitecture , a Paris*
Dc \'gnyj architectc du Hui, a Paris.
f 12 )
Fi^al , de 1' Academic royale do Pcinture , etc., a Paris.
L'abbe Delacroix, de 1'Academie de Lyon.
Le P. Dairc, cclestin, a Paris.
Pouteau, chirurgieio a Paris.
D' Andre Bardou , professeur do l'F.cole royalo de Peinture N
dirccteur perpitueJ do collo do Marseille , etc. , a Paris.
ISomare , demonstrateur d'nistoire naturclle ;i Paris.
De la I.ande, astronome, do 1' Academic des Sciences do Paris.
J.e duo d'Harcourt , gouvcrncur de la province dc Normandie, A
Paris.
L'abbe Bouille, secretaire des commandem-ents de M. le marcchfll
d'Harcourt.
Perronnet , premier ingenieur des ponts.et chaussces , a Paris.
Tousiain de Richebourg, lieutenant de MM. les marcchaux de
France.
L'abbe Auger, grand-vicaire du diocese de l'Escar,. a Paris*
Voiriot, peintrc du Roi , a Paris.
Forfait , ingenieur de la marine, a Brest.
Associes libres , MM.
Jff me Duhocage, des Acaden>ios-de Padoue, etc.
Marmontel , de 1' Academic franeaisc, historiographc de France^,
a Paris.
Thomas, dc I'Acadcmie franeaisc, a Paris.
Macqucr, des Academics des Sciences de Paris, Stockholm , clc,
a Paris.
Gaillard , de I' Academic des Inscriptions, a Paris.
Cochin, ccuyer , chevalier de 1'ordre du Roi, garde des des-.
sins du cabinet du Roi , secretaire perpctucl de i* Academic do
Pcinture , etc. , a Paris.
Houard , avocat , correspondant de l'Accademie des Inscrip-
tions., etc. , a Dieppe.
Keeker , directcur general des finances , en Cour..
( i3 )
Jdjotnts, MM.
fabbe Levassenr , cure clc Fontaine.
Pillorc , chirurgien.
L'al.br I'Allemand. vicatre general du diocese d'AvrancneS.
Mar^cdl 3e Lisors, conselllet uu parlement, avocat general A
la r r i u r dcs coniptes.
Rondcaux de Monbray, maitro dcs comptes.
Mustel, chevalier de Saint-Louis, dcs Socictcs d' Agriculture de
Paris, Rouon , etc.
Duval, borloger.
Descamps ills, pcintre.
Dc jVIontboIon , premier president du parlement.
De Font an 'S.
Lc marquis de "Beuvron , lieutenant general de la province dc
Normandie.
Ijebrument , architecte.
Mea.iize , apothicaire.
Jssocies a Jdjoints , MM.
Berrvor, maitre des eaux ct forets a Paris.
Sffichauft, avodat<
L'able Jacquin, a Paris.
Jamard, cure, ppicur de Rocquoforf.
Pj do, de ia Societe royalc d' Agriculture de Paris.
Dainauld, a Paris.
Founav, hvdrographe du Roi ;\ Dieppe.
I/abbe Guibert, a Dieppe.
Ferrand, professeur a l'ecole de chirurgic de Paris, censeur ro) >l
de I'Academie de Florence, a Paris.
Groull , procufeur du Roi de l'amiraute' a Cherbourg.
I/abbe" Clouct, a Madrid.
( '4 )
Elie dp 1103111110111, de I'Academie de Bordeaux, intendant Je»
finances de M. le cointe d'Artois.
De Marcenay, peintre A Paris*
Dcmoine, avocat, archiviste du comtat de T.yon , de l'Acadunie
de Metz.
Buenos, medecin du feu roi de Pologne , m<?decin de Moksieuh*
De Bordenave, professeur royal dc chirurgie, de rAcademie dot
Sciences de Paris.
Dreux Duradier, avocat.
Kouxelin, secretaire perpetuel de I'Academie de Caen.
Monet, inspecleur general des mines, de la Socictc royale dc
Turin , a Paris.
D'aLbe Godescar , chanoine de Saint-IIoncre.
De ]\Ientelle , inspecteur de l'ecolc royale militaire , a Paris.
De Sauvigny, officicr de cavalerie , a Paris.
De la Harpe, de I'Academie franchise, A Paris,
leclerc, D.-M. a Paris.
23eau7.ee, professeur de grammaire al'ecole royale militaire, a Paris.
Bestout, de I'Academie royale de Pcinture, etc., a Paris.
Oursel , procuieur du Tioi de la niaitrise, A Dieppe.
T.emirc, graveur a Paris.
Bonte,D.-M. a Coutanccs.
Lcvallois , a Brest.
Deniacliy, chimiste, de l'Acadunie dc Berlin, censeur royal a
Paris.
L\'abL>e Dicquemare , de I'Academie royale dc marine, professcur
de physique experimentale au Havre.
De Cbampeaux, chirurgien a Lyon.
Le chevalier d'Angos, ol'fici r au regiment dc Navarre , corrcs-
| pondanl de I'Academie des Sciences de Paris.
Philippe, de I'Academie d'Angers , censeur royal, professcur
d'bistoire A Paris.
N"iioite, de I'Academie royale de Peinturo, A Paris.
Maclot, professcur de mathimatiqneG a Pari*.
( '5 )
Duchemin de la Clu'naye, lieuienant general civil et crimincl, 4
Mortagne,
D. Gpurdin, benedictin , ancien professeur d' eloquence.
Marigues, associe a l'Academie royale de Cliirurgie, major de
I'infinnerie royale, professeur a Versailles.
D. l'Abbe, benedictin, a l*aris.
L'abbe Bessin , cure de Plainville.
L'abbe Delisle, de l'Academie franraise, a Paris.
Bellcnge , de l'Academie royale de Peinture, etc., a Paris.
Le conite de Laurcncin , des Academies de Lyon , Ville-
franche , etc.
FaniKiiii r, apotliicaire, major des Invalides, a Paris.
Pamard, chirurgien a Avignon.
Leveau, graveur a Paris.
Sue Ie jeune, preyot du college de cliirurgie, a Paris.
Oberlin , correspondant de l'Academie des Inscriptions , dei
Antiques de Londres , bibliotliccaire de l'Universite , i Stras-
bourg.
De Bernieres, ccuyer, l'un des quatre controleurs giWraux des
ponts et ehaussees, des Academies de Metz, etc., a Paris.
De Lassus, premier chirurgien de Mesdames , a \ ersailles.
De Gaule , ingenieur hydrographe de la marine au Havre.
De Querlon , de l'Acadeniie de Marseille, a Paris.
Romans de Coppier, de l'Oratoire, a Rouen.
Court de Gebelin , des Academies de Berne, de la Rorbelle,
Dijon, a Paris.
De Vezou, ecuyer, ingenieur geographe , historiographe et genea-
logiste de S. M., a Paris.
De Mongez, cbanoiae regulier, de 1'Acad emie deDijon, a Paris.
Cousin Despreaux, a Dieppe.
Le vicomte de Toustain de RicHebourg , major de cavalerie,
de l'Acadeniie de Cain.
Des Essarta , avocat a Paris.
Moiitonnet de Clairfons, des Academies de Lyon , des Arcades, etc.,
4 Paris.
( i6>
Rotland de la Platiore, inspector des manufactures, des Acade*
niics de Paris, etc., a Amiens.
Dunnes de Clairfontaines , des Academies d'Angers, etc., ^
Paris.
Gueroult , professeur aux Grassins, a Paris.
Aufray, des Academies de Metz , Marseille, a Paris.
Beriholon de Saint-Lazare, des Academics de Dijon, Marseille,
Bordeaux.
Associes Strangers f MM.
Durocher, a Madrid.
Dt-lius, de 1' Academic des Curieux de la Nature, a Erlang.
Lyonnct , de l'Acadeniie de Harlem , a la Haye.
Mustel, a Amsterdam.
Gentil, professeur d'anatomie ct chirurgie a Londres.
Duperron , ingenieur des mines.
De Maighen , chevalier de Pordre du Clirist , a Dieppe.
Hill, intendant du Jardin des Plantcs, a Londres.
Ncker, botaniste , de l'Acadeniie de Manheim.
L'abbe Grandidier , secretaire et arehiviste de l'eglise de Stra«»
bourg, des Academics de Bade, etc., etc., a Strasbourg.
Lists
( i7)
Liste des Memo! res presents a VAcademie?
el his dans ses Seances particulieres et
publiques , depuis 1770 jusqu'en 1780
iriclusucinent.
Nota. Les * incliqiipnt les Me'moires que l'Aca-
de'mie possede dans ses archives.
DePARTEMENT DES SCIENCES.
A u tears , MMi
Problctne de Me'canique * Chef d'HuteK
Essai sur la quadrature du Cercle * . . . . Oursel.
tSar le Hameau o/dila/miiiue nasal , et sur
VOdoral Aurau.
Sur les (iaines musculaires * Aurau,
Capites synovialcs Aurau.
Pendulc nouveau * Guesnon*
Muscades envnye'es a I Acadimie Dicquetriardt
Compos a sjtirale * Dicquemare*
JSalure el proprie'te's des Enipldtrest .... Aurau.
Arbres et Arbustcs de pleine terrc ; leur
culture ]'ii.!i.l.-.Mi\.
Horloge a. nouvellc Equation Guesnon.
Sur la Courbe de M. Fourneau Pou train*
Petrifications verlcbrales De la Maltierc.
Additions a I'Horloge et au Pendule ci-
dessus Gucsuon.
Falsification du Savon blanc dc Mar-
seille * Godrle.
Sur I Odorat , 1 I'.tcrnucincnt , le Jloquel- Aurau.
Tome IV j 1771 a 1780. B
»
( 18 )
Juleurs , MM.
f/7*'' Villi tc da Moxa coil re Us affections
rhumatismales * Valentin*
ictipst <lu >g avril * Dfclagae.
Sur iflthcr intieux * Quesnon,
Sur deux Boussohs tjui aff libit. sseni rici-
proqiicniciil leur action Acad, Ac la Mar.
Duplication da Cube Fourneaux.
Essai de Lerons familicrcs de Pharma-
cie , etc. * Lcrliamlelicr.
Cause de V ascension des Liqueurs dans les
tuyaux capillaires * PouIIain.
Sur le Bleu de Prusse * Lechandelier.
Reduction du Bois en marques, etc Gilbert.
Barque insubmersible De Bcrniercs.
Eclipse de Lune , 24 octobre D'Angos.
Sur la Pourpre des Ancicns Nevcu.
I77 1, Moulin a vent , a godets ScanegaM.
Sur les dangers de la Ceruse dans le
Cidre * Consultation.
jtffais seme nt de terres , a Honfleur
Prolongation indefinite dumowemenl d une
Horloge a poids Chef- J'Hotel;
Lignes proportio.-mcllcs cnlre deux lignes
donates Fourneaux.
Papier de Ttiili , rapports' par 71/. de Bou-
gainville Dc la Maltiere.
Sur V evaporation de la Glace Be Mariguea , ch.
Vices des Organes de la Circulation. ... De Marigues, ch,
Sur un Vers niarin, pourvu dun succoir a
chaque extrciuiie Far licW.
Essai sur les Lois ruralcs D Oruay.
Machine pour tircr uniformemenl de 1 eau
d'un puits tiTs-profond Scanegattu
Ponipe muc par le vent , pcrjcclionnec . . . Scanegalti.
( '9)
'Auteurs , MM.
Arbres cult Ives dans le jardin de M. > 77 2 »
Music! Ch. Mustel.
Danger du Cuivre en us (ensiles de cui-
sine Ch. Mustel.
Ploiub /amine ; ses avantages .' . Sorel.
Machine a. fjolir les Aiguilles Scanogatti.
ISoin'il Instrument pour I extraction des
Pol f pes uterins David.
oar les Pie. res de foudre Barheley.
Sur le Bleu d' Argent du Commerce. De la Folie.
Pise-Liqueur Scane^atti.
Sur les Eaux de Bourhonne, Mcmoire
latin * Juvet, D.-M.'
Tilescope de Dolloa De la Maltierc.
Eclipse de Lune du i i octobre ► Dulagne.
Danger de la ('cruse dans les Cidrcs . . .. Martin, D.-M.
Sur VArt de purler . Foiment , ch.
feldurs de Colon, inearnal bon leint , en
garence * D'Ambournay.
Dii-isangle * Deli.-le , mathein, >775
Feuilles ct Graines do The du Paraguai . . Ch, Mustek
Comlien de temps la Rage pcut-clle demeu-
rrr lulcnle ? De Saint-Martin.
Duplicature du. Cube Ourscl.
Efjels dangereux du Cmvtt el du Plomb. De Saint-Martin.
Canal souterraiu joignant I'Escaul a la
Snnime * Goilile , Cessart.
2)1 .litre plane de details inlcressanls . . • . Duval.
Eau saturce d' air fixe ScanegalU.
Ihsloirc nalurelle du Tlui , trailuite tie
]'. jn [lais Trochereau.
Experiences el Observations sur le i)Jague-
tisme De la Folie.
Sur Us Anemones de mcr Dicquemar«n
B 2
V 20 )
jfuteurs , UM«
,'77 5* UTouchoirs de Eil teints en rouge solide * . D'Ambournay.
Sur Ic Mortier Loriot D'Ambournay.
Etamage dcs Euyaux de cuivre pour le
service des Pompes • Qu^ntin.
Sur la Tourbe Sellier.
Sur les Oursius Dulay.
Ameliorations du Papier Lieu el blanc . . . De la Folie.
J\Jachine elect rique , portative Scanegatti.
Examen des Champignons Pannentier.
177/^1 flJcthode de tracer dans un Cylindre les
cinq corps re'guhers , etc Fourneaux.
Sur i'Er°ot Parmentier»
o
S. Pierre, S. Paul , figures de rondc-bosse.
— La Religion , bas-relief Jadouille.
Sur les Anemones de iner Di< queinare«i
JUclierches sur la Memoire Gourdin.
Levier particulier , applique a une Pompe. Scanegatti.
Sucre purgatif * Lechandelier*
Extraction en grand de I'Acide su/Jurique %
a I'aide du IVitre * De !a Folie.
Sur la jUemoire des Eufants D. 1'Abbe.
J\ouvcuu Crible pour le Eminent Harlay.
Pedicules de I' Angelica-Saliva , proposes
pour remplacer le The Descroizilles.
Sic frappe de la I'oudre j il est d'une
pesanieur extraordinaire David.
E>iverses Petrifications Sranrgatti.
Trailemeril drs Hemies par les caustiques . Gaulier , D.-M.
Jrle'daillc d Aulonin , trouvee a dix pieds
de terre , pr'es du Havre Dicquemare.
Vlilite du Eumier de J^ac/ie pour la cica~
trisalion .les Arhrcs Sorel.
Series a f'nraget perpendiculaites Rondeaux.
Amenilis chimiques De la Folic
( 2 , )
jfutcurs, MM.
Machine a repecher les TVoyes Scanegatti. .* 774<
Sur uu anevrisme de 1'ylrlcre crurale* . • . Sue le jeune.
Machine a re'ee'per les Pilotis David.
Snr diverses preparations chimiques* . . • . Bonte^ D.-M.
IXo'ivelles experiences sur la pesanleur. . . David.
Thermo Farumctre Scanegatti,
Sur le I ends de la veuve Oosse et com-
pagnie * , Anon.
Vends qui doit preserver le Fer de la * 7 7 5»
rouille * »
Quadrature dejinie du Cercle * Robbergherr,
De la courbure des Faisseaux en vieillis-
sant * Forfait.
IVouveaux Canons de mer * De Bernieres.
Loupe a l'esprit-de-vin * De Bernieres,
JMadrepore agatise . De Couronne,
Observations dun Homme mort de la Folie * De Marigues.
Cause de la blancheur des Plantes prive'es
du contact de la luniHre * De Marinues,
o
Observations sur les & tires. De la Folie.
uicidc vitrioliquc propose comme engrais * Jamard.
Preparation des Ktoupes de Lin Jamard,
l\lines d' Alencon , conlenant du Plotnb. . C. de la Verrcrie.
Sur I'Etain sournis a I action dun feu
violent De la Folie,
Demons tret ion gc'ome'trique * Oursel.
Roue d'e'chappcmcnt , perfeclionnec * .. . . Duval.
Sur la, Botanique * Gosscaume.
3foycn d'ameliorer le son de Georges -
d Amboise Anou.
Sur la construction des Navires * Forfait.
Charriot des Pompcs a Inccntlie , ameliore . Qnentin.
Sur le JJcurre dc la Prdvalais JMaloct.
Auteurs, MM.
177L Sur une Tromle terrestre observee & la
ville d'Eu * Vincent.
Pompes a Puits , amovibles a volonte. . • . QuentiQ.
Machine pour /aire des Rainures (Jliel-d'Hotel.
Crystallisation arborisee De la Folie.
1 770. Piouet a filer du Lin a deux mains
Trisection me'caniaue * Clief-d'Hotel.
Probleme re'solu * Bouilors fils.
Canal de Picardie * De Cessart.
Areom'etre nouveau * Scanegatti.
A ' ppareil pour haler haut une Frigate du
poids de 3oo tonneaux * Forfait.
Valeur el rapport des IVombres primitijs *
Tremblement de Terre Blondeau.'
Vernis pour le Fer . De la Folie.
Sur le Fond de la Mer * De Gaule.
Machine a battre les Indiennes * Scanegatti.
Principes de la Peste ct des Epizooties * . . Dantic.
Sur les Anemones de mer Dicqueiiiare.
Letlre palhologique Dhermont, D.-M.
Sur les suites des IVombres figures *
J)Joyen de conduire a. Paris les eaux de
I Yvelte el de Bi'evre Perronnet.
Modele d'Ecluse * ( Voir le Memoire por-
lant 1777.) De Cessart.
Pnmpcs anieliorees Thillaye.
Sur la Pesanteur • . David.
Prospectus de I'Histoire de la Touraine. . D. 1'Abbe.
Traduction de illiueraire de J. Ray . . . . Balliere.
Corrections aux abords du Pont de Rouen. Scanegatti.
Sur le nombre de Trois De Motiges.
De VAubipine sur certains Poissons Parmentier.
Autruche Jcincllc * D'Ambournay.
( 2 5)
j^uteurs , MM.
Barriere dc sureli * Groult. 1776.
Sur le Mortier des Bomains Due d'Harcourt.
Basin blanchi par un procede nouveau* . . • De la Folic
Cause de I'clevalion des f'upcurs * Dufriche.
Machine pour bait re le Ble * ( Voir le Me-
moire portant 1777.) De Cessart.
Autre Machine pour le ine'me usage Scanegatti.
Pommc de Terre monstrueuse De Moalholon.
Projct dun Cours de Ckimie
Examen analj lique des Eaux mineralct
de Laigle TheVede, D.-M.
Triscclion de lout Annie Oursel.
o
Jlapport sur les IS'ombrcs figures ct ob- ^777*
series Ballierc.
I\oui>elle Chemine'e economique De Monges.
Mont re ii Quantieme * Duval.
Application de la Chimie a la Botanique ,
pour reconnoitre les principes constilu~
lifs des Plautcs * Gosseanme.
Hisloire nalurellc du Paon De Limt'si.
Remvdc cara'ibe conlrc la Goutle De Tressan.
Elevation des Liqueurs dans les Tubes
capillaires . . . •
Mac Id ne pour la fabrication des Etoffes . • Paulet.
Sur les Marbres du Jube de JXolre-Dame. Tlierisse.'
Cciutrcment et de'ccinlremenl des Pouts. . Perronnet.
Sur les Eauxrt ledessechrment des Vallees, Scllier.
Sur la scintillation des Eloilcs fixes .... Gourdin.
Sur Velectricite et Velasticile de I liau . . De Mongi'S.
Sur la fabrication dc illuile de Vitriol. . De la Folic.
Sur le HJ01 tier des [\omains. Lafave.
Changeinenls a /aire au Pont de Bouen *
(Am Memnirc ci-dessus 1 777. ) Pe Ces?art.
Sur I Opium * Poullain , chir.
(*4)
j4uteurs, MM.
* 777. Covipas de Variation* De Gaule.
Nouveau Four a Chaux D'Ambournay.
Coloration des Pierres De la Folic
ylnalyse des Pompes a Incendie * Thillaye.
De la Mati'ere medicate* Gosseaume.
Machine a filer la Laine Scanegatti.
Sur les Anemones de mer Diajueinare.
Exploitation ct emploi des Bois de ser-
vice * Forfait.
jiurore bore'ale V< sou.
Observations sur les Cidres Mesaize.
Circonstances qui exigent I usage du For-
ce „ s Poullain , chir.
11778. Epreuve facile de la solidilc de la couleur
bleue * De la Folic
Usage du Forceps courle * Poullain , chir.
Sur les Observations me'teorologiqucs . ... De Monges.
Sur I'Eglise du Lieu- de-S 'ante. Lebrument.
JSIeteore observe * Chef-d Hotel.
Catalogue des Plantes du Jardin de
Nanci Willemet.
Problcme de Geometric Oursel,
{Teinture solide Sur Soie par le Sumac et
le Fer De la Folie.
Instruments astronomiqucs * Ca\c , uiatlieui.
Contrevent de surele Lebruinent.
Memoire sur i Indigo De la Folie.
{Theorie de la Teinture De la Folie.
Observation meteorologique De Monges.
Sur ientrelien des Chemins de traverse. . D'Ornay.
jiir Jixe absorbe par V essence de Te're-
benthine De la Folie.
Coquillages incrusie's dans un Pave de
Qr'cs Scanegatti.
Rapport
( 25 )
Juleurs , MM.
Rtipport dc la Circonfercnce au Rayon da ' 77 •
Carcle Lecointe.
Savon dc Terebenlhinc alcooliquc* Mcsaize.
Savon de Resiuc de Jalap Dejean , D.-M.
Machine a laminer Ic Plomb Scanegatti.
Chat monstrucux Deroppier.
Tuyaux dc Toile pour les Ponipcs Thillaye.
Sur Ic Fluide animal Gourdin.
Monument funrbrc Jailouillc.
Sur la Vision * D'Aubenncnil.'
Sur les Travaux dc mcr De Ctssart.
Fi'cvrcs maligncs gueries par l' usage de
VEau Tinkle, D.-M.
Dangers de Cetntharides prises inle'ricure-
ment « Terede , D.-M.
Tableaux malhemaliqucs Dcli^le, hydrogfi
Compas de I ariation , a reflexion * De Gaule.
Boussole perfectionnee * De Gaule.
Sur Ic recepcjncnt du Roclier de Quillc-
beuf anonvme.
Divisangle perfcclionnc Deli>le.
J\ouveau Balancier de Pendulc a Secondes. Grenier , liorlog.
Sur les Fusses d'aisance Parmentier.
Phe'nombnes dc l' Aiguille aimanlie, * . . .. Gourdin.
Rouet a filer , divider , retoidre Scanegatti.
Eclipse de Lune du * Dulague.
Microscope de Delbarc Delaroche.
Serrure de combinaison Chef-d'HotclV
Pain de Pommcs dc Terrc G<>dde.
Abas dc la Pommade de saturne * Poullaio , cluV. I7"Q>'
llydropisie compliquee * '1 i: cue , D.-M.
Art du Fabricanl d'EtoJj'es dc Laine , etc. Holland ill ia l'ia-
ti-'-re,
Esprit ardent lire du Lail dc J'acltQ * . . . . Goi
lib
( 26 )
Juleurs , MM.
'7 79' Para- Tremhhmenl * Ikrtholon.
Pain de Pommes de Terre Parmenticr.
Kouveau Compas * Guutier.
Causes de la Pluie * Bertholon.
MoYtn de faire eutrer les Vaisstaux de
guerre duns les pr:ncipaux ports de
France * Lebvre , inge'n.
Jlloyens de subsistence enfaveur du Sexe . Deroppier.
Machine pour arroser les Pres Pourlitt.
Minfralogie normande * Fooqttet , chim.
Eclipse //•• 9oleil du i/, juin * Dnlagne.
jistroite silicif.ee * Dc la Malticre.
Combinaisbn savonncuse dc Gayac et de
Scammonie * Mesaiw.
Sur un Empoisonnement t> e Marignes.
Divisangle Dclisle.
.Jiamollissemenl des Os des lies , etc.*.. Gosseanme.
DouLlage des f uisscaux , en cuivre * . . . De la Folic
Tcinlurcs obtenues de nos Vegelaux indi-
genes D'Amboumav.
Pose excessive de Sublime corrosif, avalee
sans danger* Mortreuil.
I 7 So. Cause de la Mori des A 'niniaux foudroyes .
j . /ucograpliiques D'Ambonrnay.
Crystallisations metalliques De Merges.
JJismutli mineralise par le Sou/re MestflZB.
/'. scription ct usage d un Trisecteut *. • . Chef-d'Hotel.
Bri e-Sili X pour les Routes De Ce.-sart.
Cent ij':.:trc-vingt-quatrc nuances dc cou-
leurs obtenues de nos Vigilaux indi-
genes D'Ambo'irnay.
Hauteur moyenne dc /.; Seine a Rouen*- . Lemonnier, aslf.
/•/<■) en dc nettoyer Paris * Auifraj .
les Sulun t * Mortreuil.
( »7 )
Auteurs , M.M.
Willemetia hieracioides Willemet , bot, 1780.
Tr'es-btau Jaime obienu de la Fumpterre. . D'AmLuumuv.
J''onne et usages de la Flute chez les
Anciens Goucdin.
ISouvel Jlydromitre Scanegatti.
JSiinc de Bismuth artificicl * Mesaizc.
ISouvellcs Experiences tinctoriales D'Amlicurnav.
Amelioration des Prisons Gi'ssea'ime.
Sur I'Ope rat ion de la Cataracte Javnier, clu'r.
Accouchement d'un Enfant putre/ie J.i\mer > rliir.
ISoyaux de Pech.es avales Jajmer, chid
'Fravaux au port de Dieppe De Ccssart.
Juger en J)/cr la distance d'un Faisseau. . Groult.
jEcliise de chaste du port de Dieppe De Cessirt,
1'our pour corroyer le Mortier * Vauquelin.
Annonce dun 'Fraile des Maticrcs tincto-
riales Roll. mil de laPla-
tiere.
Machine fumigatoire * Housset , D.-M.
Barometre pcrjcctionne * Lcmonnier.
Inclinaison de la Seine de Paris a Rouen. Bouin et Lcmon-
nier.
Fucngraphie , reclamation D'Ambournay.
Formation du Silex * Bacliclcy , chan.
Epidemic du Havre Lepecij.
Departemknt des Bel i. es-Lettres.
/. Los LIoljcs out un article se'pare apres les
PoJbies.
Question grammatical^ Ballie're. *77'»
2 :.. D Orua) .
i .-. de M. Leinoinc Nonoti •
( ^8) .
Auteurs , MM.
*77 r *' Sur les Voyelles aspirc'cs et nasalcs. . . . Formenr.
Sur I Action tic 1 ' Orateur Gourdib.
Sur VArl dc traduire An^r.
Sur la Colonade du Louvre , etc Dc Rocliebin.
Application dc la Cirimie aux Arts.... De Macliy.
Discours de Rcntree Leehandelier.
Essai historique sur Fe'ne'lon De Clairiontaine.
Observations sur Londrcs Mustel.
Orieinc de la A'oblesse Rouxclin.
tj
*77 a ' Les De'lices du Genre humain
U Art d'etre lieurenx Gounlin.
Lc Pane'gyriquc d'Isocrate , traduction... Auger.
Sur la lUortde 1fg r . le Due dc Bourgognc. Bessin.
Sur l' Amour dc nos Semblables D. 1'Abbc,
Prospectus d'ua Cours d Eloquence an-
cienne A hj t.
Fxercice sur V Art poe'tique d'llorace. . . . Gounlin.
. ^ otions grammatical es Maclot.
1770. Traduction de la premiere Catilinaire. . . Auger.
devolution des Mceurs D. l'AM>e.
Utilite des Academies C. tie Laurencin.
Pane'gyriquc d Evagoras , traduction Auycr.
Tliali ct Albini anonyme.
1 774* Premiere Philippiquc de D. , traduction. . Auger.
Sur I Invention oraloirc Gourdin.
Tombcau I rouse , et Inscription
Inscription pour la Salic des Spectacles . . D'Ornay.
Discours sur les Eloges Yait.
Sur "Esprit national D'Ornay.
J uc prise sur lc Tibre Bacheley.
Sfoyens dc rammer V Emulation * Deslioussayes.
Temps oil laLangue romaine e'tait en usage. D. 1'Abbl.
1 7 7 5. JVomcnclature des Termes dc Marine. . . .
Prospectus dun Lours d 'Eloquence grccquc. Anger.
»7T 5 «
( '9)
Auteurs , MM.
Tumleau trouve h He'nouville LeCureduditlieu
Sac res des Rois de France Decoppier.
Manages des Peuples anciens ct modernes . Decoppier.
Elements de Grammaire Froment.
Ddclinabilite des Parlicipes Froment.
Sacre dc Louis XVI Gourdin.
La CliariU- , Las-relief Jadouille.
Modhle d'un Enfant Jadouille.
Anli-Miiicrve des (Jtiules D. 1 Abbe.
Le Chimiste el I'Agronome* De la Folic'
Precision du Style Yart.
<\>nicille , bas-relief Jadouille.
Paysage Bacheley.
Traduction de Demosthenes , prospectus. . . Auger.
Sur les Coutumes An"lo-I\'ormandes . • . • Houard.
Melpomene et Thalie , bas-reliefs Jadouille.
L' Homme malheureux rendu a la Societe. . 1776,
Re'jouissances du Pioi l>oit * Decoppier.
Precis du Droit des (Jens Dc la Maillar-
diere.
Sur la Sainte- Ampoule * Decoppier.
Sur les Mascarades Decoppier.
Sur Pierre Dumoulin Toustain de Ri-
chebourg.
Dissertation critique sur Arisle'e
i 'atafalquede M. le Due deSaint-Aignan. . Dicquemare.
JJiscours preliminaire de V His Loire de la
Gr'ccc Cousin-DespreauX '777»
Pic de Claude Frassen Gourdin,
Abrige de la lie du 1'. fjccouraver, , . Froment.
Pr, jet d'enrichir les Pauvres , etc Dei oppier.
Adoration >lr la Croix, modele Jnd uille.
/ ie du P. Laramie Gourdin.
Sur quelques .luteins de Piaardie Gourdin.
( 3o )
u4ulcurs , MM.
*777* Hisl'iirt dc la Grece Cousin-Desprcaux
Sur Ics Monts-de-Piete Decoppier.
Lois sur la Marine , conference Groult.
1 1t'rse sur le Droit maritime Groult.
Utilite des Arts relatijs au Dcssin * . . . . Cochin.
llisloire generate physico-medicale de la
ISoriiiauilie , introduction Lepecq.
Sur tin Livre rare t disserlatiop * Houard.
i*77"* Prolegoiiuues dc Philosophic I.an^lois.
Sur PHisloire lilte'raire de Picardie Gourdin.
Pro- pectus d'un Journal tie Lorraine el d'un
Diclionnaire geographique de Bretagne.
Sur la Profession d Avocat Langlois.
Sur un Pas-age de hi Chrouique de Eoisy . Houard.
Sur ics Edifices gothiques D. l'Abbe.
Sur le Meniere en Peinturc * Cochin.
Uisloire J'Omer Talon Gourdin.
Divers Usages de la France Laus de Boissy.
Es.uti ile < rrummaire P. Xavicr, capuc.
Sur V Education des Ee mines * Ainfruy.
*779' Discours a la louauge de Louis X E~ et
Louis A*' / Do Raptcstin.
Sur I tli^Loire de France de ) ' cly Toustain de lu-
chebourg.
Cnoix et Usage des Passions dans Ics
Arts Gourdin,
Ejclrail dune Histoirc ah re 1 see d Angle-
lerre Groult , profesi.
Vi. dc Hugues de Eouilloue Gourdin.
Vtlle deeouverle pres Lisieujs , en 1770.. Hubert, in^en.
Caractere des Productions dans lesArls. Gourilin.
El erne is d'Histoire universelle litte'raire* anonytne.
1780. Traducl on d'un Morceau de J'lic-Livc. . Dc Saint- Victor.
Vie dc lU. Hecquet Gounhn.
( 3i )
Autcurs, MM.
Eilucation physique ct morale Gourilin. x 7 °'
Anecdotes relatives au Parlcment dc Rouen. Danneville,
Education palernclle Decoppier.
Parall'clc de la France ct dc V Anglctcrre * . Amfray.
Histoire d 'Anloinc Gal laud Gourdin*
Sur I Empire de I Imagination et celui de
la Raison . . Decoppier.'
Catalogue du Cabinet de M. Lecat
Observations critiques sur uue Mtdaille . . Dc Saint- Victor.
Vie du P. Lucien , capucin Gourdin.
Poesies.
Fragments du P ovine de la Navigation. . . Lemesle. •77 1 *
Pibces fugitives
Hortatio ad Juvenes at Fontanum legant. . . Girault.
Fables traduites de I Allemand Gourdin.
Le Triomphe de la Verlu Lange fils. I 77 2 «
Epitre Lange fiis.
Idee du Sacerdoce , Poeme
Ctuelques ii/orceaux imile's de Perse ct de
Juvenal Yart.
L'Ane et le petit Chien , Fable
Traduction dc deux Fables dc La Fon-
taine : Simius ct Fclia , et Pastor et Oves. Girault.
Tombeau du Roi dc Sardaigne Gourdin. 17^3.
La I igne ct le Licrrc ; IcPaon, V Enfant
et la Foire De Machy.
Union aux Enfers Do Men telle. '"?4«
/. Origine du Pricurc des Deux-Amanls. . Duval-Sanadon. '77^*
Distique latin pour le Portrait de I\I. dc
Miromenil Do Vezculx , art.
/ vis franc ais a la louanste de ce Maris-
Irai De Vcseuls , art.
c s* )
Juleurs , MM,
*775. Efitre a Comeille Duval-Sanadon.
TTEcolier el le Frontage ; le Rcssort ,
Fables De Macl.y.
L'Oplique , Poeme
Traduction en vers latins du Sonnet de
Deslarreaux Saas et Qnorlon.
1776; Won Soiige De Fontanes.
Odes sur la /Her, sur les Aits De Fontanes.
Epilre a tin jeune Homme De Fontanes.
Les Montagues De Fontanes.
Le Cri de mon Cceur De Fontanel.
La Linolle , le Buisson el la Rose ; I'Ecu-
reuil et le Chat , Fables De Macliy.
Le Voyageur et le Pliilosophe , Fable... De Couronne,
Le f'oyageur et son Ami , Fable De Macliy.
1777. Sur la Nature , Povmc De Fontanes.
Sur le Voyage de l Empercur d ' Allc-
magne
La Ferlu a I'eprcuve De Macliy.
1778. Epilre a Franklin • \ art.
Poe'mc a la louange de
A HI. V Archevcque de Rouen , nomine
Cardinal •
L' Arbrenain , les Pigeons , les Corbeaux ;
la Torlue et le Scorpion , Fables De Macliy.
Conle allcgorique M. ile C.
* 779* Traduction dun Morceau de Vlliade... Groult , profess.
Traduction de Caton d'Utique , d'Adisson. Guilleniarcl.
Quatie Fables De Macliy,
Le Fceu de Louis XI II Groult , profess.
1780. Ene'c et Didon , Romance Danneville,
Le jeune Enfant et son Ombre , Fable. • . lu- Machf.
Le Hasard et ses Guides j Fable De Macliy.
Le Peiulre et les Rats , Fable De Mai lij .
lilOGES
I S3)
ElOGES HISTORIQUES.
Auteurs , MM,
Elogc de M. Dufay , maitrc en chirur-
sie - D'Ambournay, 1771.
Elo^c de 31. Breanl Mutel. 177a.
Eloges dc 31. U. Botsduyal , D.- 31. »
Thib mil , < liirurgien ; Oran * • D'Ambournay.
J 7 oge ilc M. Lecarpenlier , architecte.. De Couronne. if-",
Eloqe de 3/. Morand , chirurgien D'Ambournay*
Elogc de 31. Saas , chanoinc De Couronne. 17-4.
Eloge de 31. Aurble Yart.
Elogc dn Parlemenl dc Rouen Alexandre. i--".
Eloge de 31. Millet* De C.uronnck
1< <ge de 31. Dalle t * De Couronne.
El'ige de 31. da Dclloy * De Couronne.
Eloge dc 31. Lechandelier D'Ambournay.
Eloge de 31. Model, etc De Machy.
Eloge de 31% Piaanl , official Dc Couronne.' , „„g
Elogc de 31. Dufiiy * D'Ambournay.
Elogc dc 31. Fontaine De Couronne.
Eloge dc 31 dc Culcvillc* De Couronne.
Eloge dc 31. dc Rouvi'le , president. . . De Couronne. 1--7.
Eloge dc 31. dc. Saint- Foix > De Couronne.
Eloge du P. Gin.ult De Couronne,
A J otice sur J. Rohaull ct Ungues Da-
miens Gonrdin.
Elogc da Chancelier dc Lhopital Danncville. i--S.
El >ge dc M. de Vigneral du Sevray. . D'Ambournay.
Elc^c dc 11. l.enioine , peintre De '■
Eloge dc J/. Heberl , peintre ]),• Couronne,
Eloge dc 1). Lequieu Gourdin.
* 7 7 9 4
'• dc ,)/. dc Jussieu Gosseauoie.
Eloge dc />. /', /;■;„: l) c Couronne.
Tome J/', 1 77 1 a 1780. C
(34)
Auleurs , MM,
1780. IVotice sur Ics Outrages de M. Buchoz.
IVolicc sur Anloine Masson et Hyacinlhe
**feb»re Gourclin.
Notice sur M. d ' Angcrville Gosseaume.
Eloge dc M. de la Bourdonnayc De Couronne.
Eloge de M. Dreux-Duradicr De Couronne.
Eloge de 31. Chardin , pcintre De Couronne.
Eloge de M. de la Folie D'Ambournay.
Eloge de M. Lacroix D'Ambournaj.
N
(35)
Seances publiques de l'Acjdevie.
Ordre des lectures j prix de'cerne's ; programmes
des prix proposes.
Prix de'cerne's aux eleves des e'coles
D'anatomie,
De cliirurgie ,
De Part des accoucliements.
De botauique ,
De dessin et de peinture ,
De mathematiques,
D'hydiographie.
Seance publique de 1771 (7 aoiit ).
Cette se'ance a eu lieu dans la salle de l'H6tel-de«
Ville.
Ordre des lectures.
Dlsconrs d'owerftire , par M. de Maquerville ,
directear.
Rapports des Travaux aeddemiques , par MM. de
Cotironne et d'Anibournay.
TAoge de M. Dufay , par M. d'Amboiirnny.
JU'Jlexions stir la Traduction, par M. Anger.
Sur I'Odorat , par M. Atirau.
Traduction de deux fables de La Fontaine , par
le P. Girault.
Sur la Vegetation , par M. Muslcl.
C s
( 36)
Morceaux du pciime de la Navigation , par M.
'Leme.'.le.
Memoire couronne , dent l'auteur esl M. Gourdin.
Prix acadcmiques.
Le prix propose pnr I' Academic, ct dont le snjet
e'tah de "determiner dans les principes du gout ce
» qui appa-.'iient a la nature ct ce qui appartient a
»> I' opinion , pour en conclure jusqu'a quel point
» un liomme de genie doit s'acronunoder au gout
j> de son siccle ct de sa nation >> , est adjuge a
D. Gourdin , bene'dictin et prof'esseur d'e'lequence
a Beaumont, en Auge.
Programme du prix a de'eerner en 1772:
« Une piece de vers de cent cinquante a deux
»> cents vers; le sujet laisse au clioix des autcurs. »
ElfeVES couronn£s.
Ecole d'Anatomie.
MM. J.-B. Raguian , J.-B. Courant , Fr. Milhet ,
Fr. Leriche.
Ecole de Chirurgie.
Les prix remis a l'anne'e procliaiue.
Ecole des Accouchement s.
MM. Gamard, Dicu. Access. , M. Bailhatrc.
Ecole de Botaninite,
MM. Gamard ; Fericr , Bailliaire.
C5 7 )
Ecole de Dessin et de Peinture.
Dessin. MM. J. Tubenf , bretrete pnr le
Koi pour deuieurer trois
ai>s a Rome.
D'apres nature. Alix , Lesueur , de Bouil-
lencourt.
D-aprhs la Bosse. Not.' de Nameuil, Leriquc.
Classe de Dessin. Scelles.
Access. , M. Piquenot.
Ecole de Mathematiques.
MM. Forfait, Leblanc, Jean. Access. , MM. Jacques,
Isembert.
Ecole d' ffj'drographle.
MM. Mabire , Allais , Forfait. Acces. M. Lepine.
Seance publujue de 1772 (5 aout ).
Cette seance a eu lieu dans la salle de l'Hotcl-de-
Ville.
Ordre des Lectures.
■Discours d'owerture , pnr M. de Cournnne.
ComjHc.s rendus des Travaux acadenn'qucs , par
MM. les Secretaires.
Eloges historiqites de MM. Beyer et Duclos, par
M. de Couronne.
Eloge historique de TSJ. Bois- Du\'al , medecin, par
M. d'Ambournay.
C 3
( 58 )
Fables, par M. de Machy.
Dissertation sur la Pourpre, par M. I'ahne Neveii.
Kemarques sur les Satires de Perse et de Juvenal %
par M. Yart.
Satire sur le Luxe , poeme couronne , par on,
anonyme.
Analyse du poiime sur la Pcinture , par M. de
Couronne.
Elopes historiques de MM. Brcant et Aurau , par
Jil. de Couronne.
Prix academique.
Programme du prix a de'eerner en 1775:
« Le me'canisme de la secretion des urines. »
ELfcVES COURONNES.
Ecole d'Jnatomie.
MM. Dumuis, Douet , Bacon, FrecourU
Ecole de Chirurgie.
M. Dumuis.
Ecole des siccouchcments.
MM. Perruet et Bailhatre ex cequo.
Ecole de Botanique.
JIM. Terrier, Thillaye , Caillouet, Bailhatre.
Ecole de Dessin et de Peinture.
Dr.ssind'apres nature. MM. Lerique , Note.
D\:pres la Bosie. Lcqucu, Sclle.
( 5 9 )
Classe de Dessin. MM. Descours.
Access. , M. Caussin.
Architecture. Foison , Vauqueliu ex
aequo.
Ecole de Mathe'matiques.
MM. Leblanc , Bournisieu , Laureau , raporal au
regiment de Navarre. Access. , MM. Jean,
Cousin, Levavasseur.
Ecole d'Hj'drographie.
MM. Forfnit , Laurean , caporal ; Bourgacliart.
Access. t M. Lequesne.
Seance publiquc de i"~?> (4 aout ).
Cette seance a eu lieu dans la salle de I'Hotel-de-
"Villc.
Ordre des lectures.
Comptes rendus par MM. les Secretaires.
£ logos kistoriftie de 31. Car pent ier % architect e , par
M. de Couronne.
Traduction de la fable le Savetier et le Financier ,
par le P. Girault.
IJi'ivile , par M. le comie de Faurenrin.
Traduction de la premiere Cafilinqire . par !»*. Auger.
Le quatrikme chant du poeme de la Pcinture, par
M. Bream.
Prix acadSmiques.
Le prix ncaddmiqne rTest point deccrne.
Programmes noin eatix :
i u Quelles out e'te les de'eouvertes anatomi<juea
C 4
( 4o )
i» depuis'e commencement de ce sieclc , el les avan-
>> Wees que t'arl de £iirr r rn a retire. »>
r>° << [Jne Notice raisonne'e des historiens ancieus
»> et moderne*. do la Neustrie , pour servir d'intro-
» duciiou a 1'iiisioire generale de noire province. »
E L E V E S COURONNES.
Ecole d'Anatomie.
MM. Thillaye , Despjerres , Baron, Francourt.
Ecole de Chirurgie..
MM. Dumuis, Guerin.
Ecole des Accouchements^
MM. Dumuis, Guerin.
Ecole de Botanique.
MM. Coulon , Colombe , Buisson.
Ecole de Dessin et de Peinture.
Dessin d'aprbs nature. MM. Selies, Note'.
Access., M. Lequeuv
D'aprbs la Bosse. Caussin , Siot.
Access. , M. Hubert.
Classe de Dessin. Bc v .jam])e , Desrosiers.
Access., M. Clievillard.
Ecole de Matlicma'iiyies.
MM. Dumanoir , Bournisien, Loreau , Lcvavasseur,
Chatcl.
Ecole d'Hj'drographie.
MM. Loreau, Bouchard, Bouruisiea.
( 4« )
Seance pubYi que de 1774 (4 aout):
Cette seance a eu lieu dans la salle de l'Hotel-de-J
Villc.
Ordre des lectures*
Comptes rendus des Travaux acade'miques , par
IN1M. les Secretaires.
Discours sur les Eloges , par M. Yart.
Examen d'une Terre verte trouvee an Pont-Aude-
mer, par M. de la Folic
E/oge de Marc- /turtle , par M. Yart.
— de Dl. L'abbe Suas , par M. de Couronne.
Prix academiques.
Le priv de litte'raiure est proroge.
Programme nonve.ni :
n L'eloge du parlement. »
EltVES COURONNE S.
Ecole d' Anatomic
]NIM. Despierrcs , Colombel , Cresset.
Ecole de Chirurgie.
MM. Baron, Ilurcl, Cresset. Access., M. Tcstu.
Ecole des Accouchement s.
MM. Montrcu.il, Lefebyre, llurel.
(42 )
Ecole de Botanique.
MM. Caillouel , Conlon ex aequo; Lautour, soldat
au regiment Daupliin.
Ecole de Dessin et de Peinture.
Dessin d'apres nature. MM. Courtin , Sicot.
Access. , M. Theveni.
D'apres la Bosse. Hubert.
Access. , M. Durosier.
D'apres le Dessin. Be?iard , Aumont.
Access., M. Dumonlier.
Architecture. Granger.
Access. , M. Houssave.
Ecole de Matheinatiques.
MM. Poinclieval, Lejeune, Maillard. Access. , MM.
LebeJ, Peinetier.
Ecole d* Ilj-drographie.
MM. BourgacKan et Lebouvier ex ceqno; Caillouel ,
Lemetais. Access. , M. Hue.
Seance publi que de 177S (2 aout).
Cclte seance a eu lieu dans la salle dos Cannes.
Ordre des lectures.
Comp;es rendns des Travaux academiqnes , par
MM. le.s Secretaires.
Discours sur la Precision du style t par M. Yart.
(43)
Flozcs de MM. Millet , d'Jlet , du Belloy , par
IV] . de Couronne.
Prospectus d'un Cours d' Eloquence grecque , par
Hi Anger.
Eloge de M. Lechandelier , par M. d'Amboumay,
Le Res sort , fable, par M. do Vachy.
Sur VJir fixe , par M. de la Folic.
Jlecepuge des Pilotis , par M. David.
Prix academlques.
Le prix sur les de'rouvertes anaromiqnes , rem-
portc par M. Lassus, premier cbirurgieu de Mes-
dames.
Les autres soiu proroge's a l'annee 177S.
Nouveau sujet :
« Les progres des arts industnels a Rouen et sea
» environs, sous le regne de Louis XV. »»
LtkVES COURONNfiS.
Ecole d'Anatomie.
MM. Colombe, Bugle, Thillaye.
Ecole de Chirurgie.
MM. Brpclie , Lepere , Testu. Jccess. , MM. Le-
i'ebvre , Colombo.
Ecole des ylccot/chemenfs.
JIM. Lepere, Lofebvre ex cvquo ; Denicourt, Le-
tcstu ex a'qiio.
Ecole de Botanique.
MM. Lefebvre , Bugle ex cvquo ; Delaiirc.
(44)
Ecole de Dessin et de Peinture.
Dessin d'apres nature. MM. Desrosiers , Pioot.
Access. , M. Lenouvel.
D'apres la Bosse. Pit lion.
Ace- ss. , M. Benard.
D'apres le Dessin. BennrJ.
Aciess., M. Allais.
Peinture. Alplionse Cousin.
Architecture. Bullet.
Access. , MM. Lorcieres^
Houssaye.
Ecole de Mathematiques.
MM. Maillard, Lucas, Yger.
Ecole d'Hj-drographie.
MM. Lemetais , Poincheval ; Levieux , Delabaye
ex aequo.
Seance publique de 1776 (16 aout ).
Cette seance a eu lieu dans la salle des Cannes.
Ordre des lectures.
Comptes rendus par MM. les Secretaires.
Eloge de M. I'abbe Pinand , par M dc Couronne.
de M. Duj'uj , par M. d'An.bournay.
de M. I'uibii Fontaine , par VI. do Couronne.
Les Montagncs , poeme , par M. de Fontanes.
Sur tme Autrriche , par M. d* Ainbournay.
La Linotte , fable , par M. de Machy.
( 45)
Sur VAir , par M. de la Folic
Eloge de M. de Cideville , par M. de Couronne.
Prix acaddmiquet.
M. Da ineville , conseiller an pnrlpment, oLtient
\e piix , don; le sujet e'tait « I'c'k ge du parlement. >»
Programme pour 1777 :
« LTne piece de vers de cent a deux ceuts vers;
»> le sujet au chois des coucurrents. >»
El EVES COURONNE S.
Ecole d'Analomie.
MM. Cuiet, Lebugle ex cequo ; Bayeux.
Ecole de Chirurgie.
MM. Lepere , Testu, d'Oranges. Access. , M. Lc-
bugle.
Ecole de Botanique.
MM. Delaine, Henry.
Ecole de Dessin et de Peintnre.
Dessin d'apres nature. MM. Bellcjambe , Dumontier.
Access., M. Bordin.
D'apres la Bosse. Allais.
Access. , M. Benard.
D'apres le Dessin. Lafosse, Lethier.
Access., M. Baillcul.
Architecture. Lequieu.
Ecole do Mat%4matiques.
MM. Bros , Foucber, Moisan. Access. , M. TbiellVay.
U6>
F.cole d'l7j-drographie,
MM. Auzout , Leboursier , Levieux , Leconle.
Sr'ancc publique de 1777 (4 aoul ).
Cette seance a eu lieu dans la salle des Cannes.
Ordre des lectures.
Comptes rendns des Travaux academiqnes , par
MM. les Secretaires.
Application de la Ch : mie a la Botaniqne , pour
reconnoitre les principes des F'egetaux , par M. Gos-
seaume.
Snr les Marbres du Julie de Notre - D<ime , par
M. Titer isse.
Utilitd des Arts relatlfs an Destin, par M. Cocliin.
Eloges de MM, de RoavUle , de Saint-Foix , du
P. Girault , par M- de Couronne.
Snr le pretendu Enlevement des Archives de la Cou»
ronne par Richard T* T , par M. Houard.
Deux fables , par M. de Machy.
Modcle et demonstration de Machines , par M. de
Cessart.
Prix academiqnes.
Les pre'oedents sujeis sont proroge's.
Programme pour 1778:
«< Quel moyen le moins dispendieux d'e'lever a
» la superficie de la terre Peat dun puns de irois
» cents pieds de profondeur ? »
( 47 )
E L fc V E S COURONNHS.
Ecole d* Anatomic
MM. Levreux, Double , Pilon , Berger , Compalng.
Ecole de Chirursie.
MM. Levreux, Berger, Bonnard.
Ecole de Botaniquc.
MM. Giros , Levreux ex cequo ; Pilon , Henry ,
Dauger , Guiet , Berger, Sellier, Alexandre.
Ecole de Dessin et de Pelnture.
Dessin d'apres nature. MM. Jacques, Pichon.
Access. , M. Bordin.
D'apres la Bosse. Leiliier.
Access. , M. Bailleul.
D'apres le Dessin. Ferrand , Douin.
Access. , M. Bo el.
Architecture. Duiny.
Ecole de Matlicmatiqncs.
MM. Lemoiran , ThieflVay, Lebcl.
Ecole d' Ujrdrographie.
MM. Raibioville, Pigeon.
<4K)
Sconce pjibh'<jiie de 1778 (5 aoiit )»■
Cctte seance a eu lieu dans la sallc des Carmes*
Ordre des lectures.
Comptes rendus des Trm-aux de Vannee academique ,
par MM. les Secretaires.
Elc°edu Chart celier de Lh6pitnl , par TV1. Danneville.
Theoriede la Telnture , par M. de la Folie.
Elo%es de MM. Lemoine et Hubert, par M. de
Couronne.
Laminoir pour le Plomb j sa description , par M«
Scanegatti.
Eloge de HI. de Figue'ral , par M. d'Amhournay.
Deux fables , par IV1. de Machy.
Phenomenes de la Lumitre, par M. de Monges.
Prix academiques.
Celui relatif a l'histoire de Normandie est proroge
a 1779.
Nouveau programme t
<< [ndiquer lc moyen de re'ee'per sous l'eau le
a rocher de QuilleLeuf. >»
Eleves couronnSs.
Ecole d'Jnatomie.
MM. Girault, Fegon , Merger, Compaing , Henry ,
Danger , Sellier. Access. , MM. Decaeu ,
Leger et Boumare.
Ecole
( 49)
Ecole de Chirurgie.
MM. Girault , Mortreuil , Bergcr , Scllicr , Com-
paing. Access. t MM. Danger, Henry.
Ecole de Botanu/ue.
MM. Pie, Sellier , Bonamy , Delaunay.
Ecole de Dessin et de Peinture.
Dessin d'apres nature. MM. Fenard, Bordin , Allois.
Access., M. Finars.
D'aprbs la Bosse. Douin.
Access. , M. Lacrique.
D'aprbs le Dessin, Duclicuiin, Dacoudray.
Access., M. Auberc.
Peinture. Picot.
Architecture. Lequeu.
Ecole de Mathematifjuns,
AIM. Lebel , Bros.
Ecole d' IJrdrographie*
AIM. Borget, Plainer, Quibel.
Seance pubh'gue de. 1779 ( .\ aoi\t ).
Ceite seance a eu lieu dans la salle des Cannes.
Ordre des lectures.
( omptes rendus des Travaux de I'annc'e academique t
par MM. les Secretaires.
Tomejy, 1771 a i 780. L>
( 5o )
Extrait du Mc'moire couronne'.
Conie allcgoriqtte , par M. de Cessart.
Reponse , par M. d'Ornay.
Eloge de D. I'Abbe , par M. de Couronne.
Decouverte d'une ancienne Cite pres Liiieux, par
M. Hubert.
Notice sur M. Bernard de Jussieu , par M. Gos-
seaume.
Sur la Peinture , par M. Cochin.
Deux fables , par M. de Machy.
Prix academicjues.
Celui relatif au re'ce'pement du rocber de Quillc-
Leuf oblenu par M. David, inspecteur des iravaux
publics dc Langedoc. Access. , M. Motet.
Celui relatif a I'histoire de la Neuslrie proroge
jusqu'en 1 78 1 .
Programmes nouveaux :
i° « Quels avantages procurerait a notre provinre
w l'e'tablissemeut des administrations provinciates? »
2° « Quellcs stmt les differences qui distinguent
» la craie , la pierrc a cbaux , la marne , la terre
?> des os? »
EtEVES COURONNES.
Ecole d'.lntitomie.
MM. Peley, Mortreuil , Debors , Lenoir.
Ecole de Chirurgie*
MM. Mortreuil , Peley. Jccess. , M. Dcliors.
I. cole de Botanique,
MM. Lcmarcband , Dcbors , Lcpere.
( 5i )
Ecole de Dessin et de Peinture*
Dessiri d'apres nature, MM. Allais.
D'apres la Bosse. Ducoudray, Planter.
Jcccss. , M. Lenian.
D'apres le Dessin. Delabriere.
Access. , M. Lecoupeur.
Ecole de Mathe'matiques,
MM. Eernage, Plainpel, Dclabarre.
Ecole d'llydrographie.
MM. Mulot , Hebert, Ecliagne.
Seance publiquc de 1780 ( 2 aout ).
Cetle seance a eu lieu dans la salle des Carnies.
Ordre des lectures,
Comples rendu s des Travaux de I'annee academiqtte t
par MM. les Secre'laires.
Eloge de ftl. de la Bourdonnaye,
Stir ['Imagination , par M. Decopp'er.
Couleurs obtenues de Vegetaux indigenes , par M.
d'Ambournay.
Notice sur M. d'Jngciville , par M. Gosseaume.
Sur I' Education t par M. Gourdin.
Travaux du port de Dieppe, par M. de Cessart.
Etoges dc MM. Chard in et Dreux Duradier , pac
M. de Couronne.
Ence et Didon , romance, par M. Danncyillc.
Eloges de MM. de la Folie et Vabbi Delacroix,
par M. d'Ambournay.
Sur la Machine de 3J. Scanegatti. Rapporl.
Deux fables , par M. de Machy.
Prix academique.
Remis a l'anne'e procliaine.
ELEVES COURONNES.
Ecole des Accouchement s.
MM. Decaen, Peley. Access., M. Rain.
Ecole de Lotaniqne,
MM. Lepere, Iloussaye, Boutciller,
Ecole de Mathematiqnes.
MM. Oursel , Dubosc, Bordin.
Ecole d'llj-drographie*
JMM« Dubosc, Iloden , Legraud.
— ^wrfffTSTJRD^v-*—
SUITE
DU PRECIS ANALYTIQUE
DES TRAVAUX
D E
L'ACADEMIE ROYALE
DES SCIENCES , DES BELLES-LETTRES ET DES ARTS
D E ROUEN,
Depuis sa fondation en 1744.
DEPARTEMENT DES SCIENCES.
Sciences medicai.es.
Histoire de la C/i'ne dcs Muscles ; par M. Auran.
( Deuxiemc Me'moire. )
-LMous 11c possc'dons dans 110s arcliives ni le pre-
mier de ces Memoires offert ;» 1'Acadepaie en 1770.,
ni le second pre'sente le i3 mars <le la preseote
amn'e ; et re que je vais en dire est extrait d'uu rap-
port de M a ... sur les deux Memoires*
D 3
( 54 )
« Cet ouvrage, dit M. le Rapporteur, a ete f re-
cede d'un premier que M> Auran commumqua a
1'Acade'mie l'ainie'e derniere, et Hans lequel l'auteur
fit Imposition des connaissances ge'nerales qui doi-
vent servir d'introd notion a 1 lr>toire ariatomique
de toutes les games musculaires da corps humam,
]iistoire que M. Auran se propose de completer.
» Mais, pour bien entendre ce que nous avons a
dire du second Memoire , il faut donner une idee
du premier.
» L'auleur, apr.es avoir expose' les connaissances
des anciens anatomistes et des modernes pour mon-
trer le point d'ou il est parti pour perfeciionner
cetle partie , fait conside'rer les imperfections des
ouvrages que 1'on a public's sur eette matiere , et
les additions nombreuses dont il l'enricbit. 11 fait
une courue enumeration d?s usages ge'ne'raux qu'il
attribue a ces enveloppes dont il porte le nombre
a quinze, et qu'il distingue en membraneuses, en
apnne'vrotiques et en mixtes ; donne leur caractere,
iudique leurs proprie'te's , et passe a la description
de la game des muscles de la cuisse depuis le bassiu
jusqu'a la jambe. II rencontre en cbemin des parlies
qu'il faut de'truire avant que de parvenir a la gaine;
il la de'erit, et en expose les usages. II termine son
premier Memoire par une remarque inte'ressantc
pour la perfection de l'ope'ration de la bernie cru-
rale etrangle'e , que la description d'un nouveau
ligament qu'il nomine vaginal des vaisseaux cruraux
lui a donne' occasion de fane.
» Dans le second Memoire , et conforme'ment au
plan qu'il avail adopte pour le premier, M. Auran
donne un extrait des ouvrages des auteurs qui lout
precede', les appre'cie , et montre les perfections
qu'il y ajoutc. II lache par-tout de bien desiguer
(55)
lcs rapports qui se rencontrent entre cede portion 177 '»
inte'ressante de l'anatomie et l'art de guerir, et se
flatie d'en de'duire des eclaircissements sur plusicurs
points obscurs dc la patbologie, et d'y trouver de
nouvelles ide'es salutaires pour le iraiietnent dc plu-
sicurs maladies. »
Avanlazes de la Cauterisation j>ar le Moxa , princi-
palement dans les douleitrs rhumatismalcs et gout-
teuses ; par M. Valentin.
L'auteur de ce Me'moire commence par dc'nonccr
les abus coupables que 1'on a fait , des la naissanee
de Part de gue'rir, du cautere actuel commc remede.
11 fait connaitre les lois sages qu'Ilippocrate avait
trace'es relativement a cet agent tres - puissant , et
qui , par ceite nieme cnergie , pouvait , suivant
1 'eniploi legitime on inconside'ie qu'on en faisnit ,
produirc les effets les plus utiles ou les phis dan-
gereux. Tombe prcsque entierenient dans l'onbli ,
011 voit, bien des siecles apres , des bommes ce'le-
hres dans la medeeitie operatoire , Fallope , Andre
de la Croix, Ambioise Pare', etc., le pre'eoniser de
nouveau ; enfin , en 1 755 , l'Aeademie roynle de
Chirurgie de Paris proposer pour sujet de prix cetie
importante question : « De'terminer si le cautere
» actuel n'a pas e'te trop employe' par les amiens,
j) et trop ne'glige par lcs moderues. »
«< Lcs excellent^ ouvrages qu'elle a couronnrs de'-
montrent assez ( e'est M. Valentin qui parle ) que
nous devons e'galement c'viter les exces des aneiens,
et bannir la timidite dc ceux qui out existc' iir.n:e-
d atement avanl nous.
» Les a incurs dc ces Me'moires, ebarge's de trailer
(56)
*77>« une Ifletttoii ge'ne'rale, ne pouvaicnt pas s'occuper
de chaque point en paniculier , ce que les progres
de l'art semblent exigor. En eflet , entrer dans le
detail des maladies qui peuvent dire gue'ries par !e
fen , de celles au couiraire ou il serait inutile et
meme dangereux ; determiner les especes de celui-
ci suivaut les cas, ce secait e'vitcr des e'checs aux
maitres de l'art, donner un frein au charlatanisme,
ct assurer de tres-grands avaniages a la societe.
» Je sens combien un pareil ouvrage demanderait,
de soins , d'application et d'expe'rience ; en conse-
quence , je me borne a ofl'rir sous un meme point
de vue les avantages qu'on peut retirer de la caule'-
risation par le moxa dans les douleurs de goulte ,
et principalement dans celles de rhumatisme. >»
Nous ne suivrons pas M. Valentin dans les details
historiques relatifs au moxa, au grand usage qu'en
ont fair les Egyptiens et les Chinois , et que ces
derniers en font encore, aux temps ou la pratique
s'en est introduce dans 1'Europe, de toutes les subs-
lances ve'ge'tales qui peuvent remplacer le duvet <lc
1'armoise ; nous ne rcpe'lerons pas non plus les
re'llexions judicieuses par lesquelles l'auieur ctablit
que ce n'est pas par des qualite's occidtes , inliu-
renies a lei ou tel caustique , que ces divers agents
operent d'une maniere si diflerente, mais par I'inten-
site' plus ou moins grande du feu, la durc'e et la
gradation de la douleur.
Cette maniere de caute'riser , conside're'c comme
lin nouveau moyen de guerir , devait des-lors de-
venir la proie des charlatans. L'esprit d'enthousiasme
qui acrompagne toujours les nouveaute's donne un
air de ressemblance a tons les cas ; on abusa ainsi
d'nn remede beroique , et on le dc'credita en l'env«
ployant sans disccincmcnt et sans mesurc.
(5 7 )
II s'est rencontro, enfin, des ge'nies heureux qui, «77««
ne consultant que les fails et sachant appre'eier cliaque
chose a sa juste valenr, ont rendu a l'humanite ces
moyens do se soulnger dans des douleurs que nul
autre remede ne pent calmer.
m.k'is avoir rendu hommage a ses laborieux de-
vanciers , M. Valentin entre dans le detail de ses
propres observations et de ses nombreuses expe-
riences, desquelles il conclut ,
Que le moxa a souvent reussi centre les douleurs
athritiques, mats que sou effieacite rontre les dou-
leurs rhumatismales est infiniment niieux constate'e;
One plus le siege du mal est profond , plus le
succes est e'quivoqne;
Que, lorsque le principe de la douleur est vene-
rien , scrophuleux , scorbutique , il elude le pouvoir
du moxa ;
Que, lorsqu'une on deux mcrhes d'une e'tendue
rnisonnable ont ele employees sans succes, il est
inutile de tourmenter ulte'rieurement le malade ;
Que le centre douloureux , souvent indique par
Ja couleur terne ou jaunatre de la peau , est le
lieu d'election pour l'application du cone ou de la
meche;
Que l'on doit dislinguer dans l'emploi de re
remede deux efTets , l'un present, l'autre conse-
cutif :
I.e premier , dependant de la douleur et do la
puissance attractive du feu ;
Le second, de la .suppuration et de Tissue ouverte
a la maliere irritante, double point de vue cgalemcut
favorable au moxa.
( 58 )
Extrait du Me'moire sur la formation des Ahcli
du Foie , a la suite des plaies de tc-te ,- par
M. Ferrand (i).
>77'« Ce Me'moire fut lu a la seance publique de I'Aca-
de'mie royale de Chirurgie, et on pourrait demander
pourquoi 1'evtrait s'en trouve-t-il consigne' dans nos
fetes. M. Ferrand avait e'te associe a l'Aradc'mie
royale des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts
de Rouen des 1760, el il est probable qu'il fut letup
de faire connaitre a cette Compagnie un ouvrage qui
lui faisait honneur.
M. Ferrand , apres avoir pose' en fait l'existence
de ces abres , et avoir appuye son assertion par les
autorite's les plus respectables, examine les difle-
renres opinions de Baillon , Willis, Barbette, Pou-
tean , David et Berlrandi ; les refute tour-a tour, a
la reserve du dernier dent il admet la tbcorie.
u II respite, dit I'auteur de ce Me'moire , que le
sentiment de M. Bertraudi me'rite la pre'fe'rence
L'Academie ne peut done encore que s'applaudir de
l'avoir adopt e'. Cependant , il ne faut pas se dissi-
muler que l'exclusion de la sympatbie des ncifs
est le cote faible de la dissertation de M. Berlrandi.
Les vomissements bilieux , qui annoncent que l'es-
tomac est eoaflecte , prouvent que le foie l'est pareil-
lemeni par l'actionsympatbique desnerfsqni influent
in ; cessairement sur l'iuflainmaiioii qui precede les
abces du foie.
» La sympatbie des nerfs , connue d'llippocrate y
de Galien , d'Erasistrate , de Macrobe , adraise par
(0 fbirla Memoires de 1'Academie royale de Chirurgie.
( 5 9 >
Barbette , Pigmy et plusieurs autres, a etc soutemie , 77 l -
par M. Ristch dans une dissertation sur les abces du
foie , a la suite des plaics de tete.
» II semble que la concomitance de ce moyen ,
loin d'allaiblir 1'explication de M. Bertrandi , com-
plete ses preuves, en dormant la solution des vraies
difliculies que l'on pourrait raisonnablement pro-
poser centre le sentiment de ce ce'lebre cbirurgien,
enleve trop tot a l'anatomie ct a la chirurgie. >»
De tliermis Borboniensibus apud Cnmpanos , Adum-
bratum specimen praciicum , e'est-a-dire , Essai-
jiratirjue sur les Eattx thermales de Bourbonne , en
Champagne; par M. Juvet, D.-M. de I'bopiial
miiitaire de Bourbonne. Manuscr.f corthd max.
Cetrc dissertation sc trouve indique'e dans le pre-
mier volume cle la France littdraire , edition de '7<»p»
ce qui me fait presumer qu'elle a e'te livre'e a l'im-
pression , et ce sera pour moi un motif de n'en
donner ici qu'un precis fort abrcge. Apres une expo-
sition assez dc'taillee des qualite's physiques des eaux
de Bourbonne, limpidite , legerete , saveur , cha-
leur, l'auteur ajoute qu'elle exbale une odeur sul-
fureuse , quoique re'ellement clie ne recede aucun
atome de ce mineral.
M. Juvet passe ensuite aux pronrie'te's medicales
de ces eaux qu'il nomine miraculeuses, Portentosas;
ct apres avoir protesie de son antipathic pour les
panace'es, il e'numere les maladies contre lesquelles
les eaux de Bourbonne out eu des succes. Son cata-
logue est fort considerable ; et de l'aveu des meil-
Irurs praticiens , elles meruent des eleges.
L'auteur de l'ariicle Eaux minerales du Diction-
( 6a )
77'' naire des Sciences medicates range les eanx dp Boor-
bonne dans la clas^e dcs eanx ihermalcs salines.
« Cette eau , ajotne-t-il , a une saveur manifes-
tement sale'e er le'gerement amere. On y ironve des
muriates de sonde et de oliaux , du snlfaie de
chaux, du carbonate de cliaux, et une faible por-
tion de substance extractive ; mais lcs proportions
ue sont pas exprime'es.
>> Leur temperature varic de 46 a Go-f-o , du
tliormometre centigrade.
» On dit que la vase adbe'rente aux parole des
bassins qui la couiiennent a une odeur faiblenient
suifureuse »>
De tout ce que dessus, on peut conclure que nous
n'avons encore des eaux de Bourbonne que dcs
analyses incouiuletes.
Stir Pjfnc'vrisme de V Art ere cruroJe ; par 1ST. Suf le
jeune, alors Pre'vot du College de Chirurgie de
Taris.
x 774« Ce fut M. David qui pre'senta ce Me'moire a
l'Acade'mie de la part de l'auteur , qui en mthne
temps e'tait son ami.
« On appelle anevrisme (c'est ]\I. Sue qui parle )
toute tumeur des arte res occasionne'e par la dilata-
tion de leurs tuniques. On le divise en vrai et en
faux. Dans la premiere espece , il se forme une
pochc qui se remplit de sang et s'amplifie pen a
pen. Dans la seconde espece , il y a solution de
continuite dans les tuniques de l'artere , epanche-
ment de sans dans le tissu cellulaire ou ailleurs
» Quoique l'ane'vvisme de l'artere erurale ne so>t
pas absolument rare , la plupart des autcurs it'eu
( 6i )
ont traitc qu'en passant , en dccidant qu'il e'tait 177V
incurable. »
1M. Sue , en rapporlant le jugemcnt de plusieurs
hommes de Part , confirmatifde co pronoslic tuneste,
y joint l'observalion de M. Laeombe d'une anasto-
mose bien singulicrc donl on pent lire les details
an Journal de Medecine t t. 17, p. 262 ; I'artere cru-
rale allait se perdre a deuv pouces au-dessous du.
kyste, dans la veine du nieme nom, pour reprendrc
un pouce au-dessous son eours ordinaire.
« II est hors de dome que le seul mo yen que
Ton puisse temer dans ces circonstances est la liga-
ture de I'artere faite an moment de la rupture de
la tumeur, et il est e'tonnant que des cbii urgiens
trop limides soient demcure's tranquilles spectateurs
de la mort de lenrs malades sans oser la tenter. »
Nous ne suivrons pas l'auteur dans 1'exposition des
Causes varie'es de cet accident malheureux, pour
arriver plus promptcment a l'exposilion de son sen-
timent sur la maniere de le combattre.
« La compression gradue'e dans I'anevrisme vral
peut dire suivie d'un plein succes, sur-tout lorsque
I'anevrisme a son siege a la panic moyenne de 1h
cuisse , et qu'il ne fait que commencer ; elle petit
meme re'ussir dans I'anevrisme faux, naissant et pelt
considerable.
» INlais la ligature est le moyen le plus assure;
il est cependant ne'ecssaire , pour que I'ope'ratiort
rc'ussisse, qu'il se rencontre des artercs collate'rales
capables, en se dilaiant , de remplir les fonctiou*
de I'artere oblitere'c. »
Ici , M. Sue se livre a des details anatomiqnes sur
los ressourccs que presente la nature, et dans les-
quels nous ne le suivrons pas.
JNuus n'iiuislercus pas davauiage sur la niapiere
(62 1
«774« d'ope'rer, parre que des proce'des opcratoiies , qui
pouvaient etre moins connus lorsque M. Sue e'< ri-
vait , out recu Jepuis cette e'poque une publicite
et la plupart des ameliorations sensibles.
M. Sue ne neglige pas d'mdiquer les attentions
propres a seconder les efforts de l'art et de la nature,
la dietc , les saigne'es re'pe'tees a propos , etc. , etc. ;
details nouveaux que nous ne de'crirons pas davan-
tage , parce qu'ils se trouvent consignee dans tous
les traites modcrnes d'ope'rations avec les amelio-
rations que la raison et I'expe'rience out sugge're'es.
Ces observations, ait surplus, n'cnlevent rien au
nierite du Memoire de M. Sue ; il est e'crit avec
me'lhodc et avec sagesse, et annoncc dans son autcur
un praticien e.\erce et uu e'crivain judicieux.
Reflexions theoriques et pratiques sur phisieurs Medi-
caments chimiijues ; par M. Bont£ , D. -M. a
Coutanccs.
On doit distinguer dans ce Memoire tout ce qui
tient a 1'observation et ce qui n'est que de pure
speculation. Ce qui tient a 1'observation est precieux,
quand il e'mane d'un me'decin e'galemenl instruit et
Lon obscrvatcur. Quant a la partie tbe'orique , comma
elle repose en enlier sur des bases que la cliimie
pneumalique a complc'tement renversces, ce serait
un travail sterile que de les reproduce au grand
jour.
M. Bonte' semble admettre encore dans l'antimoine
un principc arsenical. Sans doute ce mineral peut
s'allier avec 1' arsenic ; mais redouter ce dernier dans
l'antimoine, diaphore'tique lui-rncmc, e'est c'teudie
trop loin scs sou peons.
(63 )
M. Bcnte revendique a di verses preparations mar- *774'
liales des proprietes qu'on nc peut Icur refuser sans
injustice. La verm stimulanle que le fer possede ,
lc coloris qu'il rc'tablit dans les pules couleurs, les
beureux elVets qu'il produit dans les langueurs de
l'estomac et les alleciions cause'es par l'atonie le
nioiitrcnt sous ces rapports conurie l'un des medi-
caments les plus precieux. C'est unc consequence
de ces principes qu'il doit etre civile d;.ns les affec-
tions ou la chaleur domine et la touicite est de'ja
fort exaltee.
Reflexions sur le Sucre parent if '; par M. Lech andelier,
Apothicaire.
«< Le sucre ptirgatif, qui a eie' decore du litre de
royal pour lui donner du credit , est un de ces
remedes clandestins dont aucun auteur a moi connu
n'a donue unc description publiquc ; j'en possede
plusieurs formules, qui toutcs se composcnt de subs-
tances re'siueuses unies au sucre , et la moins pur-
gative conlicnt unc once de resine pour chaquc livre
de sucre.
» On indiquc ccpendant la dose dc ce sucre d'une
demi-once a utie once ct demie, c'est- a-dire que i'on
fait prendre a des enfants tendres et de'licats jusqu'a
seize grains dc substance resineuse, dose visibtement
exorbitahte et d'un danger evident. »
M. Lechandelier propose ccsuite unc formule infi-
niincnt moins active , mais dont la scammone'e est
encore I'agcnt purgatif. La difficulte de meler exac-
tement la resine et lc sucre quand on opere en grand
fera loujours prefe'rer dcs formules particalieres
dans lesquelles la dose des substances purgatives
suit d-jiernHnce pour, c'baque indiyidu.
(64>
i774» C'est vraisemblablement 1'inconve'nicnt attache a
cette pratique qui a fait abandonner les pondres .,
les tableltes et autres compositions purgatives.
i 77 5.
Observations nnatomujues faites a VOuveriure da
Cadavre d'un Homme more de la folie ; par M. de
Marigues, Chirurgien a Versailles, et none
Associe'.
<i Le cocher de M- le C. de • . . , age d'enviroit
trente-cinq ans , fut conduit a l'infirmerie royale
de Versailles , en novembre 1774, pour y etre traite
d'un acces de folie dont il etait attaque' depuis plu-
sieurs jours Tous les secours lui furent vaiue-
ment prodiguc's, et ce mallieureux succomba aprt-s
sept semaines de maladie. L'ouverture en fut faite
en proVencc de medecins et chirurgiens instruits,
et la tete fut le premier objet de cet examen.
» Les teguments , loin d'etre infiltre's , parurent
d'une se'eheresse extraordinaire ; le pc'ricraue plus
sec, plus adherent que dans l'e'tat naturel.
» Interieurement , la duremere presenta les memes
accidents ; ses arteres etaient gorge'es de sang ; ses
veiues etaient pareillement gonfle'es, et on observait
a travers leurs tuniqucs que les colonnes de sang
etaient souvent interrompues par de petiies colonnes
d'air, dont quelques-unes avaicnt jusqu'a trois lignes
de longueur.
» Le cerveau , coupe par tranches, presenta la
meme se'eheresse. Presse' avec le doigt , il se res-
tituait aussitot par sa force elastiquc. Cheque ven-
tricule conienait environ une cuillerce d'eau. La
cloison qui les se'pare prescutait a sa partie ante-
rieurc une ouverture qui peruiettait au fluide de
pasicc
passer d'un ventricule a I'atitre. To plexus olioro'idp, 177*-}
fori volumineux, gorge" fie sang, eommuniquait ,
tie I'un of I'autre c6te , par 1'ouverture ci-dessus.
» I.e. eminences nates et testes , et la glande
pinc'ale e'taient tellehiem ronfondnes, que l'oh avait
de la peine a les r'econnaitrc
'> I'our faire la demonstration du troisi'em'c ven-
tricnle , !e manche du scalpel suffit o'rdinairement
pour deiruire la vbute ; il fallut employer le Iran*
chant, a cause de sa te'nacitei
" f.e cerVelet , la moe'lle allonge'e, la moe'lle fie
1' pine portaient le memo rr>vactere de secheresse*
et tie tenacite , ce qui s'aecorde pavfaitement avec
la iremarque du ce'lebre Meckel, que les cerreaui
des persoiines mortes tie la folie e'taient plus sees et
plus ponsiaiants que les autres. >»
^voii ne suivroos pas M. de Marigues 1 dslhs I'expli-
cation qu'il essaie de donner de cet etat J le roles
qn'il fait jone.r an fluide animal j etc , parce qn6
dans line pareille exposition il se nn'Ic toujourS
beaucoup de raisonn'ements hypothe'tiques j et nouc
jpassdns a I'ouverlnrc des autres cavitu's*
Ouverture de la poitririe. — « Les pmimons e'taient
fort volumineux , tres -bleuatres et extr£mement
gorge's de sang, sans aucune adherence. 1 e cyeur
et les grds vaisseaUx avaient un diametre plus am-
side'rable que dans un etat ordinaire , et e'taient
pareillement gorges de sang coagule ; les cavitc's
droites et les vaisseaux qui y correspondent e'taient
d'une capacite beaucoup pins grande que les mrmes
parties pondantes. ]>u cdte gauche, tres-peu
de serosite dans le pe'ricarde.
Ouverture du bas-ventre. — >> Colte ouverture nons
cflVi' rtn e'piploom tres-maigre ct tres-petit ; 1'estomrc
Tome IV t 1771 a 1780* 1^
(66)
h»7$. et lc pancreas etaient dans un e'tat naturel , mais le
foie et la rate etaient volumineux et gorges de sang
no: rat re.
» Les intesiins greTes etaient lore's on grande partie
dans un sac memhi anenx , elliptique et Uottant en
sa partie anie'ricure , lequel , s'etendant de I'hypO-
condre gfluche a I'hypogastre , avait ses attaches
late'rales aux vertebres lombaires et au sacrum ;
reionvrait la vessie et tine grande partie des intes-
iins: il paraissait forme" au depens du mesocolon,
ct compose d'une douhlc membrane formant une
cavite qui eiit pu contenir deux pintes d'eau , et
renfermait au plus un verre d'uue liqueur un peu
laiteusc. >>
Cette singularity, au surplus, et ce sont les con-
clusions de I'auteur , tie parait pas avoir indue sur
1'otat du sujet de cette observation ; et les dc'sordres
du cerveau sont une cause inliniment plus probable
de la maladie a laquelle il a succouibe.
De la Cause materielle de la Peste et des Eplzooties;
par M. Dantic.
j 77 (5 t( il S erah sans dome tres-important de oonnaitre
1* cause materielle <le la peste , quoique des savants
d'nn grand me'rite pensent que I'Europe soil de'livre'e
pour foujours de ce Qe'au terrible, qui de 1006 a
1686, a etc cinquantedeux fois e*pide'mrque dans
toure I'Europe. Mais I'impoesibilite de voir reparaitre
cct ennemi formidable du genre humain est encore
loin d'etre demontree ; et ne doit-on pas regardec
comine un dirainuiif de la peste les Sevres puvrides,
roalignes, epidemiqnes? Les epizooiies, d'nn aim©
coiu devienueul de juur en jour plus communes.
C*7)
' N'y a-f~'l qn'nn modi; unique d'infection ? on »77^*,
le prinripe de'lefete a-l il iliver.-es manieres de se
comuiuuiquer ? On a beauconp ecrit sur retie ma-
tiere , qui n'est pas a beaucotip pres eclairciie , et
l'observation seule a le droit de nous iuslruire et
de dinger nbs pas.
» Dans lcs liommes mores d'epidenves , romme
dans les animnux mortis d'epizbotifes, on trome cons-
tamment dans le canal intestinal des traces d'intlam-
mation , de putridite, de gangrene; et I'on voit rare-
ment que reile derniere s'etende a d'autres parties,
a moins que ce ne soit par de'p6t critique. On irouve
presqoe toujours dans le premier estotnac des betes
a comes des aliments brides et desseclie's ; dans le
troisieme , tine masse alimciitcuse durcie par l'ardeut
du mal , et connue sons le nom de gdteau ; dans le
quatrienie , tine maiiere jaune infecte , semblable
rtux excrements.
» On voit la ve'sicule du Gel distendue par tine
bile noiratre souvent cflustique, de'nature'c an point
de fa ire effervescence avec lcs acides ; on y ren-
contre des caleiils biliaires , des vers, etc.
j> ( es faits et plusieurs autres me paraissent prou-
ver que le principal foyer de cette terrible mahdie
est dans le canal intestinal , et que les sues diges-
tifs sont les premiers infectes. s>
Nous tie suivrons pas M. Dantic dans I'analyso
cliimique do la salive, du sue pancre'atique et autres,
et lcs conclusions phyaioiogiques et nosologiques
qu'il en de'duit ; bn sail combicn pen il faut compter
sur de pareilles inductions.
La pratique du docieur Lettrom , qui dans cos
circonstances present le vin , les acides , le kina ,
les plantes acescentes , les fruits aigrelets, est celle
que M .Dantic adopte.
E a
(68)
*?76. u Le plus grand nnmbrc Jes vc'ge'taux contient
beauconp d'acidc , qui s'y trouve dans le double
e'tar de concentration et de volatility La pariie vola-
tile a d'abord etc' connue sous le litre d'air fixe , et
le celeb re Priestley est le premier qui l'ait reconnu
pour un acide. »
Le succes de ces moyens administres contrc les
maladies putrides conduit I'auteur du Memoire que
nous analysons a ees consequences :
Qu'il :.-'y a qu'une seule cause des maladies
putrides, malignes , epidemiques et des e'pizooties,
l'all.alescence des sues digestif's.
Non-seulement un levain eontagieux pent pro-
duire cet effet , mais aussi tout ce qui tend a de-
pouiller les sues digestifs de leur acide, une nour-
riture alkalescente , des vege'laux e'puisc's de leur
acide par une trop parfaite maturite et par d'exces-
sives chaleurs. La maturite e'puise les vegeiaux do
leurs principes salins. La fougere, en parfaite matu-
rite, i;e donne pas le quinzieme de son poids d' alkali
fixe , et avant cette maturite' eile en fournit jusqu'au
tiers de son poids; de la I'uiilite du regime vegetal
durant les grandes cbaleurs, el l'importance de favo-
riser la culture deschoux, desnavets, descarottes,
des pommes de lerrc dans les temps de disette.
La boisson ne favorise pas moins cette cause per-
cicieuse j et on u'a que trop d'exemples des offers
desastreux des eaux slagnantes , corrompues, du
danger d'eutasser les animaux dans des cctiries
Lasses , mal aere'es , rempiies de fumiers a demi-
pu; relic's.
Un autre moyen de communication de la conta-
gion est rinoculaiion de ses miasmes par des bles-
fcures et par voie d'absorpiiou. L'autcur en rapport*
tin cxcxuplc notoire.
<6 9 >
I! p-vpoceletrfiitemcnt auquelH f oumit ses cnevatnc, »7 7&<
V aches et boeufs pendant une dpizootie mcurtricre.
« Je pris le parti , i° de ne pas faire entrer ces ani-
maux dans les ecuries; ?. c de se'parer les betes saines
des malades ; 3° de faire prendre cbaque jour a
cliaque bete malade une pinte de bon vinaigrc ,
dans lequel on avait fait dissoudre une once de sel
de nitre ; 4° de lour donner pour boiss'on de l'enu
fortement blanchie avee la farine de seigle et le petit
lait aigre ; 5° de donner aux malades qui te'moi-
gnaient qticlque envie de manger, de l'lierbc tres-
fraiehe ; 6° de passer un se'ton mobile au fanon do
chacun , et par ce proce'de ( ajoute M. Dantic ) jo
sauvai un grand nombre de ces animaux malades.
» Quant aux betes saines, i° on les tenait jour et
Unit au grand air ; i" on leur passa un se'ton ; 3° on
leur donnait le vinaigre et l'eau blanche ci-dessus ;
4° on les conduisait dans des p:\turages ou l'herbe
eiait tend re ; 5° on les abreuvait dans l'eau couranie;
6° on les baignait ions les jours, ou au moins on les
lavait ; 7 on les preservait du soleil ardent , sans
touiefois les enfermer ; 8° en fin , on Ins faisait tra-
vsiller lc'gerement , et ces precautions eureul le plu9
grand succes. »
Le quinquina, h la dose d'une livre cbaque jour,
en decoction , pour cliaque bete malade , est un
cecours puissant ; mais , continue M. Dantic, « comme
cette e'eorce est fort chere, on peut la remplacer par
1'e'corce du chene , du Irene, de l'erable, qui con-
tiennent ;i-peu-pres les monies prihoipets. On peuO
egalement substituer a la farine de seigle celle d'orge ,
d'avoine , de sarin.' in, de mais, de millet , de puis,
de haricots, de fe'ves de cheval , de pomir.es &&
terre ; comnic , a defaut He petit lait aigri , on peut
employer le vinaigrc, le sue d'oseilie, etc.
E 5
( 70 )
» Pendant que les bikes furent dehors , je (is net-
toyer les c'cxu'cs , \a\er les creches , les murailles
et les li.irnois. De deux jours en deux joins , oq
arrosaii les e'curies , on les part'uoiait de temps e'Q
temps avec le ge'nievre.
i» Au mois d'octobre , 1c froid se fit sentir , les
betes reiitrereni et la maladie ne se lit pas sentir de
xiouvcau. »
J'aurais pu retrancher de cet extrait tome la partie
the'ofique dans laquelle une imagination un pen
fe'ronde peut se dinner carriere , parce qu'il est
«« des termes ou la raison doit s'arreter. Ultima; auonue
v> metaphjrsiccc , et prima phjrsicce cause? medico inves-
» tigatu necessaries , utiles , rel possibilcs nan sunt.
t> Bocrli. Inst. mod. (28). » J'ai era, cependant,
devoir es poser tres-brievement les ide'es de l'auteur.
snr la cause d'unc maladie ibrmidable qu'il parait
avdir obsprvee attentivement , et contre laquelle il
proposa des secours utiles et couronne's par le succes.
Sur I'utiUtc d'nne /.nalyse mSlhodidue des T'egctavx ;
par M. Gosseaume.
'L'etude des plantes n'oiVrc de v'r'tible intc'r&t
nu'autartt fpie 1'on peut y joindre la connaissance de
leurs propnietes dans la medeeiiie et dans les arts.
Pe'pourvue de cet avaptage, eile ne peut que satis-
faire la vanite du fleurisic, alimenter la curiosite da
jiaturdisre qui e'tudte les phe'nomenes de la ve'ge'ta-
tion , ou devenir uu objet de speculation pour urt
cultivatcur.
leureusefnent , cette partie si inre'ressanjte de
Tiiielcire des vege'taux est encore la plus negligee.
(7- )
JVs regions !es pins eloigners on nous apporte d'ab'on-
dantes moissons do pinnies nnuvelles; It's collections
ot Irs jardins de botanique se multiplient, et nous
lie Bonriines pas beau coup plus avance's qu'aux siecles
de Galien e' de Dioseoride , relativement aux vertus
qu'elles possedent
J'ai indique dans un autre Memoire !es avantages
quo , sons <e rapport, la ehimie pern rendre a la
me'decine , ct combien il seraii digne des chimistes
de nos jours de diriger leurs travaux vers ce but
utile.
Ce travail , an prem'or coupd'icil , parait ofTVayant;
mais , en conside'rant que les plantes d'une mome
famille vraiment nnturelle possedent des proprietor
ana!ogue c , on voit la carriere se raceourcir, et on
peut en mesurer l'etendne avec plus de secur?te'.
On roosuliera utilement a retie occasion la bello
preface que M. .Adansnu a mise a la tete de ses
Families fins Plantes, qnoique a vrai dire il ne faille
pas lor. jours adopter ses assertions sans en discnter
la valour, cc Cost plutot a 1'analogie botanique qn'il
» faul s'en rapponer , nous dit-il , pour constarer ces
;> vorlus. >> Ola peut etre vrai , s'il n'esl question
que de (analyse par le feu, qui denature, qui
ilttruit tous les prinripes des vegetans ; mais le feu
serait , dans retic circonstance, le dernier desmoyons
analyiiques que je me proposerais d'employer , e£
je demanderai un moment d'atiention sur les deye-
loppements que j'ose ici me permeitre.
i° En rechercbanl les vertus d'nn vegetal, les sens
d'aNord doivent etre prtulemmeui interroges, et sur-
tout les sens do la vue, de I'odurat et du eout. I. a
nature a communeoaent donne nnx p'lantes mal fni-
•aantea tin aspect sinistre , unc odcur reponssantCy
unc savour nause'abondo.
E4
^7" a Los re'aotifs ne seraient pas inntilement emph
dans la recherche des principes constiiuiifs des
yege'taux.
5» L'analyse par extraction donnerait approxima-
tivement la quantite des parties resineuses, gotn-
mcuses, etc., qu'ils recelent.
4° La crystallisation ferait connaitre !es sets erys-
fallisahles qu'ils comiennetn. Cet examen, sous des
mains habile? j s'c'tendrait facilcment aux. sels de'li-
quescents.
5° La distillation ferait de'rouvrir les principes vola-
tils qui anraient elude les analyses precedenics.
6° Enfin , 1'incineration kidiquerait la quantke de
salin que l'on peut ohtenir de la plante soumise a
pette e'preuve.
Pre'-ei:tement , en me rapprochant du sentiment
de L'auteur cite, ct persuade avec lui que les plantes
d'une nicme famille out des proprieties analogues*
je choisirais d'ahord uneou deux especes de chaque
famille , en donnant la preference a celles qui sonf
d'un usage habituel ; leur analyse rigou reuse <ion-
jierait unc idee suffisante des qualites de la famille
enliere.
Le nomine des families de plantes de M. Adanson,
<;st de cinquante-huit. Lt combien de families no
fournissent a la ma tic re medicalc que tres-peu d'iu->
dividus ? La iongue famille des gramine'es , celle des
orchis , relies des gingembres et taut d'autrcs sonC
dans ce cas.
Ne nous dissimulons pas cependant que toutcs les
parties d'une meme plante ne possodent pas les
memes propriete's. Je dounerai le sureau pouo
cxcmple ; mais cetie observation ne roule que sub
des exceptions, et le. travail general n'en receyra*?
qu'uue surcharge peu considerable,.
( 75)
Le sujet que if tr.-d'e mc conduit a une re'flexion : »777*
si I'm lite' d'nrr plai to est en raison de l'anondance,
de la profusion ni^me avoo laqnelle la nature nous
Ja pre'sente , qnplles dotvenl rire les verius de la
famille des euphorhes , de rclle des champignons
que nous p.e cotinaissons gtieres que par leurs qna-
Jites de'le'teres ? Quel suiet plus digne des redierrlies
i\c< savants? Or, am mix moyens d'exe'cudon de la
]>el!e entrepiise que je propose, c'est un appel a
faire mix grands colleges do pharmaciens de nos
villes capita'es ; mais il faudrait travailler sur un
plan uniforme , pour parvenir a des conclusions
analogues.
11 evistorait encore un moyen subsidiairc, qui
e'bauclierait an moins lc travail : ce serait d'exiger
de cliaqne can did at pliarmncien qui aspirerait a la
maitrise ['analyse d'unc plane quelconque, qui lui
serait propose'e ot ferait paru'e de son clief d'tcuvre;
et , certes , cette operation , piquante au moins par
sa nouveaute , aurr.it un but d'utilite Lien incon-
testable , et rempiaeerait eminemment ccs formules
fastidieuses de tal)lettes d'e'iectuaires , de sirops ,
d'onguents, etc., dout les programmes pliarmaceu-
tiques sont forcls.
Les liinites que je dois me tracer ne me pet-mot-
tent pas de donner a cet extralt plus d'e'tendue ;
mais re que j'ai dit sufut pour donner une ide'e
do ['importance du travail', el de la possibilite' do
le bien ex£eutep.
La Sbcie'te qui aura le courage de l'entreprendre
et de I'exe'cuter pourra dire avec autant de ve'ritii
que le lyrique romain ;
Exeei monumentum arc pcrMiinius.
( 74 )
Quels sont les stories qui , lors de VJceouehement et
la tete de I'enfant se trouvant enclnvee , indiquent
la necessite de recourir an Forceps courbt ,' par
M. Poullain, Maitre en Chirurgie a Rouen.
?777. Nous ne donnerons que le fitre de ce "Memnire»
pnrre que , suivant le rapport qui en Tut fait a l'Aca-
dt-nve , ou y cherclierait en vain des vues neuves.
La the'orie et les inductions sont relies des meillenvs
autears. Ce sont les reflexions de M. Louis qui font
naiire celles de M. Poullain ; c'est I'autorhe de Ridley
et de Levret qui les appuient. Mais c'est un nu-rite
que de saveir faire une heureuse application des
principes d'ailleurs connus , et de les jusldier par
ea propre experience.
Dissertation sur V Opium ; par M. Poullain, Maitre
en Cliirurgie a Rouen.
Ce Me'moire est pnr'age' en deux parties :
La premiere roule sur I'action gencrale de l'opium
Ct celle qu'il exerce sperialemem sur le sang;
La seconde , sur l'usage legitime de l'opium et
l'avaniage que Ton pent en tirer dans le traitement
des maladies chirurgicales.
Premiere partie. — n L'opium rarefie-t-il le sang ou
le condense-t-il? » M. Poullain se prononce pour l'afur-<
mative , el s'autorise d'un accident donl il a etc tc'mom ,
d'expc'riences tente'es sur des animaux , et du le'n.oi-
gnage d'auteurs re'lebres.
Vn jeune liommc , dans un acces de mr'lancnlie,
*y«la uu gros et demi d'opiiuu eu pilules , moiu*»
f 7")
de (rois gros qn'il avail achates , la grange amor- ilTV>
tume ile ret extraii I'ayani emp&che d'avaler !a do. e d
entiere. A enable 'ue nt , slupeur , convulsions, tout
annouca !es effeis de I'expan ion des 'iqueurs. IV1. Poult
lain, qui (liniiiii vi gl qnatre lieures i.e quitta pas
le malade , eut le temps <!e I'oli orver. L'e'metique
an d« ; l)iit et a forie lose , tes acides fu rent les m< \ ens
ripaux dont il Gl nsnqe. I a rongeur de la fare,
In precipitation de la respiration ; la plenitude da
Jiouls , e\rept< ; If irmps de*. leipotliy inies et des fai-
klesses; la sueur profuse , qui tormina par une < rise
heureu.se rette siouc cpouvaniable , lout annonca
les effets de l'expansion«
M. Poullain r'te a I'appui de son sentiment Fre'de'ric
Hoffman, L : eutand , Richard Mead, les Me'motrea
de l'Acade'mie royale des Sciences de Paris. II eut
pn on oiter un bien plus grand nombre.
II se for ti fie de nouyeau par des experiences qui
Ini sont personnelles, experiences faites sur des ani-
snaux qui, sacrifie's apres avoir pris une dose consi-
derable d'opinm , out ofiert dans la (luldile' de lour
jang la preuve de la qualile' expansive del'opium;
el e'est ainsi qn'il combat 1'opinion de Malston, qui
le juge re'pressif et coagulant.
La seconde partie du Me'moire de M. Poullain ronle
sur les proprie'te's de l'opium , administre' avec dis-
cernoment dans les maladies chirurgicales , fractures,
affections impetiginenstes , plaies et ulceres, douleurs
cancereuses , operations snr des parlies extremement
perveuses, eic. , etc, , etc.
Par tout il fond'e sa ibe'orie sur l'observation , et
heauronp lui sont personnelles et presentees avec
method e et clatte ; mais il montre egalement que
l'tiruditiou nc lui e i pas ctrangerc , et les auioruas
(7<5J
*T77« q-u'M emprnnte des aiueurs sont bien cboisies et
placc'es a propos.
M. Balliere qui avait ete nomme commissaire pour
rendrc compie de ce mc moire a l'Acade'mie y rap-
pone l'histoire d'un rliartreux qui prennit cliaque
jour un dcmi gros d'opium pour se tenir eveille.
J'ai connu une dame assez delicate qui en preuait
soixante grains tous Ies soirs pour so procurer trois
ou qua! re heurcs de sommeil. Mais je reviens au
tne'moire. Quoiqu'il ne eontienne veri tablemen! rien
de neuf, il est riche en observations et se fait lir#
tvec intcrct.
Memoir e sur le remkde anti-gouteux des Cara'ibesi
M. le comte de Tressan avait communique au
public le re'sultat de ses observations , d'apres sa
propre expedience , sur le remede des Cara'ibes.
M. d'Ambournay vient dons un nouveau me'moiro
pre'senter a l'Acade'mie des observations confirniati-
\es despre'ce'dentes, e'galement fondces sur l'e'prcuve
qu'il en avait f'aite. Tout le monde sait aujourd'hui
que ce remede fameux est la dissolution de la re'sino
de gayac dans le tafia ou alcool de sucre. M. le
comte de Tressan , d'apres l'approbaiion de MM. de
Lassonue , Poissonnier , Macquer et Malouin , avait
essaye ce remede sur lui-menie et avait e'prouve dans
les acces de goutte a laquelle il e'tait sujet un adoucis-
sement prononce.
Excite' par cet exempJe se'duisant , M. d'Ambour-
nay avait e'galement fait usage de ce pre'tendu speci-
fique, et avait e'prouve' du soulagement. C'est au de*
tail de ces tentatives que ce memoirs est consacre, ot
Jftotre respectable confrere s'en mouire le judicieu^
(77)
npofogiste en restreigoant i» <les circonstances partlcu* 177?*
litres les succes obtenus, etse gardant de pre'coniser
son remede comme l'aiuidote universel de toutes les
affections goutteuses.
Et en diet , il est une infinite de circonstances
dans lesquelles cet ennemi du genre bumain a e'luda
les vertns anti-gout teuses d« remede des Caraibes ,
et ce spe'eifique est tombe dans l'oubli. II en sera de
uit'-me de tons les remedes , sans exception , tant
que leur application no sera pas dirige'e par uu dis-
«ernemcut equitable. Mais on peut dire ici ,
Hoc opus , hie labor est
AEneid. 6. iag.
Hippocrate en fait l'observation dans son premier
apborisme Judicium difficile ; et , de l'aveu des me'*
decins les plus ce'lebres , e'est la partie la plui
difficile de l'art de gue'rir.
Stir une affection nerveuse extraordinaire guerle par
les bains froids j par M. Poullain , cliirurgien ,
?» Rouen.
■^jeiie jy**« est lesujetde cene observation. Age'e 1778^
de 26" ans, d'un temperament sanguin et d'unesen-
aibilite fort grande , jouissant d'ailleurs d'une same
passable, fut renversee dans la rue par un caros.se
don I la roue lui passa sut Ie corps. L;« voiture c'taic
■\i' : e, ei elle n'c'prnuva aucun accident visible on pal-
pable i niais la traycur ful extreme , et pen de letups
■pres elle fut prise d'accidentscouvulsifs qui , pre-
naut cbaque jour une nouvelle activite* , firent pen*
dant deux ans lc toiuuieni Jc sa vie.
( '8 )
1779. Douletirs vagues afTenant alternntivement lr<
mem b res , la tote , la poitrine , I'abdomen : me-
le'oiisine du vci tie , borbongrnes , suffocations j
insomnie , convulsions pontes a un de'gre' de v ; "-
le. ce si considerable que quaere bommes pouvaient
a pe'ne la conienir.
A une iliade de maux on oppose one multitude
de remedes : saignees , purgations, bains domes-
tique^ , ami-spasmodiques furent employe's tour a
tour et tonjours sans succes ; plusieurs medecins
furent cousulte's et leurs tentaiives furent egalement
infructueuses. Enfin , au bout de deux ans ,
]\1. PouHain proposa les bains de riviere , on eiait
alors au milieu de 1'e'ie , et la malade y resta une
heure. Ses urines alors supprime'es commcncurcnt
a couler plus librement et eiie put rester a-^ez tran-
quille dans son fauteuil ou eile passa la nuit. Le
lendemain et jours suivauts elle demeura deux lieu-
res dans la riviere avec un tel six res que le cours
abondant des urines se trouva peu-a-peu rctabli ,
les convulsions se mode'rerent , le metedrisme du
ventre , les de'sordres de la poitriue , les douieurs
irrc'gulieres se calmerent dans la meme proportion.
La malade put reposer dans son lit , prendre de
la nourriture , et repreudre enfin le cours de ses
occupations ordiuaires.
Ainsi se termina une maladle longue ct rebelle ;
et M. Poullain ajonte qu'au moment ou il comma-
niquait sen observation a i'Academie sept ans s'etaient
e'coule's sans ijue cette malade ait e'prouve le nioindre
e'ehec dans sa saute.
(79 (
Sur la nature dufluide animal ; par 1M***.
On s'attendrait naturellernent a trouver dans re i 7 -8.
mc'moire des observations propres a reveler I'es-
sence et la nature de re fluide dont tout le monde
paile et que personne encore n'a mis sous nos
■yeux.
M: ***, non content de dire avec l'auteur celebre
du Traite des Sens qu'il y a une grande analogic
entre le fluide c'lectrique et le fluide nerveii'x ,
prononce afTn mativement qu'il j a cntre l'un et
1 autre une idenrite pnrl'.iiie ; et pour le prouver
rapporte l'histoire d'une dame qui eprouvait des
affections nerve-uses tres-tortes dans des temps ora-
geux , etc. , eic.
iMais personne d'initie dans les expe'riences phy-
aiques ne doutera de la proprie'le' existante de la
matiere electrique, et de la raaniere tres-variable
dont cllc Bgtrasur les divers individus reiativement
a leurs divers temperaments flegmatique , sanguin ,
nerveux , etc.
Levin, I'opium pre'sentent lesmemes phe'nomehes.
lis produisent l'hilarite' cliez Jesuits, la stupeur ec
livresse chea les autres; chez d'autres , enfin , l'agf-
t a lion et I'inquie'tude, suivant le caractere particu-
lier des individus, et pris d'ailleurs sans exces , et
tout cela ne nous re'vele pas la nature de ce priu-
cipe d'activite si puissant et si in conn n.
Je ne suivrai pas plus K.iu l'auteur de ce memoirs
parce que sespretendues demonstrations nesont (juo
des hypotheses, el que ce ofhamp esl une vasteso-
litode dans laquelle il est aussi facile dc s'egarer
que de s'y engager*
<Po)
Sur line paraljsie nerveuse ; par M.
**«
1*78. Cette dissenaiion est prece'de'e do quelqued
ol servations sur lesseeours quel'ou ponrrnit procu-
rer aux peoples de la classe indigcmc reiativemept
a la direction de lenr same, au traitemept de leurs"
maladies , au maintien de. la salubrite do leurs ha-
bitations, etc , a des medecins stipendics , et qui
leur fourniraient des secours gratuils.
Quant a la paralysie, c'est lauteur lui-meme qui
va par'er.
« N. ***, agee do 5o ans , d'un temperament sau-
guin , dentelliere de profession , ful prise tout-a-
coup d'une faiblesse du cole droit, pcrte de la pa-
role , abolition de la yuc et de l'ouie du memo
cole.
» Appele aupres d'elle, je reconnus dans la jambe
paralyse'e une espece de roideur; dans son pouts
de la frequence el de la contriction. hlle eta;l d'ail-
leurs tres-nerveuse et vaporeuse quoique bien re'glee.
» Je consfcillai une simple infusion dc meiilqt ,
lc petit lait et l'cau de veau. Les bains eusseni ete
indique's , mais la penurie de tous nioyeus nous
empecha d'y recourtr.
» Le lendemain , la mnlade sentit dans la jambe
tin fourmiilement , mais elle ne pouvail la remuer.
j» Les jours suivants , La diminution des accidents
fut plus sensible , elle put se tenir debout , i'aire
quelques pas a I'aide de deux bras , et successive*
meiii elle put marcher et veuir chess moi.
» Le 2i e jour de sa maladie , elle entre dans
anion cabinet la joie peinte dans les yeux et m'.-m*
nonce
CSr )
hnnre qu'elle avait recouvre* la parole; mais I'oreilie iyjQ
et i'ceii malade e'taienl encore dans le mime etat.
»> Kile avail semi comme un roup de lance dans la
I&ngue an moment ou cl!e avail repris rusage de !a
par..!e. Le trentieme , c le semit 'dans I'ueil malade le
meme coup ei recouvra lavue. Qu'elque's jours apres,
ineme sensation a I'oreilie -, et Paudi'tidn y lut re-
taldie.
» Les symptomes pathognomoniques de cet'e ma*
Indie soul la r'oideiir dans les parties paraly sees ,
un pouis frequent et serre.
>» J'aurais pii taiiguer la malade par les safgneesi
re'm.tiqne , los ve'sicatoites ; le plus simple ir.-.itc-
taeni a suffi, et ni'a pareillemeut reiissi dans plu-
Sieurs cireonstances analogues.
\oiir rme fievre maUgn.e comp'iyi e (V affection eonvnl-
Sivegittrie par Vusa'ge de "eau ; par Id. TkRREoE„
Docteur-Me'deciii a Laigle.
" T-er>i uovemlire i77 r >, je Fus appele, (eciril Ml
Terrede) a Villersen Ouche, pres de M.tTtber\ , clii-
rurgien , ftg i d« ?."» ahs , sanguin de temperament et
feingulierement irritable. II e'tait aiteint depuis liiiti
jours d'une Gevife continue avec de violeus reddu-
Llemens. On apperrevait ipritr'e cuir el chair im
grand riombre d'aspe'rite's iniliaires. I e malade* avaitf
le ponls petit , tresifre'queni , et .sc plaighait d'un
vn.leni mal de tcie , de ser'rerhe'nl de poitrine ,
(^oppression ; la bouche e'lait triauvaise , la lai:gue
ctiarge'e , le ventre me'leor'ise et ires-pa resseux II
eprouvait de fre'quentes eructations ; les u-nes
routes, dune odour insupportable, coul.iient dn'/ici-
lement.
Tome 1P~, 1771 a 1780. F
( to )
1778. » II etait souvent agite tie mouvetnens conviilsifs
V.iplens , toamant les yeux , grincant des dents.
j> Cc maUicurenx avait etesaigne six fois du bras,
deux fois du pied ; on se proposait de le saigner
de 11011 veau : la faiblesse et la concentraiion du
potils m'engagerent a m'y opposer. Je conseillai le
petit lait , la limonade , un lavement emollient
toutes les trois lieures , des fomentations pareiiles
et un minoratif pour le lendemain. Le minoratif
lie fut point pris, les lavemens furent continues et
exciterent d'abondantes evacuations'.
» J'or ionnai le bol -de camphre et de nitre , et
cc fut aussi vainement. Avant de le quitter je le
Cs metlre au bain qu'il supporta avec profit. Je fis
appliquer deux vesicatoires , et le surlendemain je
le trouvai convert, d'une eruption miliaire crystal-
line trcs-abondante.
w Le maladc re'duit par sou excessive re'pugnance
a 1' usage de l'eau , et les convulsions continuant ,
ce fut bientot notre unique ressource. Je joignis
les irrorations sur la tcte et la poitrine avec l'eau.
froide , et ce fut avec uu succes marque'. II en ava-
lait cinq a six piutes de suite , et ce fut pendant
un mois son seul rcme'de.
•> Malgre le froid exressif qui dominait et les af-
fusions d'eau froide , il se plaignait d'etre consom-
ttie par la clialeur. Les convulsions cependant di-
minuaieut d'intensite' , mais 1' eruption se renouvella
une seconde fois. Enfin un abces qui fit coulerp.ir
iVrcille une assez grande qnautite de pus, mitfin
;i la (ievre , aiu douleurs excessives de la tele, et
termina la maladie.
» Quoique les convulsions aient encore continue
denx mois spres celte espece de crise , ei qu'fl fut
alors d'uuc eiirayauie maigreur , il u'a pas tarde a re-
(^ )
cbbvKer sues fotcts pi «on embonpoint , et a reprendre "77 8*j
l'cxtrvice tie sa profession.
Nous plarerons ;i la stiiie de cpttp premiere obser-
vation lc> observations suivames communiquces par
le meme M. Terre'de.
Sur les effets de la poudre dc Cantliarides prise
inter ieurement.
2 e Observation. — « Une jeuhe fille, a™i r e de 12 ans,
et \01-1nc de a Tr ppe, giant tombe'e dais on etat
de caches.'* fut amenee par scs parens a la phar-
macie de cette maisod. El!c (Mail d'aillettrs atteime
depuis deux arts d'une ophthalmie considerable.
On lui cOnseilla a la suiie dies reme les propres i
♦ aimer ['inflammation , l\ tablusement d'un ve'sica-
ttnre ;'; i.i unque , et pour I'entiecnir on rendt i
la inert quarauie gains de poudre de camliarides.
)> Deux joins apres", cene t'tmme eianl venue
donuer des boUvelles de sa li lc recui 11m poodre
pllrgative pOttr la lui laire prendre le Icndemain.
t r paquet iui mis dans a meme boite ou le* cau-
tl.a: iocs a\aieiii e c .ie'posc'es ; etloisque plusieurs
joins apres la more vo'jlut purser sa Idle, v \ e | u i
doni.a 1:11 paquet pour l'autre, 61 les quara-.te grains
de caniliardes fureni avales. Qu'on imagine I'ellct
d'une pareille me'prise. J eta'is dans le voisinage ,
et sur la fumeur publique, je me transportai an
domicile de la mall. cm < use > clime. \ om semens
de sang, dejections, urines saiiglautes , douleurs
an. ccs , syncopes, palpitations j sueurs Jr.. ides,
ciepiou pourprce , ] ouls up;.i inic ; tele etaieut led
I"' 1 ' ' ■ ! ■'■ v symptdmea de ceite aftrestee ion! die.
»'Jcus recouts aux aduucUsuns : le I i,t , 1'huiU
F *
( as >
*T/8* furcnt admmistre's largement en boissons et en
lavemcns ; une potion cordialc campbrc'e fut em-
ployee pour ranimer les forces ; enlin , j ens la
satisfaction de la voir au Lout de trois semaines
parfaitement retablie.
5 e Observation. — Les mnux de gorge gangre'iieux
dont M. Marteau , me'decin a Aumale, nous a
donne' une description tres-exacte , avaient regne
epidemiqucment dans six ou sept paroisses voisines
de la Trappe , pays convert et huinidc , et avaient
cie' remplace's dans ces monies communes par des
apbtbes gangre'neuses qui de preference atlaquaieut
ies adolescens de 1'un et de 1' autre sexe. Elles
etaient suivies d'un gonflement douloureux des pa-
rotides qui le plus souvent cnez les garrous etaient
suivies d'un gonflement considerable au scrotum et
aux testicules, et souvent accompagne'es d'un pria-
pisme tres-importun.
» De meme cbez. les filles la me'taslase s'est ope'-
rt r e sur les organes sexuels de maniere que 1'inva-
&ion de la seconde affection faisait constamment dis-
paraiirc la premiere. Quelques saignees legeres au
debut , des de'layans , des cataplasmes e'molliens
sur les tumeurs, (juelqnes le'gers diaphnretiques
etaient les secours ordinaires ; ies sueurs etaient la
crise la plus commune.
Ramolissement des os des isles ; observation pat
M. Gosseaume.
1779- J e commence par annoncer que je n'ai eu au-
cune part an traitement dn malade qui donne lieu,
u 1' observation qui va suiyre, tuais ayaut e'le iuyit©
(85)
d'assister a l'ouverture de son cadavrc, c'est la que J 779*
j'appris les details de la tualadie qui l'a conduit au
tombeau.
M , age de Go ans, exercant unc cliarge assez
importante avee l'avautage que donnent le savoir,
1'iiite'grite et Jes ornemens de l'esprit , fit une chuto
considerable sur la lianelie gauche , c'tant alors nionte
sur uu marche-pied mal assure et pose sur uii par-
auet frotte'.
Assez long-terns apres, son cliirurgien , consultesur
tmepre'teudne doulenr rhumaiismale qu'il ressentaita
lacnissedu menie cote' , proposa des reinedes dont il
n'ofitint aucun soulagenicnt. Un autre chirurgien fut
appele .et reconnut une tumeur assez indolente, sans
aucun signe de fluctuation , sane changemeut de cou-
leuralapeau, mais laissant appercevoir un mouve-
irient ondulatoire et profond a cliaque pulsation ar-
teriole. 11 soupconna contre le sentiment de son con-
frere un ane.vri.sme de I'artere iliaque. Cette idee fut
encore renforcee par la declaration que fit le malade
qu'il e'prouvait de frequentes palpitations de cue'u/r.
Plus incertain qu'il ne Tetait prece'demment , par
le conflit de deux sentimeus opposes, le malade
appele d'ailleurs a Paris par ses afi'aires personnelles ,
prit occasion do ce voyage pour y consnltcr les
liommes de l'art les plus reuonimes. lis partage-
rent l'opinion de I'anevrisme, conseillercut des se-
cours palliatifs , ct le nialade revi&t dans ses lovers.
Le mal cependant faisait des progres joiirnaliers,
la lievre e'tait exacerbe'e tous les soirs , les forces di-
minnaient cliaque jour ainsi que le monvement dela
cuisse aflecte'e , euiin le malade succomba , ct on
s'empressa de s'eolaircir , par I'inspectiou anato*
mique, de la nature des de'sordres juges d'une ma-
Diere coniradictoire.
E 5
( 8*V
1*779* ^n CfOl pouvoir s'en ieuir n l'evamen deft parties
re'pnie'es malados , et on proee'da a In dissect i< n des
teguments qui rccouvrnieut la tumour et a L'entever
ment lies masses mn^rnla'res , avec la precaution
command* e par les rircnns'ances.
Alors on pu» voir one fongosHe' resultant do la
fnme d'nne partie du sacrum ft d'nne pnriic (\e
l'os des isles qui y a 'hire , pre'sentant on aspect
gelatmeux on peu solide , et do la rouletir debris
do veao mal ni'is, Qe tte» eonrjetion ct'ir.t'nouse ren-
f rma t dps corps bores et piquauts : r'etaii des
fragments il'os qui avaicnt elude l'aciion dissoLante
du prinripe rnorhiliqne.
Los parties vois'nes el du saornm et de l'os dos
isles qo' avaient conserve leur forme , etaient lel-
lemenl ramollies qi'el'es so laissaient on'amer par
le scalpel aussi faciloment que d 1 simples cartilages.
En retournanl le ca lavre , mi craqueirient ires-
distinct se (it entendre : e'etatt la fracture du fe-
mur gauche qui, di 'gage de ses enveloppes muscu-
laires , parnt eut element carie.
Le mome de'sordre se fit rcmarquer dans les anires
os longs quoiqn'a un de'gre moins considerable , Tnais
no cllort tres-mesure sufiisait pour les fracturer.
Qiio'qne les accidents analogues a ceux qui nous
occupei't r.e soient pas fort tares , il n'est copen-
dant pas ordinaire de les voir aussi prononcs et
aussi generalement e'tendus ; et ce motif seal m'a faii
pr.-sunxr que I'Aoadenre ne verrait pas inou obseS"
vation saus queliju'iutc'ret.
(87 )
Memoire dans lequcl on recherche si a V inspection
du cadavre d'unn per Sonne empoisonnee on peut
determiner lequel du sublime' corrosif on de l'ar-
senic a etela cause de la mart ; par M. Marigues,
Cliirurgien , a Versailles , lieutenant , etc., etc.
Get inieressant memoire sur une question fort im- 1779.
portante de la medecine legale fut compose a I'occa-
sion de l'empoisonnement du jeune Lamotte par De.s-
rties. Apres ('exposition du proees-verbal d'ouverture
du cadavrc de ce jeune infortune, M. Mariguesrap-
portece qu'il avail en occasion d'observer a l'ouver-
tnred'un individu qui s'e'taitempoisonne lui memo et
dans l'estomac duquel on avait trouve une poudre
blanche , jusqu'ici principe probable de la mort du
sujet, et dont A'. Marigues va recbercber la nature.
« Cette poudre c'lait blanche , et , par l'effct rapide
quelle avait produit sur l'economie animale , il y
avait lieu de pre'sumer que e'e'tait ou de l'arsenic
ou du sublime corrosif.
» La cliimie nous apprend que l'arsenic jette' sur
des cliarbons ardents exhale une forte odeur d'ail.
J'cli jettai done une partie sur des rhaibons allu-
mes et il ne s'en evhala point d' odeur pareille.
» Je presumai que cette poudre n'etant point de
l'arsenic pouvait etre du sublime corrosif, et je di-
rigeai d'apres cetle idee mos operations.
» On sait que le mercure blanch it 1c cuivre rouge.
Je ncttoyai en consequence une piece de luonrinie
de cuivre , je la cliaunai ct In frotiai avee
une portion de la poudre, ct eiie tin incontinent
blnnchie. Cetle experience m'iudiqua done que cette
poudre e'tait un sel axercurieJL
F 4
(• c 8)
J77g« u Mais il est une autre experience qui mpt phi*
surement le fail liors de donte , et je dus y suu-
niPttre la substance saline que je destrn s de nm-
nalire. Je lis dissoudre le restant de la poudre dans
de I'ean tr&s-chaude. Ay ant verse de I'e&U decliaux;
dans ceite dissolution , !e melange prit aussitot une
conleur janne , et quelques moments apres il se lit
tin precipjte briquete , et je conelus que uiou sel
n-ierruriel e'tait le sublime' eorros P.
» La dissolution arsenicale traite'e de m.e'me avec
l'eaa de pilau's dp nroduil rien de pared : mais si
on y ajoutaFt de l'hoparsulpliuvique , on enformerait
do i'brpiment, et le melange jauuirait snr-le champ,
phenomene q"i n'a pas lieu avec la dissolution du
sublime' corrosif. De cette double experience ,
Id. M argues in fere l'ut'lite de 1'eau de chanx contre
l'empoisonnejnent par le sublime corrosif; et ceile
du loie ile soufre contre I'empoisonuement par i'ar-
sinii ; assertions sur lesquelles. il ne faut pourtant
pas fonder de imp grandes espe'rances. Mais on n'est
pas toujours a portee de recueillir de* portions sen-
sibles de ja substance saiitie qui a cause le mal ; et
ici M. Marigues se demande si ces deux especes de
de'le'teres n'agiraient pas sur l'estomac et les in testing
d'nne maniere assez distiucte pour permettre d'en
iiiferef a quelle espeee de poison on a alfaire.
Ici I'aineur se livre a de nombreuses recherclies^
cite tin grand nombre de fails puise's che% les au-
teurs de collections d'observations analogues, qui
proment pour la plnpart que nous avous sur ce fait
Lien peu de proces-yerbaux e'galemenl precis et lu-
Tnineux. Nous ne le suivrons pasdans cette excursion
dans laquelle il fait preuve d'une vaste erudition et
d'une critique judlcieuse , et nous nous conienta-
rous d'exposcr. les consequences qq'il en de'duit.
( 89 )
Dp t^n s res fairs on cldii concldre , *77$i
i° Que le sublime corrosif agit plus promptement
que I'arsenic sur le< orgaues de la digestion.
?.° Que le sublime corrosif porte plus direetement
sou action sur I'estomac que Mir les intestins ; et
qu'encore que I'an enic agisse sur ce premier viscere ,
il exeree geue'raleniein son action avec plus de force
sur les intestins que sur I'estomac.
5° Que les personnes empoisonnees par le sublime
corrosif pe'rlssenl en general plus promptement que
cellos dont la mort esi I'effet de I'arsenic.
4 U Que dans I'empoisonnement par I'arsenic les
paroi's de I'estomac paraissent e'miocis ; letir tunique
interieure se detache quelquefois avec facilste ,
an lieu que dans I'empoisonnement par le sublime
corrosif les merries ttiuiqties conservent leur epais-
seur naturelle ; et souveut , dans ce dernier cas,
1'in e'rieur de I'estomap parait tres - enilamme et
comme errbymose.
5^ Que par I'effet de l'un et de I' autre poison les
poumons se gorgent de sang, a raisou du spasme
des parties pre'cordiales.
6° Enfin qu'on peut, a I'aide des experiences faites
sur les materes qui se troijvent dans I'estomac des
personnes empoisonnees , et que nous avons indi-
quees , constater la nature du poison si les autres
siloes que nous venous d'exposer ue sont pas assez
coucluauis.
Observation sur des ovaires tres-vicies ; par M.
Marigues , cbirurgicn a Versailles.
i ft0 Observation. — << Utie femme ftge'e de 7? an*
e'tait depuis long-temps afiectee d'uu caucer occuke
<9<> )
i 779' ^ ' a mamc ^b3 droite ; elle portait de plus line grosse
tumeur qui occupait ton te la region hypogastrique
et une partie de la region ombilicale Cette
mnladic ne comporiant aucun traitcment , je me
conientai dc lui prescrire «n regime convenable.
Elle mourut pen de temps npros.
» L'examen de son cadavrc m'oflfrit les phe'no-
menes suivants :
» La tumeur du sein e'tait d'une texture cartila-
gineuse , sou interieur rempli de varices de gros-
seurs ine'gales.
>» Lamatrice,plus grosse quele poing,avait rorame
la mamelle une consistence presque carlilagineuse ,
ce qui justifie l'opinioji des auteurs qui e'erivent que
le cancer des mamelles entraine presque toujours
celui de la matricc.
»» Dans ra on observation e'e'tait le cote droit de
la matrice qui e'tait affecte'.
» Les ovaires e'taient prodigieuscraent gros , leurs
surfaces e'taient fort ine'gales , et les e'minences qu'ou
y remarquait e'taient autant dc kistcs plus ou moins
remplis de se'rosite'.
» L'ovaire gauche pesait 8 ft et demie , le droit
7 ft 12 onces. Tous les kistes ou verts rendirent une
se'rosite' jaunatre abondante. Les cloisons de ces
kistes e'taient cartilagineuses. Les ovaires e'vacues
pesaient le droit ft j 3 xij 3 iv, le gauche ft j | vij 5 iv«
2 e Observation. — II est question ici d'une femme !c
5?. ansaccouche'e en mars 1776. Une tumeur conside-
rable qu'elle portait a la region hypogastrique la lit
recourir aux remedes. Elle se mit entre les mains
d'un charlatan qui ne les lui e'pargna pas.
>» Le ventre augmentant de jour en jour, je fus
cousulte. Je le trouvai d'un volume e'norme, con-
( 9 r *
tenant vn fluidc que de'celait une fluctuation ties- 1773.'
sensible.
» Je proposal la ponciion , la malade s'y refusa
e' je ressai de la voir. Elle se remit de nouvoau
dans les mains de son cmpirique qui cominua de
lui adminisirer des remed.es-
» II s'e'tait forme une tumeur oml)ilirale qui ,
trois mois apres ma reiraite , s'ouvrit en trois endroils
qui donnaieul issue a une grandc quantity de fluide-
>» Dans les premiers jours d'ociobre suivant elle
se fit p< rter a notre hopital , resign e'e a se faire ope-
rer , La ponciion fnt f'aitc ei la malade parut soulage'e ;
roais a la fin dn income mois elle I'ut prise d'uuflux;
colliqnaiif qui la rondiiisit au tombeau.
»» A I'ouverture quej'en lis , je trouvai toutela por-
tion du peritoine qui tapisse I'll) pogastre gangrenc'e.
» La tumeur inegaleroew arrondie et adbe'rente
supe'neuremeut a I'epiploon degenere et commc
caruifie , egalait le volume d'une grosse Louie a
jouer aux qnilles.
» Lor.«qn elle fut dcbarrassee de I'epiploon, nous
y reconnupaes des prolonpements qui ajoutaient tel-
leme:ii ;i son volume que mcsure'c de la base d'un
prolongement a 1'autre elle avail 29 pouces de cir-
confereice.
» One mmeur e'tait l'ovaire gauche i sol e'e , elle
pesait dix livres, elle se composait d'une infinite' die
cellules donj les cloisons avaieni beaueoup d'e'pais-
«eiir el de depsile ; (Mielquos-unes conietiaienl uue
matiere pariforme, d'aujres un fluide glaireux ,
d' a mi res avaient leurs cloisons gangrenees.
» Les autres viriceres preseota'cnt pen d'objeis
important s a rernaTquer ; mais les de'sordres de
l'ovaire Haient plus que sullisanls pour conslitucc
une maladie nioi'tellc.
(9*)
Sur la cause qui fait snrnager a 1'eau les pierres.
bilinires ; par M. Mariguks , Cliirurgien a Ver-
sailles.
[ 779* u Les anatoraistes les plus distingues , Riolan ,
Diemerbroeck , Saint-Hilaire , Vieussens , Senac ,
assurent que les calctils biliaires plus lcigers que l'eaa
surnagent a ce fluide. Ce dernier derive de celte
proprie'te" un caractere qui distingue ces calculs des
calculs de la vessie qui ious se pre'cipitent au fond
de l'eau. Fleurant , Sabatier assurent positivcment
que les pierres biliaires sont plus le'gcres que l'eau.
Ce dernier cependant ajoute qu'on en rencontre
quelqnefois de plus pesantes , et semble croire
qu'elles sont d'une nature differente.
m M. Lieutaud , sans dire rien de positif sur la pro-
prie'ie' des calculs biliaires de surnager l'eau, semble
adopter le meme sentiment. Ces concretions de di-
verges couleurs sont, dit-il, le'gcres , inflammables ;
mais on ne peut dire qu'un corps est le'ger qu'eu
le comparant a un autre , et que e'est toujours a l'eau
que Ton compare les calculs biliaires. II fauteniu-
fe'rer que ce me'deciu ce'lebre partage le sentiment
des auteurs cites.
» II laut croire, pour qu'une crreur pareille se
goit perpe'tuee depuis un sieclc , qu'aucun des
anatomistes ci-dessus n'a examine de pierres biliaires
recemment extraites.
» M. Hubert, cliirurgien a Paris, est pput-otre
le premier qui ait reconuu et public que les pierres
biliaires re'cem,ment tirees des cadavres se precipi-
tant au fond de l'eau.
<93>
»» Depuis la lecture de l' observation dc M. Hubert ry79*
Je n'ai jamais manque , dit M. Marigues , dV'prouver
ainsi les pierres biliaires que j'ai renconlrces dans les
cadavre*, et. je les ai toujours vuesse pre'cipiter au
fond de l'eau.
»» Mais lorsque par la dessication le fluide aqneux
a e'te' remplace par un fluide plus lcger , alors elles
surnngeut ; et de ces observations , et de diverses
experiences tente'es sur les mcmes calculs , M. Ma-
rines tonclut que les pierres biliaires re'centes sont
plus pesantes que l'eau , et que desseche'es elles
turiiageiu a ce fluide.
Observation d'rine dose considerable de ntercvre su-
blime corrosif prise sans rdsultats desastreux ; pat
M. Mortreuil, cbirurgien.
u Un homme de 5o ans , fort et robuste , fut aita-
que , dans le courant dc Janvier dernier , d'accidents
sypliilitiques. Un clove eu cliirurgie auquel il eut
reconrs lui conseilla la dissolution d'un gros de su-
blime' corrosif dans one pinte d'eau distiilee. Le ma-
lade devait prendre cbaque jour une cuilleree de
reite solution e'icndiie dans une pinte d'eau d'orge.
Le malade, sans dome avec 1' intention d'accele'ref
sa gue'rison , pril la dose entiere cu trois jours sans
en rcsscntir atirun effet allarmanl.
" Ceite observation, dit M. Mortreuil, m'en rap-
pelle une autre prcsque scmblable qui m'a etc
comniuniquec par M. B., cbirurgien aide-major du
regiment Dauphin , d'un malade qui avail pris one
* t < > v o pareille de sublime* corrosif pareillement dis-
sous dans de l'eau diiliilce t'dukorce aycc hix ouccs
(o; )
*779* ^ e syrop de rapillairc et une once de syrop de dia-
code. Le malade qui, cotnme b precedent , dcvait
prendre une cuilleree de cette solution cha«jne jour ,
avait pris la dose entiere en cinq jours et n'en avait
ressenti aucune dunlcur. »
Le merne M. Morireuil cite a cette orrnsion l'liis-
loire d'une ourse que i'on voulait Brhpoisenher , et
qui prit impuneinent une once d'arsenic , de la noix
Vomique et une grande dose de sublime crirro.sif;
( P'oyez les Me'moire de 1'Acade'mie royale des
Sciences de Paris, r 747 > P 3 g e 5o - )
M. Morireuil se livre ensuite a un grand nombre
de reflexions dout on ne grossira pas cet exuait.
<ourcrov On sail que loutes les matieres terreuses et alca-
yst. lu-\° lines out la propriele de decomposer le miniate Mir-
lome III. oxigene' de mercure ; et sans soupconner aucune de*
>age 207. f ec mosite dans la preparation du sublime , ariicle
d'abord sujet a caution , qu'au lieu d'eau distilled
on ait employe' ur;e eau haturelle , trials tenant eu
dissolution des sels calcaires , selcnite et anties,
quel'eau d'orge ait e'le' preparc'e avec une eau sein-
Liable , en faudraii-il davantage pour absorber
1'acidesurabondant ,et reduirc le muriate suroxigcne
a l'e'tat de muriate doux , alors indissoluble. (Stole
de I' Edit ear. )
Sur une hy-dropisie aciSoffipagnSe d'accidents cxtraor-
dinaires; par M. TtRRUDE, Mcdccin a Laigle.
N....,age'e de 47 ans , d'une complexion molle ,
a la suite de pertes marines abondantes e'protnte des
douleurs violentes dans le ventre, une tumefaction
sensible du seiu ayec un le'ger c'coulement d'uue
(?5)
aumeiir sereiue : elle crut alors qn'elle o'tait enceinte. 1779*
^'augmentation du ventre et la perseverance des
doulenrs 1'engagerent a m'appeler. Je partageai
d'ahord son opinion. Mais liuit ou dix jonrs apres,
ayant etc appele de nouveau , je trouvai tout I'ab-
domen distendu prodigicuscment, et la fluctuation
d'1111 fltiide epanche' tres-sensible.
Je proposal la paracenthese qui fut pratiquc'e de
suite; mais le trois-quarts retire de la canule , quel
frit notre e'tonnement de ne voir aucun fltiide
s'e'couler. Une sonde a bouton introduite par
la canule fut aussitot arrete'e par un corps dur. Nous
engage&mes la malade a se porter du cote' oppose,
et il s'e'coula par un plein jet sept a. buit pimes de
fluide.
Le ventre ne tarda pas a se tnmefier de nouveau:
sept nouvelles ponclions furent pratiquees j enfin,
la malade epuisee succomba.
A l'ouveriure qui fut faite de soncadavre, nous
apprrrumes aussitot un corps sphe'rique et allonge
du volume d'un rnoyen potiron, portant l'cmpreinte
de six a sopt coups de trois-quarts , et pose sur les
dernieres vertebres dorsales et les premieres lom-
baires. Ce corps , qui pesait sept a liuit livres , se
composait de diverses cellules remplies de se'rosite.
11 portait a sa panic supe'rieure et ante'rieure une
espece de ligament long et large d'un pouce et demi
a-peu-pres sans aucun vestige d'adbe'rence.
L'e'piploon avail perdu la moitie de sa grandeur £
ce qui en re-tait eiait luberculeux. Le foie ires-
volumineux etait convert de tacbes violettcs ; la ma-
trice plus grosse que le poing etait compacte , ses
parois epaisses d'un ponce et demi.
N'esi-il pas vraisemblable , se demande en finis-
saut M. Terrede , que ce corps tire son origine do
c 9 o
s 779' 1'epiploon dont il s'est deiacne , et n'eut-il pas e'le
possible dc I'extraire par ('operation ?
S'il etait perm^ d'avoir une opinion sur nn faii
que Ton ne con nail que par un rapport qui laisse
malgre ses details bien des fchdses a desirfcr , ne
serait-on pas icnie' de conside'rer le corps volumi-
neu\ dont il est question com me l'ovaire de'ge'h^re' j
et en refle'ehissant sur les desordres do I'ute'ros ,
de l'e'piploon , du foie , de quel succes eut pu ctro
*uivie i'operalion proposee ? ( A'o/e de VEditeuri )
Sur Vusnge abusif de In Pommade de Saturne ; par
M. Poullajn , Chirurgien.
u Le 5o juillcr , je fus appele' ( e'est I'auteur du
me'moire qui parlc) chcz un marcliand de la rue
Grand-Pont , pour y visiier son gareon de boutique
detenu au lit depnis un mois a la suite d'une bru-
Jure presque universelle occasionne'e par la chute,
la fracture d'une bonteiUe remplie d'esprit de vin .
et l'iuflammation de la liqueur ; cct accident e'tant
arrive aupres du feu , et la Uainmc ayant agi a\cc
d'autant plus de vivacite que le rhalade alors etait
en chemise et plus expose a son activiie'.
» II y eut des panics le'geremenl! atteintes, mais
il y en eut aussi de profonde'ment brufees.
» Un chirurgien, que M. Poullain se di.-pense da
nominee , les traita toutes incfisiinctement de la
meme maniere avec la pommade de Saturne, et
l'employa avec une telle libe'ralitu' qu'il en rousomma
lepoidsde trente-six livres dans 1'e.space d'un mois.
» Les ulceres superacids gue'rirent facilement ;
mais il n'eu fut pas ainsi des ulceres piofonds : il
s'y
f <r )
I une suppuration si abondanre qu'elle '/7S(
<lr e'nera on one fbnte sanieuseet colliquative.
» ri'est dans eene circbnstaric'e quo Si. Poullain
fui appelle'. II troufca le hnalade d'une rhaigreur
excessive, le pouts lialntm 1'oment febrile et dou-
Dlement e'puise pat uhe diete rigoureu.se et par
la suppuration.
>> Se rappeHatii al'drs Irs ronseils de Quesnay ,
rabre , Louis et autres cliirurgiens celebres qui
condamnenl les suppuratifs et los emplatres dans
!(■•> hriilures prbfoudes , lit ses pansements aver la
dhdrpie m'< l,e , son tint les forces par tin regime
graduellemenl plus ro taurant:
" L'e'iaj de noire iboribond ne tarda pas a s'ame*-
librer , el sa gue'rison fut coniplette au bout d un
Itiois. n
SI. Poullain joini a cbt expose dcs reflexions cri-
tiques dans le detail desquelles nous ne le suivrous
pas : elles lendent a proriver cette ve'ritd incontes-
table que le traitctneht le plus siiriple re'u.ssit lors-'
qu'il est judicicusenient applique ci seclude par
la nature.
Surl'abusdes sutures ; par M. Mortkmjii. , CbirurgienJ
u T T no fomtne , age'e de cinquanre ans a-peu-pr^sj i-Soi
i'-n hcurtee parle moulinet d'uue charrette et re'ri-
versee. La roue de li meme voiture lui froissa la
jainbe et lui ill one ptaie qui d'eteud i'ii depuis la
tuberosile da tibia jusqu'au me'tatarse. La peau seule
ct
as lissus celiulaires me pa .: interi - -,
(•c'esl I'auteur qui parte ) , je the de'termiiiai a ra'p-
!if-r les l.'vtcs fci a les li\er par Jiuit points de
suture entrecoupe'e.
i omc II } 17-1 a 1 'So,
(1)3 >
»» La re'traction de la peau e"iait si grande que la
plaie ^present ait une ouverture de six grands
travers de doigts , el j'eus beaucoup de peine a en
rapprocher les levies. Deux compresses longues
placees mix cote's de la plaie et contenues par un
bandage unissant, me parureqt propres a prevenif
le tiraillement occasionnc par les points de suture.
» L'appareil d'ailleurs fut trempe dans l'eau-de-
vie , la jambe et le pied places dans la position qui
me parut la plus favorable.
» Jc laissai cct appareil jnsqu'au surlcndcmain
en coniinuant d'y faire des irrorations avec l'eau-
de-vie toutes les six benrcs.
* A la leve'e de l'appareil , il y avait du gonfle-
rnent , mais il e'tait pcu considerable , la malade
e'tait sans fievre , et je me contentai de cbanger les
compresses qui me parnrent durcies.
" Le troisieme jour, l'eugorgcment et l'inflamma-
tion ayaient fait de grands progres , les points de
suture e'tranglaient la peau , et 1'intervallc qui les
separait pre'sentait un bourlet considerable.
" Je coupai aussitot les fils ; la plaie fut panse'e
a\ cc le ge.stit* simple et les plumaceaux recouverts
par un cataplasmc anodin, je saignai la malade pour
la .^ecoude fois et me rctirai.
>> Le soir , la plaie et ses environs presentterent
drs signes de gangrene. J'njoutai au digestif les tein-
tures de myrrbe et d'aloes et le campbre a l'eau-
de-vie.
" Le quatrieme jour au matin , la gangrene ayant
fait de grands progres , je fis de nombreuses scari-
fications,, je couvris l'appareil d'u:i caiaplasme anti-
peptifiue, la malade fut mise kl' usage da quinquina.
Ljusage continue de ces moyeus senibla fixer la
gangrene.
c m )
>. i >ie jour , la -unpuratinn commrrira a
fe'etablir et se soiiiioi de manicre a fairc roncevoir
do ftatteuses eqv.-rauces : !e pus emit de l)onne qua-
lity, oi les toearres gangrrfneilses e'taie'nt enlie"renaent
t)'ii!) ; e-i lorsque la mal.trle fut pri-e cPdne 6evre
lente , continue, de convulsion des muscles de la
i: • ', >-!'e infe'rieure ; rile maig'rit rapiddhient , la
re piratiorl devlnt labdriewse' , fe pools petit , fre-
(fuent ; eniiti , oil* sueeorriba le treizieme jour , la
plate s'e'tani maiulcnne dans le mcil'.etu* (fiat , et lcs
chairs prdsenrant tin aspect vermeil et grenii.
lei I auteur se livre a des r*6fle<ions tros-se'rienses
et eiaye'es de I'autorire' des mciileurs ntucurs ct
termine ainci son tmimwre!
<t II suit de ee que j'ai dit que las sutures dol-
vcut etre bannies <!u u-aitement des plate's occasion-
ne'es par des corps donioudanfcs.
»> ie ne puis tl^uc m'emp Vlier de regreUer d'en avoir
fail usage Ji ns la maladie dont j'ai doninl I'ltistoirc.
>> IJn praiicien e'elaire a (jui j\ni fait part de cc.te
observation pcnse que la nature d<^s me v ens em-
ployv's pour combative ta gangrene 1 a peut-eiFe cori-
tribue pour sa part a en liaicr ies prOgrds , parce
que ce sont des rcmydes inceir.liaire.'; i]ui i>.e ten-
dcMt (jn'a aqgmenter les causes de la suffocation <lu
prmcipe vital, l.es emollients triors el les aimdins
Sont les nieillenrs anti.-cpiiqncs. »
Les conclusions du cone.r.issaive charge dans le
temps de I'elamen de re me Moire et d'.-n I'aire
6dn rapport a I'Acftde'mie sont ainsi coftcti?s :
« La franchise et la bonne foi avec le-qnelles
T>I. Mortreuil convienl de ses lOttS fdi I hoiii cur a
«a 'Itilicaicsse , et niontre.it qn'i! est capable de prd-»
li'er de ses erieurs et de les {'aire servir a I'ame'lio-
raiiou de sa pratique-
( •<"> )
Constitution epidemique du Havre, en 1780 ; |
M. Lepecq , Docteur-Medecia , ii Ilouen.
La dissertation dans lnquelle sontconsigne's les de-
tails de cette maladie n'a point e'le deposce dans
nos archives : 1'extrait que j'en vais presenter eat
tire' d'une notice abrege'e faite par M. Lepecq lui*
inemc , et destioee ala confection du compte rendu
a la seance publiqnc.
«< Laviile du Havre , une de nos villes maritime*
les plus riches, reeut dansl'e'te' de 1780 les atreimes
d'une ficvie bilieuse irre'gulierement interuiiltente
<;;:i ne tarda pas a deveuir epidemique parnii les
troupes de la garnisou.
>» Ce fut a cette occasion que j'y fus envoye ,
Ic 2 oclobre , par ordre de 1'ndminislration. I. e mo-
ment e'tait pressant : les maiades se mullipliaient
dans la ville , les me'decins etaieiu e'puise's de fa-
tigue , les pauvres habitants ue trouvaieut plus d'asile
dans leur hospice naiurel , entieremeul eucombre
par les maiades de la garnison.
i» M'e'tanl porte vapidemeni a l'hopiial , j'eus la
douleur de voir les maiades double's dans des liu
dont la necessite avait multiplie les rangs. Cet en-
<-ergement meritait 1' attention la plus serieuse par-
ce qu'il pouvait se presenter uue necessite' urgeme
de reodre aux citoyens maiades leur asile ordi-
naire.
» Apres en avoir confe're' avec M. l'intendant jo
proposal au gouvernemeut deux moyens : ou dVf #■
L;;r uu hopital se'questre dans le couvent de^ peni-
tent*, ou d'enyoyer les regiments en plame. L*
( io» )
ministre do la guerre les adopta tons Tcs dent a la
fois. Le regiment do Paris fut cnvoye en Picardie ;
lo depart de Navarre fat arreie, et les ordrcs fureut
donne's pour I'etablissem'ent de l'hdpital se'questre.
Ce dernier secours cependant no fut pas necessaire.
»» Mais il falla't connaitre et obvier , a l'avenir ,
aux causes eflicientes de 1'e'pide'raie , et a cet egard ,
jo dois a M. le due d'Harcourt , gouverneur tie la
province , des donne'es pre"cieuses. Cc general
instruit et vigilant avait observe que la maladio avait
d'abord atlaque les seuls militaires casernes dans
la citadelle, el s'c'tait ensuite propage'e a des dis-
tances plus ou moins e'tpndues; enfin on se rc'unit
dans 1'opinion que les travaux de la briqueterie et
1'e'manation des vapours resultant des vases des "fosses
de la citadelle e'taient la cause de I'e'pide'mie , commo
la dessication de pres de six cents acres de terre
d'alSuvion avait la meme anne'e produit a VVaiieville
nne maladie contagieuse de meme nature ; et tels
furent les elements des trois questions propose'es
au gouveruement :
i° Doit-on conside'rer le dessechement des fosses
du Havre et I'enlevemcnt tardif de ses vases comme
le principe de la maladie ?
?.° Serait-il utile de faire cesser les travaux des
briqueteries , on d'en dinger les operations d'apres
des rdgleraents saJutaires?
5° Ac serait-il pas essentiel d'amplifier les ca-
sernes de la citadelle , et de leur procurer des
commodite's dont ellcs out manque jusqu'ioi?
17S0.
G 3
( io* )
Dc Usnmcntls titeri humani pos'erioribm , cVM a-
dire, des ligaments posterieurs de I'uteiui; par
M. Ferrand , Chiruigien.
Tel est !e litre d'nne dissertation latine de M. Fer-
rand , cliirurgien siipeuclie olors a l'lioiel »o)al de»
Invaiides, dissenation de'dice dans les termes les
plus lionorables a— M. Lerat.
L'a-uteur , apres ujie description tres-succincte do
1'imrtis, de sa situation , de ses annexes-, s'exprimo
ainsi :
<e Jo passe a unfi troisieme pnire de ligaments tfvA
a pour la premiere fois etc dffcihe p;ir le. cc'lebre
Petit , doeunr en mcdcciiie a "aris, et anaiomisie
lres-di.siing.ue , sons le litre de ligaments rwuls et
pOMc-rieurs de I'ute'rus.
» Ce sont deux cordons ronds que Ton obT'"\e
a la face posterieure de i'nterns , reeouverts d'une
productum ctu pe'ritoine assez visible, et semblable
a celle qui forme ou recouvre les nutres ligaments,
tin pen. pl-ws epais que les ligaments rond^ aute'rieurs ,
el-d'uu rouge iiki:i:s saiure.
>> On doit les rechorcher a la parl'e pi> e l( : r ; e::;-e
et late'raje de I' uterus. Leur structure d'iflerc peu
de < vile des ronds anterieurs.
» Ouoiqu'on ne rencontre, auoun sivjet d-u s-exe
feminin dans lequel ces ligaments ne soient nnpa-
rents , ils sont cependaiit commune'ment plus c'leve's
dans les feimnes qui n'out poiot en d*enfants , ou
qui n'en out eu qu'un petit bombre , ou qui u'om
eu que des accouchemeuis tres-facilea.
( io 3 )
>» Si apres Pouverture de 1'abdomen on report© 17^0.
en avant ie fond de Pulc'rus, on dibt ; ngue ces deux
ligaments de forme • scmi-lunaire dont les cavites
se regardent et forment cet espaee que l'ou observe
enire le vagin ct l'intestin rectum.
» Les deux c\ trendies ante'rieures s'attachent anx
cote's poste'rieurs du col de 1' uterus, et les autres
an liaut du sacrum.
» Les usages se de'duisent des attaches, et M. FetS
rand leur auribue les douleurs lombaircs que les
femmes cprouveni dans les derniers temps de la
gestation et dans le tra\ ail de l'acroneliemetit , comme
il auribue <inx ligaments ante'rieurs distendus , les
douleurs inguinale? que dans les memes circous-
tances il leur est ordinaire de ressentir. »
Arts chimiqu£s«
Sttr le besoin que la plupart des Arts out d'etre
eclaires pur In chimie ; par M. Godde , de la
part de M. de Machy.
L'extrait de cc di scours f'ormera une introduction
naturelle au chapitre relatif a la cliimie ; et si au
moment 011 M. de Machy ecrivait il avait pu elislc p
quelques domes sur la ve'riie e'nonce'e dans .von
litre , les progres que sous nos yeux la cliimie raft
fairs a la plupart des arts ehahgferaiettt celte incer-
titude en demonstration.
<< Tons les arts , dil M. de Machy, dnivent leur
origine au besoin , et souvent le hasard en' a bite
G4
1771,
Jes progres. Si I'induMrJe les a multiplies , si 1 'anv
l;iiioi) les a perfection ne«^ , I'avarice el la cupidite f
J'ignorauce sur pm , leur onl putt*' les coups es ; lus
JTu 1 1 1* > : c- > . A un trcs petii nqmbrc d\excepl\ons pre?,
examinez ions les individus qui les cnhivonl , depots
le proprieia're ei !e directeur jusqu/au dernier des
pu triers, tous se rrainput servilement dans les ■-eiv-
tiers dune routine aveogle. lis font ce quo leurs
pt-res out fa.it avani eu\; aucune theorie , aurtines
experiences , auounes teu^atiyes nouvelles. Proposez
a lei manufaoturicr de faience de subsctucr a 1 ar-
g>le dont il se sen, une a;g'le nouvelie plus dti-
Jiee ei propre a donner des potteries plus le'geres,
phis elpgai les, plus resistantes au feu , sa reponse
est unite, pr&e : ce u'-est pas mon u.<age; nos an?
ceres en savaienl an tan I que nous, ei je n'ai pas
envie de bruler du bois ej de perdre mon temps en.
temati\es infruetueuses. Un teint drier routiuier ou
tel autre el ef de manufa* tiue vous, f'era en pared
cas des rc'pon-es analogues.
» Cependa.nl un e't r a pg e r ou plus instruit on avec
de nn ll-'urs precedes vient s'e'iablir a sa pone et
ohtient une preference que la beante des oonlenrs,
Inelegance des formes , le bas prix de ses pro luits
ne peuvent manquer de lui m or iter. Les plaiiucs
eclatent , les reclamations se multiplient : e'est ve-
ritablement ia conspiration de I' ignorance coulre le
talent.
» !']< lairez-vous , instruisez-vous a connaltre la
nature des objets snr lesquels vous ope'rez , des
znatcri.iux que \ous employes; etudicz la tbeorie
de vos operations. : il n'y a point de secnets pout
un artiste habile , ct aver du talent vous egalerea
bientot vf>s nvaui et paryieudr^z peul-Oiie a ies
*urpa^6er. ......
( io5 )
i> Eli ! quelle science pent micu\ e'clairer les artistes »77 T *
que la chymie? Elleeut a son berceau le meme sort
que nos fahriqnes : re fut d'abord tin oalios do
rercttes myfiterieusement e'nonce'es , servilcmeut
e\e'c:it ; es , er. n I'aide desqtielles en rhercliant l'opu-
len<e on trouva soovenl In pauvrete. Mais la chymie
enfin quitta son e'corce grossicrc, et prenant rhaque
jour mi noiivel essor , parvint a marcher de pair
avec les yc'euces physiques les plus houore'es et a
leur preter un puissant appui.
» Quelle foule d'arts en elTet sont tributaires do
la chymie! »»
Ici t'auteur en indiqne un grand nombre , et ,
par^ourant sommairernent les ameliorations dont il*
sont suscept ble.s , moiitre dai.s la chymie le laual
qui doit les i;uider.
Si I'auteur de ret interessant me'moire ei\t ve'eu.
juqu'a nos jours , quelle out etc sa jouissance ea
voyant rede science gene'rnlemeut honoree , publt-
quoment prnfes'-e'e dans la majeure partie de nos
grandes cue's , s'il out vu toutes les conquetes qu'elle
nous a values sUf 1 industrie eirnngere , ct a quel
dogre de perfection elle a eleve' la plupart de nos
manufactures.
Sun tine fuls-flcation tin Savon de Marseille ; pat*
M. Go DDE,
« Un partioulier proposa il y a qurlque temps a
un m gociant de cette ville de I'assooier an benefice
qu'ils lireraicnl du secret <|u'il possedait Ao doubter
le poids et le volume du .savon blanc de Marseille.
L'cprcnve en fut faite avec succes eur one ilou/aine
\\e caiaftes qui iurcnt confides a ce paniculicr. Lo
( io6 )
I» 7 7 * • savon f'ut dc'bite' et enleve de preference par lfefl cour-
tiers ; an scul fabricant se plaignit dn doiumage que
ses e'toffes en e'prouverent. (In sVn lint a celie seule
e'preuvc , et le particulier disparut.
» Le ne'gociaut de qui je liens ce fait n'a pas vu la
manipulation du proce'de , les subsianres qui y furen:
employees ; et il n'existe plus de ce savon sopbis-
tique' qu'on puisse soumetire a une analyse direcie.
'» Ma curiosite n'eu fut que plus vivement excite'e
Mes premieres idees se fixe rent sur l'amidon. Ln
consequence une demi-livrede savon blanc de Mar-
seille occupant a-peu-prcs qualre poures et dem*
cubes a e'te' mele'e avee sufusantc quantild d'amidon
pour en double? le volume , et il en a f alUi cinq onces
trois gros. Le savon etait fcrme , mais il s'ecorcliait
en le coupant , et n'avait pas le luisant du savon
ordinaire. Dissous dans l'cau froide , il la rendait
laiteuse et facile a mousser. L'eau cliaude , en le
dissolyant, a joue l'opale , mais eu refroidissaut clle
a pris une consistence epaisse. Ayant pese hydros-
tatiquemeut un pouce cube de savon pur pesant
98 grains , il a perdu dans l'cau' 02 grains ; un pa-
red cube de savon amidonne' ne pesait que 84 grains ,
et a perdu So, grains. Si done on double le volume,
on diminue le poids speiiliqne. Ce savon sopbisti-
que' se dissout presque en entier dans i'esprit de
•vin , mais il ne se filtre qu'avec la plus grande len-
teur, encore reste-t-il sur le liltre unegraude quan-
tito de matiere visqueuse.
» J'avais lu dans un recueil de proce'des que les
parfumeurs employaient la ceruse dans la coulee-
tion de leurs savonnettes ; j'en (is l'essai : ce me-
lange a plus approcbe du but pour le poids ,
mais la ceruse n'est pas soluble dans I'esprit d*>
viu et se pre'eipite promptement.
( '"7 )
j» Tatrdi.4 que j'< : 'n ; s occupy de ces experiences, 1771."
jo rencontrai un fabricem de savon qui me dit que
dans >es voyages il a\at \u eu Espagne employer
unc teire blanche rres le*gere. J'essayai en conse-
quence, ei lour a-'our, la clinux eteinte , lamarne,
lo l)lanr dVEs-pagoer, la lerre a Toulon.
» Le blanc d'Espagne est la lerre qui m'a re'ussi
]e mieux , et j'observe qu'e'le contribue d'une ma-
nicjre prompte a Ctmciliei an savon uiie consistence
eolide ; mou savon ainsi prepare avail ge'neralement
I'apparence du bon savon ;tnais, soumis a un examen
plus scrupuleux , il s'en distingue par les re'sullais
ci-apres enonce's.
A une dissolution aqucuse de bon savon de Mar-
seille , si 1'on ajoute qnelques gouttes d'acide vitrio-
li:jtie , la separation de I'huile se fait paisihlement.
Avee une pavei le dissolution de snvon sopbistique',
l'acide opere la separation de I'huile , mais cette
operation est nccompagiiee d'une vive eirervescence.
la di-solntion du bon savon dans l'espril de vin est
rotnplette el transparente ; ceile du savon sopliisti-
qne demeure louche Ce dernier , enfin , a 1'ceil
matte, sa coupe nYst p:is lui^tnte conune celle du
savon de Marseille ; enlin , en le roulant sous lesr
doigts , il se reduit en petits morceaux au lieu, do
se lier.
Observations sur I' Ether nitreux ; par M. Guesnon,
Pliannaeieu a Rouen.
« Tons les acides peuvent decomposer l'e«prit de
ViB et en extraire une lniile esstentielle , mais ils -
doivei.t etre tres-cont'eiiu cs. L'c'l.cr alms pone le
iium de 1'aciJo q.ii a BCtTYl a su loima'Jou.
( »o8 )
> 77 if »» Le pins cnnrm est l\?dier vitriolique. M. Bcaumo
a donoe an traite parliculier sur ret ether-
>» M. Navier s'est occup( : spcYialement dc l'c'thcr
nitreux. J'olTre ici des observations qui me snnt
particulieres et dont les premieres datent dc 1764.
>> L'anteur que je viens de citer pre'sente ceite
operation rommc 1'nne dos plus dangcrenses ; et
€h eflet , ma premiere tentative faile rigoureusc-
ruent d'apres la formule de M. Navier me re'ussit
fort mal , et mes vaisseaux sauterent en eclats avec
explosion.
» La seronde fntfnite dans des vases beaucoup pins
grands; mais le desir d'observer ce qui se passail
dans I inurieur du vase me le fit deboucher a plu-
sieurs reprises , le dcgagement d'un fiuide ires-
expansif fit pareillement e'clnter mes vaisseaux.
» Ayant remarquc lors de mes essais , i° que la
rarefaction du liquide commenrait a la surface et
non a 1'inte'rieur ; 2' qu'elle se mettait en action
aus.siiot que le liquide prenait un dc'gro de clialeur
supe'rieur a celui de la glace ; 5° qu'il en arrivait au-
tant lorsqn'eu dc'bouchant le flacon la liqueur se:n-
blaits'e'lancer au contact de Pair ; 4° p t qu'aussitot que
la liqueur e'tait divise'e par petites bulles, ces memes
globules s'enflaieut au point de briser le vase qui
contenait la liqueur.
» D'apres cet examen bien re'fiechi je cms voir
deux moyens de conjurer cette violente cfferves-
cence : I'un , d'cmployer un vaisseau ciuqnante fois
plus ample que la capacilc du fiuide; le dcuxicmc ,
de remplir le vase en entier. Je commencni par cette
seconde me'ibode. Mais, en suivant les proportions
indiquccs, j'cmplovai une asse* grande qnantitc do
fiuide pour en pouvoir remplir ma boutcillc a quel-
q^ues travers de doigts nrea ; je la bouchai ties-
( rag )
exnetement ct la plongeai dans tin scenu plein d'eau itft*
de puits dont Id temperature c : r ait tie 7 de'gre's au-
dessus de la glace. La bouteille resta deux lieures
dans cet e'tat , sauf quelques emersions pour con-
oonsideYer ce qui se passait a I'inte'rieur. Je n'ob-
servai rien dedigne de remarque, si ce n'est une
ligne <]i«i traversait horizontalement la bouteille et
qui faisait distingUer deux liqueurs, la supe'rieure
d'une couleur citrine plus fonce'e que I'infVrieure.
La tranche qui les separait descendait peu a pea
vers le milieu de la bouteille, ct lorsque j'eus ob-
serve qu'elle ne descendait plus, je debombai
pour proceder a la separation de la liqueur sur-
nageante. Elle pesait dix onces et demie , et , a pre*
la rectification par la distillation au feu leplusdoux,
Je produit e'tair de sept onces trois gros d'e'ther
nitreux tres-por et d'une odeur. tres-suave.
» Nota. i° A? ant que de remplir la houteille j'ai
tou jours evi soin de (aire le melange dans un vaste
Lailon , apres quoi j'ai verse ce melange dans la
bouteille qui d-jit auasitot &re parfaitement bouchee.
» a Quand ou la de'bouche , il f'aut le faire tres-
promptement , prendre garde de perccr le boucbon,
Diettre le col de la bouteille et la main dans l'in-
te'rienr d'une cloche de verre afin de ne rien
perdre de la liqueur que rien ne peut dompterau
moment du contact de I'air : on ia verse ensuite
dans un entonnoir de verre pour proce'der a la.se-
paration de I'huile surnageante et a sa rectification.
Projet Je leconsde Phartnacie ; par M.I.fchandei n h.
«< Consulterles meilleurs anteurs , comparer burs
friucipe* et les apprecier en >e depouittani de tout
( »»o )
xyji. prejuge , et poor en e'tayer see demonstrations , eft
le chemin que doit suivre quieonque vent onseig* ■ < ■>
d'unc manierc fructucuse. C'est aussi relui qu« j'ai
guivi dans lVdiieotion de mes propria enfanis taut
qu'ils sont demcure's dans la maison pa:erne!le , ct
lorsque des circonstnnrcs heuretises leur permircnt
dc puiser a des sources plus IV*cnnde« , je suivis
conslamment la meme uiarclie a lizard des cloves
dont l'education m'e'tait conliee.
» Leuombre des etudiants en pliarmacie s'arrrois-
sant de jour en jour, j'ai rorru le projpt de leur
donner un cours complet de pliarmacie tlu-'m-ique'
et pratique , mais limite' toutcfois et dVgage' de toutes
operations de pure curiositc et cnnsequemment sn-
perllues ; et , pour m'assurer des progres des e'leves ,
j'aurai l'atiention de leur f;;ire des questions fami-
lieres qui , en donnant la mesure de leur iiiie'li-
geuce et de leur application a I'etnde , les arcou-
tumera a raisonner leurs operations , et a n'exe'-*
cuter que d'apres des principes solides.
>» Mon travail ainsi doit s'etendre a 1' universality
desobjetsqui constituent la science da pharmarien ;
connaissnnce et choix des substances nalnrelles mi-'
ne'rales , ve'getales et animates lant indigenes qu'exo-
tiques, preparations cssentielles a lenr conservation ;
passer conse'quemment en revue tonte la panic de
1'histoire naturelle usiie'e en pliarmacie , ct me ren-
fermant strictemeut dans le cercle des substances
usuelles.
>> Jc donnerai en suite des principes ibeoriqnes ct
pratiques sur la maniere d'ope'rer !e.s diverse* com-
positions , et la maniere de les conserver sans ftlte*
ration contre les agents qui sans cesse lendcnt a les
de'i<iriorer.
>» Et pour completer ces instructions aulont qu'il
( III )
me sera possible, et sans prc'tendre faire-un cotirs 1 77T.
re'gulier de ebymie , je iraiterai cliymiquement tie
la decomposition et de la re composition de dille-
Vents corps autant que mcs lumicres bornees pour-
ront rue le permettre.
M. Lecbaudclier pre'senie a la suite de cette
cspece de programme deux examples de la maniere
dont il se propose de trailer cbaquu objeten cboisis-
sant les extraits pour la partie galenique , ct les ope-
rations qui se font sur lc nitre pour la partie cliy-
mique.
Nous ne le suivrons pas dans les de'tails de ces
deux objels que recommandent la clarte , la pre-
cision , la sagesse , et nous Cerminerons cet extrait
par les conclusions de notre estimable collegue.
>> Je Q'ai pas la vanite de croirc ijue l'esquisse que
je viens de presenter soit un modele accompli, j'y
vois moi-meme des imperfections que j'espere re'-
parer dans la suite ; mais ces ameliorations ne peu-
vent s'obtcnir qu'avec le temps, ot a mesure que
)e me pic'parerai a la repetition des memes lecoiis.
II taut jotter les fondements d'un edifice avant que
de penser a 1'elcver et ii lui donner la derniere
in iiu J'espere que mes c'leves reoueilieront
quelquo fruit dc cos rnate'rjaux et me sauront grd
mi bonne volpBte; je croirai tin moios avoir fait
quclque fliose pour ma panic, .'.i j<> parviens a leur
inspirer le gout d'une etude suiy.ie et d'uu travail
raisonue.
Observations thioriques sur le Men de Prussc ; par
M. Lech andi'li tit , Apotbicaire.
Notis v^ donnerons que le tit re de ro Me'mnire,
parte qu'il no coutienl gueres que I'bistuirc de la
( 111 J
J771. de'couverte de cette substance singnlieve range** d<*.
110s jours parmi les acides , el qn'il n'ajonic rieU
anx details consignees dans les ouvragos du ci\kbri
jMacquet. Dcpuis le mcmoirc qu'il publia en i r 5- i
Sclieelc , Bertliolel , Foureroy , etc. , e'c , out traite
cet objet d'une maniereabsoloment nenve , et la lu-
miere qu'ils y out repnndue l.rso at pea d'illtcrel
au uitmoire dont uous nous occuponsi
Solution de la question j>ropose'e a VAcndemie sui-
tes dangers de la Ceruse dans les Itytt in » />"/<il>!cs *
et les moj-ens d'en reconnaitre la presence ; par
le meme M. Lechandelieiu
• 7/6. Le danger de 1* usage inte'rienr des preparations
saturnines u'est plus une question de nos jours :
taut d'ouvrages excellents ont eciaire sur les perils
qui y sont attache's , et tant d'exempres malluureux
out im prime a ces pre'eeptes sages le carat 'tore de la
demonstration que ce serait perdre le temps que
de s'appesanlir sur cet objet.
M. Lechandeller n'avait pris d'ailleurs d'autre
l&che que celle de proposer des movens pfopres k
de'celer la presence des moindres parties de piornb
tcuues en dissolution dans les liqueurs; et a ctt
e'sard , void ses propres expressions :
1 1
t< La ceruse serait d'un usage perniueux dans le
cidre, et cette pratique mcrilerau 1'auiuiadversiou
des magistrals.
>» Mais il faut e'viter scrupuleuscmcnt de con-
fondre la eolique ve'getale avee la colique infial-
lique cause'e par le plomb.
» Or, pour porter un jugement sain , voici Tine
pier re
( ti3 )
pierre de toucbe : le foie dc soufre, dont l'emploi 1771*
est aussi simple que facile j et pour le dc'montrer,
» Dans une livre de cidre de bonne qualite , j'ai
ittele deux grains de ce'ruso. Quoique la dissolution,
to' en Cut pas compleue , j'ai mis dans un verre une
parlie dc cetle liqueur , j'ai verse dessus deux
gouttes seulement de foie dc soufre arsenical , et
eur-le-chanp la liqueur, qui ctait d'une couleur
jaune ambrce , en a pris une d'un rouge brun.
>» Voici done un moyen aussi prompt que facile
pour reconnaitre si une liqueur tient en dissolutioa
quel que preparation de plomb si modique qu'elie
soit La cbymie a d'ailleurs des moyens de
revivifier le plomb et le faiie reparaiire sous sa
forme meiallique. »
M. Lechandelier termine cette dissertation en in-
diquant la composition du foie de soufre arsenical
et la mauiere de le pre'parer.
Supplement aux experiences snr la fabrication dc
I'huiie de I'itriol ; par M. de la Follie.
« Deptois les details que je donnai dans le Journal 1 77 4«
de Physique de M. l'abbo Rosier , j'ai rccu deslettres
de diverses personnes qui Out travaille sur cet objet ;
les unes ont re'ussi , d'autres ont etc arrete'es par divers
obstacles , et particulicrement ceux qui , ay ant adOpte
1' usage du poele , ont eu une quantite de soufre subli-
me" , parce que la clialeur ctait trop violcnte , et que
J'air ne se reuouvelait pas suflisammcnt par 1 oriiicd
d'un luyautrop ciroit eu cgard a la grandcurdu vase.
» On a done eu recours a Irt trappe a cuarnieresj
parce que l'air se renouvellc dans lc \ aso avee plu»
de facilite, ce qui est Csscnliel.
Tome If ', 1771 a 1780. H
( t-4 )
»» Un fabriram d'md : ennes, a line lieue de Rouen ,
vient do Cairo ocnsirnire un vase dans lequel on a
deja brule deux milliers <le matieres sans qu'il y
ait en une once de son fire sublime'.
» Ce vase de p'onib Umririe a de base i44 pieds
qnarre's sur a?, pieds de liaueur ; la partie supe-
neure se termine en route: la base est le'gerement
•
inclined pour fariliter I'e'ooulement de l'buile de vi-
triol qui se re'nnh en Tun des angles ou il y a un
tuyau de plonab pour conduire la liqueur dans un
recipient.
» L'ouverture du vase ou Ton ajuste la trappe
est environ a quatre pieds du fond du vase, et
ceite trappe est de trois pieds de largeur sur vingt
ponces de hauteur. Le cbarriot que 1'on fait entrer
dans le vase par la trappe a 4 pieds de lo.ngucur
environ , sur trente-deux pouces de lar»eur. On
po*e sur ce cbarriot cinq ou six grandes feuilles de
ttile dont los bords sont releve's d'un pouce , et e'est
sur ces tolcs que Ton brule le melange de soufre
et de nitre. La proportion est de six, huh, dix
parties de nitre sur cent livres de soufre.
» Avaut que de commencer la premiere combus-
tion on a soin de je:or dans le vase vingt-quatre
ou vingt-cinq pots d'eau.
» On frotie aussi ses parois avec une vadrouille
mouilh ; e afin de faciliter la coudensatiou des va-
peurs aqides.
» On a de l'argille amo!!ie avec l'eau toute prete
pour boucher exactement les ouvortures qui pour-
raient exister entre la trappe et son chassis.
» Apres I'espace de deux heures , on ouvre la
trappe, et elle doit dertaemer assez long-temps ou-
verte pour que l'air ait le temps de se renouyeiler
dans le vase.
C n5)
»> tn reiirant avec le c harriot les toles qn'il snp- ^77 J.
pone , on lcstrouvc reconvenes d'une croiue qui
comicut encore du soufre , on les laissc se'clier , oa
les brise , et on les emploie h tie nouvelles com-
bustions en y ajoutant de petites quantity's de
nitre. »
3VI. de la Follie accompagnc cettc description de
reflexions ibe'oriques que nous supprimons pnrce
qu'elles ne quadrenl plus avec les prir.cipcs de la
combustion e'tablie par la cbymie pneiimaiique ;
mais quoique les dimensions des diamines de com-
bustion que notre c oafr A g a nomine fuses ayent ete
considc'rablement augmentc'es depuis la date de son
fne'moire, et d'apres le conseil qu'il en donne,romme
tin moyen d'economie , que la combustion ait ete
perfectionne'e par la rc'gularit« des apparcils , les
registres qui distribuent a propos l'air ei l'liumi-
dite' , les proportions des e'vents , il faut ronvenir re-
pendant que les proce'de's qui sont ici propose'.?
laissent deja bien loin en arriere ceux que suivait
INI. Holker , qui le premier introduisit a Rotten la
fabrication de l'buile de vitriol , et la part que M. de
la Follie eut a cette amelioration nie'rite d'etre signa-
le'e a la reconnaissance publiqtie.
M. de la Folic continuant de travailler au per- Lerappoi
fcctionnemeiu des proce'des ci dessus y avait ajoute est du a
Taction de l'eau re'duite en vapour, (/est ce que j"' 1 '
Ton infere d'nn rapport de MM'. Balliere et Mnn-cz , mau
1, a 1 • • vi / vail <!e M
nommes par 1' Academic pour assister a des eXpe- j 1 F ,,
riences relatives a cet objet. ^ Uu
On avait prepare 1111 grand ballon oVverrn tabule a
la tubnlure doqttel e'tait adapte un eolipile. La gramde
ouverture e'tait dispose'e de m*nieve a 1 ecevoir un vase
de fer dans leqtiel on brulait le 1 1 1 ! n ; . ■<■ du soufrd
et de nitre conyeuable k la c apache du recipient ,
H a
( 1*6 )
toute<; pro'cautions prices d'ailleurs pour empechef
la dissipation cle I'acide que de'gageait la combustion.
L'operation commencce , le ballon a e'te tellement
obscurri par les vapours qu'il avait entierement
perdu sa tran.«-pnreni e.
La flamme alors a e'te' applique'e a l'e'olipile, et
Btisaiidt que I eau qui y etait contenue a etc re-
duite en vapours ot pene'tre dans le ballon , on a
vu les vapours du ballon se condenser, I'acide se
precipiter , et le verre du ballon repreudre sa
transparence.
Papier violet teint en pale ,- par M. de la Foiue.
Cone notice n'existe pas dons nos archives; mais
tin rapport des travaux academiqnes pendant la
diiroe de la presetite a/in : e , fait par M. d'Am-
bourna.Y a la se'ance publ'tjne, la supplJera jusqu'a
uu certain poin' ; void co <(u'elle porte en substance:
u M. de la Follie a pre'.sente divors e'chantillons
de papiors fabriques aux environs de Rouen d'apros
ses instructions : on a recount* lour supe'riorire sur
ceux d'llollande blancs et eolore's. M. de la Follie
a trouve un raoyen simple et pen dispcndieux pour
blanch ir la pite avec la plus grande cele'rito dans
les piles des moulins.
» Les papiers col ore's feints on pate out pnrticu-
lieremeut fixe I'aiiemiun , et il nous a engage' a
^experience suivante:
» Nous avoirs pris un morceau de son papier violet,
et autant do coiui de Iloilai do ; is nous out paru
i lenient beaux. Nous les avons lieuipe's 1'un et
1 autre dans I'esprlt de nitre alTaibli. Le papier violet
cic Hoilande a perdu j>a couleur , el layc dans i'cau
C »»7 )
est devenu d'un janne sale ; celui de notre con- 1774*
frere a conserve sa belle couleur vi"!etie.
»» N. B. On consomme beaucoup tie res paplers
colore's ponr envolopper !es loiles Sues , les baptistes ,
les dentelles, et la modfcile du priv du papier de
nos fabriques a de'ja provnqu • dcs dema ides ron-
siderables de la part de fabricauts qui a'appro?!-
sionuaiem en Hullande.
Vernis des sieurs Tozliot et fn-Evvz ; rapport par
MM. DaLLIERE , DE LA FoLLIE et CODDE.
T es slenrs Loltiot et Crevel avaient presente" a
l'Academie diverses pieces de fer enduiies d'un ver-
tiis propre a les preserver de la roullle , el 1'Ara-
de'mie a v ait nomine' ties commissaires pour verifier
]e* propriety's de ce vernis. ll re'sulte de leurs re-
cben lies et de leurs experiences :
Que re vernis supporte sans alteration tin dt'gre
de chaieur Lieu super ieur a celui de l'eau bouil-
laute ;
Qu'il est inalterable par P esprit de vin ct 1'es-
senre de terebentbine porte's meme a 1'ebullition;
Que l'eau saturee de sel mar in n'y cause aucun
dommage ,
One les vapeurs snlfnreuses et l'alcali volaiil n'y
font aucune impression ;
Qn'il ne sVeaiile point sous les coups rle marteau
et s'e'rend seulement a rnison de sa duniliie ;
Que la rlianx ne l'attaque point ;
Oii'on le frotte irapune'meni aver la crate ct autre*
corps lerreux doux au toucher, mais que le sable.,
sans l'ccailler , le detruit par 1'usure ;
11 5
( u8 )
O'l^ c» vprnis est attaquable par l'linile de vitriol
et 1'eati forte, niais que le vinaigre n'a aucune acton
sur lui
8 M les rommissaires concluent d'apres ces expe-
riences que ee vernis est ee qi.'d y a de plus par-
fail en ee ^enre, et que ceux que l'on fabrique a
I'etranger n'pnt sur lui aucune superjorite'.
Je trouve sous la date du 21 derembre de la
meine anne'e on memoire des interesse's a la ma-
nufaclure royale des vernis sous la raison de veuve
Gosse et compagnie , memoire donl vnici le precis :
« Cede composition , iuuVpeudammetu de ce
qu'elie orne a^reab'empnt toures sories d'ouvrages
de Icr , a encore la proprfe'ie de les garantir dc la
roulle ; ei jqsqu'a present pn u'a pu par aucuu pro-
cede parvenir a le detruire,
» Tel est le jugemeut qu'en a porte' l'Acade'mie
des Sciences de Paris sur le rapport de MM. de
Montigny , Nollet , Cadet et de Foucby ses com-
(nissaires. »
Suit la teneurdudit rapport qui e'nonce h-peu-pros
les niemes experiences que celles de MM. Balliere »
de la Follle et Goddc , epreuves auxquelles le ver-
ms Gosse a resiste; mais qu'il est anaqnable par
l'csp; • t de niire concentre'. 11 n'v est point fait de
mention de 1'acide sulfurique et autres acides mi-
peraux; et M .les commvssaires conclueut que le
vernis Gosse ne leur parak infe'rieur en rieu au
Venus tie la Cbiue.
El pour rcunir ici tout ce qui a rapport a cette
matic-e, j'ajouierai que M. de la Foilie , peu de
temps avaut sa mort arrivec en 17.S0 , avail pre-
sents a l'Acade'mie un vernis qu'il estimait prepre
a garantir lc doublage des vaisseaux de I'impres-
siou de l'causaie'e ec de l'implauuiiou des alau.es c;
( "9)
autres plantes marines. I a composition de ce vernis l 774*
fut par son estimable auteur communique'e a
M. Forfait, ingenienr de la marine a Brest, lequel
assistant a Rouen , oii il e ait alors , a la seance de
l'Acade'mie du 14 mai 1783, emretint la eoropagnie
des re'sultats qu'il en ayait obtenus suivaot cette
note consignee sur le registre des seances:
" M. Forfait a fait le rapport de I'intc'rot qu'ont
inspire' aux chefs de construction de la marine
espagnole , les travaux de feu notre confrere M. de
la Follie , pour appliquer sur lecuivre de doubiage
des vaisseaux un vernis qui les pre'servat des at-
tein'es corrosives de I'acide matin , et lui con servant
Je po : i capable de pre'venir ['implantation des algues
marines j de sorte qu'apres uu long cours le sillage
du vaisseau fnt le meme qu'au depart. Or , il a
parn a M. Forfait qn'en Espagne on avait multiplied
les couches de ce vernis , et il en est resulte*
q;ie cet;e sure'paisseur a donne acces a cette im-
plantation , et qu'apres pen de temps le navire
s'est trouvd aussi sale que s'il n'eilt eu qu'un simple
carnage.
, >• Les essais qu'avait fait M. Forfait dans le port de
Brest snr la frigate la lSereidc , pav ['application,
d'une scule com lie de cc vernis out pai ■taiiement
re'ussi , puisqu'apres trci/.c n !0 is de navigation lo
Vends avait conserve son vm\. Ce qui sendee pro li-
fer que souveni le mi.uv est I'ennemi du men. >»
j/'Vic d'Ambournak , etc.
Sur le blanchiment des Toilts ; par M. p« tA Follie.
ie laborieux auteur de ce me'moire ol)serve que
plusieuis articles de iabriques euungcres sunt year
( 120 )
rlns prefe'rablement mix mcmcs articles fabriqnes
en France par le seul avanta <e d'un pins beau blanc,
et qu'il serait essentie! d'e'galer , do Mirpasser memo
sous re rappori I'industrie efrangere et pour de-
not'trer !a possibilile d'alteindre a ce but, il pre-
sente trois eYhanlillons de bazins blanchis pa>- un
iKi.veau prooe'de ; savoir : le blanc nature! , le
blanc bleu et le blanc de lait. Cene derniere
nuance n'a paru infe'rieure en rien an blanc de Hol-
lander Q.;ant an blanc bleu et an blanc naturel,
il ^.Mit telleraent superieurs qu'on ne peut les com-
parer qr.'au blanc de la ne'ge.
M. de la Foiiie promet de communiquer son pro-
ce'do qu'il aunouce comme e'galemenl simple et e'co-
Bomitjue.
Le meme M. de la Follie ayant e'te' prie', par M. de
la Venerie , d'examiner des pierres irouvef. a Alen-
con en crensarn mi puts eta 4 pieds de pro! undeur ,
declare, d'apres I'exan.en qu'il en a fait, que res
pierres , de nature vitriliables , contiennent de la
galene , et il en a cvtrait du plomb ; et ce plomb ,
soumis a la conpelle , ne lui a pas donne le moindre
ind'ce d'argent, Des fouilles plus profondes pre'sen,-
teraent peut-etre plus de r'n bosses ; mais line telle
entreprise demanderait des fiais dont l'incertilude
du succes ue permet pas aux particuliers de faire
les avauces.
Le Chymiste et I'Jgronome,
r/e<=! une blnette du meme auteur pn forme de
dialogue, daus laqucile 1'iuibte de la ciijuiie , et
1'inflnenoe qu'elle peut avoir sur l'agriculture elle- 1777,
mume sont presente's avec legerete et solidile.
Nous ne jugeons de tout que par notre interetj
et 1'agronome , convaincu que les principes de la
cli ymie peuvent contribuer a fertiliser ses gue'rets ,
se re'cnncilie aver oette science et permet a son ami
de briiler du charbon et de chauffer ses creusets.
De I' application de la Chjrmie a. la Botanique pour
reconnoitre les principes des vegetaux ; par
M. GOSSEAUME,
ti Les arts les plus agre'ahles ne seront jamais
cultive's avec une fervetir durable s'ils ne contri-
buent aux avantages generaux ou pariiruliers de
la socie'te'. La botanique et la chymie, faites d'ail-
leurs pour piquer la curiosite, l'une par 1'c'clat et
la varie'te' des objets dout elle se compose, l'autre
par les mysteres qu'elle nous re'vele, ou les pres-
tiges dont elle nous e'tonne , langniraient bientot ,
et tomberaieut dans l'ouhli si l'uue et l'autre ne con-
couraient qu'a amuser nos loisirs, et si elles ne con-
tribunieut puissamment a la prospe'rite des arts et
du commerce et a I'entretien de la sante
» Le besoin de combat tre les malad ; es et les acci-
dents qui nous ass (gout fit clierclier d'ahord dans
les ve'getaux , comme plus appropric's a nos usages,
et graduellcment dans les autres regnes de la nature
des secours proporiionnc's a la violence des atteintes
qui nous e'taient porte'es ; mais quelle futnptre pre-
miere uiatiere medicale?.... Je diiais prcsque qu'ett-
( '2» )
ellc encore de nos jours ? Borne'e dcpuis un grand
nomhre de siecles aux notions consignees dans
les ouvrases de Dioscorides et de C.alien , on sen tit
enfin que la cbymie pouvait servir a de'comrir les
priucipes actifs des medicaments et a donner sur
leur mauiere d'ope'rer des connaissances assez
precises pour en rendre l'applicaiion plus raisonue'e
et les resultats plus salutaires.
>» Tel fut le principe des travaux entrenris par
]\1M. de l'Acade'mie royale des Sciences de Paris ,
travaux presqu'aussitot abandonne's , parce que Ton
reconnut facilemeut qu'ils etaieut fonde's sur des
tases ruineuses.
» Neuman , considerant que la torture du feu de'-
naturait les ve'ge'taux , dirigea ses travaux vers l'ana-
lyse extractive , et il faut convenir que cette rae-
thode avail de'ja sur la pre'codente un a vantage
marque; mais les priucipes extraclifs el la resine ne
sont pas les seuls mate'riaux qui constituent les ve-
ge'taux. lis re'relent encore une grande quanthe de
sels crystallisables et deliq descents dont Neuman ne
fait aticune mention ; el dans la masse extractive ,
combien de priucipes confondus clout il est equi-
table de teuir compte , et dont la corinaijftance nm-
tribucrait a determiner la manieie d'operer des
medicaments que nous devons an rogue vegetal.
» C'est vers ces considerations que M. Gosseanms
appelle l'attention des chy enisles et les engage a
dirizer leurs travaux. >>
'a v
Depuis la presentation a l'Acade'mie d'l momoire
dont nous oilrons ici uu precis fort al>rege , com-
bien eeite matiere interessante ne s'esl elle pas
e'tendue par les soins et les decou>ertes <tes cliy-
mistes niodernes. Lese'prcuves par les rcaciils yieu-
( "3 )
rent de'j'i spconder le* trav&ux analytiques , et la 1777,
fixation des especes PI des proportions des mate-
riauv immediats de chaque vegetal ferait pronoucer
avco certitude sur lenrs propriete's" individuelles.
Nous avons deja plusieurs analyses particulieres
calqu es sur res principes ; mais que ce travail est
e'loigne d'etre coni])let ! H n'est cependant pas aussi
e'tendu qu'on l'icnaginerait d'abord , car une infi-
nite de ve'ge'taux ont des proprieties analogues , et
les families vraiment naturelles se rapprochent par
lenrs propriete's me'dicales , comme elles se re'unis-
sent par leurs caracteres botaniques.
En limitant ainsi ce travail , on aurait de'ja des
notions gene'rales bien pre'cieuses ; et , si un chy-
miste seulemeut dans chaque departement se char-
geait de 1' analyse des plantes usuelles d'une seule
famille , nous aurions bientot sur les plantes le
plus utile comme le plus magnifique travail ; et
c'est alors que nous pourrions nous Halter d'avoir
une raaiiere m<: licale- ve'geiale vraiment philoj-o-
pliique. Serait-il meme necessaire de laire un appel
a l'universaliie des chymistes francais et de solli-
cker une reunion moralement impossible , et dans
un vasie departement comme cclui de la Seine*-
InlVrieure, qui renfcrme tanl de cliymistes instruits,
nc serait-il pas possible en peu d'annees , et sans
de grandes de'penses , de terminer cette entreprise?
C'e.st une carriere presque neuve ouverie a l'acii-
vite de 110s pharcnai ions chymistes et da as laquelle
la gloire la plus pure les attend. Quelle gloire en
effet e>it com para hie a celle de ere'er une science
utile, el d'Otre ainsi les bieufaiteurs de I'numauite !
(JSote xolivti de I'tidilcur. )
( "4)
Experiences sur diverses combinations sai'onneuses ,
par M. INltsAizE , Apotbicaire.
J778. u Les combinaisons savonneuses des alkalis eaus-
tirjues avec les matieres liuileuses sont tres-connues ;
celles de I'alkali vegetal avec les baumes el les re-
sines ne l'e'tant pas de meme , je viens oflVir a l'Aca-
de'mie d verses experiences sur les combinaisons de
I'alkali vegetal avec les resines , les huiles esseu-
tielles , les baumes.
» Premiere experience. J'ai mis une livrc d'e c pric
de vin dans' un bain-marie dVtaim avec une oiKe
de te're'benibine de Ve'nise ; le melange bien agite
jnsqu'a la presque parfaite dissolution , j'y ai ajoute
une onre de sel alkali (ixe vegetal. Ayant mis la
cueurbite dans un bain-marie rempli d'eau bouii-
laire , ajuste le cbapiieau et le recipient , luie les
ouvertures , j'ai prnce'de a la distillation. II est passe
dans le recipient de I'esprit <'e vin charg* 5 d'u e
ponion dh'iile essentielle. II est rests dans le barn-
marie une matieresa von ueuse tecouleui br unfit re ye*
eant une once un gros , et une once un g'""s d bn le
de tartre par def alliance. Le vase ou e' an le savon
mis a la cave et y ajam sejnurue six semaines , 3.
s'est encore se'pare un gros d'baile de mire.
i> Ce savon , parfaitemem dissoluble dan* I'eau
pure , est decompose par I'eau selenhense. II n'est
point d'nne saveur de'sagreable , ei semble icnir nn
peu de I'o leur de la te're'bentbti e
>> Ce pro«ede a ete re'pdte avec la me" me qua iiite
d'esjirit de vin , mais en variant les doses de la le-
rebembine et dc I'alkali fixe.
( »5)
» Denxieme experience. Avec deux onces de te*- »77'-
re'bentliine et deux onces d'alkali ve'ge'tal.
Result at : Deux onces deux gros de savon, deux
onces six gros d'liuile de tartre.
>» Troiiibme experience. Avec quaire onces de
tere'bcntliine et qnatre onces d'alkali vegetal.
Resuhtit : Sepi onces de savou , trois onces d'liuile
de lartre.
» Qnatrihme experience. Avec qnatre onces de
te'rebentliine et liuit onces de scl de tartie.
Resultat : Dix onces et deniic de savon, une once
d'liuile de tartre.
» Cinquieme experience. Avec bcile essentielle de
lefe'benthine trois onces , alkali fixe deux onces.
Resultat : Savon, trois gros, peu de cousistence.
'> Sixieme experience. Avec liuile essentielle de te'-
rebentliine et alkali fixe , de rhaque trois onces.
Resultat : Pared nu precedent.
» De cos six experiences et de l'analyse de ces
divers savons , je crois pouvoir conclure que la
meiileure proportion de la terebenlbiue et de l'alkali
est parties eg ties.
» A [ires avoir examine 1' action de l'alkali vegetal
sur les rr jaes et les huiles essentielles, je lai essay e'e
sur les baumesqui, coinme Ion .sait , ditlerent des
re'sines en ce que les premiers coniienneut un sel
volatil que les secondes ne coniienneut pas.
» Septihme experience. J'ai done ope're sur trois
onces de benjoin et une once de sel de lartre.
Resultat : Savon d'nn bran aromatique , trois
ouccs, lcquel uiis a la cave six seuiaiues il s'y est
( 196 )
1778- forme tine oroiite solide de deux lignc? d'cpaisseur ;
la croute ainsi que le savon sont entieremeut so-
lubles dans l'eau , le vinaigre les de'compose.
»» Huilieme experience. Avec deux onoes debaumo
du Pe'ron sec ei quaire onces de sel de tartre.
Resultat : Savon rougcatre , sans indication du
poids.
j> II re'sulte de ces experiences que les matieres
re'sineuses et balsamiques designees unies a I'alkali
■vegetal forment des substances savonneuses dont la
matiere medicale et les arts pourrout tirer un parti
utile.
»779«
Un nouveau Me'moire de M. Mesaize annonce des
experiences analogues aux precedeutes sur la re-
sine de gayac traite'e avec I'alkali du tartre. Trois
onces de chacune de ces substances out fourni trois
onces quatre gros de savon. Sa couleur exterieurc
est verdatre , inte'rieurement il est brun. Au tou-
cher, il est ouctueux , et sa saveur n'a rien de dc-
sagreable.
Savon, de Scammonee.
La scammonee traite'e de la meme maniere a eu
le me me succes. Le savon de couleur brune est
parfaitement soluble dans l'eau distillc'e, et meme
dans une eau de puits tres-se'le'niteuse et qui de-
compose le savon blanc.
M. Mesaize observe, en terminant son me'moire,
qu'il faut employer I'alkali fixe du tartre enraison
de la re'sine de la scammonee , eta parties e'gales, et
non en raison de la scammone'e qui est un sue
extracto-re'sineux , la seule partie re'sineuse etanC
susceptible de se combiner avec le sel alkali.
( > 2 7 )
Esprit ardent du lalt de vache- Extrait d'nne tbese
soutcnuc £ Strasbourg par M. Oscretz-Kersski;
par M. Balliere.
Cet extrait fort de'taille' annoncait Tin fait peu I77Q.
connu a lV'poque a laquelle M. Balliere en orcupait
l'Acadc'mie. Depuis ce temps , l'ope'ration a e'le' re-
pete'e par les cbymistes. Fourcroy en fait l'objet
d'un article fort court , et qui semble etre le re-
Minie' du memoire de M. Balliere. 11 remplacera
Lien avantageusement l'extrait que j'en pourrais
faire.
» Le lait cntier dont quelques voyageurs out an*
nonce la propriete' enivrante , surlout dans le lait
de jnment en Siberie , et dans eclui de bi obis dans
les Hebrides, est susceptible de passer a la fcr me no-
tation vineuse
» On a vu , en faisant oette ope'ration avec soin»
que la fermentation vineuse n'avnit lieu que lors-
qu'il e lait en assez grande masse et de bonne qua-
lite ; I'inte'grite de lous ies elements du lait est ne'-
cessaire ; la temperature doit s'elever au-dessus de
dix degw'sj une agitation legere dfc la li(|ucur dans
des vaisscanv formes I'oeei lere , Dial's il fant de
temps en temps donner is^ue a ou llni.lo elasiique
( le gaz acide carbonique ) qui s'en de'gage. Il
se forme une sorte <le chapeau a la surface, et
]e lait, en eprouvant ce mouvement intestin et
vini'uv , s'acidifie ct se coagule en partie. Soumis a
la distillation , il donne un preduil d'alrool peu
abondant qu'on peut rectifier par i\cn\ distilla-
tions successive* , et <|ui pre'senie toutes les pro-
(128 )
'779' prie'te's de re Iiquide , identique dans tous les cas«
»> La mntiere le'geremeut sucre'e contenue dans
le lait est la veritable origine de cet alcool.
Analyse cliymique de cinq differentes eaux de Jon-
taines de Rouen , des eaux de puits de la meme
vilte , de celle de la Seine , et de cclle de la
source des fontaines de Dieppe ; par M. Descroisules
fils, Apotliicaire.
Ce me'moire se trouvant presque litte'ralemcnt im-
primii dans 1'ouvrage de M. Lepec de la Cloture sur
les maladies et constitutions epide'miques , article
Description de Rouen , nous nous contenterons d'en
donner le re'snltat tres-sommaire.
« On compte a Rouen pres de 4° fontaines pu-
bliques , le nombre des fontaines parliculieres est
Leaucoup plus considerable.
tiles partem de cinq sources difforentes :
La source d'Yonville ou de Saiut-Filleul.
La source de Darne'tal.
La source de C.aalor.
La source de Notre-Dame.
La source du Plat.
M. Descroizilles joint a l'analyse de ces eanx celle
de 1'eau de la Seine et celle d'uu puits situe au
centre de la yiilc.
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( t3i )
Blanchiment du Colon ; par M. A. Petit.'
On e'ait parvenu a une e'poque ou les arts ma- 177Q/
huracturiers semb aient s'agiter pour seroiu-r le j^ug
d'une routine aveugle , et invoquer les secours de
la me'eauique et de la rhymie pour a gr audit leuc
domain e en re'gnlarisant leurs operations.
L'Acade'mie fut instruite alo-s que par des pro-
ce'de's nouveaux le sieur "etit e'lair parvenu a donner
a ses cotons 1111 de'gre' de blandieur Biiperieuf a
tous les blancs ordinaires ; elle erut pouvoir lui
adresser a ce sujet plusieurs questions , niais 1'an-
teur y re'pondit en tenant son pro e le secret. 11
e'tait reserve' au celebre rliyitiiste Bertholet de re-
pandre sue cette partie le jour le plus pur, et de
communiqiicr a l'Europe entiere son utile et belle
de'eouverte.
Re'ponse du sieur Petit,
« Mon proce'de particulier consiste a faire une
tisane; tous les autres proce'de's sont connus.
» On plonge le roton dans la tisanne a froid et
sans precaution , et a 1'instant il est imbibe' et
ddcrue tout ensemble. On le leve , on lui donue la
teurce , et on I'etend sur le pre'.
j» Six jours apres, on le tourne ; six autres jours
apres on le tourne encore pour I'e'galer.
>> Cinq jours apres on le lave et ou le passe en
perches.
» Qnand il est sec , on !e cueille rt on le rapporte.
i» Quant a la depense , elle est a-pen-pr&s d'uu
1 a
( »5a )
1779. sou par livre de fil de colon. Chacnn pom appreYirr
les amres de'penses communes a tous les autres
procedes.
II paralt que le coton servait d'e'cbant'llon avait
tfprouve qnelques a\aries » Quoiqu'il eo on,
poursuit M. Peiil, ces petils accidents n'empechent
pas de comparer le sucres dc men blanchlment
a\ec ceu\ des autres concurrents , pour la briei ete
de ['operation , I'eeonom'e , la solidite du fd qui
ri'e'prouve d'ailleurs aucun de'chet dans son po:ds
par I'e'clat de son biauc dont la flour est loute
celeste. >»
N. B. J'ai souligne tous les termes techniques , et
me suis fait un devoir de n'alte'rer en rien le texie
de l'auieur. (ISote de I'Editeur.)
Aline de Bismuth an If clel ; par M. Mesaize,
Apothicaire.
jr ,Q >» Le bismuth est uu demi-meial a facettes bril-
lantes , tin pen chaioj antes , se re'duisant en poudre.
u J'ai pris huit Duces <le ce derai-metal pulverise
et autaiu de dear de soufre que j'ai mele's exarte-
mfiit. .Je It's ai mis dans un creuset convert <|ue
j'ai place dans un l'ourneau de fusion cntre les char*
bons ardents.
» La plu s grande par:ie dn soufre se volatilise en
s'enflammaut , en repandant one odeur d acide sul-
fureux daugereox a respirer.
»• l.orsque la mature est en beau bain, il fant
retirerle creusel <lu feu, le laisser ^e refroidir , le
cas.sersur un petit ins d'.acier-
tt La mine crystallise commei'autimoiue en aiguilles
f i3S )
pTns oh moms allongees , la surface pro'sente quel- 1780*
que fr »is plusieurs o'i" ; les.
» Celte mine ariifio<e!!e pent et<-e convertie , par
do- prorede's ires connus , en m e 1 • i de .■• de
doni la voute oll're de ires-belles aiguilles t yslal-
lis >es et is< !; ; es.
" I,e plus grand nombre de relies du fond re-
de vieni ett Quides et forment des mammefons.
>» Cette nrne pulve'rise'e et Caloine'e pendant trois
heures repand < I e I'acide sulfurenx et i e converii'
en ebaux , Inrjuelle nn'b'e aver le llux tmir et re-
eouverte de sel marin de'cre'pite , puis pom e
an feu dp f nte , se restenere er bismuth a faoenes
Brillantes et en tout pared au bibtnuth dom etie aval*
tile furme'e.
Moyens d'accroitre nns richesses tcrritoriales ;
par M. ***.
L'auteur deplore les malhearsqui ontaccompagne'
la de'couverte du Nou'veau'-Monde et les liorreura
que la soif do !'or a fait commettre. Passat t ensuite
a I'etposition des moyeus de prosperite qn'il pro-
pose, r*esi dans Fa melioration de not re agriculture,
le perfectionnement de nos arts e' metiers qu'il les
fail cofisister. II no vent pas mome que I 11 s'en
tienne a la surperficie du sol , ii de'sirt (| ie !'on
crense et quo Ton pn 1 e des richesses que la terra
recele dans son sein. Pierres , terres , mineraux,
tout pout one I'objet d'nno speculation mile.
I. '••imle do lliistoire uaturelle est iu\ preli-
minaire indi pe b!e, el conduiraii a I'exe'cution
d'uu propel qu'il a ioruic depuis lui.y- : c'i
I 3
une Carle mine'ralogique de la Normand.e on le
uom dr cheque village serait accompagne dune
xnarqne de convention , indicative des substances
fossiles utiles que Ton en peut tirer.
Projet d'e'tabllssement d'une Pharmacie universdle
dans tout le Rojraume , etc. etc.
Cette petite portion d'un litre beaucoup plus
e'tendu , et qui promet des avantages inappreciable ,
*uffit pour donner uue idee du long memoire des*
tine a le developper.
Wmoire sur le Mortier du sieur Lorjot , lUecanicien ;
par M. d'Ambournay.
Ce mortier avait ete annonce comme inalterable
a la pluie , a la gelee , aux intemperies des saisons ,
propre par consequent a former des terrasses , des
inueducs, des bassins. Malheureusement le succea
n'a p*s rcpondu a l'aitente : M. d'Ambournay lui-
meme en a fait des essais infructueux.
Nous nous croyons ainsi dispenses d'entrer dans
les longs details que sa preparation ex>gc
( i35)
HlSTOIRE NATUREUli
Extrait d'un Discours stir la Botanique ; par
M. Gosseaume , Docteur-Medeciu.
C«t opuscule , dent je ne donnerai ici qu'un '77 J *
appcrcu tres-succinci , e. c t une espece de discours
apdlogetique consaere a I'une des sciences les plus
agrc'ables et les plus utiles a la fois. II se pariage
ainsi naturellemeut en deux parlies : l'agre'ment et
l'utilite de la botanique.
>» Parnii les sciences physiques dont l'e'tude oc~
cnpe nos loisirs, il en est qui , en e'talant de grandes
beaute's , les accompagnem d'accessoires propres a
porter la tristesse dans I'ame : I'anatomie est dans
ce cas. Ce n'est qu'a trnvers les debris de notre
frele machine qu'elle nous re'vele les merveilles de
notre organisation ; e'est dans le sein de la mort
qu'elle nous oblige a cberclier les ressorts de
la vie.
•> La miheralogie exige des excursions egalement
pi'nibles et dangereuses. C'est dans la profondeur
des carrieres qu'elle se plan a cacher sea tresors',
et quels hasards n'oblige t elle pas alora a affronter ,
hasards de la part d'on air vicic' par de< mnffetes
delete res , hasards resultants des emblements 'on-
terrains, des courants dean qu'un coup de marteau
lencontreux pent faire jaillir , des ^boulements
d»s terr.es , tons accidents maihenreuseraent trop
1 4
( >3o)
1775. eommnns et qui entourent le mine'ralogiste de routes
l« j «- horreurs do la suffocation , de l'inceudie , da
Baufrage el dn mm lean .... ,.
>> C'e«t au milieu de prairies emaille'es doilenrs*,
snr lc |>« iK I an de 'inn's coteaux , au mil eu de
forets verdoyames , don le silence n'est interrompu
que par le ram age des oiseaux , que Flore se plait
a se parer de ses plus beaux a tours. Tons les objettt
qn'eile pre'seute charmenl tous les sens a-la fois.
La siellaire c le ma net disputent do blancheur
aver- la neige , le pommier et 1'egtamier sont
n,) C - d'nn tend re incarnat ; 1'ulmaire , I'aube-
epine , la violette qui se d robe anx regards et se
Ira hit par les par. urns qn'eile exhale , embaument
lair des plus d« pees odours ; ei si la fatigue nous
invite an repos , si la chaleur eveille la sod", qu'i'
esl agre'able do se reposer a L'ombre des coudriers ,
do cueilltr a l'e lour i'auelie , la framboise el la
(raise : la f raise , fruit deliaeux que la nature cre'a
da s nn jour de faveur , et qui, par sa Deaute ,
son oiiour , sa savour exquise , ne nous laisse
enviei aucune des productions de l'Amerique et de
l'As e
La seconde partie offre a M. Gosseaume un
clwmp non moins va-te que la premiere. C'est la
boian <|ne qui nous nonrrit , qui nous fournit nos
pins nomb-reux , j'ai p res que dit nos plus pre'eieux
Bled caments , c'est ello qui nous abriie coot re 1'in-
ciemeiice des saisons, et qui nous procure le mi>yen
do dissoudre le froid , pour me servir de 1'exprcs-
si' n d Horace, le froid presqu'aussi insupportable
que la faim dans nos regions bore'ales. Am surplus,
je n'extrairai de cette seconde partie quo I'e'pisode
su;vu!it , parce qn'il offre des fails gene'raletnent moins
conuus et piquants , icuteiois par ieur singularity
C 1-7 )
i» Lorsque des motifs d'utilite' de'terminent h atta- 1775.
qner , la coigue'e a la main, ces forets antiques qui
rendirenl jadis des oracles , etqui , couvrant alors les
riches ( laiues de la Beauce , furent tc'moins detain de
sacrifices barbares , ne croyezpas, Messieurs , que
des Dioissons de jeuncs chenes s'e'levent pour les
remplacer J cost ie saule , le tremble, lebouleau,
dont aucune souche ne se melait a ces grants re-
doutables a toutes les l'reles productions ve'getales ,
qui se pre'spntent pour les remplacer , et ce n'est
qu'apres un certain nombre d'annees que le chene
sembie se reveller d'uu long sommeil et iinit par
e'touller des pigme'es tcme'raires qui osaieut usurper
ses droits.
Utilite de de'montrer en France la Botanique en langue
Jrancaise ; par M. Gosseaume.
Lorsque ce memoire fut pre'scnte a l'Academie ,
les demonstrations au jardin du Roi , a Paris , et
dans les autres jardins de botanique , en France j
se faisaieut en latin , et la plupart ties auditeursne
connaissaiem pas mniie le tiom des piantcs dont on
ltur expliquail les 1 ara'cteres et les proprie'te's.
«( Hipppcrate , grec , dit M. Gosseaume, e'erivait
en grec, et le naturalists de Veronne e'erivait en
latin. Graces aux soins ctanx talents de M. de Fon-
tenelle , io> memoires de l'Acade'mie roya'e des
Sciences d<> Paris, originairement e'erits en latin et
penlus pour uic infinite de lecteurs , out passe' , a
L'aide tie la traduction tres-elegante qu'il en fit ,
dans it n 1 s les 1) b iotheques de la France et de
I' e't ranger; et nous devons sans doute i» la facilite
d'ticrire duns uu idimne conuu uue infinite de me-
X i58 )
J 77 J ' moires inte'ressants composes par des artistes babflos
et non lettre's , et dont les expressitions altere'es par
des versions latines ne'cessairement tres-fautivesn'eus-
eent pvesenle qu'nn squelette , au lieu d'un corps
vivant et bien nourri.
>» Que He loisirs agre'ablement et uiilement occupc's
ne regretterait-on pas si le Fline francais cut em-
ploye la langue latine dans }a composition de I'Ott-
vrage dont il ne cesse d'enrichir notre liit< ; ramre et
notre liistoire naturelle? II est probable que s'il edt
e'crit en latin il y a cent cinquante ans,son ouvrage
n'eut e'te' ni moins pre'cieux parses recberebes, ni
moins brillant dans ses tableaux , mais , peril u pour
la nation presqu'entie're , quelques savants exalte-
raient ses talents , et le nom de Bullbn serait ignore'
de presque toute la France.
C'est par de semblabies motifs que M. Gosseaume
re'elame en faveur de la botauique l'avautai-e d'etre
presentee en francais par line plume savante : » Kb !
quelle autre science me rite plus dYveiller les talents
que cette belle pa rile de l'bistoire naturelle qui pre'-
sente un encba'iiement successif de merveilles. Les
belles descriptions de Bullion et de Monibeillard out
prouve que I'eloquenre savait peindre romme le
pinceau , et e'tait capable de reproduire et d'eter-
niser tous les chefs-d'oeuvre de la nature.
'» Une science d'une application aussi continuel'e ,
d'un usage aussi journaiicr me'riteraitbien sansdonte
d'etre raise a la porte'e du plus grand nombre. Un
exemple familier va rendre la cbose sensible.
>> Je reviens de la promenade , dit M. Gosseaume,
ou j'ai recueilli quelques fleurs. Je trouve a la maison
plusieurs personnes re'nnies , et des dames en plus
grand nombre. La curiosite se porte natarellement
«ur la cueillcttc que j'ai lake; on m'inlerroge sur Ift
i »39 5
premiere qui se pre'sente ; je i-e'ponds doctetnent , 1775.
Madame, c'est le leoniodon taraxacum , celle-ci le
centaurea cyanus ; cette autre, le dianthus arenarius}
ceite autre encore , le brlza minor , je ne suis pas
plus entendu que si je parlais irlandais ou bas-bre-
ton ; mais qu'en parlant franrais je noinme la premiere
le pissenlit , tout le nv ride reconnaitt une plaute
dont on mange les feuilles en salade. II en est de
meme si je nomme la seconde le bluet ,■ la troisieme ,
Vceillel sablicr ou qui crolt sur les sables ; la qua-
trieme, 1 'amourette, Ce nom , dc : ja , eveille l'imagi-
Uation ; si a raison de la mobilite de see epis trian-
gulares j'ajoute le surnom de langue des dames,
la conversation alors ne taril plus , et ma plante est
grave'e dans la me'moire d'une maniere iadelebile ;
itiais si j'ajoute au premier nom que les foliolesdu
calice sont re'lle'chies , que les feuilles lisses sont
deimes en cre'niaillere , la plante parle aux yeux ,
la phrase peint a l'oreille, et ce n'est plus ma faute
si je ne suis point entendu. »»
M. Gosseaume desirerait encore qu'independenv
ment d'un ouvrage francais et complet sur la bo-
lanique, on publiat nne flore francaise tres-porta-
tive , ou le caractere des plantes et leurs principales
propriete's seraient sommairement indique'es. Ce
veni mectim. , a la porte'e de tout le monde, se-
rait universellement recherche', et de'dommageraic
bien l'auieur des soins qu'il aurait exige's.
Sur la cause qui fait blancliir les planter ; par
M. Marigues , Chirurgien , a Versailles.
M. Ban me', pharmacien celebre , a Paris , e'rrit ,
Elements de Pharmacie , page 35 : » Que lc pis i
( »4o)
1775. » que les fardinten recouvrent de t»»rre pour les
>» faire blsnchir ne per tent leur rouleur ve> - te et
»» ne deviennen' blanches q'je par >e developpe-
i» merit de I'acide sfrlfuriqne qu'ei es com ennent ,
n et qui devieut sud'ureux. »
•» Hi verses experiences que j'ai faites m'empccbent
d'adoprer le sentiment de rei estimable ecrivain >
mais avaut que de les exposer , eiablissons qneiques
priori pes.
» La nature a mis dans les plantes line matie'e
eolorante dont le fer est la base, et qai se trouve
renferm*e dans des cellules do.it les ti^es , les
feuilles , et les parties de la fructification sont four-
nies. Cettc matiere indissoluble dans 1'eau s'y de'-
laye cepeudaut ; et plus l'eau de vegetation sera
abondanie dans les plantes , moins la couleur verte-
sera foncee-
>» Ainsi , les plantes bien expose'es a I'a'r ne s'of-
frent a dos yeux sous une couleur tres-vferte que
parce qu'eilcs transpirenl sans obstacle , et pan e
que les molecules colorantes plus rapproeh^es pro-
duiscnt plus completemeni l'agreable effet qui ea
est la suite.
» Ma's Peffet contraire doit avoir lieu lorsqn'on
les force de emitre dans des lieu x converts pi hu-
mid.es ou I'a r ne se renouvelie qn'avcc dilfictilie,
les plantes alors ue tran<.pirent qu'avec peine , l'eau.
de vegetation surabonde , la matiere eolorante se
de'laye au point de perdre ses proprietes.
i» Ce que nous voyons arriver dans les plantes a
lieu pareillenient dans les corps adime's. Lorsque le
principe aqueux surabonde, la peau se decolore >
les cacliectiques , les leucophlegmatiques , les liy-
dropiques n'orii la peau fres-blanche que par la retc-
liue du principe aqueux dans le lissu de leurs parties.
( »4' )
>» L'etJolefhent des plantes de'pend de la meme I 7?5.
cnusp , leur texture pins tcndre qui permct plus
facilement I'allongement cle tears panics. >»
Nous nous abstenons de tontes reflexions sur ce
systrme ; notre ministere se fe'duit a pre'sei ter fide-
lement les ide'es des auteurs que nous laissons ainsj
senls responsables de Jeurs opinions. ( I\ote de
/' Edit cur. )
Sur les Anemones de mer ; par M. I'abbe Dicquem ars.
« A la fin do juillet dernier, j'adressai a I'Ara- ]
mie qnelques observations sin- !<• anemones do mer
qui parurent me'r iter son atte"t ■ n Ces m£mes ane-
mones , dont j'avais retranrlie la moitie du corps ou
se trnuveni les membres et la botiche , el auxquelles
tomes cos parties s'e'taient repro i au p in! que
l'animai avail mange , ces mcmes parties out c'te
coiip.es de nouveau et repous enl j our la second©
fois , de maoiere que l'animai recommem *■ a manger*
» Autre singularite : la boucbe se'paree du corps
recoit encore quelquefbis des membres qui mi
restenl unis le.s aliments qu'ils peuvent auraper
et les ai ;:!e.
» Je me sirs assure , par des experiences reite-
r< : ' s , que lors meme qu'il ne resie a ces animaux
que !a base de leur corps et un done assez court,
lis paraissent autant et plus afiectds de la lumiere
qu'avant <|ue d'etre mui.es.
» Je crois lonelier au moment de voir r< ; ussir nre
experience qui n'est pas moins singuliere que la pre'*
ce*dcnte.
» Le la juillet je coupai par la moitie du corps
une uuctuuuc \e celles qui a'auacheat aux rochera,
( i4» >
17721 Cette base march a contre les parois du vase jos-
qu'au 28, se de'lacha ensuiie, devint d'une mol-
lesse extreme , et porta meme une mauvaise odeur.
Je soupconnai qu'elle etait morie ; mais comme elle
ne se de'formait pas , j'ai eu la Constance de la soi-
gner. Enfin, depuis ce temps , elle reprend vigueur
de jour en jour , et je crois appercevoir des com-
mencements de membres nouveanx.
» Ces diets dont je ne puis maiutenant exposer
tons les details , semblent indiquer combien peu
nous sommes avancc's dans la connaissance des re-
productions , des forces et de* ressoiircei de la
nature , etc. »
Sur un Touyou ; par M. d'Ambournatc.
1776. m Nous avons vu dans les me'nageries de Ver-
sailles et de Ghantilly des autruchcs d'Afriqne
I males et femelles ; les ceufs de celles-ci quoique
vraisemblablement fecondes n'ont pu eclore ni per
1'incubation , ni par le secours dc l'art. 11 n'en taut
pas conclure que rinlluence du climat ait oblite're
dans l'un et I'autre sexe 1'e'nergie proliuque , puisque
malgre le long temps depuis lequel les perroquels
pondaient steriiemeiit eu France , on vientenGnde
parvenir a les y faire eclore*
>» Le Touyou , improprement nomine autruche
d'Amerique , est originate des terres magellaniques.
Cette espece est moms grande que l'auiruche
d'Afriqne, fes plumes moins belles, elle a trois
doigts en devant du pied , le talou charnu et cal-
leux , sa tete est k-peu-pres configured coinme cclle
de l'oie.
>» On ayait embarque'a Bucnos-A} res , pour Cadix,
( '45 )
cinq de ces oiseaux ; mats quatre moururent dans f 77**»
la traverses , le cinquieme arriva tres-fatigue , et
l'on en (it present a M. B™? Lecoulteux , de'pntd
de la nation francaise a Cadiz. Apres les soins
ne'cessaires a la reparation de ses forces , il le confia
a nn capitaine de report charge' de le rcmeiire a
M- de la Noraye qui le fit porter a son jardin de
Canteleu.
m Ce fut en 1775 que le touyou prit possession
de ce nouveau domaine. Il s'y accoutuma bientot,
<t devint si prive qu'il prenait a la main sans blesseif
les doigts tous les aliments qu'on lui prc'scntait.
» II preferait le pain et les legumes d<>ux tels que
les laitues , les e'pinards; d'ailleurs il paissait I'lierhe
de la cour. On liu oblige de lui interdire Centred
du parterre dont il devorait toutes les fleurs. Il n'a
jamais f';>it de mat a aucnne des vblailles , recherche
la compagnie des hommes et des enfauts ; mais ,
lorsque ceite societe lui manque , sa ressource est
cello dn cliien de chaiue , gros matin de Brio
tres-doux et t res-brave. Il vient se couclier a cote
de sa loge lorsque le besoin de paitre ne l'occupe
point. (Jet ami lui permet de prendre one part de
la nourriture qu'ou lui apporte , et le defend Ibrs-
qu'il est lihre comme il deTendrait son maltre,
L'oiseau est tres-vhc a la course, pour laquelle il
s'aide qnelqnefois de ses ailes , et se deharas-e
aires du poids de son col en le levant sur son dos.
» Son cesophage parait lateralement p!ai e a droite
du col ct fane plusieurs sinuosite's , ce qu'il est
facile d'ohserver lorsqu'il avale un morccau de pain
nn pen gi
Le touyou a tres-bien re'siste an froid rigoureux de
I'niver dernier. II s'aceroupissait sur laneige ety uov-
mail pais Lleuieiu.
( '44 )
1776* n On ignorait son sexe jusqu'au rommenrempntdo
ce mo.s que les enfants voisins qui \ i eon e tit ordi'.aire-
meut lc visiter ei lui faire part de lenr dcjc inrr trou-
yereni an tres-gros oeuf qu'ils rassereni en se le dis-
puiant. Cet evenejneut eveilla L'al tent ion da jardi-
nier qui , dans 1'inrervalc de vingt quaire jours , en
ramassa sept, dout le plus considerable pesail viti^t-
deux onces. Sa circonfe'rence e'tait de dix ponces
quaire lignes, et sa longueur cinq ponces trois lignes.
Leur forme est plus o^ ale et leur coulenr plus ci-«
trine que celle des oeufs de I'au troche d'Afrique.
»> La hauteur de noire oiseau est de trois pieds
de la terre au dos.
» Sa trie , lorsqu'il se promene , s'eleve a quatrO
pieds. ll aiteint sans sauier ce qu'on lui presente a
la hauteur de cir.q pieds.
» On lit , dans le douzicme volume du Voyngeur
Frnnquis , que leur chair est assez bonne , mais
seche.
Hist, na- » On ponrrait perfectionner cctte viande , dit
turello <les ]yj_ j e Morvbeillard , en elevanl des troupeaux de
is. aux. jeunes louyous, les engraissant et eniployant tous
1 unit II. , J . . , . , •, • ..
les m>'yeiis qui nous out reussi a regard des uin-
dons. 11
•779'
Observation n"un Madrepore conique , de I'espece
des astroites , peinjie en silex ; par M. de la
jMaltiere.
» ll n'est pas rare de trouver aux environs de
Rouen des madrepores petrifies; mais la plnpart no
sont plus que des masses informes tres-tlifticiles a
rccoimnifve , si ce n'est par des naturalistes babiles
et trcs-verses dans cette espece do travail.
Celui
( .45 )
Celui quo j'ai Phonncu'- <t.; presenter a I'Ara.le'mLe, ! 77!>
je I'ai tfouve Mir le chemin cln Boisguillaume , pres
(i'lin monument i'-ole , d'un maiivais gout , n.iiume
Vulgairement le Dien-Biittu.
Cette petrification etait refiferriiee dans un silex
conique. En brisant cc silex avec un autre silex, le
cone du madrepore ajant e'td entame* , il a ete facile
de reconnaltre qu'il etait entierement convert! en
.silex. Le travail des polypes sur les surfaces se trouve
si h'.en conserve qu'on y distingue facilement , mc'inO
sans loupe , les creux el les petits centres qui carac-
te'risent les astroites.
Pierres vcrtes trouwe'es a la porte Cauchoise.
1V1. dc la Foilie a fait voir a I'Acadumie un e'ehart-
tillon de pierres ' vertes dont on a retire plusieurs tom-
hereaux en travaillant aux fondations d'un batiment
Voisin lie eette porte.
Ces pierres sont cou vertes de Gtalactiques vert
d'e'meraude et transpareutes. 11 regarde le cuivre
com me le principe qui les colore ; mais i! ne peut
fouriiir que des hypotheses sur les circonstances qui
out re'uui dans cct endroit le mineral dont il s'aeit*
Moyen ife connattre en peu de temps tnutes les r/-
• chessi t mineralogitfttes , etc. * de la Fr'ah'ce; par
M. Dali.et.
I uteur <Ie ce memo're vondfail que routes le', 1780,
tbisqufl l'on exploiterait un'e carriere , une m in fere
queli or. que , on que I'on d . , i i'rait quelqne o'b'fefj
Tunic IF \ 1771 a 1 7801 K
( '46 )
i/8o- d'hisioire nalorelle inte'ressants , on fut tenu d'en en*
voyer des dchantilloDs a MM. les Intendants par I'in-
termediaire de MM. leurs subdele'gues. II diendrait
mime cette obligation a tomes les substances mari-
timcs capal)les de piquer la curiosite , madrepores,
coquilles,etc. MM. les Intendants les adresseraient ou
a 1'Acade'niie des Sciences, ou au cabinet du Jardin
du Roi.
JSouveTles observations lithologiques srtr la formation
du silex ; par M. i'abbtj Bacheley.
Le titre seul de re me'moire annonce qu'il avail e'te
precede' par un autre memoiro aux de'veloppements
et aux preuves duquel celui-ci est consacre.
Ce me'moire primitif ne s'est pas trouvc' dans nos
archives ; mais celui-ci le sappleera jusqu'a un certain
point et suffira pour donner une idee des opinions de
son auteur sur un des points les plus importants <le
l'histoire natuielle.
« Soutenir que la mer a occupe' autre fois toote la
terre ferme que nous babitons , et que toutes les
pierres des carrieres out ete fbrmees par les coqnil-
lages et autres corps marius qui peuplent l'oce'an,
sont deux ve'rite's qui me paraisseot c'videntes et qui
doivent le paraitre a tous ceux qui voud r ont bien
peser les preuves qn'un savant acade'micien en a
donne'es; mais il s'en faut beaucoup que j'appercoivo
le mime degre' d' evidence dans les dille'rents sys-
temes que l'on a proposes sur la formation des cail-
loux. Pour moi il me parait egalement certain que
les cai:loux en grandes et en peiites masses , e'est-a-
dire le roc vif et les cailloux ordinaires , ue sont autre
cUose que des bancs ou des blocs de pierres calci-
( i47 )
rabies qui se soni transformed en rocs et en caiHoux ♦ J 780
daus lesquels on voit encore des coquilles, des co-
raux et autres produciions marines , en aussi grand
nombre et aussi commune'ment que dans les pierrea
calcaires
» Je suis en e'tat de dr'monirer que ions les corns
matins peuvent se convertir en s i 1 e x : les coquilles .
les coraux , les champignon; marins , les diffe'rents
madrepores que j'ai fait entrerdans la collection que
j'ai souroise a l'examen de ViM. les commissaires do
I'Acadc'm'e , en sont une preuve incontestable s d'oii
il est aise de conclurc que la plupart des bisets qui se
trouventsi commune'ment dans les pierres de taille y
out e'te forme's par les madrepores. Mais comment
cette transformation s'est-elle ope're'e ? Je ne nie
charge pas d'expliquet un mystere dont la nature,
jusqu'ici, s'est reserve le secret, n'ayaut pas assez
dc mate'rianx pourle fa ire avee uu pareil avantage;
et je laisse cette question a re'soudrc a des savants
pin-, !..■. biles que moi.
>> I c, morceaux qui forment ma collection et dont
plusieurs sont moiiie' silex et moi tie pierre calcajre ,
semblent encore demontrer deu v vcrjttes ,1'une que le»
roc vif ainsi que les pierres calcinables est dispose- par
couches horizon tales ; I'antre que la conversion de
ces pierres calcaires , etc. , eu silex., commence lou-
jours par le milieu.
>> Je vais plus loin , ct rrois pouvoir concliire de
l'examen de ces memes pieces que les pierres figu-*
gure'es et les taches si communes dans les caiiloux
Bout dues mix madrepores et au\ eoroux dont ils
soul form -
>> En cxamiiKi'itplusicurs de mes rail! >us , on y re-
marque une infinite* de points, les una < ipaquea , les
auties transparent ; les uns cl le> autn i sbut for-
K a
C «48
[7S0. me's par les tuvaux des madrepores, obstrue's dans
ecu* qui sont opaques par de petites portions de
terre calcaire- "
A la suiie de ce me'moire sc trouve le post-scrip-
tum dont l'extrait suit :
« J ai presente autrefois a I'Academie de Rouen (*)
un me'moire stir la meme matiere avec un grand
lif.mbi e de morceaux dont je lui fis present
M.Lecai m'e'crivil au nom de "Academic pour me re-
mercier; pnisil ajoutait que I'Academie n'avaitvoulu
rien decider ni pour ni contre M. de Button. Le res-
pect dont je suis pe'netre pour cet liomme cJ!ebre ne
m'emperba pas de presenter la meme question a
TAcademie des Sciences de Paris qui nomma ori-i-
nairementpour oommissaires MM. de Jussieu , Pu-
hamel, de Fougeroux et Brisson. M. de Buffon fut
nomine subsidiairement apres II resnite de leur
rapport, signe de MM. les comniissaires et de M. de
Buffon lui-meme , que j'avais tres bien demontre' par
des fails que la dilVereme forme des cailloux , ainsi
que les taches brunes et autres figures qu'on y re-
marque, appartienncnt a des corps marius et
que si on suivait tons les madrepores ainsi que je I'ai
f a i t il resterait dans les cailloux peu de formes
a expliquer.
M. l'abbe Bacbeley ajoute : « Ce fut en cette occa-
sion que I'Academie m'honora d'un leltre de corre;-
pondani qui me doune le droit d'assister a ses assem-
blies. >»
(*) Cc memoire n'annon$ant point la date , j'en ai fait la rei hereht
•snr les anciem rcgistres , ft trouve , sous celle du 20 novembre - ; i i , ce
qui suit , ecrit de la main de M. Lecat : - M. Lecat a lu un mem
M. Ba-.lieley , pretre au prienre de Saint-Hymes , ImkuIc Observa-
tions ILlhologUjucs sur la formal. 10 n des cailloux.
( '49 )
• - . *- vwtwv
M£Tf..)ROLOG}E.
Observation cVune aarore hart-ale ,• par IV1. db Vezou,
Inge'nieur Ge'ographe. (*)
•« Lelundi 3 novembre 17-7 , vers les six henres da 1777.
soir, la partie septentrionale de 1' horizon se trouva
e'claire'e par une aurore boreale qui avail une forme
demi-circulaire et ocenpait un grand ospare.
'» La lumiere qn'elle repandail « ; inir aussi forte que
celle que procure le soldi lorsqu'il est a seize de"g'i e i
environ au-dessons del'horizon, 011 que relle de In
lunepleinequantl elleborde 1' horizon. A I' aid ode cetie
lumiere, on distinguait facilemeut les e'bjets exte-
rieurs , et jusqu'a plusieurs gros villages plus on
moins e'loignes.
>> \ Knit henres , ceite aurore fin encore plus lu-
mineuse. Sa lumiere etait tarttdt d'un vert d'eme-
laude , tnntot d'un bleu clatr et magniiiqne , tantoi
d'un blanc aussi e'clatatit que !e diamant le plus pur.
>» Cettc aurore , use des plus rrfagoifrqUes que I'on
ait vnes , emit tres-e'clataiiie a onze heures; el!c etaft
encore fori belle a une lieure da matin, et nc ce 1
d'etre \'^il>l<* qu'a la naissance du jour.
>> La lumiere de cetie aurore e'tail si brillante , >,
les dioile's de la grande oorse , qui , cbmtne vous le
save/., soul fort belles, e'l&ient fibsorbe'es : a peine les
yo \ ait- on.
Depnis netff henres jusqu'a minuit ,il a fih : desexhav
Ui .his enflarame'es que le vulgaire nomme etoiles.
(*) I.. 1 lettre de 1 "lm-llo c« qui .suit <-m extrail <>-.i datee ■ !•■ Paris ; nu >
Vubjervatiou a clc fail* a Jvi^i , .1 7 lieuw Y-L. >la la < 1p1.1l-
Ls. 5
C '5o )
MMMMMM
ECONO M I E.
Mcmoire sur les eaux et le dessri kement des valWes ;
par M. de Bf.rnieres.
1775* Cette dissertation a^ez e'tendue petit etre re'dnite
a 1111 peiii notnbre dc propositions , par le seul retran-
chement des repetitions qui s'y rencontrent , et les
explications que la clarte de ces meines propositions
rend superfine--..
« Trop ou trop peu d'butnidite snnt egalementcon-<
traires a [a same d,es auirnauxet des vegetauxi L'air,
pour con venir a nos usages, doit contenir tine rename
quantity d'bumidjte ; trop see on crop humide , il de'- 1
range I'e'conomie animate et ve'ge'tale.
i» L'eati fail !c principal aliment Je ce qui respire ct
dc ce qui ve'gete ; elle est le print ipal lien qui reupit les
mole'cules constituanies des corps ; sans elle , tout c e
reduirait enpoussiere ; elle est le mode'rateur du feu;
tout corps qui n'en serait pas imprrgne' s'enflammerait
et se de'truirait,
» La txapgraude bumidite produit l'effet contraire :
elle amcllit , elle relachc tous les ressorts de la vie ;
pile occasionne la langucur dans I'evercice des func-
tions; elle eteinl le feu etengourdit la nature.
i> Jeitbnsles yenx un momeni sur les contrees bru-
lantcs de I'Afrique qui sont prive'es d'eau et de'vore'es
par un soieil ardent. Il n'y reste qu'un petit uombro
d'hommes err ants ; les vegetauxy languisseni ; et les
vents, charges d'exhalaisona moricllcs , lueni quel*
qnclois en uu insiaul.
( tSi )
» T>'un antre cote, les grandes contrc'es de l'Ame- 1-775.
rique, teliesquela Goyane,couvertes d'epaisses fo-
rets et ou les eau\ >tn jnantes forment d'imnien<es
marais, rep an dent dons hair ime humidite empoison-
n< e , funeste aux habitants.
>> La France, la phisriche contree de I' Europe et
In plus habite'e , est un pays de plaiues entrecoupees
de valle'es dans tesanelles serpement une infinite de
ruisseaux et de rivieres qui rafraichissent I'air » tem-
perent les ardeurs de I'ete et portent partout la fe-
condite'. Son sol se rompose de terre et de bancs de
pierres ta plupart caicaires ; I'eau qui forme la nappe
d'eau continue du pays se trouve presque partout a
rent pieds et deuv cents pieds de sa surface'; et les
valle'es soni pariout relevees de vingt , treme , cin-
<|uante pieds de couches de gnhn , de sable, de
tourbes , de terres limoneu-ses qui <>nt successive-
meat releve le lit des rivieres, la nappe d'eau des
vallees et celle de tout ie pays.
" Ce serait une erreurde pretendredesse^cbercer-
laines valle'es pour en tirer un ]> us grand parii. Main-
It lie/, les rivieres daas lenrs lits pa* de bonnes di-
gues ; si la peine des rivieres est tr >p rapide , multi-
piiez les naoulins ; traverser de larges tosses les par-
ties irop humides que vous voudrez oultiver , re • -
vez le reste du terrein aux depends des terres qu>i
en provieuueni. ftien de pins beau qu^une lieu-e de
valine • ■• • i qui- fut autrefois uu maraia au-des-
sus de la ville d'Amiei s ; plus d'un qn;irt esi en fos
- . mais oh est bien de'dommage' par lesabondautes
re'coltes de ce <| ui reste
• C'est one neeessite de conserve* 1 a hair et a Is
terre un degre d'humidite convenable. Le de'faoi de
plantations dans nos plaines de haul pa \ ■- en aegmenre
I'ariilitii • t<>ut pays irop plume est toujours \m-
& 4
( I** )
7j5. mule ; font pnvs sans plantations es( toujnurslrop sec.
II est Jonc possible de eorriger , d'apres res donne'es ,
les ioconve'nients do cheque locality , et d'en cornier
I'iosalubrite par des travaux bien refle'ehis ct dirige's
r
ar la sacresse. »
n
De I'acide vi'riolique employe, mmme engrais ties
terres a ble ; par M. Jamarq.
L'auteur dp re Me'moire pre'vieqt que e'est sur dps
terres nouvello.ncnt inarnees qu'il a dir'lge ses tcnta-
tatives; et void -a maniere d'opeter :
<< I e i5 octojbre 1775 , j'ai fait delayer dans im
baquet, an milieu de ma enur , environ cinq cent
cinquante livres de terre de jardin : la terre bien
de'layee, on y a verse viugi livres d'huilede viniol ,
il en est resulte une vive effervescence j la chaieur
ctant cessee , j'ai fait porter ce melange dans nn f>re-
nier avec quinze boissoaux et' tlcmi de from en t ,
chaque boisseau du poiils de soixante livres. La terre
et le froment ont e|e rc'unis , bien rubles avec des
pelles , et e'est ce ble ainsi prepare que j'ai seme ;
savoirrdouze boisseaux dans qnatre acres de terre,
et les trois boisseau x et demi de ble restaut dans
cinq autres verge'es. >>
J.e conapte rendu ties produits ne montre pas dc
Sees bien sensibles. D'autres essajs ont semble
p'us frucmeux ; mais M- Jamard lonvient lui-men:e
de bonne t'oi que ces essais u'pnt pas e'te' asses multi-
plies pour conduire a des re'.sultats de'eisifs.
Si le succes , en le supposant re'el , dc'pendait de
la eonihinaisou do Kioide sullurique avec la icrrc c ■;!-
caire , autaut vaudrait employer le plane qui , tout
tHcpare, epargueiail bieu dc I'cmba: -vm.
( l53 )
drccmctre riouveau ; parM. Scanegatti.
« On payait autrefois nn meme droit Mir tomes les 1776.
especes d'eaux-de-i ie , <c qui deter mina les commer-
cams a enfairefabriquer de tres-fortes qu'ils addition-
naient ensuite d'eau pore , gagnant ainsi la moiiie
du droit impose'. Ce ful pour rcme'dier a eet abns que
les fermiers ge'ne'raux brent admettre un areometre
d'un sieurCacuer , pour de'ierminer la force dos eaux-
de-vie et percevoir des droits proporiionnels.
" Mais ees degres de force ne furent partage's qu'en
trots classes, les oaux-de-vie simples , re'pute'es telles
jusqu'au degre 21 ; les eaux-de-vie doubles, jusqu'au
de'gre 55 ; et au dessus , c'est de I'esprit de viii. Or,
cbmbien d'in convenient re'sultent de ce re'glement,
puisqu'h 25 degres je paie comme a 55 , deux cents
quarante-six li vies par muid an lieu de cent-cinquante-
un. C'est pour reme'dier a ces inconvenients que j'ai
fabrique et que jc propose un nouvel areometre
d' apr.es lequel on paieraic des droits gradue's et
proporiionnels a la qualite des eaux-de- vie.
Son alidade contient unc division de vingt parties.
Le lerme z -ro indique la pesameur de i'cau distil lee.
I e degre un annonce que le fluide contient unc
partie d'esprit de vin el dix-neuf parties d'eau; ct
ainsi de suite.
Au de'gre ?o , c'est de I'esprit do vim
» II resulte que par le seul ei unique droit impose
stir I'esprit de vin on pent percevoir un droit pro*
portionnel sur toutes les especes d' eaux-de-vie a
ft que quand de la dilatation plus ou moins
grande dc i'instrumeut occasiouuerait 1'erreur d'uu
( .54 )
,--£. de'gre, elle nc serait jamais sensiblemcnt pre'judi-
ciable ni au negociant ni au fermier. »
Causes de VaffalbUssement dev fabriques de sole en
France; moyens deles soncnir.
I777 ' Jp trouve ce Memoira anonyme accoropagne" tie
plusieurs letires souscrites du ncm de M. Panlet , ce
qui i'orait sonpcouuer qu'il en scra't t'auteur ; inais
ces leiires ne faisant pas de ce memoire une mention
espresso, je n'ose rifeU affirmer relativement a son
veritable anteur , et me contente d'en offrir le precis.
« Tons les peuples de I'Europe out envie la pros-
perite'des fabriques de soieriesfrancaises,etont cher-
che, sinon a nous enlever , au moms a partager les
avantages de ces magni6ques etablrssements.
Les manufactures etrangeres, qui out depois qua-
rante ans augmente de vingt millc metiers au moms ,
sont la preuve de cette vcrue.
>, La villede Lyon, qui etait en possession de don net
le ioh a routes les amies villes manufaeturieres , s'est
endormie sur ses interets les plus chers, et n'a pas
voolu voir les tentatives journalieres que faisaient les
puissances etrangeres pour arracher de son sein les
principes de sa proBperite et s'eo enrichir elles-roemes.
Immigration ties ouvriers de Lyon etait telle , a 1'e'po-
que du mariage de Louis XVI , alors dauphin d«
France , que la fabrique de cetie cite ne put rempbr
les commandes qui lui furent faites a cette occasion ;
et.peu de temps apres , on comptait dans la seule
vi!U- do Vienne plusde six cents ouvriers deserteurs
de ses fabriques.
A ceite premiere cause de deperisgemeni du com-
( '55)
merre de Lyon il faut en joindre, dir l'auteur , line J 777«
seconde , c'est Pin traduction des eiolTes e'tranpcres ,
qu' enlevent a la France des sommes d'argent consi-
derables et paralysent sns ateliers. On ac'prouve dans
desetats voisins <|iie les droits d'entrc'e n'e'taient qn'un
moyen impuissant d'en arreter l'introduction , ct ce
n'est que par une proscription absolue do res tivsus
<\o« Indes et autres, qu'on peui en affrancbir le com-
merce. Nos manufactures de soie peuvent d'ailleurs
fabriquer tonics les especes de tissus qui nous vien-
pent des indes ; et si la supe'riorite de^ matieres pre-
mieres qu'un climat plus favorise de la nature et
peut-etre aussi la qualite dc leurs muriersleur pro-
cure , leur doime quelqu'avantage(*), legoutetla
de'iicatesse de nos dessins et !a purete de l'exe'cutii a
neus eleven! bcaucoup au-dessus de ces fabriqucs
doublemenl etrangeres
» IVous remarquerons que depuis dix ans environ
les richesses de nose'toffes out de'plu a la nation elle-
nn'ine. Croynnt obtenir du plus beau , on a ajoute
la broderie, et ce double luxe fit un mauvais effet :
on reconnut qne l'on ne pouvaii broder avec avantage
<j nc stir l'niii , et ce motif fit abandonner ces superbes
dessins <] n i seuls auraient encbaloe une nation rai-
sonnable. On vif alors les trois quarts des grandes
fabriques mettrc bas leurs etolTes faconnees et se rc-
(*)Ilj'arnt demontre' i° que le murici de la Chine donne une soie plus
moelleusi ct jdus belle que leu . i° qu'il pcut prosperer dans nos
4 es meridionales ; il resist c dans la Normandie a l'aprettide no hi-
I ,; bii il di ;ne dc 1' ittention dc nos fabricants iclaircs >\r mul—
liplier a ce sujet les tentative* I degrade upcrioritc que l'introductiQn
des merinos ct leur mul tiplit ilion donne i nos draperies , forme un ;
i^t- 1 l ' oi bli i la i uliuie du murici i!.- la ' hine , i :l aus rcsultats qu.' l'on
i irrait eu obtenir. (-Yo/c dc I Editcur. )
17
( i5G)
111' duire a n'en faire qu'a pctits dessins. Ces pedis des-
sius , plus faeiles a executer , out releve IV^poir des
fabriques c'trangeres , diminue ['emulation de nos
de.ssiuateurs au point que des maisons qui en occu-
paient habituelleuuMit sep- r)u hull avec de forts
appoiutements se sont reduites a un ou deux.
» \ Paris, ou nagueres il y avait plus de six rents
metiers, on en compterait a peine aujourd'hui une
cinquantaine.
» li est vrai que les manufactures de gaze s'y sont
tenement accrues que le nombre des metiers s'est
. rapidcment eteve de buit cents a deux mille cinq
cents ; mais l'augmentation des soies des Indes , et les
gazes qui viennent de I'etranger out deja portii un
coup fatal a cette brancbe de commerce. »
L'auteur tie trouve de remede solide a ce mal que
, l'entiere prohibition des gazes e'trangeres.
II de'sireraitde plus que la Cour ,en donnaru 1'exem-
plc , re'glat la nature et le gout des etolles de cbaque
saison , et remit en honneur nos superbcs tissus ,
autrefois l'orgueil de nos fabriques , I'admiraiion de
1'Jiurope et le desespoir de nos rivaux.
Noweau system?, invente par 31. Paulft , auteur de
l'Art du Fabricant d'etolTes de soie , et pur la
moven duquel mie seule pe> sonne peut /hire jucile-
ment les eio/Jcs de soie juconnecs , les gazes et
les toiles a Jleurs.
Nous ne pons donner que le titre de ce Memoire
qui ne se trouve point dans nos arcbives, non plus
que les dessins qui devaient I'accompagncr et desti-
nes a facilitcr rinteliigeucc du lexte*
( i57 )
Svr les commerces de la Viande et du Pain.
Ce Me'moire anonyme se partake en deux parties,
la premiere relative au coramerce de la viande ; la se-
conde a rehii dn pain.
L'auteur vondrait que le prix de la viande fut taxe
relaiivemcnt a la qualite des especes de viaudes que
l'on vend aux bouclieries ; savoir :
Le bceuf, la vaohe, le veau , le mouton , la brebis ;
et qu'il fut defendu de tromper le public en yendant
une espece pour tine autre.
II demande qu'une police pareille soit exerce'e sur
le pain ; que non- seulement le prix soit fixe sur la
qualite, ce qui se rapporte a la blanclieur des fa*
rrnes , a la manipulation et a la cuissou ; mais que
de plus le poids, qui rarement se rencontre dans le
pa ii , lut ngoureusement exige'.
C'est particulierement dans la degradation des
poids que le dechet est le plus sensible ; et il faut
convenir fine la manipulation alors et la cuisson cou-
teut mi peu plus; mais au moins, en reglant d'apres
des experiences bien fakes le prixde chaque espece
do pain relatn ement a la (| indite , il landrail que celui
qui acliAte une livre de pain bianc a mi prix plus
eleve que le pain bisoblinl seize onces de pain chez.
le lv nlanger ; mais si la police lui permet de retrau-
cher une on deux onces sur chaque livre, ei que
de son < 6te le boulanger en retranche aussi , le pani-
culier qui < roit paver une livre de pain a un prix
connu la paie eft'ectivemeut uu cinquieme etpeut-
live un quart au-dessus.
'717-
( i58 )
Mojens d' occupcr avantjageusement en France des bras
oisifs , et de tirer de la mis ere auelques-unes ilt ses
provinces.
[777. Ce Me'moire anonyme e.-t I'.ouvrage d'un habitant
de quelqu'une de nos provinces meridionales oii I'on
s'occupe de la culture des couriers, de I'education
des vers a soie, et de la fabrication des etofl'cs de
soie. L'auteur observe que dans le de'vidage de la
soie les cocons e'tant de'pouillcs de tout le lil qu'on
peut leur enlcver , il reste une espece de coque que
Ten rejette sous le titre de de'ehet.
On reserve cliaque ai.ne'e un cinquantieme des
pins beaux cocons pour graine. La cbrysalide se me'-
tamorphose en papillon , et celni-ci fait a sa prison
une ouverture suffisante pour s'en e'ebapper. La soie
de ce cocon ainsi perce'ene peut plus se de'vider avee
celle des cocons emiers : e'est 1'objet d'nne 'ilerie
particuliere , et la soie qui eu re'suhe se nomine ga-
leae.
Les cocons de'pouille's vont grossir le depot des de-
diets : e'est le sujet d'une autre espece de (ilerie qui
ocrupe beaucoup de bras. Mais tons ccs (ils ne si Mi-
sent pas a la fabrication des lissus plus grossiers aux-
quels on les destine , ft on est oblige d'en tirer lea
lils de la Suisse , du Pie'mont et de l'lialie pour plus
de six millions par an.
1\ y a lnrme une singularite' qui me'rite une atten-
tion particuliere : e'est que les Suisses viennent ache*
ter a tres-bas prix nos decbeis et nous en v en dent la
soie a un prix fort el eve'.
C'csi uue e'eouomie que l'auteur voudrait que l'on
( »5g )
fit d'abord. 11 de'sirerait qu'on appliquat a re tra- 1777.
va 1 les detenus dans les maisons de force , les pau-
vres sans travail dans lesh6pitaux; il voudraitmdme
qu'or. en tit des achats considerables aux Indes, ou
on les emploie vraisemblablement, dit-il, a la fabri-
catii)ii du papier j mais it voadrait aussi que tousles
benefices verlissent invariablemeut au profit des
mallieurcux , soit qu'on les fit servir a l'aim-lioraiion
de leur nourriture ou de leurs vetements , etc. , sans
que sous aucun pre'texte on put en dislraire la moin-
dre portion au profit de l'etablissernenl ou a celui des
preposes.
Ce serait un moyen ellicace de bannir l'oisivete de
ces asiles du malheur, d'cxciter re'mulation parl'es-
poir de la recompense, de fortifier la same, et de
faire reileurir les bonnes mucurs.
uivis utile pour le commerce ; par M. de la Follis,
On vend des indiennes raye'es en bleu et blanc 17-8.
q'ii ontbeaucoup de vogue : nos manufactures fran-
chises les fabriquent en couleur solide avec I'indigo ;
mais les manufactures suisses font entrer en France
une quoniuc de pid-rcs dans les memes dessins dont
la couleur est tres-vive et en memo temps si ni.m-
vaise qu'elle ne resiste pas au plus le'i,'er savonnage.
C'est le Lieu de Prusse qui en est le principal colo-
rant , et qui communique au CO ton une couleur tres-
brillante , mais elle s'altere par I'impression des alcaliq
les plus faibles.
M. de la Kollie donne un precede' pour fabriquec
ces teintnres mauvais teim , proce'de's sans dome bien
conuus et qu'il est inutile de promulguer.
( 'Go )
'778. Mais il communique en m^me lemps on m> •
facile de reconnoitre la frao.de : c'est la lessive des
savonniers dans laquelle il snfTIc de trerhper 1'in-
dienne mauvais trim domt le bleu disparait a Pins-
taut pour ue pre'semer qu'une couleur de rouille.
Ne pourrait-on pas multiplier en favour ties personnes
du sexe les mojrens de subsist ance ? par M. de
COPPIER.
1 779- Jamais le Gouverneraent ne s'est occupc anssi se'-
rieusement que sous le regne acniel des vucs de
Lienfaisance ; et si le projet d'Heuri IV u'etait le re •. s
d'un ccour vraiment royal , il scrait re'serve a son
peiit-fils de Peflectuer, et le moindre de ses sujets
aurait la poule an pot le dimanche.
Mais ponrquoi les sources de subsistances qui jus-
qn'a ce jour ont coule pour les inform ne's som-elles
plus abondantes en favour des homines qu'en ia-
veur des femmes? Ponrquoi tout en faveur du seve
le plus robuste , et rien en faveur du sexe le plus
deiicat?
L'auteur de la nature il est vrai , en formant un
sexe plus faible , I'a asstijetti a moins de besoins re-
la tirement an ne'eessaire physique; maisnos mceurs,
notre legislation menie 1'e'cartent d'une infinite d'em-
plois lucratifs. On lui ferme I'entree des charges,
de presquc tous les emplois ; la marine , la navi-
gation , la niilice , la finance , nos colleges , nos
seminaires , le barreau , la medecine, l'e'tat eccle-
siastique oifrent en faveur des homines one infinite
de ressources et de moyens de subsistance; je displus
les homines out encore euyahi un grand nombre
d'e'iata
( < r " >
dVtais faciies a rxerccr et que la nature a de'volus *779»
a la faiblesse , a la patience et a la dextrrite des
femmes. ('est d'apres ces do>mc'es que l'auteur re-
vendique en Tavern* des femmes tons les genres de
travaux a I'aigu'lle , la couture en linge , la l>ro-
derie , la fabrication des points , des dentelles , la
fapisserie , la homonnerie , le commerce de de-
tail , etc- , etc. Si Ion (toil devoir eiclure les fem-
mes de l'exercice de la medecine , tcwutes les con-
venances re'claruent en leur faveur I'art des ac«:ou-
cliemeiiiSi C'est a leur patience, a leur sensibility
naiurelle que sembleiit evo'uisivement de'volus la
garde des malades , le desservice des honitiux, le
soin des enfauts dans les peusionuats ei les col-
leges , etc. , etc.
Que d'e'tablissemeuts formes en faveur des hom-
ines! Colleges, se'minares , e'eoies gratujtes de des-
sin , d' architecture , de peimure, de mat hem at iq ties,
<l'h vdrographie ; on les com ji: ec;i it par millijrs, et
r peine en coiupte-t-on quelqucs-uns en faveur des
femmes.
M. de C qipier voudrait que les couvents de re-
lig'cuscs se convertissent en colleges e( en i-colcs pu-
bliques ct gratuites eu faveur du .sexe , ou on leur
ease gnerait tons les metiers el tousles arts compa-
libtes avee leur faiblesse et proporiionnes a leius
fa cu lie's , a leur capacite , a leur intelligence- Ge ■-
rait le mo yen decarter des cloll res 1'oisivete et I cu-
inn qui I'accompagne sans cesse , de procurer tous
les genres de secours a la portion de la sociele la
plus inii-ressante , la pins faihJe et la plus i . . <•,
Les femmes , les premieres iuslitutrices des hom-
mes, forme'es des I'enfaiu e a des travaux miles ct
a l'exercice de loutes les jrertusj devieudraienj des
c\< cilcntes meres de fanidie, el prepaid a .m , pac
Tome IJ'\ 1771 a 1786* L
( *s )
*779* leurs exemplcs ei leurs pre'ccptes , le regne des ta-
lents et celui des bonnes liueurs.
Recherches sur V Agriculture ; par M- Desfiuches de
Valaze, ancieti Odicier d'infanterie.
* u T. 'agriculture est mon occupation favorite , et
je re'peteavec complaisance ceue maxime d'un poete
pdilosophe : « Heurenx celu; qui , ne tenant a mil
>> emploi , peut donner tous ses soins a la culture
» des champs que lui ont laisse' ses peres! » Mais
je ne l'avais jamais conside're' que romme nn objet
d'amusement, lorsque je trouvai 1'occasion de mettre
en valeur trois cents arpenis de bruycres ; et, a cetie
occasion, je dirai plutotceque j'aurais dii fnire que
ce que j'ai fait re'ellement. Jc regarde com me un
principe applicable a tome espeee de culture que
quelle que suit la nature de voire terrefn , prairies ,
friches, bruyeres dont vous voudrez tirer un parti
avantageux , il doit etre prepare par de nouveaux
labours a dei productions fructueuses. Dans les
prairies , les racines des graminees se muitiplient
«u point dc se uuire u la iin et ne produi.seut plus
que des tiges e'liole'es sans sue et sans valeur. La
terre d'aiileurs s'all'aisse , se durcit par nn long re-
pos et pre'.seme a la vegetation un nouvel obsiacle.
n On a souvent recommaude' de peler la siiper-
fieie de la prairie qu'on voulait labourer, de brulec
ce gazon desse'che , et d'en repandie les ceudres
comme engrais. Cette pratique, qui a ses partisans,
ne serait pas la mienne ; ii la bonne henre que I'ou
hrule les plautcs bautes et voraces , les genets , les
cpiues, les joucs j mais, pour le i'onds de la piai-
C »65 )
tie , labourez a raies plates et dans une direction I 779»
contraire a relle que vous vous propose/ de donner a
vos sillons ; nn niois npres , labourez dans un sens
qui coupe a ang'e droit le premier labour , faites
briser aver la ho ie les glebes de terre; quiuze jours
apres , donnez un troisieme labour avec les memes
precautious , laissez la terre eu repos durant L'hiveri
labourez da nouveau au printemps , et semez de
l'avoine ou des pois.
>» La nieme pratique est applicable aux terres en
nature de Iriche qui ne sunt pour l'ordinaire que*
des pre's arides.
» Quant aux. bruyeres, il est indispensable, quand
elles sont fortes, de les essarter et de les briiler :
eiles seraient trop long-temps a se pourir, au lieu
que les herbes plus tendres fournissent en peu de
temps a la terre un engrais utile*
» Apres s'etre pe'ne'tre' de la ne'eessite de labourer
les bruyeres , il faut , sans dili'erer , eutourer son
lie'ritagc de fosses et y planter des baies : l'e'pine
blanche entremehie d'e'glantiers forme sous ce rap-
port des clotures tres-solides et qui bravent ordi-
liairement la Jem des animaux. II est pnreiilement
utile de se'parer par des fosses vos diverges portions
d'heritage ou vos dj verses esperes de culture, et
d'eu gftrnir les berges de plantations de saule noiij
et dc bouicau ; le premier se plaiiie do boutnre et
prolite partout ; inde'peudamment da coup d'ueil
Dgre'abie et de l'ombrage qu'elles procurent el qui
permet d'y respirer le fraia it tnutes les I, cures du
jour, eiles dedomniagent par leurs coupes re'gulieres
du tort qu'elles pourraieut faire aux moissons qui
les avoisinent.
i> Quant aux arbres fruitiers , on peut cu faire des
cciuiuics autour de se* Coaaea ou les planter en massif
L a
( »64 )
'779- dans des portions de terrains consacrees a cet usage ;
mais n'ei) garnissez jamais vos terres able, car, in-
de'pcndamment de I'ombragc nuisible qu'ils procu-
reut , lis u'y prospeient presqnc jamais par la ne'-
gligence des cbarreners qui , en labouranl, les e'eor-
cbetit ou les renversent. »
Nous ne suivrons pas I'auieur da mo'moirc que
nous analysons dans les devis estimatifs des depenscs
que les de'fricbements eutrainenl , parce que ces
priv sont extremement variables relativemcnt aut
temps et aux lienx ; mais nous ne devons pas
oublier un eonseil tres-sage qu'il donne auv proprie-
ty! res , de pre'sider a tomes leurs operations. «< II
ll'est pour voir que l'ceil du maitre. >»
Projet cVetablissement d'nne ou pluti'nurs Jt>ntaines
an faubourg Cauchoise ; par M. J. IIoden , Pom-
pier.
1780. On pent bien dire ici : « De bobus narrat ara.'or.n
C'est le directeur des pom pes de la ville qui propose
l'-e'tablissement de fontaines publiques , et qui dis-
sorte sursur une maiierc qu'il parait avoir etudice.
« C'est , dit M. IIoden , de la Fontaine Gaalor ,
dont la source est au pied du Mont-anx-Malades ,
et de sa cuve e'tablie au-dessous de la porte Bou-
vreuil que la Fontaine qui coule au liaut de la rue
Caucboise et dans l'intc'rieur de la ville tire son ori-
gine , ce qui suppose de'ja une peine assez conside-
rable de cette cuve a la foulaine Caucboise.
»» Mats de la source a la cuve , la pente doit dire
pnreillcment considerable et la masse de I'eau asses
grande , puisqu'au rapport de f ariu elle sui'iisaic
( 666 >
pour fnire tourncr le moulin du cliilc.au d'ou la it8o.
rue du Moulinet lire son nom.
C'est de cette source mcbnc que M. Hoden pro-
po-.e do tirer un filet d'eau et de le conduire an lieu le
pluseleve possible dei;i rue Cau< lioi>e , extra mutos-,
» Qunnt aux moyens d'exe'cuiioo , on pourrait ,
selon Le m<'.ii" auteur , profiler d'uo aucien aquedoc
qui regne le long du fosse de la ville , et qui di-
minuerait les depenses d'un arjueiluc ioiu ueuf.
« Cependant , i! est probable qu'en dirigeant,
d'apres des nivelUmenis bien fails., les canaux de-
p.ms leur depart a la source , il serait possible <le
faire jaillir la fbuiaiue darts une partie plus e'eve'e
de la rue Caueboise qu'en profilaut de l'aqueduc
cj-dessus.
M. Ho den propose un second moyen beauooup-
plus proble'matique que le pre'ee'dent. II consisterait
a recbercher une source qui a di) couler entre le
cirneiiere de la rue Saint-Maur et la rue Crevier.
» M. Lesueur, dit M. Ilodeu , m'a raconte qutl
existait une aucienne conduite d'eau en tuyaux de
lerre cuiie passant ):ar sn propriete , an baut de la
rue CI: r Mare'e. Le pere de M. Lesueur la de'*
couvrii ii cinq ou siv pieds <le profondeur » il y a une
qunraiii.tiiie d'aane'es , h 1'e'poque du memoire, en
1780. Cette conduite traversal diagonalement-Je ia.r-
din de i\l. Dubuc , auditeur des eomptes , app$Li
dans les anciens litres le Jardin de la Fontaine ,.
p. nee qu'il y avail une Fontaine el un reservoir au
carrefour des rues Saint-Maur et Saint Andre.
n II esi probable que cette source a ete abnn-
donne'e , ajoute M. linden, lots dela confection da
fa«M qui de bouvreuil s'ctend u la pone CaucltOfse,
vers 1?.".,,; ranis, suivant le rapport de M. I..mi< ur,
Le fbnuinier de la ville, an quel fol. Lesueur, sou pere
L3
( ,66 )
1780, avait fait part de sa derouverie , y avail introduit una
soude de pres dc quatre-vingtspieds de longeur sans
eu trouver !e teruie.
» Quel avantage inappreciable potir tout le fau-
bourg Caucboise si l'on pouvait reirouver une source
a une e'ie'vaiion pareillrl »
Qu'est devenue cetie fontaine , s'est-elle perdue
dans les terres , a-t-elle tari par la destruction des
foreis qui oouvraient alors les c6teaux qui de ce rote
commaiident la ville ? [lestbien rcconnu aujourd'liui
que les fo'<hs favorisent la formation des fot taines.
Je connais des sources assez aboudantcs que j'ai vii
plusieurs fois a sec , el c'eiait toujours a la con re
des forets qui les dominent ; a mesure que le br>is
repoussait , l'e'coulemen? recommencait et augmeu-
tait dans la meuie proportion. ( Note de I'EJitcr. )
Sttr les causes dela mcndic'te; mojens de la riprimet ;
par M
Un rapport aussi clair que precis de ce long me-
moire par M. Dornay nous dispense d'eu presenter
une autre esquisse.
tt L'auteur distingue l'origine de la men di cite des
causes qui la produi<ent. Ceite distinction e*t inge-
nieuse ; mais peut-on pareillement admettre que les
bopitaux , les prisons , les galercs soient les causes
©ccasionnelles du plu^ grand nombre des mend'anis ,
ct n'a-t-on pas plus de motifs de I'aftribuer a la faine'an-
tise , au libertinage , a 1'amour de 1'inde'pendance %
au de'faut d'instruction ?
»> I.'auienr , pour supprimer la mendicite' , tie re-
connait que deux moyeus : des depots et des mai*
Sens de force*
( .67 >
Si ccs moyens avaient le nitrite de la nouveaute', 1780.
on pourrait s'auacher a les discuter ; inais ce sont
des lieux communs, le Gouvernemcm en a recount*
I iimulite. II exisie des depots el desmaisons de iorre ,.
et cependaut le nombre des mendiauts s'accioil tous
les jours.
II i'aut done recoui'ir a d'autres moyens.
Pour subvenir aux frais que le plan de l'nuteur
exi^e , il a recours a nne contribution force'e 011 gra-
mite surles funds ecclesiasliqnes. Ce moyen o'esl pas
plus nouveau que ce qui precede ; mats peut on
penser que le Gouvernement l'igiiore , et s'd n'en
use pas , on doit presumer qu'il a de puissants motifs
pour n'y pas recourir.
Cene manic-re d'envisagev ce mc'moire ne nous
euqieclie pas do reudre a l'auteur tome la justice
qu'il miiritc, nous lc regardon8 conune un citoyen
estimable et qui recberche de bonne foi ce qui peut
conuibuer au boubeur de sa patrie.
Sur quelqucs ameliorations dont les prisons sont sns-
ceptibles ; par M. Gosseaume , Doeteur-Medecin.
Les circonstances dans lesquelles ce Mc'moire fuc
e*crit pcuvaient lui donuer que'ijuc degre d'utilitc.
Gc-- circonstances n'existent plus : e'csl un motif de
n'en donner ici qu'un simple appercn.
II se portage naturollement en doui parlies ; Tune
relative a la surete, l'auire qui regarde la salubriu-.
La surete' est eminemmeni du re< ort dc l'adin: j
■istration , et il impone a la tranquillite publique
qu'nne maison de detention soil muuie de cjoUum:*
inviolable a.
L 4
( i68 )
I780. Quant a la salubrite , rile est pin"? prmicnlieroment
du ressorl <le la rn-decine , ci spe'cialcment fonde'e
sur la localitfe', I'air , les aliments , la propreie , la
oouchure , les secours moraux.
II serait a de'sirer que touie maison de detention
fut situe'e en tin lieu assez eleve pour la soustraiFe
a I'influence de I'humidite ; que les niur, tfa\ en
dependent f'ussent vastes et suffisamment exposees
a Taction dn vent et dn soled.
Le pain doit etre toujour* bien fermente , ben
cuit : r'est un article qui reclame uue attention con-
tiiinelle , parce que le pain est la base de la nourri-
ture des d.teuus.
La propreie est relative aux cours , aux salles com-
munes , aux donoirs , a I'individu lu-meme. II se-
rait a desirer qi.e les cours fussent laveesei bataye'es
plusieurs f'ois cbaqne jour, qu'on n'y lai.^A'. cmu-
pir pi urines, ni itnmondices ; que les lieifi d'ai-
sances fussent places, sur des aqueducs bien grilles
pour la siirete, mais susceptibles d'etre nettoyes par
faction de l'eau.
Les salles re'clament la meme attention.
M. Cosseaume proscrirait des dortolrs la pail'e
epandie'e sur le plaiicher", parce q:i'c! e sr conveMit
prompteinent cu uue liliere iul'ecte ou la vermine
iourmille.
II y substituerait le lit de camp se'pare" par cases,
cliaque case fournie d'une paillasse et d'une cou-
verture.
Des croisees qui resieraicnt ouvertes le jour, tl
des veutilateurs renonvt Hera ; enl I'air.
Le ling* me'rite une attention spe'eiale; et la pro-
preie, lelaiivement a cci objel , a sur la saute la plus
pqissante influence,
L'liomme en captivite est sujet aux maladies;
Vbonimc en liberie n'en n'est pas afiranchi, et e'est
( i6g )
dans cette circonslanee que le premier srtrtout re- 1780.
dame 1011s les secours de l'bunianiie et de la bien-
faisance.
Des infirmeries ou les secours ne'cessaires seraicnt
re'unis sont un article de premiere ne'cessite.
Un autre article de la plus gra>'de importance est
celui des secours moraux. L'homme accuse peui ne
pas etre coupable, et il serait coupable en effel qu'il
n'en aurait qu'un besoin plus imperieux de toutes les
consolations et de toutes les ressources de la religion.
Et a cet e'gard il serait bien a de'sirer que les
conciergeries nc rcufermassent que les accuses dont
le proces s'instruit presentemenl , et que les depots
des accuses et des condamne's a la re'clusioo fussent
relegue's a la campagne , a porte'e des tribuuaux et
sons la direction de congregations religieuses de lem-
Do o
mes pour les femmcs , d' homines pour les homines;
que tous y fusscnt cxerce's au travail , l'oisivete etant
pour tousle malbeur Ic plus redou table. Les produits
du travail seraicnt invariab ement consacres a l'arwe*
lioration de leur sort. La , des instructions cha-
rilables les rappelleraient aux, principes de la pro-
bite' et de 1'honneur ; et lorsque les condamne's a la
reclusion seraient , a l'expiration de leur peine , ren-
dus it ia sbcic'te, on aurait des garatuies plus assure'es
de leur retour a I'ordre et a la vertu.
Quant aux depots , il faudrait profiler des e'difices
naiionaux que leGouvernement possede encore : la
maison de Saint-Yon pre^ente , sous ce rapport et
pour la yille Koucn , un etablisscmcnt tout foiuie.
( '70 )
UUUUUMVUtHW
Sciences physiques et Arts mEcaniques.
Pendule a thermometre metallique ; par M. Guesnon.
77 '• Parmi les pieces relatives aux sciences et qtii appar«
tiennent anx archives de la Compagnie depuis 1771
jusqu'a 1780, se pre'sente d'abord une note, sans
nom d'outeur, portam la date de 1771 : cette note
n'est qu'une simple indication des pages et des plan-
ches ou se trouvent les descriptions de thcmo-
mktres metallic/ties de formes diflerentes , et de pen-
dnles compcnsaienrs. Dans le traiie' d'horlogerie de
Thiotit, dans l'Encyclope'die , dans les onvrages de
JulieaLcroi, de I epante , de Ferdinand Bertlnmd,
]a construction du pcndule a thermometre metal-
lique adopte'par M. Guesnon est designee dans cette
note comme plus avantageuse.
Compcis h spirale ; par M. Dicquemarb.
I.e 27 fevrier 1 77 1 , M. l'abbe Dicqnemare a pre*-
sente un me'moire sur un compa s a spirals ayant pour
objet de suppleer a l'appareil des forces centrales
alors employe par l'ahbe Nollet dans scs cours de
physique. A me sure que ce compas, dont les bran-
ches sont e'eartties par un ressort , tourne amour
d'une de ses pointes, la branche mobile s'approche
de l'autre au moyen d'une roue den'r'e qui y eat
iixe'e par son centre, et qui engraino avec les aile*
( »7' )
d'un pignon , lequel sert en meme temps d'e'crou *77»<
et se meut le Long d'nne vis dont I'axe est courbe'
en forme d'arc : cctte vis tient par une de ses extre'-
mitivs a la braurbe fixe et traverse la branrhe mo-
bile qui suit ainsi le mouvenient de I'e'crou. Pour
faire usage de ce compas, on trempe les dents de la
roue dans de I'encre d'imprimcur , et rile marque
en roulant sur un rarton aulant de 'our de spire
que Ton vent. Le mcmoire est accompag'ie d'un
dessin qui repre'senie le compas a s pi rale et d'une
fpirale de'crite a l'aide de re meme compas.
Un rapport de MM. de la Malliere et Scane'gaui fait
connailre les inconvenienls et le pen d'exartiiude qui
doivent resulter de I' usage de ce compas a spirale ,
et en meme temps la difliculte de le construire.
Tubes capil! aires i par M. Poullain.
M- Poullain a lu a la seance du 3i jnillot 1771 un
me'moire sur les tubes capillaires. Apres avoir rap-
pele les hypotheses de Rook , de Newton et de quel-
ques autres pbysiciens sur la cau«e despbenomenes
produits par res tubes, l'auieur cssaie d expliquer
ces m6mcs phe'nomenes en admettant que les corps
soih envclnppc-s d'une atmosphere particuliere for-
uiee d'une emanation subtile et continuc'.le de lcur
propre substance , Emanation qui est plus ou moins
abondante scion leur nature : cette atmosphere, qui
scion I'auteur remplit la panic supe'rieure du tube,
diminue la pression de Pair stmospbeVique dans
rinierieur , et rend prdponde'rante sa pression sur
la surface experience du liquide, de la rt-Milte I'cle-
vaiiou de ce liquide au-de*j>us ,du niveau. Quant j
( «7» >
1771. 1'abaissement du mercure , I'auteur I'explique par
Pexces du poids des molecules du metal sur celui
des molecules d'air de meme volume.
La belle tbe'orie de M. Laplace, qui embrasse d'une
man i ere complete toutes les circonsiances des phe-
uouienes capitlaires, dispense de reluter les hypo-
theses qui i'out pre'ee'dee.
Electricitd de la Torpille ; par M. Lechandelier.
1772. Dans une lettre date'e du 26 novembre 1772*
M. Lecbandelier a transmis a M. d'Ambournay , se-
cretaire perpe'tuel de l'Academie , l' exposition de-
taille'e de plusieurs expediences sur I'e'lectriciie' d'une
torpiile vivaute faites en presence dc l'Academie de
la Roelielle ; cette observation a e'te iusere'e dans les
journauK du temps et se trouve dans les Elements
de Physique de Sigaud de Lafond, tome IV, page 48 >
edition de 1787.
MM UM ■*
Hydrographie , Navigation, Architecture
navale , etc.
Sur le Canal de Picardie ; par M. de Cessart.
1774. L'Academie doit a M. de Cessart , inge'nieur ea
cbcf des pouts et cbausse'es , des Observations sur
la construction du canal S outer ruin de Picardie pour
la reunion des rivieres de Somme et de I'Escaut. Ce&
observations out uie'rite a I'auteur unc lettre d'ap-
( '73)
probation de la part de M. Turgot controleur ge- 1 774-
neral : cetrelctiro est transcrite en tcMe du uie'moire.
L'autcur Commence par decrire les circonstanres
du cours des rivieres de la Sommc el de 1'Escaut;
il mppelle les resultals des experiences faites sur
la dilVerence de leurs nivaux en dim-rents points ;
les moyens que l'on a proposes pour e'tablir un
canal de navigation entre ces deux rivieres ; enfin,
les motifs qui out fait adopter le plan de creuser un
canal souterrain de sept mille toises de longueur ,
avcc une voiite de vingt pieds de largeur , vingt
pieds de hauteur, pour contenir cinq pieds de hau-
teur d'eau el recevoir les plus grands bateaux de
l'Escaut, (qui out cent pieds de longueur et qua-
torze de largeur; qui tirent de trois et demi a quatre
pieds d'eau , et qui sonl quelqucfois charge's de
fnyence ou de foin jusqu'a dix-huit pieds de hau-
teur , ) en pratiquant des banquettes pour les ina-
rinicrs couducteurs.
M. de Cessart a visite , en 1774* les travaux dejk
commences , et il rend comptc des reflexions que
cette inspection lui a fait naltre. I-a portion de ga-
lerie executee traverse un terrein de manic , appele
crayon , melee de silex noirs de diffe'rentes gros-
seurs ; I'humidite nc pe'netre pas jusqu'a la voute
qui est a ceni-quarante pieds au-dessous de la sur-
face des champs; ma is a de moindrcs profondetirs,
il pout se faire des infiltrations; les cailloux se dc-
tachent iacileinent , c'lant trois ibis plus pesants
qu'un pared volume de manic : I'ouverinre
d'un grand puits de huit pieds de dia metre a laci-
lite ['evaporation de 1'humidiii- ; s'il se rencontrait
un banc de sable sur la ligne projette'e dn canal ,
il vaudrait mieux le faire de'vier en placanj 1111
puits a. l'anglo des deux directions, Les diuicu-
( '74 J
1774. sions donnr'es nu canal ne paraissent pas sttffisanteJ
pour le passage ties grants bateaux de rVEscatii , ce qui
se pronve par un oalrul detaille d'apres los rendition?
d'e'quilibre d'un corps flottant : pour ntieindre le
but propose , il faudrait clonncr an canal vingt-
quatre pieds de largeur , supprimer lcs banquettes
et faire remorquer Je grand bateau a I'aide d'un
petit ba.e u de quaire pieds de largeur servi par
six ou buit rarneurs. Pour donner pins de solidite
a la voute dn canal , M. de Cessart voudrait qu'elle
fut coupe'e en i'orme d'ogive tres-surbausse'e , et il
e'tablit par des raisonnements solides les avantages
de cere i'orme de voute sur celle a plein eeiuire*
( Le principal de ces avantages sera de pre'veuir les
eflets de i'infiltration de 1'eau. ) Cetie voute eu ogive
aurait vingt sept pieds de monte'e , vingt-quatre
pieds de base ; les deux arcs de cercle de 56 pieds de
rayon auraieut viugt-buit pieds de corde et trois pieds
de flee lie , ce qui doune quinze iignes de courbure
par pied d'clevation. La continuation du canal , en
creusant la voute en forme d'ogive, n'exitiera aucun
cbaugement de disposition et u'ajoulera qu'un quart
a la quautite d'ouvrage comprise dans le premier
projet.
Un cabier de cinq dessins laves et colories nccom-
pagne le me'moirc de M. de Cessart. Le premier
repre'seuic la coupe du canal commence par M. Lau-
rent avec une voute ciivulaire ; le deuxieme , la
coupe du canal avec une voute d'ogive; le troisieme ,
la coupe du canal a voute circulaire avec ses ban-
quettes et une .section de grand bateau ;le quatrieme,
la coupe du canal en voute d'ogive, sans banquettes,
avec une section de grand bateau ; le cinquieme .
uue section par laxe du canal , dans leqnei on sup-
pose uue grandc barque de i'Jiscaut reuiorquce par
( '75)
six mariniers ayec douze rames et un condueteur 1774*
an gouvernail pour maintenic la barque dans le mi-
lieu du canal ; ce dernier dessin represente aussi
1'ouverture d'un puits perce daus le milieu de la
voute d'ogive.
Bois propre aii pilot is ; parM. Sellier.
M. Sellier , de l'Acade'mie d'Amiens , a adresse ,
le 12 juillet 1 774 ♦ u " Memoire contenant des obser-
vations sur des bois de differences natures (jtri out
sejourne plus 011 moins long-temps sous les eaux
on dans les tourbes. Lorsqu'on veprenait en sous-
oeuvrc les piles et cule'es d'un pout , on reconnut
que les pilolis de bois de hetre sur lesquels reposait
line tres-aneienne tour ctaient sans consistnnce et se
coupaient avec la beclie. L'auteur a remarque que
le saule , que l'aulne et autres bois tcndres trouves
dans les tourbes n'ont point de solidite et ne peu-
vent etrc employes dans les pilolis : il lui a e'te pri-
scnte un e'cUantilion de bois de cbene egalement
Iron ve dans la tourbe et qui e'tait entierement pourri ;
depuis , il a vu des quarliers de buche de chetife
qu'on avail rccneillis a une assez grande profondeur
daus la iour])C , et qui e'laicnt noirs et cassants eomme
du cbarbon. Dans la tourbierc du marais de Saint-
Pierre d'Amiens, on a trouve',a huit ou neufpieds
de profondeur , desmorceaux de bois de cbene en-
tierement < lmrbonnrs ; l'auteur a rencontre aussi
dans des de'puis de sable de riviere des bois de rbene
reduits en cbarbon. II est remarquable que le cheque
se Doircit tandis que les bois tenures conservent leurs
couleurs. De ces observations , l'auteur ronclut que
tomes especes de bois sont susceptible: de s'auiollir ,
( -7^)
1 774* de se bruler , de se carboniser , tie se pourrir d.ins
1'eau , dans les tenes humides ou dans les touibes,
ct cela dons un temps plus ou tnoins long; que des
lors il serait avantageux de connaUre le temps que
cliaque sorte de hois peut sojourner sous 1'eau sans
y subir d' alteration.
Machine a rece'per ; par M. David.
Le 23 novembre 1774* M. d'Amboumay , secre-
taire perpetuel , a re mis a I'Aiade'mie une Description
qui lui avait e'le adressee d'une nouvelle machine a
receper aver am ant d'aisanre que de surete' les pieux
a telle profondeur qu'on le desire au-dessous de la
surface de 1'eau : cette machine est de ['invention
de M. David. L'auteur de la description rappelle
que dans la construction des pouts , des quais ,
des jette'es , il faut fonder sur pilotis ; que pour
parvenir a couper les pieux , on avait recours autre-
fois aux batardeaux qui entralnaient heaucoup de
dc'penses , des longueurs , et quelquefois des acci-
dents ; il rend ensuite un juste liommage a MM. Voglie
et de Cessart pour leur iuge'nieuse machine a scier les
les pieux sous 1'eau , machine si connue de tous les
inge'nieurs ; cependnnt , il la croit infe'rieure a celle
de M. David , qui lui parait plus simple et aussi sure
dans ses ellets. Cette nouvelle scie a la forme d'une
roue , du centre de laqnollc part un axe qui s'e'ievc
au-dessus d'une cage, laquelle recoit deux supports
horizoniaux qui glissent dans des coulisses prntiquecs
supe'rieurement et inlerieuremeut dans cette cage ct
qui, perces de irons dans lesquels 1'axc de la rone
est recu, scivcm it porter la scie contre le pilotis a
rece'per
t *77 )
rcccper pendant le temps qu'on fait tourner l'arbrc- tJJOi
et a\iT lui la scie qu'il pone : ce qu'ilya surtout
remarquttble , c'est que le meme mouveinoiii (ait
avancer la scie contre 1c pieu a mesure qu'elle le
coupe , el que son action a iieu dans un plan parlaite-
meut horizontal.
B.l marques sur la construction '. avires destines au
commerce ; par ML. Fokfait.
M Forfait ayant observe que dans la construction,
de.s bad men ts de commerce on ne suivail ancuue
regie certaine, a cberche it e'tablir des prineipes qui
pussent concilier I'e'conomie avec la solid ite , I'ele'-
gance des formes et les princjpales qualiles il'nu bon
navire : pour cela , il a consulte en meme temps la
theorie et ['experience.
Les deux conditions a remplir sont qne le navire
ail nne cale spadieuse et qu'il puisse se manceuvrer
avec le plus pet't nombre possible d' homines.
L'auteur a represent^ par des figures les coupes
principals des bailments francais , liollandais, da*
nois , suedois , etc. , et ii prouve , par la com
tion des forces qu'exercent L'eau ctle vein , quo (cue
forme est ires-desavanta^euse parcequ'elh <ie
la t le'tendue des rouiis : on doit cviicrqiio
la pin-tie d'.i Qanc dun navire qui est i-\- ■ i sortie
de l'eau e par le rouiis soit dans
■ut ne (i pres de la vertteale. On fail \ . • i i-
que le navire seraii moms sujet a I'iuconve'nient dn
rouiis si la coupe princi| .it la forme d'.uu tra-
peze dom la petite I rait par en bas : d'apre*
l.i, il convient d'e'largir les Uancs du navire au*
dessus du plan de flotiaison; il . uliit de daqner ttuis
Tunic II , 1771 a 1780* M
C ryS )
«775. a quntrr; pouees do phis en largonr au-dessus dc la
surface de Yean one dans le plan de cetie surface.
Une figure fail eonnaitre la forme qui par;! la pins
avantageuse adonner auv bailments dn commerce.
Pour jnsrifier son choix , l'auteur rite les eximples de
plusieurs flutes dont les ones avaient beaucoup de
roulis et les autres t res-pen , parce que leur forme
s'eloignait ou se rapprochait de celle ci-dessus. Ondii-
monrre que la stabilitii dans les vaisseauv n'augmente
pas toajours le roulis , le mouvement de tangage e-t
plus dangerenx que le roulis , plus fatiguant pour la
m&turc , et plus a charge a I' equipage, ll y a plusieurs
moyeus de l'e'viter ou de le diminuer , et l'autcur
discnte les avantages qu'on en obtient. La qualiie
d'etre bon marcheurs ne doit pas eire nc'glige'e dans
les bailments du commerce , et , pour I'oblenir , l'au-
teur propose de dormer autant d'e'lancetnent qu'il <-e
pour; a sans nuirea lasolidite et a la liaison des pieces
qui terminent I'avant du navire ; enfin , on rendra les
bailments plus sensible* an gouvernail , et on augraen-
tera leur solidite' en posant l'etambot a ploml).
Au restc , M. Forfait , qui sait que I'exe'cution ne
donne pas toujours les restiltats indiques par la
tbe'orie , veut qu'on nesuive que par de'gre' les vues
qu'il propose , et qu'on ne i e rarproche , dans la cons-
traction des bailments marcliands, des principes qui
1'ont dirige qu'a mesure qu'on en e'prouvera de bona
ell'cis.
Trombe terrestre; par M. Vincewt.
M. Vincent, pretre et professeur de seconde au
college d'Ku , a pre'sente* , le l5 novembre 1775, le
Detail hisloriaue d'nne trombe terrestre observes
pres de la yiHe d'Ku , lc iG juillet de la mt-iue aim Jc.
( >7P )
L'auienr rommetirp par des considerations geWrales 1 775.
sur lcs phenomenes do I' atmosphere , ct sur la ne-
cessiie de recueillir .n ec soin tout ce qu'ils offrent de
renmrquable. II rcppclle ensuite diverses observa-
tions detrombes mentiom :e dans les m moires des
socie'tes savantes ; ei fin . il rend compte des HYets
prodnits par la trombe d"u\ d s'agil : il s'esi rendu
sur lcs lie n v avec M Charles , subdi legue' et ju^e
de la ville d'En , ft la , ne consultant que des te-
moins , its out appris tomes les circonstances rela-
tives a ce tnc'teore.
Loupe de Trudaine ; par TV1. de Bernieres.'
Les effets surprenants obtenus a I'aide dela fameuse
JeniiUe de Trudaine font lire avec interfiles details
historiques sur la construction de ceue machine.
Ces details sout contenus dans une note adressee a
la Compaguie, le 28 join '775 1 par M. do Bernieres,
ecuyer , 1'un des quatre contr61eurs gene'raux des
poms et chausse'es, qui a invente el fait exeeuter
cette belle lcntille. L'auteur raconte que MM. Brisson,
Cadet, de Montiguy, Macquer et Delavoisier avaient
en- charges par l'Acade'mie des Sciences de i arts
de faire one suite d' experiences aver la lentille de
verre massif du Palais-Royal , et qU'ayant connais-
sance des loupe, a liqueur ddifi il se servaii , tls lui
de'manderent s'il croyait possible d'en faire Tine de
quatre pieds de diamelre. Sa response fnt alii r mo-
tive , et M. de Trudaine , conseiller d'e^ai . ii teb-
dant des finances , s'est charge de tomes les d pel
le travail de la construction a dure deux fiun
W. l'abbe Terrcy, comrolcur des Snonoes et uirec-
M a
( «8o )
-1775. tour dcs Mti merits du Roi, a donnc son automation
pour qu'il fiit construit dans le jardin de I'lnfame
uu pavilion dans lequel cette loupe et ses de'pen-
dances ont e'te placees. M. de Bernieres a compose
sa lcntillc de deux glaces qui . avant d'etre cour-
be'es , avaieiit cinquante-deux pouces de diametre
et dix lignes d'epaisseur , et qui avaient etc coulees
a la manufacture de Saint-Gobi n par les soins de
M. Dedandes , directeur ; i! a|fallu prendre dcs pre'-
cautious infiuies pour comber ces glares et les polir :
apres cette longue et delicate operation , ce.s deux
glaces qui faisaienr partie d'une sphere de liuit pieds
de rayon , qui avaient conserve liuit lignes d'ep.iis-
scur et 5o pouces de diametre, ont e'te' jointes par
leurs Lords ladle's en biseau et serre'es l'une contre
l'autre par un cercle de cuivre.
Dans cet e'tat , le vide lenticulaire inte'rieur etait
de quatre pieds de diametre sur six ponce . et demi
d'epaisseur eu son milieu , et il est entre dans cet
espaec pres de cent-soixante piutes d'esprit de vin
pesant chacune vingt-six onces six gr:is. Jusqu'a'ors ,
M. do Bernieres avail rempli ses loupes avec de L'eau
distille'e ; une longue serie d'experiences lui a protivc;
que i'esprit de vin est preferable anx autres liquides.
La lentille ainsi construite. a e'te men lee sur uu
clianiot a l'aide duquel el'e pouvait etre exposee aux
rayons directs du soleil , en suivant les mouvements
de cctastre. Le foyer de cette lentille etait a dix pieds
el demi de son centre par une temperature moyennc ,
et il etait de la Large ur d'un ecu de trois livres ; eu
ioterposaot une petite loupe de verre massif a sept
pieds et demi de distance , le foyer commuu des
deux loupes n'e'tait plus qu'a neuf pieds du centre
de la grande , et sa grandeur e'tait celle d'une piece
<le vingt-quaire sols. L'aciiviie de ces deux foyers
( r8i )
e'tatt telle que les mr'tanx s'y fondaient r tin e'ru do »77?.
six livres n'employaii que quinze seenndes a se re'-
dnire en bam an foyer commnn dp lagrandeetde
Ja petite !e:iti!le; i! ne fallal t que cinq secondes pour
un lonis d'or. Quoique la lentille de Trudaine soit
connue de persoi nrs qui cultivent les sciences phy-
siques, ii a pnru imeressant de rappeler les circons-
tanres de sa construction d'apres unc note de M. de
Bernieres lui-meme., a qui on doit I'invemion et le
surcc's de cet:e merveillcuse marliine.
I e lettre du mmie M. de Hcrnirres a M. le <c-
cn ; fn ; re des sciences , sous la meme date du 28
join 17-5, e\pnme route Id gratitude de I'autenr pour
l'liouneur qu'on lui fait espe'rer d'etre nomme mcin-
bre associe de l\Acadc'mie.
Vernis pour preserver la fer de la rouiUe ; par
MM. Lotiot et CtiEvtr..
T,e ?"> decombre 17-;, en prepuce des officio's
• mi port et n-u-es fonclionn aires publics 1 unis par
les or tres du commissaire general de la marine, con-
formemem a la de'eision du nuiiistre M". de Sar tines ,
ila ete' fait.au Havre-de-Grace , di\ orses experiences
pour constater sile vernis des sieurs Lotiot et Cr\
de P.-uis , etait propre a preserver le fer de la roville.
r<.ur cela, on a enfonce dans de* billes de bois plti-
sieurs clous de longueurs et de grosseurs
etenduits de ce vernis ; apres avoir fail . , ,-^
billes p,.ur on retirer les cfbos , on a recbnnu que !e
a rrms adhe'rait a tons les points d t > |<m,,-s su
except a In teteou ilsavaieritdte'l a .cup
doubles avccunenias.se do fer du potds d- huiflh
M 3
( >8, )
1/75. ^n a fait appliqner sur une hordnre dc navire una
feuille <ie fer blanc et une feu ill e de tole , i'une et
I'aqtre enduites do vernis : tomes deux om conserve'
leurs vends, excepte la premiere a l'endroit seule-
ment ou le coin de hois avail frappe. Pour niieux
e'prouver le vernis , on a cloue su>- le toil d'uu han-
gard une feuille de tole vprnissee , et ou a hxc sur
uue poutre des clous, des chevilles, une verge de
fer , un cadenas, an fusil , une bayonnette , tous
enduits de vernis pour les laisser exposes a l'air exte-
rieur pendant une aune'e.
Une copie du proces-verbal qui constate res di-
verses experiences a etc coinmuniquee a l'Acadc'mie
le u jauvier 1775.
Canons courbes ; p.ir M. de Bernieres.
Te i5 fc-'vrier 177S, M. Scaoegatti a remis a I'Aca-
demie, de la part de M. de Bernieres, contr61eur
des pouts et chaussees un flfemoire sur nue noui-elle
forme de canons p.iur la mer et dent l'a\pest un arc
d'uu quart de circonfe'renre '• I'aj antage de ce« canons
courbes vient de ce que ic.r poids lend a faire des-
cendre le centre dc gravjte du nayire au-dessous dc
la ligne de flottaison , ce qui dispensera de charger
la caje d'uu lest considerable et empechera le na-
vire de tirer autant d'eau ; il suffira le plus souvent
de former la premiere batterie avec -es sortes do
canons. Dans la position naturelle de cheque canon,
la tantrente a la culasse et la tangente a la bouclie
seront l'ube verticale, I'autre horizoniale, ct le boulet
sera lance horizontalement ; les trois quarts du
poids de chaque piece seront au-dessous de la ligne
de Iloltaison , et la Louche sera , commc a l'ordiuaire,
C '85 )
de quatre pieds an dessus ; le recul de ces canons 1775*.
sern peu considerable, ils seronl aussi (aciles ;i pointer
que les canons 1 iits et leur ionte ne sera ni
plus longne , ni plus couteuse.
Apres avoir dev'e oppe tous les avantages qui doi-
Ye;t resuller <!e cette nouvelie forme de canons,
hauteur e'loigne de lui le reproche d'avoir voulu per~
fectionner hart de detruire les hommes : il n'a eu
pom- but que la solidite et la conservation des vais-
seaux de l'Eiai ; il iuvoque les lumieres du savant
corps i!e In marine .•( de l'Acad< m e de Rouen. Ax ant
de commuuiquer ses ide'es , l'..uieur a fait plnsienrs
experiences avec un petit cation rourlte . et tomes
semblent justifier sa the'orie. M. le comte de INliily ,
ahrien militaire et homme tres-instruit , alyarit vu.
cluv. 1'auteur le canon en forme d'arc de cercle,
trouva que cette forme serait tros-un'le dans la de'-
fen«e des places, parcequ'elle permettail de pointer
de haul en has.
Dans une lettre da 5 mars 1-7^ , M. de Bcrniercs
remercie la Compagnie d'avoir accueilli favorahle-
ment le me'moire sur les canons combes et exprime
le v'JLii d'etre adtnis an nombre de ses membres cor-
respondants ; il rappelle avec heaucoup de uiodestie
ce qu'il appelle ses faibles tines; savoir, i°son inven-
tion iU % s bateaux insubmergibles , a 1'ocension dc la-
qnelle il a recu dn mi nisi re une lettre porta n't que
Sit WfijestS avail la p'w; haute idee il'mic de'eouverte
qui interessait si particulierement Vhumanite ,' 20 ses
loupes de liqueur dont la plus grande , celle diie
loupe de Trudaine , venait de servir a fond re le platine
ct promettait d'autres succes ; .> les re'sulta'ts d'un
grand 1 ombre d'expe'riences sur le pouv< if n frai
de diffcrents liquided.
M 4
C '84 )
Courbttrc des vaissraux dans, le sens de leur longueur ,*■
par M. Forfait.
r INI . Forfeit , eleve ingc'nieur a Brest , a adresse de
J ce port , sous la date du n Janvier 177'J, unelettre
respectueuse et modeste accompagnee dun me'moire
tres-e'ieodu renfermant deja le germe des connais-
sanresqui out illustre depuis la carriere de sonauteur.
Pour eviter la lougi eur d'une analyse trop de'taille'e ,
on se coiucniera d'iudiquer sommairement I'objet de
chaque article.
Tons les bailments, vaisseaux de ligne , fre'gates ,
corvettes* flutes, gabarres , etc., quaiul ils out
vi-eilli a la mer on sejourne dans un port , sont sujets
a se courbor dans le sens de leur longueur , de ma-
niere ({ne la concavile de l'arc est tournee vers le
fund de l'eati : il s'agil de trouver les causes de cetie
cnurbure, d'en appre'eier le^ inconve'nients et dca
nre'venir on d'en diminuer les diets : L'auteur s'est
assure par le calcul et par les observations que pour
les vaisseaux de 74 la fleche de l'arc de conrbure
est de qiiipze a dix-Uuit ponces. Dans particle pre-
mier* sur les inconvenieais qui re'sultent de l'arc ,
on fait sen'ir que In solidite du vaisseau est la pre-
miere q.uaiiie qu'il doit avoir et qu'il est necessaire
que tomes ses parties soient conslamment bien lie- :
rest ce qui n'a plus lieu lorsque le vaisseau vicnt
a se cumber ; il re'sulte nn -si de la disunion de ses
parties que le vaisseau peid de son elegance et do
sa beau.ie. I/auieur e'tablit par un calcul tros-clair
que cetie alteration de la forme primitive empeche
Jes baiimcnts dc porter des charges aussi couside'-
( ifts )
rallies et de marcher aussi \iie que si cet inconve*- ^ 775.
nient n'avair pas lieu.
L'article second a pour ohjet de rechorcher les
causes de Tare : L'ariteur les irouve r dans la frop
grande longueur que I'on donne aux vaisseaux ;
dans la Bnes e'de leurs extre'mitc's qui sont char-
ge'es d'un imp grand poids relativemeu! a la force
dont elles sont capables ; 3° dans la maniere de les
lancer a I'eau ; 4° dans la maniere de les amarrer.
On a remarque qu'a la mer les navires arquent moins
que dans les ports, parce qu'ils cslent davantage,
et que le poids dn grand mat et de ses apparaux
empeche le milieu de so relever. La maniere dont
on lance les vaisseaux a l'eau , eu les faisant g'isser
sur un plan incline dans le sens de lenr longueur,
tend a faire disjoindre leurs parlies, parce que le
choc de l'eau s'exercant d'abord sur one des e\tre'-
mite's , ne de'truit la quantity de naouvement acquise
par la masse entiere qu'en fatiguant les diflcrenies
pieces dc ce vaste assemblage ; aussi on entend un
craquement general qunnd on lance le vaisseau a >
l'eau. La construction dans les bass-ins n'a point cet
inconve'nienl ; I'auteur calcule les efforts que sup-
porte le navire dans cette operation , et quoique la
courbure qu'il prend alorsse fasse dans un sens con-
traire a celle qu'il prend r a dans la suite , on concoit
que l'une dispo e a I'autre. La plus grande cause
<le courbure vient de la maniere dont on amarre les
vaisseaux de'sarmes dans lcs ports sujets aux llux et
reflux : on a remarque que des vaisseaux de nu me
dimension se conservent plus long-temps dana les
ports sans maree> L'auteur entre dans I'examen de-
taille des.mouvements que lendem a produire l'eau
ot le vent el <les resistances qu'opposent les amarres,
ct il fait yoir que lcs re'sultantes dc ces duTe'rents
(,r86 )
*775. flflorts n'e'tant pas directement opposees le navire
e'prouve des secousses qui font baisser I' one ou
l'atirre de ses extremite's , el contribuent ainsi a ia
formation iJc Tare.
Le troisieme et dernier ar'ide est consacre a I'expo-
sition des moyens lju'oc pourcait eitip er pour
empn lier les vaisscaux d'arqner : d'abord n con-
vieni de diniinuer queique chose surleur longueur, et
dejH trois vaisseaux de o^canonsoute'te cops ruits.de
cinq pieds pin* courts que precedeoirnent. La fine ^e
des extremites est abs< lnment necessaire a l'avant
pour procurer la v. it esse du sillage , et a I'arrere
pour rendre pins .sens-hies les effets du gouvemail;
il convieni de diniinuer le relevement des pouts a
l'avant et a I'arriere ; de ne donner aux ponts dans
le sens de lalargeur qae la combine necessaire pour
IVcoiilpmeni des eaux , et de rendre ces radmes ponts
tre's-solides ; il serait bon que le navire caiat toujours
jusqu'a la li^iie d'eau en charge , sauf a placer beau-
coup de lest dans le milieu , trcs-peu a l'avant et
point du tout en arriere : il est tres- pernicieux a bien
des egards de lester avee l'eau de mer;ces difle-
rentes pratiques out pour but d'e'lablir I'e'quilibre
cntre la poussee venicale du (luide et les poids des
dillerentes parties du systeme. Pour c'viter le choc
qu'i Sprouve le navire qnand on 1c lance , on pour-
rait le construire sor uri cliantier presque horizontal
ou <[ui n'aurait goeres plus de pente que le navire
n'a de tirant d'eau; on disposer ait d'ailleurs l'appa-
reil pour ie lancer de maniere que le navire tombat
a l'eau a tres peu-prcs dans la position qu'il doit
aflecter qnand il est a (lot ; on pourrait encore
lancer lesnavires par 1(3 travers , e'est-a-dire paralle-
lement auv qnr.is : l'autcur donne a ce sujet la des-
cription dctaiiloc de l'appareil qu'il a imagine pour
( '*7 )
lancer les vaisseaux de cetie manicre ; il fait rcmar- J775*
quer que !es principales pieces sont dispones pour
pre'venir tout accident , et que I'exces dc de'peuses
qu'occasionnera ce nouveau mode sera compense*
par les avantages qu'oo en retirera. Ed fin , on pre'*
viendra ies inconvenient qui rcsuiient d'an mauvais
systeme d'amarrage en faisant en sorte que Ja re-
sulfame des efforts des amarres agisse dans le sens
de la longueur du navire : pour cela , l'auteur pro-
pose d'emp >yer des coffres ou des canots rebute's;
on placerait deux de ces cofi'res a l'avant et deux
a l'arriere de chaque vaisseau qui serait entoure d'un
gros cable , lequel seraii suspendu a des cordes qui
passeraient par chaque sabord et seraient auache'es
au\ am faux de I'etitreponl ; re cable serait retcnu
par de peiites cordes amarre'es aux anneaux des
coflres. En donnant ;t ces coffres ou bateaux quinze
pieds de longueur, cinq pie Js huit pouces de lar-
geur , et trois pieds cie tirant d'caii , on fait voir ,
par le calcul , que quelque soil la force du vent et
de la marre'e, jamais to vaisseau n'e'prouvera de se-
cons.ses nuisibles. Dans tome l'etendue de ce me-
moire , il y a pour chaque demonstration une figure
qui en faciiitc 1 intelligence.
Barricre pour les pieces de terre closes ; par
M. Grouit.
II arrive souvent que pres des villes et dans les „ fi
icrrcius renfecmes !<•, voleurs eolevem les fruits-, les * 77
haies , les clotures dc touie espece. M. Groult, pro-
cureur dn Roi a l'arniraute de Cherbourg , pour
souitraire scs clus a ces suites de depredations, a
( 1 88 )
1776. fait construire des barrieres solides , tres dillfn lies
a onlever de lent place , et y a fait ajuster ufte
serrure simple, sans ressorts , a I'abri de !a p! 1 e
et dotit le me'canisme ne ponvait etrp trouve par
quiconque n'en connaissait pas le secret. M. Gronlt ,
apres avoir fait pendant qnatre a cinq ans l'expe-
rienre de ses barrieres et dc ses serrures , et reronnu
qu'elles n'avaient point e*te force'es ni endomiuagees ,
en a adresse a la Compagnie, le 17 juin 1-7^, 11 tie
description accompagne'e d'un dessin , en promettant
de fournir tous les e'claircissements convenables aux
acadcmiciens qui voudaient faire exe'cuter de sem-
blables fermetures.
Cause de Pele'ration des vapeurs dans Vatmosphere ;
par M DuFRiCHt de Valaze.
L'Acade'mie a reeu , le 5' jnillet 177S , de M. D11-
fricbe de Valaze , ancien officier dlnfanterie, mie
Dissertation sur la cause de Vilivation des vapeurs
dans V atmosphere. L'anteur ad met que la concbe
d'air en contact avec 1'ean en agite les molecnles
infiniment petites , les dcplace , les enleve tie ma*
niere que les globules dean se m£lent avec les glo-
bules d'air , et queceteffet se reproduit d'une couche
d'air a l'autrc ; le vent et la cbaleur nugmen'cntla
quantite' de vapeurs qui s'clevent ainsi dans I'aimo-
spbere. La cbaleur ,en s'introduisant dans les corps
en cbasse les particules bumides qui s'e'ehappent
dans Pair ; les eaux des mers , des lacs , des llcuves
contiennent de l'air dans leurs pores , et eel air »
dilate paries rayons de la lnmiere solaire, est pous<=e
au-debors par ta force expansive et entraine les mo-
lecules aqucuses dans l'aimospbere.
( »89 )
Cette hypo these vague , aussi facile a concevoir 1776.
fju'a imaginer , ne presence ;< L'esprit ricn de satis-
laisant ; les experiences precises des physiciens mo-
del nes stir la formation des vapeurs dans le vide,
sur la mesnre deleur force elastique et de leur poids
sous un volume donne', a uue pression et unPtera-
pe'rature counties , sur leur melange avec les gaz ,
fournissent aujourd'hui uue the'orie solide de ^eva-
poration et de l'hygrometrie.
Jppareil pour tirer xme fre'gate sur la cale ; par
3M. Forfait.
L'Academie doit au meme M. Forfait la description
dun appareil pour tirer une fiegate sur la cale , et la
relation d'une ope'ration de ce genre faite sur une
fre'gate pesant trois cents tonneaux. Les planches qni
e'taient jointes a ce mc'moire ne se trouvent pas dans
les archives de la Coznpagnie , mais on reconnait ,
d'Bpres lc textc , que I' appareil consiste a entourer
la fre'gate d'une ceinture forme'e de gros cables a
laquelle sont applique'es des caliornes ; ces caliornea
eiaient dispose'es de maniere a prodnire cm mou ve-
in ent asCensionnel et un moavement de translation ;
la machine e'tait mise en jeu a L'aide de cabestans
que faisaient tourner des forcats ; on avail forme au
milieu de la cale une coulisse pour y introduire la
quille de la fre'gate dont les flancs devaient glisser,
sur de longues pieces de hois, le tout e'tant bien
graisse pour diminuer le frottement. Au commence-
ment dii (lot , on presenta devant la cale la fre'eate
armee <!e sa ceinture; alors on at lescaliorues
a la ceinture ct ou lie marcher les eabestana ; h
C >9° )
1776. vire s'avanca etant pousscj h-Ia-fois par la mer qui
continuait demonter et par P effort de I'appareil; au
move 11 de cordages qui passaient par les sabords on
baissait graduellemenl la ceiriture et les c aliornes a (in
de rendre la direction de la puissance autant pa-
rallele que possible au plan de la cale. L'auteur rend
compte de plusieurs particularile's et de quelques
lc'gers accidents qui eurent lieu pendant I'opiiration ;
il terraine par calculer en detail les forces employe'es
et les re'siMauces a vaincre , en faisant eutrer en con-
sideration le poids des diflerenies masses , le frotte-
ment , la roideur des cordes.
Sur le fond de la mer\ par M. Degaulle.
Un auteur ayant avance qu'il existe deux fonds
de la mer , Pun permanent compose' des memes
couches que le noyeau de la terre ; Pautre accidentel
et variable, forme des matieres soumises a Pactiou
de la mer, M. Degaulle , ingenieur de la marine au
Havre , a refute cette opinion dans des re'flo'xions
qui ont etc presentees al'A< ademie , le 20 mars 1776.
M. Degaulle regarde la doctrine qui admct deux
fonds dans la mer comme pouvant entrainer les ma-
rins dans des erreurs funestes. Pour dctruire cctte
doctrine , il s'eflbrce d'e'tablir que les eanx de la mer
a la profondeur de soixante a quatre-vingts brasses
n'ep.ouvent que peu d'agitation , et que Paction du
flux et du reflux est presqu'insensible a cctte dis-
tance. En admettant que le mouvement des eaux
agitat les dernieres couches iufericures et qri'il y
apportat des corps etrangcrs , alors la nature du
fonds dans un meme point devrait toujours changer;
( '9' )
cependant plusieurs observations prouvent le con* 1 776-
traire ; par o\<n!} ; (> , celles faites de la Heve a l!ar-
fleur et a Ras-de-Calais. Si les eaux tie la iner
nVprouvaient dc raouvement qu'a une certaine dis-
tance de lour surface , elies laisseraient tomber aa
fond les corps qu'elies auraieul eiiiralnes , et le fond
primiiif , sans cesaerecouTert , up pourrait plus se
recoonaltre. L'existence d*s deux fonds dans la
mer n'est justilie'e ni par les experiences de la sonde ,
ni par une saine ihe'drie. Ce qu'on doit conclure,
c'est (ju'il y a des espaces assez e'tendus clout le
fond est constamment de la memo nature , ft que
dans d'autres parages le fond change dun point a
un aure , mais que sa qualite , pour chaque point,
rcste la meme. M; Degaulle indique les nioyensde
fairedc bonnes observations de sondes en s'attachant
surtout a bien connaiire la position tin point pour
Icffiiel on opere. C'est ainsi que lui-mcme a dres*se
la cane de sondes pour la Manche de Brctague ,
publico a la Gn dc l'annec 1774*
Machine a baltre le ble ; par M. de Cess art.
Uti me'moire qui prouvc dans son auleur un genie
inverttif et de profondes connaissances dans les lois
de la me'eanique , a etc adresse a I'Acade'mie , 1.;
j 8 mars 1776, par M. de Cessart , ingeniear du Roi
en clicf pour les pouts et chaussees et ports mari-
times de la ge'ne'ralile de Rouen. Ce memoire a potit
objet de laire connaiire la construction et les avau-
tages d'une machine <) /mitre le bid.
L'auteur observe d'abord quo le moyeii qui se
prcseute naturellement d'e'grener lea dpis par le frow-
( *9> )
*77^» sement des doigts ne pouvant suftire, il a falla rr
courir aux machines : le fleau est une invention utile
et simple, niais qui est susceptible de perfectionne-
ment ; on estime que dans L l usage ordinaire du (lean >
le batteur perd la moitie de sa force ; en prenant
pour unite I'effet de la force d'un honime applique a
mouvo'r un treuil dc dimensions mo yennes , et en
partant d'expe'riences faites en 176.'. sur ies percus-
sions des corps compares a leurs pressions, on irouve
que 1'efFet de la force d'un honime applique a un
fle'au est representee par un peu moins que un demi.
II resuite de la que la machine du fleau compare'e
a celle du treuil fait perdre a 1'agent plus de la moitie'
de sa force ; encore tous les homines ne sont-ils pas
propres a battre le hie' avec tous les avantnges du
fle'au ; les femmes , les enfants , les vieillards , les
personnes faibles obligees de se servir de fle'aut plus
legers emploieut plus de temps et sefatiguent da van-
tage pour battre la meme quahtite de ble. Le l)ut
de la machine en question est d'exi'eer moitie' moins
de force pour obtenir le meme effet. On recueille
en France , terme moyen , soixante millions de sep-
tiers de hie' on seigle , et un sixieme en sus do menus
grains, dont les frais de battage sont e'value's a plus
dequatre-vingt-sept millions. Le succesde la machine
assure une e'» onomie de trente millions : pour cela ,
il faut qu un enfant dc. quinze ans ou un vieillard
puissent faire trapper et conduire a sa voloute deux
ileaux comme le plus fort batleux , de maniere qu'il
bane un septier par jour ; les homines forts on feront
davantage. La machine toute monie'e ne doit pas
couter plus de soixantc-douze iraucs ; die exigera
peu d'entretien et sera d'une construction fa< tie.
Toutefois cette machine renferme des conditions dif-
fculcs a reinplir , car elie doit reproduirc la force ,
la
( to3 )
\* • • bras d'un habile batteur ct la fa-
t idle <]u'il a de se deplacer pour parcouric tousles
...
f ue pas reduire Ins baiteurs de profession a
uer de travail , et leur laisser le temps de choisir
• . jtres genres d'occupation^s , i' sera bon de n'in-
luire que progressivemeui les machines a battre
le ble comme on a fait pour les me'tiers a Las cl les
tae'cauiqnes propres aux Glatures de coton.
Apres ces considerations prelimiuaires que I'auteur
a de'\ eloppe'es dans la premiere partie de son me-
moire , il consacre la seronde a la description de'*
laille'e de la machine a battre le. Lie : tin dessin lavii
pre'seote., sur une e'cbelle, assez grande , le plan et
IVle'vaiion de cede machine avec louies les pieces
qui la composent.
Cede machine) qui n'est autre chose qu'un porte-
flc'au , est dispose'e de inanuV.e que I'liomme n'a
qu'un mouvement de rotation is donner a une ma-
tiivelle coude'e , ei de temps en temps un autre mou-
vement lateral a faire imperceptiblement pour que
ies fle'aux puis sent Ira pper stir tons les points de I'aire.
Sur u n pivot de bois bam de cinq pieds est place'e
tine piece de bois liorizoiuale pt tongue de quatre
Ls , qui porte a son exi . sis rectan-
laire incline dont les deux grands < I six pie Ls
tie longueur; la partie infe'rienre de <-e chassis est
sputenue par des ro qpi la foul mouvoir en
tous sens. An milieu de < s est une traverse
a laquelle sont Gxe isles eilre'ruite's des fle'aux et qui
estle centre do leurs rfiouVjements; •'■ quator^j
du ccntredu chi ure ,
est pi ■ la m ii ivelle ; pour rei. er • haque lleau ,
on se sen d'uue co , i ui I'extre'pjjt^ mobile
du ile'au , e'est-a-dire celle qui porte la Laite, a
Tome IV t 1771 u 17 N
■77<>>
( '94 )
*77*V I'extrc'mite d'nn balancier en bois qui oscille autour
du centre , par le inoyeii d'nne verge egalement en
Lois et qui fait agir la manivelle : pour que le mou-
veinciu de cliaque fle'au se fasse exactemcnt dans
vii plan vertical, on di-}ose des demi-cetclea de
cmitaigner qui servent de coulisses aux balauciers.
A cliaque revolution de la manivelle le grain esi
frappe de deux coups de (leant
On trouve dans le memoire les dimensions de
chaqnc piece de la machine , Vindication de la ma-
tiere (font elle est forme'e et de la manicre dout il
faut preparer et assembler toutes les parties de l'ap-
pareil. Le resie du memoire est consacrc a calculer ,
d'apres la theorie des moments , la force necessaire
pour obienir quarante tours de manivelle par mi-
nute : pour cela , I'auieur considere le fle'au dans
deux positions ; savoir : i° a 1'insiant ou la puis-
sance commence a le soulever ; 2 lorsqu'it est dans
une position horizontale. Le re'sultat de scs calculs
le conduit a conclure que la machine qu'il propose
permet d'appliquer la force de l'homme d'une ma-
nure trois fois et demie plus avantageuse qu'avcc le
fle'au ordinaire ; qu'a 1'aide de cette machine on
pourra employer utilement a battre le Lie' les en-
fants , les femmes , les vieillards, les individus d'une
i'aible constitution , et que dans lous les cas on obtient
une grande economie sur les frais du battagc. L'au-
teur , avec la modestie qui est toujours l'apanage
du vrai talent , invoque pour le perfectionncment
de sa machine les lumicres et les avis des homines
indu«trieux qui, par etat ou par gout, s'occupent
de decouvertes miles. Le memoire est (ermine par
le devis estimatif des dillerentes pieces de la machine
qui, en mate'riaux et main-d'ujuvre , 11c doit coutcr
que soixauie-douzc francs.
- )
E&pioil&tioh et emploi des hois de service ; par
Mi FORFAIT.
Co nouvfeau travail do M. Forfait, lu a la seance I 777'
du n juillet 1777 , renferroe un graud nombre d'obser*
rations sui* les differ en tes sortes de bois propres aux
constructions maritimee ; sur les deteriorations qu'ils
e'prouvent par lour so'jour dans lean on lour expo-
sition a Tair ; sur les morons de les avoir de la meil*
leure qualite possible dans les ports on on les met
en couvre. L'autenr trr.ee d'abord un tableau abrese*
des progFes de la civilisation , de l'industrie , <lu
commerce , de la navigation ; et il fait voir com-*
tnent on courrait ainsi a grand pas vers line disettO
efl'rayante de bois de Construction et de chauffag3 i
si le Gouvefnemeut , pour la prevenit , n'eiit ordonne
des plantations proportion nees bus de'penses, en re-
glant le lemps et la forme des coupes.
La plopart des amours qui out e'rndie'la nature des
Lois I'ont plutut conside'ree en naturalistes qu'en in-
gc'nieurs. M. Forfait voudrait qn'on indiquAt la meil-
leure maniere d'e'lever les arbres , de les abnttre j
les precautions nocessaires pour les niettre en re-
serve et les conserver long-temps avrc le moms d'al-
te'ration possible ; enfiu, le choix qn'il en fant fa ire
pone les employer plus avfentagetosenlent p;ir rapport
a leurs especes et a leurs differentes qu elite's : e'esi
cc qn'il a enirepris de faire , et son nie'moire n'e t
que le commencement d'un ouvrage plus 1 tendo qu'il
se proposait de completter. Ha observe ij> c !<■> lois
qui nous viennent de I'etranger '-out sou. 0111 euirs
avant d'etre mis en out vie. Selon lui, lcs bois du nonl
N 2
( TOO )
*777* sont grns et sujets a se pourrir; les hois de l'Ai
rique meridionale sont superieurs a ceux de I'Ame*-
rique sepientrionale ; de inonie ceux dc Provence
surpassent ceux de Normaridie ; en general , les Lois
francais sont d'un tres-boii usage ; iis .sonl sculement
suscepiibles de se travailler quant on les expose a ime
chaleur un pen trop vive. Le bois s_ras doivent etre
prefe're's dans les on wages a I'rhri de I'air , et les bois
sees dans les ouvrages exposes anx grandes irtempe'-
ries. La quantite des bois francaise'taut tres-inferieure
aux besoins de la marine, il imporie que ies ordon-
tiances sur les for&s soient striciement observees.
II conviendrait d'encourager les marchands par
1'appat d'nn bene'fice reel et sans les assujetir a Irop
de i'ormalites, a vendre an Roi de preference les
arbres et les pieces pre'eieuses par leur forme ou
leurs dimensions qui peuveut etre employes dans les
arse'nauK. L'usage de faire (letter les bois et de les
empiler en les laissant exposes aux variations de cha-
leur et d'humidile de I'atmosphere est ties preju-
diciable; il y a aussi bcaucoup d'inconve'nients a les
laisser sojourner dans I'eau , et surtout a les e'quarrir
aussitot qu'ils ont etc abattus L'auieur, nprcs
avoir doane beaucoup de details sur ces diverses
causes d'alte'ration , propose pour prevenir lours fu-
nestes e lie is i° de ne pas laisser dans les ventes les
arbres exposes anx. iiuempe'ries ties saisons ; 2 dc
construire des radeaux pour les transporter dans les
entrepots ; 5° de les empiler , de ies couvrir avec soiu
pour eviier qu'ils ne prennent de l'humidite ; 4° de
les laisser secher dans leure'corce ou au moths dans
leur aubier, et d'aitendre pour les mettre d'e'ehan-
tillon qu'on soit pret a les employer ; 5° tie ne mettre
les bois en place que quand ils seront hien sees, et
de faire les ouvrages le plus a 1'abri qu'il &c pourra;
C '97 )
<v'<) o; , iertres-peu lescouehes1?gneuse9 ,et, quand 1 ?77»
on no potiri • er , d'iniercepter la com-
munication outre i pieces voisines par l'inter-
m ssion de rjuelque corps c'tranger et pcu susrep-
ti !>le Jo corruption. Ces diver es >tc'< iutions exige-
ronl on su . ■ t de epei <■ , mais qui no pourra
e^tre mis en parallel? a\ei-'e bien qui en re'sultera,
car si on vaisseau dn premier rang dure seulement
deux ans de pins s i era an moins cent cin-
qnante mille francs , on pluh I ;nera le quart
dn hois nc'cessaire a !a construction.
M. Forf'ait ne se finite pas d'avoir epuise son sujet;
j| desire que son travail donne lieu a de nouvelles
recherches e: ii d'utiles reformes.
Description de diffirentes machines ; par M. de
CbSS/.RT*
L'A< ' : mio ayant recu successivement phisieurs*
r res Mir diflerentes machines pr s pad
M. deCeSsart, inge'nieur en chef des ponts ei ch'ans-
is a Rouen , lo me 1 me auteur a donne , re <> ao.it i 7-7 ,
line descriptii n succinate d< c< - m .pnes.
I.ii premiere a pour'obfet de simplifier la maniere
d' 01 tcs des e'< in' .••■ , e placani - quart
decercleen hois' au centre do nmuver.icut do la
le<[ 11 ol so prolongera dans I'ej ers;
sur ce quart do « er< lo se de'veloppera on cable roi
dans von milieu ur la fusee d'iin cabestari et fixe par
ses extremite's or irt de rele ; on indique les
Operations a faire pour determin 1 1 mou-
vement de la porte et pour faciliter lo jeu da quart
d.e cercle. Afin d'tsvitex uuo descrip
.:; J
( IP« )
*777* 1'aufeur avait fait eve'cuter un modele qu'il a pre-
senie a la Compagnie.
La seconde machine a e'te imagine'e pnur scierles
pieux dans l'eau. Apres avoir rappele les difficulte's
qu'on e'prouva en 175O' pour la construction de la
premiere pile da poiu de Saumur, M. de Cessart
a expose le modele en petit de cette belle machine
dont il avait nie'dite' les principalis mouvements avcc
3\I. de Yoglic , inge'nieur en chef, et qui a scrvi eu
1757 pour la secoude pile da pont de Saumur, et de-
puis pour les neuf autres pi les du meoie pont de
Saumur, et pour celui de Tours. On peut , a I'aide
de cetre machine , couperles pieux de niveau a telle
profondeur que Ion voudra sous l'eau ( Elle est
actuellemem employe'e, en 1817, pour la fondatioo
des piles du pont de Rouen.) Sa construction, le
developpemeni de ses parties , et la maniere de la
faire agir son! iudiqu.es dans le texte et les planches
de I'Encyclope'die.
La troisieme machine , pour fariliter le hattage du
ble , a etc pre'ce temment decrite d'apre le me'moire
principal qui la concerne.
La quatrieme machine est destine'e a simplifier la
manoeuvre de l'ouverture du pont de bateaux de
Rouen. Cette simplification consiste a faire ecarter
les deux bateaux suifisammeni pour laisser passer
les na vires a I'aide de deux cabestans ordinaires
garnis de leurs leviers et auxquels il suffira de faire
faire six tours sans que les ouvriers soient oblige's
de descendre dans les bateaux. Un modele repre'-
sentant cette nou\elle d ispositi »n a ele presentti par
M de Cessart a M. le comte de Falkeinstein qui avait
cxprimc a M. deTrtidnine, alors ministre , le dosir
de voir le pont de bateaux de Pioucu et le mecauismo
de son ouvcrtiue.
( '99 )
Sur VclasticitS et Li compressibiliti de Veau ; par
M- I'Abbe Mongez.
La question de la compressibility des liquides a 177".
ete'long temps agitee parmi les physhrieus. M. I'abbe
Mongez, chauoine regulier, professeur de philoso-
phic au prieure de Saint-Lo , dans un me moire plein
d'e'rudiiion , lu a I'Acade'inie le \l\ mai ""77, a
expose lous ies faits et les raisonnemenls qui icn-
deni a prouver *j ue les liquides sont e'lastiqnes , d'oii
il resulte qu'ils sont compressibles : l'auteur n'a eu
Lesoiu pour parrenir a ce resultat que d analyser
et de (aire coonaiire I'ouvrage sur L'e'lasticite des
fluides publie par le Pc-re Herbert, professeur de
physique dc L'Apademie de Vienne en Auiriche^
et e'est le but qu'il s'est propose dans son me'moire.
II mppelle ['experience des acad< ; m:ciens del Ci-
menlo qui out sounds ii une forte pression une Louie
dor mince ct exactement spherique qu'ils avaient
remplie d'eau , et une autre experience e'gaiement
eonuue des physiciens , qui consisted charger uu
volume d'«'au d'une tongue colonue de mercure ;
il resulte de ces experiences que l'ean et les amies
Hquides ne sont pas compressibles ou ue le sont que
dans mi degre* inappreciable; mais on oppose a ces
consequences que les liquides , comme les mitres
corps, etant poreux , sont par cela rnerae coropres"
sibles , ei qu'eiant capables de iraiiMiietire le 'son ,
eela prouve qu'ils sont eiasliques et compressibles*
La premiere parlie du me'moire de M. Mongez a
pour 1 l)|i-t de prouver que les raole*cules des liquides
jouisscut d'uu ressort pari'aii ; et la seconde partic*
H 4
( *>oo )
1777. que la compressibilite des corps est une suite n£«
Cessaire c!c ieur eMasticite.
Sur la rnanrere <Je fnire les observations mcleorolo*
giques ; par M. L'Abbe Mongfz.
La mnniere anciennement en usage ele rioter les
observations ine'ftiorologujttes en indiquant par des
norobres les hauteurs du bare-metre el les degres du
tltermometre ne permet pas de saisir d*un conp-
d'otiil les variations de ccs instruments dans un long
intervalle de temps; et lorsque Ton vent cbereliec
la loi de ces variations el I'ordre sucressif des plie'-
j\< raenes de l'atmosphere , il faut faire do longs <t
lasiidieux calculs. M. l'abbe Mongez , dans mi me-
inoire p-rcni; 1 a l*Acade'inie le j4 Janvier 1778, a
fail rerriarquer les inronvenients de res volumineux
registres d'observaiions dont on ne tii e que peu d'uti-
liu ; pour les progres de la me'te'oroloj ic. i'. propose
de repre'senter par tin trace graphique les re'sul-
tats des observations, ei. , parmi les procede's que
Yon pout (•!•;•' yer, il dorii e la preference an ta-
bleau mel ique insere clans lo journal de p'iy-
ie de'jijln 1770; il indique le moyenae perfec.-
: -.cr re tableau en l'appliquant a liois observa-
tions ]>;n [our an lion d'une seule. Le v&u de
!M. lftbrig'ez a e'te retnpli , et les pbysiciens niodcrnes
: ti<; eonstructii (fnetriques ires-com-
modes pour rendfe sensible a I'ce51 ei h I'esprit le
tableau cbmparatif delongues suites (fobservtuious^
( . 1 ,(/. lc Trait 4 de Pkrsique , par Uiot. )
( 20 1 )
Compas de variation a reflexion ; par M. Degauile.
La variation de I'aiguille aimante'e c-t I'observa- >777
tion ia plus es entielle en mer apres celle de la iaii- et
rude : elle se fait au w (yen da compas de variati 1778.
ei dii compas azimuthal ; ce dernier instrument est
Ues-peu connu des mar ins,, et 1c premie. olVre le
double inconvenient d'exiger le conpours de deux
obseVvateurs et d« ne mesurer les angles que dans
le plan horizontal. Bouguer, et Duhamel out
perfectionne cei instrument, ei M. Degauile, ing -
nseur de la marij e an Havre , a i.magini liquet;
an compas de variation le mepauisme de l'octa.nt
de maniere qu'un seul ob ervateur suffii pom- d&-
terminer en mer , : i loute heure du jour, la yaria-
1 " de I'a aimantee or la hauteur du soleil sans
qu'il soil n< e de 1 oir 1'horison de la mer. Ccue
de'couvertea valu a son aim ur nee gratification de
douze cents livres , ei une pe v cents livres
de la part <lu Gouvernement. M. Degai lie a fait con,-
naltre le-; diverses a i I lions <fuil a faires au compas;
de variation dans deux me'moires presentes a I'Ar.i-
demie le 18 juin 1777 et le i8novembre 1778. Outre
la description de.l'instrument, la maniere dele cons-
iruire, de le verifier, de s'en servir, res me'm< ires
contieni ent les re'sultats <le plusieurs obsen ations <K»
variation de la boussole, d?amipHtude , d'azjmuth et
de latitude; faiies en tner ei a terre sou h I'aide da
Vl;,i h( rison , si it a 1'ajde de 1'horison artificial.. U
6erait superfiu de faire une analyse plus e'tendue de
ces ilouv 1 , ,. nouvel instrument
de M, Degauile est meutiooue duns plusieura traites
( 2 0?. )
1778' d'hydrographie , et qu'il a etc public' au Havre , &
l'e'poque de sa de'couverte , une brochure ayant pnur
litre : Construction et usage du nouveau com/Mis azimw
thai a reflexion.
Observation d'un phe'nomene singulier de lumiere ,' par
M. l'Abbe Mongez.
Le meme M. Mongez a communique a l'Acarle'mie ,
le 29 avril 1778 , une observation sur un fricteore lu-
mineux qai lui a offert des particularity remarqaa-
bles : La nuit , par un beau c'mir de lime , I'auteur
marchant le long d'un champ de lin , la tete de son
ombre , projettee sur le lin , parut vtwironnee d'un
grand eclat de lumiere en forme d'aurSole, et des
pieds de I'ombre par'aient deux grandes traces lumi-
neuses a droile et a gauche qui , allant toujours en
s'elargissant et s'affaiblissant dHntensite , semblaient
se perdre a I'extrcmite du champ ; I'aureole et les
traces lumineu$es accompagnaient cvnstamment tons
les movements de I'ombre : un champ de seigle >
de'ja en epis , donna I'aureole, mais point de traces
lumineuses. M. Mongez , apr»s avoir fait scmir la ne-
cessite de recueillir avec soiu tous les plie'nomenes
que pre'sente la lumiere pour parvenir a une throne
solide de cette branclie imponante de la physique ,
entre dans 1'explication dciaille'e du fait qu'il a
observe; il attribue la formation de I'aureole et des
traces lumineuses a la reflexion eta la refraction des
rayons de lumiere par les gouttes de rose'e qui cou-
vrem les petkes fcuilles des ve'ge'taux.
( ao3 )
Observation, d'un mete'ore igne ; par M. Chefdhotel.
Le 23 Janvier i - "^, M. Cbefdbotel observa , a 1 77°*
cinq heures du soir, unc petite dcmi-beure apres.
uii coup de tonnerre assez violent qui avail e*te pre-
cede ilt- quelques auires pits faibles, un cylindre
de feu d'environ deux pieds de diametre apparent
qui venail du sud esi et qui e'tail incline d'a ; cu-
pres 70 1 I'horizon. En moins dime demi-miuute
ce cylindre s'est allonge de pres de quatre vingts
pieds et fut transporte' avec la rapidite de l'eclair
dans une tour on son extremite inferieure s'est elargie
en forme de cone , apres quoi ii disparut sans bruit
sensible et sans faire atirun dominate.
Le 28 du meme mois , M. Cliefdlio'el a rendu
compie de ce pbe'nomeue a la Compagnie.
Sur la vision; par M. Daubermenu.
A pres un brillant expose des avantages et des
jouTssances que la lumiere procure aux animaux ,
M. Dauberme'nil , dans une dissertation presented
;i I'Academie le 7.?. juillet 177S , traitela question si
long-temps agite'e de savoir pourquoi les objets se
peignanl renverse's au loud de I'ceil nous les voyons
droits. L'n naturaliste ce'lebre ayant avance* que si
le sens iln toucher ne recti fiait pas Ic sens de la vuc. ,
nous nous trotnperions sur l<i position dps objets ; nous
les j gerions renverse's- M. Dauberuie*ni) re'pond que
ce qui est en ham nous paraissaat &tve cu bas, la
( ao4 )
l 77§' main ne pourrait rectilier les errcurs del' ceil; selon
l'aateur , I'incertitude provicnt de ce qu'on ne five
pas assez le vrai .'ens du moi renverse : lotjl objet
que nous voyons a pour nous sa partie supe'i ieure d"a
cote dc notre trie, et sa panic infe'rieure du c6t«
de nos pieds. Or, I'image de noire corps ou deqm -
qucs-uncs dc ses parties e'tant renversee an fond de
notre ceil com me eelle dcs attires objets , cenx-ri
conservent la meme posiuon relative et nous les
voyons droits. Cette explication avail etc' donne'< par
3NT . Duval , professeur dc ophie au college
d'Harcour; ; mais TNI. Daubermenil assure qu'il u'ett
ayait aucuue connaissance.
Analogic du magndtrsme et de I'electricite ; par
?,I. Go'J.IDIN.
L'un de nos plus anciens et plus savants collegues ,
M. Gourdin , a recueilli , dans une dissertation pre-
sentee a 1' Academic le iS novembre 17^8, un grand
nombre de fans et d'observations Mir ['aiguille
aimantSe , desquels il re'sulte line analogic frappante
entre les phenomeries produits par I'aimant el cenx.
<*ui sont diis k I'eleciricite. I ' pendamment des sa-
vantes recherches contenues dans lemcmoirc de I'au-
tcur , on y distingue une gnude sagesse de prin-
cipes sur la foroiation dcs tbc'ories , dans lesquelles
rn doit evitcr Ics e'carts d'uue imagination trop ar-
dente , ec la re'serve d'une timidite trop circous-
pcrte. Les vues de l'auteur sur Panalogie entre le
le'tisme ct I'electricite' sont adoptees par ions \cs
pbysiciens , mais beaucoup de faits s'opposent a ce
qu'on puisse rcgarder coiume parfaitement idcu-
( ?o"> )
tiqnes les causes qui dorment naissance anx deux 1 7 7S.
clas ses de plie'nomenes. ( Voyez les Trade's de Phy-
,. de Il.uv . de Biot , ei le Precis hist orique des
Phenomhnet electriaues , par Sigaud Lafond. )
Moyens de (aire entrer les gros vaisseaux dans les
ports de la Munch e ; par M. Llffbvre.
L'Acade'mie doit a M. Lefebvre , ingenieur en cliof 1779.
des ponts et chabssees ct ports de commerce de la
gene'rdite de Caen, uu Mdmoire tres^etendu surles
moyens de faire entrer de toutes marees les plus forts
v aisseaux de guerre dan'! les principaux ports one la
France possbde sur le. omul de la Manche. Le rr. ; -
moire, compost; de plusieurs parlies r< a dif-
fe'rentes e'poques , a e'te* recu le 12 mai 1779; il vc
coniienl passeulement des vi es inerales , mats des
plans de'taille's, des moyens d'exe'eution , des de\is
<Mii annonceht un ingenieur aussi habile a (aire exe-
cnier <le que savant a les conrr\- .
L'a combien il est im-
portanl pour la pri ■ et la siirete du c <• ,
pour la gloire iv . , ' 1 .:nclie d
ports qui mctteni 1,0s vaisseaux a I'abri de
ei Ireprii s <!e la part des A^pgjais; i| qb erve ensuite
qu< ces de quelques-uns de nos ports n-
•» ei 1 ueils ; que dans les am 1 ute
pas ■•' ez d'eau pour'les gros vaisseaux , m
[es fortes mare'i », ei qu'il faudraity creu era gran
frais des bassins avec des e>lus< Licrs , des
chenaux , qu'on ne pi ur lit garaniir
ments ct atierissemenis. Pour eviti • ^< : -
pense de creuser un port asse | . md, M. Lefcb\
( ao6 )
'779* propose d'introiluire les vaisseaux en diminuani lent 1
tiranl d'eau et !es soulevant par le moyen d'alleges .
ces alle'ges seraient de tongues et fortes ga bar res
accouplees deux a deux , et qui porieraient de l'une
a 1'autre des sangles cable'es ([ui fornleraient une
espece de (ilet ou hamac. Lorsqu'nn vaisseau au-
rait passe entre deux hates d'alleges, forme'es de
deux, quatre , six , suivant sa force, on lais c e ait
ces alle'ges se remnlir d'une suflisanie quantite d'eau
a l'aide de robinets ou de soupapes pratiquees a
leurs carenes ; alors , en relevant les sangles cablees
par le moyen de treuils place's sur les bords des
alle'ges , et vidant ensuite les alle'ges avec les nom-
Lreuses pompes dont elles seraient garnies , le vais-
seau s'eleverait , et , comme il n'aurait plus alors
que douze a quinze pieds de tiranl d'eau au lieu dc
vingt-cinq, on pourrait le conduire a force de ra-
mes dans le port ou dans un arriere-bassin pratique'
dans l'inte'rieur des terres et qui communiquerait
avec la mer par un canal.
Lechameau dontse servenllesllollandais est fonde'
sur le meme principe que les alleges; mais l'auteur
u'avait pas connaissance de cette invention , et il
trouve a ses alle'ges plusieurs avantages sur le cba-
meau. Pour le passage d'un vaisseau accole de ses
alle'ges , il faudra des e'cluses plus grandes que 1'on
ne pourra plus fermer avec des portes bnsque'es;
l'auteur y subslilue un bateau-j>orte, en quoi il s'est
rencontre' avec M. Grognard qui a suivi le inline
procede' a Toulon.
M. Lefebvre donne les dimensions , et tons les
de'tails ne'eessaires pour construire ses alleges et le
baieau-po r te. De nombrcux dessins c'laient Joints a
6on me'moirc et il se disposait a faire executor des
modelcs de chaque machine ; il rend compte des
( 50 7 )
travaux qu'il a projc'te's pour les ports tie Clicr- '779»
bourg et ile Caen ; il indique les avantages qui rc-
sulteraienl pour la marine royale et marchande de
l'adoption de son systeme des alleges ; il expose les
movens de construii c les radiersdes grandes e'cluscs
en voutes renverse'es et d'employer plusieurs assises
de caissons echoue*s pour e'tablir des forts destines
a defendre les rades et les cotes. In dernier cha-
pitre contient le resume de tout I'ouvrage.
MM. David et Scanegatti out fait, le 14 juillet 1779,
un rapport a l'Academie sur le mc'moire ci-dessus.
En accordant a l'autenr un tribut mi rite d'e'loges,
MM. les coramissaires trouvent de grandes difficulty's
a faire manccuvrer les alleges pour peu que la mer
soit agitee , et surtout lorsqu'on serait menace par
l'ennemi ; le b,itea<i-porte destine' a fermer I' entree da
bassin et qui doit avoir cent-quarante picds de long,
leur paralt d'uue trop forte dimension pour qu'on
6'eti promette un succes certain. Quant au projet de
fonder des moles , des forts par encaissement a des
profoedcnrs clc trentc a quarante pieds dans la mer,
Jes commissaires applaudissent a la sagacite de l'au-
tenr , et d'apres le vceu d'appartenir a l'Academie
qn'avait ex prime* M. Lefebvre dans sa lettre d'envoi,
ils proposent son association comme line acquisition
flatteuse.
Sur la cause de la pluie ; par M. Behtholon.
Parmi les causes de la pluie, M. Bertholon , de
Saint-Lazare,comptela repulsion electrique. Dans sou
memoire, ( recu le 12 mai 1779, arcompaghe d'uno
lettre d'envoi dans laquelle il exprime le voeu d'etre
asaocie* aux. irayaux de l'Academie,) il rappele que
( ™z )
'779* l ps nfag«s oragemc som electriquea ; nun le<
electrises de la meme maniere se repous enl ei qu'il*
s'attiront clans le cms contraire j d'apres ceia , il >e
pepre'sente q^e qnand des nuages charges dYleriri-
citc passenl > ime petite distance de la surface <le
la terre , le flnide electrique par sn tunc repulsive
tend a s'e'cliapner du nuage et eutraine a\ ec 1 ni les
molecules aqueuses qui, se re'unissai l'air ii
d'autres molecules, y torment di esquitom*
Jbent en pluie sur la terre. L'air ne devient conduc-
teur de I'electricite que par les vaneurs luimides
qu'il tie-iit en suspension , mais si ce meme air est
trop charge' d'eau el qu'il soil en contai I avec la masse
de la lerre , il ne retient aucune portion de I'elec-
tricite qu'on lui transmet. Si le ouage est e'leeii
en moins , alors ses molecules aqueuses som attire'es
par la masse de la lerre qu'on suppose elect lisce
en pirns , ce qui produit encore de la pluie; mnis s'il
arrive que la surface de la terre soit elecirise'e posi-
tivement et que I'a'mosphere soil e'lectrisee negati-
vement , alors Phumidite de la terre e,sl entraine'e
par le flu'de electrique qui s'echappe dans l'air ; de
la , la rose'e et les brouillards; les memos result a.t5
auront lieu quand la terre qui contieul del'humiil
sera electrisee negativement et que l'air sera electrise'
positivement, A I'appui de sa ilie'orie , l'auieor deer it
plusieurs experiei ces sur les attractions el les repul-
sions electriques qui presentent I'image de la pluie
descendanw ei de la rose'e ascendant* , dom il trout i
la cause dans l'electricae.
Sur
( aog )
tfurunpafa-tremblement de terre et un para-volcan;
par M. BertholoN.
Apres un tableau effrayant des ravages occasionne's '77^»
p-nr Ies tre'mbtemcnis de terre et cs volcans , M. Bef-
tholon , de Saint-Lazare , auteur da memoire que
nous analyous et qui a e'le lu a la se'ance du 24 le-
vrier 1779 , presents uue tongue enutneratfon des
funesies effets produils dans les diHeren'tes parties
du idohe par re rcdoutable Qeau depuis Ies temps
Ies plus reeule's jusqu'a nos jours. Cette premiere
partie du memoire est tres-eicndue et prome que
son auteur a fait de nbmbreuses recherches histo-
r'ques. Dans la scconde parlie de son memoire ,
Til. Bertbolon s'attacbe a (aire voir que Ies tremble-
ihents de terre ct Ies volcans ne sont (juc des clec-
tficiu ssouterrain'es, et, en sc fondant surce principe
justilir par toutes Ies experiences et qui set t de fun-
dement aux paratonnerres , sav'oir , que Ies corps
me'talliqucs sont d'exc'ellents cOhducteUrs du fluids
electrique et que les poinu-, !.i - eni Facdement
e'rhapner ce meme fluid'e et le soutireni ii degrandes
distances , it a imagine un appareil propre a pre-
venir Ies Volcahs et les tremblements de terre ,
et qn'il nomine para"vo?can et para-tremblement de
terre. Cet appareil consiste en une tres erai debarre
de far ptofondetrierii enfoncee daus la terre par uu
bout et dont I'autre bout s'eleve ires-haul dans 1'air :
6es deux extremite's -out garnies de plusieurs poimes
aigue's qui divergent de 'haul en ! -. pour la partie
ibfexieUre ei de bas en haul pi ur la partie stipe-
ncii'-c, res liarres de fer doiyent ctre t'eruies pour
Tuinc IF, 1771 a 1700. U
( !H0 )
1779. empecher la rouiile ; mais on prut faire en plomb
les parties de Pappareil qui doivent rester sous la
terre. L ameur de'erit une experience d'e'lertriciieqni
rcpre'sente en petit lea effetsd'un volcan et d'nn irem-
blement de terre : cede experience est analogue a
celle de la maisonnette electrique pour imiter ou
pour prevenir Taction de la foudre.
II est evident qu'on doit placer les appareils ci-
dessus daus le voisinage deslieux les plus exposes aux
de'sordrcs dont on veut les preserver. Les puits , les
cavernes, les carrieres soul des soupiranx utiles qui ,
laissant une libre issue an fluide electrique , ne per-
mettent pas aux volcans de se former. L'diueur die
en faveur de cette opinion plusieurs exemples de
pays exempts des tr emblements de terre et ou se
trouvent des traces tres-profondes forme'es natun-1-
lement ou creuse'es par la main des homines. Si 1'on
objecte que l'appareil du para-trembh merit de terre
et du para-volcan est dispendieux a ctab'.ir , I'an-
teur oppose les epouvaatables desastres dont il s'agit
de se garantir; il re'pond qu'apres tout ces depenses
sont moins euormes que cellcs qu'entrainent les
guerres iniustes , les constructions d'e'difices sonip-
tueux , etc.; enGn , M. Bcrtholon exprime le voni
que les rois de Naples , de Portugal et d'Espagno
executent les ruoyens qu'il propose
Sur le donblage en cuivre des vaiss&aux ; par
MM. Forfait et Delafollie.
1779 Le 22 octobrc 1779, M. Forfait, autorise' de ses
et chefs , e'erivit a M. Delafollie , pour lni faire part
1780. que , aur huit fre'gales double'es en cuivre ii Brest,
( ail )
deux, e't.iient rentrees apres deux ans ; que les feuilles >"79
de cuivre qui couvraient la partie super eure de la et
ca-eue , elaient usees , criblees de pelits irons , et 17" *
qu'il iuiportait de savoir si ee pen de dur. e du
Cuivre devait eire nttribue' a sa mauvai^e qualite ou
3M.v pro-Cedes employes pour l'appliquer sur le bor-
da^e des b&ti merits. En consequence , M. Forfaic
adressa a M. Delafollie cinq morceaux de cuivre;
savoir : deux de France, tires de plauehes nemes,
un d'Angleierre , ayant scrvi a duuLier Uu bailment ,
deux retires de la tr< gate /a Survei lun/e , apres ii<>
jours de navigation , ct le pria de faire des reclier-
ches sur la qualite de ces cuivres , et le meilleur
proce'de' a suivre pour le douhjage* II decrii relui
qu'on a pratique :i Brest et < el ui en usage cbe? les
nnglais ; il communique, en outre, quclqucs expe-
riences faites sur tin vends compose par JNJ. Dela-
Follie pour garantir les clous et los chevilles des vais-
seaux centre ['impression de lean.
Dans sa reponse, re'digee en forme de memoire ,
du 6 novemhre i770> M. Delafollie rend cumpre
a M. Forlait des re'sultats de ses expediences : il
pense que la feuille de cuivre fraucais a trop peu
dYpaisseur , et qu'elle a eu trop de feu an recuit,
et quoique les cuivres de Suede et d'Angletcrre
soicut plus duciiles rjue cenx <le France , on doit,
De ful-ce que par pntriotisme, prcferer ces derniers.
Les cuivres fraucais et anglais , sounds am memes
epreuves , n'out pas pre'sente de difference^ L'enduir,
gras et resineux , sur lequel on a pose' les feuilles de
cuivre , n'est nullemcut capable d'empecher I,i for-
mation du verl-de-gris ; pour eviier ret inconve-
idem , il faut appliqucr imineMialemcut sur le cuivre
des corps prives de sels ; la couche de peinlure
blanche it l'buile Cit preferable au goudrou , potirvtt
Oi
C 512 )
J 7?9 qu'elle soit Lien sexhe quand on y applique le
cuivre. Le vernis a l'esprii-de-vin ne corrode point
, 7° 0, le cuivre, mais , pour en faire usage, il I'nut que
les feuilles de cuivre soient bien polies ; ce vernis
est , d'ailleurs , un peu di^pendieux. Le precede
qui pnrriit a M. Delafollie le plus simple , le plus
econotnique et le meillcur , est le suivant : il l'aut
e'tendre sur une table des feuilles de papier fort ,
Verse r alternativement , sur chaque surface, du noir*
de fume'e , et frotter avec un tampon de linge , de
facon que le papier devienne d'un noir luisant ; on
posera ce papier < narbonuenx sur le franc-bord d. ji
peint a I'buile et bien se'ehe' , puis on y appliquera
les feuilles de cuivre. L'auteur expose les motifs qui
lui font donner Ja preference a ce proce'de. Un e'la-
inage sur les feuilles de cuivre , a e'gales parties
detain et de plomb, serait plus dispendicux et ne
Vemplirait pas aussi bien I'objet desire. On pourrait
encore frotter cbaque fenille de cuivre bien ne**
toyec avec de I'luiile de lin , et la faire scelier sur
tin fourneau de charbons ardents : ce vernis e^c
inattaquable par les acides , ei coiilcrait au plus
5o francs pour cbaque fre'gate.
L'acade'mie ayant eu le mallieur de perdre
M. Delafollie , qui etait I'mi dc ses membres les
plus dislingucs , de'sira avoir connaissance de ses
derniers travaux, ct il fnt e'erit a M. Forfait, qui en-
voy a , le 5 juillet 1780 , des copies de sa lettre a
]\1. Delafollie , ct du me'moire de celui-ci sur le
donblage des vaisseaux en cuivre. M. Forfait coni-
rnuniqua, en me me temps, les essais qu'on avail
faits dea procede's propose's par M. Delafollie. 11 a
ete' impossible d'appliquer sur le papier le vernis
de noir de fatal ee. On a fait vernir a I'buile 2ou
fbuilles de doublage , qui ont ete'appliquc'es sia deux
(a,3)
{re'gates ; ec procede , nnnoncc comme simple , a 1779
qflert dc grandes difficulte's dans la pratique. Le et
verni^ d'huile dc I'm ne paralt me'riter qu'une con- 1780.
(iance mediocre. M. Forfaic pense que c'est la mau-
vaiso qualite dn cuivre qui a donne si peu de du-
re'e aux premiers doublages ; car, ayant revu des
fre'gates double'es avee du cuivre ties villes ansca-
tiques, et qui avajenl navigne plus long-temps que
cellos mentionnees ci-dessus , .1 a remarque que leur
dpublage n'avait point, encore souflert d'alteratian.
On doit done s'attacher a {'aire cboix de bon cuivre,
]M. Forfait couclut que ies moyens proposes par M.
Delafollie sont irige'nieux , mais diificiles a pratiquer,
et pcut-dtre insuHQsants : du reste , il paie un juste
tribut de regrets a la luenioire dc ce savant esli"
mable.
Application du Barombtre a la mesure des hauteurs ;
par M. LeMONNIER.
Dans une letlre da'e'e dc Paris du a5 octobre 1780, 1700,
et mentionne'e dans les registres de l'Acade'mie ,
urc du 11 novemlire sniyant, , 1U. Lemonnier in-
dique a M. Ballie.ro un procede exact pour cons-
truire un bou barometre dont le mercure sera bien,
purge d'ajr et de vapeurs ; il observe que la rej
c •■ M. Djeluc pour mesuiec Ies hauteurs par le ba-
rometre donne une erreur de 25 ou 2 1 pi Ls ir
ipoo : il proppse de comparer. U marcbe <\c deux,
barometres de constructions diflerenies , ct que :
Ijansporieraii de Paris a Rouen. M. Lemonuier a
proGie de son passage par Ron en pour constat er a veq
A| . Bouin le niveau de la riviere et so penn ■ ,
1^70. Pa r is jusqu'a Rouen , an moyen dn barometre el
des e'clielles construites par M. Bouin , et qui .sunt
aux pries du pout.
Machine pour corroyer le mortier ; grue simplifiee £
par M. Vauquelin.
Notre collegue M. Vauquelin, charge en 1780 de
diriger !es travaux pour la construction d'un cha-
teau sur la terre de P»I. de Bouville , conseiller nu,
pnrlemeiii de Norma nd e , a eu occasion de f'aire
exc< nter deux nouvelles macliines , dont I'une a
pour ohjet de corroyer le mortier avec plus de
soin et d'cconomie que par le proce'de' en usage, et
dont la seconde , destjne'c a remptace.r la grue , seri
a elever les male'riaux a moins de frais et avec plus
de promptitude.
La premiere machine e i t un bassin circnlairc ,
dont Voire et les paiois sont en brique : uue piece
Lorizontale arme'e de trois socs et de trois coins se
meut auiour d'un axe vertical hnplante au milieu
dn bassin. Pendant que detox homrnes jetient avec
des pelies la chaux et le sable , en proportion con-
venable , on cheval , attele a lextre'miie d'un le-
yier, communique a tout ce me'canisme un mnu-
venient circulnire, et . dans une heure et demic ,
on obticnt 56 picds cubes de bon mortier : quatro
bommes out mis quatre heures vingt minutes pour
en corroyer la mcme quantite par le procede or-
dinaire.
La seconde machine est une espere de chevre
dont la partre saperieure pone un levier horizontal
de 16 pieds de longueur, qui pcrmet d'e'levcr les
( »»3 )
pierres ot autres o 1 > j c t s verticnlemcnt ct hora des in8o.
murs ; on Jes ramene ensuite en dedans , en ineli-
nnut le levier. Dans !e me'moire que M. Vauquelin
a adresse h 1'Acade'mie ;i ce sujet , il donne une
description detaifle'e et tres-claire de ces deux ma-
chines qu'il a invente'es, et i! fait eonnaiire les re-
sullats avantageux (jail en a obienus.
Beaux-Arts.
Diicours lu a I'Jcmh'mie Royale des Sciences ,
Belles Lett res ct Arts de Rouen ; par M. Cochin ,
Secretaire de I'Acadc'mie Royale de Peiuture, etc.,
de Paris,
" La reconnaissance que je dois ;> I'.Voa le'mie pour '77"-
t'honneur qu'elle m'a fait en m'associant a ses tra-
vaux, a fail n alt re en moi le de'sir de chercher ;«
lui etre dc queique utilite dans les arts que je pro-
fesse , et sur lesquels ellc e'tend son domaine; e'est
le motif de I'hommage que je lui fa is de cet essai. ««
Apres avoir sommairement esquis.se les avantages
dn ilc sin p hi r le commerce et pour les di verses
manufactures, el nwntre* que e'est aux talents de
?es dessinateurs ot an gout qui preside a la con!.
lion des ohjets qo'elle fabriqne , que In France doit
la prefe'reuce que I on accorde a ses articles de com-
merce dans les divers man lies de l'humpe, 1'Au-
tcur passe a l' utilite des Academies, comme moyen
d'instruciiuu , et combat I'objection spe'cietise de
4
( 2'5 )
1777. 'f raret* des grands talents, malgre' Ie grand npnjbr^
des Academies.
«( Le* Academics ne donnent ni lc gtmie , ui '3.
talent : les Immmes e^traardjnaires, ne- pom* porter
I'art a sa plus haute elevation , sout en petit nombre
dans chaqye sidcle, et ce sont des e'clairs qui ponr-
raient etre suivis d'une mi it profonde , si dc.s e'ra-
blissements durables ne conservaient , en quelque
maniere , la lumiere qn'ils out fait briller.
>> Les Academies re'pandent I'iustruction , con-
servent les vrais principfs, combattcnt le mauvais
g°"t
" De I'utilite' ge'ne'rale des Acade'mies derive I'utw
lite particubere des e'coles acade'miques grataites.
» La ville de Rouen jouit de cet avantage. L' elude
des arts y est frcctueuse , et conduite avec tome la
sagesve et I'intelligence possibles : la qoantiie d'e'leves
avancis qui , sorlis de sou ecole, vicnnent, chaque
anne'e , perfectionner leurs taleuts a Paris , en est
ur.e preuve tres-honorable pour lc professeur qui
leur a donne' les plus exceilentes instructions ,
( M. Desramps ). <c M. Cocbin regrette u.n avautage
qui manque meme a l'e'cole de Pari?.
;> Ce serait une e'cole du haturel pour y peindre
le nu , e'tude importaute pour laquelie on ne trouvc
aucun e'tabUssemeni gratuit.
>> La figure de 1'IIomme enseigne tout. : elle est
Li source des belles formes el de toutes les graces,
dont lei productions des arts soient susccptibles.
»» l.ei c'trangers rcprochcnt a l'e'cole franchise de
prodmre rarement des pemtrcs colorisles , reproche,
que Ton fail aussi aux cc'lcbrcs e'coles romaine et
florentiue. <>eite longue etude du dessin (jue nous,
exigeons avaut que de mettre le pinceau a la main
tic f clove , ne sera'u-elle pas, en panic , cause dq
( 2! 7 )
Ji-Tnut de sentiment quant an colori?.... Dons lVrol* 1777*
ye'nitienne et I'e'cole flamainJe on faisait peindre de
ttes-bonne heure les eleves , ct malgre' le reprorbe
quo l'on fait a ces maltres d'etre moms dessina-
teurs que ceux de I'e'cole romaine , leurs ouvrages
n'en sont pas moins reclierche's par des liommes
de gout.
» J'oserai done proposer nr.e autre conduite , du
moins a l'e'gard des cloves en qui Ton apercoit de
Ja chalcur , ct quel'jue sentiment tendant a L'effet *,
je desirerais qu'on les fit peindre de bonne lieure,
e'est a dire, des qu'ils sont parvenus au degre on
pn leur permet de dessiner d'apres le nature!. Mais,
dans cette tentative j re'mature'e , je ne youdrais pas
qu'il leur f jt permis de peindre la chair ni le nu ,
mais des vases , des draperies rne'Iange'es de quel-
ques totes ; tons ces objets peso's a d'assez grandes
distances pour que les eleves fussent obliges d'eu
embrasser ies objets par masses , et de ne pas les
aecoutamer a des manieres petites et trop do-
{aillees.
» Je suppose d'ailleurs que 1' etude du nu serait
guivie avec la plus grande assiduiui , et que cettQ
etude d'objets col ore's n'en serait que le de'lasse-
meut. Si l'cn craignait meme que les eleves ne ne'-
gljgeassent le de.ssip , on pourrait ne proposer uu
tableau do <c genre que tons les trois mois. Ainsi
je crois <[i;c lYuule des formes de la nature, qui
indique le nu , marchant de concert avec celle de
la coulcur et dei efi'ets de la lain. ere , cette ma-
niere d'etudier , qui aurait si souveut la nature pour
modele , com' ;iii ait an vrai et e'earterait , autant
qu'il p-t possible , de ce qu'on appelle maniiri.
" Jo \;>:.s plus loin , el j'ojse dm- qu'elle serait
ires-imporianie pour, ramener ia peiniure. de lids-
( "8)
1777* toire a des effots vrais. A cet e'gard mc'me , il re
serait pas difficile d'e'tablir un ou deux prix pour
I'cxe'cuiion d'un tabi.au d'liistoire peint tout eutier
d'apres nature. IV'est-il pas evident qu'il serait plus
instruetif pour les e'leves qui y concourraient ,
qu'il ne I'*m cle les abaudonner d'abord a leur
propre genie qui leur fait fairc taut de tentatives
peu frucrueuses ?
» J'espere , Messieurs, que vous me pardonnerez
de m'etre eiendu stir cette idee que je crois nou-
velle : elle m'a paru devoir tVuctifier dans toute
e'role academique , et on peut pre'dire que vos
eleves munis de tels secours , qui viendraient a
Paris , s'y trouveraient distingue's dans une partie
esscntielle de la Pcinture que nous avons peut-etre-
trop ne'glige'e.
Sur les inconvenients du Maniere ; par M. Cochik-
1778. Cliaque artiste a sa maniere de peindre ou de
dessiner , et il fa lit distinguer la maniere du ma-
niere'. La premiere est on mode partioulier qui t
sans s'r'carter des lois de la nature , distingue cliaque
dossinatetir ; le second est toute expression apprise
ou imagine'e,, qui n'a pns le vrai pour principe.
)> En snivant les progres de chaque ecole , on re-
ronnait que presque tous ceux qui y out e'ludie',
ont c'te' imitaleurs asservis du maniere , dont les
premiers maitres leur avaient donne I'exemple....
jMichcl-Ange et Raphael , les chef's de l'ecole ro-
maine , ont mon:ni le plus grand < aractcre dans la
composition et dans le dcssin ; cependant, soit par
ririferiorite du genie , ou par le malheor attache a
( 910 )
limitation , ou soil qu'cn efl'et on puisse faire quel- 1778-
ones reproches a ces premiers imhres sur dps de-
fauts de ve'ritc' et sur dcs exces manie're's , leur ma-
niere en a produit eliez leurs cleves line outree
<1 ;j 11 s ses formes : on y irouve de la souplesse ,
mais si excessive qn'il semble que les os meme
aient plie ; des membres serpente's , des muscles
gonflc's avec exces , etc.
» Raphael cependanl avail pins rarement donne
de ces exemples forces , et souvent s'e'lait appro-
clie de la nature.
» Les di verses eco'es ne sont pas exemptes de
reproches a ce sujc!.... Les Garraclies , les me 1-
lenrs imitateurs qn'il y ait eu dans les arts, adou-
eirent I'austeritd des premiers maitres, en y ajou-
tant les graces dont le Correge avait donnc' 1'exemple.
lis Laisserent a leurs eleves la liberie de se livrer
a l'impulsion de leur genie- De la ces dille'rences
remarquables enlre les manures du Dominiquin ,
du Guide , de l'Albane , de Lanfranc , et de pin,-
eieurs autres liorames cxcellents , forme's a leur
e'cole.
» Je crois que I'on peut attribner la plus grnnde
panie des erreurs que I'on rcmarque dans quelques
maitres , a la recherche d'un beau ideal supe'rieur
a la nature : e'est ce principe se*dUcteur qui flatte
^imagination de l' artiste , en lui faisant esperer I'im-
possible , c'est-ii-dire de surpasser la nature ; ce
li'cst que la nature vicieuse qu'ou doit se permettre
dc reformer.
>» Si done par le benu ideal on entend dcs beau-
tis qu'il faut chercher dans son imagination et liors
do la nature , j'ose dire que e'est une illusion , et
qn'il n'est pas accorde* .: n v hommes d'imaginer au-
cune beaute dont l'auteur dc ia nature ne leur ait
( 230 )
1778. donnc le type. La figure antique de 1'IIercnle n'u
de veritable* beautes que par les cote's ou elle se
rapproche de la nature ; ei , lor>quYHe s'en erarte ,
toutcs ses formes exegere'es ne sont plus que des
faussete's savantes , dout l'excmplc pcut etre dan-
gereuz.
» A la denomination erronee de beau ideal , subsli-
tuons celle du beau de convention , et nous nous.
forme rons one juste idee du vrai beau , parce que
toutes les beautes isolc'cs dont se compose le tout „
sont puise'es toutes dans la nature. L'Apollou antique,
et le Gladiateur sont dans ce cas. Pent-etre n'a-t-il
jamais existe de modele aussi accompli ; mais it
n'existe aucune de leurs beautes qui ne soit puise'e.
dans la nature , et l'existence de leur reunion est
rigourensement possible.
» On peut se manie'rer dans les formes qu'orv
donne aux objeis , dans les couleurs , dans les et-
fets de la lumicre, dans la deposition des composi-
tions , dans le raoiivement des attitudes, enliu dans,
toutes les parties de l'art.
» On se maniere dans les formes toutes les fois.
que l'ou s'e'carie de cellos que la nature presente ;
dans las tons de couleur , lorsque l'ou en admei,
que la nature repousse dans la circonstance. Cost.
gur-tout dans le ton des ombres que Ton apercoit
le p ! us le manure. Cliaque maitre a le sien et il.
est bien dillicile a nn eleve de ne pas 1' adopter.
1 e.s ombres de Rubens sont ge'ne'ralement rous-
t:\lves ; celies de Haul Veronese sont an pen vio-
I res. Le Bacr.icio e-t d'un jaune orange ; Solinicni
a 'lectc le bleuatre , etc. , etc. , d'oii il re'sulte qu'U,
est tres-difficile d'echapper entierement a ce de-
faut ; mais an moins doit on s'eHorcer de s'y livrer
]^ moins qu'il est possible.
>> Jl en est de memo des clVets de la lumiere. La 1 77 3.
Supposition d'une lumiere quelconqnc line fois e'ta-
blie, touies les autres lumieres , ou de reflet ou
de renvoi , lui sont subordonnees , et on ne saurait
deroger a re principe" sans i'aire line faussete.
» On se maniere dans la disposition des composi-
tions , en adoptant une settle distribution, un seul
Rgeruement de grouppes , pour toutes ses compo-
sitions.
»> On se maniere dans la force des attitudes, ert
donnant a ses figures un exces de mouvetnent. <<
M. Cochin dome des exemples choisis de ccs di-
rerses ma'nieres, et il en con chit qu'il est Lieu dif-
ficile de se soustraire etuierement a quelqu'un de
ces de'fauts.
" Je crois , ajoute-t-il en finissant , avoir suftlsam-
ment prouve que le danger de se manie'rer re'sulte ,
i° De 1'erreur de chercher le beau ideal hors de
In nature.
2 De suivre trop aveugle'mcnt la maniere de son
fhaitre.
5° De ce qu'on se relArhe trop tot de la rechercbe
du vrai , se contentant d'« peu-pres.
4° En ce que Ton ne pose pas pour base de ses
dtudes que la nature est, a tons e'gards, le maitre
qu'il faut consulter dans tous les temps, et auquel
il faut obeh\
>> Je mo propose d'examiner , dans un autre me'-
moire , s'il est des moyens de preserver les c! eve's
de tomber dans des habitudes tnanie're'es , et de
l«s conduire a l'elude de la nature par one route
qui les ecarie , autuni qu'il est possible , de ce
danger.
( 222 )
Moyens d'dvitcr de tomber dans le Maiiire ; par
M. Cochin.
*779« " Apres avoir expose le danger de tomber dans
le manie're , et indique' comme le seul moven de
l'e'viter, de revenir toujours a ronsulter la nature *
de ne reconnaitre pour principes que ceux qu'elle
enseigne , el pour lois que celles auxquelles elle
est assujettie , je vais tenter de presenter des moyens
de se dinger dans l'etude de cette nature, de ma-
niere a ue s'en point e'carter , et en conserver tou-
jours les documents , meme lorsque 1'on sera ar*
rive' au point de pouvoir , avec quelque forulement j
pre'tendre oser la corriger , c'est-a dire , a n'en imi-
ter que les perfections.
»» Je ne dissimule point que ce que je vais pro-
poser pourra paraitre singulier , peui-etre meme
nuisible a quiconque refusera de se de'pouiller de
tout pre'juge' ; mais , en y re'fle'chissant , on recon-
naitra bientot que la marcbe que je propose tend
au meme bat que la metboie ancienne , et qu'elle
y tend par les memes moyens; que je ne propose
qu'une transposition des memes e'tudes , dans la
vue de les proportionner au degre des pro^res des
eleves , de lour ofi'rir les connaissances par grada-
tion , et a mesure qu'ils acquierent des lumieres....
» J'ai de'ja annonce que je crois qu'il y aurait de
l'avantage a ne. point laisser dessiner si long-temps
les eleves , sans leur donner les e'le'ments de la cou-
leur et des elTets de la lumiere ; je vais ici plus
loin , et je dis que le moyen de conduire les eleves
par le cheniin de la ve'rite, serait, des qu'on aper-
( *rt )
?oit en cux qiielqu'exaotitude a copier des dessins l 7~0'
de teies, de parties, ci d'acadetnies , de les faire
peindre aussilot d'apres nature , et de consacrer a
ce travail la plus grande partie de leur temps. Ce
ne serait pas d'abord a l'Uuile , la manipulation est
trop difficile , inais au pastel : ses tons deja pre'pares
et melanges donneiit promptcmeut quelqne .satisfac-
tion a celui qui opere , et lui preseotent des moyens
prochains d'imitalion.
>» Je les condtiirais , par gradation , des objets
dont Pimitalion est la plus facile a reux <jui pre-
sentent le plus de difficultes. Ces cxercices donne-
raient a 1'eleve la satisfaction d'avoir fait quelque
chose de ressemhlaut , et par consequent uu tableau.
» Dans le commencement , le maiire lui indique-
rait les teintes les plus convenables , celles qu'il
devrait me'langer. On lui applanirait im'nie les d'f-
iii ultes en lui ebauchant quelque par lie , ou en re-
toncbaiit celles qu'il aurait manquees. Celte pre-
miere peine ne serait pas dc longne dure'e ; bientot
lVleve desirerait d'exeeuter seul Alors il serait
question de conseils mesures a sa portee : on le
dirigerait lorsqu'il s'ecarterait trop , .sans cependaut
exiger de lui des connaissances et line justesse qu'il
ne peut encore avoir.
A ces objets , faciles a rendre, on substitnera des
objets a nuances plus varie'es et plus dedicates , des
vases plus riches ; et, corrigeant les defauts les plus
grossiers , ceux de justesse sur-tout , on exigera que
l'c'leve s'attachc particuliement a 1'imiiation de la
couleur , de la rondeur, et a reflet de la lumiere.
>» En general je crois qu'il sera toujours avauta-
geux , dans les commencements , que 1'eleve ne
peigne la nature que d'une assez grande distance ,
ce qui le dispeusera d'une infinite de details aux-
( *4 )
1^79. quels il serait assnjoiti s'il les pe'gnnit de pins jpresl
>» Je suppose qne les progres se develbppent : on
a deja lente quantity d'objets moms d'fficiles pour
les tons que la nature humaine, comme des pinnies;
des fleurs , des fruits, des auiuiaux et des oiseaax
morts , des draperies, des cuirasses, enfin tout ce
dont on a cru limitation instructive. 11 en faudra
venir a peiudre des tetes , des mains , des picds j
des deuii -figures , et enfin des figures entieres , et
toujours d'apres nature.
» Je n'ai point fixe le temps 011 il convient de
mettre le pinceau a la main pour peindre a l'hude ;
cela doit de'pendre du jugement de celui qui en-
s'eigne : je crois que le pluldt est le meillenr ; ce-
pendant , je crois qu'il convient qne l'e'leve ait deja
quelqu'liabuude de la nature et de ses effets , afin
qu'en peignant a 1'liuile , et clierchant a connahre
les teintes qu'il obtiendra du melange des cou'eurs ,
il sache , du moins en partie , ce qu'il veut leur
faire produire , et qu'il ne travailie pas macbiuale-
ment et sans but.
» Je suppose, d'ail'eurs, que lYtude du dessia
marche de concert , et il n'y a pas a craindre , vu
la force de l'habitude , qu'aucun maitre le laisse ja-
mais negiiger. Feindre , d'ailleurs, avec le pastel ou
le pinceau , c'est toujours dessirier , et Pe'levfe ne
perd jamais de vue sa destination, c'est-k-dire qu'il
travailie pour devenir pcintre.
j> L'e'tude du raodele e'tant la base de tous les
talents dans les arts , et ne pouvam etre journelle-
ment suivie dans les ecoles qu'avec le crayon, des
qu'il est en etat d'cn profiler, il est d'absblue ne-
cessity qu'il ne la suspende en auctine nv.niere;
ttiais a quel degre l'e'leve doil-il eue parvenu pour
qu'on la lui peimcitc ?
J'ose
( 325 )
» .rose croire et prononcer qu'il faut l'y appli- '779*
quer beaucoup plutdt qu'on ne le fait. Je sais bien
que Tolcve pen avahce dans le dessin , ne voit
d'abord rien des graces et des beaute's de la nature ,
cr que les premieres figures qu'il dessine out l'air
d'etre faiies d'apres une peau empaillee. Mais celui
qui semble plus avance par le souvenir des dessins
qu'il a copies , n'y voit pas davantage ; s'il y met
quclque chose de plus , c'est de pure memoire ,
et peut-etre ce souvenir le retarde-l-il plus qu'il u©
1'avanre ; car s'il veut faire des progres , il faut qu'il
abaudouue toute reminiscence pour se livrer evclu-
sivement a Pe'tude dc la nature.
>> Je ne crois la bosse utile aux commencants qu'a
raison de sa fixite et qu'elle est un objet d* imita-
tion qui conduit a 1'exaciilude ne'eessaire pour l'otude
de la nature.
» Celui qui se destine a la peinture doit joindre a
ses etudes celle du paysage : la connaissance de la
nature, dans les grands espaces , lui est nccessaire.
Je voudrais , autant qu'il est possible , qu'on ne se
livrat pas a cette etude sans le secours de la cou-
leur. La couleur a l'huile , dans ce ens , est impra-
ticable ; le pastel n'olVre pas , a beaucoup pres ,
les memes difficulte's , mais il se prete dillieile-
ment a un ieuillet delicat. On parvient cepen-
dant , avec du travail , a surmonter , en partie ,
cette difliculte. 11 n'y a de bonnes mauieres a
ce sujet que celles que Ton s'est faites d'apres
nature.
>> S'il est vrai que 1'on n'exige pas, a la rigueur ,
cette exactitude dans les tableaux d'bistoire , on
ne pent cependant y lolerer aucun des deiiuts de
Terite trop sensible. II faut que par-tout on aper-
coive que le peintre commit les eil'ets vrais , et que
Tome IV > i-j-ji a 1780* P
( ?-6 )
1779. s'il preml qnelques licences, e'est qu'il est entrain*
par la fiction poetique.
» Si je n'ai point parle' de l'c'tude do 1'anatomie ,
e'est que les moyens que Ton emploie ordinaire-
tnent pour l'enseigncr , d'abord sur des parlies
moule'es , ensuite sur le cadavre , et eniin sur la
nature vivante , ne laissent ricn a de'sircr. Je uirai
ceulement qu'il fain la rcnonveler souvent ; ricn
ne s'oublie plus aisement , et on n'e^t sur de bien
savoir I'anatomie , qu'apres en avoir fait plusieurs
cours en diffe'rents temps et dans l'age 011 la me'-
moire est dans tonte sa force.
» La perspective ne s'oublie pas aussi facilement ,
et n'est pas moins ne'eessaire ; cependant , si on etait
long-temps sans la pratiquer , on pourrait perdre ,
sinon la science , an moins cc que j'appellerai le
sentiment de cette science, e'est-a-dire qu'on doit ctic
en e'tat , un point de distance ou un point principa 1
etant donne , de tracer, de pur sentiment, l'elfet
qui doit en resulter. Ce talent suppose que l'on ait
e'tudie' l'arcbitecture et les autres objets auxquels
on applique la science de la perspective de taut de
manieres. A l'exercice de ces operations , il faut
joindre celui de la composition , multiplier les es-
quisses , et les soumettre aux, re'flexions ({tie dictent
le jugement et le gout ; voir snrtout un grand nombre
de compositions de different^ maitres : la ma mere
des uns tempere cclle des autres ; e'est dans ce oas
que l'on peut dire que la surabondance d'ide'es pent
avoir l'avaulage de ne laisser dominer que celle de
bien rendre la verite de Taction de son sujet.
» Apres avoir suivi la marcbe des e'tudes , par
une gradation du plus facile au plus difficile , et mis
1'eleve en etat de rendre tous les objets a un deg'c
de yerite satisfaisant , e'est aiors que jo voudrais les
( ?27 )
fenre concourir au prix que j'ai propose dans mori
premier discours. Ce prix remporte.ou dispute avec
avatitage , annoncerait les talents ne'cessaires pourse
metlre en etat de concourir an grand prix <le peinture*
» Cost entre ces deux prix (|ue je fixe l'epo<|uft
ou l'on doit comalencer a etudier les tableaux des
grands maitres et les belles statues : les jeux doi-
vent £tre suffisamment ouyerts , la nature doit etre
assez connue , pour que l'on puisse presumer de
n'avoir plus a craindre de toiuber dans des manic-res
fausses.
» J'ai remis parcillenient I'etude de I'aiuique au
temps oil I'e'leve est en e'tat de sentir ce que les
soulpteurs antiques ont conserve de la nature , et
ce en quoi ils I'out embc-ilie , en re'unissant en un
Rieine sujet tomes les beanie's e'parses dans divers
individus. Quoiqu'il en soil , l'antique est de tous
les exemples le plus instructif pour la purete du
dessin et la noble simplicite du gout.
>» A l'aide des e' f udes que nous avOns indique'es^
I'e'leve n'a parcouru encore qu'une partie de sa car-
ric-re ; ce qui lui restc exige l'ele'vation de l'esprit ,
tin gout exquis , et toute la force d'une imagina-
tion cuflammc'e par le sentiment du beau. II est de'ja
peintre ; mais il faut devenir grand peintre.
»>L'e'tude des belles cboses qui sout en Italie est done
esseutieMe , mais elle est delicate par la pnssibilite
d'y prendre des manieres dangereuses , si l'on ou*
blie un instant que e'est la nature qu'il s'agit tou-
jours d'i miter. Je ne puis me dissimuler que dans
la uietbode que j'ai proposce le rcnversemeut des
Usages recus n'ait quelquc chose qui revolte d'abord;
ce n'est cependant qu'une transposition d'e'tude , et
uu renvoi a des temps ou l'cleve est le plus en e'ui
d'eu profiler.
P 2
l 77*r»
( «8)
*/79* » Je n'oserais avancor que , dans les e'coles des
grands maitres d'llalie , on ait suivi la maniere d'en-
seigner que je propose; mais 1'ecole des Carraches
a du suivre une marchc analogue : on n'y a neglige
l'e'tude d'aucun ohjet accessoire.
»i Que I'on cache la plus grande parlie d'un ta-
bleau du Guerchin ou du Guide , qu'on n'en laisse
apercevoir qu'un casque ou un brodequin , on y
reconnaitra qu'ils ont e'te' peints d'apres nature , et
le faire d'un grand horn me.
»> Peut-etre dira-t-on que tout peintre d'liistoire
est en etat de traiter des objets de genre ; mais il
n'y a que trop de preuves du contrahe , et com-
Lien y en a-t-il qui fassent nn portrait avec succes ?
» C'est pour les faire parvenir a une instruction
solide , que j'ai propose' de conduire les eloves par
la route des details de la nature, depuis le vrai le
plus simple jusqu'au vrai de fiction , et qn'en meme-
temps j'ai insiste sur ce qu'on les fit loujours peindre
d'une distance suftisante , qui leur apprit a traiter la
nature avec un faire large , et par grandes masses,
en rendant les details avec ve'rite , mais en les su-
bordonnant aux grands efl'ets gene'raux , et c'est je
ciois ce qui , joint a la science du dessin, constitue
la perfection de l'art. »•
De mon cote j'ai donne une grande e'lendue a
cet extrait , a cause de l'importauce du sujet , de
la sagesse des vues , et du grand nombre de ve'rites
pratiques que le me'moire de M. Cochin renferme.
J'ai regrette' meme les retranchements que j'y ai
fait; mais j'y e'tais oblige' par la nature de mon tra-
vail , et je me suis ellorce' de les faire tomber sur
des objets accessoires , et de n'en 5acrilier aucuu
d'une importance majeure. ( Note de I'Editeur. )
( "9 )
i\l\iV\\UW
Critique.
Supplement a la notice du livre singnlier et rare ,
intitule : Dice Archive Henrici Regis Cliristianis-
sinii ProgimDasmata , qui sa trouve imprime dans le
a5 e volume dcs memoires de V Academie des
Inscriptions ; par M. Houard.
» M. Secousse nous a fait, dans la notice qu'il a 1777*
donne'e de cet ouvrage , uii portrait bien hideux de
Raoul Spifame.
» Si l'on en croit ce critique ce'lebre , Spifame
e'lait un calomniateur , un faussaire , un forccne ;
it disposal t , an gre' de son imagination , de I'autorite
rov.'ile : son cabinet etait uue manufacture d'arrets
d'ou , sans caractere et sans auiorite, il iorgeait des
lois sons le mom de son .Miuverain , il dechirait ses
procbes, ; sa propre fiile ue fut pas a l'abri de ses
dillamations.
>> Je l'avouerai , le nomhre et In gravite' de ces im-
putations ma inspire de la defiance stir leur exac-
titude. Je n'ai pu concevoir rfu'un bomme a qui
3N1. Secousse accorde de l'esprit , de l'erudition ,
dans le recueil duquel il de'eouvre le modele de
pliisieurs de nos lois, recueil d'ou les personnes en
place p, -merit encore, selon lui, tirer des secours ;
un litnnme enlin qui a eu cette gloire , que peu
d'anne'es apres .sa mmt , le conseil d'etat et les par-
lements out adoptti ses vues stir des articles impof*
lams de police geue'iale , ail portd 1'impndeuce ct
F 3
( |5* )
l 777' NssOTribilftd pour sa pro pre re'putation ju«qn'a re!
exr es de jouer publiqucment , sous les yenx du mo-
narque , le role de le'gislaieur , et de d<\oiler a ?es
contemporains , par la voie de l'impression , l'oppro-
bre dc sa propre famille.
» Les travaux des gens de lettres caracierisent
leurs inclinations , et il y a tout a parier qn'un ecri-
vain dont les vues , en genera) , sont patrioliques ,
n'est ni fourbe ni madVais parent , etc.
» Cette reflexion m'a dorc determine a recber-
cber , dans les dinVrenles p'eces qui compo.sent ce-
recueil, le veritable eafractere de L'autear,... J ai
decouvert que Spifame n'a jamais voi.lu iaire eroire
que ies modeles qu'il a dresses sous le nom d 'arrets ,
fussent de ve'ritables arrets ; que ce n'est point lui
qui les a rendus publics , et que le litre sen I d'Essats
qn'fl donne a son recueil , denonce des it teotions
pures; que de*sirer qu'uu son ?e rain bannisse de sea
e''"'- la serf] se et l'irreligiori , ce. n'est point cri-
tainemeuL s'eriger en legislateur. M. Hoiiard u'nonce
des carat teres qui ne permettent pas do regarder
les pretendus prcjels de Spifame comme des ar-
rets; par esemple , dc manquer de date precise,
d'ei re precede's , on par des traits u'hisioire , on
par des arrets du parlement , on par des titres de*
famille... , etc.
» Au cestfi Spifame n'est point un de ces e'erivains
pour qui ce serait un avaniage d'etre oublie's. Oa
ne peal lui reprocber que son extreme sensibility
a la conduce d'uu frere qui , par ses precedes, a
justiiic' la haine que Raoul iui a poriee ; que si
meme il eut vecu , non-seu.'ement la parti* oc -soa
livre ou son animosite couirc ses persecute urs se
nianifeste , mais I'ouvrage enticr , auraient ete en-
stsfel.is duus l'oubli.... ; que son recueil a etc' im-*
( a5i )
prime" a Paris en 1(09 , et que 1'auteur ctait mort 1777.
gonverneur tie Lagny , des i563 ; gouvernement
que le Roi lui avail donne cu lui rendani la liberie*.
Si la publication de ce recueil a pu induire en er-
retir , c'est a I'c'diteuv qu'il t'aut le reprorber , et
linn a 1'auteur. Mais ponvait-on conside'rer comma
in: insense celai qui, le premier, a indiquc l'e'ta-
biissement d'bdpiihux sous la direction des com-
munes , le retraucbement de lout salaire paye'
dtcectement aux juges par les parties, la reunion
dc plusieurs offices de judicature en ur.e seule per-
sonnc , la condemnation a mort pour le crime de
rapt, la conservation des bois de haute-futaie ap-
partenant aux gens de main-morte , le depot a la
bibliotb.'-que royale de deux exemplaires de t haque
ouyrage hnprime avec privilege, etc., etc. , etc.
» Que de sang-froid et de sagacke ne de'eouvre-
t-on pas dans les Essais de SpU'anic , rclatifs ii l'uti-
lite publique , Detablissement d'un tribuual de la-
mille qui epargne aux peres et ineres i'allrcuse ne-
cessiie de publier les ecarts de leurs eni'anls, avec
BtUbrite pour les re'primer ; l'uniformite' des poids
et mesures , la repression de la mendicite* et du va-
gabondage , la surete' des grands dicmins, etc. , etc. ,
tels sont les objeis les plus ordiuaires de sqs medi-
tations
>> Snivons sa me'tbode ; ouJiiions ces instant*, d'an-
gotsse oil il ctait trop oecupd de lui-meme; ne
confondons pa.s I'editeur avec I'autcur d'un grand
sombre de projets miles, et nous trouverons sou,-
veni des motifs de lui accorder uotre eslime el uuue
reconnaissance.
n
( *3a )
Sur Venlevement prdtendu fait en 1 194 , des archives
de la couronne de France , par Richard l cr , rot
d'Angleicrre ; par M. Houard.
1777. » Tons nos historiens ct nos diplomats attestent
qu'en 1194 nos rois 11'avaient presque d'autres pa-
Jais que leurs camps ; qn'a l'exemple des empereurs
ro'mains , ils faisaient porter a leur suite les archives
les plus essentielles a 1'iusuuciion de leur conseil ;
que Philippe- Auguste , surpris par Ricliard l er ,
roi d'Angletene , dans uue marche > pres de Belle-
Foge dan, !e Blaisois , perdit , outre sou bagnge ,
toutes les dbartres et les litres de sa couronne.
D'apres leur le'moignage ananime , on a gc'nerale-
meiu pe'nse jusqu'ici que les cliarires , les diplomes
et les litres les plus importanis de la monarchic
francaise ctaient conserve's a la tour fie Londves.
» Mais sur quels fondements a-t-on atiribue anx
empereurs romains 1'usnge de faire porter a leur
suite les archives de leurs e'tats ?
» B.uJce n le premier divise les arrliives 10-
mames en permaneiues et en am bal antes ; et il snf-
„,. , fi rait de retnotiter aux sources d'oii il pretendait
ieune , et avoir tire crtte division , pour se convamcre qu'il
Lampride. n'y etait question, sous le titre de Scrinia , que de
porte-feuiiles parliculiers et 11011 d'archives pu-
bliques.
» Toil* les capilulaires nous parlent d'mi lieu re-
serve' dans le palais pour servir de depot aux cons-
titutions royales , aux preemptions , aux concessions ,
aux trailed... , d pot coolie a la garde d'ofiiciers re-
sidents daus le palais ; ct il serait biea exuaordi-
( 233 )
mire que les rois du commencement de la troisieme 1 7 77.
race eussent supprime' un depot aussi essentiel au
pcuple, aussi ancien qae la monarchic, pour lui
en substUuer un amovible et a chaque instant ex-
pose ;iu pillage des ennemis de la nation. On a in-
vtfque',, «'n faveur de ceiie opinion, un passage do
Guiliaume le Iwcion qui , bien entendu , en exclut
toule idee , et d'abprd voici ce passage ;
■» Est inter fractam vallem, Blasenscque castruna
51 Non nnili.'mi Celebris Belsogia oomirie vicus....
>i Quo dura forte suis Re \ cum Baronibus esset ,
5> Eraicat e latebris subito Rex anglus inerme
» Dc facili vulgus , onustuni rebus -i cscis,
5> Dissipat, occidit , abducit, plau tra reducit.
» Ncc parcit raptor numuiis qnibus arcta tumebant
i> Dolia , ni-c s:mis quibus omamenta lati barit
■» Snipia iriliiitorum , fiscique Chirographa , ncc non
3) Cum rcliquis rapiiur rebus regale Sigillum.
>> Mais quels etaient ces litres pille's ? des memo*
riaux , des registres , etc. , et non des litres cons-
tituiifs d'aucnus droits, encore moins les cliartres
et les litres de la couronne , qui ne subissaicnt aucuu
d emplacement.
>> La preuve du pen d'importance des pieces enle-
ve'es par les anglais, est la facilite: avec laquelle elles
fin cut reinte'grees par le jeunc Gamier. Repare-ton
avec cede facilite des litres originaux? Aussi quel-
ques anglais n'ont-ils compte , dans ces dernicrs
temps , que d'apres nos e'erivains , au nombre des
avautages qu'ils remporterent sur nous a FrettevaL
la sousiraciion de nos archives. Guiliaume de IVeu-
bridge , trop candide pour dissimuler la verite, n'a
fait aucuu cas de cede anecdote , el son silence a
ete inrite par Mathieu Paris. Ajoutons qu'aucu'ns
actes relaiifs a la France, antericurs au ia c siecle,
( *54 )
1 777- ne se trouvent dans le rccueil de Rymer. Nous trou-
vons , dans ce reeueil inte'ressant , beaucoup d'actes
des i4 e ct if) e siecles, concernant les affaires de
France ; mais au'cuns ne sont e mane's de nos rois :
tons ont rapport aux ope'rations du mioiStere an-
glais... En teie de ces actes les tifes des rois d'An-
gieterre ne se liseui qu'en abro'ge, ct tear signa-
ture n'e-t atteste'e par aucuns de leurs minisires...
Enfin j'ai decouvert plusieurs originaux des actes
publics par Rymer , avec lesquels les copies trans-
ciites en son recueil ne s'accordent pas....
» Curieux de verifier quelques cliarires , que les
roles gaseous et normands rn'avaient indique'es ,
IW. Ronke , premier com mis aux records de la tour-
de Londres , m'eu delivra deux expeditions en
iynG ; dans la premiere , je ne trouyai , comme
dans Rymer , qn'un intitule aiusi abre'ge : R- sl>~
chiepiscopis , episcopis , etc., ei ellc c'lait termine'e :
Per ipsum Regent , sans souscription d'aucun offi-
cier... J'ai retrouve , dans les archives de PHdtefc
de-Ville de Dieppe, l'original dela chartre d'Uenri V,
du i er Janvier i4?o, avec tous les ear ac teres de
l'autlienticite ; I' autre chartre , du il\ Janvier i4?-o ,
m'ayant procure les memes remarques, je n'he'site
pas a conclure que tomes les autres ou. il est ques-
tion des affaires de France , et qui se trouvent dans
le recneil de Rymer , ne sont que des exiraits ou
des copies de nos titres.
Le garde des roles de la tour de Londres , en
de'livrant a Rymer le diplome de Henri V, De
frnciibtis benejtciorum res ti tut is , et la chartre accor-
Rvm. pa". c ' tIe >A ^ a VI " e ^ e Dieppe , lui observe que plusienrs
aooctaoi. autres actes, dont il se contente d'indiquerle snjet,
sont dans la mi'me forme ( qui n'est que cellc d'tm
exirait ) , d'ou je me crois foude a infe'rer que la*
C a55 )
eoHcrtion de Rymer nc pout e'tre considered que J 777i
com me un supplement aux tines orijjinnux quil
faut rechercher dans les cliartriers des commnnau-
te's on des particuliers en faveur desquels ils out
«?to de'livre's.
*M"V\ >W\ * <VW«
H I S T O I R E.
Dissertation stir no? rejouissnnces du Roi-boit ■ par
AI. Romans de Coppier.
u Originairement I'EgHse jeunait la voille de l'Epi- 1775.
phanie. Cette pratique pieuse fut insensiblement ou-
blie'e et remplaee'e par «les fetes et par des festins
ou les lois de la temperance furent souvent viole'es.
» L'ori«ine de ces fetes, ou la supre'matie n'avait
d'autre dur-e que cclle du festin , se perd dans
rob-cuiite' des temps.
«» Ceux qui out preiendu que les saiurnnles en
eta;ern |e premier type , ignoraient vraisemblable-
nient que plus de trois cents ans avant la fondation
de Home par Romuius , Salomon en avait parle Ecclesiast.
CQUipe d'unc pratique vulgaire chez les Israelites, c. XXXIU
pratique qu'ils ovaient probablenient emprunte'e des l '
•*' : fc r : flfus. Chez le9 Romains ou tirait au sort la Horat.
iroyaute avec des dez ; chez nous, e'est a 1'aide od. I. IV.
d'nne feye qackee dans une part de gateau.
» Cc choix se faisait autrefois avecun grand appa-
Xfcil : un enfant cache sous la table proclamait les
ii'>ms au fur et a mesure que les parts du gateau
ciaiem ostensiblement rifles du plat ou corbeille ,
CI celui qui i'aisait le lirage consuluit l'oracle cacbe
( >i6)
•77& par cette invorntion : phosbe Domlne , a laquelle l'en-
fant re'pondait en nommaiit tour-a-tour tous les con-
vives.
» Nous ne suivrons pas M. de Coppier dans le de-
tail des progres de rette fete qui d'abord religieuse
de'ge'ne'ra enfin et inerita les censures eccle'siastiques.
Elle asservit loutes les classes de la societe ; on la
retrouve a la cour , a la ville , aux plus simples lia-
meaux; elle fut en honneurparmi les societts les plus
respectables , les hdtels-de-ville , les communaute's
religieuses , les cbapitres, etc.
»» Ne pressons pas davaniage ( c'est la conclusion
de ce memoire ) le parallele, c'est assez et trop dis-
serte pour prouver que nos re'jouissances du gateau
des Rois out pris naissauce dans l'Eglise avant que
des'intrrduire dans nos maisons ; que noire tivi-boit ,
quand il eut dege*nere, (it partie de la fete des fous
frappee des anatliemes ecclc'siastiques ; . . . . que s'il
fut blamable quand il s'e'mancipa daus le lieu saint,
il peut etre un plaisir innocent lorsqu'il folatre de-
cerament dans le sein des families. »
Nous ne ferons que citer le litre de plusieurs autres
ouvrages du meme auteur :
Le premier , Laudatio funebris Marice Leczinski
Francorum regince , in-4°, imprime' a Soissons en i 7()8.
Le second est mie Dissertation historique sur le
toucher des e'crouelles par le Roi.
Le troisieme est une Dissertation sur laSainte-Am-
■ponle.
L'auteur y faitpreuvede beaucoup d'erudition qui
conduit touiefois a pcu de resultats fruciueux.
( ^7 )
IZxtmits rl'nn abrdgi de I'histoire d' Anglelerre , par
Goldsmith; tradnitsen francais par M. Groult ,
Protesseur au college dcs Grassins.
Nous nous rontentcrons d'ofT'rir ici quolques para-
graplies de la traduction de M. l'abbe Groult. Un
cxtrait plus regulier n'e'tant encore qu'un abre'ge d'uu
abre'ge' enlcverait presqu'en enlier a noire estimable
collegue la part qu'il a dans ce travail.
<( L'Angleterre e'tait pen connue du reste de l'uni-
vers avant I'invasion de Jules Cesar , elle avail alors
le nom de Bretagne C'est sous ce nom que nous
la de'signerons jusqu'a ce que nous soyons arrive's a
l'e'poqne memorable oii Egbert , vaiuqueur de tous les
brigands qui l'avaient partnge'e emr'eux, se fit cou-
ronncr solemnellement a Winchester en presence du
clerge*, de la noblesse et du peuple, qui , d'une voix
unnnime , le proclamerent roi d'Angleierrc
» Home avail e'tendu les cbaines de l'esclavage sur
l'Univers eiuier , le poids de sa puissance l'ecrasa
'Jons les pen pies, commed'un conseil unanime , sor
tirent enOn de leur long assoupissement , tous se
couerent le joug qui les accablait depuis tant de
siecles
»> Etlielbad ne fit que paraltre snr le irdne
Supcrstiiieux et cruel , il tut tour-atour I'esclave dcs
moines et le bourreau de son peuple Etbelred
con frere lui succeda. Ce fut un grand capitaine :
il eut une grande part aux vicioircs qui signalerent
le regne d' Alfred. Tout irrite qu'il eiait conlre le roi
son frere qui I'avait injustement ddpouille de sea
Elats, il Bacrifia sou rcsscutimeiu au bien public,
*779-
( »'B)
r7 -5, et, sourd aul cris dela vengeance , des qu'il entendit
la vcix plaintive de la patrie soufTrante , il vola dans
les bras du prince qui l'avait outrage, lui oflYil son
e*pe'c , et srella sa reconciliation du sang de I'ennemi.
>» Malgre leurs de'faites , les dauois prirent leur
quartier d'hiver a Nottingham. Ethelred ayaut voula
les en chasser recut au milieu du combat une bles*
sure dout il mourut le mome jour.
» Alfred s'assit a'.i timon de 1 Eta* que tant d'orages
grondant de toutes parts meuacaient d'un naufrage
prochain.
ii Le Northnnberland envahi par les Danois , les
provinces occidentals en proie a leurs ravages , les
Mercians arme's contre leur souvcrain , les autres
peuples deploy ant dc'ja l'e'tendart de la revoke
ou n'accordant au prince que des secmirs pre'-
caires , les terres inculies et de'seites , les finances
e'puisees, les meilleurs soldata massacre's, ceux que
le fer avait e'pargne's devores par la taim , le sou-
venir efirayant du passe', les tourments du present,
les craintes de l'avenir , tout portait le de'sespoir dans
les cceurs , uu seul homme gue'ritles plaies de l'Etat,
un seul homme y rauiena le bonlieur et la paix.
» Les Danois vaincus demanderent la paix et l'ob-
linrent. lis s'e'laient engage's a sortir du royaume ;
mais,bient6t renforce's par de uouveaux essajms de
barbares , ils portereut partout la desolation et la
terreur. Alfred se vit assailli de toutes parts ; ses
meilleurs snjets passerent sur le continent) sa vertn
seule lui resla. Force de ceder a la tempe'te , il se
de'guisa en paysan et ve'cut plusieurs niois dans la
cabane d'un berger.
» II avait pris des mesures pour rassembler quel-
ques amis (ideles et determines, et ces braves guer-
riers auendaieut dans le silence le temps dc la ven-
( 2? 9 .)
peance. D'abord ils ne sortaient do lour retraite que 1779.
pour fond re sur les maraudeurs ennemis. Plusieurs
AnglaLs se joignireiil a euv; c* tifin , se voyant assez
forts, ils allereni chercher lcur >nuverain dans sa
retraiie Alfred lcur commands de se lenir
prets a marcher; mais pour assurer le succcs il fal-
lut counahre particulierement les forces de l'en-
nemi , et !c rot n'ayant personne aupres tie lui qu'il
put charger de ceite pe'rilleuse commission , il prit
le parti d'en courir lui-mcme les risques. 11 se de-
guise en berger , se presente auv Danois une harpe
a la main et en tire des sons harmonieux. Tonte i'nr-
nie'e accourt pour 1'entendre , le ge'ne'ral vent par-
tager ce plaisir et fait venir Allied dans sa tente et
I'engage a passer quelques jours avec lui. Alfred eut
le temps de tout observer , vit les Danois aveugles
par une irompeusc se'curite , la negligence avec la-
quelle ils allaient au fourrage , etc. De re tour a sa
retraite, il reunit ses soldats, les conduit a I'ennemi,
1'aitaque de tous les cote's a-la-fois et en fail un hor-
rible carnage. En moins de quinze jours , ces ficrs
conquerants , si long-temps la terreur de I'Angle-
terre, n'ont plus de ressources que dans la < lenience
du vainqueur. 11 pardonna, Guthrum recut le bap-
teine, et ceux qui refuserent de so faire cbretiens
eurent la liberie de se retirer en Flaodres sous la
conduitc de leurs chefs.
>) Alfred no formait plus qu'un de'sir, e'e'tait de
re'parer les mauv dc sa patrie. Apres avoir venge ses
sujets , il voidut les iustruire. 11 dit en ge'missant,
dans un dc ses ouvrages , que la premiere anne'e de
son regne il avail cherchc en vain dans lous ses Etats
un pretre qui enicndk les prieres de I'Eglise. Pour
dissiper ces tencbres , il appela ;i sa cour les plus
grands maiucs de l'Europe , rciabiit I'uniyershe
C *4o )
^l^ d'Oxford a laquclle il accorda les plus beaux privi-
leges. Anx exhortations il joigriit I'exemple , aiguillou
bien puissant quaud il est da us h main lies rois
Rheiorique , philosophic , histoire , . architecture ,
pocsie , etc. , il s'exerca dans tons les genres , et
re'ussit dans tous S a S e dans le conseil , in*
-tre'pide dans 1'exe'cution , plein de dignite sur le trone
et d'nme'nile dans la vie prive'e , il alliait les qualites
du corps a celles de l'esprit ; il avail one taille ma-
jestueuse , les yeux e'tincelants , un frout qui sem*
blait etrc le siege de la candeur.
Precis orotoire du regne de Jenn-Sans-Terre , /Jot
d'Jngleterre ; par M. I' Abbe Groult.
1780. Nous suivrons a I'e'gard de ce morceau historiqne
la meme marche que nous avous suivie a I'e'gard du
precedent ; nous la croyons plus propre a faire con-
naitre le style de l'autenr que l'extrait maigre et dc-
charne de la totalite du me'moire.
#i Richard venaitde mourir en chretien apres avoir
yecu en he'ros. Jean son frere lui sucreda.
» Jean niontra d'abord qu'il pouvait porter la cou«
ronne sans la fle'trir. Plusieurs provinces ajant refuse
de le reconnaitre , il sut les faire rentrer dans le de-
voir. L'Angleterre applaudit a ses victoires; mais la
mort d'Artur souleva tous les esprits. On vit avec
indignation un oncle , un roi descendre dans Pom -
bre des cachots,y chercher sa victime d'un osil avide ,
ct , le couir insatiable de vengeance , poignarder a
coups redouble's un jeune he'ros de'sariwe' , charge' de
fers , et dont le seul crime e'tait d'avoir defendtt
vnalheureusement un bien que lui avait donne la
uaissance , et qu'il me'ritait par ses vertus
» Le
( *4i )
rt Le clcrgc' s'e'tait rendu inde*pendani depuh quo 1 - i^8o»
iqnes anne'es ; il nnmmait aux benefices vacants, et
Jos elections eraiem confirmees par lc tape. Gepien-
dant la nomination des archevequtes avait ton;- ttrs
6l6 un sujet do dispute 6 litre les e'vo'iues suffragants
et les Angustins-. Le siege de Cantorbery e'tan! \onii
avaquer, les deu\ partis sotitinrent leurs droits avec
noharnemen'. Lo Rot se duolnra pour les o'veques,
les mxines en je'terent des oris do lureur. 'Is furent
chassis de leurs < on vents , leurs bioits furent cou-
fisque's.Le Papo , sans se souvenir quo jusqn'alors il
avait seulement tonfirme In nnmin al ondese'veques t
fit lui-meme une nomination qui blessa h-Ia-fois les
deux partis. Eticnne LangtOn t'ut assez imprudent
pour arcepter un benefice qu'on n'avait pas le droit
de lui donner. Le roi defendit a Langtad d'exerror
aucunes fonotions dans Cantorbery : les foadres de
Rome toniie'-ent aussito' sur f'Angle:erre; les temples
furent fermes , les vivants prive's des seonurs de-la
religion , les morts de la sepulture chretienne ; le
royaume d'Angle'erre lui meme fut donne au Roi
de Franre ; tout e'ait perdu pour lc monarque , si
quelques amis reste's fideles , revokes d'unabus d'au-
torite si outre, ne se fussent rassemble's autourdelui^
et ne lui eussent eree un arme'e.
m Soixante mille guerriers reunis jurent de le venger
ou de pe'rir t . t
>> Innocent ,en appelant Pliilippe an trone de France*
n'avait pas le de'sir de l'y voir place', et tandis qu'il
le pressait d'exe'euter ses projets : vous pouvcz, fai-
sait-il dire au monarque anglais par la voie serrette
de son le'gat, vous pouvez encore conjuror Porage
Mettoy. vous sous la protection du Saint-Siege, ou
\ous etes perdu. Ces paroles rendent a Jem tome
sa l&chete ; il n'envisage plus les soixante mille com-;
Tome J/', i- n a iytio. Q
( *$* >
tfBo. battsnts qui 1'entourent , et I'Angieterre vn voir son
monanine tomber aux genoux d'un leg* et s'Bltacher
au jong de la servitude par le serment !e plus laclie
dout l'liistoire ait conserve le souvenir
» Cependant , s'allumait dans le silence un incendie
qui devait envelopper toute I'Angieterre. Les barons ,
bonteux d'obe'ir a un vassal du Pape , avaient cru
qu'ils pouvaient se rendre libres puisque leur roi
s' e'tait fait esclave.
» Tout-a-coup ils s'avanrent avec unc puissante
arme'e aux portes d'Oxford demandanll'exe'cution
des anciennes cliarircs de Henri et d'Edouard-le-
Confesseur. Le roi leur accorde ee qu'il ne pouvait
refuser Mais bientot la guerre se rallume , les
barons appellent Philippe a leur secours ; l'Angle-
terre e'tait perdue, si Philippe eiit joint son courage
a la fureur aveugle des barons Entoure de
troupes formidables , le roi s'avaucait a trovers le
comte de Lincoln, et trouva a Newark le terme de
ses jours et de ses infortunes : une fievre ardcntc ,
<*uite de ses fatigues, le conduisit au toinbeau.
k \ vv vwi i XX v
CONCOURS.
Ext rait de la Sdance publique de 1770.
Le sujet de la dissertation litte'raire propose" par
l'Academie e'tait de determiner dans les principes du
gout ce qui appartient a 1 it nature , etce qui appartient a
V opinion t pour en conclure j tisqu'a quel point un homme
de genie doit s'accommuder augoutde sonsiecle et dc
( »43 )
sa nation. L'Academie n'a point juge a propos d'ac- 1770.
corder Ic prix cette annee ; mais dins le uombre des
concurrents , elie a distingue le memoirc n° 2 ayant
pour devise : Quid verum at due decens euro et rogo.,
et omnis in hoc sum. Hor. , liv. I, Ep. 1, L'autrur pa-
rait connaitre la marcbe et les proce'des des arts ;
mais on regrette qu'il ne se soit point dayantaga oc-
cupe' de trailer son sujet relative. ent ;> la litto'ra-
ture , et qu'il n'ait point clierrlie' a develop; er suf-
fisamment pour les belles-lettres les consequences
pratiques qui doivent etre tin des objets essentieis
de cette dissertation. On a trouve la partie metaoliy-
sique bien traite'e ; mais on a pense - que la partie
litte'raire aurait pu 1'etre mieux. L'Academie , en re-
mettant le prix , propose de nouveau le meme sujet
pour l'anne'e procbaiue.
7 Aofit 1.7^ 1.;
Deux bons ouvrages ont fixe' l'attention et partage f 77 r «
les opinions. L'un avail pour devise : Id generating
pulcfiriiin est , quod titin tpsius, natitros tiirn nostra; con-
venit ; l'autre : Quid verum, etc. Quelque mcrite que
l'on ait reconnu dans le premier dp res me'moires ,
quelque louable et instructive que soit la facon dont
i'auteur, qui est liomme d'esprit et de gout , a trains
la question propose'e , cependant les sullrages .se sonc
ro'unis en faveur de la dissertation ayant pour epi-
grapbe : Quid verum. L'auteur est donj Gourdin , be'-»
ne'diciin , a Beaumont en Auge. Ge nom est connu
par dilTe'rcnts ouvrages dont nous avons parie, et
l'Acade'mie I'a recu associe adjoint le mois de juiu
dernier. Nous devons prevenir le public a cette occa-
sion que le memoire dont nous iguori<iu> I'auteur
nous est parvenu avani que dom Gourdin cut elti
^2
( >44 )
^77 r « ndrois comme associe adjoint. I, a seance a etc' termine'e
par cettc lecture.
L'aureiir divi.se son discours en deux parties; il
evamine d'abordsice qui, darts les principesdu gout ,
appartient a la nature, oifre quelqu-e cbo.se d'absolu ,
d'immnahle, tellement qu'il puisse servirde regie five
et de modele invariable; ensuite, ce qui , clans les
mt-mes prineipes , appartient a ^'institution pnur en
conclure quelle pent et quelle doit etre l'intluence
de l'opiniou sur les leures et sur les arts.
PREMIERE &ARTI2.
L'auteur pense que l'on pourrait de'finir le gout en
ge'ueial , I'impresston agrcable on desagreable f/ite font
sur l'ame les owrages de la nniure et de I'art. <c Tout
ce qui l'environne forme comme la circonfe'rence
d'un cercle dont ell« eil le centre Cette re-
lation essentielle entre l'atne et les objets coustituc
la beaute' de ceux-ci et le plaisir de celle-la. Lors-
que ce plaisir nait de certaines formes, de certaines
qualite's qui plaisent necessairement en vertu de leurs
fapports a l'ame , on le nomme plaisir imme'diat. C'est
lui dont Pascendant sur les esprits se maintient d'age
en A"e cbez, toutes les nations dans tine force cons-
tante , dans une vigueur inalterable et dont les lois
sacrees ne peuvent jamais etre violees par le genie:
pour sen convaincre , il ne faut qu'e'tudier l'ame a
1'essence de laquelle ce plaisir est lie.
n Aimer ses perfections , et par conse'quent <hre
pousse'e par une force irre'sistible a former des idees ;
etre possedee d'une curiosite que rien ne peut rassa*
sier, et se complaire dans la facilite de la satisfaire,
comme s'irriter des obstacles qui arrdtent ou ralen-
tisseni sou action, voilu 1'essence de l'ame d'ou ualt
C H$ >
dins Ies principcs du e;nui re qui nppartient h la na- 177 1.
lure ; car qu'est-il autre chose sous ce point de vue
qn'tine connaissauce s>i mple accompagnee de plaisir ;
qu'un instinct <|i>i fait invoiontaircment une espcce
d'appUcatian prompte ct exquise des regies memes
qu'il ne commit pas ; qu'un sentiment enfio qui estime
011 rejette d*abord ce quelaraison eut , apres un s6-
neux examen , approuve ou condamne?
» Le gout , dans son principe , n'est done point
line theorie, parce qu'il imporie pen pour qu'une
impression soit agre'able que I'on connais.se la nature
du plaisir qn'elle nous cause , et qu'il suffit qu'il y
ait entre les objets ct notre ame les rapports ni plug
ni moins qu'il doit y avoir
» Pourquoi le vrai , I'ordre et l'honnete sont-ils les
qualite's essentielles du beau , sinon parce qu'ils out
avec Tame des rapports absolument necessaires,
qu'ils lui servant a de'velopper ses perfections, a sa-
lislaire sa curiosite-sans la rassasicr , a exercer celte
force irresistible de cre'ec des idees sans s'epuiser ,
snns nieme ia fatiguer ; sinon parce que l'ame est
alors contente d'elle mdme ?
» On peut, daus les arts et dans les belles-lettres,
distinguer >rois sortes de ve'rites anxquelles le genie
doit etre absolument asservi dans ses productions:
la veritci physique , la ve'rite des niiuurs et la ve'rite
dn sentiment, . . .
» Dans !-os siecles henreux qui font epoqne dans
lliistoire de I'espril humain , nous voyons ies plus
grands gen ies porter le respect pour le vrui pliy-
si(|ue josqu'au sere-pule
>» L'antiquite-, si sage df ailleurs , a sac ri fie* quel-
quelois le vrai des moeurs a <le grands iniciels ,
a des situations toucbantes* a dv* beautes de itjUjfc
qui ue pourront jamais en de'dpmmagej*. . .
o
s '
< s46 )
1771. »• L'invention , la chalcur , In gaietc , la force, la
vigueur (In pinceau ne font point un poeie drama-
tiqne, c'esl I'unite dans le dessin , la precision dans
Jc trail i la ve'riie dans la coulcur ; c'est l'art d'aper-
ccvoir et de sentir dans le de'veloppement du carac-
tere , ces mouvemems de l'ame na'ifs , simples et
ponrlant singuliers, qui plaisent et e'tonnent toujours ,
et qui rendent limitation tout a-la-fois vraie et pi-
quante. Un setd mot suflit qnelquefois pour donner
anx roceurs ce caractere de verite qui saisit l'ame et
subjugue l'esprit. . . .
>» Le tact du ccenr , si on peut parler ainsi, est bien
plus dc'licat que celui de l'esprit, et. pour donner
au sentiment la verity de couleur qn'il exige , '1 faut
joindre au ge'i.ie le plus fort l'ame la plus sensible. . .
L'art con.sisie ici a satsir ce qui se pas?e dans l'ame,
les circonstaines i-t pncisemcnt le degre d'energie
de la passion. L'amour de la patrie , celui do la
gloire , la douleur d'avoir perdu deux lils , la lioute
d'appreiid-e la t'uiie du troisfeme , que de passiona
a-la fois agitent l'ame du vieil Horace ! la plus forte
l'emporte : qu'U mour&i .'
» Rlen n'esi beau c/»e le orai , parce que qui dit
erreur, dit fans calcnl de i'e-prit. Que le litterateur
et l'nrti.stc ne pre'sentent done jamais a l'esprit que
]e vrai , mais qu'ils le La! presenteut dans le plus
l»er<n jnnr , in bono hi mine , com me parle Cicerooi,
Qu'ils fasseiu reflexion que 1 activite : de 1 esprit est „
pour n : !isi dire, paresrene , que l'ame est un com-
pose de farce et de falblesse. Comment lui (aire
sentir ce qui l'anoblit , sans lui faire e'prouver ce qui
l'liumilie , sinon en lui present ant des cootrastes,
mais syme'trisea , en lui offrant un point de reunion
qui lui serve de repos et comma de point d'nppui
d'pti clle puisse se porter avec aisance vers un cer-
( Hi )
lain nonVhre d'impressions absolumcnt varieeS , mais '77 1 *
non pas disparates? . . . Autrement , la confusion qui
rer ne dau« les rapports des objets a l'ame passe jus-
tines dans ses facultes Voila pourquoi le gout
the'oi-ique a fait de I'ordre une regie essentielle et
inimitable dans tous les arts....
» < 'est par iin faux ealcul des qualite's qui cons-
tituent la beaute des objets et qui sont le plaisir de
l'ame que l'architeciure gotbique presente une va-
rietc' .si prodigieuse qu'clle devient uniformite. On
re faisait point attention que l'arcliitecture grecquei
ei simple dans son ensemble , agrandissait les ide'e's ,
onoblissait l'ame en quelquc sorte par ses gran des di-
visions , comme le font les touches larges dn pinceau
d'Homere , et !c crayon uerveux, et pour ainsi dire
avare de Tacite. . . .
j» Le gout primitif est , comme nous Pavons dit ,
le plaisir immediat de l'ame , qui unit des rap-
ports des objets avec ses facultes. Tout ce qui
effenserait qnelqu'une de ces facultes doit etre
condamne' par le gout the'oriqne. F,a fcicondite , la
sublimit^ , la profoudeur ou la de'licatesse du ge'-
nie ne dispenserent jamais de cette regie. Or , le
bon et le bean rtanr essentieHemenl lie's ensemble,
l'e^prit ne pent approuver ce que le cceur ron-
dnmne. I/ide'e de vertu emporte avec elle l'ide'e
d'approbation , commo I'idee de vice emporte celle
de blame , et cela anterieurement a tome institu-
tion. L'honnete et le decent, par rapport aux mceurs,
seront done dans les arts et dans les leltres mi de-
voir a jamais indispensable , et en vain se flatierait-
on qu'iiu homme vraiment pe'ne'tre de la rectitude
de la morale put sacriuer mi seul instant le senti j
Blent de son C(Bur....
h Lo ge'nie est bieu moins gene* par rapport 1
( »48 )
ijjo. de'cence d'usago , qooiqu'il ne do've en violet lest
lois que force par la ne'cesshe el en en respectant
l'objet : le Laocoou en est uu exemple ft ui.ts
Jccou....
» Ye'rite', ordre , de'cencedans queique production
du geine .que ce soit , voila la grande regis du goal
throrique, regie fixe et immnal) : e , fonde'e sur l'es-»
seuce income des faculte's de I'ame....
>> Ou'un liomme de genie ne se flatte done point
d'obiei.ii- ^approbation des ages et ties peuples , si »
esclave d'un s'cele dans lequel les priucipes de la
nature seraieat ou inconnus ou me'prise's, et si , sec-?
taieor des fa.nialsies absurdes d'uue nation qui au-»
yail com me perdu son ressort et son tact , ii saeri-i
fiait, a des go:iis de mode, on de caprice, le gout
primitif aussi iiumna))le <j ne I'ame a l'cssence de*
laqueiie il est iiivineibleruent encbaiue.
SECONDE PARTIE.
s , Le gout primirf, perfectionne par un
jugement sue et de'licat, joint a 1'exercice el a l'ba-i
\)ho de de comparer x prend uue forme , ji'allajs
presque dire uue nature toute. nouvolle. \\ donno
alors a I'-espjrit une sone de superiority su,r le mmi-
time.nl , rt oblige le co?ur a applaudir aux Lois de.
la vclicxxii. Le poll ibe'orique est, ueui-cire , au-.
terieur aitx thef-d'u:u\ res du ic'uie, son ex is ence.
semble meme en etrc independable , puisqu'il est
le simple re'sultaj du gout primitif qui po.uvan u'e're
jamais mis en exercice ; ma is I'ame uue (ois agcea-i
blement aftectee par les rapports c{u'il y a entr'clle
et les objets de la nature et de l'art , elle a vunla
diicouvrir I'origine et remonter a la source de sou plain
$ir, elle a vou.lu comiaju'e pourquoi , quand et com-
( Mo )
mom file recevait res impressions debcieuses qui lui i 771*
faisaient si agreablement sentir toute sa force et ton te
sa dignitc. Cetle connaissance u'a pu etre que le
fruit de I'expe'rience et de la comparaison des grands
mode!e r dans le me me genre. Ainsi le gout pratique ,
dans les arts et d^ns les belles Jettres , est fils da
temps. Laus est temporum , non hominis.,,,
» Le'gislateur uuiversel des arts , tout est sounds
fll'empire du goat pratique. En vain appliquera 1 on
a Pindare ce qu'un philosophe disait de ses dieux r
yu'ils donnem des lois , et n'en regoiyent point ; voyez
eon genie , c'est mi vaisseau doni toutes les voiles
sont deployed -l allronte la tempeie et les c'cueils,
les Hots le souleveut , ils sont prets h 1'englouiir : il
a disparu aux yeux dn spectateur inierdit , niais
de'ja il s'avance an milieu des vagues, i! est au port ;
le gout pratique est son pilo'e...
» il est dans les arts, outre ; e gout pratique , uu
gout de pure institution , semblable aux lois qui ,
n'ayant point lour t'ondement dans les lois eternelles
de la morale , n'ont d'autorite que telle du le'gis-
lateur , ui tie sanction que celle de 1' usage... Ce
gout est snjet a qnclqucs variations , niais il n'y a
guere que lo gdnie qui eut pu en order les regies
qui ait le droit de les violer. . .
» Les extremes les plus dangereux et les p'us.
a e'viter , par rapport au gout destitution, sont de
regarded I' usage com me um tyran done il faut suivre
aveuglemeni les ordres, ou de le me'priser comma
un legislateur chimerique dont les lois vaines ne
me'ritent de !a part du genie aueune attention.
L* usage est fiis de l'expe'rieuce et des observations
des grands maitres , il doit sa naissance an\ circons-
tanees physiques et morales des temps et des licux. <«
L'auteur , pour le prouvcr , examine et iuit les
< 25o )
>77 r * progres et les revolutions des arts et des lettres cliez
les differentes nations anciennes et modemes. II se
demai de ensuite :
» Pourquoi le gout national , porte a son plus liaut
degre de reciitnae et de delicatesse , ne peut-il s'y
maintenir? 11 en trouve plusienrs causes. Le goiit
national a'etani point foude sur une connaissanee ap-
profoudie ues piincipes, il doit ne'cessairement etre
inconstant,: comme rassasie de beaute's, ii cherche,
il du'vore toni ce qui lui parait nouvean ; ainsi les
romniiis adtniraient les ouvrat;es de Pline, quoiqn'ils
eussent ceux de Cice'ion. « Peu-a-peu la simplicite ,
qui accompagne la nature , et pa*' consequent les
arts qui n'en sont que des imitations, ne paraii plus
qu'une insipide uuiformite'. Tout ce qui nous (iioiine,
tout ce qui nous surprend , tout ce qui est liors de
la nature semble avoir seul le droit de nous plaire.
Qu'il paraisse alors un de ces e'crivains ou de cos
artistes a qui Ton puisse appliquerce qu'on a dit de
Se'neque , dufcibus abundat vitiis , ct il donnera le
ton a son siecle. . . .
>» Le gout national dege'nere encore par une cause
contraire. Une production d'un genre nouvean , jus-
lement applaudie , le corrompt par les faibles imi-
tations qu'elle produit. Ainsi Pe'trarque , e'raule de
Tibulle et d'Ovide , devint le modele des poutes
Jyriques de son pays , et les limiles qu'il s'etait im-
posees fureut preterites au genre meme. II ne fut
plus permis de chanter autre cliose que sa mai-
tresse , ni de la chanter autrement que Pe'trarque. . .
» Ce qui conlribue encore a empeclier les arts
et les lettres de se maintenir dans ce juste milieu
qui fait le point de perfection auquel ils peuvent
aueindre, e'est que le gout national , riche de grands
modeles, devient dedaigueux. . . Alors le litterateur
( a5i )
et I'ariiste anandonnent nne route ingrate , se fraient 1771*
vers les applaudissements un senlier qui n'est qu'a
eux
» La premiere e'rnde d'un liomme cle c;( : riie doit
done ttre celle du gout dominant de son sie<Ie et de
sa nation ; son premier devoir est d'apprerier la
mode a sa juste valeur, et de ne point trop accor-
der a cette partie de nos mceurs... Son mc'riie en-
fin est souvent d'etre d'avance d'un sentimenl dont
ses contemporains ne seront pcut eue qu'un siecle
apres lui. . . .
» Enfanis de l'e'tude et du ge'nie , les arts et les
lettres n'pnl le droit de nous plaire que l<irsq u'ilsj
rapprochent les rapports c \ el la disperses dans lej
ouvrages de la nature qui affectent noire ame si de-
licieusement. Voulez-vous done , muhipliant ces rap-
ports, cre*er un nouvel Onivers? Que les plaisirs de
la raison l'emportent toujours chez vous sur lea
plaisirs factices et de faotaisie. l.e eaprire les fait
D alt re , le bon sens les enterre ; mais Pesprit est
pour le ecour , et le plaisir immediat est toujours le
plus piquant. Que le premier coup-d'ujil de vos ad-
mirateurs soit done un ravissement , et qu'au se-
cond le eonnaisseur satisfnit vous applaudisse en-
cove! Un ouvrage de Part n'est point digue de Pim-
mortalite', si l'onne pent dire des elogesqu'on en (ait :
(Jnud nunc ratio est , impetus ante J nil. «
( a3a >
QUESTION.
EtablJr les caractbres des argiles en general , et
determiner les differences qui distinguent entr'elles
les bols , les glaises et les lerres a foulon.
1 77 1. Le me'moire de M. Chelle , marchand apothicahe
a Paris, memoire cousacre a la solution des ques-*
lions ci-dessus , et couronne' par l'Acade'mie, est par-*
tage' en deu\ parties : dans la premiere , il recherche
1'origine m^me des argiles, et einet , a ceite occa-
sion , une opinion que peu de lecteurs panageront
sans dome , que c'est des debris des substances ve-
ge'tales que la terre argi'euse est forme'e. Dix-ncuf
pages in-iolio , carthd maximd , sont consacre'es a
e'tayer ceite singuliere proposition , c'trangere a la
question sur laquelle , par consequent , nous croyons
inutile d'insister.
» Toute argile , dit M. Chelle', est , dn consente-
inent unanime des physiciens et des rhymisres ,
•une terre plus ou naoins tenace , propre a se mo-
deler , incapable d'effervesrence avec les acides ,
sus' cptible de se durcir par un feu me'diocre , et
de se vitrifier a un ten violent, et avec des in.'er—
medes appropries. * Cette derniere propriete a fait
naitre a quelques physiciens l'ide'e que cenaius
cailloux ne sont que de l'argile durcie.
*Margraa£, n j) C p Uls q U ' im cliymiste tie Berlin ,** aussi re-
Opusc. ill i- - -i
■ commandable par ses qualnes sociales que par scs
cliya), r 1 ii
fravaux , a de'montre' que la terre de I'aiun se trou-
\ait dans les argiles ; d'autres chymistcs , enche-
rissant sur cette decouyene , ont pretoudu que la
*Pott,lhlio-
( 555 )
\otalite de l'argile pouvaii , avcc 1'acide vilriolique v 1771.
se convertir en alun : un de nos plus n oilernes
chymisies a meme ete jusqu'a dire que loute argile
est un compose salin de terre et d'acide vitriolique ,
et que re singulier sel ne differe de Tallin <|n'ea
ce qu'il est aver surabondance de terre , tandis qua
l'alun est avee surabondance d'acide.
» Tomes ces ide'es meritent d'etre confirmees par
des experiences bien fakes : eu attendant, corame
la dissolubilite totale de l'argile dans l'acidc vitrio-
lique s'est reruse'e a tous chymistes jusques ici , et
sans en excepter M. Margraaf lui-meme , comma
d'aillenrs la nature de cette portion de terre con-
tenue dans l'argile est absolument ignoree , nous
nous conteuterons d'en faire I'observation , sans por-
ter plus loin nos recherches. ( 1 )
SKCONDE PARTIE.
Cetie seconde partie, est divise'e en trois sections ,
dont chacune est c.onsacre'e a la discussion des ca-
racteres et des propriete's des bols , des glares , et
( 1 ) On voit qu'a l'epoque a laquelle IM. Clielle ecrivait ,'
On etait a la recherche de la nature de la terre alumineuse ,'
et que les plus hahiles cliymistes <le l'Europe , en faisaient
l'objet de leurs meditations. Maequcr avait beaucoup travaill*
6ur les ar^iles... Ses experiences et. celles des chymistes qui i'ont
suivi , out enlin conduit les savants de nos juurs a cette con-
clusion que l'argile est la terre oil 1 aluinine •.urahoiulc j que
ses caracteres eont d'etre opaque , terreuse, friable , douce, onc-
tuense , et eoiiime savonncuse sous les doi^ts , adlu rente a la
lan-ue , faisant pate avcc l'eau , infusible au feu , s'y due-
cjssant par lu cuisson , etc. { Systt t/cv counaiss. chym, F. J, )
( 254 )
fnnXt ^ os tprrrs * Foulon ; nous nous conienierons d'eri
presenter ici les conclusions.
§. I.
» Les caracteres pliy .iques dfis bols sont la pro*
prie'te de happer a la langue , de ne point faire ef-
fervescence avec les acicles , de former aisemettt une
pate avec l'eau : leurs caracieres cbymiques con-
5istent , outre ceux qui leur sont communs avec les
argiles, dans la proportion de terre ferrugineuse
rouge ou jaune qui les colore,
» On avait conclu de la proprie'tc' qu'on' les argiles
de decomposer le nitre et le sel marin , que cViait
par lintermede de l'acide vitriolique mais M Chelle
conclut d'expe'riences re'pe ees qu.? 'ouies substances
refraciaires propresa div f r !e nitre ou le sel .uarin ,
le sable , les cailloux; pu ve'rUe':>, etc. , ont la meuie
proprie'te'.
§. ir.
•
» Les glaises, ainsi que les bo's, sont des argiles
combinees avec une terre ferrugineuse ; mais elles
different des bols en ce que les bols ne retiennent
point l'eau et sont perme'ables a ce fluide, au lieu
que les glaises , loujours abreuve'es d'eau , la rciicn-
rient tres long- temps , conliennent une moiudre
quantite de terre niariiale. Que le fer dans les bols
est dans un e'tat de calcination, au lieu que dans
les glaises il n'est que divise' comme l'clbiops de
Lemerj.
» Si nous refusons aux argiles l'acide comme prin-
cipe constittitif , nous n'ignorons pas qn'il rnire dans
la composition des schistes, pierres de laid de pore j
( *55 )
mais ces dernieres sont des composes secondares 177 1«
qui s'eloigueut duja de la simplicite des argiles.
§. III.
»» Les terres k foulon sont des argiles tres-pures
ct tres-douces , blanches, se deln^anl farilement
dans l'eau , y restant long-temps suspenclues , lui
coranuiniquant une couleur laiteuse , onctueuses
au toucher, et faisant elTervescenee avec les acidest
Cette derniere proprie'te est due a une petite por-
tion de terre calcaire qui s'y trouve unie.
>» Je suis parvenu ainsi a composer une terre a
foulon , en unissanl a une argile qui ne lut ni bo-
laire ni glaiseuse , et debarrassc'e , par le lavage ,
des sables qui en alterent la douceur, une portion
de'ierminee de craie pareillement puriBe'e. <c
Tel est 1'extrait sommaire d'un memoire sur
lequel on pourrait faire bien des observations , mais
que distinguent un style simple et facile , la clarte
dans l'exposition , et la regularite dans la mediode.
11 faut se reporter d'ailleurs a l'epoquc ou fauteur
ecrivait , et ne pas s'e'tonner qu'il n'ait pas devance
les conquetes du temps et celles du travail.
Memoire sur les de'couvertes nnatomiques qui out die
fnites deptiis le commencement tie ce siecle , cc
les (wantages que Vart de gudrir en a retires ;
par M. de Lassus.
Ce memoire , de pros de 80 pages grand papier, 1775.
memoire dans lequel les (aits se pressent sous la
plume de l'ecriyaiu, u'est pas susceptible d'auahse.
C ?5G )
i"75, II faudraic copferiyesqne tout si l'on Vou1a.it re rlcrt
oubi'er de ce ryu'rl <-ot!(ient d'inle'rcssant , et an tra-
Ta'l pareil excederait de ])eatirnup les limitcs que
nous nous sotnmes trace'es. Nous nous contenierons
ainsi d'exposer le plan d'apres leqnel I'auteur a di*
rige' son travail , et les consequences qu'il en tire ;
quant a.ux details* e'est a l'ouvrage lui-meme qu'il
faut recourir.
» L'objet que je me propose de remplir , dit M.
de Lassus, est d'indiquer les decouvertes que l'ana-
tomie a faites depuis le commencement dc ce siecle,
et les avantages (|ne Part de guerir en a retire's.
j» Pour mettre de I'ordre et de la clarte dans ce
discours , je rassemblerai toutes les decouvertes qui
ont e'te faites sur un metne organe , et je les re'uni-
rai dans un meme article , en suivant l'arrangement
et la disposition des parties du corps humaiu. Il
en resuhera une espece d'abre'ge" nnatomique , Oii
les decouvertes propres a cliaque partie se trou-
veront re'unies. u C'est en ellet d'apres ce plan que
. 3\1. de Lassus expose en auiant d'arlicles les de'eou-
i vertes faites , i° sur le cerveau , ses membranes et
ses nerfs; ?.° sur 1'organe de la vue ; 5^ sur 1'organe
de l'ou'ie ; 4° sur 1'organe de l'odorat ; 5° sur celui
du gout et de la parole ; 6° sur celui du toucher;
7° sur les organes de la respiration ; 8° sur le ceeur ,
les arteres et les veincs ; 9 sur les organes de la
digestion et de la chylilication ; io° Snr les voies
lirinaires ; ii° sur les organes de la generation de
l'bomme ; n" sur les organes de la generation de
Ja femme ; i3° sur les muscles ; 14° sur les os \
i5° enGn , sur les liqueurs animales.
Je le re'pete , il est peu de ces articles qui ne se
distinguent par la ricbesse et la variete de leurs ta-
bleaux. Yoici la conclusion de l'auleur;
Je
( *5? )
» Je finis a cette e'poque I'histoire des de'cnnvertes T 77->'
anatomiques qui ont ete faites dans ce siecle. La
lecture de rette dissertation tail voir qne I'anatomie
est de toutes les sciences natarelles ceUe qu'on a
le plus travaille'e , mais en memo temps , pent etre ,
celle qui est le moins avancee. Je me suis aperc.u
de certe abondance sterile de materiaus , en travail-
lant a cet nuvrage Le hombre des livres d'anatnmie
et de rmidecine est immense, mais tout cet embon-
point apparent n'est , si j'ose m'ex primer ainsi ,
qu'une vraie bou fissure. Si done 1'arl est si peu
avance cc n'est pas qu'il n'y ait eu depuis long-
temps, et qu'il y ait encore aujourd'hui un grand
nombre de m 'decins qui observeni , qui raisohnenl ,
qui ecrivent : la ste'rilite dn fond re vient pas de la
diseite d'ouvriers ; I'anatomie est die done u e terfe
ingrate , on manquerait-on d'instrumehts poor I'ame'-
iiorer? Fant-il s'en prendre a I'art ou a I'arlisle, ou
a l'un et l'atttre h-la-fois?
» J'ai tire des livres que j'ai parrourus tout ce
qui m'a para mile et intelligible ; j'ai supprinte les
hypotheses et les system's , parce que je ne les
emends point , que je ne veux pas les entendre 1 ,
et que peut-eire leurs auieurs ne les entendent pns
eux-m£mes. J ai indiqne , autant que j'ai pu , les
avantages que l'art de gue'rir a retires de I'anatomie.
Qnelques tins de ces avantages sont reels et e'vi-
dents , les autres le sont moins, parce qi-'on trouvc
en anatomie beauconp de lairs isole's , u'e\ p ,: riences
solitaires tentees sans vne, ou dans des vues tomes
diffe'rentes les unes des autres , et des (minions sou-
vent hasarde'es , de sorte qu'il n' y a que peu ou
point de lumieres a tirer de ces faits. Je n'ai point
parle' des progres aue la me'decine et la chirurgie
out tails dans ce siecle , pai i progres, qui
Tome I/', 1771 a 1780, H
C a58 )
yy'5. sent le fruit de l'expe'rience et de l'observstion , sont
indcpeudants des diicouvertes anatomiques. II faut
loujours en revenir an mot de Celse : » ista quo-
qiie natures rerum contemplatio , quamvis non faciat
medicum , aptiorem tamen medicince reddic. •< CeUus
prrefat. L- I.
V\.XX l\\\V\W
Litt£raturi.
177a. Le premier morceau qui se presente , en suivant
1'ordre chronologique , est un rapport de M. de
Miromesnil , commissaire nommc avec MM. Balliere,
d'Ornay et autres , pour l'examen de la traduction ,
en vers latins , des fables de la Fontaine , par lc
P. Giraud.
La critique judicieuse de M. le rapporteur prouve
qu'il savait allier le commerce des Muses avec, les
graves meditations de la tnagistrature , et qu'il ne
croyait pas de'roger a la dignite de premier magis-
Jtrat ., en laissant reposer a propos la balance de
Themis pour badiner avec les Graces.
Nous nous conienterons de pre'seuter le titre de
ce rapport , parce que la version du P. Giraud e'tant
imprirue'e , chacun peut juger a sou gre ce cbarmant
4>uvrage.
( ^9)
Tableau gSndalogu/ne de la maiscn royalc de Bourbon ;
par M. de Vtzou.
Ce tableau ayant pa>-e'llemeut ete rendu public ,
toous nous dispenserons d'en faire I'analyse, et nous iytf&*
nous contenterons d'exposer en deux mois le juge-
ment qu'en porte le re'dacteur de l'anne'to litte'raire.
» De touies les caries gene'alogiques qui out paru,
jusqu'ici , en 8 , 12 , ou 16 feuilles , celie <lu sieur
de Vezou est sans contredit la plus e'tendue et la
plus reguliere , quoiqu'elle ne soit que sur une
feuille de grand papier , etc. ««
La perfection de cet ouvrage me'rita a son auieur
un brevet de S. M. Louis XV , qui lui accorda 16
titre de son inge'nieur ge'ographe , historiographs
et gene'alogiste. Ce brevet sigue LOUIS, et plus
bas Phelipeaux.
Histoire de la Qrece , par M. Cousin-Despreaux ,
i5 vol. in- 1 2. — - Discours prelirninaire.
Ce manuscrit » de 20 pages grand in-folio , se trou- 1777*
ynnt imprime a la tece de l'ouvrage , nous nous
contenterons d'en relaier le titre , pour conserver le
souvenir d'un liommnge rendu a l'Acnde'mie pat
1'estimablc auteur de 1'liistoire dont ce discours au-
Tionce le plan , et ne pas laisser dans 1'oubli une
demarche qui lionore e'galement et la Compagnie
qui en est l'objct , et l'autenr de la deference.
M. Gotfrdin , religieux be'ne'dictin , et alors pro-
fesseur de rhetorique a Beaumont en Auge, avail
*777« fourni un grand nombre de me'moires qui appar-'
tiennenl a ee volume : beau roup d'entr'eux etaient
relaiifs a I'histoire litteraire dc la Picardie , dont
ce sage et laborieux rollegue s'occupaii alors , et re
se trouvem point dans nos archives- Trois on quatre
seuletnent y out e'te' deposes ou rc'intc'gre's par I'au-
teur. INous lcs ferons connaitre pnr des extraits pro-
portinnne's , pour leur e'tendue , a ['importance de
chacun d'eux ; quant aux autres , on en trouvera
les litres dans le catalogue general , au commence-
ment de ce volume. Nous nous contemerons de
faire observer ici que les me'moires ayant pour titre :
De I'aciion de I'Oraf'eur , et Recherches sur la Me-
moi'e , out ete iraprimes a Caen , en i', /J.
Le premier memoire de ceux que nous posse'dions
et dont nous devons reudre compte , porte pour
titre :
Du clioix et de I'usage des passions dans les Arts.
Nous allons en presenter l'extrait en laissant , sui-
vant notre usage , l'aiiteur s'exprimer lui-meme , et
mettant ainsi les lecteurs dans la possibiliie' d'en ap-
pre'cier le style ; mais auparavant nous dirons deux
mots d'un autre me'moire aute'rieur pour la date,
et dont le titre est :
EssaL sur les plaisirt , ou I'art d'etre heureux , rappeld
a ses vrais principes.
1772. Nous nous contemerons , pour faire connahr©
cede dissertation ass<v. e'tendue , dc rapporter 1c
jttgefrient que MAI. Baiitere , Auger et de Couronne
en out porte. » tile rassemble , disent-iis , uou-seu-
( *6< )
» lenient ['expose* , I'examen ou la discussion des
> s\ .temes pre'ce'demmenl exposes, mais on y trouve
» encore do onuvellcs vues sur le regime du bon-
» heur et sur la dure'e on intensite des sensations...
» Mais a toutes cos solutions que dil la raisoni Car
» enfin elle e«t le guide , le pilote a la foi duquel il
» fa ut se livrer an milieu des orages. La raison? elle
» prouve que la verm senlc esi la mesttfe du Ixui-
»1ieur , ei qu'ellc est le comble du plaisir; la vertn
*» est I'ame de notre ame. C'est 1'objet ainsi que la
v conclusiou du me'moire. «
Du choix et de I'usage des passions dans les arts*
» Dans la societe , l'liomme a qui Ton aerorde le
plu<; d' esprit , ce n'est pas celui qui IViale river plus
de profusion , c'est celui qui posfsede !c mienx le
talent de faire briller celui des a aires. Hans !bs arts ,
c'est du sujet qu'il traite , et mm de Ini-iiu-mc , quo
l'artiste doit nous occupo.r. . . Horace en a tail une
loi lorsqu'il a dit :
Non sut i6 est pulflii.i <<sse poemata, dnlcia sitnto ,
Et quocuiiHjiie valont auiimiin auJitoiis aguntoti
De jtu poaica, i|f>.
>» Et c'est SW cette loi que j'ai cru devoir fonder
une suite de reflexions sur le < •!.< i el •• des
passions dans l']\ioquoi>re , dans la Poesfe , o. Ws !.«
Peinture , etc. , et donner une opc-ce do tluoria
de la panic morale des arts.
R.3
»779»
( afo )
I.
Da cceur humain et des passions en gdndrat.
l?7$' " Quelques moralistes ont cru que lorsque nous
jugionsdes ehoses par sentiment, nous n'en jugions
que rciativement a nous seuls ; que l'aiuour propre ,
l'inte'rct personnel e'tait alors le souvcrain arbitre de
nos jugements. Ces philosophes , da JM. Hume, ont
pluiot fait la satyre que l'histoire du cceur humain.
Cela est si vrai que lors mcme que nous jugeons.
avec plus de partialite' pour nous et pour nos amis,
nous soniines encore capables d'une conduite plus
equitable.
» Cesar a prononce la sentence de Ligarius ; son
interet personnel lui a dicte' cet arret : Ce'sar le ticnt
entre tes mains dans le temps nierae que Cice'rou
parle pour Ligarius. Quelqu'invincible , quelqu'in-
burmouiable que paraisse un tel obstacle au gain de
sa cause , I'oraieur o.se tout espe'rer parce qu'il con-
nait les droits inviolables qu'ont a 1' approbation go-»
ne'rale des homines , la bienfaisance , I'humaaite ,
1'amiiie , la reconnaissance , la bienveiliaiice natu-
relle; en un mot , lout ce qui vient de ceite *ympa-
tbie tendre par laquelle la nature nous lie les uns
aux autres , de cet iuterct gene'reux pour nos sem-
hlables que Is nature a place dans tous les cceurs.
Ciccron fait I'e'loge de ces vertus ; elles reutrent dans
le cceur de Cesar , en chasseul l'iule'ret personnel ,
l'arrct luj tombe des mains....
»> Le discours de Sinou ( Lnc'ide , liv. II ) , est uu
excellent tableau du cceur humain, « ( L'analyse do
$e discours et les reflexions qui i'accuuipagtieu so
< 263 )
retrouvent dans le Traite de Vart oratolre que Van- , 77^»
tenr a publie en 1785 , ainsi qr.e plusieurs autres
niorceaux tie ceite dissertation. )
» Qunnd Les passions ne sont point produites par
des e've'nements qui interessent tous les hommes ,
cites sont absolument en proportion avec la maniere
doni les objets peuvent nous interesscr. C'est alors
qu'elles prennent leur source dans 1'amonr de nous-
memes , et que la meme passion peut e:re portee
a des degres differents , selon le plus ou moins de
rapport que nous avous avec Pobjet qui les pro-
duit. «
m Dans le Belisaire mendiant , de Vandick , la pas-
sion qui doraine est la pitie' ; mais elle se diversifie
selon les divers personnages qui occupent la scene.
Le tableau est compose' de six figures : Be'lisaire assis
tend la main a- une femme qui lui donne une piece
de monnaie ; l'attitude du he'ros est noble : 011 vois
que son etat l'adlige , mais ne l'bumilie pas. Le sen-
timent de la commiseration e3t peint sur le visage
de la femme. Plus loin , la f:l!e de Belisaire recoie
aussi quelques pieces de monnaie d'une autre lemmo
qui la (ixe avec attendrissement. Aupres de ceite
femme est un enfant qui , d'une main, la tient par
ses habits, et de 1' autre agace un gros ehien.Lo
chien ne s'en apercoil point , il semble tout occupi?
de Belisaire ; un soldat arme de t-outes pieces est Sur
}e devant. II a pose son bouclier , son casque aux
pieds de son general ; rl est dehoul devant lui , les
bras pendants et les mains join les , dans l'attitudo
d'utJ bonnne pe'iie'tre a-la-fbis cie compassion , do
doulcur , d'indignation , de respect et d' admiration.
» Les deux femmes savent peut-etre que la pan-
>rete de Belisaire et <le sa lille est cause'e par un botI
iujivsie 1'une ; e*t aitendrie a la vue d'un vieitlawi
a 4.
( »&* )
1779. tafpfcwaMe ; 1'autre, a la vue d'unc jeune pprsonn©
tloii! I'iiinooence et la candeur interessent, ci clout
la beaute , llitrie par la misere , n'en est que plus
loiirlinnie : lenr pitie ne va pas au-delu ; mais daus
le soldat que de passions a-Ia-iois !
II.
Succession et filial ion des passions.
\
» Lorsqu'un bien est certain mi fort probable , ft
produit la joie ," le mal <[ ui se irouve dans le mem©
cas excite la trisf esse oq le chagrin.
. » Lorsqu'un bieu 011 un mal soitf incertatns , i's
font n.'iire la ci tinte ou I'esfjcrance > seloii le dcgre
d'inreniiude.
» Le desir 1 ai d'nn ben et l*afwt"jfon d'un mal
consid n'cs s ; mu ! em n? comnie lels.
» La pvob/ibilae v'enl d'un conflit d'arrMents ou
de cause« con ra res qui ne permettenl p-iini a les-
prit de se fi\ei de part ni d'autre. L'entendemenl
aler- se portage en re des vues et le cteur entre des
Amotions •■on raires.
>> Un degre de probability de plus on de mo'ns
d' uu coiii ou d'un autre, alors le melange indecis
dYn orious opposees ces^e , el la passion devient
de'enniiii e , ou p'uiot la passion dominance absorbs
les passions secoudaires , et en devient plus forte et
plus energique. « L'autenr appuie son assertion par
dil erents cvemp'es que Ton trouvera dans le Truiid
cite plus haut.
« Le peintre qui est restreint a ne representee
sur la tone qu'une action, qu'uu fait , et menu' on
seul instant de faction., e'proave sane dome, pour
ye-ndre les passions di verses qu'euiantcnt les suites
C ?fi5 )
et les consequences <1 ( , f ; ,; t u r] e paction , des dif- *779«
fi. altes ineontiues au poe'le et a I'orateur; mnis ces
difficu lie's ne soni point insarmontables. On en a la
preuve dans ie Christ anx An^es de Le Brun.
» Les anges forment plusieursgronppes : quelques*
mis sont a genoux au pied de Ja Croiv , ct leurdou-
Jeur est extreme , profonde et plus qu'humaine ;
ceux qui s'elevent au-dessus de ceux-ci semblent
plus iusiruits du mystere de la Redemption , leur
douleur est un attend-rissement mele tie respect et
<l. duration. Ceux eiifin qui s'e'ievent au-dessus de
la Groix semblenl moins afilige's de voir conler le
sang da Sauveur du Vfonde, qu'occupes de la gran-
deur du sacrifice et des fruits iuetlables que 1 lioinme
en doit retirer.
III.
Du cho/'x de la passion pn\ncipafe ct de 1'ordre dans
la succession des passions secondares.
>» L'orateur , le poete , le peintre , le sculpteur,
le musicien sont presque tonjours determines, par
la nature meme du sujet, sur le clioix de la passiou
principale ; mais eeue passion offfe dca faces plus
ou moins < tu'mines , presente des aspects plus out
moins imercssanis , et il n'y a que le coup-d'oeiJ.
r.ipde ct etemliu du genie . c'est-a -dire le tact hcu-
i(Mi\ et del cat d'un jrugemeht esquis et severe, qui
cache choisir !e seul pro pre a produire l'ellet le plus
tr&ppant et en meme temps le pins naturel.
» Ou pourrait mettre a la k'ic du Cinaa de Cor-
neiUe et du 'Jims de Deballoy ^inscription placee
an bas du tableau de Le Brutf, dans lequella famille
do Darius est aux pieds d.' Alexandre ; la passion
( ?6fi )
'779- principale est la meme , c'est la cUmence. La cle-
mence est une emotion tendre de l'anic , a laquelle ,
conside're'e en elle -meme, a peine oserait-on donner
le nom de passion. Elle peut cependant devenir du
plus grand efiet , tant les passions secondaires qui
1'entourent peuvent lui prefer de force et d'e'nergie.
C'est l'effet qu'elle produit dansCinna,et c'est celui
que 1'on desire dans Titus. Un personnage long temps
irre'solu , toujours sans caractere , sans physionomie ,
tel que Sextus , n'est qu'odieux et me'prisable , et
la cle'mence de Titus a presque l'air d'une faiblesse
de caractere. Dans Auguste , an contraire , la cle-
mence est l'effort d'une grande vertu ; comrae ell©
coiite a la nature , qn'elle excite dans 1'arae des
combats Jongs et violenis , elle devient vraiment
th cat rale. . . .
» Dans le tableau de Le Brun la cle'mence ne coiite
nucun combat ; elle est, il est vrai , l'effort d'une
grande ante , mais c'est un effort qui tient a la trernpe
de cette ame. La cle'mence d' Alexandre est e'gale-
ment c'loigne'e tie la hauteur de'daigneuse d'tin cceur
endurci par la prospe'rite' , et de la bonhomie tri-
viale d'une ame faible ; elle est pleine de noblesse
et de dignite'. La famille d'un roi puissant a ses ge-
noux le tonche , le penetre, Que d'expression dans
son attitude ! qu'elle dit de choses ! mais elles se
sentent et ne se de'crivent point. Toutes les passions
secondaires semblent se reunir pour reliefer, si j'ose
le dire , une nouvelle lumiere sur la passion pre-
miere. La mere de Darius , dans i'exees de sa re-
connaissance, embrnssc les genonx d'Alexandre , un
rayon de joie bribe sur sou visage , mais ce rayon
n'est pas pur , ni cette joie sans melange ; la fern me
du roi de Perse fond en larmes , la cle'mence du
yainqueur u'a point de quoi la toucher, ses pertes
( »«7 )
5ont imrnenses , et , dans ce moment , toute.s les fa- 1779*
cube's de son ame sont en proie a la douleur Tous
ceux qui l'accompagnent ne sont point capablcs de
sentiments si profouds ; ils se voient libres , ils no
*' y attendaient pas : la crainte, la surprise, F admi-
ration, la joie sont pcintes a-la-fois sur tous les vi-
sages et dans toutes les attitudes , selon l'age , le ca-
ractere et la condition.
» Puisqne e'est la nature du sujet qui determine
quelle doit etre la passion dominante , il s'ensuit
que certains sujets oftYant une double action , for-
ceront I'artiste a mettre snr la scene une passion
double. Alors il doit les fairc ressortir l'une par
l'autre. Tout ce qui leur appartient reciproquement
doit se rassemblcr autour d'elles et former deux
grouppes principalis qui se contrastent et se balan-
cent , s'unissent sans se confondre , se distir.guent
sans se se'parer , a moins que le sujet n'oii're deux
actions absolument inde'pendantes , et qui n'aient
de rapport que le temps etle lieu ou elles se passent
comme dans la Transfiguration de Rapbacl...
» Dans tout autre eas , e'est a l'artisie a juger si,
d'apres la nature des deux actions, les deux passions
doivent se balancer et ne point se confondre , ou
bien si l'une des deux doit enfin l'emporter sur
1'autre. Racine parait n'avoir point assez fait cctte
reflexion dans sa tragedie d'Alexandre. 11 avail a
peindre deux he'ros , et craignant d'affaiblir les traits
de Porus , il le fail trop grand pour le be'ros de la
piece.
» On fait a-peti pres le meme reproclie a Gessner :
il sentait , avec raisnn , que de la haine au mepris il
n' est qu'un pas ; que I'on ne s'inte'resse point ii ce
qu'on meprise , et que, par consequent, un per-
sonuagc absolument et continuellement odieux de-
( 268 )
l 77 Q » viendrait insupportable , il a voulu qu'on s'intcres-
sat pour Cain , el il fait presque aimer le premier
fratricide. . • .
» Quelquefois la passion est doub'e , quoiqno fac-
tion soit ime. Ces passions alors veulent contrasted
avec la meine force et doivent briller egalemmt
par une opposition re'eiproque. C'est ce que l'on
remarque dans les caracteres d'Horace et de * u-
riace chez Corneille ; c'est ce qu'on admire encore
dans le grouj pe de Papirius Cursor , dans lequel les
ruses de la curiosite forment , avec les finesses de
la dissimulation , un contraste vraiment sublime.
» En general un sujet ne presente guere qu'une
action principale , et par consequent n'offre a pein-
dre qu'une passion dominante; mais si cette action
est l'effet d'une autre action qui n'esl point encore
acheve'e , il faut que la passion produite par la pre-
miere action soit rendue avec la plus grande e'ner-
gie ; celle de i'action principale n'en produira qu'un
plus grand efi'et , pourvu cependanl que I' net ion
cause , si Ton peut la nommer ainsi , et Paction qui
1'aecompagne , n'occupent qu'un coin du tableau :
c'est ce qu'on peut remnrquer dans le serpent d'ai-
rain de Le Brim. Ce n'est que dans un coin , mais
sur le devaut du tableau , que soul represented avec
les expressions de la doulenr la plus aigue , avec
les marques affreuses d'un tourment inexpiimable ,.
les victimes de la vengeance divine. . . Dans Taction
principale la passion dominante est la confiance la
plus ardente. Mais combieu elle est diversified par
Jes causes secondares qui la produi.sent ! Dans la
mere qui y soutient sur les genoux la tele de sa
fille expirante, la confiance est comme absorbee par
la douleur; cette confiance est tendre et touchante
dans Te'poux qui ticut le corps de sa fcuime livre'e
( »6g )
atn maux d'un feu de'vorant ; clle a quelque chose 1779.
de plus male , mats non de moins vif dans le fits qui
souleve son pere dont la grandeur du mal parait
avoir epuisc les forces ; dans toutes les aulres figures
qui semblent uniquemcnt occupe'es de lour salut ,
la confiance produit la securite et memo la joie.
» C'estainsi, romme nous I'avons remarqui' , que la
passion principale empruntc presque toujours sa
plus grande force , sa plus grande energie des pas-
sions secondaires. Heureux done l'artiste qui a le
talent de bien suivre l'ordre que la nature suit elle-
meme dans leur filiation. ( L'auteiir le prouve par
des exemples que l'on trouvera dans la traite dont
nous avons parte. )
>> Dans an tableau , les passions secondaires nais-
sent des circonstances du fait et de ['impression
qu'elles produisent snr les divers personnages , re-
laiivement a leur position , a leur age , a leur ca-
ractere , a leur temperament. L'ordre dans la dis-
position de ces passions consistc a les placer de ma-
niere qu'elles re'pandent une nouvelle luttiiere snr
la passion principale. C'est ce qu'on observe dans
le tableau de Raphael , dans lcqucl J. C. confirme
a saint Pierre le pouvoir des clefs en pre'sence des
antres apotres : la passion principale est la recon-
naissance vive et le zele plein de feu du prince des
apotres ; son attitude , les traits de son visage , l'e'mo-
tion qui y regne expriment parfaiiemcnt tout ce qui
sc passe dans son ame. Saint Jean , par un geste
plein de vivacite', applaudit avec la franchise de son
age au cboix de son maitre; plus loin un apdtre d'nu
age milr no fait qu'un mouvement de bras et de
tele qui ninrque sou approbation ; a L'extremite du
gronppe., on en apercoit un autre que la preference
chagriue , et dout le regard dedaigneux annonce
( ?7° )
, 779* <ju'il la tronve injuste; enfin Judas , devore par uns
jalousie morne , se courbe pour examiner ce qui se
passe : ses regards sombres , ti\e's sur Jesus-Christ ,
aiiiioncent la vengeance qu'il medite dans son cceur.
Que l'on change les figures <le place , un perveriit
1'ordre des passions sec ondaire« , et la passion prin-
cipale ne produit plus an si bel diet.
» En empruntant de la poe'sie , de la peinture et
de la sculpture presque tous les evernples dont nous
nous somiues servi , nous ne l'avons point fait par
une exclusion injurieuse a l'e'loquence. Les Muses
6ont sceurs; mais l'e'loquence, qu'on nous permette
cette expression , est un art mixee fait pour agir
autant sur l'e^pn't que sur le < ceur , et cela demande
des reflexions particulieres. Dans les sujets de dis-
cussion la verile doit aller au cosur par l'esprit ;
dans les sujels de sentiment , eile arrive h l'esprit
par le cceur ; mais dans les uns et dans les autres ,
le triomplie depend de 1'ordre avee lequel on pre-
eente les raisonnements et avec lequel les passions
t'insinuent dans l'ame de 1'auditeur. '»
Pour les exemples qui appuient cette assertion ,
nous renvoyons encore au Traite de I'art oratoire
de'ja cite'.
X)u CSnie t et du caractere distinctifde ses production!
dans les arts.
u Le genie ne cree point la nature , il la voit , mais
il la voit bien et la rend de meme.. .. Le ge'nie est
l'alliance heureuse d'une imagination vive et grande ,
et d'un jugement sain et severe; c'est I' usage sobre,
raisouue , et pour aiusi dire froid, de ^imagination
( >7< )
la plus fcconde , la plus ardente , j'allais presque 1779.
dire la plus fougueu.se; c'est, pour m'exprimer la-
coniquemem , l'economie de Pentliousiasrne.
»> Sans doote c«s contraires s'allient diflicilemcnt ,
Bans dome l'equilibre parfait entre deux faculte's
qui setnblent s'exclure reciproquement , et sur tout
lorsqu'on les suppose, comrae il le faut, porte'es au
supreme degre , est une chose Lien rare. Aussi Id
ge'nie l'est-il, et voila pourquoi il nous e'tonne.
»» Le veritable esprit est eomme le genie un me'-
lange e'gal d'imagination et de jugement , mais avec
cette difference que ni l'un ni I'autre ne sont porte's
a un certain degre de perfection. L'esprit fait l'e'cri-
vain judicieux , I'artiste recornmandable. Leurs pro-
ductions sont belles et satisfaisantes ; elles me'ritent
toujours notre estime , elles captivent meme quel-
quefois notre admiration. Elles procurent a 1'ame
un plaisir vrai , mais ce plaisir a je ne sais quoi do
froid , et , lors meme qu'il parak vif, il n'est pas
toujours pur , parce que la vue de l'esprit , quoiqu©
sure et etendue , n'est point asscz vaste pour saisir
a-la-fois tous les aspects de la nature , ni assez juste
pour ne faire choix que de ceux qui constituent es-
6enticllemeut le beau ideal....
» Le style, en appliquant ce mot aux arts comme
a la litte'rature, est toujours conforme a notre ma-
uiere de voir la nature, et , pour la voir veritable-
mem en beau , il faut non-seulement que 1'imagi-
iiaiion et le jugement soient porte's au plus baut de-
gre , mais encore qu'il regne entr'eux un e'quilibre
parfait. Cet e'quilibre est-il rompu , l'imagination do-
mine-t-elle , on outre la nature , les expressions vont
amdcla de 1'ide'e , le style boursoulllu n'esi plus
qu'un assemblage monstrueux de figures qui so
Leurteut , et les eimcelles , les bleuettes qui jaiUissent
C "7 ? )
\fjr-n, de lour rlior , eronneni , e'l>!ouis c ent et fatiguent*
L-'enflure de Lucain en est la preuve.
»» Dans la jeunesse, ['imagination brave les lois du
jugement ; dans la vieillesse , le jugcmeot refroidit
{.'imagination : !c peine n'occupe dour pns tout l'es-
pace dr la vie de ces homines monies dont la na-
ture pa rail si avare qu'elle met (les siecles a les for-
mer. II y.a plus, d'une production a une autre,
du commenremeiit a la fin de la memo production ,
lOrsqu'elle est de longue haleiue , I'e'quilibre pent
se rompre ; I'll'ade et I'Odissee , les premiers et lea
derniers livres de I'Eneide le demoutreut.
>> La presence du genie est done bien rare , e'est
pourquoi elie nous etonne ; mais qu'ou y refleehissc ,
et l'on verra que le trilnu que Ton paie a ses pro-
ductions est tou jours tin ravissement tranquille. Les
productions du genie ressemblent an lever de l'astre
du jour. Coniemolez avec quelle majeste cet asire
s'avance sur l'horison. Dans une succession aussi
rapide qu'insensihle ses rayons s'eleveut , des images
le'gers se colorent au loin des feux du rubis , une
damme dore'e brille sur le sommet grisatre des moii-
tagues et semble etmceler sur les feuilles humides
des forets voisines ; peu-a-peu runivers r en ait ,
s'anime , se vlvifie , le disque du Soled parait , il
est jour. . . . Quel sentiment alors mon ame eprouve-
t-elle ? Je l'ai dit , un ravissement tranquille , qui
la pe'netre et qui ne l'agite point , qui ne la trouble
point.
)? Ainsi, a l'aspect des statues colossales du Monte
Cavallo mon ame est comme e'tonnee , mais nussi-
tot elle est familiarise'e avec leurs belles proportions,
parce qu'a la hardiesse elles joigneat I'exacl'tude et
le naturel. Mon ame en saisit toutes les beauie's et
le sentiment qu'elle e'prouyc est une volupta tts-
gi aude
( »*3 )
grande qui l'anoblit elle - meuie a ses propres 1779*
yeux.
» La grace , la be'aute , le caractere snnt trot* qua-
lite's clout la reunion consiiiue la belle nature, et
qui, dans les productions du genie, ne peuvent ja-
mais (hre se'pare'es. On les trouve dans l'Ap'>llon et
dans la Venus tie Medicis , parce que ie caracterq
distiuctif de la belle nature, ef par consequent des
productions du genie , est d'unir ('expression la plus
juste aux formes les plus belies.
» Le cliarme se'duisant des statues grecqnes est
i'eiret de la simplicity des contours unie a l'exrel-
lence des caracteres. Leur action est n;ii\c, leUJC
grace sans affectation , lenr decence sans anpret ;
le naturel de leurs mouvements et de leurs carac-
teres en fait disparaitre jusqu'au moindre effort de
Tart.
» Snpposez , dans les traits de la fille de Niobe,
un de'sordre extreme , une alte'ration totale , et sa
douleur en sera beaucoup nioins inte'ressante ; de-
pouillez le Laocoon de sa grace et de sa beaute,
ses cris seront peut-etre plus percants , ses tour-
rncnts plus aigus ; mais , a sa vue , comme a celle da
Prometbe'e de Caravage , mori ame fre'mira et de'-
tournera ses regards d'un objet plein d'borreur. Jo
crois done avoir raison d'avancer que le caractere
distinctif des productions du genie est d'excitcr
dans 1'ame un ravissement tranquille. Je dis mi ra-
vissement, et non simpletnent un plaisir, parce que
ie plaisir pour naitre n'a besoin que de la presence
d'une des trois qualite's esseniielles a la belle nature.
J'ajoute que ce ravissement est calme et tranquille*
que les passions nie'me les plus fortes et les plus ve-
lie'mentes ne doivent jamais produire de convulsions
dans I ame du specfateur , parce que In grace et la
Tome IP t 1771 a i7bo» -t>
C '74 )
, 779« beante etant inse'parablemeut unies au caracttrc ,
elles en Ibm valoir , elles en animent l'expression,
tnais 1'empechent d'etre outrc'e ct excessive. C'est
par eel accord parfitit que les productions du ge-
nie plaisent aa premier conp-d'oiil , et plaisent tou-
jour* , filacuit semel , decies re/ etita plac< bit. Dans
tous les lieux eomme dans tous les siecles , ils en-
levent nos suffrages. Dans les productions de l'es-
piit ,on apergoit des efforts qui e'tonnent ; on les ad-
mire, on de'sespere de pouvoir les e'galer. Dans les
productions du genie , tout est si s'mple et si natu-
rel , comme le qu'U monrdt I du vieil Horace » le
moi de Me'de'e , que personne ne les croit au-dessus
* Horat. de ses forces , ut sibi qui vis speret idem *. Mais si
deArtepoet. ^imagination el le jugement ne sont porte's au su-
a4'- preme degre , si entr'eux il ne regno un e'qnilibre
parfait , on s'e'puisera en efforts inutiles , on ne re'u-
nira jamais la grace, la beaute et le caractere. Sudet
* Ibid. mult urn , frustraque laboret , ausus idem *.
Nouvclle explication d'un passage de VArt Poetiquc
&> Horace.
1780. Le passage dont il s'agit est le vers 202 ,
Tibia , non ut nunc , orichalco tincta , tubceque
Altnul.i
L'auteur expose les diverses explications que les
commentateurs ont donne' de ces mots : orichalco
vincta , et pretend que leur diversite vient de ce
que la flute des anciens nous est peu connue , at
il le prouve par I'autorite d'un grand nombre d'au-
teurs.
«« II est plus que provable que ie mot tibia , rhez 1780,,
les anciens, etait Ie 110m ge'ne'rique <le pi usieurs instru-
ments qui avaient emr'eux peut-eire autant de defe-
rences marquees que de vrais rapports. On a lieu
de Ie oroire, lorsque l'on sait i]hp la flute etait (Vite
de difleremes matieres ; qti'il y en avait d'or , d'ar-
gent , d'orualqne , d'ivoire , de corne; qu'on en fai«
sail avecl'osde la jambe d'un cerf , d'un ane , d'une
grue ; qu'il y en avail de roseau et de branche de
laurier creuse's.
>» La forme variait presqn'autant que la mature*
La flute avait une ancbe comme DOS br.ut-bois , qnel-
quefois cette anrhe etait cache'e , alnr« lembouchure
ressemblait a celle de nos trompettes. Le~ flutes done
on se servait atix fetes d'Adonis, e'taient tongues
d'un palme , d'.'U'res e'taient eourbes, et alors elles
etaient compose'es de deux pieces; la partie supe-
rieure e'tait de bois , l'inferieure etait de corue. >»
L'auteur cite en preuves divers monuments.
u D'abord la flute n'eut que trois trous, puis eile
en eut quatre , et dans la suite elle eu eut jnsqu'ai
dix Pour multiplier et varier les sons on joignir.
ensemble deux flutes re'unies , tantot a I'embou-
chure , tantdt par des points difterents dans toute
leur longueur , tnnt6t enGn vers le milieu , d'ou elles
ne font plus qu'un corps jusqu'au haut. »»
L'auteur passe ensuite a l'explication du passage
d'Horace. II ne croit point qu'il ne s'agisse ici qua
d'uu simple ornement qui ne pouvait influer sur le
mode et la me sure ; c'est d'apres les vers suivants
que l'auteur explique ainsi ce passage : «< La flute
dont parle le poete etait droite , parce que la trom-
peite nomme'e tuba 1'etait. Ceite flute etait compo-
sed de deux corps, puisqu'elle n'etait plus simplex , la
partie infurieure etait d'oricalque. n L'auteur examine
( »?6 )
1780. ensuite qxicl e'tait ce metal qui , scion Cireron , avait
la couleur de Tor, au point do s'y tromper. Pliue
pretend que la mine en e'tait e'puise'e depuis Ion ;-
temps. Le fait est que ee metal e'tait tres-precieux »
puisque Virgilc le fait entrer dans la composition
de la ctlirasae qu'il doune a Turnus.
*A** WM 1\V» >%M/*
£lo
GES HISTORtQUES.
Eloge historique de M. Jntoine Dufay ; par M. d'Am-
BOURNAT.
1771. « M. Antoine Dufay naquit a Rouen le 16 novem-
Lre 16S0. Devenu orplielin des I'age de C ans , il eut
le bonheur de trouver dans sa tante une sage insti-
tutrice qui veilla sur son e'ducation jusqu'a sa d:x-
6eptieme anue'e. Desmoeurs honuetes , de la docillie >
et le de'sir ardent d'acque'rir la connaissance d'un arl
pre'cieux a l'humanite le firent recevoir e'leve en chi-
rurgie Chez un maitre de cette ville , la(|uelle alors
e'tait privee de ces cours publics d'anatomie, de bo-
tanique , d'accouchements , etc. , ne's dans le seiu
de 1' Academic , et qui out applani le plus grand nom-
bre des diiriculte's dont l'e'tude de cette science e'tait
herisse'e. Le jcune Dufay y supple'a par son genie.
II soutint ses examens avec bonneur ; fut recu makre
par le grand chef-d'oeuvre , et oblint plusieurs fois
le tine de pre'vot de sa communautc.
n M. Dufay ne tarda pas a se faire connaitre avan-
tageusement et a meriter la cordiance des citoyen*
les plus distingues. Il se livra avec passion a l'euide
de la botauique el tut l'inslituiem- de M. Xbibauk.
( 277 )
Un petit jardin qu'ils cuitivaient en commun , au fan- 1 771 •
bourg Bouvreuil, ftit le premier asile de I'anatomie
errante et persecute , et deviul le berceau de l'Aca-
demie.
)> [,e gout de la botanique lew donna bicntot des
associe's nquveaux. En <756, M. Delarocheleur ayant
e fieri son vaste jardin , ils y transporterent leurs ri-
cliesses bo t ail) q ties. Le nomJ>re des assoefe's se rnul-
tiplia , on y lut des me'moircs sur la physique el I'liis-
toire natnrelle ; enfih, la socfe'te obtfnt le litre hono-
rable d' \radcmie qu'elle s'efforca de fustiber par
6es travaux. et les institutions utiles qui prireni nais-
sance dans son sein. ( Voir Vtiistoire <lc VAcademie- t
au premier volume du precis de ses travaux, pagcs5,
6,26, 55,36, 59, 45 , 45.)
» Le gout de la botanique et sou habilete procu-
rercnt a M. Dufay des amis ce'lebres. M. B. deJussieu
lui accords son estime, le visit a a Rouen , et hcrbo-
risa plusieurs fois avec lui. Tous les ans, M. Dufay
lui euvoyait trois plantes de nos environs , e'trangeres
al irs a ceux de Paris : la premiere , le chrysosple-
niii/n alt erni folium , L. ; la deu\ieme, Vophrjrs ma-
no- chis • la troisieme , I'osmunda lunaria, du inline
auteur.
i> Assidu a nos seances aufant que les devoirs de
son etatle lui permettaieut , M. Dufay y rk>rtait cette
franchise deeente , cette simpliche judicicuse , cette
gaiete naturelle qui fonnaient le fond de son carae-
lere. Son oxte'rieur peignait la boute et la beanie de
son ame, et le faisaient aimer autant qu'il e'lait aima-
ble. L'excrcice et la sobrie'te le pre'serverent d'iidir-
miies jusqn'h sa qnatre-vingt-dixieme anne'e. 11 n'avait
quiue (rue depuis quatre ans I'exercice de sa pro-
fi ion , et employa ces quatre amices a se pre'pa rer
ada mort eu-philosophe curetien. Bienfaisfroi , T. .
•
( »T8 )
*7?i> et le pore des panvres, il cessa d'exister le 17 Jan-
vier '771.
>» Ii out deux fils c[u'< p'usieurs fois furent rouronne's
dans nos seances pubiiques , tons deux cliirurgiens
distingue* : IVne est mort en Amerique , et le se-
cond a Rouen, w
Eloge de M. de Boisduval ; par M. d'Ambournay«
177*. «« Pierre de Chauffeur de Boisduval naquit a TU
chevihe , sur la riviere de Touques , diocese de
Lisieux, le 2 inai i~o5.
» Fils d'uu pere dist'ngue dans Tart de gue'rir %
il &e de'enia a ernbrasser la meme profession , fii ses
etude-, en medec'ueen I'uiiiversite tie Caen et y sou-
tint sa ihe^e de bacbelier le it novembre 1798. Il
se transports ensuite a Paris pour y suivre les le-
eons des plus grands m.ilces , e''ud'cr la prarique
des hopitaux et pe- fc roiner ses conna shames. II
e'tait occupe de ce nouveali cours dYttules lorsque
3VI. Leuormand , e'\eque d'Lvrenx , lui (i< proposer
de se Gxer a Evreux , ou la raori de M. Nervei , son
xne'decin, lui ollrit l'expe. lative d'un e'tablissement
utile. Il quitCa Paris, revint a Caen ou il soutinl sen
theses de licenrie' et de docteur , et vim se fixer a
Evreux. La contiance du prelat eutraiua facilemeut
cel!e de toute la ville.
»» M. de Boisduval sou tint, par sa vigilance aupres
des malades et par ses succes , sa reputation naissante,
et tout semblait concourir a le fixer a Evreux pour
toujours . lorsque la mort lui enleva son protecteur
M. Leuormand. Le chagrin qu'il en coticut joint a
quelques considerations persouuelles le determine-
( »79 )
rent a venir s r e?tn"bfir a Rouen et il j souiint sa ihSse *77 a *
d'aggregation le< ■> et ~ aout i7"4-
>• Le celebre mddecin E»nrd lui rappclant les bons
offices qu'il avail recus tie M. Boisduval perc voulut
scqaitreren faveurdu fils la dene d'nn eceur reeon-
naissant , dpvint a Rouen son promoteur et contri-
bun a le faire connahrc. XJn hazard lui a yam pro-
cure I'occasion de sccourir on malade de l'Hotel-
D'eu, pre.sque moribond , et de le rappeler a la vie ,
ce succes le fit avantageusement connaitre ; il y tut
nppele en rcmplaremeut de M. Ne'el , frappe d'apo-
plexie , et a la mort de ce me'decin il fur nomine par
1'administraiion pour lui succe'der , le ?4 niar.s 1 74* •
De re moment el pendant les trenle-scpt anne'es qui le
suivirent , il se consacra specialement an service ties
pauvres , leur consaerait chaque jour les premieres
lieures do son travail , visitait ensuite ses malades ,
et de deux a quatre lieures donnait des consultations
gratuites a tous les mallieureux qui venaient en loule
le consumer.
»»Eu 1755, la villede Rouen futaflligc'e d'une fievre Journal
puiride dom M. Pinard , docteur-medeein , a dor.ne c **
1 j • • 1 1 ■ iT- • 1 < JSavants,
la description. Les Anglais , elirayes de ses progres , se ntcinbit
exigerent de nos vaisseaux one rigoureuse quaraa- 1755.
laine jusqu'a ce que le college des nie'decins eut cer-
tifie que cette maladie n'avait rien de pestilentiel.
M. Boisduval e'tait alors reveta de ia diguite tempo-
raire de medecin du Roi.
»» Vers le mois de fe'vrier 1754 » une maladie ana-
logue devastait le village d.e Pressigny , pres Vernon.
M. ile la Bourdonnaye reclame ['assistance des mi -
decins de Rouen. M. de Boisduval fut invite par ses
eollegues a se charger de ceite fonction , et il y porta
des secours egalement utiles et ge'nereux.
»» Lu 1 70a , le village d'Oisbel 1 prouva une calamite
S 4
( 2*0 )
J 77 2 » pareille , «-t M. de Boisduval parrncca avec M. da
la IWlie la t;!oire et le boul:eur d'en arreter lcs ra-
vages : c'etail une (ie'vre tres-putride et verniincuse.
La conGance des pauvre.s , 1'ostinie et l'amitie dcs
riches sputinrent M. de Boisduva) dans -ps prnibles
tiavaux. Son ro3ur aimant avail besoin de sYpancher,
et .'on boubeur etali Ac se Iivrer a la gaiete dans dcs
socie'te's douces ei rboisies.
» De deux manages <ju il avail contractus il n'a
laisse aucnns eufants. Bon medecin, bon ami, bon
epous , bon mail re , il excita la sollicitude univer-
sfllo Iprsque le 21 septembre il fut attaque d'une peV
ripneumonie a laquelle il succomba le quatrieme jour,
muni des sacrements ile 1'Eghse. Tous les ordres de
la socie'te pariagerent ceue perte. M. de Boisduval
elan le medecin d' up grand u< mbre de communauies
religieuses : a .«a mori, tomes ces pieuses solitudes re-
temirent d'ai cents lugubres et ies vceux prescnte's
a I'Eternel pour le bunbeur d'un ami et d'uu bien-
faiteur.
Eloge de M.lliibault ,Chi/ urgirn; TparN. d' Am bo urn ay
L'eloge de M. Tbibanlt se lie e'troitemenl a cclui
dc M. Dufay. lis furent urns par leur profession,
leurs travaux. litteraires et leur pass'ou pour la bota-
m'que , et i'amitie la plus iutime cimetua ces pre-
miers rapports.
u M. Thibault naquit a Rouen le tojuin 170?. M. son
pore , chirurgien distingue" , ne lui eut pas pluiot
donne les premiers elements dc son art qu'entralne"
par le gout des voyages le jetine Thibault s'embarqua
pmir I'Ame'rique en qualjte de chirurgien major.
A peine de retour , il y lit un second voyage. L'c'tudo
^ 3B. "-D^^cjAiVi^^.
p^
« *-.
$. ffio IDE SCAMPS.
PeirUre </<< Roi Dwccfeur </e i .l<<i<i-
X
( »Si )
dpsmeenr*, des maladies , des prodncinnsnaturellcs 177*»
d'un pays tout nomenu pour lui l'occnpereut tour-
a-tour.
" Rcvenu clans sa patrie , il sp fit rerevoir ninhre
en chirurgie par le grand chef-d'oeuvre., mode de
reception ou les exaraens sont plus uombreux et
plus etendus.
» II epousa peu de temps apres Mademoiselle Marie*
Magdeleine Tipliaigne de la Roche. Son penchant
decide' pour la botanique et l'histoire naturelle lui
fit ohtenir une place dans une Socie'te' naissante dont
M. de la Rot-he, son beau-frere, ct M. I»ufay , son
ami , furenl les premiers promoteurs. (Puyez l'eloge
deM. J) u lay )
>» La vie active que M. ThibanU avait mene'e dans
sa jeunesse lui avail rendu le travail ne'eessaire , et il
venait au jardin se de'lasser des fatigues de l'esprit par
l'exercice corporel.
» Comuie chirurgien , il s'e'rait particnliercment
livre a la pratique des accouchements et s'y e'tait fait
avantageuseinent connaitre.
» M. dc la Martiniere , en le nomraant son liente-
tenant en la communauie de Rouen , I'engagea ii
donuer *le ^ lecons publiques d'un art de la perfec-
tion duqnel depend la conservation de la plus belle
moitie d u genre humaln. Ses lec6ns eurent plus de so-
•<•' que d'e'clat ; pres de quarante anne'es d'e\er-
cice lui avaient donne le temps de murir ses connais-
sances et de joindre a une theorie 5olide de uom-
breux exemples de praiique- Sentant sa same s'affai-
blir, il transmit cette honorable fonction a. M. Beau-
mont , qui depuis I'a toujours exeroe'e.
»> Une affection nerveuse mina sourdement la cons-
titution vigoureuse de M. ThTbault , et le conduish
au tombcau le 5 mai 1772. Il r.c lui est point rca%»
( a8a )
1773. d'enfants de son mariage ; il a laisse a scs he'ritier*
uue fortune honuete et des verius a imiter. >»
Eloge de M. Arnan ; par M. d'Ambournay.
« La faulv du tre'pas sembles'exereer particuliere-
remeut cette annee sur les ministres de la same.
]Vi. Aman e-t uue troisieme victime dont nous deplo-
rons la perie, ei qui seule prouverait , s'il en ctaii be-
soil, que ni les talents, ui la jeunesse ne soul un
rempart assure coulre les traits de la mort.
>» Ne en 1709 , son inclination le destina de bonne
lieure a 1'e.vercire de la chirurgie , c'e'tait la profes-
sion de M- Aman pere qui ne ne'gligea rien pour
seconder ses dispositions uaturelles. 11 en recnt les
premieres lec.ons a I'llotei Dieu d'Aix , vim a Paris
en 1760 et y etudia avec taut de succes que deux ans
apres il fnt cboisi pour I'un des chirurgiens de 1'ho-
pital militaire de Strasbourg , ou M. Leriche , clii-
rurpien-major , l'institua demonstrated!- d'anatomie.
» II tut liede correspoudance avec le celebre Lecat ;.
et la place de gagnant maitrise al'Hotel-Dieu de Houen
ayant, en 1707, e'te de'clare'e vacante , il se prescma
au concours et fat admis d'une voix unauime.
>» Son activite et son zele s'accrurent sur ce nou-
veau theatre, et, par l'exemple du genie ardent qui
animait tout autour de lui , M. Aman me'rita un prix
d'cmulation a l'Acade'mie royale de chirurgie, et
plusieurs memoires interessants qu'il commuuiqua a,
notre Academic lui en ouvrirent les portes en 1770.
>» Que n'avait-on pas a espcrer de son activite et de
sa jeunesse ! II fut moissonne' comme uue Ueur , et
enlevc a noire espeiauce le 22 aoul 1772. »»
(.83)
Eloge de M. Lecarpentier , architecte; par M. DB
Couronne.
Nous nous contenterous de presenter un precis > 77^-
tres-abre'ge' de cet eloge parce qu'il a e'te rendu public
par la voie de l'impression. ( Voir JJfiches de Avr-
mandie. )
«« Ne a Rouen en 1709, il se sentit eniraine' vers
l'architecture par un penchant irresistible. Seul il
e'tudia les ordres, lut tous les ouvrages d'archhec-
ture qu'il put se procurer ; enfin , il ent le bonl.eur
de se faire counoitre de TM. Gabriel , architecte du
Roi , qui faisait cousiruire alors la chambre tics
comptes de Paris , ei tut charge de suivre I'exe'cu-
tion de cet important ouvrage, ce qui le mil a ponce
de coanaltre les details art'de par article ; r'en ne
fut neglige de sa part , il ne dedaigna pas de tadler
la pierre, de diriger le trait, de tracer les epures.
»» Les dessins qu'il donna a M. Lambart , d'Or-
le'ans , pour I'embellissement de sa raaison , paru-
rent a M. l.emcle, son ami, si bien concus, si rem-
plis de gout et d'e'eonomie a la-fois que ce dernier le
chargea de la construction de sa maison. Il y de've-
loppa taut d'inteliigence que M. I#duc de Luxem-
bourg qui en i'ut instruil le chargea des embellisse-
Dients de son hotel a Paris. 11 fut de'signe par arret
du conseil pour constater le danger d'liabiier l'an-
cien Hotel de-Ville de Rouen et proposer le projei
d'un nouvel hotel. II fut charge alors d'importamea
batisses au Havre, et particulierement de l'hoiel des
donanes et de celni du commandant.
»» A son rctour k Rouen , il bat it le portail dc l'ar-
( '8', >
J 773. clieveche ; ftit appele a Paris ou il eonstruisit pour
M. de la Bossiere , fermier general , an pavilion oii
il reunit ious les oriiompnts et toutes lcs rich esses
de l'archiiecture. Il batit peu apres l'ho'el de
M- Bourette , aussi fermier general; puis le chateau,
de M. de la Borde , a sa terre de
» En 1755, M. le mare'chal due tie Luxembourg
rintroduisit chez le hoi, auquel il pr^setita Irs plans,
elevations , coupes et devis d'nn hotel-de-vihe pour
Rouen ; lis ret urent la sanction de Sa iMajesie , ec
!VI. Lecarperitier fut charge de l'exe'cution ; on salt
quels furent les motifs qui empechercnt de realiser
eebeau projet. EnBri , .VI. Lecarpeniier mit le comble
a sa gloire dans I'ele'vatiou de l'hotel de Bourbon,
ouvrage immense et digne de fi'gurer avec eclat dans
1'un des plus beaux quar tiers de la capitate.
» En 1755, it fut recu avec applaudissements de
PAcade'mie roytfle d'architecture ; et lanue'e sui-
vante , 1' Academic my ale des sciences , belles-lettres-
et arts de Rouen Passocfa a ses travaux, distinctions
flatteuses auxqueiles il se montra extrememeut sen-
sible.
Non content des succcs qull avait obtenus , it
voulut survivre a lui-meme en formant de bons
Aleves. Je citerai entre autres MM. Couture freres,
dont le plus jeune , adjoint a notre Academie, a
de'eore' son jardin de bolanique. La belle sphere en
fer dore' qui couroune la serre chaude est 1111 pre-
sent de M. Leearpentier.
Get artiste distingue se retire enfm dans une maison
qu'il avait batie sur les boulevarts et dans laquclle,
apres une maladie d'une assez courte dure'e , iV
teruiina sa carriers le 16 juillct 1775.
( 285 )
Eloge de M. Morand.
Ce tribut d'honneur , payc a la mcmoire de Tun »774>
des chirnrgiens lcs plus celebres de la France, par
M. Dambournay , au nom de l'Aoademie , ne se
trouve point dans nos archives; niais des notes com-
munique'es par M. Morand fils , nous mettront a.
porte'e , sinon de le supple'er, au moins de ne pas
laisser sa place entierement descrte.
M. Morand naquit a Paris en 169!), de Jean Mo-
rand , gagnant malt rise a l'hotel royal des Iuvalides ,
le premier qui ait c'te cre'e' cbirurgien-major de eelte
maison. 11 y puisa les premieres lecons d'un art
qu'il devait illustrer a son tour , et les talents de
lous les genres environnerent son berceau. Ne avec
des dispositions beureuses , ses progres lurent ra-
pides, et les places les plus importantes devinrent
la recompense de son savoir. Prepose d'abord au ser- avr. 17 12,
vice des inlirmeries de l'hotel royal des Invalides , il
y fut bientot nomine cbirurgien ti tula ire , fut mis a nov. ij?6,
la tthe de l'hopital de la Charlie , occupa tour-a- fe'v. 1730.
tour les emplois les plus importants de la cbirurgie 1716.1709.
inilitaire , et dans tous fit eclater la supe'riorite de '740.1741.
ees talents. Nomine professeur auz e'coles royalcs
de chirurgie , il y donna publiquement des lecons en 1725s
pendant it) anne'es conse'eutives : ce vaste theatre ne
suffisanl pas encore a ses nombreux cloves , sa propre
maison deviut un centre deludes , vers leijuel ils
aliluaient de touies les parties de l'Europe. 11 fut
liouore de la confiance de plusieurs souvcrains, et
le roi d'Espagne lui lit faire des propositions pour i*ZG
l'auuer daus tes e'tats et 1'auachec a sa persouut:.
( ?86 )
*774» Toutes les distinctions vinrent le ehercher dans
sa pat rie qu'il illu.stra par .ses talents. I tut assoce'
1721. & I'Acade'mie royale des sciences de Paris, a la So-
1728. c'e'e' royale de Loudres , a I'lnsiitut de Boulogne en
1717. L'Acade'mie royale de Rouen le compta au
»74°» nombre de ses foudateurs- II v prece'da l'obtention
de ses premieres letires-patentes. II fut pareillement
1746. associe a I'Acade'mie de Pe'tersbourg , a celie de
1755. 1759. Stockholm ; a celles de Florence et de Cortone , a
1763. 1709. celle de Porto , et a celle de Harlem en 1730. II fut
nomme censeur royal , et eut I'honneur d'etre place
, 7 ;) 9 i '732 (ro j s fois , en qnalite' de direcieur de l'Academie ,
et 1 758. a j a ,^ (e j e sa Compagnie. Enfin le Roi rait le comble
I 7 5 '* a ses home's en Jui donnant des lettres de noblesse
1 7<> 2 ' et le nommnnt chevalier de son ordre.
Et tant de distinctions honorables , parce qu'elles
furent merile'es , sont venues s'euse'vclir dans la
torn be.
Depuis plus de six mois la same' de M. Morand
s'aft'aiblissait de jour en jour ; il tut enleve a l'ami-
tie et a l'estime publique le 2?, juillet 1773. La nature
l'avait comble de tous ses dons ; une taille avanta-
geuse , un air aflable , un son de voix agre'able , une
elocution facile, relevaient en lui tous les fruits de
1'e'tude et 1'imniensite' du savoir.
Eloge de M. VAbbi Saas ; par M. de Couronne.
M. Jean Saas , pre^tre, chanoine de l'e'glise me'tro-
poliiaine de Rouen , Pun des titulaires de I'Acade'mie
royale des sciences , belles-lettres et arts de Uonen ,
imquit le 4 fevrier 1705, a S. Pierre-de-Franqueville.
II lit ses etudes au college de Rouen , et s'y liyra a
< 2 R 7 )
!a poeMe latine. Etant parve nu a lapreVisc en 17^8 , 1774*
il lui employe au secretarial tie I'arc-lieveVhe , nom-
ine cure de Saint-Jacques sur Dnmeial en 1-4^, et
chanoine de la caihedrnle en 1751. Laborienx , in-
fat gible , M. Saas consacra a I'etnde tous les ins-
tants dont son e'tat fort assujettissant lui permit de
disposer. La critique litieraire fut le genre vers le-
quel le porta son caractere serieux et severe. Il
suppose une lecture immense, une memoire fidele
et un jugement sain. «« Corrigez , disait-il , corrigez ,
« doctes francais , perfe<tionnez le More'ry , l'En-
»» cyclopedic ; ce sont les fautes des grands hommes
»» qu'il faut relever ; plus un nom est illustre dans
>► la litte'ralure , plus il est a craindre qu'il n'en-
>» tralne dans l'erreur. Les vrais savants aiment la
»» ve'rite'. »»
Beaucoup des me'moires critiques de M. l'abbe
Saas out e'te imprimes sous des tiires divers, rare-
ment sous son nom ; sur quoi on peut consulter la
France litteraire et les ouvrages pe'riodiques du
temps.
Place a la tete de la bibliotheque du cbapitre , dont
il mit en ordre et les manuscrits el les livres im-
prime's, il y perfectionna le gout naturel qu'il avail
pour la bibliographie , s'itiitia dans la connaissance
des bonnes editions et des editions rares , et devint
dans cette partie ua des erudits les plus distingue's
de son siecle.
L'Acade'mie des sciences , etc., de Rouen, n'e'tait
pas encort legalement constitute , lorsque M. l'abbe
Saas fut appele a partager 863 travaux. II y lut suc-
cessivement un grand nombre de me'moires dont
plusieurs ne se sont pas trouves dans nos archives.
Quant a ceux que nous possedons , nous nous som*
mes fait uu devoir dc les faire counaltre dans la
( >8S )
1774. precis analytique de nos anciens rnanuscrus , et
sous les aniie'es dans lesquclles ils furent pre'seute's a
I'Academie.
L'anecdote suivante doit trouver place dans cet
e'loge. Tout le monde connail la jolie idylle de M"' e
Deshoulieres , Helas ! petits mmitons. . • En 1752 , on
reuouvela des douies sur le veritable auteur de ceiie
piece, que Ton pretend)! revcmliquer en faveur de
l'auteur presqu'ignore d'un livre intitule : Prome-
nades de messire Amoine Coutel , seigneur de Mou-
teaux. M. l'abbe Saas se dcclara le chevalier de
M me Deshoulieres , et obtint un triompUe complet
en montrant que Coutel n'avait e'te qu'un copiste.
Notre confrere se preparait a faire imprimer son
anti-Morery in folio , lorsque l'alte'ration visible de
6 es forces l'obligea a cesser toute espece de travail
litte'raire, et , en 1770, il traita du prix de ce nia-
nuscrit avec M- Dcsaint , libraire a Paris.
M. Saas ne s'occupa guere du rithme ni des mo-
dulations beureuses d'un style nombreux ; l'exac-
tiiude des fails parut seule le toucber.
Un bomme instruit , et qui l'a bien connu , 1'a
designe sous les traits suivants : « Il abhonait les
janse'nistes, il adorait les je'suites ; il attaqua Voliairc ,
les pbilosopbes , les encyclope'distes , et cependant
Bayle fut son he'ros. »
La tnaladie de langueur dont nous avons parle le
conduisit enhn au tombeau le to ayrd 1774.
Eloges
( *«9 )
Elopes de MM. Millet , D.illet et Dabelloy ; par
M. DK COURONNE.
Apres avoir annonce qu'il n'avait pu obtenir au- : 7/5»
cutis details sur la vie prive'e des trois collegues
estimables dont I'Acale'mie deplore ici la perte, M. de
Gouronne debute ainsi :
« Le 9 de fe'vrier 177+, M. Jean -Baptiste Millet M. Milled
que son amour pour I'e'tude avait prece'demment fait
odmertre a la bibliotbeque du Rci , fut associe a
l'Academie en qualite* d'adjoint.
» Sa vie n'a e'te qu'un passage ; mais, quoiqn'une
mala'lie lente et cruelle l'ait enleve dans 1'age de"
l'adolescence , a cet age deja il avait acquis uue e'ru-
ditiou peu commune. Non-settlement les lungoes
grecque et latine lui e'taient familieres , il savaic
ggalement l'italien , l'cspagnol , I'an ;la s et l'a'.lemand;
iL ne craignait pas meme de porter ses regards sur
les langues orientales.
» Le public a de lui les Etrennes rhi Parnasse. Cet
ouvrage, dout il a public les si's premiers volumes,
devait s'e'teudre beaucoup au-dela des poetes grecs
ct latins compris dans ces six volumes.
>» Il preparait ure bibliotbeque fraricaise des
theatres, ouvrage qui devait renfermer 1'aualyse de
ce que, dans ce genre et dans ses dilVe'renis ages,
1' Europe a pu produire. II est facile de concevoir
l'imiuensite de cette collection, et quelles esperances
eu faveur de celui (fui , des .sa premiere jeunesse ,
avait su mediter le plan de si vastes entreprises !
La mort, dont la continuity du travail serfible avoir
accclcre la marc lie , 1'a nioissoune couime unefleuri
Tunis lV t 1771 a 1780. T
( ?9° )
1775. a peine avait-il anoint sa 2*J e anne'e. Sa pbysionomi©
pleine d<^ candour start Pfnrage de son ame , et
Pame'nite de sa conversation avait un cbarme inex-
primable auquel il etaii dilficile de icsister.
M.Dallet. Cet estimable collegue naquit a Metz , le &] aout
1716, et recut sa premiere education a, Valognes f
sous les yeux d'un oncle professcur de tbe'ologie.
Peu favorise' de la fortune , il exerca a Valognes et
a Paris l'honorable et difficile emploi de precep-
teur, vint ensuite babiier la Fleche, en qualite de
gouverneur d'un jeuue seigneur. II revint enfin k
Valognes oii il e'leva un pensionnat. II y termina
tine vie doublement laborieuse et par la nature de
ses fonctions et par les douleurs de la goulte , Age
de 59 ans. L'bistoire naturelle et la poesie , qui
etaient le debasement de ses travaux , le mirent en
correspondance avec MM. de Buflon , Lecat , et
M. le comte de Caylus. Il s'e'tait forme un cabinet
d'bistoire naturelle qu'il laissa , avec un grand nom-
bre de manuscrits , a un frere eberi et dout il fut
tendrement aime'.
Quant a ses poesies , nous connaissons de lul , et
il nous a communique, i° un poeine sur la prise de
Cherbourg,
2 line ode intitufe'ele rerour de la paix ;
5" Un petit poeme sur le maibcur ;
4° Un autre sur la goulte ;
50 Une piece iniHulee : Cris de I' Amour filial sur
le tombeau d'une Mere ;
6° Cris de /' A 'mi tie" a L' ombre de M.. . .
Tous ces morceaux qui annoncent de la sensibi-
lite' peignent e'galemeut la douceur de son caractere*
( 2 9' )
«< M. Pierre-Laurent Buirette da Belloy , avocat , '775.
l'uri des quarnnte dc l'Acade'mie frai caise , naqutt M, du
a Saint-Flour en Auvergue , le 17 novembre 1728. Belloy,
» Un voyage qu'il (it en Normandie vers la fin
de 1772 etablit ses premieres relations avec I'Acade'-
mie royale des sciences , belles-lettres ei arts de
Rouen, et le 27 Janvier 177^. il fut aggre'ge a cette
compagnie sous le litre d'associe libre.
Nous ne suivrons pas M. de Couronne dans l'ana-
lyse des ouvrages de M. de Belloy. Ceile analyse ,
en 1775, av&it des droits qui 40 ans apres ne sont
plus les merrtes. Le Siege de Calais a fait une for"
tune immense. On peut voir dans le Cours de Lite-
rature de M. de la Harpe le jugement qu'il porte T. II. I««
de M. de Belloy, auquel , malgre la se'vc'rite' de ses Panic
critiques , il ne peut refuser de I'imagitiation et du
talent „
Eloge historique de M. Le Chandelier , Apotnicaire 1
par M. Dambournay.
Le manuscrit de M. Dambournay n'existe point
dans nos archives, et c'est d'apres tics notes que
j'y rencontre que j'essaie de remplir cette lacnue.
M. Cbarles-Pierre Le Cliandclicr nnquit a Fecamp ,
le ?Q juillct 1713. Il fit ses humanites chcz un de ses
parents , cure daus le voisinage. II fut ensuite en-
voye a niutel-Dieu de Paris , ou il demeura long-
temps en qualite d'eleve , et de la vim demeurer
sous le rnetne titre , cbez M. Pia , apoibicaire cy-
T a
( 2 9 ? )
1775. lebre do Paris. En 1740 , il vint s'e'iablir a Kouon,
et y exerca sa profession duraut 55 ans a\ec hon-
neur.
En irf>4 , il Fnt assdcie' a noire Acade'mie , et y
lot un grand nomhre de memoiros qui ions turetfl
entendus aver interet. N ns n'en repeterona pas ie
catalogue, parce que tons soni analyses ou dans ce
volume , ou dans ccini qui Ie precede.
Grav<- , laboricux , M Le Chandelier ne se borna
pas a I'exercice de sa profession : il a encore forme
un grand nombre d'eleves qu'il se plaisait a ins-
truire , ct qui , a leur lour , out accru le nombre
des bdns pharmaciens.
11 a laisse plusieurs eofants, dont le plus jeune
lui a succede dani la meme profession , et a eta
nomine I'un des pharmaciens du Jury de uiedecine
du department de la Seine-lnfe'rieure.
W. Le Chandelier est mort le 8 i'evrier 1775.
Eloge de M. I'abbe Pinand ; par M. de Couronne.
I776. (i M. Jacques Pinand , licencic es lois , grand-
ytcaire et official de Montivilliers , naquit en la pa-
roisse de Longpaon , ;i Darnetal , de parents pcu
fortunes, le 20 juillet 1692.
Devenu pretre en 1716 , il fut place en quafite de
precepieur aupres des enfants de M. de S. Supplix.
Cette education termine'e , il fut nomme cure de
lln^'jise. Il prit possession de ce benefice en 1721 ,
et pen apres il recut le litre de doyen des cures
de I'arroudissement du Havre.
En 17^5 , il obtint one autre cure plus agre'ablje
et d'un reveuu plus considerable. M me de Sabbeville ,
( >r>~ )
<fnf le connaissait et I'estimait , lui dr-nna la rnre l 779»
d'Oriev He ; elle y jo g:>it le litre (le diet' do I'exemp-
licn de l'abbaye , qui 6'e'tendait sur i5 a 16 pa-
roisses II devini eufin le direqteur de-cette maison^
»» Titles f Te.it les c'rron lances qui I'engagerent
dans un procescomre M. de TaVannes , archeveque
de Rouen , <;ui se erut fonde a reclamer coutre les
privileges de I'ahltnye.
» M. I'abbe Pinand se livra a la rcclierche des
titres ; ce qui lui routa beaucoup de travail et de
fatigues , mais la vicioire de l'abbaye*fui complete.
"Ami des retires, M. I'abbe Pioand , Put un des
fbndateurs de none Academic, et si>n i>om se troove
inscrit an catalogue rjui accompagne nos | uniicris
Lett res- patentes. Verse dans a connaissaoce des
t&ngues liebrai jue , grerqno , latine , italienne , es-
paguole ct anglaise , il re'unissait en lui tons les
kioyens qui cenduisentau savoir. I! s'ctaii forme une
bibliotheque choisie , a laquelle il avail re'uni , en
caries ge'ographiques el en estampes choisies , (out
ce qui peut uiilemeui occuper les loisirs d'uu ho mute
de gout.
» Ji culiiva l'liistoire naturelle et les muses latines.
» II a communique a f'Arad mie un memoire sor
le< polypes ; plusieurs pieces de vers latins de sa
composition; I'obsev-vaiion d'une piece de bled < j 1 1 i ,
danj la m^ine an nee , avait donne deuv recol es ;
la traduction en vers (Yangais <'es psaumes i36 et
i r ;t), et on a an notice de lui un conurieniaire sur la
Bible.
» II avail forme* le projet de travi 1' r avee M. de
Brerquign) a I'histoire de I'etablissemeni des < r-
mands en France. Jusqu'a quel point ce travail a-t-it
elf rouduil ? .... .Nous citerons cemme un de ses
meilleurs ouvrages uue dissectaiiou t.ur la signifies?-
T 3
( *p4 )
I -to", tion de ces mots Terra Salica; il y discute trois opi-
nions , relic des abbe's Dubos et de Vertol , celle
du celebre Eccard ; celle enfin de l'illusire Scriec-
kius , des oiigines celliqaes, qui derive ccs mots de
la langue teutonique , shaligan-Lmt , terre de con-
quete , el se determine en faveur de cette derniere.
Aimable et plein de talents, M. I'abbe Pinand eut
des amis estimables et amis des lettres. II termina
son bonorable carriere le 28 novembre 1775 , age
de 84 ans.
» II est doux pour nous , ajoute M. de Couronne ,
que le tribut legitime du a l'bo'mme de leitres se
confonde ici avec l s bommage que meriie l'liomme
vertueux. »
Eloge de 31. Pierre-Louis Dufai; par M. Damboorn at.
Ce me'moire ne se rencontre pas dans nos archives
et nous ludicrous de le suppleer sur des notes qui
en tieiincnt la place.
M. Pierre - Louis Dufai naquit a Paris en «7o5
ou 1706. Son pete , capitaine de haul - bord , le
laissa orpbelin a Page de quatre a cinq ans ; il fut
amene a Dieppe , et y fit de bonnes etudes au
college de MM. de l'Oratoire. A dixrsept ans il
passa eH Angleterre , ou il apprit la langne an
gla'k-.e assez bien pour la parler et traduire les. e'eri-
vains.
II se trouva implique dans plusieurs mauvaises
affaires qni lui firent perdre les sept buitiemes de sa
fortune , sans porter a son honneur la plus le'^ere
atteinte. Cclibataire et re'duit a la fortune la plus hor-
ne'e , il truuva , daus l'etude de i'hisloire naturelle,
( '95 )
tune alle'geance a ses mallicnrK. II en eultiva avec ' 779»
avantage tomes les parlies, botanique , conchiliolo-
gie , ichihyoiogie , etc.
Cette etude le mil en relation avec plusieurs na-
turalistes distingue's , M. B. Je Jussieu , M. Duhamcl
et autres.
Malgre ses faibles ressources pe'cuniaires , il avail
acquis plusieurs boos instruments avec lesquels il
faisait des observations astronomiques , ie qui lui
fit don tier par les matelols le surnoui de i Huinme
qui parte a la Lune.
II se promeuait seul a la campague, et sur le ri-
vage de la mer, et tut arrete' plusieurs fois comma
mi espion. C'est dans ces promenades solitaires « j u ' il
fit en plantcs , en coqutlles , en po ssous , ure col-
lection assez nombreuse pour en former un cabi-
net que les voyageurs ne manquaient pas He visiter.
Peu ilc personnes eprouverent plus que lui les ca-
prices de la fortune. Ne daus l'aisance , il vc'rut
pauvre et monrtit rielie ; mais , par one nouvelie bi-
zarrerie , quand la fortune vinl le chercher, il avait
perdu un trcsor sans lequel tons les autres ne sont
rien , la sante'. Une paralysie, dont les progres furent
graduels , le priva peu a peu de l'usage de la pa-
role. Apres avoir ainsi langui quelques anne'es , une
nouvelie nitaque le frappa. On le trouva a moitie cou-
clie , et ne donnant que par signes des marques de
connaissance. On lui prodigua urns les soins sans le
moindre succes , et il s'eteignit le 7 de mai 1776*.
II est peu de sciences dans le domain a desqne'.les
il n'ait fail quelque excursion. 11 fut inscrit sur les
registres de I'Academie en 1760.
II y presents une mrtliode raisonne'c pour la li-
quidation des bicns en Caux.
Les notes sur lesquelles eel cxtrail esi redige foua.
T 4
( *& )
l7'-6. mention , romme de Pun dcs meilleurs me'moirea
do M. Dufai , dune dissertation sur les manages
avenants , et la le'gitimite ties lilies , suiel qui pnrait
fort analogue a celui du me'rnoiie precederamenl
cite'.
Eloge de M. de Cideville ,' par M. df. Couronne.
u M, Pierre -Piobert Le Cornier , chevalier , an-
cien conseiller au parlemcnt de ft'ormarulie , ne a
Pionen , le 2 septembre i%5, eut pour pure et mere
niessire Piobert Le Cornier , chevalier , sieur de Cide-
ville , conseiller au parlement , et noble dame Louise
Le Cornier de Sainte-Helene. II ful allie a l'ancienne
famillc des L'huillier., et par consequent parent du
ce'lebre Chapelle.
>» L'education du jeune Cideville , et dans la maison
paternclle et au college , fat e\lrememenl soigni'e ;
son gout pour la belle litterature se de'veloppn de
bonne heure , et corame Fontenclle , avant que d'en-
trer dans le monde , il fut couroune aux palinods
de cetie ville.
170Q. " ^ an ^' s qu'il se livrait aux e\prcices qui donnenB
de la force et de la grace au c rps , il cultivait les r.ris
agre'ables qui font le charme dd'esprit , la musique,
la peinture , la poesies
» M. de Cideville le pere, apres avoir long- temps
supporte lc poids de la magistrature , crut devoid
appeler son his a lui succe'der en qualite de con-
seiller au parlement de iNormandie.
>> Les Mu^es d.Went le regretter , mais , sans perdre
le gout qui I'entroinait vers elles , M. de Cidevillo
se livra lout en'.ier a l'e'tude des lois , et merita sa
propre estiuie en caplivant celle du public.
( »97 )
» II out le bonbenr d'avoir a la campngne <les voi- 1776.
sins ;\mis dps lettres , MM. dc Joigny 01 de Vertoi ,
(Inns lo commerce desquels il put perfeciibnner ses
connaissances. Place dans nn monde plusnombreux ,
et dans la plus hauie rompagnie, il s'y fit distinguer
par son gout naturel el par son amc'nite. 11 sqt plaire
a M. de Luxembourg , gouverneur de cette pro-
vince Ad mis dans son intimite, il proposa I'institu-
tion d'un concert public , < ; -;d> issement agre'able qui
re'unit long-temps la compagnie la plus distingue'e.
» C'e^t a la protection de M. de Luxembourg , et
a l'amitie de M. de Fontenellc qu'il dnt le succes
d'une entreprise plus importante , I'erection d'une <744>
Acade'mie ties sciences , belles-lettres et arts daus
ceite capitale.
» On trouvera dans le premier volume de ces me'«
moires ( T. I. p 9 e; suiv. ) , la pan que M. de Ci-
deville eut a cet e'lablissemenl ct a celui d'une e'eole
publ'que de dessin , el les peines qu'il prit pour
les faire re'u ssir.
>» Non content d'avoir nierite le litre de fonda-
teur de I' Acade'mie , il lui donna encore pour col-
la borate urs ses amis distingues dans tous les genres
de connaissances, MM. de Fontenelle , du Kencl
de Bettcnronvt , Linant , Breant , L'abbe Pinand , et
l'abbe Fontaine. Lui memo ne demenra pas oisif
parmi nous. Nous possedons de lui plusieurs me-
moires qui respirent 1'araour des sciences et ce ten
6Mcre pour la propagation des lumieres dont lui-
meme elail anime.
» II avail quint* les fonctions de la magistrature ,
et s'elait retire a Paris , ou il passait les hivers dans
la culiure des le'.tres et le commerce delicieux do
socie*te's choisies. L'<ke n'e'tait pour lui qu'une alter-
waii\q de juuibsauccb : -sa maison de campagne do
( ? 9 s )
17-76. l'.Vunay c'tait le temple de 1'amitie et celui de§.
talents.
» Intimement lie d'amiiie avec M. de Voltaire ,
son camarade d'e'todes- au colle'ge de Louis-le-Grand|
serait-il possible que la poe'sie fill demeuree e'tran-
gere a ses gouts? II nous a laisse' 1'ebauche de plu-
sieurs pieces de tbe'atre, parmi lesqnelles le T 'riomphe
de la Beaut £ me'rite d'etre distingue. Ce tit re seul in-
d'que line sensibilite et an esprit de galanterie qui
lui procurerer.t d'illustres amies. Nous citerons M M 1 ^ 5
de Stael , Jiignon , Ogier , Dupin , Duboccage, la
marquise de Cre'qui , etc.
»> li entretenait avec ses amis une corre^pondance
active; c'est a ce doux commerce que nous devons
plus de cent lettres originates de M. de Vohaie,
et les lettres eliarmantes de M me la marquise de
Cre'qui , dont le redacteur de ces mcmoires a donue
une notice.
» A tous les titres que M. de Cideville avuit a la
reconnaissance de l'Academie , il en voulul ajouier
uu dernier , en faisanl passer dans ses mains son
excellmte bibliotheque , ses manuscrits et les re-
cueils de plnsieurs de ses illustres amis. II en avail
e'te' Tun des fondaieurs, il en devint le bient'aiieur ;
que de titres pour vivre eiernellement parmi nous!
He'las , il existerait encore si les qualite's de l'esprit
et du cceur arretaient la faulx du trepas ; ma;s rien
re peut nous y soustraire, et cet bomme excellent
cessa de vivre le 5 mars 1776.
» Nous devons a son amitie son portrait peint par
M. Viniot , noire associe' a Paris ; il etait d'avance
grave' dans uos cceurs par le respect et la recon.-.
iiaissance.
( 299 )
Eloge de M. VabbS Fontaine ; par 3YI. de Couronme.
M. Pierre Fontaine raquit a Rouen 1e 7 fe'vrier 1 77^*
1712. Destine a I'etat ecclesiastique , il se livra a
1'etudc avec ardeur , et se distingua par un gout par-
ticulier pour la poe'sie.
Eleve an sacerdoce , il remplit pendant dix an-
ne'es a la collegiate de la Ronde , les functions de
\icaire perpetuel.
Des ses premieres anne'es , il publia , sous lc vnile 1736.
de l'anonyme el le litre de Muse No'mande , 11 a
petit recueil de onze pieces anacre'ontiques. Son
eglogue , intitule'e Daphriis , est une invitation de la 1 7^J•
V e de Virgile ; elle a pour objet la convalescence du,
Roi.
Celie piece fut suivie d'une jolie epitre en vers., 1 747»
intitulee le Coilt et le Caprice. Nous en avons publie
quelques fragments. Cette meme apne'e , il fut as- 1 747*
socie a l'Acadcmie le ?-5 juillet, 11 s'y etait fait con-
riaitre par sa traduction de plusieurs odes d'Ana-
cre'on, et depuis il 11'a ccsse de repandje le cbarme
sur nos seances par ses poesies varices.
11 publia plusieurs petits pocmes, par mi lesquels 1750.
nous distinguerons sou epitre sur le goiit : elle est
adresse'e a M. Duboulay , et fut emeudue avecplai-
eir a la seance publique de 1750.
Mais l'ouvraee es entiel de uotre confrere est sa
traduction en vers des poesies d' Horace. Ce poete,
dnnt J. 15. Rousseau nous a trace dune manure si
elegante, .si vraie , le portrait, est un des auteurs
les plus dilliiiles u traduire , quand on en veut
exnrimer la naivete , la concision , les graces, 1'e'le-
( 3oo )
1777. vation et la grandeur. C'e-ii de]k un grand merue
que d'avoir ose former dm pared pro|et , et d'avoir
eu des litres pour le former.
Cet onvrage doit dire inrpssamment imp-imp , et
nous laissons au public judicieux le soin d'eu appre-
cier le nie'rife.
Nous ne devour pa- oublier que M- I'abbe Fon-
taine s'est encore exerce -nr Anarre'on e' Pirda-e,
et qu'il nous en a romm unique plusieurs morceaaz*.
C'est par res eludes agrcab es , qu*il ckarmail >es
loi.sirs a la campagne, et qu'il contr ; l>na ; t a nos \ lai-
sirs; ma>s re he rati une faible pnnie tie son eloge
si dous n'ajoulions aussitoi qu'il fm un liomme de
b en et uu core vertneux , bon parent et ami fi-
del.°. Lire hydropisie tie poitrine , causee par le
\if chagrin qu'il ressentii de la mort d'un pere eheri,
re'pandii I'amertume snr ses dcrners instants , et
lions enleva cet estimable confrere le 2j aoiit 1775 >
a l'u^e de 65 ans.
Notice sur M. le President de Rouville ; par M. ds
Couronne.
J777. « T e nnm sen] de ce magistral , dit I'orateur, rap-
pelle la reunion de (nines les vertus sociales. . I.'im-
mensiie des devoirs de la place eminente que M. de
Rouville occupait an parlement n'absorba pas mute
son attention. 11 sut tempe'rer I'aprete de fa juris-
prudence par i'agre'ment des belles-lettres : elle.s de'
vinrent le charme de sa vie. Dans tons le- temps il
oflrit I'exemple d' one moderation rare et I' union de
la dignite* avec la douieur des maurs , ct l'anuiiiito
du caractdre.
( 001 )
»» F'xons a son egard i cumme acfldemicien quel- l"77«
qncs dales particulieres. I! ei air m' en aoui 1707; fut
associe a 1'Arademie de cette ville des sa premiere
institution, et s'y fit remarquer par son assiduite et
par son amuur pour les beaux- arts dont plusieurslui
e'taienl familiers.
» Lorsque la Societe' d'agricr.lture fut inst'tue'e ,
3M. de Kouville fut appele a en partager les travaux.
» Mori en 1777 , il est probable que pendant cette
longue succession d'anuces il a presents a I'Academie
plusieurs memoires. Aucuu n'esi parvenu jusqu'a
nous , et nous sommes prive's de pouvoir ju-iiiiier
par des exemples l'idce que nous ayous douuee de
ses talents. »
Notice sur M. de Sainte-Fvix ; par le meuie Mi d»
Couronne.
u Ne le ?5 fo'vrier 1698, d'une famille noble, a
Rennes en Bretagne , et mort a Paris le 25 aoiit 1770",
cet auteur ce'lebre est trop connu, sesonvrages ont
e'te si judicieusement discutes , qu'il serail superflu
d'entrer a ce sujet dans un detail circonstancie. Ses
Ess lis snr Paris tout entre les mains de tons les
hommes de gout ; ses pieces cbarmantes de theatre
ont fait ['amusement de la cour et de la ville. On a
pu lui reprocher de la roideur dan-, le caractere ,
et inriiie un pen ile se'cheresse , mais en fut-il moina
un militaire ge'ne'reux et brave , un philosophe pleiu!
de droiture , uu ecrivain distingue ?
Ce t'ut en 174*' qu'il fui associe a cette Acade'mie ,
et il y prit seance le 2b juin. I lus dime fois il s'oc-
cupa des irayaux, de cette Couipaguic , ct fut , ca
( 5da )
, 777- '74^ » compris ;»u nombre des comrni^sniros charges
de lexamen des poesies presentees pour le concours.
En 1746 encore , il lut des reflexions sur retie
question : Estil avantageux que les gens de la cam-
pagne sachent lire et e'erire ? ,
Le 28 fe'vrier il lut une de ses pieces repre'sen-
te'es a la cour le jour du mariage de M. le Dauphin.
En nous propo>anl de ne pas faire I'e'nume'ration
des ouvrages de M. de Sainte-Foix , a raison de leur
grande publicity , nous nous permettrons d'ajouter
ici que ses Essais sur Pan's out e'le' traduits et im-
p rime's en langue danoise. M. de Couronne termine
ainsi cette notice : «< Par 1'cffet d'uu style agre'able
et piquant, d'une satyre vive, d'une diction ele-
gante, ii trouva le secret de se faire e'eouter. •»
Eloge du P. Giraidt • par M. de Couronne,
M. J.-B. Girault , de la maison de l'Oratoire de
Rouen, naquit a Troyes en Champagne, le 19 juin
1701. Je ne dois pas laisser ignorer que e'est a sa
mere , verse'e dans l'e'tude des langues , qn'il dut
la connaissance des principes de la langue latine.
A l'age de 21 ans , il entra dans la maison de
l'Oratoire, et fut promu a la pretrise en 1757, et
pendant ?5 ans charge' de l'education publique. Il
fit paraitre de bonne heure une aptitude singuliere
pour la poe'sie latine , et cotnposa divers petils
poemes dont plusieurs ont e'te' imprime's.
Mais un ouvrage bcaucoup plus important par la
difficulte de rivaliser de naivete' , de justesse , de
precision avec l'immortel La Fontaine , est la traduc-
tion de ses fables charmautes en vers latins. Cette
( 3<>3 )
traduction, qni a eu plusieurs Editions, est trop , 777<
connne pour que nous uous permettions d'en pre*
center un apercu.
On lui a reproche' d'avoir qnelquefois de'tourne le
sens de La Fontaine , et la fable i ete di< 5 e liv. en
fournit uii exemple. Mais , en exnminant le carac-
tere des vers dont il s'agit , on voit que la delicatesse
du traducteur , et la gravite de sou ministers , ne
lui permetiaieni pas de iraduire litteralement son
Original.
L'anecdote suivante , peu connue , donnera cue
idee de sa franchise. Un liomme de lettres posses-
seur d'une trentaine de fables de La Fontaine, tra-
duites en vers latins , lui proposa de s'associer a
lui pour leur impression. A la premiere lectin e, le
P. Girault reconnut 1 ouvrage des PP. Tissart et Vinet
oratoriens, et le declara franchement an plagi.iire,
en lui faisant observer qu'en les lui accordant, et
tomes dates, rapproche'es , il n'avait pas quatre ans
quand il les fit paraltre.
Compatriote de La Fontaine , il en ent encore la
bonlmmmie , la franchise , la since'rite. II parlait de
ses fables comme il eut park* de cclles d'un etran-
ger : un vers lui paraissait-il mauvais , il disait , tela
est bien mediocre ; en etait-il content , it disait , ce-
lui-ci est bien bon.
II connaissait bien les poetes latins, et ses notes *
aes variantes en sont la preuve.
Cet homme, qui rappelait , par sa candenr , les
mceurs du bon vienx temps , fut enleve a la consi-
deration et a 1' 6s time universelle , le 5 oclobre 1776 *
a I'age de 76* ans.
F.tant a Rouen ( je n'habitais pas encore cetto
yille ) , et desirant faire l'acquisition du i tr volume
(3o4 )
1777. des fables du P. Giranll, je demands! a M. Balliere,
a qui jc dcvais m'aclresser : au P. Girauli, me re-
pondit-i!.... Jc me transporte a 1'Oratoire , et de-
mande au portier si le P. Girauli etait chez lui , et
si je ne lui serais pas imporiuu ; non , non , Mon-
sieur , me re'pondit-il , quand il s'agit de causer ,
il a toujours du temps de resie- Je vis le P. Girault
qui me rctiut presqu'une heure , me raconta I'his-
loire de sa vie , et plusieurs auecdoctes singulierea
qui lui etaient propves , et se peignit lui mOme
d'apres nature. ( Note de I'Editeur. )
Elogede M. Le Maine , sculpteur } par M. de Couronne.
2 77°* « M. Jean-Rapiiste LeMoine, ne' a Paris en 1704*
em pour pere Jean-Louis , sculpteur du B.01 , ce-
lebre par plusieurs grands ouv rages. Cetle origine
favorisa sans dome les dispositions que le jeuue Le
]Vloine recut de la nature.
» 11 se livra a l'ctude avcc une ardeur incroyable,
et le. jour ne snffisant pas a son zele, il y consacrait
une partie des nuits. 11 obtint le grand prix , digne
recompense de ses veilles.
» En 175H , il i'ut admis a l'Academie royale de
peinture et sculpture, professeur en 1 744 » et direc-
teur en 176&, place honorable dont il lit rhounnage
volontaire a M. Pierre , premier peintre du Roi.
>» 11 serait difficile de suivre M. Le Moine , et de
specifier tous les ouvrages qu'il exc'cuta. Essayons au
moins d'indiquer les plus considerables.
» Le premier fut l'aclievement en marbrc du
grouppe de .Saint-Jean en Greve. II y (it ime tenta-
tive , et nous le dirons pour ('instruction des cloves
et les garantir du de'sir d'inuover.
n II
•5 )
» li avait ou'i'dire que t.e Bernio, parle melange 1778-
clcs marbres , e'tait parvenu a dormer a la sculpture
tout I'effei du tableau. Mais il u'avait vn ni l'lialie,
ni !cs cbef-d'eeuvres de re sculpteur fameux , ct ses
ess lis n'eurent aucun succes. Une secoi <Ih tentative
a Saint-Louis du Louvre nc fin pas phis Iienreuse.
>> Une entreprise beauc iup plus importante fut la
statue equeslre que demand lit la ville de Bordeaux.
La rcussiie fut encore malbeureuse. Lemoine ca
tomba malade , et !e Jc'plaisir d'avoir compromis sa
reputation y etit sans doute plus de part que la
pcrle e'norme qui en rc'sultait pour lui. De grands
secours lui furcnt offeris , et deux anne'es lui suf-
Ji rent pour re'parer celle int'ortuue : une nouyelle;
fpnte re'ussit completemenl , et Bordeaux jouii bien-
tot de re monument magnifique. En conduisant sa en 1748.
.s'aruc, Lempiue passa par lu'iieii , l'Acade'mie pro-
fi'a de cette circonstance pour s'associer eet artiste
cvlubre. Nous ne devons pas oublier une anecdote
flatteuse pour Lemoine* Avant que l'on transportaC
sa statue , In Rpi fut !a voir, ct appercevar.t Madame
Lemqine alors enceinte, il se noinma le parrain de
I'enfarU quelle portait.
>> Qoelque temps apres jl ex.ec.uta pn Oiarbre , po.ur
l'eglisc dc- Jacobins . le tombeau de Pierre Mi^-qard ,
monument qui a ete reproduit par le burin de
Le'picierp ct le tombeau du cardinal de F'eurv ,
pour 1'e'glise de Saint-Louis du Louvre. Le pre'lat y
est represente mourant dans les Inns de la 1 elia on-
11 Ce.bel.otJv rage fut s,uivi de la statue de Loui XV
en pied et en bronze pour la ville de Retinas, Omit
a I'occa ronvali • lu Roi, circoostaiu «
cararierise'e par la decsse de la saute qui eu forme
un accoinpaguemeiit agi • I
>> i.'n nouveau monument projete pour la ville de
Tunic 1/ , 1771 u 1700. V
( 3o6 )
3778. Rouen devaft presenter le Roi c'eve' stir un pavr>i<
soutenupar trois des principaux ofBciers, suivantl'an-
tique usage. On suppose facilemont les mold's qui en
ont empeche l'cxe'eution.
11 Nous pourrions citer un grand nombre de busies
qui tons annoncent le beau talent de notre celebre
artiste. Ls reconnaissance nous fait un devoir de citer
celui du Roi et celui de Fontenelle dont il fit pre-
sent a L Academic ; il devait y joiodre celui de Jou-
venet.
»» En conside'rant une si grande suite de travaux,
et de travaux considerables, on pourrait supposer
que cet artiste aurait amasse' a ses enfants une for-
tune brillante, et il ne leur a laisse' qu'une fortune
mediocre. Egalement ge'ne'reux. et desinteresse , il
paya liberalement les talents anxilisires auxqnels il
fut oblige de recourir, et s'oublia presque toujours
liii-meme.
» Nous ne devons pas omettre que des qnatre
magnifiques statues que I'on admire dans la belle
galerie de peinture du roi de Prusse , et qui toutes
sont des chef-d'ueuvres d'artistes francais , la Venus
et le Mars de Coustou ; la Diane de Pigalle; 1'Apollon
<le Lemoine eri est le complement.
.» Due paralysie , suite d'une apoplexie dont cet
artiste celebre fut frappe en .777, lui (it ton.ber le
ciscau de la main. II languit encore durant uu an,
ettermma sa brillante carriere le 25 de mai 177b,
Age* de 74 ans.
1, II a laisse des eleves distingue's , et nommer
MM. Falconet , Pajon, Caffieri , Dhuez et Millot, e'est
auuencer les he'riiiers de son geuie. »»
( 3° 7 >
Eloge dc M. Tidier t t peintre; par M. de Courohne.
u M. Jean-Samuel He'bert naquit a Paris le 16 177S*
tiiai iC'97.
»> II professa d'abord la religion pre'tendue re'for-
mc'e; mais , revenu au sein de l'Eglise, il lit son nbju-
raiion en octobre '776, entre les mains de M. l'abbe
Terrisse, dans la cbapelle de l'arclievecbe' , et n'a
laisse' subsister aucnn doute sur la sinceriie de s<%
croyanee. II perdit de bonne lieure son pere, bijou-
tier instruii. Ses parents , qui le destinaient au meme
commerce , lui donnerent un maltre de dessin , ta-
lent essentiel pour tous les arts soumis a l'influence
du gout. Les progres rapides du jeune Hebert de-
termina M. Bell , son parent et l'un des premiers
peintres de son temps , h se charger de son instruc-
tion. Son gout naturel le de'termina a se livrer en-
tierement a la peinture , et il ne fut plus question do
bijoux. La miniature fut le genre qu'il adopta , et
il y devint liabile.
»» He'ritier de bonne lieure de la fortune paternelle
grossie de plusieurs successions collaierales , il vint
a Rouen , age de 23 ans environ , et s'y occupa d'une
fabrique de savon. Cet essai mnllieureux lni couta
plus de cent mille livres , ce qui fit a sa fortune un
tort irreparable.
» II se sou vint alors de ses premieres e'tudes qui
lui procurerent line existence lionnete.
>» II a^ait rU: l'un des premiers assocte's de cette
Academic et il y In r plusieurs memoires. fc'n '745, it
en presenta un sur la perspective : aucuu ue so
trouve daus uos archives.
V a
I
( 3o8 )
1778. »> En 1745 » I'Acadernie le nnmnia «on trtfsorier ,
et ii en remplit les fonnions sans interruption et a
la satisfaction universelle pendant vingt-neuf annees
consecutrves ayant e'fe proroge d'annee en annde
pnr 1'assentiment unanime.
•» L'&ge et les infir mites Ic de'terminerent en if-ti
a donner sa demission. La Compagnie , affligee tie v a
retiaite , ne put pns se refuser a son de'sir. Nous pre-
vimes alors tjn'il fallait nous preparer a une separa-
tion plus douloureu.se , et en effet nous ei'imcs la
douleur de le perdre le i5 juillet ■1778 ; il e'tait age
de p! us d e8 1 ans.
» II fui acade'micien zele pour la gloire de sa Coin-
pagnie, et cher a tons ses collegues par son ameuile
et toutes les ijualite's sociales.
Eloge de Don Lable , religieux bene'diclin; par M. de
Codronne.
*779» " ^ on Labhe , benedictin de la congregation de
Saint-Maur , naquil a Noissy , diocese de Paris,
en 17^1. I! fit profession h. I'ahbaye de See/- , a I . a
de 2?. ans, et fut envoye a celle de Saint-Ouen de
Rouen.
>» 11 se fit ronnaitre a celte Acatle'mie par la com-
mun cation d'un ouvrage compose pourl'ecole royale
Inprime miliiaire de P;iris , ayant pour litre : I* Heroisms , on
Fans en ffi sto i re miUtairc da plus illustres cnpltaines , et y
fut associe sous le litre d'associe a adjoint.
i» II commiuniqua e'galeraent a l'Acade'mie mi nou-
vel ouvrage manuscrit qu'il se proposnit de publier,
sous le lure de l'/tmo'ir de ses semblables f puis uu
troisieme sous le litre de Memoire pour scryir a i'his-
(oire das re'yvlutions des mteurs.
17&6.
En mai
1773.
( 56 9 )
" Enfin nous eArnes de lui , en 1778, de<; Obser- J779*
v y;/r /,-•, anciens Edifices gothiqnes. 11 demeurait
alors a I'abbaye de Saint-Germaiu-des-Pre's , oil il a
sa carriere a l*age de 4H ans.
>> Ce ne sera pas s'ecarter sensiblement de notre
jei que d'abserver ici qu'eti 1 74 • M. Souflloi pu-
blia tm me'moire ayanl pour litre : Parallble d< ? Mercuw
eg'ises gotkiqnes et des cglises sitivant les regies de de France,
V architecture grecque. P a g eil 9 1,
>» Et combien seraftil imeressant d'avoir une bonne Juin *
histoire de I'arrbiteciure, a parlir de la decadence tie
1 empire romain. Combien de grands ouvrages les
gotbs et les aiabes ou man res ne nous ont-ils pas
laisse Mais revenons a dmi Labbe ; cci lionime
] iborieux , qui I'm moissonne a la fleur <le son ;ho , Cur.
d'une societe agre'able par la douceur de son com-
merce el la varie'te de ses connafssances. Place a Saint-
Germain dans le sanctuaire des sciences , quels fruits
ii\.ii-il pas produits avec les lieureuses dispositions
qu'il avail recues de la nature ! He'las ! la mort lYappe
saus choisir. Mats peu:-e!le eleindre , prut rile
meme allaiblir le souvenir de l'homme aimable, et
riiominage que merite l'bouiuie vertueux ? >>
Ehge de M. Bernard de Jutsieu ; par M. Gossfaume,
Apr£s u.n avertissewiieni sommnire ou i! expose !>•*
motifs qui empechereiit I' '■.,-, mie <!<• rendre !i i
ranue'e dernierc a la me'moire de M. d>- Jut
Phoramage <\ ie merite cet bomme si [usiemem 1 -
fel)i e , I'autenr en no en matiere aiusi qu'il suit:
«< M. de Jnssieu naquit a Lyon en nir,-,. Sei pa-
rents , qui tenaicnt d;ms lhic vilte un 1 ai
V 3
( 3.o )
*779* ^" idonnerent une education , c oignee.. . . Sa bunille
semblait destinee a iilusirer la me'derine et la bota-
nique sppcialement. II avail eie precede dans celte
belle carriere par son frere Antoine qui avail ete juge
dignc de s'asseoir a la place que Tournefort et Vail-
lant avaient occupe'e.
M. Bernard de Jussieu n'e'taitage'quede 22 anslors-
qu'il fui nomme de'monstrateur au jardin royal des
plantes. Emule et collegue d'nn frere clieri , ils don-
nerent jusqu'en 1 75 r , que M- Antoine de Jussieu
mourut.l'pxcmple de deux savantsdisiingties qui cou-
rent la meme carriere sans autre rivaliie que celle
qui avait pour but Pavanccment et les progresd'nne
science a laquelle ils consacraient tons leurs loisirs.
» Cost daisies on vrages des grands liommes qu'on
doit puiser la maliere de letir e'loge. Si les produc-
tions de M. de Jussieu n'offrenf pas d'abord cet eclat
qui e'blouit, il n'en est aucune qui ne soil marquee
au coin de l'utilite' etd'une saine critique.
» Le premier ouvrage qu'il publia deux ans apres
eon installation est une nouve'le edition de Vflistoire
des plantes des environs de Paris , catalogue raisonne
que Tournefort avait fait paraitre , mais auquei la
multitude des affaires de ce restaurateur de la bo-
tanique Pavalent empeche de donner toute la per-
fection dont il e'nit susceptible.
» Cette nouvelle edition devait regarder M. de
Jussieu , charge des berborisalions a la campagne et
inieres.se a completer cette espece d'itineraire fait
pour servir de guide a ses nombreux e'leves.
» C'est dans une de ces excursions aux environs
de Montmorency , qu'il fit une application hcu-
reuse de I'eau de Luce contre la mors u re de la
•yipere.
» M. de Jussieu avait rccu de la nature cette apti-
(<5,. )
- j l'observalion et ceite patience rare qui ?eule »779-
conduit aiiv de'couveries utiles. II publia en 1709
daus les rnemoires de I'Acade'mie des sciences ses
id es sur le developpement et ('explosion de la p<>us-
srere qui recouvre les anthercs des fleurs. li publia
11 memc an nee un auire me'moire sur les etammes
c'es fougeres , et y joignit pour exemple la descrip*
lion dn piiularia et du lemna.
i» Les corallines e'taient un prnbleme en histoire
naturelie malgre les recberches cVlrope'rati en 1699,
ct de Peyssonel en 1727 , 011 plulot la botanique les
reveudiquait ainsi que les coraux , etc. Uu memoirs
de M. le comte de Marsilly semblait decider pour
toujours ceue question importante. Notre auteur ce-
lebre , d'apres des experiences decisives , reu<lit enfirt
au regne animal ceite portion considerable de liiis-
loire naturel'e , et montra , dans un me'moire publie
en 171.1 , que ces concretions siugub'eres et prodi^ieu-
setnent varie'es sont l'ouvrage de polypes.
» Mais le travail le plus considerable de M. de
lussieu , eel ui qui lui a coute plus de temps c.t
s de recberches, est sa Meihode des families
des pinnies.
» Cc fut a Trianon que M. de Jussieu en Gt l'essai
dans la plantation du magniHque jardin de botanique
que Louis XV y avail forme et qu'il se plaisait a
visiter convent. Lorsque cette notice fut ine a la
seance publique de j 779 > M. A.-L. de Jus&ieu, ne-
ven de noire illnstre confrere , et lui-meme recntn-
mandable par ses vastes cennaissauces , n'avait pas
encore publie son Genera plane am in, et L'auteur pou-
vait entrer alors dans bien dc> details relatifs a eetie
met bode et qni sera-em superlius aujourd'bui. 6'est
dans la belle preface de ce tleticrn plaalarum qu'il
laut les ckercher, et on les y uouvera deiaiUes m e^
( 3'= )
1779' une prc'rision et une ordomiance d'gne dcs plus
grand*- elogeSi
>» V.. Bernard de Jussiea fit plasieurs voyages en
Normandie; il y avail des amis. Et on n'en n'avail-il
pa-; ? Son afl'abilite' el son prolond savoir le rendirent
forecieux. -i tous ceuv qui eurent le lmnlieur de le
connaitre. Je ponrrais ciicr a Rouen MM. de Laise-
ment , d'Angerville , Dufay , Lecat*. A Conches,
Mi Dtfujon , me'decin distingue et coimaisseur en
planies.
<> II (it le vovage de Touches poor lierbnmer dans
In bei!e forci tie ce nom et ue crut que la Dcniaire,
Denlariu heptaphyllos baccijera C. B. y croissait
spontanr'mcrH que lor-que M. Daujon la lui eut l.iit
cucillir. ( Voir Uistoire des pinnies des environs do
Paris, tome II page 35 1. Voir le Bo'atdcum Parisiense
de S. Vaillant , f° . e lit.- par Boerlmave , page 47 , od
cette anecdote est repete'e ).
»» TV]. Bernard de Jussiea inourut age de 79 ans la
iripine anne'e que nous avons perdu Ila'ler ei Linne,
e'poque funeste qui lais.-,e dans cet ordre de savants
1111 vide immense.
>» Ami des hommes, ami des sciences natnrelles,
3M. de Jussieu leur sacrifia jussques aux inierets de
son cceur. Tout entier a ^instruction des uns et aux
progres des autres, il etu des motifs de meconien-
temerit de la part des premiers, et lui seul ue'gligea
de s'en plaindre t
>• II ne counut ni la rivalite qui degrade les talents,
iu la vanite qui les depare. >»
( 5.3 >
Eloge de SI. Ds la Bourdonnaye ; par M. de
Couronne.
IW. Pc la Bnnrdonnnye , cnnse ; ller-d'e'at , ancien
intendant !e Rouen , associe veteran de I'Acadimie
ro\ ale des sciences , belles-lettres el arts dc la mime
ville , naquil a Bordeaux, en 1700.
r.ecu m ait re des requites en 1 7* ■>- + , i 1 fnt nommd
en 1731 pour remp'ir dans <ene ville la plare dis-
lingue'e d'intendam (juc M. sou pete avail prece-
de mmenl occupee.
Si nous nous permettons de definir ertte mngis-
trature , nous dirons qii'un intendant e->t I'ame de
In province que le R6i lui confie : tout pai lui get n e ,
prospere , fructifie ; police, finances, commerce ,
manufactures, telle est une partie des iresois rrmig
a sa garde et confies a sou intelligence. Place im-
roediatement entie le souverain et le peuple, il est
l'organe immediat du premier, et I'interpr le de la
multitude, charge do porter nu pied de trone de
justes re'clamations , el d'y faire valoir tout re qui
prut aceroltre la gloire ct la prosperite de la Ge-
neralite qui lui est confiee. Oie I'on juge presente-
tnent de ['importance d'uue telle place , dans la Nor-
mnndie agricole , manufacturiere et maritime !
Pendant vingt-quatre ans M. De la tyourdonnaye
soutiut glorifeusement ce fardeau , et en conservanl
les bonnes graces de son roi , sut me'riter la con-
fiance et la teudre affection des habitants de cette
provim e
Mais considf'rons aussi M. Do la Brurdonnnye
comme Acade'micien : Ta pouiricns-nous ouLlicr la
1780.
( 3«4 >
1780. part tres-active qn'il eut a la creation de cette Aca-
demic , a I'e'tablissement et a la dotation des e'colea
de boianique , d'anatoniie el de dessin ? II se plai-
sail a e'clairer ces inslituiions uiiies par ses caaseila ,
et a les animer par sa presence. Persuade que dans
Tine socie'te de gens de lettres , il est dp la digniie
d'un premier magistral d'en partager les fonciioDS,
il s'imposa la loi d'nn commim travail , et fournit
d'exrellentes observations dans lesquelle.s on tronve
e'galement l'homme de gout et l'administraieur ha-
bile. (- Voir I er vol. p. i7 r ), l\" vol p. 10S et 190. )
Assidu a nos seances , il les pre'sida en 1 74 j « ayant
etc* nomme' vice-president des l'annee prece'dente-
Aimable et d'un commerce donx el facile , ega-
lement capable de supporter le poids d'une grarde-
administration , et de Eaire les dcliecs de la socie'te ,
il iic de'daignait pas de folatrer quelquefois avec
les Muses, et on a vu de Ini des poosies lege res
ou la gaiete embellissait la raison.
En t755, nous le vlmcs avec regret s'e'loigner de
ces coutrees. Appeie a Paris , il fui charge , comrae
conseiller d'etat, de presider divers bureaux ; niais
nous pouvons dre qu'il tie cessa d'habi'cr parmt
nous , et.ses leltres out en tout temps justifie qu'il
avail conserve uu sincere attachement pour cette
province , pour 1'Acade'mie et les divers etablisse-
ments qui s'e'taient forme's dans son sein , et a la
stabilite desquels il avail si puissamment coopere'.
Des infirmites , suite presqu'ineviiable de la vieil-
icsse , I'averlirent de songer a la retraite , et il se
fixa entierement en Bretagne. C'est la que dans la
pratique des verius et l'exercice des devoirs de la
religion , apres deux a 11s de maladie et de langueur ,
il mourut an chateau de la Bourdonnaje , le J3
juillet 1779, age de pros de 80 ans.
{ 3i5 )
Le caractere particulier de M. De la Bourdonnnye 1-80.
fin la modestie ct la candeur ; s'il eiit suivi son gout ,
d em ve'ca en simple particulier et e'loigne des af-
faires. Oblige' par c'tat a une representation conti-
nnelle , il ne cessa jamais d'etre bon , affable , d'un
ecces facile, et prompt a obliger Son image
ei le souvenir de ses bienfaits ne s'cffaceront jamais
de notre me'moire.
Eloge histonque de M. d'Angevville ; par M.
Gosst AU.ME.
M. d'/mgerville , plusconnu a Bouen sous le nom
de Saint-Sjlvestre, naquit en cette ville en 1706, de
parents distingue's par la noblesse et leurs succes dans
la culture des (lours.
M. de .Saint Sylveslre commenca ses etudes a
Rouen , et alia les fiuir a Paris; il y merit a des prix
et se distingna tellemeut que les supe'rieurs de la
communauie de Sainre-Barhe ou il demeuraii , le
chargerent, tout e'tudiant qu'il etait , uc faire des
conferences a ses camarades.
M. de Saint -Sylveslre se destinait au sacerdoce ;
In purete de ses mceurs et son erudition lui en ap-
planissaient la route ; malheureusemeni les affaires
de la Constitution causaienl alors les deb a is les plus
orageux , et croyant voir dans la signature du formu-
laire sa conscience tyrannise'e, il abandouna ce pro-
jet poor se livrer a 1'etude de la medecine ; mais i!
ne re'ussit pas plus dans cette seconde tentative. Le
nombre d'anne'es que les lois exigent pour les etudes
en me'decine lui dounaient une nouvelle et longue
carrterc a. parcourir. Duraut ce temps s'iutroduisit
( 5i6 )
>77«. I'D sage pre're' lrmment inronna d'exi^er de-; asp?-
rants aus d eg re's dans cette faculte la meme signa-
ture. Le formulaire gardaii les avenues du temple
d'Esculape, lorsque M. de Saiiu-Sylvesire se pre"-
sciua pour y pe'ne*trer, ct , fidele a ses principes , il
reaonca a son enirepri e.
Depuis ret i n <;ta nt il se cpn sacra uniquemenl a I a
pratique des vertus domestiques, et a I' etude de
I'histoire naturelle. Cette etude , pour un grand norn-
lire d'amateurs , n'est qu'uu objet d'agre'ment :
W. dc Saint-Sylveitre nc I'eslima que par les avaw-
tages qu'elle procure. La botauique sur-tout devint
sou etude favorite : ceite science tient de si pres a
1'art de guerir ; elle presente a I'hommc iustruil de
si graudes j de si nombreuses ressources, qu'il e'tait
impossible que M. de Saint-Sylvcstre ne s'y lurat
pas avec uiie aideur souteuue.
Ami et associe de M. de Jussieu , en qualite' de
correspondent de i'Acadeuiie royale des sciences de
Paris, il lui e'tait permis de travailler sur ses prin-
cipes. Aussi dans la plantation d'un jardin de bo-
xanique qu'il avail forme, avait-il suivi I'arrange-
tneni par families de plautes. C'e'tail dans ret asile
solitaire que souvent je I'ai vu faire une application
fe'conde de ses profondes meditations. La plante la
plus commune e'tait pour lui la source de I'entretien
le plus inte'rcssant , et , en eflet , lorsqu'ou ne neglige
rien dc ce qui inle'resse son histoire , le detail de
fps proprie'tes dans la mederine el dans les arts ,
etc. , etc. , que de choses a dire , que de merveilles
a re've'Ier !
Tous les bommes ne sont pas capables de ces e'l tides
re'fle'ebies , ni doue's d'une patience capable d'en de-
yorer les longueurs.
Dans un voyage que M. de Jussieu Gt a Rouen
( 5<- *)
avpc sr>n ami VT. Rouelle , chymiste calibre, ila *■& 1780.
irouverent tennis 1111 jour chez M. de Saint-Syl-
vestre, a\e<- M. Deloisement , M. Lecat et M. li;«l-
liere. II n'e'tait pas possible d'as.orier des liommcs
plus savants et des caracteres plus opposes. J'ai iait
eonnahre la tranquillite de MM. tie Jussieu et de
Saint Sylvestre , et M. Lecat toujours en aetivite -,
pour M. Rouelle , il ctait dans uu etat habiliiel de
convulsion.
<»n vc promenait dans le jardio , tandis quo MM.
de Jussieu el de Saini Sylveslre, le oez fixe vers la
terre, er la lorgnette a In main, examinaient un in-
secie Mir uu brin d'lierbe. M. Rouelle ne put se
contenir long temps , et , s'adres, c ant a M. Balliere :
«< Monsieur , lui dit-il , leur patience met un terme
» a la mienne , ct je suis tente de leur froisser le nez
»i contre terre pour les titer de leur speculation. <«
On attendait de M. de Saiut-Sylvestre un ouvrage
aucfuel il ctait en etat de donner tine grande per-
fection , la Flore} des environs de Rouen , et on
ignore quel motif I' a ernpecbe d'executer ce projet.
Mais on a du trouver dans sea papiers les materiaux
de ret utile travail. 11 est a desirer que ces me'moirej,
qu'un herbier considerable, et qu'un grainier bien
fourni ne soieni pas perdu .
M. de Saint-Sylveslre passait une partie de ses
jours a don tier ( he/, lui des consultations a de pain res
maladcs , on a les visiter die/, eux et les consoler
dans leurs afflictions. La me'deciue avail tiiti une de
tc's premieres inclinations , et
« II eat mal aiti qu'on on! li ■
» it- qu'on a tendrement niuil. »
Ce fut dans cet cxercicc de tiava I et de bienfai-
( 3i8 )
,„g sanee qn'il pnssa sa vie. Les iniirmUes la Ini rendirent
laborieuse sans la Ini rend re a charge •, il piolita do
ses beau* jours sans en abuser, et supporta la dou-
leur sans muimure.
Indulgent envers tout le monde , severe envers
luiseal , il tut savant .sans orgueil , bientaisaut saus
osieutatiou, religieux sans bizarrerie.
Eloge de M. Dreux du Radier ; par M. D«
COURONNE.
«M. J.-F. Dreux du Radier, avocat au parlcmcnt ,
ancien lieutenant particulier de Chaieauneuf , sei-
gneur des Marchais , Lennetteau , Ponthiersault ;
associe aux academies de Lyon, Angers , la Ro-
cbelle , Chalons et Rouen , na<|uit le 10 mai 1714 ,
& Chaieauneuf en Tkimerais , petit canton de I'llc de-
France.
» Destine par ses parents a l'e'tude des lois , il fu:
place en terminanl son cours de philosophic chez
un procurenr, et sut allier la culture des lettrcs aux
epineux principes de la jurisprudence. A) ant (ini son
droit ct obtenu , sUivant l'usage , le litre d'avocat ,
il acheta la charge de lieutenant particulier, civil
et crimincl du bailliage de Chateau ncuf. « Rele'gue ,
» dit-il , dans ma province , l'amour des leltres nVy
» suivii , il y devint uric ressource ne'eessaire a l'en-
» nui de ma petite magistrature. >»
„ Exile U Poitiers en 1749, par lM1 ordre surpris,
et qui , en >7'Jo , fut revoque , il profita de sou se-
four en cette ville pour y recueillir les materiaux
des divers ouvrages qu'ii a composes sur cette villa
(3. 9 )
et la province du Poitou. II revint a Chaleauneuf ; 1780.
mais chaque jour ses t-iudes lui devennnt plus i 11 —
te'ressantes , il soogea a se defaire de sa charge et
a se fiver a Paris, ou il demeura dix ans , de 1750
a 1-60.
» Cost a ces dix anne'es de se'jour dans la capi-
tnln que se rapportent les connaissancei qu'il (it des
linmmes les plus distingue's dans la re'publique des
leiires ; mais 1'e'lude , qui peut suflflre a lesprit, ne
sullit point au cceur. Le cceur a besoin de repos ;
de consolations , d'amis , et M. Dreux du Radier en
cat. Nous citerons MM. Davy de la Feutriere, con-
seiller au parlcment , Falconet, Bonamy , Le Camus
D. M. , !V1. Secousse , etc. >>
Ici M. de Couronne se livre a l'e'nume'ration
des nombrenx onvrages sortis de la plume de M.
Dreux du Radier , non- eulemeni de ceux qui se
tronvent indique's au catalogue iraprime" des ouvr3ges
de re savant en 1776, mais dc ceux dont il est f^it
mention dans un manuscrit dont M. Dreux du
Radier 'it de'positaire M. Beaucousin , avocat en
177c), et que ce dernier avait communique a M. de
Couronne.
11 est peu de genres dans lesquels M. Dreux du
Radier ne se soil exerce ,' hi.-toire , chronologie , ju-
risprudence , litterature , poe'sies latines et fran-
chises , anecdotes , critique , etc.
Cette nomenclature seule remplirait plusienrs
pages et exce'de'rait de beaucoup les li mites que nous
avons dii nous tracer. Que serait-ce si nous suivions
1V1. de Couronne dans 1 examen critique qu'il fait ,
ct le jugement qu'il porte de beaucoup de ces ou-
trages. Aussi son e'loge pourrait Incitement former
un petit volume 1 qui toutcfois pr&eiuerait aux bi-
bliophiles uu grand intuiet.
( Sao )
1780. »» En 1760, M. Drotit <lu Ridier s'apercut qua
la vie trop agite'e , irop bruyantc tie Puis lui deve-
nait a charge. Pre'ferant alors le repos que I'homme
venueuK sait tou jours faire lourner au profit lie la
societe , ne'gligeant des esperances flat te uses ct fon-
diies, il ?e reiira a la rampagne dans <>u pcit do-
maine qui lui appartenait , s'occupaal a perfertion-
ner divers ouvrages manuscrits. II y devint encore ,
comme avocat , le con-eil de tons Ics gens honne'tes
dc son canron. Il obiint re rjue pent ambitionner
un cujur hnnneie , otium cum dignitate ', c'est dans
un petit endroit nomine le trou Saint Eliph , prus
le chateau dc la Loupe-au-Percbe , qu'il fui euleve
a. I'estirue et a Famine. ( * )
Son testament olograplie est date' dn 9 aoi\t 1779,
et lui-m^me, penclie' stir le bord de sa tombe , a
trace' avec courage l'e'pitaphe qu'il desira qu'on y
insciivit.
Hie jacct J. Fr. Dren\
Peicitor udU" e multia.
Ariibui ingenuis vi\i , juricjue dicatiu ,
Unis una fuit cura [ lacere bonis :
Plurima scripts mihi sunt , et mihi plurima lecta ;
O utiuaui recte lecuque scriptsque siut !
A ceue occasion , M. de Ouronne ajoote : « Je
Beyer. regrctte dc trouver ici une double .similitude. Bc-
•. ,„. verland a dit daus son e'pitaphe :
pag. 2 j 8.
Non unus e multis pcccator hie jaceo.
(* ) II avait epousc , a I'.'.pe de a8 ans, M c " e Copincau de
Marouil , et tt'en a point eu d'cnfan:*.
Et
( 3*i )
EtCalmet, 17801
Multa lcgi , scribsi , 6 utinam ben6 !
Nons donnerons pour e\emplc de la poe'sie fran*
me de M. Dreu\ du Radier , ces yets improvises
devaut la siatue de Montesquieu ,
Dcs plus rares talents quelle Iimreusc liarmouie !
C'cst I'ame d'Epicure et cellc de P la toil ;
La douce volupte , la sublime raison ,
Animent tour-i-tour sa plume et son genie :
Historien , Ilgislateur , •
II connait la nature et suit toujour.- ses traces.
Dcs peuples et des rois il fut le precepteur,
II fut le disciple des graces.
I. 'anecdote qui suit montre comnien il taut s6
defier des jugement.s pre'eipite's. M. Dreux du Radier"
avait traduit en vers francais I'e'pigramme de Ca-
tulle :
u Lesbia mi elicit semper male , etc.
11 montra sa traduction a M« l'abbe' Desfontaines t
critique cele'bre et bien conuu dans la re'pubiique
des lettres , et sans lui dire qu'elle fut de lui.
Le critique trouva que la piece francaise ne va-
lait rien. C'est la traduction d'une epigramme la-
tine, dit M. du Radier, etui alors re'eita la piece de
Catulle , en remplacant Lesbia par un autre mot t
le latin vaut encore moins , re'pliqua M. l'abbe.
Alors M. du Radier lui re'pondii avec douceur i
In traduction est de moi , et je vous rabaudoune j
mais ['original est de Catulle.
Le censeur fut assez deconcerte , et en eflet e'est
Tome IF, 1771 a. ijtfo. \
( 322 )
1780. one dos plus jolies epigrammes de ce poetc cliar-
_ , niant , dont J.-B. Rousseau a dit :
Epitre a
JVlarot.
Catulle , en grace et naTves beautes ,
Avant Marot uicrita la couronne.
Eloge de M. Chardln, peintre ,' par M. de Couronnb.
M. J.-B. -Simeon Cliardin , naquit a Paris le 21 no-
vembre 1699. Son pore, menuisier distingue' , desti-
nait son h'ls a sa profession ; mais le gout que le
jeune Cliardin manifesta pnur la peinture , deter-
mina le pere a le placer chez M. Cazes, peintre du,
Boi. II y trouvait peu de motifs d'instruction , et il y
iit peu de pr ogres.
Le hasard lui fit sentir la necessite d'une elude
profonde de la nature. M. Noel-Nicolas Coypel , eut
besoin d'un jeune homme pour le seconder dans
quelques otivrages ; le jeune Cliardin fut appele.
La premiere chose que M. Coypel lui donna a.
peindre fut un fusil , dans le portrait d'un chasseur.
Le mahre eut ('attention de placer le fusil qui servait
de modelc sous le jour le plus favorable. L'eleve
fut d'abord etonne de voir un homme aussi habile
prendre tant de precautions: il re'ussit cependant ,
mais ce ne fut pas sans peine , et concut que e'e'tait
la nature qu'il fallait e'tudier. Fidele a cette inspira-
tion , il acquit cette touche harmouieuse et large,
et cette magie de couleurs qui depuis 1'ont rendu
si ce'lebre.
Une circonstance singuliere le fit connaltre. Uu
cliirurgien , ami de son pere, lui demamla un ta-
Jbleau pour le placer au-devaut de sa maisou. Quel-
tj'sirs instruments de chirurgie e'taient tout ce que le
cbirurgien reclamait.il peignit une nombreuse com-
positiuti de figures. Le sujet e'tait un linmrae blesse
d'un roup d'epe'e qu'oii avait apporte' dans la bou-
tique du cbirurgien qui visitait ses plaies. Le rom-
missaire, le guet et autres persounages remplissaient
la scene. Le tableau nY'tait que heurte', mais traitd
avev gout. Un matin , avaiu que personne fiit leve"
dans hi maison du chirurgien , il fail poser sou ta-
bleau. La multitude se pressaii pour le \oir : le chi-
rurgien demande a sou re'veiJ le sujet de ct rassem*
Dement , el voil le tableau. II est tente de se father „
ne reirouvant rien de ses ide'es ; mais les eloges du.
public pacific-rent tout. L' Academic le i it , I'admira,
et conn u ( ainsi le me'rite du jeuue Chardiu.
Le pere de,M. Chardin voulait que son hh Cut recti
m ait re de la commuuaute de Saint-Luc; il fallut
obtemperer , et il tut recu mahre. Encourage' par
des eloges fiatteurs , il osa aspirer a une place a.
l'Acade'mie royale de peinture : mais, de'sirant pres-
sentir le sentiment des principaux bITiciers , il se per*
init nn innocent artifice , il place dans une premiere
salle , et com me au hasard , ses tableaux , et se tint
dans la seconde. M. de I'Argillicres, excellent peintre ,
et I'un des meillcurs colorisles, arrive, s'arro.'e , ct ,
apres les avoir considered et en entrant , « Vous avez
•> la, ditil,de tres-bons tableaux; assurement ils sont
>> de quelque bon pe ntre flamaud. >» Puis s'adres-*
sant au jeuue Chardiu, « Voyons , dit-il , vos ou-
»> vrages. » Monsieur , repondit le jeunc liommc ,
vous venez de les voir. . . — Quoi , ces tableaux ! . . .
— Oui , monsieur. — Oh , dit M. de 1'Argillieres,
pre'sentez-vous, mon ami, pre'sentez-vous; et .M.
Chardiu fnt agree avec On applaudissemeni general.
Agree et recu en 1728 , il fut fail conseiller en 1- ," ,
X a
i?8o»
( 5*4 )
1780, et tre'sorier en 1 755. II trouva les finances de l\'ci-
de'mie (Inns nn grand de'sordre. M. Cliardin les re-
tahlit par une sage e'conoraie , et les secours que
procura M. le marquis de Marigny. II obliiu en 17^7
1111 logement aux galeries du Louvre. Le voisinage
de l'illustie M. Cochin fut pour eux le priacipe d'uire
inlimite' que la mort seule a pu interrompre.
Lorsqn'en 1765 , il le'moigna le desir d'appartenir
hi l'Academie royale des sciences , belles-lettres et
arts de Rouen , cette compagnie venait de faire une
perte bien douloureuse dans la personne de M. Mi-
cbel-Ange Slodts. M. Chardin paraissait suscite pour
en adoucir l'amertume , et il fut le digne successeur
de cet borame si jusiement ce'iebre.
Notre confrere a vecu jusqu'a un age fort avan-
ce , sans que l'amour du travail se soit ralenti un
moment cu lui. Pendant plus de quarante ans , il n'a
Cesse dVxposer au salon ses brillantes productions,
et jamais vieillard n'a porte plus loin le feu de la
jeune.sse. En 1779 , il avait expose', entr'autres ou-
vrages , une tele d'un jeune garcon peinte au pastel.
Madame Victoire de France , frappe'e de la beaute de
ee morceau , de'sira en savoir le prix. M. Cliardin
re'pondit que I'bonneur que lui faisait Madame, en
daignant 1'accepter , etait pour lui le plus doux sa-
laire. Madame lui fit present dune tres-belle taba-
tiere en or , et il en fut pc'netie de recon