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Full text of "Procès-verbaux, 1671-1793; publiés pour la Société de l'histoire de l'art français sous le patronage de l'Académie des beaux arts par Henry Lemonnier"

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http://archive.org/details/procsverbaux167109acad 



PROCÈS-VERBAUX 



DE 



L'ACADÉMIE ROYALE 

D'ARCHITECTURE 

1671-1793 

PUBLIES POUR LA 

SOCIÉTÉ DE LHISTOIRE DE ÙRT FRANÇAIS 

Sous les auspices de l'Institut 

(Académie des Beaux-Arts. — Fondation Détrousse) 
PAR 

M. Henry LEMONNIER 



TOME IX 

1780-1793 




LIBRAIRIE ARMAND COLIN 

io3, boulevard Saint-Michel, PARIS (V°) 
1926 



PROCES-VERBAUX 

DE 

L'ACADÉMIE ROYALE 

D'ARCHITECTURE 
IX 

1780-1793 



PROCÈS-VERBAUX 

DE 

L'ACADÉMIE ROYALE 

D'ARCHITECTURE 

I 67 I - I 793 



PUBLIES POUR LA 



SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS 

Sous les auspices de i Institut 

(Académie des Beaux-Arts. — Fondation Debroussc) 



PAR 

M. Henry LEMONNIER 



TOME IX 

1780- 1793 




LIBRAIRIE ARMAND COLIN 

io3, boulevard Saint-Michel, PARIS (V e ) 
1926 






* 




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*- * 



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MEDAILLE COMMEMORATIVE 

DE LA FONDATION DE l' ACADEMIE. 



AVANT-PROPOS 



Je ferme enfin et pour toujours le onzième et der- 
nier registre des procès-verbaux manuscrits de l'Aca- 
démie royale d'architecture, ayant ouvert le premier 
en 1910, avec quel sentiment en face de l'inconnu, on 
peut le deviner! Au moment où la publication entre- 
prise par la Société de l'Histoire de l'Art français se 
termine avec ce neuvième volume, je dois d'abord 
des remerciements à mes confrères de la Société, qui 
m'ont fait l'honneur de m'en confier le soin. Je leur 
dois aussi, et aux lecteurs, s'il y en a, quelques expli- 
cations et peut-être justifications. 

Fondée au dernier jour de l'année 167 1, l'Académie 
royale d'architecture a vécu jusqu'au 8 août 1793, date 
de sa suppression par la Convention. C'est donc plus 
d'un siècle que je rencontrais chez elle, non seule- 
ment de vie, mais d'activité. Et quel siècle, com- 
mençant au temps le plus fécond du règne de 
Louis XIV et finissant au milieu des mouvements 
confus et tragiques où se préparait la France contem- 
poraine! Aussi la tâche si riche de matière, et de 
matière si diverse, était lourde, et l'œuvre à laquelle 
j'ai donné quinze années de ma vie suscitera sans 
doute des critiques, je le sais. On y constatera des 
erreurs, des insuffisances dans la documentation des 



VIII WANT-PROPOS. 

noies. Je ne chercherais pas à trouver des excuse 
si ce n'était une occasion d'exposer ici quelques 
idées générales et de préciser le caractère de la publi- 
cation. 

Il n'est personne, parmi ceux qui s'intéressent à 
notre art national, qui ne reconnaisse combien l'his- 
toire de l'architecture française moderne restait en- 
core ignorée vers 1910, et celle de l'Académie incon- 
nue, en même temps que, par une sorte de prévention, 
son rôle était méconnu ou travesti. Que l'on parcoure 
les volumes des Archives et Nouvelles Archives de 
l'Art français; que l'on cherche dans les documents 
manuscrits conservés à l'École des Beaux-Arts des 
renseignements sur l'ancien enseignement de l'archi- 
tecture; que l'on consulte les tables des grands pério- 
diques faisant autorité ou les dictionnaires spéciaux, 
même les plus récents et qui se disent complets, on 
sera frappé de la déplorable pénurie des indications 
sur notre architecture moderne, par comparaison 
avec les autres arts et les autres époques. Tout était 
à refaire, tout n'est pas encore fait, il s'en faut de 
beaucoup. 

Si j'accepte la responsabilité des erreurs commises, 
la brièveté des notes, les larges suppressions que j'ai 
dû me résigner à opérer répondaient à une nécessité 
inéluctable. A essayer d'éclaircir, fût-ce seulement par 
quelques mots, toutes les innombrables questions qui 
se présentent dans le texte, ce n'est pas quinze ans, 
c'est dix-sept et dix-huit années de travail qu'il eût 
fallu, de même que dix à onze volumes au lieu de 
neuf eussent à peine suffi. Ne prendrait-on que la 
petite industrie du xvm e siècle, où l'on éprouvera 
quelque étonnement à voir l'Académie intervenir 



AVANT-PROPOS. IX 

incessamment, un simple résume que j'ai entrepris 
et qui pourrait s'imprimer à part, forme un manus- 
crit d'une quarantaine de pages. 

Or, l'essentiel était de publier le texte, le plus tôt 
possible. En attendant la table générale, les neuf 
tables des noms de lieux, les neuf introductions, les 
renvois d'un volume à l'autre que j'ai multipliés per- 
mettront les premières recherches. 

Elles porteraient d'abord, selon moi, sur quelques 
points essentiels. Avant tout sur l'histoire de l'Acadé- 
mie elle-même, de sa constitution, de son organisation , 
de ses travaux, de ses rapports avec le pouvoir royal, 
et sur la biographie des architectes, à laquelle nos 
procès-verbaux apportent une contribution précieuse. 
Comme l'Académie se composa au xvm c siècle de 
trente-deux architectes, sans compter douze corres- 
pondants, il n'en est guère, même d'une modeste noto- 
riété, qu'on n'y rencontre. Ajoutons aussi l'histoire 
de l'esprit académique, de l'enseignement, des doc- 
trines de la Compagnie. Mais les à-côté réservent de 
véritables révélations sur l'histoire de l'architecture 
et des industries plus ou moins voisines. L'Académie 
devant, par ses statuts, répondre aux consultations 
venues du gouvernement, des corps constitués ou 
même des particuliers, on trouve dans ses Procès- 
verbaux toutes sortes de renseignements sur des 
édifices du temps, sur les ponts, les chaussées, sur 
des inventions industrielles, sur l'histoire urbaine de 
Paris, etc. 

Dans la continuité des traditions dont elle professa 
toujours le respect, l'Académie n'est pas restée immo- 
bile, elle a suivi l'évolution des années; elle ne s'en- 
ferma pas, comme on l'a prétendu, dans le cadre 



X AVANT-PROPOS. 

étroit de la doctrine vitruvienne. Bien au contraire, 
elle s'ouvrit largement aux préoccupations scienti- 
fiques et techniques, renouvelant ainsi et vivifiant peu 
à peu l'esthétique reçue de la Renaissance. Son recru- 
tement qui s'élargit sans cesse, où entrèrent à côté des 
architectes, des ingénieurs, des savants, des peintres, 
des érudits et des correspondants français ou étran- 
gers, explique comment, pendant la deuxième moitié 
du xvin c siècle, elle rayonna jusqu'aux extrémités de 
l'Europe pour le grand profit de l'influence française. 
C'est ainsi que, dans une époque d'encyclopédisme 
et de cosmopolitisme, l'Académie d'architecture, dé- 
passant la lettre de ses statuts pour en appliquer l'es- 
prit, devint, elle aussi, au meilleur sens des termes, 
cosmopolite et encyclopédique. 

Si l'entreprise hardie conçue et poursuivie par la 
Société de l'Histoire de l'Art français a pu se réaliser, 
nous le devons d'abord à l'Institut et au ministère des 
Beaux-Arts qui, pendant quinze années, au milieu des 
préoccupations les plus graves et des circonstances les 
plus tragiques, n'ont pas cessé de nous accorder leur 
aide matérielle et leur appui moral au moins aussi 
précieux. Je me félicite d'être appelé à leur exprimer 
encore une fois les remerciements de la Société. Je 
tiens à remercier particulièrement mes confrères de 
l'Académie des Beaux-Arts et le secrétaire perpétuel 
M. Widor qui, avec eux, s'est jusqu'au bout inté- 
ressé — très activement — à nos Procès-verbaux et a 
voulu leur faire les honneurs de la Coupole. 

Notre imprimeur, M. Daupeley, avec qui j'ai entre- 
tenu pendant quinze ans une correspondance quel- 
quefois pressante, toujours cordiale, a apporté à l'im- 
pression des neuf volumes sa conscience profession- 



AVANT-PROPOS. XI 

nelle préoccupée avant tout de faire bien, dans l'inté- 
rêt de l'auteur et du bon renom de la Société. Nous 
avons trouvé pour la besogne ingrate de la copie 
des collaboratrices et des collaborateurs dévoués : 
]Vjmes Horn, Hélouis, MM. Reizler, Henri Longnon; 
et pendant que la plus grande partie de mon travail 
s'accomplissait dans le cadre hospitalier de la biblio- 
thèque de l'Institut, celle-ci se trouvait presque asso- 
ciée à l'œuvre, puisque c'était deux de ses bibliothé- 
caires, M. Bouteron, qui copiait le premier registre et 
avait le mérite de la mise en train, et M. Tremblot, 
qui assumait la lourde charge des trois derniers. 

J'ai accompli mon devoir d'éditeur, et en livrant des 
matériaux que d'autres mettront en œuvre, j'emporte 
du moins la certitude de fournir aux historiens et aux 
érudits des sujets de travaux dont on reconnaîtra la 
variété, la nouveauté, l'intérêt. 

Dans la belle notice que Jules GuirTrey a consacrée 
à l'œuvre admirable de Montaiglon, il raconte que 
celui-ci, parvenu au sixième volume de la Correspon- 
dance des directeurs de l'Académie de France à Rome, 
se plaignait doucement qu'on ne se servît pas des vo- 
lumes parus, ou que, les employant, on se gardât 
bien de les citer (GuirTrey aurait pu en dire autant 
pour lui-même). 

J'ai subi, je crois, la même fortune. Je m'en con- 
sole facilement par la joie que j'ai éprouvée de l'ex- 
ploration dans l'inconnu et quelquefois de la décou- 
verte, par l'espérance aussi que je conserve d'être 
utile à ceux qui viendront après moi. 

Novembre iq25. 



L'ACADÉMIE DE 1671 A 1793 1 



Que Louis XIV, dont les historiens ont enregistré 
les moindres actes, ait fondé une académie qualifiée 
par lui de royale; que celle-ci ait vécu pendant plus 
d'un siècle, comptant parmi ses membres tous les ar- 
chitectes de valeur, quelques-uns illustres; qu'elle ait 
eu un rôle dans le développement de l'esthétique mo- 
derne; qu'elle ait contribué à répandre dans toute 
l'Europe l'influence de la France et que pourtant elle 
soit demeurée pendant longtemps ignorée, au point 
d'être tout juste citée dans quelques histoires de l'art, 
voilà un cas assez étrange : c'est pourtant celui de 
l'Académie d'architecture. Il s'explique en partie par 
le peu d'attention apporté à l'architecture française 
des xvn e et xvm e siècles, comme si la théorie artis- 
tique qui créa la colonnade du Louvre, l'escalier des 
Ambassadeurs et la grande galerie de Versailles, le 
dôme des Invalides, le Garde-meuble et tant d'hôtels 
ou de châteaux d'une rare magnificence ou d'une 
exquise élégance, ne constituait qu'une abstraction 
stérile. 

1. Je ne puis faire ici qu'un très court résumé et indiquer 
les références essentielles qui permettent de prendre l'idée des 
principaux travaux de l'Académie, de ses doctrines et de leur 
évolution. Il faudra pour plus de détails recourir aux introduc- 
tions. — Cf. Gh.-M. Widor, Les Procès-verbaux de V Académie 
royale d'architecture (séance publique du 26 novembre 192!)), et 
H' L., Les derniers jours de l'Académie royale d'architecture, 
ij8g-i yg3 (Revue de France, 1926). 



XIV l. ACADÉMIE DE 1 67 I A \'J(). i >. 

Les neuf volumes des Procès-verbaux, s'ils ne nous 
disent pas tout ce que nous voudrions savoir, contri- 
bueront au moins à rétablir la vérité historique et à 
combattre le préjugé qui s'attache au mot Académie. 
Ils montreront, en tout cas, que si jamais une acadé- 
mie fut vivante et active, c'est bien l'Académie d'ar- 
chitecture, et il nous permettent de résumer à grandes 
lignes son histoire, de marquer les traits essentiels de 
son rôle, de sa doctrine, de son enseignement. 

Ainsi que tant d'institutions d'avenir, l'Académie 
commença modestement, le dernier jour de l'année 
1671, sans statuts autres que la volonté royale, sans 
règlements autres que les ordres de Colbert 1 . Six 
membres, un directeur-professeur et un secrétaire la 
composaient. Jules-Hardouin Mansart, dont il fau- 
dra bien un jour étudier le grand rôle, lui donna en 
1699 sa première forme officielle et la divisa en deux 
classes hiérarchiques, la première avec sept membres, 
la seconde avec dix. En 171 7, le duc d'Antin l'éta- 
blit définitivement en la faisant reconnaître par 
des lettres patentes enregistrées, condition sans la- 
quelle toute institution était alors précaire. Il fit aussi 
accorder à ses membres, pour chaque place vacante, 
le droit de présentation de trois candidats, entre les- 
quels le roi choisissait. Elle fut dès lors institution 
d'État. Elle ne subit depuis que des modifications de 
détail par les lettres de 1728 et de 1756, et le nombre 
de ses membres se fixa à seize dans la première classe 
et seize dans la seconde. Les lettres patentes de 1 7y5- 
1776, malgré leur titre solennel, laissèrent subsister le 
régime dans l'essentiel de sa constitution. 

1. Procès-verbaux, t. 1, p. 1-3; t. III, p. bG-Ciï ; t. IV, p. no 
ei 335-343; i. V, p. 32, 33; 1. VI, p. 338-343. 



l'académie de i 67 1 a 1793. XV 

Dans son discours inaugural, à la séance d'ouver- 
ture, François Blondel, en rappelant que Louis XIV 
avait choisi les plus capables des architectes pour en 
constituer une académie, ajoutait : « Sa Majesté a 
donc voulu premièrement que ces architectes, s'appli- 
quant sérieusement à l'étude, s'assemblassent un jour 
de chaque semaine pour conférer et se communiquer 
leurs connaissances. C'est aussi dans cette Académie 
où Sa Majesté a voulu que les règles les plus justes et 
les plus correctes de l'architecture fussent enseignées 
publiquement... 1 afin qu'il pût s'y former un sémi- 
naire, pour ainsi dire, de jeunes architectes. » C'était 
exactement le rôle de l'Académie de peinture et sculp- 
ture et l'unité se faisait ainsi dans les trois arts. 

Mais Colbert, avec son esprit essentiellement ad- 
ministratif et organisateur, ne s'en tenait pas là : il 
étendait les attributions de la Compagnie, en dehors 
de l'esthétique, et il allait, en multipliant ses tâches, 
compliquer un peu son action. Il voulut en faire, 
au moment où pareille organisation manquait, un 
corps consultatif de fonctionnaires appelés à donner 
leur avis sur tout ce qui concerne la construction, à 
la demande du surintendant. En dehors des ques- 
tions assez nombreuses sur lesquelles elle fut consul- 
tée par lui 2 , presque dès sa fondation, la mission 
qu'il confia, en 1678, à trois de ses membres d'exami- 
ner les pierres des bâtiments anciens et de visiter les 
carrières de Paris jusqu'à Rouen, et l'appel fait par 
Louvois en i685 aux lumières de la Compagnie, à pro- 
pos du projet de l'aqueduc dit de Maintenon, restent 
chose significative. Jusqu'au bout, suivant la tournure 

1. Ci-après, p. xxn. 

2. Procès-verbaux, t. I, p. 168-252; t. II, p. 74-91; et, plus 
tard, t. VIII, p. 157-165; t. IX, p. 96-119, etc. 



ivi l'académie de 1671 a 1793. 

d'esprii des surintendants et les circonstances, l'usage 
se maintint. En , 7 6 2 -i 7 85,ce fut à propos de la cons- 
truction de la Madeleine, en .781 à propos du Palais 

de Justice, etc. 

Beaucoup plus intéressants et caractéristiques sont 
les rapports de l'Académie, en dehors de toute action 
gouvernementale, avec les villes, le clergé, les corps 
constitués, même les particuliers, sur lesob]ets les plus 
divers. Avec Nantes et Moulins, pour la construction 
de ponts'; avec Saint-Brietic, Besançon, pour l'édifi- 
cation d'hôpitaux; avecCaen, Bayeux, Rennes, pour 
la construction ou la restauration de leurs églises; 
avec Montpellier, Aix, Bordeaux, pour leurs grands 
travaux d'embellissement ou d'édilite: avec Stras- 
bourg, pour la consolidation de la cathédrale mena- 
cée par un incendie; même avec Bagnères-de-Lu- 
chon pour ses Bains. On pourrait multiplier encore 
les exemples. Il n'est pas jusqu'à l'étranger qui M 
s'adresse à l'Académie : Mayence pour sa cathédrale, 
Liège pour une église, l'électeur palatin pour ses châ- 
teaux. Il faudra une place spéciale pour le Pans du 
xvm« siècle qui, dans l'architecture comme dans 1 his- 
toire générale, se substitue peu à peu à Versa.lles. 
Travaux utiles : adduction des eaux de l'Yvette ou 
de la Bièvre, navigation de la Seine, port fluv.al ; (onc- 
tion des lies de la Cité, Saint-Louis, Louviers; Halles; 
restauration du Palais de Justice et agrandissement 
après l'incendie; projets pour la fête de ,782, presque 
toujours la municipalité s'adresse à l'Académie. 

Mais voici le trait le plus original et le plus inat- 
tendu. Il ne s'agit plus de consultations demandées 

,. Pour tout ce paragraphe, voir les tables des noms de lieux 
des t. 1 à IX. 



S 



l'académie de 1671 a 1793. XVII 

par le gouvernement, par des villes 1 , par de hauts 
personnages sur des matières où l'Académie se trouve 
elle-même directement compétente et intéressée. Ce 
sont, au contraire, des artisans, des petits industriels, 
des inventeurs qui s'adressent à elle et lui soumettent 
leurs travaux de tout genre : serrures de sûreté, 
pompes, poêles, appareils fumivores, fauteuils hygié- 
niques, persiennes, portes à triple révolution, car- 
rosses à l'anglaise, lampe Quinquet, etc., et la Com- 
pagnie délègue pour examen quelques-uns de ses 
membres qui assument la charge d'un rapport. De 
temps en temps, apparaissent de grands projets repris 
aujourd'hui, tel le projet sur l'emploi des marées 
comme force mécanique, ou bien des fantaisies 
étranges comme la négation du système de Coper- 
nic, la solution de la quadrature du cercle. Mais, 
mises à part quelques élucubrations, il y a, pour l'his- 
toire des travaux publiés et de la petite industrie, un 
ordre de recherches en grande partie nouvelles. 

Comment l'Académie a-t-elle compris l'art de bâ- 
tir? A coup sûr, elle a placé au premier rang le pro- 
blème du style, du « bon goût », comme elle disait. 
Elle l'a envisagé du point de vue classique, c'est-à-dire 
en s'appuyant sur l'autorité des maîtres, sur l'obser- 
vation des règles consacrées et sur les modèles légués 
par 4'antiquité ou par la Renaissance italienne. De- 
puis le premier jour jusqu'au dernier, elle invoqua 
Vitruve, après lui Palladio et Vignole, considérés 
comme ses disciples 2 , et à cette étude elle joignit tout 

1. Je donne quelques exemples dans les introductions des 
t. VI, p. xxviit, 353-355; t. VII, p. xxxvi, xxxvn. Pour la ques- 
tion des marées, voir t. Vil, p. xxxvn et la note 1. 

2. Pour la lecture de Vitruve, voir les t. I, p. 77-124; II, 

IX b 



xvm l'académie de 1671 a 1793. 

de suite celle des monuments, surtout de la Rome an- 
cienne. Elle y retrouva d'abord la philosophie de 
l'esthétique architecturale fondée tout entière sur la 
science des proportions, qui repose sur l'emploi des 
colonnes et sur le principe initial du rapport mathé- 
matique entre leur diamètre et leur hauteur, rapport 
d'où découle toute l'harmonie d'un édifice, variant 
selon les ordres dorique, ionique ou corinthien, mais 
irréductible dans chacun d'eux. Cette doctrine pure 
se trouve dans Blondel, qui en tira même une tenta- 
tive de rapprochement avec les lois de la musique. 

Pourtant, dans son enseignement et dans les œuvres 
de ses membres, on ne trouve pas une imitation servile 
ni une application rigoureuse ou de cette loi supé- 
rieure, ou de l'antiquité, ou de l'Italie. Les académi- 
ciens, de très bonne heure, se rallièrent beaucoup plus 
à la doctrine plus moderne de Claude Perrault^ qu'à 
celle de Blondel, et la colonnade du Louvre, Ver- 
sailles, les Invalides devinrent les modèles classiques ; 
ils le restèrent jusque vers la fin du xvm e siècle. Pen- 
dant plus de soixante-quinze ans, les règles de la 
grande architecture se fixèrent dans l'étude du style 
Louis XIV, où l'Académie s'efforçait de retrouver ou 
croyait retrouver une antiquité interprétée. 

Avec cet effort de conciliation, jusqu'au bout elle 
resta fidèle à la doctrine. Les ordres dorique, ionique, 

p. 204-227; pour Palladio, le 1. 1, p. 21-76; pour Alberti, 1. 1, p. 164- 
167, 249-272; pour Serlio, t. I, p. 274-306; pour Scamozzi, t. I, 
p. 307-324; pour Philibert de l'Orme, t. I, p. i25-i65. L'Acadé- 
mie a repris plus d'une fois ces auteurs, mais d'une façon 
fragmentaire. 

1. Procès-verbaux, t. I, p. l-lii, et H. L., De quelques idées 
de Claude Perrault sur l'architecture {Bull, de la Soc. de 
l'Hist. de VArt français, 1910), ou L'art français au temps de 
Louis XIV, p. 81-89. 



l'académie de 1671 a 1793. XIX 

corinthien, toscan, composite, leurs lois', les règles 
de leurs proportions, de leur décoration, la colonne 
étudiée depuis sa base jusqu'à son chapiteau dans les 
moindres détails, le pilastre, la juxtaposition des co- 
lonnes et des pilastres, la superposition des ordres 
ou l'ordre colossal, les soubassements et les entable- 
ments, les arcades, les frontons et leurs règles rem- 
plissent ses séances. Gomment Vitruve, Palladio, Vi- 
gnole, Alberti, Serlio ont-ils formulé les principes et 
comment se trouvent-ils appliqués ou faussés dans 
les monuments anciens ou modernes? Après tant 
d'autres délibérations antérieures, elle reprit de nou- 
veau le problème et n'y consacra pas moins de huit 
années entre 1736 et 1744. Un de ses membres, Ta- 
nevot, exécuta, pour illustrer ses décisions ou les 
guider, des dessins de grand format retrouvés à la 
Bibliothèque de l'Institut. 

Aussi, à moins que l'on ne condamne un style qui 
se rattache au style Louis XIV en même temps qu'à 
l'antiquité, il ne faut plus parler pour l'architecture 
du dévergondage contre lequel Cochin a dirigé ses 
lourdes ironies. Les monuments publics et même la 
plupart des constructions privées, châteaux, hôtels 
princiers ne s'éloignent pas de la doctrine classique 
française, nous l'avons fait observer plus d'une fois : 
c'est elle que proclame l'Académie, c'est elle que l'on 
retrouve chez Robert de Cotte, chez Borïrand, aussi 
bien que chez Gabriel, avec plus ou moins de pureté 
dans l'application. 

Attachée aux règles et à la nécessité d'une éduca- 
tion solide, l'Acad4mie ne méconnut jamais les droits 
supérieurs de l'artiste, beaucoup plus libérale en cela 

1. Procès-verbaux, t. V, p. i86-352 (passim). 



x\ l'académie de 1671 a 1793. 

qu'on ne l'a dit. Dès 1686, clic déclarait : « On est 

demeure dans les mêmes sentiments que Ton a tou- 
jours eus 1 , qu'il y a trois choses à considérer dans les 
bâtiments, qui est la solidité, la commodité et la 
beauté, et que la perfection de ces trois parties dépend 
de la grandeur du génie de l'architecte... » ; et en 1766 
elle reprend : « Nous pensons que les règles à l'égard 
des ordres sont pour la plupart des enfants du goût 
qui les a précédées... Le goût n'a pas perdu ses droits et 
il apprend, fortifié par des études profondes, à s'élever 
au-dessus des règles, comme plusieurs grands hommes 
l'ont fait avec succès. » On ne peut pas mieux dire... 
en le disant plus mal. Et ceci, en 1736 : « L'Académie 
verrait avec plaisir l'émulation s'appliquer à de nou- 
velles études et elle croit devoir son suffrage aux dé- 
couvertes dont il résulte plus d'élégance et de noblesse 
dans la composition, plus d'ordre et d'arrangement 
dans les parties. » N'avons-nous pas là l'architecture 
du xvm e siècle? 

Il n'étudièrent la technique que dans l'emploi des 
matériaux et des procédés connus. Ils se préoccu- 
pèrent de la qualité des pierres, solidité, durée; ils 
inspectèrent les carrières anciennes et nouvelles. La 
fabrication des briques, au point de vue de la légèreté 
et de l'économie, du plâtre, de la chaux, tous les ma- 
tériaux employés dans la construction les intéres- 
sèrent, y compris le bois, objet d'une industrie tradi- 
tionnelle restée considérable 2 . Vers la seconde moitié 
du xvm e siècle seulement, on commença à utiliser les 
métaux dans les bâtiments, pour les couvertures, les 

1. Procès-verbaux, t. II, p. 119; V, p. 201; VII, p. 242, 243. 

2. Les discussions sur ces différents points se poursuivent 
dans le détail, d'un bout à l'autre des Procès-verbaux. Visite 
intéressante dune fabrique de plomb laminé, t. V, p. 70-87. 



l'académie de 167 1 a 1793. XXI 

planchers. Alors il fut question chez eux du plomb 
laminé venu d'Angleterre, comme du cuivre; du fer 
pour remplacer le bois dans les combles et les plan- 
chers. Et, les premiers, ils avaient connu la machine 
à vapeur par Boffrand, en 1726! 

Le grand problème fut celui de la légèreté, c'est- 
à-dire l'économie de masse et l'économie d'argent 1 . 
Soufflot ne cessa pas d'y songer à propos de l'église 
Sainte-Geneviève et il ne craignait pas (il n'était pas le 
seul) d'opposer les édifices gothiques aux modernes. 
Avec les savants de la Compagnie, il contrôlait la ré- 
sistance des pierres au poids à supporter ; quant à leur 
résistance à la poussée des voûtes ou des arcades, la 
Compagnie y avait depuis longtemps consacré bien 
des délibérations. Elle fut un moment déconcertée 
lorsqu'on lui apporta du Midi 2 , en 1747, le procédé 
tout nouveau des voûtes en briques, qui resta d'ail- 
leurs à l'état d'exception. Mais elle revint sans diffi- 
culté à Y Art de bâtir à petits frais de Philibert de 
l'Orme, appliqué à la couverture de la Halle aux blés. 

Il faut signaler, à titre de curiosité, les séances in- 
nombrables que l'Académie consacra à l'étude scien- 
tifique du toisé des bâtiments qui, en réalité, n'appar- 
tient pas du tout à l'architecture. Ce mode de cons- 
tatation des travaux accomplis, pour arriver à la déter- 
mination du paiement, entraînait, paraît-il, de graves 
abus. Que l'Académie ait entrepris de le réformer en 
substituant des règles précises à l'approximation, très 
bien; mais que, depuis 1727 jusqu'à 1750, les Procès- 
verbaux ne soient presque remplis que des problèmes 

1. Procès-verbaux, t. VII et VIII, tables des noms de lieux : 
Dijon, Genève, Londres, Mayence, Paris (Sainte-Geneviève), 
Venise, etc. 

2. Procès-verbaux, t. V, p. 74-84. 



xxn l'académie de 1671 a 1793. 

du toisé; que l'architecte Godot ait infligé à ses con- 
frères la lecture d'un mémoire de quatre-vingts pages 
(que j'ai épargné à nos lecteurs), il y a là une lacune 
fâcheuse dans les délibérations relatives à l'art. Je 
n'en dirai pas tout à fait autant des commentaires de 
la Compagnie sur les servitudes urbaines 1 . D'ordre 
avant tout juridique, les servitudes révèlent néan- 
moins bien des choses sur ce que j'appellerai l'ar- 
chitecture intime des rues et des maisons. 

Ce que fut la doctrine académique, l'enseignement 
le fut tout naturellement à l'École. École bien modeste 
sous ses deux premiers professeurs : Blondel jusqu'en 
1686, La Hire jusqu'en 1718. Nous ne connaissons ni 
le nombre ni les noms des élèves, à quelques excep- 
tions près. Pas de règlement, pas d'examen, pas de 
concours. Par compensation, nous pouvons juger de 
l'enseignement au temps de Blondel, puisqu'il a pu- 
blié en 1675-1683 cinq parties de son cours, les parties 
presque toutes théoriques, exactement conformes à la 
pure doctrine vitruvienne 2 . La Hire donna plus de 
place à la science et en même temps aussi à la tech- 
nique ; il a communiqué à l'Académie quelques-uns de 
ses programmes. Mais nous sommes heureusement 
très informés sur l'enseignement de Desgodets, dont 
les dix années (1719-1728) coïncident avec le plein déve- 
loppement de l'École. En effet, son cours a été repro- 

1. Procès-verbaux, t. V, p. vu et note; VI, p. 1-238, à inter- 
valles plus ou moins éloignés, et pour la coutume, t. IV, p. 265- 
334; V, p. 1-35. 

2. Blondel meurt en 1686 (sur lui, Procès-verbaux, t. I et II 
(passim), et H. L., L'art fiançais au temps de Louis XIV, 
p. 253-271). — Sur La Hire, t. II, introduction, p. xxiv-xxviii, et 
t. IV, p. xxiii. — Sur Desgodetz, t. IV, p. 35i, 352 et notes. 
— Sur le second Blondel, t. VI, p. xvi, xvn; VII, p. 122-126 et 
passim. — Sur David Leroy, t. VI, p. 334-337. 



l'académie de i 67 1 a 1793. XXIII 

duit par un de ses élèves. Le premier volume ne se 
distingue guère du Blondel. Le second offre un grand 
intérêt. Le professeur y parle des églises, depuis les 
origines du christianisme, et des différents genres 
d'églises paroissiales, monacales, etc., des hôpitaux, 
des hôtels de ville, indiquant, avec accompagnement 
de dessins, les règles propres à chaque édifice. Cet 
archéologue (plus que constructeur), qui a publié en 
1682 Les anciens édifices de Rome mesurés et dessi- 
nés très exactement, avait vraiment le sens des diffé- 
rences que les nécessités pratiques introduisent dans 
l'unité de la doctrine. 

Des quatre professeurs qui suivirent Desgodetz, il 
n'importe guère de parler. Au contraire, Jacques- 
François Blondel exigerait plus qu'une mention. 
Nommé professeur à l'Académie en 1762, il enseignait 
depuis longtemps dans une école particulière, dont il 
avait publié le programme. A l'Académie, où il pro- 
fessa jusqu'à sa mort en 1774, il appliqua quelques- 
unes des prescriptions de son école. On retrouve ses 
leçons dans les nombreux ouvrages qu'il publia. Mé- 
lange curieux de classicisme outré, comme lorsqu'il 
proteste inlassablement et minutieusement contre les 
« licences », et d'esprit pratique, comme lorsqu'il 
étudie la distribution des bâtiments, les précautions 
à prendre pour réaliser la solidité et l'économie, ou 
lorsqu'il veut conduire ses élèves sur le terrain, en 
face des monuments pour mieux en expliquer les 
lois. Nous en savons moins sur le cours de Leroy 
(1 774-1793), plus archéologue. Il communiquait à la 
Compagnie « de hautes et profondes réflexions », 
mais il l'entretenait aussi de l'importance et de la 
valeur artistique des simples constructions privées. 

Il y a à faire une étude particulière des concours des 



xxiv l'académie de 1671 a 1793. 

grands prix de Rome'. Ils ne furent institues pour 
l'architecture qu'en 1720, et combien modestes! Un 
portail d'église à dessiner, trois concurrents, une 
« petite » médaille d'or au lauréat. Il fallut au moins 
quinze ans pour se rapprocher du programme d'au- 
jourd'hui et pour ouvrir de plus en plus (sous réserve 
de la volonté royale) l'accès de Rome au titulaire du 
grand prix. Les programmes très détaillés et ceux des 
prix mensuels d'émulation, institués en 1763, repro- 
duits dans les Procès-verbaux , et l'heureuse idée de 
l'Académie de faire graver les grands prix, à partir de 
1 779» permettent de suivre dans l'application cons- 
tante et docile des doctrines classiques l'évolution 
même de ces doctrines, à partir du dernier quart du 
siècle, et celle du goût public. 

Dans la seconde moitié du xvin c siècle, quelques 
changements se produisirent, non pas tant dans la 
situation légale de l'Académie que dans sa situation 
de fait et dans son rôle, qui s'élargit considérable- 
ment, en rapport avec le mouvement des idées et des 
faits sociaux et économiques. Les statuts de 1775- 1776 
ne changèrent que peu de chose à ceux de 1717 2 , mais 
ils introduisirent deux innovations considérables, 
en confirmant l'institution des correspondants, éta- 
blis par l'Académie en 1760, et en créant la classe des 
associés libres honoraires : deux classes que l'Institut 
a plus tard empruntées à l'ancien régime. 

1. Procès-verbaux, t. IV, p. 199, 200 et la note, 206, 227. 
H. L., Les premiers concours pour le grand prix d'architec- 
ture (Chron. de l'art, 191 3, p. 21); Les six concours de l'archi- 
tecte Louis (Bull, de l'art, 1920, p. 120). Les programmes étaient 
ordinairement donnés vers les mois de mars et d'avril, les 
prix décernes en août ou septembre. Sur la reproduction des 
grands prix, voir Procès-verbaux, t. VIII, p. 354, et I x > P- 36. 

2. Procès-verbaux, t. VIII, p. 247-2G1, 395-411; VII, p. xvm- 
xxiv, et les notes; VIII, p. 53-54; IV, p. 340-341. 



l'académie de i 67 1 a 1793. XXV 

Sur bien des points il faut rendre justice à l'ancienne 
monarchie. Elle a eu souvent le sens des créations 
utiles. Dès 1717, l'article 18 des statuts disait : « L'Aca- 
démie aura soin d'entretenir commerce avec les di- 
vers savants en architecture et en antiquité de monu- 
ments, soit de Paris ou des provinces du royaume, 
voire même des pays étrangers, afin d'être prompte- 
ment informée de tout ce qui s'y découvrira ou s'y 
fera de curieux ou d'utile par rapport aux objets qu'elle 
doit se proposer. » A vrai dire, les surintendants ne 
suivirent pas l'exécution de l'article et l'Académie 
seule la réalisa, mais fort tard, entre 1758 et 1760. Elle 
décida qu'elle se choisirait trois architectes étrangers 
et neuf Français établis à l'étranger ou dans les pro- 
vinces. Un anglais, Chambers, un suisse, Ritter, un 
italien, Temanza, trois artistes que les Procès-verbaux 
révéleront peut-être à plus d'un lecteur, furent élus, en 
même temps que Jardin, établi à Copenhague, Peti- 
tot à Parme, la Guêpière dans le Palatinat, Jollivei à 
Dijon, mort prématurément, Céneray à Nantes, etc. 
Par eux, la France allait officiellement entrer en rap- 
port avec l'étranger et rayonner même, avec Valin de 
la Mothe, jusqu'en Russie où, à partir de ^70, elle 
occupa dans l'art une place considérable. Or, l'Aca- 
démie eut le grand mérite de comprendre tout le parti 
à tirer de l'institution. Par le règlement de 1769, où 
elle recommandait de lui envoyer des observations 
sur la variété des constructions et les sujétions qu'en- 
traîne la différence des climats, elle élargissait l'idée 
architecturale, et dans le même règlement, elle ouvrait 
les voies à la science archéologique d'aujourd'hui en 
invitant ses correspondants à relever le plan ei le des- 
sin des anciens édifices, à y joindre des mémoires sur 



xxvi l'académie dk 1671 a 1793. 

leur construction et même à copier les inscriptions. 
En même temps qu'elle répandait la France à l'étran- 
ger, comme elle attirait à elle l'étranger', la création 
des associés libres mettait l'Académie en contact plus 
intime avec des hommes qui, ayant la même culture 
générale, apportaient des compétences particulières 
ou des habitudes d'esprit moins spécialisées. Par là, 
elle élargissait son action et pouvait ouvrir des jours 
nouveaux à sa pensée. 

Avec ses cinquante membres, où figuraient des 
hommes considérables par leurs fonctions ou leur 
état dans le monde, l'Académie prit une importance 
de plus en plus considérable. C'est alors surtout que 
vinrent à elle toutes les demandes de consultations 
industrielles que nous avons signalées. 

Mais elle eut bientôt à résoudre ou à étudier des 
problèmes tout nouveaux dans l'histoire de l'art du 
temps et qui bouleversaient les idées acceptées pen- 
dant plus d'un siècle. 

Vers 1770, toute une école de théoriciens rigides 
autant que superficiels se constitua, qui eut la préten- 
tion de diriger l'architecture et de la réformer. Alors, 
on s'éleva contre le « mauvais goût », on prétendit 
revenir à l'antiquité. Antiquité singulièrement com- 
posite, où se mêlaient l'Egypte, la Grèce primitive, la 
Rome républicaine, Herculanum, Pompéi, Pœstum, 
et interprétée souvent par le génie de Piranese. En 
réalité, malgré la prétention de restaurer le principe 
idéal de l'architecture, on le cherchait surtout dans 
le dessin, plus que dans les lois normales de la cons- 

1. Pour Saint-Pétersbourg, cf. Procès-verbaux, t. VIII, table 
des noms de lieux. 



l'académie de 1671 a 1793. XXVII 

miction. Alors, pendant que Soufflot élevait le mo- 
nument hybride de l'église Sainte-Geneviève où se 
heurtaient tous les styles, on réclama l'austérité de 
la décoration extérieure ou intérieure, la sévérité 
des profils, la simplicité des lignes. Ce fut le style 
Louis XVI, qui, dans sa distinction et sa pureté, ne 
dura qu'un moment. Bientôt les novateurs, novateurs 
cherchant des leçons dans le passé, ne s'en tinrent pas 
là. On voulut revoir dans Paris et dans la France de 
1789 les prétendus monuments de la Rome républi- 
caine ou le dorique grec au lieu du corinthien trop 
somptueux, de l'ionique trop délicat. Gabriel, vieilli, 
céda à l'opinion et dénatura déplorablement la cour 
du Versailles de Louis XIV. 

On ne démêle pas bien, à travers les rares rensei- 
gnements fournis par les Procès-verbaux, les véri- 
tables sentiments de l'Académie. Du moins, nous 
savons qu'à partir de 1778, elle imposa aux pen- 
sionnaires l'étude exclusive des monuments anciens, 
dont elle dressa la liste. Pourtant, elle dut être parta- 
gée, car ses membres l'étaient pour la plupart. Boul- 
lée, Ledoux empruntaient à l'antiquité telle qu'ils 
l'imaginaient le style colossal ; Antoine, Gondoin, 
Chalgrin gardaient beaucoup des traditions du style 
Louis XIV dans leurs œuvres. La façade des Écoles 
de chirurgie est Louis XV par son architecture et sa 
sculpture, pendant que le portique intérieur se fait 
antique et que les couloirs font songer aux vomito- 
ria du Golisée. La Compagnie approuva en 1769 le 
portique classico-antiquede Saint-Philippe du Roule, 
mais, en 1790 seulement, elle formula en passant une 
protestation « contre le mauvais goût qui régnait il 
y a quarante ans ». 



xxvi n l'académh di 1 67 1 a 1793. 

Cest qu'en réalité et maigre le préjuge, elle avait 
toujours été de son temps et que les novateurs outran- 
ciers n'en étaient point. Elle avait toujours pensé que 
l'idéal de l'architecture ne consiste pas dans la re- 
cherche du nouveau à tout prix, mais dans celle de 
l'adaptation du style traditionnel aux besoins d'un 
temps et de l'évolution dans la continuité. C'est là le 
sens de toute l'architecture du xvm e siècle et il suffit 
de comparer ses œuvres à celles de la Révolution et 
même de l'Empire pour sentir le danger des formules, 
qu'on ne doit pas confondre avec les règles. 

La Révolution, d'ailleurs, interrompit les discus- 
sions de ce genre, avant que les doctrines et les 
œuvres nouvelles eussent parcouru tout leur stade. 

En effet, dès 1785 environ, tout annonce de graves 
événements et l'affaiblissement de l'autorité monar- 
chique. On s'en aperçoit dans les Procès-verbaux au 
changement de ton du directeur général dans ses rap- 
ports avec la Compagnie et à l'attitude des élèves de 
plus en plus indépendants. Avec la réunion des Etats 
généraux, l'histoire de la Compagnie ne devient plus 
guère qu'un fragment de l'histoire générale des faits 
et des idées. Elle n'est même mêlée qu'indirectement 
à la grande lutte qui s'engage autour de l'Académie 
de peinture et de sculpture, sous l'impulsion pas- 
sionnée de Quatremère et de David. Sa vie néanmoins 
ne pouvait échapper au contre-choc des événements 
que tout le monde connaît. Elle se trouva placée 
entre son attachement au Roi qu'elle ne dissimula pas 
et la nécessité de ne pas mécontenter les redoutables 
pouvoirs nouveaux. A elle aussi, on demanda, on en- 
joignit de présenter des plans de réforme académique. 



l'académie de 1671 a 1793. XXIX 

Guillaumot en rédiga un qui montre combien il 
fallait peu de chose pour réaliser les progrès essen- 
tiels : là comme en politique 1 . D'Angiviller continua 
moins à la diriger qu'à intervenir dans ses délibéra- 
tions, avec plus ou moins d'adresse, jusqu'au mois 
de juin 1791, où il émigra. Pour Mique, on ne le vit 
guère. La Compagnie se conduisait elle-même; en 
1790, et même encore en 1791, elle continua ses tra- 
vaux, au milieu des troubles extérieurs, et nous avons 
signalé ci-dessus quelques-unes des décisions. 

Mais, à partir de la réunion de la Législative, en 
octobre 1791, et surtout de la Convention, en sep- 
tembre 1792, le sort des Compagnies savantes atta- 
quées de tous côtés ne pouvait plus faire doute. En 
novembre 1792, elles obtenaient tout juste de la 
Convention un sursis de grâce, pendant qu'était sup- 
primé le directorat de l'École de Rome. Aussi, les 
séances de l'Académie se font-elles de plus en plus 
vides. Neuf membres au plus y assistent au courant 
de 1793. On ne délibère plus, on n'agite plus les 
grandes questions. Si on lit deux fois les fragments 
de Vitruve, comme pour relier le passé au présent, 
on n'y persiste pas, et c'est l'architecte Franque qui 
« occupe » la Compagnie en lui montrant des dessins, 
des projets d'architecture, dont les siens. Les jours 
se passent ainsi dans une attente dont on devine les 
angoisses. Les frontières partout envahies, les Giron- 
dins arrêtés, la Vendée et Lyon en insurrection, la 
Terreur, les Jacobins engagés dans une lutte mortelle, 
Marat assassiné, que pouvait peser l'Académie d'ar- 
chitecture au milieu de ces tragédies? Elle avait 

1. Ci-après, p. 269-297, et Appendice III. 



xxx l'académie de 1671 a 1793. 

cependant dirigé les épreuves du concours pour le 
grand prix, et le 5 août, elle annonçait le jugement 
pour le 8. Elle comptait sans David haineusement 
aux aguets; le 7, il faisait décider par la Convention 
la suspension du jugement, et, le 8, la suppression 
de toutes les Académies. On ne se perdait pas alors 
en longs discours; on allait droit à l'action. Huit 
membres avaient signé le procès-verbal du 5 : Boullee, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Jardin, Roussel, 
Vien. Sedaine, secrétaire, n'avait pas paru. Il avait 
sans doute préféré prudemment sa qualité de parent 
du terrible David à son titre d'académicien. 

Que penser de l'Académie, lorsqu'on essaie d'em- 
brasser d'ensemble la valeur de son activité? On ne 
se laissera pas entraîner à grandir son rôle, parce 
qu'on l'a étudié; on voudrait seulement le détermi- 
ner. Et tout d'abord, on constatera qu'à deux ou trois 
exceptions près, elle a compris, durant trois généra- 
tions, non seulement tous les architectes de valeur 
depuis les illustres jusqu'aux modestes, mais aussi, 
par une sorte de privilège, des hommes d'origine, 
d'éducation et d'aptitudes différentes. Avec François 
Blondel, Libéral Bruand, Jules-Hardouin Mansart, 
Robert de Cotte, Bofîrand, Lassurance père et fils, 
les Beausire, de Lespine, Jean Aubert, Jacques- 
François Blondel, Gabriel V et Ange-Jacques Ga- 
briel, SoufBot, Moreau-Desproux, Contant d'Ivry, de 
Wailly, les deux Peyre, Antoine, Gondoin, Paris, 
Chalgrin, Brongniart, Boullée, Ledoux, on trouve 
aussi chez elle d'honnêtes praticiens ou techniciens 
consciencieux, modestement utiles : Loriot, Tanevot, 
Godot; des hommes de science, La Hire, Camus, 



l'académie de 167 i a 1793. XXXI 

Hazon, Hupeau, Régemorte, Perronet. Par eux, elle 
était prête aux tâches multiples qui lui furent assi- 
gnées. 

On cherchera avant tout ce qu'elle a donné à 
l'esthétique architecturale, en sa qualité d'Académie 
et d'École. De 167 1 à 1793, elle n'a pas été seule à 
constituer la doctrine et même elle s'est trouvée par- 
fois devancée. Du moins, les Procès-verbaux, malgré 
leur brièveté, nous révèlent qu'elle n'a jamais cessé 
d'y marquer sa trace, et les noms des deux Blondel, 
de La Hire, de Desgodets, de David Leroy, sans 
compter Boffrand, Soufflot, techniciens autant qu'ar- 
tistes, nous révèlent par les discussions auxquelles ils 
prirent part, comme par leurs œuvres, par leurs 
écrits ou leurs traités dogmatiques, le rôle de la 
Compagnie dans le développement et l'évolution de 
la théorie et dans l'enseignement de l'art architectu- 
ral, dont les programmes des grands prix marquent 
bien les tendances. 

Académie, nous l'avons vue unie étroitement à 
l'administration monarchique et faisant fonction de 
corps d'État, consultée sur les grands travaux publics 
et même sur les travaux privés dans toute la France, 
à la façon des conseils des Bâtiments ou des Ponts et 
chaussées d'aujourd'hui, ou bien pénétrant encore 
plus profondément dans les couches économiques et 
intervenant dans toutes sortes de questions d'ordre 
industriel. Ce rôle si particulier et par où ses délibé- 
rations se rapprochent de celles que l'Académie des 
sciences consacrait à l'examen des machines, lui 
donne presque une place dans l'histoire générale. La 
profession d'architecte n'est-elle pas, d'ailleurs, mêlée 
étroitement à toute la vie sociale et économique, en 



xxxn i M \di mu. ni; i (S y i a i 7(p. 

rapport avec tous les mondes par sa clientèle, qui va 
de l'État aux corps constitués, aux villes, aux classes 
aristocratiques, à la bourgeoisie modeste; par les 
industries qu'elle emploie, depuis la pierre, le bois, 
le fer, jusqu'aux plus minimes détails de la construc- 
tion et de l'aménagement? 

Lors donc que la Convention supprimait l'Académie 
d'architecture, elle frappait un corps inoffensif autant 
qu'utile, on dirait volontiers indispensable. Aucune 
raison ne justifiait cette mesure, si ce n'est que l'Aca- 
démie s'appelait Académie. Qu'on ne l'oublie pas, 
en effet, les hommes de ce temps (de ce temps seule 
ment?), s'ils furent entraînés par leurs passions, 
furent bien souvent conduits par le besoin rigide de 
l'uniformité ou par la tyrannie des mots. 

La revanche ne se fit pas attendre puisque, le 25 oc- 
tobre 1795, la Convention rétablissait les académies 
en se donnant seulement la satisfaction de changer 
les noms. Là, comme ailleurs, le rapprochement se 
rit entre les hommes par la volonté de l'empereur et 
la prodigieuse attraction qu'il exerçait. Après tout, 
Chalgrin, construisant l'Arc de triomphe, pouvait 
siéger auprès de David peignant la Distribution des 
aigles. 

Mais il faut élargir et élever la question. En 1795, 
la Convention remontait jusqu'au xvn e siècle, qu'elle 
avait condamné, et reprenait l'œuvre de Colbert. En 
réalité, dans l'ordre des choses intellectuelles, en com- 
battant les Académies, elle avait toujours eu l'esprit 
académique. 




PROCÈS -VERBAUX 



DES SEANCES 



DE 

L'ACADÉMIE ROYALE D'ARCHITECTURE 



1780. 

Ce lundy 10 e Janvier 1780'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller qui, pour ré- 
pondre aux désirs que lui a témoignés Monsieur Nekre, 
directeur général des Finances, demande que l'Académie 
nomme des commissaires à l'effet de faire l'examen des 
projets qui lui ont été présentés par M. Moreau, qu'il en 
a chargés pour établir des hôtels de juridiction et des pri- 
sons sur le terrein des Cordeliers*. 



^ 1. Ont signé en janvier : Gabriel, Bellicard, Brébion, Chalgrin, 
Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, Franque, Gondoin, 
Hazon, Guillaumot, Jardin, Le Roy, de Lespée, Mauduit, Mo- 
reau, Perronet, Peyre, Peyre le jeune, N.-M. Potain, Roussel, 
Soufflot, M.-J. Sedaine, de Wailly. 

2. Necker (1732-1804) avait le titre de directeur général des 
Finances depuis le 29 juin 1777. L'Académie, on le voit, pro- 
nonce et écrit Neckre. Le projet dont il est question ici était 
déjà en question depuis 1768, mais sur une moins grande 
ix 1 



2 [i 7 8o 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre de Monsieur Nekre 
à l'Académie, qui l'engage à le satisfaire sur cet article; 
et M. Moreau, ayant mis ses projets sous les yeux de 
l'Académie, a fait lecture d'un mémoire exposant le projet 
dont il est question et un détail des constructions pro- 
posées. 

L'Académie, enfin, a nommé pour commissaires à cet 
effet MM. Franque, B?'ébion, Rousset, et de la seconde 
classe MM. Boullée, Jardin et Guillaumot, et ces six 
commissaires ensemble pourront appeler les académiciens 
qu'ils jugeront nécessaires à leurs opérations; les deux 
lettres cy dessus seront enregistrées. 

Lettre de M. le comte d'Angivillers à M. Gabriel père. 

« A Versailles, le 26 décembre 1779. 

« M. Nekre ayant fait faire, Monsieur, par M. Moreau, 
un projet pour la translation des diverses jurisdictions et 
des prisons du Châtelet sur le terrain des Cordeliers, m'a 
demandé que ce projet fût soumis à l'examen et aux 
observations de l'Académie royale d'architecture : je ne 
puis que concourir avec plaisir à un objet qui intéresse 
aussi sensiblement l'humanité et l'embellissement de la 
ville de Paris, M. Moreau, qui m'a communiqué ses plan 
et dessins, devant, en conséquence, les mettre, de mon 
agrément, sous les yeux de l'Académie. 

« Vous voudrez bien faire part à cette Compagnie de 
mes intentions, à l'effet qu'elle nomme des commissaires 
pour cet examen; et lorsque le rapport contenant les 
observations et avis de l'Académie sera rédigé et arrêté, 
me le faire passer afin que je l'adresse à M. Nekre. 

« J'ay l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 

très obéissant serviteur. 

« D'Angiviller. » 

échelle. 11 avait été repris et étendu en 1771 et par les édits 
d'août 1777 et de 1780. On en voit une amorce dans une planche 
de l'ouvrage deGondoin indiqué ci-après. Il ne fut pas exécuté 
et le Châtelet ne fut démoli qu'en i8o3. Voir les procès-verbaux 
qui suivent jusqu'à la p. 9. 



i 7 8o] 3 

Lettre de M. Nekre à l'Académie. 

« Le 3o décembre 1779. 

« Je suis, Messieurs, dans le dessein de proposer à Sa 
Majesté de destiner une partie des bâtimens et du terrain 
des Cordeliers, dont Elle a fait acquisition, à l'établisse- 
ment d'une prison générale et des juridictions du Châtelet. 

« J'ai chargé M. Moreau, l'un de vous, Messieurs, de 
rédiger ce projet, et je lui ai recommandé de le faire de 
la manière la plus propre à remplir les vues de bienfai- 
sance et d'humanité dont Sa Majesté est animée, sans 
s'écarter de la juste économie avec laquelle cette entre- 
prise doit être conduite. Je désire obtenir l'avis de l'Aca- 
démie royale d'architecture sur les plan, devis et mémoire 
qui vous seront présentés sur cet objet; et M. le Directeur 
général des Bâtimens, que j'en ai prévenu, a bien voulu 
vous engager à me satisfaire à cet égard. Je souhaite que 
M. Moreau puisse recueillir et faire l'usage le plus con- 
venable des observations qui seront faites dans le cours 
de votre examen, dont je recevrai avec plaisir le résultat 
pour rendre compte du tout à Sa Majesté. 

« J'ay l'honneur d'être très parfaitement, Messieurs, 
votre très humble et très obéissant serviteur. 

« Nekre. » 



Ce lundy 17e Janvier 1780. 

L'Académie étant assemblée, elle a remercié M. Souf- 
flot des modèles en relief dont il a fait présent à l'Aca- 
démie, dont un est le procédé qu'il a employé pour l'exé- 
cution des platebandes du grand portail de Véglise de 
Sainte Geneviève* et l'autre un plafond en compartiments 

1. La construction du portail suscita de grandes difficultés à 
cause de la largeur des intervalles entre les colonnes et de la 
poussée de la voûte et des plates-bandes du plafond. — On sait 
que c'est Soufflot qui fit décider la destruction de Madrid en 
juillet 1777. 



4 [1780 

et platebandes d'une ancienne exécution, au château de 
Madrid. 

Ensuite, le s«" Renard, élève de l'Académie, pension- 
naire du Roy à Rome, a présenté les études qu'il a faites : 
ce qu'elle a vu avec beaucoup de satisfaction 1 . 

Enfin, M. Mauduit, professeur de mathématiques, a 
prié l'Académie d'accepter un exemplaire du livre qu'il 
vient de faire imprimer, intitulé Leçons élémentaires 
d'arithmétique ou principes d'analyse numérique 2 , et l'Aca- 
démie l'a reçu avec reconnoissance pour être déposé dans 
sa bibliothèque. 



Ce lundy 24e Janvier 1780. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Pigage, associé correspondant, pour le 
renouvellement de l'année; et M. Le Roy, son commis- 
saire, s'est chargé de lui répondre. 

Ensuite, il a été procédé au jugement du prix d'ému- 
lation dont le programme est un temple de Neptune, et 
le prix a été adjugé au s*" Trouard, élève de M. son père, 
académicien. 

Enfin, ont été mis sous les yeux de l'Académie des 
études et dessins de M. Davy de Chavigné 3 , auditeur des 
comptes; et elle a vu avec satisfaction ces projets qui lui 
ont été présentés. 



Ce lundy 3i° Janvier 1780. 
L'Académie étant assemblée, M. Lespée a repris la lec- 

1. Renard (Jean-Augustin), 1744 f 1807, fut à Rome de 1774 
à 1780. Cf. plus loin, p. 17. 

2. Une curieuse lettre d'envoi de cet ouvrage à La Lande en 
1782 se trouve en tête de l'exemplaire de la Bibliothèque de 
l'Institut (8° M 1752 a). Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 134, 261. 

3. Est-ce le même que le Davy de Chavigné (François- 
Antoine), 1747-1806, architecte, élève de Viel i L'Almanach 
royal de 1780 indique un Davy de Chavigné auditeur des 
Comptes depuis 1768. 



i 7 8o] 5 

ture de son mémoire sur le toisé des bâtimens commencée 
le 20 e décembre 1779 *. Les chapitres qu'il a lus à cette 
séance présentent, concernant le toisé des murs de face 
de toute espèce, ce que l'Académie a écouté avec satis- 
faction; et M. Lespée a promis de continuer ce travail, 
nécessaire pour l'utilité publique, et d'en faire lecture à la 
première séance après la Pentecôte. 

Ensuite, sur la demande que l'Académie a faite à 
MM. les commissaires nommés à la séance du 10e jan- 
vier en quel temps ils espéroient présenter leur rapport 
sur l'affaire mentionnée en ladite séance, ils ont dit que, 
par l'état de leur travail, ils espéroient mettre leur rapport 
sous les yeux de l'Académie aux dernières séances du 
mois de février. 



Ce lundy 7 e Février 1780 2 . 

L'Académie étant assemblée, elle a décidé que, dans 
tous les cas, les dessins et projets seront exposés dans 
les salles de l'Académie à compter du jour où MM. les 
commissaires, ayant clos leur rapport, demanderoient à 
en faire lecture à la séance suivante, et que, pendant les 
huit jours d'intervale d'une séance à l'autre, tout acadé- 
micien pourra procéder à l'examen particulier sur lequel 
il croira devoir fonder son opinion. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. le comte 
d'Angiviller écrite à M. l'abbé Bossu, professeur d'hydro- 
dynamique, dont la chaire est attachée à l'Académie; par 
cette lettre, M. le Directeur général a nommé, pour l'ad- 
joint de M. l'abbé Bossu 3 , M. Monge, aux conditions 
portées par ladite lettre. 

1. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 284, 3o3. 

2. Ont signé en février : Gabriel, Antoine, Bellicard, Bossut, 
Brébion, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Gondoin, 
Guillaumot, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, 
Peyre le jeune, Pierre, Rousset, Trouard, de Wailly, M.-J. 
Sedaine. 

3. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 292. — Il s'agit de Gaspard 



6 li 7 8o 

Ensuite, M. Gondouin a prié l'Académie de nommer 
des commissaires pour l'examen des gravures de YÉcolc 
de chirurgie* qu'il désire mettre au jour, et l'Académie 
a nommé MM. Le Roy, l'abbé Bossut et Peyre l'aîné. Il 
a été dit qu'à la séance prochaine il sera nommé des 
commissaires pour l'examen des dessins des élèves pen- 
sionnaires à Rome, que M. Gabriel a remis à l'Académie. 



Ce lundy 14 e Février 1780. 

L'Académie étant assemblée, il a été remis sous ses 
yeux ce qui a été décidé à la séance du 29 e novembre 1779, 
qu'il seroit nommé des commissaires pour les épreuves 
à faire de la qualité de la pierre d'une nouvelle carrière 
ouverte par le sieur Topinard 2 , et l'Académie a nommé 
pour faire ces épreuves MM. Soufflot , Desmaisons, 
Trouard et Peyre l'aîné. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de Monsieur le 
comte d'Angiviller à M. Gabriel, par laquelle M. le Direc- 
teur général demande que l'Académie nomme des com- 
missaires pour l'examen des dessins envoyés de Rome 
par les élèves pensionnaires du Roy, et elle a nommé, 
pour en faire rapport MM. De Wailly, Le Roy, Peyre 
l'aîné et Peyre le jeune 3 . 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre adressée à 
M. Gabriel par M. le comte d'Angiviller pour prévenir 
l'Académie, à sa première assemblée, qu'elle nomme des 
commissaires pour examiner les plans et projets de 
M. Peyre le jeune et en faire rapport, qui puisse être 
adressé à S. A. Électorale de Trêves 4 , pour la construc- 
tion des édifices dont les premiers plans ont été sou- 

Monge (1746-1818), le célèbre géomètre. Il venait d'être élu 
adjoint à l'Académie des sciences, le 12 janvier. 

1. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 166, et plus loin, p. 9. 

2. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 390. 

3. Cf. plus loin, p. 17. 

4. Il remplaçait Ixnard, disgracié. Cf. t. VIII, p. 385-388, 
et Réau, L'Art français sur le Rhin (table, aux noms Ixnard 
et Peyre le jeune). Voir plus loin, p. 7-10. 



i 7 8o] 7 

mis au jugement de l'Académie; et elle a nommé 
MM. De Wailly, Desmaisons, Bellicard, Trouard, Gon- 
douin et Antoine. 

MM. Le Roy, l'abbé Bossu et Peyre l'aîné, ayant 
examiné les gravures et la description du projet général 
que M. Gondoin a fait pour les écoles de chirurgie, 
croyent que ce recueil, intéressant par les objets qu'il 
renferme, est très digne d'être imprimé et publié sous le 
privilège de l'Académie : ce qu'elle approuve. 



Ce lundy 21e Février 1780. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés pour l'examen des pierres du sr Topinard* ont 
dit que, pour certifier la qualité de ladite pierre, il fau- 
droit au préalable connoître la carrière de laquelle les 
échantillons sont tirés, et que le temps seul et l'usage 
d'une pierre peuvent donner la garantie certaine de sa 
valeur et de sa bonne et mauvaise qualité; que, dans 
cette circonstance et dans la crainte d'induire le public 
en erreur, on ne peut qu'exciter le carrier à faire employer 
dans les bâtimens qui se construisent journellement à 
Paris des échantillons de cette pierre; qu'ainsy ils pen- 
soient qu'il n'y avoit lieu à aucun rapport : ce que l'Aca- 
démie a approuvé. 

Ensuite, il a été procédé à l'examen des dessins qui 
concourent pour le prix d'émulation, et attendu la foi- 
blesse des compositions, l'Académie a dit que le prix ne 
seroit point accordé. 

Ensuite, MM. les commissaires nommés pour faire rap- 
port des projets de M. Peyre le jeune pour S. A. Électo- 
rale de Trêves ayant dit qu'ils le présenteroient à la 
séance du lundy 28 e février, l'Académie a dit que les pro- 

1. Voir les séances suivantes jusqu'à la p. 18. Sur les 
pierres de Trossy, de Saint-Leu et de Conflans dont il est 
question plus loin, cf. Procès-verbaux, t. 1, p. 195-200; t. II, 
p. 208. 



8 [1780 

jets dont est question seront exposés jusqu'audit jour 
dans la salle d'assemblée, afin qu'ils y soient soumis à 
l'examen de MM. les académiciens, et qu'ils seroient 
prévenus de ladite exposition et convoqués pour ladite 
séance. 

Enfin, MM. les commissaires nommés pour le rapport 
des projets des jurisdictions ont promis d'en faire lecture 
à la séance du 6 e mars. 



Ce lundy 28 e Février 1780. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
des projets des édifices à construire pour Sa Seigneurie 
Électorale de Trêves, et l'Académie, après une seconde 
lecture et un examen desdits projets et les réflexions des 
commissaires, ayant écouté les réponses de M. Peyre le 
jeune aux objections qui lui ont été faites, a approuvé ce 
rapport unanimement; elle a dit que copie d'icelui, cer- 
tifiée conforme, seroit envoyée à Monsieur le Directeur 
général. 

Ensuite, MM. les commissaires nommés pour l'examen 
des projets des jurisdictions ayant dit qu'a la séance du 
6 e mars ils liroient leur rapport, l'Académie a dit que 
lesdits projets seront, jusqu'audit jour 6 e mars, exposés 
dans les salles de l'Académie et présentés ainsy que les 
mémoires qui y sont joints au jugement de MM. les aca- 
démiciens, lesquels seront invités tant à les voir qu'à se 
trouver à la séance prochaine. 



Ce lundy 6 e Mars 1780'. 
L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 

1. Ont signé en mars : Bellicard, Brébion, Cherpitel, Cous- 
tou, Couture, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillanmot, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Rous- 
set, Souffiot, Trouard, Sedaine. 



1780] 9 

nommés pour l'examen des projets des jurisdictions 
demandés à M. Moreau par M. le Directeur général des 
Finances ont présenté leur rapport, dont la lecture a été 
faite par M. Guillaumot*, l'un d'eux; et après une seconde 
lecture et les réflexions des académiciens, l'Académie, 
ayant observé que les détails dans lesquels les commis- 
saires sont entrés pouvoient satisfaire à la demande de 
Monsieur le Directeur général des Finances, elle a ap- 
prouvé ledit rapport et a dit qu'il seroit envoyé par 
M. Sedaine à Monsieur le Directeur général des Bâtimens, 
qui a demandé la rédaction et l'arrêté du jugement de 
l'Académie : laquelle a chargé le secrétaire d'en instruire 
M. le Directeur général des Finances et de lui marquer 
que le rapport est entre les mains de M. le Directeur géné- 
ral des Bâtimens. 

MM. Brébion, Le Roy, Sedaine et Jardin iront chez 
M. Gabriel s'informer de l'état de sa santé de la part de 
l'Académie 2 . 



Ce lundy i3e Mars 1780. 

L'Académie étant assemblée, M. Gondoin, académicien, 
a prié l'Académie de vouloir bien accepter le recueil des 
plans, coupes, profils, élévations, détails des ornemens 
de l'Ecole de chirurgie et plan des environs, qu'il a fait 
graver : l'Académie l'a accepté avec d'autant plus de plai- 
sir et de reconnoissance que c'est un monument qui fera 
époque dans l'architecture et assignera avec distinction 
l'état où elle étoit vers la fin du xvm e siècle; ledit recueil 
sera déposé dans la bibliothèque de l'Académie 3 . 

Ensuite, a été fait lecture du rapport des commissaires 
nommés pour l'examen des projets des élèves pension- 

1. Ci-dessus, p. 2. 

2. Gabriel était depuis longtemps malade. Ses signatures à 
l'Académie sont d'une main tremblante. 

3. Où il est encore (fol. N 128). 



io L^o 

naires à Rome*, lesquels projets ont été envoyez à l'Aca- 
démie : elle a approuvé ledit rapport et a dit qu'il en 
seroit fait une copie certifiée, laquelle sera envoyée par 
M. Sedaine à Monsieur le Directeur général des Bâtimens. 
Enfin, a été fait lecture du mémoire sur le charbon 
épuré, présenté par M. le chevalier de Grignon 2 , afin de 
soumettre son utilité et la manière de s'en servir pour 
l'usage des citoyens aux lumières de l'Académie, qui a 
nommé pour cet examen et en faire rapport MM. Mo- 
reau, Mauduit, Jardin et Guillaumot. 



Ce lundy 4 e Avril 1780 3 . 

L'Académie étant assemblée, M. Peyre le jeune a fait 
lecture d'une réponse aux objections que l'Académie a 
faites sur les projets des plans du palais de S. A. Électo- 
rale de Trêves, et lui a fait part, en présentant de nou- 
veaux plans, d'une partie des changements qu'elle avoit 
paru désirer. 

Enfin, l'Académie a fait l'examen des projets du prix 
d'émulation qui doit être jugé à la séance prochaine. 



Ce lundy 10 e Avril 1780. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation dont le programme est un apparte- 
ment de bains, et le prix a été adjugé au sieur Trouard, 
élève de M. Trouard, académicien. 

M. Sedaine ayant représenté que la collection d'échan- 
tillons des différens marbres donnés à l'Académie à la 

i. Nous n'avons pas ce rapport. 

2. Il y a un Grignon (Pierre-Clément), 1723-1784, métallur- 
giste et antiquaire, correspondant de l'Académie des sciences. 

3. Ont signé en avril : d'Aft'ry, Antoine, Bellicard, Boullée, 
Brébion, Coustou, Couture, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Peyre, Peyre le jeune, Pierre, 
Rousset, Soufflot, Trouard, de Wailly, M.-J. Sedaine. 



1780] ii 

séance du 22e novembre 1779, par M. Soufflot*, a besoin 
d'être mise en ordre et que chaque échantillon soit res- 
serré dans une case qui le concerne, afin de pouvoir les 
remettre, sans danger d'être mutilés, à MM. les profes- 
seurs, lorsqu'ils voudront parler des marbres aux élèves 
de l'Académie, elle a nommé MM. Franque, Rousset et 
Sedaine pour conduire ce travail, lequel sera commu- 
niqué à M. Soufflot, qui a joint à cette collection un mé- 
moire explicatif de ces différens marbres. 



Ce lundy 17 e Avril 1780. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général, laquelle sera ins- 
crite cy après : d'après cette lettre, l'Académie a nommé 
les mêmes commissaires qui ont fait rapport à la séance 
du 21e février (MM. Soufflot, Desmaisons, Peyre et 
Trouard). Et comme il est à craindre que des indisposi- 
tions empêchent quelqu'un d'eux de remplir cette com- 
mission, ils prendront, pour le suppléer, l'académicien 
dont ils conviendront, et constater par un examen en 
forme qu'elles sont les qualités de la pierre provenant 
d'une carrière ouverte par le sieur Topinard, près de 
L'Isle Adam : laditte pierre pouvant être d'une utilité 
générale, tant pour ceux qui construisent à Paris que 
pour les constructions des Bâtimens de Sa Majesté. 

Ensuite, l'Académie a dit que MM. les académiciens 
seroient convoqués pour s'assembler lundy 24 e avril à 
huit heures précises du matin, aux fins de donner aux 
élèves le programme des grands prix; et il sera porté sur 
les billets d'invitation que l'Académie s'assemblera extra- 
ordinairement, de même que l'année précédente, le len- 
demain à dix heures du matin, conformément à ce qui a 

1. Procès-verbaux, t. VIII, p. 38g. L'Académie avait reçu de 
nombreux échantillons de pierres et marbres {d'Allemagne, 
p. 33g; de Russie et Sibérie, p. 23i, 339, 345.) 



12 [1780 

été réglé par Monsieur le Directeur général, en sa lettre 
datée du 25 e avril 1779. 

Lettre de M. le comte d'Angivillers à M. Gabriel. 

« A Versailles, le 16 avril 1780. 

« Le nommé Topinart m'ayant, Monsieur, annonce par 
un plan la découverte qu'il a faite près de Lisle-Adam 
d'une carrière de pierre qui tient le milieu entre le Saint 
Leu et le Conflans, il m'a paru que cette découverte, qui 
tendoit non seulement à l'utilité générale de tous ceux 
qui font construire à Paris, mais encore à celle des Bâti- 
mens de Sa Majesté, ne devoit point être négligée et qu'il 
convenoit de la constater par un examen en forme de 
l'Académie royale d'architecture : vous voudrez donc bien, 
à la prochaine assemblée de l'Académie, lui faire part de 
mes intentions à cet égard, et faire nommer deux ou 
trois commissaires qui se transporteront sur le lieu pour 
prendre connoissance de cette carrière, des avantages 
qu'elle peut avoir, et faire sur les pierres qu'elle produit 
les épreuves qu'ils jugeront à propos pour constater leur 
qualité et en faire leur rapport à l'Académie pour m'être 
ensuite envoyé. Les frais de cette visite, que je présume 
d'ailleurs ne pouvoir être considérables, seront rembour- 
sés sur le mémoire qui m'en sera envoyé. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 
très obéissant serviteur. 

« Signé : D'Angiviller. » 



Ce lundy 24e Avril 1780. 

L'Académie étant assemblée à huit heures précises du 
matin pour donner le programme des grands prix, des 
six sujets proposés (qui sont une douane, un collège, une 
foire couverte, un hôtel de ville, un phare, un palais pour 
rassemblée du clergé), l'Académie a choisy, par la voye 



1780] i3 

du scrutin, un collège, et MM. De Wailly, Franque, Bel- 
licard, Jardin, Guillaumot et Belisard, s'étant retirés dans 
la chambre des délibérations, ont composé les conditions 
du programme qui, après avoir été lues, ont été approu- 
vées par l'Académie. Ainsy l'Académie propose à ses 
élèves le programme qui suit : 

Un collège sur un terrain ayant la forme d'un triangle 
équilatéral, faisant l'angle d'un carrefour à la rencontre 
de deux rues, dont chaque côté aura cent quatre vingt 
toises de longueur et dont l'un des côtés sera borné par 
un mur mitoyen. 

Cet édifice sera composé au rez de chaussée : 10 d'une 
principale cour avec plusieurs autres cours moindres pour 
les différens services; 2° d'une grande chapelle à laquelle 
on communiquera à couvert; 3° d'une grande salle pour 
la distribution des prix et pour soutenir les thèses, pré- 
cédée de vestibules; 40 d'une cuisine avec accessoires et 
d'un grand réfectoire pour cent pensionnaires; 5° de neuf 
classes; 6° d'un parloir et d'un logement de portier. 

Le premier étage contiendra : i° le logement d'un prin- 
cipal; 2 celui du procureur; 3° celui de neuf professeurs, 
plusieurs sous professeurs et chapelains; 40 une biblio- 
thèque; 5° des dortoirs avec des chambres pour cent pen- 
sionnaires; 6° des logemens pour tous les domestiques 
nécessaires; 70 il y aura, dans cet édifice, un principal 
escalier et d'autres petits escaliers pour les dégagemens. 

Tout le rez de chaussée sera voûté; il n'y aura qu'un 
rez de chaussée et un premier étage, au dessus duquel on 
pourra supposer les logemens des domestiques. 

La décoration sera dans le genre analogue à la destina- 
tion de cet édifice. 

Les élèves feront un plan du rez de chaussée, un du 
premier étage, une élévation principale et une coupe qui 
traversera la chapelle; ils se conformeront exactement au 
programme et au règlement de l'Académie, notamment à 



14 [i7 8 o 

celui du 12 may 1777, dont il leur sera fait une nouvelle 
lecture. 

L'échelle des esquisses sera d'une ligne pour toise et 
celle des desseins rendus de six lignes pour toise. 

Les élèves remettront leurs esquisses à cinq heures du 
matin; et l'Académie ayant déterminé de s'assembler 
demain à dix heures du matin pour les juger, aucun élève 
ne sortira avant l'assemblée. 

Et l'Académie a nommé pour l'examen de la confor- 
mité des esquisses les mêmes commissaires, pour s'assem- 
bler à huit heures du matin dans les salles pour prépa- 
rer le travail de l'Académie, lors de son assemblée à 
dix heures du matin; et elle a dit que cette séance ne 
seroit arrêtée que demain mardy après le jugement des 
esquisses. 

M. J. Sedaine. 



Et ce mardy 25 e Avril. 

L'Académie étant assemblée à dix heures du matin, il 
a été fait lecture des règlemens^ d'après lesquels doit être 
fait le jugement des esquisses, ensuite celle du programme 
proposé aux élèves et du rapport de MM. les commis- 
saires sur la conformité et non conformité des esquisses 
à ce qu'exige ledit programme, et après l'examen et véri- 
fication des observations de MM. les commissaires et 
discussion sur cet objet des vingt six esquisses exposées, 
l'Académie en a fait retirer huit, et des dix huit restantes 
elle a choisy, par le scrutin, les esquisses désignées par 
BB, Q, T, N, Y, G, R, X, K. Ainsy les sieurs Thomas, 
Combe, Fournerat, Trouard, Durand, Chevalier, Sobre, 
Van Clietpute et Patu concourront pour le grand prix. 

Lesdits élèves rendront leurs desseins au net le lundy 
14e aoust avant midy. 

1. Procès-verbaux, t. VIII, appendices, p. 413-419. 



1780] i5 

Ce lundy I e » - May 1780 1 . 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy a lu les repré- 
sentations que font les élèves admis au concours des 
grands prix : les loges où ils doivent composer leurs des- 
seins n'ayant qu'un espace trop resserré, le programme 
exigeant six lignes par toise, ils demandent que l'Acadé- 
mie veuille bien leur permettre de réduire l'échelle des 
plans à moitié de celle des élévation et coupe, qui alors 
sera d'une grandeur proportionnée à celle des loges. Et 
l'Académie, après avoir fait attention à leur demande, a 
dit que l'échelle des plans seroit à quatre lignes par toise. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation dont le programme est la porte d'un parc 
magnifique, et le prix a été accordé au sieur Trouard, 
élève de M. Trouard. 



Ce lundy 8 e May 1780. 

L'Académie étant assemblée, M. Ha^on, président, a 
fait lecture d'une lettre adressée à M. Soufflot par Mon- 
sieur le comte d'Angiviller, par laquelle M. le Directeur 
général notifie que les droits de présence sont accordés 
à l'Académie lors de la séance extraordinaire assignée 
pour le jugement des esquisses 2 . L'Académie est d'autant 
plus sensible à ces preuves d'attention de la part de Mon- 
sieur le Directeur général qu'elle n'en auroit jamais 
formé la demande, son premier vœu étant de concourir 
sous ses auspices à l'avancement des élèves et à la gloire 

1. Ont signé en mai : Antoine, Bellicard, Bellissard, Brébion, 
Goustou, Couture, Desmaisons, Franque, Hazon, Jardin, Leroy, 
Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, 
Trouard, de Wailly, M.-J. Sedaine. 

2. Cette question des jetons de présence s'est présentée fré- 
quemment. Les jetons ordinaires étaient payés très irréguliè- 
rement, c'est-à-dire toujours en retard. Cf. Procès-verbaux, 
t. VIII, p. 298, 304, 355. 



i6 [1780 

de son art; et l'Académie a chargé M. Sedaine d'en 
remercier Monsieur le Directeur général et a dit que sa 
lettre seroit enregistrée. 

Ensuite, a été fait lecture de l'article LV 1 des règlemens, 
d'après lequel il est dit que le professeur de mathéma- 
tiques donnera aux élèves des compositions relatives aux 
mathématiques; l'Académie, désirant juger celles de la 
coupe de pierre avant les vacances, invite le professeur à 
les donner le plus tôt possible : ce que M. Mauduit a pro- 
mis de faire. 

Sur la représentation qui a été faite, qu'à la séance du 
10 e mai 1779 2 des commissaires nommés dévoient faire rap- 
port sur la découverte des pouzzolanes d'après les expé- 
riences établies par M. Brébion, il a dit que, pour en 
faire rapport, il attendoit le retour de M. Faujas. 

Lettre de M. le comte d'Angiviller à M. Soufflot. 

« A Versailles, le 7 mai 1780. 
« M. Sedaine, Monsieur, en me rendant compte de ce 
qui s'étoit passé à l'Académie royale d'architecture dans 
l'assemblée où le sujet du prix a été décidé, et dans celle 
tenue le lendemain extraordinairement pour juger les 
esquisses des prétendans admises au concours, M. Se- 
daine, dis je, m'a observé que je n'avois rien prononcé 
l'année dernière sur l'offre qu'avoit faite l'Académie de 
tenir cette assemblée extraordinaire sans aucune rétribu- 
tion de droits de présence et de jetons. En effet, je ne 
m'expliquai pas alors sur cet objet, mais d'après cette 
observation j'ai considéré qu'en même tems que l'Aca- 
démie mérite beaucoup de louanges pour son désintéres- 
sement, il étoit néantmoins de l'équité de lui allouer pour 
cette assemblée la même rétribution pour droits de pré- 
sence que pour les autres, puisque le travail qui en fait 

1. Procès-verbaux, t. VIII, appendices, p. 409. 

2. Procès-verbaux, t. VIII, p. 38o et note. 



1780] i7 

l'objet est un des plus utiles de ceux qui l'occupent suc- 
cessivement. 

« Vous pouvez donc faire part à l'Académie de cette déci- 
sion et la faire inscrire sur les registres pour servir de 
règle à l'avenir sur cet objet. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : D'Angiviller. » 



Ce lundy 22e May 1780. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est un kiosque, 
et le prix a été adjugé au sr Combes, élève de M. Mique. 

Ensuite, sur ce que M. Sedaine a dit que le sr Renard, 
élève pensionnaire, cy devant à Rome, prioit qu'on lui 
remît les dessins qu'il a envoyés de Rome et sur lesquels 
l'Académie a bien voulu porter son jugement, l'Académie 
a dit que le secrétaire pourra remettre aux élèves pen- 
sionnaires du Roy les plan, coupe, profil, élévation et des- 
sins envoyez de Rome*, lorsque les commissaires auront 
fait leur rapport sur ces objets et qu'ils auront été approu- 
vés par elle, à moins que, par un ordre de Monsieur le 
Directeur général ou par une distinction particulière, il 
n'en fût ordonné autrement lors de la réception de ces 
rapports. 

Ce lundy 29e May 1780. 

L'Académie étant assemblée, après des observations 
faites sur quelques parties du toisé des Bâtimens elle 
s'est entretenue d'un livre intitulé : Le génie de l'archi- 
tecture, et ensuite d'un traité intitulée : De la composition 

1. Ci-dessus, p. 10, et Correspondance des directeurs, t. XIV, 
p. 5 (r r février 1780), où d'Angiviller considère que la remise 
des plans, etc., ne doit soulever aucune difficulté. 

IX 2 



i8 [1780 

des païsages*, et ils seront remis sous les yeux de l'Acadé- 
mie pour discuter et analyser leur principe. 



Ce lundy 5 e Juin 1780 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de 
quelques chapitres du livre intitulé : Le génie de l'archi- 
tecture; ensuite, on a repris la lecture de l'article « Goût » 
dans Y Encyclopédie, fait par Montesquieu 3 , et cette lec- 
ture, arrêtée à l'article « Contraste », sera continuée à la 
séance suivante. 

L'Académie a fait l'examen des dessins qui concourent 
pour le prix d'émulation à la séance suivante. 



Ce lundy 12 e Juin 1780. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est une chapelle 
sépulcrale destinée à servir de sépulture à une famille 
illustre, et le prix a été adjugé au s r De L'Épine, élève 
de M. Le Roy. 

Ensuite, MM. Peyre et Guillaumot ont fait rapport 
qu'ils ont été, le mardy 6 e juin, faire la visite des car- 
rières du s r Topinard à Ulsle Adam ; ils ont fait apporter 
des échantillons des différens lits de ces carrières : en 
cette séance on a fait déjà quelques épreuves et on a remis 
la lecture du procès verbal de MM. les commissaires à 
la séance prochaine , ainsy que la continuation des 
épreuves. 

1. C'est l'ouvrage de Le Camus de Mézières : Le génie de 
l'architecture ou l'analogie de cet art avec nos sensations, 
1780. — L'autre est l'ouvrage du marquis de Girardin, dont la 
première édition parut en 1777. 

2. Ont signé en juin : Bellicard, Bellissard, Brébion, Cous- 
tou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Leroy, Lespée, 
Peyre, Peyre le jeune, Rousset, Soufflot, Trouard, de Wailly, 
M.-J. Sedaine. 

3. L'article sur le Goût avait été lu en 1777. Cf. Procès-ver- 
baux, t. VIII, p. 3og-3io. 



1780] 19 

Ce lundy 19 e Juin 1780. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés pour l'examen des pierres du sieur Topinard 
ont demandé de retarder le rapport qu'ils ont à faire pour 
prendre des connoissances de cette pierre qui a été em- 
ployée en quelques constructions à Paris. Et ils ont dit 
que, pour continuer les expériences des résistances sous 
le fardeau, il est nécessaire que les échantillons qu'ils en 
ont apportés ayent acquis à l'air le degré de siccité suf- 
fisant, afin de pouvoir les comparer à la pierre de Saint 
Leu. 

Enfin, l'Académie s'est entretenue des différentes qua- 
lités des pierres, des moyens les plus avantageux de les 
employer et des inconvéniens qui pouvoient résulter 
quelquefois de l'employ des pierres d'une très grande 
superficie. 



Ce lundy 26 e Juin 1780. 

L'Académie étant assemblée, M. Giiillaumot, l'un des 
commissaires nommés pour l'examen des carrières du 
sieur Topinard, a lu le rapport de leurs séances auxdites 
carrières et de l'épreuve, en leur présence, de la résis- 
tance des pierres qui en proviennent, en comparaison 
avec celles de Saint Leu et de Troissy ; l'Académie a 
approuvé ledit rapport et a dit que copie en seroit faite 
certifiée, laquelle copie sera, par M. Sedaine, envoyée à 
Monsieur le Directeur général. 

Ensuite, a été fait lecture du premier chant d'un poème 
de M. Mailler sur l'Architecture*, sur lequel il a fait prier 
l'Académie de vouloir bien jeter un coup d'œil. 

Enfin, l'Académie, ayant examiné les crayons du sieur 
Nadaux, a dit ^ue ses crayons peuvent être utiles et d'un 
bon employ. 

1. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. ,129. 



20 [1780 

Ce lundy 3« Juillet 1780'. 

L'Académie étant assemblée, la lecture du poëme de 
M. Mailler a été continuée, et il a été dit que l'auteur 
seroit invité à faire lui même à l'Académie la lecture de 
ce poëme; et l'Académie s'est entretenue de l'utilité dont 
pouvoit être un ouvrage qui, à l'aide de beaux vers, 
pourroit inculquer dans la mémoire les grands principes 
de l'architecture. 



Ce lundy 10 e Juillet 1780 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers adressée au 
secrétaire, dans laquelle Monsieur le Directeur général 
dit qu'il n'y a pas d'inconvénient adonner au sieur Topi- 
nard copie du rapport de MM. les commissaires sur la 
pierre des carrières de L'Isle Adam, et l'Académie a dit 
que copie certifiée lui en seroit délivrée. 

Ensuite, lecture a été faite du troisième chant du poëme 
de M. Mayer sur Y Architecture : l'Académie a entendu 
avec satisfaction plusieurs parties de ce poëme et ne peut 
qu'exciter son auteur à donner à cet ouvrage la perfection 
qu'il exige. 



Ce lundy 17 e Juillet 1780. 

L'Académie étant assemblée, M. Mauduit a fait exposer 
un tableau représentant Louis XV d'heureuse mémoire, 
à l'âge qu'il pouvoit avoir lorsqu'il a honoré de Sa pré- 
sence l'Académie d'architecture : M. Mauduit a demandé 
la permission de luy en faire présent; elle a été sensible 

1. Ont signé en juillet : Bellicard, Bellissard, Boullée, 
Brébion, Chalgrin, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillau- 
mot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Perronet, 
Peyre, Pierre, Rousset, Trouard, M.-J. Sedaine. 



I780] 21 

à l'offre qu'il lui en fait et a remis sa réponse à la séance 
prochaine*. 

Ensuite, a été fait lecture de ce qui a été dit aux 
séances du sept septembre et du sept décembre 1778 : 
dans la première de ces séances, M. Morand a présenté un 
modèle de murs en talus pour soutenir la poussée des 
terres 2 , et à celle du 7 e décembre, l'examen de ce modèle 
a été suspendu par la maladie d'un académicien. Ce même 
objet a été remis sous les yeux le 17 e may 1779, et il a été 
dit qu'il en seroit fait rapport, et que MM. Perronet, 
Mauduit, Jardin et Antoine voudroient bien le solder et 
le communiquer à M. Soufflot, dont l'indisposition avoit 
occasionné le retard de ce rapport; l'Académie s'est 
occuppé de cet objet, et MM. les commissaires nommés 
ont promis de terminer ce rapport le plus tôt qu'il leur 
seroit possible. 



Ce lundy 24e Juillet 1780. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général, écrite de Ver- 
sailles « à M. Gabriel, directeur de l'Académie, ou à 
celuy de MM. les académiciens faisant fonction de di- 
recteur ». D'après cette lettre, qui sera inscrite cy après, 
l'Académie a nommé pour commissaires à l'exécution de 
la demande de ladite lettre MM. L'Epée, Franque, Bré- 
bion, Peyre l'aîné, Jardin et Guillaumot. 

Ensuite, sur la prière que M. Mauduit a faite à l'Aca- 
démie, à la séance précédente, d'accepter le portrait du 
feu Roy, il a été dit que le secrétaire en écriroit à Mon- 
sieur le Directeur général. 

1. Louis XV était venu à l'Académie d'architecture, le 2 août 
1719 {Procès-verbaux, t. IV, p. 179). 

2. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 361-364. 



11 [1780 

Lettre de M. le comte d'Angiviller à M. Gabriel. 

« De Versailles, le 23 juillet 1780. 

« M. Necker m'ayant prié, Monsieur, de charger l'Aca- 
démie royale d'architecture d'examiner quelques arran- 
gerons projetés par iM . Boullée pour rendre Vhôtel de La 
Force* propre à des prisonniers pour dettes et faits de 
police, et de donner son avis soit sur ces arrangemens, 
soit sur la dépense qu'ils occasionneront, je ne puis que 
concourir bien volontiers à cet objet. 

« Vous voudrez donc bien faire nommer des commis- 
saires pour cet objet, en leur recommandant, de ma part, 
de mettre dans cet examen la diligence convenable. Vous 
m'enverrez ensuite le résultat de leur examen, afin que je 
le fasse passer à M. Necker. 

« J'ai, etc. 

« Signé : D'Angiviller. » 



Ce lundy 3ie Juillet 1780. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés à la séance précédente ont dit qu'ils s'étoient 
transportés à Vhôtel de La Force pour l'examen des pro- 
jets dont il est question et qu'ils espéroient faire leur rap- 
port au plus tard le 14 e aoust. 

Ensuite, a été fait lecture de la suite de l'article « Goût » 
de Montesquieu, dans Y Encyclopédie, et les réflexions 
que cet article a fait naître sur les parties concernant les 
arts ont occuppé l'Académie. 

1. Entre les rues Sêvigné d'aujourd'hui et Pavée. Il servit 
de prison, une partie pour femmes, l'autre pour débiteurs, en 
1782; puis pour suspects pendant la Terreur. 



1780] 23 

Ce lundy 7 e Aoust 1780'. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a lu la de- 
mande que M. Mailler, auteur du poëme sur Y Architec- 
ture, fait à l'Académie de son approbation à cet ouvrage, 
et M. Sedaine rendra à l'auteur les sentimens de l'Aca- 
démie. 

Ensuite, M. Sedaine a dit que les élèves qui concourent 
pour le grand prix lui ont représenté que l'année passée 
leurs desseins n'avoient été exposés que le 23 e aoust, que 
cette année l'exposition étoit assignée au 14 e aoust et 
qu'ils prioient l'Académie de vouloir bien leur permettre 
de ne les rendre que le 21 : ce que l'Académie leur a 
accordé. 

Ensuite, M. Guillaumot a fait lecture du rapport de 
MM. les commissaires nommés pour l'examen des projets 
de M. Boullée pour l'hôtel de La Force, lequel a été ap- 
prouvé par l'Académie; et il a été dit que copie certifiée 
dudit rapport seroit envoyée par le secrétaire à Monsieur 
le Directeur général. 



Ce lundy 14 e Aoust 1780. 

L'Académie étant assemblée, après une seconde lecture 
de la lettre de Monsieur le comte d'Angivillers en date 
du 6 e aoust, laquelle sera inscrite cy après, elle a accepté 
avec reconnoissance l'offre de M. Mauduit comme une 
marque d'attachement de M. Mauduit pour sa Compa- 
gnie. [(Note marginale postérieure :) La lettre dont il est 
question est enregistrée page suivante.] 

1. Ont signé en août : Antoine, Bellicard, Bellissard, Bos- 
sut, Boullée, Brébion, Coustou, Desmaisons, Franque, Guil- 
laumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Moreau, Per- 
ronet, Peyre, Peyre le jeune, N.-M. Potain, Rousset, Trouard, 
de Wailly, M.-J. Sedaine. 



24 [1780 

'■ Knsuite, a été présenté à l'Académie la seconde lettre 
de M. Viel sur l'architecture*. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation dont le programme est une fontaine en face 
d'une rue, et le prix a été adjugé au s r Moette, élève de 
M. Billaudel. 

Enfin, il a été dit que, M. le Directeur étant absent, 
M. Sedaine, secrétaire, auroit l'honneur d'écrire à Mon- 
sieur le Directeur général pour le prévenir que les des- 
seins des grands prix seront exposés à la séance du 
21 e aoust, pour être, suivant la coutume, jugés à la séance 
suivante, à moins qu'il ne lui plaise assigner un autre 
jour pour le jugement desdits prix. 



Ce lundy 21e Aoust 1780. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général, laquelle est ins- 
crite cy après ; et, en conséquence de cette lettre, l'Aca- 
démie a nommé pour commissaires MM. L'Epée, Brê- 
bion, l'abbé Bossut et Boullée, afin que rapport soit fait 
avant les vacances. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre de Monsieur le 
Directeur général, en date du 18 e aoust, dans laquelle il 
dit que, quoique son désir soit de présider l'Académie, si 
ses affaires ne le lui permettent pas il ne faut pas que le 
jugement des prix soit retardé. 

Ensuite, l'Académie a nommé, pour le jugement de la 
conformité des projets aux esquisses, les mêmes commis- 
saires qui ont donné les détails du programme des prix : 
ainsy MM. De Wailly, Franque, Bellicard, Jardin , Guil- 
laumot et Bellicard s'assembleront pour faire rapport 
avant le jugement pour lequel l'Académie sera convoquée. 

1. Ce serait la seconde des Lettres sur l'architecture des 
anciens et des modernes, publiées en 1787. 



1780] 25 

L'Académie, enfin, s'est occuppé de l'examen des pro- 
jets qui concourent. 

Lettre de Monsieur le comte d'Angivillers à M. Sedaine. 

« De Versailles, le 6 aoust 1780. 

(Cette lettre auroit dû être à la suite de la séance du 
14 de ce mois.) 

« J'ai reçu, Monsieur, la lettre par laquelle vous me 
faites part, au nom de l'Académie royale d'architecture, 
du désir qu'a M. Mauduit de lui faire présent d'un por- 
trait de Louis XV, qui lui conviendroit d'autant mieux 
qu'il représente ce monarque dans l'âge auquel II honora 
cette Académie de Sa présence. 

« Je ne vois, dans la proposition et l'offre de M. Mau- 
duit, qu'une marque d'attachement pour la Compagnie, 
dont elle doit lui savoir gré : je consens, en conséquence, 
bien volontiers qu'elle accepte de lui ce portrait. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : D'Angiviller. » 

Lettre de M. le comte d'Angivillers à M. Gabriel. 

« Du 20 aoust 1780. 

« M. Lenoir m'ayant, Monsieur, témoigné désirer que 
l'Académie royale d'architecture examinât quelques pro- 
jets relatifs à l'écoulement des eaux de Bicestre*, je ne 
puis que concourir avec plaisir à cet objet. Vous voudrez 
donc bien faire nommer des commissaires pour cet exa- 
men : les plans seront présentés à l'Académie par M. Guil- 
laumot. 

« M. Lenoir désire être promptement en état de savoir 
à quoi s'en tenir sur le choix à faire de l'un de ces plans : 
c'est pourquoi je recommande aux commissaires qui 
seront nommés de s'occuper de cet objet avec toute la 
célérité et l'attention possibles. 

1. Voir plus loin, p. 28. 



26 [i 7 8o 

« Vous voudrez bien m'envoyer leur avis aussitôt qu'ils 
en auront fait leur rapport à TAcadémie. 
« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : D'Angiviller. » 



Ce lundy 28e Aoust 1780. 

L'Académie étant assemblée, après avoir entendu la 
lecture du rapport de MM. les commissaires nommés 
pour constater la conformité des projets des esquisses des 
élèves aux desseins faits d'après elles, elle a procédé au 
jugement des grands prix des neuf concurrens : l'Acadé- 
mie en a rejeté cinq, vu le défaut de conformité, et des 
quatre restans elle a donné ses voix pour le premier prix 
à la lettre N et pour le deuxième prix à la lettre Y. Ainsy, 
le premier prix a été décerné au sieur Trouard, élève de 
M. son père, académicien, et le second prix au sr Durand, 
élève de M. Perronet. 

Ensuite, MM. les commissaires nommés pour l'examen 
du projet des écoulemens des eaux de Bicestre ayant 
représenté que M. Lépée, l'un d'eux, étant à la campagne, 
il étoit nécessaire de nommer un nouvel académicien; 
que même, ce travail exigeant beaucoup d'attention, il 
seroit bien d'en augmenter le nombre, l'Académie a 
nommé à cet effet MM. De Wailly, Rousset et Jardin. 

Monsieur le Directeur général avoit écrit qu'il ne pour- 
roit présider l'Académie. 

Il a été dit, ensuite, que MM. Ha^on, Rousset, Bellicard, 
Jardin et Couture iront se présenter chez M. Soufflot* pour 
lui marquer l'intérest que l'Académie prend à sa santé. 



Ce lundy 4 e Septembre 1780 2 . 
L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a lu une lettre 

1. Voir la séance suivante. Soufflot mourut le 29 août. 

2. Ont signé en septembre : Bellissard, Bossut, Brébion, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Leroy, Perronet, 
Peyre, Pierre, Rousset, M.-J. Sedaine. 



1780] 27 

par laquelle M. Trouard, académicien, prie l'Académie 
•de vouloir bien accepter et déposer dans sa bibliothèque 
deux livres in folio, l'un intitulé : Les thermes de Diocté- 
tien, dédiés au cardinal de Granvelle par Sébastien dAya, 
architecte d'Anvers, et l'autre : Les bains des anciens 
Romains, publiés à Londres par le comte de Burlington, 
d'après les dessins de Palladio^ : deux livres que l'Acadé- 
mie accepte avec d'autant plus de reconnoissance qu'il 
est vray que ces livres sont rares et précieux; elle a chargé 
M. Sedaine de lui en faire ses remercîmens. 

Ensuite, M. l'abbé Bossut a fait lecture du rapport de 
MM. les commissaires nommés pour l'examen des projets 
de l'écoulement des eaux de Bicestre; l'Académie a ap-r 
prouvé ledit rapport et a dit que copie certifiée en seroit 
envoyée à Monsieur le Directeur général. 

M. Sedaine a notifié la mort de M. Soufflot, et l'Aca- 
démie a dit que le jour désigné pour les élections des 
places vacantes seroit indiqué à la rentrée. 

L'Académie a arrêté la liste de YAlmanach royal, 
laquelle sera envoyée à Monsieur le Directeur général 2 . 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation dont le programme est la porte d'une ville 
de guerre, et le prix a été donné au sr Moette, élève de 
M. Billaudel. [(Note postérieure :) Il a reçu sa médaille.] 



Ce lundy i3e Novembre 1780 3 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 

1. L'exemplaire des Thermes, annoté par J. Mariette, relié aux 
armes de l'Académie, est conservé à la Bibliothèque de l'Ins- 
titut, fol. Z. 140. Thermae diocletianœ ad pristinum splendorem 
revocatae studio A. Perrenoti episcopi atrebatensis Seb. Ab ya 
architecto, Anvers, i658. Le volume est un don de Trouard. — 
Le volume des Fabbriche antiche designate da Andréa Palladio, 
raccolte da conte di Burlington, Londres, 1730, est aussi à la 
Bibliothèque de l'Institut (très bel exemplaire relié aux armes 
de l'Académie). C'est également un don de Trouard dont le 
fils venait d'obtenir le grand prix. 

2. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 287, 3u, 321-333. 

3. Ont signé en novembre : Bellicard, Bellissard, Brébion, 



28 [1780 

statuts et règlemens et des déroyeances à iceux, ordonnés 
par l'édit du mois de septembre 1776* et par l'ampliation 
du bon du Roy concernant quelques articles des nouveaux 
statuts. 

Ensuite, l'Académie a dit qu'à la séance prochaine 
seroit fait lecture de l'article 49 e desdits statuts concer- 
nant l'adjonction au professorat. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre de MM. les admi- 
nistrateurs de Y Hôpital général 2 qui désirent que MM. les 
commissaires nommés pour l'examen des moyens de 
faire écouler les eaux de Bicestre veuillent bien donner 
un nouveau coup d'œil sur cet objet : les commissaires 
nommés se sont chargés de répondre à cette invitation et 
d'en rendre compte à l'Académie. 

Enfin, elle a arrêté que, pour la nomination aux places 
vacantes par le décès de M. Soufflot, elle seroit convoquée 
pour la séance du 4e décembre de cette année. 



Ce lundy 20 e Novembre 1780. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy a fait lecture 
de l'éloge de feu M. L'Ëcuyer z , académicien, mort en 
1776, qui a été écouté avec intérest et reconnoissance. 

Ensuite, ont été mis sous les yeux de l'Académie les 
études, projets et édifices construits sur les desseins de 
M. Renaudin, architecte aspirant 4 . 

Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, Gondoin, Guillau- 
mot, Hazon, Jardin, Leroy, de Lespée, Mauduit, Moreau, Pei- 
ronet, Peyre, Peyre le jeune, N.-M. Potain, Rousset, Trouard, 
de Wailly, M.-J. Sedaine. 

1. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 247-260, et Appendices. 

2. Aujourd'hui Hospice de la Salpêtrière. Cf. ci-dessus, p. 25, 
et ci-après, p. 3i. 

3. Lécuyer était mort en juin 1776 {Procès-verbaux, t. VIII, 
p. 272). 

4. Je n'ai rien trouvé sur Renaudin. Rousseau (mais est-ce 
Pierre?), p. 97, et Bellanger (t. VIII, p. 124) sont bien connus, 
Louis (t. VI, p. 102, 221, 241, 242) également. Guerne avait 



Ï780] 2g 

Ensuite, les études, édifices et projets de M. Rousseau, 

architecte aspirant. 

Ensuite, l'Académie a vu les études et différens objets 

exécutés par M. Bellanger, architecte aspirant, ainsy que 

la traduction faite par lui du Traité des marbres de Biaise 

Garyophile. 
M. Antoine a présenté, de la part de M. Faujas de 

Saint Fond, des exemplaires de son nouveau mémoire 

sur la manière d'employer la pouzzolanne 1 . 



Ce lundy 27e Novembre 1780. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy a fait lecture 
de l'éloge de Monsieur Trudaine 2 , associé libre honoraire. 

Ensuite, l'Académie a vu avec attention les desseins des 
monumens, exécutés et à exécuter, des sieurs Louis, 
Perlin, Guerne et Liègeon, architectes aspirans. 

Enfin, il a été dit que la convocation pour les élections 
seroit, ainsi qu'il a été arrêté, pour la séance du quatre 
décembre, et que M. Sedaine auroit l'honneur d'en écrire 
à Monsieur le Directeur général. 



Ce lundy 4 e Décembre 1780 3 . 
L'Académie étant assemblée, elle a procédé à la nomi- 

obtenu le grand prix en 1759. Liégeon a construit l'hôtel 
Balincourt, rue de la Pépinière; Perlin est signalé dans le Mer- 
cure de 1778 pour un dessin de bains publics. 

C'est la première fois que figure ce titre : aspirant (d'une 
candidature académique). 

Quant au traité des marbres traduit par Bellanger, c'est le 
De antiquis marmoribus Blasii Carophyli, Utrecht, 1743, in-4 
(Bibl. de l'Institut, Z. 81 f). La traduction n'était que manus- 
crite; il est probable qu'elle le resta. 

1. Procès-verbaux, t. VIII, p. 366, 38o. 

2. Trudaine était mort le 5 août 1777 (Procès -verbaux, 
t. VIII, p. 3io). 

3. Ont signé en décembre : Bellicard, Bellissard, Billaudel, 



3o [1780 

nation de trois académiciens de la seconde classe, pour 
qu'il plaise à Sa Majesté en choisir un afin qu'il remplisse 
la place d'académicien de la première classe, et l'Acadé- 
mie a, suivant l'ordre des scrutins, proposé les sieurs 
Boullée, Gabriel et Peyre l'aîné. 

Ensuite, l'Académie a procédé à l'élection des archi- 
tectes aspirans à la place vacante dans la seconde classe 
par la nomination à la première, et, par les premiers 
scrutins, ont été choisis les sieurs Paris, Rousseau, Per- 
lin, D'Orléans, Louis et De Bourges, et, après les scru- 
tins suivant les formes ordinaires, l'Académie propose les 
sieurs Paris, D'Orléans et Rousseau. 



Ce lundy 11 e Décembre 1780. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de M. le comte d'Angivillers — laquelle est inscrite 
cy après — et d'après cette lettre M. Boullée est monté 
à la première classe et M. Paris reçu à la seconde classe. 

Ensuite, M. Le Roy a fait lecture de l'éloge de M. Souf- 
flot, mort cette année, et cet éloge a été écouté avec 
intérêt et reconnoissance. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Brongniard 1 , 
architecte, puis d'une lettre de M. Bellanger, par laquelle 
il prie l'Académie de vouloir bien nommer des commis- 
saires pour constater l'utilité et la fidélité de la traduc- 
tion du traité sur les marbres de Biaise Garyophile, qu'il 
a faite et remise à l'Académie : elle a dit que la demande 
de M. Bellanger seroit remise sous ses yeux à la prochaine 
séance. 



Bossut, Brébion, Gherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, 
Fontanieu, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, de 
Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Perronet, Peyre, N.-M. Potain, 
Rousset, Trouard, de Wailly, M.-J. Sedaine. 

1. Sur Brongniart (i73g-i8i3), qui a construit la Bourse, voir 
Procès-verbaux, t. VIII, p. 272. 



1780] 3î 

Enfin, a été fait lecture du nouveau rapport de MM. les 
commissaires nommés pour l'examen des opérations à 
faire pour l'écoulement des eaux de Bicêtre*, d'après la 
nouvelle demande des administrateurs : lequel rapport a 
été approuvé par l'Académie et sera envoyé, certifié, à 
MM. les administrateurs. 

« A Versailles, ce 10 décembre 1780. 

« Je viens, Monsieur, de mettre sous les yeux du Roy 
le scrutin de Son Académie d'architecture, relatif à la 
promotion des sujets pour remplir les places vacantes. 
Sa Majesté, ayant fait choix du s»" Boullée pour remplir 
dans la première classe la place vacante par le décès de 
M. Soufflot et du s r Paris pour remplir dans la 2e classe 
la place vacante par la nomination d'un membre de cette 
classe à la première, je vous informe de cette décision 
du Roy, afin qu'à la plus prochaine assemblée il soit 
procédé, suivant l'usage, à l'installation de ces deux 
architectes. 

« J'ay l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 

très obéissant serviteur. 

« D'Angiviller. 

« A M. Gabriel père, ou en son absence à M , 

président, à l'Académie. » 



Ce lundy 18e Décembre 1780. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un 
vauxhal pour servir aux amusemens d'une grande ville, 
et le prix a été adjugé au sr Moette, élève de M. Billaudel. 

Ensuite, a été remis sous les yeux de l'Académie la 
demande de M. Bellanger sur la traduction de Biaise 
Caryophile : M. Mauduit s'est chargé d'en faire rapport 
et le manuscrit lui a été remis. 

1. Ci-dessus, p. 28. 



32 [ï 7 8o 

M. Sedaine a dit que M. Neufforge prie l'Académie de 
vouloir bien accepter le volume d'oeuvre de dessins d'ar- 
chitecture de sa composition 1 , et l'Académie a dit qu'il 
seroit, dans sa bibliothèque, joint aux autres volumes de 
M. Neufforge. 

M. Jardin, qui a présidé à cette séance, a été prié de 
demander à M. le Directeur général à quel jour et à 
quelle heure il voudra bien permettre que l'Académie lui 
rende ses devoirs au renouvellement de l'année. 



i. Ce peut être le tome IX qui a paru en cinquante cahiers, 
le dernier de 1780 {Procès-verbaux, t. VII, p. 217-218, et t. VIII, 
p. 3 9 ). 



i 7 8i] 33 



781. 



Ce lundy 8e Janvier 1781 '. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Tagliafichy, associé correspondant à Gênes, 
au sujet de la nouvelle année. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre de MM. les ad- 
ministrateurs de VHôpital général*, par laquelle ils remer- 
cient l'Académie de ses opérations pour l'examen de 
l'écoulement des eaux de Bicêtre. 

Ensuite, M. Le Roy a prononcé l'éloge de feu M. Con- 
tant*, académicien, éloge que l'Académie a écouté avec 
reconnoissance. 

Enfin, M. Franque a mis sous les yeux de l'Académie 
les dessins d'un pont exécuté en modèle à Montpellier, 
lesquels seront exposés à l'une des prochaines séances. 



Ce lundy i5e Janvier 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Pigage, associé correspondant, et du projet 
qu'il a de donner un livre sur les jardins anglois 4 . 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement des desseins 

1. Ont signé en janvier : Bellicard, Bellissard, Billaudel, 
Brébion, Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, Franque, 
Gondoin, Guillaumot, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, 
Moreau, Paris, Peyre, Pierre, N. -M. Potain, Rousset, Trouard, 
M.-J. Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 27-31. 

3. Contant était mort en 1777 {Procès-verbaux, t. VIII, 
p. 3i 4 ). 

4. Ce livre n'a pas paru, à ma connaissance du moins. Cf. 
plus loin, p. 52. 

ix 3 



3 4 [>7»i 

qui concourent pour le prix d'émulation, dont le pro- 
gramme est un reposoir, et l'Académie n'a point accordé 
de prix. 



Ce lundy 22e Janvier 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été remis sous ses 
yeux ce qui a été porté sur les registres, à la séance du 
i3e novembre 1780, qu'il seroit fait lecture de l'article 49 
des statuts concernant l'adjonction au professorat 4 . 

Après lecture faite dudit article, et d'après les scrutins 
et d'un consentement unanime, l'Académie a dit qu'elle 
proposeroit à Monsieur le Directeur et ordonnateur gé- 
néral un académicien pour être adjoint au professeur 
d'architecture, afin de le suppléer en cas de maladie ou 
d'autres cas légitimes qui l'empêcheroient de donner ses 
leçons. Cette proposition, de la part de l'Académie, n'est 
que prévoyance, M. le professeur d'architecture remplis- 
sant ses fonctions avec la plus grande exactitude. 

L'Académie, ensuite, a dit que les académiciens qui se 
proposent de remplir cette place se feront inscrire chez 
M. le secrétaire, qui les fera connoître à la séance du 
29 janvier : lequel jour on indiquera la séance pour la- 
quelle sera faite la convocation des académiciens pour 
procéder à la désignation de celui qui sera proposé à 
Monsieur le Directeur général, et cette délibération lui 
sera présentée et certifiée par M. Jardin, président en 
cette séance. 



Ce lundy 29 e Janvier 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers en réponse à 
l'extrait des registres que M. Jardin a eu l'honneur de lui 

1. Procès-verbaux, t. VIII, Appendices, p. 408. Les termes 
sont à peu près ceux qu'emploie l'Académie. 



i 7 8i] 35 

envoyer, ainsy qu'il lui a été prescrit en la séance précé- 
dente; et après cette lecture l'Académie a décidé parle 
scrutin que, vu le nombre des académiciens présens, il 
sera, en cette séance, procédé à la désignation de celui 
qui sera proposé. Et après le scrutin dans les formes or- 
dinaires, l'Académie propose unanimement à Monsieur 
le Directeur et ordonnateur général M. Bellicard, acadé- 
micien de première classe, pour remplir la place d'adjoint 
au professorat, aux conditions de l'article XLÎX, et 
M. Jardin, président en cette séance, aura l'honneur de 
présenter à Monsieur le Directeur général le vœu de 
l'Académie à cet égard. 

Ensuite, M. Brébion a dit que, le 8 janvier de cette 
année, il a fait exposer aux injures de l'air sur les combles 
du Louvre un chapiteau fait en carton par le s*" Gardeur, 
afin de constater la résistance aux impressions de Pair, 
ainsy que l'Académie en est convenu. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix d'ému- 
lation dont le programme est un muséum, et le prix a 
été adjugé au sr Magu, élève de Monsieur le comte d'An- 
giviller. [(Note postérieure :) J'ay donné la médaille, 
M. J. Sedaine A 



Ce lundy 5 e Février 1781L 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a proposé de 
rassembler les desseins des grands prix qui sont dans les 
armoires et de les faire réduire dans un format qui pût 
composer un recueil intéressant, afin que, d'un coup 
d'œil, on pût voir les progrès de l'École d'architecture. 

Gomme cette proposition a été déjà faite, l'Académie a 

1. Ont signé en février : Antoine, Bellicard, Bellissard, Billau- 
del, Bossut, Brébion, Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, 
Franque, Guillaumot, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, 
Paris, Peyre, Peyre le jeune, N.-M. Potain, Rousset, Trouard, 
M.-J. Sedaine. 



36 [i 7 8i 

dit qu'à la séance prochaine on mettroit sous ses yeux ce 
qui a été décidé lors des séances où il en a été question 4 . 

Ensuite, M. Jardin a fait voir un mémoire et des des- 
seins concernans des combles dont les fermes sont en 
planches et d'une construction qui paroît légère, facile 
et moins dispendieuse : l'Académie a nommé MM. Franque 
et Guillaumot pour faire l'examen de ce procédé et en 
faire rapport en la prochaine séance. 

M. Franque a présenté à l'Académie différens desseins 
et gravures de plusieurs édifices antiques de la ville 
d'Arles et de l'hôtel de ville fait sur les desseins de Jules 
Hardouin Mansard 2 ; ensuite, le dessein de la façade de 
Montmajour, construit à une demi lieue de la ville 
d'Arles par Mignard, architecte. 

Il a aussi fait voir le plan général de la fontaine de 
Nimes, faite du temps des Romains, restaurée et embel- 
lie depuis par les États de Languedoc 3 , et les desseins d'un 
pont construit en Sicile 4 sur les desseins du chevalier 
Fuga, Florentin, mort architecte du roi de Naples. 



Ce lundy 12e Février 1781. 

L'Académie étant assemblée, sur la proposition faite à 
la séance précédente de réduire tous les grands prix dans 
une forme à pouvoir les mettre en collection, depuis 
l'époque à laquelle il a été décidé que l'Académie propo- 

1. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 354. 

2. L'hôtel de ville avait été commencé sur les dessins de 
Valfenière. Mansart y avait travaillé, cf. Procès-verbaux, t. II, 
p. 59-60. — Pour Montmajour, c'est de Pierre Mignard l'ar- 
chitecte qu'il s'agit. Procès-verbaux, t. I, p. xlvi-xlviii et n. 2. 

3. La fontaine est en réalité une partie d'un nymphée 
antique. L'ensemble des constructions fut, en effet, restauré en 
1750 par l'ingénieur Maréchal. Cf. Procès -verbaux , t. I, 
p. 7 3, 74. 

4. Fuga, né en 1699, mort en 1781, fut en grande réputation. 
Travaux considérables à Rome, à Naples. Il est question en 
1728 d'un pont fait par lui aux environs de Palerme. 



i 7 8i] 3 7 

seroit des grands prix jusqu'à ce jour, l'Académie a dé- 
cidé que cette collection dans la forme prescrite ne com- 
menceroit à dater que des grands prix de Tannée 1776, 
année des nouveaux statuts et règlemens enregistrés en 
Parlement, et suivant les conditions prescrites dans les 
règlemens portés sur les registres arrêtés en la séance 
du 4e may 1778, et dans la forme désignée en la séance 
du 22e juin 1778, et afin que cette décision ait son exé- 
cution, l'Académie priera Monsieur le comte d'Angiviller 
de ne point ordonner la délivrance du brevet qui constitue 
l'élève pensionnaire aux frais de Sa Majesté qu'il n'ait 
remis au dépôt de l'Académie cette copie exacte de 
son prix. 

Enfin, l'Académie, après l'examen des desseins qui 
concourent pour le prix d'émulation, dont le programme 
est une place publique, a décidé qu'il ne seroit point 
accordé de prix. 



Ce lundy 19 e Février 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller adressée à 
M. Gabriel, directeur, et remise à M. Jardin, présidant la 
Compagnie, par laquelle lettre, inscrite cy après, il est dit 
que Sa Majesté a confirmé l'élection de l'Académie, en 
accordant à Monsieur Bellicard, académicien, le titre 
d'adjoint à professeur, et M. Bellicard a laissé le brevet 
qui le confirme pour être porté sur le registre. 

Enfin, l'Académie a fait l'examen des desseins qui con- 
courent pour le prix d'émulation. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angiviller à 
M. Gabriel et remise à l'Académie par M. Jardin, en date 

du 14 février 178 1 : 

« Le Roi, sous les yeux de qui, Monsieur, j'ai mis la 
délibération de l'Académie relative à l'adjonction au pro- 



38 [i 7 8i 

fessorat, a bien voulu confirmer l'élection de cette Compa- 
gnie en accordant au sieur Bellicard*, qu'elle a présente, 
le titre d'adjoint à professeur ; je vous en informe afin que, 
lors de la première assemblée, il puisse être reçu en cette 
qualité, suivant l'usage. 
« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 

Commission d'adjoint à professeur 
en faveur de M. Bellicard. 

« Nous, Charles Claude de Flahault de La Billarderie, 
comte d'Angiviller, conseiller du Roi en ses conseils, 
mestre de camp de cavalerie, chevalier de l'ordre royal et 
militaire de Saint Louis, chevalier commandeur des 
ordres royaux militaires et hospitaliers de Saint Lazare, 
de Jérusalem et de Notre Dame du Mont Carmel, inten- 
dant du Jardin royal des Plantes, pensionnaire vétéran 
de l'Académie royale des sciences, directeur et ordonna- 
teur général des Bâtimens du Roi, jardins, arts, acadé- 
mies et manufactures royales, grand voyer de la ville de 
Versailles, 

« Sur les représentations qui nous ont été adressées par 
l'Académie royale d'architecture qu'il seroit à désirer, 
pour le meilleur enseignement des élèves de cette Acadé- 
mie, de mettre en vigueur l'article 49 des lettres patentes 
de 1775 portant création d'une place d'adjoint à profes- 
seur, et sur la présentation qu'elle nous a faite de M. Bel- 
licard, ancien contrôleur des Bâtimens du Roi et l'un de 
ses membres de la première classe, pour remplir cette 
place, nous, ayant en vue le bien des élèves de ladite 
Académie et sous le bon plaisir du Roi, avons confirme 
l'élection de mondit sieur Bellicard, l'autorisant en tant 

1. Voir l'introduction. Nous donnons ici intégralement les 
titres portés par Angiviller. Sur Montucla, voir Procès-ver- 
baux, t. VIII, p. 3oi, 



1781] 3 9 

que besoin est à remplir les fonctions de ladite place 
d'adjoint à professeur, au défaut du professeur, et de son 
consentement, sans, pour cause de ce service, pouvoir 
prétendre à aucuns appointemens quelconques, confor- 
mément aux intentions de Sa Majesté. 

« En foi de quoi nous lui avons fait expédier la pré- 
sente commission que nous avons signée, fait contresi- 
gner par le secrétaire général des Bâtimens du Roi et scel- 
ler du cachet de nos armes. 

« Fait à Versailles, le 12 février 1781. 

« Signé : d'Angiviller. » 

Plus bas est écrit : « Par Monsieur le Directeur et or- 
donnateur général; signé : Montucla. » 



Ce lundy 26 e Février 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller inscrite cy après, 
et en conséquence l'Académie a nommé pour l'examen 
du projet des Halles ' MM. Franque, Rousset, Bellicard, 
Guillaumot, Cherpitel et Paris, lesquels en feront rapport, 
le plus tôt possible. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés le 5 de ce mois pour les différentes 
constructions de charpente des combles, et l'Académie, 
après avoir approuvé le rapport, a dit qu'il seroit à pro- 
pos de faire faire de cette construction un petit modèle 
en relief pour être déposé à l'Académie et être utile à ses 
élèves. 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est une orangerie, et le prix a été 
adjugé au s r Magu, élève de Monsieur le comte d'Angi- 
viller. [(Note postérieure :) Il a reçu sa médaille.] 

1. Il s'est fait à cette époque de nombreux projets pour les 
Halles et le dégagement du quartier. Voir page suivante. 



40 [1781 

Enfin, a été fait lecture d'un mémoire du s r BerthauldL 
graveur d'architecture, par lequel il propose de graver les 
dessins qui ont remporté et qui remporteront les premiers 
prix, et l'Académie a nommé MM. Perronnet, Le Roy, 
Bellisard et Paris pour en faire rapport. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angivillcr 
a M. Gabriel; de Versailles, le 23 février 1781. 

« M. le président de Fautras 2 , Monsieur, m'ayant de- 
mandé mon agrément pour que l'Académie examine un 
projet du sieur Loret, architecte, pour une place et éta- 
blissement des Halles à Paris, j'y donne d'autant plus 
volontiers mon consentement qu'il seroit, en effet, fort à 
désirer que le quartier actuel des Halles prît une forme 
qui lui assurât plus de commodité et plus de salubrité. 

« L'Académie peut donc nommer des commissaires 
pour l'examen de ce projet et délivrer à son auteur 
l'avis qu'elle croira être dans le cas de porter pour lui 
servir ce que de raison. Ce projet étant d'ailleurs fort 
intéressant par lui même, je verrai volontiers ce qu'en 
pense l'Académie. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 5 e Mars 1781 :t . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller en réponse à la 

1. Est-ce Duplessis-Bertaux, le graveur bien connu, mort en 
i8i5? 

2. Jacques-Benjamin de Fautras était président de la deu- 
xième chambre de la Cour des aides depuis 1766. — La ques- 
tion des Halles reviendra. Nous renvoyons à l'introduction. 

3. Ont signé en mars : Bellicard, Bellissard, Billaudel, Bos- 
sut, Brébion, Cousiou, Desmaisons, Franquc, Guillaumot, Jar- 
din, Leroy, Lespée, Moreau, Paris, Peyre, Peyre le jeune, 
N.-M. Potain, Rousset, Roux, Trouard, M.-J. Sedaine. 



i 7 8i] 41 

délibération arrêtée en la séance du 12 février 1781 ; cette 
délibération propose de réduire les grands prix depuis 
l'année 1776, en se conformant à ce qui a été arrêté en la 
séance du 4 e may et du 22 juin 1778. Il a été dit que 
M. Jardin auroit l'honneur d'écrire à Monsieur le comte 
d'Angiviller pour remettre sous ses yeux les délibérations 
arrêtées par luy. 

Ensuite, M. Guillaumot, l'un des commissaires nom- 
més pour l'examen du projet des Halles, a lu leur rapport 
préliminaire, dont le précis est que, lorsque l'Académie 
est consultée sur des projets d'architecture, il est néces- 
saire que leurs auteurs remettent dans les dépôts de 
l'Académie un double du projet proposé, afin qu'il ne 
résulte point de l'attention de l'Académie sur ces objets 
un abus qui peut être préjudiciable, en ce que les auteurs 
peuvent s'authoriser des réponses qu'ils disent être celles 
de l'Académie. En conséquence, il a été dit que M. Loret 
remettroit au dépost de l'Académie, avant son jugement, 
un double de ses plans conformes à ceux présentés sur 
une échelle convenable, ainsy qu'une copie de son mé- 
moire. 



Ce lundy 12e Mars 1781. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine ayant dit que 
M. Dorcet 1 , professeur du Collège royal, prioit qu'on lui 
accordât la communication du dessein en coupe du 
puits de VÉcole militaire, qui étoit dans les dépôts de 
l'Académie, afin qu'il y puisât des observations physiques 
sur les couches de terrain que cette construction a tra- 
versées, l'Académie a dit que ce dessein seroit communi- 

1. D'Arcet ou Darcet est indiqué dans YAlmanach royal 
comme médecin de la Faculté de Paris et professeur de chi- 
mie au Collège royal. Il devint membre de l'Académie^ des 
sciences en 1784. — Il a déjà été question du puits de VÉcole 
militaire. Procès-verbaux, t. VI, p. 235. 



42 [1781 

que à M. Dorcet dans les salles de l'Académie pour qu'il 
en tirât les connoissances qu'il désire. 

Enfin, a été fait lecture du rapport des commissaires 
sur le projet des Halles de M. Loret, et après des obser- 
vations et quelques changemens faits audit rapport, l'Aca- 
démie l'a approuvé et a dit que copie d'iceluy, certifiée, 
seroit remise par M. Jardin (en ce jour président) à Mon- 
sieur le Directeur général, et qu'une copie seroit remise à 
l'auteur du projet. 



Ce lundy 19e Mars 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés à la séance du 
26 e février de cette année sur la demande du s r Berthauld, 
et après le scrutin le rapport a été approuvé. 

Ensuite, il a été dit que Monsieur le Directeur général, 
par sa lettre en datte du 6 aoust 1780, ayant permis à 
l'Académie d'accepter le portrait du feu Roy présenté par 
M. Mauduit, ledit portrait n'ayant point de bordure 1 , 
Monsieur le Directeur général seroit prié de vouloir bien 
en accorder une, et que M. Jardin auroit l'honneur de 
lui'présenter la demande de l'Académie. 

La lettre de Monsieur le Directeur général, de Versailles, 
en datte du 4 e mars, sera enregistrée cy après. 

Lettre de Monsieur le comte d'Angiviller à M. Jardin. 

« De Versailles, le 4 mars 1781. 
« J'ai reçu, Monsieur, avec la lettre que vous m'avez 
adressée le i3 du mois dernier, l'extrait de la délibé- 
ration de l'Académie royale d'architecture par laquelle 
elle a décidé que la collection des grands prix seroit 
faite, à commencer de celui de 1776, dans une forme et 
grandeur déterminées : j'approuve fort cet arrangement 

\. Ci-dessus, p. 21. et plus loin, p. 44. 



i 7 8i] 43 

qui me paroit très judicieux et propre à rendre cette col- 
lection plus facile à faire et plus commode à consulter. 

* Mais je ne puis approuver également l'article de la 
même délibération par lequel il est dit que je serai prié 
de ne point faire délivrer à l'élève couronné le brevet qui 
le constitue pensionnaire de Sa Majesté à Rome qu'il 
n'ait satisfait à la remise de la copie de sa composition 
dans la forme arrêtée. Il paroîtroit résulter de là que 
celui qui remporte le prix a un droit acquis à la pension, 
ce qui n'est pas : plusieurs raisons pouvant s'opposer à 
ce qu'on envoyé à Rome le jeune homme qui auroit rem- 
porté le prix, et alors il seroit humiliant pour lui d'en 
être privé, il seroit même souvent injuste de le faire. Les 
prix remportés aux Académies n'ont aucun rapport direct 
avec cet établissement connu et exécuté par la munifi- 
cence et la bonté de nos Rois pour l'encouragement et 
les progrès des arts en France ; à la vérité, celui de mes 
prédécesseurs qui a vu dans les prix remportés aux Aca- 
démies un moyen de s'assurer, d'une manière impartiale 
et juste, du plus de talent et de dispositions des jeunes 
gens, a eu une parfaite bonne idée en liant ces deux 
choses pour encourager les élèves et pour écarter toute 
idée de faveur. Je la lui envie, mais en l'approuvant je ne 
puis changer en loi un moyen sage d'éclairer l'adminis- 
trateur ni donner à ces jeunes gens un droit aux grâces 
du Roi, qu'ils pourroient ne pas mériter d'ailleurs. Il est 
à propos, pour le bien des arts même, qu'ils sachent qu'il 
ne suffit pas d'avoir du talent pour les obtenir; au reste, 
il me paroît facile de les contraindre à fournir ces copies 
conformes, en ne leur délivrant les prix qu'après qu'ils se 
seront mis en règle à cet égard. 
« J'ai l'honneur d'être, etc. 



« Signé : d'Angiviller. 



44 [i?8i 

Ce mardy 27e Mars 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller adressée à 
M. Jardin, par laquelle Monsieur le Directeur général 
accorde la bordure demandée à la séance précédente. 

Ensuite, elle s'est entretenue des règlemens et interpré- 
tation concernant les élèves, dont le concours aux grands 
prix sera indiqué à la séance de la rentrée d'après Pâques. 

Enfin, a été fait lecture d'un discours lu à l'Académie 
de Marseille par M. Daggeville 1 , associé correspondant, et 
présenté à l'Académie par M. Franque, son commissaire, 
et il est invité par elle de lui témoigner le plaisir qu'il en 
a reçu. 



Ce lundy 2e Avril 1781 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que M. Sedaine 
s'informeroit, de la part de l'Académie, de la santé de 
Monsieur le comte d'Angiviller, qui est malade à Ver- 
sailles. 

Enfin, l'Académie s'est entretenue des procédés em- 
ployez pour la construction du pont de Moulins 2 dont les 
détails ont été mis sous ses yeux. 



Ce lundy 23e Avril 1781. 

L'Académie étant assemblée, M. De Wailly a présenté 
le modèle en bois d'un escalier très ingénieux qui peut se 
ployer verticalement sur lui même, ne présenter qu'une 

1. Sur d'Aggeville, voir l'introduction. 

2. Ont signé en avril : Bellicard, Bellissard, Brébion, Cous- 
tou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, 
Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, Peyre le jeune, Pierre, 
Rousset, Roux, Trouard, M.-J. Sedaine. 

3. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 96. 122; t. V, p. 286-288 et 
les renvois de la n. 1. 



1781] 4$ 

surface et se déployer avec facilité pour son usage : les 
marches sont mobiles et portent sur un noyau qui leur 
sert de pivot, et M. De Wailly a promis d'en remettre les 
desseins à l'Académie, qui a vu ce modèle avec beaucoup 
de plaisir et d'intérest. 

Ensuite, il a fait voir les travaux projetés par luy pour le 
Port Vendres en Rousillon, à vingt lieues de Barcelonne* , 
sur la Méditerranée, ainsy que le dessein de Vobélisque 
élevé à la gloire du Roy pour la reconnoissance de la 
province. 

Il a présenté, ensuite, de la part de M. Tagliafichy, 
associé correspondant, le plan géométral des carrières de 
marbre situées près de la ville de Carrare 2 , à quatre milles 
italiennes de la mer : sol très intéressant par les beaux 
marbres qu'il fournit à toute l'Europe. M. De Wailly a été 
chargé par l'Académie d'en remercier M. Tagliafichy et 
de lui demander des détails sur cet objet. 

Enfin, l'Académie a dit que MM. les académiciens 
seroient convoqués pour s'assembler, lundy 3o e avril à 
huit heures précises du matin, aux fins de donner aux 
élèves le programme des grands prix; et il sera porté sur 
les billets d'invitation que l'Académie s'assemblera extraor- 
dinairement, le lendemain à dix heures précises du matin, 
conformément à ce qui a été réglé par Monsieur le Direc- 
teur général par sa lettre en date du 25 e avril 1779. 



Ce lundy 3o e Avril 1781. 
L'Académie étant assemblée à huit heures précises du 

1. Port-Vendres n'était plus au milieu du xviii" siècle qu'un 
misérable port à peine accessible aux navires. Les travaux dé 
restauration et d'agrandissement furent entamés en 1780 par 
l'initiative de l'intendant du Roussillon, le comte de Mailly. 
L'obélisque fut décoré à sa base de quatre bas-reliefs, dont 
l'un rappelait l'indépendance des Etats-Unis. 

2. Les marbres de Carrare étaient célèbres depuis longtemps ; 
il en sera question ci-après, p. 63. 



46 [1781 

matin pour donner le programme des grands prix, des 
sujets proposés l'Académie a choisy par la voye du scru- 
tin et demande à ses élèves pour le sujet du prix de 
l'année 1781 le plan, l'élévation et la coupe d'une cathé- 
drale pour une capitale comme Paris. La plus grande 
extension de ce monument sera de quatre vingt toises 
tout compris, et les élèves auront une attention d'y bien 
placer la sacristie, le trésor et des fonds baptismaux, qui 
seront compris dans la masse de l'église. 

Les élèves seront libres de donner à leur projet la 
forme qu'ils jugeront convenable, et ils joindront aux 
dessins demandés ci dessus un plan général dans lequel 
ils feront entrer, outre la masse de ce monument, un pa- 
lais épiscopal, l'habitation des chanoines, la maîtrise des 
enfants de chœur et une ou deux tours, le tout lié à la 
disposition d'une place publique, mais seulement en masse 
et sans aucune distribution. 

L'échelle des esquisses de l'église sera d'une ligne et 
demie par toise et le plan général en esquisse sera d'une 
ligne. 

L'échelle des dessins rendus au net aura neuf lignes 
pour toise et celle du plan général deux lignes pour toise 
seulement. 

Les élèves observeront de ne faire entrer dans l'éléva- 
tion, coupe et plan en grand, que ce qui a rapport à la 
cathédrale seulement. 

L'Académie exige des élèves de se conformer très exac- 
tement aux mesures données, que les esquisses soient ter- 
minées de manière à n'être susceptibles d'aucun change- 
ment et que les dessins au net soient absolument semblables 
aux esquisses; ceux qui n'auront pas rempli ces condi- 
tions seront mis hors de concours. 

Les élèves remettront leurs esquisses à cinq heures du 
matin, et l'Académie ayant déterminé de s'assembler de- 
main à dix heures du matin pour les juger, aucun élève 
concourant ne sortira avant l'assemblée. 



i7»0 47 

Et l'Académie a nommé pour l'examen de la conformité 
des esquisses les mêmes commissaires qui ont rédigé les 
conditions du programme; ainsi MM. De Wailly, Bré- 
bion, Bellicard, Peyre, Jardin et Paris s'assembleront 
demain à huit heures du matin dans les salles pour pré- 
parer le travail de l'Académie, lors de son assemblée à 
dix heures du matin, et elle a dit que la séance de ce jour 
ne seroit arrêtée que demain mardi après le jugement des 

esquisses. 

M. J. Sedaine. 



Et ce mardy i er May 1781 *'. 

L'Académie étant assemblée à dix heures du matin, il 
a été fait lecture du programme proposé aux élèves et, 
du rapport de MM. les commissaires sur la conformité et 
non conformité des esquisses à ce qu'exige ledit pro- 
gramme, et après l'examen et vérification des observa- 
tions de MM. les commissaires et discussion sur cet ob- 
jet, des trente deux esquisses exposées à l'Académie elle 
en a fait retirer deux, et des trente restantes elle a choi- 
sy, par le scrutin, les esquisses désignées par les R, T, 
Q, I, F, Y, DD, H, X : ainsy les sieurs Moette, Courte 
Épée, Combes, Vital, Thian, Froideau, Thomas, Pattu et 
Félix concourront pour le grand prix. Les élèves ren- 
dront le lundy 20 e aoust avant midy. 



Ce lundy 7e May 1781. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un petit 
pavillon isolé et séparé du principal corps de logis d'une 

1. Ont signé en mai : Bellicard, Bellissard, Brébion, Cherpi- 
tel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jar- 
din, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, Pierre, 
Rousset, Trouard, Sedaine. 



4# [1781 

maison de plaisance, lequel contiendra une petite cha- 
pelle, et le prix a été adjugé au s r Vaudoyer, élève de 
M. le comte d'Affry. 



Ce lundy 14 e May 1781. 

L'Académie étant assemblée, elle a dit que MM. L'Egée, 
Roussel, Bellicard et Jardin iroient en l'hôtel de Madame 
la marquise de Ménars' lui présenter, de la part de l'Aca- 
démie, les complimens de condoléances sur la perte 
qu'elle vient de faire. 

Ensuite, M. Paris a mis sous les yeux de l'Académie 
les réflexions qu'il a faites à Rome sur les desseins qui 
composent le livre de M. Desgodetç, et l'Académie, ayant 
reconnu que ces réflexions avoient été faites avec beau- 
coup d'intelligence et d'exactitude 2 , elle a prié l'auteur 
(M. Paris) de permettre que copie en fût faite pour être 
jointe au livre de Desgodetq qui est dans sa bibliothèque : 
ce qu'il a accepté avec reconnoissance. 



Ce lundy 21 e May 1781. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est la porte 
d'un arsenal de marine, et le prix a été adjugé au sr Pé- 
chade, élève de M. Jardin. 

Enfin, M. Paris, sur la demande de l'Académie, a fait 
lecture de quelques chapitres de ses réflexions et des notes 
intéressantes qu'il a faites sur les édifices et monumens 
de l'ancienne Rome, ce qu'elle a écouté avec plaisir et 
intérest. 

1. Marigny était mort le 10 mai, depuis sa démission il était 
demeuré adjoint à la direction des Bâtiments. Il avait pris le 
titre de marquis de Ménars en 1764. Voir sur lui l'introduction. 

2. Cf. Procès-verbaux, t. III, p. xvn-xix, et le ms. 1905 de la 
bibliothèque de l'Institut où se trouvent les dessins de Paris. 



17*0 49 

Ce lundy 28 e May 1781. 

L'Académie étant assemblée, M. Franque a mis sous 
ses yeux différens projets qu'il a faits en 1775 pour chan- 
ger l'entrée et former des bâtimens accessoires en Yab- 
baye Saint Denis*, ainsy que des projets pour la déco- 
ration du chœur et compartimens des marbres du pavé 
de ladite église : ce que l'Académie a vu avec plaisir. 

Enfin, elle a examiné les desseins qui concourrentpour 
le prix d'émulation qui sera jugé à la séance prochaine. 



Ce lundy ne Juin 1781 2 . 

L'Académie étant assemblée, M. Jardin a présenté en 
l'absence de M. Paris, académicien (lequel est absent), la 
description du mausolée érigé pour l'impératrice reine 
de Hongrie sur ses desseins 3 : ce que l'Académie a accepté 
pour être déposé dans sa bibliothèque. 

Enfin, elle a procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est un escalier de terrasse servant de 
base à l'avant corps d'un magnifique château, et le prix a 
été donné au sieur Thomas, élève de M. Le Roy. 



Ce lundy 18e Juin 1781. 

L'Académie étant assemblée, l'incendie récent de la 
salle de l'Opéra ayant occupé tous les esprits 4 , elle s'est 

1. L'abbaye de Saint-Denis fut entièrement reconstruite à 
partir de 1700. On voit que les travaux de Franque y furent 
considérables. Nous parlerons de lui dans l'introduction. 

2. Ont signé en juin : Bellicard, Bellissard, Brébion, Cher- 
pitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Gondoin, Jardin, Leroy, 
Lespée, Moreau, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, M.-J. Sedaine. 

3. Je n'ai pas trouvé ces dessins. Il s'agit de Marie-Thérèse. 

4. L'opéra fut incendié le 8 juin. On décida la construction 
d'une salle provisoire au Boulevard Saint-Martin. 

IX 4 



5o [1781 

entretenue des moyens les plus certains pour prévenir, 
arrêter de pareils accidens et garantir le public des mal- 
heurs qui en peuvent résulter. 

Enfin, il a été fait lecture de la suite de l'article « Goût 1 » 
dans F Encyclopédie, qui avoit été commencé dans l'une 
de ses séances. 



Ce lundy 25« Juin 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait l'examen des 
desseins qui concourent pour le prix de perspective. 

Ensuite, il a été fait lecture d'un mémoire de 
M. Franque, qui indique et rassemble les moyens qui 
peuvent concourir (autant qu'il est possible) à la sûreté 
d'un spectacle en cas d'incendie, tant par la construction 
des salles que par la police qui doit être observée. Et 
l'Académie a invité M. Franque à mettre ce mémoire 
dans le meilleur ordre pour être laissé dans le dépost de 
l'Académie. 



Ce lundy 2« Juillet 1781 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment des dessins qui concourent pour le prix d'émula- 
tion, donnés sur un programme de perspective, et l'Aca- 
démie a décidé qu'il n'y auroit point de prix. 

Enfin, sur la demande faite au nom des élèves et pré- 
sentée par M. le secrétaire sur le changement des échelles 
ordonnées dans le programme des grands prix, l'Acadé- 
mie a dit que les élèves eussent à se conformer aux 
échelles fixées par le programme. 

1. Ci-dessus, p. 18. 

2. Ont signé en juillet : Bellicard, Brébion, Cherpitel, Cous- 
tou, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, Hazon, Jar- 
din, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Perronet, 
Peyre, Pierre, N.-M. Potain, Rousset, Trouard, M.-J. Sedaine. 



1781] 5i 

Ce lundy 9 e Juillet 1781. 

L'Académie étant assemblée, le s r Charpentier a pré- 
senté une pompe composée d'un seul corps qu'il dit réu- 
nir les avantages d'une pompe à deux corps, et l'Acadé- 
mie, pour l'examen de cette invention et en constater 
l'utilité, a nommé commissaires MM. Le Roy, Mauduit, 
Jardin et Guillaumot. 

Enfin, M. Six, architecte, ancien élève', a fait voir les 
plan, coupe, profil et élévation d'un grand projet d'arse- 
nal, lequel comprend le palais du grand maître d'artille- 
rie, le tout de sa composition. 



Ce lundy 16e Juillet 1781. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est entretenu de la 
conduite la plus certaine pour parvenir à accorder aux 
ouvriers ce qui doit leur être justement alloué dans le 
règlement de leurs mémoires 2 . 

Les élèves ayant fait de nouvelles représentations sur 
le peu d'étendue de leurs loges et la grandeur de l'échelle 
du plan général, il a été dit que M. le professeur d'archi- 
tecture jugeroit leur demande et en feroit rapport à 
l'Académie. 



Ce lundy 23e Juillet 1781. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy ayant fait rap» 
port de la demande des élèves (ainsy qu'il en avoit été 
chargé à la séance précédente), l'Académie a décidé que 
les élèves se conformeroient à l'échelle prescrite par le 
programme. 

î. Six a déjà paru, mais il ne figure pas sur les différentes 
listes de l'Académie. 

2. Nous n'avons malheureusement pas ce mémoire. La pré- 
occupation de l'Académie est à signaler; elle correspond bien 
aux tendances de l'époque. Cf. Bachaumont, t. XXIX, p. 172, 173. 



52 [i 7 8i 

Enfin, il a été fait lecture de l'article « Péristyle » dans 
Y Encyclopédie, et l'Académie s'est entretenu du péristyle 
et du périptère. 



Ce lundy 3o e Juillet 1781. 

L'Académie étant assemblée, les sieurs Laboureau et 
Bernard ont présenté un nouveau vernis de leur compo- 
sition et un mémoire de ses propriétés. L'Académie, 
d'après les expériences qui ont été faites en sa présence, 
juge préliminairement que cette espèce de vernis a plu- 
sieurs des propriétés énoncées au mémoire présenté; à 
l'égard de celles qui dépendent du temps et des circons- 
tances locales, l'expérience et l'usage feront connoître ce 
que l'on doit penser du mérite de ce vernis. Et, d'ailleurs, 
l'Académie a nommé commissaires MM. Brébion, Boullée, 
Mauduit, Peyre l'aîné et Guillaumot pour en faire rap- 
port d'après un examen plus réfléchy. 



Ce lundy 6 e Aoust 1781 K 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy a fait lecture 
d'une lettre de M. Pigage, associé correspondant, qui fait 
part à l'Académie de la satisfaction que l'Empereur a 
paru avoir en parcourant les jardins faits sur ses desseins 2 . 

Enfin, l'Académie a fait faire en sa présence des expé- 
riences de la pompe de M. Charpentier, et les commis- 
saires nommés à la séance du 9 e juillet ont promis d'en 
faire rapport à la séance prochaine, ainsy que celuy des 
vernis des sieurs Laboureau et Bernard. 

1. Ont signé en août : Antoine, Bellicard, Brébion, Cherpi- 
tel, Coustou, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Pa- 
ris, Perronet, Peyre, Peyre le jeune, Pierre, N.-M. Potain, 
Rousset, Trouard, de Wailly, Watelet, M.-J. Sedaine. 

2. Je pense qu'il s'agit des jardins de Schwet^ingen dans le 
Palatinat, dessinés par Pigage. Cf. ci-dessus, p. 33. 



i 7 8i] 53 

Ce lundy i3 e Aoust 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
de la pompe du sr Charpentier, et ledit rapport a été ap- 
prouvé par l'Académie. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen du vernis des sieurs 
Laboureau et Bernard, et ledit rapport a été approuvé 
par l'Académie. 

Ensuite, il a été représenté que MM. les académiciens 
de la première classe, depuis et compris l'année 1776, 
n'avoient pas joui de leurs droits de présence *, et qu'il 
seroit bien de nommer des académiciens pour faire un 
mémoire qui seroit présenté à Monsieur le Directeur gé- 
néral, lequel mémoire sera lu à la séance prochaine pour 
être approuvé par l'Académie et ensuite présenté, et 
l'Académie a nommé MM. Moreau et Sedaine pour rédi- 
ger ledit mémoire. 

L'Académie ayant appris la mort de M. Gabriel fils 2 , 
académicien, MM. L'Èpée, Franque, Coustou, Peyre et 
Bellicard ont été nommés pour témoigner à Monsieur et 
Madame Gabriel la part que l'Académie prend à la perte 
qu'ils viennent de faire. 

Enfin, il a été procédé au jugement du prix d'émulation 
de perspective, et le prix a été adjugé au sieur Magu, 
élève de Monsieur le comte d'Angivillers. 



Ce lundy 20 e Aoust 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire sur une invention dite nouvelle, concernant la 

1. Cf. ci-dessus, p. i*5, et ci-après, p. 54-57, pour cette affaire 
qui revient sans cesse. 

2. Gabriel fils avait été élu en 1763. Il a peu marqué à l'Aca- 
démie ou ailleurs. 



3 4 [1781 

dorure à l'huile brunie, présentée par le s r Le Fèvre, et 
l'Académie a nommé, pour l'examen de cet employ de la 
dorure, MM. De Wailly, Franque, Bellicard, Peyre, Jar- 
din et Paris : lesquels en feront rapport à l'Académie. 

Ensuite, il a été dit que sur les registres seroit portée 
l'invitation faite à Monsieur le Directeur général de vou- 
loir bien la présider, le 27e aoust, jour auquel elle sera 
convoquée pour le jugement des grands prix, si Monsieur 
le Directeur général n'assigne pas un autre jour. 

Ensuite, l'Académie a nommé commissaires, pour l'exa- 
men de la conformité des esquisses aux dessins présen- 
tés, les mêmes académiciens qui ont rédigé le programme 
du grand prix : MM. De Wailly, Brébion, Bellicard, Peyre, 
Jardin et Paris, lesquels s'assembleront pour faire rap- 
port avant qu'il soit procédé audit jugement. 

« L'Académie royale d'architecture a l'honneur de prier 
Monsieur le Directeur général de vouloir bien la présider 
lundy 27e aoust, jour auquel elle doit être convoquée 
pour le jugement des dessins qui concourent pour le 
grand prix, s'il n'assigne pas un autre jour; elle recevra 
cette décision avec la sastifaction la plus grande, si cela 
lui procure l'honneur d'être présidée par Monsieur le Di- 
recteur. 

, « Signé : Hazon, présidant l'assemblée. » 



Ce lundy 27e Aoust 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
de la conformité des dessins aux esquisses, et elle a pro- 
cédé au jugement des grands prix : par le serutin, le pre- 
mier prix a été adjugé au sieur Louis Combes, élève de 
M. Mique, et la médaille d'or représentant le buste du 
Roy, et au revers celuy de la Reine, lui a été donnée'. 

1. Voir le Catalogue des médailles de la Monnaie. 



i 7 8i] 55 

Et, par le scrutin, le second prix a été adjugé au s r Jean 
Baptiste Philibert Moette, élève de M. Billaudel. 

Enfin, a été fait lecture d'un imprimé renfermant les 
réflexions de M. Peyre l'aîné, académicien, sur les jar- 
dins d' Ermenonville : l'Académie les a écoutées avec plai- 
sir'. 

Ce lundy 3 e Septembre 1781 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait une seconde 
lecture du mémoire à présenter à Monsieur le comte 
d'Angiviller, lequel sera signé du président, soussigné par 
le secrétaire et présenté à Monsieur le Directeur général. 

Ensuite, a été fait lecture, par M. Sedaine, de réflexions 
sur le mot caractère appliqué à l'architecture et dont 
Y Encyclopédie n'a pas développé l'usage : l'Académie, 
qui a écouté ces réflexions avec plaisir, a prié M. Sedaine 
de les déposer à la page du volume de Y Encyclopédie qui 
traite cet article. 

Ensuite, elle a procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est une fête publique qui pour- 
roit être donnée à l'occasion de la paix, et le prix a été 
adjugé au sieur Sobre, élève de M. Le Doux. 

Enfin, M. Peyre, d'après la demande de l'Académie, a 
donné à chaque académicien un exemplaire de sa lettre 
sur les jardins d'Ermenonville, lue à la séance précédente 
et écoutée avec une satisfaction unanime. 



Ce lundy 12e Novembre 1781 3 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
statuts et règlemens enregistrés en Parlement. 

1. Je n'ai vu nulle part cet imprimé signalé parmi les œuvres 
de Peyre. 

2. Ont signé en septembre : Bellicard, Coustou, Desmaisons, 
Franque, Jardin, Ledoux, Leroy, Moreau, Perronet, Peyre, 
Peyre le jeune, N.-M. Potain, Rousset. 

3. Ont signé en novembre : d'Affry, Bellicard, Bossut, Bré- 



56 [i 7 8i 

Ensuite, il a été décidé que l'Académie feroit chanter 
un Te Deum en actions de grâces de l'heureux accouche- 
ment de la Reine et de la naissance de Monseigneur le 
Dauphin 1 . 

Ensuite, il a été dit que l'Académie seroit convoquée 
pour l'élection des architectes aspirans, laquelle sera 
faite en la séance du lundy 26 e novembre. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre de Monsieur le 
Directeur général, en réponse au mémoire présenté pour 
le débet des droits de présence de la première classe, 
lequel mémoire et laquelle lettre sont inscrits cy après. 

Enfin, il a été dit que MM. Perronet, Potain, Peyre et 
Jardin iroient à Versailles faire compliment à Monsieur 
le comte d'Angiviller sur son mariage 2 et lui marquer 
l'intérest qu'elle prend à sa santé. 

Copie du mémoire adressé le 21 aoust ij8i à M. le 
comte d'Angiviller par l'Académie et dont il est parlé 
dans la séance dernière : 

« Monsieur, 
« L'Académie royale d'architecture qui, sous votre 
administration éclairée, a reçu tant de preuves de la 
bonté de Sa Majesté et de votre bienveillance particulière, 
a l'honneur de vous représenter, Monsieur, que l'article 22 
des nouveaux statuts que vous lui avez procurés porte 
une attribution de dix francs à chaque académicien de la 
première classe, lorsqu'il est présent aux séances de l'Aca- 
démie. 

bion, Coustou, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Perronet, Peyre, Peyre 
le jeune, N.-M. Potain, Rousset, Trouard, Watelet, M.-J. Se- 
daine. 

1. Il s'agit de Louis-Joseph-Xavier François, né le 22 octobre, 
mort le 4 juin 1789. 

2. Angiviller épousa, après une longue liaison, E.-J. de La- 
borde (1735-1808), veuve de Binet de Marchais, qui eut sa place 
parmi les femmes plus ou moins célèbres du xvnr siècle. Elle 
tint un salon, 



i7««] 5 7 

« Cet honoraire, Monsieur, forme la seule grâce accor- 
dée aux académiciens : aucune portion n'en a été payée 
depuis et compris 1776, cependant les autres Académies 
reçoivent exactement les droits de présence qui leur sont 
accordés. L'Académie vous supplie, Monsieur, de prendre 
cet exposé en considération et de lui faire ordonner le 
payement de cette attribution, dont elle doit le renouvel- 
lement aux bontés de Sa Majesté et à l'attention dont 
vous l'avez honorée. 

« Nous vous présentons, Monsieur, les profonds respects 
de l'Académie. 

« Fait à l'Académie, ce lundi 20 aoust 1781. 

« Signé : Moreau, Sedaine. » 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angiviller en 
réponse au mémoire de l'Académie, dont copie est ci 
dessus : 

« A Versailles, le 11 septembre 1781. 

« Rien de plus juste, Monsieur, que la réclamation de 
l'Académie. Je suis plus peiné qu'elle, peut être, que l'ob- 
jet en existe ; mais les circonstances l'ont emporté sur mes 
désirs. Je me crois au point de diminuer bientôt et très 
sensiblement ce débet et j'espère parvenir à l'empêcher 
de renaître, du moins à un point aussi considérable. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 
très obéissant serviteur. 

« Signe : d'Angiviller. 

« A M. Jardin. » 



Ce lundy 19 e Novembre 1781. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés à la séance précédente pour aller vers Monsieur 
le comte d'Angivillers ont rendu compte de leur députa- 
tion. 

Ensuite, l'Académie a vu les desseins des édifices faits et 



58 [i 7 8i 

à faire de MM. les architectes aspirans à la place vacante, 
à la nomination desquels l'Académie procédera en la 
séance du 26e novembre, pour laquelle sera faite la con- 
vocation en la manière accoutumée. 



Ce lundy 26e Novembre 1781. 

L'Académie étant assemblée, elle a continué l'examen 
des dessins des édifices construits et à construire des 
architectes aspirans à la place vacante d'académicien. 

Ensuite, il a été fait lecture des mémoires de ceux qui 
ont cru avoir des représentations à faire pour obtenir les 
suffrages et, après les scrutins et suivant la forme ordi- 
naire, les six nommés par le premier scrutin sont MM. Rai- 
mond, Brongniard, De Bourges, D'Orléans, Poyette, Re- 
nard; le premier scrutin, ensuite, a nommé M. Raimond, 
le deuxième M. Brongniard, et le troisième M. De Bourges. 

Ainsy les s^ Raimond, Brongniard et De Bourges sont 
les trois architectes nommés par l'Académie pour qu'il 
plaise à Sa Majesté en choisir un. 



Ce lundy 3 e Décembre 1781 '. 
L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
salle de bal, et après l'examen, l'Académie a dit que 
M. Le Roy feroit rapport à la séance prochaine de la con- 
formité des dessins aux esquisses et des esquisses à l'in- 
tention du programme. 



Ce lundy 10 e Décembre 1781. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de 
trois lettres adressées par Monsieur le Directeur général 

1. Ont signé en décembre : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Jardrn, Ledoux, Leroy, de Lespée, Mauduit, Paris, Per- 
ronet, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, Trouard, de Wailly, 
M.-J. Sedaine. 



i 7 8i] 5 9 

à M. Haqon pour être lues à la séance : la première noti- 
fie que, des trois architectes nommés à la dernière, Sa 
Majesté a choisy le s r Brongniard, et en conséquence 
M. Brongniard a été reçu académicien. 

La seconde lettre authorise l'Académie, tant pour le 
présent que pour l'avenir, à nommer des commissaires 
pour l'examen et rapport des desseins des élèves pension- 
naires résidans à Rome*. En conséquence, l'Académie a 
nommé MM. De Wailly, Bellicard, Gondouin et Paris 
pour faire l'examen et rapport des desseins envoyés cette 
année. 

La troisième lettre de Monsieur le comte d'Angivillers 
d'après la demande de M. le prévost des marchands, a 
pour objet que l'Académie nomme des commissaires, afin 
qu'ils se transportent dans les travaux qui se font à l'hô- 
tel de ville pour les fêtes qui doivent y être honorées 
de Leurs Majestés 2 , et, attendu l'importance de l'objet, 
l'Académie, par le scrutin, a nommé MM. Perronnet, 
Brébion, Peyre l'aîné et Jardin pour, conformément à ce 
qui est porté dans cette lettre, prononcer sur l'entière et 
parfaite solidité des constructions et en faire rapport aus- 
sitôt que leur construction le permettra. M. Moreau, l'un 
des académiciens et architecte ordonnateur de ces fêtes, 
s'est chargé d'avertir les commissaires du temps où ils 
pourroient conjointement procéder à leur examen et en 
convenir avec eux (M. Moreau s'est abstenu démettre au 
scrutin). 

Ensuite, par scrutin, l'Académie a décidé, d'après le rap- 
port de M. Le Roy, professeur, qu'il ne seroit point 
donné de prix d'émulation, vu le peu de conformité avec 
le programme et la foiblesse de ceux qui s'y étoient con- 
formés. 

i. Le rapport de l'Académie figure dans la Correspondance 
des directeurs; il est daté du 24 décembre 1781. T. XIV, 
p. 160-164. 

2. Pour cette question, voir ci-après, p. 6i-63, etc. 

Nous reportons aux appendices le rapport détaillé des com- 
missaires et quelques détails sur la fête. 



6o [1781 

Ce lundy 17 e Décembre 1781. 

L'Académie étant assemblée, M. Guillaumot a présenté 
les lettres données à Versailles le .'8 e jour du mois de 
novembre 1781 qui le nomment intendant général des 
Bâtimens du Roy. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen des projets et desseins de 
la composition des élèves pensionnaires du Roy à Rome, 
et il en sera fait une seconde lecture à la séance prochaine. 

Enfin, les commissaires nommés pour l'examen des 
édifices que l'on construit devant l'Hôtel de Ville ont dit 
que, mercredy prochain, ils se transporteroient sur les 
travaux et feroient rapport de ce premier examen à la 
séance prochaine, avant les vacances de Noël. 

Lettre de M. le comte d'Angiviller à M. Ha^on. 

« A Versailles, le 8 décembre 1781. 

« J'ai été informé, Monsieur, par M. Pierre, que les 
desseins des architectes pensionnaires du Roi à Rome ont 
été remis à l'Académie royale d'architecture : il reste à 
nommer des commissaires pour en faire l'examen et en 
porter un jugement pour m'être adressé et ensuite en- 
voyé au directeur de l'Académie de Rome. Vous voudrez 
bien, à la première séance de l'Académie, requérir cette 
nomination. Au reste, comme la remise de ces desseins 
n'a pas d'autre objet, mon intention est que cette lettre 
établisse cette règle pour l'avenir, en sorte que, les années 
subséquentes, quoique je n'aye point écrit, la remise des 
desseins des pensionnaires suffise pour que l'Académie 
nomme des commissaires à l'effet de procéder à leur exé- 
cution et m'en envoyer son jugement. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Î7S1] 6t 

Autre aussi à M. Ha^on. 

« De Versailles, du 9 décembre 1781. 

« M. le prévost des marchands, Monsieur, vient de me 
demander de nommer un ou plusieurs artistes pour coo- 
pérer, de concert avec M. Moreau et d'autres commis- 
saires qui seront indiqués par M. Amelot et M. Lenoir, à 
l'examen des préparatifs dont s'occuppe le Bureau de la 
ville pour recevoir la famille royale. L'objet est de pro- 
noncer sur l'entière et parfaite solidité des constructions 
qui, comme vous le sentez, ne doivent pas laisser la plus 
légère inquiétude : plus le choix est important et plus il 
m'a paru convenable de le remettre au vœu de l'Acadé- 
mie elle même. 

Vous voudrez bien lui annoncer mes intentions et pro- 
voquer la délibération dans la première assemblée, c'est 
à *dire dans celle de demain, s'il est possible; sinon, en 
convoquer une extraordinaire au plus prochain jour, at- 
tendu qu'il faut profiter du temps qui reste encore avant 
que les assemblages des charpentes disparoissent sous les 
décorations. L'Académie n'a besoin que de ses propres 
réflexions pour sentir que son choix doit se diriger sur 
des sujets qui réunissent à l'avantage, commun à tous ses 
membres, des talens et de la théorie, celui d'une expé- 
rience qui ne peut être égale, puisqu'elle ne s'acquiert 
que par le temps. 

« Vous aurez agréable de m'informer delà délibération, 
pour que j'en instruise M. le prévost des marchands. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 24e Décembre 1781. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport des commissaires nommés pour l'examen des pro- 



62 [1781 

jets des élèves pensionnaires à Rome, lequel rapporta été 
approuvé, et copie certifiée en sera faite et sera envoyée 
à Monsieur le Directeur général. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen des préparatifs dont 
s'occuppe le Bureau de la ville, et il a été dit que copie 
certifiée de ce premier rapport seroit présentée à Mon- 
sieur le Directeur général par M. Ha^on, et l'Académie a 
chargé MM. les commissaires de suivre cet examen. 

M. Ha^on s'est chargé de demander à M. le Directeur 
général à quel jour et à quelle heure il voudra bien per- 
mettre que l'Académie lui rende ses devoirs au renouvel- 
lement de l'année. 



i 7 82] 63 



1782. 

Ce lundy 7 e Janvier 1782'. 

L'Académie étant assemblée, une seconde lecture a été 
faite de la lettre de Monsieur le Directeur général, du 
rapport de MM. les commissaires pour l'examen des pré- 
paratifs de VHôtel de Ville pour la réception de Leurs 
Majestés, et ensuite a été fait lecture de la continuation 
de cet examen ordonné par l'Académie; et après une 
mûre attention sur tous les objets de ce rapport, l'Acadé- 
mie a approuvé la sagesse des réflexions des commissaires, 
et elle a dit que copie certifiée en seroit remise à Mon- 
sieur le Directeur général par M. Ha^on, présidant l'Aca- 
démie. 

Le rapport cy-dessus sera transcrit sur le registre à la 
suite de cette séance 2 . 



Ce lundy 14e Janvier 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Tagliafichy, associé correspondant, dans la- 
quelle il parle d'envoyer des desseins et des détails rela- 
tifs aux carrières de Carrare*. 

1. Ont signé en janvier : Mique (le 28), Bellicard, Brébion, 
A.-J. Brongniart, Cherpitel, Coustou, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, 
Perronet, Peyre, Peyre le jeune, Pierre, Rousset, Trouard, de 
Wailly, M.-J. Sedaine. 

2. Cf. ci-dessus, p. 59-64. Voir (comme nous l'avons annoncé) 
le rapport aux appendices. Les séances suivantes donnent de 
nombreux détails. 

3. Ci-dessus, p. 45. 



64 [1782 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est une colonne triomphale, et le 
prix a été adjugé au sr Vaudoyer, élève de M. Peyre le 
jeune, sous la présentation de M. le comte d'Affry, hono- 
raire. 

[{Note postérieure :) La médaille a été délivrée.] 



Ce lundy 21e Janvier 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre écrite par M. Chenu, doyen des avocats à Saint 
Malo, à laquelle M. Sedaine fera réponse. 

Enfin, a été agitée la question sur la place d'associé 
libre honoraire de l'Académie impériale de Saint Péters- 
bourg*, et elle sera remise à la séance prochaine sous les 
veux de l'Académie. 



Ce lundy 28 e Janvier 1782. 

L'Académie étant assemblée, M. Mique, premier archi- 
tecte honoraire, premier intendant général des Bâtimens 
en date de réception, et, en cette qualité, jouissant des 
droits qu'avoit le premier architecte du Roy d'être direc- 
teur de l'Académie, a présidé cette séance 2 . 

Il a été fait lecture du relevé des articles des registres 

1. Elle devenait vacante par la mort de Gabriel. Cf. Procès- 
verbaux, t. VII, p. 269; t. VIII, p. 61-66; et ci-après, p. 66, 67. 

2. La question de la place à donner dans l'Académie à Mique 
(qui n'était pas académicien) avait suscité de graves difficultés 
en 1778 (Procès-verbaux, t. VIII, p. 321-334 et appendices, 
p. 422-425). Elle se trouva résolue par la mort de Gabriel, le 
6 janvier, et, comme on le voit, la Direction du bâtiment s'em- 
pressa d'en tirer parti. Mique, qui jusque-là ne figurait en- 
core que comme intendant général, est indiqué sur VAlmanach 
de 1783, comme « Premier architecte honoraire et directeur de 
l'Académie », et, en même temps, comme architecte de la pre- 
mière classe en tête de liste. Tout cela sans présentation par 
l'Académie. Nous soulignons désormais son nom. 



1782] 65 

qui concernent l'Académie impériale de Saint Pétersbourg ; 
après cette lecture du relevé, il a été dit que le secrétaire 
écriroit à MM. les académiciens de Saint Pétersbourg 
pour leur notifier la mort de M. Gabriel, leur associé 
libre honoraire, élu par notre Académie sur les lettres 
patentes envoyées par celles de l'Académie impériale de 
Russie. 

Enfin, M. Le Roy, après avoir lu le programme du prix 
d'émulation dont le sujet est un cirque, a fait lecture 
de l'extrait d'un mémoire sur les disques de M. l'abbé 
Brottier. 



Ce lundy 4 e Février 1782 J . 

L'Académie étant assemblée, avant de procéder au ju- 
gement du prix d'émulation, a dit que, par considération 
pour l'étendue du programme et de son objet, qui est de 
composer un cirque pour célébrer par des courses le 
bonheur que donne à la France la naissance d'un dau- 
phin, elle adjugera trois médailles de celles restées en 
réserve des prix non accordés, et M, Le Roy 2 , professeur, 
animé du même motif, avoit annoncé dans son programme 
qu'il ajouteroit à la première médaille son livre des 
Ruines de la Grèce; M. Peyre l'aîné a dit à la séance 
précédente qu'il destine son livre d'architecture à l'élève 
qui remportera la seconde médaille, et M. Gondouin, en 
cette séance, a dit qu'il donnera son œuvre d'architecture 
à celui qui obtiendra la troisième. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement desdits 
prix, disputés par quatorze concurrens, et la première 

1. Ont signé en février : Mique, d'Affry, Bellicard, Brébion, 
Brongniart, Gherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guil- 
laumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Mo- 
reau, Paris, Perronet, Peyre, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Il s'agit du premier Dauphin, ci-dessus, p. 56. — Nous 
avons fait mention de deux des ouvrages signalés ici (Procès- 
verbaux, t. VIII, p. 12, 14, 60, 206). 

ix 5 



66 [1782 

médaille a été adjugée au s r Callet, élevé de M. Bellisard; 
la deuxième médaille au sr Hubert, élève de M. Peyre le 
jeune, et la troisième au sr Froideau, élève de M. Des- 
maisons. 

Ensuite, M. Sedaine a lu le modèle de la lettre qu'il 
propose d'écrire à Messieurs de l'Académie impériale de 
Saint Pétersbourg au nom de l'Académie, qui l'a ap- 
prouvée. 

Enfin, M. Paris a lu le rapport des commissaires nom- 
mez pour l'examen des échantillons de dorure brunie à 
l'huile sur métaux, ce que l'Académie a approuvé. 

Copie de la lettre à MM. de l'Académie impériale des 
Beaux Arts de Saint Pétersbourg, dont il est fait men- 
tion à la séance ci dessus. 

« Messieurs, 

« L'Académie royale d'architecture m'a chargé de vous 
notifier la perte qu'elle vient de faire par la mort de 
M. Gabriel, son directeur, amateur de l'Académie de 
peinture et de sculpture, ancien inspecteur général des 
Bâtiments du Roi et associé libre honoraire de votre 
Académie impériale. 

« Authorisée, Messieurs, par la concession que vous 
fîtes à notre Académie de cette place honorable, l'élec- 
tion de M. Gabriel, alors, ne pouvoit mieux remplir les 
vues que nous avions de vous rendre, par l'excellence du 
choix, l'honneur que vous nous faisiez. 

« Mort à l'âge de quatre vingt deux ans, M. Gabriel a 
fourny cette longue et pénible carrière avec l'estime et 
la considération que méritent les grands talens joints à 
toutes les vertus sociales, et, quoiqu'il n'eût pas l'hon- 
neur d'être connu de vous, Messieurs, personnellement, 
vos regrets peuvent s'unir aux nôtres, comme nous le 
sommes par la profonde estime pour votre Académie 
impériale. 



1782] 67 

« Je vous prie d'agréer les assurances particulières du 

respect avec lequel je suis, Messieurs, votre très humble 

et très obéissant serviteur. 

« Signé : Sedaine. 
« Du 5 février 1782. » 



Ce lundy 11 e Février 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
éloge de feu M. Soujjflot, prononcé à l'Académie de Mar- 
seille par M. d'Aggeville, associé correspondant, et pré- 
senté par M. Franque, commissaire à sa correspondance. 

Cet éloge a fait plaisir à l'Académie, quoiqu'il lui ait 
rappelle la perte qu'elle a faite d ; un académicien qui, 
comme homme et comme artiste, a mérité tous ses re- 



La basilique de Sainte Geneviève, citée dans cet éloge, 
a fait ensuite l'entretien de la séance, et l'Académie s'est 
entretenue des dômes et de leur construction. 



Ce lundy 18 e Février 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
requête présentée à l'Académie, par laquelle le sieur Bon- 
not, vérificateur de serrurerie, la supplie de vouloir bien 
jeter lès yeux sur un ouvrage qu'il voudroit rendre public, 
intitulé : Détail général des fers, etc., et avant sa publi- 
cation, le sieur Bonnot désire de mériter l'approbation et 
le suffrage de l'Académie, et MM. L'Épée et Parisont été 
nommés commissaires pour faire rapport de cet ouvrage. 

Ensuite, l' Académie a procédé au jugement du pi4x 
d'émulation, dont le programme est un arc de triomphe 
pour une victoire remportée eh Amérique*, et le prix a été 
accordé au sieur Vaudoyer, élève de M. le comte d'Affry. 

1. Capitulation de Yorktown, le 19 octobre 1781. 



68 [i 7 8a 

Ce lundy 25e Février 1782. 

L'Académie étant assemblée, M. Paris, académicien, a 
présenté les deux premiers volumes du Voyage pittoresque 
du royaume de Naples et de Sicile 1 , de M. l'abbé de Saint 
Non, qui a prié M. Paris d'en faire hommage à l'Acadé- 
mie : elle accepte le présent de M. l'abbé de Saint Non 
avec d'autant plus de plaisir que c'est l'amour le plus 
épuré des arts qui a conduit l'auteur à offrir à l'Europe 
savante des objets qui l'intéresseront toujours, et l'Aca- 
démie a chargé M. Sedaine d'en faire ses remerciements 
à M. l'abbé de Saint Non. 

Ensuite, a été remis sous les yeux de l'Académie une 
grue, sur laquelle le sieur Fourneau a fait des observa- 
tions qu'il annonce comme utiles et qu'il propose, et 
l'Académie a nommé, pour en faire rapport, MM. Perro- 
net et Mauduit. 

Enfin, M. Brongniard a fait voir un modèle en petit 
qui démontre clairement l'exécution de l'invention du 
sieur Verra, laquelle peut monter l'eau à une très grande 
élévation par le secours très simple d'une corde ou d'une 
chaîne mise en mouvement par des poulies. 



Ce lundy 4 e Mars 1782 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un bal- 
daquin, et il a été décidé qu'il n'y auroit pas de prix, vu 
la faiblesse des compositions. 

1. La publication avait commencé en octobre 1781. L'exem- 
plaire complet en 5 vol. in-fol. se trouve à la bibliothèque de 
l'Institut. Reliure du xix e siècle. 

2. Ont signé en mars : Bellicard, Brébion, Coustou, Des- 
maisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Lespée, Mau- 
duit, Moreau, Paris, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, Trouard, 
M.-J. Sedaine. 



1782] 6q 

Ensuite, l'Académie s'est occuppée de l'examen des 

deux volumes du Voyage pittoresque du royaume de 

Naples et de Sicile. 

La santé de M. Perronet, donnant de l'inquiétude à 

l'Académie, MM. Ha^on, Rousset et Jardin ont demandé 

d'aller lui témoigner la part que tous ses confrères 

prennent à son état. 



Ce lundy 11 e Mars 1782. 

L'Académie étant assemblée, M. L'Épée a lu les ré- 
flexions faites, conjointement avec M. Paris, sur le pre- 
mier volume du livre du sieur Bonnot, intitulé : Détail 
général des fers, et ils ont dit que le second volume qui 
doit paroître, pouvant répondre aux objections et satis- 
faire aux observations qu'ils ont faites sur le premier, il 
seroit bien d'attendre que cet ouvrage fût fîny pour en 
faire le rapport. D'ailleurs, il leur a paru que, s'il remplit 
tous ses objets, il pourra être très utile. 



Ce lundy 18 e Mars 1782. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est entretenu des 
ruines des villes de Palmyre et de Balbek*. 

Ensuite, M. Sedaine, ayant représenté que, dans la 
vente des effets de Monsieur le marquis de Ménars, an- 
cien directeur général des Bâtimens, il se trouvoit plu- 
sieurs desseins des anciens grands prix réduits dans un 
format à grossir le recueil que l'Académie a commencé 2 ; 
que, de plus, il y a quelques objets d'architecture qui 
pourroient être utiles, comme le relief du péristyle du 
Louvre, et qu'il seroit bien de demander à Monsieur le 

1. 11 en a été question à la séance du 27 novembre 1775. On 
y signale les deux ouvrages de Wood et Dawkins (Procès- 
verbaux, t. VIII, p. 242). 

2. Voir plus loin, p. 78. 



70 [1782 

Directeur général de faire acheter ces effets, il a été dit 
que M. Sedaine auroit l'honneur d'écrire à Monsieur le 
comte d'Angiviller les représentations çle l'Académie sur 
cet objet. 



Ce mardy 9 e Avril 1782 '. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 
de la lettre que, attendu les vacances de Pâques, la néces- 
sité d'accélérer la demande et de donner à la réponse la 
plus grande célérité, l'Académie l'avoit chargé d'écrire à 
Monsieur le Directeur général pour l'achat des effets de 
la succession de Monsieur de Ménars qui pourroient con- 
venir au dépost de l'Académie. 

JEnsuite, il a été fait lecture de la lettre de Monsieur le 
Directeur général en réponse à la demande de l'Acadé- 
mie, laquelle réponse sera enregistrée. 

Enfin, M. Franque, qui a bien voulu se charger de 
suivre l'inventaire et de faire les achats, a lu le mémoire 
de ce qu'il a acheté pour le Roy au service de son Aca- 
démie d'architecture, et ces effets seront exposés à la 
séance prochaine. 



Ce lundy i5 e Avril 1782. 

L'Académie étant assemblée, elle a dit qu'un mémoire 
seroit présenté à Monsieur le comte d'Angiviller pour 
remettre sous ses yeux que les droits de présence de la 
première classe ne sont pas payés depuis et compris 
l'année 1776 2 , lequel mémoire a été rédigé, lu et arrêté en 
cette séance, et M. Ha^on, présidant l'assemblée, a été 
prié de le présenter à Monsieur le comte d'Angiviller. 

1. Ont signé en avril : Bellicard, Brébion, Cherpitel, Cous- 
tou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, 
Leroy, Lespée, Moreau, Paris, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, 
Trouard, M.-J. Sedaine. 

2. Voir ci-dessus, p. i3 et plus loin, p. 74, 78, 86. 



1782] 71 

Ensuite, a été fait lecture du catalogue des acquisi- 
tions faites, pour le Roy et l'usage de son Académie, à 
l'inventaire de M. le marquis de Ménars, par M. Franque, 
et l'Académie a jeté les yeux sur ces différentes acquisi- 
tions dont le recollement sera fait dans le cours de la 
semaine prochaine, pour que le mémoire en soit envoyé 
à Monsieur le Directeur général et que ces effets soient 
déposés dans les salles. 



Ce lundy 22e Avril 1782. 

L'Académie étant assemblée, d'après le rapport des 
commissaires, elle a dit que le Traité général des fers du 
s»" Bonnot peut être utile, tant aux particuliers qui vou- 
dront faire construire qu'aux architectes, lorsqu'ils esti- 
meront ces sortes d'ouvrages. 

Ensuite, il a été dit que les académiciens seroient con- 
voqués pour s'assembler, lundy 29e avril à huit heures 
précises du matin, afin de donner aux élèves le pro- 
gramme des grands prix, et le lendemain à dix heures pré- 
cises du matin pour le jugement des esquisses et faire le 
choix de celles qu'elle aura jugées dignes de concourir. 

Ensuite, il a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est une bourse pour une ville 
maritime, et le prix a été donné au sieur Bernard, élève 
de M. Trouard. 

[{Note postérieure :) La médaille a été délivrée.] 

Enfin, M. Franque a fait lecture d'une lettre de 
M. d'Aggeville, associé correspondant, par laquelle il fait 
part à l'Académie du prix qu'il a remporté à l'Académie 
royale des sciences de Marseille*, d'après son mémoire 
sur l'ouvrage du port. 

1. Je rejette à l'introduction ou aux appendices tout ce qui 
concerne d'Aggeville et les travaux de Marseille. 



72 [1782 

Ce lundy 29e Avril 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le Directeur général, en réponse au 
mémoire de l'Académie qui lui a été présenté par M. Ha- 
%on pour la demande des droits de présence de la pre- 
mière classe, et il a été dit que cette lettre seroit enre- 
gistrée. 

Ensuite, ont été fait le recollement et la réception des 
effets achetés à l'inventaire de feu M. le marquis de Mé- 
nars, et il a été dit que l'état de ces effets seroit enre- 
gistré. 

Ensuite, l'Académie a procédé au choix du programme 
et des sujets proposés; par la voye du scrutin, elle a dé- 
cidé qu'il seroit donné aux élèves ce qui suit pour pro- 
gramme du projet pour le grand prix. 

L'Académie demande à ses élèves un palais de justice, 
pour une ville capitale, sur un terrain de 100 toises sur 
140 toises : il y aura une grande cour principale et plu- 
sieurs cours accessoires, une grande salle publique, avec 
chapelle éclairée par les voûtes. 

Le Parquet des huissiers servant d'antichambre à la 
Grande Chambre, la Grande Chambre avec tribunes, 
plusieurs pièces contiguês à la Grande Chambre qui ren- 
fermeront le Parquet des gens du Roy, les greffes, les 
cabinets de Messieurs et la buvette, la chambre pour la 
Tournelle criminelle, les Requêtes du Palais et les en- 
quêtes, chaque chambre avec cabinet. 

Cour des aides : cette cour sera composée d'une 
Grande Chambre et de deux moins considérables, une 
chapelle, un Parquet des huissiers et plusieurs pièces 
contigûes, qui renfermeront le Parquet des gens du Roy, 
les greffes, les cabinets et la buvette. 

Autres jurisdictions : les Requêtes de l'Hôtel, l'Élec- 
tion, les Eaux et Forêts, la Table de marbre, la Chambre 
de maçonnerie, la Chancellerie, le Bailliage du Palais et 



1782] 7 3 

Trésoreries de France. Chacune de ces jurisdictions ne 
demande qu'une salle d'audience et des cabinets. 

Toutes les cours et jurisdictions cy dessus se commu- 
niqueront par des galeries. 

Il faut, en outre, une prison criminelle avec préau 
pour contenir deux cents prisonniers, avec paille, cachots, 
logement de concierge, geôlier, et des communications 
aux chambres. 

L'Académie demande un plan, une élévation et une 
coupe par le milieu de l'élévation. 

L'échelle des esquisses sera d'une ligne et demie pour 
toise, et celle de l'élévation et de la coupe d'une ligne et 
demie. 

L'échelle des plans rendus sera de quatre lignes pour 
toise et celle de l'élévation et de la coupe seront de six 
lignes pour toise, et l'Académie a nommé, pour l'examen 
de la conformité des esquisses, les commissaires nom- 
més pour rédiger les conditions du programme. Ainsy, 
MM. De Wailly, Franque, Desmaisons, Peyre, Chalgrin 
et Jardin s'assembleront demain à huit heures du matin 
dans les salles pour proposer le travail de l'Académie, 
lors de son assemblée à dix heures du matin, et elle a dit 
que la séance de ce jour ne seroit arrêtée que demain 
mardy, après le jugement des esquisses 1 . 

M. J. Sedaine. 



Et ce mardy 3o e Avril 1782*. 

L'Académie étant assemblée à dix heures du matin, il a 
été fait lecture du programme proposé aux élèves et du 
rapport de MM. les commissaires sur la conformité et 
non conformité des esquisses à ce qu'exige ledit pro- 
gramme, et après l'examen et vérification des observations 

1. Voir aux appendices la liste des objets achetés à la vente 
Ménars, qui commença au début d'avril. Le Catalogue des 
œuvres d'art avait été dressé par Basan et Joullain, 220 numéros. 



74 [1782 

de MM. les commissaires et discussion sur cet objet, 
des vingt neuf esquisses exposées à l'Académie elle en a 
fait retirer quinze, ainsy reste quatorze, desquelles elle a 
choisy par le scrutin les esquisses désignées par les lettres 
N, P, Z, C, F, E, I, CG. Ainsy, les sieurs Vanclemputte, 
Bernard, Froideau, Péchade, Moette, Cathala, Nori, Du- 
rand concourront pour le grand prix, et les élèves ren- 
dront leurs desseins au net, le lundy 19 aoust avant midy. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angiviller a 
M. Hayon au sujet de la demande faite par l'Académie 
de ses droits de présence. 

« Versailles, ce 24 avril 1782. 

« Je suis loin, Monsieur, de désaprouver la sollicitation 
que vous m'avez adressée le i5 de ce mois, au nom de 
l'Académie, pour le payement de ses droits de présence : 
elle ne peut sçavoir à quel point je m'occupe de réaliser 
les espérances que je lui ai données par une lettre du 
11 septembre, ni connoître les circonstances qui ont sus- 
pendu mon opération. J'ai toujours fait réserver soigneu- 
sement l'objet que je destine à cette partie et qui, devant 
répondre à très peu près à la créance de l'Académie, m'a 
paru plus intéressant pour elle que des distributions mor- 
celées et qui viendroient presque insensibles dans leurs 
répartitions entre tous les membres qui, heureusement, 
n'ont pas ce qu'on peut appeler un besoin pressant du 
faible secours que chacun tirerait d'un semestre acquitté 
sur onze. Ma spéculation tourne au point de se réaliser, 
et je m'arrangerai certainement pour n'en pas faire naître 
une aussi lourde. Celle du moment est le résultat de la 
difficulté des temps et l'Académie doit-être persuadée que 
j'en porte le poids plus douloureusement qu'elle-même 1 . 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, etc.. 

« Signé : d'Angiviller. » 

I. En avril 1782 la guerre durait toujours avec l'Angleterre; 



1782] 7 5 

Ce lundy 6 e May 1782 *. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait l'examen d'une 
sonnette pour un mouton de trois milliers présentée par 
le sieur Fourneau; et pour un plus ample examen et 
en faire rapport, l'Académie a nommé commissaires 
MM. Franque, Mauduit, Jardin et Paris. 

Enfin, a été fait l'examen des desseins qui concourrent 
pour le prix d'émulation. 



Ce lundy i3 e May 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport des commissaires nommés à la séance précédente ; 
lequel rapport a été approuvé : ainsy la sonnette présen- 
tée par le sieur Fourneau a été reconnue aussi simple 
que neuve et ingénieuse, susceptible cependant de diffé- 
rentes modifications qui peuvent en rendre 'l'usage plus 
utile et plus étendu. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est une fontaine surmon- 
tée d'un obélisque, et le prix a été adjugé au sieur Ber- 
nier, élève de M. Pierre. 



Ce lundy 27e May 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait l'examen 
d'une grue présentée par le sieur Fourneau, et pour en 
faire rapport elle a nommé MM. Franque, Mauduit, 
Trouard et Paris. 

Enfin, a été fait l'examen des desseins qui concourrent 
pour le prix d'émulation. 

la situation financière s'était encore aggravée après le départ 
de Necker, remplacé par Joly de Fleury. 

1. Ont signé en mai : Bellicard, Brébion, Cherpitel, Coustou, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, 
Leroy, Lespée, Moreau, Rousset, Trouard, M.-J. Sedaine. 



76 [1782 

Ce lundi 3 e Juin 1782*. 

L'Académie étant assemblée, les deux parties du troi- 
sième volume du Voyage pittoresque ont été présentées; 
il fait la suite des deux volumes cy devant offerts par 
M. l'abbé de Saint Non 2 et acceptés avec reconnoissance, 
ainsy que cette suite. 

Ensuite, a été lu le rapport de MM. les commissaires 
nommés pour l'examen de la grue corrigée par le sieur 
Fourneau, et il a été approuvé par l'Académie. 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
/ dont le programme est une laiterie dans un magnifique 
parc, et le prix a été adjugé au sieur Vaudoyer, élève de 
M. le comte d'Affry. 

Enfin, après lecture faite d'une lettre de M. le comte 
d'Angiviller, dans laquelle il approuve que l'Académie 
prenne connoissance d'objets relatifs au château de 
Saveme 3 , M. le comte d'Affry en a présenté les plans, élé- 
vations et les questions sur lesquelles M. le cardinal de 
Rohan désire que l'Académie prononce, et elle a nommé 
MM. Franque, Brébion, Jardin et Peyre pour en faire 
rapport à la séance prochaine. 



Ce lundy 10 e Juin 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés à la séance pré- 
cédente pour la solution des questions présentées par 

1. Ont signé en juin : d'Affry, Bellicard, Brébion, Coustou, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, 
Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Peyre le jeune, Rous- 
set, Trouard, Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 68. 

3. Il s'agit probablement du château de Saverne, qui venait 
d'être incendié. Il appartenait au célèbre cardinal, comme 
dépendance de l'évêcné de Strasbourg. D'Affry, on l'a vu, était 
associé depuis 1776. 



1782] 77 

M. le comte d'Affry, et l'Académie a approuvé le rapport, 
dont copie certifiée sera remise à Monsieur le Directeur 
général par M. Jardin, président. 

Enfin, l'Académie s'est entretenue de la conservation 
des terrasses. 



Ce lundy 17 e Juin 1782. 

L'Académie étant assemblée, elle a décidé que, pour 
qu'elle eût toujours un travail existant, utile, enveloppant 
par son objet toutes les parties de l'architecture, elle 
s'occuperoit de tous les articles de V Encyclopédie qui 
concernent l'architecture, et même étendroit son examen 
sur les arts qui ont des rapports directs avec les occuppa- 
tions de la Compagnie 4 . 

Enfin, M. Mauduit a présenté différens reliefs destinés 
à faire concevoir plus aisément aux élèves de l'Académie 
les règles du traité de perspective qu'il explique chaque 
année dans ses cours publics, et cette méthode a paru 
simple et utile. 



Ce mardy 25 e Juin 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Angot, juré expert, par laquelle il désire faire 
part à l'Académie des moyens qu'il a employés pour faire 
un plancher incombustible et de ceux qu'il compte 
employer pour bannir totalement les bois dans la cons- 
truction des édifices, et l'Académie a dit qu'elle recevroit 
M. Angot et l'écouteroit avec plaisir à la première séance. 

Ensuite, le sieur Merlin, compagnon serrurier, a pré- 
senté deux serrures : l'une par le moyen de laquelle un 

1. Les articles relatifs à l'architecture sont relativement peu 
nombreux dans Y Encyclopédie. — Il y avait longtemps que 
l'Académie étendait aux arts industriels ses préoccupations. 
Voir les introductions des tomes IV, VI, VII (tout particulière- 
ment). 



78 [1782 

homme qui voudroit tâter l'intérieur de cette serrure 
seroit arrêté par le poignet, et l'autre serrure fait ouvrir 
une porte sur tous les sens, et l'Académie en a trouvé les 
moyens ingénieux. 



Ce lundy i er Juillet 1782'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de M. le comte d'Angiviller, adressée à M. Sedaine, 
par laquelle il veut bien assurer l'Académie que l'affaire 
des droits de présence est on ne peut pas plus près de 
son terme, et M. Sedaine aura l'honneur de faire réponse. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Daggeville, 
associé correspondant résidant à Marseille 2 , par laquelle 
il fait hommage et présent à l'Académie d'un mémoire 
de sa composition couronné à l'Académie de Marseille, 
lequel mémoire traite du récurage des ports de ladite 
ville; l'Académie l'a reçu avec plaisir et prend beaucoup 
de part à l'honneur qu'a reçu M. Daggeville. M. Sedaine 
lui fera part des sentimens de l'Académie. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Antoine, 
sous ingénieur des États de Bourgogne, et de l'Académie 
de Dijon, par laquelle il présente à l'Académie un ouvrage 
de sa composition intitulé Série des Colonnes*, sur lequel 
il demande le jugement de l'Académie; comme elle n'est 
point dans l'usage de porter son jugement sur tout 
ouvrage soumis par l'impression au jugement du public, 
elle se contente d'en remercier l'auteur. 

ii Ont signé en juillet : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, 
Peyre le jeune, N.-M. Potain, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Voir l'introduction. 

3. Le manuscrit i555 de la bibliothèque de l'Institut : « Série 
des Colonnes, par Pierre-Joseph Antoine », est dédié « à 
MM. de l'Académie royale d'architecture. Dijon, juillet 1777 ». 
Antoine, né en 1730, mourut en 1814. — Cf. Procès-verbaux, 
t. VIII, p. 35 4 . 






1782] 79 

Enfin, M. Ango ayant prié l'Académie de vouloir bien 
nommer des commissaires pour faire l'examen de l'exécu- 
tion du plancher en fer dont il a montré le modèle, elle 
a nommé MM. Franque, Brébion, Jardin et Guillaumot 
à cet effet et pour faire rapport de cette invention. 



Ce lundy 8e Juillet 1782. 

L'Académie étant assemblée, M. Lussault', élève de 
l'Académie, ancien pensionnaire du Roy, a lu, d'après le 
rapport de MM. Trouard et Paris, la préface d'un livre 
qu'il voudroit faire imprimer sur l'architecture; et comme 
il a désiré que l'Académie voulût bien dire son sentiment 
sur cet ouvrage, elle a nommé MM. Brébion, Moreau, 
Bellicard, Trouard, Guillaumot et Paris pour en faire 
rapport. 

Enfin, M. Châle a présenté des modèles des cinq ordres 
d'architecture, d'après Vignole, en bois de poirier, et 
l'exécution a fait plaisir à l'Académie. 



Ce lundy i5 e Juillet 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de l'Académie impériale des arts de Saint Péters- 
bourg, en réponse à la notification de la mort de M. Ga- 
briel, associé libre honoraire de ladite Académie 2 : par 
cette lettre, l'Académie impériale propose, à l'Académie 
l'incorporation de M. Sedaine à l'Académie impériale, si 
l'Académie royale d'architecture veut bien approuver 
cette proposition, et l'Académie a approuvé la présenta- 
tion de M. Sedaine, son secrétaire, qu'elle a chargé de 
remercier l'Académie impériale. 

Ensuite, l'Académie, d'après la lecture d'un mémoire 

1. Lussault a déjà paru bien avant. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, 
p. 33 4 . 

2. Voir ci-dessus, p. 64, et ci-après, p. 81, 82. 



8o [1782 

sur l'épuration des fers, s'est entretenu des avantages qui 
résulteroient de leur perfection. 

L'Académie, ayant appris la maladie de M. Perronet, 
a prié MM. Franque et Rousset de se présenter chez lui 
et lui marquer l'intérêt qu'elle prend à sa conservation. 



Ce lundy 22« Juillet 1782. 

L'Académie étant assemblée, M. Franque a dit qu'il 
s'étoit transporté pour l'examen de l'exécution du plan- 
cher en fer de M. Ango : l'état dans lequel il a trouvé 
cette opération ne permet pas d'en faire rapport. 

Enfin, a été fait lecture de l'article « ardoise » dans 
l'Encyclopédie. — MM. Franque et Rousset ont dit que 
M. Perronet était hors de danger, ce que l'Académie a 
appris avec plaisir. 



Ce lundy 29 e Juillet 1782. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 
de la lettre qu'il a eu l'honneur d'écrire à Monsieur le 
comte d'Angiviller pour le prier de vouloir bien lui 
accorder son suffrage à la nomination d'associé libre 
honoraire de Saint Pétersbourg, dont l'Académie a bien 
voulu l'honorer. Il a lu ensuite la réponse de Monsieur 
le comte d'Angiviller et celle dont le secrétaire est 
chargé envers l'Académie impériale, laquelle sera inscrite 
sur le registre. 

Ensuite, l'Académie a fait l'examen de plusieurs des- 
seins d'architecture chinoise levée sur les lieux, de 
laquelle elle s'est entretenu. 

Enfin, le sieur Fourneau, artiste, a présenté à l'Acadé- 
mie une machine ou partie de son invention pour servir 
à transporter les fardeaux , et l'Académie a nomme 
MM. Mauduit et Cherpitel pour en faire rapport. 



Î782] Si 

Ce lundy 5 e Aoust 1782 L 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a dit qu'il 
avoit reçu un papier timbré, par lequel Messieurs de la 
jurisdiction du Châtelet, de l'ordonnance de M. le lieute- 
nant civil, commettoient l'Académie d'architecture pour 
priser et estimer la copie d'un dessein chinois faite par le 
sieur Bonni 2 pour M. le duc de Ghaulnes, pair de France, 
et ce d'après la réquisition des parties. 

L'Académie, après lecture faite de la signification sur 
papier timbré, a dit que MM. les architectes jurés experts 
étoient par leurs fonctions destinés à ces estimations, 
et que l'Académie d'architecture ne procéderoit en pareille 
discussion que d'après les ordres de M. le comte d'Angi- 
viller, directeur et ordonnateur des Bâtimens du Roy. 

Enfin, M. Mauduit a fait lecture du rapport sur la 
machine présentée à l'Académie par le sieur Fourneau, 
et ledit rapport a été approuvé. 

Lettre de M. Sedaine 
à Messieurs de l'Académie impériale de Saint Pétersbourg. 

« Ce 28 juillet 1782. 
« J'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie royale d'ar- 

1. Ont signé en août : Mique, Antoine, Bellicard, Brébion, 
Brongniart, Cherpitel, Coustou , Desmaisons, Fontanieu, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Mauduit, Mo- 
reau, Paris, Peyre, Peyre le jeune, Pierre, Potain, Rousset, 
Trouard, M.-J. Sedaine. 

2. Ce sont évidemment les dessins dont a parlé l'Académie 
à la séance précédente et l'auteur pourrait être Jean-François 
Bony (1760-1825), qui travailla surtout pour les manufactures 
de soieries de Lyon. — Louis-Marie-Joseph de Chaulnes, pair 
de France, non encore reçu en 1782, s'occupa de chimie. — Il 
y avait des architectes experts bourgeois et des architectes ex- 
perts entrepreneurs. C'est aux premiers qu'appartenait l'affaire, 
d'après les lettres de 1600. 

IX 6 



82 [1782 

chitecture la lettre qui lui est adressée de votre part ; 
c'est avec d'autant plus de plaisir que de surprise que 
j'ai appris la mention honorable que vous avez bien voulu 
y faire de moi. 

« C'est, sans doute, Messieurs, déterminée par la propo- 
sition que vous lui faites de me nommer à la place de votre 
associé libre honoraire que l'Académie royale d'architec- 
ture a bien voulu souscrire à votre choix; car il n'est 
point de mes confrères qui n'eussent, plus que moi, 
mérité l'honneur que je viens de recevoir. 

« L'Académie, Messieurs, a fait porter sur ses registres 
que, comme son secrétaire, je vous remercierois de sa 
part : c'est m'imposer l'obligation de donner à sa recon- 
noissance des expressions bien modestes; la mienne ne 
peut pas être plus vive et elle ne cessera qu'avec ma vie. 
J'en avois déjà consacré une partie aux nobles délasse- 
mens des grands travaux de votre Auguste Souveraine. 
Ce sont, sans doute, mes efforts à cet égard qui ont attiré 
vos regards sur moi; votre recommandation n'en est 
devenue pour moi que plus précieuse, puisque je la vois 
comme une addition aux bienfaits dont m'a honoré Son 
Impériale Munificence. 

« Permettez-moi de vous assurer, tant de la part de 
l'Académie que de la mienne, de la respectueuse considé- 
ration avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Messieurs, 
votre, etc. » 



Ce lundy 12e Aoust 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller en réponse à 
l'extrait du registre concernant l'estimation d'un dessein 
chinois dont il est question en la séance précédente; et 
l'Académie a dit que, d'après la décision de Monsieur le 
Directeur général, M. Sedaine, secrétaire de l'Académie, 
iroit, par déférence pour Messieurs du Châtelet, s'expli- 



1782] 83 

quer avec M. le lieutenant civil sur la difficulté que cette 
affaire présente, et la lettre de Monsieur le Directeur gé- 
néral sera inscrite sur le registre. 

Enfin, l'Académie a examiné les desseins de perspec- 
tive, qui seront jugés à la première séance. 



Ce lundy 19 e Aoust 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires sur l'ouvrage de 
M. Lussault, présenté par lui en la séance du 8 e juil- 
let 1782, et l'Académie a approuvé ledit rapport. 

Ensuite, elle a procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont la condition est de mettre en perspective un 
portique servant de vestibule à un grand palais, et le prix 
adjugé au sieur , élève de M 

Ensuite, il a été dit que MM. De Wailly, Franquc, 
Desmaisons, Peyre, Chalgrin et Jardin s'assembleront, 
lundy matin 26 aoust, dans les salles de l'Académie, pour 
constater la conformité des esquisses et desseins qui con- 
courent pour le grand prix, et ils en feront rapport à la 
séance du même jour, dans laquelle l'Académie procé- 
dera à leur jugement. Et il a été dit que M. Hayon, pré- 
sidant l'assemblée, inviteroit Monsieur le Directeur géné- 
ral, de la part de l'Académie, à vouloir bien la présider à 
cette même séance, pour laquelle seront convoqués 
MM. les académiciens, à moins que Monsieur le Direc- 
teur général n'assigne un autre jour. 

Lettre de Monsieur le comte d'Angiviller à M. Jardin, 
au sujet de V affaire de M. le duc de Chaulnes avec 
M. Bonni. 

« Versailles, ce 7 e aoust 1782. 

« L'Académie a raison dépenser, Monsieur, qu'elle n'est 
point dans le cas de procéder sur la commission que vient 



84 [1782 

de lui décerner une sentence du Châtelet, entre M. le duc 
de Chaulnes et le sieur Bonni : une estimation juridique 
de l'espèce de celle dont est question n'appartient qu'aux 
experts jurés qui seroient même fondés, aux termes des 
règlemens subsistant en leur faveur, à élever une récla- 
mation contre l'Académie, dont les fonctions, quoique 
gratuites, n'en seroient pas moins présentées comme une 
usurpation sur celles d'officiers précisément constitués 
sur le fait. Au reste, il me paroît convenable, à titre de 
déférence pour Messieurs du Châtelet, que l'Académie 
charge le secrétaire de la Compagnie d'aller s'expliquer 
sur la difficulté avec M. le lieutenant civil. 
« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 26 e Aoust 1782. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, dans laquelle 
il marque à l'Académie qu'il est fâché de ne pouvoir la 
présider et qu'il ne faut pas qu'elle remette le jugement 
des prix. 

Ensuite, lecture faite du rapport de MM. les commis- 
saires sur la conformité des esquisses et des desseins, et 
après leur examen, des élèves concourant l'un d'eux a été 
mis hors de concours pour défaut de conformité, et le 
premier prix a été adjugé et décerné au sieur Bernard, 
élève de M. Trouard; le second prix a été adjugé et décer- 
né au sieur Cathala, élève de M. Mauduit. 

M. Sedaine a dit que, d'après l'ordre de l'Académie et 
la décision de Monsieur le Directeur général, il avoit eu 
l'honneur de s'expliquer avec M. le lieutenant civil sur 
l'affaire mentionnée en la séance du 12 aoust. 



1782] 85 

Ce lundy 2e Septembre 1782 *. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
maison d'un prince dans un jardin pittoresque, et le prix 
a été adjugé au sieur Sobre, élève de M. Le Doux. 

Et l'Académie ayant décidé que le prix d'émulation, 
mis en réserve, seroit donné en cette séance sur la même 
composition, le prix a été adjugé au sieur Percier, élève 
de M. Le Roy. [(Note postérieure :) Il a reçu la médaille.] 

Et comme il a été agité si on ne donneroit pas un 
troisième prix, il a été décidé, par le scrutin, qu'un troi- 
sième prix ne seroit pas accordé. 



Ce mardy 12e Novembre, jour de rentrée 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
statuts et règlemens enregistrés. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Perronet, 
académicien, par laquelle il présente à l'Académie un 
grand dessein de l'intérieur de Saint Pierre de Rome vu 
en perspective, dont M. Després, élève, fait hommage à 
l'Académie 3 , et elle l'a vu avec plaisir et le reçoit avec 
reconnoissance. 

Enfin, ont été lues les lettres de M. Poudis, architecte 
à Pau, et l'Académie a chargé M. Sedaine d'écrire à 
M. Poudis que Mgr l'évêque de Lescars devoit, suivant 

1. Ont signé en septembre : Antoine, Bellicard, Brébion, 
Brongniart, Coustou, Franque, Hazon, Leroy, Moreau, Paris, 
Peyre, Peyre le jeune, Potain, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Ont signé en novembre : Mique, Antoine, Bellicard, Bré- 
bion, Chalgrin, Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, 
Franque, Gondoin, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, 
Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Perronet, Peyre, Peyre le 
jeune, Rousset, Trouard, Sedaine. 

3. Desprez a déjà paru, t. VIII, p. 280, 283. Il avait trente- 
quatre ans lors de son grand prix. Nous le retrouverons. 



86 [1782 

qu'il le dit dans la copie de la lettre qui est jointe, 
demander à Monsieur le comte d'Angiviller l'accession 
de l'Académie d'architecture pour le jugement des projets 



envoyés 1 , 



Ce lundy 18 e Novembre 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
mémoire présenté à Monsieur le Directeur général, au 
mois d'aoust 1781, pour le prier de faire payer les droits 
de présence dus à l'Académie, et ensuite a été fait lecture 
de la réponse de M. le Directeur général, en date du 
ne septembre 1781, par laquelle il assure l'Académie qu'il 
est au point de faire cesser ce débat. Après ces deux lec- 
tures, l'Académie ayant proposé de députer vers M. le 
Directeur général, M. Mique, directeur et président l'Aca- 
démie, s'est chargé de présenter à Monsieur le Directeur 
général la nécessité du payement de ses droits de pré- 
sence 2 . 

Enfin, a été fait lecture de la lettre de M. le Directeur 
général adressée à M. Mique, par laquelle il notifie la 
réception des projets des élèves pensionnaires à Rome et 
demande que l'Académie nomme des commissaires pour 
en faire rapport 3 ; et, après le développement et un examen 
sommaire de ces desseins, MM. Ha^on, Brébion, Le Roy, 
Jardin et Paris ont été nommés à cet effet. 



Ce lundy 25 e Novembre 1782. 
L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un châ- 
teau d'eau pour recevoir et distribuer les eaux d'une 
petite rivière, et le prix a été adjugé au sieur Moreau, élève 
de M. Trouard. 

1. Lescar, dont l'évêque était alors Marc- Antoine de Noé, 
dépendait de la généralité de Pau et Bayonne. 

2. Ci-dessus, p. 74. 

3. Cf. Correspondance des directeurs, t. XIV, p. 273, 314. 



1782] 87 

Ensuite, l'Académie ayant désiré connoître les plan, 
coupe, profil et élévation du dôme de Y église délia Sainte 
à Venise*, levés et dessinés par M. Raymond, architecte, 
qui les a fait remettre à l'Académie, elle a, d'après les 
mémoires qui y étoient joints, fait l'examen de la fabrique 
et assemblage des combles qui ne sont faits qu'avec des 
planches de quinze lignes de sapin, d'environ onze pieds 
de long sur neuf de large, arrêtés ensemble, ainsy que 
l'explique ledit mémoire, dont copies, ainsy que des plans, 
seront faites pour être déposés à l'Académie. 

Enfin, le sieur Fourneau, artiste, a fait voir deux 
modèles de poutres renforcées qu'elle a examinés. 



Ce lundy 2e Décembre 1782 2 . 
L'Académie étant assemblée, l'examen de la fabrique 
des combles, dont il est parlé en la séance précédente, a 
été continué en cette séance, et il a été fait lecture de ce 
qui a été mis sous les yeux de l'Académie en la séance 
des 5 et 26 février 1781 et du rapport des commissaires 
(MM. Franque et Guillaumot), d'après les desseins et 
mémoire présentés par M. Jardin, sur ce qui concerne 
lesdits combles. Et l'Académie qui, dans la séance du 
26 e février, avoit marqué le désir d'avoir en relief un 
modèle du procédé employé pour la fabrique de ces 
combles, a prié M. Brébion d'en faire un, et M. Jardin 
voudra bien, conjointement avec lui, en suivre le travail. 



Ce mardy 10 e Décembre 1782. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 

1. Procès-verbaux, t. VIII, p. 214-215. 

2. Ont signé en décembre : Antoine, Bellicard, Boullée, Bré- 
bion, Gherpitel, Goustou, Couture, Desmaisons, Franque, 
Gondoin, Guillaumot, Hazon, Ledoux, Lespée, Mauduit, Mo- 
reau, Paris, Perronet, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, Trouard, 
Sedaine. 



88 [i 7 82 

port de MM. les commissaires nommés à la séance du 
2?e novembre f 18 e ] pour examiner les projets des architectes 
pensionnaires à Rome, et, après une seconde lecture faite 
des desseins en présence, l'Académie l'a approuvé, et il a 
été dit qu'il en seroit fait une copie certifiée qui seroit 
remise à Monsieur le comte d'Angiviller par M. Guillau- 
mot, présidant la séance. 

Enfin, elle a procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est une porte d'arsenal, et le prix a 
été adjugé au sieur Moreau, élève de M. Trouard. 



Ce lundy 16 e Décembre 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire présenté par M. Brébion contenant les expé- 
riences sur la pouzzolane de M. Faujas, dont il est ques- 
tion dans les séances du 11 janvier, i<* février, 12 avril et 
12 may 1779 4 , lesdites expériences faites avec les cimens 
et mortiers déposés dans les bassins des Thuileries, en 
présence de MM. Haqon, Brébion et Guillaumot, le 6 e sep- 
tembre 1782. 



Ce lundy 23e Décembre 1782. 

L'Académie étant assemblée, il a été présenté un modèle 
de machine du sieur Fourneau améliorant celle présentée 
le 25 e février 1782, et lecture faite d'un mémoire qui 
explique les moyens qu'il a employés pour obvier aux 
accidens que son usage pourroit occasionner, l'Académie 
à nommé MM. Franque et Mauduit pour en faire rap- 
port. 

Ensuite, M. Franque a fait voir un échantillon de 
marbre formé par la nature près de la ville d'Aix en Pro- 

1. Procès-verbaux , t. VIII, p. 366-371, 38o. Faujas fut accusé 
de s'être approprié les observations de Desmarest. 



1782] 89 

vence*, dans un aqueduc que ce marbre a obstrué : on en 
a enlevé des blocs de quatre pieds de long, deux de large 
et trois pieds de haut, quoiqu'il n'y ait que vingt cinq ans 
qu'il soit hors d'usage; cette pierre calcaire, d'après l'ex- 
périence faite à l'Académie, prend le poli et est de la 
nature de l'albâtre. 

Enfin, M. Ha^on s'est chargé de demander à Monsieur 
le Directeur général à quel jour et à quelle heure il vou- 
dra bien permettre que l'Académie lui rende ses devoirs 
au renouvellement de l'année. 

1. Voir Procès-verbaux, t. VIII, p. 3o6-3o7, une communica- 
tion de Roux, correspondant de l'Académie. 



oo [, 7 83 



i 7 83, 



Ce mardy 7 e Janvier 1 J<S3 '. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Tagliafichi, présentée par M. .De Wailly, son 
commissaire correspondant, qui est prié de témoigner à 
M. Tagliafichi les sentimens de l'Académie et de l'ex- 
horter à remplir, ainsy qu'il le fait, les objets de sa corres- 
pondance. 

Ensuite, M. Guillaumot a présenté une lettre de M. le 
comte de Cronsted, par laquelle il fait part à l'Académie 
de la confiance de Sa Majesté le roy de Suède qui l'a 
élevé à un gouvernement important 2 , et par laquelle il prie 
l'Académie de lui conserver sa place de correspondant, 
dont il se croit digne par son amour pour l'art de l'archi- 
tecture qu'il a professé; et M. Guillaumot a été prié de 
marquer à M. le comte de Cronsted combien elle étoit 
sensible à son attention et au désir qu'il a de rester atta- 
ché au corps de l'Académie, et de lui représenter que son 
élévation ne le met que plus en état de suivre la corres- 
pondance. 

Ensuite, M. Mauduit a fait lecture du rapport pour 
lequel, conjointement avec M. Franque, il a été nommé 

1. Ont signé en janvier : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, 
Moreau, Paris, Perronet, Peyre, Rousset, Trouard, de Wailly, 
Sedaine. 

2. Cronstedt venait d'être nommé intendant des bâtiments 
royaux. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. io5, 112, 120, 23o, 
23 1, 290. 



17^3] 9i 

commissaire pour l'examen de la machine du sieur Four- 
neau, et ledit examen a été approuvé. 

Enfin, la mort de M. Marquet, correspondant, ayant été 
notifiée, il a été dit que les objets de la correspondance 
seroient à la prochaine séance remis sous les yeux de 
l'Académie. 



Ce lundy i3 c Janvier 1783. 

L'Académie étant assemblée, d'après la notification de 
la mort de M. Marquet 1 , associé correspondant établi en 
Espagne, après la lecture faite des règlemens pour le 
choix et la nomination des correspondans, il a été pro- 
posé de nommer un associé correspondant résidant en la 
ville de Saint Pétersbourg, ainsy que l'a été M. Wallin de 
la Mothe pendant un grand nombre d'années. 

Ensuite, il a été dit qu'il seroit bien de proposer à l'Aca- 
démie impériale de Russie de nommer et de présenter, 
pour remplir cette place, celui qu'il lui pîairoit de choisir, 
ainsy qu'elle a fait à l'égard de l'Académie royale d'archi- 
tecture, à laquelle elle a proposé de nommer un de ses 
membres pour son associé libre honoraire. 

Cette proposition ayant été acceptée unanimement, il a 
été dit que M. Ha^on, présidant l'assemblée, la commu- 
niqueroit à Mopsieur le Directeur général pour qu'il vou- 
lût bien marquer à l'Académie ses intentions : l'article 12 
des statuts disant que tout associé correspondant doit 
avoir l'agrément de Sa Majesté. 



Ce lundy 20 e Janvier 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que le secré- 
taire écriroit à M. Mique pour lui demander quelle 
réponse Monsieur le comte d'Angiviller avoit bien voulu 

1. Voir plus loin, p. 94, 95. 



92 [i783 

faire à la représentation de l'Académie sur le débet des 
droits de présence. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Pigage, 
associé correspondant, et M. Le Roy s'est chargé de lui 
répondre et de lui demander un plan démonstratif des 
jardins qu'il fait à Manheim*. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est un temple élevé à la 
Trinité, et le prix a été adjugé au sieur Sobre, élève de 
M. Le Doux. 

Enfin, M. Guillaumot a fait lecture de la lettre de M. le 
Directeur général par laquelle il approuve le désir de 
l'Académie de proposer à l'Académie impériale de Saint 
Pétersbourg la nomination d'un associé correspondant 
résidant en Russie. 



Ce lundy 27e Janvier 1783. 

L'Académie étant assemblée, M. Cadet de Vaux, ayant 
fait demander par M. Brongniard, académicien 2 , la per- 
mission de lire un mémoire intéressant pour les construc- 
teurs, il a été fait lecture d'un mémoire expliquant un 
appareil pneumatique pour la déméphytisation des puits 
lors de leur construction, de leurs réparations et des exca- 
vations quelconques : mémoire et procédés que l'Acadé- 
mie a écoutés et vu expliquer avec beaucoup de satisfac- 
tion, le bien public étant très intéressé à une pareille 
opération. 

Enfin, il a été dit qu'à la séance prochaine la décision 
de la correspondance à Saint Pétersbourg seroit remise 
sous les yeux de l'Académie. 

1. Voir ci-dessus et ci-après. 

2. Antoine-Alexis-François Cadet de Vaux, 1743-1828, chi- 
miste, pharmacien, arboriculteur, a publié en 1784 un Avis sw 
un moyen de diminuer l'insalubrité des habitations..., in-8". 



1783] 9^ 

Ce lundy 3 e Février 1783 4 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Du Ri 2 , premier architecte et secrétaire per- 
pétuel des Académies du landgrave à Hesse Cassel, pour 
prier l'Académie de le nommer à la place de correspon- 
dant vacante par la mort de M. Marquet. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre de l'Académie à 
l'Académie impériale de Saint Pétersbourg, par laquelle 
elle est prié de nommer un associé correspondant à l'Aca- 
démie d'architecture, et la lettre approuvée sera inscrite 
sur le registre et envoyée à l'Académie impériale. 

Enfin, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est un grand escalier disposé pour un 
palais, et l'Académie a jugé qu'elle ne devoit pas donner 
de prix. 

Copie de la lettre de l'Académie à celle impériale de Saint 
Pétersbourg, par laquelle elle est priée de nommer un 
associé correspondant. 

« Ce 5 février 1783. 
« Messieurs, 

« Lorsque l'Académie impériale des beaux arts de Saint 
Pétersbourg a offert à l'Académie royale d'architecture une 
place d'associé libre honoraire, elle lui a témoigné le regret 
de ce que, pour les constitutions de ses statuts, sa recon- 
noissance ne pouvoit lui offrir une place semblable dont 

1. Ont signé en février : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, Franque, 
Gondoin, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, 
Mauduit, Moreau, Paris, Perronet, Peyre, Peyre le jeune, Po- 
tain, Rousset, Trouard, M.-J. Sedaine. 

2. Du Ry (Simon-Louis) a élevé de nombreux édifices à Cas- 
sel entre 1769 et 1792, date de sa mort. 



94 ['783 

l'honorable Académie impériale pût disposer envers un 
de ses membres. 

« Le nombre des académiciens de l'Académie royale 
d'architecture est fixé : ils doivent être residans à Paris 
et ne peuvent s'éloigner pendant plus de deux mois sans 
permission du Roi, émanée du Directeur général, ou sans 
s'exposer à perdre leur place d'académicien. 

« Les seuls académiciens qui ne soient pas asservis à ces 
conditions sont douze correspondans, dont neuf hors du 
royaume et trois regnicoles, ainsi que vous le verrez dans 
la liste ci jointe. 

« L'Académie royale d'architecture vient de perdre 
M. Marquet, architecte du roi d'Espagne; aussitôt, elle a 
demandé l'agrément de Sa Majesté pour qu'elle pût vous 
offrir la nomination de la place d'un correspondant en 
Russie. M. le comte d'Angiviller, son Directeur général, 
lui a notifié son approbation. 

« Ainsi, Messieurs, elle vous prie d'y nommer : elle ne 
doute pas que le choix que vous voudrez bien faire ne 
tourne à la gloire des Arts et de nos Académies. 

« Vous recevez en même temps, Messieurs, les statuts de 
l'Académie royale d'architecture, les lettres de correspon- 
dance et ses motifs, afin que celui que vous voudrez bien 
nommer connoisse ses devoirs envers elle et les siens en- 
vers lui. 

« Permettez moi, Messieurs, de m'applaudir de cette 
circonstance qui me procure l'honneur de joindre aux 
sentiments respectueux de l'Académie le profond respect 
avec lequel je suis, Messieurs, votre très humble, etc. 
« Signé : Sedaine, secrétaire perpétuel. » 



Ce lundi 10 e Février 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que les des- 
seins des élèves qui ont concouru pour le prix d'émula- 
tion de perspective, jugés en la séance du 19e aoust 1782, 
seront remis sous les yeux de l'Académie. 



.7831 95 

Enfin, l'Académie s'est entretenu des règlemens sur les 
élèves. 



Ce lundy 17 e Février 1783. 

L'Académie étant assemblée, les desseins qui ont con- 
couru pour le prix de perspective au mois d'aoust 1782 
ayant été remis sous les yeux de l'Académie, elle a donné 
le prix au sieur Thomas Froideau, élève de M. Desmai- 
sons. 

Enfin, le s*" Fouquet, demeurant rue de la Bucherie, 
chez Fillot, aubergiste, a fait voir un modèle de bâtimens 
fait avec beaucoup de soin, partie en plâtre et partie en 
pierres de Trossy, et l'Académie l'a vu avec plaisir. 



Ce lundy 24e Février 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été mis sous ses yeux 
une ancienne traduction de Vitruve, faite par Jean Mar- 
tin en 1647, dédiée et présentée à Henry II '. Lecture a été 
faite des premiers chapitres de cette traduction, desquels 
l'Académie s'est entretenue, et elle a regretté que la science 
pour l'augmentation et perfection des sons dans les salles 
de théâtre ait été perdue, et elle pense que cette partie de 
l'art, nécessaire dans le siècle de Vitruve, peut mériter 
quelque attention dans celui cy. 



Ce lundy 3 e Mars 1783 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 

1. Procès-verbaux, t. I, p. 21. L'Académie condamna la tra- 
duction et décida (c'était en 1673) d'attendre celle de Perrault 
qui parut peu après et qu'elle reçut en 1674. Sur les questions 
rappelées ici, voir Vitruve, livre VIII, chap. iv, et livre II, 
chap. ix et x. 

2. Ont signé en mars : Antoine, Bellicard, Brébion, Cous- 
tou, Couture, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, de Lespée, Mauduit, Moreau, 
Perronet, Peyre, Rousset, M.-J. Sedaine. 



96 [1783 

chapitre ix du Vitruve traduit par Jean Martin : ce cha- 
pitre dit comment et en quelle saison il faut couper les 
bois dont est faite la charpenterie, et l'Académie s'est 
entretenue de ce qui est observé à présent. 



Ce lundy 10 e Mars 1783. 

L'Académie étant assemblée, elle a fait l'examen du 
prix d'émulation de ce mois. 

Bnfin, le sieur Fourneau, artiste, ayant apporté trois 
modèles en relief de planchers en charpente d'une cons- 
truction nouvelle ou peu usitée, l'Académie a nommé 
MM. Mauduit et Jardin pour faire rapport de la solidité 
et de l'avantage qui pourroit résulter de ces construc- 
tions. 



Ce lundy 17 e Mars 1783. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un arc 
de triomphe à l'occasion de la paix, et le prix a été ac- 
cordé au sieur Moreau, élève de M. Trouard. 

Enfin, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen des trois modèles de 
planchers présentés par le sieur Fourneau, lequel rapport 
a été approuvé, et ensuite l'Académie s'est entretenu des 
différens moyens employés à la construction des plan- 
chers de charpente. 



Ce lundy 23e Mars 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, adressée à 
MM. de l'Académie d'architecture, pour que, suivant la 
réquisition de MM. Ha^on et Guillaumot, il soit nommé 
des commissaires à l'effet d'examiner les travaux faits 



i 7 83] 97 

pour la construction d'une partie du Palais de Justice^ et 
pour qu'ils en fassent rapport à l'Académie, afin que d'ice- 
luy il résulte tel vœu que de raison, et ladite lettre sera 
inscrite cy après. 

Et après la seconde lecture faite de ladite lettre, comme 
M. Ha^on présidoit et se trouvoit déjà commissaire en 
cette partie, il a demandé que les commissaires fussent 
nommés au scrutin et, par le scrutin, ont été nommés 
MM. L'Épée, Perronet, Brébion, Peyre, Jardin et Cher- 
pitel, pour, conjointement avec MM. Ha^on et Guillau- 
mot, commissaires déjà nommés par le Parlement, faire 
l'examen desdits travaux, en faire rapport, afin que l'Aca- 
démie puisse, d'après cet examen, conclure sur ce qui est 
à faire à cette partie du Palais de Justice pour la solidité 
nécessaire. 

L'Académie a marqué à MM. les commissaires le désir 
qu'elle avoit que cette affaire fût terminée avant les va- 
cances de Pâques. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angiviller 
à MM. de V Académie d'architecture. 

« Versailles, le 17e mars 1783. 

« Vous êtes instruits, Messieurs, je le présume du 
moins, des arrêts du Parlement qui, en confiant à trois 
différentes classes de commissaires l'examen des impor- 
tantes reconstructions du Palais de Justice, ont choisi 
une des classes dans votre Compagnie et y ont préposé 
MM. Ha^on et Guillaumot. Ces messieurs, par un senti- 
ment qui ne peut que les honorer, en attestant leur con- 
fiance dans les lumières réunies de leurs confrères, 



1. Très grave épisode dans l'histoire de la construction du 
Palais de Justice; il va occuper l'Académie pendant plus de 
huit mois. Nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le 
lecteur aux pages pleines de détails qui suivent, en réservant 
le résumé et quelques commentaires pour l'introduction. 

ix 7 



,s [, 7 83 

viennent de me marquer le désir que l'Académie, en imi- 
tant la marche de l'Académie des sciences (dont deux 
membres ont été également nommés par arrêt du Parle- 
ment), forme un commissariat qui concourre avec eux et 
que, sur le rapport de ce commissariat à l'Académie, la 
Compagnie donne un avis qui porte avec soi une auto- 
rité, un crédit, que MM. Haqon et Guillaumot se font une 
délicatesse d'attacher à un sentiment qui ne seroit que 
le leur. 

« Je ne puis qu'applaudir à des dispositions aussi sages 
à tous égards, et je désire que la Compagnie y réponde 
en procédant, dans sa première assemblée, à la nomina- 
tion du commissariat demandé pour, sur le rapport de 
ses opérations, être pris par l'Académie tel vœu que de 
raison. Je n'ai sans doute pas besoin d'observer qu'il 
s'agit ici d'une de ces matières d'intérêt public qui 
tiennent le plus essentiellement a l'objet de l'institution 
de l'Académie. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signe : d'Angivillkr. » 



Ce lundy 3i e Mars 1783. 

L'Académie étant assemblée, la demande ayant été 
faite à MM. les commissaires nommés à la séance précé- 
dente s'ils s'étoient occupés de l'affaire qui concerne le 
Palais de Justice, ils ont dit qu'ils s'étoient assemblés 
jeudy et samedy dans les salles de l'Académie et que de 
lït ils s'étoient transportés au Palais pour les opérations 
et visites nécessaires, et que, mercredy prochain, ils se 
rassembleront de nouveau dans les salles de l'Académie, 
que de là ils iront au Palais pour se mettre en état 
de faire un rapport à l'Académie, à la séance du lundy 
ye avril. 

Ensuite, M. Baradelle, ingénieur pour les instrumens 
de mathématiques, a présenté un compas elliptique d'une 



i 7 83] 99 

nouvelle forme avec lequel on peut décrire des ellipses 
sur toutes sortes de rapport d'axe et de diamètre conju- 
gués et sous tel angle d'inclinaison que l'on voudra : en 
sorte que ce même compas peut décrire toutes les ellipses 
que l'étendue de ses supports peuvent lui permettre, com- 
pris le point et la ligne droite qui rentrent dans la classe 
des lignes circulaires et elliptiques. 

Cet instrument a été construit d'après les idées données 
par M. Maudutt, professeur de l'Académie; le principe, 
quoique connu et qui est le même que celui du tour 
ovale, a été appliqué heureusement à la construction de 
cet instrument qui a paru à l'Académie aussi simple que 
commode, et l'exécution a mérité à cet artiste les éloges 
de la Compagnie. 



Ce lundy y* Avril 178s 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'affaire 
du Palais mentionnée aux séances précédentes. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport, en date du 
29 e aoust 1782, présenté au Parlement par MM. Ha^on et 
Guillaumot nommés par la Cour; puis a été fait lecture 
de celui qu'ils doivent lui présenter et pour l'autorité 
duquel ils ont invoqué les lumières de l'Académie. 

Ensuite, les commissaires ont dit que, les effets surve- 
nus dans la construction des voûtes ne paroissant pas ar- 
rivés à leur terme, il étoit nécessaire de continuer cet 
examen en se servant des moyens les plus propres à faire 
reconnoître si les voûtes feront encore quelques mouve- 
mens, et l'Académie a approuvé les précautions indiquées 
dans le rapport à l'Académie. 

1. Ont signé en avril : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Cherpitel, Coustou, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Perronet, Peyre, Rous- 
set, M.-J, Sedaine. 



ioo [i 7 83 

Enfin, M. Gondoin, académicien présent, a fait obser- 
ver que, par ledit rapport, il étoit dit que MM. Desmai- 
sons et lui, chargés par arrest du conseil, feroient le plus 
promptement possible les réparations et incrustations 
détaillées au rapport de MM. Ha^on et Guillaumot, et 
que lui, Gondoin, ne pouvoit se charger de ces opérations 
pour des raisons qu'il se réserve de dire en temps et lieu, 
et il a demandé que cela fût porté sur le registre. 



Ce lundy 28e Avril 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour les af- 
faires du Palais et, après avoir été au scrutin, le rap- 
port a été approuvé, et il a été dit que deux copies seroient 
faites et certifiées, l'une pour estre envoyée à Monsieur 
le comte d'Angiviller et l'autre pour être remise à 
MM. Ha^on et Gaillaumot. 

Ensuite, il a été dit que les académiciens seroient con- 
voqués pour s'assembler, le lundy 5 may à huit heures 
précises du matin, afin de donner aux élèves le programme 
des grands prix, et le lendemain à dix heures précises du 
matin pour le jugement des esquisses et faire le choix de 
celles que l'Académie aura jugé digne de concourir. 



Ce lundy 5 e May 1783 L 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au choix 
du programme et des sujets proposés par la voye du scru- 
tin : elle a choisy une ménagerie dont voicy le pro- 
gramme. 

Une ménagerie renfermée dans le parc du château d'un 

1. Ont signé en mai (pas de signatures pour le 5) : Antoine, 
Bellicard, Brébion, Goustou, Desmaisons, Franque, Guillau- 
mot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, 
Peyre, Peyre le jeune, Rousset, de Wailly, M.-J. Sedaine. 



1783] ioi 

souverain, l'emplacement sera un quarré de trois cent 
toises de chaque côté. 

On placera, dans ce projet, un amphithéâtre et arènes 
découvertes propres aux combats des animaux, avec des 
gradins et loges pour les spectateurs. 

La mesure de cet amphithéâtre sera de quarante toises 
dans sa plus grande dimension extérieure, comprenant 
les gradins et loges. 

Les lieux destinés pour les quadrupèdes propres aux 
combats seront disposés avec des cours assez spacieuses 
pour leurs besoins et pour communiquer avec commo- 
dité dans l'arène. 

Des volières étendues seront aussi une partie néces- 
saire de ce projet; on pourra même placer dans ce pro- 
jet des masses de galeries et bâtimens pour la conser- 
vation des squelettes et injections des espèces rares 
d'animaux et d'oiseaux. 

Un pavillon principal pour recevoir le prince, lequel 
pavillon sera sans appartement de demeure, et les ser- 
vices se trouveront dans les souterrains. 

Plusieurs autres petits pavillons et corps de bâtimens 
pour des concierges, serviteurs et portiers. 

On fera un plan général, lequel représentera les dispo- 
sitions en masses de toutes les cours et bâtimens, fon- 
taines, abreuvoirs, loges d'animaux et volières, avec des 
arrachemens de parties du parc, en trente toises d'éten- 
due au plus au delà de la mesure du quarré désigné. 

L'échelle des dessins au net sera, pour le plan général, 
de deux lignes pour toise. 

L'Académie demande aussi une coupe générale sur la 
même échelle. 

Un plan particulier des deux étages principaux de l'am- 
phithéâtre et du pavillon du prince sur une échelle de 
huit lignes pour toise. 

Une coupe des mêmes objets et une élévation du même 



M" 

pavillon seulement, lesquelles seront sur la même échelle 
de huit lignes pour toise. 

On fera esquisses : 

10 Du plan général, sur une échelle de demie ligne 

pour toise. 

20 Du plan particulier du pavillon principal et de l'am- 
phithéâtre et arène, sur une échelle de deux lignes pour 

toise. 

3o De la coupe du même pavillon et amphithéâtre, sur 

la même échelle. 

40 De l'élévation du pavillon, aussi sur la même échelle 
de deux lignes pour toise. 

Et l'Académie a nommé, pour l'examen de la confor- 
mité des esquisses, les commissaires nommés pour rédi- 
ger les conditions du programme : ainsi, MM. Brébion, 
Franque, Moreau, Le Roy, Jardin, Antoine s'assemble- 
ront demain à huit heures du matin, dans les salles, pour 
préparer le travail de l'Académie lors de son assemblée à 
dix heures du matin, et elle a dit que la séance de ce 
jour ne seroit arrêtée que demain mardy après le juge- 
ment des esquisses. 

M. J. Sedaine. 



Et ce mardy 6« Mai 1783. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme proposé aux élèves et du rapport de MM. les 
commissaires sur la conformité et non conformité des 
esquisses à ce qu'exige ledit programme, et, après l'exa- 
men et vérification des observations de MM. les commis- 
saires et discussion sur cet objet, des trente trois es- 
quisses exposées à l'Académie, elle en a fait retirer vingt 
et une pour cause de non conformité au programme : 
ainsy restent douze, desquelles elle a choisy par le scru- 
tin les esquisses désignées par les lettres A, B, H, K, L, 
T, X, BB, G G, dont les auteurs sont les sieurs Vau- 



1783] io3 

doyer, Thomas Froideau, Le Roy, van Cleemputte, Per- 
cier, Moreau, Godefroy, Moette et Pichot, lesquels con- 
courront pour le grand prix. 

Et les élèves rendront leurs desseins au net, le lundy 
18 e aoust avant midy. 



Ce lundy 12e May t/83. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment des desseins qui concourrent pour le prix d'émula- 
tion : le programme est un monument servant de céno- 
taphe aux infortunés qui ont péri dans le tremblement de 
terre arrivé à Messine et dans la Calàbre*, le 10e février 
1783, et le prix a été adjugé au sieur Pichon, élevé de 
M. Moreau. 



Ce lundy 19 e May 1783. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé à l'examen 
du prix d'émulation, après lecture faite du programme, 
et ensuite elle s'est entretenue de l'employ des bois de 
charpente» 



Ce lundy 2Ô« May 1783. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est l'avant 
corps d'un palais, et le prix a été adjugé au sieur Simon, 
élève de M. Maçon. 

Ensuite, a été fait lecture de l'article Génie, de M. Di- 
derot, consigné dans Y Encyclopédie 2 ; cet article a fait dé- 

1. Ce tremblement de terre détruisit toute une partie de la 
ville de Messine et fit périr, dit-on, 12,000 habitants. Cf. Cor- 
respondance des directeurs, t. XIV, p. 302-307. 

2. Il est, en effet, très peu question de l'architecture dans les 
articles d'esthétique. 



104 [i783 

sircr que Fauteur eût étendu ses réflexions sur les parties 
qui caractérisent l'homme de génie en architecture. 

L'Académie, ayant appris la maladie de M. Fontanieu, 
a prié quatre de ses membres d'aller lui témoigner la part 
qu'elle prend à sa santé. 



Ce lundy 2c Juin 1783*. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre adressée à MM. de l'Académie par M. Giraud, avo- 
cat, qui fait part d'un projet de place pour le Roy et la 
Reine sur le terrain de celle de Saint Michel 2 , et lecture 
a été faite dudit projet. 

Ensuite, a été fait l'examen d'une collection de plusieurs 
assemblages de charpente et menuiserie par le sieur Ga- 
bory, machiniste : MM. Mauduit et Paris ont été nom- 
més commissaires pour en faire rapport. 

Enfin, a été fait l'examen des desseins qui concourrent 
pour le prix d'émulation. 



Ce lundy 16 e Juin 1783. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite d'une 
lettre de M. le comte d'Angiviller adressée à M. Mique ; 
cette lettre dit que l'Académie connoîtra le mémoire qui 
y est joint, lequel est soussigné des deux entrepreneurs 
qui ont commencé les travaux du Palais. 

Dans cette affaire, les commissaires nommés par elle 
ont fait plusieurs rapports, et l'Académie a prononcé et 
ordonné des expériences. 

1. Ont signé en juin : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Pa- 
ris, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. La place Saint-Michel, très étroite, se trouvait au point 
où a été créée la nouvelle place. — Il n'y a pas de Giraut avo- 
cat au Parlement. Deux Girauld et Girault étaient procureurs 
au Parlement. 



1783] io5 

Au préalable, la lettre de M. le comte et le mémoire 
des entrepreneurs seront mis entre les mains de MM. les 
commissaires, auxquels se joindront MM. De Wailljr, 
Mauduit, Trouard et Paris, afin qu'à la séance prochaine 
l'Académie soit mise en état de répondre à ce que désire 
Monsieur le Directeur général. 

La lettre de M. le Directeur général, en date du 3 e juin, 
sera inscrite sur le registre. 

Enfin, a été fait lecture du rapport concernant la col- 
lection des assemblages de charpente et menuiserie du 
sieur Gabory, et il a été approuvé. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d' Angiviller 
à M. Mique au sujet de l'affaire du Palais de Justice. 

« Versailles, le 3 juin 1783. 

« Vous trouverez, Monsieur, avec cette lettre, copie 
d'un mémoire que viennent de m'adresser les sieurs Ro- 
land et Brunet, premiers entrepreneurs pour le Palais de 
Justice de ces constructions devenues si malheureuse- 
ment la matière d'une discussion également importante 
et délicate de la part de l'Académie entière, qui y a été 
si sagement appelée par les deux commissaires qui avoient 
reçu leurs missions du Parlement ; il m'a paru indispen- 
sable à tous égards que l'Académie connût ce mémoire et 
en prît les détails en considération. Vous voudrez bien, 
en conséquence, soit par vous même, soit par celui qui 
présidera la plus prochaine assemblée, offrir cet écrit aux 
réflexions de la Compagnie et veiller à ce que je sois 
instruit en tems et lieu des suites et du résultat. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'An gi vil le r. » 



Ce lundy 23e Juin 1783. 
L'Académie étant assemblée, a été fait rapport de 



I0fi MW 

MM. les commissaires assembles pour l'affaire du Palais, 
l'Académie Ta approuvé et a dit qu'il en seroit fait copie 
certifiée, laquelle sera présentée à Monsieur le Directeur 
général. 

Ensuite, MM. les commissaires ont dit que M. Desmai- 
sons, faisant finir les sculptures de voûtes soumises aux 
expériences désignées par l'Académie, que eux, commis- 
saires, avoient cru devoir écrire à M. Desmaisons pour lui 
prescrire de suivre avec exactitude les décisions de l'Aca- 
démie. M. Desmaisons a répondu, par une lettre adressée 
à l'Académie, qu'il est vrai qu'il a fait finir les sculptures, 
mais que son intention est de suivre ce qui lui a été pres- 
crit. Ce considéré, l'Académie a dit que M. Sedaine, secré- 
taire, écriroità M. Desmaisons que l'Académie a tout lieu 
de croire qu'il se conformera plus exactement à ce qui lui 
étoit prescrit par les décisions de l'Académie, et surtout 
qu'il observera que ces voûtes ne soient couvertes ny de 
dalles ny de carreaux; l'Académie désapprouvant, d'ail- 
leurs, qu'il ait fait finir les sculptures, lui fait en outre 
observer qu'il est nécessaire que les échafauds restent en 
place jusqu'après les épreuves. 

Enfin, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est un kiosque, et le prix a été adjugé 
au s r Verly, élève de ... (sic). 



Ce lundy 3oe Juin 1783. 
L'Académie étant assemblée, à la réquisition de M. Des- 
maisons a été fait lecture d'une lettre de Monsieur d'Or- 
messon, contrôleur général, adressée à MM. Desmaisons 
et Antoine, chargés des opérations du Pdlais : par cette 
lettre, M. le Contrôleur général témoigne sa satisfaction 
des travaux du Palais et le gré qu'il leur aura de leur 
activité à faire poser les dalles qui couvriront le sol de la 
salle Mercière, afin que Messieurs du Parlement puissent 
y passer à la cérémonie du i5* d'aoust. 



1783] 107 

M. Desmaisons a représente ensuite à la Compagnie 
que l'arrêté par lequel elle lui avoit prescrit de ne point 
faire poser les dalles l'empêcheroit de satisfaire aux désirs 
de Monsieur le Contrôleur général, que cette pose de 
dalles ne pouvoit, en aucune manière, nuire aux épreuves 
et empêcher la connoissance que les expériences ordon- 
nées pourroient fournir pour constater la solidité des 
voûtes. 

L'Académie a dit qu'elle persistoit dans ses délibéra- 
tions précédentes et que M. Desmaisons mettroit les com- 
missaires en état de faire les épreuves, lors de la visite des 
travaux : ce à quoi il s'est soumis. 

L'Académie a dit qu'au surplus il en seroit fait rapport 
à Monsieur le Directeur général. 



Ce lundy 7 e Juillet 1783*. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, adressée à 
M. Mique, concernant l'affaire du Palais. M. le Direc- 
teur général dit dans cette lettre que, quant aux règle- 
mens des mémoires des entrepreneurs, son idée n'a été 
que de leur enlever un prétexte de semer dans le public 
qu'on a dédaigné les vérités les plus importantes ; il ins- 
truit l'Académie de ce motif de son renvoy, et que, quant 
à ces règlemens, son idée n'a pas été de porter MM. Mo- 
reau et Desmaisons à justifier leur conduite. Après cette 
lecture, MM. Moreau et Desmaisons ont exposé à l'Aca- 
démie que, bien qu'il ne paroisse pas essentiel que la 
Compagnie s'occupe en ce moment du contenu au mé- 
moire présenté par les sieurs Rolland et Brunet et ren- 
voyé à l'Académie par M. le Directeur général et 

1. Ont signé en juillet : Mique, Bellicard, Brébion, Chalgrin, 
Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, Peyre 
le jeune, Pierre, Rousset, Trouard, M.-J. Sedaine. 



108 [i 7 83 

des règlemens qu'ils ont faits de leurs ouvrages, considé- 
rant que ce mémoire a fait l'objet d'une de ses délibéra- 
tion, ces messieurs demandent que la note qu'ils ont pro- 
duite en réponse demeure annexée à ses registres : ce qui 
a été accordée. 

Ensuite, M. Sedainc a présenté à l'Académie, de la part 
de M. Perronet, chevalier de l'Ordre du Roy et membre 
de son Académie d'architecture, etc., deux volumes in fo- 
lio intitulés Description des projets et de la construction 
des ponts de Neuilly, de Mantes, d'Orléans et autres, et 
celui de La conduite des eaux de l'Yvette et de Bievre à 
Paris*. L'Académie a reçu ces deux volumes avec une 
très grande reconnoissance et elle a chargé M. Sedaine, 
son secrétaire, d'écrire à M. Perronet combien elle étoit 
sensible à l'attention qu'il a bien voulu avoir d'en enri- 
chir sa bibliothèque. 



Ce lundy 14 e Juillet 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre adressée par Monsieur le comte d'Angiviller à 
MM. Ha^on et Guillaumot, par laquelle il approuve la 
sagesse des arrêtés pris par l'Académie et la conduite 
qu'a tenu le commissariat occupé de l'affaire du Palais, 
pour se mettre à l'abry du reproche. 

Enfin, l'Académie s'est occupé des deux livres in folio 
de M. Perronet, et elle n'a trouvé que des motifs d'éloges 
dans le développement et la clarté des détails employés 
pour la construction des grands monumens qu'il a faits 
et des projets dont il fait voir la possibilité; leur publi- 
cité, en prouvant le génie de M. Perronet, fait connoître 
l'âme d'un citoyen qui désire être utile à toutes les na- 
tions. 

1. Le premier ouvrage est en deux volumes in-folio, le se- 
cond en un volume in-4 ; les exemplaires de la bibliothèque 
de l'Institut ne proviennent pas de l'Académie d'architecture, 
mais portent le timbre humide : Académie royale des sciences. 



1783] 109 

Ce lundy 21 e Juillet 1783. 
L'Académie étant assemblée, M. Mauduit a présenté 
deux traités de perspective anglois qu'il a achetés pour 
l'instruction des élèves : cet académicien a fait voir l'iden- 
tité de ses principes avec ceux du célèbre docteur Brook 
Tailor 1 . Ces ouvrages font des commentaires assez éten- 
dus où l'on trouve tout ce qui a rapport à la théorie et à 
la pratique de cette partie si intéressante pour les arts. 



Ce lundy 28e Juillet 1788. 
L'Académie étant assemblée, M. Guillaiimot a fait rap- 
port de scellemens de grilles de fer faits en souffre, au 
lieu de plomb fondu que l'on a employés jusqu'à ce jour; 
et il paraît, par ce rapport, que le scellement en est solide 
et que surtout cette opération est d'une grande épargne, 
comparée à celle du plomb. 



Ce lundy 4 e Aoust 1783 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que M. le se- 
crétaire rendroit compte à Monsieur le Directeur général 
de ce qui est arrivé hier dans les loges de l'Académie au 
sujet d'un des élèves, et réprimande a été faite au con- 
cierge de les avoir ouvertes un dimanche, ce qui est dé- 
fendu par les règlemens, auxquels il lui est enjoint de se 
conformer exactement. 

Enfin, l'Académie s'est entretenu des règlemens faits 
lors de la remise au net, par les élèves, de la composition 
de leurs esquisses. 

1. L'ouvrage de Brook Taylor avait été traduit en français 
par le P. Rivière en 1757 : Nouveaux principes de perspective, 
1 vol. in-8°, figures. 

2. Ont signé en août : Mique, Antoine, Bellicard, Bré- 
bion, Brongniart, Chalgrin, Cherpitel, Goustou, Desmaisons, 
Franque, Gondoin, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Le- 
roy, Lespée, Moreau, Peyre, Peyre le jeune, Rousset, Sedaine. 



1 10 



[i7»3 



Ge lundy n c Aoust 1783. 

L'Académie étant assemblée, après lecture faite des 
rapports de MM. les commissaires nommés pour l'affaire 
du Palais et des différentes pièces servant d'autorité et 
de suite à ladite affaire, représentations ont été faites par 
lesdits commissaires que, sitôt après le i5* aoust, jour 
auquel le Parlement passera par la salle Mercière, il 
seroit nécessaire que M. Desmaisons mît le commissariat 
en état de constater, d'après les expériences indiquées, la 
solidité des constructions soumises à leur rapport et que, 
les vacances de l'Académie étant prochaines, il seroit 
bien d'accélérer ces opérations, pour tranquilliser, s'il y 
a Heu, et le Parlement et l'Académie sur toute inquiétude 
à cet égard. 

L'Académie a approuvé ces représentations et a dit que 
M. Sedaine, secrétaire, écriroit à M. Desmaisons; que 
même, d'après la commission qu'il a consignée à cet égard 
à l'Académie, il seroit invité à ne pas retarder des expé- 
riences qu'il doit lui même désirer, afin que, dès la se- 
maine prochaine, les commissaires puissent commencer a 
opérer et que les échafauds soient reposés. 



Ce lundy 17 e Aoust 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller adressée à 
M. Sedaine; comme il est dit dans cette lettre, qui sera 
inscrite cy après, que l'Académie communiquera ses ob- 
servations, elle a nommé pour commissaires, afin de les 
rédiger, MM. De Wailly, Brébion, Peyre l'aîné et Guil- 
launiot. 

Ensuite, l'Académie a dit que M. Ha^on, présidant 
l'assemblée, auroit l'honneur d'écrire à M. le Directeur 
général pour l'inviter à la présider, le mardy 26* aoust, 
jour du jugement des prix, à moins qu'il ne lui plaise 



1783] m 

indiquer une autre séance. MM. Brébion, Franque, Mo- 
reau, Le Roy, Jardin et Antoine, commissaires nommés 
pour le jugement de la conformité des esquisses aux des- 
seins, s'assembleront le mardy matin pour préparer les 
observations de l'Académie, et l'Académie sera convo- 
quée pour procéder au jugement des prix. 

Sur la lettre que l'Académie d'architecture a fait à 
M. Desmaisons, l'un de ses membres, l'honneur de lui 
écrire, le 12e aoust, relativement aux travaux du Palais, 
par laquelle elle l'invite à faire mettre des échafauds 
sous les voûtes de la nouvelle galerie Mercière, M. Des- 
maisons a l'honneur d'observer à l'Académie : i° que 
toutes les réparations des voûtes sont faites; 20 que la 
galerie Mercière, livrée depuis plusieurs jours au public, 
ne peut plus être interceptée ; 3<> qu'à l'égard des étages 
au dessus de cette galerie, destinés à l'établissement de la 
Cour des aides, il vient de lui être donné des ordres, 
ainsy qu'à M. Antoine, son confrère, par le ministre des 
Finances, consignés dans sa lettre du i3e aoust présent 
mois, dans laquelle le ministre, après avoir témoigné à 
ces architectes sa satisfaction sur l'état et la solidité des 
travaux du Palais dont il s'est fait rendre compte, les in- 
vite à redoubler encore, s'il est possible, d'activité pour 
mettre Messieurs de la Cour des aides en état d'occuper 
au plutôt les lieux qui leur sont destinés. M. Desmaisons 
a l'honneur de déclarer à l'Académie qu'aucun motif ne 
peut suspendre l'exécution des ordres précis que le mi- 
nistre lui donne conjointement, ainsy qu'à M. Antoine. 



Ce mardy 26 e Aoust 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
observations que MM. les commissaires nommés ont ré- 
digées pour être communiquées à Monsieur le Directeur 
général : ces observations sur les droits de présence ont 



ii2 [i 7 83 

été demandées par la lettre inscrite cy après 1 ; l'Académie 
a approuvé et a dit qu'elles seroient présentées à M. le 
Directeur général par M. Mique, son directeur, présidant 
l'assemblée. 

Ensuite, a été fait lecture des représentations de 
MM. les commissaires nommes pour l'affaire du Palais, 
lesquelles représentations seront consignées dans les re- 
registres, après la séance, conformes à l'original. Après 
la lecture de ces représentations, l'Académie les a approu- 
vées et a ajouté qu'elles seroient présentées à M. le Direc- 
teur général, afin qu'il voulût bien prendre connoissance 
de l'impossibilité où ce défaut des épreuves demandées 
met l'Académie hors d'état de prononcer sur la solidité 
de ces voûtes, et afin que le rapport qu'elle en fait à Mon- 
sieur le Directeur général mette un jour l'Académie à 
couvert de tout reproche, s'il arrivoit quelque événement 
sur cet objet. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement des grands 
prix, et après lecture faite du rapport de MM. les com- 
missaires assemblés ce matin pour juger de la conformité 
du dessein aux esquisses, l'Académie a décerné et donné 
le premier prix au sieur Vaudoyer, élève de M. le comte 
d'Affry, et le second prix a été adjugé et donné au sieur 
Percier, élève de M. Le Roy. 

Sur la présentation de M. Desmaisons, il a été décidé 
que ce qui est porté, concernant cette affaire, dans la 
séance précédente, seroit en même temps présenté à M. le 
Directeur général. 

Lettre de M. le comte d'Angiviller à M. Sedaine, 
en date du 12 aoust iy83. 

« Sur l'ordre que j'avois donné, Monsieur, qu'on me 
mît en état de procéder sur les droits de présence de 

1. Voir ci-dessus, p. 70, et ci-après, p. n5, 116, 118. — Pour 
les renvois aux statuts de 1775-1776, voir les appendices du 
t. VIII, et spécialement les articles 22 et 23, p. 401. 



1783] n3 

l'Académie, on m'a présenté les états purement et simple- 
ment tels qu'ils se trouvent formés et arrêtés. J'ai cru de- 
voir, à la vue de leur masse totale, me procurer une ana- 
lyse de leur composition et j'y ai trouvé des excès d'em- 
ploy dont les causes me sont inconnues, et qui, en tout 
cas, ne me paroissent pas admissibles. 

« L'article 22 des statuts admet les droits de présence 
pour dix-sept têtes, mais il règle d'ailleurs que les acadé- 
miciens employés pour le Roi hors de Paris et ne pou- 
vant jouir des droits de présence en seront dédommagés 
par une attribution annuelle de 400 livres : trois des aca- 
démiciens sont dans ce cas, il n'y a donc plus à compter 
[que] pour quatorze, et cependant les états sont toujours 
établis pour dix sept têtes. 

« Je vois d'ailleurs une attribution de cinquante écus à 
vous et à chacun de MM. les professeurs pour le tems 
des vacances; à cet égard, je conçois que la tenue du se- 
crétariat peut faire supposer des fonctions non interrom- 
pues, mais il ne peut pas en être de même quant à 
MM. les professeurs. J'observerai, d'ailleurs, que vous re- 
trouverez tous trois également un avantage au moins 
équivalent à cinquante écus dans la plus value des droits 
de présence, dont la masse, toujours égale, se répartit 
entre les présens. Communiquez mes observations à 
l'Académie, afin que, d'après ses réponses, je fixe mes 
résolutions. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 

Représentations de MM. les commissaires nommés 
pour l'affaire du Palais. 

« Ce 26 aoust 1783. 
« Les commissaires nommés pour l'examen des nou- 
vaux travaux du Palais, principalement à cause des effets 
arrivés aux voûtes qui avoient donné de l'inquiétude sur 
vin 8 



ii4 [i7 83 

leur solidité, comme cela est expliqué dans les rapports 
de la visite des lieux qu'ils ont remis à l'Académie, avoient 
demandé, ainsi que les commissaires nommés par l'Aca- 
démie des sciences, qu'après que les voussoirs des lunettes 
qui se trouvoient fractionnés, ainsi que plusieurs autres 
endroits de la naissance des voûtes, auroient été rempla- 
cés par incrustement, ces voûtes seroient chargées en 
sable d'un poids égal à celui du public nombreux qui 
sera rassemblé sur ces voûtes dans de certains jours de 
l'année, et même d'un tiers en sus de ce poids, pour les 
rapprocher de la force vive des mouvemens des hommes 
par une augmentation de fardeau : précaution qui avoit 
été reconnue nécessaire, tant pour s'assurer de la solidité 
de ces voûtes que pour la sûreté publique; épreuve qui a 
déjà été employée en pareille circonstance et notamment 
au Palais Bourbon. 

« Ces commissaires ont déjà rapporté à l'Académie que 
les échafauds, que l'on auroit dû laisser pour qu'ils 
puissent visiter ces voûtes, ont été enlevés; ils ajoutent 
qu'il paroît que l'intention n'est point de faire les rechar- 
gemens en sable, dont on vient de parler, d'après des 
ordres supérieurs qui leur ont été communiqués. 

« Dans cette circonstance, ces commissaires [ne] peuvent 
se dispenser de rendre compte à l'Académie de ce qui 
se passe à ce sujet, dans la crainte que leur silence peut 
être regardé comme consentement tacite et leur attirer, 
en cas d'accidents dont ils ne'sauroient être responsables, 
des blâmes et des reproches qu'ils n'auroient pas mérités 
et qui pourroient aussi tomber sur l'Académie. 

« C'est pourquoi ces commissaires prient l'Académie 
de vouloir bien enregistrer leur présent rapport et les 
dispenser de la suite de cette affaire, par l'impossibilité où 
ils se trouvent présentement de terminer leur procès ver- 
bal, au défaut de l'expérience, qui n'a pas été faite, du 
chargement des voûtes. » 



17^3] n5 

Observations sur les droits de présence 
rédigées par MM. les commissaires. 

« Ce 23 aoust 1783. 

« Nous, commissaires nommés par l'Académie royale 
d'architecture pour rédiger les observations que l'Acadé- 
mie doit mettre sous les yeux de Monsieur le Directeur 
général, relativement aux états des droits de présence cer- 
tifiés par le secrétaire et revêtus des signatures de MM, les 
intendans généraux, depuis et compris le premier se- 
mestre de 1776 jusques et compris le premier semestre de 
1783, lesquelles observations sont demandées par une 
lettre de M. le Directeur général, en date du 12 aoust 
1783, adressée à M. Sedaine, secrétaire, pour être com- 
muniquée à l'Académie, nous croyons : 

« Primo. — Qu'il est nécessaire que M. le Directeur 
général soit informé que les membres de la première 
classe de l'Académie n'ont aucune connoissance de la 
manière dont s'établit la répartition générale des droits de 
présence et de ce qui est demandé pour chacun sur le 
fond accordé par le Roi; ce travail se fait par le concours 
du secrétaire perpétuel et de MM. les intendans géné- 
raux, qui ont succédé dans cette fonction à M. le pre- 
mier architecte. 

« Secundo. — Nous ne pensons pas qu'il y ait eu au- 
cune intention de surprendre l'administration dans les 
états qui ont été produits, parce que le secrétaire et MM. les 
intendans se sont appuyé sur l'article 2 (lire 22 et 23) et 
l'article 3 des statuts, enregistrés au Parlement en date 
du 26e janvier 1776; lesquels articles assignent à chacun 
des membres de première classe une pistole pour droit de 
présence, mise en masse pour être répartie entre les pré- 
sens à la séance. 

« Tertio. — Le Roi, depuis les statuts et règlemens, 



n6 [i 7 83 

ayant bien voulu accorder aux architectes employés dans 
ses bâtimens hors de Paris, et par forme de gratification 
annuelle, la somme de 400 livres à chacun pour les in- 
demniser des droits de présence, M. le Directeur général 
n'a point prononcé pour lors que cette gratification, ac- 
cordée par le Roi, seroit déduite sur la somme des droits 
de présence. 

« Quarto. — Les membres de la première classe 
croient qu'ils doivent exposer à M. le Directeur général 
que les 400 livres accordées aux académiciens hors de 
Paris pour le service du Roi leur procurent une récom- 
pense plus forte que celle qui seroit répartie aux archi- 
tectes présens, si le calcul des honoraires se faisoit sur le 
nombre de quatorze académiciens au lieu de dix sept, 
quoique ces architectes employés pour le service du Roi 
se trouvent dispensés des rapports très fréquens qui re- 
tombent, par leur absence, sur les autres membres de 
cette classe. 

« Quinto. — Sur ce qui concerne les i5o livres deman- 
dées dans les états des honoraires pour le tems des va- 
cances et en faveur du secrétaire et des deux professeurs, 
M. Sedaine nous ayant déclaré que, précédemment à l'an- 
née 1776 et sous l'administration même de M. le comte 
d'Angiviller jusqu'à cette époque, il leur a accordé pour 
ledit tems des vacances une somme semblable à celle 
qu'ils demandent, nous pensons que M. le Directeur gé- 
néral voudra bien la leur continuer, parce que les profes- 
seurs préparent pendant ce tems le travail des élèves 
pour toute l'année, et que le secrétaire est attaché sans 
interruption à suivre les affaires et la correspondance 
pendant ce mçme tems des vacances. 

« Au surplus, nous, commissaires soussignés, pensons 
que l'Académie doit s'en remettre à ce que M. le Direc- 
teur général voudra bien décider sur ces observations. 

« Fait à l'Académie royale d'architecture, à Paris, ce 
23 aoust 1783. 

« Signé : De Wailly, Brébion, Peyre, Guillaumot. » 



1783] ii 7 

Ce lundy i e r Septembre 1783 *. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation sur des desseins d'ornement 
dans une frise corinthienne, et le prix a été adjugé au 
sieur Fontaine, élève de M. Heurtier. 

Enfin, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est un établissement pour l'instruc- 
tion des sourds et muets, et le prix a été adjugé au sieur 
Meunier, élève de M. Peyre l'aîné. 



Ce lundy 17e Novembre 1783 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
statuts et règlemens enregistrés au Parlement. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de Monsieur le 
Directeur général adressée à M. Ha^on, par laquelle, vu 
la vacance de l'Académie, il nomme MM. Ha^on, Cous- 
tou, Boullée, Peyre l'aîné, Gondoin et Antoine pour (sur 
la demande de M. le lieutenant de police) faire l'examen 
de la coupole de la nouvelle halle*, afin d'en constater la 
solidité et les avantages. Et par la même lettre il est dit 
que l'original du rapport sera déposé à l'Académie; ce 
qui a été fait après la lecture que M. Ha^on, l'un des 
commissaires, lui a faite de ce rapport. 

Enfin, M. Sedaine a présenté à l'Académie l'étude des 
fragmens d'architecture gravés dans la manière du crayon, 

1. Ont signé en septembre : Bellicard, Brébion, Cherpitel, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, 
Leroy, Moreau, Peyre le jeune, Rousset, M.-J. Sedaine. 

2. Ont signé en novembre : Bellicard, Brébion, Cherpitel, 
Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Perronet, 
Peyre, N.-M. Potain, Rousset, Sedaine. 

3. Œuvre de Legrand et Molinos, élevée en 1783, suivant la 
méthode de Philibert de l'Orme dans les Nouvelles inventions 
pour bien bastir et à petits frais. — Échafaudages par Albouy, 
maître charpentier; menuisier, Roubo fils; serrurier, Contou. 



u8 [i 7 83 

dessinés et mis au jour par M. Renard 1 , architecte, ancien 
pensionnaire du Roi, après lecture de sa lettre, par la- 
quelle il prie l'Académie d'en accepter un exemplaire : 
l'Académie a reçu cet ouvrage avec plaisir et elle a chargé 
le secrétaire de lui en marquer sa satisfaction. 



Ce lundy 24e Novembre iy83. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de deux 
lettres de Monsieur le comte d'Angivillers adressées de 
Fontainebleau à MM. de l'Académie : la première concer- 
nant l'affaire du Palais, laquelle lettre sera inscrite cy 
après sur le registre ; la deuxième concernant les droits 
de présence dont M. Sedaine, secrétaire, est chargé de 
recevoir quatre années qui seront, par le trésorier, déli- 
vrées sur sa signature, pour être distribuées à MM. les 
académiciens de première classe pour les années 1776, 
1777, 1778 et 1779 3 , en mettant, à la marge du registre des 
droits de présence, la réception de leur contingent. 

Ensuite, ont été présentés les desseins des élèves pen- 
sionnaires du Roy à Rome*, et, pour l'examen et rapport 
d'iceux, ont été nommés MM. Franque, Brébion, Peyre 
l'aîné et Trouard, afin de préparer le jugement de l'Aca- 
démie. 

Enfin, a été fait lecture d'une lettre de M. Daggeville, 
associé correspondant, par laquelle il présente à l'Aca- 
démie l'éloge historique de Michel François André Bar- 
don 4 , de l'Académie royale de peinture. 

1. Les Fragments d'architecture ont été sans doute conti- 
nués sous le titre d'Ornements d'architecture. Procès-verbaux 
de l'Académie de peinture, t. IX, p. 175, 188, 219. 

2. On voit à combien s'élevait le déficit et qu'il était loin de 
la liquidation. Cf. ci-dessus, p. 70. 

3. Correspondance des directeurs, t. XIV, p. 387, 395, 396. 

4. Dandré-Bardon (1700-1783) avait été directeur de l'Acadé- 
mie de Marseille, d'où ce discours de d'Aggeville. Voir Procès- 
verbaux de l'Académie de peinture, t. VI, p. 378; t. IX, p. 169, 
et la note importante de Montaiglon. 



1783] ii9 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d' Angivillers 
à V Académie, au sujet de l'affaire du Palais. 

« Fontainebleau, 18 novembre 1783. 

« Je n'ai pu qu'applaudir, Messieurs, à la délibération 
que la Compagnie a prise dans la séance du 26 aoust, 
d'après celle du 18 du même mois, sur l'affaire du Palais 
de Justice, et les motifs vraiment impérieux qui ne per- 
mettent plus, ni à l'Académie ni aux commissaires 
nommés tant par le Parlement que par elle-même, de 
continuer et de consommer des opérations qui avoient été 
jugées si importantes. L'Académie en corps n'avoit qu'une 
mission spontanée, prise de mon aveu et de concert avec 
moi, sur la réquisition des deux architectes académiciens 
préposés légalement par le Parlement. Ainsi, l'Académie 
peut se départir librement de soins qui n'ont été de sa 
part qu'acte de zèle pour la chose publique; mais, si je ne 
me trompe sur les conditions irritantes de la commission 
décernée par le Parlement, je crois qu'il est de la pru- 
dence des deux commissaires de se pourvoir auprès de 
M. le Premier Président et de M. le Procureur général 
pour se faire décharger de la commission. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d' Angivillers. » 



Ce lundy 3o c Novembre 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. le comte d'Angiviller par laquelle il de- 
mande que l'Académie nomme des commissaires pour 
l'examen et rapport des desseins envoyez de Rome; 
comme l'Académie avoit déjà reçu ces desseins et qu'il 
lui est ordonné précédemment qu'après la réception de 
ces desseins elle procède à cet examen, elle avoit déjà 
nommé des commissaires à la séance précédente : 
d'aileurs, elle se conformera à ce que prescrit cette lettre. 



120 [i783 

Enfin, l'Académie a chargé M. Sedainc d'écrire à Mon- 
sieur le Directeur général pour lui marquer sa recon- 
noissance sur son attention bienfaisante à lui faire payer 
ses droits de présence. 



Ce mardy 9 e Décembre 1783*. 

L'Académie étant assemblée, on a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est une salle de 
comédie pour une très grande ville du royaume, et le prix 
a été adjugé au sieur Gathala, élève de M. Mauduit. 

Ensuite, par M. Sedaine, ont été présentés des plans, 
coupes, profils et élévations de constructions que M. Que- 
renghi, italien au service de l'Impératrice, ordonne à 
Saint Pétersbourg 2 ; et, après la lecture faite de la lettre 
de M. le baron de Grimm, par laquelle il marque le désir 
que l'architecte a de soumettre ces desseins aux lumières 
de l'Académie, elle a invité les mêmes commissaires 
nommés pour les desseins de Rome pour qu'ils fassent 
l'examen de ceux de Saint Pétersbourg ex disent ce qu'ils 
pensent de ces projets. 



Ce lundy i5 e Décembre 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
des desseins envoyés de Rome, et l'Académie, après un 
second examen, a approuvé le rapport et a dit que copie 

1. Ont signé en décembre : Antoine, Bellicard, Brébion, 
Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Leroy, Lespée, Moreau, Perronet, Peyre, Peyre le 
jeune, N.-M. Potain, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. G. Quarenghi a beaucoup construit ou donné des projets 
de construction en Russie entre 1782 et 1814. Il s'inspira sou- 
vent de Clérisseau. Voir Délie opère e fabricche di G. Quaren- 
g/n'(Hautecœur, L'architecture classique à Saint-Pétersbourg). 
Nous n'avons pas le rapport signalé ci-dessous. 



1783] i2i 

certifiée en seroit envoyée à M. Mique pour être, ainsy 
que les desseins, mis sous les yeux de Monsieur le Direc- 
teur général. 

Enfin, les mêmes commissaires, invités à faire l'examen 
des desseins de Saint Pétersbourg, ont donné leurs avis 
qui sera, par M. Sedaine, communiqué à M. le baron de 
Grimm. 



Ce lundy 22e Décembre 1783. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un pont 
triomphal, et le prix a été accordé au sieur Vancleemputte, 
élève de M. Guillaumot. 

Ensuite, il a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est un perron de jardin à simple 
et double rampe, mis en perspective, et le prix a été ad- 
jugé au sieur Thomas Froideau, élève de M. Desmaisons. 

Ensuite, il a été dit que M. Sedaine écriroit à M. Mique 
pour qu'il demandât, comme directeur de l'Académie et 
en son nom, à Monsieur le Directeur général à quel jour 
et à quelle heure il voudra bien permettre que l'Académie 
lui rende ses devoirs au renouvellement de l'année. 

Enfin, le sieur Wallon, artiste, a prié l'Académie de 
vouloir bien nommer des commissaires pour l'examen 
d'un mastique de sa composition, et, vu l'utilité dont ce 
mastique pourroit être, l'Académie a nommé, pour cet 
examen, MM. Perronet, Franque, Mauduit, Peyre, Jar- 
din et Antoine. 



22 [, 7 8 4 



1784. 

Ce lundy 12c Janvier 1784'. 

L'Académie étant assemblée, elle a fait l'examen des 
desseins qui concourent pour le prix d'émulation, dont le 
programme est un château au milieu d'un grand parc. 

Enfin, l'Académie s'est entretenu de divers projets d'ar- 
chitecture. 



Ce lundy 19 e Janvier 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller adressée à 
M. Mique, en date du 12 janvier 1784 (cette lettre sera 
inscrite cy après) et, l'Académie, se conformant aux ordres 
du Roy insérés dans cette lettre, a dit que les académi- 
ciens seroient convoqués pour la séance du 16 février 1784, 
afin de procéder à l'élection de trois architectes, pour 
qu'il plaise à Sa Majesté en choisir un pour remplir, dans 
la seconde classe, la place vacante par la vétérance que le 
Roy accorde à M. Billaudel. 

Enfin, l'Académie a accordé le prix d'émulation au sieur 
Percier, élève de M. Le Roy. 

Lettre de M. le comte d 'Angiviller à M. Mique. 

« A Versailles, le 12 janvier 1784. 
« M. Billaudel, Monsieur, étant, par son état de mala- 
die, incapable de remplir utilement une place d'archi- 

1. Ont signé en janvier : Antoine, Bossut, Brébion, Cher- 
pitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Hazon, Jardin, Leroy, 
Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, N.-M. Potain, Rousset, 
Trouard, de Wailly, Sedaine. 



1784] 123 

tecte de Sa Majesté', j'ai cru devoir mettre cette circons- 
tance sous les yeux du Roi et lui proposer d'accorder à 
M. Billaudel la vétérance, afin de mettre l'Académie d'ar- 
chitecture à portée de s'agréger un membre utile et digne 
par ses talens de cette distinction. Sa Majesté a approuvé 
cette distinction et a, en conséquence, accordé à M. Bil- 
laudel sa vétérance ; vous voudrez donc bien faire part à 
l'Académie de cette décision, afin qu'elle annonce la place 
de M. Billaudel comme vacante, et qu'après les délais 
d'usage, elle procède à l'élection de trois architectes ex- 
ternes pour être présentés à Sa Majesté, à l'eflèt qu'Elle 
choisisse l'un d'eux pour remplir la place vacante. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 
très -obéissant serviteur. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 26 e Janvier 1784. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy, professeur, a 
lu le programme du prix d'émulation, lequel est un temple 
consacré à Apollon et aux Muses, et le prix ne sera jugé 
qu'à la séance prochaine. Enfin, l'Académie s'est occupé 
de différentes parties concernant les arts. 



Ce lundy 3 e Février 1784 2 . 

L'Académie étant assemblée, après lecture faite du pro- 
gramme proposé pour le prix d'émulation, lequel est un 
temple consacré à Apollon et aux Muses, le prix a été 
donné au sieur Baltard, élève de... 

Et, sur la représentation de M. le professeur que, des 

1. Billaudel (fils) était membre de l'Académie depuis 1762 et 
professeur adjoint d'architecture. 

2. Ont signé en février : Mique, Bellicard, Brébion, Chal- 
gnn, Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, Franque, Guil- 
laumot, Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Paris, Peyre, 



i2 4 [1784 

desseins qui ont concouru, il en est qui paroissent dignes 
de l'attention et des bontés de l'Académie, il a été procédé 
à un second jugement, afin qu'il fût accordé un second 
prix, et il a été donné au sieur Moreau, élève de 
M. Trouard. 

Enfin, M. Le Roy ayant présente à l'Académie le mé- 
moire sur l'aérostat de M. son frère 1 , de l'Académie des 
sciences, M. Sedaine en a fait la lecture qui a été écoutée 
avec plaisir et utilité; l'Académie a chargé M. Le Roy, 
professeur, de remercier M. son frère de sa part. 



Ce lundy 9 e Février 1784. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté, de 
la part de M. Renard, architecte, ancien pensionnaire du 
Roy, sa deuxième livraison des Ornements de Rome 2 : 
ce que l'Académie a reçu avec plaisir et reconnoissance. 

Enfin, des réflexions ayant été lues sur la place de vé- 
térance accordée à M. Billandel, il a été dit qu'à la pro- 
chaine séance, après le choix fait des trois architectes à 
présenter, ces mêmes réflexions auroient une seconde lec- 
ture pour que l'Académie délibère sur cet objet. 



Ce lundy 16 e Février 1784. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé à la nomi- 
nation des architectes qui se présentent pour remplir la 
place vacante pas celle de vétérance accordée par Sa Ma- 
jesté à M. Billaudel. 

Par le premier scrutin, MM. Raimond, Rousseau, D'Or- 
léans, Renard, Poyette et Le Moine ont été choisis, et de 
ces six les trois nommés sont M. Raimond, nommé par 

1. C'est Leroy (Jean-Baptiste), 1719-1800, associé mécanicien 
(1766), puis pensionnaire (1770) de l'Académie des sciences. Il 
s'occupa beaucoup d'électricité. 

2. Cf. ci-dessus, p. 118. Renard fut à Rome de 1774 à 1780. 



1784J 125 

le premier scrutin; M. Rousseau, nommé par le second 
scrutin, et M. D'Orléans, nommé par le troisième; ainsy 
l'Académie royale d'architecture a l'honneur de présenter 
les sieurs Raimond, Rousseau et D'Orléans pour qu'il 
plaise à Sa Majesté en choisir un. 



Ce lundy 23e Février 1784. 

L'Académie étant assemblée, après lecture faite de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, par laquelle il 
est notifié que le Roy, sous les yeux de qui a été mis le 
scrutin de l'Académie d'architecture, a fait choix de 
M. Raimond pour remplir la place vacante, M. Raimond* 
a été reçu dans les formes ordinaires. 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est une fontaine rue Saint-Hc- 
noré, en face du Louvre, et l'Académie a décidé qu'il n'y 
auroit pas de prix. 

Enfin, M. Lussault, architecte, ancien pensionnaire du 
Roy 2 , a fait lecture d'un discours explicatif d'un projet 
d'opéra, dont ensuite il a fait voir les plans, coupes et 
profils et élévations : ce que l'Académie a entendu et vu 
avec plaisir. 



Ce lundy i er Mars 1784 3 . 

L'Académie étant assemblée, elle s'est entretenu de la 
nouvelle invention des lampes sur les principes de 
MM. Argant et Quinquet, et M. Mauduit a fait part des 

1. Sur Raimond, voir l'introduction du présent volume. 

2. Lussault (Claude-Thomas de) avait été à Rome de 1775 à 
1777. Il devint architecte des hospices de Paris. 

3. Ont signé en mars : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Chalgrin, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Heurtier, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, 
Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, Raimond, Rousset, Trouard, de 
Wailly, Sedaine. 



I 20 [ I 784 

idées qu'il avoit eues sur cet objet important, au moyen 
des courans d'air établis ou à établir de différentes ma- 
nières entre les mèches, et il a fait part de celles d'em- 
ployer l'air déllogistiqué dans les lampes de cette espèce. 
Enfin, on a parlé des avantages que l'on peut tirer de ces 
lampes pour les salles communes des manufactures, pour 
les salles publiques et même pour celles des spectacles. 



Ce lundi 8 e Mars 1784. 

L'Académie étant assemblée, M. Mignerot, artiste phy- 
sicien, l'a priée de vouloir bien nommer des commissaires 
pour voir et constater les opérations qu'il fait pour la 
courbure et la réintégration de la force des bois, et l'Aca- 
démie a nommé pour commissaires MM. Ha^on, Franque, 
Mauduit, Jardin, Guillaumot et Cherpitel. 

Ensuite, M. Heurtier, académicien, a exposé que M. le 
duc de Ghoiseul l'a informé d'un bruit qui se répand, que 
les changemens que M. De Wailly, aussi académicien, 
est chargé de faire à la salle de la Comédie Italienne * sont 
nécessités par le défaut de solidité des poutres qui, au 
plancher supérieur du vestibule d'entrée du rez de chaus- 
sée, portent la cloison du fond du corridor des premières 
loges; qu'ayant intérest de détruire des bruits qui inté- 
ressent son honneur et sa réputation, il prie l'Académie 
de vouloir bien nommer des commissaires pour examiner 
ses moyens de construction et les précautions qu'il a cru 
devoir prendre pour soulager les poutres dont il est ques- 
tion. Pourquoi il a présenté à l'Académie les plans et 
coupes servant à faire connoître ses précautions et moyens 
de construction. 

1. La salle avait été construite en vertu d'une ordonnance 
royale du 14 octobre 1780, par Heurtier, sur les terrains de 
l'hôtel de Choiseul, cédés par le duc et la duchesse. Elle 
venait d'être inaugurée le 28 avril 1783. Son emplacement à 
l'écart du boulevard n'aurait pas du tout pour cause la pré- 
tention ridicule attribuée aux comédiens. 



17*4] I2 7 

Sur quoi M. De Wailly, présent, a déclaré que ce bruit 
n'avoit aucun' fondement, puisqu'il reconnoît qu'il n'est 
pas possible d'employer des moyens plus efficaces que 
ceux de M. Heurtier pour la solidité et le soulagement de 
ces poutres; mais que, requis par les comédiens italiens 
de donner plus de profondeur au paradis de leur salle, il 
ne peut y parvenir qu'en supprimant la cloison qui ter- 
mine le corridor des premières loges et qui décharge 
ces poutres, ce qui l'oblige à les supporter par deux co- 
lonnes dans le vestibule du rez de chaussée et nécessite 
pour la régularité de la décoration de ce vestibule de pla- 
cer deux autres colonnes semblables. Et l'Académie, après 
l'examen des moyens employés, tels que les désignent les 
plans et coupes qui lui ont été présentés par M. Heurtier, 
a trouvé ces moyens très sûrs pour donner la solidité alors 
suffisante. 



Ce lundy i5 e Mars 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de l'ex- 
trait de la séance du lundy 2e août 1779, dans laquelle 
l'Académie a dit que M. le secrétaire marqueroit à Mon- 
sieur le Directeur général le désir qu'elle avoit d'avoir 
une copie de son portrait *. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre que le secrétaire 
avoit écrite en conséquence et de la réponse de Monsieur 
le Directeur général en date du 21e aoust 1779, et d'après 
ces lectures, il a été dit que les mêmes demandes seroient 
faites à Monsieur le Directeur général, la paix glorieuse 
que la sagesse du Roy a donnée à la France faisant espé- 
rer ce que M. le Directeur général a bien voulu pro- 
mettre. 

Ainsy, M. Sedaine, au nom de l'Académie, remettra 

1. Procès-verbaux, t. VIII, p. 385-386. — Il s'agit du traité de 
Versailles, signé le 3 septembre 1783. 



128 [1784 

sous les yeux de M. le Directeur général la demande 
qu'elle lui a faite au mois d'aoust 1779. 

Enfin, MM. les commissaires nommés pour l'examen 
des opérations sur les bois du sr Mignerot ont dit qu'ils 
s'y transporteront demain et en feront rapport à la séance 
prochaine. 



Ce lundy 22 e Mars 1784. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés à la séance précédente ayant dit que, s'étant 
transportés chez le sr Mignerot, il étoit nécessaire qu'ils 
suivissent la continuité des expériences sur les bois, afin 
qu'ils fissent le rapport tel que l'Académie le désiroit, 
ainsy ce rapport, que MM. les commissaires avoient pro- 
mis de faire à cette séance, sera remis après les expé- 
riences dont ils continueront de suivre les opérations. 

Enfin, l'Académie s'est entretenue de la nature et de 
l'employ des bois de construction. 



Ce lundy 29e Mars 1784. 

L'Académie étant assemblée, le s r Jean François Ca- 
lippe, artiste serrurier, a présenté les desseins d'un pont 
en fer de six cent pieds d'ouverture, dont les forces sont 
extensibles; il a expliqué ses moyens; et l'Académie, en 
approuvant son intelligence, a désiré que ce projet fût 
développé par des plans, coupes et profils, et a dit que, 
d'ailleurs, les expériences en grand, surtout dans un ob- 
jet aussi considérable, peuvent opposer souvent des dif- 
ficultés qu'il est difficile de prévoir. 



Ce lundy 19 e Avril 1784 1 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 

1. Ont signé en avril : Mique, Antoine, Bellicard, Brébion, 



i 7 8 4 ] 129 

lettre de Monsieur le comte d'Angiviller en réponse à 
celle qui le prie de se ressouvenir qu'il a bien voulu pro- 
mettre à l'Académie un tableau représentant Sa Majesté 
et les portraits de M. Golbert et le sien. 

Ensuite, a été fait l'examen des desseins qui concourent 
pour le prix d'émulation; puis il a été dit que l'Académie 
seroit convoquée le lundy 3 e may, huit heures précises du 
matin afin de donner aux élèves le programme des grands 
prix. 

M. Mique, ayant dit à l'Académie que M. Pierre étoit 
malade, MM. Mique, Haçon, Jardin et Guillaumot se 
sont chargé d'aller le voir de la part de l'Académie. 



Ce lundy 26e Avril 1784. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est une halle pour 
une grande ville, et le prix a été adjugé au sieur de La 
Glothe, élève de M. Mique. 

Enfin, il a été dit que l'Académie seroit convoquée pour 
s'assembler le lundy 3 e may, à huit heures précises du ma- 
tin, pour donner aux élèves le programme du grand 
prix. 

Ce lundy 3 e May 1784 *. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé, par le scru- 
tin, au choix du programme du grand prix, et des sujets 
proposés elle a choisy un lazaret, dont voicy le pro- 
gramme : 

Cet établissement doit être formé dans une île dont le 

Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Lespée, Moreau, Raimond, Rousset, Trouard, Sedaine. 
1. Ont signé en mai : Mique, Bellicard, Brébion, Cherpitel, 
Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Lespée, Moreau, Paris, Perronet, Peyre, Peyre 
le jeune, N.-M. Potain, Raymond, Rousset, Trouard, Sedaine. 
IX g 



i3o [1784 

rivage offre un port couvert par quelque îlot sur lequel 
sera construit ce port. 

On doit supposer que l'île contient quelques sources ou 
ruisseau, assez abondant pour fournir l'eau nécessaire 
aux besoins de ia vie et à la salubrité du lazareth. 

Il doit être composé de plusieurs corps de bâtiment sé- 
parés qui seront destinés à recevoir les personnes arri- 
vant a différentes époques et à loger celles qui paroissent 
en santé, isolées de celles qui seroient suspectées de ma- 
ladie; d'autres édifices pour la garnison, l'état major, l'in- 
firmerie et la chapelle. On formera aussi des logemens 
pour les ecclésiastique, les médecins, les chirurgiens, la 
pharmacie, les cuisines et le service: enfin de grands ma- 
gazins pour le dépôt des différentes marchandises. 

Tous ces bâtimens doivent être environnés de grands 
espaces dont plusieurs seront aussi séparés; les édifices 
principaux contiendront des salles et promenoirs couverts, 
plusieurs dortoirs communs et quelques logemens pour 
les officiers et personnes de distinction. 

La totalité des édifices, cours et jardins, sera contenue 
dans un espace de deux cent toises, non compris le port, 
qui sera en avant et peu considérable. On fera un plan 
général détaillé sur une échelle de deux lignes et demie 
pour toise, une élévation du côté du port et une coupe 
sur la longueur de tout le projet, sur une échelle de cinq 
lignes pour toise, les esquisses de tous les desseins se- 
ront faites sur une échelle d'une ligne pour toise. 

Et l'Académie a nommé, pour l'examen de la confor- 
mité des esquisses, les commissaires nommés pour rédi- 
ger les conditions du programme : ainsy MM. Potain, 
Moreau, Le Roy, Peyre l'aîné et Raymond s'assemble- 
ront demain, à huit heures du matin, dans les salles pour 
préparer le travail de l'Académie lors de son assemblée à 
dix heures du matin, et elle a dit que la séance de ce jour 
ne seroit arrêtée que demain mardy après le jugement des 
esquisses. 

Mique, Sedaine. 






1784] i 3 i 

Et ce mardy 4 e May 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du pro- 
gramme proposé aux élèves, et du rapport de MM. les 
commissaires, et, après l'examen des esquisses et discus- 
sion sur cet objet, des trente et une esquisses exposées à 
l'Académie, elle en a fait retirer dix pour cause de non 
conformité au programme; ainsy restent vingt et une, 
desquelles elle a choisy, par le scutin, les esquisses dési- 
gnées par les lettres GG, EE, O, HH, II, AA, FF, Z, B, 
dont les auteurs sont les sieurs Hubert, Sobre, Corceille, 
Meunier, Moreau, Moette, Péchade, Verly, Vancleem- 
putte, lesquelles concourront pour le grand prix, et les 
élèves rendront leurs desseins au net le 23e aoust avant 
midy. 

A la séance d'hier, après la lecture du programme, il a 
été fait celle du rapport de MM. les commissaires nom- 
més pour l'examen des opérations de M. Mignerot sur les 
bois, et ce rapport a été approuvé par l'Académie. 



Ce lundy 10e May 1784. 

L'Académie étant assemblée, elle a fait l'examen des 
desseins qui concourent pour le prix d'émulation, lequel 
sera jugé à la séance prochaine. 

Enfin, a été fait lecture de l'article Colonnes* dans l'En- 
cyclopédie (i re édition), dans lequel ont été reconnues 
plusieurs erreurs que l'Académie se propose de relever, 
pour être insérées dans le volume de sa bibliothèque. 

1. L'article sur les colonnes, qui n'occupe que les p. 65i, 
652 du t. III (1753), est très insuffisant, aussi bien que celui sur 
l'architecture (t. I, p. 617, 618; 1751) (cf. ci-dessus, p. 77). Ce 
dernier est encore plus erroné peut-être que celui des colonnes, 
qu'il faudrait compléter par les renvois aux mots Base, Cha- 
piteau, etc. L'exemplaire de la Bibliothèque de l'Institut n'est 
malheureusement pas celui dont parle le procès-verbal. Dans 
ces conditions, l'article de l' Encyclopédie ne vaut pas une dis- 
cussion. 



i32 [1784 

Ce lundy 17 May 1784. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un phare, 
et le prix a été adjugé au s r Moreau, élève de M. Trouard. 

Enfin, a été fait lecture d'une lettre de M. Jannin, à la- 
quelle sont jointes des lettres sur le méphitisme 1 . 



Ce lundy 24e May 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre par laquelle le sieur Goblet, maître carreleur, prie 
l'Académie qu'elle veuille bien nommer des commissaires 
pour voir ce jour d'huy le défournement des carreaux 
cuits par le charbon de terre, et l'Académie a nommé 
MM. Franque, Mauduit, Jardin et Guillaumot. 

Enfin, a été fait lecture du IVe article des réglemens 2 , 
et M. Mauduit a dit que le programme de la partie relative 
aux mathématiques seroit proposé aussitôt après la va- 
cance de Pâques. 



Ce lundy 7 e Juin 1784 3 . 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé à l'examen 
du prix d'émulation qui sera jugé à la séance prochaine. 

Ensuite, la mort de M. de Fontanieu'' ayant été notifiée, 
il a été dit que, pour la présentation à cette place vacante 

1. Jannin était médecin oculiste à Lyon. Son ouvrage sur 
Y Antiméphytisme avait été imprimé en février par ordre du 
gouvernement. 

2. C'est le règlement de 1775-1776. Cf. Appendices du t. VIII, 
p. 409. 

3. Ont signé en juin : Antoine, Bossut, Brébion, Cherpitel, 
Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, Pierre, 
Raymond, Rousset, Trouard, Sedaine. 

4. Fontanieu venait de mourir, le 3o mai ; il avait été nommé 
associé libre honoraire lors de la création de la classe par les 
lettres de 1775-1776 (voir Procès-verbaux, t. VIII, p. 261, 262, 
271, 272 et la note 1). 



1784] i33 

d'académicien libre honoraire, l'Académie sera convoquée 
le 12 e juillet. 

Enfin, M. Sedaine ayant présenté à l'Académie douze 
cahiers (suite du Voyage pittoresque de Naples et de Si- 
cile 1 ), il a été dit que M. Sedaine écriroit à M. l'abbé de 
Saint Non pour le remercier de l'envoy de ces cahiers. 



Ce lundy 14e Juin 1784. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est une porte 
d'écurie, et le prix a été adjugé au sieur Démoulins, élève 
de M. Rousset. 



Ce lundy 21 e Juin 1784. 

L'Académie étant assemblée, le sr Goblet, maître carre- 
leur (des demandes duquel il est question à la séance du 
24 e may), a fait voir à l'Académie des carreaux de terre 
cuite au feu de bois et au feu de charbon de terre ; comme 
des commissaires ont été nommés pour l'examen de ces 
mêmes opérations et de leur résultat, les éclaircissemens 
sur ces opérations seront relatés dans le rapport desdits 
commissaires. 



Ce lundy 28 e Juin 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
des nouveaux fourneaux du sieur Goblet, et l'Académie 
l'a approuvé. 

Ensuite, il a été dit que M. Sedaine auroit l'honneur 
d'écrire à Monsieur le Directeur général que, dans l'une 
de ses séances, elle a arrêté qu'à celle du 12 e juillet elle 
nommeroit, pour remplir la place vacante par le décès de 

1. Ci-dessus, p. 68. 



i3 4 [1784 

M. Fontanieu, à moins qu'il ne plaise à Monsieur le Di- 
recteur général assigner un autre jour, heureuse si cela 
lui procuroit l'honneur d'être présidée par lui. 



Ce lundy 5 e Juillet 1784'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, par laquelle il 
marque sa sensibilité au désir que l'Académie lui témoigne 
qu'il la préside le 12 e juillet pour la nomination d'un as- 
socié libre honoraire; ainsy l'Académie sera convoquée 
pour ce même jour à cet effet. 

Enfin, l'Académie a examiné et vu avec plaisir une nou- 
velle application en relief de la charpente de Philibert de 
L'Orme à la construction d'un manège à Lunéville 2 , pré- 
sentée par MM. Le Grand et Molinos, architectes, qui ont 
fait construire par les mêmes procédés la coupole de la 
Halle aux Bleds à Paris. 



Ce lundy 12 e Juillet 1784. 

L'Académie étant assemblée pour procéder à la nomi- 
nation d'un des aspirans à la place d'associé libre hono- 
raire, il a été fait lecture des articles des règlemens con- 
cernant ce que l'Académie doit observer lors de cette 
nomination 3 . 

1. Ont signé en juillet : Mique, Antoine, Bellicard, Bossut, 
Boullée, Brébion, Chalgrin, Cherpitel, de Cotte, Coustou, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon. Jardin, Ledoux, 
Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Perronet, Peyre, Peyre 
le jeune, Pierre, Rousset, Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 117. Le manège serait de Lecreulx, ingénieur 
en chef des ponts et chaussées de Lorraine, plus tard inspecteur 
général des ponts et chaussées de France. 

3. Art. II et IV des lettres patentes de 1775-1776 (Procès-ver- 
baux, t. VIII, p. 396-397). Maillebois s'était présenté en 1777 
(Ibid., P . 3i 4 ). 



1784 i35 

L'Académie, par scrutin, a nommé Monsieur le comte 
de Maillebois et a l'honneur de le présenter. 



Ce lundy 19 e Juillet 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, cy après enre- 
gistrée, et l'Académie instalera M. le comte de Maillebois 
à la séance en laquelle il se présentera lors de sa conva- 
lescence. 

L'Académie, ensuite, a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est la porte d'une manu- 
facture de glaces, et il a été dit qu'il n'y auroit pas de 
prix. 

Enfin, le sieur Goblet, manufacturier de terres cuites, 
a présenté des briques cuites au feu du charbon de terre. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angiviller 
à M. Mique. 

« Versailles, ce 18 juillet 1784. 

« L'Académie royale d'architecture, Monsieur, ayant 
élu dans sa dernière assemblée M. le comte de Maillebois 
pour remplir la place d'honoraire amateur vacante par le 
décès de M. de Fontanieu, j'ai mis cette élection sous les 
yeux du Roi, qui lui a donné son approbation. Je ne dif- 
fère point de vous en faire part, ainsi qu'à M. le comte de 
Maillebois, qui probablement se présentera à la séance 
de demain, si sa santé le lui permet, afin qu'il puisse y 
être installé et prendre séance en cette qualité. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 

très obéissant serviteur. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 26 e Juillet 1784. 
L'Académie étant assemblée, M. Lussault, architecte. 



1 36 [1784 

ancien pensionnaire du Roy, ayant, à la séance passée, 
fait demander par un académicien la permission de faire 
lecture d'un ouvrage sur l'architecture', et l'Académie 
ayant nommé M. Franque pour prendre, avant cette lec- 
ture, connoissance de cet ouvrage, M. Lussault en a lu 
une partie et continuera la lecture à la séance prochaine. 



Ce lundy 2 e Aoust 1784 2 . 
L'Académie étant assemblée, M. Lussault a continué la 
lecture de son ouvrage sur l'architecture, ce qui a rem- 
ply la séance, et continuation sera faite de cette lecture. 



Ce lundy 9 e Aoust 1784. 

L'Académie étant assemblée, Monsieur le comte de 
Maillebois, s'étant présenté, a pris sa place d'associé libre 
honoraire. 

Ensuite, M. Sedaine a présenté un traité d'architecture 
mis au jour par M. Dupuis 3 , architecte; il prie l'Acadé- 
mie de vouloir bien en accepter un exemplaire; l'Acadé- 
mie l'a reçu avec plaisir. 

Enfin, M. Lussault a continué la lecture de ses obser- 
vations sur l'architecture, qu'il finira à la séance pro- 
chaine. 

1. Cf. ci-dessus, p. 12b. L'ouvrage ne semble pas avoir été 
publié. 

2. Ont signé en août : Mique, d'Affry, Antoine, Bellicard, 
Bellissart, Brébion, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Maillebois, 
Mauduit, Moreau, Paris, Perronet, Peyre, Peyre le jeune, Ray- 
mond, Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 

3. Ce doit être Dupuis (Charles), qui avait composé en 1762 un 
Traité des cinq ordres d'architecture, 1 vol. in-fol. L'ouvrage 
indiqué ici pourrait faire songer au Nouveau traité d'architec- 
ture, avec un sixième ordre nommé français, 2 vol. in-4 . Le 
tome I en 1762, le tome II en 1782. Dupuis avait présenté à 
l'Académie le projet d'un ordre français {Procès-verbaux, 
t. Vil, p. 127-134). 



i 7 8 4 ] .3; 

Ce lundy 16 e Aoust 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été remis un paquet 
adressé « à MM. de l'Académie »; comme ce paquet ren- 
ferment une lettre non signée, il a été dit qu'il seroit, sous 
le cachet de l'Académie, conservé jusqu'à ce que les au- 
teurs se fissent connoître, et l'Académie n'a pas voulu 
voir ce que ce paquet renfermoit. 

Enfin, M. Lussault a terminé la lecture de son ouvrage 
sur l'architecture, et l'Académie a reconnu qu'il avoit 
profondément réfléchy sur son art et mis à profit les ob- 
servations qu'il a faites sur les monumens que, comme 
pensionnaire du Roy, il a vus en Italie et en France. 



Ce lundy 23e Aoust 1784. 

L'Académie étant assemblée, elle a fait un examen pré- 
liminaire des desseins exposés qui concourent pour le 
grand prix, et il été a dit que M. Ha^on, présidant l'Assem- 
blée, auroit l'honneur d'écrire à Monsieur le Directeur 
général pour l'inviter à la présider le lundy 3o e aoust, jour 
du jugement des prix, à moins qu'il ne lui plaise indiquer 
un autre jour. Et MM. Potain, Moreau, Le Roy, Peyre 
l'aîné et Raymond, commissaires nommés pour le juge- 
ment de la conformité des esquisses aux desseins, s'as- 
sembleront le lundy matin dans les salles pour préparer 
les observations de l'Académie, laquelle sera convoquée 
pour la séance de ce jour. 

Enfin, ont été présentés de la part de M. Collet 1 , inspec- 
teur des Bâtimens du Roy, les plan, coupe, profil et élé- 
vation gravés d'une salle d'Opéra, qu*il prie l'Académie 
d'accepter, ce qu'elle a fait. 

1. Un Collet figure en 1748 comme contrôleur de Chambord 
et de Blois, 



i38 [.784 

Ce lundy 3o e Aoust 1784. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment des prix des neuf concurrens, l'un n'ayant point ex- 
posé ses desseins, et trois, par scrutin, ayant été mis hors 
des rangs par défaut de conformité aux esquisses, l'Aca- 
démie a porté son jugement sur les cinq restans, et la 
lettre A a été choisie. Ainsy le s r Auguste Hubert, élevé 
de M. Peyre le jeune, a remporté le premier prix, et la 
lettre G a été ensuite choisie : ainsy le sieur Jean Charles 
Alexandre Moreau, élève de M. Trouard, a remporté le 
second prix, qui leur a été donné par M. Mique, prési- 
dant l'Académie. 



Ce lundy 6 e Septembre 1784'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général adressée à 
M. Mique (elle sera inscrite cy après), et lecture, ensuite, 
d'une lettre de Monsieur le maréchal prince de Beauvau 2 . 
En conséquence de la lettre de Monsieur le Directeur gé- 
néral, l'Académie a nommé pour commissaires en cette 
partie MM. De Wailly, Brébion, Moreau, Boullée, Peyre, 
Trouard, Jardin et Antoine, lesquels s'assembleront dans 
les salles de l'Académie, où leur seront soumis les projets 
dont il est question dans ces lettres, et, comme l'Acadé- 
mie entre en vacances et que M. le Directeur général de- 
mande célérité, les commissaires envoyeront à M. le Di- 
recteur général le résultat de leur examen. 

1. Ont signé en septembre : Brébion, Cherpitel, Coustou, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Leroy, Lespée, 
Peyre, Peyre le jeune, Rousset, Sedaine. 

2. Le prince de Beauvau (Charles-Juste), 1720-1793, maréchal 
de France (1783), avait depuis 1782 le gouvernement de Pro- 
vence. J'ai déjà dit. que je rejetais à l'introduction ou aux ap- 
pendices tout ce qui concerne les travaux en Provence. 



1784] i3 9 

A l'égard de la salle de spectacles, dont il est question 
dans cette même lettre, les commissaires prépareront la 
matière pour en rendre compte à la première séance de 
rentrée. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angiviller 
écrite à M. Mique, en date du 4 septembre 1784. 

« Vous trouverez ci joint, Monsieur, une lettre de 
M. le prince de Beauvau, par laquelle il me témoigne dé- 
sirer que l'Académie royale d'architecture examine divers 
plans, au nombre de cinq, qui lui ont été proposés, tant 
pour une salle de spectacles que la ville de Marseille a à 
faire construire, que pour une décoration uniforme ou 
façade, dont il s'agit de décorer un vaste terrain qui doit 
être bâti à neuf. Vous verrez par cette lettre que de ces 
deux objets, celui qui presse le plus, est le jugement que 
l'Académie doit porter sur cette décoration; ce dernier 
objet est même des plus instans pour l'intérêt de la ville 
de Marseille. Vous voudrez bien, en conséquence, faire 
nommer par l'Académie des commissaires pour exami- 
ner ces projets, et surtout le dernier, en leur recomman- 
dant, de ma part, sur celui ci, la plus grande célérité. 
Quoique l'Académie aille entrer en vacances, rien n'em- 
pêche qu'ils ne fassent cet examen, qu'attendu la circons- 
tance ils me feront passer aussitôt pour que j'en confère 
avec M. le prince de Beauvau ; à l'égard de la salle de spec- 
tacles, ils pourront seulement préparer la matière, pour 
en rendre compte à l'Académie à sa première séance de 
rentrée. 
« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre, etc. 

« Signé : D'Angiviller. » 



i 4 o 



1784 



Ce lundy i3 e Novembre 1784'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
statuts et règlemens. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen des projets des quais 
et des théâtres mentionnés dans la séance et dans la 
lettre précédente, et après une première lecture du rap- 
port entier qui renferme celui des projets des quais (le- 
quel a été envoyé par les commissaires à M. le Directeur 
général), et une seconde lecture du rapport des théâtres, 
en faisant l'examen desdits projets pour constater la so- 
lidité des réflexions des commissaires, l'Académie a ap- 
prouvé ledit rapport, et a dit qu'il seroit enregistré et 
que copie collationnée certifiée par le secrétaire et toutes 
les pièces paraphées par lui seroient remises par 
M. Mique à Monsieur le Directeur général. 



Ce lundy 22e Novembre 1784. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté la 
troisième livraison de l'œuvre de M. Renard 2 , architecte, 
que l'Académie a acceptée avec satisfaction. 

Enfin, les projets et desseins des élèves pensionnaires 
à Rome ayant été exposés 3 , l'Académie a, par scrutin, 
nommés commissaires MM. De Wailly, Le Roy, Peyre 
et Trouard; ainsy lesdits commissaires s'assembleront 
pour l'examen de ces projets et desseins afin de préparer 
le jugement de l'Académie. 

1 Ont signé en novembre : Mique, Antoine, Bellicard, 
Bossut, Boullée, Brébion, Gherpitel, Coustou, Desmaisons, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, 
Moreau, Paris, Perronet, Peyre, Peyre le jeune, Pierre, Ray- 
mond, Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 124. . . 2 

3. Correspondance des directeurs, t. XIV, et ci-après, p. 143. 



i 7 8 4 ] 



141 



Ce lundy 29e Novembre 1784. 

L'Académie étant assemblée, M. Perronet ayant donné 
à l'Académie d'architecture un modèle en relief du pont 
de Pont Sainte Maxence* qu'il a fait construire et qu'il 
fait terminer, l'Académie lui en témoigne sa reconnois- 
sance et le reçoit comme un modèle très intéressant. 

Ensuite, M. Sedaine a présenté le chapitre vi du tome IV 
du Voyage pittoresque de Naples et de Sicile, envoyé par 
M. l'abbé de Saint Non comme suite de l'ouvrage dont 
l'Académie a, dans ses registres, consigné la reconnois- 
sance. 

^Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme était un palais pour un 
souverain, et il a été décidé, par le scrutin, qu'il n'y au- 
roit pas de prix. 



Ce lundy 6e Décembre 1784 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, laquelle sera 
inscrite cy après : par cette lettre, M. le Directeur géné- 
ral demandant, à la requête de Monsieur le prévost des 
Marchands, que l'Académie s'occupe du local pour cons- 
truire une gare et des dépenses qu'elle entraîneront elle 
a nommé pour commissaires MM. Maçon, de L'Espée 
Perronet, Moreau, Peyre l'aîné, Trouard, Jardin, Antoine, 
pour en rendre compte à l'Académie. 

archfst^rn * * € ™ ****** en a ° Ût ^ ( une ^ trois 
drcnesj, puis en 1920. 

b on Cherp.tel, Coustou, Desmaisons, Franque, Haion, Jar- 
din, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre 
Peyre le ,eune, Potain, Rousse., Trouard, Sedaine. V ' 

5. Ct. plus loin, p. 149. 



142 [1784 

Copie de la lettre mentionnée cy dessus, 
adressée par M. le comte d'Angiviller à M. Mique. 

« De Versailles, ce 2 décembre 1784. 

« La conservation des approvisionnemens de Paris 
étant, Monsieur, un des objets principaux de l'adminis- 
tration de M. le prévost des Marchands, M. Le Pelletier 
de Mortefontaine, qui a succédé depuis quelques mois à 
M. de Gaumartin, a cru devoir en faire un des premiers 
objets de sa gestion. C'est ce qu'il me marque par la lettre 
qu'il vient de m'écrire, pour m'informer qu'il a fait arrê- 
ter depuis peu par le bureau de la ville, en présence de 
M. le baron de BreteuiH. la construction d'une gare, et il 
me prie de charger l'Académie royale d'architecture de 
s'occuper de ce sujet, afin de lui proposer des vues, tant 
sur le local où cet établissement seroit le mieux placé 
que sur les dépenses qu'il entraîneroit. 

« Je ne puis que concourir avec plaisir au succès de 
vues aussi utiles ; c'est pourquoy vous voudrez bien faire 
part de ma lettre à l'Académie et la requérir de charger 
un certain nombre de ses membres de lui communiquer 
leurs idées à cet égard et d'en dresser un mémoire que 
l'Académie, en corps, reverra et approuvera; je suis con- 
vaincu que l'Académie, flattée de cette marque de consi- 
dération pour elle, fera tous ses efforts pour y répondre. 
Lorsque ce travail sera arrêté, il faudra me l'adresser, 
pour que je le fasse passer à M. le prévost des Mar- 
chands. 

« J'ay l'honneur d'estre, Monsieur, votre très humble 
et très obéissant serviteur. 

« Signé : d'Angiviller. » 

1. Le baron de Breteuil était ministre d'État et secrétaire 
d'État au département de la Maison du roi. C'est à ce titre 
qu'il intervenait. 



1 7^4 J i 4 3 

Ce lundy i3e Décembre 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général, à laquelle est 
joint le programme qui lui a été envoyé par Monsieur le 
prévost des Marchands, concernant la gare qu'il est né- 
cessaire de construire, et ledit programme est remis es 
mains des commissaires, pour leur servir lors des opéra- 
tions à faire pour parvenir à leur rapport. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport des desseins des 
élèves pensionnaires du Roy à Rome\ lequel rapport sera 
remis sous les yeux de l'Académie à la séance prochaine. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix d'ému- 
lation, lequel est la porte de Vhôtel d'Ufès* mise en pers- 
pective, et le prix a été donné à la lettre B, au sieur Tho- 
mas Froideau, élève de M. Desmaisons. 



Ce lundy 20e Décembre 1784. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait une seconde 
lecture du rapport de MM. les commissaires concernant 
les desseins des élèves pensionnaires à Rome, et, après 
examen fait desdits desseins pendant la lecture dudit rap- 
port, l'Académie l'a approuvé et a dit que copie certifiée 
en seroit envoyée à M. Mique pour être présentée à Mon- 
sieur le Directeur général. 

Enfin, il a été dit que M. Ha^on prieroit M. Mique de 
demander à Monsieur le Directeur général quel jour et 
dans quel lieu il voudra bien permettre à l'Académie de 
lui rendre ses devoirs de renouvellement de l'année. 

1. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 2-5. 

2. Vhôtel d'Usés (restauré par Ledoux) s'élevait dans la rue 
Montmartre, au coin de la rue actuelle d'Usés. 



144 [i785 



1785. 



Ce lundy io e Janvier iy85 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Tagliafichi, associé correspondant (lettre d'at- 
tention), et M. De Wailly s'est chargé de lui répondre. 

Ensuite, a été fait lecture de trois lettres de Monsieur 
le comte d'Angiviller, auxquelles sont joints les plans, 
coupes, profils, instructions et devis, etc., ayant rapport 
aux affaires dont M. le comte d'Angiviller désire que 
l'Académie s'occupe (lesdites lettres seront inscrites cy 
après). 

Et, en conséquence desdites lettres, l'Académie a 
nommé, pour ce qui concerne la cathédrale de Rennes, 
MM. De Wailly, Brébion, Moreau, Boullée, Peyre l'aîné, 
Cherpitel et Paris; 

Pour l'examen des plans et desseins des bâtimens qui 
doivent être construits pour le service des bains de Ba- 
gneres de Luchon, MM. Franque, Brébion, Le Roy, Peyre 
l'aîné, Jardin et Cherpitel; 

Et pour l'examen des desseins proposés pour décorer 
le sanctuaire de la cathédrale de Laon 2 , MM. Ha\on, Le 
Roy, Bellicard, Guillaumot, Cherpitel et Peyre le jeune. 

Tous lesquels commissaires s'assembleront le jour qu'ils 
conviendront entre eux dans les salles de l'Académie et 

i. Ont signé en janvier : Antoine, Bellicard, Brébion, Cher- 
pitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Leroy, de Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, 
Perronet, Peyre, Peyre le jeune, Pierre, Potain, Rousset, 
Trouard, Sedaine. 

2. Pour ces divers monuments, voir plus loin, p. 148, 149. 



'785] t4 5 

leur seront remis par M. Sedaine les plan, desseins et 
papiers relatifs à ces affaires, afin qu'ils en fassent rapport 
à l'Académie le plus tôt qu'il leur sera possible. 



Ce lundy 17e Janvier 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Bontemps, secrétaire perpétuel du Musée *, 
qui, chargé par MM. du Musée, invite MM. de l'Acadé- 
mie d'architecture de jouir des avantages de cet établisse- 
ment, ainsy que les autres compagnies savantes; et il a 
été dit que M. Sedaine répondroit à cette invitation, sui- 
vant l'intention de l'Académie. 

Ensuite, le sr Fontaine, artiste mécanicien, a présenté 
une serrure de combinaison nouvelle; et, pour en faire 
rapport, l'Académie a nommé MM. Mauduit et Jardin. 

Enfin, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen des desseins du sanc- 
tuaire de la cathédrale de Laon; et, après une seconde 
lecture, l'Académie a remis cette affaire à la séance pro- 
chaine. 

Lettre de Monsieur le Directeur général à M. Mique 
au sujet de la cathédrale de Rennes. 

« A Versailles, ce 3i décembre 1784. 
« Je viens de recevoir, Monsieur, de M. l'évêque de 
Rennes, des plans et desseins pour la reconstruction de 
son église cathédrale, objet sur lequel il désire être 
éclairé par un examen et avis de l'Académie royale d'ar- 
chitecture. Je perds d'autant moins de tems à vous les 
faire passer que ce prélat me témoigne désirer beaucoup 

1. Le Musée avait été institué en 1780. Il s'était ouvert le 
21 novembre 1782. On y faisait des lectures de littérature, d'his- 
toire, de siences. 

IX 



t46 [1785 

une prompte expédition de cette affaire : vous voudrez 
bien, en conséquence, faire nommer par l'Académie des 
commissaires pour l'examen de ce projet et pour en for- 
mer un rapport, que vous me ferez passer aussitôt avec 
les plans dont il s'agit. Je suis persuadé que l'Académie 
ressentira un plaisir particulier, et égal au mien, en se 
voyant ainsi fréquemment consultée depuis quelques 
années : ce qui est, en effet, un des objets de sa desti- 
nation. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 

Autre lettre à M. Mique 
au sujet des bains de Bagnères. 

« Versailles, ce 27 décembre 1784. 

« M. l'Intendant d'Auch ayant, Monsieur, envoyé à 
M. le comte de Vergennes' des plans et desseins pour les 
bâtimens des bains de Bagnères de Luchon, ce ministre a 
désiré qu'avant de leur donner son approbation ils fussent 
examinés par l'Académie royale d'architecture, afin que, 
par ses avis et ses lumières, elle contribuât à l'exécution 
la plus parfaite de ce projet intéressant pour l'humanité. 

« Je joins ici, en conséquence, ces plans et desseins, 
avec le devis et le projet d'adjudication de cet ouvrage. 
Vous voudrez bien, à la première assemblée de l'Acadé- 
mie, les lui mettre sous les yeux et faire nommer par 
elle des commissaires pour les examiner et en faire un 
rapport, qu'il faudra me renvoyer avec ces diverses 
pièces. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« D'Angiviller. » 

I. L'intendant de la généralité d'Auch, dont dépendait Ba- 
gnères, était alors La Chapelle, et Vergennes avait l'intendance 
d'Auch dans son département des Affaires étrangères. On sait 
qu'au xvm e siècle et particulièrement avec l'intendant d'Eti- 
gny (1751-1767) de grands travaux furent accomplis à Luchon. 
Voir plus loin, p. l5o. 



1785] 147 

Autre lettre à M. Mique 
au sujet du sanctuaire de la cathédrale de Laon. 

« Versailles, le 3i e décembre 1784. 

« Le chapitre, Monsieur, de la cathédrale de Laon, vou- 
lant faire décorer le sanctuaire de son église, il lui a été 
présenté un plan et dessein de cette décoration que 
M. l'évêque de Laon m'a fait passer, en me priant de les 
soumettre au jugement de l'Académie d'architecture : 
vous les trouverez, en conséquence, ci joints, avec les 
écrits explicatifs. Vous voudrez bien, à la rentrée de l'Aca- 
démie, faire nommer des commissaires pour en prendre 
connoissance et en dresser un jugement, que vous me fe- 
rez repasser avec ces plans. 

« M. l'évêque de Laon ainsy que son chapitre désire- 
roient aussi, en cas que ce projet ait le suffrage de l'Aca- 
démie, connoître la dépense à laquelle il pourroit enga- 
ger; ce qui me paroît à calculer, faute de devis assez dé- 
taillées et de connoissance du prix de la main d'œuvre à 
Laon. Sur cela l'Académie me fera part de ce qu'elle pen- 
sera, afin que je puisse demander à ce prélat les détails 
dont elle auroit besoin. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 24e Janvier 1783. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre, présentée par M. Sedaine, par laquelle M. Dezalier 
d'Argenville prie l'Académie de vouloir bien nommer des 
commissaires pour soumettre à leurs lumières un manus- 
crit concernant les Vies des architectes les plus célèbres *. 

1. C'est l'ouvrage publié en 1787, Vies des plus fameux archi- 
tectes... Il est intéressant de constater que l'Académie refusa de 
l'approuver. Ci-après, p. 149. 



■ 4 8 ['7«5 

Ensuite, a été fait lecture du rapport concernant la ca- 
thédrale de Rennes, et après la lecture, l'Académie a ap- 
prouvé ledit rapport et a dit que copie certifiée ainsy que 
les plans dont il s'agit seroient envoyés à M. Mique pour 
être remis à Monsieur le birecteur général. 

Enfin, l'Académie a nommé pour la lecture du manus- 
crit de M. d'Argenville MM. L'Espée et Paris; après l'exa- 
men des desseins qui concourent pour le prix d'émula- 
tion, l'Académie a dit que le prix d'émulation ne seroit 
point adjugé. 

Ce lundy 3i* Janvier 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port de MM. les commissaires nommés pour l'examen de 
la décoration du sanctuaire de la cathédrale de Laon*, le- 
quel a été approuvé, et il a été dit que copie certifiée 
ainsy que les plans et desseins seront envoyés à M. Mique 
pour être présentés à Monsieur le Directeur général. 

Enfin, a été fait lecture du rapport de MM. les commis- 
saires nommés pour l'examen de la serrure du s* Fon- 
taine, artiste méchanicien, lequel a été approuvé. 



Ce lundy 7 e Février 1785 2 . 
L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés à la séance du 6* décembre 1784 ont dit que le 
rapport qu'ils avoient à faire, d'après la demande de M. le 
prévost des Marchands, de l'examen pour l'emplacement 
le plus favorable à la construction d'une gare, exigeant 
les plus grandes attentions et même de nouvelles courses 

1. Peu de renseignements sur ces travaux en partie disparus. 

2. Ont signé en lévrier : Antoine, Bellicard, Bossut, Brébion, 
Brongniart', Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guil- 
laume*, Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, 
Paris, Peyre, Pierre, Potain, Rousset, Trouard, Sedaine. 



1785] 149 

sur les deux rives de la Seine*, ils ne peuvent être en état 
de faire ce rapport aussitôt qu'ils le désireroient. Et l'Aca- 
démie les a exhortés à employer tous les soins nécesaires 
à cet examen. 

MM. les commissaires, nommés à la séance du 10 e jan- 
vier 1785, ont dit qu'ils espéroient faire le rapport des 
bains de Bagnères a la séance prochaine. 



Ce lundy 14 e Février 1785. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés à la séance précédente avoient promis de lire 
leur rapport sur les eaux de Bagnères; mais M. Ha^on 
ayant lu à l'Académie une lettre de Monsieur le Directeur 
général à M. Mique, par laquelle il est dit qu'il est à pro- 
pos que les commissaires de l'Académie suspendent leur 
rapport jusqu'à ce qu'ils aient conféré, sur cet objet, avec 
ceux que la Société royale de médecine va nommer de 
son côté, l'Académie a dit que les observations de MM. les 
commissaires ne seroient lues que comme projet de rap- 
port, et M. Cherpitel, l'un des commissaires, en a fait lec- 
ture, et l'Académie a vu avec plaisir que MM. les com- 
missaires avoient déjà, sur cet objet, consulté des 
médecins titrés pour assurer les observations qu'exige cet 
examen. 



Ce lundy 21e Février 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port de MM. les commissaires nommés à la séance du 
24e janvier pour l'examen d'un manuscrit concernant les 
Vies des architectes les plus célèbres, et l'Académie, d'après 
le rapport qu'elle a approuvé, a dit qu'elle ne peut donner 
à cet ouvrage l'approbation que l'auteur désire. 

1. Voir ci-dessus, p. 141, et plus loin, p. i52. 



i3o [i 7 85 

Ce lnndy 28c Février 1785. 

L'Académie étant assemblée, M. Ha^on, président, a lu 
une lettre adressée par Monsieur le Directeur général à 
M Xlique pour qu'elle soit communiquée à l'Académie. 
Il est dit, par cette lettre, que M. Crucy, architecte, ayant 
envoyé un nouveau plan de la cathédrale de Rennes*, Mon- 
sieur Pévêque de Rennes « désire que cette Compagnie 
prenne en considération ces changemens et en donne son 
avis promptement », et l'Académie a dit que MM. fle 
Wailly, Brébion, Aforeau, Boullée, Peyre Vaine, Cherpi- 
tel et Paris, déjà nommés pour l'examen des premiers 
projets, feroient leur rapport de ceux dont il est question 
le plus tôt qu'il seroit possible. 



Ce lundy 7 e Mars 1785 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Vie d'Azir, secrétaire de la Société royale de 
médecine, au sujet des bains de Bagneres'*, et MM. les 
commissaires nommés en réponse à ce que demande 
cette lettre ont dit que, d'après le choix du jour et de 
l'heure que leur laissent MM. de la Société, ils s'assem- 
bleront, mercredy 9 e mars à dix heures du matin, dans les 

1. La cathédrale avait été démolie en partie en 1757, mena- 
çant ruine. Voir la note 1 de la page ci-contre. 

2. Ont signé en mars : Antoine, Bellicard, Brébion, Bron- 
gniart, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Lespée, Peyre, Rousset, Trouard, M.-J. Sedaine. 

3. Vicq d'Azyr (Félix), 1748-1793, membre de l'Académie des 
sciences depuis 1774, était secrétaire de la Société royale de 
médecine et de chirurgie. Envoyé dans le Midi en 1775, il avait | 
eu occasion d'étudier les eaux minérales des Pyrénées. Les tra- 
vaux dont il est question ici se rattachent sans doute à ceux 
qui furent entrepris sous l'impulsion de Mégret d'Étigny, inten- 
tendant de la généralité d'Auch de l'jbi à 1767, et surtout à la 
découverte des sources thermales en 1767. Ci-dessus, p. 146. 



1785] 1 5 1 

salles de l'Académie d'architecture, pour y recevoir 
MM. les commissaires de la Société royale, leur com- 
muniquer les plan et rapport déposés à l'Académie et 
concourir aux intentions de Monsieur le comte d'Angi- 
viller. 

Ensuite, MM. les commissaires nommés pour l'examen 
de la reconstruction de la cathédrale de Rennes* ont pré- 
senté leur rapport, lequel a été lu et approuvé de l'Aca- 
démie. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport sur la gare, et 
l'Académie a dit que, les différents avis sur cet objet exi- 
geant beaucoup d'attention, les académiciens pour- 
roient prendre connoissance, dans le cours de cette se- 
maine, du rapport et des pièces y jointes, afin de décider 
avec plus de circonspection. 

Enfin, elle a procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est un palais pour un prince souve- 
rain : le prix a été donné au sieur Thomas Froideau, 
élève de M. Desmaisons. [(Note postérieure :) La médaille 
est reçue.] 



Ce lundy 14 e Mars 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre adressée à l'Académie par Madame Contant, veuve 
d'Hulin, architecte, contenant l'envoy de plusieurs exem- 
plaires d'un ouvrage qui intéresse la mémoire de feu 
M. Contant d'Ivry 2 , académicien, dont cette dame est 
fille. 

1. La reconstruction de la cathédrale de Rennes a occupé 
plus d'un architecte au cours du xvnr siècle. Confiée en 1785- 
1786 à Crucy et Binet père, elle ne fut achevée qu'au xix e siècle. 
Cf. Procès-verbaux, t. VII, VIII, tables. 

2. Cet opuscule de Hulin, très violent contre Couture, fut 
condamné par arrêt du Conseil d'État. Il ne se trouve ni à la 
Bibliothèque nationale, ni à la bibliothèque de l'Institut. Cou- 



[52 [i 7 85 

La Compagnie, qui a conservé pour cet académicien 
distingué toute l'estime que méritèrent ses qualités per- 
sonnelles et ses talens, connoissant que l'objet traité dans 
cette lettre et dans l'ouvrage dont elle est l'envoy est 
étranger à l'Académie, a dit qu'elle ne peut en faire l'ob- 
jet de ses délibérations, et l'extrait de cet arrêté sera en- 
voyé à Madame d'Hulin. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport concernant les 
bains de Bagncres, lequel a été approuvé par l'Académie, 
et il a été dit que copie en seroit faite et certifiée pour 
être présentée à Monsieur le Directeur général. 

Enfin, a été fait lecture du rapport sur la gare qui a 
déjà été lu à la séance du 7e mars, et des réflexions des 
objections proposées ayant prolongé la séance, il a été 
dit que cette affaire seroit remise sous les yeux de l'Aca- 
démie et terminée à la séance de la rentrée après Pâques, 
et MM. les académiciens sont invités à mettre, par écrit, 
leur avis sur cet objet. 



Ce mardy 5 e Avril 1785 *. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port des commissaires nommés pour le choix du local le 
plus propre à former une gare pour mettre à l'abry des 
débordemens et des glaces quatre cents bateaux, et, après 
plusieurs discussions sur cet objet et observations portées 
sur ledit rapport 2 , il a été approuvé par scrutin, et il a été 
dit que copie certifiée dudit rapport seroit envoyée à Mon- 
sieur le comte d'Angiviller. 

ture avait remplacé à la Madeleine Contant, mort en 1777. Cf. 
Procès-verbaux, t. VIII, p. 157-165, et les séances qui suivent 
ici jusqu'au i3 juin. Sur l'église et ces incidents, cf. Gruel, La 
Madeleine, 1910, in-4 . 

1. Ont signé en avril : Antoine, Bellicard, Bellissart, Brébion, 
Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, 
Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Voir aux appendices, 



1785] i53 

Ensuite, M. Couture a fait part à l'Académie de la lettre 
de Monsieur le comte d'Angiviller, qui l'exhorte à deman- 
der des commissaires à l'Académie et l'autorise à les nom- 
mer pour qu'ils fassent l'examen des travaux de cet aca- 
démicien et détruisent (comme il l'espère) les imputations 
répandues dans le public sur la conduite de Yéglise de la 
Madeleine, dont il est chargé, et, par scrutin, l'Académie 
a nommé, pour cet examen, MM. Ha^on, Peyre Faîne et 
Jardin qui, conjoitement avec MM. de L'Épée, Brébion 
et Guillaumot, déjà désignés par la lettre de Monsieur le 
Directeur général, en feront rapport à l'Académie. 

Enfin, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen d'une serrure du sieur 
Georget, et ledit rapport a été approuvé. 



Ce lundy ne Avril 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que les papiers, 
renfermés dans le paquet adressé à MM. les commissaires 
le i6 e aoust 1784, seront remis es mains des commissaires 
nommés pour l'examen des travaux de la Madeleine, et 
M. Sedaine leur a remis ces papiers signés de lui, lesquels 
sont deux plans difTérens de Péglise de la Madeleine, un 
cahier d'observations et une lettre anonyme qui explique 
les intentions de l'envoy, lequel a été fait par Madame 
d'Hulin (ainsy qu'elle le marque dans sa lettre en date du 
6 e mars 1785), laquelle a été remise es mains des commis- 
saires. 

Enfin, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est une chapelle consacrée à la Tri- 
nité, et le prix a été remporté par le sieur Gourcelle, 
élève de M... 



Ce lundy 18 e Avril 1785. 
L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires. 



.3 4 [1785 

nommés pour le rapport des travaux de la Madeleine, ont 
dit qu'ils ignorent, vu les détails de l'examen, à quelle 
séance ils pourront le présenter à l'Académie. 

Ensuite, a été fait l'examen du projet qui concourt pour 
le prix d'émulation, qui sera jugé à la séance prochaine. 

M. Franque ayant parlé d'un ouvrage manuscrit qu'il 
croit intéressant sur les Antiquités de Nîmes*, etc., l'Aca- 
démie l'a prié de le lui communiquer à la séance pro- 
chaine. 



Ce lundy 25« Avril 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
orangerie voûtée, et le prix a été donné au sieur Van 
Cléemputte, élève de ... 

Ensuite, il a été dit que l'Académie seroit convoquée 
pour s'assembler, le lundy 2 e may à huit heures précises 
du matin, pour donner aux élèves le programme du grand 
prix. 

Enfin, M. Franque ayant communiqué à l'Académie le 
manuscrit sur les Antiquités de Nîmes, il l'a prié de vou- 
loir bien nommer des commissaires pour faire rapport de 
cet ouvrage, et l'Académie a nommé MM. Le Roy et 
Paris. 



Ce lundy 2 e May 1785 2 . 

L'Académie étant assemblée, à huit heures précises du 
matin, pour donner le programme des grands prix, des 
six projets qui ont eu le plus de voix par la voix du scru- 

1. Cf. plus loin, p. i58. Qu'est-ce que ce manuscrit? Je ne vois 
pas qu'il ait été imprimé. 

2. Ont signé en mai : Mique, Bellicard, Bellissart, Brébion, 
Chalgrin, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guillau- 
mot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, 
Paris, Peyre, Rousset, Trouard, Sedaine. 



1785] i55 

tin l'Académie a choisy, par la même voye, une chapelle 
sépulcrale, et MM. Franque, Le Roy, Boullée, Peyre 
l'aîné et Paris ont été nommés pour composer les condi- 
tions du programme, dont ensuite lecture a été faite, et 
lesdites conditions ont été approuvées par l'Académie ; 
ainsy elle propose à ses élèves le programme qui suit : 

Un monument sépulcral pour les souverains d'un grand 
empire, placé dans une enceinte dans laquelle on dispo- 
sera des sépultures particulières pour les grands hommes 
de la nation. 

Le monument principal aura, dans sa plus grande di- 
mension extérieure, quarante toises; la plus grande di- 
mension extérieure de l'enceinte sera de cent cinquante 
toises. 

Les élèves feront, pour les esquisses, un plan général 
et une coupe générale qui présentera la façade du mo- 
nument principal, avec la décoration intérieure de l'en- 
ceinte. 

Ils feront encore une coupe particulière du monument 
principal, le tout sur une échelle de deux lignes pour toise ; 
il est permis aux élèves de ne faire pour l'esquisse que la 
moitié du plan général. 

L'échelle des desseins au net, pour le plan général, sera 
de quatre lignes pour toise; tous les autres desseins se- 
ront sur une échelle de huit lignes pour toise. 

Et l'Académie a nommé, pour juger de la conformité 
des esquisses, les mêmes commissaires, pour s'assembler 
demain mardy, à huit heures du matin, dans les salles et 
préparer son travail; elle est convoquée pour s'assembler 
le même jour, à dix heures précises du matin, et elle a 
dit que la séance de ce jour ne seroit arrêtée que demain 
mardy après le jugement des esquisses. 

Hazon, Sedaine. 



i56 [i 7 85 

Et ce mardy 3 e May 178?. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme proposé aux élèves et du rapport de MM. les 
commissaires, et, après l'examen des esquisses et discus- 
sion sur cet objet, des trente et une esquisses exposées 
l'Académie en a fait retirer trois, pour cause de non con- 
formité au programme : ainsy, des vingt huit restantes, 
l'Académie a choisy, par le scrutin, les esquisses désignées 
par les lettres D, CC, Q, O, AA, N, D D, H H et S, dont 
les auteurs sont les sieurs Froideau, Moreau, Thomas, 
Fontaine, Verly, Garnache, Bonard, Goût et Gourcelle. 
lesquels concourront pour le grand prix. 

Et les élèves rendront leurs desseins au net, le 22 e août 
avant midy. 



Ce lundy 9 e May 1785. 

L'Académie étant assemblée, M. de Saint Far, archi- 
tecte, a fait part d'un procédé de voûte faite en poterie 
qui paroît avoir été connu des Romains', et, après la lec- 
ture qu'il a faite de son mémoire, l'Académie a nommé 
commissaires pour l'examen de ce procédé MM. Ha^on, 
Boullée, Mauduit, Peyre Vaine, Guillaumot, Antoine. 

Enfin, l'Académie a fait l'examen des desseins qui sont 
exposés pour remporter le prix d'émulation, qui sera 
jugé à la prochaine séance. 



Ce lundy 23 e May 1785. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est une grotte 

1. Le procédé des voûtes en poteries était, en effet, connu des 
Romains. Cf. ci-après, p. 157. — Un Saint-Phar a été architecte 
de l'administration des hospices et a construit l'hôpital de la 
Santé. 



1785] i5 7 

avec des fontaines et cascades : le prix a été donné au 
sieur Percier, élève de M. Le Roy. 

Enfin, ont été faites deux lectures du rapport de 
MM. les commissaires sur l'examen des travaux de la Ma- 
deleine, et il a été dit qu'à la séance prochaine cette af- 
faire seroit remise sous les yeux de l'Adadémie pour être 
terminée. 



Ce lundy 3oe May 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port sur l'examen des travaux de la Madeleine, et, cette 
affaire ayant été discutée avec la plus grande attention, 
quelques observations l'ont fait remettre à la séance pro- 
chaine. 

Enfin, a été fait lecture du rapport sur les procédés des 
voûtes en poterie, et, l'Académie ayant fait quelques ob- 
servations, il a été dit que seconde lecture seroit faite à 
la séance prochaine. 



Ce lundy 6 e Juin 1785 L 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite du rap- 
port de MM. les commissaires, lequel a été approuvé. Par 
le précis lu à l'Académie, le 5 e may 1777 2 , elle connoissoit 
déjà la délicatesse et l'honnêteté de M. Couture, lorsque 
l'administration lui a confié la construction de la Made- 
leine, et elle ne doute pas que, pour l'achèvement de ce 
monument, M. Couture, en se conformant aux observa- 
tions des commissaires sur la solidité, calmera toutes les 

1. Ont signé en juin : Antoine, Bellicard, Bossut, Brébion, 
Cherpitel, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, 
Lespée, Mauduit, Moreau, Perronet, Peyre, Peyre le jeune, 
Rousset, Trouard, M.-J. Sedaine. 

2. Il n'y a rien sur la Madeleine au procès-verbal du 5 mai 
1777. Mais on voit ci-après que l'Académie finit par prendre 
très nettement le parti de Couture. 



i58 [i 7 85 

craintes qu'a cherché à inspirer l'écrit dont est question, 
et l'Académie a dit que copie dudit rapport et du présent 
arrêté sera remise au président de l'assemblée pour l'être, 
par lui, à Monsieur le Directeur général, et qu'il en sera 
donné copie à M. Couturée sur l'affaire de la Madeleine. 



Ce lundy i3 e Juin 1785. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 
d'une lettre, à lui adressée par Madame Contant, veuve 
d'Hulin, par laquelle elle prie l'Académie de lui faire une 
copie du rapport qui concerne la construction de la Ma- 
deleine, et l'Académie a arrête que M. Sedaine, secrétaire, 
feroit une lettre à Madame d'Hulin par laquelle il l'assu- 
reroit que, s'il n'a pas répondu à sa première lettre, ce n'a 
été que faute de savoir sa demeure, et qu'à l'égard de celle 
qu'elle lui a adressée, le 10 du présent mois, l'Académie 
est d'avis que, le rapport des commissaires ayant été re- 
mis à Monsieur le comte d'Angiviller, c'est de lui seul que 
Madame d'Hulin peut le tenir. 



Ce lundy 20 e Juin 1785. 

L'Académie étant assemblée, le rapport des commis- 
saires lu et approuvé à la séance précédente, contenant la 
description des Antiquités de Nîmes, a été enregistré en 
cette séance. 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est un édifice des casernes pour 
quatre compagnies d'infanterie, et le prix a été adjugé au 
sieur Bernier, élève de M... 

Ensuite, a été lu le rapport de MM. les commissaires 
nommés à la séance du 9 e may pour l'examen des plan- 
chers construits en fer, proposé par M. Ango, et le rapport 
a été approuvé. 

Enfin, a été fait lecture du rapport de MM. les commis- 



i7«5] i5 9 

saires nommés pour l'examen de nouvelles constructions 
de voûtes et planchers en briques, et ledit rapport a été 
approuvé. 



Ce lundy 27e Juin 1785. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de 
deux mémoires du sieur Fourneau, artiste, et il a été dit 
qu'a la première séance il sera nommé des commissaires 
pour l'examen des machines dont il est question dans ces 
mémoires et qu'il a laissées à l'Académie. 



Ce lundy 4e Juillet 1785 «. 

L'Académie étant asssemblée, l'examen des machines 
du sieur Fourneau a été remis sous les yeux de l'Acadé- 
mie : elle a dit que, l'invention de la machine pour l'épui- 
sement des eaux étant connue, il ne seroit pas nommé de 
commissaires pour l'examen de cette machine. Enfin, elle 
a nommé MM. Mauduit et Jardin pour l'examen d'un mo- 
dèle de charpente d'une maison qui puisse diminuer les 
accidens occasionnés par un tremblement de terre. 



Ce lundy ne Juillet 1785. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
du modèle d'une maison à construire en charpente pré- 
senté par le sieur Fourneau, par laquelle il cherche à ob- 
vier, autant qu'il est possible, aux effets des mouvemens 
imprévus des tremblemens de terre 2 , et ledit rapport a été 
approuvé. 

1. Ont signé en juillet : Bellicard, Bellissart, Bossut, Boul- 
lée, Brébion, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, Guil- 
laumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Lespée, Mauduit, Moreau, 
Peyre, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Il a été souvent question des moyens à employer contre 



i6o [i 7 85 

Ce lundy *8" Juillet 1785. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est entretenue des 
voûtes ellyptiques, d'après un modèle qui a été présenté 
par un élève qui suit les leçons de M. Mauduit, dont le 
but est de donner une méthode pratique de déterminer 
géométriquement les voussoires d'une voûte ellyptique, 
de manière que les joints des claveaux soient perpendi- 
culaires à la courbe. M. Mauduit a été prié de tracer cette 
méthode, que l'Académie a approuvée, et de l'apporter à 
la séance prochaine pour être enregistrée sur les registres. 



Ce lundy 25« Juillet 1785. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté, de 
la part de M. l'abbé de Saint Non, les 7, 8, 9, 10 et 1 i e par- 
ties du Voyage pittoresque de Naples et de Sicile : l'Aca- 
démie' s'est occupé de cet ouvrage intéressant, et M. Se- 
daine témoignera à M. l'abbé de Saint Non la reconnois- 
sance de l'Académie. 

Ensuite, le sieur Rossignol a présenté un mémoire dans 
lequel il dit qu'il possède le secret de garantir le fer de la 
rouille par un vernis métallique qui imite l'argent, et, 
après que l'auteur aura apporté des modèles, il sera nommé 
des commissaires pour en faire rapport. 

Ensuite, M. Mauduit a fait lecture de la méthode ap- 
prouvée à la séance précédente, pour tracer des voûtes 
ellyptiques, dont l'Académie lui est obligée. 

Enfin, sur le rapport qui a été fait de la maladie de 
M. Peyre l'aîné 2 , M. Jardin s'est chargé d'avoir l'honneur 
de le voir. 



les effets des tremblements de terre (Procès-verbaux, t. VII, 
p. 200; t. VIII, p. 382). 

1. Ci-dessus, p. 141. 

2. Peyre mourut le 10 août. Ci-après, p. 161. 



i 7 85] 



101 



Ce lundy ier Aoust 1785 1 . 

L'Académie étant assemblée pour faire rapport de la 
solidité du vernis métallique, ont été nommés MM. Bel- 
licard, Mauduit, Jardin et Antoine. 

Et ensuite, pour faire rapport de l'utilité des toiles mé- 
talliques présentées par le sieur Saverlandt, ont été 
nommés MM. Franque et Trouard. 



Ce lundy 8« Aoust 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port sur l'utilité des toiles métalliques, et il a été dit qu'il 
seroit enregistré à la séance prochaine, l'un des commis- 
saires ne l'ayant pas signé. 

La maladie de M. Peyre devenant très inquiétante, 
M. Ha^on a été prié de passer chez lui pour marquer 
toute la part que prend l'Académie à sa situation. 



Ce mardy 16e Aoust 1785. 

L'Académie étant assemblée, la mort de M. Peyre l'aîné 
ayant été notifiée, il a été dit que l'Académie seroit con- 
voquée pour la seconde séance après les vacances, pour 
procéder à la nomination d'un académicien, et MM. Fran- 
que et Sedaine iront, de la part de l'Académie, témoigner 
ses regrets à Madame Peyre. 

Ensuite, il a été fait une seconde lecture du rapport de 
MM. les commissaires nommés pour l'examen des échan- 
tillons des toiles métalliques, et ledit rapport a été ap- 
prouvé. Ensuite, le sieur Bonnet a présenté un mémoire 
concernant l'établissement d'une manufacture de cuivre 

1. Ont signé en août : d'Aftry, Antoine, Bellicard, Brébion, 
Cherpitel, Coustou, Couture, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Lespée, Mauduit, Paris, Pierre, Potain, Rousset, 
Trouard, de Wailly, Sedaine. 

ix I 1 



\6i [i 7 85 

préparc pour tenir lieu dans les bâtimens des couver- 
tures usitées, et l'Académie nommera des commissaires, 
à la séance prochaine, pour l'examen dudit mémoire et 
constater l'avantage dont cette manière de couvrir pour- 
roit être pour le public. 

Enfin, M. Le Brun d'Heurgival a présenté des échan- 
tillons de pierre d'une carrière dont il est possesseur et 
a prié l'Académie de vouloir bien en faire constater la 
qualité et les propriétés, pour savoir s'il peut hasarder les 
frais inévitables pour l'ouverture de cette carrière, et 
l'Académie nommera pour cet examen à la séance pro- 
chaine, par scrutin'. 



Ce lundy 22c Aoust 1785. 

L'Académie étant assemblée, elle a nommé pour l'exa- 
men des cuivres, mentionné à la séance précédente, 
MM. Bellicard, Mauduit, Trouard et Jardin, et pour l'exa- 
men des qualités de la pierre de la carrière de M. Le 
Brun, MM. Brébion et Antoine. 

Ensuite, il a été dit que M. Ha^on, présidant l'assem- 
blée, aura l'honneur d'écrire à Monsieur le Directeur gé- 
néral pour l'inviter à la présider, le lundy 29 e aoust, jour 
du jugement des prix, à moins qu'il ne lui plaise choisir 
un autre jour. Et MM. Franque, Boullée, Bellicard et 
Paris, commissaires cy devant nommés pour le jugement 
de la conformité des esquisses aux desseins, s'assemble- 
ront le même jour dans les salles pour préparer les ob- 
servations de l'Académie, laquelle sera convoquée pour 
la séance dudit jour. 

Enfin, a été fait lecture d'une lettre de Monsieur le 
comte d'Angiviller par laquelle il demande que l'Acadé- 
mie veuille bien marquer ce qu'elle pense d'un projet 

1, Cf., pour les carrières aux environs de Vernon, la visite 
de 1678 {Procès-verbaux, t. 1, p. 219-218). Pour celle de Le 
Brun, voir plus loin, p. i65. 



1785] i63 

d'église pour Y abbaye de Prémontré 1 , du sieur Le Clerc, 
et l'Académie se conformera aux désirs de Monsieur le 
Directeur général. 



Ce lundy 29e Aoust 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, par laquelle il 
demande que l'Académie nomme des commissaires pour 
faire rapport des plans et devis d'un palais de justice et 
satisfaire aux désirs de MM. les administrateurs de la 
Provence 2 , sur la demande de Mgr l'archevêque d'Aix, et, 
par scrutin, l'Académie a nommé pour l'examen de ces 
projets MM. Ha^on, Brébion, Moreau, Boullée, Trouard, 
Jardin, Gondoin et Cherpitel, lesquels se conformeront 
aux intentions de Monsieur le Directeur général, dont la 
lettre sera inscrite cy après. 

Ensuite, après deux lectures faites du rapport des com- 
missaires, l'Académie a procédé au jugement des grands 
prix et, pour la conformité des desseins aux esquisses, 
des neuf projets exposés le projet désigné par la lettre Q : 
ainsy le sieur Jean Charles Alexandre Moreau, élève de 
M. Trouard, a remporté le premier prix, et la lettre O a 
été ensuite choisie par scrutin : ainsy le sieur Pierre 
François Léonard Fontaine, élève de M. Heurtier, a rem- 
porté le second prix, lesquels leur ont été donnés par 
M. Ha\on, présidant l'assemblée, Monsieur le comte d'An- 
givillers ayant écrit qu'il ne pouvoit la présider. 

Il sera remis sous les yeux de l'Académie le règlement 
à faire pour que les élèves architectes n'ajoutent à leurs 
projets nul ornement étranger. 

1. C'est la célèbre abbaye, chef de l'ordre de Prémontré 
(arrondissement de Laon). Le bâtiment fut reconstruit au 
xvui e siècle. Nous retrouverons plus loin la question. 

2. J'ai déjà dit que pour tous les travaux accomplis ou pro- 
jetés à Marseille et en Provence, je renvoyais aux appendices 
du présent volume ou à l'introduction. 



164 



[1785 



Copie de la lettre de Monsieur le Directeur général 
à M. Mi que, en date du 28 aoust Tj85. 

« Je viens, Monsieur, de recevoir une lettre de M. l'ar- 
chevêque d'Aix, par laquelle, au nom de MM. les admi- 
nistrateurs de la Provence*, à la tête desquels il est, il me 
témoigne le désir qu'ils ont de soumettre aux lumières 
de l'Académie royale d'architecture les plans et devis d'un 
palais de justice, dont M. Le Doux a formé les projets 
pour la ville d'Aix. 

« Gomme c'est une affaire que ce prélat me représente 
comme fort pressée, vous voudrez bien requérir l'Acadé- 
mie de nommer aussitôt des commissaires qui pour- 
roient peut être s'en occuper pendant la semaine com- 
plète qui reste d'ici aux vacances, de manière à être en 
état d'en faire leur rapport à l'Académie, le lundi 5 sep- 
tembre, et me l'envoyer aussitôt. Si cela ne se pouvoit 
pas, il ne faut pas attendre la rentrée de l'Académie et 
m'envoyer ce rapport aussitôt qu'il sera rédigé, sauf à le 
communiquer ensuite à l'Académie. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 

p t s. — Je vous fais passer en même temps les desseins 
du projet de M. Ledoux. 



Ce lundi 5e Septembre 1785 2 . 
L'Académie étant assemblée, les commissaires nommés 

1 l 'archevêque d'Aix était alors Raimond de Boisgelin de 
Cucé 1770- 1790; le gouverneur de la Provence, le maréchal de 
Beau'veau, depuis 1782; l'intendant, des Galois de La Tour, 
depuis i 77 5. - Le Palais de Justice actuel ne date que de 

1 2 Ont signé en septembre : Antoine, Bellicard, Brébion, 
Cherpitel Coustou, Franque, Gondoin, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Paris, Raymond, Rousset. 



1785] i65 

par la Compagnie, dans sa séance du 22 aoust, pour l'exa- 
men de la pierre dure de la carrière de M. Le Brun d'Ur- 
gival à Vernon, ont fait lecture de leur rapport : il a été 
approuvé par l'Académie, mais, comme les expériences de 
la machine de l'Académie ne peut se faire en grand, cette 
raison a déterminé la Compagnie à demander à M. d'Ur- 
gival deux échantillons assez grands pour les éprouver à 
la pluye et à la gelée pendant l'hiver, afin d'obtenir une 
plus grande certitude sur ses qualités. 

Ensuite, les commissaires nommés pour l'examen d'une 
préparation métallique dont l'effet est de garantir le fer 
de la rouille ont fait lecture de leur rapport, qui a été 
approuvé. 

L'Académie a procédé, ensuite, à la nomination de 
commissaires pour établir l'avis de la Compagnie sur un 
projet d'église pour V abbaye de Prémontré, conformément 
à la lettre de Monsieur le Directeur général sur ce sujet, 
et la Compagnie a nommé MM. Ha^on, Brébion, Jardin 
et Paris. 

Ensuite, l'Académie a engagé M. le président de l'as- 
semblée de représenter à M. le Directeur général que, 
lundi dernier, jour du jugement des prix, les élèves, assem- 
blés aux portes de l'Académie, se sont comportés avec 
un tumulte et une indécence qui méritent la plus grande 
animadversion, blâmant hautement le jugement de l'Aca- 
démie et s'étant même servi de sifflets pour insulter les 
académiciens à la sortie de la séance'; qu'un pareil dé- 
portement étant sans exemple et pouvant empêcher plu- 
sieurs des membres de s'y exposer une autre année, il en 
résulteroit de très grands inconvéniens, pour quoi l'Aca- 
démie supplie M. le Directeur général de témoignera ces 
élèves son mécontentement, de la manière que sa sagesse 
jugera convenable. 

1. Voir plus loin la lettre d'Angivillcr, p. 167. 



166 [i 7 85 

(le lundy i | c Novembre 17N?'. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite des sta- 
tuts et règlemens, ainsy qu'il est ordonné. 

Ensuite, a été fait lecture du précis des rapports dont 
l'Académie s'est occupée dans le cours de l'année acadé- 
mique. 

Puis, l'Académie a décidé que, quoiqu'elle eût assigné 
a sa séance du 16 e aoust que le 22 novembre elle s'occup- 
peroit de la nomination d'un académicien, l'examen des 
travaux des aspirans l'obligcoit de remettre cette nomi- 
nation au 28 novembre de cette année; qu'ainsy l'Acadé- 
mie seroit convoquée pour cette séance et que, préala- 
blement, M. Mique, président l'assemblée, présenteroit cà 
Monsieur le Directeur général la délibération de l'Acadé- 
mie pour qu'il voulût bien l'approuver. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre, en forme de rap- 
port, écrite à Monsieur le Directeur général par MM. les 
commissaires nommés par l'Académie pour l'examen des 
projets du palais de justice à construire à Aix, et l'Aca- 
démie l'a approuvé. 

Ensuite, a été fait lecture de la lettre adressée à Mes- 
sieurs de l'Académie royale d'architecture par Monsieur 
le Directeur général sur ses intentions concernant la 
Grande Galerie 2 , et, à la séance prochaine, l'Académie 
s'en occupera. 

1. Ont signé en novembre : Mique, Antoine, Bellicard, Bos- 
sut, Brébion, Brongniart, Chalgrin, Cherpitel, Coustou, Des- 
maisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Potain, 
Raymond, Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine (Peyre aîné 
étant mort le 10 août, son frère n'est plus désigné que sous 
son nom de Peyre.) 

2. Nouvelle et importante affaire qui se continuera jusqu'à la 
fin même de l'Académie. Nous y reviendrons. On peut consul- 
ter sur SoufTlot quelques pages de Mondain-Monval, Sou/Jlot, 
p. 215-224; sur l'ensemble de la question, quelques textes 
donnés par Gabillot : Hubert-Robert et son temps, p. 169-174, 



1785] 167 

Lecture, enfin, a été faite de la lettre de M. le Direc- 
teur général concernant le tumulte fait par les élèves, et 
ces deux lettres seront inscrites sur les registres. 

Copie d'une lettre de Monsieur le Directeur général 
à M. Mique, en date du 3i octobre ij85. 

« J'ai appris, Monsieur, par l'extrait des registres de 
l'Académie royale d'architecture du 5 septembre dernier, 
la manière indécente dont se sont comportés ses élèves à 
l'occasion du dernier jugement des grands prix. J'avois 
déjà été instruit, dès l'année dernière, des témoignages 
tumultueux d'approbation qu'ils avoient donnés au juge- 
ment de l'Académie, mais j'avois imaginé que cette effer- 
vescence déplacée, et peut être occasionnée par l'exemple 
des élèves de l'Académie de peinture, n'auroit pas de 
suite. J'ai vu avec une vraie peine que, de l'un et de l'autre 
côté, cette année a été marquée pas de plus grands excès 
encore, de sorte que, s'il n'y étoit obvié, les deux Com- 
pagnies seroient bientôt assujéties à suivre dans leurs ju- 
gemens les impulsions de leurs élèves; j'ai manifesté à 
ceux de l'Académie royale de peinture 1 ma manière de 
penser à cet égard, et, comme celle d'architecture va bien- 
tôt rentrer et rouvrir son école, j'ai cru devoir aussi ne 
pas tarder davantage à lui écrire sur le même sujet. Vous 
voudrez donc bien, à la rentrée de l'Académie, faire as- 
sembler ses élèves et leur faire faire lecture de cette lettre, 
par laquelle je leur défends expressément toute assemblée 
tumultueuse et démonstration éclatante, soit d'approba- 
tion, soit d'improbation, des jugemens de l'Académie. Ils 
doivent recevoir avec respect et dans le silence les dé- 
cisions de leurs maîtres, et il ne leur appartient point de 
chercher à les prévenir par leurs suffrages, encore moins 
à les improuver quand elles ne sont pas conformes à leurs 

1. Cf. Procès-verbaux de l 'Académie de peinture, t. IX, 
p. 262, 



i68 [i 7 85 

lumières. Dans le cas où il seroit contrevenu à cette dé- 
fense, je ferai ordonner par le Roy à l'Académie de fer- 
mer son école jusqu'à ce qu'on connoisse les principaux 
moteurs du tumulte, et ils seront punis par un renvoi ab- 
solu et irrémissible. 

« S'il arrivoit même qu'un des auteurs du désordre se 
trouvât avoir gagné le premier prix, cette faute, quoique 
le gain d'un premier prix ne donne pas un droit à la pen- 
sion de Rome, sera un motif pour être privé de ce bien- 
fait du Roy. Ils doivent, enfin, être persuadés que j'userai 
de la plus grande sévérité pour maintenir le respect qu'ils 
doivent à la Compagnie et à leurs maîtres. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, etc. 

« Signé : D'Angiviller. » 



Ce lundy 21 e Novembre 1785. 

L'Académie étant assemblée, M. Chalgrin, académi- 
cien, a présenté les desseins gravés de Yéglise de Saint 
Philippe du Roule*, que l'Académie a acceptés avec recon- 
noissance. 

Ensuite, été fait lecture d'une lettre de Mgr le prince 
de Condé, par laquelle il marque à l'Académie l'intérest 
qu'il prend au sieur Lussault, architecte, relativement à 
la place vacante, et M. le secrétaire, au nom de l'Acadé- 
mie, répondra à l'honneur que lui a fait de lui écrire Son 
Altesse Sérémissime. 

Ensuite, il a été dit que l'Académie seroit convoquée 
pour la nomination de trois aspirans à la place vacante, 
laquelle nomination sera faite à la séance du lundy 28 no- 
vembre. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Caffieri, 
de l'Académie royale de peinture et de sculpture, par la- 

1. C'est le Plan topographique de l'église Saint-Philippe-du- 
Roule, 1 vol. in-8°, i5 pi. gravées par Taraval. 



i 7 85] 169 

quelle lettre il offre un buste de Colbert 1 , moulé par lui 
sur le marbre qui appartient au Roy, et l'Académie, péné- 
trée de l'attention de M. Caffieri, accepte ce buste avec 
d'autant plus de plaisir qu'elle doit sa fondation aux soins 
de ce grand ministre. 

Ensuite, l'Académie s'est occupé de l'examen des car- 
tons et desseins déposés et du détail des travaux des as- 
pirans à la place vacante. 

Enfin, a été fait une seconde lecture de la lettre de 
Monsieur le comte d'Angiviller concernant la Grande Ga- 
lerie, et, après la nomination qui sera faite à la séance 
prochaine, l'Académie s'occupera de ce grand projet et 
Monsieur le comte sera prié d'ordonner que tout ce qui 
concerne cette affaire, qui est déposée dans les bureaux, 
soit remis le plus tôt possible au secrétaire de l'Acadé- 
mie. 



Ce lundy 28 e Novembre 1785. 

L'Académie étant assemblée, après l'examen des projets 
de M. Le Roy, architecte, et après un second examen des 
projets de plusieurs aspirans et lecture faite des articles 
des statuts qui prescrivent ce qui est à observer lors de 
la nomination à la place d'académicien, l'Académie a 
nommé, par scrutin, les sieurs De Bourges, Darnaudin, 
Poyette, Le Moine, Renard et Trouard, qui ont été choi- 
sis; et, par les scrutins suivans, savoir : par le premier 
scrutin le s r De Bourges, par le second le sieur Renard, 
et par le troisième le s r Poyette ont été nommés pour 
qu'il plaise à Sa Majesté en choisir un. 



Ce lundy 5e Décembre 178s 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 

1. Cf. Jules Gui fl'rey, Les Caffieri, p. 228. 

2. Ont signé en décembre : Antoine, Bellicard, Bossut, de 



iyo [1785 

lettre de Monsieur le comte d'Angiviller par laquelle il 
notifie le choix que Sa Majesté fait du sieur De Bourges 
pour remplir la place vacante d'architecte du Roy, et, 
après cette lecture, M. De Bourges a été instalé en sa 
place et qualité. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Arnaudin, 
architecte, et d'une lettre de M. Combe, élève pension- 
naire, et M. Sedaine a été chargé de leur répondre d'après 
l'intention de l'Académie. 

Enfin, il a été dit qu'attendu la célérité que M. le comte 
demande à l'Académie pour fixer les opérations à faire 
dans la Grande Galerie, il seroit derechef prié d'ordon- 
ner que tous les plans et mémoires, et notamment les tra- 
vaux de M. Soufflât sur cet objet, fussent remis le plus 
tôt possible es mains du secrétaire, afin qu'à la séance 
prochaine cette affaire soit commencée. 



Ce lundy 12 e Décembre 1785. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présente, de 
la part de M. l'abbé de Saint Non, les deux cahiers no 12 
et i3 composés des plans et desseins levés et faits en Si- 
cile*, que l'Académie a acceptés avec reconnoissance. 

Ensuite; lecture ayant été faite de la lettre de M. le Di- 
recteur général, adressée à M. Mique, qui accompagne 
l'envov des pièces concernant la Grande Galerie, et no- 
tamment celles jointes au projet de feu M. Soufflot, l'Aca- 
démie a nommé pour commissaires MM. De Wailly, 
Franque, Moreau, Bellicard, Boullée, Trouard, Jardin, 
Cherpitel, Antoine et Paris, auxquels M. Sedaine com- 
muniquera le* pièces qui lui ont été remises pour faire 

Bourges, Brébion, Brongniart, Cherpitel, Coustou, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, 
Peyre, Pierre, Raymond, Rousset, Trouard, de Wailly, M.-J. Se- 
daine. 

i r Ci-dessus, p. i33, 141, 160. 



1785] I7 1 

rapport à l'Académie et la mettre en état de donner ses 
avis sur cette affaire importante. MM. les académiciens 
déjà chargés de cette affaire se joindront aux commis- 
saires nommés : ce sont MM. Mique, Ha^on, Guillaumot, 
VÉpée et Brébion. 



Ce lundy 19 e Décembre 1785. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du pro- 
gramme des prix d'émulation, qui est une^douane, et le 
parix a été adjugé au sieur Réverchon, élève de M. le 
comte d'Angiviller. 

Ensuite, M. Renard, architecte, a lu un mémoire con- 
cernant les projets de la Grande Galerie, dont l'Acadé- 
mie s'est occupé en attendant le rapport de MM. les com- 
missaires. 

Enfin, il a été dit que M. Ha^on prieroit M. Mique de 
demander à Monsieur le Directeur général quel jour et 
dans quel lieu il voudra bien permettre à l'Académie de 
lui rendre ses devoirs au renouvellement de l'année. 



172 [1786 



1786. 

Ce lundy 9 e Janvier 1786 4 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller par laquelle il 
demande que l'Académie s'occupe de l'examen des cuivres 
propres à la couverture des édifices, et l'Académie qui, à 
sa séance du 22e aoust 1785, a nommé pour commissaires 
en cette partie MM. Bellicard, Mauduit, Trouard et Jar- 
din, les a invités à finir leur rapport sur cette affaire. 

Enfin, M. Combes 2 , ancien pensionnaire du Roy, a pré- 
senté les desseins et études qu'il a faits à Rome et que 
l'Académie a vus avec plaisir. 



Ce lundy 16 e Janvier 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du pro- 
gramme du prix d'émulation, lequel est un reposoir, et, 
par le scrutin, il a été décidé qu'il n'y auroit pas de prix. 

Ensuite, M. Panseron 3 , architecte, a présente un modèle 
de poutres qui peuvent être utiles dans la construction, 
et l'Académie a nommé MM. Franque, Mauduit, Jardin 
et Guillaumot pour en faire rapport. 

1. Ont signé en janvier : Antoine, Bellicard, Bossut, de Bourge, 
Brébion, Brongniart, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guil- 
laumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Lespce, Mauduit, Moreau, 
Peyrc, Pierre, Raimond, Rousset, Trouard, de Wailly, Se- 
daine. 

2. Combes (Louis) avait été à Rome de 1782 à 1785. Sur sa 
vie à Rome et ses travaux, cf. Corresp. des directeurs, t. XIV 
(table), XV, p. 27, 3o. 

3. Panseron (Pierre), mort vers i83o, élève de Blondel, a 
composé nombre d'ouvrages aujourd'hui presque oubliés. 



1786] 17.3 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Tagliafichi, 
associé correspondant. M. De Wailly, son commissaire 
correspondant, s'est chargé de la réponse. 

Ensuite, lecture a été faite de la requête de M. Le Brun 
d'Heurgival : l'épreuve n'est pas complétée par les chan- 
gemens que cette saison peut causer sur les qualités de la 
pierre dont il est question. 

Enfin, a été notifiée la mort de M. Watelet*, associé 
libre honoraire de cette Académie. 



Ce lundy 23 e Janvier 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Davy de Ghavigné, qui aspire à la place d'as- 
socié libre honoraire vacante par la mort de M. Watelet, 
et ensuite l'Académie a vu quelques projets d'architecture 
de la composition de M. de Ghavigné. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires sur l'employ des cuivres proposé et, d'après 
quelques réflexions de l'Académie, les commissaires ont 
dit qu'ils en feroient une seconde lecture. 

L'Académie ayant demandé à MM. les commissaires 
nommés pour les changemens de la Grande Galerie 2 
quand ils espéroient communiquer leur travail, ils ont 
dit que leurs assemblées, quoique fréquentes, ne leur per- 
metttoient point encore de le présenter à l'Académie. 



Ce lundy 3o e Janvier 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller par laquelle il 
marque son désir que l'Académie examine si le blanc de 

1. Watelet (Claude-Henri), 1718-1786, était membre associé 
depuis 1776, membre de l'Académie française, etc. On cite sur- 
tout son Essai sur les jardins, 1774. 

2. Ci-dessus, p. 4, et ci-après, p. 176. 



i 7 4 [1786 

zinc, employé en peinture dans les bàtimens, est exempt 
des inconvéniens reconnus dans le blanc de plomb et peut 
le remplacer avec avantage, et l'Académie nomme com- 
missaires pour cet examen MM. Mauduit, l'abbé Bossut, 
Antoine et Cherpitel. 

Enfin, l'Académie s'est occupé des travaux des commis- 
saires nommés pour l'affaire de la Grande Galerie. 



Ce lundy 6 e Février 1786*. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport concernant les cuivres destinés à la couverture 
des maisons, lequel a été approuvé. 

Ensuite, lecture a été faite sur ce qui concerne la gale- 
rie de six mémoires d'académiciens; et, après cette lec- 
ture, cette délibération a été que ces mémoires et les des- 
seins qui leur sont analogues, ainsy que ceux de M. Re- 
nard, resteroient exposés dans les salles de l'Académie. 
Elles ne seront ouvertes, cette semaine, qu'aux seuls aca- 
démiciens, chaque jour depuis dix heures jusqu'à deux 
heures ; et MM. les Académiciens sont invités de se rendre 
à l'Académie, lundy i3 e février à dix heures du matin, afin 
de se transporter ensemble à la grande galerie. 

Avis sera donné par M. le secrétaire aux académiciens 
qui ne connoissent pas cette délibération. 

Lecture a été faite d'une lettre de M. l'abbé de Saint 
Non, qui aspire à la place d'associé libre honoraire. 

MM. Le Roy et Moreau se sont chargé de s'informer 
de la santé de M. Bellicard, de la part de l'Académie. 



Ce lundy i3 e Février 1786. 
L'Académie étant assemblée, les académiciens qui, en 

1. Ont signé en février : Antoine, Bossut, de Bourge, Brébion, 
Cherpitel, de Cotte, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Le- 
doux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Pierre, Rous- 
set, Trouard, de Wailly, Sedaine. 



1786] i75 

très grand nombre, se sont, a dix heures ce matin, trans- 
portés dans la grande galerie, ont communiqué verbale- 
ment leurs réflexions, et l'Académie désire qu'ils veuillent 
bien, jeudy prochain 16 février, dans la salle d'assemblée, 
se joindre à MM. les commissaires nommez pour que 
chacun d'eux donne la décision qu'il croit la plus conve- 
nable, afin qu'à la séance prochaine, l'Académie soit plus 
en état de répondre aux intentions de Monsieur le Direc- 
teur général. 



Ce lundy 20 e Février 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. l'abbé de Saint Non, par laquelle il témoigne 
qu'étant instruit que Monsieur le baron de Breteuil accep- 
teroit avec plaisir la place d'associé libre honoraire si 
l'Académie le nomme, il se retire et prie l'Académie de 
vouloir bien lui conserver ses dispositions obligeantes, si 
elle en avoit pour lui. 

Enfin, l'Académie, après lecture de plusieurs mémoires 
sur \et galerie, et après de longues discussions, a décidé 
que, lundy 6« mars, l'Académie seroit convoquée tant pour 
la nomination d'un associé libre honoraire que pour dé- 
terminer une question importante sur la galerie. 



Ce lundy 27e Février 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire de M. Ango, architecte expert, concernant les 
procédés à employer pour faire des planchers, des combles, 
etc., en fer; et l'Académie a chargé, de l'examen de la de- 
mande de M. Ango, les commissaires déjà nommés pour 
l'examen de ces procédés. 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, et l'Académie ayant dit que celui de la perspective 
et celui de la coupe des pierres seroient donnés en ce 
jour, le prix de perspective, dont le programme est la vue 



i 7 6 ti7»6 

du portail de Sainte Geneviève, a été donné au sieur ..., 
élève de ...; et celui de la coupe des pierres a été réservé, 
ledit prix ayant été transmis. 

Enfin, a été fait lecture de la lettre de M. le comte 
d'Angiviller, en date du 12 e novembre 1785, concernant la 



galerie '. 



Ce lundy 6 e Mars 1786 2 . 

L'Académie étant assemblée, convoquée pour la nomi- 
nation d'un associé libre honoraire, cette nomination a 
été suspendue d'après le désir de Monsieur le Directeur 
général. 

Ensuite, l'Académie ayant traité la question si la gale- 
rie devoit être éclairée d'en haut ou par les jours actuels, 
il a été décidé, à la pluralité des voix recueillies par le 
scrutin : i° que les jours seroient tirez d'en haut; 20 que 
les jours d'en bas seroient conservés, pour en jouir à vo- 
lonté. 

Enfin, a été notifiée la mort de M. Bellicard*, acadé- 
micien. 



Ce lundi i3e Mars 178G. 
L'Académie étant assemblée, M. Ha?on, présidant la 
Compagnie, a fait lecture de la lettre de Monsieur le 
comte d'Angiviller, en date du 12 de ce mois, écrite à 
M. Micque, directeur, par laquelle il autorise l'Académie 
à faire, à la première assemblée, l'élection à la place d'ho- 

1. Ci-dessus, p. 173. 

2. Ont signé en mars : Mique, Antoine, Bossut, de Bourge, 
Brébion, Brongniart, Chalgrin, Cherpitel, Desmaisons, Franque, 
Gondoin, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Lespée, Mau- 
duit, Moreau, Paris, Peyre, Pierre, Rousset, Trouard, de Wailly, 
Sedaine. 

3. Bellicard (Jérôme-Charles), (1726-1786) était entre à 1 Aca- 
démie en 1762; il avait été nommé professeur adjoint d'archi- 
tecture en février 1781. 



1786] 177 

noraire amateur, vacante par le décès de M. Watelet. En 
conséquence, la Compagnie, se conformant aux intentions 
de Monsieur le Directeur général, y a procédé, suivant 
l'usage, par scrutin; et, d'une voix unanime, Monsieur le 
baron de Breteuil 1 a été élu pour remplir cette place va- 
cante. 

Ensuite, M. Ha^on a fait lecture d'une autre lettre 
écrite par Monsieur le comte d'Angivillers à M. Mique, 
par laquelle il demande que la Compagnie s'occupe de 
l'examen du blanc d'albâtre gypseux provenant des car- 
rières près Lagny, préparé par les sieurs Le Nain et Ave- 
nard. Pour cet effet, l'Académie a nommé les mêmes 
commissaires cy devant désignés pour le rapport sur le 
blanc de zinc, qui sont MM. Mauduit, l'abbé Bossut, An- 
toine et Cherpitel. 

Il a été aussi fait lecture d'un mémoire de MM. Poncet 
et Perruchaut de Longeville sur les granités et porphyres 
de leurs carrières des Vosges de Lorraine, auquel étoit 
joint un tableau des différens échantillons de ces granités : 
l'Académie, désirant de satisfaire aux vues exposées dans 
ce mémoire, a nommé commissaires MM. De Wailly, 
Mauduit, Jardin et Cherpitel, pour en faire leur rapport. 



Ce lundy 20 e Mars 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de 
deux lettres de Monsieur le comte d'Angivillers, lesquelles 
seront enregistrées cy après; en conséquence de ces deux 
lettres, l'Académie recevra Monsieur le baron de Breteuil 
pour associé libre honoraire lorsqu'il voudra bien se pré- 
senter, et reconnoîtra M. Charles 2 comme professeur 

1. Le baron de Breteuil (Louis-Auguste Le Tonnelier), 
1733-1807, avait parcouru depuis 1758 une carrière diplomatique 
très active. Il était conseiller d'État et secrétaire d'État de la 
Maison du roi. 

2. Il y a eu deux Charles. Celui-ci doit être Jacques- 

IX 12 



178 [1786 

d'hydrodynamique, en la place et telle que l'a remplie 
M. l'abbé Le Bossut. 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est une porte pour une ville de 
commerce; et le prix a été adjugé au sieur Le Faivre, 
élève de M. Trouard. 

Enfin, lecture a été faite des rapports des commissaires 
de la qualité de la pierre des carrières de M. Le Brun 
d'Heurgival, et l'Académie a approuvé lesdits rapports. 

Copie de la lettre de Monsieur le Directeur général 
à M. Mique, en date du 10 mars 1786. 

« J'ai mis, Monsieur, sous les yeux du Roy, l'élection 
faite de M. le baron de Breteuil, pour remplir, à l'Acadé- 
mie royale d'architecture, la place d'honoraire associé 
libre amateur, vacante par le décès de M. Watelet. Sa 
Majesté ayant donné son approbation à cette élection, je 
ne perds point de tems à vous en informer, afin que l'Aca- 
démie en fasse registre, et que, si les occupations de M. le 
baron de Breteuil lui permettent d'aller à l'Académie y 
prendre place, il y soit reçu en cette qualité. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 

Autre lettre à M. Mique du 18 e mars 1786. 

« Les occupations, Monsieur, de M. l'abbé Bossut, et 
divers ouvrages qu'il projette lui ayant fait désirer de 
résigner sa place de professeur d'hydrodynamique atta- 
chée à l'Académie royale d'architecture, en faveur d'un 
de ses confrères, j'ai mis cet objet sous les yeux de Sa 
Majesté, qui y a donné son consentement. Elle a bien 

Alexandre-César, 1746-1823, géomètre, aéronaute (première 
ascension au gaz hydrogène, avec Robert, le i or décembre 
1783), membre de l'Académie des sciences, puis de l'Institut. 



i 7 86] 179 

voulu nommer, en même tems, pour remplir cette place, 
M. Charles, de l'Académie royale des sciences, dont les 
talens pour la géométrie sont connus de tous ceux qui 
cultivent les mathématiques. 

« Vous voudrez donc bien informer l'Académie de cette 
décision du Roy, afin qu'elle en fasse registre et que 
M. Charles puisse, au premier moment, entrer en fonc- 
tions. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 27e Mars 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires pour l'examen du pro- 
jet d'église de l'abbaye de Prémontré* ; et, une seconde 
lecture ayant été faite après l'examen que l'Académie a 
suivy sur le modèle en relief exposé dans les salles, elle 
a approuvé ledit rapport. 

Enfin, M. Mauduit a présenté des expériences faites sur 
le blanc de zinc pour préparer le rapport des commis- 
saires sur cet objet. 

Ce lundy 3« Avril 1786 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été arrêté que le 
lundy 24 e avril, jour de la rentrée des vacances de 
Pâques, seroit ordonnée pour le lundy suivant, s'il n'y a 
ordre au contraire, la convocation des académiciens pour 
la nomination à la place qui vacque dans la première 
classe et à celle qui vacquera dans la seconde classe. 

Enfin, l'Académie s'est entretenu de ce qui concernoit 

1. Ci-dessus, p. i63, et ci-après, p. 184. 

2. Ont signé en avril : Antoine, de Bourge, Brébion, Cherpi- 
tel, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Lespée, 
Mauduit, Moreau, Paris, Pierre, Rousset, Sedaine. 



i8o [1786 

la galerie; et les commissaires ont dit qu'ils s'assemble- 
roient, dans les salles de l'Académie, vendredy 7, pour 
mettre cette affaire en état (d'après la lecture du rapport 
faite à l'Académie) d'être soumise à la décision de Mon- 
sieur le Directeur général. 



Ce lundy 24e Avril 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que l'Acadé- 
mie seroit convoquée pour la séance du lundy I er may, 
séance dans laquelle elle nommera les trois académiciens 
de seconde classe et les trois architectes aspirans à pré- 
senter pour qu'il plaise à Sa Majesté en choisir un pour 
la première et seconde classe. 

Enfin, a été fait lecture d'un mémoire à rédiger par les 
commissaires nommés pour l'affaire de la galerie; et 
l'Académie a décidé, par scrutin à la pluralité, que la ga- 
lerie seroit éclairée par le sommet de la voûte. 



Ce lundy i e r May 1786 *. 

L'Académie étant assemblée, après l'examen des des- 
seins et projets des architectes aspirans à la place va- 
cante, et après lecture faite des règlemens ainsi que de 
la recommandation dont Madame Adélaïde 2 a honoré le 
sieur Durand, il a été procédé à la nomination de trois 
académiciens de la seconde classe, pour qu'il plaise à Sa 
Majesté en choisir un pour son admission à la première, 

1. Ont signé en mai : Mique, d'Affry, Antoine, Bellissard, 
Bossut, Boullée, de Boufge, Brébion, baron de Breteuil, Chal- 
grin, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, 
Hazon, Heurtier, Jardin, Ledoux, Leroy, de Lespée, Mauduit, 
Moreau, Paris, Pierre, Poyet, Raymond, Rousset, Trouard, 
de Wailly, Sedaine. 

2. C'est M mo Adélaïde (Marie), 1732-1800. Je remarque que 
l'Académie n'a jamais tenu compte des recommandations de 
ce genre. 



i 7 86] 1S1 

et par les trois scrutins successifs MM. Trouard, Chal- 
grin et Jardin ont été nommés. 

Ensuite, l'Académie a procédé à la nomination de trois 
architectes aspirans par scrutin; l'Académie ayant fait le 
choix de six qui sont : MM. Poyette, d'Arnaudin, Girar- 
din, Le Moine, Renard et Rousseau, elle a, par le pre- 
mier scrutin suivant, nommé M. Poyette; par le second, 
M. d'Arnaudin; et par le troisième, M. Renard : ainsy les 
sieurs Poyette, d'Arnaudin et Renard sont ceux nommés 
pour qu'il plaise à Sa Majesté en choisir un. Et Monsieur 
le baron de Breteuil, ayant pris séance, a coopéré aux 
opérations de l'Académie et elle sera convoquée pour le 
lundy 8e may, pour huit heures du matin. 



Ce lundy 8 e May 1786 à huit heures du matin. 

L'Académie étant assemblée à huit heures précises du 
matin pour donner le programme des grands prix, des 
six projets qui ont eu le plus de voix par la voye du scru- 
tin l'Académie a choisy, par la même voye, le projet d'un 
édifice destiné à rassembler les Académies. Ainsy, l'Aca- 
démie propose à ses élèves le programme qui suit : le 
plan, la coupe et l'élévation d'un édifice destiné à rassem- 
bler les Académies considérées sous les trois divisions 
principales des connoissances humaines , scavoir les 
sciences, les lettres et les arts. 

Chacune de ces divisions sera composée des pièces sui- 
vantes : des vestibules et antichambres, une salle d'assem- 
blée accompagnée de cabinets pour les comités, des salles 
d'étude, une bibliothèque, une galerie pour les machines, 
modèles ou morceaux de réception, et un logement de 
concierge, qui pourra être placé sur les plus petites pièces 
de ces divisions. 

Ces Académies auront, en commun, une grande salle 
de réunion générale pour y prononcer les éloges, discours 
et panégyriques, dans des assemblées publiques. 



182 [1786 

Les élèves composeront ce projet sur une superficie de 
dix mil toises au plus, l'Académie laissant la figure du 
terrain à leur volonté. 

Les esquisses seront faites sur une échelle d'une ligne 
pour toise. 

Les desseins au net, sur une échelle de six lignes pour 
toise. 

L'Académie défend aux élèves, tant dans les esquisses 
que dans les desseins au net, les ciels, les païsages, les 
perspectives et, en général, tout ce qui n'est pas du res- 
sort d'un dessein purement géométral, et elle leur pres- 
crit la plus grande exactitude dans la conformité du plan 
avec la coupe et l'élévation'. 

Ceux qui s'écarteront de ces conditions seront exclus 
du concours. 

Ce programme a été dressé par MM. Haçon, De Wailly, 
Le Roy, Trouard, Guillaumot et Paris nommés par scru- 
tin; et les mêmes s'assembleront demain mardy à huit 
heures du matin dans les salles de l'Académie, pour pré- 
parer son travail sur le jugement de la conformité aux 
esquisses prononcé le même jour en son assemblée à dix 
heures précises; et elle a dit que la séance de ce jour ne 
seroit arrêtée que demain mardy après le jugement des 
esquisses. 



Et ce mardy 9 e May 1786. 
Les commissaires nommés se sont assemblés à huit 
heures du matin et à dix heures. L'Académie étant assem- 
blée, il a été fait lecture du programme proposé aux 
élèves; et, du rapport de MM. les commissaires et après 
l'examen des esquisses et discussion sur cet objet, des 
trente trois esquisses exposées à l'Académie, elle en a fait 
retirer une pour cause d'inobservation des conditions du 

1. L'Académie renouvellera cette prescription en 1787. 



1786] i83 

programme; et ensuite, des trente deux restantes, l'Aca- 
démie a choisy, par scrutin, les esquisses désignées par 
les lettres D, E, F, H, M, P, S, Z, CC, dont les auteurs 
sont les sieurs Le Fèvre, Le Normand, Le Vasseur, Goût, 
Bonnard, Courcelles, Percier, Tardieu, De La Gardette, 
lesquels concourront pour le grand prix; et les élèves 
rendront leur desseins au net, le 21 e aoust avant midy. 

A l'ouverture de cette séance, a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, adressée à 
M. Mique pour être communiquée à l'Académie, par la- 
quelle lettre est ordonnée d'installer dans leurs places 
respectives M. Trouard dans la première classe et 
M. Poyet dans la seconde classe, d'après la double déci- 
sion du Roy; et MM. Trouard et Poyet ont été installés. 

Ensuite, il a été dit que convocation seroit faite de 
l'Académie pour traiter, en dernier ressort, l'affaire de la 
galerie. 

Enfin, a été fait lecture du rapport des commissaires 
concernant les granits des carrières des Vosges de Lor- 
raine : lequel a été approuvé. 



Ge lundy i5 e May 1786. 

L'Académie étant assemblée, après lecture faite des 
rapports particuliers concernant la galerie, après des ob- 
servations et discussion sur cet objet, le rapport des com- 
missaires concernant l'affaire de la galerie a été lu et ap- 
prouvé à la pluralité des voix; par scrutin, il a été dit que 
copie certifiée dudit rapport seroit remise à M. Mique 
pour être présentée à Monsieur le Directeur général. 



Ge lundy 22e May 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation dont le programme est un pont 



i8 4 [1786 

triomphal qu'on suppose situé à la place de Louis XV; et 
le prix a été accordé au s r Le Febvre, élève de M. Trouard. 

Ensuite, il a été dit que dorénavant les médailles des 
prix d'émulation adjugées par l'Académie dans le cours 
des mois de l'année seroient distribuées par le président, 
suivant leur semestre, à la séance de la rentrée de Pâques 
et à celle de la Saint Martin. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport sur le blanc de 
zinc; et il a été dit que ce rapport seroit remis sous les 
yeux à la première séance. 

Ensuite, pour l'examen des projets et desseins des pen- 
sionnaires de Rome, ont été nommés MM. De Wailly, 
Trouard, Jardin et Paris. 

Enfin, pour l'examen et rapport d'un nouveau projet 
de Y église des Prémontrés, l'Académie a nommé les 
mêmes commissaires que ceux nommés pour le premier 
projet, lesquels sont MM. Ha^on, Brébion, Jardin et 
Paris. 



Ce lundy 29e May 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été présenté un livre 
sur l'architecture, intitulé : Vignole moderne, par M. Lu- 
cotte 1 ; et, après lecture de sa lettre qui présente ce livre, 
l'Académie a dit qu'elle le remercioit de son attention. 

Le rapport sur le zinc ayant été remis sous les yeux de 
l'Académie, elle l'a approuvé. 

Enfin, a été fait lecture du rapport sur le blanc d'al- 
bâtre. L'Académie a vu les desseins du prix d'émulation 
qui sera jugé à la première séance. 



Ce lundy 12e Juin 1786 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 

1. 3 volumes, 1772, 1781, 1784. L'exemplaire offert est con- 
servé à la bibliothèque de l'Institut, in-4 , N 38. 

2. Ont signé en juin : Antoine, Brébion, Cherpitel, Coustou, 



1786] i85 

rapport de MM. les commissaires nommés à la séance du 
22e may pour l'examen des desseins d'architecture en- 
voyés de Rome par le directeur des élèves pensionnaires; 
et, après une seconde lecture en suivant l'examen des 
desseins, l'Académie a approuvé le rapport, et copie 
d'iceluy certifiée sera envoyée à M. Mique pour être 
présentée à Monsieur le Directeur général. Et comme, à 
la suite de ce rapport, il est des vues particulières très 
utiles pour l'avantage de l'Académie et des élèves, il a été 
dit qu'elles seroient remises sous les yeux de l'Académie 
aux prochaines séances *. 

Ensuite, M. Le Roy a présenté de nouvelles recherches 
sur les vaisseaux 2 ; et, d'après la demande de l'Académie, 
il en a fait lecture : ce mémoire, présenté au Roy, a été 
accepté par l'Académie avec reconnoissance. 

M. Le Roy, ayant demandé que l'Académie présentât 
à Monsieur le Directeur général un académicien qui fût 
adjoint à son professorat et le suppléât, en cas de maladie, 
elle a dit qu'à la séance prochaine, l'Académie procédera 
à cette élection. Elle invite ceux de ses membres, aux- 
quels les affaires permettent de remplir cette place, à vou- 
loir bien se présenter. 



Ce lundy 19 e Juin 1786. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, et il a été accordé au sieur 
Larseneur, élève de M. Mauduit : le programme est un 
obélisque au milieu d'une place. 

Ensuite, d'après la délibération faite à la séance précé- 
dente qu'un académicien seroit présenté à Monsieur le 

Desmaisons, Franque, Hazon, Jardin, Leroy, Lespec, Mauduit, 
Moreau, Paris, Peyre, Poyet, Raymond, Trouard, de Wailly, 
M.-J. Sedaine. 

1. Cf. ci-après, séance du 5 février 1787. 

2. Ce pourrait être les Recherches sur les vaisseaux longs 
des anciens... et sur les moyens de diminuer les dangers que 
courent les navigateurs, in-8°, 1785. 



i86 r I78 6 

Directeur général pour remplir la place d'adjoint au pro- 
fessorat (sur la demande faite par M. Le Roy, professeur 
d'architecture), l'Académie, par scrutin, a nommé M. Cher- 
pitcl. Ainsy, l'Académie propose à M. le Directeur et or- 
donnateur général M. Cherpitel pour suppléer le profes- 
seur en cas de maladie ou d'autres causes légitimes qui 
l'empêcheroient de donner ses leçons. 



Ce lundy 26 e Juin 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire sur des marbres dont il est présenté des échan- 
tillons sortis des carrières qui sont dans les terres de 
M me la marquise de Poulpry. L'Académie, pour l'examen 
de ces difTérens marbres, au nombre de quatorze, a 
nommé commissaires MM. Brébion, Mauduit, l'abbé Bos- 
sut et Jardin. 



Ce lundy 3e Juillet 1786». 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme du prix d'émulation; et, après l'examen, 
l'Académie a dit qu'il ne seroit jugé qu'à la séance pro- 
chaine. 

Ensuite, l'Académie s'est entretenu des marbres de 
jV/me la marquise de Poulpry et des granits du s* Pouchel 
dont a été fait rapport. 

A la séance prochaine, sera remis sous les yeux de 
l'Académie le rapport sur les bois du s*" Migneron, lequel 
a été approuvé par elle, et sur lequel il est quelques ob- 
servations à faire. 

1. Ont signé en juillet : Antoine, Bellissard , Bossut, 
de Bourge, Brébion, Chalgrin, Cherpitel, Coustou, Desmai- 
sons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, 
Lespée, Mauduit, Moreau, Perronet, Peyre, Pierre, Poyet, 
Raymond, Roussct, Trouard, de Wailly, M.-J. Sedainc. 



1786] 187 

Ce lundy 10 e Juillet 1786. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, adressée à 
M. Mique, pour qu'elle soit présentée à l'Académie. Par 
cette lettre, Monsieur le Directeur général demande que 
l'Académie fasse choix de trois de ses membres, pour 
examiner la réclamation des habitans de diverses rues 
dans le faubourg Saint Victor, ainsy que divers autres 
objets auxquels cette réclamation, occasionnée par la 
construction d'un bâtiment commencé par la maison de 
Navarre, a donné lieu; et qu'après le choix fait, l'Acadé- 
mie lui envoyé les noms des académiciens qu'elle choi- 
sira, pour pouvoir les faire comprendre dans l'arrest du 
Conseil à donner au rapport de Monsieur le baron de 
Breteuil. 

Après une seconde lecture de ladite lettre, l'Académie 
a nommé, par scrutin, MM. Brébion, Moreau et Antoine; 
et la lettre de M. le Directeur général sera enregistrée cy 
après. 

Ensuite, l'Académie a jugé le prix d'émulation, dont le 
programme est des cazernes pour des régimens de cava- 
lerie, et il a été adjugé au sieur Thomas Froideau, élève 
de M. Desmaisons. 

Enfin, le sieur Deplaye, artiste menuisier, a présenté 
des modèles d'escaliers qu'à la séance prochaine il remet- 
tra sous les yeux de l'Académie. 

Lettre de M. le Directeur général à M. Mique, 
en date du 8 juillet 1786. 

« La maison de Navarre, Monsieur, ayant commencé à 
faire construire un bâtiment qui donne lieu à de fortes 
réclamations des habitans de diverses rues dans le fau- 
bourg Saint Victor, il en a été rendu compte au Conseil 
des dépêches par M. le baron de Breteuil; et il a été dé- 



i88 [1786 

cidé qu'il seroit rendu un arrêt du Conseil, par lequel 
seroient commis trois des membres de l'Académie royale 
d'architecture ', pour examiner cette réclamation, ainsi que 
divers autres objets auxquels elle a donné lieu. Ce mi- 
nistre me prie, en conséquence, d'écrire à l'Académie, 
pour qu'elle fasse choix de trois de ses membres pour 
cette commission, et de lui envoyer, après le choix fait, 
les noms, pour pouvoir les faire comprendre dans l'arrêt 
en question. Il est, d'après cela, nécessaire qu'à la pre- 
mière assemblée de l'Académie royale d'architecture, 
vous fassiez nommer trois de ses membres pour cette 
commission, et vous m'en enverrez aussitôt les noms 
pour que je les adresse à M. le baron de Breteuil. 
« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 17 e Juillet 1786. 

L'Académie étant assemblée, elle a vu avec satisfaction 
les modèles d'escaliers en bois du s r Deplaye, et ces mo- 
dèles ont été faits avec beaucoup d'art et d'intelligence. 

Enfin, l'Académie, consultée sur le choix de la rampe 
de l'escalier de V abbaye de Saint Martin des Champs' 2 , 
pour savoir si elle sera en pierre ou en fer, a chargé M. le 
secrétaire de faire part de sa décision. 



Ce lundy 24 e Juillet 1786. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un 
corps de garde; et le prix a été adjugé au s«" L'Arson- 
neur, élève de M. Mauduit. 

Enfin, M. Franque ayant remis un mémoire du sr Pan- 
seron sur les bois, il a été dit que MM. les commissaires 
sont invités à finir cette affaire. 

1. Cf. l'Introduction. 

2. Je ne vois pas qu'il y ait eu une réponse. 



786] 



Ce lundy 3i e Juillet 1786. 



L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés pour l'examen des marbres et granits de Madame 
de Poulpry ont dit que ce qui retardoit leur rapport à 
cet égard étoit l'examen qu'ils font de ceux de France 
déposés au Jardin du Roy, et dont ils faisoient compa- 
raison avec les marbres dont il est question. 



Ce lundy 7 e Aoust 1786*. 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est d'ajus- 
ter deux croisées l'une au dessus de l'autre, dans un en- 
trecolonnement ionique ; et le prix a été adjugé au 
s r Thomas Froideau, élève de M. Desmaisons. 

Enfin, M. Gardon, sculpteur, a fait lecture d'un mé- 
moire sur les moyens d'empêcher la fumée d'entrer dans 
l'intérieur des appartemens; et l'Académie a dit que, 
lorsque M. Gardon sera en état de prouver ce que pro- 
met son mémoire par des expériences en grand, elle 
nommera des commissaires pour en faire l'examen et le 
rapport. 



Ce lundy 14 e Aoust 1786. 

L'Académie étant assemblée, le projet de M. de La 
Brière, architecte, sur les sépultures, a été mis sous ses 
yeux et l'Académie a vu ces projets avec attention et elle 
a prié M. le secrétaire de le remercier. 

Ensuite, elle a procédé au jugement du prix d'émula- 

1. Ont signé en août : Mique, Antoine, Bossut, de Bourge, 
Brébion, Chalgrin, Cherpitel, Coustou, Desmaisons, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Heurtier, Jardin, Ledoux, Lespée, Mau- 
duit, Moreau, Perronet, Peyre, Pierre, Poyet, Raymond, Rous- 
set, Trouard, de Wailly. 



190 [1786 

tion, dont le programme est une boucherie; et il a été 
adjugé au s r Thomas Froideau, élève de M. Desmaisofis. 
Enfin, a été fait lecture du rapport sur les marbres 
soumis au jugement de l'Académie par Madame la mar- 
quise de Poulpry : le rapport a été approuvé et il a été 
dit que copie en seroit envoyée à Monsieur le Directeur 
général et à M™e de Poulpry. 



Ce lundy 21e Aoust 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, par laquelle il 
remet au jugement de l'Académie les nouvelles imputa- 
tions faites à M. Couture sur les défauts de construction 
de la Magdelaine; et, après cette lecture et examen des 
plans, coupes et profils à l'appui de ces inculpations, et 
après l'examen des plans, coupes et profils qui combattent 
ces reproches, l'Académie a dit que tous ses membres se 
transporteront sur le terrain de Yéglise de la Magdelaine, 
pour prononcer, d'après les modèles arrêtés, lesquels ont 
été faits par l'ordre de l'administration. Ainsy MM. de 
l'Académie s'assembleront mercredy 23 e aoust à dix heures 
précises du matin, et les plans et mémoires envoyés par 
Monsieur le Directeur général y seront portés, pour y 
être lus et suivis sur les modèles et que l'Académie y juge 
avec une plus grande connoissance de cause. 

Enfin, il a été dit que MM. les commissaires qui ont 
rédigé le programme des grands prix s'assembleront dans 
les salles de l'Académie pour préparer le travail de l'Aca- 
démie, en jugeant si les desseins exposés sont conformes 
aux esquisses et en faire rapport. 

M. Ha^on, président l'assemblée, aura l'honneur d'écrire 
à M. le Directeur général, pour, l'inviter à la présider, le 
lundy 28 e aoust, jour du jugement des grands prix. 

L'Académie royale d'architecture, en la séance du 
lundi 21 aoust, ayant décidé qu'elle se transporteroit, le 



i 7 86] 191 

mercredy 23 aoust 1786, à dix heures précises du matin, 
sur le terrein et dans les ateliers de la Magdeleine*, et que 
convocation seroit faite des Académiciens qui ne se sont 
pas trouvés à cette séance, le mercredy 23e aoust elle 
s'est assemblée dans l'atelier où sont les modèles en re- 
lief et les développemens des moyens de construction, et, 
après la lecture des inculpations faites sur les dangers de 
la construction de l'édifice de la Magdeleine et l'examen 
le plus détaillé et le plus approfondi, l'Académie a re- 
connu qu'il n'y a nul danger à craindre, que les imputa- 
tions sont fausses dans toutes leurs parties. Mais, pour 
donner à M. le Directeur général une satisfaction plus 
ample par un rapport circonstancié, l'Académie a, sur le 
lieu même, nommé commissaires en cette partie MM. Boul- 
lée, Mauduit, Bossut et Guillaumot ; et ils sont invités de 
terminer cette affaire le plus tôt qu'il leur sera possible, 
et avant que les vacances de l'Académie les séparent. 

Les plans, coupes et mémoires seront remis par M. le 
secrétaire entre les mains des commissaires, et copie cer- 
tifiée de cette délibération sera envoyée à M. le Directeur 
général, laquelle sera portée sur le registre. 



Ce lundy 28 e Aoust 1786. 
L'Académie étant assemblée, après lecture faite du rap- 
port des commissaires qui ont préparé les observations 
de l'Académie sur la conformité des desseins aux 
esquisses, elle a procédé au jugement des grands prix, 
et, par la voye du scrutin, le prix a été donné à la lettre S ; 
ainsy le sieur Charles Percier, élève de M. Le Roy, est 
celui qui a remporté le grand prix qui lui a été donné 
par M. Mique, présidant l'assemblée, Monsieur le Direc- 
teur général ayant écrit que, s'il n'arrivoit pas à l'heure 
ordinaire de l'assemblée, il ne falloit point qu'on l'at- 
tendît. 

1. Cf. ci-dessus, p. i5i, n. 2, 157, n. 2, et ci-après, p. 192. 



i9 2 [1786 

Enfin, a été procédé au jugement du second prix, et 
par la voye du scrutin le second prix a été donné à la 
lettre H : ainsy le s r Goust, élève de M. le comte d'Angi- 
viller, a obtenu le second prix qui lui a été donné par 
M. Mi que. 



Ce lundy 4 e Septembre 178C 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport des commissaires nommés pour l'examen des 
moyens de construction des bois du sieur Panseron, 
lequel a été approuvé. 

Ensuite, il a été fait lecture du rapport de MM. les 
commissaires nommés dans les ateliers de la Magdelaine 
pour faire un examen plus détaillé et plus approfondi des 
moyens de construction qui y seront employés; et ledit 
rapport a été approuvé unanimement, et deux copies 
certifiées en seront faites, l'une pour être remise par 
M. Mique à M. le Directeur général et l'autre pour être 
remise à M. Couture, académicien. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. de Crosne, 
lieutenant général de police, qui demande si l'Académie 
ne trouve aucun inconvénient à ce que permission d'im- 
primer soit accordée à un mémoire sur les pierres de 
craie employées en construction; l'Académie, après lec- 
ture de ce mémoire, a dit qu'elle ne trouvoit aucun in- 
convénient à ce que cette permission fût accordée. 

Enfin, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est une école de navigation, et le prix 
a été donné au sieur Baltard. L'Académie, satisfaite des 
travaux de ses élèves, a accordé deux autres prix sur le 
même programme : le premier a été donné au s r Gerbet 
et le second au sr Vien. 

1. Ont signé en septembre : Bossut, de Bourge, Cherpitel, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Moreau, Peyre, 
Rousset, Sedaine. 



i 7 86] 193 

Ce lundy i3e Novembre 1786^. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
statuts et règlemens, ainsy qu'il est prescrit; et, après des 
réflexions sur l'observation de quelques articles des sta- 
tuts et règlemens, il a été fait lecture d'une lettre de Mon- 
sieur de Crosne, lieutenant général de police, par laquelle 
il prie l'Académie de s'occuper des prétentions respec- 
tives des carriers et des toiseurs des pierres qui sont li- 
vrées au public 2 . Après cette lecture, l'Académie a nommé, 
pour faire rapport de cette affaire, MM. Brébion et Guil- 
laumot. 



Ce lundy 20 e Novembre 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport des commissaires nommés pour l'examen des 
mémoires des toiseurs et carriers. Après cette lecture, 
M. Guillaumot, l'un des commissaires, ayant dit que, 
depuis leur rapport, il avoit reçu, de la part de Monsieur 
de Crosne, un mémoire des entrepreneurs, l'Académie a 
remis l'arrêté de ce rapport à la séance prochaine. 

Ensuite, le s r Crosel, ayant présenté des essais d'un 
mastic propre à être employé dans les bâtimens, l'Acadé- 
mie a nommé pour en faire rapport MM. De Wailly, 
Mauduit, Jardin et Guillaumot. 

Enfin, M. Guillaumot ayant présenté à l'Académie son 
approbation, comme censeur royal, à l'ouvrage de M. d'Ar- 

1. Ont signé en novembre : de Bourge, Brébion, Chalgrin, 
Cherpitel, Coustou, Couture, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Heurtier, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, 
Poyet, Raymond, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. De Crosne (Louis Thiroux de), 1736-1794, fut lieutenant 
général de police à la place de Lenoir, de 1786 à 1789. Pour 
l'affaire dont il est question ici, voir l'Introduction. Nous ne 
pourrons d'ailleurs qu'en signaler l'intérêt et donner les réfé- 
rences, s'il y a lieu. 

ix i3 



194 i l 7% 6 

genville 1 , et l'auteur désirant que l'Académie confirme 
l'agrément et l'utilité de son ouvrage, en marquant la 
connoissance qu'elle en a, elle approuve la note ajoutée 
à la censure. 



Ce lundy 27 e Novembre 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur de Crosne, lieutenant général de po- 
lice, par laquelle il met sous les yeux de l'Académie les 
représentations des maîtres maçons sur l'affaire des toi- 
seurs et des carriers, et la lettre et le mémoire ont été 
mis entre les mains des commissaires nommés pour y 
faire attention dans le rédigé de leur rapport. 

Ensuite, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est une église paroissiale pour une 
ville de province, et le prix a été adjugé au s r Le Comte, 
élève de M. Heurtier. 

Enfin, le s r Lasnier ayant présenté le modèle d'un 
comble en charpente et celui d'une grue qui paroît avoir 
des avantages, l'Académie a nommé, pour en faire rap- 
port, MM. Mauduit et Antoine. 



Ce lundy 4 e Décembre 1786 2 . 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a, de la part 

de l'Académie françoise, demandé dans quelle acception 

MM. les architectes prennent le mot campagne, lorsqu'ils 

disent 3 : « Ce bâtiment, cet ouvrage sera fait dans la cam- 

1. C'est évidemment l'ouvrage de d'Argenville fils : Vies des 
fameux architectes et sculpteurs, publié en 1788, 2 vol. in-8°. 
Cf. ci-dessus, p. 147, et plus loin, p. 206. Guillaumot exerçait 
en effet les fonctions de censeur. 

2. Ont signé en décembre : de Bourge, Brébion, Cherpitel, 
Coustou, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Leroy, Lespée, Moreau, Poyet, Raymond, Rousset, 
Trouard, Sedaine. 

3. Voir le Dictionnaire de V Académie. Le terme était d'ail- 
leurs d'usage courant. 



i 7 86] 195 

pagne; il peut se faire en une campagne, c'est l'ouvrage 
d'une campagne »; et MM. les architectes ont dit que par 
le mot campagne pris en cette acception ils entendent 
« l'espace de temps que, dans le cours d'une année, les 
saisons permettent d'employer aux travaux des bâtimens ». 
Enfin, l'Académie, d'après sa délibération du 22 e may 
1786, a fait à ses élèves qui, dans le cours de l'année, 
ont remporté des prix d'émulation, la distribution des 
médailles. 



Ce lundy 11 e Décembre 1786. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
bourse pour une ville maritime, et le prix a été adjugé 
unanimement au sieur Tardieu. 

Enfin, a été fait lecture d'un discours composé par 
M. Combes, élève de l'Académie, ancien pensionnaire, 
sur les Temples antiques et modernes de Rome et analyse 
de Saint Pierre* ; et l'Académie a approuvé ces réflexions 
et les a écoutées avec satisfaction. 



Ce lundy 18 e Décembre 1786. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
de la question entre les toiseurs de pierres, les carriers 
qui les fournissent et les maîtres maçons qui les em- 
ploient : l'Académie a approuvé unanimement le rapport 
des commissaires et a dit que copie certifiée en seroit 
remise à Monsieur le lieutenant général de police. 

Enfin, il a été dit que M. Ha^on prieroit M. Mique de 
demander à Monsieur le Directeur général quel jour et 
en quel lieu il voudra bien permettre à l'Académie de lui 
rendre ses devoirs au renouvellement de Tannée. 

1. Le discours de Combes (prix de Rome de 1781) n'a pas 
dû être imprimé. 



196 [i7 8 7 



787. 



Ce lundy 8 e Janvier 1787'. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation de perspective, dont le pro- 
gramme est un temple avec son péristyle, temple sur- 
monté d'une calotte. Le prix a été adjugé au s r Dubois, 
élève de M. L'Épée. 



Ce i5 e Janvier 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés à la séance 
du 27 e novembre 1786 pour l'examen d'un comble de char- 
pente et d'une grue qui paroît avoir des avantages. Leurs 
constructions sont proposées par le s«" Lasnier, et l'Aca- 
démie a approuvé ledit rapport. 

Enfin, les projets et desseins des élèves pensionnaires 
à Rome ayant été exposés, l'Académie a, par scrutin, 
nommé commissaires MM. De Wailly, Moreau, Jardin 
et Peyre : ainsy lesdits commissaires s'assembleront 
pour l'examen des projets et desseins des élèves, afin de 
préparer le jugement de l'Académie. 



Ce lundy 22 e Janvier 1787. 
L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 

1. Ont signé en janvier : Bossut, de Bourge, Cherpitel, Cous- 
tou, Desmaisons, Franque, Gondoin, Guillaumot, Hazon, Jar- 
din, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Pierre, Poyet, Rousset, 
Trouard, Sedaine. 



1 1%ÏÏ 197 

ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
place dans laquelle on puisse élever une statue au Roy; 
et l'Académie, vu l'insuffisance des compositions, a décidé 
qu'il n'y auroit pas de prix. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Tagliafic- 
chi, associé correspondant. 

Enfin, pour l'examen des cloisons dont le sr Aubertot 
a présenté la méthode, l'Académie a nommé commis- 
saires, pour en faire rapport, MM. Ha^on, Franque, Guil- 
laamot et Cherpitel. 



Ce lundy 29 e Janvier 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport des commissaires nommés pour l'examen des 
cloisons du sr Aubertot, et le rapport a été approuvé. 

MM. les commissaires, nommés pour faire rapport des 
desseins envoyez par les pensionnaires résidant à Rome, 
ont dit qu'ils ne pourroient lire leur rapport qu'à la séance 
prochaine. 



Ce lundy 5e Février 1787 *. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général, laquelle sera 
inscrite cy après et explique ses intentions. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen des projets des élèves 
pensionnaires à Rome, lequel a été approuvé; et, ces 
projets ayant fait naître des réflexions 2 , l'Académie a, 

1. Ont signé en février : Antoine, Bossut, Boullée, de Bourge, 
Brébion, Chalgrin, Cherpitel, Coustou, Couture, Desmaisons, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, 
Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, Pierre, Potain, Raymond, 
Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 97, 112, 11 3, 11 5, 
146-148, 164, 203-208, 3go (Rapport de l'Académie). 



i 9 8 [1787 

pour les rédiger, nommé commissaires MM. De Wailly, 
Boulléc, Guillaumot et Paris. 

Enfin, le sr Nicolas (dit) Delot ayant présenté un mé- 
moire sur un projet de moulin à eau, l'Académie a nomme 
commissaires MM. Mauduit et l'abbé Bossut. 

Copie de la lettre de M. le comte d'Angiviller 
à M. Mi que. 

« A Versailles, ce 1er février 1787. 

« Quelques raisons, Monsieur, m'avoient empêché de 
me décider sur la proposition qui m'a été faite par l'Aca- 
démie royale d'architecture de donner, en la personne 
de M. Cherpitel*, un nouvel adjoint à M. Le Roy pour le 
suppléer dans les travaux de sa place de professeur d'ar- 
chitecture. Je viens de me faire remettre cet objet sous 
les yeux, et je consens que cette délibération de l'Acadé- 
mie ait son exécution, sous la condition, toutefois, que 
cette adjonction ne sera point regardée comme un titre à 
la place elle-même, dans le cas où elle viendroit à vac- 
quer. 

« J'en informe M. Cherpitel, qui pourra entrer en fonc- 
tions aussitôt que M. Le Roy jugera son secours néces- 
saire. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 12e Février 1787. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, laquelle sera 
inscrite cy après et expliquera son motif ; en consé- 
quence. l'Académie a nommé commissaires MM. Franque, 
Brébion, Guillaumot et Jardin pour faire rapport de l'exa- 
men des deux questions qui y sont proposées. 

1. Cherpitel succédait à Bellicard, mort en 1785. 



1787J i99 

Ensuite, M. l'abbé Bossut a lu le rapport, pour lequel 

il a été nommé conjointement avec M. Mauduit, pour le 

projet du moulin à eau du sr Délot, et ledit rapport a été 

approuvé. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix 

d'émulation, dont le programme, donné par M. Cherpi- 

tel, est un temple des Muses, et le prix a été adjugé au 

sr Lefebvre, élève de M. Trouard. 

Copie de la lettre de M. le comte d'Angiviller 
à M. Mique. 

« A Versailles, le 11 février 1787. 

« Je viens, Monsieur, de recevoir, de M. le baron de 
Breteuil, une lettre par laquelle il me prie de consulter 
l'Académie royale d'architecture et de lui procurer son 
avis sur l'objet suivant : 

« Il s'agit, à l'occasion du pont qui va être construit en 
face de la place de Louis Quinze, de supprimer les fossés 
qui la bornent du côté des Champs Élysées*. On motive 
cette suppression sur ce qu'en général le public paroît 
penser que ces fossés du côté des Champs Élysées 
nuisent à la décoration, au lieu d'y contribuer; dans 
lequel cas, il y auroit double avantage à effectuer cette 
suppression en ce moment : le premier, en ce que ces 
fossés recevroient le déblai qu'entraînera la fondation 
d'une des culées du nouveau pont, et le second, en ce 
que les pierres provenant de la démolition des murs de 
terrasse, lesquelles sont en grande quantité, pourroient 
être employées utilement à la construction du pont. 

« M. le baron de Breteuil voudroit donc, avant que de 
prendre aucun parti sur cela, connoître la manière de 
penser de l'Académie sur les deux points suivants : 10 s'il 

1. Ce sont les deux larges fossés creusés du côté des Champs- 
Elysées. Cf. comte de Fels, Gabriel, p. 89-90. Les travaux du 
pont commencèrent en juin. 



200 [1787 

convient de combler les fossés dont il s'agit; 2° si elle 
présume qu'en prenant, lors de leur démolition, des pré- 
cautions pour la conservation des pierres qui ont servi a 
leurs murs de revêtement, on peut les employer utilement 
à la construction du pont. 

« Vous voudrez bien, en conséquence, communiquer ma 
lettre à l'Académie, requérir la nomination de commis- 
saires, qui en examineront l'objet pour en faire leur rap- 
port à cette Compagnie le plus tôt possible, et m'envoyer, 
enfin, le résultat de son sentiment. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy 19 e Février 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires sur les comblemens des 
fossés de la place de Louis XV, et il a été approuvé una- 
nimement; et il a été dit que copie certifiée en seroit aus- 
sitôt envoyée à M. Mique pour être remise à Monsieur le 
Directeur général. 



Ce lundy 26 e Février 1787. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé à l'examen 
des desseins qui concourrent pour le prix d'émulation de 
ce mois, lesquels seront jugés à la séance prochaine. 

Ce lundy 5 e Mars 1787 *. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un cé- 

1. Ont signé en mars : Boulléc, de Bourge, Brébion, Cher- 
pitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, 
Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Pierre, Poyet, Raymond, 
Rousset, Trouard, Sedaine. 



I787] 201 

notaphe pour Henry IV ; et le prix a été adjugé au 
sr Goust, élève de M. le comte d'Angiviller. 

L'Académie ayant appris que Monsieur le comte d'An- 
giviller étoit nommé conseiller d'État d'épée*, elle a 
chargé MM. Mique, Guillaumot et Heurtier pour lui en 
faire compliment. 

Ce lundy 12e Mars 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, adressée à 
M. Mique, par laquelle M. le comte demande que l'Aca- 
démie prenne connoissance de deux lettres de M. Cossi- 
gny, ingénieur en chef à Palme (Ile de France) 2 , et qu'elle 
lui envoyé son avis sur l'utilité du procédé que ces lettres 
contiennent pour l'usage de la pozzolane; et l'Académie 
a nommé pour en faire rapport MM. Brébion, Moreau, 
Jardin et Guillaumot. 

Ensuite, M. Bénard, architecte, élève de l'Académie, 
lui a présenté les plans, coupes, profils et élévations de 
la salle de théâtre qu'il vient d'élever dans la ville de 
Marseille*. L'Académie avoit déjà pris en novembre et 
décembre 1784 connoissance de ces projets pour en juger 
la concurrence avec d'autres projets pour le même édi- 
fice; l'Académie a vu avec satisfaction les changemens 
et corrections que l'architecte a faits lors de la construc- 
tion. 



Ce lundy 19 e Mars 1787. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 

1. Il y avait, sur les dix-sept conseillers d'État ordinaires, 
trois conseillers d'épée et trois d'église. 

2. Palma, d'après Bernardin de Saint-Pierre (Voyage dans 
l'Ile-de-France), n'est qu'une maison isolée et Cossigny un 
colon ruiné. 11 a été très souvent question de la pouzzolane. 
Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 38o, et ci-dessus, p. 16. 

3. Cf. ci-dessus la note de la p. 71. 



202 [1787 

rapport des commissaires nommés à la séance précédente 
pour l'examen d'un procédé dans l'employ de la pouzzo- 
lane; l'Académie, ayant approuvé ce rapport, a dit que 
copie certifiée en seroit remise à M. Miquc pour être pré- 
senté à Monsieur le Directeur général. 

Ensuite, M. Sedaine a lu un mémoire de M. Six, archi- 
tecte 1 , sur l'employ du granit et l'utilité de son usage; 
d'après ce mémoire, appuyé d'une lettre de M. le Direc- 
teur général, l'Académie a nommé, pour faire rapport, 
MM. Brébion, Mauduit, Guillaumot et Paris. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est un baptistaire, et le 
prix a été donné au s r Bénard, élève de M. Franque. 



Ce mardy 27e Mars 1787. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite d'un 
mémoire du sr Aubertot, et, des certificats qui y sont 
joints, il paroît que les procédés pour la construction des 
cloisons en plâtre dudit sieur ne sont pas les mêmes que 
ceux pratiqués en Provence : ceux du sieur Aubertot ont 
l'avantage de pouvoir être démontés, transportés et em- 
ployez en d'autres endroits. 



Ce lundy 16 e Avril 1787 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire du s r P-rieur, qui propose de graver les desseins 
des grands prix, et l'Académie, pour l'examen de cette 
proposition et en faire rapport, a nommé commissaires 
MM. Le Roy et Cherpitel. 

1. Ci-dessus, p. 5i, et une curieuse lettre de lui dans la Cor- 
respondance des directeurs, t. XIV, p. 186-187. 

2. Ont signé en avril : Bossut, de Bourge, Brébion, Cherpi- 
tel, Coustou, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, 
Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, Poyet, Ray- 
mond, Rousset, Trouard, Sedaine. 



1787] 203 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Six sur les 
granits, dont il propose une fourniture avantageuse, et 
MM. les commissaires ont dit qu'à cet effet ils s'assem- 
bleroient mercredy. 

Enfin, l'Académie a fait l'examen des desseins qui con- 
courrent pour le prix d'émulation qui sera jugé à la séance 
prochaine. 



Ce lundy 23 e Avril 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme pour le concours du prix d'émulation, lequel 
programme est un hippodrome, et le prix a été donné au 
s r Réverchon. 



Ce lundy 3oe Avril 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires sur la proposition du 
s r Prieur', qui propose de graver les desseins des grands 
prix; et le rapport a été approuvé. 

Ensuite, il a été dit que l'Académie seroit convoquée 
pour s'assembler lundy 7 e may, à huit heures précises du 
matin, et donner le programme des grands prix. 

Enfin, M. Le Roy a lu le programme du prix d'émula- 
tion qui sera jugé à la séance du i5 e may. 



Ce lundy 7 e May, à huit heures du matin 2 . 

L'Académie étant assemblée pour donner le programme 
des grands prix, des six projets qui ont eu le plus de 
voix par la voye du scrutin, l'Académie a choisy, par le 

1. Cf. plus loin, p. 209. 

2. Ont signé en mai : Mique, de Bourge, Brébion, Cherpitel, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Heurtier, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Potain, 
Poyet, Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 



204 [ J 7^7 

même procède, le projet d'un hôtel de ville pour une ca- 
pitale. 

Ainsy, l'Académie propose à ses élèves le programme 
qui suit : 

Les plans du rez de chaussée et du premier étage, la 
coupe et l'élévation d'un hôtel de ville. 

Ce projet sera composé sur un terrain de cent toises sur 
cent cinquante, pris du dehors des murs ou colonnes des 
avant corps : la face principale, qui pourra être prise à 
volonté sur l'une de ces deux dimensions, sera supposée 
sur une place; les trois autres côtés seront isolez par des 
rues. 

Cet édifice comprendra une grande cour, environnée 
de portiques, et d'autres cours, une grande salle publique, 
une salle de tribunal avec les pièces accessoires qui 
doivent l'accompagner, plusieurs salles d'assemblée, des 
greffes, des bureaux, une prison, une chapelle qu'on évi- 
tera de rendre trop importante, et une bibliothèque, des 
corps de garde pour les gardes et pour les pompiers, et 
quelques magazins placés au rez de chaussée. Il y aura, 
de plus, un appartement pour le Roy et un autre pour la 
Reine, réunis par une galerie donnant sur la place, une 
salle de banquets et une autre pour les bals; ces appar- 
temens, et les pièces destinées aux fêtes, seront placés au 
premier étage. 

L'échelle des esquisses sera. d'une ligne pour toise, et 
celle des dessins au net de six lignes pour toise. 

Les desseins seront rendus au professeur, le lundy 
matin, avant la fête de la Saint Louis. 

L'Académie renouvelle aux élèves l'interdiction de tout 
accessoire qui ne dépende point du projet considéré 
comme architecture. 

Ce programme a été rédigé par MM. De Wailly, Bré- 
bion, Trouard, Guillaumot, Cherpitel et Paris, nommes 
par scrutin; les mêmes académiciens s'assembleront de- 
main mardy, à huit heures du matin, dans les salles de 



l 7*7] 2o5 

l'Académie pour préparer son travail sur le jugement 
qu'elle portera des esquisses qui auront remply les con- 
ditions proposées par le programme, lors de son assem- 
blée, le même jour, à dix heures du matin. 

Hazon, Sedaine. 

En cette même séance, l'Académie a adjugé le prix 
d'émulation, dont le programme est un petit bâtiment à 
l'extrémité d'un parc, et le prix a été adjugé au sr Herbet 
(ou Gerbet?). 



Et le mardy 8e May 1787. 

Les commissaires nommés se sont assemblés à huit 
heures du matin et à dix heures; l'Académie étant assem- 
blée, il a été fait lecture du programme proposé aux 
élèves et du rapport de MM. les commissaires; et après 
l'examen des esquisses et discussion sur cet objet, des 
trente trois esquisses exposées à l'Académie, elle en a 
fait retirer dix, pour cause d'inobservation des conditions 
du programme; et, ensuite, des vingt trois restantes, 
l'Académie a choisy et nommé par scrutin les esquisses 
désignées par les lettres B. M. AA. II. K. EE. X., dont 
les auteurs sont les sieurs Vancliemput, Le Febvre, Ger- 
bet [ou Herbet?], Bénard, Le Vasseur, Sobre, Dumonet, 
lesquels concourront pour le grand prix, et les élèves 
rendront leurs desseins au net le lundy 20e aoust, avant 
midy. 



Ce lundy 14e May 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme du prix d'émulation et examen des desseins 
exposez, lesquels seront jugés à la séance prochaine; et, 
sur la demande du rapport des commissaires nommés 
pour l'examen des projets envoyez par les élèves qui sont 



2o6 [i 7 8 7 

à Rome, ils ont dit qu'ils s'assembleroient lundy pro- 
chain, le matin, pour faire rapport. 



Ce lundy 21 e May 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires sur les granits de 
M. Six, dont il est parlé dans la séance du 19 mars; et 
ledit rapport a été approuvé. 

Ensuite, a été fait lecture d'un mémoire sur la tôle 
vernissée pour servir au doublage des vaisseaux et à 
autres usages, et, par scrutin, l'Académie a nommé com- 
missaires MM. Boullée, Mauduit, Guillaumot et Cherpitel. 

Enfin, a été procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est une colonne itinéraire, et le prix 
a été adjugé au s r Vignon, élève de M. le baron de Bre- 
teuil. 



Ce lundy 4 e Juin 1787'. 

Ce lundi 4 e juin, M. Mauduit, faisant les fonctions de 
secrétaire en l'absence de M. Sedaine, a présentée l'Aca- 
démie un exemplaire d'un ouvrage en deux volumes 
in octavo, ayant pour titre : Vies des fameux architectes 
depuis la Renaissance des arts, avec la description de leurs 
ouvrages, par M. d'Argenville, de l'Académie des belles 
lettres de La Rochelle 2 ; et la Compagnie a arrêté que 
M. Sedaine seroit prié d'en faire ses remercîments à l'au- 
theur. 

Le même jour, M. Guillaumot a fait part à l'Académie 
du renvoy de deux mémoires adressés à Monsieur le Di- 
recteur général par Monsieur le baron de Breteuil, et sur 

1. Ont signé en juin : de Bourge, Cherpitel, Desmaisons, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, 
Moreau, Perronet, Raymond, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Cf. ci-dessus, p. 194. 



1787] 207 

lesquels la Compagnie est invitée à donner son avis le 
plus promptement possible. 

Le premier a pour objet une nouvelle espèce de tuile 
pour la couverture des bâtiments; le 2 d est relatif à un 
projet de taille générale des pierres hors de Paris. Les 
commissaires, nommés au scrutin par l'Académie, sont 
MM. Franque, Moreau, Jardin et Cherpitel pour le pre- 
mier, et, pour le second, MM. Moreau, Boullée, Guillau- 
mot et Raymond. 

On a aussi fait lecture d'une lettre de M. Poudez, ar- 
chitecte, par laquelle cet artiste annonce des plans et de- 
vis d'une église paroissiale construite à Pau K d'après ses 
desseins, et sur lesquels il désire avoir le suffrage de la 
Compagnie; ce qui ne pourra avoir lieu qu'après que 
l'Académie aura pris connoissance des plans, profils et 
devis dont il est question dans la lettre dont il s'agit. 



Ce lundy ne Juin 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
du nouveau procédé de couverture en tuiles. Après l'exa- 
men des mémoire et dessins qui y sont joints, l'Acadé- 
mie a approuvé le rapport, dont copie certifiée sera re- 
mise à M. Mique pour être présentée à Monsieur le comte 
d'Angivillers. 



Ce lundy 18e Juin 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
des projets présentés à Monsieur le baron de Breteuil par 
le sieur Lucotte pour la taille des pierres hors Paris; et 
l'Académie, après deux lectures, a, par le scrutin, ap- 

1. Je n'ai rien trouvé ni sur Poudez ni sur cette église. 



208 [1787 

prouvé le rapport; et copie certifiée sera envoyée à 
M. Mique pour être présentée à M. le Directeur général. 



Ce lundy 25 e Juin 1787. 

L'Académie étant assemblée, M. De Wailly ayant fait 
voir un grand in folio : Recueil de desseins, leve^par ordre 
de feu M. Marigny, des châteaux de Blois, de Richelieu, 
tant en plan qu'en élévation, ainsy que des détails de 
coupes et d'ornement*, l'Académie s'est occupée des par- 
ties de l'art renfermé dans ce recueil. 



Ce lundy 3 e Juillet 1787 2 . 

L'Académie étant assemblée, M. De Wailly ayant pré- 
senté un plan de Paris* disposé sous ses yeux, dans lequel 
il a fait distinguer par des couleurs plus ou moins fon- 
cées les différentes clôtures depuis l'origine connue de 
Paris (dit Lutèce) jusqu'à ce jour, suivant la nouvelle en- 
ceinte que l'on construit à présent, l'Académie s'en est 
occupée, au point de désirer que ce plan soit gravé avec 
les distinctions que M. De Wailly y a fait mettre et les 
explications marginales qui y sont. 



Ce lundy 8e Juillet 1787. 
L'Académie étant assemblée, le sr Prieur a présenté le 

1. C'est un très beau volume manuscrit, qui contient des 
dessins du corps de bâtiment construit par François Mansart 
au château de Blois (Bibl. de l'Institut, ms. 1046). 

2. Ont signé en juillet : Bossut, Boullée, de Bourge, Bré- 
bion, Cherpitel, Couture, Franque, Guillaumot, Hazon, Jar- 
din, Ledoux, Lespée, Moreau, Perronet, Pierre, Poyet, Rousset, 
Trouard, de Wailly, Sedaine. 

3. Ce plan n'a pas dû être reproduit. Sur l'enceinte de Paris, 
construite d'après la demande des fermiers généraux, et sur 
les difficultés qu'elle suscita et l'opposition qu'elle rencontra, 
le continuateur de Bachaumont donne beaucoup de détails. 



1787] 209 

premier recueil des gravures qu'il a faites des deux grands 
prix remportés à l'Académie 1 : le premier est celui dont le 
programme est un muséum, proposé en 1779 et remporté 
par le s r Gisors, le deuxième prix de la même année, 
remporté par le s r Lannoy; le second prix est un collège, 
proposé en 1780 et remporté par le sieur Trouard; l'Aca- 
démie a vu cette entreprise avec plaisir et a encouragé le 
graveur à continuer ce travail. 



Ce lundy i5 e Juillet 1787. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 
d'une lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, en date 
du 9 juillet, par laquelle il demande qu'on lui présente 
une copie du rapport de MM. les commissaires sur les 
projets que les élèves ont faits à Rome; et, d'après cette 
lettre, M. Sedaine en a aussitôt envoyé une copie certi- 
fiée à M. Mique pour être présentée à Monsieur le Direc- 
teur général, ce dont il a rendu compte à l'Académie. 



Ce lundy 23 e Juillet 1787. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy a donné le 
détail d'un pont en fer qui lui a été présenté par un ar- 
tiste méchanicien : elle s'en est entretenue. 

Enfin, il a dit que ce qui avoit retardé le prix d'émula- 
tion des élèves étoit un programme concernant les hôpi- 
taux qui les occupoit, programme qui lui a paru utile 
dans les circonstances présentes. M. Mauduit doit don- 
ner cette semaine le programme du prix d'émulation. 



Ce lundy 3o e Juillet 1787. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 

1. Sur ces reproductions des grands prix, cf. ci-dessus, p. 2o3. 
ix 14 



210 [1787 

rapport de MM. les commissaires nommés, le 5 février 
de cette année, pour rédiger des réflexions utiles aux 
élèves pensionnaires du Roy, lors des études qu'ils font 
à Rome* ; l'Académie a été satisfaite de ce rapport, mais, 
comme quelques académiciens ont ajouté de nouvelles 
réflexions, il a été dit qu'il en seroit fait à la séance pro- 
chaine une seconde lecture. 

Enfin, l'Académie s'est occupée de l'examen des des- 
seins qui concourent pour le prix d'émulation. 



Ce lundy 6 e Aoust 1787 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
guérite à l'angle d'un rempart, et le prix a été adjugé au 
sieur Deforges. 

La lecture assignée à la séance précédente est remise 
à la séance prochaine. 



Ce lundy i3 e Aoust 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
requête du s r Bonnet, par laquelle il prie l'Académie de 
faire l'examen des différens prix de la couverture qu'il 
propose de faire en cuivre; l'Académie, qui a approuvé 
l'utilité de cette invention, ne peut fixer des prix dont le 
public doit être le juge et le modérateur. 

Enfin, a été fait la seconde lecture du rapport de MM. les 
commissaires, demandé dans la séance du 3o juillet ; lequel 
rapport concerne des réflexions utiles sur les études que 
doivent faire les élèves pensionnaires du Roy à Rome; 
l'Académie les a approuvées et a dit que copie certifiée 

1. Ci-dessus, p. 197, et ci-après, p. 217. 

2. Ont signé en août : Mique, Antoine, Bossut, de Bourge, 
Brébion, Cherpitel, Couture, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Lespée, Moreau, Perronet, Peyre, Roussel, Sedaine. 



1787] 211 

en seroit envoyée à M. Mique pour être remise à Mon- 
sieur le comte d'Angivillers, et présentée comme de simples 
réflexions qui attendent leur sanction de celles de M. le 
Directeur général et de son autorité. 



Ce lundy 20 e Aoust 1787. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est occupée de l'exa- 
men des desseins .qui concourent pour le grand prix; 
ensuite, il a été dit que M. Ha^on, présidant l'assemblée, 
prieroit Monsieur le Directeur général de vouloir bien la 
présider, le lundy 27e aoust, jour du jugement et de la 
distribution des grands prix, s'il ne lui plaît pas d'assigner 
un autre jour. 

Enfin, il a été dit que MM. De Wailly, Brébion, 
Trouard, Guillaumot, Cherpitel et Paris, qui ont rédigé 
le programme des prix, s'assembleroient le même jour, 
27e aoust, à 8 heures du matin, dans les salles de l'Aca- 
démie, pour juger de la conformité des desseins aux es- 
quisses et préparer par ce travail celui qui opérera le 
jugement; et l'Académie sera convoquée pour y procéder. 



Ce lundy 27 e Aoust 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires, qui, ce matin, dans les 
salles, ont préparé le jugement de l'Académie, en mar- 
quant les défauts de conformité des desseins aux es- 
quisses; et, après un mûr examen des remarques que les 
commissaires ont faites et par lesquelles l'Académie a 
reconnu que les élèves n'avoient point observé les règles 
auxquels ils sont astreints, elle a décidé, par scrutin, qu'il 
n'y auroit point de prix et qu'il sera remis à Tannée pro- 
chaine. 



212 [1787 

Ce lundy 3 e Septembre 1787 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, par laquelle il 
approuve la sévérité de l'Académie, qui a remis à l'année 
prochaine l'admission au concours des prix de cette pré- 
sente année 2 . 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Crucy, ar- 
chitecte, ancien pensionnaire- 3 ; et l'Académie a approuvé 
ce que M. Sedaine a répondu à la demande qu'il fait de 
la place d'associé correspondant de l'Académie. 

Ensuite, l'Académie a, par scrutin, donné le prix d'ému- 
lation, dont le programme est un Hôtel Dieu pour douze 
cents lits, au s r Vien ; et, vu l'étendue, les difficultés du 
programme et les travaux des élèves, l'Académie a dit 
que deux prix, en outre, seroient accordez sur les mêmes 
desseins exposés. 

Le premier de ces deux a été accordé au sr Bonnard et 
le second au s* - Gisors. 

Ensuite, d'après la lecture de la lettre de Monsieur le 
Directeur général sur les obligations à imposer aux élèves, 
l'Académie a nommé les mêmes commissaires pour les 
rédiger. 



Ce lundy 12e Novembre 1787 4 . 
L'Académie étant assemblée, d'après l'article XL des 

1. Ont signé en septembre : Cherpitel, Franque, Hazon, 
Jardin, Lespée, Mauduit, Paris, Raymond, Rousset, Trouard, 
Sedaine. 

2. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 36o, deux décisions sem- 
blables, et, pour les travaux à Rome, Correspondance des 
directeurs, t. XV, p. 161-164. 

3. Crucy (Mathurin), 1749-1818, prix de Rome en 1774; a 
beaucoup construit à Nantes. 

4. Ont signé en novembre : de Bourge, Brébion, Chalgrin, 
Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 



1787] 2l3 

statuts, il a été fait lecture des statuts et règlemens enre- 
gistrés au Parlement; et, ensuite, il a été dit qu'à la 
séance du lundy 19, les médailles des prix d'émulation 
remportés pendant le cours académique seroient données 
aux élèves par Monsieur le Président de l'Académie, 
après le jugement des ouvrages qui concourrent pour le 
prix d'émulation de ce mois, de l'examen desquels l'Aca- 
démie s'est occupée pendant cette séance. 



Ce lundy 19 e Novembre 1787. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
bibliothèque, et le prix a été donné au s r Le Febvre, 
élève de M. Trouard. 

Enfin, les médailles des prix d'émulation adjugés pen- 
dant le cours de l'année académique ont été données aux 
élèves qui se sont présentés par M. Guillaumot, présidant 
l'assemblée. 



Ce lundy 26 e Novembre 1787. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés pour rédiger les réflexions et le mémoire, afin 
de rendre, à Rome, plus utile et plus profitable aux élèves 
le séjour qu'ils y font, ainsy que l'a demandé à l'Acadé- 
mie Monsieur le Directeur général par sa lettre dattée de 
Versailles, le 25 e aoust 1787*, MM. les commissaires ont 
dit qu'ils comptoient lire, à cette séance, le résultat de 
leur travail, mais que de nouvelles observations les obli- 
geoient d'en remettre la lecture à la séance prochaine. 

Enfin, l'Académie s'est occupée des desseins qui con- 
courent pour le prix d'émulation. 

Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Paris, Per- 
ronet, Peyre, Poyet, Raymond, Rousset, Trouard, de Wailly, 
Sedaine. 

1. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 161-167, 183-190. 



214 [i7 8 7 

Ce lundy 3^ Décembre 1787 '. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 
porte de ville, et il a été donné au s r Le Febvre. 

Ensuite, M. Sedaine ayant présenté les desseins des 
élèves pensionnaires à Rome* et que M. Pierre lui a fait 
remettre, l'Académie a nommé, par scrutin, pour com- 
missaires à l'examen d'iceux et préparer le jugement de 
l'Académie, MM. Moreau, Boullée, Jardin et Paris. 



Ce lundy 10 e Décembre 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire, en projet de règlement, de MM. les commis- 
saires nommés pour l'amélioration des études des pen- 
sionnaires du Roy à Rome, lequel projet a été demandé 
par la lettre de Monsieur le Directeur général en date du 
25 e aoust 1787; après la lecture dudit mémoire et ré- 
flexions de l'Académie, elle l'a approuvé et a dit que co- 
pie certifiée en seroit envoyée à M. Mique, pour qu'il la 
présente à Monsieur le comte d'Angivillers. 



Ce lundy 17 e Décembre 1787. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires, 
nommés pour faire rapport des desseins des élèves pen- 
sionnaires du Roy à Rome, ont dit qu'ils ne pourroient 
point rendre leur rapport à la première séance, ainsy 
qu'ils l'avoient promis, vu l'attention que ces travaux 

1. Ont signé en décembre : Antoine, Boullée, de Bourge, 
Brébion, Cherpitel, Couture, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Paris, Peyre, Rousset, Trouard, 
Sedaine. 

2. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 174, 175 et 2C-3- 
204. 



1787] 2l5 

méritent, et dont l'examen peut appuyer les réflexions 
envoyées à Monsieur le comte d'Angivillers pour l'amé- 
lioration des études qui doivent être faites à Rome. 

Enfin, l'Académie s'est entretenue des parties d'archi- 
tecture concernant les constructions des ponts. 



Ce lundy 24e Décembre 1787. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que M. Haqon 
prieroit M. Mique de demander à Monsieur le Directeur 
général quel jour de l'année 1788 l'Académie pourra avoir 
l'honneur de se présenter pour lui rendre ses devoirs au 
renouvellement de l'année. 

MM. les commissaires, nommés pour faire rapport des 
desseins des pensionnaires du Roy à Rome, ayant de- 
mandé que l'Académie écoutât quelques réflexions qu'ils 
ont faites sur ces desseins, l'Académie en a fait l'examen, 
conjointement avec eux; et, en conséquence, le rapport 
en sera fait aux premières séances de l'année 1788. 



2I() 



7 88 



788. 



Ce lundy 7c Janvier 1788 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. le Directeur général, laquelle sera inscrite 
cy après; en conséquence de l'objet de cette lettre, l'Aca- 
démie a chargé les commissaires nommés de désigner le 
travail auquel les pensionnaires du Roy à Rome doivent 
se livrer; et M. De Wailly, l'un des commissaires, étant 
en pays étranger, l'Académie a nommé par scrutin, à sa 
place, M. Tî'ouard, pour le suppléer. 

Copie de la lettre de Mons. le comte d'Angiviller 
à M. Mique. 

« A Versailles, le 3i décembre 1787. 

« J'ai lu, Monsieur, le rapport des commissaires de 
l'Académie royale d'architecture relativement au travail 
à exiger de chaque pensionnaire architecte pendant son 
séjour à Rome, au lieu de celui qui lui avoit été d'abord 
demandé et qui consistoit dans un projet détaillé de 
quelque grand édifice public; sur quoi, l'expérience de 
plusieurs années a fait connoître qu'en général ils n'avoient 
et ne pouvoient pas avoir les connoissances indispensables 
de convenance et de nécessité pour qu'un pareil travail 
remplît l'objet de l'Académie et fût utile à leur instruc- 
tion. L'Académie m'a donc proposé de faire, à cet égard, 



1. Ont signé en janvier : Antoine, Boullée, de Bourge, Cher- 
pitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Rous- 
set, Trouard, Sedaine. 



i 7 88] 217 

un nouveau règlement dont j'approuve l'esprit 1 ; mais, 
comme les pensionnaires du Roy, tant architectes que 
peintres, ne doivent regarder la grâce qu'ils ont obtenue 
que comme une pure grâce et non un droit acquis par 
le suffrage de l'Académie qui a couronné leurs ouvrages, 
qu'en cette qualité ils sont d'ailleurs sous la discipline du 
directeur de l'Académie, c'est une forme autre que celle 
qui m'est proposée que je crois devoir adopter. 

« L'Académie fera choix, comme elle me le propose, 
du sujet du travail à exécuter par l'élève pensionnaire 
résidant à Rome; mais elle me l'adressera pour que je le 
fasse passer au directeur de l'Académie de France, avec 
mes ordres au pensionnaire de l'exécuter pendant son 
séjour; et ce travail me sera adressé, comme ceux précé- 
demment ordonnés, pour que je le fasse passer à l'Aca- 
démie, à l'effet d'avoir ses observations et jugement pour 
être communiqués au jeune artiste, s'il est encore à Rome. 

« L'Académie pourra donc commencer à mettre à exé- 
cution ce nouveau règlement à l'égard du dernier pen- 
sionnaire parti pour Rome, qui sûrement n'a point encore 
commencé le travail dont il est tenu; lorsqu'elle m'aura 
adressé la désignation du travail demandé par elle, j'ins- 
truirai le directeur de l'Académie du changement fait, à 
cet égard, au précédent règlement. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angivillers. » 



Ce lundy 14 e Janvier 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port de MM. les commissaires de l'examen aprofondi et 
motivé des projets composés par les pensionnaires du 
Roy à Rome, et le rapport a été approuvé : il a été dit 

1. Ci-dessus, p. 21 3, et Correspondance des directeurs, t. XV, 
p. i83-iqo, 206-208, 211, 223, 23 1, 242. 



2l8 [1788 

que copie certifiée dudit rapport seroit envoyée à 
M. Mique pour être présentée à M. le Directeur général. 
Plnfin, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est un château d'eau, et 
le prix a été adjugé au s r Réverchon. 



Ce lundy 21e Janvier 1788. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé à l'examen 
des desseins qui concourent pour le prix d'émulation de 
ce mois, lesquels desseins seront jugés à la séance pro- 
chaine. 



Ce lundy 28 e Janvier 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Tagliafichy, associé étranger, résidant à 
Gènes : il présente à l'Académie ses vœux et ses respects, 
au renouvellement de cette année. 

Ensuite, il a été procédé au jugement du prix d'émula- 
tion, dont le programme est une laiterie, et le prix a été 
donné au s r Goust. 

Ensuite, a été fait lecture du mémoire qui désigne le 
travail que l'Académie, sur les ordres de Monsieur le 
comte d'Angivillers, s'est chargé de présenter, pour qu'il 
veuille bien y soumettre l'élève pensionnaire du Roy à 
Rome* ; et, après la lecture dudit mémoire fait par les 
commissaires nommés (et lequel a désigné la colonne 
Trajane), l'Académie l'a approuvé et a dit que copie cer- 
tifiée en seroit envoyée à Monsieur le Directeur général. 



Ce lundy 4e Février 1788 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 

1. Cf. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 257, 258, 260, 
263, 266. 

2. Ont signé en février : Bossut, de Bourge, Brébion, Cher- 



i 7 88] 219 

lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, adressée à 
M. Mique pour être communiquée à l'Académie; en con- 
séquence de cette lettre qui sera inscrite cy après, l'Aca- 
démie a dit que MM. Guillaumot et Heurtier auroient, 
dans le cabinet de l'Académie, communication de tous 
les registres et pourroient en relever tout ce qu'ils trou- 
veront de relatif aux vues de Monsieur le Directeur gé- 
néral, et que M. le secrétaire est authorisé sur le fait dont 
est question. 

« Versailles, ce 3o Janvier 1788. 

« Les recherches que je me trouve, Monsieur, dans le 
cas de faire sur les anciens projets qui tendoient à 
abreuver Versailles parla rivière d'Eure*, et sur quelques 
autres parties de monumens publics qui ont attiré l'at- 
tention du gouvernement, m'ont produit quelques indi- 
cations vagues que les registres de l'Académie sont char- 
gés de plusieurs rapports ou délibérations peut-être 
oubliés et qu'il me seroit intéressant de connoître; je 
désire, en conséquence, que MM. Guillaumot et Heurtier, 
membres de l'Académie, soient mis en état, par une com- 
munication de tous les registres, de les compulser et d'en 
relever tout ce qu'ils trouveront de relatifs à mes vues. 
Ce Travail pourra regarder plus particulièrement M. Guil- 
laumot, à la faveur de sa résidence plus habituelle à 
Paris; je vous prie de communiquer cette lettre à l'Aca- 
démie, afin que M. Sedaine, son secrétaire, soit authorisé 
sur le fait dont est question. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 
très obéissant serviteur. 

« Signé : d'Angivilliers. 

« A M. Mique. » 

pitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jar- 
din, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Pierre, Poyet, Rousset, 
Trouard, Sedaine. 

1. Cf. Procès-verbaux, t. II, p. xxxiii-xliii, et H. L., l'Aque- 
duc de Maintenon (Soc. centr. des archit., 191 1). 



220 [i 7 88 

Ce lundy n c Février 1788. 

I /Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Pigage adressée à M. Le Roy : cet associé 
correspondant prie l'Académie de vouloir bien jeter les 
yeux sur des projets qu'il est prêt d'exécuter, et l'Acadé- 
mie, pour leur examen, a nommé pour commissaires 
MM. Boullée et Jardin. 

Ensuite, M. Sedaine a dit que M. Guillautnot, d'après 
la communication des registres autorisée à la séance 
précédente, a trouvé les renseignements qu'il désiroit, 
mais non les desseins qui y peuvent avoir rapport. Il 
seroit bien que M. Guillaumot, ou tel autre académicien 
qu'il plaira à l'Académie dénommer, fît le dépouillement 
des desseins et des mémoires qui sont dans les dépôts de 
l'Académie et que lui, Sedaine, fût autorisé à les commu- 
niquer et à coopérer à ce travail; l'Académie a vu toute 
l'utilité de cette demande, l'a approuvée et a nommé 
MM. Franque, Brébion, Guillaumot et Sedaine. 



Ce lundy 18 e Février 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires sur les projets que 
M. Pigage, associé correspondant 4 , a fait présenter à 
l'Académie par M. Le Roy, son commissaire, et sur les- 
quels il désireroit qu'elle voulût l'honorer de son avis; 
et, le rapport entendu, l'Académie a dit que M. Le Roy 
communiqueroit à M. Pigage le précis du rapport dont 
s'est occupé l'Académie. 



Ce lundy 25 e Février 1788. 
L'Académie étant assemblée, d'après les représenta- 

1. Cf. Procès-verbaux, t. VII, p. xxii-xxiii, et ci-dessus, 
p. 33, 93, et L. Réau, V Art français au delà du Rhin, 1922. 



i 7 88] 221 

tions de M. Sedaine, l'Académie a vérifié que les livres 
de la bibliothèque, desseins, rapports et papiers pouris- 
soient dans les armoires, et qu'il seroit nécessaire d'y 
placer un poêle, afin d'y sécher pendant l'hiver tous les 
effets qui y sont renfermés et qui périroient, si l'Acadé- 
mie ne prioit Monsieur le Directeur général de vouloir 
bien y faire pourvoir. 

D'après cette considération, l'Académie a dit que 
M. Sedaine envoiera à M. Mique copie certifiée de cette 
délibération et de sa demande en conséquence, afin qu'il 
ait l'honneur de la présenter à Monsieur le comte d'An- 
givillers. Il seroit d'autant plus à désirer que cette de- 
mande fût accordée que M. Le Roy se propose, d'après 
ses réflexions et ses observations sur le poè'le de l'Acadé- 
mie des belles lettres, d'indiquer les moyens d'en cons- 
truire un peu dispendieux et plus propre que ceux du 
Nord pour les besoins de ce pays cy. 



Ce lundy 3e Mars 1788 ». 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 
d'une lettre que Monsieur le baron de Breteuil lui a 
adressée, pour qu'il présentât à l'Académie une question 
à résoudre sur ce qui peut être fait pour le mieux dans 
l'ordonnance de la place en face du Palais 2 ; après la lec- 
ture de cette lettre et de la requête de Messieurs les curés 
et marguilliers de Saint Barthélémy, l'Académie est con- 
venue que cette demande seroit remise sous les yeux de 
Monsieur le Directeur général par M. Ha^on. 

1. Ont signé en mars : Boullée, de Bourge, Brébion, Cher- 
pitel, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Mauduit, 
Moreau, Peyre, Pierre, Poyet, Raymond, Rousset, Trouard, 
Sedaine. 

2. Cf. ci-dessus, p. 97-119 {passim), et Stein, le Palais de 
Justice. L'Église Saint-Barthélémy donnait sur la rue de la 
Draperie. Elle menaçait ruine, mais son clergé exerçait cer- 
tains droits au Palais. D'où, sans doute, son intervention. 



222 [1788 

Enfin, MM. Ha\on et Jardin se sont chargés, de la 
part de l'Académie, d'aller s'informer de la santé de 
M. De L'Épée. 



Ce lundy 10 e Mars 1788. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, par laquelle il 
autorise l'Académie à répondre à la demande que lui fait 
M. le baron de Breteuil, et par laquelle il recommande 
la plus grande célérité, vu la conférence que Monsieur le 
baron doit avoir sur cette affaire avec Monsieur le Pre- 
mier Président. 

En conséquence, l'Académie a nommé commissaires 
MM. Ha^on, Brébion, Boullée, Jardin, Paris et De 
Bourge, lesquels ont promis d'être en état de faire rap- 
port lundi prochain. Mais, comme l'Académie a observé 
qu'elle sera en vacances, que le ministre presse la déci- 
sion de cet objet et que l'ouverture de la campagne pour 
bâtir est instante, elle a pensé qu'il étoit convenable de 
s'assembler lundi prochain à l'heure ordinaire, à moins 
que Monsieur le Directeur général, à qui la présente dé- 
libération sera envoyée, n'approuve pas la proposition de 
l'Académie. 

Enfin, il a été fait lecture d'une seconde lettre de Mon- 
sieur le comte d'Angiviller adressée, comme la précé- 
dente, à M. Mique, par laquelle il autorise la construc- 
tion d'un poêle, sur les procédés indiqués par M. Le Roy, 
pour rendre la pièce de la bibliothèque et des commis- 
saires plus saine et prévenir l'humidité qui gâte les livres 
et papiers. 



Ce lundy 17 e Mars 1788. 

L'Académie étant assemblée extraordinairement et con- 
formément à la décision de Monsieur le comte d'Angivil- 



i 7 88] 223 

1er, lecture a été faite du rapport de MM. les commis- 
saires nommés à la séance précédente; et l'Académie, 
ayant pris, sur les plans qui concernent cette affaire, 
toutes les connoissances dont elle avoit besoin, elle a ap- 
prouvé ledit rapport par scrutin. Et il a été dit que copie 
certifiée seroit faite dudit rapport et envoyée à M. Mique 
pour qu'il le présente à Monsieur le Directeur général, 
afin qu'il veuille bien faire passer l'avis de l'Académie à 
Monsieur le baron de Breteuil. 

Enfin, M. Lefebvre, ingénieur des ponts et chaussées, 
ancien élève de l'Académie, lui a fait l'hommage du plan 
et de l'élévation d'un monument publique, élevé à Caen 
sur ses desseins * : cet édifice est destiné aux juridictions 
et prisons royales, et l'Académie l'a accepté avec recon- 
noissance. 



Ce mardy premier Avril 1788 2 . 

L'Académie étant assemblée, elle a fait l'examen des 
desseins qui concourent pour le prix d'émulation, et, à 
la prochaine séance, l'Académie jugera d'après la con- 
noissance du programme. 



Ce lundy 7e Avril 1788. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté 
trente exemplaires d'un extrait des registres de l'Acadé- 
mie royale des sciences concernant les hôpitaux, qui lui 
ont été envoyés par MM. les commissaires de l'Académie 
des sciences pour être présentés. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est une place élevée en 

1. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 182, i83. 

2. Ont signé en avril : Antoine, Bossut, de Bourge, Brébion, 
Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Mauduit, Moreau, Pierre, Potain, Poyet, Rousset, 
Trouard, de Wailly, Sedaine. 



224 [i7 88 

l'honneur du Roy dans une grande ville de province, et 
le prix a été adjugé au s r Lefebvre. 



Ce lundy 14e Avril 1788. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy, de l'Acadé- 
mie des sciences, ayant, à la séance précédente, présenté 
à l'Académie les plan, coupe, profil et élévation d'un hô- 
pital qui auroit la même destination que YHôtel Dieu, et 
ayant dit qu'il avoit fait un mémoire qui servoit de base 
aux idées qui l'ont conduit dans la composition de cet 
hôpital, l'Académie l'avoit prié de les lui communiquer 
en l'une de ses séances 1 ; il a, ce jourd'huy, fait lecture de 
ce mémoire, dont elle a été très satisfaite, et elle lui en a 
témoigné sa reconnoissance. 

M. Le Roy, professeur, ayant lu le programme du prix 
d'émulation, l'Académie s'est occupée de l'examen des 
projets. 



Ce lundy 21e Avril 1788. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy a fait une 
seconde lecture du programme du prix d'émulation, dont 
le sujet est un arsenal et, après le jugement de l'Acadé- 
mie, elle a adjugé le prix au s r Reverchon. 

Enfin, a été fait lecture du précis d'un ouvrage sur les 
hôpitaux, composé par M. Le Roy, de l'Académie des 
sciences, lequel précis est celui du mémoire lu à la séance 
précédente; l'Académie l'a écouté avec plaisir et a dit 
qu'il seroit joint aux plan, coupe, profil et élévation de 
l'hôpital faits d'après ces mêmes idées. 

1. Bachaumont parle avec détails de ce rapport, t. XXXIV, 
p. 4-7. Leroy (J.-B.), -f- 1800, frère de l'architecte, a écrit en 
effet (1787) un Précis d'un ouvrage sur des hôpitaux... avec un 
projet d'hôpital, 1787. 



1788] 225 

Ce lundy 28e Avril 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que l'Acadé- 
mie seroit convoquée pour s'assembler lundy 5 e may, à 
huit heures précises du matin, et donner le programme 
des grands prix. 

Ensuite, M. Le Roy, professeur, a lu le programme du 
prix d'émulation qui sera jugé à la séance du 19 e may. 

Enfin, l'Académie s'est occupée à l'examen des desseins 
qui concourrent pour ledit prix. 



Ce lundy 5 e May, à huit heures du mâtiné 

L'Académie étant assemblée pour donner le programme 
des grands prix, des six projets proposés qui ont le plus 
de voix par la voye du scrutin l'Académie a choisy, par 
le même procédé, le projet d'un édifice destiné à contenir 
le Thrésor royal d'un grand royaume. 

Ensuite, par le scrutin, ont été nommés commissaires 
pour la composition du programme MM. Ha^on, De 
Wailly, Boullée, Jardin, Guillaumot, Raymond; et, lec- 
ture faite dudit programme et approbation d'iceluy, l'Aca- 
démie propose à ses élèves le programme qui suit : 

Cet édifice sera composé pour y rassembler toutes les 
caisses des revenus publics, avec des corps de garde suf- 
fisans pour veiller à la sûreté de ce dépost; il aura des 
portiques, des vestibules, des salles et d'autres pièces 
conduisant à une vaste salle pour les assemblées générales 
de tous les départemens. 

Il y aura quatre divisions destinées aux détails relatifs 
aux quatre principaux départemens des dépenses d'un 
État, tels que la Guerre, la Marine, la Finance et l'Inté- 

1. Ont signé en mai : de Bourge, Cherpitel, Couture, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Moreau, Paris, 
Peyre, Pierre, Raymond, Rousset, Trouard, Sedaine. 

IX i5 



226 [i 7 88 

rieur du royaume : chacun de ces départemens sera com- 
posé de vestibules et de salles qui précéderont les salles 
d'assemblées et plusieurs bureaux. On destinera un lieu 
pour le dépost général relatif à la comptabilité. 

Cet édifice sera composé d'un seul étage à rez de chaus- 
sée et construit de manière qu'il soit à l'abry des incen- 
dies. Le terrain sur lequel il sera élevé aura quatre vingt 
toises dans sa plus grande dimension, les accessoires 
compris. 

On donnera un plan, une coupe et une élévation; 
l'échelle des esquisses aura une ligne et demie par toise, 
celle des desseins rendus aura neuf lignes pour toise. 
L'Académie rappelle à ses élèves que l'abus des colonnes 
est cause qu'elle n'a pas donné de prix l'année dernière. 

Enfin, l'Académie a adjugé le prix d'émulation — dont 
le programme est un phare — au sieur Bourgeot. 

Hazon, Sedaine. 



Et le mardy 6e May 1788. 

Les commissaires nommés se sont assemblés à huit 
heures du matin pour préparer le travail de l'Académie 
sur le jugement qu'elle portera des esquisses; et, l'Aca- 
démie étant assemblée, il a été fait lecture du programme 
proposé; et, du rapport de MM. les commissaires et après 
l'examen des esquisses et discussion sur cet objet, des 
trente quatre esquisses exposées elle en a fait retirer 
deux pour cause d'inobservations des conditions du pro- 
gramme; et, ensuite, des trente deux restantes, l'Acadé- 
mie a choisy et nommé par scrutin les esquisses désignées 
par les lettres H. GG. G. BB. J. E. LL. M. D., dont les 
auteurs sont les sieurs Goust, Tardieu, Normand, Duma- 
nest, Bonnard, Thomas Froideau, Haron Romain, Pichot 
et Le Vasseur, lesquels concourront pour les deux grands 
prix; et les élèves rendront leurs desseins au net, le lundy 
18 e aoust avant midy. 



I788] 227 

Ce lundy 19e Mai 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général écrite à M. Mique, 
en date du i3« mai, pour être communiquée à l'Acadé- 
mie ; cette lettre porte l'ordre de provoquer l'examen 
d'une serrure faite par un homme qui prétend en avoir 
reçu la commande de la Reine : ce serrurier estime son 
ouvrage trente trois mil livres ', et l'examen de cet ouvrage, 
ainsi que l'avis à donner, sont confiés à l'Académie. En 
conséquence de cette lettre, l'Académie a nommé com- 
missaires pour en faire rapport MM. Brébion, Moreau, 
Mauduit, Guillaumot, Jardin et De Bourges. 



Ce lundy 26e Mai 1788. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés à la séance précédente ont rendu compte de 
l'examen de la serrure du s» - Landry, et ont dit qu'ils ne 
pouvoient terminer leur rapport sans interroger l'auteur 
de cette serrure; ils l'ont fait avertir et il ne s'est pas 
présenté. 

Ensuite, il a été fait lecture d'un rapport fait, le 3i jan- 
vier 1785, par des commissaires de l'Académie nommés 
pour l'examen d'une serrure d'un autre méchanicien. 

Enfin, M. Le Roy, ayant fait lecture du programme du 
prix d'émulation, l'Académie s'est occupée des desseins 
exposés au concours. 



Ce lundy 2e Juin 1788 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait une seconde 

1. Sur cette affaire Poux-Landry extrêmement curieuse, voir 
les séances suivantes. Sur la question des serrures, cf. ci-des- 
sus, p. 78, 148, i53. 

2. Ont signé en juin : Bossut, de Bourge, Brébion, Cherpi- 
tel, Couture, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, 



228 [, 7 88 

lecture du programme du prix d'émulation, lequel est la 
décoration du portique d'un palais; et, par scrutin, l'Aca- 
démie a arrêté qu'il n'y auroit pas de prix et qu'il seroit 
remis. 



Ce lundy 9 e Juin 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 
d'une serrure du sieur Poux Landry et des mémoires 
qui y sont joints, afin que l'Académie pût donner son 
avis sur cette affaire. Après cette lecture, l'Académie a 
écouté le sieur Poux Landry, qui a développé le mécha- 
nisme de la serrure, et, le sieur Poux Landry s'étant re- 
tiré, l'Académie, après une seconde lecture du rapport, 
l'a approuvé par scrutin; et copie en sera faite et certifiée 
pour être remise à M. Mique, qui la présentera à Mon- 
sieur le Directeur général. Copie de la lettre de M. le 
Directeur général sera mise cy après, et ladite serrure est 
restée dans les dépôts de l'Académie, jusqu'à nouvel 
ordre. 

« Versailles, le i3 e mai 1788. 

« II est difficile, Monsieur, que vous n'ayez pas entendu 
parler d'un nommé Poux Landry, ancien soldat aux 
Gardes, devenu mécanicien breveté à raison de ses tra- 
vaux en serrurerie, et qui prétend avoir reçu, en ce genre, 
des commandes de la Reine. Il sollicite aujourd'hui, et, à 
ce qu'il me paroît, avec beaucoup de ténacité, une de- 
mande de 33,ooo livres pour une seule serrure. 

« Cette affaire a été portée à M. le Contrôleur général, 
et ce ministre s'en étonne, d'autant plus qu'il a sçu que 
le sieur Landry a déjà éprouvé trois récompenses, qui 
sont : une somme de 6,000 livres, son congé gratuit et son 

Moreau, Perronet, Peyre, Poyet, Raymond, Rousset, Trouard, 
de Wailly, Sedaine. 



i 7 88J 229 

logement. Le ministre m'a fait remettre la serrure et les 
mémoires pour provoquer un examen et un avis, que je 
ne peux mieux confier qu'à l'Académie. Je vous prie, 
Monsieur, de le provoquer à la première séance, pour 
laquelle M. Guillaumot vous remettra la serrure et les 
mémoires dont j'ai eu occasion de le charger ici à son 
dernier voyage. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre, etc. 

« Signé : d'Angivillers. » 

Cette lettre est celle dont il est question à la séance du 
19 e may et est adressée à M. Mique. 



Ce lundy 16 e Juin 1788. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est entretenue de 
plusieurs objets concernant l'architecture : ce qui a 
amené des questions sur celle de Sainte Sophie à Cons- 
tantinople K ; et lecture a été faite de la description qui est 
consignée dans un des volumes de l'Encyclopédie (édition 
de 1785), laquelle description a paru mal faite et peu 
exacte, au dire de M. Le Roy, professeur, qui est entré 
dans cet édifice. 



Ce lundy 23 e Juin 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de 
l'article de l' Encyclopédie : Architecture. Cet article, ci- 
tant tous les auteurs qui ont écrit sur cet art, a fait naître 
des réflexions dont l'Académie s'est occupé et a fait de- 
mander et fait faire lecture des premières séances en 1671 2 . 
Ensuite, a été fait lecture de l'article Architrave. 

Enfin, d'après une lettre que M. Cuvillier, premier 



1. Leroy avait vu Sainte-Sophie, lors de son voyage en Grèce 
en 1754. Il en donne un plan et une vue. 

2. Lire 1672. Cf. Procès-verbaux, t. I, p. 6-i3. L'Académie a 
déjà noté l'insuffisance des articles sur l'Architecture. 



23o [1788 

commis des Bâtimens, a écrite à M. Sedaine par l'ordre 
de Monsieur le comte d'Angiviller, l'Académie a dit que 
le sieur Louchet, professeur de trait, pourrait, en l'ab- 
sence, veiller sur les élèves qui sont admis au concours. 



Ce lundy 3o e Juin 1788. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, laquelle sera 
transcrite cy après; et, en conséquence de cette lettre 
adressée à M. Mique pour être communiquée à l'Acadé- 
mie, elle a dit qu'il est nécessaire qu'il soit ordonné au 
sieur Poux Landry' de fournir aux commissaires nommés 
le mémoire détaillé de ses fournitures en la manière ac- 
coutumée, en marquant seulement l'employ desdites ser- 
rures, et que M. Mique seroit prié de mettre le plus tôt 
possible MM. les commissaires en état de voir lesdites 
serrures en place. Les détails et la sujétion de la pose 
donnant plus ou moins de prix à ces sortes d'ouvrages, 
les modèles que présente le sieur Poux Landry ne suffisent 
pas pour l'appréciation. Copie certifiée de cette délibéra- 
tion sera envoyée à M. Mique pour être présentée à Mon- 
sieur le Directeur général. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angiviller 
écrite à M. Mique. 

« Versailles, le 24 juin 1788. 
« J'ai porté, Monsieur, sous les yeux du Roy, le rap- 
port que vous m'avez adressé, le 1 1 de ce mois, de la con- 
clusion prise le 9 par MM. les commissaires que l'Aca- 
démie avoit nommés pour l'examen des prétentions du 
s»" Poux Landry, relativement aux ouvrages de son inven- 
tion qu'il prétend avoir fournis au Roy, à la Reine, à 
M. le Dauphin et à Madame Royale, au nombre de dix 

1. Cf. ci-dessus, p. 227-228, et ci-après, p. 240. 



i 7 88] 23 i 

pièces, dont je vous ai fait passer l'une que je croyais 
alors l'objet unique de la réclamation. 

« Le Roy n'admet en aucun sens l'assertion, trop im- 
prudemment hasardée par le s r Landry, d'un ordre donné 
par Sa Majesté d'un payement déterminé de 33,ooo livres. 
Les témoignages que le s r Landry invoque sur ce fait ne 
lui sont pas plus favorables, car aucune des personnes 
qu'il cite ne lui a énoncé la décision prétendue de Sa 
Majesté. Le seul fait constant est qu'à force d'importuni- 
tés il a exécuté et livré un nombre quelconque de pièces, 
dont l'invention lui est plus ou moins personnelle, et que 
ce ne peut être que par de petites intrigues qu'il a livré 
pour M. le Dauphin et Madame Royale des serrures trop 
inutiles pour les besoins actuels de ces princes. 

« Quoi qu'il en soit, Sa Majesté, qui pourroit regarder 
le sieur Landry comme parfaitement désintéressé par les 
grâces qu'il a reçues, veut bien les mettre à l'écart, et 
que le sieur Landry reçoive un salaire justement propor- 
tionné des ouvrages qu'il a livrés, et dont Sa Majesté 
connoît plusieurs parties. C'est à cet ouvrier à donner 
désormais à l'Académie ou à MM. les commissaires les 
moyens de lui faire un règlement. Il doit avoir ses mo- 
dèles; en tous cas, votre position, Monsieur, dans le ser- 
vice du Roy, vous met à portée de vérifier les pièces 
mêmes aux endroits où elles se trouvent. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre, etc. 

« Signé : d'Angiviller. » 



Ce lundy ^ Juillet 1788 1 . 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté, 
de la part de M. Prieur, le sixième cahier des grands 

1. Ont signé en juillet : Antoine, Bossut, Boullée, de Bourge, 
Brébion, Cherpitel, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Lespée, Mauduit, Perronet, Peyre, Poyet, 
Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 



232 [i 7 88 

prix, lequel renferme le premier et le second prix de Tan- 
née 1785 (dont le sujet est un cénotaphe), et le premier 
prix de l'année 1786, qui est un monument destiné à ras- 
sembler les différentes académies : et ce cahier a été reçu 
avec reconnoissance'. 

Ensuite, M. Sedaine a fait lecture d'un programme du 
prix d'émulation, qui sera jugé à la première séance. 

Enfin, M. Sedaine a fait lecture d'une lettre de 
M. Combes, élève ancien pensionnaire du Roy à Rome, 
par laquelle il prie l'Académie de vouloir bien jeter les 
yeux sur un projet d'édifice (hôtel de l'Académie des Arts, 
qu'il doit construire à Bordeaux 2 ) et de vouloir bien l'ho- 
norer de ses observations : l'Académie, pour les rédiger, 
a nommé MM. Boullée et Peyre. 



Ce lundy 14e Juillet 1788. 

L'Académie étant assemblée, après la lecture du pro- 
gramme inscrit à la séance précédente elle a procédé au 
jugement du prix d'émulation, il a été accordé au sieur 
Le Febvre. 

Enfin, a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires concernant la demande de M. Combes, men- 
tionnée en la séance précédente ; le rapport a été ap- 
prouvé, et il a été dit que copie certifiée pourroit être 
délivrée à M. Combes. 



Ce lundy 21e Juillet 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
chapitre 3 du livre 5 de Vitruve, de la traduction de 
Claude Perrault : ce chapitre, Comment il faut bâtir les 
théâtres pour les rendre sains, a occupé la séance acadé- 

1. Cf. ci-dessus, p. 2o3, 209. 

2. Combes, vers 1754^1818, était grand prix de 1781 (nom- 
breux travaux à Bordeaux). Je ne trouve rien sur son projet. 



i 7 88J 233 

mique, M. Le Roy ayant fait voir un dessein levé par le 
sieur Huvé, pensionnaire du Roy, de Taormina en Sicile*, 
théâtre du genre grec, comparé à ce qui nous a été laissé 
par Vitruve dans ce chapitre où il parle du théâtre romain. 



Ce lundy 28 e Juillet 1788. 

L'Académie étant assemblée, M. Peyre, académicien, 
a présenté les plans d'un projet dont il ne s'est occupé 
qu'en vue de l'avantage public : ce projet est pour placer, 
dans le terrain qu'occupent les Jacobins de la rue Saint 
Honoré 2 , le marché qui, près du Palais Royal, en obstrue 
les rues, empêche la circulation et est la cause des acci- 
dens qui y arrivent, par le concours des voitures qui 
descendent de la butte Saint Roch. Après la lecture des 
dispositions de ce projet, de l'aperçu de la dépense et de 
la masse du plan, l'Académie a vu ces projets avec plaisir 
et les a acceptés pour être mis dans les dépôts de l'Aca- 
démie. 

Enfin, M. Guillaumot a présenté à l'Académie deux 
vues du théâtre de Taormina, prises sur le lieu par 
M. Renard, ancien pensionnaire du Roy et inspecteur de 
ses Bâtimens; il a été question de ce théâtre à la séance 
précédente. 



Ce lundy 4e Aoust 1788 3 . 
L'Académie étant assemblée, il a été tait lecture des 

1. C'est le théâtre si célèbre et si souvent étudié. Cf. ci-après, 
un plan donné par Renard dans le t. V de l'ouvrage de Saint- 
Non. 

2. Ce marché, le Petit-Marché (Boucherie) était situé au coin 
de la rue Saint-Honoré et de la rite Fontaine. Le couvent des 
Jacobins occupait un assez grand terrain, rue Saint-Honoré au 
delà de la rue de la Sourdière. 

3. Ont signé en août : d'Affry, Antoine, Bossut, Boullée, 
de Bourge, Brébion, Cherpitel, Couture, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Perronet, Peyre, Pierre, Poyet, 
Raymond, Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 



234 [ J 7 88 

quatrième et cinquième chapitres du livre cinq de Vitruve 
(traduction de Perrault), de la matière desquels l'Acadé- 
mie s'est entretenue'. 



Ce lundy u c Aoust 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre écrite, à la requête de MM. les administrateurs de 
l'Hôpital général, pour avoir une nouvelle copie des pro- 
cès verbaux faits et des moyens donnés par l'Académie 
pour l'écoulement des eaux de Bicêtre, le ne décembre 
1780. Après cette lecture, l'Académie ayant fait faire la 
recherche et la lecture de ces papiers, dont alors fut en- 
voyée copie certifiée à M. le Directeur général, elle a dit 
que, pour que l'Académie fût autorisée à en donner une 
seconde copie, il convenoit que l'administration s'adres- 
sât à Monsieur le Directeur général. 



Ce lundy 18 e Aoust 1788. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est occupée de 
l'examen des desseins qui concourent pour le grand prix; 
ensuite, il a été dit que M. Ha^on, présidant l'assemblée, 
prieroit Monsieur le Directeur général de vouloir bien la 
présider, le mardy 26 e aoust 1788, jour du jugement et de 
la distribution des grands prix, à moins qu'il ne lui plaise 
d'assigner un autre jour. 

Enfin, il a été dit que MM. Ha^on, De Wailly, Boullée, 
Jardin, Guillaumot et Raymond, qui ont rédigé le pro- 
gramme des prix, s'assembleroient le même jour 26 e aoust, 
à huit heures du matin, dans les salles de l'Académie, 
pour juger de la conformité des desseins aux esquisses et 
préparer par ce travail celui qui opérera le jugement; 

1. Il s'agit des proportions des ordres placés les uns sur les 
autres. 



i 7 88J 235 

et l'Académie sera, après la réponse de Monsieur le Di- 
recteur général, convoquée pour y procéder. 



Ce mardy 26 e Aoust 1788. 

L'Académie étant assemblée pour le jugement des 
grands prix, il a été fait lecture du programme et, en- 
suite, du rapport de MM. les commissaires, qui se sont, 
ce matin, assemblés pour l'examen de la conformité des 
desseins à ceux des esquisses; et l'Académie a approuvé 
le rapport, puis elle a procédé au jugement, et le premier 
prix a été, par scrutin, accordé au s r Jean Jacques Tar- 
dieu, élève de M. Moran^el. Le second premier prix a 
été, par scrutin, accordé au s r Jacques Charles Bonnard, 
élève de M. Watelet. Le second prix a été accordé au 
sr Jean Baptiste Philippe Haron Romain, élève de M. Le 
Roy; et le second deuxième grand prix idem au s r Louis 
Robert Edme Goust, élève de M. le comte d'Angiviller. 



Ce lundy i e r Septembre 1788'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur Tenon, professeur royal au collège de 
chirurgie, par laquelle il présente à l'Académie l'ouvrage 
qu'il a fait imprimer intitulé : Mémoire sur les hôpitaux 
de Paris 2 , ce qu'elle a accepté avec reconnoissance, que 
M. le secrétaire lui témoignera. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est une petite salle de 
spectacle à construire près d'un château dans un lieu pit- 

1. Ont signé en septembre : de Bourge, Brébion, Cherpitel, 
Couture, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Perronet, Pierre, 
Rousset, Sedaine. 

2. On a de Tenon (Jacques), 1724-1816, un Mémoire sur les 
hôpitaux de Paris, imprimé par ordre du Roi, 1 vol. in-4 , 
fig., 1788 (Bibl. de l'Institut, 4 M 425). 



236 [i 7 88 

toresque, et le prix a été adjugé au sieur La Barre; l'Aca- 
démie ayant été satisfaite du nombre et du mérité des 
études, elle a donné un second prix d'émulation au 
s r Bourgeau. 



Rentrée après la Saint Martin. 
Ce lundy 17e Novembre 1788 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été, suivant ce qui est 
ordonné par les statuts, fait lecture des statuts et règle- 
mens; ensuite, le secrétaire a lu par extraits les détails 
des travaux dont l'Académie s'est occupée pendant le 
cours de son année académique. 

Enfin, il a été dit qu'à la séance du lundy 24 les mé- 
dailles seront distribuées aux élèves qui ont remporté les 
prix d'émulation pendant le cours de l'année académique. 



Ce lundy 24e Novembre 1788. 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un cé- 
notaphe élevé en l'honneur des navigateurs qui ont péri 
dans le voyage de M. de La Pérouse 2 , et le prix a été 
donné au s r Vien. 

L'Académie, ayant vu que ses élèves avoient travaillé 
les études de ce programme avec soin, a donné un second 
prix d'émulation de réserve, et de même, par le scrutin, 
ce prix a été donné au s r Dumannet. [(Note postérieure). 
La médaille sera remise mercredy 25 avril 1792 (?).] 

1. Ont signé en novembre : de Bourge, Brébion, Cherpitel, 
Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Moreau, Peyre, Pierre, Poyet, Raimond, Rousset, 
Trouard, Sedaine. 

2. Il s'agit de la mort tragique de six officiers et de quinze 
matelots dans la baie de France, le 2 juillet 1786. La nouvelle 
de la mort de de Langle, le 8 décembre 1787, ne devait pas être 
connue. 






1788] 237 

Ensuite, il a été dit que le sr Pouxlandry ayant fourni 
le mémoire de serrure, pour l'estimation duquel des com- 
missaires ont été nommés, ils procéderont à cette estima- 
tion et en feront rapport à l'Académie. MM. Mique et 
Guillaumot, comme intendans généraux, sont priés de 
procurer la vue de ces ouvrages pour qu'on puisse pro- 
céder à leur estimation. 

Ensuite, pour donner au pensionnaire qui est parti 
pour Rome* le projet de monument qu'il doit étudier, 
l'Académie a nommé commissaires MM. Le Roy, Moreau, 
Raimond et Paris. 

L'examen de l'ouvrage de M. Ritter, associé correspon- 
dant, est remis à la séance prochaine. 



Ce lundy i er Décembre 1788 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été remis sous ses 
yeux l'ouvrage de M. Ritter, associé correspondant, inti- 
tulé : Mémoire abrégé et recueil de quelques antiquités de 
la Suisse*, etc., et qu'il a fait présenter par M. Antoine, 
académicien. On a commencé la lecture de cet ouvrage, 
qui a paru intéressant, et l'Académie, pour lui en faire 
rapport par extrait, a nommé M. Peyre; et cependant 
M. Sedaine chargera M. Antoine, de la part de l'Acadé- 
mie, de marquera M. Ritter sa reconnoissance de l'envoy 
et de la présentation qu'il lui fait de son ouvrage. 



Ce mardy 9 e Décembre 1788. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
mémoire de M. Talamona, sculpteur, par lequel il pro- 

1. C'est J.-C. Bonnard, Corresp., t. XV, p. 280, 281, 3i5. 

2. Ont signé en décembre : de Bourge, Cherpitel, Couture, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, 
Leroy, Mauduit, Moreau, Peyre, Pierre, Raymond, Poyet, 
Rousset, Trouard, Sedaine. 

3. Berne, 1788 (illustr.). Ritter, architecte de l'État de Berne, 
avait été élu correspondant en 1770. 



238 [i 7 88 

pose de rendre utile le secret, qu'il a dit avoir trouvé, de 
préserver le fer de la rouille; et, pour servir de preuve, il 
a joint à son mémoire une serrure qui paroît pénétrée de 
sa composition. 

Gomme l'Académie a reçu, il y a quelques années, les 
mêmes propositions pour lesquelles ont été nommés des 
commissaires qui alors ont fait rapport, il a été dit que 
la présentation de ce rapport seroit faite à la séance pro- 
chaine, pour que les mêmes commissaires soient nommés 
pour comparer l'effet des deux compositions. 



Ce lundy i5 e Décembre 1788. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé à l'examen 
du prix d'émulation, dont le programme est une grotte 
ouverte dans une terrasse; lequel prix sera jugé à la 
séance prochaine. 

M. Moreau, que l'Académie a chargé de voir M. Rai- 
rnond, a dit que son état donnoit des espérances. 



Ce lundy 22e Décembre 1788. 

L'Académie étant assemblée, ensuite de la présentation 
qui a été faite du rapport mentionné à la séance du 9 e dé- 
cembre (Bellicard, l'un des commissaires, étant décédé), 
M. de Wailly a été nommé par scrutin pour, conjointe- 
ment avec MM. Mauduit, Jardin et Antoine, faire rapport 
du procédé qui doit préserver le fer de la rouille. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est une grotte sous une 
terrasse, et le prix a été donné au s r Reverchon. 

Enfin, il a été dit que M. Ha^on, présidant l'assemblée, 
écriroit à M. Mique pour qu'il veuille bien demander à 
Monsieur le Directeur général quel jour l'Académie 
pourra avoir l'honneur de lui rendre ses devoirs au re- 
nouvellement de l'année. 



1789] 23 9 



1789. 

Ce lundy douze Janvier 1789'. 

L'Académie étant assemblée, M. Mauduit, avec l'agré- 
ment de M. le président faisant les fonctions de secré- 
taire, a communiqué à la Compagnie une lettre de 
M. Tagliafichi, son correspondant à Gênes, dans laquelle 
il renouvelle les offres de ses services et les assurances 
de son attachement respectueux à la Compagnie. 

Ensuite, on a fait lecture d'une autre lettre de M. To- 
lozan, par laquelle MM. les commissaires du commerce 
témoignent leur désir pour avoir l'avis de l'Académie sur 
un pare fumée de l'invention de M. de Lisle de Saint 
Martin, lieutenant de vaisseaux du Roi, et pour la fabri- 
cation duquel M. Teillard, sculpteur, sollicite un privi- 
lège exclusif. Il a été dit qu'il n'y avoit lieu à nommer 
des commissaires jusques à la présentation de la machine 
dont est question. 

M. Moreau a aussi communiqué à la Compagnie le 
programme (rédigé par les commissaires nommés à la 

séance du 2 ) à envoyer à Rome pour M. Bon- 

nard, pensionnaire du Roy pour le grand prix de l'année 
1788 : ce programme a pour objet tout ce qui a rap- 
port aux aqueducs de la ville de Rome, ainsi qu'aux ca- 
naux et égouts, tant anciens que modernes. Le rapport 
a été agréé d'une voix unanime. Enfin on a remis à 
M. Mauduit un mémoire du sieur Fourneau, dont il s'est 
chargé de rendre compte à la prochaine assemblée. Le 

1. Ont signé en janvier : de Bourge, Cherpitel, Desmaisons, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Mauduit, Mo- 
reau, Pierre, Poyet, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 237. 



240 [1789 

rapport des commissaires sera envoyé à M. Mique pour 
être présenté à M. le Directeur général. 



Ce lundy 19 e Janvier 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que copie du 
rapport mentionné à la séance précédente, et servant de 
programme à envoyer au s r Bonnard, seroit faite et en- 
voyée certifiée à M. Mique pour être présentée à Mon- 
sieur le Directeur général. 



Ce lundy 26 e Janvier 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le marquis de Montalembert, par la- 
quelle il prie M. Sedaine de demander à l'Académie 
qu'elle veuille bien accepter, comme un hommage, un 
exemplaire de son ouvrage sur VArt des fortifications, et 
l'Académie a chargé M. Sedaine d'écrire à M. de Monta- 
lembert qu'elle recevroit ce qu'il veut bien lui offrir, avec 
autant de plaisir que de reconnoissance. 

Ensuite a été fait lecture du rapport de MM. les com- 
missaires nommés pour l'examen et estimation des ser- 
rures du s r Pouxlandry'; ledit rapport a été approuvé, et 
copie certifiée en sera envoyée à M. Mique pour qu'il 
veuille bien le présenter à Monsieur le Directeur général. 

Enfin, M. Dubois, sculpteur poëlier, a présenté des 
parties de poches peintes aux émaux de porcelaine, et 
l'Académie, pour l'examen de cette sorte d'invention, a 
nommé commissaires pour en faire rapport MM. Trouard, 
Mauduit, Jardin et Guillaumot. 



Ce mardy 3e Février 1789 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 

1. Ci-dessus, p. 227. 

2. Ont signé en février : Antoine , Bellissard , Bossut, 



! 7*9] 241 

lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, laquelle sera 
inscrite cy après; ensuite a été fait lecture d'une lettre de 
Monsieur le marquis de Montalembert, et M. Sedaine a 
présenté, d'après cette lettre, cinq volumes in quarto in- 
titulés : La fortification pe?-pendicidaire, et deux volumes 
dont l'un est intitulé : Supplément au tome cinq de la 
Fortification perpendiculaire, et le second : Réponse au 
mémoire sur la Fortification perpendiculaire*, et l'Acadé- 
mie a accepté lesdits ouvrages avec reconnoissance. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix d'é- 
mulation, dont le programme est une fontaine publique, 
et, après l'examen des projets, il a été dit que le prix 
seroit remis. 

« A Versailles, le 25e janvier 1789. 
« J'ai reçu, Monsieur, le programme que vous m'avez 
adresse pour le travail dont sera chargé le sr Bonnard 
pendant son séjour à Rome, en conséquence du nouvel 
arrangement que j'ai adopté, sur la demande de l'Acadé- 
mie royale d'architecture, pour occuper les pensionnaires 
architectes à Rome d'une manière utile pour l'Académie. 
Le sujet de ce programme est vraiment intéressant, et 
j'aurai moi-même un vrai plaisir à voir le travail du 
sr Bonnard; je crains seulement que les recherches né- 
cessaires pour parvenir à exécuter ce travail ne soient un 
peu embarrassantes pour un jeune architecte. Je charge 
au surplus M. Ménageot de lui procurer les connoissances 
de plus de lettrés ou versés dans les antiquités qui lui 
sont nécessaires, et je présume qu'au moyen de M. le 

de Bourge, Brébion, Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau,' 
Peyre, Pierre, Raymond, Rousset, Trouard, Sedaine. 

1. Sur ce marquis de Montalembert, voir Procès-verbaux, 
t. VIII, p. 217. Les ouvrages dont il est question ici forment 
11 vol.in-4 avec planches, publiés à partir de 177G et très dis- 
cutés (voir Quérard, la France littéraire, t. VI). 



IX 



(6 



2 4 2 [l 7 8 9 

Cardinal [de Bernis] il y parviendra. J'ay l'honneur d'être, 
Monsieur, votre, etc. 

« D'Angiviller. » 
M. Mique. 



Ce lundy g e Février 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. le chevalier Beauregard, qui présente un mé- 
moire du sr Fourneau concernant la nouvelle construc- 
tion d'une caisse pour la défense d'un port de mer; et, 
pour l'examen de cette caisse, du mémoire qui l'annonce 
et qui l'explique, l'Académie a nommé commissaires pour 
en faire rapport, MM. Franque, Mauduit, Cherpitel et 
Paris. 

Enfin, le s r François Gocheri a présenté une sonnette 
d'une nouvelle invention, et l'Académie a nommé com- 
missaires pour en faire rapport, MM. Mauduit et Paris. 



Ce lundy 16 e Février 1789. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté, à 
la prière de M. Poyet, académicien, un projet gravé pour 
placer la salle d'Opéra à la place de Louis XV* et des 
corps de bâtimens pour correspondre à cet édifice : l'Aca- 
démie a reçu avec plaisir des exemplaires de cette gra- 
vure. 

Enfin, M. Mauduit a lu le rapport de l'examen de la 
sonnette de l'invention du s r Gochery, lequel rapport a 
été approuvé. 



Ge lundy 23« Février 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le Directeur général, par laquelle il 

1. C'est à joindre aux innombrables projets proposés depuis 
l'incendie de 1781 et aussi aux innombrables projets de Poyet. 



1789] 2 4 3 

demande que l'Académie s'occupe des combinaisons que 
le sr Taboureux a faites pour la construction des plan- 
chers et d'un procédé qui, sans en altérer la solidité, 
réunit le double avantage de l'économie des bois et de la 
dépense. 

En conséquence, l'Académie a nommé, par scrutin, 
pour en faire rapport, Messieurs Brébion, Moreau, Boul- 
lée, Jardin, Guillaumot et Cherpitel. 



Ce lundy 2 e Mars 1789L 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est un édi- 
fice pour assembler les États Généraux d'une grande na- 
tion, et le prix a été donné au sr Le Loup. 

Ensuite, M. Sedaine a lu une lettre écrite de Fulde par 
M. Schalik à l'Académie, et il a été dit que M. Sedaine 
lui écriroit la réflexion de l'Académie sur sa demande. 

Enfin, a été fait lecture d'un mémoire de M. Peyre 
servant de rapport de l'examen de l'ouvrage de M. Ritter, 
associé correspondant 2 , et il a été dit qu'à la séance pro- 
chaine cet objet seroit remis sous les yeux de l'Académie. 



Ce lundy 9 e Mars 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire adressé à Monsieur le comte d'Angiviller par le 
sr Taboureux, maître charpentier, en suite d'une lettre 
de M. le Directeur général, par laquelle l'Académie est 

1. Ont signé en mars : Antoine, de Bourge, Brébion, Cher- 
pitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Peyre, Pierre, Poyet, 
Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 

2. C'est l'ouvrage dont il a été question ci-dessus, p. 287. 



244 [1789 

invitée à nommer des commissaires : ce que l'Académie 
a fait à la séance du 23 e février. 

Enfin, lecture a été faite du rapport des commissaires 
nommés; ledit rapport a été approuvé, et il a été dit que 
copie en seroit faite et certifiée, envoyée à Monsieur le 
Directeur général, présentée par M. Mique. 



Ce lundy 16 e Mars 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait une seconde 
lecture du rapport de MM. les commissaires sur les mo- 
dèles du sr Fourneau, et l'Académie a nommé, pour con- 
solider ledit rapport, trois commissaires qui se joindront 
à ceux cy devant nommés, lesquels trois sont MM. Per- 
ronnet, Roasset et Yabbé Bossut. 

Enfin, a été faite une seconde lecture du mémoire de 
M. Ritter, associé correspondant, et du rapport de 
M. Peyre, lequel a été approuvé par l'Académie, et il a 
été dit que copie certifiée en seroit faite et remise à 
M. Antoine, académicien, pour qu'il la fasse parvenir à 
M. Ritter, duquel il est le commissaire correspondant. 



Ce lundy 23 e Mars 1789. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est entretenue d'un 
projet de M. Bellanger, dont les mémoires ont été en- 
voyés par lui pour être remis à Messieurs les Académi- 
ciens, lequel projet propose une salle d'Opéra au Carrou- 
sel 1 et la jonction du Palais des Thuileries au Louvre. 

Enfin, l'Académie a procède au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est une chaire à prê- 
cher, et l'Académie a dit qu'il n'y auroit pas de prix. 

1. Je ne vois pas que ces projets figurent dans les œuvres de 
Bélanger (Cabinet des Estampes, Ha 58 à 58 f.). 



1789] 2 4 5 

Ce lundy 3o e Mars 1789. 

L'Académie étant assemblée, d'après la lecture du re- 
gistre, elle a vu que plusieurs rapports ordonnés par elle 
n'ont pas été faits et elle a prié Messieurs les commis- 
saires de vouloir bien, pendant les vacances de Pâques, 
solder l'examen des parties dont il est question. 



Ce lundy 20e Avril 1789 1 . 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy, professeur, a 
fait lecture du programme qu'il a donné à remplir aux 
élèves de l'Académie pour le concours du prix d'émula- 
tion : ce programme est le même pour la masse que celui 
donné et rempli pour un hôtel de la Caisse d'escompte, 
mais M. le professeur a mis dans ce dernier programme 
des distinctions, des distributions et des assujettissemens 
qui n'étoient point portés dans le programme proposé à 
tous les architectes 2 . 

Après cette lecture, l'Académie a fait l'examen des des- 
sins exposés pour le jugement qui en sera porté à la séance 
prochaine. 

Enfin, a été faite lecture d'une requête du sieur 
L'Agneau, maçon, inventeur d'une mître de fermeture de 
cheminée, et l'Académie a dit que M. Franque, académi- 
cien, en feroit l'examen et rapport. 



Ce lundy 27e Avril 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que l'Acadé- 
mie seroit convoquée pour s'assembler lundy 4 e mai à 

1. Ont signé en avril : Antoine, Bossut, de Bourge, Brébion, 
Cherpitel, Couture, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Raymond, Rousset, Trouard, Sedaine. 

2. Un concours était ouvert (janvier) pour la construction 
d'un hôtel de la Caisse d'escompte, pourtant très menacée. 



246 [1789 

8 heures précises du matin, afin de donner le programme 
des grands prix. 

Enfin, après une seconde lecture du programme du 
prix d'émulation mentionné à la dernière séance, le prix 
a été adjugé au sr Bellet. 



Ce lundv 4 e Mai, à huit heures du matin'. 

L'Académie étant assemblée pour donner le programme 
des grands prix, des six projets proposés qui ont le plus 
de voix par la voye du scrutin, l'Académie, par un second 
scrutin pour déterminer lequel des trois qui, ayant eu le 
plus de voix, mérite la préférence, a choisi le projet d'un 
édifice et de ses dépendances pour la Faculté de méde- 
cine. 

Ensuite, par le scrutin, ont été nommés commissaires 
pour la composition du programme MM. Brébion, Mo- 
reau, Franque, Jardin, Cherpitel et Raymond, et, après 
leur travail, lecture faite dudit programme et approbation 
d'icelui, l'Académie propose à ses élèves le programme 
qui suit : 

Un édifice et ses dépendances pour la Faculté de mé- 
decine. 

Ce projet sera composé d'un bâtiment principal et de 
deux autres, l'un pour le logement des professeurs et 
l'autre pour des malades. 

Ces édifices seront séparés par des cours et se commu- 
niqueront par des galeries. 

On y joindra un jardin pour les plantes; le tout sera 
compris dans un emplacement de cent toises sur deux 
cent cinquante. 

L'édifice principal contiendra, au rez de chaussée, un 

1. Ont signé en mai : Boullée, de Bourge, Brébion, Cher- 
pitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Pcrronet, Peyre, 
Poyet, Raymond, Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 



i 7 8 9 J 247 

amphithéâtre pour les démonstrations et cabinets adhé- 
rens, une salle des Actes et cabinets, quatre salles d'études 
et de démonstrations, des laboratoires de pharmacie et 
dépôts, un vestibule et escalier. 

Au premier étage : une bibliothèque, des cabinets 
d'histoire naturelle, d'anatomie, pharmacie et dépendances 
nécessaires. 

Le bâtiment des professeurs contiendra six logemens 
principaux, trois dans le rez de chaussée et trois dans le 
premier étage, leur cuisine, écurie, remises et basses 
cours nécessaires. Les autres logemens pour les adjoints 
et officiers seront dans les étages au dessus et desquels 
on ne donnera point de plans. 

L'autre édifice sera destiné à contenir quarante malades 
des deux sexes, distribués dans plusieurs salles, une cha- 
pelle, des cabinets, garderobe et lingerie au premier étage. 

Le rez de chaussée sera voûté et contiendra des salles 
pour les bains, les douches, les cuisines, la boulangerie, 
les magasins de provisions pour l'hôpital. 

Deux pavillons seront placés à l'entrée des cours : l'un 
contiendra le logement de l'aumônier, du concierge et de 
partie des serviteurs, le réservoir, pompes et dépôts. 

L'autre contiendra le logement du suisse, des gardes et 
des serviteurs de l'hôpital. Le jardin sera entièrement 
destiné à la botanique et aux plantes étrangères; on y 
placera des serres chaudes et des logemens pour les jar- 
diniers. 

Les élèves feront les esquisses du plan du rez de chaus- 
sée, du plan du premier étage, d'une élévation principale 
et d'une coupe, le tout sur une échelle d'une ligne et 
demie pour toise, comme aussi l'indication d'un plan gé- 
néral sur une échelle plus petite. 

Les esquisses seront remises au professeur et exposées 
demain mardi 5 e mai à sept heures précises. Les desseins 
au net seront faits sur une échelle de six lignes pour toise 
pour les plans du rez de chaussée et du premier étage, 



248 [1789 

l'élévation et la coupe. Le plan général du jardin avec les 
bâtimens en masse sera mis au net sur une échelle de 
deux lignes pour toise. 

Ces desseins seront remis au professeur et exposés dans 
les salles de l'Académie le lundy 24e aoust, à huit heures 
du matin. 



Ce mardy 5c Mai, à 10 heures du matin. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme donné pour le grand prix. Ensuite, MM. les 
commissaires nommés pour l'examen des esquisses ont 
fait part de leurs réflexions sur la conformité des esquisses 
au programme donné, et, après examen, les vingt cinq 
projets exposés ont été conservés pour être examinés de 
nouveau, et, de ces vingt cinq, l'Académie en a choisi, 
par scrutin, neuf, dont les lettres sont K, BB, C, S, AA, 
G, F, Q, T, dont les auteurs sont les sieurs Le Febvre, 
Haron Romain, De La Gardette, Gaucher, Meunier, Le 
Vasseur, Le Normand, Bénard, Gerbet, lesquels concour- 
ront pour les deux grands prix, et ces élèves rendront 
leurs desseins au net le lundy 24 e aoust, à huit heures du 
matin. 



Ce lundy ne Mai 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de M. Franque sur le procédé qu'employé le 
s r L'Agneau pour faire des mitres de cheminée, et ledit 
rapport a été approuvé. 

Ensuite, a été fait lecture du rapport concernant le 
modèle du s r Fourneau pour construire, à l'entrée d'un 
port, des ouvrages qui puissent s'opposer à toute la vio- 
lence des coups de mer et opposer une digue insurmon- 
table ; l'Académie a approuvé ledit rapport. 

Enfin, il a été question de la demande de M. Combes, 
architecte, ancien pensionnaire du Roi, concernant l'hô- 



1789] 249 

pital de Bordeaux*, et il a été dit que M. Sedaine écriroit 
à M. Combes les réflexions de l'Académie sur cette de- 
mande. 



Ce lundy 18 e Mai 1789. 

L'Académie étant assemblée, la mort de M. Pierre, 
associé libre honoraire, a été notifiée 2 . Ensuite, a été fait 
lecture d'une lettre de M. Davi de Chavigné, qui présente 
son vœu pour la place vacante d'associé libre honoraire. 

Ensuite, a été fait lecture du programme du prix d'ému- 
lation, lequel est un reposoir, et les desseins en seront 
jugés à la séance prochaine. 

M. Sedaine a fait lecture d'une lettre de Monsieur le 
comte d'Angiviller concernant l'affaire du s r Poux Landry. 



Ce lundy 25 e Mai 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. le marquis de Montalembert, par laquelle il 
fait connoître son vœu d'être nommé honoraire associé 
libre de l'Académie. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est un reposoir, et, par 
scrutin, il a été décidé qu'il n'y auroit pas de prix. 

Enfin, par scrutin, ont été nommés commissaires pour 
l'examen et rapport du moulin de M. Fourneau MM. Mo- 
reau, Mauduit, Jardin et Cherpitel. 



Ce lundy 8 e Juin 1789 3 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 

1. Sur Combes, voir ci-dessus. Je n'ai rien sur son projet. 

2. Pierre (1713-1789), premier peintre du Roi, était mort le 
i5 mai. Sur Davy de Chavigné, cf. ci-dessus, p. 4, en retirant 
le point d'interrogation. Sur Montalembert, voir ci-dessus, 
p. 241. 

3. Ont signé en juin ; Mique, Bossut, Boullée, de Bourge, 



2bo [1789 

lettre de M. Davi de Chavigné, par laquelle il présente à 
l'attention de la Compagnie un projet de place publique 
en l'honneur de Louis XVI 1 . 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de M. Vien, par 
laquelle il notifie son vœu d'être nommé honoraire asso- 
cié libre, à la place vacante par la mort de M. Pierre. 
M. Vien dit, dans sa lettre, qu'il désire obtenir sa de- 
mande, non en qualité de successeur du premier peintre, 
mais par son véritable amour pour l'art de l'architec- 
ture, etc. 

Enfin, l'Académie a dit que l'élection de l'honoraire 
associé libre sera faite le mardi 3o juin et que convoca- 
tion sera faite pour cette séance, s'il n'y a pas d'ordre 
contraire. 



Ce lundy i5 e Juin 1789. 
L'Académie étant assemblée, le s*" Toque, maître serru- 
rier établi à Versailles 2 , a présenté à l'Académie deux ser- 
rures sur lesquelles il l'a priée de vouloir bien jeter les 
yeux, et elle a nommé commissaires pour l'examen de ces 
serrures MM. Mauduit et Jardin. 



Ce lundy 22 e Juin 1789. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait une lecture 
particulière du rapport de MM. les commissaires sur le 
moulin de l'invention du s*" Fourneau, et, comme ils ont 
quelque changement à faire sur ledit rapport, il a été re- 
mis à une autre séance. 

Brébion, Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillau- 
mot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Peyre, 
Poyet, Rousset, de Wailly, Sedaine. 

1. Sur l'emplacement de la Bastille. Tourneux, Bibliogra- 
phie de VHist. de Paris pendant la Révolution, t. III, n° 12346. 
J'y renverrai désormais avec le seul nom : Tourneux. 

2. Encore un serrurier. Cf. ci-dessus, p. 227. Nous signalons 
à titre de curiosité le nombre de serrures présentées à l'Acadé- 
mie entre 1775 et 1789. Cf. ci-après, p. 263. 



1789] 25l 

Enfin, il a été dit que convocation seroit faite au mardy 
3o e juin pour l'élection de l'honoraire associé libre. 



Ce mardi 3o e Juin 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
articles des règlemens qui concernent l'élection d'un ho- 
noraire associé libre, et, après cette lecture et celle des 
noms des aspirans, l'Académie, par scrutin, a donné ses 
suffrages à M. Vien, de l'Académie royale de peinture et 
sculpture, par son estime pour le mérite personnel de 
M. Vien et son véritable amour pour l'art de l'architec- 
ture, ainsi que son vœu l'a notifié, et cette élection sera 
proposée pour avoir l'agrément de Sa Majesté. 

Ensuite, M. Olivier, manufacturier de faïences établi 
faubourg Saint Antoine, rue de la Roquette, a présenté à 
l'Académie des vases, pour l'examen desquels elle a nommé 
les mêmes commissaires dont, pour la même personne 
et d'autres objets, le rapport n'a pas été terminé. 

Enfin, a été fait lecture du rapport de MM. les commis- 
saires, d'après l'examen d'un modèle de moulin de la 
composition du s r Fourneau, et ledit rapport a été ap- 
prouvé. 



Ce lundy 6 e Juillet 1789'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de M. le comte d'Angiviller, par laquelle il notifie 
à l'Académie que Sa Majesté a approuvé le choix qu'elle 
a fait de M. Vien pour remplir la place vacante par le dé- 
cès de M. Pierre, et la lettre sera enregistrée cy après. 

1. Ont signé en juillet : Antoine, de Bourge, Cherpitel, Des- 
maisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, 
Mauduit, Moreau, Paris, Perronel, Peyre, Poyet, Raymond, 
Rousset, Vien, de Wailly, Sedaine. 



252 [1789 

Ce lundi i3 e Juillet 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
chapitre iv du livre premier de Vitruve intitulé : Com- 
ment on peut connoître si un lieu est sain et ce qui l'em- 
pêche de l'être*, et l'Académie, après cette lecture, a ajouté, 
par ses réflexions et par les connoissances acquises en 
physique, aux réflexions de Vitruve. 



Ce lundy 20 e Juillet 1789. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a dit que les 
élèves qui concourent pour les grands prix prient l'Aca- 
démie de leur donner huit jours de plus pour rendre 
leurs dessins au net, et ils ont donné, pour obtenir ce 
délai, la raison qu'ils n'ont pu travailler, ayant rendu à 
M. Sedaine, il y a huit jours, la clef de leurs loges pour 
aller dans leur district remplir leurs devoirs de citoyen 2 , 
en montant la garde; l'Académie n'a pu qu'applaudir à 
une demande aussi juste. 

Ainsi les élèves exposeront à l'ordinaire dans les salles 
de l'Académie le dimanche 3o e aoust, avant dix heures du 
matin, afin que les salles puissent être ouvertes au public 
à onze heures, et ensuite à deux heures; le jugement des 
prix sera prononcé le lundy 7e septembre et, s'il y a lieu, 
les prix seront distribués le même jour. 

Enfin, les syndics de la communauté de MM. les cou- 
vreurs ont présenté un mémoire pour que l'Académie ju- 
geât des qualités des ardoises comparées à celles d'An- 
gers, et, pour en faire rapport, elle a nommé, par scrutin, 
MM. Brébion, Moreau, Antoine et de Bourge. 

1. Cf. Procès-verbaux, t. I, p. 78, 79. 

2. C'était à la veille de la prise de la Bastille. On avait créé, 
le 12 et i3, une milice parisienne. 



1789] 253 

Ce lundy 27 e Juillet 1789. 

L'Académie étant assemblée, MM. les commissaires 
nommés pour l'examen de la qualité des ardoises d'An- 
gers comparée à celles de Rimane en Flandres ont dit 
que les maîtres couvreurs qui ont fait devant eux des 
expériences de ces ardoises dans l'école de l'Académie 
n'ont pas assez rempli l'objet dont il est question. Ils ont 
convenu de s'assembler et d'aller visiter les dépôts de ces 
ardoises et les édifices sur lesquels ils ont été employez, 
et, d'après les connoissances qu'ils acquerront, ils feront 
leur rapport. 



Ce lundy 3 e Aoust 1789 1 . 

L'Académie étant assemblée, M. Vien a présenté, de la 
part de M. Renou, adjoint secrétaire perpétuel de l'Aca- 
démie royale de peinture, un livre intitulé : L'art de 
peindre, traduction libre en vers françois du poëme latin 
de Charles Alphonse Dujresnoy, avec des remarques, dédié 
à Monsieur le comte d'Angiviller, par M. Renou, peintre 
du Roy, etc. 12 , et l'Académie a chargé M. Sedaine d'écrire 
à M. Renou combien elle étoit reconnoissante de l'hom- 
mage qu'il veut bien lui faire du fruit de ses travaux et 
qu'elle ne pouvoit le recevoir d'une main qui lui fût plus 
agréable. 



Ce lundy 10 e Aoust 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour l'examen 

1. Ont signé en août : de Bourge, Brébion, Cherpitel, Cou- 
ture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Rousset, Vien, de Wailly, 
Sedaine. 

2. 1 vol. in-8°, 1789. Renou (Antoine) était secrétaire adjoint 
de l'Académie de peinture depuis 1776. 



2D4 [17^9 

des qualités des ardoises tirées d'Angers, comparées à 
celles de Rimane en Flandre; ledit rapport a été approuvé, 
et l'Académie a dit qu'il en seroit donné une copie certi- 
fiée aux maîtres couvreurs chargés par leur communauté 
de suivre cette affaire. 



Ce lundi 17 e Aoust 1789. 

L'Académie étant assemblée, M. De Wailly a présenté 
un plan de la réunion du quartier de la Cité aux îles 
Saint Louis et Louvier K : ce projet, déjà approuvé par 
l'Académie des sciences et reconnu par %lle très utile, 
présente celui d'une grande place érigée à la gloire de 
Louis XVI sur des voûtes qui couvriroient la rivière de 
Seine entre le Pont au Change et le Pont Notre Dame. 
L'Académie, qui a suspendu ses réflexions sur l'utilité 
entière de ce projet, n'a pu qu'applaudir à la grandeur de 
l'idée et aux études faites par l'académicien pour prouver 
la possibilité de son exécution. 



Ce lundy 24 e Aoust 1789. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 
d'une lettre de Monsieur Lambert, contrôleur général, à 
elle adressée 2 , et, après cette lecture, elle a nommé par 
scrutin MM. Moreau, l'abbé Bossut, Guillaumot et Paris 
pour faire la rédaction de la lettre qui sera envoyée en 
réponse à M. Lambert, laquelle lettre sera soumise à la 
séance prochaine à l'Académie. 



Ce lundi 3i e Aoust 1789. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 

1. M. de Bory avait proposé en 1774 de combler le bras sud 
le long de la Cité. Sur les différents projets, Tourneux, t. III, 
n os 11921, 12084. De Wailly n'y figure pas. 

2. Lambert venait d'être appelé en août pour la seconde fois 
au contrôle général des finances. 






1789] 255 

lettre, en réponse à la demande que fait Monsieur Lam- 
bert, et l'Académie a approuvé cette lettre, laquelle sera 
envoyée certifiée. Ensuite, a été fait lecture d'une lettre 
de M. Cuvilliers, adressée à M. Mique, laquelle renferme 
des réflexions sur la même affaire, et qu'il croit devoir 
proposer à l'Académie, et il a été dit que, par M. Sedaine, 
seroit faite une réponse à M. Mique pour la communiquer 
à M. Cuvillier, ainsi que la copie de celle de l'Académie 
à M. Lambert. 

L'Académie a arrêté que, le lundi 7 septembre, les com- 
missaires nommés, MM. Brébion, Moreau, Franque, Jar- 
din, Cherpitel et Raymond, qui ont rédigé le programme 
des prix, s'assembleroient le même jour, à huit heures du 
matin, dans les salles de l'Académie pour juger de la con- 
formité des desseins aux esquisses, et l'Académie prie 
Monsieur le Directeur général de vouloir bien, le même 
jour, la présider pour la distribution des prix, s'il y a lieu. 

Enfin, a été lu le rapport de MM. Mauduit et Jardin 
sur la composition du méchanisme des serrures du 
s r Toque, serrurier méchanicien, et ledit rapport a été 
approuvé. 

Le Doux, à la suite des signatures, observe qu'il n'a pu 
signer cet arrêté : la lettre écrite à Monsieur le Directeur 
général est une réclamation contre M. Antoine et non des 
réflexions. [Note de la main de Le Doux 1 .] 



Ce lundi 7e Septembre 1789'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme et ensuite celle du rapport de MM. les com- 
missaires qui se sont, ce matin, assemblés pour l'examen 
de la conformité des desseins à ceux des esquisses ; l'Aca- 
démie a approuvé le rapport. 

1. Ledoux fait allusion (?) à une lettre adressée par lui à 
Necker et où il se plaignait d'Antoine (affaires des carrières). 

2. Ont signé en septembre : Mique, Cherpitel, Franque, 
Hazon, Jardin, Leroy, Mauduit, Paris, de Wailly, Sedaine. 






256 [1789 

Ensuite, elle a procédé au jugement, et le premier prix 
a été, par le scrutin, accordé au sieur Jean Baptiste Louis 
François Le Febvre, élève de M. Trouard. 

Et le second prix a été, par scrutin, accordé au s r Fran- 
çois Tranquille Gaucher, élève de M. De Wailly. 

Et les prix ont été distribués par M. Mique, directeur 
de l'Académie, qui l'a présidée en ce jour, et M. Mique a 
laissé à l'Académie la lettre de M. Cuvillier, à lui adres- 
sée, et copie de celle écrite par M. Le Doux à Monsieur 
le Directeur général. 



Ce lundy 16 e Novembre 1789 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été, d'après ce qui a 
été prescrit, fait lecture des statuts et règlemens enregis- 
trés en Parlement. 

Ensuite, il a été dit qu'à la séance du lundi 23 les mé- 
dailles seront distribuées aux élèves qui ont remporté le 
prix d'émulation pendant le cours de l'année académique. 

M. Sedaine a présenté un plan de la Bastille gravé et 
levé avec soin par le s r Cathala 2 , élève, qui a l'honneur 
d'en offrir plusieurs exemplaires et prie l'Académie de 
les accepter : ce qu'elle a fait avec reconnoissance. 

Un académicien ayant écrit sur le registre de l'Acadé- 
mie 3 , sans son consentement, il a été dit que ce qu'il a 
écrit seroit biffé, et que nul académicien n'avoit le droit 
d'écrire sur ledit registre. 



Ce lundi 23e Novembre 1789. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 

1. Ont signé en novembre : Mique, Bellissard, de Bourge, 
Brébion, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Heurtier, Jardin, Leroy, Mauduit, Moreau, Raymond, Rousset, 
Trouard, Vien, de Wailly, Sedaine. 

2. Cathala avait eu le second prix en 1782. Sur son plan, 
cf. Tourneux, t. III, n° 12366. 

3. Ci-dessus (c'est Ledoux). 



1789] 25 7 

programme donné par M. Le Roi, professeur, pour la 
composition des desseins qui concourent pour le prix 
d'émulation, et, ledit programme asservissant les élèves 
à des détails étendus, l'Académie, après l'examen des des- 
seins, a dit que le jugement en seroit remis à la séance 
prochaine. 

Enfin, des élèves qui ont remporté des prix d'émula- 
tion dans le cours de l'année académique se sont présen- 
tés pour en recevoir les médailles, et ils les ont reçues de 
la main de M. Haçon, présidant l'assemblée. 



Ce lundi 3o e Novembre 1789. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une fête 
publique en l'honneur de Louis Seize et en l'honneur des 
États Généraux 1 : le prix a été donné au s r Bourgeot, 
élève de M. Le Roy. 



Ce lundi 7 e Décembre 1789 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme proposé aux élèves pour le prix d'émulation, 
et le jugement des desseins est, suivant l'usage, remis à 
la séance prochaine. 



Ce lundi 14 e Décembre 1789. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait une seconde 
lecture du programme du prix d'émulation, lequel est un 
cénotaphe : par le scrutin, il a été dit qu'il n'y auroit pas 
de prix, mais, pour exciter l'émulation des élèves, l'Aca- 

1. On remarquera que l'Académie n'adopte pas encore le 
nom d'Assemblée nationale. 

2. Ont signé en décembre : Bellissard, de Bonrge, Brébion, 
Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Mauduit, Moreau, Ray- 
mond, Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 

IX 17 



258 [i 7 8 9 

demie a dit qu'au prochain programme il seroit accordé 
deux prix, s'il y a lieu. 



Ce lundi 21e Décembre 1789. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a représenté 
que, dans le nombre de MM. les correspondants étran- 
gers, il en est très peu qui remplissent les obligations 
d'après lesquelles ils ont été associés à l'Académie, et, 
comme il a été nommé pour chaque associé correspon- 
dant un académicien commissaire auquel il peut s'adres- 
ser, il seroit bien que MM. les commissaires écrivissent 
à chacun de leur correspondant qu'ils voulussent bien 
remplir les obligations dont ils connoissent les engage- 
mens, et l'Académie a dit qu'à la rentrée, après les Rois, 
cette même proposition seroit remise sous les yeux de 
l'Académie 1 . 

M. le secrétaire écrira à M. Mique pour le prier de por- 
ter, au renouvellement de l'année, à Monsieur le Direc- 
teur général les vœux de l'Académie et les assurances de 
son respect. 

1. Le terme officiel est : correspondants. Le procès-verbal 
du 11 janvier 1790 emploie à tort les mots « associés libres 
honoraires ». — Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 290 et, sur les 
devoirs des correspondants, p. 49 et note, 52-54 (spéciale- 
ment), 62. 



1790] 25 9 



1790. 

Ce lundi ne Janvier 1790 L 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a remis sous 
les yeux de l'Académie quels sont les devoirs des associés 
libres honoraires envers elle et des commissaires nommés 
pour leur correspondance; il a été dit, après discussion 
sur cet article, que le secrétaire donneroit la liste des 
commissaires nommés et des associés libres pour la cor- 
respondance desquels ils ont été nommés. 

Enfin, M. Sedaine a dit que le sr Goiombel, concierge, 
lui a dénoncé qu'on lui avoit volé, dans l'antichambre, 
deux anciens flambeaux d'argent du même poids chacun 
que chacun des quatre restant à l'Académie, et il a fait 
sa soumission de les payer si les perquisitions qu'il fait 
faire ne peuvent les lui rendre. 



Ce lundi 18 e Janvier 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été nommé des com- 
missaires pour proposer le monument quelconque qu'elle 
pourra indiquer comme étude aux deux pensionnaires 
nouvellement partis pour Rome 2 , laquelle proposition lui 
sera présentée à la séance prochaine, et les commissaires, 
à cet effet, sont MM. Boullée, Trouard, Paris et Ray- 
mond. 

1. Ont signé en janvier : Mique, de Bourge, Cherpitel, Des- 
maisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Mauduit, 
iMoreau, Paris, Raymond, Rousset, Trouard, Vien, de Wailly, 
Sedaine. 

2. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 390-396, et cf. ci- 
après, 25 janvier et i er février. 



26o [i79° 

Ce lundi -ib c Janvier 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, en réponse à 
celle que l'Académie, par M. Mique, son directeur, a eu 
l'honneur de lui écrire lors du renouvellement de l'année : 
laquelle réponse sera inscrite cy après. 

Ensuite, d'après ce qui a été proposé à la séance pré- 
cédente, il a été fait lecture des réflexions mises sous les 
yeux de l'Académie, le 10e décembre 1787, pour les études 
des élèves, lesquelles réflexions ont alors été approuvées 
par l'Académie. Après cette séance, l'Académie a dit 
qu'elle prescriroit à ses élèves pensionnaires, à présent à 
Rome, de lever les thermes de Caracalla et le Panthéon, 
en s'asservissant à ce qui leur sera indiqué par le mémoire 
qui sera composé par MM. les commissaires nommés à 
la séance précédente; lequel mémoire sera lu à la pro- 
chaine séance. 

Lettre adressée à M. Mique. 

« Ce 7 e janvier 1790. 
« Je ne reçois qu'aujourd'huy, Monsieur, la lettre que 
vous vous êtes chargé de m'écrire au nom de l'Académie 
d'architecture, en date du 24 e décembre. Je ne fais la re- 
marque des dates, Monsieur, que pareeque je serois très 
affligé que l'Académie pût se méprendre sur ma sensibi- 
lité et ma reconnoissance et sur mon empressement à lui 
en offrir l'hommage. Au reste, en vous choisissant pour 
son interprète, elle me donne en même temps un garant 
à lui offrir de mes sentimens pour elle : ami de plusieurs 
de ses membres, ce sentiment particulier ajoute un inté- 
rest plus tendre à mon attachement pour elle, qui est un 
de mes devoirs. Je vous prie de vouloir l'assurer, de ma 
part, qu'il n'en est point qui me soit plus doux à remplir, 
et que je me trouverai infiniment heureux toutes les fois 



i79°] 2 ^ 1 

que je pourrai lui en offrir des preuves, ainsi que de ma 
reconnoissance des sentimens qu'elle veut bien me 
montrer. 

« Veuillez recevoir pour vous l'assurance de la fidélité 
de ceux que je vous ai voués et avec lesquels j'ai l'hon- 
neur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant 

serviteur. 

« D'Angiviller. » 



Ce lundi i c r Février 1790 *. 

L'Académie étant assemblée, M. Paris a fait lecture du 
mémoire fait par les commissaires nommés à la séance 
précédente pour détailler le programme des études que 
l'Académie propose à ses élèves et que, sous la sanction 
de Monsieur le Directeur général, elle leur prescrit de 
faire, en priant M. le Directeur général de faire subvenir 
aux dépenses que pourront "occasionner les recherches 
qu'ils feront pour s'assurer des constructions des édifices 
du Panthéon et des thermes de Caracalla. 

L'Académie a approuvé ce mémoire et a dit que copie 
certifiée en seroit remise à Monsieur le Directeur géné- 
ral, ainsi que la copie de cette séance. 

L'Académie, s'étant occupée de cet objet, a remis le 
jugement du prix d'émulation à la prochaine séance. 



Ce lundi 8 e Février 1790. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 
d'un mémoire concernant le logement du secrétaire ; 
l'Académie a arrêté que le retour de Monsieur le comte 
d'Angiviller étant prochain, elle en référeroit à ce qu'il 
voudroit décider. 

1. Ont signé en février : Mique, de Bourge, Brébion, Cher- 
pitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Le- 
roy, Mauduit, Moreau, Rousset, Trouard, Vien, de Wailly> 
Sedaine. 



262 [i79° 

Enfin, l'Académie a procède au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme propose deux kiosques 
à construire sur la terrasse des Tuileries, et le prix a été 
adjugé au sieur Bergognion. [(Note postérieure :) J'ai dé- 
livré la médaille.] 

Ce lundi i5e Février 1790. 

L'Académie étant assemblée, M. Gardet a présenté des 
ardoises de Rimogne, qu'il dit supérieures à celles des 
carrières d'ardoises qui sont voisines de la sienne; l'Aca- 
démie a dit que, dans le rapport des commissaires du 
10e aoust 1789, elle avoit, sur ces ardoises et celles d'An- 
gers, dit tout ce qui pouvoit intéresser les entrepreneurs 
de couverture, que cependant il seroit délivré à M. Gar- 
det une copie certifiée du rapport. 

L'Académie étoit sur le point de proposer de députer 
quelques uns de ses membres à Monsieur le Directeur gé- 
néral pour s'assurer de sa santé et le féliciter de son re- 
tour, lorsque M. Mique a dit, de la part de M. le Direc- 
teur général, que, sans l'indisposition goutteuse qu'il 
éprouve', il seroit venu aujourd'hui à l'Académie, mais 
que, dès qu'il en sera débarrassé, il y viendra et qu'il 
espère que ce sera à la séance prochaine. 

Enfin, par M. Cherpitel, il a été fait lecture du pro- 
gramme du prix d'émulation, lequel sera jugé à la séance 
prochaine. 

L'Académie a nommé MM. Mique, Trouard, Guillau- 
mot et Paris pour aller marquer à Monsieur le Directeur 
général les sentimens de l'Académie. 

Ce lundi 22e Février 1790. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 

1. Angiviller avait été malade à la fin de 1789 et au début 
de 1790. On remarquera le soin qu'il prend de s'excuser. Ci-des- 
sus, p. 260, et ci-après, p. 264. Signe des temps. 



1790] 263 

lettre de M. Mique, qui rend compte de la députation 
faite à Monsieur le comte d'Angivilier. 

Ensuite, a été fait une seconde lecture du programme 
du prix d'émulation, lequel est une Banque nationale, et 
l'Académie, par scrutin, l'a accordé au s r Bergognon. 
[(Note postérieure :) J'ai délivré la médaille.] 

Un académicien a proposé de faire un état des antiques 
édifices de Rome, dont les élèves qui y sont envoyés 
peuvent donner les plans, coupes, élévations ou notions 
utiles à l'architecture*, et l'Académie, qui a approuvé cette 
idée, a nommé pour la remplir les mêmes commissaires 
dont le rapport a dernièrement déterminé la demande de 
l'Académie à ses élèves. 



Ce lundi i er Mars 1790 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
prospectus de projet d'encouragement pour les arts de 
peinture, de sculpture et de gravure, lequel a été mis 
sous les yeux de l'Académie par M. De Wailly; après la 
lecture de ce prospectus, qui paroît remplir son objet, 
M. Franque, académicien, a représenté qu'on pourroit y 
joindre des morceaux d'architecture recommandables et 
qui pourroient concourir à l'utilité que propose ce pros- 
pectus. 



Ce lundi 8 e Mars 1790. 

L'Académie étant assemblée, le s r Henri Coth (ou 
Goty?), maître serrurier, a présenté à l'Académie de nou- 
veaux moyens de sûreté pour fermer les portes et diverses 

1. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 404-410. 

2. Ont signé en mars : Mique, Bossut, de Bourge, Brébion, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Heurtier, 
Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, Peyre, Raymond, Rousset, 
Trouard, de Wailly, Sedaine (Angiviller a signé le i5). 



264 [i79° 

serrures qui ont mérité l'attention de l'Académie, et ces 
moyens ayant paru ingénieux et remplissant leur objet. 



Ce lundi i5 e Mars 1790. 

L'Académie étant assemblée, Monsieur le comte d'An- 
giviller la présidant, M. Mique, directeur, a lu un discours 
qui exprimoit à M. le Directeur général tous ses senti- 
mens envers lui, sentimens que l'Académie lui a confir- 
més de vive voix. 

Ensuite, a été fait lecture d'une lettre de Monsieur 
Bailly, maire de Paris, adressée à l'Académie, par laquelle 
il dit qu'il lui sera obligé de vouloir bien nommer des 
commissaires qui se joindront aux architectes déjà choi- 
sis par les parties pour constater l'état véritable du Pont 
Rouge*. Après divers avis, M. Paris a été chargé de porter 
à M. Bailly quelques réflexions sur la nomination des 
commissaires. 

Ensuite, M. Paris a fait lecture d'un mémoire qui dé- 
taille des objets d'étude que l'Académie peut proposer à 
ses élèves résidant à Rome. 

Monsieur le Directeur général, après la lecture de ce 
qui précède, a dit qu'il recevoit, avec toute la sensibilité 
possible, l'assurance des sentimens de l'Académie, et il a 
ajouté que si, dans les statuts et règlemens, il y avoit 
quelques articles contre lesquels l'Académie auroit des 
réclamations à faire, qu'elle voulût bien lui en faire part, 
et qu'il feroit tout ce qui dépendroit de lui, en les met- 
tant sous les yeux de Sa Majesté. 



Ce lundi 22 e Mars 1790. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Bailly, maire de Paris, en conséquence de 

1. Le Pont-Rouge réunissait la Cité à l'île Saint-Louis. Sur 
l'affaire en question, cf. Tourneux, n°* 12269, 12270. La démo- 
lition ne fut opérée qu'en 1795. 



îjgo] 265 

celle lue à la séance précédente, et, d'après la représen- 
tation dont l'Académie avoit chargé M. Paris, après cette 
lecture faite, à M. le maire, l'Académie a nommé pour 
commissaires MM. Moreau, Boullée, Bossut, Jardin, Pa- 
ris et Raymond pour l'examen de l'état du Pont Rouge, 
afin de savoir s'il peut être conservé au moyen des répa- 
rations qui lui seroient faites. Gomme cette affaire est 
urgente et intéresse la sûreté publique, les commissaires 
mettront, le plus tôt qu'il leur sera possible, leur rapport 
en état d'être présenté à l'Académie, laquelle sera con- 
voquée et assemblée extraordinairement, d'après l'autori- 
sation de Monsieur le Directeur général qui, à la séance 
précédente, a eu la connoissance de la nécessité de don- 
ner une prompte solution sur cette affaire. Copie certifiée 
de la présente séance sera envoyée à Monsieur Bailly. 



Ce jeudi i e r Avril 1790'. 

L'Académie étant assemblée extraordinairement par 
convocation, d'après l'autorisation de Monsieur le Direc- 
teur général, vu le péril éminent du Pont Rouge, ladite 
séance convoquée pour l'examen du rapport de Messieurs 
les commissaires nommés à la séance précédente, après 
lecture faite de la lettre de Monsieur le maire, qui prioit 
de faire faire cet examen, M. Moreau, l'un des commis- 
saires, a lu le rapport, lequel a été approuvé par l'Acadé- 
mie, et il a été dit que copie certifiée en seroit remise, le 
plus tôt possible, à Monsieur le maire. 



Ce lundi 12e Avirl 1790. 
L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a fait lecture 

1. Ont signé en avril : Mique, Antoine, Boullée, Bossut, de 
Bourge, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Leroy, Moreau, Paris, Raymond, Rousset, Trouard, 
de Wailly, Sedaine. 



266 [ i 790 

de la lettre de Monsieur le maire pour accuser la récep- 
tion du rapport de l'Académie sur l'affaire du Pont Rouge 
et remercier l'Académie du zèle mis à une opération qui 
intéressoit aussi essentiellement la sûreté de la voye pu- 
blique; cette lettre restera en dépost de cette affaire. 



Ce lundi 19e Avril 1790. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi, professeur, a 
fait lecture du programme donné aux élèves pour le con- 
cours du prix d'émulation, lequel est une prison pour 
renfermer des accusés et des coupables, et le prix a été 
adjugé au sieur Bellet. 

M. Sedaine a présenté à l'Académie, de la part de 
M. Perronet, des cartes pour que les académiciens 
puissent voir les travaux pour le cintrement des arches 
du Pont de Louis XVI, sur les échafauds même'. 



Ce lundi 26 e Avril 1790. 

L'Académie étant assemblée, le secrétaire, avec le con- 
sentement du président, a introduit MM. les élèves de 
l'Académie d'architecture au nombre de neuf : le sieur 
Haron Romain a lu un mémoire, lequel est signé de 
trente sept élèves. Après cette lecture 2 , l'Académie a de- 
mandé que les élèves se retirassent, afin de délibérer sur 
les objets de ce mémoire, et, après une mûre attention, 

1. Ci-dessus, p. 199. 

2. Cette affaire, bien caractéristique du temps, n'eut pas de 
conclusion directe, parce que les statuts et l'état de l'Aca- 
démie elle-même furent bientôt mis en question. La lctire 
d'Angiviller qu'on lira plus loin, fort embarrassée, très mal 
écrite d'ailleurs, montre, dans un épisode particulier et secon- 
daire, combien l'autorité avait le sentiment de son affaiblisse- 
ment. Cf. Correspondance des directeurs, t. XV, p. 420, et les 
séances suivantes jusqu'au 21 juin inclus. Tuetey, Répertoire 
des sources manuscrites de l'Histoire de Paris, etc., donne un 
résumé (.•') de l'adresse des élèves, t. III, n° 1274. 



1790] 267 

elle a dit que copie certifiée dudit mémoire seroit présen- 
tée par Monsieur Miquek Monsieur le Directeur général, 
qui peut seul statuer en prenant les ordres du Roi sur des 
changemens aux statuts proposés en ce qui concerne 
l'Académie, et que M. le Directeur général seroit, en 
outre, prié par l'Académie de l'honorer de la réponse la 
plus prompte, afin que la convocation pour le concours 
des grands prix ne soit point retardée, puisqu'elle devroit 
être faite pour le lundi 3 mai. 



Ce lundi 3 e May 1790'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angiviller, en réponse à la 
délibération de l'Académie et au mémoire présenté par 
les élèves, sur lequel l'Académie ne pouvoit prononcer. 

La députation des élèves ayant été introduite à la séance, 
deux lectures de la même lettre leur ont été faites, et, 
d'après le contenu de cette lettre, l'Académie laisse à 
l'option des élèves, ou la proclamation du concours pour 
le 10 mai, selon les règles existantes, ou sa suppression 
cette année : leurs mandataires devront en donner leur 
déclaration par écrit. 

Copie de la lettre de Monsieur le comte d'Angivillers 
écrite à M. Mique. 

« A Versailles, le 3o avril 1790. 

« J'ai lu, Monsieur, avec une attention aussi réfléchie 

qu'elle est juste en elle-même, le mémoire présenté à 

l'Académie, dans son assemblée du 26 de ce mois, par 

neuf des trente sept élèves qui se sont réunis pour requé- 

1. Ont signé en mai : Mique, Boullée, de Bourgc, Cherpitel, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Mau- 
duit, Moreau, Paris, Raymond, Rousset, Trouard, Vien, 
de Wailly, Sedaine. 



2Ô8 [!79° 

rir des changemens, des modifications et même des inno- 
vations dans les règlemens sous l'empire desquels l'Aca- 
démie et ses élèves ont jusqu'à présent existé. 

« Je vois dans la délibération que l'Académie a prise 
pour vous charger, Monsieur, de me transmettre ce mé- 
moire, qu'elle s'est frappée de l'idée très vraie qu'il ne 
peut appartenir qu'au Roy de statuer les détails princi- 
paux et accessoires des règlemens du régime d'un corps 
qui n'est qu'un monument spontané de la munificence 
royale, de Son attention pour le maintien de l'art de l'Ar- 
chitecture, pour ses progrès et pour son enseignement 
gratuit à ceux qui veulent s'y livrer. De là la conséquence 
très naturelle que le Roi a été et sera toujours maître de 
Ses volontés, de Ses arrangemens, en un mot de toutes 
Ses vues, relativement à un corps qui n'existe que par 
Son vœu et qui n'a d'avantages que ceux qu'elle lui pro- 
cure. Plus ces considérations sont justes en ce qui est 
propre à l'Académie, plus elles acquièrent de poids lors- 
qu'on les étend aux élèves qui, admis à la participation 
d'un bienfait du Roi, me paroissent n'avoir à examiner 
les conditions que pour s'y soumettre ou y renoncer. 

« Si mes réflexions prennent ici le caractère de la sévé- 
rité, c'est parce qu'elles dérivent et des principes et des 
faits que je crois toujours essentiel de poser, même dans 
les cas qui peuvent indiquer et permettre des changemens 
utiles, résultat que le tems traîne impérieusement à sa 
suite avec plus ou moins d'avantages. C'est d'après cet 
ordre d'idée que j'ai, de mon propre mouvement, invité 
l'Académie à réfléchir ses statuts et à me mettre en état 
de présenter au Roi les vœux qu'elle peut avoir à énon- 
cer 1 . J'avois conçu qu'attachée comme elle l'est au sort 
autant qu'à l'enseignement de ses élèves, elle embrasse- 
roit ce qui les concerne : ainsi, j'en avois d'autant moins 
pu prévoir la démarche que viennent de faire les élèves 

i. Cf. ci-dessus, p. 264. 



i 79o] 2 ^9 

qui, trompés peut être par l'honnêteté assez marquée du 
ton de leur mémoire, n'ont pas réfléchi, d'un côté que 
l'Académie est sans faculté pour prononcer sur leurs de- 
mandes, d'un autre côté qu'en obtenant le succès de 
beaucoup de ces mêmes demandes, ils seroient précisé- 
ment les égaux des académiciens, qu'ils ne peuvent 
suivre qu'en qualité d'élèves. Je ne doute pas que leurs 
propres réflexions ne les ramènent à des idées plus justes 
et plus vraies, et c'est un augure que je tire de leur écrit 
même, quand ils en auront bien pesé tous les détails et 
les conséquences. 

« Je suis loin de leur interdire des représentations, des 
demandes de grâces et de faveurs, je désire même qu'elles 
soient examinées non par moi, mais par l'Académie, aux 
délibérations de laquelle je me réserve seulement de 
prendre part lorsque l'ordre de mes affaires me permet- 
tra d'assister à ses séances; quand elle aura formé un 
vœu, je le soumettrai au Roy, qui y statuera selon Sa sa- 
gesse toujours dirigée vers le meilleur ordre dans tout ce 
qui peut se lier à la chose publique. 

« Il ne me reste qu'un mot à dire sur la célérité désirée 
par les élèves pour la réponse qu'ils attendent et sur leur 
proposition de suspendre le concours prêt à s'ouvrir si la 
réponse ne peut précéder. La matière a paru simple et 
facile aux élèves, parce qu'ils n'y ont appliqué que l'inté- 
rêt qu'ils donnent à leur projet; mais il faut maintenant 
combiner ce projet, d'abord sous le rapport des vues pos- 
sibles du Roy pour un établissement qui est absolument 
dans Sa main et puis sous le rapport des intérêts de 
l'Académie, qui ne doit son enseignement gratuit qu'à 
des sujets qui savent le mériter par leur manière d'exister 
vis à vis de l'Académie. La matière exige donc les médi- 
tations que les élèves n'ont pu y donner. 

« Ainsi, comme sur le fait du concours à ouvrir ou 
suspendre je réunis le droit et le devoir de prononcer, 
je désire que l'Académie propose et laisse à l'option des 



270 [i79° 

élèves, ou la proclamation du concours le 10 mai, selon 
les règles existantes, ou sa suppression cette année : leurs 
mandataires devront en donner la déclaration par écrit. 
« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : d'Angivii.ler. » 



Ce lundi 10 e May 1790. 

L'Académie étant assemblée, elle a reçu une lettre si- 
gnée de la plus grande partie de ses élèves, par laquelle, 
insistant sur l'exposé en leur mémoire mentionné aux 
délibérations des séances précédentes, ils renoncent à la 
qualité d'élèves et se refusent à concourir pour les grands 
prix, conformément aux règlemens et statuts existans, 
jusqu'à ce qu'il ait été fait droit à toutes leurs demandes 1 . 

L'Académie, considérant qu'elle ne peut s'écarter de 
l'exécution des statuts qui régissent l'état des académi- 
ciens et celui des élèves, jusqu'à ce que, suivant ce qui 
est exprimé en la lettre de Monsieur le comte d'Angivil- 
lers du 3o e avril dernier, il ait été statué sur les représen- 
tations et observations qu'il lui paroîtroit convenable de 
faire, a arrêté qu'il ne sera point proposé de programme 
aux élèves pour le grand prix. 

L'Académie a reçu une lettre de Monsieur Bailly, maire 
de la ville, de laquelle elle s'est occupée et s'occupera. 



Ce lundi 17 e Mai 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de Monsieur le comte d'Angivillers, par laquelle il 
annonce et fait remettre à l'Académie les desseins du 
sr Percier, élève pensionnaire à Rome, et demande que 
l'Académie examine le travail de cet élève et que le rap- 
port et les desseins lui soient envoyés- : l'Académie a dit 

1. Cf. ci-dessus, p. 266. 

2. Percier avait fait le relevé de la colonne Trajane. Sur les 



1790] 27 i 

que les mêmes commissaires qui se sont occupé des 
études qu'il convenoit de faire à Rome feroient l'examen 
de ces desseins, au nombre de huit, et en feroient rap- 
port. Ces commissaires sont MM. De Wailli, Boullée, 
Gaillaumot et Paris. 

Ensuite, a été fait lecture d'une seconde lettre de M. le 
Directeur général, par laquelle il approuve la conduite de 
l'Académie et l'exhorte à proposer les modifications à ses 
statuts relativement aux prix, que les circonstances peuvent 
rendre convenables, etc. 

Enfin, a été fait lecture de la lettre rédigée par les com- 
missaires nommés pour répondre à Monsieur le maire sur 
ce qui concerne le Pont Rouge, et M. le secrétaire a été 
chargé de le signer au nom de l'Académie et de l'envoyer. 



Ce lundi 3i e Mai 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés à la séance 
précédente pour l'examen des desseins de la Colonne 
Trajane faits par M. Percier, pensionnaire du Roy à 
Rome, et destinés à être déposés dans la Bibliothèque. 
Ledit rapport a été approuvé par l'Académie, et il a été 
dit que copie certifiée en seroit envoyée à M. Mique pour 
être présentée à M. le comte d'Angivillers. 



Ce lundi 7c Juin 1790*. 

L'Académie étant assemblée, M. Cherpitel a annoncé 
que plusieurs élèves, qui n'avoient eu aucune part aux 

difficultés et même les dangers du travail, cf. Correspondance 
des directeurs, t. XV, p. 254-282; 327-396 (passim); 419-424 
(rapport). 

1. Ont signé en juin : Mique, de Bourge, Brébion, Cherpitel, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, 
Mauduit, Moreau, Peyre, Raymond, Rousset, Trouard, Vien, 
de Wailly, Sedaine. 



272 [l 79 

délibérations signées par la majeure partie d'entre eux et 
par lesquelles ils renonçoient à la qualité d'élève et aux 
prérogatives qui y sont jointes, désiroient de continuer à 
jouir des avantages attachés à cette qualité. L'Académie 
a invité M. Le Roi à leur annoncer qu'il ne pourroit y 
avoir rien de changé à leur égard dans le régime de la 
Compagnie, soit pour les leçons, soit par rapport aux 
concours du mois. 



Ce lundi 14 e Juin 1790. 

L'Académie étant assemblée, après lecture faite de ce 
qui a été porté sur le registre à la séance précédente, il a 
été dit qu'il seroit nommé douze commissaires pour ré- 
diger les réflexions sur les statuts et règlemens et former 
un mémoire qui s'explique sur les articles qui paroissent 
mériter quelques réclamations. 

Enfin, par le scrutin, ont été nommés commissaires à 
cet effet MM. Brébion, Le Roi, Moreau, Boullée, Trouard, 
l'abbé Bossut, Vien, Guillaumot, Cherpitel, Paris, Ray- 
mond et De Bourges. 



Ce lundi 21 e Juin 1790. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi a fait lecture 
d'un projet de règlement pour les concours aux prix 
d'émulation, et, après avoir été au scrutin, l'Académie a 
dit qu'elle s'en rapporteroit sur ce projet à la prudence 
de M. le professeur. 

Enfin, M. Franque a remis à l'Académie deux mé- 
moires, l'un sur la navigation de la Seine, sur les gares 
et les travaux de charité, et l'autre sur le canal de V Yvette * ; 

1. Cf. ci-après, 28 juin, 5 et 12 juillet; Procès-verbaux, t. VIII, 
p. 57 et note, p. 267, note. Il y avait longtemps que Deparcieux 
et Perronet s'étaient occupés de la question de Y Yvette et de la 
Bièvre : en 1775. Tourneux, III, n os 1 1924- 1 1937. 



1790] 2 7 3 

lesquels mémoires, présentés de la part de M. de Fer de 
La Noverre, seront lus à la prochaine séance. 



Ce lundi 28 e Juin 1790. 

L'Académie étant assemblée, d'après la délibération 
prise à la séance précédente, il a été fait lecture du mé- 
moire sur la navigation de la Seine, sur les gares et sur 
les travaux de charité, par M. De Fer. Après lecture de 
ce projet, dont l'Académie ne peut qu'approuver les vues, 
si l'examen des détails ne s'oppose pas à leur exécution, 
M. De Wailli, académicien, a dit, après cette lecture, qu'il 
avoit présenté à l'Académie des sciences, il n'y a pas six 
ans, une partie des idées proposées dans ce projet, qui 
alors fut soumis aux regards de cette Académie, et il a 
promis d'apporter, à la séance prochaine, la preuve de ce 
qu'il avance et le rapport qu'il en fit. 



Ce lundi 5 e Juillet 1790 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire sur le canal de Y Yvette par M. de Fer, et l'Aca- 
démie, ensuite, a porté ses réflexions sur la nécessité de 
la conduite des eaux dans tous les quartiers de Paris. 

Pour prendre des connoissances plus particulières de 
la conduite des eaux de Y Yvette à Paris, l'Académie a 
dit qu'à la séance prochaine seroit fait lecture de l'extrait 
des registres de l'Académie royale des sciences en date 
du 14 e décembre 1782. 



Ce lundi 12 e Juillet 1790. 
L'Académie étant assemblée, d'après la délibération 

1. Ont signé en juillet : de Bourge, Brébion, Cherpitel, Des- 
maisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, 
Mauduit, Paris, Peyre, Rousset, Vien, de Wailly, Sedaine. 

IX 18 



274 li 79° 

précédente, il a été fait lecture du rapport de l'Académie 
des sciences, en date du 14 e décembre 1782, sur les eaux 
de l'Yvette et sur les projets à cet égard, tant de M. De 
Parcieux que ceux de MM. Perronet et de Ghésy, et en- 
suite M. de Fer, et l'Académie a entendu la lecture de ce 
rapport avec intérêt. 



Ce lundi 19 e Juillet 1790. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est entretenue des 
différentes parties d'architecture qui ont servi à la déco- 
ration de la fête éternellement mémorable de la Fédéra- 
tion du 14 juillet 1790 *, et ensuite, d'après l'invitation de 
M. De Wailly, elle s'est transportée à la salle du Louvre 
dans laquelle sont déposés les tableaux, gravures et mor- 
ceaux de sculpture qui doivent servir de prix dans l'en- 
couragement de la Société des Amis des arts. 



Ce lundi 26 e Juillet 1790. 

L'Académie étant assemblée, comme dans les séances 
précédentes elle s'étoit occupée du canal de Y Yvette et 
que M. Jardin avoit parlé d'une petite rivière qui alimente 
de ses eaux la ville de Londres, quoiqu'elle ait des pompes 
à feux qui distribuent dans les différents quartiers les eaux 
de la Tamise, elle a demandé à voir les plans de la ville 
de Londres et de ses environs 2 : ils ont été mis sous les 
yeux de l'Académie. D'après les explications données par 
M. Jardin, elle s'est entretenue des différentes difficultés 
et des grands avantages d'un pareil projet. 

1. Le Moniteur du 16 parle de l'arc de triomphe, de l'Autel 
de la Patrie élevé de vingt-cinq pieds, avec les figures de la 
Liberté et de la Constitution. Cf. Tabl. d'Hubert Robert, 1790, 
Versailles, n° 4603. 

2. Ce pourrait être la New-River (artificielle), qui alimentait 
une partie de Londres depuis le xvn° siècle. 



1790] 2 7 5 

Ce lundi 2 e Aoust 1790 1 . 

On a fait lecture à l'Académie d'une lettre à elle adres- 
sée par Monsieur Desjobert, grand maître des Eaux et 
Forêts, par laquelle il demande à la Compagnie de vou- 
loir bien donner son avis sur ce qui peut être dû à Mon- 
sieur Le Rore, architecte, pour ses plans, devis et dé- 
boursés relatifs à Yabbaye chef d'ordre de Prémontré 2 , et 
l'Académie a chargé M. le secrétaire d'écrire à ce même 
artiste pour connoître plus particulièrement ce qu'elle doit 
faire sur cet objet. 



Ce lundi 9 e Aoust 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été parlé du mot 
Ecole traité dans V Encyclopédie imprimée en 1755 ; et 
l'article École, dans les rapports que cet établissement 
peut avoir avec l'architecture, a fourni à l'Académie des 
réflexions dont elle s'est occupée et qui pourroient être 
utiles dans cette partie si nécessaire aux arts. 



Ce lundi 16 e Aoust 1790. 

L'Académie étant assemblée, M. Perronet étant présent, 
elle s'est entretenue des opérations du pont de Louis XVI, 
dont le décintrement sera fait incessamment : on s'occupe 
actuellement à remplir les rheins. 



Ce lundi 23 e Aoust 1790. 
L'Académie étant assemblée, il a été dit que l'Assemblée 

1. Ont signé en août : de Bourge, Brongniart, Cherpitel, 
Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Mauduit, Perronet, Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 17g. 



276 [1790 

nationale a décrété que toutes les académies présente- 
roient leurs idées sur leur constitution 1 . 

On a été aux scrutins sur cet objet et il a été dit que, 
l'Assemblée nationale ayant décrété que les académies 
présenteroient leurs idées sur leurs constitutions, il y 
avoit lieu de douter si l'Académie d'architecture étoit 
comprise dans ce décret. Et, par le scrutin, il a été dit 
qu'il n'y avoit pas lieu à délibérer, parcequ'il paroît que 
l'Assemblée ne comprend dans son décret que les aca- 
démies qui s'occupent des sciences et des lettres, et non 
les académies des arts. 



Ce lundi 3o e Aoust 1790. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est un cirque 
dans lequel on pourroit faire des courses, et le prix a été 
décerné au sr Dubois, élève de... 

Ensuite, M. Le Roy, professeur, a proposé à MM. les 
académiciens présens de donner des places d'élèves aux 
auteurs des desseins exposés dans la galerie et faits sur 
le même programme; et M. Trouard a nommé pour élève 
le s r Protain. 

M. De Bourges a nommé pour élève le sr Jobbé. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix d'ému- 
lation, dont le programme est un édifice pour recevoir les 
assemblées nationales, et le prix a été adjugé au s r Ver- 
gognon. 



Ce lundi 6 e Septembre 1790 2 . 
L'Académie royale d'architecture a entendu la lecture 

1. La question avait été posée aux séances des i5, 16 et 
20 août. L'Académie se trompait absolument. 

2. Ont signé en septembre : Mique, de Bourge, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Jardin, Moreau, Rousset. 



1790] 2 77 

d'une lettre écrite par M. Camus *, membre de l'Assemblée 
nationale, président du Comité des pensions, à M. Se- 
daine, secrétaire de l'Académie, pour lui être communi- 
quée; laquelle lettre est ici transcrite : 

« Paris, le 3i aoust 1790. 

« L'Assemblée nationale a décrété, Monsieur, que, dans 
le nombre des encouragemens destinés aux sciences et 
aux arts, il en seroit réservé pour les jeunes élèves qu'on 
envoyé hors la France; l'assemblée a pareillement décrété 
des récompenses pécuniaires pour les artistes qui auroient 
illustré leur patrie. Le Comité des pensions étant chargé 
par l'Assemblée de lui présenter ses vues sur la distribu- 
tion de ces encouragemens et récompenses, il désire, 
Monsieur, que vous lui envoyiez le plus tôt possible, 
après en avoir conféré avec MM. de l'Académie, l'état des 
traitemens et pensions de ses différens membres, ainsi 
que celui des encouragemens donnés aux jeunes élèves 
qu'on envoyé à Rome. Le Comité recevroit avec satisfac- 
tion les plans et les idées de l'Académie sur la juste dis- 
tribution des grâces et des encouragemens que les artistes 
méritent et que la Nation a décrété de leur accorder. 

« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : Camus, président du Comité. » 

L'Académie a chargé son secrétaire de répondre à 
M. Camus, qu'empressée de satisfaire à l'objet de la lettre 
qu'il lui a adressée, elle en a délibéré et nommé sur le 
champ des commissaires pour s'en occuper sans délai. 

L'Académie a, en effet, nommé commissaires MM. Mi- 
que, Moreau, Guillaumot et Cherpitel, les chargeant de 
se retirer par devers Monsieur le comte d'Angivillers pour 

1. L'Assemblée avait voté sur le rapport du comité des pen- 
sions du 3i juillet (Tourneux, III, n° 13488, et Moniteur du 
2 août). Les séances qui suivent ici remplacent tous les com- 
mentaires. 



278 [i79° 

lui rendre compte de cette lettre, et, en déférant à ses 
observations, faire usage des registres et états qui seront 
communiqués par son secrétaire ou par les autres membres 
de l'Académie sur ses dépenses et les traitemens dont 
elle jouit, et de préparer sans délai les déclarations et 
observations qui sont à faire sur la lettre de M. Camus. 

L'Académie demande à ses commissaires que ce travail 
soit rédigé pour être soumis à sa délibération, le lundy i3 
de ce mois s'il est possible, ou tel jour prochain qui se- 
roit indiqué par lesdits commissaires, si Monsieur le 
comte d'Angivillers l'approuve, et attendu ses vacances, 
pour une assemblée extraordinaire, afin de les entendre 
sur la demande qui lui est adressée au nom de l'Assem- 
blée nationale. 



Assemblée extraordinaire du i3 e Septembre 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture par 
un des commissaires nommés à la séance précédente du 
rapport qui suit, du mémoire a présenter au Roi, de la 
lettre à M. le comte d'Angivillers, de l'état de la dépense 
de l'Académie royale d'architecture et de la lettre à Mon- 
sieur Camus, député à l'Assemblée nationale. Et il a été 
dit que copie de ces cinq pièces seroit portée sur le re- 
gistre, et qu'ensuite copie en seroit faite pour être, après 
avoir été signée par le secrétaire au nom de l'Académie, 
envoyée : savoir le mémoire à présenter au Roi et la lettre 
à M. le comte d'Angivillers, à M. Alique, — la lettre à 
M. Le Camus, signée de même, lui sera envoyée ainsi que 
l'état des dépenses, idem, signé par le secrétaire au nom 
de l'Académie. 

Les commissaires soussignés nommés par l'Académie 
dans sa séance du 6 de ce mois se sont transportés à 
Versailles auprès de M. le Directeur général des Bâtimens, 
auquel ils ont rendu le compte dont ils étoient chargés. 

Dans l'entretien que M. le comte d'Angivillers leur a 
accordé, il leur a marqué son affection et sa bienveillance 
pour l'Académie, et dit qu'il se chargeroit volontier de 



1790] 279 

présenter au Roy l'exposé que l'Académie jugeroit devoir 
faire à Sa Majesté dans les circonstances actuelles, se 
proposant de l'appuyer et d'en obtenir une prompte ré- 
ponse. M. le Directeur général leur a fait remettre l'état 
des dépenses et traitemens de l'Académie. 

Les commissaires se sont retirés et, ayant délibéré 
entre eux, ils sont d'avis que l'Académie doit adresser au 
Roy un mémoire contenant l'expression de la reconnois- 
sance dont l'Académie d'architecture est pénétrée pour 
les bontés et la protection dont Sa Majesté, ainsi que Ses 
augustes prédécesseurs, l'ont honorée depuis son établis- 
sement, et marquer à Sa Majesté l'espoir et la confiance 
que cette glorieuse protection lui sera conservée, la sup- 
pliant d'en donner à l'Académie de nouvelles assurances. 

Les commissaires pensent aussi qu'il doit être, par 
l'Académie, fait une lettre à M. le comte d'Angivillers 
pour le supplier de présenter au Roy le mémoire qui lui 
seroit envoyé, et d'approuver que l'Académie se rassemble 
de nouveau dans ses vacances, pour entendre la réponse 
qu'elle espère obtenir par l'effet de sa bienveillance. 

Ils sont encore d'avis que l'Académie doit adresser sans 
délai à M. Camus, président du Comité des pensions, 
l'état exact et détaillé des dépenses de l'Académie et des 
traitemens dont elle jouit, accompagnant cet état dune 
lettre pour remercier M. Camus de la disposition dans 
laquelle il a fait connoître qu'est l'Assemblée nationale et 
son Comité pour l'Académie et pour l'encouragement de 
ses élèves; et qu'elle assure ce député de son empresse- 
ment à se conformer aux vues et aux demandes qu'il 
forme, au nom du Comité qu'il préside. 

Les commissaires soumettent à l'examen et à la discus- 
sion de l'Académie, le projet de ces différentes pièces, 
qu'ils ont rédigé ainsi qu'il suit : 

Au Roy. 
« Sire, 
« Votre Académie d'architecture, à laquelle Votre Majesté 



280 [1790 

et Ses augustes prédécesseurs ont accordé une constante 
protection depuis son établissement en 1671, expose avec 
reconnoissance que les bienfaits et la confiance dont 
Votre Majesté l'a honorée et les encouragemens donnés 
à ses élèves ont essentiellement contribué à former des 
hommes célèbres dans cet art. Votre Académie, Sire, at- 
tend avec une respectueuse confiance que Vous daignerez 
lui conserver vos bienfaits. 

« Cette faveur, Sire, combleroit les vœux de Votre 
Académie d'architecture, dont le zèle pour le service de 
Votre Majesté et pour la gloire de Son règne ne se ralen- 
tira jamais. » 

Le lire à M. le comte d'Angivillers. 

« A Paris, le i3 septembre 1790. 
« Monsieur, 

« L'Académie royale d'architecture a entendu le rapport 
qui lui a été fait par ses commissaires; elle les avoit char- 
gés de vous soumettre les vœux qu'elle forme pour ob- 
tenir de Sa Majesté, par votre entremise, une nouvelle 
marque de Ses bontés et de Sa protection; le compte 
qu'ils ont rendu des dispositions que vous avez montrées, 
lui sont de nouveaux témoignages de votre bienveillance 
éclairée et vous assurent notre reconnoissance. 

« L'Académie vous prie, Monsieur, de présenter à Sa 
Majesté le mémoire qu'elle prend la confiance de lui 
adresser, espérant que vous voudrez bien l'appuyer et 
obtenir une réponse qu'elle recevra avec soumission. Elle 
vous demande aussi, Monsieur, d'approuver qu'elle se 
rassemble dans ses vacances pour entendre et se confor- 
mer aux intentions du Roy, aussitôt que vous les lui ferez 
connoître. 

« Nous sommes avec respect, Monsieur, votre très 
humble et très obéissant serviteur. 

« Les académiciens composant l'Académie 
royale d'architecture. » 



1790] 28 I 

État de la dépense de l'Académie royale d'architecture, 
des traitemens et encouragemens qui lui sont accordés. 

Le directeur perpétuel jouit d'un traitement an- 
nuel de 2,400 1. t. 

Chacun des seize académiciens, le secrétaire et 
les professeurs qui composent la i ro classe, a une 
pistole de présence aux assemblées, qui, déduc- 
tion faite des vacances, se réduisent à 40 par an, 
à 170 par séance, produit la somme de .... 6,800 

Les jetons sont distribués à raison de un par 
séance à chacun des 34 membres des deux classes, 
ce qui produit pour les 40 séances i,36o jetons, la 
somme de 2,448 

Au professeur d'architecture pour appointement, 
1,200. — Au même, en qualité d'historiographe, 
5oo. — Pour lui tenir lieu de son travail pendant 
les vacances de l'Académie, i5o. — Soit .... i,85o 

Au professeur de mathématiques, 1,200. — Pour 
son travail pendant les vacances de l'Académie, 
i5o. — Soit i,35o 

Au secrétaire perpétuel, 1,200. — Pour son tra- 
vail pendant les vacances de l'Académie, i5o. — 
Soit i,35o 

Dépense annuelle pour chauffage, lumière et 
autres frais sur le mémoire du secrétaire. . . . 2,000 

Il est accordé aux élèves une médaille d'argent 
chaque mois pour encouragement et tous les ans 
une médaille d'or pour le grand prix et une d'ar- 
gent pour l'accessit; la dépense de toutes lesquelles 
médailles est de 4bo 

L'élève qui a remporté le i cr prix au concours 
est ordinairement gratifié d'une pension pendant 
trois ans à Rome, mais ce n'est point l'Académie 
qui confère cette grâce : c'est un bienfait de Sa 
Majesté qui est accordé sur la demande de M. le 
Directeur général des Bâtimens. 

Aucun autre membre de l'Académie ne jouit, à 



282 [i79° 

titre d'académicien, d'aucune pension ny traite- 
ment. Le concierge a de gages par an 600 1. t. 

L'Académie a, en ce moment, un commis aux 
écritures avec attribution de 5oo par an, mais 
cette place ne subsiste qu'à titre de charité pour 
celui qui en est pourvu; elle sera, après lui, sup- 
primée 5oo 

Total 19,748 1. t. 

Ces frais sont quelquefois augmentés par quelques démarches 
ou dépenses extraordinaires, ce qui paroît comporter que la 
somme soit portée à 20,600 livres. 

Lettre à M. Camus, député à l'Assemblée nationale, 
président du Comité des pensions. 

« A Paris, ce i3 septembre 1790. 
« Monsieur, 

« L'Académie d'architecture s'empresse de répondre 
aux objets contenus en la lettre que vous lui avez fait 
parvenir par son secrétaire, en date du 3i du mois der- 
nier. Elle vous adresse, en ce moment, l'état de ses dé- 
penses et des attributions dont elle jouit; l'Académie 
supplie l'Assemblée nationale d'être persuadée de sa re- 
connoissance sur les dispositions dans lesquelles vous 
annoncez qu'elle est de répartir sur l'Académie et sur ses 
élèves les récompenses et les encouragemens destinés aux 
progrès des arts. 

« L'Académie d'architecture, toujours occupée du désir 
de servir la chose publique dans les circonstances où les 
talens qu'elle rassemble pourront être utiles, ne ralentira 
pas son zèle et donnera, autant qu'il lui sera possible, 
renseignement et l'exemple dans les arts qu'elle professe. 

« Dans le dessein de se conformer aux intentions de 
l'Assemblée nationale, l'Académie a nommé des commis- 
saires pour s'occuper, même pendant ses vacances ac- 



i79°J 2 &3 

tuelles, des moyens de répondre aux autres objets conte- 
nus en votre lettre. 

« Nous avons l'honneur d'être, Monsieur, vos très 
humbles, etc. 

« Les académiciens composant l'Académie 
d'architecture. » 

Ce qui avoit été décidé par l'Académie ayant été exé- 
cuté, et les envois faits, nous avons signé. 

M. J. Sedaine, Moreau. 



Jour de rentrée, ce lundi i5 e Novembre 1790*. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de ce 
qui est porté sur le registre, depuis et compris la séance 
du 7 e septembre jusqu'à ce jour. Ensuite, a été fait lecture 
de la lettre de M. le comte d'Angivillers à M. Mique, et 
de celle qui y étoit jointe, adressée à l'Académie par 
M. le comte d'Angiviller, pour être communiquée officiel- 
lement à l'Académie assemblée; laquelle lettre, inscrite 
cy après, est en réponse à celle présentée à M. le Direc- 
teur général par M. Mique qui, en même temps, lui a re- 
mis le mémoire porté sur le registre. 

Ensuite, a été fait lecture des statuts et règlemens, ainsi 
qu'il est ordonné, le jour de la rentrée après la Saint 
Martin. 

Sur la motion élevée par un académicien, il a été dit 
qu'à la séance prochaine, l'Académie s'occuperoit des 
travaux des commissaires pour donner suite et complé- 
ment aux demandes de M. Camus, président du Comité 
de constitution. 



1. Ont signé en novembre : Mique, Bellissart, de Bourge, 
Brongniart, Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, Hazon, 
Jardin, Leroy, Mauduit, Moreau, Paris, Rousset, Vien, Sedaine. 



284 L 1 79° 

« Versailles, 17 septembre 1790. 

« Quelque désir que j'aye, Monsieur, de faire connoître 
à l'Académie les sentimens que m'inspire sa lettre, j'ai 
pensé que, ma réponse ne pouvant être que provisoire 
jusqu'à ce que Sa Majesté se soit expliquée, il étoit peu 
utile de convoquer une assemblée extraordinaire et qu'il 
valoit mieux la remettre au moment où je serai dans le 
cas d'annoncer les intentions du Roi. Mais vos relations 
fréquentes avec Messieurs vos confrères vous donnant 
moyen de les tenir au courant, je crois devoir en profiter en 
vous passant la lettre que je destine à l'Académie et qui 
pourra y être présentée officiellement à la première assem- 
blée ordinaire ou extraordinaire, si la circonstance le 
demande. 

« J'ay l'honneur d'être, Monsieur, etc. 

« D'Angiviller. 

« Nota. — Cette lettre portée après la séance du i3 dé- 
cembre, et écrite sur le registre A, étant parvenue au se- 
crétaire de l'Académie pendant les vacances, il en a été 
envoyé copie certifiée à MM. les académiciens, ainsi qu'a 
paru le désirer Monsieur le Directeur général. » 



Ce lundi 22 e Novembre 1790. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au jugement 
du prix d'émulation, dont le programme est une gare, et 
le prix a été adjugé au s*" Le Normand, élève... Ensuite, 
elle a procédé au jugement du prix d'émulation; l'Aca- 
démie ayant décidé qu'il y auroit un second prix, le se- 
cond prix a été adjugé au sr Champion. 

Enfin, M. Moreau ayant continué la motion qu'il a 
faite à la séance précédente, cette motion a été suspen- 
due et M. Mique a été prié de solliciter M. d'Angivillcr 
pour obtenir la réponse dont il a flatté l'Académie dans 
sa lettre en date du 17 septembre 1790. 



1790] 285 

Ce lundi 29e Novembre 1790. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre, inscrite cy après en réponse à la délibération de la 
séance précédente; et il a été décidé par scrutin qu'il 
seroit écrit à M. Camus, président du Comité des pen- 
sions, une lettre, laquelle sera rédigée par MM. Ha^on, 
Le Roi, Brongniard et Paris. Il sera, par les mêmes com- 
missaires, rédigé une lettre à M. le comte d'Angivillers 
en réponse à celle inscrite cy devant : lesquelles lettres 
seront mises sous les yeux de l'Académie à la séance 
prochaine. Il a été dit ensuite, qu'à cette même séance, 
les prix d'émulation seront distribués aux élèves qui les 
ont remportés. 

« Versailles, le 28 novembre 1790. 

« Je me justifie, Monsieur, aisément à moi même, le 
désir vif dont l'Académie est préoccupée pour obtenir la 
réponse du Roi sur le mémoire que j'ai porté sous les 
yeux de Sa Majesté, avec le zèle et l'empressement que 
la Compagnie pouvoit attendre de moi. Je vous avouerai 
cependant que je serois étonné que ce juste désir lût 
poussé jusqu'à l'inquiétude. La disposition que Sa Ma- 
jesté a marquée de la conserver sur l'état de ses dépenses 
personnelles' a, ce me semble, été bien confirmée par le 
payement qu'elle a fait faire, sur la liste civile du quar- 
tier de juillet 1790, des appointemens et des dépenses at- 
tachées de tout temps à l'Académie. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre... 

« D'Angiviller. » 



Ce lundi 6e Décembre 1790 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 

1. Il s'agit probablement des discussions relatives à la liste 
civile qui allait être décrétée en 1791 - 

2. Ont signé en décembre : Mique, Bellissart, Bossut, de 
Bourge, Brébion, Brongniart, Cherpitel, Couture, Franque, 



286 [i79° 

lettre adressée à Monsieur le comte d'Angivillers, et il a 
été dit que M. Sedainc. la signeroit au nom de l'Académie. 
Enfin, les prix ont été distribués aux élèves qui les ont 
remportés dans le cours de l'année académique et ensuite 
jusqu'à ce jour. 



Ce lundy i3° Décembre 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été décidé que les 
académiciens seroient invités, par une lettre expresse, de 
se rendre à la séance prochaine pour les affaires qui in- 
téressent l'Académie. 

Enfin, il a été dit que copie de la lettre dernière, en- 
voyée à M. le comte d'Angivillers par l'Académie, seroit 
portée sur le registre, ainsi que toutes les lettres concer- 
nant l'affaire et l'état présent de l'Académie. 

Lettre de V Académie à M. le comte d'Angivillers. 
« Monsieur, 
« L'Académie, sensible aux marques d'aflection que vous 
avez bien voulu lui faire parvenir par M. Mique, a l'hon- 
neur de vous en offrir ses remercîmens et de vous répé- 
ter que ses vives sollicitudes sont la preuve du désir 
qu'elle a de rester toujours sous la protection immédiate 
du Roi, ainsy que de jouir, pour elle et pour ses élèves, 
des bienfaits que Sa Majesté y a répandus jusqu'à ce jour. 
Mais la certitude de cette signalée protection mettroit le 
comble au bonheur de l'Académie, et votre lettre, Mon- 
sieur, lui fait espérer que vous voudrez ne pas perdre de 
vue les moyens qui pourront lui en donner l'assurance. 

« Nous sommes avec respect, Monsieur, vos très 
humbles, etc. 

« Signé : Sedaine, chargé par l'Académie de signer 
en son nom. 
« Ce 6 décembre 1790. » 

Hazon, Jardin, Leroy, Moreau, Paris, Raymond, Roussct, 
Trouard, Vien, Sedaine. 



i79°] 2 ^7 

« Versailles, le 17 septembre 1790. 

« Le soin que j'ai toujours pris, Messieurs, de vous té- 
moigner les sentimens qui m'attachent à votre Compa- 
gnie, vous garantit, j'ose le croire, l'empressement avec 
lequel je répondrai à votre désir, en présentant au Roi le 
vœu consigné dans votre délibération du i5 [i3?] de ce 
mois. Sa Majesté n'a besoin que d'elle pour apprécier ce 
vœu. Je me tiens véritablement honoré de la confiance que 
la Compagnie me témoigne en me rendant son organe et je 
serai sensiblement heureux si je me vois autorisé à trans- 
mettre une décision qu'il est permis de prévoir, si Sa Ma- 
jesté peut ne consulter que Son estime pour l'Académie 
et Ses dispositions constantes pour les progrès de l'archi- 
tecture, ainsi que l'étude vraiment éclairée de ses prin- 
cipes à la faveur de l'école distinguée que les élèves 
trouvent gratuitement dans l'Académie, indépendamment 
de la pratique qu'ils acquièrent, en s'attachant à suivre 
les travaux de chaque académicien. Ces détails sont si 
parfaitement connus du Roi, que je n'aurai point à les Lui 
retracer, et ce ne sera que de Sa Majesté même qu'éma- 
nera la décision. 

« J'ai l'honneur d'être très parfaitement, Messieurs, 
votre très humble et très obéissant serviteur. 

« Signé : d'Angiviller. 

« A Messieurs de l'Académie d'architecture. » 



Ce 20e Décembre 1790. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de M. Bellisard, adressée à l'Académie, laquelle 
sera inscrite cy après, ainsi que la réponse que lui fera 
M. le secrétaire pour le remercier des offres qu'il fait 
d'être utile à l'Académie, dans les contrées qu'il va par- 
courir. 



288 [i79° 

M. Mique s'est chargé d'écrire pour que l'Académie se 
rende au renouvellement de l'année 1 . 

« Paris, le 12 décembre 1790. 
« Monsieur,' 

« Monsieur le comte d'Angivillers ayant bien voulu 
m'accorder un congé pour voyager, je vous prie de faire 
part à Messieurs les académiciens assemblés que je vais 
continuer les recherches sur les antiquités que j'ai com- 
mencées dès l'année 1783; si, par la suite, la Compagnie 
présumoit que, dans les différentes contrées que je vais 
parcourir, il se trouvât quelques objets dignes de ses re- 
marques et qu'elle présumât aussi que je pusse remplir 
ses vues, je vous prie, Monsieur, de lui témoigner mon 
respectueux dévouement pour tout ce qui pourra l'inté- 
resser. J'ai l'honneur d'être très parfaitement, Monsieur, 
votre, etc. 

« Signé : Bellisard. » 

A M. Sedaine, 
secrétaire perpétuel de l'Académie d'architecture. 

« Paris, ce 21 décembre 1790. 
« Monsieur, 
« J'ai eu l'honneur de faire, à la séance de l'Académie, 
lecture de la lettre dont vous me priez de faire part à 
MM. les académiciens. L'Académie m'a chargé de vous 
répondre pour vous remercier des offres que vous lui 
faites de lui être utile dans les contrées que vous allez 
parcourir : elle désire profiter de vos observations, et vous 
souhaite un heureux retour. J'ai l'honneur d'être, Mon- 
sieur, votre, etc. 

« Signé : Sedaine. » 

1. Sur toute cette période et celle qui suit, voir l'Introduction. 



79i] 289 



1791 



Ce lundi io° Janvier 1791 ^. 

L'Académie étant assemblée, la mort de M. Potain, 
académicien de première classe, a été notifiée. Ensuite, 
M. Le Roi a lu le programme du prix d'émulation, lequel 
est un corps de garde; et l'Académie a vu les desseins qui 
ont été exposés et qui doivent être jugés à la séance pro- 
chaine. 



Ce lundi 17e Janvier 1791. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
projet de règlement 2 , en conséquence de la nomination 
faite de commissaires, en date du 14e juin 1790, pour tra- 
vailler à la perfection des statuts à proposer à l'Académie ; 
et il a été dit qu'il seroit fait plusieurs copies de ces règle- 
mens, afin qu'elles soient communiquées aux académi- 
ciens, et afin de mettre à portée de faire sur ce travail 
des observations réfléchies qui puissent être présentées à 
l'Académie lors de ses séances. 

Enfin, a été décerné le prix d'émulation, dont le pro- 
gramme est un corps de garde national, et le prix a été 
accordé au sr Le Vasseur, élève de l'Académie. 



1. Ont signé en janvier : Mique, Antoine, de Bourge, Bron- 
gniart, Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Peyre, Rous- 
set, Trouard, Vien, de Wailly, Sedaine. 

2. Voir ci-dessus, p. 271, et ci-après, p. 292. 

ix 19 



2 9° {J79 1 

Ce 21e Janvier 1791. 
« A M. Mique. 

« Il m'est impossible, Monsieur, de ne pas vous charger 
de ramener l'Académie à des réflexions qui semblent lui 
échapper, ou, qu'en tout cas, elle néglige. Il s'agit d'une 
infraction de ses statuts, contre laquelle je crois devoir à 
l'Académie elle même de réclamer, parceque le fait tient 
à l'ordre et à la décence dont je croirai toujours que 
l'exemple doit se retrouver sans cesse dans les compa- 
gnies. 

« Je veux parler d'assemblées particulières et étrangères 
à tous devoirs communs, à toutes fonctions académiques, 
et qui cependant se convoquent et se tiennent dans les 
salles communes et à des jours arbitraires, sans aucun 
vœu, sans aucun concours de l'Académie'. 

« Ce procédé est textuellement contraire aux statuts; 
ceux cy peuvent être susceptibles de modifications, et sur 
cela j'ai été au devant du désir de l'Académie dès l'ins- 
tant où je l'ai entrevu; depuis près d'un an j'attends son 
travail. Mais tant que les statuts existeront, ils resteront 
dans la classe des loix qui doivent être exécutées jusqu'à 
leur abrogation : c'est un principe, c'est une vérité dont 
chaque jour reproduit la confirmation. 

« Tous les membres de l'Académie sont instruits que 
le mode des assemblées, les jours de leurs tenues sont 
textuellement déterminés, que nulle assemblée extraor- 
dinaire ne peut avoir lieu sans un aveu spécial et que les 
salles ne peuvent être occupées que par des assemblées 
régulières, soit de l'Académie vaquant à ses séances 
propres, soit des commissaires qu'elle délègue pour des 
discussions préparatoires. Ces deux cas exceptés, l'Aca- 

1. Angiviller peut faire allusion à des réunions tenues pour 
la rédaction d'un projet de règlement présenté à l'Assemblée 
nationale, le 14 février 1791, par quinze membres de la Com- 
pagnie. Tourneux, t. III, n° 19845. 



1791] 2 9 l 

demie ne peut connoître ny avouer aucune assemblée 
privée dans les salles; elle ne doit pas même les tolérer, 
puisque, dans l'intérieur de son régime, elle a la surveil- 
lance première et immédiate de l'exécution de ses statuts, 
et, lorsqu'elle en maintiendra l'autorité et l'effet, elle y 
sera d'autant plus fondée sur le fait particulier des as- 
semblées privées qu'elle ne blessera, en aucun sens, la 
liberté que peut prétendre et avoir chaque académicien 
de réunir un nombre quelconque de ses confrères chez 
lui ou en tout autre lieu indépendant; la véritable liberté 
ne pouvant s'étendre qu'à ce qui n'entraîne aucune viola- 
tion des règles qui, je le répète, ne peuvent perdre leur 
caractère et leur empire que par une abrogation. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et 
très obéissant serviteur. 

« D'Angiviller. » 



Ce lundi 24e Janvier 1791. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre cy devant transcrite sur le registre, laquelle lettre 
rappelant les loix des statuts, chacun n'a démontré que 
le vœu de s'y conformer. 

Enfin, il a été observé par un académicien que la com- 
mission chargée de proposer des changemens aux statuts 
avoit été nommée illégalement d'après ces mêmes statuts, 
lesquelles observations seront discutées aux séances pro- 
chaines. 



Ce lundi 3ie Janvier 1791. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre adressée à M. Mique { pour être notifiée à l'Acadé- 

1. Encore une lettfe interminable pour une question très 
simple. Sur l'article 36 des statuts de 1775, cf. Procès-verbaux, 
t. VIII, p. 250-260, et appendice, p. 404. 



2 9 2 [i 791 

mie, laquelle lettre sera inscrite cy après : cette lettre est 
relative aux réflexions faites par quelques membres de 
l'Académie sur les nominations des commissaires pour 
dresser un projet de nouveaux statuts. Il paroît que ces 
réflexions n'ont pas été saisies dans leur vrai sens. 

L'Académie a observé qu'aucun de ces commissaires 
n'ayant signé le projet, ce travail ne peut être considéré 
comme celui de la commission; elle s'est arrêtée à ce qui 
a été dit dans ses séances précédentes que, sans attribuer 
à cet ouvrage aucune influence, il en seroit remis des co- 
pies à tous les membres de l'Académie et que chacun 
feroit des notes et observations sur l'objet. 

Ces copies se trouvant faites, M. Mique en a remis une 
à chacun des académiciens présens; les autres copies sont 
demeurées au secrétaire, qui s'est chargé de les faire par- 
venir aux académiciens qui sont absens. 

Copie de la lettre de Monsieur d'Angiviller à M. Mique. 

« A Paris, le 29 janvier 1791. 

« J'aurois cru, Monsieur, faire injure à l'Académie si 
j'avois pu douter un instant du sentiment qu'elle adopte- 
roit sur les réflexions que ma lettre du 21 de ce mois 
vous engageroit à lui proposer de ma part; je me flatte 
qu'elle y aura distingué mon attachement pour la Com- 
pagnie autant que le résultat des devoirs du titre que je 
m'honore de remplir auprès d'elle. C'est avec les mêmes 
sentimens que je viens de méditer la question qui s'élève 
sur le sort éventuel du travail dont se sont occupés 
MM. les commissaires nommés le 14 juin 1790, pour pré- 
parer la composition de nouveaux statuts. 

« Cette question n'est devenue intelligible pour moi 
que par les détails que vous m'avez donnés; car elle n'est 
pas même énoncée (et sans doute par le fait du copiste 
du secrétariat) dans la copie souscrite par M. Sedaine de 
l'arrêté académique du 24 de ce mois; mais puisque vous 



1791] 2g3 

y avez suppléé, j'emprunte votre canal, Monsieur, pour 
transmettre à l'Académie mon opinion telle que je la dé- 
duirois si, dans la séance où la matière se traitera, j'avois 
à y porter ma voix délibérative. 

« Il me paroît que l'opinion à discuter porte sur le point 
de savoir si le travail de MM. les commissaires est ad- 
missible ou s'il ne doit pas être regardé comme nul ou 
au moins comme non avenu, par la raison qu'une partie 
des commissaires est prise parmi les membres que les 
statuts actuels dans leur article 36 n'admettent point à la 
voix délibérative. 

« Je reprends cet article 36 des statuts et j'y vois que 
les académiciens architectes de la i r e classe et les trois 
plus anciens honoraires associés libres auront seuls voix 
délibérative sur les affaires de l'Académie autres que celles 
relatives à l'art et aux élections. 

« Dès l'instant même de la promulgation des statuts, 
cet article exigea une juste modification en faveur des 
académiciens de la seconde classe existant alors et qu'il 
étoit injuste de priver d'un avantage dont ils avoient joui 
jusque là. Le Roy y pourvut par une décision formelle 
que je transmis alors à l'Académie, et je vois, par la chro- 
nologie que me fournissent les almanachs royaux, qu'en 
partant des statuts et de la décision qui en a modifié l'ar- 
ticle 36, il y avoit, au mois de janvier 1790 (époque du 
commissariat devenu litigieux), et il y a encore dix aca- 
démiciens de la seconde classe sans activité quant à la 
voix délibérative dans les cas prévus; que c'est néanmoins 
parmi eux qu'on a choisi quatre des membres du commis- 
sariat pour préparation de nouveaux statuts, tout comme 
parmi les associés libres on a choisi M. Vien qui, par son 
rang même dans cette classe, est dans le cas prohibitif de 
l'article 36 des statuts. 

« Ainsi donc, au premier aspect et en se fixant sévère- 
ment à l'idée d'affaire académique étrangère à l'art, étran- 
gère aux élections, je vois cinq membres dont l'inhabileté, 



-<U [1791 

quant à l'émission d'une voix délibérative hors les cas 
prévus, n'est sans doute pas équivoque. 

« Mais cette inhabileté peut se communiquer, s'étendre 
ii la qualité et aux fonctions de commissaires pour quelque 
affaire que ce puisse être. Voilà, ce me semble, dans l'es- 
pèce où nous sommes, la question qu'il s'agit d'approfon- 
dir et de discuter pour la résoudre dans le sens qui lui 
est propre. Et pour arriver à ce terme, il faut, je crois, se 
faire d'abord une idée nette et précise de ce que sont des 
commissaires : je n'y aperçois que des personnes choisies 
pour examiner dans le froid et la tranquillité du cabinet, 
pour préparer un travail, et secondairement un avis sur 
la matière qui lui est confiée. 

« Sans doute leur travail, leur opinion peuvent, lors de 
l'examen qui s'en fait, être adoptés par tous ceux qui l'ont 
requis ou par la majorité ; mais il est également vrai qu'ils 
peuvent être ou modifiés ou même rejetés entièrement, 
et de là il me paroît, je l'avoue, résulter évidemment que 
l'aptitude des commissaires qu'une Compagnie choisit 
dans son sein se décide par le seul fait de leur nomi- 
nation. 

« Cette nomination ne confère d'autre caractère que 
celui de consultant, comme le sont tous les jurisconsultes 
ou autres personnes auxquels, dans l'ordre commun, on 
propose les questions sur lesquelles on désire s'éclairer. 
La matière des statuts tenant singulièrement à la législa- 
tion, il auroit pu arriver très naturellement que l'Acadé- 
mie la déférât à des hommes de loi; ils n'eussent pas été 
des commissaires dans le sens propre aux usages de l'Aca- 
démie, mais leur travail auroit eu le même résultat; ils 
auroient usé entre eux, comme des commissaires propre- 
ment dits, de la voix délibérative. Cette voix purement 
relative n'eût pu devenir impérieuse pour l'Académie, qui 
auroit demandé non pas une décision, mais un simple 
avis soumis à cette délibération positive qui seule peut 
en régler le sort, comme je viens de l'expliquer, mais sans 



1791] 2Q5 

emprunter un système de nullité qu'on ne peut raisonna- 
blement proposer sur le fait dont est question. 

« Si mes idées sont justes, comme elles me le paroissent, 
je ne vois point de motifs pour regarder comme non avenu 
le travail des commissaires nommés pour la modification 
des statuts, et j'appuierai mon opinion de la réflexion 
particulière qu'en considérant le commissariat par les 
qualités de ses membres dans l'Académie, je ne vois que 
cinq membres réputés inhabiles, à côté de sept dont les 
facultés ne laissent aucun doute, et qu'en supposant, de 
la part de ce commissariat, l'émission d'un vœu à prendre 
pour règle de décision, la plus que majorité se trouve du 
côté des délibérans qui jouissent de la faveur du règle- 
ment. 

« Je passe maintenant à une considération encore plus 
pondérante, parcequ'elle tient essentiellement à la justice 
que les membres de l'Académie se doivent respectivement 
toutes les fois qu'il s'agit du droit propre à chaque indi- 
vidu; et c'est bien là l'espèce dont il est question, puisque 
les statuts, les loix qui doivent régir une compagnie sont 
nécessairement susceptibles du vœu de chacun de ceux 
qui sont admis à en subir l'effet. 

« Ainsi, en cherchant et en reconnoissant sans peine ce 
que l'article 36 des statuts actuels a eu pour objet, quand 
il a réservé à un nombre spécifié la voixdélibérative sur 
les affaires de l'Académie, il est sensible que, sous cette 
désignation d'affaires de l'Académie, il n'est question que 
de ces arrangemens propres à la manutention, au régime 
privé, et point du tout de cette affaire générale qui n'étoit 
point à prévoir et qui, par son rapport absolu à l'intérêt 
individuel de chaque membre, doit être délibérée entre 
tous, recevoir le vœu de tous sans exception, surtout 
dans une circonstance où c'est la Compagnie elle-même 
qui projette les règlemens qu'elle désire, au lieu que, s'il 
s'agissoit d'une institution première, purement émanée du 
Roy, les conditions dépendroient uniquement de Sa Ma- 



296 [179 1 

jesté et ne laisseroient à ceux qui désireroient profiter de 
l'institution que le choix de suivre l'effet de leur désir ou 
de l'abandonner, si le régime ne correspondoit pas à leurs 
vues. 

« Vous voyez, Monsieur, par l'exposé que je viens de 
faire de mes idées, de mes réflexions, qu'il m'est impos- 
sible de me plier à l'idée que le travail des commissaires 
sur les statuts doive être regardé comme nul ou comme 
non avenu. Considéré dans la vérité des principes légaux, 
il ne peut pas être déclaré nul; considéré dans son objet, 
il ne doit pas être réputé non avenu avant d'avoir été 
examiné, puisque, sans cela, on ne peut pas prononcer 
s'il est bien conçu, s'il est bien adapté à la matière, et 
que le rejeter avant tout c'est offenser gratuitement des 
confrères qui n'ont pu ni dû craindre cette mortification. 
C'est se livrer à des délais peut être déjà trop prolongés 
et qu'on auroit à regretter si l'ouvrage rejette se trouve 
bien fait. Comme il m'est inconnu, les opinions que j'ai 
énoncées en sont d'autant plus franches et plus libres. Je 
me permettrai d'y ajouter un mot : ce sera pour engager 
l'Académie à réfléchir que ceux de ses membres qui 
élèvent la question sur la validité du commissariat de 
1790 ont attendu bien tard pour produire cette difficulté 
et qu'il leur seroit très difficile de l'appuyer sur ma lettre 
du 21 de ce mois. 

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre, etc. 

« Signé ; d'Angiviller. » 



Ce lundi 7 e Février 1791'. 

L'Académie étant assemblée, il a été procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une 

1. Ont signé en février : Mique, d'Arnaudin, de Bourge, 
Brébion, Chalgrin, Cherpitel, Couture, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Heurtier, Jardin, Leroy, Lespée, Mauduit, Moreau, 
Peyre, Rousset, Vien, de Wailly, Sedaine. 



1791] 297 

orangerie, et le prix a été adjugé au sieur La Gardette, 
élève. [(Note postérieure :) Le sieur La Gardette a reçu 
ce prix.] 



Ce lundy 14 e Février 1791. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre signée Pajou, Barbier l'aîné et Vincent, de l'Acadé- 
mie de peinture et de sculpture, par laquelle ils prient 
M. Sedaine de distribuer à chacun des membres de l'Aca- 
démie d'architecture un imprimé intitulé : Adresse et pro- 
jet de statuts et reglemens pour l'Académie générale de 
peinture, sculpture, gravure et architecture, etc., et la dis- 
tribution a été faite*. 

Enfin, il a été dit que l'Académie d'architecture sera 
convoquée pour, à la séance prochaine, nommer un aca- 
démicien de seconde classe pour passer à la première et 
un architecte pour être élu académicien. 



Ce lundi 2i« Février, 1791. 

L'Académie étant assemblée, après lecture faite des ar- 
ticles des reglemens qui établissent le régime des élec- 
tions, il a été procédé à la nomination de trois académi- 
ciens de la seconde classe, pour qu'il plaise à Sa Majesté 
en choisir un pour son admission à la première classe, 
et, par les trois scrutins successifs, MM. Chalgrin, Jardin 
et Guillaumot ont été nommés. 

Ensuite, l'Académie a procédé à la nomination de trois 
architectes aspirans : par scrutin, l'Académie ayant fait 
choix de six, qui sont MM. d'Arnaudin, Célerier, Renard, 
Trouard, Le Moine et Huvé, de ces six, par le premier 
scrutin, M. d'Arnaudin a été nommé, par le second, M. Re- 
nard et par le troisième, M. Célerier. Ainsi les sieurs Ar- 

1. Cf. Procès-verbaux de l'Académie de peinture, t. X, p. 3g- 
97, passim. 



298 [i 791 

naudin, Renard et Célerier sont ceux nommés pour qu'il 
plaise à Sa Majesté en choisir un. 



Ce lundi 28 e Février 1 791 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
lettre de Monsieur le Directeur général, qui sera inscrite 
cy après; laquelle notifie à l'Académie que, des trois 
académiciens de seconde classe, Sa Majesté a choisi 
M. Chalgrin pour monter à la première, et que des trois 
architectes choisis par l'Académie Sa Majesté nomme 
M. d'Arnaudin* pour remplir dans la seconde classe [la 
place] qui lui est assignée. 

MM. de l'Assemblée délibérante, composée des membres 
de l'Académie royale de peinture et sculpture, ayant en- 
voyé à MM. les membres de l'Académie d'architecture un 
imprimé intitulé : Adresse et projet des statuts et reglemens 
pour V Académie centrale de peinture, etc., M. Sedaine a été 
chargé par l'Académie de remercier MM. de l'Assemblée 
délibérante de leur attention à leur envoyer ce projet, 
etc. 

Enfin, le sieur Pierre Jean Le Fièvre, maître charpen- 
tier, présenté par M. Franque, a offert le plan d'un mou- 
lin à bled de son invention, et l'Académie a nommé com- 
missaires pour en faire rapport MM. Mauduit et Jardin. 

Copie de la lettre de Monsieur d'Angivillers 
à M. Mique. 

« Paris, le 27 février 1791. 
« Le Roy, Monsieur, sous les yeux de qui j'ai mis les 
noms de MM. les artistes qui ont réuni le plus de suf- 
frages pour les places vacantes en son Académie d'archi- 
tecture, ayant fait choix de M. Chalgrin pour remplir, 

1. D'Arnaudin a fort peu marqué. 



1790 299 

dans la première classe, la place vacante par le décès de 
M. Potain, et de M. d'Arnaudin pour remplir, dans la se- 
conde classe, la place vacante par la promotion de 
M. Chalgrin de cette classe à la première, je vous informe 
des intentions de Sa Majesté, afin qu'à la prochaine as- 
semblée de l'Académie vous puissiez faire procéder à la 
réception et installation, suivant l'usage, de ces deux nou- 
veaux membres, chacun dans la place qui lui est assignée. 
« J'ai l'honneur d'être, etc. 

« Signé : D'Angiviller. » 



Ce lundi 7e Mars 1791'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait rapport, par 
MM. Mauduit et Jardin, d'une nouvelle disposition de 
roues horizontales placées au dessous de la surface des 
courans et destinées à faire mouvoir des moulins, même 
pendant la prise des glaces, ainsy que d'un autre projet 
de pyramide tronquée proposée pour être substituée aux 
cônes de Cherbourg' 1 , le tout inventé et présenté par le 
s r Fièvre, maître charpentier à Paris. 

Et il a été dit que ledit rapport seroit remis sous les 
yeux de l'Académie. 



Ce lundy 14 e Mars 1791 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait une seconde 
lecture du rapport de MM. Mauduit et Jardin rédigé 
d'après les réflexions de l'Académie faites à la séance pré- 
cédente, et ledit rapport a été approuvé. 

1. Ont signé en mars : d'Arnaudin, de Bourge, Chalgrin, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Moreau, Rousset, Trouard, de Wailly, Sedaine. 

2. Il s'agit des cônes de l'ingénieur de Cessart, dont le der- 
nier venait d'être posé en 1788 et auxquels on renonça. Il est 
question de travaux au port de Dieppe (cf. page suivante) en 
1791. Tourneux, n° i5o6i, et Moniteur, t. VIII, p. 528, 



3oo [ i 791 

Ce lundi 21 e Mars 1791. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite du pro- 
gramme des desseins qui concourent pour le prix d'ému- 
lation, lequel est un labirinthe, et, après l'examen des 
projets, le prix, par scrutin, a été adjugé au s r Protain. 

Ensuite, a été fait lecture d'un mémoire du s r Le Fièvre, 
maître charpentier, auquel est joint un plan explicatif du 
projet qu'il propose, tendant au nettoiement du port de 
Dieppe et de Fécamp, dont l'encombrement est tel que, 
suivant le dire du mémoire, on propose la construction 
de nouveaux ports. 

Et, après la lecture dudit projet, l'Académie a nommé 
commissaires pour en faire rapport MM. Mauduit et Jar- 
din. 



Ce lundi 28 e Mars 1791. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port de MM. Mauduit et Jardin, commissaires nommés 
pour l'examen de l'invention de M. Le Fièvre, maître 
charpentier, par laquelle invention il propose de curer 
les ports de mer et de débarrasser les fleuves et rivières 
des sables qui obstruent et dérangent le cours des eaux, 
et, après l'examen des plans qui sont joints au mémoire 
et d'après lesquels le rapport a établi ses réflexions, l'Aca- 
démie a approuvé ledit rapport. 



Ce lundy 4« Avril 1791 '. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi, professeur, a 
dit que, dans la séance du concours pour les desseins du 

1. Ont signé en avril : d'Arnaudin, de Bourge, Chalgrin, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Moreau, Rousset, Vien, Sedaine. 



179O 3oi 

prix d'émulation (lequel est un cabinet d'histoire natu- 
relle consacré à l'étude de la botanique), un seul des élèves 
ayant rendu et ne désirant pas concourir, il a demandé 
que simplement l'Académie eût la bonté d'examiner son 
travail, ce qui a été fait, et l'Académie en a paru si sa- 
tisfaite qu'elle a demandé le nom de l'élève pour être 
porté sur le registre, et c'est le sieur Bergognon. 



Ce lundi ne Avril 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi a fait lecture 
du programme pour le concours au prix d'émulation, le- 
quel est le cénotaphe d'Honoré Riquetti Mirabeau à éle- 
ver à Marseille*, dont il étoit le député à l'Assemblée na- 
tionale. Et l'Académie, après avoir examiné les desseins, 
a dit qu'ils seroient jugés à la rentrée de Pâques. Enfin 
M. Le Roi a prié les académiciens de jeter les yeux sur 
les desseins des étudians qui aspirent à être nommés 
élèves. 



Ce lundi 2« May 1791 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait une seconde 
lecture du programme du prix d'émulation, et le prix a 
été donné au s*" La Gardet. [(Note postérieure :) Le sieur 
La Gardette a reçu son prix.] 

Ensuite, M. Le Roi a prié l'Académie de juger les des- 
seins des jeunes gens non déclarés élèves 3 , pour que, s'ils 

1. Mirabeau était mort, le 2 avril, député d'Aix, non de Mar- 
seille. 

2. Ont signé en mai : Mique, d'Arnaudin, de Bourge, Bré- 
bion, Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, 
Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Paris, Peyre, 
Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 

3. L'Académie avait décidé plus d'une fois que seuls les 
élèves régulièrement inscrits seraient admis à concourir (sta- 
tuts, art. l à lvii; règlement, préambule et art. 1 à 8). 



3o2 [1791 

méritent l'attention de l'Académie, ils puissent comme 
élèves concourir aux grands prix, et après l'examen des- 
dits desseins l'Académie a dit que les sieurs Vanderhaèn 
et Jussaud pourroient être admis à concourir sous le nom 
de M. Le Roi, professeur d'architecture. 

Il a été dit, enfin, que l'Académie seroit convoquée 
pour donner, lundy 9 e may, à huit heures précises du 
matin, le programme des grands prix. 



Ce lundy 9e May 1791, 
à huit heures précises du matin. 

L'Académie étant assemblée pour donner le programme 
des grands prix, des six projets proposés qui ont le plus 
de voix par le recensement du scrutin, l'Académie, sans 
employer un second scrutin pour déterminer lequel des 
six qui ont eu le plus de voix aura la préférence, a choisi 
celui des six projets proposés qui a eu le plus de voix, et 
c'est la galerie publique d'un palais. 

Ensuite, par le scrutin, ont été nommés commis- 
saires pour la composition du programme MM. Boullée, 
Trouard, Peyre et Paris, et, après leur travail et lecture 
faite dudit programme et approbation d'icelui, l'Acadé- 
mie propose à ses élèves le programme qui suit. L'Aca- 
démie donne à ses élèves pour sujet du prix de l'année 
1791 : 

Le plan et les coupes de la galerie publique d'un pa- 
lais. Cette galerie sera supposée au premier étage, elle 
sera précédée d'une salle des gardes, d'un vestibule au 
premier étage, d'un grand escalier et d'un premier vesti- 
bule à rez de chaussée. 

La galerie aura cinquante toises de longueur, les autres 
dimensions, tant de la galerie que des autres pièces, se- 
ront à la volonté des élèves. 

L'Académie demande un plan, une coupe sur la lon- 
gueur de la galerie et une sur sa largeur, et, dans le cas 



i 79 r 3 3o3 

où ces deux coupes ne pourroient rendre compte de la 
décoration de toutes les pièces qui composeront ce pro- 
jet, l'Académie demande les décorations particulières de 
chacune d'elles. 

Les esquisses seront sur une échelle de trois lignes pour 
toise, l'échelle des desseins au net sera d'un pouce pour 
toise; les desseins seront rendus au professeur et expo- 
sés dans les salles de l'Académie, le lundi 22 aoust, à 
huit heures du matin. 



Et ce mardi 10 e May 1791, 
à dix heures du matin. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du pro- 
gramme donné pour le grand prix. Ensuite MM. les com- 
missaires nommé pour l'examen des esquisses ont fait 
part de leurs réflexions sur la conformité des esquisses au 
programme donné, et, après examen, les quinze projets 
exposés ont été conservés pour être examinés de nou- 
veau, et, de ces quinze, l'Académie en a choisi par le 
scrutin neuf, lesquels sont B, I, L, A, E, K, N, F, G, 
dont les auteurs sont les sieurs La Gardette, Protain, 
Bergognion, Bellot, Normand, La Barre, Dubois, Le Vas- 
seur et Dubut, lesquels concourront pour le grand prix ; 
et ces élèves rendront leurs desseins au net, le lundi 
22e aoust 1791, à huit heures précises. 



Ce lundy 16 May 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi, professeur, a 
lu un chapitre de son cours d'architecture, dont il a fait 
lecture à ses élèves, sur la manière dont les anciens dis- 
tribuoient leurs édifices en général, et surtout sur la ma- 
nière dont ils les éclairoient 1 . 

1. Le cours (cf. ci-après, p. 304-307) n'a pas été publié. 



304 [1791 

L'Académie l'a écouté avec plaisir et a reconnu que ce 
chapitre ne pouvoit paroître qu'avec avantage dans le 
cours d'architecture qu'il espère de livrer un jour à l'im- 
pression. 



Ce lundi 23 e May 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté la 
demande des élèves sur le changement de l'échelle d'après 
laquelle le programme de l'Académie leur prescrit de 
rendre les desseins des grands prix, et, après l'examen du 
programme donné et après avoir été aux voix, par le scru- 
tin, l'Académie a décidé que l'échelle du plan seroit de 
six lignes, sans rien changer aux autres conditions du pro- 
gramme. 



Ce lundi 3o e May 1791. 

L'Académie étant assemblée, elle a procédé au juge- 
ment du prix d'émulation, dont le programme est une co- 
lonne rostrale élevée à l'entrée d'un port de mer et ser- 
vant de phares pour éclairer les vaisseaux, et, par scrutin, 
l'Académie a adjugé le prix au sieur Normand, élève. 



Ce lundi 5 e Juin 1791 1 . 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Le Febvre, ancien élève de l'Académie et in- 
génieur des ponts et chaussées, par laquelle il demande à 
l'Académie de lui accorder la place de son correspondant 
dans la cy devant généralité de Caen 2 . 

1. Ont signé en juin : d'Arnaudin, de Bourge, Brébion, Bron- 
gniart, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Moreau, Paris, Raymond, Rousset, 
Vien, Sedaine. 

2. Lefèvre avait déjà paru en 1774 (Procès-verbaux, t. VIII, 
p. 182, i83). 



1 79 r 1 ^o5 

L'Académie a vu avec plaisir la demande de M. Le 
Febvre, et lorsque les circonstances le lui permettront elle 
fixera son attention sur la lettre dont elle a entendu la 
lecture et à laquelle répondra M. Sedaine. 

Enfin, M. Le Febvre est entré à l'Académie et a fait 
voir et expliqué une partie des travaux dont il s'est oc- 
cupé, ce qui, en confirmant l'idée qu'elle s'étoit faite de 
son mérite, n'a pu qu'augmenter le désir qu'elle auroit de 
se l'associer. 



Ce lundi 20 e Juin 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roy ', professeur, a 
fait lecture de grandes et profondes réflexions sur l'archi- 
tecture, il les a rassemblées pour l'instruction des élèves 
de l'Académie; ces réflexions servent d'introduction à un 
chapitre de la composition des édifices en général, et 
l'Académie les a écoutées avec plaisir. 



Ce lundy 27e Juin 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi a fait lecture 
de plusieurs parties des leçons qu'il donne aux élèves de 
l'Académie; elles renferment des réflexions sur des mai- 
sons de plaisance * et sur ce qui, par les aspects les plus 
intéressans, peut ajouter aux avantages du style et de la 
localité des terrains sur lesquels on place ces maisons, et 
l'Académie n'a pu qu'applaudir à ces réflexions, en y ajou- 
tes siennes. 



Ce lundi 4 e Juillet 1791 2 . 
L'Académie étant assemblée, après s'être occupée de 

1. Ci-dessus, p. 3o3. 

2. Ont signé en juillet : d'Arnaudin, de Bourge, Cherpitel, 
Couture, Desmaisons, Franque, Guillaurnot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Moreau, Raymond, Rousset, Vien, Sedaine. 

IX 20 



3o6 [ i 79 i 

différentes réflexions sur des parties d'architecture, il a été 
remis à l'Académie un imprimé sur la translation de Vol- 
taire, d'après l'arrêté par le directoire du département de 
Paris*, et envoyé par les commissaires à cette translation. 



Ce lundi 10 e Juillet 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi, professeur 
d'architecture, a fait lecture d'un chapitre des leçons qu'il 
donne aux élèves, lequel chapitre intitulé Observations 
sur les ouvrages de Palladio 2 , dans lequel il recommande 
l'accord indispensable qui doit être dans les édifices du 
tout avec ses parties et de la nécessité de ne faire partir 
sa composition que des distributions intérieures qui sont 
demandées à l'architecte par celui qui employé l'art qu'il 
professe, et l'Académie a ajouté ses réflexions à celles 
qu'elle a approuvées. 



Ce lundi 18 e Juillet 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi, professeur, a 
fait lecture des observations qu'il a faites pour l'instruc- 
tion des élèves de l'Académie d'après la description de la 
maison du comte Joseph Porti à Vicence; ces observa- 
tions, bien dignes de l'observateur, ont été écoutées avec 
plaisir. 

Enfin, l'Académie s'est entretenue de plusieurs chapitres 
de Vitruve. 



Ce lundi 24e Juillet 1791- 
L'Académie étant assemblée, il a été distribué un écrit 

1. Le Panthéon avait été destiné aux grands hommes par 
une décision du 4 avril. La translation des cendres de Voltaire 
se fit, en grande cérémonie, le n juillet {Moniteur, t. IX, 
p. 107). 

2. On pourrait se référer aux observations de l'Académie sur 



1791] 3oy 

imprimé, pour être distribuée MM. de l'Académie royale 
d'architecture, concernant les Bâtimens du Roy 4 . 

Enfin, a été fait lecture d'une suite de leçons que M. Le 
Roi donne aux élèves de l'Académie, leçons qu'il soumet 
à ses réflexions. Ce qui a été lu est la description d'une 
maison du seigneur Paul Almerico, hors de Vicence, et 
l'Académie a trouvé très utiles les réflexions que M. Le 
Roi tire de la sagesse avec laquelle Palladio sçavoit mettre 
de distinctions entre les dispositions des maisons de 
campagnes et celles posées dans les villes. 



Ce lundi i er Aoust 1791 2 . 

L'Académie étant assemblée, le sr Paroisse, artiste, a 
fait voir des résultats de son mastic, tant sur pierre que 
sur bois et sur d'autres matières, et il a fait voir, ensuite, 
un certificat de M. Poyet, académicien, en date du 4e mars 
1791, qui atteste que ce mastic peut prendre avec le temps 
une grande solidité et être employé en beaucoup d'occa- 
sions avec avantage, et l'Académie a prié M. Brébion, 
académicien et contrôleur du Louvre, de permettre des 
expériences sur les parties extérieures des baies de croi- 
sées du Louvre, tant au nord qu'au midi. 



Ce lundi 8 e Aoust 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi a représenté 
que les élèves de l'Académie, occupés dans leurs loges à 
rendre les desseins de leurs prix, n'avoient pas pu se li- 
vrer à rendre le programme du prix du mois, et que les 

les maisons de Palladio, qu'elle étudia en 1673 (Procès-ver- 
baux, t. I, p. 41-47). 

1. Voir Tourneux, t. III, n° 12460. 

2. Ont signé en août : Mique, d'Arnaudin, de Bourge, Bré- 
bion, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Moreau, Perronet, Peyre, Raymond, 
Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 



3o8 [, 79 , 

étudians aspirans à la place d'élèves ayant cherché à la 
remplir, il prioit l'Académie d'examiner leur travail, afin 
de juger s'ils pouvoient être reçus élèves; et M. Le Roi a 
lu le programme, qui est une chapelle élevée en l'hon- 
neur de la Trinité, et l'Académie, après avoir vu le tra- 
vail de ces élèves, a dit que les s^ Gerbi, François et Pol- 
let seront reçus élèves. 



Ce mardy i6« Aoust 1791. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
réponse de M. Renou, secrétaire de l'Académie de pein- 
ture, à M. Quatremère de Quincy, sur des questions aca- 
démiques, ce que l'Académie a écouté avec attention'. 

Ce lundi 22 e Aoust 1 791 . 

L'Académie étant assemblée, elle s'est occupée de l'exa- 
men des desseins qui concourent pour les grands prix et, 
sur la réquisition de plusieurs académiciens, les esquisses 
des élèves ont été exposées, afin de jeter un premier coup 
d'œil sur leur conformité avec les desseins. 

Ensuite, il a été agité ce qui est à observer sur l'invi- 
tation que l'Académie faisoit au directeur général, chaque 
année, pour la distribution des prix, et il a été dit que 
M. Ha^on, présidant l'Académie, verroit M. Mique pour 
l'engager à faire les démarches relatives aux circonstances 
présentes 2 . 

Enfin, MM. Boullée, Trouard, Peyre et Paris, cy de- 

1. C'est la Réfutation de la Seconde suite aux considérations 
sur les arts ou dessins, par Quatremère de Quincy, 20 juin 
1791. 

2. Ces mots doivent faire allusion à la destitution et à la 
saisie des biens de d'Angiviller (28 juin 1791; Tourneux, t. IV, 
n ' 2i663 à 21666). Il émigra en Russie. Il fut remplacé par La 
Porte (Arnaud de), avec le titre d'intendant de la liste civile 
(intendant puis un moment ministre de la Marine); ses rela- 
tions avec la cour le firent attaquer violemment; il fut guil- 
lotiné en 1792. 



i 7 9«J 3o9 

vant nommés commissaires pour rédiger le programme, 
s'assembleront dans les salles de l'Académie, lundi 29 aoust 
à huit heures du matin, pour juger de la conformité des 
desseins aux esquisses. 



Ce lundi 29e Aoust 1791 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de ce 
qui est porté sur le registre en la séance précédente; en 
conséquence, M. Paris a lu le rapport des commissaires 
nommés cy dessus, lequel rédige et détaille la conformité 
des desseins aux esquisses. 

Après cette lecture et un examen détaillé fait par toute 
l'Académie, le premier prix a été adjugé au sieur Claude 
Mathieu La Gardette, élève de M. Paris, et le second 
prix au s*" Charles Le Normand, élève de M. Antoine. 

Les élèves, au commencement de la séance, avoient pré- 
senté à l'Académie la demande que les prix fussent doubles 
cette année; mais l'Académie leur a répondu que, n'ayant 
point eu de concours l'année dernière, il n'y avoit point 
eu de prix réservé. 



Ce lundi 5 e Septembre 1791 ( . 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi, professeur, a 
fait lecture du programme du prix d'émulation, lequel est 
un lazaret, et le prix a été adjugé au sr Bienaimé, à l'una- 
nimité. 

Ensuite, M. Vien ayant mis au choix de l'Académie 
Télève qu'il désire adopter, elle a examiné les desseins des 
prétendans à être élèves, et M. Vien, d'après cet examen, 
a pris pour élève le s*" Vilmorin. 

Et M. Le Roi ayant désiré que l'Académie se décidât de 

1. Ont signé en septembre : Mique, d'Arnaudin, de Bourge, 
Brébion, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Rousset, Sedaine. 



3 10 L'79 1 

même sur le choix qu'il feroit d'un élevé, il a pris, d'après 
cet examen, le sr Saunier. 



A la rentrée après la Saint Martin. 
Ce lundi 14 e Novembre 1791 '. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture des 
statuts et reglemens de l'Académie, sur lesquels ont été 
faites plusieurs observations. 

Ensuite, M. Sedaine ayant proposé quelques difficultés 
sur la rédaction de la liste de l'Académie dans YAlmanach 
royal pour l'année ijg-j' 2 , M. Mique a été chargé de pro- 
curer les éclaircissemens nécessaires à cette rédaction et 
de les communiquer à M. Sedaine pour que, par lui, la 
liste soit envoyée à l'imprimeur. 



Ce lundi 21 e Novembre 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a dit qu'il 
avoit fourni à l'imprimerie de YAlmanach royal la liste de 
l'Académie, telle que le Roi a décidé qu'elle seroit; cette 
décision est attestée par la signature La Porte, intendant 
de la liste civile. 

Enfin, M. Le Roi a fait lecture du programme du prix 
d'émulation; l'Académie a dit qu'il n'y auroit pas de prix. 
M. Le Roi a été ensuite prié d'avertir les élèves qu'à la 
séance du lundi 28 e novembre elle distribuera les mé- 
dailles du prix d'émulation aux élèves qui les ont rempor- 
tées pendant le cours de l'année académique. 



Ce lundi 28 e Novembre 1791 . 
L'Académie étant assemblée, d'après la délibération 

1. Ont signé en novembre : d'Arnaudin, de Bourge, Brébion, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Ledoux, Leroy, Mauduit, Paris, Rousset, Vien, Sedaine. 

2. La liste ne paraît avoir subi aucune modification. 



I79 1 ] 3 i i 

prise à la séance précédente, elle a distribué les prix d'ému- 
lation adjugés aux élèves qui les ont remportés pendant le 
cours de l'année académique. 



Ce lundy 5 e Décembre 1791 '. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme du prix d'émulation qui est un pavillon, et 
l'Académie a adjugé le prix au s r Protain. 



Ce lundi 12e Décembre 1791. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi a fait lecture 
de l'éloge de feu M. Gabriel, premier architecte, né en 
1698 et mort en l'année 1782, le 6 janvier, et l'Académie 
a prié M. Le Roi d'en déposer une copie dans la biblio- 
thèque de l'Académie. 



Ce lundi 19 e Décembre 1791. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
écrit imprimé intitulé : Municipalité de Paris, lequel de- 
mande au secrétaire l'état des biens qu'elle possède, et 
l'Académie a fait porter sur son registre la lettre en ré- 
ponse qui sera signée du secrétaire : 

« Monsieur, — J'ay communiqué à l'Académie la lettre 
que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire ; elle m'a 
chargé de vous répondre que l'Académie occupe un local 
au Louvre pour tenir ses assemblées et son école; elle 
tient tout du Roi, jusqu'au peu de meubles dont elle est 
pourvue. » 

1. Ont signé en décembre : d'Arnaudin, Boullée, de Bourge, 
Brébion, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Ha- 
zon, Jardin, Ledoux, Leroy, Mauduit, Moreau, Rousset, 
Trouard, Sedaine. 



3 1 2 [179 1 



1792. 



Ce lundi 9 e Janvier 1792'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Davy Chevigné 2 , qui notifie la mort de 
M. de Maillebois, associé honoraire libre de l'Académie, 
et qui demande ses suffrages pour remplir cette place. 

Enfin, M. Migneron, architecte 3 , a présenté des plans, 
coupes, profils et élévations des ponts en charpente, sui- 
vant la courbure qu'il a seu donner aux bois de construc- 
tion, et l'Académie, pour faire rapport de ces projets et 
du mémoire qui développe ses moyens, a nommé unani- 
mement MM. Mauduit et De Bourge. 



Ce lundi 16 e Janvier 1792. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi a fait lecture 
du programme dont les desseins doivent concourir pour 
remporter le prix d'émulation; ce programme est la porte 
de la principale cour d'un palais, et, par le scrutin, le 
prix a été adjugé au s r Le Vasseur. 

Ensuite, il a été fait lecture d'une lettre du directoire 
du département de Paris, adressée à M. le Directeur de 
l'Académie, contenant la demande détaillée de l'État et 

1. Ont signé en janvier : Mique, d'Arnaudin, Bossut, Boullée, 
de Bourge, Brébion, Cherpitel, Desmaisons, Franque, Gon- 
doin, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Moreau, Raymond, 
Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 173. Davy de Chevigné a bien souvent occupe 
l'Académie. 

3. Ce Migneron a déjà paru en mars 1784, mais il n'était pas 
alors qualifié d'architecte, on l'intitulait « artiste physicien ». 



i 79 i j 3i3 

composition de laditte Académie, ses revenus et charges, 
les fonds destinés aux prix, des pensions, l'état des cabi- 
nets, monumens, des dépenses domestiques et autres né- 
cessaires à l'entretien de l'établissement. L'Académie a 
nommé pour former le projet de réponse MM. Mique, 
Le Roy, Moreau, Sedaine, de la première classe, et 
MM. Jardin, Guillaumot, Cherpitel et De Bourge*, de la 
seconde, lesquels s'assembleront, demain mardi à onze 
heures, dans les salles de l'Académie, pour y procéder et 
communiquer le projet de réponse à l'Académie qui s'as- 
semblera, à cet effet, mercredi après midi, à quatre 
heures. 

Copie de la lettre du directoire. 

« Paris, ce 12e janvier 1792, l'an 4e de la liberté. 
« Le directoire du département, Monsieur, pour ré- 
pondre aux intentions du comité de l'Instruction publique 
de l'Assemblée nationale et aux demandes du ministre 
de l'Intérieur, vous prie de lui faire passer, dans le plus 
bref délay, un état circonstancié des fonds et dépenses de 
votre Académie. 

« Vous voudrez bien désigner le nom du directeur, les 
différentes classes des académiciens, leur nom et la date 
de leur réception, la destination des chaires, la somme et 
la nature des revenus, charges, etc., les fonds destinés aux 
prix et aux pensions, l'état des cabinets, monumens, etc., 
et généralement toutes les dépenses domestiques ou autres 
nécessaires à l'entretien de l'établissement. 

« Vous êtes prié de mettre la plus grande célérité à cet 
envoy. 

« Les administrateurs composant le directoire du 
département : La Rochefoucauld, Germain Ger- 
nier, Demeunier, Auson, Davoux, Thion de La 
Chaume. » 

1. La municipalité avait adressé une demande du même 



314 [i79' 

Ce mercredi 18 e Janvier 1792. 

L'Académie assemblée extraordinairement en consé- 
quence de la décision arrêtée par elle en sa séance du 
lundi 16 du présent mois, MM. les commissaires ont fait 
lecture du rapport rédigé par eux le jour d'hier, conte- 
nant la réponse aux différentes demandes contenues dans 
la lettre de MM. du directoire, transcrite cy dessus. 

Ce rapport a été approuvé par l'Académie, et il a été 
dit que la minute, signée des commissaires, demeurera 
annexée au registre et que copie certifiée en sera remise 
à M. le Directeur pour être envoyée, sans délai, à Mes- 
sieurs du directoire du département de Paris. 



Ce lundi 23e Janvier 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port de MM. Mauduit et De Bourge, commissaires nom- 
més à la séance du 9 janvier pour l'examen des projets 
présentés par M. Migneron, et ledit rapport a été ap- 
prouvé par l'Académie. 

Enfin, la mort de M. L'Épée, notre respectable con- 
frère (le 19 janvier dernier), a été notifiée à l'Académie. 



Ce lundi 3o e Janvier 1792. 

L'Académie étant assemblée, d'après la question élevée 
sur le Panthéon*, sur la date de sa construction, sur les 
changemens qui successivement y ont été faits, sur sa des- 
tination et la part qu'Agrippa, gendre d'Auguste, eut à 
son édification ou à sa reconstruction, l'Académie s'est 
entretenue de ce grand monument d'architecture. 

genre quelques jours auparavant (ci-dessus, p. 3n). Cf. aussi 
et surtout p. 277-285. 

1. Presque dès les premiers jours de son existence l'Acadé- 
mie s'occupa du Panthéon. T. I à IX, tables. 



1791] 3 1 5 

Ce lundi 6e Février I792'. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
note de desseins de monumens antiques que M. Franque 
désiroit présenter à l'Académie 2 ; il en a présenté plusieurs 
qui ont été vus avec autant d'utilité que de satisfaction; 
plusieurs de ces monumens ont été levés et dessinés par 
M. Franque, ce qui en certifie la rigidité des mesures, et 
l'Académie a dit que la continuité des examens de ces 
desseins seroit prolongée à la séance prochaine. 

M. Sedaine a mis sous les yeux de l'Académie l'ordon- 
nance donnée par la Direction générale de liquidation 
pour les droits de présence des académiciens pendant le 
cours des années 1788 et 1789 3 , et l'Académie autorise 
M. Sedaine à suivre les opérations qui peuvent faire jouir 
les académiciens du paiement de cette dette. 



Ce lundi i3 e Février 1792. 

L'Académie étant assemblée, l'examen des desseins 
que M. Franque avoit mis sous les yeux de l'Académie a 
été continué et a été fait avec la même satisfaction et uti- 
lité. 

Enfin, la lecture du programme du prix d'émulation 
ayant été faite par M. Le Roi, professeur, le prix a été 
adjugé au s r Le Vasseur, et le programme est une pa- 
roisse de village. 

1. Ont signé en février : d'Arnaudin, de Bourge, Brébion, 
Cherpitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Leroy, Moreau, Raymond, Rousset, Trouard, Vien, 
Sedaine. 

2. Franque va reparaître plus loin, et très souvent, pendant 
les derniers jours de l'Académie. 

3. L'Assemblée nationale payait plus régulièrement que la 
royauté. Procès-verbaux, t. VIII, p. 355, n. 2. 



3i6 h 79' 

Ce lundi 20 e Février 1792. 

L'Académie étant assemblée, M. Franque a mis sous 
les yeux de l'Académie un livre imprimée Lyon en 1697, 
intitulé La Sicilia di Philippo Paruta descritta \con meda- 
glie]*, etc.; et par les médailles antiques qui y sont gra- 
vées et d'utiles observations sur la Sicile, il a mérité les 
attentions de l'Académie. 



Ce lundi 27e Février 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été délibère sur la no- 
mination de la place d'associé libre honoraire vacante 
par la mort de M. de Maillebois, et sur celle vacante par 
le décès de M. Lépée, académicien de première classe. 

L'Académie a suspendu la nomination de l'associé libre 
et a dit qu'elle seroit convoquée pour s'assembler, le 
lundi 5e mars, à l'effet de nommer trois académiciens, pour 
que l'un monte à la première classe, et trois architectes 
aspirans dont les noms seront présentés, ainsi que ceux 
des académiciens, pour qu'il plaise à Sa Majesté d'en choi- 
sir un pour la première classe et un pour être académi- 
cien. 



Ce lundi 5e Mars 1792 2 . 

L'Académie étant assemblée, après lecture faite des ar- 
ticles des règlemens qui établissent le régime des élec- 
tions, il a été procédé à la nomination de trois académi- 
ciens de la seconde classe, pour qu'il plaise au Roi d'en 

1. C'est l'ouvrage le plus connu de Paruta (-J- 1629); la pre- 
mière édition date de 1612, in-fol. 

2. Ont signé en mars : Mique, d'Arnaudin, de Bourge, Bré- 
bion, Brongniart, Chalgrin, Cherpitel, Desmaisons, Franque, 
Guillauniot, Hazon, Jardin, Leroy, Poyet, Ravmond, Renard, 
Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 



1791] 3 1 y 

choisir un pour son admission à la première classe, et, 
par les trois scrutins successifs, MM. Jardin, Guillaumot 
et Le Doux ont été nommés. 

Ensuite, l'Académie a procédé à la nomination de trois 
architectes aspirans : par scrutin, l'Académie a fait choix 
de six, qui sont MM. Renard, Trouard, Gélerier, Guerne, 
Huvé et Le Moine; et de ces six, par le premier scrutin, 
M. Renard a été nommé, par le second, M. Trouard, et 
par le troisième, M. Guerne. Ainsi les sieurs Renard, 
Trouard et Guerne sont ceux nommés pour qu'il plaise 
à Sa Majesté en choisir un. 

Dans la même séance, présidée par M. Mique, premier 
architecte du Roy, a été fait lecture du papier cy après, 
concernant l'Académie royale d'architecture (l'original 
est entre les mains de M. Mique). 

L'Académie royale d'architecture a perdu, il y a quelque 
temps, le maître de trait attaché à son école. Les leçons, 
en cette partie, sont suspendues depuis son décès *. 

L'Académie a aussi perdu son portier ; elle demande le 
remplacement nécessaire de ces deux individus, un trai- 
tement annuel de six cent livres pour le premier et la 
continuation des gages ordinaires pour le second. 

Bon pour le remplacement. Signé : La Porte. 



Ce lundi 12e Mars 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de 
la lettre de Monsieur Laporte, intendant de la liste civile, 
laquelle sera enregistrée cy après. Cette lecture faite, 
M. Jardin a passé à la première classe et M. Renard 2 , in- 
troduit par le secrétaire de l'aveu du président, a pris sa 
place dans la seconde classe. 

1. Le trait, c'est la stéréotomie. Il n'a jamais été question 
de ce professeur de trait. Le portier (Colombe) figure à YAl- 
manach royal. 

2. Sur Renard, voir l'introduction. 



3i8 [1791 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est la décoration des faces 
d'un pont, et le prix a été donné au s«" Bernard. 

L'Académie, d'après l'arrêté du remplacement du maître 
de trait transcrit cy dessus, signé La Porte, a nommé 
commissaires pour l'examen au concours des meilleurs 
professeurs de trait (afin que l'Académie, sur leur rapport, 
en choisisse un), MM. Brébion, Jardin, Cherpitel, De 
Bourges et MM. les professeurs, lesquels sont invités 
d'apporter, à la première séance, les détails des obliga- 
tions auxquelles sera assujetti le maître de trait. 

Lettre à M. Mique. 

« A Paris, le 10 mars 1792. 
« J'ai mis, Monsieur, sous les yeux de Sa Majesté, le 
résultat de la délibération de son Académie d'architec- 
ture pour y remplir la place vacante dans la première 
classe par le décès de M. de L'Espée, et pour remplacer, 
dans la seconde, celui de ses membres qui auroit la no- 
mination de Sa Majesté pour la première. Je me hâte de 
vous informer que le choix de Sa Majesté s'est porté, 
pour la première classe, sur M. Jardin, et pour la se- 
conde, sur M. Renard : je les en préviens afin que vous 
puissiez, à la prochaine séance, les installer dans leurs 
places respectives. 

« L'intendant de la liste civile, 
« Signe : La Porte, b 



Ce lundi 19 e Mars 1792. 

L'Académie étant assemblée, lecture a été faite du rap- 
port sur les obligations auxquelles sera lié le professeur 
de trait, et l'Académie a invité chacun de ses membres à 
proposer des sujets qu'ils pourroient connoître et à le 
faire inscrire chez le secrétaire de l'Académie. 



1790 3l 9 

Enfin, il a été dit que la nomination à la place d'asso- 
cié libre honoraire seroit proposée, le lundi 16 e avril, et 
convocation sera faite à cet égard. 



Ce mardi 27 e Mars 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été dit que le nombre 
de ceux qui se présentent pour être professeurs de trait 
n'ayant pas satisfait l'Académie, le choix du professeur 
sera remis après la rentrée de Pâques; elle exhorte les 
académiciens à s'informer des sujets qui peuvent pré- 
tendre à cette place et la remplir avec distinction, et à les 
inviter à se présenter. 



Ce lundi 16 e Avril 1792, rentrée de Pâques 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de 
la lettre cy après, qui a authorisé M. Sedaine à suspendre 
la convocation décidée à la séance du 19e mars pour la 
nomination de la place d'associé libre; et l'Académie at- 
tendra, pour procéder à cette nomination, la décision du 
Roy. 

Ensuite, l'Académie a dit que les commissaires nom- 
més pour faire le rapport des talens des professeurs de 
trait le feroient à la séance prochaine. 

Enfin, a été présenté un modèle en bois du s r Fourneau, 
artiste méchanicien, par lequel il propose de faire agir les 
moulins à eau, même pendant les glaces. L'Académie 
l'approuve comme un moyen qui peut être utile, mais 
connu. 

« Paris, ce 9 e avril 1792. 
« J'ai, Monsieur, rendu compte au Roy de l'arrêté pris 

1. Ont signé en avril : Mique, d'Arnaudin, de Bourge, Cher- 
pitel, Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, 
Jardin, Leroy, Raymond, Renard, Rousset, Trouard, Sedaine. 



320 [179 1 

par l'Académie d'architecture, relativement à la nomina- 
tion de la place d'associé libre honoraire qui est vacante 
et dont vous m'avez fait part. Sa Majesté m'a chargé de 
vous mander, Monsieur, que Son intention est de sus- 
pendre cette nomination. Je vous prie, Monsieur, de vou- 
loir bien faire connoître cette décision du Roy à l'Acadé- 
mie. 

« L'intendant de la liste civile, 

« Signé : La Porte. 
« A M. Mique. 

« Certifié : M. J. Se daine. » 



Ce lundi 23 e Avril 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme du prix d'émulation, qui est une maison de 
plaisance pour un prince, et le prix a été adjugé au 
sr Bienaimé, élève de M. Le Roy. [Note postérieure : Le 
prix a été donné.] 

L'Académie a ensuite examiné des pièces de trait de 
différents professeurs, dont quelques unes en modèles et 
d'autres tracées, et les commissaires nommés sont priés 
de faire leur rapport, afin de mettre, le plus tôt qu'il sera 
possible, l'école de trait en exercice. 



Ce lundi 3oe Avril 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Renou, peintre et secrétaire de l'Académie de 
peinture, par laquelle il prie l'Académie de vouloir bien 
écouter la lecture d'une pétition qu'il désire présenter à 
l'Assemblée nationale*, sur la demande obligatoire des pa- 

1. La loi sur les patentes date du 17 mars 1791. L'Adresse 
à l'Assemblée nationale relativement aux patentes pour les 
lettres, les sciences et les beaux-arts, lue par Renou, ne fut 
publiée que le i5 mai. Cf. Procès-verbaux de l Académie de 
peinture, t. X, p. 162-165. 



!792] 321 

tentes à ceux qui professent les lettres, les sciences et 
les arts; et M. Renou ayant été introduit, il a été fait lec- 
ture de son mémoire, que l'Académie a écouté avec beau- 
coup de satisfaction. 

Enfin, a été fait lecture d'un mémoire du sr Rondelet, 
qui se présente pour concourir à la place du professeur 
de trait, dont la nomination sera remise après que l'Aca- 
démie aura ouvert à ses élèves le programme des grands 
prix. 

L'Académie sera convoquée, lundy 7e may à huit heures 
précises du matin, pour donner le programme des grands 
prix. 



Ce lundy 7e May 1792 *, 
à huit heures précises du matin. 

L'Académie étant assemblée pour donner le programme 
des grands prix, des six projets proposés et qui ont eu le 
plus de voix par le recensement du scrutin, l'Académie, 
sans employer un second scrutin pour déterminer lequel 
aura la préférence des six qui ont eu le plus de voix, a, 
des six projets proposés, choisi un marché public, lequel 
a eu quatorze voix, des dix-sept académiciens présens. 

Ensuite, par le scrutin, ont été nommés commissaires 
pour la composition du programme, MM. Boullée, 
Trouard, Guillaumot et Renard, et, après leur travail et 
lecture faite dudit programme et approbation d'icelui, 
l'Académie propose à ses élèves le programme qui suit : 

Un marché principal pour une très grande ville, sur un 
terrain de quarante mille toises de superficie tout com- 
pris. 

Les élèves seront libres de lui donner la forme et les 

1. Ont signé en mai : Mique, d'Arnaudin, de Bourge, Bré- 
bion, de Cotte, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy 
Moreau, Peyre, Raymond, Renard, Rousset, Trouard, Vien' 
Sedaine. 

IX 



322 [*79 2 

dimensions qu'ils jugeront convenables: ils annonceront 
dans le plan des accès commodes par différentes rues; 
ce marché sera distribué en différentes divisions pour la 
vente des comestibles divers, tels que le pain, la viande, 
le poisson, les légumes, fruits, etc. 

Le plan général comprendra dans sa distribution un 
bâtiment pour un tribunal de paix et de police correction- 
nelle, un corps de garde principal, une principale fon- 
taine et plusieurs autres fontaines dans les diverses divi- 
sions. 

Les élèves emploieront pour la décoration de ces mo- 
numens le genre d'architecture simple et mâle qui lui est 
convenable. 

[/Académie demande à ses élèves un plan général, une 
élévation, une coupe. L'échelle des esquisses sera, pour 
le plan, de trois quarts de ligne pour toise. L'échelle des 
desseins rendus sera, pour le plan, de deux lignes pour 
toise, et celle de l'élévation et de la coupe, de quatre 
lignes pour toise. 

Les esquisses seront exposées dans les salles de l'Aca- 
démie, demain à sept heures du matin. 

Hazon, président; Sedaine, secrétaire. 



Et ce mardy 8 e May 1792, 
à dix heures précises du matin. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
programme donné pour le grand prix; ensuite MM. les 
commissaires nommés pour l'examen des esquisses ont 
fait part de leurs réflexions sur la conformité des esquisses 
au programme donné, et, après l'examen fait par l'Acadé- 
mie des vingt et une esquisses exposées, elle en a choisi 
par le scrutin neuf, lesquelles sont M, R, I, L, A, V, 
Q, D, G, dont les auteurs sont les sieurs Le Normand, 
La Barre, Dubut, Bergoignon, Dubois, François, Protin, 
Ritter, Le Vasseur, lesquels concourront pour le grand 



i?9 2 ] 323 

prix. Et ces élèves rendront leurs desseins au net, le 
lundi 20 e aoust, à huit heures précises du matin. 



Ce lundi 14 e May 1792. 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a l'ait lecture 
d'une lettre de M. Perronnet, académicien, et d'une lettre 
signée de Messieurs Laurence, La Grivol et Jamon, dépu- 
tés du département de la Haute Loire à l'Assemblée na- 
tionale', lesquels désirent avoir l'avis de l'Académie d'ar- 
chitecture sur la composition d'un ordre d'architecture 
inventé par M. Debard, ingénieur géographe, et, pour en 
faire rapport, l'Académie, par scrutin, a nommé M M . Boul- 
lée, Trouard, Guillaumot et Cherpitel. 

Et l'Académie, sur le programme d'un lycée, a adjugé le 
prix au sr Bienaimé. [(Note postérieure :) Le prix a été 
donné.] 

Enfin, il a été dit que le rapport pour parvenir à la no- 
mination d'un professeur de trait seroit présenté à la 
séance prochaine par MM. les commissaires nommés. 



Ce lundi 21e May 1792. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires sur le concours des ar- 
tistes qui se présentent pour être maîtres de trait, et, des 
deux (MM. Rieux et Rondelet), que MM. les commis- 
saires proposent à l'Académie, elle a, par scrutin, fait le 
choix de M. Rieux*; et il a été dit que copie certifiée de 

1. Ni ces députés ni Debard ne sont vraiment connus. La- 
grévol fut très actif à la Législative [Moniteur, t. III, table). 
Le rapport qui suit, assez sévère, est absolument juste. 

2. On peut s'étonner que l'Académie ait préféré Rieux à Ron- 
delet, déjà connu par ses travaux à Sainte-Geneviève, techni- 
cien en même temps qu'artiste. Du reste, il fut, en 1806, par 
une sorte de revanche, élu professeur de stéréotomie à l'École 
des beaux-arts (voir Lance et une lettre de Rondelet). 



324 [*79 2 

cette délibération seroit portée à M. Mique pour être pré- 
sentée à M. La Porte, intendant de la liste civile. 

Ensuite, il a été fait lecture du rapport des commis- 
saires pour préparer l'avis qui lui a été demandé par 
MM. les députés de la Haute Loire à l'Assemblée natio- 
nale sur un nouvel ordre d'architecture composé par 
M. De Bard, ingénieur géographe dudit département, et, 
après cette lecture, le rapport des commissaires étant 
l'expression du sentiment de l'Académie sur les cinq 
ordres, elle a dit que ledit rapport seroit porté sur son 
registre : 

Les soussignés, commissaires de l'Académie royale d'ar- 
chitecture nommés dans la séance du 14 mai 1792 pour 
préparer l'avis qui lui est demandé par MM. les députés 
de la Haute Loire à l'Assemblée nationale sur un nouvel 
ordre d'architecture composé par M. De Bard, ingénieur 
géographe dudit département, se sont assemblés à l'Aca- 
démie pour faire l'examen de cette composition, dont il 
leur a été remis deux desseins : l'un contenant l'ordre en- 
tier, et l'autre le détail en grand de l'entablement et du 
chapiteau. 

Plusieurs artistes célèbres ont tenté d'enrichir l'archi- 
tecture d'un nouvel ordre, sans que leurs efforts ayent été 
couronnés du succès, et, quoiqu'on en compte commu- 
nément cinq, l'Académie est convenue qu'il n'en existe 
encore réellement que trois, inventés par les Grecs, sça- 
voir : le dorique, l'ionique et le corinthien. Le toscan 
n'est qu'une dégradation du dorique, et le composite un 
mélange des ordres ionique et corinthien. 

Pour inventer un nouvel ordre, il faudroit pouvoir ima- 
giner des nouvelles proportions et des formes nouvelles 
de bases, de chapiteaux et d'entablements, et c'est ce qui 
n'a pas encore été trouvé. Tout se borne, en général, dans 
ces compositions, à des déplacements, à des transposi- 
tions et à l'emploi d'ornements qui n'ont rien d'assez 
marqué, d'assez prononcé pour produire un effet nouveau 
et pour donner un caractère spécial à l'ordonnance. 



1792] 325 

L'ordre que nous examinons est dans ce cas le chapi- 
teau est dorique, la base est attique et l'entablement par- 
ticipe absolument des ordres corinthien et composé con- 
nus; il rentre donc dans la classe des ordres composites, 
comme feront vraisemblablement tous les nouveaux ordres 
qu'on cherchera à imaginer. 

Au surplus, nous pensons qu'il est assez inutile de ten- 
ter la solution de ce problème, puisqu'avec les trois ordres 
grecs (dorique, ionique et corinthien) on peut exécuter 
tout ce que l'architecture a de plus solide, de plus élégant 
et de plus riche. 

Fait à l'Académie, le 21 may 1792. 

Signé : Trouard, Guillaumot et Cherpitel. 

Lu à l'Académie et approuvé par elle. 

Sedaine. 



Ce lundi 4* Juin 1792 1 . 

L'Académie étant assemblée, M. Sedaine a présenté, de 
la part de M. Renou 2 , secrétaire de l'Académie de pein- 
ture et de sculpture, un imprimé intitulé : Adresse à l'As- 
semblée nationale, pour être distribué à MM. les acadé- 
miciens : ce qu'ils ont accepté avec plaisir. 

Enfin, M. Le Roy a lu le programme du prix d'émula- 
tion, lequel est une porte d'arsenal de marine; et comme, 
après l'examen des desseins, les sentimens ont été par- 
tagés, on a décidé au scrutin qu'il n'y auroit pas de 
prix; et l'Académie a dit qu'elle seroit satisfaite si, au 
programme prochain, elle étoit obligée d'accorder plu- 
sieurs prix. 

1. Ont signé en juin : d'Arnaudin, de Bourge, Cherpitel, 
Couture, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Mauduit, Peyre, Raymond, Renard, Rousset, Trouard, 
Sedaine. 

2. Ci-dessus, p. 320. 



326 |'79 2 

Ce lundi 11 e Juin 1792. 

L'Académie a chargé M. Mauduit, faisant les fonctions 
de secrétaire en l'absence de M. Sedaine, de proposer un 
objet qui peut occuper utilement le tems de la séance : 
on a fait lecture de plusieurs dissertations sur les plus fa- 
meux monumens de l'antiquité, ce qui a donné lieu à di- 
verses questions relatives aux moyens d'établir des poids 
et mesures uniformes dans toutes les parties du royaume 1 . 



Ce lundi 18 e Juin 1792. 

L'Académie étant assemblée, un académicien a repré- 
senté que, d'après ce qu'elle a décidé dans les années pré- 
cédentes, il seroit bien de prescrire a l'élève qui est pré- 
sentement à Rome le travail dont il doit s'occuper et 
dont il doit envoyer les desseins à l'Académie; elle a dit 
qu'à la séance prochaine, après la lecture du mémoire 
sur cet objet, fait par M. Paris, elle s'occuperoit du pro- 
gramme de ce travail à désigner. 

Ensuite, le s r Rieux, désigné par l'Académie pour être 
maître de trait, ayant demandé s'il pouvoit entrer en 
exercice, l'Académie n'ayant point eu de réponse sur la 
présentation qu'elle a prié M. Mique d'en faire à Monsieur 
La Porte, a dit qu'elle s'intéresseroit à cette affaire, qu'il 
y avoit cependant tout lieu de penser qu'il pouvoit 
commencer à se mettre en état de donner des leçons de 
trait. 

Enfin, M. Franque a présenté les plan et coupe de l'es- 
calier de l'abbaye des Prémontrés près de Soissons' 2 , et 
l'Académie s'est entretenue de sa construction. 

1. La transition est singulière. Le fait certain, c'est que la 
question des poids et mesures était à l'ordre du jour, depuis 
le décret du 8 mai 1790. L'Académie des sciences avait été seule 
consultée officiellement. 

2. Ci-dessus, p. 275, et l'introduction. 



1792] 32 7 

Ce lundi 25 e Juin 1792. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est occupée du tra- 
vail qu'elle s'est engagée à proposer à ses élèves qui ont 
remporté le premier prix et qui sont pensionnaires rési- 
dens à l'Académie de Rome, et l'Académie a nommé 
quatre commissaires pour faire, la séance prochaine, rap- 
port des objets d'étude qu'elle pourra leur prescrire, et les 
commissaires nommés sont MM. Trouard, Jardin, Guil- 
laumot et Paris. 



Ce lundy 2e Juillet 1792 •. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
rapport de MM. les commissaires nommés pour rédiger 
l'instruction à donner à l'élève qui a remporté le prix, et 
ledit rapport qui a constaté le désir de l'Académie sur les 
connoissances les plus certaines a acquérir concernant 
l'ancien temple de Bacchus, à Rome 2 . Cette rédaction, faite 
par MM. Le Roi, Jardin, Trouard, Guillaumot et Paris, 
a été approuvée, et copie du rapport certifiée sera remise 
à M. Mique. 



Ce lundi 9 e Juillet 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
chapitre 11, qui traite du temple de Bacchus, à Rome, dans 
l'œuvre de M. Desgodets, nouvelle édition en 1779 cnez 
Jombert, et l'Académie s'est entretenue des différences 
que Palladio et Serlio ont mises dans la levée qu'ils ont 

1. Ont signé en juillet : d'Arnaudin, de Bourge, Cherpitel, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, Mau- 
duit, Moreau, Raymond, Renard, Rousset, Trouard, Vien, Se- 
daine. 

2. L'élève pensionnaire était Lagardette. Sur ce temple dit 
de Bacchus, cf. Procès-verbaux, t. II, p. 283 et la note 3, et 
Correspondance des directeurs, t. XVI, p. 92-96. 



328 [ 1 79 2 

faite des plans, coupes et élévations de ce temple, qui pa- 
roissent avoir été rectifiées par M. Desgodets, et auquel 
le travail de l'élève, chargé à Rome par l'Académie de le- 
ver cet édifice, ne pourra manquer de donner une nou- 
velle certitude. 

Enfin, M. Le Roi a lu le programme du prix qui doit être 
jugé à la séance prochaine, et ce programme est une ferme. 



Ce lundi 16 e Juillet 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été tait lecture d'une 
lettre de M. de La Porte, intendant de la liste civile, à 
M. Mique, directeur de l'Académie, dans laquelle il ac- 
cuse la réception du travail des commissaires, relatif au 
monument dont le dernier pensionnaire doit s'occuper et 
qui a pour objet un détail exact de tout ce qui concerne 
le temple de Bacchus, ainsi que l'envoy de ce programme 
au directeur de V Académie de France à Rome. 

Dans la même lettre, M. de La Porte confirme le choix 
fait par la Compagnie du sieur Rieux qui a obtenu au 
concours la place de professeur de trait, vacante par la 
mort de M. Louchet*, dernier pourvu à cette place. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix du 
mois, dont les desseins étoient exposés depuis huit jours 
dans la salle de l'Académie, et dont le sujet étoit une 
ferme avec tout ce qui peut convenir à une culture de 
quatre cens arpens de terre 2 et autres objets qui y sont re- 
latifs, tels qu'ils sont détaillés dans le programme donné 
aux élèves par M. Le Roi. 

Le prix a été adjugé à M. Ritter, élève de M. Le Roi. 
A cette occasion, l'Académie s'est occupée de la lecture 

1. Ci-dessus, p. 323. Le nom de l'ancien professeur, Louchet, 
est signalé ici pour la première fois. 

2. C'est la première fois qu'est donné un sujet de ce genre : 
très caractéristique du temps. Cf. Mém. de la Soc. d'agricul- 
ture de Paris, 1789. 



1792] 32 9 

du mémoire de M. Cointereau, sur le même objet, cou- 
ronné par la Société d'agriculture de Paris en 1789. 
[(Note postérieure :) Le prix a été donné.] 



Ce lundi 23e Juillet 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
chapitre xiv sur la basilique d'Antonin, à Rome { , et l'Aca- 
démie, après la lecture, s'est entretenue sur les différences 
qui sont entre le plan donné par Palladio et celles mar- 
quées sur les observations de Desgodets. 



Ce lundi 3o e Juillet 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
préface et du chapitre premier du sixième livre de Vi- 
truve 2 , ce qui a fourni à l'Académie des réflexions utiles 
sur les dispositions et l'état nécessaires à ceux qui veulent 
se distinguer dans l'art de l'architecture, et ensuite sur les 
différentes manières de disposer les maisons, selon les 
différentes qualités des régions et suivant les aspects du 
ciel. 



Ce lundi 6e Aoust 1792 3 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire de M. Franque, en forme d'observations sur 
les correspondants étrangers, et l'Académie a dit que ces 
réflexions seroient remises sous ses yeux dans un autre 
temps. 

Enfin, M. Franque a fait voir un projet de construc- 

1. Procès-verbaux, t. I, p. 63, 64; i5g, 160. 

2. Procès-verbaux, t. I, p. 118, 119. 

3. Ont signé en août : d'Arnaudin, Boullée, de Bourge, Cher- 
pitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, Leroy, 
Mauduit, Raymond, Renard, Rousset, Vien, Sedaine. 



33o [1792 

tion d'une maison de plaisance à faire près de la tour de 
Crouy K et des changemens faits à ladite tour, d'accord 
avec ces constructions, et l'Académie les a vus avec 
plaisir. 



Ce lundi i3 e Aoust 1792. 

L'Académie étant assemblée, après la lecture du pro- 
gramme destiné à l'émulation des élèves — lequel pro- 
gramme est un hôtel pour un particulier riche — d'après 
les conditions prescrites, cette séance étant la seconde 
après l'exposition des desseins, et, à la séance prochaine, 
les grands prix devant être exposés, l'Académie, quoique 
peu nombreuse, a pensé qu'elle ne devoit point retarder 
le jugement de ce prix, qui a été adjugé au sieur Vilmo- 
rin. 

Enfin, à la réquisition de M. Le Roi, l'Académie a 
examiné les desseins des externes qui ont composé sur le 
même programme, et, le s 1 " Silvestre Topin ayant paru 
avoir mieux rempli son objet, M. Le Roi l'a nommé son 
élève. 



Ce lundi 20e Aoust 1792. 

L'Académie étant assemblée, elle a décidé que les des- 
seins des élèves, qui concourent pour les prix, seront ex- 
posés lundi 27 e aoust avant midy. 



Ce lundi 27e Aoust 1792. 

L'Académie étant assemblée, M. Le Roi a lu un mé- 
moire intéressant sur la manière de chauffer les apparte- 
mens avec le plus d'avantages possible, tant pour le 
degré de chaleur que pour l'économie des matières com- 

1. Il y a plusieurs Croy ou Crouy. Celui-ci peut être Crony- 
sur-Ourcq, où est signalée la tour d'un ancien château. 



1792] 33 i 

bustibles ' ; ensuite, la Compagnie s'est occupée des prix re- 
mis par MM. les élèves sur la fin de la semaine de [un blanc) 
à M. Sedaine, secrétaire, il a annoncé qu'il donneroit, 
mercredi prochain, un dernier concours, auquel les élèves 
seroient avertis d'exposer dans le jour les desseins au net, 
avec les esquisses. Il a été arrêté que le secrétaire écriroit 
à tous les membres une lettre pour les avertir de l'exposi- 
tion qui aura lieu jusques à lundi prochain, auquel jour 
est fixé le jugement des prix. 



Ce lundi 3 e Septembre 1792 2 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du rap- 
port de MM. Boullée, Trouard, Guillaumot et Renard 
sur la conformité des esquisses aux desseins exposés, et, 
après cette lecture et après une mûre délibération, des six 
projets exposés, deux sont sortis du concours, les desseins 
n'étant point conformes aux esquisses, et, des quatre qui 
sont restés en exposition, le prix a été donné à la lettre M, 
et, l'élève connu, le premier prix a été adjugé au s r Nor- 
mand, élève de M. Antoine, et le second prix a été dési- 
gné à la lettre L, et, l'élève connu, le second prix a été 
adjugé au sr Bergoignon, élève de M. Coustou. 

Enfin, l'Académie a jugé le prix d'émulation, dont le 
programme est un hôpital qui puisse recevoir cinq cents 
malades, et, d'après la satisfaction de l'Académie, elle a 
dit qu'il seroit accordé deux prix : l'un a été au sr Lar- 
dant et l'autre au s r Silvestre Topain. 



Ce lundi 11 e Novembre 1792 3 . 
L'Académie étant assemblée, après la lecture de l'affiche 

1. Ci-dessus, p. 221, et Procès-verbaux, t. VIII, p. io5, 
209-217. 

2. Ont signé en septembre : Boullée, de Bourge, Franque, 
Guillaumot, Jardin, Leroy, Moreau, Raymond, Renard, Rous- 
set, Vien, Sedaine. 

3. Ont signé en novembre : d'Arnaudin, Boullée, de Bourge, 



332 [i 79 2 

pour le cours des leçons publiques et après le compte 
rendu de ce que le secrétaire a fait pendant les vacances 
pour produire les titres de ce qui est dû par la liste ci- 
vile à l'Académie, M. Le Roi, professeur, a continué la 
lecture sur les poêles et la manière d'échauffer les appar- 
tenons, mémoire dont la lecture avoit commencé à la 
séance du 27e aoust; ce que l'Académie a écouté, ainsy 
que celle cy, avec satisfaction. 



Ce lundi 19e Novembre 1792. 

L'Académie étant assemblée, le secrétaire a mis sous 
ses yeux la liste de l'Académie pour être imprimée dans 
l' Almanach national. 

Enfin, M. Le Roi a fait lecture du programme proposé 
pour le concours des desseins, lequel est un édifice pour 
y rassembler la Convention nationale et les législateurs 
qui lui succéderont, et le prix a été adjugé au s» - Le Vas- 
seur. 



Ce lundi 26 e Novembre 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture, par le 
citoyen David Le Roi*, d'un mémoire par lequel il expose 
ses recherches sur un navire qu'il appelle Naupotame 2 et 
qui, par sa construction et sa voilure, peut parcourir les 
mers, remonter les fleuves et favoriser Paris des avan- 
tages d'un port de mer, en lui procurant facilement et 
avec moins de frais tout ce que produit le commerce de 
l'univers. 

L'Académie a écouté ce mémoire avec beaucoup de sa- 

Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Mauduit, Moreau, Renard, Rousset, Vien, Sedaine. 

1. Le décret du 10 octobre avait proscrit les appellations 
Monsieur, Madame, Mademoiselle. 

2. Leroy s'était occupé de la question dès 1788. Cf. Tour- 
neux, t. II, n° 6498; t. III, n os 11950 à 11954. 



1792] 333 

tisfaction et désire que l'expérience prouve ce que les ré- 
flexions du scavant ont mis en évidence. 



Ce lundi 3 e Décembre 1792*. 

L'Académie étant assemblée, M. Franque, académicien, 
a présenté les plans, coupes, profils et élévation d'une 
maison de plaisance à construire, sur ses desseins, dans 
le Bugey, et l'Académie les a vus avec attention, ce qui 
a fourni des réflexions sur les distributions particulières 
à observer dans les maisons de campagne. 



Ce lundi 10e Décembre 1792. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire du citoyen Franque, des plans, coupes, profils 
et élévations de divers monumens antiques en partie le- 
vés et dessinés par lui, lesquels il a présentés à l'Acadé- 
mie, et il a été dit que le travail utile de l'examen de ces 
monumens seroit commencé et continue les séances sui- 
vantes. En conséquence, l'Académie a vu le plan du 
temple de Diane, bâti à Nîmes 2 , et les bains restaurés près 
de ce temple, et a jeté un coup d'œil sur le reste de l'exa- 
men, qu'elle continuera à la prochaine séance. 



Ce lundi 17 e Décembre 1792. 

L'Académie étant assemblée, elle a continué l'examen 
proposé à la séance précédente; M. Franque a mis sous 
les yeux de l'Académie les plans, les élévations, les coupes 

1. Ont signé en décembre : d'Arnaudin, Boullée, de Bourge, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Hazon, Jardin, 
Leroy, Raymond, Renard, Rousset, Vien, Sedaine. 

2. Cf. Procès-verbaux, t. I, p. 73, 74. 



334 ['792 

de Yhôtel de ville d'Arles* levés par lui, d'après l'édifice 
construit sur les desseins de Jules Hardouin Mansard. 

L'Académie a remarqué, comme appareil fait avec au- 
tant d'art que de soin, celui de la voûte faite en pierre 
dans le vaste vestibule, qui a 46 pieds sur 46 pieds et seu- 
lement 3o pouces de monté; et cette voûte, il est vrai, est 
soulagée par des lunettes, porte des murs de refend faits 
en pierre, et [qui] soutiennent les planchers de deux étages 
au dessus. 

Après cet examen fait avec attention, l'Académie a dit 
que celui des autres articles portés au mémoire de 
M. Franque seroit continué à la séance. 



Ce lundi 24 e Décembre 1792. 

L'Académie étant assemblée pour continuer le travail 
désigné à la séance précédente, M. Franque a fait voir une 
grande façade de Y abbaye de Montmajour' 2 , construite 
à trois quarts de lieue de la ville d'Arles sur les desseins 
et la conduite de Pierre Mignard, architecte et neveu de 
Mignard, premier peintre du Roi, et l'Académie s'est oc- 
cupée de l'examen de ce monument considérable. 

1. Cf. Procès-verbaux, t. II, p. 59-60. Les mesures, ici, ne 
sont pas tout à fait les mêmes. 

2. Ci-dessus, p. 36 et la note. 



793] 335 



i 7 93. 

Ce lundi 7 e Janvier 1793 1 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire sur trois projets d'église : l'un projeté pour les 
prêtres de la Doctrine chrétienne, celui de l'église de Saint 
Martin d'Autun, celui de l'église paroissiale de la ville de 
Beaucaire en Languedoc 2 ; ces deux derniers ont été cons- 
truits sur les desseins de M. Franque, auteur du mémoire 
et des plans, coupes, profils et élévations qu'il a soumis 
aux regards de l'Académie : elle les a vus avec attention 
et avec d'autant plus de satisfaction que, depuis quarante 
ans que ces ouvrages sont faits, l'architecture avoit be- 
soin de combattre le mauvais goût qui régnoit alors dans 
la plupart des édifices. 



Ce lundi 14e Janvier 1793. 

L'Académie étant assemblée, M. Franque a présenté le 
compartiment coloré du pavé en marbre de Véglise cathé- 
drale d'Amiens 3 , exécuté sur ses desseins en 1766. 

Ensuite, M. Le Roi a lu le programme du prix d'ému- 
lation qui sera jugé à la séance prochaine. 

1. Ont signé en janvier : d'Arnaudin, Boullée, de Bourge, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Leroy, 
Peyre, Renard, Rousset, Vien, Sedaine. 

2. A partir de ce moment, Franque, que nous avons déjà 
rencontré plusieurs fois, va occuper toutes les séances, à la 
satisfaction de l'Académie embarrassée pour les remplir. Il y 
a là la révélation d'un artiste ignoré. Nous y reviendrons dans 
une étude spéciale. Voir l'Introduction. 

3.' Durand, dans son bel ouvrage sur la Cathédrale d'Amiens, 
ne cite pas Franque. Il dit seulement que les travaux projetés 
furent abandonnés en 1777. 



336 [, 79 3 

Ensuite, a été fait lecture d'une partie du rapport fait 
au directoire du département de Paris sur l'état actuel du 
Panthéon françois et sur les travaux qui restent à entre- 
prendre* : ce monument, élevé sur les desseins de 
Soufflot, l'un de ses membres, et continué par les soins 
de M. Brébion, aussi membre de l'Académie, l'intéresse 
trop pour ne pas s'en occuper. La lecture de ce rapport 
fait au directoire sera continuée à la séance prochaine 2 . 



Ce lundi 28 e Janvier 1793. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'une 
lettre de M. Mique à l'Académie, et M. Guillaumot s'est 
chargé de la réponse. 

Enfin, elle a procédé au jugement du prix d'émulation, 
dont le programme est un appartement de bains, et le prix 
a été adjugé au s r Le Vasseur, élève de l'Académie. 



Ce lundi 4 e Février 1793 3 . 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture de la 
vie de Pierre Mignard, l'un des architectes qui, en 1672, 
ont servi à l'établissement de l'Académie, ainsi que le té- 
moigne le registre déposé dans ses dépôts. 

L'Académie a écouté avec plaisir les détails de la vie et 
des travaux de cet architecte; la plus grande partie de ces 
détails rassemblés par M. Franque avoit été, il y a quelques 
années, communiquée par lui à M. d'Argenville, qui l'a 
fait imprimer 4 . 

1. C'est le « premier rapport » de Quatremère. Tourneux, 
t. III, n° i65o8, et Schneider, Quatremère de Quincy, p. 33-38. 

2. La Compagnie ne tint pas séance le lundi 21 janvier, ou 
ne rédigea pas de procès-verbal. 

3. Ont signé en février : d'Arnaudin, de Bourge, Brongniart, 
Cherpitel, Desmaisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Renard, 
Rousset, Vien, Sedaine. 

4. Vie de Pierre Mignard (quelques pages à peine). 



1793] 33 7 

Ce lundi 11 e Février 1793. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque* a mis 
sous ses yeux l'élévation de la façade de l'ancienne bou- 
cherie de la ville d'Avignon-, construite sur les desseins de 
Pierre Mignard en l'année 1682, et qui, depuis, a été dé- 
truite; mais l'Académie, en observant que la corniche de 
ce monument n'étoit pas assez mâle et que le caractère 
de cette architecture, considéré d'après son objet, méri- 
toit d'être conservé, elle a invité le professeur d'en faire 
voir le dessein aux élèves de l'Académie, et prie le ci- 
toyen Franque de continuer son exactitude à présenter 
ce qui est dans son portefeuille aux observations de l'Aca- 
démie. 

Enfin, elle s'est occupée de l'examen des desseins qui 
concourent pour le prix d'émulation. 



Ce lundi 18 e Février 1793. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire du citoyen Franque pour donner l'explication 
de deux projets d'un grand escalier pour la ville d'Avi- 
gnon, lequel projet est exécuté; et après l'examen des 
coupes, profils et élévations dudit escalier et du portail 
de l'église à laquelle il se présente en plate forme, et 
l'examen de la façade de Y Hôtel Dieu de ladite ville exé- 
cutée de même, l'Académie, sur ces objets, a communi- 
qué ses réflexions au citoyen confrère. 

Enfin, l'Académie a procédé au jugement du prix d'ému- 
tion, dont le programme est une maison de campagne 
pour un citoyen aisé, et le prix a été donné au s r Protain, 
élève. 

1. Cf. ci-dessus, p. 332. Et de même d'Arnaudin va devenir 
Darnaudin (6 mai). 

2. Voir les appendices pour tout ce qui concerne Avignon. 

IX 22 



338 [i 79 3 

Ce lundi 25« Février 1793. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque a fait 
voir quarante desseins ou estampes de différentes églises 
faites en plusieurs pays et des projets d'autres édifices, 
lesquels ont été vus avec satisfaction, ce qui a donné lieu 
à plusieurs discussions intéressantes. 



Ce lundi 4 e Mars 1793'. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque a con- 
tinué l'attention qu'il a de mettre sous ses yeux non seule- 
ment les études qu'il a faites des monumens d'architecture 
qui lui ont paru mériter son attention, mais aussi partie 
des projets exécutés et à exécuter qu'il a faits; et, des 
trente desseins que le citoyen Franque a soumis à l'exa- 
men de l'Académie, les projets qu'il a faits pour la déco- 
ration du chœur de leur abbaye 2 et des projets pour les 
façades d'entrée faisant les premières clôtures lui ont 
particulièrement fait plaisir; ils n'ont cependant point 
été exécutés. 



Ce lundi 11 e Mars 1793. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du pro- 
gramme du prix d'émulation, lequel est une bourse et sera 
jugé à la séance prochaine, et l'Académie s'est occupée de 
l'examen des desseins qui concourent et seront jugés à la 
séance prochaine; on continuera à la séance prochaine 
l'examen des desseins apportés par M. Franque. 

1. Ont signé en mars : d'Arnaudin, de Bourge, Cherpitel, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Leroy, Mauduit, 
Rousset, Vien, Sedaine. 

2. Je suppose (car le texte est très incomplet) qu'il s'agit de 
l'abbaye de Saint-Denis. Cf. ci-dessus, p. 49. 






i 7 93] 33 9 

Ce lundi 18 e Mars 1793. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen David Le Roi 
a dit que les élèves lui ont représenté que, si l'Académie 
vouloit bien hâter le jour où elle donne le programme des 
grands prix, ils seroient, après la composition des travaux 
de ceux qui seront admis au concours, en état de courir 
au secours de la patrie si elle le requiert 1 , et que leurs pro- 
jets, ayant été jugez au mois de juillet, ils seroient alors 
en pouvoir de suspendre leurs études d'architecture : 
l'Académie, d'après cette demande juste, a dit que, le 
mardi 9 avril, elle arrêteroit que la convocation des 
membres seroient faite pour donner le programme des 
grands prix et désigner, le même jour, le temps accordé 
pour composer les projets et le jour où ils seront jugés. 

Ensuite, l'Académie a procédé au jugement du prix 
d'émulation, dont le programme est une Bourse dans un 
port de mer, et le prix a été adjugé au citoyen Le Vas- 
seur. 

Enfin, le citoyen Franque a présenté trente cinq des- 
seins ou estampes, dont treize ponts en pierre, trois en 
charpente, plusieurs charpentes de comble d'églises, de 
théâtres et de maisons, des moulins à eau, des manufac- 
tures de papiers, des grues de différentes espèces, etc. Le 
tout a été examiné avec beaucoup d'attention et vu avec 
satisfaction. 



Ce mardi 9 e Avril 1793 2 . 
L'Académie étant assemblée, il a été dit que l'Académie 

1. On avait appris la formation (le 9 mars) de la coalition 
générale contre la France. 

2. Ont signé en avril : Antoine, de Bourge, Brébion, Chal- 
grin, Cherpitel, de Cotte, Darnaudin, Desmaisons, Franque, 
Guillaumot, Hazon, Jardin, Ledoux, Leroy, Moreau, Renard, 
Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 



340 



1793 



seroit convoquée, suivant l'usage, pour donner, à la 
séance du matin lundi i5 e avril, le programme des grands 
prix par les motifs consignés à la séance précédente, et 
le citoyen David Le Roy est prié d'en prévenir les élèves 
de l'Académie. 

Ensuite, a été fait lecture de l'invitation adressée à 
l'Académie par les directeurs du lycée', et le secrétaire 
s'est chargé de répondre. 

Le sieur Fièvre, maître charpentier, présenté par le ci- 
toyen Franque, a fait voir à l'Académie des plans, coupes 
et élévations de pièces de moulins pour fabriquer des pa- 
piers, et ces pièces ont été exécutées au Marais près 
Coulomniers et dans la ville d'Amiens. L'Académie a 
trouvé ces détails bien calculés et fort ingénieux. 



Ce lundi i5 e Avril 1793, à huit heures du matin. 

L'Académie étant assemblée à huit heures du matin 
pour donner le programme des grands prix, après lecture 
faite des anciens projets proposés, les académiciens ont 
chacun fait une liste de six projets, laquelle, rassemblée 
par le scrutin, a été lue, et des projets proposés, l'Acadé- 
mie a choisi celui qui a eu le plus de voix : ainsi a été 
choisie une caserne. 

Ensuite, par le scrutin, ont été nommés commissaires 
pour la composition du programme, les citoyens De 
Wailly, Moreau, Cherpitel et Renard, et, après leur 
travail et lecture faite dudit programme et approbation 
d'icelui, l'Académie propose à ses élèves le programme 
qui suit : 

Une caserne capable de contenir six cents hommes de 
cavalerie. 

Elle sera composé d'une esplanade qui précédera les 
bâtimens. Cette esplanade, qui doit être destinée aux 
évolutions militaires, sera entourée de fossés et aura des 



1. Fondé en 1787. 



1793] 34i 

corps de garde à son entrée. Ce corps de caserne contien- 
dra une cour principale de 1,200 toises superficielles, dont 
on ne de'termine point la forme. Cette cour sera entourée 
de bâtimens dans tout son pourtour, lesquels auront dix 
toises au plus d'épaisseur : ils seront composés d'un rez 
de chaussée et d'un premier étage seulement. 

Les corps de bâtiment principaux contiendront une 
salle de conseil, un état major et des logemens pour les 
principaux officiers. 

Les cours accessoires serviront pour les ateliers des 
différens ouvriers, pour les magasins d'artillerie, les lo- 
gemens subalternes et autres réceptacles dépendans de la 
caserne. 

Dans le corps du projet, il sera pratiqué un manège, un 
abreuvoir et une infirmerie séparée. 

On observera que les latrines soient placées commodé- 
ment et de manière à ne pas altérer la salubrité. Il en 
sera pratiqué de particulières pour les officiers. 

La superficie générale du bâtiment et des accessoires 
contiendra douze mille toises au plus. 

11 sera fait un plan général, dans lequel on comprendra 
l'esplanade et autres accessoires; un autre plan du corps 
principal de la caserne, -dont moitié exprimera le rez de 
chaussée et l'autre le premier étage; une élévation prin- 
cipale et une coupe. 

L'échelle des esquisses, pour le plan général, sera d'une 
ligne pour toise, celle du plan particulier de deux lignes 
pour toise, ainsi que celle de l'élévation et de la coupe. 

Les desseins au net seront du double, tant du plan gé- 
néral que des plans, élévation et coupe. Les esquisses se- 
ront exposées dans les salles de l'Académie demain, a 
sept heures du matin. 

GUILLAUMOT, SEDAINE. 



Et ce mardi 16 e Avril, à dix heures du matin. 
L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du pro- 



342 



[i 7 93 



gramme donné pour les grands prix. Ensuite, MM. les 
commissaires nommes pour l'examen des esquisses ont 
dit que tous les élèves qui ont concouru et exposé leurs 
desseins se sont renfermés dans les mesures et se sont 
astreints aux conditions exigées par le programme, et, 
après l'examen fait par l'Académie des dix esquisses ex- 
posées, l'Académie, satisfaite, a dit que les dix élèves se- 
roient reçus à concourir, et ces élèves sont les citoyens 
Protain, Ritter, Bergognon, Le Vasseur, François, Vil- 
morin, Maximilien, Dubois, Dumanet et Bienaimé, les- 
quels concourront pour les grands prix, et ces élèves ren- 
dront leurs desseins au net le lundi 22 juillet 1793, l'an 11 
de la République, à huit heures du matin. 



Ce lundi 22 e Avril 1793. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Mauduit a fait 
connoître à l'Académie un nouveau traité élémentaire 
sur l'art du trait, par le citoyen Simonin, professeur de 
mathématiques au Croisic*. Comme cet ouvrage a paru au 
citoyen Mauduit fait avec beaucoup de méthode et de 
clarté, que la partie des planches, qui est de la plus grande 
importance dans cette partie de l'architecture, a été trai- 
tée avec le plus grand soin et dirigée par le citoyen La 
Gardette, ancien élève et pensionnaire à Rome, ledit citoyen 
Mauduit a cru qu'il étoit utile à tous ceux qui se con- 
sacrent à l'étude de cette partie essentielle de la construc- 
tion que cet ouvrage fût connu de tous les membres de 
l'Académie, pour que les élèves soient à même de profi- 
ter des avantages qui résultent nécessairement du soin 
avec lequel cet ouvrage a été dirigé, tant pour les prin- 
cipes que pour l'exécution. Et l'Académie a écouté, avec 



1. Le Traité de stéréotomie avait paru, en effet, en 1792. Je 
ne vois signalé dans les dictionnaires qu'un Stirling (James), 
-J- vers 1674 (?), mathématicien, mais on n'indique de lui aucun 
ouvrage sur les voûtes. Cf. ci-après, p. 344. 



1793] 343 

plaisir, le compte favorable que son professeur de mathé- 
matiques lui a rendu sur cet objet. 



Ce lundi 29 e Avril 1793. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque a mis 
sous les yeux de l'Académie des desseins qui sont diffé- 
rens projets qu'il a faits pour la construction de Yéglise 
des Bénédictins de la Daurade* pour la ville de Toulouse, 
dans un sol qui, par son ressérement, présentoit des dif- 
ficultés. 

L'Académie, dans ces différents projets, a reconnu qu'il 
y avoit beaucoup de variétés dans la disposition de ses 
plans et a applaudi avec plaisir aux différentes études où 
l'a entraîné le désir de remplir, le mieux qui lui étoit pos- 
sible, les intentions qu'exigeoit cet édifice. 



Ce lundi 6e Mai 1793 2 . 

L'Académie étant assemblée, d'après son invitation, le 
citoyen Mauduit a exercé les fonctions du secrétaire, ab- 
sent par maladie. 

Le citoyen Franque a présenté à l'Académie deux porte- 
feuilles de plusieurs desseins originaux, tant d'architec- 
ture en perspective que de vases antiques, marines et 
paysages des maîtres les plus connus, tels que Bibiane, 
Jean Paul Pannini, Romanelli, le cavalier Bernin et 
autres. Ces différens morceaux ont été examinés avec at- 
tention par les membres présents à l'assemblée, qui en 

1. L'église de la Daurade fut, en effet, construite de 1773 à 
1790, sur l'emplacement d'un édifice ancien, encore resserré 
par le voisinage de la Garonne. Mais la construction est attri- 
buée à Hardy. 

2. Ont signé en mai : Boullée, Cherpitel, Darnaudin, Des- 
maisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Leroy, Mauduit, Rous- 
set, Trouard, Vien, Sedaine. 



344 [1793 

ont témoigné leur satisfaction au citoyen Franque, leur 
confrère. 

Enfin, on a fait lecture d'une lettre du professeur de 
trait, qui sollicite l'attention de l'Académie en sa faveur, 
pour obtenir le paiement de ce qui lui est dû depuis qu'il 
est entré dans l'exercice de ses fonctions 1 . Il a été arrêté 
qu'à la séance prochaine l'Académie prendroit sa de- 
mande en considération et feroit toutes les démarches 
nécessaires qui seroient en son pouvoir pour le faire 
payer de ce qui lui est dû pour son travail. 



Ce lundi i3 e Mai 1793. 

L'Académie assemblée, avec son agrément, le citoyen 
Mauduit a tenu la plume en l'absence du secrétaire, encore 
retenu chez lui pour cause de maladie. Le citoyen 
Franque a présenté un nouveau portefeuille rempli de 
plusieurs originaux de différens genres et de plusieurs ar- 
tistes, parmi lesquels l'Académie a distingué et vu avec 
plaisir un monument funéraire du cavalier Bernin 2 et 
quelques autres morceaux du même auteur. 

Ensuite, un mémoire imprimé sur la poussée des voûtes 
a donné lieu à des réflexions sur cette partie importante 
de l'art de bâtir. 

Enfin, le citoyen Mauduit a fait part à la Compagnie 
d'une idée heureuse du géomètre anglois Stirling, laquelle 
devroit servir de base à cette théorie importante et qui 
paroît ignorée de presque tous ceux qui ont travaillé sur 
cette matière. 



Ce lundy 27 e May 1793. 
L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque a pré- 

1 . Il y avait bien peu de temps que Rieux avait commencé son 
cours. 

2. Je n'ai rien trouvé sur ces dessins. Pour Bernin, voir l'ou- 
vrage de Fraschetti, 1900. 



1793] 3 4 5 

sente trente trois desseins de cartes de différentes ba- 
tailles, sièges, campemens et fortifications, la plupart dans 
la Flandre, Y Autriche, Y Alsace et Y Italie. 

L'Académie les a vues avec l'intérêt que ces morceaux 
pouvoient inspirer, quoique peu analogues à ses occupa- 
tions ordinaires. 



Ce lundi 3e Juin 1793*. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque a pré- 
senté trente desseins, dont vingt sont les projets exécu- 
tés pour V abbaye de Saint Pierre de Corbie, à quatre 
lieues d'Amiens 2 , aux religieux bénédictins de l'ordre de 
saint Maur : ce sont les plans, élévations et coupes ainsi 
que les desseins variés de plusieurs voûtes exécutées so- 
lidement et bien appareillées. Les grands corps de logis 
ont 5oo pieds de longueur et les ailes 200; tout le rez de 
chaussée est voûté en pierre et les murs de face ont six 
pieds d'épaisseur. Tous lesdits bâtimens ont coûté près 
de deux millions, ils ont été construits dans l'espace de 
vingt cinq ans; c'est un des plus grands monastères de 
V Europe, il a été commencé en 1740 et fini par ledit 
sr Franque. 

Le sr Franque a fait voir le projet des dames de Yab- 
baye royale de Nostre Dame de Soissons, plans, éléva- 
tions, coupe et porte d'entrée; enfin, le projet pour le 
collège de Dombes, aux religieux bénédictins de l'ordre de 
saint Maur, fait en 1771. L'Académie a paru satisfaite en 
voyant lesdits projets. 

1. Ont signé en juin : de Bourge, Cherpitel, Couture, Dar- 
naudin, Desmaisons, Franque, Jardin, Leroy, Raymond, Re- 
nard, Rousset, Trouard, Vien, Sedaine. 

1. L'abbaye de Saint-Pierre de Corbie était une des plus 
anciennes et des plus considérables de France. Les descrip- 
tions qu'on en donne à la fin du xv!^ siècle correspondent à 
ce que dit Franque. — L'ancienne et célèbre abbaye de Notre- 
Dame de Soissons a été remplacée par une caserne. 



3 4 6 [i 79 3 

Ce lundi 10c Juin 1793. 

L'Académie étant assemblée, on a fait lecture de plu- 
sieurs endroits de Vitruve', ce qui a donné lieu à diverses 
réflexions sur les arts relatifs à l'architecture et à quelques 
observations physiques qui ont paru intéresser la Com- 
pagnie. 



Ce lundi 17 e Juin 1793. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque, aca- 
démicien, a présenté soixante et deux desseins dont douze 
en architecture, plans, élévations et coupes, des calques 
à la sanguine de différens sujets exécutés dans le château 
de Fontainebleau 2 , des dessins de Parrocel et des desseins 
d'après les tableaux de Raphaël, d'après le Poussin, le ca- 
valier Bernin et Oppenor. L'Académie, après cet examen, 
n'a pu qu'applaudir à l'attention de l'académicien qui lui 
présente ces objets d'occupation. 



Ce mardi 25 e Juin 1793. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture du 
chapitre vi du livre V de Vitruve sur la construction du 
théâtre 3 , et l'Académie s'est entretenue des réflexions que 
cette lecture lui a fournies. 



Ce lundi 1er Juillet 1793 4 . 
L'Académie étant assemblée, le citoyen [un blanc], aca- 

1. On ne peut facilement déterminer ces passages. Les cha- 
pitres iv et vi du livre I contiennent quelques observations 
physiques avec remarques de Perrault. 

2. Je renvoie encore une fois à la note de la p. 335. 

3. Cf. Procès-verbaux, t. I, p. 116, 117. 

4. Ont signé en juillet : de Bourge, Cherpitel, Darnaudin, 
Desmaisons, Franque, Guillaumot, Jardin, Ledoux, Leroy, 
Mauduit, Moreau, Peyre, Raymond, Rousset, Trouard, Vien, 
Sedaine. 



1793] 3 47 

démicien, a soumis aux regards de l'Académie trois pro- 
jets différens qu'il a composés, pour être exécutés sur le 
terrain du château Trompette, de la ville de Bordeaux*. 
Et l'Académie, après avoir témoigné sa satisfaction, a, 
de ces trois projets, donné la préférence au projet coté B. 



Ce lundi 8« Juillet 1793. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Raymond a dit 
que sa santé l'obligeant d'aller respirer l'air natal, il pré- 
sentoit à l'Académie le besoin qu'il avoit d'être quelques 
mois sans assister aux séances, et de vouloir bien rece- 
voir ses regrets; l'Académie le prie de vouloir bien lui 
donner des nouvelles d'une santé à laquelle elle s'inté- 
resse. 

Ensuite, les élèves, qui concourent pour le grand prix, 
ont représenté que les gardes que la nécessité exige et 
leur fait monter 2 leur a enlevé le temps que demandoit le 
travail du concours et qu'ils prioient l'Académie de re- 
mettre au i2 e aoust l'exposition des desseins au jugement 
de l'Académie, et elle a accordé aux élèves de ne rendre 
leurs desseins qu'au 12e aoust, à huit heures précises du 
matin, au lieu du 20 juillet. 

Le Suisse attaché à l'Académie lui a dit qu'il partoit, 
s'étant engagé pour aller à Évreux 3 servir la patrie, et 
l'Académie a applaudi à son zèle. 



Ce lundi i5 e Juillet 1793. 

L'Académie étant assemblée, il a été fait lecture d'un 
mémoire de travaux composés ou projetés par le citoyen 

1. Voir sur la question Jullian, Histoire de Bordeaux, p. 570, 
571, et le plan de 1733, p. 548. Aucun des signataires du I er juil- 
let ne paraît avoir travaillé à Bordeaux à cette date. 

2. On verra plus loin que ce retard leur nuisit beaucoup. 

3. C'était juste huit jours avant la défaite des fédéralistes à 
Pacy-sur-Eure, i5 juillet. 



3 4 8 [i 79 3 

Franquc, académicien, qui a présenté quarante quatre 
desseins de ces mêmes travaux et, après l'examen, l'Aca- 
démie n'a pu qu'applaudir au nombre et aux productions 
dudit citoyen, entre autres au château de Magnanville, 
près la ville de Mantes*. 



Ce lundi 22 e Juillet 1793. 

L'Académie étant assemblée, elle s'est occupée des 
droits de présence et autres dettes qu'elle doit réclamer 
sur la liste civile 2 , et il a été dit qu'un mémoire succinct 
seroit dressé et présenté au ministre de l'Intérieur, lequel 
mémoire seroit, au nom de l'Académie, signé du prési- 
dent de la séance et du secrétaire. 

Enfin, le citoyen David Le Roi a fait lecture de quelques 
édifices qui entroient dans le dessein d'une maison de 
plaisance qu'il a composé pour le compte du ministre de 
la Marine en Russie 3 . 



Ce 29e Juillet 1793. 
L'Académie étant assemblée, le citoyen Franque a pré- 
senté à la Compagnie différents projets relatifs à l'embel- 
lissement de Paris k : deux ont pour objet les différents 
monuments, tant publics que particuliers, que l'on pour- 
roit élever sur les terrains adjacents au vieux Louvre et 
aux Tuileries, avec les rues à ouvrir pour en faciliter les 
avenues et pour multiplier les communications. Deux 

1. Le château de Magnanville n'existe plus qu'en ruines. 

2. Il s'agissait de l'arriéré. La liste civile, établie en 1791 , 
avait été supprimée en 1792. 

3. Non cité dans l'ouvrage de Réau, L'expansion de l'art 
français moderne (Pays slaves). Resté évidemment à l'état de 
projet. 

4. C'est toujours la question de la région du Louvre et des 
Tuileries, soit pour la réunion en deux palais, soit pour le dé- 
gagement des parties intermédiaires, si embarrassées. 

Quant à Saint-Sulpice, le terrain devant l'église était alors 
fort étroit et la perspective était faussée. — Sur les îles Saint- 
Louis, Notre-Dame, etc., cf. ci-dessus, p. 254. 



i 7 93] 3 4 9 

autres ont rapport à la place Saint Sulpice, à l'étendue 
qu'il conviendroit de lui donner pour découvrir avec 
avantage le portail de cette fameuse basilique. Le der- 
nier, enfin, fait connoître les idées du citoyen Franque 
sur les isles Saint Louis et Nostre Dame, sur la nécessité 
de construire un pont dans la direction de la rue Saint 
Louis pour réunir les deux isles. 

La Compagnie a vu les différents projets avec d'autant 
plus d'intérest que les deux premiers entrent essentielle- 
ment dans les vues du programme proposé dernièrement 
aux artistes par la Convention nationale. 



Ce lundi 5 e Aoust 1793 •*. 

L'Académie étant assemblée, le citoyen Jardin a fait 
lecture d'une lettre du citoyen Sedaine qui témoigne ses 
regrets à la Compagnie de n'avoir pas pu se rendre à ses 
fonctions. Ensuite, sur la représentation des élèves rela- 
tive aux circonstances, l'Académie, en admettant la jus- 
tice des motifs qui l'ont déterminée, a arrêté qu'elle s'as- 
sembleroit jeudi 8 du courant, pour juger les desseins 
exposés aujourd'hui par ceux qui avoient été admis au 
concours. 

Ensuite, le citoyen Franque a présenté différents pro- 
jets de places et de monuments pour la ville de Marseille' 2 , 
avec les plans, profils et élévations, particulièrement ceux 
d'un arc de triomphe qui devoit être placé à l'entrée de 
ladite ville donnant sur la place royale, le grand cour et 
la rue de Rome, formant un alignement de plus de deux 
milles toises d'une seule direction dont le point de vue se 
termine à l'indéfini sur une étendue immense couverte de 
bastides et maisons aussi riches qu'agréables. Les diverses 
élévations des différentes idées de ce monument ont in- 

1. Ont signé le 5 août : Boullée, Cherpitel, Desmaisons, 
Franque, Jardin, Mauduit, Rousset, Vien. 

2. A l'endroit où s'élève aujourd'hui l'arc de triomphe com- 
mencé en 1823, achevé et transformé en i83o. 



35o [i 79 3 

téressé l'Académie par la légèreté du dessein et l'entente 
des effets. 

Ces divers projets avoient été demandés au citoyen 
Franque par le gouvernement; l'Académie a vu tous ces 
morceaux avec plaisir. 

Au nom du Comité d'Instruction publique, le citoyen 
David annonce à la Convention que ce Comité s'occupe 
d'un rapport sur la suppression de toutes les corporations 
des arts; il demande la parole et dit 1 : 

L'Académie d'architecture voit venir ce rapport avec 
regret, aussi cette Académie veut elle avancer de trois se- 
maines l'époque à laquelle se faisoit ordinairement la dis- 
tribution de ses prix. Pour empêcher que cette distribu- 
tion ne soit faite de la manière inique avec laquelle elle 
a été faite jusqu'à présent; pour remplir d'ailleurs les 
vœux des artistes qui ne sont pas pressés, puisque le 
voyage de Rome n'est plus possible, je suis chargé de vous 
présenter le décret suivant : 

La Convention nationale, d'après le rapport de son Co- 
mité d'Instruction publique, décrète : 

« Art. i e «". Il sera sursis au jugement des prix des Aca- 
démies de peinture, sculpture et architecture jusqu'à ce 
qu'il en ait été autrement ordonné. 

« Art. 2. Le Comité d'Instruction publique présentera 
incessamment le mode par lequel seront jugés les prix de 
peinture, sculpture et architecture. 

« Art. 3. Les esquisses et les ouvrages des artistes pré- 
sentés pour ces concours seront sur le champ transportés 
et exposés dans les salles de la commune des arts... » 

Voilà ce qui est dans le journal, mais je ne crois pas 
que David se soit permis cette allégation et qu'il ait vu 

autre chose que le bien. 

M. J. Sedaine. 

i. Note ajoutée par Sedaine, après coup. 



APPENDICES 



i. 

Rapport sur l'examen des préparatifs des fêtes dont 
s'occupe le bureau de la Ville pour recevoir la fa- 
mille ROYALE. 

Le 23 décembre 1781. 

Nous, commissaires nommés par l'Académie royale 
d'architecture dans son assemblée du lundi 10 décembre 
présente année, et en vertu de la lettre de Monsieur le 
comte d'Angiviller, directeur et ordonnateur général des 
Bâtimens du Roi, en date du neuf dudit mois, laquelle 
lettre a pour objet de remplir la demande que M. le pré- 
vost des marchands a faite à Monsieur le Directeur gé- 
néral pour qu'un ou plusieurs membres de la Compagnie 
soient chargés de coopérer, de concert avec M. Moreau*, 
à l'examen des préparatifs dont s'occupe le bureau de la 
Ville pour recevoir la famille royale, nous nous sommes 
réunis chez M. Moreau, le mercredi 19 du présent, et, con- 
jointement avec les deux commissaires nommés par M. le 
lieutenant général de police, nous avons procédé aux dif- 
férens examens dans l'ordre suivant. 

Les plan, profil et autres desseins de détails nous ayant 
donné une idée suffisante des principales dispositions, 
nous avons été sur le lieu reconnoître chaque objet par- 
ticulier : en considérant l'état actuel des bâtimens de l'hô- 
tel de ville, nous avons trouvé qu'ils ne présentent aucune 
cause d'inquiétude sur leur solidité, tant par rapport à 

1. Voir p. 59. — Moreau-Desproux était architecte de la ville. 



352 APPENDICES. 

L'état des planchers et combles au dessus qu'à celui des 
autres parties de cet édifice. 

Nous avons ensuite examiné l'établissement de la salle 
de bal qui se fait dans la cour de l'hôtel de ville*, ainsi 
qu'il a déjà eu lieu dans une occasion de fête publique. 
Nous avons reconnu que le comble de cette salle est d'une 
disposition légère et ingénieuse, qu'elle satisfait à la soli- 
dité et laisse aussi les moyens d'y faire circuler les 
hommes de garde et de service, les deux jours où l'on 
fera usage de cette salle; mais nous pensons que, comme 
elle n'est séparée du comble que par une simple toile, il 
y auroit à craindre que des outils ou d'autres objets, en 
tombant sur cette toile, ne puissent la percer et occasion- 
ner des accidens. C'est pourquoi nous estimons qu'il con- 
viendra de placer de forts filets sous les ponts de service 
des ouvriers et pompiers, et d'une largeur suffisante, en 
les attachant à la charpente du comble. 

Nous avons ensuite examiné la construction, qui se fait, 
d'une grande salle en aile à l'ancien bâtiment de la ville, 
et qui est destinée à recevoir la famille royale, tant pour 
le banquet que pour y voir le feu d'artifice. Cette cons- 
truction, quant à la charpente, nous paroît de la plus 
grande solidité, ainsi que le plancher bas de ladite salle 
et celui des loges au dessous. Ce que nous avons vu de 
préparé pour les fermes du comble qui sera couvert d'ar- 
doise en appenti du côté de la rue du Mouton 2 , avec chei- 
naux du côté de la place, nous a paru dans une dis- 
position bonne et solide. Ce corps de construction, d'en- 
viron 48 pieds d'épaisseur et 140 pieds de long, est occupé 
par la salle du festin, avec galerie en arcades de chaque 
côté; l'intérieur et l'extérieur seront fermés et décorés par 

1. Voir Lucien Lambeau, l'Hôtel de ville de Paris depuis les 
origines jusqu'en i8y 1, 1 vol. in-fol., illustr., 1920. Cf. aussi 
le plan Turgot pour la topographie d'ensemble, etc. 

2. La petite rue du Mouton, composée de trois maisons, 
aboutissait de la rue de la Tixeranderie à la place. 



APPENDICES. 353 

des toiles peintes et le plafond sous le comble fait sim- 
plement en toile, ce qui rendra cette salle très difficile à 
échauffer en cas de grand froid. 

Quoique M. Moreau ait eu l'attention d'ouvrir un pas- 
sage de 6 pieds de large du côté de l'hôtel de ville et de 
faire un escalier de 12 pieds de largeur près cette entrée 
et du côté de la rue du Mouton, qui doit servir à la cir- 
culation du public dans la salle du banquet et de l'hôtel 
de ville, nous estimons cependant qu'il seroit très utile, 
pour ne pas dire même nécessaire, de former un second 
escalier à l'autre bout de la dite salle où le Roi et la 
Reine doivent être placés, pour établir une nouvelle sor- 
tie pour plus de sûreté contre les accidens qui pourroient 
arriver à l'extrémité opposée. 

Nous estimons aussi qu'il conviendra d'établir sur les 
entraits des fermes du comble un plancher léger à claire 
voie recouvert de planches jointives, pour garantir des 
mêmes inconvéniens que nous avons rapportés à l'article 
de la salle que l'on fait dans la cour de l'hôtel de ville, le- 
quel plancher contribuera aussi à diminuer le froid dans 
l'intérieur de cette salle. 

Il nous reste à observer sur la disposition de cette salle 
de banquet que, se trouvant adossée aux maisons parti- 
culières de la place de l'Hôtel de Ville, il est de toute né- 
cessité que ceux qui les occupent se dispensent de faire 
usage de leurs cheminées, les deux jours de fêtes : ce qui 
présente l'obligation d'établir une garde suffisante dans 
chacune de ces maisons, pour y veiller. 

Après cet examen, nous avons visité la construction de 
la charpente et établissement du feu d'artifice : elle est 
posée solidement, d'une part sur le port, au dessous du 
mur du quai, et de l'autre sur le mur d'appui; joint à la 
grande base et à l'étendue du front que cette construction 
présente du côté de la rivière, nous ont {sic) paru capables 
de résister aux efforts des crues et glaces ordinaires. 

Il seroit à désirer que le feu présentât une face du côté 

IX 23 



354 APPENDICES. 

de Vlsle Saint Louis, afin qu'une grande quantité de peuple 
que contiendront les quais de cette Isle, le Port au Bled, 
le Pont Marie et même le quai des Miramionnes 1 puissent 
participer à la fête; sans quoi tout ce peuple voudra re- 
fluer dans la place qui n'est déjà que trop petite. 

M. Moreau nous ayant ensuite engagé à reconnoître 
l'état du Pont Rouge entre l'Isle Saint Louis et le cloître 
Notre Dame 11 , pour juger s'il peut être livré à l'immensité 
du concours du peuple, le jour que le feu d'artifice sera 
tiré, nous y avons reconnu, par la réparation qui s'y fait 
présentement, qu'une partie des bois se trouve en mauvais 
état et que, quoiqu'aux premières fêtes de la ville, à l'oc- 
casion de la naissance de Monseigneur le Dauphin, il ait 
été chargé de beaucoup de peuple (ainsi que M. Moreau 
nous l'a déclaré), nous pensons que, dans la circonstance 
où la fête sera plus considérable, vu son objet et la pré- 
sence de Leurs Majestés, l'expédient d'intercepter le pas- 
sage de ce pont par des barrières et une garde suffisante 
est le seul moyen de prévenir tous les accidens, surtout 
en cas de glaces et de grandes crues. 

La position du feu d'artifice nous donnant lieu de 
croire que tout le quai, depuis la Grève jusqu'à la place 
aux Veaux, recevra une très grande foule de peuple, et 
toute l'étendue du port se trouvant nécessairement sans 
quai et sans mur d'appui, nous croyons utile d'établir une 
forte barrière de charpente à quelque distance du bord de 
la rivière, avec suffisamment de gardes pour empêcher le 
peuple de la franchir, et par là, prévenir les accidens, 
comme aussi de faire enlever tous les matériaux et autres 
obstacles qui pourront se trouver dans les emplacemens 
qu'occuppera le public. 

A l'égard de la place de l'Hôtel de Ville où le peuple se 

i. Le quai des Miramiones {quai de la Tournelle) prenait 
son nom du couvent des Miramiones (aujourd'hui Pharmacie 
centrale). 

2. Sur l'état du Pont-Rouge, voir ci-dessus, p. 264-266. 



APPENDICES. 355 

portera avec la plus grande affluence, parce qu'elle sera 
le centre de la fête, on ne doit pas douter des précautions 
qui seront prises, et que l'on aura l'attention d'établir des 
barrières dans les différentes rues et jusqu'à une certaine 
distance de la Grève, en considérant aussi que le moment 
le plus difficile pour les services de la police sera l'instant 
où la famille royale et toute sa suite se mettra en marche 
pour le retour, après le feu d'artifice. 

Fait et rédigé entre nous chez M. Perronet, à Paris, le 
23 décembre 1781. 

Signé : Perronet, Brébion, Peyre, Jardin. 

Nota. — Les commissaires susnommés sont convenus 
de se rassembler, le mercredi 26 de ce mois chez M. Mo- 
reau, avec les deux commissaires nommés par M. le lieu- 
tenant général de police, pour continuer ensemble la vi- 
site et l'examen du progrès des travaux. 

Suite du premier rapport dont copie est ci dessus. 

Nous, commissaires susdits, nous sommes rassemblés, 
les 26 décembre dernier et 4 du présent mois de janvier 
1782, chez M. Moreau avec les deux commissaires nom- 
més par M. le lieutenant général de police; et, après avoir 
conféré et discuté tous les objets qui nous ont paru de- 
mander attention, nous avons ensuite, l'un et l'autre des- 
dits jours, continué sur le lieu l'examen du progrès des 
travaux. 

La reconnoissance plus particulière du local où nous 
avons présenté, dans le premier rapport, la nécessité de 
former un second escalier au bout de la salle de banquet, 
nous a fait juger, ainsi que nous l'avions déjà proposé à 
M. Moreau à notre séance du 26 décembre, qu'au lieu de 
ce nouvel escalier qui n'auroit son issue que sur le pavé 
de la place, il seroit encore plus sûr de pratiquer une 
communication avec une maison voisine de ladite salle. 
Nous avons reconnu que l'usage de cette maison, qui se- 



356 APPENDICES. 

roit, les deux jours de fêtes, confiée à une garde com- 
mandée par un ou plusieurs officiers, est le moyen le plus 
capable de tranquilliser sur les accidens qui pourroient 
arriver à l'extrémité opposée à cette communication. 

M. Moreau nous a dit qu'il se disposoit à faire le plan- 
cher du dessus de la salle du banquet que nous avons 
proposé de construire par notre premier rapport. 

La nécessité d'étendre les attentions sur tout ce qui a 
rapport à la sûreté du public a engagé M. Moreau à 
prendre des précautions contre l'imprudence du peuple, 
qui pourroit monter sur le mur du parapet du quai Pelle- 
tier au moment du passage de Leurs Majestés, ainsi qu'à 
celui du feu d'artifice; nous pensons que l'exhaussement 
d'une charpente garnie de deux cours de plat bord, posée 
solidement ainsi qu'il nous l'a expliqué, pourra empêcher 
de tomber de dessus ce parapet dans la rivière. 

En considérant l'état d'avancement des différens ou- 
vrages dans la place de l'Hôtel de Ville, nous avons observé 
que la splendeur de la fête a engagé à des établissemens 
de charpente en saillie pour répéter l'illumination de V hô- 
tel de ville, que de plus il y a, de chaque côté, des pié- 
destaux pour porter de grandes girandoles d'illumination 
et aussi des orchestres, des buffets; nous pensons (ainsi 
qu'au premier aperçu des plans) que tous ces corps isolés 
dans un espace déjà très resserré par lui même sont ca- 
pables d'occasionner des accidens et qu'ils ne peuvent 
être prévenus que par les soins les plus vigilans de la po- 
lice, en empêchant, autant que cela se pourra, le peuple 
de se porter trop en foule dans cette même place. 

Les conférences entre M. Morot, directeur des pompes 
de la ville, et M. Moreau, auxquelles nous nous sommes 
trouvés particulièrement, le 4 janvier, nous ont donné 
connoissance des précautions que la prudence leur inspire 
et que nous estimons d'autant plus importantes qu'elles 
ont pour objet les secours nécessaires à la salle de ban- 
quet, qui est construite en charpente et recouverte de toile 



APPENDICES. 357 

de chaque côté. Ces précautions ont la même importance 
dans la salle du bal, de l'intérieur delà ville, qui n'est sé- 
parée du comble que par une toile, et nous pensons que 
le bureau de la Ville jugera de la nécessité de ne point 
obstruer le service de ces secours par une affluence trop 
nombreuse de spectateurs invités. 

Résumé. 

Nous avons rendu compte par notre premier rapport 
de l'état de solidité dans lequel nous avons trouvé les ou- 
vrages de charpente, des préparatifs que fait la Ville pour 
les fêtes qu'elle destine à Leurs Majestés, à l'occasion de 
la naissance de Monseigneur le Dauphin; nous avons 
exposé dans le même rapport les différens objets qui 
regardent la sûreté de la famille royale et du public; nous 
venons d'exposer les nouvelles réflexions que nous avons 
faites sur le même sujet. Il ne nous reste aucun doute 
pour ce qui concerne la solidité relativement à la conti- 
nuation des mêmes travaux, la charpente étant très avan- 
cée et prête à recevoir les croisées et les décorations que 
l'on se dispose à placer. S'il peut nous rester de l'inquié- 
tude, ce n'est que relativement à Paffluence très considé- 
rable du peuple à laquelle on doit s'attendre dans un 
emplacement aussi petit que l'est celui de la Grève et dont 
les abords sont, d'ailleurs, très resserrés; mais on a lieu 
d'espérer de la vigileance de la police et du bon ordre qui 
sera observé que l'on préviendra les accidens autant qu'il 
sera possible. 

Nous croyons, au surplus, avoir rempli notre mission 
relativement à la lettre que Monsieur le Directeur géné- 
ral a adressée à l'Académie à ce sujet, et que nous n'avons 
rien de plus à faire sans de nouveaux ordres. 

Fait et rédigé entre nous chez M. Perronet, à Paris, le 
5 janvier 1781. 

Signé : Perronet, Brébion, Peyre, Jardin. 



358 



APPENDICES. 



II. 



Copie de la lettre de Monsieur le Directeur général 
a Messieurs de l'Académie, en date du 12e novembre 

1785, SUR LA GALERIE DU LOUVRE. 

Je me porte avec empressement, Messieurs, à proposer 
à l'Académie entière l'une des matières les plus intéres- 
santes dont elle puisse se faire un objet d'étude et de 
travail pour le Roy et pour la chose publique. Vous pres- 
sentez tout d'un coup qu'il s'agit de cette galerie, destinée 
par la magnificence du Roy, par Son amour pour les 
arts, à présenter un monument unique dans l'Europe. 

Je considère une réclamation qui prend de jour en 
jour le ton, le caractère d'une opinion générale sur 
laquelle je ne dois et ne veux adopter de résolution défi- 
nitive qu'après une discussion sévère, profonde, par con- 
séquent décisive; en un mot, telle que je dois l'attendre 
de la réunion des lumières et du goût des artistes qui 
composent l'Académie*. 

La question est de savoir si la galerie du Louvre ne peut 
convenablement répondre à son objet sans que les jours 
qui doivent en éclairer les richesses soient tirés d'en 
haut. Cette question n'existeroit pas s'il s'agissoit d'un 
édifice à créer, et sans doute personne ne balanceroit pour 
l'affirmative sur les jours à tirer d'en haut. 

Ce fut mon premier vœu à l'époque de 1778, premier 
instant où, le Roy ayant manifesté Ses intentions, je me 
suis occupé des moyens de les remplir; plusieurs d'entre 

1. Cf. p. 59. — Il y avait longtemps (1777 au moins) que le 
projet du Musée était formé, mais sans réalisation. En 1785, on 
entreprit de reprendre les travaux suspendus à cause du pro- 
blème de l'éclairage et aussi de la pénurie des finances. Textes 
nombreux dans le bon ouvrage de Gabillot, Hubert Robert et 
son temps, p. 169-182. Cf. G. Brière et Marquet de Vasselot, 
Vues de la grande galerie du Louvre par Hubert Robert {Bull. 
de la Soc. de l'Hist. de l'Art français, 1920). 



APPENDICES. 359 

vous, Messieurs, peuvent retracer à la Compagnie les dé- 
tails des conférences successives que je tins avec eux et 
avec M. Soufflot*. Tous les délibérans regrettèrent qu'on 
eût à s'établir dans un édifice déjà formé et dont le carac- 
tère imposant, peut être unique, faisoit naître une répu- 
gnance très fondée pour tout ce qui conduiroit à altérer 
ce caractère. 

Cependant M. Sou flot, que ses talens connus pouvoient 
enhardir, conçut et proposa différens projets : ils éprou- 
vèrent des objections puissantes sur l'effet qu'ils produi- 
roient même en éclairant d'en haut, ainsi que sur leur 
dépense importante dans un tems qui présentoit moins de 
ressources que le moment actuel. Enfin, après des discus- 
sions fort multipliées, toutes les voix se réunirent pour 
réparer la galerie et la disposer dans l'état auquel elle est 
maintenant parvenue, et qui n'attend que la pose de me- 
nuiseries et ferrures qui déjà, depuis du tems, peuvent 
être mises en œuvre. 

Dans les idées adoptées, on s'occupa essentiellement 
de la sûreté à donner à cet édifice contre les accidens 
d'incendie, moins redoutables encore par le feu du ciel, 
rare en général, que par les événemens humains. C'est 
d'après cet ordre d'idées qu'on s'est attaché non seule- 
ment à la formation bonne et solide d'une voûte en 
briques, mais à l'établissement, au dessus de cette voûte 
et de distance en distance, des murs de séparation, éga- 
lement en briques, entre lesquels on peut concentrer un 
incendie et se ménager le tems d'enlever, au dessous, ce 
qui pourroit devenir la proye des flammes. Si depuis j'ai 
ajouté à cette précaution celle d'établir des paratonnerres, 
ça été uniquement pour ne rien omettre, et d'autant plu- 
tôt que, la dépense n'ayant rien d'effrayant, il y avoit 

1. Il n'y a pas trace de ces entretiens (non officiels évidem- 
ment) dans les procès-verbaux de 1778. Cf. Mondain-Monval, 
Soufflot, p. 208-225. — On notera que « l'éclairage par en haut » 
ne signifiait pas alors l'éclairage par une voûte. 



3Ô0 APPENDICES. 

d'ailleurs à compter, dans le cas de l'événement prévu, 
sur un résultat qui n'étoit point équivoque. 

La question actuelle est d'un ordre absolument diffé- 
rent : elle doit s'examiner, non seulement sous le rapport 
de la dépense à sacrifier dans une proportion nécessaire- 
ment importante, surtout à la suite d'une dépense déjà 
très considérable, mais plus encore sous le rapport de 
l'effet qu'on peut espérer des procédés quelconques qu'on 
peut employer pour éclairer d'en haut, en travaillant sur 
ce qui existe et dont l'état peut donner des entraves et 
des difficultés pénibles à vaincre pour conserver à la 
galerie ce caractère imposant que son auteur a sçu y 
donner, et pour y maintenir toute la solidité, toute la sû- 
reté qu'exige le dépôt inestimable qu'elle doit conserver 
à jamais. 

Je vous observois, il y a un moment, que les travaux 
que j'ai adoptés pour résultat des premières délibérations 
de 1778 et que j'ai fait exécuter, ont eu pour but essen- 
tiel la solidité et la sûreté; et ce point doit prédominer 
dans la combinaison de tous les procédés pour lesquels 
vous croirez devoir vous déclarer. 

Telles sont, Messieurs, les idées que je vous indique 
comme base des grands intérêts dont je remets la discus- 
sion et l'examen à vos lumières, pour devenir la matière 
des dernières résolutions du Roy; les premières ont été 
prises également sur le rapport des conférences dont je 
vous parlois en commençant, et vous sentez que cette 
circonspection, toujours juste dans mes idées, m'est 
encore plus essentielle en ce moment, dans lequel je ne 
veux ni adopter ni rejeter l'opinion plus ou moins pu- 
blique, d'après mes seules réflexions personnelles. 

Je ne me dissimule point que ce vœu pour un éclai- 
rage d'en haut s'est introduit sur les observations énon- 
cées par plusieurs artistes qui, en raisonnant en gens 
éclairés, en gens de goût, ont mis à part les accessoires, 
parce qu'ils n'avoient point à les examiner et qu'ils don- 



APPENDICES. 36 I 

noient toutes leurs spéculations à l'amour de l'art ; je sui- 
vrois volontiers le même plan si je n'étois forcé, comme 
administrateur pour le Roy, de combiner les arrangemens 
secondaires qui tiennent à l'intérêt des finances du Roy. 

Cependant si je m'occupe de cette partie, c'est sans la 
rendre exclusive, sans m'en faire un obstacle insurmon- 
table, parceque je sais que Sa Majesté elle-même a pour 
premier objet, dans l'érection du monument national dont 
il s'agit, de lui donner la perfection dont il est susceptible, 
dès qu'elle pourra se répondre du succès des moyens à 
employer dans l'état actuel des choses. 

Ce mot me ramène naturellement à la question que j'ai 
posée en commençant, et sur laquelle, ainsi que sur ses 
accessoires, je désire que l'Académie épuise en quelque 
sorte tout ce que la plus saine raison, l'expérience et le 
goût les plus sûrs et les plus éclairés pourront lui dicter, 
pour établir une conclusion que le Roy puisse adopter 
avec autant de sûreté pour l'avenir qu'elle y mettra, dès 
à présent, de confiance. Ça été en novembre 1784 que le 
vœu pour tirer des jours d'en haut a commencé à se ré- 
pandre d'une manière marquée et renouvela tout le 
regret que j'avois donné à l'abandon, sinon de mon pre- 
mier vœu, du moins de son exécution. Il me conduisit à 
charger le sieur Renard 1 , gendre de M. Guillaumot, l'un 
de vous, Messieurs, d'étudier profondément les idées qu'il 
m'avoit dit avoir conçues en général sur l'objet; il s'y 
est appliqué et m'a présenté un travail qui m'a paru assez 
important pour mériter un examen provisoire, mais réflé- 
chi; j'en ai confié le soin à MM. Mique, Ha^on, Guil- 
laumot, de l'Espée et Brébion qui, en répondant à mes 
vues avec toute la lumière et tout le discernement que 
j'avois droit d'en attendre, ne se sont cependant exprimés 
que de manière à me faire sentir qu'ils désiroient qu'une 
matière aussi importante devînt l'objet d'un vœu général 

1. Renard entra à l'Académie en 1792. Il avait séjourné à 
Rome de 1774 à 1780. Cf. Procès-verbaux, t. VIII, p. 334-336. 



362 APPENDICES. 

de l'Académie : je n'ai pu qu'applaudir à leur délicatesse, 
sur laquelle d'ailleurs j'avois compté. 

Ainsi, l'Académie recevra par ces Messieurs, à l'appui 
de cette lettre, tous les détails qui y seroient superflus : 
elle voudra bien se faire représenter et expliquer par le 
sieur Renard ses plans, ses modèles et ses devis, non 
comme un ouvrage qui doive borner et circonscrire les 
spéculations, mais comme des renseignemens positifs sur 
l'état actuel de l'édifice et sur la manière de l'appliquer, 
sous tous les rapports possibles, à l'emploi pour lequel il 
est destiné. Aussi l'attention du Roy est elle que l'Acadé- 
mie réunie puisse elle même proposer un projet, si quel- 
qu'un de ses membres se porte à en concevoir un qui 
réunisse ou le tout ou la pluralité des suffrages. 

Il n'échappera point à l'Académie que je la rends ici 
l'arbitre d'une des résolutions les plus importantes qu'ait 
jamais pu offrir mon département, mais je cède au mou- 
vement d'une confiance trop légitime pour conserver la 
plus légère inquiétude ; je désire beaucoup que la moindre 
action qui résulte toujours de la saison d'hyver tourne au 
profit du travail que je confie au zèle de l'Académie, at- 
tendu que je veux désormais gagner sur le tems, soit pour 
suivre et compléter les erremens acuels, soit pour me 
ménager les ressources de finance qu'exigeroient des vues 
diflérentes. 

J'ai l'honneur d'être, Messieurs, votre, etc. 

Signé : d'Angiviller. 

III. 

On trouve dans le ne registre un projet de règlement 
[sans date 1 ] par M. Guillaumot. 

i . On verra que, tout en restant soigneusement sous l'auto- 
rité royale, l'Académie pourtant acquérait plus de pouvoirs 
que par les statuts de 1775, auxquels nous renvoyons pour la 
comparaison, t. VII, appendice I. — La hiérarchie en deux 
classes était supprimée, etc. 



APPENDICES. 363 

Comme il n'a pas été exécuté, nous n'en reproduisons 
que les articles qui avaient un caractère de nouveauté, 
les autres étant conformes au statut de 1775. 

Art. 1. 

L'Académie royale d'architecture demeurera toujours 
sous la protection du Roy et recevra les ordres de S. M. 
par le directeur et ordonnateur général de Ses bâtiments, 
jardins, arts, académies et manufactures. 

Art. 2. 

L'Académie sera composée de trente académiciens ar- 
chitectes, un professeur d'architecture, un professeur de 
mathématiques, un professeur d'hydraulique et d'hydro- 
dynamique, un secrétaire, huit associés libres, neuf cor- 
respondants régnicoles et neuf correspondants étrangers. 

Au total, cy soixante membres. 

Art. 4. 

Les huit places d'académiciens associés libres seront 
spécialement réservées, savoir : pour un peintre membre 
de l'Académie de peinture; pour un sculpteur membre de 
la même Académie ; pour un membre de l'Académie fran- 
çaise; pour un membre de l'Académie des sciences; pour 
un membre de l'Académie des inscriptions; pour un in- 
génieur militaire; pour un constructeur de vaisseaux et 
pour un expert vérificateur instruit des loix des bâti- 
ments. 

Art. 5. 

Les neuf places d'académiciens correspondants régni- 
coles seront remplies par des artistes non domiciles à Pa- 
ris et qui, par leurs talents ou leurs connoissances dans 
l'architecture, paroîtrons propres à contribuer au progrès 
de cet art. 

Art. 6. 

Les neuf places d'académiciens correspondants étran- 



3Ô4 APPENDICES. 

gers seront remplies par des artistes domiciliés en pays 
étrangers qui de même, par leurs talents ou par leurs con- 
noissances dans l'architecture, paroîtrons propres à con- 
tribuer au progrès de l'art. 

Art. 7. 

Les trente académiciens architectes, les trois profes- 
seurs, le secrétaire et les huit académiciens associés libres 
seront établis à Paris, et nul ne pourra être proposé pour 
une de ces places qu'il ne soit de bonnes mœurs, de pro- 
bité reconnue, et qu'il n'ait au moins vingt cinq ans ac- 
complis. Aucun d'eux ne pourra exercer l'entreprise. 

Art. 8. 

Lors de la vacance d'une place d'académicien archi- 
tecte, il sera formé une liste de tous les architectes qui 
aspireront à la remplir, et, dans ce nombre, il en sera 
choisy six au scrutin et à la pluralité des voix. Dans ces 
six sujets il en sera choisy un seul par un second scrutin 
aussy à la pluralité des voix, lequel sera proposé au Roy 
pour avoir Son agrément. 

Art. 9. 

Lors de la vacance d'une place d'académicien associé 
libre, de correspondant régnicole ou étranger, il sera 
choisy, au scrutin et à la pluralité des voix, un des can- 
didats qui aspireront à cette place, et il sera proposé au 
Roy pour avoir Son agrément. 

Art. 10. 

Les trois professeurs et le secrétaire seront perpétuels 
et seront choisis au scrutin et à la pluralité des voix et 
proposés au Roy pour avoir Son agrément. Ils pourront 
être choisis dans l'Académie ou au dehors, et, s'ils sont 
pris parmi les membres de l'Académie, la place qu'ils y 
occupoient deviendra vacante, et il y sera nommé dans la 
forme prescrite par l'article... 



APPENDICES. 365 

Art. ii. 

Le président de l'Académie sera élu parmy ses membres 
académiciens, architectes ou associés libres, au scrutin 
et à la pluralité des voix. Il sera renouvelé tous les ans, 
et on nommera, de la même manière et le même jour, un 
vice président pour le suppléer en cas de maladie ou 
d'absence, et, dans le cas d'absence de l'un ou de l'autre, 
le plus ancien académicien en réception présidera. 

Le secrétaire ne sera point susceptible d'être nommé à 
la présidence à cause de la perpétuité de ses fonctions. 

Art. i3. 

... Le cours du professeur de mathématiques contien- 
dra spécialement un traité de méchanique et un traité de 
perspective; celui du professeur d'hydraulique, les parties 
de cette science relatives à l'architecture. 

Art. 16. 

Les académiciens seront assidus tous les jours d'assem- 
blée et nul ne pourra s'absenter plus de deux mois pour 
ses affaires particulières, hors le temps des vacances, sans 
l'agrément de l'Académie, à moins qu'il ne soit employé 
au service du Roi hors Paris. 

Art. 18. 

Tous les académiciens présents auront voix délibéra- 
tive dans tous les cas. 

Art. 20. 

Il sera choisy au concours, parmy les jeunes étudiants 
qui suivront les cours des professeurs et sur un pro- 
gramme donné par l'Académie, quarante sujets qui auront 
le titre d'élevés de l'Académie et qui seront seuls admis à 
concourir pour les prix d'émulation de tous les mois et 
pour les grands prix annuels. Lesdits élèves seront tenus 
d'être domiciliés à Paris. 



366 APPENDICES. 

Art. 21. 

... Des douze sujets de ce prix d'émulation, huit auront 
pour objet des compositions d'architecture, deux la com- 
position et le dessin de l'ornement et deux autres quelque 
partie de l'art relative aux mathématiques, comme la pers- 
pective, la coupe des pierres, la mécanique appliquée à la 
construction, l'hydraulique, etc. 

Art. 23. 

Les médailles des prix d'émulation seront délivrées, le 
jour même du jugement, par le président de l'Académie, 
et les élèves couronnés assisteront ce jour là à la suite de 
la séance où on leur fera lecture des observations de 
l'Académie sur les beautés ou les défauts de leurs com- 
positions. Mais les médailles des grands prix seront dis- 
tribuées dans une séance extraordinaire annoncée huit 
jours d'avance, laquelle sera publique et à laquelle sera 
invité le directeur général, qui alors donnera le premier 
prix; le président donnera le second prix. L'Académie 
fera lire ce jour là quelques mémoires intéressants sur 
l'architecture ou sur les arts qui y sont relatifs. 

Art. 24. 

Les élèves de l'Académie auront un jour de chaque se- 
maine la disposition, sans déplacer, de la bibliothèque, de 
la salle des modèles et des cartons qui renferment les 
desseins. 

Art. 25. 

L'Académie sera libre de faire, pour son régime inté- 
rieur et pour ses élèves, tels règlements qu'elle jugera 
convenable. 

Art. 26. 
Lorsque l'Académie sera consultée sur des inculpations 
portées contre quelques uns de ses membres ou contre 
tous autres architectes, jamais aucun des commissaires 



APPENDICES. 367 

nommés pour préparer l'avis de l'Académie ne pourra 
remplacer l'architecte jugé, si, par suite de cet avis, il est 
déplacé, et jamais aucun membre de l'Académie ne pourra 
accepter diversement une semblable commission par au- 
cun ministre, ordonnateur ou administrateur, et il ne 
pourra s'en charger qu'autant qu'il y sera nommé par 
l'Académie au scrutin et à la pluralité des voix. 

IV. 

État des différents objets achetés a la vente de feu 
Monsieur le marquis de Ménars, en mars et avril 1782, 
pour le Roi, et être déposés en Son Académie d'ar- 
chitecture PAR LES ORDRES DE MONSIEUR LE COMTE 

d'Angivillers, dont la commission d'acquérir a été 
donnée a m. franque : ce qu'll a fait sous le nom du 
sieur basan 1 . 

Savoir : 

Cinq grands plans, élévations et coupes de l'église de 
Saint Pierre de Rome, y compris l'élévation de la façade 
de la fontaine de Trevi. 

No 297 du catalogue : deux vues de Rome prises de la 
loge de l'Académie, dessinées par M. Gochin. 

298 : quatre vues de Rome : le Colisée, l'arc de Cons- 
tantin, le temple de la Paix et de Faustine. Plus deux 
autres de l'aqueduc des Empereurs et le Mont Palatin ou 
palais des Empereurs, dessinées à la plume par M. Co- 
chin, encadrées dans des bordures unies et sous verres. 

3o2 : quatre autres : l'arc de Titus, de Sévère, du temple 
de la Concorde et le reste d'un temple près de l'Ératio, à 
la mine de plomb, sous verre, avec bordures de même. 

392 : quatre desseins en feuilles et lavis pour une aca- 
démie à monter à cheval, avec explication manuscrite. 

1. Séance du 18 mars, p. 69. Cf. le catalogue de Basan et 
Jollain. 



368 APPENDICES. 

393 : dix-huit autres idem : salles de spectacles, arc de 
triomphe, etc. 

3ç5 : six desseins : un d'un pavillon et jardin par 
M. Dumont, deux pour une douane et trois d'un arc de 
triomphe; les prix remportés en 1763 et 1767. 

396 : sept autres : une académie à monter à cheval, une 
salle de concert, plans, élévations et coupes faits par 
M. Le Roy. 

397 : cinq desseins : deux pour un collège et trois pour 
un portail d'église, avec plans et élévations, par M. Dor- 
léans. 

398 : douze desseins d'un pavillon sur l'angle d'une ter- 
rasse, dont cinq par M. Chalgrin et sept par M. Cher- 
pitel. 

399 : dix pour une salle de spectacle, par M. Potain. 

400 : quatre pour une église, par M. Raimond, et trois 
autres d'une église, par un inconnu. 

401 : neuf desseins pour la nouvelle salle de la Comé- 
die Françoise, par MM. Dewailly et Peyre. 

402 : cinq autres d'un temple funéraire et d'un temple 
pour les arts, par M. Rousseau. 

5 12 : cinq volumes reliés, conten. 1746 p. Estampes gra- 
vées par M. Le Pautre tant en architecture, ornemens, 
vases que trophées; un modèle de mouton en bois d'aca- 
jou, un autre de cabestan, un autre de la machine qui a 
élevé la statue de Louis XV, et de plus un modèle de 
charriot à pierres. 

Le tout a monté, compris les frais de port, etc., à la 
somme de 1198 1. 1 s. (cf. le catalogue Basan). 

V. 

L ARCHITECTE FRANÇOIS FRANQUE 
(I7IO-I793). 

Le nom de François Franque se rencontre assez sou- 
vent dans les Proces-verbaux de l'Académie à partir de 



APPENDICES. 3Ô9 

1755, mais il n'y aurait pas d'exagération à dire que, pen- 
dant les sept premiers mois de 1793, on ne rencontre plus 
que lui 1 . Le rôle de cet artiste à peu près ignoré et la 
prodigieuse abondance de ses communications de toute 
sorte, où il ne manque pas de citer son œuvre, m'avaient 
intrigué. 

Je dois à l'obligeance de M. Adrien Marcel, bibliothé- 
caire-archiviste de l'Académie de Vaucluse, qui prépare 
un travail sur Franque, les renseignements qui suivent. 
Il aura certainement l'occasion de résoudre les problèmes 
que soulèvent les séances de l'Académie. 

Fils de l'architecte Jean-Baptiste Franque et de Mar- 
guerite Valgalier, François Franque naquit à Avignon, 
paroisse Saint-Didier, le 9 février 1710. 

Il fut l'élève de son père qui, en décembre 1732, l'en- 
voya compléter son éducation en Italie. Il y passa quatre 
années, fut admis comme élève à l'Académie de France à 
Rome (Vleughels, directeur) et revint à Avignon en no- 
vembre 1736. Le jeune artiste, après avoir travaillé dans 
son pays, tantôt en collaboration avec son père, tantôt 
seul (hôtel de Gappelis, hôtel de Villèneuve-Martignan, 
aujourd'hui le Musée, hôtel de Tulle de Villefranche, hô- 
tel de Gaumont, etc.), se rendit à Paris vers la fin de 
1744; il habita d'abord la rue de Tournon et acheta en- 
suite une maison dans la rue Guénégaud, où il passa le 
restant de sa vie. 

Il fut nommé, le 20 avril 1750, architecte et contrôleur 
général des bâtiments de l'hôtel royal des Invalides et, 
en décembre 1754, membre de la deuxième classe de l'Aca- 
démie royale d'architecture, avec Le Garpentier. Il visita 
la Picardie, la Normandie et la Bourgogne et fit de nom- 
breux voyages à Avignon. Il séjourna plus d'un an dans 
cette ville en 1759- 1760 (projets pour les châteaux de la 
Nerte et de Looze) et fit en 1765 une tournée dans le Corn- 

1. Il figure ci-dessus, à propos de la vente des collections du 
marquis de Ménars. 

IX 24 



370 APPENDICES. 

tat-Venaissin et en Provence. Il entra en 1771 dans la 
première classe de l'Académie. 

Il se maria probablement à Paris, où sa femme mourut, 
le 5 novembre 1779, et fut inhumée le lendemain. L'en- 
terrement est mentionné dans les Petites Affiches (1779, 
p. 2486), où l'on trouverait peut-être le nom de la défunte 
que, pour mon compte, dit M. Marcel, je n'ai pu encore 
rencontrer nulle part. On trouvera dans la Grande Ency- 
clopédie (t. XVIII, p. 67) l'indication de quelques-uns de 
ses travaux plus connus. 

Il mourut dans sa maison de la rue Guénégaud, le 
25 octobre 1793. 

VI. 

D'Aggeville et Marseille. 

Jacques d'Aggeville 1 , né à Marseille en 1728, mort 
guillotiné en 1794, architecte, inspecteur des travaux de 
la ville, fut, à partir de 1753, le conseiller technique de 
la municipalité dans tous les travaux entrepris jusqu'en 
1790 2 . Membre de l'Académie de Marseille, il y parla très 
souvent : en 1769 sur la décoration des villes, en 1771 sur 
les moyens d'embellir Marseille, en 1771 sur Soufflot, en 
1782 sur la profondeur du port, en 1783 sur Dandré-Bar- 
don, en 1788 sur l'avantage de V union des lettres, des 
sciences et des arts. Il professa l'architecture à l'École de 
Marseille. 

Il a été fait de nombreux projets au xvme siècle pour 

1. Procès-verbaux, t. VIII, table des noms de lieux, et ci-des- 
sus. 

2. Je dois à l'obligeance de M. Clerc les renseignements qui 
suivent sur d'Aggeville et sur Marseille; je lui en adresse tous 
mes remerciements. — Cf. Etienne Parrocel, Histoire docu- 
mentaire de l'Académie de peinture et de sculpture de Mar- 
seille, 2 vol. gr. in-8°, 1890; Annales de la peinture, in-8°, 1862; 
Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, t. III, 1481, 1780, art. de 
Bourrilly. 



APPENDICES. 371 

l'embellissement et l'aménagement de Marseille et du 
port. Vers 1773, travaux par Sequin de la Tour ou par un 
entrepreneur Sequin, sous les ordres de d'Aggeville, à la 
salle de théâtre, démolie en 1778. Vers 1778, aménage- 
ment du quartier de Champ-Major (terrains situés en bor- 
dure de l'arsenal des Galères). Érection sur la place de la 
Tour d'une fontaine (transportée ensuite à la jonction du 
boulevard Dugommier et du boulevard d'Athènes). Ou- 
verture du cours Devilliers reliant à la ville les faubourgs 
de l'Est. En 1781-1783, les projets d'agrandissement et de 
creusement du port sont à l'ordre du jour 1 . Suspendus à 
cause d'un litige de propriété, exécutés en partie sur le 
quai Nord, en 1788-1789, la Révolution les suspendit. 

VII. 

L'abbaye de Prémontré. 

M. Lucien Broche, archiviste de l'Aisne, me commu- 
nique très obligeamment quelques renseignements qui, 
pour négatifs qu'ils soient, n'en ont pas moins de prix. Il 
paraît que, jusqu'à présent, on ignore presque tout de 
l'histoire de la construction de ce somptueux édifice 2 . La 
guerre ne l'avait pas détruit; le service des monuments 
historiques le restaure et bientôt toute trace de détério- 
ration aura disparu. 

1. P. 71. 

2. Voir la table des noms de lieux. Malheureusement les 
quelques passages des Procès-verbaux où Prémontré figure 
posent surtout des points d'interrogation. 



TABLE DES NOMS DE LIEUX 



Aix (palais de justice), p. 164, 

166. 
Ai.sack (cartes], p. 345. 
Amérique (capitulât, de York- 

town). p. 67, n. 
Amiens (cathédrale), p. 335; 

(fabriques), p. 340. 
Angers (ardoises), p. 253, 262. 
Arles, p. 36; (hôtel de ville), 

p. 334. 
Auch (intendant), p. 146. 
Autriche (cartes), p. 345. 
Autun (église Saint-Martin), 

p. 335. 
Avignon (boucherie), p. 337; 

(escalier, Hôtel-Dieu), p. 337 î 

(naissance d'un artiste), 

p. 369 ; (constructions), p. 369. 

Baalbek, p. 69. 

Bagnères-de-Luchon, p. 144- 
i5i. 

Beaucaire (église), p. 335. 

Bicêtre (voir Paris). 

Bièvre (voir Paris). 

Blois (dessins du château), 
p. 208. 

Bordeaux (projet de monu- 
ment), p. 232, 249; (Château- 
Trompette), p. 347. 

Bourgogne (sous-ingénieur des 
Etats), p. 78. 

Bugey (maison construite), 
p. 333. 

Caen, p. 223, 304. 

Calabre (tremblement de ter- 
re), p. io3. 

Carrare, p. 45, 63. 

Carrières, p. 6-7. 

Cherbourg (travaux à), p. 399. 

Constantinople (église Sainte- 
Sophie), p. 229. 

Corbie (abbaye de Saint- 
Pierre), p. 345. 

CoULOMMIERS, p. 340. 

Croisic (maître de mathéma- 
tiques au), p. 342. 



Dieppe (travaux à), p. 3oo. 
Dombes (projet de collège), 
p. 3 4 5. 

Ermenonville, p. 55. 
Espagne (correspondant), p. 91 . 
Eure (aqueduc), p. 219, 220. 
Evreux (événements politi- 
ques), p. 347. 

Fécamp (travaux à), p. 3oo. 

Flandre (cartes), p. 345. 

Fontainebleau (dessins di- 
vers), p. 346. 

France (monuments vus en), 
p. l37. 

Fulda (lettre à Sedaine), p. 243. 

Gênes (correspondant), p. 218. 
Grèce (livre de Leroy), p. 65. 

Haute-Loire (députés et ingé- 
nieur), p. 323, 324. 

Hessé-Cassel (architecte à), 
p. 93. 

Ile-de-France, p. 201. 
Isle-Adam (carrière), p. il, 

12, 18, 20. 
Italie (monuments vus en), 

p. 187; (cartes), p. 345. 
Ivette (voir Yvette et Paris). 

Lagny (carrières), p. 177. 
Laon (cathédrale), p. 144, 145, 

147, 148. 
Lescar (évêque de), p. 85. 
Londres (rivière alimentant), 

p. 274; (Tamise), p. 274. 
Lorraine (carrières de granit), 

p. 177. 
Lunéville (manègej, p. 134. 
Lyon (livre imprime à), p. 3i6. 

Madrid (château de), p. 4. 
Magnanvtlle (château), p. 348. 
Manheim (jardins), p. 92. 
Mantes (pont), p. 108. 



TABLE DES NOMS DE LIEUX. 



3 7 3 



Marais (le), près Coulom- 
miers, p. 340. 

Marseille (Académie), p. 44, 
67» 7 1 * 78; naissance d'un 
artiste), p. 370; (salle de 
spectacle}, p. i3g, 201; (pro- 
jet de cénotaphe pour Mi- 
rabeau), p. 3oi; (projet de 
monument), p. 349; (tra- 
vaux), p. 371. 

Messine (tremblement de ter- 
re), p. io3. 

Montmajour, p. 36, 334. 

Montpellier, p. 33. 

Moulins (pont), p. 44. 

Naples (ouvrage de Saint- 
Non), p. 68, 69, 76, i33, 141. 

Neuilly (ouvrage sur le pont 
de), p. 108. 

Nîmes, p. 36, i54, 1 58; (temple 
de Diane), p. 333. 

Nord (poêles du), p. 221. 

Orléans (ouvrage sur le pont 
d'), p. 108. 

Palma (Ile-de-France), p. 201 

et n. 
Palmyre, p. 69. 
Paris (abbaye de Saint-Mar- 
tin-des-Champs), p. 188. 

Académiciens employés 
hors de Paris, p. n3, 116. 

Bastille (plan de la), p. 256. 

Carrousel (projet d'opéra 
au), p. 244. 

Charpentier, p. 299. 

Châtelet, p. 2. 

Constructions à, p. 7, 11, 
12, 19. 

Couvents : Cordeliers, 
p. 1, 2, 3, 9; Jacobins de la 
rue Saint-Honoré, p. 233. 

Directoire de, p. 3o6, 3i2- 
3 14, 336. 

Eaux (adduction de la 
Bièvre et de l'Yvette), p. 108 ; 
(ouvrage signalé), p. 272- 
274. 

Bicêtre (eaux de), p. 27, 
28, 3i, 33, 23 4 . 

Ecole de cnirurgie, p. 6-0. 

Ecole militaire (puits), 
p. 41. 

Eglises .-Madeleine, p. i53, 



154, i5y, i58, 190-192; Saint- 
Barthélémy, p. 221 ; Saint- 
Philippe-du-Roule, p. 168; 



Saint-Sulpice (place),, p. 349; 
Sainte-Geneviève, p. 3, 67, 
176. 

Faubourg Saint- Victor, 
p. 187. 

Fête de 1782, p. 35i-357- 

Gare projetée, p. 141, 142, 
148, l52. 

Grande galerie (voir Lou- 
vre). 

Guillaumot, résidant à, 
p. 219. 

Halle au blé, p. 117, 134. 

Halles, p. 39, 40, 41, 42. 

Hôpitaux (mémoire sur 
les), p. 235. 

Hôpital général ( Salpè- 
trière), p. 28, 33. 

Hôtel-Dieu, p. 224. 

Hôtel de ville (fête), p. 5g, 
60, 6 i-63. 

Hôtel : de La Force, 
p. 22. 

Ile Saint-Louis, p. 254; 
Louviers (jonction), p. 254; 
Cité (jonction), p. 254, 349. 

Jardin du Roi (dépôt de 
marbres), p. 189. 

Marché près le Palais- 
Royal, p. 233. 

Municipalité, p. 3u. 

Palais : Bourbon, p. 114; 
Louvre ( grande galerie ), 
p. 166-176, 180, i83, 358-362; 
(Local de l'Académie), p. 3i 1; 
(modèle du péristyle), p. 69; 
(dépôt d'œuvres d'art), p. 274; 
(expérience au), p. 35, 307; 
(travaux sur les terrains voi- 
sins), p. 348. 

Palais de justice, p. 96- 
100, 104-114, 118, 119; (salle 
Mercière), p. 106, 110-114, 
118, 119. 

Tuileries (terrasse), p. 262 ; 
(réunion avec le Louvre), 
p. 244; (expérience), p. 88; 
(terrains voisins), p. 348. 

Panthéon, p. 336. 

Places : Louis XV, p. 184, 
199, 200, 242; du Palais, 
p. 221, 223; Saint-Michel, 
p. 104; Saint-Sulpice, p. 349. 



74 



I AMLI. DES NOMS DE LIEUX, 



Plan de Paris, p. 208; 
Pont Louis XVI, p. 266, 275; 
Pont-Rouge, p. 264-266, 271 ; 
Ponts au Change et Notre- 
Dame, p. 254; Port, p. '332. 

Rues : de la Bûcherie, 
p. g5; de la Roquette (ma- 
nufacture de faïences), p. 25i; 
Saint-Honoré (projet de fon- 
taine), p. 125; Saint-Louis, 
p. 349; Butte Saint-Roch, 
p. a33. 

Seine (navigation de la), 
p. 272, 273. 

Taille des pierres, p. 207. 

Théâtres : Comédie-Ita- 
lienne, p. 125, 126; Opéra, 

P- 49- 

Pau (architecte à), p. 85; 
(église), p. 207. 

Pont-Sainte-Maxknce, p. 141. 

Port-Vendres, p. 45. 

Poulpry (carrières de la mar- 
quise de), p. 186, 189. 

Prémontré (abbaye), p. i63, 
i65, 179, 184, 275, 236. 

Provence, p. i63, 164; (procé- 
dés de construction), p. 207. 

Rennes (cathédrale), p. 144, 

145, 148, i5o, i5i. 
Richelieu (dessins du châ- 
teau), p. 208. 
Rimaigne (Flandre), ardoises, 

p. 253, 254, 262. 
Rochelle ( La ), académie, 

p. 206. 
Rome antique : Liste des an- 
tiques, p. 263. 
Aqueducs, p. 239, 240. 
Colonne Trajane(Percier), 
p. 270, 271. 
Panthéon, p. 260, 261,314. 
Temples, p. iqd; de Bac- 
chus, p. 327, 328. 

Thermes de Caracalla, 
p. 260, 261. 
Rome moderne : Dessins et 
vues, p. 4, 17, 48, 118, 124, 
140^ 172. 

Eglise Saint-Pierre, p. 85, 
i 9 5. 



Elèves envoyés à, p. 277, 



326, 327, 342 



Envois de Rome et rap- 
ports, p. 4, 6, 10, 17, 59, 60, 
62, 86, 88, 118, 120, 140, 143, 
184, i85, 196, 197, 209, 214- 
217, 218, 270, 271. 

Direction du travail des 
élèves pensionnaires, p. 197, 
209, 210, 2i3-2i8, 237, 259, 
241, 25g, 260-264, 277, 326. 
Russie (projet d'une maison), 
p. 3 4 8. 

Saint-Denis (abbaye), p. 49. 

Saint-Leu (carrière), p. 19. 

Saint-Malo (avocat à), p. 64. 

Saint-Pétersbourg (construc- 
tions à), p. 64, 66, 120, 121; 
(associé de l'Académie), 79, 
80, 81, 82, 91-93. 

Saverne (château), p. 76. 

Schwetzingen (P) (jardins), 
p. 52, n. 2. 

Sicile (pont), p. 36; (ouvrage 
de Saint-Non), p. 68, 69, 76, 
i33, 141, 160, 170; (ouvrage 
de Paruta), p. 3i6. 

Soissons (abbaye de Notre- 
Dame), p. 345. 

Suisse (antiquités de la), p. 237. 

Taormine (temple), p. 233 et n. 
Toulouse (la Daurade), p. 343. 
Trêves (palais à), p. 6, 7, 8, 

10. 
Trossy (carrière), p. 19, 95. 

Venise (église délia Sainte), 
p. 87. 

Vernon (carrière), p. 162, i65, 
178). 

Versailles (d'Angiviller ma- 
lade à), p. 44; (maître ser- 
rurier à), p. 25o; commis- 
saires envoyés à), p. 278. 

Vicence (maisons), p. 3oo, 307. 

Vosges (carrière de granit), 
p. 177. 

Yvette (voir Paris). 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Avant-propos vu 

L'Académie dr 167 r a 1793 xm 

Procès-verbaux 1 

Appendices • , 35 1 

I. Rapport sur les préparatifs de la fête donnée 
à l'hôtel de ville en 1781 en l'honneur de 

la naissance du Dauphin 35 1 

II. Lettre d'Angiviller sur la grande galerie 

du Louvre 358 

III. Projet de règlement pour l'Académie par 

Guillaumot 362 

IV. État des achats faits pour l'Académie à la 

vente du marquis de Ménars 36/ 

V. Notes sur François Franque 368 

VI. Notes sur d'Agge ville et Marseille . . . 370 

VU. Note sur les bâtiments de l'abbaye de Pré- 
montré (Aisne) 371 

Table des noms de lieux 372 



Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur. 



BIND1NG SECT SEP ' 9 369 



13 
t. 



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